01/07/2008

Corrections à l'amiable

Le 19 janvier 2007, on lisait dans la presse (Le Soir) que la Californie voulait interdire la fessée aux enfants de moins de trois ans. Dans un dossier, le Nouvel Obs 2277 de la semaine dernière reprenait le flambeau du thème de la gifle et se posait la question de "l'autorité jusqu'où". Corriger, n'est ce pas aimer, en somme ?

L'État de Californie va examiner une proposition de loi qui propose de transformer en délit, avec prison à la clé, le fait de donner la fessée à de jeunes enfants. Le texte, préparé par une députée de la région de San Francisco, la démocrate Sally Lieber, voulait punir les parents qui donneraient la fessée aux enfants de moins de trois ans. Les parents deviendraient passibles des tribunaux et risqueraient un an de prison ou 1.000 dollars d'amende. "Je pense qu'il est plutôt difficile de faire admettre qu'il faut battre un enfant de trois ans ou moins", argumentait Mme Lieber, qui souhaitait introduire la proposition devant l'assemblée. Le texte risque de provoquer des débats entre les pros de la protection de l'enfance à tout prix et les "contres" tenants d'une politique plus réaliste. "Où s'arrêtera-t-on?", avait demandé le député républicain Chuck DeVore parmi les contres. "Quand allons-nous devoir voter une loi qui rendra obligatoire pour chaque parent de lire un livre à son enfant pendant 30 minutes minimum chaque soir? Nous sommes sur la même pente", avait-il affirmé.

Le gouverneur Arnold Schwarzenegger s'était souvenu avoir été "frappé à tout propos" lors de son enfance et n'avoir pas trouvé cela injuste. Difficile de renoncer à la violence qui avait fait partie de presque toute sa carrière et sa filmographie. Il disait comprendre que l'on souhaite "se débarrasser du comportement physique brutal de certains parents" tout en affirmant que lui et sa femme Maria Shriver n'avaient jamais battu leurs quatre enfants.

Que faut-il en retenir de cet état d'esprit toujours avantgardiste californien?

Jusqu'à trois ans, il n'est pas possible de penser arriver à ses fins dans la compréhension d'un enfant de ce que l'adulte estime comme naturel comme comportement . Donc, rien de plus que la normalité. A cet âge, ce serait traumatiser sa progéniture et laisser des traces indélébiles dans l'esprit en formation. Un enfant-bébé ne voit pas le mal dans ses actions encore limitées d'ailleurs. Il serait tout à fait inutile de lui forcer une réflexion dont il ne voit pas les raisons intimes par la force. L'adulte, encore dans la joie de la "nouveauté", ne pourrait ainsi briser l'instinct de protection de sa succession naturelle et imposer ses intimes "convictions". Mais, une législation pour orchestrer tout cela est vraiment le coup de l'éléphant dans un magasin de porcelaines. Est-ce le rejeton de cet âge qui irait se plaindre de son statut de victime à l'autorité? La raison, encore une fois, est une affaire de la noblesse ou non de la personnalité. Les droits de l'enfant doivent être respectés.

Plus âgé, la vraie éducation commence pour l'adulte en préparation. Là, on ne joue pas dans la même cours. La compréhension pourrait se "faire aider" par des moyens plus physiques sans verser dans les excès injustifiables.

La fessée est de plus en plus poussée dans le domaine de l'inadmissible. Et pourtant, croire que tout le monde comprend de manière innée la force du dialogue posé, "en adulte", est un leurre. corrections-a-lamiable-allocations-familiales.jpg

Chez les animaux, c'est clair, la correction existe. Le petit chat qui ne veut pas suivre, se verra remettre dans le droit chemin de manière ferme à coup de pattes et avec une prise en "bouche" très efficace.

En Europe aussi, il est question d'introduire dans les lois, des articles qui pénaliseraient les atteintes physiques aux enfants. En 1979, la Suède votait même une loi interdisant tout châtiment corporel avec seulement 30% d'avis dans ce sens aux yeux de la population.

corrections-a-lamiable-violences-au-pouvoir.jpgTrop souvent, les plis sont pris et la crainte de l'enfant n'y étant plus, l'éducation ne se fera plus dans les règles de l'art. Le laxisme et l'air du temps qui veut pousser les adultes plus longtemps au travail pour espérer de conserver un pouvoir d'achat, ajouteront les touches pour correspondre à la nouvelle norme.

Ne serait-ce plus judicieux d'imposer la fessée aux adultes de 7 à 77 ans, période bien déterminée par Hergé pour élargir la période de vie des lecteurs de Tintin dans une "histoire belge"?

Tout dernièrement, en Belgique, un drame familial poussait la mère d'un jeune drogué qui la harassait, a tué son fils. Moment d'exaspération, de colère. Tous les voisins étaient aussi au courant des disputes. Alors, n'y a-t-il pas eu une erreur d'appréciation au départ? La fessée n'était-elle pas devenue un peu trop virtuelle, derrière un écran d'ordinateur? Une affaire récente, entre un enseignant et un élève, réveillait la France entière sur la question de l'éducation et de son traitement dans la pratique.

En 1974, Pinoteau sortait son film "La gifle" avec le fort en bras de l'époque Lino Ventura. Plus d'une génération après où en est-on ? Une dossier sur la question du Nouvel Obs remettait le couvert à la table des négociations. La "Nostalgie du martinet" était mis en concurrence avec des théories comme "l'effet papillon".

Alors rebobinons le temps. Quand l'enfant n'était pas roi. Sans aller jusqu'aux châtiments corporels, il était clair que l'éducation était plus musclée et le respect des parents et des enseignants étaient bien plus affirmés.

corrections-a-lamiable-en-avoir-ou-pas.jpgRévolution culturelle, on n'en est plus là. Révolution de gourous qui se veulent partisans adversaires? Il faut néanmoins remarquer que le monde des adultes d'aujourd'hui est de moins en moins avares de "gifles". Elles sont plus verbales d'accord, mais les dégâts psychologiques n'en sont pas moins catastrophiques. Le service militaire des jeunes n'existe plus. Les enfants récalcitrants aux USA sont envoyés par leurs parents dans des écoles qui cassent la personnalité, style "GI". C'est aller un peu loin. Pourtant, certains jeunes en mal de reconnaissance et de repères se lancent eux-mêmes dans la carrière militaire, pas seulement pour raison de sécurité d'emploi, mais en recherche de repères qu'ils n'auraient pas ressentis dans leur enfance.

En Europe, les adeptes de Françoise Dolto avec la "Cause des enfants" et les psys s'interrogent sur la technique d'éducation à adopter au coup par coup de bévues et d'échecs. Mai 68 est passé par là: "Interdire d'interdire" dans une rupture de plus en plus nette entre parents et enfants. Ceux-ci n'ont pas de dettes envers leurs aînés. Exact. Mais quand on est responsable de sa progéniture, il y a de la marge et des limites à respecter à la bienséance coupable. A toutes époques de la vie correspond une distribution adaptée de bons et de mauvais points. Le libéral Sarkosy ajoutait une touche de plus en voulant même dépister de manière précoce (en dessous de 3 ans) la délinquance. Pour quoi en faire? Pour mettre en maison de redressement? Suivez mon regard, vous trouverez facilement où chercher.

Des groupes "Lève la main contre la fessée" ou "Ni claque ni fessée" préconisent l'abolissement de la fessée ou de la claque. Mais, il est aussi clair qu'aller dans ce sens tête baissée ne correspond pas à la réalité de la vie. Avec l'expérience, on peut d'ailleurs remarquer que les générations précédentes ont mieux tenus le coup contre l'adversité que les plus récentes. Dans les années 60, encore, il n'était pas rare de se faire pincer autrement que moralement. Je peux en témoigner.

Cette fois, les médicaments sembleraient remplacer les gifles pour les enfants, les déprimes pour les adultes qui n'auront pas pu accepter la remontrance?

Pendant ce temps, les enseignant craquent. Ils pètent les plombs. Quand on ramasse, réunis, tous les laxismes des ayants droits, il y a peut-être de quoi.

Et si, un jour, on apprenait dans les programmes des écoles à être vraiment "parent"? Il n'y a pas que le sexe qui importe dans l'éducation sexuelle. Plus de dictateurs, plus de "crème à reluire". Seulement des responsables à la sortie.

Alors gifle ou pas gifle pour les "têtes à claques" ?

La vie est une perpétuelle éducation dans un subtil mélange entre carottes et coups de bâtons.

Ce matin, à la radio, la Ministre Catherine Fonck, chargée de l'aide à la jeunesse et de l'enfance, répondait à la question de l'utilisation des puces électroniques chez les jeunes. Elle répondait en finale de l'interview: "l'éducation, c'est d'abord et avant tout, dans le relationnel".

Je crois que je ne pouvais trouver meilleure fin. Il ne faut jamais se chercher les puces même si c'est un réflexe.

Çà  pique, ces mouchards de puces!

 

L'enfoiré,

Vais-je avoir une gifle du Panda?

Citations:

  • "Il est des enfants qu'on ne peut espérer corriger sans leur administrer de temps à autre la fessée. Certains adultes conservent le naturel de ces enfants", Marie-Antoinette Grégoire-Coupale

  • "On est correct qu'en corrigeant", Joseph Joubert

  • "Prendre le taureau par les cornes est plus correct que de tirer le diable par la queue, mais plus fatigant que de sucer un esquimau.", Jose Artur

05/12/2007

Le saint des enfants sages et investisseurs

Saint Nicolas, ça vous dit? Non, on ne le fête pas en France, ou alors très peu. En Belgique, Allemagne, Autriche, Pologne, Pays Bas et en Suisse, par contre, les bambins en sont encore toujours aussi fous. Normal, quand il y a des cadeaux à la clé. Alors, on pense à investir en sagesse et en son avenir par effet retard.

 

cbad644cc9440bdf31a259a65937ede8.jpgL'article d'aujourd'hui est avec mention spéciale comme à la télé sous l'écran (-7).

Cette mention est évidemment là pour ne pas faire sortir les plus petits de ce rêve de la tendre enfance.

Bien avant la date de fête du 6 décembre, comme tous les ans, Saint Nicolas est arrivé sur son char avec le Père Fouettard et ses acolytes comme antidotes à un manque de sagesse pour les enfants. Les grands magasins ont chacun leur trône et invitent les bambins bien en file indienne accompagnés des parents plus ou moins agités. Dans le Nord de la Belgique, on parle de Sinterklaas. Mais il vient aussi apporté sa tradition et ses jouets et les friandises dans la cheminée des enfants qui n'ont pas démérités en sagesse. Pour entrer dans les candidats aux cadeaux, le bambin doit s'appliquer à laisser la veille de l'eau et quelques carottes pour l'âne de ce saint homme et surtout tellement généreux. Anciennement le pain d'épice, puis, les spéculoos, le massepain sont les friandises de prédilection qui devraient revenir en échange de son investissement.

Mais qui est-il celui qui a donné naissance à la Noël pour bien d'autres pays?

On situe sa naissance et sa "boutique" en Turquie, à Myra, J'ai y personnellement vu son tombeau en 1992 dans l'église Noël Baba. Pas beaucoup de vestiges à découvrir. Tout est dans le symbole. Saint populaire si il en est, depuis, lors. On découvre même son tombeau.

Excursion classique proposée lors de tous voyage en Turquie avec les habitations troglodytes de l'acropole rupestre de Kale, en arrière-plan.

Wikipedia ne nous rassure pas: "Bien que destinée aux enfants, une des légendes de saint Nicolas est plutôt effrayante. « Ils étaient trois petits enfants, qui s'en allaient glaner aux champs », comme dit la chanson. Perdus, ils demandèrent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouva rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir. Saint Nicolas vint à passer sept ans plus tard et demanda à son tour l'hospitalité. Il insista pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et saint Nicolas ressuscita les trois enfants. ».

Mazette...Sinistre ! Cela commençait vraiment mal.

Alors, flash back, dans mes souvenirs. Entre cinquante et soixante ans, cela fait un bail et pourtant ils sont bien là.

Vais-je annoncer que j'ai tiré à la barbe de saint homme pour voir si elle était bien vrai et n'allait pas se trouver dans mes mains? Et bien, non. J'y ai cru et suffisamment longtemps.

Déjà pragmatique et cartésien, je ne pouvais croire que ce que je découvrais de mes petits yeux innocents.

Mes parents ont entretenu ce doute avec le maximum de "doigtés". Ils s'y entendaient à "effacer subrepticement" mes petits dons de la cheminée et mes doutes au sujet d'une éventuelle "arnaque".

Puis progressivement, au fur et à mesure que les années avançaient, ce "cartésianisme" est devenu de l'investissement. Il y avait les cadeaux à la clé, de plus en plus grands, en fonction mon propre progrès dans les hauteurs.

Alors, être sage, en calculateur, il fallait analyser les pertes et profits. Le bonus malus avait des points plus gros l'un qu'un l'autre. Pas encore de graphiques boursiers pour se donner le maximum de chance, mais on n'en était pas loin.

69e2a8268443c9078601d809d99bd23f.jpgÉvidemment, des copains avaient des déclarations contraires à mes songes calculateurs. Le pot aux roses était déjà tombé au sol depuis longtemps pour eux. La male aux trésors chocolatés annuelle aussi. Alors, stop ou encore? Question bien vite réglée. Faire semblant et la fermer et tout le monde était d'ailleurs content.

Pragmatique et investisseur, je vous dis.

Tout s'acheva par une rectification en douceur de l'"office donateur". Investir n'était plus rentable et puis cela se compliquait pour le générateur pourvoyeur de cadeaux à barbe et pour le gamin qui, vraiment, avait trop grandi. La sagesse ne suffisait plus. De plus, l'investissement comprenait des "actions" supplémentaires. Par exemple: réussir les calculs avec plus d'exactitude à l'école.

Bien plus tard, les jouets avaient pris un coup de vieux et s'étaient réfugiés dans les boîtes de rangement. Ce saint des enfants sages et investisseurs s'est représenté à mon questionnement.

D'abord, à l'étape étudiant.

Le présentateur Jean-Claude Menessier de la RTB (Le "F" n'était pas encore découvert)  lançait l'opération 48.81.00 en 1957. Jean-Claude, comme on le nommait, un peu avant la Saint Nicolas, lançait son "Nous savions que nous pouvions compter sur vous" dans les écoles. Récolter les jouets qui ne servaient plus pour les réserver à des jeunes qui ne connaissaient pas ce Saint Nicolas. On s'est monopolisé dans ce but avec ardeur. Plus tard, cette opération s'orienta vers d'autres débouchés plus nobles, peut-être. Quand on grandit, on reconsidère toujours. Jean-Claude, Saint Nicolas ne l'avait pas oublié non plus, c'est sûr. Sa notoriété s'était bien fait étendue.

f2f3208513f4125e17bee0c70c602d36.jpgLes magasins, eux, n'y ont pas perdu au change. Encore des investisseurs des temps modernes. Bien avant l'événement du 6 décembre, les vitrines ne désemplissent pas en jouets plus fantastiques les uns que les autres. La pub télé relaie cette folie. On investit, donc, toujours.

Chacun a eu et aura ses "chocolats".

Merci, Saint Nicolas, merci, les enfants devraient avouer la poupée qui fait "maman" quand on la couche.

Tu peux revenir, Saint Nicolas.685790a64a453d591d11da254ae2c2cf.jpg Pas mal d'adultes attendraient ton retour. 

Je veux bien en remettre dans ma cheminée de ces grosses carottes bien juteuses avec une petite boisson avec des gouttes perlantes sur le verre.

Maintenant, qu'en est-il avec la situation de ta visite 2007, Saint Nicolas ? As-tu eu les mêmes chances de remplir ta hotte?

Un cocktail de jeux de société pullulent, d'après tes envoyés dans nos magasins. Auras-tu assez de monnaie pour faire tes emplettes? Le coût de la vie ne t'impressionne pas? Tu es confiant. Magnifique. 

Non, Français, vous avez raté le coche (à part, peut-être, dans le Nord, près de chez nous). Dépêchez-vous d'appeler le Père Noël. Il trépigne d'impatience.

C'est un Enfoiré qui vous le dit.88b105e87efddfeb514ea99b00632b55.jpg:

"Le mystère, ça paie".

Est-ce dire que la croyance gratuite est payante?

Je n'irai pas jusque là. J'ai quelque peu grandi depuis, quoi que...

 

L'Enfoiré,

 

Et pourquoi pas un Panda dans le texte et dans la cheminée 

 

Citations:

 

  • « Lorsque ma femme me fait un cadeau, j'éprouve deux surprises : d'abord le cadeau et ensuite de le payer. », Maurice Donnay

  • « Un cadeau qui ne peut pas être jeté n'est pas un cadeau mais un piège. », Tad Williams

  • « Les cadeaux sont comme les conseils : ils font plaisir surtout à ceux qui les donnent. », Emile Henriot

22/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (2)

Après la philosophie Antique, de la religion Chrétienne, de l'Humanisme, du Post-modernisme que nous avons vu, passons à celle qui nous occupe encore aujourd'hui.


50cce65d0c0f0242a47b52e86fc665f8.jpgLe désenchantement a éloigné la poésie pour faire place à encore plus de lucidité et de liberté dans ce 20ème siècle. Une alternative se présente au penseur : continuer la voie de la destruction philosophique prônée par Nietzsche ou rechercher d’autres voies.

La sociologie prend une tournure éthique ou politique départagée par le milieu dans lequel elle s’imprègne. Les idoles ont changé et se tournent résolument vers la Science et une certaine coopération entre les peuples voulant assurer de la sorte la survie de l’espèce.

La philosophie analytique voit ainsi le jour initialement dans les pays Anglo-Saxons.

L’œuvre de Kant a fait des émules qui tentent de réactualiser les idées éthiques de partage équitable et démocratique.

Les « philosophes du soupçon » feront école aussi et leurs élèves doués rechercheront une logique cachée à nos actes : ceux de Marx, avec l’économie et le social, ceux de Freud avec les pulsions et le subconscient et ceux de Nietzsche avec la puissance du nihiliste et la force réactive qui apporterait des solutions multiformes.

Freud inventa la théorie de l'inconscient. Les pulsions du plaisir et les exigences du monde entrent en conflit.

Une contre culture embourgeoisée trouve des penchants dans le réel pur et dur. Le cynisme matérialiste emboîte le pas et élimine le caractère lié au Progrès et à l’Humanité.

Briser les chaînes de la tradition résultat d’une mondialisation à marche forcée qui asservit de manière insidieuse et pour retrouver un idéal différent hors capitalisme triomphant.

Heidegger, fondateur de la déconstruction, prouvait que les idées sont menées par des intérêts inavouables et que le capitalisme, sous des atouts indéniables de volonté de donner la richesse et le bien être pour tous, ne manque pas de détruire en même temps la pensée et l’homme lui-même.

Du « monde de la technique », il entrevoie dans un univers libéral et un réel désacralisé qui entraîne l’homme vers des non-sens que les altermondialistes dénoncent avec force.

Accroître les inégalités tout en réduisant la diversité biologique n’est pas un fondamental du matérialisme.

Préoccupé par la volonté de reconnaissance des cultures identitaires, il ne parvient pas à donner à chacun l’impulsion pour infléchir son destin vers un mieux désiré mais plutôt une histoire sans réelle signification. Produire plus et plus sophistiqué est la règle à laquelle il faut se plier sous peine de sombrer dans l'anonymat et la précarité.

La compétition mondialisée en est le prolongement obligatoire. Serons-nous plus heureux en bout de course avec cette technologie toujours plus puissante. Est-ce un but de toute philosophie?

L’idée même de démocratie en a pris un coup dans son manque d’aboutissement réel à vouloir imprimer une direction personnelle à la marche du temps. Le mot "république", étymologiquement, n'aurait plus sa place dans ce jeu en boucle oubliant le progrès pour les gens. Tous les partis politiques sont conscients et prônent à un retour à une raison plus humaine. Sont-ils capables de changer les choses et de retrouver l'équilibre salvateur? Une bonne gestion du monde et de ses ressources leur échappent face à des intérêts économiques internationaux trop puissants. Le citoyen est perdu et subit un manque de confiance en virant de droite et de gauche ou dans ce qu'il croit qui reste le cas. Un régime autoritaire n'aurait pas plus d'efficacité et serait de plus anachronique.

La science et la raison donnent l’impression de création rationnelle du monde mais sans y parvenir fondamentalement. A la seule condition de ne pas détruire le futur de manière irréversible. La fin pour les moyens et la fascination de la domination sans borne.

Se libérer des servitudes par la raison et se sauver de ces dangers vont être les défis d'aujourd'hui et de demain.

Le Darwinisme ne viserait plus sinon qu'à rester dans la course par une course pour la technicité calquée automatiquement sur l'économie de marché. Si l'homme fait partie de la nature, les considérations rationnelles ou divines n'y ont pas cours. L'évolution et le développement poussent à contredire la conception de l'Eglise à propos de la création de l'Homme en naturaliste. L'origine des espèces est réglée par la sélection naturelle et la préservation des races dans la lutte pour la vie.

Lyell avait déjà tenté daté l'âge de la terre. Lamark avait découvert les qualités qui se transmettent de génération en génération en caractères acquis. Malthus ajoutait que la nature s'autorégulait en laissant survivre les plus aptes pour assurer la continuation de l'espèce. La concurrence rapprochée étant la plus dure en accélérant ainsi l'évolution. Atteindre l'âge de la reproduction au plus vite et sophistiquer ensuite pour contrer les attaques extérieures en fonction du milieu ambiant par l'adaptation. Le néo Darwinisme explique les mutations génétiques par un bagage héréditaire. La vie serait une loterie avec uniquement des numéros gagnants.

La réflexion critique et la morale sont seuls concentrateurs et porteurs de solutions plus globales. L'érudition reste vide et l'interrogation peut ouvrir une voie étroite dans une nouvelle reconstruction des questions existentielles.

André Comte Sponville à l'idée qu'espérer un peu moins et aimer un peu plus va apporter une solution car, pour lui, espérer, c'est désirer sans jouir, sans savoir, sans pouvoir. Aimer le monde tel quel dans une spiritualité en jouissant d'instants de grâce comble, sans penser aux tempêtes qui pourraient suivre, est sa vision. Anticiper le malheur et s'en affranchir en sortant d'un déterminisme programmé n'empêche pas de juger les actions immorales. Pas besoin de transcendance obligatoire des valeurs car un besoin n'est pas dogmatiquement vrai. Matérialisme et "amor fati", tout en apportant un confort ou un réconfort ont des contradictions qu'il faut cerner. Le matérialisme, clairvoyant, s'accuse, lui-même, de ne pas accorder toutes les libertés et encourage d'en trouver les remèdes même révolutionnaires. Fuyant le passé, permissif avec le présent, il vit dans l'espérance d'un monde futur meilleur mais sans se donner les moyens de sa politique pour lui-même.

Une transcendance terrestre serait donc recherchée dans le cosmos des anciens grecs. Mais, cette fois, l'harmonie ne serait plus l'idéal mais un modèle interne au monde parfait en dehors de l'impact de l'homme qui le découvrira sans pouvoir changer sa finalité morale. Si la transcendance idolâtrée comme le veut le Christianisme ou celle de Kant et des suivants jusqu'à Husserl trouvée dans l'immanence et l'omniscience n'apportent pas l'assurance d'existence confortable, l'horizon du perpétuel progrès ne présente qu'une face des objets sur un fond changeant sans parvenir à faire sortir une entité dans son entièreté. Les valeurs sont en soi sensibles mais d'une subjectivité extérieure. Vérité, beauté, justice et amour ont néanmoins une transcendance concrète hors idole métaphysique par nécessité humaniste. L'autoréflexion reste seule maître pour donner une signification à la vie et à ses affirmations. La pensée élargie se fait par cette réflexion en soi et en se mettant à la place de l'autre pour éclaircir son jugement pour se donner les chances de l'impartialité. Les Modernes ont plutôt vu un ennemi dans la nature pour garder l'objectivité de la science en décrivant le monde. Les extrapolations restent personnelles avec un certain positivisme. Le généalogiste Nietzschéen déconstruisait idoles mais refusait de le faire pour lui-même. L'aspect dogmatique s'est vu supplanté par des idées écologiques et à la suite de l'autocritique des biologistes qui se sont inquiétés des risques liés aux OGM et aux techniques de clonage. La remise en question se tourne désormais plus sur un principe de précaution sous forme de Sciences Humaines et Sociales pour mieux orienter l'avenir des développements.

Après les grandes guerres, les Sciences ont perdu de leur superbe à la pensée de ce qu'elles ont permis comme désastres.

La sacralisation d'autrui par la divination de l'humain semblent de nouvelles approches philosophiques pour lesquelles l'homme serait près à se "sacrifier". Le sacrifice ne se conçoit plus avec des idées de patriotisme ou pour un Dieu, mais plutôt pour un entourage étroit familial d'aimés dans une transcendance acceptée horizontale et non plus verticale.

La mondialisation vue sous cet angle de partage de cultures change d'objectif et veut effacer l'uniformité avec plus d'adhésion en finale. De ce fait, singularités et individualismes "folkloriques" pourraient accéder à l'universalité élargie en réseau et par internet trop aux contacts malheureusement trop "virtuels". La personnalité, elle, garde sa singularité.

Les compromissions et totalitarismes dans les pays les plus avancés n'ont plus la cote.

Face à la mort, bouddhisme et stoïcisme ont une approche semblable mais imposent une solitude quasi monastique dans le recueillement. Le christianisme s'y oppose par un amour immortel dans un bonheur entrevu dans un "après".

La sagesse de l'amour dans l'attente de ne pouvoir "consommer" est-elle une tromperie ou une manière de répondre au questionnement? Les visions du monde sont tellement différentes qu'elles s'attirent scepticismes et antagonismes. L'esprit démocratique laisse la porte ouverte mais mollement avec une tolérance parfois contrainte. Le dialogue pour apprendre l'autre sans esprit de concurrence mais sans compromission. Peut-on vivre sans une des philosophies et vivre dans l'insouciance totale et dans la crainte perpétuelle du lendemain?

La revue "Sciences et Avenir" de juin 2006 parlait de "découvertes sur la régénération cellulaire et du compactage de l'ADN", sujet qui explosait par sa conclusion "L'homme est programmé pour vivre longtemps".

Avant, Axel Kahn ajoutait: "La mort est ressentie comme l'échec de la médecine".

Sans triomphalisme, cela entraînera des réflexes conditionnés : "Vie plus longue, d'où travailler bien plus longtemps aussi". Décidemment, tout s'annule dans la vie: le "bon" par le "mauvais".

Jean-Paul Sartre se perdait dans les amours libres Sartre et Simone de Beauvoir, oscillant entre sadisme et masochisme. L'amour est aussi devenu pour lui très vite "purement cérébral". Sa question principale fut "Pourquoi vouloir être aimé?". Balancé entre "liberté" et "aliénation" dans un "amour de l'échec pour se sentir justifié d'exister". Le monde réel a été selon lui détourné pour montrer ciel et monde des idées parfaitement illusoire. Rien n'est inné, l'homme doit se construire entre liberté et angoisse, responsabilités et découverte d'un monde inconnu pour donner un sens à la vie.

Simone de Beauvoir, féministe, veut analyser les rôles sexuels. L'homme veut transgresser par sa nature transcendante. La femme est immanente et contente de vivre dans une ambiance familiale tout en devant sortir de la joute de l'homme. La femme doit devenir l'égal de l'homme. Au besoin, on oublie la maternité.

Les problèmes actuels sont un véritable défit. L'écologie et la nature poussent à se tourner vers un nouveau paradigme avec mouvements alternatifs au New Age que la publicité presse à nous faire consommer.

Le matérialisme, la technicité remplacent le voyage physique par celui des moyens de communication moderne à l'échelle planétaire. La bibliothèque du monde s'aggrandit de manière désordonnée en donnant l'envie du sensationalisme, du mystique à bon marché appelée parapsychologie.

Dieu aurait pu construire un monde autrement. C'est un fait. Mais ce qui est fait, est fait. Il n'est tout de même pas tout puissant, avouait l'ange Ariel dans le livre 'suite' de Justein Gaarder "Dans un miroir obscur" tout en finesse intimiste que je conseille aussi de lire.

La Création est une énigme, mais le plus mystérieux de tout, c'est que l'on trouve toujours des êtres qui s'étonnent d'être en vie. Chacun a le droit d'essayer de résoudre cette énigme à sa manière.

Les erreurs existent bel et bien. Pour concevoir tout cela, pourquoi n'y a-t-il pas eu trois sexes? Le 3ème aurait été là en arbitre, mettant son veto neutre, avec raison, dans ce grand jeu de quilles en perpétuel renouvellement.

Comme l'écrivain philosophe le disait : "Naître, c'est recevoir tout un univers en cadeau".

Par la Science et la seule force du raisonnement, Einstein avait ouvert des idées sur la théorie de la relativité que l'on comprend et confirme aujourd'hui partiellement ou totalement. Ensuite, ces idées révolutionnaires sont bousculées par la révolution quantique.

A chacun, cette fois, de trouver sa propre philosophie et sa manière de pensée.

Le choix existe en grande quantite. Les penseurs ont ouvert et ouvriront les voies vers toutes les pensees. Leurs options se déchirent ou se complètent étrangement. Souvent, une pensée que l'on croyait géniale par ses côtés positifs, se révélera peut-être dangereuse dans certains autres cas, un peu moins analysés.

Du pluralisme et du partage des idées jaillira peut-être la vraie lumière. Prendre ce qui semble bon et rejeter le reste. C'est la seule solution  pour être soi.

Alors, vous avez dit "philosophie"?

Comme c'est étrange !

 

L'enfoiré,

 

  • "L'amour meurtrier. L'amour infâme. L'amour funeste. Amour. Amour. Unique vie en ce monde.", Anne Hébert 

  • "Je t'aime, tu t'aimes, on sème.", Maurice Chapelan

  • "Jeune, on pense à la mort sans l'attendre ; vieux, on l'attend sans y penser", Maurice Chapelan

 

15/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (1)

La philo, comme pour beaucoup n’était pour moi qu’une idée bien peu précise. Des livres abordent le sujet très différemment. Celui de Luc Ferry, « Apprendre à vivre » s'adresse aux jeunes en suivant un peu une "Philosophie pour les Nuls". Celui du Norvégien Jostein Gaarder, « Le monde de Sophie » avait le même souci mais avec originalité et poésie par l'intermédiaire de leçons données à une fillette. Le « Nouvel Obs » du mois d'août 2006 (article de Clément Rosset) apportait, lui, le lien avec l'amour. « Quand on est amoureux, on ne réfléchit guère ». Le "Nouvel Obs" remettait le couvert en août 2007 en se posant la question du pourquoi la femme engendrait peur et préjugés chez le philosophe (article de Aude Lancelin et Marie Lemonnier). Misogynes les philosophes mâles? L'intégration des différentes idées synthétisés me paraissait une occasion et une envie de les lire.

 

677ed3b7a187ceedf7bf1af4403a90ae.jpgPréambule: L'homme ne vit pas seulement de pain. Savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons. Toutes les cultures, toutes les générations se sont posés ces questions existentielles. Homo Sapiens s'est, en premier, préoccupé d'ensevelir ses morts. Fatalité ou émotions sont là pour modifier le cours de nos vies. L'histoire, qui va se dérouler, essayera de trouver des réponses sans y arriver. Mais elle n'est jamais finie. Cette enquête policière va faire ressortir des coupables dépendant de notre propre interprétation. S'étonner, se questionner, c'est vivre avec ses propres visions du monde. Au début, les mythes, le mystique, rites ont été les catalyseurs, mais la raison et la réflexion ont pris le relais en creusant un sillon entre bien et mal. Les dieux ou le Dieu ont été un moyen d'expliquer l'inexplicable dans une discipline consentie. La femme, le sexe en second, passant de l'état "esclave", à celui de "fauteuse de trouble" s'est vue récemment poussée avant, pour annoncer le règne de "Big Mother".

 

La Philosophie d'hier et d'avant hier

 

1. La philosophie antique :

Avant les philosophes grecs, la religion avait force de philosophie comme seule héritière de la pensée.

Les grecs imaginent par la réflexion "quelque chose" de nouveau à l'origine des métamorphoses au sein de la nature. Les dieux n'étaient plus nécessairement responsables de tout.

L'oracle de Delphes, par l'intermédiaire de la Pythie, apportait une explication de manières très peu compréhensible.

Thalès de Milet fut le précurseur des sages philosophes. Empédocle voyait l'eau, l'air et le feu à l'origine de tout.

Anaxagore imaginait qu'une partie de tout se trouve en tout dans une idée moderne de l'ADN. Il est le premier à nommer le soleil comme une boule de feu.

Démocrite concevait que tout était constitué de minuscules éléments indivisibles qu'il appelait 'atomos'.

Au 6ème siècle avant JC, en Grèce, l’école stoïcienne, avec Zénon de Kition, va prendre l’habitude de vouloir discuter de tout sous le portique (la « stoa »). Cléanthe d’Assos et Chrysippe de Soles vont prendre la relève en ne laissant que très peu d’écrits. Cicéron plus tard va donner une deuxième jeunesse à cette philosophie à Rome au 2ème siècle avec Sénèque, Epictète et enfin Marc Aurèle. Selon les historiens Hérodote et Thucydide, les maladies n'arrivent que pour punir l'homme de son manqiue de sagesse par le sacrifice. Les sophistes auront ainsi leur "fond de commerce".

L'Humanisme a trouvé ses racines. Pas de certitudes aux énigmes de l'univers et de la nature, ils rejettent, agnostiques, totues idées de lien mythologique.

Socrate n'écrivit aucune ligne mais laissa son emprunte philosophique avec ironie en laissant découvrir la vérité à son interlocuteur par lui-même. Son disciple, Platon le fera connaître avec son monde des idées qui tente de manière ésotérique d'unifier les réalités par la perception interprétative des sens. Aristote, modéré, par contre, s'intéresse plus aux sens par le langage scientifique. Les formes rassemblent tandis que la matière dissocie. Alors, il classe les éléments par catégorie et voit le bonheur en associant plaisir, liberté responsable et science. La femme, malmenée, reste incomprise.

Hyppocrate, fondateur de la médecine, proposait une défense contre cette maladie par une vie simple et mesurée.

Le défit du salut qui fait démarrer la recherche d’une philosophie, est pris en considération via la théorie, l’éthique et la sagesse. Savoir que reste à ne rien savoir dans le rationaliste seul.

La théorie se définit par la contemplation d’un ordre cosmique anti devin supérieur « extra muros ». L’harmonie du cosmos animé, juste et bon est doué de raisons qui doivent servir de modèle de conduite pour l’homme. Chacun reçoit une part de cet univers parfait qui lui est dû. L’homme est là pour observer et non pas pour inventer. Le monde est compris comme un tout et non dans ces particularités qui se présentent par des catastrophes et des accidents dont il faut être préparé et dompté sans surprise comme observateur uniquement. L’immanence du stoïcisme est donc opposée à la transcendance externe et divine supérieure vu par les religions monothéistes.

L’éthique désire s’ajuster au cosmos par la justice-justesse et insiste sur les actes avant discours et concepts. Les Cyniques (Crates) vont négliger le « qu’en dira-t-on » pour se concentrer sur la mission essentielle en accord avec l’ordre cosmique avec l’idée du « Connais-toi, toi-même ». Aujourd’hui, on peut retrouver un peu l’idée stoïcienne dans l’écologie par la biosphère et les écosystèmes (Hans Jonas). Tous microcosmes dans un grand macrocosme.

La sagesse recherche pour le salut le meilleur par rapport à la finitude et l’irréversibilité du temps par sa propre raison et non par une tierce entité supérieure pour vaincre la peur de la mort. Si la procréation n’assure pas seule la pérennité, l’héroïsme, la gloire et les écrits qui les relatent vont surmonter l’éphémère du temps. Thucydide et Hérodote vont ainsi s’acharner à sauver l’homme stoïque et le rendre immortel dans une certaine vanité comme consolation. L’homme, qui existera toujours, se transforme plutôt qu’il ne disparaît dans un souci d’éviter la mort et l’angoisse. La nostalgie du passé et l’espoir dans le futur ne sont que des maux qui ne peuvent s’éviter que dans l’importance du présent seul essentiel et éternel. Le reste ne rend pas heureux. La possession de biens aide mais ne règle rien. Une conviction de trouver le monde harmonieux le fait accepter tel quel, beau exclusivement pour l’aimer et aider à transformer les instants en moments de grâce le plus souvent possible. La sérénité dans l’oubli du temps. Le salut dans le futur antérieur. Pas d’indifférence mais pas de compassion à l’égard des autres. L’inégalitaire n’est pas un problème. La vertu se réfugie dans une nature bien dotée, aristocratique et hiérarchisée des êtres. Commandeurs et commandés sont dans la norme comme les esclaves.

Tous les philosophes antiques ont toujours été des forçats de l'esprit qui souffraient d'une certaine anxiété face à la femme et à l'amour. Face à l'amour, certains conseillaient le renoncement total car ils voyaient dans les maux d'amour une contrepartie inévitable à l'exaltation délicieuse et à une éventuelle éternité. Cupidon était d'ailleurs personnifié en dieu à l'aspect puéril et hostile avec son arc meurtrier. L'idéalisme grec a été le premier à théoriser le désir. Epicure se serait suicidé avec passion par amour. Lucrèce, son disciple, passa à l'acte à 43 ans car il y voyait la voie royale pour l'"ataxie" (indépendance féroce). Le libertinage était préconisé comme remède à l'amour.

Mille ans d'antiquité (jusque 476 PC effondrement Empire romain d'Occident).

Un caractère impersonnel dans l’éternité « anonyme » fait perdre une réalité consciente de l’individu et n’apporte ni paix ni sérénité. C’est ce que la religion chrétienne va entreprendre pour rassurer et s’assurer la suprématie sur les esprits pendant 15 siècles.

 

2. Le Christianisme :

Du 3ème au 18ème siècles, la philosophie s’éclipse et l’hégémonie religieuse va régner sans partage. Tout en partageant certains principes avec la philosophie, la religion va reprendre à son compte les valeurs morales par la pensée et l’usage qui en est fait. L'infini devient parfait. La mort est vaincue avec la charité comme morale. Plus « performante » sur le plan finitude de l’être, la religion va paraître incontournable par son caractère qui se veut fondé par l’amour par le rapprochement avec le Christ. Le salut sera fondamentalement lié à la foi dans le divin en remplacement à toute raison et par la confiance en cet Autre qui est l’incarnation du Verbe. En porte parole du faible, le Christianisme va s’opposer à l’arrogance de la philosophie devenue une discipline complète de vie et pas seulement de la sagesse. Les hommes sont égaux en dignité comme préambule. L’inégalité et les dons innés n’ont d’ailleurs pas d’importance pour être vertueux. Le mystique fait fondre l'homme en dieu dans une rencontre avec lui pour les occidentaux, par une fusion totale pour les orientaux. La culture indo-européenne polythéiste avec transmigration de l'âme et la réincarnation. La culture sémite donnant le judaïsme, le christianisme et l'islamisme, monothéistes linéaires préconisant la prière pour la rédemption des péchés.

L'islam et le Coran s'adressent dans un nouveau universalisme plus à ceux qui maîtrisent la langue arabe. Dogmatisme et fatalisme dans la pureté. (Averroès).

Le Judaïsme et le Talmud trouvent réponse à tout par le Mystère et la Kabbale (Maïmonide)

Les prophètes annoncent la venue d'un Messie. La philosophie religieuse va donner racine à la révolution française et la démocratie moderne.

S’analyser soi-même doit être la préoccupation majeure avant de juger les autres. Ce libre arbitre a l’humanité pour concept éthique dans l’universalité avec la promesse de l’immortalité personnelle en récompense. Aimer son prochain n’est plus amoral car il est immortel grâce à la résurrection de l’âme et du corps.

Féodalisme, baisse de la démographie et décadence sont au programme. Tout avantage pour l'homme. La femme, par contre, traîne de véritables casseroles. L'asservissement et le renon de sa féminité jusqu'au mariage et la maternité. Les enfants n'ont pas droit à la parole.

Saint Augustin intègre philosophie et religion. Croire pour comprendre et comprendre par la foi. Saint Thomas d'Aquin concilie philosophie d'Aristote et christianisme par la vie morale.

Mille ans de Moyen Age chrétien (jusque 1453, effondrement de l'Empire romain d'Orient).

 

3. L’humanisme et la renaissance:

La doctrine dogmatique du Christianisme a créé l’effondrement de la