07/10/2009

Echo à l'Echo

On me dit long dans mes articles et par cela, je serais devenu vieux, disait un commentaire. L'idée de ce qu'est la vieillesse serait-elle liée à ne pas pouvoir suivre l'évolution que par le bout de la lorgnette comme il est très souvent le cas dans les médias? Notre ère d'agitation ne permet plus de faire le lien entre les événements comme s'ils étaient chacun dans un tube sans interactions. Alors, si j'appelais un jeune à la rescousse...

20090311Mentir, mais non.jpgLa longueur n'est-elle pas simplement une habitude de vouloir tout découper en rondelles? La jeunesse, l'expert ne se se confronte plus avec l'autre que pour suivre la compétition. La solidarité, appuyée comme solution à nos crises, ne se trouve que dans les beaux principes du dons du plus riche vers le plus pauvre...

Bien facile de donner l'aumône. Bien facile de pleurer pendant un instant et de penser à autre chose par après. Il y a un temps pour tout, pour expliquer nos penchants. L'analyse demande plus de temps. Chercher les sources des problèmes, les tenants et les aboutissants. Les historiens seront là pour rassembler tout cela mieux que nous ne pourrions le faire. On ne peut être long. Tout doit aller tellement vite. Analyser n'est plus de mise.

Une voix jeune, plus forte, plus savante que les autres, se fait entendre.

- Cela prend du temps et on n'en a plus, t'as donc rien compris, l'Enfoiré. On a le temps de voir des images. Mais, nous sommes au temps de l'image, de la vidéo, pas au temps de l'écrit. Tu peux pas nous faire un dessin à la place? Si tu fais un billet, cela doit être comme tout le monde avec la réduction des traditionnelles 3 minutes impartîtes à tout bon éditeur en monologue.

- Mais je laisse ce rôle aux spécialistes, non? A des journalistes de grands journaux qui sont payés pour se trouver là où se passe l'action. A des caricaturistes pour donner une idée décalée avec le plus d'humour possible. Les médias sont limités par l'espace visuel et par le temps d'antenne et doivent se plier à ce genre de contrainte. A nous de les reprendre pour en tirer la substantifique moelle.

- Quand cela ne coute rien, je survole, je virevolte. Quand j'y ai mis le prix, je lis ce qui me plait. Je sélectionne. Je choisis. C'est mon droit, non?

- Bien sûr. Mais, tu payes pour des textes dont tu n'as que foutre en laissant peut-être échapper la montre en or? Tu te limite aussi dans tes progrès. Pas entendu parler du sommet de l'iceberg? En fais-tu au moins une synthèse, une analyse globale de ce que tu lis?

- Pourquoi faire? On ne me payes pas pour cela. Je consomme. Faut pas mélanger les pommes et les poires.

- Ne consumerais-tu pas plutôt que de consommer? Nous sommes à l'époque du durable. Ce qui nous impose d'utiliser l'information, de l'user jusqu'à risquer en abuser pour son propre besoin. Mais tu verras que tu as partiellement raison.

- Te rends-tu compte qu'en rassemblant tout cela comme si les éléments devaient se ressembler pour subsister, tu deviens complexe?

- Mais vivre est complexe. Je dois t'avouer que je suis un généraliste éclectique. Je vais t'étonner. Je suis d'accord avec toi. L'abondance de l'information nuit à sa compréhension. Elle noie son lecteur. Les médias sont tellement nombreux qu'il te font perdre énormément de temps dans une suite de répétitions, de déviances, de mauvaises prises de conscience. Les médias peuvent, en plus, te tromper. C'est pour cela qu'il faut toucher à tout. Car tout se tient, quelque part, pourtant.

- Ouais. Tu l'as dit. J'ai lu cela. Et tu voudrais, maintenant, que j'en fasse une analyse et que je te présente l'addition dans une synthèse?

20090427Le Soir.jpg- Ben, oui. C'est ça lire l'information. Tiens, on va se limiter. Je vais te prouver qu'il est possible d'aller bien plus loin avec une seule source, un seul journal. Prenons l'exemple de l'Echo que je viens d'acheter. L'Echo, journal qui se dit "Journal économique et financier". Le mot "écho" est bien choisi, à mon avis. Il veut dire "répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle" d'après Larousse. Une "répétition", cela veut dire qu'il y a eu une origine précédente à ce son. Une "réflexion", une nécessité pour être bien comprise. Un "obstacle" puisque c'est ton rôle de jouer cette opposition en objectant par ta thèse, par ton opinion, si nécessaire, pour suivre ta propre pensée et ton expérience. Tu vas voir que tout se tient, pommes et poires, à condition d'en trouver la queue et d'ouvrir ces deux fruits pour en faire ressortir les pépins avant de l'avaler jusqu'au trognon. Commençons, résumons, mais, asseyons-nous, tout de même, car cela peut prendre du temps même pour résumer. Que tirer d'important de ce fatras d'informations qui te sont jetées en pâture et qui pourrait avoir un lien avec ton ego comme fil rouge et ton avenir dans la lucarne? Analysons chaque bout et faisons une synthèse intermédiaire avant d'en rassembler tous les bouts en finale. On risque de s'apercevoir qu'on a lu pour rien. C'est le risque.

- Essayons. Je te laisse le choix.

Première page: "La pyramide des âges pourrait permettre de faire des économies de plus de 3% de la masse salariale sans nuire au service".

20090223Lizin MR.jpg- Sous-titre intéressant pour l'administration wallonne en temps de crise. L'atout magique serait la pyramide des âges. Un rapport de la DG Personnel, commandé par le ministre de tutelle. "Les départs massifs d'agents au plus haut niveau de leur rémunération devraient dégager de nouveaux moyens pour autant que le politique d'engagement veille à recruter des agents avec peu ou pas d'ancienneté". La logique du remplacement serait "davantage de "une entrée" pour "deux départs". "Le remplacement par des jeunes et leur embauche est, par ailleurs, cruciale, parce que les effectifs ne permettraient pas de remplacer le départ massif de cadres en préretraite", est-il ajouté. Et "La cote d'alerte est atteinte car il faudra ramer à contre-courant et développer des moyens pour allonger la durée d'activité des seniors".

Réactions : n'ai-je pas entendu qu'on est de plus en plus nombreux à chercher du travail et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour gagner plus? Le publique deviendrait-il l'équivalent du privé? Main dans la main, gauche et droite? L'expérience, on n'en a rien à faire. On redémarre à zéro, quitte à réinventer la roue. Adieu le savoir-faire par l'expérience. Où a été envoyé le "gras" de ce rapport? Ah, oui, plus loin, il faut "saisir l'opportunité d'adapter nos structures aux besoins d'une entreprise moderne. Le recrutement devient une priorité pour permettre une prise en charge progressive des postes tenus par les agents qui vont remplacer les futures retraités. Revisiter les processus, en les simplifiant ou, mieux, les automatiser dans l'urgence à mettre en place la structure hiérarchique.". Donc, revirement complet. Serait-ce plus de chefs pour faire tourner le bidule? Et, accroitre encore le problème. A qui profite la crise? Quand on sait qu'au cours des 5 dernières années, il y a eu 5318 départs contre 2658 entrés. Qui a besoin de travailler après l'âge limite? Cherche bien. Moi, j'ai trouvé.

- Que vais-je tirer de cela? Ben, on dit tout et son contraire, à mon avis.

- Bien vu. Voilà le type de rapport qui veut le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière et la bénédiction par les esprits jeunes et vieux. Une sorte de quadrature du cercle consensuel. D'accord?

- Information nulle. Qui n'apporte aucune conclusion, si ce n'est de faire perdre le Nord et l'argent de ceux qui ont payé le rapport.

- Tout compris. Passons au sujet suivant.

"Il faut prolonger le nucléaire en Belgique.

- 20091002Nulcléaire plus que jamais.jpgLe ministre de l'Energie plaide pour le maintien en activité de trois réacteurs nucléaires et prône un prélèvement structurel sur Electrabel. Ne trouves-tu pas qu'en période de crise, ce ne serait pas une solution? Je sais, l'énergie nucléaire fait toujours peur, mais qu'est-ce que quelques années en plus pourrait changer? Les experts de Gemix chargés de dessiner l'horizon 2020 préconisent de retarder la fermeture des centrales de dix ans. Une manière de reculer pour mieux sauter.

- "Pour mieux sauter". Amusant. Et les éoliennes, le solaire, les marées, n'est-ce pas la solutions dans le durable? Il faut investir dans celui-ci.

- C'est une optique. Tu as raison par "investir", mais ne se rend-on pas compte que l'approche de l'énergie produite par le nucléaire pourrait se faire par une autre manière? La fission, c'est le plus facile. La radioactivité existe déjà sous cette forme dans le processus naturel spontané. Créer l'énergie comme le soleil le fait, c'est moins facile. La fusion produit, après un "starter" important d'énergie, une énergie bien plus impressionnante encore. Alors, par manque d'investissements, pour des raisons politiques et financières, l'énergie pour tous et presque gratuite, a été mis entre parenthèses depuis des dizaines d'années. Le budget militaire, bien plus important, a permis de construire la bombe H avec la fusion nucléaire. Nous étions en 1945. Les écologistes ruent devant cette décision d'allonger de 10 ans l'usage des centrales, mais n'est-ce pas perdre une partie des solutions?

- On patiente avec du charbon, des éoliennes, du soleil, de l'énergie humaine à bon marché. C'est sûr. Mais quand dans la balance, il y a le risque le risque et les déchets...

- C'est comme devant ton banquier qui te parle des risques des actions avec des plus values importantes contre la sécurité des bons de caisse. Connais-tu des actions en Bourse qui préconiserait l'utilisation de la fusion nucléaire? Pour s'électrifier, le nucléaire "fission" est sauvé par le manque d'investissements. Le renouvelable, c'est bien. L'éternité, c'est encore mieux, non? C'est fou, ce qu'on traîne à trouver les bonnes et définitives solutions.20090101Econologie_Salon.jpg

- Où en est-on dans la fusion? Pas bien loin. On s'impatienterait?

- On pourrait, oui, ta planète en dépend et t'auras toujours besoin de plus d'énergie avec tes gadgets.

- Lol... Passons à une autre page.

"La récession en Irlande sur le point de sauver le traité de Lisbonne"

20080620Europe Irlande NON.jpg- Il y avait la démocratie, il y a aujourd'hui la récession. "Par devant par derrière, tristement comme toujours", on ne chante plus cela de ton temps?

- Que veux-tu dire?

- Lis ceci: "Si l'Irlandais n'avait pas fait partie de l'union monétaire, nous aurions eu un scénario à l'islandaise. Qui nous dit que si l'Irlandais rejette le traité, la BCE continuera à injecter des liquidités dans notre secteur bancaire". La peur du vide. Une crise dans la crise. C'est à coup de référendum que l'on use tous les principes et les idéologies. Suspense? Ton pronostic, c'est quoi?

- J'en ai rien a cirer. Je n'ai jamais rencontré un Irlandais.

- C'est peut-être le même problème et ta réponse semblable pour le sujet suivant.

"La Lettonie, en récession profonde, paie cash sa folie des grandeurs"

- On y lit: "Une chute de 18,5% de son PIB. Ils vont devoir apprendre à gagner leur argent au lieu de l'emprunter. Dégringolade des salaires de 35% et les retraites de 10%. Plus grave pour l'avenir, les universités ont des budgets rabotés de 45%. Les gens voulaient tout et tout de suite." Tu te rends compte des résultats? Tu n'es pas un peu comme ça, aussi?

- Mais nous, jeunes, n'avons rien. Pas d'avenir.

- Conseil d'ami, ne pense pas ainsi. Nous n'avons pas d'avenir. Toi, bien, mais ce sera un peu plus dur pour trouver la bonne porte d'entrée et méritera beaucoup de patience, j'en conviens. Le sujet suivant, ce n'est plus pour toi, quoique...

Les seniories font une percée20091007Père Damien.jpg

- 3,7 % d'octogénaires. Voilà un secteur en expansion. Les plus de 60 ans varie de 9 à 25 % selon les régions. Les "baby boomers" attendent le 4ème âge sans impatience. L'autonomie recherchée donne des opportunités dans les portefeuilles immobiliers. Car il y a encore des moyens de ce côté-là. Les rendements sont en hausses pour suivre la demande.

Mais si si cela ne t'intéresse pas, si tu veux, nous pourrions passer à la synthèse.

- Pas si vite. T'as pas vu la dernière page?

"Spéculations dans la mode".

- Voilà, le bling-bling qui réapparait. Les ventes mondiales du luxe ont chuté de 10% en 2009. Des rumeurs de rapprochements. C'est encore des fusions de sociétés?, dit le jeune.

- Ouais. Même, dans le prestige, on ne compte pas que des amis. Là, on ...

- C'est bien fait pour eux. Le luxe, nous, jeune, on n'en veut pas.

20090310Laurent travaille.jpg- Tu as peut-être raison, mais, là aussi, dans le beau, il y a du business. Le low-cost regarde où cela a mené? Du chômage, des produits qui ne tiennent pas la route dans le temps. Toi, qui aime le durable. D'ailleurs, même après cette chute, on lit "à moyen terme, les acteurs du luxe ne devraient pas tous profiter de la même façon de la reprise attendue de la croissance". L'horlogerie-joaillerie, ce sera plus dur vu les prix d'entrée plus élevés que ceux de la mode ou de la maroquinerie. Donc, là, aussi, il faudra se plier à la demande.

- Mais, quel est le lien entre tout cela? Toi, qui aime en chercher partout.

- N'oublie pas de lire l'éditorial d'un journal. Le travail de collecte a souvent été prémâché. On y lit "La logique et l'équité voudraient que tous les acteurs socio-économiques participent à l'effort selon leur capacité contributive. Et c'est que l'on touche à l'essence du débat", voilà une synthèse, non? Et ta conclusion serait?

- Plus loin. "Secteur public à la diète ou dans la profusion comme pour le secteur privé. La concurrence existent même entre les deux". C'est la m... partout, quoi. Ils cherchent encore des profils de plus en plus qualifiés ? Mais jusqu'où ira-t-on?

20090302Poste.jpg- C'est pas la joie. Faut pas rêver. Tous resteront à naviguer sur un bateau imaginaire en louvoyant entre deux eaux. Ce sera ceux qui auront le gouvernail en main. Sous la pression, ils se retrouveront sur des bateaux de plus en plus rapides mais avec le feu du moteur des actionnaires au cul. Les autres devront apprendre le maniement du tuba. Au milieu, on apprend la brasse-clown en passant par la grève du zèle comme seul moyen de réaction. En fait, tout le monde est pris par les c... mais avec la pièce supérieure plus ou moins longue. Alors, on ne réfléchit plus. On fonce. Tu avais raison, je me fais vieux. Avant, on avait les moyens de sa politique. Aujourd'hui, la politique, sans moyens, ne sait plus où donner de la tête. Alors, quelle voie aimerais-tu suivre? Par ton Internet, tu tchates, tu ne lis plus que les eMails des copains...

Tiens, 20091005Poste demain.jpgla Poste veut engager des facteurs de quartiers. Facteurs que tout le monde reconnait aussi comme du "low-cost". Le rendement n'est pas tout si l'on ne veut pas se limiter au superficiel.

- La Poste? Quelle importance? Tu me parles d'Internet et des mails, donc, on a la solution. Et puis, toujours l'argent...

- Mais tout ne passe pas par là. Tu devrais le savoir. Les colis, les lettres existeront toujours. C'est l'Europe qui veut privatiser à tout va. Elle dit qu'il faut toujours rester compétitif, mais par rapport à qui, à quoi? A eux-même, en cercle fermé? L'argent, comme disait Jacques Attali dans son "Le sens des choses", peut-être un instrument de la valeur, un moyen d'échange et un instrument de la conservation de la valeur".

- T'as pas vu, ils proposent d'accepter une croissance zéro pendant un temps?

- Cela impliquerait quoi? Le budget pour la croissance zéro, c'est quoi, d'après toi?

- Ben, c'est de ne plus lire les informations. Cela me donne mal à la tête et des nausées à l'estomac. Cela pousse à ne plus rien faire...

  • 20090401Grève.jpg- Tu m'énerves. Dialoguer, avec toi, reste difficile. Du temps et de la longueur, je veux bien te les consacrer. Nous sommes en plein dans un conflit de l'eugénisme. Un nouveau conflit de générations. Tu deviens long, long à digérer. Tu n'aurais pas une boule de cristal pour lire notre présent en commun et pour entrevoir votre avenir? Çà, au moins, c'est un média qui nous manque déjà.

    Si je parle de tout, sans oublier d'ajouter son contraire, je ferais preuve d'un certain manque d'universalité dont nous avons tellement besoin dans un monde en expansion. Gardons l'ouverture d'esprit.20090313Chef de cabinet.jpg

Je ne vais pas te gâcher ta journée en te disant que réduire son horizon, c'est, justement, un symptôme de la vieillesse et, sinon, d'un autre, plus grave, l'autisme.


L'Enfoiré,

Echo, écho, écho sur Agoravox?


Citations:

  • « Quand on montre du doigt, c'est parce qu'on veut être certain d'être du bon côté du doigt », F. Lordon

  • « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. », Jean de La Fontaine

  • « La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs. », Jules Renard

  • « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. », Alfred Sauvy

30/09/2009

Diviser ou multiplier?

Mettre le voile au vestiaire ou se voiler la face devant des problèmes identitaires. Voilà la question qui se posait après les manifestations de plus en plus tendancieuses porté par une foule de positions religieuses ou autres. Un philosophe était de la partie dans la discussion. Profitons-en pour ouvrir celle-ci et pour relier l'analogique au numérique.

20090820Afganistan élections.jpgAprès la France qui avec un esprit républicain avait accepté le voile mais mettait la burqa sur la sellette du questionnement. La Belgique reprenait la question de l'acceptation du voile à l'école. Le MR belge demandait d'interdire le voile et tout signe religieux à l'école au moins jusqu'à l'âge de 16 ans.

Le 22 septembre, le philosophe Guy Haarscher était interrogé à la RTBF sur l'interculturalité. Il faut apprendre à vivre ensemble, était sa conclusion. Il pilote des Assises de l'interculturalité. Une nouvelle tentative de rapprochement dans notre pays qui se paye une capitale baptisée comme un laboratoire de l'Europe.Multiplier ou diviser.jpg

Les religions prêchent à la multiplication, alors qu'elles cherchent à diviser les peuples entre les bien aimés de différents Dieux et de ceux qui n'en seraient pas.

Pour réussir une intégration, dit Guy Haarscher, il y a deux conditions:

1. éviter le racisme "qui existe des deux côtés", également dans les minorités.

2. lutter contre l'intégrisme religieux "car quand il y a des problèmes, quand il y a des conflits, quand les gens sont dans une position de vulnérabilité, ils sont captés par des groupes intégristes".

La laïcité serait un modèle à préserver en l'état pour tout le monde. "Laos veut dire peuple. L'État est l'état de tout le peuple et pas seulement ceux qui pratiquent une religion ou une autre. Cela a été un grand combat en Belgique contre la domination du catholicisme. La laïcité est la liberté pour chacun. Mais pour ça, il faut éviter que les religions, d'où qu'elles viennent, ne recolonisent l'Etat", concluait-il.

"Laïc, c'est le hic" écrivais-je, un jour. Être athée ne veut pas dire être laïc, m'avait-on rappelé à l'époque. 20090622Iran circulez.jpgOk. Mais... « L'église ne reconnaît qu'une sorte de laïcs : les siens. », disait Carl Dubuc

"Il faut être ferme contre les pratiques racistes et contre l'intégrisme", ajoutait le philosophe en prenant la position d'interdire le voile à l'école. Là, se trouve la véritable nuance.

Ici, ce philosophe prêche pour la non-reconnaissance d'une appartenance à une religion, au moins pendant les premières années de la vie d'un enfant. Assez normal de ne pas être embrigadé pour un adulte en formation.

Je ne vais, pourtant, pas reprendre le flambeau de cette discussion, trop présent dans tous les médias pour en remettre une couche. Les représentations vestimentaires, comme la mode ont déjà pas mal de points d'interrogation dans l'histoire. Cette pièce de tissu cache la femme du plus simple au plus intégriste par hidjab, jilbab, tchador, niqab, burqa. De moins en moins, ouvert vers l'autre. Les témoignages féminins se retranchent, derrière la Foi, les convictions ou la culture pour expliquer leur décision tout en se voilant la face.

Mais ne nous voilons pas la face et cette fois dans sa version au figuré. Nous nous retranchons derrière une foule de barrières.

Question: Sommes-nous prêts à nous aimer ou au contraire, nous écartons-nous de plus en plus d'une volonté de communion des peuples derrière nos frontières rikiki? Beaucoup d'éléments perturbateurs à l'amour entre les hommes sur le chemin de l'intégration. 20090813Birmanie.jpgLes frontières existent bel et bien. Même l'idée de la nation ne suffit plus. On pense, désormais, régionaliser à sous-régionaliser, en espérant se placer plus près des convictions des gens, plus en relation avec leur culture propre, plus en relation, aussi, avec ce sol qui a vu naître ses propres contemporains, concitoyens, plus en communion avec notre enseignement spécifique. Les langues, aussi, s'attachent comme une colle indélébile et invisible à nos envies de reconnaissance. Tout est aussi en place dans l'environnement pour séparer: les idéologies, le pouvoir d'achat, les religions, les symboles... Tout divise pour empêcher les contacts plutôt que de les multiplier.

Personne n'est le clone d'un autre. C'est notre haut degré de complexité qui veut cela. Similaire, mais jamais totalement identique. Mais, c'est un pluralisme d'idées, une richesse, dit-on. C'est très probablement vrai, mais, c'est aussi un grand défit qui ne trouvera son échappatoire qu'avec l'effort de chacun.

Déjà, au niveau de base, dans l'entité familiale, garder 'l'église au milieu du village", suivant l'expression consacrée, cette richesse peut être une affaire de discussions opiniâtres.20090503LiberalSocialiste.jpg

Voilà, que le besoin d'écologie, lui-même, entrave le rapprochement physiques entre les hommes en espérant réduire les déplacements à des limites congrues à vélo, mais sans frais énergétiques. La Nature est à considérer comme un interlocuteur de poids. Elle impose ses ressources limitées et tout le monde est concerné. Le "Syndrome du Titanic" présenté par Nicolas Hulot, ce dimanche 27 septembre, le rappelait avec force telle qu'une contrainte planétaire. Le but, d'après lui, c'était de préparer le terrain avec une neutralité non partisane pour rechercher le plus d'efficacité. La culpabilité n'existe pas hier, on ne savait pas. Elle commence aujourd'hui, disait-il. Donc, chacun devra inventer à sa manière le choix de son renoncement par rapport au passé.

Le "divide ut imperes" (diviser pour régner) serait-il, donc, condamné à exister pour expliquer cette séparation entre les peuples. Les politiques, sans le dire, aiment cette maxime. Ils ont leurs propres lois, leurs propres règles de fonctionnement. Dresser des frontières, c'est installer, en définitive, plus de dirigeants à la tête de chacune des entités.

Si d'un autre côté, les villes rassemblent les peuples, elles en deviennent tellement grandes que l'éloignement entre ses membres en devient trop importante. Le mondialisme et le commerce se prêtent à l'ouverture et les échanges entre les peuples mais ne permet pas les échanges sociaux de base de vie. Basé uniquement sur le modèle financier, il a aussi raté son but.

Obama dans son discours à l'ONU, avec son éloquence bien connue, allait dans le sens de l'intégration au niveau des nations par ces mots "une nouvelle ère de coopération multilatérale, basée sur un intérêt et un respect mutuels". Pourtant son éloquence ne suffit pas ou demanderont un effort pour trouver le bénéfice commun, s'il existe était-il ajouté. Le ministre des Affaires Etrangères belge, Yves Leterme avait, dans son discours, quelques mots empruntés à Obama et en avait d'autres plus spécifiques, mais cela sonnait juste. Il reprenait pour commencer les paroles de Jean Monnet "Rien ne se crée sans les hommes. Rien ne dure sans les institutions" avant de précher pour un multilatéralisme inclusif dans le respect de la dignité humaine et la lutte contre la prolifération. Il ne manquait pas de relever les lacunes de l'ONU, par son manque de rigueur et de transparence. Bruxelles est reconnu comme le laboratoire de l'Europe en ce qui est de l'intégration multiple. La coopération multilatérale et consensuelle devient un must pour ne pas exploser.

Très récemment dans l'échelle humaine globale, Internet a fait une percée inattendue pour rassembler les hommes de la terre de manière virtuelle alors qu'ils n'auront jamais l'occasion de se rencontrer physiquement dans le réel.

On fête, cette année, le dixième anniversaire des Blogs. Ils préparaient cette ouverture par la présentation de l'égo des participants. Les forums ont extrapolé en recentrant les discussions. Les réseaux sociaux complètent le processus en mélangeant les deux aspects en ouvrant des amitiés souvent fictives mais réelles dans leur finalité de rapprochement et des connexions en réseaux dans une grande Toile. La demande augmente en permanence, preuve du succès, même si le système, lui-même, reste soutenu par des règles du commerce.

Les forums ne peuvent plus se complaire par des monologues comme au temps du livre et du journal à sens unique. Le droit de réponse existe, cette fois. Sans un rythme de croisière de questions-réponses, le forum terminerait sa course prématurément. Il s'agit maintenant d'écouter attentivement ses amis et ses ennemis de convictions dans un processus fusionnel en apportant son expérience. La dérive serait la foire d'empoigne. Seule l'intégration, bien comprise, de tous les paramètres, de tous les facteurs dans un consensus sans compromission aura, en définitive, un droit de cité pro-actif. Le gourou tentera encore d'en imposer, mais il sera bien vite reconnu comme tel et remis à la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Ce sera le retour nécessaire des candides avec leur propre interprétation, qu'il faudra aussi prendre en compte. Une sorte de polythéisme renaît de ses cendres sous cette forme. Chacun, adulte et critique, à la fois dieu, serviteur, régulateur de ses propres phantasmes.

Le monde se freinera, peut-être, par cette nouvelle démocratie tout azimut mais il en crèverait de presser sur le champignon en ne comprenant pas le besoin de consolidation des opinions.

Revendiquer d'exister en entité unique, mais à l'intérieur d'une toile et d'un réseau d'idées. 20090809E18 travaux.jpgTout un programme !

Une nouvelle interprétation de l'égocentrisme? Non. Il y a bien une obligation de répondre au besoin naturel de préserver son corps et son esprit dans un jeu de quilles avec des interconnexions. Chacun, seul devant son destin, mais en interaction qui rend responsable envers les autres et ... soi-même dans un monde complexe.

Alors, il y a nos peurs qui sont toujours là. Le magazine "Psychologies" en parlait de celles-ci dans son magazine de septembre. Nos peurs seraient, statistiquement et dans l'ordre dégressif, dues à la pensée que nos enfants ne seraient pas heureux, de la maladie, de la dégradation de l'environnement, du chômage, du manque d'argent. On ne trouve pas la peur de vivre en société dans la liste. Elles seraient, donc, plus portées par l'imagination que par la réalité. Alors, il y a les palliatifs. La recherche scientifique et la Foi en Dieu arrivent comme secours avec le fatalisme comme pilule de l'ignorance des réalités.

20090516Pape retour.jpgEt si, pour une fois, nous étions las d'entendre d'un côté "C'est normal, c'est l'évolution de l'espèce qui veut cela" et de l'autre "C'est normal, c'est Dieu qui veut cela", comme s'il n'y avait jamais aucun responsable et que nous n'y sommes pour rien et que nous n'y pouvons rien.

Exister, par nous mêmes et pour nous mêmes.

L'effet Papillon n'est pas un mirage. La physique quantique en apporte une preuve, par l'absurde.

Intégrisme, que cette volonté d'être unique? Non. Cette volonté, si elle existe parfois, se vera vite canalisée, récupéré par plus intégriste, encore. Heureusement, elle ne va pas jusqu'au bout de ses ambitions. L'homme reste un animal grégaire mais pas de manière illimitée. 20090629Jacqson mort.jpgIl aime exister en solitaire mais c'est dans un groupe solidaire qu'il se sent le mieux. Mais, ce n'est pas en "meute" qu'il exprime son identité.

L'anthropomorphisme dévie notre vision avec les réactions bizarres des animaux, conformes pourtant à un protectionnisme naturel de groupe ou dans une entité familiale. Mais elle peut aider à comprendre les différences. Nous nous enorgueillissons avec quelques neurones en plus, d'exprimer nos conclusions.

Le 25 septembre, ARTE se posait la question "L'intelligence collective, une spécificité collective?". L'émission s'intéressait à certaines formes de collectivités manifestées dans les airs par les vols en groupe des sansonnets, par les dérives des épinoches dans les mers et par les fourmis sur terre. Les buts essentiels de cette manière de vivre étaient la recherche de nourriture et de se protéger des prédateurs. Organisations relativement simples dont les interactions concertées de changement de directions se régulent par l'imitation des mouvements des congénères les plus proches. Tous égaux dans cette organisation.

Nous nous distinguerions des animaux par le fait que certains individus, plus complexes ou évolués que ceux du groupe, existeraient pour que la masse aime les hiérarchies et réagir en fonction d'un entourage plus vaste et accepte des idées qui passent le mieux dans leur ensemble.

20090930Planski story.jpgCela va de croire à un modèle prédéfini, inculqué, médiatisés parfois à outrance, par un copier-coller auquel il faut se conformer pour suivre une vieille histoire d'obéissance du système animal de transfert d'informations de génération en génération.

En contradiction avec les animaux qui agissent par interactions, c'est par l'intermédiaire de représentants, d'idoles ou de mentors qu'il sort sont épingle du jeu plutôt que par l'expérience personnelle qui reste la minorité. Critiquer les idoles, alors, c'est sortir du bois, prêt à en découdre.

Serions-nous dans une phase de transition par le besoin d'en comprendre les mécanismes et les risques par l'étude des... robots? Différence majeure avec le cas de ces animaux, c'est d'être sorti de cette proximité, cette convivialité à petite échelle de l'environnement immédiat pour passer à une approche mondiale de tous les systèmes dans une intégration globale.

Internet aurait donc ouvert une boîte de Pandore pour assurer la sécurité et le développement durable de l'ensemble. L'organisation se cherche entre programmé et auto-programmé en cherchant une sagesse de groupe et en évitant au mieux les turbulences par la prudence. On a pu remarquer l'année passée que l'auto-régulation pure et dure dans le domaine des finances est dangereuse et contre productive.

Alors, pourquoi pas vivre sa vie, en cherchant sa propre vérité par l'expérience permanente, en être éternel insatisfait, sans dogme? En découvrir les risques, les erreurs et avoir le courage de le reconnaitre dans la confrontation avec les autres pour les corriger en sera probablement l'autre phase.

20090512Pape en Israel.jpgPlus question de résoudre l'équation en divisant par l'utilisation de la fausse multiplication.

Multiplier, c'est pour accélérer le mouvement. Diviser, c'est pour le freiner. Donc, incompatible et antagoniste.

Certaines religions se présentent en défenseur de la multiplication mais n'en assument pas les conséquences ou se cantonnent à une ségrégation vis-à-vis de ceux qui ne feraient pas partie leur Arche de Noé.

Pour parler savant, face aux fonctions, la solution ne serait plus de parler de dérivées mais d'intégrales. Dans le langage photographique, passer de l'analogique, de l'argentique au numérique. Notre époque se veut de plus en plus complexe. Cela ne veut pas dire qu'il faille masquer notre incompétence à l'assumer en restant derrière un défaitisme de consensus mal analysé. Vivre en autarcie n'est plus de mise. Le monde, devenu village. Il faudra, donc, de plus en plus apprendre à vivre ensemble.

Question d'aptitude à l'ouverture nécessaire pour trouver l'association et les liens. Question d'aptitude à une écoute attentive, plus de temps à consacrer à sa compréhension et par un retour du miroir sur soi pour en fusionner les conclusions. La Loi d'entropie rappelle que le chaos est au bout sans un peu d'ordre dans un melting pot. On ne change pas efficacement les autres. On se change soi.20090927Louis Michel ONU.jpg

Le « happy end » est l'objectif final. Il existera, si on le veut, un peu, beaucoup ou passionnément. Nous le valons bien, comme dirait la pub. Donc, autant participer à l'objectif et à son destin loin de la réédition de "L'apocalysme".

Le changement est heureusement dans l'air. L'histoire rappellent les erreurs du passé. Le futur contiendra les découvertes d'aujourd'hui.

Tester pour trouver le chemin le plus pratique, le plus adéquat à toutes situations du moment et de demain. Diviser les problèmes pour en multiplier les intérêts personnels en communs dans l'harmonie comme seule valeur universelle de vie de l'homme.

« L'expérience est dans les doigts et dans la tête. Le cœur n'a pas d'expérience. » écrivait Henry David Thoreau.

Un kōan le confirmait par la culture japonaise, "Toute chose n'est connue que parce que l'on croit la connaître".

Entre multiplier et diviser, il faudra choisir avec une nouvelle règle à calcul.

L'Enfoiré,

Agoravox multiplie ou divise?

Citations extraites du seul livre de Bernard Werber "Le Mystère des dieux":

  • « Nous ne sommes que des pièces d'un jeu qui nous dépasse et qui n'existe que pour amuser les dieux »

  • « Ce n'est pas parce que vous êtes nombreux à avoir tort que vous avez raison »

  • « A force d'être libre on finit par être seul »

  • « Tant que les dieux étaient immortels, leur vie n'avait pas de sens".

12/08/2009

La méchanceté, tout un art

Le Magazine Littéraire de cet été avait un dossier très complet sur l'Art de la méchanceté. En littérature, c'est par un échange de mots parfois "verts" avec une certaine méchanceté que l'on remplace par un coup de poing bien placé dans un monde plus physique. Mais, alors comment exerce-t-elle son art, cette méchanceté et quelle est son histoire?

La méchanceté, tout un art.jpgQuelques chapitres de ce dossier devraient nous éclairer sur les épisodes d'une mise en condition pour exercer l'Art de la méchanceté.

Un forum n'est pas exempt de ce genre d'exercice. "Parlons peu mais parlons bien" disait, une rédactrice de l'un d'eux qui entamait le sujet avec des yeux féminins, en s'adressant aux "collègues" rédacteurs de cette enceinte virtuelle. Le souci d'annihiler l'agressivité était le maître mot de son article poussé par les inquiétudes de notre époque qui rencontre la concurrence, les barrières et qui empêchent de respirer convenablement, disait-elle. Déshumaniser les relations humaines semblait son plus grand reproche. Pourtant le malin plaisir de refroidir les instincts, les plus humanistes, de nuire son prochain, se cachait derrière quelques répliques qui suivirent. Alors, cette fois, appelons un chat, un chat. Le mot "méchanceté" n'avait même pas été effleuré dans l'article. Étudions-en les arcanes dans le passé et dans notre présent.

Il y a les critiques littéraires officiels, ceux qui sont là pour orienter les lecteurs, pour donner une leçon, violente à la base ou non vers l'auteur du texte. Ce filtre peut prendre le mauvais chemin et faire dévier l'initiateur de l'œuvre littéraire pour mauvaise compréhension des buts. L'amour de la réplique poivrée vient comme maître-atout. L'œuvre écrite manque d'aisances dans le droit de réponse et d'interactivité. Alors, l'auteur s'en retrouvera parfois groggy, mais c'est la règle du jeu.

L'interactivité devrait, pourtant, avoir une place prépondérante. Dans les forums virtuels de la Toile, ce n'est pas le cas. Certains auteurs se payent un maximum d'interventions sous forme de trolls sans consistance, haineuses, partisanes, entrecoupés, heureusement, de passages plus intéressants. La propagande n'est pas exempte des forums et mérite des alertes avec réactions bien musclées. Placer son désaccord, sans précisions, n'a pas la moindre efficacité, ça c'est sûr. Mais l'anonymat a permis de descendre le niveau et la valeur proactive des interventions.

"Pimenter" pour faire mouche avec le moins de mots possible est pratiqué depuis la plus haute Antiquité. Des hiéroglyphes prouvent que les anciens Égyptiens osaient critiquer leur Pharaon par leurs petites faiblesses.

Tout le monde se rappelle du panache de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac. De l'humour grinçant, mais de l'humour vrai et bien construit. Pas de méchanceté bête. Une réplique, sans faux fuyant, vaut tous les discours de la Terre. Tout le monde n'est pas à mène de faire usage des bons mots bien salés et poivrés. Il faut de l'expertise et de la connaissance du sujet pour enrayer toute contre attaque. Prévoir l'imprévisible. La rixe oratoire n'en sera que plus belle que si les pouvoirs ne sont pas plus forts d'un côté que de l'autre de la barrière. A armes égales, cela devient un arc et une flèche. Une flèche et un arc. Rapports de forces égaux sans disgrâce politique. De la belle ouvrage. La diplomatie viendra par après.

Le pouvoir, le côté racial, cela casse tout et s'interpose pour tomber dans l'idiotie. La subtilité est ailleurs et se cache derrière les ambiguïtés de haut vol. Pas de deuxième essais ou alors de la même veine. Les plus beaux succès viennent d'ailleurs suite à une réaction au conformisme et à la bêtise. Énoncé d'une traite presque magique et par surprise avec une technique mortifère sans intention de la donnée. Citations avec le moins de mots possible. Nous en verrons quelques "goals" de la sorte en fin d'article. Art du mal par la persuasion de l'absurde de situation, révélé au vol d'une phrase. Si l'interlocuteur a l'intelligence d'en rire, c'est gagné par ricochet. "Les cris désespérés sont les chants les plus beaux", disait Musset. Les spectateurs se régalerons de l'échange.

Les paroles dans le réel des rencontres physiques ne permettent pas cette répartie. La rapidité et la surprise des réactions à données fait plus partie du hasard.

Dans l'écrit, le temps et la surprise sont d'un autre ordre. La répartie devient un sport dans le recueillement d'une feuille blanche, d'un texte écrit préalable ou par l'intermédiaire d'un écran. Là, c'est du recul, du calcul, de la recherche qui est nécessaire. Le jeu d'échec commence. Le premier qui avance son pion, ne sera pas forcément celui qui fera le "Mat". Le fou n'est pas celui que l'on croit. Pas de limite de temps. Des coups à l'avance pour le bien de la partie. L'expérience de ce "jeu" peut se donner une chance par la pratique de l'humour sans verser dans la rixe et la colère.

Ce qui est désolant, c'est que sous le couvert de pseudos, la méchanceté gratuite a souvent tendance à exploser. La vie actuelle est plus agressive, pourquoi pas leurs reflets. Le pseudo, faussement incognito, donne de l'assurance à l'auteur "disgracieux" ou "irrespectueux". Plus besoin d'être original et humoristique sans étiquette. Les réponses deviennent partielles et partiales. On élimine les points qui dérangent. Le jeu de ping-pong est sans allant. C'est un combat entre un mouton et un moutonné à qui perd gagne. La victoire à la Pyrrhus finale, dégoûtera son vainqueur. Dès lors, si on n'a pas atteint le fond, on commence très vite à en sentir les odeurs.

Chacun a sa technique de réponse aux invectives. Fabriquer sa réplique est affaire de doigté et de persuasion qui se veut un correspondant à la hauteur. Pas de secret, pas d'adaptation d'une situation sur une autre. Du coup par coup. Pas d'ego transposable vers un autre. Seulement des règles de respect de règles implicites du "jeu" mais qui ferait patiner l'originalité. L'art de la méchanceté se joue comme la vie. Rien n'est gratuit. La faille, chez l'autre, se découvre parfois après des recherches. Sans mentir ou pervertir la réalité.

"Le poids des mots face aux idées", écrivais-je un jour pour exprimer les différences de cultures.

Anne Roumanoff caracolait, avec humour, "Dire du mal de soi aux autres, c'est idiot. C'est leur donner des idées qu'ils n'auraient pas forcément eues tout seul".

La presse n'est pas plus tendre et ici, il s'agit de BD et de Tintin.

Il est vrai que c'est surtout "A cash city" qu'il ne faut pas avoir de faux espoirs.

En remontant le temps, même sans Internet, des querelles ont été épiques et parfois dans des luttes plus meurtrières moralement que physique.

Le magazine littéraire parlait de Catulle et de son émule Martial qui faisaient les délices de la polémique insidieuse et crue, par l'intermédiaire des épigramme. La politique s'introduit, alors, avec le danger de la posture, sans réel argumentaire, dans un rapport de forces au bras de fer, y était-il précisé.

Le venin se retrouve avec Pierre Aretin, redouté pour ses "pasquinades" dans la forme de la médisance.

Pour Léon Bloy, que tout irritait, la critique passait par à l'autodestruction. Il s'en était fait une raison d'être par la pureté et par sa solitude.

Saint-Simon avec ses Mémoires ne s'inquiétait plus de savoir s'il était méchant ou charitable, pouvait être considéré comme le roi des piques.

"La méchanceté croît avec le progrès des idées", disait Rousseau avec une philosophie toute particulière aux gens de lettres qu'il considérait comme les êtres les plus vils qui soient. Lucidité d'égoïsme de l'amour-propre tout en récusant cette vision manichéenne et en admettant ne pas s'aimer eux-mêmes chez ses contemporains, chacals savants.

Le 19ème siècle voit naître dans les salons où l'on cause, le pire et le meilleur des jeux de mots. La haine littéraire contre la médiocrité y pousse du grotesque à la farce. La pièce d'"Hernani" d'Hugo marque, par le scandale, l'apogée des batailles entre romantiques et néoclassiques.

La fantaisie de la méchanceté a toujours évolué dans le temps en fonction de la notion que l'on avait accolée au "mal". Celui-ci progresse à pas feutrés. Il est banalisé ou au contraire rehausser d'emphase en fonction du point de réception de l'attaque. Longue tradition de la méchanceté pour dire tout haut ce que le monde n'ose dire que tout bas.

20090227Vacances.jpgAujourd'hui, dans notre époque qui demande d'aller toujours plus vite, la caricature remplace, souvent, une longue tirade par l'image flash. Humour acerbe, sarcasmes qui feront mouche du premier coup d'œil ou se perdra lamentablement. Méchanceté ou critique constructive? Parti pris, non objectif, si le même regard critique n'était pas donné avec la même virulence de part et d'autres des barrières. On adore ou on déteste ce genre d'approche, pas de demi mesure, si le recul nécessaire n'est pas entrepris. La méchanceté commence, seulement, avec la bassesse, nulle, non productive et subjective.

Pour le spectacle, il y a les amuseurs publiques, imitateurs et autres qui apporteront cet humour grinçant en pointant des personnages politiques ou de la vie publique. Michel Drucker était "cuisiné" samedi dernier dans l'émission "L'habit ne fait pas Lemoine" et constatait que la période Age tendre et Tête de bois était repoussée dans des tournées nostalgiques. Le dixième des réflexions, lancées aujourd'hui, il y a vingt ans auraient fait l'exclusion et le renvoi sur le champ. Mais il est resté le "gentil" de la bande des présentateurs. Les jeunes ne l'apprécient en général plus car il n'est pas assez vindicatif. Pour durer, il est obligé de laisser la place à ceux dont c'est le métier du génie de la "méchanceté" humoristique tel qu'Anne Roumanoff ou Canteloup. Laurent Ruquier, lui, même avec des clashs, s'assure les rires de son parterre d'invités intéressés par sa cause et par la rigolade.

A la télé, les "Guignols de l'Info" ont encore de beaux jours avec en arrière plan "Le canard enchaîné".

La littérature, elle, se doit de jouer dans la subtilité et l'enthousiasme de la bonne parole. La société policée, sous le couvert de l'éducation jésuitique est (mal)heureusement en perte de vitesse. La vie a été et est un combat, une joute perpétuel. La perfidie de salon du XIX ème siècle, la cruauté des apartés, le théâtre de Molière, de Shakespeare se sont transformés en théâtre de Boulevard. Les arbitres, les modérateurs, c'est le public lui-même qui s'en charge.

La méchanceté a-t-elle progressé avec notre époque? Pas vraiment. L'histoire montre le contraire. Le 18ème siècle de Rousseau a probablement été bien pire. "Tout cela eût été moins facile à faire dans tout autre siècle. Mais celui-ci est particulièrement un siècle haineux et malveillant par caractère", avouait-il. Notre époque s'est seulement gadgétisée. Elle s'est donnée des outils neufs pour se répandre à toutes les classes de la population dans les pays dits démocratiques. Et cette extension fait la différence. Dans le milieu du travail, le jeu de la chaise musicale a créé le chacun pour soi avec le matérialisme en toile de fond. Dans les tensions, le psychisme verse naturellement dans les conflits verbaux avec la vengeance et le vitriol comme encre "sympathique". L'amour et la haine ne sont-ils pas les meilleurs complices? Vigny à la question d'un littérateur qui remarquait cette animosité de langage avec ses alteregos, répondait "Que voulez-vos: nos nous aimons!".

20090305Fillon.jpgLa méchanceté fait, aussi, partie de la "peopleisation" des personnages que d'être rappelé en permanence comme "The man you love to hate" en écho à un slogan hollywoodien. Il s'agit d'être à tout prix. Tout, sauf l'anonymat, pour les hommes politiques.

Rappel: "le méchant, c'est toujours l'autre".

Henri Bergson dans un discours enflammé présentait la vie moderne comme une ouverture à la diversité des opinions par l'intermédiaire de la politesse, de la générosité, voire de la charité.

L'agacement peut venir du coup par l'idéologie du sympa. Béatitude tout aussi peu productrice de progrès, même si cette pensée est aimée de la population quand on voit les entrées pour le film des Chtis. Alors, ce sera dénoncer les erreurs et la bêtise pour, simplement, ne pas se faire "chier". La panoplie des actions possible est à la hauteur des ambitions: impertinence, irrespect, provocation, blasphème... mais dans les bonnes formes.La méchanceté, tout un art Obama.jpg

Bourreaux ou victimes. Réceptionnaires d'un message bon ou mauvais, organisez vos duels. Soyez présents, détendus, c'est la modernité qui le veut. Soyez original. Privilégiez les faits incontestables avec les sources de vos dires sous le manteau. Soyez actifs, voir radioactifs. Jouez aux figures de style, à l'allégorie, par exemple, mais pas nécessairement à l'« allez gorille ». Pas confondre non plus entre calembours et "calles au bourg".

Au travail, bons "tortionnaires" de forum dans le respect, la responsabilité et l'humour...

"Une jolie fleur dans une peau de vache, Une jolie vache déguisée en fleur", chantait Brassens.

Cette méchanceté-là, toute relative, deviendra, peut-être, une relation de type "win-win" pour l'écrivain, le lecteur et pour le spectateur. Sans polémique... enfin, presque.


L'Enfoiré,

Sur Agoravox, ce sont les durs des durs.


Citations:

  • "Je préfère le méchant à l'imbécile, parce que l'imbécile ne se repose jamais", Alexandre Dumas

  • "Quelques-uns meurent trop tôt. Beaucoup meurent trop tard. Très peu meurent à temps", Friedrisch Nietzsche

  • "Le singe est un animal trop débonnaire pour que l'homme puisse en descendre", Friedrisch Nietzsche

  • "L'ennui chez l'homme célèbre, c'est qu'il se prend pour ce qu'il est devenu, non pour ce qu'il est resté", Georges Perros

  • "Si on ne voyait que les gens qu'on estime, on ne verrait personne", Crébillon fils

  • "Les Français ont horreur des inégalités, mais ils adorent les privilèges. Souvent, "inégalité", c'est le nom que tu donnes aux privilèges des autres", Anne Roumanoff


05/08/2009

Viens chez moi, j'habite chez une copine

Un titre de film "Viens chez moi, j'habite chez une copine", m'inspirait un article "provoc". Pour accrocher l'attention? Non, pour établir des statistiques, pour apporter des conclusions et pour mettre à plat certains points dans lequel certains événements sportifs ou autres sont tombés si on n'osait pas y regarder d'un peu plus près.

20090727Armstrong au revoir.jpgL'été est la période des événements sportifs par excellence. Si les compétitions de foot sont en mode mineur jusqu'au mois d'août, d'autres sortent leur épingle du jeu. Alors il y a Roland-Garros, puis Wimbledon pour le tennis. Après les Tours réalisés par la Petite Reine, c'est le Tour de France qui couronne la saison avant de remiser les vélos au vestiaire jusqu'à l'année prochaine ou penser à d'autres horizons là où il est attendu à plus petite échelle.

Beaucoup d'organisations, de nos jours, organisent des événements sportifs, des « event » dirait -on : le Giro en Belgique, Mémorial Yvo Van Damme, et, j'en passe. En vacances, il faut bien meubler les instants d'inoccupation et sortir du farniente offert par la piscine des hôtels. Ici, je ne reprendrai que les sports qui défraient la chronique pendant cette période. Une série d'activités plus ou moins généralisée, plus ou moins monopolisée prennent place. A qui profite tout cela?

Aux organisateurs, bien sûr. Les sponsors, par les retombées, ensuite. Aux sportifs de haut niveau qui, par le jeu de la compétition, se verront sur le podium avec le titre de champion et un prix qui montera exponentiellement. Les premiers recevront le pont d'or. Mais très vite, cela deviendra des cacahuètes de moins en moins grasses, pour les suivants. Les spectateurs supporters auront gagné quelques moments d'adrénaline devant leur petit écran ou sur les bords de ces "event". Dans l'automobile, si besoin est, voici une preuve que les organisateurs font la pluie et le beau temps.

Le sport est l'opium du peuple, dit quelqu'un. C'est presque devenu un rite, une religion. Et cela n'a pas de prix, une religion. En fait, pour le fan, ce n'est pas toujours le sport qui intéresse mais l'ambiance, l'impression de force qu'il apporte. La compétition a de ses dons pour attirer le supporter en lui donnant l'excitation désirée.

Les caractéristiques et préoccupations d’un « event » réussi, pour attirer son public, pourraient compter les étapes et préliminaires suivantes:

  • médiatiser et sponsoriser le spectacle: plus il y a monde, mieux c’est et plus ça rapportera.

  • Un « business plan », calculé par certains mais connu seulement de certains qui empocheront les bénéfices et écarteront ceux qui sont mêlés de plus près avec l'idée commune du profit quitte à sauter ceux qui ne se plieraient pas à certains sacrifices.

  • Les coûts de l'opération sont supportés par les sponsors pour la réalisation mais c'est la collectivité qui en supportera la maintenance et l'intendance.

  • Monte des ASBL et travailler avec des bénévoles qui reçoivent des défraiements pour leurs frais et des petits cadeaux qui remplacent généralement les salaires.

  • Pas de calendrier « protégé » pour un tel « event ». Le initiateur de l’événement choisit la date qui lui convient, sans pitié pour les autres organisateurs. Aucun apport extérieur, les initiés, seuls. Pas de colle donc pour associer les desiderata de chacun.

  • Souvent, le créateur de l’événement n’y connaît rien à l’activité exercée, mais son seul réseau de relations devrait normalement suffire.

  • Plus le créateur d’ « event » est important et puissant, plus il sera potentiellement écouté et plus il se permettra des risques avec moins d'assurances en contre partie. Les organismes publics se plieront ou passeront leur tour.

  • Prépondérance de la publicité et les meilleurs supports médiatiques.

  • Lobjectif principal n’est plus d’amuser le public mais de le faire participer et, surtout, faire sortir un maximum d’argent de leur poche.

  • Pour le même « event », on peut rencontrer des activités qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, mais qui trouvent place ensemble par le souci de rentabilité. Alors tout est pour le mieux.

Comme on le voit, le demandeur n'est pas nécessairement le payeur à toutes les étapes. Comme les retombées ne sont pas chiffrables, mais seulement évaluées, sans feedback, ils dépendent de la publicité qui en est faites. L' « event » est présenté de ce fait par la seule force du marketing.

20090423Huy et flèceh wallinne.jpgDès lors, pour faire partie des élues, les villes demandent le passage du Tour, chez elles. Le Tour de France sort, très souvent, des frontières de l'hexagone lors de certaines étapes. Est-ce normal? Pas de réponse. Elle serait tendancieuse. Trajet variable d'année en année, décidé, bien avant la compétition. Prestige et espérance de faire "marcher" les commerces aux alentours et s'assurer de l'obéissance de ces villes pour éteindre dans l'oeuf toutes revendications. Tout n'est, pourtant, pas bénéfice intégral. En plus de la manne apparente, qu'apporte le Tour de France, il y a les coûts que les villes doivent assumer pour les recevoir. Certains événements ne rentrent pas toujours dans leurs frais. La population, elle, passive, n'a pas l'habitude d'exprimer son accord ou son désaccord. Le Tour et sa caravane passent et certains habitants, parfois, "trépassent". Les citoyens travailleurs se retrouvent naturellement bloqués en attendant qu'elle passe cette put... de caravane. Pas de forcing, car c'est la gendarmerie qui remettra le récalcitrant dans le droit chemin. Sans oublier les résidus qui traînent sur la route en dehors de la volonté des organisateurs. Pendant la course, pour surveiller, il y aura les différentes polices qui payeront leur tribut à la grande messe du sport. La maintenance et l'entretien des routes finiront le travail. Tout cela, en définitive, pour quelques minutes d'excitation et quelques babioles en souvenirs que les organisateurs ont jeté dans la foule pour attirer le chaland en tête du peloton. "Moins cher, c'est illégal", dirait-on, avec humour, selon la formule publicitaire consacrée.20090511Onkelinx.jpg

Le sport cycliste est, cette année et jusqu'à nouvel ordre, sans dopage. Un véritable renouveau. Tout le monde l'espérait un jour. On est contant mais peut-être n'est ce qu'une partie remise. Chercher à se dépasser, esprit de corps, d'accord, mais... On fait parfois la mauvaise oreille. Le team spirit n'est pas toujours au beau fixe. Comme tous les ans, il y a eu des drames de l'imprudence. Statistiquement, c'est imperceptible. Deux spectateurs qui se sont fait renversés par une moto suiveuse et un motocycliste, qui, ailleurs, s'est tué en percutant un obstacle non prévu.

Quand on ne "travaille" plus en circuit fermé, la sécurité devient un casse-tête et responsabiliser la population et les organisateurs ne serait pas le bienvenu dans une opération "call".

Professionnaliser une course, ne sera jamais une mince affaire, ni gratuite.

A mettre aux profits et pertes de la course, donc?

20090601Ecolo Progrès.jpgEn Belgique, Eddy Merckx, en son temps, a créé beaucoup de vocations pour le cyclisme, dès 1969. Qui oserait l'en blâmer? Pas moi. La petite Reine attire de nouveaux zèles parmi les jeunes. Peut-être, faudra-t-il, un jour, oublier la bagnole pour entrer en ville pour imiter Londres et ce sera tant mieux. Mais, actuellement, la ville n'est pas encore le champ privé de la bicyclette en pelotons, n'en déplaise aux écologistes et aux convaincus comme moi.

Les plus grandes compétitions comme les Jeux Olympiques ont très souvent sous-estimées leurs investissements et les frais ne sont récupérés que bien des années après.20080401La flamme et BHV.jpg

Il est vrai qu'il faille parfois viser très haut pour faire rebondir une ville. La ville de Barcelone avec les jeux de 1992, celle de Séville sont des exemples de réussites mais dont les frais ne se sont soldées que bien longtemps après l'événement. Un an après, la Chine, avec les 30 milliards de dollars, est certainement dans une période difficile de consolidation après leurs prestigieuses prestations en vitrine pour le monde. Cela même, si son lifting est loin d'être terminé et qu'elle espère en 2010, remettre le couvert à Shangai. L'environnement de Pékin, lui, a retrouvé le smog, même si l'économie a progressé de deux points. Prestige, quand tu nous tiens...

La recherche du meilleur, du champion, du mieux adapté, de la meilleure équipe a, pourtant, quelques effets secondaires. Le sport de haut niveau peut donner quelques doutes et quelques soucis en fin de carrière, quand on aura dépassé le point de non retour qui existe toujours quelque part. Mais, le spectateur se dit: "comme ils sont payés pour le faire, pourquoi s'en inquiéter?20090518Dieu et le Standard.jpg C'est comme pour tous les métiers: il y a quelques marches ratés et des "laisser pour compte". Mohamed Ali, malgré ses problèmes de santé actuels, dont l'origine ne fait aucun doute, dit que si c'était à refaire, il le referait. La renommée est-elle à ce prix? Être sous les feux de la rampe et parmi les « people » avec contrepoids de fin de carrière très dur à supporter. Car un jour, il faut descendre du podium et descendre est souvent plus dur qu'y monter.

Le sport de haut niveau et ses dérives, on en a déjà parlé. Le prestige, la gloire et l'argent en sont devenus les moteurs principaux au sport en général et a perdu un certain plaisir pour le pratiquer.

Et dire, qu'il y a quelques spectateurs qui entendant l'énormité des montants des prix alloués aux champions, ne manquent pas de hurler à l'injustice. Ils ont déjà oublié qu'ils sont eux-mêmes les patrons et les sponsors de leur propres "vices" derrière la petite lucarne.20090821Athlète de sexe.jpg

Combattre contre son prochain dans une lutte même à la loyale restera pourtant une idéologie complexe dans ses retombées. Les sociétés commerciales poussent à ce genre d'exercice pour attiser cette envie de compétition et pour augmenter les chances d'écraser le concurrent. La compétition, en solitaire, celle qui privilégie le combat avec soi-même, dans l'endurance, elle, n'a pas autant de valeur marchande.

La mondialisation de ces événements et la télé aident naturellement pour cacher quelques côtés moins positifs.

20090706Michael Jackson hommage.jpgLes événements sont ce qu'ils sont. Ils arrivent à date fixe, mais doivent aussi se digérer vaille que vaille à date fixe aussi.

En Belgique, en mai 2008, Red Bull investissait dans sa pub à Bruxelles pour la Fête de l'Iris. Accord entre la ville de Bruxelles pour égailler les foules. J'ai cherché le symbole, sans le trouver. Vous en souvenez peut-être, cela s'appelait "Europe rêve ou réalité". Red Bull ne fait pas l'unanimité et la Santé l'a même interdit un temps. La Taurine, présente dans le corps humain, a été expérimentée sur les GIs durant les guerres de Corée et du Vietnam, comme anti-stress, tout en créant des maux de tête et à l'extrême des hémorragies cérébrales. Alors, qui est la copine de l'autre dans ces événements?20080123Sportifiez-nous Henin.jpg

20080516JustineLeterme.jpgChez nous, le tennis, au féminin, a eu ses heures de gloire. Justine Henin a raccroché sa raquette de compétition au vestiaire pour entamer une autre étape de sa vie. Elle était avide de vivre une autre vie, peut-être "sa" vie. Kim Clijsters, après avoir quitté la compétition, nostalgique des podiums, veut y revenir. Le nationalisme revivrait pendant ses moments d'excitation et de gloire nostalgique? Pour preuve, il s'est souvent éteint dans l'esprit des supporters après leur disparition des écrans de télévision et des écrans marqueurs. Tout passe, tout lasse. (*)

20090731Reprise du foot.jpgLe foot recommence fin juillet. "Sportifez-nous", écrivais-je un jour où c'était nécessaire quand le moral est dans les talons plutôt que dans la pointe des pieds.

Çà, s'est du sport. Oui, mais, encore une fois, pour qui?20090625Arbitres dispositions.jpg

Car, il y a les autres? Les spectateurs, malgré eux. Ceux qui ne sont pas intéressés par les sports en général ou en particulier et tout ce qui s'y rattachent. Parce qu'il y a ceux pour qui le sport, cela les emm... quoi.

Il n'y a pas que les sports d'ailleurs pour trouver de l'opposition. Il y a des endroits qui sont sacrifiés aux "events" surtout en été. J'entendais, récemment, à la radio que la place Flagey de Bruxelles, renouvelée récemment, avait incité les riverains à lancer plusieurs plaintes pour cause de nuisances que ces événements engendrent.

On ne se demande pas, si, lors des manifestations sportives, les nuisances du bruit des télés, elles-mêmes, n'ont pas gêné ceux qui n'en ont rien à cirer.

20090608Gagnant et perdrant.jpgAucune statistique n'existe, non plus, pour déterminer le nombre de querelles de ménage que le sport a généré dans l'intimité des couples lors du choix des programmes de la télé.

Plaintes, mécontents. Les « antis » en tout existent. Ceux qui n'apprécient pas et j'en connais. Sont-ils négligeables pour autant?

Je me le suis demandé. Je leur dédie cet article.

20090523Sport Panique.jpgPourquoi s'en faire? Tant qu'on a la santé et les moyens, pourquoi pas?

Après nous, si ce n'est les mouches, que serait-ce? « Nous irons tous au paradis », chantait Polnareff. Peut-être.

Rien ne vaut, peut-être, une bonne et belle fête locale, qu'on aura organisé soi-même, en prévenant des nuisances, dans un environnement qui s'adaptera au mieux à tout propos et en ayant respecté la quiétude pour le maximum de personnes. Pour cela, il faut en connaître tous les points positifs et négatifs et ne pas faire confiance au premier venu.

Le principe de "mens sana in corpore sano" dans le contexte du respect des règles du "jeu" est une idéologie à plébisciter. Elle donne de la forme et de la longévité à ses participants.20090818Limite du sport.jpg

Je suis loin d'être un "anti-sport". Modestement, je pratique jogging et vélo en solitaire et cela à mon rythme. Je ne serai que très rarement celui qu'on dit "sportif", dans un fauteuil, avec la petite lucarne dans le regard. Courir, prendre son vélo peuvent très bien, sans la recherche d'une victoire quelconque, sans chercher à se comparer, mais s'assurer le meilleur combat avec soi-même en oubliant le spectacle. Compter en heures et plus en kilomètres parcourus. C'est aussi une philosophie. Pierre de Coubertin disait que le principal est de participer. Rien n'est plus juste. Un autre, Stephen Leacock, « Évitez soigneusement de faire du sport : il y a des gens qui sont payés pour ça. ». Comme quoi, tout est dans la nature de l'homme et de sa diversité.

20090831Rentrée Standard.jpgAlors, si un jour, la copine qui habite toujours le même quartier, sollicitée alors qu'elle n'en a rien à faire avec le sport, présentait l'addition, on pourrait lui répondre franchement avec des arguments bien réfléchis et incontestables.

Aimer le sport avec tous points positifs et négatifs, jusqu'à plus soif, question d'âge ou de sexe? Plutôt d'antécédents. Le football, une histoire de famille, disait Jean-Luc Dehaene. Mais, si aimer le sport est la question, en comprendre tous les sens et l'assumer, l'est tout autant.20071121Milquet gardienne de but.jpg

Alors, à vos boîte à compteurs, vos suggestions et vos votes pour et contre.

Avocat du diable, si vous avez quelques instants, de passer par ici, venez à mon secours.


(*) Mise à jour septembre 2009: Kim Clayesters a gagné l'US Open et Justine Hénin annonce son retour à la compétition.20090923Henin retour.jpg


L'Enfoiré,

Sur Agoravox, de Grands ou de Petits sportifs?

Remerciements tout particulier à Kroll pour ses caricatures. Bonne vacances à lui.


Citations:

  • « Le moment où l'on perd les illusions, les passions de la jeunesse, laisse souvent des regrets ; mais quelquefois on hait le prestige qui nous a trompé. », Chamfort

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • « Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport. », Eric Tabarly

  • «  Faire l'amour est la seule activité sportive où l'on préfère s'entraîner que marquer un but. », Anonyme


22/06/2009

L'Est dans tous ses états

L'Est dans tous ses états.jpgDans son histoire, l'Union Européenne est passée successivement à 6, 9, 12, 15, 25 et 27 membres au cours de son histoire. Événements passés plus ou moins inaperçus pour les uns avec enthousiasme pour les autres. Les flonflons ont disparus. Les élections européennes ont eu 56% d'abstentions, sans émotions et sans gloire. La crise a touché aussi l'ancien bloc de l'Est. Où en sont les bouleversements de Far East?

Après l'Europe à 27, élargie à l'Est le 1er mai 2004, et celle de 2007 avec la Roumanie et la Bulgarie, qu'en est-il après 5 ans pour les premiers et deux ans pour les plus jeunes ? Des prédécesseurs ont eu à se féliciter d'être entré dans le "grande maison", tel que la péninsule ibérique. Alors?

Beaucoup de désenchantements. Passé de 15 en 27 en Europe a eu aussi des effets contradictoires à l'Est, chez les nouveaux élus. Le véritable coup de fouet des précédents élus a été, en général, un coup dans l'eau pour les nouveaux. La fusion demandait des accords et une intégration qui n'ont pas eu lieu. La finance n'est pas tout. Le social non plus. Pratiquer l'Europe demande des règles plus uniformisées. La langue, par exemple, trait d'union entre les citoyens, toujours aussi peu commune en dehors du commerce international. Cela demandait de grosses modifications au niveau scolaire et au moins une génération pour s'y préparer. Toujours dans les limbes de l'imprécision. Mais prenons un nouveau recul en comparant ce qui est comparable.

Déjà en mars 2008, on pouvait lire « Bientôt la fin de l'Eldorado à l'est ? ». Cette idée accompagnait la grève chez Dacia avec l'âge d'or des bénéfices qui s'achevait lentement. Le manque de personnel qualifié compliquait la vie des employeurs. Les rattrapages salarials se dégonflaient.

La Hongrie, la plus au centre d'Europe des quatre, est rongée par les dettes. En recul de 3,3%. Plus de 50% de majoration sur les prets en devise. Le forin a emporté dans sa chute, ceux qui croyaient qu'au contraire, il a allait être revalorisé. Les achats de maisons étaient devenus irrationnels. On achetait jusqu'à 7 maisons. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 791 euros par mois et le chomage se limite à 7,8%. Un GEOde 1982 (N°43) parlait de Budapest, la "reine du Danube" qui voulait s'ouvrir réellement sur le monde occidental. Du rock dans la cité magyare de Franz Liszt et de Béla Bartok dans une vie culturelle intense avec 25 théâtres et 9 bibliothèques nationales. Grande cité thermale dans laquelle on débite 40 millions de litres d'eau chaud par jour pour y soigner entre autres du rhumatismes et de l'arthrite. On y joue aux échecs sur les bords de piscines. L'étau du stalinisme sautait en 1989.

La Lettonie est frappée de plein fouet par la bulle immobilière qui fera probablement école. A Riga, c'est la spéculation qui s'est emparée de la population. On construit pour le promoteur plus par besoin. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 682 euros par mois, l'inflation plafonne à 15,2% et le chomage se limite à 7,5%. Une contraction du PIB de 12%. "Elle attend une bouée de sauvetage", est-il dit.

La Slovaquie à un surnom de "Détroit à l'Est" avec ses 3 entreprises automobiles qui ont dépassé la Belgique en nombre de voitures produites. Le pays a limité la casse. Zone euro oblige. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 697 euros par mois, l'inflation pafonne à 3,9% et le chomage se limite à 9,6%.

Roumanie, la "Dacie heureuse" comme aime bien la définir les brochures touristiques pour faire revenir les devises et attirer la "gent capitaliste". Pas trop d'informations en provenance de ce pays. Seulement parfois des Roms ou des prostituées roumaines, mais à part cela, la Roumanie ne défraye pas trop la chronique. A la lecture d'un article sur le sujet, les souvenirs de mon voyage, me reviennent et me font presque revenir en courte culotte. Vous pensez c'était, il y a 35 ans. Je suis revenu aux photos de l'époque et cela se confirme "diablement" actuellement. Les Tsiganes, Roms, gitans, ne proviennent plus de Roumanie même s'ils y ont une origine.

Huit fois la Belgique avec 22 millions d'habitants, voilà ce que représente l'heureuse Dacie. Véritable mosaïque de cultures et de langues héritées de l'histoire et de passages d'ethnies différentes. Sous le nom de "Romania", elle a été la région orientale importante de la Rome antique.

L'année 1974, quelques baux depuis et que de changements en perspectives "cavalières" ou non. Je me souviens mais depuis, je ne suis jamais retourné. Je devrai comme vous lecteur, je me dois de faire confiance à ma mémoire et, surtout, à la mise à jour.

L'Est dans tous ses états_2.jpgMamaia, sur la Mer Noire, était le lieu de vacances par excellence, à l'époque. La grande ville Constanta, proche, apportait une impression plus citadine. Pas tellement d'agences de voyage qui détournent le regard vers cet horizon, aujourd'hui. La douceur du climat type méditerranéen n'a pourtant pas changé et le thermalisme y sont toujours les atouts incontestables. La capitale reste secrète. Le Danube et son embouchure étaient la visite naturelle en pleine nature dans les catalogues d'excursions. Le patrimoine rural était là et l'est toujours. Nous étions, en 74, sous le régime dictatorial de Ceausescu. Pays le plus pauvre d'Europe, pacifique et pacifié. Endormie sous le poids de ce régime. Pas question d'entreprendre des conversations trop dirigées dans la rue. La discretion assurée. La "Securitate" pouvait se trouver derrière n'importe quel mur. Le plus grand hôtel de Mamaia, l'International, était réservé aux voitures avec plaques spéciales. Attention, faut pas, à l'intérieur, le confondre avec le confort occidental. Dans les rues, en douce, on venait auprès du touriste trop reconnaissable, pour échanger des devises à un tarif sans concurrence avec celui pratiqué par l'officiel. Le leu se transformait tout à coup en lei, son pluriel. Les magasins, eux, pratiquaient une ségrégation de fait. Touristes d'un côté, autochtones de l'autre. Nourriture top niveau pour les premiers, pour devises étrangères et en deuxième source, avec tickets de rationnement, pour les autres, quand il y en avait. Pas de mélange. Les étalages reflétaient plus encore cette différence par des tarifs dissuasifs convertis en devise. Un GEO de 1989 (N°119) titrait même "La Roumanie à la casse". On parlait de faillite. Le "Conducator", avec son culte de la personnalité obsédant, l'y avait mené en accusant les paysans de ne pas assez produire pour l'exportation. Des milliers de villages allaient être rasés et remplacés par des centre agro-industriels. Le Plan de la systématisation du dicateur et de sa nomenklatura regroupaient trois millions d'habitants dans des cités béton. On parlait déjà d'économiser. La consommation d'essence, c'était 20 litres par mois et par automobile en dehors de Bucarest. "Partidul, Ceausescu, Romania". Le peuple, lui, rêvait de sa part de glasnost et de perestroïka, enveloppé dans autre chose que des flacons vides.

Cela, c'est pour le préambule vécu dans un autre temps.

Aujourd'hui, Nicolae Ceausescu, le Génie des Carpates entre 1969 et 1989, n'est qu'un lointain souvenir. La surprise totale pour cet homme et son épouse, d'être jugés et condamnés un Noël de 1989 et qui espéraient le fêter et garder le poste jusqu'à la fin des temps et qui ne voyait pas son peuple. Crime de la non assistance à personnes en danger.

Seul son Palais du peuple demeure, en place, comme le plus mégalomane batiment en pierre dans le monde. Depuis, plus d'une nouvelle génération veulent aller de l'avant. La révolution de ce Noël 1989 est passée par là. Vingt ans, bientôt. Une génération qui n'a même pas connu ce passé troublé et de frustrés pour la plupart des habitants. Un élan de faire table rase du passé partout dans le monde se terminait en point d'orgue par une véritable révolution inattendue.

Année de tous les dangers que celle-là. Il faut dire que l'année 89 a été fertile en événements d'insurrections. Les plus marquants, la Chine, d'abord, qui, dans le sang, avait raté son entrée dans le monde des vivants. L'écroulement du monde soviétique, ensuite, avec le mur de Berlin, comme point d'orgue. La RDA, pure et dure, et le mur de Berlin tombaient en poussières, du même coup. Dans le détail, il y eu aussi: L'Afghanistan qui se débarrassait de l'armée rouge. L'ayatollah Khomeiny en Iran, qui lançait sa fatwa sur l'écrivain britannique d'origine indienne, Salman Rushdie. Boris Eltsine, en URSS, qui apparaissait pour la première fois sur la scène publique avec des réformes sous le bras tandis que Gorbatchev s'évertuait avec sa perestroïka sous les aiselles et visitait Pékin. Yasser Arafat devenait chef d'état. En France, la Corse était au bord de l'insurrection en fêtant son bicentenaire. Belfast était sur les genoux, après 20 ans de guerre d'usure. De Klerk, en Afrique du Sud, qui promettait une "nouvelle ère" multiraciale. On découvrait un non-communiste à la tête de la Pologne. La Hongrie ne restait plus cette tache blanche habituelle, sur la carte. Les Vietnamiens qui quittaient le Cambodge et espèraient retrouver la paix après 50 ans de guerre.

Le Père Noël 89 avait, donc, eu la Roumanie dans sa hotte révolutionnaire pour fermer le bal de cette année très chaude. Le Conducator, liquidé. Son épouse et lui, incrédules, face à ce qu'on leur reprochaient alors qu'ils n'avaient jamais été contestés à leur vue à courte distance. Et aujourd'hui?

L'Est dans tous ses états_4.jpgLes brochures de tourisme n'ont pas ou plus beaucoup, les destinations de l'Est dans leurs feuilles pleines de couleurs. Les horizons bleutés de la Méditerranée et son charme attirent, toujours, plus. La Roumanie est absente, tandis la Croatie renait de ses cendres en pleurant les morts de la grande Yougoslavie dans les années 90. Ce n'est que la crise actuelle, un peu d'attrait vers la culture exotique qui pour des raisons économiques abattra, peut-être, les frontières de l'hésitation au retour vers l'Est.

Non, après cette année-là, rien n'était plus comme avant à l'Est.

Sur les côtes, le réveil a été le plus visible.

L'Est dans tous ses états_1.jpgDans la Roumanie de l'intérieur rurale, on utilise encore l'adjectif "ancestral". La pauvreté a toujours freiné le modernisme. Les agriculteurs cultivent avec les moyens les plus vétustes et le cheval remplace le tracteur des pays voisins. Les routes sont elles encore plus traversées par vaches, oies et canards que par les voitures. Dans le village, cela n'empêche pas la joie de vivre et de pousser l'hospitalité à sa valeur originelle. La terre est cultivée avec la panoplie d'outils que l'on ne reconnait plus chez que dans les musées. Le rythme de la tradition se traîne au ralenti, hors du temps. Les fêtes folkloriques ne sont pas maintenues par le tourisme mais pour garder la cohésion et le respect de la religion et de la crainte de la sorcellerie. Elles trouvent leur apothéose à la Noël oubliant la simplicité de tous les jours. Sourire garanti et gratuit.

Du côté des jeunes, la volonté de s'expatrier est endémique. En réaction à cette fuite des cerveaux, le gouvernement tergiverse sur les moyens de la contenir. Une augmentation des salaires est considérée comme un risque d'inflation. Entre temps, de jeunes informaticiens essayent de s'immiscer dans les filières très rentables d'internet, mais pas toujours très honnêtes. La piraterie moderne est entrée dans les moeurs. Informatique et internet leurs outils de pénétration dans le monde de l'innocence occidentale. Il faut rappeler que le revenu par tête d'habitant représente seulement 44% de la moyenne des pays européens et que 9,5% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté suivant la conception de ses voisins.

L'Est dans tous ses états_3.jpgEn dehors de cette ruralité charmante, les attraits touristiques sont nombreux. Le Nord avec les monastères et églises de bois peint. L'Est avec le delta du Danube en pleine nature avec tous les oiseaux possibles cachés derrière les joncs. Au centre, la ville de Sibiu qui partage le titre de ville de culture avec Luxembourg en 2007. Un héritage médiéval avec places fortifiées explique ce choix et aussi grâce à la présence de banques qui ajoutent à la ressemblance plus moderne entre les 2 villes d'Europe. Le moyen âge se retrouve aussi dans la ville Sighisoara, véritable musée à ciel ouvert, inscrite au patrimoine de l'Unesco. Pour les passionnés de l'étrange, le château de Bran avec le fantôme du comte de Dracula comme hôte des lieux. Sorti de l'imagination d'un écrivain qui avait pris pour modèle le comte sanguinaire de Vlad. Au Sud, la capitale Bucarest est qualifiée de "Petit Paris", "petit" qui compte malgré tout 2 millions d'habitants. Au détour des grandes avenues et des fontaines, musées, théâtres, son palais immense, devenu le Parlement, érigé à la gloire du dernier dictateur mégalomane qu'était Ceausescu.

 

L'Est dans tous ses états_Vote fin 2008.jpgLes Roumains votaient en décembre 2008, lors d'élections législatives marquées par un duel serré entre la gauche social-démocrate (PSD) et la droite démocrate-libérale (PDL), et une faible participation (19,84%, soit bien en-deça des taux enregistrés à la même heure lors des législatives de 2004 (27,18%) et de 2000 (27,25%). Quelque 18 millions de Roumains étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement, avec en jeu 315 postes de députés et 137 de sénateurs, selon un nouveau mode de scrutin à un tour combinant le vote uninominal avec le vote sur listes.

 

Un pays avec un pied dans le futur à l'Ouest et un dans le passé à l'Est. Enfin, presque, un pied... parce que l'agriculture est encore la meilleure manière de tenir la forme en Roumanie.

20090619Campagne et moteurs.jpgIl faudrait peut-être renverser l'idée que l'Ouest est la terre promise. Noêl prochain, 20 ans après sa révolution, la Belle au Bois Dormant aura-t-elle trouvé son prince? Pas sûr, du tout.

C'est désormais la grande braderie des faillites à bord, comme nous venons de le voir. Les prédateurs sont assoiffés des bonnes affaires. Les "prédatés" resteront piratés. A l'Est comme à l'Ouest, rien de nouveau de chaque côté d'une frontière, toujours efficace, mais qui est, seulement, devenue plus virtuelle que physique.

La maxime est devenue "Dis-moi par qui tu es fréquenté, je te dirai qui tu es".L'Est dans tous ses états_5.jpg

 

Paul Valéry, lui, disait :

"Le moderne se contente de peu".

 

Tout est question d'époque et de mentalités. Ca ne se choisit pas l'endroit où l'on naît et le milieu que l'on fréquente. Une idéologie, ça ne se conquiert pas dans l'espace d'un "Far East" et des rêves, mais plutôt dans le temps, les sacrifices, la solidarité, la clarification des buts et de leurs suivis en parlant d'une seule voix.

Et si la Russie demandait, un jour, d'entrer dans l'Union européenne?

GazProm, cela vous rappelle certains problèmes d'approvisionnement?

Anti-américains, certains pays européens le sont. Alors pourquoi pas? Un gros morceau à avaler, la Russie, ça, c'est sûr.

Si pour la Turquie, c'est plus contestable, la Russie, elle, en fait bien partie de l'Europe géographiquement.

 

L'Enfoiré,

Sur Agoravox, d'autres habitués de l'Est

Opinions d'une habituée

Mise à jour 16 octobre 2009: Une interprétation de la situation de la Roumanie par l'intérieur "La théorie du choc ou crise mondiale"


Citations:

 

  • "Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce qu'on a", Proverbe roumain

  • "Il n'est plus proche parents qu'une bourse pleine et un sac de farine", Proverbe roumain

  • "Le changement de chef fait la joie des sots.", Proverbe roumain

 

 

14/06/2009

Qui mène la danse?

Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?

Qui mène la danse.jpgIl y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.

Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans l'ombre lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.

Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américain et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe.

Estulin définissait le groupe Biderberg comme une compagnie en cartel qui contrôle les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Sulfureux, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.

Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconise un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde et la pénurie de pétrole et de ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pense Paul Volcker (video)

Daniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes. Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, organiser des manques, sciemment, par une crise semblerait une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes a donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quitte à créer une crise, quand, trop scotchés sur cette évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels était devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation serait désormais prohibée. On ne voyagerait plus. Ce serait halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant efficace et peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aurait aidé autant l'humanitaire que le militaire en étant impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Un plan qui privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourrait être financé en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui eux viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires est pratiquement inexistant ou entravé par une foule d'entorses à la règle. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionne que quand les peuples tiennent à la vie. 20090518Dieu et le Standard.jpgQuand Dieu offre une autre voie, cela ne fait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.

Pour se faire, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites.

Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce en 2009, le 18 mai. Encore une fois, black-out complet.Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.

Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou le même combat de conquête?

Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française. Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela pour le passé.

Qui mène la danse Maconnerie.jpgLa franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Buzz Aldrin a posé le premier pied maçon sur la Lune.

Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.

Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?

Le Nouvel Obs énonçait les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.

La pensée américaine serait que "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général".

La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.

Les réseaux ont le côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse de la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.

Mais, faisons un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux? L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants ont dès lors la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils. On a peur de leur décision, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections. Hors, dans mon article "Les mystères du monde", je décrivais le phénomène de rejet des élections derrière le surréalisme. Mais, en réalité, il jouait un rôle très réel d'après les Résultats: une abstention record

20090611Abstentions.jpgPour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieusement, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental. La délégation à plus qualifié. Un nouveau problème de l'éducation du civisme. La création d'une élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée. 

Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.

Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?

Les élites du pouvoir seraient-ils assez fous comme cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.   

Mais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.

L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".

A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.

Rien qu'un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie.

20090618Elections Iran.jpgUne leçon de démocratie iranienne ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?20090622Iran circulez.jpg

Le pouvoir, là-bas, pas de soucis, on sait où il est et même si on n'est pas d'accord, on accuse le coup.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des danseurs?

 

 

Citations:

  •  "Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .

  •  « Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet

  • « La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro

 

19/05/2009

La bonne nouvelle et la mauvaise

Commençons par la bonne nouvelle, celle de Nouriel Roubini, lui, qui avait prédit la crise et la récession. "La bonne nouvelle, c'est que toutes les interventions publiques ont sérieusement réduit le risque de dépression". La mauvaise nouvelle est plus intime, plus insidieuse.

20090128Van Rompuy crise.jpgFin septembre 2008: "Nous n'échapperons pas à la pire récession depuis quarante ans". Moins défaitiste, aujourd'hui, qu'il le laissait entendre au début des crises en cascades. Le spectre de la crise des années 30 n'est pas identique. A l'époque, devant les chutes, cela ressemblait. Comparaison n'est pas raison. Et le monde n'en finit pas de bouger de plus en plus vite pour ne pas revivre les mêmes circonstances.

Les milliards, des milliards de milliards ont été mis sur les tables du monde. On a simplement hypothéqué le futur. Une affaire de zéros bien placés, dont on ignorait jusqu'à l'existence avant la crise. "Et la raison fut", disais-je, fin d'année, comme une réédition de "L'argent" de Zola.

20081014Crise sauvetage.jpg"Pas de longue période de croissance négative", disait encore Roubini pour soulager la pression. Une volonté de ne plus utiliser le mot "récession", par une manière plus optimiste et arithmétique. Et c'est vrai la situation semble redonner un peu de souffle à ses contemporains. Les pompiers sont passés pour éteindre les premiers feux. Encore quelques fumerolles persistent et peuvent seulement se rallumer si on n'y prend garde. Ils ont rapporté leurs rapports d'expertise, leurs suggestions en fonction du passé. Le futur reste, caché derrière les imprévus. Pas de règles de probabilité pour se rassurer et assurer ce futur.20090309Lippens auditionné.jpg

Les crises sont des épiphénomènes. Les responsabilités sont souvent partagées entre le commercial, le politique et l'individu lui-même. Manque de régulation et de contrôle public et citoyen.

Cette fois, ce fut la mondialisation à l'honneur ou au déshonneur de l'homme. Mondialiser et globaliser, à tout crin, a seulement montré ses limites.

A l'ouest, y a-t-il vraiment du nouveau ou une simple réactualisation palliée par des emplâtres pour une crise du "système capitaliste" toujours mondialisée. Les potentiels, aussi bien dans le bon et dans le mauvais, n'ont pas disparu. Ils ont seulement changé de mains. Les États ont pris un peu plus de poids face au Privé triomphant et qui dit État dit citoyen. La spéculation virtuelle sur l'argent a été reconnue comme un non-sens et contre productif. Si l'ajustement se faisait, en conséquence, ce ne serait plus un problème. "L'argent du beurre" n'a pourtant pas quitté les esprits. Comme on dit, ceux qui n'avaient pas d'argent n'ont rien perdu. Les autres n'auront que les yeux pour pleurer devant la dévaluation de leurs biens. Pour une fois, tout le monde y a perdu dans certaines proportions. Destruction des valeurs monétaires et dévaluation globale.

Le terme de "plans de relance" est même à moduler en fonction des réalités de l'espace et du temps nécessaire pour l'implanter et non pas dans l'absolu. Les administrations de l'État ne jouent souvent qu'avec effet retard. Ce n'est pas la souplesse qui caractérise le côté administratif. Gouvernance par l'Etat?

Réguler, à vitesse variable, est-ce encore possible dans un monde intégré?

La relance à l'américaine, entend-on, c'est par la fiscalité. La relance à l'européenne, par des réformes structurelles. La première en accord avec elle-même. Le second n'a toujours pas le mot "Unie" derrière le nom. Cela reste certainement la raison du poids assez faible sur la scène internationale. L'Asie n'est pas mieux lotie dans ce manque d'uniformité malgré de grands acteurs au niveau population. Population muselée derrière des régimes forts ou corrompus. Le dollar reste la monnaie de référence, même si l'euro l'a dépassé en valeur. Le yuan, sous évalué commence à espérer grâce à la montée en puissance de l'Asie. Même les pays dit émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne peuvent même plus être considérés sur le même plan d'actions et se permettre les mêmes remèdes de cheval. Seul, le Brésil, grâce à ses investissements préalablement implantés, semble redémarrer avant les autres. En Amérique du Sud, l'esprit altermondialiste, les mécanismes de l'Alba, par leur approche différente, en sont peut-être responsables. Le mécanisme de l'Alba ne participe pas au libre-échangisme. Il pratique le troc à grande échelle, d'État à État et pas uniquement dans la rue pour atteindre une autarcie financière et protégée. Tant que la confiance subsiste, le dollar se construira sur la planche à billets par les États-Unis et pour eux. Aucune monnaie ne l'est, indépendante des fluctuations seul les monnaies de substitution sortent parfois du carcan. La valeur refuge, l'or, reste, le dernier recours en temps de crise.

Mais, on entend de plus en plus souvent que l'argent n'a plus de valeur. Un billet, dans n'importe quelle devise, ne sera jamais que du papier avec des chiffres et des lettres et de la confiance pour arrondir les angles. Il n'aura de valeur que si l'interlocuteur y trouvera son compte pour l'échanger avec un bien. Enfoncer des portes ouvertes? Pas si sûr. Cet échange fait plus partie de l'habitude que de nature.

20090616Crise relance.jpgLa crise a mis le trouble dans les esprits. Quelque part, le malheur est, pourtant, bon. Le futile, la cupidité ont été dénoncés. L'éthique est réapparue du chapeau, philosophie qu'on en avait oublié jusqu'au sens du mot. Le bon sens du ressort ou d'une évolution en forme de bulle de savon?

Dans la douleur, on cherche toujours "D'où sa peine vient", comme le chantait Alain Souchon. Alors "On attend que le monde change. On attend que la vie nous range" comme le faisait Suarez. Enfin, changer, faut pas trop pousser. Faut pas chercher une révolution dans le processus. La folie guerrière n'a pas pris le dessus, constate-t-on, avec soulagement. Seulement un prolongement à "Crime et châtiment".

Et pourtant, malgré les avertissements, la gangrène de la cupidité reconnue et la technique du "chacun pour soi" n'ont pas disparu. L'économie solidaire, on n'en connaît même pas les règles de base, ni les partisans, ni les vocables. En pleine débâcle bancaire, un gag avait été tenté près de chez nous. Une fausse banque qui offrait des taux anormalement élevés mais avec une éthique douteuse avait ouvert ses portes. Des nouveaux"investisseurs" se sont présentés aux guichets comme si rien n'avait changé. La taxe Tobin, la taxe prévoyant l'implémentation d'une taxe sur le négoce a été publiée au Moniteur Belge fin 2004. Premier pays et le seul, jusqu'ici en Europe, en attendant une directive européenne pour l'appliquer. L'impact sur les marchés financiers a ses raisons que la finance a dur à digérer. La destination de ses impôts, ce n'est pas demain, non plus, qu'on en laissera le choix aux contribuables. Soyons solidaire, au moins dans ce cas et continuons à travailler ...

Stabiliser la confiance après avoir "goûter" le fond, que l'on atteindra très vite ou que l'on a déjà atteint, avant de remonter la pente, voilà le meilleur à espérer. Déstocker, quitte à vendre à perte, voilà le scénario pour effacer les dettes et redonner l'envie d'acheter au consommateur. Voilà quelques ingrédients à la reprise.

Les subprimes ne sont pas oubliés. Les problèmes de l'industrie lourde et de l'automobile ont été les premiers dans l'industrie. La faiblesse du "système" s'est réaffirmée ensuite avec un effet domino.

La presse écrite, aux États-Unis, se débat aussi pour garder quelques lignes hors de l'eau. En Europe, on n'en mène pas beaucoup plus large mais on sent l'obligation de retourner aux valeurs de base du journalisme, l'analyse plus fouillée. On réduit, on saumonise, on condense, on analyse...

20081108Crise en thème.jpgOn cherche la boussole anti-crise, partout. Mais, tout le monde n'est pas en crise. Certains secteurs s'éclatent même. Un exemple? Certains se demandent quand est-ce que Blackberry dort encore, tellement il embrasse? Étreindre sera pour plus tard. "Blackberry storm"...

S'adapter à cette crise, quand les backups financiers sont encore là, rien de plus naturel mais pas nécessairement éthique. Le mois d'avril a été un mois de récupération. Était-ce justifier? La Bourse s'auto-alimente. On achète à la rumeur et on vend à l'annonce, dit-on. Les hoquets de la Bourse sont pourtant prématurés pour envisager un futur plus serein. Le rallye des cours va se poursuivre avec des formes en "W" à répétition sans oublier d'arrondir les courbes plus ou moins longues de cette lettre dans le processus.20090204Fortis remonte.jpg

Entre temps, la chasse aux bonnes affaires est ouverte pour ceux qui en ont encore les moyens. Aux États-Unis, la crise des subprimes a remis en route les agents du voyage intéressé, les courtiers. Des acheteurs de maisons à meilleur marché sont là. Pas très éthique, c'est évident. Les prédateurs devront s'abstenir tout de même. Les États-Unis attendent la signature du Sénat pour surveiller et contrôler ce zèle automatique. Les prêts non remboursables seront proscrits. Courtiers sous contrôle avec 5% minimum des risques de défaut en caisse. Emprunts hypothécaires à 30 ans à taux fixes préconisés. Plus de crédit Alt-A, version décalée des subprimes, dit-on pour conclure avec les problèmes du passé. Comme c'est amusant... la Bourse, diraient d'autres. Ça monte et ça descend. Y a qu'à trouver le plafond et le grenier.

Pourquoi travailler, d'ailleurs? Il y en a d'autres pour cela, se dit même une frange malicieuse. Profession de foi d'une dame, rentière de son état dans son bouquin. Elle aura, très probablement, trouvé beaucoup d'adeptes et de lecteurs avides de sensations fortes, mais sans effort. Le virtuel a tellement d'avantage sur le réel. "C'est vraiment maintenant qu'on va vraiment gagner de l'argent" lançait quelqu'un en oubliant tout le reste.

Le court-terme, qui a fait les bons moments avant crise, a encore plus dur à s'étendre dans le temps. Mais, on s'en rend compte, enfin, qu'il ne peut plus suffire pour assurer la pérennité de ses entreprises, des entreprises. Muter avec un œil sur le futur ou mourir plus vite que prévu dans un monde qui agit toujours le pied sur l'accélérateur.

La bonne nouvelle et la mauvaise_moral.jpgUne reprise? Peut-être. Certainement. C'est proactif que de le clamer. Rassurer est une obligation morale, philosophique, psychologique pour mettre en condition. Mais, ce sera à vitesse variable et selon l'activité, au cas par cas.

Sous quelle forme et avec quelles mesures, pour que cela puisse marcher dans l'harmonie? Il en existe.

Le capital humain au centre avec la flexibilité des deux côtés, employeurs et employés dans un intérêt commun. Une gouvernance repensée avec une hiérarchie responsable à tous les échelons dans une relation win-win. Une remotivation des troupes qui l'ont perdue. Une conscience écologique dans le durable pour relancer la "machine". Des fusions d'entreprises par échange d'actions plutôt que par des rachats par des chevaliers blancs ou noir qui ne cherchent qu'à diminuer les coûts. Des voitures "plus vertes", "beaucoup" moins consommatrices d'énergie, moins chères mais en gardant une sécurité en progrès pour rivaliser avec le low-cost. Le low-cost n'est qu'une manière de plus de consommer sans réfléchir. Petites voitures ajustées, avec faible consommation, mais avec un grand coffre pour espérer garder une mobilité aux meilleures conditions. Pragmatisme de la voiture "outil" qui déplace ses utilisateurs, plutôt que de prôner le prestige de l'ego.

Quadrature du cercle de l'humain con-sommateur. Il y a pourtant des solutions. L'économie de la fonctionnalité (Service economy) en serait un. En subdivisant la vente d'un produit du service lui-même qui lui est essentiel. On vend l'usage et plus l'objet. Une location mais avec un contrat qui engagerait le propriétaire, le fournisseur à ne pas programmer l'obsolescence de ses produits. Le résultat  pour le durable est évident. Recycler et réparer devient la nouvelle source de conservation des clients. Michelin, Xerox pratique le processus. L'informatique, à ses débuts, pour des motifs différents obligeait la location des machines. Seul un procès des clients contre IBM a changé la donne. 

20090406Korée et les fusées.jpgLes "crash tests" ou les "stress tests" qui ont été proposés aux banques, convergent en théorie mais ne se conjuguent en réussite ou non que sur le terrain de l"on line" et en "real time".

Toyota, déficitaire, accepte de le rester avec une stratégie de l'investissement. Une perte pour raison d'investissement n'est pas une vraie perte. Ce qu'il ne dit pas, c'est que le Japon est un maître es-concurrence, un samouraï féroce, plus moderne mais qui ne trouve son succès qu'en écrasant son adversaire commercial. Maladie qui n'a aucun autre remède que par la même maladie chez les adversaires.

Le chômage nuit à la santé des hommes et des nations. La dépression et le déficit budgétaire guettent. Les pertes d'emplois seront de vrais cadavres dans le placard si elles ne se balancent pas, dans un premier temps, avec des protections sociales temporaires plus énergiques, mais aussi accompagné par la compréhension réelle de ce qui ne fonctionnait pas au paravent.20090401Poisson d'avril Chomeurs.jpg

Suite à ces mauvaises compréhensions de ce qui se passe sur le terrain, l'entreprise est gangrenée par le raz-le-bol et le manque de motivation, de responsabilisation, de participation dans les décisions, de mise en jachère des potentiels, d'existence... des besoins des hommes.

L'indice santé, l'indexation automatique en Belgique permet d'amortir les chocs des crises en apportant des parachutes argentés pour passer les mauvaises passes. A supprimer? Non, à globaliser sur d'autres pays.

John Stiglitz parlait de printemps des zombies. Ressusciter l'économie est une affaire à longue haleine. La tentation est forte de réinvestir avec les mêmes méthodes pour se renflouer au plus vite grâce à l'argent frais injecté par les États. Sans discernement, en oubliant la base qui a produit et que l'on élimine pour détruire les coûts, ne changera rien. Moins d'inégalités au bout du tunnel, comme le préconise Jean-Paul Fitoussi? Certainement. Un meilleur retour sur les investissements publics, par la coordination des politiques fiscales à l'échelle mondiale pour empêcher les concurrences destructrices dans une globalisation plus constructive avec le bien-être et plus de sécurité général en finalité. La stabilité des prix par la maîtrise de l'inflation à bas niveau. La concurrence et la flexibilité unidirectionnelle n'ont pas répondu aux attentes. Ne pas jouer sur les mots en accusant le libéralisme ou le capitalisme. Tout deux se réfugient derrière la même doctrine. Opportunités philosophiques d'une telle crise, pourrait-on dire pour conclure.

Jagdish Bhagwati, professeur d'économie au MIT, parle d'un virage américain tout en restant défenseur de la mondialisation. La nuance "mondialisation à visage humain" écrit-il dans son livre "Eloge du libre échange" en ne cachant pas son mépris pour John Stiglitz. Il garde sa confiance totale en Obama qui "flirterait avec le socialisme". Ce qui est nouveau et l'excite, c'est que Obama s'est embarqué dans des réformes sur plusieurs fronts à la fois. La couverture de la santé universelle, l'enseignement et le climat par l'intervention de l'État sont les nouvelles impulsions du départ de ce mandat présidentiel atypique. Enfin, pourrait dire un européen. Préconiser un nouveau pragmatisme, donc, à l'américaine avec une régulation au cas par cas par un groupe d'experts indépendants, apprendre à gérer ses finances, accepter la volatilité, plus de flexibilité et plus de concurrence encore. "La société apprend à être plus altruiste, non par choix, mais par nécessité". Voilà la conclusion édictée de guerre lasse par Jagish, quitte à retomber à nouveau dans les mêmes travers dans un autre espace temps. Dans sa "mondialisation à visage humain", il n'a même pas abordé le problème de l'outsourcing offshore que son pays d'accueil a dû endurer par ses anciens contemporains qui ne faisaient pas partie de l'humain.

20090513Démission.jpgEn politique, puisque nous sommes à quelques jours des élections, il y aura les deux grands mouvements opposés qui se regarderont en chien de faïence et en cherchant de se détruire l'adversaire à coup de slogans à l'affût du moindre faux pas. Alors, pour la Belgique, le PS, un Pseudo Socialisme, le MR, un Mauvais Rêve? Chacun son idéal, très loin du réel. Sus à l'ennemi. Je lisais, plus loin, sur le sujet après une "affaire": "13000 euros pour envoyer le PS dans l'opposition. Le MR peinait à séduire pour une majorité alternative. Le complément de salaire lui redonne espoir juste avant le sprint final". Un petit coup de populisme rien que pour raccorder les sanglots long des violons.20090224Chomage.jpg

"L"Europe sociale est en panne". En panne de quoi? Je vous le donne en mille. Pardon en "milliards". Soyons actuel. Tout à un prix proportionnel, mais il y a de moins en moins de monde prêts à payer.

L'argent est un nerf névrosé qui fait du mal et du bien à la fois. S'il ne faisait que du mal, il n'aurait pas autant de partisans. Les films "Let's make money" et ensuite "We feed the world" d'Erwin Wagenhofer ne sont que les reflets d'une civilisation mondialisée à la dérive sur le radeau de la Méduse de la solitude.

20080518Birmanie.jpgQui se rappelle encore du petit film de "L'île aux fleurs"?

Replâtrer la crise par les États ne sera pas suffisant s'il n'y a pas un changement de mentalité et une meilleure compréhension de comment marche le monde à tous les niveaux.

L'agriculture aujourd'hui a un rendement décroissant tandis que l'industrie et les services ont un rendement croissant. C'est dire qu'ouvrir les marchés sans parachute, sans les investissements dans les infrastructures de base au départ reste suicidaire.

"L'Europe sociale est en panne" lisais-je. Jean-Claude Barbier donnait ses solutions qui étaient les échanges culturels et l'apprentissage des langues. Je ne disais pas plus, ni mieux, dans mon "Les langues, un sacré jeu de langue" et cela en sortant de manière pragmatique d'un conflit de prépondérance de l'une sur l'autre dans un combat d'arrière garde. Assez de divisions pour régner. L'économie n'est ni un conte, ni une légende.

Alors, une version "néo" du système Keynésien plus équilibré, pour changer le "Yes, we can" en "Yes, we could and we have done it"? Peu importe le nom de l'inventeur d'ailleurs.20090326Epouvantable la politique.jpg

Coincé entre l'obligation de croître et de limiter la consommation, "La formule magique serait entreprendre", "se réinventer", lit-on, souvent. Absolument, mais pas en ordre dispersé et surtout avec les moyens de le faire dans un tempo à moyen et à plus long terme dans l'intérêt général et pas en hypothéquant la génération future. Protectionnisme en recourant aux valeurs patrimoniales pour sécuriser mais pas isoler. Le durable pour protéger les ressources jusqu'à leurs aboutissements sous forme de déchets.

Participer à la Bourse apporte du magique. C'est comme lancer un nouveau film et puis attendre l'émotion. La psychologie fait le reste. Autant que le film soit bon.

« Hors Argent et pas D'Or, il n'y a Pas d'Issue » (n'est ce pas un autre HADOPI avec plus d'intimité?). Puisqu'on veut une logique de résultats, il faut s'en donner les moyens.

L'Enfoiré,

De bonnes ou de mauvaises nouvelles dans les commentaires AV?

Mise à jour 5 août 2009 : BNP Paribas provisionne 1 milliard d'euros pour des bonus. Les banques restantes ont récupéré les restes des autre. Obama, pas content de Goldman Sachs, charge un délégué émissaire de rectifier. 

Mise à jour 13 août 2009 : Paul Jorion donne son avis sur La Première et cela correspond à cet article

 

Citations:

  • "Liberté, égalité, fraternité ! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques ; car la politique en a fait trois mensonges. ", Louis Veuillot

  • "La bonne politique n'est pas de s'opposer à ce qui est inévitable ; la bonne politique est d'y servir et de s'en servir. ", Ernest Renan

  • "Le meilleur moment pour acheter, c'est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c'est le vôtre", Mark Möbius

  • "La politique est trop sérieuse pour la laisser dans les seules mains des spécialistes", anonyme

 

06/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (1)

Coup sur coup, deux Hors-Série, deux Atlas qui sortent dans le monde de la presse. L'"Atlas des Migrations" était le premier, présenté par Le Monde. Le second, l'"Atlas du monde à l'envers" par le Monde diplomatique. Le second, lui, tentait de définir là où il y avait de grandes mutations de pouvoir émergeant dans le monde, les crises persistantes, la vue par l'intermédiaire de certains pays et l'Afrique qui se bat. Peut-être une autre fois. Intéressons-nous au premier, car les migrations expliquent souvent les problèmes et parfois, les chances, d'aujourd'hui.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpgAu fil d'une analyse minutieuse et que se veut très complète, l'"Atlas des Migrations", tout azimut, déroule ses chapitres par l'histoire des migrations qui remonte dans un passé très éloigné pour finir à la situation d'aujourd'hui qui est loin d'une conclusion en soi. Imbriquée dans tous les sens, avec ses implications, il est sûr que nous n'en sommes pas encore sorti de cette auberge planétaire. Véritable tour de force de rassembler tout cela en 180 pages.

L'humanité a été, est et restera en marche dans tous les temps. D'abord pour suivre les voies prises par les oiseaux, éclaireurs du ciel, à la recherche de nourriture pour suivre le rythme des saisons, l'homme s'est mis à transhumer toujours plus loin. 200 millions de migrants aujourd'hui, un 5ème pays sans frontières, mais intégrés bien ou mal, en fonction du nombre de ses pratiquants volontaires ou par obligation. Les flux migratoires des hommes suit dans la durée et les espaces différents, les mêmes principes: la quête de terres pour l'agriculture, d'abord, un meilleur possible dans la suite jusqu'à l'utopie d'un paradis de l'ailleurs. Espèce très spéciale, l'homme, endémique mais du monde entier. Pas beaucoup d'animaux qui occupent tout l'espace disponible comme lui. La sédentarisation souvent présentée comme un progrès de l'humanité mais qui ne peut exister qu'à la suite d'une migration préalable.

Rien que par la citation des titres, bien choisis d'ailleurs (ils seront en gras), cet Atlas permettait déjà de voyager sans bouger de sa chaise au travers de l'histoire pour se retrouver au présent avec les chiffres et les cartes à l'appui. J'ai, pourtant omis, volontairement, d'introduire des dates trop précises pour éviter des partis pris, par trop personnels qui n'apporteraient rien. Cet article se veut un survol les différents chapitres de cette étude sans aller jusqu'aux détails. Peut-être vous inciter à vous procurer cet Atlas.

Alors, en route sur la planète migrante.

1. Les migrations historiques.

20070922Migration des oiseaux.jpgEn marche "Out of Africa". Le berceau de l'humanité semble être l'Éthiopie (Lucy, 3 millions d'années) et le Tchad (Tumaï, 10 millions). Des endroits sur Terre sont plus propices que d'autres à la conservation des fossiles, donc, il vaut mieux ajouter "jusqu'à preuve du contraire". Les déplacements se feront à un rythme lent mais continu de 60 kms par génération soit près du tour de la Terre en 10.000 ans. Cela par le couloir de la Géorgie et du Proche Orient et en arriver à la "semi-conquête" des terres en 6 millions d'années.

Plus tard, les Odyssées de la Méditerranée, des peuples qui à partir d'Ephèse, d'Athènes, de Cnossos, de Carthage. Mycéniens, Doriens, Ioniens, Phéniciens, peuples de la mer qui n'ont pas toujours laissé de traces de leur passage. Mosaïque de peuples et de cultures qui se mettent en contact, qui fusionnent de gré ou de force ou qui disparaissent victimes de cataclysmes ou de conflits.

L'Europe des Celtes s'élargit pour occuper des territoires de plus en plus grands du continent européen occidental et cela à partir probablement de la Mer Noire.

Migrer pour vivre ou survivre carte.jpgUne déferlante barbare, conquérante par l'Est avec les Huns qui repoussent les Wisigoths encore plus à l'Ouest et qu'on surnomme, aujourd'hui, de "barbares", voire "envahisseurs". La saga des Vikings, brillants marins, venus eux du Nord, du Danemark, à bord de leurs drakkars, en pirates quelques fois et qui occuperons officiellement la Normandie au 10ème siècle et, plus tard, l'Angleterre sous la tutelle de Guillaume le Conquérant. La fantastique chevauchée mongole avec Gengis Khan, le bâtisseur du plus grand Empire en Asie. Des chroniques africaines avec l'héritage bantou, berbère, en vase clos dans le continent et donc mal connues.

La grande époque arabo-musulmane explose par le sud de l'Europe en y rayonnant le raffinement de sa culture jusqu'après leur rejet non complet, mais avec un art de raffinement qui se retrouvera après dans l'art mudéjar.20090106Rois mage Israel.jpg

Les itinéraires pèlerins chrétiens en passant par le Saint Michel et Compostelle.

Les matières précieuses qui se retrouvent sur les routes de l'ambre et de l'étain, des chemins du fer, du fil de la soie et aussi des pistes des fourrures, pour répondre au commerce et aux goûts de la préciosité et de la richesse. Les fourrures de peaux de bêtes réchauffent les corps dans le Nord et les échanges financiers dans le Sud par son côté périssable. Est-ce les prémisses à la mondialisation?

Les sillons fertiles de l'agriculture, eux, sédentarisent, dans le même temps. Tout cela pour dire que des races pures, n'importe où, cela n'existe pas.

2. Les migrations aujourd'hui

Le monde s'agrandit dans le sillage des grands navigateurs et offre un aller et retour par des chemins différents. Monde, partagé entre portugais, espagnols, anglais, français et hollandais pour devenir de plus en plus rond.

Les réseaux de traite négrière s'organise et apporte le travail gratuitement en éparpillant l'esclavage jusqu'au nouveau monde demandeur de mains d'œuvre dans les champs.

Disettes et famines en Europe, industrialisé, poussent 50 millions de candidats à l'exode et attirent les aventuriers avec un aller simple vers le Far West.

Des nouveaux foyers de la pauvreté se créent, la précarité ne recule pas, malgré le développement. Les écarts de richesses à l'extérieur et à l'intérieur de ses frontières se creusent même. C'est le Nord qui attire les habitants du Sud, attirés par de faux eldorados. Enfin, pas toujours. Nouveaux foyers de pauvreté dans un exil de l'espoir des déshérités de l'Afrique qui risquent leur vie pour un espoir souvent déçu dans un monde vieillissant. Les immigrés se pressent aux frontières et les sans-papiers crèvent devant elles. L'Afrique saharienne, totalement démunie, envoie ses ressortissants aux frontières. L'indice de développement tient compte de l'espérance de vie, de la scolarisation et des revenus.20080901Pouvoir d'achat Belgacom.jpg

La ruée vers la ville devient de plus en plus gigantesques et doit avouer ses limites. Depuis, 2007, on dénombre plus de citadins que de ruraux. Vingt mégapoles de plus de 10 millions d'habitants constituent 10% de la population mondiale. "A qui profite l'argent des migrants" est une question avec une réponse aléatoire entre effets positifs ou pervers. Trafics de compétences avec la fuite des cerveaux dans un marché du travail immigré qui suit un besoin commun vers un exil pour tout espoir entravé par les voies sinueuses du droit d'asile. Les femmes s'émancipent mais restent toujours en retrait. La moitié de la population mondiale à un âge de moins de 25 ans, mais la population vieillit plus vite et cela proportionnellement au degré de développement du pays. Europe qui valse de l'émigration à l'immigration, souvent illégale, sécuritaire, avec des centres de rétention comme ressort de l'immédiat. Gibraltar, Lampedusa, Malte, Canaries avec parfois la mort au bout du voyage. L'Afrique pirogue, alors, et de plus en plus vite.

20080808Fortis chute.jpgDans un circuit parallèle du tourisme, une migration passagère s'adonne aux loisirs, et devient une des premières activités et de ressources pour certains pays en difficultés ou aux exportations en déficits. Un milliard de voyageurs occasionnel enregistrés crée le 4ème rang des échanges, est loin d'être négligeable. Vacances par charter, dérégulation des prix, low-cost, filtrés par Internet ont créé de nouvelles destinations en augmentation bien que l'Europe reste la première destination parce que l'exotisme continue à faire peur.

La France accepte assez mal la diversité. Le Royaume Unis, multiculturaliste. L'Allemagne qui subit un déficit d'intégration. La Russie attractive. Les États-Unis, rêves en berne avec des latinos aux portes. Canada avec l'intégration choisie et séparatiste. Le Brésil qui migre mais de l'intérieur. L'Australie très pragmatique. L'Inde xénophobe en ville des saisonniers précaires, mais qui tarde à voir le retour des cerveaux.

3. Diasporas et peuples transnationaux

Bush Israel.jpgLa longue errance des Juifs. Fuir violence, persécutions ou recherche d'une identité par la religion qui perdure à travers les âges dans une dispersion d'une diaspora quitte à déplacer ceux qui auraient pris place. Conflits avec la religion en toile de fond. Tribus sémitiques nomades qui se sédentarise au Xème siècle avant notre ère en Palestine. Qui s'unifie dans un royaume. Au 6ème siècle avant notre ère, Nabuchodonosor entraîne les populations de Jérusalem jusqu'à Babylone. Alexandre le Grand continuera le processus vers Alexandrie. La diaspora commence. Rejetés, au 2ème siècle de la Palestine, par les Romains suite de l'hostilité chrétienne, ils trouveront un certain accord partiel en Espagne musulmane. Séfarades vers l'Ouest avec la langue ladino. Persécutions, pogroms et parcages dans des ghettos en Europe orientale engendre des migrations, vers l'Est, chez les ashkénazes avec la langue yiddish comme support. Pas le même livre, ni les mêmes pratiques culturelles. Première migration vers New York, dès le 17ème siècle. Le terme "antisémitisme" apparaît en 1873. L'affaire Dreyfus et d'autres pogroms feront fuir les Juifs surtout vers les États-Unis. L'idée de l'Aliyah, le retour vers la Palestine, la Terre promise, naît en 1881 par le Dr Pinsker. La période nazie élimine près de 80% de la population nationale. Des organisations Hovevei Sion et de Théodore Herlz contribueront à concrétiser le projet en 1948 en poussant l'irréductible question palestinienne vers un partage entre réfugiés ou déplacés après cette "nakba" dans un partage politique de terrain et d'eau, mal fixés.Gaza Egypte.jpg

État des lieux du peuple Kurde, peuple le plus nombreux mais sans État nation, , non assimilés, mais rassemblés par l'unité linguistique, partagés entre des ennemis ancestraux, les Perses et les Ottomans.

L'héritage arménien qui traîne toujours le souvenir du génocide, contesté, de 1915.

Les antennes libanaises restent secouées par des conflits dans une diaspora dirigée entre production et consommation.

La galaxie grecque encadrée par l'église orthodoxe vers les États-Unis et l'Australie et des Turcs, très européens qui s'organisent dans leur pays d'accueil de manière plus souple.

Les ancrages portugais, pays d'émigration avant d'inverser le mouvement avec des comptoirs avec l'idée de "partir pour mieux rester" et la langue portugais qui devient la 3ème langue européenne utilisée dans le monde.

L'Italie hors les murs avec des accords bilatéraux de partage de mains d'œuvre vendus au plus offrant.

Le Maroc sans frontières avec la France comme première ouverture vers l'Europe après l'indépendance pour concrétiser l'échange de bons procédés dans une devise "immigrée" rimant avec ressources économiques.

L'autre archipel philippin, le monde avec un record exportateur constituant une manne pour le pays d'origine.

Les Indes migrantes qui sont courtisées pour attirés les investissements dans le high-tech vers l'outsourcing offshore toujours sous le joug ancestral de castes.

Les quartiers chinois avec 30 millions de chinois en diaspora dans un mythe de l'eldorado et Pékin qui investit l'Afrique, en néo-colonisateurs.

Au départ de la Bohème, les Roms, parents pauvres de l'Union, gens du voyage en marge des sociétés, opportunistes, ils traversent en empruntant les cultures des visités.

Voici, pour le passé et pour quelques situations d'aujourd'hui.

Est-ce que cette impression suffira-t-elle dans le monde de demain et d'après demain? 

Nous le verrons dans l'article suivant. 

L'enfoiré,

Sur Agoravox, même sujet, même discussion.

 

Citations:

 

  • « C'est le degré de culture et de prévoyance plus que le degré d'aisance qui paraît régler la restriction des naissances. », Alfred Sauvy

  • « En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher : simple plaisir de voyager. », Robert Louis Stevenson

11/02/2009

Cherche porte-parole d'urgence

Un porte-parole doit dire, sans le dire, ce que la direction d’une société ou d’un homme veut dire. Il doit expliquer que la direction d’une société n’a, en réalité, pas voulu dire ce qu’on avait tous cru comprendre. Problème...

 

20090313Chef de cabinet.jpgEst-ce le parapluie de l'homme de paille ou la paille, imposée est-elle le suppositoire de celui qui n'a pas vraiment quelque chose de nouveau à dire qui impose cette interface?

Quand on n'a rien à dire pour sa défense ou pour étayer sa politique, il faut bien se réfugier derrière des paravents. N'est-ce pas plutôt "pare à vents"? En ces temps de tempête, rien de plus normal, non?

Le crédit, on aime en prendre les bénéfices en droite ligne. Le débit, lui, il s'agit de le filtrer, de l'embellir à tout prix quand il n'est pas à la pointe de ce qu'on nomme le "progrès".

Mais nous sommes dans la rubrique "Parodie". Alors, allons-y.


20090113Bush bilan.jpgQuand on pense, en plus, que le "job" n'est plus de tout repos et qu'il faut en plus être assez souple pour esquiver les chaussures qui ont une fâcheuse tendance à s'envoler toutes seules au moment où on s'y attend le moins. Il faut assurer, dès lors, ses arrières et ses avants. Quand aux coups de côtés, il vaut mieux ne pas trop en parler. Nos représentants en politique ou ailleurs, doivent de plus en plus se blinder et être montés sur ressorts. Ils étaient les bouées de sauvetages de notre économie, de nos pensées, de nos religions, de nos politiques. Cette fois, ils lanceraient bien des bouteilles à la mer avec un message qu'ils espèreraient ne jamais voir arriver à destination sur un rivage trop proche.

Les erreurs sont humaines. Ça leur fait une belle jambe, les autres n'en tiennent pas compte. Alors qu'ils s'étaient jurés de se donner à fond, voilà, qu'ils sont contrariés dans leurs manœuvres, hués même. Il n'y a plus de justice. Solidaire, on veut bien l'être, mais, il ne faut pas trop pousser, il faut aussi assurer. Il ne faut pas perdre la poule aux œufs d'or ou le veau gras selon la religion des administrés. La pensée unique a un sens unique qui lui est propre. C'est vrai, c'est parfois inique mais c'est bien connu on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs. Le populisme apportait la "bonne parole" et les "partis pris" pour celui qui avait oublier de rêver ou qui au contraire, ne parvenait plus à le faire. Qui sait, ils ne l'ont peut-être pas choisi. Enfin, c'est une supposition que l'on ne poussera pas trop par souci d'objectivité.

Pour les paroles, en amont, il y a les conseils, les lobbies. Pour compter sur eux, on peut dire qu'on la fait à fond. Encore une fois, ces conseilleurs ne sont pas payeurs bien que bien payés au départ. Ils se débinent souvent avec d'autres idées quand les patates sont brûlantes et qu'il faut se les refiler au plus vite. L'homme, le vrai, au milieu du cours, celui qui devrait assumer par contrat, se doit d'être le champion en tout. Donc, il doit s'entourer d'un maximum de chances de succès. Il est le parrain de toutes ces ouailles, de ces oies en perdition, parfois même, de ces oisifs par contrainte. Ils ont donc, tout de suite, pensé aux souffleurs dans la coulisse. Voilà les gardes du corps, les "Body guards", pour le physique. A la sortie, à la diffusion, il ne faut les perdre de vue, qu'il y a les porte-parole pour le moral et la pensée. Ceux qui dans le temps faisait cela précédé par un ra de tambour.

Tous en scène. Chacun son rôle. Tout dépend des circonstances. Au milieu, le courage, on le met en sourdine, l'espace d'un matin. Le "Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais", c'est mauvais pour l'exemple. Alors, on engage un porte-parole tout azimut pour faire passer le message. Premier de ligne, il faudra le former, ce poulain-là. Pas toujours d'accord, il s'en plaindra, peut-être, de devoir recevoir des coups et de devoir assumer les retombées, mais ce n'est pas grave, il est payé pour cela. Nouveau job de beau parleur, à la mode. "Tout va très bien, Madame la Marquise".


20090205_Foiré.jpgQuand on foire, car on le fait tous, il faut assumer et boire la tasse. On se doit de le dire sans honte et avec une envie de rectifier sans s'entêter. Enfin, ça, c'est encore de la théorie. Air du temps, on veut, aujourd'hui, un super-homme,un Zorro, sans peur et sans reproches, ou du moins "des considérés comme tels" qui ne s'entête pas trop. L'image de marque est affaire du bruit de roulements de tambours, pas de celui qui donne le cours du "comment le tambour raisonne ou comment l'utiliser". Mais il y a les formes et le fond patronné par une technique propre qui varie très fort dans ses principes en fonction de cette direction choisie et de son sens.

Dans ce métier, il faut surtout ne pas être l'oiseau de mauvais augure, avoir la communication dans le sang pour faire fléchir les idées dans le subconscient et pour les faire oublier. Pas question de rougir à la moindre question ou au moindre mensonge à prodiguer lors de l'interprétation du "package". Sensible s'abstenir. La source et les secrets de fabrication sont dans la boîte. Donc, c'est comme au théâtre, pas question de trahir le texte.

Sarkozy est l'ancien "routier". Ministre de l'Intérieur, Président, cela forme son homme. Ça lui rappellerait même son passé d'avocat. Il en a désigné de ces "porte-voix" en fonction des buts programmés et des responsabilités.

Obama, le petit nouveau, est l'espérance du moment. Il a l'aura actuellement. Il a aussi le sien.

Roulement des mécaniques mais avec plus d'huile à disposition pour l'un que pour l'autre. Les techniques sont pourtant différentes et à géométrie très variable.

Sarkozy le dit, il ne copie pas, il ne fait pas de l' « obamisme », il s'expose, cela fait partie de sa personnalité, il aime baratiner, contre vents et marées. Il aime les médias en se préoccupant peu du regard oblique "des passants honnêtes". Voilà, qu'il transmet son savoir à l'héritier, le Prince Jean. Dans le Vif L'Express belge, il était dit que sa pensée transmise à son héritier conseillait "N'écoute pas ceux qui te disent d'aller doucement". Quel cri du cœur! Deviendrait-il son porte-parole? Un peu plus loin, on disait pourtant "Les héritiers sont fait pour être guillotinés". Mazette, voilà qu'on révolutionne!

Le second, Obama corrige et avoue son erreur. En pleine jeunesse, probablement.

Changement de moyens, changement de politique? Là, faut voir.20090209Williamson.jpg

Tout est, donc, dans la manière et le style dessinés dans l'image de marque.

Chacun son truc en plume ou à poil. A vous de choisir la méthode que vous préférez.


20090206Sarkozy interview.jpgFaut pas confondre avec les prophètes qui marchent sur l'eau. Eux terminaient mal leur mandat.

Philippe Geluck, Le Chat, disait "On dit que seul les imbéciles ne changent pas d'avis. Je n'ai pas d'avis sur la question et cela n'est pas prêt de changer". Décidément, y en a qui ont du mal pour revenir sur terre...

Alors, on cherche l'éminence grise qui sort du lot, qui se doit de faire la publicité pour son protégé de l'ombre et surtout pas l'enfoncer. Il ramassera les coups et les questions. Et hop, un gladiateur sans filet...

Attention, précaution, la presse est avide de renseignements, de chaire fraîche et de scoops. Y comprennent rien à rien, les autres. Mais d'eux, il faut se méfier. Y veulent jamais comprendre que je leur veux du bien à ces diables. Et puis, il y a ceux qui analysent jusqu'à la virgule mal placée: les blogueurs. De la pire race, ceux-là. Il faut trouver quelque chose ou quelqu'un, pour survivre. Ce sera le porte-parole, sans peur. Il transpirera, c'est sûr.

Ce sera à lui de trouver la réponse au dilemme de comment ne pas en donner trop, pour garder le flambeau pour une autre étape, mais en même temps, en donner suffisamment pour ne pas décevoir l'auditoire avide de sentions fortes.

Non, je vous dis, non. C'est pas de tout repos. Il y a des gens qui ont du bagou, de la prestance, de la présence. M..., il en faut encore plus se le fabriquer. On saura le préparer, l'astiquer, lui rectifier la mèche rebelle qui s'est décalée du mauvais côté qui pourrait faire penser qu'on a changé de politique et de camp. On sait ce veut que veut dire "coaching", "briefing" et "débriefing". Cela fait partie de tout le programme.20081127PS Sego.jpg

Tout est prévu mais je ne vous dit pas le travail, c'est un sacerdoce pour ce punching-ball d'occasion. Enfin, d'occasions, faudrait pas trop que cela se reproduise trop souvent pour les retours de flamme. Et puis, "occasion", c'est peut-être un mot mal choisi.

Rideau. Mais où en étais-je? Je fais de la théorie. J'en perds le fil et je risque avec ma théorie de perdre mes candidats au suicide collectif.

Car, oui, je cherche un porte-parole, bien baraqué du côté intellect, bon parleur, bon répondeur qui dit la vérité mais pas trop.

Offre de service à faire parvenir d'urgence. Fonction: "Brain guard de la parole et de la pensée à commenter". Toujours le sourire au bout des mots. Du charme dans la phrase. Un peu de causticité. Monolingue, c'est pour la consommation locale. Car même un blogueur se doit de se protéger face à la foule sous tension. Ne parlons pas de salaire, ce serait mal à propos dans ce cas. On travaille gratis ou on travaille pas.


20080523Conseil Ministres2.jpgComme disait encore Le Chat, "Perdre un être cher est souvent un soulagement pour le budget. C'est perdre un être bon marché qui est parfois un déchirement économique".

Ce "gentil animal" osait même miauler plus tard : "Je me parle souvent à moi-même, mais je ne m'écoute pas toujours".

Ce Chat-là commence diablement à me les griffer et je ne vais pas le laisser me les gonfler dans son jeu du ronronnement de ventriloque.20090215Saitn Valentin belge.jpg

C'est décidé, je m'en vais reprendre son rôle dans un autre espace temps. Alors, je cherche l'oiseau rare pour mes blogs, "The" porte-parole d'un Enfoiré. Je fournirai les gilets pare-balles, pare-mots. Quand on pense qu'on annonce, pour bientôt, des écrans en relief, les impulsions de la "commentature" pourraient devenir dangereuses.

Je continuerai à suivre, mais de loin, dans mes quartiers d'hiver. La Belgique a tellement d'histoires savoureuses pour la Saint Valentin. "I have a dream" du "Yes, you can".

Mais au fond, pourquoi chercher?

Les Égyptiens anciens me donnent une idée...

Et, si je déléguais mon double de l'humour, à mon "ka" à strophes?

On n'est jamais mieux servi que par soi-même, non?

De la schizophrénie, là dedans? Non, une simple recherche de "copier-coller".

En attendant, je scrute le ciel avec appréhension.20090126Obama appréciation.jpg

Puis, comme Sébastien, pourquoi pas chanter:

Ah, si je pouvais fermer ma gueule,

Ça me ferait des vacances,

Ah, si je pouvais fermer ma gueule,

Ça ferait du bien à la France". 

 

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, un porte-parole?

 

Citations:

 

  • « Quand le Diable n'y peut rien, il délègue une femme. », Proverbe russe

  • « On peut déléguer des tâches mais pas les responsabilités. », Yannick Therrien

 

06/05/2008

Ne bosons pas? Mais si...

ne-bosons-pas-mais-si.jpg 

Et si on parlait de Science pure pour changer? Un article du "Science et Vie" de mai 2008 a attiré mon attention. On parlait de la "particule de Dieu" au sujet de la particule Boson de Higgs. Ce physicien en parlait dans ses rêves et ses convictions déjà en 1963. Histoire ancienne? Non, on va bientôt le prouver, peut-être.

La science a donc plus de quarante ans de traque et de ... trac à son actif pour découvrir cette particule qui pourrait révolutionner la physique. Quand Peter Higgs lança son idée de bosons, il s'agissait de soupçons qu'il ressentait à la suite de l'impossibilité de mettre en formules certains phénomènes physiques. Il devrait avoir quelque chose en lui pour expliquer un manque de rigueur dans les formules de la physique.

La célèbre équation d'Einstein, E=MC², montrait bien qu'il y avait un lien rigoureux entre la matière et l'énergie. La matière avec sa masse propre, pourquoi a-t-elle des envies d'évasion vers l'énergie? Qu'est-ce qui donne sa consistance et son poids à la matière? Il doit y avoir un intermédiaire, une force unificatrice? Léon Lederman n'a pas manqué de lancer cette expression de "particule de Dieu", tellement elle fait fantasmer et inquiète. Remettre toute la théorie en jeu n'est pas une mince affaire.

Cette particule viendrait s'ajouter à la panoplie des particules déjà connues mais qui n'explique pas encore les fondations du système. Les physiciens ont toujours aimé unifier les problèmes en formules les plus concises possibles. Einstein a fait toute sa gloire sur une relation simple mais qui n'était pas du tout simpliste dans ses conclusions.

Quatre forces parviennent déjà à cerner la plupart des problèmes:ne-bosons-pas-mais-si-quark.jpg

  • la force "forte" de cohésion atomique qui explique qu'un noyau se suffit à lui même.

  • la force "faible" qui se retrouve dans la radioactivité

  • la force de la gravitation qui explique la bonne vieille histoire de la pomme de Newton.

  • la force électromagnétique quantique qui assujettit l'électron au noyau et le maintient en déterminant sa charge, sa valence et son potentiel de rapprochement avec les autres noyaux.

Dans ce monde de forces, il ne faut cependant pas rechercher la finalité dans l'interaction globale.

Les bosons de Higgs seraient des vecteurs qui relieraient les fermions de la matière pour en donner la raison de l'existence en leur donnant une masse. Véritable clé de voute qui pourrait si leur présence était confirmée rendre obsolète la physique d'aujourd'hui en donnant la cause irréfutable et unique des faits constatés et affiner les formules imparfaites.

François Englert et Robert Brout s'intéressent à la question et prennent la succession de Higgs, pensionné.

ne-bosons-pas-mais-si-lhc.jpgUn nouvel espoir de découverte se présente avec l'accélérateur du CERN, le LHC (Large Hadron Collider) qui avec son anneau de 27 kilomètres pourrait atteindre très prochainement une énergie potentielle de 7 TeV (Tera Electrons Volt) et le double en énergie cinétique due à la collision. Il est le challenger, toujours en piste, du Tevatron à Chicago et qui est, vu son âge, quatorze fois moins puissant.

La matière est un puzzle. Quelques pièces manquent encore pour combler les formules.

Une nouvelle physique à la clé qui expliquerait peut-être un jour pourquoi on est là?

Alors, faites place particules, protons, neutrons, électrons, c'est vieux jeu, ringard, même. Trop élémentaire, mon cher Einstein...

ne-bosons-pas-mais-si-bebe.jpgAujourd'hui, on parle de hadronsleptons, quarks, gluons, mésons, nucléons, baryons, photons...& co. Douze particules avec quatre forces pour expliquer la matière. Mais je sens que vous voudriez briller dans une de vos prochaines conversations. Alors essayons les moyens mnémotechniques.

Nous avons d'abord le découvreur, Peter Higgs, appelons le Mr "X".

Non, ne commençons pas, du tout par cette idée saugrenue! Ne bésons pas, pas encore, peut-être plus tard. Ne nous baryons pas, néanmoins. Hadrons ou leptons, nucléons nous.  Quand nous fermions la méson, bosons plus. (C'est dit quelque part.) Ne nous engluons pas.  Il n'y a pas photons. Equarkons-nous.

Peu importe, d'ailleurs, le nom qu'on donne aux choses.

ne-bosons-pas-mais-si-particule.jpgLe mot "particule", lui vient du latin "particula", "petite part".

Et s'il venait plutôt de "partie de culture"? Je n'oserais pas, plus prosaïquement, même pour rendre hommage aux vulgarisateurs scientifiques, couper le mot en deux.

Sous cette forme, on aime ou on n'aime pas.Ne bosons pas Mais si Accelerateur de particules.jpg

 

L'Enfoiré,

Bosons-nous sur Le Panda


Citations:

  • « Voir, entendre, toucher, sont des miracles et chaque partie et chaque particule de moi-même est un miracle. », Walt Whitman

  • « L'esprit préexiste à la matière. L'esprit habite chaque atome, chaque particule. L'esprit est la partition de l'univers. La force immatérielle qui forge la réalité concrète. », Jean-Christohe Grangé

  • « La pratique masturbatoire est une véritable usine à fantasmes, un puissant surgénérateur de particules mentales érotiques. », Henri Barte 
  • « Dès que l'on dévie du modèle standard, tout est possible. », John Ellis du CERN

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