22/05/2013
Pseudos, modération et censure
Un pseudo peut en cacher un autre. La modération peut entraîner une suspicion après sa circonspection. La censure, se révéler comme une méthode simpliste, lâche et individualiste. En tous cas, trois concepts qui entretiennent une relation du style "je t'aime, moi non plus". La liberté d'expression, elle, en devient un mythe ou un mirage. Comme préambule, l'article "Connais l'homme pour mieux te connaître" viendrait bien à propos.

Pseudos:
Le pseudo(nyme), du grec ancien ψευδής, pseudês («faux, erroné») est un nom d'emprunt, choisi par une personne, afin d'exercer une activité sous une identité autre qu'officielle pour garder l'anonymat.
Il est recherché dans les milieux artistiques, considéré, parfois, comme un nom de guerre et peut se retrouver côte à côte avec le nom officiel.
Quelques noms célèbres de la chanson, d'écrivains, correspondent à des pseudonymes. La liste des pseudonymes est longue.
L'écrivain Romain Gary, par exemple, de son vrai nom Romain Kacew obtint le prix Goncourt en 1956, puis sous le pseudonyme d'Émile Ajar en 1975, alors qu'un auteur n'est pas autorisé à recevoir ce prix plus d'une fois.
Ce genre de subterfuge, s'il s'accompagne de fraude à l'identité, pourrait faire aujourd'hui, l'objet d'une attention croissante des Services de la police criminelle. Un Eurobaromètre de la CE précise que 3% d'internautes ont été victimes d'une usurpation du nom officiel, sous forme de l'arnaque du fishing de l'information stratégique. En Belgique, fin 2011, ce fut la première condamnation pour usurpation d'identité par un faux profil Facebook dans le but de dénigrer.
Manifestement, sur Internet, plus qu'ailleurs, on n'aime pas se montrer au grand jour.
Garder l'anonymat est la raison principale. Parmi les autres raisons invoquées, la peur du Big Brother, la crainte d'être reconnu par un tiers, de subir une arnaque potentielle et l'envie de pouvoir dire ce qu'on a envie de dire. Un nom de baptême trop long, inexpressif, difficile à retenir, pousse, aussi, à utiliser un nom d'emprunt.
"Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien? Pas si sûr...", écrivait le rédacteur, Charles Cuvelliez.
L'anonymat n'existe, en effet, jamais totalement.
La virtualité reste fidèle à son origine et une situation peut se retourner contre son auteur, figé sur cette origine.
Déterminer qui lit une page, connaître la ville d'où elle est lue et la persévérance qui indique l'intérêt du lecteur, est déjà de la routine pour Google quand on possède un blog dont on est administrateur.
Premiers outils de surf installés sur l'ordinateur, les cookies ont été créés pour le confort de l'utilisateur. La reconnaissance par le système numérique ne nécessitant plus le sacrifice de la réintroduction de données utiles, elle se fait au prix d'une perte de sécurité et du contrôle. Ces cookies peuvent servir à des raisons commerciales sur la fréquentation des pages et pour d'éventuelles malversations comme un cheval de Troie. Profiler reste toujours la préoccupation du marketing via Internet et contribue à garder la gratuité des outils d'Internet.
Être ciblés par le marketing est devenu presque nature.
Via les SmartPhones, cette "facilité" risque de devenir la cible préférée des hackers.
Pour contrer le hacking, il existe la norme W3C qui permet l'option "don't track" ou les anonymizers par plugins. Plus difficile à identifier, à remonter à la source, à l'IP comme identifiant, bien que mémorisée, l'identité reste accessible.
Tout est conservé dans le monde du numérique. Le droit à l'oubli demande parfois plus d'efforts pour faire disparaître les traces stockées sur des serveurs qu'à les créer.
A cet aspect de confidentialité, tout à fait respectable, s'ajoute parfois une volonté de nuire plus que d'exprimer une opinion et une conviction personnelle, sous le couvert d'un pseudo.
Ce n'est pas sous les masques que les consciences se lavent des outrecuidances et de tous remords.
Accompagné d'un "A propos" ("About" en anglais), clair et précis, un pseudo devient moins banal, moins anonyme que peut l'être le nom de baptême. Dans ce cas, l'intention n'est plus de voiler son identité sous un voile de soie.
Il y a deux ans, j'étais invité sur un forum des échecs en tant que candide sans aucune envie de me mesurer sur l'échiquier.
Avec le pseudo d'enfoiré, comme d'habitude? Cela m'avait déjà donné quelques soucis de manière assez loufoque. (Anecdote relatée dans "Blanche neige et le huitième nain".).
L'enfoiré, un mot qui fait peur, entendu de tellement nombreuses fois, pour traduire un rejet. La définition de Laurent Baffie dans son dictionnaire humoristique est "Anciennement, enculé, salaud, fils de pute. Depuis Coluche, personne généreuse, altruiste et solidaire".
En verlan, cela devient "eriofne". Adopté. Cela sonnait, peut-être mieux, en définitive...
Ce furent deux challenges gagnés après une semaine: 100ème commentaire et 1000ème consultations.
Le pseudo "Findus" d'un des interlocuteurs m'intriguait et m'a incité à lui poser la question de son origine. Sa réponse fut: "Un jeu d'aventures appelé Goblins avec deux personnages: Fingus, le sage et Winkel, l'arsouille. Un moment de distraction... et le "g" est devenu "d". Rien à voir avec les produits surgelés. Désolé de mettre un terme à cette légende.".
Ni un produit surgelé, ni un hoax, mais le choix d'un pseudo par l'intermédiaire d'un raté, d'un lapsus et d'un mot que l'on trouve, ensuite, amusant, sans plus...
L'interprète d'un pseudo peut être, donc, très peu représentatif de son modèle.
Des pseudo makers automatiques existent pour tous ceux qui n'ont pas d'idées. Alors on tombe sur des pseudos générés artificiellement comme peut l'être "YEG033".
Dans ce cas, inspirer confiance, sans aucun accompagnement, restera alors une question de goût.
C'est un peu comme au resto où on donne la liste de noms de plats avec des noms ronflants ou incompréhensibles, mais sans dire ce qu'il y a en cuisine pour les préparer.
Modération:
Dans un forum, tout est dans la modération... Enfin, tout pourrait ou devrait l'être...
Par l'intermédiaire, d'un billet, plus récent, le même forum essayait de radicaliser sa modération en obligeant d'introduire un nom et un prénom à l'inscription ou de l'ajouter si cela n'avait pas été déjà fait, sachant que ces noms et prénoms ne seraient connus que des administrateurs.
Rien de nouveau sous le soleil ou sous l'ombre de la Toile.
Tout en comprenant parfaitement où la modération voulait en venir, ce fut une occasion de sourire et de poser d'autres questions:
- Ce texte n'aurait-il pas dû exister dans les statuts à la création du site?
- Qui vérifiera si le nom et le prénom correspondent à ceux de la carte d'identité de l'inscrit?
- Le modérateur s'est-il renseigné sur ce qu'impliqueraient les démarches longues et souvent inefficaces, de réparation des préjudices en justice?
- Modérer, n'est-ce pas, une tâche destinée à un ombusman indépendant? Joueur aux échecs et administrateur du site, ne se retrouverait-il pas considéré comme juge et partie?
- 'Être relatif à la pratique ou à la théorie du jeu d'échecs'" était demandé. Ce sont les trolls qui sont visés. Où commence et où finit un troll? Où commence-t-on à compter les pertes de temps en justifications ou en dénonciations, toutes deux inutiles?
- Où commenceraient les insultes et les incivilités précisées comme à bannir?
- Ne faudrait-il pas légalement forcer le modérateur à justifier son refus? La plupart des journaux en profitent pour manipuler l'opinion publique?
Une réplique m'avait amusé "Dans quel flacon dois je faire pipi pour ne pas être banni du forum?" et résumait bien qu'un commentateur n'est pas prêt à se laisser conter fleurette.
De plus en plus de forums, profitent d'une modération préliminaire à la publication d'un commentaire, d'un article, pour les faire sauter et tomber dans l'oubli.
La meilleur modération, c'est respecter un cahier des charges bien réfléchi et garder l'idée de "psychologiquement vôtre".
Entrer sur la Toile, c'est aux risques et périls de son utilisateur dans un champ de mines potentielles où seuls les plus perspicaces vaincront ou survivront à l'usure des critiques. Une critique objective, même négative, peut apporter une chance d'amélioration.
Chocs de cultures, de générations, démographique, de sexes du rédacteur ou du commentateur entrent en jeu. Sans être sexiste, il est presque certain qu'un forum s'adresse plus aux hommes et un réseau social comme Facebook, plus aux femmes.
Le journaliste Taddeî me parait donner le meilleur exemple de la modération réussie en respectant la parole de ses invités tout en limitant celle-ci par ce qui est prescrit par loi.
Sa dernière émission de "Ce soir ou jamais" entrait vraiment dans le sujet qui nous occupe, en traitant celui de la jeunesse, la révolution, la démocratie et la culture.
La société se construit fondamentalement de manière inégalitaire. Le plus âgé des internautes n'avait pas l'habitude du numérique. Avec son seul vécu pour bagage, il s'y est conformé en utilisant les mêmes subterfuges que le jeune féru de technologies modernes. Désoeuvré, il s'est senti coincé par le jeunisme qui l'entoure.
Le jeune, en "casseur du passé", voudrait refaire le monde, sortir du cocon dans lequel on tente de l'enserrer, alors que dans le fond, il se conforme à ce passé, sans l'avouer.
Sur les forums, se retrouvent, mixés, des étudiants en attente de trouver un job, des retraités, des chômeurs et quelques fanatiques dans des polémiques qui ne veulent pas en avoir le nom...
"Le syndrôme d'Erostrate" n'a pas vieilli. Il est toujours présent. Dans les forums virtuels, les joutes oratoires du café de commerce avec le partage des émotions ne sont, seulement, plus de rigueur. Des discussions, parfois virulentes, y gardent une volonté d'imposer des vues sans éclairer sur leurs motifs intrinsèques.
Que reste-t-il, sinon de laisser le bénéfice du doute et puis, de tester les résistances de l'électricité de l'air?
Il y aura toujours les "pseudo-histoires". Des études présentées comme des travaux d'historiens, de scientifiques sans respecter aucune méthodologie de recherches historiques ou scientifiques, présentes seulement pour valider abusivement une thèse préconçue à traiter avec doigté. On entre, ici, dans le domaine du mirage, du mythe de la pseudoscience.
Seuls les articles sans risques, sont plussés à 100%. Pour les moinssages, aucune (dés)illusion à avoir. Ils ne veulent rien dire, non accompagnés d'une note explicative permettant d'apporter un droit de réponse adéquat. Espérons qu'ainsi les auteurs donneront une preuve de leur bonne santé tout en roulant les mécaniques.
Justifier par un argumentaire incontestable est bien plus difficile.
Coter articles et commentaires et cela devient plus piquant. J'ai participé à des concours de moinssages, à se faire traiter de con, tout en couvrant l'absurde de la situation dans des répliques digne du spectacle "Peur de rien".
Tout est dans l'art de l'esquive et l'utilisation de la force de l'adversaire pour répondre aux flèches empoisonnées. Autant se rappeler que Guillaume Tell n'est plus de ce monde et que la pomme de sa cible a eu le temps de tomber.
Un commentaire peut très bien être plus complet, plus argumenté que ne l'est l'article qui le précède.
Commenter ne veut pas dire nécessairement chercher un consensus pour se retrouver ensemble à l'embouchure, mais, tout au contraire, s'exprimer, c'est remonter le courant trop unitaire et par là, ne rechercher que le "démocratique vôtre". Trop de démocratie tue la démocratie et avoir l'unanimité relève de la chimère. Plutôt secouer le prunier pour que les prunes tombent, voilà ce qui se passe dans un forum normalement conçu tout comme ailleurs en politique.
Dans l'orage verbal, l'humour peut encore vaincre la morosité d'une discussion houleuse ou trop académique.
Censure:
L'article 25 de la Constitution belge dit que "La censure ne pourra jamais être établie".
La censure rode ou frise l'atteinte à la vie privée et s'insère dans toutes les relations politisées. Journalistes et internautes s'y retrouvent avec les mêmes tendances et les mêmes défauts.
ARTE lançait un documentaire "Contre-histoire de l'Internet" qui disait en substance qu'Internet a été créé par des hippies tout en étant financé par des militaires. Cet improbable choc des cultures a donné naissance à un espace de libertés impossible à censurer ou à contrôler. C'est pourtant ce que cherchent à faire un certain nombre de responsables politiques, poussant hackers et défenseurs des libertés à entrer dans l'arène politique. Au début, pas de mot de passe. Du "peer to peer", sans plus. A la limite, devenu réseau de mafieux, de terroristes. En premier, le facteur qui envoie la lettre fut considéré comme responsable. Ensuite, celui qui a écrit la lettre. Enfin, celui qui la lit. La répression a commencé en France. HADOPI, censé veiller aux droits d'auteur. L'interdit ne sera jamais porteur d'intelligence. Seule la création de code Internet plutôt que seulement l'utiliser peut garder l'esprit démocratique. La période actuelle n'est qu'une phase intermédiaire.".
Le caricaturiste Pierre Kroll dont je vous abreuve de caricatures, était interrogé dans un tchat au sujet de la censure des dessins caricaturaux politiques, religieux, économiques, historique... L'autocensure existe, disait-il.
La censure peut prendre toutes les formes. Elle peut être élitiste, fondamentaliste, politique, linguistique...
La censure linguistique, Thomas Gunzig dans son café serré humoristique ce mardi, la prenait à revers, à rebrousse poil.
ARTE en avait fait un autre documentaire "Fini de rire". Interrogés durant l'introduction, les dessinateurs disaient que "Dessiner c'est voir des choses que les autres ne voient pas. Dépasser les limites par le dessin est comme une récompense. Si on n'est pas dans l'actualité, on ne peut le comprendre".
La Tunisienne du documentaire est sortie du carcan du dictateur Ben Ali pour retomber dans celui de la religion...
"Internet est la seule fenêtre entre l'Iran et le monde" ajoutait le dessinateur iranien.
Les libertés, et pas uniquement d'expression, sont loin d'être respectées dans le monde.
Le blogueur garde une autonomie plus grande, tout en devant se plier à une éthique de respect de son lecteur et, quelque part, une obligation de se protéger contre lui-même.
Est-il influent?
Marcel Sel (que j'ai appelé "mon sel de bain"), utilise aussi un pseudo et se voyait "redresseur de torts" ou "Zorro" dans cet interview.
Non-journaliste, je garde à l'idée qu'influencer les autres reste plutôt du domaine de l'équilibriste. Influencer l'autre, faut pas trop rêver...
Les autres ont leur vie, leurs amours, leurs soucis, leurs espérances et leurs désillusions. Je décline l'opportunité, la responsabilité d'influencer, si elles existaient. Il vaut mieux entrer en émulation qu'en compétition qui deviendrait stérile.
Informer, c'est d'abord s'être informé soi-même.
Parfois, s'instruire par et pour les autres en remontant aux sources comme arguments.
Espérer que par la magie de l'osmose, certaines idées, un vécu parviennent à véhiculer, partager quelques émotions, c'est déjà atteindre le sommet de la jouissance. Sans idées en commun, sans petites connivences, c'est plus vite mal parti que bien.
La langue de bois doit être combattue même si les fondements de la société humaine poussent à la bienveillance, à se taire comme une solution de facilité ou un échappatoire de sécurité.
Tant que subsiste l'humour comme remède, rien de perdu, même s'il ne fait plus sourire, fait grincer les dents, c'est tant mieux.
"L'humour est un art d'exister... l'impolitesse du désespoir" disaient, tour à tour, Robert Escarpit et Dominique Noguez.
Philippe Geluck prépare un nouveau livre autour de la question "Peut-on rire de tout?". Par la parodie, le pastiche... "Rire du physique, du malheur, des pauvres, des riches, des vieux, des jeunes, des politiques, des religions et ... des mauvaises critiques, cela peut être méchant et jouissif", affirmait-il.
Censurer le rire, c'est, simplement, annuler tout espoir d'exister.
Pour apprécier l'humour à sa juste valeur, tout est une question d'éducation, de formation, d'idéologies qui s'entrechoquent dans un monde devenu un peu trop 'village' avec des règles de vie trop différentes.
Toucher quelqu'un qui vit de l'autre côté de la planète, à la vitesse d'une connexion, ne coûte plus rien. Seuls, les préjugés se construisent derrière des tabous qui font office de casseroles au pied.
A l'époque des caricatures de Mahomet, je sortais "Le ciel pour horizon", un triptyque d'articles avec pour thème la religion. Je me suis autocensuré en postposant la publication des deux derniers épisodes alors qu'ils n'étaient nullement question d'Islam. Décaler dans le temps, c'est comme apporter le chocolat glacé à l'entracte...
Dans une telle ambiance, tout est toucher l'intégrité des autres ... Intégrité, un mot qui se rapproche trop du mot "intégrisme".
Les dessinateurs caricaturistes ont de plus en plus de 'pression', disent-ils.
Pas sûr que cela s'arrête à eux et que l'on ne retombe pas dans un formalisme prêché par un modérateur d'occasion.
A l'ère du visuel, on veut de l'image qui se déguste (ou se déglutit) à l'instant. Tout son art, partagé par les autres médias, consistera à reprogrammer les cerveaux an limitant la faculté de concentration pour rendre le cerveau incapable d’absorber des informations plus longues que le Tweet de 140 caractères maximum.
L'incapacité de dessiner, une lacune que j'assume. Je profite de l'occasion de remercier Kroll et Vadot de me permettre de reprendre leurs caricatures.
Les salons du livre font encore salle comble, ce qui donne encore une chance à l'écriture et aux livres.
Conclusions:
Nous sommes à l'ère de l'hyper-communication avec les médias disponibles. A l'ère où on dit tout et n'importe quoi. Le Buzz se crée sans même interférer sur son potentiel. La démocratie est devenue, une tarte à la crème dans laquelle on n'y trouve plus ni ses ingrédients, ni ses gènes.
Les Femen d'arroseuses passent par l'arrosage.
Le meilleur modérateur doit faire abstraction de ses propres convictions. Même si à mettre trop d'eau dans son vin, on s'y noie.
Une annonce: Agoravox, la Fondation reconnue d'utilité publique, recrute un "community manager" comme ce forum se définissait, écrivait: "Il devra entre autres animer et structurer la communauté des lecteurs, des rédacteurs et des modérateurs d'Agoravox, qui constituent la vraie source d’information d’AgoraVox et en renforcer leur cohésion".
Je ne sais pourquoi, mais cette annonce m'a fait sourire. De vieux souvenirs me sont revenus en mémoire.
Y aurait-il quelque chose de changé dans la sphère virtuelle, sous l'ombre des palmiers en fleurs, dans la torpeur et devant l'écran noir de nos nuits blanches là où se fait du cinéma?
Modérateur sur ce forum Agoravox pendant un an et parfaitement déclaré en tant que tel, je l'ai été. En plus, je continuais à passer par la même modération pour faire publier mes propres articles. Cela m'a valu beaucoup de contacts et de me retrouver, du même coup, entre le marteau et l'enclume en "Moderato cantabile".
Sera-t-on, un jour, complètement libre?
Peut-être, jamais. Tant mieux ou tant pis...
Ce serait possible, mais alors, tout le monde laisserait tomber les masques et les préjugés scolaires, parentaux inculqués à la petite cuillère dès le plus jeune âge. Un indien dans la ville, nu comme un vers, exempt de sortilèges et de'incantations vaudou?
L'espoir d'un Bouddhiste dans une de ses sept vies, d'un Musulman entouré de ses sept vierges, d'un Chrétien qui aurait, tout à coup, la folie d'énoncer les sept péchés capitaux tout haut derrière le confessionnal?
Non, impossible, je rêve...
En République française, un billet récent parle même de publicité qui remplace la liberté d'expression.
Puisqu'on parle de la France, on la croyait laïque. Les événements controverses récents du "mariage pour tous" prouvent le contraire. La philosophie y serait morte et l'Esprit Saint reprendrait du galon chez ceux qui se disent scientifiques et philosophes.
Dans une civilisation hyper-sexuée, on trouve face à face, un "mai 68 à l'envers" qui pense au mariage pour tous comme une aberration et un "mai 68 renforcé" qui explose sous toutes ses formes lors de la Gay Pride.
La Belgique, 2ème pays le plus "gay-friendly" d'Europe après la Grande-Bretagne à tel point qu'elle a été surnommée la "Belgian Pride". En Belgique, c'est dix ans depuis le mariage homosexuel...
Cette manifestation, il faut la comprendre comme un réflexe contre l'absolutisme, bien plus sexuelle.
Oui, "Tabous, casse-toi".
Vas-y, "du tag au tact", au risque de te retrouver face au regard oblique des passants honnêtes.
La censure est toujours idiote quand elle est partisane.
"Pour vivre heureux, vivons caché" est une maxime dépassée de nos jours par la maxime "restons curieux". Déconner est parfois plus important que de rester innocent.
En 1981, une pub disait déjà "Aujourd'hui, j'enlève le haut. La prochaine dois, je j'enlève le bas". Maître mot au parfum de scandale mélangé de suspense, on était encore loin du Web. Le PC arrivait seulement dans les foyers...
La tendance ne serait-elle pas cette fois de "montrer les bas", exclusivement?
Les gros producteurs de buzz vaquent dans un autre secteur, celui des gros sous.
Tandis que, pour les premiers, la censure peut "tuer", elle faire gagner le jack-pot aux seconds.
Le clip sulfureux de David Bowie a été censuré par YouTube.
Ce fut un beau coup médiatique. Buzz contre buzz en espérant qu'il en restera quelque chose de positif.
D'après le rapport de "Reporters sans frontières", la Belgique occupe la 21ème place dans le respect de la liberté de la presse.
Parmi les meilleurs, on cite la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège. Parmi les lanternes rouges, la Corée du Nord, l'Iran, la Chine et Cuba.
Sans carte de presse pour exprimer ces choses, les internautes n'ont pas de classements, aucune statistique n'étant disponible.
Faudrait-il inventer un organisme "Les internautes sans frontières"?
Avec quel modérateur?
L'enfoiré,
PS: Je parlais de la Gay Pride, elle avait lieu, ce samedi de Pentecôte, à Bruxelles. On annonçait une Gay Pride sous tension. Digne d'une côte en pente à remonter, en quelques sortes...
Elle se passa très bien avec 80.000 spectateurs fiers d'être là avec le mot d'ordre "la famille".
Un clic, et voici quelques photos intimistes d'avant la parade. Elles ont été prises le samedi matin, lors de la préparation de la parade.
La parade, elle même, ce sont les journalistes qui se sont chargés de vider leur chargeur de photos. Choqueront-elles les âmes biens nées?
- « Qu'est-ce qui pousse certains auteurs à se cacher derrière un pseudonyme ; est-ce qu'un écrivain, finalement, possède une existence réelle ? », Paul Auster
- « Le poisson est un animal susceptible: en présence du pêcheur, il prend facilement la mouche. », Noctuel
- « Internet: un grand théâtre dans lequel les acteurs se croient au bal masqué.», L'enfoiré
08:55 Publié dans Blog, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18/04/2013
Non, mais allô quoi, Fakebook?
Facebook, encore et toujours. Plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde sur Internet. Ce réseau social réapparaît encore plus envahissant via le téléphone. Mais, qu'est-ce qui attire dans ce jeu de quilles? Qui utilise quoi et comment?
En Belgique, fin février, on comptait 4,9 millions d'utilisateurs de Facebook. Quasi la moitié de la population, en tenant compte que, logiquement, Facebook n'est pas accessible aux moins de 13 ans.
C'est le premier réseau social dans notre pays (62%) devant LinkedIn à 19%, Google+ à 18% et Twitter à 12%.
Cinq millions de Belge. 7 Belges sur 10 sont désormais présents sur les réseaux sociaux.
Le meilleur (ou le pire) serait-il encore à venir?
Après Facebook, voilà "Facebook Home" et par la même occasion, la prise du contrôle du téléphone de ses utilisateurs. Jusqu'ici, disponible sur les smartphones et les tablettes Android. iOS et Windows Phone, c'est pour bientôt.
Une application mobile d'une puissance absolument... 'phénoménale', était-il annoncé.
Une méga-application qui rhabille le téléphone de la tête aux pieds.
En gros, l'écran de verrouillage, la page d'accueil avec les icônes, le fond d'écran, les menus avec les applications à télécharger, le chat Messenger, fusionné avec les SMS et les messages. "Facebook minded" avec l'aide de Instagram, une autre application contrôlée à 100% par... Facebook.
Dès que le téléphone s'allume des photos postées par des amis défilent, en plein écran, avec les appels, les messages, les notifications.
Cette nouveauté sera gratuite. Le but, rester connecté en permanence sur son réseau. Cerise sur le gâteau, téléphoner, ce sera sans passer par le réseau téléphonique. Magique, donc...
Les données offertes par les Facebookers sont un bien trop précieux et rentable sur d'autres plans pour penser à les faire payer.
Il y a bien eu, le 13 mars, la Fondation CIGREF qui publiait les conclusions d'une étude intitulée "Tester l’hypothèse de la "Fin de la Vie Privée" dans la communication assistée par ordinateur.
Mais, voyons, il ne faut pas jouer le trouble-fête.
Cela étant dit, analysons, une nouvelle fois, le cas "Facebook".
Au milieu de beaucoup d'autres moyens considérés comme sociaux, Facebook est surnommé Fakebook, comme quelque chose qui sonne faux qui commence par une invitation, un partage, une déclaration et se termine en Muppet Show qui se met à caracoler. Ce qui est faux doit avoir une logique différente.
Qu'y a-t-il de social là-dedans? Tous amis, anciens amis d'avant, amis des amis, amis des amis des amis dans "the big family"? Plus on a d'amis sur Facebook, plus le concept d'ami devient relatif. Montrer aux amis combien notre vie est "cool" dans un média d'égo, quelques bafouilles, quelques photos de famille, le tout pimenté de voyages lointains réels ou irréels. Le privé révélé avec fierté...
Fini la crise. A la rigueur, une petite indignation, peut-être, mais sans casser l'ambiance. Il faut rester anodin, inoffensif, sans scandale.
Rester ignoré, par contre, devient le pire des cauchemars.
Facebook affirme le Bonheur, dans un parfait statu quo. La désagréable incertitude mine plus qu'elle ne solidarise. Alors, ce sera sans douleur, sans tristesse, sans angoisse, cool pour le meilleur et sans le pire. Insatisfaits, cherchez sur le terrain des amis en chair et en os avec plus d'os que de chair.
L'article 3&7 dit : "Vous ne publierez pas de contenus incitants à la haîne ou à la violence, menaçant, à caractère pornographique ou contenant de la nudité". Facebook se dit le "gardien de l'ordre moral" au mépris de la liberté d'expression élémentaire avec des modérateurs factuels, institués comme juge.
Un profil Facebook dans la note doit réconforter les autres et rassurer son propriétaire d'exister même si c'est "a second life" à la mesure des aspirations.
Gratuit? Oui. Mais peut-être de moins en moins. Si un Facebooker veut envoyer une bafouille en dehors de son champ d'amis, plus le degré de célébrité de celui-ci, grimpe, plus il va devoir payer pour écrire sur son mur. Pour éviter les spams et les messages indésirables, est-il dit, bien sûr.
Je n'oserais pas dire que, même dans le champ des amis, tout soit intéressant à savoir. Mais, bon, n'insistons pas. Cool, je vous dis.
Peu importe si les fans des people deviennent, quelque part, les dindons de la farce quand ils interviennent dans la pub de leurs idoles, tout en rehaussant les bretelles financières de Facebook, c'est étudié pour.
Des demandes de contacts arrivent, aussi, par l'intermédiaire d'autres canaux, comme Skype, ou l'eMail. Des bouteilles à la mer. comme celui que j'avais reçu récemment et qui, un peu tronqué, disait: "Je désire correspondre avec vous".
Un message plein de pureté, un véritable CV prestigieux. Cela prouvait que, dans toutes les couches favorisées de la société, règne une certaine détresse avec un besoin de dialogue. Enfin, si c'est vrai....
Jusqu'où "aller trop loin" et avec quelles sauces le "repas migratoire" serait servi, n'était pas précisé.
Une bouteille à la mer sur Internet atterrit, souvent, là où on s'y attend le moins.
Mon vieux billet "Veux-tu être dans mon réseau" approchait le problème des relations virtuelles par le côté technique via différentes options possibles.
Une question me vient à l'esprit: "y a-t-il un code de conduite dans la virtualité en général?".
L'art du savoir vivre sur le net s'appelle la netiquette qui ne serait pas réellement nécessaire en fonction du côté "cool" de Facebook. Mais, tout ne passe pas par là. Alors, de nouvelles questions se posent.
En 1936, Dale Carnegie avait écrit un best-seller "Comment se faire des amis".
De son temps, c'était plutôt les relations de travail, avec des amis en "dur" auxquels il donnait ses conseils pour améliorer les relations.
Le livre a été remis à jour, par ses "Assiociates" en se tournant vers le numérique et la virtualité des relations. Cette version a pour sous-titre "Comment se faire des amis à l'ère du numérique" suivit de la précision "et accroître son influence".
Deux approches très différentes.
Dans ce livre, d'après la préface, il s'agirait de méthodes psychologiques pour obtenir la confiance d'interlocuteurs virtuels, de les convaincre d'adopter des idées et d'arriver, ainsi, par certaines astuces à les faire changer d'avis sans les irriter.
Quatre chapitres pour prétendre y arriver. Une nouvelle entrée dans le monde magique de Facebook.
J'apporterai derrière certains titres quelques remarques et questions "particulières" et qui n'ont qu'un but de "garder l'humour de circonstances" adapté à Facebook.
1. Essentiel de l'engagement
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Ranger ses boomerangs. Serait-ce trop risqué de se faire moucher en étant trop direct ou trop ambitieux d'oser être franc dans le monde virtuel de Facebook?
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Reconnaître les points positifs et les mettre en avant. Les points négatifs sont-ils à ce point nauséabonds et donneraient la migraine à un Fabooker?
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Toucher les désirs profonds. Est-ce un désir du style "20.000 lieux sous les mers," pour ne pas rester superficiel et rester bien câblés dans un pipeline de désirs satisfaits de facebook?
2. Marquer durablement les esprits
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S'intéresser aux intérêts des autres, en parler. Les autres n'en auraient-ils rien à cirer des idées reçues en boomerang?
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Sourire. En virtuel, une photo bien souriante à ajouter au profil? Celle d'un des bons jours évidemment puisqu'il ne faut pas dégoûter d'avance un autre Facebooker.
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Dompter le pouvoir des noms. Curieux. Tout le monde a un nom et tout le monde s'empresse d'en changer pour prendre un pseudonyme en dehors de Facebook. Le nom est le logo dans une entreprise. Il garde une valeur potentielle pour l'individu qui dépendra de ce qu'il écrit. Le nom ou un pseudo représentatif a beaucoup d'importance. Il identifie.
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Écouter davantage. Cela empêche-t-il de lire davantage pour comparer avec ce qu'on écoute en dehors de Facebook?
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Parler de ce qu'intéresse l'interlocuteur. Une fois, le pouvoir des noms dompté, au minimum.
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Laisser les autres un peu mieux qu'ils étaient. Comment est-ce possible? Les autres sont par définition "bien" sur Facebook.
3. Mériter et conserver la confiance
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Éviter les polémiques. Sur le flacon Facebook, il est mentionné "Ne pas secouer avant l'emploi". C'est clair, non?
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Ne pas le donner tous les torts aux autres. C'est évident, le tort tue. C'est dire qu'il ne faut pas perdre des amis potentiels en cours de route. Pas de véritable télé-réalité, style "Koh Lanta", sur Facebook.
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Admettre ses erreurs promptement. Il ne faut pas laisser d'erreurs sur le plancher des vaches. Dans les nuages, il vaut mieux laisser des cumulus de beaux temps.
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Rester amical. Tiens, cela me rappelle "Amicalement vôtre". Pirates s'absternir sur Facebook.
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Chercher des affinités. C'est le fin mot de l'histoire. S'exciter sur des sujets dont on ne connaît pas les tenants et les aboutissants, c'est risquer de se perdre en chemin sans comprendre la direction, ni le sens à prendre.
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Ne pas revendiquer son mérite. Interdit. Ce serait donner l'impression de petitesse à l'autre.
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Faire preuve d'empathie. Toujours caresser dans le sens du poil et applaudir en choeur et au bon moment. Opportunisme avant tout.
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Appeler des sentiments élevés. Les sentiments des bas-fonds ne sont pas à consulter entre gens biens sous tous rapports.
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S'ouvrir aux autres. Dévoiler vos secrets de fabrication, c'est exactement ce dont Facebook est friand.
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Lancer des défis. Oui, mais en restant cool. Faut pas défier "Max, la menace".
4. Amener le changement sans irriter ni offenser
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Apporter des notes positives. On n'est pas à l'école avec ce prof qui mettait des zéros ou des notes négatives. Là, on irrite vraiment. Cela rappelle trop de mauvais souvenirs.
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Reconnaître ses erreurs. Quelles erreurs? Reagan disait de son bilan qu'il ne serait pas là pour entendre ce que les historiens diraient de lui.
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Minimiser secrètement les erreurs des autres. Impossible. L'autre Facebooker ne fait jamais d'erreur, par définition.
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Laisser sauver la face aux interlocuteurs. Avec quel le profil, le gauche ou le droit? La maison ne recule devant aucun sacrifice de représentation.
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Poser des questions... Au lieu de donner des réponses. Ces dernières, c'est mal vu. Point.
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Souligner les progrès accomplis. Cliquez sur "like", quoi... Féliciter l'ami de sa pensée "stratégique". Puis, changez, progressez, allez consultez le suivant.
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Aider à la réputation des autres pour la confirmer. Cela dépend s'il y a du vent que trouver un "à propos" explicatif.
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Trouver des terrains d'entente. Dans la virtualité, on surfe ainsi plus facilement que sur une vague et sans retour de flammes.
Énormément de beaux sentiments que ne dénigrerait pas un confesseur.
"Pour accroître son influence" est-il dit comme but du bouquin.
Assez déplaisant comme logique en dehors d'une pub pour un produit.
La question est de savoir à qui rapporte cette intention d'influencer. J'y reviendrai dans un article prochain.
Aux dernières nouvelles, Facebook lancera des vidéos publicitaires dès cet été.
YouTube est déjà en mains chez Google. Ce sera amusant qu'elle se place entre la photo de la bien-aimée et de tantine sur l'écran du téléphone.
"La séduction n'est qu'un jeu" écrivais-je, un jour, au sujet de la pub. Un jeu avec des règles précises et un contrôle intermédiaire.
Sur Internet, c'est de la pub sans filets. La modération n'apporte pas plus d'assurance, et serait considérée comme une censure par celui qui se voit rejeté d'un des fils d'une discussion. La seule chose que l'on peut espérer, c'est que ce ne soit pas un jeu de massacre qui passerait vite en mode "insultes" dès que la séduction tourne à l'aigre ou que, la communication vire en dehors de la zone de l'art autorisé de la méchanceté.
Facebook tente de faire croire que les amis des amis sont d'office d'autres amis comme dans une boule de neige sans fin. Rien n'est plus faux et n'avoir rien compris à la condition humaine.
Ce qui est sûr, c'est que le savoir et l'information compétente peuvent intéresser tandis que leur absence donne un résultat d'estime très aléatoire et, souvent, sans lendemain.
Être préparé à la discussion sur Facebook, est souvent impulsf. Pas besoin de beaucoup réfléchir.
Pour son lancement, le nouveau Mariane belge avait lancé une campagne de pub dans les abris-bus. Une affiche présentait le nouveau journal comme "L'hebdomadaire qui n'est pas là pour plaire". Tout l'inverse de la conception de Facebook.
Les médias officiels chercheraient-il à se démarquer dans la "Primary life"?
L'idée de sortir des sentiers battus serait-elle plus rentable financièrement dans la méthodologie du réel?
Tout le monde n'y est ni plus beau ni plus gentil. Faux semblant, donc.
Le plus durable ne s'inscrirait-il pas dans un modèle d'intérêts partagés? Intérêts d'ordre général et pas uniquement financiers, s'entend. S'il n'y a plus d'échanges d'informations, la relation s'éteint ou devient obsolète.
Les forums citoyens ne sont pas faits de "Facebook minded". Il faut aussi l'assumer.
Je me suis bien amusé à la suite de cet article qui parlait de croissance et de décroissance. Plus récent, celui d'hier qui parlait du mariage pour tous. Deux sujets avec des thèses opposées, de notre actualité brûlante. Chacun est resté sur ses positions. Match nul. Pat sur l'échiquier.
Transcender ou révolutionner la terre entière par son influence imposerait plus qu'une interprétation et pour le moins, une analyse historique. Poser des questions, cela peut rassurer l'interlocuteur sur son intérêt. Donner ses propres réponses à un problème indispose. Oui, mais c'est peut-être, une "chienne d'idée" et puis ajouter un "Grain de sel".
Oui, être indépendant des idées. Seul, c'est être libre. Je sais.
Présenter des excuses ou choisir de ne rien faire? Autre sujet d'inquiétude.
D'après une étude de l’European Journal of Social Psychology, les personnes qui refusent d’envoyer un mail d'excuses ressentaient une meilleure estime d’eux-mêmes. « Si vous refusez de présenter des excuses, vous en venez à vous sentir plus autonomes. Ce sentiment de pouvoir et de contrôle se traduit par une plus grande confiance en soi. Quant à accepter les excuses, ce serait dans le rôle de « victime », puisque trop habitué à devoir faire des excuses par politesse dans le monde policé du réel, la sincérité ne vient qu’au deuxième plan.». CQFD
Mais dans le monde de Facebook pourquoi y aurait-il une raison de s'excuser?
On y oublie tout ou on fait semblant d'oublier.
On s'amuse à faire le buzz, c'est tout.
Cette addiction qui supprimée vire à la dépression, en passant par l'obsession et l'isolement.
Dans le lot, on trouve les ultras, les menteurs, les prétencieux narcissiques, les informateur affectif tout en en secret, une mauvaise idée de soi.
Alors, pour terminer pourquoi pas une anecdote qui finit bien?
Le sujet: un internaute que j'ai connu sur un forum. Au départ, des contacts froids, glaciaux dus à une incompréhension à la base. Un contact email privé et une amitié virtuelle en finale. Son pseudo? Sapanhine. Cela ne vous dit plus rien? Mais si, c'était ici et encore là où, lui non plus, n'était ni mort ni muet.
La morale de l'histoire, c'est qu'il faut prendre du recul et creuser une relation du hasard en profondeur. Une relation peut être opposée de conviction. Elle en apprendra parfois bien plus que celle qui fera bonne figure pour rester dans les cordes du violon comme arme de persuasion. Aimer le violon, c'est bien, mais, pas sous perfusion.
Voilà, donc, la nouvelle génération appelée "Z" comme "zapping" après celle des "Y" ("why").
Des enfants, nés de smartphones, connectés en permanence, surfant sur Facebook ou regardant un film en streaming. Sans doute de nouvelles proies pour les marketeers que les analystes psys vont pouvoir épicer de statistiques.
Une technique de développement personnel fondé sur le fait d'écouter sa seule sagesse intérieure, cela finit toujours dans la génération Nabilla, celle du n'importe quoi dans un empire du vide.
"Non, mais allô quoi, Facebook Home", tu veux aussi tout grésiller dans les chaumières...
Pathétique et inquiétant, à la fois, que cette génération individualiste, hyper-sexualisée qui s'enferme dans des faire-valoir fictifs.
Si tout va très bien, Madame La Marquise dans un café bien sucré-salé, mais, attention à l'atterrissage sur le mûr des lamentations ...
Les Compagnons du Devoir ne connaissent pas la crise. Ils n'ont certainement pas dû passer sur Facebook. A la rigueur, sur LinkedIn. Rien à voir avec une secte. Mais peu d'élus qui ne devaient pas se présenter avec des mains d'or, loin d'être blanches mais, au contraire, bien noires.
La conclusion du livre de Carnegie reste, elle, toujours vraie: "Personne ne saurait renforcer sa capacité d'influence sans proximité relationnelle. Si, aujourd'hui, les affaires tournent 24 heures sur 24, la première préoccupation doit rester l'humain. Les plus belles aventures seront toujours des histoires d'interdépendances et d'interactions. Au bout du compte, l'art de se faire des amis à l'ère numérique se résume à trouver un terrain d'entente pour établir un lien et le maintenir".
Un email m'est arrivé qui m'indique que j'ai des "notifications en attente" sur Facebook... Je sens que cela va être transcendant. :-)
"Blogo, forum, ergo sum. Errare humanum est".
L'enfoiré,
- « L'amitié totale est universelle. Et seule l'amitié universelle peut être une amitié totale. Tout lien particulier manque de profondeur, s'il n'est ouvert à l'amitié universelle. », Jean Guitton
- « Une amitié née des affaires vaut mieux qu'une affaire née de l'amitié. », David Rockfeller
- « La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie. », Sénèque
- « Allez-vous y retrouver parmi le faux vrai, le vrai faux, le vrai vrai et le faux faux ! », Armand Salacrou
- « Il ne faut pas croiser le fer, quand il n'y a pas de fer », L'enfoiré
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11/04/2013
Un début d'avril sans poisson au château de La Hulpe
Ce 1er avril, jogging dans le Domaine du Château de la Hulpe. La veille, j'en avais parlé avec mon copain qui connaissait pour y être passé en voiture devant l'entrée. Sans plus. Une raison de plus pour en parler. Un château, à moins de 10 kilomètres du centre de la ville, dans la forêt de Soignes. Une histoire d'un domaine et d'un château mais sans châtelaine.
Le Domaine Solvay est un endroit parfait pour oublier la ville de Bruxelles et son trafic à moins de 20 kilomètres de la ville.
Une perle du patrimoine architectural de la région wallonne de 227 ha, clôturée dans un parc à la lisière au sud de la Forêt de Soignes.
Ce lundi matin, 1er avril, 11:00, du soleil, seulement 2°C au thermomètre et un vent piquant, le week-end de vacances printanier (la nouvelle manière de nommer les vacances de Pâques) commence sous un bon présage.
Pour se promener, il s'agirait d'être habiller chaudement, ce qui n'est pas mon cas. C'est dire qu'il me faudra courir. Pas question de lambiner en chemin sous mon training léger de coton. L'appareil numérique dans une main droite gantée de laine. L'autre dans la poche, prête à dégainer le carnet et le crayon. Paré pour une visite reportage.
Ce printemps était vraiment attendu après un hiver long avec des chutes de neige qui revenaient alors qu'on ne les attendaient plus.
En ces derniers jours de froidures persistantes, les arbres dénudés de leurs feuilles ne me rappellent ni les couleurs tendres du printemps et les couleurs chaudes de l'automne sont déjà loin. Les séquoias, seuls, continuent à pâlir d'envie les "collègues" à leur toison verte perpétuelle.
Le sol est spongieux, Je glisse à certains endroits. Mais, ce n'est ni une surprise ni un poisson d'avril, ni un chien qui aurait laissé sa carte de visite. C'est la boue qui m'attend, en ce premier avril, pour que je slalome ou que je surfe. Tout simplement.
Le passage par le château, je me le réserve pour la fin de ma course. Le contourner en cercles concentriques, ce sera ma technique d'approche.
Central, au sommet d'une butte, il n'est pas très discret. Il apparaît dans le champ de vision, sans même le chercher.
A droite de l'entrée, les trois séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) attirent une nouvelle fois, mon regard.
A gauche, c'est l'Argentine. Non, pas le pays, la rivière Argentine qui s'écoule dans un courant rapide et constant.
Un peu plus loin, première visite: les écuries "Les rênes de la Vie". "Un lieu de vie et d'intégration entre handicapés et non-handicapés" comme il est mentionné. Tout un programme avec le respect envers les animaux et les hommes.
Les étables sont ouvertes et vides. Près d'elles, quelques chevaux viennent de sortir et entament un pas de danse en cercle dans l'enclos, tout proche. Un palefrenier rassemble le fourrage à leur attention.
En 1991, J. Saintenoy-Simon a fait l'inventaire de toutes les essences d'arbres présentes dans le parc. Des plantes vasculaires indigènes et subspontanées, des Bryophytes, mousses et hépatiques. 450 espères ce qui représentent, tout de même, 38% de la flore belge. La preuve est faite, la diversité de l'habitat favorise, de fait, la biodiversité.
On deviendrait dendrologue, sans en connaître le mot, pour moins que cela. Des plaquettes plantées sur les troncs permettent d'en identifier quelques espèces avec le nom français associé au nom scientifique.
L'obélisque, dans le fond, avec son soleil au sommet fait majestueux.
Les deux étangs attirent les curieux qui donnent quelques miettes aux canards colverts.
Une occasion choisie par les photographes à l'affût d'instants insolites.
Assis sur un banc, un vieillard regarde la scène des ébats entre humains et volière avec un intérêt amusé et philosophe.
La Fondation Folon entre dans l'objectif. Dans une ancienne ferme, les sculptures de Folon restent à jamais un des objectifs de visite du parc, mais ce sera, pour bientôt, lors de la réouverture printanière. En attendant, les statues regardent les passants, figés dans une posture destinée à l'éternité.
Des cyclistes s'époumonent en grimpant sur les quelques buttes. Il est temps de les suivre et d'atteindre le château.
Des statues, rongées par la mousse et le temps, de chaque côté du musée. Deux ensembles de personnages qui ont l'air de demander pitié au personnage du dessus qui avec ses chaînes voudrait les empêcher de s'évader et de prendre le large.
Dans le jardinet à la française, une sirène semble implorer le ciel, entourée de petits d'anges, tout aussi prêts à s'envoler.
Devant le château, une piscine arrondie a dû accueillir quelques baigneurs dans l'histoire du château, mais, elle n’incite plus à la baignade.
Il est temps de redescendre vers la sortie.
C'est le moment de parler de l'histoire à rebondissements du domaine et du château.
Le village de La Hulpe a conservé des tumuli de l'époque romaine au Champ-des-Mottes.
Henri 1er de Brabant accorde des privilèges à la localité, mais ce n'est qu'en 1567 que le village porte le nom de « La Hulpe », d'origine celte, "La Helpe", qui signifie "Rivière d'argent".
Bien plus tard, le village sera reconnu comme "La porte des Ardennes brabançonnes".
En 1663, le 1er moulin à papier est installé. C'est le début d'une industrie qui reste prospère jusqu'en 1970.
L'histoire du domaine se poursuit par un véritable thriller économique dans lequel intervient les membres de grandes familles.
Tout commence en 1822, sous l'époque Hollandaise. Guillaume 1er crée la Société Générale ( plus précisément "Algemeene Nederlandsche Maatschappij ter Begunstinging van de Volksvlijt" donc "pour favoriser l'insdustrie nationale") et légue des domaines fonciers de la forêt de Soignes en échange d'une dote annuelle de 500.000 florins. Comme toute entreprise privée, soumise à l'impôt foncier, la Société Génarale se voit forcée de partager les territoires avec les communes limitrophes.
Entre 1831 et 1836, trois cinquième de la surface sont ainsi vendus à des propriétaires privés.
Dès 1833, le marquis de Béthune-Hesbigneul achète quelques parcelles de la forêt de Soignes. En 1842, il y érige un superbe château dont le style était modestement inspiré du château de Chambord, édifié suivant les plans des architecte Arveuf-Fransquin et J.F. Coppens.
Son aspect est très différent de celui d'aujourd'hui. Quatre tours octogonales lui donne un aspect médiéval en briques rouges.
En 1871, le baron Antoine de Roest d'Alkenade acquiert le château.
En 1893, il est racheté par l'industriel Ernest Solvay qui le considère comme résidence d'été et qui n'y apporte aucune modification majeure. Victor Horta est chargé, seulement, de l’aménagement intérieur.
Le fils Armand Solvay et le petit-fils Ernest-John modifient considérablement le château pour lui donner l'aspect actuel. S'ajoutent aux alentours, la plantation d’essences exotiques, le Belvédère et son étrange escalier, l’étang de la ferme, la percée rectiligne qui débouche sur ce curieux obélisque artificiel de 36 mètres de haut.
En 1968, pour préserver le château et éviter le morcellement du parc en lotissements, Ernest-John lègue toute la propriété à l’État belge.
En 1972, à sa mort, le parc, devenu propriété de la région, il devient accessible au public.
Mais, dès 1975, des problèmes de succession apparaissent. Un véritable roman feuilleton s'engage avec Anne Solvay qui voudrait le récupérer et qui gagne, en première instance, son procès comtre l'Etat belge.
Ce conflit juridique va durer vingt ans en passant de la Communauté française à la Région Wallonne.
Cette dernière met fin à la discussion en allongeant 200 millions de FB sur la table des négociations et garantit ainsi le classement du domaine et à nouveau, l'accès au public.
L'imbroglio juridique se poursuit avec l'épisode Folon.
Dès 2000, la Fondation Folon s'est installée dans l'ancienne ferme. Dans 14 salles, 322 œuvres contenant des gravures, des sculptures, des aquarelles, des tapisseries et des affiches de l'artiste, y sont exposées.
Bien après la mort de Folon, une autre histoire rocambolesque se poursuit jusqu'à la présence de ce qu'on a appelé un "Ministre des Utopies".
Après, le calme revenu, le château devient un lieu de réceptions, de mariages de prestige et de réunions politiques.
En été, des concerts et des pièces de théâtre y sont représentés.
Un restaurant et une librairie complètent pour rentabiliser le concept de Fondation.
En 1988, plusieurs scènes d'intérieur et d'extérieur du film "Le Maître de musique" ont été tournées au Château de La Hulpe. (Un extrait qui permet de voir l'intérieur du château).
Comme le château et le parc valent le détour en toutes saisons et en toutes occasions, on en arrive à parler de surfréquentation du site.
Oui, je sais, il y a ceux qui quittent les chemins, qui piétinent les semis, qui escaladent les talus, des adeptes de VTT à la recherche de nouveaux parcours difficiles, dont la surfréquentation n'est pas le souci majeur.
Parler de Solvay, de Folon, c'est commencer par écrire des poèmes à plusieurs volets.
Oui, il y a toujours des effets secondaire dont il faut tenir compte pour trouver l'accord entre juste milieu et juste prix.
Quant à toi, cher copain, prend une heure ou deux, peut-être, trois, pour un passage futur, elles ne seront pas superflues.
Il parait que les "Dimanches au Château" sont de retour. Une occasion de plus à ne pas manquer.
D'après la pub, "la vie y devient facile". Je ne pouvais trouver meilleur incitant.
Non, Nicolas Sarkozy que l'on apprenait, ce matin-là, vouloir s'installer en Belgique, ne viendra pas s'intaller en Bruxelles et racheter le château. C'était un poisson d'avril.
Je ne dis pas que tu y trouveras la châtelaine de tes rêves, à l'entrée du château...
Mais, prends ton appareil avec toi, numérique ou analogique, qu'importe.
Installe-toi devant la piscine du château, bien à l'aise. S'il n'y a pas de transat, ce n'est pas grave. Pour finir, demande à quelqu'un de te prendre en photo. Surtout, regarde s'il n'y a personne d'autre dans le champ avant de faire le clic pour la postérité. Cela t'éviteras de devoir modifier la photo par après.
Tu verras, cela donne une impression de puissance et que le monde est à toi.
Pas besoin de te faire mousser avec une bombe atomique. C'est bon pour l'ado de service coréen. Une photo avec un style de coiffure de punk atomique, cela ferait désordre et pas chic du tout par ici.
Hier, on apprenait que Bernard Arnaud ne veut plus devenir belge. Ce n'était pas un poisson d'avril non plus.
Je te laisse avec mon 1er avril, en photos
ou alors en toutes saisons dans un voyage au pays de Folon...
Ce pays-là te fera, à coup sûr, vivre sur une autre planète.
L'enfoiré,
Articles connexes: "Forêt de Soignes, forêt soignée", "Séquoia sait quoi y a".
-
« O saisons ô châteaux. L'âme n'est pas sans défauts. », Arthur Rimbaud
-
« Les châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir. », François Mauriac
-
« Le schizophrène construit des châteaux dans les nuages. Le psychotique y vit. Le psychanalyste touche les loyers. », Jérôme Laurence
08:25 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Loisirs, Parodie et humour, Santé et bien être, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28/03/2013
Créateurs d'étincelles
Je me suis demandé comment j'aurais pu inciter des adolescents en phase terminale du secondaire et les passionner à l'étude des Sciences quand on sait qu'elles sont un peu négligées... Défi pour un prof de Sciences...
Je ne vais pas vous sucrer la pilule. Des nouvelles négatives circulent dans beaucoup de domaines.
Aujourd'hui, je vais tenter de renverser ce négativisme ambiant et essayer de vous passionner en vous parlant de ce que les Sciences peuvent vous apporter.
Je vais commencer par vous parler d'histoire. Pas d'histoire avec un grand "H" comme vous l'enseigne votre prof d'histoire. De la petite histoire de ceux qui ont marqué leur temps en laissant des traces indélébiles. Des anonymes célèbres, des créateurs d'étincelles, qui travaillent dans l'ombre, loin de "The Voice", mais qui entrerons dans les habitudes des gens par leurs découvertes et leurs inventions.
Et, j'en suis convaincu, vous pourriez, demain, être de ceux-là.
Je ne vais pas vous rappeler la dernière aventure qui est arrivée à Summly, à ce rachat par Yahoo, de ce Nick d'Aloisio quoique ce serait une bonne entrée en matière pour vous dire que la réussite est toujours possible. Oui, vous avez raison, le foot vous passionne et devenir un joueur sur le terrain, peut vous faire gagner plus de sous et vous motiver. Comment contrer cela?
Pourquoi pas commencer par l'histoire de votre portable? Vous l'utilisez pour communiquer sans plus vous rendre compte de tout ce qui l'a précédé avant d'arriver dans vos poches. Il a supplanté le téléphone fixe et révolutionné votre vie de tous les jours. A une époque encore récente, il ne méritait pas la qualification de "portable" en faisant désordre avec son antenne proéminente.
Mais vous direz, ce n'est pas de la science mais de la technologie. Et vous aurez raison. Mais, l'une est complémentaire à l'autre.
Tout va plus vite aujourd'hui que par le passé grâce à la technologie comme levier accélérateur de la Science sans que cela se ressente dans le bonheur général du monde.
Mais, passons, si vous le voulez bien, cela nous engagerait sur une mauvaise voie ou de mauvais sentiments...
Suivre l'histoire de la Science, c'est faire l'inventaire des inventions et des découvertes à travers les siècles comme l'a présenté l'émission de Arte "La fabuleuse histoire de la science" en six épisodes. Une histoire qui vous impose de revoir toutes vos convictions l'une après l'autre.
Je reprendrai les conclusions du dernier épisode:
- à notre insu, le cerveau fait de la Science.
- la Science est affaire de politique, de croyances et d'argent
- elle est motivé par le pouvoir et la passion
- les questions de demain seront façonnées par ce que nous sommes, par notre monde et nos préoccupations
Tout cela est vrai et bien résumé.
Il vous reste le choix du comment l'aborder. Des questions existentielles restent ouvertes comme "qu'est-ce l'univers?", "d'où venons-nous? et "de quelle matière est fait notre monde?" dans lesquels vous pouvez intervenir pour faire évoluer les connaissances scientifiques.
Je préviens, les connaissances perdent très vite de leur superbe et de leur caractère exceptionnel. Elles se doivent se renouveler en permanence. "Innover" est, plus que jamais, le mot clé.
Sur ARTE, une autre série d'émission intitulées "Il était une fois... les découvreurs" réalisées en dessins animés est destinée aux juniors.
La dernière présentait "Guillaume Marconi et les ondes" avec son esprit curieux qu'il avait en bricolant des fils électiques en spirale pour créer des champs électromagnétiques en se passant de fils pour communiquer.
L'histoire des communications est arrivée dans mon Smartphone et elle continue toujours à vivre sa folle aventure...
Au 19ème siècle, avec les découvertes et les lois de la thermodynamique et de l'électromagnétisme, le monde scientifique croyait qu'il connaissait toutes les lois fondamentales de la nature.
On en était loin comme vous pouvez le constater.
Sur la page de garde du Printemps des Sciences, dont les expositions viennent de s'achever à Bruxelles, il est écrit: "La Science est précieuse, fascinante, étrange…On pourrait aussi la qualifier d’inodore, incolore, insipide, mais ce serait trop réducteur. Alors, pourquoi pas: complexe, subtile, changeante, et surtout, essentielle? Ah, elle peut aussi être solide comme le roc, fluide comme le vent ou même invisible comme l’air. Banale et extraordinaire à la fois, omniprésente et rare, elle est source de vie, mais peut aussi semer terreur et effroi… On la traque sous terre pour vivre, et sur les autres Terres, juste pour le plaisir. Cosmique ou tellurique, elle est au cœur de notre existence, de notre survie, de nos loisirs, de nos peurs, de nos espoirs."
Disons que la Science se cherche en permanence, qu'elle bouge, qu'elle n'arrive jamais à satiété avec ses inventions et ses découvertes. Beaucoup de magazines de vulgarisations scientifiques en témoignent.
Si j'arrive à modéliser ces étapes dans votre esprit, à leurs donner un sens, une origine, une histoire et une fin de recevoir ou de non recevoir, je serai arrivé à mon but.
Je dis "non recevoir", parce que tout n'est pas bon à conserver et à prendre en considération. Des échecs et des déchets sont du nombre. Il y a toujours des découvertes ou des inventions qui ne tiennent pas la route dans la distance, trop dangereuses à l'usage ou en inadéquation avec le temps. L'histoire de la bombe atomique n'est qu'un des dérapages.
En résultent des bides magistraux conçus avec de gros budgets et de petites réalisations qui font, elles, un tabac.
Inventer est toujours plus flatteur que de découvrir fortuitement pour justifier les investissements avec des rendements élevés.
Le côté fortuit de la découverte reste, bizarrement, dans l’ombre et non avoué par le découvreur-inventeur qui aimerait plutôt laisser une image de longues recherches et d’un travail acharné.
La fin justifie-t-elle les moyens?
Une réponse de Normand vous suffirait-elle? Je n'en ai pas d'autres.
Vous aimez les romans à suspense. Alors, avec la science, vous en aurez.
On vous demandera de publier pour vous faire connaître et attirer l'attention sur vous. On vous demandera d'être proactif. Il faudra conserver l'humilité car avoir raison trop tôt, c'est trop émouvoir la galerie.
Ressentir l’importance du changement nécessaire fera partie de votre stratégie future, d'une intuition mêlée d'expériences.
Gardez une partie de votre savoir en réserve, pour ne pas vous le faire coiffer sur le poteau. Des inventeurs qui se sont fait voler leurs idées ne sont pas rares car la compétition fait partie du jeu.
Pour faire bouger les choses, comme acteur scientifique, il y aura le pouvoir, la passion, la rivalité et le hasard, la chance (inventions fruits du hasard). L'histoire s'écrit tout autant dans les laboratoires que sur le terrain.
Aujourd'hui, on mêle tout le melting pot, sous le seul parapluie des "Recherches et Développements". Des R&D, en abrégé. Des budgets sont alloués à la Science par le secteur public et plus souvent par le privé, mais toujours au compte-gouttes.
Pourtant, on confond souvent l'invention avec l'innovation.
Le prix Nobel de médecine en 1937, Albert Szent-Györgyi disait qu'il y a deux types de recherches.
La recherche fondamentale qu'il qualifiait de "dyonisiaque" et la recherche appliquée, définie comme "apollonienne".
Dyonisos, associé au bon vin mais aussi, à la recherche de l'inconnu, avait des visions sans en connaître la destination, soutenues uniquement par l'enthousiasme, l'imagination et la démesure.
Apollon, associé au dieu du soleil, ami avec la raison, aimait les sollicitations objectivées et récompensées.
Et si Apollon avait rendez-vous avec Dyonisos pour aller boire un coup ensemble, est-ce qu'ils continueraient à innover?
L'innovation est la transition de l'invention. Elle a besoin de sponsors pour démarrer et espère des royalties en retour. Elle est devenue chère à rechercher à décupler son potentiel. 
On n'invente plus avec seulement un point d'interrogation devant le nez. La science s'est elle-même transformée dans ses processus et se tourne vers le travail en équipe.
Les entreprises ne peuvent même plus se permettre de se limiter aux résultats de leurs propres recherches. Elles acquièrent des connaissances d'autres sociétés. Elles sous-traitent et achettent des licences, des brévets.
L'écueil de l'invention fortuite, mais trop aléatoire, est ainsi évité. Il n'y a que la standardisation qui fait défaut dans ce processus d'externalisation qui empêche d'accroitre encore plus cette tendance. 
Les relations "homme-homme" sont devenues difficiles et chères, disais-je. La machine s'est introduite dans cette relation qui n'est plus limitée au "one to one", mais au "many to many". Des relations dont on vous a parlé au cours d'informatique avec les difficultés qu'elles engendrent. S'il y a des dysfonctionnements et des erreurs, pour s'en disculper, ce sera toujours le bug informatique et la machine qui sera responsables. Ce qui est plus de neuf fois sur dix, absolument faux, mais qui évitera de chercher les erreurs humaines qui prendraient bien plus de temps.
Voilà, les questions qui importent, désormais, bien plus que la décision de passer à l'acte.
Alors, vous allez me dire, "mais qu'est-ce que je viens faire dans cette galère?". "Comme les entreprises le font, je n'ai plus qu'à acheter ce qui existe pour consommer". "Plus besoin de me farcir des années d'études".
Encore une fois, à la limite, on pourrait le croire que tout a été inventé comme au 19ème siècle. Et pourtant...
Le marketing impose toujours ses lois. Si le marketing ne donne plus le temps aux entreprises d'espérer des inventions révolutionnaires et des découvertes fortuites, il fait tourner la machine du temps et des fantasmes.
Aujourd'hui, la complexité et le temps pour "inventer", pour "découvrir" est toujours voulu plus court.
Ok, il y a l'"Open Innovation", l'"Open source" que vous devez avoir entendu parler sur Internet. Henry Chesbrough voulait mixer les connaissances par cette voie. D'après lui, il faudrait tout ouvrir pour tout le monde dans le libre, le perpétuel et le gratuit. Quand on sait que nous sommes dans un monde où tout s'achète et se vend, vous vous dites, il doit y avoir un truc.
Je ne sais si c'est à cause de ces considérations que la Science aurait moins de succès auprès de vous, jeunes, plus attirés par le rêve que par une époque de crises et de projets d'avenir que l'on vous propose au raz des pâquerettes. Mais, il faut savoir que la pénurie de jobs dans le domaine des Sciences, existe bien plus qu'ailleurs.
La recherche fondamentale est souvent sous-évaluée à cause de ses retombées aléatoires. D'accord. Tout n'est pas qu'argent pour générer le plaisir.
Soi-disant moins rentable, avec des retombées non estimables dès le départ, elle fait partie des activités scientifiques qui entrent en conflit moral avec la recherche appliquée qui se fixe des objectifs précis de rendements. Ces deux approches restent complémentaires.
La société veut toujours du nouveau. C'est ce qu'elle attend de vous.
Une véritablement lutte à mort s'est engagée en dehors de nos frontières. Les pays en voie de développement vous attendent au tournant dès que vous lâcherez prise.
Votre portable et votre PC venaient du Japon. Il vient, désormais, de Corée du Sud.
Les cerveaux seraient-ils mieux formés en Corée qu'au Japon avec une technologie mieux adaptée?
Pas vraiment. Il y a une autre loi qui intervient. Celle du prix de vente qui dépend, à son tour, du cours de la monnaie. Le won coréen est beaucoup plus faible que le yen. Ce qui explique cela.
Le progrès humain est jonché de ce genre de moments d'incongruités politiques que l’humanité est obligée d'assumer.
Je suis désolé de vous le dire, les moments de grâce seront plus discrets encore dans le futur.
Il ne faut pas sous-estimé le consommateur. Pas fou, celui-là. Il peut analyser et comparer les prix avec le rendement et les plaisirs des gadgets que les technologies lui fournissent.
Alors, il faudra le faire rêver, ce consommateur comme un maître de la simplexité pourrait le faire, puisqu'il ne se rend pas compte que l'ergonomie qui lui rend les choses simples et plus agréables, sont dans le fond très complexes.
Même si, dans vos déductions, vous avez quelques soupçons sans preuves, il faudra les vendre, les traduire en y mettant des artifices pour qu'ils soient encore "achetables" par des consommateurs blasés. D'autres, avant vous, l'ont fait avec plus ou moins de bonheur.
Vous vous souvenez de ce fameux Boson de Higgs avec les théories des molécules qui l'entouraient. Imaginez comment cela aurait été difficile de le faire connaitre sans les médias, sans le buzz qui l'entourait et sans un nom magique de "particule de dieu". Réunir la science avec la religion par l'intermédiaire des médias, quelle idée de génie !
Aujourd'hui, c'est mon rôle de vous faire rêver à votre futur entre plusieurs voies.
Une première, celle du fondamental qui offre un angle à 360° avec la liberté mais sans certitudes et sans beaucoup de sponsors. Une seconde, au canevas de recherches, fixé d’avance par la recherche appliquée. Chacune contient tellement de sous-couches différentes du savoir que vous avez un choix étonnant.
Il faut avouer que le métier de chercheur demande des dons d’ubiquité, d'intuition, d’observation, d'esprit de déduction qui sortent souvent des programmes enseignés dans les universités qui se doivent d'être informatives sans obligation d'apporter l'assurance du succès.
Les fondamentalistes ne seront pas plus intégristes avec des buts exploratoires, avant de devenir expiatoires devant un bide éventuel que les applicatifs.
L'ancien patron de GSK était sur antenne, hier. Il rappelait quelques principes en provenance du secteur pharmaceutique.
Je ne suis pas là, non plus, pour vous vanter uniquement les études supérieures.
Chacun a son mot à dire pour croiser le fer de l’invention et de la découverte.
Mardi, Thomas l'avouait qu'il ne se sentait pas être une flèche tandis que ce jeudi, il se sentait avoir de l'influence sur le gouvernement.
Thomas, dont le papa, Edgar Gunzig, vous vous rendez compte, était physicien, intéressé au vide quantique, à l'inflation cosmique et auteur de la théorie du bootstrap, une théorie explicative de l'origine de l'univers. Ce serait, vraiment, jouer au fils à papa, avec un parfum de népotisme, que d'en ajouter une autre couche avec les mêmes accents, les mêmes notes, via son fils. Soyons pluralistes, que diable...
L'autodidacte, aussi, peut avoir des envies de crier "Eureka" dans son bain ou ailleurs, sans avoir suivi des études très poussées.
Passer à côté de la plaque de l'histoire manquerait toujours de panache et de goûts d’aventure quand on a quelques moyens innés, manuels ou intellectuels.
Devenir "créateur d'étincelles", cela demande bien plus qu'une vague rumeur de l'histoire, qu'une entrée en religion et la fougue, personne ne vous forcera à l'avoir.
Les Sciences, en vitesse de croisière? Peut-être...
Crises structurelles? Un mauvais moment à passer?
"Cogito ergo sum", disait Descartes.
Cette maxime, au moins, est toujours vraie.
Rappelez-vous que les Sciences peuvent être autre chose qu'austères. Elles peuvent être très amusantes comme le sont les histoires de Sherlock Holmes.
Voilà ce que je voulais vous dire, aujourd'hui.
Une vieille blague, pour finir, me vient en mémoire. Un peu rafistolée pour l'occasion, elle pourrait se dérouler ainsi:
Trois inventeurs dialoguent au salon des inventions de Bruxelles.
Le premier, un américain dit:
- J'ai fait partie du projet Google glass. Avec ces lunettes, il est possible de communiquer avec le monde entier.
Le second, japonnais dit:
- J'ai fait partie de l'équipe qui a développé les nouveaux robots. Ils permettent d'aller voir de plus près les réacteurs de la centrale de Fukushima. Nous les contrôlons à distance. Cela n'est pas par la télépathie. Ils ont beaucoup de latitude dans leurs actions pour décider de la marge de manoeuvre sans interventions des hommes.
C'est alors qu'on entend un bruit sourd qui provient de l'inventeur belge. Tous deux se retournent vers lui.
Le Belge, un peu honteux, dit, avec un esprit inventif:
- Ne vous en faites pas. C'est mon hologramme téléporté à New York. Je lui avais envoyé un message. Il vient de me renvoyer un accusé de réception sur mon vieux fax.
(Rires des étudiants)
Je ne vous dis pas, mais, la morale de cette histoire pourrait bien être que si vous ne parvenez pas à faire passer vos inventions dans le public par les médias habituels, vous avez toujours la possibilité d'utiliser, en plus, l'ouïe ou l'odorat pour le faire.
Mais vous pouvez le considérer comme un poisson d'avril avant l'heure...
(Rires et applaudissements)
L'enfoiré,
Citations:
- "Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle", Nicolae Iorga
- "Les grands embrasements naissent de petites étincelles.", Cardinal de Richelieu
- "Qui a peur des étincelles ne devient pas forgeron", Proverbe allemand
08:15 Publié dans Ecole, Histoire, Nature et Ecologie, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : histoire
07/03/2013
Les démons de l'âge ou de la jeunesse éternelle
Tous octogénaires... Quels sont les vrais-jeunes de 80 ans dont parle "Le Point" dernièrement?
Avec l'aide de la médecine, de plus en plus vieux vivent de mieux en mieux et de plus en plus en plus longtemps.
Selon les chercheurs de l’Institut Max Planck, 72 ans d'aujourd'hui, valent 30 ans d'hier. La mortalité a diminué, à toutes les tranches d’âges, plus rapidement qu'au cours des 200 millénaires précédents grâce aux antibiotiques, aux vaccins et aux progrès dans l’agriculture et dans le traitement des eaux.
Le Journal de LA1 du 1er mars avait une séquence intitulée "Tous octogénaires" car en Belgique, l'espérance de vie est passée à 83 ans pour les femmes et 78 pour les hommes. Pas de tabac, peu d'alcool étaient cités comme moyens pour y arriver. Plus de problème de compétitivité, ni de stress au boulot, peut-être aussi. Tout semble parfait.
En vieillissant, les hommes pleurent le titre du roman que l'auteur Jean-Luc Seigle définit comme : "Le courage de quitter la vie après avoir accompli son travail avec un fond de musique de Blues".
C'est surtout la solitude qui était à redouter.
"Le Point" citait des noms célèbres qui ont atteint un âge avancé, sans se sentir vieux: Philippe Bouvard, Jean d'Ormesson, Paul Bocuse, Helmudt Schmidt, Michel Serre, Edgard Morin, Stephane Hessel, Alain Resnais, Shimon Peres, Michel Bouquet...
Danielle Moreau en a même fait un livre "80 ans et toujours fringants".
C'est vrai, ces "jeunes-jeunes" étaient souvent des intellos, agile du cerveau, mais plus fragiles du côté des muscles et des membres. Pas de travailleurs en usine, ni de transporteurs de poids lourds dans le peloton des super-seniors.
Les vrai "jeunes-vieux" ou les faux "vieux-jeunes" ont des trucs, décrits dans l'analyse de "Le Point".
Dans la liste, des racines trouvées dans le capital génétique, une capacité de toujours s'étonner devant la nouveauté, une envie d'avoir des choses à raconter sans s'en priver, un tic de se mêler de tout, une obligation de se coucher uniquement quand la fatigue est trop forte, de présenter des idées fixes sans certitudes, de se targuer d'un optimisme comme sport de combat, de s'accorder des jouissances dans l'oisiveté ou de prendre des risques à parler avec des jeunes, de se plier à un emploi du temps comme un démon de la dispersion... pour en finir par rester dans le fond 'enfant' et innocent de tout.
En d'autres mots, s'ils ne savent plus vraiment où ils vont, mais, ils y vont sans s'en soucier.
Les Super Papys font de la résistance en se rappelant de leurs souvenirs d'un autre temps, d'un autre environnement, d'une autre crise, peut-être.
Le Pape Benoit XVI a étonné en démissionnant, lui qui est sensé aller jusqu'à la fin. Pape de transition, avait-on dit d'emblée lors de son élection, il y a huit ans. La transition s'achève.
Au Saint-Siège, avoir un successeur, c'est une affaire de fumée blanche.
Les cardinaux, les "sous-papes" de sécurité, se sont installés en concile-à-bules, pas pour jouer du clavecin mais jouer des coudes pour se positionner avec des sourires de circonstances.
Le nouveau Pape, on l'attend avec un âge dit "jeune", considéré à bonne mesure de 65 ans. Une relève jeune, alors que ce sont les vieux qui choisissent leurs suivants... La maison Gammarelli a déjà prévu les habits du suivant. Tout est donc en place.
"Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon?", disait Prévert.
"Au suivant", chanterait encore Jacques Brel plus prosaïquement.
Les styles anciens reviennent au goût du jour. On fait du jeune avec du vieux.
A croire la presse, les vieux ont le vent en poupe et on s'intéresse à eux.
Les "Années bonheurs" ont du succès en aidant à remonter le passé si l'attention des plus jeunes est encore présente.
Le film "Amour" avec Trintignant qui raconte la fin de vie d'un couple, ramasse les suffrages et les récompenses aux Césars.
Revers de la médaille, les pays industrialisés ne se sont pas préparés pour pouvoir faire face à l’augmentation des coûts de prise en charge de ces futurs retraités. Les autorités et des Offices des retraités s'en inquiètent.
C'est le moment de définir les quatre nouvelles sections d'âges de la vie.
Coupées au couteau, cela pourrait se répartir en 1er âge de 0-25 ans, celui de l'apprentissage à la cuillère, de 2ème de 26-50, celui de l'utilisation à la louche, de 3ème de 51-75, celui de la consécration de la soupière et de 4ème de 76-Fin, celui de la réparation des ustensiles de ménage des trois premiers âges. Les "Quatre Saisons" de Vivaldi en quelques sortes que la pyramide des âges lisse avec des statistiques.
Ce qui va nous intéresser plus ici, c'est le dernier quart.
Les vieux ne sont plus les mêmes que ceux que ceux de Jacques Brel. Ils attendaient, alors, la pendule d'argent.
La pendule d'argent est devenue plus dorée pour cette génération de patriarches. Mais, c'est une dorure qui s'est effritée avec le temps et laisse entrevoir un alliage moins attirant par dessous.
Aujourd'hui, s'ils sont les plus âgés, ils ne peuvent plus entendre la pendule. Électronique, elle ne fait plus le tic-tac et en plus, avec un appareil auditif qui amplifie les graves et atténue les aigues automatiquement, pas sûr que cela passerait mieux. Alors, ils écoutent le temps qui passe sans plus pouvoir chercher à le comprendre.
Ils font tout autant qu'avant mais en plus de temps. Ils s'arrêtent souvent, contemplatifs, pour ménager leur monture.
L'environnement a changé, les mentalités ont changé, les objets de communications qui réunissaient les gens ont changé, même si les utilisateurs de ses objets arrivent petit à petit dans toutes les mains sans être fondamentalement compris...
Le "gap" entre les générations n'est toujours pas résolu. Le sera-t-il, un jour d'ailleurs?
Ils ne faudrait pas croire que tous les enfants du bon dieu soient devenus des canards sauvages avec l'âge.
Si, récemment, le Pape tweetait avec son iPad, cela s'appelerait pour l'occasion un iPope, à bord d'une papa-mobile, c'est à dire bien entrouré de garde du corps.
Quand les vieux se rebellent, c'est qu'ils sont devenus plus grincheux, que l'horizon s'est rétrécit à la seule famille qui pourrait apporter le réconfort. A ce stade, la vieillesse s'insinue, s'incruste et s'installe alors pour ne plus les lâcher.
Ils voudraient communiquer, mais s'y prennnent de plus en plus mal en perdant les contacts naturels ou en radotant sur le dos de ses contemporains.
Leurs enfants, grands ou petits ne s'intéressent plus aux p'tis vieux que le temps d'une valse à trois temps sans jamais arriver à celle des mille temps. On ne compte plus jusque là.
Ceux-ci, avec l'obligation d'être compétitifs, se retrouvent, parfois, bien loin comme un élastique entre le temps et l'espace.
Chacun vit, bien plus, sa vie sur des voies parallèles, qui comme chacun sait, ne se rejoignent qu'à l'infini. Ce métier dont on ne se sépare jamais complètement, revient parfois au p'tit vieux. Tout ne s'efface pas avec le temps. Il suffit d'un sommeil trop léger, ou trop agité, pour qu'ils se retrouvent avec des souvenirs pleins les bras.
Souvenirs tout à fait en compétition, si pas en opposition, avec ce qui se dit ou se fait dans la modernité du moment.
Rester dans le coup, c'est aussi avoir le pouvoir de se remettre en question pour s'aligner avec ce qui est nouveau, de faire table rase des préjugés avant d'affirmer avoir raison ou tort. 
Quand ils arrivent à monter sur la vague, c'est par de petits tchats, par un tweet pour faire semblant qu'ils aiment encore.
Si, ce ne sont pas, heureusement, les volontés qui font l'homme, ce sont apparences qui en donnent l'image.
Les célèbrités marquent, d'ailleurs, le ton. Vieillir n'est pas "in" chez eux.
Jean Rochefort, âgé de 82 ans, dit "pas question de retraite".
Parmi les "vieux célèbres", il y a ceux qui défilent sur le canapé rouge de Michel Drucker.
Hypocondriaque, il bave d'envie de tenir le coup ou la corde jusqu'à un âge avancé à présenter des jeunes et des vieux sur son plateau. Et, défilent Annie Cordy, Danielle Darieux, Azanavour, comme monstres sacrés.
Dimanche dernier, à "Vivement dimanche" c'était Salvator Adamo qui venait s'asseoir pour fêter ses 50 ans de carrière et souffler ses 70 bougies. "Une vie privilégiée", avoue-t-il. Les souvenirs sont sortis de cette rencontre entre deux contemporains presque parfaits, bien évidemment...
Le soir, Pierre Arditi annonçait qu'il se retrouverait avec Marielle dans le film "La fleur de l'âge".
Est-ce la fleur de l'âge ou la fleur au fusil? Faudrait choisir.
Michel Galabru apportait la note d'humilité de ses 90 ans avec sa petite fille et leur livre, en commun, "Tout est comédie".
Dans la catégorie des "poids plumesé des people, on peut lire que Richard Gere avoue que "c'est formidable, à 63 ans, de jouer encore les séducteurs dans "Arbitrage" avec Susan Sarandon" et toujours "faire attention à l'argent". "Les rides me vont biens", disait Bruce Willis alors qu'il va reprendre son personnage de John McLane.
Avec humour, on pourrait dire que les monuments sont de sortie avec leurs craquelures du temps dus aux pigeons qui laissent leur carte de visite pour donner un cachet supplémentaire.
Pourquoi n'en serait-il pas de même avec les citoyens lambda?
Dans la semaine, "Vieillir en pleine forme" était le sujet de X:enius sur ARTE.
L'anonyme, Gunda traversait l'Allemagne à bord de son easy-rider. "Je ne me sens pas aussi vieille que je le suis", disait-elle.
Si ce n'était la synchronisation entre le corps et l'esprit qui laisse à désirer et déséquilibre, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes d'un âge certain.
L'âge n'est pas décisif mais bien la biographie des mouvements.
Le vélo était présenté comme une des solutions pour y remédier. Ce vélo qui apporte l'équilibre en faisant oublier le réflexe de prendre la voiture. Très théorique, tout cela.
Du côté cerveau, il faut savoir qu'il est toujours en plein processus de restructuration jusqu'à la fin de vie si le syndrome d'Alzheimer ne s'en mêlait pas pour rendre une symphonie romantique dodécaphonique.
"Use it or lose it", une formule intraduisible avec le même impact dans d'autres langues.
Stéphane Hessel vient de tirer sa révérence à 95 ans.
Il faisait partie, en bonne place, des élus dans l'étude de "Le Point". La dernière marche a été, peut-être, trop haute même pour un homme au destin hors normes.
Il a eu de multiples vies. Pourtant, ce sont seulement les cinq dernières années que tout a été dit et résumé sur trente pages publiées à 4,5 millions d'exemplaires et traduite en 33 langues pour sortir de l'ombre.
"Que faire" après s'être indigné? Hessel a essayé de le dire. Sera-ce dans "Engagez-vous"? Oui, mais à quoi?
Ce sont surtout les Indignés qui sont à plaindre. Ils ont perdu leur inspirateur, leur l'idole. Il faut bien le dire, le mouvement des jeunes indignés s'est un peu essoufflé. "Reposez-vous" maintenant, Stéphane.
Une idole qui ressemble, en plus, à un adolescent qui lancerait des idées sans les assumer, cela ferait un peu gnan-gnan.
"Indignés de cons", comme l'écrit et le raconte, Marcel Sel.
"Un peu court, jeune homme", comme le disait son intervieweuse.
Qu'importe. Il faut l'avoir fait et avoir pu le dire et l'écrire avec fougue.
La cerise sur le gâteau est déjà avalée. Quant à la part de gâteau, elle pèse déjà sur l'estomac après un diner de cons. La conclusion de Marcel Sel "Avoir confiance et faire les choses avant de se sentir capable de les faire" est tout à fait ce qu'il leur faudra de courage.
Les mots ne coulent plus uniquement de la plume, ils sortent des touches du clavier d'ordinateurs, propulsés. La pensée de Jean Cocteau "Écrire, c'est se battre avec de l'encre pour se faire entendre", n'est plus à l'ordre du jour.
La presse et les réseaux sociaux se chargent du reste pour, parfois, faire du buzz.
Pour Stéphane, ce sera un enterrement de première classe, honoré par tous, dans une "dernière sortie en boîte", comme le dit le dictionnaire de Laurent Baffie. En grande pompe. Pas une sortie anonyme sans esprit et sans vécu.
Fini d'être en porte-à-faux. Pourquoi ne pas devenir porte-drapeau dans une nouvelle vie? Il n'y a plus qu'à s'arranger pour ajouter l'huile aux rouages grippés...
Avec le sourire, c'est tenter le diable et garder bon-pieds bon-oeil comme pare-tout, bien qu'un brin de nostalgie et l'éternelle phrase "c'était mieux avant" persiste. Et, oui, la bouffe avait encore du goût dans l'ancien temps. Moins de luxe et de voitures, c'est évident.
Paradis perdu et enfer en échange? Une impression d'avoir perdu une emprise sur son avenir, alors qu'en grattant un peu plus... on ne sait plus trop...
N'empêche, faut vieillir en douce, heureux d'être encore là, à son rythme propre, gourmand d'un peu de vie avec une technique éprouvée dans un sorte de baroud d'honneur.
Certains "dits-vieux" ont fait le pas. Ils ne cherchent pas à connaître les antécédents de la Toile sur laquelle ils surfent avec deux doigts. C'est presque de guerre lasse, qu'ils se sont mis au numérique, même s'ils ne savent plus compter ou s'ils le font encore, c'est en sous ou en vieux francs car cela fait plus riche de compter en millions de francs qu'en milliers d'euros pour solder les comptes en fin de mois.
Les plus vieux ont toujours aimé s'assurer en épargnant pour le futur et compléter la pension qu'ils avaient compris être rabotée, un jour. Ils ont pris le train de la modernité à marche forcée et le monde des jeunes est devenu un peu trop grand à leur goût. La mondialisation ne les a pas vraiment choppé, pourtant. Ils ne comprennent pas toujours les jeunes qui aiment partir avec une valise en carton, mal fermée.
Beaucoup de différences existent entre les papy-boomers, les baby-boomers et les boomers tout court qui semblent marcher à pieds nus sur leurs dettes. Ils ne parlent plus d'une quelconque belle époque comme le faisaient leurs propres aînés. Mais, il faut bien l'avouer, à de rares exceptions près, ils sont devenus conservateurs dans l'âme.
Alors, ils grignotent leur capital engrangé puisque les intérêts ne sont plus à la hauteur de leurs espérances.
Parfois, ils bégayent tout en ne s'en rendant pas compte pour tenir les autres éveillés. A cours de sujets, ils reprennent des anciens et 'répépépètent' depuis le début.
Normal, en définitive...
Les plus vieux souvenirs reviennent sur les tapis alors qu'ils se demandent qu'est-ce qu'ils sont venus chercher en allant dans la cuisine pour chercher le pot de sucre.
Si le cordon ombilical a été coupé avec le sécateur, ils ne parlent plus avec le même langage pour l'exprimer.
Ils meublent le temps pour faire preuve qu'ils existent. Alors, ils tweetent ou facebookent comme bonimenteurs.
Joindre l'agréable à l'utile. Tout l'inverse de leur vie active pendant lequel ils tentaient de joindre l'utile à l'agréable.
Au besoin, certains comblent les trous en écrivant un livre q'ils promotionnent à la "Foire du livre" (*). Cela fait aussi partie de l'exutoire à leurs espérances et la fantaisie en fait partie.
Vendent-ils leurs souvenirs aux plus offrants?
Rien n'est moins sûr...
Ils défendent leurs propres thèses creusées en sillons étroits qui transitent encore aux tréfonds de leurs mémoires. Les expériences des autres, ils s'en foutent dans le fond.
Débattre, c'est plus trop leur truc en plumes, mais plutôt une base pour faire ressortir les derniers frémissements de leurs poils.
Une tune qui tombe dans la sébile ou s'insère dans le bastringue, là, ils deviennent curieux, tombés dans le syndrome d'Erostrate, et pensent être devenus les nouveaux philosophes de demain, munis d'une canne blanche pendant que d'autres restent perdus entre la partie de pétanque quand il fait beau et la partie de bridge quand le temps est à la pluie avec leur fan club.
Entre eux, ils changent la sauce piquante en sauce mayonnaise.
Les super-centenaires, c'est sur l'île d'Okinawa qu'on les rencontre.
Pas de doute, la longévité des vieux inquiètent les jeunes. Ils ont trop de trucs pour se retrouver au mieux de leur forme comme quand, Tonia chantait, à une certaine époque, "avec un peu de poivre, un peu de sel, un peu d'amour, un peu de miel. Quand tout cela sera mélangé, tu pourras dire enfin que c'est arrivé"
Le "bon vieux temps", c'était un temps, où on tirait souvent sa révérence sans bruit, plus rapidement, sans effets secondaires ou au pire, à titre posthume. Un temps où les hiérarchies décidaient en lieu et place, résignés.
Un temps, pendant lequel, celles-ci se cachaient derrière une tour d'ivoire. Elles ont aussi pris leurs quartiers d'hiver aux rayons des "divers", perdues tout autant, dans la masse des inconnus célèbres.
Les lettres à pépère de Magdane, on s'en régale. Non, on ne se moque pas des personnes âgées.
Le 8, c'est la journée de la femme, pourquoi pas ne pas mentionner la lettre à mémère?
Voyons, vous n'êtes pas sympa...
Je reprendrai la préface et la postface du nouveau livre de Bouvard "Je crois me souvenir":
"Être 'moins jeune', c'est parfois être fier de rien. Reconnaissant envers ce dieu auquel, je déplore de ne pas croire, de m'avoir évité le pire avant l'inéluctable. C'est demander pardon de son omniprésence et se retrouver encombrant pour seul gage de conscience professionnelle et d'honnêteté intellectuelle que l'on peut offrir comme le serait un vieux con, non blasé.".
Si la maison de repos devient, tout de même, obligatoire, il s'agit de la choisir de tout repos.
Ces maisons de repos ont besoin de plus en plus d'emplois pour parvenir à accomplir leurs tâches et plus de 40.000 nouveaux postes de jeunes restent à trouver même si la rentabilité impose à nouveau des restrictions de personnel. Premier lien d'intérêts entre générations.
Des prix (fort) élevés et des services déficients qui font souvent partie du lot avec une moyenne de 1360 euros par mois (+138 euros de suppléments) font peur. Pourtant, il faut une autre moyenne de cinq mois sur de longues listes d'attentes à Bruxelles, preuve que cela ne freine pas.

Inciter à dépasser l'âge de la retraite en donnant des compensations financières sous forme de bonus?
S'il suffisait de donner un peu de gras à la vie pour changer le canasson en cheval de course, ça se saurait.
Mais, de toutes manières, que ne ferait-on pas pour avoir une pêche d'enfer? Une pêche, au paradis, ça se saurait aussi.
Samedi 2 mars, la nostalgie et les hommages étaient de rigueur autour de Charles Aznavour lors d'un nouveau numéro de l'émission "Hier encore".
La chanson, un autre lien potentiel entre les générations?
Si oui, alors, un karaoké s'impose :
J'avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l'amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets
Qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs
Qui se sont envolés
Que je reste perdu
Ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel
Mais le cœur mis en terre
Hier encore
J'avais vingt ans
Je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir
Même le devancer
Je n'ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé
Conjuguant au futur
Je précédais de moi
Toute conversation
Et donnais mon avis
Que je voulais le bon
Pour critiquer le monde
Avec désinvolture
Hier encore
J'avais vingt ans
Mais j'ai perdu mon temps
A faire des folies
Qui ne me laissent au fond
Rien de vraiment précis
Que quelques rides au front
Et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes
Avant que d'exister
Mes amis sont partis
Et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait
Le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie
Et mes jeunes années
Du meilleur et du pire
En jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires
Et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent
A présent mes vingt ans?
L'enfoiré,
(*) Photos de la Foire du livre 2013
Mise à jour 10 mars 2013: Pour la petite histoire, ce samedi soir, 9 mars, j'allais voir, au Théâtre des Galeries, la pièce "Sortie de scène" de Nicolas Bedos présentée pour la 1ère en 2005, avec son père dans le rôle principal. Une pièce dans laquelle un auteur de comédies à succès consacre son fiel à des essais polémiques. La maladie lui laisse assez de souffle pour se disputer avec sa gouvernante-secrétaire-infirmière qui ne craint pas de lui répondre. L'arrivée inattendue d'une jeune nièce dépressive va obliger ce misanthrope professionnel à aller refaire un tour du côté de l'humour, de risquer à fumer un joint pour, ainsi, joindre deux générations.
Citations:
- « A vieux comptes, nouvelles disputes. », Proverbe français
- « Un vieux rosier ne se transplante pas. », Proverbe québécois
- « Le vieux balai connaît les coins. », Proverbe irlandais
- « Les vieux péchés ont de longues ombres. », Proverbe chinois
09:10 Publié dans Actualité, Blog, Parodie et humour, Web | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
21/02/2013
Dans mes yeux, dixit Johnny
Encore une autobiographie d'une personnalité. Nous allons tout savoir sur la vie de Johnny sans même oser le demander. Vite l'interprétation humoristique faite par son imitateur préféré, Laurent Gerra, lui, qui a su le décrire avec humour dans cette vidéo. Je ne suis pas spécialiste, seulement, un enfoiré qui constate...
On ne sait plus toujours pourquoi mais il y a un "mythe Hallyday" qui s'est installé en parallèle avec la longueur de sa vie d'artiste. Il est passé par tous les styles de la chanson comme le rappelle encore une fois Gerra.
Des biographies de Johnny, Sagan, Duras, Labro, Rondeau se sont penchés sur son cas.
A l'âge de 70 ans, il veut règler ses comptes dans un livre autobiographique avec pour titre "Dans mes yeux".
Solder ses comptes, faire le grand déballage et se livrer sans fard, c'est révéler plus que des "secrets de fabrications".
Le bouquin fait un carton, parait-il. Cartonné, son bouquin.
Coup de pub médiatique.
Ce dont il est question, chacun en a reçu quelques échos sur Internet.
Le but, écrire sa vérité et corriger les absurdités que l'on dit sur lui.
Allait-on tout savoir sur ses galipètes dans sa résidence d'été à Saint Barth? L'île de la tentation, là, où il faut montrer pattes blanches pour y poser ses pénates.
Et bien, non, raté, le livre choc dans lequel il allait se livrer est, en fait, des réflexions du miroir qui livrent les autres sans fards.
Plus facile de regarder avec ses yeux qu'avec ceux des autres.
Voilà, qu'il a été, en plus, flinguée, dès sa sortie.
Entendre dire par la journaliste de service que "c'est mieux quand il chante que quand il écrit", ce n'est même pas exact.
C'est à la romancière, l'ex-femme de Patrick Bruel, Amanda Sthers qui s'y est mise à la tâche d'écrire la biographie de Johnny.
Elle dit que son modèle agace, qu'il passionne, qu'il galvanise, mais que jamais, il ne laisse indifférent. Que Johnny n'est pas qu'un "phénomène", mais un "paysage".
Une vision des choses très personnelle.
Johnny, lui, l'a choisie pour scruter ses souvenirs enfouis, car elle serait un bon psychiatre d'après lui.
Son livre autobiographie a, donc, été rédigé avec sa participation et son assentiment. Ce ne seront pas avec ses propres mots, ni avec leur construction dans les phrases. Il l'a contresigné.
Je ne sais s'il faut donner son avis sur le chanteur, sur l'homme ou sur l'écriture de son autobiographie.
Essayons le chanteur pour commencer. Une voix, caractéristique, forte pour la forme et le sujet principal de l'amour et, souvent, le mal-être pour le fond. Rien à dire d'autre. Aimer ou ne pas aimer n'est pas la question.
Toucher beaucoup de monde par ses shows monstres, orchestrés et inondés de lumières pour appuyer un messie qui descend sur terre.
C'est à croire que la vision d'un extraterrestre est à la base de l'étourdissement qui baigne chez ses admirateurs.
Un de mes lecteurs est un fan de Johnny Halliday. Quand je dis fan, c'est fan. Il suit "son Johnny" lors de toutes ses représentations.
Je l'ai questionné et ce qu'il en disait, est assez significatif. Il ne m'en voudra pas si je reprends ses réponses puisque pour Johnny, ce serait une pub de plus: "si les gens vont le voir en concert, c'est qu'il y a l'ambiance que l'on ne peut pas obtenir avec un simple CD ou DVD. Aux concerts les fans sont les mêmes, souvent se reconnaissent, et donc, il y a des échanges. Ils discutent entres eux, boivent un pot ensemble, etc... De plus je ne connais aucun poste de télévision qui crache 120 décibels à 50 mètres, et même si j'en avais un, je ne pourrais pas utiliser sa puissance sous peine d'avoir des problèmes avec mes voisins, sur un rayon 100 mètres à la ronde! Bien sûr, souvent proche de la sono, avec, en plus, 6 gros caissons de basses et 4 satellites d'aigus au bas de la scène, j'ai commencé de souffrir d'acouphène. Une volonté de ressembler à son idole, se sentir misérable face a elle? Il y a, peut-être, un peu de ça, car lorsqu'on admire une star, notre rêve est de lui ressembler ce qui peut s'expliquer. Parce que l'on se sent misérable?... Je ne sais pas...".
Je ne vais pas dire que moi je sais.
Ce que je sais c'est que cela ne me vaut pas des problèmes auditifs.
Nous vivons dans un monde d'indifférences. Un monde dans lequel les gens se rencontrent, se racontent et puis s'oublient aussi vite.
Est-ce cela que mon fan voulait y trouver dans ces rassemblements de foule?
Il n'y a plus que le battage médiatique qui l'entoure, qui ait encore de l'intérêt dans certains yeux.
"Dans mes yeux", une autobiographie, un livre qu'il aurait mieux fait de composer lui-même comme seule raison d'être à ses propres yeux...
Quand on sait que Johnny est un interprète de chansons dont la plupart ont été écrites par des paroliers de profession, la question de son succès n'est pas anodine, ni contradictoire.
"Connais l'homme pour mieux te connaître" écrivais-je, un jour.
Les questions que cette interprète écrivaine a pu ou su poser pour l'écriture du livre, ne l'ont-elles pas, quelque part, influencé ou trop orienté? Elle doit avoir sa propre envie de provoquer le lecteur, d'en ressortir un peu grandie, elle-même, par son jeu de mots d'écrivaine.
La recherche de la polémique semble en être l'orientation.
S'attaquer à d'anciens amis,
- comme Michel Sardou qui a descendu les rapides du Colorado avec lui mais qui est devenu un "mec trouillard", un "vieux con réac", parce qu'il a osé surnommé sa fille adoptive Jade, de "Viët-cong". La réponse du berger a été : "Je veux bien que l'on fasse des commentaires sur les Mémoires de La Rochefoucault, mais celles de Johnny, je m'en tape". Le Muppet Show est de sortie...
- comme Claude François qui serait le "Poulidor de la chanson française qui récupérait toutes ses ex" dans une rivalité sans nom. C'est le fils
- comme Adeline Blondieau, la "sainte nitouche", "le serpent hystérique". Adeline Blondieau qu'il a épousé pas une, mais deux fois, en 1990 et 1994, avant de rompre en 1995. Quand on est artiste, peut-on se permettre de telles récidives? Il y en a qui mettent vraiment du temps à comprendre avant de se dire trompés sur la marchandise... Alors, Adeline se rebelle.
- comme Henri Salvador qui a reçu, à titre posthume, sa part d'égratignures. En 1960, celui-ci aurait dit de lui "Sortez-le ! Il est indigne de la chanson française". Le rocker ne l'a pas digéré et qualifie de "vieux con" l'interprète de "Jardin d'hiver".
- comme Edith Piaf qui aurait été attiré par son charme de jeunesse.
-
comme Depardieu qui serait le seul type plus épuisant que lui dans une surenchère ou une escalade amusée du désespoir.
- comme "Les Enfoirés", devenu une kermesse qui n'aurait plus l'esprit du départ. Pourquoi ne s'y investit-il pas pour le faire revenir avec son influence?
Que cela vole bas, tout cela.
La vengeance est un plat qui se mange froid... trop froid.
Est-ce que son interprète avait l'envie de remonter aux sources du mal ou du mâle?
Une autobiographie est-elle un endroit pour laver son linge sale en famille?
Il faut se rappeler que les hommes évoluent dans des temps et des voies parallèles. Les réunir ne semble jamais apporter l'assurance d'un grand réconfort.
Heureusement, "il y a les copains et les copains des copains et on se sent bien", comme le chantait Gilbert Bécaud.
Eddy Mitchel, le "pote de toujours", bien sûr. Lui qui chante "J'aime pas les gens heureux".
Avoir des défauts et des qualités, Johnny dit en avoir. Le fait d'avoir eu de la chance avec les mères de ses enfants et réussir ses divorces, il les assume. Jamais seul, si l'on en croit le titre d'un de ses albums.
Côté positif, il parle de ses enfants, Laura et David qu'il partage avec deux enfants adoptés. Sa dernière femme Laeticia arrivée au bon moment quand il avait perdu sa voix et qui devait trouver le bon chirurgien parmi cinq d'entre eux. Un cauchemar de dilemmes...
Les fous rires semblaient avoir manqué terriblement dans la vie de Johnny.
"Les gens ont été beaucoup plus méchants avec moi que je ne le suis avec eux", précise-t-il.
Avait-il tout rassemblé pour pouvoir le confirmer?
S'il était passé uniquement de déceptions en déceptions, pourquoi ne serait-il pas passé à autre chose?
Il dit qu'il voulait être acteur avant d'être chanteur. Il est passé sur les planches, devant la caméra et rêve de passer derrière elle.
Quand, dernièrement, il a été hospitalisé, après trois semaines dans le coma, suivi d'une grave dépression, il s'est senti devenu comme une ombre, un vieillard, un type qu'il n'aimait pas.
Il a appelé son père, Léon Smet, décédé depuis le 8 novembre 1989.
A l’enterrement de celui-ci, Johnny était seul à suivre son cercueil, tout étonné. Pourquoi en serait-il autrement? Les enterrements ne sont-ils pas, quelques fois, des réunions de faux-culs, mieux élevés, peut-être, mais qui se préoccupent plus du côté commercial et de l'intérêt sous-jacent?
Dans le showbiz, c'est un endroit où il faut être, mais il ne faut pas croire que cette situation soit différente.
"S'il ne nous avait pas abandonnés, ma mère et moi, alors que je n'étais qu'un bébé, je ne serais jamais devenu Johnny Hallyday", avoue-t-il.
L'enfance détient, souvent, toutes les sources et les secrets de ce qui la suit.
Ses excès, il ne les cache pas. L'alcool a aidé à vaincre sa timidité maladive. Sa franchise maladive, ce sera pour le livre suivant.
En politique, il dit avoir une sensibilité de droite parce que la gauche pousse à la médiocrité et qu'il n'aime pas les sociétés d'assistés.
Mais, qu'est-il venu lui aussi, faire dans cette galère?
La France ne semblait pas pour lui, puisqu'on l'y traite de voleur, qu'on l'a trahi, accusé à tort et sali.
Erreur de casting, comme on dit dans le jargon.
Ce dimanche, Pascal Obispo était l'invité de Vivement dimanche. Johnny y était son invité.
A sa sortie, le ventriloque Jeff Panacloc remettait les horloges à l'heure avec sa poupée, Jean-Marc. Perdre le controle, être le meilleur imitateur des hôtes du Père Lachaise. Non, Jeff t'est pas tout seul. Une poupée permet de dire tellement de choses en peu de temps. De faire rire sur les vicissitudes du monde. On peut dire qu'Obispo a ri et bien ri même si la poupée, Jean-Marc l'introduisait dans le lot.
Le soir, Johnny était accompagné de son égérie qui avait passé dix jours avec lui, à Los Angeles, pour écrire son histoire.
Comme c'est étrange, la pudeur de Johnny l'a empêché d'y penser par lui-même.
Dernièrement, je posais une question à un rédacteur dont j'aime l'écriture sur ce qu'il pensait du film "Dans la maison", lui qui est dans l'enseignement. Simple. Sa réponse a été détournée par un subterfuge, la vision par d'autres personnes. Amusant. Alors, quand la question est complexe, cela devient du grand art.
L'interview de dimanche complétait et confirmait mes impressions.
Pas eu de père, une mère timide et maladroite.
Heureusement, après son départ, je comprenais enfin le rapprochement qui pouvait exister entre Johnny et la France.
La présentation du film déjanté, plein d'humour, "Vive la France" qui caricaturait les Français qui utilisent, parait-il, le plus d'antidépresseurs en Europe.
Le nouveau livre de Philippe Bouvard "Je crois me souvenir" montre qu'il y a moyen de le faire en ne se prenant pas trop au sérieux. Quelques phrases choisies de son livre: "Cancre parmi les cancres. Nul ou presque en tout, présentant un maigre destin, je m'intéresse très tôt aux affaires des autres dans l'espoir que ma curiosité me mènera au journalisme. Ayant considéré très tôt que la vie était une énorme bouffonnerie, je n'ai jamais tenté d'être complètement sérieux. Mieux, je suis un farceur-né. Aujourd'hui, où j'ai passé l'âge des plaisanteries de mauvais goût, je tiens comme une forme abâtardie de l'art du canular, qui exige toujours une idée, parfois une complicité et souvent des investissements en temps voire en argent".
Une autre vision sur soi.
Je ne peux que conseiller à tout le monde de se mettre à table pour écrire sa biographie.
A mon avis, l'écriture d'une autobiographie n'est pas une opération que l'on cède à un intermédiaire ou un interprète. Ce n'est pas une chanson généraliste. Cela doit venir du coeur, de l'esprit et, au besoin, des tripes et, cela, sans porte-paroles.
Une vérification par un écrivain peut se justifier, après l'écriture personnelle, mais, pas pendant.
Internet permet des adaptations progressives et des ajoutes ce que le livre ne fait pas en entérinant sans suites.
Une autobiographie, j'en ai écrite une. Quelques similitudes en ressortent, sans arriver aux mêmes aboutissements. Cela me ferait râler de ne pas sortir mes propres formules avec l'humour et l'ironie de circonstance. Pas folle, la guêpe.
Rétablir la vérité dans un jeu d'équilibriste, dans une romance?
Quelle vérité? Y en a-t-il, seulement, une?
Une sorte d'exorcisme, une thérapie personnelle, rien de plus.
Des paroles, parfois totalement anodines, sont parfois à l'origine de catastrophes émotives avec des retours de flammes dont on ne soupçonne pas, tout de suite, les conséquences.
La mémoire est sélective. Avec l'âge, elle ne retient, souvent, que ce qui est le plus loin dans le temps.
C'est peut-être ça, avoir "l'envie d'avoir l'envie" que l'on a en soi ou non.
Non, je ne vais pas rappeler les Vamps qui seraient bien intéressées pour en faire un sketch du style "Si on disait du mal".
Je vais plutôt m'intéresser à ces 7 règles de vie (*).
L'écrivain Paul Auster était interrogé au sujet de son livre "Chronique d'hiver".
"Pour écrire, il faut tout donner de soi, comme une musique au corps. Le corps et l'esprit sont liés. La façon de s'exprimer est ce qui signifie être vivant. Prendre la plume est un challenge difficile qui oblige à se réinventer. Même vieilli, il s'agit de rester connecter à l'enfance quand on est héritier d'histoires. Son livre n'est pas une autobiographie ni des mémoires", disait-il.
Comme je n'ai pas beaucoup d'années de moins que Johnny, je ne vais pas pasticher sa chanson "Allumez le feu" en "Allumez le vieux", même si j'en ai eu l'intention.
Quand "le temps tourne à l'orage, revenir à l'état sauvage, forcer les portes, les barrages et sortir le loup de sa cage", je ne suis jamais loin.
L'enfoiré,
- Faites la paix avec votre passé pour qu’il ne vienne pas gâcher votre présent.
- Ce que les autres pensent de vous, ne vous regarde pas.
- Le temps soigne presque toutes les blessures, laissez-lui du temps.
- Ne comparez pas votre vie à celle des autres et ne les jugez pas. Vous n’avez aucune idée de ce dont sont faites leurs journées.
- Cessez de trop réfléchir, il n’est pas nécessaire de connaître toutes les réponses. Elles viendront à vous lorsque vous vous y attendrez le moins.
- Personne n’est responsable de votre bonheur, à part vous-même.
- Souriez. Tous les problèmes du monde ne sont pas vôtres.
Citations:
- « L'autobiographie est maintenant aussi répandue que l'adultère, et nettement moins répréhensible. », Lord Altrincham
- « L'autobiographie est encore le meilleur moyen qu'on ait trouvé pour dire toute la vérité à propos des autres. », Pierre Daninos
- « L'espèce de gens qui n'étaient pas heureux quand ils étaient enfants est l'espèce qui croit à l'intelligence, au progrès et à l'entendement. », Gertrude Stein
08:10 Publié dans Actualité, Livres, Loisirs, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
08/02/2013
Quand y en a plus, y en a encore. Enfin, presque...
Le Science et Vie de mai 2012 publiait un dossier avec le titre "Alerte à la pénurie". 26 minerais utiles dans l'industrie vont nous manquer et leurs prix risquent de grimper.
Tout le monde parle de relance de l'économie, tous contre le chômage. Il faut dire que l'industrie est une grande pourvoyeuse de mains-d'oeuvre et que pour remplacer celles-ci par des PME, il faut racler tous les fonds de tiroirs.
La dernière affaire Mittal est une faillite pour l'emploi. Il faut rechercher des idées neuves, il faut même chercher à oublier qui on avait été quelques jours avant.
Réindustrialiser et y mettre le prix, tout un programme. En plus, l'industrie, c'est du tangible et pas de l'illusion comme pourrait le penser le secteur des services, la virtualité d'Internet et la matière grise dont il a été question dans 3 chapitres précédents (dont le dernier).
Lundi dernier, France3 dans l'émission "Le monde d'après" posait de bonnes questions "France, qu'as-tu fait de ton industrie? Un pays sans industrie court à sa perte.".
Faut pas s'inquiéter, il y a encore des ressources, était le mot d'ordre puisque la consommation reprend son rythme de croisière et la Bourse fait quelques étincelles.
"Every thing under control"...
En fait, c'est vrai, mais ce n'est qu'une partie du problème.
Voilà qu'on apprend, presque surpris, que la pénurie de matières premières guette, matières premières dont l'industrie a besoin mais qui sont de plus en plus chère. La rentabilité en prenait un coup sans apporter quelque chose de plus innovant que la concurrence.
Situation paradoxale, pour le moins, quand on sait que sans matières premières, on n'arrive plus à la phase secondaire, la phase de transformation...
Avec la raréfaction des matières premières essentielles à notre vie moderne, c'est passer de l'illusion de l'abondance à la pénurie, vu à la hausse fulgurante des prix. Des sueurs froides puisque la phase à chaud ne trouvait plus d'échos.
Le 9 mai 2012, le Cercle Cyclope publiait un rapport sur les matières premières. Il était dit qu'en 2011, l'utilisations des matières primaires avaient grimpé de 35%. En cause les pays émergents. Malgré cela, la Chine affichait une baisse de croissance avec 7,5% car elle gardait ses réserves de change de 3200 milliards de dollars et les destinaient à des investissements dans les infrastructures locales. Faire la popote sur place, que l'idée, elle est bonne !
En parallèle, les Rapports de la Commission européenne et du département de l'Energie des États-Unis alertaient sur les approvisionnements qualifiés de "critique" et de "stratégique".
Il faut dire que notre époque est appelée "anthropocène" par les scientifiques avertis, ce qui veut dire que "L'ère est dessinée par l'homme et pour l'homme". Son impact se ressent sur le climat et jusque dans la chimie océanique. Contrairement aux autres animaux, ce "pauvre homme" n'est pas endémique sur un coin de la planète mais dans sa totalité. Il a inventé son avenir avec ce qu'il a trouvé sur terre, sous terre et dans les airs, sans distinction de couleurs, de pollutions avec l'idée du profit à réaliser. L'homme, la pire des créations sur notre planète... Il le pense et il broit du noir. Il décentralise ses productions et vend celles-ci à d'autres endroits, élevant le prix du transport à un pourcentage élevé du coût global du prix de vente.
Les écolos rappellent, à qui veut l'entendre, que la richesse de la Terre n'est pas infinie et que certaines ressources et matières premières sont en voie de raréfaction. Sauvés, presque au poteau...
Dernièrement, "L'Edito de Matières Premières et Devises" donnait des conseils. Pas des conseils de ne plus consommer, mais, bien au contraire, à tirer ses marrons du feu. Destinés aux investisseurs avisés pour leur donner quelques couvertures. Pour les pousser à le faire, donner aussi un simili de peur du siècle et comme avant une guerre, le consommateur ferait provision de sucre avant l'extinction des feux du Bengale.
De visu, cela fait réfléchir les investisseurs pour y trouver de nouvelles opportunités de profits. La croissance haussière lente du LMEX, l'indice des métaux, assure sur la solidité de la demande.
La demande de Nickel, Cobalt, graphite, terres rares, Tungstène, molybdène, Cadmium, sont dans le collimateur.
L'Indonésie fournit 15% du Nickel mondial. Vous avez dit épée de Damoclès quand, en 2012, le gouvernement indonésien avait annoncé l'interdiction des exportations de Nickel et une taxe de 25% sur l'exportation de minerai.
Vive le spéculte. Petits malins, va... quelle chance, vous avez...
Des solutions trop drastiques occasionneraient une entrave au progrès. Le crash serait alors devenu presque inévitable avec la peine de crever tout de suite.
Mais, revenons à nos moutons ou plutôt à nos poussières d'étoiles dont nous sommes tous issus en ce bas monde comme le dit Hubert Reeves.
Des 118 éléments de la table de Mendéléef, 26 arriveraient à la pénurie d'après le S&V.
Plusieurs manières pour évaluer les pénuries.
Il y a l'abondance naturelle, les difficultés de l'extraction, la géopolitique, les possibilités de recyclage ou de remplacement par un autre voie.
| Symbole | Num | Nom | Aplications | Ressources en Tonnes | Production en Tonnes | Réserves en Années | Remarques |
| H | 1 | Hydrogène3 | défense | ||||
| He | 3 | Helium | science, Semi-conducteur, aimants supraconducteurs des téléscopes et appareil IRM, cryogénie, comportement quantique | 42.000.000.000 | 180.000.000 | Concentration au Texas. Produite par la décroissance radioactive des roches qui ne laisse que 0,0005% | |
| Be | 4 | Bérylium | énergie | toxique | |||
| P | 15 | Phosphore | agriculture | 65.000.000.000 | 191.000.000 | 340 | Sans phosphore pas de vie. Consommation abusive. Gabegie. |
| Sc | 21 | Scandium | renforce aluminium | ||||
| Cu | 29 | Cuivre | électronique, joaillerie, énergie, communication, transports, construction | 630.000.000 | 16.000.000 | 38 | De 1900 à 2011, la demande à été X30. Il faut entre 5 et 25 ans pour exploiter un nouveau gisement |
| Zn | 30 | Zinc | galvaniseur, alliage | 250.000.000 | 12.000.000 | 20 | plaquette de frein, pâte dentifrice, contre corrosion |
| Ga | 31 | Gallium | performance des panneaux solaires | recyclage difficile | |||
| Ge | 32 | Germanium | fibres optiques | ||||
| Y | 39 | Yttrium | électronique, | 10.000 | 5 | Sans = retour à la télé N&B | |
| Nb | 41 | Niobium | résistance à l'acier | Brésil | |||
| Tc | 43 | Technétium | Imagerie médicale , défense, recherche scientifique | 0 | artificiel | isotope éphémère | |
| Rh | 45 | Rhodium | catalyseur, joaillerie | 3.000 | 30 | 100 | Production centralisée en Afrique du Sud |
| Ag | 47 | Argent | électronique, | ||||
| In | 49 | Indium | électronique, énergie, conducteur d'électricité | 640 | 11.000 | 17 | smartphone, panneau solaire |
| Sn | 51 | Antimoine | retardateur de flamme | 1.800.000 | 11 | Chine assure 60% dans le monde | |
| Nd | 60 | Neodyme | voiture électrique, éolienne | Menace pour l'avenir des énergies vertes. | |||
| Eu | 63 | Europium | électronique, | 10.000 | 5 | Sans = retour à la télé N&B | |
| Tb | 65 | Terbium | électronique, | 10.000 | 5 | Sans = retour à la télé N&B | |
| Dy | 66 | Dysprosium | aimants | 20.000 | Menace pour l'avenir des énergies vertes. | ||
| Ta | 73 | Tantale | résistance électrique | ||||
| W | 74 | Tungstène | résistance à la chaleur | Produit en Chine | |||
| Re | 75 | Rhénium | aérospatial, résiste à la chaleur dans les réacteurs | 2.500.000 | 49.000 | 50 | sous produit de molybdénite, difficile à produire |
| Pt | 78 | Platine | catalyseur, joaillerie, pile à hydrogène | 30.000 | 200 | 100 | Production centralisée en Afrique du Sud |
| Au | 79 | Or | électronique,joaillerie | 51.000 | 2.500 | 20 | Trop exploité |
| U | 92 | Uranium | énergie | 2.500.000 | 54.000 | 46 | Lié à l'industrie nucléair |
Le dossier du S&V a généré beaucoup de réactions parmi les lecteurs, reprises deux numéros plus tard.
-
Le Lithium a été oublié dans la liste. Non, répond S&V, puisqu'on l'extrait des déserts de sel d'Amérique du Sud. Ce qui ferait 400 ans de répis.
-
La récupération des métaux par le recyclage des produits électroniques usagés, l'incinération des plantes pour retirer du Plomb, du Mercure...
-
Augmenter la durée de vie de la production, un filon toujours à creuser par la récupération.
- Quant aux astéroïdes dans lesquels on pourrait exploiter les richesses demanderait des investissements qui dépasseraient la rentabilité.
- Le Palladium (Pd) aurait été oublié alors que le prix est monté de 40% en deux ans. Non, pas tout à fait, on le trouve en Afrique du Sud et en Russie. Le seul problème, ce sont deux pays qui ont réduit les exportations de ce métal.
- L'acier, l'Aluminium et la Potasse, toujours les mêmes et mieux connus. Mais pour l'acier, cela devrait se calmer vu l'affaire Mittal.
- Parler des Terres Rares dans cet article? Aux dernières nouvelles, les prix ont chuté, la Chine n'en aurait plus le monopole. Donc, la rareté, même si elle ne passe pas à l'abondance, devrait se clamer.
- Le coltan avait fait parlé de lui dans les années 2000, on n'en parle plus.
Un documentaire "Survivre au progrès" entre bien dans le cadre de cette discussion même s'il l'extrapole quelque peu.
Le résumé: "Épuisement des ressources naturelles, surpopulation, désertification, désastres écologiques et économiques, systèmes politiques à bout de souffle, appauvrissement des classes moyennes et populaires... Est-il urgent de renoncer à "l'illusion du progrès" qui s'est imposée à toutes les sociétés depuis les débuts de la révolution industrielle, avec ses espoirs de croissance et d'avancées technologiques illimitées ? Un fil conducteur entre les nouveaux grands esprits comme Ronald Wright ("Brève histoire du progrès"), Jane Goodall, Margaret Atwood, David Suzuki dont quelques "repentis" du système financier, qui estiment que la course au profit et la loi du court terme, en détruisant l'environnement et les liens sociaux, conduisent l'humanité à sa perte."
Constater que la complexité de notre monde augmente de manière presque exponentielle, pose la question de ce qu'on attend vraiment du "progrès". Avec lui, tout parait possible à réaliser avec le temps et les moyens financiers. Si le mot d'ordre est "aller de l'avant", encore faut-il savoir "comment et choisir quel avant". La question n'est plus seulement "peut-on le faire" mais "pourquoi le ferait-on". La causalité, plutôt que la finalité qu'elle soit double ou non.
Pas de conservatisme dans mes paroles, mais quand on a eu une vie toujours en porte-à-faux, sans consolider les acquis, en n'ayant pas eu le temps d'exercer ce qui avait été appris avant d'enfourguer la suite, il y a des question à se poser.
Ce qui est sûr, le piège serait de ne pas verser une partie de son progrès dans la réflexion et dans plus de durable. Au diable le marketing qui irait à contre-courant. La technologie et la rationalité a apporté tellement d'illusions en apportant la vitesse à la production que le consommateur ne peut pas suivre.
Le hardware a, donc ainsi, passé la main au software. Le software, au virtuel. Le virtuel; la passerait, aux dernières nouvelles, à l'intelligence artificielle. L'homme est déclassé...
Pour lui, c'est l'heure de réactualiser ses ambitions avec sérénité. Vivre mieux, avec moins d'efforts et, surtout, moins d'effets négatifs que l'on dit secondaires.
Trouver, en finale, "la" récompense de ses découvertes et inventions, qu'il espère toujours sans jamais y arriver.
Peut-on encore sauver la Terre? Question qui avait été posée le 14 juin 1992 lors de la Charte de la Terre à Rio pendant laquelle 178 délégations admettaient que la Terre allait mal au niveau pollution et dans l'utilisation abusive des matières premières.
Réiterée en 1972, à Stockholm, puis en 1987 dans le rapport de Brundtland. Rio 2012 remettait le couvert avec des questions en chantier en connivence entre riches et en défiances entre pauvres.
En dehors de Rio, il y a les vérités du terrain. La forêt, elle, continue à disparaitre.
En fait, tout est une question de prix et d'investissements à accorder ou non.
La meilleure relance ne coûte rien, lisais-je.
Elle le devrait, mais est-ce le cas? L'énergie n'est jamais loin de la matière première.
Les batteries, chargée de stocker l'électricité est un problème qui concerne tout le monde s'il veut pouvoir jouir des mêmes possibilités sédentaires en tant que citoyen mobile? Des réflexions qui venaient le 10 juillet dernier.
En apéritif, il y était dit que malgré la crise, les bénéfices de 2011 avaient atteint des niveaux records aux Etats-Unis. Ils écrasaient toujours la concurrence avec les pétrolières dans les tops. Dans le domaine des composants de batteries pour l'entreprise belge Umicore, la préoccupation est la recherche du compromis entre densité, longévité et poids. Le Lithium-Ion composé de Nickel, Cobalt, Manganèse associés à du Lithium. La mémoire limité restait à augmenter en recherchant les raisons de leur vieillesse. Le potentiel d'amélioration restait, heureusement, possible dans le rendement en doublant les performances.
Vu que de plus en plus d'énergie est nécessaire quand un Smartphone se connecte au GPS, à Internet, il y a encore du travail de recherche sur la planche à dessin.
Le lithium est-il vraiment le pétrole du 21ème siècle?
Depuis, au sujet des batteries, il y a eu les problèmes du Dreamliner qui s'ils ne sont pas totalement dus aux batteries d'après quelques experts, rappellent que les batteries chauffent aux risques de donner des sueurs froides aux ingénieurs de l'avion qui ont utilisé 50% de matériaux composites..
Du côté de l'or, tout était bon pour en acheter, à une certaine époque. Pour la Quotidienne d'Agora, le mot d'ordre était d'y investir pour être considéré dans les bons de la classe des investisseurs...
Le 4 juin 2012, Eberhardt Unger sortait un correctif en ces mots: "Le prix de l'or a aussi une composante saisonnière.".
Depuis début septembre 2011, le prix de l'or se trouvait dans une phase de consolidation, stabilisé autour des 1600$ l'once. Fondamentalement, les arguments en faveur des métaux précieux n'avaient pas changé, était-il dit: des taux d'intérêt bas, une politique monétaire ultra-expansive, les dangers d'inflation, une politique d'endettement public irresponsable, le papier-monnaie gangrené, la production minière stagnante, le déséquilibre offre/demande, le manque de placements de première classe (AAA)...
Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.
Mais, le 7 septembre dernier, l
'or revenait, ainsi, à un sommet sans atteindre le niveau du 12 septembre 2011 à 1373,92$ l'once.
Et puis, il y a les autres tout aussi précieux. Le groupe des MPG, le Platine, le Palladium. Le plancher a été atteint, on passe bientôt aux choses sérieuses et on vise le plafond.
Le Cuivre faisait, aux dernières nouvelles, moins triste mine à 8300$ avant de rechuter comme l'Aluminium qui avait un cours en scie égoïne.
Commencer 2013 sur un ton rassurant...
L'Uranium, au plancher, avec 42$ la livre. Mais, le prix de la recherche grimpe aux environs de 100$. De plus, le potentiel financier nécessaire frise la vingtaine de milliards de dollars. L'émotion causée par Fukushima s'est un peu estompée aux pieds des réalités et des besoins énergétiques.
Plus de demandes d'acier et d'Aluminium explosives, pas d'excitation, voyons.
"Qui va piano, va sano e va lontano".
Rassurer, le leitmotiv à la mode pour eux. Il faut faire tourner le bidule à allure modérée pour garder la pomme pour la soif...
Le problème majeur, tous ces "petits ingrédients" sont indispensables aux produits high-tech: téléphones mobiles, ordinateurs, batteries, ... devenus indispensables pour appeler bobonne et lui dire qu'on l'aime. Plus question de le faire avec un fixe, ce serait ringard.
La faute à la Chine et à l'Inde, toujours les mêmes, même si on en parle moins parce qu'elle a du charbon en réserve, même si la pollution reste un problème.
Pas trop d'inquiétude de ce côté, voyons.
Nous sommes entre connaisseurs, non?
Grattons un peu, là où ça fait mal.
Fin 2012, on lisait: "Les prix des matières premières poursuivent leur dégringolade".
Fini de rêver pour les uns ou de cauchemarder pour les autres?
Tout se régule en fonction de ce qu'on en fait ou ne fait pas et s'il y a trop ou pas assez d'acheteurs.
L'inflation, elle, oubliait les monnaies pour se réfugier sur ce qui est tangible. Quant à la Bourse, elle n'aime pas les points d'interrogations.
L'or était à -15%, l'argent à -10%, le nickel à -36%, le cuivre à -23,2%, le zinc à -23,5%...
La Bourse, au moins elle, respire. Quand elle s'essouffle, c'est que les marges entre le plafond et le plancher, diminuent et qu'il y a moins d'air entre les deux.
Résumons:
2008-2009 : les matières premières étaient laminées, emportées par la crise financière.
2010-2011 : c'est le retour en grâce. Les investisseurs, échaudés par les actions, s'étaient pris de frénésie et se jetaient sur ces pauvres matières premières en voyant les cours s'enfiévrer. Ajoutez à cela que la Chine, grand ordonnateur du cours des commodities, achetait à tour de bras, profitant de cours à prix cassés.
2012 : Coup de froid sur la Chine, les matières premières en subissent le contrecoup. Certains annonçaient même la fin d'un grand cycle haussier.
Vous vous rendez compte, les BRIC ne font plus leur travail de tire-fesses de l'économie mondiale.
Ils le font exprès ou quoi?
Et pour 2013 ? Eh bien, maintenant que la Chine semble se reprendre, les investisseurs s'intéressent à nouveau aux matières premières. Un nouveau retour en grâce ou, une nouveau casino avec une partie remise, impair et passe?
Les (contre-)performances suivent les tendances, les modes. Le prix des choses est souvent plus dépendant de facteurs humains que des réalités du terrain. 
Les analystes financiers s'attendent à une remontée des cours pour le deuxième semestre de 2013 avec leurs graphiques et leurs statistiques numériques.
Évidemment, en Bourse, les courtiers sont payés pour encaisser les courtages à la hausse et à la baisse. L'immobilisme, pour eux, est la pire des situations.
Faut-il passer de la gabegie à la pingrerie pour éviter la destruction de l'humanité avec le seul regard sur le passé ou se tourner résolument vers l'avenir?
Un Américain consomme 50 fois plus qu'un pays pauvre avec l'effet de levier de sa technologie et ne tient pas compte des matières premières et de la pollution inhérente aux processus de leurs utilisations. Cela veut dire qu'il y a de la marge.
L'économie a mis entre parenthèses les points négatifs comme des paramètres difficilement quantifiables par des calculs numériques. Les sciences humaines sont autre chose.
Surtout que la mondialisation a uniformisé les problèmes du code génétique.
Des solutions seraient de consommer moins et plus intelligemment. Recycler, réduire les poids qui augmentent la consommation pendant le transport.
L'ère des limites est plus un problème éthique qu'économique. A y réfléchir, ce serait simplement temporiser et reculer l'échéance pour mieux sauter.
Vivre avec un cerveau planétaire comme Internet donne l'exemple au social unifié et humaniste pour ne pas faire croire à la nature d'avoir manqué son coup en créant le chaînon manquant entre nous.
(Mal)heureusement, il y a en plus le changement climatique qui va ralentir l'économie.
Trouble fête, ce maudit climat...
Je sais, pour certains, oui, pour d'autres, le réchauffement climatique ne serait pas si fort qu'on le pensait. Les climato-sceptiques ont encore leurs mots à dire.
Une "bonne" récession et le problème est joué, pourrait dire le Martien qui survolerait, de haut, notre bonne vieille Terre...
Trop simple. Il ne sait pas que le Terrien a un cerveau et il se doit d'être encore plus imaginatif, plus inventif.
Et qui sait, au fond de la matière, dans l'infiniment petit, les nanotechnologies et les moyens de créer de nouveaux matériaux composites.
D'après une étude menée par le think-tank londonien Chatham House : "L'ampleur et la rapidité de la croissance de la demande des pays émergents, couplée à une décennie de cours serrés des matières premières ont créé une situation de 'stress des ressources'".
Cette situation instable a donné deux principaux phénomènes impondérables:
1. L'augmentation de la demande en matières premières, en général, et en commodities, en particulier. Depuis une dizaine d'années, la demande mondiale de charbon, d'huile de palme ou de fer a augmenté à un rythme de 5% à 10% par an, et celle de cuivre, de riz ou de blé de 2%. Une nouvelle vague de pays comme la Turquie, la Thaïlande ou le Vietnam, devraient les rejoindre.
2. La multiplication des "accidents climatiques", sécheresses, inondations, sabrent régulièrement la production. La production mondiale de blé devrait chuter de 5% cette année. Celle des États-Unis sera réduite de 20%. Selon un rapport de la FAO, alors que, cette année, la demande mondiale de blé devrait se maintenir à 688 millions de tonnes, la production devrait elle être en recul à 661 millions. Depuis 2000, le prix des matières premières alimentaires a été multiplié par deux. La hausse des prix de l'alimentation encourage l'inflation, tout particulièrement dans les pays émergents.
Face aux risques économiques et sociaux induits par cette instabilité, plusieurs gouvernements ont décidé d'agir en instaurant des limitations d'exportations, ainsi que des politiques de contrôle des prix.
En arrière plan, il y a donc les "commodities" sur lesquelles il faut miser: les matières premières agricoles. Et ce d'autant plus que les stocks mondiaux seraient à peine suffisant pour faire face à une ou deux mauvaises récoltes.
Agriculture, management des idées contre matières premières, comme cela s'est vu en Afrique.
Tout se tient. Tout n'est qu'équilibres délicats, parfois acrobatiques.
Le titre était "quand y en a plus, y en aura peut-être encore", mais pas toujours de la même manière et pas nécessairement avec l'abondance du passé et les politiques n'y pourront rien.
Des organismes comme Avaaz.org s'intéressent aux affaires du monde. Ils pétionnent à qui mieux, mieux.
Pas encore d'indigestion de chiffres? Alors, une dernière pour la route:
Synthèse de l'évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi |
Vendredi 1er février 2013 |
Variation hebdomadaire |
|
En $ |
En $ |
En % |
|
| Aluminium | 2 075 | 2 091,5 |
0,80% |
| Cuivre* | 8 090 | 8 189,5 | 1,23% |
| Plomb* | 2 401 | 2 436 | 1,46% |
| Nickel* | 17 300 | 18 445 | 6,62% |
| Etain | 24 800 | 24 800 | 0,00% |
| Zinc* | 2 095 | 2 149 | 2,58% |
| Acier (Méditerranéen) * | 280 |
260 |
-7,14% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
95,97 | 97,11 | 1,19% |
| Or (spot Comex) | 1 656,6 | 1 665,5 | 0,54% |
| Argent spot Comex) | 31,07 | 31,64 |
1,83% |
| Platine (spot Comex) | 1 689 | 1 696 | 0,41% |
| Palladium (spot Comex) | 741 | 756 | 2,02% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
7,81 | 7,72 | -1,15% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
7,254 |
7,4 |
2,01% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
14,49 | 14,89 |
2,76% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois
Réinventer le monde à la croisée des chemins et faire l'inventaire de ce qui reste pour continuer et pas nécessairement y arriver, c'est, pour certains, le moment de profiter de l'aubaine pour engranger des bénéfices au passage.
La Cigale et la Fourmis se réveillent ensembles, engourdies. On ne reconnait plus dans l'histoire qui est la cigale ni qui est la fourmis et on perd le fil de qui fait quoi.
J'ai lu un article qui disait en substance : "L'humanité n'est confrontée à aucun autre défi majeur que celui d'assurer un monde de prospérité plutôt qu'un monde de ruines. Les pays en développement à la croissance rapide ne peuvent pas se contenter d'emprunter le même modèle de croissance que celui adopté par les pays aujourd'hui riches. Si c'était le cas, l'économie mondiale pousserait la planète au delà des limites d'exploitation. Face à tous les défis de la planète, la seule option de développement durable est le modèle de croissance avec technologie intelligente.".
Attention, les décisions stratégiques ne sont pas nécessairement réfléchies dans leurs conséquences. L'énergie, il faut la réduire, alors, la décision a été prise de supprimer les lampes à incandescence qui consommaient trop par des lampes à basses consommations. C'est le cas, mais personne n'a constaté que pour les fabriquer, il faut cinq fois plus d'énergie. De plus, contenant du Mercure, elles doivent être recyclées pour éviter la pollution des sols. Les éléments du Terbium, Europium, Yttrium, en perdition, entre en oeuvre dans la production.
Fausses solutions?
C'est vrai qu'on ne produit qu'une fois et qu'on jette pareil, mais un équilibre en consommateurs et production devrait être mieux ordonnancé. La volonté de l'industrie du low-cost a produit longtemps du matériel à destination du consommateur. Matériel qui était souvent vite détérioré et mis en décharge tout en ayant utilisé le même matériaux que s'il avait été produit en durable.
Je vous dis, parfois, s'il n'y avait pas un café serré et gratiné du matin, chargé de donner l'exemple pour remettre les horloges à l'heure et pour repousser tous les "mea culpa" dans les cordes, où irions-nous?
Ah, ce café, qu'est-ce qu'on ferait sans lui, le matin au sortir du lit?
Blague à part, vous vous imaginez encore la vie sans iPod, sans télés à écran plat avec la 3D qui arrive pour faire semblant qu'il y a toujours du volume dans l'espace, en temps d'anorexie, pardon d'autérité, toujours à tantaliser les consommateurs? Plus moyen de phosphorer, de se cuivrer, de platiner, de s'argenter, de jouer au germani-um... Autant prendre tout de suite ses quartiers d'hiver comme un anti-moine.
Les politiques semblent suivre le mouvement au coup par coup, réactif d'un discours à l'autre, en espérant toujours un peu plus de proactivité pour la prochaine fois.
Devant les soucis que pose la pénurie, ils ne parviennent qu'à glisser, joyeusement ou lamentablement, sur une pente savonneuse.
Situation pardoxale, disais-je au début. Un dilemme avec le pied soit sur l'accélérateur, soit sur le frein. De là, à rester sur la pédale de débrayage en permanence...
L'enfoiré,
Citations:
-
« Il y a trop d’eau, trop de froid et pas assez de pétrole dans les pays froids et pas assez d’eau, trop de chaleur et plein de pétrole dans les pays chauds. A part ça, Dieu n’est pas alcoolique. », Claude Frisoni
-
« On dit que l'argent n'a pas d'odeur : le pétrole est là pour le démentir. », Pierre Mac Orlan
-
« Les Arabes ont fait faire un grand pas à la lutte anti-pollution en installant leurs puits de pétrole dans le désert. », Jean Delacour
Mise à jour 16 avril 2013:
08:05 Publié dans Actualité, Economie, Parodie et humour, Science | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
19/01/2013
L'hiver, chez moi, c'est quoi?
Un billet en passant, la réponse du berger à la bergère... Vendredi, Laurence Bibot sortait son café serré. Elle cherchait ce dont elle allait parlé avec l'humour parmi certaines options de l'actualité. Elle choisit le froid et l'hiver qui s'est abattu sur nous ces derniers temps. Elle détournait l'attention avec notre Monsieur Météo, Denis Colard qui se bercerait d'illusions à Punta Cana.
Punta Cana, je connais. Pas besoin de me faire un dessin.
Une connaissance en revenait récemment.
Une occasion de me faire revenir des souvenirs à la pelle sur cette île des Caraïbes.
D'une époque pendant laquelle, Joaquin Balaguer se faisait réélire et que ses partisants se reconnaissaient par des jeux de signes. Démocratique. Oui, bien sûr. A part, peut-être, que le futur président était presque aveugle à 90 ans et qu'il était là après un précédent mandat communément appelé les douze années".
Mais, le touriste ne s'intéresse pas à ces choses-là, évidemment. Il constate s'il y est présent.
Sur place, au moment du retour, nous avons même eu droit à une "rawette" en plus de deux jours, parce que vous ne savez pas, même si la presse en avait parlé, mais notre avion avait eu quelques petits problèmes.
"Sketé", qu'il était. On n'a jamais su pourquoi. Petits problèmes qui nous ont mis en "stand-by" pendant deux jours.
A plaindre les voyageurs suivants qui attendaient à Bruxelles de partir, bien sûr. Ce qui ne veut pas dire que ce furent deux jours de réelles vacances sur place à Punta Cana, avec les bagages qu'il fallait transbahuter d’hôtel en hôtel.
Vraiment spotché, stressé, qu'on était.
Puis, les photos ne permettent pas de se rappeler des moments de gueulardes à tournicoter dans les aéroports en attendant que cela puisse décoller ce putain d'avion et que l'avion-sauveur d'"Air Outremer" qu'on avait dégoté en dernière minute, ne nous transporte pas jusqu'en enfer.
Punta Cana, c'est pas mal pour quelques jours.
Il parait d'après des informations très fraiches (bizarre, ce mot n'est pas à utiliser par ici, tandis que là-bas...), c'est la pluie le matin et le soleil l'après-midi. Oui, je sais, tout est en "All inclusive".
De plus, à voir toujours des palmiers, je dois dire que, pour moi, cela a manqué de variétés... même quand un arbre se penche sur l'eau pour donner la photo souvenir ultra-classique. Peut-être un souvenir d'un jour de "hurricane".
N'avez-vous jamais remarqué que c'est dans ce genre de pays de rêves, ceux que l'on dit 'exotiques', que les catastrophes du côté nature sont monnaies courantes?
Alors, pour les photos exotiques, vaut mieux garder l'appareil numéric sous le manteau. Peu importe la couleur du manteau, du moment qu'il reste impérméable.
Lors des vacances, l'aventure, c'est l'aventure, dit-on en ces moments-là. On en rigole encore... enfin, presque.
Mais, que voulez-vous, on se refait pas. On s'habitue vite à nos chênes, nos saules pleureurs, nos chataignés, nos arbres dont on oublie jusqu'à leurs origines, tellement elles sont nombreuses.
Cela dit et rappelé, revenons à nos moutons. A notre neige blanche qui ne reste blanche, en ville, que l'espace d'un matin.
Les promenades avec un manteau blanc en région liégeoise dépassent, peut-être, celles de Bruxelles pour François Debrigode. Mais les bruxelloises valent aussi le déplacement.
Oui, vous avez raison, chère Laurence, parler de l'hiver est un lieu commun et Punta Cana fait rêver en cette période d'hiver. En cette saison, là bas, cela doit faire tout drôle de voir, encore, un Père Noël tout enmmitouflé sous un soleil de plomb accroché à une fenêtre.
Et puis, vous êtes, apparement, frileuse, chère Laurence. Et, il ne faut pas vous servir, évidemment, une douche écossaise pour vous remettre de vos émotions qui vous gèlent jusqu'aux os.
Vous oubliez, chère Laurence, que le froid, ça conserve sans même jouer à l'Hibernatus. Pour s'en convaincre, ouvrez votre frigo.
Oui, ça gerce un peu sur les extrémités et dans les coins, mais rien ne vous empêche de garder la mini-jupe sous la mantille.
Oui, la neige, c'est souvent pour les enfants que cela passe mieux et pas quand on doit prendre la voiture pour aller au bureau et se retrouver dans les files en attendant que le sel jeté sur les voies par les épandages fasse son effet.
Le soleil, cela donne des rides, aussi, dirait le dermato.
Vous n'êtes pas comme cette dame, qui en redemandait de cette neige et de ce froid, avec un sourire jusque derrière les oreilles et que Debrigode présentait dans un reportage. D'accord...
Inciter à la méditation, les promenades sous la neige? Ouais... Méditons... Retournons sur nos pas, aussi...
Ce qui frappe en premier pour un citadin, c'est le silence. Tout est feutré par la neige.
Quand vous marchez dans la neige, que cela vous craque sous les pieds, cela ne vous donne pas une émotion de laisser une trace derrière vous? Des traces de nous, des traces qui tracent notre passé tant que le froid reste de la partie.
Vous avez raison, cette dame mettait un peu trop d'ardeur à faire fondre la neige, même sans soleil. Mais tout de même...
Passer de la peste au choléra, dites-vous. Ni l'une ni l'autre ne semblaient pas du parcours de cette dame sous son bandeau cachant ses oreilles.
Aucune bonne raison à ce qu'il fasse très froid?, dites-vous.
Ben, allez au Québec, en Russie, en Chine, et vous verrez, chère Laurence, ce que veut dire "très froid".
Mon pays, ce n'est pas l'hiver, comme le chanterait le québecois, Gilles Vigneault. Enfin, cela dépend de quelques nuages que nous envoient nos voisins.
S'arrêter à zéro degré?, imaginez-vous.
Je suppose que ce n'est pas en Fahrenheit? Là cela vous réchaufferait immédiatement. Ce zéro en Celcius, c'est 32°F au compteur. Justement ce que vous aimeriez voir transposer en Celsius.
Comme les artisans de la thermolactyl y vont pour nous troubler l'esprit. La "Dame Art", que j'écris ainsi parce qu'il m'est interdit de faire de la publicité, devrait vous aider à faire passer les affres de la froidure.
"Un bête temps", dites-vous, encore.
Pas si bièsse que ça, notre Gulfstream qui s'occupe activement à nous préserver un climat tempéré.
Un froid sec et piquant, je peux vous assurer que c'est plus facile à supporter qu'avec le blizzard en plus.
De plus, si un jour, vous allez dans les pays chauds, comme en Egypte par exemple, je ne vous souhaite pas, de vous retrouver, en plein soleil, sous les vents du Khamsin. Je peux vous en parler, j'ai prié de retrouver la pluie et le froid lors de cette rencontre inappropriée d'un troisième type avec le sable qui me frappait la peau, de partout.
Quant au Mexique, Cuba et les autres, cela n'avait plus rien à voir, non vraiment plus rien à voir avec des films d'Antoine quand le ciel tombe sur la tête.
Puis, ayons une pensée émue pour les Australiens qui cuisent actuellement.
Enfin, au sujet de Denis Colard, en cherchant un peu, je suis tombé sur ce versificateur qui semblait avoir une dent contre lui.
Alors, je vais vous montrer, preuves à l'appui, que l'on peut voyager dans le froid pour pas cher. En témoigne...
Les photos que j'ai ramenées de ces derniers jours de promenades près de chez moi et auxquelles vous ne prêtez, peut-être, plus attention.
Pas sûr qu'elle vous réchaufferont. Mais quand on fait taire l'épiderme, cela devient plus intérieur.
Une sélection de chansons pour affronter les flocons, peut-être?
Ou, alors, vraiment, en photos, un bout de chemin de l'autre côté du miroir dans le Nord de l'île de la République Dominicaine mais pas de Punta Cana...
Ce billet, paradisiaque ou parodisiaque?
A vous de choisir, chère Laurence.
L'enfoiré,
Citations:
- « Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps. », Anonyme
- « La gaieté, la santé changent l'hiver en été. », Antoine Désaugiers
- « L’eau bouillante est-elle moins bouillante en hiver qu’en été ? », Pierre Dac
- « Le Canada a deux saisons, l'hiver et le mois de juillet. », Robert Hollier
- « L’hiver ne jetez pas vos vêtements légers, l’été ne jetez pas vos fourrures. », Proverbe chinois
- « Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort ! », Arthur Rimbaud
- « J’ai besoin de l’hiver. Car pendant que la nature se repose, l’esprit, lui, peut entrer en ébullition. », Jan Sverak
22 janvier: Un débat de société, un vrai, qui s'invite dans la presse. Lancer une boule de neige, est-ce une incivilité?
C'est le Soir qui, ce mardi, ose poser la question sur une demi page. L'hiver, le froid, la neige.... voilà de quoi assurer des promenades vivifiantes et des jeux qui donnent le rouge aux joues. Mais parfois, les choses tournent un peu moins bien. Exemple, ce lundi, où un taxi bruxellois a été pris pour cible par un groupe d'élèves. Le chauffeur est sorti de son véhicule et de ses gonds et il a copieusement rossé un des assaillants. Conclusion du Soir, la neige n'adoucit pas les moeurs.
Voilà qui nous amène à notre débat... En Flandre, on ne badine pas avec les boules et certains - du coup - ont inscrit "le délit de lancer de boule" dans l'arsenal de leurs sanctions administratives. Lichtervelde, Wingene, Malle et Leuw-Saint-Pierre ont modifié leur règlement général de police. Mieux, à Termonde, c'est 120€ la boule. Ca fait cher le cornet...
07:55 Publié dans Actualité, Belgique, Jeux et plaisirs, Nature et Ecologie, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
04/01/2013
L'auto-dérision, un produit de la belgitude
"Le remède spécifique à la vanité est le rire" disait Henri Bergson. "A tout remettre en question, on devient hostile à soi-même, on se prend en dérision, on s'essouffle sur une détermination sans objet.", lui répondrait Paul Paré. "Je pratique l'autodérision. La dérision n'a d'intérêt que si on se l'applique à soi même. Sinon, c'est de la cruauté.", surchargerait, enfin, Gérard Collomb... Tous ces auteurs sont français. Quant aux Belges, quand ils rigolent, que pensent-ils? Ben, ils répondent aux invitations.
2012 est derrière nous avec ses polémiques.
Et si 2013, les souhaits se profilaient dans une relation du couple Pol et Mieke?
La France, le pays où le Belge passe le plus souvent ses vacances mais qui se sent, parfois, en porte-à-faux dès qu'il met le pied sur le sol de ses vacances.
Est-ce encore dans la "Douce France" ou dans un champ de mines? 
Les relations entre Français et Belges ont parfois été un peu du style "je t'aime, moi non plus". Je t'aime en vacances, mais n'oublie pas de regagner tes pénates par après.
Pas très grave. On s'y habitue. Mais, le bulletin aurait pour conclusion "peu mieux faire".
D'un vendredi à l'autre était un article qui avait le privilège de rappeler que seul Robinson est maître de son destin. Les autres se doivent d'assumer.
Le début d'année est l'époque où on se fait des souhaits. Ensuite, après les flonflons du bal, les étincelles des feux d'artifices, survient, parfois, une levée de bouclier pour remettre les pendules à l'heure.
Faire sourire avec des mots, des caricatures, tout en parlant de choses sérieuses reste un art que la méchanceté ne pourrait contredire et qui n'est pas à la portée du premier venu pour l'assumer sans coup ferir.
En période de crises, la dérision se perd dans des instincts de replis sur soi.
Si, l'humour est la politesse du désespoir, le désespoir ne lui rend pas toujours la politesse.
Prenons le taureau par les cornes. Abordons les problèmes via notre belgitude, plus souvent bon-enfant que guerrière.
Dans la rétrospective de l'année, le journaliste français, Georges Duhamel, répondait aux questions qu'un Belge pouvait se poser sur la France et sur les relations que les Français pouvaient avoir avec ses voisins.
Le jeune humoriste belge, Alex Vizorek, donnait sa vision à la française sur les évènements de l'année 2012.
Il disait ailleurs que "J'ai l'impression que vous, Français, vous nous pardonnez en tant que belge, parce que toutes les frites ne sont pas toutes dans le même sachet. Posez-vous tout de même la question de savoir si ce n'est pas vous qui avez trop de mie dans la baguette".
C'est sous l'angle de l'auto-dérision que les Belges ressortent du lot, peut-être, encore plus qu'ailleurs.
Il faut savoir que les figures de style font partie de la dialectique de l'expression française. Le problème, c'est qu'en Belgique, on cherche toujours de quelles "figures", les Français parlent dans le but qu'à leur tour, ils puissent remercier les auteurs pour leur style.
Notre style, à nous, "fait dans" le surréalisme.Cette façon d'appréhender le réel sous un angle malicieux et paradoxalement bien concret.
"Sur notre table de chevet, il y a toujours un verre d'eau plein pour les jours où on a soif et un autre vide, pour les jours où on n'a pas soif", comme l'a dit quelqu'un.
Chauvinisme contre surréalisme? Le compte serait-il bon?
Les cafés serrés, je vous en ai passés par pincées, semaine après semaine.
"La Belgique, un pays suffisamment grand pour être crédible lors des négociations et suffisamment petit pour ne pas être suspecté de vouloir défendre ses propres intérêts", des paroles très ou trop profondes, prononcées, dernièrement, à Doha.
Le 25 novembre dernier, la RTBF titrait son émission "Méfiez-vous des idées reçues sur les Belges".
Oui, chez nous, il y a les francophones et les néerlandophones, et,...pas oublier... les Belges d'expression allemande.
Pour le reste, les clichés tombent, un à un, dans l'escarcelle des images d'Epinal.
- Les Wallons et les Flamands se connaissent. Non. La vidéo ci-dessus le prouve.
- Les Wallons sont plus paresseux que les Flamands. Non. Mais les sentiments, les médias, au Nord et au Sud transmettent l'idée.
- Le Roi est le ciment de la Belgique. Non. Il est seulement la colle forcée au Nord et la colle forte au Sud. Le discours de Noël du Roi le prouve. Nous avons vécu la Question Royale, bis.
- L'argent n'est pas taxé. Non. Il est surtaxé entre accises, taxes directes et taxes indirectes.
- Les riches et les pauvres, les autochtones et allochtones s'harmonisent. Non. Ils s'ignorent dans des ghettos qui se touchent mais qui, pourtant et heureusement, profitent l'un de l'autre avec du social mitigé.
- La Belgique est un pays d'accueil dans lequel il est facile de devenir belge. Enfin, "facile". Tout dépend s'il y a du vent, si les courants sont chauds et que les pattes sont blanches. La procédure peut prendre des mois si pas des années pour avoir ces vulgaires papiers avec des cachets de toutes provenances.
La Belgique est la plus grande consommatrice de bière. Non, elle est classée à la huitième place en Europe. - La Belgique a inventé les frites. Non. Ce sont bien des "French fries". Ce sont bien les Parisiens, en 1789, qui avec les Pommes Pont-Neuf les ont inventé (rappelé ici). Mais, c'est Frédéric Krieger qui fera fortune en 1838 à Liège avec les baraques à frites. En plus des frites, il y servait les beignets aux pommes et les gaufres dégustées avec de la bière, du vin ou du cognac. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles. Les frites belges ne sont pas prêtes de prendre des rides sous une cuisson très particulière.
- Les Flamands veulent l'indépendance de la Flandre. Non. Trois Flamands sur quatre sont fiers d'être Belges.
- La Belgique est un "Plat Pays" comme le chantait Brel. Non. Il suffit de prendre son vélo pour s'apercevoir du contraire.
Cela dit. Les clichés existent avec nos voisins du sud.
- Non. Ce ne sont ni Thierry Le Luron, ni Coluche qui sont les premiers à écrire des blagues "sur" les Belges. En 1864, "Tous les Belges ont le crâne vide" écrivait Baudelaire. C'est dire si on a de l'expérience et que si notre traditionnel surréalisme n'existait pas comme un véritable logo et parfois, comme passe-murailles, on se sentirait déshabillé trop rapidement. La revanche s'est produite, très tôt, au Théatre avec la pièce du Mariage de Mademoiselle Beulemans dans laquelle, c'est le Belge qui a le beau rôle. Une pièce qui jouée, aujourd'hui, aurait toujours le même succès à Bruxelles et peut-être, ailleurs.
- On parle de p'tits belges. Non. Physiquement, par la taille, à cheval entre les grands Hollandais et les habitants du sud, il y a un peu de tout comme pour les fromages. Des hommes grands et quelques grands hommes comme partout. Moralement, ils aiment les compromis mais n'accepteraient jamais la compromission.
- Le Belge est un doux rêveur. Un peu, oui. S'il est excessif avec le surréalisme, c'est que son représentant Magritte aimait troubler ses adversaires. Il y réussit toujours. Le Belge peut changer au quart de tour, passer à l'hyper-réalisme sans même s'en rendre compte, lui-même. Il reste à ses détracteurs de choisir le moment opportun pour ne pas prendre le risque de se casser les dents sur le Belge qui aura mis son armure contre les désillusions. "Il sait là contre"... comme il le dit, sans dire contre quoi.
- Pays sans religions, laïc. Non. Les fêtes sont tintées de religiosités, comme le sont la ducasse de Mons et les kermesses, bien qu'on s'en défende. (le livre "Belgique, l'utopie d'une nation" en témoigne)
Sur Internet, depuis longtemps, il y a Frites.be.
Début 2012, le film "Il était une fois, une fois" (Extrait) cherchait à faire connaitre, mieux, le Belge aux Français par une descente sur Paris.
La fin de l'année 2012 a été propice à toutes une série de livres tintées de belgitude.
Pierre Kroll rassemblait ses caricatures de l'année dans un album en couleurs avec pour titre "La fin du monde est reportée à une date ultérieure". Même la France n'aura pas eu sa "prestigieuse" fin à Bugarach.
D'autres caricaturistes sévissent avec leur art comme Kanar, Rif, le lebegebd.com, le dessinnateur Vadot...
L'album de Charel Cambré avec le titre "Albert & Co" fixe le "Temps des choix".
A la radio, "Cactus dans le waterzooi", la "Semaine infernale"...
Le Chat, Philippe Geluck s'inquiète de "L'homo erectus".
Sorti tout récemment, "L'anthologie de l'humour belge" de Bernard Marlière. Je l'ai survolé à certains moments et lu en détail, à d'autres. Cela vaut le détour.
"Cela va du Prince de Ligne à Philippe Geluck dans l'histoire des humoristes belges", était-il dit dans la préface.
J'aime les citations. Je ne prendrai que la crème de celles-ci. Crème qui n'a, d'ailleurs, de crème que le nom.
Picorer dans celles qui m'inspirent le plus. Pour le reste, pour les sketchs et autres, je vous enverrai vers cette anthologie de l'humour belge qui peut être très sérieux, si pas profond.
Charles-Joseph Lamoral, surnommé le "Prince rose" en 1735 disait:
- "J'aime les gens distrait, c'est la marque qu'ils ont des idées et qu'ils sont bons. Les méchants ont toujours de la présence d'esprit"
- "Il vaut mieux avoir de l'imagination que de la mémoire"
- "Malheur aux gens qui n'ont jamais tort, ils n'ont jamais raison".
Raymond Devos disait "Moi, quand je n'ai rien à dire, je veux que cela se sache".
Louis Scutenaire, "L'humain est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire".
Achile Chavée, "On est toujours prisonnier de son dernier mouvement d'enthousiasme".
Arthur Mason, "Devant l'impossibilité de tout savoir, la plupart ont choisi de ne savoir rien".
- "Me croirez-vous si je vous dis qu'il ne faut pas croire tout ce que je dis. Logiquement, je devrais dire le double de ce que je pense, vu que je ne pense pas la moitié de ce que je dis"
- "Pourquoi existerait-il une vie après la mort, étant donné qu'il n'existe pas de vie avant la vie".
Son livre "Oh toi le Belge, ta gueule", fait partie de ma bibiothèque comme référence.
- "Ne dites jamais des saloperies sur les analphabètes. Ecrivez-les"
Le but, financer la dette par les fonds injectés des actionnaires et renforcer la solvabilité des entreprises belges. Ce qui a fait (r)entré au pays des augmentations substantielles de capital.
La zwanze bruxelloise ne fait pas recette en France. Le zinneke (=le batard) n'a qu'à bien se tenir. Le côté résultante, on commence à revoir pas mal de film avec le nouveau Russe. Ce vendredi soir, "Les anges gardiens" sont programmés sur la Une. Lundi prochain, "Potiche". Plus tard encore, "Disco"... Rétrospectives?
"Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots", écrivait Musset dans l'allégorie du Pélican. Dans la vitualité, on pourrait penser que le Pélican ne serait pas mort de sa belle mort.
Le plus comique peut-être, c'est qu'agoravox.fr sur lequel les articles et commentaires sortent de leur tanière, est une Fondation de droits belges. Pas folle la guêpe.
Le dernier "Dictionnaire de Laurent Baffie", j'aime . C'est aussi du lourd, du très lourd et il est français, Laurent. Fabrice Luccini aimera, c'est sûr.
Je n'ajouterai pas plus de citations après ce billet, comme je le fais d'habitude. Une indigestion de frites et de moules, probablement.
De ce côté de la frontière, on dit: "Sois belge et tais-toi. En plus, on vous y invite pour en donner le ton et la saveur.
Si cela vous "goutte", c'est bon signe. Sinon, on y ajoute une demi-gueuze bien sucrée avec de l'écume au sommet, quelques bières blanches, quelques blondes, quelques brunes... puisque, parait-il, les Belges savent pourquoi.
L'enfoiré,
Mise à jour mars 2013: Avoir une pub avec un flic qui demande d'ouvrir la fenêtre d'un chauffeur et lui demander s'il peut se suffire de 300 SMS par mois, est ce possible dans un autre pays qu'en Belgique?
Sur Agoravox, pas moins de 10 articles sur le sujet. Jusqu'au retour du Jedi

Cela va jusqu'à l'uchronie "France: Le début de la fin" qui était le plus originale.
Puis il y a la version belge.
(*) Lettre de G.DEPARDIEU à J.M. AYRAULT
Monsieur,
Vous êtes prof et bourge et je suis un titi,
Vous êtes un Nantais et je suis un nanti !
N’êtes-vous pas heureux en tant qu’homme de gauche
Qu’un titi puisse avoir quelque argent dans sa poche ?
De plus je l’ai gagné en toute honnêteté
Sans voler, sans frauder ni même spéculer.
J’ai reçu de par Dieu le talent de séduire
Et suis dès lors vendeur d’émotion et de rire,
Ce dont vous ne pouvez qu’assez peu vous vanter :
Car lorsque je vous vois paraître à la télé
Jean ai Marc d’un Ayrault fatigué et sinistre
Dont on m’a assuré qu’il est 1er Ministre !
J’aime l’amour, la vie et le jus de la treille,
Mon casier n’est en plus chargé que de bouteilles….
J’ai donc sans coup férir du jour au lendemain
Fait ma niche fiscale en mon nid de Néchain.
J’aime mieux exporter les kilos que je pèse
Que de risquer en France une mauvaise Grèce !
Votre sécurité qu’on appelle sociale
Ne soigne pas encore les hernies fiscales,
Je vais donc me soigner, disons à moindre frais,
En buvant du pot belge au lieu d’impôts français.
Je reviendrai en France un beau jour, quand le fisc
Ne me dira plus simplement : je confisque
Mais qu’il respectera le travail que j’ai fait
Pour concourir un peu au bonheur des français.
Pour n’être point taxé… d’être un inter – « minable »
J’arrête ici les frais, car ils sont impayables !
G. Depardieu
23 janvier 2013: Fitch éclaircit l'horizon de la dette belge. Attention, elle risque de devenir transparente...
05 février 2013: Douce Belgique? La Belgique, une menace pour les finances publiques françaises?
50% des entreprises du Cac40 ont un siège en Belgique. LVMH, Danone, GDF Suez, Total, Air Liquide, Schneidee, Mobistar, Vinci, Lafargue, Veola, Carrefour, Auchan et... EDF Investment qui cache EDF qui est sous la coupe à 84% de l'Etat français.
Le serpent se mord la queue. Cherchez pas Docteur, c'est à la tête. Tout se passe souvent par l'intermédiaire de sociétés écran, de holdings florissants.
De l'amour pour les Belges, je vous le dis. Presque de la rage.
Faudra que revienne le Grand Charles avec une nouvelle version. Admirer la présentatrice.
Un livre récent de Marc Pasteger, "Incroyable mais belge" raconte les histroires vrais et fausses sur la Belgique. Toutes insolites ces histoires:
- Il pleut des pierres à Marcinelle.
- Une dame a été abattue à la place de son chien
- Jo Gérard qui fait tourner l'histoire autour du chiffre "7": Belgica et Brussel en 7 lettres, 7 portes autour de Bruxelles, 7 lignages...
- Les chocolats belges sont bien belges, puisqu'en 1847, Jean Neuhauss s'installe à Bruxelles. Création des pralines en 1912, des ballotins en 1915. Leonidas Ketekides tombe amoureux d'une Bruxelloise en 1910 et fonde Leonidas...
- Le 24 juillet 1887, sur la Grand Place de Bruxelles, une vente aux enchères de cercueils est organisée.
- En 1613, Adrien van Schriek écrit un livre dans lequel il annonce que le flamand a remplécé l'hébreu comme langue universelle.
- Dans les années 60, Jeanine Dekers bat Elvis Presley et les Beatles au hit parade avec Dominique, nique, nique.
08:30 Publié dans Actualité, Belgique, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
22/12/2012
Une fin en soi
Jour +1, après la fin du monde. L'apocalypse googlée et tweetée convertie en une fin en soi. Et si on créait un conte de Noël avec l'aide de la Science?
Un "Science et Vie", hors série, s'accordait une spéciale "Fin du monde" en décembre.
Notre Terre et la vie ont failli disparaître par cinq fois, il y a entre 443 millions et 65 millions d'années.
Dans l'ère moderne, ce n'était pourtant que la 183ème fin du monde annoncée.
En mars 2011, après avoir parlé des Mayas, je revenais sur cette grande peur de 2012. A l'époque, un "Science et Vie Junior" pouvait effrayer les Juniors avec une rumeur, bien que l'humour enrobait, heureusement, leur texte pour l'excuser.
Ce mois-ci, changement de décor.
Le "GEO Ado" avait pour page de garde: "C'est pas la fin du monde". Le jeune Antoine de 11 ans s'y exprimait ainsi: "Je n'y crois pas trop, mais c'est flippant. J'ai découvert beaucoup de théories sur la glaciation, les inondations. Alors, autant en profiter.".
Ouf... En voilà un qui avait trouvé le palliatif ou son antidote...
Pour moi, le solstice d'hiver avec ses froidures me suffit amplement.
Que faire le jour de la fin du monde?
Le monde est de plus en plus vulnérable selon le Forum économique mondial (WEF).
Les réponses en commentaires proposaient quelques idées "fantasmagoriques", comme aurait pu le dire Dali.
En film, l'"Apolcalypse selon vous" s'animait sous différents angles de l'imagination.
Faire des voeux avec un café serré?
Avec l'humour en porte-bagages?
Non, plus la peine, ce fut un faux bond. Un pétard mouillé de l'"Apocalypse show" préparé par des 'fous du calendrier' qu'étaient les Mayas, qui n'avaient même pas prévu leur propre disparition!!!
ARTE consacrait la journée du 21, en parlant du village de Bugarach, "là où le monde s'arrête dans un ultime prime time". Tout cela pour accoucher d'une délivrance et d'une souris.
Le dernier "Question à la une" se préoccupait du prix des bulles de champagne, avant la rediffusion de l'émission, d'il y a un an, jour pour jour, et qui faisait, déjà, le buzz de cette fin du monde.
Non, vraiment, difficile de trouver un média qui ne parlait pas de l'Apocalypse avec des arguments, plus farfelus les uns que les autres et dans un véritable business de la peur.
Pourtant, à y réfléchir, la fin du monde, elle existe, bel et bien, pour plus de 158.000 personnes, chaque jour, d'après les statistiques. Une fin naturelle, accidentelle ou, dite avec plus d'humour à des enfants, qui survient quand on oublie de respirer.
Une "fin en soi" qui devient une "fin pour soi", en quelques sortes.
Tout change et tout reste de même dans un mélange de passé, de présent et de futur, trimbalés ensemble, en fin de course, entre souvenirs du passé et espérances du futur.
C'est alors, que je me suis rappelé du premier épisode de "La magie du cosmos (à voir, la vidéo)" qui m'avait passionné lors de sa première diffusion sur ARTE.
Elle parlait en résumé de: L'illusion du temps. 
"Le temps, une dimension que nous ne comprenons pas vraiment qui gouverne notre vie, que nous mesurons avec une précision croissante depuis des millénaires en suivant le mouvement répétitif de la Terre et qui demeure encore l'un des plus grands mystères de la physique. La perception de son flux continu n'est rien d'autre qu'une illusion. Albert Einstein fut le premier qui fait voler en éclats l'hypothèse d'Isaac Newton sur un temps universel. Le mouvement dans l'espace affecte son écoulement avec une connexion fondamentale entre espace et temps, induisant au passage que passé, présent et futur existent de la même manière et sans distinction ! Plus on a de l'un, moins on a de l'autre. Le temps présent, passé et futur ne s'écouleraient pas, mais seraient comme gelés. Le passé n'a peut-être pas disparu et le futur existe peut-être déjà. Seul le présent est vécu avec une impression que les choses changent dans une perception sélective de tranches de temps.
Si un extraterrestre, très éloigné, s'écartait de la Terre, il déviera vers le passé, tandis que s'il s'en rapprochait, ce sera vers le futur. un Le rêve serait de voyager dans le temps par un trou de verre qui passerait d'un espace-temps. La flèche du temps reste pourtant irréversible alors que les équations physiques ne sont pas limitées, elles, en inversant la vitesse. Remonter jusqu'au Big Bang, c'est aller vers le passé. Après lui, l'Univers est parti dans sa phase d'expansion dans un désordre croissant qui s'accélère, jusqu'au moment où le passé deviennent hors de portée, rendant ainsi le temps inexistant et le futur avec lui. A la fin, dans des milliards d'années, la matière aura vécu, transformée en antimatière. Le temps n'existera plus, dans la paix du vide et des trous noirs.".
Vous n'êtes pas soufflé en lisant cela?
Attention, la physique peut rendre fou ou rêveur. Quoique qu'entre les deux, je préfère la deuxième option.
Le cinéma a toujours aimé ce genre de film d'anticipation par la science fiction. En 1985, "Back to the future"... et tant d'autres.
Tant qu'il y a de l'originalité imaginative, on en redemande...
Il y a près de vingt ans, un autre film, "Un jour sans fin", imaginait la situation de quelqu'un qui "à chaque fois que le réveil sonnait, c'était la même journée qui recommençait pour lui. Il restait bloqué dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.".
Donner un sens à sa vie le "Groundhog day" ("Jour de la marmotte")?
Facile à dire, direz-vous.
Quand je pense à mon banal réveille-matin numérique qui m'indique le temps mais par deux voies différentes: l'heure affichée sur l'appareil qui m'est utile pendant la journée et l'heure projetée au plafond, pendant la nuit. Il y a de quoi avoir des doutes quant à ce qu'il me donne comme heures...
Le plus souvent, les heures sont identiques, mais, ce serait sans compter sur les fantaisies de ce réveille-matin.
Ce matin, une nouvelle fois, il m'indiquait deux heures complètement différentes. Ce n'était pas un retard de l'une par rapport à l'autre, mais une réinitialisation qui s'était produite la veille à l'heure du plafonnier.
Je me réveillais, donc, avec l'affichage au plafond des chiffres qui indiquaient "21:35". J'étais, ainsi, arrivé sur un autre fuseau horaire. La cause: une électricité statique provoquée par un mouvement des couvertures qui mal digérée, avait perturbé l'horloge dirigée vers le plafond.
D'imaginer sortir de l'espace-temps par téléportation, il n'y avait qu'un pas, vite franchi dans l'obscurité de la chambre.
D'abord, ce fut une pensée pour Bob, le héros de mon roman "Vengeance au futur antérieur" qui, lui, vit à San Francisco, justement, dans ce fuseau horaire.
- Que faisait-il, ce soir-là, devant son ordinateur? Commençait-il à préparer la dinde de Noël?
En combinant le tout, cela donnerait quoi?
Un conte de Noël?
Il fallait aller encore plus loin et chercher autre chose.
Le temps, une illusion, était-il dit dans le documentaire. L'illusion, sans verser dans l'anamorphisme?
Un beau départ pour un conte, non?
Alors, tout d'abord, pour mettre en appétit, une question bête: "Pourquoi le Père Noël ne change-t-il pas, d'année en année, malgré son grand âge et qu'il affiche toujours une santé de fer?"
Comme grand voyageur devant l’Éternel, figurez-vous qu'il aurait dans ses attributions, la supervision de deux galaxies. Cela l'obligerait à passer de l'une à l'autre en permanence pour se rendre compte de leur évolution et de les comparer.
- « Il faut continuellement commencer par la fin. », Stanislaw Jerzy Lec
- « Mieux vaut un but sans fin qu'une fin sans but. », Anonyme
- « La vie, c'est comme un tour de manège dans un parc d'attraction. On continue l'aventure en se disant que c'est réel car notre esprit détient ce pouvoir. Quelle importance, d'ailleurs, puisqu'on peut changer le manège à tout moment entre la peur et l'amour", Bill Higgs

07:30 Publié dans Actualité, Fiction, Film, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Science, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
06/12/2012
Saint-Nicolas est furieux
Le 6 décembre, c'est ce qu'on appelle la Saint-Nicolas en Belgique. Si le Père Noël est une ordure, que serait Saint-Nicolas s'il pouvait parler de lui-même?
Saint-Nicolas a toujours été aimé par les petits enfants. Mais, le modernisme est là. Il a fallu qu'il s'adapte aux nouvelles technologies.
Je lui laisse la parole pour commenter ce qui est écrit à son sujet sur Wikipedia et ailleurs.
"La fête de Saint-Nicolas est principalement tournée vers les enfants, mettant en scène le saint Nicolas de Myre. C'est une tradition vivace dans plusieurs pays européens, qui se déroule le 6 décembre ou le 19 Décembre pour l'Église orthodoxe utilisant le calendrier julien. On fête la Saint-Nicolas surtout aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en Flandre française, dans le département des Ardennes, en Franche-Comté, en Alsace, où elle est fortement ancrée, et en Lorraine dont Saint Nicolas est le saint patron, en Allemagne, en Autriche, en Croatie, en Hongrie, en Pologne, en République tchèque, en Lituanie, en Roumanie, au Royaume-Uni, en Ukraine en Slovaquie, en Serbie, dans le Canton de Fribourg en Suisse, etc. Les traditions diffèrent selon les régions. Un trait commun à ces célébrations est la distribution de cadeaux ou friandises aux enfants, qui est parfois substituée par celle du Père Noël.".
- D'abord, je remercie l'enfoiré de m'avoir aiguillé sur ce qu'on disait de moi. Tout cela pour dire, à quel point je dois être partout pour satisfaire les enfants. A lire la suite de ce que ce Wikipedia écrivait au sujet de la Belgique, j'ai avalé ma barbe, à chaque partie du texte. Dans ce petit pays, en plus, je dois faire attention de bien répartir les jouets en fonction de la langue du bambin.
"Saint Nicolas est appelé Sinterklaas chez les néerlandophones qui débarque, comme aux Pays-Bas, sur un cheval blanc d'un bateau venu d'Espagne".
- En Belgique, là où on parle le néerlandais, une ville porte mon nom. Quant à mon cheval blanc qui serait venu d'Espagne, là, l'auteur de ces lignes doit avoir un problème d'orientation ou de vue. C'est en carrosse avec des chevaux blancs ou noirs, mais c'est le Père Fouettard que est peut-être roussi au soleil d'Espagne. Cette fois, comme vous pouvez le voir sur la photo souvenir ci-jointe, j'avais mission d'apporter un nouveau bourgmestre à Anvers dans ma hotte. Oui, vous avez bien lu. On m'avait dit qu'il avait diablement été rabotté. Là, on prend les enfants du bon dieu pour des canards sauvages. Le 21 novembre, je suis arrivé à Bruxelles. Pas en bateau, mais en péniche et sur le canal. Pour un épisode de la croisière s'amuse, faudra repasser. Personne ne sait que j'ai vite le mal de mer? En avion, peut-être, et encore. J'ai mal au coeur en l'air. En plus, cette fois, le vol Ryanair en provenance de chez moi, m'a obligé à me serrer les coudes sur mon siège pendant des heures à ne plus savoir respirer. Une croisière sur rail avec l'Orient Express, oui, cela me botterait bien mieux.
Vu mon âge, je n'aime plus trop les voyages même une fois par an. J'aimerais prendre ma retraite et laisser la place à plus jeune que moi. J'ai les qualifications requises pour pouvoir bénéficier d'une pension, suite à une carrière complète.
"Chez les francophones, il se déplace avec un âne magique mais également, on le trouve quelques fois en compagnie de Père Fouettard et de son âne.".
- Là, j'aimerais bien qu'il soit "magique", ce vieux bourricot. Souvent, il me joue le scénario de l'âne de Buridan entre la carrote croquante ou rappée, avec une menace de ne plus avancer. J'avoue, je suis parfois fâché avec le Père Fouettard, mais qu'est-ce que je ferais sans lui. Il est toujours aux aguets pour éviter les conneries de cette bourrique. Je suis chargé de chercher des sponsors pour mon opération "enfants sages". Je dois chercher des représentants de ma modeste personne pour répartir le travail de management. Quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai entendu que les comédiens avaient subi une diminution de leurs subsides. Mes représentants sont devenues plus rares avec des budgets plus limités.
"Dans les deux cas, il vient la nuit du 5 au 6 décembre pour déposer cadeaux et friandises, notamment des figurines en chocolat, des nic-nacs ou des spéculoos à l'effigie du saint, dans les souliers des enfants sages. Il est de tradition de laisser un bol d'eau (ou de lait) et une carotte devant la cheminée de la cuisine ou du salon pour l'âne, et un verre d'alcool pour Saint-Nicolas".
- Je pique aussi les spéculoos à mon effigie. Ringard et chiche, ce Wikipedia. Pour être plus complet, plus circonspect, dirais-je, je devrais agrandir ma besace. Les PC, les Playstations sont devenues tellement lourds et encombrants pour passer dans les cheminées même si les iPod, les iPad, et ses copains sont plus légers pour mon dos plein d'arthrite. Quand je pense aux papas, je me dis qu'ils sont peut-être responsables du choix de leurs rejetons. Faut pas les oublier, ces papas-là. Ils ont leur mot à dire et les temps sont durs pour eux. L'année passée, encore, c'était la bérézina, mais je croyais qu'on aurait trouvé des solutions à ces crises de m....
"Le lendemain matin, on retrouvera le verre ou le bol vide et la carotte mangée. Cette pièce sera également fermée à double tour devant les enfants comme preuve que Saints-Nicolas rentre bien par la cheminée".
- Là, ils pensent que cette pièce ne passe pas au travers des appartements des villes, devenus tellement étroits et avec des prix au mètre carré tellement élevés que fermer une pièce ce serait condamner tout l'appartement.
"Saint-Nicolas passe, début décembre, dans les écoles ou dans les centres publics pour demander aux enfants quels cadeaux ils désirent, voir s'ils ont été sages pendant l'année et pour leur donner des friandises.".
- Début décembre? Vrai et faux. Il y a bien longtemps, il y avait une opération qui faisait cela. J'ai la mémoire qui flanche. C'était une époque pendant laquelle on préparait longtemps ma visite où, avec un numéro de téléphone en six chiffres qui commençait par "48", quelque chose. Je lancerais bien l'idée d'un Nicolaton au lieu de me trimbaler à faire de la promos des magasins depuis début novembre.
"Les enfants sont souvent invités à rédiger une lettre qu'ils adressent au "Grand Saint", service de la Poste belge, rue du Paradis n°1, 0612 CIEL7)."
- Une lettre? Je reçois aussi plus d'emails en style SMS, parfois, aussi, des messages sur mon mur de Facebook ou même des Twits. Je me demande si ceux qui m'écrivent croient toujours en moi ou s'ils sont simplement intéressés par les cadeaux.
"Pour les écoliers, plusieurs semaines avant l'arrivée du grand saint, ils se doivent de déposer une paire de chaussures chaque soir devant la porte de leur chambre. Ceux qui ont été sages découvrent chaque matin une friandise typique différente chaque jour : massepain, chocolat, clémentine...".
- Là, il me prennent pour le Père Noël. Faudra que je le lui dise à mon collègue. Une vieille paire qui traîne dans une boîte? Quant au massepain, au chocolat, aux clémentines, cela me botte tout autant, et parfois, je prends ma part, sans rien dire.
La Saint-Nicolas en Belgique est également une tradition estudiantine qui veut que l'on dépose une assiette ou une paire de chaussures la veille devant sa porte et que chaque cokoteur, comme colocataire de chambre d'étudiants, y dépose discrètement des friandises.
- Voilà, que je comprends d'où elles viennent ses friandises. Ce sont les étudiants qui les fournissent pour les distribuer. Mais qui paye le cot de l'étudiant? La réponse n'est-elle pas dans la question?
"À Liège, à Mons, à Bruxelles et à Namur, il existe aussi la Saint-Nicolas des étudiants : un cortège défile dans la ville avec des chars et les étudiants collectent des piécettes auprès des passants pour s'offrir des bières lors de la guindaille qui clôture la journée."
- Là, on me confond avec la Saint-Verhaegen. Ce Saint-là n'a rien à voir. Aussi en crise? On ne me l'a pas dit. Des magasins bondés de jouets, on n'en parle pas? Je viens de Myre, donc de Turquie. Si on veut je peux apporter des loukoums, des baklavas et du thé à la pomme.
Puis, furieux, j'ai quité ce Wikipedia. J'ai continué mes recherches.
Je suis tombé sur d'autres légendes sur moi:
"Né vers 270 à Patara en Lycie. Evêque de Myre, il mourut un 6 décembre mais les historiens ne se mettent pas d’accord sur l’année de sa mort. Jeté en prison sous le règne de l’empereur Dioclétien, il a participé au concile de Nicée (325). Il est le saint patron de la Grèce, de la Russie mais aussi des écoliers, des bouchers, des épiciers et des bateliers. On lui attribue son plus populaire miracle dans la légende des 3 enfants tués, découpés en petits morceaux et mis au saloir par un boucher... avant d’être rendus à la vie par Saint Nicolas, 7 ans plus tard. Une très belle histoire souvent illustrée naïvement dans les livres d’images anciens mais une histoire qu’on n’oserait plus raconter, aujourd’hui, dans le contexte meurtrier qu’a connu la Belgique ces dernières années. Selon une autre légende, il sauva également 3 officiers romains condamnés par l’empereur. En fournissant une dot à 3 jeunes filles nobles de Patara, il empêcha leur père de les vendre comme esclaves. Devenu ainsi le protecteur de la vertu des jeunes filles... encore que, dans certaines de nos régions, elles auraient plutôt tendance à honorer Sainte Catherine".
- Je suis Nicolas de Myre, voilà mon histoire et mes légendes. Point.
J'en ai marre qu'on me désigne comme le plombier, le sauveur à tout faire comme un saint de tout et de rien, qui ferait croire que je fais revenir les enfants et les grands à la vie.
Debout très jeune, je n'étais pas un saint, ni un enfant de choeur. Quant à être patron des écoliers, c'est vraiment surfait, pour moi qui ne savait même pas lire. Le boucher, c'était cet ignare de Fouettard qu'il fallait remettre sur le bon chemin.
Certains m'ont vu, récemment, comme on le raconte ici, habillé de mon costume en train de faire la fête, alors que j'avais voulu disparaître ce jour-là.
Jean-Pierre Verheggen me qualifiait de "Barbon lubrique déguisé en grand-père tranquille pour mieux donner le change aux jeunes mères de famille qui confient, naïvement, leur progéniture à mes genoux calleux et qui aime se faire photographier dans cette position avantageuse avec des milliers d'enfants que l'on s'étonne de retrouver, une semaine après, la frimouse et le petit popotin potelé sur Internet, ligne rose ! Nul n'ignore ce Membre du Conseil d'Administration de plusieurs grands magasins de grande distribution en grandes surfaces et d'ateliers de fabrication de jouets à la chaîne en sadomasochiste archiconnu, ouvertement autoproclamé sur tous les toits et accompagné d'un petit noir porteur d'un fouet panpan cucul pépette ou précédé d'un mignon savoyard qui lui ramone la cheminée par où il coulisse le grand soir en toute impunité.".
Il a parfaitement raison dans la plupart des points.
La concurrence est très forte chez les Saints-Nicolas et il a fallu aussi me redonner une aura particulière chez les enfants de moins de 6 ans.
Saint-Nicolas, pour les plus grands, je suis parfois un pourri comme le Père Noël, comme le montre cette vidéo.
Mon successeur de Noël, lui, il s'est déjà installé sur les chapeaux de roue de son traîneau, faux-jeton avec le capuchon sur les oreilles, à grignoter mes arrières. Il me pompe l'air. Il me vole la pareille, cette "ordure", alors que ma fête est aussi importante que la sienne...
Voilà que sur la Grand Place de Bruxelles, ce collègue a reçu un arbre de Noël tout à fait spécial. Un arbre ultra-moderne, tout électrique qui clignote avec le son de la musique.
Oui, je sais, ce sapin a généré la polémique parmi la population traditionnelle. Un certain Bert, comme rapporteur de l'affaire s'est transformé en chanteur avec son café serré en main et les écoutilles sur les oreilles. La tradition qui se perdrait?
Là, c'était trop fort pour moi. Je me trouvais entre Saint-Verhaegen et le Père Noël. Entre le premier, la Saint-V, qui recevait des sous avec les collectes des students mais qui avait reçu une surveillance toute particulièrement et le second, un arbre et moi, rien, sinon, ce Père Fouettard, tout noir.
Et si on installait un palmier avec des guirlandes sur la Grande Place, pour l'année prochaine? Cela me permettrait de retrouver ma lointaine Turquie.
On venait de m'en envoyer une image composite.
Je vais créer un syndicat des Saints de la "bonne cause" et ainsi revendiquer mes droits de Saint.
Pas un Saint-confitures, mais un Saint pour petits et grands, de demandeurs d'emplois qui ne trouvent plus assez de travail pour assurer et soutenir ces jouets.
Les sponsors se font de plus en plus rares ou font la gueule. Le port du facteur, on ne me l'a jamais payé. Oui, la poste m'a évité, alors que moi, je me payais la version spéciale de "Saint Georoute".
J'en ai marre de me laisser berner par ceux qui me sucent de toutes parts sans que je puisse me rebeller, de ces grands qui me donnent les boules dans la gorge qui, elles, ne sont pas à accrocher à un arbre.
C'est la dernière fois que j'ai fait ce travail, si on ne m'écoute pas. Ils espèrent que je ramène quoi l'année prochaine?
Un éléphant, un dromadaire, la lune en plein jour?
Cette fois, j'ai même pensé partir en grève pour voir qui aurait eu le courage et l'audace de me remplacer.
L'année passée, déjà, j'avais exprimé mon mal-être.
Personne n'y avait prêté attention.
Cette année, on me dit passésiste et raciste.
Je vous dit, trop is te veel, comme on dit en Belgique.
Je suis allé visiter les enfants malades et tout a changé dans mon esprit.
J'ai fondu et, du coup, je reviendrai l'année prochaine.
Et dire qu'en France, ils sont obligé d'attendre mon succésseur pour trouver ce bonjeur avec cekedubonheur. Faudra que je leur dise.
Je sens que vous voulez des preuves de tout cela.
Alors, allez voir quelques photos souvenirs de mon passage.
Pour me reposer de cette folle nuit, je regarderai la télé, demain soir, il parait qu'on va tout m'expliquer en tant que Saint Gourmand.
Et cela me plait.
Merci de m'avoir prévenu, salut à toi, L'enfoiré,
Bonjour à tous,
Je vous informe que je suspends temporairement la publication des prochains articles pour raison de santé de mon épouse.
Dès que la situation se sera rétablie, je reviendrai.
A bientôt,
L'enfoiré,
Citations:
- « A petit saint, petite offrande. » et « A chaque saint sa chandelle. », Proverbes français
- « Le saint de la maison ne fait de miracles. », Proverbe brésilien
- « A-t-on déjà calculé l'emprunte écologique de ce Saint-Nicolas », Thomas Gunzig
01:10 Publié dans Actualité, Belgique, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26/10/2012
Vieillir en douce
Rien ne va plus, cette semaine, en Belgique. On entend des mots comme Surcapacité - Restructuration - Protectionnisme - Licenciements - (pré)Retraites - (pré)Pensions. Les (pré)vieux se "ternissent" en douceur et profondeur. "Dans mon jeune temps", des paroles de vieux qu'on commence à prononcer ou à chanter...
Ford, Duferco, Photo Hall, Coca Cola, des pertes d'emplois à la pelle, cette semaine. La guerre économique n'utilise pas d'armes mais elle fait autant de dégâts sociaux.
Mais qui est ce fou qui a retiré le bouchon de la baignoire pour laisser filer l'eau avec les bébés qui surnageaient vaille que vaille à la surface?
Est-ce pour fêter la fête du mouton et de son sacrifice?
Gaia dénonçait les conditions d'abattage des animaux.
Il n'y a pas d'organismes qui auraient le même souci pour les hommes? "Hécatombe", un autre sacrifice religieux de cent boeufs...
Dans quelques jours, c'est la Toussaint. Je ne sais pourquoi, j'avais titré ces retraits de la vie de "Points morts" en 2007 et 2009.
"La vie est mal faite. Jeune et, donc, en pleine forme, on devrait pouvoir disposer de moyens financiers suffisants pour jouir de la vie. Plus vieux, il faudrait conserver la forme et pouvoir continuer à travailler", des paroles d'un de mes chefs, il y a bien longtemps et qui me sont restées en mémoires.
Il avait raison, même si je n'avais pas saisi toute la finesse du raisonnement, dès le départ.
"Mourir cela n'est rien, mourir, la belle affaire. Mais vieillir", chantait Jacques Brel qui en connaissait un bout au sujet des "Vieux".
Que dire encore de ce mot "vieillir"?
En prenant la pyramide des âges, il y a des craintes à avoir.
Oui, c'est vrai, pour traduire l'image, c'est se rendre compte qu'après le lundi et le mardi, le calendrier ajoute aussi, M, J, V. Pour tout le monde d'ailleurs.
Si, c'est, comme il est dit dans cet article que dès la quarantaine, l'homme a sa première crise existentielle et se met à faire des bilans de sa vie, là, on est mal parti.
- "On devient vieux quand on ne sait plus ce qu'est être jeune", répondait l'optimiste de service.
- "Quand on regarde l'autre sexe et qu'on ne sait plus pourquoi", se gloussait le comique au parloir.
- "Quand on retourne en enfance sans le vouloir", pleurait le pessimiste dans le couloir du home pour vieillards.
- "Quand on répète plusieurs fois la même chose et qu'on ne se souvient plus de la première fois", se rappelait in extremis l'Alzheimer qui, jusque là, l'ignorait.
- "Quand on regarde, à la télé, la 'Roue de la fortune' qui n'arrête pas de tourner sur le nouvel écran plat en 3D mais qu'on a oublié de changer de lunettes", se dit le rêveur en pleine distraction.
Vendredi dernier, un dossier "Family Business 2.0" paraissait dans un quotidien.
Le titre, "L'ADN de l'entreprise familiale". Puis d'autres titres...
"Peu d'enthousiasme au sein de la génération montante". Pas à dire, ça commençait mal, me disais-je.
Dans la même fournée: "La succession c'est la question numéro 1 mais la logique économique prime sur les intérêts familiaux". "Progresser même en temps de crise". "La structure optimale du holding", "Le fisc et le patrimoine familial"...
Là, cela se corsait vraiment. Si on lâche, tout de suite, les gros mots, où allait-on?
Même 'Asterix au Service de sa Majesté' qui sort bientôt sur nos écrans, au vu du box office, c'est aussi en petite forme avec sa potion magique.
Mais, la "potion magique" arrivait en fin du dossier. Pour le trouver, il s'agissait de télécharger une application gratuite via le code QR.
Avec un tel acronyme qui rappelle un autre SPQR, du temps des Romains, on devait être sauvé, Non?...
Michel Drucker, hypocondriaque, alors que 70 coups ont sonné à l'horloge, après près de 50 ans de carrière à la télé, veut continuer jusqu'à ce que mort s'en suive à recevoir sur son divan rouge, jeunes et vieux, saltimbanques, artistes et politiques. Avec une bonne mémoire, il se rappelle même de 500 émissions mythiques de la télé française dans une bible qui ne dit pas son nom. Une époque où rien n'existait, ni portable, ni PC, ni écran plat. "Comment un jeune peut-il, aujourd'hui, imaginer cela?", écrit-il dans sa préface.
Dimanche dernier, il "osait" repasser la vie d'un mort. Celle de Henri Salvador, qui chantait "Le travail c'est la santé" en 1965 et qui avait travaillé, pourtant, toute sa vie. Le revoir à l'âge de 90 ans, dans une émission enregistrée un an avant sa mort, survenue la veille de la Saint Valentin 2008, une émission pendant laquelle on retrouvait son rire qui explosait à chaque instant en mode semi-automatique, tout un symbole de dérision sur la vie.
Prémonition? Salvador chantait "La vie, c'est la vie", une chanson qui finissait par les mots "La vie il faut se la vivre jusqu'à en crever".
Évidemment, cela n'a rien à voir avec un travail à l'usine.
Tout le monde a sa voie et sa voix et doit les céder au suivant dans la course relais de la vie et raccrocher avant que la vie ne le fasse raccrocher de force!
Qu'au moins, cela se passe au mieux possible sans tomber dans le "Syndrome d'Erostrate".
Difficile pour certains de raccrocher. Moins pour d'autres. Question de chance et de préparation.
En Belgique, plusieurs bourgmestres, "crocodiles", se sont vus remisés à la case "prison" du Jeu de Monopoly, après les élections communales.
Avec le baroud d'honneur, toujours composé d'un petit cadeau de départ, du verre de l'amitié ou de l'inimitié avec des grincements de dents et quelques comptes à solder...
Que ce soit en politique ou ailleurs, des plus jeunes attendent au portillon du train et il ne faut pas leur voler "la" chance de monter en marche.
Au suivant, chantait encore, le Grand Jacques.
C'est la même issue pour chacun dans la douceur ou l'amertume.
Vieillir en douce ce sont "Les petis ruisseaux"...
C'est apprendre à lever le pied jusqu'à la pension, à la retraite de Russie, tout en imaginant qu'il pourrait y avoir des surprises en bout de course.
Beaucoup se feront une joie de cultiver leur jardin, de se retrouver devant la télé en famille, de retrouver les petits-enfants, à se perdre et dire "J'ai oublié de vivre" comme ce sacré Johnny, lui qui ne dit pas tout sur sa façon de concevoir la vie simplement interprète d'un de ses paroliers.
Ce qui est vrai, c'est que ces "vieux" écoutent plus souvent radio "Nostalgie" qu'à leur tour, comme je l'écrivais lors d'un anniversaire récent.
Il y a aussi la justice naturelle, fatale, l'arrivée à la gare de fin de parcours avec la sanction "perpète". Une maladie, un accident qui se terminent mal. La médecine n'est pas une science exacte et les magiciens n'ont pas encore "le" philtre de jouvence.
Puis, il y a ceux qui étonnent, qui partent avant l'heure pour le grand voyage de non-retour, en n’atteignant même pas la retraite. La minute de silence et les souvenirs pour un temps des autres.
Dernièrement, parmi les célébrités, ce furent les perles qui avaient perdu leur support.
Silvia Kristel, qui en 1974, avait pris le rôle d'Emmanuelle en divers épisodes chauds, érotiques comme Jaeckin, son réalisateur, comme spécialiste, le racontait. L'érotisme est passé à la trappe de la pornographie.
"A la casse", lançais-je avant de partir de la vie active. J'exprimais ce besoin de transmettre un flambeau, au mieux, entre générations dans cette grande course relais de la vie.
Madre de Dios, les vieux, cela coûte vraiment de plus en plus cher...
Rien de changé? Si.
Les "poubelles de l'histoire" (désolé pour ce mot) se sont remplies plus rapidement et on ne sait plus où les déverser parce qu'il y a moins de places disponibles ailleurs que dans des homes qui font fortune.
"De pilier en pilier", un article pour comprendre comment se préparer à la retraite et ne pas trop dépendre de la seule pension ou des "suivants".
Car, le papy-boom est là, il est même dépassé par le baby-boom...
En 2011, +5% de retraités, de pensionnés salariés, en plus. En cinq ans, la grimpette de retraités s'est accrue de 23,8%. Maudite médecine qui ne fait qu'une partie du boulot.
Dès lors, aux retraités, j'intimais, il y a déjà longtemps, l'envie aux "Papy, de continuer de boomer".
Soutenir la génération suivante comme la situation est devenue plus dure pour elle. Je parlais des papy-boomers qui avaient épargné pendant leur vie et qui ne comptaient pas trop sur le baby-boomers.
J'écrivais dans un billet de "Les Réflexions du Miroir auraient pu s'appeler "Itinéraire d'un enfant gâté" avec des séquences comme celle-ci, celle-là ou encore celle-là, découvrir ce qu'on n'aurait pu faire quand l'heure de la retraite a sonné et quand on dispose, de ce fait, de plus autant de temps pour tenter d'être témoin de son temps ou du suivant.".
Avant, cela n'a pas été le cas et les mauvais coups volaient bas dans un "service pompier" qui doit réagir dans un temps minimum mais sans mettre une véritable rustine.
Mardi dernier, j'assistais à une présentation destinée à rappeler la situation mondiale et l'art de bien organiser son patrimoine et sa succession en fonction de la "nouvelle mesure fiscale anti-abus". Le but, ne pas subir une ponction trop forte du côté de chez Swann, comme pourrait le chanter Dave avec plus de recul.
L'âge moyen des présents aux environs de 60 ans.
Peu de questions après la première partie. Un manque de temps pour les questions pour celle qui parlait de la succession et des derniers tours de vis du fisc. Je m’apprêtais à poser la question humoristique "Et Albert Frère, comment a-t-il réglé sa succession?".
Mais le quota des questions était déjà écoulé, trop vite dépassé.
Quant au temps, lui-même, quelque part, devrait-on ou non s'en moquer?
La physique de la Magie du cosmos, nous apprend que tout est faux, que tout est déjà dans la boîte du temps, comme le serait un fleuve figé par la glace.
Ne riez pas. Le passé, le présent et le futur existeraient déjà sans distinction, en suivant la théorie de la relativité d'Einstein...
Une théorie qui dit, en plus, qu'on vieillit moins vite quand on reste en mouvement.
Cela donne des idées ou je batifolle?
S'il faut bien que jeunesse se passe, pourquoi n'en serait-il pas de même avec la pseudo-jeunesse des plus âgés avec l'expérience en plus?
Obsolète, tout cela? Jeunes, ne misez pas trop vite sur la charrette sans y ajouter les boeufs.
Alors, oui, il y a les "has-been", ce qui survient quand la société rejette dans les cordes ses anciens héros.
Ils deviennent, parfois, des rebelles quand tout patine sur place et que le schmilblick n'avance plus et devient un schmilblock.
"Quand survient la dépendance", écrivait l'un d'eux.
"Nous sommes tous des réactionnaires" à baigner dans son bain, disait l'autre.
Fin mai, un "Questions à la une" nous emmenait à la rencontre de ces retraités ou pré-retraités en deux épisodes que je vais remettre en étapes chronologiquement.
1. Tous au boulot jusque 70 ans ?
Résumé: "C'est plus que probable, nous travaillerons bientôt tous jusqu'à 70 ans. Financièrement, notre système de pensions est en effet complètement déstabilisé par le vieillissement de la population (En 2050, la moyenne d'âge sera de 90 ans pour les hommes et de 95 pour les femmes). Le sauvetage est donc urgent !
La solution? L'allongement des carrières. Une idée qui passe très mal chez nous, et qui a déjà occasionné grèves et blocage du pays. Les autorités ont alors choisi de faire passer la réforme pas à pas. Méthode plus efficace puisque sans opposition, il est déjà plus difficile de quitter le marché de l'emploi pour la pension ou la préretraite. Ce n'est pourtant qu'un début !"
A revoir cela, c'est comme si on était à des années lumière.
Le vieillissement de trop de population en une fois et l'impossibilité de trouver les fonds pour assurer la retraite de ses aînés, le trop plein de production, ce serait donc cela qui a changé par rapport aux générations précédentes.
Le relais n'est plus assuré.
Travailler jusqu'à 70 ans, certains, toujours en forme et avec des tâches intellectuelles, le désireraient à un rythme plus doux, ils ne le pourraient pas dans le privé, non prévu.
Allonger les carrières, chez les indépendants, c'est déjà le cas. Le nombre des indépendants de plus de 65 ans a augmenté de 10% ces cinq dernières années. 7,6% des indépendants sont dans le cas.
En cause, la maigre retraite et une ponction trop faible pendant la vie active n'apportant qu'une pension moyenne de retraité de moins de 500 euros alors que chez les salariés et les fonctionnaires la moyenne s'élève à 787 euros de pension. Que nous réserverait l'avenir ?
Un voyage étonnant vers un futur où tout serait mis en place pour que les seniors puissent continuer à travailler et dans lequel ceux qui n'auraient pas de carrière complète seraient remis au boulot par des agences spécialisées?
Spécialisées pour faire vieillir? Quel projet ambitieux...
Le retraité se repose sur des piliers. Ces piliers vacillent aussi à tel point que chacun a l'impression de les soutenir, du mieux qu'il peut.
Les pensions complémentaires du 2ème pilier, les assurances-vie seraient en danger, vu la faiblesse des taux d'intérêts et les turbulences sur les marchés. Elles font peur aux assureurs qui affirment ne plus pouvoir honorer les rendements garantis des contrats qu'ils ont signés avec leurs souscripteurs. De plus les frais de gestion peuvent grignoter jusqu'à 5% de cette assurance groupe. "Restons groupier", qu'ils disaient...
La situation serait même alarmante pour les démographes qui ressassent le défi posé par l'arrivée prochaine à la retraite des baby-boomers.
Produire plus de richesses avec des bras et des cerveaux, c'est vite dit encore faut-il y ajouter un peu d'infrastructure. Sans progrès, rester en panne de croissance, ce serait la catastrophe. L'emploi que les jeunes postulaient à la suite de leurs études, ne trouve plus l'assurance de trouver un débouché valable et leur chômage prend des proportions inquiétantes en échange...
Un drame de sacrifiés... Pas de doute là-dessus.
Les "petits" métiers rencontrent restructurations, délocalisations, faillites frauduleuses, offshore, d’où pertes d’emploi et le chômage. Le goût de se battre s'étiole.
En fin de compte, les dommages sociaux inhérents au système condamnent les couples à travailler ensemble à en devenir carriéristes sans successeurs.
«En Allemagne, la femme est toujours en train de courir. Une entreprise évite d'engager une jeune femme car elle risque de faire un enfant. Ici, c'est quand même autrement facile.», répond-on en Allemagne.
Oui, mais, s'il faut des travailleurs actifs, il faut surtout qu'ils aient un salaire décent pour assurer "cet après" sinon ce n'est que partie remise.
La solidarité se perd. C'est évident. Tout est fait pour que cela se passe de cette façon quand il n'y a pas de place pour tout le monde.
Thomas avec son humour qui le caractérise, lançait sa pierre dans l'eau.La société de consommation pousse à consommer. Consommer, oui, mais pas n'importe quoi et n'importe quand. Sinon, on s'empiffre et on grossit inmanquablement.
Les années entre deux générations diminuent. Les enfants constatent que leurs parents ne s’occupent plus de leurs grands-parents, les parents, de leurs enfants.
C'est chacun pour soi qui règne... tant qu'il est encore temps.
-Aide-moi? Aide-toi et le ciel t'aidera !
- Et ta soeur, elle bat le beurre?
Je n'ai pu résister au comique de situation de cette annonce qui disait "Les seniories, ultime 'place to be' pour les assureurs" bien que le sujet de l'article touchait l'immobilier. Que l'idée, elle est bonne. Si on les y envoyait aussi ...
2. La retraite est-elle plus belle au soleil ?
"La misère serait moins pénible au soleil", Charles Aznavour le chantait dans sa chanson "Emmenez-moi".
40.000 belges se font verser leur pension à l'étranger. C'est à dire 50% de plus qu'il y a 10 ans. Ils sont en effet chaque année plus nombreux à quitter la grisaille pour aller vivre sous les palmiers.
Mais qu'est ce qui fait partir ces retraités? Si le souvenir de l'odeur du sable chaud reste la première motivation des pensionnés, le coût de la vie est de plus en plus souvent cité comme explication par les candidats à l'exode.
La retraite à l'étranger n'est donc plus l'apanage des pensionnés fortunés car quand on a une petite pension, il fait bon vivre dans un de ces pays où la vie est moins chère que dans les pays du Nord.
Pourtant, il y en a qui en reviennent. Avaient-ils trop couru dans un escalier pour partir et se devaient de revenir en catastrophe? Un bobo qui, là-bas, ne trouve pas de réponse?
Courir, marcher, cela se mérite, cela se construit.
Aujourd'hui, il y a six ans, jour pour jour, juste avant la "grande crise", ce fut ma propre sortie de la vie active.
Je concoctais pour l'occasion, une pièce en quatre actes que j'avais appelé "Rock around the clock".
Un souvenir pour moi et pour ceux qui y étaient. Un petit extrait de la vidéo qui m'a fait sourire après coup car je n'avais aucune expérience dans ce genre d’exercice: C'est ici
Mais, comme tout finit par une chanson ou une parodie, je prendrai celle de Jeanne Mas, "En rouge et noir", que je vous demanderai de revoir et de réécouter la vidéo avec attention.
Une chanson qui date de 1986, 26 ans depuis lors, et cela semble toujours en pleine actualité.
Je suis sûr que certains comprendrons ce choix.
"Une arrière saison" comme le chante Sheila que l'on regarde dans le rétroviseur.
J'espère seulement que le changement d'heure du week-end n'emportera pas (semi-)jeunes et (demi-)vieux dans le blues hivernal et sonnera la fin de la récréation.
L'enfoiré,
- « Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux. », Erik Satie
- « On est toujours le jeune d'un vieux et le vieux d'un jeune. », Alexandre Carlson
- « Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne. », Proverbe belge
Mise à jour du 6 novembre: Testament.be organisait une exposition qui a fait le plein "de vieux" au Beaux Art de Bruxelles. Le but: recueillir les legs et donations au profit d'une bonne cause. Des ONG de toutes sortes étaient présentes. Jacques Mercier, l'ancien journaliste de la RTBF prettait sa voix (son blog).
J'y suis allé. J'ai tout vu. Convaincu pas encore? A revoir...
Heureusement, fin novembre, il reste bientôt le salon Zenith, le salon pour les "p'tits vieux" BCBG.
08:30 Publié dans Actualité, Belgique, Economie, Monde des affaires, Parodie et humour, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
15/10/2012
Tijl Uilenspiegel et Brabo ne sont pas morts
Nous venons de terminer des élections communales en Belgique. A écouter les chefs de partis francophones, tous ont gagné en sièges. On arriverait à dépasser les 100% de la population à écouter les pourcentages de réussite de chacun.
Les médi
as disent "Bart De Wever est bourgmestre d'Anvers avec 37% et il se croit empereur". Il parle déjà de l'étape suivante de confédérer la Belgique, son but de séparatisme ultime, lors des élections fédérales de 2014.
"Le succès n'explique rien, mais justifie tout. Je suis contre la pensée molle. On peut être un écrivain maudit, mais pas un acteur maudit." dit successivement, Fabrice Luccini.
Or, un homme politique est un acteur par essence et par obligation.
De Anvers, ou plutôt de Antwerpen, j'en avais déjà parlé dans une histoire de main coupée.
Je rappelais, alors, l'histoire de Silvius Brabo qui trancha la main du géant Druon Antigone qui exigeait un droit de passage sur l'Escaut. Cela en représailles aux sévices qu'Antigone faisait subir aux mauvais payeurs.
Une autre histoire de David contre Goliath.
Avant les élections, le Vif-L'Express publiait une vision théorique de ce qu'est un électeur, de ce qu'il le fait pencher pour un homme politique plutôt qu'un autre.
Le politicien doit parler à votre coeur et pas à votre psyché. L'émotion est cruciale. Il doit être plus séducteur que convainquant. Le cerveau émotionnel ne calcule pas.
Facebook recherche les amitiés. L'esprit latin les plébiscite.
La culture flamand, c'est plutôt chez Hugo Claus qu'il faut la comprendre. Son "Chagrin des Belges" explique la différence d'approche. La rudesse assez germanique s'y retrouvera. Juger un Flamand avec un esprit Wallon, c'est comme parler de "french fries" sans ajouter les ingrédients qui vont avec.
Vivement quelques pickles, un peu de mayonnaise, de moutarde pour compléter le cornet de frites.
Un autre article du même Vif-Express expliquait "Comment mettre la Flandre à ses pieds?" en allant dans l'autre sens.
Atypique, Bart De Wever l'est pour le moins.
Contraire à la théorie qui se trouvait dans le dossier ci-dessus.
- La provocation par les images fortes
- la pipolisation (hyper personnalisé)
- la victimisation d'être repoussé dans les cordes de l'opposition par tous les autres.
- le syndrome de l'Arlésienne (faire parler de lui comme une référence insurmontable).
- être bon orateur en communication qui utilise des petites phrases assassines que personne n'ira vérifier comme le latiniste qui dit à qui veut l'entendre sans le comprendre "Nil volentibus arduum".
- rejeter les débats quand il n'est pas sûr d'être gagnant.
- Se faire maigrir de 60 kilos en 9 mois, juste le temps d'enfanter un autre homme, qui donnera une marque de ténacité, de volontarisme.
- se payer une nouvelle garde-robe avec une cravate en prime.
- être calculateur
- avoir le sens de l'histoire. BDW est historien de formation.
Pourtant il n'est pas sympathique, pas sociable, pas jovial et pas séduisant, (ou ne fait aucun effort pour l'être), si ce n'est entre amis flamands et après les élections.
Pourtant, on ne dit plus Bart de Wever, on ne donne plus que les initiales BDW et tout le monde sait de qui il s'agit. Si pas l'amour, plutôt la haîne que l'indifférence.
La théorie est dépassée par la réalité de la compétition. Nous nous trouvons en plein dans l'analogique, en perdition avec la réalité des chiffres que le comptable se doit de mettre en parallèle avec les budgets.
Comme je suis assez calculateur de par mon expérience en informatique, une solution trop évidente, c'est louche et je dirais "méfiance". Trop de médiatisation, trop programmé.
Il y a longtemps, j'écrivais "Au diable les partis". Un homme politique se doit de mentir pour convaincre. A jouer à pas vu, pas pris. Il se doit de vendre la même salade en y ajoutant la mayonnaise. Le Belge ajouterait à la salade, des frites avec des pickels et de la moutarde.
Avant les élections, Kroll était refusé par "Le Standard".
S'il fallait remettre BDW à sa place, d'après lui, il imaginait des scénarii:
1er scénario: le faire re-grossir. S’il reprend spectaculairement du poids, ses électeurs se diront qu’il ne sait pas tenir ses engagements et ses résolutions, qu’il n’a pas la volonté qu’il prétend et s’en détourneront. Pour le faire re-grossir, il faut le faire re-manger. Alors c’est sadique mais il faut le tenter: lui envoyer tous les jours, dans des enveloppes à entête de tous les groupes nationalistes du monde pour être sûr qu’il les ouvre, des tablettes de chocolat, mettre dans sa boîte aux lettres tous les matins une gaufre chaude et fumante, lui glisser dans les poches des cervelas et des fricandelles, diffuser par la climatisation de son bureau des odeurs de frites andalouse et de choucroute, mettre de la gueuze et du coca dans sa machine à café, coller sur son pare-brise des rondelles de saucisson et des tranches de mortadelle... C’est sûr : il va craquer. L’ennui c’est qu’il reste 15 jours. Il faut qu’il reprenne trois kilos par jour ! (à faire pour la prochaine fois)
2eme scénario: le faire tomber sur un scandale de moeurs. Je propose une invitation au Sofitel de Bruxelles. Le matin, on envoie pour faire le ménage une fausse femme de chambre, bien en chair, potelée, aux joues roses avec des cuisses comme des jambons, déguisée en Bavaroise avec une jupe de cuir à bretelles et des couettes. Elle iodelera en passant l'aspirateur, Bart sortira de la salle de bain, nu ... il ne résistera pas à la tentation, la gretchen courra le dénoncer et hop : il quitte la politique pour s‘occuper de sa défense
3éme scénario: on prétend l‘aider. On se cotise ou on vend l’un ou l’autre joueur de foot en prenant une commission au passage et on engage ... Clint Eastwood ! Dans le Sportpaleis d’Anvers plein a craquer, Clint Eastwood monte sur scène pour soutenir la candidature de Bart De Wever. Il joue un numéro dans lequel il s’adresse à une chaise vide, sensée représenter Elio Di Rupo ou Patrick Janssens qu’il accuse de ne pas avoir tenu ses promesses, lui enjoint de partir et de laisser la place, mais il cherche ses mots, il perd le fil de son texte, il est ridicule, pathétique, la foule s’en va, c’est le flop total.
4ème scénario: le plus compliqué mais le plus malin. On lui coupe l’herbe sous le pied. C’est à dire qu’on lui enlève toute raison de revendiquer ou promettre quelque chose. On commence par scinder BHV, c’est fait. On régionalise 100% des compétences de l’État, on scinde le pays en deux, on déclare la Flandre indépendante, on incorpore Bruxelles à la Flandre, la Wallonie accepte de rembourser sur 50 ans tous les transferts dont elle a bénéficié.... Je vois mal sur quoi Bart De Wever pourrait encore faire campagne.
Scénarii provocateurs?
Des jeunes interviewés dans les rues d'Anvers, choisis "au hasard", disaient qu'ils n'ont pas voté pour BDW et que ceux qui l'avaient fait, n'avaient pas lu le programme du parti ou étaient seulement des aigris.
Après les élections communales, en 2014, retour aux urnes pour l'étage supérieur du fédéral. Aucune relation? Deux ans, c'est long.
Les francophones moins pessimistes que les Flamands? Ce serait nouveau et quelque part, un retournement de la situation.
Cyrano avait un problème: un nez immense.
La chirurgie esthétique n'existait pas. A-t-il aimé en parler tel qu'il était, ce nez? Non, il l'a "embaumé" avec emphase dans une tirade avec un opportunisme de bon aloi, un savoir-faire et une verve hors du commun. A la fin de l'envoi, il devait toucher. Il n'avait pas non plus de "point de non-retour".
La vérité n'est jamais bonne à entendre. Ne jamais brusquer ceux qui ont un nez rouge quand on a intérêt à entrer ou à rester dans leur jeu, surtout, si, en plus, c'est dans un cirque.
"De wever" veut dire "le tisserand" en flamand.
Vous avez pu suivre ce tisserand dans tellement d'articles, dans une "Bombe à Haut Voltage"...
J'aurais pu l'appeler Oliver Hardy transformé en Stan Laurel par le physique et le moral. Cela n'aurait pas correspondu.
Tijl Uylenspiegel, lui, c'était un maître. L'expression "ul'n spiegel" veut dire « je t'emm... ».
L'Art de la guerre de Sun Tzu vous en boucherait un coin pour moins que ça.
Cela n'empêche aucunement de retrouver le sourire tout au long de la semaine d'après élections.
Thomas s'est surpassé cette semaine avec ses Cafés serrés:
1.BDW a parlé d'un point de non-retour pour la Belgique
2. Il y avait l'effet papillon et bien en Belgique nous avons une expertise dans l'effet domino.
3. Le parti écolo, un parti comme les autres?
19 octobre : Thomas a été rejoint par un invité surprise
Mise à jour du 8 décembre 2012:
L'enfoiré,
- « Jeu de main, jeu de vilain. », Proverbe français
« La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains ! », Arthur Rimbaud- « On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. », Georges Clemenceau
- « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ce serait interdit », Coluche
14:35 Publié dans Actualité, Belgique, Parodie et humour, Politique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
11/10/2012
La spéculation sur le banc des accusés?
Ces dernières années, nous connaissons des crises à répétitions. Enfin, crises? Peut-être, vaudrait-il mieux parler de suites logiques à une situation qui ne pouvait que se dégrader vu la tournure que la spéculation avait prise. Commençons par les médias qui aiment en rappeler les raisons. Ensuite, allons plus loin.
Le 4 septembre, sur ARTE, ce fut "Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde".
Le 2 octobre, encore sur ARTE, "La Grande pompe à phynance", suivi de "Le bal des vautours".
Le 8 octobre, sur France3, le débat "Le monde d'après avait pour question: "Les banques nous ruinent-elles?" et en présence, les "pours" et les "contres" du système bancaire. L'invité d'honneur était Jean-Claude Trichet qui a connu toute la tourmente de près vu sa position de président de la BCE.
On en arriverait, naturellement, à penser à l'extrêmité inverse, exprimée par l'article et l'idée: "Pour un monde sans profit". Il y a bien sûr le secteur non-marchand, mais ce serait mal connaître la psychologie des hommes que de penser que tout devrait passer par là.
Il est vrai que tout ce qui tourne autour de la Bourse, de l'argent en général, n'a plus bonne presse. Nombreux sont ceux qui maudissent la crise financière et le monde bancaire.
L'émission "Gagner des millions" reste une des préférées à la télé. Étrange... Il sera intéressant de suivre L'Audimat après la diffusion du remake de "Dallas".
Depuis le 13 juin 2012, soit vingt ans après la fin de la première session, la chaîne câblée américaine TNT a lancé la suite de la série Dallas qui remet en scène JR, Bobby et Sue Ellen ainsi que la nouvelle génération de la famille Ewing. En France, la nouvelle série devrait être diffusée à l'automne 2012 sur TF1.
Ce 23 novembre 2012: Larry Hagman n'est plus, alors que la RTBF présente la nouvelle série.
Ce serait, aussi, faire preuve d'un certain populisme que d'aller ajouter un article à la longue liste d'articles médiatiques qui pointent du doigt ce qui s'est passé.
Sans verser dans du "peopolisme", non plus, je vais tenter de prendre le contre-poids de l'"Affaire". "Il faut faire preuve de résilience et d'originalité, que diable", répondrait le psy très collet monté.
Ne comptez pas que je ne vienne jouer au conseilleur, non plus. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.
Ce sera plutôt aller à contre-courant avec humour, même si j'ai déjà joué à la parodie dans des articles comme "Futur du Capitali$me" ou ce que j'avais appelé le Spéculte.
Il est amusant de relire ce qui était écrit à l'époque et de constater que rien n'a vraiment changé fondamentalement sur certains points malgré les années qui se sont écoulées.
En 2005, avant l'hécatombe de crises, j'écrivais "Spéculons en paix".
J'y rappelais quelques principes de base, en donnant les aléas et l'utilité de la Bourse: "Quand nous investissons et faisons l’achat d’actions par son intermédiaire, nous entrons dans la participation du succès d’une entreprise dont nous partageons avec confiance, les idées, la stratégie et les réalisations suites à ses procédures.".
Que de belles paroles angéliques !
Déjà, on apercevait-on poindre quelques erreurs de conceptions: "La plupart des actionnaires ne cherchent plus vraiment à savoir ce qui se cache derrière leurs transactions. Le plus souvent, un conseil d’achat ou de vente par un ami boursicoteur ou par une banque, où, l’argent change de main sans aucune forme de procès. On n'en désire pas plus à cet argent, qu'il rapporte, vite et bien. Pas le temps, d'essayer d'en apprendre plus. Au spécialistes, les mains pleines. Aux innocents, les vides.".
Imaginons que vous deviez créer de l'argent avec de l'argent des autres sans trop vous fatiguer.
Rien de plus simple, en somme. Ce serait:
-
Ouvrir une banque comme un casino opaque avec des secrets impénétrables.
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Réserver à ses collaborateurs une culture religieuse d'entreprise.
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Trouver des gogos en masses comme l'avait fait Madoff , l'oracle maudit avec sa pyramide Ponzi.
- Engager des matheux arrogants.
- Spéculer en utilisant les faiblesses de clients privés en noyant les poissons avec des HedgesFunds, des Junk Bonds et espérer, ainsi, des profits miracles.
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Passer la ligne jaune sans jamais recevoir de carte rouge.
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Faire payer les faillites aux autres.
- .....
Conserver d'anciens collaborateurs dans tous les plus hauts postes de management des organisations mondiales.
Les crises ont tout changé. Tout les chats échaudés, blancs ou noirs, craignent, désormais, l'eau froide.
Vous ne vous souvenez peut-être pas du film "La Banquière", du "Sucre". On se croirait à des années lumières. Nous étions, en effet, dans les années 80, la période que Reagan-Thatcher voulait installer de manière durable.
Aujourd'hui, c'est plutôt "Wall Street", "Margin Call", "Trader", "Les initiés", "Krash"... jusqu'au documentaire de Michael Moore "Capitalisme, a love story" qui font recettes.
Depuis, certains s'inquiètent de la situation et lancent des rappels à l'utilité de la Bourse et comment s'en prémunir contre ses vices hérités d'un système financier devenu véreux. L'expérience boursière ne s'apprend pas sur les bancs de l'école et elle le devrait être un cours dont les rudiments seraient enseignés comme pour la gymnastique ou l'éducation sexuelle.
Les banques ont réagi aussi. Elles ne prêtent pl
us qu'aux riches après avoir poussé à la consommation des dettes à qui le pensait sans même le demander. Surréalisme à la belge avec Fortis?
L'utilité de la Bourse? La Bourse est un moyen de soutenir une entreprise. Elle apporte des liquidités aux entreprises et répartit les risques dans le public, qui lui, aussi, en récolte en récolte quelques fruits, et ainsi maintenir un équilibre entre les différents acteurs de l'entrepreprise. Risques qu'un entrepreneur avait commencé avec ses propres déniers, faut-il le rappeler.
Des articles sortent et disent "Il faut sauver la Bourse", "Perdra-t-on encore longtemps de l'argent sur les comptes d'épargnes", ce qui est encore plus vrai en période de stagflation. Les pubs pour les banques n'ont jamais été aussi belles pour reconstruire leur image.
Promouvoir la Bourse est devenu une obligation pour relancer l'économie et sortir de la crise de confiance qui s'est installée.
Alors, on cherche le client et les remèdes.
Les investissements socialement responsables (ISR).
Les taux d'intérêts touchent le fond. Pourtant les comptes d'épargnes sont plein?
Il ne s'agit plus dans la pensée des investisseurs lambda, de faire de l'argent sans se soucier de la manière comme c'était le cas à l'époque, il y sept ans d'ici. Les choses auraient-elles évolué? Fini d'être les dindons de la farce?
Beaucoup de retraités recherchaient un complément à leur pension dans les intérêts sans oser bouger à leur capital.
Avoir épargné pendant une vie et espérer de récupérer l'usufruit de leur épargne pour ne pas dépendre de la génération suivante et pour lui réserver une succession. Génération suivante, qui, il faut le dire, est un peu en panne, perdue et sans ressources. Altruisme confondu avec bien être personnel, en quelques sortes.
Les papy-boomers voient, cette fois, leur capital fondre sur les comptes en banque pris entre les "deux feux de l'amour", pourrait-on dire.
Du coup, les comptes d'épargnes explosent. Contradictoire? Non, réaction suite à un attentisme régi par la frilosité quand on ne peut plus "se refaire".
Spéculer sur le futur se produit dans tous les plans des activités humaines.
Spéculer commence avec l'espoir que la saison suivante sera bonne ou mauvaise pour acheter à meilleur prix en prévisions d'une hausse de prix. Des règles éthiques de bonne gestion. Ce qui se poursuit au niveau de la haute finance qui devrait être contrôlée par des organismes indépendants, qui serait non juge et parti, comme le seraient les Agences de notations.
Acheter et vendre avec du profit, encaisser des plus-values n'est pas le problème.
Le problème vient des excès, des dérives, du détournement des objectifs, en jouant à qui perd, gagne, en s'assurant par exemple sur des pertes et en gagnant quand cela s'écroule comme l'ont fait les CDS au niveau supérieur.
78.000 milliards de dollars transitent quotidiennement dans le monde par des transactions de tous types. Elles ne sont pas toutes véreuses, heureusement et la transparence ne leur est pas indifférente.
Il est à espérer que les investisseurs se préoccupent plus de la destination de leur argent. Ils ne veulent pas (ou plus) qu'il serve à spéculer sur les prix des aliments. Ils veulent investir responsable en respectant l'environnement et les droits sociaux dans le "durable", "l'éthique", le "solidaire". Ce dernier qualificatif nécessiterait bien plus qu'un coup de ballais en Bourse, mais n'anticipons pas. Scander le mot "solidarité" fait bien comme slogan dans les campagnes électorales, mais dans les réalités de la Bourse... Laissons-la vivre sa vie à cette "solidarité" et voyons les résultats, après coup.
En 2011, la chute des investissements a été sensiblement de 15%.
En Belgique, dans le même temps, quinze milliards d'euros ont transité par la voie des ISR, les "Investissements Socialement Responsables". Sensés avoir une gestion saine qui tient compte du social, de l'environnement comme
dans des Forums Ethibel...
La rentabilité n'en serait pas différente des produits financiers classiques pour avoir une chance pérenne.
Choisir des critères d'exclusion, avoir des exigences précises dans le choix de ses placements et garder une rentabilité, serait le pied.
Une plus-value sociale dans des sites étudiés pour comme par exemple financite.be, un moteur de recherches comme beama.be. Là, on frise la bénédicité.
Les banques vont-elles se ruer sur ces outils modernes pour conseiller leurs clients?
Faut pas rêver... Il faudra, aussi, définir les limites des ISR et ce qui est dans le "lot" ou non.
Une proposition de loi serait sur la table en Commission des Finances.
Le Réseau des Financements Alternatifs (RFA) s'inquiète du manque de diligence à déterminer par un article de loi, comment définir un fond ISR.
Pour une fois, la Commission a fait référence à l'ISR, dit François Passant d'Eurosif avec le "Key Information Document" (KID).
Les petits épargnants feront-ils le poids face aux institutionnels, avec ceux qui sont derrière leurs écrans d'ordinateurs?
Peu d'offres éthiques sur le marché belge.
Seules trois banques en proposeraient (Trodos, BNP et VDK).
La demande existe mais aucun organisme indépendant n'existe pour vérifier l'éthique de ses offres.
Les comptes ISR s'élevaient à un peu plus de 1 milliard d'euros, soit 0,5% de l'en cours des 218 milliards.
Une hausse nette de 152% a été enregistrée en 2008.
Comble de malheur, les fonds éthiques sont aussi en crise.
Les fonds ISR ont été en baisse de 15,6%, alors que la baisse s'élèvait à 14% pour l'ensemble des fonds. Ils ont perdu un tiers de leur valeur quand ils étaient gérés de manière patrimoniale privées.
2011 fut une mauvaise année en général.
Le nombre de fonds ISR a fondu. L'offre est devenue déficitaire. Dexia a disparu et a fermé cinq fonds ISR.
La qualité des fonds est en cause. La liste noire progresse par manque de transparence.
"Trodos Sustainable Pioneer Fund" est celui qui est le mieux coté à 60/100, alors que la moyenne est 6,4/100.
C'est pourquoi les pistes pour développer des placements ISR dépendent aussi des initiatives des pouvoirs publiques.
Existant depuis les années 80, les ISR avaient bien progressé jusqu'en 2009 pour atteindre 4,1 % des placements.
En 2010, ils avaient commencé à stagner avant de chuter, en 2011, de 15% et tomber à 3,4%.
Obliger les banques à en créer par voie législative serait quelque chose à envisager.
L'esprit d'entreprise n'est pas mieux évalué en France à la bonne mesure d'après les sondages. C'est plutôt l'inverse qui se passe.
Alors, il y a des riches qui entraînent les moins riches dans leur sillage et d'autres qui ne font qu'y passer en meublant leurs fantasmes.
En Belgique, le fait qu'il n'y a pas de taxes sur les plus-values, a fait qu'ils ont eu des envies voyageuses pour s'installer en Belgique. Les riches se rebellent.
Tandis que chez les particuliers, il y a, donc, des fortunes qui sommeillent en attendant mieux.
Si les fonds qui privilégient les armes, des bombes au phosphore sont déjà interdites, il y aurait aussi d'autres fonds qui ne sont pas profitables à la société qui fonctionnent avec la spéculation des matières premières alimentaires et qui seraient aussi à mettre dans le collimateur de la justice "sociale".
Les métaux rares, le pétrole pourraient aussi voir, un jour, la spéculation mise à l'index.
Quatre alternatives proposées: les actions de rendement, l'immobilier, l'or et les obligations d'entreprises.
Ramener la confiance dans la Bourse et redynamiser le consommateur aux risques, est une entreprise de longue haleine.
Responsabiliser les investisseurs est aussi la riposte à la crise qui suit la sauvegarde à court terme et les mesures de régulations à moyen terme.
Changer le climat négatif qui culpabilise les personnes qui investissent, est tout autant, une simple raisonnement du bon sens.
L'argent est maudit, surtout quand on n'en a pas.
Sur le point des salaires, ce n'est pas à l'embouchure qu'il faut les revendiquer, mais à la source.
Les dettes que les gens ont contractées, ne sont que des suites logiques de la stagnation des salaires.
Il ne s'agit pas d'influencer et de relancer sa propre vision du futur, mais de l'adapter aux nouvelles normes. Remonter les bretelles quand le pantalon pendouille. L'austérité, rien que le mot indispose.
Quand on pense au succès des Fonds Monory-De Clercq pour l'épargne-pension, c'est dire que l'engouement se fabrique à coups d'avantages fiscaux et d'incitations judicieuses. "On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Par contre, on peut attraper des aigreurs à l'estomac", disait Philippe Geluck.
Il n'y a rien qui dérange plus en Bourse que l'immobilisme et l'opacité du futur.
La différence entre un placement en Bourse et un autre placement, c'est qu'il faut surveiller son évolution, que son rendement n'est pas garanti et que l'échéance est inconnue.
Si on considère que les investisseurs n'ont pas été le problème des crises, ils peuvent être les acteurs des changements nécessaires pour y remédier.
C'est, un peu, le message du livre, ouvrage collectif, "Crise financière et modèles bancaires", véhiculé par le "Réseau financements alternatifs". Les pouvoirs publics ont mené aussi à déréguler. Est préconnisé d'aller au delà du ratio des fonds propres, limités à 7% prévu par Bâle III et ainsi limiter l'effet de levier.
Dernièrement, on apprenait que la Bourse de Bruxelles, le Bel20, était en tête dans le peloton boursier avec 13,4% alors que la moyenne mondiale se limitait à 12%.
Une relation de cause à effet?
Avec le Livret Vert ou B, on espèrerait ne plus cauchemarder, mais cela c'est, peut-être, Farcebourse avec les pourcentages en dessous de l'inflation...
L'excès inverse, c'est espérer décrocher le gros lot avec des pourcentages qui dépassent les normes du marché, du temps et de l'endroit.
L'Etat rêve de récupérer et de mobiliser l'épargne des Belges. Quand on se rappelle la flambée inespérée des achats des Emprunts d'Etat belges de fin 2011... Il suffit toujours de solliciter quelques cordes sensibles.
L'Etat n'est pas la seule, d'ailleurs.
Quand on entend que les comptes d'épargnes belges croupissent avec 229 milliards d'euros, cela suscite les convoitises. Les banques Internet viennent à la rescousse. La poste avec son nouveau surnom BPost fait de même.
Fortuneo, Rabobank essayaient de casser les barrières. Sur Internet, après NIBC, voici le hollandais Mon@You qui fait son entrée en Belgique, en offrant un rendement global de 2,65% (prime de fidélité comprise). De plus, il n'y a pas que les actions.
Le programme d'émissions d'obligations gouvernementales est, après l'Autriche, le plus avancé dans la zone euro avec près de 35 milliards d'euros, cette année, bien que les taux à dix ans sont tombés à 2,42%.
Mais, je ne suis pas ici pour faire de la pub, ni conseiller des organismes financiers.
Il paraît que le risque pimente l'existence, que la fortune sourit aux audacieux. Mais savoir prendre des risques sans tenter le diable, n'est pas toujours facile.
La Bourse est un domaine dans lequel on ne s'embarque jamais sans biscuits.
Pour boucler le tout, je me devais de rappeler que les fonds islamiques se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran pour promouvoir le développement économique et social de la communauté musulmane. Ce marché était en plein essor en 2004 mais faisait alors seulement acte de présence, sur celui que nous reconnaissons comme plus «traditionnel», car, ici, on parle d'un autre monde avec d'autres coutumes parfois plus solidaires sans être nécessairement qualifiées de ISR.
"Ce qui compte en finance islamique, c'est la finalité de l'investissement, l'habillage est secondaire. Même si les montages financiers sont très différents (du fait, notamment que tout intérêt est interdit), le résultat économique est souvent le même que dans le finance conventionnelle", avouait M. Boulif.
Tout n'y est donc pas plus rose. Les sanctions financières des Occidentaux ont, en fait aidé, le régime iranien à mater la classe moyenne par une hyperinflation en Iran.
Frainer la spéculation et le trading par les taxes comme récemment la taxe Tobin qui renait de ses cendres?
En général, les taxes découragent les particuliers, pas les spéculateurs. En Belgique, la TOB, la Taxe sur les Opérations Boursières, est une histoire ancienne (remontée à 0,25% cetter année).
Aujourd'hui, la compétition dépasse les coopérations dans tellement de domaines en suivant la logique néo-darwiniste que croire que le profit, le besoin d'accumuler n'existe plus, serait mal comprendre. Ce ne serait pas uniquement pour soi, mais pour seulement subsister face aux concurrents intérieurs et, même, extérieurs comme l'est devenue la Chine qui a pris la relève dans ce néo-libéralisme.
"Slalomer dans le champ de mines des marchés émergents" cela se fait avec un milliards d'euros par semaine jusqu'à donner un risque de surchauffe avec un PER qui dépasse les 20ème échelon et des risques politiques.
Je n'irai pas jusqu'à lancer un coup de gueule ironique comme l'avait fait un des Cafés serrés de Thomas de mardi même en verlan.
"Rien ne peut continuer à rester durer", comme on dit chez nous.
Confiance rime avec transparence. Réconcilier la finance avec l'économie réelle, reste une affaire à long terme.
L'"Homo-economicus" est loin d'avoir pris ses quartiers d'hivers mais il est devenu, seulement, très "divers", très circonspect, presque très studieux et, aux dernières nouvelles, il tente le respect.
Puis, se rappeler de cette chanson qui disait tout.
L'enfoiré,
Citations:
-
"Jadis ce sont les basketteurs à qui on demandait de tracer des envolées de l'économie. Ensuite, les êtres de petite taille ont pu s'en charger. Aujourd'hui, les égoutiers sont prêts", Philippe Geluck -
"L'argent est pareil au fumier, il ne sert à rien s'il n'est pas répandu", Francis Bacon
-
"Les comptes annuels sont comme un bikini: ce qu'ils montrent est intéressant, mais l'essentiel est ce qu'il cache", Burton Malkiel
Mise à jour 24 novembre 2012: Un fond vautour: Le Fond spéculatif NMI Capital, l'un des créanciers de l'Argentine, a fait saisir saisir et bloquer certains comptes belges de l'Ambassade d'Argentine. C'est en justice au niveau de la Cour d'Appel. Un juge américain vient de condamner l'Argentine de verser 1,33
milliards de dollars à des fonds.
Le capital à risque? Oui. En connaissance de cause. En sachant à qui profite le "crime" ou la "BA". Seule les investissements des entreprises peuvent relancer l'économie. Le capital a risque offre plus de sécurité que le financement par la dette, car l'entreprise n'est pas obligée de rembourser à un moment donné, ni de payer des dividendes si elle n'engrange pas de bénéfices. Alors pousser les entreprises à s'endetter d'avantage...
Mise à jour 08 janvier 2013:
Projets sérieux ou humoristique, faut choisir.
Il faut revenir aux années de 1996-97 pour retrouver une période aussi propice à la Bourse. Le moment de rappeler que les arbres ne montent jamais jusqu'où ciel. 

08:15 Publié dans Actualité, Economie, Monde des affaires, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
04/10/2012
D'un vendredi à l'autre
Vous vous souvenez de Robinson Crusoé, échoué sur une île déserte. Un "sauvage" est devenu son ami et il l'a appelé 'Vendredi'. D'un vendredi à l'autre, on trouve ainsi quelques constatations plus amusantes les unes que les autres.
Le vendredi, au boulot, c'était le dernier jour de la semaine, le moment où le travailleur commençait à penser à son week-end. A table, cela fait penser à manger du poisson pour certains.
Vendredi dernier, c'était le premier anniversaire de la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Appelée, fête de la "Communauté française", le nom d'avant, juste un an. Tout devait changer avec ce nouveau nom. Moins communautaire, appelation plus régional pour aller avec son temps. Une autre manière d'être identitaire.
La Grand-Place accueillait, une nouvelle fois, des artistes français et belges. Le Grand Jojo (rien à voir avec Johnny Halliday) terminait la soirée avec l'histoire de Jules César qui faisait toujours chanter et danser les Bruxellois, jeunes et vieux et de toutes les cultures.
Comme le dit Patrick Roegiers dans son dernier livre "Le bonheur des Belges", c'est "le Bruxellois vit entre deux mondes, veut toujours apprendre à désobéir. Une situation où tout le monde a l'air de rien, mais n'est pas rien et cela permet tout.".
Pour décrire la France, où il vit depuis près de 30 ans, il cite en vrac "Patrie du beau langage, mère des arts, pays d’Épinal, du béret basque et de la baguette, du litron de rouge, des bals populaires, de l'huile d'olive et des espadrilles...(j'écourte la liste) ... de La Fontaine et de Bécassine, du roi Dagobert qui prie pour ne pas avoir la diarrhée à cause de sa culotte à l'envers".
Pourtant, ce vendredi m'a fait penser à encore autre chose: à quelques Français qui, à y réfléchir, avaient un talent de Robinson manqué.
Vendredi dernier, il y a d'abord eu Laurence Bibot. Vous ne vous souvenez peut-être pas d'elle et de son café serré et poivré du vendredi 20 avril que je me repasse en boucle en période de mouron pour seulement me dérider.
(Mise à jour 23 novembre: Laurence relance)
Son dernier café serré, toujours du vendredi, avait été annoncé avec du sucre. Humoristiquement vôtre, toujours, elle était aux antipodes de ce que l'invité du jour devait raconter. Laurence s'était lancée dans une diatribe, en se référant à ses collègues humoristes de la semaine, à tel point qu'à un moment, elle dut demander à l'invité français, s'il suivait toujours. Lui avait, dès le début, perdu pied en se demandant ce qu'il était venu faire, ce matin-là, dans cette galère "à la belge".
Vous vous rendez compte, l'invité de la matinale était Henri Sterdyniak, économiste français, directeur du Département Économie de la Mondialisation de l'OFCE, expert de la situation de l'Europe et de la différence entre ses habitants du nord et ceux du sud. Excusez-là, cher expert, d'avoir trollé votre matinée. On est comme ça, chez nous. Dans la sébille de l'austérité, on a déjà donné.
Comme depuis la nouvelle saison, les cafés serrés sont présentés juste avant l'invité du jour, le contraste était encore plus flagrant.
Les 3% annoncés font aussi des vagues de protestations chez nous. Je vois déjà, d'ici, les patrons bientôt rejoindre les rangs des indignés.
L'invité annonçait en douceur, que dans la même journée, après le sarkozisme, c'était le hollandisme qui passait à l'austérité et que tous les Français allaient boire dans la même tasse avec une dose de cheval, après avoir passé de la droite à la gauche. Certains disent même "Sarko, tu nous manques".
Comment pouvait-on rire de cela? "Là, en bas de ça", dit avec notre accent local. Faire rire, c'est dans le contrat de Laurence.
Oui, c'est évident, notre humour belge n'est pas toujours compris d'un Français alors que dans l'autre sens, cela passe, en général, relativement bien.
Cela fait un temps, sept ans, que je suis en chasse sur les "terres dangereuses d'un forum français" assez représentatives comme Agoravox.fr. J'y ai souvent joué à l'avocat du diable parce qu'on y baigne souvent dans un bol de pensées uniques dans une morosité ambiante. Moi, qui ose parler de mes billets, serais-je devenu le "sauvage" qui ne sait pas ce qu'il dit?
La France rappelle, en permanence, qu'elle est la patrie des "Droits de l'Homme", mais quand ces droits ne correspondent pas aux idées acceptées en France, c'est l'habitude de se voir rejeté dans le bac à sable. Ce n'est plus un "débat" mais une "exécution". S'il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas débat. Alors, face à de la mauvaise foi, devenir l'avocat du diable, on le deviendrait pour moins que ça, avec les arguments contraires tout aussi valables, si pas convainquants. Mon pseudo me permettait quelques latitudes, si pas prérogatives... mais sans jamais sous-estimer mon adversaire...
"Mieux s'informer pour mieux lutter" comme l'écrivait un des rédacteurs dans son "A propos" alors qu'au contraire, il fermait les portes de l'information et du débat.
La Fontaine l'avait pourtant écrit dans "L'Ours et l'amateur des Jardins": "la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés : Il est bon de parler et meilleur de se taire, Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.".

Le monde est un village, entend-on parfois. Village, dans lequel tout le monde se connaîtrait, facilité par des moyens de communications identiques: la langue et la culture. Et bien, non, pas toujours ou pas vraiment. On ne se connaît pas dans ce "village" et, pire, on ne cherche pas à le faire. Les situations sont spécifiques dans chaque environnement et s'apprécient différemment .
Internet avec ses réseaux sociaux est même resté fermé comme s'il s'agissait du vieux Minitel. On trouve des cercles d'influences, dans lesquels les vases communicants sont clôturés avant de s'ouvrir.
J'avais déjà parlé du bluzz qui se créait parmi les philosophes et les scientologues. Rapprocher ces deux groupes dans une union allégorique, aussi.
Je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser à l'histoire de Robinson Crusoé. Pour rappel:
Un marin vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, suite à un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même. Il fut délivré d'une manière tout aussi étrange, par des pirates. Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée 'Désespoir' reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon Vendredi, du jour de la semaine où il est apparu. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre.
La "robinsonnade" a encore beaucoup à nous apprendre. Si on la remettait à l'ordre du jour?
Supposons que l'île dont on parlait dans l'histoire de Robinson, soit un "peu" plus grande. De la taille de l'Europe, par exemple. Chacun serait perdu sur cette grande île avec des tendances à vouloir recréer son propre environnement dans un cocon protecteur en terres inconnues. Ce n'est pas un secret, on n'aime pas l'Europe en France, surtout quand elle n'est pas française.
Avec la peur de l'environnement, oserait-on brusquer ses hôtes en le prenant pour un sauvage?
La peur, aujourd'hui, c'est se réfugier dans son absolutisme, son négativisme, pendant qu'à l'extérieur, la grande embardée a déjà commencé pour ramasser à bas prix ce qui reste après la bataille.
Pendant ce retrait, des mondes antagonistes se croisent, s'envient, se pointent du doigt comme responsables de tout.
Robinson ne pouvait mieux s'assurer qu'avec ce qu'il trouvait. Les produits dérivés, il n'en avait pas, même s'il connaissait ce que veut dire "dériver" dans son aventure. Les impôts, il n'en payait pas puisqu'il devait, lui-même, s'imposer des règles strictes sans intermédiaires. Spéculer pour lui, c'était toujours à très court terme, au lendemain ou à la saison qui suivait.
Bien loin de la collision entre riches et pauvres, entre idéologies adversaires. Il devait trouver la meilleure solution à ses problèmes par l'expérience. Il devait compter sur les risques des pirates, des corsaires et des flibustiers et se préparer pour les contrer.
Ils existent toujours avec les mêmes subtilités.
Tout cela pour dire que nous sommes, aujourd'hui, en période de questionnements, de transitions. Nul ne le conteste, mais de là à rejeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas la solution pour le long terme. Nous avons une histoire en plus de la situation de Robinson. Nous progressons à coup de réussites et d'échecs.
Etre anarchiste, peut-être, mais pas nihiliste ou négativiste sans réfléchir.
Dernièrement, je lisais un billet de Simone Wapler, qui prévenait "Attention : ce rapport peut heurter les lecteurs sensibles. A lire avec prudence". Elle affirmait: "Pourquoi la France va quand même faire faillite. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencé. Nul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.".
Avec un peu d'humour, on dirait: "Hier déjà la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais est-elle encore grave vu le secours providentiel que je suis venu vous apporter?"
L'article continuait avec des titres dignes de l'Apocalypse: "La réalité dépasse la fiction aujourd'hui", "La fuite en avant", "Dernier budget en équilibre en 1973", "La sécurité sociale a emprunté en France la même somme que le Portugal et l'Autriche réunis", "L'effet domino, l'effet boule de neige de l'Europe", "Le chaos"...
Elle arrivait à la conclusion: "choisir entre l'exode urbaine et les émeutes de la faim. Ceux qui étaient à la campagne, s'en tiraient mieux que les autres. Si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé".
Elle avait raison, mais à lire, tout cela, on a l'impression de s'empêtrer dans les fils de la Toile, d'essayer de se rattraper pour finir par tomber face au mur des lamentations.
Revenons, j'oserais dire, à du "terre à terre" sur le "plancher des vaches" puisqu'il était question du monde agricole.
Donc, il y aurait, en France, toujours de la terre et des vaches.
Et s'il n'y avait plus de vache?, pourrait demander l'innocent du village?
Robinson, lui, en effet, sur son île déserte, n'avait que des palmiers, des noix de coco et la mer à perte de vue.
Aujourd'hui, on aimerait vivre sur une île déserte. Ce serait même un paradis que l'on se paierait cher, mais ce serait après y avoir installé toutes les commodités modernes.
Robinson, lui, n'en avait pas. Il ne lui restait que la vie et à se démerder tout seul pour reconstituer un univers pour tout réinventer en fonction de sa nouvelle situation. Pas de plan B, juste du système D avec, seulement, quelques tuyaux connus dans une vie antérieure. Pas question de maudire le capitaine qui avait fait chavirer le navire. Ce serait du temps perdu.
Procéder dans l'ordre, ce serait: Sauver les "meubles", trouvés à la dérive. Se construire un toit avec des morceaux de bois. Se sécuriser contre les pirates éventuels. Épargner ses forces avec des économies de moyens. Prévoir les jours mauvais lors d'un beau temps providentiel.
Pour garder le moral, avoir des moments de franches rigolades pour constater le rendement de ses actions (non, pas celles en Bourse...). Constater qu'avec un bout de ficelle, on peut réaliser quelques petites choses bien utiles. L'argent, chez lui, n'aurait servi à rien. Il vous aurait ri au nez avec votre million de dollars en monnaies de l'époque. Il vous aurait dit que s'il n'avait pas réussi à créer un vrais matelas, il avait été un maître pour le coussin destiner à poser sa tête.
Aujourd'hui, beaucoup de tuyaux sont percés de toutes parts, d'accord. On se sent prêt à dire qu'il n'y a plus rien à inventer, que les machines ont ruiné ce qui reste d'espoir et que la mondialisation a brûlé les dernières cartouches à prix bradés.
La journaliste britannique Sophie Pedder, vivant en France, écrivait, dans son livre "Le déni français" que quelque chose était en trop dans la corbeille française. Elle sentait planer quelques déficits chroniques comme on les retrouve chez des enfants gâtés. On semblait avoir pris des assurances, mis des protections anti-tout, des capotes à tous les étages et les malheurs sont restés plânés.
Ce même vendredi dernier, chez nous, ce fut aussi la nuit des chercheurs en sciences dans le seul but de relancer les jeunes sur cette voie de salut en Europe. Sur le forum français, la science est souvent décriée, rejetée comme responsable des malheurs avec un concert de plaintes pour le faire remarquer à qui veut l'entendre. L'énergie reste, ainsi, au stade de potentiel, sans passer au niveau cinétique.
Un économiste disait même que ce n'est pas une récession que nous vivions, mais une stagflation générale. Une stagflation, c'est-à-dire "une souffrance simultanée de croissance faible ou nulle et d'une forte inflation avec une croissance rapide des prix et un taux de chômage élevé". Et il avait raison.
"Moi, entrepreneur" criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de "Merci patron" qui deviendrait plutôt, "Merci, partons" .
Il est clair que certains auront plus de potentiels que d'autres, qu'il faudra des leaders et des exécutants. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si tout le monde avait les mêmes envies et prérogatives, rêvait aux mêmes objectifs et à un paradis dans lequel, il faut le dire, on s'emmerderait très vite.
N'auraient-on plus trouvé la bonne personne qui, un jour, aurait su raconter de belles histoires extraordinaires pour distraire, mais aussi pour faire espérer concrétiser les envies? Le rêve motive parfois avec plus d'efficacité que son aboutissement.
Mais, on baigne dans la m..., leurré par d'autres, plus malins, qui ont déjà trouvé leur Vendredi sans chercher de "dieux" providentiels. Auto-immune, vous ai-je dit.
La concurrence est rude et trouver le chaînon manquant, le créneau qui sort de l'ornière, prendre le risque, ensuite, de le développer et aller à contre-courant, n'est pas une sinécure.
"Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", écrivais-je. Article, capté et publié par Carevox.fr, sans ma permission. C'est dire qu'en France, avoir un esprit positif ne court pas les rues en dur ou en virtuel.
Connaître cette réflexion, c'est aussi de la "Mindfulness". C'est savoir se définir dans le grand jeu dans lequel tous ont un rôle à jouer ou à (re)découvrir.
Réussir, rester jeune et beau comme on le voudrait, demande un état d'esprit sans artifices de calcul, sans pommade, sans botox ou idoles comme références.
Franco Dragone, dans "C'est du belge" du vendredi, parlait de sa ville d'adoption, La Louvière. Il ne l'a pas oubliée sa "Cité qui a décroché la Lune" comme un Robinson aurait pu le faire pour oublier ses mauvais souvenirs. Son prochain projet est déjà en Chine, à Wuhan.
Oser l'utopie, rêver à l'impossible, garder des projets en réserve et les tester... une philosophie...

Je tombais vendredi sur cette déclaration époustouflante: Bill Clinton pourrait devenir président dans deux pays, l'Irlande et la France. Pour le prétendre, il déclarait au sujet de la France: « Comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux États-Unis, englobant l’Arkansas], si toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France, emménage en France, qu’elle y réside pendant 6 mois et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française. En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. ».
Bill Clinton, l'Américain, là, c'est trop drôle. Bill, le Vendredi du Robinson français ?
Quand Obama avait été élu, la presse française avait recherché un homme politique providentiel, de la trempe d'un Messie pour la France.
En Belgique, on se shout avec quelques bonnes nouvelles. On rigole avec le reste comme ici. Ce jour-là, Thomas faisait la différence avec le bon vieux temps. Le lendemain, le jour d'une grève des trains, il jouait avec la liste déprimante de ce qu'il n'aimait pas. Du déprimant, il y a des jours où on en trouve plus que d'autres, puis, d'autres, pendant lesquels tout change et on oublie tout.
A vendredi, j'attends votre réponse, chers amis français et agoravoxiens. (*)
L'enfoiré,
(*) Attention, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Tous ne font pas partie de la forumisation des discussions où l'on se déchire plutôt que de se reconstuire.
Citations:
- "Quand on voit, on ne voit pas tout ce qu'on voit, pris par notre vision intérieure et immédiate des choses", Frank Pirobon
- "Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids.", Philippe Geluck
- "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous", Philippe Geluck
08:10 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Histoire, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
06/09/2012
Etes-vous auto-immune ou polythéiste?
C'est la rentrée. On aurait pu croire que ces deux mois de vacances passés auraient été une trêve de l'information. Il n'en fut rien. Les polémiques ont été de la partie. Année électorale oblige, chaque parti est occupé à fourbir ses armes. Détecter les populismes est loin d'être aisé. Rester informé est nécessaire mais cela nécessite d'être encore plus vigilant vu l'abondance des informations. Alors, entre croire à tout ou être imperméable, il y a une marge que l'on pourrait franchir...
Ce matin-là, un copain me disait à la lecture de "Eurek@ Google": "Intéressant, ton article et surtout ça m'épargne l'achat du S&V. De temps en temps, il traînait un Reader's Digest chez mes parents. De la lecture facile, pour passer le temps, l'impression d'apprendre quelque chose, de devenir plus intelligent sans peine, de savoir des choses que les autres ne savent pas. Ça occupe les neurones, mais ne les fait pas travailler. Toute la différence entre le sportif et le gars qui regarde le sport à la TV".
Incontestable.
Au même moment, il me parlait d'un problème de l'immunologie en médecine. Immunologie que l'on peut diminuer, mais pas augmenter. Aucun rapport, me direz-vous.
Pour le citoyen, c'est consommer de l'information à toutes les sources, bonnes à prendre et, souvent, à laisser.
Les idéologies se construisent suite à des impulsions et à des informations reçues par des "gens qui nous veulent du bien pour les appuyer".
Les informations, ce n'est vraiment pas ça qui manque dans notre monde relié par les médias. Les consommateurs ont beaucoup à faire avec le tri de ce trop-plein en prenant en compte l'insoutenable légèreté de l'âme ou de seulement l'être.
C'était donc la rentrée. Pour commencer la semaine, une nouvelle rubrique avait attiré mon attention à la radio de Matin Première. Une séquence appelée "Fact-checking". Cela existe aux États-Unis depuis une dizaine d'années. Chez nous, c'était dans l'air depuis le mois de mai. Principalement dirigée à l'encontre des politiques et pour les empêcher de dire n'importe quoi pour appuyer leurs thèses. Une preuve de plus que personne n'a plus les moyens de vérifier les statistiques "arrangées" que le citoyen doit accepter comme telles.
Qu'on se le dise, les informations ne coulent pas de source. Elles ne s'inventent pas même si on pourrait le croire.
Il n'y a pas que les politiques qu'il faudrait remettre à leur place. Il y a aussi leurs subalternes, leurs subordonnés et les "croyants" que j'appelerais "polythésistes".
Déjà, les médias officiels recourent souvent à leurs propres filières, déjà "prémachée" par des agences de presse.
Des informations malaxées, comparées, avec des conclusions pour résumer les informations élaguées seraient les bienvenues, s'il n'y avait jamais de messages subliminaux cachés derrière l'information donnée.
Arrivée chez le consommateur-citoyen, l'information n'a pas fini son cheminement caillouteux. Ceux-ci les font circuler à leur tour avec un intérêt personnel qui brise tout autant la confiance.
Ils suivent le même circuit que les futurologues en goguette.
N'avez-vous jamais remarqué qu'ils ont une seule vérité? La leur.
Parmi eux, aussi, des suiveurs qui le font avec toute la foi de l'innocence, mais de là à être plus catholiques que le Pape, il y aussi une marge...
Leur "prestige" se compte via leur nombre des clients qui, à leur tour, croient bien faire en leur âme et conscience en répercutant les affaires lancées par les antécédents. Pour le client, une fois ferré, l'information vérolée ou non, ne crée dès lors, pas ou plus trop de soucis. Se forment des clans avec de chaque côté, une devise "je sais rien mais je dirai tout". Alors, la polémique se met en branle. "Pol et Mieke" oserais-je dire avec la consonance du terroir pour détendre l'atmosphère. On va y découvrir la confirmation de ses propres pensées. Mais, c'est vrai, une vérité peut en cacher une autre tout aussi stratégique.
"Impostures intellectuelles" écrivaient Alain Sokal et Jean Bricmont d'une manière plus générale.
A cette allure, il faut quelques personnes qui remettent les compteurs à zéro. En général, on les appelle les "non croyants".
Actuellement, un livre émousse les idées reçues en Allemagne. Titre "La Marraine". Sujet: Angela Merkel. Auteur: Gertrüd Höhler, une ancienne conseillère d'Helmut Kohl qui s'était vue regardée de haut par Schoeder et qui dit que sa "plus grande chance, c'est d'avoir toujours été sous-estimée". Merkel, la femme considérée comme la plus puissante selon Forbes, ancienne chercheuse de l'Académie des Sciences de RDA, est pour Höhler, une personne dévorée par l'ambition marquée pendant 35 ans derrière le rideau de fer. Qualifiée de "gamine", de "cheffe de meutes", de "pilote d'essais dans le parc d'attraction de la CDU", selon Höhler, elle voudrait restaurer la dictature par la destruction de la démocratie. Un pavé dans la mare ou, au minimum, un pamphlet sanglant, ce livre.
Aujourd'hui, le chimiste, Antoine Lavoisier dirait de l'information qu'elle peut tout créer, tout déplacer et tout transformer dans le domaine de l'interprétation.
En dégressif, il y a les profiteurs, les passionnés, les réactifs, les curieux et les passifs. L'intérêt se calcule en Beaufort sur une échelle des vents d'influences diverses. Comme pour un marin, il s'agira d'utiliser ces vents pour pousser le bateau dans la direction choisie sans jamais chercher à s'y opposer de front pour ne pas créer de tempête dans les esprits et se voir accuser de clown à la barre.
Les passifs indécis sont heureusement nombreux et ne se font pas arnaquer au premier discours.
Lors des élections, ils resteront indécis jusqu'à la dernière minute. Même le charisme de l'orateur dans l'immédiateté de paroles, trop bien étudiées à l'avance, recevra un degré d'écoute très variable.
Tout reste bon pour entraîner les foules. Le populisme est de rigueur sans en dire le nom à haute voix que pour le dénoncer chez l'adversaire.
A l'écrit, sur les forums de discussions, on y laisse plus de traces. On peut comparer promesses avec réalisations. Analyser, "assimiler" de manière plus "studieuse", mieux "confronter" avec des réalités vécues en fonction de paramètres très personnels. Le temps, la péremption des infos effacent parfois trop vite ce contrôle après coup.
Entre les deux, les confidences, les secrets, les radios "corridor" refilés de bouche à oreille, entre autorisés, avec le "délit d'initié" à la clé, vont confirmer un soupçon préalable. Et ça marche, même pour les infos fausses.
A la question "Pouvez-vous garder un secret", "60% des gens confesseraient qu'ils ne peuvent s’empêcher de partager avec un tiers les secrets de leurs meilleurs amis." est-il répondu. Le savoir est une force utilisable dans l'intermède et la rumeur peut, dès lors, se mettre en marche.
Tout tient dans le jeu entre deux parties où il y a le détenteur d'une information qu'il veut faire passer gratuitement et celui qui devrait en profiter à son tour, prêt à la répéter sans même le demander.
Mais, évidemment, tout va bien, on ne veut que le "bien" du citoyen... Voyons! Qui oserait penser le contraire?
Comme on devait s'y attendre, même là, les allergies de toutes sortes peuvent croître au milieu d'un tel fatras d'informations, de résultats et de spectacles.
L'immunité en médecine, rappelons-le, diminue sans jamais augmenter. Parvenir à résister aux "organismes pathogènes" de tous ordres devient un jeu d'équilibriste.
L'homme est, avant tout, un "animal sensible et influençable", réactif à la moindre poussée de fièvre et elles sont d'origines multiples. Il a ses préférés et ses détestés. Seule sa raison peut encore le réhabiliter en dernière extrémité, sinon il se laisserait aller à toutes les distractions qui se présentent.
Souvent, à force de voir certains se faire "descendre" en flamme par les commentaires, une sorte de syndrome de Stockholm se produit.
Alors, si on faisait un pas de recul, si on faisait une pause.
Si on cherchait à devenir auto-immunisé vis-à-vis de notre entourage, de ses ambitions et de sa force de frappe?
Récemment, l'affaire Michèle Martin n'en a été qu'une preuve de plus que "l'émotion a malmené la raison" et que la population était prête à prendre les armes. Un déni de justice ou de compréhension du problème posé? Affaire récupérée, comme il se doit, par les politiques. L'avocat Bruno Dayez avait, heureusement, essayé de remettre les pendules à l'heure. Que lui conseiller à Michèle Martin pour indemniser les victimes sinon d'écrire un bouquin à gros tirage?
L'affaire des fissures dans deux centrales nucléaires en Belgique, des autres épisodes épiques. Épisodes à répétition qui y trouveraient une raison du "bien-fondé" surtout pour celui qui en est étranger. Mais, parait-il, il y a même des fables. C'est évident, le nucléaire comme il existe aujourd'hui, ne peut continuer de la sorte et doit trouver une autre issue qui peut être sous une autre forme plus sécurisée. Qui oserait dire le contraire vu le grand âge de nos centrales? Mais il ne faut pas mélanger. Il y a nucléaire et nucléaire...
Je me limiterai à ces seuls exemples, car en période de crises, cela devient une véritable crise de foie et de Foi.
La nouvelle du jour, le parti écolo veut imposer un Livret Vert à toutes les banques avec un intérêt de 2,5%.
Je parlais de Foi. J'oubliais qu'il y a, heureusement, celui que l'on appelle le guide suprême, Dieu et qui exercerait ses bons offices au-dessus de nos têtes.
N'oublions pas, c'est un Dieu constitué de trois Paroles, deux Prophètes et d'un Messie car, là-haut, aussi, il y a de la concurrence. Si on ne se dispute plus sur le mont Olympe, c'est sur le Mont des Oliviers que l'on se crêpe le chignon et du haut des minarets, qu'on se chatouille la barbichette en criant qu'Il est toujours plus grand que tous ses concurrents. On ne cherche pas à savoir qui "IL" est, mais on sait qu'il "assure" ou même "rassure". Il est payé pour, non?
Des messagers qui prétendent détenir chacun la vérité absolue en vendant la parole divine au plus offrant.
Quand cela ne va pas trop bien sur le plancher des vaches, on assiste à une recrudescence de l'idée de Dieu comme un sauveur de la dernière chance. Les médias de la presse écrite ne font pas défaut dans une nouvelle sorte de populisme de bon aloi dans l'air du temps.
On remonte "Aux origines de Dieu", en "mono" ou en "poly"-théistes dit les Cahiers de S&V.
Ensuite, ce fut "Dieu, 10 raisons d'y croire" au menu avec, bizarrement, un article "Haro sur les journalistes" en pousse-café.
Alors accrochez-vous, car cela va "swinguer" à les lire, ces 10 raisons.
D'abord, s'il y a une horloge, c'est qu'il y a un horloger, était-il écrit. Donc, ne jetez pas le réveil parce qu'il vous réveille et vous fout les boules mais c'est l'horloger qu'il faut incriminer.
J'aurais dû m'en douter...
Si Aristote voyait l'interaction entre les hommes dans un monde fini, Jésus, lui, se voulait plus circonspect en porte-parole du créateur, comme centralisateur dans un monde fini peut-être mais sans oublier les hiérarchies préétablies.
Un athée dirait que c'est un créateur de tout et de rien, sans plan bien défini, ni précis et soutenu par une "mécanique" douteuse. Un créateur de crises mais qui en aurait oublié d'inventer les antidotes pour en sortir.
L'époque des Lumières, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'a pas plus apporté de lumières éclairantes.
Continuons à sourire en se promenant parmi ces "dix raisons".
Le "big-bang" comme point de départ comme cheval de bataille. On se demande si ce n'est pas plutôt un cheval de Troie.
Darwin avait pourtant dit que cela ne servirait à rien de remonter à la source du fleuve si on ne connaît pas l'évolution pour arriver à son embouchure. Descendre du buisson de la vie est bien plus facile que d'y remonter.
Dans le style "boutade", il y a la "particule de Dieu", lancée par Léon Lederman. La Science s'est engouffrée à pieds joints dans cet imaginaire suite à une intuition, pour combler un trou dans les calculs de la physique. Le Boson de Higgs, de Robert Brout et de François Englert, vient d'être découvert. Devenue une véritable "idole", cette particule, mais qui, tout de suite, a été minimisée par la pensée qu'une autre "particule" encore plus cachée, plus originelle encore. On n'en aura jamais assez de chercher la petite bête qui grimpe.
Le "God-Bang" a repris du service. Le Big-Bounce, reste moins connu. Ce big-là n'en aurait jamais fini de respirer dans une suite de cycles expansifs ou concentriques, sans début ni fin. Le chanoine Georges Lemaitre semblait le confirmer, d'ailleurs, en parlant d'un commencement, mais pas de création. Nuance...
Sauvé par le gong? Pas encore.
Tant que la réflexion reste fertile, rien de perdu et tous les espoirs restent permis à l'homme d'esprit féru de philosophies à réseaux multiples.
Frédéric Lenoir parlait d'évolution des vertus avec l'empathie comme remède réconciliateur. L'éthique, les valeurs, les vertus en reprendraient du galon par cette entremise. Les valeurs, les lois des hommes sont là comme guides pour une vie en communauté, considérée comme la meilleure possible pour éviter les conflits idéologiques.
Alors, ce serait le juste contre l'injuste, le diable, ce mal personnifié, dans une dichotomie numérique, gauche-droite, qui n'a rien à voir avec le monde analogique du vivant, bien plus complexe et plus échelonné. En dehors de la sphère humaniste, cela risquerait de rester sans valeur.
Le bonobo, je le vois d'ici, doit en rire de toutes ses belles dents blanches.
Mais,
quand Dieu dit la bonne parole, l'homme se tait et se doit de passer le message de la bonne bouche à la bonne oreille.
Une autre preuve loufoque et qui faisait planer. Tout le monde ne peut pas se tromper en même temps, puisque même l'incroyant parle de Dieu, après tant d'années, c'est donc une preuve de dire qu'il devrait y avoir quelque chose de vrai dans le processus de croyance.
Un château de cartes se construit sous l'ombre d'une Tour de Babel inachevée, grâce au seul instinct grégaire des hommes et du partage d'informations.
Michel Onfray, avec son "Traité d'athéologie", dont la lecture a déplu parce que, sous le couvert des on-dits, il disait que les Évangiles avaient été écrits bien plus tard, en dehors du terrain des opérations, elles-mêmes. Mais comme il écrit mal, comment lui donner sa confiance...
Un raisonnement par l'absurde et un miracle qui serait d'y croire?
Démontrer que Dieu n'existe pas, ne serait compris que par l'athée. Ce n'est pas une raison pour en arriver à l'autre extrême dans ce film dont le propos est tantôt sarcastique, voire carrément drôle, tant les deux protagonistes se livrent à un combat puéril, tantôt sordide et tragique.
Paul Claudel, athée convaincu, à Noël mangeait plus que d'habitude en n'y associant rien d'autre et en profitant de tous les jours de congés annexés. Car on veut les garder ces jours-là.
La Foi n'a pas de besoin de se justifier, est-il dit. Pas de problème avec ce concept.
Elle déplace les montagnes et elle s'en contente. Ok.
Le Cardinal Martini qui vient de mourir, disait tout de même "l'église à 200 ans de retard".
Et s'il en était de même avec toutes les croyances vivantes ou mortes?
L'immunité ne fait que décroitre et n'augmente jamais même en dehors du côté physiologique. Bombardé de partout, il faudra plus qu'un parapluie aux utilisateurs des messages d'informations et des "bonnes paroles".
Une lecture plus fine des méthodes utilisées, apporterait-elle la bouée de sauvetage?
Lire entre les lignes d'un message en n'omettant pas tout ce qu'il entraîne de contraintes et d'"overheads" comme on dirait dans la langue de Shakespeare, pour éviter guerres et conflits? Pas si simple.
Un enfant qui vivrait sa jeunesse sans attaches avec le monde extérieur recommencerait, peut-être, par le paganisme, puisqu'il n'a pas encore reçu le "beau message" qui, en finale, se résume à "Faites ce que je dis et pas ce que je fais". Cet enfant sauvage complèterait ses doutes par du fétichisme, du vaudouisme comme réponse à tout ce qu'il ne comprend pas sans capote immunitaire suffisante.
Une rencontre avec des dieux imaginaires et pas un Einstein, un soir, au coin du feu qui, lui, aurait l'intelligence d'apporter du concret pour justifier ses thèses.
Je lisais récemment les réponses du sociologue, Michel Maffesoli, lors d'un interview. Son prochain livre aura pour titre "Homo eroticus". "Il n'y a pas de pensée comme d'amour que lorsqu'il y a risque", disait-il d'emblée. Non consensuel, il dénonçait ceux qui ne pense que le "droit" avec le politiquement correct comme porte-drapeau. Pour lui, la "modernité" se voit au travers d'une cécité collective, dans un conformisme et un esprit tribal autour d'un goût partagé. Une peur de subjectivité confrontée face à une obligation d'objectivité dans une normopathie qui finit par être un processus de rétraction. Cette époque vitaliste est, pour lui, omniprésente dans la musique, le sport, la culture, la religion, excluant les réalités du terrain plus économiques que sociales. L'humeur se cache derrière des paravents de solidarité et de générosité qui une fois mis à jour ne sont que des leurres et du buzz. Le "Je pense donc je suis" de Descartes se voit dans l'individualisme affublé d'un sobriquet "Et je m'éclate avec". L'individu est devenu une personne morale, une entité avec une valeur fonctionnelle, une ressource avec son potentiel, cataloguée, cadastrée par une seule imitation des autres dans un design plus cyclique que réellement postmoderne. (discussions)
Cet été, il y a eu, en surplus, l'"entracte" des JO. Sans impacts immédiats, ils constituaient une trêve idéale. Avec les spectacles à l'ouverture et à la fermeture, comme agents liants, on pouvait combler les envies, les rêves et les "sensations fortes" par des évènements exceptionnels. Le jeu, dit "opium du peuple", met le citoyen dans une sorte d'extase dans un monde parallèle du presque impossible qu'il ne connaît pas dans son quotidien.
Divertir les foules, c'est par là que tout a commencé pour diriger les autres dans toutes les histoires du monde.
Au début du 20ème siècle, Pierre de Coubertin avait fait revivre les JO antiques comme JO modernes. Génial. Olympiques ou paralympiques, même.
La radio y a apporté le son et le cinéma, l'image.
La télévision reprendra quelques spectateurs au cinéma, avant d'être elle-même "enfilée" dans la Toile d'Internet. Alors, si on commençait à regarder à deux fois à se laisser avoir par toutes les informations qui surgissent d'on ne sait où. Une trève des balivernes, en somme. Moderato cantabile...
Au temps de l'Angleterre victorienne, il y a eu la "belle" histoire appelée "Oliver Twist". Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force. Orphelin, survie au milieu de compagnons d'infortune, mal nourri, exploité, il endurait tout, jusqu'au jour où une provocation d'un apprenti le pousse à se battre et à s'enfuir.
Depuis, à lire certains, on se demande si on ne revit pas ces moments du passé anglais. Les populations virtualisées perdent, quelques fois, le nord, mais restent instrumentalisées comme le seraient des larbins avec des objectifs définis par d'autres, en contestant sans chercher de solutions définitives, optimales et satisfaisantes pour tout le monde.
Il y a, parait-il, 4 milliards de monothéistes dans le monde. A y réfléchir, ne serait-ce pas plutôt 7 milliards de polythéistes, influençables, à la recherche d'idoles, impliqués dans des "affaires" dont ils ne voient que le sommet de l'iceberg à la recherche d'une immunité qui ne sera jamais autre chose que passagère et décroissante?
Oublier de croire en soi, oublier de définir ses propres objectifs de ce qu'on veut réaliser dans ce "jeu de quilles", c'est toujours arriver à un crash personnel.
Pour sortir de l'info qui casse le moral, il n'y a plus que l'humour, chaud ou glacial, pour percer le mur de l'opinion publique.
La transgression, la provocation s'opposeraient ainsi à toutes les musiques dites religieuses, y compris celle de Bach.
Rester dubitatif, sceptique en tout pour ne pas avoir de déception, c'est aussi une raison de la longueur de mes billets qui sans parti pris, évoqueront toutes les opinions en ligne pour compter les points après coup.
Tout est dans tout et inversement, ma devise.
S'occuper des TIC, s'en acquitter, je m'en occupe, en cherchant le vaccin et ainsi, en devenir auto-immune.
Le retour de vacances de Thomas Gunzig lui donnait l'occasion de faire l'inventaire des évènements avec son humour caustique, à la mode de "Pol et Mieke" ou "polémique". Un sketch qui lui a valu un commentaire amusant de fraicheur "Souvent je ris et j'aime le café serré de Thomas Gunzig mais franchement aujourd'hui il a dépassé les bornes, il y a des choses dont on ne rit pas".
Il faut savoir, cher Thomas, qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui.
Hors, à la radio, comme sur Internet, on rencontre n'importe qui. Des gens qui vous veulent du bien avec la solidarité sans faille en bandoulière. Mais, le "papa de ma couille" du sketch a reconnu, depuis, son erreur. Affaire comprise et classée.
Le lendemain, toujours à la radio, Thomas parlait de la "chance" qu'on avait de pouvoir aller voter, d'être, pour l'occasion, considéré comme important, l'espace d'un matin, dans l'isoloir avec le crayon magique, mécanique ou électronique à la main pour sanctionner ou pour soutenir un candidat ou un parti.
Sur Internet, heureusement, ce "n'importe qui" va pouvoir "plusser" ou "moinsser" un billet ou ses commentaires, en cliquant sans avoir à se justifier pour suivre la masse avec la seule envie de se "payer" la tête de celui qui osait exprimer une idée (pas) suffisamment dans le vent à ses yeux. Cool. On a rien inventé, Néron faisait cela avec son pouce. Les autres sur le sable de l'arène criaient "Auē Caesar, moritūrī tē salūtant!"
En extrapolant, avec l'humour en plus, la genèse pourrait se jouer ainsi.
Encore une fois, en riant ou en votant, on peut s'extraire, à loisir, de l'affabulation des autres et parfois de la sienne avec l'autodérision tant qu'elle existe. Une fois sorti de l'isoloir, on retrouve les mêmes leaders qui imposent une autre ligne de conduite. Et dire que je me posais la question, il y a longtemps, s'il y avait un Monk en nous!!!
Oh, toi information, qu'est-ce que tu ne parviendras pas à nous faire faire quand tu sors de ta boîte à musique?
Mais, putain, qu'est-ce qu'on s'amuse avec les Voix célestes du Peuple sur l'Agora...
L'enfoiré,
Aritlce qui vient naturellement à l'esprit après les suites du film américain et des caricatures de Charlie Hebdo.
Trois quart de la planète glissent sur la pente de l'intolérance religieuse.
Un graphique sorti suite à la situation de 2009 avec en abscisse le Gouvernement Restriction Index et en ordonné le Social Hostility Index montre bien que les extrémismes ont pris du poil de la bête. Comme 75% de la population mondiale en est touché (pays les plus peuplés). 63% des pays ont renforcé la politique de discrimination et 25% l'ont assouplie. Le Nigéria, le Yemen, le Pakistan, l'Iran, les territoires palestiniens, l'Egypte, la Turquie et la Russie entrent dans la catégorie.
- "Faut pas croire: en comptant tous les dieux, demi-dieux, quarts de dieux, etc., il y a déjà eu 62 millions de dieux depuis les débuts de l'humanité. Alors, les mecs qui pensent que le leur est le seul bon. Ça craint un max!", Coluche
- "Dieu a créé l’homme à son image. Ensuite, l’homme a évolué. Dieu, lui, on ne sait pas"…Philippe Geluck
- "Je suis tout prêt à croire en Dieu. Mais je pense que Dieu n’est pas tout-à-fait prêt à croire en moi.", Philippe Geluck
- "Je représente à moi seul 0,000000033 million d'amis", Philippe Geluck
06:45 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Parodie et humour, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
30/08/2012
Chez les yé-yé, avoir vingt ans, ce 30 août 1967
Une expo à Liège sur les "Golden Sixties", quatre copains, un anniversaire et un premier acte d'une pièce de théâtre.
Résumé des Golden-Sixties. L'économie tourne à plein régime même si la vie n'est pas rose pour tout le monde. Le chômage s'élève à peine à 2%. Ce sont les entreprises qui cherchent leurs collaborateurs et y mettent le prix. La carte de crédit commence à sortir des portefeuilles. Un dollar fixé à 50FB. Une dette publique belge, bien en dessous du PIB. L'industrie manque de bras. Les supermarchés ouvrent leurs portes à la consommation. Et si on donnait du travail aux femmes? Les hommes sceptiques sur les goûts de leur femmes à se retrouver au bureau. Pourtant, cela va donner, aux femmes, la liberté financière. La liberté sexuelle viendra grâce à la pilule. La conscience professionnelle n'est pas encore altérée. On rétribue en fonction des aptitudes. La mode se veut subversive avec la mini-jupe. Le lave-vaisselle devient un cadeau du mari pour sa femme. Dans la salle à manger, la télé N/B fait découvrir le monde extérieur. L'espace fait rêver. Les idoles sont nombreuses. Les Rolling-Stones font peur aux vieux avec leurs chansons de sexe et de violence mis en compétition avec les Beatles, Adamo, Dutronc dans une "Rock attitude", insouciante, provocatrice. Le monde s'élargit.
Le décès récent de Neil Armstrong rappelait que le 21 juillet 1969, il avait marché sur la lune pour la première fois. Mais, ici, notre pièce de théâtre s'arrête le 30 août 1967.
Scénario:
Quatre copains, étudiants du même âge, Jean-Pierre, Christian, Alain et Guy, se retrouvent dans un café. C'est le tour de Jean-Pierre à avoir 20 ans, ce 30 août 1967. L'actualité défile avec la musique du juke-box avant de partir à une boum.
Jean-Pierre entre sur scène avec des fleurs dans les longs cheveux, style hippie. La lumière s'allume.
-Jean-Pierre: Et moi qui croyais que le jour de mon anniversaire, tu allais me foutre la paix avec ta nature, cher Rousseau alias Christian, et toi, Alain, avec ta ville qui sent mauvais. M'avez-vous amené un cadeau au moins !
-Alain: Je pouvais pas. J'ai été en ville à vélo, y'avait aucune place de parking de libre... Ah, si j'avais eu un porte-avions, j'aurais pu faire place nette ...et même fermer le caquet aux flics révolutionnaires ! Putain, la victime, c'est encore une fois, moi ! (rires)
-Christian: Pas de déclarations, Alain. On s'en serait douté... J'ai apporté le fromage de la ferme et le gateau pour l'anniversaire dans la paix des coeurs. Je suis un pacifiste, moi.
-Guy: Comme au Tonkin, peut-être ?
-Alain: Comme au ton qui, quoi ?
-Guy: C'est fou ce que tu manques de culture, toi. Il n'y a que les références historiques pour justifier ton présent. Encore quelques anniversaires et tu seras tout à fait borné à force de te rappeler le bon vieux temps. Tiens, tu mériterais que je t'envoie par le fond, ne fut-ce que pour t'empêcher de nous mener en galère... Dis-toi bien que seul l'exil peut te sauver. Et le fait est qu'il n'y a plus d'exil nulle part depuis qu'on a inventé la bombe. Mais j'ai foi au progrès, demain on possèdera bien tous la bombe individuelle. Chacun la sienne. Il ne pourront jamais en faire exploser qu'une après autre. La légitime défense, tu comprends?
-Jean-Pierre: Mais ce serait l'extermination garantie de l'espèce humaine, docteur Folamour ! Que vous êtes en train de me fomenter comme avenir. La marée noire du "Torrey Canyon", c'est pas du cinoche.
-Guy: C'est idiot de voir ce cinoche ainsi. Je commencerai par toi, tiens! Où est ce que tu te sentirais le mieux, t'es vraiment un socialiste à la manque. Moi, ce qui m'a plu au cinoche dernièrement c'est "Blow up". Tu sais cette histoire de photographe qui part en reportage, prend une photo et qui découvre un meurtre. Alain, n'est-ce pas que c'est dans tes cordes?
-Alain: Mais, mon beau salaud, dis, ça c'est jouer le jeu des Ricains et des Englishs. JFK est toujours dans ta tête, à mon avis. T'es l'extrémiste inverse. T'es cent pour cent en faute et tu fais semblant d'avoir été agressé pour mieux faire admettre que c'est toi la victime. "Up to you", as-tu déjà écouté ce morceau des Stones ? C'est la face B de Satisfaction, il est passé inaperçu avec ce Mike Jagger qui a toujours voulu être au devant de la scène. Dommage! Moi, j'irais voir si avec le socialisme ou même le communisme, on va pas pouvoir mieux s'en sortir qu'avec ces jeunes en pantalon en pattes d'éléphant.
-Guy: Des éléphants, maintenant. Tout cela ne nous ramènera pas le Congo. (rires) Mais, t'as raison, Elvis devait en avoir à son mariage, des pattes d'éléphants.
-Jean-Pierre: Le Congo, c'est râpé, Guy. Faudra te faire une raison. Les colonies, c'est de l'histoire ancienne. Un peu de Commonwealth du bout des ongles, mais rien d'autre. Quant au King, il a ses fans incontestables...
-Christian: (il chante) "Et j'entends siffler le train. J'entendrai siffler ce train toute ma vie". Alors, on va le couper, ce gâteau? J'attrape faim, moi. Alain, vas nous chercher la bouteille dans le frigidaire. Ça s'arrose un anniv de 20 ans. Tu te souviens de cette bête chanson des vieux "On n'a pas tous les jours vingt ans".
-Alain: Bien sûr. C'est d'un niaiserie à chier. Tu me fais déraper ici. Tu ne sais pas, Christian, Jean-Pierre, voudrait partir à Katmandou.
-Guy: Katmandou, c'est pas trop ma tasse de thé. T'as pas entendu ce qui se passe dans la Silicone Valley? La Californie, le Grand Canyon, les grands espaces, j'ai vu des films de là-bas. Cela donne envie de partir, rien qu'à les voir.
-Jean-Pierre: Je crois que t'as vu trop souvent "West Side Story", c'est sorti de l'affiche, je t'informe. T'as pas peur de partir pour le Vietnam comme tu disais, cela canarde ferme là-bas. Si tu pars là-bas, tu devras te faire naturaliser et alors, c'est chez le Viets qu tu devras trouver tes assurances tous risques.
-Guy: J'ai pas dit que je veux prendre la nationalité américaine.
-Christian: Mais t'auras pas le choix, mon gars. C'est compris dans le prix du voyage. Dès que tu vois la Statue de la Liberté, t'es déjà embrigadé. Adieu la liberté et les petites anglaises. Moi, c'est Londres qui m'attire un peu. C'est de là que toute la mode vient, ces derniers temps.
-Guy: T'as peut-être raison. Je vais me renseigner sur les States. Peut-être, qu'astronaute me plairait. S'envoyer en l'air dans la lune ou s'envoyer en l'air, au lit, où est la différence? Dans, le 5ème Luna Orbiter est un peu à l'étroit, mais je suis sûr qu'on y arrivera à lui mettre une fusée dans l'oeil dans notre lune comme Tintin nous le montrait.
-Christian: Ne rêve pas trop éveiller. La lune, c'est pas encore gagné. Le match entre Sovétiques et Américains est loin d'être terminé. Faudra peut-être attendre des années encore pour mettre un pieds sur le sol lunaire comme le voulait Kennedy pour cette décennie. Tu ne te souviens pas de ce qui est arrivé à Komarov à bord de son Soyouz? T'auras peut-être une famille avec des enfants à t'occuper, avant de t'envoyer en l'air dans les étoiles. Moi, je me vois très bien avec une famille nombreuse. D'ailleurs, il y a anguille sous roche.
-Guy: Toi aussi. Tu veux une famille, des enfants. Je veux bien une épouse, mais des enfants, c'est beaucoup de responsabilités. Je n'envisage pas cela, du moins actuellement. Pour cela, il faut assurer ses arrières, avoir un job longue durée. Si je ne suis pas du tout sûr que les mouvements féministes sont très favorables à cette expansion qui pousse les femmes à rester à la maison, une femme au bureau, c'est pas sûr que cela plaise à toutes non plus.
-Alain: Mais, t'es un terrible machiste, Guy. Tout évolue. On n'arrête pas le progrès. Personnellement, j'aimerais avoir deux enfants mes pas plus. En espérant, qu'ils soient aussi beaux que l'épouse que je choisirai.
-Jean-Pierre: Vous êtes tous des fanas de la famille à ce que j'entends. J'ai dit faire l'amour pas la guerre, cela ne veut pas dire que je veux me farcir toujours la même, ni toutes en parallèles. Je suis un serial-man. Des enfants? Vous êtes fous ou quoi? On a la pilule, maintenant. Tu veux un joint pour te remettre à niveau?
-Alain: Non, merci, je suis assez dingue comme ça. Mais qu'ai-je entendu? Cela est passé sans tinter à mes oreilles. Christian a des choses à nous révéler. Y a-t-il un polichinelle dans le tiroir avec sa dulcinée? Sa boniche a dû oublier sa pilule. Alors, raconte. Comment, c'est arrivé.
-Christian: Ça, c'est un secret. Nous sommes sortis. Nous avons dansé lors d'une rencontre dans une surprise party, et...
-Guy: Ça a tourné, a tourné, mais cela n'a pas continué à tourner. Et, ça s'est arrêté.. comme la chanson de Bécaud, peut-être (rires)
-Jean-Pierre: Laissez Christian, tranquille. N'oubliez pas, c'est un futur philosophe et il va vous en foutre plein la vue avec sa philosophie des grands mariages. Je crois que vous ne connaissez pas la philosophie asiatique. Là, on n'oublie tout. On y baise. On y pense et puis on oublie, comme dirait Claude François.
-Guy: Ah, oui? Mais, c'est aussi très exotique, ton expérience. Cela m'intéresse. Puis, Alain, avec ses études de journalisme, il pourrait en faire de beaux papiers de tout cela. Lui qui aime les voyages.
-Alain: Bel exercice et beaux voyages, en effet. Même si je n'ai pas les mêmes préoccupations. Et si on parlait de sport. Le sport, un truc qui m'intéresse. J'aimerais me spécialiser dans le journalisme de sport. Pour m'amuser, j'ai fait un article quand, le 9 juillet, Billie Jean King a gagné Wimbledon. J'ai eu un certain succès dans un petit journal local. Quant à Roger Pingeon, j'ai essayé de l'approcher quand il avait remporté le Tour de France. J'aurais bien aimé aussi avec Eddy Merckx qui vient de devenir le champion du monde. Oui, reporter sportif, cela me botterait, mais, j'hésite, encore. Correspondant de guerre, aussi, d'ailleurs. Suivre les Six de la guerre du Sinaï pour Paris Match, cela doit être palpitant. Photographier Moshe Dayan dans les tranchées...
-Guy: Six jours, d'accord. Mais tu ne voudrais pas partir au Vietnam, on n'en voit pas la fin de cette guerre-là. T'es pas sûr de revenir, sinon les pieds devant.
-Alain: C'est ce qui construit la gloire, non? (sourire)
-Guy: Quelle ambition! Là, tu me fais planer. Et des projets de famille heureuse, tes deux beaux enfants, t'en fait quoi? Ce sont tes parents qui t'ont appris ce genre de raisonnement à la con avec des héros avec des honneurs à titre posthume à la clé?
-Alain: Mes vieux laissent-les là où ils sont, si tu veux bien. Je ne mange pas de ce pain-là. Ils ne sont pas d'accords avec mes projets. Je sais. Ils me font ch... Tu sais quelque chose qui les mettrait à roter encore plus après une heure de silence. Un bon Rolling Stone par exemple. "I can get now, satisfaction". C'est pas très socialo, mais je m'en contenterai. Pourquoi pas aussi, le negro? Mes vieux sont racistes. Comment s'appelle-t-il encore? Celui qui est guitariste et qui a osé jouer de la guitare avec ses dents, allongé parterre en faisant le grand écart....
-Christian: Tu veux parler de Jimi Hendrix? Je préfère les Beatles ou les "Shocking Blue" avec Venus, ça fait danser au moins. "Salut les copains", cela commence à m'épuiser. Jean-Pierre ne va pas me contredire, lui qui entonne à tout bout de champs comme une litanie "All you need is love". La guerre entre les Beatles et les Stones, c'est du pipo. Crois-moi sur parole. C'est comme avec les Demoiselles de Rochefort et les Parapluies de Cherbourg. T'as pas pleuré, tout de même?
-Alain: Oui, Jimi Hendrix. Une véritable star en Angleterre. Il ira loin, ce gars, c'est sûr. Il doit déjà être dans le hit parade. Au sujet des Beatles, j'aurais dû m'en douter. Pleurer? Tu rigoles? C'était d'un rose bonbon. Pleurer serait manquer vraiment de punch. Mais t'as pas tout à fait tort, il y en a beaucoup qui l'ont fait dans la salle quand je les ai vue. T'as pas encore entendu le petit nouveau, David Bowie?
-Jean-Pierre: David Bowie? Connais pas. Mais, j'en ai rien à cirer de votre punch, de vos idées d'avenir. Vous n'avez pas remarqué que tout coûte plus cher? Avec ce que me donne mes parents, je ne parviens même plus qu'à m'acheter mes sèches. C'est mon anniversaire. Si vous voulez des fleurs dans les cheveux, je peux vous en prêter. Ca vous empêchera d'avoir des idées courtes et d'écouter vos idées folles...
-Christian: T'as raison, Jean-Pierre. T'as toujours raison, d'ailleurs. Toi, au moins, t'as pas besoin de te déguiser pour ce soir à la surboum costumée. Un peu de cheveux dans les cheveux bien longs, un froque qui sent à cinq mètres à la ronde et une chemise ouverte sur ton poitrail velu et t'es costumé. Moi, je vais prendre le costume de Néron. Je ne sais pas si cela me sied, mais c'est le nom que j'aime bien. Quant à toi, Alain, sors ton appareil photo et ton carnet de notes, avec la casquette et le crayon de l'emploi, je sens que tu vas faire sensation. Reviens avec des photos des toiles de Magritte. Tu vas voir comme elles vont prendre de la valeur depuis qu'il vient juste de mourir. Guy, je le vois bien bardé d'une chemise avec des étoiles et des bretelles pour tenir le pantalon. Tous le monde à la permission de minuit? Alors, on y va.
Un silence est tombé, presque lourd. Le juke box s'était arrêté à court de piècettes. Les 45 tours se sont succédés sans interrompre la bande des quatre.
Le patron du café, qui a tout entendu, ajoute une tune dans son juke-box. La platine va s'installer sous l'aiguille et une voix nasillarde entonne "On n'a pas tous les jours 20 ans".
Les quatre se regardent, étonnés.
-Tous ensembles: Mais qui a programmé cette putain de chanson? C'est d'un ringard...
Jean-Pierre pousse une nouvelle tune dans le bastringue et entonne en attendant: "If you're going to San Francisco. Be sure to Wear Flowers in your Hair".
Le rideau tombe...
Sapanhine et l'enfoiré,
...qui ont joué, chacun, un rôle dans l'histoire, même si les prénoms des personnages n'ont peut-être pas existé tel quel...
Mais si jamais, certains s'y reconnaitraient, ce ne serait pas totalement un hasard.
Aujourd'hui, les jeunes de l'époque font partie du"Papy boom". Un monde qui tourne encore souvent avec des arrières-goûts du passé en s'uniformisant avec la mondialisation.
Alors, que dire?
Que c'était une autre époque, meilleure ou pire ou que tout n'est qu'un éternel recommencement? Que les jeunes sont toujours aussi batailleurs? Qu'à toutes les époques, les jeunes ont resenti la concurrence des "anciens"?
Que les anciens "jeunes" écoutent plus souvent Radio Nostalgie?
"Hier encore" comme le chantait Aznavour, un rappel, une ombre de nous...
Philippe Geluck alias Le Chat, disait, avec humour, que "Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant." et que "Les jeunes, c'est tous des bons-à-rien. Et ça devient pire avec l'âge".
Il n'avait pas tout à fait tort.

08:05 Publié dans Actualité, Histoire, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16/08/2012
Eurek@ Google
Le Science et Vie de juillet avait sa page de garde avec un titre provocateur: "GOOGLE, le nouvel Einstein" et un sous-titre "Et si la science se passait du génie humain?". Mais à qui profite ce nouvel Einstein?
L'avant-propos de ce S&V posait la question: "Peut-on tout demander à son moteur de recherches?"
Avant de répondre, je me poserais les questions suivantes: "qu'est-ce qu'il y a dans le moteur et de quel genre de recherche s'agit-il?".
La réponse du magazine fut: "Si Google existait du temps d'Archimède, la recherche initiée sur la poussée d'Archimède serait simplement mise en parallèle avec une pub sur la balnéothérapie. Archimède, lui, à son époque, aurait répondu avec la loi qu'il aurait inventée en sortant de son bain avec une phrase presque mythique de 'Tout corps plongé dans un fluide subit une poussée verticale dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé'".
La pub, il ne connaissait pas, le "pauvre" Archimède!
L'histoire ne dit rien de ce qui a suivi et de qui a ramassé l'eau du bain public après avoir lancé son Eureka... et, de plus, personne n'en aurait rien su, si la loi n'avait été édictée, écrite avec conviction et passée, ensuite, de bouche à oreille jusqu'à notre époque.
Newton fit une autre découverte fortuite, ressortie par la force de gravité exercée sur une pomme. Un hasard ou une réflexion plus structurée qui conclut que la Terre attire la pomme avec une intensité inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Le carré de la distance demandait déjà plus qu'une déduction.
C'est, peut-être cela, le vrai "miracle" de Google de faire de la pub de l'information. Mais quelle information?
Aujourd'hui, on s'y référence et on se fait connaître via des moteurs de recherches. Attention pas de turbines en vue, tout est sous contrôle, caché derrière des réseaux complexes et des logiciels secrets qui arrivent comme la "septième merveille du monde" sur l'écran des ordinateurs des utilisateurs en moins de temps qu'il faut pour le dire.
Dès lors, au bord de son clavier, ces utilisateurs croient tout savoir, comme maitres du monde de l'information. Ils ne cherchent plus, ils ne déduisent plus beaucoup, ils se racrochent aux sources entre elles, récupérées, uniquement, par l'association de un ou plusieurs mots clés, organisée par un seul fournisseur et sortie du chapeau des millions de réponses.
Informations filtrées, vraies ou fausses, tendancieuses ou informatives, mais malaxées dans un même melting pot. On ne sait pas...
Presque trop merveilleux pour ne pas cacher quelques tares dans le processus. Des algorithmes logiques de Google sont là pour explorer les informations que d'autres ont installées sur le net. Le véritable génie de la science se limiterait, ainsi, dans un "big data" qui connaît tout et qui répond à tout.
Multidisciplinaire, généraliste et expert, ce Google!
L'informaticien chevronné, un peu équilibré, dirait "Shit in, shit out".
Connaitre la discipline, la méthodologie pour collationner ses "billes" en sortie, serait plus que nécessaire. Et là, on tombe dans le secret de fabrication le plus total.
Il fut un temps où il y avait même une équipe de "moteurs de recherches" qui puisait les infos à tous les râteliers disponibles. Preuve que l'on ne faisait pas totalement confiance à un seul fournisseur de moteurs de recherches. Les métamoteurs" allaient piocher chez tous les candidats moteurs de recherces. Petits logiciels gratuits, proposés en interfaces, ils rassemblaient les "grands", les "pros du pot", avec les bonnes intentions de chacun d'entre eux rassemblées.
Gênant pour ces "gros". Il ne fallait pas que d'autres encaissent ce qu'ils avaient construit patiemment, à payer ou à se faire payer par des artifices publicitaires. Ces empêcheurs de tourner en rond ont progressivement disparu ou ne sont plus proposés.
Internet, c'est gratuit et s'est payant en même temps, en arrière plan.
C'est alors que je suis tombé sur un article qui m'a projeté le cul entre deux chaises. Enfin, "deux", c'est une façon de parler. Plutôt entre des continents du savoir.
Les "chaises", elles, étaient bien plus nombreuses. Chercher ce mot "chaise" et vous verrez que vous allez recevoir, en retour, pas moins de 80 millions de résultats. Même si elles peuvent être belles, les chaises, cela fait vraiment beaucoup de pattes que l'on reçoit sous le poids de celui qui s'y repose.
Chronologiquement, j'avais lu l'article qui suit avant d'acheter le S&V. "En publicité, internet absorbe un euro sur cinq en Europe".
Ensuite: "La moitié de la pub en ligne en Europe enrichit les Américains."
Voilà le dessous des cartes...
"Les investissements américains ont augmenté de 14,5% avec 20,9 milliards d'euros en 2011. Google se taille la part du lion, avec Amazon, eBay, Facebook, Flickr. La Belgique, c'est 365 millions de pub avec Google, presque 'only'.", ajoutait-on dans l'article.
Pour expliquer, l'article risquait: "Problème d'économie d'échelle manquante? L'Europe ne serait-elle plus qu'une économie de consommation et pas de production.".
Là, cette question m'obsède. On mange, on ingurgite même, parfois, mais on ne sait plus quoi, comment a été préparée la "pitance" de l'esprit puisqu'on n'a personne au fourneau dans ce resto du coeur. La pitance est produite par tous dans le monde, en toutes les langues, mais avec les bénéfices qui atterrissent toujours chez le même chef étoilé.
Le S&V, une fois acheté, j'ai continué à lire ce qu'il en disait de Google. Là, on y semble même plongé jusqu'au coup dans l'emphase dithyrambique et on se livre sans contestation, du moins au début, dans une déclaration d'amour avec un brin de raisons.
"Des logiciels qui, depuis, quelques années, sont auréolés d'un nombre croissant de découvertes en se parant de vertus scientifiques telles que d'aucuns voient en lui la meilleure chance qu'ait la science de défricher de nouveaux territoires.".
Apparemment, les patates sont cuites pour l'homme. Tout peut marcher sans lui.
Et, on embraie... "Le génie d'Einstein est relayé par des algorithmes qui analysent, triturent des océans de données. Les machines qui font les découvertes, là où les expériences, les théories ou les géniales intuitions semblent ne plus suffire pour aller plus loin".
Quand j'ai écrit "Trop complexe, le monde du numérique?", je ne pensais pas si bien dire. On est là, mais, seulement, pour exécuter un rôle de figuration dans une représentation avec des "jouets", made in USA, qui dirait ironiquement "Tout est dit. Passe ton chemin et ne perd pas le mien à te donner des idées subversives, puisque on te donne toutes les réponses à tes questions".
-Ne fais pas faire la fine bouche, l'enfoiré. Tu fais semblant de ne pas utiliser. Te rends-tu compte du temps que tu gagnes?.
-Oui, cela prenait du temps, avant Google... Oui, cela coûtait beaucoup d'efforts et d'argent, ces recherches, mais, comme cela faisait du bien aux neurones. Aujourd'hui, on a oublié ce que c'était de "chercher". Buvard de l'info, je rassemble les informations comme le ferait Google, mais j'élague au fur et à mesure avec un esprit critique que n'a aucun moteur de recherche.
Google est arrivé comme le ferait Zorro, avec un grand chapeau, un grand lasso, masqué, et il signe son oeuvre d'un grand "G". Pour y arriver, il a sorti la grosse artillerie, à la vitesse de la lumière informatique à partir de 20 pétaoctects de données, traitées chaque jour, ce qui représente 20 fois le volume total des données stockées par la Bibliothèque nationale de France et il se fait le champion des liens entre eux. Il donnerait presque des résultats aux questions sans même qu'on les lui demande, mais simplement après les avoir imaginées comme vraies. De ce magma de données, nous en recevrions la chaleur infuse au travers de serveurs d'un réseau de serveurs dont on n'a pas l'obligation d'en connaître les tenants et les aboutissants.
C'est le pied, mais les pieds de la chaise comme on vient de le voir! On parle, dès lors, en pétas bits (10exp 15) après l'avoir fait le ménage des mégas, des gigas et des téras. Quelle famille, d'"-as" à tout faire!!!
Le patron de Google va plus loin encore. Il parle déjà de 5 octas soit 5000 pétas pour se permettre de manipuler 30 millards de documents chaque mois sur Facebook, 140 millions de messages quotidiens sur Twitter ou 20 millions de SMS échangés par minute.
La NSA passe le mur du "son" et parle de yottas (10 exp 24), soit le contenu de mille milliards de disques durs actuels alors que les pauvres humains parlent toujours de iotas.
Pour quoi faire cette armada? Question à ne pas poser, surtout.
L'info, c'est l'info. Elle informe. On ne va pas commencer à tergiverser, à dénigrer et à faire le malin...
La presse a dû s'accomoder aux nouvelles technologies et trouver un language commun à tel point qu'ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre.
Le rebelle se demande si ce ne serait pas uniquement pour vendre du produit non fini pour faire plaisir au seul marketing.
En fait, nous sommes dans un rêve, dans un déluge d'informations dans lequel on est censé retrouver ses jeunes... On appelle cela travailler dans les nuages, dans le "cloud computing" avec Google qui y ajoute quelques doses "imagées"pour appuyer le texte parfois dépassé.
Regarder les big data au travers du kaléidoscope ou du périscope comme espion.
On se retrouve les pieds sur Terre a un moment inattendu, photographié dans la rue, dans un endroit où on n'avait aucune raison de se trouver et qu'on devra pouvoir expliquer à qui de droit. Là, ce n'est parfois plus du rêve mais du cauchemar.
Dans le monde réel, le miroir du virtuel reste la victoire du virtuel et on arrive à les confondre.
De Wikipedia, je disais "Wiki je t'aime, Wikipédia je t'adore". Une encyclopédie citoyenne, sans laquelle, Google serait un concentrateur de bits avec un moteur qui tournerait en mal d'amour, sans plus. Sur cette plate-forme du know-how, on met à jour en permanence et les citoyens gèrent ce que Google ne fait pas. La "bête" n'est même pas capable de donner la pertinence de ce quelle fournit si ce n'est avec une arrière pensée financière. Mais, parait-il, pour rester le plus près du citoyen, Google va même puiser les mots clés au travers de Facebook et de ses "fidèles citoyens".
Elle le fait avec une granularité sans précédent et une mémoire d'éléphant. On peut y zoomer et y dézoomer. « On ne sait pas ce qu’on y cherche, mais on trouve ce qu’on ne cherche pas », déclarait Anne Roumanoff avec humour.
Il y a l'info, ce qu'on en fait ou parvient à en faire. Il ne faut pas croire que travailler sur Internet avec les outils à disposition réduisent de manière drastique le temps de présence derrière l'écran. Parfois, elle pourrait l'accentuer quand le lecteur joue le jeu de la recherche "imbriquée" en s'écartant du sujet recherché au départ. Le chercheur s'éparpille en cherchant la "petite bête".
Passer de l'échelle microscopique à celle du macroscopique comme le rêvait Pierre-Simon de Laplace pour transiter du passé au présent et ainsi prévoir l'évolution du monde, n'est pas une mince affaire. Une phrase lancée lors d'un meeting de promotion par le co-fondateur de Google, fait rêver: "Seul un logiciel comme Google peut le faire".
Qui sait, un jour, à Stockholm, un serveur représentant de tous les autres, recevra le Prix Nobel en place des savants devenus obsolètes et dira d'une voix mécanique:
- I'm proud to be here representing all of us, as a server for you all.
Le syndrome de Stockholm, quoi. On y aimerait ce qu'on a haï précédemment.
Un étudiant viendrait, un jour, à l'examen avec son robot et son moteur de recherches pour décrocher son diplôme.
Si les astronomes n'ont plus besoin de téléscopes puisqu'ils consultent Google et que cette façon de faire va s'accélérer parce que les données vont se générer l'une par l'autre presque en vase clos, il y a du souci à se faire ou au moins ou au moins, des questions à se poser. Si vous ne vous souvenez pas du fiasco dans le domaine financier qui s'est produit en laissant tourner en "stand alone", le "Système économique"...
L'espionnage, les droits d'auteur, les brevets, l'anonymat, fini de signer même F.L., comme l'article, sans laisser de traces, ni d'adresse. Un pseudo, des initiales se retrouvent. On n'oublie plus rien, une fois, sur un serveur, hors ce serait étonnant que les informations soient mise à jour en temps voulus. N'oublions pas que les informations les plus stratégiques se trouvent cachées derrière des mots de passe avec accès véritablement payants.
"Cette mécanique imparable tire en fait sa force d'une approche qui se rit du contenu avec comme seuls paramètres, les proximités entre données. La Science ne risque-t-elle pas de se réduire à la mise en relief de multiples corrélations sans que ces résultats ne soient intégrés grâce à un modèle dans un discours qui fasse sens?" concluait Claude-Henri Mélédo. "Un retour en force de l'empirisme comme démarche expérimentale", continuait Jean Veronis.
Le désordre du monde, l'originel et le créé ne sont pas liés par des lois uniques ni des algorithmes surtout s'ils se ressemblent en aveugle. Les équations, leur intégration demande déjà plus qu'une vérification s'il y a une solution ou non. On est parti d'un déluge, on y retourne très souvent mais via d'autres artifices.
J'aurais pu terminer mon article ici mais cela aurait été malhonnête et incomplet car il y avait des exemples de réussites et des projets qui y gravitent avec succès et qui se trouvaient dans l'article.
- Dans les troubles du cerveau par des pistes de guérison en dessinant une carte de proximité statistiques et un générateur semi-automatique d'hypothèses (projet brainSCANr)
- Dans le couvert végétal par le fait d'avoir traqué les déforestations (projet PlanetarySkin)
- Par l'observation spatiale en direct et le classement des informations (projet LSST)
- Les micro-organismes dévoilé par leur évolution et la découverte de la diversité des communautés microbiennes(projet GOS)
- L'apprentissage du langage par le contexte des mots et de leur redondance (projet Deb Roy)
- Les substances chimiques mélangées qui viennent à bout de la maladie (projet BSrC)
- Le cancer du foie découvert par l'étude de l'ADN et finir par dévoiler 4 gènes (pojet ICGC)
- Les épidémies apparues en temps réel pendant le tremblement de Terre d'Haïti (projet Healthmap)
- Les équations physiques qui naissent toutes seules et qui donnent des lois (projet Eureqa)
Alors, remplacer le génie humain? La question principale du dossier?
Non, modifier son rythme brutal de recherche et de trouvailles. L'accélérer en lui donnant un effet de levier comme un outil peut le faire, là, d'accord.
Quant à croiser les données à l'aveugle?
Peut-on dire, à coup sûr, qu'ensuite, les infos croisées donneraient des résultats et de là, jaillirait la lumière sans réflexions? L'intuition, les déductions ne sont pas encore incorporées dans le processus de recherches.
Mais cela viendra, peut-être. Nous sommes à la version 2.0. Les suivantes se feront aider par des questions plus pertinentes pour affiner les recherches. Les millions de réponses plus judicieuses, plus utiles, élaguées et réduites au strict nécessaire est un des buts à atteindre, mais non atteint jusqu'ici.
Google Earth, autre miracle, avait même servi pour essayer de retrouver Steve Fosset, tombé avec son avion, perdu on ne savait où. C'est sur le terrain, suite au hasard, qu'un passant l'y a retrouvé.
A l'ère des déluges de l'information, il ne s'agit pas d'oublier que trop d'infos nuit et tue parfois l'info.
Qu'éliminer tout ce qui est publicitaire permettrait déjà de réduire considérablement ce fatras de données et diminuerait le temps de recherche. Contraire à la politique de la maison "G".
Google vient de payer une amende de 22,5 millions de dollars à la FTC pour solder le compte de la confidentialité et de la surveillance de ses utilisateurs. Pour se permettre la publicité ciblée, les cookies, ce n'est pas cher payer face aux milliards de bénéfices.
Le "cloud computing", avec 100 milliards de dollars de potentiels historiques et 8,8 milliards de bénéfices, prévus en 2012, ne sont pas dans les nuages.
Que des moyens automatiques encore bien plus sophistiqués seront nécessaires pour élaguer les données nuisibles, brutes et les rendre plus "nettes".
Je suis un utilisateur comme les autres et ce que Google fait, je l'avoue, il le fait relativement bien. Ce que Microsoft apportait avec un logiciel "Encarta", Google le fait avec la gratuité en plus.
Mais, comme Microsoft, Google est devenu envahissant et d'autres cherchent, déjà, un "Petit guide de survie sans Google".
Puis est arrivé le S&V du mois suivant qui disait "Le spectre ne répond plus". Les mobiles qui exploitent les bandes passantes de radiofréquences, spectres hertziens arrivent à saturation avec des débits entre 1,8mB et 42 Mb en 3G. La 4G arrive en France après les USA, la Corée, le Japon et l'Allemagne, avec ses grands moyens entre 800Mhz et 2,6 Ghz. Les télécoms satellitaires se bousculent et doivent prendre leurs distances pour ne pas être brouillées. On imagine des solutions comme partager les bandes, monter en fréquence, multiplier les antennes, multiplier les signaux... mais toutes ont toutes des problèmes. C'est peut-être de là que viendra le coup de Jarnac pour tout ce qui touche aux communications par les ondes.
Le nombre des neurones d'un cerveau s'élève à 100 milliards, sans compter les synapses. Atrophiés car non utilisés, ils en deviendraient négligeables.
Google resterait avec un potentiel énorme mais utilisé avec un faible pourcentage et qui souffrirait de dirigisme lié à la publicité.
Certains pensent leur ajouter des Google-Glass. 
On se surprend à lire qu'avec les lunettes interactives apprendre une langue étrangère ne sera bientôt plus nécessaire, que San Francisco au travers des lunettes, change-t-il la vie de ceux qui voient la ville de près, hors des nuages?
"Amazing", le mot décidément à la mode, le plus utilisé aux States dans ce genre de conférences de presse. Un mot qui quelque part, manque à un esprit européen trop cartésien moins embrumé par les contraintes d'épater avant de réaliser.
Au sommet, il y a une lutte sans merci qui se déroule en coulisse.
La CE pourrait élargir son enquête contre Google?
"La Commission lui reproche notamment de mettre en avant dans ses liens ses propres moteurs de recherche verticale, au détriment des autres moteurs de recherche spécialisés, par exemple dans les voyages. Elle s’inquiète aussi de la manière dont Google copie du contenu de moteurs de recherche verticale concurrents et les utilise dans ses propres offres, et lui reproche d’imposer des clauses d’exclusivité à ses partenaires publicitaires.".
Tiens, un nouveau monopole. J'ai déjà entendu cela quelque part mais avec un autre acteur: Microsoft.
Dans cette lutte, Microsoft et son monopole vacillerait-elle sur les mêmes bases face à Google? Quand le gâteau devient plus petit, le moindre levier s'impose.
On vient d'apprendre qu'après 8 ans de silence de côté de Hotmail, Microsoft est irrité par Google et donne un coup de jeune à sa messagerie avec OUTLOOK, son nouveau nom mais qui existait depuis des lunes mais dans la "rangée professionnelle".
Plus qu'un lifting, est-il dit.
Avec 324 millions d'utilisateurs, c'est à dire 36% du marché des courriers électronique, MS voit GMAIL qui annonce 450 millions, qui se fait aider par le système econologique Android.
Outlook.com nouveau va contenir Skype, la possibilité de partage d'image, la gestion de fichiers et d'autres gadgets.
Et, pourquoi pas intégrer toute la concurrence? Facebook, Twitter, Viber... On n'invente plus rien. On intègre ses concurrents.
Attention, tout de même, quand on se rappelle les risques de piratage de ces systèmes annexes, cela devra s'accommoder pour ne pas les ramasser au passage les puces des autres.
Google, réveille-toi. Cool. Il y a encore des hommes qui se cachent derrière la toile. Reste curieux de tout.
Le hasard fait parfois aussi bien les choses. L'émission de "Tout s'explique", de la semaine dernière, arrivait avec la même conclusion. L'observation, le goût du risque allait mener Jenner à l'invention du vaccin, de la variolisation et de l'inoculation.
Le point commun entre le post-it, le velcro, la pénicilline, le laser, le popsicle ou la télévision, ce sont des "inventions avec le fruit du hasard" (les auteurs étant respectivement, Spencer Silver, Georges de Mestral, Alexandre Fleming, Alfred Kastler, Frank Epperson, Philo Farnworth). Pour couronner le tout, il y a aussi les fausses manipulations à la base, suivies d'un éclair de génie, de l'oeuf de Colomb, qui surgissent comme cela l'a été pour le frisbee (W.F.Morrison), le stéthoscope (René Laennec) ou les Bêtises de Cambrai (Despinoy).
C'est dire que le savoir, sous forme de données, n'est pas tout. Il faut l'extrapoler, le tester et pouvoir lire entre les lignes d'une constatation ou d'un rapport. Assimiler plutôt qu'étudier en aveugle sans brûler les étapes.
Rendre les besoins synchro avec les désirs de développements. Le marché évolue de plus en plus vite, d'accord, mais inventer est souvent une partie d'échec dans laquelle les pièces se mettraient à bouger, qui sans interventions, aboutissent à l'inertie des joueurs.
Le grand secret marketing de Apple, l'autre géant, serait-il comme le dit cet article: "Nous ne dépensons aucun dollar sur la publicité".
Apple s'émancipe de Google en tuant YouTube sur son iPhone qui tournera en iOS6, sans dire par quoi il serait remplacé.
Aujourd'hui, dans une jungle d'informations, il faut investir, publier pour exister et pour faire parler la Science, parfois, à perte, avant de décrocher un brevet, bien avant que la preuve de son adéquation ne devienne incontestable.
Parfois, il faut aussi se séparer de ses collaborateurs.
Aux dernières nouvelles, 4000 emplois à la trappe, dont deux tiers en dehors des Etats-Unis, chez Motorola, firme rachetée, il y a juste un an, par Google.
Happy birthday, Motorola...
Bizarre de lire, le même jour, l'annonce qui dit que Google continue de payer ses salariés pendant 10 ans après leur décès encore faut-il entrer dans la firme et y rester salarié.
On se bat par tous les moyens pour éliminer la concurrence.
Il y a cinquante ans, personne n'aurait parlé de Science avec cette déviance. Prise par le temps, elle veut garder son sérieux, une responsabilité qu'elle ne semble plus devoir assumer dans l'à peu près et s'étonne ensuite que la jeunesse s'en écarte.
Certains parlent de Science, avec un nouveau mot le "scientisme", à cause du fait qu'elle prend des allures commerciales, tout en faussement, s'opposer aux religions et en devenant une nouvelle.
La Science, le savoir aiment que l'on parle d'eux, voyez-vous et le faire avec le maximum de noms en communs, pas toujours compréhensibles ou seulement par les initiés.
"Le prix que vous allez payer? Il dépend de vos données de navigation".
Alors, si, en 2015, vous commandez une pizza, ne vous étonnez pas que cela devienne ceci, je vous aurai prévenu.
L'enfoiré,
Thema de ARTE sur Le livre selon Google
Les droits d'auteurs en jeu. La question du domaine public arrive même dans l'esprit de le rendre payant.
Citations:
- « Le gain de la recherche, c’est la recherche elle-même. », Saint Grégoire de Nysse
- « Si Google ne trouve pas la réponse à une question, c'est que la question est mal posée», Anonyme
- « Qui recherche la lune, ne voit pas les étoiles. », Proverbe français
- « L'écran remplace l'immersion par le picorage, l'exprience spirituelle par la quête utilitaire », Régis Debray
- « Pour que Microsoft gagne des parts de marché, il faut que les autres en perdent", Anan Srinivasan
08:55 Publié dans Actualité, Amérique, Monde des affaires, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Web | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
06/08/2012
Troublé par la personnalité?
Dans l'article précédent, je parlais de "psychopathes" avec un peu d'humour. Un documentaire sur ARTE et toujours accessible (1ère partie et 2ème partie) allait plus loin et présentait un certain Sam Vaknin qui disait de lui "Je suis un psychopathe". Un documentaire nous apprenait qu'il y a 1 % de la population, si l'on en croit certains experts tels que le neurobiologiste allemand Niels Birbaumer. Celui-ci estime que l'on n'étudie pas assez les ravages causés par ces patients qui s'ignorent. Le professeur Robert D. Hare doute que quiconque ayant des capacités normales de ressentir et d'agir puisse se protéger entièrement du pouvoir subtilement destructeur des psychopathes. Un psychopathe est antinomique à l'empathique.

Sam voulait se définir en tant que psychopathe. Un véritable feuilleton analysé par un cinéaste commençait, se poursuivait chez les médecins pour être sûr en passant par le psychologique et le neurologique.
En voici la liste des différents points dont il ressentait dans sa personnalité:
- il s'affiche comme narcissique destructeur
- il se dit intelligent, surdoué avec un QI de 180
- il se reconnaît comme sincère
- il est mégalomane
- il est contradictoire
- il est imprévisible
- il est homophobe
- il est sans scrupules
- il n'est pas sentimental
- il est sans gêne sans remords
- il dénie la réalité de l'autre.
- il est charmeur en restant non influençable
- il est menteur porté par le seul but personnel
- il a un ego surdimensionné
- il est manipulateur pour suivre son instinct
- il est un créatif
- il jouit d'une excellente mémoire
- il est capable de détruire la vie de quelqu'un autant que la sienne sans pouvoir s'en empêcher
- il manifeste une violence verbale mais jamais physique
- il peut être drôle surtout quand il en tire avantage de sa drôlerie
- il cherche un avantage social en tout
- il est harceleur par l'intermédiaire d'un poison lent
- il rassemble échecs et réussites sans s'émouvoir pour autant. L'argent n'est qu'un outil, comme les autres pour arriver à ses fins
- il n'a pas de vie affective stable
- il donne une image cachée de lui-même avec une fausse modestie
- il ne respecte que ses propres règles
- il aime les personnages importants pour s'élever avec eux
- il n'aime pas être contredit
- il a la simulation comme étendard
- il reconnaît ne pas être facile à vivre
- il aime les musculations mentales comme un tordu
- il insulte en permanence mais hors caméra
- il est tortionnaire volontaire ou involontaire
- il a parfois des pulsions morbides tout en se disant qu'il ne peut faire autrement
- il ne se sent pas comme unique, mais qui fait des choses uniques
- il alterne l'hypotension et l'hypertension pour augmenter le stress de sa victime
- il a souvent une double vie, mais pas nécessairement sexuelle. Plutôt une attitude schizophrénique
- il regrette les talents qu'il n'a pas pu utiliser dans sa vie
- il aime tester et programmer les autres
- il fait semblant de vouloir être corrigé
- il sait que ses victimes font preuve d'empathie nées par la peur
- il a des émotions "froides" qui ne le contractebt pas après avoir eu une douleur (insula plat)
- pour lui "aimer" n'est qu'une assurance loin de l'amour qu'il ressent comme fondée sur la pitié
- il ne connaît pas d'ange gardien pour lui rappeler d'une quelconque morale
- il se sent parfaitement adapté dans son environnement du chacun pour soi en s'intégrant dans les comportements dit "normaux"
- il se sait intéressant pour tout dirigeant d'entreprise
- il représente le prédateur social type
- il a des affinités avec un dictateur
- il est performant quand il parvient à faire faire ce qu'il pense à d'autres mais sans en prendre la responsabilité
- il est considéré comme antipathique par son entourage tout en restant intéressant si pas attachant
- il manque de (fou) rires, de sourires vrais
Coïncidence de l'actualité, la Belgique vient de perdre son opposé complet en la personne de Michel Daerden. Un homme politique que la population appelait "Papa", dans sa ville et sa commune d'Ans avec l'empathie comme pouvoir sur les gens. Je l'avais décrit en 2006 comme "Notre Gainsbarde à nous". Homme de foire par son côté pitre, mais avec un QI qu'il n'a jamais essayé à connaître et qui pourtant atteignait un point du même ordre. Lui ne se proposait pas pour écrire un livre sur la Daerdenmania. On le lui demandait.
Caricatural tout cela? Deux énigmes de la personnalité? Deux extrêmes. Rares sont ceux qui comme Sam Vaknin tentent d'aller au fond d'eux-mêmes pour essayer d'analyser leurs pulsions et s'y reconnaître ou non. Il en vit des droits d'auteur de ses livres. C'est donc son fond de commerce, mais personne ne lui a demandé d'aller aussi loin dans sa recherche surtout avec son épouse, son antithèse, son égérie. Coupable repenti? Pas vraiment.
Intéressant de comparer les deux manières d'appréhender la vie.
Le cinéaste disait de Sam à la fin du reportage qu'il ne désirait plus jamais le voir dans le futur. Preuve de l'échec de son opération.
Un des points positifs de Sam, c'est qu'il ne joue pas à la violence physique comme ceux qui ne pourraient assumer leurs différences qu'en montrant leur force physique.
Décrit sur Wikipedia. C'est alors, que m'est venue l'idée d'aller sur Facebook et de le retrouver là. Là, où on trouve, peut-être, des murs mais, en principe, des amis. On l'y retrouve, en effet, comme sur tous les autres forums sociaux. Total: 1523 amis. (Michel en a 404) Étonnant. Avons-nous affaire à des amis mazochistes dans le cas de Sam? Sont-ils dans les 1% de psychopathes de la population?
Je crois que ce serait mal comprendre le problème. "On a tous quelque chose en nous de Tennessee", chantait Hallyday.
La complexité du cerveau reste entière. On ne connaît presque rien de lui. Ceux qui sont opposés à Sam, ne sont pas sauvés pour autant, même pas par le gong... Ceux qui aimaient Michel se retrouveront orphelins. Ceux qui détestent Sam, peut-être plus heureux.
Aucun test psychologique ne détermine de manière précise et définitive, sa manière d'être, mais il donne quelques indices.
Alors, si on jouait à s'évaluer soi-même ou par l'intermédiaire de son conjoint? Cochez les phrases qui vous (ou, si vous êtes le conjoint, qui le) concerne. Puis additionnez. Cela peut être amusant ou révélateur.
Combien de points obtenez-vous? Attention! Avoir zéro, n'est pas nécessairement normal, tout comme le maximum, d'ailleurs....
Que veut dire la "normalité"? Existe-t-elle vraiment? Ce serait donner un autre cliché ou une caricature que de la définir.
L'enfer est pavé de tellement bonnes intentions.
Si vous voulez en apprendre plus, en connaître les raisons, c'est peut-être par la Science.
Quant à Kroll qui a tellement caricaturé Michel Daerden, il en parle.
L'enfoiré,
Citations:
- « Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie, la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie. », Michel Foucault
- « Ne fais pas de psychologie dans la colère, tu verrais trop juste. », Jean Rostand
- « La psychologie, c'est l'art de faire croire aux autres que nous les comprenons. », Benoît Gagnon
- « Pour changer d'altitude, il faut lâcher du lest et explorer pour aller au-delà des évidences", Bertand Picard
08:15 Publié dans Actualité, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
26/07/2012
Anatomie des photos de vacances
Ce weekend, les juilletistes vont aller à la rencontre des aoûtiens. Pour les premiers, c'est le moment de revoir et de penser à classer les photos de vacances. Travail qui consiste à supprimer les ratés, les bougées, les floues, les mal exposés... et j'en passe. Puis de les classer.
N'ayez crainte, je ne vais pas vous faire un cours de photos, même si j'avais appris tout sur la photo et son traitement avant de pouvoir écrire. Un survol suffira. En rire et en faire quelques démonstrations par l'absurde, avec humour, plutôt.
Alors, commençons dans le vif du sujet, sur le terrain des opérations en vacances.
- Tu vois, chérie, comme la campagne est belle, comme cette ville a un côté rustique, magique même.
-Tu as raison. C'est merveilleux. J'ai presque envie d'habiter par ici. Sors ton appareil et fais nous des photos souvenirs. On ne sait jamais.
Le "chéri" va obéir avec plaisir. Il va sortir le bel appareil de son sac. Il est neuf, acheté juste avant les vacances et va mettre tout ces belles images dans la boîte prévue pour.
-Chérie, te rappelles-tu la fonction du bouton à gauche de l'objectif?
-T'occupe pas. Mets tout en automatique. C'est la molette sur le haut. Tous ces gadgets, c'est pour les pros. Il s'agit de montrer aux amis, une fois de retour chez nous, les paysages, pas de passer une heure dans le bouquin.
Le "chéri" obtempère mais il reste sur sa faim. Il se demande pourquoi, ils ont tellement poussé, ensemble, à choisir ces gadgets lors de l'achat de l'appareil.
Le coeur doit avoir ses raisons que le raison ne connaît pas mais il y a de ces subtilités qui resteront parfois suspectes.
Supposons, l'arrivée à Pise.
Photogénique, Madame, devant la Tour de Pise, tente de redresser la tour du bout des doigts. Classique ou unique, on ne sait plus très bien. Et clic, une photo pour la postérité. On verra bien l'effet dans le petit truc rectangulaire de l'appareil ou alors, au retour, dans le grand éc



























































































































































































