Un peu de tout comme les fromages belges (27/10/2011)

Des semaines belges, lourdes en événements.0.jpg

A Bruxelles, en vrac, dans un tiercé dans le désordre qui n'en était plus un, il y a eu les indignés qui défilaient comme partout dans le monde avec le lendemain, le repos des guerriers en photos.

Dexia qui se cherche toujours une porte de sortie sans faillite en quête d'un nouveau nom et en fuite de son passé en dérappage incontrôlé. Date de création 1996. Rêve de mégafusions. Achats de Kempen, Labouchère, FSA, IMI. Crise financière, portefeuil d'actifs risqués. (cf "Le Bal des Vampires" Béatrice Delvaux)

ArcelorMittal mettait, au feu, la sidérurgie à Chaud et 10.000 personnes qui ne pouvaient plus le supporter y voyant une extension possible sinon certaine, dans le Froid. Des délocalisations, des mises à pied.

Des sommets de crises, bras de fer autour de la décote avec l'hémorragie grecque en background...

Dans la semaine, cela faisait cinq cents jours sans gouvernement.

Mais, on voit la fin du tunnel, dit-on.

Il faut dire que l'usure de l'info est bien présente, même si, depuis, on cherche le quidam ou les responsables, alors que on s'y perd parmi eux.

La Belgique avait mieux résisté à la crise que ses voisins. On se félicitait, c'était du cocorico en boîte.

"Please, no more comments... go ahead, please"

Puis, ce fut "bardaf" comme on dit chez nous.

Les événements négatifs de ces deux dernières semaines nous apportaient vraiment des retours de flamme.0.PNG

"Net ralentissement de l'économie belge, trop dépendante de ses voisins", lisait-on, encore 'une fois', dans la presse financière.

Après avoir raclé les fonds de tiroir, plus d'efforts supplémentaires, chez ceux qui faisaient du cocorico, un peu plus tôt.

0.jpgAlors, remontons le fil de l'histoire pour lui taquiner les "antérieurs".

Il y a vingt ans, le BEL20 voyait le jour comme indice phare de cette économie. Créé dans un contexte de bouleversements de la Bourse de Bruxelles. Trop vétuste, celle-ci devait passer la main à l'électronique, avec le CATS, le Computer Assisted Trading System, comme outil de la modernité. Il y avait vingt valeurs dans ce BEL20 pour une valeur globale de 42 milliards d'euros. Aujourd'hui, il y a toujours vingt valeurs, mais ne subsistent que 4 sociétés belges parmi les 20 de départ. 

En cause pour tout, le pouvoir et l'argent.

Faut pas chercher plus loin plus de responsables. Si, un peu, tout de même...

Si l'argent permet de structurer, de restructurer, de déstructurer pour chercher toujours plus rentable, ne pas se poser de question, c'est ne pas recevoir de réponses comme l'écrivait un rédacteur, documentariste. 

Sommes-nous des générations aux racines perdues sur une arche qui ne l'est pas moins?

Est-ce la Science qui se retrouve dans le collimateur par ce que d'autres en font?0.jpg

L'article "Quand la science produit un totalitarisme technologique et une industrie sociale" qu'écrivait un autre rédacteur qui dit être scientifique, philosophe et qui "écrit vain".

Trinh XuanTuan disait "Je suis convaincu qu'on ne peut se satisfaire de la seule science pour décrire le réel".

Le "Scientisme" est mis en avant dans un commentaire.

C'est une idéologie qui est née au 19ème siècle, donc pas récente...

Avons-nous fait fausse route sur toute la ligne, depuis lors? 

Je m'amusais dans un autre article dans lequel le "Science et vie" se lançait dans une diatribe de "Incroyables vérités" censée tout expliquer, tout démontrer dans un absolu qui n'existe pas dans des situations réelles.

La fameuse "rupture numérique", qui aurait causé le malheur des hommes, alors?

La réponse est mitigée.

On apprend que l'on va devoir travailler plus longtemps. Ce qui prouverait le contraire. Mais, problème, on continue à compter en analogique, même avec l'aide de la calculette numérique.

Dans "Avant-hier, aujourd'hui et après-demain", des acteurs du "drame" essayaient de planifier l'avenir.

Là, on brûlait sur le bûcher des espérances en manque d'imagination. La vision se limitait à des entités "sociétés commerciales", de moins en moins sociales et humaines, portées par le seul souci de faire du chiffre dans le privé mais aussi dans le public. Le calcul du PIB d'un pays doit être le plus élevé et se retrouver bien loin du Bonheur Intérieur Brut. Sans les hommes, pas de société et quand l'homme perd pied, il y a des soucis à se faire. 

0.PNGRetrouver ses racines, revenir sur ses bases, ses références devient sa principale alternative.

Pas par nostalgie, mais par seule volonté de s'y retrouver dans le jeu de quilles qu'on lui propose ou, pire, qu'on lui impose sans discussions. Les indignés en sont une preuve chez les jeunes.

Le fameux "Y a qu'à" a la vie dure.

Des "vieux" leur lancent des invectives en les accusant de ne pas vouloir chercher du boulot de substitution.

C'est oublier que l'investissement par les études, c'est aussi la société qui a apporté sa part. Le jeune a été programmé. Ce n'est pas pour qu'il y perde son latin et que la société trouve un manque à gagner avec lui.

"The right man at the right place", diraient les anglophones qui ne veulent rien connaître du latin. 

Les "vieux" se rattachent à ce qu'ils ont vécu dans leur propre carrière comme référence, ce qu'ils ont appris, expérimenté et oublié. Les "jeunes", à leurs espoirs qu'ils ont apportés par opiniâtreté dans les études. 

Pour le passé, il y avait le film, "Brassens, la mauvaise réputation" qui revenait sur la vie de Georges Brassens, jeune.

Pas vraiment le paradis non plus, à cette époque.

Mais il y avait un espoir dans le lendemain plus grand qu'aujourd'hui. La plupart de ses chansons se retrouvèrent dans toutes nos mémoires sans efforts. Trente ans après sa disparition "Brassens est en nous". Le film prend tout son sens avec ses "4 millions de téléspectateurs pour 15.1 % de part d’audience. Il s’agit du meilleur résultat de la saison pour une fiction française sur France 2 sur un public rajeuni, les 25-59 ans avec un score de 14 % de part d’audience".

Une conversation, le lendemain, se branchait sur les chansons de la même époque. Oui, c'était Gabin qui avait chanté "Je sais, qu'on ne sait jamais".

Chanson à installer sous son oreiller pour la digérer par osmose. 0.PNG

Les repères, les certitudes manquent cruellement, encore plus aujourd'hui. Toujours en porte-à-faux, ce présent qui se cherche un futur. La science n'en est pas exempte. Une complexité exponentielle s'est ajoutée. 

Le progrès fait presque peur, pour certains, fait trembler d'autres.

Un "Question à la Une" constatait que, grâce à la technologie, le consommateur bossait de plus en plus, sans s'en rendre compte, tout en prenant la place de quelqu'un d'autre.

Mais on n'arrête pas le progrès et on ne le consolide même pas. C'est ça le problème. 

Les études techniques ou scientifiques ne font plus recette.

Trop d'acquis de la connaissance, toujours remis en question, en fonction de l'argent sur la table des doléances. Nous sommes en mal de projets, de bons projets.

Le projet Galileo qui s'en souvenait encore? Prévu pour 2007 et toujours pas au menu.

Le GPS américain, on avait fini par s'y faire.

Lendemain de la programmation, envol réussi.

Un opérateur-investisseur reste encore à trouver, mais on verra...

En technologie, le bras armé de la science, on parle de "fausse révolution".

Steve Jobs a-t-il vraiment créé des Jobs? Apple est devenue la seconde plus grosse capitalisation boursière au monde et dans le même temps, elle a largement délocalisé sa production. En plus, s'il donnait les idées géniales, pour répondre à ses rêves, les plus fous, ce sont ses collaborateurs dans une chaîne de responsabilités qui les concrétisaient.

Un impression que tout va trop vite que tout fout le camp.

On ne s'indigne pas uniquement pour une question d'argent mais sur le comment fonctionne le monde.  0.PNG
Les inégalités croissantes entre ceux qui savent et qui peuvent et ceux qui ignorent et qui ne pourraient pas.

Les anciens qui s'accrochent à leur bastion, leurs souvenirs, gagnés dans l'effort.

Le mot "austérité" a remplacé le mot "croissance", lui qui monopolisait les espoirs dans le futur, pour les "vieux".

Incompréhension de part et d'autre face au "système" qui les dépasse.

L'industrie de la transformation a dépassé la croissance nécessaire et diminué d'autant la main d’œuvre nécessaire.

Les services sont le dernier ressort, après avoir délaissé successivement l'agriculture et l'industrie.

"L'argent dort, mais pas là où on en a besoin. Le retour à la consommation est ainsi déprogrammé", concluait Stiglitz.

Sans blague, la solution serait-ce rejeter le progrès en bloc, réinjecter des idées que l'on croyait repoussées dans les arcanes de l'histoire sous un amas de poussière et c'est quelques mages qui reprennent leur bâton de pèlerin et vont expliquer tout ce que vous voulez savoir sans jamais avoir osé le demander.

Pas uniquement en économie, d'ailleurs. Ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain.0.PNG

Le Vif apprenait que du 13 au 16 octobre, une campagne créationniste avait été organisée par le disciple, créationniste, Harun Yahya.

Pour le dernier jour de cette campagne, l'entrée à l'hôtel Radisson Blu Royal, la distribution de livres, épuisés en quelques minutes et un lunch étaient offerts.

"Frère" Ali Sadun Engin, venu de Turquie, au perchoir révélait deux seules hypothèses qui coexistantent:

"soit l'homme a été créé par Dieu, soit l'homme est le résultat du hasard".

Oui, bon, on va pas lui dire qu'il y aurait une troisième option....

Il n'y aurait pas d'évolution dans la genèse de la vie?

Non, pas de preuves puisque personne n'a apporté un fossile intermédiaire alors qu'il a offert 6 millions de dollars si quelqu'un lui en apportait.

Le diable s'amuserait ainsi avec l'humanité depuis 150 ans!

Le plus amusant c'est que le public a été séduit, convaincu, n'a pas suscité de polémiques.

Ce que peut faire l'hypnose, tout de même....

0.PNGLe savoir est-il dangereux?

Question digne de l'Harakiri, "bête et méchante".

Voilà que le dernier "Science et Vie" utilise le même vocabulaire. En page de garde, "La matière va parler. C'est l'heure de vérité pour la "particule de Dieu".

Si on commence à mélanger les genres, on risque de se retrouver à nager entre deux eaux saumâtres.

Le LHC, c'est lui qui va tout révéler. Trouvera-il le boson de Higgs, en trouvera-t-il un "exotique" ou ne trouvera-t-il rien du tout? Suspense plus que fébrile. A chaque option, correspond déjà une réponse et une marche à suivre. 

Quelle importance, d'ailleurs, si on peut en tirer quelque chose qui n'indigne pas et qui enracinera le savoir, sans même le dire avec humour, comme je l'ai fait (car la science n'est pas que sérieuse).

Mais j'oubliais. Nous avons eu aussi Lagardere et Jade à Bruxelles. Le but, la présentation du livre «Comment soigner mon enfant dans l’urgence?» et pour promouvoir le numéro d'urgence 112. Arnaud, lui, dit qu'il va là où elle va! Laurence Bibot rappelait qu'il faut garder l'humour avec le goût d'un café serré dans ces cas. 0.PNG

Puis il y a, en cherchant bien, quelques lueurs d'espoir dans l'horizon lointain et on arrive à espérer.

Le régime dictatorial de Kadhafi qui se termine dans la liesse, après 42 années. Des parallèles chez les voisins après le printemps arabe qui devient un automne en rodage. L'islam qui leur montre un chemin et qui donne parfois de bonnes surprises avec les banques islamiques qui n'ont pas été touchées par les crises monétaires, avec des émetteurs d’obligations islamiques qui se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran et se refusent d’investir dans les fonds reliés au tabac, à l’alcool et au jeu. Pas de Coran alternatif puisque juste après, on apprenait que l'on retournait à la charia comme loi sans partage. Retour à une case de départ non désirée.

L'ETA qui annonce "l'arrêt définitif de son activité armée" après 40 ans. Qu'est-ce que cela cache? Une action encore plus ciblée ou une fusion d'esprit avec les indignés?

L'Europe trouvait un nouvel accord au finish. La zone euro s'est réveillée sous un soleil prudent, était-il dit. Vous avez déjà vu un soleil prudent? On a surtout compris ce que peut-être "l'argent du beurre" qui disait que "L’imbrication des marchés mondiaux est telle qu'anéantir un bloc concurrent se traduirait par la perte de clients potentiels importants pour sa propre survie et l'ignorer produirait son propre étouffement à courte échéance.". Et, il n'y a personne qui aime perdre des plumes dans leur vol d'Icare. 

L'enfer est toujours pavé de tellement bonnes intentions qu'on y perdrait son latin pour moins que ça.

Pour couronner nos envies de croissance, on apprend qu'à la fin du mois, nous serons 7 milliards sur notre planète.

0.PNGEt puis, en plus léger, mais qui réconcilie le passé avec la technologie d'aujourd'hui: le film "Tintin et le secret de la licorne". Tintin revient à Bruxelles, en 3D et, en plus, réalisé par Spielberg, himself.

Réussite de la technologie, qui fait revivre un personnage de la jeunesse des anciens qui ont "entre 7 et 77 ans". Hambergurisé, notre Tintin?

Tout le gratin était là sur la Place de Brouckère pour l'occasion. Les voitures, copies des albums de Tintin, pour la matinée et le film vu par des tintinophiles dans l'après-midi. Célébration d'une passion de trente ans entre Tintin et Spielberg. "Hergé faisait du cinéma sans caméra", disait ce dernier. (à lire "Hergé Spielberg Quand deux univers se rencontrent" de Laurent Malbrunot).

Réalisé en "motion capture", c'est-à-dire avec des interprètes bien réels qui jouent leur rôle, mais dont les mouvements seront récupérés et numérisés en film. Malgré une appréhension toute légitime, l'esprit d'Hergé, la psychologie des personnages ont été conservés, disent les critiques. 0.jpg

ARTE se remettait sur les traces de Tintin au Pérou, au Tibet, au pays du Lotus bleu, des Cigares du Pharaon ou face au Crabe aux Pinces d'Or au départ de Bruxelles, avec des images de l'album intégrées dans les paysages naturels et la vie de tous les jours. Tintin, a-t-il reçu un coup de jeune ou un coup de Jarnac? Ce seront les nouveaux jeunes et pas les anciens qui auront le dernier mot.

Voilà une preuve que l'évolution avec les techniques d'aujourd'hui, peut garder un coup d’œil dans le rétroviseur et mettre tout le monde d'accord.    

Tout ces événements que je viens de raconter, n'ont aucun rapport entre eux, vous allez dire. Et vous aurez raison.

Mais cherchez bien, tout de même, on ne sait jamais.

0.PNGComme l'écrivait Bill Bryson au sujet des Sciences, c'est "Une histoire de tout ou presque", dans lequel il écrit dans sa préface "Pour moi, la science était à l'école un sujet distant et inexpliqué. Les livres d'écoles et les professeurs n'ont jamais éveillé en moi le gout de la connaissance, principalement car ils ne traitaient jamais des "pourquois, des comments et des quands.".

Pour Milou, déterminer le sexe des anges, c'est Tintin. On a peut-être besoin d'un Tintin reporter, remasterisé, un peu Sherlock Holmes, pour expliquer tout cela.0.jpg

Cette journée de samedi avec Bruxelles en fête tintinesque, en quelques photos, c'est ici. Mais ce ne sont que le millième de ce qu'ont enregistré les appareils numériques toujours en 2D.  

Mais, de toutes manières, pas la peine d'en faire un fromage.

Cela ferait mauvais genre....

 

L'enfoiré,

 

0.PNGCitations:

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