06/05/2008
Ne bosons pas? Mais si...
Et si on parlait de Science pure pour changer? Un article du "Science et Vie" de mai 2008 a attiré mon attention. On parlait de la "particule de Dieu" au sujet de la particule Boson de Higgs. Ce physicien en parlait dans ses rêves et ses convictions déjà en 1963. Histoire ancienne? Non, on va bientôt le prouver, peut-être.
La science a donc plus de quarante ans de traque et de ... trac à son actif pour découvrir cette particule qui pourrait révolutionner la physique. Quand Peter Higgs lança son idée de bosons, il s'agissait de soupçons qu'il ressentait à la suite de l'impossibilité de mettre en formules certains phénomènes physiques. Il devrait avoir quelque chose en lui pour expliquer un manque de rigueur dans les formules de la physique.
La célèbre équation d'Einstein, E=MC², montrait bien qu'il y avait un lien rigoureux entre la matière et l'énergie. La matière avec sa masse propre, pourquoi a-t-elle des envies d'évasion vers l'énergie? Qu'est-ce qui donne sa consistance et son poids à la matière? Il doit y avoir un intermédiaire, une force unificatrice? Léon Lederman n'a pas manqué de lancer cette expression de "particule de Dieu", tellement elle fait fantasmer et inquiète. Remettre toute la théorie en jeu n'est pas une mince affaire.
Cette particule viendrait s'ajouter à la panoplie des particules déjà connues mais qui n'explique pas encore les fondations du système. Les physiciens ont toujours aimé unifier les problèmes en formules les plus concises possibles. Einstein a fait toute sa gloire sur une relation simple mais qui n'était pas du tout simpliste dans ses conclusions.
Quatre forces parviennent déjà à cerner la plupart des problèmes:![]()
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la force "forte" de cohésion atomique qui explique qu'un noyau se suffit à lui même.
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la force "faible" qui se retrouve dans la radioactivité
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la force de la gravitation qui explique la bonne vieille histoire de la pomme de Newton.
- la force électromagnétique quantique qui assujettit l'électron au noyau et le maintient en déterminant sa charge, sa valence et son potentiel de rapprochement avec les autres noyaux.
Dans ce monde de forces, il ne faut cependant pas rechercher la finalité dans l'interaction globale.
Les bosons de Higgs seraient des vecteurs qui relieraient les fermions de la matière pour en donner la raison de l'existence en leur donnant une masse. Véritable clé de voute qui pourrait si leur présence était confirmée rendre obsolète la physique d'aujourd'hui en donnant la cause irréfutable et unique des faits constatés et affiner les formules imparfaites.
François Englert et Robert Brout s'intéressent à la question et prennent la succession de Higgs, pensionné.
Un nouvel espoir de découverte se présente avec l'accélérateur du CERN, le LHC (Large Hadron Collider) qui avec son anneau de 27 kilomètres pourrait atteindre très prochainement une énergie potentielle de 7 TeV (Tera Electrons Volt) et le double en énergie cinétique due à la collision. Il est le challenger, toujours en piste, du Tevatron à Chicago et qui est, vu son âge, quatorze fois moins puissant.
La matière est un puzzle. Quelques pièces manquent encore pour combler les formules.
Une nouvelle physique à la clé qui expliquerait peut-être un jour pourquoi on est là?
Alors, faites place particules, protons, neutrons, électrons, c'est vieux jeu, ringard, même. Trop élémentaire, mon cher Einstein...
Aujourd'hui, on parle de hadrons, leptons, quarks, gluons, mésons, nucléons, baryons, photons...& co. Douze particules avec quatre forces pour expliquer la matière. Mais je sens que vous voudriez briller dans une de vos prochaines conversations. Alors essayons les moyens mnémotechniques.
Nous avons d'abord le découvreur, Peter Higgs, appelons le Mr "X".
Non, ne commençons pas, du tout par cette idée saugrenue! Ne bésons pas, pas encore, peut-être plus tard. Ne nous baryons pas, néanmoins. Hadrons ou leptons, nucléons nous. Quand nous fermions la méson, bosons plus. (C'est dit quelque part.) Ne nous engluons pas. Il n'y a pas photons. Equarkons-nous.
Peu importe, d'ailleurs, le nom qu'on donne aux choses.
Le mot "particule", lui vient du latin "particula", "petite part".
Et s'il venait plutôt de "partie de culture"? Je n'oserais pas, plus prosaïquement, même pour rendre hommage aux vulgarisateurs scientifiques, couper le mot en deux.
Sous cette forme, on aime ou on n'aime pas.
L'Enfoiré,
Citations:
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« Voir, entendre, toucher, sont des miracles et chaque partie et chaque particule de moi-même est un miracle. », Walt Whitman
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« L'esprit préexiste à la matière. L'esprit habite chaque atome, chaque particule. L'esprit est la partition de l'univers. La force immatérielle qui forge la réalité concrète. », Jean-Christohe Grangé
- « La pratique masturbatoire est une véritable usine à fantasmes, un puissant surgénérateur de particules mentales érotiques. », Henri Barte
- « Dès que l'on dévie du modèle standard, tout est possible. », John Ellis du CERN
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02/05/2008
Francophone mais pas Français
Le média TV5Monde, successeur de TV5, est d'après sa définition une chaîne de télévision généraliste, francophone, internationale et indépendante. Il faudrait, peut-être, respecter tous les mots de cette définition.
TV5 a été créé en 1984. Le besoin d'exister comme "francophonie", en opposition à l'américaine CNN, a poussé les Affaires étrangères de France par TF1, Antenne 2, FR3, de Suisse par la TSR et de Belgique par la RTBF. Cinq chaînes allaient se trouver sur les ondes hetziennes à travers le monde. En 1986, le Québec rejoignait le groupe avec Télé-Québec. Le câble pour trait d'union présentait en alternance des émissions nationales avec quelques jours, voir quelques semaines de délais. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes du "parler français". Le voyageur globetrotter pouvait garder un contact avec la francophonie au fin fond de ses rêves de voyage.
TF1, privatisée en 1987, se retire du consortium.
TV5 va poursuivre sa diffusion et une histoire mouvementée avec quelques extra en provenance de l'Afrique en 1991 et de l'Amérique latine et Caraïbes. La diffusion s'élargie d'année en année pour atteindre le continent asiatique, le monde arabe et le Pacifique tout en voulant garder sa consonance francophone mais avec de plus en plus de difficultés à garder la même enseigne.
Un réseau unique s'impose de plus en plus. Les fondateurs, bailleurs de fonds, imposent un retour au bercail en 2001 à Paris. L'argent devient la base des négociations et l'esprit francophone n'a qu'à bien se tenir ou payer pour exister. Désormais, TV5 veut chapeauter le tout. Tout le monde a y gagner.
Les grands événements internationaux demandant une présence massive journalistique va pousser encore plus l'envie de s'approprier la chaîne d'information. Les efforts financiers, eux, ça se discute. Pas question de laisser la bride sur le coup à CNN et BBC World. Jacques Chirac va relancer le cocorico français et veut s'internationaliser sous les trois couleurs avec la CFII. Fin 2006, France 24, RFI relancent le débat et la controverse sur les buts initiaux qui se voulait indépendant des frontières d'un pays pour ne rassembler que sous l'égide d'une langue commune. TV5 doit désormais encore plus s'élargir ou mourir.
TV5MONDE est né mais toujours sous le contrôle de Paris. Au Québec rien ne change.
Tout est loin d'être réglé pour autant et les émissions vont se radicaliser, se fondre dans des émissions qui perdent de plus en plus leur universalité francophone. Le seul journal de 20H de France2 est diffusé. Les programmes sont réduits à la diffusion de l'information France Télévision. La bataille continue et elle fait rage. Les postes de directions se disputent dans un marchandage, les États s'en mêlent. L'information a décidément pris du mors aux dents. Tout le monde veut avoir une partie et son morceau de gâteau dans la diffusion. Québec et les autres sont revendicateurs aussi. Les chaises musicales n'ont qu'à bien se tenir. L'indépendance mais avec le drapeau français, un patron français et une dénomination France Monde voulue par le président Sarkozy. La Suisse menace de se retirer du jeu. L'actionnariat de la France va être réduite. Le patron va devoir s'exprimer en français sans être français. On chercherait, dès lors, un martien et une vénusienne pour gouverner la chaîne. Envoyez candidature à la planète bleue "Terre".
TV5 est sauvé, mais la langue française a eu chaud. Finances quand tu nous tiens.
26 millions de téléspectateurs francophones tous les jours dans le monde, ça se mérite. Un compromis à la belge est probablement à la base de l'accord survenu dans la semaine. Le site de la chaîne est http://www.tv5.org . Il n'y a pas de ".fr", ni de ".be", ni de ".ch", ni de ".ca" et c'est tant mieux, non?
L'information, c'est comme la santé, ça n'a pas de prix.
L'Enfoiré,
Citations:
- « Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même », Jean de la Bruyère
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« Le requin est un animal cruel et mythique qui ne se trouve plus guère que dans les basses eaux de la finance. », Philippe Bouvard
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« Les gouvernements ont l'âge de leurs finances, comme les hommes ont l'âge de leurs artères. », André Maurois
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16/04/2008
Le show avant tout
Un article du Soir m'a interpellé par son analyse et sa justesse. Il s'agissait d'essayer d'expliquer le pourquoi de l'attraction dont Silvio Berlusconi jouissait aux yeux du peuple italien. Pascal Martin en était l'auteur. Comme il risque d'être archivé, je le soumets ici pour le commenter et le comparer avec d'autres cas en Europe.
Son retour en force pose question. Quand on connaît son passé et la manière dont il vient de conquérir le nouveau "trône" d'Italie, il y a de quoi s'inquiéter pour l'Europe.
Voici le texte:
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« La société italienne est une société où les mamans veulent que leur petite fille soit Miss Italie et leur fils footballeur. Tout ça sans trop travailler ».
Élu en 2006, le Vert Arnold Cassola faisait partie dans la précédente législature des députés venus de l’étranger. Mi-Maltais, mi-Italien, il habitait alors Etterbeek. En s’installant à Rome, il a découvert une manière très différente de faire de la politique. Comme un coup sur la tête.
« Depuis deux ans, Silvio Berlusconi a tout fait pour faire tomber le gouvernement Prodi. Il y a beaucoup de désillusion à gauche car le public n’a pas mesuré les conséquences positives de son travail. La baisse du déficit public, par exemple », explique le député. Côté Berlusconi en revanche, tout serait négatif : plusieurs tentatives de corruption auprès de certains sénateurs, les affaires (désormais prescrites), des mensonges en pagaille, et son indécrottable machisme. « Au palais des Sports il y a peu,raconte Cassola, il a réuni 8.000 femmes et il leur a dit que “dona” venait du verbe latin qui signifie dominer. Oui, a-t-il dit, vous êtes bien dominatrices à la maison. Mais le prix à payer pour cela est de bien cuisiner pour donner des forces aux guerriers. Et tout l’auditoire a applaudi. »
Mauvais goût
L’Europe a multiplié les populismes au cours de la dernière décennie, mais aucun n’égale ce mélange de puissance, d’arrogance et parfois de mauvais goût. Et pourtant ça marche. Pourquoi ?
La réponse la plus fréquente est que dans un pays où l’individualisme est la règle, la réussite professionnelle de celui que l’on surnomme aussi Sua Emittenza tient lieu de modèle. En tant qu’entrepreneur, propriétaire du Milan AC, homme de média et de politique. Sa fortune est immense. Sa présentation soignée, son bronzage permanent et ses liftings à répétition achèvent l’image d’un gagneur, paré à gérer l’Italie comme une de ses entreprises.
Mais cela ne suffit pas. Le sociologue Franco Ferrarotti voit en lui un catalyseur. Silvio Berlusconi exprimerait les contradictions de la péninsule italienne qui n’en manque pas. « L’Italie, explique-t-il, est une société trimillénaire qui est en même temps une structure politique très récente avec un sens de l’Etat qui n’est pas encore là ».Berlusconi en tirerait largement profit. « En Italie,continue Ferrarotti, il n’y a pas d’idée de la fonction publique comme telle. Le pouvoir est fait pour favoriser la famille. »
Famille, Eglise, réussite sociale… les valeurs de la droite berlusconienne séduisent du Nord au Sud, passent outre les fractionnements et les clivages sociaux grâce… au petit écran. Par le truchement de ses télés, Berlusconi a réussi à donner du rêve à tous, en livrant au téléspectateur ce qu’il veut entendre. Cette thèse est défendue par Carlo Freccero, le responsable de la RaiSat, qui a payé par plusieurs années de placard le fait d’avoir diffusé une contre-programmation aux télés berlusconiennes. « Berlusconi a donné une identité par le truchement de la télé à ceux qui sont loin des centres-villes et des lumières. Quand ils sont chez eux brille le reflet bleu de la télévision. Comme dans la pub de L’Oréal, il leur dit “Perchè tu vali”. “Parce que tu le vaux bien”. » Le message fonctionne. Il capture le téléspectateur lambda, le remplit.
Depuis quinze ans, ce cocktail de séduction a permis au Cavaliere de rester dans le cœur des Italiens. Et dans les urnes.
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Un an avant, nous avions Nicolas Sarkozy, que l'on a aussi découvert bling bling. Il y a bientôt huit ans, le phénomène "je ne sais rien, mais je dirai tout" était déjà plébiscité aux États-Unis. J'avais déjà eu un article sur le sujet "Italie à coup de bottes". C'est Berlusconi III qui opte, une nouvelle fois, de chasser le naturel, pour revenir au galop.
Le Vif - L'Express paru avant les élections du 13/14 avril, se posait la question "Italie Western ou spaghettis?".
Walter Veltroni, comme opposant, comme suiveur de Romano Prodi. Les deux hommes de cette opposition "tous feux, tous flammes" avaient quoi à opposer au rêve proposé par Silvio Berlusconi? Le message socialiste "L'Italie vers la croissance zéro" est invendable. L'Europe, avec ses problèmes, face au nationalisme qui voulait faire revenir l'Italie sur le podium des grandes nations.
Walter Veltroni ne s'est pas vraiment affronté avec son adversaire politique. Le match était Super Walter contre Sua Emittenza. Veltroni susurrait à l'oreille des Italiens déprimés :" Si puo fare" ("On peut le faire"), comme s'il voulait se donner le courage pour lui-même de rentrer dans la cage aux fauves.
Car, de fauves, il faut parler.
Sourire éclatant, Il Cavaliere sait montrer les points négatifs de ses adversaires. Tous les coups sont permis. Tout dans l'image. Tout dans le show. Savoir ce qui fait plaisir à entendre. Moins regardant dans sa propre assiette et ses scandales remisés aux objets perdus. Chercher les faiblesses de l'autre et trouver les bonnes paroles humoristiques adéquates pour faire rire. Acceuillit à Palerme avec des pancartes "Silvio santo subito" comme le Pape Jean-Paul II. Une place de président lui suffira en premier ressort. Voilà les recettes.
L'histoire humaine retient ceux qui passent la rampe et qui gagnent, jamais ceux qui tente d'y arriver. Y a pas photo. Campagne sans bataille. Charisme à la sauce populiste. Trop de faiblesses dans l'analyse des électeurs pour contrer. Rien ne marche mieux que de flatter l'ego de ses électeurs par les rêves. Un peu de "bling bling" existe en chacun d'entre nous. Certains s'en font l'écho et les idoles. Le citoyen doit seulement garder les pieds sur cette terre, tout en regardant parfois, un peu, les nuages au travers du ciel bleu.
Y a-t-il des différences entre ce genre de coups de buttoir aux États-Unis, en France, en Italie?
Pas beaucoup, si ce n'est que pour réussir, on doit s'associer de plus en plus avec ce que l'on sait être un peu moins démocratique comme Forza Italia.
La France avait connu le même phénomène, il y a moins d'un an. Le rêve de faire de la France une nation de prestige. On sait ce qu'il en sort à présent.
En Belgique, pour faire passer en force le projet de scission de Bruxelles-Hal-Vilvoorde, malgré un cordon sanitaire, les partis d'extrême droite ont été appelés à la rescousse.
L'Italie avait connu le Duce, il y a désormais "Il Cavaliere", "Sua Emmittenza". On est moderne. Une chaîne de télévision virtuelle permet d'atteindre plus de monde que les discours les plus physiques.
Décidemment, il faudra beaucoup de messages positifs et du charisme objectif et motivé en contre pouvoir. Peut-être quelques cauchemards aussi....
Mais puisque le "bis repetita placent" (les choses répétées plaisent)...
L'Enfoiré,
Je tiens à remercier RIF et KROLL pour leurs caricatures
Citations:
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"Egalitarisme : rêve de pauvre, cauchemar de riche.", George Elgozy
- "L'histoire est un cauchemar dont je cherche à m'éveiller.", James Joyce
14:10 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Politique, Presse et media, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
07/04/2008
Révolutions en parallèles?
Le 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?
Note aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40 ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.
La femme et l'homme:
1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine. L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.
2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les pipeshow ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de... "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli.
Les jeunes:
1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied. Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé. Sex, love, drug and Rock n'Roll.
2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, sex and Rap.
L'éducation:
1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".
2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.
Le travail:
1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d'interim BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.
2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés. La retraite est problèmatique. Les plans de pensions se comptent en pilliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laissers pour compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.
L'argent:
1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.
2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.
Vie au quotidien:
1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.
2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
La santé:
1968: Christiaan Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du coeur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987.
2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussisent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour trouver la parade au cancer au aux maladies cardio-vasculaires.
Justice ou injustice:
1968: Le "Germinal" de Zola, on n'y pense plus en occident. On n'accuse plus et on se passionnera pour des affaires qui montent en épingle une différence de justice entre les classes sociales (Bruay-en-Artois, Villemin, Ranucci...). Les hold-up commencent à répondre au manque de ressources.
2008: En Chine, un nouveau "Germinal" interne et un néo-colonialisation externe, mis sous silence par les autorités. La délinquance de bas niveau est en diminutions suites aux précautions des gens et des banques qui se réfugient mieux derrière des portes et camions blindées. La pédophilie et les crimes en série sont en augmentation et atteint les plus fragiles. Faits relativement nouveaux, ils monopolisent l'attention des citoyens étonnés.
Écologie et environnement:
1968:Aucun avertissement écologique. Le parti écologique n'existe pas.
2008:Réchauffement climatique fait planer le risque majeur. La biodiversité disparaît en entrainant les espèces de manière accélérée. Rien ne va plus. Il faut réagir en catastrophe pour n'avoir pas plus de catastrophes climatiques.
Énergie:
1968: le charbon et le nucléaire (1960) se partagent la production d'énergie. Monopole de Framatom. Environnement des lacs et sécurité souvent mis entre parenthèse. Le vent, la mer, le soleil, on sait qu'ils existent depuis toujours pour donner de l'énergie mais le pétrole est trop bon marché. On fait des files à Paris pour avoir 5 litres d'essence à 0,18 euros le litre.
2008: Le nucléaire est de plus en plus décrié. Certains pays ont planifié la fermeture des centrales. Monopole d'Areva. On recherche dans la panique les alternatives. La fusion nucléaire est encore dans les limbes. Le prototype du projet ITER devrait être achevé en 2016 à Cadarache. Le vent, la mer, le soleil, on se rend compte qu'ils ne peuvent pas apporter, dans l'immédiat, le besoin d'énergie suffisant. Le prix du pétrole en augmentation constante par la spéculation et la rareté qui se dessine à l'horizon. La pile à hydrogène est l'espoir de demain. "Ambiance électrique" dans la recherche d'alternatives, dans la précipitation vu l'échéance des produits énergiques classiques. On commence à rationnaliser l'essence au prix de 1,54 euros le litre, vive l'essence payée en dollars.
Guerre et paix:
1968: L'hostilité contre la guerre du Vietnam est grandissante. Considérée comme coloniale. Les bombes au napalm font des dégâts humains (4 millions de morts) et écologiques rendant la flore improductive pendant 2 siècles. Plus de bombes sont tombées sur le sol du Vietnam que pendant la guerre 40-45. Des morts américains reviennent au pays. Tous les mots en "-isme" ne passent plus dans le langage des jeunes. Les symboles sont haïs par la jeunesse par manque de connaissance et volonté de casser les liens avec les "vieux". Les mères américaines défilent contre l'envoi des conscrits au Vietnam. Johnson arrête enfin le massacre au napalm. Aux Etats-Unis, Bob Kennedy qui apporte un nouvel espoir, est assassiné, cinq ans après l'assassinat de son frère.
2008: L'hostilité contre la guerre d'Irak croît de jour en jour. Intérêts financiers en jeu. Les nations étrangères sont sur place pour pacifier donc plus de bombes, mais des attentats de guérilla pour saper le moral des occupants. Des morts américains reviennent au pays. D'autres mots en « -ism » sont apparus. D'autres symboles ont été mis au goût du jour. La jeunesse ne les remarque plus. Le terrorisme met de l'huile sur le feu. Les budgets de sécurité ont explosé depuis 2001. L'Afganistan se relance dans le "talibanisme" après l'insuccès de la pacification internationale. Les mères américaines réclament le retour des GI de l'Irak avant l'irréparable. Les arguments pour les élections américaines fait planer le retour des GI d'Irak. Au Pakistan, Benazir Bhutto, qui veut apporter un renouveau, est assassinée.
Gouvernement français et ailleurs:
1968: Les étudiants font des barricades. La 5ème République, De Gaulle passe du raz de marée à une impression de vieillir aux yeux des Français. On lui dit en finale "Non". On gagne au niveau social. On s'intéresse à la politique. Idéologie communiste semble donner une réponse. Le ras-le-bol ne s'attaque qu'au capitalisme étranger et pas contre le parlement et le pouvoir. Le rêve d'un monde plus juste et égalitaire prôné par le pasteur Martin Luther King subit un coup dur à la mort de son idole. Déstructuration de l'autorité. Gouvernements masculins majoritaires. Le président Johnson annonce la fin de convertibilité du dollar en or. Le républicain Nixon élu, rendra le dollar flottant par rapport aux autres monnaies, plus tard. L'instabilité des prix internationnaux commençait.
2008: Une 5ème République, très modifiée, Nicolas Sarkozy a fait rêver avec des promesses du début et s'écrase car il n'a pas les cartes qu'il avait annoncé dans son jeu. Le jeu est truqué. On a perdu au niveau politique. La politique n'intéresse plus. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. Le communisme n'existe plus. L'écologie prend du galon. Seul le capitalisme persiste et signe plus fort que jamais. Pas d'alternatives. Le raz-le-bol s'attaque au capitalisme interne et externe. Le parlement et le pouvoir sont visés comme raisons des maux du monde. Le cauchemar du lendemain inégalitaire. L'homme se rend compte que rien ne change plus et l'autorité règne en bas et écoute en haut. Gouvernements bisexués.
Afrique:
1968:L'ébullition anticoloniale continue au Congo. Alger se débat avec l'autorité qui brime les récalcitrants. Génocide au Biafra.
2008:L'ébullition ethnique est toujours latente. La guerre larvée au Congo brime la population trop éloignée de la capitale pour être protégée. Alger est parvenu à oublier les génocides qui ont miné le progrès et qui ont été amnistiés. Le Darfour se meurt.
Protestations et manifestations:
1968: Protestation en Pologne. En Tchecoslovaquie, Alexandre Dubcek fait rêver par le mouvement du "Printemps de Prague" avec un socialisme à visage humain. Rêve qui tourne au cauchemar avec les chars soviétiques qui descendent à Pragues. La normalisation soviétique reprend le contrôle par la force. A Berlin, Rudi Dutschke, le "rouge" mène la contestation. Au Mexique, une manifestation d'étudiant tourne au drame à Tlatelolco. A Paris, on joue avec les pavés. A Bruxelles, on manifeste pour une volonté de liberté parallèle avec les flamands qui explosent à Louvain. Gaston Eyskens n'est pas aimé et devient 1er ministre avec un gouvernement social chrétien. Bruxelles est le centre des discussions dans une première réforme de l'Etat.
2008: La Tchécoslovaque, divisée avec une relative souplesse, en Tchéquie et en Slovaquie, prospère à deux vitesses. La Yougoslavie n'existe plus et se retrouve régionalisée. L'Est s'éclate, morcelée. L'URSS est morte mais toujours en léthargie dans l'esprit de ceux qui n'ont pas profité de l'explosion du communisme. Elle renaît de ses cendres en réaction mais démocratiquement tronquée. A Paris, on défile, prévenu par SMS ou par Internet. A Bruxelles, on manifeste pour le pouvoir d'achat et pour les manques d'équité avec SDF. La scission BHV hante l'esprit du gouvernement mené par le 1er ministre Leterme avec un gouvernement gauche droite. Bruxelles est le centre des discussions dans une nième réforme de l'Etat.
Europe centrale ou des régions:
1968: Encore dans les limbes de la communauté de quelques membres de l'origine. Chaque pays se veut suzerain. Le gouvernement belge, en crise saute, raison: question linguistique. On veut exclure les francophones de l'université catholique de Louvain.
2008: L'Europe se retrouve avec un "melting pot" de langues, de cultures, de volontés d'imposer ses propres volontées. La résolution du problème de l'immigration est devenu crucial. L'esprit de clocher règne toujours. La couverture qui rétrécit est arrachée de dure lutte et des compromis tournent parfois à la compromission pour rester crédible devant les citoyens européens. La centralisation au niveau de Bruxelles est mal ressentie. Le régionalisme donne des envies de sécession et de séparation à l'amiable ou de manière plus musclée. On cherche un gouvernement belge stable et une réforme de l'état avec en toile de fond un régionalisme plus ou moins séparatiste pour suivre les deux langues nationales dans leur séparation.
La communication et médias:
1968: Radio, télé, téléphone à la maison et cafés de rencontres. Radio bistrot bien au concret. On discute entre copains dans la proximité. On mélange. On censure.
2008: Moins de radio, de télé, mais plus de téléphones de partout et vers partout. Internet, nouveau venu, mange le temps restant. On tchatte. Le virtuel pour discuter, pour mélanger la hargne et le mécontentement. Démocratisation de la communication au niveau mondial. Le Karcher est en marche mais s'exprime d'avantage que d'être efficace.
La vision du futur:
1968: on commence à rêver au siècle suivant. Stanley Kubrick sort son "2001, l'odyssée de l'espace". Le plus rapide, le Concorde (Mac 2,2) n'a pas encore fait son 1er vol expérimental mais il est planifié pour l'année prochaine.
2008: La science fiction fait toujours des envieux dans un ailleurs meilleur. "Le jour après" fait peur. "Une vérité qui dérange" réveille. Le plus gros, l'A380 (Mac 0,85) est lancé dans les air. On cherche le remplacement du kérozène.
L'espace:
1968: Objectif lune. Sur Apollo VII, trois Américains tournent autour de la lune et repèrent des points d'atterissage. Arrimage réussit de Soyouz.
2008: Objectif lointain de Mars. La navette fait des allées et venues pour ravitailler la station spaciale avec arrimage automatique.
Loisirs:
1968: Recherche sous tous les attitudes et excentricités. Musique endiablée et rythmée. On ne cherche pas dans le passé des moments plus heureux. On invente du nouveau tous les ans. Mais on ne pense pas à bosser. On fume un joint roulé à la main. Les vacances, on se les limite de 500 à 1000 kms de routes, une fois par an, pour une période assez longue. On s'éclate en cadence jusque tard dans la nuit. L'avion est cher. Au cinema, les mauvais garçons font rêver dans une version idéalisée de "Bonnie and Clyde". Gainsbourg y remettra une couche de douceur. On regarde la télé pour se délasser et découvrir le monde.
2008: Les attitudes sont plus figées. Le mouvement est créé par les clignotements des lumières. Le rythme est syncopée. Les banlieues ont eu leur temps pour réveiller les problèmes. Pour se donner un peu de souffle, on cherche à voir de plus en plus d'émissions des "années bonheurs". On imite ses idoles dans des karaokés. On pense au lundi très proche où il faudra re-bosser. "Heureusement", il y a plus de variétés de drogues qui fait la fortune des produits producteurs et la perte en des pays consommateurs qui ne savent plus comment les contrer. Les vacances, on les imagine dans l'année, de nombreuses fois, les plus lointaines possibles et pour des périodes de plus en plus courtes. Il faut s'éclater sur mesure et en peu de temps. L'avion, "démocratisé", remplace le tramway à la suite du low-cost des transports aériens. Les "casses" et "policiers" font recettes dans les cinéma et à la télé. Le téléspectateur regarde les series à la télé pour confirmer que le stress est bien présent partout. Les hobbies "utiles" sont, soit voulus par goût, soit forcés par la nécessité, pour permettre de combler un besoin du retour au manuel ou d'épargner les dépenses.
La technologie:
1968: La photographie sur film crée des emplois dans beaucoup de domaines annexes.
2008: Maitresse du jeu, elle se veut proactive qui à briser le chaine de travail. Le numérique remplace l'analogique. Poussée par la recherche appliquée. La recherche pur est toujours mal payée.
La religion:
1968: Ca s'en va. Le christianisme est en perte de vitesse.
2008: Et ça revient. L'intégrisme s'installe. L'islam surpasse la religion chrétienne en nombre de fidèles dans le monde.
1968: La révolution va changer le monde. Le "Che" est là, comme idole, pour le faire croire. Les icônes se retrouvent en politique. L'argent ne fait pas encore tout. L'imagination tente de sortir de l'ombre mais n'est pas au pouvoir. Les intellectuels sont brisés et forcés à la délation.
2008: La révolution est dans les rares moment du "home sweet home". Les icônes sont dans le showbiz. Sans l'argent, pas de vie. La dégringolade est au pouvoir. Internet est libre, mais cette liberté inquiète et des "contrôleurs" sont nommés pour le surveiller.
Les sports:
1968: Les Jeux Olympiques avaient lieu dans une ville qui ne devait générer aucun problème et pourtant... Tommie Smith et les Black Panthers allaient montrer un aspect des États-Unis qui dénotait avec les idées reçues. Le KKK avait, en principe, terminé ses activités. Retour de flamme, et pour cause, un poing fermé démontrait que rien n'était encore parfait de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agissait des droits civiques revendiqués par les noirs se considérant dans le mauvais plateau de la balance. Le désir d'être comme les autres dans un pays où on rêve simplement d'être comme tout le monde. Les JO terminés, Tommie Smith se retrouvera une marche en dessous sans emploi. Le doping sort de l'anonymat et a eu sa première victime. Le sport professionnel se propage dans l'individuel. Jean-Claude Killy et Bob Beamon sont des vedettes parmi d'autres. Silence radio rompu.
2008: Les Jeux Olympiques auront lieu, normalement, à Pékin. On s'aperçois que les Droits de l'Homme n'y sont pas encore dans le bol de riz. Ce n'est pas vraiment un problème de couleur dans ce cas. On remonte bien plus loin dans le temps. L'Amérique se retrouve au banc des accusés et est désigné comme le fautif des problèmes internationaux. Le doping est de plus en plus présent et crée des victimes. Le sport compense la sédentarisation de la vie professionnelle. La flamme olympique, toujours symbole, sert comme flambeau de la contestation. Silence radio rompu.
La musique et les chansons: Elle suit toujours l'actualité
1968: "All you need is love", "Hey Jude" par les Beatles. Comédie musicale "Hair" à Broadway. Renaud écrit sa 1ère chanson "Crève salope", Joe Dassin chante "La bande à Bonnot", Johnny Halliday "A tout casser", Hugues Aufrais "Adieu Monsieur le professeur", Dutronc "Il est cinq heure, Paris s'éveille". Adamo "F comme Femme", Les Stones, Azanvour "Tout s'en va"...
2008: Beaucoup de remakes, Mylène Farmer "Deshabillez-moi", Aznavour "La terre meurt" et "La fête est finie"... et vous en aurez bien d'autres à donner avant la fin de cette année.
Une clip 68-2008 devait aussi exister.
Conclusions:
Cohn Bendit a dit, dans son livre, "Forget 68" que, depuis 1968, "On a gagné". Sarkozy voulait effacer ce "Mai 68" des mémoires le 29 avril 2007 lors d'une violente diatribe. Ce qui a généré une réaction livresque d'André et Raphael Glucksmann dans un "Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkosy".
On en est loin, oui, à première vue. Les problèmes ne sont pas les mêmes hier et aujourd'hui. Il est, désormais, interdit d'interdire dans la culture. En occident, on se perd un peu à la recherche de ce qui peut encore l'être. Le pouvoir et l'argent ont de plus en plus d'importance. On veut y être. La compétition est passée de nationale au niveau international. Pour toutes les nations du monde, la démocratie est considérée comme la politique salvatrice à atteindre pour celles qui ne l'ont pas encore sur leur tablette. Dans les pays dits riches, la révolution en 68 a été initiée par les jeunes qui essayent d'entrainer les ouvriers dans leur combat. C'était le Temps des Cerises, on se battait pour que tout change. En 2008, par contre, la grogne est plus profonde, plus silencieuse et couve dans tous les foyers suite au pouvoir d'achat qui sombre et qui fait glisser les classes moyennes à la case précédente se rendant compte que le pognon n'est pas tout. Il reste peut-être le temps de "queues de cerises" et on commence à se battre pour que cela s'arrête de trop changer (Anne Roumanoff).
Dans les autres pays moins riches, le niveau de la classe moyenne n'est, lui, pas encore atteint. Certains hésitent à se ralier à cette démocratie en réaction à cet Occident accusées de tous les maux par les autorités qui réagissent pour faire contre poids au capitalisme impérialiste.
Les révolutions, de toutes origines, n'ont pas jamais trouvé les réponses, de manière définitive, aux problèmes des hommes. Elles glissent, vite, vers une évolution plus douce, vers un oubli volontaire. Au cours de ces quarante ans de réflexion, les leçons du passé n'ont pas passé le cap des frontières, dans une fausse autonomie, sans chercher le bien commun. Grande erreur. L'intégration du monde est devenu complète. De là, découle la difficulté à tout parti à exprimer avec succès toutes convictions.
Les plus jeunes ont compris le "system" imposé. Ils ont réagi en fonction des données qui leur ont été présentées. Ils se sont adaptés, vaille que vaille, dans un esprit nouveau de donnant-donnant.
Les plus anciens qui ont connus 68, avaient, probablement, plus de motivations. Ils sont devenus plus hargneux en subissant un changement de conception qui ne correspondait plus à leur expérience et méthodes. Allergie aux changements? En partie.
Un manque de compréhension des problèmes des deux cotés de la barre des âges a créé un conflit de génération. Conflit qui se retrouve néanmoins dans un concensus de mécontentements.
Alors, "échec" ou "progrès", "révolution" ou "évolution"? Questions de point de vue et de sensibilité.
Problème est-il devenu plus structurel que conjonctural?
Le journal Marianne titrait tout récemment: "La promotion des nuls" en solicitant le culte de la spontanéité et de l'authenticité. Les études ne seraient plus, dans ce monde-là, la panacée pour réussir. Les fortunes les plus énormes ne sourient plus qu'aux audacieux réfugiés derrière des idées qui sortent du chapeau. Microsoft, IGE, Yahoo ne sont que des exemples. Les travailleurs se retrouvent comme dindons d'une farce dont ils n'ont pas les rennes. Ils participent sans le vouloir dans une idolatrie des nouveaux symboles orchestré par le showbiz. L'écart entre ces deux mondes, qui s'ignornt, se creuse dans les même proportions des riches contre pauvres.
1968 a été une charnière de transition entre deux mondes avec une impression d'aller vers un mieux. Révolution culturelle menées par les jeunes avec la libéralisation de la parole dans le non-conformisme pour objectif dans une sorte d'explosion. Etant étudiant, je me souviens. L'agitation se retrouvait dans les café autour de l'université de Bruxelles et pris son envol le 13 mai en solidarité pendant 50 jours. Le 21 août, l'entrée dans la sélection pour mon service militaire pour trois jours au Petit Chateau de Bruxelles, c'était aussi le jour de l'entrée des chars russes à Prague. Cela laisse aussi des traces dans la mémoire par l'excitation et la peur qui naissait par ricochet dans l'entourage.
2008, sera-t-elle une année de coutures instables entre plusieurs cultures avec une impression d'aller vers un pire? Les économistes confirment la cirise du capitalisme et cherchent une porte de sortie et des solutions pour contrer un krach. Révolution du prolétataria pour casser la spirale des prix et la déchéance progressive par une sorte d'implosion programmée? La contestation se trouve derrière les claviers des ordinateurs.
Faut-il voir du pessimisme ou du réalisme dans cette comparaison.
Internet concourrera, certainement, sous le chapeau de l'anomymat et des pseudos, à ouvrir la pensée tout azimut en intégration avec le monde. Cela se confirme à la constatation que l'écriture explose. Peu importe qu'elle soit appuyée par des bases ultra solides par l'éducation. Le nouveauté a de ses surprises.
Le pluralisme d'idées semble un fait accompli et est en marche. Le réveil se prépare probablement moins révolutionnaire mais plus durable dans son action sous les claviers.
Le "I have a dream" de 1968, fédérateur, charismatique est encore à apporter sur la place publique pour motiver les populations.
De toute manière, avec le recul, on constatera toujours que cela restera un débat et un combat de tous les jours, la vie.
"Une révolution permanente de la liberté humaine", disait quelqu'un.
L'enfoiré,
Sur Le Panda, y a-t-il des révolutionnaires?
Pour info: Pour en savoir un peu plus sur 68, Patrick Rotman présente sur France2, le 8 april, le documentaire "68"
Raymond Depardon, avec le même titre "68", présente un livre d'images de l'époque. Hervé Hamon dans "Demandons l'impossible".
"Famille, je vous aime” de Luc Ferry, analyse aussi la différence d'époque.
Citations
- « Para que queremos otra revolucion, si con una basta para hacernos ricos », Octavio Paz (qui a été emprisoné à la suite de cette phrase)
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« A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. », John Fitzgerald Kennedy
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« La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid », Salvador Dali
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« La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres », N. Khrouchtchev
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« Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops. », Jean-Marie Messier
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« La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés. », Philippe Bouvard
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« La crise actuelle ne doit pas faire oublier les services rendus par le capitalisme financier », G.Sorman
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« Les autorités monétaires ne disposent pas des intruments pour résoudre la crise », D.Cohen
Mise à jour du 30 avril: A la radio belge: "Mai 68, et après ?", à la télé : "Sous les claviers... la plage?"
09:24 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Histoire, Politique, Presse et media, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Science, Shopping, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10/03/2008
Les trucs à Drucker

Qui ne connaît pas Michel Drucker?. Ah, oui, le "dinosaure" des présentateurs de la télé publique France 2, diraient les jeunes téléphiles. Et pourtant.. Son livre "Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi?" allait me répondre à la question de savoir "Pourquoi, si longtemps à l'antenne". Sa visite à Bruxelles, sur ce qu'a appelé Cocteau, "Le plus riche théâtre du monde", m'imposait une réflexion encore plus précise.
Cher Monsieur Michel Drucker,
Et puis, non, bonjour Michel. Tu me permettras de te tutoyer car on ne dit pas "vous" à quelqu'un qui fait partie de la famille et qui s'installe dans les "Home sweet home" toutes les semaines avec tant de bonheur. J'ai cherché dans un des billets écrits par l'autre "p'tit Belge" à qui Alain Delon avait dit "Oh, Toi, le Belge!, ta gueule!", Philippe Geluck, alias le Chat. Je n'en ai pas trouvé. Pas une caricature du Chat dédié, non plus. Je suis réellement déçu. Il aurait dû après sept ans de contacts aussi proches. Je lui en avais déjà fait un personnellement, auquel il ne m'a jamais répondu. Non, vraiment, il n'y a plus de Belges qui se respectent avec l'autodéri









