02/09/2009

Peter & Co remasterisés

20090824La rentrée.jpgLe Principe de Peter, qui s'en souvient encore? Où en est-il en temps de crise?

Vous vous rendez compte, le Principe de Peter a quarante ans d'âge. En 1969, Laurence J. Peter etRaymond Hull publiaient leur livre aux États-Unis sous le titre "Le Principe de Peter".

Si on rafraîchissait ce principe, voulu satirique et qui n'est d'ailleurs pas unique en son genre?

Pour rappel, à la base, Peter affirmait « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence » avec comme corollaire  : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité. ».

S'il y a dix ans, le Principe de Peter n'avait pas perdu une ride suivant cet article qui le rappelait, en est-il de même aujourd'hui ou une évolution plus insidieuse encore a-t-elle pris le dessus? Depuis lors, des crises se sont succédées l'une après l'autre. La dernière dépasse toutes les autres par son ampleur. Des précédentes, on en ressentait, déjà, quelques retombées désagréables. Mais, nos temps troublés, l'extrapolation du principe a rendu l'homme d'action que l'on aimerait garder toujours motivé, encore moins efficace et les dérapages sont de moins en moins contrôlés. Si chacun garde un potentiel en lui qu'il faut faire ressortir, il a ses limites implicites et ses points forts. Rien de plus normal.

Normal d'évaluer les compétences. Moins normal de ne pas pouvoir les utiliser quand elles existent et que la "machine humaine" a toutes les pièces nécessaires pour aboutir avec succès? Est-ce volontaire ou obligatoire de ce manque d'empressements pour exercer celles-ci?20090822Entrée des classes.jpg

La hiérarchie, pour marquer son action recherche les meilleurs éléments, dans les règles de l'art traditionnelles, avec la finalité prescrite par la stratégie, mais elle se voit de plus en plus bridée dans son action.

Tous les HR, les "Human Resources", de la terre se doivent de référer devant une autorité supérieure de leurs propres performances. Les multinationales ne fonctionnent plus par hiérarchies internes mais comme satellites d'une maison mère qui peut être très éloignée. Les autorités ne sont plus sous le même toit et s'exercent souvent à distance. C'est à dire sans même en connaître ses membres physiquement. Ce qui donne déjà une appréciation déviée des réalités du terrain. Alors, les compétences n'apparaissent pas vraiment dans les priorités. Pas de budgets "voyages" pour aller constater de visu. Téléguidage avec les fils invisibles d'Internet.

Le fil de l'histoire de la montée sur les échelons de la gloire, de cette hiérarchie révèle encore plus de surprises que Peter n'avait peut-être pas envisagé quand la pénurie de moyens fait tache d'huile en période de crises.

Que fait-on pour récompenser l'employé méritant sans les espèces sonnantes et trébuchantes?

20090715Chaise musicale.jpgSimple, on lui donne des galons. Par la promotion, on tente de garder son personnel sans plus pouvoir augmenter le salaire qui reste pourtant le nerf de la guerre. Il n'y a même plus ces "Sucettes à l'anis" que je décrivais avec humour.

Il était technicien ou vendeur au départ. Le voici, chef, d'un coup de baguette magique, manager d'une équipe. Comme cela doit se passer dans un bref délais qui suit souvent une restructuration ou un remplacement d'une tête par une autre, on saute l'étape qui pourrait être des cours de managements ou plus simplement, de psychologie et de l'apprentissage du comment fonctionne une équipe. Manager des hommes n'a rien à voir avec manager de l'outil même informatisé.

Le drame, il est là. L'élu devra faire semblant d'être content de sa promotion alors que financièrement, toutes taxes déduites, il n'aura rien de plus. Le jeu de la chaise musicale a commencé, il faut poursuivre dans l'allégresse. A la nouvelle position, il s'agira de motiver ses subalternes, quitte à s'éloigner de la technique pour soi-même, réservée, désormais, à l'étage inférieur.

Avoir des hommes et femmes sous ses ordres, il n'est plus permis d'avoir les mêmes instincts de reclus derrière un PC, cette machine en « stand alone » ou, de tenter d'assouplir la résistance d'un client à l'achat. En fonction d'une certaine volonté d'afficher son altruisme de bon aloi, le nouveau gradé se retrouve seul avec des décisions à prendre. Décisions qu'il remarquera très vite comme bridées.20090714Casting Tripartite.jpg

Le Département des Ressources Humaines est là pour initier ce travail de recherche de nouveaux collaborateurs dans un premier tri. Son rôle n'est pas de materner très longtemps ces candidats. Il est là pour sélectionner des potentiels, pas pour en assumer le choix effectif. Il en a les prérogatives et les moyens par les petites annonces, la publicité, les chasseurs de têtes et par les canevas de CV. Ce dernier se révèle, même, de plus en plus souvent, aseptisé. Internet et ses CV pré-formatés pour aider les candidats à l'embauche a fait beaucoup perdre à l'originalité.

Pour les décideurs du service du personnels, les diplômes sont là pour orienter ce choix, pas pour donner des garanties de succès avec la carrure de l'emploi que le leader devra reprendre à son actif. Pour lui, les diplômes sont une piste pour la technicité, pas pour l'intégration avec l'esprit d'équipe. Les critères de sélection sont parfois trop précis et oublie de prendre en compte la capacité de l'adaptation de l'être humain. Le résultat: des milliers de postes restent ouverts à l'écoute des sirènes qui viennent d'un ailleurs bien méconnu qu'il faudra mettre en balance.

Mais, ce n'est pas cela qui importe, ni inquiète la société très cadenassée. Le règlement, rien que le règlement caché derrière un programme de sélection pré-mâché et immuable, voilà le remède miracle pour minimiser les risques de part et d'autre.

De ce côté, aussi, il y a aussi les champions de la compétence ou qui se présentent comme tel. Des niveaux de certification CMMI Level 5 Ver 1.2 ne sont pas rares. Les versions n'ont pas de limites. Les évaluations biaisées, probablement, non plus. Ces champions viennent de bien loin. De plus, ils viennent avec des avantages indéniables du "moins chers" et donc, ils peuvent se multiplier pour un même prix, en cas de besoin. La compétence du travail outsourcé, avec l'appui de offshore et, en plus, préconisé par la direction.

Mais, être externe, c'est toujours rester en dehors de la stratégie interne bien ancrée depuis longtemps. Ce sera exécuter en pur et dur en refusant tout ce qui ne ferait pas partie du contrat de départ. Aucun intérêt d'aller plus loin sans supplément. Pour le contremaître désigné pour ce genre de travail, son amour et son perfectionnisme deviennent des défauts. Il entreprend le travail qui lui paraît intéressant, néglige le plus urgent. Rien ne sort de son expertise avant d'être parfaitement satisfait. Il se mêle de tout. Il est demandé partout. Les autres attendent qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire. Le désordre s'installe. Le client, lui, devenu moins perfectionniste à l'usure, veut simplement que les livraisons ne soient pas en retard.

Caricatural ou bien dans la note de notre temps? Le cas était décrit avec les mêmes mots pour un contremaître local dans le livre.

Le manager interne direct, lui, devra assumer son choix dans la durée avec les risques propres. Établir des critères plus précis, c'est à son niveau direct que tout passe ou tout casse.

Casting en plusieurs étapes, donc. En plusieurs désillusions, aussi.

Dans ce sens, j'écrivais, il y a déjà un temps, "La technicité n'est plus seule". La pyramide de la hiérarchie y était mise sur la sellette de mes interrogations. L'inflation des galons donnés permettait aussi de demander "Plus de rameurs SVP" pour parvenir à ses fins.

Qu'espère le nouvel engagé, plein d'enthousiasme, de l'entreprise? Très probablement, de la motivation, du partage de responsabilités, de la satisfaction au travail en communauté.20090724Foire Libramont.jpg

La patience, pour un jeune, ce n'est pas la panacée au niveau de la base des revendications. Dès le premier échelon de management, entre le marteau et l'enclume, la patience devient obligatoire. Quand on n'a pas la pêche dans ces moments troublés, le profil bas s'impose. La compétence s'étiole vite dans le temps de crise. Qu'on ne vient pas me dire que tous les jeunes ne sont pas volontaires. Je m'inscrirais en faux. Cela s'excite pendant la jeunesse et parfois, cela attend la fin chez les seniors. La démotivation fait exploser les relations dans leur confrontation.

Je me souviens d'une époque où un de mes coéquipiers que j'avais, en pensée, défini avec gentillesse et un peu d'humour, de pilote de chasse qui avait oublié de vérifier s'il y avait un siège éjectable dans le cockpit. Il voulait savoir ce qui lui arriverait dans un an, quel projet allait lui échoir dans deux ans, alors que j'étais personnellement incapable de connaître ce qui allait se passer pour l'équipe dans la quinzaine. Me renseigner pour le satisfaire. Bien sûr. Trouver la bonne porte, d'abord, et me rendre compte qu'à l'étage du dessus, le même problème se posait. Temporiser, faire comme si le renseignement allait venir, bientôt, devenait un art, bien plus difficile qu'il n'y parait.

Etre nommé à un poste supérieur, était-ce d'ailleurs une volonté de son élu? N'était-ce pas pour suivre le vieil adage qui ne progresse pas, recule? Dans notre société de progrès à l'emporte pièce, l'élu se doit, pour des raisons de prestige, de satisfaire la galerie et sa famille. Donc, pour lui, refuser la promotion reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Pour le senior, le refus équivaudrait à du à mobbing une réponse de "non-recevoir".

Le manager « new middle style » est devenu une sorte de ministre sans portefeuille, sans illusions et sans une véritable vision de la stratégie à long terme. Des réunions de management vont faire semblant de répondre à ce manque sans y parvenir. Étapes presque inutiles et sans fondement, que cette maladie, la « meeting-ïte » aiguë! Alors, on y vient pour entendre mais plus pour écouter.

La base, elle, sera contrainte de comprendre après coup les décisions sans participer au combat. Elle n'y est pas invitée. Parfois, un mensuel d'entreprise parait dans les grandes sociétés pour donner la température du "business". A y regarder de plus près, c'est plutôt pour citer les nouveaux arrivés et féliciter les heureux anniversaires de présence dans l'entreprise ou les naissances parentales du personnel. Ce n'est un problème que si ce n'est pas une exclusivité voulue pour suivre un faux paternalisme. La devise continue son chemin "diviser pour régner", mieux vous en savez, mieux vous vous portez. C'est même institutionnalisé.

Internet dans l'entreprise avec l'aide de l'eMail aurait pu augmenter les communications tout azimut et ouvrir les vannes aux compétences dans le partage des informations, de haut en bas et de bas en haut. Cela ne se réalise toujours pas dans la clarté. Les informations restent stagner au dernier étage ou dans une poubelle d'un étage intermédiaire jusqu'au nouveau tour de manivelle. Dans le fond, on s'y attend à ses tours de vis. Si vous n'avez pas encore remarqué, l'ambiance de crise est profonde et perdure depuis longtemps dans un climat de peur, voir de terreur de perdre son emploi.

20090611Abstentions.jpgToute tentative de sortir l'erreur du chapeau pour la rapporter est risquée comme je le disais dans "Rien que de bonnes nouvelles". La crise a sclérosé le « middle management » en période de crise. On se tait, quitte à se corrompre soi-même et à oublier ses beaux projets et espoirs d'amélioration du départ.

Pour les déjà "in", à la gestion de personnel, la stratégie, c'est travailler au bras de fer, à l'endurance, mais, avec des plans de carrières de courtes durées. Ce manque de vision à long terme va parfois entraîner des investissements en pure perte. Les cours qui ne font pas partie des salaires, sont accordés pour les remplacer, sans sécurité de leur utilisation. Cette spécialisation du savoir à outrance, qui manque souvent d'application, tombe par l'"overhead" dans les pertes et profits.

Le monde académique prend une part de responsabilités dans ce phénomène. Plaire à l'entreprise se présente comme un tremplin vers de nouveaux contrats dans la recherche. Les élites du savoir sont ainsi renouvelés jusqu'à plus soif. Le SWAT System demande bien plus d'intelligence pour être mis en œuvre avec le concours et le bénéfice de tous.

Le Principe de Peter reste valable donc quand on pense que l'incompétent reste à son poste, mais il a parfois de bonnes raisons de vivre caché sans chercher à changer.

La Principe de Dilbert, en provenance d'une bande dessinée américaine, est on ne peut plus perspicace en touchant tous les échelons dans leur espoirs de grandeurs. Ce n'est pas une question de faire des dégâts à un poste de responsabilité faible, c'est devenu une protection contre l'adversité et pour suivre l'esprit de "pour vivre heureux vivons caché". On n'ose plus se plaindre quand on a une nombreuse famille à nourrir, des dettes qui se sont accumulées. On attend que l'orage passe.20090713Olivier durable.jpg

Quand les places sont chères, on observe aussi une surévaluation des besoins et une dévalorisation des diplômes. Véritable inflation des compétences qui ne seront jamais utilisées dans la pratique. Suite à des études poussées, se retrouver avec un logiciel pour suivre l'évolution des projets peut ne pas plaire dans la durée au meilleur des managers. La défoliation hiérarchique, décrite dans le livre, se confirme. Être trop compétent par rapport au supérieur finira par l'éviction rapide du challenger trop qualifié. La compétition avec le chef direct deviendrait insoutenable.

Les multinationales américaines avec ses filiales ont depuis longtemps implanté un système d'évaluations par midpointdéterminé par fonction. En dessous du minimum ou au dessus du maximum, le travailleur n'a plus sa place dans le groupe qui l'occupe. Cela voudrait donc dire « the rigth man in the rigth place » (l'homme à la bonne place). Très théorique, cette vision. Très mystérieux, le moyen de l'établir. La pratique ne fonctionnera qu'à condition que son praticien ne s'épuise pas sans challenge et une certaine motivation naturelle. Mettre le QI, ce Quotient Intellectuel bien immature, en adéquation avec le besoin pour ne pas atteindre le QP, le Quotient de Promotion Zéro.

Alors, la question naturelle vient à l'esprit: le Principe de Peter n'est-il pas remonté au sommet de la hiérarchie pour arriver à l'incompétence voulue globalement pour ne pas gêner l'ensemble de l'édifice? Affabulation avec espoirs déçus devant une perfection inadaptée et inaccessible qui se termine comme un château de cartes à l'échelle de l'entreprise dans son entièreté?

20090901Internat sans école.jpgUne inadéquation est souvent mise en avant par les entreprises entre les désirs de compétences qu'elles espèrent trouver chez leurs candidats à l'emploi et ce que les écoles leur présentent. Y a-t-il, encore vraiment, un lien étroit entre l'œuf et la poule? Les entreprises s'intéressent-elles et investissent-elles pour obtenir ce qu'elles veulent ou ne s'intéressent-elles, en fin de compte, qu'au produit fini au moindre coût? L'école n'est pas exempte, non plus, de tares et de boulets d'un autre temps trop liée à un programme trop figé.

Analyses bien plus fines qu'il n'y paraît.

Sauter ces étapes explique beaucoup de faillites de notre système.

Alors, il y a ce que Peter appelait du doux nom de "sublimation percutante" comme remède. On laisse croire à l'intéressé qu'il monte les échelons de la gloire, tout en le laissant croupir dans un patinage sur place ou sur glace. On devient membre honorifique d'une organisation. On se positionne dans des postes vides de personnels subalternes, avec un titre encore plus ronflant.

Une publicité récente parlait, avec humour et en anglais, des intérimaires. Pour donner plus d'allant à un poste de prestige, ronflant à souhait et qui finissait par « temporary » ou « acting ». Si, cela ne valait pas une belle histoire amusante, qu'elle est celle qui le pourrait?

Autre secteur que la crise a touché en premier, ce sont les intérimaires. Ceux-ci ont été virés en premiers quand l'emploi venait à manquer. Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que la remontée est en cours. Premiers sortis, premiers rentrés. Signe d'une reprise?

20090626Chomeurs en 2011.jpgLa "spéciation dans le détail" qui n'est qu'une diversion ou l'"aberration totale" par le refus de continuer, est un autre remède proposé par Peter pour s'échapper de la contrainte de l'étau, une fois, installé entre ses deux pinces du côté de l'employé lui-même. Pour éliminer une gêne, le mobbing par le niveau supérieur sur le subalterne n'est pas rare. Méthode de l'absurde par excellence pour le bon employé qui n'était pas là que pour s'éclater et pas faire semblant. Pour le moins bon, ce sera une manière humoristique de ne pas sombrer dans la déprime. La pré-pension ou la retraite anticipée, ce qui revient au même, vient à l'esprit quand l'âge s'y prête.

L'incompétence créatrice, la Parade de Peter, est la manière de faire comprendre sa non-adhérence à la stratégie de l'entreprise même si elle se veut plus intelligente et à la recherche du bonheur. Elle cherche, parfois, une porte de sortie avec tous les honneurs de la guerre. Nous sommes dans une stratégie intimiste, de la démocratie inversée qui cherche son palliatif dans le "cause toujours, tu m'intéresses". Le vers est-il dans la pomme? Vers luisant de plus en plus utilisée pourtant par les jeunes qui ont pu se départager entre le bien de la société et le sien propre.

Peter & Co remasterisé_dilbert.jpgLe principe de Dilbert avec ses promotions d'incompétents n'y voit pas trop d'inconvénients et voyait, même , le temps du Principe de Peter comme une époque plutôt bleue et révolue.20090616Crise relance.jpg

La Loi de Parkinson, plus ancienne encore, affirmait que « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement », mais c'est plutôt au niveau du fonctionnaire qu'elle s'adapte le mieux. Là, nous remontons 50 ans en arrière avec cette Loi. Se créer du travail quand il n'y en a pas, diviser celui-ci pour avoir une chance de mieux le contrôler dans la suite et donc de régner, sont des techniques d'un autre temps. Il s'agit ici d'automatisme professionnel.

La Loi de Murphy est, dit Wikipedia, un principe empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner. Cela ne ferait-il pas peur?

Une question m'a été soufflée: le Principe de Peter s'appliquerait-il à Albert Einstein qui fut un piètre étudiant et un excellent chercheur?

Appliquant la même règle selon laquelle « l’incompétence n’a pas de frontières, ni dans le temps ni dans l’espace », que dire de Winston Churchill qui fut, contre son gré, un ministre de la marine bien impuissant et un puissant premier ministre?

A y réfléchir de plus près, la première réponse serait que, cette fois, avec la vie qui s'allonge, nous avons droit à plusieurs existences, plusieurs chances ou malchances de se retrouver à une bonne ou mauvaise place sur les pas de nos vies. L'expérience ne sera plus réservée à une seule compétence. Les fameux « skills » (talents) qui multipliaient le travailleur avec lui-même comme des doubles du plus bel effet pourraient se révéler, un jour, à l'avantage de l'entité "homme" en séquences plutôt que de celle de l'employé en parallèles.

20090607Di Rupo Daaerden.jpgVa-t-on les rencontrer ses différentes vies ou les sauter sans les avoir vues? La vie active est un sport d'athlètes et un jeu d'échec en maturation. Chercher le niveau optimal en motivations, en satisfactions ou par le prestige de la position n'est que rarement compatible. Cette vision en oublie la solidarité et l'esprit d'équipe, c'est son pire ennemi.

Le phénomène démocratique demanderait de pouvoir se positionner soi-même en fonction de ses aptitudes du moment en adéquation avec son niveau de compétence réel et accepté. Le challenge, c'est bien quand il y a une chance de réussite. Les décentralisations irresponsables, les redistributions des tâches à grande échelle, étrangère à la volonté intime de l'individu trouvent un écho par l'alternance des postes, dans une réforme permanente. Cela donne, en finale, l'illusion de la démocratie, alors, que celle-ci ne devrait être là que pour limiter les excès de pouvoir et de sa durée qui pourrit son mandataire dans ses habitudes.

Je ne pouvais terminer ce billet sans donner de l'espoir. Car, certains ont compris la manœuvre.

Dans le Vif L'Express, il y avait un entretien avec Nicolas G.Hayek, le fondateur de Swatch et l'inventeur du concept de la mini-voiture Smart. Il disait qu'on avait perdu l'esprit d'entreprise, qu'il fallait revendiquer le droit à l'échec, changer les mentalités et que renvoyer son personnel pour arrondir des fins de mois difficiles, c'était la méthode la plus facile. Dans son entreprise de 25.000 personnes, il n'aurait pas encore renvoyé un "collaborateur" (le mot vaut la peine d'être pointé) à cause de la crise. D'après lui, chacun représentait une force de frappe formidable. Alors, il pense en profiter pour augmenter la formation pour rester dans le coup ou, à la rigueur, diminuer la charge par du chômage partiel pour attendre que cela se passe. Il veut montrer l'exemple à ses troupes malgré son âge avancé.

Était-ce un autre moyen d'aborder le principe de Laurence Peter?

L'incompétence et la compétence à l'ancienne n'ont désormais plus totalement cours de la même manière. Pour des raisons écologiques et pour enrayer le déclin des pays occidentaux, il faudra désormais des principes qui jouent de concert avec la pédale d'accélérateur et de frein.

La moralité corollaire de l'histoire serait, alors, que si la compétence efface parfois tout, l'incompétence, elle, n'efface jamais la récidive de la bêtise.

Si Paris valait bien une messe, vivre et travailler en société valaient bien quelques principes et lois pour fonctionner.

20090623Michel est de retour.jpgBonne rentrée dans le monde du réel.

A bas, la déprime appelée "syndrome post-vacances".


L'Enfoiré,

De la Petermania sur Agoravox?


Citations:


  • « Si vous ne savez pas où vous allez, vous finirez probablement quelque part ailleurs. » et

  • « Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui. » et

  • « On trouve dans la Bible beaucoup de situations du monde moderne. Par exemple, Noé, cherchant pendant quarante jours une place pour se garer. », Laurence Peter


03/07/2009

Un Geek avant l'heure?

Suis-je Geek avant l'heure Naissance.jpgCette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?


Le N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.

Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?

Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.Suis-je Geek avant l'heure Password.jpg

La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.

- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.

- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.

"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.

Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.

Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.

Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.

Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.

Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.

"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.

"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.

"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?

Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.Suis-je Geek avant l'heure.jpg

Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.

- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?

- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?

- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.

- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.

Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.

Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.

On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?

Suis-je Geek avant l'heure Paradis.jpgDe la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».

- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.

M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.

On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.

Ils sont vraiment ignares ces geekless.

Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.

Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».

Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?

Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur. Un coup dans le geektionnaire pour apprendre le noob, le fake et le flood.

Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.


L'Enfoiré,

(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre"

Des Geeks agoravoxiens?

23/03/2009

Les langues, un sacré jeu de langue

Les langues un sérieux jeu de langue.jpgLa semaine dernière, à l'occasion de la Journée de la Francophonie, Bruxelles tentait de réformer la langue française. Événement à polémiques entre progressistes et accrochés à la langue dans son statut actuel. Mais le français n'est pas seul.

 

D'abord, qu'est ce qu'une langue? Wikipedia dit "la langue est un système de signes linguistiques, vocaux, graphiques ou gestuel, qui permet la communication entre individus".

Tout un programme avec une destination réelle d'"outil à la communication". Quand l'outil n'est pas utilisé par un grand nombre de personnes, le préserver à tout prix, car, ce n'est pas un outil tout à fait comme les autres. La diversité des cultures des hommes est intégrée dans cet outil. C'est donc normal. Il faut aussi répondre aux usages, aux prépondérances et aux préférences de ses utilisateurs. Les langues sont les véhicules de la pensée, du plus spécialisées au plus généralisées dans cette fonction et son cadre d'utilisation.

Que constate-t-on dans la pratique? Ce qu'en dit Wikipedia: l'anglais, comme langue du commerce et de la science, l'espagnol comme langue d'Amérique latine, le portugais au Brésil, le chinois et l'hindi pour l'Asie, le français dans la diplomatie. Objectivité par l'expérience ou par les convenances.

Le client à toujours raison par son pragmatisme intégré dans ses habitudes. Le client vit avec sa ou ses langues en même temps qu'avec son temps. Il l'adaptera ou les torturera à son usage et pas inversement. Il ne faut pas oublier que l'effort pour son apprentissage lui incombe. Il vaut que l'efficacité et que l'aisance de la conversation corresponde à ses aspirations. Il éliminera sans même l'avouer ou s'en rendre compte, ce qui ne lui parait pas nécessaire dans un jargon qui lui est personnel. Il baragouinera ce qui ne lui semble pas essentiel et cela pas uniquement dans une langue étrangère.

La réforme de la langue française, proposée la semaine dernière à Bruxelles, répondait à un besoin de rajeunissement pour simplifier en fonction des usages et des calages les plus flagrants de la langue française. Présentation de nombreuses modifications: Une langue, ce n'est pas rigide. Les Dix règles et exceptions et les 800 mots rectifiés en nouvelle orthographe sont sortis de l'analyse, quand je dis "orthographe", pourquoi pas, phonétiquement, ortografe. Dilemme entre réduction des "scories" inutiles de la langue et la peur de perdre les racines des mots de "sa" langue qui proviennent de l'histoire, du latin et du grec.  

20071119Flamand.jpgAprès l'annonce et avec la liste des adaptations, un "chat" s'était ouvert, le mardi de la semaine, sur le site du journal Le Soir. La passion est vive dès l'entrée en matière quand on parlait d'une langue qui est sienne. J'y ai pris place sous mon pseudo et j'ai suivi, très attentif et loin d'être inactif. Beaucoup de stabilisateurs de la langue. Lancer quelques pavés dans la marre comme dire "si une langue n'évolue pas, elle meurt tôt ou tard", cela révulsait ou enchantait. Pas d'unanimité, c'était clair. "Réformer pourquoi faire? Elle est très bien comme elle est notre langue. Sa richesse réside d'ailleurs derrière ses exceptions.", était-il répondu de manière péremptoire et volontaire. Pour tâter le terrain, je m'étais permis quelques entorses parallèles en parlant de l'anglais et de l'espéranto. Au sujet de l'anglais, il y eu des réactions, de l'espéranto, pas la moindre. Ce n'était manifestement pas la tasse de thé des interlocuteurs présents. En chercher les raison, je verrais plus tard?

Vendredi matin, à la Première radio, nouvelle approche de la langue française, celle des nouvelles technologies. Intermedias se proposait à une tâche d'intégration par l'intermédiaire des nouvelles technologies. Là, les choses changeaient et évoluaient pour suivre le rythme du modernisme à s'en perdre. Beaucoup de mots qui sortaient du chapeau mais pas du tout du dictionnaire, donc. Le besoin d'idée neuves et de vocables qui puissent les exprimer, faisait la loi. Le PostIt et la simplicité pour seule base. Les terminaux d'ordinateurs et des médias mobiles auraient doublé pour donner l'accès à l'information dans tous les cas de figure. Un mot exprimait ce mouvement, l'affordance, un état qui suggérait sa propre utilisation et le fait, parfois, en dépits de sa propre volonté. Ère de la vitesse et de la complexité des termes et des idées qu'il fallait harmoniser par le plus de compromis, à partager par l'obligation. Ne rien compliquer dans le processus et cela marcherait à plus ou moins court terme. En parallèle, si l'orthographe ne collait plus à l'actualité, elle changerait d'office.

Constatations et objectivités. Les SMS et les "chats" sur Internet imposent de nouvelles lois de la liberté. L'anglais dans les technologies se substitue aux autres mots, insidieusement, peut-être mais aussi par soucis de ne pas se fourvoyer dans une compréhension aléatoire par une traduction qui multiplierait les concepts sans plus les identifier. Le courriel, c'est bien joli, cela peut donc passer en parallèle avec "eMail". La fantaisie entre aussi dans les appréciations de ses clients pour créer de nouvelles représentations des concepts écrits. Quelle est la traduction française de "chat" d'ailleurs? L'animal pourrait bien être déçu.

Tout dépend de l'âge de l'utilisateur, en effet et cela du plus conservateur au plus avant-gardiste.

La langue anglaise subit, elle-même, des substitutions par les chiffres, pris dans leur seule prononciation (le 4 pour "for" anglais, par exemple). Réduire le temps de l'introduction et de la transmission comme seuls impératifs dans ce cas. Appréciée, elle se propage à la vitesse de la lumière. Pas de codification, pas de règles, langue qu'on ne comprend que par l'habitude. Est-ce détruire la langue originale ou est-ce l'originalité qui maintiendra la langue vivante?

C'est aussi un grand retour de l'écrit quand le virtuel a pris son envol. Tout ne passe plus par la voix.

Au cours de plusieurs articles sur l'antenne d'Agoravox, la langue française s'est vue défendue à juste titre mais souvent en opposition avec la langue anglaise. Antagonisme de bon ou de mauvais aloi? Guerre d'arrière garde, perdue d'avance par les habitudes ou au contraire une chance de se comprendre dans le monde?

Comme la Francophonie ne se sent pas suffisamment en force pour contrer, par le volume, l'usage et la suprématie de la langue de Shakespeare, les espérantistes se proposent de donner une alternative en Europe, en passant par l'Inde. La vérité sortirait même de la bouche des anglais. Et j'en passe. Les intentions ne sont pas nécessairement claires. Ca flaire bon le lobbying à plein nez, parfois, mais ce n'est pas nécessairement grave.

L'alternative de l'espéranto, peut-être déjà, judicieuse dans sa forme actuelle mais qui, à mon avis, pourrait toujours subir une réactualisation tout comme les autres langues. Facile et plus rapide d'apprentissage, plus logique, nul ne le conteste. Mais, avoir la chance d'être construite en dehors du circuit des langues maternelles et plus ou moins en vase clos, utilisée par les seuls initiés volontaires, impose encore plus de réflexions et d'analyse. Une langue, transmise par les parents, dès le plus jeune âge, s'utilise, mais c'est, sans contrainte et avec le reflex naturel du besoin. Ce n'est pas le cas ici. Je m'étais évertué sur les sites susmentionnés à montrer que rien n'était parfait en ce monde et que même si la perfection n'était pas loin, elle se verrait contestée si elle n'était pas remise en question. Comme en tout, on n'aime que ce qu'on connaît bien et la première étape, c'était tout de même de passer le cap.

Véritable croisade, donc, et qui continue sans discontinuer. Incompréhensions et tergiversations pour prouver que j'étais à côté de mes pompes. Simplifier ne se faisait pas en augmentant ce qui existait ailleurs ou en s'obligeant à les intégrer que pour la seule raison de la conformité avec ses antécédents concurrents.

Construire, c'est guérir les erreurs du passé, pas les reproduire. Oui, je l'ai dit, l'espéranto se veut logique avec peu de règles et des affixes pour composer les mots de son vocabulaire. Il est facile à apprendre, je répète. Il est vendu comme tel et c'est vrai. J'en ai suivi les bases et la construction. Un alphabet composé de plus de lettres que l'alphabet des langues européennes occidentales semble pour moi assez étrange dans le processus de la simplification même pour ajouter des sons qui ne sont en fait que des phonèmes concaténés. Cela impose, de fait, l'installation d'un software "eo" à son utilisateur sur les ordinateurs du monde. Les accents qui reviennent en force, sont en porte à faux avec la tendance actuelle à les éliminer. La composition des mots existe dans plusieurs langues et ne facilite pas nécessairement la compréhension ni la rapidité d'utilisation dans la conversation sans la mémoire du mot dans son entier. Le néerlandais, que nous utilisons en Belgique, par exemple, réunit des mots entiers différents pour en créer d'autres. C'est probablement une des difficultés importantes, presque insurmontables pour les Wallons vu la longueur des mots résultants. Schizophrénie du désintérêt, peut-être, aussi. C'est lors du plus jeune âge que l'esprit est le plus ouvert par le jeu et le moins corrompu par des envies ou des déviances de parti pris ou autres. Ce ne l'est plus dans la suite.

Changeons de crèmerie, on n'y arrivera pas ce jour-là.20080414LogementSocial.jpg

Petit retour en arrière. Mercredi, changement de médias. La télé offrait notre émission contestataire hebdomadaire "Questions à la Une". Les commentaires qui se trouvent sur le site démontrent aussi le côté passionnel. Deux sujets comme d'habitude. Pas la moindre relation rappelée avec la semaine et la réforme du français mais sous-jacente très probablement.

20080313Flandre casques bleux.jpgLe premier sujet, très local, "Sommes-nous capable d'apprendre le néerlandais" Manifestement, l'enseignement n'est pas au top de sa forme en Wallonie à de rares exceptions. Drame de la volonté ou de l'obligation des relations. "Aimer manger" ne se ferait qu'en mangeant pas en regardant les plats. Si le néerlandais ne semble pas à la portée des Wallons, l'enseignement dans des classes trop nombreuses et derrière un archaïsme des programmes, ne permettrait pas, non plus, de le parer au problème dans les meilleures conditions, à part dans certaines exceptions.

Le sujet suivant est plus général. Il annonce d'entrée que sur les 6000 langues dans le monde, la moitié risquerait de disparaître dans la centaine d'années si on n'y prend garde. Une disparition d'une langue toutes les deux semaines serait le rythme de l'extinction. Titre de la séquence "Bientôt une seule langue pour le monde entier". Catastrophe pour l'humanité car un peuple meurt à chaque perte d'une langue en emportant sa culture. L'originalité n'aurait de prix que dans la diversification. Une course des linguistes pour conserver les derniers utilisateurs de ces langues en perdition et de dialectes menacés d'extinction essaye d'enrailler le processus.

Dans l'histoire, l'exemple de l'Australie était caractéristique. Les 12 langues des Aborigènes, soit 95% du patrimoine linguistique de ce pays ont disparu. Drame de la colonisation et du génocide organisé, lié, au début du 20ème siècle et à des techniques de séparation des enfants de leurs parents métissés pour mieux les asservir. Éradiquer l'identité par l'obligation de parler l'anglais.

20071120R Manifestation.jpgA constater, entre parenthèses, dans cette émission, les meneurs du débat, des linguistes, s'exprimaient en anglais.

La langue est identitaire, est un univers de poésie, de musique et de littérature, était-il dit. La perte de confiance en soi serait la conclusion de sa disparition. Une génération suffirait aussi pour que le risque de disparition menacerait une langue.

Mais les langues importantes dominent les autres comme rouleaux compresseurs, était-il ajouté par l'orateur très probablement américain.

Commence un défilement de langues plus ou moins exotiques pour nous.

En Chine, le mandarin est pratiqué par 874 millions de chinois. Les autres langues sont mises hors circuit par l'État et le Gshian et le Changsha-Hua disparaissent progressivement. Le mandarin est la langue la plus utilisée dans le monde quantitativement. Préférence avouée pour suivre le travail, c'est le mandarin. La chinoise de l'émission s'est forcée à se conformer au mandarin et imagine qu'un jour, cette langue pourrait dominer le monde.

Les Scandinaves ont 3 langues, le suédois, le norvégiens, le danois, et se comprennent partiellement sans l'avouer. Elles sont différentes probablement pour des raisons politiques. L'anglais fait le pont plus ou moins harmonieusement.

Au Mexique, le vocable "indien" est péjoratif. Supériorité de l'espagnol sur la langue totonac.

Le langage live, parlé par les livoniens, écartés par la force par lettonniens. Non transmise, non écrite, la langue meurt comme si elle n'avait jamais existé dans l'esprit du dernier ou de l'avant dernier pour lui faire la conversation. Cinquante langues qui ne sont plus parlées que par une seule personne dans le monde.

Le mlabri entre le Laos et la Thaïlande n'est plus parlé que par 300 personnes. Langues primitives que certains linguistes s'attardent à transcrire.

Le sheng, mélange de swahili et d'anglais, revit au Kenya dans un conflit de générations parce que ce sont les adolescents qui l'entretiennent et l'utilisent pour se dissocier des parents. Le sheng évolue plus vite qu'espéré même, jusqu'à ne plus se faire comprendre entre les quartiers. Il ne faudrait pas que le sheng oublie le but principal: communiquer. Cette voie est encore plus destructrice des autres langues qu'elle entraîne dans leur transformation.

Une langue vit grâce à son évolution pas à ses révolutions successives dans le court terme. Depuis 1000 ans, l'anglais a subit une foule d'influence en provenance de 350 langues différentes, était-il rappelé.

Les créateurs, les businessmen, s'expriment en anglais, aujourd'hui. L'effort pour communiquer est-là comme point de repère car le monde est devenu global. « Pas vraiment le choix, même si l'anglais n'a jamais appris, la langue n'a plus rien de local », reconnaissent des jeunes du tiers monde. Défit mondial urgent de conserver ce qui doit l'être, les langues et dialectes comme faisant partie de l'histoire mais modernisme qui impose sa propre loi. Linguistes au travail, donc, pour mettre en écriture l'oral qui mourrait sinon à coup sûr.

20080523Taire le silenceConseil Ministres.jpgDire "je t'aime" en toutes les langues n'est ce pas les premiers mots appris? L'émission le présentait en chaîne.  

Comment dit-on cela en langage SMS, d'ailleurs? On ne le dit plus, il est mémorisé dans ses variantes et choisi par sélection. Preuve que les automatismes sont le cheval de bataille d'aujourd'hui, impersonnel, mais efficace.

L'important, à coup sûr, c'est d'être compris, pas nécessairement de chercher à être correct à 100%. On baragouine mais dans beaucoup de cas, cela suffit. Comme une publicité pour l'étude des langues, le rappelait, il vaut mieux avoir compris quand une explosion est imminente, plutôt que s'escrimer avec l'accent ou l'orthographe ad hoc. Oser parler, communiquer, combattre sa timidité sont les moyens pour réussir le partage des idées de son "ego" et de celui des autres. La motivation fera toujours la différence pour étudier une langue. Puristes et intégristes contre la pratique et le temps. Le choix personnel reste plus que jamais en vigueur. L'immersion comme moyen de sauvetage et cela marche.

Mais, revenons une dernière fois, au titre iconoclaste de la séquence de l'émission: si l'humanité ne parlait qu'une seule langue? Le Magazine des Philosophies, se posait aussi la question. Un "global english" y était proposé et rejeté par Barbara Cassin. Le rêve de Leibniz d'une langue parfaite avec des caractéristiques universelles viendrait en contradiction avec la condition pluraliste de l'humanité. Si l'opacité des relations humaines serait réduite dans une même compréhension, ce serait le "desespéranto" comme l'appelait Michel Deguy et perdrait l'inventivité par la nécessité de la traduction.  

Bruxelles, ville bilingue, n'a pas été choisie au hasard dans ce débat des langues. Nous avons dans la capitale de l'EU plus de 30 langues qui se mélangent dans les rues ou dans quelques quartiers plus spécifiques.

20090321Salon des parents.jpgPragmatique, je dirais personnellement que connaître deux langues au minimum serait un "must", pardon une "obligation". Une pour la langue maternelle, une autre pour les relations internationales. Pour le migrant, la langue du pays d'accueil, en plus. Problème qui ne peut se résoudre qu'à la ou les sources: la mère, l'école ou l'expérience de la rue.

"Anglais, allemand ou espagnol? Japonais, grec ou russe? Pourquoi se compliquer l'existence à apprendre plusieurs langues, il suffit de ne pas voyager", citation qui ne tient plus quand un monde, devenu "village" et qui vient à vous. Dire connaître l'anglais ne veut rien dire. Une langue s'appréhende en fonction de son usage, pas dans l'absolu exhaustif des ses fonctionnalités.

Entre temps, de grâce, ne dites pas qu'il parle allemand à un Luxembourgeois. J'en ai fait l'expérience. C'est mal apprécié.

Tiens, je remarque que l'espéranto n'a pas effleuré l'émission de « Question à la Une ».

Auraient-ils oublié quelque chose? Parti pris? Je ne chercherai pas la raison.

Le magazine "La Recherche" parlait, dans son numéro d'avril, de l'avenir des langues. Il se posait la question de parler en Spanglish, en Globish ou en Broken English? Il constatait qu'aucune langue n'a une durée de vie prévisible. Beaucoup de langues disparaissent mais d'autres apparaissent. Si les aborigènes de l'île d'Hokkaido n'ont pu retrouver leur langue aïnoue qu'en 1997, si le "lio" ou "kasabe" du Cameroun disparaissait faute de participant en 1095, les transferts linguistiques existent. Les créoles prennent de la vigueur. Le français parlé en Afrique ne sera plus nécessairement du pur français même situation qu'au Canada. Le croate et le serbe ne sont plus des dialectes depuis la division de l'ex-Yougoslavie. Véhicule de la mondialisation, en Europe, l'anglais gagne du terrain. Douze langues occupent 44% des locuteurs dans le monde. On parle en 253 langues sur Wikipedia, ce qui donne une bonne indication. Quant à l'Europe, quand va-t-on fixer une langue type "euro"?

Dernière question angoissante que l'orateur de l'émission « Questions à la Une » proposait de nous poser "Et si ma langue n'avait jamais existé?". J'y ajouterais aussi "Et si j'avais été muet, manchot et idiot?".

 

L'Enfoiré,

Sur Agoravox, un jeu de langue ou d'autre  choses? 

Mise à jour 10/4/2009: Claude Hagège apparaissait dans les actualités de France2. A la question "pourquoi si peu de Français qui connaissent l'anglais à la sortie des classes?" Réponse: "Parce le français serait une langue internationale mais bien loin de l'anglais". 

Citations:

 

  • "Un homme qui parle trois langues est trilingue. Un homme qui parle deux langues est bilingue. Un homme qui ne parle qu'une langue est anglais.", Claude Gagnière

  • "Le premier instrument du génie d'un peuple, c'est sa langue.", Stendhal

  • "La grammaire est l'art de lever les difficultés d'une langue ; mais il ne faut pas que le levier soit plus lourd que le fardeau.", Rivarol

  • « Les absents sont assassinés à coups de langue. », Paul Scarron

 

05/03/2009

Mots de l'étrange

 Mots de l étrange_feu.jpgLes figures de style bien connues ont vu arriver des concurrentes dans les sigles, les diminutifs, les initiales, les éternelles antithèses poussées à l'extrême qui ne sont pas là pour éclaircir la pensée mais pour donner un clair obscur à des pratiques que l'on voudrait cacher. Des suffixes jouent aussi dans ce jeu de l'insoutenable légèreté de l'être. 

Le dysfonctionnement, vous connaissez? Vous en connaissez le mot pour l'avoir entendu de multiples fois dans des cadres de vie totalement différents. Assez récent dans le vocabulaire des dictionnaires, il existe donc bel et bien. Le sens du mot, lui, est par contre volontairement mis en parenthèse. Il met à toutes les sauces et rassure par son ambiguïté réparatrice.

"Trouble du fonctionnement" dit le dictionnaire de manière si peu explicite du côté des exemples.

Le dysfonctionnement prétend mieux circonscrire un concept vague et en fait le rend plus flou. Il en devient toxique comme le serait le subprime, l'eMail, la dénonciation de la situation, elle-même... Un simple papier devient "toxique" en détournant l'attention des empoisonneurs même. Après, plus de question de demander des précisions sur le handicap subit par ce "dysfonctionnement" que le "y" en deuxième lettre range de fait dans le domaine de l'irrégularité de l'"étrange". L'affaire est entendue. Pourtant, que de causes diverses de la plus futile à la plus dangereuse dans ses conséquences avec toujours le même passe-partout de l'idéologie moderne de l'absence de responsabilité. Ça ne se discute pas les "dysfonctionnements", ça se cache derrière un mot. C'est comme si on recevait les messages à moitié.20090303Courier a moitie.jpg

Cela risque de planer au niveau du "système critique" comme une épée de Damoclès. L'épée a déjà frappé plusieurs fois dans l'air, mais on la camoufle derrière des généralités comme s'il s'agissait de normalité, d'événements que l'on n'aurait pu empêcher. La crise actuelle n'est qu'une suite de dys...fonctionnements qui ont produit un raté du pouvoir de vivre normalement. Le préfixe 'dys", lui-même, est souvent utilisé en médecine pour décrire une maladie, une anomalie mais il a été étendu au système et à une série de concepts. Serait-ce dû, dès lors, à de la dyscalculie, la difficulté d'utilisation du système symbolique, par dyslexie et par la dysgraphie, la difficulté, respectivement, de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture qui génèreraient en finale des dyslalies de paroles et des dysharmonies entre les choses et les personnes?

La "disruption", mot de l'étrange, est un mode de pensée qui défie aussi les conventions établies tout en essayant de créer des visions nouvelles capables de faire évoluer une marque vers un sommet inégalé. Nous sommes dans le domaine des idées qui refusent les modes de pensées répétitifs, des certitudes rassurantes et de l'immobilisme qui dénature son envie de progrès. Pas question de mettre le changement au frigo car il est sensé apporter l'amélioration à quelque chose qui tourne sans problème depuis des lunes. Se tourner du côté des habitudes est la pire réaction que le mot "disruption" ne pourrait accepter.

Beaucoup de mots se montrent sous un jour trouble, impalpable, imperceptible dans leur concept avec toujours le même souci de noyer le poisson entre clarté et obscurité.

Cette méthode en déficit d'informations laisse sur sa faim tout en semblant laisser la situation ouverte à la discussion. 80% des gens en seront lâché sur le chemin de la vérité non expliquée. C'est évidemment tout bénéfice quand il s'agit de cacher un vice de construction, une malversation tout à fait indépendante de la volonté de son initiateur, comme il se doit.

20080920Rapport mediateurs.jpgL'exceptionnel ramené au niveau de la normalité. Chacun doit y trouver son compte en cascade à l'événement irrationnel. Jamais de péril en la demeure, juste une petite défaillance de jeunesse car le fournisseur garde tout le contrôle.

Pas question dans ces conditions de revenir en arrière. Un coup de frein à la marche du progrès, sans catastrophe, serait pure affabulation irrationnelle. Simple parenthèse dans l'évolution. Simple consolidation avant de faire le plongeon dans l'inconnu de la technicité. Le coupable sera-t-il recherché? Sherlock au boulot dans ce monde moderne et pratique!

Nous sommes ici en pleine abstraction ou explication de l'inexplicable. Globalement, tout marche sans pépin, mais vous avez eu la malchance d'être tombé à pieds joints dans cette anormalité. Dire que vous êtes fautif en tant que client, il n'y a qu'un pas. L'erreur ne vient aucunement de l'objet de la transaction.

On ne peut, aussi, pas tout dire et avec cela vous avez tout compris. La particule "dys-" s'étiole alors à la recherche du seul "fonctionnement".

On commence l'explication de la déviance par le "comment" pour finir longtemps après par le "pourquoi".

Le principe de précaution, souvent évoqué dans les cas extrêmes de danger sous-jacent, est trop limité à ces inventions du progrès. Les assurances, en cas d'erreur, ne sont pas faites pour les chiens.

Toutes les nouvelles technologies sont passées par cette moulinette de cette équation à "n" inconnues qu'il faut présenter le plus positivement. IBM, il y a bien longtemps, a fait tester ses machines par ses clients. Microsoft a fait de même avec ses logiciels. Google se réparti dans les fils du net. 

Anormal? Pas forcément, mais il vaut mieux mettre les cartes sur table. Les combinaisons de risque, les tests de compatibilité sont tellement nombreux qu'il serait quasiment impossible de réaliser un contrôle complet de A à Z dans les temps impartis par les clients eux-mêmes et par la concurrence. Leurrer le client en disant que la disponibilité et la sécurité des systèmes hardwares ou softwares est à 100%, en donnant de fausses explications vide de sens, n'est que reculer pour mieux sauter.

Il en va de l'honnêteté que l'on trouve dans un futur de progrès et des hommes qui le prépare et qui le consomme.

L'éducation a montré le chemin du rang mais s'effacerait devant l'exception? Non, dès le plus jeune âge, on n'aime résolument pas les incartades. Les pas de travers doivent seulement s'effacer pour subir la punition. 

Le conformisme est faussement de rigueur, le plus souvent. Les moutons de Panurge sont, alors, légions.

Vacciné, le client l'est depuis longtemps, pourtant. Le point de non retour, par contre, il n'est pas prêt de l'accepter. Ce serait la perversité ultime et son arrêt de mort.

Pour apporter des nouvelles moins positives, les mots de la bizarrerie et de l'anormal, si elles ne sont pas aimées, fascinent par leur côté étrange.

Alors, la vie qui suit, les ornières bien profondes sont préférées à toutes les nages entre deux eaux de droite ou de gauche. Albert Jacquard dans son livre "Mon utopie" avouait qu'il avait été un bon élève en tout sauf en gymnastique. Visiblement, il s'était mis au vélo depuis en proposant cette utopie comme devoir citoyen. Le réalisme sans esprit de recul devrait, tôt ou tard, avoir vécu après avoir vu défiler en bloc les blogs sur le net et surtout avoir constaté que les voies tracées sont bouchées.


20090213Fortis belge.jpgLa confiance fait partie du processus de redressement.

Quand on s'adresse à celui qui n'est pas le commun des mortels et qu'il a fait en principe quelque chose de répréhensible, on parle d'une procédure et de motion de défiance constructive. Ça présente mieux.

Une nouvelle loi va prendre place prochainement pour observer la notion d'égalité des chances. Cette fois, on citera "Loi contre la discrimination". On est général et on ne parle plus de ce vilain "racisme" ou de "différences entre homme et femmes". C'est étudié pour. Enfin, on espère que ce ne sera pas un lendemain de carnaval.20090225Carnaval.jpg

Par "atypique", qu'entend-on? Cela va de l'extrême gauche à l'extrême droite. C'est imprécis à volonté.

Seule la réflexion de tous pourra contrer une démence du Système qui se partage dans des directions contreproductives.

Appeler un chat, un "chat" et oublier les métonymies?

Les dysfonctionnements fleurissent depuis toujours et changent de braquet. La grande crise d'aujourd'hui, une méprise sur ce qu'il fallait éviter en sachant jusqu'où aller trop loin?

Internet a aussi son langage et un rédacteur d'Agoravox l'avait détecté dans "Les mots du net: technologie de la clarté?"

L'antithèse, la petite dernière, est la figure de style qui s'accrochera par le verbe à ce mode de raisonnement.

Une notion de méfiance constructive parachèverait-il le tableau action-réaction? On manque de confiance en nous et en notre avenir, alors, on cherche des idées, des mots qui renverseront nos impulsions négatives pour les minimiser ou les emphaser selon le cas. Il faut n'apporter que de bonnes nouvelles, disais-je, récemment.

Mots de l étrange_site.jpgCar, amour et haine seront toujours préférables que l'absence d'opinion.

Pour couronner le tout et exprimer des idées dont on ne connaît plus les risques de mauvaises compréhensions, il y a aussi les suffixes. Les plus dangereux et malgré cela les plus souvent utilisés, il y a ces mots qui se terminent par "-isme" ou "-iste". Ces mots-là, vous en connaissez énormément. On les prononce et on les écrit sans même s'en rendre compte. Il y a les anciens, mais aussi les nouveaux, les néologismes plus ou moins péjoratifs comme récemment entendu "court termistes". Il y en a qui, dans la note, ne manque pas de parler de discrimination positive.

Paul Hermant de la RTBF, encore une fois, avait un billet, ce mardi, au sujet du catastrophisme qui nous chatouille ou nous grattouille les oreilles sans plus traverser nos esprits acculés à la peur du lendemain. Rien a changé. Les figures de style ont repris leur fonction pour s'écarter de l'usage minimal de la langue et verser dans l'imprécision.

Mais alors, avec l'humour, ne serais-je pas dans le domaine de l'oxymore, vous savez cet oxyde qui mord et qui ne s'use jamais, ou, plus fort, du pléonasme qui meurt après sa perte totale de souffle?

Vous avez dit bizarre. Comme c'est étrange...


L'Enfoiré,

 

Sur Agoravox, des mots étranges ou bizarres? 

 

Citations:

 

  • "Étrangement, on en veut souvent à la personne qui vous dit une vérité difficile à entendre, impossible à croire.", Marc Levy
  • "C'est étrange, mais vrai ; car la vérité est toujours étrange, plus étrange que la fiction.", Lord Byron
  • "Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail : l'homme est rendu étranger à l'homme.", Karl Marx
  • "Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !", Jean Anouilh

 

05/02/2009

Préfixe "évoluer"

Pour le mois de février, le "National Géographic" avait un article intitulé "De Darwin à la génétique". Le bicentenaire de laPréfixe évoluer_Darwin.jpg naissance de Darwin (12 février 1809) vient se juxtaposer dans le temps avec une recrudescence du créationnisme d'Outre Atlantique. La Biologie qui se mêlerait des affaires de l'homme contre les fondamentalistes en progrès et pourtant Darwin est conforté chaque jour.

Avant Darwin prévalait l'idée que Dieu avait créé les espèces indépendamment l'une de l'autre, de manière arbitraire, par groupe pour éviter l'extinction. "La Terre a été créée le dimanche 23 octobre de l'an 4004 avant l'ère chrétienne, à 9 heure précise du matin", s'écriait en 1650 l'archevêque irlandais Jacques Usher, du haut de sa chaire. "Quant au Déluge, il s'est produit en l'an 2349 avant l'ère chrétienne. Il plut quarante jours et quarante nuits, tout ce qui était vivant sur terre fut exterminé. Seuls Noé, sa famille et certains animaux purent se réfugier dans l'arche le dimanche 7 décembre 2349; ils en descendirent le mercredi 6 mai de l'année suivante". Voilà, l'interprétation biblique qui a dominé la géologie jusqu'au milieu du XIXème siècle.

Préfixe évoluer_Beagle.jpgLe comte de Buffon, fut, peut-être le premier naturaliste à estimer scientifiquement l'âge de la Terre, cette "bille de fer qui se refroidit". A partir du taux de la déperdition de chaleur d'un modèle, il en conclut que la Terre devait avoir 75.000 ans.

Est arrivé, Charles Darwin, ce 12 février 1809. Il n'a rien inventé, vraiment et pourtant il va bouleverser les idées. Comme naturaliste, le français, Jean-Baptiste Lamarque, utilisait le mot biologie pour la première fois, mais avait aussi vu l'intérêt de l'évolution obéissant au dynamique du métabolisme et une variétés d'impulsions pour s'adapter aux circonstances et aux besoins.

Préfixe évoluer_Anniversaire.jpgMais, curieux, intuitif, Darwin a simplement constaté certains liens étranges au cours de son voyage autour du monde, à bord du Beagle de 1831 à 1836. Ce voyage change sa vie. De pasteur presbytérien de campagne, il s'autoproclamera après son voyage de "naturaliste". Devenu voyage mythique avec l'étrange et les phantasmes qu'il soulevait chez les uns, quitte à fouler au pied les croyances de son époque. Voyage du hasard dû uniquement à l'amitié qu'il entretenait avec le capitaine du bateau, Fitz-Roy. L'image des Galapagos avec ses tortues géantes et le pinson, est une anomalie plutôt pour meubler l'envie touristique que faisant de partie de la révélation. Les Galapagos ne correspondaient qu'à la fin de son voyage. Les premières découvertes datent, elles, de trois ans en arrière. En Argentine, à la vue de fossiles, il a des révélations à la vue de certaines ressemblances avec les êtres vivants. Cela lui donne l'idée que ce serait une descendance dans ce qu'on dirait un arbre généalogique des espèces, avec les modifications dues à la sélection naturelle. Que le meilleur gagne. Sélection sexuelle, aussi. Les nandous distribués géographiquement l'intriguent. Son journal de bord deviendra le livre "Voyage d'un naturaliste autour du monde". Les cirripèdes, dont la balane, fossiles ou de son époque, vont le passionner jusqu'à l'indigestion. Richard Owen l'applaudira dans son travail.

 Préfixe évoluer_Homme.jpgVéritable bombe qui devait bouleverser des siècles de doutes et de mensonges contenus derrière une église qui voulait garder la barre de la manœuvre. L'idée que Darwin s'en faisait, tient à ce que l'évolution puisse se produire par des forces purement naturelles. La théorie de l'évolution sera admise de son vivant par ses contemporains sans, cependant, obtenir de décoration de la Reine Victoria. La sélection naturelle, elle, ce sera, bien plus tard, au 20ème siècle. Descendre du singe pour un homme, c'était difficile d'imaginer à première vue. Ses détracteurs n'ont pas manqué de lui faire ressentir. Torturé entre l'idée de conserver la respectabilité de son statut d'aristocrate et la volonté de faire part de ses constatations et de ce qu'elles entraînent.Préfixe évoluer_Singe.jpg Hypocondriaque, toujours maladif

A son retour de voyage, il passe de la religion à la science. Mais, il va tenir sous silence pendant vingt ans ses constatations en ne les divulguant qu'au compte goutte à des scientifiques, spécialistes dans chacune des espèces. Ce sera Richard Owens, anatomiste, pour tout ce qui concerne les mammifères. John Gould, pour les oiseaux. Thomas Bell, pour les reptiles. La ressemblance entre le bras d'un singe pour saisir, l'aile d'un oiseau pour voler et la nageoire d'un poisson pour nager, ne lui échappa pas.

La sélection naturelle, la lutte pour la vie s'accompagne insensiblement de la reproduction pour tomber dans une confrontation avec l'économiste Thomas Malthus qui extrapolait l'idée de "sélection" aux rapports entre la population et la production. Processus d'un humanisme partisan qui montrerait que seuls, les mieux adaptés, les supérieurs auraient une chance de survivre avec le contrôle de la croissance de la population comme corollaire. Darwin, avec ses 10 enfants, devait être contraire à la pensée malthusienne de la limitation de la reproduction devait couper l'évolution dans son élan. Malthus n'a jamais voyagé. Il s'intéressait lui aux chèvres qui dévastaient la végétation. Compilateur avisé se voulait en contradiction avec William Godwin qui expliquait la misère par l'incurie des gouvernements. La vision noire malthusianiste d'un monde qui se meurt, ne revient qu'en période de crise comme nous la vivons.

Préfixe évoluer TRex.jpgCe n'est qu'en 1859, poussé ou pris de vitesse par un certain Alfred Russel qui aurait les mêmes idées, qu'il sort "L'Origine des espèces" avec sa théorie de l'évolution. Ce sera en 1971 qu'il lancera complètement sa théorie en l'appliquant à l'homme. (La descendance de l'homme et la sélection en relation avec le sexe". Thomas Huxley sera son défenseur acharné. Comme le rappelait Paul Hermant, une réunion, à Oxford en 1860, mit aux prises les partisans de Darwin et ses opposants. Un évêque, Samuel Wilberforce et ce biologiste, Thomas Huxley, dans la lignée duquel on trouve un écrivain et pas n'importe lequel : Aldous Huxley, le Meilleur des Mondes. On disputa devant 700 personnes de cette origine des espèces et la controverse donna lieu à des réparties cinglantes mais malheureusement apocryphes. « Est-ce par votre grand-père ou votre grand-mère que vous descendez d'un singe, Monsieur Huxley ?» aurait demandé l'évêque. « Je n'aurais pas honte d'avoir un singe pour aïeul, mais bien d'être apparenté à un homme qui utilise son talent pour obscurcir la vérité » aurait répondu Huxley. Des idées telles que "la fonction crée l'organe", la "survie au plus apte", l'"adaptation au milieu", le "chainon manquant", les "animaux progressent ensemble", tout à tour, lui serviront ou lui desserviront dans ses convictions. Préfixe évoluer Girafe.jpg

La localisation géographique des espèces, c'est le météorologue, Alfred Wegener qui donnera une explication par la "dérive des continents". Il en avait déjà la conviction dès 1911, ayant constaté la ressemblance entre les côtes entre l'Afrique et l'Amérique. Mais les scientifiques avaient crié au scandale. Il parvient pourtant à les rallier à sa cause. L'idée de la Pangée était née. On trouvait des racines semblables sous des longitudes et des latitudes différentes. Il se trompait pourtant dans sa théorie des forces de la fuite des pôles et des marées dues à la Lune et au Soleil. Harold Jeffreysprouve par les mathématiques l'impossibilité. C'est Arthur Holmes et la tectonique des plaques, avec les courants de convection du magma profond qui va compléter la théorie. Le fossile reptile, lystrosaurus, découvert en 1968 en Antarctique, vieux de 203 millions d'années, rassemblait à un melting pot de caractéristiques, herbivore qui vivait comme l'hippopotame et avait un bec munis de deux dents.

L'ADN et la génétique apporteront d'autres preuves qui manquaient. Le même gène accomplirait le même travail chez des espèces différentes, sur des continents différents pour définir les paramètres de l'évolution. Les chromosomes en seraient les porteurs de cette information génétique. Les erreurs et leurs corrections pouvant se localiser au deux niveaux et engendrer de nouvelles pistes à l'évolution dans le "laboratoire" de la nature. C'est comme dans le domaine du verbe, les lettres, les mots constitueraient des livres différents par leur seul ordonnancement. Le génome humain est identique, mondial dans une homogénéité génitale à 99,9%.

L'erreur de Darwin est sa conception incohérente des mécanismes de l'hérédité et d'avoir eu la conviction que l'évolution ne procède jamais par bonds. L'acquis d'une génération, du père et de la mère ne se reflète pas automatiquement dans la suivante comme il le supposait. A l'hérédité, Grégor Mendel s'y intéressera plus précisément, et dont la théorie aurait très certainement désarçonné Darwin en reliant la race à un génotype particulier. Darwin considérait que le cerveau de la femme était plus petit et était inférieur alors que, non raciste, il ne voyait aucun inconvénient à se placer sur le même pied n'importe quel noir ou jaune.

20070913Extinction.jpgL'évolutionnisme a son néo-darwinisme. L'environnement n'est pour rien dans les mutations des individus par le génome. Les erreurs continueront d'exister. Le taux de reproduction en sera seulement plus bas en éliminant les mutations inutiles. L'interaction du génotype et de l'environnement détermine seulement le phénotype.

Quant à l'âge de la terre, le géologue de Charles Lyell proposa 240 millions d'années. Lord Kelvin calcula par la déperdition de la chaleur, l'âge de la terre à 100 millions d'années. Rutherford remarque que les éléments radioactifs ralentissaient le refroidissement. Un journal à sensation titrait, alors : "La fin du Monde est ajournée". Plus tard, Claire Patterson donna les chiffres actuels de 4,55 milliards d'années et beaucoup de savants pensent que notre planète serait à l'état d'équilibre.

20090203Religion révisionniste.jpgLe 28 octobre 1996, Jean Paul II acceptait que l'évolutionnisme fût plus qu'une hypothèse. Les polémiques sont devenues plus vives avec la résurgence des religions qui ont difficile d'associer l'évolution naturel au Dieu de la Création. Le créationnisme en 1990 n'en est que la forme, la plus concrète. Le créationnisme dans les écoles a reçu son antidote par le pastafarisme. Le pape Benoît XVI ressortait récemment de vieux démons de ses tiroirs pour éviter un schisme et devait se reprendre. "Retour à l'intégrisme", comme l'écrivait Christian Terras. A l'extrême droite de Dieu? Le créationnisme passe aussi par d'autres artifices tel que le dessein intelligent, la dianétique qui ne sont pas plus scientifiques. Un musée du créationnisme existe à Pittsburg. L'homme viendrait de la poussière et les dinosaures seraient contemporains des hommes pour respecter la Génèse.

Le chanoine Georges Lemaitre a tenté de faire le lien entre religion et science. Mais Darwin dérange encore. Car il y a aussi le néo-créationnisme qui avance un plan divin, d'intelligence supérieure pour expliquer la vie. William Paley qui ferait ressusciter une théologie naturelle. Certains vont plus loin et disent que Dieu aurait été un jour, un virus, une question de gènes qui se dédoublent pour ensuite laisser les deux copies vivre chacune leur propre vie.

Préfixe évoluer_Humour.jpgAlors, d'où vient cette peur d'évoluer? Est-ce un péché d'espérer un passé de construction progressive et naturelle pour espérer un avenir meilleur ou rejeter le pire par autre chose qu'une vision de Dieu, réductrice par sa stabilité, son conservatisme jusqu'au refus de la comparution et de la tolérance? S'il est vrai que la nature choisira le meilleur chemin, le plus durable pour évoluer à la suite de tests successifs, l'homme avec sa plaquette intelligence en sus se doit d'animer l'humanisme en assumant son présent sans peur. Il est clair que toutes les religions s'opposent au laïcisme de manière viscérale et originelle. Dieu devait être suicidaire d'avoir créé Darwin, penserait-on avec humour... Le Chat humorisait "En s'adressant au Seigneur, je tourne mon prie dieux vers la Mecque. Il vaut mieux être en bon terme avec tout le monde". Peut-être, et puis, là-bas, on n'est pas innocent non plus....20090313Vatican.jpg

Le Nouvel Obs avait écrit un dossier "Dieu contre la science". Beaucoup de réactions en sens divers. Match nul. L'hypocrisie, c'est de tomber dans l'idée de la tolérance et d'en même temps, de passer à la pensée dogmatique et à l'excommunication dans le cas du non respect de la "pensée unique". Moralité: quand on veut clouer le bec pour écarter de son désir... prudence. Les gourous ne sont pas loin.

Que adviendra-t-il de l'homme et après lui? Il n'occupe que tellement peu de temps à l'échelle de la planète. Si on pense à l'évolution, il y a toujours un début dont on essaye de donner une version dans la fin ("La théorie du tout"). La science fiction imagine le futur.

Le cinéma "magique" de Walt Disney, lui, avec WALL.E, ne se gène pas d'en donner une version robotique qui ne serait certes pas le meilleur filon par l'autodestruction. Le Cauchemar de Darwin n'était qu'une extrapolation sur notre mondialisation. Pas d'autres liens ni de contre indications.

Préfixe évoluer_Cauchemar.jpgLa paléontologie, la biologie, la génétique se disputent le flambeau de la connaissance de l'évolution. L'être humain, un animal comme les autres.

Comment cela a commencé? Très probablement, comme cela. Dans les 500 derniers millions d'années, il y a eu 5 extinctions massives. Nous vivons, peut-être, la 6ème. Le monde ne meurt pas, il évolue à son rythme. La spéciation et le flou du concept d'espèce essaye de l'expliquer.

 

20090210Darwin.jpgDe toute manière, c'est et ce sera une véritable saga, cette évolution avec mêmes quelques révolutions dont notre planète, la Terre vivante, garde encore les secrets... nous sommes seulement préfixés pour évoluer. Nous voilà affublés d'un ancètre commun, qui a eu le privilège ou l'inconvénient d'avoir des descendants avec modifications tout azimut par la sélection naturelle.

Une foi comme une autre, en fait.

 

 

L'Enfoiré,

Le Musée des Sciences naturelles avec sa partie sur l'évolution en photos 

Sur Agoravox, sera-ce une saga évolutive de commentaires?

Musée bicentenaire

Questions à la Une sur le sujet 

Le Vif L'Express se posait la question récemment "Et si le monde se portait mieux sans Dieu".

"Les Dossiers pour la Science" du mois d'avril avait comme titre "L'évolution, rien ne l'arrête". 

"Les Dossiers de la recherche" ont aussi un Hors Série sur Darwin 

Question à la RTBF toute la journée du 05 février, suite à un sondage, en radio 'Vivre "avec" ou "sans" dieux' et en télé

Dernière nouvelle, on en parle sur nos antennes à partir du musée de Bruxelles et pour l'anniversaire de Darwin.

A lire: de Marc Giraud "Darwin, c'est tout bête".  

Citations:

 

  • «  Les gens sont la mesure du temps et le temps lui-même est la mesure de leur évolution. », Jean O'Neil

  • « D'une certaine façon, la génétique n'est qu'une mémoire. Celle de notre évolution, incrustée dans notre chair. », Jean-Christophe Grangé

  • « Dieu a créé l'homme à son image. Ensuite, l'homme a évolué. Dieu, lui, on ne sait pas... », Philippe Geluck

  • "Il y a beaucoup de choses qui n'existe pas. Mais personne ne s'en rend compte", Philippe Geluck

  • "Rien n'a de sens en biologie, si ce n'est à la lumière de l'évolution", Theodosius Dobzhansky

 

01/01/2009

Hasard du temps et de l'espace

Le hasard du temps_Dés.jpgLe destin, dans la plupart du temps, est déterminé par un coup de chance ou de malchance. Souvent, un concours de circonstances va, ou non, orchestrer notre vie entière. En ce début d'année, examinons ce qui peut construire ou détruire le bonheur d'un homme.
 

L'Euromillion venait de tomber avant Noël en Belgique. Vainqueur du dernier tirage de l’Euromillion, un habitant de Riemst en Belgique a fait cadeau pour Noël de 3,75 millions d’euros – la moitié de sa nouvelle fortune – à répartir entre les familles en difficultés de sa ville.

Plus belle histoire pour Noël est difficile à trouver en ces temps où le mot "crise" apparaît sur toutes les lèvres. Personne ne se pose la question de savoir comment va pouvoir s'organiser la nouvelle vie de ce "chanceux". Des gagnants précédents existent et ont regretté leur vie d'avant.

Hasard du temps_2008.jpgAlors, le bonheur, est-ce l'indispensable illusion, comme l'écrivait le Nouvel Obs de cette fin d'année 2008. Sujet tellement actuel que la recherche du bonheur à tout prix ou quand une crise inhabituelle surgit.

Toutes les places, tous les sillons de la vie existent et sont prêts à fonctionner pour chacun d'entre nous. Un même parcours scolaire ne mène pas au même résultat. Qu'on appelle cela "destin", de "fatalité", de "chance" ou de malchance, il y a une foule de paramètres qui influencent.

Se retrouver dans les rangs d'un candidat qui fait partie d'une "dynastie" fera sauter votre ticket d'entrée d'une à plusieurs places. Quand le nombre d'appelés est limité, le nombre d'élus se minimise et les privilèges ressortent un à un de la boîte.

Les dynasties n'existent pas que chez les rois.

Nous naissons égaux, oui, mais il existe de "plus égaux" que d'autres ou de plus préparés à l'être. Il n'y a aucune injustice à ce que certains soient petits et d'autres grands. L'injustice réside dans la société qui accorde arbitrairement plus de privilèges à l'un au détriment de l'autre sans raison de qualités et de compétences. Une liste de fils et de filles qui ont suivi les traces des parents est assez explicite.

Les entreprises avec les activités qui se poursuivent de père en fils se perdent un peu évaporées derrière les multinationales encore plus gloutonnes que les fondateurs. Certaines professions comme les notaires, les médecins, les politiciens qui se retrouvent souvent chez les fils, sont des situations qui ne sont pas si rares.

LLe hasard du temps_Alpiniste.jpga filiation n'est pas une assurance de succès dans la vie. Porter le nom de son père quand on fait le même métier peut même se révéler un fardeau. Passer le flambeau peut ne pas être un cadeau. La comparaison entre l'original et la copie peut dégrader les mieux aguerris. Le népotisme qui pourrait se cacher derrière la relation peut se retourner contre le challenger. Maintenir ou accroître la notoriété familiale par l'intermédiaire des gènes peut être gênant en définitive. Enfants de chanteurs et de médiatisés de toutes sortes sont parfois les premières victimes. Les professions libérales (avocats, médecin, notaires...) entrent plus "normalement" dans ce jeu de transfert. Les coups de pouce, le réseau de relations vont favoriser en principe l'intronisation des "filles et fils de" dans la cour des Grands. Il est vrai que "tomber dans la marmite", dès la plus tendre enfance, donne un avantage indéniable par rapport aux jeunes anonymes moins chanceux par l'imprégnation du milieu professionnel et les études supérieures de leurs parents. Prendre la succession d'un indépendant en ne partant plus de zéro est aussi un plus pour le néophyte. Des dangers le guettent pourtant car le modèle peut malheureusement avoir amassé quelques tares au passage d'un environnement qui a dénoté. Sortir du carcan du cocon de la sphère familiale restera la meilleure porte de sortie en cas de distorsions incompatibles pour faire ses preuves avec un autre flambeau, sans le souci de devoir ressembler dans ses actes à ceux de papa. Celui-ci pourra alors, tout de même, penser s'effacer devant son rejeton l'âme en paix "travail accomplis".

A la naissance et un peu plus tard, une famille unie qui se penche ou non sur le berceau est le premier catalyseur, le premier succès. Les familles mono-parentales sont devenues tellement courantes que ce n'est pas une idiotie de le mentionner.

A l'école, il y a le bon prof qui montre le chemin et qui donne sa chance à un élève. Sera-ce "Mozart qu'on assassine" ou qu'on laisse exercer son besoin de faire de la musique?Hasard du temps_Elvis.jpg

Georges Bush a pu espérer prendre la présidence grâce à la fortune de papa. On connait aujourd'hui les problèmes que cela a créés. Priscilla Presley vit encore, rentière, grâce aux rentrées substantielles d'Elvis, son époux pour un temps, qui est actuellement la personnalité décédée qui génère le plus de dollars annuellement à titre posthume.

Dans l'instruction, des écoles privées ont plus de prestige que d'autres. Des professeurs "plus adaptés" y enseignent. Cela se sait et il ne faut pas chercher bien longtemps les classes dans lesquelles les mandarins auront envoyé leurs enfants. Le niveau de minerval nécessaire est une bonne source d'information. La RTBF programmait, il y a déjà 3 ans, un documentaire intitulé "École de rêve en Suisse". Le collège "Beau Soleil", dont il était question, n'hésite pas à fixer le montant du minerval à quelques 50.000 euros par an. L'exemple de Romain et Boris, deux élèves belges, étudiants dans ce collège alpin international réservé à une élite très aisée de fils d'hommes d'affaire, de stars ou d'hommes d'État. L'infrastructure des lieux était luxueuse, les activités faisaient rêver. L'objectif des cours, c'était de développer l'ambition par l'effort maximum, de cultiver la responsabilité et le respect. Le minimum ne menait à rien, telle était la doctrine. Rigoler uniquement quand c'était le moment. La journée commençait par une heure pour se préparer le matin, rendez-vous dans la salle de sport ou à l'extérieur pour le cours d'escalade. Ensuite, en uniforme, utilisation de matériel High Tech et les cours de Sciences Politiques, de langues du monde, de bonnes manières (jusqu'à l'usage des toilettes, pour l'ambiance et les moments de sourire). Le directeur était, en premier, un businessman, preuve de bonne préparation. Côté positif, peut-être, pour accompagner le bon enseignement, le port de l'uniforme, l'emblème de l'école pour souder le groupe en une entité dans laquelle chaque membre se sentirait heureux de faire partie. La mode n'y avait pas, en effet, droit de cité et le collège refusait la "dictature des marques".

Sans passer par cette filière prestigieuse, cela ne veut pas dire que faire son trou sans faire ce bond en hauteur pour viser des sommets où l'atmosphère est souvent raréfiée, ne soit pas possible. Une vie pleine, heureuse et réussie existe sans ces préalables exceptionnels. Certains jeunes vont plus loin, sautent toutes les barrières et n'en sont que plus méritoires s'ils réussissent.

Une interview m'avait interloqué. Une petite dame exerçait un métier sorti tout droit de l'ombre et de l'histoire et dont j'ignorais jusqu'à l'existence. "Stoppeuse", connaissez-vous ce métier hors du commun et pourtant très utile? (non pas une "auto-stoppeuse", du verbe flamand "stoppen": "repriser") Il faut se balader dans les rues de Bruxelles, du côté de la rue Haute, pour rencontrer cette vieille dame de 84 ans qui touchait au textile tous les 7 jours de la semaine depuis 68 ans. Unique "stoppeuse", elle répare costumes, robes et vêtements de toutes sortes qui auraient eu la mauvaise idée de s'égarer dans les fils barbelés par exemple. Retisser fil à fil, une passion pour elle. Jusqu'à la famille royale est cliente de cette bonne dame, sans pour cela, vouloir tailler une bavette avec elle malgré le doux accent du terroir plein d'humour. Les touristes ne décolleraient pas de sa vitrine. Elle ne savait toujours pas quand elle allait prendre sa retraite quand le reportage eut lieu. Autre époque, autres jobs.

Le film "Fauteuils d'orchestre" voyait le ratage de vocation par l'autre bout de la lorgnette. Les personnages du film qui apparemment auraient dû se sentir privilégiés par leur position ne l'étaient pas du tout en réalité.

Notre monde est ainsi fait. La chance de trouver la voie pour laquelle on a été fait n'est souvent qu'un hasard de circonstances dans lequel nos premiers pas se seront posés. Et le résultat est loin d'être garanti sur facture. Mais, chacun, dans le fond de sa mémoire, pourra dénicher une événement, une étincelle qui aura manifestment orienté sa vie future.

"J'aurais voulu être un artiste", chantait-on du temps de Starmania. Un article m'interpellait dans l'Echo à ce sujet. Il s'agissait du grand patron de Belgacom, Didier Bellens. Titre: "Ce qui m'est arrivé, je ne le souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi". Il parlait des difficultés avec son conseil d'administration. Trop attentif aux chiffres, trop peu de visions et de stratégie, de ne pas prendre assez de risques, lui reprochait-on. Les médias le pointaient comme un "profiteur" avec des parachutes dorés, tout en ayant la crise à gérer en évitant les produits financiers structurés à haut rendement qu'il ne pouvait pas connaître et qui ont été, en définitive, les fossoyeurs de l'économie, aujourd'hui.

Nous sommes, un peu à l'instar des atomes, des entités qui se rencontrent, qui s'entrechoquent et qui prennent une direction à vue, à l'intuition, en rapport à la destinée de départ ou d'une autre moins encline à nous satisfaire. Mais chacune de ces "entités cosmiques" a sa raison d'être.

Hasard du temps_Salaire.jpgDe l'"Égalité des chances", un ministre s'en occupe, chez nous. Mais existe-t-elle vraiment tout azimut? C'est une notion infinitésimale par excellence. Jamais atteinte, toujours espérée. Créer des clones, qui ne pourrait que copier l'intérieur de soi, oublierait que le temps et l'environnement changent et évolue. Est-ce un mal? Un monde uniforme serait-il à la base du bonheur mondial? Rien d'évident. Que de présidents, de médecins, de patrons en perspective. Quelle dévaluation des tâches subalternes et du haut de gamme par la même occasion. Le pluralisme d'idées et de statuts restera la panacée de l'équilibre. Vouloir aller à gauche quand d'autres vont à droite donnera sinon du travail mais une motivation et une volonté de vouloir se sentir bien dans sa peau indépendamment du niveau social. Ce sera hasard du temps, de l'espace et du "moi".

Bien à propos, le Nouvel Obs de fin d'année relevait toutes les voies de la recherche du bonheur. Toute une histoire. "Une indispensable illusion dans la continuité" revue et entretenue par la philosophie, la Religion, la Science en transitant vers les psy. Un programme à multiples facettes qui incarnerait jusqu'à l'Immortalité, alors que tout le monde sait que le bonheur est fragile et éphémère et qu'il se réfugie dans des instants de joies très fugaces et très dépendant de paramètres souvent indépendants de nous mêmes. Bonheur dans l'innocence, dans l'incohérence joyeuse de l'optimiste ou dans le réalisme trop froid du pessimiste? Idéologie du progrès qui est loin d'avoir fait rimer ses aspirations avec les réalisations. La compétition était au détour du chemin avec ses dégâts et ses laissés-pour-compte.

J'ai déjà eu l'occasion de parler de philosophie par deux fois (1). et (2). Je ne reprendrai que les grandes lignes des articles du Nouvel Obs.

Par la philosophie, les Athéniens de l'antiquité ont inventé le bonheur, leur propre bonheur pour ceux qui en avaient le pouvoir, le temps et les moyens, en maître de leur vie, avec le plaisir comme fil rouge. Epicure, Aristote ("Ethique à Nicomaque"), Sénèque, Socrate en sont les moteurs principaux. La démocratie "à la grecque" comme outil de propagande par une publicité si pas mensongère mais certainement partiale. Marc-Aurèle, lui, pensait trouver le bonheur par le seul "devoir". Rencontre entre jouisseurs de plaisirs et masochistes de la vertu, stoïcisme et épicurisme, pour consentir au réel sans transformation.

Montaigne avait pris la lucidité et l'"amitié miraculeuse" comme guides. Amitié "magique" qu'il perdit très vite pour retomber dans la mélancolie. Spinoza inventa l'éthique humaniste de la joie de vivre avec la Nature à destination de l'être humain en parfaite connaissance de tous les acteurs et promoteurs dans une sorte de pacte social.

Utopies philosophiques qui s'étaient poursuivies au XIXème, le Siècle des Lumières? C'est à voir. Surtout à la charnière de plusieurs mondes qui se trouvent en difficulté, se cherchent un nouvel élan sans tomber dans le réalisme platonique de Kant ni dans la religion du bien-être avec un rendez-vous au paradis pour récompense.

Le hasard du temps Enfoiré.jpgLes neurosciences s'intéressent au Bouddhisme, au renoncement de l'ego, par la compréhension du monde trouvée par la méditation et l'altruisme.

 

La science, c'est pour le Nouvel Obs "La mélodie des neurones" et ce n'est jamais le bonheur qu'au bout du chemin... à l'infini. Le hasard du temps Peur.jpg

Chercher à tout expliquer ne rassure pas ses auteurs. Une théorie en efface une autre. La "Théorie du tout" que nous venons d'apercevoir ne répond pas à toutes les énigmes. Le bonheur n'est pas contagieux, est-il dit. Dans le monde de la science, on analyse et on comptabilise tout. "La diffusion du bonheur dépendrait plus de la fréquence des contacts que de leur profondeur". Quand il s'agit d'évoluer ou de mourir, seuls les psys tirent leur épingle du jeu. Pourtant, les pilules sans les effets secondaires, cela n'existe toujours pas. Une nouvelle dépendance pourrait renvoyer la question du choix de vie de la jungle vers le zoo.

La vision grecque de sagesse a été souvent reprise dans nos années 80 pour expliquer la tendance montante à l'occidentalisme. Celle de Montaigne s'est retrouvée exponentielle aujourd'hui sous forme de l'armée d'amis de Facebook. Celle de Spinoza pourrait bien servir en temps de crise à la recherche du "bien véritable". Morale de l'"utile propre", épanouie et sans préjugés. Exactement à l'opposé de la publicité qui a prôné dans la société de consommation.

Le hasard du temps Discours.jpgAujourd'hui, les espoirs se fondent souvent sur du sable, sur une impression. Sable qui peut tout faire ou défaire. La lune de miel avec Obama n'est qu'un exemple de cette décharge de responsabilités sur une tête. Trouvera-t-elle le succès dans la durée et le bonheur par son éclairage? Confiance dans la délégation de ses responsabilités sans le partage de celles-ci se termine souvent pas un problème plus important. Un nouvel équilibre du pouvoir économique mondial pour rendre viable l'interdépendance accompagnant la mondialisation. La philosophie américaine a envahi l'Occident par ses pratiques consuméristes. C'est la source des problèmes d'aujourd'hui a rectifier le tir en premier en finançant des investissements dans les secteurs de l'éducation, de la technologie d'avenir avant de se préoccuper de Wall Street. "2008, l'année du Rat" pour les Chinois. "2008: annus horribilis" pour les investisseurs, séisme pour d'autres. Les crises ne sont jamais inutiles. Elles sont les garde-fous des entreprises humaines.

Cette fois, Le hasard du temps Rat.jpgdans une courbe en graphique, pour retrouver le point zéro de l'abscisse, ce sera plus long, plus dur, proportionné à la profondeur de la chute de confiance. Épuisement des idéologies? Y a-t-il d'autres voies pour sortir des ornières de manière générale et fondamentale? Certains voient les erreurs de la productivité et de la compétition dont on sort difficilement tellement elle est ancrée dans des réflexes de survie jusque dans le sport, à la recherche des médailles pour se sentir exister. La solidarité poussée en avant comme secours de dernière chance a déjà reculé dans cette période de crise, en replis sensible, en simple auto-protection. Il est clair que la gouvernance économique mondiale devra trouver plus qu'un gendarme sur son chemin pour fonctionner dans le long terme et prendre un habit d'éclaireur. Pour en sortir, dans le court terme, on pousse, dès lors, à faire re-consommer en oubliant que c'est faire retourner la "machine" sans en changer les pièces ni le mode d'emploi. "La question n'est pas de savoir combien de temps la récession va durer, mais plutôt : dans quel état sera l'économie au sortir de la récession" (Joseph Stiglitz). "Eviter la déflation, pas la récession". Le défi consite à mettre ensemble en place une mondialisation politique pour réassurer la mondialisation économique" disait l'économiste Nicolas Baverez.

Contrairement à ce que croit l'homme post-moderne, il est possible de couper beaucoup de besoins qui n'existent souvent que par l'habitude. Les pays dit "en voie de développement" le prouvent. L'individualisme contemporain peut très bien être profitable à condition d'en prendre connaissance et de le partager en connaissance de cause avec le bien commun comme but final. L'argent est fait pour rouler, ne l'oublions tout de même pas trop, en prennant le contrepied à cette société qui a perdu ses repères.

Aux fusions de sociétés, préférer l'échange d'actions ne serait qu'une approche du problème en faisant progresser tous les acteurs plutôt que le dernier gagnant. Élimination de l'idée d'être zombies du travail en revenant à la réflexion.

En période de détresse, "fleurissent" aussi des charlatans, des gourous, dont il faudra toujours se méfier.

Dans le haut de gamme, on a pris l'habitude de s'acheter son paradis en se réfugiant derrière des Fondations. La crise va seulement rétrécir les budgets de la publicité et des dons. Wikipedia s'en est fait l'écho le premier sur toutes ses pages.

Les griffes au vestiaire pourrait-on souhaiter? Au contraire, être présent, à sa place et la revendiquer. "Taire le silence", ai-je écrit. Par la méditation qui part de l'intérieur pour aller vers l'extérieur. Chacun a son rôle à jouer. Le but à atteindre est clair, la technique l'est moins et sera toujours à adapter aux circonstances.

Faut-il avoir toujours un os à ronger devant le nez, une trique aux fesses pour faire avancer le schmilblick? Une sorte de fatalité fabriquée, orientée pourraient être une manière de la pensée moderne à évoluer. La démocratie moderne, celle que les Grecs n'avaient volontairement pas prônée, n'existera que quand le pouvoir sera attribué par projet et plébiscité en parfaite harmonie, par élection par tous et pour tous ceux qui, motivés, devront y participer. Humanisme égalitaire contrôlé en fonction des compétences et des motivations reconnues des deux côtés de la barre du commandement.

Gloire à ceux qui partent de rien, car, au moins, ils se trouveront face aux vrais valeurs. "Heureux ceux qui n'ont rien" disait sœur Emmanuelle, élevée à la personnalité féminine de l'année 2008 en France. Gloire, aussi, à ceux qui auront trouvé les clés du bonheur dans l'absence des gadgets et des passions aliénantes de nos existences pour le trouver dans le travail accompli, perdu, lui, dans les affres du pouvoir idiot qui avait trop pris le poil de la bête.

Le hasard du temps_Le Chat.jpgPour les autres, chantez : "Auteuil, Neuilly, Passy" avec les Inconnus, car... "On ne choisit pas les trottoirs de Manille, de Paris ou d'Alger, pour apprendre à marcher...", surenchérissait Maxime Le Forestier. Le capitalisme débridé, dérégulé a vécu. L'imbrication des peuples existe, bel et bien. Le problème du vieillissement, chez les uns, celui de la jeunesse sans travail ou très mal rémunéré, chez les autres.  

Alors, est-ce "Le bonheur d'en face"? A vous de le (re)découvrir pour 2009. Défit mobilisateur, que cette année.  

"Les ronchons et les tristes se sont moins bien débrouillés dans la lutte pour la survie", disait D. Lykken.

Le hasard du temps Félicitations.jpgA ce propos, les desseins pour 2009, notre bonheur ou malheur sont déjà fixés pour la Belgique. 

Cherchez pas Docteur, le bonheur, tout est dans la tête. Ce n'est pas une opération à cœur ouvert, ni une affaire d'abondance matérielle, mais toujours dans une communion de hasards à la rencontre du temps et de l'espace. Alors, regretter l'occasion d'avoir une joie de vivre ou au moins de survivre... en 2009, en 2010.

Le temps "temps" n'a pas été aussi froid depuis le réveillon de 78-79. Un signe? "Heureusement", il y a le réchauffement climatique qui va changer tout cela (oui, je sais climatologie et météorologie, c'est pas la même popote...). Du côté portefeuille, ce sera de nouveaux sketches en solde de manière encore plus exacerbée.

So, good luck, everybody. Yes, we can in 2009. If it's not the case, imagine it done...  

 

L'enfoiré,

 

Remerciements tout particulier à KIF et bonne année 2009 

 

Citations :

  

  • "Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul", disait Cyrano de Bergerac

  • "Chacun est le fruit d'une éducation mais le plus grand éducateur, c'est la personne elle-même", Ludmilla Oulitskaïa

  • "L'intelligence c'est l'étoffe, l'éducation est la teinture, or quand la teinture est mauvaise, elle gâte l'étoffe", Claude Tillier

  •  "L’homme qui est conduit par la raison est plus libre dans la société où il vit selon le décret commun que dans la solitude où il n’obéit qu’à lui-même.", Spinoza

 

25/08/2008

Verso Chine jusqu'aux J.O. (2)

Retour une dernière fois, après les JO, dans cette Chine "vorace" d'après l'occident. Après "Le choix du danger", "Rétro Chine", nous avons eu ces fameux Jeux Olympiques, objets de tant de controverses et de discussions. Quelles conclusions pourrait-on en tirer?

 

2008, l'année du Rat avait mal commencée pour la Chine. Trentième anniversaire de la "réforme d'ouverture" lancé par Deng Xiaoping en 1978. "Boom ou miracle chinois" vu par l'occidental. Explosion de la pollution et des déchets toxiques pour les Chinois dans un concert de nations qui ont tergiversé longtemps pour décider "Ira ou ira pas".

Un hiver exceptionnellement rigoureux avec en prime, une pénurie de vivre et d'électricité. Pour ne pas succomber, une transhumance gigantesque débutait réunissant 180 millions de voyageurs en transhumance entre les villages d'ouvriers migrants, naufragés du froid.

 

Le 12 mai, un tremblement de terre d'importance, au Sichuan, faisait près de 70.000 morts, 2 millions de sans abris. Cent milliards d'euros estimées pour reconstruire pour renforcer les lacs artificiels creusés par les éboulements.

En juin, des inondations dans le sud ont fait plusieurs morts et contraint 1,3 millions de personnes à évacuer leur domicile.

Pour couronner le tout, dans le nord, le printemps était marqué par une sècheresse qui amène des tempêtes de poussières et de sable et les Pékinois étaient obligés de se cacher le visage. Dans la périphérie de Pékin à Longbaashan dans le Hebei écrivait GEO en juin, rien ne poussait et les dunes gagnaient du terrain rendant les cultures impossible.

Un mois avant les JO, à Qingdao (550kmm au SO de Pékin) où des compétitions à la voile étaient organisées, 200.000 tonnes d'algues infestaient mêmes les rivages. Depuis cette année, on constatait la place d'ex aequo avec les USA pour la pollution par les GES (Gaz à Effet de serre).

Quelques jours avant l'ouverture, les responsables de la météo prévoyaient cette dernière avec de la pluie et des orages. Les armes anti-nuages auront-ils plus de chance?, commençait-on à imaginer. La Chine était même gagnée par la superstission.

Le chinois a peur d'être critiqué, d'être mal aimé, que ses intentions soient mal perçues. La fierté vient dans l'autre plateau de la balance.

verso-chine-2-leterme-en-chine.jpgDes hôtels de luxe ont été construits par centaines pour accueillir sportifs et supporters des JO. Deux semaines avant l'ouverture, les réservations de chambres n'ont rempli les hôtels qu'à concurrence de 40%. Les prix pratiqués, la distribution de visas au compte gouttes et la baisse du pouvoir d'achat dans le monde ne devaient pas être étrangers à cette situation.

Les Jeux Olympiques ont été ce qu'ils sont: un présentation de leur savoir faire qui se voulait ébloussante, Ils ont réussi à nous en mettre plein la vue. Pas d'autres mots, "bravo". Mais c'était une entreprise cadenassée par le commerce mondial, malgré ce qu'en disait Jacques Rogge. Les règles du jeux politique n'étaient pas celles des JO. Elles étaient édictées d'avance. Les occidentaux le savaient mais ont fait impasse en espérant ouvrir de nouvelles portes. Le libéralisme occidental était au prix de celui que revendique cet autre monde. Miroir sans tain, la Chine a probablement fait semblant de comprendre le besoin démocratique de nos pays avec aucune intention de l'implémenter chez eux.

Pourquoi le ferait-elle d'ailleurs? Une hésitation s'est produite, très peu de temps, mais l'intégration des intérêts était trop forte.

Des menaces d'attentats et ont eu lieu ont pris place dans ce jeu de bras de fer pour renforcer la crainte du faux pas ou, aussi, pour se permettre d'être encore plus sécuritaire. verso-chine-c-est-parti.jpg

Les médailles d'or ont été distribuées. Les médailles en platine étaient très certainement réservées au commerce mondial. Jacques Rogge avait dit, en son temps, qu'avec les JO, la Chine allait progresser et s'ouvrir au monde. On l'espérait, on l'espèrera peut-être encore demain.

Le mois d'août n'était pas le meilleur n'en déplaise au 8-8-8 d'organiser des jeux sportifs avec les problèmes de pollution, de moiteur à Pékin, Beijing.

 verso-chine-2-sarko.jpgLes politiques et les sponsors étaient les seuls qui pouvaient mettre des bâtons dans les roues. Ils se sont écrasés l'un après l'autre. Sarkozy, à la Présidence de la CE, pendant six mois, après avoir longtemps hésité, était présente.

Internet utilisé par les médias censuré partiellement.verso-chine-2-censure.jpg

Verso Chine (2) Internet acces.jpgOn annonçait les canaux de diffusion de l'info en premier muselés. L'ouverture "magique" avait été plus ou moins "camouflée".

Le jour de l'ouverture, on constatait qu'on n'avait jamais autant parlé des jeux.

Les JO ont été estimés à quelques 45 milliards de dollars comme investissements. Quarante milliards étaient espérés en retour, minimum. Comme il fallait faire vite, très vite, ces JO ont fait un appel d'air vers les ouvriers chinois de l'intérieur du pays. Côté positif, cet "air du large" a fait très vite monter les salaires à 300 euros par mois.

La fracture sociale s'est, par la même, creusée et est en train de subir ses premiers assauts. L'automobile était devenue le symbole de ce nouvel Eldorado pour les mieux nantis dans l'opération. Revers de la médaille, 1000 voitures par semaine sortaient, désormais, des usines et polluaient à leur tour. La consommation en énergie s'en est accrue de concert. Les Chinois se dépêchent de visiter leur pays et parfois les autres pays d'occident.

Pendant les JO, la circulation alternée, la fermeture des usines les plus polluantes permettaient de garder un semblant d'environnement viable. Tout devait être top et l'a été en définitive. 

Les JO ont été, dès lors, une vitrine des réalisations chinoises comme tape à l'oeil du monde. Sur un territoire de plus de 9,5 millions km2, un demi milliard de Chinois a vécu pour l'occasion, une véritable révolution.

Seul obstacle majeur, la langue du mandarin, ses innombrables dialectes et l'écriture en pictogrammes quasi insurmontable pour l'Occidental.

Cheval de bataille de ce grand show l'"usine du monde", il ne faut pas l'oublier. Une main d'œuvre sans protection sociale, douze heures de travail par jour, sept jours sur sept et un jour de congé par mois, avec un salaire horaire chinois de 0,7 dollar en moyenne, permettait des rendements en dehors de toutes concurrence. Le collectivisme sans aucun individualisme apparent excepté au sommet.

Les efforts pour installer les Droits de l'Homme qui avaient été promis à la Communauté Internationales, n'ont, d'après, "Reporters sans Frontières", été qu'un leurre et sont allés plutôt dans l'autre sens.

Les Etats démocratiques, eux, ne pouvaient, face à leurs opinions, que dire "être fortement préoccupés par l'affaire du Tibet et le manque de respect pour les Droits de l'Homme". Mais à part cela? Les JO auront-ils changé la vie du tibétain? La paranoïa a régné avant, pourquoi pas après? Les émeutes sont cachées. Les journalistes sont refoulés. Silence radio. L'opération "charme", c'est fini. Place maintenant à la sébile et les retours sur investissement.

Tous les JO modernes sont de plus en plus coûteux pour les Etats s'ils ne sont pas privatisés qu'au deuxième niveau. Souvent plus élevés que prévus. Cette fois, il n'est pas sûr que l'on sache un jour le coût total de l'opération "charme".

L'inflation de 7% de début d'année commençait à faire comprendre l'effort surhumain des Chinois pour sortir de l'état de "sommeil" avant les JO. Le pouvoir d'achat des Chinois ne pourra que s'éroder une nouvelle fois pour assumer ces coûts gigantesques.

La population, dans sa généralité, a été profondément bousculée, sacrifiée, même, sans offrir une chance de prendre la marche arrière. Cette fois, on pense réagir énergiquement dans le futur contre cette pollution et peut-être un peu plus à la Chine intrinsèque. Quant à l'après JO, il faudra remettre les tabliers des organisateurs au vestiaire, trouver les compensations et les utilisateurs dans la durée de cette infrastructure.

Les JO, c'était "Que les jeux commencent", avec la politique, l'humour et les souvenirs du départ et à l'arrivée. verso-chine-2-belges.jpg

(Interview avant les jeux en direct de Pékin.)

Pour terminer ce texte, pourquoi pas cette histoire humoristique qui m'a été envoyé par un ancien collègue chinois:

La visite du musée océanographique...

Dans un groupe de touristes qui visitent le musée océanographique de Monaco, une blonde se retrouve à coté d'un Chinois devant un aquarium géant. Soudain ce Chinois, qui regarde fixement un poisson, cligne de l'oeil droit. Et le poisson cligne de l'oeil droit à son tour.
Le Chinois cligne de l'oeil gauche. Et le poisson cligne de l'oeil gauche. Le Chinois fait une grimace avec la bouche, et le poisson fait la même grimace.
Stupéfait, la blonde s'adresse au Chinois :
"Bien dis-donc ! Jamais, je n'ai vu une chose pareille. Dis-moi, comment est-ce possible ?"
"C'est très facile. Vous choisissez un poisson, vous le regardez droit dans les yeux et vous concentrez les ondes de votre cerveau sur lui. Petit à petit vous lui imposez votre intelligence. Alors il est sous votre domination et il fait ce que vous faites..."Moi aussi je saurais?"" Certainement."
Alors la blonde, après avoir repéré un poisson, le regarde fixement dans les yeux en concentrant sur lui les ondes de son cerveau. Elle y met toutes ses forces et au bout d'une minute, la blonde se met à frétiller...
La blonde en question, elle n'a évidemment qu'une présence occasionnelle et cela aurait pu être vous ou moi.

 

Aujourd'hui, tâche accomplie, donc, la flamme est éteinte le 24/8/2008 aux environs de 9h.Verso Chine (2) Sport discorde.jpg

Demain, qu'est-ce qu'elle aura changé pour le Chinois moyen? C'est ce que nous allons essayer de voir dans l'article suivant.

L'Enfoiré,

 

Le Panda en fête?

 

Autre article sur le sujet

 

Citations:

  • "Un idéal n'est souvent qu'une vision flamboyante de la réalité.", Joseph Conrad

  • "Les gens adorent les couleurs flamboyantes pas ceux qui les portent", Oxmo Puccino

  • "Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants.", Gaston Bachelard

 

01/07/2008

Corrections à l'amiable

Le 19 janvier 2007, on lisait dans la presse (Le Soir) que la Californie voulait interdire la fessée aux enfants de moins de trois ans. Dans un dossier, le Nouvel Obs 2277 de la semaine dernière reprenait le flambeau du thème de la gifle et se posait la question de "l'autorité jusqu'où". Corriger, n'est ce pas aimer, en somme ?

L'État de Californie va examiner une proposition de loi qui propose de transformer en délit, avec prison à la clé, le fait de donner la fessée à de jeunes enfants. Le texte, préparé par une députée de la région de San Francisco, la démocrate Sally Lieber, voulait punir les parents qui donneraient la fessée aux enfants de moins de trois ans. Les parents deviendraient passibles des tribunaux et risqueraient un an de prison ou 1.000 dollars d'amende. "Je pense qu'il est plutôt difficile de faire admettre qu'il faut battre un enfant de trois ans ou moins", argumentait Mme Lieber, qui souhaitait introduire la proposition devant l'assemblée. Le texte risque de provoquer des débats entre les pros de la protection de l'enfance à tout prix et les "contres" tenants d'une politique plus réaliste. "Où s'arrêtera-t-on?", avait demandé le député républicain Chuck DeVore parmi les contres. "Quand allons-nous devoir voter une loi qui rendra obligatoire pour chaque parent de lire un livre à son enfant pendant 30 minutes minimum chaque soir? Nous sommes sur la même pente", avait-il affirmé.

Le gouverneur Arnold Schwarzenegger s'était souvenu avoir été "frappé à tout propos" lors de son enfance et n'avoir pas trouvé cela injuste. Difficile de renoncer à la violence qui avait fait partie de presque toute sa carrière et sa filmographie. Il disait comprendre que l'on souhaite "se débarrasser du comportement physique brutal de certains parents" tout en affirmant que lui et sa femme Maria Shriver n'avaient jamais battu leurs quatre enfants.

Que faut-il en retenir de cet état d'esprit toujours avantgardiste californien?

Jusqu'à trois ans, il n'est pas possible de penser arriver à ses fins dans la compréhension d'un enfant de ce que l'adulte estime comme naturel comme comportement . Donc, rien de plus que la normalité. A cet âge, ce serait traumatiser sa progéniture et laisser des traces indélébiles dans l'esprit en formation. Un enfant-bébé ne voit pas le mal dans ses actions encore limitées d'ailleurs. Il serait tout à fait inutile de lui forcer une réflexion dont il ne voit pas les raisons intimes par la force. L'adulte, encore dans la joie de la "nouveauté", ne pourrait ainsi briser l'instinct de protection de sa succession naturelle et imposer ses intimes "convictions". Mais, une législation pour orchestrer tout cela est vraiment le coup de l'éléphant dans un magasin de porcelaines. Est-ce le rejeton de cet âge qui irait se plaindre de son statut de victime à l'autorité? La raison, encore une fois, est une affaire de la noblesse ou non de la personnalité. Les droits de l'enfant doivent être respectés.

Plus âgé, la vraie éducation commence pour l'adulte en préparation. Là, on ne joue pas dans la même cours. La compréhension pourrait se "faire aider" par des moyens plus physiques sans verser dans les excès injustifiables.

La fessée est de plus en plus poussée dans le domaine de l'inadmissible. Et pourtant, croire que tout le monde comprend de manière innée la force du dialogue posé, "en adulte", est un leurre. corrections-a-lamiable-allocations-familiales.jpg

Chez les animaux, c'est clair, la correction existe. Le petit chat qui ne veut pas suivre, se verra remettre dans le droit chemin de manière ferme à coup de pattes et avec une prise en "bouche" très efficace.

En Europe aussi, il est question d'introduire dans les lois, des articles qui pénaliseraient les atteintes physiques aux enfants. En 1979, la Suède votait même une loi interdisant tout châtiment corporel avec seulement 30% d'avis dans ce sens aux yeux de la population.

corrections-a-lamiable-violences-au-pouvoir.jpgTrop souvent, les plis sont pris et la crainte de l'enfant n'y étant plus, l'éducation ne se fera plus dans les règles de l'art. Le laxisme et l'air du temps qui veut pousser les adultes plus longtemps au travail pour espérer de conserver un pouvoir d'achat, ajouteront les touches pour correspondre à la nouvelle norme.

Ne serait-ce plus judicieux d'imposer la fessée aux adultes de 7 à 77 ans, période bien déterminée par Hergé pour élargir la période de vie des lecteurs de Tintin dans une "histoire belge"?

Tout dernièrement, en Belgique, un drame familial poussait la mère d'un jeune drogué qui la harassait, a tué son fils. Moment d'exaspération, de colère. Tous les voisins étaient aussi au courant des disputes. Alors, n'y a-t-il pas eu une erreur d'appréciation au départ? La fessée n'était-elle pas devenue un peu trop virtuelle, derrière un écran d'ordinateur? Une affaire récente, entre un enseignant et un élève, réveillait la France entière sur la question de l'éducation et de son traitement dans la pratique.

En 1974, Pinoteau sortait son film "La gifle" avec le fort en bras de l'époque Lino Ventura. Plus d'une génération après où en est-on ? Une dossier sur la question du Nouvel Obs remettait le couvert à la table des négociations. La "Nostalgie du martinet" était mis en concurrence avec des théories comme "l'effet papillon".

Alors rebobinons le temps. Quand l'enfant n'était pas roi. Sans aller jusqu'aux châtiments corporels, il était clair que l'éducation était plus musclée et le respect des parents et des enseignants étaient bien plus affirmés.

corrections-a-lamiable-en-avoir-ou-pas.jpgRévolution culturelle, on n'en est plus là. Révolution de gourous qui se veulent partisans adversaires? Il faut néanmoins remarquer que le monde des adultes d'aujourd'hui est de moins en moins avares de "gifles". Elles sont plus verbales d'accord, mais les dégâts psychologiques n'en sont pas moins catastrophiques. Le service militaire des jeunes n'existe plus. Les enfants récalcitrants aux USA sont envoyés par leurs parents dans des écoles qui cassent la personnalité, style "GI". C'est aller un peu loin. Pourtant, certains jeunes en mal de reconnaissance et de repères se lancent eux-mêmes dans la carrière militaire, pas seulement pour raison de sécurité d'emploi, mais en recherche de repères qu'ils n'auraient pas ressentis dans leur enfance.

En Europe, les adeptes de Françoise Dolto avec la "Cause des enfants" et les psys s'interrogent sur la technique d'éducation à adopter au coup par coup de bévues et d'échecs. Mai 68 est passé par là: "Interdire d'interdire" dans une rupture de plus en plus nette entre parents et enfants. Ceux-ci n'ont pas de dettes envers leurs aînés. Exact. Mais quand on est responsable de sa progéniture, il y a de la marge et des limites à respecter à la bienséance coupable. A toutes époques de la vie correspond une distribution adaptée de bons et de mauvais points. Le libéral Sarkosy ajoutait une touche de plus en voulant même dépister de manière précoce (en dessous de 3 ans) la délinquance. Pour quoi en faire? Pour mettre en maison de redressement? Suivez mon regard, vous trouverez facilement où chercher.

Des groupes "Lève la main contre la fessée" ou "Ni claque ni fessée" préconisent l'abolissement de la fessée ou de la claque. Mais, il est aussi clair qu'aller dans ce sens tête baissée ne correspond pas à la réalité de la vie. Avec l'expérience, on peut d'ailleurs remarquer que les générations précédentes ont mieux tenus le coup contre l'adversité que les plus récentes. Dans les années 60, encore, il n'était pas rare de se faire pincer autrement que moralement. Je peux en témoigner.

Cette fois, les médicaments sembleraient remplacer les gifles pour les enfants, les déprimes pour les adultes qui n'auront pas pu accepter la remontrance?

Pendant ce temps, les enseignant craquent. Ils pètent les plombs. Quand on ramasse, réunis, tous les laxismes des ayants droits, il y a peut-être de quoi.

Et si, un jour, on apprenait dans les programmes des écoles à être vraiment "parent"? Il n'y a pas que le sexe qui importe dans l'éducation sexuelle. Plus de dictateurs, plus de "crème à reluire". Seulement des responsables à la sortie.

Alors gifle ou pas gifle pour les "têtes à claques" ?

La vie est une perpétuelle éducation dans un subtil mélange entre carottes et coups de bâtons.

Ce matin, à la radio, la Ministre Catherine Fonck, chargée de l'aide à la jeunesse et de l'enfance, répondait à la question de l'utilisation des puces électroniques chez les jeunes. Elle répondait en finale de l'interview: "l'éducation, c'est d'abord et avant tout, dans le relationnel".

Je crois que je ne pouvais trouver meilleure fin. Il ne faut jamais se chercher les puces même si c'est un réflexe.

Çà  pique, ces mouchards de puces!

 

L'enfoiré,

Vais-je avoir une gifle du Panda?

Citations:

  • "Il est des enfants qu'on ne peut espérer corriger sans leur administrer de temps à autre la fessée. Certains adultes conservent le naturel de ces enfants", Marie-Antoinette Grégoire-Coupale

  • "On est correct qu'en corrigeant", Joseph Joubert

  • "Prendre le taureau par les cornes est plus correct que de tirer le diable par la queue, mais plus fatigant que de sucer un esquimau.", Jose Artur

05/12/2007

Le saint des enfants sages et investisseurs

Saint Nicolas, ça vous dit? Non, on ne le fête pas en France, ou alors très peu. En Belgique, Allemagne, Autriche, Pologne, Pays Bas et en Suisse, par contre, les bambins en sont encore toujours aussi fous. Normal, quand il y a des cadeaux à la clé. Alors, on pense à investir en sagesse et en son avenir par effet retard.

 

cbad644cc9440bdf31a259a65937ede8.jpgL'article d'aujourd'hui est avec mention spéciale comme à la télé sous l'écran (-7).

Cette mention est évidemment là pour ne pas faire sortir les plus petits de ce rêve de la tendre enfance.

Bien avant la date de fête du 6 décembre, comme tous les ans, Saint Nicolas est arrivé sur son char avec le Père Fouettard et ses acolytes comme antidotes à un manque de sagesse pour les enfants. Les grands magasins ont chacun leur trône et invitent les bambins bien en file indienne accompagnés des parents plus ou moins agités. Dans le Nord de la Belgique, on parle de Sinterklaas. Mais il vient aussi apporté sa tradition et ses jouets et les friandises dans la cheminée des enfants qui n'ont pas démérités en sagesse. Pour entrer dans les candidats aux cadeaux, le bambin doit s'appliquer à laisser la veille de l'eau et quelques carottes pour l'âne de ce saint homme et surtout tellement généreux. Anciennement le pain d'épice, puis, les spéculoos, le massepain sont les friandises de prédilection qui devraient revenir en échange de son investissement.

Mais qui est-il celui qui a donné naissance à la Noël pour bien d'autres pays?

On situe sa naissance et sa "boutique" en Turquie, à Myra, J'ai y personnellement vu son tombeau en 1992 dans l'église Noël Baba. Pas beaucoup de vestiges à découvrir. Tout est dans le symbole. Saint populaire si il en est, depuis, lors. On découvre même son tombeau.

Excursion classique proposée lors de tous voyage en Turquie avec les habitations troglodytes de l'acropole rupestre de Kale, en arrière-plan.

Wikipedia ne nous rassure pas: "Bien que destinée aux enfants, une des légendes de saint Nicolas est plutôt effrayante. « Ils étaient trois petits enfants, qui s'en allaient glaner aux champs », comme dit la chanson. Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir. Saint Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et saint Nicolas ressuscita les trois enfants. ».

Mazette...Sinistre ! Cela commençait vraiment mal.

Alors, flash back, dans mes souvenirs. Entre cinquante et soixante ans, cela fait un bail et pourtant ils sont bien là.

Vais-je annoncer que j'ai tiré à la barbe de saint homme pour voir si elle était bien vrai et n'allait pas se trouver dans mes mains? Et bien, non. J'y ai cru et suffisamment longtemps.

Déjà pragmatique et cartésien, je ne pouvais croire que ce que je découvrais de mes petits yeux innocents.

Mes parents ont entretenu ce doute avec le maximum de "doigtés". Ils s'y entendaient à "effacer subrepticement" mes petits dons de la cheminée et mes doutes au sujet d'une éventuelle "arnaque".

Puis progressivement, au fur et à mesure que les années avançaient, ce "cartésianisme" est devenu de l'investissement. Il y avait les cadeaux à la clé, de plus en plus grands, en fonction mon propre progrès dans les hauteurs.

Alors, être sage, en calculateur, il fallait analyser les pertes et profits. Le bonus malus avait des points plus gros l'un qu'un l'autre. Pas encore de graphiques boursiers pour se donner le maximum de chance, mais on n'en était pas loin.

69e2a8268443c9078601d809d99bd23f.jpgÉvidemment, des copains avaient des déclarations contraires à mes songes calculateurs. Le pot aux roses était déjà tombé au sol depuis longtemps pour eux. La male aux trésors chocolatés annuelle aussi. Alors, stop ou encore? Question bien vite réglée. Faire semblant et la fermer et tout le monde était d'ailleurs content.

Pragmatique et investisseur, je vous dis.

Tout s'acheva par une rectification en douceur de l'"office donateur". Investir n'était plus rentable et puis cela se compliquait pour le générateur pourvoyeur de cadeaux à barbe et pour le gamin qui, vraiment, avait trop grandi. La sagesse ne suffisait plus. De plus, l'investissement comprenait des "actions" supplémentaires. Par exemple: réussir les calculs avec plus d'exactitude à l'école.

Bien plus tard, les jouets avaient pris un coup de vieux et s'étaient réfugiés dans les boîtes de rangement. Ce saint des enfants sages et investisseurs s'est représenté à mon questionnement.

D'abord, à l'étape étudiant.

Le présentateur Jean-Claude Menessier de la RTB (Le "F" n'était pas encore découvert)  lançait l'opération 48.81.00 en 1957. Jean-Claude, comme on le nommait, un peu avant la Saint Nicolas, lançait son "Nous savions que nous pouvions compter sur vous" dans les écoles. Récolter les jouets qui ne servaient plus pour les réserver à des jeunes qui ne connaissaient pas ce Saint Nicolas. On s'est monopolisé dans ce but avec ardeur. Plus tard, cette opération s'orienta vers d'autres débouchés plus nobles, peut-être. Quand on grandit, on reconsidère toujours. Jean-Claude, Saint Nicolas ne l'avait pas oublié non plus, c'est sûr. Sa notoriété s'était bien fait étendue.

f2f3208513f4125e17bee0c70c602d36.jpgLes magasins, eux, n'y ont pas perdu au change. Encore des investisseurs des temps modernes. Bien avant l'événement du 6 décembre, les vitrines ne désemplissent pas en jouets plus fantastiques les uns que les autres. La pub télé relaie cette folie. On investit, donc, toujours.

Chacun a eu et aura ses "chocolats".

Merci, Saint Nicolas, merci, les enfants devraient avouer la poupée qui fait "maman" quand on la couche.

Tu peux revenir, Saint Nicolas.685790a64a453d591d11da254ae2c2cf.jpg Pas mal d'adultes attendraient ton retour. 

Je veux bien en remettre dans ma cheminée de ces grosses carottes bien juteuses avec une petite boisson avec des gouttes perlantes sur le verre.

Maintenant, qu'en est-il avec la situation de ta visite 2007, Saint Nicolas ? As-tu eu les mêmes chances de remplir ta hotte?

Un cocktail de jeux de société pullulent, d'après tes envoyés dans nos magasins. Auras-tu assez de monnaie pour faire tes emplettes? Le coût de la vie ne t'impressionne pas? Tu es confiant. Magnifique. 

Non, Français, vous avez raté le coche (à part, peut-être, dans le Nord, près de chez nous). Dépêchez-vous d'appeler le Père Noël. Il trépigne d'impatience.

C'est un Enfoiré qui vous le dit.88b105e87efddfeb514ea99b00632b55.jpg:

"Le mystère, ça paie".

Est-ce dire que la croyance gratuite est payante?

Je n'irai pas jusque là. J'ai quelque peu grandi depuis, quoi que...

 

L'Enfoiré,

 

Et pourquoi pas un Panda dans le texte et dans la cheminée 

 

Citations:

 

  • « Lorsque ma femme me fait un cadeau, j'éprouve deux surprises : d'abord le cadeau et ensuite de le payer. », Maurice Donnay

  • « Un cadeau qui ne peut pas être jeté n'est pas un cadeau mais un piège. », Tad Williams

  • « Les cadeaux sont comme les conseils : ils font plaisir surtout à ceux qui les donnent. », Emile Henriot

22/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (2)

Après la philosophie Antique, de la religion Chrétienne, de l'Humanisme, du Post-modernisme que nous avons vu, passons à celle qui nous occupe encore aujourd'hui.


50cce65d0c0f0242a47b52e86fc665f8.jpgLe désenchantement a éloigné la poésie pour faire place à encore plus de lucidité et de liberté dans ce 20ème siècle. Une alternative se présente au penseur : continuer la voie de la destruction philosophique prônée par Nietzsche ou rechercher d’autres voies.

La sociologie prend une tournure éthique ou politique départagée par le milieu dans lequel elle s’imprègne. Les idoles ont changé et se tournent résolument vers la Science et une certaine coopération entre les peuples voulant assurer de la sorte la survie de l’espèce.

La philosophie analytique voit ainsi le jour initialement dans les pays Anglo-Saxons.

L’œuvre de Kant a fait des émules qui tentent de réactualiser les idées éthiques de partage équitable et démocratique.

Les « philosophes du soupçon » feront école aussi et leurs élèves doués rechercheront une logique cachée à nos actes : ceux de Marx, avec l’économie et le social, ceux de Freud avec les pulsions et le subconscient et ceux de Nietzsche avec la puissance du nihiliste et la force réactive qui apporterait des solutions multiformes.

Freud inventa la théorie de l'inconscient. Les pulsions du plaisir et les exigences du monde entrent en conflit.

Une contre culture embourgeoisée trouve des penchants dans le réel pur et dur. Le cynisme matérialiste emboîte le pas et élimine le caractère lié au Progrès et à l’Humanité.

Briser les chaînes de la tradition résultat d’une mondialisation à marche forcée qui asservit de manière insidieuse et pour retrouver un idéal différent hors capitalisme triomphant.

Heidegger, fondateur de la déconstruction, prouvait que les idées sont menées par des intérêts inavouables et que le capitalisme, sous des atouts indéniables de volonté de donner la richesse et le bien être pour tous, ne manque pas de détruire en même temps la pensée et l’homme lui-même.

Du « monde de la technique », il entrevoie dans un univers libéral et un réel désacralisé qui entraîne l’homme vers des non-sens que les altermondialistes dénoncent avec force.

Accroître les inégalités tout en réduisant la diversité biologique n’est pas un fondamental du matérialisme.

Préoccupé par la volonté de reconnaissance des cultures identitaires, il ne parvient pas à donner à chacun l’impulsion pour infléchir son destin vers un mieux désiré mais plutôt une histoire sans réelle signification. Produire plus et plus sophistiqué est la règle à laquelle il faut se plier sous peine de sombrer dans l'anonymat et la précarité.

La compétition mondialisée en est le prolongement obligatoire. Serons-nous plus heureux en bout de course avec cette technologie toujours plus puissante. Est-ce un but de toute philosophie?

L’idée même de démocratie en a pris un coup dans son manque d’aboutissement réel à vouloir imprimer une direction personnelle à la marche du temps. Le mot "république", étymologiquement, n'aurait plus sa place dans ce jeu en boucle oubliant le progrès pour les gens. Tous les partis politiques sont conscients et prônent à un retour à une raison plus humaine. Sont-ils capables de changer les choses et de retrouver l'équilibre salvateur? Une bonne gestion du monde et de ses ressources leur échappent face à des intérêts économiques internationaux trop puissants. Le citoyen est perdu et subit un manque de confiance en virant de droite et de gauche ou dans ce qu'il croit qui reste le cas. Un régime autoritaire n'aurait pas plus d'efficacité et serait de plus anachronique.

La science et la raison donnent l’impression de création rationnelle du monde mais sans y parvenir fondamentalement. A la seule condition de ne pas détruire le futur de manière irréversible. La fin pour les moyens et la fascination de la domination sans borne.

Se libérer des servitudes par la raison et se sauver de ces dangers vont être les défis d'aujourd'hui et de demain.

Le Darwinisme ne viserait plus sinon qu'à rester dans la course par une course pour la technicité calquée automatiquement sur l'économie de marché. Si l'homme fait partie de la nature, les considérations rationnelles ou divines n'y ont pas cours. L'évolution et le développement poussent à contredire la conception de l'Eglise à propos de la création de l'Homme en naturaliste. L'origine des espèces est réglée par la sélection naturelle et la préservation des races dans la lutte pour la vie.

Lyell avait déjà tenté daté l'âge de la terre. Lamark avait découvert les qualités qui se transmettent de génération en génération en caractères acquis. Malthus ajoutait que la nature s'autorégulait en laissant survivre les plus aptes pour assurer la continuation de l'espèce. La concurrence rapprochée étant la plus dure en accélérant ainsi l'évolution. Atteindre l'âge de la reproduction au plus vite et sophistiquer ensuite pour contrer les attaques extérieures en fonction du milieu ambiant par l'adaptation. Le néo Darwinisme explique les mutations génétiques par un bagage héréditaire. La vie serait une loterie avec uniquement des numéros gagnants.

La réflexion critique et la morale sont seuls concentrateurs et porteurs de solutions plus globales. L'érudition reste vide et l'interrogation peut ouvrir une voie étroite dans une nouvelle reconstruction des questions existentielles.

André Comte Sponville à l'idée qu'espérer un peu moins et aimer un peu plus va apporter une solution car, pour lui, espérer, c'est désirer sans jouir, sans savoir, sans pouvoir. Aimer le monde tel quel dans une spiritualité en jouissant d'instants de grâce comble, sans penser aux tempêtes qui pourraient suivre, est sa vision. Anticiper le malheur et s'en affranchir en sortant d'un déterminisme programmé n'empêche pas de juger les actions immorales. Pas besoin de transcendance obligatoire des valeurs car un besoin n'est pas dogmatiquement vrai. Matérialisme et "amor fati", tout en apportant un confort ou un réconfort ont des contradictions qu'il faut cerner. Le matérialisme, clairvoyant, s'accuse, lui-même, de ne pas accorder toutes les libertés et encourage d'en trouver les remèdes même révolutionnaires. Fuyant le passé, permissif avec le présent, il vit dans l'espérance d'un monde futur meilleur mais sans se donner les moyens de sa politique pour lui-même.

Une transcendance terrestre serait donc recherchée dans le cosmos des anciens grecs. Mais, cette fois, l'harmonie ne serait plus l'idéal mais un modèle interne au monde parfait en dehors de l'impact de l'homme qui le découvrira sans pouvoir changer sa finalité morale. Si la transcendance idolâtrée comme le veut le Christianisme ou celle de Kant et des suivants jusqu'à Husserl trouvée dans l'immanence et l'omniscience n'apportent pas l'assurance d'existence confortable, l'horizon du perpétuel progrès ne présente qu'une face des objets sur un fond changeant sans parvenir à faire sortir une entité dans son entièreté. Les valeurs sont en soi sensibles mais d'une subjectivité extérieure. Vérité, beauté, justice et amour ont néanmoins une transcendance concrète hors idole métaphysique par nécessité humaniste. L'autoréflexion reste seule maître pour donner une signification à la vie et à ses affirmations. La pensée élargie se fait par cette réflexion en soi et en se mettant à la place de l'autre pour éclaircir son jugement pour se donner les chances de l'impartialité. Les Modernes ont plutôt vu un ennemi dans la nature pour garder l'objectivité de la science en décrivant le monde. Les extrapolations restent personnelles avec un certain positivisme. Le généalogiste Nietzschéen déconstruisait idoles mais refusait de le faire pour lui-même. L'aspect dogmatique s'est vu supplanté par des idées écologiques et à la suite de l'autocritique des biologistes qui se sont inquiétés des risques liés aux OGM et aux techniques de clonage. La remise en question se tourne désormais plus sur un principe de précaution sous forme de Sciences Humaines et Sociales pour mieux orienter l'avenir des développements.

Après les grandes guerres, les Sciences ont perdu de leur superbe à la pensée de ce qu'elles ont permis comme désastres.

La sacralisation d'autrui par la divination de l'humain semblent de nouvelles approches philosophiques pour lesquelles l'homme serait près à se "sacrifier". Le sacrifice ne se conçoit plus avec des idées de patriotisme ou pour un Dieu, mais plutôt pour un entourage étroit familial d'aimés dans une transcendance acceptée horizontale et non plus verticale.

La mondialisation vue sous cet angle de partage de cultures change d'objectif et veut effacer l'uniformité avec plus d'adhésion en finale. De ce fait, singularités et individualismes "folkloriques" pourraient accéder à l'universalité élargie en réseau et par internet trop aux contacts malheureusement trop "virtuels". La personnalité, elle, garde sa singularité.

Les compromissions et totalitarismes dans les pays les plus avancés n'ont plus la cote.

Face à la mort, bouddhisme et stoïcisme ont une approche semblable mais imposent une solitude quasi monastique dans le recueillement. Le christianisme s'y oppose par un amour immortel dans un bonheur entrevu dans un "après".

La sagesse de l'amour dans l'attente de ne pouvoir "consommer" est-elle une tromperie ou une manière de répondre au questionnement? Les visions du monde sont tellement différentes qu'elles s'attirent scepticismes et antagonismes. L'esprit démocratique laisse la porte ouverte mais mollement avec une tolérance parfois contrainte. Le dialogue pour apprendre l'autre sans esprit de concurrence mais sans compromission. Peut-on vivre sans une des philosophies et vivre dans l'insouciance totale et dans la crainte perpétuelle du lendemain?

La revue "Sciences et Avenir" de juin 2006 parlait de "découvertes sur la régénération cellulaire et du compactage de l'ADN", sujet qui explosait par sa conclusion "L'homme est programmé pour vivre longtemps".

Avant, Axel Kahn ajoutait: "La mort est ressentie comme l'échec de la médecine".

Sans triomphalisme, cela entraînera des réflexes conditionnés : "Vie plus longue, d'où travailler bien plus longtemps aussi". Décidemment, tout s'annule dans la vie: le "bon" par le "mauvais".

Jean-Paul Sartre se perdait dans les amours libres Sartre et Simone de Beauvoir, oscillant entre sadisme et masochisme. L'amour est aussi devenu pour lui très vite "purement cérébral". Sa question principale fut "Pourquoi vouloir être aimé?". Balancé entre "liberté" et "aliénation" dans un "amour de l'échec pour se sentir justifié d'exister". Le monde réel a été selon lui détourné pour montrer ciel et monde des idées parfaitement illusoire. Rien n'est inné, l'homme doit se construire entre liberté et angoisse, responsabilités et découverte d'un monde inconnu pour donner un sens à la vie.

Simone de Beauvoir, féministe, veut analyser les rôles sexuels. L'homme veut transgresser par sa nature transcendante. La femme est immanente et contente de vivre dans une ambiance familiale tout en devant sortir de la joute de l'homme. La femme doit devenir l'égal de l'homme. Au besoin, on oublie la maternité.

Les problèmes actuels sont un véritable défit. L'écologie et la nature poussent à se tourner vers un nouveau paradigme avec mouvements alternatifs au New Age que la publicité presse à nous faire consommer.

Le matérialisme, la technicité remplacent le voyage physique par celui des moyens de communication moderne à l'échelle planétaire. La bibliothèque du monde s'aggrandit de manière désordonnée en donnant l'envie du sensationalisme, du mystique à bon marché appelée parapsychologie.

Dieu aurait pu construire un monde autrement. C'est un fait. Mais ce qui est fait, est fait. Il n'est tout de même pas tout puissant, avouait l'ange Ariel dans le livre 'suite' de Justein Gaarder "Dans un miroir obscur" tout en finesse intimiste que je conseille aussi de lire.

La Création est une énigme, mais le plus mystérieux de tout, c'est que l'on trouve toujours des êtres qui s'étonnent d'être en vie. Chacun a le droit d'essayer de résoudre cette énigme à sa manière.

Les erreurs existent bel et bien. Pour concevoir tout cela, pourquoi n'y a-t-il pas eu trois sexes? Le 3ème aurait été là en arbitre, mettant son veto neutre, avec raison, dans ce grand jeu de quilles en perpétuel renouvellement.

Comme l'écrivain philosophe le disait : "Naître, c'est recevoir tout un univers en cadeau".

Par la Science et la seule force du raisonnement, Einstein avait ouvert des idées sur la théorie de la relativité que l'on comprend et confirme aujourd'hui partiellement ou totalement. Ensuite, ces idées révolutionnaires sont bousculées par la révolution quantique.

A chacun, cette fois, de trouver sa propre philosophie et sa manière de pensée.

Le choix existe en grande quantite. Les penseurs ont ouvert et ouvriront les voies vers toutes les pensees. Leurs options se déchirent ou se complètent étrangement. Souvent, une pensée que l'on croyait géniale par ses côtés positifs, se révélera peut-être dangereuse dans certains autres cas, un peu moins analysés.

Du pluralisme et du partage des idées jaillira peut-être la vraie lumière. Prendre ce qui semble bon et rejeter le reste. C'est la seule solution  pour être soi.

Alors, vous avez dit "philosophie"?

Comme c'est étrange !

 

L'enfoiré,

 

  • "L'amour meurtrier. L'amour infâme. L'amour funeste. Amour. Amour. Unique vie en ce monde.", Anne Hébert 

  • "Je t'aime, tu t'aimes, on sème.", Maurice Chapelan

  • "Jeune, on pense à la mort sans l'attendre ; vieux, on l'attend sans y penser", Maurice Chapelan

 

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