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13/12/2006
La Belle gicle
La Belle a giclé. C'était devenu une réalité. L’onde de choc médiatisée par un faux journal télé du 13 décembre 2006 est devenu un peu plus tard réalité. La scission de la « vieille » Belgique de grand père avait eu lieu. Rêverie nostalgique. Il y 8445 jours, c'était un 18 novembre, il y avait même eu un meeting.
Premier janvier 2031. Le soleil n'est pas encore levé à l'horizon. Les brumes de la froidure de l'hiver se givrent sous les balcons. Bruxelles n'est pas encore éveillée mais les taxis électriques continuent d'envahir les rues. Les derniers fêtards du réveillon retournent chez eux paresseusement. Les parkings de dissuasion sont encore bondés de véhicules de passage qui, normalement, bloquent souvent la ville en transhumance payante à
plus d'un titre. A l'occasion du réveillon, la ville a fait une exception: le poste de péage journalier de circulation a été supprimé et l'interdiction de parking assouplie. Les taxis et les transports en commun risquaient toujours d'être débordés après le feu d'artifice. De nos jours, grâce à la technique, plus personne ne pourrait prendre sa voiture avec un verre de trop ingurgité hâtivement. Le fameux "Controléthyl" a été installé de base sur tous les véhicules à côté du volant.
Vous vous rendez compte, 48 euros
pour traverser la ville, la place de parking en boni pour seulement une journée. C'est vraiment pas donné. Ils ne sont vraiment pas gâtés les visiteurs de notre belle ville. Mais c'est pour la bonne cause, dira-t-on. Les embellissements de la ville sont courants. Les chancres qui ternissaient, au début du siècle, nos rues, ne sont plus qu'un lointain souvenir. Les travailleurs de l'Europe comme on les appelle se sont installé définitivement. Londres n'avait jamais voulu faire partie de cette Europe à grande vitesse. Bruxelles a continué à en profiter.
Je pense, néanmoins, qu'il faudrait illuminer encore un peu plus certaines rues. La ville est devenue riche et ses habitants n'aiment pas trop revenir des théâtres dans l'obscurité. Les vigiles sont bien là en nombre, bien sûr, mais on ne sait jamais. La sécurité et surtout, l'aide aux personnes âgées est, enfin, un peu mieux assurée par leur intermédiaire. Le judo dont je suis un fervent pratiquant ne sauve pas de tout. Ce n'est pas Monaco même si les casinos sont bien là. Ces Européens de tous les horizons qui se trimballent parfois très tard le soir et leurs habitudes nocturnes avec bouteilles sous le bras ne sont pas du goût des gens bien intentionnés et qui ont besoin des sacro-saintes 8 heures de sommeil. On s'amuse un peu trop à Bruxelles, il faut bien l'avouer.
Hier soir, nous avons eu la visite d'amis, devenus voisins, des pays Wallonie du Sud qui a gardé le nom de Belgique et de Flandres. On se parle en anglais. C’est plus facile. Le flandrien est devenu assez difficile. Ce que le Néerlandais autorisait comme élargissement en tant que langue vivante, ne l'a plus été dans le flandrien. Des anciens mots avec des orthographes bizarres ont complété le tableau. Les anciens dialectes ont été utilisés pour restructurer la langue.
Grand papa, tu nous rappelais encore, il n'y a pas si longtemps, que ce n'est qu'en 1898 que le néerlandais avait pris place au côté du français comme langue officielle.
Je me rappelle encore le temps où nous étions unis dans ce petit pays qu'on appelait alors "la grande Belgique". J'ai encore le livre d'histoire dans la bibliothèque qui me rappelle ces bons moments.
L'"exotisme" s’est accentué à Bruxelles. Se balader dans la rue Neuve, c'est prendre des vacances sans se déplacer.
Ailleurs, la richesse du multilinguisme et des cultures ne se ressentait pas encore comme ce le fut très tôt dans notre ville.
Avec nostalgie, notre dialecte Bruxellois, zwanzeur, s'est effacé, un peu oublié les finesses et les spécificités. Dommage. J'ai pris la résolution en ce jour de nouvel an, de retourner sur les bancs de l'école pour réactualiser la langue flandrienne. Même si nos accords commerciaux sont très refroidis depuis peu dans une compétition et que les affaires se tournent vers des horizons beaucoup plus lointains, il ne faut pas oublier qu'ils sont nos voisins. La solidarité qui faisait partie de la grande Belgique n’est plus de véritable actualité. Je me rappelle le tollé qu’avait créé la scission par les patrons des grandes sociétés qui avaient des activités dans les trois parties. Les calculs fiscaux avaient grevé les budgets. Les économies d’échelle avaient aussi disparu dans la bataille. Les imbrications des activités leurs avaient donné des cauchemars.
Ce matin, je viens de recevoir un coup de fil d'un de mes amis flandriens. Quelle tête, il avait. Il fulminait. C'était visible sur le petit écran du GSM. Il parait qu'ils ont eu des problèmes, en rentrant, en passant la frontière pour rentrer chez eux. Cela ne m'était pas apparu tout de suite, mais, c'est vrai, qu'ils avaient emporté avec eux quelques bouteilles de bons crus qui restaient de la soirée du réveillon. Je râle parce que je me souviens qu'avant, rien de tout cela ne se serait passé. Les files d'attente aux péages deviennent aussi de plus en plus longues devant les stations de la frontière entre nos trois entités séparées. Ces péages sont souvent placées à des endroits très inappropriés et surtout bien trop rapprochés l'un de l'autre.
Mais, notre petite république bruxelloise autonome marche bien, c'est ça le principal. Les rentrées d'argent se font par beaucoup de présences étrangères sur notre petit territoire. L'Europe s'est rappelé de notre statut cosmopolite, de notre Mini Europe grandeur nature (non, pas en miniature au Heysel) et les investissements antérieurs se sont incrustés dans leur capitale, notre ville. La transhumance des travailleurs du Nord et du Sud n'est pas étrangère non plus. Une partie des taxes qui était détournée auparavant à l’endroit où ils vivaient, est désormais prélevée et arrive dans nos caisses.
Nous avons réalisé récemment un jumelage avec les principautés d'Andorre, de Monaco et du Lichtenstein. Les représentants des quatre principautés ont jugé bon de se lier d'amitié avec notre destin très particulier.
L'année passée, des Chinois sont arrivés par l'aéroport de Zaaventtemm. La société qui m'emploie avait mis les petits plats dans les grands. Ils étaient très intéressés pour s'implanter dans la capitale de l'Europe. J'ai souri en pensant qu'eux, au moins, n'ont pas eu beaucoup de problèmes frontaliers pour nous visiter. Je crois que leurs visages joyeux et très poli et leurs courbettes habituelles avaient dû servir de passeports.
De continuels problèmes de voisinages concernant l'aéroport étranger par lequel tout étranger transite ne sont plus d'actualité. Les avions ne survolent plus Bruxelles comme dans un passé. Oui, on paye des taxes frontalières importantes pour prendre l'avion à Zaaventtemm ou à Bierset. Beaucoup de mini avions avec les derniers gadgets de décollage vertical ont permis aussi de les éviter. Les tarifs ne sont pas trop prohibitifs. C'est déjà ça.
D'un autre côté, phénomène de plus en plus récurrent, nous avons vu revenir les stars du showbiz et du sport, qui s'étaient réfugiées depuis pas mal d'années à Monaco. C'est peut-être bien à cause de tous nos espaces verts qui entoure la ville. Néanmoins, ça m'énerve superbement parce que les prix des loyers ont été entraînés à la hausse dans l'opération de rapatriement. C'est à peine si on ne nous considère pas comme habitants d'un paradis fiscal.
L'Europe, pendant ce temps, a beaucoup mûri, vieilli diraient certains. Nous sommes maintenant 33 pays sous le drapeau de la Communauté Européenne. Les "non" des votes citoyens ont très fortement réduit l'élargissement. On se demandait où allait s'arrêter cette fuite en avant tous azimuts qui dépassait le continent. La réalité économique et les désirs des concitoyens européens ne font pas toujours bon ménage. Mais, les particularismes ne tiennent pas longtemps face au besoin de progrès. Du côté des forces militaires, le poids de la CE n'est pas devenu supérieur aux autres continents tandis que le nombre d'habitants lui s'est considérablement accru. Bruxelles, c'est élargi de fait, comme toutes mégalopoles. Les pays émergents, comme on les appelait d'antan, ont apporté cet élan nouveau de jeunesses qui manquait.
Sur notre petit sol zwanzeur, les start-up, les spinoffs de toutes sortes ne se comptent plus. Elles germent comme des champignons et explosent du côté "résultat". Nul ne le conteste plus. Le capital à risque donne de l'emploi à ses clients mais aussi à ceux qui en sont les pourvoyeurs. Il y a bien les grosses entreprises qui s'accrochent à leur statut de pourvoyeurs d'emplois de premier niveau et d'arrière garde. Il n'en reste pas moins vrai que les petites entreprises ont très vite pris de l'embonpoint dans l'effervescence des idées et de potentiels. Le travail ne se conçoit plus vraiment comme avant. Le travail à domicile s'est considérablement accru. On manage son temps. Les impôts des sociétés et surtout des travailleurs, ont été considérablement rabotés et cela avait calmé leur hargne causée par la scission. L'argent vient d'ailleurs. Les 5 casinos qui se font concurrence ne sont certainement pas étrangers à cet état de chose. On se déplace de partout pour vider ses poches.
Cela me rappelle un peu ce que l'on voyait, il y a bien longtemps, avec les banques dans la ville de Luxembourg.Cela me rappelle un peu ce que l'on voyait, il y a bien longtemps, avec les banques dans la ville de Luxembourg. Malgré tout cela, les Bruxellois et j'en suis depuis plusieurs générations regrettent la scission.
La Wallonie du Sud, pardon la Belgique nouvelle, se tâte encore. Elle hésite à pratiquer des rapprochements avec la France. Il y a beaucoup d’échanges avec elle. Les marchandises arrivent tous les jours par le port de Dunkerque. Il faut dire, d'après le journal "Wallonie libre", que la France prend encore une attitude un peu trop hésitante vis-à-vis d'eux.
Cela va résolument beaucoup mieux que dans le temps. Le cliché d'une Wallonie dormante est bien passé de mode. Le "Plan Marschalleke", comme on l'appelait de manière loufoque, s'est imposé et a pris son envol. De la place, il y en a toujours eu pour s'installer pour les entreprises et cela, souvent, à bon compte. On les envie chez nous, bruxellois.
Les enfants ont enfin un papa ou une maman au travail. Il y a près d'une trentaine d'années, sept d'entre eux avaient encore cette malchance de n'être pas reconnus sur le marché du travail pendant toute leur vie. Ce qui a changé, c'est simple: plus de solidarité entre les familles, une meilleure compréhension de ce qu'était la démocratie.
Les problèmes que les sociétés de construction des voitures avaient connu, il y a un quart de siècle, s'étaient finalement achevés dans les déchirements et les grincements de dents, c'est vrai, mais une certaine solidarité et des reconversions avaient pu combler le déficit. Les voitures électriques sont toujours construites dans des entreprises qui ont gardé un ancrage dans nos anciennes usines, mais les automatismes ont rendu la présence humaine quasi sporadique. C'était programmé. La voiture dans le garage est le fruit d'un ensemble de robots.
La carte d'identité électronique a permis d'augmenter la sécurité et la rapidité des transactions. Les automatismes par internet ne m'empêchent pas de penser que nous avons perdu quelque chose dans les conversations entre les gens. Radio trottoirs, cela avait du bon assurément. Les gens qui s'oubliaient progressivement dans le quartier, se retrouvaient pour échanger les dernières nouvelles. Internet et le mail ne remplaceront jamais embrassades et serrements de mains. C'est le côté noir pour les nostalgiques.
La semaine dernière, m'attardant dans le grenier, je suis tombé sur une foule de livres de l'époque de grand papa, écrits voilà bien longtemps. "Wallonie et Flandre. Je t'aime, moi non plus" de belles histoires romancées dans "La spectaculaire histoire des Rois des Belges". Vu les pages qui s'en échappent trop facilement, ils avaient dû être parcouru de nombreuses fois.
Aujourd'hui, le Coq contre le Lion, c'est une histoire qui a pris un sacré coup de vieux. On pourrait plutôt dire que c'est le tigre contre la tigresse avec l'emblème de l'iris sur fond bleu de l'Europe, au milieu. On devrait proposer ce changement sur notre drapeau lors de notre rassemblement entre anciennes fédérations. Ce rassemblement aura lieu le mois prochain. On pourra un peu huiler avec humour nos relations qui ne sont pas toujours au beau fixe. Mais, nous sommes restés "maîtres es-concessions". Rien de nouveau sous le soleil belge en définitive.
Notre représentativité vis-à-vis de l'extérieur s'est pourtant effritée un peu. Pas question de frites là dedans, mais une simple constatation que 4 ans de pouvoir, d'élection en élection n'ont pas rendu les porte-drapeaux très responsables sur le long terme.
Le manifeste de Warande, qui s'en souvient encore? Il voulait donner de l'autonomie à la Flandres en oubliant que la répartition allait coûter très cher à la Belgique de papa. Le boulet que la région wallonne représentait à cause des 3 euros par personne transféré du Nord vers le Sud, il a fallut, une fois autonome, les payer en tant qu'état à l'Europe et à ses nouveaux candidats fraîchement entrés dans la "grande maison".
La corruption qui sévissait au nord et au sud, n'a pas diminuée pour autant. Il y a toujours une usure du pouvoir et il faut toujours remettre les choses au point régulièrement. Comme le disait grand-père, la démocratie contient les germes de sa propre destruction.
Heureusement, nous n'en sommes pas là. Grand papa , tu peux dormir sur tes deux oreilles; on y veille.
Tu me rappelais, car tu as une bonne mémoire encore, que Jules César disait "de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves" et qu'en 1996, une marche blanche avait été organisée pour des faits très graves dont tu ne te souviens plus des détails. Ce kaléidoscope d'événements en cascade de la grande et de la petite histoire, tu en parles encore avec tellement de fougue qu'il est difficile de t'arrêter dans tes déclarations. Si l'indépendance n'avait pas été déclarée en 1830, comment seraient les choses aujourd'hui, dis-tu si souvent.
Les subventions, les transferts de toutes sortes que cette Belgique de papa et de grand-père prônait pour tenir l'"église au milieu du village" n'ont pas vécu. Souvent mal attribués, ils se perdaient. Actuellement, ils ont simplement changé de "sponsors". Les fournisseurs sont maintenant venus de l'intégration européenne entière. La solidarité de l'Europe avec Bruxelles et avec la nouvelle Belgique n'a pas été un vain mot. Toutes deux n'étaient pas demanderesses de cette scission. Cela a permis de continuer à prendre place sur la scène internationale. Après bien sûr, il a fallut renvoyer l'ascenseur.
Du côté Nord, les choses ne se sont pas passées comme les hommes politiques l'espéraient. Ils se sont évertués à présenter les bons côtés de la scission et doivent, aujourd'hui, déchanter et bien mettre en sourdine leurs élans séparatistes au vu des résultats qui sont loin d'être probants. La promotion de leurs idées a fait de l'effet mais à l'envers. Avant cette fameuse scission, le fédéralisme avait déjà marché sur un tracé autonome à petites doses, mais avec plus de bonheur en général.
La fameuse sécu a pris un coup dans l’aile. Le modèle social s’est un peu perdu dans un trop grand libéralisme. Certains dysfonctionnements de l’ l'administration ne se concertant plus complètement ont accentué les problèmes déjà présent avant la réelle scission à l'état larvaire.
Grand-papa m'a raconté cela en long et en large. Il y a bien longtemps, eu les échauffourées pour scinder les universités du pays "Belgique" d'abord, les promenades de santé dans les Fourons et bien d'autres étapes de cette fuite en avant. Mais, aujourd'hui, on entonne, en coeur le célèbre "De Vlaamse leeuw", le jour de la fête nationale le 11 septembre, De ce côté-ci, la fête, on peut la voir à la télé et le relief apporte une illusion époustouflante des drapeaux jeté en l'air que l'on croirait les retrouver dans son salon.
Grand-papa est un as. Il en avait de la logique! Il a encore beaucoup de souvenirs qui se sont ancrés dans la tête même si les noms des acteurs ne sonnent plus très frais dans sa mémoire. Avec fougue, il me disait encore hier qu'il était contre cette volonté de schisme fondamental de tous les secteurs d'activité.
La sécurité sociale avait, depuis de nombreuses années, perdu sa solidarité. On était très loin de l'idée du problème qui tentait de garder les destins de trois villes qui avait le nom de "Bruxelles-Hal-Vilvorde". Le BHV se traduisait laconiquement, dans la bouche de grand papa, comme "Bouillon Hors Victoires".
"Cela coûte bien trop cher", me disait-il inlassablement.
La duplication des postes ministériels et des administrations dans une gestion séparée avait mené à des extrêmes difficilement compréhensibles laconiquement.
Plus d'autonomie chantaient certains, haut les cœurs. Le nord avait poussé au séparatisme et visait par là même de placer un peu plus de pions aux places qui allaient normalement se construire dans l'opération. Les partis regorgeaient de grosses pointures qui en imposaient par leur charisme et leurs décisions. Mais, d'autres personnalités, qui végétaient depuis trop longtemps et trépignaient d'impatience, auraient mieux fait de rester dans l'ombre, me glissait-il encore à l'oreille.
Le système de transfert d'autorité et de compétences n'allait, dans ces conditions, plus longtemps tenir le coup. Il ne suffisait plus, tout simplement, dans les esprits en mal de solitude et d'exclusion involontaire. Le clientélisme a fait le reste pour un temps. L'alternance des pouvoirs dans les mains de chaque acteur n'a fait qu'accentuer le problème.
Le régionalisme n'était qu'une étape. On le sentait bien. La boite de Pandore, une fois ouverte, la clé pour la refermer avait pu se retrouver dans des expériences malheureuses. Hors des limites d’un petit comité, un aveu de ratage aurait eu mauvaise presse.
Rien n'a jamais été gratuit. Les Flandriens, eux, ne se sont pas rendu compte au départ des intérêts différents qui pouvaient se cacher derrière les décisions politiques et celles du commun des mortels plus prosaïquement attachés à la monnaie sonnante et trébuchante. Même les dates des élections ne coïncidaient plus entre ces anciennes régions et nouveaux pays. Les résultats des uns faisaient basculer les intentions de votes des autres en ballottage désynchronisé.
Il y a bien eu des pushs des partis de l'extrême qui ont cru s'investir de dons de samaritains et qui ressortaient des scandales, "les affaires", comme on les nommait dans le passé. Mais, comme tous les Croisés de l'histoire, les campagnes se sont retournées contre leurs acteurs principaux tout en laissant pas mal de dégâts sur leur passage. Le "Vlaanderen Bond" n'est pas très 'Blanc-Bleu" dans cet état de chose, à mon avis.
Pendant ces intermèdes, les subsides européens ont été boycottés par leurs généreux donateurs. Tous se liguaient contre ces mouvements qui ne faisaient pas plaisirs aux voisins plus démocratiquement appréciés. Un cordon sanitaire avait seulement sauté.
Le Flandrien est loin d'être paresseux. Il n'aurait pas pu l'être, rien que pour appuyer la parole qu'il avait lancée pour accuser la région de l'autre bord à l'ancienne, ces partenaires du Sud qui, parait-il, partaient en grève pour un rien.
Tout cela était faux. Mais c'était ce qui se colportait avec beaucoup de facilité. Certains, bien placés derrière les statistiques, le savaient d'ailleurs très bien.
Hier, encore, mon ami flandrien, me rappelait un vieux dicton qui disait en gros que le monde était un village. Le réchauffement climatique annoncé depuis longtemps était devenu un véritable problème dans le Nord. Cet hiver, nouvelle tempête qui avait secoué fameusement les villes côtières. Des digues surélevées ont dû être construites à coups de milliards d'euros. La mer creuse son chemin inexorablement et les habitants ont dû se réfugier dans leurs habitations. Les polders n'ont pas encore été inondées, mais les paysans ont eu peur. La restructuration de l'Etat "Belgique" a eu décidément de ses revers. Quand on voit la somme faramineuse, répartie uniquement sur les épaules des Flandriens pour se protéger. Cela a grever leurs revenus à grande vitesse.
Non, vraiment les convictions de certains pourtant bien structurés ont pris un sacré coup de vieux.
Alors tout doucement, on a entendu récemment et de plus en plus couramment de nouvelles voix qui commencèrent à parler de consolidation, de réconciliation Nord-Sud avec une collaboration qui ne correspondait pas vraiment à des relations état à état mais plus à des régions d'une même nation. Une nouvelle volonté de cohésion comme elle existait, en pierre angulaire, dans notre vieille histoire commune se manifeste lors d'un anniversaire comme le 21 juillet par exemple.
La devise l'"Union fait la force" germait à nouveau de plus en plus dans des esprits échauffés. Allons-nous revivre une évolution ou une révolution? Personne actuellement ne pourrait le dire.
Des corpuscules royalistes et nostalgiques font même parler d'eux régulièrement dans la presse écrite et surtout sur le web devenu très expressif par son interactivité exacerbée. Il est question de faire revenir Elisabeth en exil. Aujourd'hui, elle vit très effacée, même si ses proches là disent très efficace.
Les idées de re-fédération resurgissent comme si l'on ne venait pas de vivre d'autres manières de pensée.
Les mentalités, qui pourra les comprendre un jour?
De véritables girouettes qui se tournent avec la même énergie tour à tour vers la politique crue et ensuite vers des nécessités plus évidentes et plus prosaïques, seraient une manière imagée de présenter la réalité.
En parallèles, des synergies nouvelles se pointent à l'horizon. Les jeunes ont de moins en moins d'attaches avec la politique politicienne. Seule leur envie de progrès rapide en faisant table rase des idées reçues les importent.
L'argent est là. Il n'a pas disparu. Il avait été simplement orienté vers des débouchés moins motivants et plus particuliers, perdu trop longtemps là où on s'y attendait le moins.
L'auto gloutonne, il a fallu la reconsidérer à sa juste valeur d'outil et non plus de prestige. Alors, pour le reste, pourquoi en serait-il autrement? L'auto "nomie" (du grec: loi) a mûri souvent par à-coups, par coups du sort.
L'économie a ses lois, que la raison connaît très bien. La solidarité consensuelle n'est pas plus vraiment un vain mot chez ces jeunes. Parmi eux, ceux qui ont été embauché, ont aussi accepté de facto une flexibilité mais jusqu'à un certain niveau. Les entreprises en veulent toujours plus. C’est leur problème. L'histoire est un éternel recommencement.
Les grèves qui fleurissent encore de temps en temps, comme je le disais plus haut, apportent la preuve que les solutions drastiques se changent souvent en solutions dramatiques.
Apprendre à se connaître et à s'apprécier avec des cultures différentes a fait penser à une langue unique comme communication interne et externe. L'anglais n'est plus seul sur la liste. L'Esperanto est même revenu et a repris du galon dans les écoles.
Bien sûr, la Tchécoslovaquie qui s'était scindée en Tchéquie et en Slovaquie, il y a bien longtemps, dans une quasi entente cordiale, avait servi de référence, d'exemple pour "désintégrer" les esprits des citoyens de l'ancienne Belgique. Cela aurait peut-être marché, mais on avait oublié que leurs deux vraies capitales valaient mieux qu'une. Bruxelles, unique, ne désirait pas plus qu'être celle de la Belgique et de l'Europe.
Etat artificiel ? Qui pourrait se targuer d’avoir des frontières naturelles en dehors des îles ?
En sous-main, les financiers du monde garderont les rênes des continents en dépit des continents, eux-mêmes, qu'ils habitent. Les fusions, ils connaissent. Beaucoup plus que les divorces. C'est une question vitale pour les entreprises de grandir. Les gouvernements ne pourront que très en surface, s'interposer aux mouvements de rapprochement des compétences.
La globalité du monde restera ce qu'elle est. Tout ce qui viendra à contre-courant sera tôt ou tard balayé.
La Belle a giclé. Elle sera remplacée qu'on le veuille ou non par un nom plus officiel. Pourquoi pas "Belgique", d'ailleurs? Cela rappellerait des souvenirs.
Car, ça aussi, ce sera du Belge.
L'Enfoiré,
Extrait du livre "Sois Belge et tais-toi" : "La java des Belges" sur la musique de Charles Trenet "Java du diable":
Quand Dieu a créé la Belgique
Il fit une frontière linguistique
Et quand le résultat fut là
Il se dit: "Qu'est-ce que j'ai foutu?"
Craignant d'avoir des misères
Entre les Communautés
Il se dit: "Que vais-je faire
Pour les séparer?"
-------
C'est alors que Dieu le Père
Proposa l'Esprit saint
D'inonder se sa lumière
Nos politiciens
C'est ainsi que tous allumés
Par une divine clarté
Ils firent une Belgique nouvelle
Grâce aux accords de la Saint Michel"
A cheval sur Le Planda, commentaires?
Citations:
- "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous.", Philippe Geluck
- "Il faut admirer les gens capables d'être heureux.", Amélie Nothomb
- "Souvent, au lieu de penser, on se fait des idées.", Louis Scutenaire
- "La Belgique, c'est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n'existent pas.", Jacques Brel
- "Celui qui a plusieurs cordes à son arc mais qui n’a qu’une flèche ne pèse pas lourd face à celui qui n’a qu’un corde mais plusieurs flèches »Philippe Geluck
07:20 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Politique, Presse et media, Réflexions et philosophie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Belgique





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