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27/10/2011

Un peu de tout comme les fromages belges

Des semaines belges, lourdes en événements.0.jpg

A Bruxelles, en vrac, dans un tiercé dans le désordre qui n'en était plus un, il y a eu les indignés qui défilaient comme partout dans le monde avec le lendemain, le repos des guerriers en photos.

Dexia qui se cherche toujours une porte de sortie sans faillite en quête d'un nouveau nom et en fuite de son passé en dérappage incontrôlé. Date de création 1996. Rêve de mégafusions. Achats de Kempen, Labouchère, FSA, IMI. Crise financière, portefeuil d'actifs risqués. (cf "Le Bal des Vampires" Béatrice Delvaux)


ArcelorMittal mettait, au feu, la sidérurgie à Chaud et 10.000 personnes qui ne pouvaient plus le supporter y voyant une extention possible sinon certaine, dans le Froid. Des délocalisations, des mises à pied.

Des sommets de crises, bras de fer autour de la décote avec l'hémorragie grecque en background...

Dans la semaine, cela faisait cinq cents jours sans gouvernement.

Mais, on voit la fin du tunnel, dit-on.

Il faut dire que l'usure de l'info est bien présente, même si, depuis, on cherche le quidam ou les responsables, alors que on s'y perd parmi eux.

La Belgique avait mieux résisté à la crise que ses voisins. On se félicitait, c'était du cocorico en boîte.

"Please, no more comments... go ahead, please"

Puis, ce fut "bardaf" comme on dit chez nous.

Les événements négatifs de ces deux dernières semaines nous apportaient vraiment des retours de flamme. 0.jpg

"Net ralentissement de l'économie belge, trop dépendante de ses voisins", lisait-on, encore 'une fois', dans la presse financière.

Après avoir raclé les fonds de tiroir, plus d'efforts supplémentaires, chez ceux qui faisaient du cocorico, un peu plus tôt.

0.jpgAlors, remontons le fil de l'histoire pour lui taquiner les "antérieurs".

Il y a vingt ans, le BEL20 voyait le jour comme indice phare de cette économie. Créé dans un contexte de bouleversements de la Bourse de Bruxelles. Trop vétuste, celle-ci devait passer la main à l'électronique, avec le CATS, le Computer Assisted Trading System, comme outil de la modernité. Il y avait vingt valeurs dans ce BEL20 pour une valeur globale de 42 milliards d'euros. Aujourd'hui, il y a toujours vingt valeurs, mais ne subsistent que 4 sociétés belges parmi les 20 de départ. 

En cause pour tout, le pouvoir et l'argent.

Faut pas chercher plus loin plus de responsables. Si, un peu, tout de même...

Si l'argent permet de structurer, de restructurer, de déstructurer pour chercher toujours plus rentable, ne pas se poser de question, c'est ne pas recevoir de réponses comme l'écrivait un rédacteur, documentariste. 

Sommes-nous des générations aux racines perdues sur une arche qui ne l'est pas moins?

Est-ce la Science qui se retrouve dans le collimateur par ce que d'autres en font?0.jpg

L'article "Quand la science produit un totalitarisme technologique et une industrie sociale" qu'écrivait un autre rédacteur qui dit être scientifique, philosophe et qui "écrit vain".

Trinh XuanTuan disait "Je suis convaincu qu'on ne peut se satisfaire de la seule science pour décrire le réel".

Le "Scientisme" est mis en avant dans un commentaire.

C'est une idéologie qui est née au 19ème siècle, donc pas récente...

Avons-nous fait fausse route sur toute la ligne, depuis lors? 

Je m'amusais dans un autre article dans lequel le "Science et vie" se lançait dans une diatribe de "Incroyables vérités" censée tout expliquer, tout démontrer dans un absolu qui n'existe pas dans des situations réelles.

La fameuse "rupture numérique", qui aurait causé le malheur des hommes, alors?

La réponse est mitigée.

On apprend que l'on va devoir travailler plus longtemps. Ce qui prouverait le contraire. Mais, problème, on continue à compter en analogique, même avec l'aide de la calculette numérique.

Dans "Avant-hier, aujourd'hui et après-demain", des acteurs du "drame" essayaient de planifier l'avenir.

Là, on brûlait sur le bûcher des espérances en manque d'imagination. La vision se limitait à des entités "sociétés commerciales", de moins en moins sociales et humaines, portées par le seul souci de faire du chiffre dans le privé mais aussi dans le public. Le calcul du PIB d'un pays doit être le plus élevé et se retrouver bien loin du Bonheur Intérieur Brut. Sans les hommes, pas de société et quand l'homme perd pied, il y a des soucis à se faire. 

0.jpgRetrouver ses racines, revenir sur ses bases, ses références devient sa principale alternative.

Pas par nostalgie, mais par seule volonté de s'y retrouver dans le jeu de quilles qu'on lui propose ou, pire, qu'on lui impose sans discussions. Les indignés en sont une preuve chez les jeunes.

Le fameux "Y a qu'à" a la vie dure.

Des "vieux" leur lancent des invectives en les accusant de ne pas vouloir chercher du boulot de substitution.

C'est oublier que l'investissement par les études, c'est aussi la société qui a apporté sa part. Le jeune a été programmé. Ce n'est pas pour qu'il y perde son latin et que la société trouve un manque à gagner avec lui.

"The right man at the right place", diraient les anglophones qui ne veulent rien connaître du latin. 

Les "vieux" se rattachent à ce qu'ils ont vécu dans leur propre carrière comme référence, ce qu'ils ont appris, expérimenté et oublié. Les "jeunes", à leurs espoirs qu'ils ont apportés par opiniâtreté dans les études. 

Pour le passé, il y avait le film, "Brassens, la mauvaise réputation" qui revenait sur la vie de Georges Brassens, jeune.

Pas vraiment le paradis non plus, à cette époque.

Mais il y avait un espoir dans le lendemain plus grand qu'aujourd'hui. La plupart de ses chansons se retrouvèrent dans toutes nos mémoires sans efforts. Trente ans après sa disparition "Brassens est en nous". Le film prend tout son sens avec ses "4 millions de téléspectateurs pour 15.1 % de part d’audience. Il s’agit du meilleur résultat de la saison pour une fiction française sur France 2 sur un public rajeuni, les 25-59 ans avec un score de 14 % de part d’audience".

Une conversation, le lendemain, se branchait sur les chansons de la même époque. Oui, c'était Gabin qui avait chanté "Je sais, qu'on ne sait jamais".

Chanson à installer sous son oreiller pour la digérer par osmose.  0.jpg

Les repères, les certitudes manquent cruellement, encore plus aujourd'hui. Toujours en porte-à-faux, ce présent qui se cherche un futur. La science n'en est pas exempte. Une complexité exponentielle s'est ajoutée. 

Le progrès fait presque peur, pour certains, fait trembler d'autres.

Un "Question à la Une" constatait que, grâce à la technologie, le consommateur bossait de plus en plus, sans s'en rendre compte, tout en prenant la place de quelqu'un d'autre.

Mais on n'arrête pas le progrès et on ne le consolide même pas. C'est ça le problème. 

Les études techniques ou scientifiques ne font plus recette.

Trop d'acquis de la connaissance, toujours remis en question, en fonction de l'argent sur la table des doléances. Nous sommes en mal de projets, de bons projets.

Le projet Galileo qui s'en souvenait encore? Prévu pour 2007 et toujours pas au menu.

Le GPS américain, on avait fini par s'y faire.

Lendemain de la programmation, envol réussi.

Un opérateur-investisseur reste encore à trouver, mais on verra...

En technologie, le bras armé de la science, on parle de "fausse révolution".

Steve Jobs a-t-il vraiment créé des Jobs? Apple est devenue la seconde plus grosse capitalisation boursière au monde et dans le même temps, elle a largement délocalisé sa production. En plus, s'il donnait les idées géniales, pour répondre à ses rêves, les plus fous, ce sont ses collaborateurs dans une chaîne de responsabilités qui les concrétisaient.

Un impression que tout va trop vite que tout fout le camp.

On ne s'indigne pas uniquement pour une question d'argent mais sur le comment fonctionne le monde.  0.jpg
Les inégalités croissantes entre ceux qui savent et qui peuvent et ceux qui ignorent et qui ne pourraient pas.

Les anciens qui s'accrochent à leur bastion, leurs souvenirs, gagnés dans l'effort.

Le mot "austérité" a remplacé le mot "croissance", lui qui monopolisait les espoirs dans le futur, pour les "vieux".

Incompréhension de part et d'autre face au "système" qui les dépasse.

L'industrie de la transformation a dépassé la croissance nécessaire et diminué d'autant la main d’œuvre nécessaire.

Les services sont le dernier ressort, après avoir délaissé successivement l'agriculture et l'industrie.

"L'argent dort, mais pas là où on en a besoin. Le retour à la consommation est ainsi déprogrammé", concluait Stiglitz.

Sans blague, la solution serait-ce rejeter le progrès en bloc, réinjecter des idées que l'on croyait repoussées dans les arcanes de l'histoire sous un amas de poussière et c'est quelques mages qui reprennent leur bâton de pèlerin et vont expliquer tout ce que vous voulez savoir sans jamais avoir osé le demander.

Pas uniquement en économie, d'ailleurs. Ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain.0.jpg

Le Vif apprenait que du 13 au 16 octobre, une campagne créationniste avait été organisée par le disciple, créationniste, Harun Yahya.

Pour le dernier jour de cette campagne, l'entrée à l'hôtel Radisson Blu Royal, la distribution de livres, épuisés en quelques minutes et un lunch étaient offerts.

"Frère" Ali Sadun Engin, venu de Turquie, au perchoir révélait deux seules hypothèses coexistantes:

"soit l'homme a été créé par Dieu, soit l'homme est le résultat du hasard".

Oui, bon, on va pas lui dire qu'il y aurait une troisième option....

Il n'y aurait pas d'évolution dans la genèse de la vie?

Non, pas de preuves puisque personne n'a apporté un fossile intermédiaire alors qu'il a offert 6 millions de dollars si quelqu'un lui en apportait.

Le diable s'amuserait ainsi avec l'humanité depuis 150 ans!

Le plus amusant c'est que le public a été séduit, convaincu, n'a pas suscité de polémiques.

Ce que peut faire l'hypnose, tout de même....

0.jpgLe savoir est-il dangereux?

Question digne de l'Harakiri, "bête et méchante".

Voilà que le dernier "Science et Vie" utilise le même vocabulaire. En page de garde, "La matière va parler. C'est l'heure de vérité pour la "particule de Dieu".

Si on commence à mélanger les genres, on risque de se retrouver à nager entre deux eaux saumâtres.

Le LHC, c'est lui qui va tout révéler. Trouvera-il le boson de Higgs, en trouvera-t-il un "exotique" ou ne trouvera-t-il rien du tout? Suspense plus que fébrile. A chaque option, correspond déjà une réponse et une marche à suivre. 

Quelle importance, d'ailleurs, si on peut en tirer quelque chose qui n'indigne pas et qui enracinera le savoir, sans même le dire avec humour, comme je l'ai fait (car la science n'est pas que sérieuse).

Mais j'oubliais. Nous avons eu aussi Lagardere et Jade à Bruxelles. Le but, la présentation du livre «Comment soigner mon enfant dans l’urgence?» et pour promouvoir le numéro d'urgence 112. Arnaud, lui, dit qu'il va là où elle va! Laurence Bibot rappelait qu'il faut garder l'humour avec le goût d'un café serré dans ces cas. 0.jpg

Puis il y a, en cherchant bien, quelques lueurs d'espoir dans l'horizon lointain et on arrive à espérer.

Le régime dictatorial de Kadhafi qui se termine dans la liesse, après 42 années. Des parallèles chez les voisins après le printemps arabe qui devient un automne en rodage. L'islam qui leur montre un chemin et qui donne parfois de bonnes surprises avec les banques islamiques qui n'ont pas été touchées par les crises monétaires, avec des émetteurs d’obligations islamiques qui se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran et se refusent d’investir dans les fonds reliés au tabac, à l’alcool et au jeu. Pas de Coran alternatif puisque juste après, on apprenait que l'on retournait à la charia comme loi sans partage. Retour à une case de départ non désirée.

L'ETA qui annonce "l'arrêt définitif de son activité armée" après 40 ans. Qu'est-ce que cela cache? Une action encore plus ciblée ou une fusion d'esprit avec les indignés?

L'Europe trouvait un nouvel accord au finish. La zone euro s'est réveillée sous un soleil prudent, était-il dit. Vous avez déjà vu un soleil prudent? On a surtout compris ce que peut-être "l'argent du beurre" qui disait que "L’imbrication des marchés mondiaux est telle qu'anéantir un bloc concurrent se traduirait par la perte de clients potentiels importants pour sa propre survie et l'ignorer produirait son propre étouffement à courte échéance.". Et, il n'y a personne qui aime perdre des plumes dans leur vol d'Icare. 

L'enfer est toujours pavé de tellement bonnes intentions qu'on y perdrait son latin pour moins que ça.

Pour couronner nos envies de croissance, on apprend qu'à la fin du mois, nous serons 7 milliards sur notre planète.

0.jpgEt puis, en plus léger, mais qui réconcilie le passé avec la technologie d'aujourd'hui: le film "Tintin et le secret de la licorne". Tintin revient à Bruxelles, en 3D et, en plus, réalisé par Spielberg, himself.

Réussite de la technologie, qui fait revivre un personnage de la jeunesse des anciens qui ont "entre 7 et 77 ans". Hambergurisé, notre Tintin?

Tout le gratin était là sur la Place de Brouckere pour l'occasion. Les voitures, copies des albums de Tintin, pour la matinée et le film vu par des tintinophiles dans l'après-midi. Célébration d'une passion de trente ans entre Tintin et Spielberg. "Hergé faisait du cinéma sans caméra", disait ce dernier. (à lire "Hergé Spielberg Quand deux univers se rencontrent" de Laurent Malbrunot).

Réalisé en "motion capture", c'est-à-dire avec des interprètes bien réels qui jouent leur rôle, mais dont les mouvements seront récupérés et numérisés en film. Malgré une appréhension toute légitime, l'esprit d'Hergé, la psychologie des personnages ont été conservés, disent les critiques. 0.jpg

ARTE se remettait sur les traces de Tintin au Pérou, au Tibet, au pays du Lotus bleu, des Cigares du Pharaon ou face au Crabe aux Pinces d'Or au départ de Bruxelles, avec des images de l'album intégrées dans les paysages naturels et la vie de tous les jours. Tintin, a-t-il reçu un coup de jeune ou un coup de Jarnac? Ce seront les nouveaux jeunes et pas les anciens qui auront le dernier mot.

Voilà une preuve que l'évolution avec les techniques d'aujourd'hui, peut garder un coup d’œil dans le rétroviseur et mettre tout le monde d'accord.    

Tout ces événements que je viens de raconter, n'ont aucun rapport entre eux, vous allez dire. Et vous aurez raison.

Mais cherchez bien, tout de même, on ne sait jamais.

0.jpgComme l'écrivait Bill Bryson au sujet des Sciences, c'est "Une histoire de tout ou presque", dans lequel il écrit dans sa préface "Pour moi, la science était à l'école un sujet distant et inexpliqué. Les livres d'écoles et les professeurs n'ont jamais éveillé en moi le gout de la connaissance, principalement car ils ne traitaient jamais des "pourquois, des comments et des quands.".

Pour Milou, déterminer le sexe des anges, c'est Tintin. On a peut-être besoin d'un Tintin reporter, remasterisé, un peu Sherlock Holmes, pour expliquer tout cela.0.jpg

Cette journée de samedi avec Bruxelles en fête tintinesque, en quelques photos, c'est ici. Mais ce ne sont que le millième de ce qu'ont enregistré les appareils numériques toujours en 2D.  

Mais, de toutes manières, pas la peine d'en faire un fromage.

Cela ferait mauvais genre....

 

L'enfoiré,

 

0.jpgCitations:

  • "Il ne suffit pas d'engranger les récoltes du savoir, du savoir-faire, ni de vendanger les fruits du savoir-être et du savoir-devenir, encore faut-il accepter de les offrir pour s'agrandir ensemble.", Jacques Salomé
  • "L'indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne.", Stendhal
  • "La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné", Duc de Lévis
  • "Tintin a changé de pantalon après 45 ans. Espérons qu'il a plus souvent changé de chaussettes", Geluck
  • "La Belgique? C'est le pays le plus bizarre de la planète", Amlie Nothomb

 

Commentaires

Objectif Tintin

Après son exil américain, Tintin est enfin rentré à la maison. Chez lui. A Bruxelles. Là où il est né. Il y a 80 ans. Si le monde entier ignorait encore qui diable pouvait être Tintin, désormais avec le film de Spielberg et toute la promotion infernale qui l'accompagne, difficile désormais de ne plus connaître l'intrépide journaliste du petit vingtième.
Tintin par ici, Tintin par là. Par la seule magie d'un film, Tintin dispute la une de l'actualité avec Kadhafi, la crise de l'euro, les élections en Tunisie ou la naissance du bébé de Carla Bruni-Sarkozy ! Décidément, on ne peut pas rivaliser avec Tintin. Emporté dans cette tourmente médiatique, on n'a même plus le temps de réfléchir au pourquoi du succès de ce personnage de bande dessinée imaginé par Hergé ? Pourquoi lui et pas Spirou ou Gaston Lagaffe ? Pourquoi et comment parvient-il à transcender les époques, à parler à toutes les générations, à s'adresser à des gens qui, à priori, n'ont rien en commun avec ce journaliste, se promenant en culotte de golf, accompagné d'un chien parlant et d'un ancien capitaine de marine irascible et colérique ?
A vrai dire, on ne sait pas trop. Les psychanalystes nous diront certainement qu'il incarne l'image même de la figure de la jeunesse éternelle, transcendée par la recherche de l'absolu, les esthètes nous vanteront la ligne claire du trait des dessins d'Hergé, les alcooliques célébreront la faconde du capitaine Haddock, les amoureux des chiens salueront en Milou le meilleur ami de l'homme, les bigotes loueront l'abstinence sexuelle affichée de Tintin, les aventuriers chanteront les louanges d'un homme qui se moque des frontières, les extrémistes de tout bord verront en Tintin l'incarnation de la suprématie de la race blanche, les amoureux de l'Opéra se pâmeront devant la figure rocambolesque de la Castafiore...
On n'explique pas Tintin.
Comme toutes les figures légendaires qui traversent les siècles, il incarne tout à la fois la modernité et des valeurs éternelles comme celle de la victoire du bien contre le mal ; il allie dans le même mouvement la fraîcheur de la jeunesse, la soif d'idéal, le combat pour rendre le monde meilleur et plus juste.
Il est tout à tour le meilleur ami de nos années d'enfance, notre grand frère d'adolescence, le fils préféré de nos vies d'adultes, le petit-fils chéri de notre vieillesse enchantée.
Tout comme Don Quichotte, Tintin ne mourra jamais. Les fossoyeurs du cimetière de Bruxelles peuvent ranger leurs pelles. Ce n'est pas demain que Tintin viendra leur rendre visite.

Source: http://www.express.be/articles/?action=view&cat=column&item=objectif-tintin&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_term=Tintin%2C%20Le%20secret%20de%20la%20Licorne%2C%20Steven%20Spielberg&utm_campaign=#

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2011

Dans l'article, on parlait de la décrépitude du Bel20.
Ont disparu de la cote Barco, CBR, Tessenderloo, ACEC, AG Insurance, Royale Belge, GBL, Gevaert, Générale de Banque, Sofina, Electrabel, GIB, Gechem, SGB.
Le Vif se pose la question du posait la question du pourquoi les Belges sont toujours pigeons dans les affaires internationales.
Réponses: structure politique complexe, taille rikiki, actionnaires familiaux, appât du gain (plus value non taxée), réflexes patriotiques manquants, naïveté, court-termisme, manque de compétence des administrateurs.
En fait, il faudrait mieux contrôler son entreprise et ne pas être coté en Bourse.
L'indien, Lakshy Mittal n'a fait qu'un placement financier chez Arcelor.
Dexia et Fortis, se sont fait déguster par la France.
Le circuit de Francorchamp entuber par Ecclestone.
La Société Général a été raté par l'italien De Benedetti, mais c'est Tractebel qui a pris la tangente.
La Sabena, c'est par la Suisse.
Electrabel a fusionné avec Suez, avant GDF, donc en France.
Petrofina devenu Fina.

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2011

Bruxelles est le Pékin de l’Europe

Lors de la mission princière à Pékin, l’Etat belge, au travers de la Société fédérale de participation et d’investissement (SPFI), a scellé un accord sur la création d’un instrument financier unique en collaboration avec le plus grand fonds souverain de Chine, la Chinese Investment Corporation (CIC). Selon le sénateur, les autorités chinoises reconnaissent ainsi que Bruxelles est en quelque sorte le Pékin de l’Europe. Le China Belgium Outbound Investment Fund (CBOIF) est voué à des sociétés chinoises désireuses de s’implanter en Belgique et en Europe. L’ancien ministre considère que pour l’économie belge, ce fonds constitue un avantage potentiel énorme car il va permettre d’amener les investisseurs sur le territoire. Le capital du futur fonds n’a pas encore été décidé mais il devrait égaler ou dépasser celui du China Belgium Direct Equity Investment Fund (CBDEIF) dont il est le fonds miroir. Ce dernier possède 100 millions d’euros que les autorités belges souhaitent doubler en 2012 et réunit neuf partenaires dont la Chine et la Belgique qui y ont chacune investi 8,5 millions. Le fonds est destiné à des entreprises d’envergure et concerne des investissements moyens de 3 à 5 millions d’euros. 15% du fonds, c’est-à-dire 15 millions sont réservés à des investissements en rapport avec la Belgique. Enfin, ce fonds de capital investissement ayant l’Etat chinois comme partenaire, a déjà permis 11 introductions en Bourse.

Source: http://www.express.be/business/?action=view&cat=economy&item=bruxelles-est-le-pekin-de-leurope&language=fr&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_term=Chine%2C%20Belgique%2C%20fonds%2C%20%E9conomie&utm_campaign=#

Espérons que cela ne soit pas un cheval de Troie.

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2011

Tiens quand on parle du loup
http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-10-27/gdf-suez-menace-a-nouveau-la-belgique-872997.php

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2011

Une commission d'enquête pour Dexia?
Non, seulement "Commission Spéciale".
http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-10-27/il-y-aura-une-commission-speciale-dexia-873102.php
On a déjà vu cela dans d'autres cas, une étouffoir de l'affaire...

Écrit par : L'enfoiré | 27/10/2011

Et voilà Sarkozy
http://www.lesoir.be/actualite/france/2011-10-27/sarkozy-l-europe-a-evite-une-catastrophe-873113.php
Argent de poche de 1000 milliards

Écrit par : L'enfoiré | 28/10/2011

Laurence, elle, a rencontré Monsieur Tintin
http://www.rtbf.be/info/emissions/article_cafe-serre?id=6994053&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 28/10/2011

Ce qui se dit ailleurs sur le film de Tintin
Un véritable débat?
Pas sûr...
www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/tintin-par-spielberg-la-cata-103246

et parmi les journalistes dans le monde à Kiosque en tête d'affiche à la fin de la vidéo
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/Kiosque/Episodes/p-18744-Apres-l-election-tunisienne.htm

Écrit par : L'enfoiré | 29/10/2011

Le chanteur de « It’s great to be a Belgian » est décédé
Le chanteur-compositeur britannique John Makin est décédé à Bruxelles à l’âge de 61 ans. Il s’était distingué en 1998 avec sa chanson « Potverdekke ! It’s great to be a Belgian »
Makin s’était distingué en 1998 avec sa chanson « Potverdekke ! It’s great to be a Belgian ». John Makin a grandi à Liverpool avant de déménager à Bruxelles au début des années 70. En 1976, il fait ses débuts en tant que musicien professionnel et signe un premier album intitulé « Urban romance ».
A la fin des années 90, il reste 26 semaines dans le hit-parade sous le nom de Mister John avec le titre « Potverdekke ! It’s great to be a Belgian ». Il avait notamment interprété cette chanson lors de la fête nationale à Bruxelles. Cette chanson, il l’avait écrite avec des amis belges. Ces dernières années, John Makin s’était produit avec le clarinettiste Doctor Rob.
http://www.youtube.com/watch?v=30RpU1D--Rk&feature=player_embedded#!

Écrit par : L'enfoiré | 30/10/2011

«  Nous avançons comme des somnambules vers la catastrophe  »

Que faire dans cette période de crise aiguë ?
S’indigner, certes. Mais surtout agir. A 90 ans, Edgar Morin, le philosophe et sociologue nous invite à résister au diktat de l’urgence. Pour lui, l’espoir est à portée de main...

Pourquoi la vitesse est-elle à ce point ancrée dans le fonctionnement de notre société ?
La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIe et le XIXe siècle. L’idée sous-jacente, c’est que nous allons grâce à lui vers un avenir toujours meilleur. Plus vite nous allons vers cet avenir meilleur, et mieux c’est, naturellement. C’est dans cette optique que se sont multipliées les communications, aussi bien économiques que sociales, et toutes sortes de techniques qui ont permis de créer des transports rapides. Je pense notamment à la machine à vapeur, qui n’a pas été inventée pour des motivations de vitesse mais pour servir l’industrie des chemins de fer, lesquels sont eux-mêmes devenus de plus en plus rapides. Tout cela est corrélatif par le fait de la multiplication des activités et rend les gens de plus en plus pressés. Nous sommes dans une époque où la chronologie s’est imposée.

Cela est-il donc si nouveau ?
Dans les temps anciens, vous vous donniez rendez-vous quand le soleil se trouvait au zénith. Au Brésil, dans des villes comme Belém, encore aujourd’hui, on se retrouve « après la pluie ». Dans ces schémas, vos relations s’établissent selon un rythme temporel scandé par le soleil. Mais la montre-bracelet, par exemple, a fait qu’un temps abstrait s’est substitué au temps naturel. Et le système de compétition et de concurrence – qui est celui de notre économie marchande et capitaliste – fait que pour la concurrence, la meilleure performance est celle qui permet la plus grande rapidité. La compétition s’est donc transformée en compétitivité, ce qui est une perversion de la concurrence.

Cette quête de vitesse n’est-elle pas une illusion ?
En quelque sorte si. On ne se rend pas compte – alors même que nous pensons faire les choses rapidement – que nous sommes intoxiqués par le moyen de transport lui-même qui se prétend rapide. L’utilisation de moyens de transport toujours plus performants, au lieu d’accélérer notre temps de déplacement, finit – notamment à cause des embouteillages – par nous faire perdre du temps ! Comme le disait déjà Ivan Illich (philosophe autrichien né en 1926 et mort en 2002, ndlr) : « La voiture nous ralentit beaucoup. » Même les gens, immobilisés dans leur automobile, écoutent la radio et ont le sentiment d’utiliser malgré tout le temps de façon utile. Idem pour la compétition de l’information. On se rue désormais sur la radio ou la télé pour ne pas attendre la parution des journaux. Toutes ces multiples vitesses s’inscrivent dans une grande accélération du temps, celui de la mondialisation. Et tout cela nous conduit sans doute vers des catastrophes.

Le progrès et le rythme auquel nous le construisons nous détruit-il nécessairement ?
Le développement techno-économique accélère tous les processus de production de biens et de richesses, qui eux-mêmes accélèrent la dégradation de la biosphère et la pollution généralisée. Les armes nucléaires se multiplient et on demande aux techniciens de faire toujours plus vite. Tout cela, effectivement, ne va pas dans le sens d’un épanouissement individuel et collectif !

Pourquoi cherchons-nous systématiquement une utilité au temps qui passe ?
Prenez l’exemple du déjeuner. Le temps signifie convivialité et qualité. Aujourd’hui, l’idée de vitesse fait que dès qu’on a fini son assiette, on appelle un garçon qui se dépêche pour débarrasser et la remplacer. Si vous vous emmerdez avec votre voisin, vous aurez tendance à vouloir abréger ce temps. C’est le sens du mouvement slow food dont est née l’idée de « slow life », de « slow time » et même de « slow science ». Un mot là-dessus. Je vois que la tendance des jeunes chercheurs, dès qu’ils ont un domaine, même très spécialisé, de travail, consiste pour eux à se dépêcher pour obtenir des résultats et publier un « grand » article dans une « grande » revue scientifique internationale, pour que personne d’autre ne publie avant eux. Cet esprit se développe au détriment de la réflexion et de la pensée. Notre temps rapide est donc un temps antiréflexif. Et ce n’est pas un hasard si fleurissent dans notre pays un certain nombre d’institutions spécialisées qui prônent le temps de méditation. Le yoguisme, par exemple, est une façon d’interrompre le temps rapide et d’obtenir un temps tranquille de méditation. On échappe de la sorte à la chronométrie. Les vacances, elles aussi, permettent de reconquérir son temps naturel et ce temps de la paresse. L’ouvrage de Paul Lafargue Le droit à la paresse(qui date de 1880, ndlr) reste plus actuel que jamais car ne rien faire signifie temps mort, perte de temps, temps non-rentable.

Pourquoi ?
Nous sommes prisonniers de l’idée de rentabilité, de productivité et de compétitivité. Ces idées se sont exaspérées avec la concurrence mondialisée, dans les entreprises, puis répandues ailleurs. Idem dans le monde scolaire et universitaire ! La relation entre le maître et l’élève nécessite un rapport beaucoup plus personnel que les seules notions de rendement et de résultats. En outre, le calcul accélère tout cela. Nous vivons un temps où il est privilégié pour tout. Aussi bien pour tout connaître que pour tout maîtriser. Les sondages qui anticipent d’un an les élections participent du même phénomène. On en arrive à les confondre avec l’annonce du résultat. On tente ainsi de supprimer l’effet de surprise toujours possible.

A qui la faute ? Au capitalisme ? A la science ?
Nous sommes pris dans un processus hallucinant dans lequel le capitalisme, les échanges, la science sont entraînés dans ce rythme. On ne peut rendre coupable un seul homme. Faut-il accuser le seul Newton d’avoir inventé la machine à vapeur ? Non. Le capitalisme est essentiellement responsable, effectivement. Par son fondement qui consiste à rechercher le profit. Par son moteur qui consiste à tenter, par la concurrence, de devancer son adversaire. Par la soif incessante de « nouveau » qu’il promeut grâce à la publicité… Quelle est cette société qui produit des objets de plus en plus vite obsolètes ? Cette société de consommation qui organise la fabrication de frigos ou de machines à laver non pas à la durée de vie infinie, mais qui se détraquent au bout de huit ans ? Le mythe du nouveau, vous le voyez bien – et ce, même pour des lessives – vise à toujours inciter à la consommation. Le capitalisme, par sa loi naturelle – la concurrence –, pousse ainsi à l’accélération permanente, et par sa pression consommationniste, à toujours se procurer de nouveaux produits qui contribuent eux aussi à ce processus.
On le voit à travers de multiples mouvements dans le monde, ce capitalisme est questionné. Notamment dans sa dimension financière…
Nous sommes entrés dans une crise profonde sans savoir ce qui va en sortir. Des forces de résistance se manifestent effectivement. L’économie sociale et solidaire en est une. Elle incarne une façon de lutter contre cette pression. Si on observe une poussée vers l’agriculture biologique avec des petites et moyennes exploitations et un retour à l’agriculture fermière, c’est parce qu’une grande partie de l’opinion commence à comprendre que les poulets et les porcs industrialisés sont frelatés et dénaturent les sols et la nappe phréatique. Une quête vers les produits artisanaux, les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, ndlr), indique que nous souhaitons échapper aux grandes surfaces qui, elles-mêmes, exercent une pression du prix minimum sur le producteur et tentent de répercuter un prix maximum sur le consommateur. Le commerce équitable tente, lui aussi, de court-circuiter les intermédiaires prédateurs. Certes, le capitalisme triomphe dans certaines parties du monde, mais une autre frange voit naître des réactions qui ne viennent pas seulement des nouvelles formes de production (coopératives, exploitations bio), mais de l’union consciente des consommateurs. C’est à mes yeux une force inemployée et faible car encore dispersée. Si cette force prend conscience des produits de qualité et des produits nuisibles, superficiels, une force de pression incroyable se mettra en place et permettra d’influer sur la production.
Les politiques et leurs partis ne semblent pas prendre conscience de ces forces émergentes. Ils ne manquent pourtant pas d’intelligence d’analyse…
Mais vous partez de l’hypothèse que ces hommes et femmes politiques ont déjà fait cette analyse. Or, vous avez des esprits limités par certaines obsessions, certaines structures.

Par obsession, vous entendez croissance ?
Oui ! Ils ne savent même pas que la croissance – à supposer qu’elle revienne un jour dans les pays que l’on dit développés – ne dépassera pas 2 % ! Ce n’est donc pas cette croissance-là qui parviendra à résoudre la question de l’emploi ! La croissance que l’on souhaite rapide et forte est une croissance dans la compétition. Elle amène les entreprises à mettre des machines à la place des hommes et donc à liquider les gens et à les aliéner encore davantage. Il me semble donc terrifiant de voir que des socialistes puissent défendre et promettre plus de croissance. Ils n’ont pas encore fait l’effort de réfléchir et d’aller vers de nouvelles pensées.

Décélération signifierait décroissance ?
Ce qui est important, c’est de savoir ce qui doit croître et ce qui doit décroître. Il est évident que les villes non polluantes, les énergies renouvelables et les grands travaux collectifs salutaires doivent croître. La pensée binaire, c’est une erreur. C’est la même chose pour mondialiser et démondialiser : il faut poursuivre la mondialisation dans ce qu’elle créé de solidarités entre les peuples et envers la planète, mais il faut la condamner quand elle crée ou apporte non pas des zones de prospérité mais de la corruption ou de l’inégalité. Je milite pour une vision complexe des choses.

La vitesse en soi n’est donc pas à blâmer ?
Voilà. Si je prends mon vélo pour aller à la pharmacie et que je tente d’y parvenir avant que celle-ci ne ferme, je vais pédaler le plus vite possible. La vitesse est quelque chose que nous devons et pouvons utiliser quand le besoin se fait sentir. Le vrai problème, c’est de réussir le ralentissement général de nos activités. Reprendre du temps, naturel, biologique, au temps artificiel, chronologique et réussir à résister. Vous avez raison de dire que ce qui est vitesse et accélération est un processus de civilisation extrêmement complexe, dans lequel techniques, capitalisme, science, économie ont leur part. Toutes ces forces conjuguées nous poussent à accélérer sans que nous n’ayons aucun contrôle sur elles. Car notre grande tragédie, c’est que l’humanité est emportée dans une course accélérée, sans aucun pilote à bord. Il n’y a ni contrôle, ni régulation. L’économie elle-même n’est pas régulée. Le Fonds monétaire international n’est pas en ce sens un véritable système de régulation.

Le politique n’est-il pas tout de même censé « prendre le temps de la réflexion » ?
On a souvent le sentiment que par sa précipitation à agir, à s’exprimer, il en vient à œuvrer sans nos enfants, voire contre eux… Vous savez, les politiques sont embarqués dans cette course à la vitesse. J’ai lu une thèse récemment sur les cabinets ministériels. Parfois, sur les bureaux des conseillers, on trouvait des notes et des dossiers qualifiés de « U » pour « urgent ». Puis sont apparus les « TU » pour « très urgent » puis les « TTU ». Les cabinets ministériels sont désormais envahis, dépassés. Le drame de cette vitesse, c’est qu’elle annule et tue dans l’œuf la pensée politique. La classe politique n’a fait aucun investissement intellectuel pour anticiper, affronter l’avenir. C’est ce que j’ai tenté de faire dans mes livres comme Introduction à une politique de l’homme, La voie, Terre-patrie… L’avenir est incertain, il faut essayer de naviguer, trouver une voie, une perspective. Il y a toujours eu, dans l’Histoire, des ambitions personnelles. Mais elles étaient liées à des idées. De Gaulle avait sans doute une ambition, mais il avait une grande idée. Churchill avait de l’ambition au service d’une grande idée, qui consistait à vouloir sauver l’Angleterre du désastre. Désormais, il n’y a plus de grandes idées, mais de très grandes ambitions avec des petits bonshommes ou des petites bonnes femmes.
Michel Rocard déplorait il y a peu pour « Terra eco » la disparition de la vision à long terme…
Il a raison, mais il a tort. Un vrai politique ne se positionne pas dans l’immédiat mais dans l’essentiel. A force d’oublier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel. Ce que Michel Rocard appelle le « long terme », je l’intitule « problème de fond », « question vitale ». Penser qu’il faut une politique planétaire pour la sauvegarde de la biosphère – avec un pouvoir de décision qui répartisse les responsabilités car on ne peut donner les mêmes responsabilités à des pays riches et à des pays pauvres –, c’est une politique essentielle à long terme. Mais ce long terme doit être suffisamment rapide car la menace elle-même se rapproche.

Le président de la République Nicolas Sarkozy n’incarne-t-il pas l’immédiateté et la présence médiatique permanente ?
Il symbolise une agitation dans l’immédiateté. Il passe à des immédiatetés successives. Après l’immédiateté, qui consiste à accueillir le despote libyen Kadhafi car il a du pétrole, succède l’autre immédiateté, où il faut détruire Kadhafi sans pour autant oublier le pétrole… En ce sens, Sarkozy n’est pas différent des autres responsables politiques, mais son caractère versatile et capricieux en font quelqu’un de très singulier pour ne pas dire un peu bizarre.

Edgar Morin, vous avez 90 ans. L’état de perpétuelle urgence de nos sociétés vous rend-il pessimiste ?
Cette absence de vision m’oblige à rester sur la brèche. Il y a une continuité dans la discontinuité. Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué. Après avoir été communiste de guerre et après avoir combattu l’Allemagne nazie avec de grands espoirs, j’ai vu que ces espoirs étaient trompeurs et j’ai rompu avec ce totalitarisme-là, devenu ennemi de l’humanité. J’ai combattu cela et résisté. J’ai ensuite – naturellement – défendu l’indépendance du Vietnam ou de l’Algérie, quand il s’agissait de liquider un passé colonial. Cela me semblait si logique après avoir lutté pour la propre indépendance de la France, mise en péril par le nazisme. Au bout du compte, nous sommes toujours pris dans des nécessités de résister.

Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, je me rends compte que nous sommes sous la menace de deux barbaries associées. Humaine tout d’abord, qui vient du fond de l’histoire et qui n’a jamais été liquidée : le camp américain de Guantánamo ou l’expulsion d’enfants et de parents que l’on sépare, ça se passe aujourd’hui ! Cette barbarie-là est fondée sur le mépris humain. Et puis la seconde, froide et glacée, fondée sur le calcul et le profit. Ces deux barbaries sont alliées et nous sommes contraints de résister sur ces deux fronts. Alors, je continue avec les mêmes aspirations et révoltes que celles de mon adolescence, avec cette conscience d’avoir perdu des illusions qui pouvaient m’animer quand, en 1931, j’avais dix ans.
La combinaison de ces deux barbaries nous mettrait en danger mortel…
Oui, car ces guerres peuvent à tout instant se développer dans le fanatisme. Le pouvoir de destruction des armes nucléaires est immense et celui de la dégradation de la biosphère pour toute l’humanité est vertigineux. Nous allons, par cette combinaison, vers des cataclysmes. Toutefois, le probable, le pire, n’est jamais certain à mes yeux, car il suffit parfois de quelques événements pour que l’évidence se retourne.

Des femmes et des hommes peuvent-ils aussi avoir ce pouvoir ?
Malheureusement, dans notre époque, le système empêche les esprits de percer. Quand l’Angleterre était menacée à mort, un homme marginal a été porté au pouvoir, qui se nommait Churchill. Quand la France était menacée, ce fut De Gaulle. Pendant la Révolution, de très nombreuses personnes, qui n’avaient aucune formation militaire, sont parvenues à devenir des généraux formidables, comme Hoche ou Bonaparte ; des avocaillons comme Robespierre, de grands tribuns. Des grandes époques de crise épouvantable suscitent des hommes capables de porter la résistance. Nous ne sommes pas encore assez conscients du péril. Nous n’avons pas encore compris que nous allons vers la catastrophe et nous avançons à toute allure comme des somnambules.

Le philosophe Jean-Pierre Dupuy estime que de la catastrophe naît la solution. Partagez-vous son analyse ?
Il n’est pas assez dialectique. Il nous dit que la catastrophe est inévitable mais qu’elle constitue la seule façon de savoir qu’on pourrait l’éviter. Moi je dis : la catastrophe est probable, mais il y a l’improbabilité. J’entends par « probable », que pour nous observateurs, dans le temps où nous sommes et dans les lieux où nous sommes, avec les meilleures informations disponibles, nous voyons que le cours des choses nous emmène à toute vitesse vers les catastrophes. Or, nous savons que c’est toujours l’improbable qui a surgi et qui a « fait » la transformation. Bouddha était improbable, Jésus était improbable, Mahomet, la science moderne avec Descartes, Pierre Gassendi, Francis Bacon ou Galilée était improbables, le socialisme avec Marx ou Proudhon était improbable, le capitalisme était improbable au Moyen-Age… Regardez Athènes. Cinq siècles avant notre ère, vous avez une petite cité grecque qui fait face à un empire gigantesque, la Perse. Et à deux reprises – bien que détruite la seconde fois – Athènes parvient à chasser ces Perses grâce au coup de génie du stratège Thémistocle, à Salamine. Grâce à cette improbabilité incroyable est née la démocratie, qui a pu féconder toute l’histoire future, puis la philosophie. Alors, si vous voulez, je peux aller aux mêmes conclusions que Jean-Pierre Dupuy, mais ma façon d’y aller est tout à fait différente. Car aujourd’hui existent des forces de résistance qui sont dispersées, qui sont nichées dans la société civile et qui ne se connaissent pas les unes les autres. Mais je crois au jour où ces forces se rassembleront, en faisceaux. Tout commence par une déviance, qui se transforme en tendance, qui devient une force historique. Nous n’en sommes pas encore là, certes, mais c’est possible.

Il est donc possible de rassembler ces forces, d’engager la grande métamorphose, de l’individu puis de la société ?
Ce que j’appelle la métamorphose, c’est le terme d’un processus dans lequel de multiples réformes, dans tous les domaines, commencent en même temps.

Nous sommes déjà dans un processus de réformes…
Non, non. Pas ces pseudo-réformes. Je parle de réformes profondes de vie, de civilisation, de société, d’économie. Ces réformes-là devront se mettre en marche simultanément et être intersolidaires.
Vous appelez cette démarche « le bien-vivre ». L’expression semble faible au regard de l’ambition que vous lui conférez.
L’idéal de la société occidentale – « bien-être » – s’est dégradé en des choses purement matérielles, de confort et de propriété d’objet. Et bien que ce mot « bien-être » soit très beau, il fallait trouver autre chose. Et quand le président de l’Equateur Rafael Correa a trouvé cette formule de « bien-vivre », reprise ensuite par Evo Morales (le président bolivien, ndlr), elle signifiait un épanouissement humain, non seulement au sein de la société mais aussi de la nature. L’expression « bien vivir » est sans doute plus forte en espagnol qu’en français. Le terme est « actif » dans la langue de Cervantès et passif dans celle de Molière. Mais cette idée est ce qui se rapporte le mieux à la qualité de la vie, à ce que j’appelle la poésie de la vie, l’amour, l’affection, la communion et la joie et donc au qualitatif, que l’on doit opposer au primat du quantitatif et de l’accumulation. Le bien-vivre, la qualité et la poésie de la vie, y compris dans son rythme, sont des choses qui doivent – ensemble – nous guider. C’est pour l’humanité une si belle finalité. Cela implique aussi et simultanément de juguler des choses comme la spéculation internationale… Si l’on ne parvient pas à se sauver de ces pieuvres qui nous menacent et dont la force s’accentue, s’accélère, il n’y aura pas de bien-vivre. —

Source: http://www.terraeco.net/Edgar-Morin-Nous-avancons-comme,19890.html

Écrit par : L'enfoiré | 11/11/2011

Le rodage automnal de la démocratie continue en Égypte
http://www.lesoir.be/actualite/monde/2011-11-20/egypte-au-moins-3-morts-place-tahrir-878046.php

espérons de ne pas en connaitre le rodage hivernal

Écrit par : L'enfoiré | 20/11/2011

Et un mois après, où en est-on?

http://www.rtbf.be/info/emissions/article_ecomatin?id=7109793&eid=5017893

Écrit par : L'enfoiré | 21/11/2011

Les raisons de la chute de Dexia se cherchent encore.
Les derniers déclinent la responsabilité sur les précédents.
Alors, les précédent s'expliquent.
C'est le tour de Axel Miller, ex-CEO de Dexia, après Mariani et De Haen qui envoyaient des critiques.
"Un pacte secret et rigide" entre les Etats français et belges a fragilisé Dexia.
En échange du rachat de Petrofina par Total empêchait Dexia d'être géré comme un groupe intégré.
Le "deal" permettait aux Belges de s'occuper des activités de banques de détail à condition que les Français gardent la main sur le financement des collectivités locales.
La dernière chute de Dexia était parfaitement évitable en tirant les leçons de l'après Lehman-Brothers et scinder Dexia aurait pu se faire en phases dans une restructuration en 200!-2009-2010 lorsque les mlarchés s'étaient redressés.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, Dexia a été nationalisé et le split des responsabilités entre Français et Belges, a été totalement mal évalué.
Les garanties pour la France s'établit à 2% du PIB, tandis qu'elles s'élèvent à plus de 10% pour la Belgique avec plus de 50 milliards d'euros.

Écrit par : L'enfoiré | 26/11/2011

Tintin vieux par Pierre Kroll

http://info.arte.tv/fr/bande-dessinee-tintin-vieux

Écrit par : L'enfoiré | 24/11/2014

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