21/06/2008

Les vérités par les deux bouts

les-verites-par-les-deux-bouts.jpgLes vérités se confondent dans des approches parfois complètement différentes.

 

Vous avez parfois pu constater que vous n’étiez pas en phase avec l’opinion de votre entourage sur la manière d’appréhender le monde. Pourtant, on arrive parfois au même résultat mais par des chemins différents. Le Panda et moi avons eu des discussions épiques sur le sujet de l’approche d’une information et des moyens pour la diffuser. Cela, initié par une différence de point de vue.  

Quand nous nous sommes rencontrés, Le Panda et moi, il m’a posé la question de savoir si j’étais capable d’écrire un texte en un seul jet dans les 5 minutes qui suivaient selon l’inspiration du moment. Après quelques instants de réflexions, ma réponse a été catégorique : « Non, impossible ».

Si mes idées sont bien présentes quelque part, elles doivent prendre de la structure, se planifier, se construire au fur et à mesure dans l’espace et dans le temps avec une recherche de situations parallèles. Une formation et un état d’esprit très différents. Très probablement.

La recherche de consensus, peut être aussi, mais avec une chronologie en opposition.

Ce consensus, je le cherche, en premier jet, lors de la construction de l’article, lui, par la suite au niveau des commentaires. Les commentaires sont un bon endroit pour le rechercher, mais, peuvent partir tout azimut. Et puis, qui les lit dans leur totalité? Quand on sait que l’article lui-même est souvent survolé.

Généraliste, je construis un texte comme une table des matières un peu plus complète avec des liens type Internet qui permettent au lecteur de s’appesantir s’il en ressent le besoin par son propre intérêt.

Cette méthode implique des contraintes de non respect d’un texte court puisque cette vision demande à être complet. Une pré-digestion seule avec une série de points que je veux la plus exhaustive possible dans son champ d’application et son impartialité. Mes blogs sont plus des anti-blogs dans leur conception. Je n’ai pris personne en traître sur ce point. La preuve. Tout est dans tout. Il faut seulement en découvrir les liens.

L’autre technique commence par le bas de l’échelle. Beaucoup plus proche de l'impulsion, elle remonte de proche en proche sous les points de contacts que sont les commentaires.

Par l’autre bout, de bas en haut, il faut avouer que c’est plus partial, plus sensuel, plus sentimental, plus proche du rêve. La poésie, je n’en suis pas très fervent, même s’il ajoute le sel à l’histoire, mais je m'y suis adonné aussi. (une preuve).

Là où j’habite, malgré ma connaissance des lieux, je ne les connais pas tous et certainement pas dans un temps précis et déterminé. Tout évolue donc il faut réactualiser en permanence et le faire avec une vision pluraliste. Lire et confondre les sources est ma technique et subit ma critique de sang froid. Je lis même mes ennemis d’opinion, car je suis simplement curieux d'en découvrir les failles et les forces. Je ne m’en tape jamais.

Pas de gourou, chez moi. Buvard de l’info comme il est écrit dans mon « A propos ». Trop de gens aujourd’hui ne sont pas bien dans leur peau pour les convaincre avec une pensée unique en dehors d’eux.

Enthousiaste, mais raisonné.

L’écriture permet cette voie de la réflexion dans sa gestation. Pourquoi ne pas en profiter ? Aucun parti pris. Un Jacques Dutronc près à retourner sa veste après mure réflexion.

Ce n’est que récemment après un passage à vide, que l’on essaye de sortir du carcan des partis. Les indécis deviennent dès lors le cheval de bataille de ceux-ci.

La vérité est un labyrinthe, sans cartes, entre bonnes et mauvaises intentions et dont il faudra soi-même en trouver seul la sortie. La vérité ne se donne pas, elle se recherche dans un monde pluraliste d'idées. 

Les mensonges ne pourraient pas être une surprise. Ils sont le propre de l’homme. C’est possible d’arriver à destination par les deux bouts mais il faut en être conscient. J'en parlais dans "Bons sens ne sauraient mentir".

Alors, oui, aujourd’hui, j’enlève le haut, et demain, j’enlèverai mes bas. C'est promis.

« Think » disait IBM à l’époque dans une de ses pubs.     

 

L’enfoiré, l’impulsif attardé,    

 

PS. Ce texte a été écrit lors d’une sortie de jogging avec mon petit carnet dans la main. Une bonne dame m’a demandé si j’écrivais mes statistiques de vitesse en course. Je l’ai mise au parfum, elle en était surprise.

 

Citations:

 

  • « Que chacun examine ses pensées, il les retrouvera toutes occupées au passé et à l'avenir. Nous ne pensons presque point au présent. », Blaise Pascal
  • « Réfléchir, c'est déranger ses pensées », Jean Rostand
  • « Chez les uns, le style naît des pensées ; chez les autres, les pensées naissent du style. », Joseph Joubert
  • « La pensée console de tout et remédie à tout. Si quelquefois elle vous fait du mal, demandez-lui le remède du mal qu'elle vous a fait, et elle vous le donnera. », Chamfort

 

 

 

 

16/06/2008

Bons sens ne sauraient mentir

bons-sens-ne-sauraient-mentir_00.jpg Il existe un petit village en Toscane. Il a vu un auteur du 19ème siècle qui jouit encore, malgré une thématique apparemment très simple destinée aux enfants, d’une réputation mondiale à la suite de l'oeuvre de sa vie, un roman de conte de fées. Repris par Walt Disney en 1940. Le village s’appelle Collodi près de Pescia, l’auteur : Carlo Lorenzini , surnommé "Collodi", le personnage : Pinocchio. Je suis allé à sa rencontre... 

 

Selon l’histoire du roman, un vieux menuisier, Geppetto, se sentant esseulé dans son atelier, imagine de créer un pantin en bois représentant un garçonnet. Habile de ses mains, il le sculpte et le nomme Pinocchio avec l’intime désir de le voir se transformer en véritable petit garçon. Lors d’une nuit, la Fée Bleue de la providence exauce son rêve le plus cher et donne la vie à sa marionnette. Celle-ci se révèle fantasque quoique toujours bien intentionnée. Sous l’œil de la Fée et du menuisier, les aventures malheureuses vont se succéder, aventures qui ne seront racontées, qu’interprétés par une multitude de petits mensonges. La fée décide de lui infliger un châtiment pour lui donner une leçon de vie et pour lui imposer de dire la vérité. Dès lors, un mensonge qui sortirait de sa bouche en bois et ce serait son nez qui s’allongerait en fonction de l’importance de son méfait. Cela ne tarde pas à prendre des habitudes qui engendrent des aventures épiques. Le conte s’achèvera heureusement quand Pinocchio perdra cette mauvaise habitude et qu’il deviendra, « happy end » oblige, en un véritable petit enfant dans la réalité. Derrière cette fable enfantine, se cache l'Italie de l'époque, pauvre, résignée, pessimiste et en proie à une défaite des valeurs paysannes manipulées par des gens très rusés.

Devenu tellement célèbre, l’auteur est plus connu sous le nom de son village où depuis 1951, un parc fantastique pour enfants a été réalisé à Collodi. Le décor, un labyrinthe, situé au bord d’un torrent et face à la villa et aux jardins Garzoni.

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L’histoire de la marionnette y défile dans les méandres de ce labyrinthe avec le requin très suggestif engloutissant Geppetto au milieu de l'histoire agitée.

C’est à partir des magnifiques jardins, avec ses statues de satyres, face au labyrinthe, très caché que je n'ai pu l'apercevoir. L’auteur de la fable, lui, c’était de la cuisine du château des marquis de Garzoni qu'il a imaginé son personnage.

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Le soir, en allant me coucher, mes souvenirs, suites de cette visite enchantée, sont revenues en mémoire de manière étrange. Et si le mensonge n’existait plus, si tous le monde parlait sans réfléchir, que se passerait-il? bons-sens-ne-sauraient-mentir_10.jpg

Ce matin-là, je me réveillai dans un autre monde. Cela commençait fort, très fort même.

Mon épouse ne me disait plus « Ronfle en douceur, mon amour » mais d’une mine sévère :

   - Tu m’as encore une fois empêché de dormir. Ton ronflement, j’espère que tu n’auras pas d’ennui avec les voisins.

Surpris, je ne relevai pas le nez et ne répliquai pas sachant que c'est une chose dont on ne connaît pas la vérité par soi-même.

Plus tard, sous la douche je commençai à entonner, imperceptiblement, une vieille chanson d’Aznavour « Tu exagères » suivi de « Tu t’laisses aller ».

Mon épouse, ensuite, suivit sous la douche. Elle chantonnait le même air mais avec des paroles différentes et tout aussi troublantes.    

Plus tard, au petit déjeuner, je m’entendis dire : « la confiture, y en a marre et si tu me faisais des œufs au lard pour changer? ». La moutarde semblait me sortir du nez et c'était pourtant le moment de consommer du miel plutôt que de la moutarde.

On s’est quitté la mine un peu balancée dans une humeur exécrable mais chacun trouvait cela normal.

Dans l’ascenseur, voilà que la voisine monte à bord et que je lui dis :

-         Savez-vous que le Chanel n°6 existe depuis peu ? Cela sentira un peu moins dans l'ascensceur.

Moi, qui ne savait même pas qu’il existait le N° 5 ! …

Elle me répond du tac au tac :

-         Vous êtes sûr que votre after-shave, vous le mettez là où il faut, bien partout ? Et puis, vous feriez mieux de la fermer, tout le monde y gagnerait car votre haleine ...   

Je n'eus pas le temps de lui répondre. Nous étions arrivé à destination au rez-de-chaussée. Non, mais, de quoi s’occupe-t-elle?, pensais-je.

Sur la route,  un « enc.. » me fit une queue de poisson en me levant un doigt que je ne pensais pas si long.

Je lui lance une invective que je n’oserais répéter ici.

Arrivé au bureau, voilà que le collègue qui, il faut bien le dire, n’avait pas vraiment les mêmes opinions que les miennes, sortait d’une voix salace :

-         T’as mal dormi, ou quoi ? Est-ce une manière de te coucher sur le clavier ?

-         Non, mais, je dois bien récupérer le temps que t’as perdu hier devant la machine à café.

Mais, il avait un peu raison, je l’admets. Mais alors, lui...

Le patron l’avait bien vu aussi et se déplaçant pour me le confirmer à sa manière, je ne lui en laissai pas le temps et lui envoyai, à la vue d’une couleur rouge anormale sur les joues :

-         La prochaine fois, laissez la porte de votre bureau ouverte. Au moins, je n’aurai pas à aller payer au cinéma ce soir pour aller voir « Basic Instinct II ». Au fait, avez-vous pensé à mon augmentation ?

Il faut dire que sa secrétaire est un sacré morceau et elle avait un de ses rouges aux lèvres qui me rappelait celui de la joue du patron.

Décidemment, tout allait de travers! Je ne me reconnaissais pas du tout dans ces paroles. Chacun avait des paroles sans mensonges, sans filtres et sans hésitations aucunes. Etonné de moi-même et des autres qui n’étaient pas dans leurs habitudes.

Au mess, voilà que la préposée me pose sèchement la question de manière péremptoire sans prendre les moindres formes :

-         L’aile ou la cuisse, votre poulet ?

-         Quelle question. Les deux, voyons quand on voit le prix que l’on demande pour le plat.

Je passe encore sur les détails. J'ai dû choisir autre chose.

L’après-midi, un client téléphone.

-         Je ne comprends pas mon PC. Il ne réagit pas comme d’habitude. Il ne s’allume pas.

-         Vous êtes sûr que vous avez mis le courant ? Vous avez lu la notice d'utilisation avant de me téléphoner ?

-         Non, mais vous me prenez pour qui, je suis une habituée ? Puisque, je vous le dis. Et vous vous êtes là pourquoi ?

Dire une simili vérité pèse décidément des tonnes sur les épaules du citoyen lambda. La délicatesse pour le dire fait pour le moins un peu défaut, dans cette journée fantasque.

L'après-midi, un drame dans la société et un collègue était décédé nous envoya tous au cimetière.

Là, l’épouse, en pleurs, se tenait difficilement et se tenait soutenue entre ses enfants.

Quelqu’un lui posa la question :

-         Vous-vous êtes disputés la veille ? Avait-il un problème en dehors du bureau ? Le patron a déjà pris les devants. Ne vous inquiétez pas. J'ai vu une tête nouvelle dans son bureau, il y a quelques jours.

Quel ignoble personnage! Le cortège s'avance et la conversation ne donna pas de conséquences. Heureusement...

Je trouvais les questions déplacées, mais ne réagis pas. Endormi? La dernière réplique me paraissait presque injurieuse.

Le soir, à la télé, un homme politique parle :

-         Les électeurs ne me comprennendront jamais. J’ai une villa et une famille à entretenir. Je ne peux pas être partout. Le jeton de présence, je le rembourserai. Moi, qui fait tout pour eux.

Tout à coup, son nez s’allongea, s'allongea dans la démesure...

Bons sens ne pouraient menti Famille.jpgC’est à ce moment que je sentis comme un tremblement de terre.

Mon épouse, au dessus de moi, me secouait avec force.

-         Tu ne vas pas travailler, chéri ?

Je lui souris. J’étais revenu de loin, d'un monde de fausses vérités. Ce n'étais pas moi. Comment avais-je pu imaginer cela?

Depuis lors, je souris plus souvent.

Je sais que j’ai encore beaucoup de rêves plus palpitants, moins stressants en réserve.

Celui-ci était par trop dur. Je jetai un coup d'oeil à Wikipedia qui m'en donnait une définition tellement claire du mensonge pernicieux.

  • Le mensonge pernicieux, qui a non seulement l'effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge parfois nommé par la littérature mensonge malicieux, est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois. Ce point est commun aux cultures occidentale et chinoise.
  • En politique, c'était même de l'art...  Donc, le mensonge fait bien partie de notre monde d'aujourd'hui.

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Le mensonge et la vérité n'ont que des frontières bien floues chez les enfants. Elles ne prettent pas vraiment à conséquence. Dans l'autre monde des adultes, il en va tout autre. Apprendre la psychologie, analyser ses semblables, accéder à toutes les sources disponibles, comparer et comparer encore avec ses propres convictions, sont des tâches qui deviennent primordiales  aux citoyens dans un monde médiatique. Déceler la malversation dans les propos n'est pas une mince affaire maquillée sous de beaux principes. La philosophie et tous ses auteurs, à travers les siècles, est aussi intéressante dans cette recherche de soi-même par rapport à ses semblables.  Les nez qui s'allongent et les fées ne font pas partie du monde des adultes qui, en plus, progresse dans le virtuel. La vérité ne se donne pas, elle se cherche. 

Il y a bien longtemps, la fin de l'histoire de Pinocchio, elle, fut plus délicieuse, et disait « Quel drôle d’air j’avais quand j’étais une marionnette ! Et comme je suis content d’être devenu un vrai et bon petit garçon ! »

L'Enfoiré, 

On ne ment jamais chez Le Panda

Citations :

  • « Ce qui est déshonorant, ce n'est pas de mentir, c'est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d'en sortir. », Etienne Rey

  • « J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui. », Anatole France

  • « Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C'est pire ! », Coluche

06/05/2008

Ne bosons pas? Mais si...

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Et si on parlait de Science pure pour changer? Un article du "Science et Vie" de mai 2008 a attiré mon attention. On parlait de la "particule de Dieu" au sujet de la particule Boson de Higgs. Ce physicien en parlait dans ses rêves et ses convictions déjà en 1963. Histoire ancienne? Non, on va bientôt le prouver, peut-être.

La science a donc plus de quarante ans de traque et de ... trac à son actif pour découvrir cette particule qui pourrait révolutionner la physique. Quand Peter Higgs lança son idée de bosons, il s'agissait de soupçons qu'il ressentait à la suite de l'impossibilité de mettre en formules certains phénomènes physiques. Il devrait avoir quelque chose en lui pour expliquer un manque de rigueur dans les formules de la physique.

La célèbre équation d'Einstein, E=MC², montrait bien qu'il y avait un lien rigoureux entre la matière et l'énergie. La matière avec sa masse propre, pourquoi a-t-elle des envies d'évasion vers l'énergie? Qu'est-ce qui donne sa consistance et son poids à la matière? Il doit y avoir un intermédiaire, une force unificatrice? Léon Lederman n'a pas manqué de lancer cette expression de "particule de Dieu", tellement elle fait fantasmer et inquiète. Remettre toute la théorie en jeu n'est pas une mince affaire.

Cette particule viendrait s'ajouter à la panoplie des particules déjà connues mais qui n'explique pas encore les fondations du système. Les physiciens ont toujours aimé unifier les problèmes en formules les plus concises possibles. Einstein a fait toute sa gloire sur une relation simple mais qui n'était pas du tout simpliste dans ses conclusions.

Quatre forces parviennent déjà à cerner la plupart des problèmes:ne-bosons-pas-mais-si-quark.jpg

  • la force "forte" de cohésion atomique qui explique qu'un noyau se suffit à lui même.

  • la force "faible" qui se retrouve dans la radioactivité

  • la force de la gravitation qui explique la bonne vieille histoire de la pomme de Newton.

  • la force électromagnétique quantique qui assujettit l'électron au noyau et le maintient en déterminant sa charge, sa valence et son potentiel de rapprochement avec les autres noyaux.

Dans ce monde de forces, il ne faut cependant pas rechercher la finalité dans l'interaction globale.

Les bosons de Higgs seraient des vecteurs qui relieraient les fermions de la matière pour en donner la raison de l'existence en leur donnant une masse. Véritable clé de voute qui pourrait si leur présence était confirmée rendre obsolète la physique d'aujourd'hui en donnant la cause irréfutable et unique des faits constatés et affiner les formules imparfaites.

François Englert et Robert Brout s'intéressent à la question et prennent la succession de Higgs, pensionné.

ne-bosons-pas-mais-si-lhc.jpgUn nouvel espoir de découverte se présente avec l'accélérateur du CERN, le LHC (Large Hadron Collider) qui avec son anneau de 27 kilomètres pourrait atteindre très prochainement une énergie potentielle de 7 TeV (Tera Electrons Volt) et le double en énergie cinétique due à la collision. Il est le challenger, toujours en piste, du Tevatron à Chicago et qui est, vu son âge, quatorze fois moins puissant.

La matière est un puzzle. Quelques pièces manquent encore pour combler les formules.

Une nouvelle physique à la clé qui expliquerait peut-être un jour pourquoi on est là?

Alors, faites place particules, protons, neutrons, électrons, c'est vieux jeu, ringard, même. Trop élémentaire, mon cher Einstein...

ne-bosons-pas-mais-si-bebe.jpgAujourd'hui, on parle de hadronsleptons, quarks, gluons, mésons, nucléons, baryons, photons...& co. Douze particules avec quatre forces pour expliquer la matière. Mais je sens que vous voudriez briller dans une de vos prochaines conversations. Alors essayons les moyens mnémotechniques.

Nous avons d'abord le découvreur, Peter Higgs, appelons le Mr "X".

Non, ne commençons pas, du tout par cette idée saugrenue! Ne bésons pas, pas encore, peut-être plus tard. Ne nous baryons pas, néanmoins. Hadrons ou leptons, nucléons nous.  Quand nous fermions la méson, bosons plus. (C'est dit quelque part.) Ne nous engluons pas.  Il n'y a pas photons. Equarkons-nous.

Peu importe, d'ailleurs, le nom qu'on donne aux choses.

ne-bosons-pas-mais-si-particule.jpgLe mot "particule", lui vient du latin "particula", "petite part".

Et s'il venait plutôt de "partie de culture"? Je n'oserais pas, plus prosaïquement, même pour rendre hommage aux vulgarisateurs scientifiques, couper le mot en deux.

Sous cette forme, on aime ou on n'aime pas.

 

L'Enfoiré,

Bosons-nous sur Le Panda


Citations:

  • « Voir, entendre, toucher, sont des miracles et chaque partie et chaque particule de moi-même est un miracle. », Walt Whitman

  • « L'esprit préexiste à la matière. L'esprit habite chaque atome, chaque particule. L'esprit est la partition de l'univers. La force immatérielle qui forge la réalité concrète. », Jean-Christohe Grangé

  • « La pratique masturbatoire est une véritable usine à fantasmes, un puissant surgénérateur de particules mentales érotiques. », Henri Barte 
  • « Dès que l'on dévie du modèle standard, tout est possible. », John Ellis du CERN

19/10/2007

Le scoop pour le scoop

Dans notre monde actuel de recherche d'information, la tendance n'est plus d'apporter l'information judicieuse et incontestable dans les temps mais bien avant celle que fournirait le concurrent.

 

848227d6fbb83c2fdf27ef7e7fd7718a.jpgArracher la nouvelle avant les autres à tout prix. Le but principal est de chercher «le scoop», l'information qui fera vendre et saliver.

L' "event" récent dans la politique française, tout le monde en parle du sommet de la hiérarchie à l'homme de la rue. Les antis vont roucouler et appuyer sur l'accélérateur. Les pros vont enfoncer le frein avec véhémence. Je n'y ajouerai rien. Mais, prenons plus de recul.     

Il y a d'abord ceux qui en vivent. Les paparazzis, les "fans de scoops" sont à l'affût du moindre agissement de la vedette, des "people" qu'ils sont appelé à suivre 24 h sur 24, l'appareil photo et le canon télé 1000mm, dernier cri, prêt à crépiter en ne s'inquiétant pas trop de la vie privée de la 'victime' consentante ou non. Les membres du showbiz sont souvent partagés entre le besoin de se faire connaître, donc d'être pourchassé, et le besoin de retrouver l'intimité de la vie privée. Ce métier de filature, de planque est un jeu de chat et de la souris n'est pas nécessairement fautif. S'il y a de la demande, il y aura de l'offre. La demande voyeuriste existe et fait vendre. Il faut donc la satisfaire. Images scabreuses, scandaleuses sont les préférées. Les couples qui se déchirent, la tarte à la crème. La vie privée et publique se rencontrent sans frontière. La presse people en tête est la première à collectionner les procès pour dommages et intérêts pour délit de transgression de la vie privée. Blâmé après la mort de Diana, depuis 5 ans, le job de paparazzi s'est amplifié. L'industrie de l'image volée a redémarré coïncidant avec l'arrivée de nouveaux magazines dit "people", de sites Internet et d'émissions télé consacrées au "star system" (dixit le directeur de l'agence X17 à Los Angeles.

De fausses "paparazades", peut-être un peu trompeuses, mettront aussi le client, le chasseur et sa cible de commun accord. Même rendement pour chacun des acteurs dans la bonne humeur, cette fois.

Le livre du journaliste Jean-Paul Champagne "La mafia des people" parle sans langue de bois et avec humour d'une source de revenus moins transparente en provenance des relations que les stars entretiennent avec la presse à scandale ou non. Une crainte perpétuelle taraude l'esprit du people: "on ne parle plus de lui". Disparaître des plateaux de télé et c'est la malédiction qui s'abat en sanction. Pour se faire, "vendre" un morceau de sa propre existence dorée et privée ne fait pas de mal à l'intéressé. Donner l'impression du bonheur intéresse toujours celui qui rêve et ne jouit pas de largesses évidentes. Ces "mirages aux alouettes" qui sont ils, toujours friands d'événements croustillants?

Quand il faut aller vite pour sortir le papier, rechercher la confirmation demande du temps, le risque est donc grand de publier une information erronée ou "mal adaptée". Alors, ça barde encore plus.

039e3b1ef2b8b03b633e8757b425757b.jpgLes médias, ensuite seraient-ils finalement le seul pouvoir irresponsable, celui qui à l’inverse de tous les autres n’aurait de compte à rendre à personne, celui qui, au-dessus de tous les autres, s'autoproclamerait légitime en échappant aux règles de base de la vie collective en démocratie ? On pourait se poser la question. On ne répare jamais les torts causés par les dérives aux causes multiples dont la concurrence et la pression du marché ne sont pas des moindres. Nous ne sommes pas timides, mais nous continuons à nous soigner.

Entre temps, ça passe ou ça casse. Si c'est faux, on perd quelques lecteurs trop pointilleux, c'est tout. On se fait tout petit ensuite pour ne pas être reconnu comme l'auteur de la fausse nouvelle. La liberté de cacher ses sources est une bonne sécurité vis-à-vis d'un pouvoir, mais une mauvaise chose quand il s'agit de protéger ses propres erreurs. Les consommateurs, ces médiatisés aiment fantasmer. Modérer cette envie est peut-être difficile.

Le consommateur a ce qu'il mérite. Il désire rester "in" dans l'actualité et mieux encore avant les autres. Cette actualité est offerte en pâture aux consommateurs qui ne veulent pas entendre parler d'un quelconque suivi. Cela doit rester dans le "chaud de l'action" et disparaître ensuite. Les "plats froids" de l'actualité qui ont "glissé", n'ont plus la cote. Personne n'en a rien à cirer des suites d'une affaire entendue un jour lors d'un "snapshot" (un instantanné). L'oubli est bien vite là avec le "sanpshot" suivant. L'effet de recul demande un raisonnement plus coûteux, plus personnel.

Les journaux citoyens pourraient entrer dans la brèche. C'est leur rôle de réveiller les consciences et la réflexion. Que constate-t-on? Nenni. La contagion de la presse officielle a été jusque là.  On se gargarise avec les mêmes produits. L'affaire Agoravox dont j'avais fait écho avec d'autres n'est qu'un exemple.

Des blogeurs-rédacteurs se lancent parfois dans des théories plus ou moins fumeuses. Faut-il y crier haro sur ce phénomène? Pas vraiment. Internet sur lequel se réfugie ces blogs est un nouveau média qu'il faudra toujours prendre avec précaution. De nouvelles thèses citoyennes, pourtant, sans l'aval de ses pairs, ont pourtant une chance de faire découvrir une autre vérité ou solution basée toujours sur la réflexion. Ces "blogs journaux" qu'Agoravox offre avec délectation et prestige, s'impose aussi des règles éditoriales "scotchées" à l'actualité comme l'ombre de l'information fournie par les journalistes.

La fraîcheur, c'est bien. Le durcissement des affaires captées au vol l'est aussi, sinon plus. Il constitue la vraie expérience.

Le Press Book de la "scoop mania" n'est pas innocent.

Paco Rabanne, probablement en perte de vitesse, annonçait la fin du monde pour l'année 2000 pour faire parler de lui. Le 21ème siècle entamé, bizarrement, c'est plutôt '"je me suis fait tout petit devant cette poupée" pour se faire oublier pendant un certain temps.

La science, même elle, a joué des coudes pour sortir "la" nouvelle. Tromperies, supercheries se retrouvent en effet côte à côte dans quelques cas heureusement rares.

L'affaire de la "Mémoire de l'eau" qui aurait de la mémoire avait fait grand bruit à l'époque. La prestigieuse revue scientifique "Nature" s'est elle-même fourvoyée en publiant cette information qui, d'entrée de jeu, était tout à faite douteuse, mais qui plaisait à l'imaginaire.

Les travaux de Sir Cyril Burt sur l'intelligence et le QI a aussi poussé celui-ci à des déclarations qui reposaient sur des démonstrations truquées. Sa démonstration sur la dotation génétique de l'intelligence, qui établissait que le rapprochement de jumeaux avait une conséquence sur une intelligence plus élevée, a fait long feu quand après sa mort il s'est avéré d'après ses écrits que les fameux jumeaux n'existaient que dans son imagination.

Plus récemment, un des plus grands experts mondiaux en clonage, Woo-Suk Hwang, de l'université de Séoul, a du avouer avoir trompé la communauté scientifique en ayant falsifié des données pour son dernier rapport de recherche de juin. Son idée de produire des cellules souches "sur mesure" pour réparer des tissus endommagés n'était que pure fiction. Le nationalisme, la fierté de mettre son pays au devant de la scène, sont à mettre dans le pot des excuses. Récemment, un biologiste de Harvard donnait en août 2007 un dénouement heureux à l'affaire en démontrant que Hwang avait été le premier à observer sur des cellules humaines le phénomène de la parthénogénèse. Le bluff d'un imposteur avec ressort en douceur. 

Fin juin 2007, une petite molaire brisée est découverte et c'est une momie anonyme qui remonte 3500 ans d'histoire égyptienne. Il s'agit de la momie d'Hatchepsout, la plus célèbre reine de l’Égypte pharaonique, reconnue comme telle et entourée d'une littérature innombrable. Tremblant d'excitation, le directeur des antiquités égyptienne, Zahi Hawass et le ministre de la Culture, orchestraient avec fracas devant la presse mondiale, cette découverte alors qu'il en niait l'existence un peu avant. La veille, la chaîne américaine Discovery Channel, associée à la découverte, avait grillé la politesse à Hawass, dévoilant l’histoire de la quête de la momie. Des tests ADN devraient être faits sur les momies royales grâce à un laboratoire financé et équipé par Discovery Channel pour un montant de 5 millions de dollars. Ces événements expliquent certainement cela.

Le "Sciences et Vie" du mois d'avril 2006 lançait comme un pavé dans la marre qu'après 40 ans de croyance en la théorie du big-bang pour la genèse de l'univers, que l'idée pourrait être revue de fond en comble. Une énorme étoile ou galaxie a été repérée qui aurait un âge antérieur à ce fameux "big-bang" relance les recherches de plus belle pour trouver ou non confirmation de cette approche.  Tout à coup, tout était remis en question. Les fondements de nos croyances étaient à revoir. Comme scoop, je crois que l'on ne peut trouver mieux !

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Les réelles tromperies sont heureusement rares (0,3% sont avoué ces 5 dernières années) et la recherche de l'information scientifique qui pourra émouvoir la gent scientifique n'est pas la préoccupation primaire. La recherche fondamentale reste la recherche qui peut rester infructueuse pendant de nombreuses années. De plus, la pratique expérimentale est confrontée à tellement de facteurs divers et parasites que l'on peut accepter un mauvais chemin pris ou des résultats trompeurs en apparence. La plupart du temps, cette mauvaise appréciation provient de manque de tests et il ne faudra pas chercher une faute volontaire chez le scientifique qui aura été berné lui-même.

Les résultats ne sont pas univoques. L'honnêteté intellectuelle et scientifique se devra toujours de reconnaître l'erreur de jugement et la corriger. Cela, même si la gloire, l'argent, l'idéologie ou la volonté de prestige de l'état, le Nobel, quelques lignes dans le dictionnaire inciteraient à fausser les expériences.

Pour obtenir le prolongement de son contrat n'est-on pas tenté chez certains chercheurs d'"améliorer" quelque peu des résultats qui seraient restés dans l'ombre? Les subventions précaires ne sont accordées qu'avec l'espoir d'un résultat utilisable en fin de parcours. C'est donc tout à fait humain de vouloir protéger son gagne-pain. Mais, même dans ce cas, l'éthique seule et entière restera pourtant le seul principe de rigueur.

Se reconnaître tel qu'on est avec ses richesses et ses faiblesses dans le parfait anonymat avec le plaisir potentiel de se reconnaître dans la société.

Internet en a mis une autre couche à cette folie du scoop. Le site Extortr ne manque pas de demander aux pararazzi en herbe d'envoyer images et vidéos les plus scandaleuses possibles. Le prix de la transaction est fixé par les chasseurs de scoops.

Un commentaire que j'ai lu quelque part m'a paru une clé du "mystère":

"Les chercheurs acceptent facilement l’histoire des sciences si elle se conforme à l’avancée rassurante du progrès: autrefois on ne savait pas, aujourd’hui on sait davantage".

 

Un rédacteur que j'aime le disait en parlant des "people" : "La star, c'est vous". 

Là, résiderait la Vérité, en vérité.

Jean Gabin chantait ausi "Maintenant, je sais"

"Je sais qu'on ne sait jamais". 

 

L'enfoiré,

Le scoop, voilà que je me fais rattraper par un Panda



Citations :

 

  • "Un chien mord un homme, c'est un fait divers. Un homme mord un chien, c'est un scoop.", Lord Beaverbrook
  • "Célébrité n'est pas belle, et ce n'est pas ce qui nous grandit", Boris Pasternak
  • "A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale", Andy Warhol
  • "La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.", Georges Wollinski
  • "La célébrité m'a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu'autrefois.", Woody Allen03a394ba997b0f812b6c1b2f64f16192.jpg

 

29/09/2007

L'histoire de Manuel

"Comme le fleuve qui coule" de Paulo Coelho, vous connaissez?

62e3e748cec0e9599831eacb8ce67b6c.jpgLa rentrée des écoles est déjà derrière et avec elle, les autres activités de ce travail qui occupent notre temps. Ce travail occupe de plus en plus de réflexions dans les partis qui s'opposent sur le degré de sa fréquentation.

De l'auteur, Paulo Coelho, j'en avais déjà entendu parler. Né en 1947, au Brésil, écrivain à succès. Je n'en avais pas lu une ligne jusqu'ici. Je me suis plongé dans ce "J'ai lu" et je n'ai pas été déçu. Ce livre est construit sur une série de petits chapitres en constatation de situations et événements de la vie. Sur un schéma d'une série de blogs, il manifestait sa vision d'homme mûr et qui avait voyagé de par le monde. Trois chapitres ont attiré ma curiosité par son côté allégorique. Il s'agit de l'histoire de Manuel.

J'ai hésité à le transcrire. Les droits d'auteurs sont ce qu'ils sont. Droits réservés. Je me suis tourné sur son site pour en obtenir une autorisation. Puis en continuant à lire, je me suis attardé sur un chapitre dans lequel il parlait de ce qu'il faisait des livres de sa bibliothèque. Ses écrits m'ouvraient une porte de la diffusion implicitement. D'après lui, la lecture et la qualité du texte devraient voyager par l'intermédiaire de livres et passer de sa bibliothèque dans d'autres mains pour être touché, d'autres yeux pour en jouir. Pour un auteur qui cherche ses marques dans les fils de la grande toile, il me semblait qu'un copier-coller soit permis pour en discuter par après. C'en est un. Je le dis et le répète. Pas de gloire. Je ne signerais évidemment pas ce qui était écrit.

Mais, si vous ne vous reconnaissez pas dans ce premier texte, c'est que vous venez d'une autre planète. Alors, allons-y pour le juger et y gagner en interactivité.

Manuel est un homme important et nécessaire.

Manuel doit être occupé. Sinon, il pense que sa vie n'a pas de sens, qu'il perd son temps, que la société n'a pas besoin de lui, que personne ne l'aime, que personne ne veut de lui.

Par conséquent, à peine réveillé, il a une série de tâches à accomplir: regarder les nouvelles à la télévision (il a pu se passer quelque chose pendant la nuit), lire le journal (il a pu se passer quelque chose la veille), prier sa femme de ne pas laisser les enfants se mettre en retard pour l'école, prendre une voiture, un taxi, un autobus, un métro, mais toujours concentré, regardant le vide, regardant sa montre, si possible donnant quelques coups de téléphone sur son mobile et faisant en sorte que tout le monde voie qu'il est un homme important, utile au monde.

Manuel arrive au travail, se penche sur la paperasse qui l'attend.

S'il est fonctionnaire, il fait son possible pour que le chef voie qu'il est arrivé à l'heure.

S'il est patron, il met tout le monde au travail immédiatement: s'il n'y a pas de tâches importantes en perspective, Manuel va les développer, les créer, préparer un nouveau projet, établir de nouvelles lignes d'action.

Manuel va déjeuner, mais jamais seul.

S'il est patron, il s'assied avec ses amis, discute des nouvelles stratégies, dit du mal des concurrents, garde toujours une carte dans sa manche, se plaint avec une certaine fierté de la surcharge de travail.

S'il est fonctionnaire, il s'assied aussi avec des amis, se plaint du chef, dit qu'il fait beaucoup d'heures supplémentaires, affirme avec désespoir et une grande fierté que beaucoup de choses dans l'établissement dépendent de lui.

Manuel - patron ou employé- travaille tout l'après-midi. De temps à autre, il regarde sa montre, il est bientôt temps de rentrer à la maison, mais il reste un détail à résoudre par-ci, un document à signer par-là. C'est un homme honnête, il doit faire de son mieux pour justifier son salaire et répondre aux attentes des autres, aux rêves de ses parents, qui ont fait tant d'efforts pour lui donner l'éducation nécessaire.

Enfin, il rentre chez lui. Il prend son bain met un vêtement plus confortable et va dîner avec sa famille. Il s'enquiert des devoirs des enfants, des activités de sa femme. De temps en temps, il parle de son travail, uniquement pour servir d'exemple. Il n'a pas l'habitude d'apporter des soucis à la maison. Le dîner terminé, les enfants qui se moquent bien des exemples, des devoirs ou des choses de ce genre, sortent aussi de table aussitôt et s'installent devant l'ordinateur. Manuel, à son tour, va s'asseoir devant ce vieil appareil de son enfance, appelé télévision. Il regarde de nouveau les informations. Il a pu se passer quelque chose l'après-midi.

Il va toujours se coucher avec un livre technique sur la table de nuit, qu'il soit patron ou employé, il sait que la concurrence est rude et que celui qui ne se met pas à jour court le risque de perdre son emploi et de devoir affronter le père des malédictions : rester inoccupé.

Il cause un peu avec sa femme. Après tout, c'est un homme gentil, travailleur, affectueux, prenant soin de sa famille et prêt à la défendre en toutes circonstances. Le sommeil vient tout de suite. Manuel s'endort, sachant que le lendemain, il sera très occupé et qu'il doit recouvrer son énergie.

Cette nuit-là, Manuel fait un rêve. Un ange lui demande:

- "Pourquoi fais-tu cela?"

Il répond qu'il est un homme responsable. L'ange continue :

- "Serais-tu capable, au moins quinze minutes dans la journée, de t'arrêter un peu, regarder le monde, te regarder toi-même et simplement, ne rien faire?"

Manuel dit qu'il adorerait, mais qu'il n'a pas le temps.

- "Tu te moques de moi, affirme l'ange. Tout le monde a le temps, ce qui manque c'est le courage. Travailler est une bénédiction quand cela nous aide à penser à ce que nous sommes en train de faire. Mais cela devient une malédiction quand cela n'a d'autre utilité que de nous éviter de penser au sens de notre vie".

Manuel se réveille en pleine nuit, il a des sueurs froides. Courage? Comment cela, un homme qui se sacrifie pour les siens n'a pas le courage de s'arrêter quinze minutes?

Il vaut mieux qu'il se rendorme, tout cela n'est qu'un rêve, ces questions ne mènent à rien, et demain il sera très, très occupé.

Paulo Coelo,

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La retraite et l'après "vie" seront les conclusions d'un passage sur terre comme pour bien d'autres. Je ne l'intégrerai pas. Je vous en laisse le choix de lire la suite dans le bouquin lui-même.

Rien d'original, vous direz-vous?

Peut-être.

Serait-ce un autre "Alexandre le bien heureux" ou une Eloge à la paresse, encore une fois?

Non, il ne s'agit pas de cela, mais d'une tentative de prise de conscience de qui constitue l'essentiel de l'individu. Encore faut-il pouvoir l'assumer. L'homme moderne s'est harnaché d'une série de casseroles et de boulets à la cheville. Et pas seulement du côté du travail. Essayez de prendre rendez-vous avec quelqu'un qui se dit actif. Je vois d'ici son agenda qui aura certainement des tendance à l'"overflow".

Sur mon site, j'ai ajouté récemment une horloge avec comme commentaire « Time is more precious than money » pour exprimer mon intime conviction. Le "time is money" est anachronique.

cb0d5be45aaa58b4befb8c7241e68928.jpgLa qualité de la vie reste le but à atteindre.

A New York, la "Sieste business" fait, parait-il recette. Elle deviendrait payante et ce n'est pas en rêve. Cette ville qui ne dort jamais, comme le chante Sinatra, se payerait le luxe d'un business en pleine expansion. Le salon Yelo propose à ses clients au coin de Central Park de faire une petite sieste régénératrice "Power Nap" pour 12 dollars de l'heure.

En attendant, le citoyen français, après les dernières élections françaises, n'en finit pas de s'interroger sur Agoravox et ailleurs:

"Perdons-nous notre temps à gagner notre vie?"

"Travailler rend-il malade?"

L'idée qui a passé la rampe tout récemment est simplement: "Pour gagner plus, il faut travailler plus".

Alors, je dis plutôt: l'adverbe à utiliser n'est pas "plus" mais "mieux". Chacun a certainement eu un moment de réflexion en fin de journée et s'est dit : "mais, qu'ai-je fait de réellement productif aujourd'hui?".

Le travail, en poussant seulement sur le champignon, doit correspondre à une réalité vis-à-vis des potentiels réels et actuels. Le potentiel de travail a diminué de fait  dans certains secteurs, reprend de la vigueur pour se développer ailleurs. Le progrès par les automatismes a remplacé progressivement les tâches les plus répétitives. Les tâches les moins spécialisées sont devenus de plus en plus considérées comme destinées à des travailleurs en provenance de pays qui, du moins, temporairement, seront moins favorisés et moins exigeant du côté des horaires ou des salaires bien payés. La tendance est de créer du travail, mais sous quelles conditions? N'est ce pas une glissade du "potentiel poche" vers le bas? Je ne parle pas, ici, de salaire.

Les idées originales qui en génèrent d'autres sont les pièces montées de l'avenir. Prester seulement ne motive pas. Aimer son boulot en le considérant comme une sorte de hobby, ne serait-il pas un but à atteindre? Pour cela, seul un partage de l'information vertical et horizontal dans une parfaite collaboration est nécessaire. La rémunération du "travail efficace" est-il à la hauteur, qu'il soit intellectuel ou manuel? 

Le système Toyota même s'il ne peut pas être compris tel quel par les moeurs occidentales par ses côtés d'exagération, contient néanmoins un guide de conduite après quelques adaptations. Il correspond à une tendance à faire participer dans les décisions, tous les échelons de la production. Cela n'empêche pas de garder un pied près du frein si la face privée de soi est prise de vitesse par les obligations publics. 

Ce système est tout aussi suprenant pour le Japon lui même. Amélie Nothomb écrivait son expérience d'une petite Belge perdue au milieu d'un monde japonnais hiérarchisé dans "Stupeur et tremblements". Initiative et individualisme ne faisaient pourtant pas partie de ce monde qu'elle décrivait. Pourtant, les jeunes Japonnais veulent rivaliser d'excentricités pour faire ressortir leur ego. Le National Geogaphic de septembre écrivait dans la même lignée que le Japonnais est séduit par les Mangas. Sorte de bandes dessinées qui traitent les événements de tous les jours sous forme de pamphlets politiques et dans lesquelles, il tente de s'évader en se prêtant à jeu de rôle.      

Une société dynamique, multiraciale, multiethnique et mutliculturelle existe aussi en Malaisie d'après Joseph Stiglitz (Echo 19 sept). Au palmarès mondial de la croissance, la Malaisie occupe une place au côté de la Chine, Taiwan, la Corée du Sud et la Thailand. Les écarts de revenus entre les différents groupes ethniques suivent un nivellement par le haut. Les pays occidentaux en pertes de vitesse avec le nivellement qui s'opère progressivement par le bas? Les investissements dans les projets d'avenir pour le bien être de tous font partie de la réussite malaise. Une recette du bonheur ou une prospérité économique? Où serait la différence? 

En France, la défiscalisation des heures sup' profiterait aux bas salaires, disait l'Echo. Les secteurs qui emploient des cadres rémunérés au forfait ne se sentiraient pas concernés. 

Sarkozy soutenait d'une part la force du travail supplémentaire et la laissait libre sans être taxée, sans penser que ces heures supplémentaires étaient parfois le seul moyen de nouer les différents bouts d'une famille. D'un autre côté, il affirmait sa volonté de sanctionner les parents qui ne feraient pas attention à leurs enfants. Très antagonistes, ces deux projets, c'est le moins que l'on puisse ajouter.

Attention, quand, on parle de travailler mieux, cela doit aussi privilégier le travailleur. Question à la une se posait la question sous cette forme:

 

Produits alimentaires moins chers: au prix de votre santé?

Le hard discount, ce sont ces pratiques commerciales qui écrasent les prix. Lidl, Aldi ou encore Leader Price sont des enseignes qui utilisent cette méthode. Il s'agit d'un véritable phénomène de consommation: vous pouvez acheter des produits identiques à ceux qu'on trouve dans la grande distribution, mais 30 à 50% moins cher. Ces produits sont-ils vraiment identiques aux autres? La qualité des produits est-elle sans reproche? Ce que l'on met dans son caddy n'est pas partout pareil. Et les conséquences pour la santé sont loin d'être négligeables.

Le principe de base restera de garder le bénéfice à tous les étages: vendeur, travailleur et acheteur. Tous des consommateurs. La technologie, elle, devra se comporter comme un outil du progrès pas comme un cadenas pour l'homme.

 Le travail mènera toujours à tout à condition de pouvoir en sortir un jour.

A Manuel:

 

On ne t'a pas appris à choisir

Ce n'était pas une partie de plaisir

Mais la vie n'est pas une course

Pour ne chercher qu'à remplir sa bourse

Se tromper de voie, c'est l'errance

Sans espoir pour un pas de danse

Tout âge mérite raisonnement

Espérance de rêves, de voir autrement.

 

L'Enfoiré,

 

Et, si Manuel résidait chez Panda.      

 

Citations:

 

  • "La liberté c'est toute l'existence, Mais les humains ont créé les prisons Les règlements, les lois, les convenances Et les travaux, les bureaux, les maisons.", René Clair
  • "Le bonheur est la chose la plus simple, mais beaucoup s'échinent à la transformer en travaux forcés !", François Truffaut