15/11/2012
Il y a de l'eau ferrugineuse dans le gaz
L'énergie, la phobie à la crème pâtissière! Le pétrole le sujet de conversation préféré avec l'embout du tuyau de la pompe en main et qui donne de l'urticaire au portefeuille! Le monstre du Loch Ness, par excellence.
Pour remettre les pendules à l'heure, le 11 janvier dernier, la RTBF avait remis le couvert sur la table avec l'interview de Pierre Terzian, qui était interrogé au sujet du pétrole.
Il disait que la barrière des 100 euros pour le plein d'essence, n'était pas loin. Près de deux euros, le litre de super. Aujourd'hui, on apprenait qu'il remontait à 86,35$ tandis que le plan Marshal wallon avait du plomb dans l'aile.
Un véritable yo-yo, ce prix du pétrole.
En janvier, Terzian disait en substance (c'est le cas de le dire...): "Oui, il y a un pic de production. Oui, il pourrait y avoir une grave pénurie en 2015. La consommation et la production sont comme le chat qui suit la souris, qui la rattrape à un point qui ressemble à l'infini. Tout dépend des moyens que le chat y met pour la rattraper. Pour se bouger les puces, le consommateur sera souvent obliger de mettre la main à la poche, mais, pas de panique car il y a de la réserve en attendant l'avant-garde et la garde qu'apporte l'économie verte".
L'étendue des désaccords entre les pros et les contres du pétrole, il y a longtemps déjà, je les avais déjà mis en avant dans "La face cachée du pétrole", "La réponse de la bergère au berger".
Sans énergie, rien n'est permis. Cependant, il faut se rappeler que la meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas et que l'on épargne pour des moments où elle devient indispensable.
Le guépart ne court pas longtemps à sa vitesse maxi derrière l'impala alors que celui-ci n'a aucune envie de lui laisser ses entrailles en chemin en lui en fait voir des vertes et des pas mûres.
Le problème chez l'homme, c'est qu'il y a la question "prix à payer" qui est venue s'ajouter. La monnaie d'échange...
En consommateur avisé, il penserait à diminuer sa consommation dans son habitation contre les intempéries, à ne pas avoir à se déplacer pour gagner sa "croûte". Le malheur, c'est que celui qui en a le plus besoin de cette "croûte", qu'on appelle le "pauvre", il ne peut concéder à cette envie de changer ses habitudes de consommation pour se protéger de ses pertes d'énergie pour protéger son logis ou diminuer ses déplacements.
Le 8 juillet dernier, rebelote, "La fin du pétrole" de "Vu du ciel" ressortait sur France3. Rêves et cauchemars de la modernité qui se retrouvaient à la croisée des chemins dans ses choix énergétiques.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole sur un graphique clair. Bien sûr, il y a les graphiques qui expliquent tout.
Alors, pour dire du pétrole qu'il est le plan des de fin de la partie des globalistes comme outil de la création du chaos qui verra l'avénement du Nouvel Ordre Mondial, il faudrait faire quelques bons pas de côté pour l'extrapoler sur l'avenir.
Les solutions de remplacement existent mais elles butent sur de nouveaux problèmes techniques souvent en relation avec la pollution que la production ou l'utilisation entraînent avec, pour la fine bouche, la politique qui hésite au milieu du gué.
Car la résurgence des crises successives se présente et aucune classe d'actifs, n'y résiste ad vitam.
Dans le passé, le pétrole a évité des déforestations encore plus drastiques comme il était dit dans l'émission "Vu du ciel".
Le problème est que notre consommation quotidienne est devenue une gabegie pour répondre aux buts à atteindre et rien ne présage à ce qu'ellle diminue dans le futur avec les pays émergent qui veulent, à leur tour, leur part du gâteau avec en plus la cerise à son sommet.
Le pétrole pue, c'est évident. Mais il a des avantages et des inconvénients. Il ne sert d'ailleurs pas uniquement d'énergie.
Le plastique dont il est issu, existe dans tout ce qui nous entoure. Il fournit les matériaux isolants, emballages, pièces de voitures, d'avions pour ne fut-ce qu'en réduire le poids.
La Belgique détient le pompon de la production de plastique avec 595 kg par habitant en 2010 (NL:332 kg, D:2,7 kg, F:126 kg), avec Recticel, Deckeuning, Solvay, NMC.
Puis, il y a toujours, quand on consomme, une respiration qui naît par la seule réaction de la spéculation.
Il faut interdire la spéculation pure sur le pétrole. Extraits: "La forte hausse des prix du pétrole que l’on observait, résulte de facteurs hors de notre contrôle, comme la croissance de la Chine et de l’Inde, qui contribuent fortement à la hausse de la demande mondiale en pétrole. Mais elle provient également de facteurs sur lesquels il est possible d’agir, et en particulier la spéculation sur le pétrole, estime Joseph P. Kennedy II, qui préside Citizens Energy Corporation, une ONG qui vient en aide aux pauvres aux États Unis et dans le monde, dans le New York Times.
En 2009, les marchés à terme négociaient plus d’un milliard de barils de pétrole par jour. Comme le monde entier ne produit que 85 millions de barils réels, cela signifie que plus de 90% des contrats portant sur le pétrole sont spéculatifs. Du fait de cette spéculation, on constate une déconnexion totale entre les coûts d’extraction, qui se montent à 11 dollars par baril en moyenne dans le monde, et le cours du baril, qui frôle les 100 dollars. Selon Rex Tillerson, la spéculation pure représente 40% de ce montant, ce qui a été confirmé par un rapport récent de la Federal Reserve Bank de St. Louis. Les accises et les taxes pour soutenir les États font le reste avant d'atteindre les consommateurs finaux. Pour certains économistes, la spéculation est bénéfique, parce qu’elle permet de mieux répartir les risques pour les opérateurs du secteur de l’exploitation pétrolière si ce n'était pas la plus grosse partie de cette spéculation qui provient des Hedge Funds, dont l’intérêt est de faire monter les cours pour augmenter leurs profits. Le pétrole est une ressource stratégique, omniprésente. Lorsque les cours du pétrole se mettent à monter, c’est toute la chaîne des prix de l’économie qui se met à grimper derrière lui. En 2008, le Congrès américain avait fait passer une loi pour imposer plus de transparence pour limiter la spéculation pure à 25%. Pour que les fondamentaux de la vie, la nourriture, le logement, la santé, l’éducation subsistent, il faut que l’énergie reste abordable pour tous".
On apprennait, alors, pour un tour que l'essence et le diesel partent à la baisse jusqu'au round suivant où elle sera à la hausse.
Aux dernières nouvelles, les États-Unis se sont remis à pomper les dernières réserves de pétrole au Texas. La volonté est de ne plus en importer, d'être auto-suffisant sans trop se préoccuper des écolos qui crient aux scandales face aux nouvelles méthodes utilisées pour pomper le pétrole et le gaz non-conventionnel.
Le pétrole abiotique, une autre théorie?
En période de crises, on parle de relances, de réindustrialisation comme Obama voudrait le faire pendant son deuxième mandat. Cela nécessitera beaucoup d'énergie.
Ce que disait Pierre Terzian, en début d'année, tient toujours.
On peut presque tout faire, à condition d'avoir les moyens suffisants pour y arriver aussi bien chez les producteurs que chez les consommateurs qui devront l'assumer. Ce sont ces derniers qui imposent, en définitive, la ligne de conduite, en fonction de ce qu'ils sont prêts à sacrifier et les premiers qui répondront à la demande. Encore une histoire de poule et d'oeuf, en quelques sortes.
Les solutions existent et étaient révélées dans "La fin du pétrole".
Puis, il y a les surprises. Le S&V de juillet enfonçait le bouchon et "osait écrire" qu'il y a plein de pétrole en France! Un fabuleux gisement même sous le bassin de Paris. Le pétrole de roche mère ou pétrole de schiste digne du Moyen-Orient ! Entre 20 et 65 milliards de barils de brut qui représente 30 années de consommation nationale mais dont deux milliards étaient réellement exploitables. Les griefs sont nombreux: consommation énorme d'eau, contamination des nappes phréatiques potentielle, quadrillages des plates-formes dans le paysage...
En cette période de relance de l'économie, le pétrole sous toutes ses formes va encore vouloir giglé de partout.
Consommer ou mourir est presque les seules alternatives. L'antagonisme entre le rejet ou l'attentisme de la France et le pragmatisme des États-Unis resurgit de plus belle. La Belgique n'aurait pas beaucoup de gaz de schiste dans son sol, mais des réserves de biomasses, d'après le géologue Alain Préat.
La recherche continue pour diminuer le problème écologique et l'utilisation de l'eau. La fragmentation via un arc électrique qui réduirait son utilisation et les fissures, l'injonction de CO2, de l'air comprimé ou d'hélium.
Dans un marché baisser, c'est toujours la complaisance qui prime. Pour éviter des pertes superflues, il faut forcer à penser aux choses à ce qu'on ne pense pas de prime abord comme le remarquait une économiste: "Qu'est-ce que les gens ont tous oublié ? A propos de quoi sont-ils devenus complaisants ? Complaisant, il l'ont été concernant la guerre qui fait rage au Moyen-Orient entre l'Arabie Saoudite et l'Iran qui empire de jour en jour. Pas une guerre civile en Syrie décrite comme une guerre entre l'Iran et l'Arabie Saoudite. Une répétition du scénario qui se déroule dans la région depuis le début du Printemps arabe. Les régimes autoritaires (autrefois soutenus par les alliés américains et européens) ont disparu. Ils ont laissé un vide gouvernemental que se disputent les Sunnites, les Chiites et d'autres groupes. Il y a cinq ans, tout signe d'insurrection civile dans le monde arabe suffisait à faire grimper le prix du pétrole. La prime “géopolitique” du pétrole a largement contribué à sa hausse vertigineuse vers 145$ en 2008. Ensuite la combinaison de la crise financière et la dégringolade de la croissance et les prix du pétrole se sont mis en chute libre avant de se remettre à grimper. Le prix spot du Brent a grimpé dans la foulée seulement par suite d'effets géopolitiques et d'une guerre par procuration. L'Iran, l'Arabie Saoudite et la Turquie tentent de tirer leur épingle du jeu. Obama, pendant son deuxième mandat, devra s'y atteler et garder son attention vers l'Asie et le Moyen-Orient puisque la guerre contre l'Iran considérée comme calmée. Les traders, quant à eux, se réservent toujours l'autre alternative de ce qui arriverait au prix du pétrole, si l'Iran fermait le détroit d'Ormuz, toujours obsédés par la politique monétaire et les déficits budgétaires. 
Une guerre ouverte avec l'Iran? Non. D'abord, le sabotage industriel par le biais de logiciels comme Stuxnet et Flame est beaucoup plus simple. Le deuxième objectif, calmer les alliés dans la région.
Puis, comme une sorte de miracle, remarquer que la combinaison des forages horizontaux et de la fracturation hydraulique a déverrouillé de gigantesques réserves d'énergie auxquelles les États-Unis ne pouvaient pas accéder auparavant.
Cette technique consiste à pulvériser de l'eau à très haute pression dans la roche à 2500 mètres de profondeur mais, elle pose problème à de nombreuses associations environnementales. Le gaz de schiste bitumineux, le pétrole offshore sont là pour rendre le Moyen-Orient moins important, moins dépendant économiquement et géopolitiquement.
Le Qatar, le plus grand exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) reste un important aiguillon pour l'exploration énergétique et la production non-conventionnelle partout dans le reste du monde. De l'offshore d'Afrique de l'Est au Cooper Basin, la technologie des champs pétroliers a libéré le monde de la dépendance pétrolière au Moyen-Orient.
Le mot d'ordre est de renforcer la tendance de trouver et produire sa propre énergie ou une énergie provenant de régions qui ne sont pas au beau milieu d'une guerre de religion majeure.".
"Connexions" reposait la question des énergies non-conventionnelles à la population belge. La Belgique, jusqu'ici, s'approvisionne en électricité à l'étranger à raison de 30% de sa consommation.
Le problème des fissures dans les centrales nucléaires a réveillé les craintes de pouvoir s'approvisionner en énergie pour les grands froids de l'hiver. Le gouvernement français ne veut pas entendre parler d'extraction des gaz de schiste sur son sol alors que les États-Unis, toujours pragmatiques, se sont lancés à fond dans cette bataille.
Le recours aux gaz de schiste pourrait augmenter le PIB américain annuel de l'ordre de 0,2%. Un atout appréciable mais pas nécessairement une révolution et qui sait, peut-être, une autre forme de "kick the can down the road".
Et puis quand y a plus, on peut toujours en fabriquer. Les micro-algues n'attendent qu'une exploitation.
Le livre de Yves Cochet "Pétrole apocalypse" rappelait que les énergies fossiles étaient déclinantes.
Mardi dernier, c'était lui l'invité de la Première pour en parler.
Pour lui, son crédo, c'est revenir à l'énergie verte, au durable, à la récupération, au recyclage et oublier les énergie fossile comme le charbon.
Une heure de soleil fournit l'électricité pour toute la planète pour un an. Il envoie 7500 fois plus d'énergie que l'humanité en consomme mais ce sont les plantes qui en profitent le plus avec la photosynthèse. Tout à fait.
Les énergies renouvelables deviennent de plus en plus importantes. C'est évident.
Le "Science et Vie" de juin 2011 titrait "Un succès sous condition" en parlant des deux voies: panneaux photovoltaïques et centrales à miroirs.
Former 500 réacteurs nucléaires et des milliers de centrales au charbon ou à gaz alors que le coût du solaire est à multiplier par quatre, c'est une place difficile à trouver au soleil entre centraliser ou autonomiser. C'est aussi un besoin d'inventer la batterie efficace qui récupère et stabilise l'électricité bien plus longtemps qu'aujourd'hui.
A la mer Rouge, le soleil produit 300 W par m2 et par an, tandis qu'à Londres, cela descend à 105 W/m2/an. Toujours une question de rendement.
Dans le désert du Sahara, il faut aussi prévoir le nettoyage des capteurs pour contrer les vents de sables. Comme rien n'est à proximité, ce serait aussi passer au courant continu de un million de Volt pour contrer le problème de perte suite à l'effet de Joule du courant alternatif.
Quant au vent, là, tout dépend du souffle. Que l'on jette un coup d'oeil vers le Danemark, là, où on les installe en mer, ces belles éoliennes. La marée motrice avec les marées de La Rance, ce serait con de ne pas aller lui prendre ce qu'elle a dans le ventre.
L'Islande, sur ses volcans, avec la géothermie, est certainement avantagée.
En résumé, tout n'est pas exploitable et rentable, ni propice partout.
Le solaire spatial avec satellites et lasers à infrarouge, cela marche, ce serait une bonne solution quand il n'y a pas de nuages à traverser pour arriver sur Terre.
Avoir tort d'avoir raison trop tôt, c'est peut-être le risque des décideurs. Changer de mode de vie dans un sens ou dans l'autre, demande d'énormes investissements et un retour sur investissement pour réinvestir à nouveau dans un cycle sans fin.
L'obsolescence des matériels doit être comptabilisée avec la rentabilité. L'amortissement fait partie du prix.
Sans les subsides des États, les citoyens prendront les moyens les moins chers pour s'énergiser ou pour s'en prémunir. Beaucoup de sociétés de capteurs solaires locales se sont plantées, attaquées par la concurrence des prix bas chinois.
Les nanotechnologies, aimées ou non, vont devoir révolutionner les idées reçus en multipliant la rentabilité par un facteur important.
La fusion nucléaire, le fameux "Soleil sur Terre" a coûté et coûtera encore des sommes considérables. Ok. C'est pour dans un futur de 50 ans. Encore d'accord. Quand on y arrivera le problème de l'énergie n'en sera peut-être plus vraiment un.
Les gens n'ont jamais aimé avoir raison tout seuls.
Celui qui gagnera deviendra demain le maître à danser de la planète.
Ce sera celui qui aura les idées larges qui aura testé avant les autres, avec des vues opportunistes souvent plus hybrides qu'on le croit. Être hybride par opportunisme, c'est quelque part comme fait la Science qui n'est jamais contente de ce qui est à sa disposition et continue à chercher toujours autre chose de meilleur, de plus efficace, parfois à fonds perdus.
Yves Cochet rappelait, mardi encore, la phrase de Woody Allen, "il est toujours difficile de faire des prévisions, surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir".
Quant au passé, imaginons ce qui se serait passé, s'il y avait eu un parti des écologistes, il y a un peu plus de 150 ans. La voiture, les voyages, n'existeraient pas aujourd'hui. Le pétrole a été exploité en 1857 en Roumanie et en 1859 aux États-Unis, dans l'État de Pennsylvanie. Cinquante ans plus tard, il y était devenu une matière première stratégique.
L'Atlas des utopies (Le Monde) a un chapitre qui imaginait un futur à 100% de renouvelable. Capter l'énergie au plus proche de la source solaire ou récupérer les orages. Une discussion intéressante et un graphique qui montrait les pays scandinaves parmi les candidats les plus vraissemblables. La Suède étant dans le top de tête actuellement.
Aujourd'hui, le pétrole dit non-conventionnel est une sorte de retour aux sources.
Le secteur de l'énergie verte va rapidement perdre de l'argent.
Cinq "contre-révolutions" le prouvent et disent que:
1. Les États peuvent, à présent, revendiquer les réserves d'energies fossiles jusqu'à 200 milles marins des côtes.
2. La découverte de "nouveaux" champs pétrolifères conventionnels.
3. La découverte de "nouveaux" champs gaziers conventionnels.
4. L'essor du gaz de schiste (selon Furfari, il s'agit plutôt de "gaz de marnes" ou " de pélites").
5. L'essor du pétrole de schiste.
Suivre les réflexes chinois qui n'acceptent aucune ingérence dans leur politique. Nous ne seront pas loin de ce qu'il faut faire.
Cette histoire de gaz de pétrole m'en a rappelé une autre: celle de Bourvil qui avait un sketch toujours en noir et blanc qui disait "J'arrête de boire".
Lui, au moins, il devait avoir tout compris.
L'enfoiré,
Citations:
- « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro
- « En terme de préhistoire, on parle de l'âge de pierre, de l'âge du fer, de l'âge du bronze. En survolant toute l'histoire de l'humanité, ne devrait-on pas parler de l'âge du bois, du charbon, du pétrole ou de l'atome ? », Roger Molinier
- « Mon grand-père allait en chameau. Mon père, en voiture. Moi, en jet privé. Demain, mon fils reprendra probablement le chameau », le cheikh arabe qui concluait le documentaire "Fin du pétrole".
09:35 Publié dans Actualité, Amérique, Economie, Europe, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
07/11/2012
The best is yet to come
"Four more years for Obama, the 44th président of Unided States of America". L'écart n'avait jamais été aussi faible entre le challenger, Mitt Romney et Barack Obama. Pour certains, les jeux étaient déjà faits. Duel idéologique, mais aussi religieux. Le candidat challenger à la présidence des USA, était devenu la coqueluche des Mormons. Pourtant, cette religion était moins intéressée à la politique qu'aux affaires.
"What we think, or what we know, or what we believe is, in the end, of little consequence. The only consequence is what we do.". Des paroles de John Ruskin. On ne peut plus vrai.
En dehors des USA, difficile de comprendre les élections présidentielles américaines et les Américains eux-mêmes. Le processus électoral en indirect avec les Grands Électeurs de chaque État qui ne fait pas remporter l'élection à la majorité tous les votes de la population. Ce qui mène, comme en 2000, GW Bush contre Al Gore alors que en direct ce dernier aurait gagné.
Les "Swing States" comme l'Ohio qui a toujours plébiscité le vainqueur, l'ont fait une nouvelle fois.
Les États-Unis se disent laïcs, pourtant il est quasiment impossible d'être élu sans faire preuve d'une religiosité ostentatoire comme preuve de moralité. Un non-croyant, un athée, n'a aucune chance. Instrumentaliser sa foi est un "must". La religiosité décomplexée d'Obama ne l'a pas empêché de prêter serment la main sur la Bible. La devise des Pères fondateurs "E pluribus unum" avait été abandonné pour "In God we trust". Le président est devenu une sorte de pasteur en chef de la nation.
La liste des religions qui tournent autour du Christ est longue: "Religion civile", "Born again", "Baptiste", "Evangélique", "Pentecotiste"... Ces élections de 2012 sont les premières à ne pas être WASP (White, Anglo-Saxonne, Protestante). Jerry Falwell a été le fondateur de Moral Majority, comme baptiste télévangéliste. Les médias, la télé et Internet sont les outils de base de la propagande. Noam Chomsky ne fait que le constater et de le contester. Le pasteur Terry Jones en a fait une croisade personnelle contre l'Islam en diabolisant Obama.
L'agressivité dans les débats surtout du côté républicain se retrouvait sur les réseaux sociaux. Une campagne qui durait depuis plus d'un an, arriva à tel point que plusieurs Américains en avaient marre de ne plus entendre que ces deux noms qui s'infiltraient dans tous les médias presque comme des intrus. Rien n'a été épargné pour driller leurs idoles. L'addition de la campagne est la plus salée de l'histoire avec ses six milliards de dollars. Mitt Romney disait qu'il arrêterait la politique s'il n'est pas élu. Ce serait des émeutes si Romney était élu. Rien n'a été épargné aux électeurs américains.
Le Tea Party avait pris l'opposition avec, en plus, le mauvais goût. Le racisme a repris du poil de la bête. Plus de la moitié des Américains reste racistes. La coalition ne pouvait plus fonctionner. Deux philosophies incompatibles, deux églises antagonistes, deux visages du même dieu, une situation qui ne pouvait que se terminer dans un bain d'incompréhensions.
Dans le ring, il y avait "l'ancien", le protestant, Obama, de l'Eglise Unie du Christ et le challenger, Mitt Romney, de l'Eglise des Saints des Derniers Jours (le LDS).
Ce fut une attente jusqu'aux derniers jours, jusqu'à la dernière minute en quelques sortes...
Le sénateur, Mitt Romney, de 2002 n'avait plus rien à voir avec celui du challenger président, de 2012. Une girouette, un caméléon non idéologue, comme on le disait. Ancien sénateur du Massachusetts, il avait complètement laissé tomber ses électeurs démocrates de cette époque révolue en tant que sénateur.
Encore une fois de plus, le pragmatisme, pur jus à l'américaine qui ressortait avec Dieu comme leader, comme ressort pour rebondir.
Dieu "America" ne l'a peut-être pas voulu ainsi, même s'il devait avoir tout prévu pour ceux qui mormonent sous les étoiles du drapeau américain. "L'Amérique, présidence pragmatique", écrivais-je en 2008, juste avant les élections d'Obama. C'était encore plus vrai, cette fois.
Sur le plan éthique, l'Église d'Obama se caractérisait par une tradition d'ouverture aux problématiques socio-politiques.
Alors, qui a véritablement gagné avec Obama?
Les Américains les plus pauvres, bien sûr.
L’enthousiasme était trop grand en 2008. Les Américains attendaient un Messie.
Obama avait déçu, c'était évident. Voter par défaut pour Obama? Peut-être.
Au lieu de se lancer dans la bataille avec les votes positifs dès le départ, il a eu du retard à l'allumage, dû à un manque d'expérience et il s'était fait distancer avant de réagir. A mi-mandat, il était déjà dépassé par sa droite au Congrès. "Faux rêves et vraies réalités".
Mais ce n'est pas tout. Le monde aussi. Lui, qui à part Israël aurait voté pour Romney.
Pour finir, la moitié de l'humanité, les femmes. Les revendications féminines de l'éthique "care" (dans le sens "To care about"), la bienveillance envers autrui qui dépassait l'idée de "soins", et qui avait été émises pas Carol Gilligan. Pour les mères, les guerres armées ont pris beaucoup de jeunes hommes américains. Elles ont trop vu leurs fils revenir les pieds devants.
Les questions qu'elle devaient se poser: "Suis-je une femme du passé ou du futur ? Mon corps ne finira-t-il jamais par m'appartenir? Marre que l'on s'occupe de ma sexualité". Ce sont probablement elles qui ont fait la différence entre les deux candidats. La multitude d'enfants comme prèchaient les mormons, il fallait l'assumer financièrement.
Pour l'humour: Les mormons ne veulent plus entendre parler de la polygamie. Bon. Très bien.
Les moitiés des Présidents, les First Ladies, en présence, l'ancienne ou la candidate, sont très différentes.
Vénérer la mère patrie américaine à la suite d'une inspiration divine bien mâle, c'est bien beau pour les derniers jours. Mais en attendant?
Elles voulaient participer à la vie extérieure et porter, de plus en plus, la culotte.
La guerre aux femmes est-elle déclarée? Le sexe dominant de demain pourrait bien être celui de la femme. Les "Desperate housewives" sont passés par là.
Écoutez celle-ci. Elle n'a rien d'une américaine, mais quand il s'agit d'érection, elle en connaît un 'bout'. C'est comme à la pétanque, la femme moderne, si elle pointe, un jour, elle finit toujours par tirer sur ce qui dépasse...
Entre élection et érection, il n'y a qu'une lettre qui change, non?
Les "États-Unis. Le nouveau temps des Mormons".
En 1950, il y avait un million de Mormons dans le monde.
Aujourd'hui, 14 millions dans le monde, 6 millions aux États-Unis avec une forte concentration en Utah sous la supervision du QG à Salt-Lake City. Un Temple Square de 25 étages comme équivalent de la "Basilique Saint Pierre". Pour chanter en choeur dans des concerts célèbres, le Tabernacle. Une salle de conférence qui permet d'accueillir 21.000 invités avec le laisser-passer ad hoc mormon. On ne badine pas en dénigrant l'esprit de famille toujours en "background".
L'Amérique est religieuse sous tellement de formes. Ici, c'est sous la gestion de 139 temples administrés en 30.000 congrégations avec 55.000 missionnaires dans 179 pays. 60% de la population de Salt Lake City est mormone. Il faut le dire qu'un Américain sur trois continue à éprouver quelques doutes. Mais, on mormone, persiste et signe.
A la tête des mormons, un président prophète, laïque, de 85 ans, Thomas Manson, ancien PDG des éditions avec 2 adjoints et ce que l'on peut appeler 12 apôtres parmi lesquels des ingénieurs, des avocats qui seront là pour appuyer le message divin, Père et Mère Céleste de la planète Kolob.
A l'origine, en 1824, Joseph Smith qui reçut la visite de l'ange Moroni qui en 1840, tombait sous l'une des balles d'un dissident après avoir posé sa candidature à la Maison Blanche.
En 1847, Brigham Young, deuxième président, fondait la religion mormone avec le martyr du précédent.
Les mormons ont un lien très privilégié avec l'argent. Le matérialisme n'est pas une tare.
En son sein, un patrimoine secret mais que l'on estime à 20 milliards de dollars.
En juin, Romney est venu pour lever des fonds dans l'hôtel Grand America. En échange, d'un dîner "gourmet" et d'un chèque substantiel, les mormons BCBG ont pu écouter sa bonne parole qui dénonçait l'immoralité de la dette publique américaine qu'Obama n'avait pu résorber en quatre ans. L'économie, on a ça dans le sang chez les mormons.
La fortune de Romney est estimée à 200 millions de dollars.
Comme preuve de ses capacités, il avait sauvé les Jeux Olympiques de 2002 prisonnière de la corruption. Un bilan de 50 millions de dollars de bénéfice suite à son expérience du porte à porte alors que Ann, son épouse, était atteinte de sclérose en plaques. "Efficacity, business, first of all". En 2008, première tentative lors du caucus républicain. 35 millions de dollars n'avaient pas suffi pour contrer le candidat républicains, McCain. En 2012, c'est 186 millions qui ont été mis dans la balance. L'économie n'est pas la championne qui favorise l'emploi, faut-il encore le rappeler.
A la source du nerf de la guerre, des bouquins à vendre comme le "Livre Mormon" dont la première publication remonte 1830 et une dîme prélevée par une contribution de 10% du salaire des membres.
Las Vegas y a quelques fondateurs mormons, ce qui veut dire que le jeu ne soit pas interdit.
Prestige et réussite sont au programme de béatifications avec fierté et une liturgie identitaire combattante avec la Foi en croisade.
Le "paquet bonux", l'avènement et la résurrection du Christ pour bientôt dans une prairie du Missouri ou dans l'Illinois à Nauvoo.
Pas question de boire de l'alcool, du café ou du thé, ni fumer tabac, drogue.
Pas de boogie boogie avant les prières du soir. Abstinence avant mariage. Contre le mariage gay. L'IVG "prohibited". Aborder l'acceptation de l'avortement, mais uniquement dans la cas de l'inceste ou pour épargner la mère.
"Demeure chaste et pur", comme leitmotive. Les parangons de vertu sont prêt à se dépasser dans une compétition de la bienveillance mais, seulement, à certaines conditions.
Avec Romney, on se retrouve dans une religion à l'américaine, sans barbe et sans voiles, BCBG sous tous rapports. Une Amérique conquérante qui ne s'inquiète du reste du monde qu'au niveau économique.
Des étudiants de Brigham Young University limitent leurs loisirs au bowling ou aux bondieuseries sur BYUTV.
Les futurs policemen, les agents de la CIA trouvent des recrues pour mater les opposants à la doctrine. La chaîne d'hôtel Marriott appartient à l'église et le mormon, Kevin Rollins, fut CEO de Dell Computer jusqu'en 2007.
A bord, c'est un fait, on n'aime ni les marginaux, ni les perdants, ni les décadents. Le principal adversaire de Nixon avait été le gouverneur du Michigan, du père de Mitt, George W Romney. Ce dernier avait déjà posé sa candidature à la présidence en 1968, après avoir fait fortune dans l'automobile à Detroit avec la petite Rambler. 
Dire que la Foi mormone déplace les montagnes était naturel pour 70% d'habitants de l'Utah. Pas de dogmatisme mais de l'évangélisme. Dieu a créé la Terre, mais on hésite à dire si c'est une suite à la création ou par l'évolution. Pas question d'être ultra-conservateur. Le mormon est pragmatique et pas conservateur. Et il acceptera votre choix, puisque c'est son intérêt de le faire. La polygamie reste une idéologique seulement historique mais vivace dans le but de multiplier les forces vives du culte. Le divorce est une histoire réglée et entendue. L'exemple de la famille unie. Enfin, unie, entendons-nous, le taux de divorces, de suicides serait même plus élevé dans l'Etat que dans le reste du pays. De 1982 à 1986, Mitt Romney était ordonné évêque dans le Massachusetts pour avoir prouvé sa spiritualité et sa morale avec la mission de ressouder les couples et s'opposer à la monoparentalité, surtout pour les femmes. Le baptême des mormons existe, mais pas avant l'âge de 8 ans. Il faut atteindre l'âge de raison.
En Belgique, il y a 6000 Mormons répartis en 17 paroisses.
Aux derniers jours, ce n'est pas l'apocalypse, ce sera, seulement, une promenade de santé, pendant laquelle on fera du yoga et du sport pour entretenir la forme.
On y chante en choeur. On se protège aussi. L'église veille à la qualité des sujets traités qu'un média pourrait diffuser. Pas question d'ouvrir trop de vannes.
L'Évangile est même transmis aux morts dans le monde des esprits avec le libre arbitre des vivants. Après la mort à titre posthume. La famille s'en chargera. Le culte de la famille ne s'embarrasse pas de ce passage de vie à trépas.
Fou de généalogie au Temple. Des recherches généalogiques sont là pour découvrir les noms et les dates de naissance des ancêtres afin que les ordonnances salvatrices pour toutes les générations se rappellent de toutes les étapes accomplies.
"Mais tout cela va au-dela de la Foi. Pour l'éthique, pour la morale, nous nous referons aussi à des principes qui transcendent la croyance mormone. Nous n'en avons pas le monopole", dit le patron de la cause.
Pas de damnations, non plus. L'époque de la prohibition de l'alcool ne fait plus partie de la modernité et il faut bien décompter les jours avant de rejoindre l'éternité en famille lors des derniers.
Accroître la curiosité autour des croyances de la religion mormone par prosélytisme pour que cela rapporte plus financièrement à l'Eglise, voilà le programme de l'Eglise que Romney se devait d'accomplir.
And now?
"Il était une fois en Amérique" repassait sur nos écrans de télé.
"Born in the USA" rechantait Bruce Springfields sur les ondes radios.
Sandy avait prouvé que "Big Apple", rongée par la mer, reste fragile. Que le tout virtuel des communications pouvait sauter encore plus vite.
Sandy est-elle bénéfique pour l'économie? Une question qui vient à l'esprit américain, peut-être.
En tous cas, New-York sèche efface ses plaies, retrouve petit à petit l'électricité dans sa partie la plus au sud tandis que Broadway a déjà repris ses habitudes de lumières et de trafics. La patinoire sur glace est à nouveau accessible pour le plaisir, pour faire oublier les dégâts.
Wall Street, fermé, sous eaux et ce fut le monde qui devenait attentiste pendant deux jours... une éternité dans le monde du numérique. Les jours précédant les élections, ce fut une prudence de Sioux dans le monde de la Bourse.
Fragilité de l'économie face à la nature? Coup de revers d'une des deux versions d'un même dieu?
Si à 19 ans, Mitt Romney avait été envoyé comme missionnaire mormon en France, s'il y avait appris à connaitre le pays et la langue, par le porte à porte dans un pays de vins, c'était normal que de son séjour, il ne gardait qu'une image d'un pays plus archaïque que révolutionnaire.
Partisan de la guerre du Vietnam comme son père, bien entouré par amour, formé dans une ambiance de richesses, ce ne fut sur le tard que la prestigieuse université de Harvard lui donna son ticket d'entrée dans l'économie et le droit. Comme une sorte de Bernard Tapie à l'américaine, il créa la société "Staples Inc", et fit progresser de 88% par an, "Bain Capital". Créer des emplois nouveaux dans ses entreprises successives, n'était pas sa préoccupation essentielle. Mais, tout cela lui donnait une impression d'être sauveur de l'Amérique avec la béatification de son dieu.
Son but intime était de laver l'affront de l'échec de son père face à Nixon. Rester discret sur l'histoire de sa famille trop liée à la polygamie.
Ron Paul, son co-listier, était à son extrême droite comme représentant du Tea Party.
Obama est considéré dans le reste du monde comme un citoyen du monde, multi-culturel, mi-noir, mi-blanc, comme président des compromis, qui connait les problèmes de New-York pour y avoir vécu comme modérateur à la lisière des deux mondes, riche et pauvre.
La fracture sociale, c'est ce qui déterminera en interne son résultat futur, sa politique extérieure au Moyen-Orient, ensuite, avec une nouvelle période de quatre ans.
Le choix de Romney, c'était une impression d'aller de Charybde en Scylla pour l'Europe. Romney était considéré comme une bombe atomique pour la politique étrangère, une nouvelle édition de Bush avec la Chine comme seul partenaire commercial indispensable, alors que la "vieille Europe", il ne la comprendra jamais.
C'est dans le futur qu'il faudra compter les points et les réalisations en escomptant les "per diems" et, ensuite, "imagine it done" comme on me l'avait susurré comme slogan à une certaine époque.
Le Royaume de Dieu restera toujours impénétrable aux "autres". Le problème, son Royaume ne s'étendait pas à la Terre entière dans l'esprit américain.
Alors, que dire, sinon:
God bless the world.
L'enfoiré,
Le rêve américains vit-il encore?
Un petit souvenir de Chicago de Sinatra.
Qu'offre le statut de Président?
"Amérique: ces étranges républicains".
Mise à jour 28 décembre 2012: Obama n'a plus que 4 jours pour trouver le compromis du mur budgétaire
Citations:
- « C'est la politique qui a créé cette distinction entre secte et religion », Anne Morelli
- « L’argent est la religion du sage. », Euripide
- « Notre gouvernement n'a de sens que s'il repose sur une foi profonde. Peu importe laquelle », Eisenhower
- « Les pauvres ont-ils une 'mentalité' qui explique leur situation? », Charles Murray
09:00 Publié dans Actualité, Amérique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
16/08/2012
Eurek@ Google
Le Science et Vie de juillet avait sa page de garde avec un titre provocateur: "GOOGLE, le nouvel Einstein" et un sous-titre "Et si la science se passait du génie humain?". Mais à qui profite ce nouvel Einstein?
L'avant-propos de ce S&V posait la question: "Peut-on tout demander à son moteur de recherches?"
Avant de répondre, je me poserais les questions suivantes: "qu'est-ce qu'il y a dans le moteur et de quel genre de recherche s'agit-il?".
La réponse du magazine fut: "Si Google existait du temps d'Archimède, la recherche initiée sur la poussée d'Archimède serait simplement mise en parallèle avec une pub sur la balnéothérapie. Archimède, lui, à son époque, aurait répondu avec la loi qu'il aurait inventée en sortant de son bain avec une phrase presque mythique de 'Tout corps plongé dans un fluide subit une poussée verticale dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé'".
La pub, il ne connaissait pas, le "pauvre" Archimède!
L'histoire ne dit rien de ce qui a suivi et de qui a ramassé l'eau du bain public après avoir lancé son Eureka... et, de plus, personne n'en aurait rien su, si la loi n'avait été édictée, écrite avec conviction et passée, ensuite, de bouche à oreille jusqu'à notre époque.
Newton fit une autre découverte fortuite, ressortie par la force de gravité exercée sur une pomme. Un hasard ou une réflexion plus structurée qui conclut que la Terre attire la pomme avec une intensité inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Le carré de la distance demandait déjà plus qu'une déduction.
C'est, peut-être cela, le vrai "miracle" de Google de faire de la pub de l'information. Mais quelle information?
Aujourd'hui, on s'y référence et on se fait connaître via des moteurs de recherches. Attention pas de turbines en vue, tout est sous contrôle, caché derrière des réseaux complexes et des logiciels secrets qui arrivent comme la "septième merveille du monde" sur l'écran des ordinateurs des utilisateurs en moins de temps qu'il faut pour le dire.
Dès lors, au bord de son clavier, ces utilisateurs croient tout savoir, comme maitres du monde de l'information. Ils ne cherchent plus, ils ne déduisent plus beaucoup, ils se racrochent aux sources entre elles, récupérées, uniquement, par l'association de un ou plusieurs mots clés, organisée par un seul fournisseur et sortie du chapeau des millions de réponses.
Informations filtrées, vraies ou fausses, tendancieuses ou informatives, mais malaxées dans un même melting pot. On ne sait pas...
Presque trop merveilleux pour ne pas cacher quelques tares dans le processus. Des algorithmes logiques de Google sont là pour explorer les informations que d'autres ont installées sur le net. Le véritable génie de la science se limiterait, ainsi, dans un "big data" qui connaît tout et qui répond à tout.
Multidisciplinaire, généraliste et expert, ce Google!
L'informaticien chevronné, un peu équilibré, dirait "Shit in, shit out".
Connaitre la discipline, la méthodologie pour collationner ses "billes" en sortie, serait plus que nécessaire. Et là, on tombe dans le secret de fabrication le plus total.
Il fut un temps où il y avait même une équipe de "moteurs de recherches" qui puisait les infos à tous les râteliers disponibles. Preuve que l'on ne faisait pas totalement confiance à un seul fournisseur de moteurs de recherches. Les métamoteurs" allaient piocher chez tous les candidats moteurs de recherces. Petits logiciels gratuits, proposés en interfaces, ils rassemblaient les "grands", les "pros du pot", avec les bonnes intentions de chacun d'entre eux rassemblées.
Gênant pour ces "gros". Il ne fallait pas que d'autres encaissent ce qu'ils avaient construit patiemment, à payer ou à se faire payer par des artifices publicitaires. Ces empêcheurs de tourner en rond ont progressivement disparu ou ne sont plus proposés.
Internet, c'est gratuit et s'est payant en même temps, en arrière plan.
C'est alors que je suis tombé sur un article qui m'a projeté le cul entre deux chaises. Enfin, "deux", c'est une façon de parler. Plutôt entre des continents du savoir.
Les "chaises", elles, étaient bien plus nombreuses. Chercher ce mot "chaise" et vous verrez que vous allez recevoir, en retour, pas moins de 80 millions de résultats. Même si elles peuvent être belles, les chaises, cela fait vraiment beaucoup de pattes que l'on reçoit sous le poids de celui qui s'y repose.
Chronologiquement, j'avais lu l'article qui suit avant d'acheter le S&V. "En publicité, internet absorbe un euro sur cinq en Europe".
Ensuite: "La moitié de la pub en ligne en Europe enrichit les Américains."
Voilà le dessous des cartes...
"Les investissements américains ont augmenté de 14,5% avec 20,9 milliards d'euros en 2011. Google se taille la part du lion, avec Amazon, eBay, Facebook, Flickr. La Belgique, c'est 365 millions de pub avec Google, presque 'only'.", ajoutait-on dans l'article.
Pour expliquer, l'article risquait: "Problème d'économie d'échelle manquante? L'Europe ne serait-elle plus qu'une économie de consommation et pas de production.".
Là, cette question m'obsède. On mange, on ingurgite même, parfois, mais on ne sait plus quoi, comment a été préparée la "pitance" de l'esprit puisqu'on n'a personne au fourneau dans ce resto du coeur. La pitance est produite par tous dans le monde, en toutes les langues, mais avec les bénéfices qui atterrissent toujours chez le même chef étoilé.
Le S&V, une fois acheté, j'ai continué à lire ce qu'il en disait de Google. Là, on y semble même plongé jusqu'au coup dans l'emphase dithyrambique et on se livre sans contestation, du moins au début, dans une déclaration d'amour avec un brin de raisons.
"Des logiciels qui, depuis, quelques années, sont auréolés d'un nombre croissant de découvertes en se parant de vertus scientifiques telles que d'aucuns voient en lui la meilleure chance qu'ait la science de défricher de nouveaux territoires.".
Apparemment, les patates sont cuites pour l'homme. Tout peut marcher sans lui.
Et, on embraie... "Le génie d'Einstein est relayé par des algorithmes qui analysent, triturent des océans de données. Les machines qui font les découvertes, là où les expériences, les théories ou les géniales intuitions semblent ne plus suffire pour aller plus loin".
Quand j'ai écrit "Trop complexe, le monde du numérique?", je ne pensais pas si bien dire. On est là, mais, seulement, pour exécuter un rôle de figuration dans une représentation avec des "jouets", made in USA, qui dirait ironiquement "Tout est dit. Passe ton chemin et ne perd pas le mien à te donner des idées subversives, puisque on te donne toutes les réponses à tes questions".
-Ne fais pas faire la fine bouche, l'enfoiré. Tu fais semblant de ne pas utiliser. Te rends-tu compte du temps que tu gagnes?.
-Oui, cela prenait du temps, avant Google... Oui, cela coûtait beaucoup d'efforts et d'argent, ces recherches, mais, comme cela faisait du bien aux neurones. Aujourd'hui, on a oublié ce que c'était de "chercher". Buvard de l'info, je rassemble les informations comme le ferait Google, mais j'élague au fur et à mesure avec un esprit critique que n'a aucun moteur de recherche.
Google est arrivé comme le ferait Zorro, avec un grand chapeau, un grand lasso, masqué, et il signe son oeuvre d'un grand "G". Pour y arriver, il a sorti la grosse artillerie, à la vitesse de la lumière informatique à partir de 20 pétaoctects de données, traitées chaque jour, ce qui représente 20 fois le volume total des données stockées par la Bibliothèque nationale de France et il se fait le champion des liens entre eux. Il donnerait presque des résultats aux questions sans même qu'on les lui demande, mais simplement après les avoir imaginées comme vraies. De ce magma de données, nous en recevrions la chaleur infuse au travers de serveurs d'un réseau de serveurs dont on n'a pas l'obligation d'en connaître les tenants et les aboutissants.
C'est le pied, mais les pieds de la chaise comme on vient de le voir! On parle, dès lors, en pétas bits (10exp 15) après l'avoir fait le ménage des mégas, des gigas et des téras. Quelle famille, d'"-as" à tout faire!!!
Le patron de Google va plus loin encore. Il parle déjà de 5 octas soit 5000 pétas pour se permettre de manipuler 30 millards de documents chaque mois sur Facebook, 140 millions de messages quotidiens sur Twitter ou 20 millions de SMS échangés par minute.
La NSA passe le mur du "son" et parle de yottas (10 exp 24), soit le contenu de mille milliards de disques durs actuels alors que les pauvres humains parlent toujours de iotas.
Pour quoi faire cette armada? Question à ne pas poser, surtout.
L'info, c'est l'info. Elle informe. On ne va pas commencer à tergiverser, à dénigrer et à faire le malin...
La presse a dû s'accomoder aux nouvelles technologies et trouver un language commun à tel point qu'ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre.
Le rebelle se demande si ce ne serait pas uniquement pour vendre du produit non fini pour faire plaisir au seul marketing.
En fait, nous sommes dans un rêve, dans un déluge d'informations dans lequel on est censé retrouver ses jeunes... On appelle cela travailler dans les nuages, dans le "cloud computing" avec Google qui y ajoute quelques doses "imagées"pour appuyer le texte parfois dépassé.
Regarder les big data au travers du kaléidoscope ou du périscope comme espion.
On se retrouve les pieds sur Terre a un moment inattendu, photographié dans la rue, dans un endroit où on n'avait aucune raison de se trouver et qu'on devra pouvoir expliquer à qui de droit. Là, ce n'est parfois plus du rêve mais du cauchemar.
Dans le monde réel, le miroir du virtuel reste la victoire du virtuel et on arrive à les confondre.
De Wikipedia, je disais "Wiki je t'aime, Wikipédia je t'adore". Une encyclopédie citoyenne, sans laquelle, Google serait un concentrateur de bits avec un moteur qui tournerait en mal d'amour, sans plus. Sur cette plate-forme du know-how, on met à jour en permanence et les citoyens gèrent ce que Google ne fait pas. La "bête" n'est même pas capable de donner la pertinence de ce quelle fournit si ce n'est avec une arrière pensée financière. Mais, parait-il, pour rester le plus près du citoyen, Google va même puiser les mots clés au travers de Facebook et de ses "fidèles citoyens".
Elle le fait avec une granularité sans précédent et une mémoire d'éléphant. On peut y zoomer et y dézoomer. « On ne sait pas ce qu’on y cherche, mais on trouve ce qu’on ne cherche pas », déclarait Anne Roumanoff avec humour.
Il y a l'info, ce qu'on en fait ou parvient à en faire. Il ne faut pas croire que travailler sur Internet avec les outils à disposition réduisent de manière drastique le temps de présence derrière l'écran. Parfois, elle pourrait l'accentuer quand le lecteur joue le jeu de la recherche "imbriquée" en s'écartant du sujet recherché au départ. Le chercheur s'éparpille en cherchant la "petite bête".
Passer de l'échelle microscopique à celle du macroscopique comme le rêvait Pierre-Simon de Laplace pour transiter du passé au présent et ainsi prévoir l'évolution du monde, n'est pas une mince affaire. Une phrase lancée lors d'un meeting de promotion par le co-fondateur de Google, fait rêver: "Seul un logiciel comme Google peut le faire".
Qui sait, un jour, à Stockholm, un serveur représentant de tous les autres, recevra le Prix Nobel en place des savants devenus obsolètes et dira d'une voix mécanique:
- I'm proud to be here representing all of us, as a server for you all.
Le syndrome de Stockholm, quoi. On y aimerait ce qu'on a haï précédemment.
Un étudiant viendrait, un jour, à l'examen avec son robot et son moteur de recherches pour décrocher son diplôme.
Si les astronomes n'ont plus besoin de téléscopes puisqu'ils consultent Google et que cette façon de faire va s'accélérer parce que les données vont se générer l'une par l'autre presque en vase clos, il y a du souci à se faire ou au moins ou au moins, des questions à se poser. Si vous ne vous souvenez pas du fiasco dans le domaine financier qui s'est produit en laissant tourner en "stand alone", le "Système économique"...
L'espionnage, les droits d'auteur, les brevets, l'anonymat, fini de signer même F.L., comme l'article, sans laisser de traces, ni d'adresse. Un pseudo, des initiales se retrouvent. On n'oublie plus rien, une fois, sur un serveur, hors ce serait étonnant que les informations soient mise à jour en temps voulus. N'oublions pas que les informations les plus stratégiques se trouvent cachées derrière des mots de passe avec accès véritablement payants.
"Cette mécanique imparable tire en fait sa force d'une approche qui se rit du contenu avec comme seuls paramètres, les proximités entre données. La Science ne risque-t-elle pas de se réduire à la mise en relief de multiples corrélations sans que ces résultats ne soient intégrés grâce à un modèle dans un discours qui fasse sens?" concluait Claude-Henri Mélédo. "Un retour en force de l'empirisme comme démarche expérimentale", continuait Jean Veronis.
Le désordre du monde, l'originel et le créé ne sont pas liés par des lois uniques ni des algorithmes surtout s'ils se ressemblent en aveugle. Les équations, leur intégration demande déjà plus qu'une vérification s'il y a une solution ou non. On est parti d'un déluge, on y retourne très souvent mais via d'autres artifices.
J'aurais pu terminer mon article ici mais cela aurait été malhonnête et incomplet car il y avait des exemples de réussites et des projets qui y gravitent avec succès et qui se trouvaient dans l'article.
- Dans les troubles du cerveau par des pistes de guérison en dessinant une carte de proximité statistiques et un générateur semi-automatique d'hypothèses (projet brainSCANr)
- Dans le couvert végétal par le fait d'avoir traqué les déforestations (projet PlanetarySkin)
- Par l'observation spatiale en direct et le classement des informations (projet LSST)
- Les micro-organismes dévoilé par leur évolution et la découverte de la diversité des communautés microbiennes(projet GOS)
- L'apprentissage du langage par le contexte des mots et de leur redondance (projet Deb Roy)
- Les substances chimiques mélangées qui viennent à bout de la maladie (projet BSrC)
- Le cancer du foie découvert par l'étude de l'ADN et finir par dévoiler 4 gènes (pojet ICGC)
- Les épidémies apparues en temps réel pendant le tremblement de Terre d'Haïti (projet Healthmap)
- Les équations physiques qui naissent toutes seules et qui donnent des lois (projet Eureqa)
Alors, remplacer le génie humain? La question principale du dossier?
Non, modifier son rythme brutal de recherche et de trouvailles. L'accélérer en lui donnant un effet de levier comme un outil peut le faire, là, d'accord.
Quant à croiser les données à l'aveugle?
Peut-on dire, à coup sûr, qu'ensuite, les infos croisées donneraient des résultats et de là, jaillirait la lumière sans réflexions? L'intuition, les déductions ne sont pas encore incorporées dans le processus de recherches.
Mais cela viendra, peut-être. Nous sommes à la version 2.0. Les suivantes se feront aider par des questions plus pertinentes pour affiner les recherches. Les millions de réponses plus judicieuses, plus utiles, élaguées et réduites au strict nécessaire est un des buts à atteindre, mais non atteint jusqu'ici.
Google Earth, autre miracle, avait même servi pour essayer de retrouver Steve Fosset, tombé avec son avion, perdu on ne savait où. C'est sur le terrain, suite au hasard, qu'un passant l'y a retrouvé.
A l'ère des déluges de l'information, il ne s'agit pas d'oublier que trop d'infos nuit et tue parfois l'info.
Qu'éliminer tout ce qui est publicitaire permettrait déjà de réduire considérablement ce fatras de données et diminuerait le temps de recherche. Contraire à la politique de la maison "G".
Google vient de payer une amende de 22,5 millions de dollars à la FTC pour solder le compte de la confidentialité et de la surveillance de ses utilisateurs. Pour se permettre la publicité ciblée, les cookies, ce n'est pas cher payer face aux milliards de bénéfices.
Le "cloud computing", avec 100 milliards de dollars de potentiels historiques et 8,8 milliards de bénéfices, prévus en 2012, ne sont pas dans les nuages.
Que des moyens automatiques encore bien plus sophistiqués seront nécessaires pour élaguer les données nuisibles, brutes et les rendre plus "nettes".
Je suis un utilisateur comme les autres et ce que Google fait, je l'avoue, il le fait relativement bien. Ce que Microsoft apportait avec un logiciel "Encarta", Google le fait avec la gratuité en plus.
Mais, comme Microsoft, Google est devenu envahissant et d'autres cherchent, déjà, un "Petit guide de survie sans Google".
Puis est arrivé le S&V du mois suivant qui disait "Le spectre ne répond plus". Les mobiles qui exploitent les bandes passantes de radiofréquences, spectres hertziens arrivent à saturation avec des débits entre 1,8mB et 42 Mb en 3G. La 4G arrive en France après les USA, la Corée, le Japon et l'Allemagne, avec ses grands moyens entre 800Mhz et 2,6 Ghz. Les télécoms satellitaires se bousculent et doivent prendre leurs distances pour ne pas être brouillées. On imagine des solutions comme partager les bandes, monter en fréquence, multiplier les antennes, multiplier les signaux... mais toutes ont toutes des problèmes. C'est peut-être de là que viendra le coup de Jarnac pour tout ce qui touche aux communications par les ondes.
Le nombre des neurones d'un cerveau s'élève à 100 milliards, sans compter les synapses. Atrophiés car non utilisés, ils en deviendraient négligeables.
Google resterait avec un potentiel énorme mais utilisé avec un faible pourcentage et qui souffrirait de dirigisme lié à la publicité.
Certains pensent leur ajouter des Google-Glass. 
On se surprend à lire qu'avec les lunettes interactives apprendre une langue étrangère ne sera bientôt plus nécessaire, que San Francisco au travers des lunettes, change-t-il la vie de ceux qui voient la ville de près, hors des nuages?
"Amazing", le mot décidément à la mode, le plus utilisé aux States dans ce genre de conférences de presse. Un mot qui quelque part, manque à un esprit européen trop cartésien moins embrumé par les contraintes d'épater avant de réaliser.
Au sommet, il y a une lutte sans merci qui se déroule en coulisse.
La CE pourrait élargir son enquête contre Google?
"La Commission lui reproche notamment de mettre en avant dans ses liens ses propres moteurs de recherche verticale, au détriment des autres moteurs de recherche spécialisés, par exemple dans les voyages. Elle s’inquiète aussi de la manière dont Google copie du contenu de moteurs de recherche verticale concurrents et les utilise dans ses propres offres, et lui reproche d’imposer des clauses d’exclusivité à ses partenaires publicitaires.".
Tiens, un nouveau monopole. J'ai déjà entendu cela quelque part mais avec un autre acteur: Microsoft.
Dans cette lutte, Microsoft et son monopole vacillerait-elle sur les mêmes bases face à Google? Quand le gâteau devient plus petit, le moindre levier s'impose.
On vient d'apprendre qu'après 8 ans de silence de côté de Hotmail, Microsoft est irrité par Google et donne un coup de jeune à sa messagerie avec OUTLOOK, son nouveau nom mais qui existait depuis des lunes mais dans la "rangée professionnelle".
Plus qu'un lifting, est-il dit.
Avec 324 millions d'utilisateurs, c'est à dire 36% du marché des courriers électronique, MS voit GMAIL qui annonce 450 millions, qui se fait aider par le système econologique Android.
Outlook.com nouveau va contenir Skype, la possibilité de partage d'image, la gestion de fichiers et d'autres gadgets.
Et, pourquoi pas intégrer toute la concurrence? Facebook, Twitter, Viber... On n'invente plus rien. On intègre ses concurrents.
Attention, tout de même, quand on se rappelle les risques de piratage de ces systèmes annexes, cela devra s'accommoder pour ne pas les ramasser au passage les puces des autres.
Google, réveille-toi. Cool. Il y a encore des hommes qui se cachent derrière la toile. Reste curieux de tout.
Le hasard fait parfois aussi bien les choses. L'émission de "Tout s'explique", de la semaine dernière, arrivait avec la même conclusion. L'observation, le goût du risque allait mener Jenner à l'invention du vaccin, de la variolisation et de l'inoculation.
Le point commun entre le post-it, le velcro, la pénicilline, le laser, le popsicle ou la télévision, ce sont des "inventions avec le fruit du hasard" (les auteurs étant respectivement, Spencer Silver, Georges de Mestral, Alexandre Fleming, Alfred Kastler, Frank Epperson, Philo Farnworth). Pour couronner le tout, il y a aussi les fausses manipulations à la base, suivies d'un éclair de génie, de l'oeuf de Colomb, qui surgissent comme cela l'a été pour le frisbee (W.F.Morrison), le stéthoscope (René Laennec) ou les Bêtises de Cambrai (Despinoy).
C'est dire que le savoir, sous forme de données, n'est pas tout. Il faut l'extrapoler, le tester et pouvoir lire entre les lignes d'une constatation ou d'un rapport. Assimiler plutôt qu'étudier en aveugle sans brûler les étapes.
Rendre les besoins synchro avec les désirs de développements. Le marché évolue de plus en plus vite, d'accord, mais inventer est souvent une partie d'échec dans laquelle les pièces se mettraient à bouger, qui sans interventions, aboutissent à l'inertie des joueurs.
Le grand secret marketing de Apple, l'autre géant, serait-il comme le dit cet article: "Nous ne dépensons aucun dollar sur la publicité".
Apple s'émancipe de Google en tuant YouTube sur son iPhone qui tournera en iOS6, sans dire par quoi il serait remplacé.
Aujourd'hui, dans une jungle d'informations, il faut investir, publier pour exister et pour faire parler la Science, parfois, à perte, avant de décrocher un brevet, bien avant que la preuve de son adéquation ne devienne incontestable.
Parfois, il faut aussi se séparer de ses collaborateurs.
Aux dernières nouvelles, 4000 emplois à la trappe, dont deux tiers en dehors des Etats-Unis, chez Motorola, firme rachetée, il y a juste un an, par Google.
Happy birthday, Motorola...
Bizarre de lire, le même jour, l'annonce qui dit que Google continue de payer ses salariés pendant 10 ans après leur décès encore faut-il entrer dans la firme et y rester salarié.
On se bat par tous les moyens pour éliminer la concurrence.
Il y a cinquante ans, personne n'aurait parlé de Science avec cette déviance. Prise par le temps, elle veut garder son sérieux, une responsabilité qu'elle ne semble plus devoir assumer dans l'à peu près et s'étonne ensuite que la jeunesse s'en écarte.
Certains parlent de Science, avec un nouveau mot le "scientisme", à cause du fait qu'elle prend des allures commerciales, tout en faussement, s'opposer aux religions et en devenant une nouvelle.
La Science, le savoir aiment que l'on parle d'eux, voyez-vous et le faire avec le maximum de noms en communs, pas toujours compréhensibles ou seulement par les initiés.
"Le prix que vous allez payer? Il dépend de vos données de navigation".
Alors, si, en 2015, vous commandez une pizza, ne vous étonnez pas que cela devienne ceci, je vous aurai prévenu.
L'enfoiré,
Thema de ARTE sur Le livre selon Google
Les droits d'auteurs en jeu. La question du domaine public arrive même dans l'esprit de le rendre payant.
Citations:
- « Le gain de la recherche, c’est la recherche elle-même. », Saint Grégoire de Nysse
- « Si Google ne trouve pas la réponse à une question, c'est que la question est mal posée», Anonyme
- « Qui recherche la lune, ne voit pas les étoiles. », Proverbe français
- « L'écran remplace l'immersion par le picorage, l'exprience spirituelle par la quête utilitaire », Régis Debray
- « Pour que Microsoft gagne des parts de marché, il faut que les autres en perdent", Anan Srinivasan
08:55 Publié dans Actualité, Amérique, Monde des affaires, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Web | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
16/06/2012
Le monétarisme vaudou
On vient de voir que les chiffres font un malheur dans le monde du numérique. Pour vivre en société, il faut apprendre à compter avec l'économie en arrière plan de tous ce qui constitue une vie d'échanges entre les hommes. L'expansion de la base monétaire sans précédent depuis ces dernières années inquiète. Tout n'est plus qu'argent. Appeler un vaudou, un exorciste pour vaincre ce veau d'or ou plus simplement, vaincre le monétarisme en redonnant les pouvoirs de créer l'argent à ceux qui en les droits pour le bien de tous. C'est toute la question.
Le monétarisme pousse à penser que l'État est nuisible comme intermédiaire suivant le courant de l'économiste Milton Friedman. Le message est de laisser faire le marché puisque l'inflation et le chômage vont de pair temporairement.
En Europe, en deux mois, la BCE a injecté 500 milliards d'euros sous forme de LTRO. Après la Grèce, elle devra agrandir la note avec la facture de l'Espagne. Le weekend dernier la note globale s'élevait entre une fourchette de 40 et 100 milliards d'euros.C'est ce qu'on peut appeler avoir une bonne fourchette...
Fin de rally ou simplement un recul pour mieux sauter? Il faut garder le souffle devant les montants avant l'échéance suivante qui suivront les élections législatives en Grèce.
Depuis 2008, on serait passé de 1,3 trillions à 3 trillions d'euros, ce qui équivaudrait au PIB d'un pays comme la France, 5ème pays monétaire dans le monde.
L'achat d'obligation souveraines pour 300 milliards pour donner une source de liquidité aux banques.
Les banques ont acheté des obligations de leurs pays en échange, avec des échéances à courtes durées.
Il fallait rétablir la confiance et cela a marché ... temporairement. Le 8 mars dernier n'était pas seulement le jour de la femme, c'était aussi un autre jour J pour la Grèce avant un autre jour pour trouver le système K, puisque le système "D" n'avait pas fonctionné. Demain, 17 juin, rebelotte, on arrive au système "S" de "Stop ou Encore".
Les obligations ESM sont planifiés comme une source d'investissements à plus long terme et arriver à des obligations sans risques pour faire retomber le soufflé de la crise.
La pensée positive selon la méthode Coué? Petite touche par petite touche.
La restructuration des dettes budgétaires ne pouvaient que se passer sans certaines contraintes, sans larmes ni grincements de dents.
Un pays ne peut en principe pas faire faillite, mais il peut se retrouver plusieurs années en arrière sans beaucoup de chance de rattraper son retard. La dévaluation de sa monnaie en est la conséquence logique. Dans une confédération de pays comme l'est l'Europe, avec une monnaie unique, les choses se corsent entre partenaires. Soutenir l'ensemble des membres ou couler ensemble.
Dire qu'il n'y a pas de limite serait suranné face à l'insolvabilité. Au risque de se saborder, il faut garder le "cap à l'Européenne", puisque à l'extérieur ou dans les marchés, ils n'attendent que le moment où l'Europe se casserait la pipe pour racheter au plus bas prix ce qui pourrait l'être. Une 'affaire de Pirée' reste encore en mémoire.
Une Europe à deux vitesses? C'est le vœux de l'Allemagne.
L'Euro2012 qui pourrait être un espace de foot, c'est aussi de la politique économique. Des destins croisés qui se rencontrent entre une Pologne en bonne santé économique et une Ukraine qui donne une image rétrograde.
Aux États-Unis, le pli est pris depuis longtemps. Tant que le dollar reste comme monnaie principale d'échange et se retrouvent dans toutes les banques du monde comme monnaie de référence, grâce à une sorte d'habitude.
Si on ne comprend pas pourquoi l'argent n'est plus en pièces d'or, qu'il est passé au papier et puis en virtuel, c'est parce que l'alchimie du vaudou n'a pas fonctionné.
Les conseilleurs arrivent et poussent à le faire pour rester à flot. La Quotidienne d'Agora sous la plume de Alexandre Benazzouz, sortait, vendredi dernier, un article qui commençait par: "Les banques sont vulnérables, oubliez les stress tests !
De l'incertitude au bank run
Bankia est sur le point de représenter le sauvetage financier le plus cher de l'histoire espagnole. La quatrième banque du pays doit recevoir 23,5 milliards d'euros de fonds publics. La semaine dernière, la Banque centrale portugaise avertissait que "trois des quatre plus importantes banques du pays devraient recourir à une aide publique". Lisbonne prévoit donc d'injecter 6,6 milliards d'euros dans trois banques, les banques privées BCP et BPI et la banque publique CGD. Elles ne sont pas les seules dans la tourmente. Ces dernières semaines, l'agence de notation Moody's a dégradé une vingtaine de banques espagnoles et italiennes. Fitch, quant à elle, a abaissé au premier trimestre 2012 la note de 57 banques ; 30 d'entre elles sont en Europe de l'Ouest. Après la Grèce, faire chavirer le Portugal, l'Espagne et peut-être même l'Italie, ce ne serait pas la même histoire...
L'article avait été écrit avant l'annonce de la dégradation de trois crans de l'Espagne.
La présidente du Brésil, Dilma Roussef, critiquait, lors d'une visite chez Obama, les politiques d'expansions monétaires des pays développés qui font peser un risque sur la croissance des pays émergents.
Augmenter le nombre de billets en circulation, leur fait perdre leur valeur par rapport aux autres monnaies.
Alors, la question reste: comment faire autrement?
On cherche toujours autant de milliards comme au début comme si l'on était en montée sur une pente savonneuse. Qu'on appelle cela "morphine monétaire" ou "monétarisme vaudou", c'est toujours fait du même tabac mais avec une autre odeur.
Le casse tête existe au sommet et à la base des citoyens. Aller de plus en plus vite dans les décisions ou dire courage fuyons !
Rendre l'argent de moins en moins cher. La baisse des taux d'intérêts des comptes à terme. Alors, que l'inflation est de 3%, le taux d'intérêts sur un terme d'un an, le banques ont fait chuter de 0,75% auquel on ajoute une prime de fidélité de 0,25%. Les banques ont peut-être oublié de changer les taux auxquels, elles prêtent leurs précieuses réserves monétaires. Je vous le laisse découvrir lors de votre prochain découvert.
Perte de capital programmée, donc. Pour celui qui détient quelques économies, la tendance est donc de consommer tout de suite ou de chercher à trouver une forme plus rentable de placement et repasser insensiblement à la spéculation, aux placements à risques et se lancer dans les actions en devises pas nécessairement européenne. Le mot d'ordre, désolidarisons, il en restera toujours quelque chose. Se passer de l'argent, échanger un bien contre un autre.
La réponse à la relance de l'économie, est-elle sous ce lien qui met en opposition les deux systèmes utilisés et qui dit:
"Qui, de la Fed ou de la BCE, a fait le plus pour relancer l’économie ?
La Réserve Fédérale des États-Unis a effectué deux opérations de ce que l’on appelle « quantitative easing ». Dans le quantitative easing, la banque centrale rachète d’importants montants d’obligations souveraines avec les fonds qu’elle a obtenus des dépôts reçus des banques pour baisser les taux d’intérêt de long terme. La Fed fait de la « transformation » : elle utilise des actifs de court terme pour financer des titres de long terme. Et grâce au différentiel de taux entre les deux types d’échéance, elle peut encaisser une marge d’environ 2% sans avoir à supporter un « risque de crédit ». Son risque, c’est que son coût de financement dépasse ce rendement, mais comme c’est elle qui fixe les taux d’intérêt de base de court terme, il y a très peu de chances qu’elle choisisse de miner sa marge de manœuvre en les augmentant. Ah, oui, j'oubliais, la FED, chante et danse aussi: "Let's Twist again". Maintenant, il y a aussi le chartalisme avec tractations en horizontales ou verticales.
La BCE a mené deux programmes de « LTRO » (Long-Term Refinancing Operation), injectant plus de 1.000 milliards d’euros de prêts à 3 ans au taux de 1% pour les banques de la zone euro. Désormais, le bilan de la BCE totalise 2.800 milliards d’euros, presque 30% du PIB de la zone euro, alors que le bilan de la Fed ne représente que 20% du PIB des États-Unis. La BCE fait du credit easing : elle reçoit des dépôts des banques (principalement d’Allemagne et des Pays Bas) qu’elle rémunère 0,25%, et elle s’en sert pour octroyer des prêts à 1% à des banques des pays du Sud de l’Europe (principalement Italie et Espagne). Le problème, c’est qu’au passage, elle assume le risque de crédit. Or, le bénéfice sur le différentiel de taux de 0,75% qu’elle encaisse dans l’opération (7,5 milliards d’euros annuels) ne lui permettrait guère de supporter la défaillance d’un emprunteur (La BCE a prêté 130 milliards d’euros à la Grèce).
On a d’abord pensé que c’était la Fed qui avait le plus contribué à la relance de l’économie, parce qu’elle a plus développé son bilan que ne l’avait fait la BCE.
Dans les années 30, pour réagir à l'hyperinflation et à la dépression, les USA ont acheté massivement des obligations. L'Allemagne s'y est opposée obnubilée par l'hyperinflations jugeant que la dépression était secondaire. Le FMI a été enfanté dans la douleur. La BCE, non. Elle donne du mou. Elle gagne du temps. Les réformes politiques ne sont pas pour demain.
Selon l'OCDE, concilier l'effort budgétaire et la croissance n'est pas incompatible.
La Belgique économiserait 9% de son PIB (33,7 milliards) en agissant de la sorte. Améliorer l'efficacité dans une austérité durable? L'organisme préconise un endettement de 50% du PIB maximum. 2012 est une année charnière dans l'alimentaire.
Selon l'OMC, la crise de la dette, le tsunami du Japon le printemps arabe, les inondations en Thaïlande ont ralenti considérablement le commerce mondial. L'Asie reste le leader avec l'Inde (16%), la Chine (9%), tandis que l'Afrique reste en déclin de 8%. Mais jusque quand? 
La zone euro condamnée à stagner pour réparer les erreurs du passé? A regarder les pays d'Europe, il n'y aurait que la Finlande, la France, la Slovénie et Chypre (en vert) qui échapperaient à la récession. L'Allemagne et l'Autriche qui en sont en recul de de PIB sur un trimestre (en orange) et les autres en récession (rouge). Même Madame Angela Merkel a fait volte face et mis l'austérité en stand-by pour ressortir les vieux atouts de la relance quand il a été remarqué que l'austérité enfonçait plus qu'elle ne redressait. Ce n'est plus très, mais trop chère austérité.
On parle de "triangle des menaces" qui se construirait par le dévoiement de la monnaie devenue virtuelle qui se poursuivrait par le besoin d'énergie, la démographie déséquilibrée par la pyramide des âges et l'endettement cumulé de ce que les États se sont engagés à verser à leur population.
Le plus fort est que la seule solution qui s'offrirait, serait monétaire avec de tels facteurs déflationnistes que les gouvernements tenteront de contrer à n'importe quel prix en utilisant l'arme monétaire.
Soutenir le crédit ou mourir en buvant la tasse ensemble.
La dépression, on y pense mais il faut d'abord passer au test de la récession avec l'austérité comme bagage et la relance en porte-bagage.
La déstructuration des monnaies passe par la désolidarisation d'avec la production des produits à fournir en échange.
Le yen explose et l'hyperinflation est en chemin. Normal, les exportations se voient ralenties quand le prix des exportations se retrouvent trop élevés à cause des pertes de change.
L'animal mondial est blessé, mais avec quelques sparadraps et une expérience connue de courage, cela ira, se dit-on. Un coup de barre et sa repart, comme disait la pub d'une marque de chocolat.
Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière disposent à eux deux d'une capacité de prêt de 700 milliards d'euros :
- 213,3 milliards ont déjà été utilisés pour sauver la Grèce et le Portugal
- 100 milliards ont été promis à l'Espagne pour ses banques
Conclusion, il reste donc 386,7 milliards d'euros.
Or les besoins en refinancement de l'Espagne et de l'Italie pour les deux prochaines années s'élèvent à 620 milliards d'euros.
Et comme le chien de l'expérience de Pavlov, la simple mention des liquidités supplémentaires fait saliver les marchés d'avance. Pavlov dresse toujours à la perfection les marchés.
"Les placements durables subissent une chute historique", lit-on dans le même temps.
Si rien ne dure, si le fond des caisses se crée, c'est que tout s'est déplacé et se consommera quelque part... C'est mathématique... Bis repetita placent.
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C'est alors qu'une idée m'est venue. Pourquoi pas visiter le Musée de la Banque nationale de Belgique à Bruxelles? Un aimable accueil à la réception m'avait permis d'apporter quelques précisions sur les activités de la Banque Nationale. Une documentation donnait des idées sur les activités de la BNB. La seule lecture des titres suffisait pour constater comment cela marchait.
La Banque nationale contribue à la mise en œuvre de la politique de l'Eurosystème et à la surveillance du système financier.- Émission de monnaie et seigneuriage (revenu que l'émetteur tire de l'émission, rétrocédé à l’État frais déduits). L'objectif principal de la politique monétaire est le maintien des prix avec un rapport annuel sur l'évolution. Gestion de la Centrale des bilans et Centrale des crédits aux entreprises avec depuis 2009, la mesure de l'impact de la crise sur l'octroi des crédits aux entreprises. La politique monétaire est décentralisée est confiée aux banques centrales nationales avec des instruments qui ont des facilités permanentes, des opération "open market" et des réserves obligatoires.
- Un contrôle macroprudentiel contribue à la stabilité dans un Comité de surveillance bancaire.
- L'évolution va vers un modèle à deux piliers (Twin Peaks). L'institution d'un Comité Européen du Risque Systémique s'accompagne de la surveillance des services financiers par des autorités au niveau bancaire, assurance et pensions professionnelles, des marchés financiers et valeur mobilières.
- A terme, la Banque assurera l'ensemble du contrôle prudentiel en Belgique, comprenant les paiements, les compensations et le règlement de titres de la dette publique.
- Le projet SEPA assurera une circulation standardisée des virements et paiement par carte.
Les projets, cela ne manque, apparemment, pas. On se demande pourquoi cela n'arrange rien en définitive. Il y a des pics, des Peaks, tellement prudentiel que le macroprudentiel des systèmes mènent aux hics des systèmes que cela ne m'étonnerait pas. S'il y a des "seigneuriage", c'est qu'il doit y avoir "servages".
Alors, il y a les monnaies de remplacement, les monnaies dites de "singe" avec leur reconnaissance comme leur utilisation très locale comme les RES, les WIR... puisque le porte-monnaie électronique comme PROTON risque de disparaitre.
Je ne sais pourquoi, mais tout cela me rappelle une vidéo d'un cartoon, qui à l'époque, était plaçé, au cinéma, entre les actualités et le film. Le sourire et le rire aux lèvres, à la vue dy "Coyote" qui tentait d'attraper Bip Bip, ce "Road runner" et qui mordait la poussière au fond du ravin à chaque tentative.
La première séquence était presque caricaturale: Coyote fonçait derrière Bip Bip, le dépassait sans le voir, arrivait au bord de la falaise et, pris dans son élan, continuait à courir, avec le vide sous ses pas, avant de s'effondrer au bas de la montagne. Remontée et à bout de souffle, Bip Bip lui faisait retourner, d'un coup de bec, à l'endroit qu'il n'aurait jamais dû quitter: le fond du gouffre.
Jamais en panne d'idées, Coyote parvenait toujours à trouver un autre subterfuge. Le scénario changeait de séquences, tout simplement, et Coyote tentait une autre option sortant de son sac à malices, sans plus réfléchir.
Dans les cartoons, des alternatives, ça existent toujours, même sans se faire mal, si ce n'est aux zygomatiques. 
En dehors, on cartonne aussi avec des alternatives, chacune à son tour, au petit bonheur la chance et quelqu'un en Bourse, d'un air inspiré, rappelle que les arbres ne montent jamais au ciel. Et oui, cela ne s'appelle pas aussi "la chute d'Icare"?
Pour celui qui a un peu passé la limite du Bac, défier les lois de la gravité et trouver le bout du précipice sans parachutes imperméable, dorés ou argentés, c'est comme se retrouver avec des ailes quand il faut nager.
Si Coyote se fait roulé et retombe toujours sur Terre, c'est qu'il y a autre chose qu'une morale à l'histoire. Sale pesanteur... C'est, donc, encore Newton et sa pomme qui est en cause.
Mais, c'est vrai, j'oubliais, nous sommes en période de foot, c'est l'Euro2012.
Là, je sens qu'on va devenir hybride et qui sait, pourquoi pas, amphibie.
Photos de l'exposition à la Banque Nationale, en un lien et un clic
L'enfoiré,
Mise à jour 28 juin 2012: Des banques plus risquées qu'annoncé. Une étude de la CEPS commandé par les Verts euopénes repris dans un article de l'Echo dans lequel on rappelle les différents types de banques (parmi 74) qu'il faut les catégoriser. Les status changent dans le temps, ce qui rend l'analyse difficile. La plupart des banques restent vulnérables à cause de la maigreur de leurs fonds propres souvent limités à 4,5% sinon moins.
- banques d'investissements (Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale...) fonds souvent spéculatifs et fonds propres assez laxistes
- banques de détail focalisées (ABN AMRO, National Bank of Greece, HSBC...) bonne résistance car diversifiées.
- banques de détail diversifié (Crédit Agricole...)
- banques de gros (ING, Rabobank, Dexia...) Celles-ci dépendent trop des investissements à court terme.
- « Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. », François Cavanna
- « Si vous voulez éviter des blessures, enlevez la monnaie de vos poches avant de danser la lambada. », Anonyme
- « Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie. », Umberto Eco
21:40 Publié dans Actualité, Amérique, Economie, Europe, Histoire | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
27/05/2012
Entracte et anecdotes
Qu'entend-on, chez nous, durant l'entracte : "Chocolats glacés. Pralines glacées. Esquimaux.". Rien de nécessairement bon pour la santé, mais cela temporise le stress que le film avait des tendances à souscrire. Aujourd'hui à Bruxelles, je crois que, vu la température, ce sera même en dehors des salles de cinéma. Pourquoi, je vous parle de ceci? Parce qu'il n'y pas eu un film mais, il y a eu un stress et une pugnacité dans les commentaires à la suite du dernier article "Le rêve américain vit-il encore?". Chaque bord se réfugiant derrière ses propres visions, de ses propres convictions et de ce que peut ou ne peut pas être ou faire un monde. Alors, il faut sortir des clichés et même extraire les vérités. Rien ne vaut les anecdotes pour y arriver et peut être sortir les diversions par une digression...
Quand j'ai écrit l'article qui précède sur les États-Unis, connaissant ceux qui ont l'habitude de venir lire ou commenter les articles, je savais qu'ils allaient bondir sur l'os à ronger.
Sujet passionnel s'il en est. Donc tout était programmé, le sujet et la date de la parution comme on va le voir ici, plus loin.
Je me suis armé de beaucoup de précautions, ai regardé quelques vidéos très explicites, ai questionné ceux qui ont connu dans une autre vie le passage de l'autre côté de l'Atlantique. Il n'y a pas qu'un océan qui nous sépare, il y a aussi le côté "image", "snapshot" si pas "préjugé", de "on dit".
Qu'on ne prenne pas mal, ce que je vais dire ou ai-je déjà dit. Je vais comme ceux qui ont participé "jouer à l'hypocrite" sans prendre vraiment ouvertement position. Cela me rappellera une autre vie active pendant laquelle l’hypocrisie était obligatoire sinon fortement conseillée.
Des mails en commun en parallèle et après, me sont arrivés. Réconcilier l’inconciliable? Un problème de quadrature du cercle.
Une question très générale m'est même parvenue "Les allochtones ont des droits et les autochtones des devoirs". J'y ai répondu comme il se doit. Mais cela nous enverrait trop loin d'aller plus avant dans cette réponse.
Pourquoi y a-t-il encore beaucoup d'Européens qui font le pas et vont en Amérique, le pays de Satan?
Je répète, je veux faire digression.
La musique adoucit les mœurs et le sport les fait oublier.
L'actualité bruxelloise m'en donne l'occasion pendant ce weekend. En dehors, du côté "musique" il y a eu le Concours de l'Eurovision, mais par ici, ce fut le "Jazz Marathon" et la finale du Concours Reine Elisabeth violon pour les mélomanes de musique classique.
Du côté "sport", ce furent les joggeurs à l'honneur dans les "20 kilomètres de Bruxelles". Cette fois, contrairement aux années précédentes, je n'ai pas suivi, à vélo, la course. Je suis resté au Cinquantenaire, au départ qui était aussi l'arrivée, à observer les gens, les attractions et tout ce qui tourne autour d'une organisation comme celle-là.
Tout cela en images, c'est ici, en un clic
Même dans ces derniers cas, l'esprit de compétition est bien présent.
Rien ne sert de faire de la musique ou du sport pour le plaisir, il faut toujours quelque part gagner avec la médaille au cou ou perdre et passer son tour. Comparer les chronos.
Entrer en compétition avec soi-même n'est-il pas assez gratifiant? Faut-il la maladie pour arriver à y penser et passer aux grandes manœuvres de sauvetage? Un lauréat du Reine Elisabeth avait la bonne idée de dire que le concours était comme un entracte et que dès le lendemain, il fallait retravailler son violon. Et cela réconcilie avec les réalités.
Mais, je prométais aussi des "anecdotes à l'américaine".
Les miennes datent entre 30 et près de 20 ans d'ici. Les choses peuvent avoir évoluées même si les racines sont toujours là selon ce que j'en entends.
Il faut savoir aussi que j'ai travaillé avec eux pendant 30 ans. C'est dire que je ne suis pas tout à fait idiot sur leur moyens de "persuasion", la main sur le coeur, pardon sur le portefeuille. Tout se monnaie aux States.
Arriver, une première fois, sur le sol américain, par la voie aérienne évidemment, c'est arriver à la douane et se voir condamné à répondre à une série de questions de plus en plus sensibles et parfois étonnantes. Je plains ceux qui n'ont pas une connaissance suffisante de l'anglais. Toutes les questions ont pourtant été demandées et répondues dans un questionnaire multilingue, mais encore faut-il faire le rapprochement entre langage écrit et parlé, ce qui est loin d'être le cas dans cette langue.
Une matrone noire me demande:
-Have you fruits with you?
Si la réponse est oui, il s'agira de les manger ou de les jeter avant de passer la barre pour pénétrer du transit, sur le sol américain. Si la réponse est "yes" quand il faut dire "no", c'est la sécurité qui, ensuite, est mise à l'épreuve des sacs. On dépiaute? semble demander quelqu'un à son chef...
Je vous parle d'un temps bien avant les attentats de 2001. La souplesse était encore relativement de mise, mais la première ségrégation "UK or Not UK" précédait la mention "UE or not UE".
Je ne sais pas mais cela me rappelle "To be or not to be, thats' the question".
Première anecdote à l'arrivée à l’hôtel à Miami.
Les hôtels les mieux cotés ont des noms français.
Les bagages à monter dans les chambres au sortir du taxi. Pas de problème, tout est pris en charge et se retrouvera dans les chambres.
Dans celle-ci, "the person in charge" vient chercher sa "participation aux frais".
En Européen, vu le travail, le reflex est de donner un dollar. Mal lui, en prend.
- That's not for me... It's at least one dollar by luggage.
Premier étonnement. Payer et vous serez considéré, se dit-on. Un rapide calcul, on ramasse, on sous-pèse et puis le visiteur s'en va. Une demi heure après, surprise:
- I bring your money back. Everything was included.
- Thank you.
Nouvelle Surprise. C'est vrai, les "All inclusive" n'étaient pas encore artifices de calcul des pompom-girls de la farce.
Deuxième anecdote, pendant la visite du Cypress Garden, pendant lesquelles il y a des spectacles de ski nautique. Endroit délicieux avec un décor et un parc où on se sentirait retrouver la période de 'Autant en emporte le vent". 
Une tribune pour les "normal people" et une autre "For the photographs".
Je choisis le "Photograph minded way" pour expérimenter mon dernier caillou à longue vue.
Là, tout va aller tout seul.
Pendant les réalisations artistiques du show, tout est dit dans le micro.
L'exposition, la vitesse d'obturation, le moment de la prise de vue, cela en fonction de l'Ektachorme, Kodakchrome, suivi par le fatidique:
- And now shoot. (maintenant, tirez)
A l'époque, le clic des appareils ne se réglait pas et on pouvait presque entendre un clic commun pour prendre la photo unique.
-You missed the photo. Don't panic. They are coming back.
Et le cycle recommençait.
Troisième anecdote. Los Angeles, 09:00 du matin. Pourquoi pas un petit jogging pour se mettre en appétit? A peine, un kilomètre qu'une voiture de police suit mon mouvement avec inquiétude avant de se rendre compte qu'il doit s'agir un "fou de touriste", qui ne connaît pas les endroits réservés pour se genre d'exercice.
Quatrième anecdote,
une question comment passer de 45°C et se retrouver en dessous de 0°C et avoir de la neige? Réponse, quitter Phoenix, où l'on mange du crotale au clair de lune et monter à Sequoia Park. Tout a été prévu même les parkas jaunes qui partirons au plus offrant. Les rangers vérifient si les chaînes sont bien présentes pour les pneumatiques.
Cinquième anecdote, se lever à 05:00 pour voir le lever de soleil sur le Grand Canyon. Oui, d'accord, mais vaut mieux ne pas souffrir de vertige. Quant à le survoler en hélicoptère, mieux vaut ne pas avoir déjeuner avant.
Sixième anecdote, le manque d'histoire que les Américains ont à transmettre dans leur patrimoine. Ce qui fait que tout à une importance démesurée et donnerait de la nostalgie. Il y a la ville de Floride, Saint Augustine, véritable symbole des premiers moments de ce pays. Certaines routes mythiques comme la route 66, droite à perte de vue, qui traverse le pays de Los Angeles à Chicago sur 3840 kms. Une route sur laquelle l'Américain essaye de se raccrocher à son passé, sur laquelle on s'arrête à une station service qui devient un musée avec Steinbeck comme fil rouge. Une station resto-routier où le plat du jour est traditionnellement un burger et des french fries. Sur laquelle, on trouve des noms de villes d'ailleurs comme Bagdad qui fait penser immédiatement au film "Bagdad café" avec sa chanson. Une route qui traverse des réserves indiennes. Une route sur laquelle, 90% des "passants" sont étrangers, mais qu'un guide ne manquera pas de vous rappeler à quel croisement précis où James Dean s'est tué à bord de son bolide. Tout est figé dans un temps qui ne bouge que quand la nostalgie s'étiole de vieillesse.
Un Américain a la nostalgie et les souvenirs qu'il peut seulement avoir et il la fait rêver, réveillées, avec de multiples détails à ses visiteurs ou touristes. Si vous voulez-voir un cimetière d'avions, un champ d'éoliennes, pas de problèmes, on a cela en stock.
J'ai beaucoup d'autres anecdotes, mais je ne vais pas vous monopoliser votre journée. Les Américains sont de grands enfants avec des idées qui germent quand on s'y attend le moins, pour réinventer leur futur. Parfois bien plus acceuillants que dans nos pays européens, mais ils vous oublieront dans la minute qui suit.
"Combien" le nouveau livre de l'américain, Douglas Kennedy disait que "L'argent nous définit" en préface.
Mon boulanger était dans la marine dans une première vie avant de se reconvertir dans la fabrication de pain, m'en a raconter d'autres, lui qui a fait le tour du monde plus d'une fois, à une époque où un blanc ne pouvait aller boire un verre dans un bistrot réservé aux noirs sans que la police ne vienne lui demander de déguerpir.
Le temps de Martin Luther King, probablement.
Effacé par l'arrivée d'Obama?
Non, pas vraiment, en profondeur, puisque justement c'est son élection qui a fait monter la consommation des armes malgré lui.
Il se rappelait avoir eu l'occasion de parler avec des Américains qui parlaient français avec un terrible accent. Auquel j'ai ajouté, que dans un jacuzi, on fait très vite connaissance quand on entend parler en français. Comme quoi... rien n'était perdu à l'époque. Notre dialogue s'était terminé en me disant que quand il serait retraité, il irait en vacances avec son épouse aux States, sans me préciser où, parce que les States, c'est grand...
Je répète ma conclusion de l'article précédent "Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux États-Unis et ailleurs."
Bon weekend de Pentecôte (du grec ancien ἡμέρα πεντεκοστή / pentếkosta, « cinquantième jour»)
Rappel: "Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." Actes 2:1-4
L'enfoiré,
Citations:
- « Entracte : vide les baignoires, remplit les lavabos. », Tristan Bernard
- « Si le monde entier est une scène et si nous ne sommes que les comédiens, à quand, diable, l’entracte ? », Anonyme
- « La vie : une course contre la mort... Le meilleur ne gagne pas. », Henri Jeanson
15:00 Publié dans Actualité, Amérique, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
24/05/2012
Le rêve américain vit-il encore?
Le Hors-Série de "Le Point", avec l'aide de "Institut des Amériques" se proposait de mettre les pendules à l'heure au sujet de l'appréciation de l'American dream. De séparer les faits des mythes. Tout en suivant, le fil du magazine, quelques constatations parallèles viendront l'émailler.
Les élections françaises sont derrière nous.
Aux suivantes...
Ce seront les prochaines élections présidentielles américaines qui vont progressivement monopoliser les médias puisque l'adversaire républicain d'Obama, Mitt Romney est connu.
Le G8 du weekend dernier a acté les réactions à la crise de la dette au niveau mondiale. Ce sera "retrouver la croissance avant de pouvoir espérer réparer les erreurs du passé par l'austérité", un pied sur l'accélérateur et un autre sur le frein.
En Europe, le sommet à Bruxelles est qualifié de temps perdu. Le nouveau président socialiste français, François Hollande, a commencé à bousculer quelques habitudes alors que c'est la deuxième tentative d'élections législatives grecques, style referendum, qui plombe l'ambiance. Les États-Unis sont une fédération, l'Europe n'en est pas une et cela fait toute la différence.
Voyons, les autres relations opposées ou similaires entre les deux blocs, comme dans un bras de fer.
Dans les années 60, les États-Unis suscitaient l'attention, voire, l'admiration des autres pays, partenaires ou non.
Depuis, il y a eu le premier coup de semonce important, celui du 11/9/2001 qui a donné l'illusion pendant un temps court de réunification des objectifs. Le second, la crise des subprimes ont fait oublier Enron et autres crises à bulles. Ce furent toujours des surprises. Aucun plan n'était prévu dans tous les cas de figure, alors que les germes de la destruction des mythes étaient bien présents, comme des croyants d'une religion qui ne dit pas son nom, si ce n'est en se réfugiant sous le pseudo de "capitalisme".
En 2008, le slogan "Yes, we can !", comme une sorte de leitmotive, a été la promesse de la présidence d'Obama. Un espoir de redressement pour les USA. Une espérance pour le reste du monde. Lors des joyeuses entrées et des visites à domicile, ce nouveau "Messie" américain a fait penser qu'il allait faire des miracles avec sa baguette magique. La baguette était bien trop souple, trop préformatée comme telle et le rendez-vous a eu quelques ratés.
Démocrate, Obama, et pourtant bien plus à droite que le nouveau locataire de l’Élysée. Le mot "socialisme" est un mot interdit, si pas honni, par un Américain pur souche, comme l'avait été "communisme" jusqu'à l'effondrement de l'URSS. L'approche de l'esprit américain par leurs présidents successifs donnait quelques indices dans la suite logique.
Pour disculper Obama, la crise était déjà là, profonde, mais certaines promesses électorales de réformes n'ont pas été tenues au moment opportun, c'est-à-dire en début de mandat avec les votes favorables dans les deux chambres. A mi-mandat, première déception. Les convictions conservatrices républicaines étaient même dépassées par une droite plus dure qui renaissait de ses cendres: le Tea Party.
Il y a eu très vite un blocage ("gridlock") des Républicains pour ce qui était contraignant comme le fut le Medical Care. La Chambre, le Sénat et la Présidence peuvent, chacun à leur tour, faire obstruction aux décisions en "flibustier" et cela entame les enthousiasmes et les promesses.
Une joyeuse entrée et puis s'en retourne aux sources idéologiques bien américaines avec le capitalisme en tire-fesses.
C'est le moment de se poser la question de savoir si les Américains font encore rêver à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Que reste-t-il du rêve américain et de ses valeurs? Vivent-elles encore?
Les pères fondateurs avaient creuser un sillon dans la marche à suivre pour réussir dans l'Amérique profonde. Peu importait la manière avec la formule "Do it as you like, but do it".
Les USA ont, alors, montré la voie au monde, l'ont imposée par la force ou conseillée aux autres par la persuasion. Au départ, une population d'immigrés, chassés d'Europe et qui voulaient trouver une meilleure vie dans le nouveau monde. La Symphonie du Nouveau monde que Dvorak compose en 1893 aux États-Unis, montre l'exaltation que pouvait inspirer la vue de la Statue de la Liberté à l'arrivée dans le port de New York (version de Karaian). Ces immigrés sont là pour faire fortune et le plus vite possible. Qualifiée de terre promise, c'est la conquête du territoire toujours plus à l'Ouest comme chercheurs d'or que l'on disait exister en Californie ou s'arrêter et devenir cowboys.
Entre l'Amérique et la France a toujours existé une relation de "je t'aime, moi, non plus", au niveau de la direction des deux pays. Paradoxes dans les relations franco-américaines. Dans le même temps, les deux populations éprouvaient plus une haine rédhibitoire, chacun méconnaissant l'un de l'autre. Un émigrant français, expatrié aux États-Unis qui tentait d'expliquer son vécu, parlait de son expérience, se voyait renvoyé dans ses nouvelles pénates dans un dialogue de sourds avec l'intime conviction d'être devenu un lâche à la nation française.
Paul de Saint-Victor, André Siegfried, ont initié ce sentiment. En 1930, Georges Duhamel écrit, en parlant de l'Amérique, "Ici tout est faux, l'écran et la musique" dans "Scène de la vie future". En 1959, François Mauriac, c'est dans "Bloc-Notes" que transpire la coca-colonisation. Après Robert Aron, Arnaud Dandieu lui parle de "Cancer Américain".
Ce mardi, plus amusant encore, un article trop élogieux pour les USA d'un certain "magiciendos", sur agoravox.fr, disparaissait le lendemain, poussé vers la sortie par les commentaires, soit haineux, soit amusés. Auteur probablement très fictif. Excellent test de la part d'agoravox... En serait-il de même si un article élogieux sur la France paraissait dans un forum américain? Mon dieu, que la question, elle est bonne !!!
Un ingénieur indien en informatique, a Bill Gates comme modèle et arriver à émigrer aux USA est, pour lui, une consécration.
Il n'est pas question d'aimer ou de ne pas aimer le "Système américain", mais plutôt d'essayer de comprendre les racines du passé, de comparer, d'y sauver les avantages, de gommer les erreurs et espérer, ainsi, rectifier son propre futur. 
Aujourd'hui, c'est en commun que les deux populations se partagent soit la nostalgie à la française entre espoir et désillusions, entre austérité et relance, soit le spleen à l'américaine entre surprises et relance forcée sur une planche savonneuse.
Antagonisme que l'on retrouve dans ces deux démocraties, l'une à l'américaine avec son impérialisme appuyé par les Droits de Dieu, l'autre à la française, par la référence aux les Droits de l'Homme et ainsi prouver son bon droit, chacun à son tour.
Tous deux se considèrent comme des démocraties exceptionnelles et se snobent avec la fierté de leur culture que chacun d''eux veut imposer à l'autre comme la plus belle invention, comme un modèle exclusif pour le reste du monde.
A l'actif des Américains, la créativité, l'esprit d'entreprise, un volontarisme inébranlable, un amour pour le risque, une volonté de se refaire en cas de faillite.
Au passif, une arrogance au service du dieu "dollar", de Dieu, tout court et ce n'est pas une crise qui aurait une influence sur le long terme aux yeux d'un Américain.
Le démocrate J.F. Kennedy disait lors de son investiture "« Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».
Phrase qu'avait extrapolé, le républicain, Ronald Reagan, par la phrase: "Dans cette période de crise, le gouvernement n'est pas la solution à nos problèmes; le gouvernement est le problème" suivant les idées d'Adam Smith, propagées par Alan Greenspan et qui ont abouti là où on sait.
Qui était Reagan? "Reagan, l'enfance d'un chef" sur ARTE encore visible ici (*) tente de l'expliquer. Quelqu'un d'intelligent, qui a compris qu'il faut ruser avec brutalité pour réussir, qu'il ne faut pas utiliser les mêmes armes que son adversaire, qu'il faut donner le change avec une image et pas nécessairement, des réalités et espérer dans l'ombre que l'adversaire le sous-estime. Son but, gagner la guerre froide. Ses artfices, l'humour et l'utilisation de son rôle d'acteur dans la vie politique. Son coup de poker de la "Guerre des Etoiles" comme un leurre, a rendu obsolète toutes les armes nucléaires, a détraqué le communisme et annihiler du même coup l'URSS. "La stratégie du choc" de Naomi Klein explique tout cela mieux que je ne pourrais le faire.
Nous n'en sommes plus là.
Au cours du 21ème siècle, comme pays le plus inégalitaire au monde, se voir dépassé par les nouveaux émergents comme la Chine et l'Inde, apporte une désillusion de ne pas être à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie. C'est se rendre compte que la technologie la plus sophistiquée ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan.
Les soi-disant "chevaliers blancs américains" y ont été éconduits et les réductions des budgets militaires compensés par la technologie toujours plus performante n'y ont rien fait.
Y mettre le prix devient de plus en plus un problème quand on compare les budgets militaires dans le monde. L'austérité apparaît mais à l'OTAN.
Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.
L'impérialisme yankee laisse toujours un arrière-goût de force à tous ceux qui se sentent un peu trop "impérialisés".
Le 12 avril dernier, c'était le 20ème anniversaire de Euro Disney rebaptisé, depuis l'ouverture, en "Disneyland Paris". Le parc d'attraction est une organisation qui reflète, comme un microcosme, ce que peut être l'Amérique et les relations avec le pays d'installation dans la caricature d'une entreprise américaine. La montée dans la hiérarchie du français, Philippe Gas, devenu président depuis 2008 alors qu'il était engagé comme aide aux clients dans les parkings après l'ouverture, est une preuve de ce qui peut arriver dans une entreprise américaine. Tout n'y est pas rose. En 2011, une perte de 64 millions d'euros, une dette de 1878 milliards, 100 nouveaux millions investis pour 2012 et une trésorerie jugée saine avec 370 millions. Tout cela, sous la protection des banques et de la Corporation Walt Disney Comp. On investit sur le long terme et parfois on se serre la ceinture, mais pas trop. D'après Philippe Gas, c'est la France qui a été la gagnante jusqu'ici. L'engouement pour le monde enchanté de Mickey reste entier et les Français visitent toujours le parc d'attractions et seuls, les Asiatiques font la fine bouche. Donc, une fusion d'intérêts est possible.
My America
Peter Hegedus, réalisateur d'un documentaire présenté sur ARTE, intitulé "My America" (vidéo temporaire) peut montrer cette désillusion (il n'est plus disponible). Trentenaire, immigré magyar, parti de Hongrie pour l'Australie, avec sa mère, il avait nourri, petit garçon, un amour aveugle pour l'Amérique au travers des films hollywoodiens.
L’Amérique où vivait son père, incarnait à ses yeux le triomphe du bien sur le mal. S'il sait désormais que Schwarzenegger, le héros de films d'actions de son enfance, ne représente pas forcément la liberté et la justice, que la guerre fut lancée contre des ADM fantômes, il s'interroge néanmoins: y a-t-il un peu de vérité dans cette idéalisation qu'il a partagé avec une large partie du monde et fini par aimer et détester l'Amérique en même temps. Alors il va au devant des gens.
Dans ce film, un Américain interrogé se définit et dit avec un certain cynisme, que "l'Amérique est un prétexte pour empêcher les autres de réfléchir à leurs problèmes. L'Amérique se devait d'exercer son leadership pour que cela n'éclate pas, mais les conséquences de ses actes restent les problèmes des autres. Il est fier d'être américain car c'est l'Amérique qui l'a accepté comme émigré et il doit, donc, s'engager à fond pour défendre la cause. Où est l'égoïste?".
Hegedus va installer une cabine de fortune autour du monde. L'idée? Permettre aux passants d'enregistrer un message à l'attention de Barack Obama qu'il pense lui remettre en personne. Messages de paix et d'harmonie mondiales exprimées par des quidams australiens, chinois iraniens, kényans et hongrois, enregistrés sur une cassette qu'il finira par les envoyer par la poste devant la barrière infranchissable de la Maison Blanche.(sur Facebook).
Résillience et immobilisme
Dans le même temps, le reste du monde, les dernières photos prises par les GI's ont créé un scandale de plus après les guerres, dites "chirurgicales", mais qui déplorent des dégâts collatéraux.
La télé américaine traduit surtout une volonté de tout contrôler et de maîtriser n'importe quelle situation.
Elle influence le public avec de soi-disant experts en tout, public qui lui a son tour, influence les productions de sa chaîne télé rassurante de "Oz" qui dit que "it's no place like home".
Aujourd’hui, la "résilience" est bien réelle pour un Américain. Il permet de "prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression". Le rêve est pour certains, devenu réellement un cauchemar.
Même les feuilletons américains comme "The mentalist", "The Experts", "Desperate housewife" remettent tout sur le tapis pour le spectateur qui n'est plus dupe.
A New York, pourtant, on recommence même à rêver avec les nouvelles "Freedom Towers" pour effacer l'injure. Les leçons sont pour les autres quand elles ne peuvent plus en donner qu'une image.
Obama avait réveillé un espoir démesuré. Dès son investiture, il a essayé de changer les responsabilités dans le monde en les partageant avec les autres pays partenaires. Il perdait, ainsi, une partie de substance traditionnelle de la force entrevue dans une "guerre des étoiles". Inadmissible pour un républicain.
Ingouvernables, les US avec une Constitution, non revisitée depuis le début. Rédigée en 1787, par les Pères fondateurs, elle détient la raison de cet immobilisme dans ses 17 amendements, fondés pour une populations de cowboys de 4 millions d'habitants et donc, non conçue, pour les 313 millions de citoyens, d'aujourd'hui.
Dichotomie des visions "démocrate" et "républicaine" qui mène, obligatoirement, à un immobilisme quand ni l'un ni l'autre ne sont plus adapté à l'actualité.
Les États-Unis, fédération avec un conservatisme dans le centre et le Sud, et des côtes qui voient l'avenir sous un angle plus progressiste, mais qui reste toujours fédérés autour d'un seul président.
Au lendemain des élections françaises: "Immobilisme": un mot qui décrit l’incapacité des gouvernements de la Troisième République à la Quatrième à changer quoi que ce soit.", donc, pas vraiment mieux.
La passion du droit
Les USA sont le royaume des avocats par excellence. L'absence de filet social, la complexité du droit américain, la recherche d'un vice de forme font tourner la machine "justice" dans un cercle vicieux arbitré seulement par un juge. Avocats aux rémunérations astronomiques payés au pourcentage en cas de procès gagnés et proportionnels aux dommages et intérêts("quota litis"). Conclusion, 10% d'affaires présentées dans un procès. Des frais exorbitants de publicité et de procédures sont engagés pour décomplexifier une affaire.Un accord à l'amiable est souvent proposé à mi-parcours dans le civil. Au pénal, nouvelle dichotomie, plaider "guilty or not guilty" permet d'alléger une peine, mais qui pousse l'innocent à choisir le moindre mal quand il n'a pas suffisamment de preuves en sa faveur. La formation d'un avocat coûte au moins 140.000$ en 3 ans à Harvard ou Yale. Somme qu'il faudra rentabiliser au plus vite en entrant dans des bureaux d'avocats. Le droit penal américain est très différents du français.
Pays de la peine de mort (43 exécutions en 2011 et 78 peines de mort prononcées) et 61% d'Américains favorables. Les films du "Justicier dans la ville" pour faire face à la violence des villes mégapoles, ont fait un tabac à une certaine époque. Tolérance zéro à New York.
Une société sans classes, démocratique au sens de Tocqueville, comme un fait social fondé sur la centralité d'une vaste classe moyenne qui par le travail, les vertus et les talents pense pouvoir accéder à l'aisance. Ceux qui n'obéiraient pas à l'un des points seraient considérés comme mauvais. Si vous êtes "pour", vous êtes un "ami". Dans le cas contraire, passez votre chemin, la prison est à sa croisée...
"God create and bless America".
"In God, we trust", dans une allégeance sur la Bible inaugurée par George Washington. Un dieu patriote dans une démocratie laïque? Erreur de jugement ou une manière de justifier les actions militaires avec la Bible comme livre de chevet? Religions, sectes, francs-maçons confondus et la laïcité mise à l'épreuve comme Satan. Même le billet du dollar transmet le message. La Scientologie est reconnue comme relgion en proposant une "ascension spirituelle" par le bias d'étapes progressives et payantes. Le Web devient une "technoliturgie paroissiale" qui n'hésite pas à utiliser les tweets comme propagande et le show comme s'ils venaient de l'au-delà, mais qui brasse des millions de dollars bien terrestres. Nouvelle Sion, nouvelle Jérusalem, que Reagan ne démentait pas. Repris pour lancer les guerre en Irak et en Afghanistan. La lutte contre le Mal devient "la" croisade moderne. Le créationnisme n'est pas interdit et agit sur les cerveaux en arrière plan.
37% de religieux, Amish, Mormons, new Age, Protestantisme, Scientologie, Unitarisme, témoins de Jéhovah, Juifs, Musulmans... et seulement 16% de laïques qui sont, donc, marginalisés de fait. Jésus-Christ est la superstar.
Dieu vaut-il une messe guerrière quand on est fier d'être Américain et puritain? Internet permet ce prosélytisme débridé et, en plus, à bon marché. L'église de la Scientologie, elle, avait réussi à ne pas payer d'impôts, ce qui lui a permis de sortir de la vie du commun des mortels américain et de payer les procès en Allemagne et en France. L'église s'est depuis réorientée parmi les lobbyistes à Bruxelles.
Liberté chérie
Les Américains progressistes ou au contraire, très rétro? En fait, les deux.
Évolution dans un féminisme à la "Clinton"? Il y a 140 ans, le 10 mai 1872, Victoria Woodhull, la première femme se présentait à la présidentielle dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de vote. L'amour libre, en plus, préconisé ! Scandales.
Conservatisme avec a un modèle dont la source est Ayn Rand et qui se définit par l'égoïsme moral. La philosophie tient en une phrase: "Si vous voulez avoir de l'estime pour vous, commencez par traiter en prédateur tout homme qui exige que vous l'aidiez".
Fier d'afficher son appartenance politique dans la rue pendant les élections, de montrer sa fortune en autre temps. Objectivisme, égoïsme rationnel ne sont pas des mots en l'air, mais des professions de foi. "Atlas Shrugged" a la réputation d'être autant lu que la Bible. Les prêcheurs sont aussi nombreux que ses utilisateurs.
Plus libertarianiste que libertaire, un Américain. Il a droit de faire fortune en dehors de tout socialisme, le droit de jouir de sa liberté.
Cela se traduit par l'antagonisme démocrates de "gauche", héritiers de Roosevelt contre républicains conservateurs de "droite" hostiles à l’état et à l'impôt. Le New Deal n'a été qu'une solution de secours temporaire, balayée par la Reaganisme. Une extrême droite qui renait, définie par le Tea Party. Une extrême-gauche communiste ennemie, condamnée pendant la période du Maccarthisme. Islam et gens de couleur seulement acceptés. Clivages multidirectionnels.
Mais pour conserver ses avantages, il faut se préparer au pire, s'armer et être prêt à toute éventualité. Donc, ce sera "never without gun". Le droit de se défendre par les armes. "Porter une arme c'est être américain". Le lobby de la NRA (National Riffle Association") de feu Charlton Heston a même profité de l'élection d'Obama. Restriction amusante, en Virginie, on ne peut acheter plus d'une arme par mois. Un amendement de la Constitution pousse à l'achat d'armes pour "aider" la police. Dénombrer 75% de jeunes qui ont déjà vu quelqu'un se faire tirer dessus, n'est qu'un problème qu'il faut assumer comme dégât collatéral.
La liberté pousse à penser qu'il n'y a pas de problème à être obèse. Selon l'OCDE, 3 Américains sur 4 le seront en 2020. Beaucoup refusent d'entrer dans n'importe quel moule et devenir fier d'être gros comme une identification de leur potentiel à le devenir. Les MacDo sont là pour le confirmer et donner raison d'avoir cette conviction.
Vivre ensemble: Du melting pot au salad bowl.
Fondre les cultures pour créer une identité américaine, à la base. Quand c'est chacun pour soi dans son propre ghetto dans une quête authenticité avec la seule norme qui frise l'excès. En définitive, être "plus" ou être "moins" que son voisin c'est toujours s'attendre à un avenir de barbelés avec des liens sociaux communautaires. Les minorités poussent et veulent s'affirmer face à la culture majoritaire. La milliardaire russe propriétaire de la Standard Bank s'est offert une propriété de 25,5 millions de dollars. Comme c'est une affaire de prestige, d'image, il viendra très probablement un voisin qui s'en fera construire encore plus grande. Sunny Isles Beach est le "Little Moscow". Cosmopolite, Miami. La culture hispanique, majoritairement cubaine, fait concurrence à l'anglaise. 30.000 nouveaux immigrants, pauvres et riches, tous les ans. "Grouillement ethnique" mais "American first" avec le modèle américain. La mention "E pluribus unum" exite sur le billet d'un dollar.
La double nationalité n'existe pas aux États-Unis. On abandonne son ailleurs et son passé quand on s’installe sous la bannière étoilée et ensuite, on oublie qu'on s'y est installé.
La tolérance comme pilier de la République fédérale mais en même temps, un multiculturalisme qui aime garder ses particularismes dans ce qu'on appelle un "Salad Bowl". La discrimination positive se voit détrônée par la méritocratie. Rester plurielle mais pas vraiment intégrée et garder des ghettos noirs. Une éducation qui produit des individus avec un sens marqué pour le "self", sensé apporter la réussite à tous, par tous.
Les États-Unis n'est pas à prendre comme le cliché de la pomme de New-York où tout est en hauteur dans l'ambiance du travail. L'Américain aime sortir des villes et s'étendre à l'extérieur. A Los Angeles, tout est en largeur dans des quartiers totalement différents. San Francisco est considérée, à juste titre, comme la ville la plus européenne, tempérée et méditerranéenne à la fois.
Le règne du capital
L'agonie du capitalisme est vue avec des yeux européens. Est-ce l'Américain qui se voit emprisonné et obligé de faire une réédition indéfiniment des mêmes erreurs d'un "System" sans pouvoir pour en sortir ou y-a-t-il une renaissance avec d'autres traits de caractères de plus de sagesse? L'affaire récente de la JP Morgan semble prouver qu'il s'agit de la premier cas comme s'il s'agissait d'un cercle vicieux. Goldman Sachs, une société secrète? La "Firme", comme on l'a appelé dans le film, s'est fait connaître du public pour sa fabrication de Produit dérivé financier pendant la Crise des subprimes et la Crise de la dette grecque. Lire "Goldman finit toujours par brûler ceux qu'elle a portés au pinacle", c'est comme enfoncer une porte ouverte. Une nébuleuse, très probablement. Yoël Zaoui est fini chez Goldman Sachs mais retrouvera une autre chance, l'expérience et le succès ne reste pas lettre morte longtemps. "à rester trop longtemps à leur poste, les banquiers s'engourdissent, se reposent sur leurs lauriers et commettent des erreurs", encore du pragmatisme américain plus que cartésien.
Le film Margin Call n'est pas uniquement du cinéma, cela a été une réalité et cela existe encore avec d'autres acteurs, plus frais ou plus féroces encore, dit un acteur qui était dans le feu de l'action.
Le règne du capital, le fait que sans les dollars, on est "Mister Nobody", imposent des prises de consciences drastiques, pragmatiques dans un individualisme poussé à l'extrême.
Construire sa maison par le crédit. La crise des Subprimes devait survenir. S'en sont suivis: Le chômage en hausse. Une croissance faible. Une économie servie par la démographie et l'immigration qui apporte une forte productivité et une économie inventive. Une flexibilité du travail qui ne stimule pas l'emploi et qui ne récompense pas ses salariés. "Pas de véritable lobby juif en soi" dit André Kaspi. La raison serait que la communauté juive serait non homogènes. L'argent reste le carburant et cela dans tous les domaines.
Pour vivre aux States, il vaut mieux avoir une tête bien faite et bien pleine, alliée, à une chance qui crée la réussite. Le bien-heureux sera ensuite plébiscité, applaudi par tout son entourage proche ou éloigné. Celle-ci mise en avant comme modèle d'un monde déterministe. Être autodidacte et réussir est le nec plus ultra des modèles.
Rien d'anormal, d'avoir une moyenne de 325 ans de salaires d'un salarié moyen pour concurrencer le salaire annuel d'un patron. Ce n'est que la crise qu'à fait changer très péniblement les consciences.
Le "travailler plus pour gagner plus" français se traduit par "travailler plus, plus longtemps et surtout toujours mieux et plus efficacement" en Amérique.
Warren Buffet représente le premier parfait repenti des plus riches. D'autres ont suivi. Quand au bout, il n'y a plus rien à espérer pour soi-même, l'altruisme semble être un moyen de gagner son paradis surtout quand la religion se rappelle à soi.
Un rêve sans étoiles
Plus à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie? C'est évident. La technologie ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. La Russie s'y est essayée avant l'Amérique sans plus de résultats.
Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.
L'American dream avait été soufflé par des Andy Warholl, comme Nouvelle Jérusalem. Le rêve de la France vu par les Américains s'est probablement, tout autant, essoufflé.
L'ascenseur social est en panne comme une coquille vide? Bien sûr, un vers était dans le fruit.
Pas de sécurité d'emplois, pas d'indemnités conséquentes à une rupture de contrat d'emploi mais, en contrepartie, une plus grande disponibilité de retrouver du travail avant la crise.
Crises financières, déficit budgétaire record, licenciements, délocalisations, montées de pays émergents...
Il faut se réinventer ou mourir et survivre, au besoin, en se créant plusieurs carrières complètement différentes dans une vie.
En août 2011, 46 millions de personnes (15% de la population) vivent grâce à des bons alimentaires. 8,6% sont au chômage. Les entreprises s'en sortent plutôt bien, mais pas les salariés.
Récompenser les actionnaires était plus profitable que d'augmenter les salaires des employés à l'exception des "cerveaux" qu'il faut maintenir "at home".
Chacun a sa devise pour sortir de la crise et de la mondialisation.
- Favoriser ce qui est local et, ainsi, recourir au protectionnisme, contraire à l'idée de libre-échange.
- Dévaluer sa monnaie.
- Battre monnaie locale comme le Plenty.
- A la limite, la relocalisation pour enrayer le processus de délocalisation.
Comme il est dit dans "Amercan Spleen. Un voyage au coeur du déclin américain" de Olivier Guez, le spleen trouvent une réponse dans l'envie de recommencer à zéro même après une faillite. Pour la population, la leçon a été "qu'il ne faut pas s'offrir ce qu'on n'a pas les moyens de payer". Une austérité implicite plutôt qu'annoncée telle quelle. L'argent n'est pas fait uniquement des billets de banques. Potentiels à risques, mais avec le but ultime d'accroître, encore plus, ces même billets de banques. "Les ranchers de l'Ouest américain vivent avec la peur au ventre, toujours armés et ne connaissent plus la pays et la sérénité d'antan".
Pour la première fois, l'immigration en provenance du Mexique est en régression d'après un rapport récent. Sur 3 millions, 1,4 million de mexicains sont retournés dans leur pays à cause du manque de travail.
Qui mène la danse dans le monde? Plusieurs points d'interrogations et réponses n'y suffiraient pas. Quelques idées peut-être... et encore, le danger vient d'où on ne l'attend pas.
Voilà toute la "Pax americana" à la sauce actuelle.
"Pour qui voterait Wall Street?" "Il y a une forte corrélation entre le niveau d'approbation d'un président et le moral des consommateurs", disait l'article.
Le cas de l'entrée en Bourse de Facebook répond: 
- Les investisseurs détestent admettre qu’ils ont été mal informés, et ils s’obstinent à croire que leur raisonnement est rationnel ;
- Les investisseurs américains sont toujours optimistes, même si l’histoire montre qu’ils ont eu parfois tort dans le passé ;
- Wall Street a tout intérêt à ce que des millions d’investisseurs soient irrationnels, mal informés et naïvement optimistes ;
- Les investisseurs américains sont crédules, ils veulent toujours croire que Wall Street leur dit la vérité, même si la plupart du temps, ce n’est pas le cas.
Douglas Kennedy, le plus européen des écrivains américains dont j'ai relu le livre "L'homme qui voulait vivre sa vie", décrit bien le phénomène américain.
Le sujet : un avocat quitte une vie pour une autre et se réfugie dans la nature sauvage du Montana dans un imaginaire collectif "on the road". Fondamentalement, l'américain est sédentaire et ne quitte pas aussi facilement son patelin. Le livre n'a vieilli qu'en apparence en ne suivant pas la technologie des portables et des géolocations d'aujourd'hui. Dans son livre, un paragraphe explique beaucoup de choses: "Si en Europe, c'est le travail qui est monté aux nues et qui prime dans l'esprit des gens, le truisme américain qui fait toucher à la grâce du succès, c'est d'être lancé pour que tout s'emballe et vous veut à n'importe quel prix. L'image de celui qui lutte pour arriver est intrinsèquement négative et catalogue comme un rien du tout, un raté à la recherche d'une chance de s'exprimer, de sortir de l'anonymat que personne ne lui accordera de bonne grâce".
Le succès attire le succès et les rémoras suivent les requins à la trace espérant récolter les miettes du repas. Peu importe qu'il y ait un crime à la base du succès, puisque une nouvelle vie est toujours possible ailleurs vu l'étendue du pays.
L'avenir des USA?
Pas de doute, les bonnes années des États-Unis se situaient au cours du 20ème siècle.
Nation d'héritiers, ils croient toujours à leurs pairs.
Il y a 21 ans exactement, c'était le feuilleton "Dallas, ton Univers impitoyable". Ils reviennent. JR Ewing est éternel. Mélange intemporel de sexe, d'argent, d'intrigues, de familles et de mensonges. Le "Time" écrit "JR Ewing a sorti les États-Unis des difficiles années du président Carter et les a guidés vers la confiance en soi, typique des années eigthies sous la houlette de Ronald Reagan".
Les remakes ne demandent jamais beaucoup d'efforts et, surtout, de remises en question.
Le slogan de campagne de Mitt Romney est "L'Amérique doit mener le monde".
"Le passé de Romney dans les affaires vire au handicap de campagne", lit-on. Le passé, c'est cela que les adversaires vont creuser pour les faire plier.
Aux States, tout changer à cause des crises? Jamais. Pays brillant par ses intellectuels, mais qui comptent beaucoup d'ignorants. 48% de la population croit encore aux anges, hait les élites et pense qu'un système de santé n'est que du communisme. "Occupy Wall Street" a été réprimé et s'est dissipé.
Tout est donc encore en place pour concourir à l'immobilité.
Chris Hedge dit que Obama et Romney, c'est choux vert et vert choux. Tous deux technocrates qui servent un États dirigé par de grandes entreprises. Le coup d’État au ralenti des "super PACs" a bloqué le processus législatif. Comme avocats d'affaires, ils n'ont aucune possibilité de voter des lois néfastes aux entreprises comme Godman Sachs ou autres.
Pourquoi en serait-il autrement? Les campagnes électorales américaines coûtent de plus en plus cher. Il faut pourtant s'y laisser séduire pour avoir une chance de régner. Les dons, non limités, proviennent des entreprises qui espèrent, toujours, un "return on investment".
N'est-ce pas, actuellement, passer de Charybde en Scylla?
Les crises ont démarré à partir des États-Unis. Au début, un éditorialiste écrivait qu'elles devraient se résoudre à partir du même point de départ. La réélection dépend aussi de la relance de l'Europe jumelée à celle des États-Unis dans un même goulot d'étranglement.
La dette publique des États-Unis s'élève à 15.600 milliards de dollars.
Il y a 3 ans, j'écrivais "La bonne nouvelle et la mauvaise". C'est fou, comme on a l'impression que le temps n'a pas évolué. Sommes-nous dans des cercles vicieux concentriques? Peut-être faut-il encore plus d'espace temps pour en juger? Parler du capital à risque, des "small caps" ne fut même pas discuté.
Alors remontons encore plus dans le temps.
Au film "West side story" de Léonard Bernstein, par exemple. C'était, il y a plus de 50 ans avec une musique joyeuse mais déjà, il y avait une opposition marquée d'appréciation de la vie américaine.
"Il était une fois, l'Amérique" de Sergio Leone, avec une musique triste, 20 ans plus tard, confirmait cette impression.
Sommes-nous dans des paradigmes qui ne se touchent plus que le temps de se rencontrer et de s'oublier après les rencontres comme celles du G8? 
Une anecdote révélatrice: Le 12 mai dernier, sur France2, le journaliste Delahousse interrogeait l'acteur noir Will Smith pour la sortie du troisième opus de "Men in Black". Remake avec quelques nouveautés après un autre remake, qui arrivera, toujours, à la nausée. Une nouvelle leçon à l'américaine, on ne change pas un filon qui a donné de bons résultats financiers avant qu'il ne soit totalement épuisé. Ce qui ne marche pas une fois, ne le fera jamais. Will Smith déclarait être "pour Obama". La question des impôts venait dans la conversation. L'acteur disait n'avoir aucun problème pour payer des impôts. Quelqu'un qui gagnait au moins un million de dollars, doit payer en conséquence, aucun problème de devoir payer 30%, disait-il. La surprise est venue quand le journaliste lui a dit qu'en France, c'était 75% pour ce qui dépassait ce montant. "God Bless America" lui a-t-il été répondu après un temps mort et un sourire plutôt angoissé.
Autre film, "Panique à Hollywood" de Barry Levinson est une satire de Hollywood. Un producteur de films sans idées qui doit affronter maintes difficultés entre un réalisateur et acteur éhonté pour boucler le budget de son prochain long métrage.
- "François, tu pouvais enlever la cravate", disait Barack Obama à François Hollande lors d'une des premières réunions entre les deux hommes.
- "It's for my Press", répondit Hollande?
Une réflexion qui n'est pas aussi anecdotique, ni anodine, qu'il y parait.
La décontraction est-elle vraiment du côté américain? Allons-nous vraiment "Vers une nouvelle Amérique" comme le faisait comprendre l'éditorial de Catherine Golliau de "Le Point"?
Question piège quand les mythologies du passé, Marilyn, Mickey reviennent, lancinants, pour rappeler les jours heureux du passé, que l'on ne reverra plus quand on ne trouve pas un point G neuf en commun. Un G8 mais pas un G Fin de non recevoir, en quelques sortes...
Paradoxale, l'Amérique? Chocs de cultures, mauvaise appréciation des enjeux. 
Quant aux autres, européens ou faisant partie du BRIC, ils suivent le mouvement avec un effet retard.
Pour tenir la barre, quand le monde est devenu un village, il faut la légèreté des doigts d'une fée que l'on n'espère pas trop Carabosse. Les remakes, c'est pour le cinéma, pas dans le réel.
Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux Etats-Unis et ailleurs.
L'enfoiré,
Les billets sur le sujet "Amérique" vont dans tous les sens, alors, sans être exhaustif, en voici certains:
L'état de l'économie mondiale en un graphique
La croissance des États-Unis comparée à celle de l'Europe.
Obama a donné plus d'argent aux États américains les plus démocrates et les plus riches.
“Romney le cruel” contre “Obama le mangeur de chien”?
Soutien moral des Américains aux marchés d'Europe
Les fables de la richesse: les capitalistes sont-ils des psychopathes?
Des visions citoyennes comme Roosevelt2012 ou un "y a qu'à"...
Mais comme les commentaires ont été assez vifs, passons à l'article suivant "Entracte et anecdotes"
Citations:
- « Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d’une Amérique imaginaire qu’on croit être là mais qu’on ne voit pas. », Andy Warhol
- « Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé. », James Ellroy
- « En Amérique, le sexe est une obsession ; ailleurs c'est un fait. », Marlène Dietrich
(*)Ronald Reagan, l'enfance d'un chef
"Ronald Reagan a été sous-estimé par tout le monde et, au fond, il considérait ça comme un énorme avantage", estime Richard Allen, ancien conseiller à la Maison-Blanche. Laissant de côté les facettes plus connues de l'ex-président des États-Unis - le conservateur, le néolibéral -, ce documentaire s'attache à son rôle décisif durant la guerre froide. Retraçant son parcours, il montre que derrière l'image du cow-boy sympathique et peu compétent se cache un homme intelligent et solitaire. Abonné aux rôles de "chic type" à Hollywood, il est au départ sensible aux idées de gauche. Mais en 1947, président du Syndicat des acteurs, il est confronté à la grève et aux menaces des employés des studios soutenus par le PC. Dès lors, Reagan devient un anticommuniste fervent. Peu écoutées au départ, ses idées finissent par s'imposer - l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS y contribuera - jusqu'à le hisser à la Maison-Blanche. Dès lors, il mettra en place une stratégie qui précipitera la chute du régime soviétique. Plongeant dans les arcanes des négociations entre les deux puissances, ce film donne, entre autres, la parole à de nombreux proches de Reagan (Richard Allen, Martin Anderson...), ainsi qu'à George Shultz, qui fut son secrétaire d'État, et à Oleg Kalouguine, ex-général du KGB.
Quand au rêve belge, cela ressemble à ça.
Pour ce qui est des vacances, ce n'est pas tout à fait vrai. Le belge part toujours. Seulement plus souvent et moins longtemps. >>>
Tandis que pour un Américain, ce serait plutôt cette vision
Maintenant c'est l'heure de préparer les élections.
Livre de Corine Lesnes "Amérique, années Obama. Chroniques d'un pays ingouvernable" et celui de Ron Suskind "Obama, la vérité"
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05/05/2012
Montréal, la francophone
Je connais Pierre Chantelois depuis six ans en tant que blogueur de textes. Depuis sa création, je consulte son blog orienté photos "Les beautés de Montréal". La Belgique, mon pays, s'y est insérée. Des photos échangées, un peu de poésie. Récemment, une sorte de compétition amicale sur le thème de nos automnes respectifs. Aller plus loin. Sortir des seuls clichés. L'inviter à dire ce qu'il pense de sa ville, y ajouter un texte plus personnel, plus intime. Voici la vision de sa ville, Montréal, qu'il m'a offerte.. Je vous confie à lui dans ce voyage et en fin, une surprise.
Mon ami Guy – lorsqu’il m’a demandé de présenter dans ses pages une vision personnelle de Montréal – a fait preuve d’une grande cruauté à mon égard. C’est un doux reproche que je lui adresse. Mais diantre comment parle-t-on de la ville qu’on habite depuis plus de soixante-cinq ans. Je viens de vous faire une première confidence, vous l’aurez remarqué. Sous quel angle devrais-je aborder cette périlleuse mission? Montréal n’est pas Bruxelles. Montréal est une ville résolument moderne, nord-américaine, sans architecture particulière, avec ses quartiers anciens, ses quartiers modernes et ses quartiers de grande pauvreté. Montréal est toutefois une ville de destination prisée par les touristes. Pour aucune majeure. Elle est située au Québec, pays francophone dans une mer nord-américaine. Au Québec, nous nous identifions d’abord en tant que québécois avant d’être canadien. Montréal est la ville avec une majorité francophone et une minorité anglophone. Elle est le pôle économique du Québec, la ville de Québec étant la capitale. Au Québec, nous avons deux réseaux d’éducation importants : les commissions scolaires francophone et anglophone. Nous avons deux réseaux de santé francophone et anglophone. Le Québec a fait l’objet de deux référendums pour solliciter la population si elle désire ou non son indépendance et son détachement du Canada. À deux reprises, la population a manifesté, avec des majorités variables, son rejet de cette option d’indépendance. Et le débat se poursuit toujours. Voilà campée en quelques mots la ville dans laquelle j’habite, le pays pour lequel je souhaite depuis cinquante ans son indépendance.
La population de la ville de Montréal est de 1.649 519 habitants. La population de la grande agglomération de Montréal est de 1.886 481 habitants. En 2011, selon les statistiques émises par Citoyenneté et immigration Canada, au total, 26 090 jeunes étrangers fréquentaient un établissement collégial ou universitaire montréalais, soit un nombre inégalé pour la métropole. La population du Québec a atteint, en 2012, le chiffre de 8.013 073 habitants.
Approximativement, 6 millions de Québécois sont francophones, plus de 600 000 sont anglophones, environ 75.000 sont Amérindiens et Inuits. Près de 80% des Québécoises et des Québécois habitent dans les localités situées le long du Saint-Laurent. Environ 35% habitent à Montréal (sans compter la grande zone métropolitaine qui l'entoure). Avec ses habitants, Montréal concentre plus de 45% de l’ensemble de la population du Québec et regroupe 3,5 millions d’âmes (la population actuelle du «Grand Toronto» est de 4,8 millions habitants) (Source).
Le Québec pourrait compter 9,2 millions habitants en 2056. Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise a franchi le cap des 8 millions habitants fin septembre 2011 et s'établira à 9,2 millions dans moins de 50 ans. (C'est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l'ISQ avancent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou à long terme.) (Source)
Un récent sondage CROP indiquant que les anglophones, particulièrement les plus jeunes, envisagent que Montréal puisse devenir plus tard une ville où l'anglais prédominera. Plus de 77 pour cent des personnes sondées estime notamment que la métropole deviendra à prédominance anglophone, alors que le reste du Québec devrait conserver son aspect francophone, indique le sondage (Source)
Pour contrer cette tendance, un député de l’Opposition au Parlement du Québec, Pierre Curzi, a proposé que le français soit décrété langue commune, que l'affichage d'une raison sociale ait obligatoirement un nom générique francophone et qu'une entreprise obtienne un certificat de conformité à la Charte pour obtenir un contrat public. Le projet de loi, déposé par le député Curzi, modifie considérablement la Charte québécoise de la langue française adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque. Le gouvernement actuel, dirigé par le premier ministre Jean Charest, n’est pas favorable à la réouverture d’un débat sur l’avenir du français au Québec en raison de ses positions fédéralistes et de son appartenance à la Fédération canadienne. Toujours selon l'opposition au Parlement du Québec, le gouvernement cacherait une dizaine d’études commandées au cours des dernières années et portant sur le fonctionnement du fédéralisme canadien. Les études portent sur divers sujets, allant du droit constitutionnel à l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne.
Nous retrouvons sur le territoire de Montréal deux grandes universités anglophones, McGill et Concordia, et du côté francophone, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ainsi que l’Université de Montréal. L’Université Concordia offre plus de 180 programmes de premier cycle dans 4 facultés (Arts et sciences, Génie et informatique, Beaux-arts, École de gestion John-Molson), et 70 programmes de maîtrises et de doctorats. L'Université McGill compte, pour sa part, onze facultés et onze écoles, dans des disciplines aussi variées que le droit, la musique ou les études religieuses et propose plus de 300 programmes d’études sur deux campus.
L’Université du Québec à Montréal (UQAM) est composée de sept facultés (Arts, Éducation, Lettres, langues et communications, Science politique et droit, Sciences, Sciences de la gestion, Sciences humaines) et elle offre 116 programmes de premier cycle, 96 programmes d’études supérieures, 13 centres de recherche, 21 chaires d’enseignement et de recherche, 9 chaires de recherche du Canada, et 2 instituts. Enfin, l'Université de Montréal, avec ses écoles affiliées, HEC et l'École Polytechnique, reçoit 7 000 étudiants internationaux en provenance de 120 pays et elle se fonde sur 800 projets de collaboration internationale en enseignement et en recherche. Elle dispose aussi de 600 ententes internationales ciblées dans 90 pays. Elle regroupe 450 chaires et unités de recherche et un grand réseau de bibliothèques.
Avec ses 1.782.835 habitants, la région de Montréal regroupe 25 % de la population québécoise. Elle offre une qualité de vie enviable et est reconnue pour son ouverture, son dynamisme artistique, sa vigueur économique et sa vitalité culturelle. Le coût de la vie y est abordable comparativement à celui observé dans d’autres régions métropolitaines de même envergure. Montréal est une ville sûre, où l’on peut vivre en toute tranquillité.
La région de Montréal est constituée de la ville de Montréal et des villes de banlieue suivantes : Beaconsfield, Baie-D’Urfé, Côte-Saint-Luc, Dollard-Des-Ormeaux, Dorval, Hampstead, Kirkland, L’Ïle-Dorval, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Senneville, Westmount.
Le Stade olympique est un monument unique au monde : évoquant des mains gigantesques aux doigts recourbés, les 34 consoles en porte-à-faux, auxquelles s'ajoutent quatre consoles tronquées à la base de la Tour, déterminent la géométrie d'ensemble du Stade. Elles supportent l'anneau technique, la toiture et les tableaux d'affichage électronique. L'anneau technique peut se comparer à une maison de deux étages; au premier étage sont logés les équipements de ventilation et le rez-de-chaussée abrite l'éclairage du Stade constitué de 1.146 lumières de 2000 watts. Le stade peut contenir 53.858 personnes et jusqu'à 62.000 avec l'ajout de gradins. C’est le monument le plus visité de la grande région de Montréal.
La métropole du Québec bat au rythme des multiples cultures qui la composent. La ville de Montréal jouit d’une renommée internationale auprès des nombreux touristes qui affluent de partout en toute saison pour la visiter. Ville moderne et de haute-technologie, elle attire également les investisseurs de nombreux pays. Montréal offre une gamme complète d’événements et de festivals, et ce, durant toute l’année. Se succèdent festivals de musique, d’humour, de gastronomie, de sport, ainsi que des festivals d’envergure internationale. Tous prennent part à la fête, les résidents comme les touristes. Certains événements reviennent d’année en année, tandis que d’autres sont une chance unique de prendre part à une fête.
Françoise Ligier, dans Le Français dans le monde, a écrit un beau texte sur les escaliers de Montréal. Notamment ceci : « Pourquoi, dans un pays de neige et de glace comme le vôtre, avoir construit ces successions d’escaliers pour relier la rue aux logements du deuxième et parfois du troisième étage ? Telle est la question la plus fréquemment posée aux Montréalais. Qu’ils soient simples, doubles, jumelés ou en rangée, qu’ils soient en échelle, à quartier tournant, en spirale, en colimaçon, au gracieux déhanchement ou au tortillement mathématique, en forme de L, de S ou de T… ils étonnent. Ils peuvent être humbles ou somptueux, discrets ou flamboyants, gris souris, jaune d’or, vert émeraude… Lorsqu’un chat dort sur leurs marches, qu’un écureuil trotte sur leur rampe la queue en l’air ou qu’une bicyclette y est coquettement appuyée, ils sont abondamment photographiés. Sous un épais manteau de neige, ils peuvent aussi ressembler à une descente de toboggan. Et on rit beaucoup lorsque quelqu’un, sous l’effet du verglas, les descend alors qu’il voulait les monter… Au printemps, les Montréalais lavent et astiquent ces escaliers : ils effacent ainsi toute trace de l’hiver et leur rendent, à coup de pinceaux, une nouvelle jeunesse ».
Montréal est l’objet également de poésies. Des poètes ont exprimé à l’égard de leur ville d’origine ou d’adoption des sentiments partagés.
« Il y a des villes dont les vents rendent fou. Entrer dans une ville, c’est la comparer. L’aimer et la métaphore surgit. Certaines villes ont plus d’imagination que d’autres. À l’image des artisans qui la façonnent. Puisque la ville est la création de l’humain. Souvent elle les inspire. La ville est un joyau précis et précieux d’une civilisation. En Amérique, c’est plein de villes super-écran. De villes King-Kong aux dentitions dinosauriennes !
Et Montréal qui s’était barricadée du fleuve. L’île voulait être d’abord sûre de ne pas partir avec lui. Mais maintenant cette confiance retrouvée. Des fenêtres s’ouvrent sur le Saint-Laurent. L’histoire installée, elle lorgne l’avenir. Les villes sont des folies dont on ne saurait se passer.
Dans les villes on peut jouer : aux oiseaux comme aux fourmis. Certains jours on voit les nuages, en bas ! Et sur les murs de la ville des graffitis assiègent le conformisme de la cravate. La ville se défend de tout statu quo. Il y a, par contre, des villes plus féminines, d’autres plus masculines. Montréal est une ville androgyne. D’où son côté à la fois rond et pointu. »
Jean DAOUST in « Montréal des écrivains » L’Hexagone, 1988
Comment terminer cette présentation sur la ville que j’habite, sur la ville que j’aime, sur la ville qui me nourrit d’espoir, de déceptions, d’illusions et de désillusions? Montréal est une ville paisible. Avec des soubresauts. Montréal est une ville prématurément usée en raison de la négligence et de l’insouciance d’une succession de maires imprévoyants. Montréal est une ville qui se développe sans un plan précis pour protéger sa beauté. Montréal s’anglicise parce que les nouvelles générations rejettent les espoirs des plus vieilles générations. Montréal se cherche. Montréal vit ses conflits de ville culturelle et de pôle économique. Montréal est trop jeune pour apprécier son patrimoine culturel et architectural. Montréal se bat contre des fantômes qui s’opposent à elle et la fait mal paraître. Montréal multiculturelle est coincée entre l’obligation de défendre sa langue et de s’ouvrir aux grands courants culturels du monde. Montréal regarde tristement le flux d’immigration préférer la langue anglaise et ainsi renier des années de combat pour faire du Québec une terre d’accueil francophone. Montréal c’est tout cela. Naviguer entre la jeunesse et la vieillesse, entre la culture et les impératifs commerciaux et économiques, entre ses traditions centenaires et les influences d’une modernité qui lui est totalement étrangère et véhiculée par un flux migratoire. Montréal en définitive est une ville qui migrera vers un avenir métamorphosé par ses résidents d’aujourd’hui et par les générations de demain. Je ne serai plus là pour vivre ces profonds changements. Entre temps, je vis au présent l’évolution de ma ville et je n’ai guère le temps de conjuguer au futur mes craintes et mes désillusions sur Montréal demain.
Je remercie, Pierre, d'avoir pris le temps d'aller au fond de sa pensée pour nous faire comprendre ce que peut ressentir quelqu'un qui vit sa vie dans cette ville de Montréal et dans un pays, qui est 327 fois plus grand que le mien. Il dit que Montréal n'est pas Bruxelles et pourtant, je lui ai trouvé des caractères de ressemblance qu'il serait trop long d'énumérer ici.
Il y en a un que je retiens de vos billets quotidiens: l'envie de faire la fête.
Ce 5 et 6 mai, alors que l'on s'apprête au deuxième tour des élections en France, c'est notre fête, la Fête de l'IRIS.
Je vous ai donc réservé une surprise.
Des caisses à savons, nous en avions eu en 2008 pour la même occasion. Il faisait, alors, 25°C. Cette fois, il faudra se contenter de 10°C.
Alors, pour les photos de ce matin, avant toutes les télés du monde : les voici.
08:00 Publié dans Amérique, Politique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
26/04/2012
Le culte du monopole?
Curieux ce titre. Je l'avais lu dans un journal. Plus curieux, encore, de parler de Microsoft, de Apple et de les rapprocher des élections présidentielles françaises. J'avais décidé de ne pas consacrer un billet à ces élections trop discutées à m'en donner une indigestion. Un tour pour éliminer les "plus petits". Un second pour récupérer leurs électeurs et leurs fans. Entre les deux, transmettre la meilleure image rassembleuse quitte à se rétracter ensuite. Soigner la réputation, mais elle est vite ternie, si rien ne la supporte.
Si ce n'est pas l'homme qui prend l'entreprise, l'homme sans son image, sans quelques artifices pour l'appuyer dans sa tâche, ne créerait pas l'entreprise.
Le mensuel "Ordinateur individuel" (N°245) avait interrogé Bernard Vergnes, ancien PDG de Microsoft France, sur ce qu'il pensait de Bill Gates à l'occasion de ses 30 ans dans la société.
Le 2 janvier 1982, il rencontrait Bill Gates et Steve Balmer, à Seattle. Rien à voir avec la situation actuelle.
Ce qui l'avait marqué, c'était la générosité de Bill Gates, son écoute, son langage clair. Revenu en France, une bonne collaboration commençait.
Une anecdote qui va le concrétiser: "En 1984, Bernard Vergnes apprend au cours d'un cocktail qu'un magazine a décidé de distribuer pour la première fois en France, dans son prochain numéro, une version bridée d'un logiciel. Comme aux États-Unis, c'est Lotus 123 qui semble avoir été choisi, Bernard Vergnes réussit à convaincre l'éditeur du journal de distribuer Multiplan de Microsoft. Autrement dit, fournir en quatre jours 20.000 copies du logiciel bridé. Au prix de nombreuses cernes, le contrat est rempli. Lors de la parution du magazine, les plus grands média se font largement l'écho de l'événement, participant à l'ascension de Microsoft France, devenue dans ces années la première filiale européenne, à égalité avec l'Allemagne.".
C'est en 1975 que Bill Gates fondait avec Paul Allen le société Micro-Soft avec le but de commercialiser le langage Basic auprès de MITS sur l'Altaïr 8800.
Dénommé "prophète du PC", Bill a compris que l'ordinateur allait entrer dans les foyers et quitter les seuls grandes salles d'ordinateurs avec air conditionné et faux plancher pour se retrouver chez les particuliers.
En 1981, son grand coup, fut d'acheter les droits d'un "Disk Operating System" qu'il appelle MSDOS et avec le concours d'IBM s'installe dans la cour des grands de l'informatique.
En 1985, Windows 1.0 sort avec des idées qui existaient déjà chez Apple. Cette version sera un échec. Les versions suivantes vont s'améliorer, mais aussi s'alourdir.
Dès 1995, la société est surnommée "Micro$oft". La société ne déchaine plus les passions, pointé comme porte-drapeau de l'anti-américanisme, attaquée pour raison de monopole et dénigrée sur les forums citoyens. Erreurs stratégiques que de sous-estimer Internet à ses débuts et dans ses prolongements.
A ce sujet, à l'origine, c'est Netscape exerçait son emprise sur Internet. Microsoft, via Internet Explorer détrône, très vite, Netscape grâce à son potentiel financier construit partiellement par les licences OEM qui permettaient de vendre des systèmes informatique complet avec tous les outils Microsoft déjà installés.
Dès 1998, des procès pour monopole entre producteurs vont se succéder, poursuivis par la Communauté Européenne, tout cela, sans vraiment égratigner MS.
Accusé de freiner l'innovation par cette hégémonie, MS était forcé de dissocier Windows Media de Windows. Même morcelé, il en restera toujours quelque chose, mais là, n'était pas le problème.
En 2004, Steve Balmer, son successeur à la tête de Microsoft depuis 2000, constate que Bill Gates était la personne la plus spammée dans le monde avec 4 millions d'emails par jour. Pour lui, Linux est un cancer qui contamine la propriété intellectuelle dès qu'il la touche avec les caractéristiques du communisme. Dire cela quand tout ce qui est propriétaire est dénigré... Avec Balmer, changement complet. On ne fait pas dans la dentelle. Plusieurs vidéos le montrent en train de bondir sur scène. Est-ce par charisme?
Microsoft ne précède plus mais reste en ligne et, parfois, passe au stade de bon suiveur toujours avec 90.000 employés dans le monde, 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un bénéfice de 23 milliards. Cela permet encore de se retourner, de danser et de sautiller.
Les gourous de l'informatique ne postulent plus uniquement chez Microsoft mais chez Google, Apple ou Facebook. Ils se partagent les "têtes pensantes" à coups de propositions plus alléchantes les unes que les autres avec le même problème de monopole en commun.
Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.
Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne.
Microsoft a défrayé la chronique aux États-Unis et surtout en Europe, à la fin des années 90. Ce qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique.
Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne. Le Shermann Antitrust Act, législation antitrust américaine, est beaucoup plus ancien. En 1890, ce fut le premier jalon du droit "moderne" de la concurrence, dirigé contre le "trust" pétrolier Standard Oil. Au début des années 1980, il démantela le groupe de télécommunications AT&T (reconstitué 20 ans plus tard). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.
Ne pas empêcher la constitution des monopoles sauf quand ils deviennent trop gigantesques... (Source)
Loin d'être le seul dans le domaine des TIC, il prouve qu'étudiant raté à Harvard, il y a moyen de creuser son sillon avec succès.
En 2005, Bill Gates n'est plus au sommet de la société. Cela ne l'a pas empêché d'être anobli, cette année-là, par Elisabeth II au grade de Chevalier de l'ordre de l'Empire britannique.
Du privé au public, il "gâte" désormais le monde via sa Fondation ou du moins, en déversant son trop-plein. Une bonne image, il tente d'en donner dans le domaine de la philanthropie avec un fond de dotation de 36,3 milliards de dollars.
Il a promis 363 millions de dollars sur cinq ans pour aider à acheter des médicaments et financer la recherche sur 10 maladies tropicales rares. Le dernier sommet de Davos, ce furent 750 millions de dollars alloués à un fond des Nations Unies pour lutter contre la tuberculose, le sida et la malaria.
Son jet privé ne fait pas oublier que sa fortune s'élève à 48 milliards d'euros, il en destine 90% à des dons. Ce qui lui laisserait tout de même 500 millions avec le titre de "milliardaire du peuple".
Il dit avoir des goûts simples qui se limiteraient à l'achat de DVD, de livres et de hamburgers à emporter avec des canettes de soda allégés. Le capitalisme, pour lui, a ses défauts tout en étant une réussite phénoménale en citant les deux Corée comme antagonistes majeurs.
De son passé dans le monde des riches, son présent sert à changer le monde des pauvres de demain, en signant des chèques.
D'après lui, sa Fondation, créée avec son épouse, Melinda, ne leur survivra pas.
Il est d’avis que donner son argent à ses trois enfants n’est pas une bonne idée. "Ni eux-même, ni la société n’en profiteraient" a-t-il expliqué au journal The Sun. Sa postérité n'est ainsi pas assurée de son avenir.
Le 23 février dernier, il disait "Nous devons réfléchir très sérieusement sur la manière de profiter de la révolution numérique pour parvenir à des innovations y compris dans l'élevage. Pour lutter contre la faim dans le monde en renforçant la production chez les éleveurs à l'aide de systèmes satellitaires, de la technologie vidéo et de la sélection des semences ".
Voudrait-il faire une nouvelle carrière dans l'agriculture, l'agronomie et, qui sait, les OGM? La révolution "culturelle" du numérique est derrière lui. Le voici comme "gentleman farmer" ou comme "globe-trotter".
Alors, son avis sur son "concurrent", Steve Jobs.
"Steve Jobs était un génie absolu, dont la contribution à mon domaine d'activité est incalculable. La genèse de Macintosh, fut une période de concurrence avec plus d'employés de MS sur le projet que Apple. L'admiration est née avec le Mac, les iPhones et iPads.".
Steve Jobs disait de lui "Bill Gates était sans imagination comme un suiveur qui aurait l'esprit plus large s'il avait essayé le LSD ou fait un séjour dans un ashram".
Bill Gates dit lui avoir écrit, avant sa mort, pour lui dire qu'il devait être très fier de sa vie et de sa société. Lettre que Steve a gardé à son chevet, d'après son épouse. Il n'était pas question de faire la paix puisqu'il n'y a jamais de guerre entre eux.
La maison de Steve Jobs est devenue un lieu de pèlerinage. Amen.
En mai prochain, commence le tournage du film « Jobs » de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher dans le rôle de Steve Jobs.
Chez Apple, le nouvel iPad Version 5 est sorti. Un commentateur, trop éclairé écrivait: "Pour quand la cannonisation de Steve Jobs? Et puis la machine à faire du fric d’Apple devient exagérée car lancer un iPhone 4s pour ensuite lancer quelques mois plus tard le 5, ça sent au kilomètre carré…un seul but: faire de la technologie une vache à lait inépuisable . Et le même système avec l’ iPad…Je vois déjà l’ iPad 17 et l’iPhone 28!.. Exploitation de l’idiotie humaine".
Apple est devenue la société la plus cotée du monde. Microsoft a baissé dans la courbe ascendante de la gloire.
Le nouveau CEO d'Apple, Tim Cook a été jugé meilleur dirigeant par ses employés que son illustre prédécesseur Steve Jobs, selon un sondage du blog Glassdoor qui a établi le top 25 annuel des meilleurs CEO pour 2012. Le site a posé une seule question à plus de 280.000 employés : « Approuvez-vous la manière dont votre CEO gère la société ? ». Tim Cook a obtenu 97% d’approbation alors que Steve Jobs n’avait obtenu que 95% lorsque la même question avait été posée en mars 2011.
Quant au charisme devant les prospects et les clients? Wait and see.
L'industrie américaine se repose sur un matelas de 1240 milliards de dollars dont 97 sont réservés à Apple, bientôt 100.
Comme l'action dépasse les 600 dollars, il s'agit de la diviser. La société se promet de gâter plus les actionnaires avec ses dividendes.
Dans son livre, « Inside Apple: How America's Most Admired - And Secretive - Company Really Works », Adam Lashinsky de Fortune a évoqué les règles qui ont permis l’énorme succès d’Apple:
1/ Affectez vos meilleurs employés sur les projets les plus importants.
2/ Soignez les moindres détails
3/ Concentrez-vous sur l'essentiel
4/ Désignez des individus responsables
5/ Seulement quelques personnes se soucient du compte de résultats
Tout est là. Tout est dit.
Préférer les chiffres aux émotions, n'est pas nécessairement une tare si cela profite à beaucoup plus de monde après avoir désigné les personnes les plus abilitées pour y parvenir: "The right man and the right place".
Alors, culte du monopole, des différences entre Microsoft ou Apple ?
Plus de similitudes que de différences entre Bill Gates et Steve Jobs.
Tous deux ont utilisé les idées de leur expert personnel comme une égérie. Jobs n'était pas plus l'expert en informatique que Bill Gates. Ce furent Steve Wozniak pour Apple et Paul Allen pour Microsoft. Ce dernier a livré la face cachée de Bill Gates dans un livre qui écorne son image de généreux donateur pour en donner une image d'amoureux de dollars. Tous deux visionnaires. Tous deux échappés soit à la suite d'une maladie ou d'un accident et continuer en se lançant dans d'autres entreprises plus personnelles.
Bill Gates a été entarté à Bruxelles. Pas Steve Jobs, peut-être, à cause d'une meilleure image, une meilleur réputation et un meilleur marketing qui se traduisaient par un véritable culte du public.
Tous deux ne sont, en somme, que des intégrateurs d'idées techniques et de solutions. « C’était de l’opportunisme mercenaire, ni plus ni moins. », comme dit Allen de Bill Gates, qualificatif qui se justifie peut-être plus à Steve Jobs.
Pas de "Prix Gates" à attendre comme il existe le "Prix Nobel". Sorti de l'entreprise, il est passé à une autre étape, celle de la philanthropie.
Quant à un "Prix Jobs", il n'en est même pas question.
La fin des poursuites antitrust? Ce qui inquiète les Etats, c'est le gigantisme de ces sociétés. Après IBM, Microsoft, Google, Facebook...
L'histoire de l'informatique a toujours été en avance sur l'économie et la politique. Que ce soit via une "Grande Trappe" ou une "Grande Gaufre", cela se déguste avec délectation avec des images, des gagnants, des perdants et des challengers qui se succèdent ou qui attendent leur tour avec plus ou moins de patience.
Le 8 avril dernier, Idek Tramielski, dit Jack Tramiel, le concepteur du Commodore64 (C64), qui reste la machine la plus vendue dans le monde avec 22 millions d'exemplaires vendus, mourait à l'âge de 83 ans. Son C64 était sorti en 1982. En 1984, le CA s'élevait à un milliards de dollars. Une guerre des prix et le C64 sera vendu à 199 dollars. Si les ventes explosaient, les profits fondaient rapidement et Commodore décidait de se séparer de son dirigeant comme ce fut le cas de Steve Jobs en son temps chez Apple.
L'histoire se répète. Les idées s'envolent, les résultats aussi, avant de s'effondrer face un challenger plus finaud encore. Alors il faut créer un culte, une religion pour espérer garder ses fidèles dans le temps.
La campagne pour les élections françaises est-elle différente? Elle n'a jamais été autant figée, autour de la haîne des riches monopolisée par l'argent comme un repoussoir. L'usure du pouvoir ou l'usure, tout court, tout y était, toujours plus rapide que par le passé pour suivre le rythme numérisé. La dichotomie droite et gauche flotte, s'étiole dans des demi-mesures ou se radicalise sans le dire.
Le Front de Gauche de Melanchon a exalté avant de faire peur avec sa guillotine comme étendard pour finir par se dégonfler. On ne rejoue pas le passé avec les mêmes artifices de calcul. Les révolutions sont devenues des évolutions constantes. Aujourd'hui, on ne fait plus de saignées, on met des onguents et des crèmes sur les plaies. Et... on vit plus longtemps.
L'extrême-droite de Marine Le Pen, pour monter dans les sondages, a dû descendre d'un cran la seule rhétorique anti-parasite de son père pour devenir plus acceptable tout en gardant certains thèmes connus en arrière-plan.
Quant à Sarkozy, c'est le président qui a le plus poussé son image en avant mais sans répondre aux espoirs de la majorité, de ses administrés avec des casseroles tirées au pieds, qu'il doit recréer son image positive au sommet de l'iceberg. Le charisme n'est pas tout. Un climat pourri sur la présidentielle entre les deux tours fait désordre. Le culte de la personnalité est à son zénit. Il y a des moments où on se méfierait d'être français avec son billet à introduire dans l'urne.
L'argent, tout le monde le sait, n'est pas le fléau, ni le problème. Il n'est qu'un moteur. Ce qui en est fait, devrait rester la préoccupation majeure.
Dans notre culture de compétition, plus on discrédite, plus on a de soutiens. Que ne ferait-on pas pour brûler l'indifférence, sur l'autel des Grands Hommes? Si l'image est primordiale, autant y laisser sa plus belle, intacte, dans un dictionnaire ou pour être plus moderne, sous l'appréciation du peuple par l'intermédiaire de Wikipedia.
Les bons CEO ne font pas nécessairement de bons dirigeants de leur pays. Un pays ne se gère pas comme une entreprise. Le CEO a le devoir de réduire les coûts et de réaliser des bénéfices. Le président doit incarner, pour son pays, la force, la stratégie dans son ensemble.
Mais ici, il s'agit d'images que l'on donne et pas de leurs réalisations effectives. Cela n'empêche, ce serait amusant d'attribuer un des noms de CEO de l'informatique à chacun des hommes politiques de cette campagne ou vice versa et d'imaginer ce qui se passerait.
Les hommes politiques des états démocratiques évoqueraient leurs difficultés à réunir les opinions de leur parti et les votes de leurs concitoyens.
En Belgique, ce serait peut-être de la dichotomie, adoucie par les habitudes et les faux semblants.
Laurence Bibot l'avait fait comprendre avec l'humour et un accent du "Suuud". Bert Kruysmans y répondait, ensuite, en plus "hard", avec celui du grand "Nooorrrd".
Alors, se limiter aux "monopoles" de droite ou de gauche, entre nord et sud, d'une Window à tous les iXXX de l'informatique, c'est comme devenir presbyte avec trop de lettres majuscules par temps d'orage... Quant au monopole de la richesse, c'est un leurre qui n'est plus jamais à l'heure. L'immobilisme et l'insécurité ont plombé les espoirs.
Si un jour, Bill Gates devait retrouver Steve Jobs et d'autres fondateurs disparus, leurs souvenirs reviendraient et cela pourrait bien ressembler à cela.
Vraiment, si monopoles il y a, ils n'existent jamais longtemps. Par contre, des cultes, eux, persistent et signent pendant plusieurs générations.
Encore heureux que l'humour, lui, n'a jamais eu de monopole.
L'enfoiré,
Mise à jour 11 octobre 2012: MS va prendre exemple sur les stratégies d'Apple et Google.
Steve Blamer est à la croisée des chemins. L'heure des changements a sonné. Le logiciel ne fait plus la pluie et le beau temps. La vente de matériel et des services en ligne vient en supplément. Une intégration du logiciel, du software avec le matériel, le hardware, avait commencé avec la Xbox, la tablette Microsoft Surface. Un certain retard est à combler dans ce domaine. Balmer est sous pression. Ses émoluments ont été rabotés de 682.500 $ à 620.000 $. Les ventes étaient en recul de 3%. Vivement Windows8.
- « Je considère la concurrence légitime, à condition qu’il y ait quelque chose en face. », Steve Ballmer
- « Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles. », Bill Gates
- « L'innovation, c'est une situation qu'on choisit parce qu'on a une passion brûlante pour quelque chose. », Steve Jobs
- « Si j’étais très très très riche, je distribuerais mon argent jusqu'à ne plus être que très riche. Très riche, ça me suffit. », Philippe Geluck
09:25 Publié dans Actualité, Amérique, Histoire, Informatique, Monde des affaires, Politique, Web | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
09/02/2012
Timeline et généalogie en ligne
Faudrait-il essayer de réinventer la roue pour faire plaisir à ses fans? Il n'y a pas qu'en politique que le populisme existe.
Plus d'un an que le film de l'histoire de Facebook et de Zuckerberg, est sorti.
Facebook enclenche la plus grosse entrée en Bourse de la net-économie.
Le but: lever 5 milliards de dollars même si le groupe n'a pas prévu d'utilisation particulière de cette manne.
D'avoir voulu introduire son IPO en Bourse a obligé Facebook de remplir les formulaires correspondants à la "Securities and Exchange Commission" et, ainsi, de dévoiler ses points forts et ses points faibles.
Alors les analystes se demandent s'il faut investir dans Facebook.
Que se cache-t-il derrière cette virtualité dans laquelle baigne Facebook? 9 chiffres à couper le souffle et d'autres points qui pourraient faire suffoquer.
Un chiffre d'affaire de 3,7 milliards de dollars, un résultat opérationnel de 1,95 milliards et un bénéfice distribuable de 668 millions. Ça baigne, donc...
Un potentiel incroyable mais beaucoup d'embûches tout aussi potentielles...
L'amitié comme nerf de la guerre, terrible invention! En substance, les amis de mes amis, même virtuels, sont aussi mes amis. 
Les risques sont loin d'être virtuels.
1er risque: Le mobile: Le principal talon d'Achille de FB c'est d'être trop dépendants de facteurs externes et qui, en plus, sont souvent conjoncturels. La publicité est la source de revenus de Facebook avec quelques abonnements "Like" qui permettent à ceux qui paient de suivre de manière plus orientée.
2ème risque: La gestion des données : Avec des problèmes de vie privée et les attaques potentielles par le phishing.
3ème risque: La concurrence: L'armada de Google d'abord avec les vidéos Youtube. "Plus moyen de cacher vos émotions: les publicitaires lisent directement vos pensées dans votre cerveau". Avoir obligé Google d'augmenter ses salaires pour empêcher la fuite des cerveaux vers FB, n'est pas une mince affaire.
Puis, en tant que réseau social, se positionner entre Okut en Amérique du Sud, Odnoklassniky en Russie et Weibo, Baidu, ... Duban, Kaixia001 pour la Chine où Facebook ne passe pas reste un une gène majeure. Les séductions chinoises seraient justifiées en honneur de l'année du dragon. LinkedLn et Twitter restent, eux, les liens pour les professionnels. Donc, moins de risques.
Mais, Sheryl Sandberg, la n°2 de Facebook est une transfuge de Google. Elle connaît donc la musique.
Quotidienne d'Agora donnait son opinion: "Fascinant... Il est rare qu'une introduction en Bourse déclenche une telle crise d'hystérie. Celle-ci est alimentée par des chiffres qui font rêver : sur les 3200 employés de Facebook, un millier environ deviendrait millionnaire. Le fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, qui possède 28% des parts de l'entreprise, devrait bientôt peser 20 milliards de dollars. L'IPO de ce réseau social deviendrait si elle est acceptée, la quatrième introduction en Bourse américaine la plus importante de tous les temps, après celles de Visa, General Motors et AT&T.D'après les informations du Wall Street Journal, la valorisation de Facebook devrait se chiffrer entre 75 et 100 milliards de dollars, ce qui mettrait le réseau au même niveau que le géant du fast-food McDonald's. Facebook annonce 845 millions d'utilisateurs. Ce qui signifie que chacun d'eux a rapporté 4,37 $ de chiffre d'affaires et 1,18 $ de bénéfice. Par contre, si on prend en compte la valorisation espérée (100 milliards), chaque utilisateur "vaut" 118,34 $. Facebook afficherait donc un PER de 100. Les grandes ambitions : augmentation du nombre d'utilisateurs et faire exploser les revenus de partenariats ou publicitaires. Google fonctionne aussi bien sur ce modèle publicitaire... Sauf que les attentes ne sont pas les mêmes. Un utilisateur du moteur de recherche de Google est à la recherche d'une information ou d'un site dans une démarche active qui le poussera à accorder plus d'attention aux publicités et liens proposés par Google. L'utilisateur de Facebook, lui, cherche à être en relation avec sa famille et ses amis, partager liens, commentaires, activités avec eux et non pas forcément cliquer sur le lien qui vous promet deux tailles de pantalon en moins. La sphère de la vie privée est-elle compatible avec la publicité? Monnayer les données personnelles fournies volontairement par ses utilisateurs est une solution qui risque de se heurter à quelques problèmes légaux et de protection de la vie privée. La bulle Internet 'dot.com' a laissé des traces. Les introductions en Bourse de sociétés Internet étaient 48 en 2011 contre 304 en 1999. Facebook a mis du temps à s'introduire en Bourse. L'attente est énorme et le cours d'introduction risque d'être surévalué. Que produit Facebook ? Pas grand chose.".
Tout est dit. Sortons de la Bourse et de ces chiffres. Ce qui fait vivre un site, ce sont ses mises-à-jour et ses nouveaux projets.
En préambule, à ce sujet, il était question de réinventer la roue. Attention pas la roue bien ronde, mais de celle du temps que Facebook voudrait, cette fois, présenter à la vue du monde.
Aux dernières nouvelles, Timeline est le petit nouveau. Un journal ou une généalogie?
Avant, il y avait la recherche par la généalogie des ancêtres. Il existait des outils pour se faire aider.
Fallait-il aller plus loin et utiliser ce qui existe déjà pour l'étaler au grand jour en remontant dans le temps par les photos déjà à l'abri de son mur?
Remonter l'histoire de ses ancêtres demeure une entreprise bien plus studieuse et fastidieuse. Aller à la mairie ou à la commune, demander des actes de mariage, de naissance, de décès. Timeline qui arrive, veut-il répondre à ce "nouveau" besoin.
"Sélectionnez vos publications, vos photos et autres instants les plus mémorables pour les mettre en avant. Votre histoire a un début, un passé et un présent" est-il dit sur le site de Facebook.
Hier, on faisait appel à des logiciels comme MyHeritage qui se présentait en ces mots:
My heritage : logiciel gratuit pour faire votre arbre généalogique
My Heritage est le logiciel parfait pour vous aider à retrouver les liens tissés entre tous les membres de votre famille.
Dès l'accueil,vous êtes invité à entrer quelques infos succinctes sur vous et vos parents. Une fois que vous avez fourni ces informations et enregistré votre adresse de courrier électronique , afin de vous créer un compte gratuit, une ébauche d'arbre apparaît.
Une fois votre arbre affiché, l'enrichir est un jeu d'enfants. A cet endroit, vous pourrez mentionner des données plus précises, les événements marquants de sa vie.
My Heritage compare votre généalogie à celles des très nombreux autres utilisateurs. Et dès qu'une correspondance éventuelle est trouvée entre votre arbre et un autre, le site vous prévient et vous permet de rentrer en contact avec son auteur.
A première vue, l'idée de conserver son histoire n'est pas très neuve.
Timeline sera-t-il de la même profondeur, aura-t-il le même design?
Cette fois, avec Timeline, nous ne sommes plus au sommet de l'iceberg de l'individualité, mais au fond des océans à la recherche de petits et de gros poissons.
Que dire des sociétés qui se disent encore: "et si on interdisait Facebook de l'entreprise" parce qu'il pourrait nuire à la productivité?
Intranet, inventé pour palier cette explosion de "nuisances", n'efface pas le besoin d'en sortir et d'entrer sur la grande Toile. Supprimer Internet et puis, pourquoi pas, le téléphone.
Jacques Folon répond qu'il faudrait, au contraire, rendre le "système" plus efficace. L'e-réputation, l'e-éducation en prendrait un coup.
Les échanges d'informations, les communications prennent de plus en plus de temps et pas uniquement au niveau professionnel.
Timeline intéressera quel type d'utilisateurs? Certains se sont déjà aventurés et ont aimé le design, d'autres demandent de revenir à la version précédente.
Le 7 août 2008, le journal l'Écho se posait la question "A quand une réelle mémoire virtuelle?". On y parlait de MyLifeBits, une base de données au modèle de portails internet actuels qui servirait de palliatif aux oublis de notre mémoire. Gordon Bell, pionnier de l'informatique de chez Microsoft, y enregistrait et numérisait tous les détails de sa vie par tous les moyens existants. 160 GigaBytes actuellement de "lifelogging". Démentiel, peut-être. Mais, une "vie en boîte" pourrait aussi servir de point de départ à une autre pour éviter les mêmes erreurs. Cette manière de se "sauver" serait d'après lui, dans 20 ans, monnaie courante. Qu'adviendrait-il, si on intégrait toutes ces bases de données d'individus par des liens en commun? Un nouveau monde plus structuré, peut-être, mais moins libre aussi. Les informations que l'on trouve sur internet, constituent une source inépuisable toujours en évolution, toujours à la recherche de la valeur ajoutée. Il est cependant à rappeler qu'il est aussi tentant de se perdre dans des copier-coller très difficiles à détecter. Plus grave encore, cette information peut être falsifiée ou tendancieuse.
Nous y sommes. C'est parti... Il y en a qui testent déjà.
En pratique, le cahier des charges de Timeline est clair: "Il permettra de prévisualiser votre journal pendant 7 jours avant qu’il ne devienne visible par les autres utilisateurs. De choisir ce qui sera mis en valeur en incluant quelques-unes des meilleures photos et actualités. De masquer ou de mettre en valeur ce qui est voulu et d'y ajouter tout ce qu’il manque. De contrôler qui voit les activités et les informations à partager avec des personnes avec qui on partage une activité. De changer d’avis et de modifier qui voit les activités, les supprimer ou simplement ne pas les afficher dans votre journal."
Créateur de malwares à vos marques! Une aubaine de plus pour les pirates, qui, eux, récupéraient déjà les révélations personnelles offertes sur Facebook. Il y avait déjà les like-jacking. Ce petit outil qui se glissait derrière la fonction "J'aime" et qui, détourné, élargissait le trafic de manière exponentielle pour récolter les revenus publicitaires au site hébergeur.
Il faudra maintenant élaguer, comprendre ce qui est stratégiquement utilisable par d'autres. Faire le tri et puis peut-être, protéger ses infos si ce n'est pas fait.
Pour l'utilisateur de Facebook, se rappeler que la meilleure façon de protéger ses informations, c'est de ne pas les donner.
Détruire son blog est relativement facile. Tout ce qui extérieur l'est moins. Une nouvelle niche est née, "nettoyeurs du Web" comme agence spécialisée. Un forfait de protection, veille et intervention qui peut atteindre 1500 euros par mois comme produweb pour l'e-reputation et "se faire oublier". Un marché qui pourrait atteindre 3,1 milliards de dollars à l'échelle mondiale en 2013. La Commissaire, Viviane Reding, a renvoyé le projet en Commission à l'Europe.
Pour Facebook, se rappeler qu'être le premier est une force mais le rester est un challenge, car les amis en Bourse, c'est pas demain la veille...
Être et rester sur la vague de ce que les gens veulent ou pensent vouloir, voilà tout le problème que ce soit "Made in USA" ou "Made in China".
Le premier invente le grand jeu et l'autre le perfectionne à sa mode. Au milieu, il y a l'utilisateur, le consommateur qui veille.
Il y a bien longtemps, dans un film mythique, il était demandé "Vous affez du "à l'ail?"".
C'est encore plus vrai aujourd'hui.
L'enfoiré,
- «La généalogie est une science rigoureusement inexacte, à cause des bâtards. », Léo Campion
- « Généalogiste : quelqu'un qui remonte la lignée de vos ancêtres aussi loin que vous pouvez le payer. », Tom Mayer
- « Il faut 20 ans pour bâtir une réputation et 5 minutes pour la détruire", Warren Buffet
C'est parti à 35$ l'action, Zuckerberg a sonné la cloche à WallStreet...
Puis...cela a coincé: cela a monté... et puis dégringolé...
Mise à jour 17 aout 2012: "Les actionnaires de Facebook ne quittent pas (tous) le navire.
Depuis l’IPO, l’action FB a perdu 50% de sa valeur.
Le directeur financier de FB, Peter Thiel, a déjà vendu 16,8 millions d’actions depuis l’entrée en Bourse. 9 autres millions sont passés de classe B (non vendables sur le marché) à la classe A. 
Les salariés de FB doivent attendre le 14 novembre pour vendre les leurs.
D’autres investisseurs n’ont plus de raison de vendre à perte actuellement et attendent mieux et des jours meilleurs.
Mise à jour de 26 septembre 2012: le vrai-faux bug. Les messages qui sont remontés à la surface, par l'intermédiaire de Timeline, sortant du domaine privé à celui du public. Rumeur?
Facebook est contraint de se réinventer, une nouvelle fois. "News feed", la nouvelle formule pour renouveler la page d’accueil avec plus de pertinence. Le logarithme EdegeRank de l'année passée doit être revu pour renforcer le taux de participation, d'engagement, en baisse pour 34% d'Américains. Corriger la lassitude des jeunes de mons de 30 ans qui ont l'impression de perdre leur temps et d’utiliser un outil ringard. GraphSearch n'était qu'une autre étape. Les microblogs Tumblr, Twitter, Snapchat grappillent des parts du marché de la pub. Des photos qui s'autodétruisent, non pas chez Facebook...
08:17 Publié dans Actualité, Amérique, Monde des affaires, Web | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note
02/02/2012
Kodak, une société qui a raté son tournant?
Parler de sociétés qui ont raté le tournant du progrès, cela arrive plus souvent qu'on le pense. Cela se produit par beaucoup de détours, de stratégies boiteuses. C'est aussi une concurrence débridée, des prix demandés, une souplesse perdue, une situation mal évaluée, une erreur de "Fusion ou de scission"... Quand il s'agit d'une marque comme Kodak que l'on associe avec le produit en oubliant le mot exact qui s'y cache, là, on passe à la vitesse supérieure.
La photographie en analogique, le cinéma 8mm ont été des passions pour moi. La photographie l'est encore d'ailleurs.
L'histoire de la photo et du passage au "numérique", une histoire de "petit oiseau de sortie".
A l'époque, il était déjà question du cas malheureux de Polaroid et de la photo au développement instantanée toujours sur papier qui était en difficulté. La société Polaroïd s'est restructurée depuis. Relancée dans la bataille en juin 2009 avec le "Polaroïd Two" qui "parle", désormais, en 5Mpix, minimum.
En 2004, c'était le moment où le producteur de pellicules photographiques, Ilford, était sur la sellette. Cette société anglaise fut scindée et une partie passait d'abord sous le drapeau suisse avant de se retrouver sous celui du japonnais "Oji Paper Co. Ltd".
"Fujifilm" avait senti le vent du boulet dès 1988, en sortant le 1er appareil numérique avec carte mémoire DS-1P et lançait FinePix.
Les pellicules en rouleaux de 24x36, c'est fini ou presque.
Ce 19 janvier, Kodak déposait son bilan. Là, c'est un coup de grisou dans la mine aux pépites. Si pour les premiers ordinateurs, on avait l'habitude de dire "machine IBM", pour la photo, on parlait d'un "Kodak".
Sous la protection du "Chapter 11" de la loi américaine sur les faillites, il était précisé que "Les filiales du groupes situées hors des États-Unis ne seraient pas concernées par cette mesure".
Le logo de la société devient vraiment, avec son "K", une transfiguration de l'événement avec une flèche qui semble percer un mur.
Dès 2003, 13 usines, 130 laboratoires et 47.000 postes allaient dans la trappe de l'histoire?
La couleur jaune pour Kodak, le vert pour Fuji, le noir pour Ilford se reconnaissaient sans lire la boîte du film.
Là, vraiment, plus que pour Polaroïd, il y a des questions à se poser.
Kodak entrait déjà dans la liste des candidats au suicide programmé et des restructurations de personnel ne change rien à l'affaire.
Kodak est né en 1890. La société a dû en connaître des remises en question, mais conjoncturelles en analogique et non structurelles.
Elle n'avait pas saisi, à temps, l'enjeu de l'imagerie numérique et le passage à Internet. Un plongeon vertigineux s'en est suivi.
Dans le Dow Jones, cela a faisait 70 ans que Kodak fut présente. Au plus haut, l'action Kodak avait plafonné à 70$. Elle était dernièrement inférieure au dollar. Elle n'est peut-être pas la seule dans le cas en temps de crise, mais comme indice de la déchéance, on ne peut trouver mieux.
La société a été incapable de se réinventer. Elle a capitalisé sur ses acquits et ses brevets.
Elle avait une position enviable dans le cinéma jusqu'en 2008. Même au cinéma, la pellicule s'est numérisée. Pas de détérriorisation de la pellicule, moins de place nécessaire, en numérisé, ce qui fait toute la différence.
Alors, il serait intéressant de chercher les raisons qui ont fait que Kodak a raté le coche et que le souffle du vent l'a emporté.
Le site de Kodak dit en préambule "En 1888, avec son slogan "You press the button, we do the rest" (Vous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du reste), George Eastman met le premier appareil photo simple d'utilisation entre les mains des consommateurs. Par cette initiative, il rend un procédé auparavant encombrant et difficile à utiliser simple et accessible à tous. Depuis cette époque, Eastman Kodak Company n'a jamais cessé d'innover en offrant une multitude de nouveaux produits et procédés destinés à rendre la photographie plus simple, plus pratique et plus agréable. Aujourd'hui d'ailleurs, Kodak n'est plus seulement connue pour la photographie, mais aussi pour l'exploitation des images dans une multitude d'applications de loisir, commerciales, de divertissement ou encore scientifiques. L'utilisation d'une technologie associant images et informations est en effet de plus en plus présente dans ces secteurs et permet de changer radicalement la manière dont les gens et les entreprises communiquent. Dans le même esprit qu'Eastman, qui avait pour objectif de rendre la photographie « aussi pratique que le stylo », Kodak continue d'explorer les multiples façons dont les images interviennent dans notre vie quotidienne. La société Kodak se classe parmi les plus grandes multinationales et jouit d'une reconnaissance de marque quasi universelle.".
Vers les années 1930, Eastman fut atteint d'une maladie de la colonne vertébrale qui menaçait de le rendre handicapé à vie. Ne pouvant supporter cette idée, il se suicida en 1932 en se tirant une balle dans le cœur, laissant derrière lui un message écrit: « Mon travail est accompli. Pourquoi attendre? ».
Il est mort, une deuxième fois.
Intéressant de lire la suite de l'histoire de Kofak, pavée de très bonnes intentions. Huit Oscars, cela devait se savourer à sa juste valeur.
Et c'est vrai, cela aurait pu continuer avec la taille de l'Instamatic. Les compacts existent toujours mais en numérique avec le surnom de APN, pour les intimes. Comble du comble, le premier APN, c'était Kodak qui le sortait en 0,35 Mpix.
Alors quoi, la direction avait trop bu et s'était vraiment endormie?
Sur leur site, la chronologie continue jusque en ... 1999.
Entre 2000 et 2011, un des deux liens donne une réponse très peu orthodoxe : "Server Error in '/ek' Application. The resource cannot be found.".
L'autre, plus à gauche sur l'écran, est présent mais la chronologie s'arrête dans le temps à juillet 2008 avec la dernière innovation "Kodak introduit des produits haute définition comme la caméra vidéo de poche KODAK Zi6, pour une réalisation et un partage de vidéos facilités, et le lecteur HD cinéma KODAK, pour la visualisation d'images et de vidéos sur téléviseur HD.".
Là, cela sent vraiment le sapin cuit. Si on ne met pas à jour son site de sa chronologie, c'est qu'il vaut mieux ne plus rien en dire sur Internet.
Voyons les tabs "Innovation" et "Leadind the way", traduit de l'anglais, cela donne:
Image Partagée: Certains de nos moments les plus émotionnels sont capturés dans les images. La technologie numérique ne l'a pas changé, mais il nous a donné des façons plus rapides et plus faciles de partager nos images avec les gens qui importent le plus. Les scientifiques de Kodak ont travaillé des façons de rendre plus facile de capturer, classifier et partager des images à travers le temps et l'espace.
Image Imprimée: Les images imprimées nous entourent à chaque moment, en passant souvent inobservées. En plus des livres, les magazines et les journaux, là, sont imprimés les images sur les produits que nous achetons, les annonces que nous voyons, les vêtements que nous portons, le courrier que nous recevons et des centaines d'autres endroits. La révolution numérique ouvre la porte à une gamme entière de nouvelles possibilités d'imprimerie et Kodak est en tête.
Mouvement de l'Image: Les films ont défini l'amusement pour les générations. Les technologies inventées pour les professionnels de film sont de plus en plus accessibles à chacun; le fait de capturer et le fait de partager l'image bougeante deviennent une partie importante de l'expérience humaine, des films de multimillion de dollars aux vidéos de famille prises avec un appareil de photo de vidéo de grandeur de poche.".
Donc, le numérique était bien dans les plans et les projets stratégiques mais il n'a pas su aboutir ou poursuivre sa route.
Alors, la faillite, à qui la faute? Le client, très certainement. Il a toujours raison. C'est lui qui impose sa loi par l'usure des systèmes alors que le marketing le pousse dans le dos avec des produits à en perdre le souffle.
Recherchons sur Internet, ce qu'en pense les gens et les professionnels de cette lutte entre analogique et numérique.
Au Québec, on trouve la nostalgie de la pellicule de Jean-François Villeneuve: « Les films Kodak, c'étaient les souvenirs, les albums photo pour la plupart des gens, mais aussi notre cheval de bataille, pour les professionnels. Travaillant maintenant en numérique, le médium analogique me manque. Des fois, la bibite me repogne, celle de développer en chambre noire, comme avant. Un processus que j'associe au plaisir, celui d'assister à la naissance de l'image après de nombreuses manipulations en chambre noire. La magie à découvrir la photo, avec les odeurs du laboratoire et toute l'attente qui vient avec le médium. Le marché professionnel n'y retournera pas, mais il y a encore un petit marché pour artistes et pour les gens qui prennent des photos pour le plaisir. Dans le cinéma indépendant, ça fait longtemps qu'on ne touche plus à la pellicule, surtout pour des contraintes de prix ».
Voilà tout est dit ou presque dans ces mots: plaisir, passion, nostalgie et prix pour assumer l'ensemble.
Prendre une photo en numérique ne coûte rien à part l'amortissement de l'appareil. On effacel'image qui ne correspond pas au résultat désiré. On améliore le cliché en quelques clics avec un logiciel sur l'ordi et on envoit le tout à partir de la même source ou par l'intermédiaire de son GSM, vers tous les amis.
La seule remarque, on espère seulement que les logiciels de lecture resteront compatibles entre eux, que le RAW converti ne perdent pas trop de définition quand il passe en JPG.
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j'ai encore beaucoup de travail pour convertir toutes les diapositives en Kodakchrome avant qu'elles ne prennent l'humidité et se fassent bouffer par les champignons. Les photos dans les albums, on continuera à les voir sans y bouger si le temps ne les délave pas trop avant qu'elles ne soient scannées.
Lors de cette histoire d'oiseau de sortie, j'espérais encore pouvoir photographier en hybride et je gardais mon bel appareil CANON analogique perfectionné, bien au chaud, pour les cas où. Aujourd'hui, il est à la cave.
Trouver des pellicules vierges est devenu difficile. J'attends peut-être qu'il prenne de la valeur par son côté rétro ou pour l'envoyer dans un musée de la photographie. Invendable, sinon pour la beauté du geste.
Le matériel de laboratoire avec l'agrandisseur, les bassins, les cuves, a déjà été vendu pour une bouchée de pain à une jeune étudiante en photographie.
Un retour aux sources, dirait-on.
Le système Ektaflex, le nec plus ultra pour l'époque, puisqu'il éliminait tous les problèmes de température à maintenir, de temps à compter avec précision, grâce au produit unique et la machine qui telle une essoreuse convertissait le négatif en positif, qui faisait oublier la période où il fallait près d'une demi-heure pour tirer une photo couleur pour s'apercevoir qu'elle était ratée en sortant de la cuve.
Ce procédé n'avait qu'un défaut majeur: son prix. Les utilisateurs se sont questionnés, paniqués de ne plus trouver les ingrédients nécessaires.
Mais cela ne dit pas encore pourquoi le virage ne s'est pas produit chez Kodak.
Ce n'est pas uniquement un problème de sociétés liées à la photographie.
Il y a l'âge de la société, les manies, les meetings internes qui perdurent à n'en plus finir, les différents niveaux de management qui n'ont plus de stratégie commune ou plus osée. Quand le point critique est dépassé et que la souplesse nécessaire à la reconversion n'y est plus, il faut apprendre à s'effacer.
La "rupture numérique" n'est pas une péripétie. Elle n'a pas encore convaincu tout le monde. Le numérique a cassé les anciens rythmes du progrès pour en créer de nouveaux avec des processus évolutifs plus rapides.
En 2010, la firme Cokin avait une année difficile. Plutôt difficile de placer des filtres Cokin sur le petit appareil que l'on transporte partout qui fournit des photos de des qualités équivalente aux Reflex et qui fait entrer l'objectif dans sa boîte comme le petit oiseau de la pendule à coucou...
Le point positif, on n'a jamais fait autant de photographies que depuis l’avènement du numérique. On ne mitraille pas nécessairement pour changer d'angle de vue, mais pour trouver le meilleur sourire du portrait de sa chère et tendre devant le monument visité. Les souvenirs, cette fois n’ont réellement plus de prix.
Est-ce de bonnes photos? Bonne question. Je vous remercie de l'avoir posée. Sujet épineux, suggestif que l'appréciation de ce qu'est une bonne photo. Même celle-là a évolué. Il suffit de prendre un vieux livre de vulgarisation de Montiel pour s'en convaincre ou non.
Si vous n'avez pas encore été voir cela en virtuel sur Facebook, je vous conseille cela vaut le détour.
En 1867, c'était le début de la photo couleur. Charles Cros déposait à l'Académie des sciences de Paris un pli cacheté sur la "solution du problème des la photographie des couleurs" à l'origine du procédé de trichromie.
Puis j'ai pris le bouquin "L'histoire mondiale de la photographie en couleurs" de Roger Bellone. Il date de 1981, exactement l'année de sortie du premier Mavica.
Il est écrit dans l'avertissement de ce livre "On peut estimer à près de 20 milliards de clichés couleurs la consommation annuelle des photographes amateurs et professionnels du monde entier. Boulimie d'images dont le marché représente un chiffre d'affaires supérieur à celui de Boeing, Douglas, Lockheed, Rockwell, Dassault et Aérospacial réunis. De ce que l'utilisateur dépense pour la photographie, on aurait pu fabriquer un millier d'Airbus et trois cents Concorde. Dans l'univers de l'image, les hommes ignorent tout à son sujet.... Le profane découvrira les mutations qui se traduisent par des prototypes aux concepts inattendus, dont il sera peut-être l'utilisateur avant la fin du siècle".
Amusant, après coup, de relire ce genre de prose. Un business et une société énormes, oui, mais avec des pieds d'argile et avec une arrête dans le dos.
Je n'ai pas vraiment les chiffres actuels. J'ai seulement trouvé "la revanche du papier".
Connait-on mieux la technique de prise de vue en pixels? Non, on presse le déclencheur, seulement plus souvent, sans bruit. Le mot "bruit", lui, est passé sur l'image prise dans l'obscurité et qui s'appelait du "grain". Le grain qui est aussi un moyen de donner du style proche des peintres néo-impressionnistes. Un livre d'images "Mieux photographier" par Kodak, datant de 1982, parle de 100 techniques créatives, a pris place dans ma bibliothèque et ne semble pas avoir perdu de son efficacité.
Les logiciels permettent plus de solutions pour corriger après la prise de vue qu'à l'époque. Augmenter la saturation des couleurs comme le fait un filtre polarisant. Passer de la couleur au noir et blanc ou au sépia. Corriger les fameux yeux rouges trop gourmands en lumière. La photographie ne constitue plus une preuve en justice, tellement une photo peut être manipulée sans laisser de traces.
Quant à l'avenir de la photo, je vais allez voir le "Chasseur d'Image", lui qui a occupé tellement de place pendant des années dans mes archives. C'est fou comme les dossiers sont toujours les mêmes. On n'a, semble-t-il, pas encore tout compris.
Le dernier parle de "Bien photographier l'hiver".
Les conseils n'ont pas changé. C'est toujours le choix de l'objectif qui est là pour accentuer la profondeur de champ, la brume qui reste à "décontraster" (comme disait, avec humour, feu Garcimore), l'augmentation du contraste et de la saturation à renforcer, par contre, pour les paysages, la sur-exposition à la neige, le flash même au soleil... et j'en passe et des meilleurs. Le froid qui fait bailler les piles aux corneilles. Le piqué de la photo est toujours à l'honneur. Le jaune s'incruste toujours dans le soir quand la luminosité fait défaut, mais, cette fois, on dépasse, sans plus le savoir, les 1600 ISO, sans plus s'en appercevoir. Si les rayures des pellicules ont disparu, elles ont été remplacées par des poussières à cause des objectifs interchangeables du reflex qui a pris un "D" dans sa nomenclature. Les programmes se retrouvent désormais au moment de faire clic et à la maison sous le contrôle de logiciels magiciens maison. Les appareils, eux, n'ont pas vraiment changé de têtes. Toujours la concurrence entre le réflex qui il faut bien le dire ne s'est pas senti plus léger avec l'arrivée du numérique et le petit que l'on met dans la poche. Dans le même magazine hivernal, un dossier en parle en les comparant sur leurs résultats pour finir par dire, qu'ils sont tous deux complémentaires.
A l'ouest, rien de nouveau, quoi. C'est toujours le sujet photographique qui fera la différence et la valeur de celui qui ne regarde plus uniquement dans l'occulaire. La technique fera ce qu'elle peut. Elle n'inventera rien.
Alors, voyons l'hiver avec des photos personnelles...et avec un compact numérique.
Plus spécifique à la Belgique, la société Agfa-Gevaert a subi le même problème que Kodak dans la grand domaine de la photo, mais elle a su faire un retournement de situation en changeant d'orientation dans l'imagerie. Ce qui ne l'a pas fait voir plus d'étoiles avec les pixels dans la Bourse.
Plusieurs sociétés dans le monde ont senti le souffle du boulet envoyé par le progrès et pas uniquement dans le domaine photographique.
Il suffit de piquer une tête sur les cours de Bourse pour avoir des indices en dehors de la seule impression que donne la crise. Des sociétés, moins connues, cachent leurs misères. Non, je ne vous en dirai pas plus, mais suivez mon regard...
Être performant ne suffit plus, c'est clair. Il faut plus pour que le photographe ou le consommateur s'esbaudisse. L'utilisateur, le client mène le bal avec un choix étendu, encore plus large, sur la Toile que dans le magasin du coin.
Erreurs techniques ou stratégiques? Oublier ce qu'est Internet et la rupture du numérique, peut être bien plus que de gagner un concours de bonne conduite ou un bonus à la petite semaine. Facebook qui veut entrer en Bourse et a fait son IPO, pour lever 5 milliards de $, même en période de crise, cela ne dit rien ?
Nokia, avec ses Smartphones, avait un problème de conception et d’extension possible et des problèmes internes. Une alliance avec Microsoft pourra-t-elle faire changer cette société d'optique? "Optique", voilà que cela me reprend. Un come-back avec le Lumia 800 avec l'interface Windows Phone?
HP en a fait baver beaucoup avec ses PC comme titan des ordis. Mauvaise appréciation, il s'offre des pépites qui sentent un peu plus le roussi.
"Le progrès a encore des progrès à faire", disait Philippe Meyer, mais c'est Franz Kafka que je choisis "«Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.». La raison kafkaïenne a encore beaucoup d'avenir.
La photographie serait à la veille d'une nouvelle révolution en 2012? La jeune entreprise Lytro lance un appreil qui permet la mise au point alors que la photo est déjà prise sur ordinateur. La mise au point lors de la photo a toujours été reglée par un compromis sur le réglage de la profondeur de champ. L'objet principal de la photo, net et le flou pour le reste. L'oeil n'agit-il pas de la même manière? Oui, mais l'oeil n'est pas parfait, ni universel. Ce petit appareil de 11x4 cms enregistre toute la lumière dans un cadrage donné et permet après coup de choisir la mise au point. Le docteur Ren Ng parle de génération 3.0. Au détriment de la résolution, disent certains. Encore un nouveau compromis en perspective?
Alors, bientôt, Kodak2 en Gpix, c'est pour quand?
Sortez vos appareils à bits, l'hiver arrive. Sujet génial...
Mise à jour 29/3/2012: Duferco et la sidérurgie, même situation.
Citations:
- « La photographie ? Une lâcheté devant le souvenir. », Didier Le Pêcheur
- « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. », Anne Geddes
- « Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant. », Julien Green
09:12 Publié dans Actualité, Amérique, Economie, Film, Histoire, Monde des affaires, Science, Shopping | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
12/01/2012
Fusion ou scission dans la gestion humaine
Pourquoi se marier et ensuite s'apercevoir qu'il vaudrait mieux divorcer? La réponse est presque bancale au niveau d'une famille. Au niveau politique d'un État, d'une entreprise commerciale, ce n'est pas aussi clair. Il y a l'histoire des empires (1) (2), mais, aujourd'hui, au niveau de la gestion publique et privée, qu'en est-il?

La vie en famille est préconisée par les religions et par les États. Normal, si ce n'était pas nécessairement plus rentable financièrement pour ses membres.
D'où, de plus en plus de concubinages. Vivre ensemble sans cumul des revenus des époux. Meilleur fiscalement parlant, moins coûteux en cas de divorce. L'église chrétienne, malgré son opposition, ne peut contrer cette tendance. Les lois de la charria et le mariage résistent par la criminalisation de l'adultère.
Pour des raisons spécifiques, chaque entité tente l'expérience de vivre ensemble dans un même environnement, jusqu'à arriver à un point "critique".
Fusionner pour un État, c'est se donner plus d'espace, répondre à une augmentation de sa population, étendre sa culture, son pouvoir et augmenter ainsi son influence. Une histoire de David contre Goliath.
Pour une société privée, le but est plus financier. Augmenter les bénéfices, lisser les pertes, étendre son pouvoir de vendre sa production et ne pas se faire manger par un compétiteur éventuel. Pour y arriver, c'est supprimer les redondances de postes, rationaliser les coûts par l'économie d'échelle. Le film Mille milliards de dollars est l'exemple type de cette manière de raisonner.
Dans les faits, chaque entité arrive-t-elle à ses fins?
L'histoire n'explique pas tout. Les politiques utilisent les anniversaires comme preuve de leur bonne foi. Le récent 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne D'Arc n'est qu'un exemple de la survivance d'un patriotisme. Pourtant les temps changent et on oublie de les réajuster en fonction des conjonctures. Pas confondre, la France d'alors, n'était pas celle d'aujourd'hui.
Au sommet des entreprises privées, c'est la fusion qui est généralement préconisée. Fusionner différentes cultures nécessite du temps pour passer le cap de la compréhension globale.
Travailler en équipe, avoir des collègues qui doivent collaborer dans le même but, n'est souvent qu'une apparence surtout quand les antécédents ont été longs et que les habitudes en "séparés" se sont incrustées dans les mémoires.
De plus, les "nouveaux associés" sont souvent des "anciens compétiteurs".
On importe d'autres "cultures" sans préparation pour accommoder la nouvelle structure.
A y regarder de plus près, c'est plutôt le travail en "stand alone" qui est inculqué depuis l'école. On ne passe pas son examen de passage en équipe. C'est la compétition tout azimut qui s'est installée au travers de soi et mène "naturellement" au chacun pour soi. La solidarité n'est qu'apparente et poussée par les intermédiaires du management qui eux voient un avantage financier personnel dans l'opération de fusion.
Personne n'est le clone d'un autre. Le haut degré de complexité a poussé à créer des experts en tout. Encore faut-il que cela soit complémentaire.
Le pluralisme d'idées, une richesse mais aussi un "grand défi" qui ne trouvera son échappatoire qu'avec l'effort de chacun.
Dans les entreprises commerciales, deux fois sur trois, réunir deux entreprises par fusion ou par acquisition reste un faux tremplin et révèlent, après coup, des échecs retentissants ou sans valeur ajoutée.
L'envie de créer de nouveaux produits, de toucher de nouveaux marchés n'est pas toujours couronné par un succès. Différences de stratégie, de management, de philosophie d'entreprise sont à la base de ces échecs. Les OPA deviennent ainsi non productrices pour les actionnaires alors que ce sont eux qui le préconisaient. Depuis 1996, deux OPA sur trois échouent à satisfaire les actionnaires, d'après Bloomberg. Malgré trois acquisitions d'envergure, l'action Pfizer a perdu plus de 50% de sa valeur entre 1999 et 2009. La crise n'explique pas tout quand les mammouths explosent à cause de l'embompoint.
La dépréciation d'actifs se retrouve dans cette stratégie de l'échec.
L'économie d'échelle par la fusion pour diminuer les frais communs ne répond donc pas à tout.
De plus, certains niveaux deviennent du "melting pot" difficilement contrôlable.
La chute des grandes banques a changé l'optique générale. Les petites banques se sont mises sur les rangs pour effrayer les investisseurs sur les risques du gigantisme des principales banques.
Dexia voulait toujours grandir pour être à la taille où les prédateurs n'auraient plus les moyens d'attaquer. Le malheur, la prédation est venue par l'intérieur et Dexia s'est effondrée. Des actionnariats opposés, puis une sorte de principe de Peter adapté au niveau société, s'en est suivi. La commission d'enquête Dexia n'en finit pas de découvrir des manquements qui ont mené à l'implosion du groupe. En plus, les responsabilités sont effacées comme des poupées russes de fautes dans lesquelles aucun dirigeant ne se reconnaît.
Depuis, on a revendu en catastrophe quelques bijoux de famille. Deux pays, mais une culture similaire, un apparentement des noms, le Crédit Local de France et le Crédit communal de Belgique de détail, les mariées étaient belles. Le business était différent mais les transferts de liquidités restaient mono-parental mais, tout cela, on voulait l'ignorer car il y avait en échange le rachat de Petrofina par Total. Curieux comme association d'idées.
Exemples de sociétés qui arrivaient à leur point de critique de rupture avec la finance.
Si Solvay a racheté récemment le groupe chimique Rhodia, c'est de manière amicale et estimée par tous comme un bon "Deal" à l'avantage des deux nouveaux partenaires complémentaires. Solvay avait, de plus, gardé un actionnariat familial, solide et avait, ainsi, plus de chance de garder son autonomie. Solvay va tenter de travailler avec Air Liquide pour produire du gaz fluoré.
On peut citer aussi le cas de fusion ratée pour Alcatel-Lucent.
En 2007, la fusion Thomson Reuters avait coûté 8,7 milliards de livres. Des cultures d'entreprises différentes ont mis en échec, la fusion. La sécurité financière apportée par l'un et l'autre n'avait pas, n'a pas suffi à sécuriser l'ensemble. L'esprit entrepreneurial de Reuters, avec des décisions rapides, était confronté avec une volonté d'analyse lente et trop prudente rendant caduc le dynamisme global. La plate-forme Eikon avec un potentiel de 400.000 clients avait été un atout, vite transformé en talon d’Achille avec seulement 8000 clients.
Dans l'informatique, les fusions ont été aussi très nombreuses. La technologie était très chère pour l'assumer à trop petite échelle.
Digital, Compaq, HP sont les poupées russes qui se sont mangées de l'intérieur.
La fusion de Burroughs et de Sperry n'est qu'un exemple parmi d'autres, que je connais mieux par l'intérieur. Lier les deux bouts à force de slogans pour créer une ambiance de "One Unisys" ne verra son aboutissement que quand plus aucun ancien ne pourra dire qu'il était "ex-xxx" ou ex-yyy"... enfin, si on arrive au bout du tunnel.
L'informatique est actuellement sur un petit nuage.
Il se dit dans les milieux concernés "Pourquoi posséder logiciels et matériels alors que plusieurs entreprises utilisent la même configuration? Autant partager et repartir les coûts!".
Normal et raisonnement de seule logique. A part, qu'on oublie qu'on est entré dans un moule très rigide et que si les télécommunications ne fonctionnent pas, le ciel disparaît derrière de véritables nuages opaques.
Aux dernières nouvelles, c'est le domaine de la distribution qui doit restreindre sa voilure.
Delhaize est-elle dans un virage après celui de Carrefour?
L'histoire de Nokia est, elle, à cheval entre commercial et affaire d'État finlandais. C'est l'État finlandais, tout entier, qui en reçoit les retours de flammes. Ces derniers temps, la société s'était endormie sur ses lauriers, après avoir conquis un quasi monopole dans la téléphonie mobile. Entreprise "mammouth", elle se retrouvait avec un pied d'argile.
Carrefour, fusion infructueuse avec Promodès, expansion débridée, instabilité managériale, déclin de l'hypermarché, en dix ans l'action a bu la tasse.
Au Salon de Las Vegas, Nokia ne parle plus de guerre commerciale mais de guerre des écho-systèmes et veut reconquérir le marché des téléphones portables à coup de nouveautés prestigieuses. Une stratégie plus souple, plus adaptée aux marchés modernes ne s'évertuent plus à mélanger les pommes et les poires. C'est un bien, peut-être...
En 2009, un mariage dans le secteur automobile était envisagé entre FIAT et PSA après celui de FIAT et Chrysler et une tentative avortée avec OPEL. Le partenariat semble devenir la manière de se sortir de l'ambiance de la fusion pure et dure.
L'Inde s'immisce dans la culture informatique de l'occident en espérant que la différence de cultures et de fuseaux horaires ne sont qu'une bagatelle.
Un autre phénomène se présente chez ces "mammouths": la gestion informatique. Malgré la puissance accrue des machines, les machines ne peuvent plus suivre dans les temps impartis pour consolider tous ces ensembles de données hétéroclites. Descendre dans l'arbre comptable des différents départements, par produits, par services, par subdivisions fines, et ce sont les informations qui prennent des allures de monstruosités en nombre d'enregistrements à maintenir à trimbaler de système en système. La consolidation des données ne donne pas la solution car il faut pouvoir redescendre aux sources de l'infrastructure pour garder une vision de ce qui coûte et rapporte pour prendre les bonnes décisions de stratégie.
"Un bon cru 2011, avant un net recul", était-il dit en Belgique.
En 2011, 28 milliards d'euros en jeu dans les fusions. Ce furent les banques, contraintes par l'Europe, la chimie-pharmacie et les matériaux qui arrivent en tête.
C'est 159% en plus de 2010, mais c'est bien loin de 2008, qui avait atteint les 120,3 milliards. Inbev et Fortis avaient fait le plus gros de la manoeuvre de fusion à cette époque.
Les "Bourses" sont une bonne entrée en matière dans le mode "fusion.
Le but, réduire le prix des transactions et refondre les systèmes informatiques dans la foulée.
En 2000, les Bourses de Bruxelles, de Paris et d'Amsterdam fusionnaient pour former EURONEXT.
En 2006, la tentative de la Deutsche Börse de fusionner avec EURONEXT échouait par l'arrêt de la Communauté Européenne qui y voyait un monopole sur le marché des dérivés.
En 2007, EURONEXT et la Bourse de New-York fusionnait en NYSE.
En 2010, la Bourse de Toronto fusionnait avec la London Stock Exchange.
La Bourse de Hong-Kong et la Bovespa du Brésil talonnaient la Deutsche Börse.
En janvier 2012, nouvel essai de fusion entre NYSE-Euronext et la Deutsche Börse. Mariage refusé par la CE en personne par Joaquin Almunia. L'ère des méga-fusions internationales est révolue, place aux rachats plus ciblés. La CE aurait trop écouté ses propres concurrents.
Le futur des Bourses du monde sera limité à 4 ou 5 Bourses mondiales, entourées par des satellites plus spécialisés.
Dans les grandes entreprises privées, le "middle management" des hiérarchies sert plutôt de porte-paroles du sommet.
Les PME ne peuvent se permettre ce genre d'organisation et sont souvent plus réactives aux événements.
Le rachat massif d'actions propres des entreprises encore un indice très significatif qui pourrait faire penser au rapatriement de ce qui a été dispersé dans le public.
L'année passée, 1,03 milliards d'euros ont été rachetés dans les entreprises belges. Rien que pour AGEAS et GDF, le rachat s'élevait à 427 millions. Pour Omega Pharma, ce n'est pas moins que 11,3% du capital qui en faisait les frais.
Les buts sont multiples: constitution d'une réserve pour alimenter les plans de stock-options, la déprime des marchés d'actions qui rend les rachats plus abordables, l'amélioration des "returns on investment" pour les actionnaires, la réduction de la dilution du nombre d'actions par la destruction des titres, le fait qu'il n'y a pas de dividendes à verser pour les actions propres et constituer, peut-être, un trésor de guerre pour financer les opérations d'acquisition.
Il y avait un an la question d'un "new deal entre privé et public" se posait. Voilà que cela se confirme avec les "dollars pas toujours verts des multinationales": "Dans la course à la présidentielle américaine, plusieurs multinationales belges mettent la main à la poche pour influencer l'issue finale de la campagne, en faveur des républicains.". 
La politique dans le domaine public, c'est surtout diviser pour placer le plus de postes dans la direction d'un pays.
La Belgique compte près de 11 millions d'habitants, elle a 246 ministres (43 pour Bruxelles, 89 députes, 3 secrétaires d'états).
A ajouter à cela 10 gouverneurs et leurs suites, les maires, les élus communaux. Une duplication des partis entre nord et sud. Pour comparer, New York... 20 habitants, 1 maire et 50 élus communaux..!!
Les mandats politiques publics, parfois, très différents sont parfois cumulés dans les mains de mêmes mandataires. Pas nécessairement pour raison d'efficacité ou de diminution des coûts, mais plus banalement pour additionner les jetons de présences dans les réunions.
Les frontières existent bel et bien. Linguistiques et financières. L'idée de "nation", de "nationalisme" a pris des allures de croisières comme contre pouvoir. Plus, c'est petit, plus c'est devenu "gentil" et contrôlable, doivent-ils penser. Il s'agit plus ici de placer ses propres billes en nombre dans la gestion. Alors, pour juger, il y a des oracles qui nous gouvernent. "Les pouvoirs publics ont donné en fermage des pans entiers de leur pouvoir de régulation aux agences de notation". Celles-ci en deviennent plus puissantes que les Etats.
L'extrême-droite pense, souvent, régionaliser, sous-régionaliser, cantonner, en espérant se placer au plus près des convictions des gens et plus en relation avec leur culture propre, avec le droit sur le sol qui a vu naître ses contemporains, ses concitoyens et ainsi rester plus en communion avec l'enseignement local. Les élections des candidats se font, alors, avec plus d'engouement puisque les élus sont plus proches, mieux connus.
La langue s'attache aux gens comme une colle indélébile et invisible dans une envie de reconnaissance identitaire. Tout est aussi en place dans l'environnement pour séparer: les idéologies, le pouvoir d'achat, les religions, les symboles...
Tout divise pour empêcher les contacts plutôt que de les multiplier. La Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, le Soudan sont des pays qui n'existent plus en tant que tel.
On a pu croire qu'Internet allait ouvrir les frontières en permettant de se connaître mieux de par le monde. Si quelques uns ont fait le pas dans cette virtualité, masqués ou non derrière des pseudonymes, c'est pour exprimer des idées qui même subversives, se cantonnent dans l'espace local, des idéologies, au minimum, compatibles entre elles.
Les entreprises devenues des multinationales ne s'inquiètent plus des frontières étatiques et en profitent pour établir une concurrence entre les États pour les obliger à accepter des pratiques de fiscalité avantageuses comme les "intérêts notionnels" en échange d'emplois.
Basé uniquement sur le modèle financier, la mondialisation a ainsi raté son but de solidarité.
Au départ, l'Europe peut être considérée comme un fédération par consentement mutuel qui trouvait sa raison d'être dans la volonté d'assurer la paix au lendemain de la guerre. Construite pour suivre des raisons géographiques mais qui ne suivaient pas les règles économiques. Un société commerciale progresse de proche en proche et jamais en tenant compte de la géographie. Tester de greffer une entité est plus facile que de le faire en bloc et de là vient l'erreur principale de jugement dans le but de l'efficacité rendue artificiellement globale. Association temporaire ou définitives?
Aujourd'hui, on se demande si vouloir l'Europe était seulement un rêve, une chimère ?
Ceux qui n'y sont pas espèrent y entrer, ceux qui en font partie espèrent en sortir.
Ce n'est pas l'euro seul qui pouvait fédérer les pays membres. Il fallait aller plus loin. Analyser les buts de chaque entité. Trouver des intérêts en commun.
La situation de l'Angleterre, euro-sceptique, pose question. Première constatation, les Agences de notations ne les ont pas dégradé. Analyse:
1. Cameron aurait pris la bonne décision en faisant un pied de nez à Sarkozy. Nous devons faire davantage pour remettre sur pied notre économie, disait le premier ministre britannique dans ses vœux du Nouvel An. N'est-il pas un peu trop isolé? Comment pourra-t-il agir seul pour redresser l'économie du pays? Avec les Jeux Olympiques et le Jubilé d'Élizabeth? Hum...
Réponse: Cela pourrait l'être si l'Angleterre était encore comme la Chine, un pays qui monte. Les JO de 2008 ont permis à la Chine de placer ses pions comme une vitrine de ses capacités. L'Angleterre n'est plus ce qu'elle était même avec le Commonwealth comme carte de visite.
2. "Nos politiques n'arrêtent pas de nous dire que s'ils n'ont pas respecté notre vote "NON" au traité Européen, s'ils nous ont imposé une Europe technocratique et corrompue sans aucun fondement philosophique au moins sur "l'idéal européen", c'était pour notre bien. Sauf que l'Angleterre nous prouve tout le contraire.
Surtout qu'elle prouve que contrairement à ce qui nous est dit, l'Europe ne nous rend pas "plus" attractifs, solvables, compétitifs.
Il fallait attendre de voir si malgré que l'Angleterre ne soit pas dans la monnaie unique "protectrice", elle resterait solvable.
L'Angleterre va mieux "aux yeux des marchés" que les pays ayant pour monnaie l'euro.
Mieux encore, les Anglais sont maîtres de leur monnaie et de la planche à billets par la création monétaire et de bons du trésor. Là, où les gens de la monnaie unique n'ont plus aucune liberté monétaire, législative voire politique.
Avec la Grèce ruinée et mise sous curatelle d'un côté, l'Angleterre de l'autre, tout prouve que les arguments de "préservation" de la zone euro sont juste des histoires à revisiter en permanence.
Les marchés labellisent l'Europe comme "produit de con" .
Tous les arguments de défense de leur idée antidémocratique européenne s'avèrent faux un par un, sans parler de ce qui est sanitaire ou des norme CE."
Réponse: En fait, l'Europe met surtout des bâtons dans les roues des pays souverains parce qu'elle oblige à se greffer dans un moule libéral et oblige à supprimer ce qui serait trop social. Est-ce du populisme de le constater?
L'Europe recale le budget belge. "Aux yeux de la commission, la Belgique souffre de plusieurs handicaps, une dette énorme que la crise bancaire et économique n'a pas arrangé, une absence de vraies réformes structurelles ces dernières années, et une situation politique qui ne facilite pas les décisions d'urgence au cas où ça tournerait mal. La Belgique a choisi de ne pas aller au conflit avec la commission, elle a un peu rouspété pour la forme mais elle est rentrée dans le rang", dit Anne Blanpain. S'interroger déjà sur le budget 2012 de la Belgique, oui, mais après l'indexation automatique des salaires qui devait être revue pour ne pas faire tache dans le concert des Nations, cela faisait beaucoup. Mais qui a raison dans la pratique de l'indexation? La majorité ou la particularité?
L'euro a longtemps été considéré comme une monnaie d'échange qui rivaliserait avec le dollar. Il l'a dépassé au passage.
Actuellement, perte de confiance, l'euro dégringole de son pied d'estale. Bon pour les exportations à condition que les clients principaux soient extérieurs à l'Europe.
La crise de la dette publique comme le serait une baignoire?
Guy Verhofstadt reste un fervent défenseur de l'idée européenne. "Il faut plus d'Europe que moins", dit-il. Comme mandataire à l'Europe, ceci explique cela.
Pour ses mandataires, l'Europe est considéré comme un havre de paix, une échappatoire de fin de carrière, face aux brouilles nationales que doivent endurer les dirigeants dans leur pays d'origine et qui doivent trouver les véritables solutions sur le terrain sans planer.
Le ministre Magnette ose dire ce qui se dit tout bas et c'est considéré comme du populisme. On veut du politiquement correct.
Il est clair que les pays d'Europe ne sont pas sur un pied d'égalité pour décider de prendre une position totalement commune vis-à-vis de l'Europe.
La France n'est pas la Belgique. Bruxelles, au milieu du jeu de quilles de la Belgique, ne peut réagir de la même façon qu'une des autres régions du pays. Elle doit nager entre deux eaux, s'habituer à la brasse, au crawl et parfois à la nage papillon.
L'article "Mirages chinois: les pièges de l'énormité" montrait bien les limites d'un processus rendu impossible à gérer sans une obligation de conserver une certaine dictature d'opinion. Mais l'Europe n'est pas la Chine. Elle a combattu pour obtenir plus de démocratie.
L'Europe a des difficultés parce qu'elle ne trouve pas les moyens d'unifier la fiscalité, la stratégie et la politique entre ses membres.
Fusionner est possible, mais une comparaison suivi d'un consensus s'impose, avant de passer à la fusion effective et définitive et que le multiculturalisme ne frise pas l'antagonisme.
Puis il y a l'Union Soviétique qui, une fois disloqué, pour certains reste une erreur historique. "Celui qui veut restaurer l'URSS n'a pas de tête, celui qui ne le regrette pas n'a pas de coeur", d'après une phrase de Poutine.
Sur Internet, il y a le Facebook en mode Google+ qui ségrégationne en cercles d'influence plutôt que de fusionner.
Autre volet: je lisais dans le Vif-Express "Nous sommes responsables vis-à-vis de nos enfants, qu'ils s'appellent Mohammed ou André. Laisser filer le patrimoine vers le monde entier, il ne restera plus rien.".
Les pratiques linguistiques, les affiliations religieuses, la richesse des particuliers font que la démographie est une science qui sent le soufre. La poussée migratoire frôle, dans ce cas, le racisme de part et d'autre. Il ne faut pas confondre racisme et différence de culture, même si cela semble aller souvent ensemble. L'immigration nécessite une infrastructure d’accueil, de potentiels à tous les niveaux en vases communicants.
"L'islamisme radical menace la Belgique" et "Mickey et Minnie ne font plus rire", lit-on dans Le Soir. Une série d'indices qui incite à la réflexion pour savoir jusqu'où aller trop loin sans devoir se retrouver "cocu" dans un mariage forcé ou arrangé. Dans ce cas, il s'agit vraiment de l'intégrisme pur et dur. Une imposition et une invasion.
Certains parlent des Etats unis d'Europe, quant est-il avec les États-Unis, eux-mêmes?
Christopher Caldwell, dans "Une révolution sous nos yeux" dressait un tableau synoptique qui a affecté l'Europe : l'immigration de masse et l'implantation de l'islam. Selon lui, la France se rapprocherait le plus des États-Unis par sa conception de l'intégration dans un pays. Aux 19ème siècle, l'intégration des immigrés aux USA s'est faite avec l'abandon du lien avec le pays natal et en gardant une proximité de la culture entre les migrants et le pays d’accueil. Une nouvelle vie commençait. L'immigration était souhaitée et supporté par le pragmatisme de l'économie et parce qu'elle exerçait une pression à la baisse sur les salaires. Il existe une taxe fédérale, et des taxes locales tout en laissant l'autonomie aux états qui constituent le pays. La liberté de religion est totale jusqu'à aboutir au prosélytisme. Le financement se fait par des dons accordés aux confessions religieuses. 
En Europe, ce n'est pas le cas, ce sont tous les citoyens qui apportent leur obole via leurs taxes. La France au 19ème siècle était plutôt une théocratie. La société laïque s'est vue en opposition de plus en plus vu le radicalisme qui se crée dans les autres convictions. L'immigration est ressentie comme une obligation morale.
Il est vrai que les liens inter-membres, inter-ethniques se produisent au travers de concurrences, de défenses et de fusions à l'arraché, non concertées, sans "prendre la température" des populations concernées. Heureusement, le système démocratique n'est pas à tendance majoritaire, ce qui permet de ne pas trop changer les lois propres, mais cela pourrait changer. La monoculture d'origine étrangère s'est déjà produite dans certaines villes au nord de l'Angleterre.
En France, le néo-parti du FN a pris ce terrain fertile de la résistance face à cette appréciation de la situation même si cela cache des instincts bien moins reluisants. L'Europe a vu l'extrême-droite s'installer dans ces grincements de dents.
"Too big to fail" contre "Too small to be efficient"?
Paradoxal tout cela? La réponse est dans le dialogue, pas dans l'imposition d'une situation. Le partage d'idée est profitable pas la cacophonie.
Anne-Marie Slaughter faisait le bilan de la gestion de Barack Obama sous un angle parallèle. Les défis sont bien là, mais sa conclusion était plus optimiste.
Obama ne serait-il pas devenu un Gorbatchev à l'Américaine? Quelqu'un qui récolte des succès à l’étranger et moins à l'intérieur?
Des collaborateurs comme George Mitchell, Richard Holbrooke, Dennis Ross et récemment William Daley ne sont plus là pour le soutenir.
Obama a sorti les US de leur position de "maitre du monde" pour la remplacer en renvoyant les "droits et des responsabilités" à chacun dans le monde. Le G8 était converti en G20. L'approche diplomatique à l'ancienne, forte et républicaine, mise en sourdine.
Démocrate, Anne-Marie Slaugther voit Obama en avance sur son temps, à la norme du monde entier.
Ce point de vue se trouvera, tout naturellement, dans les critiques des Républicains lors des prochaines élections de 2012: rendre la suprématie perdue à l'Amérique.
Conclusions:
L'homme a un naturel grégaire. Il aime vivre en société plus ou moins structurée se distinguant de la foule, dans des rassemblements spontanés et sporadiques qui se produisent sous l'effet de stimuli environnementaux (dixit Wikipedia). La plupart des découvertes scientifiques se contruisent en équipes structurées.
Mais l'homme a, en plus, créé l'argent.
Dans ce domaine précis, il n'y pas de petites économies. Mais il y aura toujours des petites et des grandes échelles même dans l'économie. Seulement, la culture des gens n'est pas un fait passager. Elle suit une évolution longue et logique.
Tout dépendra de trouver les dirigeants qui pourront déterminer le point critique entre fusion ou fission.
Sans même parler de fission ou de fusion nucléaire, la vie en commun restera loin d'être un long fleuve tranquille.
Entre "Divide ut imperes" et "Fusionner pour ne pas se faire écraser". Un dilemme de tous les jours. Rester souple et léger...
Quant à la roue à aubes, si elle tourne trop vite, il faut toujours pouvoir la freiner sinon elle finit toujours par s'emballer et à exploser.
Mise à jour 11 octobre 2012: Malgré la crise, l'UE est prête à poursuivre son extension géographie.
Bientôt 30 et plus. la Turquie et le Montenegro sont déjaà sur les listes. Peut mieux faire, est-il dans le domaine du droit, dit la CE. Puis, il y a la Macedoine, Serbie, le Kosovo, l'Albanie, la Bosnie-Herzegovine...
Va-t-on par l'Europe recréer la Yougoslavie?
Citations:
- « Les sentiments sont des métaux. Il importe d'en connaître la densité. Il importe également d'en connaître la température de fusion. », Francis Dannemark
- « Nous sommes six milliards de bipèdes à tenir miraculeusement debout sur de fragiles petits pieds, en équilibre sur une boule de magma en fusion. Un véritable numéro de cirque ! », Professeur Choron
09:45 Publié dans Actualité, Amérique, Belgique, Economie, Europe, Monde des affaires, Organisation, Politique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
29/07/2011
Un nouvel ordre mondial?
Un dossier de l'Echo énumérait les enjeux d'une révolution appelée "Le nouvel Ordre mondial". Chaque joueur y tente de conquérir le monde. L'Oncle Sam n'est plus seul à décider du monde. Il doit s'arranger avec des concurrents tout aussi peu conciliants. Dans cette partie d'échecs, trois parties: la technologie, l'énergie et l'économie. La technologie dans les domaines militaires, le spatial et l'Internet. L'énergie par la conquête des ressources naturelles, fossiles ou durables. L'économie, comme moelle épinière, avec ses propres règles spécifiques, souvent non standardisés, non solidaires qui se cachent derrière les sourires coincés, affichés lors des G8 ou G20.
La technologie (Entre la bêche et le semi-conducteur):
La technologie a influencé tous les domaines de l'ordre mondial, lisais-je. C'est peu dire.
Une anecdote raconte que, le 28 mars 2011, une femme géorgienne âgée avait sectionné, par inadvertance, un câble de fibre optique avec sa bêche. On l'appellera la "hackeuse à la bêche". Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie étaient privées partiellement de connexion internet.
Le virtuel s'est substitué au réel. Intimement lié, le Web a imité la rue qui renvoyait, à son tour, l'ombre du Web. La guerre du réel se retrouve dans une cyberguerre. Les pirates du virtuels se sont cachés derrière des pseudonymes d'Anonymous et prennent une nouvelle forme de guerre dans laquelle tous les coups sont permis. Le "business model" du piratage reste lucratif comme dans le monde du réel en Somalie. La sécurité des données du Web est un mythe dans lequel le citoyen espère qu'il sera ne sera pas impliqué. Pas de paranoïa, tous comme les logiciels, les circuits intégrés peuvent très bien être des "kill switches" insérés par ceux qui les construisent.
La sécurité absolue, c'est se retirer d'Internet, tirer la prise de l'électricité du PC, ensuite. Tout est susceptible d'être piraté sur la Toile. Plus, il y a de consommateurs, plus il y aura de chance d'attirer les pirates.
Le "hackisme" est plus qu'un sport de jeunes. Le vol de données est un business de groupes organisés car les données ont une valeur intrinsèque revendable.
Wikileaks attaqué et ce sont les réseaux qui se retrouvent bloqués par des envois concentrés vers leurs sites en provenance de commandos anonymes. 
Personne ne connait le nombre de PC infectés par des virus et qui deviennent des zombies, des "botnets", à l'insu de ses utilisateurs. Les antivirus agissent rétroactivement.
Si, en réel, le réseau Facebook correspondait à un pays avec 500 millions d'utilisateurs qui devenaient des habitants de ce pays, il représenterait 7,2% de la population mondiale, l'équivalent de l'Union européenne, 4,5% pour les Etats-Unis, 17,5% pour l'Inde et 19,27% pour la Chine. Est-ce grave? La force réside dans son audience qui le rend presque invincible et, en même temps, indispensable pour la stratégie commerciale et privée de la population. La frontière entre privé et public, en est devenue ténue. Pourtant, Facebook a ses propres règles d'utilisation, décrites dans leurs propres règles, qui ne respectent pas totalement les règles démocratiques. Jouer au dictateur devient, ainsi, tout à fait possible par rapport à une législation nationale. A quand le drapeau Facebook?
Un bug de l'informatique à l'école? La « fracture numérique » se situe moins au niveau de l'accès aux TIC (technologies de l'information et de la communication) que dans l'usage qui en est fait » était-il constaté.
Au niveau militaire, la technologie a pris des allures en dents de scie, réactive comme le sont des pompiers à la suite de drames.
L'Angleterre était la reine sur les mers du monde. Pour des raisons de rationalisation, d'austérité, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le porte-avion "Ark Royal" sur lequel décollaient les Harriers en décollage vertical, a été mis au rancart. Cette tendance s'est propagée en Europe qui compte sur l'OTAN pour sa sécurité.
La Chine est en expansion dans le monde mais aussi, dans le domaine militaire "Made in China", comme symbole de puissance et surtout pour restreindre le déploiement des forces étrangères. Le budget militaire de la Chine ne dépasse pas le 5ème des dépenses militaires américaines, mais elle se perfectionne.
La course à l'espace est en panne de rêves aux États-Unis. Les navettes prennent place dans les Musées. L'aventure s'est révélée trop coûteuse. Le déficit budgétaire a atteint la limite autorisée des 1.400 milliards de dollars. Les Républicains s'opposent à augmenter les plafonds de la dette américaine.
Dans ce tourbillon de nouvelles "pompiers", les grands projets futurs se décident sans enthousiasme.
Dans Communauté européenne, l'ESA devra donner un meilleur rapport qualité-prix que la NASA si elle veut continuer. Pas d'ambitions exagérées. Galileo et GMES comme programmes essentiels. Un lien artificiel entre le public et le privé est devenu la seule collaboration pour continuer encore.
La Russie a décidé de travailler en collaboration entre partenaires. Attentiste.
L'Inde n'a pas ce souci de fierté nationale et poursuit des objectifs utiles d'observations de la Terre.
On joue pourtant au stratego spatial en Chine qui reste cavalier seul, fierté nationale oblige, dans un processus de rattrapage avec le projet de sa propre station orbitale. Jusque quand?
"The Carlyle Group" est un réseau politique qui investit dans les technologies à finalité militaire. Il s'est vu détrôné par la crise au profit de Goldman Sachs.
Yassou (traduction "salut") disait Zorba le Grec, en dansant, le sourire aux lèvres. Il est vrai que, ces derniers temps, on ne danse plus, en Grèce. On ne fait plus que compter et on rit jaune. Et ce n'est pas à cause de Michael Cacoyannis, son réalisateur, qui vient de mourir et dont on ne se souvenait même plus du nom.
Non, vraiment, pas d'OVNI sous le soleil. Objets Vivifiants Non Identifiés, s'entend.
L'énergie (Métaux rares et courbettes diplomatiques):
Une autre anecdote: Juillet 2009, l'Australien Stern Hu est accusé d'espionnage et de pots-de-vin en Chine. Dans ce pays, on ne rigole pas du tout avec cela. On "liquide" les fautifs. Orage diplomatique entre les deux pays. Il s'agit d'un échange de "bons procédés". Rio Tinto a mis des bâtons dans les roues du "numéro un chinois" de l'aluminium, Chinalco. Pas question d'entrer dans le conseil d'administration en augmentant son actionnariat. Le comble: le chinois "Minmetals", avec ses mines de cuivre et d'or et "Lynas Corp", actif dans les métaux rares, sont repoussés vers la sortie. C'est décidé, on ne vendra pas de steaks de kangourou en Chine, cette année-là... L'année suivante, le Premier australien faisait une visite en Chine: "Notre relation avec la Chine est en bonne forme", disait-il ensuite, sans rire, devant les journalistes. Pensait-il à la même chose?
L'énergie des hommes est confrontée aux matières premières et à la fuite de leurs politiques.
Désormais, les matières premières dessinent le monde en permanence en fonction de leurs disponibilités.
L'histoire du pétrole, Eric Laurent en avait parlé en détail dans la "Face cachée du pétrole". C'est presque de l'histoire ancienne comme des fossiles vivants dans les mains de paléontologues.
Le directeur général adjoint de GDF Suez, Dirk Beuwsart affirmait "Le passage à l'énergie durable est une illusion. Les prévisions de la demande énergétique devrait doubler d'ici 2050. Tout dépend toujours des quantités disponibles et du coût d'exploitation. L'Europe n'a pas développé une politique d'approvisionnement énergétique avec une petite chance par le gaz. Une grande partie des ressources sont concentrés dans un nombre limité de régions". Ce qui devait avoir fait sortir les écologistes de leurs gongs. Mais cela pourrait faire frémir les consciencieux de l'avenir .
Le Groenland, un eldorado inexploité? S'il n'y avait les conditions extrêmes de ce continent glacé et donc le prix pour l'exploiter. L'Islande avec ses volcans, un autre eldorado. "Le réchauffement climatique met à jour de nouvelles opportunités", dit "Hudson Resources". Mais, est-on prêt à tout sacrifier, joyeux des désastres de nos méfaits? Entre temps, le réchauffement climatique n'a pas encore dit son dernier mot. Heureusement, jusqu'à présent, l'Antarctique a réussi à se préserver de trop de perversions des États.
La fameuse "révolution des gaz de schistes" fait beaucoup parler d'elle. Des gaz emprisonnés dans des roches schisteuses mieux répartis que les autres hydrocarbures. Entre 2.400 et 11.000 milliards de m3 présents, rien que dans le sous-sol néerlandais. Le problème, c'est la technique pour aller le pomper entre 1000 à 2000 mètres, puis à l'horizontale au travers d'argile et la pollution qui apporte une menace pour l'environnement. Le film "Gasland" l'explique. La Pologne, l'Estonie seraient pourtant, les plus pressées pour se lancer dans l'aventure. C'est devenu une nouvelle histoire d'eau dans le gaz, qui passerait du figuré au réel, via la politique.
L'alimentation a généré la ruée vers des terres fertiles entraînant une pénurie latente. La flambée des prix en 2008 a semé la panique. On spéculait dans des bulles artificielles. La crise était là, on s'est écrasé. On croit s'en sortir et on repart. La pénurie est devenue structurelle avec toujours plus de demandes. Pénurie d'eau potable et épuisement des réserves alimentaires. Des entreprises étrangers s'approprient de terres en usurpant les paysans locaux qui, dindons de la farce, n'ont pas les moyens de revendiquer leurs droits sans titres de propriété officiels. "China-Afrika Development Funds" est doté de 5 milliards de dollars pour établir des contrats à bas prix. La solution, enrayer la famine en surface avec une location mais payée en monnaie de singe. Lester Brown parle d'émeutes de la faim dans le futur suite à de mauvaises récoltes. Un autre coup d'épingle dans la "bulle alimentaire". Le pétrole contre nourriture n'est même plus d'actualité. Le principe a seulement évolué, shifté vers d'autres ressources naturelles, comme l'eau.
Sans le Nil, l’Égypte n'existerait pas, dit-on et c'est vrai. L’Égypte s'est toujours octroyé un droit de regard sur tout son court, alors qu'elle est en aval et à l'embouchure. Pour ses besoins énergétiques, elle a été jusqu'à déplacer sa propre population pour construire le barrage d'Assouan. Le Burundi, l'Éthiope en amont veulent leur part. Le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie avaient déjà paraphé un traité de partage des eaux du Nil. Le Nil Bleu fournit le plus de débit et à sa source au Lac Tana, en Éthiopie, pays qui n'en exploite que 0,3%.
Le problème de l'eau devient crucial partout. Il resurgit près des fleuves du Colorado, du Jourdain, du Gange, du Danube...
Une Terre bien plate où tout le même serait servi de la même façon, en eau, en nourriture, en soleil, en énergie aurait pu éviter cela. Cela aurait-il été une évolution sans contestations, sans vases trop ou trop peu communicants?
Faut pas rêver, surtout éveillé.
L'économie (Vol d'oiseaux et mauvaises augures):
Vol au dessus d'un nid de coucous ou vol d'oiseaux de mauvaise augure? De toutes manières, des oiseaux de toutes les couleurs. Le nouveau jeu, "Angry Birds" est un oiseau qui tire à lui, tout ce qui vient à sa portée. Time is money. "Atos Origine" vient de supprimer les comptes d'email pour ses salariés. C'est Facebook qui devient la base de partage des informations. Plus de formules de politesse. Du concis, précis et visible par tous et pour tous.
L’espionnage industriel, c'est pour les autres. L'affaire Renault était un mirage. Le vieux routier de l'économie George Soros a un théorie qui d'après lui, fonctionne, la réflexibilité. Le "Hedge Fund Quantum" qu'il a créé, a fait un carton. Le 16 septembre 1992, lors du "Black Wednesday", il pariait sur la baisse de la Livre Sterling et il empochait 1 milliards de dollars dans l'opération. Le serpent monétaire perdait la Livre. Intuition ou expérience? A 81 ans, Soros va rendre son tablier. Il vient de fermer Quantum aux investisseurs externes et rend les avoirs de ses clients.
La "voiture économique" est partie depuis dans une dérapage incontrôlé sur glace. A bord, on contre, instinctivement, le volant dans l'autre sens, avant de remettre la voiture, par à coup, sur la ligne droite de la route. Faire cohabiter marchés et pouvoirs publics, c'est faire travailler le frein et l'accélérateur avec, en plus, la sophistication du GPS et du limiteur de vitesse.
Le Consensus de Washington de la libre-circulation des capitaux est quasiment mort. La Chine utilise le dollar à l'extérieur et le yuan à l’intérieur. A y réfléchir, les dirigeants chinois ont raté une occasion de laisser leur monnaie s'apprécier pour contenir la hausse actuelle de ses prix. La BCE, elle, a pour seul objectif, de combattre l'inflation. La FED, c'est l'emploi et la stabilité financière qui la préoccupe. Le crash des crises systémiques étaient à l'horizon du possible des banques. Le jeu de la réciprocité n'a pas joué pour les banques chinoises. La concurrence n'existait pas sur un pied d'égalité: désir de démocratie contre parti unique. 
Nokia, qui était "number one" jusqu'en 2007 dans le marché des portables, s'est vu récemment déclassé, dépassé. La société se retrouve en 3ème place. Fin mai dernier, Nokia plongeait de 17% en Bourse. En cause, la prolifération de managers, une mauvaise compréhension des désirs des consommateurs qui a entrainé des erreurs de stratégie. Passer leur temps à créer des présentations Powerpoint sur tout et rien, par "slide makers" et plus veiller à sa sécurité qu'à l'évolution des marchés. Une réduction des coûts et mauvais choix des priorités. Milliards d'euros dans la R&D, structure bureaucratique et projets hors besoins des consommateurs comme clous dans les chaussures. L'iPhone est arrivé et le dérapage a commencé. Les consommateurs semblent préférer se tourner vers les modèles utilisant le système Android de Google ou vers les smartphones Apple. Depuis, la rumeur encercle Nokia et voient Samsung comme un repreneur potentiel du géant finlandais.
Les entreprises actives dans les hautes technologies sont à terme visées et rachetées par des investisseurs étrangers.
L'intelligence économique passe par la course à l'informatisation et à sa protection. Oui, mais rien ne sert de courir dans la cour des miracles, il faut aussi se donner de bonnes directions pour que les miracles restent efficaces. 
"Stop lost". Il faut réduire les dettes. Le triple AAA en dépend. Il faut cependant orienter la manœuvre de réduction. Déterminer où sont les plus grosses fuites et les meilleurs moyens de les colmater. Les 14.000 milliards de dollars de plafond des Américains, servent surtout de garde-fous, pas de scénario catastrophe. Le dollar plongerait. Il a déjà commencé. Les plus grands bailleurs de fonds en dollars chinois dévalueraient probablement leur yuan pour rectifier la disparité, mais entreraient néanmoins dans le panier des contentieux en communs.
Quels sont les pays les plus endettés? Tout dépend par quel bord on les prends. La dette publique en % du PIB, les tops cinq sont le Japon, la Grèce, le Liban, le Zimbabwe, l'Islande. Pour les dettes extérieures, en $, ce sont les USA, UK, Allemagne, la France, le Japon qui se taillent les premières places. Mais en $ par habtants, surprise, c'est le Luxembourg qui a le pompom.
Ni les dons, ni les contributions ne font plus recettes. Tout est cédé avec des élastiques par des mouvements ultra-libéraux comme les Tea Party. Faux rêves et vraies réalités, disais-je...
La dette des States est colossale. Le libéralisme pur et dur ne veut pas lâcher le moindre lest. Pas de taxes sans compensations par le plafonnement des dépenses publiques et des dettes et les marchés s'excitent. Le match des Titans est ouvert. Faites vos jeux, impair et passe. 
Désormais, en Europe, c'est l'austérité qui se retrouve dans la nouvelle bouteille à la mer. Le social a maintenu, vaille que vaille, le bateau en perdition, hors de l'eau. Jusque quand? Quand les risques augmentent, les prix pour emprunter, aussi. Les agences de notations, c'étaient bien pour les sociétés privées pour des Etats, ce n'est pas le même impact.
Jacques Halpérin s'interroge de savoir si pour un État, les notations étaient bien sensées? Le rating des USA serait insignifiant, constate quelqu'un. Cette constatation rendrait caduque, les cotations de l'entité "Europe" en ne rendant qu'une perception de solvabilité manquant de pertinence. Pour un État, la faillite, la comptabilité, le bilan ne sont que des éléments aléatoires manquant de précisions. Ce qui mériterait, au moins, le bénéfice du doute. On n'augmente pas la punition de celui qui est déjà en prison dans un jugement à répétition. On le laisse purger sa peine. S&P a pris le risque de descendre le niveau de cotation des USA de AAA à AA+. Son patron, Devon Sherma, a été "dégradé" de son pied d'estalle. 
"Grey is beautiful". Une carrière d'un travailleur se partage entre démarrage, croissance, consolidation et détachement. C'est dans les deux dernières phases qu'il y a le plus d'engagement à prévoir. D'où l'importance d'offrir des formations à tout âge. Le dispositif de de retraite progressive a suscité beaucoup d'intérêt. Mais encore faut-il y ajouter la volonté politique.
Le jeudi 24 octobre 1929 ce fut la plus grande crise de tous les temps. Elle allait durer 43 mois. 8000 banques en faillites. Le Dow Jones, -90%, le PNB -30%. Ce n'était pas gris, ce krach prenait les noms de jeudi noir.
La plus grande chute, avec -22,6% sur une journée, reste le 19 octobre 1987. Qui a-t-il de différent? Comme le constate Laurent Arthur du Plessis, il n'y a plus grand chose à "stimuler". A l'époque, la balance des payements des USA, en créanciers du monde, était positive. Les ménages et les entreprises étaient peu endettés.
Le travailleur, aujourd'hui, est infiniment moins réactif et rigoureux. L'économie sociale ne voit qu'en terme de groupes dans un démagogie de l'Etat-providence, qui parle de complot des "riches". Les propositions reposent sur une suite de réformes alors que l'environnement est hostile. Au changement du siècle, le système de crédit échappe à tout contrôle. L'occident se "paye" des bulles à répétitions avec de plus en plus de dégâts quand elles crèvent. Ce ne sont plus les petites manoeuvres faciles des taux d'intérêts des manuels d'économie qui sauveront. Une hausse des taux, c'est diminuer les liquidités et accentuer la dépression. On "démine", plutôt qu'on corrige, dans une déflation dont on oublie les risques. La notion d'équilibre n'existe, tout simplement, pas. Grande découverte. L'économie est en milieu naturel. Tout à besoin de tout dans son environnement proche ou lointain, pour rester en vie et la porter. Ce n'est pas seul contre tous ou groupe contre groupe comme dans une croyance éperdue dans la compétition. L'économie doit respirer par petits coups. Exansions et contractions et retour. On a des "riches-pauvres" qui ont plus de biens et moins de cash-flow pour s'assurer contre la moindre crise. Le capital est là pour créer encore plus de capital, comme le ferait une graine, pas pour être gaspiller et être réservé à une partie minime de graines, les plus grosses.
Conclusions et idées:
Fukushima a sonné le glas de l'énergie nucléaire conventionnelle. Le printemps arabes a montré qu'une révolution peut en entraîner une autre comme dans une partie de dominos, soutenue sous la virtualité boudeuse d'Internet, de Facebook et de Twitter.
Ces événements ont créé des tsunamis de réflexions dans le monde. Les vagues suiveuses continuent à déferler.
Les acteurs du monde se regardent toujours en chien de faïence en se demandant quel sera la prochaine victime sur la liste. Ce qui était important, hier, l'est beaucoup moins, aujourd'hui et le sera, probablement, encore moins, demain. Les journaux nous apprendront la suite s'ils le veulent bien. Les risques se déplacent. De conjoncturels, ils deviennent structurels voir systémiques.
C'est un peu ce que disait en résumé, Jeremy Rifkin. 
Au 19ème siècle, les révolutions industrielles ont transité par la machine à vapeur dans l'ère du charbon. Au 20ème, le moteur à combustion s'est appuyé sur le pétrole. Les énergies durables, Internet, les TIC se présentent au 21ème.
Une 3ème révolution semble être en marche. Dans cette bataille, on voit l'évolution des prix. L'inflation a freiné la croissance économique. Pourtant, un peu d'inflation est naturelle et même souhaitable. L'argent vit sa propre vie. Il a ses propres filières. Les produits qui viennent d'ailleurs, moins chers, tentent de juguler, de réguler les marchés. Le consommateur, lui, ignore, désormais, la provenance de ce qu'il consomme. Il a perdu l'habitude de penser que les biens qu'il achète, auront encore une durée de vie de décennies.
Il ne pense plus qu'à faire la meilleure affaire en tentant d'atteindre le meilleur prix-performance, quitte à hypothéquer son propre avenir. Il paye. L'empreinte écologique est entrée dans les consciences comme un trouble-fête, comme un manque à gagner.
En Europe, la peur du lendemain a pris place au côté des populismes, des extrêmes-droites de tous bords, des plus grossiers aux plus inattendus et meurtriers, comme on vient de le constater, groggy, en Norvège.
Depuis lors, on cherche qui peut avoir fait quoi. Des bouc-émissaires...
Les réactions face à cette surprise ne se sont pas fait attendre, à postériori, pour tenter de rectifier ce trop plein de liberté via Internet: "faut-il mieux contrôler la toile?", "fermer les frontières?". Question à faces multiples et à réponses parfois très partiales. N'est-ce pas un peu trop tard, face à une lame de fond, du tsunami dont on n'a pas évalué l'ampleur quand on sait que des logiciels permettent de crypter les informations bravant l'interdit?
On analyse aussi son manifeste "2083" pour découvrir qu'il y a beaucoup de plagiats insérés.
Combat d'arrière-garde, surtout quand tout est intégré, mondialisé, "dettisé"... ?
L'islamophobie, les immigrés, un nouveau mal du siècle? Un multiculturalisme raté, quelque part dans son processus d'intégration est une des pistes. Il y en a d'autres.
Suite à ce manque de projet, c'est la perte d'identités qui pousse l'idée de la responsabilité de tous les maux, à l'Europe. Elle a sa part, bien sûr. Mais il y a aussi, les régionalismes, les nationalismes, les souverainismes qui se bousculent pour réintroduire cette peur viscérale, ancestrale de l'inconnu, de l'étranger.
Lui, aussi, navigue à vue dans son propre marasme, parfois bien plus difficile encore, alors qu'il ne cherche qu'un peu d'herbe plus verte ailleurs. On en arrive à se haïr de chaque côté d'une frontière naturelle ou imaginaire. Ce qui fait viré la victime dans le champ des coupables.
Un drame humanitaire se produit actuellement pour 6 millions de personnes. Il suffisait d'un climat économique déplorable, une sècheresse anormale dans l'État fantôme de la Somalie que des pirates hantaient en rançonnant les bateaux pour empêcher l'aide des ONG.
"Si les politiciens sont incapable de nous proposer un projet exaltant, des fous s'en chargeront". Là, on brûle.
Ce qu'on tente de masquer, c'est que la compétitivité et la mobilité sont devenues les seules idées maîtresses pour les naufragés des entreprises, dont les buts du jeu les dépassent. 
Comment se fait-il que je me sens un peu comme sœur Anne, je ne vois plus rien venir de positif dans ces marchés de dupes?
On parle de nouvel ordre mondial mais pour qui et comment? On a l'impression de caler sur des points d'achoppements connus de tous...
Le futur, est-ce le détruire en permanence, avec un goût de trop peu à chaque fois?
Les multinationales ne s'en préoccupent pas trop. Elles surfent sur les frontières. En touches-à-tout, elles installent "leurs billes" là où elles prospèrent le mieux et éliminent ce qui leur fait ombrage.
La CNUCED indique que la hausse des Investissements Directs à l’Étranger, au plus bas en 2007, reprennent du poil de la bête. La Belgique passe, ainsi, à la 4ème place en IDE avec 43 milliards grâce à la déduction des intérêts notionnels. Bien, mais est-ce typiquement un profit "belge" ou simplement des délocalisations pour éluder les impôts locaux?
"Mille milliards de dollars", un film prémonitoire ou simplement très perspicace. C'est toujours bien de penser à l'extérieur, mais il faudrait ne pas oublier ce qui se passe à l'intérieur, sur place.
Cela doit changer, disent quelques prêcheurs, mais oublient, souvent, de donner les processus et les recettes du changement dans l'intermède, tout en laissant leurs auditeurs trouver leurs solutions dans une sorte de panique suicidaire. Le progrès collectif, s'est autre chose.
Alors, qui repenserait au Glass-Steagal Act perdu dans la bagarre en 1999?
Une solution serait, peut-être, de faire évoluer les potentiels de chacun, de chercher les opportunités là où elles se trouvent, sans chercher à les copier pour la seule raison de faire du bénéfice. Partager les morceaux de la tarte ou mordre celle-ci en se l'arrachant. C'était le cas, il y a bien longtemps. Le commerce était un échange de marchandises. La facilité, la rapidité des transports, ont changé la donne.
Une autre manière de dire "The right man at right place" serait "the right job at the rigth place to get a global goal".
Sortir des globalités. Généraliser un processus en fonction de moyennes, de statistiques, c'est raté la proie dans l'ombre des particularités. En chacune des entités, il y a des ressources cachées à faire ressortir et amplifier en n'oubliant pas de les harmoniser avec les disponibilités de l'époque et dans l'espace imparti.
Un jour, peut-être, faudra-t-il attribuer à chaque partie du monde une certaine exclusivité de produire avec ce qu'elles disposent en propre comme opportunité, parce qu'elle aurait des facilités naturelles que n'auront pas les voisins. C'est déjà le cas pour certaines activités spécialisées. Cela éviterait les redondances et les voyages inutiles des marchandises. Vouloir tout faire, n'importe où, et entrer dans une concurrence exacerbée, c'est finir par se vendre à bas prix, comme suiveurs pas assez rentables. La concurrence est bonne tant qu'elle ne tue pas ceux qu'elle devrait protéger.
Que nous a rappelé, Internet? La vie en réseaux. Ces réseaux n'ont qu'un problème: la fragilité par leur complexité, par la nébuleuse de leurs opérateurs avec le risque de ne plus avoir de contrôles suffisants, perdus dans des strates multiples ou des concentrations extrêmes dans des nœuds, sans marge de sécurité suffisante. Quand ces risques de pénurie deviennent vitaux comme le sont l'eau, l'électricité, le gaz, les transports, les télécoms, le moindre problème local peut générer une catastrophe globale. (cf. Le dossier de Science et Vie n°1126).
Internet reproduit à grande échelle, ce que chaque être humain produit dans son propre réseau de neurones de son cerveau. On se trompait au sujet des neurones: ils sont bien plus complexes qu'on le croyait.
Les neurones communiquent entre eux et pas uniquement par l'intermédiaire des synapses. Ils le font en WiFi, sans connexions, par des champs magnétiques pour synchroniser les activités et ainsi augmenter la mémoire et la cognition de son réseau interne. Via la formation de myéline autour des axones, des cellules "progéniteurs" ralentissent jusqu'à 40 fois les communications pour améliorer la communication entre les deux hémisphère et mieux la consolider. Les signaux transportés se transforment au fil des voyages par l'entremise d'Interneurones de l'hyppocampe et cela dans tous les sens sans interventions du corps cellulaire. La transmission des signaux électriques renforcent les réactions réceptrices à l'aide des glutamates. Les transmetteurs s'accélèrent en renforçant les messages en impliquant la dopamine et la sérotonine.
Tout cela se passe en très local sur quelques millièmes de millimètres, très spécialisé et donc, très centralisé par spécialité. Pas de "cloud computing" au royaume des neurones. Un travail de concert en réseau, prêt à réagir automatiquement à toutes intrusions ennemies. Ils commandent seulement, de loin, les muscles sans s'y substituer. Pas de compétitions destructrices. Le seul ennemi potentiel, l'AVC, l'accident vasculaire cérébral.
C'est beau la nature, d'avoir penser à tout cela, avant nous. Le micro-monde naturel nous indique une voie de la rentabilité économique et une leçon de low-cost à haut rendement mais à gros investissements au départ.
Quant à la fable du cerveau qui ne serait utilisé qu'à 10% de ses possibilités, il y a donc à parier qu'il y a des baffes neuroniques qui se perdent... mais, pas pour tous le monde.
Mais, cela n'est, aussi, rien de nouveau et ne contribue en rien à un nouvel ordre mondial.
L'enfoiré,
Citations:
- "Le monde n'a pas besoin qu'on y mette de l'ordre ; le monde est ordre, incarné. C'est à nous de nous harmoniser avec cet ordre.", Henry Miller
- "Le courage, c'est-à-dire le doute dans l'ordre théorique et l'action dans l'ordre pratique.", Jean Lacroix
- "La vie crée l'ordre, mais l'ordre ne crée pas la vie.", Saint Exupéry
10:40 Publié dans Actualité, Amérique, Europe, Histoire, Informatique, Monde des affaires, Politique, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
22/04/2011
L'oracle maudit de la finance
"Comment ai-je pu faire cela? Je gagnais beaucoup d'argent. Je n'avais pas besoin de plus. Est-ce que j'ai des troubles de personnalité". Voilà la question que se posait Bernard Madoff du fond de sa prison lors d'une interview réalisée par Steve Fushman.
A la fin du mois, Bernard Madoff aura 73 ans. Il purge, actuellement, une peine de prison de 150 ans après un procès très médiatisé. Aurait-il un autre nom, celui de "Mathusalem", l'homme qui a vécu 969 ans d'après la Genèse?
Depuis, il se confesse volontiers "rien ne justifie mes actes", mais il ne supporte pas qu'on le considère comme un être malfaisant. Il va même jusqu'à dire qu'il est quelqu'un de bien, alors qu'on le considère comme un monstre qui a trahi la confiance de milliers d'investisseurs, qui a ruiné certaines œuvres de charité et quelques Hedges Funds. A l’extérieur, on le considère, vraiment, comme un sociopathe.
Le cas "Madoff" vaut bien une messe plus attentive. Son histoire détaillée, racontée aujourd'hui, démontre ce qu'il est, un être repenti, brisé par son propre jeu de sorcière. Remonter le temps, nul ne le peut. Essayer que cela ne se produise plus, est toujours à notre portée.
Comme il le dit, il a toujours été un "family man", honnête ... au départ. Son épouse et ses enfants vont payer la monnaie de la pièce qu'il a joué. Ils vivaient tous dans le luxe sans se rendre compte de rien.
L'affaire dans laquelle il s'est laissé convaincre, a entrainé sa famille dans une spirale infernale qu'il ne maîtrisait plus. Depuis, elle s'est retournée contre lui mais est-ce elle seule qui jouait dans cette pièce?
Le père de Madoff avait une affaire florissante de fabrique de sport. Il a fini par faire faillite, alors que son fils était encore à l'université. Un père porté aux nues et qui perd tout, donne peur à ses descendants. Madoff s'est senti devenir ce qu'il réservera à sa propre génération après lui, un paria, un petit juif de Brooklyn.
L'automatisation informatique du trading en Bourse lui apporte le succès par le courtage. Dans les années 80, il devient riche avec une cagnotte de 100 millions de dollars par an. Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgans Stanley, Smith Barnez s'accrochent à ses basques comme un oracle de la finance.
Faire fructifier l'argent des autres par des conseils en placements devient son violon d'Ingres. Ses plus gros clients investissaient déjà par son intermédiaires depuis des décennies. De l’arbitrage relativement peu risqué et un trader cupide, il n'y a qu'une mince couche sans fil.
Des rendements de 15 à 20% se faisaient en toute légalité dans les années 80, en gérant un portefeuille de 3 à 4 milliards de dollars vu les taux d'intérêts élevés qui se pratiquaient dans les banques. Rien d'extraordinaire de trouver des rendements pareils quand on se souvient du niveau de l'inflation de l'époque. Après l'euphorie, arrivée à son apogée, cette période décline inexorablement.
Lors du crash de 1987, il frôle la catastrophe. Il est poussé à vendre à perte par ses clients qui l'ont trahi d'après lui. Les options sur indices deviennent sa nouvelle stratégie. La récession s'installe dans les années 90. Il a des capitaux, mais plus d'idées où les placer pour les rentabiliser au mieux et répondre aux promesses aux clients.
Il faut, de plus en plus, appâter mieux, payer de gros returns en puisant dans le capital des investisseurs précédents. La "vieille" chaîne de Ponzi est en place et les capitaux entrent dans le court terme. Et, ça marche comme s'il n'y avait pas eu de précédents dans l'histoire. Les banques lui font, à nouveau, la cour et le grise.
Le provisoire devient définitif avec les clients qui font une confiance aveugle du moment que cela rapporte plus que normal. Les 15% promis sont en réalité du 2% de return. Croire aux miracles, les banques savent le faire. Son pécher c'est de ne pas vouloir dire comment il réussit ses opérations qui convertissent n'importe quoi en or.
L'alchimie a toujours fait rêver et cela continue.
En secret, le cauchemar commence pour Madoff. Ne pas divulguer quoi que ce soit ni à l'extérieur, ni à l'intérieur dans la famille. Supporter sans parler.
En 2000, on lui offre, même, un milliard de dollars pour son entreprise, mais pour réaliser l'opération, il faut présenter les comptes et cela, il sait qu'il ne le peut pas.
Pour montrer sa bonne fois, prouver son potentiel, son image de gagnant, il va même se forcer à acheter des choses extravagante comme un avion, un bateau et quatre maisons.
Le remord le pousse à dire à ses meilleurs amis de ne pas investir ce qu'ils ne pouvaient perdre. L'avidité de ceux-ci va à contre courant, même si le doute commence à les prendre à la gorge.
La situation se détériore en même temps que la Bourse. En 2002, tous les signaux virent au rouge.
Rendre l'argent n'est plus possible mais heureusement, les clients ne le veulent pas.
Le 10 décembre 2008, la chute du marché ne peut plus donner illusion et il craque. Il doit rembourser 7 milliards. Il dispose à peine 10% de cette somme.
C'est le jour de sa confession devant la famille. Anéantie, chez elle, c'est la honte. Plus tard, Mark, son plus jeune fils, est une de ses victimes. Il se suicide. Son frère, Andrew, dirige une petite société énergétique, « Madoff Energy Holdings » et « Abel Automatics », fabricant de moulinets de pêche, mais c'est « Black Umbrella », lancée par sa fiancée, qui le passionne.
Madoff avoue qu'il n'ira jamais plus bien. On le tient à l’œil dans sa cellule. Le suicide est mal vu en prison, même si cela n'est pas, d'après ses dires, dans sa manière de fonctionner. Toujours de nature soucieuse, il accepte son crime envers ses victimes.
Sa révélation et seule contestation finale fait encore plus réfléchir:
-"C'est incroyable. Chez Goldman Sachs, personne de condamné au pénal. C'est une plaisanterie, cette réforme financière. le gouvernement tout entier est une pyramide de Ponzi".
Un expert, comme lui, ne peut être contesté à ce sujet.
Début avril, Kenneth Rogoff revenait à la charge sur cette constatation sans la contester. La note signée Reinhard et par lui-même, "A Decade of Debt", démontrait que l'ampleur des risques à puiser dans une caisse sans fond(s) était bien présente.
Madoff accusait une perte globale de quelque 50 milliards de dollars.
Les États-Unis, eux, ont une dette fédérale qui dépasse les 120% du PIB atteint à la fin de la 2ème guerre mondiale. Madoff pourrait avoir créé une onde de choc.
La dette japonaise, encore plus mal lotie, s'élève à 200%. Après les catastrophes récentes, le Japon devra plonger à nouveau dans la caisse pour lancer un plan de reconstruction.
Dire qu'étouffer la société sous le poids d'une dette impossible à rembourser, n'est donc pas une pensée en l'air.
Imaginer que les générations futures seront toujours plus riches pour assumer le remboursement d'une partie des dettes, est possible en période de conjecture haussière. La génération "jeunes" actuel donne, de plus en plus, une image de faire partie d'une génération perdue.
Ce n'est plus de la confiance, mais de la crédibilité qui manque. Seul, la création d'organes de contrôles fiscaux indépendants, de réformes drastiques pourraient enrayer les "fuites". Un organe de ce type existe en Suède, parait-il. Les pays scandinaves ont toujours eu une petite longueur d'avance.
Ce qui devait arriver, est arrivé.
Le problème des dettes en Europe s'étend désormais aux États-Unis.
Les dettes américaine dépasse le PIB de la plus grande nation commerciale du monde.
Standard & Poor's a sonné la fin de la récréation. Elle se propose de dégrader le niveau de confiance dans la capacité du pays de pouvoir rembourser ses dettes. De stable au niveau triple A, le pays n'obtiendrait plus qu'une note inférieure si rien n'est fait dans un proche avenir.
L'armée est le plus grand poste de dépenses d'un pays comme les États-Unis avec 722,1 milliards de dollars en 2010 alors que les dettes du pays atteint 14.000 milliards de dollars. Le Costa Rica, lui, n'a plus d'armée depuis 1948. Il est vrai que le Costa Rica n'a pas les mêmes soucis d'hégémonie dans le monde.
Un jugement récent au Québec pourrait ébranler la vérification comptable. Comme c'est une affaire ancienne, ce n'est pas les utilisateurs de la chaîne Ponzi, pas les investisseurs, non plus, mais les vérificateurs aux comptes de Castor Holdings, Coopers & Lybrand, fusionné avec Price Waterhouse en 1996 qui sont sur le siège des accusés. Goldman Sachs, la Deutsche Bank sont également sur la sellette de la justice pour avoir contribué à aggraver la crise financière.
On a toujours tort d'avoir raison trop tôt, mais a-t-on plus raison de l'avoir trop tard?
L'argent a toujours endormi les consciences. Dérivatif, raison de vivre, besoin vital, pouvoir sont les raisons principales de sa possession. Ce serait remonter à la source très lointaine de l'instinct de conservation que de penser éradiquer ce "vice".
Ce n'est pas, non plus, la belle chanson "Je veux" de Zaz qui y changera quelque chose.
Quand, il y a beaucoup trop d'observateurs qui ne font pas leur boulot après coup, il faut être adepte d'une véritable religion qui croit au Père Noël.
Quant aux spéculateurs, il ne faut pas se leurrer, tout le monde le fait sans même le savoir en voie directe ou en différée. En direct, quand il s'agit d'acheter quelque chose pour une période ultérieure non déterminée, parce qu'on sait simplement que le bien acheté prendra plus de valeur ou sera plus cher à l'achat. En différé, par l'intermédiaire de l'épargne pension obligatoire prise à la source sur les salaires et introduite dans les fonds de pensions.
De la spéculation, j'en ai parlé dans "Spéculer en paix" ou "Le spéculte". Il y a une foule de manière d'aborder la finance, vicieuse ou coopérative au progrès. Par une confiance aveugle ou par une analyse avec le recul. La hausse du potentiel de gains cache un augmentation des risques. Les sirènes enchanteresses, cela n'existe que dans les rêves.
Les requins, eux, auront toujours leurs rémoras. Tous deux suivent toujours le même chemin, liés par le même besoin.
Rien de plus dangereux qu'un gourou qui n'a pas ou plus la tête de l'emploi. Car il le veut, aussi, le bien de ses suiveurs dans un esprit de communion. Conseilleur mais jamais payeur, car ils ne le pourraient tout simplement pas.
Tous ensemble, "car, nous le valons bien" comme dit la pub d'une marque commerciale.
L'oracle maudit de la finance, Madoff, aurait pu être appelé "Icare". S'il s'est brûlé les ailes en volant trop près du Soleil, il initiait, aussi, un fameux "stress test" de la finance en grandeur nature, au niveau mondial.
Les stress tests sont à la mode dans beaucoup de domaines en ce moment. Il faut avouer qu'il ne manque pas de risques. Les pays membres du G7 vont être placés sous surveillance comme les budgets de la Communauté Européenne l'ont été. Bien, mais...
Etre prévoyant avant les catastrophes se heurte au "principe de précaution". Jusqu'où aller trop loin dans les prévoyances?
Rappelons que la catastrophe de Tchernobyl qui est devenue un véritable "crash test". Bientôt le 25ème anniversaire d'un exercice qui avait pour but de prouver que l'on pouvait relancer la centrale d'elle-même à la suite d'une perte totale du réseau électrique. Les conséquences sont encore sensibles aujourd'hui.
Et, si on chantait ensemble "On ira tous au paradis"?
Là-bas, au moins, tout est gratuit à perpète.
Madoff, si tout va bien pour lui, viendra nous y rejoindre dans un peu moins de 150 ans comme prévu.
Mais, si vous le permettez, je préférai la chanson du dimanche "Cap'taine Madoff".
Elle ajoute l'humour aux circonstances.
L'enfoiré,
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"Les mourants qui parlent de leur testament peuvent s'attendre à être écoutés comme des oracles.", Jean de la Bruyère
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"Le portrait d'un être qu'on aime doit pouvoir être non seulement une image à laquelle on sourit mais encore un oracle qu'on interroge.", André Breton
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"Le passé est l'oracle de l'avenir, et l'avenir est un interminable passé", Benoît Gagnon
08:10 Publié dans Actualité, Amérique, Monde des affaires, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
25/03/2011
"Westalgie", un péril en rose et bleu
Dans les années 70, on parlait de péril jaune. Dans les années 80, on passa au "péril bleu" en partant par l'Ouest. Il revient sous forme "rose et bleu" par un transit par l'extrême Est.
Le 4 mars dernier, c'était la grève générale en Belgique. Le 24 mars, nouvelle manifestation "monstre", cette fois, au niveau européen.
Dans le même temps, le gouvernement portugais jetait l'éponge après un énième programme d'austérité.
L'austérité déboussole de part et d'autre. Qui a tort? Qui a raison?
L'austérité suite, et pas fin, à des crises à répétition et multiples, est de plus en plus mal digérée par les manifestants européens et peut-être aussi par ses non-manifestants. 
Cela ne date pas d'hier. "Le décoût de la vie", écrivais-je, il y a 5 ans. On se perd en conjectures.
Les sociétés belges gâtent leurs actionnaires. En 2010, 103 sociétés ont réalisé un bénéfice global de 13.749 milliards d'euros. Une hausse de 65% par rapport à 2009. Les dividendes s'élèvent à 5.665 milliards d'euros en progrès de 46%. Fluxis, ABInbev et Bekaert sont dans les tops 3.
Quant aux bonus, la tentation sera bien là de récompenser les "généreux" donnateurs de leur bons services de l'économie capitaliste.
Vu que la reprise économique est là, se voir imposer de nouvelles restrictions et ne pas recevoir les retours sur investissements des efforts, ne passe pas. 
Accords interprofessionnels du 19 janvier, obtenus à l'arraché, entre syndicat et patrons, mais non suivi par la base. Insatisfaisant, il était recalé par la base en février. Cela veut dire que le malaise était plus grand que prévu.
Le gouvernement en affaires courantes avait repris le flambeau avec de nouvelles propositions en dégraissant sa propre cagnotte. On s'attend à la suite du ping-pong. Maudite balance!
Huilé l'accord sur les bords, sans résoudre le problème de fond, ne suffit pas. Il faut réactualiser le passé, changer les règles en fonction de la concurrence étrangère, pour résoudre le problème. 
Consolider les acquis ne serait-il pas une approche plus adéquate comme bases des discussions? Faire partie du droit aux fruits du travail de la base, ensuite.
Oui, il y a l'Europe qui impose de la rigueur, mais, elle a trop souvent scié la branche sur laquelle, elle se trouvait. "We are concerned", entend-on dans les hautes sphères. Dépendance d'une Europe, en fond de teint, avec des grands acteurs favorables à plus de serrement de vis.
La protection sociale contre les licenciements fait partie des revendications de la base. Ne plus être assis en permanence sur un siège éjectable ou mis sur une voie de garage, rejeté par une société qui ne reconnait plus les siens, serait un bon départ. Marre de se faire leurrer quand le panier de la ménagère atteint des records. Les produits énergétiques et des matières premières, des produits alimentaires, a été de + 15% en Belgique.
L'index dépasse tous les placements sur les comptes bancaire et cela malgré toutes les publicités d'un placement avantageux dont les banques se targuent. Une facturation plus transparente est demandée puisqu'il il y a des secteurs où les marges n'existent pas. Rendre la confiance aux partenaires sociaux pour négocier librement.
Dans les grandes entreprises, de la hiérarchie, entre le marteau et l'enclume, il ne faut pas trop espérer. Trop impliquée, trop occupée à garder ses propres prérogatives, elle tait les problèmes en faisant office de paratonnerre sapant toute initiative constructive dans l’œuf.
La période des années 80, Reagan et Thatcher ont changé la donne en réussissant à casser les grèves et en réduisant d'autant, les acquis sociaux. L'époque renaît de plus belle. Pour assurer, on s'attire toujours les jeunes loups, en les bernant avec des rêves de grandeurs par un capitalisme chauffé à blanc.
Différence, tout de même. A l'époque, un chef d'entreprise ne gagnait pas plus de 20 à 40 fois le salaire de sa secrétaire, norme fixée par des figures du capitalisme comme Henry Ford ou JP Morgan qui estimaient jusqu'à 40 l'écart maximal admissible.
Le versement d'un bonus de 600.000 euros au CEO de Dexia est indécent. Quand on sait qu'il s'ajoute à un salaire d'1 million d'euros et à des primes de 200.000, cela ne fait qu'ajouter à l'iniquité. Et dire, conclut l'éditorialiste, Pierre-Henri Thomas, que c'est Jean-Luc Dehaene qui a avalisé cela en tant que président du Conseil d'administration. Jean-Luc Dehaene, cet ex-premier ministre qui nous a donné tant de lecons d'austérité...
La prise de conscience se produit dans la répétition des événements. Une étincelle rompt le silence comme on a pu le constater dans les pays arabes.
Jean-Claude Trichet raccroche et il parle. Selon lui, lees Etats de la zone euro n'ont pas respecté les règles.
La crise actuelle serait pire que celle de 2008. A la crise des liquidités , s'est ajouté celle de la solvabilité. Scinder les activités bancaires et réduire la taille des banques. Mais, c'est bien sûr. Il n'y a qu'à... Il y a peu, pour garder une chance d'exister dans la longueur du temps, il fallait être plus gros que le concurrent et donc, acheter d'autres entreprises ou fusionner avec elles pour résister aux cavaliers noirs ou alors diminuer les coûts, c'est-à-dire, diminuer les effectifs, pour rester compétitif.
En France, une morosité moralisatrice, revendicatrice s'est construite sur les forums d'Internet.
La Belgique a, il est vrai, quelques protections dans ses tablettes gagnées de dures luttes.
Au niveau préavis et par l'indexation automatique des salaires, par exemple. Des parachutes en temps de crises. Plus troublant, plus grave, les créateurs d'acquis se mélangent les pinceaux. Ils se rongent les ongles, une fois, sortis de leur propre implication.
Préavis: son inventeur veut la fin de la "grille Claeys"(Belga, 15 Janvier 2011)
Thierry Claeys, avocat à la retraite avait créé, en 1974, ce que emplyeurs et employés appelaient la "Grille Claeys". Elle permet d'évaluer les indemnités de préavis. Son auteur souhaitait en janvier, de voir sa formule disparaître.
Il expliquait, pour cela, que la législation actuelle entourant les licenciements était devenue "absurde" et que c'était à la loi, et pas aux tribunaux, de déterminer les préavis. Il plaidait pour un préavis d'un mois par année d'ancienneté avec un minimum de trois mois et un maximum de 24. Il demande la suspension de l'indemnité de rupture si la personne licenciée retrouvait un travail. "Cette indemnité ne serait pas perdue, elle serait mise en réserve et gérée soit par l'ONSS soit par un fonds ad hoc. Le travailleur concerné pourrait puiser dans cette réserve pour compléter son préavis en cas de licenciement ultérieur. Dans le cas contraire, l'indemnité pourrait être reversée en tout ou en partie à l'employeur", expliquait-il. (CYA). D'après lui, c'était une perte de temps et d'argent de se défendre en justice pour trouver un accord à l'arraché entre parties devant un tribunal du travail. Un an de perdu en tergiversations,précisait-il.
Cela se tient en dehors d'une période de crise, telle que nous la vivons. Mais, retrouver un emploi similaire, plus on avance en âge, est devenu presque impossible.
La Grille Claeys restait une référence pour les juges et pour n'importe quel travailleur. Si une grille n'est pas une prison, cela reste un garde fou qu'il ne faudrait pas remplacer par un flou artistique. Pourquoi inventer des références si c'est les renier ensuite, une fois, sorti du circuit des "impliqués"?
Les carrières dans une entreprise sont de plus en plus courtes. Les tentatives de maintenir le personnel y sont de plus en plus molles, l'ancienneté n'est plus valorisée. Dans la pratique, il a raison de dire qu'il faut éviter la spéculation, le cumul de préavis avec un job est retrouvé, par miracle, dans un temps plus court que le préavis. Mais, est-ce dire que le nouveau job donnera l'assurance de la stabilité, d'un bonheur au nouveau travail? Se voir repousser avec des indemnités de préavis au mois le mois, comme le propose Claeys, est, donc, une option juste "acceptable".
Claeys plaidait, également, pour un statut commun aux travailleurs, alors qu'employeurs et syndicats négocient actuellement une harmonisation du statut entre ouvriers et employé. La discrimination entre les traitements des ouvriers et des employés, il reconnaît qu'elle devrait être abolie, mais c'est par un nivellement par le bas. Remonter le statut d'un ouvrier à celui d'une employé, était impossible à ses yeux.
L'indexation automatique des salaires est aussi rmis en question. Le prix des choses est fixé par beaucoup de paramètres. Il y a les salaires de la main d'œuvre, les matières premières et l'évolution des devises. Une réévaluation des prix coûtant demande toujours un rééquilibrage de la balance commerciale et du pouvoir d'achat. Dans le cas contraire, plus besoin de balance, plus d'acheteurs et ... plus de fournisseurs. 
Thomas Leysen, ex-président de la Fédération des Entreprises Belges, voyait les défauts suivant à l'indexation:
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l'accélération de l'inflation via les "effets de second tour".
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son manque de souplesse
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son effet psychologique contre-productif puisque les augmentations de salaires ne sont plus considérées comme telles puisqu'on parle de "gel" en parlant des salaires.
Les idées de geler tous les prix de tous les biens de consommation, de contrôler les prix, il en était un adversaire farouche comme incompatibilité avec l'économie de marché. Le cliquet inversé sur l'énergie du pétrole serait donner un mauvais signal au consommateur, à ses yeux.
Son successeur, Alain De Smet, voudrait l'orthodoxie budgétaire, l'harmonisation d'une politique sociale et économique.
Détricoter une partie de l’économie, en ajustant les comptes en pertes et profits ou augmenter la force globale de tous les acteurs dans la diversité et par le bonheur du consommateur?
La compétitivité et l'obligation d'harmoniser peuvent s'abaisser avec les règles du PPCM ou remonter à celles du PGCD.
L'Allemagne fait tout bien et est un modèle. Peut-être.
"La relance de la compétitivité exigée par elle, sera imposée de manière inégale, mettant les pays débiteurs dans une situation intenable. Divergence chronique avec pays excédentaire, en plein essor et pays déficitaires alourdis par le poids s accumulé de leurs dettes", résumait Soros.
Attali, lui, surenchérissait, dans une interview, en disant que le G20 était une mascarade, une réunion d'alcooliques anonymes avec la présidence française qui organisait les photos.
Réinventer, en mieux, dans une telle ambiance, n'est décidément pas à l'ordre du jour.
Il proposait de fusionner le Conseil de Sécurité, le Comité monétaire et financier, le FMI et le G20.
Une taxe du style de celle de Tobin rapporterait 300 milliards d'euros par an et pourrait servir, entre autres, à financer l'opération de réunification. Il disait de Van Rompuy qu'il gérait bien la crise qui aurait pu exploser. Ouf..
Les acquis du genre humain et étayer celui-ci par de nouveaux acquis fondamentaux, non plus.
"Reconstruire n'est pas constructif", écrivait l'économiste en chef d'Itinera, Ivan Van de Cloot en parlant de la catastrophe économique du Japon. Pas souhaitable, sous peine d'encourager le vandalisme. "L'essentiel est de comprendre qu'on aurait pu dépenser l'argent de la reconstruction à quelque chose de bien plus utile". Symptôme du réflexe de Pavlov, comme forme apparente de l'économie.
Au niveau Europe, on parle de s'attaquer au tabous belges. Les ultra-libéraux voudraient arriver à un coût salarial moyen, le plus bas possible.
Le Pacte de Stabilité n'a pas donné les résultats escomptés, alors on se lance dans une nouvelle phase, le Pacte de Compétitivité.
Se retrouve sur les tablettes: Supprimer l'indexation automatique des salaires. Limiter les prépensions. Augmenter l'âge du départ à la retraite.
Tout cela pour rendre la zone monétaire optimale !
D'où est parti le mal? Si mal, il y a, bien entendu.
Eric Laurent, dans son livre récent "Le scandale des délocalisations" en citait, au moins, un et était très critique. L'Europe a capitulé, disait-il. Elle implose. Elle favorise les délocalisations et le dumping social. Elle favorise les grandes sociétés et laisse les PME végéter alors que ce sont ces dernières qui constituent 60% des emplois en France. La R&D, à part la Finlande, ne se passe pas à la bonne vitesse.
La concurrence se construit sur des pieds d'argile entre les pays européens. Sans solidarité, sans concertation, cela veut dire que chacun d'eux cherche tirer a lui la dernière couverture en réduisant ses propres prix. La réaction ne tardera pas, par les mêmes voies et repartir pour un tour dans un autre cycle.
La confiance s'effrite dans nos sociétés occidentales contemporaines. La situation de la croissance semblait donner un peu plus d'air et replonge très vite dans les affres d'antan.
En Europe, tous les système de protection social convergent vers un modèle libéral avec des précédents différents.
La confiance a pour bases naturelles, la fidélité, la stabilité et la solidarité. Aucun président d’association sociale, syndicale, religieuse, politique, sportive ne peut se permettre le temps de former un organisation sans que la stratégie soit bien comprise par tous ses membres.La présidence d'un pays, du PDG pourraient faire confiance. En dehors du coup, sans même comprendre la situation, les actionnaires peuvent, désormais, balayer le PDG, aux risques de faire capoter une société.
Le but recherché n'est pas le maintien d'une société mais d'installer ses propres pions ou pour toutes autres raisons, encore moins honorables. Les bonzes, les suiveurs, ne se privent pas de faire tomber n'importe quelle tête qui ne ferait pas perte d'intérêts très intimes. Népotismes et copinages sont les deux mamelles du déclin et de la corruption.
Une des raisons pour expliquer les déroutes, il faut, peut-être, la chercher dans nos volontés rognées. On délègue tout de nos jours. Contraints ou, au contraire, par manque d'imagination. On râle tout bas. On le fait parfois dans l'humour, mais ça ne marche que si, derrière les experts, la complexité des processus ne cache pas une sorte de "job protection" et que l'on découvre, encore, ce qui reste absurde.
Nous constatons que la classe moyenne disparaît. La connaissance "moyenne" apprise par l'expérience suit le même chemin de la déperdition. Le "self made man" n'a plus aucune carte en mains, par sa seule expérience. Il est ridiculisé.
Tout fout le camp, même l'honneur du travail bien fait qui n'est plus ni la tasse de thé, ni le sucre au fond de la tasse.
Comme l'écrivait, Umberto Eco, on va "À reculons, comme une écrevisse".
On se dessine un avenir avec plein d'« overhead » en sautant d'autant l'essentiel, avec pour objectif une proie pour l'ombre, un avenir devenu imprécis, avec des vues à très courtes échéances. Plus de consolidations. Le temps, c'était, c'est et sera toujours plus d'argent, dans ces conditions.
Dans une marre aux vipères qui se protègent mutuellement, les accords entre base et sommet n'en resteront jamais que fictifs. On ne se comprend plus. On ne se voit plus que dans la virtualité des rapports. Dans un monde de compétition, les spécialistes se foutent éperdument de ceux qui ne les comprennent pas. 
La démocratie est en perdition. Le citoyen vote démocratiquement (enfin, on l'espère), c’est-à-dire qu'il donne sa voix à une personne sur une liste d’un parti. Une fois, sa voix donnée, il n’a plus rien à dire ou à faire. Les bonzes du parti, dès lors, ne recherchent plus nécessairement le bien d'un pays, mais un intérêt dépendant des circonstances extérieures avec l'échéance des élections comme seules sanctions. Ils mettent sur leur liste des capteurs de voix, et en tête de liste les personnes les plus fiables à la politique du parti, les plus proches du politiquement correct, au lieu de travailler ensemble à la réalisation d’une gouvernance forte et en pleine connaissance des dossiers.
L'élitisme, porté par les experts du sommet, a effacé les autres citoyens. Se rendre indispensable dans l'organigramme de la société, est devenu la seule manière d'assurer ses arrières. Devenir un bon consommateur servile incité par la seule publicité.
Corporatisme, sinon rien. L'individu passe après le groupe. L'individu qui est soumis à une attaque, est un dégât collatéral que l'on retrouve dans des statistiques spécifiques. Le groupe qui est touché, est un accident qui pourrait faire sauter la "banque".
L'ouverture sur le monde par Internet a raté partiellement son coup. Il le déconstruit sans trouver les ingrédients pour les introduire dans une meilleure "soupe". Le futur s'échappe dans un temps de conjugaison de "futur simple" qui prendrait pour nom "présent cassé".
Notre vote majoritaire en Belgique se pratique à la proportionnelle avec une sorte de vote à deux tours. Le premier se faisant par l'intermédiaire des urnes. Le second au travers des élus qui doivent se choisir un gouvernement viable dans la durée. Cette "technique" peut se voir comme une facilité pour celui qui n'a pas trop envie de s'en mêler.
"Alerte rouge" écrivait l'Humanité, au sujet du Pacte de l'Euro.
L'autorégulation des marchés a engendré une récupération, en catastrophe, avec effet retard mais incomplète ou mal plafonnée. Cela s'est traduit par des tentatives de normalisations, de moralisation et de régulations imparfaites dont le "système" avait perdu jusqu'à la méthode. Les marchés ont repris du poil de la bête, ressourcé par l'histoire de ses économistes alors que les situations ne sont jamais totalement pareilles. La recherche de solutions pour diminuer les inégalités chroniques devient insoutenable.
Grâce à un populisme intégré, bien ciblé dans la "sensibilité du portefeuille", l'extrême droite s'est engouffrée dans la brèche du mécontentement généralisé.
Certains seraient, en effet, prêt à perdre un peu de liberté et de démocratie dans la bataille. Mauvais calcul de dépis car ce serait un retour en arrière drastique et une reconquête à prévoir. Plus de démocratie était justement ce que les pays arabes cherchaient à trouver.
L'opposition sans fin entre capitalisme, mondialisé et socialisme, localisé, ne fait plus recette si elle n'apporte pas de mieux en finale.
Mondialisé, veut dire qu'aucun pays ne peut plus vivre en autarcie sous peine de se mettre au ban de la société humaine. Avec des intérêts imbriqués, il faut composer au mieux avec ses contemporains sans protectionnisme mais avec discernement dans leur fusion.
L'Est a son ostalgie sociale. L'Ouest a la sienne avec ses propres revendications qui se résument à pouvoir payer les prix qui y sont pratiqués et qui se sont éloignés de ceux de l'Est.
Nos pays de l'Ouest restent, artificiellement, sous le chapeau de pays dits "riches" et "capitalistes". Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas veiller au grain.
Pas de révolutions à l'horizon. Pas de casseroles qui déborde sous la chaleur. Un malaise, un mal-être rédhibitoires qui se concrétise par une révolte contre des épouvantails, des dysfonctionnements, mais en laissant les problèmes majeurs entre riches et pauvres en sommeil.
L'inégalité est-elle la carte joker de la décennie, comme je le lisais sous la plume de Kenneth Rogoff avec ces mots: "Nous sommes à l'ère où la globalisation développe un marché pour des individus ultra-talentueux, mais qui tire vers le bas le revenu des emplois ordinaires". Inégalité de richesses et d'opportunités manquée en Europe, en Amérique et en Asie avec une part de gâteau qui fond pour les travailleurs. Les crises n'ont rien changé même après l'universalité d'Internet. Les multinationales refont de gros bénéfices. La population se retourne toujours vers un intérêt de proximité en oubliant que la Terre ne tourne pas à des vitesses constantes pour tous. Internet a accentué le problème en supprimant les intermédiaires et les moins qualifiés ont plongé d'autant. Les inquiétudes sur l'impact de ces inégalités se reflètent dans les politiques budgétaires et monétaires.
La tension est là. Sans foire d'empoigne pour éprouver sa force. Le besoin se résumait à garder ses acquis et, peut-être, un peu de meilleur demain qui n'existe même plus dans les sondages sur la question.
Crise de civilisation et pas seulement économique, comme l'écrivait Hessel dans son tract "Indignez-vous".
Sera-ce l'aube d'un choc de cultures, d'idéologies entre déception vis-à-vis d'un rêve qui a échoué à "l'américaine" et dans un présent, dont on ne voit plus de futur ou celle d'un regret du passé qui n'était pourtant pas dénué de tares?
"Une société sans pensée utopique est inconcevable. Utopie au sens de désir d'un mieux.", disait encore Jean-Claude Carrière.
Le travail peut devenir un esclavage quand sa disponibilité se raréfie. Le travail qui ne trouverait pas son extension dans la participation responsable avec une responsabilité partagée dans les projets, du début à la fin des processus, dans un esprit de corps, reste un projet inachevé. Occuper le temps des gens, tout en leur assurant des moyens de subsistance, c'est plus qu'un programme. Alors parfois, certains arrivent au burn-out avec symptomes caractéristiques.
La peur du lendemain, le manque de sécurité, les emplois précarisés, le sentiment de non-aboutissement, induit par un manque de solidarité, est probablement voulu pour mieux contrôler la docilité des citoyens comme par le passé.
Karl Marx écrivait dans "La lutte des classes en France": "Du fait que l'aristocratie financière dictait des lois, dirigeait la gestion de l'État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l'opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu'au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s'enrichir, non point par la production, mais par l'escamotage de la richesse d'autrui".
Non, il ne fait pas partie du 21ème siècle comme on pourrait le croire.
Solidarité professionnelle gérées par les employeurs et les salariés en commission paritaire contribuent pour obtenir une allocation de chômage et la pension de retraite dans un système du type belge, français, allemand et luxembourgeois.
Le système anglo-saxon, minimaliste, ne couvre que les besoins de base, financé par l'impôt avec des assurances privées et une assistance pour les plus pauvres.
Le modèle scandinave, maximaliste, prend tout en charge, financé par l'impôt, avec une redistribution égalitaire.
Le modèle latin est basé sur l'entraide familiale, religieuse et minimal de l'État.
Les pays de l'ex-communisme reposait sur des services beaucoup plus larges historiquement, mais se retrouve en déclin d'assurance collectiviste.
"
La zone euro peaufine sa réponse à la crise"? Ne serait-ce pas une manière d'avouer avoir la peau fine?
Aux États-Unis, vu la reprise assez molle, certains Gouverneurs républicains tentent de se débarrasser d'organisations qui s'opposent à eux. Le Gouverneur Walker du Wisconsin a lancé une loi qui prive les organisations syndicales de négociations collectives et se réfugie derrière sa réponse à la menace qu'il avait lancé contre les fonctionnaires. 100.000 manifestants se sont alertés de ce serrement de visse. L'âge d'or des syndicats a été celle de la Grande Récession et pendant la 2ème guerre mondiale. Après ils n'ont fait que perdre du terrain. Le Reaganisme a sapé les dernières énergies. 7% de syndiqués dans le secteur privé et 40% dans le secteur publique.
Harmonisation européenne pour le moins larvaire bien loin du traité de Lisbonne. Le Traité de Maastricht dispose d'une base juridique pour faire respecter uniformément la santé publique. CDD et intérim ne favorisent pas l'assurance dans la durée. Il faudra hiérarchiser les priorités avec un statut de mutualisation pour s'opposer aux sociétés de capitaux.
"Le triomphe de la cupidité", comme l'écrivait Stiglitz.
La concurrence, la compétition font, il est vrai, partie de cette base et trouve une racine dans l'instinct de conservation.
Nous sommes devenus les mercenaires d'idéaux destructeurs qui nous bouffent et nous dépassent. Peu importe l'échelon où cela se passe dans la société. 
La croissance et le productivisme ne sont pas une finalité dans la durée si elle ne s'appuie pas sur une compréhension globale.
Les automatismes, l'intelligence artificielle, vont faire table rase de beaucoup d'idées reçues aujourd'hui, ce qui nécessitera de fait une réorganisation. La journée du citoyen pourrait un jour se diviser de manière totalement différente, révolutionnaire.
Le capitalisme de George Soros voit la fin de l'ère de l’État-providence qui prétend éviter tout malheur à ses citoyens. Les États faux-monnayeurs ou surendettés vont faire faillite. La doctrine keynésienne, à ses yeux, a vécu. La dette publique n'achète pas la croissance. "On ne ramasse pas un couteau qui tombe" s'empresse-t-on d'ajouter quand on n'a plus d'idée autre que le défaitisme.
Des mots qui font sourire, s'il n'y avait pas des enjeux qui les dépassent.
Ce n'est plus compter sur la providence qui importe mais obtenir un juste retour sur investissement de son travail.
"L’euro-consommateur compte avant tout sur lui-même". Pas con, il s'est adapté, vaille que vaille, en perdant son âme dans le blues.
Cet Euro-consommateur est devenu un "expert" sur Internet. Comme un détective, il est à la recherche du meilleur prix. Il se retrouve face à lui-même et sans filets. Il n'aime plus le vendeur, qui a perdu sa confiance, trop perverti, trop commercialisé.Alors, il « tweet », il recherche avec tous les moteurs nécessaires. Il se fout des frontières pour ses achats, mais se réfugie derrière celles-ci dès qu'elles lui donnent un retour sur investissement. Il ne pense même plus participer en contribuant à son propre avenir embué. Le prix est son alpha et son oméga de la consommation. Payer au prix juste, ne veut plus rien dire pour lui. 70% des consommateurs ne voient plus de différences dans les marques. Pour faire son choix, il se fait appâter par la seule image du produit plutôt que par le contenu. Pour le vendeur, la seule chance qui lui reste, est devenue l'empathie.
Ressortons la vieille maxime latine "In medio stat virtus", à la recherche d'un nouvel équilibre plus stable. Léon Walras en avait, déjà, décrit ses contours en 1879.
"Une politique d'austérité est une politique qui a pour objectif de diminuer les dépenses publiques et de faire face au creusement du budget de l'État", dit Wikipédia.
Il y a, peut-être, une autre méthode, plus difficile mais, plus rentable pour tous: augmenter les recettes et leurs potentiels. 
Cette fois, comme Thomas Gunzig, j'ai eu un problème pour ajouter l'humour à ce billet. J'ai hésité à parler de Schtroumpfs, comme lui, de gagne-petit, alors que, récemment, j'annonçais fièrement que les salaires étaient en augmentation. Mais, c'était dans un "ailleurs" impalpable, intouchable.
J'étais entré, là, dans une philosophie greffée sur la psychologie, sur la sociologie, avec des personnes qui en ont vu beaucoup d'autres en rose et bleu.
L'enfoiré,
Mise à jour 06/04/2011: Tempo Team annonce que quatre travailleurs sur cinq sont satisfait de leur job. Après la peur de perdre son job, ils sont plus serains. La confiance revient. Ils accordent plus d'importance à leur bien-être personnel et à l'ambiance de travail. La volonté de faire des efforts personnels, la santé de l'entreprise, la vision de l'entreprise sont en baisse. Ils sont aussi moins mobiles, moins flexibles, moins soumis aux pressions que les pays voisins. Ls Baby Boomers qui vont quitter l'entreprise sont les plus motivés.
Citations:
-
"L'austérité n'est acceptable qu'étayée par l'ambition.", Madeleine Ferron
-
"L'austérité vise par certaines mesures à avancer l'âge de la mort.", Georges Marchais
- "Ecrire à propos de l'inflation consiste à écrire sur la capacité sans limite des gens à se faire duper par les politiciens", Irwin Schiff
16:35 Publié dans Actualité, Amérique, Belgique, Europe, Monde des affaires | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
16/01/2011
Tout bouge autour de moi
"Un an après le tremblement de terre et toujours du secours dans l'urgence" est le constat étonnant en Haïti. Qu'est-ce qui arrive à faire survivre les habitants de Port-au-Prince dans un tel constat de désolation? L'écrivain haïtien, Dany Laferrière, était présent lors du tremblement de terre. Son témoignage sur sa ville est troublant de sagesse.
Le 12 janvier 2010 à 16:53 a été une minute qui cachait, en elle, la vie d'une ville, disait Dany Laferrière, lors d'un interview au Vif.
Un tremblement de Terre de 7,3 sur l'échelle de Richter a presque tout détruit à la capitale, Port-au-Prince. 230.000 morts, un million et demi de sans-abris. Dans les jours qui suivirent, 211 miraculés ont pu être sauvés. Des dons ont été engrangés. On estime qu'il faudrait un minimum de 7.750 millions de dollars pour redresser la ville.
Pour un Européen, l'incompréhension est grande de constater le manque de progrès que l'on aurait pu attendre après un an. Pour un citoyen de pays dits "riches", l'argent devait pouvoir servir à tout résoudre et, cela, très rapidement. Difficile d'y voir une amélioration. On continue à vivre sous tente.
Les interviews radio prouvent ce désarrois, cette incompréhension. La reconstrution n'a pas encore commencé.
Mardi 11, le documentaire d'ARTE "Sauvez Haïti." essayait d'expliquer ce qui pourrait être les raisons de la lenteur de la reconstruction d'un pays au pied du gouffre. Au départ, des gens sont morts pour rien, de faim ou par manque de médicaments.
Un an après, tout Haïti se fige dans le souvenir.
Les photos des monuments et site de Port-au-Prince sont là pour rappeler un passé disparu.
Les Européens se rappellent les suites et de l'expérience du tsunami de 2004. Aux anniversaires de tels événements, les suites des efforts, réussites ou échecs, sont toujours analysées et écoutées avec surprise.
Un tremblement de Terre n'est pas un tsunami. Ce dernier efface tout sur son passage. Avec un tremblement de Terre, tout s'effondre sur place et reste bien visible. De 5 à 10% des ruines ont été déblayés suivant un rapport d'OXFAM. Le manque d'organisation en commun des ONG sur place pourrait l'expliquer, en partie. Les fonds versés ne sont d'ailleurs pas totalement écoulés, ni même arrivés. En Belgique, l'opération du type de Haïti 12-12 a rapporté 25 millions d'euros dont 40% ont été utilisés. Les États ont avancés des promesses de fonds "théoriques" de 5 milliards de dollars, alors qu'on parle de 60 millions réellement arrivés.Ce sera peut-être un jour expliqué sur un site qui pourrait, un jour, s'appeler "GiftLeaks".
Les ONG ont évité le pire. Elles ont secouru avec des dons en eau, en soins médicaux d'urgence. L'épidémie de choléra, quoique prévisible, a ajouté aux difficultés et aux surcoûts. On compte déjà 3600 morts des suites de cette maladie, 91.000 cas ont été traités.
Dans son livre, "Haïti kenbe la" (Haïti, debout), Rodney Saint-Eloi de MSF avouait son sentiment d'impuissance, suivi par une impression de vide dans les premiers mois. Plus tard, de retour pour le problème du choléra, il découvrait toujours les tentes, mais la population était mieux traitée, mieux organisée.
La Croix Rouge a entrepris la construction de 600 maisons antisismique, mais il faudra bien 10 ans pour arriver à un résultat honorable. Il s'agit, avant tout, de faire le cadastre pour déterminer à qui appartient quoi et où construire.
Le président Préval est accusé d'inertie. "Pas de progrès dans la reconstruction sans démocratie", dit-il pour se dédommager ou pour conforter son auditoire occidental qui voit la démocratie comme d'un produit miracle.
Être utile, rester solidaire avec les Haïtiens, mais comment?
Sont-ils dérisoires, ces dons? En pure perte? Pas du tout. Ils doivent seulement être distillés en fonction de besoins conformes à l'éfficacité maximale. Pas besoin de pitié, non plus dans ce processus.
Le reportage d'ARTE parle de la Fondation de Bill Clinton et des gens qui s'en sont occupés souvent à partir de l'étranger, d'Angleterre, dans ce cas précis.
Comme il fallait réveiller les consciences, comme les grandes catastrophes peuvent le faire, il s'agissait d'organiser un "festival des bonnes intentions", de casser la "structure de l'instantané", de négocier avant de décider. Pays où chaleur, désorganisations, habitudes de concentration humaine comme à Port-au-Prince avec ses 2,5 millions d'habitants, n'est pas la même situation que d'où l'argent est sensé provenir. Ce serait sans compter sur le choc de cultures qui diminue d'autant l'efficacité.
Un match de la commémoration s'imposait pour marquer ce premier anniversaire d'une pierre plus blanche. On pense aux symboles, en premier. Ce fut reconstruire, redresser le Marché des Halles au centre de la ville, qui n'a été que partiellement déséquilibré. Le délais était fixé à décembre. Une foule de surprises retarde ce projet pourtant très étudié. La méthode forte, on ne connaît pas sur le terrain. Contourner l'Etat quand celui-ci n'apporte pas d'aide. Il faut, dès lors, prévoir l'imprévisible dans une intelligence émotionnelle en oubliant la possibilité d'un "effet caméléon" et en espérant pas qu'il ne devienne un "effet papillon". Ce sera des livraisons d'acier qui n'arrivent pas ou ne peuvent pas être acheminées rapidement sur les lieux de leur utilisation. Pas d'outils adaptés et donc beaucoup de temps perdu avec des moyens rudimentaires, ce qui fut un manque à gagner en énergie. Même, le dirigeant du projet "Halle" s'est vu contraint de prendre du retard pour raison de santé. Plus on avance dans le temps, plus l'excitation, l'impatience des habitants augmentent avec la criminalité. Situation qui se transforme progressivement en poudrière. L'humilité du projet fut, dès lors, très nécessaire.
Alors, une question : l'argent peut-il répondre à ce genre de catastrophe?
C'est vrai, nos civilisations de l'efficacité ont l'habitude de se baser sur le symbole "argent" ou de s'exprimer par les "personnalités" déléguées comme des chefs d'états étrangers, représentants arrivés en éclaireurs. De l'argent en dons de toutes sortes peuvent aider, mais c'est sur le terrain que tout se passe, en définitive.
Les raisons de ce retard, de ce sauvetage difficile, se retrouve, peut-être, derrière les réflexions de cet écrivain haïtien, Dany Laferrère.
Exilé, il vivait à Montréal mais il était présent à Port-au-Prince lors de la destruction de la ville. De ces événements tragiques, il a commencé à prendre des notes pour se les rappeler et ne pas perdre ses minutes d'intimité en témoin, avant d'écrire son dernier livre et de donner sa version du comment Haïti parvient encore à survivre. Son livre "Tout bouge autour de moi" raconte ses ressentis avec la connaissance du terrain.
Pour lui, le peuple haïtien puise sa force dans sa culture, son goût simple de la vie. Il subit la pauvreté avec une philosophie particulière. Les récits vaudous, les danses et les chants sont les dérivatifs obligatoires pour permettre de faire ce pas de côté et oublier les événements les plus dramatiques. Le Haïtien est un "mégalo sympa"!, dit-il.
Les cyclones, Les inondations, l'embargo politique, la corruption, l'extravagance, Haïti connaît tout cela, dans son histoire. L'espérance moyenne de vie d'un Haïtien est de 62,5 ans.
Un site en créole peut en donner quelques indices. Il y est écrit "Dans la vie, il n'y a ni prix, ni punition. Il n'y a que des conséquences".
Ayiti et Repiblik Ayiti, Haïti est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ) avec capitale, Port-au-Prince.
Haïti, un pays qui ne fait pas parler de lui que rarement malgré son histoire de désastres divers. Le pays est bien différent au niveau aspect physique environnemental et financier de son voisin, la République Dominicaine. Le terrain a perdu ses arbres, ses palmiers qui attirent les touristes, une fois la frontière franchie vers Haïti.
La négritude est née en Haïti, bien avant Léopold Senghor et Aimé Césaire.
En 1804, Haïti gagnait son indépendance et celle-ci a suscité la panique en Europe esclavagiste. Peur de la boule de neige que cela pourrait engendrer. L'Europe a fait payer chèrement cette indépendance, cette volonté de liberté et d'autogestion. Saint Domingue représentait le quart du PNB français avant l'indépendance. Deux cents ans d'embargo à peine voilés ont suivi. L'écrivain s'étonne de l'empathie actuelle en provenance de l'Europe. Les Américains ont l'habitude de venir en force et puis, budgets épuisés, s'en retournent chez eux.
Haïti est un pays qui a besoin d'énergie, d'humour que le créole rend très bien. Lire, dans Haïti Chérie, que l'argent circule avec une monnaie appelée "gourde" divisé en 100 centimes "kob" et que "les billets de 100 gourdes sont souvent plastifiés, passées, ou enduit et ressemblent à des faux, alors qu'ils ne les sont pas. Ils ont Banknote Américan Company imprimés sur eux. Essayez de prendre des petits billets, évitez les gros billets de 500 par exemple, car inutile, à moins que vous puissiez les échanger à une banque ou les dépenser dans les hôtels chers.", prouve, déjà, un pragmatisme à toutes épreuves, lié à un humour très approprié.
Cette fois, encore, les larmes ne sont plus de rigueur. Les yeux sont secs, épuisés par les mois passés. Elles doivent disparaître pour faire face à l'essentiel, la volonté, l'obligation de continuer à vivre. Les Haïtiens sont des trompes la mort. Si on vit, c'est qu'on a tiré le bon numéro. C'est grave, mais ce n'est pas grave ou cela aurait pu l'être encore plus.
Toute la culture se retrouve dans la peinture naïve, les poèmes. Un crayon, un pinceau et le Haïtien fait revivre son âme même s'il est analphabète. Cela donne un originalité et une fraîcheur que l'on ne retrouve pas dans nos arts traditionnels. Le séisme, le palais présidentiel effondré, en véritable symbole va certainement se retrouver, un jour, dans sa peinture de mémoire.
Les problèmes sont des sujets d'hilarité, de vie quand celle-ci, s'intalle enfin. On y vit en communauté. La solidarité est la technique de base de cette survie au quotidien. La guerre civile inexistante dans la rue, mais emphasée par des mini-troubles, elle se vit, pacifiquement, dans les urnes. Les moments où il peut, donner son avis. La démocratie, cela compte. C'est important, les élections. On y affiche son appartenance avec fierté. C'est le peuple le plus politisé d'Amérique, donc, pas de leçons à recevoir à ce sujet, constate l'écrivain.
Je ne connais pas Haïti, seulement, le Nord de la République Dominicaine. Ce pays connaît une exploitation touristique croissante depuis quelques années avec une infrastructure hotelière très moderne, surtout à Punta Cana. Les "All-Inclusive" attirent le tourisme comme l'aimant. Si la pauvreté, parmi la population, est toujours présente, elle est moins ressentie grâce à l'agriculture et au tourisme. L'espagnol est la langue véhiculaire et non le français comme à Haïti. Entourée d'îles qui parlent en espagnol ne devrait pas améliorer les contacts.
Le phénomène de "politisation" de la population, je l'ai ressenti, en 1994, lors de l'élection du président Balaguer en République Dominicaine.
Ce personnage politique avait, alors, 88 ans. Il était presque aveugle. Pourtant la fougue électorale pour le soutenir était à son comble, en plus, par une population très jeune. Sagesse reconnue des anciens et perdue chez nous? Des camions dévalaient dans les villages, avec dans la benne arrière, des partisans des partis en présence avec des signes distinctifs représentés par un jeu des seuls doigts de la main, levés ou nom en guise de reconnaissance du parti.
Wikipedia rappelle à ce sujet: "Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial suite à l'élection présidentielle de 1986, et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées."
La politique prend autant, sinon plus, d'importance en Haïti. Dans ces moments de détresse, souvent, la population réagit suite aux seuls souvenirs et vont jusqu'à repenser au retour de la dictature des Duvalier comme solution désespérée. Le pire pour avoir un mieux quand le mieux n'arrive pas.
Le Haïtien vit, donc, aussi de symboles, mais de symboles que nos pays ont oublié: les élections, qu'elles soient démocratique ou non. Alors que pour nous, cela semble très futile surtout à l'idée des changements que cela pourrait apporter. Au premier tour, il y avait eu 39 candidats en piste. On pense au recomptage. Un deuxième tour n'a pas encore reçu de date.
Mirlande Manigat, une candidate féminine? La femme en Haïti reste le ciment de la population. C'est elle qui organise la vie au quotidien, toujours en quête de tout ce qui pourrait permettre de manger ou de boire au quotidien. Réalisme féminin mais elle n'existe pas en tant qu'entité unique, d'après l'écrivain Dany Laferrière.
Ce qu'il ne dit pas c'est que le désastre a intensifié la dépendance vis-à-vis des ONG. ONG qui sont parfois proches des églises évangéliste ou de Témoins de Jéhova. La théologie d'Aristide a été remplacée par le culte de la résignation. Si la philosophie haïtienne trouve une solution immédiate dans une solidarité vraie, obligée, le plus désolant est que "se blan o Dieu ki decid" (ce sont las blancs ou Dieu qui décident).
Des questions viennent à l'esprit. Que se passerait-il chez nous si un tel événement arrivait? Sommes-nous mieux préparés? Les désastres sont de moins en moins rares. Les inondations existent un peu partout, dernièrement en Australie, au Brésil, prouvent qu'il faudrait peut-être se préparer à comprendre comment résister aux désastres que nous réserve la Nature.
Les réalités exigent souvent plus de macération pour reconstruire que de construire.
L'enfoiré,
Des Haïtiens parmi les Agoravoxiens?
Ce 19 janvier 2011, tremblement de terre au Pakistan. Questions.
Citations:
- "La prévention des catastrophes naturelles implique, de la part des élus, une intégrité surnaturelle", Anonyme
- "L'histoire de l'humanité devient de plus en plus une course entre l'éducation et la catastrophe.", Herbert George Wells
- "Le tremblement de terre est un mouvement de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation et finit par une tombola.", Aurélien Scholl
- "Qui vise la perfection risque d'ignorer les vertus de ses acquis", Voltaire
08:15 Publié dans Actualité, Amérique, Livres, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
19/12/2010
Salaires en augmentation? Non, c'est pas pour rire
Le complément d'enquête du 13 décembre comparait les salaires français avec ceux qui étaient pratiqués ailleurs. En Allemagne, les métallos viennent de décrocher 1.200 € de primes, l’emploi à vie et des hausses de salaires. Dans la Silicon Valley, Google et Facebook se font la guerre pour retenir le personnel. Les ouvriers chinois, pour la première fois, se sont mis en grève et ont obtenu des augmentations allant jusqu’à 70 %. 
Curieux d'oser parler d'augmentation de salaires à ceux qui n'auraient pas de travail.
A entendre que les dividendes, les stocks options, les bénéfices explosaient dans les entreprises, devrait déjà avoir l'art de mettre en boule. Et pas en boule de Noël même si la pointe argentée plantée au sommet de l'arbre, on voulait la planter ailleurs...
En France, après des années de modérations salariales, pour cause de crise ou suite aux 35 heures, le pouvoir d’achat est grignoté par l’inflation. Le "travailler plus pour gagner plus" faisait rêver à des jours meilleurs. Les rêves ont du plomb dans l'aile. C'est plutôt travailler plus pour gagner moins.
L'OCDE, nous apprend qu'en Belgique , 23,5% des jeunes de 15 à 24 ans sont inscrits au chômage.
Trop ou trop peu de compétences, pas assez d'expériences, connaissances des langues insuffisantes, trop cher. Il y a assez de raison pour expliquer l'austérité et les crises. Le self-made man n'a plus aucune chance dans l'inflation des diplômes demandés, des qualifications très spécifiques soit disant obligatoires pour des jobs qui ne le demanderont peut-être jamais. Pour corser le tout, voilà que travailler jusqu'à 70 ans ne sauverait pas les pensions. Il faudrait créer 33.000 emplois tous les ans. Peuchère, dirait-on en occitan...
On est résolument loin de l'époque où les travailleurs belges étaient recherchés pour combler un manque de ressources humaines.
Il faut dire qu'il y a plus de 40 ans, second pays le plus riche d'Europe après la Suisse. Pas de dette extérieure, un seul gouvernement, neufs provinces et un taux d'imposition parmi les plus bas du continent. Aujourd'hui, trois régions, trois communautés, des impôts les plus élevés du monde et sept fois plus de politiciens.
Mais, passons. La Belgique, ce n'est pas le bout du monde.
L'enquête de l'émission " Complément d'enquête " a mis pleins d'idées sur la table des réflexions. Elles tombent bien à propos avant de se souhaiter les bons voeux pour l'année prochaine.
Dans un tel environnement, disons "troublé", les augmentations de salaires consentis sont devenues de véritables "sucettes à l'anis" alors que les tentations n'ont fait que grandir grâce à la publicité et que les distorsions, les injustices sont devenues de plus en plus criantes et difficiles à supporter.
Une austérité conjoncturelle qui devient structurelle, des crises en cascades, des concurrents de plus en plus agressifs dans un marché ouvert international qui engendre une recherche des prix plancher, si pas en sous-sol. Casser les prix à tous prix ou mourir, cela peut marcher mais pas si un retour au zéro absolu se trouve en fin de course.
Le film "Un idiot à Paris" initiait l'émission pour rappeler ce que pouvait être un patron en 1967. A cette époque, pourtant, on pouvait espérer des augmentations sans même les demander. Il y avait des barêmes dans le secteur public, des mid-points dans le privé, pour limiter les trop grands écarts entre les salariés chargés d'une même tâche. Mais il y avait des dérogations, des primes d'encouragement, de réelles augmentations de salaires. Depuis quelques années, les crises se succèdent et elles ont bon dos pour ne plus passer à la caisse pour récompenser les plus méritants.
Sur les plateaux de l'émission, un sketch d'une demande d'augmentation de salaire, était représentatif des difficultés. Tentative à double tranchant que les travailleurs ne se transmettent plus que par des revendications syndicales globales quand le pouvoir d'achat ne suit plus. 
Les médias nous informent souvent que les États-Unis sont dans des difficulltés sans nom. La Californie est en faillite. Enfin, tout dépend du secteur d'activité et de l'environnement. Si, les failles s'appelaient, au départ, "subprimes", elles deviennent, parfois, des "surprimes".
Dans la Silicon Valley, la guerre des talents est ouverte ou plutôt, rouverte. On y travaille tous les jours dans les secteurs de pointes. De jeunes patrons lancent des start-up. Les idées germent, foisonnent. Les idées y sont payées apparemment, au prix fort. Les patrons sont en quête perpétuelle pour séduire et embaucher les meilleurs informaticiens.
Les étapes pour intéresser passent par un environnement de travail agréable, des salaires substantiels, la prise de participation, les bonus et les stock options dans des packages bien ficelés. 240.000$ par an avec des stock options qui multiplieraient le salaire par 3 si la société progresse, était-il constaté. On cherche des passionnés au travail et ensuite, les river à leur ordinateur. Être compétent, pour seule règle. Mais, rendre l'ambiance de travail la plus agréable possible ne suffit pas toujours. Le "money money" garde sa persuasion principale même s'il ne fait pas nécessairement dans la durée.
L'espace de travail selon Google n'a visiblement rien de désagréable.
Google vient de majorer tous les salaires de 10% pour contrer la fuite des cerveaux vers Facebook. Aveux de faiblesse, disent les employés. Les entreprises au top, hier, cèdent la place à leur challenger à un rythme accéléré. Yahoo, en perte de vitesse, supprimait 600 emplois dans le même temps. Car tout n'est pas "blue sky" dans ce combat de titans. Il faut être "disruptive" et non plus "incremental" comme le disait un des interlocuteurs. Du nouveau, toujours du nouveau. On veut des "rock stars", pas du réchauffé et cela jusqu'à être attaqué sur ses propres bases ou en attendant le prochain bug. 
"Manger ou être mangé". Rêver en attendant de passer au cauchemar.
De ce côté de l'Atlantique, c'est la frilosité du côté salaires. Au mieux, ils suivent vaguement l'index des prix à la consommation. En Belgique, l'État cherche des informaticiens. Oui, mais à quel prix? La situation n'est pas différente en France.
Libéralisation de la croissance
Pour appuyer l'idée qu'il fallait augmenter les salaires, Jacques Attali allait plus loin, à contre courant. Il affirmait que la crise des subprimes trouve son origine dans la stagnation des salaires aux États-Unis des années qui ont précédé. Dans le circuit de consommations de plus en plus énergique, posséder sa maison était devenu un "must" pour l'Américain moyen. Tant que les prix des maisons progressaient à la même vitesse que les salaires, pas de problème. Quand ce ne fut plus le cas, emprunter de plus en plus restait la seule solution.
Contrairement à l'idée reçue, les salaires ne sont pas l'ennemi de la croissance, constatait-il. Plus les salaires sont élevés, plus les motivations existent, plus la compétitivité augmente. L'écart entre les salaires bruts et nets est prise comme la raison principale des distorsions. L'injustice actuelle se retrouve dans les 80% de la croissance réservée à seulement 5% de la population.
Les impôts prélevés par les taxes directes sont trop importantes et font passer le salaire net des Français en dessous de celui des Allemands. Il prèche pour les taxes indirectes sur la consommation.
Innover et rester compétitif ou mourir progressivement. Tel est le modèle très libéral préconisé. Bandé ses muscles et ses neurones, si on a les moyens. Dans le cas contraire, c'est rester à quai. Le libéralisme qui n'aurait pas de contradicteurs si l'application n'avait par quelques aspects très négatifs dans la manière d'attribuer, arbitrairement, les prix aux choses et aux hommes.
La séquence classique des ouvriers français qui revendique une augmentation de 20 euros par mois et qui n'arrive à aucun résultat, montrait le gap énorme qui existe entre les moyens de production et leur rétrocessions. Pas de dialogue à part, la perte des acquis sociaux en opposition à l'usine qui doit rester pérenne.
Dans l'ombre, les dividendes des actionnaires ont progressé de 1007% dans le même temps. Entre 2003 et 2010, la moyenne des salaires ont progressé de 8% tandis que les dividendes de 120%.
La coopérative ouvrière était présentée comme antidote, comme solution à cette injustice. La faillite d'une entreprise reprise par ses ouvriers qui devenaient actionnaires et propriétaires de leur propre usine et qui reçoivent des participations aux résultats. Un conseil d'administration en bleu et blanc de travail. Cela semble être une bonne solution trop souvent oubliée.
La Chine considérée par ces Occidentaux comme l'"usine du monde", se rebiffe. La loi de l'enfant unique a rendu la main d'oeuvre plus raréfiée. Après des grèves, des suicides, les salaires ont bondi cette année.
Mais rien n'a vraiment changé, d'après l'émission, si ce n'est des filets de protection sous les fenêtres de l'entreprise de Foxconn. En cause, l'augmentation des salaires est allée de pair avec l'accélération des cadences et l'augmentation du stress.
Jusqu'où aller trop loin dans un sens comme dans l'autre? Jusque quand la Chine resistera au courant d'air d'Internet?
La culture de la discipline des parents chinois ne se retrouve plus chez les jeunes sous le chapeau d'Internet.
Le "Made in China" n'est plus nécessairement bon marché et la compétition devient plus équilibrée entre les productions orientales et occidentales.
Rééquilibrage en vue? Peut-être. 
En Belgique, la priorité serait de trouver des accords interprofessionnels pour 2011 et 2012 en augmentant les salaires et les allocations sociales. Retour en France. De petites entreprises familiales s'organisent mais elles se retrouvent vite à la corde, à la recherche du profit pour payer les intérêts de leurs investissements initiaux et pour se constituer des fonds propres après déduction des nombreuses charges. Ils gagnent en liberté mais en difficultés pour couvrir leurs propres frais et prévoir leur retraite.
Intéresser pour motiver ou travail forcé, ce n'est pas la même option.
Suivant une enquête demandée par un société d'interim, un employé sur deux est satisfait de son manager et un sur cinq le jetterait bien par la fenêtre si le bureau n'était pas au rez-de-chaussée. Les points faibles d'un manager aux yeux des employés restent la communication, le charisme et la faiblesse du feedback sur leur travail. Le bon manager communique clairement, inspire la confiance, est honnête et sait écouter.
Alors, pour combler les déficits, des auto-entrepreneurs tentent de jouer sur deux tableaux: rester salarié, devenir des hommes à tout faire, des handyman qui doivent rester moins cher que les gens de métier, quitte à être traqué par les autorités pour délit de non-payement de charges sociales.
Trouver la niche qui intéresse le consommateur, calmer les ardeurs du fisc, trouver le juste prix, rester en harmonie avec soi-même... Une perle du travail ou la quadrature du cercle?
Quelques principes de bases existent et sont servis bien chauds par des conseilleurs qui comme chacun sait, ne sont jamais les payeurs:
"Concevoir la vie de travail pour soutenir ce que l'on veut vraiment avec le plus de passion. Le travail peut être un amusement, mais il doit sortir de l'esclavage et le stress du métro-boulot-dodo. Tenir ses neurones en éveil. Occuper son temps au mieux, pour qu'il ne soit pas perdu pour soi-même et pour les autres. Garder des objectifs réalistes. Oser dire "mon temps est plus important que le vôtre" et “Vous n'êtes pas importants” est une bonne cure.
Si cela ne marche pas passer apprendre quelque chose de nouveau."
YES. Un bon programme d'équilibres très subtils et un choix très personnel que l'on peut se souhaiter en fin d'année et qu'on oublie bien vite dans les rigueurs de l'hiver qui suivent.
Cette fois, pas de citations pour ce billet.
Trop nombreuses, trop lourds. Le Père Noël n'en a toujours rien cirer. Un peu fainéant, cette année, il n'a aucune envie d'en sélectionner dans sa hotte.
Ce personnage illustre aime les histoires vraies qui finissent bien, style du conte de fées, au besoin des contes moins légers et au pire, des théorèmes incontestables. Alors, donnons lui, un de chaque.
Vendeur de gaufres au suc' à New-York
Imaginez que vous vous promenez du côté de Broadway, tout à coup une odeur de gaufre vous caresse les narines. Cela vient d'une camionnette jaune qui arbore un drapeau belge et une enseigne "Belgian Wafels". Un certain Thomas De Geest est devant ses fers. Il y a une dizaine d'années, il était consultant chez IBM. Il gagnait 100.000$ par an, à cette époque. Envoyé partout dans le monde, il rencontre sa "future" qui lui fait hésiter de continuer. Il voudrait faire autre chose. Elle le pousse vers son plan B. En 2007, il trouve ce chaînon manquant à New York. Au diable la sécurité, la stabilité. Pour y arriver, il n'y avait qu'à apprendre à cuire des gaufres, à y ajouter de la chantilly, des fraises, du chocolat belge, à adapter ses recettes aux goûts locaux. Les gaufres de Liège et de Bruxelles deviennent, parfois, des gaufres boulettes ou avec sauce barbecue. Qu'importe, nous sommes sur Big Apple. Ses connaissances en management on fait le reste. Son site vous apprendra la suite avec quelques wafeleurs et wafelettes hebdomadaires.
Un chômeur postule pour un poste de déboucheur des toilettes chez Microsoft.
Le directeur des ressources humaines le convoque pour l'entretien, puis lui fait passer un test avec une ventouse toute neuve. Le résultat est à la hauteur des ambitions. Le DRH essaye le lieu d'aisance et remarque que tout est parfait, propre, après avoir poussé le bouton ad hoc.
Heureux, il lui dit : "Tu es engagé, donne-moi ton email et je t'enverrai le formulaire rempli ainsi que la date et l'heure auxquelles tu devras te présenter pour commencer ton travail."
L'homme désespéré, répond qu'il ne possède pas d'ordinateur, et donc pas d'email.
Le DRH lui dit alors qu'il est désolé, mais que s'il n'a pas d'email, cela signifie que virtuellement il n'existe pas et, comme il n'existe pas, il ne peut avoir le job.
L'homme sort, désespéré, sans savoir que faire, avec seulement 10 dollars en poche. Alors il décide d'aller au supermarché et d'acheter une caisse de 10kgs de fraises.
Il fait donc du porte à porte pour vendre ses fraises au kilo, et en moins de deux heures, réussit à doubler son capital. Il répète l'opération encore trois fois et revient chez lui avec 60 dollars.
Alors, il réalise qu'il pourrait survivre de cette manière. Il part de chez lui, tous les jours plus tôt, et revient chez lui, plus tard, et ainsi triple ou quadruple son argent chaque jour.
Peu de temps après, il achète une charrette, puis l'échange contre un camion et peu de temps après, se retrouve avec une petite flotte de véhicules de livraison.
5 ans passent. L'homme est maintenant propriétaire d'un des plus grands réseaux de distribution alimentaire des États-Unis.
Il pense alors au futur de sa famille, et décide de prendre une assurance vie. Il appelle un assureur, choisit un plan d'assurance et quand la conversation prend fin, l'assureur lui demande son email pour lui envoyer la proposition.
L'homme dit alors qu'il n'a pas d'email! Curieux, lui dit l'assureur, vous n'avez pas d'email et vous êtes arrivé à construire cet empire, imaginez où vous seriez si vous aviez un email.
L'homme réfléchit et répond : "Je serais déboucheur de toilettes chez Microsoft."
Moralité 1: Internet ne solutionne pas ta vie.
Moralité 2: Si tu n'as pas d'email et que tu travailles beaucoup, tu peux devenir millionnaire.
Moralité 3: Tu as lu ce message sous forme de conte, c'est sûr, tu es donc plus proche d'un déboucheur de toilettes que d'un millionnaire.
Ne répondez pas, ni ne commentez ce conte... L'idiot à Paris des débuts a déménagé. Il est parti, loin. Parti pour vendre des fraises, là où elles poussent toute l'année !!!
Théorème du Salaire
Le "Théorème du Salaire" de Dilbert établit que "les Ingénieurs et les Scientifiques ne peuvent JAMAIS gagner autant que les hommes d'affaires et que les commerciaux".
Ce théorème peut maintenant s'appuyer sur une démonstration mathématique qui s'appuie sur les deux postulats suivants :
Postulat n° 1 : Connaissance = Puissance.
Postulat n° 2 : Temps = Argent.
Tout ingénieur sait que : Puissance = Travail / Temps
Donc : Connaissance = Travail / Argent
On obtient alors facilement : Argent = Travail / Connaissance
Ainsi, comme les règles de l'arithmétique le disent, si la Connaissance tend vers zéro, l'Argent tend vers l'infini, sans se soucier de la charge de travail.
A l'inverse, si la connaissance tend vers l'infini, l'argent diminue vers le néant en continuant à travailler.
Conclusions : Moins vous en connaissez, plus vous gagnez d'argent !!!
Plus vous travaillez, moins vous gagnerez d'argent, c'est arithmétiquement prouvé. CQFD.
Depuis lors, "J'M'amuse", comme disait Fernand Raynaud dans un sketch.
Joyeux Noël et bonnes augmentations de ... (à compléter)
L'enfoiré,
Mise à jour de 09 avril 2013: Sur 30 carricatures en provenance de l'immigration par semaine, 3 sont acceptées.en cause les règles de l'immigration et les visas délivrés au compte-gouttes. Un maximum de 65.000 par an et par pays.
08:15 Publié dans Actualité, Amérique, Belgique, Economie, Monde des affaires, Parodie et humour, Presse et media | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
29/11/2010
Amérique, faux rêves et vraies réalités
Les élections ont été un test grandeur nature pour le Président Barack Obama le mardi 2 novembre. Référendum vérité du moindre risque mais qui pourrait rendre la vie plus difficile à la Maison Blanche. Il était prévu que des millions d'Américains ne se déplaceraient même pas pour aller voter. Une période d'euphorie, il y a deux ans. Élections de la colère, hier.
Avant les élections de 2008, j'avais écrit "L'Amérique, présidences pragmatiques".
Je voulais trouver quelques caractéristiques de l'Américain type, sous les directions successives de ses présidents. Ce "proud to be american" qui s'affichait, le distinguait de l'Européen type, plus attaché à son pays, à sa région, voir à son environnement immédiat. Dichotomie politique affirmée de l'Américain qui soit républicain, soit démocrate, s'aligne après les élections derrière son président. Je terminais l'article par un souhait que le nouveau président qui allait être élu, puisse "mettre de l'huile" après les deux mandats de Bush.
Dans cette période aux crises multiples, pour Barack Obama, l'huile a été de la partie, tiède, chaude et, parfois, brûlante.
Les élections à mi-mandat ont démontré que la vague républicaine est passée plus forte que prévue par les sondages.
Dans son discours du 3 novembre, Obama reconnaissait sa responsabilité dans la raclée qu'il avait subit: "Les gens sont profondément frustrés par le rythme de la reprise économique. Des progrès mais insuffisants".
La résurgence de la mouvance citoyenne populiste, le "Tea-Party" avait influencé les résultats du vote. Ses principes, avec les fondateurs de la nation, Benjamin Frankin, Samuel Adams et George Washington comme porte-drapeau: la coopération libre et volontaires entre les individus, prôner la disparition des pouvoirs étatiques avec la fondation "Americans for Prosperity" et les Hedges Funds de "Freedom Works" de Steve Forbes. Ce sont de puissants hommes d'affaires avec leurs alliés conservateurs, tel que Sharron Angle, Dick Armey, Charles et David Koch, qui finançaient la campagne des anti-Obama. Sous des tenues d'époque victorienne, le mouvement Tea-Party s'érigeait contre les déficits abyssaux, contre l'augmentation des impôts et contre l'omnipotence du gouvernement fédéral.
Le Tea Party a joué sur le velours en rappelant, avec insistance, le crash de 1929. Angoisse identitaire de la part de la communauté blanche qui se retrouvait en plein Maccarthisme et derrière les discours de Barry Goldwater. Personne n'y voyait la réapparition du K.K.K. pourtant.
La "Dream team" d'Obama du départ n'était déjà plus en place. Des "Trois mousquetaires", Larry Summer, Christine Romer, Timothy Geitner est le seul rescapé.
« Barack Obama doit apprendre à gérer ses rapports avec les humains. Il doit accepter de faire escale sur Terre en redescendant de la stratosphère», blaguait Washington. La nation entière aurait eu peut-être avantage à le faire pour entrer dans un monde plus humain du 21ème siècle.
"I want to work". Le vert pour l'environnement passe désormais au second plan.
Dans le même temps, la Chine, d'"usine du monde" était devenue le "tire fesse" de l'économie mondiale et narguait les États-Unis. La nouveauté, il fallait reconsidérer les autres d'égal à égal.
Dans sa politique extérieure, Obama avait redoré le blason des États-Unis pour donner l'illusion d'une nouvelle Amérique.
La phase "un" des slogans, est désormais derrière lui. Place à la deuxième et elle sera très différente.
La cohabitation à la Maison Blanche est désormais au programme. Les Républicains devront trouver des alternatives crédibles et entreront dans la responsabilisation. La limite du pouvoir d'Obama pourrait se retrouver plus en politique intérieure qu'en extérieure. Réduire les troupes d'Afghanistan, forcer la paix entre Palestiniens et Israëliens, calmer le jeu avec l'Iran et le petit nouveau coréen.
The show must go on...
Pragmatisme américain oblige. Ok. Aux déficits, les moyens de traverses pour y répondre. Dévaluer le dollar, pour remettre les exportations sur les rails. Au diable, l'inflation si c'est pour une "dévaluation compétitive". La planche à billet a repris sa vitesse de croisière. On n'aime décidément pas l'austérité "à l'européenne".
Dans une carte blanche, il disait "L'Europe et l'Amérique, côte à côte". C'est vrai, mais il a de nouvelles priorités. Sa visite au Sommet de l'OTAN a été le lot de consolation pour les Européens, car l'Asie attire, cette fois, comme l'aimant, bien plus que l'Europe.
Bien plus importantes, les visites en Inde, en l'Indonésie, en passant par la Séoul pour le G20 et au Japon, confirmaient le changement d'orientations privilégiées par la nouvelle Amérique. Cela rappellerait presque l'idée de la "vieille Europe" que Donald Rumsfeld avait lancé dans la période Bush, qu'on ne s'y tromperait qu'à moitié.
Les mémoires de G.W.Bush, "Instants décisifs", on apprend même qu'il aurait été contre la guerre en Irak. Surprenant pour un Européen de lire cela. Bush en avait remis une grosse couche de méfiances, au sujet de l'"American way of life".
Qu'adviendrait-il à la chanson de Joé Dassin "L'Amérique" (1970), si elle sortait aujourd'hui, sinon, un bide magistral. L'impérialisme américain fait toujours peur et dégoût, même si à certains moments, il fait fantasmer.
A Bruxelles, une exposition l'"Amérique, c'est aussi notre histoire", est en cours. Arriverait-elle à changer cette vision? L'idée, rappeler que les Américains sont les dignes successeurs ou les dérivés de notre "vieille Europe". Quand on se rappelle que la culture américaine a toujours placé un pied sur tout ce qu'elle approche, dans le réel ou le virtuel, par l'intermédiaire de marques comme Coca-Cola, par celle des films d'Holywwod, par sa prédominance de présences sur Internet, par son contrôle de ses clés d'accès, il y avait de la gageure dans l'air.
"Je t’aime, moi non plus"... Voilà, sans doute, ce qui résumerait ces trois siècles de relations entre les États-Unis et l’Europe. "Une histoire passionnée mais jamais neutre", comme le disait sa publicité de l'exposition.
Sa vidéo descriptive montre les étapes et le but de son éminence grise, Elie Barnavi. Cette personnalité charismatique juive explique, aussi, le lien sacré historique des Américains avec Israël et la volonté de créer cette exposition.
Quelques voix perdues par Obama pourraient aussi provenir du fait qu'Obama contredisait un peu trop Netanyahu lors de sa visite aux Etats-Unis.
Cette exposition avec ses fresques graphiques, productions audiovisuelles, témoignages, dispositifs interactifs, objets et œuvres d’art jalonnent en trois parties le parcours du visiteur, n'y changera rien à la politique même avec l'aide du découpage du temps et de l'histoire. Mais revoyons cela, (en photos ici).
Première étape (de 1620 à 1783), l’Amérique européenne avec les premiers Européens qui arrivent avec la Mayflower
et s’installent dans ce "nouveau monde". Aventure impériale qui tourne plutôt bien au départ en continuant le commerce avec la mère patrie européenne. Son indépendance se construit, alors, contre les puissances européennes, mais en s’inspirant des mouvements philosophiques européens. Une guerre de sept ans dès 1756 qui se termine par le Traité de Paris. A Boston, en 1773, la révolte du Tea Party contre la domination anglaise éclate. "No taxation without representation". Ce sera la bataille de Bunkers'Hill en 1775 suivie, le 4 juillet 1776, par la signature d'indépendance des 13 colonies. Indépendance, qu'il faudra consolider en 1783, à la bataille de Saratoga.
Deuxième étape (de 1783 à 1917), l’Amérique américaine. Le peuple français offre la Statue de la Liberté en 1886. Le Far West est l'eldorado qu'il faut gagner sur les Indiens. Effroyable guerre de Sécession qui ouvrira une autre ère de prospérité.
L’Amérique se détache petit à petit de l’Europe à travers sa propre culture, sa science, sa technologie, son idéologie libertaire fixée dans ses amendements. Isolationnisme décrété en 1823 par le Président James Monroe. Diplomatie et révolutions sud-américaines qui liquide l'empire espagnol mais abstentionnisme volontaire dans les affaires européennes. En 1831, Alexis de Tocqueville dans son livre "De la démocratie en Amérique", fait comprendre que l'avenir de l'Europe, ce serait aux États-Unis. L'immigration des Européens commence.Anton Dvorac décrit cet épisode en musique en reflétant l'enthousiasme et la tourmente par sa 9ème symphonie.
Troisième étape (de 1917 à 1989), l’Europe américaine avec ses propres ambiguïtés et incertitudes. Par deux fois, les Américains volèrent au secours d’une Europe déchirée, meurtrie après une longue période d'absentéisme dans chaque cas. Les Américains s'incrustent économiquement et politiquement après la 2ème guerre mondiale. Fascinée par les GI’s et Hollywood, l’Europe s’américanise tout en contestant la suprématie de cet «l’Oncle Sam». Le jeudi noir du 24 octobre 1929 commence la Grande Dépression qui se propage en Europe. Nouvelle séparation d'optique.
Aux États-Unis se sera le New Deal préché par F.D.Roosevelt. En Europe, ce sera la faillite de la démocratie et une alternative totalitaire, rouge, noire ou brune. D'un bloc, Américains et Européens font front à l'URSS dans une guerre froide. La chute du Mur de Berlin mettra fin à celle-ci et à l'URSS dans la foulée.
Quatrième étape (de 1989 à 2010), l'Europe et l'Amérique ont des destins parallèles, mais s'embourbent dans les mêmes crises de bulle en bulle avec une certaine peine pour définir leur relation. Le 11/9/2001, l'Amérique découvre ses faiblesses. Le Monde écrit alors, "Nous sommes tous des Américains" en solidarité avec les victimes. La guerre en Irak va ruiner cette union solidaire. Obama redonnera un nouvel espoir dont on connaît les suites.
Le but avoué de l'exposition, c'était de rompre le silence historique et montrer le socle commun de civilisation des deux côtés de l’Atlantique. Le silence est rompu, mais je ne suis pas sûr qu'elle aura changé les mentalités pour autant. Limiter les idées et l'idéologie américaine à l'histoire, tout comme mettre tous les Américains dans le même panier, serait rater une partie de réalités du terrain.
San Francisco, que j'ai visité, est ce qu'on peut appeler la ville la plus européenne, tandis que New-York, la plus représentative au niveau mondialiste.
On a souvent lu que la dernière crise était arrivée par les États-Unis et qu'elle devait repartir par la même voie. C'est peu dire que cette relation dominante-dominée n'est pas prête de crever tous les abcès.
Le livre et le film "Stratégie du Choc" (1,2,3,4,5) de Naomi Klein ont dénoncé les tendances idéologiques américaines. Mickael Moore a été un des détracteurs de Bush. Obama aura les siens. 
Dom DeLillo, souvent considéré souvent comme un écrivain prophétique américain, osait écrire "L'Amérique est un cauchemar". Les rêves d'immigrants se sont transformés en cauchemars de survie dans un monde fou et de plus en plus dangereux. Pour lui, c'est le début de la fin de l'empire américain dans une chute inéluctable, enfoncée par des peurs virtuelles et réelles, maintenue en vie par des religions qui masquent les intérêts et les affrontements. Alors, au milieu, Obama, même reconnu comme le meilleur orateur restera un "story teller". Le prix Nobel de la Paix qu'Obama aura alors été le couronnement d'un espoir plutôt que de réalisations effectives.
WikiLeaks vient de dévoiler une nouvelle salve de documents et cables secrets sur la diplomatie américaine après celle autour de la guerre en Irak. "Un agent trouble" titrait un journal. Contre-pouvoir, divulgations anonymes de vérités qui dérangent, théorie du complot ou marionnettes de la CIA ou encore d'autres? Qui finance et d'où viennent ces sources? De toutes manières, cela n'arrangera pas les relations entre Europe et USA.
Libertaire ou liberticide, un Américain?
Cela dépend de la conjoncture, du regard vers l'intérieur ou vers l'extérieur que les States y trouveront dans leur propre futur.
Les dérégulations et les privatisations sont restés les fers de lance de l'idéologie capitaliste prêchée par les États-Unis ultra-libertaire. Milton Friedman a été un bon représentant des Américains. Contesté, il a reçu le Nobel de l'Economie. Il a été suivi plus qu'il n'aurait pu penser l'être. Ses émules se sont succédés selon des contextes et des étiquettes différents, quitte à faire décoller celles-ci de leurs devantures.
Une histoire en commun faite d'incompréhensions mutuelles, de compromis ou de désaccords, partagée entre des polémiques constructives et destructives. 
Ce n'est pas le seul Obama, après un mi-mandat qui changera, avec les meilleurs volontés du monde, une idéologie capitaliste, conservatrice, vieille de trois siècles.
L'exposition concluait:
"On se trouve différent des deux côtés de l'Atlantique.
L'Europe, "sortie de religion", attachée au rôle de l'État et soucieux d'un ordre mondial fondé sur la loi internationale et la diplomatie multilatérale. Jugée sans Dieu, craintive, pacifiste, esclave de l'Etat-Providence.
Les États-Unis, pieux, individualistes, partisans de la libre entreprise, méfiant à l'égard de l'État et n'hésitant pas à projeter à l'extérieur une puissance "unilatérale".
Accusés de mélanger le sacré et le profane et de ne penser qu'à en découdre, qui passe des condamnés à mort sur la chaise électrique et laissent mourir les gens faute d'assurance maladie. La caricature se porte bien.".
Caricatures ou réalités?
Pour Obama, ce n'est plus le "Yes, we can", mais "Yes, we could and we would do it".
Quant aux Européens, y trouveront-ils les retours sur investissements?
C'est une autre histoire que l'on verra en temps opportuns.
L'enfoiré,
Mise à jour 12/04/2011: Dans Ocean's Songs, Olivier De Kersauson parle des Etats-Unis. "J'ai une tendresse pour toutes les Amériqus et pour les États-Unis en particulier. Pourtant, l'Amérique est devnue en quelques annés le pays 'arriéré' du Pacfique. Le grand pays que l'Asie va définitivement dépasser en deux ans, qui ne sera qu'un personnage secondaire du roman du 21ème siècle, et que chacun en France se plaît tellement de détester... L'arrivé sur San Francisco est un peu semblable à l'arrivée à La Trinity-sur-Mer, parce qu'il y a des endroits où brutalement, je me sens bien, même si j'y passe peu de temps. San Francisco est un moment de grâce dans ma vie. Par sa fraicheur, sa légèreté de l'air sans beaucoup d'humidité. Charme qui n'est pas abîmé. Le Goden Gate qui dépasse de la brume, sent toujours la dinguerie de l'époque, les excès et la fantaisie de la fin des années soixante. Quand la brume tombe, il y a une dilatation romantique incomparable. La vie n'a pas étouffé la mémoire du lieu. Les docks sont les traces visibles de cette histoire américaine. Ses collines, ses maisons victoriennes... Ce pays n'attend pas dans son coin qu'on lui offre le monde: il va le chercher et le pétrit. Sausalito, en face, embourgoisée reste avec una atmosphère de légende. Les hippies de l'époque, c'était des épicuriens, un peu mélancoliques. Epoque de l'anti-société de la consommation qui existe encore. Epoque avec une confiance folle en elle-même et ses enfants. Ouverte avec du travail pour tous, sans l'humiliation du manoeuvre. Je ne pense pas qu'un seul pays ait donné autant de lui-même au monde durant ces 60 dernières années. S'ils ont colonisé, comploté, renversé, ils ont aussi énormément apporté en intelligence et perspicacité. On regarde les Américains avec un mépris et une condescendance assez écoeurante".
Bien défini, San Francisco, que je connais.
Rappel "L'Amérique, présidences pragmatiques" pour plus d'idées sur ce que sont les Américains.
To be or not to be american, on Agoravox?
Citations:
- "Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas.", Andy Warhol
- "Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé.", James Ellroy
- "Bien entendu, l'Amérique avait été découverte avant Colomb, mais le secret avait été bien gardé.", Oscar Wilde
09:40 Publié dans Actualité, Amérique, Economie, Europe, Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
05/10/2008
L'Amérique, présidence pragmatique ?
Que de choses n'a-t-on pas dit et écrit pour définir ce qu'est avoir l'esprit américain? Du "Grand Satan" au "monde de demain". L'Europe, au milieu, s'interroge sur les différences et les résultats des élections américaines qui pourraient influencer le monde entier. Cette fois, dans l'incompréhension totale de ce qui lui est arrivé suite aux dérives de cette Amérique. Après la crise, un peu de confiance revient avec le coup de poker de 700 milliards de dollars. "Bien loin de la "vieille Europe", l'Amérique, mais encore..." Article qui avait été ébauché dans "Tout va mal, non peut-être..."
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Les USA ont l'habitude de se retrouver dans l'opposition dans un état de (presque) guerre. Adulés ou mal aimés, les États-Unis contre tous, mal compris de tous. Cela l'a toujours obligé d'ouvrir, plus que partout ailleurs, la bourse au budget militaire. Une armée qui coûte de plus en plus cher. Guerre militaire, commerciale, religieuse et psychologique, interventionnisme, ingérence sont les sources de cette dichotomie entre pro et contra dans le monde. En un mot, l'antiaméricanisme.
Au besoin seuls contre tous, les Américains sont unis malgré tout dans un parfait ensemble ou hétéroclites comme en ce qui concerne la peine de mort exécutée selon le niveau de conservatisme plus présent, selon le Sénateur qui occupe le siège de l'État, la possession des armes aussi. Mais, en final, toujours prêts de se retrouver derrière leur président. Pays de tous les extrêmes, religieux, au besoin sectaire. Population prude et, en même temps, extravagante sexuellement. Mais, il ne faut pas croire que les États n'ont pas leur spécificité ou qu'ils soient "unis" dans tous les cas et actions. La taux de taxe locale est spécifique et décidé par le Gouverneur de l'État.
Les papiers d'identités ne sont pas utilisés, pratiquement, ils sont souvent remplacés par le permis de conduire. Pourtant la sécurité est devenu une obsession. La violence et la compétition fait partie de la vie américaine. La possession des armes fait partie de la normalité et se retrouve dans un amendement de la Constitution.
L'argent, comme passe partout, comme un passeport. "Quand Wall Street s'enrhume, le monde tousse" est-il souvent dit à juste titre. Frais minimum pour les transactions boursières. Aucune entrave importante aux transactions. La taxe Tobin est reportée "ad vitam aeternam". Le côté social, on y pense pour une autre vie.
Du côté social, la sécurité d'emploi se compte, chez nous, en mois de dédits par année d'ancienneté. Aux USA, on compte en semaines pour la même période et on dit merci en partant sur le champ. La crainte de perdre son emploi n'est pas un leurre. Mais, l'instinct pousse à dire que la société avait raison de réduire son personnel. Prester après une mise à pieds qui y penserait? On ne doit pas se représenter, c'est tout. On travaille bien après le temps présumé en Europe de la pension. Les grosses pensions ont été confiées à des organismes assureurs qui ont placé l'argent en Bourse avec des espérances presque "obligatoires" d'obtenir du "double digit". La Floride sera le nouvel habitat pour ceux qui ont réussi. Pour les autres, on recommence une autre carrière en servant dans les cafés ou les restaurants et cela parfois, jusqu'à plus soif. La grève, qui y penserait vraiment comme on peut le faire en Europe? On manifeste sur l'autre trottoir de l'entreprise après un renvoi. Bien caché derrière une foule organisée ou derrière un panneau de revendication sous l'oeil vigilant de la police. Une avidité de consommations, un fétichisme libertaire qui trouve son répondant dans le marketing de l'American dream. Refus de toute ingérance, de tout interventionnisme de l'État. La faillite au détour du chemin pour ceux qui y ont cru et se sont retrouvés SDF dans sa voiture ou son camping car.
La santé, pas question de réelles mutualisation à l'européenne. Ce n'est pas la solidarité. Point. On paye cher pour des assurances tous risques qui sont plafonnées très vite. La liberté, toute la liberté c'est pour ceux qui ont les moyens d'en profiter. Il ne faut pas croire que les Américains sont nos cousins. Ils ont fondé leur pays sur l'immigration et sur l'abcence d'État. Autre point.
Un paradoxe, aussi: plus d'universités prestigieuses qu'ailleurs et plus d'ignorants.
Le marché du "prêt", du "crédit" se fait concurrence en offrant les meilleurs conditions, mais pas de restrictions ni de limitations. La carte de crédit "Western Union", arrivée en 1914 sur le marché, était en métal. Suivie par la "Diner's Club" en 1950 sous forme de carnet pour les payements. Mais, c'est l' « American Express » qui va lancer, en 1957, la "carte plastique" et accentuer tous les excès de l'endettement.
Tout est, dès lors, possible. Et on y croit, vraiment, presque aveuglement. Le capital à risque fait partie des moeurs et trouve mieux qu'en Europe, des acheteurs décuplant, peut-être artificiellement, le potentiel par son effet levier. Tout s'efface devant celui qui réussit. Peu importe la méthode, tout est dans la finalité.
On aime d'ailleurs en faire la pub de ses avoirs. Il y a des visites guidées en bateau, autour de Fort Lauderdale, pour découvrir toutes les maisons et villas somptueuses, appartenant aux amateurs du showbiz ou d'ailleurs, en leur donnant la valeur au plus juste. C'est dire que l'impôt sur les grandes fortunes n'impressionne pas trop. Qui oserait voler la poule aux oeufs d'or? Le dernier refus des républicains du plan Paulson confirme cet état d'esprit. Sur les canaux, on a l'habitude d'entendre au micro : "on the left side: this house is about 5 millions of dollars, on the rigth, this one, 8 millions". Un Européen qui entendrait cela, se retrouvera saoulé par le mot "dollar" perdu dans les conversions mentales et les chiffres. Le fisc européin entend en Europe et c'est une descente pour dresser l'inventaire et établir un impot sur les grosses fortunes.
Toujours est-il que quand l'Américain a un grand projet en tête, il est prêt à mettre sur la table ses dollars sans tergiverser.
Prêts à fermer ses frontières à tous les produits qui ne correspondraient pas à sa propre production. Ouvrir ou fermer les robinets des échanges internationaux en fonction de la force que les USA sont prêt à contrer ou non.
"Proud to be, american". Mais de quelle Amérique parle-t-on et à quel prix ?
Auparavant, il y avait le Nord, industriel et le Sud, agricole et esclavagiste qui avaient fait sécession dans leurs conceptions.
Aujourd'hui, c'est plutôt de manière générique, un centre, agricole, conservateur et républicain. Les Amish ne sont que le reflet d'une stabilisation, symbole d'un arrêt du temps. Les Mormons, extrapolation de l'église chrétienne qui s'est intéressée aux générations et à la généalogie dans le monde. Les côtes sont plus démocrates et progressistes avec les universités prestigieuses. L'Américain n'a pas souvent un passeport à sa disposition voyageant dans le pays avec une semaine de vacances au Mexique, mais le plus souvent il restera aux Etats-Unis.Souvent monolingue, il va s'exercer à l'espagnol. La culture et les habitudes européennes lui restent inconnues.
Il l'exige par contre de tous ressortissants étrangers, assortis d'un Visa. Sécurité renforcée jusqu'à la paranoïa oblige.
Mais qu'est-ce qu'un Américain connaît de l'Europe?
Pas grand chose. Il a des noms de villes européennes qui se retrouvent chez eux, alors, pourquoi chercherait-il à s'inquiéter outre mesure.
Pragmatique jusque dans ses relations avec l'étranger en visite chez lui. Une rencontre fortuite avec cet autre va désarçonner celui-ci par l'abordage aisé, la franchise dans ce qui semble une relation forte. "My name is John, were're you from?". Recevoir l'info et puis retour à case départ en oubliant tout aussi vite que le contact a eu lieu. Superficialité, simplement pour comparer avec son propre statut de vie. Alors, en dehors de son entreprise, l'étranger peut lui parler de politique. Il n'en pensera pas moins après sa visite. Toujours ancré soir républicain, soit démocrate.
En politique, l'Européen a l'habitude de penser et de mettre en opposition droite et gauche. L'Amérique n'a que la droite démocrate et l'extrême droite conservatrice. Tous deux utilisent le pouvoir de l'argent comme seules ressources. Qui a le maximum d'appuis financiers, qui a les meilleurs discours préparés dans le moindre détail par les meilleurs routiers de l'information médiatique, gagne les élections.
Par contre de la religion, il vaut mieux garder ses convictions laïques "à la française" pour soi. Un morceau de religieux plâne toujours au dessus de la tête de l'américain, il n'y est pas encore arrivé à la complète laïcité et, parfois, il a un relent de créationnisme en réserve.
Fédération politique qui garde des attaches historiques et privilégiées avec la Grande-Bretagne ou démocrates républicains, plus enclins au confédéralisme. Démocrates contre républicains. La démocratie à l'américaine n'a pas grand chose à voir avec celle que l'on connaît de ce côté de l'Atlantique. Elle est résolument libérale.
Les élections sont souvent mal comprises dans son parcours en plusieurs étapes qui trouvent ses racines dans l'histoire.
Comme, l'écrivait Paul Jorion, ici: "Pour être électeur aux États-Unis, il faut prendre l’initiative de s’inscrire sur les registres électoraux et, lorsqu’on entreprend cette démarche, il faut se déclarer «démocrate», «républicain» ou «indépendant». L’affiliation a priori dans un camp où dans l’autre vous donne le droit de participer aux élections primaires du parti dont vous vous réclamez lors des campagnes présidentielles. Ces primaires opèrent au sein d’un parti le tri parmi ceux qui envisagent une candidature à la présidence. Dans la plupart des États de l’Union, seuls les électeurs du parti en question ont le droit de prendre part aux primaires, dans certains autres, tous sont admis, encourageant les «ennemis» à voter de manière à handicaper le candidat qui leur semble le plus dangereux pour leur propre camp. Les indépendants constituent à chaque élection une importante masse flottante et ce sont eux avant tout qu’il s’agit de séduire puisqu’on peut se désintéresser de l’électorat convaincu d’avance. Comme ils glissent selon les cas du camp démocrate au camp républicain ou inversement, on considère a priori que les indépendants sont «centristes».".
La campagne commence dès le début de l'année précédent la prise de pouvoir du président. Souvent, des "caucus", réunissant les électeurs dans chaque camp républicain et démocrate s'organisent. Suivit par un vote dans tous les États pour les "primaires". Éliminer pour ne garder qu'un candidat dans une Convention dans les deux directions traditionnelles. Dans le camp des démocrates, Miss Clinton et Obama se sont bataillés cette fois, jusqu'au bout pour obtenir les voies des Grands Électeurs selon les prédispositions selon les États. Des délégués par État et en fonction de l'importance de celui-ci, sont nommés de part et d'autre pour représenter les électeurs. Mais ce n'est pas nécessairement le maximum de votes préférentiels qui forment le président. Le gagnant d'un Etat remporte tout. Les "Grands électeurs" forment le collège électoral pour voter en principe pour leur parti. Le président et le vice président sortent des urnes dès que 270 voix sont dépassés. Le vice président devient son "backup" et pourra se présenter après les deux mandats de 4 ans si le président parvient à conserver la confiance entre les deux. En 2000, Busch a remporté la présidence contre Al Gore à cause de cette règle.
"Démocratie, démocratie et demi", pourrait-on dire, par opposition ou par la crainte d'une opposition vis-à-vis d'un autre système de gestion. Fondée au XVIII ème siècle, dans un contexte différent qui justifie malgré tout la situation d'aujourd'hui. On parlait, à l'époque de "the people" sous la suprématie d'un État, loin d'être unis avec les autres. "The people" faisait l'"économie" de prendre en considération les Noirs, les Indiens et les femmes. Des intérêts particuliers cachaient des motivations bien moins égalitaires. Au mieux, une classe moyenne, volontaire, devaient répandre la bonne parole avec un rôle de représentant autonome, fidèle et humble devant un Etat fort.
En 1776, à Philadelphie, seulement, 55 personnes faisant partie des classes les plus riches, minorité aristocratique appartenant jusqu'aux trafiquants d'esclaves, décidèrent de la Déclaration d'Indépendance pour 2,6 millions d'Américains. Une Constitution, en 1787, mélangée avec "Le Fédéraliste" étaient signés. "La République est préférable à la Démocratie" disait James Madison. L'idée: "Le peuple n'est pas en mesure de réfléchir à l'intérêt "général". Les élections présidentielles sont encore emprunts de cette méfiance en envoyant 538 "intermédiaires", Grands Électeurs, dont le nombre est déterminé en fonction de la taille de l'État que chacun d'eux représente.
Nouveau Monde, paradis ou enfer que nous montrent les "feuilletons de Malibu" ou de "Dallas, avec son Univers impitoyable"? Cela dépend, pour qui? Liberté comme leitmotiv jusque dans l'excès mais dans un canevas bien précis. Religieux protestants laissant la porte ouverte aux sectes et aux gourous aidés médiatiquement.
Une histoire longue de 3 à 4 siècles. Tout est bon pour faire de l'histoire. Il suffit de se rendre à Saint Augustine pour le constater.
Comme les Américains prennent leur image dans leur président, il serait intéressant de remonter dans leur histoire.
Je pourrais remonter jusqu'au "number one", George Washington pour remonter dans ce passé qui continue à impressionner dans l'incompréhension d'une vision sous "mirage". Mais une "vie d'homme", dans ses successions d'événements, suffit pour en déterminer le parcours général. Je commencerai donc justement après Herbert Clark Hoover qui a vu couler la première pierre empoisonnée de la Grande Dépression sans trouver lui-même les remèdes avant son éviction en 1932.
(32) F.D. Roosevelt 1933-45 Démocrate
Infirme, il gagne les élections contre Hoover qui prônait trop l'approche "individualiste robuste" trop peu conforme à la réalité de l'époque de crise de 1929. Pour se redresser après la Grande Dépression et redonner l'espoir à la population, il invente la sécurité sociale à l'américaine basée en gros sur les théories de l'économiste John Maynard Keynes. L'homme du "New Deal". Il augmente les impôts sur les hauts revenus. Il installe un contrôle accru sur les banques et remets beaucoup de chômeurs au travail. Il maintient les USA hors de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à l'attaque de Pearl Harbor. Il est le seul président à avoir été élu 4 fois. A la Conférence de Yalta, qui devait décider de l'Europe, il est miné par la maladie et se laisse berner par Staline et Churchill.
(33) Harry Truman 1945-53 Démocrate
Le perdant des sondages qui gagne contre Thomas Dewey qui manque cruellement de charisme. Mal préparé, pourtant, à reprendre le gouvernail après la mort de son prédécesseur à la longueur de règne extraordinaire, il subit les effets de la Guerre froide, de la guerre de Corée, du blocus de Berlin. Il décide de lancer les bombes atomiques basées sur les dire des scientifiques et l'envie d'en finir au plus vite en voyant les retours désastreux de la guerre avec le Japon. Par le Plan Marshal, il espère reconstruire l'Europe. Le "Fair Deal" ajoute des couches à la sécurité sociale, à l'enseignement, à la santé.
(34) Dwight Eisenhower 1953-61 Républicain
Ike pour les intimes. Slogan "It's time to change" après 20 ans de présidents démocrates au pouvoir, il remporte les élections. Après une carrière militaire héroïque aux côté de McArthur et lors du débarquement. Actif sur la scène mondiale, mais reste peu connu chez lui. Fin de la guerre de Corée. Gestion militaire. La classe moyenne mise en place. La Théorie des Dominos lui permet de faire opposition au communisme. Les changements réels en fin de mandat ne sont pas nombreux, ni substantiels. Il a diminué les impôts mais augmenté énormément le budget de la Défense pour contrer la montée de l'URSS. Il fut le premier à essayer de supprimer la ségrégation raciale dans l'enseignement.
(35) JF Kennedy 1961-63 Démocrate
Le plus jeune des candidats. Lors de son intronisation, il lance "Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays". Il fait une erreur d'appréciation à la Baie des Cochon à Cuba. Castro s'en retrouve très fort. Khrouchtchev installe des missiles à proximité des USA, épée de Damoclès. Cela mène le monde au bord d'un cataclysme nucléaire dans une partie de poker règlée hereusement par le retrait des missiles. La guerre froide s'entretient en douceur, en tentions et en profondeur. La loi pour l'égalité des droits se construit. L'ère de l'aérospatiale est lancée par lui pour la fin de la décade. La NASA reçoit tous les moyens financiers pour raison de prestige et de revanche vis-à-vis de l'avancée de l'URSS dans l'espace. Il est assassiné et un mythe naît autour d'une commission Warren qui va se conclure avec beaucoup d'imprécision. Le mythe est entretenu par un espoir raté de jeunesse. JFK a été plus un symbole mort que vivant.
(36) Lyndon Johnson 1963-69 Démocrate
Le Vice président reprend les problèmes non résolus. Il signe le "Civil Rights" et le « Voting Right Act ». La guerre du Vietnam commence mais il crée la "Great Society".
(37) Richard Nixon 1969-74 Républicain
Il améliore la politique extérieure. Visite en Chine et Brejnev en Russie. La guerre du Vietnam se termine sur une victoire communiste. La convertibilité du dollar n'est plus fixée. Il est destitué après impeachment suite au Watergate.
(38) Gerald Ford 1974-77 Républicain
Seul président qui n'a jamais été élu. Il tente de maîtriser l'inflation pour relancer l'économie.
(39) Jimmy Carter 1977-81 Démocrate
Sudiste, il prône l'égalité raciale et l'écologie. Il crée 8 millions d'emplois, après une période de mauvaises conjonctures économiques et réduit le déficit public sans pouvoir le faire pour l'inflation. Les otages en Iran chez Khomeini empêchent une partie de son action. Il obtient le prix Nobel de la Paix après les accords de paix entre Israël et l'Egypte, conclus à Camp David.
(40) Ronald Reagan 1981-89 Républicain
Vieil acteur d'Hollywood de films de cow-boys sur le retour. Autre style que Jimmy Carter. Très populaire, il installe le show médiatique dans son action avec l'optimisme du rêve américain. Il relance la croissance après une faible croissance plombée par une inflation galopante. Augmenter les bénéfices, il baisse les dépenses publiques et augmente les dettes de l'État, mais augmente le budget de la Défense (35%en plus) en pensant à un rêve de bouclier antimissile IDS dans un anticommunisme de chasse aux sorcières jusqu'à l'arrivée de Gorbatchev. Ses discours sont pourtant à mettre entre parenthèses aujourd'hui: "The economic ills we suffer] will go away because we as Americans have the capacity now [...], to do whatever needs to be done to preserve this last and greatest bastion of freedom. In this present crisis, government is not the solution to our problem ; government is the problem. »)"
(41) George H Bush 1989-93 Républicain
Il entraîne les Alliés dans une première guerre contre l'Irak. Il augmente les impôts pour la payer. Il assiste à la chute du mur de Berlin.
(42) Bill Clinton 1993-2001 Démocrate
Il diminue le chômage et la criminalité. Le budget en équilibre depuis longtemps lui permet d'ouvrir la bourse pour des projets plus sociaux. Les Accords de Dayton, Camp David et le rapprochement des Israéliens et des Palestiniens sont à son actif. Il chasse avec les Alliés les Serbes du Kosovo. Ses relations intimes avec Monika, qu'il avait niées, vont le contraindre à prendre plus de réserves car une procédure d'empeachment était lancée contre lui.
(43) George Walker Bush 2001-2009 Républicain
Baisse d'impôts. Religieux, il est contre l'avortement et les homosexuels. Son refus vis-à-vis du Protocole de Kyoto le rend mal aimé en Europe. Le 11/9/2001 lui permet de se lancer seul en guerre contre un terroriste qui aurait des armes à destruction massives en Irak. Déficit record destiné au Département de la Défense en Irak. La guerre d'Afghanistan avec les Talibans était une mise en bouche laissée, inachevée, aux bons soins des Européens. La faillite du système financier dans un nouveau crash créé par les subprimes dont on ne connaît pas les limites. Les banques sautent. Par deux fois, les européens étaient mieux disposés vis-à-vis d'Al Gore et de John Kerry
(44) Barack Obama, démocrate contre McCain, républicain 2009-...
En présence, Barack Obama, 47 ans, challenger des Républicains, le "Kennedy noir", classé 3ème sur la liste des cent personnes les plus influentes au monde et John McCain, 72 ans, vétéran du Vietnam qui, élu en 2009, serait le plus vieux lors de son élection et aussi 5ème sur la même liste toujours d'après le Time.
D'après les Américains, le plus mauvais président fut le 29ème, le Républicain, Warren Gamaliel Harding (1921-23). Considéré comme une marionnette du monde des affaires qui a laissé progresser la corruption avec des discours creux. Son successeur (30), le Républicain, Calvin Coolidge (1923-29) a joué sur le velours avec une croissance générale sans rien faire, laissant le crash de la Grande Dépression à son successeur. Le plus populaire, Ronald Reagan qui respirait la confiance en soi et qui s'est entouré de collaborateurs de haut niveau. Le mythe fut pour JFK.
En 2000, G.W. Bush, pour contrer les démocrates qui laissaient l'Amérique à la hauteur de ses ambitions avec une croissance constante depuis plusieurs années et un budget excédentaire, avait protesté contre les interventions à l'étranger de l'administration Clinton qui se devait de recréer une nation plus "humble". Après ses deux mandats, avec un déficit record et la crise des subprimes, les USA réapprennent désormais l'humilité forcée. La Russie tourne le dos à l'OMC avec ses 8% de croissance. La Chine et d'autres pays asiatiques prennent, depuis 8 ans, leur revanche en copiant le système capitaliste. Entre-temps, la contamination du virus américain s'est répandue, minant toutes les économies du monde.
Comme on le voit, le balancier Républicain-Démocrate fonctionne selon une alternance entre période de croissance ou de décroissance, entre ouvertures et replis des
vues sur le monde. "Une croissance bien régulée dans le sens de l'intégration de l'ensemble de la population", comme le proposait récemment encore Joseph Stiglitz serait à recommander. Une législation antitrust comme remède de cheval. Le protectionnisme reaganien, l'autorégulation prônée par Bush ne fonctionnent plus quand on pavoise à l'OMC et que la complexité des marchés augmente. A long terme, comme disait la célèbre formule de Keynes, c'est la mort.
L'héritage de Bush ne laissera, avec le temps, pas un souvenir impérissable aux Américains et au monde.
Il a fallu seulement le deuxième mandat pour s'en rendre compte. Une récession, l'augmentation du chômage devront trouver une autre solide stratégie pour rétablir la confiance perdue dans le "système économique globalisé". L'Américain est reconnu comme étant pragmatique et change sa politique par coups de tête, sans trop tergiverser, n'hésitant pas à tourner le dos à ses propres thèses. Au vu du clash, de la crise des subprimes commencé en février 2007, poursuivi par le crash mondial du système financier et des banques qui, pour une fois, prouve ne pas être à la hauteur de ses ambitions.
GW Bush fait passer des réglementations avant de quitter la Maison Blanche (31/10/2008). Le 28 octobre, Arte présentait le film documentaire "Being W." par Karl Zero et Michel Royer. Aura-t-il détrôné Warren Gamaliel Harding?Aux élections du 4 novembre, en présence le démocrate Barack Obama avec Joe Biden et le républicain John McCain avec Sarah Palin. Match du futur contre le passé? Le monde a déjà choisi. Reste l'Amérique à le faire. Yes, we can.
Alors, nous Européens, ce "vieux" continent, même si nous ne marchons pas sur ses plates bandes du pragmatisme, pourquoi ne pas proposer de chanter : "Amérique, ta démocratie était impitoyable, mais, cette fois, "Mets de l'huile".
Riche comme un président américain... Oui, bien sûr. Mais si on rapprochait les richesses en recalculant à un taux commun, ce serait G. Washington, premier président des USA qui avec ses 525 millions de dollars qui tiendrait la palme.
Important propriétaire terrien qui avait 300 esclaves à son service. Son épouse, Martha, à l'origine.
Il y a eu les héritiers de familles fortunées comme J.F.Kennedy avec 1 milliards de dollars, mais qui n'a pas pu en profiter.
Les Hooper et Johnson sont les seules à construire leur fortune.
Quant à Bill Clinton qui arrive dans les dix premiers, ce sont ses livres et les invitations qui le font monter sur le podium.
G.W.Bush avec ses 35 millions de dollars ne s'y trouve pas.
L'enfoiré,
Sources: "Le Vif L'Express", "Le monde diplomatique", et personnelle.
Citations:
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« Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d'une Amérique imaginaire qu'on croit être là mais qu'on ne voit pas. », Andy Warhol
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« Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé. », James Ellroy
-
« Pour les Européens, la vie est une carrière ; pour les Américains, c'est un hasard. », Mary McCarthy
09:25 Publié dans Actualité, Amérique, Histoire, Monde des affaires, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
















































































« La société se caractérisera par une surabondance d'informations. Le défi sera de ne pas confondre l'accessoire et l'essentiel. », Aurélie Royet-Gounin