12/08/2009

La méchanceté, tout un art

Le Magazine Littéraire de cet été avait un dossier très complet sur l'Art de la méchanceté. En littérature, c'est par un échange de mots parfois "verts" avec une certaine méchanceté que l'on remplace par un coup de poing bien placé dans un monde plus physique. Mais, alors comment exerce-t-elle son art, cette méchanceté et quelle est son histoire?

La méchanceté, tout un art.jpgQuelques chapitres de ce dossier devraient nous éclairer sur les épisodes d'une mise en condition pour exercer l'Art de la méchanceté.

Un forum n'est pas exempt de ce genre d'exercice. "Parlons peu mais parlons bien" disait, une rédactrice de l'un d'eux qui entamait le sujet avec des yeux féminins, en s'adressant aux "collègues" rédacteurs de cette enceinte virtuelle. Le souci d'annihiler l'agressivité était le maître mot de son article poussé par les inquiétudes de notre époque qui rencontre la concurrence, les barrières et qui empêchent de respirer convenablement, disait-elle. Déshumaniser les relations humaines semblait son plus grand reproche. Pourtant le malin plaisir de refroidir les instincts, les plus humanistes, de nuire son prochain, se cachait derrière quelques répliques qui suivirent. Alors, cette fois, appelons un chat, un chat. Le mot "méchanceté" n'avait même pas été effleuré dans l'article. Étudions-en les arcanes dans le passé et dans notre présent.

Il y a les critiques littéraires officiels, ceux qui sont là pour orienter les lecteurs, pour donner une leçon, violente à la base ou non vers l'auteur du texte. Ce filtre peut prendre le mauvais chemin et faire dévier l'initiateur de l'œuvre littéraire pour mauvaise compréhension des buts. L'amour de la réplique poivrée vient comme maître-atout. L'œuvre écrite manque d'aisances dans le droit de réponse et d'interactivité. Alors, l'auteur s'en retrouvera parfois groggy, mais c'est la règle du jeu.

L'interactivité devrait, pourtant, avoir une place prépondérante. Dans les forums virtuels de la Toile, ce n'est pas le cas. Certains auteurs se payent un maximum d'interventions sous forme de trolls sans consistance, haineuses, partisanes, entrecoupés, heureusement, de passages plus intéressants. La propagande n'est pas exempte des forums et mérite des alertes avec réactions bien musclées. Placer son désaccord, sans précisions, n'a pas la moindre efficacité, ça c'est sûr. Mais l'anonymat a permis de descendre le niveau et la valeur proactive des interventions.

"Pimenter" pour faire mouche avec le moins de mots possible est pratiqué depuis la plus haute Antiquité. Des hiéroglyphes prouvent que les anciens Égyptiens osaient critiquer leur Pharaon par leurs petites faiblesses.

Tout le monde se rappelle du panache de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac. De l'humour grinçant, mais de l'humour vrai et bien construit. Pas de méchanceté bête. Une réplique, sans faux fuyant, vaut tous les discours de la Terre. Tout le monde n'est pas à mène de faire usage des bons mots bien salés et poivrés. Il faut de l'expertise et de la connaissance du sujet pour enrayer toute contre attaque. Prévoir l'imprévisible. La rixe oratoire n'en sera que plus belle que si les pouvoirs ne sont pas plus forts d'un côté que de l'autre de la barrière. A armes égales, cela devient un arc et une flèche. Une flèche et un arc. Rapports de forces égaux sans disgrâce politique. De la belle ouvrage. La diplomatie viendra par après.

Le pouvoir, le côté racial, cela casse tout et s'interpose pour tomber dans l'idiotie. La subtilité est ailleurs et se cache derrière les ambiguïtés de haut vol. Pas de deuxième essais ou alors de la même veine. Les plus beaux succès viennent d'ailleurs suite à une réaction au conformisme et à la bêtise. Énoncé d'une traite presque magique et par surprise avec une technique mortifère sans intention de la donnée. Citations avec le moins de mots possible. Nous en verrons quelques "goals" de la sorte en fin d'article. Art du mal par la persuasion de l'absurde de situation, révélé au vol d'une phrase. Si l'interlocuteur a l'intelligence d'en rire, c'est gagné par ricochet. "Les cris désespérés sont les chants les plus beaux", disait Musset. Les spectateurs se régalerons de l'échange.

Les paroles dans le réel des rencontres physiques ne permettent pas cette répartie. La rapidité et la surprise des réactions à données fait plus partie du hasard.

Dans l'écrit, le temps et la surprise sont d'un autre ordre. La répartie devient un sport dans le recueillement d'une feuille blanche, d'un texte écrit préalable ou par l'intermédiaire d'un écran. Là, c'est du recul, du calcul, de la recherche qui est nécessaire. Le jeu d'échec commence. Le premier qui avance son pion, ne sera pas forcément celui qui fera le "Mat". Le fou n'est pas celui que l'on croit. Pas de limite de temps. Des coups à l'avance pour le bien de la partie. L'expérience de ce "jeu" peut se donner une chance par la pratique de l'humour sans verser dans la rixe et la colère.

Ce qui est désolant, c'est que sous le couvert de pseudos, la méchanceté gratuite a souvent tendance à exploser. La vie actuelle est plus agressive, pourquoi pas leurs reflets. Le pseudo, faussement incognito, donne de l'assurance à l'auteur "disgracieux" ou "irrespectueux". Plus besoin d'être original et humoristique sans étiquette. Les réponses deviennent partielles et partiales. On élimine les points qui dérangent. Le jeu de ping-pong est sans allant. C'est un combat entre un mouton et un moutonné à qui perd gagne. La victoire à la Pyrrhus finale, dégoûtera son vainqueur. Dès lors, si on n'a pas atteint le fond, on commence très vite à en sentir les odeurs.

Chacun a sa technique de réponse aux invectives. Fabriquer sa réplique est affaire de doigté et de persuasion qui se veut un correspondant à la hauteur. Pas de secret, pas d'adaptation d'une situation sur une autre. Du coup par coup. Pas d'ego transposable vers un autre. Seulement des règles de respect de règles implicites du "jeu" mais qui ferait patiner l'originalité. L'art de la méchanceté se joue comme la vie. Rien n'est gratuit. La faille, chez l'autre, se découvre parfois après des recherches. Sans mentir ou pervertir la réalité.

"Le poids des mots face aux idées", écrivais-je un jour pour exprimer les différences de cultures.

Anne Roumanoff caracolait, avec humour, "Dire du mal de soi aux autres, c'est idiot. C'est leur donner des idées qu'ils n'auraient pas forcément eues tout seul".

La presse n'est pas plus tendre et ici, il s'agit de BD et de Tintin.

Il est vrai que c'est surtout "A cash city" qu'il ne faut pas avoir de faux espoirs.

En remontant le temps, même sans Internet, des querelles ont été épiques et parfois dans des luttes plus meurtrières moralement que physique.

Le magazine littéraire parlait de Catulle et de son émule Martial qui faisaient les délices de la polémique insidieuse et crue, par l'intermédiaire des épigramme. La politique s'introduit, alors, avec le danger de la posture, sans réel argumentaire, dans un rapport de forces au bras de fer, y était-il précisé.

Le venin se retrouve avec Pierre Aretin, redouté pour ses "pasquinades" dans la forme de la médisance.

Pour Léon Bloy, que tout irritait, la critique passait par à l'autodestruction. Il s'en était fait une raison d'être par la pureté et par sa solitude.

Saint-Simon avec ses Mémoires ne s'inquiétait plus de savoir s'il était méchant ou charitable, pouvait être considéré comme le roi des piques.

"La méchanceté croît avec le progrès des idées", disait Rousseau avec une philosophie toute particulière aux gens de lettres qu'il considérait comme les êtres les plus vils qui soient. Lucidité d'égoïsme de l'amour-propre tout en récusant cette vision manichéenne et en admettant ne pas s'aimer eux-mêmes chez ses contemporains, chacals savants.

Le 19ème siècle voit naître dans les salons où l'on cause, le pire et le meilleur des jeux de mots. La haine littéraire contre la médiocrité y pousse du grotesque à la farce. La pièce d'"Hernani" d'Hugo marque, par le scandale, l'apogée des batailles entre romantiques et néoclassiques.

La fantaisie de la méchanceté a toujours évolué dans le temps en fonction de la notion que l'on avait accolée au "mal". Celui-ci progresse à pas feutrés. Il est banalisé ou au contraire rehausser d'emphase en fonction du point de réception de l'attaque. Longue tradition de la méchanceté pour dire tout haut ce que le monde n'ose dire que tout bas.

20090227Vacances.jpgAujourd'hui, dans notre époque qui demande d'aller toujours plus vite, la caricature remplace, souvent, une longue tirade par l'image flash. Humour acerbe, sarcasmes qui feront mouche du premier coup d'œil ou se perdra lamentablement. Méchanceté ou critique constructive? Parti pris, non objectif, si le même regard critique n'était pas donné avec la même virulence de part et d'autres des barrières. On adore ou on déteste ce genre d'approche, pas de demi mesure, si le recul nécessaire n'est pas entrepris. La méchanceté commence, seulement, avec la bassesse, nulle, non productive et subjective.

Pour le spectacle, il y a les amuseurs publiques, imitateurs et autres qui apporteront cet humour grinçant en pointant des personnages politiques ou de la vie publique. Michel Drucker était "cuisiné" samedi dernier dans l'émission "L'habit ne fait pas Lemoine" et constatait que la période Age tendre et Tête de bois était repoussée dans des tournées nostalgiques. Le dixième des réflexions, lancées aujourd'hui, il y a vingt ans auraient fait l'exclusion et le renvoi sur le champ. Mais il est resté le "gentil" de la bande des présentateurs. Les jeunes ne l'apprécient en général plus car il n'est pas assez vindicatif. Pour durer, il est obligé de laisser la place à ceux dont c'est le métier du génie de la "méchanceté" humoristique tel qu'Anne Roumanoff ou Canteloup. Laurent Ruquier, lui, même avec des clashs, s'assure les rires de son parterre d'invités intéressés par sa cause et par la rigolade.

A la télé, les "Guignols de l'Info" ont encore de beaux jours avec en arrière plan "Le canard enchaîné".

La littérature, elle, se doit de jouer dans la subtilité et l'enthousiasme de la bonne parole. La société policée, sous le couvert de l'éducation jésuitique est (mal)heureusement en perte de vitesse. La vie a été et est un combat, une joute perpétuel. La perfidie de salon du XIX ème siècle, la cruauté des apartés, le théâtre de Molière, de Shakespeare se sont transformés en théâtre de Boulevard. Les arbitres, les modérateurs, c'est le public lui-même qui s'en charge.

La méchanceté a-t-elle progressé avec notre époque? Pas vraiment. L'histoire montre le contraire. Le 18ème siècle de Rousseau a probablement été bien pire. "Tout cela eût été moins facile à faire dans tout autre siècle. Mais celui-ci est particulièrement un siècle haineux et malveillant par caractère", avouait-il. Notre époque s'est seulement gadgétisée. Elle s'est donnée des outils neufs pour se répandre à toutes les classes de la population dans les pays dits démocratiques. Et cette extension fait la différence. Dans le milieu du travail, le jeu de la chaise musicale a créé le chacun pour soi avec le matérialisme en toile de fond. Dans les tensions, le psychisme verse naturellement dans les conflits verbaux avec la vengeance et le vitriol comme encre "sympathique". L'amour et la haine ne sont-ils pas les meilleurs complices? Vigny à la question d'un littérateur qui remarquait cette animosité de langage avec ses alteregos, répondait "Que voulez-vos: nos nous aimons!".

20090305Fillon.jpgLa méchanceté fait, aussi, partie de la "peopleisation" des personnages que d'être rappelé en permanence comme "The man you love to hate" en écho à un slogan hollywoodien. Il s'agit d'être à tout prix. Tout, sauf l'anonymat, pour les hommes politiques.

Rappel: "le méchant, c'est toujours l'autre".

Henri Bergson dans un discours enflammé présentait la vie moderne comme une ouverture à la diversité des opinions par l'intermédiaire de la politesse, de la générosité, voire de la charité.

L'agacement peut venir du coup par l'idéologie du sympa. Béatitude tout aussi peu productrice de progrès, même si cette pensée est aimée de la population quand on voit les entrées pour le film des Chtis. Alors, ce sera dénoncer les erreurs et la bêtise pour, simplement, ne pas se faire "chier". La panoplie des actions possible est à la hauteur des ambitions: impertinence, irrespect, provocation, blasphème... mais dans les bonnes formes.La méchanceté, tout un art Obama.jpg

Bourreaux ou victimes. Réceptionnaires d'un message bon ou mauvais, organisez vos duels. Soyez présents, détendus, c'est la modernité qui le veut. Soyez original. Privilégiez les faits incontestables avec les sources de vos dires sous le manteau. Soyez actifs, voir radioactifs. Jouez aux figures de style, à l'allégorie, par exemple, mais pas nécessairement à l'« allez gorille ». Pas confondre non plus entre calembours et "calles au bourg".

Au travail, bons "tortionnaires" de forum dans le respect, la responsabilité et l'humour...

"Une jolie fleur dans une peau de vache, Une jolie vache déguisée en fleur", chantait Brassens.

Cette méchanceté-là, toute relative, deviendra, peut-être, une relation de type "win-win" pour l'écrivain, le lecteur et pour le spectateur. Sans polémique... enfin, presque.


L'Enfoiré,

Sur Agoravox, ce sont les durs des durs.


Citations:

  • "Je préfère le méchant à l'imbécile, parce que l'imbécile ne se repose jamais", Alexandre Dumas

  • "Quelques-uns meurent trop tôt. Beaucoup meurent trop tard. Très peu meurent à temps", Friedrisch Nietzsche

  • "Le singe est un animal trop débonnaire pour que l'homme puisse en descendre", Friedrisch Nietzsche

  • "L'ennui chez l'homme célèbre, c'est qu'il se prend pour ce qu'il est devenu, non pour ce qu'il est resté", Georges Perros

  • "Si on ne voyait que les gens qu'on estime, on ne verrait personne", Crébillon fils

  • "Les Français ont horreur des inégalités, mais ils adorent les privilèges. Souvent, "inégalité", c'est le nom que tu donnes aux privilèges des autres", Anne Roumanoff


06/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (1)

Coup sur coup, deux Hors-Série, deux Atlas qui sortent dans le monde de la presse. L'"Atlas des Migrations" était le premier, présenté par Le Monde. Le second, l'"Atlas du monde à l'envers" par le Monde diplomatique. Le second, lui, tentait de définir là où il y avait de grandes mutations de pouvoir émergeant dans le monde, les crises persistantes, la vue par l'intermédiaire de certains pays et l'Afrique qui se bat. Peut-être une autre fois. Intéressons-nous au premier, car les migrations expliquent souvent les problèmes et parfois, les chances, d'aujourd'hui.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpgAu fil d'une analyse minutieuse et que se veut très complète, l'"Atlas des Migrations", tout azimut, déroule ses chapitres par l'histoire des migrations qui remonte dans un passé très éloigné pour finir à la situation d'aujourd'hui qui est loin d'une conclusion en soi. Imbriquée dans tous les sens, avec ses implications, il est sûr que nous n'en sommes pas encore sorti de cette auberge planétaire. Véritable tour de force de rassembler tout cela en 180 pages.

L'humanité a été, est et restera en marche dans tous les temps. D'abord pour suivre les voies prises par les oiseaux, éclaireurs du ciel, à la recherche de nourriture pour suivre le rythme des saisons, l'homme s'est mis à transhumer toujours plus loin. 200 millions de migrants aujourd'hui, un 5ème pays sans frontières, mais intégrés bien ou mal, en fonction du nombre de ses pratiquants volontaires ou par obligation. Les flux migratoires des hommes suit dans la durée et les espaces différents, les mêmes principes: la quête de terres pour l'agriculture, d'abord, un meilleur possible dans la suite jusqu'à l'utopie d'un paradis de l'ailleurs. Espèce très spéciale, l'homme, endémique mais du monde entier. Pas beaucoup d'animaux qui occupent tout l'espace disponible comme lui. La sédentarisation souvent présentée comme un progrès de l'humanité mais qui ne peut exister qu'à la suite d'une migration préalable.

Rien que par la citation des titres, bien choisis d'ailleurs (ils seront en gras), cet Atlas permettait déjà de voyager sans bouger de sa chaise au travers de l'histoire pour se retrouver au présent avec les chiffres et les cartes à l'appui. J'ai, pourtant omis, volontairement, d'introduire des dates trop précises pour éviter des partis pris, par trop personnels qui n'apporteraient rien. Cet article se veut un survol les différents chapitres de cette étude sans aller jusqu'aux détails. Peut-être vous inciter à vous procurer cet Atlas.

Alors, en route sur la planète migrante.

1. Les migrations historiques.

20070922Migration des oiseaux.jpgEn marche "Out of Africa". Le berceau de l'humanité semble être l'Éthiopie (Lucy, 3 millions d'années) et le Tchad (Tumaï, 10 millions). Des endroits sur Terre sont plus propices que d'autres à la conservation des fossiles, donc, il vaut mieux ajouter "jusqu'à preuve du contraire". Les déplacements se feront à un rythme lent mais continu de 60 kms par génération soit près du tour de la Terre en 10.000 ans. Cela par le couloir de la Géorgie et du Proche Orient et en arriver à la "semi-conquête" des terres en 6 millions d'années.

Plus tard, les Odyssées de la Méditerranée, des peuples qui à partir d'Ephèse, d'Athènes, de Cnossos, de Carthage. Mycéniens, Doriens, Ioniens, Phéniciens, peuples de la mer qui n'ont pas toujours laissé de traces de leur passage. Mosaïque de peuples et de cultures qui se mettent en contact, qui fusionnent de gré ou de force ou qui disparaissent victimes de cataclysmes ou de conflits.

L'Europe des Celtes s'élargit pour occuper des territoires de plus en plus grands du continent européen occidental et cela à partir probablement de la Mer Noire.

Migrer pour vivre ou survivre carte.jpgUne déferlante barbare, conquérante par l'Est avec les Huns qui repoussent les Wisigoths encore plus à l'Ouest et qu'on surnomme, aujourd'hui, de "barbares", voire "envahisseurs". La saga des Vikings, brillants marins, venus eux du Nord, du Danemark, à bord de leurs drakkars, en pirates quelques fois et qui occuperons officiellement la Normandie au 10ème siècle et, plus tard, l'Angleterre sous la tutelle de Guillaume le Conquérant. La fantastique chevauchée mongole avec Gengis Khan, le bâtisseur du plus grand Empire en Asie. Des chroniques africaines avec l'héritage bantou, berbère, en vase clos dans le continent et donc mal connues.

La grande époque arabo-musulmane explose par le sud de l'Europe en y rayonnant le raffinement de sa culture jusqu'après leur rejet non complet, mais avec un art de raffinement qui se retrouvera après dans l'art mudéjar.20090106Rois mage Israel.jpg

Les itinéraires pèlerins chrétiens en passant par le Saint Michel et Compostelle.

Les matières précieuses qui se retrouvent sur les routes de l'ambre et de l'étain, des chemins du fer, du fil de la soie et aussi des pistes des fourrures, pour répondre au commerce et aux goûts de la préciosité et de la richesse. Les fourrures de peaux de bêtes réchauffent les corps dans le Nord et les échanges financiers dans le Sud par son côté périssable. Est-ce les prémisses à la mondialisation?

Les sillons fertiles de l'agriculture, eux, sédentarisent, dans le même temps. Tout cela pour dire que des races pures, n'importe où, cela n'existe pas.

2. Les migrations aujourd'hui

Le monde s'agrandit dans le sillage des grands navigateurs et offre un aller et retour par des chemins différents. Monde, partagé entre portugais, espagnols, anglais, français et hollandais pour devenir de plus en plus rond.

Les réseaux de traite négrière s'organise et apporte le travail gratuitement en éparpillant l'esclavage jusqu'au nouveau monde demandeur de mains d'œuvre dans les champs.

Disettes et famines en Europe, industrialisé, poussent 50 millions de candidats à l'exode et attirent les aventuriers avec un aller simple vers le Far West.

Des nouveaux foyers de la pauvreté se créent, la précarité ne recule pas, malgré le développement. Les écarts de richesses à l'extérieur et à l'intérieur de ses frontières se creusent même. C'est le Nord qui attire les habitants du Sud, attirés par de faux eldorados. Enfin, pas toujours. Nouveaux foyers de pauvreté dans un exil de l'espoir des déshérités de l'Afrique qui risquent leur vie pour un espoir souvent déçu dans un monde vieillissant. Les immigrés se pressent aux frontières et les sans-papiers crèvent devant elles. L'Afrique saharienne, totalement démunie, envoie ses ressortissants aux frontières. L'indice de développement tient compte de l'espérance de vie, de la scolarisation et des revenus.20080901Pouvoir d'achat Belgacom.jpg

La ruée vers la ville devient de plus en plus gigantesques et doit avouer ses limites. Depuis, 2007, on dénombre plus de citadins que de ruraux. Vingt mégapoles de plus de 10 millions d'habitants constituent 10% de la population mondiale. "A qui profite l'argent des migrants" est une question avec une réponse aléatoire entre effets positifs ou pervers. Trafics de compétences avec la fuite des cerveaux dans un marché du travail immigré qui suit un besoin commun vers un exil pour tout espoir entravé par les voies sinueuses du droit d'asile. Les femmes s'émancipent mais restent toujours en retrait. La moitié de la population mondiale à un âge de moins de 25 ans, mais la population vieillit plus vite et cela proportionnellement au degré de développement du pays. Europe qui valse de l'émigration à l'immigration, souvent illégale, sécuritaire, avec des centres de rétention comme ressort de l'immédiat. Gibraltar, Lampedusa, Malte, Canaries avec parfois la mort au bout du voyage. L'Afrique pirogue, alors, et de plus en plus vite.

20080808Fortis chute.jpgDans un circuit parallèle du tourisme, une migration passagère s'adonne aux loisirs, et devient une des premières activités et de ressources pour certains pays en difficultés ou aux exportations en déficits. Un milliard de voyageurs occasionnel enregistrés crée le 4ème rang des échanges, est loin d'être négligeable. Vacances par charter, dérégulation des prix, low-cost, filtrés par Internet ont créé de nouvelles destinations en augmentation bien que l'Europe reste la première destination parce que l'exotisme continue à faire peur.

La France accepte assez mal la diversité. Le Royaume Unis, multiculturaliste. L'Allemagne qui subit un déficit d'intégration. La Russie attractive. Les États-Unis, rêves en berne avec des latinos aux portes. Canada avec l'intégration choisie et séparatiste. Le Brésil qui migre mais de l'intérieur. L'Australie très pragmatique. L'Inde xénophobe en ville des saisonniers précaires, mais qui tarde à voir le retour des cerveaux.

3. Diasporas et peuples transnationaux

Bush Israel.jpgLa longue errance des Juifs. Fuir violence, persécutions ou recherche d'une identité par la religion qui perdure à travers les âges dans une dispersion d'une diaspora quitte à déplacer ceux qui auraient pris place. Conflits avec la religion en toile de fond. Tribus sémitiques nomades qui se sédentarise au Xème siècle avant notre ère en Palestine. Qui s'unifie dans un royaume. Au 6ème siècle avant notre ère, Nabuchodonosor entraîne les populations de Jérusalem jusqu'à Babylone. Alexandre le Grand continuera le processus vers Alexandrie. La diaspora commence. Rejetés, au 2ème siècle de la Palestine, par les Romains suite de l'hostilité chrétienne, ils trouveront un certain accord partiel en Espagne musulmane. Séfarades vers l'Ouest avec la langue ladino. Persécutions, pogroms et parcages dans des ghettos en Europe orientale engendre des migrations, vers l'Est, chez les ashkénazes avec la langue yiddish comme support. Pas le même livre, ni les mêmes pratiques culturelles. Première migration vers New York, dès le 17ème siècle. Le terme "antisémitisme" apparaît en 1873. L'affaire Dreyfus et d'autres pogroms feront fuir les Juifs surtout vers les États-Unis. L'idée de l'Aliyah, le retour vers la Palestine, la Terre promise, naît en 1881 par le Dr Pinsker. La période nazie élimine près de 80% de la population nationale. Des organisations Hovevei Sion et de Théodore Herlz contribueront à concrétiser le projet en 1948 en poussant l'irréductible question palestinienne vers un partage entre réfugiés ou déplacés après cette "nakba" dans un partage politique de terrain et d'eau, mal fixés.Gaza Egypte.jpg

État des lieux du peuple Kurde, peuple le plus nombreux mais sans État nation, , non assimilés, mais rassemblés par l'unité linguistique, partagés entre des ennemis ancestraux, les Perses et les Ottomans.

L'héritage arménien qui traîne toujours le souvenir du génocide, contesté, de 1915.

Les antennes libanaises restent secouées par des conflits dans une diaspora dirigée entre production et consommation.

La galaxie grecque encadrée par l'église orthodoxe vers les États-Unis et l'Australie et des Turcs, très européens qui s'organisent dans leur pays d'accueil de manière plus souple.

Les ancrages portugais, pays d'émigration avant d'inverser le mouvement avec des comptoirs avec l'idée de "partir pour mieux rester" et la langue portugais qui devient la 3ème langue européenne utilisée dans le monde.

L'Italie hors les murs avec des accords bilatéraux de partage de mains d'œuvre vendus au plus offrant.

Le Maroc sans frontières avec la France comme première ouverture vers l'Europe après l'indépendance pour concrétiser l'échange de bons procédés dans une devise "immigrée" rimant avec ressources économiques.

L'autre archipel philippin, le monde avec un record exportateur constituant une manne pour le pays d'origine.

Les Indes migrantes qui sont courtisées pour attirés les investissements dans le high-tech vers l'outsourcing offshore toujours sous le joug ancestral de castes.

Les quartiers chinois avec 30 millions de chinois en diaspora dans un mythe de l'eldorado et Pékin qui investit l'Afrique, en néo-colonisateurs.

Au départ de la Bohème, les Roms, parents pauvres de l'Union, gens du voyage en marge des sociétés, opportunistes, ils traversent en empruntant les cultures des visités.

Voici, pour le passé et pour quelques situations d'aujourd'hui.

Est-ce que cette impression suffira-t-elle dans le monde de demain et d'après demain? 

Nous le verrons dans l'article suivant. 

L'enfoiré,

Sur Agoravox, même sujet, même discussion.

 

Citations:

 

  • « C'est le degré de culture et de prévoyance plus que le degré d'aisance qui paraît régler la restriction des naissances. », Alfred Sauvy

  • « En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager. », Robert Louis Stevenson

21/06/2008

Les vérités par les deux bouts

les-verites-par-les-deux-bouts.jpgLes vérités se confondent dans des approches parfois complètement différentes.

Vous avez parfois pu constater que vous n’étiez pas en phase avec l’opinion de votre entourage sur la manière d’appréhender le monde. Pourtant, on arrive parfois au même résultat mais par des chemins différents. Le Panda et moi avons eu des discussions épiques sur le sujet de l’approche d’une information et des moyens pour la diffuser. Cela, initié par une différence de point de vue.  

Quand nous nous sommes rencontrés, Le Panda et moi, il m’a posé la question de savoir si j’étais capable d’écrire un texte en un seul jet dans les 5 minutes qui suivaient selon l’inspiration du moment. Après quelques instants de réflexions, ma réponse a été catégorique : « Non, impossible ».

Si mes idées sont bien présentes quelque part, elles doivent prendre de la structure, se planifier, se construire au fur et à mesure dans l’espace et dans le temps avec une recherche de situations parallèles. Une formation et un état d’esprit très différents. Très probablement.

La recherche de consensus, peut être aussi, mais avec une chronologie en opposition.

Ce consensus, je le cherche, en premier jet, lors de la construction de l’article, lui, par la suite au niveau des commentaires. Les commentaires sont un bon endroit pour le rechercher, mais, peuvent partir tout azimut. Et puis, qui les lit dans leur totalité? Quand on sait que l’article lui-même est souvent survolé.

Généraliste, je construis un texte comme une table des matières un peu plus complète avec des liens type Internet qui permettent au lecteur de s’appesantir s’il en ressent le besoin par son propre intérêt.

Cette méthode implique des contraintes de non respect d’un texte court puisque cette vision demande à être complet. Une pré-digestion seule avec une série de points que je veux la plus exhaustive possible dans son champ d’application et son impartialité. Mes blogs sont plus des anti-blogs dans leur conception. Je n’ai pris personne en traître sur ce point. La preuve. Tout est dans tout. Il faut seulement en découvrir les liens.

L’autre technique commence par le bas de l’échelle. Beaucoup plus proche de l'impulsion, elle remonte de proche en proche sous les points de contacts que sont les commentaires.

Par l’autre bout, de bas en haut, il faut avouer que c’est plus partial, plus sensuel, plus sentimental, plus proche du rêve. La poésie, je n’en suis pas très fervent, même s’il ajoute le sel à l’histoire, mais je m'y suis adonné aussi. (une preuve).

Là où j’habite, malgré ma connaissance des lieux, je ne les connais pas tous et certainement pas dans un temps précis et déterminé. Tout évolue donc il faut réactualiser en permanence et le faire avec une vision pluraliste. Lire et confondre les sources est ma technique et subit ma critique de sang froid. Je lis même mes ennemis d’opinion, car je suis simplement curieux d'en découvrir les failles et les forces. Je ne m’en tape jamais.

Pas de gourou, chez moi. Buvard de l’info comme il est écrit dans mon « A propos ». Trop de gens aujourd’hui ne sont pas bien dans leur peau pour les convaincre avec une pensée unique en dehors d’eux.

Enthousiaste, mais raisonné.

L’écriture permet cette voie de la réflexion dans sa gestation. Pourquoi ne pas en profiter ? Aucun parti pris. Un Jacques Dutronc près à retourner sa veste après mure réflexion.

Ce n’est que récemment après un passage à vide, que l’on essaye de sortir du carcan des partis. Les indécis deviennent dès lors le cheval de bataille de ceux-ci.

La vérité est un labyrinthe, sans cartes, entre bonnes et mauvaises intentions et dont il faudra soi-même en trouver seul la sortie. La vérité ne se donne pas, elle se recherche dans un monde pluraliste d'idées. 

Les mensonges ne pourraient pas être une surprise. Ils sont le propre de l’homme. C’est possible d’arriver à destination par les deux bouts mais il faut en être conscient. J'en parlais dans "Bons sens ne sauraient mentir".

Alors, oui, aujourd’hui, j’enlève le haut, et demain, j’enlèverai mes bas. C'est promis.

« Think » disait IBM à l’époque dans une de ses pubs.     

 

L’enfoiré, l’impulsif attardé,    

 

PS. Ce texte a été écrit lors d’une sortie de jogging avec mon petit carnet dans la main. Une bonne dame m’a demandé si j’écrivais mes statistiques de vitesse en course. Je l’ai mise au parfum, elle en était surprise.

Le Panda à deux bouts.?

Citations:

 

  • « Que chacun examine ses pensées, il les retrouvera toutes occupées au passé et à l'avenir. Nous ne pensons presque point au présent. », Blaise Pascal
  • « Réfléchir, c'est déranger ses pensées », Jean Rostand
  • « Chez les uns, le style naît des pensées ; chez les autres, les pensées naissent du style. », Joseph Joubert
  • « La pensée console de tout et remédie à tout. Si quelquefois elle vous fait du mal, demandez-lui le remède du mal qu'elle vous a fait, et elle vous le donnera. », Chamfort

 

 

 

 

16/06/2008

Bons sens ne sauraient mentir

bons-sens-ne-sauraient-mentir_00.jpg Il existe un petit village en Toscane. Il a vu un auteur du 19ème siècle qui jouit encore, malgré une thématique apparemment très simple destinée aux enfants, d’une réputation mondiale à la suite de l'oeuvre de sa vie, un roman de conte de fées. Repris par Walt Disney en 1940. Le village s’appelle Collodi près de Pescia, l’auteur : Carlo Lorenzini , surnommé "Collodi", le personnage : Pinocchio. Je suis allé à sa rencontre... 

Selon l’histoire du roman, un vieux menuisier, Geppetto, se sentant esseulé dans son atelier, imagine de créer un pantin en bois représentant un garçonnet. Habile de ses mains, il le sculpte et le nomme Pinocchio avec l’intime désir de le voir se transformer en véritable petit garçon. Lors d’une nuit, la Fée Bleue de la providence exauce son rêve le plus cher et donne la vie à sa marionnette. Celle-ci se révèle fantasque quoique toujours bien intentionnée. Sous l’œil de la Fée et du menuisier, les aventures malheureuses vont se succéder, aventures qui ne seront racontées, qu’interprétés par une multitude de petits mensonges. La fée décide de lui infliger un châtiment pour lui donner une leçon de vie et pour lui imposer de dire la vérité. Dès lors, un mensonge qui sortirait de sa bouche en bois et ce serait son nez qui s’allongerait en fonction de l’importance de son méfait. Cela ne tarde pas à prendre des habitudes qui engendrent des aventures épiques. Le conte s’achèvera heureusement quand Pinocchio perdra cette mauvaise habitude et qu’il deviendra, « happy end » oblige, en un véritable petit enfant dans la réalité. Derrière cette fable enfantine, se cache l'Italie de l'époque, pauvre, résignée, pessimiste et en proie à une défaite des valeurs paysannes manipulées par des gens très rusés.

Devenu tellement célèbre, l’auteur est plus connu sous le nom de son village où depuis 1951, un parc fantastique pour enfants a été réalisé à Collodi. Le décor, un labyrinthe, situé au bord d’un torrent et face à la villa et aux jardins Garzoni.

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L’histoire de la marionnette y défile dans les méandres de ce labyrinthe avec le requin très suggestif engloutissant Geppetto au milieu de l'histoire agitée.

C’est à partir des magnifiques jardins, avec ses statues de satyres, face au labyrinthe, très caché que je n'ai pu l'apercevoir. L’auteur de la fable, lui, c’était de la cuisine du château des marquis de Garzoni qu'il a imaginé son personnage.

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Le soir, en allant me coucher, mes souvenirs, suites de cette visite enchantée, sont revenues en mémoire de manière étrange. Et si le mensonge n’existait plus, si tous le monde parlait sans réfléchir, que se passerait-il? bons-sens-ne-sauraient-mentir_10.jpg

Ce matin-là, je me réveillai dans un autre monde. Cela commençait fort, très fort même.

Mon épouse ne me disait plus « Ronfle en douceur, mon amour » mais d’une mine sévère :

   - Tu m’as encore une fois empêché de dormir. Ton ronflement, j’espère que tu n’auras pas d’ennui avec les voisins.

Surpris, je ne relevai pas le nez et ne répliquai pas sachant que c'est une chose dont on ne connaît pas la vérité par soi-même.

Plus tard, sous la douche je commençai à entonner, imperceptiblement, une vieille chanson d’Aznavour « Tu exagères » suivi de « Tu t’laisses aller ».

Mon épouse, ensuite, suivit sous la douche. Elle chantonnait le même air mais avec des paroles différentes et tout aussi troublantes.    

Plus tard, au petit déjeuner, je m’entendis dire : « la confiture, y en a marre et si tu me faisais des œufs au lard pour changer? ». La moutarde semblait me sortir du nez et c'était pourtant le moment de consommer du miel plutôt que de la moutarde.

On s’est quitté la mine un peu balancée dans une humeur exécrable mais chacun trouvait cela normal.

Dans l’ascenseur, voilà que la voisine monte à bord et que je lui dis :

-         Savez-vous que le Chanel n°6 existe depuis peu ? Cela sentira un peu moins dans l'ascensceur.

Moi, qui ne savait même pas qu’il existait le N° 5 ! …

Elle me répond du tac au tac :

-         Vous êtes sûr que votre after-shave, vous le mettez là où il faut, bien partout ? Et puis, vous feriez mieux de la fermer, tout le monde y gagnerait car votre haleine ...   

Je n'eus pas le temps de lui répondre. Nous étions arrivé à destination au rez-de-chaussée. Non, mais, de quoi s’occupe-t-elle?, pensais-je.

Sur la route,  un « enc.. » me fit une queue de poisson en me levant un doigt que je ne pensais pas si long.

Je lui lance une invective que je n’oserais répéter ici.

Arrivé au bureau, voilà que le collègue qui, il faut bien le dire, n’avait pas vraiment les mêmes opinions que les miennes, sortait d’une voix salace :

-         T’as mal dormi, ou quoi ? Est-ce une manière de te coucher sur le clavier ?

-         Non, mais, je dois bien récupérer le temps que t’as perdu hier devant la machine à café.

Mais, il avait un peu raison, je l’admets. Mais alors, lui...

Le patron l’avait bien vu aussi et se déplaçant pour me le confirmer à sa manière, je ne lui en laissai pas le temps et lui envoyai, à la vue d’une couleur rouge anormale sur les joues :

-         La prochaine fois, laissez la porte de votre bureau ouverte. Au moins, je n’aurai pas à aller payer au cinéma ce soir pour aller voir « Basic Instinct II ». Au fait, avez-vous pensé à mon augmentation ?

Il faut dire que sa secrétaire est un sacré morceau et elle avait un de ses rouges aux lèvres qui me rappelait celui de la joue du patron.

Décidemment, tout allait de travers! Je ne me reconnaissais pas du tout dans ces paroles. Chacun avait des paroles sans mensonges, sans filtres et sans hésitations aucunes. Etonné de moi-même et des autres qui n’étaient pas dans leurs habitudes.

Au mess, voilà que la préposée me pose sèchement la question de manière péremptoire sans prendre les moindres formes :

-         L’aile ou la cuisse, votre poulet ?

-         Quelle question. Les deux, voyons quand on voit le prix que l’on demande pour le plat.

Je passe encore sur les détails. J'ai dû choisir autre chose.

L’après-midi, un client téléphone.

-         Je ne comprends pas mon PC. Il ne réagit pas comme d’habitude. Il ne s’allume pas.

-         Vous êtes sûr que vous avez mis le courant ? Vous avez lu la notice d'utilisation avant de me téléphoner ?

-         Non, mais vous me prenez pour qui, je suis une habituée ? Puisque, je vous le dis. Et vous vous êtes là pourquoi ?

Dire une simili vérité pèse décidément des tonnes sur les épaules du citoyen lambda. La délicatesse pour le dire fait pour le moins un peu défaut, dans cette journée fantasque.

L'après-midi, un drame dans la société et un collègue était décédé nous envoya tous au cimetière.

Là, l’épouse, en pleurs, se tenait difficilement et se tenait soutenue entre ses enfants.

Quelqu’un lui posa la question :

-         Vous-vous êtes disputés la veille ? Avait-il un problème en dehors du bureau ? Le patron a déjà pris les devants. Ne vous inquiétez pas. J'ai vu une tête nouvelle dans son bureau, il y a quelques jours.

Quel ignoble personnage! Le cortège s'avance et la conversation ne donna pas de conséquences. Heureusement...

Je trouvais les questions déplacées, mais ne réagis pas. Endormi? La dernière réplique me paraissait presque injurieuse.

Le soir, à la télé, un homme politique parle :

-         Les électeurs ne me comprennendront jamais. J’ai une villa et une famille à entretenir. Je ne peux pas être partout. Le jeton de présence, je le rembourserai. Moi, qui fait tout pour eux.

Tout à coup, son nez s’allongea, s'allongea dans la démesure...

Bons sens ne pouraient menti Famille.jpgC’est à ce moment que je sentis comme un tremblement de terre.

Mon épouse, au dessus de moi, me secouait avec force.

-         Tu ne vas pas travailler, chéri ?

Je lui souris. J’étais revenu de loin, d'un monde de fausses vérités. Ce n'était pas moi. Comment avais-je pu imaginer cela?

Depuis lors, je souris plus souvent.

Je sais que j’ai encore beaucoup de rêves plus palpitants, moins stressants en réserve.

Celui-ci était par trop dur. Je jetai un coup d'oeil à Wikipedia qui m'en donnait une définition tellement claire du mensonge pernicieux.

  • Le mensonge pernicieux, qui a non seulement l'effet, mais le but de nuire à autrui. Ce mensonge parfois nommé par la littérature mensonge malicieux, est naturellement considéré tant par la morale que par la religion comme le plus grave des trois. Ce point est commun aux cultures occidentale et chinoise.
  • En politique, c'était même de l'art...  Donc, le mensonge fait bien partie de notre monde d'aujourd'hui.

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Le mensonge et la vérité n'ont que des frontières bien floues chez les enfants. Elles ne prettent pas vraiment à conséquence. Dans l'autre monde des adultes, il en va tout autre. Apprendre la psychologie, analyser ses semblables, accéder à toutes les sources disponibles, comparer et comparer encore avec ses propres convictions, sont des tâches qui deviennent primordiales  aux citoyens dans un monde médiatique. Déceler la malversation dans les propos n'est pas une mince affaire maquillée sous de beaux principes. La philosophie et tous ses auteurs, à travers les siècles, est aussi intéressante dans cette recherche de soi-même par rapport à ses semblables.  Les nez qui s'allongent et les fées ne font pas partie du monde des adultes qui, en plus, progresse dans le virtuel. La vérité ne se donne pas, elle se cherche. 

Il y a bien longtemps, la fin de l'histoire de Pinocchio, elle, fut plus délicieuse, et disait « Quel drôle d’air j’avais quand j’étais une marionnette ! Et comme je suis content d’être devenu un vrai et bon petit garçon ! »

L'Enfoiré, 

On ne ment jamais chez Le Panda

Citations :

  • « Ce qui est déshonorant, ce n'est pas de mentir, c'est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge. Il y a des maladroits du mensonge : ceux-là on devrait les reléguer dans la vérité et leur interdire d'en sortir. », Etienne Rey

  • « J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui. », Anatole France

  • « Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C'est pire ! », Coluche

06/05/2008

Ne bosons pas? Mais si...

ne-bosons-pas-mais-si.jpg 

Et si on parlait de Science pure pour changer? Un article du "Science et Vie" de mai 2008 a attiré mon attention. On parlait de la "particule de Dieu" au sujet de la particule Boson de Higgs. Ce physicien en parlait dans ses rêves et ses convictions déjà en 1963. Histoire ancienne? Non, on va bientôt le prouver, peut-être.

La science a donc plus de quarante ans de traque et de ... trac à son actif pour découvrir cette particule qui pourrait révolutionner la physique. Quand Peter Higgs lança son idée de bosons, il s'agissait de soupçons qu'il ressentait à la suite de l'impossibilité de mettre en formules certains phénomènes physiques. Il devrait avoir quelque chose en lui pour expliquer un manque de rigueur dans les formules de la physique.

La célèbre équation d'Einstein, E=MC², montrait bien qu'il y avait un lien rigoureux entre la matière et l'énergie. La matière avec sa masse propre, pourquoi a-t-elle des envies d'évasion vers l'énergie? Qu'est-ce qui donne sa consistance et son poids à la matière? Il doit y avoir un intermédiaire, une force unificatrice? Léon Lederman n'a pas manqué de lancer cette expression de "particule de Dieu", tellement elle fait fantasmer et inquiète. Remettre toute la théorie en jeu n'est pas une mince affaire.

Cette particule viendrait s'ajouter à la panoplie des particules déjà connues mais qui n'explique pas encore les fondations du système. Les physiciens ont toujours aimé unifier les problèmes en formules les plus concises possibles. Einstein a fait toute sa gloire sur une relation simple mais qui n'était pas du tout simpliste dans ses conclusions.

Quatre forces parviennent déjà à cerner la plupart des problèmes:ne-bosons-pas-mais-si-quark.jpg

  • la force "forte" de cohésion atomique qui explique qu'un noyau se suffit à lui même.

  • la force "faible" qui se retrouve dans la radioactivité

  • la force de la gravitation qui explique la bonne vieille histoire de la pomme de Newton.

  • la force électromagnétique quantique qui assujettit l'électron au noyau et le maintient en déterminant sa charge, sa valence et son potentiel de rapprochement avec les autres noyaux.

Dans ce monde de forces, il ne faut cependant pas rechercher la finalité dans l'interaction globale.

Les bosons de Higgs seraient des vecteurs qui relieraient les fermions de la matière pour en donner la raison de l'existence en leur donnant une masse. Véritable clé de voute qui pourrait si leur présence était confirmée rendre obsolète la physique d'aujourd'hui en donnant la cause irréfutable et unique des faits constatés et affiner les formules imparfaites.

François Englert et Robert Brout s'intéressent à la question et prennent la succession de Higgs, pensionné.

ne-bosons-pas-mais-si-lhc.jpgUn nouvel espoir de découverte se présente avec l'accélérateur du CERN, le LHC (Large Hadron Collider) qui avec son anneau de 27 kilomètres pourrait atteindre très prochainement une énergie potentielle de 7 TeV (Tera Electrons Volt) et le double en énergie cinétique due à la collision. Il est le challenger, toujours en piste, du Tevatron à Chicago et qui est, vu son âge, quatorze fois moins puissant.

La matière est un puzzle. Quelques pièces manquent encore pour combler les formules.

Une nouvelle physique à la clé qui expliquerait peut-être un jour pourquoi on est là?

Alors, faites place particules, protons, neutrons, électrons, c'est vieux jeu, ringard, même. Trop élémentaire, mon cher Einstein...

ne-bosons-pas-mais-si-bebe.jpgAujourd'hui, on parle de hadronsleptons, quarks, gluons, mésons, nucléons, baryons, photons...& co. Douze particules avec quatre forces pour expliquer la matière. Mais je sens que vous voudriez briller dans une de vos prochaines conversations. Alors essayons les moyens mnémotechniques.

Nous avons d'abord le découvreur, Peter Higgs, appelons le Mr "X".

Non, ne commençons pas, du tout par cette idée saugrenue! Ne bésons pas, pas encore, peut-être plus tard. Ne nous baryons pas, néanmoins. Hadrons ou leptons, nucléons nous.  Quand nous fermions la méson, bosons plus. (C'est dit quelque part.) Ne nous engluons pas.  Il n'y a pas photons. Equarkons-nous.

Peu importe, d'ailleurs, le nom qu'on donne aux choses.

ne-bosons-pas-mais-si-particule.jpgLe mot "particule", lui vient du latin "particula", "petite part".

Et s'il venait plutôt de "partie de culture"? Je n'oserais pas, plus prosaïquement, même pour rendre hommage aux vulgarisateurs scientifiques, couper le mot en deux.

Sous cette forme, on aime ou on n'aime pas.Ne bosons pas Mais si Accelerateur de particules.jpg

 

L'Enfoiré,

Bosons-nous sur Le Panda


Citations:

  • « Voir, entendre, toucher, sont des miracles et chaque partie et chaque particule de moi-même est un miracle. », Walt Whitman

  • « L'esprit préexiste à la matière. L'esprit habite chaque atome, chaque particule. L'esprit est la partition de l'univers. La force immatérielle qui forge la réalité concrète. », Jean-Christohe Grangé

  • « La pratique masturbatoire est une véritable usine à fantasmes, un puissant surgénérateur de particules mentales érotiques. », Henri Barte 
  • « Dès que l'on dévie du modèle standard, tout est possible. », John Ellis du CERN

19/10/2007

Le scoop pour le scoop

Dans notre monde actuel de recherche d'information, la tendance n'est plus d'apporter l'information judicieuse et incontestable dans les temps mais bien avant celle que fournirait le concurrent.

 

848227d6fbb83c2fdf27ef7e7fd7718a.jpgArracher la nouvelle avant les autres à tout prix. Le but principal est de chercher «le scoop», l'information qui fera vendre et saliver.

L' "event" récent dans la politique française, tout le monde en parle du sommet de la hiérarchie à l'homme de la rue. Les antis vont roucouler et appuyer sur l'accélérateur. Les pros vont enfoncer le frein avec véhémence. Je n'y ajouerai rien. Mais, prenons plus de recul.     

Il y a d'abord ceux qui en vivent. Les paparazzis, les "fans de scoops" sont à l'affût du moindre agissement de la vedette, des "people" qu'ils sont appelé à suivre 24 h sur 24, l'appareil photo et le canon télé 1000mm, dernier cri, prêt à crépiter en ne s'inquiétant pas trop de la vie privée de la 'victime' consentante ou non. Les membres du showbiz sont souvent partagés entre le besoin de se faire connaître, donc d'être pourchassé, et le besoin de retrouver l'intimité de la vie privée. Ce métier de filature, de planque est un jeu de chat et de la souris n'est pas nécessairement fautif. S'il y a de la demande, il y aura de l'offre. La demande voyeuriste existe et fait vendre. Il faut donc la satisfaire. Images scabreuses, scandaleuses sont les préférées. Les couples qui se déchirent, la tarte à la crème. La vie privée et publique se rencontrent sans frontière. La presse people en tête est la première à collectionner les procès pour dommages et intérêts pour délit de transgression de la vie privée. Blâmé après la mort de Diana, depuis 5 ans, le job de paparazzi s'est amplifié. L'industrie de l'image volée a redémarré coïncidant avec l'arrivée de nouveaux magazines dit "people", de sites Internet et d'émissions télé consacrées au "star system" (dixit le directeur de l'agence X17 à Los Angeles.

De fausses "paparazades", peut-être un peu trompeuses, mettront aussi le client, le chasseur et sa cible de commun accord. Même rendement pour chacun des acteurs dans la bonne humeur, cette fois.

Le livre du journaliste Jean-Paul Champagne "La mafia des people" parle sans langue de bois et avec humour d'une source de revenus moins transparente en provenance des relations que les stars entretiennent avec la presse à scandale ou non. Une crainte perpétuelle taraude l'esprit du people: "on ne parle plus de lui". Disparaître des plateaux de télé et c'est la malédiction qui s'abat en sanction. Pour se faire, "vendre" un morceau de sa propre existence dorée et privée ne fait pas de mal à l'intéressé. Donner l'impression du bonheur intéresse toujours celui qui rêve et ne jouit pas de largesses évidentes. Ces "mirages aux alouettes" qui sont ils, toujours friands d'événements croustillants?

Quand il faut aller vite pour sortir le papier, rechercher la confirmation demande du temps, le risque est donc grand de publier une information erronée ou "mal adaptée". Alors, ça barde encore plus.

039e3b1ef2b8b03b633e8757b425757b.jpgLes médias, ensuite seraient-ils finalement le seul pouvoir irresponsable, celui qui à l’inverse de tous les autres n’aurait de compte à rendre à personne, celui qui, au-dessus de tous les autres, s'autoproclamerait légitime en échappant aux règles de base de la vie collective en démocratie ? On pourait se poser la question. On ne répare jamais les torts causés par les dérives aux causes multiples dont la concurrence et la pression du marché ne sont pas des moindres. Nous ne sommes pas timides, mais nous continuons à nous soigner.

Entre temps, ça passe ou ça casse. Si c'est faux, on perd quelques lecteurs trop pointilleux, c'est tout. On se fait tout petit ensuite pour ne pas être reconnu comme l'auteur de la fausse nouvelle. La liberté de cacher ses sources est une bonne sécurité vis-à-vis d'un pouvoir, mais une mauvaise chose quand il s'agit de protéger ses propres erreurs. Les consommateurs, ces médiatisés aiment fantasmer. Modérer cette envie est peut-être difficile.

Le consommateur a ce qu'il mérite. Il désire rester "in" dans l'actualité et mieux encore avant les autres. Cette actualité est offerte en pâture aux consommateurs qui ne veulent pas entendre parler d'un quelconque suivi. Cela doit rester dans le "chaud de l'action" et disparaître ensuite. Les "plats froids" de l'actualité qui ont "glissé", n'ont plus la cote. Personne n'en a rien à cirer des suites d'une affaire entendue un jour lors d'un "snapshot" (un instantanné). L'oubli est bien vite là avec le "sanpshot" suivant. L'effet de recul demande un raisonnement plus coûteux, plus personnel.

Les journaux citoyens pourraient entrer dans la brèche. C'est leur rôle de réveiller les consciences et la réflexion. Que constate-t-on? Nenni. La contagion de la presse officielle a été jusque là.  On se gargarise avec les mêmes produits. L'affaire Agoravox dont j'avais fait écho avec d'autres n'est qu'un exemple.

Des blogeurs-rédacteurs se lancent parfois dans des théories plus ou moins fumeuses. Faut-il y crier haro sur ce phénomène? Pas vraiment. Internet sur lequel se réfugie ces blogs est un nouveau média qu'il faudra toujours prendre avec précaution. De nouvelles thèses citoyennes, pourtant, sans l'aval de ses pairs, ont pourtant une chance de faire découvrir une autre vérité ou solution basée toujours sur la réflexion. Ces "blogs journaux" qu'Agoravox offre avec délectation et prestige, s'impose aussi des règles éditoriales "scotchées" à l'actualité comme l'ombre de l'information fournie par les journalistes.

La fraîcheur, c'est bien. Le durcissement des affaires captées au vol l'est aussi, sinon plus. Il constitue la vraie expérience.

Le Press Book de la "scoop mania" n'est pas innocent.

Paco Rabanne, probablement en perte de vitesse, annonçait la fin du monde pour l'année 2000 pour faire parler de lui. Le 21ème siècle entamé, bizarrement, c'est plutôt '"je me suis fait tout petit devant cette poupée" pour se faire oublier pendant un certain temps.

La science, même elle, a joué des coudes pour sortir "la" nouvelle. Tromperies, supercheries se retrouvent en effet côte à côte dans quelques cas heureusement rares.

L'affaire de la "Mémoire de l'eau" qui aurait de la mémoire avait fait grand bruit à l'époque. La prestigieuse revue scientifique "Nature" s'est elle-même fourvoyée en publiant cette information qui, d'entrée de jeu, était tout à faite douteuse, mais qui plaisait à l'imaginaire.

Les travaux de Sir Cyril Burt sur l'intelligence et le QI a aussi poussé celui-ci à des déclarations qui reposaient sur des démonstrations truquées. Sa démonstration sur la dotation génétique de l'intelligence, qui établissait que le rapprochement de jumeaux avait une conséquence sur une intelligence plus élevée, a fait long feu quand après sa mort il s'est avéré d'après ses écrits que les fameux jumeaux n'existaient que dans son imagination.

Plus récemment, un des plus grands experts mondiaux en clonage, Woo-Suk Hwang, de l'université de Séoul, a du avouer avoir trompé la communauté scientifique en ayant falsifié des données pour son dernier rapport de recherche de juin. Son idée de produire des cellules souches "sur mesure" pour réparer des tissus endommagés n'était que pure fiction. Le nationalisme, la fierté de mettre son pays au devant de la scène, sont à mettre dans le pot des excuses. Récemment, un biologiste de Harvard donnait en août 2007 un dénouement heureux à l'affaire en démontrant que Hwang avait été le premier à observer sur des cellules humaines le phénomène de la parthénogénèse. Le bluff d'un imposteur avec ressort en douceur. 

Fin juin 2007, une petite molaire brisée est découverte et c'est une momie anonyme qui remonte 3500 ans d'histoire égyptienne. Il s'agit de la momie d'Hatchepsout, la plus célèbre reine de l’Égypte pharaonique, reconnue comme telle et entourée d'une littérature innombrable. Tremblant d'excitation, le directeur des antiquités égyptienne, Zahi Hawass et le ministre de la Culture, orchestraient avec fracas devant la presse mondiale, cette découverte alors qu'il en niait l'existence un peu avant. La veille, la chaîne américaine Discovery Channel, associée à la découverte, avait grillé la politesse à Hawass, dévoilant l’histoire de la quête de la momie. Des tests ADN devraient être faits sur les momies royales grâce à un laboratoire financé et équipé par Discovery Channel pour un montant de 5 millions de dollars. Ces événements expliquent certainement cela.

Le "Sciences et Vie" du mois d'avril 2006 lançait comme un pavé dans la marre qu'après 40 ans de croyance en la théorie du big-bang pour la genèse de l'univers, que l'idée pourrait être revue de fond en comble. Une énorme étoile ou galaxie a été repérée qui aurait un âge antérieur à ce fameux "big-bang" relance les recherches de plus belle pour trouver ou non confirmation de cette approche.  Tout à coup, tout était remis en question. Les fondements de nos croyances étaient à revoir. Comme scoop, je crois que l'on ne peut trouver mieux !

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Les réelles tromperies sont heureusement rares (0,3% sont avoué ces 5 dernières années) et la recherche de l'information scientifique qui pourra émouvoir la gent scientifique n'est pas la préoccupation primaire. La recherche fondamentale reste la recherche qui peut rester infructueuse pendant de nombreuses années. De plus, la pratique expérimentale est confrontée à tellement de facteurs divers et parasites que l'on peut accepter un mauvais chemin pris ou des résultats trompeurs en apparence. La plupart du temps, cette mauvaise appréciation provient de manque de tests et il ne faudra pas chercher une faute volontaire chez le scientifique qui aura été berné lui-même.

Les résultats ne sont pas univoques. L'honnêteté intellectuelle et scientifique se devra toujours de reconnaître l'erreur de jugement et la corriger. Cela, même si la gloire, l'argent, l'idéologie ou la volonté de prestige de l'état, le Nobel, quelques lignes dans le dictionnaire inciteraient à fausser les expériences.

Pour obtenir le prolongement de son contrat n'est-on pas tenté chez certains chercheurs d'"améliorer" quelque peu des résultats qui seraient restés dans l'ombre? Les subventions précaires ne sont accordées qu'avec l'espoir d'un résultat utilisable en fin de parcours. C'est donc tout à fait humain de vouloir protéger son gagne-pain. Mais, même dans ce cas, l'éthique seule et entière restera pourtant le seul principe de rigueur.

Se reconnaître tel qu'on est avec ses richesses et ses faiblesses dans le parfait anonymat avec le plaisir potentiel de se reconnaître dans la société.

Internet en a mis une autre couche à cette folie du scoop. Le site Extortr ne manque pas de demander aux pararazzi en herbe d'envoyer images et vidéos les plus scandaleuses possibles. Le prix de la transaction est fixé par les chasseurs de scoops.

Un commentaire que j'ai lu quelque part m'a paru une clé du "mystère":

"Les chercheurs acceptent facilement l’histoire des sciences si elle se conforme à l’avancée rassurante du progrès: autrefois on ne savait pas, aujourd’hui on sait davantage".

 

Un rédacteur que j'aime le disait en parlant des "people" : "La star, c'est vous". 

Là, résiderait la Vérité, en vérité.

Jean Gabin chantait ausi "Maintenant, je sais"

"Je sais qu'on ne sait jamais". 

 

L'enfoiré,

Le scoop, voilà que je me fais rattraper par un Panda



Citations :

 

  • "Un chien mord un homme, c'est un fait divers. Un homme mord un chien, c'est un scoop.", Lord Beaverbrook
  • "Célébrité n'est pas belle, et ce n'est pas ce qui nous grandit", Boris Pasternak
  • "A l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale", Andy Warhol
  • "La notoriété c'est lorsqu'on remarque votre présence, la célébrité c'est lorsqu'on note votre absence.", Georges Wollinski
  • "La célébrité m'a apporté un gros avantage : les femmes qui me disent non sont plus belles qu'autrefois.", Woody Allen03a394ba997b0f812b6c1b2f64f16192.jpg

 

29/09/2007

L'histoire de Manuel

"Comme le fleuve qui coule" de Paulo Coelho, vous connaissez?

62e3e748cec0e9599831eacb8ce67b6c.jpgLa rentrée des écoles est déjà derrière et avec elle, les autres activités de ce travail qui occupent notre temps. Ce travail occupe de plus en plus de réflexions dans les partis qui s'opposent sur le degré de sa fréquentation.

De l'auteur, Paulo Coelho, j'en avais déjà entendu parler. Né en 1947, au Brésil, écrivain à succès. Je n'en avais pas lu une ligne jusqu'ici. Je me suis plongé dans ce "J'ai lu" et je n'ai pas été déçu. Ce livre est construit sur une série de petits chapitres en constatation de situations et événements de la vie. Sur un schéma d'une série de blogs, il manifestait sa vision d'homme mûr et qui avait voyagé de par le monde. Trois chapitres ont attiré ma curiosité par son côté allégorique. Il s'agit de l'histoire de Manuel.

J'ai hésité à le transcrire. Les droits d'auteurs sont ce qu'ils sont. Droits réservés. Je me suis tourné sur son site pour en obtenir une autorisation. Puis en continuant à lire, je me suis attardé sur un chapitre dans lequel il parlait de ce qu'il faisait des livres de sa bibliothèque. Ses écrits m'ouvraient une porte de la diffusion implicitement. D'après lui, la lecture et la qualité du texte devraient voyager par l'intermédiaire de livres et passer de sa bibliothèque dans d'autres mains pour être touché, d'autres yeux pour en jouir. Pour un auteur qui cherche ses marques dans les fils de la grande toile, il me semblait qu'un copier-coller soit permis pour en discuter par après. C'en est un. Je le dis et le répète. Pas de gloire. Je ne signerais évidemment pas ce qui était écrit.

Mais, si vous ne vous reconnaissez pas dans ce premier texte, c'est que vous venez d'une autre planète. Alors, allons-y pour le juger et y gagner en interactivité.

Manuel est un homme important et nécessaire.

Manuel doit être occupé. Sinon, il pense que sa vie n'a pas de sens, qu'il perd son temps, que la société n'a pas besoin de lui, que personne ne l'aime, que personne ne veut de lui.

Par conséquent, à peine réveillé, il a une série de tâches à accomplir: regarder les nouvelles à la télévision (il a pu se passer quelque chose pendant la nuit), lire le journal (il a pu se passer quelque chose la veille), prier sa femme de ne pas laisser les enfants se mettre en retard pour l'école, prendre une voiture, un taxi, un autobus, un métro, mais toujours concentré, regardant le vide, regardant sa montre, si possible donnant quelques coups de téléphone sur son mobile et faisant en sorte que tout le monde voie qu'il est un homme important, utile au monde.

Manuel arrive au travail, se penche sur la paperasse qui l'attend.

S'il est fonctionnaire, il fait son possible pour que le chef voie qu'il est arrivé à l'heure.

S'il est patron, il met tout le monde au travail immédiatement: s'il n'y a pas de tâches importantes en perspective, Manuel va les développer, les créer, préparer un nouveau projet, établir de nouvelles lignes d'action.

Manuel va déjeuner, mais jamais seul.

S'il est patron, il s'assied avec ses amis, discute des nouvelles stratégies, dit du mal des concurrents, garde toujours une carte dans sa manche, se plaint avec une certaine fierté de la surcharge de travail.

S'il est fonctionnaire, il s'assied aussi avec des amis, se plaint du chef, dit qu'il fait beaucoup d'heures supplémentaires, affirme avec désespoir et une grande fierté que beaucoup de choses dans l'établissement dépendent de lui.

Manuel - patron ou employé- travaille tout l'après-midi. De temps à autre, il regarde sa montre, il est bientôt temps de rentrer à la maison, mais il reste un détail à résoudre par-ci, un document à signer par-là. C'est un homme honnête, il doit faire de son mieux pour justifier son salaire et répondre aux attentes des autres, aux rêves de ses parents, qui ont fait tant d'efforts pour lui donner l'éducation nécessaire.

Enfin, il rentre chez lui. Il prend son bain met un vêtement plus confortable et va dîner avec sa famille. Il s'enquiert des devoirs des enfants, des activités de sa femme. De temps en temps, il parle de son travail, uniquement pour servir d'exemple. Il n'a pas l'habitude d'apporter des soucis à la maison. Le dîner terminé, les enfants qui se moquent bien des exemples, des devoirs ou des choses de ce genre, sortent aussi de table aussitôt et s'installent devant l'ordinateur. Manuel, à son tour, va s'asseoir devant ce vieil appareil de son enfance, appelé télévision. Il regarde de nouveau les informations. Il a pu se passer quelque chose l'après-midi.

Il va toujours se coucher avec un livre technique sur la table de nuit, qu'il soit patron ou employé, il sait que la concurrence est rude et que celui qui ne se met pas à jour court le risque de perdre son emploi et de devoir affronter le père des malédictions : rester inoccupé.

Il cause un peu avec sa femme. Après tout, c'est un homme gentil, travailleur, affectueux, prenant soin de sa famille et prêt à la défendre en toutes circonstances. Le sommeil vient tout de suite. Manuel s'endort, sachant que le lendemain, il sera très occupé et qu'il doit recouvrer son énergie.

Cette nuit-là, Manuel fait un rêve. Un ange lui demande:

- "Pourquoi fais-tu cela?"

Il répond qu'il est un homme responsable. L'ange continue :

- "Serais-tu capable, au moins quinze minutes dans la journée, de t'arrêter un peu, regarder le monde, te regarder toi-même et simplement, ne rien faire?"

Manuel dit qu'il adorerait, mais qu'il n'a pas le temps.

- "Tu te moques de moi, affirme l'ange. Tout le monde a le temps, ce qui manque c'est le courage. Travailler est une bénédiction quand cela nous aide à penser à ce que nous sommes en train de faire. Mais cela devient une malédiction quand cela n'a d'autre utilité que de nous éviter de penser au sens de notre vie".

Manuel se réveille en pleine nuit, il a des sueurs froides. Courage? Comment cela, un homme qui se sacrifie pour les siens n'a pas le courage de s'arrêter quinze minutes?

Il vaut mieux qu'il se rendorme, tout cela n'est qu'un rêve, ces questions ne mènent à rien, et demain il sera très, très occupé.

Paulo Coelo,

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La retraite et l'après "vie active" seront les conclusions d'un passage sur Terre comme pour bien d'autres. Je ne l'intégrerai pas. Je vous en laisse le choix de lire la suite dans le bouquin lui-même.

Rien d'original, vous direz-vous?

Peut-être.

Serait-ce un autre "Alexandre le bien heureux" ou une Eloge à la paresse, encore une fois?

Non, il ne s'agit pas de cela, mais d'une tentative de prise de conscience de qui constitue l'essentiel de l'individu. Encore faut-il pouvoir l'assumer. L'homme moderne s'est harnaché d'une série de casseroles et de boulets à la cheville. Et pas seulement du côté du travail. Essayez de prendre rendez-vous avec quelqu'un qui se dit actif. Je vois d'ici son agenda qui aura certainement des tendance à l'"overflow".

Sur mon site, j'ai ajouté récemment une horloge avec comme commentaire « Time is more precious than money » pour exprimer mon intime conviction. Le "time is money" est anachronique.

cb0d5be45aaa58b4befb8c7241e68928.jpgLa qualité de la vie reste le but à atteindre.

A New York, la "Sieste business" fait, parait-il recette. Elle deviendrait payante et ce n'est pas en rêve. Cette ville qui ne dort jamais, comme le chante Sinatra, se payerait le luxe d'un business en pleine expansion. Le salon Yelo propose à ses clients au coin de Central Park de faire une petite sieste régénératrice "Power Nap" pour 12 dollars de l'heure.

En attendant, le citoyen français, après les dernières élections françaises, n'en finit pas de s'interroger sur Agoravox et ailleurs:

"Perdons-nous notre temps à gagner notre vie?"

"Travailler rend-il malade?"

L'idée qui a passé la rampe tout récemment est simplement: "Pour gagner plus, il faut travailler plus".

Alors, je dis plutôt: l'adverbe à utiliser n'est pas "plus" mais "mieux". Chacun a certainement eu un moment de réflexion en fin de journée et s'est dit : "mais, qu'ai-je fait de réellement productif aujourd'hui?".

Le travail, en poussant seulement sur le champignon, doit correspondre à une réalité vis-à-vis des potentiels réels et actuels. Le potentiel de travail a diminué de fait  dans certains secteurs, reprend de la vigueur pour se développer ailleurs. Le progrès par les automatismes a remplacé progressivement les tâches les plus répétitives. Les tâches les moins spécialisées sont devenus de plus en plus considérées comme destinées à des travailleurs en provenance de pays qui, du moins, temporairement, seront moins favorisés et moins exigeant du côté des horaires ou des salaires bien payés. La tendance est de créer du travail, mais sous quelles conditions? N'est ce pas une glissade du "potentiel poche" vers le bas? Je ne parle pas, ici, de salaire.

Les idées originales qui en génèrent d'autres sont les pièces montées de l'avenir. Prester seulement ne motive pas. Aimer son boulot en le considérant comme une sorte de hobby, ne serait-il pas un but à atteindre? Pour cela, seul un partage de l'information vertical et horizontal dans une parfaite collaboration est nécessaire. La rémunération du "travail efficace" est-il à la hauteur, qu'il soit intellectuel ou manuel?

Le système Toyota même s'il ne peut pas être compris tel quel par les moeurs occidentales par ses côtés d'exagération, contient néanmoins un guide de conduite après quelques adaptations. Il correspond à une tendance à faire participer dans les décisions, tous les échelons de la production. Cela n'empêche pas de garder un pied près du frein si la face privée de soi est prise de vitesse par les obligations publics.

Ce système est tout aussi suprenant pour le Japon lui même. Amélie Nothomb écrivait son expérience d'une petite Belge perdue au milieu d'un monde japonnais hiérarchisé dans "Stupeur et tremblements". Initiative et individualisme ne faisaient pourtant pas partie de ce monde qu'elle décrivait. Pourtant, les jeunes Japonnais veulent rivaliser d'excentricités pour faire ressortir leur ego. Le National Geogaphic de septembre écrivait dans la même lignée que le Japonnais est séduit par les Mangas. Sorte de bandes dessinées qui traitent les événements de tous les jours sous forme de pamphlets politiques et dans lesquelles, il tente de s'évader en se prêtant à jeu de rôle.

Une société dynamique, multiraciale, multiethnique et mutliculturelle existe aussi en Malaisie d'après Joseph Stiglitz (Echo 19 sept). Au palmarès mondial de la croissance, la Malaisie occupe une place au côté de la Chine, Taiwan, la Corée du Sud et la Thailand. Les écarts de revenus entre les différents groupes ethniques suivent un nivellement par le haut. Les pays occidentaux en pertes de vitesse avec le nivellement qui s'opère progressivement par le bas? Les investissements dans les projets d'avenir pour le bien être de tous font partie de la réussite malaise. Une recette du bonheur ou une prospérité économique? Où serait la différence?

En France, la défiscalisation des heures sup' profiterait aux bas salaires, disait l'Echo. Les secteurs qui emploient des cadres rémunérés au forfait ne se sentiraient pas concernés.

Sarkozy soutenait d'une part la force du travail supplémentaire et la laissait libre sans être taxée, sans penser que ces heures supplémentaires étaient parfois le seul moyen de nouer les différents bouts d'une famille. D'un autre côté, il affirmait sa volonté de sanctionner les parents qui ne feraient pas attention à leurs enfants. Très antagonistes, ces deux projets, c'est le moins que l'on puisse ajouter.

Attention, quand, on parle de travailler mieux, cela doit aussi privilégier le travailleur.

Le travail mènera toujours à tout à condition de pouvoir en sortir un jour.


Un petit mot destiné à Manuel:


On ne t'a pas appris à choisir

Ce n'était pas une partie de plaisir

Mais la vie n'est pas une course

Pour ne chercher qu'à remplir sa bourse

Se tromper de voie, c'est l'errance

Sans espoir pour un pas de danse

Tout âge mérite raisonnement

Espérance de rêves, de voir autrement.


L'Enfoiré,



Citations:


  • "La liberté c'est toute l'existence, Mais les humains ont créé les prisons Les règlements, les lois, les convenances Et les travaux, les bureaux, les maisons.", René Clair
  • "Le bonheur est la chose la plus simple, mais beaucoup s'échinent à la transformer en travaux forcés !", François Truffaut
  • "Quand le salarié substitue des plaisirs dégradants à des travaux dégradants, qu'il s'évade de ses obligations pour se jeter à corps perdu dans la vitesse, le bruit, les distractions grossières, il dépose trop volontiers son bilan d'homme.", Georges Elgozy




19/07/2007

Forêt de Soignes, forêt soignée

Forêt de Soignes, poumon de la région bruxelloise. Ses points d’intérêt multiples. Son histoire mouvementée.

Pour mon départ de la vie active, mes collègues m’avaient préparé un cadeau: le livre illustré « La forêt de Soignes » de Dick van der Ben aux éditions Racines. Le 21 juillet, fête nationale belge, oblige, parlons-en de ce joyaux naturel belge qui s'incruste au sud de Bruxelles en partageant ses sols avec la ville et les habitations.

L’inspiration a été du parcours par ce choix judicieux. Le cadeau n’était pas innocent : 250 pages illustrées de textes et d’images d’endroits que je connais pour les avoir parcourus, les avoir arpentés en long et en large.

En ces temps de crise politique au sortir d'un vote électoral difficile et où la Belgique se cherche, existe-t-il un endroit plus propice à la réflexion? Et bien non. Où a lieu actuellement les dernières négociation du formateur du gouvernement? Je vous le donne en mille: dans le Prieuré de Val Duchesse, réouvert pour l'occasion. Ne dira-t-on pas un jour comme dicton: "De l'arbre jaillit la lumière" ?

0b7a250a3f86b3ff4cd539247e9569b1.jpgMon article « Extase automnale » avait été écrit à l’abri de sa végétation sous une lumière nostalgique et les couleurs chatoyantes de l’automne.

Depuis des années, en toutes saisons, à pied, à vélo ou en jogging, mais pas à cheval, quoique j’aurais pu, pas mal d’endroits de cette forêt sont passés tout azimut devant mes yeux émerveillés.

Le Rouge-Cloître, en plein milieu de la commune d’Auderghem, est un point de départ. Endroit de rassemblement de beaucoup de randonnées, près de l’ADEPS, il abrite une abbaye ancestrale qui date de la fin du 14ème siècle. bb7fea7c840ce3a12cc736cc6f901e92.jpgEn 1385, première chapelle dédiée à Saint Paul. Autour, une série d’habitations d’époque abrite désormais des locaux réservés aux artistes. Expositions, ateliers se succèdent à rythme soutenu. Un peu à l’étroit jusqu’il y a peu, il est actuellement en pleine phase de restauration et d’élargissement du champ de vision sur les étangs et les maisons historiques. La maison du meunier se fait photographier et la roue à eau de la maison du pécheur roule sous le courant sans discontinuer. L'apogée de ce site, on le situe vers 1725. L'église a été  ravagée par un incendie en 1805. Subsistent une manufacture de coton, une teinturerie, une brasserie, une champignonnière et un restaurant.

16c020869ccd266b7b75a3d04c7aaa93.jpgLes étangs ne manquent pas et n’ont jamais été délaissés par les pécheurs qui ne se préoccupent pas de l’effervescence de leur entourage. Perdus dans une paix à peine troublée par le bruit de fond de l’autoroute proche, ils se préoccupent d’empiler les poissons. Tableau de chasse qu’ils sont près de montrer à la première question d’un passager des chemins environnants. Les joggeurs et les cyclistes vaquent à leur sport favori en parallèle se souciant peu des frémissements qu’ils pourraient générer dans l’esprit d’un canard Colvert, d’une poule d’eau.

Rester dans vos chemins respectifs et les problèmes seront bien gérés.

Mais auparavant, que s’est-il passé ?

Cette fois, il s’agissait d’en parcourir l’histoire. Son passé traverse allègrement toutes les périodes du néolithique, du crétacé, du jurassique en s’enfilant au passage des étages aux noms plus tortueux les uns que les autres mais se terminant par « -ien ».

Ce n’est pas Jurassic Parc, quoique…

L’humus qui compose ses sols se décompose en "moder" et en "mor".

L’époque de pleistocène s’est partagée en périodes tempérées et froides Plus d’une vingtaine de glaciations se sont succédées. De 1830 à nos jours, la température moyenne par décennie a progressé de 8,8°C à 10°C.

Seul 75% de pluviosité atteint le sol. Le reste est perdu par évaporation et perdu pour l’écosystème. Le feuillu alimente pourtant mieux les nappes phréatiques que le résineux. Climat subocéanique humide et variable. L’ouragan de 1990 laisse des traces encore visibles de son passage. Des successions d’étés secs et d’hivers rigoureux ont une action mais moins visibles.

Mais la forêt se soigne auparavant et aujourd’hui. On y veille avec œil distrait ou responsable.

L’époque romaine (57 AC-407 PC) n’a pas laissé de trace.

Clovis et Charlemagne en dépeuplant les campagnes feront regagner du terrain à la forêt. Les ducs de Brabant (1190-1404) tiennent comme à la prunelle de leurs yeux à ces forêts pour la chasse et pour l’abondance des rentrées financières procurées sous la forme de charbon de bois.7380a8ec1d63043adf43b7690d892430.jpg

Les lieux-dits « Trois Fontaines », Tervueren sont du lot des privilégiés.

951a11e7df66367aee03614a896dd6d9.jpgLes communautés religieuses vont y rechercher des endroits propices à la méditation. Privilèges qui leur seront accordés par des autorisations de défricher.  

L’abbaye de Forest est édifiée en premier, prélude aux croisades en 1096. L'abbaye de la Cambre suivra.

Les Ducs de Bourgogne (1404-1482), les Habsbourg (1482-1555), les Espagnols (1555-1700) érigent l’abbaye de Boetendael avec son Val des pénitents. Charles-Quint accorde une attention soutenue et des dons à l'Abbaye du Rouge-Cloître et poursuit le développement de son église en y ajoutant des vitraux.

Le couvent des capucins de Tervueren abritera l’archiduchesse Isabelle dans ses derniers instants.

Les Autrichiens (1714-1794) pacifient et restaurent une sécurité perdue dans le vandalisme et les vols. Les hêtres sont plantés en masse.

Les régimes français (1794-1814), hollandais (1815-1830) nationalisent les biens forestiers. La gestion des bois passe ainsi aux mains étrangères qui s'attachent à réparer les altérations.

L’état belge (1830) achète enfin la forêt de Soignes, dont il ne reste que 4400 ha, pour une somme de 8 millions de florins.

L’écologie et le social vont progressivement prendre le relais. Les chênes, merisiers, frênes vont apporter l’équilibre manquant et effacer la monoculture du hêtre.

e6a4f3abdcdb6269329a1284ca9ff274.jpgAujourd’hui, la forêt se partage arbitrairement entre des limites linguistiques avec des règles et des spécificités différentes au sauté d’un chemin, digne d'une histoire belge. 2500 ha sont désormais administrés par la Région flamande.

Le chateau de la Hulpe s'offre des séquoias géants en plein progrès dans le gigantisme, mélangés avec les essences les plus exotiques. La fondation Folon s'y est installé dans ce parc de Solvay.

L’arboretum de Tervueren, promenade royale, réserve pas très loin des surprises par la variété de ses arbres de collection et complète les jardins botaniques.

Forêt de Soignes soignée, c'est incontestable. Le forestier s'est rendu compte assez récemment des avantages de la diversité des espèces qui remplaceront la monoculture des hêtres. La forêt ne serait-elle pas un microcosme allégorique de notre monde? Seule différence, peut-être, les arbres ne se parlent pas. En apparence, du moins.

Pendant ce temps, les routes amputent, les lisières des agglomérations rongent, les tempêtes écornent, les pluies acides, les ordures, le bruit polluent et font dépérir les chênes.

"Trois minutes pour la planète" parlait des avantages d'avoir une forêt saine ce 11 juillet 2007 à la RTBF. 

Comment faire aimer la forêt si ce n’est en donnant accès à tous à sa beauté toujours renouvelée. Touristes, passants, cyclistes, jogueurs, sportifs agressent lentement sans le vouloir malgré les précautions prises.

Vaste dilemme de notre temps.

De tous les temps.

Bonne fête Belgique.

 

L'enfoiré,

 

Le Rouge-Cloître s'éclatte avec des Sortillèges en prime

Défense du patrimoine et de l'environnement à la ceinture verte de Bruxelles

Sur Agoravox, la forêt génère des commentaires

 

Citations:

 

  • « On dit souvent que les arbres nous empêchent de voir la forêt ; il est tout aussi juste de dire qu'on ne voit pas les arbres à cause de la forêt. », Ilya Ehrenbourg

  • « Penser, c'est chercher des clairières dans une forêt. », Jules Renard

  • « Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent. », François René de Chateaubriand

  • « Auprès de mon arbre, je vivais heureux », Georges Brassens

31/05/2007

Brialy: un Zéphyr s’en est allé, souriant

L’éternel jeune premier comme les journalistes le décrivaient, Jean-Claude Brialy ou plus tôt, Jean-Claude, tout court, est mort en cette fin mai. Mai, le mois où l’on fait ce qu'il nous plaît.

07ca08b3fecdef17ee6f28dbef0e3c45.jpgEn 2004, il écrivait l’histoire de sa vie et de ses rencontres « J’ai oublié de vous dire ». Que de choses à dire, que de souvenirs à écrire. Sur 74 ans dont 53 ans de présence au cinéma, au théâtre, sur la scène du grand show de la vie mondaine. Une jeunesse très mal ressentie, cadenassée par un père officier violent et intolérant. Fuir de la maison lui offrait le paradis après l'enfer de l'intérieur familial.

Avec des débuts en 1954, par la petite porte du petit boulot, seul, sans l’aide des parents, il se lance à l’assaut de Paris. Des courts métrages et Jacques Pinoteau qui lui offre un rôle dans l’ « Ami de la famille » enchaîné tout de suite par « L’Ascenseur pour l’échafaud » de Louis Malle et "Le beau Serge" de Claude Chabrol qui va lui donner un pseudonyme. Jean-Luc Godard avec "Une femme est une femme", François Truffaut avec "La Mariée était en noir", Eric Romer avec "Le Genou de Claire" resteront des films de référence.

Dans le mouvement « Nouvelle vague » avec Truffaut, et dans « Les quatre cent coup » il va excellé. Beau gosse, il partage son beau parlé et sa présence de bellâtre, jeune et fier de l’être. On veut vivre avec le pied au plancher à cette époque. Belle époque de mâles en proie avec la vie sur le fil du rasoir. Alain Delon, Belmondo ne sont que les comparses de cette vie qui explose après les souvenirs encore frais de la guerre. Enfants de la balle, d’abord, monopolisateurs de la vie sous toutes ses formes et expériences. Aux Etats-Unis, James Dean représentait cette « Fureur de vivre » sous le même titre au cinéma.

Dès 1971, il se lance dans la réalisation de son premier film « Eglantine » et pour la télé en 1973. Il crée le Festival de Ramatuel en 1985. Mais, c’est surtout le théâtre qui l’attire. La présence avec le public, c’est ce qui l’électrise et le motive. Pour le confirmer, il achète le théâtre du "Bouffe Parisien". Quinze pièces, c’est peu et beaucoup à la fois en regard de sa présence au cinéma qui a littéralement absorbé sa carrière, peut-être plus qu’il n’aurait voulu. Il ne savait pas dire « non ». Oui, c’est sûr. Tout tourner avant de raccrocher, une passion, un piège parfois. Une centaine de films au cinéma, 11 à la télé, 12 films réalisés lui-même.

Difficile d’être excellent en tout, mais il a donné ce qu’il lui semblait le meilleur de lui-même.

Le problème pour ces éternels jeunes, ou ils meurent jeune comme un mythe comme James Dean, ou il faut durer. Et durer, c’est passionnant, mais c’est dur. Sans style personnel, il y a du souci à se faire. Jean-Claude l’avait, avec charisme, comme ses « collègues » cités plus haut.

La vie publique, il en a user et peut-être abusé en personnalité du tout-Paris. Rire et humour pour plaire étaient ses envies, ses soucis et ses obsessions. Les journalistes aimaient l’interviewer et lui ne disait, encore une fois, pas « non ». Sa verve passait bien et son rire se partageait avec le plus grand bonheur des deux côtés de la table.

Sollicité de partout pour ses connaissances étendues comme aux Grosses Têtes de Bouvard.

Son livre autobiographique « Le ruisseau des singes » en 2000, en rapport avec sa jeunesse à Algérie avait fait un tabac. Surpris, abasourdis lui-même qu'il soit aussi populaire avec 700.000 exemplaires vendus. Sa sincérité y était peut-être pour beaucoup. Il était l'ami de Jean Marais, de Jean Gabin, d'Edith Piaf ou de Marlène Dietrich, Arletty, Pierre Brasseur, Romy Schneider, Line Renaud, François Périer, Trenet et de tellement d'autres reviennent à la mémoire du lecteur. Et, tous lui ont rendu l'émotion en le considérant souvent comme un frère. Passés avec humour et tendresse pour couronner tout cela. Généreux, combattant contre la maladie du Sida. Education sévère par un colonnel à l'armée. Le bouquin de 2004 reprend les étapes de sa vie bien serrée en événements mêlé à la haute société avec les échecs, les réussites et les humiliations. « J’ai oublié de vous dire » avant de devenir un bouquin, il l’a défendu sur les planches.

Eternel jeune premier, dandy, rien ne lui allait aussi bien. La mort est inéluctable, disait-il. L'oubli, pour lui, était la pire des maladies.

"J'essaye d'être éléguant pour me protéger et d'avoir de l'esprit pour séduire", terminait son premier livre.


Edith Piaf lui disait : "J'aimerais bien sortir avec Delon parce qu'il est beau, rester avec toi, parce que tu me fais rire et rentrer avec Belmondo, parce que c'est surement un bon coup au lit".

 

Diseur expert, chroniqueur de la folie et le show perpétuel de son entourage, sa voix douce mouilleuse, pas mielleuse, ne laisse pas indifférent. Ses bons mots, ses rappels de dictons en rapprochement avec l’explication, l’interprétation qu’il faisait des événements de la vie, sont d’une profondeur d’homme mûr.

Il n’était pas avare de distinctions. Commandeur de la Légion d’Honneur, de l’Ordre national du mérite, des arts et des Lettres, 5 Césars. Le cancer l’a emporté après une période où visiblement la morphine avait fait ses ravages.

Sa devise « Courir plus vite que les nuages ». Ces maudits nuages font de l’ombre même au soleil.

Philippe Noiret qui s’en est allé un peu plus tôt et maintenant Jean-Claude Brialy, deux événements qui nous laissent, spectateurs, orphelins de ces Zéphyrs de la parole française en moins d’un an.

On vous aimait bien, Messieurs aux bons mots. Vos voix sont en nous, imprégnées. Les films seront toujours là pour rafraîchir l’"alzemerisation" de la vie de tous les jours.

L'Enfoiré,

  • Sa citation préférée était « Il y a des gens qui parlent, qui parlent - jusqu’à ce qu’ils aient enfin trouvé quelque chose à dire. », reprise dans "Mon père avait raison".

  • Celle que je préfère de lui: "J'ai beaucoup aimé dans ma vie. Des hommes comme des femmes. Presque toujours des êtres fabuleux. L'amitié, c'est la quille du navire et la voile en est l'amour. Elle vous entraîne vers Cythère ou vers un naufrage".

 

Plus de sentiments et d'hommages sur Agoravox

 

03/03/2007

Italie à coups de botte

Les problèmes de l'Italie sont-ils derrière ou à venir? Le présent, lui, pédale dans la semoule. Les "combinazione" à l'italienne pendant lesquelles tout s'arrange vont-elles donner le punch nécessaire? Une loi électorale en a décidé autrement et rend le pays ingouvernable.


L'Italie n'a pas fini de se chercher. En politique, elle passe allègrement de la droite à la gauche avec la même ferveur, la même perte de vitesse. A chaque fois, que l'espoir repaît, on se retrouve à la case départ seulement après quelques mois de gérance. Chanter en travaillant ne suffit manifestement plus.

Le premier ministre Romano Prodi, qui venait en droite ligne d'un long mandat à l'Europe, se casse les dents sur les vieux "fantômes" des arcanes de la politique étrangère. L'union de la gauche dispose d'une confortable majorité. Le 22 février après seulement neuf mois à la tête du gouvernement italien, il rend son tablier, otage d'une loi électorale, en présentant sa démission au président de la république. La crise politique était apparue à la suite de l'échec essuyé par le Sénat sur la politique étrangère: la politique de l'Italie en Afghanistan. Est-ce justifié ou non? A l'intérieur, n'y avait-t-il plus de problèmes?

Résultat, pour le moins, démesuré face à l'enjeu de redressement de la situation politique instable de l'Italie. Neuf mois et puis s'en vont, pensera assurément la population.

Mis en minorité, les mots automatiques de Berlusconi sont tombés comme un couperet : "Prodi doit remettre immédiatement sa démission au chef de l'Etat" est-il dit.

"C'est un fait grave, sérieux et préoccupant de ne pas avoir obtenu une majorité suffisante, avait surenchéri le ministre chargé de lier les meilleurs des relations entre les acteurs du gouvernement. Donc, retour à la case départ.

Défaitisme annoncé et forcé. Gérer n'est plus une question d'ambition mais de vitesse d'exécution. Le chef de l'Etat peut réserver la démission du gouvernement, nommé seulement depuis à peine 9 mois. Le 28 février, Prodi a eu son discours le plus consensuel possible pour demander la confiance au Sénat et puis à la Chambre. Il conservait celle du président. Il est passé avec "satisfaction" au Sénat (162 pour-157 contre), dirait-on dans le jargon étudiant. Un "Prodi II", donc. Une reconduction dans ses fonctions était d'ailleurs la meilleure solution. Le rappel à la confiance n'aura pas été superflue mais il ne faut pas que reconduction rime avec réduction du programme lui-même.

Après cette péripétie politique, presque fait divers, la démocratie aura-t-elle progressé et été sauvée par la démagogie? Les problèmes les plus cruciaux sont et restent sociaux et autour de la lute contre la précarité.

Dans l'interface, encore une fois, la gestion du pays pédale dans la semoule des affaires courantes en attendant le prochain tour. Nous assistons en fait à une revanche de l'opposition qui a mal digéré son éviction du "trône" parlementaire après 5 ans de pouvoir et de prestations chahutés berlusconiennes contraintes par trois fois de présenter sa démission (1997 et 1998).

medium_Italie_a_coups_de_bottes.2.jpgLe particularisme et les désaccords chroniques ont encore une fois supplanté la globalité dans un jeu de massacre gratuit programmé. Ne faut-il pas sonner la fin de la récréation comme cela l'a été au football?

La population n'a pas besoin de comprendre. On s'explique presque à huis clos à l'abri de trop de controverses ou contestations. Vu de l'extérieur, il est pourtant difficile de comprendre le pourquoi et les prétentions des partis qui se trouvent dans l'opposition à faire capoter un gouvernement qui n'a pas encore eu le temps du déploiement de sa stratégie.

Faire ses preuves avec une majorité trop étroite est évidemment ce qui a fait sauté le bouchon mal engagé dans le goulot de la bouteille. Mais encore, avec quels arguments et quelle portée?

Se trouve-t-on dans un pays aux régimes révolutionnaires avec "push" successifs à la Pancho Villa?

Non, nous nous trouvons en pleine démocratie. Une démocratie a ses aléas d'équilibristes qu'il faut assumer ou assurer. Est-ce un jeu politique, une fausse sortie pour mieux rentrer plus fort et plus souple?

On a le sang chaud, dans ce beau pays de la Méditerranée, c'est vrai. On veut aller de l'avant, mais on patine en finale à cause d'une vengeance personnelle. La vengeance, ce plat qui se mange froid et qui se fout pas mal des électeurs.

Est-ce la trop grande différence de culture qui déchire Nord et Sud ou gauche et extrême droite exacerbée?

On parle la même langue, mais on n'a pas la même manière de pensée et d'agir. La loi voulue par son prédécesseur, Berlusconi a presque réussi à rendre le pays ingouvernable. Un scrutin avec les défauts de la proportionnelle et de la majoritaire en conjonction. Un certain manque de communications ou avec trop de retard de la part de Prodi, surnommé la "Mortadelle", peut-être aussi.

Résultat: encore un dérapage contrôlé mais in extremis !

Un texte d'une journaliste de la RTBF, Chantal Istace, qui date d'avril 2006 pourrait éclairer ce qui précède:

L'Europe s'en sortirait mieux avec Romano Prodi. Une fois de plus le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker dit tout haut ce que bon nombre de leaders européens pensent tout bas. Silvio Berlusconi ce n'est pas un cadeau pour l'Union.
Jean Claude Juncker fait pourtant partie du même groupe politique européen que le premier ministre italien, le parti populaire européen. Mais il est vrai que le PPE ratisse si large, histoire de s'assurer la première place au Parlement européen, que toutes les visions de l'Europe s'y côtoient allègrement, de la vision quasi fédérale des chrétiens démocrates allemands à l'euroscepticisme affiché des conservateurs britanniques en passant par l'Europe n'importe quoi de Silvio Berlusconi.
Les dernières déclarations choc de Berlusconi. C'était précisément il y a quelques jours au congrès du PPE. Il a semé la consternation en proclamant que si Tony Blair s'en sort bien, c'est parce qu'il a conservé la Livre Sterling alors que l'Euro aurait provoqué une inflation sans précédent en Italie. Attaquer l'euro c'est d'ailleurs un grand classique chez Berlusconi et ses alliés. Lors de la campagne pour les élections européennes ses panneaux électoraux affichaient des slogans libellés en lires italiennes. Et il y a quelques mois, un de ses ministres de la Ligue du Nord avait carrément proposé que l'Italie sorte de l'euro.
Mais ce n'est qu'un tout petit échantillon de ses dérapages et autres impairs diplomatiques sur la scène européenne. Ainsi quand il a volé au secours de Vladimir Poutine, interrogé par la presse sur la Tchétchénie, pour accuser les journalistes de diffuser des informations déformées sur la Russie. Ou lors du sommet raté de la fin de sa présidence de l'Union sur la constitution. Certes la partie était difficile. Mais Berlusconi a préféré couper court pour ne pas rater un match de son club Milan AC plutôt de que de rechercher longuement un compromis.
Ses déclarations extravagantes voire ses injures plongent régulièrement ses homologues dans l'embarras. A Strasbourg personne n'a oublié comment il a traité de kapo un eurodéputé allemand. Ces dernières semaines, il a comparé la loi hollandaise sur l'euthanasie à l'idéologie nazie. Et ses plaisanteries douteuses n'arrangent rien. Par exemple quand il se vante d' avoir déployé ses talents de play-boy pour convaincre la présidente finlandaise de lui laisser le siège de l'autorité européenne pour la sécurité alimentaire. Ou quand il déclare que le premier ministre danois ferait un amant idéal pour sa femme. Sans compter les cornes qu'il simule avec ses doigts derrière la tête d'un ministre espagnol. Ca fait rire le Cavalière. Ca ne fait pas rire ses homologues européens. Et ça ne sert pas vraiment une Union mal en point dans l'opinion publique et en panne de stratégie. Mais ce n'est vraiment pas le problème de Silvio Berlusconi.
Au contraire il compte sur ses dérapages pour mettre les rieurs de son côté. Et pour Berlusconi gagner les rieurs c'est gagner les électeurs. Et tant mieux ou tant pis si c'est aux dépens de l'Europe. »


L'histoire à répétition aura-elle assez d'arguments pour expliquer ces faits notoires, par définition?

 


L'Enfoiré,


Citations:


  • « Une vengeance trop prompte n'est plus une vengeance, c'est une riposte » Henry de Montherlant
  • « Quand il n'y a plus de solution, reste la vengeance », Daniel Pennac
  • « La haine, c'est la vengeance du poltron », Georges Bernard Shaw

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