Statistiquement vôtre (13/12/2007)

calcul,statistiqueLes statistiques mènent le bal. Elles analysent et peuvent décider de notre avenir. Le font-elles correctement? L'informatique y a ajouté le nec plus ultra. C'est à voir.

Quand on n'a pas la boule de cristal pour imaginer l'avenir, que reste-t-il?
Les chiffres, les statistiques, les analyses, les extrapolations, les graphiques liées aux probabilités... Tout, quoi. Tout est bon pour éclairer ou donner une vision du chemin futur pour éviter de prendre les décisions que l'on regrettera et se donner le maximum de chance de ne pas se tromper.

Malheureusement, les chiffres sont ce qu'ils sont.

Un calcul se fait avec des données et des paramètres.

Les données n'apportent que ce qu'elles sont, partiales ou impartiales. Rien à changer de ce côté, elles font partie de l'historique. Elles restent le seul lien avec une réalité chiffrable.

Qui dit paramètres, par contre, oblige de ne pas en perdre au passage et d'éviter au maximum le "pifomètre". Les paramètres sont des leviers très sensibles. Ont-ils été bien choisis? Sont-ils assez nombreux?

La merveilleuse feuille de calcul de notre cher tableur informatique a tout en elle pour donner un maximum de solutions et de résultats. La fonction "What if?" est d'une efficacité redoutable.

Les graphiques pour interpréter en finale. Qu'espérer de mieux?

L'imagination et le raisonnement restent au pouvoir. L'analyse combinatoire avec ses formules bien mathématiques permet de sortir de la crise du doute avec le plus de précision possible.

calcul,statistiqueCommettre des erreurs d'appréciation reste malheureusement très simple à réaliser.
On ne peut pas parler d'un à priori trompeur ou volontairement fallacieux. Les outils "prêt-à-porter" du décisionnel ont certes gagné en simplicité pour consolider et remonter à la source. L'opération d'extraction et de collecte des données à partir de grandes bases de données financières style "ERP" apporte une complexité encore plus grande dans l'énormité des données. Celles-ci, emmagasinées jour après jour, sont éparpillées dans tous les arcanes de l'entreprise. Les étapes de pompage au travers des structures troubles du « datawarehouse » peuvent entraîner des erreurs de conceptions. Les utilisateurs sont-ils assez experts pour en saisir toutes les arcanes? La compréhension du but à atteindre est très dépendante du niveau et de l'expérience de l'utilisateur fonctionnel. Consolidés, ceux-ci seront restructurés vers les formules ad-hoc, standards ou crées, ajustées pour la circonstance.

En anglais, on dirait "Garbage in, garbage out", ce qui pourrait certainement trouver une traduction approchante par: "M... en entrée, m... en sortie".

Ensuite, une fois le question-réponse dans la "boîte", vérifier les balances carrées, horizontales, verticales, recouper les chiffres avec la réalité sera des plus utiles. La remontée vers la base des calculs toujours tenue en réserve. Au besoin, des niveaux de consolidation intermédiaires par mois, par semaine ou par jour doivent être envisagés pour augmenter la fiabilité et le test de véracité.

calcul,statistiqueIl ne faut surtout pas oublier que les statistiques et leurs chiffres subjacents, en définitive, on peut tout leur fait dire et, surtout, ce qu'on a bien envie de dire pour appuyer des décisions parfois quelque peu "partisanes".

Que la représentation en soit faite par des graphiques fromagers, en bâtons n'apporte en fait qu'une meilleure approche plus efficace, mais pas une assurance d'exactitude. L'expérience et la fonction pourront, seules, donner le contrepoids de valeur.

La logique peut encore écarter quelques erreurs. Après, il restera à se réfugier derrière ces fameuses statistiques car, comme tout le monde sait, elles ne peuvent mentir. Le "maquillage" graphique n'ajoutera qu'une touche de "couleur" pour adoucir un côté trop désagréable à première vue.

calcul,statistiquePas de magie. Le tout est de faire pencher la balance des décisions dans le sens opportun.
Le malheur, c'est que les conclusions qui découlent de ces outils de management, feront basculer certaines situations d'une manière calculée incorrectement vers des horizons pas toujours désirés.

Si les précautions d'usage n'ont pas été respectées, le risque de catastrophes est énorme.

Que d'hécatombes dans les rangs des salariés n'ont pas été générées par cet outil si inventif et si intransigeant ?

La loi Pareto (80/20) fera le reste.

 

calcul,statistiqueCertaines sociétés sont bien "chaussées" et ont les outils informatiques ou structurels qu'il faut avoir pour organiser une bonne gestion.

C'est une question de moyens. On approche alors de la perfection des 95% de chances.

Pourtant, beaucoup de dirigeants de petites et moyennes entreprises seraient encore nombreux à « snober » les tableaux de bord appuyés par des statistiques "multiculturelles".

En France, d'après le cabinet Ariès, 70% des moyennes entreprise et 90% des petites pilotent leur entreprise encore à vue. Mais, le cabinet Ariès a-t-il lui-même pris suffisamment d'échantillonnage pour le dire?

Découvrir en un coup d'œil l'état d'une société, de ses performances confrontées avec les objectifs et la stratégie demeure un rêve en finale mais un cauchemar en préparation. Prendre des décisions ou corriger un tir dans une périodicité rapprochée devrait donner plus de confiance dans l'avenir.

Les tableaux de bord ont plusieurs couches:

calcul,statistiqueDans un contexte en perpétuelle mutation, réagir vis-à-vis de nouveaux paramètres imprévus et ensuite la prise de décision pour corriger le tir est devenue une obligation même si, comme nous l'avons vu, des précautions, qui ne se construisent qu'avec la pratique en continu, doivent rester une préoccupation vitale. A côté de la comptabilité financière, la ventilation des ventes par client ou par article vendu est déjà une prise de conscience sous forme d'un tableau de bord. La comptabilité analytique introduisant les données budgétaires et les ratios financiers sont le 2ème pilier. Des indicateurs de performances pour prospecter le marché, accompagnés de nos bons vieux dessins statistiques avec leurs indicateurs multicolores compléteront le tableau de bord. La cascade doit pouvoir se remonter à la source.

Les DRH (Directeurs des Ressources Humaines) sont aussi grands consommateurs de statistiques et seraient d'après eux et le magazine "01 Informatique" (n°1854), en mal de  ressources très humaines et, de ce fait, critiquent les systèmes d'information qui manquent cruellement d'aménagements pour effectuer leur tâche "ingrate".

calcul,statistiqueIl y a la paie, bien sûr, pour 34% d'entre eux. Les retards dans les développements des fonctions utilisées en priorité en considération de la politique de gestion des ressources dont ils ont la charge. La gestion des carrières et des compétences représente 47%, la formation pour 39% et l'emploi pour 38% d'insatisfaits déclarés.

Le rapport coût-qualité est juge positif à 54%. On est en droit de se poser la question de la représentativité de ce pourcentage. Est-ce le jugement des programmes statistiques ou du personnel lui-même ?

Car, faire toujours plus avec moins, cela demande une dose de réflexion et des statistiques bien policées.

L'informatique a ajouté une nouvelle couche par la facilité de rechercher l'information disponible dans des bases de données immenses. Cela se perfectionne toujours. Des outils payants (comme par exemple XLStat) font assez de publicité avec pour mission pour affiner l'analyse et de modélisation des problèmes. Y aura-t-il un véritable plus du côté assurance des risques? Mandelbrote, avec ses fractales, a compris que passer par le numérique ne tenait pas compte de l’analogique qui crée des secousses inattendues.

"Implications éthiques des nouvelles technologies de l'information".

Le projet quelet.net mené par l'UCL s'intéresse au pénal et planche sur l'intégration et la mise à la disposition critique des statistiques. L'Etat belge en mal de gouvernement pourrait retarder ou briser l'élan du projet.  

calcul,statistiqueMais, il faut bien le dire, en définitive, ça semble marcher plutôt bien, ces statistiques. Cet article n'était qu'un rappel des risques. Une sorte de CQFD.

Les tableaux de bord ne sont pas en crise. Les statisticiens s'y emploient en permanence. Il y a aussi les actuaires qui entreront dans d'autres jeux pour calculer jusqu'où l'homme peut aller trop loin avec son âge.

Que ferait le management sans les statistiques?

Cet article n'était qu'un pur rappel des risques? Peut-être.

calcul,statistiqueLa théorie des bootstraps se pose la question de ce qu'on apprend de "X" en observant "x". Le chaos régit le monde et ce n'est que l'homme qui pense pouvoir tout insérer, tout cadastrer dans des formules. Si le hasard n'existait pas, il faudrait l'inventer, car sinon, il n'y aurait que des investisseurs riches.

A quand les statistiques qui rendraient compte des succès des statistiques?

Il était question de fromages en couleurs et en 3D, en plus. Fallait-il en faire un fromage?

Alors, confiance, bon appétit et priez pour que cela tiennent la route, que le fromage ne coule pas trop sur son support.

 

L'enfoiré,

 

"Statistiques: théorie et applications"

 

Statistiquement, j'en aurai combien de commentaires?

 

Citations:

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