05/06/2013

Antinomie ou antidote ?

Il y a longtemps, j'écrivais "Les langues, un sacré jeu de langue". C'est aussi un terrible jeu de mots que ne renierait pas Raymond Devos. La richesse de la langue française semble passer par les dictionnaires de synonymes, d'analogies. Le vocabulaire, la pierre d'achoppement des langues et les us et coutumes des "alter" qui effraient d'après un sondage sur les perceptions de l'immigration (*).   

0.jpgLe titre d'abord, Antinomiela contradiction entre deux lois, deux principes de philosophie et  l'Antidote, le remède contre un mal moral.

En choisissant les suffixes grecs, « logie » qui veut dire science et « nomie »,  loi, on découvre quelques subtilités dans la liste de mots suivants :

•L'Astrologie, l'art de prédire les événements d’après l’inspection qui relie les astres et la vie sur Terre et l'Astronomie,  la science qui étudie la position, les mouvements et la constitution des corps célestes.

Pour Johannes Kepler, les deux sont identiques, comme des synonymes, ce qui en ferait plutôt un astrologue puisque pour lui, le ciel est divin. Copernic tente de simplifier le système grecque tandis que Galilée dans "Dialogue" fait sauter le lien. Newton utilise le tout pour établir la gravitation universelle.

Véritable melting pot d'interprétations, pourrait-on conclure. Mais continuons dans cette voie.

•L'Ecologie, la défense du milieu naturel par protection de l’environnement et l'Economiel'activité d’une collectivité humaine, relative à la production et à la consommation des richesses.

•La Gastrologie, la science de l'estomac et la Gastronomie, l'art de faire bonne chair.

•L'Ergologie, la modalités de transmission et d'élaboration des savoirs sur le travail et plus généralement sur l'ensemble des activités humaines et l'Ergonomie, l'étude de l’organisation rationnelle du travail.

•La Physionomie, l'ensemble des traits du visage et la Physiologie, la science qui traite du fonctionnement des êtres vivants.

Quand aura-t-on dans la langue française la radionomie, la psychonomie,..?

La langue française a de ses surprises avec les mots quand ils dévient de leur origine. Les mots sont modulaires et leurs racines sont détournées complètement de leur objectif par les particules qui leur sont annexées.

A Bruxelles, le problème des langues est considéré comme s'il s'agissait du monstre du Loch Ness. Il réapparaît quand on n'y pense plus à des moments stratégiques que la politique utilise à son profit. En communauté flamande, la ville est, à plus de 90%, francophone. Comme capitale de l'Europe, elle fait aussi son va-tout avec plus de 100 langues européennes ou extra-européennes. Marcher dans ses rues, c'est faire du tourisme à bon marché. Cela ne va pas sans troubles. La peur de l'autre se manifeste quand on ne se comprend pas.

0.jpgSi le 27 mai dernier, la ministre de l'enseignement disait que si nous avions dépassé la moyenne en éducation, du côté de l'étude des langues nous avions peu de concurrents dans le peloton de tête. Oui, mais... un sondage démontre que cela ne suffit même pas à intégrer les populations allochtones. Intégrer ce n'est pas placer dans des ghettos. Puis, ce fut la réponse de la berger à la bergère du côtté flamand. 

En France, la plupart du temps, l'antagonisme si pas l'ostracisme vis-à-vis de l'anglais est plus que récurrent. La peur viscérale de perdre l'identité de la culture française a mené le pays à rétrograder parmi les monolingues, tout comme les anglophones, d'ailleurs. Le jargon informatique, anglophone, a été traduit par décret, rendant la compréhension difficile pour les non-Français.

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Si l'anglais est passée au globish dans le monde, pour le français, il ne faut pas penser que la langue n'a pas été "perturbée" par le québécois, le belge et l'usage des Africains qui ont pris la tangente de la rigidité linguistique française par des expressions propres et  typiques.

En Belgique, la belgitude est aussi revendiquée et se retrouve dans la vieille pièce de théâtre qui réapparaîtra la saison prochaine au Théâtre des Galeries: "Le mariage de Mademoiselle Beulemans". Le mot savant d'"ostracisme" y était, alors, prononcé par le prétendant français qui travaillait à la comptabilité d'une entreprise de bières d'une famille bourgeoise bruxelloise. Mot complètement en dehors de la compréhension de son hôte et patron.   

L'article "Ma langue" sentait bon le béret français et l'antidote à l'anglais

Le commentaire de volt exprimait le problème, tout haut et se faisant moinsser par la smala forumoise, tandis que le commentaire de hunter, resté dans les cordes, se voyait plussé au départ comme si la raison du bon-sens d'après le chapeau de l'article entrait comme raison suffisante dans les réalités de l'actualité.  

Deux ministres français proposaient, donc, de créer un enseignement supérieur en anglais. 

Deux raisons invoquées pour conspuer cet enseignement par la voie anglophone: 

  • attirer les étudiants étrangers. Argument jugé mince par l'auteur à juste titre puisque l'enseignement est d'abord à orienter vers les Français. Nous sommes d'accord.
  • veiller à la diversité des langues et des cultures et éviter l'uniformisation. Encore d'accord.

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Les technologies de traducteurs automatiques pourront, un jour, s'interposer entre deux langues, mais cela restera toujours artificiel. Les langues parlées par les humains resteront l'outil principal des moyens de communications oraux et écrits. 

La conclusion de l'auteur de l'article: "Vivant, en ce début de vingt-et-unième siècle, une situation quelque peu similaire en notre pays. De l’intérieur, il est étonnant de constater que ce n’est pas une mesure seule, mais, comme en aviation, une succession d’erreurs qui conduit au crash."

Peut-être, mais cette conclusion peut très bien être retournée à son désavantage sur le terrain des opérations.

0.jpgL'Oncle Sam est bien vieux pour imposer une quelconque autorité linguistique dans une Tour de Babel particulière. Il serait bien malhabile de vouloir asseoir sa suprématie culturelle sans filtres. Comprendre ses "amis" et ses "ennemis" est un avantage incontestable dans un monde mondialisé. Bien sûr, un enseignant qui donnerait un cours supérieur, se devrait d'être excellent dans la langue avec laquelle il enseigne pour ne pas donner son cours au rabais.

Donc, je ne dis absolument pas qu'il faut remplacer une langue par une autre, mais au contraire en connaître plusieurs. Un peu de toutes, comme les fromages belges...

En dehors de ce cas de figure, apprendre une autre langue se décide par le seul besoin de l'environnement et de son activité. A la CE, à Bruxelles, dans les bâtiments, les traducteurs sont bien présents lors des réunions, mais dans les couloirs en quelle langue parle-t-on?  

L'histoire, prise comme soutien par l'auteur, ne tient pas la route dans l'actualité. On ne vit plus en autarcie. Rien n'empêche de bien connaitre et conserver sa langue maternelle. En apprendre une ou plusieurs autres quand le besoin s'en fait sentir, c'est assurer un peu plus son avenir. Demain, ce sera peut-être le mandarin.

Samedi, j'étais sur la Grand-Place de Bruxelles. Un groupe de touristes chinois y était. J'ai essayé de poser la question "Where are you from?". Il n'y a que les plus jeunes qui sont arrivés à me comprendre. Mais, l'appareil numérique (photographique ou tablette), lui, n'avait aucun secret pour eux du plus jeune au plus vieux.

L'exception de ce jeune étudiant français qui est capable de s'exprimer en 15 langues différentes, est souvent pris en exemple. Je serais intéressé de savoir comment il les entretient en dehors des livres et de sa passion s'il n'a pas une immersion dans un environnement multilingue adéquat.  

Sans le vocabulaire, aucun dialogue n'est possible sinon par gestes. Les mots et la manière de les construire sont bien plus importants que ne le sont la grammaire et la syntaxe. 

"La France, mère patrie", un autre article, écrit par un Québecois, cette fois, m'avait fait autant sourire et à rechercher des expressions de ce pays pour le commenter.

0.jpgLa rigidité du langage est peut-être son cheval de Troie.

Des mots du nouveau Robert": "Brol", "fricadelle", "plan-cul",  "bombasse", "chelou", "low-cost",... 

Le dico comme reflet du temps? Evidemment, même si les dicos ne sont pas un jeu. 

Un forum ouvert sur le sujet avait donné quelques surprises sur prises. Un premier commentaire déjà: "Voici les prémisses de la novlangue néo-libérale. Pour info, novlangue vient du livre d'anticipation d'Orwell, 1984 : 'C'est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l’État.' Dany-Robert Dufour en parle également dans son essai le Divin Marché comme étant un des nouveaux commendant de la nouvelle religion à venir : 'Tu ignoreras la grammaire et tu barbariseras le vocabulaire ! (Ce qui aboutit à la création d’une novlangue).' En d'autres termes une mise en esclavage, surnoise, à travers le langage! .. Intéressant également de voir à quel groupe appartient le petit robert ..".

CQFD. Ambiance..Excusez les "fôtes d'ortografs". Faites ce que je dis, pas ce que je fais, voyons...

Que dire, en bas de ça (comme on dit chez nous)?

-Tout s'en va, tout évolue, Monsieur. Tout revient en force à un moment ou à un autre comme des gestes du muet dont il faudra un jour convertir les gestes en mots parce que rien n'est immuable. Tous ont le droit de dire ce qu'ils pensent. C'est démocratique. Le malheur, c'est que tout a une durée de péremption, même la pensée. Une langue qui n'évolue pas, est une langue en sursis.

- "Quel est l'intérêt de cette discussion?" répondait un autre commentaire.

S'il y a des nouveaux mots, il faudra aussi penser en faire disparaître pour éviter le trop plein.

Que les mots "boson de Higgs" se retrouvent ensembles parmi les noms propres n'est pas un problème et "boson" dans noms communs, mais pas ensemble, parmi les noms communs.

Le combat perdure entre proactifs qui cherchent dans le dédale des nouveautés et rétros qui accusent, étourdis par des mots coups de poing, à posteriori, mais qui ne sont pourtant plus nouveau mais qui ont échappé au moment opportun.

Le français trouvent, en partie, ses mots dans les langues latines et grecques et créent des macro-molécules organiques. Dans son histoire, se sont ajoutés de multiples autres langues. 

Fédérer les régions est à la mode. Fédérer les langues ne l'est pas. Chaque langue veut sa part du gâteau et rester chaste et pure, croyant du même coup pouvoir exister dans le temps et l'espace. 

Le grec ancien s'est modernisé pour devenir une langue vivante. Le dernier bastion du latin se retrouvait dans la religion catholique de l'utilisation. Il s'est éteint sous Vatican II comme langue morte.

Le franglais est partout. Il s'intercale dans une conversation sans plus se faire remarquer. Des traductions en français en deviennent incompréhensibles. L'anglais a gagné une bataille mais n'a pas gagné la guerre. L'influence du français sur l'anglais existe aussi, mais il est plus ancien. La langue officielle des JO est toujours le français. Ce n'est pas peu dire.

Si les puristes du français prennent les difficultés du langage comme une sorte de richesses. Ils rendent leur langue plus hermétique par des règles alambiquées dont on oublie jusqu'à l'origine.

Comme toujours, dès qu'on parle de l'antagonisme anglo-français, les partisans de l'esperanto rappliquent et reprennent en coeur leur volonté de l'effacer par l'étude de l'esperanto comme si son étude allait bouleverser ou faire exploser le compteur de ses utilisateurs.

Disons d'emblée que ce qui est mis en avant comme avantage pour l'utilisation de cette langue, c'est sa facilité d'apprentissage, sa structure et sa grammaire.

0.jpgL’espéranto, comme dit Wikipedia, est "une langue construite conçue à la fin du xixe siècle par Ludwik Lejzer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes. Zamenhof publia son projet en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia (Langue Internationale), sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (Docteur qui espère), d’où le nom sous lequel la langue s’est popularisée par la suite. Basé sur une grammaire régulière (sans exception), l'espéranto est une langue globalement agglutinante où les mots se forment à partir d'un nombre limité de racines lexicales et d’affixes. L'espéranto est la seule langue construite qui a dépassé le stade de projet pour devenir une langue vivante, avec des locuteurs actifs répartis dans la plupart des pays du monde.".

Il y a quelques années, j'avais appris les rudiments de l'esperanto pour pouvoir en parler et parfois critiquer la langue si besoin était. Depuis, je ne l'ai plus jamais utilisée et j'ai dû me rafraîchir la mémoire pour écrire ce qui suit. 

Je suis donc resté sur ma faim comme si mon travail d'apprentissage était resté en rade sans arriver à destination. 

Une langue équitable pour la communication internationale, un beau rêve qui germa en 1870 dans la tête d'un enfant juif polonais de 11 ans dont la langue paternelle était le russe et maternelle, le yeddish. Dans la diversité de nationalités, de religions, de langues et de mœurs, Białystok, sa ville natale, est le théâtre permanent de tensions et de graves incidents. Son ouvrage "Langue Internationale" sortit à ses 28 ans. Il parle assez bien onze langues différentes. Le nombre d'espérantophones est difficile à évaluer. Entre deux et trois millions est la fourchette la plus couramment reprise. Au départ de langues indo-européennes, sa langue construite consiste en monèmes invariables qui se combinent sans restriction. Sa tendance à accumuler des morphèmes sans pourtant arriver aux phonèmes 

Un scientifique pourrait en avoir une impression modulaire des mots. Lui a l'habitude d'atteindre l'infiniment petit des particules. Il y verrait des molécules, plus ou moins grosses, sans atteindre le niveau des atomes qui les composent. Les atomes seraient les sons, les phonèmes. En donnant la prononciation des sons, ils pourraient avoir l'avantage de se retrouver à l'intersection de toutes les langues vraiment indépendante de toutes. 

De nouvelles lettres se sont ajoutées à l'alphabet dans ce langage appelé "eo". Une mise à jour des caractères sous forme d'un logiciel est donc indispensable et disponible pour pouvoir l'utiliser sur un clavier d'ordinateur.

Tous les mots s'y prononcent comme ils s'écrivent et vice-versa. Bravo.

Mais ce sont les affixes que l'on ajoute à une racine de mot qui constituent la substantifique moëlle de la langue. 

La langue espéranto se construit, en effet, comme une sorte de poupée russe, un jeu de Lego, dont les couches font appel à un mot central (la racine, le coeur) et d' "affixes".  

Une leçon rapide de la construction des mots par l''espérance avec une pointe d'espoir comme synonyme?

Les racines des mots existent seuls ou coexistent, ajustées par des dérivations comme les "préfixes" et des "suffixes" qui s'intègrent avant les lettres finales. 
Facile? Enfin, presque... 
Cette technique permet, en principe, de créer des néologismes à l'infini à l'écrit. 
Elle explique, aussi, une difficultépar la gymnastique intellectuelle nécessaire en temps réel dans une conversation orale.    

La dernière lettre des mots détermine le genre de mot : un "-o" pour les noms communs, un "-a" pour les adjectifs. un "-e" pour les adverbes, auquel s'ajoute un "-j" pour le pluriel ou "-n" pour l'accusatif.

Le temps des verbes se distingue par la terminaison: "-i" à l'infinitif, "-as" au présent, "-is" pour le passé, "-os" pour le futur, "-us" pour le conditionnel et "-u" pour l'impératif. 

Les corrélatifs sont mis en matrice en fonction de leur état (objet, personne, lieu, temps, raison, qualité, manière, quantité, propriété) et de l'expression que l'on veut leur donner.
Exemples de terminaisons parmi tant d'autres:
an (membre) urbo: ville urbano: un citadin
-estr (chef, patron) urbo: ville urbestro: maire
-ist (profession) pano: pain panisto: boulanger  
 
-ar (ensemble) arbo: arbre arbaro: forêt
-ej (local, lieu, boutique) pano: pain panejo: boulangerie
-ec (qualité) bela: beau beleco: beauté
-ism (système) nacio: nation naciismo: nationalisme 
-et (diminutif) domo: maison dometo: maisonnette
-eg (augmentatif) domo: maison domego: palais

Si l'esperanto se bâtit en un jeu de Lego, le français s'est construit au hasard du temps comme un jeu de dominos aux risques et périls d'un transfert complet d'identification.

Trop européen, l'esperanto, disait la commentatrice chinoise du premier article et en a abandonné l'étude pour cette raison.

L'esperanto se retrouve, il est vrai, restreint, même au niveau mondial, à un club d'esperantistes. Le club est devenu un autre groupement élitiste.

Belle idée que de vouloir rassembler les gens par la langue, mais c'est aussi perdre leur diversité, pourrait se dire le candide néophite.

Et là, réside l'anagonisme: comment garder, à la fois, la diversité et l'uniformisation.

Son manque de mises à jour dues à la modernité, est peut-être aussi son plus grand péché malgré les quelques ressorts préexistants dans sa structure volontariste.

0.jpgCroire que l'on réunira un melting pot de cultures dans le même goulot d'étranglement de la langue, serait illusoire.

L'allemand joue parfois au mot le plus long avec 83 lettres en concaténant les mots. 

Le festival du mot à la charité sur Loire, a choisi "Mensonge" et "transparence" comme les mots de l'année 2013. Ce choix est influencé par l'actualité, sans plus. 
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Dans une confrontation des populations d'horizons multiples, dans un esprit de compétition perpétuel sans faire le premier pas pour essayer de comprendre les autres, que ce soit par une langue vivante ou une langue construite, dite "facile à apprendre", ce sont des dérapages incontrôlés qui se produisent.

Si la langue est imposée par le plus fort, alors qu'en même temps, on parle de diversité, de liberté d'expression, il est impossible de ne pas trouver les mots d'antinomie et d'antagonisme sur son chemin.

0.jpgLe cinéma prône l'exception culturelle.

Pour avoir fait du data mapping entre deux modèles de données, penser que l'on peut y arriver en donnant des correspondances à chaque concept en présence dans une relation "one to one", est un leurre. La relation "many to many" perturbe le plus souvent le processus. L'Office québécois de la langue français explique la difficulté de la tâche.  

Vendredi dernier, c'était la fête des voisinsDes millions de voisins dans toute l'Europe s'invitaient à partager un moment de convivialité. Dans notre société où l'indifférence et l'individualisme est souvent de mise, la fête agit en tant que catalyseur pour créer des liens entre citoyens.

C'est dire que le besoin d'intégration, de fusion, se fait sentir.

1.jpgDimanche, la fête de l'environnement à Bruxelles se la jouait anti-crise et mettait en avant les alternatives concrètes avec un double objectif: penser durable et faire du bien à son portefeuille.

"Faire du bien à son portefeuille", le fin mot de l'histoire. Nous sommes en plein dans l'écologie économique. La seule manière de faire tourner la machine humaine.

"La laideur se vend mal", disait Raymond Loewy, donc il faut rendre le monde plus beau, plus responsable de ses actes.

Dans ce cas, c'était aussi la biodiversité qui était à l'honneur. Dans son livre "L'Esthétisme du monde- Vivre à l'age du Capitalisme artiste", Gilles Lipovetsky exprime bien ce trop plein qui veut que le moindre objet se doit d'être stylisé, convivial. Design oblige avec au besoin l'art pour l'art dans un esprit de masse par l'esthétisme transversal.  

Deux fêtes qui, en cherchant bien, s'opposeraient dans leurs objectifs.

Quelle langue a été pratiquée par la majorité des fêtards du voisinage?

Un nouveau melting pot, plutôt avec des antinomies et des antidotes pour tenter d'erradiquer la lame de fond?

Non, peut-être... Une langue universelle est à l'opposé de la volonté de la diversité.

Un point de rassemblement qui m'a pourtant sauté aux yeux: la bouffe. Bizarre, là, tout le monde voulait tester l'inconnu.

La musique avait, aussi, ce don de tenter de réunir tout cela, sans frontières, avec le support d'une partition musicale.

Ce samedi, le concours Reine Elisabeth a départagé les douze finalistes.

Le côté antinomique du gagnant n'était pas les notes mais résidait dans son originalité pour interpréter le Concerto n°3 de Rachmaninov.

"Ce pianiste israélien présente une personnalité hors du commun qui fascine ou irrite", était-il dit.

L'originalité passe par l'improvisation et aime autant les antidotes que les antinomies.

La musique se construit avec seulement 8 notes et quelques accords. C'est le compositeur qui mettra ces notes en musique pour en faire quelque chose de miraculeux, de transcendant et l'interprète qui l'exprimera par sa personnalité et ses sentiments comme dans un "Tableau d'une exposition" de Moussorgsky.

Le temps est volatile. Il serait mal venu de le cadaster avec des concepts trop rigides.

L'antidote du mot français "compatir" n'existe pas.

Si on essayait "conjouir" comme le proposait, récemment, Maxime Le Forestier? 

Peut-être pensait-il au phoque en Alaska..

Mais, avoir trouver cela, n'est-ce pas le meilleur mot de "Fin"? 

 

L’enfoiré,

 

La fête de l'environnement en quelques photos et un seul clic.

 

Citations : 

  • « Les mots sont nos esclaves. », Robert Desnos
  • « Les mots manquent aux émotions. », Victor Hugo
  • « L'amour ? Des grands mots avant, des petits mots pendant, et de gros mots après. », Edouard Pailleron 

28/03/2013

Créateurs d'étincelles

Je me suis demandé comment j'aurais pu inciter des adolescents en phase terminale du secondaire et les passionner à l'étude des Sciences quand on sait qu'elles sont un peu négligées... Défi pour un prof de Sciences... 

histoireBonjour,

Je ne vais pas vous sucrer la pilule. Des nouvelles négatives circulent dans beaucoup de domaines. 

Aujourd'hui, je vais tenter de renverser ce négativisme ambiant et essayer de vous passionner en vous parlant de ce que les Sciences peuvent vous apporter.

Je vais commencer par vous parler d'histoire. Pas d'histoire  avec un grand "H" comme vous l'enseigne votre prof d'histoire. De la petite histoire de ceux qui ont marqué leur temps en laissant des traces indélébiles. Des anonymes célèbres, des créateurs d'étincelles, qui travaillent dans l'ombre, loin de "The Voice", mais qui entrerons dans les habitudes des gens par leurs découvertes et leurs inventions. 

Et, j'en suis convaincu, vous pourriez, demain, être de ceux-là.  

histoire

Je ne vais pas vous rappeler la dernière aventure qui est arrivée à Summly, à ce rachat par Yahoo, de ce Nick d'Aloisio quoique ce serait une bonne entrée en matière pour vous dire que la réussite est toujours possible. Oui, vous avez raison, le foot vous passionne et devenir un joueur sur le terrain, peut vous faire gagner plus de sous et vous motiver. Comment contrer cela?

Pourquoi pas commencer par l'histoire de votre portable? Vous l'utilisez pour communiquer sans plus vous rendre compte de tout ce qui l'a précédé avant d'arriver dans vos poches. Il a supplanté le téléphone fixe et révolutionné votre vie de tous les jours. A une époque encore récente, il ne méritait pas la qualification de "portable" en faisant désordre avec son antenne proéminente. 

Mais vous direz, ce n'est pas de la science mais de la technologie. Et vous aurez raison. Mais, l'une est complémentaire à l'autre.

histoireTout va plus vite aujourd'hui que par le passé grâce à la technologie comme levier accélérateur de la Science sans que cela se ressente dans le bonheur général du monde.

Mais, passons, si vous le voulez bien, cela nous engagerait sur une mauvaise voie ou de mauvais sentiments...

Suivre l'histoire de la Science, c'est faire l'inventaire des inventions et des découvertes à travers les siècles comme l'a présenté l'émission de Arte "La fabuleuse histoire de la science" en six épisodes. Une histoire qui vous impose de revoir toutes vos convictions l'une après l'autre. 

Je reprendrai les conclusions du dernier épisode:

  • à notre insu, le cerveau fait de la Science.
  • la Science est affaire de politique, de croyances et d'argent
  • elle est motivé par le pouvoir et la passion 
  • les questions de demain seront façonnées par ce que nous sommes, par notre monde et nos préoccupations

Tout cela est vrai et bien résumé.

Il vous reste le choix du comment l'aborder. Des questions existentielles restent ouvertes comme "qu'est-ce l'univers?", "d'où venons-nous? et "de quelle matière est fait notre monde?" dans lesquels vous pouvez intervenir pour faire évoluer les connaissances scientifiques.

Je préviens, les connaissances perdent très vite de leur superbe et de leur caractère exceptionnel. Elles se doivent se renouveler en permanence. "Innover" est, plus que jamais, le mot clé.  

histoire

Sur ARTE, une autre série d'émission intitulées "Il était une fois... les découvreurs" réalisées en dessins animés est destinée aux juniors.

La dernière présentait "Guillaume Marconi et les ondes" avec son esprit curieux qu'il avait en bricolant des fils électiques en spirale pour créer des champs électromagnétiques en se passant de fils pour communiquer.

L'histoire des communications est arrivée dans mon Smartphone et elle continue toujours à vivre sa folle aventure... 

Au 19ème siècle, avec les découvertes et les lois de la thermodynamique et de l'électromagnétisme, le monde scientifique croyait qu'il connaissait toutes les lois fondamentales de la nature.

On en était loin comme vous pouvez le constater.

Sur la page de garde du Printemps des Sciences, dont les expositions viennent de s'achever à Bruxelles, il est écrit: "La Science est précieuse, fascinante, étrangeOn pourrait aussi la qualifier d’inodore, incolore, insipide, mais ce serait trop réducteur. Alors, pourquoi pas: complexe, subtile, changeante, et surtout, essentielleAh, elle peut aussi être solide comme le roc, fluide comme le vent ou même invisible comme l’air. Banale et extraordinaire à la fois, omniprésente et rare, elle est source de vie, mais peut aussi semer terreur et effroi… On la traque sous terre pour vivre, et sur les autres Terres, juste pour le plaisir. Cosmique ou tellurique, elle est au cœur de notre existence, de notre survie, de nos loisirs, de nos peurs, de nos espoirs."

Disons que la Science se cherche en permanence, qu'elle bouge, qu'elle n'arrive jamais à satiété avec ses inventions et ses découvertes. Beaucoup de magazines de vulgarisations scientifiques en témoignent.

Si j'arrive à modéliser ces étapes dans votre esprit, à leurs donner un sens, une origine, une histoire et une fin de recevoir ou de non recevoir, je serai arrivé à mon but.

Je dis "non recevoir", parce que tout n'est pas bon à conserver et à prendre en considération. Des échecs et des déchets sont du nombre. Il y a toujours des découvertes ou des inventions qui ne tiennent pas la route dans la distance, trop dangereuses à l'usage ou en inadéquation avec le temps. L'histoire de la bombe atomique n'est qu'un des dérapages.

En résultent des bides magistraux conçus avec de gros budgets et de petites réalisations qui font, elles, un tabac. 

Inventer est toujours plus flatteur que de découvrir fortuitement pour justifier les investissements avec des rendements élevés. 

Le côté fortuit de la découverte reste, bizarrement, dans l’ombre et non avoué par le découvreur-inventeur qui aimerait plutôt laisser une image de longues recherches et d’un travail acharné. 

La fin justifie-t-elle les moyens?histoire

Une réponse de Normand vous suffirait-elle? Je n'en ai pas d'autres.

Vous aimez les romans à suspense. Alors, avec la science, vous en aurez. 

On vous demandera de publier pour vous faire connaître et attirer l'attention sur vous. On vous demandera d'être proactif. Il faudra conserver l'humilité car avoir raison trop tôt, c'est trop émouvoir la galerie. 

Ressentir l’importance du changement nécessaire fera partie de votre stratégie future, d'une intuition mêlée d'expériences. 

Gardez une partie de votre savoir en réserve, pour ne pas vous le faire coiffer sur le poteau. Des inventeurs qui se sont fait voler leurs idées ne sont pas rares car la compétition fait partie du jeu.  

Pour faire bouger les choses, comme acteur scientifique, il y aura le pouvoir, la passion, la rivalité et le hasard, la chance (inventions fruits du hasard). L'histoire s'écrit tout autant dans les laboratoires que sur le terrain.

Aujourd'hui, on mêle tout le melting pot, sous le seul parapluie des "Recherches et Développements". Des R&D, en abrégé. Des budgets sont alloués à la Science par le secteur public et plus souvent par le privé, mais toujours au compte-gouttes. 

histoirePourtant, on confond souvent l'invention avec l'innovation.

Le prix Nobel de médecine en 1937, Albert Szent-Györgyi disait qu'il y a deux types de recherches.

La recherche fondamentale qu'il qualifiait de "dyonisiaque" et la recherche appliquée, définie comme "apollonienne".

Dyonisos, associé au bon vin mais aussi, à la recherche de l'inconnu, avait des visions sans en connaître la destination, soutenues uniquement par l'enthousiasme, l'imagination et la démesure.

Apollon, associé au dieu du soleil, ami avec la raison, aimait les sollicitations objectivées et récompensées.

Et si Apollon avait rendez-vous avec Dyonisos pour aller boire un coup ensemble, est-ce qu'ils continueraient à innover?

L'innovation est la transition de l'invention. Elle a besoin de sponsors pour démarrer et espère des royalties en retour. Elle est devenue chère à rechercher à décupler son potentiel. histoire

On n'invente plus avec seulement un point d'interrogation devant le nez. La science s'est elle-même transformée dans ses processus et se tourne vers le travail en équipe.

Les entreprises ne peuvent même plus se permettre de se limiter aux résultats de leurs propres recherches. Elles acquièrent des connaissances d'autres sociétés. Elles sous-traitent et achettent des licences, des brévets.

L'écueil de l'invention fortuite, mais trop aléatoire, est ainsi évité. Il n'y a que la standardisation qui fait défaut dans ce processus d'externalisation qui empêche d'accroitre encore plus cette tendance. 

Les relations "homme-homme" sont devenues difficiles et chères, disais-je. La machine s'est introduite dans cette relation qui n'est plus limitée au "one to one", mais au "many to many". Des relations dont on vous a parlé au cours d'informatique avec les difficultés qu'elles engendrent. S'il y a des dysfonctionnements et des erreurs, pour s'en disculper, ce sera toujours le bug informatique et la machine qui sera responsables. Ce qui est plus de neuf fois sur dix, absolument faux, mais qui évitera de chercher les erreurs humaines qui prendraient bien plus de temps. 

histoire

Qui fait quoi? Comment le fait-on? Avec quelles ressources matérielles et humaines? Internes ou externes? Qui prendra en charge le suivi des opérations? 

Voilà, les questions qui importent, désormais, bien plus que la décision de passer à l'acte.   

Alors, vous allez me dire, "mais qu'est-ce que je viens faire dans cette galère?". "Comme les entreprises le font, je n'ai plus qu'à acheter ce qui existe pour consommer". "Plus besoin de me farcir des années d'études".

Encore une fois, à la limite, on pourrait le croire que tout a été inventé comme au 19ème siècle. Et pourtant...

Le marketing impose toujours ses lois. Si le marketing ne donne plus le temps aux entreprises d'espérer des inventions révolutionnaires et des découvertes fortuites, il fait tourner la machine du temps et des fantasmes.

Aujourd'hui, la complexité et le temps pour "inventer", pour "découvrir" est toujours voulu plus court. 

Ok, il y a l'"Open Innovation", l'"Open source" que vous devez avoir entendu parler sur Internet. Henry Chesbrough voulait mixer les connaissances par cette voie. D'après lui, il faudrait tout ouvrir pour tout le monde dans le libre, le perpétuel et le gratuit. Quand on sait que nous sommes dans un monde où tout s'achète et se vend, vous vous dites, il doit y avoir un truc. 

histoireJe ne sais si c'est à cause de ces considérations que la Science aurait moins de succès auprès de vous, jeunes, plus attirés par le rêve que par une époque de crises et de projets d'avenir que l'on vous propose au raz des pâquerettes. Mais, il faut savoir que la pénurie de jobs dans le domaine des Sciences, existe bien plus qu'ailleurs.

La recherche fondamentale est souvent sous-évaluée à cause de ses retombées aléatoires. D'accord. Tout n'est pas qu'argent pour générer le plaisir.

Soi-disant moins rentable, avec des retombées non estimables dès le départ, elle fait partie des activités scientifiques qui entrent en conflit moral avec la recherche appliquée qui se fixe des objectifs précis de rendements. Ces deux approches restent complémentaires.

La société veut toujours du nouveau. C'est ce qu'elle attend de vous. 

Une véritablement lutte à mort s'est engagée en dehors de nos frontières. Les pays en voie de développement vous attendent au tournant dès que vous lâcherez prise.

Votre portable et votre PC venaient du Japon. Il vient, désormais, de Corée du Sud.

Les cerveaux seraient-ils mieux formés en Corée qu'au Japon avec une technologie mieux adaptée?

Pas vraiment. Il y a une autre loi qui intervient. Celle du prix de vente qui dépend, à son tour, du cours de la monnaie. Le won coréen est beaucoup plus faible que le yen. Ce qui explique cela.

Le progrès humain est jonché de ce genre de moments d'incongruités politiques que l’humanité est obligée d'assumer.

Je suis désolé de vous le dire, les moments de grâce seront plus discrets encore dans le futur.

Il ne faut pas sous-estimé le consommateur. Pas fou, celui-là. Il peut analyser et comparer les prix avec le rendement et les plaisirs des gadgets que les technologies lui fournissent.

Alors, il faudra le faire rêver, ce consommateur comme un maître de la simplexité pourrait le faire, puisqu'il ne se rend pas compte que l'ergonomie qui lui rend les choses simples et plus agréables, sont dans le fond très complexes.

histoire

Même si, dans vos déductions, vous avez quelques soupçons sans preuves, il faudra les vendre, les traduire en y mettant des artifices pour qu'ils soient encore "achetables" par des consommateurs blasés. D'autres, avant vous, l'ont fait avec plus ou moins de bonheur.

Vous vous souvenez de ce fameux Boson de Higgs avec les théories des molécules qui l'entouraient. Imaginez comment cela aurait été difficile de le faire connaitre sans les médias, sans le buzz qui l'entourait et sans un nom magique de "particule de dieu". Réunir la science avec la religion par l'intermédiaire des médias, quelle idée de génie !

Aujourd'hui, c'est mon rôle de vous faire rêver à votre futur entre plusieurs voies.

Une première, celle du fondamental qui offre un angle à 360° avec la liberté mais sans certitudes et sans beaucoup de sponsors. Une seconde, au canevas de recherches, fixé d’avance par la recherche appliquée. Chacune contient tellement de sous-couches différentes du savoir que vous avez un choix étonnant. 

Il faut avouer que le métier de chercheur demande des dons d’ubiquité, d'intuition, d’observation, d'esprit de déduction qui sortent souvent des programmes enseignés dans les universités qui se doivent d'être informatives sans obligation d'apporter l'assurance du succès.

Les fondamentalistes ne seront pas plus intégristes avec des buts exploratoires, avant de devenir expiatoires devant un bide éventuel que les applicatifs.

L'ancien patron de GSK était sur antenne, hier. Il rappelait quelques principes en provenance du secteur pharmaceutique.

Je ne suis pas là, non plus, pour vous vanter uniquement les études supérieures.

histoire

Chacun a son mot à dire pour croiser le fer de l’invention et de la découverte.

Mardi, Thomas l'avouait qu'il ne se sentait pas être une flèche tandis que ce jeudi, il se sentait avoir de l'influence sur le gouvernement. 

Thomas, dont le papa, Edgar Gunzig, vous vous rendez compte, était physicien, intéressé au vide quantique, à l'inflation cosmique et auteur de la théorie du bootstrap, une théorie explicative de l'origine de l'univers. Ce serait, vraiment, jouer au fils à papa, avec un parfum de népotisme, que d'en ajouter une autre couche avec les mêmes accents, les mêmes notes, via son fils. Soyons pluralistes, que diable... 

L'autodidacte, aussi, peut avoir des envies de crier "Eureka" dans son bain ou ailleurs, sans avoir suivi des études très poussées. 

Passer à côté de la plaque de l'histoire manquerait toujours de panache et de goûts d’aventure quand on a quelques moyens innés, manuels ou intellectuels.

histoire

Devenir "créateur d'étincelles", cela demande bien plus qu'une vague rumeur de l'histoire, qu'une entrée en religion et la fougue, personne ne vous forcera à l'avoir.

Les Sciences, en vitesse de croisière? Peut-être...

Crises structurelles? Un mauvais moment à passer?

"Cogito ergo sum", disait Descartes.

Cette maxime, au moins, est toujours vraie.

Rappelez-vous que les Sciences peuvent être autre chose qu'austères. Elles peuvent être très amusantes comme le sont les histoires de Sherlock Holmes.

Voilà ce que je voulais vous dire, aujourd'hui.

Une vieille blague, pour finir, me vient en mémoire. Un peu rafistolée pour l'occasion, elle pourrait se dérouler ainsi:

Trois inventeurs dialoguent au salon des inventions de Bruxelles.

histoire

Le premier, un américain dit:

- J'ai fait partie du projet Google glass. Avec ces lunettes, il est possible de communiquer avec le monde entier.

Le second, japonnais dit:

- J'ai fait partie de l'équipe qui a développé les nouveaux robots. Ils permettent d'aller voir de plus près les réacteurs de la centrale de Fukushima. Nous les contrôlons à distance. Cela n'est pas par la télépathie. Ils ont beaucoup de latitude dans leurs actions pour décider de la marge de manoeuvre sans interventions des hommes. 

C'est alors qu'on entend un bruit sourd qui provient de l'inventeur belge. Tous deux se retournent vers lui.

Le Belge, un peu honteux, dit, avec un esprit inventif:

- Ne vous en faites pas. C'est mon hologramme téléporté à New York. Je lui avais envoyé un message. Il vient de me renvoyer un accusé de réception sur mon vieux fax.

(Rires des étudiants)

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Je ne vous dis pas, mais, la morale de cette histoire pourrait bien être que si vous ne parvenez pas à faire passer vos inventions dans le public par les médias habituels, vous avez toujours la possibilité d'utiliser, en plus, l'ouïe ou l'odorat pour le faire.

Mais vous pouvez le considérer comme un poisson d'avril avant l'heure...

(Rires et applaudissements)

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle", Nicolae Iorga
  • "Les grands embrasements naissent de petites étincelles.", Cardinal de Richelieu
  • "Qui a peur des étincelles ne devient pas forgeron", Proverbe allemand

06/04/2010

Connais l'homme pour mieux te connaître

Un article du NouvelObs me permettait de rouvrir le dossier que j'avais entamé la semaine dernière en y apportant un éclairage nouveau en passant par la psychanalyse.

0.jpgSocrate avait sa célèbre phrase philosophique "Connais-toi toi-même".

Les Dieux de l'Olympe opposés à la faiblesse des hommes se retrouvait dans les textes sacrés, rappelés par les Oracles et la Pythie.

A Delphes, sur le temple consacré à Apollon était inscrit : "Connais-toi toi-même, laisse le monde aux Dieux". Paradoxal, s'il en est. La mythologie expliquerait sa philosophie.

Socrate écourta la maxime et se retrouva de fait dans le rangs des dissidents. Ce qui va probablement lui coûter la vie.

Avant lui, la Nature avait donné quelques idées pour vivre en harmonie avec elle, par des mouvements de "philosophies naturelles" et se libéreraient, ainsi, des mythes.

Un peu plus tard, Platon, considéré comme le fondateur des Sciences Humaines et Sociales, repris le flambeau avec sa version philosophique "Connais l'homme pour mieux te connaître".

D'emblée, une de ses citations ne rassure pas : "L’âme est composée de deux chevaux, d’un raisonné et dompté, l’autre parfois un peu fou.".

L'incitation à s'interroger sur soi-même s'impose toujours aux temps modernes. Les fanatismes religieux persistent. Ils s'accentuent en période de crise, en perte de repères. Si la Science et la Technologie s'y opposent avec conviction, elles outrepassent parfois, elles-mêmes, leurs prérogatives pour devenir une nouvelle religion.

La manière d'approcher, d'appréhender les relations humaines se retrouve, bien sûr, dans l'éducation tout en restant assez dogmatique.

Se connaître, c'est diminuer son stress par rapport aux autres. C'est connaître ses limites et ses aptitudes aux réactions de définir les entropies et les empathies possibles. Pas besoin de se mettre sur un divan pour cela. Toutes les positions sont valables. Ne pas confondre entre l'approche personnelle des problèmes et celle des autres, plus générale. Éviter d'arriver à un point de non-retour. Trouver une vérité commune, par le dialogue, en suivant ses motivations ou au contraire donner des raisons de quitter un environnement hostile, font partie de l'art de la communication.

Le NouvelObs de la semaine se posait la question "A quoi sert la psychanalyse?" avec "Haro sur Freud", comme sous-titre.

"La Psychanalyse permet de devenir soi-même" disait, immédiatement, le philosophe, Marcel Gauchet pour l'expliquer. Celui-ci se trouve dans le rang de ceux qui aime un peu la psychanalyse parce quelle replace Sigmund Freud dans le mouvement de libération de l'individu.

Freud est, pourtant, loin de faire l'unanimité en dehors des psychanalystes, des neuropsychiatres et des neurologues.

Michel Onfray, d'après le magazine, parait être le porte drapeau des opposants à Freud, en démontrant que celui-ci a pris son cas pour une généralité en décrivant les idées de Freud comme des affabulations dans son livre "Le crépuscule d'une idole".

Le complexe d'Oedipe devait ronger Freud. Le prendre à tort et à travers est peut-être un excès dans lequel il ne faut pas tomber. Le plus grand défaut de Freud est peut-être aussi, son manque d'humilité et de patience du travail scientifique. Il n'aurait donc fait que le premier pas dans ce que je décrivais au début: une analyse du "Connais-toi toi-même" dans un espoir trop rapide de le retrouver chez tous ses contemporains. Faire entrer le sexe dans la pensée occidentale était de bonne augure. Bourreaux et victimes, bien ou mal, se confondent à l'échelle de la vie animale sans vision anthropomorphique.

"La théorie freudienne n'est pas une théorie de l'effacement du sujet mais, au contraire, une théorie du sujet élargitLa vérité du sujet, c'est ce qui échappe au sujet. Parce que nous sommes en tension avec la vérité, celle-ci peut nous enfermer dans une prison insupportable. La psychanalyse, c'est l'élargissement de de notre idée de la subjectivité et sa reconsidération complète. La capacité de compréhension de l'espèce humaine n'obéit pas à la loi de Moore. La théorie psychanalytique est le produit d'une histoire culturelle qui a promu l'individu, l'intériorité, l'attention à ses sentiments, à ses émotions, l'intérêt pour la compréhension de soi-même. Le succès viendrait quand les individus auraient envie de devenir des individus libres et souverains. ", disait Marcel Gauchet.

Tout comme la posologie d'un médicament doit pouvoir s'adapter en permanence, la pensée humaine est loin d'être statique. L'évolution des hommes, ceux-ci toujours plus nombreux sur notre planète, pousse à plus d'humilité. L'esprit humain et donc les sciences humaines qui sont censés les régenter, sont impénétrables pour parler dans le langage adapté à d'autres usages.

Les Sciences, dites 'exactes' ne dépendant pas de l'humain, ont moins de faiblesses mais dépendent néanmoins de tests à répétitions non exemptes de remises en question.

Entre les années 60 et 70, Freud a vu une consécration par l'indépendance du psychisme et de leurs problèmes qui auraient un caractère acquis, inné. Les névroses, calquées de personne à personne dont le vaccin serait donné par des préjugés d'un bon bourgeois qui a sur les femmes des idées assez surannées comme l'était Freud,  est une vision un peu trop restreint.

Les Sciences cognitives et les neurosciences ne sont qu'à l'orée de découverte importantes sur le cerveau et le comportement. 

0.jpgLe malaise de notre temps exacerbe les passions et ... les tensions. Le catharsis que l'on observe parmi tous les médias, n'est pas là pour apporter la paix. Le retranchement des jeunes et des moins jeunes derrière des écrans de vidéo dans des jeux plus ou moins violents, toutes opérations de la vie automatisées ou passant par l'intermédiaire de machines, font que les contacts humains disparaissent. Souvent, une banale conversation tourne en trompe la mort. Les formes virulentes suivent par une manifestation inattendue et démesurée en réponses aux situations mal contrôlées Même l'éducation n'apporte plus les points de repères, les garde-fous au savoir ce qui est ou non, permis. Dès lors, il s’agit d’éliminer l’autre pour avoir le dernier mot qui tue dans une compétition à outrance. "L’industrie du désastre et une société programmée pour le suicide.", comme je le lisais ailleurs.

Se connaître au sein d'un ensemble de contemporains, connaître les limites à ne pas dépasser, est un travail de longue haleine, un travail d'adaptation aux circonstances à effecteur en boucles. Savoir où on se trouve dans le jeu de quilles. Vrai dans le réel de tous les jours, ce l'est encore plus dans les forums de discussions qui apportent souvent des surprises par manque d'informations sur les interlocuteurs. Véritable laboratoire, bien plus que dans le réel, car les masques tombent sous le couvert de pseudos, plus encore qu'"en se foutant du regard oblique des passants honnêtes", comme chantait Brassens.

Aurait-on peur, aujourd'hui, d'être soi, peur de dire ce qu'on a dans le cœur, les tripes ou le ventre? Des pseudos, souvent sans même d'"A propos". Je me souviens en avoir fait la remarque à un jeune auteur. Il ignorait de quoi je voulais parler. 

La raison est, peut-être, que nous assistons chez l'homme moderne ou post-moderne à une dichotomie marqué d'idéologies des populations dont on n'ose plus faire l'écho. Tout se résumerait dans ce monde à un antagonisme entre riches et pauvres, Nord et Sud, Est et Ouest, Orient et Occident, Gauche et Droite... Comme s'il n'y avait plus guère de milieu de gué, plus de nageurs entre deux eaux. Pourtant ,on me faisait remarquer que l'homme n'est toujours pas une machine et ne travaille pas en système binaire mais dans un monde qui devient de plus en plus multipolaire.

Pour tenter d'y arriver, un minimum de connaissance de son interlocuteur donne déjà des indices pour ne pas aller trop loin. Ce n'est pas par une simple volonté diplomatique mais par simple sécurité dans le langage à utiliser. Être soi-même n'est pas facile dans un monde concret. Dans un monde virtuel, cela se fait à tâtons et dans le brouillard.

L'important n'est pas de recevoir une gifle morale en virtuel. L'important, c'est d'en comprendre l'origine et les raisons intrinsèques. Alors, en tête, un portrait robot de son interlocuteur ne donne pas l'assurance du succès.

Ce sera donc une sorte de "cloud computing", de traitement dans les nuages pour la psychanalyse.

La psychanalyse et la psychologie peut arranger les choses. Espérons qu'il ne faille pas passer à l'étape suivante, celle de la psychiatrie.

Revenons à la pratique. Réactualisons.

1.jpg

Le poisson d'avril de mon précédent billet, soumis au forum, m'avait fait réfléchir pendant son écriture et aussi suite à ses commentaires.

De ce côté, il avait généré des réactions en sens divers, mais certains m'avaient interpellé.

L'interview "fiction" de moi-même qu'il contenait, je l'avais placé ostensiblement dans la rubrique "Parodie". Deux commentateurs s'en prirent à moi, aussi sec. Je m'étais préparé à tout, mais ces réactions étaient surprenantes tout en étant révélatrices.

Bien que j'en connaisse partiellement la raison pour l'un, pour l'autre, c'était moins évident. Assez virulent, cela commençait fort: "Bien sûr, c’est une parodie. Bien sûr, c’est bientôt le poissonnier d’avril et son étal pas toujours frais. Mais tout de même, (désolé de le dire un peu crûment ).... Bref, "parlez-moi de moi, y’ a que ça qui m'intéresse", disait la chanson...Mais je me trompe peut être, bien sûr...".

Un autre article plus ancien était pris en référence pour prouver que si je n'avais rien à dire, fallait que je reste dans ma tanière et surtout, ne pas parler de moi, classiquement ou de manière plus originale.

0.jpgEt bien, mon cher Monsieur, vous vous trompiez.

Parler de soi n'est pas nécessairement malsain, narcissique et prétentieux.

Pour adoucir ou expliquer son intervention, il s'expliqua de manière plus complète et plus originale par la suite.

Raison principale invoquée: "Une seule fois, j’ai fais un article d’actualité, un peu polémique sur la Belgique, et ça m’a fâché avec l’Enfoiré, dis-donc. C’est pourquoi j’ai choisi un article à lui pour battre ma coulpe.".

Sorte de revanche, donc. Tout s'expliquerait ainsi et puis on passe au suivant?

Pas de problème pour le dire et pour y répondre.

Vivre dans un pays ou le découvrir par l'intermédiaire de la presse, ne laisse pas le même goût en bouche, ni le même mord aux dents.

La suite de ses explications donnait plus de précision sur sa manière de penser de l'auteur du commentaire.

Détachons ce commentaire dans son intégralité, car de la forme humoristique en sort du plus sérieux:

- J’ai trop ramené, je le confesse, mon imper mastic dans les contrées Voxiennes depuis 3 ans et des coquilles. Je l’ai fait parce que j’habite un pays pluvieux, mais j’ai toujours eu le bon goût de ne jamais l’ouvrir à la sortie des écoles. Parfois, le doute m’habite, mais c’est une autre histoire, et puis ça passe vite. Et puis bon, "imper mastic, le plus caustique, imper vert, le plus pervers", c’était la devise de "descente de police" avec Ardisson, que les moins de 45 ans ne peuvent pas connaître. Ça me plaisait bien.
J’ai trop écrit sur mon ami Bashung. Au début, c’est parce que je savais qu’il allait mourir, après , c’était pour dire qu’il était mort et quel homme il était, ensuite pour dire qu’il manquait à la pelle autant qu’à l’appel. J’ai eu tort, rien ne console jamais de rien.
J’ai trop écrit d’histoires ou de nouvelles "où à la fin, le héros, ben, y meurt". Ce fut une erreur. Sur Avox, c’est sans doute mieux d’écrire des histoires-où-le -héros-y meurt-pas, il vote , il dit pourquoi. Il vote pas, il dit pourquoi aussi. Des histoires où le héros, c’est la banquise qu’y fond, que c’est terrible ma bonne dame, on sera mort 100 fois avant d’un crabe aux pinces d’or, mais c’est grave quand même.
J’ai trop négligé les histoires de tours branlantes qui finissent par tomber à la moindre petite secousse, ou quand un mec de la CIA éternue dans son bureau. L’effet papillon, quoi. J’ai eu tort, je suis sans doute un polémiste complexé.
J’ai pas osé faire des articles avec 10 ou 30 suites, en annonçant bien (1) , (2) , suite, etc, pour que le modo, ben, quand il a voté "oui "une fois, il est niqué, il doit voter les 30. Les rentes viagères, quoi.
J’ai trop fait de nécro de gens qu’étaient morts il y a dix ans, ( Nino Ferrer, Roland Blanche) pensant que c’était bien de pas les oublier. Mais non, une bonne nécro, ça doit étre bien frais, avec la maison Borgnol qu’attend et qui demande "s’ils peuvent y aller, ma petite dame". Oui, vas-y, fais pas ch...les personnes, croque-Monsieur. ( croque madame, y a un œuf en plus, c’est plus cher, c’est Roblot qui fait ça). Et puis, si on dit que le mort, c’était quand même un gros naze, c’est mieux. Mais ça, j’ lai compris qu’après.
Une fois, j’ai fait la nécro d’un Monsieur qu’ était pas encore mort, mais lui, y croyait qu’il l’était.( Christophe). Et ça, c’est pas très sérieux.
Trop souvent, j’ai planqué des jeux de mots et de sens dans mes articles, comme le petit Poucet. Mais comme me dit un ami, ("qui serait pas été plus intelligent s’il aurait lu tous les livres"), tu nous escaguasse, on n’est pas à la pétanque sur Avox. Et d’ailleurs, ça sert à quoi l’cochonet si t’as pas les boules ? Hein ? Bon. Voilà , mes bien chers Frères , con-frères, j’attends sereinement le jugement dernier. D’après Camus ( cf. "La chûte"), il est vain de l’attendre là haut, il a lieu tous les jours, sur Avox ou ailleurs. Ce Camus, c’était pas un idiot, quand même.

Fin de citation.

Beau monologue avec lui-même avec le "je" comme pronom direct, n'est-il pas?

0.jpgVoilà qu'il se trouvait ou retrouvait son "moi" par l'interprétation qu'il écrivait ou disait des autres, sans rien dire, apparemment seulement, de lui-même. Son image était censée se refléter dans ce qu'il apportait comme appréciation aux vivants, parfois ou, plus souvent, aux morts. Des oraisons funèbres comme portes-drapeaux de sa propre personnalité comme une sorte de faire-valoir par effet miroir ou avec son ricochet.

Je serais heureux qu'il revienne s'expliquer sur ce sujet.

L'empathie envers les autres ne serait-elle plus un secours ou un refuge de son "moi" que par l'image que l'on donne des autres?

Tout est dans cette question. On semble avoir peur de parler de soi. Pourtant, s'il y a quelqu'un qui croit connaître son image mieux qui quiconque, c'est bien son "propriétaire" par un auto-portrait. Cela dépasse, de loin, le soucis d'humilité qui pourrait ne rester qu'un leitmotive bien dépassé.

Et si, derrière ce subterfuge, se cachait une autre volonté de recherche de correspondances parmi ses contemporains pour en trouver plus de liens? Une envie de révéler des vérités que l'on a en soi et que l'on cache par habitude?

Dans la vie en concret, il y avait beaucoup de masques greffés sur les visages, en permanence, entaché du besoin de diplomatie, du respect au "politiquement correct".

Si ces masques tombaient, il s'agirait de trouver de nouveaux repères que l'on ne décèlent plus.

Les types psychologiques donnent peut-être une réponse à ce rejet volontaire. Il y a les introvertis et les extravertis. Pouvait-on parler d'"extraverti" dans le cas que je viens de reprendre?

0.jpgD'expérience vécue, l'introverti n'aime pas trop l'extraverti. C'est un peu l'eau qui rencontre le feu. Le rôle de l'eau qui dort et celui du feu ne s'intervertissent seulement qu'à des moments précis en déclic inattendu. Alors, suite logique à trop de choses maintenues au fond de soi, on tourne une nouvelle version de "Crimes et châtiments". Mais, je ne sais si vous l'avez remarqué, la polémique, on aime aujourd'hui. Cela comble d'aise, les trous de l'actualité. Pas de péril en la demeure. Elle a sa place dans le champ médiatique.

L'étude de soi-même, par contre, devrait prendre place comme préalable à toutes relations humaines. Comment pouvoir évaluer, si pas juger une relation avec d'autres, sans un exercice introspectif qui précède?

D'accord avec Socrate, donc. La doctrine de Platon ajoute la controverse et commence par l'étude des autres. Cela se révèle plus difficile que celle de Socrate. Écrire sur soi ou sur les autres, c'est tenter de transmettre des messages de la connaissance par la suggestion. En définitive, chercher les solutions les plus originales possibles, en commun, aux problèmes de notre temps.

Écrire une œuvre autobiographique, beaucoup d'écrivains y pense. Chacun pourrait y penser, un jour. Confrontation de personne à personne comme une expérience, un moment dans le temps. Si c'était seulement une seule vue de soi-même, on passerait au narcissisme, sans plus.

Parler de soi, on le fait sans même le vouloir. Le caractère transpire insensiblement au travers de chaque mot, de chaque phrase prononcée avec le style utilisé sans volonté de nuire ou de plaire. Ce serait un essai qui ne serait ni égocentrisme ni réservé au chacun pour soi et dans lequel chacun y trouverait son compte.

"Vous, vous êtes et nous, nous sommes", chante Francis Cabrel.

Je ne pouvais mieux l'exprimer.

"Tous pareils", d'accord, mais avec tellement de nuances à découvrir, avec patience et longueur de temps...

 

L'enfoiré,

 

Sur le théâtre d'Agoravox, lui-même

 

 

Citations:

 

  • "L'homme énergique et qui réussit, c'est celui qui parvient à transformer en réalités les fantaisies du désir.", Sigmund Freud

  • "Autrui joue toujours dans la vie de l'individu le rôle d'un modèle, d'un objet, d'un associé ou d'un adversaire.", Sigmund Freud

  • "La psychanalyse : dites moi vos phobies et je vous dirai ce qui vous fait peur.", Robert Benchley 

20/01/2010

Les tabous toujours au programme ?

L'éducation des jeunes et surtout des moins jeunes est un problème de reconnaissance des tabous.

educationPresque 4 ans, depuis "Demandez le programme et corrigez-le". Le but comparer les modèles d'apprentissage dans certains pays européens. Force est de constater que depuis la situation s'est durcie. L'éducation est-elle une affaire de situation conjoncturelle ou structurelle? Les tabous du diplôme, bien que bien accrochés dans les habitudes, ne sont-ils pas à remettre en question eu égard de certains événements ou faits nouveaux?

Dernièrement, le film "La journée de la jupe" avait été présenté sur ARTE et sur d'autres chaînes pour lancer un électrochoc dans les esprits des différents acteurs intéressés par l'éducation dans nos écoles.

L'instruction et l'éducation sont devenus de réels sables mouvants. Entre les deux, on ne sait plus très bien qui fait (ou qui devrait faire) quoi et pourquoi. Anticiper les mouvements et les mutations générées par l'évolution de plus en plus rapide des techniques est devenu un véritable cauchemar. De nouvelles spécialités sortent du chapeau notre inconscient. Alors, on suit, on réagit à l'événement au coup par coup et on investit dans le présent pour extrapoler à très courte vue. Plus question de comparer avec le passé. Celui-ci est dépassé. Les écoles sont devenues multiculturelles, multifonctionnelles. Les problèmes du voile à l'école, pour ne citer que cela, n'ont pas encore trouvé de réponse bien nettes. La direction, prise par les éducateurs, n'est plus celle de leur propre volonté. En porte à faux entre ce qui devrait être enseigné comme doctrine et ce qu'elle découvre sur le terrain, plus politique et en relation avec le côté multi-ethnique. L'enseignant, encore réactif, en a marre de réajuster le tir en permanence suite aux sursauts ministériels. Des événements totalement indépendants de l'école justifient la révision du parcours du combattant de l'enseignant qui ne sait plus à quel saint se vouer. Non seulement, l'apprentissage des matières scolaires n'est pas ajusté aux besoins réels de la société, mais l'éducation de la citoyenneté, elle-même, ne l'est pas non plus. Le goût pour les études s'étiole aussi chez ses ouailles. Les sciences n'attirent plus, même si les débouchés existent et ne sont pas limités par un numerus clausus.

Plein de bonnes volontés, ils se réfugient derrière des programmes de plus en plus lourds et ... l'absence du succès assuré. Le risque n'est plus motivant pour émerveiller.

L'enfant est devenu un adulte avant l'âge confronté, très tôt, avec des problèmes de notre modernité qui ne sont pas de son âge et qu'il consomme en sautant la lecture du mode d'emploi et en éliminant, de fait, les effets secondaires. On ne joue plus dans la rue avec ses condisciples, on les coudoie dans la virtualité, sur une toile, par chats interposés. Le stress s'est invité au passage. On se prépare devant les écrans d'ordinateurs par l'intermédiaire de jeux vidéo à une vie plus dure et plus éprouvante que dans la réalité. La compétition, la lutte pour l'existence dans une vie reconstituée dans le virtuelle, fait partie de ce jeu dont on ne mesure les effets qu'après coup chez les jeunes.

L'adolescence était l'âge critique, il ne l'est plus seul pour les mêmes raisons. Dans un monde, où rêver n'est plus accorder à ceux qui en ont le pouvoir, le rêve est effacé d'un trait de plume. Il faut aller plus vite et sauter l'étape de construction de sa personnalité pour tomber dans le préformaté.education

Le long fleuve tranquille ne trouve plus son embouchure. Du coup, un réajustement au niveau parental est peut-être, plus important que professoral.

L'éducation au niveau parental, de premier niveau, n'existe plus, ni au départ, ni dans la continuation et sans repêchage possible s'il n'est pas corrigé très vite. On assume, vaille que vaille, parce que la situation est devant soi sans garde fou. Les excès ou les pénuries vont très vite se manifester. Les grandes questions de la condition humaine, de la coutume n'ont jamais été imprimées dans les gènes. Le désir d'enfanter est vite supplanté par la peur d'être parent dès les premiers déboires. Peur incomprise qui se transmet aux intéressés par simple contagion. Les parents sont de moins en moins là dans un temps synchronisé avec la présence de leur précieux "butin" de  vie pour vérifier leur progrès de l'opération "construction".

Pour s'attirer le maximum d'ouvertures, ils tentent d'adhérer dans le club de ses jeunes en "copain". Chaque partie veut rester dans le coup et partager ainsi la même jeunesse. Et c'est vrai, chacun devrait en profiter. Mûrir ensemble n'est pourtant plus à l'ordre du jour dans les deux camps quand les conflits s'amoncellent. L'autorité bien comprise, un modèle de vie restent le fil rouge de toutes bonnes éducations, mais pour cela il faut du temps, beaucoup de temps.

A la maison, pour garder l'église au milieu du village, on n'aime plus trop s'embarrasser de discussions ou de disputes orageuses. Le drapeau blanc est mis. Bien planté dans un terrain miné des conflits de générations. Même la vie de couple n'est plus dans les mœurs comme exemple pour ces jeunes. Les divorces, les disputes, les faibles plages de temps imparties dans les trous restants de la vie active n’apportent pas l'envie et le risque de créer une famille avec l'autonomie financière en prime pour le jeune qui se cherche. Les lois veulent s'harmoniser avec l'air du temps et cherche à diminuer le temps nécessaire pour concrétiser une volonté de séparation en ne prenant pas trop fait et cause de la génération descendante. Insidieusement, tout se met en place de manière inversée dans le miroir sans tain de la vie.

Internet et tout ce qui l'entoure a apporté ce cataclysme dans la manière de donner et de partager l'information. Bientôt des conversations entre parent et enfant par clavier interposé. Plus question de penser qu'il ait pu exister une vie avant ces révolutions successives de la communication tout azimut. Le virtuel de la communication de l'info, le virtuel de la présence parentale, le virtuel de la sécurité ailleurs que dans le giron parental mènent le Web vers le "World Enterprise Beatitude". Dans le monde virtuel, quand le héros reçoit un coup de poing ou de couteau, il réapparaît comme de si rien n'était dans le feuilleton suivant. Dans le réel, la blessure ne se cicatrise jamais, elle s'auto-reconstruit.

Les conséquences de cet état d'esprit ne sont pas minces du côté de la manière de grandir, des solutions pour apprendre, du risque pour l'économie qui se cherche des moyens de produire plus grâce à des coûts réduits au minimum. La motivation de créer sa propre voie, sa propre entreprise avec risques intégrés dans le processus n'est plus à la pointe des revendications.

educationQuand les études deviennent des investissements à fonds perdus, c'est encore pire. Parfois, les études se prolongent obligatoirement ou volontairement dans un seul souci de sécurité. Obligatoirement, car la sécurité du lendemain, le "cocooning" des parents atteignent aussi les jeunes. L'étudiant tend, alors, à s'aligner pour se donner le maximum de chances dans son imaginaire en diversifiant ses possibilités de carrières quitte à devenir sur-qualifié et donc inaccessible ou trop pointu, plus tard, sur le marché de l'emploi. Les licences et les diplômes se récoltent un à un, dans la douleur des études consenties ou forcées. Alors, tant que cela peut durer, le jeune estime que la situation sera plus cool chez les parents pour le bénéfice de chacun, puisque apparemment, les parents assument et n’expriment pas le besoin de retourner à une époque moins "chahutée". La durée de l'adolescence varie de ce fait de 12 à 30 ans. On ne rêve plus, on compte ou on décompte.

Le suivant dans la lignée, quand il aperçoit le grand frère quitter le foyer paternel pour vivre sa propre vie, avec une tête bien pleine, rester sur le carreau, les envies de l'imiter deviennent toutes théoriques.

Le livre "Ainsi soit-il" de Philippe Van Meerbecke en parle en tant que pédopsychiatre et neuropsychiatre. Fonder une famille devient le problème majeur. Alors, quand cela se corse en plus en constatant, par effet miroir, que le papa de retour à la maison prématurément du travail avec un autre papier en poche, signé pour rupture de contrat, cela décourage encore plus. Si les affaires semblent marcher au vu des résultats financiers des entreprises, les restructurations en cascades, le chômage est en augmentation constante. La crise, pardon, les crises, ont fait perdre l'espoir dans un avenir meilleur.

La vie de prof est de moins en moins facile. La formation avec les programmes scolaires sont toujours là, il faut les passer à la génération suivante et espérer que le reste va se construire sur le tas. Semblable en surface et pourtant très différent en profondeur, le métier de formateur n'est plus ce qu'il était avec une formule ex cathedra. L'école, dépassée par les événements est là pour instruire et faire des hommes heureux dans une carrière professionnelle, ne passe plus qu'un programme. C'est devenu réagir à l'attaque d'un adolescent dans la "douceur" quand la défensive se mue en offensive dans la pratique. L'instruction, avec l'estrade intermédiaire, est passée de mode, et c'est tant mieux. L'autorité de ce type faisait perdre dans l'immobilisme, trop d'occasions de rencontrer les idées neuves en cassant les personnalités. Actuellement, l'étape choisie est en opposition à 180°, avec les risques de mauvaises compréhensions de ce qu'est la vie d'adulte.education

La collaboration avec l'esprit d'équipe comme toile de fond, plus d'autorité pure mais non dure, une camaraderie naturelle seraient une solution à privilégier. L'obligation de compétition efface toutes ces envies. Ce qui mène à donner des chances aux meilleurs en laissant les autres en manque. Technique, qui mène à l'extrapolation, compensée en parallèles par de "faux participants", de faux "Rambo" organisés en bandes. Alors, pour le Rambo, motiver son attention par l'instruction n'est  plus la bouée de secours, c'est une perte de temps. La violence est une solution automatique pour s'affirmer, sans se construire.

Le "plus" pour motiver et intéresser à son époque n'est malheureusement plus à la portée de tout enseignant, pris par le temps, formé sur des bases dogmatiques et très vite obsolètes dans un programme lourd et condensé. Les repères ne sont plus là pour les orienter vers de nouvelles recherches.  Les limites non précisées, non ajustées avec celles des autres concitoyens sont à l'origine des dérives que nous connaissons aujourd'hui. Dernièrement, tollé quand une école envisageait de présenter un texte à réfléchir qui imaginait des situations violentes et qui demandait une dissertation sur le sujet. Les adultes n'auraient-ils pas encore remarqué que la violence est présentée et regardée quotidiennement par les jeunes sur toutes les télévisions du monde ou insérée dans les programmes vidéo de jeu? L'insécurité généralisée qui s'y regarde avec un œil plus attentif que pour les adultes, crée des envies d'extériorisation, de reconnaissance par la bravade pour narguer l'autorité.

educationOn observe parfois bizarrement les deux extrêmes. Imiter un prédécesseur dans un acte de fausse "bravoure", en dédaignant les autres et virer dans la délinquance ou appuyer par le retour à la croyance religieuse, pratiquer le "don de soi" et cela, jusqu'à la mort. Les nouveaux jeux du foulard pour frôler la mort de près n'en sont qu'une représentation. Les médias feront le tam-tam nécessaire pour justifier les deux idéologies de base. La religion en aura gagné un martyr de plus. Le bon gain n'est pas dans la prise matérielle du bien d'autrui mais dans l'exemple et la prise fonctionnelle de l'autre qui parait mieux fonctionner pour faire évoluer le bien commun.

Une réflexion, une remise en question fondamentale des méthodes et processus, malheureusement sans modèle, s'imposent quand la règle de vie naturelle n'est plus très bien définie. A la veille de bouleversements économiques et écologiques, cette prise de contact avec la dure réalité des réformes se fait évidemment après coup, sans préparation ni tests préalables. En retard d'une guerre, en somme.

Alors, on cherche des solutions tout azimut. Par le départ de la compréhension est certainement une bonne approche des problèmes.education

Alors, il y a eu PISA qui désigne le "Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves", et auquel participent 32 pays, avec la coordination de l'OCDE. Ce programme a pour ambition de mesurer les connaissances et les compétences acquises par les jeunes. Évaluations internationales qui dès les années 60, se sont posés la question de millions d'élèves par le monde, des dizaines de systèmes éducatifs et comment se comparer, comment mieux se comprendre les uns les autres et donc, mieux se comprendre soi-même.

On parle aussi de socle de compétence. Ce n'est pas évident de s'attacher à quelques dimensions seulement pour pouvoir trouver un terrain de comparaison. Grosso modo la lecture, la langue, les mathématiques et les sciences sont les domaines sur lesquels, il y a eu un consensus parce ce qu'ils pouvaient être mis à la disposition de la société le plus facilement.

Pouvoir lire, pouvoir comprendre sa langue, pouvoir compter, l'essentiel d'avant.

La diversité, face à des systèmes culturels, des origines culturelles différentes, est venue s'ajouter. Comment objectiver dans ce cas?

Malgré des analyses fines, on ne peut pas détecter par le biais linguistique ou culturel toutes ces épreuves. Le thermomètre, PISA ne permet que de se situer par rapport aux autres externes et pas, en interne, dans chacun des pays concernés, où là, on se cherche encore.

Le fameux acquis, le suivi des acquis démontrait que les compétences en langues, en mathématiques, en sciences, continuent à être loin de la performance demandée.

Dans la pratique, on remarque que les compétences sont très dispersées. La moyenne ne représente pas grand chose. Souvent tirée vers le bas par beaucoup d'élèves faibles qui plombe les résultats. L'origine sociale, véritablement, devrait être tenue comme facteur de correction.

Le niveau socio-économique qui prime sur la plupart des autres caractéristiques des élèves, le fait d'être immigré, n'a quasi pas d'impact par rapport au niveau socio-économique. C'est vraiment un problème de traitement des élèves défavorisés en général et non pas de problème particulier par rapport aux élèves issus de l'immigration. La réflexion doit être intégrée dans la problématique globale du traitement des élèves fragilisés au niveau scolaire ou social.

Du coup, la diversité est devenu primordiale. S'inscrire dans une école de choix  est devenu un problème d'égalité des chances plutôt que de corriger l'erreur de la différence.

educationLa semaine passée, le Nouvel Obs titrait un de ses articles "Grandes écoles: comment rester entre soi?". Comment pratiquer l'ouverture et la mixité sociale?

"Nous sommes contre les quotas de boursiers dans les grandes écoles et les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous", disait le directeur de L'ESSEC, Pierre Tapie avec le souci de l'idéologie républicaine en réplique avec la ministre Valérie Pécresse, qui proposait 30% de boursiers, pour éviter les filtres sociaux. "Discrimination positive", renvoie l'ascenseur. Élitisme, malthusianisme dans un faux numerus clausus. Résultats, les Grandes écoles dans le CGE ne scolarisent que 5% des  étudiants français et diplôment en moyenne tous les ans, 162 étudiants chacun. Les concours sont devenus discriminants et peu adaptés, par trop abstraits, pour se greffer en harmonie dans un profils souhaitable pour une société humaine. Le concours traditionnel ne mesure pas nécessairement le mérite mais force au filtre social. Les "cordées de la réussite" augmentent les chances de plus d'étudiants dans la quantité plutôt que, seulement, dans la seule qualité académique ou géographique.

En Belgique, respecter l'égalité des chances a, pourtant, entrainé des problèmes inextricables et non encore élucidés, lors des inscriptions des élèves dans les écoles du secondaire. Les parents se sont vus, en fille, dans des rues pendant des heures et des jours, pour inscrire leur rejetons. Pour rectifier, l'année suivante, les inscriptions se sont vu tiré au sort. Cette année, nouveau décret dans des listes d'attentes. Comme si ce n'était pas les écoles elle-même qui ne devaient pas se chercher une voie dans l'égalité des valeurs et moins dans l'élitisme concurrentielle entre elles sur la seule renommée.

Les éducateurs de tous bords doivent y mettre un coup dans la rectification de leurs méthodes en les alignant avec les nouvelles normes. Agressivité égale peur remplacée par la sécurité autoritaire et présente dans le futur, égale envie de passer à l'étape suivante constructive d'une existence responsable. Canaliser la violence dans des projets motivants est la seule voie royale. Parler, disserter est une obligation pour ouvrir l'esprit dans la responsabilité et la parfaite reconnaissance de ce que peut être une vie heureuse grâce à soi et uniquement à soi.

Dans un second temps, il sera possible de rouvrir les vannes de la connaissance et penser évaluer les résultats des "chères études". PISA aura son heure de gloire, c'est sûr. Les systèmes éducatifs n'auront seulement pas mis la charrette avant les bœufs. Le socle de la compétence, cité pompeusement et tellement prisée par l'entreprise aura des bases citoyennes moins techniciennes mais plus humaines.

La conception de l'école consiste à sélectionner très tôt. Il faudrait s'attaquer à la racine. Dès le primaire.

Le Science et Vie d'octobre 2009 parlait des connaissances naïves qui entrent à l'école. "Dès sa perception du monde, un enfant tire des conclusions qui, pour lui, ont valeur de vérités. Ces connaissances naïves freinent l'acquisition de savoirs objectifs." Réconcilier logique et intuition est un test qui pourrait abolir les tabous du programme. En France, l'article constatait que 10% des élèves de 3ème ne maîtrisaient pas les compétences de base en mathématiques. La capabilité de la lecture, elle, n'est même pas vérifiée. Le repérage des savoirs "naïfs" de manière expérimentale pour les intégrer aux savoirs proposés en classe pourrait donner un push au résultat final. Le "Projet Coeff", assisté par ordinateur et un programme baptisé "Pirates". Orientation intuitive dans la réalité vécue tous les jours, pour apporter des réponses à un problème. "L'objectif des exercices demandés est d'inciter les élèves à adopter un autre point de vue sur la division, de passer de la représentation de partage à la représentation de distribution". Si le succès est au rendez-vous, la logique et l'intuition, associés, permettraient d'aller plus loin et plus vite. L'élève ne s'adapte, donc, pas à l'école, mais cette dernière s'adapterait à l'élève pour changer.

"Avoir une brique dans le ventre" comme se dit le belge, n'est pas nécessairement réservé à la construction d'une seule maison. Une responsabilité humaine se construit à base de briques rouges et de beaucoup de ciment gris. Elle n'est plus limiter dans le temps. De plus, une maison pour une vie qui y pense encore, aujourd'hui, vu qu'avoir une profession unique pendant cette vie n'est plus assurée. L'enseignant et les étudiants n'auront plus d'âge et devront se remettre à niveau pour suivre l'évolution des connaissances. Dans la "bagarre", il y aura aussi les "self made men" qui réussiront aussi dans la vie et qui auront aussi leurs mots à dire avec une expérience longue comme le bras.

Faudra-t-il abolir les tabous dans le mortier de cette communication et s'émerveiller de leurs avantages?

Pas de doute, l'éducation reste un sujet à rebondissements avec des sources et des résultats spécifiques et aléatoires.

 

L'enfoiré,

Sur Agoravox, des enseignants ou/et des étudiants?

 

Citations:

  • « Education – Ce qui manque à l'ignorant pour reconnaître qu'il ne sait rien » Albert Brie

  • « L'Education est un progrès social... L'éducation est non pas une préparation à la vie, l'éducation est la vie même », John Dewe

  • « La violence n'est pas le but. La violence est le moyen. » , Georges Franju

 

02/09/2009

Peter & Co remasterisés

Le Principe de Peter, qui s'en souvient encore? Où en est-il en temps de crise?

20090824La rentrée.jpgVous vous rendez compte, le Principe de Peter a quarante ans d'âge. En 1969, Laurence J. Peter et Raymond Hull publiaient leur livre aux États-Unis sous le titre "Le Principe de Peter".

Si on rafraîchissait ce principe, voulu satirique et qui n'est d'ailleurs pas unique en son genre?

Pour rappel, à la base, Peter affirmait « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence » avec comme corollaire  : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité. ».

S'il y a dix ans, le Principe de Peter n'avait pas perdu une ride suivant cet article qui le rappelait, en est-il de même aujourd'hui ou une évolution plus insidieuse encore a-t-elle pris le dessus? Depuis lors, des crises se sont succédées l'une après l'autre. La dernière dépasse toutes les autres par son ampleur. Des précédentes, on en ressentait, déjà, quelques retombées désagréables. Mais, nos temps troublés, l'extrapolation du principe a rendu l'homme d'action que l'on aimerait garder toujours motivé, encore moins efficace et les dérapages sont de moins en moins contrôlés. Si chacun garde un potentiel en lui qu'il faut faire ressortir, il a ses limites implicites et ses points forts. Rien de plus normal.

Normal d'évaluer les compétences. Moins normal de ne pas pouvoir les utiliser quand elles existent et que la "machine humaine" a toutes les pièces nécessaires pour aboutir avec succès? Est-ce volontaire ou obligatoire de ce manque d'empressements pour exercer celles-ci?20090822Entrée des classes.jpg

La hiérarchie, pour marquer son action recherche les meilleurs éléments, dans les règles de l'art traditionnelles, avec la finalité prescrite par la stratégie, mais elle se voit de plus en plus bridée dans son action.

Tous les HR, les "Human Resources", de la terre se doivent de référer devant une autorité supérieure de leurs propres performances. Les multinationales ne fonctionnent plus par hiérarchies internes mais comme satellites d'une maison mère qui peut être très éloignée. Les autorités ne sont plus sous le même toit et s'exercent souvent à distance. C'est à dire sans même en connaître ses membres physiquement. Ce qui donne déjà une appréciation déviée des réalités du terrain. Alors, les compétences n'apparaissent pas vraiment dans les priorités. Pas de budgets "voyages" pour aller constater de visu. Téléguidage avec les fils invisibles d'Internet.

Le fil de l'histoire de la montée sur les échelons de la gloire, de cette hiérarchie révèle encore plus de surprises que Peter n'avait peut-être pas envisagé quand la pénurie de moyens fait tache d'huile en période de crises.

Que fait-on pour récompenser l'employé méritant sans les espèces sonnantes et trébuchantes?

20090715Chaise musicale.jpgSimple, on lui donne des galons. Par la promotion, on tente de garder son personnel sans plus pouvoir augmenter le salaire qui reste pourtant le nerf de la guerre. Il n'y a même plus ces "Sucettes à l'anis" que je décrivais avec humour.

Il était technicien ou vendeur au départ. Le voici, chef, d'un coup de baguette magique, manager d'une équipe. Comme cela doit se passer dans un bref délais qui suit souvent une restructuration ou un remplacement d'une tête par une autre, on saute l'étape qui pourrait être des cours de managements ou plus simplement, de psychologie et de l'apprentissage du comment fonctionne une équipe. Manager des hommes n'a rien à voir avec manager de l'outil même informatisé.

Le drame, il est là. L'élu devra faire semblant d'être content de sa promotion alors que financièrement, toutes taxes déduites, il n'aura rien de plus. Le jeu de la chaise musicale a commencé, il faut poursuivre dans l'allégresse. A la nouvelle position, il s'agira de motiver ses subalternes, quitte à s'éloigner de la technique pour soi-même, réservée, désormais, à l'étage inférieur.

Avoir des hommes et femmes sous ses ordres, il n'est plus permis d'avoir les mêmes instincts de reclus derrière un PC, cette machine en « stand alone » ou, de tenter d'assouplir la résistance d'un client à l'achat. En fonction d'une certaine volonté d'afficher son altruisme de bon aloi, le nouveau gradé se retrouve seul avec des décisions à prendre. Décisions qu'il remarquera très vite comme bridées.20090714Casting Tripartite.jpg

Le Département des Ressources Humaines est là pour initier ce travail de recherche de nouveaux collaborateurs dans un premier tri. Son rôle n'est pas de materner très longtemps ces candidats. Il est là pour sélectionner des potentiels, pas pour en assumer le choix effectif. Il en a les prérogatives et les moyens par les petites annonces, la publicité, les chasseurs de têtes et par les canevas de CV. Ce dernier se révèle, même, de plus en plus souvent, aseptisé. Internet et ses CV pré-formatés pour aider les candidats à l'embauche a fait beaucoup perdre à l'originalité.

Pour les décideurs du service du personnels, les diplômes sont là pour orienter ce choix, pas pour donner des garanties de succès avec la carrure de l'emploi que le leader devra reprendre à son actif. Pour lui, les diplômes sont une piste pour la technicité, pas pour l'intégration avec l'esprit d'équipe. Les critères de sélection sont parfois trop précis et oublie de prendre en compte la capacité de l'adaptation de l'être humain. Le résultat: des milliers de postes restent ouverts à l'écoute des sirènes qui viennent d'un ailleurs bien méconnu qu'il faudra mettre en balance.

Mais, ce n'est pas cela qui importe, ni inquiète la société très cadenassée. Le règlement, rien que le règlement caché derrière un programme de sélection pré-mâché et immuable, voilà le remède miracle pour minimiser les risques de part et d'autre.

De ce côté, aussi, il y a aussi les champions de la compétence ou qui se présentent comme tel. Des niveaux de certification CMMI Level 5 Ver 1.2 ne sont pas rares. Les versions n'ont pas de limites. Les évaluations biaisées, probablement, non plus. Ces champions viennent de bien loin. De plus, ils viennent avec des avantages indéniables du "moins chers" et donc, ils peuvent se multiplier pour un même prix, en cas de besoin. La compétence du travail outsourcé, avec l'appui de offshore et, en plus, préconisé par la direction.

Mais, être externe, c'est toujours rester en dehors de la stratégie interne bien ancrée depuis longtemps. Ce sera exécuter en pur et dur en refusant tout ce qui ne ferait pas partie du contrat de départ. Aucun intérêt d'aller plus loin sans supplément. Pour le contremaître désigné pour ce genre de travail, son amour et son perfectionnisme deviennent des défauts. Il entreprend le travail qui lui paraît intéressant, néglige le plus urgent. Rien ne sort de son expertise avant d'être parfaitement satisfait. Il se mêle de tout. Il est demandé partout. Les autres attendent qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire. Le désordre s'installe. Le client, lui, devenu moins perfectionniste à l'usure, veut simplement que les livraisons ne soient pas en retard.

Caricatural ou bien dans la note de notre temps? Le cas était décrit avec les mêmes mots pour un contremaître local dans le livre.

Le manager interne direct, lui, devra assumer son choix dans la durée avec les risques propres. Établir des critères plus précis, c'est à son niveau direct que tout passe ou tout casse.

Casting en plusieurs étapes, donc. En plusieurs désillusions, aussi.

Dans ce sens, j'écrivais, il y a déjà un temps, "La technicité n'est plus seule". La pyramide de la hiérarchie y était mise sur la sellette de mes interrogations. L'inflation des galons donnés permettait aussi de demander "Plus de rameurs SVP" pour parvenir à ses fins.

Qu'espère le nouvel engagé, plein d'enthousiasme, de l'entreprise? Très probablement, de la motivation, du partage de responsabilités, de la satisfaction au travail en communauté.20090724Foire Libramont.jpg

La patience, pour un jeune, ce n'est pas la panacée au niveau de la base des revendications. Dès le premier échelon de management, entre le marteau et l'enclume, la patience devient obligatoire. Quand on n'a pas la pêche dans ces moments troublés, le profil bas s'impose. La compétence s'étiole vite dans le temps de crise. Qu'on ne vient pas me dire que tous les jeunes ne sont pas volontaires. Je m'inscrirais en faux. Cela s'excite pendant la jeunesse et parfois, cela attend la fin chez les seniors. La démotivation fait exploser les relations dans leur confrontation.

Je me souviens d'une époque où un de mes coéquipiers que j'avais, en pensée, défini avec gentillesse et un peu d'humour, de pilote de chasse qui avait oublié de vérifier s'il y avait un siège éjectable dans le cockpit. Il voulait savoir ce qui lui arriverait dans un an, quel projet allait lui échoir dans deux ans, alors que j'étais personnellement incapable de connaître ce qui allait se passer pour l'équipe dans la quinzaine. Me renseigner pour le satisfaire. Bien sûr. Trouver la bonne porte, d'abord, et me rendre compte qu'à l'étage du dessus, le même problème se posait. Temporiser, faire comme si le renseignement allait venir, bientôt, devenait un art, bien plus difficile qu'il n'y parait.

Être nommé à un poste supérieur, était-ce d'ailleurs une volonté de son élu? N'était-ce pas pour suivre le vieil adage qui ne progresse pas, recule? Dans notre société de progrès à l'emporte pièce, l'élu se doit, pour des raisons de prestige, de satisfaire la galerie et sa famille. Donc, pour lui, refuser la promotion reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Pour le senior, le refus équivaudrait à du à mobbing une réponse de "non-recevoir".

Le manager « new middle style » est devenu une sorte de ministre sans portefeuille, sans illusions et sans une véritable vision de la stratégie à long terme. Des réunions de management vont faire semblant de répondre à ce manque sans y parvenir. Étapes presque inutiles et sans fondement, que cette maladie, la « meeting-ïte » aiguë! Alors, on y vient pour entendre mais plus pour écouter.

La base, elle, sera contrainte de comprendre après coup les décisions sans participer au combat. Elle n'y est pas invitée. Parfois, un mensuel d'entreprise parait dans les grandes sociétés pour donner la température du "business". A y regarder de plus près, c'est plutôt pour citer les nouveaux arrivés et féliciter les heureux anniversaires de présence dans l'entreprise ou les naissances parentales du personnel. Ce n'est un problème que si ce n'est pas une exclusivité voulue pour suivre un faux paternalisme. La devise continue son chemin "diviser pour régner", mieux vous en savez, mieux vous vous portez. C'est même institutionnalisé.

Internet dans l'entreprise avec l'aide de l'eMail aurait pu augmenter les communications tout azimut et ouvrir les vannes aux compétences dans le partage des informations, de haut en bas et de bas en haut. Cela ne se réalise toujours pas dans la clarté. Les informations restent stagner au dernier étage ou dans une poubelle d'un étage intermédiaire jusqu'au nouveau tour de manivelle. Dans le fond, on s'y attend à ses tours de vis. Si vous n'avez pas encore remarqué, l'ambiance de crise est profonde et perdure depuis longtemps dans un climat de peur, voir de terreur de perdre son emploi.

20090611Abstentions.jpgToute tentative de sortir l'erreur du chapeau pour la rapporter est risquée comme je le disais dans "Rien que de bonnes nouvelles". La crise a sclérosé le « middle management » en période de crise. On se tait, quitte à se corrompre soi-même et à oublier ses beaux projets et espoirs d'amélioration du départ.

Pour les déjà "in", à la gestion de personnel, la stratégie, c'est travailler au bras de fer, à l'endurance, mais, avec des plans de carrières de courtes durées. Ce manque de vision à long terme va parfois entraîner des investissements en pure perte. Les cours qui ne font pas partie des salaires, sont accordés pour les remplacer, sans sécurité de leur utilisation. Cette spécialisation du savoir à outrance, qui manque souvent d'application, tombe par l'"overhead" dans les pertes et profits.

Le monde académique prend une part de responsabilités dans ce phénomène. Plaire à l'entreprise se présente comme un tremplin vers de nouveaux contrats dans la recherche. Les élites du savoir sont ainsi renouvelés jusqu'à plus soif. Le SWAT System demande bien plus d'intelligence pour être mis en œuvre avec le concours et le bénéfice de tous.

Le Principe de Peter reste valable donc quand on pense que l'incompétent reste à son poste, mais il a parfois de bonnes raisons de vivre caché sans chercher à changer.

La Principe de Dilbert, en provenance d'une bande dessinée américaine, est on ne peut plus perspicace en touchant tous les échelons dans leur espoirs de grandeurs. Ce n'est pas une question de faire des dégâts à un poste de responsabilité faible, c'est devenu une protection contre l'adversité et pour suivre l'esprit de "pour vivre heureux vivons caché". On n'ose plus se plaindre quand on a une nombreuse famille à nourrir, des dettes qui se sont accumulées. On attend que l'orage passe.20090713Olivier durable.jpg

Quand les places sont chères, on observe aussi une surévaluation des besoins et une dévalorisation des diplômes. Véritable inflation des compétences qui ne seront jamais utilisées dans la pratique. Suite à des études poussées, se retrouver avec un logiciel pour suivre l'évolution des projets peut ne pas plaire dans la durée au meilleur des managers. La défoliation hiérarchique, décrite dans le livre, se confirme. Être trop compétent par rapport au supérieur finira par l'éviction rapide du challenger trop qualifié. La compétition avec le chef direct deviendrait insoutenable.

Les multinationales américaines avec ses filiales ont depuis longtemps implanté un système d'évaluations par midpointdéterminé par fonction. En dessous du minimum ou au dessus du maximum, le travailleur n'a plus sa place dans le groupe qui l'occupe. Cela voudrait donc dire « the rigth man in the rigth place » (l'homme à la bonne place). Très théorique, cette vision. Très mystérieux, le moyen de l'établir. La pratique ne fonctionnera qu'à condition que son praticien ne s'épuise pas sans challenge et une certaine motivation naturelle. Mettre le QI, ce Quotient Intellectuel bien immature, en adéquation avec le besoin pour ne pas atteindre le QP, le Quotient de Promotion Zéro.

Alors, la question naturelle vient à l'esprit: le Principe de Peter n'est-il pas remonté au sommet de la hiérarchie pour arriver à l'incompétence voulue globalement pour ne pas gêner l'ensemble de l'édifice? Affabulation avec espoirs déçus devant une perfection inadaptée et inaccessible qui se termine comme un château de cartes à l'échelle de l'entreprise dans son entièreté?

20090901Internat sans école.jpgUne inadéquation est souvent mise en avant par les entreprises entre les désirs de compétences qu'elles espèrent trouver chez leurs candidats à l'emploi et ce que les écoles leur présentent. Y a-t-il, encore vraiment, un lien étroit entre l'œuf et la poule? Les entreprises s'intéressent-elles et investissent-elles pour obtenir ce qu'elles veulent ou ne s'intéressent-elles, en fin de compte, qu'au produit fini au moindre coût? L'école n'est pas exempte, non plus, de tares et de boulets d'un autre temps trop liée à un programme trop figé.

Analyses bien plus fines qu'il n'y paraît.

Sauter ces étapes explique beaucoup de faillites de notre système.

Alors, il y a ce que Peter appelait du doux nom de "sublimation percutante" comme remède. On laisse croire à l'intéressé qu'il monte les échelons de la gloire, tout en le laissant croupir dans un patinage sur place ou sur glace. On devient membre honorifique d'une organisation. On se positionne dans des postes vides de personnels subalternes, avec un titre encore plus ronflant.

Une publicité récente parlait, avec humour et en anglais, des intérimaires. Pour donner plus d'allant à un poste de prestige, ronflant à souhait et qui finissait par « temporary » ou « acting ». Si, cela ne valait pas une belle histoire amusante, qu'elle est celle qui le pourrait?

Autre secteur que la crise a touché en premier, ce sont les intérimaires. Ceux-ci ont été virés en premiers quand l'emploi venait à manquer. Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que la remontée est en cours. Premiers sortis, premiers rentrés. Signe d'une reprise?

20090626Chomeurs en 2011.jpgLa "spéciation dans le détail" qui n'est qu'une diversion ou l'"aberration totale" par le refus de continuer, est un autre remède proposé par Peter pour s'échapper de la contrainte de l'étau, une fois, installé entre ses deux pinces du côté de l'employé lui-même. Pour éliminer une gêne, le mobbing par le niveau supérieur sur le subalterne n'est pas rare. Méthode de l'absurde par excellence pour le bon employé qui n'était pas là que pour s'éclater et pas faire semblant. Pour le moins bon, ce sera une manière humoristique de ne pas sombrer dans la déprime. La pré-pension ou la retraite anticipée, ce qui revient au même, vient à l'esprit quand l'âge s'y prête.

L'incompétence créatrice, la Parade de Peter, est la manière de faire comprendre sa non-adhérence à la stratégie de l'entreprise même si elle se veut plus intelligente et à la recherche du bonheur. Elle cherche, parfois, une porte de sortie avec tous les honneurs de la guerre. Nous sommes dans une stratégie intimiste, de la démocratie inversée qui cherche son palliatif dans le "cause toujours, tu m'intéresses". Le vers est-il dans la pomme? Vers luisant de plus en plus utilisée pourtant par les jeunes qui ont pu se départager entre le bien de la société et le sien propre.

Peter & Co remasterisé_dilbert.jpgLe principe de Dilbert avec ses promotions d'incompétents n'y voit pas trop d'inconvénients et voyait, même , le temps du Principe de Peter comme une époque plutôt bleue et révolue.20090616Crise relance.jpg

La Loi de Parkinson, plus ancienne encore, affirmait que « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement », mais c'est plutôt au niveau du fonctionnaire qu'elle s'adapte le mieux. Là, nous remontons 50 ans en arrière avec cette Loi. Se créer du travail quand il n'y en a pas, diviser celui-ci pour avoir une chance de mieux le contrôler dans la suite et donc de régner, sont des techniques d'un autre temps. Il s'agit ici d'automatisme professionnel.

La Loi de Murphy est, dit Wikipedia, un principe empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner. Cela ne ferait-il pas peur?

Une question m'a été soufflée: le Principe de Peter s'appliquerait-il à Albert Einstein qui fut un piètre étudiant et un excellent chercheur?

Appliquant la même règle selon laquelle « l’incompétence n’a pas de frontières, ni dans le temps ni dans l’espace », que dire de Winston Churchill qui fut, contre son gré, un ministre de la marine bien impuissant et un puissant premier ministre?

A y réfléchir de plus près, la première réponse serait que, cette fois, avec la vie qui s'allonge, nous avons droit à plusieurs existences, plusieurs chances ou malchances de se retrouver à une bonne ou mauvaise place sur les pas de nos vies. L'expérience ne sera plus réservée à une seule compétence. Les fameux « skills » (talents) qui multipliaient le travailleur avec lui-même comme des doubles du plus bel effet pourraient se révéler, un jour, à l'avantage de l'entité "homme" en séquences plutôt que de celle de l'employé en parallèles.

20090607Di Rupo Daaerden.jpgVa-t-on les rencontrer ses différentes vies ou les sauter sans les avoir vues? La vie active est un sport d'athlètes et un jeu d'échec en maturation. Chercher le niveau optimal en motivations, en satisfactions ou par le prestige de la position n'est que rarement compatible. Cette vision en oublie la solidarité et l'esprit d'équipe, c'est son pire ennemi.

Le phénomène démocratique demanderait de pouvoir se positionner soi-même en fonction de ses aptitudes du moment en adéquation avec son niveau de compétence réel et accepté. Le challenge, c'est bien quand il y a une chance de réussite. Les décentralisations irresponsables, les redistributions des tâches à grande échelle, étrangère à la volonté intime de l'individu trouvent un écho par l'alternance des postes, dans une réforme permanente. Cela donne, en finale, l'illusion de la démocratie, alors, que celle-ci ne devrait être là que pour limiter les excès de pouvoir et de sa durée qui pourrit son mandataire dans ses habitudes.

Je ne pouvais terminer ce billet sans donner de l'espoir. Car, certains ont compris la manœuvre.

Dans le Vif L'Express, il y avait un entretien avec Nicolas G.Hayek, le fondateur de Swatch et l'inventeur du concept de la mini-voiture Smart. Il disait qu'on avait perdu l'esprit d'entreprise, qu'il fallait revendiquer le droit à l'échec, changer les mentalités et que renvoyer son personnel pour arrondir des fins de mois difficiles, c'était la méthode la plus facile. Dans son entreprise de 25.000 personnes, il n'aurait pas encore renvoyé un "collaborateur" (le mot vaut la peine d'être pointé) à cause de la crise. D'après lui, chacun représentait une force de frappe formidable. Alors, il pense en profiter pour augmenter la formation pour rester dans le coup ou, à la rigueur, diminuer la charge par du chômage partiel pour attendre que cela se passe. Il veut montrer l'exemple à ses troupes malgré son âge avancé.

Était-ce un autre moyen d'aborder le principe de Laurence Peter?20090623Michel est de retour.jpg

L'incompétence et la compétence à l'ancienne n'ont désormais plus totalement cours de la même manière. Pour des raisons écologiques et pour enrayer le déclin des pays occidentaux, il faudra désormais des principes qui jouent de concert avec la pédale d'accélérateur et de frein.

La moralité corollaire de l'histoire serait, alors, que si la compétence efface parfois tout, l'incompétence, elle, n'efface jamais la récidive de la bêtise.

Si Paris valait bien une messe, vivre et travailler en société valaient bien quelques principes et lois pour fonctionner.

Bonne rentrée dans le monde du réel.

A bas, la déprime appelée "syndrome post-vacances".


L'Enfoiré,

De la Petermania sur Agoravox?


Citations:


  • « Si vous ne savez pas où vous allez, vous finirez probablement quelque part ailleurs. » et

  • « Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui. » et

  • « On trouve dans la Bible beaucoup de situations du monde moderne. Par exemple, Noé, cherchant pendant quarante jours une place pour se garer. », Laurence Peter


03/07/2009

Un Geek avant l'heure?

Cette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?

0.jpgLe N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.

Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?

Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.

La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.0.jpg

- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.

- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.

"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.

Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.

Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.

Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.

Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.

Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.

"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.

"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.

"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?

Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.Suis-je Geek avant l'heure.jpg

Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.

- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?

- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?

- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.

- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.

Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.

Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.

On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?

Suis-je Geek avant l'heure Paradis.jpgDe la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».

- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.

M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.

On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.

Ils sont vraiment ignares ces geekless.

Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.

Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».

Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?

Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur. Un coup dans le geektionnaire pour apprendre le noob, le fake et le flood.

Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.


L'Enfoiré,

(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre"

Des Geeks agoravoxiens?

23/03/2009

Les langues, un sacré jeu de langue

La semaine dernière, à l'occasion de la Journée de la Francophonie, Bruxelles tentait de réformer la langue française. Événement à polémiques entre progressistes et accrochés à la langue dans son statut actuel. Mais le français n'est pas seul.

0.jpgD'abord, qu'est ce qu'une langue? Wikipedia dit "la langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuel, qui permet la communication entre individus".

Tout un programme avec une destination réelle d'"outil à la communication". Quand l'outil n'est pas utilisé par un grand nombre de personnes, le préserver à tout prix, car, ce n'est pas un outil tout à fait comme les autres. La diversité des cultures des hommes est intégrée dans cet outil. C'est donc normal. Il faut aussi répondre aux usages, aux prépondérances et aux préférences de ses utilisateurs. Les langues sont les véhicules de la pensée, du plus spécialisées au plus généralisées dans cette fonction et son cadre d'utilisation.

Que constate-t-on dans la pratique? Ce qu'en dit Wikipedia: l'anglais, comme langue du commerce et de la science, l'espagnol comme langue d'Amérique latine, le portugais au Brésil, le chinois et l'hindi pour l'Asie, le français dans la diplomatie. Objectivité par l'expérience ou par les convenances.

Le client à toujours raison par son pragmatisme intégré dans ses habitudes. Le client vit avec sa ou ses langues en même temps qu'avec son temps. Il l'adaptera ou les torturera à son usage et pas inversement. Il ne faut pas oublier que l'effort pour son apprentissage lui incombe. Il vaut que l'efficacité et que l'aisance de la conversation corresponde à ses aspirations. Il éliminera sans même l'avouer ou s'en rendre compte, ce qui ne lui parait pas nécessaire dans un jargon qui lui est personnel. Il baragouinera ce qui ne lui semble pas essentiel et cela pas uniquement dans une langue étrangère.

La réforme de la langue française, proposée la semaine dernière à Bruxelles, répondait à un besoin de rajeunissement pour simplifier en fonction des usages et des calages les plus flagrants de la langue française. Présentation de nombreuses modifications: Une langue, ce n'est pas rigide. Les Dix règles et exceptions et les 800 mots rectifiés en nouvelle orthographe sont sortis de l'analyse, quand je dis "orthographe", pourquoi pas, phonétiquement, ortografe. Dilemme entre réduction des "scories" inutiles de la langue et la peur de perdre les racines des mots de "sa" langue qui proviennent de l'histoire, du latin et du grec.  0.jpg

Après l'annonce et avec la liste des adaptations, un "chat" s'était ouvert, le mardi de la semaine, sur le site du journal Le Soir. La passion est vive dès l'entrée en matière quand on parlait d'une langue qui est sienne. J'y ai pris place sous mon pseudo et j'ai suivi, très attentif et loin d'être inactif. Beaucoup de stabilisateurs de la langue. Lancer quelques pavés dans la marre comme dire "si une langue n'évolue pas, elle meurt tôt ou tard", cela révulsait ou enchantait. Pas d'unanimité, c'était clair. "Réformer pourquoi faire? Elle est très bien comme elle est notre langue. 0.jpgSa richesse réside d'ailleurs derrière ses exceptions.", était-il répondu de manière péremptoire et volontaire. Pour tâter le terrain, je m'étais permis quelques entorses parallèles en parlant de l'anglais et de l'espéranto. Au sujet de l'anglais, il y eu des réactions, de l'espéranto, pas la moindre. Ce n'était manifestement pas la tasse de thé des interlocuteurs présents. En chercher les raison, je verrais plus tard?

Vendredi matin, à la Première radio, nouvelle approche de la langue française, celle des nouvelles technologies. Intermedias se proposait à une tâche d'intégration par l'intermédiaire des nouvelles technologies. Là, les choses changeaient et évoluaient pour suivre le rythme du modernisme à s'en perdre. Beaucoup de mots qui sortaient du chapeau mais pas du tout du dictionnaire, donc. Le besoin d'idée neuves et de vocables qui puissent les exprimer, faisait la loi. Le PostIt et la simplicité pour seule base. Les terminaux d'ordinateurs et des médias mobiles auraient doublé pour donner l'accès à l'information dans tous les cas de figure. Un mot exprimait ce mouvement, l'affordance, un état qui suggérait sa propre utilisation et le fait, parfois, en dépits de sa propre volonté. Ère de la vitesse et de la complexité des termes et des idées qu'il fallait harmoniser par le plus de compromis, à partager par l'obligation. Ne rien compliquer dans le processus et cela marcherait à plus ou moins court terme. En parallèle, si l'orthographe ne collait plus à l'actualité, elle changerait d'office.

Constatations et objectivités. Les SMS et les "chats" sur Internet imposent de nouvelles lois de la liberté. L'anglais dans les technologies se substitue aux autres mots, insidieusement, peut-être mais aussi par soucis de ne pas se fourvoyer dans une compréhension aléatoire par une traduction qui multiplierait les concepts sans plus les identifier. Le courriel, c'est bien joli, cela peut donc passer en parallèle avec "eMail". La fantaisie entre aussi dans les appréciations de ses clients pour créer de nouvelles représentations des concepts écrits. Quelle est la traduction française de "chat" d'ailleurs? L'animal pourrait bien être déçu.

Tout dépend de l'âge de l'utilisateur, en effet et cela du plus conservateur au plus avant-gardiste.

La langue anglaise subit, elle-même, des substitutions par les chiffres, pris dans leur seule prononciation (le 4 pour "for" anglais, par exemple). Réduire le temps de l'introduction et de la transmission comme seuls impératifs dans ce cas. Appréciée, elle se propage à la vitesse de la lumière. Pas de codification, pas de règles, langue qu'on ne comprend que par l'habitude. Est-ce détruire la langue originale ou est-ce l'originalité qui maintiendra la langue vivante?

C'est aussi un grand retour de l'écrit quand le virtuel a pris son envol. Tout ne passe plus par la voix.

Au cours de plusieurs articles sur l'antenne d'Agoravox, la langue française s'est vue défendue à juste titre mais souvent en opposition avec la langue anglaise. Antagonisme de bon ou de mauvais aloi? Guerre d'arrière garde, perdue d'avance par les habitudes ou au contraire une chance de se comprendre dans le monde?

Comme la Francophonie ne se sent pas suffisamment en force pour contrer, par le volume, l'usage et la suprématie de la langue de Shakespeare, les espérantistes se proposent de donner une alternative en Europe, en passant par l'Inde. La vérité sortirait même de la bouche des anglais. Et j'en passe. Les intentions ne sont pas nécessairement claires. Ca flaire bon le lobbying à plein nez, parfois, mais ce n'est pas nécessairement grave.

L'alternative de l'espéranto, peut-être déjà, judicieuse dans sa forme actuelle mais qui, à mon avis, pourrait toujours subir une réactualisation tout comme les autres langues. Facile et plus rapide d'apprentissage, plus logique, nul ne le conteste. Mais, avoir la chance d'être construite en dehors du circuit des langues maternelles et plus ou moins en vase clos, utilisée par les seuls initiés volontaires, impose encore plus de réflexions et d'analyse. Une langue, transmise par les parents, dès le plus jeune âge, s'utilise, mais c'est, sans contrainte et avec le reflex naturel du besoin. Ce n'est pas le cas ici. Je m'étais évertué sur les sites susmentionnés à montrer que rien n'était parfait en ce monde et que même si la perfection n'était pas loin, elle se verrait contestée si elle n'était pas remise en question. Comme en tout, on n'aime que ce qu'on connaît bien et la première étape, c'était tout de même de passer le cap.

Véritable croisade, donc, et qui continue sans discontinuer. Incompréhensions et tergiversations pour prouver que j'étais à côté de mes pompes. Simplifier ne se faisait pas en augmentant ce qui existait ailleurs ou en s'obligeant à les intégrer que pour la seule raison de la conformité avec ses antécédents concurrents.

Construire, c'est guérir les erreurs du passé, pas les reproduire. Oui, je l'ai dit, l'espéranto se veut logique avec peu de règles et des affixes pour composer les mots de son vocabulaire. Il est facile à apprendre, je répète. Il est vendu comme tel et c'est vrai. J'en ai suivi les bases et la construction. Un alphabet composé de plus de lettres que l'alphabet des langues européennes occidentales semble pour moi assez étrange dans le processus de la simplification même pour ajouter des sons qui ne sont en fait que des phonèmes concaténés. Cela impose, de fait, l'installation d'un software "eo" à son utilisateur sur les ordinateurs du monde. 0.jpgLes accents qui reviennent en force, sont en porte à faux avec la tendance actuelle à les éliminer. La composition des mots existe dans plusieurs langues et ne facilite pas nécessairement la compréhension ni la rapidité d'utilisation dans la conversation sans la mémoire du mot dans son entier. Le néerlandais, que nous utilisons en Belgique, par exemple, réunit des mots entiers différents pour en créer d'autres. C'est probablement une des difficultés importantes, presque insurmontables pour les Wallons vu la longueur des mots résultants. Schizophrénie du désintérêt, peut-être, aussi. C'est lors du plus jeune âge que l'esprit est le plus ouvert par le jeu et le moins corrompu par des envies ou des déviances de parti pris ou autres. Ce ne l'est plus dans la suite.

Changeons de crèmerie, on n'y arrivera pas ce jour-là.

Petit retour en arrière. Mercredi, changement de médias. La télé offrait notre émission contestataire hebdomadaire "Questions à la Une". Les commentaires qui se trouvent sur le site démontrent aussi le côté passionnel. Deux sujets comme d'habitude. Pas la moindre relation rappelée avec la semaine et la réforme du français mais sous-jacente très probablement.0.jpg

Le premier sujet, très local, "Sommes-nous capable d'apprendre le néerlandais" Manifestement, l'enseignement n'est pas au top de sa forme en Wallonie à de rares exceptions. Drame de la volonté ou de l'obligation des relations. "Aimer manger" ne se ferait qu'en mangeant pas en regardant les plats. Si le néerlandais ne semble pas à la portée des Wallons, l'enseignement dans des classes trop nombreuses et derrière un archaïsme des programmes, ne permettrait pas, non plus, de le parer au problème dans les meilleures conditions, à part dans certaines exceptions.

Le sujet suivant est plus général. Il annonce d'entrée que sur les 6000 langues dans le monde, la moitié risquerait de disparaître dans la centaine d'années si on n'y prend garde. Une disparition d'une langue toutes les deux semaines serait le rythme de l'extinction. Titre de la séquence "Bientôt une seule langue pour le monde entier". Catastrophe pour l'humanité car un peuple meurt à chaque perte d'une langue en emportant sa culture. L'originalité n'aurait de prix que dans la diversification. Une course des linguistes pour conserver les derniers utilisateurs de ces langues en perdition et de dialectes menacés d'extinction essaye d'enrailler le processus.

Dans l'histoire, l'exemple de l'Australie était caractéristique. Les 12 langues des Aborigènes, soit 95% du patrimoine linguistique de ce pays ont disparu. Drame de la colonisation et du génocide organisé, lié, au début du 20ème siècle et à des techniques de séparation des enfants de leurs parents métissés pour mieux les asservir. Éradiquer l'identité par l'obligation de parler l'anglais.

A constater, entre parenthèses, dans cette émission, les meneurs du débat, des linguistes, s'exprimaient en anglais.

0.jpgLa langue est identitaire, est un univers de poésie, de musique et de littérature, était-il dit. La perte de confiance en soi serait la conclusion de sa disparition. Une génération suffirait aussi pour que le risque de disparition menacerait une langue.

Mais les langues importantes dominent les autres comme rouleaux compresseurs, était-il ajouté par l'orateur très probablement américain.

Commence un défilement de langues plus ou moins exotiques pour nous.

En Chine, le mandarin est pratiqué par 874 millions de chinois. Les autres langues sont mises hors circuit par l'État et le Gshian et le Changsha-Hua disparaissent progressivement. Le mandarin est la langue la plus utilisée dans le monde quantitativement. Préférence avouée pour suivre le travail, c'est le mandarin. La chinoise de l'émission s'est forcée à se conformer au mandarin et imagine qu'un jour, cette langue pourrait dominer le monde.

Les Scandinaves ont 3 langues, le suédois, le norvégiens, le danois, et se comprennent partiellement sans l'avouer. Elles sont différentes probablement pour des raisons politiques. L'anglais fait le pont plus ou moins harmonieusement.

Au Mexique, le vocable "indien" est péjoratif. Supériorité de l'espagnol sur la langue totonac.

Le langage live, parlé par les livoniens, écartés par la force par lettonniens. Non transmise, non écrite, la langue meurt comme si elle n'avait jamais existé dans l'esprit du dernier ou de l'avant dernier pour lui faire la conversation. Cinquante langues qui ne sont plus parlées que par une seule personne dans le monde.

Le mlabri entre le Laos et la Thaïlande n'est plus parlé que par 300 personnes. Langues primitives que certains linguistes s'attardent à transcrire.

Le sheng, mélange de swahili et d'anglais, revit au Kenya dans un conflit de générations parce que ce sont les adolescents qui l'entretiennent et l'utilisent pour se dissocier des parents. Le sheng évolue plus vite qu'espéré même, jusqu'à ne plus se faire comprendre entre les quartiers. Il ne faudrait pas que le sheng oublie le but principal: communiquer. Cette voie est encore plus destructrice des autres langues qu'elle entraîne dans leur transformation.

Une langue vit grâce à son évolution pas à ses révolutions successives dans le court terme. Depuis 1000 ans, l'anglais a subit une foule d'influence en provenance de 350 langues différentes, était-il rappelé.

Les créateurs, les businessmen, s'expriment en anglais, aujourd'hui. L'effort pour communiquer est-là comme point de repère car le monde est devenu global. « Pas vraiment le choix, même si l'anglais n'a jamais appris, la langue n'a plus rien de local », reconnaissent des jeunes du tiers monde. Défit mondial urgent de conserver ce qui doit l'être, les langues et dialectes comme faisant partie de l'histoire mais modernisme qui impose sa propre loi. Linguistes au travail, donc, pour mettre en écriture l'oral qui mourrait sinon à coup sûr.

20080523Taire le silenceConseil Ministres.jpgDire "je t'aime" en toutes les langues n'est ce pas les premiers mots appris? L'émission le présentait en chaîne.  

Comment dit-on cela en langage SMS, d'ailleurs? On ne le dit plus, il est mémorisé dans ses variantes et choisi par sélection. Preuve que les automatismes sont le cheval de bataille d'aujourd'hui, impersonnel, mais efficace.

L'important, à coup sûr, c'est d'être compris, pas nécessairement de chercher à être correct à 100%. On baragouine mais dans beaucoup de cas, cela suffit. Comme une publicité pour l'étude des langues, le rappelait, il vaut mieux avoir compris quand une explosion est imminente, plutôt que s'escrimer avec l'accent ou l'orthographe ad hoc. Oser parler, communiquer, combattre sa timidité sont les moyens pour réussir le partage des idées de son "ego" et de celui des autres. La motivation fera toujours la différence pour étudier une langue. Puristes et intégristes contre la pratique et le temps. Le choix personnel reste plus que jamais en vigueur. L'immersion comme moyen de sauvetage et cela marche.

Mais, revenons une dernière fois, au titre iconoclaste de la séquence de l'émission: si l'humanité ne parlait qu'une seule langue? Le Magazine des Philosophies, se posait aussi la question. Un "global english" y était proposé et rejeté par Barbara Cassin. Le rêve de Leibniz d'une langue parfaite avec des caractéristiques universelles viendrait en contradiction avec la condition pluraliste de l'humanité. Si l'opacité des relations humaines serait réduite dans une même compréhension, ce serait le "desespéranto" comme l'appelait Michel Deguy et perdrait l'inventivité par la nécessité de la traduction.  

Bruxelles, ville bilingue, n'a pas été choisie au hasard dans ce débat des langues. Nous avons dans la capitale de l'EU plus de 30 langues qui se mélangent dans les rues ou dans quelques quartiers plus spécifiques.

Pragmatique, je dirais personnellement que connaître deux langues au minimum serait un "must", pardon une "obligation". Une pour la langue maternelle, une autre pour les relations internationales. Pour le migrant, la langue du pays d'accueil, en plus. Problème qui ne peut se résoudre qu'à la ou les sources: la mère, l'école ou l'expérience de la rue.

"Anglais, allemand ou espagnol? Japonais, grec ou russe? Pourquoi se compliquer l'existence à apprendre plusieurs langues, il suffit de ne pas voyager", citation qui ne tient plus quand un monde, devenu "village" et qui vient à vous. Dire connaître l'anglais ne veut rien dire. Une langue s'appréhende en fonction de son usage, pas dans l'absolu exhaustif des ses fonctionnalités.

Entre temps, de grâce, ne dites pas qu'il parle allemand à un Luxembourgeois. J'en ai fait l'expérience. C'est mal apprécié.

Tiens, je remarque que l'espéranto n'a pas effleuré l'émission de « Question à la Une ».0.jpg

Auraient-ils oublié quelque chose? Parti pris? Je ne chercherai pas la raison.

Le magazine "La Recherche" parlait, dans son numéro d'avril, de l'avenir des langues. Il se posait la question de parler en Spanglish, en Globish ou en Broken English? Il constatait qu'aucune langue n'a une durée de vie prévisible. Beaucoup de langues disparaissent mais d'autres apparaissent. Si les aborigènes de l'île d'Hokkaido n'ont pu retrouver leur langue aïnoue qu'en 1997, si le "lio" ou "kasabe" du Cameroun disparaissait faute de participant en 1095, les transferts linguistiques existent. Les créoles prennent de la vigueur. Le français parlé en Afrique ne sera plus nécessairement du pur français même situation qu'au Canada. Le croate et le serbe ne sont plus des dialectes depuis la division de l'ex-Yougoslavie. Véhicule de la mondialisation, en Europe, l'anglais gagne du terrain. Douze langues occupent 44% des locuteurs dans le monde. On parle en 253 langues sur Wikipedia, ce qui donne une bonne indication. Quant à l'Europe, quand va-t-on fixer une langue type "euro"?

Dernière question angoissante que l'orateur de l'émission « Questions à la Une » proposait de nous poser "Et si ma langue n'avait jamais existé?". J'y ajouterais aussi "Et si j'avais été muet, manchot et idiot?".

 

L'Enfoiré,

 

Sur Agoravox, un jeu de langue ou d'autre  choses? 

Mise à jour 10/4/2009: Claude Hagège apparaissait dans les actualités de France2. A la question "pourquoi si peu de Français qui connaissent l'anglais à la sortie des classes?" Réponse: "Parce le français serait une langue internationale mais bien loin de l'anglais". 

 

Citations:

  • "Un homme qui parle trois langues est trilingue. Un homme qui parle deux langues est bilingue. Un homme qui ne parle qu'une langue est anglais.", Claude Gagnière

  • "Le premier instrument du génie d'un peuple, c'est sa langue.", Stendhal

  • "La grammaire est l'art de lever les difficultés d'une langue ; mais il ne faut pas que le levier soit plus lourd que le fardeau.", Rivarol

  • "Les absents sont assassinés à coups de langue.", Paul Scarron

 

05/03/2009

Mots de l'étrange

Les figures de style bien connues ont vu arriver des concurrentes dans les sigles, les diminutifs, les initiales, les éternelles antithèses poussées à l'extrême qui ne sont pas là pour éclaircir la pensée mais pour donner un clair obscur à des pratiques que l'on voudrait cacher. Il y a d'autres méthodes. Des suffixes jouent aussi dans ce jeu de l'insoutenable légèreté de l'être. 

entrepriseLe dysfonctionnement, vous connaissez? Vous en connaissez le mot pour l'avoir entendu de multiples fois dans des cadres de vie totalement différents. Assez récent dans le vocabulaire des dictionnaires, il existe donc bel et bien. Le sens du mot, lui, est par contre volontairement mis en parenthèse. Il met à toutes les sauces et rassure par son ambiguïté réparatrice.

"Trouble du fonctionnement" dit le dictionnaire de manière si peu explicite du côté des exemples.

Le dysfonctionnement prétend mieux circonscrire un concept vague et en fait le rend plus flou. Il en devient toxique comme le serait le subprime, l'eMail, la dénonciation de la situation, elle-même... Un simple papier devient "toxique" en détournant l'attention des empoisonneurs même. Après, plus de question de demander des précisions sur le handicap subit par ce "dysfonctionnement" que le "y" en deuxième lettre range de fait dans le domaine de l'irrégularité de l'"étrange". L'affaire est entendue. Pourtant, que de causes diverses de la plus futile à la plus dangereuse dans ses conséquences avec toujours le même passe-partout de l'idéologie moderne de l'absence de responsabilité. Ça ne se discute pas les "dysfonctionnements", ça se cache derrière un mot. C'est comme si on recevait les messages à moitié.

entrepriseCela risque de planer au niveau du "système critique" comme une épée de Damoclès. L'épée a déjà frappé plusieurs fois dans l'air, mais on la camoufle derrière des généralités comme s'il s'agissait de normalité, d'événements que l'on n'aurait pu empêcher. La crise actuelle n'est qu'une suite de dys...fonctionnements qui ont produit un raté du pouvoir de vivre normalement. Le préfixe 'dys", lui-même, est souvent utilisé en médecine pour décrire une maladie, une anomalie mais il a été étendu au système et à une série de concepts. Serait-ce dû, dès lors, à de la dyscalculie, la difficulté d'utilisation du système symbolique, par dyslexie et par la dysgraphie, la difficulté, respectivement, de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture qui génèreraient en finale des dyslalies de paroles et des dysharmonies entre les choses et les personnes?

La "disruption", mot de l'étrange, est un mode de pensée qui défie aussi les conventions établies tout en essayant de créer des visions nouvelles capables de faire évoluer une marque vers un sommet inégalé. Nous sommes dans le domaine des idées qui refusent les modes de pensées répétitifs, des certitudes rassurantes et de l'immobilisme qui dénature son envie de progrès. Pas question de mettre le changement au frigo car il est sensé apporter l'amélioration à quelque chose qui tourne sans problème depuis des lunes. Se tourner du côté des habitudes est la pire réaction que le mot "disruption" ne pourrait accepter.

Beaucoup de mots se montrent sous un jour trouble, impalpable, imperceptible dans leur concept avec toujours le même souci de noyer le poisson entre clarté et obscurité.

Cette méthode en déficit d'informations laisse sur sa faim tout en semblant laisser la situation ouverte à la discussion. 80% des gens en seront lâché sur le chemin de la vérité non expliquée. C'est évidemment tout bénéfice quand il s'agit de cacher un vice de construction, une malversation tout à fait indépendante de la volonté de son initiateur, comme il se doit.

entrepriseL'exceptionnel ramené au niveau de la normalité. Chacun doit y trouver son compte en cascade à l'événement irrationnel. Jamais de péril en la demeure, juste une petite défaillance de jeunesse car le fournisseur garde tout le contrôle.

Pas question dans ces conditions de revenir en arrière. Un coup de frein à la marche du progrès, sans catastrophe, serait pure affabulation irrationnelle. Simple parenthèse dans l'évolution. Simple consolidation avant de faire le plongeon dans l'inconnu de la technicité. Le coupable sera-t-il recherché? Sherlock au boulot dans ce monde moderne et pratique!

Nous sommes ici en pleine abstraction ou explication de l'inexplicable. Globalement, tout marche sans pépin, mais vous avez eu la malchance d'être tombé à pieds joints dans cette anormalité. Dire que vous êtes fautif en tant que client, il n'y a qu'un pas. L'erreur ne vient aucunement de l'objet de la transaction.

On ne peut, aussi, pas tout dire et avec cela vous avez tout compris. La particule "dys-" s'étiole alors à la recherche du seul "fonctionnement".

On commence l'explication de la déviance par le "comment" pour finir longtemps après par le "pourquoi".

Le principe de précaution, souvent évoqué dans les cas extrêmes de danger sous-jacent, est trop limité à ces inventions du progrès. Les assurances, en cas d'erreur, ne sont pas faites pour les chiens.

Toutes les nouvelles technologies sont passées par cette moulinette de cette équation à "n" inconnues qu'il faut présenter le plus positivement. IBM, il y a bien longtemps, a fait tester ses machines par ses clients. Microsoft a fait de même avec ses logiciels. Google se réparti dans les fils du net. 

Anormal? Pas forcément, mais il vaut mieux mettre les cartes sur table. Les combinaisons de risque, les tests de compatibilité sont tellement nombreux qu'il serait quasiment impossible de réaliser un contrôle complet de A à Z dans les temps impartis par les clients eux-mêmes et par la concurrence. Leurrer le client en disant que la disponibilité et la sécurité des systèmes hardwares ou softwares est à 100%, en donnant de fausses explications vide de sens, n'est que reculer pour mieux sauter.

Il en va de l'honnêteté que l'on trouve dans un futur de progrès et des hommes qui le prépare et qui le consomme.

L'éducation a montré le chemin du rang mais s'effacerait devant l'exception? Non, dès le plus jeune âge, on n'aime résolument pas les incartades. Les pas de travers doivent seulement s'effacer pour subir la punition. 

Le conformisme est faussement de rigueur, le plus souvent. Les moutons de Panurge sont, alors, légions.

Vacciné, le client l'est depuis longtemps, pourtant. Le point de non retour, par contre, il n'est pas prêt de l'accepter. Ce serait la perversité ultime et son arrêt de mort.

Pour apporter des nouvelles moins positives, les mots de la bizarrerie et de l'anormal, si elles ne sont pas aimées, fascinent par leur côté étrange.

Alors, la vie qui suit, les ornières bien profondes sont préférées à toutes les nages entre deux eaux de droite ou de gauche. Albert Jacquard dans son livre "Mon utopie" avouait qu'il avait été un bon élève en tout sauf en gymnastique. Visiblement, il s'était mis au vélo depuis en proposant cette utopie comme devoir citoyen. Le réalisme sans esprit de recul devrait, tôt ou tard, avoir vécu après avoir vu défiler en bloc les blogs sur le net et surtout avoir constaté que les voies tracées sont bouchées.

La confiance fait partie du processus de redressement.

Quand on s'adresse à celui qui n'est pas le commun des mortels et qu'il a fait en principe quelque chose de répréhensible, on parle d'une procédure et de motion de défiance constructive. Ça présente mieux.

Une nouvelle loi va prendre place prochainement pour observer la notion d'égalité des chances. Cette fois, on citera "Loi contre la discrimination". On est général et on ne parle plus de ce vilain "racisme" ou de "différences entre hommes et femmes". C'est étudié pour. Enfin, on espère que ce ne sera pas un lendemain de carnaval.entreprise

Par "atypique", qu'entend-on? Cela va de l'extrême gauche à l'extrême droite. C'est imprécis à volonté.

Seule la réflexion de tous pourra contrer une démence du Système qui se partage dans des directions contreproductives.

Appeler un chat, un "chat" et oublier les métonymies?

Les dysfonctionnements fleurissent depuis toujours et changent de braquet. La grande crise d'aujourd'hui, une méprise sur ce qu'il fallait éviter en sachant jusqu'où aller trop loin?

Internet a aussi son langage et un rédacteur d'Agoravox l'avait détecté dans "Les mots du net: technologie de la clarté?"

L'antithèse, la petite dernière, est la figure de style qui s'accrochera par le verbe à ce mode de raisonnement.

Une notion de méfiance constructive parachèverait-il le tableau action-réaction? On manque de confiance en nous et en notre avenir, alors, on cherche des idées, des mots qui renverseront nos impulsions négatives pour les minimiser ou les emphaser selon le cas. Il faut n'apporter que de bonnes nouvelles, disais-je, récemment.

entrepriseCar, amour et haine seront toujours préférables que l'absence d'opinion.

Pour couronner le tout et exprimer des idées dont on ne connaît plus les risques de mauvaises compréhensions, il y a aussi les suffixes. Les plus dangereux et malgré cela les plus souvent utilisés, il y a ces mots qui se terminent par "-isme" ou "-iste". Ces mots-là, vous en connaissez énormément. On les prononce et on les écrit sans même s'en rendre compte. Il y a les anciens, mais aussi les nouveaux, les néologismes plus ou moins péjoratifs comme récemment entendu "court termistes". Il y en a qui, dans la note, ne manque pas de parler de discrimination positive.

Paul Hermant de la RTBF avait un billet, ce mardi, au sujet du catastrophisme qui nous chatouille ou nous grattouille les oreilles sans plus traverser nos esprits acculés à la peur du lendemain. Rien de changé. Les figures de style ont repris leur fonction pour s'écarter de l'usage minimal de la langue et verser dans l'imprécision.

Mais alors, avec l'humour, ne serais-je pas dans le domaine de l'oxymore, vous savez cet oxyde qui mord et qui ne s'use jamais, ou, plus fort, du pléonasme qui meurt après sa perte totale de souffle?

Vous avez dit bizarre. Comme c'est étrange...


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des mots étranges ou bizarres? 

 

Citations:

  •  "Étrangement, on en veut souvent à la personne qui vous dit une vérité difficile à entendre, impossible à croire.", Marc Levy
  • "C'est étrange, mais vrai ; car la vérité est toujours étrange, plus étrange que la fiction.", Lord Byron
  • "Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail : l'homme est rendu étranger à l'homme.", Karl Marx
  • "Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !", Jean Anouilh

 

05/02/2009

Préfixe "évoluer"

Pour le mois de février, le "National Géographic" avait un article intitulé "De Darwin à la génétique". Le bicentenaire de la naissance de Darwin (12 février 1809) vient se juxtaposer dans le temps avec une recrudescence du créationnisme d'Outre Atlantique. La Biologie qui se mêlerait des affaires de l'homme contre les fondamentalistes en progrès et pourtant Darwin est conforté chaque jour.

0.jpgAvant Darwin prévalait l'idée que Dieu avait créé les espèces indépendamment l'une de l'autre, de manière arbitraire, par groupe pour éviter l'extinction. "La Terre a été créée le dimanche 23 octobre de l'an 4004 avant l'ère chrétienne, à 9 heure précise du matin", s'écriait en 1650 l'archevêque irlandais Jacques Usher, du haut de sa chaire. "Quant au Déluge, il s'est produit en l'an 2349 avant l'ère chrétienne. Il plut quarante jours et quarante nuits, tout ce qui était vivant sur terre fut exterminé. Seuls Noé, sa famille et certains animaux purent se réfugier dans l'arche le dimanche 7 décembre 2349; ils en descendirent le mercredi 6 mai de l'année suivante". Voilà, l'interprétation biblique qui a dominé la géologie jusqu'au milieu du XIXème siècle.

Le comte de Buffon, fut, peut-être le premier naturaliste à estimer scientifiquement l'âge de la Terre, cette "bille de fer qui se refroidit". A partir du taux de la déperdition de chaleur d'un modèle, il en conclut que la Terre devait avoir 75.000 ans.

Est arrivé, Charles Darwin, ce 12 février 1809. Il n'a rien inventé, vraiment et pourtant il va bouleverser les idées. Comme naturaliste, le français, Jean-Baptiste Lamarque, utilisait le mot biologie pour la première fois, mais avait aussi vu l'intérêt de l'évolution obéissant au dynamique du métabolisme et une variétés d'impulsions pour s'adapter aux circonstances et aux besoins.

Préfixe évoluer_Anniversaire.jpgMais, curieux, intuitif, Darwin a simplement constaté certains liens étranges au cours de son voyage autour du monde, à bord du Beagle de 1831 à 1836. Ce voyage change sa vie. De pasteur presbytérien de campagne, il s'autoproclamera après son voyage de "naturaliste". Devenu voyage mythique avec l'étrange et les phantasmes qu'il soulevait chez les uns, quitte à fouler au pied les croyances de son époque. Voyage du hasard dû uniquement à l'amitié qu'il entretenait avec le capitaine du bateau, Fitz-Roy. L'image des Galapagos avec ses tortues géantes et le pinson, est une anomalie plutôt pour meubler l'envie touristique que faisant de partie de la révélation. Les Galapagos ne correspondaient qu'à la fin de son voyage. Les premières découvertes datent, elles, de trois ans en arrière. En Argentine, à la vue de fossiles, il a des révélations à la vue de certaines ressemblances avec les êtres vivants. Cela lui donne l'idée que ce serait une descendance dans ce qu'on dirait un arbre généalogique des espèces, avec les modifications dues à la sélection naturelle. Que le meilleur gagne. Sélection sexuelle, aussi. Les nandous distribués géographiquement l'intriguent. Son journal de bord deviendra le livre "Voyage d'un naturaliste autour du monde". Les cirripèdes, dont la balane, fossiles ou de son époque, vont le passionner jusqu'à l'indigestion. Richard Owen l'applaudira dans son travail.

Préfixe évoluer_Homme.jpgVéritable bombe qui devait bouleverser des siècles de doutes et de mensonges contenus derrière une église qui voulait garder la barre de la manœuvre. L'idée que Darwin s'en faisait, tient à ce que l'évolution puisse se produire par des forces purement naturelles. La théorie de l'évolution sera admise de son vivant par ses contemporains sans, cependant, obtenir de décoration de la Reine Victoria. La sélection naturelle, elle, ce sera, bien plus tard, au 20ème siècle. Descendre du singe pour un homme, c'était difficile d'imaginer à première vue. Ses détracteurs n'ont pas manqué de lui faire ressentir. Torturé entre l'idée de conserver la respectabilité de son statut d'aristocrate et la volonté de faire part de ses constatations et de ce qu'elles entraînent.Préfixe évoluer_Singe.jpg Hypocondriaque, toujours maladif

A son retour de voyage, il passe de la religion à la science. Mais, il va tenir sous silence pendant vingt ans ses constatations en ne les divulguant qu'au compte goutte à des scientifiques, spécialistes dans chacune des espèces. Ce sera Richard Owens, anatomiste, pour tout ce qui concerne les mammifères. John Gould, pour les oiseaux. Thomas Bell, pour les reptiles. La ressemblance entre le bras d'un singe pour saisir, l'aile d'un oiseau pour voler et la nageoire d'un poisson pour nager, ne lui échappa pas.

La sélection naturelle, la lutte pour la vie s'accompagne insensiblement de la reproduction pour tomber dans une confrontation avec l'économiste Thomas Malthus qui extrapolait l'idée de "sélection" aux rapports entre la population et la production. Processus d'un humanisme partisan qui montrerait que seuls, les mieux adaptés, les supérieurs auraient une chance de survivre avec le contrôle de la croissance de la population comme corollaire. Darwin, avec ses 10 enfants, devait être contraire à la pensée malthusienne de la limitation de la reproduction devait couper l'évolution dans son élan. Malthus n'a jamais voyagé. Il s'intéressait lui aux chèvres qui dévastaient la végétation. Compilateur avisé se voulait en contradiction avec William Godwin qui expliquait la misère par l'incurie des gouvernements. La vision noire malthusianiste d'un monde qui se meurt, ne revient qu'en période de crise comme nous la vivons.

Préfixe évoluer TRex.jpgCe n'est qu'en 1859, poussé ou pris de vitesse par un certain Alfred Russel qui aurait les mêmes idées, qu'il sort "L'Origine des espèces" avec sa théorie de l'évolution. Ce sera en 1971 qu'il lancera complètement sa théorie en l'appliquant à l'homme. (La descendance de l'homme et la sélection en relation avec le sexe". Thomas Huxley, Alfred Wallace seront ses défenseurs acharnés. Comme le rappelait Paul Hermant, une réunion, à Oxford en 1860, mit aux prises les partisans de Darwin et ses opposants. Un évêque, Samuel Wilberforce et ce biologiste, Thomas Huxley, dans la lignée duquel on trouve un écrivain et pas n'importe lequel : Aldous Huxley, le Meilleur des Mondes. On disputa devant 700 personnes de cette origine des espèces et la controverse donna lieu à des réparties cinglantes mais malheureusement apocryphes. « Est-ce par votre grand-père ou votre grand-mère que vous descendez d'un singe, Monsieur Huxley ?» aurait demandé l'évêque. « Je n'aurais pas honte d'avoir un singe pour aïeul, mais bien d'être apparenté à un homme qui utilise son talent pour obscurcir la vérité » aurait répondu Huxley. Des idées telles que "la fonction crée l'organe", la "survie au plus apte", l'"adaptation au milieu", le "chainon manquant", les "animaux progressent ensemble", tout à tour, lui serviront ou lui desserviront dans ses convictions. Préfixe évoluer Girafe.jpg

La localisation géographique des espèces, c'est le météorologue, Alfred Wegener qui donnera une explication par la "dérive des continents". Il en avait déjà la conviction dès 1911, ayant constaté la ressemblance entre les côtes entre l'Afrique et l'Amérique. Mais les scientifiques avaient crié au scandale. Il parvient pourtant à les rallier à sa cause. L'idée de la Pangée était née. On trouvait des racines semblables sous des longitudes et des latitudes différentes. Il se trompait pourtant dans sa théorie des forces de la fuite des pôles et des marées dues à la Lune et au Soleil. Harold Jeffreysprouve par les mathématiques l'impossibilité. C'est Arthur Holmes et la tectonique des plaques, avec les courants de convection du magma profond qui va compléter la théorie. Le fossile reptile, lystrosaurus, découvert en 1968 en Antarctique, vieux de 203 millions d'années, rassemblait à un melting pot de caractéristiques, herbivore qui vivait comme l'hippopotame et avait un bec munis de deux dents.

L'ADN et la génétique apporteront d'autres preuves qui manquaient. Le même gène accomplirait le même travail chez des espèces différentes, sur des continents différents pour définir les paramètres de l'évolution. Les chromosomes en seraient les porteurs de cette information génétique. Les erreurs et leurs corrections pouvant se localiser au deux niveaux et engendrer de nouvelles pistes à l'évolution dans le "laboratoire" de la nature. C'est comme dans le domaine du verbe, les lettres, les mots constitueraient des livres différents par leur seul ordonnancement. Le génome humain est identique, mondial dans une homogénéité génitale à 99,9%.

L'erreur de Darwin est sa conception incohérente des mécanismes de l'hérédité et d'avoir eu la conviction que l'évolution ne procède jamais par bonds. L'acquis d'une génération, du père et de la mère ne se reflète pas automatiquement dans la suivante comme il le supposait. A l'hérédité, Grégor Mendel s'y intéressera plus précisément, et dont la théorie aurait très certainement désarçonné Darwin en reliant la race à un génotype particulier. Darwin considérait que le cerveau de la femme était plus petit et était inférieur alors que, non raciste, il ne voyait aucun inconvénient à se placer sur le même pied n'importe quel noir ou jaune.

20070913Extinction.jpgL'évolutionnisme a son néo-darwinisme. L'environnement n'est pour rien dans les mutations des individus par le génome. Les erreurs continueront d'exister. Le taux de reproduction en sera seulement plus bas en éliminant les mutations inutiles. L'interaction du génotype et de l'environnement détermine seulement le phénotype.

Quant à l'âge de la terre, le géologue de Charles Lyell proposa 240 millions d'années. Lord Kelvin calcula par la déperdition de la chaleur, l'âge de la terre à 100 millions d'années. Rutherford remarque que les éléments radioactifs ralentissaient le refroidissement. Un journal à sensation titrait, alors : "La fin du Monde est ajournée". Plus tard, Claire Patterson donna les chiffres actuels de 4,55 milliards d'années et beaucoup de savants pensent que notre planète serait à l'état d'équilibre.

20090203Religion révisionniste.jpgLe 28 octobre 1996, Jean Paul II acceptait que l'évolutionnisme fût plus qu'une hypothèse. Les polémiques sont devenues plus vives avec la résurgence des religions qui ont difficile d'associer l'évolution naturel au Dieu de la Création. Le créationnisme en 1990 n'en est que la forme, la plus concrète. Le créationnisme dans les écoles a reçu son antidote par le pastafarisme. Le pape Benoît XVI ressortait récemment de vieux démons de ses tiroirs pour éviter un schisme et devait se reprendre. "Retour à l'intégrisme", comme l'écrivait Christian Terras. A l'extrême droite de Dieu? Le créationnisme passe aussi par d'autres artifices tel que le dessein intelligent, la dianétique qui ne sont pas plus scientifiques. Un musée du créationnisme existe à Pittsburg. L'homme viendrait de la poussière et les dinosaures seraient contemporains des hommes pour respecter la Génèse.

Le chanoine Georges Lemaitre a tenté de faire le lien entre religion et science. Mais Darwin dérange encore. Car il y a aussi le néo-créationnisme qui avance un plan divin, d'intelligence supérieure pour expliquer la vie. William Paley qui ferait ressusciter une théologie naturelle. Certains vont plus loin et disent que Dieu aurait été un jour, un virus, une question de gènes qui se dédoublent pour ensuite laisser les deux copies vivre chacune leur propre vie.

Préfixe évoluer_Humour.jpgAlors, d'où vient cette peur d'évoluer? Est-ce un péché d'espérer un passé de construction progressive et naturelle pour espérer un avenir meilleur ou rejeter le pire par autre chose qu'une vision de Dieu, réductrice par sa stabilité, son conservatisme jusqu'au refus de la comparution et de la tolérance? S'il est vrai que la nature choisira le meilleur chemin, le plus durable pour évoluer à la suite de tests successifs, l'homme avec sa plaquette intelligence en sus se doit d'animer l'humanisme en assumant son présent sans peur. Il est clair que toutes les religions s'opposent au laïcisme de manière viscérale et originelle. Dieu devait être suicidaire d'avoir créé Darwin, penserait-on avec humour... Le Chat humorisait "En s'adressant au Seigneur, je tourne mon prie dieux vers la Mecque. Il vaut mieux être en bon terme avec tout le monde". Peut-être, et puis, là-bas, on n'est pas innocent non plus....20090313Vatican.jpg

Le Nouvel Obs avait écrit un dossier "Dieu contre la science". Beaucoup de réactions en sens divers. Match nul. L'hypocrisie, c'est de tomber dans l'idée de la tolérance et d'en même temps, de passer à la pensée dogmatique et à l'excommunication dans le cas du non respect de la "pensée unique". Moralité: quand on veut clouer le bec pour écarter de son désir... prudence. Les gourous ne sont pas loin.

Que adviendra-t-il de l'homme et après lui? Il n'occupe que tellement peu de temps à l'échelle de la planète. Si on pense à l'évolution, il y a toujours un début dont on essaye de donner une version dans la fin ("La théorie du tout"). La science fiction imagine le futur.

Le cinéma "magique" de Walt Disney, lui, avec WALL.E, ne se gène pas d'en donner une version robotique qui ne serait certes pas le meilleur filon par l'autodestruction. Le Cauchemar de Darwin n'était qu'une extrapolation sur notre mondialisation. Pas d'autres liens ni de contre indications.

Préfixe évoluer_Cauchemar.jpgLa paléontologie, la biologie, la génétique se disputent le flambeau de la connaissance de l'évolution. L'être humain, un animal comme les autres.

Comment cela a commencé? Très probablement, comme cela. Dans les 500 derniers millions d'années, il y a eu 5 extinctions massives. Nous vivons, peut-être, la 6ème. Le monde ne meurt pas, il évolue à son rythme. La spéciation et le flou du concept d'espèce essaye de l'expliquer. 

20090210Darwin.jpgDe toute manière, c'est et ce sera une véritable saga, cette évolution avec mêmes quelques révolutions dont notre planète, la Terre vivante, garde encore les secrets... nous sommes seulement préfixés pour évoluer. Nous voilà affublés d'un ancètre commun, qui a eu le privilège ou l'inconvénient d'avoir des descendants avec modifications tout azimut par la sélection naturelle. Darwin a changé complètement la façon de voir le monde.

Une Foi comme une autre, en fait.

Le Musée des Sciences naturelles avec sa partie sur l'évolution en photos et en un clic

 

L'enfoiré,

0.jpg1.jpg

Sur Agoravox, sera-ce une saga évolutive de commentaires?

Musée bicentenaire

Questions à la Une sur le sujet

Le Vif L'Express se posait la question récemment "Et si le monde se portait mieux sans Dieu".

"Les Dossiers pour la Science" du mois d'avril avait comme titre "L'évolution, rien ne l'arrête".

"Les Dossiers de la recherche" ont aussi un Hors Série sur Darwin

Question à la RTBF toute la journée du 05 février, suite à un sondage, en radio 'Vivre "avec" ou "sans" dieux' et en télé.

Dernière nouvelle, on en parle sur nos antennes à partir du musée de Bruxelles et pour l'anniversaire de Darwin.

A lire: de Marc Giraud "Darwin, c'est tout bête".



Citations:

 

  • «  Les gens sont la mesure du temps et le temps lui-même est la mesure de leur évolution. », Jean O'Neil

  • « D'une certaine façon, la génétique n'est qu'une mémoire. Celle de notre évolution, incrustée dans notre chair. », Jean-Christophe Grangé

  • « Dieu a créé l'homme à son image. Ensuite, l'homme a évolué. Dieu, lui, on ne sait pas... », Philippe Geluck

  • "Il y a beaucoup de choses qui n'existe pas. Mais personne ne s'en rend compte", Philippe Geluck

  • "Rien n'a de sens en biologie, si ce n'est à la lumière de l'évolution", Theodosius Dobzhansky

 

 

01/01/2009

Hasard du temps et de l'espace

Le hasard du temps_Dés.jpgLe destin, dans la plupart du temps, est déterminé par un coup de chance ou de malchance. Souvent, un concours de circonstances va, ou non, orchestrer notre vie entière. En ce début d'année, examinons ce qui peut construire ou détruire le bonheur d'un homme.
 

L'Euromillion venait de tomber avant Noël en Belgique. Vainqueur du dernier tirage de l’Euromillion, un habitant de Riemst en Belgique a fait cadeau pour Noël de 3,75 millions d’euros – la moitié de sa nouvelle fortune – à répartir entre les familles en difficultés de sa ville.

Plus belle histoire pour Noël est difficile à trouver en ces temps où le mot "crise" apparaît sur toutes les lèvres. Personne ne se pose la question de savoir comment va pouvoir s'organiser la nouvelle vie de ce "chanceux". Des gagnants précédents existent et ont regretté leur vie d'avant.

Hasard du temps_2008.jpgAlors, le bonheur, est-ce l'indispensable illusion, comme l'écrivait le Nouvel Obs de cette fin d'année 2008. Sujet tellement actuel que la recherche du bonheur à tout prix ou quand une crise inhabituelle surgit.

Toutes les places, tous les sillons de la vie existent et sont prêts à fonctionner pour chacun d'entre nous. Un même parcours scolaire ne mène pas au même résultat. Qu'on appelle cela "destin", de "fatalité", de "chance" ou de malchance, il y a une foule de paramètres qui influencent.

Se retrouver dans les rangs d'un candidat qui fait partie d'une "dynastie" fera sauter votre ticket d'entrée d'une à plusieurs places. Quand le nombre d'appelés est limité, le nombre d'élus se minimise et les privilèges ressortent un à un de la boîte.

Les dynasties n'existent pas que chez les rois.

Nous naissons égaux, oui, mais il existe de "plus égaux" que d'autres ou de plus préparés à l'être. Il n'y a aucune injustice à ce que certains soient petits et d'autres grands. L'injustice réside dans la société qui accorde arbitrairement plus de privilèges à l'un au détriment de l'autre sans raison de qualités et de compétences. Une liste de fils et de filles qui ont suivi les traces des parents est assez explicite.

Les entreprises avec les activités qui se poursuivent de père en fils se perdent un peu évaporées derrière les multinationales encore plus gloutonnes que les fondateurs. Certaines professions comme les notaires, les médecins, les politiciens qui se retrouvent souvent chez les fils, sont des situations qui ne sont pas si rares.

LLe hasard du temps_Alpiniste.jpga filiation n'est pas une assurance de succès dans la vie. Porter le nom de son père quand on fait le même métier peut même se révéler un fardeau. Passer le flambeau peut ne pas être un cadeau. La comparaison entre l'original et la copie peut dégrader les mieux aguerris. Le népotisme qui pourrait se cacher derrière la relation peut se retourner contre le challenger. Maintenir ou accroître la notoriété familiale par l'intermédiaire des gènes peut être gênant en définitive. Enfants de chanteurs et de médiatisés de toutes sortes sont parfois les premières victimes. Les professions libérales (avocats, médecin, notaires...) entrent plus "normalement" dans ce jeu de transfert. Les coups de pouce, le réseau de relations vont favoriser en principe l'intronisation des "filles et fils de" dans la cour des Grands. Il est vrai que "tomber dans la marmite", dès la plus tendre enfance, donne un avantage indéniable par rapport aux jeunes anonymes moins chanceux par l'imprégnation du milieu professionnel et les études supérieures de leurs parents. Prendre la succession d'un indépendant en ne partant plus de zéro est aussi un plus pour le néophyte. Des dangers le guettent pourtant car le modèle peut malheureusement avoir amassé quelques tares au passage d'un environnement qui a dénoté. Sortir du carcan du cocon de la sphère familiale restera la meilleure porte de sortie en cas de distorsions incompatibles pour faire ses preuves avec un autre flambeau, sans le souci de devoir ressembler dans ses actes à ceux de papa. Celui-ci pourra alors, tout de même, penser s'effacer devant son rejeton l'âme en paix "travail accomplis".

A la naissance et un peu plus tard, une famille unie qui se penche ou non sur le berceau est le premier catalyseur, le premier succès. Les familles mono-parentales sont devenues tellement courantes que ce n'est pas une idiotie de le mentionner.

A l'école, il y a le bon prof qui montre le chemin et qui donne sa chance à un élève. Sera-ce "Mozart qu'on assassine" ou qu'on laisse exercer son besoin de faire de la musique?Hasard du temps_Elvis.jpg

Georges Bush a pu espérer prendre la présidence grâce à la fortune de papa. On connait aujourd'hui les problèmes que cela a créés. Priscilla Presley vit encore, rentière, grâce aux rentrées substantielles d'Elvis, son époux pour un temps, qui est actuellement la personnalité décédée qui génère le plus de dollars annuellement à titre posthume.

Dans l'instruction, des écoles privées ont plus de prestige que d'autres. Des professeurs "plus adaptés" y enseignent. Cela se sait et il ne faut pas chercher bien longtemps les classes dans lesquelles les mandarins auront envoyé leurs enfants. Le niveau de minerval nécessaire est une bonne source d'information. La RTBF programmait, il y a déjà 3 ans, un documentaire intitulé "École de rêve en Suisse". Le collège "Beau Soleil", dont il était question, n'hésite pas à fixer le montant du minerval à quelques 50.000 euros par an. L'exemple de Romain et Boris, deux élèves belges, étudiants dans ce collège alpin international réservé à une élite très aisée de fils d'hommes d'affaire, de stars ou d'hommes d'État. L'infrastructure des lieux était luxueuse, les activités faisaient rêver. L'objectif des cours, c'était de développer l'ambition par l'effort maximum, de cultiver la responsabilité et le respect. Le minimum ne menait à rien, telle était la doctrine. Rigoler uniquement quand c'était le moment. La journée commençait par une heure pour se préparer le matin, rendez-vous dans la salle de sport ou à l'extérieur pour le cours d'escalade. Ensuite, en uniforme, utilisation de matériel High Tech et les cours de Sciences Politiques, de langues du monde, de bonnes manières (jusqu'à l'usage des toilettes, pour l'ambiance et les moments de sourire). Le directeur était, en premier, un businessman, preuve de bonne préparation. Côté positif, peut-être, pour accompagner le bon enseignement, le port de l'uniforme, l'emblème de l'école pour souder le groupe en une entité dans laquelle chaque membre se sentirait heureux de faire partie. La mode n'y avait pas, en effet, droit de cité et le collège refusait la "dictature des marques".

Sans passer par cette filière prestigieuse, cela ne veut pas dire que faire son trou sans faire ce bond en hauteur pour viser des sommets où l'atmosphère est souvent raréfiée, ne soit pas possible. Une vie pleine, heureuse et réussie existe sans ces préalables exceptionnels. Certains jeunes vont plus loin, sautent toutes les barrières et n'en sont que plus méritoires s'ils réussissent.

Une interview m'avait interloqué. Une petite dame exerçait un métier sorti tout droit de l'ombre et de l'histoire et dont j'ignorais jusqu'à l'existence. "Stoppeuse", connaissez-vous ce métier hors du commun et pourtant très utile? (non pas une "auto-stoppeuse", du verbe flamand "stoppen": "repriser") Il faut se balader dans les rues de Bruxelles, du côté de la rue Haute, pour rencontrer cette vieille dame de 84 ans qui touchait au textile tous les 7 jours de la semaine depuis 68 ans. Unique "stoppeuse", elle répare costumes, robes et vêtements de toutes sortes qui auraient eu la mauvaise idée de s'égarer dans les fils barbelés par exemple. Retisser fil à fil, une passion pour elle. Jusqu'à la famille royale est cliente de cette bonne dame, sans pour cela, vouloir tailler une bavette avec elle malgré le doux accent du terroir plein d'humour. Les touristes ne décolleraient pas de sa vitrine. Elle ne savait toujours pas quand elle allait prendre sa retraite quand le reportage eut lieu. Autre époque, autres jobs.

Le film "Fauteuils d'orchestre" voyait le ratage de vocation par l'autre bout de la lorgnette. Les personnages du film qui apparemment auraient dû se sentir privilégiés par leur position ne l'étaient pas du tout en réalité.

Notre monde est ainsi fait. La chance de trouver la voie pour laquelle on a été fait n'est souvent qu'un hasard de circonstances dans lequel nos premiers pas se seront posés. Et le résultat est loin d'être garanti sur facture. Mais, chacun, dans le fond de sa mémoire, pourra dénicher une événement, une étincelle qui aura manifestment orienté sa vie future.

"J'aurais voulu être un artiste", chantait-on du temps de Starmania. Un article m'interpellait dans l'Echo à ce sujet. Il s'agissait du grand patron de Belgacom, Didier Bellens. Titre: "Ce qui m'est arrivé, je ne le souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi". Il parlait des difficultés avec son conseil d'administration. Trop attentif aux chiffres, trop peu de visions et de stratégie, de ne pas prendre assez de risques, lui reprochait-on. Les médias le pointaient comme un "profiteur" avec des parachutes dorés, tout en ayant la crise à gérer en évitant les produits financiers structurés à haut rendement qu'il ne pouvait pas connaître et qui ont été, en définitive, les fossoyeurs de l'économie, aujourd'hui.

Nous sommes, un peu à l'instar des atomes, des entités qui se rencontrent, qui s'entrechoquent et qui prennent une direction à vue, à l'intuition, en rapport à la destinée de départ ou d'une autre moins encline à nous satisfaire. Mais chacune de ces "entités cosmiques" a sa raison d'être.

Hasard du temps_Salaire.jpgDe l'"Égalité des chances", un ministre s'en occupe, chez nous. Mais existe-t-elle vraiment tout azimut? C'est une notion infinitésimale par excellence. Jamais atteinte, toujours espérée. Créer des clones, qui ne pourrait que copier l'intérieur de soi, oublierait que le temps et l'environnement changent et évolue. Est-ce un mal? Un monde uniforme serait-il à la base du bonheur mondial? Rien d'évident. Que de présidents, de médecins, de patrons en perspective. Quelle dévaluation des tâches subalternes et du haut de gamme par la même occasion. Le pluralisme d'idées et de statuts restera la panacée de l'équilibre. Vouloir aller à gauche quand d'autres vont à droite donnera sinon du travail mais une motivation et une volonté de vouloir se sentir bien dans sa peau indépendamment du niveau social. Ce sera hasard du temps, de l'espace et du "moi".

Bien à propos, le Nouvel Obs de fin d'année relevait toutes les voies de la recherche du bonheur. Toute une histoire. "Une indispensable illusion dans la continuité" revue et entretenue par la philosophie, la Religion, la Science en transitant vers les psy. Un programme à multiples facettes qui incarnerait jusqu'à l'Immortalité, alors que tout le monde sait que le bonheur est fragile et éphémère et qu'il se réfugie dans des instants de joies très fugaces et très dépendant de paramètres souvent indépendants de nous mêmes. Bonheur dans l'innocence, dans l'incohérence joyeuse de l'optimiste ou dans le réalisme trop froid du pessimiste? Idéologie du progrès qui est loin d'avoir fait rimer ses aspirations avec les réalisations. La compétition était au détour du chemin avec ses dégâts et ses laissés-pour-compte.

J'ai déjà eu l'occasion de parler de philosophie par deux fois (1). et (2). Je ne reprendrai que les grandes lignes des articles du Nouvel Obs.

Par la philosophie, les Athéniens de l'antiquité ont inventé le bonheur, leur propre bonheur pour ceux qui en avaient le pouvoir, le temps et les moyens, en maître de leur vie, avec le plaisir comme fil rouge. Epicure, Aristote ("Ethique à Nicomaque"), Sénèque, Socrate en sont les moteurs principaux. La démocratie "à la grecque" comme outil de propagande par une publicité si pas mensongère mais certainement partiale. Marc-Aurèle, lui, pensait trouver le bonheur par le seul "devoir". Rencontre entre jouisseurs de plaisirs et masochistes de la vertu, stoïcisme et épicurisme, pour consentir au réel sans transformation.

Montaigne avait pris la lucidité et l'"amitié miraculeuse" comme guides. Amitié "magique" qu'il perdit très vite pour retomber dans la mélancolie. Spinoza inventa l'éthique humaniste de la joie de vivre avec la Nature à destination de l'être humain en parfaite connaissance de tous les acteurs et promoteurs dans une sorte de pacte social.

Utopies philosophiques qui s'étaient poursuivies au XIXème, le Siècle des Lumières? C'est à voir. Surtout à la charnière de plusieurs mondes qui se trouvent en difficulté, se cherchent un nouvel élan sans tomber dans le réalisme platonique de Kant ni dans la religion du bien-être avec un rendez-vous au paradis pour récompense.

Le hasard du temps Enfoiré.jpgLes neurosciences s'intéressent au Bouddhisme, au renoncement de l'ego, par la compréhension du monde trouvée par la méditation et l'altruisme.

 

La science, c'est pour le Nouvel Obs "La mélodie des neurones" et ce n'est jamais le bonheur qu'au bout du chemin... à l'infini. Le hasard du temps Peur.jpg

Chercher à tout expliquer ne rassure pas ses auteurs. Une théorie en efface une autre. La "Théorie du tout" que nous venons d'apercevoir ne répond pas à toutes les énigmes. Le bonheur n'est pas contagieux, est-il dit. Dans le monde de la science, on analyse et on comptabilise tout. "La diffusion du bonheur dépendrait plus de la fréquence des contacts que de leur profondeur". Quand il s'agit d'évoluer ou de mourir, seuls les psys tirent leur épingle du jeu. Pourtant, les pilules sans les effets secondaires, cela n'existe toujours pas. Une nouvelle dépendance pourrait renvoyer la question du choix de vie de la jungle vers le zoo.

La vision grecque de sagesse a été souvent reprise dans nos années 80 pour expliquer la tendance montante à l'occidentalisme. Celle de Montaigne s'est retrouvée exponentielle aujourd'hui sous forme de l'armée d'amis de Facebook. Celle de Spinoza pourrait bien servir en temps de crise à la recherche du "bien véritable". Morale de l'"utile propre", épanouie et sans préjugés. Exactement à l'opposé de la publicité qui a prôné dans la société de consommation.

Le hasard du temps Discours.jpgAujourd'hui, les espoirs se fondent souvent sur du sable, sur une impression. Sable qui peut tout faire ou défaire. La lune de miel avec Obama n'est qu'un exemple de cette décharge de responsabilités sur une tête. Trouvera-t-elle le succès dans la durée et le bonheur par son éclairage? Confiance dans la délégation de ses responsabilités sans le partage de celles-ci se termine souvent pas un problème plus important. Un nouvel équilibre du pouvoir économique mondial pour rendre viable l'interdépendance accompagnant la mondialisation. La philosophie américaine a envahi l'Occident par ses pratiques consuméristes. C'est la source des problèmes d'aujourd'hui a rectifier le tir en premier en finançant des investissements dans les secteurs de l'éducation, de la technologie d'avenir avant de se préoccuper de Wall Street. "2008, l'année du Rat" pour les Chinois. "2008: annus horribilis" pour les investisseurs, séisme pour d'autres. Les crises ne sont jamais inutiles. Elles sont les garde-fous des entreprises humaines.

Cette fois, Le hasard du temps Rat.jpgdans une courbe en graphique, pour retrouver le point zéro de l'abscisse, ce sera plus long, plus dur, proportionné à la profondeur de la chute de confiance. Épuisement des idéologies? Y a-t-il d'autres voies pour sortir des ornières de manière générale et fondamentale? Certains voient les erreurs de la productivité et de la compétition dont on sort difficilement tellement elle est ancrée dans des réflexes de survie jusque dans le sport, à la recherche des médailles pour se sentir exister. La solidarité poussée en avant comme secours de dernière chance a déjà reculé dans cette période de crise, en replis sensible, en simple auto-protection. Il est clair que la gouvernance économique mondiale devra trouver plus qu'un gendarme sur son chemin pour fonctionner dans le long terme et prendre un habit d'éclaireur. Pour en sortir, dans le court terme, on pousse, dès lors, à faire re-consommer en oubliant que c'est faire retourner la "machine" sans en changer les pièces ni le mode d'emploi. "La question n'est pas de savoir combien de temps la récession va durer, mais plutôt : dans quel état sera l'économie au sortir de la récession" (Joseph Stiglitz). "Eviter la déflation, pas la récession". Le défi consite à mettre ensemble en place une mondialisation politique pour réassurer la mondialisation économique" disait l'économiste Nicolas Baverez.

Contrairement à ce que croit l'homme post-moderne, il est possible de couper beaucoup de besoins qui n'existent souvent que par l'habitude. Les pays dit "en voie de développement" le prouvent. L'individualisme contemporain peut très bien être profitable à condition d'en prendre connaissance et de le partager en connaissance de cause avec le bien commun comme but final. L'argent est fait pour rouler, ne l'oublions tout de même pas trop, en prennant le contrepied à cette société qui a perdu ses repères.

Aux fusions de sociétés, préférer l'échange d'actions ne serait qu'une approche du problème en faisant progresser tous les acteurs plutôt que le dernier gagnant. Élimination de l'idée d'être zombies du travail en revenant à la réflexion.

En période de détresse, "fleurissent" aussi des charlatans, des gourous, dont il faudra toujours se méfier.

Dans le haut de gamme, on a pris l'habitude de s'acheter son paradis en se réfugiant derrière des Fondations. La crise va seulement rétrécir les budgets de la publicité et des dons. Wikipedia s'en est fait l'écho le premier sur toutes ses pages.

Les griffes au vestiaire pourrait-on souhaiter? Au contraire, être présent, à sa place et la revendiquer. "Taire le silence", ai-je écrit. Par la méditation qui part de l'intérieur pour aller vers l'extérieur. Chacun a son rôle à jouer. Le but à atteindre est clair, la technique l'est moins et sera toujours à adapter aux circonstances.

Faut-il avoir toujours un os à ronger devant le nez, une trique aux fesses pour faire avancer le schmilblick? Une sorte de fatalité fabriquée, orientée pourraient être une manière de la pensée moderne à évoluer. La démocratie moderne, celle que les Grecs n'avaient volontairement pas prônée, n'existera que quand le pouvoir sera attribué par projet et plébiscité en parfaite harmonie, par élection par tous et pour tous ceux qui, motivés, devront y participer. Humanisme égalitaire contrôlé en fonction des compétences et des motivations reconnues des deux côtés de la barre du commandement.

Gloire à ceux qui partent de rien, car, au moins, ils se trouveront face aux vrais valeurs. "Heureux ceux qui n'ont rien" disait sœur Emmanuelle, élevée à la personnalité féminine de l'année 2008 en France. Gloire, aussi, à ceux qui auront trouvé les clés du bonheur dans l'absence des gadgets et des passions aliénantes de nos existences pour le trouver dans le travail accompli, perdu, lui, dans les affres du pouvoir idiot qui avait trop pris le poil de la bête.

Le hasard du temps_Le Chat.jpgPour les autres, chantez : "Auteuil, Neuilly, Passy" avec les Inconnus, car... "On ne choisit pas les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger, pour apprendre à marcher...", surenchérissait Maxime Le Forestier. Le capitalisme débridé, dérégulé a vécu. L'imbrication des peuples existe, bel et bien. Le problème du vieillissement, chez les uns, celui de la jeunesse sans travail ou très mal rémunéré, chez les autres.  

Alors, est-ce "Le bonheur d'en face"? A vous de le (re)découvrir pour 2009. Défit mobilisateur, que cette année.  

"Les ronchons et les tristes se sont moins bien débrouillés dans la lutte pour la survie", disait D. Lykken.

Le hasard du temps Félicitations.jpgA ce propos, les desseins pour 2009, notre bonheur ou malheur sont déjà fixés pour la Belgique. 

Cherchez pas Docteur, le bonheur, tout est dans la tête. Ce n'est pas une opération à cœur ouvert, ni une affaire d'abondance matérielle, mais toujours dans une communion de hasards à la rencontre du temps et de l'espace. Alors, regretter l'occasion d'avoir une joie de vivre ou au moins de survivre... en 2009, en 2010.

Le temps "temps" n'a pas été aussi froid depuis le réveillon de 78-79. Un signe? "Heureusement", il y a le réchauffement climatique qui va changer tout cela (oui, je sais climatologie et météorologie, c'est pas la même popote...). Du côté portefeuille, ce sera de nouveaux sketches en solde de manière encore plus exacerbée.

So, good luck, everybody. Yes, we can in 2009. If it's not the case, imagine it done...  

 

L'enfoiré,

 

Remerciements tout particulier à KIF et bonne année 2009 

 

Citations :

  

  • "Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul", disait Cyrano de Bergerac

  • "Chacun est le fruit d'une éducation mais le plus grand éducateur, c'est la personne elle-même", Ludmilla Oulitskaïa

  • "L'intelligence c'est l'étoffe, l'éducation est la teinture, or quand la teinture est mauvaise, elle gâte l'étoffe", Claude Tillier

  •  "L’homme qui est conduit par la raison est plus libre dans la société où il vit selon le décret commun que dans la solitude où il n’obéit qu’à lui-même.", Spinoza

 

01/07/2008

Corrections à l'amiable

Le 19 janvier 2007, on lisait dans la presse (Le Soir) que la Californie voulait interdire la fessée aux enfants de moins de trois ans. Dans un dossier, le Nouvel Obs 2277 de la semaine dernière reprenait le flambeau du thème de la gifle et se posait la question de "l'autorité jusqu'où". Corriger, n'est ce pas aimer, en somme ?

educationL'État de Californie va examiner une proposition de loi qui propose de transformer en délit, avec prison à la clé, le fait de donner la fessée à de jeunes enfants. Le texte, préparé par une députée de la région de San Francisco, la démocrate Sally Lieber, voulait punir les parents qui donneraient la fessée aux enfants de moins de trois ans. Les parents deviendraient passibles des tribunaux et risqueraient un an de prison ou 1.000 dollars d'amende. "Je pense qu'il est plutôt difficile de faire admettre qu'il faut battre un enfant de trois ans ou moins", argumentait Mme Lieber, qui souhaitait introduire la proposition devant l'assemblée. Le texte risque de provoquer des débats entre les pros de la protection de l'enfance à tout prix et les "contres" tenants d'une politique plus réaliste. "Où s'arrêtera-t-on?", avait demandé le député républicain Chuck DeVore parmi les contres. "Quand allons-nous devoir voter une loi qui rendra obligatoire pour chaque parent de lire un livre à son enfant pendant 30 minutes minimum chaque soir? Nous sommes sur la même pente", avait-il affirmé.

Le gouverneur Arnold Schwarzenegger s'était souvenu avoir été "frappé à tout propos" lors de son enfance et n'avoir pas trouvé cela injuste. Difficile de renoncer à la violence qui avait fait partie de presque toute sa carrière et sa filmographie. Il disait comprendre que l'on souhaite "se débarrasser du comportement physique brutal de certains parents" tout en affirmant que lui et sa femme Maria Shriver n'avaient jamais battu leurs quatre enfants.

Que faut-il en retenir de cet état d'esprit toujours avantgardiste californien?

Jusqu'à trois ans, il n'est pas possible de penser arriver à ses fins dans la compréhension d'un enfant de ce que l'adulte estime comme naturel comme comportement . Donc, rien de plus que la normalité. A cet âge, ce serait traumatiser sa progéniture et laisser des traces indélébiles dans l'esprit en formation. Un enfant-bébé ne voit pas le mal dans ses actions encore limitées d'ailleurs. Il serait tout à fait inutile de lui forcer une réflexion dont il ne voit pas les raisons intimes par la force. L'adulte, encore dans la joie de la "nouveauté", ne pourrait ainsi briser l'instinct de protection de sa succession naturelle et imposer ses intimes "convictions". Mais, une législation pour orchestrer tout cela est vraiment le coup de l'éléphant dans un magasin de porcelaines. Est-ce le rejeton de cet âge qui irait se plaindre de son statut de victime à l'autorité? La raison, encore une fois, est une affaire de la noblesse ou non de la personnalité. Les droits de l'enfant doivent être respectés.

Plus âgé, la vraie éducation commence pour l'adulte en préparation. Là, on ne joue pas dans la même cours. La compréhension pourrait se "faire aider" par des moyens plus physiques sans verser dans les excès injustifiables.

La fessée est de plus en plus poussée dans le domaine de l'inadmissible. Et pourtant, croire que tout le monde comprend de manière innée la force du dialogue posé, "en adulte", est un leurre. education

Chez les animaux, c'est clair, la correction existe. Le petit chat qui ne veut pas suivre, se verra remettre dans le droit chemin de manière ferme à coup de pattes et avec une prise en "bouche" très efficace.

En Europe aussi, il est question d'introduire dans les lois, des articles qui pénaliseraient les atteintes physiques aux enfants. En 1979, la Suède votait même une loi interdisant tout châtiment corporel avec seulement 30% d'avis dans ce sens aux yeux de la population.

Trop souvent, les plis sont pris et la crainte de l'enfant n'y étant plus, l'éducation ne se fera plus dans les règles de l'art. Le laxisme et l'air du temps qui veut pousser les adultes plus longtemps au travail pour espérer de conserver un pouvoir d'achat, ajouteront les touches pour correspondre à la nouvelle norme.

Ne serait-ce plus judicieux d'imposer la fessée aux adultes de 7 à 77 ans, période bien déterminée par Hergé pour élargir la période de vie des lecteurs de Tintin dans une "histoire belge"?

educationTout dernièrement, en Belgique, un drame familial poussait la mère d'un jeune drogué qui la harassait, a tué son fils. Moment d'exaspération, de colère. Tous les voisins étaient aussi au courant des disputes. Alors, n'y a-t-il pas eu une erreur d'appréciation au départ? La fessée n'était-elle pas devenue un peu trop virtuelle, derrière un écran d'ordinateur? Une affaire récente, entre un enseignant et un élève, réveillait la France entière sur la question de l'éducation et de son traitement dans la pratique.

En 1974, Pinoteau sortait son film "La gifle" avec le fort en bras de l'époque Lino Ventura. Plus d'une génération après où en est-on ? Une dossier sur la question du Nouvel Obs remettait le couvert à la table des négociations. La "Nostalgie du martinet" était mis en concurrence avec des théories comme "l'effet papillon".

Alors rebobinons le temps. Quand l'enfant n'était pas roi. Sans aller jusqu'aux châtiments corporels, il était clair que l'éducation était plus musclée et le respect des parents et des enseignants étaient bien plus affirmés.education

Révolution culturelle, on n'en est plus là. Révolution de gourous qui se veulent partisans adversaires? Il faut néanmoins remarquer que le monde des adultes d'aujourd'hui est de moins en moins avares de "gifles". Elles sont plus verbales d'accord, mais les dégâts psychologiques n'en sont pas moins catastrophiques. Le service militaire des jeunes n'existe plus. Les enfants récalcitrants aux USA sont envoyés par leurs parents dans des écoles qui cassent la personnalité, style "GI". C'est aller un peu loin. Pourtant, certains jeunes en mal de reconnaissance et de repères se lancent eux-mêmes dans la carrière militaire, pas seulement pour raison de sécurité d'emploi, mais en recherche de repères qu'ils n'auraient pas ressentis dans leur enfance.

En Europe, les adeptes de Françoise Dolto avec la "Cause des enfants" et les psys s'interrogent sur la technique d'éducation à adopter au coup par coup de bévues et d'échecs. Mai 68 est passé par là: "Interdire d'interdire" dans une rupture de plus en plus nette entre parents et enfants. Ceux-ci n'ont pas de dettes envers leurs aînés. Exact. Mais quand on est responsable de sa progéniture, il y a de la marge et des limites à respecter à la bienséance coupable. A toutes époques de la vie correspond une distribution adaptée de bons et de mauvais points. Le libéral Sarkosy ajoutait une touche de plus en voulant même dépister de manière précoce (en dessous de 3 ans) la délinquance. Pour quoi en faire? Pour mettre en maison de redressement? Suivez mon regard, vous trouverez facilement où chercher.

Des groupes "Lève la main contre la fessée" ou "Ni claque ni fessée" préconisent l'abolissement de la fessée ou de la claque. Mais, il est aussi clair qu'aller dans ce sens tête baissée ne correspond pas à la réalité de la vie. Avec l'expérience, on peut d'ailleurs remarquer que les générations précédentes ont mieux tenus le coup contre l'adversité que les plus récentes. Dans les années 60, encore, il n'était pas rare de se faire pincer autrement que moralement. Je peux en témoigner.

Cette fois, les médicaments sembleraient remplacer les gifles pour les enfants, les déprimes pour les adultes qui n'auront pas pu accepter la remontrance?

Pendant ce temps, les enseignant craquent. Ils pètent les plombs. Quand on ramasse, réunis, tous les laxismes des ayants droits, il y a peut-être de quoi.

Et si, un jour, on apprenait dans les programmes des écoles à être vraiment "parent"? Il n'y a pas que le sexe qui importe dans l'éducation sexuelle. Plus de dictateurs, plus de "crème à reluire". Seulement des responsables à la sortie.

Alors gifle ou pas gifle pour les "têtes à claques" ?

education

 

La vie est une perpétuelle éducation dans un subtil mélange entre carottes et coups de bâtons.

Ce matin, à la radio, la Ministre Catherine Fonck, chargée de l'aide à la jeunesse et de l'enfance, répondait à la question de l'utilisation des puces électroniques chez les jeunes. Elle répondait en finale de l'interview: "l'éducation, c'est d'abord et avant tout, dans le relationnel".

Je crois que je ne pouvais trouver meilleure fin. Il ne faut jamais se chercher les puces même si c'est un réflexe.

Çà  pique, ces mouchards de puces!

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Il est des enfants qu'on ne peut espérer corriger sans leur administrer de temps à autre la fessée. Certains adultes conservent le naturel de ces enfants", Marie-Antoinette Grégoire-Coupale

  • "On est correct qu'en corrigeant", Joseph Joubert

  • "Prendre le taureau par les cornes est plus correct que de tirer le diable par la queue, mais plus fatigant que de sucer un esquimau.", Jose Artur

05/12/2007

Le saint des enfants sages et investisseurs

Saint Nicolas, ça vous dit? Non, on ne le fête pas en France, ou alors très peu. En Belgique, Allemagne, Autriche, Pologne, Pays Bas et en Suisse, par contre, les bambins en sont encore toujours aussi fous. Normal, quand il y a des cadeaux à la clé. Alors, on pense à investir en sagesse et en son avenir par effet retard.

 

cbad644cc9440bdf31a259a65937ede8.jpgL'article d'aujourd'hui est avec mention spéciale comme à la télé sous l'écran (-7).

Cette mention est évidemment là pour ne pas faire sortir les plus petits de ce rêve de la tendre enfance.

Bien avant la date de fête du 6 décembre, comme tous les ans, Saint Nicolas est arrivé sur son char avec le Père Fouettard et ses acolytes comme antidotes à un manque de sagesse pour les enfants. Les grands magasins ont chacun leur trône et invitent les bambins bien en file indienne accompagnés des parents plus ou moins agités. Dans le Nord de la Belgique, on parle de Sinterklaas. Mais il vient aussi apporté sa tradition et ses jouets et les friandises dans la cheminée des enfants qui n'ont pas démérités en sagesse. Pour entrer dans les candidats aux cadeaux, le bambin doit s'appliquer à laisser la veille de l'eau et quelques carottes pour l'âne de ce saint homme et surtout tellement généreux. Anciennement le pain d'épice, puis, les spéculoos, le massepain sont les friandises de prédilection qui devraient revenir en échange de son investissement.

Mais qui est-il celui qui a donné naissance à la Noël pour bien d'autres pays?

On situe sa naissance et sa "boutique" en Turquie, à Myra, J'ai y personnellement vu son tombeau en 1992 dans l'église Noël Baba. Pas beaucoup de vestiges à découvrir. Tout est dans le symbole. Saint populaire si il en est, depuis, lors. On découvre même son tombeau.

Excursion classique proposée lors de tous voyage en Turquie avec les habitations troglodytes de l'acropole rupestre de Kale, en arrière-plan.

Wikipedia ne nous rassure pas: "Bien que destinée aux enfants, une des légendes de saint Nicolas est plutôt effrayante. « Ils étaient trois petits enfants, qui s'en allaient glaner aux champs », comme dit la chanson. Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir. Saint Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et saint Nicolas ressuscita les trois enfants. ».

Mazette...Sinistre ! Cela commençait vraiment mal.

Alors, flash back, dans mes souvenirs. Entre cinquante et soixante ans, cela fait un bail et pourtant ils sont bien là.

Vais-je annoncer que j'ai tiré à la barbe de saint homme pour voir si elle était bien vrai et n'allait pas se trouver dans mes mains? Et bien, non. J'y ai cru et suffisamment longtemps.

Déjà pragmatique et cartésien, je ne pouvais croire que ce que je découvrais de mes petits yeux innocents.

Mes parents ont entretenu ce doute avec le maximum de "doigtés". Ils s'y entendaient à "effacer subrepticement" mes petits dons de la cheminée et mes doutes au sujet d'une éventuelle "arnaque".

Puis progressivement, au fur et à mesure que les années avançaient, ce "cartésianisme" est devenu de l'investissement. Il y avait les cadeaux à la clé, de plus en plus grands, en fonction mon propre progrès dans les hauteurs.

Alors, être sage, en calculateur, il fallait analyser les pertes et profits. Le bonus malus avait des points plus gros l'un qu'un l'autre. Pas encore de graphiques boursiers pour se donner le maximum de chance, mais on n'en était pas loin.

69e2a8268443c9078601d809d99bd23f.jpgÉvidemment, des copains avaient des déclarations contraires à mes songes calculateurs. Le pot aux roses était déjà tombé au sol depuis longtemps pour eux. La male aux trésors chocolatés annuelle aussi. Alors, stop ou encore? Question bien vite réglée. Faire semblant et la fermer et tout le monde était d'ailleurs content.

Pragmatique et investisseur, je vous dis.

Tout s'acheva par une rectification en douceur de l'"office donateur". Investir n'était plus rentable et puis cela se compliquait pour le générateur pourvoyeur de cadeaux à barbe et pour le gamin qui, vraiment, avait trop grandi. La sagesse ne suffisait plus. De plus, l'investissement comprenait des "actions" supplémentaires. Par exemple: réussir les calculs avec plus d'exactitude à l'école.

Bien plus tard, les jouets avaient pris un coup de vieux et s'étaient réfugiés dans les boîtes de rangement. Ce saint des enfants sages et investisseurs s'est représenté à mon questionnement.

D'abord, à l'étape étudiant.

Le présentateur Jean-Claude Menessier de la RTB (Le "F" n'était pas encore découvert)  lançait l'opération 48.81.00 en 1957. Jean-Claude, comme on le nommait, un peu avant la Saint Nicolas, lançait son "Nous savions que nous pouvions compter sur vous" dans les écoles. Récolter les jouets qui ne servaient plus pour les réserver à des jeunes qui ne connaissaient pas ce Saint Nicolas. On s'est monopolisé dans ce but avec ardeur. Plus tard, cette opération s'orienta vers d'autres débouchés plus nobles, peut-être. Quand on grandit, on reconsidère toujours. Jean-Claude, Saint Nicolas ne l'avait pas oublié non plus, c'est sûr. Sa notoriété s'était bien fait étendue.

f2f3208513f4125e17bee0c70c602d36.jpgLes magasins, eux, n'y ont pas perdu au change. Encore des investisseurs des temps modernes. Bien avant l'événement du 6 décembre, les vitrines ne désemplissent pas en jouets plus fantastiques les uns que les autres. La pub télé relaie cette folie. On investit, donc, toujours.

Chacun a eu et aura ses "chocolats".

Merci, Saint Nicolas, merci, les enfants devraient avouer la poupée qui fait "maman" quand on la couche.

Tu peux revenir, Saint Nicolas.685790a64a453d591d11da254ae2c2cf.jpg Pas mal d'adultes attendraient ton retour. 

Je veux bien en remettre dans ma cheminée de ces grosses carottes bien juteuses avec une petite boisson avec des gouttes perlantes sur le verre.

Maintenant, qu'en est-il avec la situation de ta visite 2007, Saint Nicolas ? As-tu eu les mêmes chances de remplir ta hotte?

Un cocktail de jeux de société pullulent, d'après tes envoyés dans nos magasins. Auras-tu assez de monnaie pour faire tes emplettes? Le coût de la vie ne t'impressionne pas? Tu es confiant. Magnifique. 

Non, Français, vous avez raté le coche (à part, peut-être, dans le Nord, près de chez nous). Dépêchez-vous d'appeler le Père Noël. Il trépigne d'impatience.

C'est un Enfoiré qui vous le dit.88b105e87efddfeb514ea99b00632b55.jpg:

"Le mystère, ça paie".

Est-ce dire que la croyance gratuite est payante?

Je n'irai pas jusque là. J'ai quelque peu grandi depuis, quoi que...

 

L'Enfoiré,

 

Et pourquoi pas un Panda dans le texte et dans la cheminée 

 

Citations:

 

  • « Lorsque ma femme me fait un cadeau, j'éprouve deux surprises : d'abord le cadeau et ensuite de le payer. », Maurice Donnay

  • « Un cadeau qui ne peut pas être jeté n'est pas un cadeau mais un piège. », Tad Williams

  • « Les cadeaux sont comme les conseils : ils font plaisir surtout à ceux qui les donnent. », Emile Henriot

22/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (2)

Après la philosophie Antique, de la religion Chrétienne, de l'Humanisme, du Post-modernisme que nous avons vu, passons à celle qui nous occupe encore aujourd'hui.


50cce65d0c0f0242a47b52e86fc665f8.jpgLe désenchantement a éloigné la poésie pour faire place à encore plus de lucidité et de liberté dans ce 20ème siècle. Une alternative se présente au penseur : continuer la voie de la destruction philosophique prônée par Nietzsche ou rechercher d’autres voies.

La sociologie prend une tournure éthique ou politique départagée par le milieu dans lequel elle s’imprègne. Les idoles ont changé et se tournent résolument vers la Science et une certaine coopération entre les peuples voulant assurer de la sorte la survie de l’espèce.

La philosophie analytique voit ainsi le jour initialement dans les pays Anglo-Saxons.

L’œuvre de Kant a fait des émules qui tentent de réactualiser les idées éthiques de partage équitable et démocratique.

Les « philosophes du soupçon » feront école aussi et leurs élèves doués rechercheront une logique cachée à nos actes : ceux de Marx, avec l’économie et le social, ceux de Freud avec les pulsions et le subconscient et ceux de Nietzsche avec la puissance du nihiliste et la force réactive qui apporterait des solutions multiformes.

Freud inventa la théorie de l'inconscient. Les pulsions du plaisir et les exigences du monde entrent en conflit.

Une contre culture embourgeoisée trouve des penchants dans le réel pur et dur. Le cynisme matérialiste emboîte le pas et élimine le caractère lié au Progrès et à l’Humanité.

Briser les chaînes de la tradition résultat d’une mondialisation à marche forcée qui asservit de manière insidieuse et pour retrouver un idéal différent hors capitalisme triomphant.

Heidegger, fondateur de la déconstruction, prouvait que les idées sont menées par des intérêts inavouables et que le capitalisme, sous des atouts indéniables de volonté de donner la richesse et le bien être pour tous, ne manque pas de détruire en même temps la pensée et l’homme lui-même.

Du « monde de la technique », il entrevoie dans un univers libéral et un réel désacralisé qui entraîne l’homme vers des non-sens que les altermondialistes dénoncent avec force.

Accroître les inégalités tout en réduisant la diversité biologique n’est pas un fondamental du matérialisme.

Préoccupé par la volonté de reconnaissance des cultures identitaires, il ne parvient pas à donner à chacun l’impulsion pour infléchir son destin vers un mieux désiré mais plutôt une histoire sans réelle signification. Produire plus et plus sophistiqué est la règle à laquelle il faut se plier sous peine de sombrer dans l'anonymat et la précarité.

La compétition mondialisée en est le prolongement obligatoire. Serons-nous plus heureux en bout de course avec cette technologie toujours plus puissante. Est-ce un but de toute philosophie?

L’idée même de démocratie en a pris un coup dans son manque d’aboutissement réel à vouloir imprimer une direction personnelle à la marche du temps. Le mot "république", étymologiquement, n'aurait plus sa place dans ce jeu en boucle oubliant le progrès pour les gens. Tous les partis politiques sont conscients et prônent à un retour à une raison plus humaine. Sont-ils capables de changer les choses et de retrouver l'équilibre salvateur? Une bonne gestion du monde et de ses ressources leur échappent face à des intérêts économiques internationaux trop puissants. Le citoyen est perdu et subit un manque de confiance en virant de droite et de gauche ou dans ce qu'il croit qui reste le cas. Un régime autoritaire n'aurait pas plus d'efficacité et serait de plus anachronique.

La science et la raison donnent l’impression de création rationnelle du monde mais sans y parvenir fondamentalement. A la seule condition de ne pas détruire le futur de manière irréversible. La fin pour les moyens et la fascination de la domination sans borne.

Se libérer des servitudes par la raison et se sauver de ces dangers vont être les défis d'aujourd'hui et de demain.

Le Darwinisme ne viserait plus sinon qu'à rester dans la course par une course pour la technicité calquée automatiquement sur l'économie de marché. Si l'homme fait partie de la nature, les considérations rationnelles ou divines n'y ont pas cours. L'évolution et le développement poussent à contredire la conception de l'Eglise à propos de la création de l'Homme en naturaliste. L'origine des espèces est réglée par la sélection naturelle et la préservation des races dans la lutte pour la vie.

Lyell avait déjà tenté daté l'âge de la terre. Lamark avait découvert les qualités qui se transmettent de génération en génération en caractères acquis. Malthus ajoutait que la nature s'autorégulait en laissant survivre les plus aptes pour assurer la continuation de l'espèce. La concurrence rapprochée étant la plus dure en accélérant ainsi l'évolution. Atteindre l'âge de la reproduction au plus vite et sophistiquer ensuite pour contrer les attaques extérieures en fonction du milieu ambiant par l'adaptation. Le néo Darwinisme explique les mutations génétiques par un bagage héréditaire. La vie serait une loterie avec uniquement des numéros gagnants.

La réflexion critique et la morale sont seuls concentrateurs et porteurs de solutions plus globales. L'érudition reste vide et l'interrogation peut ouvrir une voie étroite dans une nouvelle reconstruction des questions existentielles.

André Comte Sponville à l'idée qu'espérer un peu moins et aimer un peu plus va apporter une solution car, pour lui, espérer, c'est désirer sans jouir, sans savoir, sans pouvoir. Aimer le monde tel quel dans une spiritualité en jouissant d'instants de grâce comble, sans penser aux tempêtes qui pourraient suivre, est sa vision. Anticiper le malheur et s'en affranchir en sortant d'un déterminisme programmé n'empêche pas de juger les actions immorales. Pas besoin de transcendance obligatoire des valeurs car un besoin n'est pas dogmatiquement vrai. Matérialisme et "amor fati", tout en apportant un confort ou un réconfort ont des contradictions qu'il faut cerner. Le matérialisme, clairvoyant, s'accuse, lui-même, de ne pas accorder toutes les libertés et encourage d'en trouver les remèdes même révolutionnaires. Fuyant le passé, permissif avec le présent, il vit dans l'espérance d'un monde futur meilleur mais sans se donner les moyens de sa politique pour lui-même.

Une transcendance terrestre serait donc recherchée dans le cosmos des anciens grecs. Mais, cette fois, l'harmonie ne serait plus l'idéal mais un modèle interne au monde parfait en dehors de l'impact de l'homme qui le découvrira sans pouvoir changer sa finalité morale. Si la transcendance idolâtrée comme le veut le Christianisme ou celle de Kant et des suivants jusqu'à Husserl trouvée dans l'immanence et l'omniscience n'apportent pas l'assurance d'existence confortable, l'horizon du perpétuel progrès ne présente qu'une face des objets sur un fond changeant sans parvenir à faire sortir une entité dans son entièreté. Les valeurs sont en soi sensibles mais d'une subjectivité extérieure. Vérité, beauté, justice et amour ont néanmoins une transcendance concrète hors idole métaphysique par nécessité humaniste. L'autoréflexion reste seule maître pour donner une signification à la vie et à ses affirmations. La pensée élargie se fait par cette réflexion en soi et en se mettant à la place de l'autre pour éclaircir son jugement pour se donner les chances de l'impartialité. Les Modernes ont plutôt vu un ennemi dans la nature pour garder l'objectivité de la science en décrivant le monde. Les extrapolations restent personnelles avec un certain positivisme. Le généalogiste Nietzschéen déconstruisait idoles mais refusait de le faire pour lui-même. L'aspect dogmatique s'est vu supplanté par des idées écologiques et à la suite de l'autocritique des biologistes qui se sont inquiétés des risques liés aux OGM et aux techniques de clonage. La remise en question se tourne désormais plus sur un principe de précaution sous forme de Sciences Humaines et Sociales pour mieux orienter l'avenir des développements.

Après les grandes guerres, les Sciences ont perdu de leur superbe à la pensée de ce qu'elles ont permis comme désastres.

La sacralisation d'autrui par la divination de l'humain semblent de nouvelles approches philosophiques pour lesquelles l'homme serait près à se "sacrifier". Le sacrifice ne se conçoit plus avec des idées de patriotisme ou pour un Dieu, mais plutôt pour un entourage étroit familial d'aimés dans une transcendance acceptée horizontale et non plus verticale.

La mondialisation vue sous cet angle de partage de cultures change d'objectif et veut effacer l'uniformité avec plus d'adhésion en finale. De ce fait, singularités et individualismes "folkloriques" pourraient accéder à l'universalité élargie en réseau et par internet trop aux contacts malheureusement trop "virtuels". La personnalité, elle, garde sa singularité.

Les compromissions et totalitarismes dans les pays les plus avancés n'ont plus la cote.

Face à la mort, bouddhisme et stoïcisme ont une approche semblable mais imposent une solitude quasi monastique dans le recueillement. Le christianisme s'y oppose par un amour immortel dans un bonheur entrevu dans un "après".

La sagesse de l'amour dans l'attente de ne pouvoir "consommer" est-elle une tromperie ou une manière de répondre au questionnement? Les visions du monde sont tellement différentes qu'elles s'attirent scepticismes et antagonismes. L'esprit démocratique laisse la porte ouverte mais mollement avec une tolérance parfois contrainte. Le dialogue pour apprendre l'autre sans esprit de concurrence mais sans compromission. Peut-on vivre sans une des philosophies et vivre dans l'insouciance totale et dans la crainte perpétuelle du lendemain?

La revue "Sciences et Avenir" de juin 2006 parlait de "découvertes sur la régénération cellulaire et du compactage de l'ADN", sujet qui explosait par sa conclusion "L'homme est programmé pour vivre longtemps".

Avant, Axel Kahn ajoutait: "La mort est ressentie comme l'échec de la médecine".

Sans triomphalisme, cela entraînera des réflexes conditionnés : "Vie plus longue, d'où travailler bien plus longtemps aussi". Décidemment, tout s'annule dans la vie: le "bon" par le "mauvais".

Jean-Paul Sartre se perdait dans les amours libres Sartre et Simone de Beauvoir, oscillant entre sadisme et masochisme. L'amour est aussi devenu pour lui très vite "purement cérébral". Sa question principale fut "Pourquoi vouloir être aimé?". Balancé entre "liberté" et "aliénation" dans un "amour de l'échec pour se sentir justifié d'exister". Le monde réel a été selon lui détourné pour montrer ciel et monde des idées parfaitement illusoire. Rien n'est inné, l'homme doit se construire entre liberté et angoisse, responsabilités et découverte d'un monde inconnu pour donner un sens à la vie.

Simone de Beauvoir, féministe, veut analyser les rôles sexuels. L'homme veut transgresser par sa nature transcendante. La femme est immanente et contente de vivre dans une ambiance familiale tout en devant sortir de la joute de l'homme. La femme doit devenir l'égal de l'homme. Au besoin, on oublie la maternité.

Les problèmes actuels sont un véritable défit. L'écologie et la nature poussent à se tourner vers un nouveau paradigme avec mouvements alternatifs au New Age que la publicité presse à nous faire consommer.

Le matérialisme, la technicité remplacent le voyage physique par celui des moyens de communication moderne à l'échelle planétaire. La bibliothèque du monde s'aggrandit de manière désordonnée en donnant l'envie du sensationalisme, du mystique à bon marché appelée parapsychologie.

Dieu aurait pu construire un monde autrement. C'est un fait. Mais ce qui est fait, est fait. Il n'est tout de même pas tout puissant, avouait l'ange Ariel dans le livre 'suite' de Justein Gaarder "Dans un miroir obscur" tout en finesse intimiste que je conseille aussi de lire.

La Création est une énigme, mais le plus mystérieux de tout, c'est que l'on trouve toujours des êtres qui s'étonnent d'être en vie. Chacun a le droit d'essayer de résoudre cette énigme à sa manière.

Les erreurs existent bel et bien. Pour concevoir tout cela, pourquoi n'y a-t-il pas eu trois sexes? Le 3ème aurait été là en arbitre, mettant son veto neutre, avec raison, dans ce grand jeu de quilles en perpétuel renouvellement.

Comme l'écrivain philosophe le disait : "Naître, c'est recevoir tout un univers en cadeau".

Par la Science et la seule force du raisonnement, Einstein avait ouvert des idées sur la théorie de la relativité que l'on comprend et confirme aujourd'hui partiellement ou totalement. Ensuite, ces idées révolutionnaires sont bousculées par la révolution quantique.

A chacun, cette fois, de trouver sa propre philosophie et sa manière de pensée.

Le choix existe en grande quantite. Les penseurs ont ouvert et ouvriront les voies vers toutes les pensees. Leurs options se déchirent ou se complètent étrangement. Souvent, une pensée que l'on croyait géniale par ses côtés positifs, se révélera peut-être dangereuse dans certains autres cas, un peu moins analysés.

Du pluralisme et du partage des idées jaillira peut-être la vraie lumière. Prendre ce qui semble bon et rejeter le reste. C'est la seule solution  pour être soi.

Alors, vous avez dit "philosophie"?

Comme c'est étrange !

 

L'enfoiré,

 

  • "L'amour meurtrier. L'amour infâme. L'amour funeste. Amour. Amour. Unique vie en ce monde.", Anne Hébert 

  • "Je t'aime, tu t'aimes, on sème.", Maurice Chapelan

  • "Jeune, on pense à la mort sans l'attendre ; vieux, on l'attend sans y penser", Maurice Chapelan

 

15/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (1)

La philo, comme pour beaucoup n’était pour moi qu’une idée bien peu précise. Des livres abordent le sujet très différemment. Celui de Luc Ferry, « Apprendre à vivre » s'adresse aux jeunes en suivant un peu une "Philosophie pour les Nuls". Celui du Norvégien Jostein Gaarder, « Le monde de Sophie » avait le même souci mais avec originalité et poésie par l'intermédiaire de leçons données à une fillette. Le « Nouvel Obs » du mois d'août 2006 (article de Clément Rosset) apportait, lui, le lien avec l'amour. « Quand on est amoureux, on ne réfléchit guère ». Le "Nouvel Obs" remettait le couvert en août 2007 en se posant la question du pourquoi la femme engendrait peur et préjugés chez le philosophe (article de Aude Lancelin et Marie Lemonnier). Misogynes les philosophes mâles? L'intégration des différentes idées synthétisés me paraissait une occasion et une envie de les lire.

 

677ed3b7a187ceedf7bf1af4403a90ae.jpgPréambule: L'homme ne vit pas seulement de pain. Savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. Toutes les cultures, toutes les générations se sont posés ces questions existentielles. Homo Sapiens s'est, en premier, préoccupé d'ensevelir ses morts. Fatalité ou émotions sont là pour modifier le cours de nos vies. L'histoire, qui va se dérouler, essayera de trouver des réponses sans y arriver. Mais elle n'est jamais finie. Cette enquête policière va faire ressortir des coupables dépendant de notre propre interprétation. S'étonner, se questionner, c'est vivre avec ses propres visions du monde. Au début, les mythes, le mystique, rites ont été les catalyseurs, mais la raison et la réflexion ont pris le relais en creusant un sillon entre bien et mal. Les dieux ou le Dieu ont été un moyen d'expliquer l'inexplicable dans une discipline consentie. La femme, le sexe en second, passant de l'état "esclave", à celui de "fauteuse de trouble" s'est vue récemment poussée avant, pour annoncer le règne de "Big Mother".

 

La Philosophie d'hier et d'avant hier

 

1. La philosophie antique :

Avant les philosophes grecs, la religion avait force de philosophie comme seule héritière de la pensée.

Les grecs imaginent par la réflexion "quelque chose" de nouveau à l'origine des métamorphoses au sein de la nature. Les dieux n'étaient plus nécessairement responsables de tout.

L'oracle de Delphes, par l'intermédiaire de la Pythie, apportait une explication de manières très peu compréhensible.

Thalès de Milet fut le précurseur des sages philosophes. Empédocle voyait l'eau, l'air et le feu à l'origine de tout.

Anaxagore imaginait qu'une partie de tout se trouve en tout dans une idée moderne de l'ADN. Il est le premier à nommer le soleil comme une boule de feu.

Démocrite concevait que tout était constitué de minuscules éléments indivisibles qu'il appelait 'atomos'.

Au 6ème siècle avant JC, en Grèce, l’école stoïcienne, avec Zénon de Kition, va prendre l’habitude de vouloir discuter de tout sous le portique (la « stoa »). Cléanthe d’Assos et Chrysippe de Soles vont prendre la relève en ne laissant que très peu d’écrits. Cicéron plus tard va donner une deuxième jeunesse à cette philosophie à Rome au 2ème siècle avec Sénèque, Epictète et enfin Marc Aurèle. Selon les historiens Hérodote et Thucydide, les maladies n'arrivent que pour punir l'homme de son manqiue de sagesse par le sacrifice. Les sophistes auront ainsi leur "fond de commerce".

L'Humanisme a trouvé ses racines. Pas de certitudes aux énigmes de l'univers et de la nature, ils rejettent, agnostiques, totues idées de lien mythologique.

Socrate n'écrivit aucune ligne mais laissa son emprunte philosophique avec ironie en laissant découvrir la vérité à son interlocuteur par lui-même. Son disciple, Platon le fera connaître avec son monde des idées qui tente de manière ésotérique d'unifier les réalités par la perception interprétative des sens. Aristote, modéré, par contre, s'intéresse plus aux sens par le langage scientifique. Les formes rassemblent tandis que la matière dissocie. Alors, il classe les éléments par catégorie et voit le bonheur en associant plaisir, liberté responsable et science. La femme, malmenée, reste incomprise.

Hyppocrate, fondateur de la médecine, proposait une défense contre cette maladie par une vie simple et mesurée.

Le défit du salut qui fait démarrer la recherche d’une philosophie, est pris en considération via la théorie, l’éthique et la sagesse. Savoir que reste à ne rien savoir dans le rationaliste seul.

La théorie se définit par la contemplation d’un ordre cosmique anti devin supérieur « extra muros ». L’harmonie du cosmos animé, juste et bon est doué de raisons qui doivent servir de modèle de conduite pour l’homme. Chacun reçoit une part de cet univers parfait qui lui est dû. L’homme est là pour observer et non pas pour inventer. Le monde est compris comme un tout et non dans ces particularités qui se présentent par des catastrophes et des accidents dont il faut être préparé et dompté sans surprise comme observateur uniquement. L’immanence du stoïcisme est donc opposée à la transcendance externe et divine supérieure vu par les religions monothéistes.

L’éthique désire s’ajuster au cosmos par la justice-justesse et insiste sur les actes avant discours et concepts. Les Cyniques (Crates) vont négliger le « qu’en dira-t-on » pour se concentrer sur la mission essentielle en accord avec l’ordre cosmique avec l’idée du « Connais-toi, toi-même ». Aujourd’hui, on peut retrouver un peu l’idée stoïcienne dans l’écologie par la biosphère et les écosystèmes (Hans Jonas). Tous microcosmes dans un grand macrocosme.

La sagesse recherche pour le salut le meilleur par rapport à la finitude et l’irréversibilité du temps par sa propre raison et non par une tierce entité supérieure pour vaincre la peur de la mort. Si la procréation n’assure pas seule la pérennité, l’héroïsme, la gloire et les écrits qui les relatent vont surmonter l’éphémère du temps. Thucydide et Hérodote vont ainsi s’acharner à sauver l’homme stoïque et le rendre immortel dans une certaine vanité comme consolation. L’homme, qui existera toujours, se transforme plutôt qu’il ne disparaît dans un souci d’éviter la mort et l’angoisse. La nostalgie du passé et l’espoir dans le futur ne sont que des maux qui ne peuvent s’éviter que dans l’importance du présent seul essentiel et éternel. Le reste ne rend pas heureux. La possession de biens aide mais ne règle rien. Une conviction de trouver le monde harmonieux le fait accepter tel quel, beau exclusivement pour l’aimer et aider à transformer les instants en moments de grâce le plus souvent possible. La sérénité dans l’oubli du temps. Le salut dans le futur antérieur. Pas d’indifférence mais pas de compassion à l’égard des autres. L’inégalitaire n’est pas un problème. La vertu se réfugie dans une nature bien dotée, aristocratique et hiérarchisée des êtres. Commandeurs et commandés sont dans la norme comme les esclaves.

Tous les philosophes antiques ont toujours été des forçats de l'esprit qui souffraient d'une certaine anxiété face à la femme et à l'amour. Face à l'amour, certains conseillaient le renoncement total car ils voyaient dans les maux d'amour une contrepartie inévitable à l'exaltation délicieuse et à une éventuelle éternité. Cupidon était d'ailleurs personnifié en dieu à l'aspect puéril et hostile avec son arc meurtrier. L'idéalisme grec a été le premier à théoriser le désir. Epicure se serait suicidé avec passion par amour. Lucrèce, son disciple, passa à l'acte à 43 ans car il y voyait la voie royale pour l'"ataxie" (indépendance féroce). Le libertinage était préconisé comme remède à l'amour.

Mille ans d'antiquité (jusque 476 PC effondrement Empire romain d'Occident).

Un caractère impersonnel dans l’éternité « anonyme » fait perdre une réalité consciente de l’individu et n’apporte ni paix ni sérénité. C’est ce que la religion chrétienne va entreprendre pour rassurer et s’assurer la suprématie sur les esprits pendant 15 siècles.

 

2. Le Christianisme :

Du 3ème au 18ème siècles, la philosophie s’éclipse et l’hégémonie religieuse va régner sans partage. Tout en partageant certains principes avec la philosophie, la religion va reprendre à son compte les valeurs morales par la pensée et l’usage qui en est fait. L'infini devient parfait. La mort est vaincue avec la charité comme morale. Plus « performante » sur le plan finitude de l’être, la religion va paraître incontournable par son caractère qui se veut fondé par l’amour par le rapprochement avec le Christ. Le salut sera fondamentalement lié à la foi dans le divin en remplacement à toute raison et par la confiance en cet Autre qui est l’incarnation du Verbe. En porte parole du faible, le Christianisme va s’opposer à l’arrogance de la philosophie devenue une discipline complète de vie et pas seulement de la sagesse. Les hommes sont égaux en dignité comme préambule. L’inégalité et les dons innés n’ont d’ailleurs pas d’importance pour être vertueux. Le mystique fait fondre l'homme en dieu dans une rencontre avec lui pour les occidentaux, par une fusion totale pour les orientaux. La culture indo-européenne polythéiste avec transmigration de l'âme et la réincarnation. La culture sémite donnant le judaïsme, le christianisme et l'islamisme, monothéistes linéaires préconisant la prière pour la rédemption des péchés.

L'islam et le Coran s'adressent dans un nouveau universalisme plus à ceux qui maîtrisent la langue arabe. Dogmatisme et fatalisme dans la pureté. (Averroès).

Le Judaïsme et le Talmud trouvent réponse à tout par le Mystère et la Kabbale (Maïmonide)

Les prophètes annoncent la venue d'un Messie. La philosophie religieuse va donner racine à la révolution française et la démocratie moderne.

S’analyser soi-même doit être la préoccupation majeure avant de juger les autres. Ce libre arbitre a l’humanité pour concept éthique dans l’universalité avec la promesse de l’immortalité personnelle en récompense. Aimer son prochain n’est plus amoral car il est immortel grâce à la résurrection de l’âme et du corps.

Féodalisme, baisse de la démographie et décadence sont au programme. Tout avantage pour l'homme. La femme, par contre, traîne de véritables casseroles. L'asservissement et le renon de sa féminité jusqu'au mariage et la maternité. Les enfants n'ont pas droit à la parole.

Saint Augustin intègre philosophie et religion. Croire pour comprendre et comprendre par la foi. Saint Thomas d'Aquin concilie philosophie d'Aristote et christianisme par la vie morale.

Mille ans de Moyen Age chrétien (jusque 1453, effondrement de l'Empire romain d'Orient).

 

3. L’humanisme et la renaissance:

La doctrine dogmatique du Christianisme a créé l’effondrement de la cosmologie antique. Une remise en question des autorités religieuses pour cause économique et politique va se matérialiser par la révolution scientifique. Imprimerie,télescope, boussole, poudre avec méthode empirique et expérimentation mènent à l'humanisme préconisé par la bourgeoisie et l'individualisme.

Copernic, Newton, Descartes, Kepler et Galilée en sont les initiateurs et inventeurs de l'héliocentrisme, de la gravitation universelle. Le concept plus fort que l'image retrouvé dans la maxime "Je pense donc je suis".

La Réforme avec Martin Luther et Erasme, il ne faut plus passer par l'Eglise pour obtenir le pardon.

 

4. Le baroque:

Descartes, avec son « Je pense donc je suis » et son « Discours de la méthode », invente la subjectivité et met tout en doute par cartésianisme, sauf les convictions finales qui sont inébranlables. Il élimine les préjugés et les croyances du passé en lançant l’idée de révolution en croyant à la conscience en soi comme seule garante. Dogmes et radicalisme sont rejetés avec esprit critique. L’autorité en tant que telle doit être abolie.

Il prescrit simplicité et harmonie et se divertit dans le faste et le "carpe diem". La vie devient théâtre avec Shakespeare dans un idéalisme et un matérialisme qui s'affrontent. Laplace fait naître le déterminisme qui place le a destinée comme prescrite d'avance. L'intuition philosophique doit se baser sur des fondations solides mathématiques. La pensée est opposée à la matière en dualisme. Spinoza, penseur de la démocratie, apporte la critique historique à propos de la Bible par la contradiction entre les Ecritures. Il rejette dogmes et rituels mais veut la liberté d'expression et la tolérance religieuse. Dieu, nature et spiritualité sont en parallèles dans une conception déterministe de la vie. Tout est dans tout sous l'angle de l'éternité.


5. Le Siècle des Lumières:

L’âge de la terre, les origines de l’homme édictées par la religion sont critiquées et ont perdu en crédibilité. L’humanisme va désorienter les humains et ébranler les idées les plus ancrées dans le subconscient. La morale moderne devra être recréée complètement. La révolte contre l'autorité (Eglise, Roi et Noblesse) est partie d'Angleterre. La Science expérimentale remarque que la matière suit des règles déterminées. L'empirisme fait dériver la conception en fonction de l'expérience sensible et analytique. La pédagogie du peuple sort son objectif par l'Encyclopédie et révèle le besoin de sortir de la misère. Jean-Jacques Rousseau retourne à la Nature. C'est la société qui corrompt l'homme. L'abolition du déisme et la censure sont recherchés. L'éthique retrouve le bien par la raison innée contre le mal. La Société des Nations est dans l'oeuf. Pour la femme, c'est l'"enfer" de l'exclusion et son renvoi dans son foyer. C'est la burqa avant l'heure. Il disait "Les femmes en général n'aiment aucun art, ne se connaissent à aucun et n'ont aucun génie".

 

6. Le Romantisme

Les Droits de l’Homme égalitaires ont pris la place du cosmos.

Jean-Jacques Rousseau, baigné d'utopie romantique, ne voyait la passion que par "amour-propre" avec des critères sociaux de rivalité, repoussant l'amour dans le factice en accord avec La Rochefoucauld, philosophe du XVII siècle.

La différence entre l’homme et l’animal, Rousseau va la fixer dans la renaissance de l’éthique capable de raisonner. L’animal a un apprentissage temporaire dans l’instinct, arrêté une fois le but accompli. L’éthologie veut rendre l’animal insensible, indifférent à la douleur de l’autre animal comme prédateur face à sa proie. L’homme par contre est conscient dans son organisation. Le sadisme et le sexisme de l’homme sont gratuits, inutiles et contre productifs pour l’espèce tout en catégorisant en espèces par essence. Mis en situation, il est libre de s’en échapper. Son éducation, sa culture et sa politique voient son histoire en perpétuel changement. Anti-nature, il est donc condamnable, responsable et critiquable. Le salut se trouve uniquement dans l’idée athée de la morale laïque. L’action désintéressée, le bien commun et universel doivent guider sa voie par l’invention. Sa liberté s’arrête pourtant là où commence celle des autres par l'auto limitation idéale. L’individualisme prend de l’importance comme un tout et une fin en soi. Il s’extériorise par le travail en construisant le monde par sa volonté. Le respect de l’éthique n’assure pas le salut donc il faut chercher autre chose. Les abstractions sont désespérément vides. Le scientisme et le patriotisme vont devenir des religions de substitution. Sentiment, imagination, expérience et nostalgie sont les principes de base. Goethe, Beethoven, Schelling, Fichte sont les noms de l'époque qui renforce l'identité culturelle des nations. Le génie artistique est le ressort du romantisme national. La musique populaire rejoint la musique savante et les contes dans la littérature prennent place.

 

7. Le Post Modernisme  :

Cette nouvelle philosophie va critiquer l’humanisme et son nationalisme.

Nietzsche, en porte drapeau, va rejeter le reste des chimères et des croyances en des valeurs idéales et supérieures. Les droits de l’homme, la raison, la démocratie, le socialisme ne prennent plus place comme « idoles » supérieures. Déconstruire les utopies morales et politiques, valeurs transcendantes vers un idéal supérieur, mais animer par des mauvaises intentions vont résumer son action. Son nihilisme veut assumer les réalités telles qu’elles sont. Marx et Freud s’ajoutent aux « philosophes du soupçon ». Irrévérencieux, ils se projettent dans un ras-le-bol des bons sentiments bourgeois pour dévoiler ce qui s’y cache dans une « généalogie » qui déconstruit très terrestre. Aucun jugement de valeur désintéressé n’existe objectivement. Les faits sont des interprétations de ceux-ci. Une vérité a par définition une contre vérité dans un réel chaotique. L’irrationnel dans l’ordre des choses comme illusion de la raison. Des forces réactives de la raison qui font partie du réel, s’opposent en réfutant erreurs et illusions. La collision entre elles provoque un métissage qui affaiblit la vie. Nietzsche ne les rejette pas mais cherche une hiérarchie pour les maîtriser. Immoraliste convaincu, il ne cherche ni à améliorer le monde ni un idéal. Il a un goût marqué pour la catastrophe. Non charitable, il s’est vu pris pour exemple par la suite dans le nazisme comme Marx l’a été pour le communisme. Le romantisme n’a pas de sens à ses yeux. Dans la recherche de la vérité, la conciliation entre le réactif et l’actif est un idéal dans la grandeur et l’élégance dans une parfaite coopération « Grand Style ». La création a plus besoin d’ennemis que d’amis et la diversité donne la puissance en évitant tout déchirement interne comme la culpabilité qui mutile comme cœur de son ontologie. Une doctrine de l’éternel retour apporte une échappatoire terrestre à un ciel désespérément vide en sélectionnant ce qui vaut la peine dans le libre et le serein. Pas de remords, ni regrets, ni de lâcheté dans la lucidité du présent et l’amour du destin. Fondamentalement faux anarchiste, désirant abolir les normes dans l’idée d’interdire l’interdit, il voulait croire à son hypothèse sans y parvenir et pour finalement sombrer dans la folie. La femme est pour lui est l'amante impossible toujours à la poursuite de la "surfemme". Il imagine la rendre plus "masculine" à force d'éducation.

Cette doctrine va suivre partiellement la méthode maïeutique pour mettre son interlocuteur en contradiction avec lui-même (Socrate). Le monde sensible opposé au monde intelligible. L’art et la poésie ne doivent pas chercher autre chose que leur vérité. Sophisme qui cherche sa voie par la séduction et la persuasion pour emporter une adhésion par la magie des émotions sensibles.

Sigmund Freud imagine que les conflits psychiques empêchent de jouir et d’agir. La sexualité doit se frayer un chemin au travers de tabous pour l'époque. Un équilibre entre société et sexualité refoulée dans le subconscient et l'inconscient est le domaine des névroses. Le travail de rêve apporte la thérapie. De la femme, il reconnaissait : "Après trente ans passés à étudier la psycnhologie féminine, je n'ai toujours pas de réponse à la grande question 'que veulent-elles au juste?'".

Comme objections majeures, on pourrait déclarer que tout ce qui est n’est pas nécessairement bon à prendre sans réserve. L’« amor fati » (instants de grâce) qu’il préconise peut être jugé comme obscène et conduire à une complicité avec le mal. Haïr un idéalisme pour en reconstruire un nouveau tout aussi radicalement inaccessible dans les cas difficiles est peu constructif. Le matérialisme du 20ème siècle trouvera son cynisme dans cette doctrine qui ne répond qu’aux lois du marché en évitant celles de la démocratie.

Schopenhauer, pessimiste, était encore plus touché par les questions du sexe et à chercher à faire l'anatomie du coup de foudre.

"Plus je vois les hommes, moins je les aime. Si je pouvais en dire autant des femmes, tout serait pour le mieux" lançait-il déjà à 17 ans dans son premier rejet du genre humain. Supplicié par la jalousie, il appréciait malgré lui les rondeurs du sexe opposé qui trouve ses racines dans l'instinct sexuel. "Qui se marie tôt traîne toute sa vie une vieille femme. Qui se marie tard attrape des cornes", ne manquait-il pas d'ajouter.

Hegel voit le devenir en rejetant les vérités éternelles avec la raison intemporelle, dynamique et libre. Le jeu de la thèse, de l'antithèse et de la synthèse s'accorde avec un rapprochement judicieux de subjectivité et d'objectivité. Le concret et l'abstrait se complètent.

Emmanuel Kant par contre, ne voyait aucun intérêt dans le sexe. Rien que "Critique de la raison pure" avec la précision de l'horloge suisse à l'allemande. Il va ajouter une idée de construction scientifique et rationnelle à la contemplation passive de la beauté du cosmos par une causalité des phénomènes. La théorie s’accompagne d’un travail de recherche par la méthode expérimentale. Sorti de l’harmonie pour trouver un monde de forces qui s’entrechoquent. Universel qui reconnaît les limites de la connaissance en reconnaissant que l'existence de Dieu n'est pas démontrable.

Soren Kierkegaard, fondateur de l'"existentialisme subjectif" était torturé par l'Amour absolu qui ne doit se conclure que par le sacrifice d'une rupture volontaire. Il se croit supérieur à la femme du moins en apparence quoique fascinante. Il disait d'elles: "Quel malheur d'être femme, et néanmoins, le malheur, c'est que l'étant, on ne le voit pas". Fidèle ensuite jusqu'à la mort. Il s'opposait à Hegel en tant qu'individualiste Anti-Européen. La religion dissociée de la raison en se rapprochant de la doctrine Bouddhique.

Karl Marx parle de matérialisme historique, social en changeant le monde par l'action sans idéalisme. La condition matérielle de vie est le moteur de l'histoire et de la spiritualité. Une super structure étatique et politique chapeaute les relations dialectiques. La lutte des classes gagne les moyens de production. Le travail devient aliénation parce qu'il est extérieur à son intérêt propre et direct faisant part du capitalisme en opposition avec le communisme. Il sé rendait compte au sujet de la femme que "La famille conjugale moderne est fondée sur l'esclavage domestique, avoué ou voilé, de la femme".

La philosophie contemporaine aura-t-elle encore plus de chance d'aboutir à plus de salut? Nous le verrons dans le prochain article.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • "Philosopher, c'est douter", Montaigne

  • "Philosopher, c'est apprendre à mourir.", Cicéron

  • "Philosopher, c'est se comporter vis-à-vis de l'univers comme si rien n'allait de soi.", Vladémir Jankélévitch

  • "Philosophie. Route comportant de nombreuses voies et qui s'étend de nulle part à rien.", Ambrose Bierce

 

 

04/06/2007

L'enseignement par l'autre bout

Dans toutes les écoles, on se cherche. Pourtant,  dans le passé, certains se sont trouvés. Ils ont pensé qu’enseigner n’était pas seulement partager un savoir mais une manière de partager ce savoir. Ovide Decroly (1871-1932) est de ceux-là.

educationDans la Grèce antique, il y a eu ce philosophe, Socrate qui a prononcé la phrase célèbre « Connais-toi toi-même ». Principe qui a perdu de l’actualité dans les paroles mais n’a pas perdu une ride dans l’utilité d’y recourir.

Trop souvent, on s’accroche aux programmes des cours comme seul lien avec la réalité nécessaire à la création d’un être près à vivre sa vie. J'ai eu l'occasion ici de relever l'importance de la lecture dans « Eloge de la lecture ». Le Soir remarquait que les élèves ne progressaient pas assez vite.  Les tests prouvent que les facilités de lecture décroissent entre la 2ème primaire et la fin du secondaire. Comprendre ce qu'on lit est devenu un problème pour les jeunes.

Ovide Decroly, médecin et psychologue, et aussi d’autres ont manifesté l’envie de sortir des chemins battus par l’habitude. Il a réformé profonde de l'enseignement par une méthode globale d'apprentissage et de la lecture. Aujourd'hui encore, l'éducation n'a toujours pas trouver son chemin qui pourrait satisfaire tous les élèves de la terre. Si ce n'était pas le cas, tous les enfants se retrouveraient avec les mêmes chances pour s'engager dans la vie et le travail. Tout est une question au cas par cas en fonctions des affinités des intéressés.

Ce pédagogue a fondé une école à Bruxelles à son nom, on vient de fêter, le 12 mai dernier, son centième anniversaire.

Soigner des enfants troublés de la parole était son souci initial. Une méthode de pédagogie tout à fait originale en a été le prolongement. Elle séduit toujours par ce que pour certains reste une nouveauté.

Jeune, il était tellement doué qu’il n’aimait pas les études et se sentait perdre son temps. Alors, il transita par de multiples disciplines : médecine, anatomie pathologique, neuropsychiatrie. Passionné de sciences naturelles et surtout humaines. Les enfants présentant des troubles de la parole ou anormaux ont eu son attention à la Polyclinique de Bruxelles. Visionnaire, il étudie les comportements des enfants et imagine une technique d’apprentissage révolutionnaire pour l’époque toujours d’application à Uccle. Cette technique forme aujourd’hui des dizaines de jeunes qui font partie souvent de l’élite.

De l’école expérimentale pour enfants « irréguliers », il est passé à l’extension de sa pédagogie à ceux que l’on dit « normaux ».

L’enseignement, en ce début du 20ème siècle, n’est pas encore obligatoire, mais cela ne tardera plus et il vallait mieux s’y préparer de la manière la plus efficace.

Son système éducatif va y arriver même si le scandale tente de lui barrer le chemin. La mixité, instaurée en 1907, personne n’en comprend la finalité trente ans avant son instauration dans l’enseignement traditionnel. Ses filles vont servir de cobaye à sa méthode durant leur prime jeunesse.

Cette méthode est loin d’être gagnée d’avance et relève plus de l’œuf de Colomb à mettre en concurrence avec l’ornière des programmes. Difficile dans sa mise en œuvre, elle constitue en résumé, une méthode de construction de la vie par l’observation de l’enseignant et l’expérience apportée par la vie.

Originale et tellement actuelle, elle est en continuelle évolution. Les choses changent vite, la méthode s’adapte aussi vite que possible. Pas de temps mort.

Des travaux de groupes ou personnels sont à la base de cet enseignement. Les résultats sont analysés et font corriger l’enseignement en fonction. La remise en question permanente du corps enseignant accentue la difficulté de l’enseignement. Les personnalités naissantes sont repérées et jouent le jeu pour construire l’apprentissage des autres moins « fortunés » dans les initiatives et la création. Une seule orientation des enseignants est ajoutée à cet exercice d’équilibre entre « roue libre » et « enseignement programmé ». Les fondements sont :

  • L'éducation guidée par les centres d'intérêts de l'enfant.

  • Apprentissage sans ordre prédéfinit et vu dans sa globalisation.

  • Réactivité voulue de l'enfant tout azimut dans le pratique et dans le temps et l'espace.

  • La découverte des choses de la vie par l'enfant en cadrant au mieux avec la matière à enseigner.

Cet équilibre hasardeux, parfois risqué car très dépendant de l'aptitude de l'élève, doit être accepté de fait par les parents. Retourner au traditionnel est un exercice dangereux.

Cette école souffre d’une réputation d’élitiste et réservée à une élite financièrement forte. Elle n’a pas d’équivalente ailleurs à Bruxelles.

La rue Haute, au centre du Bruxelles populaire, a pourtant eu la chance de voir cet enseignement pratiqué dans une école. Au Niger, à Niamey, une autre école s’enorgueillit d’en faire partie.

L’élève doit coller à cette voie qui est certainement difficile. Pas de talent qui reste caché. Oser l’exprimer est la règle du jeu. Taiseux s’abstenir. L'intérêt des enfants dans les connaissances du monde est la condition sine qua non. Son développement restera entre ses propres mains. Sa croissance dépendra de son degré d'implication. Encore faut-il générer son intérêt au moment opportun. L'ouverture par la communication dans les deux sens est aussi une manière moderne de dialoguer dans la vie de travail. Les relations de haut en bas ne sont plus la règle même pendant cette partie jeune de la vie. Internet ne reconnaît plus les hiérarchies surannées. Il suffit d'écouter les jeunes dans « Quand les jeunes s'en mêlent ». Dans le passé, il faut bien l'avouer, écouter les jeunes n'a vraiment pas été le préoccupation majeure. Le programme et rien que le programme.

Et l'école, elle-même, comment se porte-t-elle?

Les inscriptions à Uccle sont naturellement limitées et on se dispute les places disponibles. Mille élèves ont la chance de trouver une occasion d’expérimenter la méthode et le contingent est complet. École libre subventionnée sans rapport sans confession. Donc, des subventions pour l’enseignement mais pas pour le bâtiment lui-même pris en charge par une ASBL des parents.

Alors, pour départager les méthodologies, il faudra se retourner sur l'expérience et les résultats d'exploitation de manière objective et drastique. Quels sont ceux qui ont réussi après un passage dans l'école? La théorie n'a de sens que si la pratique la confirme.

Personnellement, je n'ai pas fait partie de cet enseignement ancien et nouveau à la fois. Je peux seulement donner une expérience sur une méthode qui semblait suivre le même cheminement.

Je n'aimais pas les mathématiques et cela jusqu'à l'âge de 15 ans. Un professeur dont je me suis rappelé le nom sans difficulté, le professeur de math, Nicolaï (athénée d'Anderlecht, dans les années 60-65), a éveillé mon intérêt en parlant de mathématiques en sortant du carcan des programmes et en parlant du tangible de la vie pratique. Étudiants, nous savions comment l'orienter vers des sujets de traverses qu'il aimait et que nous aimions tout autant. Si ce n'est pas un partage profitable bien compris, comment appellerait-on cela?

Mes résultats aux examens ont été différents et donnent la preuve non par la pratique de l'intérêt de ce qui n'est pas inscrit dans les programmes de formation des professeurs de demain.

De l’audace pour tous les acteurs en communion d’envies est un méthode efficace. Voilà l’exigence d’un enseignement différent de l’habitude mais tellement demandée par la vie moderne préconisée par les entreprises. Celle-ci désirent de plus en plus des initiatives et des prises de positions de son personnel.

Mais cela aussi est un problème humain et de pluralisme d'idées et de possibilités qui est aussi une chance pour notre planète. La tolérance, le respect et la solidarité sont les dernières pierres angulaires de cet enseignement. Pourquoi ne pas trouver son chemin en se débrouillant par soi même?

Autres écoles du même type, ce sont celles de Freinet et Montessori avec les mêmes règles de refuser l'enseignement magistal, trop confortable pour les profs. Eduquer sans compétition, sans système qui casse la personne par l'échec et évaluer l'élève par rapport à son évolution.

"Pour la vie, par la vie", comme on dit chez les élèves de l'école Decroly.

 

L’enfoiré,


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Citations:

  • "Un professeur devrait avoir toute autorité et peu de pouvoir.", Thomas Szasz

  • "La jeunesse ressent un plaisir incroyable lorsqu'on commence à se lier à elle", Fénelon

  • "Education - Ce qui manque à l'ignorant pour reconnaître qu'il ne sait rien.", Albert Brie

 

15/07/2006

Parlez-vous français?

175 millions de personnes sur 5 continents s'exprimant (ou s'escrimant) avec la langue de Voltaire. Cela dans pas moins de 53 pays de par le monde. Cela fait du monde et pourtant, il faut la défendre notre belle langue.

medium_Parlez-vous_francais_00.jpgNous venons de perdre un jongleur de mots de la langue française à nul autre pareil. Jamais égalé, il avait ce don de rassembler mots et idées antagonistes ou en contre sens pour ajouter la réflexion à des concepts bien différents. Les figures de style n'avaient pas de secret pour lui et il en avait même inventé d'autres avec folie et sentiments.

Raymond Devos, car il s'agit de lui, a toujours été un soutien à la langue française. medium_Parlez-vous_francais_10.3.jpgPar ses textes et ses sketches étudiés avec un soin infini qui n'appartenait qu'à lui, que de moments de rires n'matrsia-t-il pas générés dans des foules d'admirateurs. Ses sketches se retrouvent même en classe et prennent racine dans les manuels scolaires des petits et grands. La richesse de la langue française, par sa subtilité, n'a jamais trouvé meilleur porte-parole dans l'originalité. Son souci de surprendre son auditoire par la coexistence de mots anodins sublimés et présentés dans un cadre inédit arrivait à faire croire que notre langue était unique.

Si vous voulez le connaître mieux allez lire l'interview de Bruno Coppens et des frères Taloche qui l'ont très bien connu.  

Sans en arriver à cette pensée extrême et peu démocratique, la langue française jouit, il est vrai, de synonymes qui ont juste ce qu'il faut pour donner une couleur particulière, un pittoresque de bon aloi et qui se veut le plus précis possible par la nuance dans l'expression des idées. Cette richesse ne va pas sans difficulté, ringardise diraient ses détracteurs non connaisseurs, dans son apprentissage.

Incontestable. Sans être "chinoise", cette langue nécessite une grande dose d'application pour parvenir à sa maîtrise. Etudiée dès l'enfance, elle donne sans conteste des atouts dans son approche. Les règles grammaticales grevées d'une multitude d'exceptions, les genres des mots, les accords de toutes sortes rendent la langue française rébarbative ou sous-estimée devant les difficultés de son apprentissage. Quant à l'orthographe, bonjour les dégâts.

De cette contestation, on remarque des lacunes chez les étudiants qui n'auront pas été suivis jusqu'à bien loin en âge. Alors quand on n'a pas fait ses travaux d'approche très tôt...

Poussé dans le dos par le seul prétexte d'universalité, l'étudiant d'aujourd'hui est plus enclin à s'atteler à l'étude de l'anglais.

Le français, lui, entre-temps a pris ses quartiers en retrait sur le surf d'internet et dans les relations internationales. Il a même été difficile de faire accepter le français comme langue véhiculaire dans l'enceinte du grand hémicycle de la Commission Européenne. C'est tout dire. Attaqué de toute part par les instances officielles, un besoin commun de rassemblement s'est très vite fait ressentir et un lien à la francophonie s'est créé avec un représentant élu pas nécessairement en provenance de France. Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, a présidé le 6 juillet 2006 à Paris le XIème Sommet de la Francophonie dans sa 60ème session.

La chaîne télé par satellite TV5 est un exemple de réussite de cette francophonie volontaire. Cette chaîne inonde le monde avec notre langue et il ne faut pas en être peu fier.

Les chiffres mentionnés en préambule ont suffisamment de poids pour ne pas prendre à la légère un phénomène d'une telle ampleur. Mais il ne faut pas lâcher prise, il faut se battre tous les instants pour garder une place sur le podium des langues du monde. Non, la bataille n'est pas gagnée.

Malgré ce que je viens de dire plus haut, internet accueille pourtant un nombre non négligeable de pages dans lesquelles Shakespeare n'a rien à y voir. L'histoire explique le pourquoi de la présence insolite de mots français entre les mots de phrases telles que "My taylor is rich". Il suffit de prendre la clé des champs dans le sud de l'Europe pour se rendre compte que du travail de "maintenance" est à faire. Le français n'a pas vraiment la cote. L'anglais ne doit d'ailleurs pas se sentir mieux dans sa "peau" verbale dans beaucoup de cas. Un concurrent de poids historique, l'allemand, vient supplanter son concurrent commercial. Avec l'ouverture de l'Europe aux nouveaux pays de l'Est, qu'adviendra-t-il? Qui prendra la place de l'autre?

Sera-ce seul le côté quantitatif en population qui sera prépondérant?

Le qualitatif, pour peu que l'on puisse en parler dans le cas d'une langue, aura-t-il son mot à dire? La difficulté d'apprentissage prendra-t-elle le poids déterminant avec une modernité qui ne se veut pas trop regardante sur le côté "précision" du langage (au moins précis, au plus de chance de se sortir de mauvais pas)? Qui sera du voyage dans la pérennité?

Le magazine "Sciences et Vie" d'octobre 2006 tentait de rassembler le départ et la fin des langues en pensant partir de la langue unique pour en arriver en finale à la langue unique. Actuellement, on dénombre 7000 langues dans le monde. 90 pourcents d'entre elles sont pourtant en voie de disparition. Dans le même temps, les langues se complètent de nouveaux idiomes en véritable explosion de fission. 

L'esperanto, facile d'apprentissage et d'utilisation, n'a pas eu cette chance par son côté artificiel. Deux millions de personnes se targuent de connaître cette langue qui est en plein essor par l'intermédiaire d'internet en réaction au monopole de l'anglais.

Un polyglotte pourrait répondre par un avis impartial et tellement juste: plus on connaît de langues, moins on sera désorienté et plus on sera dans le coup. Une étude universitaire a prouvé qu"un enfant bilingue apprend beaucoup plus vite les matières scolaires qu'un enfant unilingue.

De toute manière, se cantonner dans sa langue maternelle, anglaise ou non, aujourd'hui, fermera des portes plus certainement que des frontières. Pas besoin d'être parfait dans la pratique d'une langue étrangère. Baragouiner, dans la majorité des cas, suffira amplement. Il n'est pas loin le temps où il faudra parler une langue internationale ou mondiale en plus de sa langue maternelle.

Ne laissons-pas les Etats-Unis, seuls, sur terre à jouir du statut de forteresse inexpugnable par son seul nom d'"Unis". Sinon, l'Europe n'arriverait jamais à constituer ce qu'elle a toujours voulu être: "forte".

Le journal l'"Echo" titrait ce 5 juillet "Apprendre une autre langue n'est plus une contrainte, mais une plus-value". D'après lui le chemin est encore long. La maîtrise d'au moins une langue "étrangère" devient un lieu commun et même obligé.

En Belgique, nous avons la chance, je dis bien "chance", de nous farcir des langues bien "tranchées". Le français, le néerlandais, l'allemand liés à la région avec l'anglais comme langue des affaires. Nous sommes bien chargés et si on veut communiquer avec nos populations "importées" de manière "habituelle" ou "artificiellement" par le siège de la CE, on ne manquera pas d'occasions de s'agiter avec les mains par le comique de la pantomime.

En France, pour des raisons de maintien de la langue, que j'accepte pour ne pas contredire mon texte, tous les textes étrangers, tous les programmes d'ordinateur (et souvent anglais) doivent être légalement traduits. Bien. Mais, à une condition, c'est de ne pas repousser les autres langues dans les cordes de l'oubli. L'effort pour apprendre mieux les autres par l'intermédiaire de la langue aura certes sa contrepartie victorieuse dans le spectacle des nations et l'âme particulière culturelle des peuples.  

Bonne fête, les Français...

 

L'enfoiré, 

 

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Citations:

 

  • "Langue. Greffe d'un sens commun dans le cerveau de chacun, qui permet à chacun d'être un pays, de faire partie d'un peuple.", Jacques Ferron  
  • "Un homme qui parle trois langues est trilingue. Un homme qui parle deux langues est bilingue. Un homme qui ne parle qu'une langue est anglais", Claude Gagnière  
  • "Celui qui ne connaît pas les langues étrangères ne connaît rien de sa propre langue.", J.Goethe  
  • "La langue propre à chaque peuple peut devenir un grand pont pour son propre avenir.", Petar Préradovic  
  • "En dehors du français, il y a une seule langue nationale que la Constitution tolère : la langue de bois !", Vincent Roca

15/05/2006

Overdose identitaire

Après les événements dramatiques de la gare centrale de Bruxelles, Anvers et d'autres villes de la Flandre subissent de plein fouet une vague de violence. Sans vouloir précéder l'enquête dans ses conclusions, on peut néanmoins à première vue, qualifier cette violence de raciste.


1.jpgJeudi 11 mai, "Un Proche du Blok tue deux fois", écrivait le journal Le Soir. Même si le parquet d'Anvers estime qu'il est prématuré de s'exprimer sur le mobile du tueur, la motivation raciste du jeune meurtrier ne fait guère de doute. Une fillette de deux ans et la dame qui la gardait ont été abattues en pleine rue. L’homme qui, jeudi matin à Anvers, a tué deux personnes et en a blessé une troisième, était connu des autorités pour « ses sympathies d'extrême droite ». C'est aussi un skinhead. Il s'appelle Hans Van Themsche et est âgé de 18 ans. L'individu s'est acheté le jour même une arme en vente libre et, puis, commença par faire feu sur une femme d'origine turque, dans la Kleine Goddaard. Cette première victime n'a été que blessée. Mais l'homme a poursuivi son raid meurtrier jusqu'à la Zwartzusterstraat, où il a tiré sur une femme d'origine africaine et la petite fille de deux ans dont cette dame avait la garde. Toutes deux sont décédées sur place. Hans Van Themsche a été blessé et arrêté par la police. Le nom de cet homme retiendra l'attention de ceux qui suivent la politique flamande de près. Sa tante n'est autre que Frieda Van Themsche, députée fédérale du Vlaams Belang. Son père, Peter Van Themsche, est un militant de la première heure du « Blok », le parti d'extrême-droite rebaptisé Vlaams Belang. Hospitalisé, le tireur n'a pas eu l'occasion d'expliquer son geste.
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Voilà pour l'histoire et le cadre du drame. Maintenant, passons à des remarques et des tentatives d'explication si possible.
Le racisme est loin d'être nouveau. Il suffit de relire quelques commentaires qui jalonnent certains articles dans cette enceinte qui ne nécessitaient pas de prime abord une connotation haineuse dans les propos initiaux. L'idée même de racisme, à fleur de peau, est huée dans la théorie. Moi-même, dans l'article récent 'Autre temps, autres mœurs" en constatant un crime d'honneur entre Albanais sur notre territoire, avait été commenté et jugé à la limite de la xénophobie. Et pourtant... Oui, je n'aime pas les importations de chevilles entravées par de vieilles casseroles, et encore moins qu'en il s'agit d'un boulet anesthésiant... J'ose espérer seulement qu'il ne s'agisse pas d'une réponse du berger à la bergère à mettre en relation avec l'événement de la gare centrale
Le besoin identitaire, la volonté d'appartenir à un groupe bien soudé sont des volontés naturelles qui ne peuvent malgré tout se justifier que par une reconnaissance d'autres groupes, de couleur arc-en-ciel. Même les partis politiques se reconnaissent par une couleur bien définie sans nécessairement vouloir en découdre autrement que par des mots. Pourquoi pas, une couleur de peau, une idéologie différente, une origine exotique? La terre est grande. Imaginons que nous étions nés du même père et de la même mère (même si certains affirment que c'est le cas), en première ligne. Quelle morosité? Quelle manque de richesse et de diversité? 
"Eigen volk" ("Notre peuple"), slogan souvent mis en avant par des extrêmes que l'on situe, allez savoir pourquoi, à droite.  Acte haineux individuel, très certainement, mais idéologie qui est passée dans le domaine de l'acceptable et donc du "normalement" possible. Jusqu'où aller trop loin, est devenu la question de base. Pas de caricature, mais une discrimination qui se retrouve jusque dans les législations. L'égalité des chances prônée par un ministère se retrouve-t-elle pratiquement dans les faits et les interprétations de tous les jours? Le civisme et le comportement en société est-il enseigné dans les écoles avec la force nécessaire? L'adolescence est un âge difficile, qui peut virer dans les extrêmes de droite ou de gauche en très peu de temps et en fonction d'une vision que quelqu'un avec le charisme suffisant aurait pu promotionner. Dans l'affaire d'aujourd'hui, même le Roi est sorti de sa réserve pour dénoncer cette déviance et ce manque de volonté solidaire. Qu'on le veuille ou non, au vu des flux migratoires qui ne font que s'amplifier à nos portes, il faudra s'y habituer ou mettre des lunettes qui ajouteront un peu de flou. Bien balisé le terrain est partiquable.

Une banalisation des injures est souvent le premier niveau de la violence. La situation économique est un apport supplémentaire au rejet de l'autre en tant que tel.
"Tout le monde, il est PAS beau", pourrait avoir chanté Zazie. Et, Claude Nougaro de ridiculiser la situation en découvrant les os noirs d'Armstrong et la trouver rigolo dans sa chanson.
Après le drame de Joe à la gare centrale, les violences de la côte, un nouvel électrochoc dans l'entourage de ce nouveau drame humain s'est produit et une manifestation de solidarité n'a pas tardé à s'organiser.

Le sentiment d'insécurité, ce climat de violence vont-t-ils profiter à qui? Pourrait-on se poser comme question platoniquement. Une fois de plus à cette extrême droite friande de démonstration par l'absurde d'une politique des démocrates habituellement pointée comme laxiste. Ce serait peut-être aller vite de choisir cette voie habituelle. L'esprit démocratique ne devrait-il pas reprendre du poil de la bête, lucidement, franchement? Le réveil de cette volonté de sortir de l'ornière est une obligation morale par la voie démocratique vis-à-vis de ses courageux initiateurs. Une société multiculturelle bien comprise de part et d'autre n'est pas si mauvaise dans son fondement. Interdire un parti par un quelconque cordon sanitaire des partis démocratiques n'est pas toujours suivi du rendement espéré. 1.jpg

La répression pour suite de l'acte de jeudi, mais c'est bien sûr. La prévention en faisant des citoyens responsables à l'école et dans les familles, c'est encore mieux. Le dialogue, en connaissance de cause, vaudra certes ensuite la palme de la réussite dans l'intégration. Cette égalité des chances sera peut-être enfin une réalité.

Je vous avouerai que j'aime le café au lait très sucré. Avec une bonne couche de crème fraiche par dessus, c'est encore mieux. N'en déplaise à mon médecin, ce sera au diable, le cholésterol et le diabète ! C'est parfois difficile et long de les guérir, mais avec un peu de philosophie et de patience, on y arrive; tandis que l'overdose, c'est pas sûr.

 

L'enfoiré,

 

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Une question de lexique français.

 

Citations:

 

  • "Le racisme est bien l'infirmité la plus répugnante parmi les diverses laideurs de l'humanité", Claire Martin
  • " Le racisme est une manière de déléguer à l'autre le dégoût qu'on a de soi-même", Robert Sabatier
  • "Dieu a tout créé. Dieu a créé le racisme. Mais Dieu a aussi créé l'antiracisme. Avec tout le respect que je lui dois, Dieu est un sacré fouteur de merde", Philippe Geluck
  • "Le racisme est une chose que je ne peux pas comprendre ! Je trouve monstrueux de considérer qu'il y a des êtres qui sont inférieurs, simplement parce qu'ils ne sont pas comme nous. Ils ont déjà ce handicap !.", Quino

13/05/2006

Quand les jeunes s'en mêlent

Est-ce que ce sont les jeunes qui ont peur ou les jeunes qui font peur? Sont-ils jeunes d'esprit? L'enquête menée par l'émission radiophonique de la RTBF et la Communauté française belge s'est attelée à la tâche pour répondre à ces questions. "Quand les jeunes s'en mêlent" une émission qui ne connaitra pas de fin.



Les jeunes considèrent qu’ils sont en même temps en danger et un danger. Le gouvernement a perçu le message avant même que les résultats de l’enquête ne soient connus. Il a apporté à cette question complexe des solutions simples, finalement. Si le jeune est en danger, on convoque ses père et mère pour un stage parental. Si le jeune est un danger, on crée de nouvelles places en centres fermés. On peut avoir l’impression que le gouvernement n’a ainsi répondu qu’à la question qu’il avait sous les yeux.
En position d'insécurité, ce que les jeunes disent c’est qu’ils ont l’impression de n’être ni entendus ni attendus. Parce qu’ils ont, disent-ils, le sentiment de ne servir à rien et de n’avoir pas d’avenir. Autrement dit, ce que nous disent les jeunes c’est, d’accord, faites-nous des rames de métro plus sûres. Mais, surtout, arrangez-vous aussi pour qu’elles nous mènent quelque part.
On a stigmatisé des parents défaillants en disant, il faut faire des stages parentaux et on a stigmatisé des jeunes, en disant effectivement dans la loi, dans la réforme de la loi de la Protection de la jeunesse, on va pouvoir dessaisir le juge de la jeunesse si le mineur a 16 ans et plus, on va pouvoir le traiter en fait comme un adulte même si c'est à l'intérieur du Tribunal de la jeunesse alors que la Convention des Droits de l'enfant considère qu'on ne peut pas juger un mineur comme un adulte parce qu'on ne peut pas le considérer responsable juste pénalement alors que le reste du temps, on ne le considère pas comme responsable.  
Ils ont aussi l'impression que les adultes ont retiré l'échelle derrière eux et que la solidarité entre les génération n'est qu'une utopie. Alors, rêvent-ils ou sont-ils en plein dans une réalité et ses risques?

Philippe BEAGUE, psychanalyste et président de la Fondation Dolto était interviewé par le journaliste de la RTBF, Jean-Pierre Jacqmin.


JPJA : Alors votre choix musical "Dignity" de Bob Dylan plutôt que "the times they are changing", les temps ne changent plus pour les jeunes maintenant ?

  • Justement, c'est toute la différence entre ce qu'il chantait aux alentours de 62-63 et puis ce qu'il chante aujourd'hui. Bien sûr, un peu désabusé parce que c'est un homme âgé maintenant de 60 ans, mais je pense que c'est important de voir la différence entre cette génération là et la génération d'aujourd'hui qui est tout à fait différente dans le sens où la génération de Dylan c'était d'abord "vous les pères et les mères, arrêtez de critiquer parce que vous n'avez rien compris", c'est très fort du côté d’un refus des parents et puis une espèce d'espoir de changer le monde comme ça.

JPJA : Alors que maintenant si l'on suit l'étude qui a été faite par « Quand les Jeunes s'en mêlent », c'est plutôt les enfants qui deviennent les parents de leurs parents ? Ça c'est un retournement assez terrible.

  • Tout à fait…

JPJA : Les enfants qui veulent comprendre parfois les difficultés de leurs parents, le divorce, qui aident leur mère ou leur père en cas de difficulté ?

  • Oui, et qui prennent une place… Déjà, l'étude avait pointé cela pour la Fondation en 2002, où les parents avaient été interrogés et les parents étaient très fort dans cette idée de "il faut le bonheur de nos enfants". Et, ils sont dans un système où, effectivement, les jeunes aujourd'hui disent "les parents ne nous donnent plus effectivement des règles, des limites, des lois". C'est très agréable à la maison, mais en même temps, ils ont pris une place qui est presque d'égaux par rapport à leurs parents, ce ne sont plus des enfants. Ils doivent soutenir leurs parents, ils doivent les protéger. Il y en a qui disent "voilà, moi j'écoute ma mère parce qu'elle a besoin d'être écoutée", c'est vraiment, je pense, mettre l'enfant, et  l'adolescent aussi et le jeune, à une place qui n'est pas la sienne.

JPJA : La Fondation Françoise Dolto accompagnait mai ‘68, est-ce que c'est un retournement de situation ? Est-ce que c'est une claque dans la figure quelque part ?

  • D'une certaine façon, c'est pousser à l'extrême et l'espèce de fascination qu'il y a eu pour Françoise Dolto, d'ailleurs, et pour toute cette veine comme ça de "les jeunes sont plein de lait, même les bébés sont extraordinaires, etc.", c'est vrai, je pense qu'il ne faut pas revenir en arrière. Aujourd'hui, on leur parle, c'est peut-être pour ça d'ailleurs, je pense que Dylan avait écrit sa chanson à 22 ans. Je pense qu'aujourd'hui un jeune pourrait écrire ça à 14-15 ans, ils sont beaucoup plus délurés qu'avant, beaucoup plus interpellant, mais en même temps beaucoup plus angoissés. La mode Dolto, puisque les gens en ont fait un peu une mode, c'était un aspect poussé à son extrême, c'est-à-dire protéger l'enfant, l'admirer et elle avait tout à fait raison. Le problème, c'est qu'on en a oublié la seconde partie qui est, effectivement, que nous restons pour les jeunes quand même des guides, que notre travail c'est de mettre un cadre. Quand on est parent, on est éducateur et  ça veut dire que c'est les faire passer d'un principe de plaisir dans lequel ils vivent et naissent à un principe de réalité qui est la vie de tous les jours.

JPJA : Quand on voit l'étude, on comprend que le cocon familial ou les cocons familiaux, puisque la famille recomposée finalement, le divorce n'est plus le gros problème d'un jeune quand il a 13-14 ans et que ça arrive puisque visiblement il s'y adapte, il y trouve son plaisir et quelque part ça renforce : l'extérieur est un peu rentré dans l'intérieur et on ne doit plus aller voir vers l'inconnu.

  • Il y a un traumatisme?

JPJA : C'est particulier à cette génération-ci, oui ?

  • Je pense que c'est difficile pour eux de vivre un divorce, parce que c'est difficile pour tout être humain et que ça touche à la question fondamentale de l'identité, "si mes parents se séparent, alors moi quel sens j'ai à vivre ?" Et en même temps, ça les met beaucoup plus tôt dans l'obligation de trouver un sens à leur vie pour eux-mêmes. Ils ne sont plus comme les enfants de ‘68 à dire "ah bon, maintenant je vais grandir, mais j'ai acquis, j'ai envie de quitter mes parents". Aujourd'hui, il y a cette espèce de besoin de les protéger parce qu'on les a vus malheureux, parce qu'ils se sont peut-être montrés, heureusement d'une certaine façon, justes et vrais en disant "voilà, pour moi la vie n'est pas simple". Mais ce que l’étude pointe fort, c'est cette idée que les parents sont presque du côté de demander pardon aux enfants "excuses-moi de t'avoir faire vivre ça". Et pour les enfants, ce n'est pas du tout, je dirais, encourageant parce qu'ils ont l'impression que l'adulte est très fragile. Ils imaginent leur fragilité aussi. Et c'est là où il y a cette différence entre d'un côté la famille où là tout est du côté du relationnel, de l'amour, de la gentillesse, de la protection, du cocoon, et puis alors la société qui paraît effectivement effrayante par ailleurs parce que là il y a des règles, des lois. On n'a pas l'air de rire dans la société. C'est ça qui leur fait peur.

JPJA : On dirait une génération, j'allais dire, baba cool en interne, mais qui crie comme les punks "no future".

  • Tout à fait. C'est en même temps le côté assez exigeant aussi, on l'a bien vu pour le contrat pour le CPE en France, où en fin de compte on leur donne quand même la possibilité de faire leurs preuves, mais vu qu'il n'y a pas l'assurance qu'on va être engagé, alors on refuse. Et, il y a une espèce de peur du risque, je pense, et une méfiance de leurs propres capacités et de leurs propres valeurs, qu'ils pourront défendre dans cette société.

JPJA : L'extérieur, il arrive très tôt dès le pas de la porte ou dès le petit groupe d'amis. Même la classe n'est pas quelque chose qu'on aime, c'est quelque chose dont on a un peu peur une fois qu'on est sorti de la demi-douzaine, de la douzaine de copains ?

  • Effectivement. Je pense qu’il n'y a plus de lieu intermédiaire, c'est-à-dire de lieu où il y a en même temps le conflit. Il faut trouver sa place, il faut se défendre, et il y a en même temps, quand même quelque chose de chaleureux. L'école, par exemple, ne répond plus à ça, elle est ou du côté essentiellement de la société froide comme ils disent, avec les exigences, la dureté, ou bien alors elle reste cocoon parce que toute la question des parents et des enseignants, c'est vraiment crucial aujourd'hui, parce que les enfants ne savent plus très bien où sont les parents, où sont les enseignants, ou, en tout cas, ont l'impression que les parents sont plus importants que les enseignants parce que si j'ai un problème à l'école, ou si j'ai même une punition, c'est mon père qui viendra me défendre et qui viendra me protéger.

JPJA : Cette génération, elle a l'air d'adorer la planète, elle est beaucoup préoccupée par le climat. A la limite, dommage qu'il y a des hommes dessus qui polluent, quoi.

  • Effectivement. Ils sont tout à fait sensibles, évidemment, à tout ce qui se dit. Ce matin encore, on parlait de pollution, on en parle tout le temps et  ils ont peur, ils savent que c'est le patrimoine à protéger. Mais en même temps, ils ont l'impression qu'ils sont tellement loin des organes de décision – multinationales - tellement loin du pouvoir politique aussi, ils sont quand même très critiques en disant "mais on ne voit pas encore". A « Quand les Jeunes s'en mêlent », je me rappelle de Olivier disant à la ministre Madame Fonck "ok, vous allez prendre des décisions, mais quand ?" Et effectivement, ils sont en attente que le pouvoir politique se définisse et en même temps, ils ont l'impression que le pouvoir politique est à mille lieues de leurs préoccupations.

JPJA : Est-ce que c'est la complexité du monde qui apparaît comme ça comme une difficulté ou est-ce que c'est vraiment une génération qui a perdu les fils de la compréhension de ce monde ?

  • Ils n'ont pas perdu le fil de la compréhension, ils sont dans l'impression qu'ils n'ont aucune place aujourd'hui.

JPJA : Quoi, c'est le chômage alors qui explique tout, la situation économique ?

  • Sans doute que le chômage fait très, très peur. Et en même temps, on est dans une génération où tout le monde devrait avoir sa maison, tout le monde devrait avoir sa famille. Je veux dire que leurs projets de vie, c'est une petite maison, une chouette petite femme et des petits enfants.

JPJA : Plan bourgeois ?

  • Tout à fait. Et, comme vous dites, baba-cool, comme ça a un petit côté très protecteur et en même temps, et de plus en plus puisqu'ils ont l'impression que c'est presque un droit, et en même temps, ils voient bien que dans la société, c'est de plus en plus difficile de trouver cette sécurité-là et  ils se disent "mais alors, je n'ai pas les armes pour me défendre et je n'y arriverai peut-être jamais". , il y a quand même plein de peurs par rapport à l'avenir et par rapport à eux-mêmes, l'impression comme ça, pour le moment en tout cas, le temps qu'ils sont aux études, d'être totalement inutiles. Sauf, on le voit, chez certains qui sont déjà engagés dans quelque chose, qui s'occupent d'un club de sport, de scouts et qui ont déjà une espèce de prise de responsabilités où on sent que là il y a une combativité, il y a une solidité beaucoup plus forte.

JPJA : Est-ce que les mesures qui ont été proposées ces derniers temps, d'abord première question: est-ce que la situation dans laquelle ils sont explique la violence et la peur de la violence ? La violence des jeunes entre eux aussi ?…

  • Oui, c'est bien ça qu'on a vécu ces derniers temps. Je pense qu'il y a une réelle violence, mais c'est une toute petite partie de la population qui est dans le désarroi total. C'est un peu le problème des banlieues en France. Et par ailleurs, je pense des jeunes qui sont de moins en moins violents, qui sont, effectivement, éduqués dans "il ne faut pas se battre, il faut parler, on est dans la civilisation de l'humain, des sciences humaines."

JPJA : Il suffit de s'expliquer et on va régler les problèmes ?

  • Effectivement.

JPJA : Et on n'y arrive pas.

  • Oui, ceux à ce moment là qui emploient la force, ils sont complètement effrayants, parce qu'eux n'ont plus l'habitude d'employer la force, et peut-être tant mieux puisqu'on va quand même vers une société qui est de plus en plus orientée vers la diplomatie, je dirais quelque chose où, c'est ça l'humain aussi, ce n'est pas la loi de la jungle. Mais en même temps, on a l'impression qu'ils sont très démunis parce que face à ceux qui n'ont plus de limites, fatalement ça leur fait peur, ça c'est clair.

JPJA : Qu'est-ce qu'on peut penser des mesures prises par le gouvernement la semaine dernière, les propositions qui sont sur la table ? Par exemple, le service civil pour tous les jeunes ?

  • Je pense qu'ils sont tous dans une demande de ça, quand on voit leur projet de vie, c'est quand même très fort du côté de "aider les autres, aider la planète à s'en sortir, faire quelque chose", même s'ils ne voient pas très bien comment ils vont s'y prendre. Un service civil, ils sont prêts à y rentrer, le nombre de jeunes qui parlent de s'engager dans l'humanitaire, de sauver la planète, d'aider les pauvres, de dépasser les inégalités nord-sud.

JPJA : Ce serait peut-être l'occasion de leur trouver un schéma pour sortir, pour aller un peu vers l'extérieur sans en avoir un peu moins peur ?

  • Mais je pense qu'il faudrait les aider, effectivement, et les soutenir dans ce projet là et les encadrer. Mais, le problème c'est qu'ils ont l'impression qu'ils ne défendent plus une société, un pays, ils sont très individualistes.

JPJA : C'est plus la fratrie que la patrie, quoi ?

  • Tout à fait. Tout ce qui est les amis proches, ça c'est soutenant.

JPJA : Alors, la suppression des allocations familiales pour les parents, qu'en pensez-vous ?

  • C'est une erreur totale, parce que je pense que bien sûr que ça doit être vérifié et qu'effectivement si on reçoit des allocations familiales, c'est pour les utiliser pour les enfants. Mais en même temps, je pense qu'il ne faut pas justement aller du côté de ces mesures-là.

JPJA : Sanctionner les parents défaillants, ce n'est pas une bonne idée ?

  • Les sanctionner, non. Il faut les soutenir dans le métier, parce que ce serait sous entendre qu'effectivement il y en a sans doute une petite minorité qui ont tout lâché, mais on voyait bien dans cette enquête qu'on a faite en 2002, qu'effectivement les parents tentent de faire ce qu'ils peuvent et ne sont pas du côté de simplement dire "moi, je m'en lave les mains". Ils ne sont pas démissionnaires en fait, ils ont peut-être mis en position première le bonheur de l'enfant, et en cela ils ne savent plus très bien comment ils peuvent les mettre devant des obligations et des exigences.


Le malaise et la lucidité des jeunes fait peur et désoriente. C'est sûr. Pour les avoir souvent écouté à la radio, je peux dire qu'ils en veulent. Peut-être que l'échantillon était bien "choisi", mais ces jeunes-là pourront se faire valoir si on leur donne leur chance.

Ils avaient bien mérité un colloque et d'attirer les foules pour exprimer leur mal de vivre, toute la journée du 6 mai dernier.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • "Jeune, on pense à la mort sans l'attendre ; vieux, on l'attend sans y penser", Maurice Chapelan
  • "Jeune, on est beau comme un coeur. Vieux, on est beau comme un pacemaker.", Michèle Bernier
  • "Quand j'étais jeune, je plaignais les vieux. Maintenant que je suis vieux, ce sont les jeunes que je plains", jean Rostand
  • "L'âge n'est jamais qu'un rôle dans le théâtre du monde. Les jeunes se veulent plus vieux, les vieux plus jeunes, et tous meurent de n'avoir pas été.", Karl Kraus
  • "On peut naître vieux comme on peut mourir jeune.", Jean Cocteau

 

Images jeunes

20/03/2006

Eloge à la lecture

Ou plutôt « mal de lire » pourrait-on dire quand on connaît l’échec de l’enseignement et ses résultantes catastrophiques sur l’adéquation avec le monde du travail.

1.jpgS'il existe un apprentissage qui conditionne non seulement toute la vie écolière et estudiantine mais aussi celle qui nous suit jusqu'à nos derniers soupirs, c'est bien celui de la lecture et du plaisir qu'elle entraînera dans son sillage jusqu'à la passion ou non.
Je ne parle pas uniquement de l'étude simpliste de l'accès à cette concaténation de lettres et de chiffres qui se trouve en bonne place dans le programme des premières années de l'école primaire, mais aussi de l'assimilation des idées et des textes qui en est faite et du temps nécessaire pour y arriver.
L'approche faite par les écoles lors de nos premières années scolaires est souvent considérée comme une étape importante du programme d'enseignement mais pas essentielle, allant de soi automatiquement par l’usure et ne nécessitant pas nécessairement une obligation de perfection. Beaucoup de techniques différentes ont été tentées pour son enseignement de la meilleure manière. Le jeu a toujours été une bonne approche pour les plus petits dès l'âge de 3 ans. Les voyelles et les consonnes associées à une couleur différente est également une manière visuelle de l'aborder.
Les réformes reprenant la méthode globale, active, naturelle, descriptive ou mixte (il y a de quoi s'y perdre dans les concepts) ont été tentées mais restent empiriques. Elles sont défendues tour à tour par les corps enseignants successifs mais les parents de ces bambins, eux, se plaignent en permanence de l'indigente qualité de l'apprentissage de la lecture aux enfants. Des débats récurrents sur l'école et ses méthodes alternatives ne permettent plus de dénier qu'il y ait un malaise et un manque de pertinence. Les enfants acquièrent le langage avant celui de la lecture. Les méthodes de cette dernière ignorent la nature et le principe de fonctionnement d'une langue humaine. Passer alternativement des mots et des syllabes, en y associant les images ou les objets correspondants, à la phrase et à la lettre devrait construire les capacités naturelles des enfants pour déchiffrer de proche en proche les idées qui se cachent derrière un texte. La notation "alphabétique", particulièrement difficile à l'apprentissage par le nombre de règles à assimiler, supplante celle appelée "phonologique" qui, elle, met en relation univoque chaque symbole graphique et chaque son de la langue. Mais, la phonétique "absolue" ('x' par exemple) est confrontée à la "relative" ('doux', 'six','sixième','soixante').
Le revers de la médaille de cette méthode se retrouvent dans les SMS ou le 'chat' sur PC que les jeunes ont tôt fait d'utiliser à tout va sans respecter la moindre règle apprise en classe. La confrontation de la langue française avec l'usage de mots déformés est devenue trop fréquente. Par son idéologie de langue vivante, le français a été condamné de s'adapter et d'accepter des orthographes différentes du même mot. Il faut bien l'admettre, notre langue cumule une foule d'irrégularités et d'exceptions et accentue la difficulté de son apprentissage mal apprécié de notre jeunesse qui a du mal à s'y retrouver.
La méthode pédagogique appelée "globale" incriminée est souvent qualifiée de "pratique en dépit du bon sens" qui conduit l'enfant à "lire" "bagnole" en place d'un écrit "voiture".
Véritable méthode? L'illettrisme sur la durée n'est-il pas à la sortie? Il y a de quoi se poser la question.
Une caractérisation, pour le moins, est obligatoire pour mériter la qualification de "méthode".
Certains enseignants s'en sont rendus compte et bâtissent leur enseignement autour de la linguistique de base.
Les défauts de chaque voie globale ou non prennent un caractère rédhibitoire et les buts à atteindre sont à redéfinir complètement dans le cadre de la syntaxe en linguistique.
Chacune des méthodes est adaptée à une "gentille tête blonde" mais pas nécessairement à une autre. Nous ne sommes pas nés sous la même étoile. On l’oublie trop souvent.

Pourtant, la vie entière de l'élève dépendra de sa facilité à capter les idées et à les utiliser après l'assimilation. Aimer la lecture n’est pas inné, il n'en sera que plus aisé et plus apprécié à force de suivi et de temps qui lui sera consacré.
Ce qui ne veut pas dire que l’effort de perfectionnement se poursuivra au cours de la vie étudiante ou d’adulte. Cette matière de base est considérée très vite comme entendue et aucun programme n’y reviendra pour la perfectionner.
Apprendre reste une tâche qui s'associe au besoin de lire.

Poser la question à un adulte du "Comment il lit et par quelle technique?" n'apporte pas une réponse précise ni acceptée de bonne grâce par simple souci de la pudeur. Lire à voix haute fait découvrir souvent certaines imperfections et fait craindre un manque de coordination entre la lecture et sa compréhension en parallèle. L'intonation dénonçant l'assimilation du texte ne se ressent pas et la césure des mots ou des phrases ponctuées par les virgules et les points, qui devraient faciliter l'écoute de l'interlocuteur, n'est pas suivie telle une partition de musique. Donner une musicalité au texte, scander les mots au plus juste moment donne de la vie et l'imagination nécessaire aux textes. Sans cet effort, la compréhension immédiate de part et d'autre ne sera pas au rendez-vous.
Cette lecture à haute voix impose une anticipation de la lecture du texte pendant la déclamation de celui-ci. Nous avons deux yeux, profitons-en pour faire le repérage anticipatif. Cet exercice apporte déjà plus de confort et minimise les césures qui hachent les mots et les phrases aux plus mauvais moments.
Si vous n'en avez pas l'habitude, faites-en l'expérience. L'exercice en vaut la peine.
Quant à la compréhension, combien de jeunes étudiants n'ont-ils pas rater leurs examens pour la simple et bonne raison qu'ils n'avaient pas compris la question posée?
Les lecteurs de textes d'auteurs (ex. Michael Lonsdale) n'ont pas seulement le succès d'écoute par la seule beauté de leur voix mais aussi par l'excellence de leur interprétation vivante et active de ces textes.
Une lecture ratée ou sans assimilation d'un paragraphe sera souvent suivie d'une relecture pour permettre son résumé et la continuation bien comprise du livre. Ce processus de répétition, même si la complication du texte ne l'imposait pas de prime abord, n'est pas sans coût.

A la lecture d'un livre par manque de concentration, combien de fois n'avons-nous pas une réaction immédiate de se demander 'Mais, qu'ai-je lu?' et de perdre complètement le fil de l'histoire.

Les interférences multiples de la vie moderne ou de son entourage sont souvent responsables mais n'expliquent pas tout. Nous avons perdu du temps et se l'avouer nous imposera de nous mettre en conditions optimales lors de la reprise du bouquin dans nos mains.

L'analyse critique d'un texte de littérature ou de philosophie faisant partie des programmes est, elle, bien enseignée dans le secondaire mais reste bien perfectible. Pouvoir "lire entre les lignes" forge l'esprit et apporte une vision précisée ou cachée du monde dans lequel l'écrivain a voulu plonger ses lecteurs. Cela permet également aux jeunes étudiants de se situer parmi les autres et de fixer sa ligne de vie entre les mouvements d'idées contemporaines en véritable citoyen.

Bien plus tard, passer à la vitesse supérieure s’impose. La recherche de la rapidité dans la prise en charge d'un texte tout en gardant sa compréhension optimale et son assimilation simultanée est l'aboutissement de ce travail d'éducation scolaire. Des techniques d'accélération de la lecture existent mais ne sont pas prodiguées dans les programmes scolaires habituels. Elles peuvent être apprises bien plus (trop) tard, si seulement l'envie du candidat est suffisamment grande pour y consacrer le temps nécessaire.
Ce que l'on appelle communément la lecture 'en diagonale' utilisée entre autre par le président Kennedy, du moins le dit-on, est une habitude adoptée par les gens qui doivent assimiler de manière journalière un grand nombre de pages dans un minimum de temps sans aller nécessairement dans trop de détails. Elle permet de détecter les mots clés d'une phrase en sautant les mots qui n'ont pour but que de compléter une phrase bien faite linguistiquement.
Cette méthode n'apporte cependant pas une orthographe de bon niveau et n'assure pas toujours la captation de toutes les idées sous-jacentes et des finesses de la langue. Elle a pourtant le mérite de sauver l'étudiant au devant des monticules de livres à appréhender. D’autre part, les traitements de textes sont de plus en plus sophistiqués pour se permettre quelques laxismes temporaires du côté de l'orthographe.
La vitesse de lecture est importante. Plus on lit vite et bien, plus l'envie d'en lire plus encore apparaîtra. Notre époque ne peut plus laisser le temps au temps. Tout doit aller vite.
A la vue d'un texte, on voudrait déjà en connaître la substantifique moelle résumée devant les yeux.
Tout mot a pourtant, en principe, sa raison d'être dans une phrase et n'a pas été choisi au hasard "entre deux portes". Celui qui écrit un texte passe parfois un temps infini à la recherche du bon mot, de la bonne tournure de phrase, pour assurer le maximum de précision en pure perte apparemment.

L'apparition d'autres médias est une autre cause des lacunes actuelles. La télévision par son attrait plus représentatif ou ludique vole le temps disponible réservé à la lecture. Ils sont des plus, mais de là à oublier les sources écrites, il y a de la marge. La recherche par le journaliste de l'image qui apportera en un coup d'œil le flash résumé de l'idée à partager, suffit souvent à notre manière de capter l'information.

Nous vivons une période où la prolifération des écrits augmente de jour en jour.
Toute idée s'écrit et se retrouve dans les livres ou ailleurs. Ce n'est peut-être pas une boutade que de dire qu'il y a plus d'écrivains que de lecteurs.
Le média citoyen que constituent les blogs, cette nouvelle approche de l'écriture faite par tout un chacun a apporté une nouvelle couche bien plus importante, moins innocente dans ces prolongements qu'il n'y paraît. Les médias officiels se sentent attaqués dans leur fondement. Certains textes présentés génèrent parfois dix fois plus de commentaires en réaction. Et, c’est tant mieux. J'en arrive à me demander comment les lecteurs parviennent encore à ingurgiter et à tirer des conclusions de cette littérature qui provient de sources de tout horizon.
Internet stocke des bibliothèques entières en des milliards de pages de la connaissance humaine. Celle-ci est accessible avec les moyens de recherches les plus efficaces, mais il faudra garder cette efficacité par la lecture. Il est pourtant assez troublant de s'apercevoir que la lecture d'un livre, d'un texte plus long que celui d'un email, par exemple, est beaucoup moins apprécié par les adultes sur écran d'ordinateur. Des
eBooks gratuits permettant de lire des éditions complètes de livres d'auteurs célèbres existent sur Internet, mais ils sont souvent délaissés. L'impression sur papier et le 'bon vieux livre' auraient-ils donc toujours de l'avenir?

Tout ce qui contribue donc à améliorer la compréhension, l'assimilation et la vitesse de la lecture de texte par chacun d'entre nous et que ce texte soit en langue maternelle ou dans une langue étrangère doit être étudié et caractérisé d'une manière approfondie.

Jouer avec les jeunes écoliers, en cobaye, les balançant d'une méthode à l'autre sans en estimer les avantages et inconvénients au préalable entraîne des générations qui auront acquis le plaisir de lire ou, au contraire, auront été complètement retardé pour toute leur vie entière de citoyen dans la compréhension du monde qui les entoure.

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, d'autres commentaires

  

Citations:

  • "Un soir consacré à la lecture des grands livres est pour l'esprit ce qu'un séjour en montagne est pour l'âme", André Maurois
  • "Un des problèmes que l'on rencontre avec les techniques de lecture rapide c'est que le temps de se rendre compte qu'un livre est ennuyeux, on l'a déjà terminé", Franklin P. Johnes
  • "Je le jure. Une chose m'épate chez vous. C'est que vous arriviez à lire exactement à la vitesse à laquelle je parle", Philippe Geluck
  • "J'ai pris un cours de lecture rapide et j'ai pu lire "Guerre et Paix" en vingt minutes. Ca parle de la Russie.", Woody Allen
  • "La vraie lecture commence quand on ne lit plus seulement pour se distraire et se fuir, mais pour se trouver" Jean Ghéhenno.


    Mise à jour du 18 juin 2007: Pour la première fois en Belgique, un examen général, type baccalauréat, pour les jeunes sortant de primaire a été organisé. La conclusion est claire: la lecture est le problème majeur. On ne comprend pas ce qu'on lit. Alors, pour donner des réponses....


19/03/2006

Demandez le programme et corrigez-le

Des études bien assimilées est l'apanage à une carrière bien réussie. Les bases de ces études sont-elles vraiment acquises avec les mêmes chances? Le CPE français contesté par ses conséquences insidieuses sur la précarité, passerait-elle mieux la rampe en Belgique? Et, quid du modèle danois?

1.jpgPrenons une pause et réfléchissons à la manière de voir les choses d'ici et d'ailleurs.

L’état des lieux :
En France, le Contrat de Première Embauche (CPE), 'Contrat de Premier Esclavage', diront les adversaires a été adoptée par l'Assemblée nationale sans aucune discussions parlementaire préalable. Contrat à Durée Indéterminée (CDI) à la base, il est conçu pour une période de deux ans et être rompu par l'employeur sans que celui-ci soit obligé de se justifier et donner un motif à sa décision. Ce qui choque le plus. Période d'insertion professionnelle plutôt que d'essais, longue, sans sécurité d'emploi et apportant une précarité nouvelle, il a été intégré bizarrement dans la loi globale pour l'égalité des chances. Il suscite d'innombrables réactions, manifestations d'oppositions violentes, débats mais après coup. Le ministre De Villepin annonce déjà que la loi sera "compléter" et se dit près à l'améliorer après évaluation. La France est un pays qui connaissent le moins de CDI en Europe.

En Belgique, le récent "contrat de solidarité entre les générations" donne la possibilité aux jeunes d'acquérir une expérience professionnelle par une formation individuelle pendant deux mois après l'enseignement technique ou professionnel. Des réductions fiscales ou sociales sont prévues pour les employeurs engageant des jeunes travailleurs peu qualifiés. Les compromis "à la belge" ont joué. Les stages des jeunes, le plan Roseta et Activa existent pour donner un tremplin à l'emploi. Un employeur doit d'ailleurs engager de jeunes travailleurs à concurrence de 3% s'il emploie plus de 50 personnes. Le CPE belge existe aussi mais différemment. Il peut être conclu à temps partiel ou temps plein pour une période déterminée ou non et être remplacé ensuite par une période de formation ou d'apprentissage pour une période minimale d'un an. La période d'essai sous CDI ne peut excéder 6 mois pour un employé, 14 jours pour un ouvrier. Pas de motivation à chercher par l'employeur pour le renvoi du travailleur. Un préavis suffit ou payer une indemnité de rupture. C'est au jeune de prouver que son licenciement est abusif devant les tribunaux. Des exceptions existent cependant.
Un contrat normal démarre par une période d’essai de six mois, suivie par un engagement et un contrat à longueur indéterminée (CDI). Six mois, nécessaires et suffisants dans la majorité des cas pour se connaître de part et d'autre.
Rien de changé depuis mon « bon vieux temps ». En apparence, du moins. Des flexibilités sont demandées et des contrats de six mois successifs, parait-il, s’enchaînent en pratique. Le problème est que beaucoup de sociétés souvent internationales, pour réduire les coûts, ne peuvent augmenter le nombre de leurs employés. Que se passe-t-il ? A la fin des fatidiques six mois, elles recommencent le processus d’engagement sur une autre tête repoussant son prédécesseur dans une précarité identique.
Tout n’est décidemment pas « Blue skies » ici, non plus, malgré les apparences.
La comparaison de la France avec d’autres pays est intéressante et si ceux-ci ne sont pas touchés en première ligne, la contagion peut très bien germer dans les esprits fertiles en émotions pour la "construction" de l'Europe.


Le modèle danois, une récente étude balaie les idées reçues. Le "flex-sécurité" danois apporte l'équivalent de souplesse pour l'employeur. L'analyse de Jean-Claude Barrier du CNRS, intitulée "Apprendre vraiment du Danemark ?", reprend une étude réalisée pour le CEE dans le cadre d'un programme de comparaison des politiques de l'emploi en Europe et aux Etats-Unis. "On retient surtout la flexibilité des contrats sur le marché du travail, la facilité d'embaucher et de licencier”, note M. Barbier. Mais le chercheur regrette que "d'autres aspects du triangle d'or" danois, comme la générosité de la protection sociale, l'importance des politiques dites actives ou le rôle de l'emploi dans le secteur public et dans les services”, soient ignorés. La cohérence de ce système repose sur le fait que la notion de précarité y est "dénuée de sens”. Ainsi, en cas de non-emploi, le droit à la prestation d'assurance-chômage, à la condition d'avoir travaillé pendant 52 semaines dans les trois dernières années, est de quatre ans. Le taux de remplacement, non dégressif, est de 90 % jusqu'à un salaire annuel d'environ 27.000 euros. Au-delà, il descend progressivement : pour un salaire annuel de 47.250 euros, il est de 50 %. L'exemple danois, cité en modèle d'une "stratégie européenne pour l'emploi”, semble invalider la thèse selon laquelle de basses prestations d'indemnisation-chômage favoriseraient la recherche d'emploi. C'est dans le cadre de ce contrat de "confiance sociale" que peuvent être mises en œuvre des "offres d'activation" (formation, stages en entreprise, contrat aidé, prestation de conversion, etc.). Cependant, seuls un tiers des chômeurs de plus d'un an en bénéficient. Pour ceux qui n'y ont pas accès, "un soutien généreux au revenu et de longue durée est assuré”. Environ un quart des personnes d'âge actif sont hors emploi un taux équivalent à celui relevé en France et obtiennent des revenus de la protection sociale. Certes, le système est coûteux. Le Danemark consacre plus de 10% de son produit intérieur brut aux dépenses de protection sociale (prestations et dépenses pour l'emploi) pour les personnes d'âge actif. Un autre "ingrédient essentiel du modèle danois" réside dans "une protection collective négociée égalitaire" : "Que ce soit dans le secteur public ou privé, les règles de droit du travail, de protection contre le licenciement, de préavis, de temps de travail, etc. sont globalement les mêmes", souligne l'analyse. Autant d'éléments dont l'absence d'équivalents en France rend difficilement exportable ce fameux modèle danois dans sa cohérence globale.
 

Les Français sont dit allergiques aux réformes. Pas vraiment. Ils font des révolutions à la place. Il n’y a pas qu’eux pour craindre tout changement mal ficelé. La carrière, que l’on veut, ne doit pas s’assimiler à une aventure non préparée. Comme partout, un jeune n’a pas besoin d’indemnités, ce mot sent trop la charité. Il a peur de se retrouver en jachère, dans la précarité. Il a besoin de motivation, tout simplement.
Le CPE serait-il une « mesurette », du « Canada dry » (je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler sa pub)? Prendre d'une main sans donner de l'autre n'a jamais été une bonne solution surtout sans dialogue. Investir dans l'entité "emploi" n'aide que de très loin la "personne" en détresse.

Non, cette manière de corriger les acquis sociaux ne serait certes pas appréciée chez nous, Belges. Mais, nous resterons vigilants !

Cherchons les raisons possibles à la situation d'aujourd’hui:

Toute la vie étudiante, du plus bas au plus haut, est régulée par un programme, un fil rouge de l’enseignement conventionnel qu’il serait de mauvais ton de transgresser. Les choses changent très vite. Par contre, des programmes rigides régissent la vie scolaire. Ils vont se succéder sans alternative au fur et à mesure de l'avancement des classes et cela jusqu'à l'université. Sont-ils adaptés en pratique aux nouvelles tendances de la vie et des marchés du travail? La réponse, de toute évidence, est claire et nette : « non ».
Les tendances toujours d’application sont de créer des têtes « bien pleines ». De têtes « bien faites », elles, on ne s’en préoccupe pas trop. Il y a une parfaite inadéquation entre les écoles, le fournisseur de jeunes instruits, et des entreprises, les clients de ces mêmes jeunes. L’entreprise n’en a rien à cirer des diplômes, mais a bien plus besoin de qualifications qui viendront l’aider dans le travail à accomplir tous les jours.
Les programmes qui se veulent complet, exhaustifs fournissent des « culturistes généraux » et des matières parfois complètement obsolètes ou non appropriées. Toutes les minutes comptent. Les langues mortes qui seront très intéressantes pour celui qui se sent l’âme de linguiste, mais pour les autres? N’en déplaise à certains que je sens réagir : on n’a plus le temps de tergiverser. Toujours la course en avant. Les meilleurs, mais aussi les moins nombreux, passent le cap. Mais les autres ?
Les programmes sont de plus en plus chargés et les enseignants n’ont pas le temps de traîner en route pour rééquilibrer le jeune en perdition. Les écoles n’ont en général plus les estrades pour distancer le professeur de ses élèves, mais que de poussière sur les bancs! Les enseignants ne sont pas en faute: ils jouent le jeu. Ils font généralement de leur mieux dans l'ornière tracée par le programme avec très peu de possibilités de la sauter.  
Entretemps, les entrepreneurs de sociétés en place trépignent d’impatience, se plaignent amèrement de ne pas trouver « chaussures à leur pieds » pour combler les postes vacants qui ne trouvent aucun répondant à la pointure désirée.
Que fait-on en fin de course des études ? Il faut un certain pourcentage de « gagnants ». L'échec coûte cher au pays. "Echec à l'échec", entend-on. Donc, les diplômes sont attribués de guère lasse, donnés en pâture, tels quels.
La Dévalorisation de diplômes aux titres pourtant bien ronflant est en effet le résultat.
Aucune concertation entre ces chefs d’entreprises qui demandent des qualifications très précises et l’école qui devrait le leur fournir. Cette confrontation ne se passe apparemment pas de manière productive d’évolution ni pendant ni en fin de cycle. Le besoin d'éducation permanente est flagrant dans notre monde "pressé" et sa prise en charge devrait l'être prise par tous les acteurs demandeurs: l'entreprise, l'Etat et enfin par le prestaire de service. 
Les pays scandinaves sont souvent cités comme exemples. Les budgets alloués à l'éducation et une contribution de l'Etat sont prévue en parachute dans le cas de carence de l'entreprise ou pour fournir un surplus d'apprentissage. Nos pays, France, Belgique, ... ne sont pas près d'aller dans ce sens. C'est un problème de culture de la masse des travailleurs et des entreprises qui devraient les engager.
La « mesurette » du CPE est malsaine et en plus n’améliorera rien. Les chefs d'entreprises sautent sur l'occasion mais ne sont pas nécessairement proactifs pour apporter une contrepartie.
De là, démarrent souvent les échecs futurs tout azimut.
Voilà les raisons principales de la faiblesse de notre enseignement actuel.
Les programmes seraient-ils les seuls fautifs? La réponse est également: « non ».
Le nombre d'heures de cours dans les primaires qui a diminué drastiquement ces dernières années. On peut sommer cette diminution à quelques 2 années perdues sur les premières 12 années d'études terminées par le secondaire.
Pourquoi? En résumé, mais la liste n'est pas exhaustive:

  • En 1970, le mercredi après-midi et le samedi matin sont passés à la trappe pour ne plus 'fatiguer' nos jeunes, mais aussi pour aussi palier le manque d'instituteurs qui eux suivaient la même envie et aussi n'avaient plus la même reconnaissance de leur profession au niveau prestige et financier. Les budgets de l'enseignement ont, comme dans beaucoup de domaines, été rognés. Les restrictions allaient devoir apporter une diminution dans les dépenses pour renter dans le cadre du budget. Si, par la suite, des voix se sont exprimées pour relancer la machine après s'être rendu compte de la chute trop désastreuse pour la génération suivante, il a fallu beaucoup de temps pour s'en apercevoir et espérer regagner le temps perdu.
  • Les manières de vivre ont évolué également. Les parents ne sont plus aussi prêts ni disponibles à assumer le rôle de garderie comme par le passé. La femme s'est émancipée, travaille de son côté et participe de plein droit à la vie économique. Ce phénomène oblige évidemment à trouver un remplacement. Il ne parvient plus à combler la fonction de surveillance et moins d'heures sont finalement attribuées à l'enseignement pur et dur.
  • Comme dit plus haut, le temps imparti à l'étude de textes est limité par les années scolaires chargées de beaucoup d'autres matières qui parfois patinent et n'atteignent pas leur rythme de croisière, entravé par une connaissance insuffisante de l'abc.
  • Auparavant, l'aspect technique ou technologique importait plus. Dans la pratique, des techniciens aux connaissances pointues étaient demandés. A la clé, ils pouvaient espérer, seuls, avoir une chance de se retrouver avec un contrat à longueur indéterminée. La culture générale a pu s'en retrouvée lésée. La pensée scientifique reste méconnue des méthodes de lecture et l'amélioration de la connaissance de sa propre langue maternelle a tout simplement été ignorée une fois sorti du cycle primaire au profit de connaissance plus technique.
  • L'apprentissage de la lecture est si faible qu'il n'a hérité, non seulement, d'une organisation reconnue ni d'une progression suivie d'année en année en fonction de l'âge de l'étudiant. Comprendre un texte avec le plus d'efficacité et le plus de rapidité n'a jamais ressenti comme une nécessité et reste le but à atteindre. Galvaudé, cet apprentissage de base est non considéré à sa juste importance. J’en parle dans le texte «Eloge à la lecture».
  • L'étude de langues étrangères n'avait pas la même prépondérance qu'aujourd'hui pour se retrouver en symbiose avec les nouveaux désidératas de l'économie mondiale.

La pédagogie qui se cherche perpétuellement a d'autres projets à la mode. Répondant au besoin de l'apprentissage d'une seconde langue, la "pédagogie immersive" veut améliorer l'efficacité et augmenter le nombre de polyglottes futurs. L'idée est excellente. Ca marche dans les entreprises qui envoient leurs employés dans des cycles pareils, mais il n'empêche qu'il ne faut pas déclasser les bases essentielles.
Marie Arena, Ministre de la Communauté française en Belgique, le rappelait d'ailleurs sur notre antenne en septembre 2005 et abondait dans mon sens en déclarant:

"La première des priorités, en tout cas ça, je le maintiens, c’est la connaissance du français. Il est difficile de garantir l’apprentissage d’une 2e langue, si l’apprentissage de cette 1ère langue -qui est la langue de la Communauté Française ne l’oublions pas- n’est pas notre priorité et n’est pas garantie pour l’ensemble de nos élèves en Communauté. Cette priorité, donc, connaissance du français, reste bien entendu la priorité des priorités sans laquelle vous n’avez pas accès aux Mathématiques, vous n’avez pas accès à une autre langue non plus."

La réussite de nos enfants ou étudiants est à ce prix.

Le journaliste Hugues Le Paige de la RTBF ajoutait son idée :

Un spectre hante la France : sa jeunesse. Il y plusieurs lectures possibles du mouvement de protestation des jeunes contre le contrat de première embauche. On peut se rappeler que tous les dix ans, environ, la jeunesse française se révolte contre des mesures ressenties comme profondément injustes, démentant à chaque fois, et sous des formes toujours différentes, les idées reçues sur la passivité et la résignation des nouvelles générations. Cette fois encore, le mouvement de protestation qui continue de se développer invente une nouvelle manière de s’exprimer mêlant l’esprit d’indépendance à celui de la solidarité, mélangeant, dans son langage propre, ironie et détermination. Mais le contexte est lourd. François Dubet, un sociologue spécialiste de la jeunesse et du monde du travail a analysé l’inquiétude des jeunes face à la précarité. Il note que depuis une trentaine d’années les gouvernants ont traité les jeunes comme une variable d’ajustement : « c’est eux qui ont eu droit aux emplois précaires, aux stages non rémunérés, c’est eux qui ont eu droit à l’intérim, et cela alors que l’écart de salaire entre les débuts et les fins de carrière n’a cessé d’augmenter ». François Dubet ajoute que « la scène sociale est dominée, depuis 20 ans, par des mouvements lourdement marqués par l’inquiétude ». Le sociologue ajoute que le mouvement anti CPE est la réplique dans les classes moyennes, de celui des banlieues. Ce que l’on appelle, par ailleurs, l’insécurité sociale gagne tous les milieux précarisés. Autre aspect, politique celui-la, de cette crise : l’incroyable obstination du gouvernement. Après les banlieues, les universités et les lycées : le premier ministre de Villepin, baptisé par « Libération », « le forcené de Matignon » et le ministre de l’intérieur aux écarts de langage ravageurs sont les artisans accomplis de la provocation, le tout sur fond d’une rivalité présidentielle aux effets dévastateurs, y compris sur l’image de la politique elle-même avec des conséquences que l’on ne peut pas encore imaginer.   

Certains n’ont pas manqué de relier mai 68 à la situation actuelle en France. En apparence, peut-être. Même théâtre, même violence mais l'objet de l'insatisfaction différente, l’allégresse libertaire en moins et la peur du lendemain en plus."


Faut-il passer aux blocus des universités? Ce n'est pas en agressant la "victime" que l'on touchera le "bourreau". La société rejette de plus en plus les jeunes. Comment régler le problème? 41% des Français réclame le retriait du CPE de la loi sur l'"Egalité des chances", 42% estiment qu'il faut le suspendre et 12% veulent son maintien.  Préjugés, mauvaise compréhension dans l'esprit des jeunes ? Un tel projet de société demanderait un référendum, comme la Suisse en a le secret, pour le moins. Ce n'est certes pas sans concertations que l’on créera un modèle de société solidaire.

 
L'enfoiré,

 

Citations:

  • "On devrait pouvoir ouvrir des écoles pour professeurs inadaptés", Alphonse Allais
  • "Un enfant qui ne s'est instruit qu'à l'école n'est pas un enfant instruit", George Santayana
  • "Vous pouvez amener un enfant à l'école, mais vous ne pouvez pas le forcer à réfléchir", Elbert Hubbard
  • "Les diplômes représentent un obstacle à la liberté de l'éducation", Ivan Illich
  • "Ce qui est le plus négligé dans nos écoles est justement ce dont nous avons le plus besoin dans la vie", Herbert Spencer
  • "Ne demandez pas à l'école de vous donner des frissons, demandez-lui plutôt de vous étonner", André Levy