25/04/2013

Le centenaire de "Science & Vie"

Le numéro 1147 d'avril 2013 fête le centième anniversaire de Science & Vie...

0.jpgLe mois dernier, comme prof de Sciences d'occasion, je parlais de Science avec de futurs "Créateurs d'étincelles" potentiels.

Le mensuel "Science & Vie", après un siècle d'existence, pourrait constituer six mètres à trouver dans une bibilothèque, jusqu'à à ce dernier numéro 1147, pour raconter son histoire.

Vulgariser la Science dans un langage simple sans aller trop loin dans le détail, implique de devoir oublier les formules pour ne garder que l'information dans un langage simple, abordable par le plus grand nombre de lecteurs. Étudier les formules, les théorèmes et leur démonstration n'est pas son but.

Dernièrement, l'article d'Agoravox "Regard politique sur les sciences" m'avait fait sortir un joker qu'il fallait pour initier le débat.

C'est vrai, la Science est devenue plus qu'une affaire de savoir. Elle est politique et des scientistes se retrouvent dans leurs rangs avec des buts différents. 

Une remarque de l'auteur, Clausm'avait interpellé par quelques parties choisies qui disaient:

"simple lecteur de Science et vie, j’ai une licence scientifique qui ne m’a pas permis d’embrasser le sujet si complexes de Gödel, à peine de le caresser....  rien dans le monde des hommes et de leur science ne doit absolument être pris au pied de la lettre. Ce qui ne signifie pas que je ne crois pas en certaines évidences scientifiques, vérifiables, notamment empiriquement et que je souhaite l’abandon des sciences au profit d’une quelconque métaphysique ou d’un nouvel ésotérisme. Je trouve frappant le contraste entre l'intéret pour le sujet, de la manière d'en parler et d’instrumentaliser les sciences dans nos sociétés modernes. Je maintiens que rien n’est évident, pas même le concept de gravité qui ne pourrait être qu’une force «émergente», non-fondamentale, concept qui nous emmène vers le domaine très difficile aussi pour l’entendement commun de la physique de l’information, du « it from bit » comme l’a montré Erik Verlinde qui rapportait de même: «Ce que nous appelons constituants fondamentaux est, en réalité, introduit de façon ad hoc, et, par conséquent, parfaitement réfutable. J’ajoute qu’il est peu probable que nous accédions jamais aux constituants fondamentaux.». L’importance insoupçonnée jusqu’alors de l’énergie noire et de la matière noire sont aussi autant d’exemples qui montrent, à défaut de prouver, que l’Homme n’a jamais semblé aussi loin de bien comprendre son environnement. Et j’ajouterai: tant mieux! La véritable connaissance amène naturellement à l'humilité.". 

Commentaire judicieux et exact à plus d'un titre qui sortait du cadre d'un scientisme de mauvais aloi. On ne peut nager entre deux eaux. On est à bord ou on reste à quai. Comme disait Zaz qui a touché le fond depuis sa chanson "Je veux", "Soit tu meurs, soit tu vis, mais tu ne restes pas entre les deux". 

Le risque de paraître tapageur existe toujours quand il s'agit de parler d'un sujet complexe avec un peu d'enthousiasme. Quand il s'agit de vulgariser, c'est peut être pire. 

Les Sciences dites "exactes" et "humaines" ne résolvent pas tout. Ont-elles, d'ailleurs, ce but de manière intrinsèque? Elles s'intéressent à des généralités, des moyennes en éliminant les particularités trop exclusives de l'individu.

Plus grande est la complexité des processus, plus de temps, il faudra pour assurer les avancées notoires avec la complicité des technologies. Celles-ci permettent d'aller plus loin, plus vite, avec plus de précision dans les calculs.

En Belgique, le Télévie vient de se refermer sur un record de dons récoltés de 8,7 millions d'euros. L'espérance dans la médecine, et par là en la Science, est totale. L'impatience est immense.

C'est donc le centenaire du journal et cela impose de se retourner dans son histoire.  1.jpg

Plonger dans le passé, s'est se rendre compte que tout a changé ou presque. Que la vie s'est considérablement allongée, avec plus de confort. C'est, aussi, constater qu'il faut partager cette Terre par beaucoup plus de Terriens contemporains avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte.

Si le monde est devenu un grand village plus agile, il est, aussi, devenu plus fragile. Si les Sciences et les Technologies viennent ensembles pour résoudre les problèmes, elles en créent, involontérement, de nouveaux.

La Science se doit d'épargner, d'affiner ses recherches vu que le monde s'est défini et est fini.

La Science arrive-t-elle à destination dans une impasse comme le dirait ce billet?

S'il y a un cul-de-sac, une impasse, il faut, de toutes manières, les tester pour s'en rendre compte et laisser, comme l'a fait l'évolution, des chaînons manquants du savoir.

L'impasse ou le progrès est une affaire d'Homme et pas de Science. Mais l'auteur du billet s'explique. Je me demande le pourquoi de son statu quo. Mais, bon... toujours le problème d'être "the right man at the right place and at the right moment".

La Science comme toutes les autres ambitions, coûtent cher.

Testeur de tout et de choses très (trop) vite obsolètes pendant ma vie active, j'ai constaté qu'il ne suffit pas de remarquer les résultats, mais aussi s'assurer que ces derniers restent en adéquation avec les besoins et les réalités pour amortir les investissements.  

1.jpgCela étant dit, anniversaire oblige, parlons du S&V.

Plusieurs de mes articles ont été puisés dans ceux de ce magazine "Science & Vie". Je n'achètre pas tous les mois, ce mensuel. Mais je le consulte tous les mois. 

Anecdotique quand je me suis moqué d'un numéro d'été qui manifestement roucoulait de manière fantasque avec des titres qui ronflait bon l'exploit avec "80 incroyables vérités" mais qui laissait le lecteur sur sa faim au niveau pratique.

Façonner un esprit scientifique, c'est, d'abord, accepter de se tromper et de ne pas imposer ses vérités de force.

C'est garder une volonté de séparer le mensonge de la vérité en suivant les sources de l'information avec une dose de scepticisme.

Le Livre d'or dont on trouve quelques billets marquants dans ce numéro anniversaire, est assez explicite de ce que les lecteurs recherchaient que l'on peut résumer par le "S&V fait rêver".

Le magazine a dû initier et créer quelques vocations au travers de différentes générations en dépis de couvertures accrocheuses qui visent au sensationnalisme. 

Certains sujets dépassent le commun des mortels. Peu importe, si quelques articles ne sont lus que du bout des yeux en survol rapide et sans tout comprendre, ils créent le questionnement et peuvent servir de références. 

Rester curieux est, peut-être, le fin mot et la meilleure initiative qui peut arriver aux lecteurs. La pire aurait été d'avoir perdu le fil de l'histoire et ne plus se sentir que comme un maillon faible, soufflé par une chaîne de connaissances qu'il l'aurait placé au ban de la société moderne.

Avoir un esprit scientifique, tout comme un esprit numérique, n'est déjà pas à la portée de tout le monde. La Science a une philosophie bien, à elle et certains scientifiques disent qu'ils le sont et ne sont, en fait, que des scientistes.

Vouloir comprendre la Science et sortir de la simple vulgarisation, impose d'apprendre le langage spécifique, le jargon utilisé. Même si les scientifiques s'imposent d'informer, il n'est pas sûr qu'ils se feront comprendre par ceux qui n'auraient pas fait l'effort de compréhension. Oui, il y a un poids de la connaissance. Un poids au niveau de l'apprentissage et un poids à celui de l'éthique de son utilisation. 

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Conservateur, je possède toujours un autre numéro anniversaire, le numéro 1000 qui datait de janvier 2001. Son sous-titre "L'accélérateur du savoir". A cette époque, tout semblait possible avec le changement de siècle. Des projets fous pour ce XXIème siècle se dessinaient. Nous n'étions pas encore arrivé au 11 septembre, aucune crise majeure. La crise qui rappelait celle du crash de 1929, en a décidé autrement.

Ce numéro 1000 donne une occasion de comparer, dans la pratique, 21 projets et leurs réalisations. Les titres avec les rappels des buts à atteindre, suivis de la situation actuelle seraient ainsi:

1. La traque du Boson de Higgs : Celui-ci était chargé de proposer une vision radicalement neuve de la matière et de l'Univers. En 1993, un concours était lancé. Le but était de l'expliquer à un ministre britannique sur une simple feuille. David Milles, le gagnant, disait : "Dans une salle pleine, une sommité crée une perturbation identique en accroissant la résistance par son déplacement de masse, tandis qu'une rumeur immatérielle, le Boson, au travers d'un essaim de physiciens dans un état d'excitation, serait appelée un champ de Higgs".

>> Ce fameux Boson, "particule de Dieu" a été trouvée le 4 juillet 2012. Depuis, on attend les suites.   

2. L'océan fait sa météo: Pour faire des prévisions du temps, les isopycnes (mêmes densités) seraient préférés qux isobares. Les masses d'eau plutôt que les masses d'air. Des prévisions sur 15 jours avec 1/3 de degré d'erreur s'en suivraient grâce aux satellites qui donneraient la thermographie en surface des océans en 3D. Pour 2003, des prévisions à un mois pourraient être espérées grâce aux météorologues-océanographes.

>> Aujourd'hui, on parle de prévisions à une semaine avec des risques d'erreurs bien plus importants. Et si on cherchait dans les autres planètes? La raison, c'est que le climat est plus "intime". Il est dépendant de la région comme une foule de micro-climats. Anticiper devrait se faire région par région pour en déterminer les impacts sur chacune.  

3. La langue universelle des nombres: Pour sa contribution prophétique aux mathématiques par les fonctions analytiques et avoir fédéré le savoir par les nombres, Robert Langlands a reçu une médaille.

>> Les maths sont toujours la bête noire des étudiants dans un bottle neck.

4. Créateur d'étoiles par le laser: Le Laser Megajoule pour recréer le soleil en éprouvette serait opérationnel en 2008 pour réaliser des expériences sur la fusion contrôlée comme équivalent du projet américain NIF (National Ignition Facility).

>> Le malheur, il y a eu la crise. On accuse depuis un déficit en investissements et les projets ont accusés des retards. De plus des militants anti-nucléaire s'opposent au projet.

5. Fouiller sans creuser: Repérer les fossile et les artéfacs par une assistance technique.

>> La pyramide de Chéos a été un bon moyen d'expérimenter les techniques pour prouver l'efficacité. Le malheur en Egypte, il y a eu une révolution.

1.jpg6. Arche de Noé en ressuscitant les mammouth: Conserver les espèces en voie de disparition et tester la résurection de celles qui on disparu par clonage.

>> Nous étions en pleine période du Jurassic Park. Le clonage de la brebis Dolly a suivi. Sinon, on a parle des fumisteries de sectes comme celle de Raël.

7. Modéliser avec des cellules virtuelles: Le but: mettre au point des médicaments du futur.

>> Les nanotechnologies ont repris le flambeau de cette recherche médicale et l'étude du cerveau est devenu l'espoir numéro un pour le 21ème siècle.

8. La course aux protéines pour la pharmacie: Après le décryptage du génome humain, il était normal de s'intéresser aux gènes pour relancer les protéines pour la pharmacie.

>> De nouvelles pilules pharmaceutiques ont été développées mais elles dépendent des accords des pays et cela demande plusieurs années avant d'arriver dans le public. Quant au décryptage, il ne coûte quasiment plus rien mais cela peut devenir une menace de pouvoir prédire notre avenir par une forme d'eugénisme.

9. Des neurones très cultivés: Greffer des neurones sur les animaux et utiliser les cellules souches pour les regénérer. 300 malades avaient à l'époque été testés avec des neurones embryonnaires.

>> La relance du projet a démarré récemment avec Obama qui veut en savoir plus sur le cerveau avec une vue en parallèle sur l'étude des robots. 

10. Longévité à la reine: La gérontologie à l'honneur. Une meilleur qualité de vie. Une aspiration à l'immortalité. Pourquoi vieillir? La reine des fourmis protégée par son armée fait chuter la mortalité extrinsèque imputable aux prédateurs et aux parasite.

>> La différence avec les hommes, chez les souris, on n'a pas de terroristes, pas de démocratie et les sujets sont bien drillés. Si la vie de l'homme s'est allongée, la qualité de vie reste bien loin d'être au top. Le cancer reste toujours traité par des chimiothérapies lourdes. Le SIDA, mes maladies de la dégénérescence restent un poids lourds dans les caisses des mutualités.

11. Anabiopsis mutante: En 2010, les Arabidopsis, une fois modélisés par la modification de leurs gènes, les scientifiques pourraient lancer leur mutation dans une 2ème révolution verte.

>> Des OGM de 2ème génération, qu'en penseraient les anti-OGM d'aujourd'hui? 

12. Chasseurs de terres: Découvrir les planètes extérieures du système solaire. L'étoile Bêta Pictoris, une première mais géante, gazeuse et stérile. 60.000 étoile et le projet Corot se proposait d'aller voir cela de plus près en 2004. Eddington en 2010. Kepler en discussion et Gaia prévu en 2012. 

>> Toujours pas d'extra-terrestres à l'horizon. On recherche de l'eau, de l'ozone, du méthane et du carbone.

13. Pile à combustible avec rendement: Propreté et rendement. L'hydrogène, l'énergie du futur. Disponible sous forme d'hydrate de méthane.

>> Oui, mais, c'est toujours les énergies traditionnelles comme le pétrole et le nucléaire qui commencent à partager leur production avec les énergies dites vertes.

14. Archiver le Web: Le VHS, le CD à la casse. Vive le DVD. Mais on a peur de la pérénité des infos et de la vie des supports, de plus en plus courte. 

>> Le "cloud computing" (les infos dans les nuages) est là. Avec lui, les concentrateurs serveurs. Le Web est devenu la bibliothèque internationale et a résolu, en apparence, la lutte des supports. On ne sait plus où les informations sont localisées, mais on sait qu'elles sont là. On craint seulement l'orage dans les nuages ou les effets du "coup de sang" du soleil. Pour les documents, il faut séparer le bon grain de l'ivraie, mais puisqu'il y a de la place de stokage et que les moteurs de recherche résolvent, en principe, le problème...

15. 1000 passagers dans une aile volante: Transporter plus de monde en moins de temps.

>> Du rêve, on est passé à la réalité économique. C'est en nombre de places qu'il faut compter dans l'A380 et pas d'aile volante avant longtemps. Actuellement, pas de successeur au Concorde.

16. Le grand marché de la pollution: Réduire à tout prix le réchauffement de l'effet de serre et faire son marché de "bons pour polluer". En 2010, c'est convertir les matières premières en produits de consommation.

>> Des conférences passées d'échec en échec. C'est la crise et la baisse de la demande et des activités qui font baisser les prix des matières premières. En Belgique, on a poussé l'énergie verte. Ce fut un succès. Pour payer les certificats verts, les gouvernements se questionnent du comment rembourser les 2,5 milliards d'euros aux concitoyens. Quant aux éoliennes, c'est oui mais pas dans mon champ de vision.

17. Les pionniers du nanomonde: Construire des molécules atome par atome. La puissance des processeurs doublent tous les 18 mois pour répondre aux besoins tchnologiques.

>> Les processeurs ne doublent plus. Ils se "concertent" pour donner plus de vitesse. Les technologies nanométriques vont tout azimut et deviennent magiques au vu des débouchés en mettant de côté quelques risques.

18. Le net interplanétaire: InterPlanet pour envoyer des eMails jusque sur Mars.

>> Les promenades dans l'espace sont en panne de moyens et de carburant. Même la navette est au musée. La conquête de Mars a commencé.

19. Le SOS des campagnes: L'exode rural bat son plein. On constuit en massif dans les villes pour arrêter l'hémoragie.

>> Les villes sont à nouveau plébiscitées pour éviter les problèmes de transport dans les bouchons. De plus en plus de mégapoles avec des cités dortoires intégrées. Les villes se rejoignent avec les campagnes compressées entre elles. Les paysans se rebelle pour être payé au rabais.

20. Big brother prend le volant: Objectif trafic toujours fluide et zéro mort sur les routes. Des voitures pilotées par satellites.

>> Le GPS est devenu le pilote de secours du conducteur, mais il n'est toujours pas relié au moteur. Le radar reste majoritairement dans les laboratoires. La voiture électrique est la nouvelle passion. 

21. Super calculateur en lignes: Micros trop lents. 128 processeurs et un petit Cray T3E-1200E bardé de 816 processeurs;

>> Tout à fait. Quelques versions supplémentaires. Pas d'autres commentaires.

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On a souvent mis en opposition la Science et la croyance en Dieu. Le S&V du mois d'août 2005 répondait à la question "Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais". Celui de décembre de la même année, la question "L'évolution a-t-elle un sens?".

Les problèmes subsistent mais la Science est sensée les faire progresser.

Quant à la technologie, un article de Sarah Godard "Quand l'informatique d'aujourd'hui améliore la médecine de demain" venait bien à propos. Elle parlait de l'informatisation des soins de santé malgré les difficultés de financements.

1.jpgEn 2003, la spin-off Polymedis, avec un capital de 500.000 euros, informatisait les urgences dans l'IT hospitalier, digitalisait les prescriptions médicales, le dossier médical des patients. Objectiver les différences entre les patients, c'est, aussi, leur donner un profil génétique qu'il faudra protéger et sécuriser contre d'éventuels pirates informatique. Les "serious games" de la société "Fishing Cactus" permettent aussi de s'occuper des pathologies dégénératives. Tout est une question de sponsors et de mécènes dans le eHealth qui attendent des projets solides. Les logiciels en milieu hospitalier pour la prévention sont un véritable boulevard de croissance qui devrait créer un regain d'intérêt.  

Qui sommes-nous?,  veut préciser S&V dans sa page d'intro.

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L'histoire du S&V commence, avec Paul Dupuy, co-rédacteur du "Petit Parisien", lancé dans la presse par son père, qui faisait des records de publication avec une autre destinée. 

Le destin de Paul Dupuy était pris à son propre piège, quand il a signé son premier article "Les petits agents de la mort" dans lequel il parlait de la fièvre typhoïde, de la dysenterie, de la tuberculose, transportés par les insectes.

En 1927, comble de l'ironie, il mourrait suite à la fièvre typhoïde dans une époque qui ne connaissait pas encore les antibiotiques.

Le S&V de juin 2006, remettait les problèmes des moustiques sur le tapis.

Après la guerre 40-45, le titre du magazine passait de "La Science et la Vie" à "Science et Vie". Plus trard, modernisé par le remplacement du "et" par un "&".

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Où en sommes nous avec les Sciences, aujourd'hui?

Probablement encore dans de vagues brumes du changement de siècle, mais loin de la sortie du tunnel dont on aperçoit parfois quelques lueurs...

Une raison d'avancer sans se retourner trop souvent? Et, garder la notion de vulgariser comme mot de passe en commun.

Pour ses 100 ans, ce numéro 1147 de S&V se relance dans la futurologie.

Certains projets du début du 21ème siècle sont toujours présents, à relayer dans le futur. D'autres se sont ajoutés ou remplacent des précédents.

Chronologiquement, le S&V cite que l'on pourrait s'attendre dans l'ordre à la récupération de la chaleur humaine et de l'eau douce sous-marine, aux reproductions des objets par l'imprimante 3D, à l'extraction des minerais des abysses, au laser qui crée de la matière à partir du vide, aux fermes agricoles au centre des villes, aux usines de bactéries, aux plantes sans engrais, au réacteur de fusion, aux centrales solaires dans le désert, aux téléscopes pour détecter la vie extraterrestre, à l'ascensseur spatial, à l'exploitation des astéroïdes, et... pour 2100, innover et maitriser l'innovation.

Ce dernier point m'a parru très mal placé entre des débats éthiques comme pour la manipulation du climat, l'utilisation de robots humanoïdes, la privatisation de l'espace et bien d'autres.1.jpg

Le défi de la connaissance est de prendre la mesure du savoir avec minutie et imagination. 

Si la devise de S&V est "Tout se découvre, s'invente, se construit et se projette" cela  ne manque pas de sel, ni de souffle dans les réalités de la vie et le trouble causé par la mort.

Le magazine concurrent de S&V, "Science et Avenir" est né en 1947. Un autre "Pour la Science", en 1977.

Le savoir donne toujours le pouvoir. L'inverse est moins vrai.

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Jean Gabin avec sa chanson philosophique "Maintenant, je sais" montrait que l'homme ne sera jamais rassasié de savoir.imp

Pour l'anecdote, dans notre belgitude, il y a une confusion entre les mots "savoir" et "pouvoir".

Instinctivement, devant un écrit illisible, trop petit, un Belge vous dira "je ne sais pas lire" au lieu de dire "je ne peux pas lire". Ce belgicisme est-il un signe que l'on voudrait obtenir plus de savoir que de pouvoir?1.jpg

La soif de Sciences devra toujours s'adapter à la conjoncture et aux problèmes annexes. Jusqu'où sommes prêt à aller pour nous connaître ainsi que notre environnement?

Les problèmes qui rongent notre société, peuvent seulement trouver une solution avec l'humour d'un café très ou trop serré même s'ils sont toujours dépendants de ce qu'on en fait de ce café.

Back to the new future...

The best is yet to come... 

May be...


L'enfoiré,

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Citations d'Albert Einstein:

  • "Un problème sans solution est un problème mal posé".
  • "Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité". 
  • "La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information."
Mise à jour 26 avril 2013: Je me dois d'apporter la suite de l'histoire triptyque concernant l'article de "la science dans l'impasse"

10/01/2013

Cannibalisés par le Web?

Quatre articles de l'Echo ont attiré mon regard. Le low-cost s'est emparé des communications. Le Web éradique la filière traditionnelle.  Il y a les robots-journalistes, les  films jusqu'à la recherche de raccourcis pour minimiser les risques. L'informatique n'a, pas encore, trouvé les moyens d'inventer l'originalité par elle-même. Pas encore...

0.jpgL'ordinateur a envahi tellement de domaines qu'on arrive à une situation où plus rien ne va sans lui et parfois à cause et en fonction de lui.

J'ai souvent pensé que l'informatique allait encore donner beaucoup de développements et de surprises sur prises. Qui aurait pensé, avant les années 80 que le PC allait  se répendre de l'entreprise dans le public? Sans les télécommunications, le public se demandait encore ce qu'il allait pouvoir faire du "cher PC compatible". Puis, il y a eu le ".com", le Web, avec ses télécommunication qui donne, en plus des résultats comptables, le suspense en touchant le monde par toutes les voies dans sa vie de tous les jours.

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Dialoguer avec la terre entière via les blogs, les forums, le rêve, avant peut-être de découvrir poindre quelques cauchemars à l'horizon.

Il y a sept ans, j'écrivais "Concurrence bloguée" dans lequel j'exprimais ma manière de concevoir le rôle du blogueur comme  "complémentaire" aux journalistes professionnels.

Je me trompais. Si les arguments cités étaient en général exacts concernant le prix à payer pour de la bonne information de premier cru, ce n'était plus le cas, si l'information officielle se pliait au obligations du low-cost. Cette information s'est vue refilée d'ordi en ordi, de journalistes avec cartes de presse à blogueurs sans cartes de presse.

Dernièrement, j'écrivais "Eurek@ Google". Là, c'était la science qui dans plusieurs domaines, espéraient trouver des solutions aux problèmes en récoltant ce qui était écrit sur la Toile Internet. Avec les données fusionnées, "compilées", l'Archimède moderne  aurait lancé son Eureka dans son bain sans éclabousser. 

"Compiler", voilà un mot que j'ai souvent utilisé dans ma carrière d'informaticien. L'opération de compilation consistait à valider la syntaxe avant de soumettre un programme à un ordinateur au niveau "run time".

"Interpréter" n'est venu que beaucoup plus tard quand la vitesse des machines était devenue suffisante pour traduire le langage machine sans traitement préalable.


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Les robots-journalistes

Les lecteurs ne veulent plus payer pour l'information. Internet leur en donne l'occasion et la comptabilité des journaux passe dans le rouge.

Internet est gratuit et fournit des informations bonnes ou mauvaises, mais rarement validées.

Le numérique cannibalise le travail des journalistes. 

Les étudiants, eux, ont également compris le gain de temps à la recherche d'un sujet pour se donner des idées de dissertations. Les copiés-collés ont, ainsi, fleuris de partout et c'est par l'examen de quelqu'un, très expérimenté dans les techniques de l'information, que reviendra l'obligation de dénoncer toutes impostures. 

L'informatique a remplacé énormément de professions manuelles mais, elle s'attaque de plus en plus aux professions dites "intellectuelles" puisque la création sur le terrain ne semble plus considérée comme essentielle.

Aujourd'hui, la machine peut presque tout faire grâce à sa vitesse de calcul et ce processus d'accélération est toujours en progrès.

La constatation de la similitude des sujets traités dans la presse n'est pas une erreur même en dehors d'une actualité brûlante.

Des périodiques hebdomadaires ou mensuels ont des titres en page de garde qui varient avec des mots différents, mais dont les sujets sont identiques.

Les journalistes et la presse auraient-ils tous la même idée au même moment pour plaire à ses clients lecteurs?

Il faut meubler, même quand il y a un "trou" dans l'information. Bien sûr. Mais meubler, c'est aussi diversifier, trouver le meuble qui convient le mieux et que l'on ne trouve pas nécessairement ailleurs dans l'appartement du voisin. 

Le scoop dans l'actualité fait partie de la cerise sur le gâteau. Après, on en tire le meilleur sous forme de buzz avant de s'éteindre par le nausée du consommateur. Nausée qui se perpétue dans les forums citoyens jusqu'à l'essoufflement complet. L'affaire de Depardieu n'était que le dernier des chapitres.

Même les formats des journaux s'uniformisent et réduisent leur  taille de concert. Le but est louable: permettre d'être mieux manipulé, d'être plus pratique dans le train ou le tramway ou au milieu du trafic puisque c'est là qu'on a encore souvent, le temps de lire. 

Pour faire la différence, on change la couleur de fond ou on passe au technicolor. 

Pour le fond, la vitesse de préhension de l'info s'impose. C'est par l'image, la caricature, plus que le texte qui y répond. Le journal se condense, se comprime.  

Les articles qui arrivent dans une langue étrangère, seront pré-mâchés par un traducteur automatique, puis seront passés du linguiste multilingue, au journaliste qui vérifiera le sens global avant d'arriver au pigiste pour mouliner le tout au meilleur prix. 

Oui, la "communication cherche contenu". Oui, "l'égo de la communication" existe aussi et se doit d'exister avec la seule envie d'informer sans chercher la propagande.

Non, le prix coûtant doit rester compétitif. 

Le visage médiatique s'est transformé par les obligations du progrès au prix le plus bas. Il s'est adapté à ses utilisateurs, ou s'est complètement changé, quitte à dégraisser quelques éléments essentiels sur son passage. L'eCommerce, les fameuses Pages Jaunes, ont montré le chemin par la publicité et leurs limites. 

Les robots débarquent et cela va encore plus éclarcir les rangs. S'ils buggent, c'est qu'il y a une erreur de conception à la base qu'il faudra corriger dans la version suivante. Ils ne seront jamais virés. Si d'aventure, une erreur se glisse dans l'input, c'est à son fournisseur de s'expliquer. Il n'était pas bien fagoté, pas bien exprimé pour être compris avec la clarté nécessaire ou mêlé de trop de pathos pour être compris par un programme.

Le robot pourrait très bien rédiger, tout ou partie, d'un article, une fois qu'il dispose d'un "input", bien structuré, pour produire des articles. "Shit in, shit out", reste le seul obstacle. 

L'intelligence artificielle va aider, une fois, paramètré en fonction, des convictions idéologiques du journal, à sortir l'article soit-disant "unique".

Les médias traditionnels se sont modernisés en fonction du coûts et de la rapidité voulue souvent par leurs lecteurs eux-mêmes. On achète la rumeur et on la vend comme une nouvelle.

Le public, qui reprend l'idée à son tour, sera le type "bien" s'il aura compris ce qui le fera entrer dans le centre d'intérêts de "nouveaux penseurs philosophes" comme de nouveaux "collègues".

La matière grise de la profession est dévalorisée. Elle a perdu toute sa superbe par manque d'imagination et de valeur ajoutée par l'analyse fine. Doit-on parler de médiocrité ou d'exigences démesurées par rapport à ce qui est investi pour casser toute cette médiocrité? 

L'originalité est devenu trop chère et se retrouve industrialisée dès le sommet de la chaîne. L'innovation, en berne, est en panne d'inspiration. Les jeux, les reality show, les Star Ac' sont devenus les "casseroles" diffusées dans de grands entractes entre les journaux des télés  d'informations. 

La société "Narrative Science", avec une petite équipe, s'atèle à la tâche d'invention, destinée aux robots. Elle apprend à l'ordinateur comment rédiger correctement pour devenir l'intermédiaire suffisamment crédible dans une chaîne de production.

Le "clé sur porte" du sur-mesure suit, au petit bonheur la chance, des programmes d'ordinateurs. Dans ce processus théorique, les "textes fait maison" ne deviendront plus tellement différent des textes du rayon "tout fait". Avec le temps, les bugs de programmes se corrigeront d'eux mêmes, grâce aux geeks qui veillent au grain. Ils valideront et testeront les programmes par leur commentaires.

Un programme de Content Fleet traque les buzz comme le fait Google pour chercher ses prospects dans l'eCommerce.

Le but, détecter "le" sujet qui plaît et qui fera vendre.

Les tweets sont sa première source d'information et les "experts.com" d'Overblog se bousculent ensuite.

Les "fermes de contenus" inondent le marché.

Les tâches répétitives ont toujours fini par disparaître des mains humaines dans l'histoire industrielle.

N'a-t-elle pas fait plus de victimes dans l'information?

Le pigiste est payé entre 2 et 4 dollars l'article. Ryan Smith a découvert que des Indiens et des Philippins se sont mis sur les rangs pour apporter l'écriture, les photos et l'emballage à l'information. 

Les journalistes professionnels en premier se font virer à petites doses.

Pour se sauver de la morosité, les anciens écrivent des livres avec leurs expériences médiatiques après plus de temps de réflexions.

Un opportunisme consensus à tous les étages du fournisseur au consommateur?

Tout devient inodore, insipide, sans goût particulier, sans beaucoup d'interprétations.0.jpg

Si c'est par la forme de SMS, au départ, il faudra seulement les excuser des erreurs d'orthographe.

Pour l'info, aussi, le temps, c'est aussi de l'argent.

Augmenter le lectorat est l'essence même des rentrées d'argent. Être indexé par Google est la manière de s'extraire de l'ombre.

Cela ne veut pas dire qu'il faille verser dans le ridicule et se tirer une balle dans le pied en croyant faire payer les liens hypertextes comme l'envisage les journaux irlandais. Le gratuit d'Internet ne peut se rectifier par le seul fait de faire de l'argent à l'aveuglette. 

Un interview d'un journaliste qui donnait son avis explique le malaise. A l’occasion du 21e numéro de la revue «XXI», ses fondateurs publient un manifeste «pour un journalisme utile» et différent, à l’ère de l’information numérique.  

Entretien avec Patrick de Saint-Exupéry, rédacteur en chef de la revue:  "Et si la presse faisait fausse route? La seule question qui vaille est comment faire du journalisme, quel que soit le support. Le lecteur a été dévalué car transformé en consommateur d’information. De sujet, il est devenu objet. Il accorde de la valeur à ce qu’il lit. Les gratuits, eux, finissent par terre dans le métro. Le reportage disparaît alors qu'il devrait être au centre de la stratégie. Le titre est devenu la marque, le lecteur un consommateur d’information, le journal un produit. Il ne manquait que le dernier terme : le technicien de l’information pour le journaliste. On y vient aujourd’hui. On rentre dans une marge où l’on peut s’interroger sur l’essence de notre métier.".

Propos à contre-courant qui ramènerait le journal à ses fondamentaux. 

 

0.jpgHollywood et la "formule magique"

Pour diminuer les flops financiers, les "bides du cinéma", une machine pourrait prédire les chances de succès d'un film avant de commencer de sortir le moindre million du producteur.

Un programme d'Epagogix se chargera d'analyser en suivant l'ordre d'importance, l'intrigue, le script, les stars... Un algorithme est en phase de test. 0.jpgC'est encore une fois, le rendement qui prendra la priorité avant l'originalité. Il s'agit de ne pas désorienter ou pire, décevoir le téléspectateur. Réaliser ce qui marche avec des films avec deux jeunes gens et une fin heureuse, par exemple. Le programme a déjà découvert que les acteurs sont interchangeables. Tout et tous formatés dans un même goulot d'étranglement. L'originalité n'aura qu'à trouver d'autres débouchés. Les séries télés se tranfèrent de chaîne en chaîne, traduites au besoin et interprétées par des voix de substitutions dans la langue du pays où elles sont diffusées que le spectateur reconnaitra. 

Ce programme est, actuellement, destiné aux États-Unis, pas encore à l'Europe. Comme il faut vendre du rêve, on se retrouvera peut-être très vite à Bollywood dans un concensus mielleux.  

 

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Le temps réel

Mais, si la technologie continue à cannibaliser les médias, plus on approche du temps-réel, plus elle en arrive à se cannibaliser elle-même.

La techno la plus récente remplace la précédente devenue ringard.

Le "Plug and Play" n'est plus. Répondre au questions par un intermédiaire vidéo, cela va encore. Le nec plus ultra, pour les concepteurs, serait de recevoir des réponses sans même avoir posé les questions.  

Aujourd'hui, tout est "on line" en "real time".

Windows 8 règne sur la tactile et perd la précision de la souris et on ressort le stylet et le produit nettoyant pour effacer les taches sur l'écran.  

Alors, le "user friendly" quitte le bout des doigts pour arriver aux yeux.

Les "Glasses" de Google sont aussi en phase de tests avec une envie de passer dans le public dès 2014.1.jpg

Les Smartphones, comme "engins" à tout faire, deviennent de plus en plus "smart", même par des voies les plus inattendues.  S'il ne faut plus pousser sur des boutons pour que l'information s'achemine vers son demandeur ou en parte, c'est encore mieux.

Avec les lunettes de Google sur le nez, il suffirait de regarder le ciel pour afficher le climat par transparence. Tout cela grâce au Wifi et peut-être au LiFi.

Mêler le virtuel au réel, voilà le grand principe de départ de l'informatique qui revient par l'automatisme. Les langages abscons de l'époque, remplacés par des langages, parlaient au machines avec un vocabulaire de plus en plus humain. Un souvenir...

Le "wearable technology" s'imagine sur les vêtements, la montre et sur le nez, la voix. Mais c'était en "stand alone", à priori, sans connexion.   

Les services deviennent immanents pour précéder la volonté de ses utilisateurs. Un jour, ils permettront en pré-médecins de se rendre compte si on est bien portant ou avertir le futur patient qu'il faut se rendre chez un praticien comme sur les voitures avec des loupiotes qui s'allument.

 

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La chaîne du film

La chronologie des médias s'est aussi retrouvée raccourcie. S'il faut produire vite, il faut surtout rentabiliser la production dans un laps de temps de plus en plus court, à cause de et par Internet.

Le battage médiatique doit précéder bien avant la sortie d'un film pour "chauffer la salle virtuellement" avant d'y entrer et prendre de vitesse ses concurrents, une fois, entré. La multiplication des plate-formes et des écrans l'impose. Les télés se chahutent, elles-même, de pays en pays. Plusieurs films sont retransmis en Belgique avant d'arriver quelques jours après sur les chaînes françaises. Les télés privés se bousculent dans des "Avant-Premières" comme RTL TVI tandis que ARTE tente d'être à la pointe du Web en rendant ses émissions disponibles pendant 7 jours sur le Web après diffusion à la télé.

Pour éviter le piratage, la réglementation française s'exerce sur son territoire et aucun film ne peut sortir en DVD et en vidéo à la demande que quatre mois après sa sortie en salle. Pour la télé à péage, c'est un an après. La télé gratuite, deux ans. Les vidéos à la demande par abonnement, quatre ans.

Rechercher ce que le téléspectateur aime voir, même si c'est un navet, est une raison de survie. Cela arrive au point où les films indépendants, les films d'auteurs se voient relégués aux oubliettes sans aucune chance d'en sortir.

A Bruxelles, une ou deux salles de cinéma à caractères antinomiques, subsistent face aux grandes salles multiplexes.

Puisqu'on ne peut empêcher le phénomène de nivellement par le bas, l'idée de sortir, simultanément, l'event sur toutes les plate-formes (ciné, telé, VOD, DVD...) permettrait de rationaliser les frais de production et de marketing. Le fait de rétrécir les fenêtres à terme, est là pour couper les ailes au piratage mais c'est, de toutes manières, s'acculer à des lendemains difficiles.

Internet dicte son tempo et sa loi. Point.

MegaUpload revient, parait-il, fin janvier. Les accords exclusifs aux États-Unis entre Disney et Netflix. Une première étape américaine avec trente millions d'abonnés chez Netflix.

Un "business model" est à refondre de toute urgence avant que n'arrive uniquement des navets, de vieux films ou des remakes sur les écrans.

Après la polémique française concernant le cachet des acteurs, on remarque qu'elle profiterait à la Belgique car de plus en plus de productions y débarquent. Il n'en demeure pas moins vrai que le "tax shelter" devrait rétrocéder 70% des dépenses à l'audiovisuel et pas servir aux seuls cachets des vedettes pour rester en vie.

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Maigrissement des réseaux bancaires

Il y a 25 ans, la moitié des gens en agence étaient payés pour faire des transactions aux guichets.

Il a fallu suivre les désirs de la clientèle. La chute des activités de guichet ont baissé de 50 à 80%. Heureusement que les entretiens commerciaux ont eux augmenté. L'interactivité est demandée. L'efficacité, obligée. Le côté social ne tient plus qu'au seul fil de la convivialité. 1.jpg

Le mobile banking a fait fermée 42% des agences depuis 2000. L'emploi a fondu de 20%. C'est loin de la fin de la fonte. Les procédures se sont automatisées. 25% des prêts passent par Internet. Le crowdfunding maintient les contacts entre startups et investisseurs.

Un problème? La criminalité a augmenté. Il ne faut pas rêver sur Internet. Le phishing est devenu la plaie.  

Conclusions

Ce qui relie tous ces développements, c'est le guidage du mouvement des outils mécaniques et l'aide intellectuelle via un logiciel informatique. Créer des "makers" va-t-il mener à l'abolition de la société de consommateurs? L'imprimante 3d RepRap révolutionne tous les domaines à grande et moyenne échelle comme les nanotechnologies le font à l'échelle des atomes.

Le problème de la propriété intellectuelle en devient encore plus aigu.

Maurice Levy, PDG de "Publicis", le 3ème groupe mondial de la communication, remarquait que seuls, les médias numériques comme Internet et les mobiles ont fait progresser leur chiffre d'affaires en 2012. Son inquiétude pour le pluralisme de l'information n'était pas un leurre.

Le "Consumer Electronic Show" se déroule actuellement à Las Vegas pour 4 jours. Il est intéressant d'y voir ce qui se concocte dans les boîtes à malices des concepteurs du futur dans les technologies.

Cette année, ce serait la guerre au "living-room" avec les téléviseurs comme point central. Tout pour les nouveaux services WebTV: l'OTT (Over The Top), les convertisseurs des anciens numériques en SmartTV. La pub, elle, se charge de profiler le téléspectateur à l'aide d'un algorithme technologique qui agit en arrière plan
Les écrans deviennent flexibles pour les rendre enroulables voir incassables.

Si cela se conçoit bien pour le transportable, on ne sait pas trop ce à quoi cela va servir dans le cas des écrans géants de salon, mais on espère qu'il y en ai un... finalement.

C'est, probablement là, le problème. Tout peut être développé, sans nécessairement devoir chercher de finalité avant de  produire. Ils suffit d'y mettre un minimum d'argent et de moyens humains puisque la valeur de l'argent se perd sous la forme de dette. Le seul grand soucis, c'est en fin de processus, de générer et de gérer l'envie du consommateur pour les gags ou les gadgets en les représentant comme d'un emploi stratégique, indispensable, via le marketing.

Serions-nous devenus des créateurs de l'inutile dans une économie factice qui crée de faux problèmes et de faux emplois? Emplois qui, à leur tour, créent, eux-mêmes, de nouveaux emplois pour résoudre des problèmes sans solutions.

Le succès d'un développement, d'un film est parfois le lot du hasard. Le bide, un coup du sort, qui n'a pas compris les desiderata du public. Difficile d'anticiper la marche du monde. Des résurrections du passé ne sont pas nécessairement ringards, si elles sont modernisées en fonction des goûts actuels (une preuve).

0.jpgMardi dernier, pour corriger cela, à la radio, on parlait d'éco-conception qui commencerait à germer dans l'esprit de certaines entreprises. Palier ce phénomène de fuite en avant dans lequel l'homme n'a pas toujours son mot à dire qu'après coup dans la phase "consommation" pour recréer le besoin de consolider des acquis.

Mais, la boite de Pandore est ouverte dans les entreprises. Certains regardent ce qu'il y a d'intéressant ou d'utile à l'intérieur de la boîte. (*)

Dans l'économie moderne, David a parfois plus d'intérêt de s'associer avec Goliath que de le contrer. 

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C'est, alors, que je suis tombé sur un article qui disait "On ne peut pas 'penser' à ses clients!", écrit par le mathématicien, philosophe, Luc De Brabandere.

"Ce serait impossible de penser à des milliers ou des millions de personnes différentes. Ce serait peut-être catégoriser les individus en les profilant par des moyennes, alors qu'ils ne sont pas homogènes dans chaque groupe ". D'accord.

"On ne peut diriger sans simplifier arbitrairement". Encore d'accord.

1.jpg"Le but est de réduire la complexité qui nous entoure pour appréhender notre environnement, d'en parler, de le modifier de le modéliser. Les sciences humaines ont besoin de rigueur et de modèles"Un peu moins d'accord sur ce dirigisme monoparental. La problématique de la diversité serait-elle effacée?

Cela ne veut pas dire que tout doivent rester standard si ce n'est le matériel lui-même par fonctionnalité. Ce n'est d'ailleurs pas le cas dans la pratique quand il s'agit de fidéliser un client par ses propres produits en sortant des standards.

Bonjour, les moules... :-) 

Et si c'était les consommateurs, eux-mêmes, qui fixaient, démocratiquement, comment ils voudraient voir le futur? Une boîte à suggestions ne serait-elle pas à instaurer quelque part?

Faire rêver à l'impossible, le consommateur. Tout un programme humain. Rien à voir avec le numérique. 

Le consommateur tend parfois, paradoxalement, de sortir de l'ordinaire en prenant comme modèles des héros de la vie ordinaire. Le Président Hollande n'en est qu'un exemple quand il dit vouloir être un président "ordinaire". Comme si on pouvait être "normal" à un tel niveau...

Les humains ne sont pas des robots. Pas encore...

0.jpgL'Internet des objets (loT) n'aura pas lieu... en 2013.

Collecter des données, les transformer en informations, les analyser, les ordonner et les restituer aux humains par un action sous forme de nouveaux objets au travers d'un écran apporte aussi un problème de sécurité, de protection de la vie privée.

Internet, toujours à réinventer? 

Je ne vous demanderai pas si cet article, était écrit par un ordinateur, ni par Google. A vous de juger...0.jpg

Dans les années 70, le PC n'existait pas et les principes de consolidation et de rétrocession des bénéfices engrangés par le numérique n'étaient pas encore suffisamment maitrisés pour donner naissance à des logiciels spécialisés. 

Mais, il y avait le crayon et la gomme... un retour s'amorcerait. Je les utilise toujours. 

Je ne suis ni mathématicien, ni philosophe, mais seulement, un ancien informaticien, blogueur depuis huit ans... 

Plus rien à gagner ni à perdre. Observateur, c'est tout.

 

 

L'enfoiré,


"Allo Virtuel, ici, Fantôme"


Citations:

 

  • « La technologie est le trou du cul de la science. », Romain Gary 
  • « Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité. », Albert Einstein
  • « La technologie est mère de la grande entreprise, grand-mère de l'intervention étatiste. », André Siegfried 

0.jpgMise à jour 21-janvier 2013Dreamliner cloué au sol. Fyra qui ne quitte plus la gare de trains.

Maladie de jeunesse ou défaut de conception?
Matériaux composites et technologie de haut vol pour le premier, une foule de sous-traitants pour l'autre. Toujours pour réduire les coûts. Etre compétitif?
Où sont les limites des économies à réaliser? Innover pour faire moins cher?
Qualité et prix, antinomiques?

Et si on associe à cela la fatigue des pilotes...

 

1.jpg(*) Mise à jour 14 mars 2013Georges Attaya dont j'ai parlé dans cet article, revenait avec l'idée que les la technologie doit imposer aux entreprises de fixer des règles d'utilisation d'Internet au bureau.

Un salon est organisé le 20-21 mars avec le thème de "Social IT".

En moyenne 6,5 heures par jour sont réservées à une présence sur Internet par un employé (5 le WE).

40% pour la consultation de mails, 27% pour la recherche, 9,5% pour les réseaux sociaux, 9% pour l'"entertainement", 4,7% pour les opérations financières et 3% pour les achats en ligne.

La vie privée et la vie professionnelle se mixent dans l'usage d'Internet.

Auparavant (parfois encore), les entreprises se contentaient d'interférer en installant Intranet. D'après lui, même le matériel informatique, délivré par les entreprises, se voit remplacer par des tablettes plus actuelles de leurs employés.

Les informaticiens qui ne sont devenus que des exécutants, ne font plus que répondre à la demande interne quand elle n'est pas externalisée. La responsabilité des entreprises est engagée dans la consultation que ses employés font sur Internet.

01/06/2012

Trop complexe le monde du numérique?

A la base du monde du numérique, il y a les maths. Pour aborder les problèmes et en donner des solutions, il y a les définitions, les axiomes, les théories, les calculs et, au pire ou au besoin, les démonstrations par l’absurde. Les maths, une science qui fait peur, qui rebute les étudiants, qui ennuie les adultes. Un article du Sciences et Vie se demandait "Où en sont les maths modernes?". Pourquoi modernes, d'ailleurs? Serait-ce une hantise de ce qui est ancien ou corriger une erreur d’appréciation en abordant les sujets complexes?

01.jpgC'est vrai, les chiffres et les maths sont souvent redoutés par les étudiants pendant la période de bloc dans laquelle nous sommes. Les mot eux-mêmes deviennent inaccessibles, trop théoriques, si pas incompréhensibles.

Les sciences dites exactes, comptables ou économiques s'écartent des sciences humaines.

Dans le jargon moderne, un nombre entier devient « l'élément d'un 'monoïde additif commutatif' plongé dans une structure 'd'anneau intègre' peuplé des idéaux principaux 'unifères' », une simple droite, « une variété affine en bijection avec l'ensemble des nombres réels »...

Vous n'avez rien compris. Ne vous inquiétez pas, moi non plus. Je l'ai lu dans l'article en question. C'est tout.0.jpg

Aujourd'hui, la tendance est d'expliquer tout par les chiffres et des mots de plus en plus sibyllins. 

Il y a les mathématiques dites "classiques" avec ses problèmes de robinets, de calcul mental, d'algèbre. Puis, il y a l'abordage du grand "vaisseau mathématique" d'une manière dite "moderne".

Wiki dit: "L'expression « mathématiques modernes » renvoie à une profonde remise en question de l'enseignement des mathématiques dans les pays du bloc occidental à partir des années 1960. Elle a visé à améliorer la formation scientifique et à incorporer certaines des mutations formidables connues par les mathématiques au début du XXe siècle. L'introduction des mathématiques modernes a souvent été vécue difficilement, et a donné lieu à des critiques.".

Elles furent adoptées au Royaume-Uni, en France, en Allemagne de l'Ouest. En Belgique, c'est Georges Papy qui s'en chargea avec plus ou moins de bonheur. Mais remontons aux sources.

Le 29 mai, 1832 a été la veille d'un duel entre "deux dupes" pour une "infâme coquette". Le jeune Evariste Galois, âgé de 20 ans, fut l'un des deux.  Il n'a rien à léguer sinon son savoir, ses déductions, ses théories que des mathématiciens comme Cauchy et Poisson, avaient refusées de prendre en compte à leur juste valeur. Il savait qu'il allait mourir le lendemain et écrivit son testament avec ces lignes où il reconnaît que "Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'a pas le temps".Il savait qu'il allait mourir et écrivit son testament avec ces lignes où il reconnaît que "Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'ai pas le temps".

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Evariste Galois est depuis considéré comme le précurseur de la théorie des ensembles.  Incarnation du génie romantique du mal aimée malheureux et d'une jeunesse prometteuse.

En 1870, première réapparation avec le "Traité des substitutions et des équations algébriques".

En octobre 2011 à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, Galois a été célébré et remis à l'ordre du jour.

La théorie de Galois est définie ainsi dans Wiki: "l'étude des extensions de corps commutatifs, par le biais d'une correspondance avec des groupes de transformations sur ces extensions, appelés "groupes de Galois". Cette méthode féconde a essaimé dans bien d'autres branches des mathématiques, avec par exemple la théorie de Galois différentielle, ou la théorie de Galois des revêtements.".

Trouver le nombre "x" dans la congruance polynomiale pour que la fonction donne un résultat de 0, reste des calculs fastidieux. Son mémoire révèle son impossibilité.  

03.jpgSa méthode, compartimenter, catégoriser en construisant des ensembles et en y associant des bijections ou des radicaux comme ponts entre eux et ainsi, résoudre une équation algébriques ou, au contraire, donner la preuve qu'elle n'a pas de solution.

Voilà, en résumé, l'idée de Galois.

L'humain est plus analogique que numérique. Les ordinateurs numériques sont devenus les engins utilisés tous les jours comme des outils électroniques de vérité indéniables. Notre monde est devenu comptable avec des statistiques, des moyennes qui n'explique pas l'insoutenable légèreté de l'être qui se fout des particularités, des exceptions, des extrapolations.

Nous nous retrouverions ainsi "Au pays des gnous bleus" sans s'en apercevoir.

Les ordinateurs analogiques ont existé et existent encore mais ils intéressent moins d'utilisateurs dans le milieu des affaires. Ils utilisent des mesures physiques continues (par exemple électriques, mécaniques ou hydrauliques) en comparaison avec d'autres prises comme modèles standards pour résoudre un problème plutôt que le cadastrer derrière des concepts d'exactitude, de quantités numériques discrètes pour cette modélisation. A la base des équations différentielles, il y a un ensemble de variables qui se substitue avec un autre ensemble de variables physiques et qui se reconfigurent via les intégrales comme base d'intégration.

La théorie de l'algèbre classique cherche à trouver les solutions aux inconnues. 

La physique classique appartient au "Groupe de Galilée" dans lequel le cours du temps n'a  jamais été modifié, n'a donc pas d'impact. La théorie d'Einstein, elle, est basée sur le "Groupe de Lorentz", prend en compte le temps et l'espace dans l'observation.

S'élever par l'abstraction et oublier les calculs mentaux... Quelle belle idée. Résoudre des équations quand c'est possible et découvrir la raison du pourquoi elles n'ont pas de solutions dans tous les cas de figure. Oser dire haut et fort aux mathématiciens que des équations n'ont pas de solutions, c'est, aussi, un devoir de la Science, savoir se remettre en question.0.jpg

Les applications de la théorie des ensembles se retrouvent dans la compréhension des cristaux de glace, de neige par les symétries.

Les équations liées au monde des fractales d'abord en 2D, puis en 3D, on crée de nouveaux mondes.

Mandelbrote, son inventeur, avait tenté de joindre les deux mondes, le numérique et l'analogique, en observant la nature et l'homme qui en fait partie.

Les fractales et par la compréhension de la Bourse qui erratiques ne correspond plus à un raisonnement de la seule logique numérique. Si la Bourse "respire" avec des cours entre un plafond et un plancher, actions contre réactions, en temps normal, et permet des extrapolations, des tendances, des moyennes, ses "sautes d'humeur" ont des pics indépendants de toutes prévisions numériques. La météo travaille un peu comme la Bourse  par comparaison avec des situations précédentes. La théorie du chaos pourrait bien se greffer dans le jeu.

La physique quantique est basée, à l'échelle des atomes, sur l'équation de Schrödinger. Elle décompose la complexité en solutions plus simples. Concept parfois incompréhensible qui fait q'un atome peut se trouver à deux places différentes en même temps par l'effet tunnel, le temps devenant indéfinissable à cette échelle.

La complexité vaincue par une descente au niveau de l'atome avec un concept d'entité minimal et des passerelles, en ajoutant des paramètres pour passer d'un monde à l'autre.

La cinématique explique la trajectoire d'une particule par la transformation des permutations symétriques. A l'étage suivant, celui de la chimie et des molécules, autres ensembles symétriques.

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L'oxygène joue aussi à la symétrie par rapport à son centre de gravité, à l'insensibilité aux infrarouges, sans séparation entre charges positives ou négatives et pourtant, grimpe dans l'échelle des complexités.

Même la sociologie s'est intéressée via Claude Levi-Strauss au concept de groupes pour définir la "structure élémentaire de la parenté",  associée au "groupe de Klein". Elle ouvre la voie  de la structuration de la société par la voie des sciences humaines.

Les machines calculent mieux et plus vite que nous, les hommes, c'est évident, mais elles ont besoin jusqu'ici de ce petit quelque chose en plus que la robotique essaye de combler. Une vision analogique par la théorie des ensembles, l'abstraction et l'acceptation d'un à peu près pourraient-ils libérer du carcan des chiffres? Fini les calculs mentaux. La calculette a rendu le travail obsolète. Les nombres réels et les nombres imaginaires prennent place dans des ensembles variés de bijections. On s'écarte du concret pour se rapprocher de l'image de l'homme.

Fini l'algèbre de Boole, seulement, dichotomique.

Les propriétés des ensembles le définissent. Ce sont des objets mathématiques.  Des constructions, des artefacts avec des liens entre eux.

Dernièrement, l'algorithme de Google venait à l'esprit de la chimiste Aurora Clark pour anticiper les réactions chimiques en utilisant l'idée générique du "pagerank" en associant les relations des mots clés et trouver la "popularité" des phénomènes entre eux.

0.jpgDu nano-monde à l'anthropologie en passant du numérique à l'analogique?

Attention, il ne s'agit pas de rêver éveiller. Certains pensent trouver la solution dans l'ordinateur quantique avec ses qubits. Ceux-ci seront réservés à des applications de niches même si ce sont des problèmes combinatoires pour étudier les configurations d'un ensemble d'objets. Les tâches sont encore à définir avec de nouveaux algorithmes pour que cela soit suffisament efficace.

Attention, aussi, à cette relation malheureuse: "Je connais un ami qui mange des fruits tous les jours. Il a 95 ans et est en bonne santé. Pour vivre vieux et bien, mangeons tous des fruits". Relation de cause à effet, plutôt publicitaire.

Comme le disait Magritte dans un de ses tableaux "Ceci n'est pas une pipe" même si cela en a la forme et l'esprit de la conformité. Puisque il n'y a pas de fumée, il y a une chance que l'image nous trompe et que la fumée n'est pas toujours produite par le feu.

S'émanciper de la chose représentée et oublier la rigueur de l'exactitude comme le peignait Cézane. La conjecture de Fermat expliquée par Andrew Willes en 1995. Le programme d'Erlangen initié par Félix Klein. Les catégories d'Alexandre Grotherdieck mènent à la géométrie algébrique et au morphisme pour relier les groupes par transformations successives.0.jpg

Cela se retrouvent dans le langage informatique "Java" ou plutôt "pure Java" pour le distinguer du javascript. A la base, des classes, des primitives, des membres statiques, des "foncteurs" qui démarent du plus petit niveau pour remonter à la construction d'ensembles de plus en plus complexes. Un paradigme de concepts, de méthodes à relier entre eux par osmose, par héritages, par polymorphismes. Une pomme et une poire ont des propriétés propres, mais elles appartiennent toutes deux à des fruits. Tout ne serait qu'un jeu de Lego, qu'une poupée russe? A peut-prêt. A une condition, qu'il y ai au niveau suffisamment initial et bas dans la hiérarchie pour toujours pouvoir le reconstituer tout l'arbre. Dans le cas contraire, on risquerait de tout devoir réécrire. Ce qu'on remarque d'ailleurs lorsque de nouveaux équipements arrivent sur le marché et qui demanderont des interfaces avec l'existant. Les objets meurent aussi même sans "finalisateurs".

"Espèces d'espèce" parle du "buisson du vivant" plutôt que d'un l'arbre. Tenter de classifier les êtres vivants, pour les expliquer, ne fait pas plus, ni mieux. Une immense famille qu'il s'agit classifier, de trier par des moyens parfois bizarres. Nombre de pattes, de plumes, de poils, d'écailles... en s'apercevant de maillons manquant dans une suite logique, n'est pas un problème, ni une fin en soi de non acceptation. Le travail de l'évolution dans les ensembles qui a mis des millions d'années d'essais, de ratés, de régression, de ré-essais, impose de trouver les liens pour les faire passer d'un état à un autre pour certains ou au contraire, sont restés en rade pour d'autres parce que les continents les ont écartés l'un de l'autre. L'exemple de Madacascar avec des espèces endémiques le confirme.

Zamenhof, inventeur du langage esperanto, a construit cette langue suivant le même principe de racines auxquelles on ajoute préfixes et suffixes pour changer le sens des mots. La théorie des ensemble n'était pas vraiment connue au temps de Zamenhof. Pour arriver à goupiller les langues qu'il connaissait il n'est pas allé via les phonèmes plus généraux, il a inventé de nouvelles lettres. La question ne se pose plus, aujourd'hui. Une langue ne sera pas faite uniquement de sons, ni ne sera à jamais structurée de manière intangible sous peine de disparaître. Les dialectes vont s'y employer. Le modèle moléculaire ne correspond pas et l'atomique se cherche encore. On ne fait plus qu'évaluer une situation avec les références du passé, jamais avec celles du future. 

Toute théorie peut ainsi devenir un objet à étudier au niveau où on veut l'accéder.

Ce sera le rôle du généraliste à établir des ponts. Généralistes qui s'en retrouve revalorisé face aux experts qui ne parviennent plus à se comprendre avec leur jargon spécifique.

La recherche en nous menant des dérivées aux intégrales, et des intégrales aux dérivées, peut-être arriveront à dire que 1+1= 2,35 plus ou moins 0,4?

0.jpgApproximatif, peut-être, mais loin d'être faux.

Les MATHÉMATIQUES vues par des jeunes ne seraient pas seulement là pour faire rire dans les meilleurs bêtisiers scolaires, mais aussi pour faire réfléchir avec plus de 3 dimensions.

- Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
- Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
- Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
- Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.

Physiologiquement, il n'y a rien d'absurde. A mon avis, ce sont des artistes en herbe. Tout est dans la tête de celui qui cherche la réponse ad hoc, même si cela peut tourner autour de l'insoutenable légèreté de l'âme.

Trop complexe, le monde du numérique?

A relire l'article, "Du code jusqu'à la nausée", cela semblait être le cas. Il s'agissait de technologie, d'informatique dans laquelle l'homme semble se débattre avec du code trop complexe aux risques de planter les logiciels et, plus grave, leurs utilisateurs.

Un adolescent aurait trouvé la solution d'un problème irrésolu depuis 300 ans.

Shourrya Ray, un jeune allemand de 16 ans a réussi à calculer avec exactitude le chemin d'un projectile en gravité et soumis à la résistance de l'air et un autre problème celui traitant de la collision d'un corps contre un mur. 

La bosse des maths à l'état pur. Sa famille a quitté l'Inde pour l'Allemagne. L'adolescent ne parlait pas un mot d'allemand à son arrivée mais parvient tout de même à obtenir son diplôme de fin de secondaire avec deux ans d'avance. 0.jpg

La conclusion serait donc bien d'ajouter les sciences humaines aux sciences du numérique ou comme l'article le faisait: « Tout réexprimer avec des concepts, certes plus abstraits, mais au final plus simples et rapides à énoncer. Les futures générations n'auront guère le choix: mieux vaut pour elles se réconcilier au plus vite avec les maths 'modernes'».

Kurt Gödel écrivait que les maths avaient leurs limites dans son théorème d'incompétude. Tout ne pourra jamais se vérifier par des démonstrations. 

Maintenant, si vous préférez danser ensemble la java, une danse pas tellement moderne, en définitive, mais qui se transforme à souhait, plutôt que de découvrir ce qui se cache derrière les lignes de codes, libre à vous, mais gardez toujours la tasse de café serré d'un main et la calculette de l'autre.

 

L'enfoiré,


Citations:

  • « En mathématiques, “évident” est le mot le plus dangereux. », Eric Temple Bell
  • « Les mathématiques sont une gymnastique de l'esprit et une préparation à la philosophie. », Isocrate
  • « Le moderne se contente de peu », Paul Valery
  •  « En mathématiques, on ne comprend pas les choses, on s’y habitue. », John von Neumann

 

0.jpgJe sens que la complexité n'est pas votre fort. Vous êtes pourtant arrivé jusqu'ici.

Pour vous remercier, voici les photos de la Feria Espagnole, le samedi au sec, et la Fête de l'environnement, le dimanche sous la pluie, à Bruxelles, en un seul clic

Aucun rapport? En êtes vous si sûr?

12/08/2011

L'égo de la communication

J'aurais pu appeler ce billet "Le sexe mène le monde". L'amour, et les fantasmes des dirigeants les plus divers intéressent toujours. Font-ils rêver? Est-ce le meilleur moyen de communiquer? L'affaire DSK monopolise les médias par séquences successives. Les médias le feraient-ils, s'ils n'y trouvaient pas un avantage. L'égo des CEO en remettent une couche, mais là, cela ne marche pas vraiment. En cause, un autre public.

0.jpgArnaud Lagardère" en s'exhibant au bras de sa nouvelle dulcinée, Jade Foret a créé un buzz du tonnerre, mais un buzz contre productif. Les humoristes de tous bords ont ajouté, le ridicule à ce fil providentiel pour eux.

Une conclusion? Dans la cour de la grande finance, il ne faut plus pousser le vice jusqu'à parler de sa vie privée en ces temps de crises. C'est dépassé.

Les midinettes ne sont plus présentes et on risque, dès lors, très gros. Internet est passé par là. La hargne et la haine de tout ce qui vient d'en haut, face à la situation de précarité vécue, aussi. Il ne faut pas confondre avec le showbiz.

La France aime les belles Premières Dames quand tout va bien. Cela aurait pu marcher, de ce côté dans d'autres hautes sphères. Mais, nous ne sommes pas ni chez les Premières Dames et tellement de choses mettent des bâtons dans les roues pour conter fleurette. Sarkozy, au départ avait réconforté Lagardaire. Voyant que Lagardère se faisait "chahuter" sur les forums, il changeait de cap en disant "Arnaud est vraiment idiot de s'être livré à cette mise-en-scène". 

Que communiquer et comment le faire, quand on est à la tête dans les étoiles et que la situation n'est plus au top de ce qu'on pourrait espérer?

Présenter son égo? Faire rêver, c'est dur. Laver plus blanc que blanc dans une lessive de chiffres?

1.jpg"L'égo des CEO?", était le titre de l'article qui en parlait, ce jour-là.

L'ère "people", "bling-bling" avait plu dans toutes les lignes de l'égo. C'est un peu râpé. L'intérêt dépend toujours de l'auditoire, des spectateurs et des lecteurs. Les "fleurs bleues" nagent aussi dans les "petits chiffres" et en suffoquent d'indignation.

L'économie ne pousse pas dans les magazines "Nous deux", "France dimanche", "Closer", "Oops" qui présentaient Amy Winehouse dans leurs dernières couvertures, si ce n'est que pour faire une pause et penser à autre chose. Attention, aux suites car, même, alors, c'est encore le pognon qui en ressort.

L'émotion se heurte à la raison, en dur. Rester cohérent, responsable, partie prenante, participative, c'est autre chose. Dans une société privée, on partage son affaire avec ses actionnaires, ses clients ou fournisseurs et son personnel, en fait, tous ses créditeurs. Le bonheur du patron n'est pas transposable dans un esprit d'équipe. 0.jpg

Pour les marchés, les CEO se doivent de connaître une stratégie de la communication plus raide. S'empêcher de mentir. Dissocier sa vie privée de sa vie publique pour correspondre à ce pourquoi, il est payé, sans biaiser ses messages.

Si le sexe mène le monde, c'était probablement pour une raison physiologique et parce qu'on est le plus proche parent du bonobo. Amusant, on vient d'en découvrir le plus intelligent du monde, par chez nous.

0.jpgOn se rappelle des frasques de Bill Clinton-Monica. Les dernières confidences que Jackie Kenedy a conconcté pour après sa mort, vont nous donner quelques idées supplémentaires en automne, puisque la publication a été autorisée par la fille.

L'affaire DSK continue, aussi, à montrer les deux courants de pensée. Et on trouve des fans de l'un ou de l'autre. Cela meuble le temps et remplit les journaux. Les lecteurs aiment les choses croustillantes.

Dans la semaine, l'émission de télé, "Secrets d'Histoires" présentait le séducteur François 1er qui a éveillé la Renaissance par son côté artiste. Sa séduction a été son arme de communication. Il aurait été en ligne ou en décalage avec ces flux aujourd'hui.

Communiquer, c'est toujours chercher à séduire. Frimer avec ses seuls frasques et des symboles qui ne touchent plus, devient le point de surchauffe.

Les religions n'ont jamais fait bon ménage avec le sexe. Elles parlent d'amour mais pas de sexe. Celui-ci est un concurrent qui ne dit pas son nom. 

Dans d'autres milieux, cela dépend de la culture. De toutes manières, la séduction par la voie du sexe, ne rassure plus face aux chiffres et aux lettres de la communication. Plus d'improvisation dans la communication. Il s'agit de séduire par des appâts vérifiables.0.jpg

Les anglo-saxons ont l'habitude de donner le panel complet de leurs richesses comme référence. Les "aventures" de leur gestion entrent dans le spectre de la communication et choquent les plus latins.

Si le "système"' anglo-saxon est et reste superficiel. Il a le mérite de se vouloir exhaustif, intransigeant. Son pragmatisme va jusqu'à introduire des "profits warning", des avertissements sur les résultats, bons ou mauvais, avant la parution des résultats comptables, quitte à faire chuter le cours d'une action. L'esprit latin essayerait de cacher ce "sein que l'on ne pourrait voir". Le côté noir, c'est qu'il est tellement préparé, trituré, moulé, qu'il prend des relents de propagande dans un "package" avec un nœud coulant qui entoure le tout sans pouvoir rien y ajouter.

En Italie, le "Berlusconisme" s'est maintenu parce que les femmes ne se sont rebellées que très récemment. Intelligemment, Berlusconi mettait en scène sur ses plateaux de télé,  les gens de le rue pour leur permettre d'exprimer leurs fantasmes. Rien n'est anodin (ou devrait ne pas l'être) dans les faits et gestes de n'importe quel dirigeant pour garder la confiance de son public.

Dans la communication, des phrases lancées sans réfléchir, réactives collent aux basques pour plus que les mandats politiques ou commerciaux. Alors, ça passe ou ça casse.

Quand cela casse, la population entre en scène et fait ressentir ses effets.

Les présidents français ont, tous, eu leurs petites phrases caractéristiques. Sarkozy avec son "casse toi, pauv'con" est sorti du politiquement correct, il est descendu dans les sondages. Chirac avec son histoire abracadabrantesque a fait sourire. Chez les Rois, un protocole existe et la réserve reste de mise, obligée dans notre monde qui s'est vu obligé de parler en politiquement correct. Pas d'improvisation dans le monde des "Hauts de Hurlevent". La communication officielle se doit d'être préparée et parfois, humoristique.

0.jpgDans le bas, déraper, commettre une erreur de jugement est naturel et quelquefois, souhaitable. Le reconnaître et corriger le dérapage est une bonne attitude ou une bonne latitude. 

Alors, filtrer l'information? Se taire?

Absolument pas. Se taire serait plus grave et laisser la place à la rumeur. Ce serait donc rater le coche. Une phrase m'est toujours restée en mémoire dans un vieux film qui relatait une situation de guerre "Je préférerais dire une connerie, plutôt que regretter d'être pris pour un con en n'ayant pas réagi".

Formater l'information pour qu'elle soit intelligible, claire et la plus complète possible avec les connaissances du moment. La répercuter sans complaisance. Présenter ses convictions, même si elles ne correspondent pas à la majorité du fil porteur, incitateur aux applaudissements, demande un certain courage dans notre monde du "diplomatiquement acceptable". 1.jpg

Avoir une bonne image, c'est être naturel, avoir un peu de charisme sans verser dans l'égocentrisme. Mettre l'émotionnel dans un tiroir ouvert sur demande et pas sur commande.  

Les attitudes, les gestes seront analysés. Ratés, cela devient le business des imitateurs. Il y en a de politiquement corrects et il y en a d'autres qui se mettent vraiment dans la peau de ceux qu'ils imitent, travers compris. Le but est de faire rire, mais pas de corriger le passage de l'information.

Le formalisme de l'information, son "contenant" est important, le contenu l'est encore plus.

De plus en plus, aujourd'hui, quand on n'est pas bon orateur, on passe la main (pardon la parole... quoique...) à des professionnels et on fait appel à des porte-paroles. Tout est, alors, cadenassé ou huilé en fonction du besoin. C'est étudié et payé "pour". Pas question de corriger le discours, il est fermé. Le porte-parole n'est pas "le" responsable du message. Il n'en est plus que son paravent, son intermédiaire, son drapeau. Les critiques seront ainsi déviées dans les arcanes des informations perdues, usées par l'esprit.

De manière humoristique, j'avais expérimenté le "phénomène" de la recherche d'un porte-parole dans un article. Un bon moment de rigolade lors de son écriture.

La communication est tout azimut. Internet s'est aussi intercalé dans la communication et a bouleversé les habitudes en ouvrant les opinions en plus dur. Les journaux ont dû s'y adapter. "La Tribune" vient d'annoncer que le journal abandonne sa version papier. La communication doit s’accélérer et devenir interactive. Facebook passe par tous les moyens techniques disponibles.

1.jpgLe contenu reste sous caution en fonction de son diffuseur. Et il y a des spécialistes, des intellectuels de la chose.

Pascal Boniface parle d'une autre vérité dans son livre "Les intellectuels faussaires". "En France, il y a l'impunité du mensonge. C'est une république du copinage. La connivence alimente le populisme". BHV, Fourest et d'autres sont pris comme l'archétype. "Les intellectuels n'ont pas l'influence dont ils se targuent". Plusieurs éditeurs avaient refusé de publier son livre. Trop sensible.  

Le monde politique, social, économique, académique et associatif allait-il prendre la mouche ou le miel de l'abeille? Le monde d'en bas a aimé. C'est déjà ça.

0.jpg

Dernièrement, je cherchais une fable de La Fontaine. La Fontaine n'a jamais écrit ses fables sans une arrière-pensée philosophique en mêlant les animaux aux hommes. Si ce grand homme a choisi les allégories et le monde animal pour définir les travers de notre monde d'humains, c'est dans le but de ne pas offusquer les oreilles chastes et pouvoir se retrancher derrière le monde des animaux dans ses attaques.    

Dans "Les Frelons et les Mouches à Miel", il mettait en scène une discorde dans la famille des hyménoptères. Elle allait lui servir de prétexte pour donner son avis sur la justice de son époque, de ses soucis, de ses longueurs et de ses traverses. En apanage, on trouvait les procès attachés qui exprimait la supériorité du bon sens sur le formalisme.

Comment conclure?

Le talent n'est pas une chose innée dans la communication. Être bon technicien ou bon patron n'est pas être, nécessairement, bon vendeur.

20090205_Foiré.jpgRupert Murdoch a vécu les pires moments de sa vie quand il a été interrogé sur l'affaire du "Watergate sur Tamise", disait-il.

Dire une vérité fait toujours peur. Cette vérité peut évoluer, se transformer et devenir complètement fausse dans le temps et revenir en boomerang. Donc, prudence.

A part l'ermite, chacun, suivant son éducation et son expérience, devient, à un moment donné, soit dictateur, soit intégriste dans l'opinion de quelqu'un d'autre. Dès lors, il vaudrait mieux que le message transmis de l'un à l'autre, soit le plus "vraisemblable" possible dans l'intérêt des deux. Il y avait parler avec sa tête ou son cœur. Il y a aussi parler avec ses tripes. Risquer d'aller à contre courant. Cela n'est pas gagné d'avance et n'est pas toujours rentable. Mais ce sera l'image de soi-même.

Quant à l'image de la communication, elle ne sera rien si elle ne sera pas accompagnée d'une confirmation dans la gestion d'un véritable contenu.

Une collègue disait de l'enfoiré, du rebelle "Il a toujours la pièce pour mettre au trou.". C'est toujours le même trou mais jamais la même pièce.

On apprend que les meilleurs employés sont toujours un peu ... excentriques. Ouf..

L'art d'avoir toujours raison, comme le disait un rédacteur en rappelant Schopenhauer? La langue de Léon Bloy, le plus féroce des écrivains français qui disait "Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper".

Non. Se mettre à la place de l'autre permet un recul sur soi-même pour réduire n'importe quel sectarisme et commencer un débat de fond, même si chacun reste sur ses positions en finale. Un message n'est jamais à prendre ou à laisser, mais toujours à analyser. Poser une question est aussi intervenir de manière judicieuse.

L'abandonner en route, ce serait, quelque part, une lâcheté sans nom.

Dixit: 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "L’ultime question … L’intelligence a besoin de la Bêtise pour s’affirmer, La Beauté a besoin de la Laideur pour resplendir, Le Courage naît dans la Peur, Les Forts impressionnent au milieu des Faibles, Mais au final,…Qui a donc besoin d’autant de connards ?"
  • "La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.", Philippe Geluck
  • "Une cour sans femmes est un jardin sans fleurs", François 1er.

et toutes celles de Léon Bloy

14/05/2011

Média, presse-toi doucement et surtout intelligemment (2)

Après les généralités, si on parlait du cas plus précis de la "Radio Télévision Belge Francophone", la RTBF. Sa stratégie correspond-elle avec le contrat de transfert de l'information?

1.jpgEn 2006, j'écrivais "A vos galènes ou à vos podcasts".

Le JT fêtait, alors, ses 80 ans. Depuis, je continue à écouter tous les matins, Matin Première. Depuis, l'interviewer attitré de nos hommes politiques, Jean-Pierre Jacqmin, a cédé sa place et est devenu patron de l'information.

Bertrand Henne a repris son flambeau avec son petit effet personnel et n'a pas son pareil de "rosir" sur le grill son interlocuteur pour lui tirer les vers du nez. Georges Lauwereys, lui, joue, au chef d'orchestre avec un sourire et une rose bien serrée dans les dents pour ne pas la lâcher. Un véritable pote, quoi! 1.jpg

Paul Hermant et son "Bonne journée et puis bonne chance" ont pris leurs pénates dans la soirée. Plus de place dans Matin Première, il  se retrouve dans Soir Première.

Une comparaison avec la France dans les relations entre médias et politique, permettait de pointer quelques différences bien sensibles avc notre version belge.

Dernièrement, en septembre 2010, la presse écrite lançait une attaque en justice contre la presse télévisée. Motif, concurrence déloyale. Comme si l'information pouvait être loyale ou déloyale ! 1.jpg

Le faux JT, présenté par François de Brigode, avait fait sensation à l'époque. Il a eu ses détracteurs et ses admirateurs. Bousculer les consciences, n'est-ce pas le rôle du journaliste? On sait ce qu'il en est, aujourd'hui.

Le "politiquement correct" pour faire correspondre l'information aux gens qui veulent lire ou entendre avec l'accent de la vérité, la leur, ne permettra pas toujours tout aux les comités de rédaction du journal. La liberté, il faudrait toujours la défendre et la répercuter dans les écrits et les paroles en homme responsable.

Une anecdote? Je me rappelle l'expérience qu'a eu une de mes connaissances pour un reportage de la télé. Il s'agissait de présenter la production de la bière artisanale dans notre pays. Une équipe se présenta pour l'enregistrement d'une émission. Les prises se succédèrent aux prises. Le producteur de la bière voulait faire passer son message, message qui ne correspondait pas à ce que le présentateur espérait. De guerre lasse, pour la prise finale, le brasseur a dû lâcher prise et tourner la prise calquée au désidérata du présentateur pour motif de rester dans un timing "raisonnable" accordé à ce genre d'information. Manipulation? Certainement quant au fond, un peu moins pour la forme. L'obligation de compresser l'information pour s'incruster dans un timing étroit est aussi une raison.

1.jpgPour la première journée de printemps, la RTBF présentait, à grand renfort de publicité, l'arrivée d'un nouveau créneau horaire du JT.

Deux JT sinon rien. On avait mis les petits plats dans les grands.

Nettoyage de printemps patronné par l'obligation de concurrencer l'inoxydable JT de "19 heures" de la chaîne privé RTL-TVi. Un tout nouveau studio de diffusion épaule, depuis, l'envie de se remettre en question.

Un mini Journal Télévisé s'ajoute de 19:00 à 19:15 sur la Deux. Un concentré d'informations pour doper son "access prime time". Le « 15 minutes » arrive sur la Deux à 19 h : « Dynamique, impertinent » mais pas « décalé » annonçait la RTBF.

Un bug pour commencer, un départ en trompe-l'oeil?

Le JT de 19:30 de la Une, retransmis en différé sur la Trois restait inchangé.

Un mini JT à 18:30 et un condensé de 12 minutes à 22:30. Tout était emballé dans du papier à musique. Oui, mais...1.jpg

"Solution hybride" ou "pétard mouillé", était-il dit. Hybride pour qui? Pour le consommateur? Allait-il chevaucher l'information ou la survoler? Il est vrai que le gros des publicités (20%) s'intéresse à cette heure d'info.

A force de couper, de réduire, de morceler en resterait-il quelque chose?

Les 'info-maniaques', les 'infophiles' allaient-ils trouver leur compte avec en plus, l'envie de se greffer sur TF1 ou France2 à 20:00?

L'attrait de la nouveauté n'est affaire que d'un espace temps de rodage très court.

Le trafic a appris aux téléspectateurs que la vie de bureau impose d'autres contraintes de temps à régimes variables. Le 19:30, c'était parfois tout juste le temps pour y assister après les bouchons sur la route, la préparation du souper et tout le reste. A 19:00, Madame prépare encore les sandwiches pour les enfants. Elle a déjà pris l'habitude de ne pas aller voir la télé avant 19:30, voir 20:00. Son mari, médecin, est encore en consultation. La vie intime de chacun a ses propres informations à construire.

La surconsommation, l'indigestion de n'importe quoi, nuit toujours à l'ensemble.

Oui, il y a les retraités. Ils commençaient par RTL à 19:00, shiftaient sur la RTBF et zappaient, en finale, sur une chaîne française avant de voir le film de la soirée. Il serait intéressant de connaître leur adaptation vis-à-vis de cette pléthore de données répétitives. Les téléspectateurs sont loin d'être fidèles.

Le potentiel d'audience passerait de 1,2 à 1,8 millions de personnes de 19:00 à 19:30. Ouf...

Cartonner dans les sondages ou dans les ménages, cela ne veut plus dire la même chose.

La suppression des publicités sur France2 avait, en son temps, déréglé le timing des téléspectateurs français. Réorganiser les habitudes est toujours une entreprise délicate. Voilà que le radio-télévision publique dépasse la privée.

La guerre entre les télévisions s'amplifie aussi chez les hommes qui les composent. Le départ de Thomas Van Hamme de la RTBF vers la chaine commerciale RTL-TVI n'est qu'un nouvel épisode. Il avait ses mots à dire tous les jours à la radio de Vivacité.

1.jpgLe 6 mai, dernier, c'était le grand départ de Media Rives et de son nouveau bâtiment de la RTBF Liège. Une infrastructure immobilière futuriste, un cadre de la modernité, un.... Les qualificatifs apportent toujours leur pesant d'efficacité et de cacahuètes.

Mais, ce sont toujours les hommes qui y travaillent qui feront la différence. Faut pas confondre contenant et contenu.

Les habitués de l'émission "C'est du Belge", qui occupait la tranche horaire, remarquèrent l'absence d'un des deux présentateurs vedettes. Le couple avait subit le divorce de Thomas. Peu importe les raisons. Au cours du "12 minutes" du soir, le présentateur de service faisait une allusion sur le sujet en montrant du doigt, le "lâcheur". Oui, il y a une certaine cohésion dans la grande maison. On n'aime pas les échappés du peloton. 1.jpg

Le "C'est du Belge" de hier, est le dernier de la saison. Ce sera un "best of" des événements d'anthologie de l'année. Crazy Horse, Paris, Amsterdam, lac de Come... Oui, je viens de l'écrire, le Belge est partout, mais tout de même, on espère qu'il en reste "intra muros".

Mais, par là, on a effacé du même coup, l'absence par cette révision du passé. Une manière de dire "Thomas, t'es toujours là"?

"Audace et impertinence. Changer, c'est s'exposer aux risques", disait l'Administrateur Délégué de la RTBF, J-P Philippot, à l'inauguration de Media Rives.

Le Palais du Congrès avait, pendant 50 ans, assuré, le long de la Meuse sa mission d'information. Des émissions comme "Télé Tourisme", "Minute Papillon", "Cœur et Piques", "Écran Témoin", "Faits divers"... y ont fait leurs passages remarqués.

Que dire moi-même de cet événement?

Je m'apprêtais dans la semaine à construire une opinion circonstanciée, quand j'ai eu la version toute faite de Laurence Bibot autour du sujet de Media Rives. Elle valait tous les détours. Bien serrée, avec toute l'équipe qui s'esclaffait chacun à son tour.

Oui, c'était du "concentré en boîte de glamour" qu'un Festival de Cannes pourrait envier. Je conseille à Liège de se jumeler à la ville de Cannes avec de tels invités prestigieux...

Les sourires y étaient mais forcés. Sourire un peu mais pas trop et au moment choisi.

C'est "Soyons sérieux avec le chic, le chèque et le choc" (comme le disait Alice Sapritch), plutôt que "Soyez curieux", comme on peut toujours le lire sur les murs des locaux de la Première. 

Chers Journalistes, réservez-nous quelques moments de sourires, de rires. Des moments qui se retrouveront en fin d'années dans le bêtisier. Un Roi qui est opéré des suites d'une fracture du col de l'utérus, restera dans mes propres anales.

Les Cafés Serrés de la Première m'apportent en radio, le rire et la réflexion à l'information.

Voilà, qu'il me vient des idées saugrenues.

Et si pour changer, "C'est du Belge" devenait un autre match à deux ou à quatre?

Oui, je sais, il y a des transfuges dans le sens RTL-RTBF. Anne Quevrin se proposerait pour la place vacante. Pasionarias de Palais, s'abstenir. On a déjà donné dans le genre. En d'autres mots, l'émission pourrait sortir un peu plus des Grands Palais "trop" Royaux pour correspondre à la vie belge. 

Ce serait, j'y tiens, quatre "bons et/ou beaux" (pas sûr de l'orthographe)... Avec une Blonde signée par deux Taloches, orchestrée par un Stellla, Mister Jean-Luc Foncke, himself, dans un One man Chose? Et puis, non, il faut la parité linguistique dans notre pays. Pourquoi pas Bert Kruysman qui n'en rate pas une, le vendredi matin?

Dans un match pareil, l’audience serait au rendez-vous. Pas question de sortir les grands mots comme Arno l'avait fait en parlant de la politique.

Une séance d'humour déjanté, garanti sur facture! Quand on aime, on compte pas, mais quand on rit, on ne pense plus au pognon. C'est déjà ça. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais comme tout finit toujours par les sentiments du côté de la poche, cela devrait l'être un peu tout de même. 

En effet, par le seul fait de casser l'envie de sortir tous les éléments de la garde-robe de nos Blondes. Une Barbara, cela va, mais si on multiplie les candidates, avec l'inflation actuelle, on risque d'avoir des trous dans les caisses.

Je vous le dis, avec de la sauce aigre-douce "à la chinoise", du suc', du sel et du poiv', cela passera bien. Cela piquera un peu, mais n'est-ce pas fait pour réveiller l'information?

Le rire fait passer beaucoup mieux la "pilule" de l'information. 

Ce qui serait loin de me déplaire.  

L'enfoiré,


Mise à jour 13 février 2013: Journée mondiale de la radio. Hommage aux anciens.

01/11/1926: Théo Fleishman et la première Journal Parlé. 

1957: Jean-Claude Ménessier et l'opération 48.81.00

1973: Luc Varenne et le sport

1973: Armand Bachelier, correspondant à Paris

 

 

Citatons:

 

  • "Autant la radio, dont le matériau est la parole, est dans la continuité des moyens d'information de la presse, autant la télévision, dont le matériau est l'image en mouvement, constitue une mutation dans notre rapport à la réalité aussi inquiétante que les mutations de notre patrimoine génétique.", Albert Jacquard
  • "Le savant le plus grand est celui qui connaît les limites de son savoir, c'est-à-dire l'infini de son ignorance. Voilà pourquoi vous voyez si peu de savants à la télévision alors que cette dernière convient si bien aux experts.", Serge Bouchard

11/05/2011

Média, presse-toi doucement et surtout intelligemment (1)

A la croisée des chemins entre l'information et son consommateur: les médias de la radio et de la télévision. Voyons, tout d'abord, la "partie", en général.

1.jpgTout passe, tout change, tout lasse, tout se déplace, dirait l'arrière-arrière-arrière petit fils de Lavoisier. Changer, c'est s'améliorer ou disparaître. Les journalistes se doivent de construire et parfois de reconstruire les relations avec ses consommateurs en rajeunissant les méthodes et les acteurs. Ce n'est pas une question de jeunisme, mais une seule volonté de continuer à rester durer, comme on le dirait en langage local.

Le spectateur de la radio, de la télé, lui, veut être informé au mieux. Par bribes, progressivement, avec une nécessité de recevoir la meilleure vérité et sans détours.

Quel contrat difficile mais fabuleux !

Au milieu de ce contrat entre médias et consommateurs, on trouve le problème de la liberté de la presse, de la liberté d’expression, comme piliers fondamentaux de la démocratie. Celle-ci est symbolisée par le fameux 1er amendement de sa Constitution américaine... mais, c'est en Amérique.

En Amérique, on se rappelle le relais médiatique de la propagande mensongère à propos des armes de destruction massive ou des liens entre le régime de Saddam Hussein et le terrorisme. L’ancien doyen de l’école de journalisme de l’université de Columbia, Michael Massing faisait alors remarquer que cette évolution n’est pourtant pas récente. La presse qui avait acquis un rôle de contre-expertise à l’époque du Vietnam et de Nixon avait commencé son retrait sous Reagan, notait-il. Question de relation entre la presse et le pouvoir. Lorsqu’on a affaire à un président fort, il est toujours plus difficile d’agir comme contre-pouvoir. Véritable pouvoir et pas seulement d'information, les médias influencent ses lecteurs, auditeurs et téléspectateurs et va parfois à l'encontre de la capacité cognitive des gens qui les constituent. Outrepassent-t-ils volontairement ou involontairement leurs droits de diffusion de l'information? Poser cette question est y répondre en fonction de son intime conviction de ce qu'elle doit représenter.

Il faut espérer que le poids des médias restera déterminant face à la politique et à la propagande. 1.jpg

L'information est très vite obsolète. Elle n'intéresse que dans un état de fraîcheur. La vitesse de la transmission est primordiale.

Les agences d'information apportent l'interface de premier niveau. La vérification, dans cette course au scoop, a du mal à se réaliser. Des erreurs non volontaires d'interprétation ou de compréhension peuvent survenir. Il n'est pas rare d'apprendre son décès prématuré dans les journaux.

Il faut décorer l'information pour qu'elle passe mieux. La télé de Berlusconi l'a bien compris. Sur ses chaînes à lui, c'est un décolleté plongeant, un cul ou une fesse qui donnent les ressorts aux nouvelles trop monotones. L'avillissement de la femme mérite-t-elle cette vision? Je ne crois pas. Des femmes commencent enfin à se rendre compte de la dérive.

Oui, la communication cherche toujours le contenu de fond qui pourrait plaire, mais pas à n'importe quel prix.

La guerre inter-médias redouble d'intensité entre le privé, commercial et le service publique. Elle est inévitable. Les objectifs ne sont pas identiques. Les moyens non plus.

Mais, c'est l’audience qui a toujours raison. La médiamétrie se charge de donner des résultats scientifiques sur la fréquentation visuelle de la chaîne, mais pas de son réel acquiescement ou rejet.

A ce stade, il ne faut pas perdre de vue l'utilité primordiale de la presse. Elle fait partie de nous tous, spectateurs.

La liberté de la presse est plutôt en régression dans le monde.

Il y a eu, en 3 ans, trois fois plus de morts chez les journalistes à Bagdad que pendant toute la durée de la guerre au Vietnam. Plus nombreux sur le terrain, les journalistes étaient évidemment plus exposés. Les otages de journalistes en provenance de différents existent. Les 500 jours de détentions forcées des deux journalistes français le rappelle. 

Pour être chroniqueur d'un conflit, il faudrait avoir le même genre de motivation que celui qui est médecin dans des régions déshéritées, où la maladie contagieuse règne.

Les derniers événements en Afrique du Nord ont montré que la démocratie restait dans les limbes. Le chanteur Pierre Perret, est sorti de ses chansons gentillettes et pleines d'humour avec une de ses dernière chanson "Liberté zéro" qui est consacrée à la presse.

La journaliste, Florence Aubenas a beaucoup écrit sur la question de la presse. Son "La fabrication de l'information" ne laisse aucun doute.

Ces débats sur les concentrations de la presse, qu'elles soient privées ou publiques existent aussi au Canada. Faut-il privatiser les télévisions d'Etat? Le débat sur la consommation de la télévision et sur sa pipolarisation est fort intéressant. Il en va de même sur la commercialisation des JT. Objectivité et originalité quand tu nous tiens!

L'interactivité est née avec le trouble-fête, Internet. Ce qui veut dire qu'il faut de chaque côté de la barre se plier aux "plaisirs" et aux "inconvénients" de se mettre en avant.

1.jpgLes blogs, les forums citoyens, d'aujourd'hui, tentent d'apporter une approche différente du bas vers le haut de l'échelle. Ils n'ont pas les mêmes obligations de validation, de modération. Sans cette validation, les fausses nouvelles, les rumeurs, la propagande, fleurissent de pls belle. La confrontation ne sera plus jamais tendre. Plus enrichissante si l'acceptation de chaque bord, se fait avec l'harmonie de la complémentarité parallèle. Pour les consommateurs de l'info, la tâche de recouper l'information par plusieurs sources comme en 40, s'est complexifiée. On n'achète plus tous les journaux du jour, il s'agit de "scanner" et de "zapper" de site en site.

Les réponses aux problèmes de recherche devront toujours se trouver dans un apprentissage scolaire et parental de comment "déguster" cet afflux d'informations, calmement avec pondération et recueillement.

Certains internautes vous mettent sur la sellette, chers journalistes. Ok, acceptez la concurrence citoyenne du style auquel je faisais allusion dans "Concurrence bloguée". Mais ne vous laissez pas influencer pour en perdre votre âme d'intermédiaire, je dirais même de lobby officiel. Certains abusent et jette le bébé avec l'eau du bain. Y voit des leurres derrière chaque coin de phrase pour vous détrôner et prendre votre place (Un exemple). Attention, ce n'est pas uniquement en France que l'on prend des vessies pour des lanternes.

Au moment du bilan de l'année 2008, un article de l’Écho titrait "Médias et marchés, entre amour et haine". Sous-titre "Journalistes: super-menteurs? Diseurs de bonne aventure? Ou Cassandre?". La transmission de l'information de la presse économique et du monde de la finance étaient sur la sellette". La chute de la Northern Rock après la diffusion de la BBC restait dans certaines gorges échaudées. Des critiques fusèrent: "Les journalistes n'ont pas exercé leur rôle de chien de garde. Ils se contaient de répercuter les informations venant des entreprises et des banques". La question est "est-ce qu'il faut être original à tout prix pour qu'une information soit intéressante?".

L'évolution de la presse officielle ou citoyenne n'est peut-être qu'une marche parmi bien d'autres.

Esther Benbassa nous posait cette question essentielle : « Serons-nous capables, médias, politiques, intellectuels, leaders communautaires, simples citoyens de concevoir enfin et de nous imposer une éthique de la réaction qui ferait fi des pressions et des soupçons injustifiés ? Pour sortir de la confusion et de l’hystérie, en veillant, sans cesser d’être ferme sur les principes, à la sobriété des images et à la retenue des propos, en ne sacrifiant pas l’analyse sur l’autel de l’émotion.»

L’information est, parfois, manipulée pour simplement entrer dans un moule, fixé par le spectateur-consommateur, lui-même. Par ses désirs dirigistes, ses humeurs, son vécu et sa participation aux frais, il peut influencer l'information.

Les journaux se doivent d'expliquer l'information en intermédiaire objectif, de la comprendre et de l'analyser, de replacer les événements dans leur contexte, de la vérifier et peut-être, de l'extrapoler en signalant où réside la frontière. Le scoop pour le scoop n'est absolument pas la technique adéquate dans la durée. Travail d'investigation sur le plus long terme implique plus de temps et de moyens financiers. Chacun à sa place dans ce jeu de quilles. L'éthique et les responsabilités sont en jeu. Un journaliste est et reste l'interface entre les pouvoirs et les citoyens. 

Oui, Médias, presse-nous de toutes les informations objectives dont vous disposez. Agissez avec discernement et conscience des dégâts qui se cacheraient derrière la fausse info ou la propagation de la rumeur. Gardez notre confiance. Notre susceptibilité vis-à-vis de ce que vous nous forcez à digérer ne sera peut-être pas à notre goût, mais ce n'est qu'un moindre mal vis-à-vis d'une information qui ne serait pas transmise. Question de démocratie bien comprise, bien entendu.

Hugues Le Paige, journaliste de la RTBF, de longue date, nous donnait son interprétation de son métier d'information et de l'information avec ce texte, vieux de 5 ans:

1.jpg"L'image ment. En fallait-il une démonstration supplémentaire ? La voici donc, tragique et dérisoire. L’image ment. Elle nous abuse, elle nous aveugle. L’image des caméras de surveillance et celle de la télévision. Celle qui est véhiculée par les téléphones portables, celle qui est reproduite à l’infini par Internet. Nous vivons dans un monde du « tout à l’image », de la domination de l’apparence. En fait, plus on montre, moins on sait. Dans ce monde de la représentation spectaculaire, le réel s’échappe, le sens fuit ou est enfoui. Aubaine pour les médias qui pour exister ont besoin d’image comme de pain. Mais le précepte « pas d’image, pas d’info », devient, en vérité, «des images, pas d’info» ! Voilà ce que dit la révélation de l’identité et de l’origine des meurtriers de la Gare Centrale. L’image répétée, matraquée, indiscutable seulement parce que indiscutée devait nous faire accéder à au moins une part de la vérité immédiate. L’origine des meurtriers, donc, ne faisait aucun doute et ceux qui appelaient à la prudence étaient taxés de « politiquement corrects », au mieux. L’image ne faisait finalement que renforcer nos stéréotypes implicites ou explicites. Les phantasmes pouvaient irriguer l’inconscient, nourrissant par ailleurs les rodomontades sécuritaires qui esquivent les fondements de la violence et de l’insécurité. En quelque sorte l’image provoque l’automanipulation. Loin d’être réalité, elle n’est jamais que construction partielle et partiale du réel. Il nous faut apprendre encore et toujours à la décoder, à la décrypter, à la décadrer. Il nous faut apprendre simplement à nous tenir à distance."

Les images, Hugues Le Paige, en connaît les dangers. Il s'est vu cloturé son entretien avec François Mitterand comme un couperet : "Si j’avais su qu’on allait tomber dans ces bas-fonds, je n’aurais pas accepté l’interview. (…) Je ne répondrai pas à cette question que rien ne vous autorise à me poser. Notre conversation est terminée, Monsieur.". Surpris, il en a sorti un film. Comment cibler l'actualité? Quelle est la bonne distance pour filmer, interviewer quelqu'un sans le froisser mais en gardant l'objectivité et l'éveil du spectateur? Comment briser le blackout actuel qui s'est installé comme une chappe de plomb du côté de la politique belge?

Des questions qui restent ouvertes...

La suite, ce sera, donc, au tour de la RTBF d'être sur la sellette de mon analyse.

Cela ne vous dit peut-être rien, et pourtant...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Dans la presse, seules les publicités disent la vérité.", Thomas Jefferson

  • "La presse est une école d'abrutissement parce qu'elle dispense de penser", Gustave Flaubert

  • "Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre", Guy Hocquenghem

 

12/03/2011

La grande peur de 2012

Le dernier livre de Laure Gratias "La grande peur de 2012" remettait quelques pendules à l'heure au sujet de la peur qui tourne autour de cette année 2012

1.jpgQue n'a-t-on pas encore dit et écrit au sujet de l'année 2012? Il suffit de plonger dans les fils de la Toile pour remarquer que cela frise le fantasme des prédictions. Les chiffres "2012" comptent 771 millions de références... On se bouscule sur web pour donner son avis avec un maximum de détail. Rester objectif et parfois pro-actif tout en se voulant rassurant, c'est un peu ce qu'a essayé de faire ce livre "La grande peur de 2012". Il faut espérer qu'il n'augmentera pas plus la phobie. J'ai pu constater que ce genre de livre se vend comme des petits pains.

Le calendrier Maya serait une des bases de la "Transformation de la conscience" à relier à la cosmologie et à la théorie quantique.

Aille. Cela fait, déjà, presque peur....

Voyons le préambule du livre qui élargit les prophéties pour conclure par une vue pro-active, mieux, bénéfique: "A la base l'interprétation de l'ancien calendrier maya Tzolkin et de très nombreuses prophéties relayées sur Internet, 2012 serait l'année de l'apocalypse. (vidéo) Nous nous apprêterions à vivre la fin du monde ou le passage à un âge d'or, à une civilisation plus évoluée, au prix néanmoins d'une transition très douloureuse et d'une succession abominable de catastrophes naturelles. À la différence des prophéties classiques, celle-ci n'émane ni d'une secte ni d'une religion particulière, mais plutôt de la mouvance "New Age". Relayé par des individus venant d'horizons extrêmement variés, son écho, en passe de devenir planétaire, alimente un véritable phénomène de société qui va s'amplifiant. Au terme d'une enquête rigoureuse qui démêle le possible du fantasmé, la vérité de ce qui relève de la manipulation.".

Faire le point sur ces prédictions et sur le degré de vraisemblance des cataclysmes annoncés est un programme qui demanderait de remonter à la nuit des temps.

L'eschatologie est aussi vieille comme le monde. Elle se rappelle au souvenir plus on approche de "dates fatidiques". 

 Le mot "crise" est à la mode. Du pain béni pour rappeler que l'épée de Damoclès plane au dessus de nos têtes. 0.jpgCroire à la fable de la reprise sans que les dettes de la crise précédente soient purgées, la fausse monnaie de la planche à billets ne rend pas solvable, elle permet de faire illusion pendant un certain temps.

Les courants de pensée sont liés à une évolution globale de la spiritualité et de la société de ce début du 21ème siècle. Les religions maintiennent leurs ouailles par une peur ancestrale. Elle n'est plus seule. Terrorisme, désastres écologiques et bien d'autres occasions sont là pour réveiller les peurs. On se retrouve dans une nébuleuse idéologique de l'axe du Bien et du Mal. Croyances et Foi s'y mélangent cette dichotomie comme sel et poivre dans l'esprit des hommes. Les autres êtres vivants, la nature ignorent ces sentiments pour ne retenir que l'instinct de conservation et l'obligation de continuer vie.

L'histoire est, dès lors, bien venues pour étayer les théories les plus fumeuses.

Il y a 4 ans, j'écrivais, non sans un certain humour, "Maille à partir avec les Mayas" pour en expliquer les contextes à cette histoire de Mayas. A la base, les calculs des Mayas fondaient un cycle appelé "compte long" qui commençait le 11 aout de 3114 avant Jésus-Christ et s'achèvera, le 11 décembre 2012.

Treize cranes de cristal s'ajoutent au suspense. Douze ont été découverts et sont devenus la propriété de particuliers ou sommeillent dans les musées. Le treizième fait rêver par... son absence. Pourquoi? Parce que s'imaginer qu'il serait sous le Sphinx en Égypte ajoute au mystère. Une fois, réunis, tous ensembles, les treize cranes permettraient selon cette vision, rien de moins que d'éviter la fin du monde par un message comme une sorte de Saint Graal. (Vidéo de la légende indienne).

Alors, 2012, l'année de tous les dangers?

Des cataclysmes ont existé sur Terre. Il y a 65 millions d'années, une météorite de 10 km de diamètre qui se serait abattu sur le Chicxulub dans la presqu'île du Yucatan, permet de donner une explication à la disparition des dinosaures et de signer la fin crétacé.

A l'approche de la date de 2012 sont sortis des films à catastrophes du style de "2012", "Deap impact" et "Armagédon". La peur à grands spectacles attire les foules.

Les prédictions de la Sibylle de Cumes, de Nostradamus, la Prophétie des Papes, celle de Malachie, le Yi Jing, Merlin, les Indiens Hopis, prépareraient, au besoin, le "terrain de la peur".

La psychose de quelques uns est toujours récupérée par quelques autres. Il faut seulement en rechercher les sources et les buts des prophéties. Qui sait? Le paradis, pour quelques élus, bien choisis, à bord d'une néo Arche de Noé...

Edgar Cayce est considéré comme le plus grand prophète des États-Unis.

Dès 1987, José Argüelle, dans son "Facteur Maya", lançait le processus. Il se concentrait sur des cycles de 5100 ans divisés d'abord par 13 et puis par 20 pour être conforme à la cosmologie. Il suffirait donc, d'après lui, d'attendre les fins et les débuts des cycles pour que les choses se réalisent dans une synchronisation galactique.

Carl Johan Calleman, plus proche du gourou indien Kalki Bhogavan, y trouve la fin de l'âge Kali. Le temps est divisé en 9 périodes appelés "infra-mondes". Ceux-ci s'imbriquent l'un dans l'autre pour se terminer par le plus petit, celui dit "universel" de 260 jours. Il tombe le 28 octobre 2011 et pas en 2012. Sa théorie reposerait sur l'évidence plutôt que la théorie de Agüelle qui se fonde sur la croyance et la peur. L'Arbre de vie cosmique arriverait ainsi à son état quantique le plus haut, mais pour lui, pas à la fin du monde. Précisait-on. Ouf...

John Major Jenkins se retrouve aussi dans toutes les conférences qui traitent du sujet comme ce fut le cas début novembre 2008, à San Francisco. Ces conférences attirent du monde de partout.

Les affaires marchent...

Le cycle des Mayas correspondait à une configuration planétaire qui ne se produirait que tous les 26.000 ans. Alignement entre Soleil, centre de galaxie et plan d'écliptique. Ce qu'on ne dit pas, c'est que cette configuration se présente tous les ans à la même date, le 21 décembre, comme le rappelait Neil deGrasse Tyson.

Il est exact que la précession des équinoxes est en mouvement de toupie et met près de 26.000 ans de cycle.

Pour étayer les théories, on ressort toutes les peurs et les cataclysmes possibles.

L'affaiblissement du champ magnétique terrestre, souvent montré du doigt comme un risque majeur, a baissé de 10% mais, en 150 ans. La dernière inversion a eu lieu, il y a 750.000 ans. S'il s'inversait, un nouvelle fois, on n'en marcherait pas plus sur la tête. L'inversion magnétique de champ magnétique se produit en moyenne tous les 5000 ans, mais il ne se passe pas dans un espace de temps court.

Les rayons cosmiques qui surviendraient suite à l'activité solaire devenue dangereuse avec des taches à sa surface, rendraient les réseaux électriques et les communications impossibles. C'est déjà arrivé dans le passé. Nous sommes toujours là.

Le super volcan Yellowstone qui se mettrait en éruption au niveau 8 sur l'échelle de Richter, est à prendre en considération. Il ferait des dégâts mais que l'on a déjà subit dans le passé. John Savino s'intéresse à ses super volcans, mais c'est surtout en Indonésie que le volcan Toba lui fait peur, par son potentiel. Le volcan Cumbre Vieja de l'île de la Palma bouge. En s'effondrant dans l'océan, il pourrait créer un tsunami, est aussi sur la liste des catastrophes prévisibles.

La planète X (Nibau) est-ce un autre canular ou un mythe? La théorie de Muller et Rohde, théorie de Berkeley que l'on écoute avec une musique de circonstance?

Ésotérisme et soucoupistes se donnent rendez-vous. Les "crop circles de Nazca" sont là. Nous ne sommes pas seuls dans l'Univers, pour la seule raison "statistique" et vu le nombre d'étoiles qui nous entourent.

De toute manière, en 2012, rien de tangible que les risques dépasseraient le niveau zéro sur l'échelle de Turin, vu la (mal)chance qu'un météorite aurait de percuter la surface de la Terre.

Voilà qu'en plus le dernier "Science et Vie Junior" du mois, s'y met.1.jpg

"Accrochez-vous, ça va secouer", prévient l'article en préambule.

20 scénarios pour la fin du monde avec leurs probabilités respectives, dans lesquels on retrouve :

  • Chute de météorite

  • Bouleversement écologique

  • Nouvelle ère glacière

  • Épidémie mondiale

  • Éruption du super-volcan

  • Invasion des extraterrestres.

  • Nouvelle espèce intelligente

  • Une révolution

  • Effondrement quantique du vide

  • Écroulement de la société (référence au film "Livre d'Eli")

  • Emballement technologique (référence à Vernor Vinge)

  • Réchauffement climatique

  • Disparition du chromosome Y

  • Guerre mondiale thermonucléaire

  • Englouti par un trou noir artificiel

  • Rébellion de l'intelligence artificielle des robots

  • Manipulation génétique incontrôlée

  • Panne d'ordinateur cosmique

  • Explosion cosmique

  • Avalé par la "gelée grise" (référence à Eric Drexter et aux nanotechnologies)

Nos jeunes, auront-ils encore le courage de vivre, si on leur sert des idées aussi alarmantes? A décharge des auteurs du dossier, l'humour, bien nécessaire, enrobés dans les textes.

Les tremblements de terre n'étaient même pas mentionnés.1.jpg Le dernier au Japon de force 8,9, avec le tsunami qui a suivi, montre qu'il faut en permanence rester vigilent et revoir nos moyens d'organisation. Les séismes les plus puissants sont là pour apporter, à la fois, crainte mais aussi un test de résistance aux événements.

En période de crises de multiples formes, on pense à passer à la 5ème dimension, celle de la conscience humaine. Tout mais sortir de la torpeur, de nos certitudes, pour entrer dans les "créatifs culturels" en citoyens plutôt qu'en consommateurs. Une approche quantique? Rien que ce mot fascine. Sinon celle d'un paradis que l'on atteindrait dans un ascenseur divin. Ascension de rattrapage de nos erreurs de civilisation avec une logique cosmique.

"Le compte à rebour a-t-il commencé?" se posait la question au niveau écologique, Albert Jacquard. L'écologie est à surveiller, c'est une évidence. L'amour de la nature, alors...

Neale Donald Walsh écrivait "Toutes les actions humaines sont motivées, à leur niveau le plus profond par l'une de ces deux émotions, la peur et l'amour/ Mais, tu es libre de choisir entre les deux".

Par l'amour, il y aurait l'effondrement total des fausses économies du monde pour se tourner vers des moyens alternatifs que l'on symboliserait dans les mots fraternité, tolérance, égalité, générosité... dans une universalité globale.

Cette transformation de l'esprit a plusieurs racines, mais elle se cherche encore ce qu'est l'amour. Ce mot qui, masculin au singulier, se retrouve au féminin au pluriel est plus qu'un symbole, si pas, seulement, symbolique.

De l'amour dans un mouvement humaniste vers plus de sagesse dans une transmutation en ignorant la peur. Beau programme, mais, faut-il le rappeler, l'idée de sujétion existe aussi dans l'amour comme dans la peur?

Au 19ème siècle, Emmanuel Kant faisait le rapprochement entre l'univers et l'individu.

Alice Bailey y associait, en plus, la religion. Teilhard de Chardrin, la noosphère.

En 1937, Paul Le Cour lançait l'idée de l'ère du Verseau.

L'ère du Verseau, certains auteurs les fixent de manière aléatoire à 1789, 1909, 1950, 2012, 2160, 2350... sans dates de fin.

Le "New Age" actuel est un patchwork d'idées et d'individus. L'idée de l'avènement d'une ère nouvelle de paix, d'illuminations et de connaissances capables de saisir l'unité de l'humanité après une transformation des consciences est un programme, que l'on voudrait beau, réussi.1.jpg

La comédie musicale de Hair apportait le rêve de Aquarius avec ses valeurs de douceurs. L'astrologie, le zodiaque cherchent dans les cycles, sa vérité.

Avant 2012, il y a eu le passage au 21ème siècle. Paco Rabane, comme précurseur, écrivait sa "Fin des temps", suite à l'éclipse de soleil du 11 août 1999. Rentré dans les rangs, il a fait oublier ses prédictions.

Conspirations de tous les fantasmes, du complot mondial apportent l'enthousiasme, le rêve et l'inquiétude d'exister.

Intrigues, thrillers, complexités sont les instruments des rêves et des cauchemars. Les prophètes, leur mandataires.

Ce qui est troublant, c'est que les sectes apocalyptiques ne font pas leur choux gras de 2012. Les Témoins de Jéhova fixe leur prochaine "fin du monde" en 2034. Raël, en 2025, coïncidant avec le retour d'Elohim.

Mythes à mettre sur le compte de l'instabilité et du sentiment de danger qui règne. 2012 est propice à une diffusion massive alliant contre-vérités et approximations. Internet est le véhicule miracle par son côté "off", sans contrainte de validation et ni d'obligation de médiation. Contrer l'intellengencia avec l'ésotérisme grâce au Web avec des relents de fin du monde, de complots, d'extra-terrestres est devenu le top des manières d'exister. Sans Internet, y aurait-il eu une affaire "2012"?

Alain Bouchard disait qu'ainsi, comme acteur important, "On a l'impression qu'on sort du quotidien, de la routine, pour entrer dans un univers où il se passe quelque chose".

Si les prophéties ratent leur coup, elles attendront le cycle suivant.

Umberto Eco sortait, récemment, le livre "De l'arbre au labyrinthe" qui était une étude historique sur le signe, l'interprétation et la sémiotique. Il analysait l'apocalypse de Beatus de Liebana par une étude sur les techniques médiévales de la falsification.

Maintenant, rattacher la fin du monde à une date précise, et pourquoi pas, en plus, à une heure précise de 11:12, ce qui correspond au solstice d'hiver, relève de la fumisterie.

Encore faut-il savoir ce qu'est le temps, en réalité. Cette quatrième dimension est-elle vraiment une dimension?

Le monde, on le sait, a des limites finies estimées dans 3,5 milliards d'années. Comme prédiction par la cosmologie, les scientifiques, tel que Raphael Bousso, s'attendent, ensuite, à ce que le temps se fige pour l'éternité d'après leurs calculs mathématiques, très pointus. Une pause sans fin dans une apocalypse de glace fondé sur la théorie des « multivers », introduit par Leonard Susskind. Notre Univers serait une petite bulle au sein d'un méta-Univers, contenant une infinité d'univers avec chacun ses propres lois physiques. Conséquence incontournable de la théorie des cordes et de l'inflation? Incontournable pour qui? Pour le physicien ou le mathématicien?

Big Bang ou Big Bounce. L'instant zéro n'existerait plus. Espace courbe du temps, selon la relativité générale que la "Conformal Cyclic Cosmology" (CCC) expliquerait? Qui dit mieux?

L'astéroïde Apophis s'approche. Un nouveau sursis annoncé pour le 13 avril 2036, un autre Armagedon ou plus simplement une occasion d'apprécier le temps présent tel qu'il est?

Que se cache-t-il derrière cette date de 2012? Certains se posent la question de manière philosophique ou religieuse. On parle de chakra, de dimensions, de coeur, de vibrassions. Restons Zen... Ce qui est déjà prévu du côté politique: des élections en France, aux États-Unis, au Sénégal, au Mali... Les collectes de fonds commencent... RAS.

Quant aux Mayas, s'ils n'avaient pas eu la bosse des maths en vigésimal, on n'en serait pas là. On leur accorde tellement d'attention, avec effet retard, alors, qu'eux ne l'accordaient pas trop à leurs contemporains...

Il y a les petits malins. Ceux qui vendent la peur  un Jugement dernier pour le 21 mai 2011. Qui dit mieux?

Les peurs s'auto-alimentent. Si on n'y prend garde, elles nous boufferaient sans raison. La peur phobique est chronique et relève plus de la psychologie et de la sociologie. Garder les pieds sur terre devient une affaire de survie et donc à suivre. Lesgourous et leur porte-paroles ne sont pas toujours innocents et en seront pour leurs frais.

Deux psychologues de l'Université de Chicago disaient qu"'il faut affronter ses peurs en les couchant noir sur blanc par l'écriture, plutôt que de penser à autre chose". "L'écriture permet de prendre du recul et de se recentrer sur soi", ajoutait un autre, parisien, lui. Que l'idée, elle est bonne! N'était-ce pas le bon moment, pour moi, de le faire?

En attendant, si on se fixait rendez-vous le 1er janvier 2013? On irait boire, ensemble, une plus grande coupe de champagne que d'habitude, si on ne s'y baigne pas dedans. Évidemment.

1.jpgHier, c'était le 11 mars 2011. Une autre date qui restera dans les mémoires.

Ce matin-là, au Japon, ce fut un tremblement de terre, un tsunami et des morts.

Pas eu beaucoup le temps d'avoir eu peur.

Le soir, ce fut le 25ème anniversaire de l'hymne à la vie, les Restos du Coeur avec les Enfoirés sur TF1.

Peur de rien

Non, il faut seulement essayer de vivre au jour le jour. C'est tout.

Et en attendant chanter "Pour la fin du monde

Prends ta valise
Et va là-haut sur la montagne
On t´attend
Mets dans ta valise
Une simple chemise
Pour la fin du monde
Pas de vêtements   


L'enfoiré,

 

"2012 et le fins du monde", Bernard Boudeix

 

 

On reparle du Cygne Noir de Nassim Taleb, une espèce en voie de reproduction. Alors tout repasse depuis l'attentat du 11 septembre 2011, la faillite de Lehman Brothers, la dégringolade de l'immobilier aux Etats-Unis, les escroqueries,  le tsunami de Noël 2004, de l'ouragan de Katrina; du tremblement de Terre en Chine, duséisme d'Haiti, le volcan Islandais, de la plateforme Deepwater Horizon, du réveil des pays arabes ... du tremblement de Terre au Japon.

Calme....

 

1.jpgScience et Vie Hors Série de Mars

Tempêtes, Séismes, Déluges, Sècheresses, Volcans, Orages, la Terre est meurtière.

Toujours plus de catastrophes? Non.

-4,5 milliards d'années: La Terre fait le plein de magma

-4,1 milliards d'années: Du déluge naissent les océans

-3 milliards d'années: Les montagnes émergent

-2,3 milliards d'années: La glace envahit terres et océans

L'homme a plus à perdre qu'hier. Les catastrophes coûtent de plus en plus cher, car nous sommes de plus en plus riches. Les chapitres qui constituent l'étude sont:

Des mythes pour expliquer l'inexplicable Colères divines. Légendes et malédictions

Quand l'homme joue avec le feu: Forages profonds, barrages, géothermie...

Vers l'ultime destruction?

Combattre le mal par le mal déclancher une catastrophe pour en éviter une plus grande.

 

 Citations:

  • "Je pense à tout ce que la peur va posséder et j'ai peur, c'est justement  ce que la peur attend de moi.", Alexandre O'Neill

  • "O peur, peur auguste et maternelle, peur sainte et salutaire, pénètre en moi, afin que j'évite ce qui pourrait me nuire.", Anatole France"

  • "C'est de ta peur que j'ai peur.", William Shakespeare

  • "La vie est un voyage, nous sommes dans la salle d'attente", Anonyme

 

20/02/2011

Wiki, je t'aime, Wikipedia, je t'adore !

Wikipedia, qui ne connaît pas encore, cette encyclopédie libre et on-line à la disposition de n'importe quelle utilisateur d'Internet?  Cette encyclopédie d'accès gratuit va à la conquête du monde. Avec quels buts, quels moyens et quels succès? 1.jpg

Le 15 janvier dernier, c'était le 10ème anniversaire de Wikipedia. Wikipedia, lui, qui dit tout sur tout. Lui qui laisse le champ libre à tous ceux qui veulent contribuer avec la douceur du Web 2.0. Lui qui fait la nique aux experts qui se retrouvent dans les grandes encyclopédies pour ne s'intéresser qu'à la conscience collective. Et je vais m'en servir déjà pour vous la raconter.

L'histoire de l'encyclopédie commence avec Pline l'ancien,  écrivain et naturaliste romain, l'auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle. Pline avait conscience que la vie d’un homme était éphémère. Homme qui devait utiliser son temps à bon escient afin de ne pas réduire sa capacité d’apprendre. Composée de 37 volumes, son encyclopédie est le seul ouvrage qui soit parvenu jusqu'à nous. Référence en matière de connaissances scientifiques et techniques par une compilation du savoir de son époque sur des sujets aussi variés que les sciences naturelles, l'astronomie, l'anthropologie, la psychologie ou la métallurgie.

Aujourd'hui, c'est Wikipedia qui s'impose sur Internet comme encyclopédie libre. Un capital dont on ne connaît pas le montant car Wikipedia se déclare d'entrée de jeu "pas commercial". C'est 17 millions d'articles accédés par 400 millions d'utilisateurs mensuels au travers de 267 éditions localisées par langue.  Imprimée, cela représenterait 1100 tomes de l'Encyclopédie Britanica. Une organisation qui compte 50 travailleurs dont 35, au Head Office, aux Etats-Unis.

La base se définit elle-même: "Un wiki est un site Webdont les pages comportent des hyperliens les unes vers les autres et sont modifiables par les visiteurs afin de permettre l'écriture et l'illustration collaboratives des documents numériques qu'il contient".

Le premier wiki est créé en 1995 avec Ward Cunningham qui voulait réaliser la section d’un site sur la programmation informatique, qu’il a appelé WikiWikiWeb.

Au texte, plus tard, il fallait s'étendre à la représentation en image, en graphique et on a fait appel au WYSIWIG ("What You See Is What You Get").

1.jpgLa mise à jour se fait au travers d'Internet pour Internet dans un circuit ouvert. Le profil de personnes en présence: des geeks, des universitaires, des spécialistes dans les domaines les plus divers et n'importe qui mais qui aurait une petite idée sur les questions posées et l'envie de compléter l'encyclopédie.

L'annonce d'un décès d'une personnalité dans le monde, de tout événement important ou non, et dans les minutes qui suivent,  parfois avant l'annonce des médias officiels, voilà la mise à jour apportée sur la présentation de la personne dans Wikipedia.

Facebook se charge de la conquète du monde par la voie de la convivialité d'un réseau social. Wikipedia, ce n'est par "la" voie du savoir de l'humanité, mais cela en est une approche tout à fait respectable.

Dix ans. Histoire récente, donc. Les éditeurs n'ont pas eu le temps de s'y adapter pour répondre à cette soif du savoir à bon marché.

Son fondateur-créateur, Jimmy Wales, fut d'abord, en 1996, le créateur de Bomis, un moteur de recherche ... érotique, "destinés aux mecs", comme il le disait. En plein boom l'érotisme, en cette fin du 20ème siècle, il fait les choux gras du Web. Cela commençait donc bien, pour faire exploser l'audience.

En 2001, autre tentative, il lance Nupedia (nom dont l'origine n'est pas définie mais qui pourrait être NudePedia, vu le précédent de Bomis), une encyclopédie libre, corrigée par des pairs, mais sélectionnés d'avance. Jusqu'en 2003, Nupedia, ce sera à peine quelques 24 articles terminés et 74 toujours en gestation. Échec prévisible et normal dans ces conditions.

Le 15 janvier 2001, avec l'aide du moteur de Bomis, l'idée d'ouvrir une base de la connaissance à tous et pour tous, avec une encyclopédie, naît dans l'esprit de deux hommes. Le nom "Wikipedia" est donné par son nouveau rédacteur en chef,  Larry Sander. But initial avoué, donner de la "matière" à Nupedia. Bientôt le site Wikipedia, disciple, dépasse son maître.

D'abord, tout est pourtant en anglais. Les articles vont être traduits, se "localiser" en français et en allemand, dans une seconde phase. On compte, actuellement, 230 langues différentes accessibles à la droite de la page de garde.

En 2003, plus de financement par l'intermédiaire de Bomis. Larry Sander s'en va. Il faut chercher une autre ressource financière. Une Fondation Wikimedia prend place en Floride pour financer l'entreprise.

Dès le départ, bannie par les universités et par les rédactions de presse comme source de références, Wikipedia n'en a cure.

Raison invoquée, à juste titre, par ses détracteurs: pas de validation scientifique avec mode opératoire ad hoc. Mais qui aime bien, châtie bien. Qui déteste bien, devient tueur. C'est toujours par les détracteurs que l'on apprend les failles d'un système. Alors, passons dans le champ de mines.

1.jpgLes détracteurs s'expliquent de manière imagée et tonitruante.  Une définition ironique de "de jeu d'édition massivement multijoueurs". "L'opium du peuple". Expériences malheureuses qui se révèlent derrière des désenchantements qui font poser la question de "Ne vous demandez jamais comment contribuer de manière constructive, mais comment contribuer sans problème". Bon principe de base à toutes relations humaines. Sagesse de bon alois mais de mauvais vie.

Une "dEsencyclopédie", ce qui est faux ou, du moins, disproportionné. Il a son BestOf dans les bétisiers, probablement corrigé depuis l'annonce. Il ne serait pas le seul avec des travers plus évident. Il suffit de jeter un regard averti sur les blogs et les forums pour s'apercevoir que les interprétations parallèles aux médias officiels ont parfois une vision de la vérité très "personnelle".

Dire ce qu'est Wikipedia et ce qu'il n'est pas, est déjà prendre un risque, car, tout évolue dans le temps et l'espace. Les règles édictées au départ peuvent évoluer à tel point que ce qui est écrit et décrit, hier, n'est peut-être plus vrai aujourd'hui.

Ce n'est pas un forum de discussions. Peut-être, du LIFO du "Last In, First Out", mais quand il y a plusieurs "Last In" encore faut-il choisir le meilleur ou associer son ensemble. 

Comme partout, c'est toujours du SISO "Shit In, Shit Out". De l'objectivité des modérateurs, de leurs vérifications non partisanes, du savoir de ses contributeurs, dépendendra la qualité de toutes encyclopédies et pas uniquement on-line.1.jpg

Dans un partenariat de la diffusion du savoir, il est vrai qu'il ne faut pas dormir sur ses lauriers. Lorsqu'une page est modifiée, une modération est enclanchée pour empêcher les détournements de son but d'information.

Les contributeurs, surnommés "Wikipedophiles", comme il est dit par ses détracteurs, sont-ils impartiaux? Les médias officiels, acrédités par une carte de presse, chargés de donner l'information,  se permettent parfois des largesses avec celle-ci. Pourquoi le risque n'existerait pas chez les documentalistes et les encyclopédistes?

Ici, le potentiel est donné à tous les niveaux. Pas besoin de sortir la grosse artillerie des mots. Une régulation collective est seulement assurée, en boucles successives. C'est  bien et c'est d'accord pour l'utilisateur. Son drame et sa force, à cette encyclopédie.

Wikipedia n'est pas un dictionnaire de mots usuels. Pour cela il laisse la tâche à "Wiktionnaire". Encyclopédique, Wikipedia garde pourtant une volonté de définir les choses et les mots avec le plus de précisions possibles et au besoin, en se déconnectant du Larousse ou du Littré. Pas de propagande, peu de promotion. Enfin, on l'espère.

1.jpgQuant à dire que Wikipedia rend fou, tout dépend de l'utilisateur, de son charisme et de son potentiel de folie précoce ou intégré. Quand on sait que tous peuvent le devenir à force de vouloir laisser son emprunte derrière tous les poteaux de la Terre, c'est tout à fait possible.

"Projet communiste, Wikipédia libère l'erreur et l'ignorance des moyens de production capitaliste traditionnels et les distribue gratuitement selon la crédulité de chacun. Du fait de ce système, nous ne pouvons garantir ni la validité, ni l'exactitude, ni l'exhaustivité, ni la pertinence des informations contenues dans Wikipédia à un moment donné, contrairement à des encyclopédies sérieuses comme Le mensuel du tracteur ou Picsou Magazine".

Gratuit, cela veut dire comme le précisait Pierre Assouline "Encyclopédie qui se construit par et pour n'importe qui, et avec du n'importe quoi". Être gratuit ne donne pas l'assurance de la vérité dans un monde qui ne parvient plus à transmettre ses idées qu'avec un répondant financier.

Sans le dire, Wikipédia, comme Facebook, comme Google, comme WikiLeaks et d'autres, sont, quelque part, "une escroquerie d'une ampleur inédite parce qu'ils font travailler des milliers de singes gratuitement, singes qui produisent naïvement un contenu sur lequel il sera possible ensuite d'apposer de la publicité"(en commençant par la leur...), J. Wales®. Ainsi des dizaines de milliers de couillons auront-ils travaillé à leur propre exploitation, en publiant des textes sous une licence donnant le droit à la Fondation de les utiliser comme bon lui semble". Car, Wikipedia touche ainsi, au problème général du bénévolat et là, on aime le principe ou on déteste...  

N'empêche que l'intelligence collective plutôt que celle des experts, s'installe en critique éclaireurs. L'échange des idées dans le concept wiki, mot hawaïen qui veut dire "très rapide" ou dans un acronyme de "What I Know Is" est ambitieux, mais réalisé dans son ensemble.

Il y aura des émules qui choisiront une autre niche du savoir.

forvo s'intéresse à la prononciation des mots dans plusieurs langues, car rien ne sert de connaître une langue par son vocabulaire si on n'en connaît pas sa prononciation.

Wikipedia est devenu incontournable par sa disponibilité, sa facilité d'utilisation, ses liens multiples en étoile sur toute la base et vers l'extérieurs. C'est devenu un réflexe de scruter ce qu'on en dit et par là, cela dégage, en première approche, de recherches ardues au travers de millions de liens donnés par un moteur de recherche.

Voilà sa nouvauté essentielle par rapport à toutes les encyclopédies de l'histoire. 

L'argent reste le nerf de la guerre. Le dernier appel de fonds qui s'est terminé le 11 janvier 2011, a récolté quelques 16 millions de dollars. Cette récolte est le double du précédent appel de 2008.

Un don vous verra recevoir par retour de courrier: "Your donation celebrates everything Wikipedia and its sister sites stand for: the power of information to help people live better lives, and the importance of sharing, freedom, learning and discovery. Thank you so much for helping to keep these projects freely available for their more than 400 million monthly readers around the world. Your money supports technology and people. The Wikimedia Foundation develops and improves the technology behind Wikipedia and nine other projects, and sustains the infrastructure that keeps them up and running. The Foundation has a staff of about fifty, which provides technical, administrative, legal and outreach support for the global community of volunteers who write and edit Wikipedia. Many people love Wikipedia, but a surprising number don't know it's run by a non-profit. Please help us spread the word by telling a few of your friends.".

Une version papier de Wikipedia a été envisagée. L'idée n'était pas vraiment géniale, pour une encyclopédie on-line en mutation perpétuelle. L'avantage du virtuel, c'est de ne plus figer le temps. Retomber dans le travers du papier et se voir réimprimer ultérieurement à des dates anniversaires, suivrait une idée commerciale. 1.jpg

Pour cela, des versions vendues sur CDRom ou sur Internet sortent en parallèle chez Larousse, Hachette, Britanica, Universalis et Microsoft avec Encarta existent.

 

Les encyclopédies d'antan plus tangibles, moins dépendantes d'une connexion Internet,  subsisteront. "Wikipedia Information hub or ruthless killer".

En 2010, selon Alexa Internet, l'encyclopédie libre Wikipedia est le plus consulté de tous les wikis. WikiMatrix permet de comparer les wiki entre eux.

1.jpg"J'ai toujours connu Wikipedia avec un déficit de femmes. Et alors?"

Wikipedia peut être suivi via le blog, par Twitter ou par Facebook.

Prochaine étape, Wikipedia s'attaquerait à l'Inde, est-il dit dans ma gazette. Bizarre que ce ne soit pas déjà le cas. En attendant, Wikipedia s'installe au Chateau de Versailles. "La querelle des Anciens et des Modernes n'a plus lieu d'être"  quand l'information en ligne est alimentée de visu sur place.  0.jpg

"Trois savoirs gouvernent  le monde : le savoir, le savoir-vivre et le savoir-faire, mais le dernier souvent tient lieu des deux autres.", disait Charles Cahier du "savoir", ce que Talleyrand, reprenait la citation et la déclinait autrement par "les deux derniers dispensent assez bien du premier".

"Maintenant, je sais qu'on ne sait jamais", chantait Gabin.

Mais, à l'époque, il ne connaissait pas Wikipedia.

Le SEO Genius a jeté un coup d'oeil vers lui dans le ciel.

Depuis il sait...


L'enfoiré,

 

0.jpgMise à jour 19/07/2012Wikipedia cherche des mises à jour.Une conférence organisée à Washington pour discuter de son avenir. L'encyclopédie à plus de 11 ans et cherche à se renouveler parce qu'il montre ses première rides. Un élixir de jeunesse est nécessaire. Perte de collaborateur bénévole en langue anglaise. Plus que 30.000 en 2012 comme l'indique Wikistream. Heureusement en français, en espagnol, en polonais,... c'est un gain. Peut-être en cause la complexité de l'éditeur, le mauvais acceuil des nouveaux, la délation, le dénigrement qui altèrent la liberté de parole. 285 langues, 22 millions d'articles à maintenir.


 

 

 

Citations:

  • "On nous a dit qu’un million de singes tapant sur un million de claviers pourraient produire les œuvres complètes de Shakespeare; maintenant, grâce à Wikipédia, nous savons que ce n’est pas vrai.", Jérome Bonaldi
  • "Le but d'une encyclopédie  est de rassembler  les connaissances  éparses sur la surface de la terre; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de les transmettre  aux hommes qui viendront  après nous.", Denis Diderot

19/12/2010

Salaires en augmentation? Non, c'est pas pour rire

Le complément d'enquête du 13 décembre comparait les salaires français avec ceux qui étaient pratiqués ailleurs. En Allemagne, les métallos viennent de décrocher 1.200 € de primes, l’emploi à vie et des hausses de salaires. Dans la Silicon Valley, Google et Facebook se font la guerre pour retenir le personnel. Les ouvriers chinois, pour la première fois, se sont mis en grève et ont obtenu des augmentations allant jusqu’à 70 %. 0.jpg

Curieux d'oser parler d'augmentation de salaires à ceux qui n'auraient pas de travail.

A entendre que les dividendes, les stocks options, les bénéfices explosaient dans les entreprises, devrait déjà avoir l'art de  mettre en boule. Et pas en boule de Noël même si  la pointe argentée plantée au sommet de l'arbre, on voulait la planter ailleurs... 

En France, après des années de modérations salariales, pour cause de crise ou suite aux 35 heures, le pouvoir d’achat est grignoté par l’inflation. Le "travailler plus pour gagner plus" faisait rêver à des jours meilleurs. Les rêves ont du plomb dans l'aile. C'est plutôt travailler plus pour gagner moins.

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L'OCDE, nous apprend qu'en Belgique , 23,5% des jeunes de 15 à 24 ans sont inscrits au chômage.

Trop ou trop peu de compétences, pas assez d'expériences,  connaissances des langues insuffisantes, trop cher. Il y a assez de raison pour expliquer l'austérité et les crises. Le self-made man n'a plus aucune chance dans l'inflation des diplômes demandés, des qualifications très spécifiques soit disant obligatoires pour des jobs qui ne le demanderont peut-être jamais. Pour corser le tout, voilà que travailler jusqu'à 70 ans ne sauverait pas les pensions. Il faudrait créer 33.000 emplois tous les ans. Peuchère, dirait-on en occitan... 

On est résolument loin de l'époque où les travailleurs belges étaient recherchés pour combler un manque de ressources humaines. 0.jpgIl faut dire qu'il y a plus de 40 ans, second pays le plus riche d'Europe après la Suisse. Pas de dette extérieure, un seul gouvernement, neufs provinces et un taux d'imposition parmi les plus bas du continent. Aujourd'hui, trois régions, trois communautés, des impôts les plus élevés du monde et sept fois plus de politiciens. 

Mais, passons. La Belgique, ce n'est pas le bout du monde. 

L'enquête de l'émission " Complément d'enquête " a mis pleins d'idées sur la table des réflexions. Elles tombent bien à propos avant de se souhaiter les bons voeux pour l'année prochaine.

1.jpgDans un tel environnement, disons "troublé", les augmentations de salaires consentis sont devenues de véritables "sucettes à l'anis" alors que les tentations n'ont fait que grandir grâce à la publicité et que les distorsions, les injustices sont devenues de plus en plus criantes et difficiles à supporter.

Une austérité conjoncturelle qui devient structurelle, des crises en cascades, des concurrents de plus en plus agressifs dans un marché ouvert international qui engendre une recherche des prix plancher, si pas en sous-sol. Casser les prix à tous prix ou mourir,  cela peut marcher mais pas si un retour au zéro absolu se trouve en fin de course.

Le film "Un idiot à Paris" initiait l'émission pour rappeler ce que pouvait être un patron en 1967. A cette époque, pourtant, on pouvait espérer des augmentations sans même les demander. Il y avait des barêmes dans le secteur public, des mid-points dans le privé, pour limiter les trop grands écarts entre les salariés chargés d'une  même tâche. Mais il y avait des dérogations, des primes d'encouragement, de réelles augmentations de salaires. Depuis quelques années, les crises se succèdent et elles ont bon dos pour ne plus passer à la caisse pour récompenser les plus méritants.

Sur les plateaux de l'émission, un sketch d'une demande d'augmentation de salaire, était représentatif des difficultés. Tentative à double tranchant que les travailleurs ne se transmettent  plus que par des revendications syndicales globales quand le pouvoir d'achat ne suit plus. 0.jpg

 Les médias nous informent souvent que les États-Unis sont dans des difficulltés sans nom. La Californie est en faillite. Enfin, tout dépend du secteur d'activité et de l'environnement.  Si, les failles s'appelaient, au départ, "subprimes", elles deviennent, parfois, des "surprimes".  

Dans la Silicon Valley, la guerre des talents est ouverte ou plutôt, rouverte. On y travaille tous les jours dans les secteurs de pointes. De jeunes patrons lancent des start-up. Les idées germent, foisonnent. Les idées y sont payées apparemment, au prix fort. Les patrons sont en quête perpétuelle pour séduire et embaucher les meilleurs informaticiens. 1.jpgLes étapes pour intéresser passent par un environnement de travail agréable, des salaires substantiels, la prise de participation, les bonus et les stock options dans des packages bien ficelés. 240.000$ par an avec des stock options qui multiplieraient le salaire par 3 si la société progresse, était-il constaté. On cherche des passionnés au travail et ensuite, les river à leur ordinateur. Être compétent, pour seule règle. Mais, rendre l'ambiance de travail la plus agréable possible ne suffit pas toujours. Le "money money" garde sa persuasion principale même s'il ne fait pas nécessairement dans la durée.

L'espace de travail selon Google n'a visiblement rien de désagréable.

Google vient de majorer tous les salaires de 10% pour contrer la fuite des cerveaux vers Facebook. Aveux de faiblesse, disent les employés. Les entreprises au top, hier, cèdent la place à leur challenger à un rythme accéléré. Yahoo, en perte de vitesse, supprimait 600 emplois dans le même temps. Car tout n'est pas "blue sky" dans ce combat de titans. Il faut être "disruptive" et non plus "incremental" comme le disait un des interlocuteurs. Du nouveau, toujours du nouveau. On veut des "rock stars", pas du réchauffé et cela jusqu'à être attaqué sur ses propres bases ou en attendant le prochain bug. 0.jpg

"Manger ou être mangé". Rêver en attendant de passer au cauchemar.

De ce côté de l'Atlantique, c'est la frilosité du côté salaires. Au mieux, ils suivent vaguement l'index des prix à la consommation. En Belgique, l'État cherche des informaticiens. Oui, mais à quel prix? La situation n'est pas différente en France.

Libéralisation de la croissance

Pour appuyer l'idée qu'il fallait augmenter les salaires, Jacques Attali allait plus loin, à contre courant. Il affirmait que la crise des subprimes trouve son origine dans la stagnation des salaires aux États-Unis des années qui ont précédé. Dans le circuit de consommations de plus en plus énergique, posséder sa maison était devenu un "must" pour l'Américain moyen. Tant que les prix des maisons progressaient à la même vitesse que les salaires, pas de problème. Quand ce ne fut plus le cas, emprunter  de plus en plus restait la seule solution. 

Contrairement à l'idée reçue, les salaires ne sont pas l'ennemi de la croissance, constatait-il. Plus les salaires sont élevés, plus les motivations existent, plus la compétitivité augmente. L'écart entre les salaires bruts et nets est prise comme la raison principale des distorsions. L'injustice actuelle se retrouve dans les 80% de la croissance réservée à seulement 5% de la population.1.jpg

Les impôts prélevés par les taxes directes sont trop importantes et font passer le salaire net des Français en dessous de celui des Allemands. Il prèche pour les taxes indirectes sur la consommation.

Innover et rester compétitif ou mourir progressivement. Tel est le modèle très libéral préconisé. Bandé ses muscles et ses neurones, si on a les moyens. Dans le cas contraire, c'est rester à quai. Le libéralisme qui n'aurait pas de contradicteurs si l'application n'avait par quelques aspects très négatifs dans la manière d'attribuer, arbitrairement, les prix aux choses et aux hommes.

La séquence classique des ouvriers français qui revendique une augmentation de 20 euros par mois et qui n'arrive à aucun résultat, montrait le gap énorme qui existe entre les moyens de production et leur rétrocessions. Pas de dialogue à part, la perte des acquis sociaux en opposition à l'usine qui doit rester pérenne.

Dans l'ombre, les dividendes des actionnaires ont progressé de 1007% dans le même temps. Entre 2003 et 2010, la moyenne des salaires ont progressé de 8% tandis que les dividendes de 120%.

La coopérative ouvrière était présentée comme antidote, comme solution à cette injustice. La faillite d'une entreprise reprise par ses ouvriers qui devenaient actionnaires  et propriétaires de leur propre usine et qui reçoivent des participations aux résultats. Un conseil d'administration en bleu et blanc de travail. Cela semble être une bonne solution trop souvent oubliée.

La Chine considérée par ces Occidentaux comme l'"usine du monde", se rebiffe. La loi de l'enfant unique a rendu la main d'oeuvre plus raréfiée. Après des grèves, des suicides, les salaires ont bondi cette année. 

Mais rien n'a vraiment changé, d'après l'émission, si ce n'est des filets de protection sous les fenêtres de l'entreprise de Foxconn. En cause, l'augmentation des salaires est allée de pair avec l'accélération des cadences et l'augmentation du stress.

1.jpgJusqu'où aller trop loin dans un sens comme dans l'autre? Jusque quand la Chine resistera au courant d'air d'Internet?

La culture de la discipline des parents chinois ne se retrouve plus chez les jeunes sous le chapeau d'Internet.

Le "Made in China" n'est plus nécessairement bon marché et la compétition devient plus équilibrée entre les productions orientales et occidentales.

Rééquilibrage en vue? Peut-être. 0.jpg

En Belgique, la priorité serait de trouver des accords interprofessionnels pour 2011 et 2012 en augmentant les salaires et les allocations sociales. Retour en France. De petites entreprises familiales s'organisent mais elles se retrouvent vite à la corde, à la recherche du profit pour payer les intérêts de leurs investissements initiaux et pour se constituer des fonds propres après déduction des nombreuses charges. Ils gagnent en liberté mais en difficultés pour couvrir leurs propres frais et prévoir leur retraite.

Intéresser pour motiver ou travail forcé, ce n'est pas la même option.

Suivant une enquête demandée par un société d'interim, un employé sur deux est satisfait de son manager et un sur cinq le jetterait bien par la fenêtre si le bureau n'était pas au rez-de-chaussée. Les points faibles d'un manager aux yeux des employés restent la communication, le charisme et la faiblesse du feedback sur leur travail. Le bon manager communique clairement, inspire la confiance, est honnête et sait écouter. 

Alors, pour combler les déficits, des auto-entrepreneurs tentent de jouer sur deux tableaux: rester salarié, devenir des hommes à tout faire, des handyman qui doivent rester moins cher que les gens de métier, quitte à être traqué par les autorités pour délit de non-payement de charges sociales.

Trouver la niche qui intéresse le consommateur, calmer les ardeurs du fisc, trouver le juste prix, rester en harmonie avec soi-même... Une perle du travail ou la quadrature du cercle?

Quelques principes de bases existent et sont servis bien chauds par des conseilleurs qui comme chacun sait, ne sont jamais les payeurs:1.jpg

"Concevoir la vie de travail pour soutenir ce que l'on veut vraiment avec le plus de passion. Le travail peut être un amusement, mais il doit sortir de l'esclavage et le stress du métro-boulot-dodo. Tenir ses neurones en éveil. Occuper son temps au mieux, pour qu'il ne soit pas perdu pour soi-même et pour les autres. Garder des objectifs réalistes. Oser dire "mon temps est plus important que le vôtre" et “Vous n'êtes pas importants” est une bonne cure.
Si cela ne marche pas passer apprendre quelque chose de nouveau."

YES. Un bon programme d'équilibres très subtils et un choix très personnel que l'on peut se souhaiter en fin d'année et qu'on oublie bien vite dans les rigueurs de l'hiver qui suivent.

Cette fois, pas de citations pour ce billet.

Trop nombreuses, trop lourds. Le Père Noël n'en a toujours rien cirer. Un peu fainéant, cette année, il n'a aucune envie d'en sélectionner dans sa hotte.

1.jpgCe personnage illustre aime les histoires vraies qui finissent bien, style du conte de fées, au besoin des contes moins légers et au pire, des théorèmes incontestables. Alors, donnons lui, un de chaque.

Vendeur de gaufres au suc' à New-York

Imaginez que vous vous promenez du côté de Broadway, tout à coup une odeur de gaufre vous caresse les narines. Cela vient d'une camionnette jaune qui arbore un drapeau belge et une enseigne "Belgian Wafels". Un certain Thomas De Geest est devant ses fers. Il y a une dizaine d'années, il était consultant chez IBM. Il gagnait 100.000$ par an, à cette époque. Envoyé partout dans le monde, il rencontre sa "future" qui lui fait hésiter de continuer. Il voudrait faire autre chose. Elle le pousse vers son plan B. En 2007, il trouve ce chaînon manquant à New York. Au diable la sécurité, la stabilité. Pour y arriver, il n'y avait qu'à apprendre à cuire des gaufres, à y ajouter de la chantilly, des fraises, du chocolat belge, à adapter ses recettes aux goûts locaux. Les gaufres de Liège et de Bruxelles deviennent, parfois, des gaufres boulettes ou avec sauce barbecue. Qu'importe, nous sommes sur Big Apple. Ses connaissances en management on fait le reste. Son site vous apprendra la suite avec quelques wafeleurs et wafelettes hebdomadaires.         

Conte du chômeur à Redmon1.jpg

Un chômeur postule pour un poste de déboucheur des toilettes chez Microsoft.

Le directeur des ressources humaines le convoque pour l'entretien, puis lui fait passer un test avec une ventouse toute neuve. Le résultat est à la hauteur des ambitions. Le DRH essaye le lieu d'aisance et remarque que tout est parfait, propre, après avoir poussé le bouton ad hoc.

Heureux, il lui dit : "Tu es engagé, donne-moi ton email et je t'enverrai le formulaire rempli ainsi que la date et l'heure auxquelles tu devras te présenter pour commencer ton travail."

L'homme désespéré, répond qu'il ne possède pas d'ordinateur, et donc pas d'email.

Le DRH lui dit alors qu'il est désolé, mais que s'il n'a pas d'email, cela signifie que virtuellement il n'existe pas et, comme il n'existe pas, il ne peut avoir le job.

L'homme sort, désespéré, sans savoir que faire, avec seulement 10 dollars en poche. Alors il décide d'aller au supermarché et d'acheter une caisse de 10kgs de fraises.

Il fait donc du porte à porte pour vendre ses fraises au kilo, et en moins de deux heures, réussit à doubler son capital. Il répète l'opération encore trois fois et revient chez lui avec 60 dollars.

Alors, il réalise qu'il pourrait survivre de cette manière. Il part de chez lui, tous les jours plus tôt, et revient chez lui, plus tard, et ainsi triple ou quadruple son argent chaque jour.

Peu de temps après, il achète une charrette, puis l'échange contre un camion et peu de temps après, se retrouve avec une petite flotte de véhicules de livraison.

5 ans passent. L'homme est maintenant propriétaire d'un des plus grands réseaux de distribution alimentaire des États-Unis.

Il pense alors au futur de sa famille, et décide de prendre une assurance vie. Il appelle un assureur, choisit un plan d'assurance et quand la conversation prend fin, l'assureur lui demande son email pour lui envoyer la proposition.

L'homme dit alors qu'il n'a pas d'email! Curieux, lui dit l'assureur, vous n'avez pas d'email et vous êtes arrivé à construire cet empire, imaginez où vous seriez si vous aviez un email.

L'homme réfléchit et répond : "Je serais déboucheur de toilettes chez Microsoft."0.jpg

Moralité 1: Internet ne solutionne pas ta vie.

Moralité 2: Si tu n'as pas d'email et que tu travailles beaucoup, tu peux devenir millionnaire.

Moralité 3: Tu as lu ce message sous forme de conte, c'est sûr, tu es donc plus proche d'un déboucheur de toilettes que d'un millionnaire.

Ne répondez pas, ni ne commentez ce conte... L'idiot à Paris des débuts a déménagé. Il est parti, loin. Parti pour vendre des fraises, là où elles poussent toute l'année !!!

Théorème du Salaire
Le "Théorème du Salaire" de Dilbert établit que "les Ingénieurs et les Scientifiques ne peuvent JAMAIS gagner autant que les hommes d'affaires et que les commerciaux".
Ce théorème peut maintenant s'appuyer sur une démonstration mathématique qui s'appuie sur les deux postulats suivants :
Postulat n° 1 : Connaissance = Puissance.
Postulat n° 2 : Temps = Argent.
Tout ingénieur sait que : Puissance = Travail / Temps
 Donc : Connaissance = Travail / Argent
On obtient alors facilement : Argent = Travail / Connaissance
Ainsi, comme les règles de l'arithmétique le disent, si la Connaissance tend vers zéro, l'Argent tend vers l'infini, sans se soucier de la charge de travail.
A l'inverse, si la connaissance tend vers l'infini, l'argent diminue vers le néant en continuant à travailler.
Conclusions : Moins vous en connaissez, plus vous gagnez d'argent !!!
Plus vous travaillez, moins vous gagnerez d'argent, c'est arithmétiquement prouvé. CQFD.

Depuis lors, "J'M'amuse", comme disait Fernand Raynaud dans un sketch.

Joyeux Noël et bonnes augmentations de ... (à compléter)

 

L'enfoiré,


Mise à jour de 09 avril 2013: Sur 30 carricatures en provenance de l'immigration par semaine, 3 sont acceptées.en cause les règles de l'immigration et les visas délivrés au compte-gouttes. Un maximum de 65.000 par an et par pays.  

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Sur Agoravox, l'argent a-t-il une odeur?

01/11/2010

Livres de figures sociales ou sociables?

Quoi, sur les réseaux sociaux, sur Facebook, vous n'y êtes pas encore? Pas possible. Absurde, même. On y a tellement d'amis qui sont prêts à nous rencontrer sur la Toile, à nous fréquenter, à nous soutirer des informations, peut-être. Mais qu'est ce que Facebook a à y gagner, lui-même? Un film, peut-être? Pas vraiment, sinon comme une nouvelle incitation à son utilisation. 

De Facebook, on en a déjà tellement parlé qu'un film, se devait d'arriver un jour.0.jpg

"The Social Network" vient de sortir dans les salles de cinéma. Le film pourrait faire un tabac et se retrouver dans les nominés aux Oscars. Le film présente une histoire romancée de Facebook avec un rapport de 30% de vérités sur l'affaire de ce réseau social bien connu.

"Pendant la première heure 55, c'est un antihéros et lors des cinq dernières minutes du film, c'est un héros tragique" résumait Aaron Sorkin comme analyse de son film. De lui, on en parle, déjà.

A l'origine, selon le film, une histoire de déception amoureuse aurait décidé ce jeune Mark Zuckerberg à lancer Facebook en 2004. Un "djeune" qui aurait vécu la tragédie de notre époque comme une fable: la solitude suite au rejet par les autres. Solitude qui n'a  pourtant pas d'âge de prédilection.

Amitié, loyauté, traîtrise, jalousie, argent, intelligence, une séries de sentiments se confondent et fusionnent dans ce film alerte et loué par la critique.

Tout commencerait en octobre 2003. Un geek génial étudie l'informatique à l'université de Harvard. Il a d'excellentes relations avec sa bécane et beaucoup moins avec le monde extérieur. Lors d'une sortie, c'est la déception avec une fille. Le Nerd en colère revient devant son écran et crée un site consacré aux filles du campus. Ce sera "Facemash.com" ("Têtes à claques"). Pour ce faire, il récupère des milliers de photos, des jeunes filles de l'université, pirate le serveur de celui-ci, écrit un petit programme pour permettre le vote, envoie sa farce à quelques personnes de confiance et s'en va au cours. Au retour, c'est le bug. Son PC ne répond plus. La boule de neige est partie comme un virus. Le vote de 22.000 internautes, enregistrés à son insu. Mark saborde son programme mais reçoit les plaintes et les bosses de l'université.  Une blague d'étudiant qui finti mal. Il arrêtera ses études avant la fin mais l'idée d'extrapoler sa bévue deviendra "Facebook". 

L'acteur Jesse Eusenberg joue le rôle de Zuckerberg avec des dialogues intelligents, rapides et incisifs, avec un humour caustique et violent.

La vision du film a reçu un accueil glacial chez les pontes de Facebook. "C'est une fiction", lançait Mark. Pourtant, le producteur, David Fincher, l'affirme: "Facebook n'apparaît qu'en toile de fond". Trop de contraintes avaient été demandées par Facebook même  pour permettre le rapprochement avec plus de vérités bibliographiques.

Le film s'inspirait d'ailleurs du livre "The Accidental billionaires: The founding of Facebook - A tail of Sex, Monney, Genius and Betrayal" de Ben Mezrich, traduit en "La revanche d'un solitaire. La véritable histoire du fondateur de Facebook". Bibliographie  qui, elle aussi, n'était pas autorisée par le héros de l'histoire.

La radio a mis 38 ans pour s'imposer et atteindre les 50 millions d'utilisateurs. La télévision, 13 ans. Internet, 4 ans. Facebook, 1 an.

C'est dire que le progrès s'accélère de manière presque exponentielle.

0.jpgPas de doute, tout le monde, à un moment ou un autre, s'y inscrit presque contraint, presque forcé pour raison commerciale, personnelle, familiale ou sociétale. Comme un signe de ralliement, on ne se demande plus à quoi cela va servir, on s'y inscrit, avec remplissant quelques renseignements optionnelles ou obligatoires. Tisser des liens, on y flirte et on s'y espionne. Grâce à des indices qui s'y trouve, le FBI a arrêté des aspirants terroristes. Comme service publique, cela entraîne une véritable inflation de données personnelles sur la Toile dont l'utilisateur ne s'imagine même pas l'intérêt que l'on pourrait en faire à son insu.  Cela devient une véritable "partouze d'infos", peut-on dire, avec des photos de baptêmes, d'anniversaires, de vacances... données utiles uniquement pour ceux qui sont proches ou lointains mais qui resteraient dans un environnement restreint et désiré. La publicité ciblée qui viendra ensuite, n'est pas l'effet du hasard mais est éccepté de bonnes grâces. Des dérapages se produisent de manière plus insidieuse. Des escroqueries, des usurpations d'identité et des mises à mal de la vie privée... pour n'en citer que quelques unes.

Est-ce le narcissisme de notre société mis au grand jour?

Il y a de ça, mais il y a aussi une envie d'échanges pour faire connaître les meilleurs côtés de soi-même, du côté "donneur". Un certain voyeurisme comme observateur du côté "receveur". 

Des utilisateurs, coincés, avec l'idée de "Je suis sur Facebook, donc j'existe".     

Internet était décentralisé, avant cela. Facebook fait revenir tout le monde au bercail. On y est averti des anniversaires de chacun, dont on connaît les préférences et qui peuvent s'accommoder de possibilités de cadeaux à offrir.

Pour le mi-mandat d'Obama, les Américains avouent qu'ils ne s'intéressent aux élections que via Internet, Facebook et plus par la presse papier.

Pas de référendum officiel en Belgique. Qu'à cela ne tienne, Facebook devient "la" Pétition en ligne.1.jpg

On inscrit son commentaire sur le "mur" de quelqu'un. Ce mot "mur" n'est, certainement, pas anodin.

"Cet homme a changé vos vies" titrait le Télé Moustique.

Mark Zuckerber est devenu le plus jeune milliardaire du monde (estimation, 7 milliards de dollars). Il aurait, aujourd'hui, 550 millions d'amis virtuels et pourtant il vit, aux dernières nouvelles, toujours seul dans le réel, à la tête de l'entreprise dans laquelle il travaille 16 heures par jour à Palo Alto. Dans la vie, depuis la fac, il vit avec Priscilla Chan, qui est étudiante en médecine.

Geek, plutôt hacker anarchiste, Mark ne veut pas connaître ce qu'il possède ou gagne.  Zuck loue une maison et roule avec une berline. Cela n'empêche que les amitiés virtuelles sont devenues, tout de même, son fond de commerce avec la fondation de Facebook. Facebook est présent dans 207 pays avec 130 amis par personne en moyenne.

Il n'est pas seul. On compte, au total, près d'un milliards d'internautes dans le monde qui se consultent sur pléthore de réseaux sociaux spécialisés géographiquement et avec leurs propres services. En chiffres, cela représente toutes les minutes 100.000 personnes qui deviennent ami, 510.000 commentaires postés, 83.000 statuts mis à jour.

1.jpgA l'échelle mondiale, on compte 940 millions d'utilisateurs. En Belgique, 3,8 millions d'utilisateurs inscrits (près de 70% de la population). Le besoin des utilisateurs, c'est la technologie, elle-même, qui le crée et les rend dépendants si pas, esclaves quand on sait qu'en moyenne, un utilisateur approche une heure par jour d'utilisation spécifique. Des résistants à l'inscription l'appellent du doux nom de "fesses book", pas par ignorance mais suite à une analyse et n'y avoir pas trouver d'intérêts personnels. Il est vrai que l'effort pour "augmenter" le nombre de ses amis est moindre que celui de le "diminuer".

Une fois catalogué dans le "système", il est difficile d'être sûr de se faire oublier complètement. Tout ce qui est publié reste la propriété de Facebook. La procédure de désinscription propose  naturellement une mise en pause temporaire plutôt qu'une annulation d'un compte.

Seulement 34% des utilisateurs belges se méfient de Facebook. 45% pour Netlog selon l'étude récente de "InSites Consulting". En été 2010, Facebook, attaqué par l'intermédiaire d'un nouveau réseau Diaspora qui dénonçait les risques d'évasion des données, a dû augmenter leurs protections. Les risques de l'utilisation de Facebook pour les enfants ne sont pas nuls.

1.jpgSystème ouvert, Facebook a lancé sa plateforme avec son code source au risque de perdre le contrôle sur les contenus et les revenus annexés.

Il faudra arriver à parler gros sous. La course à la rentabilité reste dans l'ombre mais existe bien. Seul les réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo font rentrer certains revenus. Le toujours jeune Mark Zuckerberg n'avait, peut-être pas, l'argent en tête lorsqu'il a créé Facebook mais l'agent reste le nerf de la guerre. Des associations dans le monde du social sont prévisibles ou déjà en place.2.jpg

Le futur? Des rentrées, d'un milliard de dollars pour 2010 sont estimés. Microsoft est déjà entré dans le capital pour offrir son expérience dans la publicité et le contenu. La vente de produits virtuels aurait rapporté près de 75 millions d'euros. Le Smartphone avec Skype en partenariat, va pouvoir en plus localiser l'utilisateur. Une série d'interfaces, d'applications (zoho, dynamic-webcam, picnik...) avec le monde extérieur s'insèrent dans Facebook tout en restant sous son chapeau. Ce qui sera un avantage et un inconvénient prévisible. 

En parallèle, le Facebook européen, avec 71 millions d'utilisateurs, Netlog grappille partiellement la vedette à Facebook. Également en croissance, ce réseau social a les mêmes problèmes de cash flow. Sorti avant Facebook, lancé par deux étudiants gantois, Lorenz Bogaert et Toon Coppens, Netlog s'appelait, en 2003, "Facebox". Le jeu Gatcha!, implémenté sur la plateforme, permettait d'engranger 20% du chiffre d'affaire. Le succès ou l'échec reste dans l'augmentation exponentielle du nombre d'utilisateurs et... du nombre de dollars qui y serait associé.

L'argent reste le nerf de la guerre comme en tout.

Facebook, des informations collectées sur nos goûts, nos amis, nos habitudes. Informations personnelles fournies, consciemment ou pas.

Le prix de 50 milliards de dollars de valorisation et 500 millions d'investissements de Goldman Sachs et du groupe russe Digital Sky Net. Pour un chiffre d'affaires apparemment estimé à 1,2 milliard de dollars et un bénéfice de 355 millions de dollars pour les 9 premiers mois de 2010.

Goldman Sachs propose maintenant d'y investir. Peuchère... Société qui est loin d'en être à son premier coup fumeux... Elle en a eu les boules des bulles.

Entre 2000 et 2003 pour avoir introduit en bourse des dizaines de dot.com qui firent faillite dans les 18 mois suivant leur entrée en bourse. 0.jpg

"Les ficelles étaient si grosses et l'arnaque était tellement voyante que Goldman Sachs a préféré conclure des transactions avec les plaignants plutôt que d'aller jusqu'au procès (perdu d'avance)".

Un concentré de la bulle Internet, reposant sur du sable?

Un réseau, l'affaire du siècle? Des "spécialistes" estimaient récemment le chiffre d'affaires du réseau social à 1,5 ou 2 milliards de dollars.

Les valorisations sont fondées sur des projections de revenus avec une valeur "supposée", non introduits en Bourse.

Toute entreprise ayant plus de 500 actionnaires doit divulguer ses comptes et autres informations financières. Or, le fonds de GS compte pour un seul actionnaire – c'est du moins ce que la banque d'affaires voudrait faire admettre à la SEC – ce qui évite à Facebook de dépasser le fatidique nombre des 500 actionnaires. Alors, Facebook fait des appels de fonds, pour éviter son introduction en Bourse et éviter la publication des comptes.3.jpg

La SEC n'a pas apprécié ni le montage de Goldman Sachs ni la volonté affichée de Facebook de cultiver le secret sur ses chiffres.

Le problème est que le trésor de guerre de Facebook est la détention de données personnelles de tous ses utilisateurs. Toute personne utilisant Facebook ou souhaitant y investir, devrait se demander qui va posséder – et pouvoir utiliser – ces données.

Facebook, mes amis, mes amours, mes emmerdes ... écrit Olivier Levard et Delphine Soulas.
Les réseaux sociaux de mondiaux sont passés du mondial au local et du virtuel au réel.
4.jpgIls répondaient à un phénomène de société: la perte de relations humaines, le Café de Commerce d'antan. Tous s'y sont engoufrés à tête perdue.
Amis ou ennemis, la belle affaire... La fracture numérique a oublié que l'homme restait grégaire. Sortir de l'anonymat, de la non-reconnaissance avec ses bons côtés,  bien sûr, les mauvais s'en chargeront par après.
Quant à moi, n'espérez pas trop m'y retrouver.
 
En bonne société, la courtoisie, le comptage font la règle principale du jeu. Les perles plus hilarantes, consternantes ou ahurissantes pullulent. Faceploucs les rassemblent.

La carte de constellation Facebook du stagiaire, Paul Butler, montre la pieuvre. “Je voulais voir comment la géographie et les frontières politiques correspondent à l’endroit où vivent les gens par rapport à leurs amis”, dit-il. 0.jpg

Mais, nous sommes au début novembre, cela nous rappelle que parmi les 500 millions d'amis, il doit bien y en avoir parmi eux qui ne répondront plus et qui n'auront qu'une photo souvenir à leur actif. Une pensée pour eux, donc.

Cher "ami" Mark, idée géniale que Facebook...

Vos utilisateurs croissent. Vous comptez, j'en suis fort aise.
Et bien, décomptez, maintenant.

 

L'enfoiré,

Agoravox et Facebook, même lutte ou même combat?

0.jpgAutre article sur le film Social Network

Autres réseaux sociaux : Myspace (130 millions d'utilisateurs), LinkedIn (75), Qzone (200), Habbo (162), Orkut (100), Flixter (70), Baidu (54).

Mise à jour 13/04/2011: La paternité de Facebook avait été contestée par les jumeaux Winklevoss. Vol d'idée. Un jugement vient de régler l'affaire à l'amiable: 65 millions de dollars. Un autre, Paul Ceglia revendique aussi sa part du gâteau: 50%. L'appât du gain fait toujours son office.

 

Citations:

  •  "L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions.", Jean-Jacques Rousseau1.jpg
  • "La cohésion sociale est due en grande partie à la nécessité  pour une société de se défendre contre d'autres.", Henri Bergson

22/05/2010

Le futur du capitalisme? (1)

Le 9 juin prochain, Nouriel Roubini vient à Bruxelles pour nous présenter le future du capitalisme. Les dernières semaines lui ont certainement permis de mettre ses connaissances comme économiste à l'épreuve. Débats d'opinions, idées contradictoires, existent depuis, partout. Tout le monde est au chevet du malade qu'est devenu l'économie avec le capitalisme comme mode de fonctionnement. Quel serait son discours et, surtout, ce qu'en tant qu'économiste, il ne dirait pas...

 

1.jpgRoubini, vous avez oubliez qui c'est? Nouriel Roubini, c'est lui, le Docteur "Doom", dès 2000, qui est reconnu comme premier découvreur de la pierre philosophale de notre économie décadente. C'est lui qui avait senti l'oignon avec les subprimes qui allaient créer des ennuis aux « pauvres » Américains. Cela faisait de lui, la sommité sur la question du capitalisme. Il dit, depuis, qu'il y aura encore plus de crises dans le futur. Dernier livre : "Economie de crise".

Parlait-il de l'économie ou du climat? On aurait pu confondre.

Sur l'affiche de l'annonce était mentionnée sa pensée intime "Parce que j'ai eu raison, je dois travailler encore plus qu'avant".

Ce qu'il entend par "travail", il devrait, au moins, l'expliquer, lors de sa conférence. L'emploi n'est plus assuré sur le terrain. Ce sont les soldes. Le « bonus pension » en Belgique est reconnu comme un flop. Donc, travailler reste une pierre angulaire et d'achoppements dans nos petits jardins très privés.

Ambitieux de vouloir se présenter comme « Messie de l'Économie » quand économistes, politiciens, restent attentistes, nagent à vue, sur un radeau de la Méduse, avec le brouillard et le rivage salvateur dans les rêves anciens.

L'heure n'est plus à jouer à Madame Soleil, mais à Monsieur Parapluie.

Alors que pourrait-il raconter s'il avait de l'humour de circonstance?

Car, manifestement, les analyse des crises échues, cela pullule un peu partout. Faut s'y faire l'ampleur d'une crise, cela ne se précède jamais d'assez d'indices.

Au sommet, avec toutes les cartes en main, Ben Bernanke, le notaire en chef des crises, n'y a vu que du feu comme avec la lanterne rouge de service. Mais, c'était peut-être calculé. Cela remuerait le sang des infidèles ou des trop fidèles. En masochiste, on s'agite toujours dans la douleurs avec le feu dans la maison, avec le tuyau percé de la lance d'incendie que l'on n'avait plus entretenu depuis longtemps. Toutes les ficelles du métier apprises de trop longues dates devenaient si pas obsolètes, très peu en rapport avec les réalités du terrain.

Le futur du capitalisme.jpg"Les économistes simplifiaient tandis que le monde se complexifiait" disait par Baudouin Dubuisson, entrepreneur et administrateur de sociétés. Pas économiste, pour un sous, le Monsieur.

"Tout était en place pour qu'une catastrophe systémique survienne tôt ou tard et surtout pour que les économistes ne la virent pas venir". Après coup, c'est un fait, les phénomènes deviennent nettement plus clair. Les analystes s'en donnent à cœur joie pour expliquer les supputations, les révisions, les échauffourées de la veille dans la mélasse des marchés.

La reine d'Angleterre, non, pas Madame Tatchcher, la grande Elisabeth II, aurait, même, posé la question aux économistes "Why did nobody notice it?".

"God bless economy, her Majesty", aurait pu être une des réponses de l'un d'entre eux.

Si Roubini avait alerté les autorités, il ne fut pas le seul. Paul Jorion avait aussi pris les devants et se retrouve, désormais, sur la sellette sous le feu des questions des journalistes. Il en parlait dans un de ses "On est vendredi".

Les "pré-analyseurs", considérés comme trop alarmistes ont été tous ignorés. Pas vu, pas pris? Erreurs d'appréciation des dangers? Volonté de s'accorder dans un consensus global qui n'existe pas et qui dépasse? Volonté électoraliste, de rester dans la course pour les prochaines élections? Complicités? Le tout dans le même paquet cadeau? Non, le feu au cul donne des ressorts inattendus.

Le futur reste imprévisible. "Le cygne noir" de Nassim Taleb le rappelle, une nouvelle fois, tout se trouve dans la "Puissance de l'imprévisible". Mais, l'imprévisible devient plus prévisible quand tout est prévu, même ce qui n'arrive jamais, assuré au mieux, en bon père de famille, pour ne pas se laisser prendre à la première alerte.

L'avenir donne les chocottes quand tout s'emballe de concert au niveau mondial. Un volcan islandais s'est même réveillé, récemment, pour mettre un peu plus de cendre au cœur de l'économie. La succession des crises en boules de neige, cela faisait penser aux montagnes russes mais sans ceintures de sécurité.

La crise immobilière, ça, c'était pour la maison. La bancaire, pour le bas de laine. La financière, pour les vacances qui s'éloignaient. La sociale, pour confirmer ou enrayer la précédente. La politique, pour trouver les têtes de pipe sur lesquels il faudrait, plus tard, viser avec les fléchettes prévues. On nous servait des effets dominos, pour jouer une dernière fois quand le poker menteur devenait trop aléatoire avec des mises trop lourdes. Fin 2007, Fortis avouait détenir 6 milliards de CDO (Collaterazed Debt Obligations) adossés à des credits subprime. Ils ont été responspables de 200 milliards de $ de dépréciation dans le monde. Poupées russes dont on ne peut apercevoir que la première couche.

Problèmes de riches, me direz-vous. Et c'est vrai, quand on n'a rien, comme beaucoup de pays pauvres ou dit, en plus spécieux, en "voie de développement," on ne voit ce genre de problèmes que par ricochet, sur un lac calmé dans l'impossibilité de faire autrement. De l'humour à partir Burkina Faso, cela change toute la vision comme sur une autre planète.

Mais continuons sur le plan "riche".

Au départ, il y a déjà bien longtemps, c'était donc la Première Subprime Party pour notre humoriste local. Aux États-Unis, ce problème ne représentait que 10% des crédits hypothécaires et 2% du patrimoine des ménages américains. Effet papillon? Quelque part, un papillon qui aurait pris naissance en Inde, en Chine? Qui sait... Maudit papillon, tu nous em...

Les Marx Brothers, pardon, les Lehman Brothers, ont eu, tout à coup, une quinte de toux, suivie par une fameuse grippe H0N0, à cause de battement d'ailes de ce papillon.

La parenté avec le krach de 1929, depuis, revenait dans les esprits, lancinante. A chaque fois, on y trouvait pourtant une différence, et on était rassuré pour un tour. La concentration des richesses dans une petite minorité, tout le monde connaissait ça. Il suffisait de suivre à l'odeur. Car, je vous le dis, c'est un scoop, l'argent a une odeur. Non pas, une odeur de suif. Une odeur vieillotte, rance, une odeur de crédit qui reste trop longtemps dans les coffres.

L'histoire a aussi des gens très avisés pour nous donner des avertissements, des conseils.

Henri Pointcarré avait déjà donné une appréciation négative sur la fiabilité des probabilités.

Michel Berry avait pu déterminé qu'un départ mal évalué pouvait faire dévier, biaiser considérablement le reste des courbes qui se dessineraient, rendant de ce fait, la modélisation totalement aléatoire.

John Hickx établissait une relation entre chômage et salaires. En suivant ce raisonnement, voilà, l'inflation et le chômage qui ne pouvaient plus coexister. Il fallait éradiquer l'un par l'autre. Du coup, l'inflation devenait l'ennemi public numéro un. Une petite inflation, bien mijotée à feu doux, certains l'espéraient et ils n'avaient peut-être pas tout à fait tort de jouer avec cette poêle à frire.

Le risque de la stagflation vint à l'idée de Milton Friedman. Donc, il fallait monétiser ou "assésonner" à la grande louche.

Motiver, Messieurs, pour cela, tout est affaire de cuisine, pas de jeu. La bonne cuisine laissera toujours de bons souvenirs.

Dans les années 1970, les stock options apportèrent des carottes motivantes, bien sucrées. Ces "options" allaient à terme échus mettre du beurre dans les épinards. Normalement... Mais, dans un horizon bouché ou en perte de vitesse, il fallait les garder dans le tonneau des Danaïdes, car une fois cuites, elles manquaient de sel. Plutôt poivrées. Trop cuites, les bulles sautèrent et explosèrent, alors, dans la poële.

Si en temps normal, l'histoire reste toujours une base au présent, elle sert, de moins en moins pour l'extrapoler vers le futur. Tandis que la cuisine, on fait varier les menus et au besoin, on se tourne vers d'autres cuisines plus exotiques.

Mais, c'est pas de la cuisine. Ici, on parle de Bourse, de capital, de monnaies sonnantes et trébuchantes. C'est du jeu pour beaucoup de Nobelisés qui la voyaient ainsi. Alors retournons-y.

Mais, au fait le capitalisme, c'est quoi? Dans une phrase « wiki made », ce serait "la propriété privée des moyens de production à la recherche du profit et de sa justification, par la liberté des échanges économiques et de la concurrence économique au sein du marché, reflétant l'importance du capital, par les possibilités de l'échanger , de l'accumuler et de spéculer, tandis que la rémunération du travail se produit par un salaire.". Tout y est dit, mot après mot. Tout est dans le contrat. Sur la posologie, il n'y a qu'à lire, en petit caractères.

L'idée du "to big to fail" stabilisa les premiers dominos. Les États ont joué les pompiers, chacun de leur côté dans l'espace d'un weekend, sans beaucoup d'oppositions internes. Même pas spécialisés, ils faut l'avouer, ils ont fait ça, bien. Ils ont garanti les comptes des petits épargnants jusqu'aux 100.000 euros et, en plus, ils n'ont même pas eu l'obligation de recourir à leur poche pour les sauver. Oui, il y a bien eu les banques à prendre par la main avec la sagesse de Saint Nicolas et oublier le Père Fouettard.

Maintenant, c'est le tour de la Grèce d'être en première ligne. Tout le monde, se souvient de la moussaka, des fêtas de nos vacances. Un petit mensonge initial, une paille, on va pas en faire un fromage: la Grèce était monté, un peu vite, dans le train en marche de l'Europe. Patrie des philosophes et de la démocratie, comment faire autrement? La Grèce, ce n'est pas la Turquie, voyons...

En secret, un déficit de 12% avec 7% de taux de d'intérêts, alors que l'examen d'entrée dans le club demandait de limiter la casse à 3%.

1.jpgEn février, le plan Obama-Volcker avait, déjà, sur les tablettes de sa ligne de mire, le trading sur comptes propres, les « Hedges Funds », le « Privacy Equity » qui devaient sortir des banques de dépôts. Le plan critiquait vertement les autorités européennes. Le manque de concertations, de coordination avec l'Europe, mis en évidence, trouvait sa réponse par l'obligation de trouver un interlocuteur parmi six présidents européens avec des modèles économiques et des philosophies différentes. J'utilise l'imparfait... pourquoi? Rien de changé.

Le problème de la Grèce représentait le signal que l'on n'avait pas été au bout du Traité de Maastricht. On envisageait le FMI pour apporter le fil à repriser les chaussettes, mais ce FMI ne pouvait aider que par tranches avec des examens de passages intermédiaires. Examens de passage pour constater que le fil avait bien reprisé ces dites chaussettes et pas les bas de Madame.20100506Grèce crise.jpg

En mars, l'idée d'un Fond monétaire européen (FME) vint sur la table. Là, on touchait aux droits souverains des États et cela impliquerait des sanctions pour le non-respect des règles. Une clause de "no bail out" interdisait tout sauvetage d'un pays par la BCE. Bonne idée pour renforcer l'assise de la gouvernance, pourtant, mais, malheureusement, cinquante ans trop tard. Un système de surveillance appelé "Pacte de stabilité et de croissance" fut imposé par le maillon fort, l'Allemagne. Il est vrai que les pays d'Europe sont loin d'être sur le même degré d'homogénéité. Certains pays suivaient directement sur la liste noire des mauvais élèves du continent européen. Même d'accord entre eux, les trois présidences à la tête de l'Europe, devaient chasser tous les membres, un à un, pour agrandir la cagnotte.

Les marchés, eux, ont toujours raison. Ils n'en ont rien à cirer des querelles de clocher des autres interlocuteurs. Ils ont l'habitude de réagir au quart de tour avec un temps d'avance déjà et pensant à l'attaque suivante du maillon le plus faible. Ils évoluent à leur propre vitesse, parfois en automatique, et de manière souvent inédite pour les yeux d'un humain.

Un véritable jeu de l'oie commença depuis lors, dans un roulement d'actions-réactions: tu avances de trois cases, j'en avance de deux avant de revenir à la case départ tombé dans le puit. Faites rouler les dés.

Un jeudi noir, suivi par un vendredi tout aussi noir. Pour corser, un trader avait eu la malencontreuse idée d'arrondir la quanjtité au millier supérieur dans une vente et fut à l'origine d'une petite panique, suivie d'un rebond spectaculaire en prime pour renverser la vapeur dans la boîte à surprise.

Cette fois, ce fut l'euro, himself, qui prenait la trempe de sa jeune vie et dégringolait avec impatience, les marches montées avec patience.20100518Magnifique l'euro.jpg

« Les économies européennes sont si étroitement liées l’une à l’autre qu’aucun pays ne serait épargné par les conséquences de la faillite de la Grèce », constatait M. Rehn. Sans blagues.

Durant le weekend, un plan de secours, un pari de 750 milliards d'euros arriva et devait dissuader les spéculateurs. Une "crise systémique avec une réponse systémique", disait Sarkozy, content d'avoir pu convaincre cette chère Angela Merkel.

Pas sûr que tout le monde s'imagine du nombre de zéros derrière le premier chiffre significatif. Sous le sabot d'un cheval, ça doit le gêner. J'imagine, d'ici, le sketch qu'aurait pu imaginer, Raymond Devos, en la matière.

Le lundi, les pertes étaient presque effacées. On osait parler d'embellie.

Peuchère, le lendemain, mardi, prise de bénéfices, les Bourses retrouvaient la gueule de bois.

Le mercredi, les Bourses mondiales se ressaisissaient grâce à des nouvelles de croissances meilleures que prévues.

En fin de semaine, on s'écrasait une nouvelle fois. L'austérité, demandée aux pays aidés faisait partie du "package". Cela s'est impardonnable. Un ralentissement de la consommation, une nouvelle récession comme futur, ça n'a rien d'engageant pour l'économiste en herbe bleuies sous un soleil de plomb. La déflation fait froid dans le dos. La dépression rigidifie les neurones.

Retour au calme. Il fait beau, on sort les barbecues sur un nouveau plancher herbeux.

En réalité, dans l'ombre, l'Eurogroup pataugeait encore, sans oser l'avouer.

Une volonté d'interdire les ventes à découvert jusqu'en mars 2011, dit l'Allemagne en cavalier seul et ce fut la rechute sur les marchés. Dans ce domaine, on parle de shorts, pas de bermudas.

Alors on compare la situation de Lehman Brother avec la Grèce? A ce jeu là, on n'est pas sorti de l'auberge espagnole. Celle-ci, derriére pouvait constater son taux de survie retrécir et jouer aux tours de vis.

Un pays n'est pas une banque, aussi grande, soit-elle. Le privé qui remettrait les compteurs à zéro avec une faillite, n'est pas aussi simple dans le domaine publique. Plus sensible, plus proche du citoyen lambda, un pays est protégé derrière des impôts, des taxes, des emprunts vers l'intérieur et l'extérieur et ce sera encore le plus petit qu'on retrouvera au tournant. Les manifestations sont là pour maintenir la pression pas pour faire entrer des picaillons dans les caisses.

1.jpgJe lisais "Les connaissance financières s'étiolent". Malgré la crise, le niveau de compréhension des citoyens dans les fonds d'investissements a chuté en Belgique et cela malgré le flux massif d'informations. Les fonds à capital garanti ont désormais la cote. Ben, oui, quand on n'a pas d'idée, faut bien compter sur les "copains".

Heureusement, les cavaliers d'Offenbach sont là. Ils s'auto-corrigent, au fur et à mesure. Acheter la rumeur et vendre les affaires faites, reste le mot d'ordre, la manière de gagner et parfois de perdre. Les courbes statistiques aident pour donner des tendances théoriques, mais ne passeront jamais  de la progression arithmétique à la version exponentielle pratiquée sur le terrain.

La Bourse inspire et expire, bien plus vite. Le temps entre les phases s'est réduit, déshumanisé, virtualisé sous le contrôle de machines impersonnelles. L'argent ne disparait pas, il change seulement de poche sans état d'âme. "On ne spécule pas, Monsieur, on investit" répondait, un jour, un boursicoteur à un journaliste, dans un club d'investisseurs. Il avait raison. L'argent est fait pour rouler. Pas pour rester en compte, perdu dans le temps ou l'espace d'un coffre.

La spéculation, présumée coupable, reste un "producteur de qualité", lisais-je.

1.jpgSans elle, les opérations de couverture des risques seraient bien plus chères. Les projets seraient même bien plus difficiles à sortir de leur cocon, ce qui entrainerait une croissance plus faible, à moyen terme. La spéculation quand ce n'est pas du casino stabilise, plutôt que déstabilise.

Mais, le jour où les gens ont peur ou perdent confiance dans le système, on peut leur demander n'importe quoi, jusqu'à se déculotter. La chaîne du "système" ne tient que par la seule confiance. Les risques sont pris dans des moments d'euphorie. Sur un coup de tête et de belles paroles.

On affirme de manière manichéenne, que les bulles et les krachs sont nécessaire pour assainir la Bourse.

Celle-ci est chouchoutée par quelques privilégiés avec les tickets d'entrée ad hoc. Les autres gardent leurs bourses bien plus basses, plus coincées.

Manipulée, la Bourse? Vous m'en direz tant. Les bonus qu'on promet de raboter, c'est une véritable poule aux œufs d'or pour les États avec la ponction des taxes qui valent la cagnotte de plusieurs citoyens lambda. Plus difficile, qu'il n'y paraitrait, pourtant, de récolter un million de dollars en une fois, que de chercher un dollars dans la poche trouée d'un millions de personnes.

1.jpgPar contre, la fraude fiscale, ça les Etats n'aiment pas.

Les fameux Hedges Funds, vu l'importance des montants en jeu, ne sont même à la portée du commun des mortels, qu'en transitant par le pouvoir des banques qui globalisent les mises. Les banques sont pointées comme responsables de la crise. Ok. On planifie: elles seront mieux contrôlables en juillet prochain. Comment? Une surprise.

Les CDS, (Credit-Default Swaps), apparurent dès septembre 2008, contrats de protection contre les risques de solvabilité d'une entreprise, d'un État émetteur de dettes, obéissent aux mêmes règles que les options PUT, bien connues par les professionnels, pour s'assurer contre une chute. Pas de régulation publique. On achète les contrats et on profite de la dégradation des marchés  pour les revendre à un prix plus élevé. Vraiment pas sorcier, la Bourse. On s'assure, rien de plus normal.

Le problème, c'est quand l'assureur et l'assuré sont les mêmes pourvoyeurs de fonds. Les CDS deviennent des prédateurs en misant sur la chute en gagneur et cela devient très glissant à un niveau d'un pays. Sans réglementations, une assurance qui devient casse gueule pour les États, cela fait désordre. 1.jpgL'Europe va s'attaquer au problème, est-il annoncé, par Michel Barnier. "Ce sont des marchés qui n'aiment pas la lumière. On va les éclairer en pleine lumière.", se vantait-il.

Les dirigeants de tous les pays, pas assez spécialisés dans les techniques numériques d'aujourd'hui, sont souvent perdus ou trop limités par des concepts non maitrisés par l'analogique.

L'ordinateur, lui, est là pour modéliser dans le cours terme avec le plus de rapidité et d'exactitude possible pour minimiser les erreurs. Faire des prévisions dans le court terme ne suffit malheureusement plus. Une vue plus large, à long terme, ne serait plus un luxe avec des idées précises du but à atteindre. Jean-Louis Servan-Schreiber signait "Trop vite" en s'intéressant à cette volonté du court-termisme à tout craint en croyant pouvoir suivre la vitesse des ordinateurs. On ne résoud rien dans l'obligation de trouver des solutions dans l'urgence. La préoccupation des politiques se résume à ce que va dire l'électeur, aux sondages et à la manière dont les médias vont faire passer les messages.

La population est ingrate. Je vous le dis. Pas de réélection pour les politiciens qui seraient des oiseaux de mauvaise augure. Madame Merkel a pu le constater, avec une certaine déconfiture, lors des dernières élections régionales.

Les réunions des États européens ont été soit mal préparées, soit mal ajustées à la hauteur de l'événement. Les multinationales font ressortir leurs propres bénéfices du public d'un circuit étatique trop vorace, pour les réinjecter dans les paradis fiscaux. La boîte de Pandore de la mondialisation a été voulue par l'occident pour évacuer les excédents de production. Malheureusement, ceux-ci ont été vite renvoyés à l'expéditeur par leurs nouveaux concurrents avec des prix trop peu compétitifs par rapport à leurs propres produits.

S'assurer, avec ou contre l'avenir, se solidariser entre les États européens même avec des vitesses différentes, restera le problème endémique de l'Europe.20100326Accord pour la Grece.jpg

Jacques Delors reprenait la même expression pour l'Europe que d'autres adressaient précédemment pour la Chine: "La bicyclette doit pédaler sinon, elle tombe".

Paul Volcker allait jusqu'à évoquer la désintégration de l'Europe. Ça l'arrangerait, peut-être bien, dans le fond.

Les États-Unis ont, également, une dette extérieure tout aussi plus énorme. Mais, la Chine reste, jusqu'à nouvel ordre et parce que ça l'arrange, d'être la préteuse volontaire sans trop de gages en échange. La Bourse de Shanghai a pourtant baissé de près de 20% depuis le début de l'année. Elle n'est donc pas imperméable aux problèmes de l'Occident.

1.jpgLe financier, Marc Fiorentino, va jusqu'à imaginer l'implosion de la Chine. Elle a l'audace de ne pas accepter la chute de son PIB et veut, artificiellement, maintenir une croissance au dessus de 8%. Les banques chinoises ont, il est vrai, des tendances à utiliser les vieux trucs comme les "junk bonds" pour maintenir la barre à cette hauteur. Prêter aux régions pour des projets dont la rentabilité n'est pas garantie sur facture, ce n'est pas plus rassurant et la surchauffe guette.

Qui n'a pas encore pensé à une véritable assurance mondiale dans laquelle tous les pays devraient investir pour espérer n'avoir jamais à y recourir. Pas nécessairement le FMI, mais un fond citoyen créé pour répondre à des projets concrets pour le futur de l'humain et pas pour éponger les défauts et les dettes du passé.

Une taxe qui s'appellerait « Tobin » ou d'un autre nom, sur toutes les opérations financières pour assurer le système? Un très vieux projet, fou? Et si cela devenait comme les prix Nobel qui récompenseraient les pays? Il y aurait le Prix de l'Excellence, du l'Intrépide, du Récupérateur, de la Lanterne Rouge.

Les observateurs des crises avanceraient des explications qui divergeraient moins selon leur sensibilité ou leur formation. Explicite, pas d'invention aux raisons des mouvements, on "dessinerait" le futur avec motivation. Des "Roubini", des Nobel gagneraient peut être moins. Ils passeraient leur tour, plus souvent, dans une ombre temporaire comme partie remise. Passe, impair et manque. Trouver le goal, en permanence, équivaudrait à se retrouver dans le ring des délits d'initié. Prévisions et provisions, ne se confondent pas.

Le catastrophisme, la controverse, l'agitation, la peur, tout le monde sait que cela paie, toujours, en finale. Le calme est moins rémunérateur. La Bourse, elle même, n'aime pas trop le ronron qui rassemblerait trop peu de courtages dans les transactions à l'achat ou à la vente. Elle aime, encore moins, les points d'interrogation.

1.jpgDe l'autre côté de l'Atlantique, on ne parle pas de plan d'austérité. On parle toujours d'expansion, de reprise économique, d'"American dream".

Attention, l'Europe pourrait être un test des spéculateurs avant la "mère des batailles des spéculateurs", celle des États-Unis qui ont creusé leur dette dans les mêmes proportions que la Grèce. Alors, il faudrait organiser les toutes grandes manœuvres, imaginer un nouveau réveil du style de Bretton Woods.

Un idée qui rendit John Maynard Keynes comme l'économiste le plus influent mais qui perdu une large part de son influence à partir du début des années 1980 avec la montée en puissance du monétarisme et de la nouvelle économie classique.

Bretton Woods connue comme une ville du New Hamoshire, une station de ski. L'histoire du monde s'est écrite, la-à bas, dans le grand hôtel Mount Washington Hotel, fondé en 1900 et toujours en service avec une référence aux Bretons dans le nom. Amusant.

On a parlé souvent d'annuler la dettes des pays pauvres comme première approche aux problèmes africains. Les dettes des pays riches, résolues de la même manière, serait une vision encore plus originale. Les banques en seraient seulement pour leurs frais. Juste retour de flammes pour un retour à plus de calme. Pour ces dits pays pauvres, il faudra aussi faire sauter le bouchon sous peine de crouler dans les masses informes et incontrôlables. Un Mad Max qui dépasserait la fiction.20100511L'europ marche.jpg

Certains, plus Cassandre, encore, en arrivent à jouer les kamikazes et annoncent les krachs les plus fous qui trouveraient une issue dans une nouvelle guerre. Une guerre entre qui et qui? Entre l'Occident et l'Orient? Guerre civile entre riches et pauvres? Ils savent très bien que ce point critique ne fera jamais avancer le schmilblick des pauvres. Ils apportent seulement la mousse avec laquelle, il invite les autres à se laver.

Alors, populations du monde, allez-vous jouer votre va-tout et donner votre avis sur la question et chercher les réponses par elles-mêmes, pour vous-mêmes? La "Belle Époque" du patriotisme de l'entre deux guerres mondiales précédentes, montre qu'elle a du plomb dans l'aile.

La Bourse deviendra comme la météo, suivant "les saisons" avec ses tendances, reconnaissant les sautes d'humeur de la nature qui bousculent les règles. Son réchauffement « climatique » actuel ne sera qu'une péripétie qui semblerait encore à jouer à la fin du monde, à la fin du « capitalisme », mais avec de meilleures règles de précaution.

Comme il a été dit, on assiste à la vraie naissance de l'Union économique et monétaire européenne dans la pression des marchés qui n'en ont rien à faire des rêves de grandeurs et des difficultés des États. Pas à sa fin.

On ventait l'Europe. On lui attribuait des vertus spéciales par son mélange de cultures, de langues. Encore faudrait-il en tirer son parti.20100507Euro qui comme Ulysse.jpg

Laissons les économistes insérer de nouveaux chapitres dans leurs cours d'économie appliquée.

La fin de l'accusé, l"euro. Une implosion? Pas de gros mots, SVP, même, si c'est un rêve brisé comme peut le penser, Jacques Delors, européen convaincu.

La monnaie "euro" est le ciment de la zone euro. Il n'est, pourtant, qu'un outil pour faciliter les échanges entre un vendeur et un acheteur. Ne pas confondre contenant et contenu. Cette monnaie subit, comme les autres, des flutuations et une recherche de parité avec les autres outils en présence en fonction de la confiance. Comme tous les outils, ils servent à "entretenir" tout le reste, avec le moins d'efforts personnel possible à donner en compensation. Comme contenant, il ne faut pas le confondre avec le contenu, ce qu'il produit.

Vendredi, la Bourse nous le rappelait en se dissociant l'un de l'autre. L'euro a déjà connu une parité bien plus basse, à sa naissance. A peine un peu plus que que la parité 1:1 avec le dollar pour même retomber plus bas à 0,85 euro après. En 2007, il était arrivé à son maximum à 1,45 euros pour 1$. Pas de drame en la demeure, donc. Un « euro light » avec uniquement, les pays les plus riches? Phantasme. On ne refait jamais l'histoire à sa mesure en la morcelant.

Une baisse de l'euro, c'est une sorte de protectionnisme qui ne dit pas son nom. Dans la zone euro, en utilisant les produits locaux, pour le consommateur, rien ne devrait changer. Dévaluer, c'est importer plus cher. Exporter moins cher. Cela fera réagir les autres exportateurs, très rapidement, pour ne pas rester en rade avec leurs propres exportations devenues moins compétitives.

1.jpgEdmund Phelps disait que l'euro allait survivre. La dévaluation de l'euro n'est pas bonne pour l'économie, mais elle n'est pas catastrophique. Morceller pour rendre encore plus faible? Il préconise de retourner aux techniques du 19ème siècle quand le secteur bancaire finançait l'innovation et les nouveaux projets.

Joe Stiglitz, Paul Krugman, Nouriel Roubini mettaient en doute l'information brute et déclaraient que l'euro pourrait disparaître. Faut-il brûler l'euro? se posait la question le NouvelObs.

Le capitalisme suit en observant des règles de pertes et profits et du meilleur prix performance. Qui dit austérité globale sans raffinement dans le choix, dit rationalisation aveugle, baisse de la qualité au profit de la quantité, diminution du pouvoir d'achat des consommateurs, dans le cycle, augmentation de chômage.

Le "travailler plus, pour gagner plus" est une aberration et ne correspond plus aux réalités du terrain. Pour exprimer ce dépassement, un journal portugais récent paraphrasait cette devise par: "Les Portugais gagneront moins et payeront plus". Le courant inverse devra se mettre, tôt ou tard, en branle pour faire remarcher la machine humaine.1.jpg

Quand la brique va tout va, dit-on, en Belgique. La vie est-elle aussi belle, aussi chic et pas chère, qu'on avait l'air de nous la vendre avec un juste prix et qui n'a même plus une cote correcte?

Dans une économie intégrée, mondialisé, plus personne ne peut espérer s'isoler et établir une ligne Maginot contre les attaques extérieures.

Il faudra remonter aux racines du mal. Recentrer les marchés des dérivés de gré à gré pour réduire la volatilité de l'euro, pour contrer ces investisseurs étrangers qui ont trop d'intérêt à ce que l'Europe ne fonctionne pas.

Éradiquer les arnaqueurs comme Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, pour qui parier sur la baisse des titres avec des titres parachutes n'a fait fructifier son propre pouvoir.

1.jpgEric De Keuleneer imaginait un Follamour qui pourrait faire sauter n'importe quel pays. Ce "charmant" Monsieur aurait seulement besoin du marché CDS dans un marché inofficiel, de gré à gré, opaque et manipulable et la possibilité d'emprunter les actions qu'il veut vendre à découvert. Lenine avait bien dit que les capitalistes prêtaient la corde pour les pendre, rappelait-il.

Éliminer le capitalisme? Une fois, qu'on y a trempé le petit doigt, le corps suit immédiatement. On surnage ou on coule ensemble, corps et biens. La Bourse aide à l'invention, au développement et par là, au progrès vers un futur meilleur parfois dans la tourmente.

1.jpgLa Chine l'a très bien compris. Jusqu'en novembre 1935, elle utilisait le dollar d'argent. A cette date, la monnaie yuan reprenait le flambeau à la même valeur.

Nixon en 1971, a mis le feu aux poudres de l'or en déclarant la non-convertibilité de celui-ci en dollars. Une bourde, pire que le Watergate! L'instabilité, il aurait dû savoir qu'il n'y a rien de plus lourd à supporter dans le commerce international.

Réévaluer le yuan, même légèrement, équivaudrait à éviter la surchauffe et réduirait l'écart de la consommation des ménages limitée à 35% du PIB, alors qu'elle s'élève au double aux États-Unis. Cela entraînerait des ajustements en cascade. Les exportateurs japonais, les technos et les minières seraient bien placés pour en profiter. Le chacun pour soi étatisé.

Comme en toutes les disciplines, il faut sécuriser, discipliner, réguler, solidariser, enlever toutes possibilités de nuire à l'ensemble pour couvrir les bénéfices à bien plus que des minorités par des mécanismes alambiqués.

1.jpgVendredi, les hautes instances européennes sont entrés en séminaire, en « task force » pour éviter en amont et en aval les dérapages budgétaires. Les conclusions se retrouveront à l'agenda du mois d'octobre. Les vacances sont sacrées et puis elles prêtent conseil. De l'autre côté, dans le même temps, Obama peut enorgueillir avec sa nouvelle réforme financière de Wall Street.

L'accord de Buttonwood - du nom du platane d'Occident ("buttowood tree" en anglais), situé à l'emplacement de l'actuel numéro 68 de la rue Wall Street, sous lequel traders et spéculateurs se rassemblaient pour commercer - fut signé le 17 mai 1792 par vingt-quatre traders new yorkais, marquant la naissance de la bourse de Wall Street.

Cela fait donc, 218 années que cela dure. Ce serait pas mal, donc, de reviser les compteurs...

Les 10 économistes les plus influents de l'histoire pourraient être dans l'ordre John Maynard Keynes, Adam Smith, Milton Friedman, David Ricardo, Karl Marx, Joseph Schumpeter, Friedrich Hayek, Alfred Marshall, Paul Samuelson et Irving Fisher.

Pour les citoyens lambda, le « Comment devenir riche » reste une préoccupation porteuse.

Le capitalisme a, donc, encore de beaux jours devant lui.

Et, si on ramenait cela à la sociologie, à l'anthropologie comme le préconisait Jorion dans son dernier « Le temps qu'il fait ». La Bourse, c'est pas sa tasse de thé, disait-il. Il disait avoir son maître à penser en la personne de l'anthropologue William Rivers. Celui-ci s'est fait supplanté par son propre élève, Bronislaw Malinowski. Dégommé de l'histoire, Rivers. Qu'en tirer comme morale, sinon que personne n'est à l'abri et que chacun trouvera son remplaçant dans un créneau inédit. 20100521On nous cache tout.jpg

Plus actuel, dans une balance à plateaux multiples, en prenant la bonne mesure, on arrêterait de s'interpeller car c'est ainsi que d'aigre-doux, on finit par avoir des relations acides.

Dans l'ordre, avec des idées originales, on réagirait en cessant de parler d'un souci à résoudre:

  • Si on me laissait faire la boulot sans revenir sans cesse à la charge, il serait résolu dans les meilleurs délais.

  • Si on venait à m'ennuyer sans cesse, il passerait alors au bas de la pile des problèmes à résoudre.

  • Si on insistait, comme en arrive à le faire le camp adverse, alors on se déclarerait incompétent.

  • On expliquerait, alors, à son interlocuteur le pourquoi de la chose et on le prierait de trouver un autre intervenant.

C'est ainsi que les gens continuent à fonctionner, à apprécier le travail. Cette règle est affichée, partout, dans tous les bureaux du monde avec celle des miracles.

On est là pour travailler pour la collectivité mais pas pour rendre des services. Il faut que le travail soit fait dans les meilleures conditions et sans aucune pression externe. Il faut donc que les plaideurs sachent patienter. Cela finit même par guérir les sourds. Ces derniers commencent, alors, à fonctionner plus efficacement. Étrange, non ?

Tous les travaux que l'on fait exécuter, doivent se faire dans un calendrier déterminé à l'avance et on ne résout pas un problème facile pour mettre en difficulté le reste des équipiers. On ne le fait que si des personnes sont disponibles après une évaluation des charges. Tout est alors prévu. Chaque chose en son temps avec, sous l'oreiller, la maxime "A chacun son métier et les vaches seront bien gardées".

Cessez donc de nous apostropher, philosophes, conseilleurs et de vous justifier tous: ON a compris. Vous êtes là, sauveurs de l'humanité. Fini de jouer? Le mot "éthique", est revenu dans le vocabulaire moderne. L'intégrité, on n'ose pas trop chercher les racines communes avec l'intégrisme. Solidarité, alors qu'on a plus connu une solide hilarité dans le haut du pavé... Le communisme est souvent pris comme l'opposé au capitalisme. En finale, le but final est le même par des chemins de traverse. Traiter la maladie, en cassant le thermomètre, n'est pas la solution.

On se souviendrait même d'une très vieille chanson "Quand la mer monte, j'ai honte. Quand elle descend, je t'attends".

Toujours à la mode, elle permettra d'éviter des "Chroniques du temps qui trépasse".

Pour conjurer le sort, Roubini pourrait conclure par "Euro, qui comme Ulysse, a fait, dans le temps, de beaux voyages".

Ce serait de l'humour dans l'économie, tel qu'on a pu le constater, ce weekend, à la Zinneke parade, par exemple... ou alors, dans un style tout à fait guerrier entre l'intérêt général et l'intérêt particulier...11.jpg

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, de grands économistes?

 

Une autre vision. Plus poétique? C'est selon...

 

Citations:

 

  • « Si quelqu'un vide sa bourse dans son cerveau, personne ne pourra la lui dérober. », Benjamin Franklin

  • « La terre est peuplée de truqueurs et de bavards, qui se servent des mots comme d'une monnaie qu'ils sauraient fausse. », Françoise Sagan

  • "Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des questions. " - Daniel Pennac.

un corolaire serait : "Ce sont rarement les blogs qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des commentaires. "

 

01/02/2010

La politique médiatisée, une fois

Le "Question à la Une" du 27 janvier (vidéo)  comparait deux manières de faire le joint entre politique et médias: la méthode belge et la française. Aborder les relations entre le monde des journalistes et des politiciens, une histoire d'amour forcée dans les deux cas? En somme, à chaque politique, à chaque citoyen correspond son média...

L'annonce de l'émission

0.jpg- Journalistes et politiques sont-ils complices ?
A force de se côtoyer, journalistes et politiques finissent-ils par entretenir des liens de proximité ? Les hommes politiques tentent-ils de contrôler les journalistes ? Certains partis font appel à des sociétés spécialisées pour évaluer l'image que les médias donnent d'eux. D'autres font taire les journalistes qui les gênent.

- Nicolas Sarkozy menace-t-il la liberté de la presse ?
Le prochain patron de l'audiovisuel public français sera désigné directement par Nicolas Sarkozy, qui n'hésite pas à se renseigner sur la vie privée des journalistes qui couvrent l'actualité de l'Elysée. Quelle est la latitude de critique des journalistes français ?

Contenu de l'émission avec quelques remarques en plus

En Belgique:

Rappel: Quatre partis se partagent la scène politique dans un gouvernement parlementaire et constitutionnelle, formé à la proportionnelle capté par les élections. Trois pouvoirs indépendants l'un de l'autre. Le pouvoir législatif fédéral fait les lois et contrôle le pouvoir exécutif. Il est exercé par le Parlement et par le roi. Le Parlement est constitué de deux chambres, le Sénat et la Chambre des Représentants. Le pouvoir exécutif fédéral dirige le pays. Il fait en sorte que les lois soient appliquées de manière concrète et qu’elles soient respectées. Il est exercé par le roi et son gouvernement, constitué de ministres et de secrétaires d’État. Le pouvoir judiciaire, exercé par les cours et les tribunaux, se prononce en matière de litiges. Il contrôle également la légalité des actes du pouvoir exécutif. Au pouvoir, des laïcs et une liste de catholiques.0.jpg

Les relations entre politiciens et journalistes ont toujours été du style "Je t'aime, moi non plus". Chacun en est conscient.

Mais, y a-t-il des passages d'un bord à l'autre ou des collusions? C'est ce que pense le citoyen, surtout quand il voit certaines accointances et intérêts en commun. Des époux dont l'un des membres se trouve en politique et l'autre au sein des politiques. Des journalistes qui grâce à leur renommée médiatique, passent le Rubicon en se présentant aux électeurs.

0.jpgUne proximité gênante? Journalistes et politiciens complices avec un sort lié?

Cela ne semble pas, mais voyons de plus près car il y aurait conflit d'intérêt que de ne pas respecter les frontières.

L'affrontement, entre les deux bords, prouve le contraire. L'hypersensibilité des politiques à l'égard des médias est bien réelle. Normal et nécessaire dans un État de Droits qui se respecte avec des différences d'objectifs.

Alors, des pressions d'un bord sur l'autre?

Aucune à partir des politiques, est-il répondu à la question par les journalistes.0.jpg

Les partis ont leurs préférés chez certains médias télévisuels, mais cela change en permanence et les camps évoluent dans le temps.

Les "affaires douteuses" qui reviennent en cycles dans les paroles des journalistes, ne plaisent pas au sommet des partis. Alors, on râle. Le temps de parole, le nombre de fois que les politiciens sont interrompus, tout est comptabilisés, diabolisés. L'importance des partis est ostensiblement avancée pour expliquer les dérapages et les mauvais comptages, disent les politiques attentifs. Les journalistes s'en défendent en disant que seul la qualité des discours des politiciens influence pour interrompre les déviances des politiciens du cadre des questions posées, tout à fait, "impromptues et involontaires" comme il se doit.

L'intérêt des politiciens est de faire parler d'eux. Les livres, pleins d'expériences, sont des outils d'utilité publique. Le discours le plus simpliste est souvent la base d'une réussite de la compréhension du message. Informer nécessite une complexité parfois toute inhabituelle inadaptée au commun des mortels.

0.jpgLa hantise de commettre en direct la faute devant les médias est bien présente et certains préfèrent de sortir de l'interview non préparé.

Alors, des listes noires de journalistes circulent. Il faut maîtriser son info, coûte que coûte et se méfier des journalistes trop zélés.

Pour maîtriser l'information, il faut de l'investigation et il faut assurer. Des idées fixes? Mais, non.

Les "tout de boîte" intéressent les politiciens par le fait que tout message passe sans véritable contrôle mais n'apporte aucune valeur ajoutée du côté du travail éditorial.

Des émissions auxquelles les citoyens sont appelés à questionner et à commenter leurs politiques ajoutent la pression de la base. Il y a de tout derrière des pseudos et des SMS. Parfois téléguidées, parfois très organisés, parfois totalement libres de tout attachement politique.

Les journalistes votent plus à gauche que les citoyens en général d'après les statistiques. Vision plus critique, plus progressiste? Non, peut-être.

Les actionnaires des médias ont une influence plus à droite, mais elle est minimisée. L'info masquée par le monde des affaires? On s'en défend.

Les affaires, les magouilles, BHV occupent les trous de nos soi-disant volontés de réformes. Les Bourgmestres non nommés suite aux élections inquiètent, un jour et puis, plus rien. Le flamand est l'ennemi désigné du francophone et vice-versa dans un spectacle à petit budget. Le populisme fait les choux gras des affaires de petites vertus pour remuer les neurones endormis. Alors, on s'inscrit tout ragaillardi d'avoir trouvé le bon filon.0.jpg

Les internautes restent, c'est vrai, assez discrets. Quelques commentaires un peu vifs pour commenter les articles des journaux mis en pâture sur Internet suites aux interviews de politiciens, mais pas de quoi fouetter un chat ou un tchat. 

Les discussions énergiques entre partis amusent la galerie, plus qu'elle n'émeut.

Le Soir a Kroll, comme caricaturiste "sarcastique" pour déboulonner les idées reçues avec un décalage sur l'information chaude.

Pouvoirs et contre pouvoirs ne sont-ils pas les mamelles d'une démocratie prise entre journalistes et politiques qui continuent à l'aimanter. Le véhicule de l'information émoustille parfois les narines, mais la caravane passe.

Vaccinés, on se souvient de nos histoires belges qui transitaient par les sketchs de Coluche. mais aujourd'hui, le "politiquement correct" a pris la relève.

0.jpgQue dire de nos télévisions en tant que téléspectateur belge?
La télé semble tout nous dire. Les budgets, sans aucune commune mesure avec ceux des télévisions françaises, se partagent entre communautées et publicités. Public ou privée, elles s'épaulent comme ce fut le cas lors du drame d'Haïti. Toutes les télévisions étrangèrent sont accessibles par le câbles ou par décodeurs en numéric.

Cela va du bétisier comme quand nous avions appris que le Roi Albert II avait  été opéré pour une fracture du col de l'uterus, que la Brabançonne avait des airs de Marseillaise, quitte a faire une mauvaise bouillabaisse, jusqu'à nous tester pour voir si nous n'étions pas endormis avec "Bye bye Belgium".

Mais, tout était faux. Alors, il y a des débats qui sont assez bien gérés.0.jpg

Donc, tout va bien?

Peut-être ben que oui. Sans le savoir, on a inventé, avant l'heure, le vert "j'espère" dans le durable.

Parfois, par la méthode Coué et la concertation avec le mot "ensemble" comme leitmotiv.

On cherche le plus pauvre et on annonce tout de go que "Manifester n'a jamais créé d'emploi".

L'Etat serait plus généreux avec l'Église. On s'envoit même des hommages entre partis.

0.jpgMême la Sûreté de l'Etat publie son premier rapport.

On aura tout vu, voilà, qu'on parle encore de "wallonisation" de la Flandre.

Pour couronner le tout, voilà qu'on joue avec les grands du sport.

On croit rêver. La Belgique, un pays de cocagne?

"It's under control", comme on dit chez nous pour ne pas avoir de problèmes linguistiques.

Ça roule, mais on ne veut pas savoir pour qui. Car il y a parfois des ratés. Il y a le "Jeu du dictionnaire" et la "Semaine infernale" pour remettre les horloges à l'heure.

Conviviales nos télés. C'est un peu le mot qui convient.0.jpg

Alors, tout le monde, en fille indienne à confesse avant la grande messe?

Avant cela, alley, chef,  une demi-gueuze, une fois, car on a soif.

 

En France:

Rappel: République présidentielle à scrutin à deux tours. Laïc. Le Président choisit son équipe gouvernementale. Il est élu pour un quinquennat renouvelable. Politique très différente de ses prédécesseurs. Un véritable "système" avec des réformes à répétition dans un rythme infernal pour faire table rase du passé.

D'entrée de jeu, certains analystes en France disent que c'est plus une presse de révérence plutôt que d'investigation.

0.jpgLe Président Sarkozy "vampirise" les médias. La France n'a jamais connu un président aussi médiatique.

Il est partout et tout le temps. Comme ses déclarations, ses annonces importantes sont imprévisibles, des journalistes deviennent les rémoras de leur fournisseur d'information, le Président.

Des visites d'usines deviennent stratégiques. Le critère de taille est même avancé pour faire opposition équitable au Président. Il fait le bonheur des magazines people avec ses épouses successives.

Les journalistes à la botte du pouvoir en place? S'ils ne sont pas empêchés d'exercer leur profession, ils sont très encadrés. Toutes les vérités ne seraient pas bonne à dire ou à écrire, est-il dit, même si la Sibérie n'est pas le bout du chemin.0.jpg

Les informations "dérangeantes" s'incrustent en France par l'intermédiaire des télévisions étrangères comme un blanchiment de l'information. Travailler sous pseudos ou noms d'emprunt, devient la norme si l'on veut sortir des sentiers battus. L'information, pure et dure, se vend au prix fort et, souvent, sous le manteau.

Les Guignols de l'Info font exceptions par l'ironie et l'humour. Canal +, des journalistes qui sont encore épaulés en derniers bastions de l'indépendance.

Le patron de Paris-Match, viré, le remplacement de PPDA ne manquent pas de laisser des soupçons. Les chaises musicales s'organisent.

De petites paroles "malheureuses" ne sont jamais perdues et les vengeances des politiques existent dans l'ombre par seule incitation pour améliorer une situation jugée trop peu dans l'air du temps. L'expérience fait place à l'aventure.

Pour se renforcer aux entournures, des liens entre politique et grands patrons des médias existent au sein même du pouvoir. Alors,  pour assurer, aucun politique haut placé, s'il ne se fait représenté par un porte-parole, ne s'est jamais présentés en public sans connaître les questions d'avance.

Désirer nommer les dirigeants de l'audiovisuel publique par le Président établit manifestement un conflit d'intérêt et crée un mélange des pouvoirs. L'indépendance de la presse s'en trouve amoindrie, de fait ou par soupçon.

0.jpgUn humour sarcastique pour répondre aux questions des journalistes trop précis dans les questions, de la séduction dans des rapports très directs, au besoin, par le tutoiement, des liens d'amitiés fictives, permettent d'éluder les problèmes en rendant la critique possible que dans un sens. Au cours d'une conférence de presse inattendue, il est lancé qu'il existe un doute de faire partie d'"une monarchie élective" plutôt que d'une république. S'adresser de la sorte au Président se solde par un jeu théâtral qui fait rire politiciens et même journalistes. Phénomène précurseur, car, plus tard, le fils de Sarkozy, nommé le Prince Jean, aurait pu être investi de qualifications empreintes de népotisme, si la presse et les citoyens ne s'étaient ligués contre sa nomination.

Répondre aux critiques par d'autres critiques, jusqu'à en oublier la question et la critique, n'est pas un scénario inconnu. Étendre les problèmes pour les minimiser est loin de les faire oublier et pourtant cela en laisse le goût amer.

Ce sont toutes les techniques utilisées pour faire passer les pilules et faire temporiser. Décriptez et il en restera peut être un peu plus qu'une impression. Les inexactitudes existent mais il faut les découvrir.

S'il est reconnu que la presse a toujours été dans le "système français", il est seulement plus visible, aujourd'hui.

Une rupture était vendue au début comme un bienfait? Oui, mais pas celle que le marketing présentait.

0.jpgLa confiance dans les médias s'est ternie et les forums citoyens prennent la relève en y ajoutant une couche assez violente.

Comme Internet fait peur en donnant plus de place qu'auparavant, on essaye de le museler la toile et ses araignée, au milieu, jugés comme impénitents en appuyant cette volonté par l'impression de trop plein, de mauvaises utilisations.

Mais la caravane passe... Il faut dire que Sarkozy hypnotise. « il est quand même génial Sarko, il regarde les gens dans les yeux quand il leur répond », dit la voisine.

On semble passer à la vitesse supérieure quand les bougies s'en mêlent et s'entrechoquent.

Le lendemain de ce "Question à la Une", c'était l'anniversaire du Président. Une coïncidence du calendrier

Donc tout va bien? Juste une question: Qui va encore pouvoir tenir la bougie?

0.jpgLes humoristes, nombreux, très certainement. Ils y trouvent leurs ressources et de leurs idées.

Pour les Belges, du Canteloup, ils aiment le trouver à la télé, juste avant le Jardin Extraordinaire. On a tellement de souvenirs de vacances de la France, alors devant la télé, pour aimer se rafraîchir la mémoire.

C'est vrai, "on ne vous dit pas tout" aux Français, "on vous cache tout, on vous dit rien." Mais, après les 30 glorieuses, faut pas rêver que la "Ferme célébrités" pouvait faire revenir "Douce France". C'est plutôt les vagues de "Thalassa" qui étaient au programme. "Joséphine, ange gardien", "soeurthérèse.com" n'étaient pas au rendez-vous.

Outre Quiévrain, qu'aurions-nous comme distractions pour passer nos longues soirées d'hiver, sans les chaînes françaises?0.jpg

La boucle est-elle, donc, bouclée entre journalistes, politiciens et citoyens? Chacun y a t-il trouvé son compte? Pas vraiment.

La presse française est souvent mal traitée sur les forums citoyens. Une opposition très marquée s'est intercallée entre ces deux médias. Peut-être faudrait-il rechercher les raisons dans les différences de moyens financiers entre la presse belge et la française et la peoplisation des journalistes français.

Oui, il y a une boucle. Elle tourne en cycles concentriques dans une politique spectacle. Merci, pour elle, de nous prêter ses moments avec sourires en commun. Oui, il y a plus qu'un homme au sommet de la hiérarchie française. Il y a un 'système'.

Je lisais très justement sous la plume d'un ami "Une des réalités qui se cache derrière ce choix dit démocratique est que les peuples cherchent toujours/souvent des emblèmes. Des idéaux. Peut-être des utopies. Donc des messages qui font penser ou rêver à des jours meilleurs. A des solutions faciles à comprendre, qui se déclament avec peu de mots. Donc, à des slogans. Les représentants des travailleurs dans un passé pas si lointain avaient la capacité, surtout la volonté, de représenter et de discourir sur ces utopies. Ils ne l'ont plus. Donc, les peuples cherchent des alternatives. Utiliser cet espace laissé vacant, est affaire de recentrage. Ces représentants ont très peur de dire la vérité à leurs affiliés sur ce qui se passe véritablement depuis une vingtaine d'années. Ils sont persuadés que leur survie dépend plus de leur capacité à dialoguer avec les 'vraies' pouvoir en place que d'éduquer les travailleurs à comprendre les véritables problèmes de notre époque. La classe politique ne fait pas mieux."

Le mot "critique", lui, n'est-il pas formé de "cri" qui s'oppose à celui de "tics" de tous les bords?

"Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", disait Musset. Il ne pouvait pas deviner le futur et les médias étaient assez réduits à son époque.

La politique médiatisée_10.jpgEspérons que la critique ait été constructive dans le durable. Le Président a été élu. Pas de doute, là-dessus. La Fée du logis est en place.

Voilà, que le jour même d'anniversaire du Président, le NouvelObs nous apprend que l'hyperPrésident a des plans secrets pour reprendre l'initiative tout azimut. Réformateur ou illusionniste? se demande le magazine. Il n'y a vraiment plus de considérations pour les anniversaires. Pour l'anniversaire, voilà un "ancien ennemi", pas rancunier, qui, relaxé, reprennait en plus du service. Si le journalisme semble vaciller sur ses bases, la justice, elle, n'a semble-t-il, pas encore viré de bord. Quoiqu'on essaye d'éliminer les juges d'instruction pour éliminer un intermédiaire et ... un contrôle.

Qui va trinquer et ouvrir la bouteille de champagne? Qui va y trouver son compte en bulles pétillantes?

Mais, je me rappelle Sarkozy ne boit que de l'eau. Il l'a dit. C'est donc incontestable.La politique médiatisée_20.jpg

Va falloir, encore une fois, déplacer les billes qui restent et elles sont peu nombreuses.

Mais, en France, si on n'a pas de pétrole, on a des idées.

Donc, plus de soucis, pour le Président.

En tout cas, cela fait du bien de, parfois, se comparer dans la francophonie.

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, comparer, c'est pas gagner.

Article "Est-il interdit de critiquer les journalistes français" sur le sujet

 

Citations:

  • "En démocratie, la politique est l'art de supprimer les mécontentements", Louis Latzarus

  • "Vous savez que les hommes politiques et les journalistes ne sont pas à vendre. D'ailleurs, on n'a pas dit combien.", Coluche

  • "La politique est l'art d'oublier que la véritable sincérité ne consiste pas à dire tout ce que l'on pense, mais à penser tout ce que l'on dit.", Jean Dion

 

26/01/2010

Le syndrome d'Erostrate

Le business des "Ex" est tout, sauf, non rentable. Les "In" tremblent pour le rester. Que faire pour rester "In"?

0.jpgErostrate, qui est-ce? Un inconnu célèbre?

Pas vraiment. Il est même plus commun qu'on pourrait le croire.

Wikipedia renseigne qu'il était l'incendiaire du temple d'Artémis à Éphèse.

En juillet 356 av. J.-C., il allume un incendie qui détruit totalement ce temple. Selon Plutarque, l'événement a lieu le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand, ce qui inspire à Hégésias de Magnésie, auteur d'une biographie du conquérant, le commentaire suivant : « on comprend que le temple ait brûlé, puisque Artémis était occupée à mettre Alexandre au monde! »

Mis à la torture, Érostrate avoue les motivations de son geste : il cherche à tout prix la célébrité et n'a pas d'autre moyen d'y parvenir; les Éphésiens interdisent, alors, de citer son nom. L'historien Théopompe le mentionne néanmoins dans ses Helléniques; il est repris sur ce point par Élien, Solinus et Strabon qui font connaître le nom d'Érostrate à la postérité.

Dans sa nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939), Jean-Paul Sartre résume l'histoire en quelques lignes :

Je le connais votre type, me dit-il. "Il s'appelle Érostrate. Il voulait devenir illustre et il n'a rien trouvé de mieux que de brûler le temple d'Éphèse, une des sept merveilles du monde".

- Et comment s'appelait l'architecte de ce temple ? 

- Je ne me rappelle plus, "je crois même qu'on ne sait pas son nom", confessa-t-il.

- Vraiment ? Et vous vous rappelez le nom d'Érostrate ? Vous voyez qu'il n'avait pas fait un si mauvais calcul.

Aujourd'hui, les "Erostrate" fleurissent à tous les niveaux. Seuls, les temples ont changé.

Commençons par le haut du panier. Par ceux qui ont occupé les temples et qui pour raison nostalgique ou péchés véniels, ne veulent pas le quitter.0.jpg

Le NouvelObs de la semaine dernière en parlait dans un article qui s'intitulait "Le business des Ex".

Dans ce milieu, s'éloigner de la vie publique, c'est loin d'être non rentable. Dans cet aréopage, tout est bon pour "subsister" au devant de la scène et, en plus, cela rapporte.

Par l'intermédiaire des organisations caritatives, des activités de consultants, de conférences royalement payées, de contrats commerciaux à la limite du conflit d'intérêt.

Avoir sa photo dans le journal, recevoir un journaliste pour l'interview. C'est le pied. On s'en retrouve tout rajeuni car seules l'absence, l'ignorence tuent.

Chez ces gens-là, Monsieur, on ne se trouve pas "derrière" la télévision, mais "dans" la télévision.

A cause de qui? Ben, de ceux qui regardent "devant" la télé avec des yeux d'envies non assouvies.

Ce vedettariat vend son rêve au prix fort à ceux qui n'ont que les miettes du rêve. C'est le showbiz et la bise du show.

La « people mania », la starification et les idoles n'en sont que les ingrédients.

Ah, oui, je ne vous ai pas dit le principal. Il y a, le nec plus ultra, les livres. Quelques uns sont devenus des écrivains en herbe, des écrivains de l'occasion.

Pour étayer leurs souvenirs, ils ont quitté la place avec des carnets d'adresses en or et font fructifier leur capital même et ont commencé à épargner, pourrait-on penser, pour leur deuxième vie.

Je commence à comprendre les études de clonage, de recherche d'éternité. Entre exister ou mourir, il faut choisir le meilleur, et le plus longtemps possible quand ça marche. 

L'affaire n'est pas neuve, mais elle prend plus d'extension à notre époque ou le besoin d'exister dans la masse ou plutôt, de trouver la meilleur façon d'en sortir, par la reconnaissance de ses pairs est encore bien plus difficile.

Les Papys font de la résistance. Ce n'est pas un mal, du moins, tout dépend de la méthode choisie et de l'impact qu'ils ont sur la galerie. En plus, on devient Papy avant l'heure, en pleine force de l'âge et de ses neurones.

Dans un monde intégré, il y aura de toute façon un nivellement vers le bas pour nous et vers le haut pour d'autres. Espérons seulement que la barre ne soit pas trop basse, pour apporter un bénéfice global.

Alors, on se retrouve imbriqué dans une toile que l'on appelle "Internet".

L'égalité des chances, tout le monde la reconnait dans le fond de lui, comme de la fiction. Être différent est plus une richesse qu'une tare.

Bien sûr, qu'il faut jouer des coudes et apporter ce qu'on a de meilleurs en soi pour faire avancer le schmilblik. En arrière plan, un passé parfois lourd de séquelles et de cicatrices a poussé ou rétrogradé nos envies en dérapage non contrôlé.

"J'aurais voulu être un artiste" n'est pas qu'une chanson, c'est un mythe de fin comme "Je me voyais déjà", de début.

Contrairement à la doctrine, pour vivre heureux, il ne faut plus vivre caché. Internet le permet et en redemande. Alors, pourquoi pas?

Même le Pape s'y met.0.jpg

Une personnalité connue, des « people » ou « peoplette » , seraient-ils les seuls visionnaires, uniquement  parce qu'ils passent à la télé et à la radio?

Chez les "Has been", de plus en plus nombreux, on a de plus en plus de temps à perdre et peut-être des idées à partager.

Il faut, tous, un jour, raccrocher volontairement, arbitrairement ou forcément. par la limite d'âge. Si la période active a été spécifique pour chacun, bénéfique ou maléfique, la quille peut avoir également des développements très différents en fonction de l'historique personnel à partager ou, parfois, à imposer comme nous allons le voir.

0.jpgA chacun de retrouver une suite logique à la bonne mesure en fonction de son potentiel et de ceux qui les suivent.

Différentes voies existent sur Internet pour exprimer ces morceaux de vie.

Le blog, d'abord, le site citoyen ou le forum, ensuite. Mais, les commentaires apportés aux deux et qui ont parfois plus d'importance que les initiateurs du projet lui-même, font partie du "jeu".

Le blog permet d'organiser sa présence à sa mesure, à son rythme et d'espérer avoir tendu un fil suffisamment long pour se voir approuver ou contrer un jour.

C'est de la popotte interne.

Le forum et le site dit "citoyen" doivent se plier à plus de contraintes, de modérations, de partages ou de concurrences d'idées, d'idéologies en fonction de l'espace disponible qui se rétrécit, fatalement, vu la masse des candidats.

Alors, il en existe qui pour rester à flot, passent en force avec des techniques différentes et moins avouables.

Par des artifices divers, ils s'attribuent un temps d'antenne le plus long possible, quitte à choisir l'impulsion et la quantité au détriment de la qualité.

L'originalité prend malheureusement du temps et beaucoup de réflexions. Alors, monopoliser pour étouffer la concurrence devient, une marque de son égocentrisme et de son narcissisme. Autre technique, comme on sait que la castagne amuse et impressionne les spectateurs de cette "galerie".

D'autres tentent le forcing de tout et de tous par les coups de gueules sans adresses précises, en se contredisant au besoin. Tout est bon pour faire mousser. Le buzz, un mot à la mode. La courtoisie n'est plus de la partie de part et d'autres. Normal, quand la jungle s'installe et en plus, c'st sans pièces à mettre dans le bastringue pour que cela joue tout seul.

Pas de formule du style "A la fin de l'envoi, je touche". Si l'angélisme est à craindre plus que la peste, on pourrait espérer une originalité moins douteuse limitée à des "retourne à ton bac à sable, tu ne joues pas dans la "Cours des Grands" comme seul renvoi à l'expéditeur.

Sans l'humour, cela perd vraiment de son jus. L'humour, il est vrai, demande trop de temps, que l'on n'a plus. Donner le temps au temps, disait le spectateur avisé.

S'auto-alimenter avec des clans interposés qui s'opposent dans la bonne tradition de la compétition, en flip flop, avec des répondants, cela semble même grisant.

On arrive pourtant, tôt ou tard, à la nausée des auteurs et des lecteurs réveillée par le temple d'aujourd'hui, l'hébergeur de nos bafouilles.

Pour ce dernier, il se rend compte que l'on brûle son beau temple. Le chahut, cela reste toujours contre productif quoi qu'on en dise. Quand la pâte s'est reposée et que l'on s'aperçoit avec des "victimes" sur les bras dans champ de bataille. L'hébergeur dans le temple, on s'en doute, avec les manettes de contrôles dans les mains, a ses fans, ses privilégiés.

Il faut du respect entre les membres, nul ne le conteste. Ce respect s'harmonise parfaitement avec un temps de parole équitable et aucun passe-droit.

0.jpgDans le monde de la "bébête qui monte et qui chatouille", il ne faut pas oublier qu'on aime, par dessus tout, se retrouver félicité pour ses efforts, quitte à être embaumé, pour ne pas tomber dans l'oubli dans le dernier voyage comme feu Pharaon.

Ses sbires aiment éliminer les empêcheurs de danser en rond et qui ne correspondent pas au modèle que l'on se fait de soi. Mettre hors d'état de nuire ceux qui gênent et qui oseraient critiquer son mal à "exister".

En "stand alone", parfois, avec les copains du café de commerce, c'est le pied. Pour les fans du système, au rythme du "stand alone", on n'a pas le temps d'aller lire les autres articles du forum et encore moins de les commenter.

On s'appauvrit, de fait, dans la consanguinité. Donc, sus aux abus de présences trop unicellulaires.

On espère, alors, plus de garde-fous, plus de modération, pour les autres mais pas, nécessairement, pour soi.

Demeure chaste et pure dans une ambiance "cool" de l'auberge espagnole.

Les aubergistes aiment se voir associer sur la grande piste de leur "Inaccessible Etoile" sur une sorte de grand Jeu d' Échecs, avec des mots comme "Roi", "Reine", à la rigueur, "Cheval" ou "Tour", mais, alors là, pas du tout comme "Fou" et encore moins comme "Pion". Comme les Pions sont légions, pour eux, on a un régime de faveur, la télé et le fauteuil.

La précarité, sur l'autel du temple, serait-elle une histoire de Pions, la richesse celle des Rois et des Reines? La renommée pour les uns, le renom pour les autres.

Du rêve, pardi. De l'air. De la diversité. Au diable, les trucs en plumes.

Des philosophes, aujourd'hui, il n'y en a jamais eu autant. Le virtuel a l'avantage de sortir de l'ombre, avec des pseudos ou non,  pour ceux qui n'osaient exprimer leurs idées dans plus de concret. Et, ceux-là commencent à faire peur chez ceux qui n'y ont vu que du feu de broussaille. On entre , vraiment, dans un monde "métaphysique". Ce monde-là devient une véritable école de maintenance de son ego par rapport avec l'interaction avec l'univers et surtout avec les autres "métaphysiciens".

Dernièrement, je répondais à un ami qui me voulait du bien en me rappelant à l'ordre des réalités pures et dures. Mon enthousiasme m'avait porté à donner mes raisons de ma présence désintéressée sur Internet qui me procurait une joie de pouvoir écrire en sortant du journal personnel ou d'un carnet notes d'antan. Dans ma candeur naïve, je présentais mon désir d'être pro-actif, de rechercher à être utile, de motiver quelques jeunes avec l'expérience qui fut mienne. Il y avait aussi un challenge personnel qui se cachait derrière ma propre version puisque écrire ne m'avait pas effleuré l'esprit avant ces dernières années.

Sa réponse fut laconique: "Tu veux parler de tes blogs ? Quels sujets en particulier ? Connais-tu le nombre de jeunes qui te lisent et/ou ceux qui font des commentaires ?".

Le décor était planté qui pourrait se résumer par la phrase bien connue "Qu'est-ce que tu es aller faire dans cette galère. Tu perds ton temps.".

20090210Darwin.jpgLes réponses se bousculaient dans ma tête de ce matin-là.

Ce serait remonter bien plus haut dans l'histoire des faiblesses humaines pour être complet.

Comme je sais que les longueurs de textes n'étaient pas de son goût, j'ai dévié la question en lui répondant: "Et non, pas par mes blogs, par la présence sur les forums de discussions. Là, où il y a des jeunes avec des contacts inter-générationnels que je me suis fait en virtuel qui sont souvent moins "pincés" que dans le réel. Mes blogs ne sont qu'une "mise en jambe, un départ à la confrontation. Pourquoi les vieux « chnocs » comme nous et pas uniquement des jeunes? Parce que nous avons eu une période de chance pendant laquelle, c'est incontestable, on pouvait espérer mieux en demain. Les jeunes, désorientés, sont en passe de tout démolir. Mais, pour revenir à zéro, il faut des idées neuves sans réinventer la roue. Suivant nos conseils, ils se sont tournés vers les études et ne peuvent pas l'utiliser, c'est une catastrophe pour le manque à gagner. La révolution par la force, cela ne marche pas dans la durée. A Cuba, par exemple, l'esprit de révolution est sur tous les murs. On y nage, on y coule aussi à force d'espérer ce qui ne viendra jamais sans un changement d'optique majeur. Nous sommes passés de "sous les pavés la plage" de mai 1968 à "derrière les claviers la plage.", aujourd'hui".

Non "pratiquant", il n'avait pas encore compris ou pas voulu comprendre le phénomène nouveau d'Internet. Quant aux statistiques de fréquentations, je dois avouer que ce n'est pas ma préoccupation.

Il faut maintenant chercher le ressort et le tremplin vers une gloire interdite. Dans un fauteuil, il y avait des ressorts mais, ceux-ci ont été remplacés, pour raison économique, par des sangles. Quant au tremplin, là, ce sera, plutôt, Zorro qui n'en finit pas d'arriver.20100111Nouveau Leterme.jpg

Le compte-rendu de l'interview d'un joueur d'échecs qui s'excitait à répondre à un journaliste, était tout aussi explicite. "Les échecs demandent beaucoup de concentration et de patience. Une gestion du temps et de l'espace", disait-il.

Le jeu d'Échec est certainement un microcosme de la vie. Mais, si, c'est vrai devant un mini-échiquier, dans le grand, on est loin de rechercher de tels artifices de calcul. La patience, c'est du temps et du temps, c'est de l'argent et du manque à gagner sur la grande scène de théâtre virtuel que l'on voudrait son théâtre dans la vie réelle.

Vous rendez-vous compte de la gymnastique?

En même temps, on voudrait arrêter le temps. On voudrait l'économiser. En garder devant soi, pendant qu'on en mettrait de côté pour assurer ses arrières.

20100125PS Michel & Co.jpgC'est cool, la jeunesse éternelle, non?

L'auto-dérision comme le faisait, dernièrement, Philippe Bouvard dans son livre "Je suis mort, et alors" démontrait bien plus que de l'humour. "Témoignage posthume d'un auteur vivant", était-il dit en chapeau du livre.

Articles à tiroirs, pleins d'idées cachées que l'on retrouve d'ailleurs dans quelques titres du livre, pris au vol, dans son passage fictif vers l'au-delà:

"Distribuer son CV à toutes fins utiles",

"Les figures du passé m'aident à trouver le présent moins long",

"Où j'essaye pathétiquement à me rendre intéressant",

"Où je m'offre les délicats plaisirs de revivre les meilleurs moments",

"Où faute d'avoir des lectures, je me racontes des histoires"

"Où je me fais, mais trop tard, amende honorable"

"Où je règle mon compte avec ceux qui n'ont pas réglé mon cas"

"Où je me résigne à ne plus être informé d'une actualité qui se passe de moi"....

0.jpgJe commence à me demander si Bouvard n'a pas écrit ce livre pour étayer mon article et pour dire, à Erostrate, à titre posthume que son syndrome est toujours d'application.

Bouvard termine son livre par: "En fait, c'est seulement maintenant, en me taisant que je vais vraiment mourir. C'est court, une vie. C'est long, une mort".

Je ne pouvais rêver meilleure fin. Être reconnu par ses pairs mais pas par ses impairs avec l'art de la finesse.

Quant à "Live and let die", c'est la version "James Bond" et cela reste au cinéma.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, la solidité tranquille?


Citations:

  • "Pour un seul mensonge on perd tout ce qu'on a de bon renom", Baltasar Gracian Y Morales

  • "Celui qui est habile en stratégie ne gagne ni renom pour sa ruse ni récompense pour son courage", Sagesse militaire chinoise

  • "Le sujet humain est égocentrique, dans le sens où il s'autoaffirme en se mettant au centre de son monde. Mais, dans son "je", il inclut un "toi" et un "nous", et il est capable d'inclure son "je" dans un "toi" et un "nous", Edgar Morin

  • "Je ne suis pas entrée dans la vie pour rester au vestiaire", Nadine de Rottschild 

Mise à jour 03/09/2012:0.jpg

07/10/2009

Echo à l'Echo

On me dit long dans mes articles et par cela, je serais devenu vieux, disait un commentaire. L'idée de ce qu'est la vieillesse serait-elle liée à ne pas pouvoir suivre l'évolution que par le bout de la lorgnette comme il est très souvent le cas dans les médias? Notre ère d'agitation ne permet plus de faire le lien entre les événements comme s'ils étaient chacun dans un tube sans interactions. Alors, si j'appelais un jeune à la rescousse...

20090311Mentir, mais non.jpgLa longueur n'est-elle pas simplement une habitude de vouloir tout découper en rondelles? La jeunesse, l'expert ne se se confronte plus avec l'autre que pour suivre la compétition. La solidarité, appuyée comme solution à nos crises, ne se trouve que dans les beaux principes du dons du plus riche vers le plus pauvre...

Bien facile de donner l'aumône. Bien facile de pleurer pendant un instant et de penser à autre chose par après. Il y a un temps pour tout, pour expliquer nos penchants. L'analyse demande plus de temps. Chercher les sources des problèmes, les tenants et les aboutissants. Les historiens seront là pour rassembler tout cela mieux que nous ne pourrions le faire. On ne peut être long. Tout doit aller tellement vite. Analyser n'est plus de mise.

Une voix jeune, plus forte, plus savante que les autres, se fait entendre.

- Cela prend du temps et on n'en a plus, t'as donc rien compris, l'Enfoiré. On a le temps de voir des images. Mais, nous sommes au temps de l'image, de la vidéo, pas au temps de l'écrit. Tu peux pas nous faire un dessin à la place? Si tu fais un billet, cela doit être comme tout le monde avec la réduction des traditionnelles 3 minutes impartîtes à tout bon éditeur en monologue.

- Mais je laisse ce rôle aux spécialistes, non? A des journalistes de grands journaux qui sont payés pour se trouver là où se passe l'action. A des caricaturistes pour donner une idée décalée avec le plus d'humour possible. Les médias sont limités par l'espace visuel et par le temps d'antenne et doivent se plier à ce genre de contrainte. A nous de les reprendre pour en tirer la substantifique moelle.

- Quand cela ne coute rien, je survole, je virevolte. Quand j'y ai mis le prix, je lis ce qui me plait. Je sélectionne. Je choisis. C'est mon droit, non?

- Bien sûr. Mais, tu payes pour des textes dont tu n'as que foutre en laissant peut-être échapper la montre en or? Tu te limite aussi dans tes progrès. Pas entendu parler du sommet de l'iceberg? En fais-tu au moins une synthèse, une analyse globale de ce que tu lis?

- Pourquoi faire? On ne me payes pas pour cela. Je consomme. Faut pas mélanger les pommes et les poires.

- Ne consumerais-tu pas plutôt que de consommer? Nous sommes à l'époque du durable. Ce qui nous impose d'utiliser l'information, de l'user jusqu'à risquer en abuser pour son propre besoin. Mais tu verras que tu as partiellement raison.

- Te rends-tu compte qu'en rassemblant tout cela comme si les éléments devaient se ressembler pour subsister, tu deviens complexe?

- Mais vivre est complexe. Je dois t'avouer que je suis un généraliste éclectique. Je vais t'étonner. Je suis d'accord avec toi. L'abondance de l'information nuit à sa compréhension. Elle noie son lecteur. Les médias sont tellement nombreux qu'il te font perdre énormément de temps dans une suite de répétitions, de déviances, de mauvaises prises de conscience. Les médias peuvent, en plus, te tromper. C'est pour cela qu'il faut toucher à tout. Car tout se tient, quelque part, pourtant.

- Ouais. Tu l'as dit. J'ai lu cela. Et tu voudrais, maintenant, que j'en fasse une analyse et que je te présente l'addition dans une synthèse?

20090427Le Soir.jpg- Ben, oui. C'est ça lire l'information. Tiens, on va se limiter. Je vais te prouver qu'il est possible d'aller bien plus loin avec une seule source, un seul journal. Prenons l'exemple de l'Echo que je viens d'acheter. L'Echo, journal qui se dit "Journal économique et financier". Le mot "écho" est bien choisi, à mon avis. Il veut dire "répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle" d'après Larousse. Une "répétition", cela veut dire qu'il y a eu une origine précédente à ce son. Une "réflexion", une nécessité pour être bien comprise. Un "obstacle" puisque c'est ton rôle de jouer cette opposition en objectant par ta thèse, par ton opinion, si nécessaire, pour suivre ta propre pensée et ton expérience. Tu vas voir que tout se tient, pommes et poires, à condition d'en trouver la queue et d'ouvrir ces deux fruits pour en faire ressortir les pépins avant de l'avaler jusqu'au trognon. Commençons, résumons, mais, asseyons-nous, tout de même, car cela peut prendre du temps même pour résumer. Que tirer d'important de ce fatras d'informations qui te sont jetées en pâture et qui pourrait avoir un lien avec ton ego comme fil rouge et ton avenir dans la lucarne? Analysons chaque bout et faisons une synthèse intermédiaire avant d'en rassembler tous les bouts en finale. On risque de s'apercevoir qu'on a lu pour rien. C'est le risque.

- Essayons. Je te laisse le choix.

Première page: "La pyramide des âges pourrait permettre de faire des économies de plus de 3% de la masse salariale sans nuire au service".

20090223Lizin MR.jpg- Sous-titre intéressant pour l'administration wallonne en temps de crise. L'atout magique serait la pyramide des âges. Un rapport de la DG Personnel, commandé par le ministre de tutelle. "Les départs massifs d'agents au plus haut niveau de leur rémunération devraient dégager de nouveaux moyens pour autant que le politique d'engagement veille à recruter des agents avec peu ou pas d'ancienneté". La logique du remplacement serait "davantage de "une entrée" pour "deux départs". "Le remplacement par des jeunes et leur embauche est, par ailleurs, cruciale, parce que les effectifs ne permettraient pas de remplacer le départ massif de cadres en préretraite", est-il ajouté. Et "La cote d'alerte est atteinte car il faudra ramer à contre-courant et développer des moyens pour allonger la durée d'activité des seniors".

Réactions : n'ai-je pas entendu qu'on est de plus en plus nombreux à chercher du travail et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour gagner plus? Le publique deviendrait-il l'équivalent du privé? Main dans la main, gauche et droite? L'expérience, on n'en a rien à faire. On redémarre à zéro, quitte à réinventer la roue. Adieu le savoir-faire par l'expérience. Où a été envoyé le "gras" de ce rapport? Ah, oui, plus loin, il faut "saisir l'opportunité d'adapter nos structures aux besoins d'une entreprise moderne. Le recrutement devient une priorité pour permettre une prise en charge progressive des postes tenus par les agents qui vont remplacer les futures retraités. Revisiter les processus, en les simplifiant ou, mieux, les automatiser dans l'urgence à mettre en place la structure hiérarchique.". Donc, revirement complet. Serait-ce plus de chefs pour faire tourner le bidule? Et, accroitre encore le problème. A qui profite la crise? Quand on sait qu'au cours des 5 dernières années, il y a eu 5318 départs contre 2658 entrés. Qui a besoin de travailler après l'âge limite? Cherche bien. Moi, j'ai trouvé.

- Que vais-je tirer de cela? Ben, on dit tout et son contraire, à mon avis.

- Bien vu. Voilà le type de rapport qui veut le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière et la bénédiction par les esprits jeunes et vieux. Une sorte de quadrature du cercle consensuel. D'accord?

- Information nulle. Qui n'apporte aucune conclusion, si ce n'est de faire perdre le Nord et l'argent de ceux qui ont payé le rapport.

- Tout compris. Passons au sujet suivant.

"Il faut prolonger le nucléaire en Belgique.

- 20091002Nulcléaire plus que jamais.jpgLe ministre de l'Energie plaide pour le maintien en activité de trois réacteurs nucléaires et prône un prélèvement structurel sur Electrabel. Ne trouves-tu pas qu'en période de crise, ce ne serait pas une solution? Je sais, l'énergie nucléaire fait toujours peur, mais qu'est-ce que quelques années en plus pourrait changer? Les experts de Gemix chargés de dessiner l'horizon 2020 préconisent de retarder la fermeture des centrales de dix ans. Une manière de reculer pour mieux sauter.

- "Pour mieux sauter". Amusant. Et les éoliennes, le solaire, les marées, n'est-ce pas la solutions dans le durable? Il faut investir dans celui-ci.

- C'est une optique. Tu as raison par "investir", mais ne se rend-on pas compte que l'approche de l'énergie produite par le nucléaire pourrait se faire par une autre manière? La fission, c'est le plus facile. La radioactivité existe déjà sous cette forme dans le processus naturel spontané. Créer l'énergie comme le soleil le fait, c'est moins facile. La fusion produit, après un "starter" important d'énergie, une énergie bien plus impressionnante encore. Alors, par manque d'investissements, pour des raisons politiques et financières, l'énergie pour tous et presque gratuite, a été mis entre parenthèses depuis des dizaines d'années. Le budget militaire, bien plus important, a permis de construire la bombe H avec la fusion nucléaire. Nous étions en 1945. Les écologistes ruent devant cette décision d'allonger de 10 ans l'usage des centrales, mais n'est-ce pas perdre une partie des solutions?

- On patiente avec du charbon, des éoliennes, du soleil, de l'énergie humaine à bon marché. C'est sûr. Mais quand dans la balance, il y a le risque le risque et les déchets...

- C'est comme devant ton banquier qui te parle des risques des actions avec des plus values importantes contre la sécurité des bons de caisse. Connais-tu des actions en Bourse qui préconiserait l'utilisation de la fusion nucléaire? Pour s'électrifier, le nucléaire "fission" est sauvé par le manque d'investissements. Le renouvelable, c'est bien. L'éternité, c'est encore mieux, non? C'est fou, ce qu'on traîne à trouver les bonnes et définitives solutions.20090101Econologie_Salon.jpg

- Où en est-on dans la fusion? Pas bien loin. On s'impatienterait?

- On pourrait, oui, ta planète en dépend et t'auras toujours besoin de plus d'énergie avec tes gadgets.

- Lol... Passons à une autre page.

"La récession en Irlande sur le point de sauver le traité de Lisbonne"

20080620Europe Irlande NON.jpg- Il y avait la démocratie, il y a aujourd'hui la récession. "Par devant par derrière, tristement comme toujours", on ne chante plus cela de ton temps?

- Que veux-tu dire?

- Lis ceci: "Si l'Irlandais n'avait pas fait partie de l'union monétaire, nous aurions eu un scénario à l'islandaise. Qui nous dit que si l'Irlandais rejette le traité, la BCE continuera à injecter des liquidités dans notre secteur bancaire". La peur du vide. Une crise dans la crise. C'est à coup de référendum que l'on use tous les principes et les idéologies. Suspense? Ton pronostic, c'est quoi?

- J'en ai rien a cirer. Je n'ai jamais rencontré un Irlandais.

- C'est peut-être le même problème et ta réponse semblable pour le sujet suivant.

"La Lettonie, en récession profonde, paie cash sa folie des grandeurs"

- On y lit: "Une chute de 18,5% de son PIB. Ils vont devoir apprendre à gagner leur argent au lieu de l'emprunter. Dégringolade des salaires de 35% et les retraites de 10%. Plus grave pour l'avenir, les universités ont des budgets rabotés de 45%. Les gens voulaient tout et tout de suite." Tu te rends compte des résultats? Tu n'es pas un peu comme ça, aussi?

- Mais nous, jeunes, n'avons rien. Pas d'avenir.

- Conseil d'ami, ne pense pas ainsi. Nous n'avons pas d'avenir. Toi, bien, mais ce sera un peu plus dur pour trouver la bonne porte d'entrée et méritera beaucoup de patience, j'en conviens. Le sujet suivant, ce n'est plus pour toi, quoique...

Les seniories font une percée20091007Père Damien.jpg

- 3,7 % d'octogénaires. Voilà un secteur en expansion. Les plus de 60 ans varie de 9 à 25 % selon les régions. Les "baby boomers" attendent le 4ème âge sans impatience. L'autonomie recherchée donne des opportunités dans les portefeuilles immobiliers. Car il y a encore des moyens de ce côté-là. Les rendements sont en hausses pour suivre la demande.

Mais si si cela ne t'intéresse pas, si tu veux, nous pourrions passer à la synthèse.

- Pas si vite. T'as pas vu la dernière page?

"Spéculations dans la mode".

- Voilà, le bling-bling qui réapparait. Les ventes mondiales du luxe ont chuté de 10% en 2009. Des rumeurs de rapprochements. C'est encore des fusions de sociétés?, dit le jeune.

- Ouais. Même, dans le prestige, on ne compte pas que des amis. Là, on ...

- C'est bien fait pour eux. Le luxe, nous, jeune, on n'en veut pas.

20090310Laurent travaille.jpg- Tu as peut-être raison, mais, là aussi, dans le beau, il y a du business. Le low-cost regarde où cela a mené? Du chômage, des produits qui ne tiennent pas la route dans le temps. Toi, qui aime le durable. D'ailleurs, même après cette chute, on lit "à moyen terme, les acteurs du luxe ne devraient pas tous profiter de la même façon de la reprise attendue de la croissance". L'horlogerie-joaillerie, ce sera plus dur vu les prix d'entrée plus élevés que ceux de la mode ou de la maroquinerie. Donc, là, aussi, il faudra se plier à la demande.

- Mais, quel est le lien entre tout cela? Toi, qui aime en chercher partout.

- N'oublie pas de lire l'éditorial d'un journal. Le travail de collecte a souvent été prémâché. On y lit "La logique et l'équité voudraient que tous les acteurs socio-économiques participent à l'effort selon leur capacité contributive. Et c'est que l'on touche à l'essence du débat", voilà une synthèse, non? Et ta conclusion serait?

- Plus loin. "Secteur public à la diète ou dans la profusion comme pour le secteur privé. La concurrence existent même entre les deux". C'est la m... partout, quoi. Ils cherchent encore des profils de plus en plus qualifiés ? Mais jusqu'où ira-t-on?

20090302Poste.jpg- C'est pas la joie. Faut pas rêver. Tous resteront à naviguer sur un bateau imaginaire en louvoyant entre deux eaux. Ce sera ceux qui auront le gouvernail en main. Sous la pression, ils se retrouveront sur des bateaux de plus en plus rapides mais avec le feu du moteur des actionnaires au cul. Les autres devront apprendre le maniement du tuba. Au milieu, on apprend la brasse-clown en passant par la grève du zèle comme seul moyen de réaction. En fait, tout le monde est pris par les c... mais avec la pièce supérieure plus ou moins longue. Alors, on ne réfléchit plus. On fonce. Tu avais raison, je me fais vieux. Avant, on avait les moyens de sa politique. Aujourd'hui, la politique, sans moyens, ne sait plus où donner de la tête. Alors, quelle voie aimerais-tu suivre? Par ton Internet, tu tchates, tu ne lis plus que les eMails des copains...

Tiens, 20091005Poste demain.jpgla Poste veut engager des facteurs de quartiers. Facteurs que tout le monde reconnait aussi comme du "low-cost". Le rendement n'est pas tout si l'on ne veut pas se limiter au superficiel.

- La Poste? Quelle importance? Tu me parles d'Internet et des mails, donc, on a la solution. Et puis, toujours l'argent...

- Mais tout ne passe pas par là. Tu devrais le savoir. Les colis, les lettres existeront toujours. C'est l'Europe qui veut privatiser à tout va. Elle dit qu'il faut toujours rester compétitif, mais par rapport à qui, à quoi? A eux-même, en cercle fermé? L'argent, comme disait Jacques Attali dans son "Le sens des choses", peut-être un instrument de la valeur, un moyen d'échange et un instrument de la conservation de la valeur".

- T'as pas vu, ils proposent d'accepter une croissance zéro pendant un temps?

- Cela impliquerait quoi? Le budget pour la croissance zéro, c'est quoi, d'après toi?

- Ben, c'est de ne plus lire les informations. Cela me donne mal à la tête et des nausées à l'estomac. Cela pousse à ne plus rien faire...

  • 20090401Grève.jpg- Tu m'énerves. Dialoguer, avec toi, reste difficile. Du temps et de la longueur, je veux bien te les consacrer. Nous sommes en plein dans un conflit de l'eugénisme. Un nouveau conflit de générations. Tu deviens long, long à digérer. Tu n'aurais pas une boule de cristal pour lire notre présent en commun et pour entrevoir votre avenir? Çà, au moins, c'est un média qui nous manque déjà.

    Si je parle de tout, sans oublier d'ajouter son contraire, je ferais preuve d'un certain manque d'universalité dont nous avons tellement besoin dans un monde en expansion. Gardons l'ouverture d'esprit.20090313Chef de cabinet.jpg

Je ne vais pas te gâcher ta journée en te disant que réduire son horizon, c'est, justement, un symptôme de la vieillesse et, sinon, d'un autre, plus grave, l'autisme.


L'Enfoiré,

Echo, écho, écho sur Agoravox?


Citations:

  • « Quand on montre du doigt, c'est parce qu'on veut être certain d'être du bon côté du doigt », F. Lordon

  • « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. », Jean de La Fontaine

  • « La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs. », Jules Renard

  • « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. », Alfred Sauvy

30/09/2009

Diviser ou multiplier?

Mettre le voile au vestiaire ou se voiler la face devant des problèmes identitaires. Voilà la question qui se posait après les manifestations de plus en plus tendancieuses porté par une foule de positions religieuses ou autres. Un philosophe était de la partie dans la discussion. Profitons-en pour ouvrir celle-ci et pour relier l'analogique au numérique.

1.jpgAprès la France qui avec un esprit républicain avait accepté le voile mais mettait la burqa sur la sellette du questionnement. La Belgique reprenait la question de l'acceptation du voile à l'école. Le MR belge demandait d'interdire le voile et tout signe religieux à l'école au moins jusqu'à l'âge de 16 ans.

Le 22 septembre, le philosophe Guy Haarscher était interrogé à la RTBF sur l'interculturalité. Il faut apprendre à vivre ensemble, était sa conclusion. Il pilote des Assises de l'interculturalité. Une nouvelle tentative de rapprochement dans notre pays qui se paye une capitale baptisée comme un laboratoire de l'Europe.

Les religions prêchent à la multiplication, alors qu'elles cherchent à diviser les peuples entre les bien aimés de différents Dieux et de ceux qui n'en seraient pas.1.jpg

Pour réussir une intégration, dit Guy Haarscher, il y a deux conditions:

1. éviter le racisme "qui existe des deux côtés", également dans les minorités.

2. lutter contre l'intégrisme religieux "car quand il y a des problèmes, quand il y a des conflits, quand les gens sont dans une position de vulnérabilité, ils sont captés par des groupes intégristes".

La laïcité serait un modèle à préserver en l'état pour tout le monde. "Laos veut dire peuple. L'État est l'état de tout le peuple et pas seulement ceux qui pratiquent une religion ou une autre. Cela a été un grand combat en Belgique contre la domination du catholicisme. La laïcité est la liberté pour chacun. Mais pour ça, il faut éviter que les religions, d'où qu'elles viennent, ne recolonisent l'Etat", concluait-il.

"Laïc, c'est le hic" écrivais-je, un jour. Être athée ne veut pas dire être laïc, m'avait-on rappelé à l'époque.
Ok. Mais... « L'église ne reconnaît qu'une sorte de laïcs : les siens. », disait Carl Dubuc

"Il faut être ferme contre les pratiques racistes et contre l'intégrisme", ajoutait le philosophe en prenant la position d'interdire le voile à l'école. Là, se trouve la véritable nuance.

Ici, ce philosophe prêche pour la non-reconnaissance d'une appartenance à une religion, au moins pendant les premières années de la vie d'un enfant. Assez normal de ne pas être embrigadé pour un adulte en formation.

Je ne vais, pourtant, pas reprendre le flambeau de cette discussion, trop présent dans tous les médias pour en remettre une couche. Les représentations vestimentaires, comme la mode ont déjà pas mal de points d'interrogation dans l'histoire. Cette pièce de tissu cache la femme du plus simple au plus intégriste par hidjab, jilbab, tchador, niqab, burqa. De moins en moins, ouvert vers l'autre. Les témoignages féminins se retranchent, derrière la Foi, les convictions ou la culture pour expliquer leur décision tout en se voilant la face.

Mais ne nous voilons pas la face et cette fois dans sa version au figuré. Nous nous retranchons derrière une foule de barrières.

Question: Sommes-nous prêts à nous aimer ou au contraire, nous écartons-nous de plus en plus d'une volonté de communion des peuples derrière nos frontières rikiki? Beaucoup d'éléments perturbateurs à l'amour entre les hommes sur le chemin de l'intégration.
1.jpgLes frontières existent bel et bien. Même l'idée de la nation ne suffit plus. On pense, désormais, régionaliser à sous-régionaliser, en espérant se placer plus près des convictions des gens, plus en relation avec leur culture propre, plus en relation, aussi, avec ce sol qui a vu naître ses propres contemporains, concitoyens, plus en communion avec notre enseignement spécifique. Les langues, aussi, s'attachent comme une colle indélébile et invisible à nos envies de reconnaissance. Tout est aussi en place dans l'environnement pour séparer: les idéologies, le pouvoir d'achat, les religions, les symboles... Tout divise pour empêcher les contacts plutôt que de les multiplier.

Personne n'est le clone d'un autre. C'est notre haut degré de complexité qui veut cela. Similaire, mais jamais totalement identique. Mais, c'est un pluralisme d'idées, une richesse, dit-on. C'est très probablement vrai, mais, c'est aussi un grand défit qui ne trouvera son échappatoire qu'avec l'effort de chacun.

Déjà, au niveau de base, dans l'entité familiale, garder 'l'église au milieu du village", suivant l'expression consacrée, cette richesse peut être une affaire de discussions opiniâtres.1.jpg

Voilà, que le besoin d'écologie, lui-même, entrave le rapprochement physiques entre les hommes en espérant réduire les déplacements à des limites congrues à vélo, mais sans frais énergétiques. La Nature est à considérer comme un interlocuteur de poids. Elle impose ses ressources limitées et tout le monde est concerné. Le "Syndrome du Titanic" présenté par Nicolas Hulot, ce dimanche 27 septembre, le rappelait avec force telle qu'une contrainte planétaire. Le but, d'après lui, c'était de préparer le terrain avec une neutralité non partisane pour rechercher le plus d'efficacité. La culpabilité n'existe pas hier, on ne savait pas. Elle commence aujourd'hui, disait-il. Donc, chacun devra inventer à sa manière le choix de son renoncement par rapport au passé.

Le "divide ut imperes" (diviser pour régner) serait-il, donc, condamné à exister pour expliquer cette séparation entre les peuples. Les politiques, sans le dire, aiment cette maxime. Ils ont leurs propres lois, leurs propres règles de fonctionnement. Dresser des frontières, c'est installer, en définitive, plus de dirigeants à la tête de chacune des entités.

Si d'un autre côté, les villes rassemblent les peuples, elles en deviennent tellement grandes que l'éloignement entre ses membres en devient trop importante. Le mondialisme et le commerce se prêtent à l'ouverture et les échanges entre les peuples mais ne permet pas les échanges sociaux de base de vie. Basé uniquement sur le modèle financier, il a aussi raté son but.

Obama dans son discours à l'ONU, avec son éloquence bien connue, allait dans le sens de l'intégration au niveau des nations par ces mots "une nouvelle ère de coopération multilatérale, basée sur un intérêt et un respect mutuels". Pourtant son éloquence ne suffit pas ou demanderont un effort pour trouver le bénéfice commun, s'il existe était-il ajouté. Le ministre des Affaires Etrangères belge, Yves Leterme avait, dans son discours, quelques mots empruntés à Obama et en avait d'autres plus spécifiques, mais cela sonnait juste. Il reprenait pour commencer les paroles de Jean Monnet "Rien ne se crée sans les hommes. Rien ne dure sans les institutions" avant de précher pour un multilatéralisme inclusif dans le respect de la dignité humaine et la lutte contre la prolifération. Il ne manquait pas de relever les lacunes de l'ONU, par son manque de rigueur et de transparence. Bruxelles est reconnu comme le laboratoire de l'Europe en ce qui est de l'intégration multiple. La coopération multilatérale et consensuelle devient un must pour ne pas exploser.

Très récemment dans l'échelle humaine globale, Internet a fait une percée inattendue pour rassembler les hommes de la terre de manière virtuelle alors qu'ils n'auront jamais l'occasion de se rencontrer physiquement dans le réel.

On fête, cette année, le dixième anniversaire des Blogs. Ils préparaient cette ouverture par la présentation de l'égo des participants. Les forums ont extrapolé en recentrant les discussions. Les réseaux sociaux complètent le processus en mélangeant les deux aspects en ouvrant des amitiés souvent fictives mais réelles dans leur finalité de rapprochement et des connexions en réseaux dans une grande Toile. La demande augmente en permanence, preuve du succès, même si le système, lui-même, reste soutenu par des règles du commerce.

1.jpgLes forums ne peuvent plus se complaire par des monologues comme au temps du livre et du journal à sens unique. Le droit de réponse existe, cette fois. Sans un rythme de croisière de questions-réponses, le forum terminerait sa course prématurément. Il s'agit maintenant d'écouter attentivement ses amis et ses ennemis de convictions dans un processus fusionnel en apportant son expérience. La dérive serait la foire d'empoigne. Seule l'intégration, bien comprise, de tous les paramètres, de tous les facteurs dans un consensus sans compromission aura, en définitive, un droit de cité pro-actif. Le gourou tentera encore d'en imposer, mais il sera bien vite reconnu comme tel et remis à la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Ce sera le retour nécessaire des candides avec leur propre interprétation, qu'il faudra aussi prendre en compte. Une sorte de polythéisme renaît de ses cendres sous cette forme. Chacun, adulte et critique, à la fois dieu, serviteur, régulateur de ses propres phantasmes.

Le monde se freinera, peut-être, par cette nouvelle démocratie tout azimut mais il en crèverait de presser sur le champignon en ne comprenant pas le besoin de consolidation des opinions.

Revendiquer d'exister en entité unique, mais à l'intérieur d'une toile et d'un réseau d'idées. 20090809E18 travaux.jpgTout un programme !

Une nouvelle interprétation de l'égocentrisme? Non. Il y a bien une obligation de répondre au besoin naturel de préserver son corps et son esprit dans un jeu de quilles avec des interconnexions. Chacun, seul devant son destin, mais en interaction qui rend responsable envers les autres et ... soi-même dans un monde complexe.

Alors, il y a nos peurs qui sont toujours là. Le magazine "Psychologies" en parlait de celles-ci dans son magazine de septembre. Nos peurs seraient, statistiquement et dans l'ordre dégressif, dues à la pensée que nos enfants ne seraient pas heureux, de la maladie, de la dégradation de l'environnement, du chômage, du manque d'argent. On ne trouve pas la peur de vivre en société dans la liste. Elles seraient, donc, plus portées par l'imagination que par la réalité. Alors, il y a les palliatifs. La recherche scientifique et la Foi en Dieu arrivent comme secours avec le fatalisme comme pilule de l'ignorance des réalités.

20090516Pape retour.jpgEt si, pour une fois, nous étions las d'entendre d'un côté "C'est normal, c'est l'évolution de l'espèce qui veut cela" et de l'autre "C'est normal, c'est Dieu qui veut cela", comme s'il n'y avait jamais aucun responsable et que nous n'y sommes pour rien et que nous n'y pouvons rien.

Exister, par nous mêmes et pour nous mêmes.

L'effet Papillon n'est pas un mirage. La physique quantique en apporte une preuve, par l'absurde.

Intégrisme, que cette volonté d'être unique? Non. Cette volonté, si elle existe parfois, se vera vite canalisée, récupéré par plus intégriste, encore. Heureusement, elle ne va pas jusqu'au bout de ses ambitions. L'homme reste un animal grégaire mais pas de manière illimitée. 20090629Jacqson mort.jpgIl aime exister en solitaire mais c'est dans un groupe solidaire qu'il se sent le mieux. Mais, ce n'est pas en "meute" qu'il exprime son identité.

L'anthropomorphisme dévie notre vision avec les réactions bizarres des animaux, conformes pourtant à un protectionnisme naturel de groupe ou dans une entité familiale. Mais elle peut aider à comprendre les différences. Nous nous enorgueillissons avec quelques neurones en plus, d'exprimer nos conclusions.

Le 25 septembre, ARTE se posait la question "L'intelligence collective, une spécificité collective?". L'émission s'intéressait à certaines formes de collectivités manifestées dans les airs par les vols en groupe des sansonnets, par les dérives des épinoches dans les mers et par les fourmis sur terre. Les buts essentiels de cette manière de vivre étaient la recherche de nourriture et de se protéger des prédateurs. Organisations relativement simples dont les interactions concertées de changement de directions se régulent par l'imitation des mouvements des congénères les plus proches. Tous égaux dans cette organisation.

Nous nous distinguerions des animaux par le fait que certains individus, plus complexes ou évolués que ceux du groupe, existeraient pour que la masse aime les hiérarchies et réagir en fonction d'un entourage plus vaste et accepte des idées qui passent le mieux dans leur ensemble.

20090930Planski story.jpgCela va de croire à un modèle prédéfini, inculqué, médiatisés parfois à outrance, par un copier-coller auquel il faut se conformer pour suivre une vieille histoire d'obéissance du système animal de transfert d'informations de génération en génération.

En contradiction avec les animaux qui agissent par interactions, c'est par l'intermédiaire de représentants, d'idoles ou de mentors qu'il sort sont épingle du jeu plutôt que par l'expérience personnelle qui reste la minorité. Critiquer les idoles, alors, c'est sortir du bois, prêt à en découdre.

Serions-nous dans une phase de transition par le besoin d'en comprendre les mécanismes et les risques par l'étude des... robots? Différence majeure avec le cas de ces animaux, c'est d'être sorti de cette proximité, cette convivialité à petite échelle de l'environnement immédiat pour passer à une approche mondiale de tous les systèmes dans une intégration globale.

Internet aurait donc ouvert une boîte de Pandore pour assurer la sécurité et le développement durable de l'ensemble. L'organisation se cherche entre programmé et auto-programmé en cherchant une sagesse de groupe et en évitant au mieux les turbulences par la prudence. On a pu remarquer l'année passée que l'auto-régulation pure et dure dans le domaine des finances est dangereuse et contre productive.

Alors, pourquoi pas vivre sa vie, en cherchant sa propre vérité par l'expérience permanente, en être éternel insatisfait, sans dogme? En découvrir les risques, les erreurs et avoir le courage de le reconnaitre dans la confrontation avec les autres pour les corriger en sera probablement l'autre phase.

20090512Pape en Israel.jpgPlus question de résoudre l'équation en divisant par l'utilisation de la fausse multiplication.

Multiplier, c'est pour accélérer le mouvement. Diviser, c'est pour le freiner. Donc, incompatible et antagoniste.

Certaines religions se présentent en défenseur de la multiplication mais n'en assument pas les conséquences ou se cantonnent à une ségrégation vis-à-vis de ceux qui ne feraient pas partie leur Arche de Noé.

Pour parler savant, face aux fonctions, la solution ne serait plus de parler de dérivées mais d'intégrales. Dans le langage photographique, passer de l'analogique, de l'argentique au numérique. Notre époque se veut de plus en plus complexe. Cela ne veut pas dire qu'il faille masquer notre incompétence à l'assumer en restant derrière un défaitisme de consensus mal analysé. Vivre en autarcie n'est plus de mise. Le monde, devenu village. Il faudra, donc, de plus en plus apprendre à vivre ensemble.

Question d'aptitude à l'ouverture nécessaire pour trouver l'association et les liens. Question d'aptitude à une écoute attentive, plus de temps à consacrer à sa compréhension et par un retour du miroir sur soi pour en fusionner les conclusions. La Loi d'entropie rappelle que le chaos est au bout sans un peu d'ordre dans un melting pot. On ne change pas efficacement les autres. On se change soi.20090927Louis Michel ONU.jpg

Le « happy end » est l'objectif final. Il existera, si on le veut, un peu, beaucoup ou passionnément. Nous le valons bien, comme dirait la pub. Donc, autant participer à l'objectif et à son destin loin de la réédition de "L'apocalysme".

Le changement est heureusement dans l'air. L'histoire rappellent les erreurs du passé. Le futur contiendra les découvertes d'aujourd'hui.

Tester pour trouver le chemin le plus pratique, le plus adéquat à toutes situations du moment et de demain. Diviser les problèmes pour en multiplier les intérêts personnels en communs dans l'harmonie comme seule valeur universelle de vie de l'homme.

« L'expérience est dans les doigts et dans la tête. Le cœur n'a pas d'expérience. » écrivait Henry David Thoreau.

Un kōan le confirmait par la culture japonaise, "Toute chose n'est connue que parce que l'on croit la connaître".

Entre multiplier et diviser, il faudra choisir avec une nouvelle règle à calcul.

 

L'Enfoiré,

Agoravox multiplie ou divise?

Citations extraites du seul livre de Bernard Werber "Le Mystère des dieux":

  • « Nous ne sommes que des pièces d'un jeu qui nous dépasse et qui n'existe que pour amuser les dieux »

  • « Ce n'est pas parce que vous êtes nombreux à avoir tort que vous avez raison »

  • « A force d'être libre on finit par être seul »

  • « Tant que les dieux étaient immortels, leur vie n'avait pas de sens".

12/08/2009

La méchanceté, tout un art

Le Magazine Littéraire de cet été avait un dossier très complet sur l'Art de la méchanceté. En littérature, c'est par un échange de mots parfois "verts" avec une certaine méchanceté que l'on remplace par un coup de poing bien placé dans un monde plus physique. Mais, alors comment exerce-t-elle son art, cette méchanceté et quelle est son histoire?

0.jpgQuelques chapitres de ce dossier devraient nous éclairer sur les épisodes d'une mise en condition pour exercer l'Art de la méchanceté.

Un forum n'est pas exempt de ce genre d'exercice. "Parlons peu mais parlons bien" disait, une rédactrice de l'un d'eux qui entamait le sujet avec des yeux féminins, en s'adressant aux "collègues" rédacteurs de cette enceinte virtuelle. Le souci d'annihiler l'agressivité était le maître mot de son article poussé par les inquiétudes de notre époque qui rencontre la concurrence, les barrières et qui empêchent de respirer convenablement, disait-elle. Déshumaniser les relations humaines semblait son plus grand reproche. Pourtant le malin plaisir de refroidir les instincts, les plus humanistes, de nuire son prochain, se cachait derrière quelques répliques qui suivirent. Alors, cette fois, appelons un chat, un chat. Le mot "méchanceté" n'avait même pas été effleuré dans l'article. Étudions-en les arcanes dans le passé et dans notre présent.

Il y a les critiques littéraires officiels, ceux qui sont là pour orienter les lecteurs, pour donner une leçon, violente à la base ou non vers l'auteur du texte. Ce filtre peut prendre le mauvais chemin et faire dévier l'initiateur de l'œuvre littéraire pour mauvaise compréhension des buts. L'amour de la réplique poivrée vient comme maître-atout. L'œuvre écrite manque d'aisances dans le droit de réponse et d'interactivité. Alors, l'auteur s'en retrouvera parfois groggy, mais c'est la règle du jeu.

L'interactivité devrait, pourtant, avoir une place prépondérante. Dans les forums virtuels de la Toile, ce n'est pas le cas. Certains auteurs se payent un maximum d'interventions sous forme de trolls sans consistance, haineuses, partisanes, entrecoupés, heureusement, de passages plus intéressants. La propagande n'est pas exempte des forums et mérite des alertes avec réactions bien musclées. Placer son désaccord, sans précisions, n'a pas la moindre efficacité, ça c'est sûr. Mais l'anonymat a permis de descendre le niveau et la valeur proactive des interventions.

"Pimenter" pour faire mouche avec le moins de mots possible est pratiqué depuis la plus haute Antiquité. Des hiéroglyphes prouvent que les anciens Égyptiens osaient critiquer leur Pharaon par leurs petites faiblesses.

Tout le monde se rappelle du panache de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac. De l'humour grinçant, mais de l'humour vrai et bien construit. Pas de méchanceté bête. Une réplique, sans faux fuyant, vaut tous les discours de la Terre. Tout le monde n'est pas à mène de faire usage des bons mots bien salés et poivrés. Il faut de l'expertise et de la connaissance du sujet pour enrayer toute contre attaque. Prévoir l'imprévisible. La rixe oratoire n'en sera que plus belle que si les pouvoirs ne sont pas plus forts d'un côté que de l'autre de la barrière. A armes égales, cela devient un arc et une flèche. Une flèche et un arc. Rapports de forces égaux sans disgrâce politique. De la belle ouvrage. La diplomatie viendra par après.

Le pouvoir, le côté racial, cela casse tout et s'interpose pour tomber dans l'idiotie. La subtilité est ailleurs et se cache derrière les ambiguïtés de haut vol. Pas de deuxième essais ou alors de la même veine. Les plus beaux succès viennent d'ailleurs suite à une réaction au conformisme et à la bêtise. Énoncé d'une traite presque magique et par surprise avec une technique mortifère sans intention de la donnée. Citations avec le moins de mots possible. Nous en verrons quelques "goals" de la sorte en fin d'article. Art du mal par la persuasion de l'absurde de situation, révélé au vol d'une phrase. Si l'interlocuteur a l'intelligence d'en rire, c'est gagné par ricochet. "Les cris désespérés sont les chants les plus beaux", disait Musset. Les spectateurs se régalerons de l'échange.

Les paroles dans le réel des rencontres physiques ne permettent pas cette répartie. La rapidité et la surprise des réactions à donner fait plus partie du hasard.

Dans l'écrit, le temps et la surprise sont d'un autre ordre. La répartie devient un sport dans le recueillement d'une feuille blanche, d'un texte écrit préalable ou par l'intermédiaire d'un écran. Là, c'est du recul, du calcul, de la recherche qui est nécessaire. Le jeu d'échec commence. Le premier qui avance son pion, ne sera pas forcément celui qui fera le "Mat". Le fou n'est pas celui que l'on croit. Pas de limite de temps. Des coups à l'avance pour le bien de la partie. L'expérience de ce "jeu" peut se donner une chance par la pratique de l'humour sans verser dans la rixe et la colère.

Ce qui est désolant, c'est que sous le couvert de pseudos, la méchanceté gratuite a souvent tendance à exploser. La vie actuelle est plus agressive, pourquoi pas leurs reflets. Le pseudo, faussement incognito, donne de l'assurance à l'auteur "disgracieux" ou "irrespectueux". Plus besoin d'être original et humoristique sans étiquette. Les réponses deviennent partielles et partiales. On élimine les points qui dérangent. Le jeu de ping-pong est sans allant. C'est un combat entre un mouton et un moutonné à qui perd gagne. La victoire à la Pyrrhus finale, dégoûtera son vainqueur. Dès lors, si on n'a pas atteint le fond, on commence très vite à en sentir les odeurs.

Chacun a sa technique de réponse aux invectives. Fabriquer sa réplique est affaire de doigté et de persuasion qui se veut un correspondant à la hauteur. Pas de secret, pas d'adaptation d'une situation sur une autre. Du coup par coup. Pas d'ego transposable vers un autre. Seulement des règles de respect de règles implicites du "jeu" mais qui ferait patiner l'originalité. L'art de la méchanceté se joue comme la vie. Rien n'est gratuit. La faille, chez l'autre, se découvre parfois après des recherches. Sans mentir ou pervertir la réalité.

"Le poids des mots face aux idées", écrivais-je un jour pour exprimer les différences de cultures.

Anne Roumanoff caracolait, avec humour, "Dire du mal de soi aux autres, c'est idiot. C'est leur donner des idées qu'ils n'auraient pas forcément eues tout seul".

La presse n'est pas plus tendre et ici, il s'agit de BD et de Tintin.

Il est vrai que c'est surtout "A cash city" qu'il ne faut pas avoir de faux espoirs.

En remontant le temps, même sans Internet, des querelles ont été épiques et parfois dans des luttes plus meurtrières moralement que physique.

Le magazine littéraire parlait de Catulle et de son émule Martial qui faisaient les délices de la polémique insidieuse et crue, par l'intermédiaire des épigramme. La politique s'introduit, alors, avec le danger de la posture, sans réel argumentaire, dans un rapport de forces au bras de fer, y était-il précisé.

Le venin se retrouve avec Pierre Aretin, redouté pour ses "pasquinades" dans la forme de la médisance.

Pour Léon Bloy, que tout irritait, la critique passait par à l'autodestruction. Il s'en était fait une raison d'être par la pureté et par sa solitude.

Saint-Simon avec ses Mémoires ne s'inquiétait plus de savoir s'il était méchant ou charitable, pouvait être considéré comme le roi des piques.

"La méchanceté croît avec le progrès des idées", disait Rousseau avec une philosophie toute particulière aux gens de lettres qu'il considérait comme les êtres les plus vils qui soient. Lucidité d'égoïsme de l'amour-propre tout en récusant cette vision manichéenne et en admettant ne pas s'aimer eux-mêmes chez ses contemporains, chacals savants.

Le 19ème siècle voit naître dans les salons où l'on cause, le pire et le meilleur des jeux de mots. La haine littéraire contre la médiocrité y pousse du grotesque à la farce. La pièce d'"Hernani" d'Hugo marque, par le scandale, l'apogée des batailles entre romantiques et néoclassiques.

La fantaisie de la méchanceté a toujours évolué dans le temps en fonction de la notion que l'on avait accolée au "mal". Celui-ci progresse à pas feutrés. Il est banalisé ou au contraire rehausser d'emphase en fonction du point de réception de l'attaque. Longue tradition de la méchanceté pour dire tout haut ce que le monde n'ose dire que tout bas.

0.jpgAujourd'hui, dans notre époque qui demande d'aller toujours plus vite, la caricature remplace, souvent, une longue tirade par l'image flash. Humour acerbe, sarcasmes qui feront mouche du premier coup d'œil ou se perdra lamentablement. Méchanceté ou critique constructive? Parti pris, non objectif, si le même regard critique n'était pas donné avec la même virulence de part et d'autres des barrières. On adore ou on déteste ce genre d'approche, pas de demi mesure, si le recul nécessaire n'est pas entrepris. La méchanceté commence, seulement, avec la bassesse, nulle, non productive et subjective.

Pour le spectacle, il y a les amuseurs publiques, imitateurs et autres qui apporteront cet humour grinçant en pointant des personnages politiques ou de la vie publique. Michel Drucker était "cuisiné" samedi dernier dans l'émission "L'habit ne fait pas Lemoine" et constatait que la période Age tendre et Tête de bois était repoussée dans des tournées nostalgiques. Le dixième des réflexions, lancées aujourd'hui, il y a vingt ans auraient fait l'exclusion et le renvoi sur le champ. Mais il est resté le "gentil" de la bande des présentateurs. Les jeunes ne l'apprécient en général plus car il n'est pas assez vindicatif. Pour durer, il est obligé de laisser la place à ceux dont c'est le métier du génie de la "méchanceté" humoristique tel qu'Anne Roumanoff ou Canteloup. Laurent Ruquier, lui, même avec des clashs, s'assure les rires de son parterre d'invités intéressés par sa cause et par la rigolade. Quand, en plus, on est payé pour cela...

A la télé, les "Guignols de l'Info" ont encore de beaux jours avec en arrière plan "Le canard enchaîné".

La littérature, elle, se doit de jouer dans la subtilité et l'enthousiasme de la bonne parole. La société policée, sous le couvert de l'éducation jésuitique est (mal)heureusement en perte de vitesse. La vie a été et est un combat, une joute perpétuel. La perfidie de salon du XIX ème siècle, la cruauté des apartés, le théâtre de Molière, de Shakespeare se sont transformés en théâtre de Boulevard. Les arbitres, les modérateurs, c'est le public lui-même qui s'en charge.

La méchanceté a-t-elle progressé avec notre époque? Pas vraiment. L'histoire montre le contraire. Le 18ème siècle de Rousseau a probablement été bien pire. "Tout cela eût été moins facile à faire dans tout autre siècle. Mais celui-ci est particulièrement un siècle haineux et malveillant par caractère", avouait-il.

Notre époque s'est seulement gadgétisée. Elle s'est donnée des outils neufs, techniques pour se répandre, plus rapidement, à toutes les classes de la population dans les pays dits démocratiques. Et cette extension fait la différence. Dans le milieu du travail, le jeu de la chaise musicale a créé le chacun pour soi avec le matérialisme en toile de fond. Dans les tensions, le psychisme verse naturellement dans les conflits verbaux avec la vengeance et le vitriol comme encre "sympathique". L'amour et la haine ne sont-ils pas les meilleurs complices? Vigny à la question d'un littérateur qui remarquait cette animosité de langage avec son alter-ego, répondait "Que voulez-vous: nous nous aimons!".

0.jpgLa méchanceté fait, aussi, partie de la "peopleisation" des personnages que d'être rappelé en permanence comme "The man you love to hate" en écho à un slogan hollywoodien. Il s'agit d'être à tout prix. Tout, sauf l'anonymat, pour les hommes politiques.

Rappel: "Le méchant, c'est toujours l'autre".

Henri Bergson dans un discours enflammé présentait la vie moderne comme une ouverture à la diversité des opinions par l'intermédiaire de la politesse, de la générosité, voire de la charité.

L'agacement peut venir du coup par l'idéologie du sympa. Béatitude tout aussi peu productrice de progrès, même si cette pensée est aimée de la population quand on voit les entrées pour le film des Chtis. Alors, ce sera dénoncer les erreurs et la bêtise pour, simplement, ne pas se faire "chier". La panoplie des actions possible est à la hauteur des ambitions: impertinence, irrespect, provocation, blasphème... mais dans les bonnes formes.0.jpg

Bourreaux ou victimes. Réceptionnaires d'un message bon ou mauvais, organisez vos duels. Soyez présents, détendus, c'est la modernité qui le veut. Soyez original. Privilégiez les faits incontestables avec les sources de vos dires sous le manteau. Soyez actifs, voir radioactifs. Jouez aux figures de style, à l'allégorie, par exemple, mais pas nécessairement à l'« allez gorille ». Pas confondre non plus entre calembours et "calles au bourg".

Au travail, bons "tortionnaires" de forum dans le respect, la responsabilité et l'humour...

"Une jolie fleur dans une peau de vache, Une jolie vache déguisée en fleur", chantait Brassens.

Cette méchanceté-là, toute relative, deviendra, peut-être, une relation de type "win-win" pour l'écrivain, le lecteur et pour le spectateur.

Sans polémique... enfin, presque.


L'Enfoiré,


Sur Agoravox, ce sont les durs des durs.


Citations:

  • "Je préfère le méchant à l'imbécile, parce que l'imbécile ne se repose jamais", Alexandre Dumas

  • "Quelques-uns meurent trop tôt. Beaucoup meurent trop tard. Très peu meurent à temps", Friedrisch Nietzsche

  • "Le singe est un animal trop débonnaire pour que l'homme puisse en descendre", Friedrisch Nietzsche

  • "L'ennui chez l'homme célèbre, c'est qu'il se prend pour ce qu'il est devenu, non pour ce qu'il est resté", Georges Perros

  • "Si on ne voyait que les gens qu'on estime, on ne verrait personne", Crébillon fils

  • "Les Français ont horreur des inégalités, mais ils adorent les privilèges. Souvent, "inégalité", c'est le nom que tu donnes aux privilèges des autres", Anne Roumanoff

05/08/2009

Viens chez moi, j'habite chez une copine

Un titre de film "Viens chez moi, j'habite chez une copine", m'inspirait un article "provoc". Pour accrocher l'attention? Non, pour établir des statistiques, pour apporter des conclusions et pour mettre à plat certains points dans lequel certains événements sportifs ou autres sont tombés si on n'osait pas y regarder d'un peu plus près.

20090727Armstrong au revoir.jpgL'été est la période des événements sportifs par excellence. Si les compétitions de foot sont en mode mineur jusqu'au mois d'août, d'autres sortent leur épingle du jeu. Alors il y a Roland-Garros, puis Wimbledon pour le tennis. Après les Tours réalisés par la Petite Reine, c'est le Tour de France qui couronne la saison avant de remiser les vélos au vestiaire jusqu'à l'année prochaine ou penser à d'autres horizons là où il est attendu à plus petite échelle.

Beaucoup d'organisations, de nos jours, organisent des événements sportifs, des « event » dirait -on : le Giro en Belgique, Mémorial Yvo Van Damme, et, j'en passe. En vacances, il faut bien meubler les instants d'inoccupation et sortir du farniente offert par la piscine des hôtels. Ici, je ne reprendrai que les sports qui défraient la chronique pendant cette période. Une série d'activités plus ou moins généralisée, plus ou moins monopolisée prennent place. A qui profite tout cela?Viens chez moi, j'habite chez une copine_Coup de Boule.jpg

Aux organisateurs, bien sûr. Les sponsors, par les retombées, ensuite. Aux sportifs de haut niveau qui, par le jeu de la compétition, se verront sur le podium avec le titre de champion et un prix qui montera exponentiellement. Les premiers recevront le pont d'or. Mais très vite, cela deviendra des cacahuètes de moins en moins grasses, pour les suivants. Les spectateurs supporters auront gagné quelques moments d'adrénaline devant leur petit écran ou sur les bords de ces "event". Dans l'automobile, si besoin est, voici une preuve que les organisateurs font la pluie et le beau temps.

20091211Le foot.jpgLe sport est l'opium du peuple, dit quelqu'un. C'est presque devenu un rite, une religion. Et cela n'a pas de prix, une religion. En fait, pour le fan, ce n'est pas toujours le sport qui intéresse mais l'ambiance, l'impression de force qu'il apporte. La compétition a de ses dons pour attirer le supporter en lui donnant l'excitation désirée.

Les caractéristiques et préoccupations d’un « event » réussi, pour attirer son public, pourraient compter les étapes et préliminaires suivantes:

  • médiatiser et sponsoriser le spectacle: plus il y a de monde, mieux c’est et plus ça rapportera.

  • Un « business plan », calculé par certains mais connu seulement de certains qui empocheront les bénéfices et écarteront ceux qui sont mêlés de plus près avec l'idée commune du profit quitte à sauter ceux qui ne se plieraient pas à certains sacrifices.

  • Les coûts de l'opération sont supportés par les sponsors pour la réalisation mais c'est la collectivité qui en supportera la maintenance et l'intendance.

  • Monte des ASBL et travailler avec des bénévoles qui reçoivent des défraiements pour leurs frais et des petits cadeaux qui remplacent généralement les salaires.

  • Pas de calendrier « protégé » pour un tel « event ». Le initiateur de l’événement choisit la date qui lui convient, sans pitié pour les autres organisateurs. Aucun apport extérieur, les initiés, seuls. Pas de colle donc pour associer les desiderata de chacun.

  • Souvent, le créateur de l’événement n’y connaît rien à l’activité exercée, mais son seul réseau de relations devrait normalement suffire.

  • Plus le créateur d’ « event » est important et puissant, plus il sera potentiellement écouté et plus il se permettra des risques avec moins d'assurances en contre partie. Les organismes publics se plieront ou passeront leur tour.

  • Prépondérance de la publicité et les meilleurs supports médiatiques.

  • Lobjectif principal n’est plus d’amuser le public mais de le faire participer et, surtout, faire sortir un maximum d’argent de leur poche.

  • Pour le même « event », on peut rencontrer des activités qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, mais qui trouvent place ensemble par le souci de rentabilité. Alors tout est pour le mieux.

Comme on le voit, le demandeur n'est pas nécessairement le payeur à toutes les étapes. Comme les retombées ne sont pas chiffrables, mais seulement évaluées, sans feedback, ils dépendent de la publicité qu'il en est faite. L' « event » est présenté de ce fait par la seule force du marketing.

20090423Huy et flèceh wallinne.jpgDès lors, pour faire partie des élues, les villes demandent le passage du Tour, chez elles. Le Tour de France sort, très souvent, des frontières de l'hexagone lors de certaines étapes. Est-ce normal? Pas de réponse. Elle serait tendancieuse. Trajet variable d'année en année, décidé, bien avant la compétition. Prestige et espérance de faire "marcher" les commerces aux alentours et s'assurer de l'obéissance de ces villes pour éteindre dans l'oeuf toutes revendications. Tout n'est, pourtant, pas bénéfice intégral. En plus de la manne apparente, qu'apporte le Tour de France, il y a les coûts que les villes doivent assumer pour les recevoir. Certains événements ne rentrent pas toujours dans leurs frais. La population, elle, passive, n'a pas l'habitude d'exprimer son accord ou son désaccord. Le Tour et sa caravane passent et certains habitants, parfois, "trépassent". Les citoyens travailleurs se retrouvent naturellement bloqués en attendant qu'elle passe cette put... de caravane. Pas de forcing, car c'est la gendarmerie qui remettra le récalcitrant dans le droit chemin. Sans oublier les résidus qui traînent sur la route en dehors de la volonté des organisateurs. Pendant la course, pour surveiller, il y aura les différentes polices qui payeront leur tribut à la grande messe du sport. La maintenance et l'entretien des routes finiront le travail. Tout cela, en définitive, pour quelques minutes d'excitation et quelques babioles en souvenirs que les organisateurs ont jeté dans la foule pour attirer le chaland en tête du peloton. "Moins cher, c'est illégal", dirait-on, avec humour, selon la formule publicitaire consacrée.20090511Onkelinx.jpg

Le sport cycliste est, cette année et jusqu'à nouvel ordre, sans dopage. Un véritable renouveau. Tout le monde l'espérait un jour. On est contant mais peut-être n'est ce qu'une partie remise. Chercher à se dépasser, esprit de corps, d'accord, mais... On fait parfois la mauvaise oreille. Le team spirit n'est pas toujours au beau fixe. Comme tous les ans, il y a eu des drames de l'imprudence. Statistiquement, c'est imperceptible. Deux spectateurs qui se sont fait renversés par une moto suiveuse et un motocycliste, qui, ailleurs, s'est tué en percutant un obstacle non prévu.

Quand on ne "travaille" plus en circuit fermé, la sécurité devient un casse-tête et responsabiliser la population et les organisateurs ne serait pas le bienvenu dans une opération "call".

Professionnaliser une course, ne sera jamais une mince affaire, ni gratuite.

A mettre aux profits et pertes de la course, donc?

20090601Ecolo Progrès.jpgEn Belgique, Eddy Merckx, en son temps, a créé beaucoup de vocations pour le cyclisme, dès 1969. Qui oserait l'en blâmer? Pas moi. La petite Reine attire de nouveaux zèles parmi les jeunes. Peut-être, faudra-t-il, un jour, oublier la bagnole pour entrer en ville pour imiter Londres et ce sera tant mieux. Mais, actuellement, la ville n'est pas encore le champ privé de la bicyclette en pelotons, n'en déplaise aux écologistes et aux convaincus comme moi.

Les plus grandes compétitions comme les Jeux Olympiques ont très souvent sous-estimées leurs investissements et les frais ne sont récupérés que bien des années après.20080401La flamme et BHV.jpg

Il est vrai qu'il faille parfois viser très haut pour faire rebondir une ville. La ville de Barcelone avec les jeux de 1992, celle de Séville sont des exemples de réussites mais dont les frais ne se sont soldées que bien longtemps après l'événement. Un an après, la Chine, avec les 30 milliards de dollars, est certainement dans une période difficile de consolidation après leurs prestigieuses prestations en vitrine pour le monde. Cela même, si son lifting est loin d'être terminé et qu'elle espère en 2010, remettre le couvert à Shangai. L'environnement de Pékin, lui, a retrouvé le smog, même si l'économie a progressé de deux points. Prestige, quand tu nous tiens...

La recherche du meilleur, du champion, du mieux adapté, de la meilleure équipe a, pourtant, quelques effets secondaires. Le sport de haut niveau peut donner quelques doutes et quelques soucis en fin de carrière, quand on aura dépassé le point de non retour qui existe toujours quelque part. Mais, le spectateur se dit: "comme ils sont payés pour le faire, pourquoi s'en inquiéter?20090518Dieu et le Standard.jpg C'est comme pour tous les métiers: il y a quelques marches ratés et des "laisser pour compte". Mohamed Ali, malgré ses problèmes de santé actuels, dont l'origine ne fait aucun doute, dit que si c'était à refaire, il le referait. La renommée est-elle à ce prix? Être sous les feux de la rampe et parmi les « people » avec contrepoids de fin de carrière très dur à supporter. Car un jour, il faut descendre du podium et descendre est souvent plus dur qu'y monter.

Le sport de haut niveau et ses dérives, on en a déjà parlé. Le prestige, la gloire et l'argent en sont devenus les moteurs principaux au sport en général et a perdu un certain plaisir pour le pratiquer.

Et dire, qu'il y a quelques spectateurs qui entendant l'énormité des montants des prix alloués aux champions, ne manquent pas de hurler à l'injustice. Ils ont déjà oublié qu'ils sont eux-mêmes les patrons et les sponsors de leur propres "vices" derrière la petite lucarne.20090821Athlète de sexe.jpg

Combattre contre son prochain dans une lutte même à la loyale restera pourtant une idéologie complexe dans ses retombées. Les sociétés commerciales poussent à ce genre d'exercice pour attiser cette envie de compétition et pour augmenter les chances d'écraser le concurrent. La compétition, en solitaire, celle qui privilégie le combat avec soi-même, dans l'endurance, elle, n'a pas autant de valeur marchande.

La mondialisation de ces événements et la télé aident naturellement pour cacher quelques côtés moins positifs.

20090706Michael Jackson hommage.jpgLes événements sont ce qu'ils sont. Ils arrivent à date fixe, mais doivent aussi se digérer vaille que vaille à date fixe aussi.

En Belgique, en mai 2008, Red Bull investissait dans sa pub à Bruxelles pour la Fête de l'Iris. Accord entre la ville de Bruxelles pour égailler les foules. J'ai cherché le symbole, sans le trouver.

Vous en souvenez peut-être, cela s'appelait "Europe rêve ou réalité". Red Bull ne fait pas l'unanimité et la Santé l'a même interdit un temps. 20080123Sportifiez-nous Henin.jpgLa Taurine, présente dans le corps humain, a été expérimentée sur les GIs durant les guerres de Corée et du Vietnam, comme anti-stress, tout en créant des maux de tête et à l'extrême des hémorragies cérébrales. Alors, qui est la copine de l'autre dans ces événements?

20080516JustineLeterme.jpgChez nous, le tennis, au féminin, a eu ses heures de gloire. Justine Henin a raccroché sa raquette de compétition au vestiaire pour entamer une autre étape de sa vie. Elle était avide de vivre une autre vie, peut-être "sa" vie. Kim Clijsters, après avoir quitté la compétition, nostalgique des podiums, veut y revenir. Le nationalisme revivrait pendant ses moments d'excitation et de gloire nostalgique? Pour preuve, il s'est souvent éteint dans l'esprit des supporters après leur disparition des écrans de télévision et des écrans marqueurs. Tout passe, tout lasse. (*)

Le foot recommence fin juillet. "Sportifez-nous", écrivais-je un jour où c'était nécessaire quand le moral est dans les talons plutôt que dans la pointe des pieds.

20090731Reprise du foot.jpgÇà, s'est du sport. Oui, mais, encore une fois, pour qui?

Car, il y a les autres? Les spectateurs, malgré eux. Ceux qui ne sont pas intéressés par les sports en général ou en particulier et tout ce qui s'y rattachent. Parce qu'il y a ceux pour qui le sport, cela les emm... quoi.20090625Arbitres dispositions.jpg

Il n'y a pas que les sports d'ailleurs pour trouver de l'opposition. Il y a des endroits qui sont sacrifiés aux "events" surtout en été. J'entendais, récemment, à la radio que la place Flagey de Bruxelles, renouvelée récemment, avait incité les riverains à lancer plusieurs plaintes pour cause de nuisances que ces événements engendrent.

On ne se demande pas, si, lors des manifestations sportives, les nuisances du bruit des télés, elles-mêmes, n'ont pas gêné ceux qui n'en ont rien à cirer.

20090608Gagnant et perdrant.jpgAucune statistique n'existe, non plus, pour déterminer le nombre de querelles de ménage que le sport a généré dans l'intimité des couples lors du choix des programmes de la télé.

Plaintes, mécontents. Les « antis » en tout existent. Ceux qui n'apprécient pas et j'en connais. Sont-ils négligeables pour autant?

Je me le suis demandé. Je leur dédie cet article.

20090523Sport Panique.jpgPourquoi s'en faire? Tant qu'on a la santé et les moyens, pourquoi pas?

Après nous, si ce n'est les mouches, que serait-ce? « Nous irons tous au paradis », chantait Polnareff. Peut-être.

Rien ne vaut, peut-être, une bonne et belle fête locale, qu'on aura organisé soi-même, en prévenant des nuisances, dans un environnement qui s'adaptera au mieux à tout propos et en ayant respecté la quiétude pour le maximum de personnes. Pour cela, il faut en connaître tous les points positifs et négatifs et ne pas faire confiance au premier venu.

Le principe de "mens sana in corpore sano" dans le contexte du respect des règles du "jeu" est une idéologie à plébisciter. Elle donne de la forme et de la longévité à ses participants.20090818Limite du sport.jpg

Je suis loin d'être un "anti-sport". Modestement, je pratique jogging et vélo en solitaire et cela à mon rythme. Je ne serai que très rarement celui qu'on dit "sportif", dans un fauteuil, avec la petite lucarne dans le regard. Courir, prendre son vélo peuvent très bien, sans la recherche d'une victoire quelconque, sans chercher à se comparer, mais m'assurer le meilleur combat avec moi-même en oubliant le spectacle. Compter en heures et plus en kilomètres parcourus. Ne plus rien à prouver à quiconque, c'est aussi une philosophie.

Pierre de Coubertin disait que le principal est de participer. Rien n'est plus juste. Un autre, Stephen Leacock, « Évitez soigneusement de faire du sport : il y a des gens qui sont payés pour ça. ». Comme quoi, tout est dans la nature de l'homme et de sa diversité.

20090831Rentrée Standard.jpgAlors, si un jour, la copine qui habite toujours le même quartier, sollicitée alors qu'elle n'en a rien à faire avec le sport, présentait l'addition, on pourrait lui répondre franchement avec des arguments bien réfléchis et incontestables.

Aimer le sport avec tous points positifs et négatifs, jusqu'à plus soif, question d'âge ou de sexe? Plutôt d'antécédents. Le football, une histoire de famille, disait Jean-Luc Dehaene. Mais, si aimer le sport est la question, en comprendre tous les sens et l'assumer, l'est tout autant.

20090923Henin retour.jpg

Alors, à vos boîte à compteurs, vos suggestions et vos votes pour et contre.

Avocat du diable, si vous avez quelques instants, de passer par ici, venez à mon secours.


(*) Mise à jour septembre 2009: Kim Clayesters a gagné l'US Open et Justine Hénin annonce son retour à la compétition.

Mise à jour juillet 2012

evénement



L'Enfoiré,


Sur Agoravox, de Grands ou de Petits sportifs?

Remerciements tout particulier à Kroll pour ses caricatures. Bonne vacances à lui.


Citations:evénement

  • « Le moment où l'on perd les illusions, les passions de la jeunesse, laisse souvent des regrets ; mais quelquefois on hait le prestige qui nous a trompé. », Chamfort

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • « Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport. », Eric Tabarly

  • «  Faire l'amour est la seule activité sportive où l'on préfère s'entraîner que marquer un but. », Anonyme


22/06/2009

L'Est dans tous ses états

Dans son histoire, l'Union Européenne est passée successivement à 6, 9, 12, 15, 25 et 27 membres au cours de son histoire. Événements passés plus ou moins inaperçus pour les uns avec enthousiasme pour les autres. Les flonflons ont disparus. Les élections européennes ont eu 56% d'abstentions, sans émotions et sans gloire. La crise a touché aussi l'ancien bloc de l'Est. Où en sont les bouleversements de Far East?

voyageAprès l'Europe à 27, élargie à l'Est le 1er mai 2004, et celle de 2007 avec la Roumanie et la Bulgarie, qu'en est-il après 5 ans pour les premiers et deux ans pour les plus jeunes ? Des prédécesseurs ont eu à se féliciter d'être entré dans le "grande maison", tel que la péninsule ibérique. Alors?

Beaucoup de désenchantements. Passé de 15 en 27 en Europe a eu aussi des effets contradictoires à l'Est, chez les nouveaux élus. Le véritable coup de fouet des précédents élus a été, en général, un coup dans l'eau pour les nouveaux. La fusion demandait des accords et une intégration qui n'ont pas eu lieu. La finance n'est pas tout. Le social non plus. Pratiquer l'Europe demande des règles plus uniformisées. La langue, par exemple, trait d'union entre les citoyens, toujours aussi peu commune en dehors du commerce international. Cela demandait de grosses modifications au niveau scolaire et au moins une génération pour s'y préparer. Toujours dans les limbes de l'imprécision. Mais prenons un nouveau recul en comparant ce qui est comparable.

Déjà en mars 2008, on pouvait lire « Bientôt la fin de l'Eldorado à l'est ? ». Cette idée accompagnait la grève chez Dacia avec l'âge d'or des bénéfices qui s'achevait lentement. Le manque de personnel qualifié compliquait la vie des employeurs. Les rattrapages salarials se dégonflaient.

La Hongrie, la plus au centre d'Europe des quatre, est rongée par les dettes. En recul de 3,3%. Plus de 50% de majoration sur les prets en devise. Le forin a emporté dans sa chute, ceux qui croyaient qu'au contraire, il a allait être revalorisé. Les achats de maisons étaient devenus irrationnels. On achetait jusqu'à 7 maisons. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 791 euros par mois et le chomage se limite à 7,8%. Un GEOde 1982 (N°43) parlait de Budapest, la "reine du Danube" qui voulait s'ouvrir réellement sur le monde occidental. Du rock dans la cité magyare de Franz Liszt et de Béla Bartok dans une vie culturelle intense avec 25 théâtres et 9 bibliothèques nationales. Grande cité thermale dans laquelle on débite 40 millions de litres d'eau chaud par jour pour y soigner entre autres du rhumatismes et de l'arthrite. On y joue aux échecs sur les bords de piscines. L'étau du stalinisme sautait en 1989.

La Lettonie est frappée de plein fouet par la bulle immobilière qui fera probablement école. A Riga, c'est la spéculation qui s'est emparée de la population. On construit pour le promoteur plus par besoin. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 682 euros par mois, l'inflation plafonne à 15,2% et le chomage se limite à 7,5%. Une contraction du PIB de 12%. "Elle attend une bouée de sauvetage", est-il dit.

La Slovaquie à un surnom de "Détroit à l'Est" avec ses 3 entreprises automobiles qui ont dépassé la Belgique en nombre de voitures produites. Le pays a limité la casse. Zone euro oblige. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 697 euros par mois, l'inflation pafonne à 3,9% et le chomage se limite à 9,6%.

Roumanie, la "Dacie heureuse" comme aime bien la définir les brochures touristiques pour faire revenir les devises et attirer la "gent capitaliste". Pas trop d'informations en provenance de ce pays. Seulement parfois des Roms ou des prostituées roumaines, mais à part cela, la Roumanie ne défraye pas trop la chronique. A la lecture d'un article sur le sujet, les souvenirs de mon voyage, me reviennent et me font presque revenir en courte culotte. Vous pensez c'était, il y a 35 ans. Je suis revenu aux photos de l'époque et cela se confirme "diablement" actuellement. Les Tsiganes, Roms, gitans, ne proviennent plus de Roumanie même s'ils y ont une origine.

Huit fois la Belgique avec 22 millions d'habitants, voilà ce que représente l'heureuse Dacie. Véritable mosaïque de cultures et de langues héritées de l'histoire et de passages d'ethnies différentes. Sous le nom de "Romania", elle a été la région orientale importante de la Rome antique.

L'année 1974, quelques baux depuis mon voyage et que de changements en perspectives "cavalières" ou non. Je me souviens mais depuis, je ne suis jamais retourné. Je devrai comme vous lecteur, je me dois de faire confiance à ma mémoire et, surtout, à la mise à jour.

L'Est dans tous ses états_2.jpgMamaia, sur la Mer Noire, était le lieu de vacances par excellence, à l'époque. La grande ville Constanta, proche, apportait une impression plus citadine. Pas tellement d'agences de voyage qui détournent le regard vers cet horizon, aujourd'hui. La douceur du climat type méditerranéen n'a pourtant pas changé et le thermalisme y sont toujours les atouts incontestables. La capitale reste secrète. Le Danube et son embouchure étaient la visite naturelle en pleine nature et se retrouvait, tout aussi naturellement, dans les catalogues d'excursions. Le patrimoine rural était là et l'est toujours. Nous étions, cette année-là, sous le régime dictatorial de Ceausescu. Pays le plus pauvre d'Europe, pacifique et pacifié. Endormie sous le poids de ce régime. Pas question d'entreprendre des conversations trop dirigées dans la rue. La discretion assurée. La "Securitate" pouvait se trouver derrière n'importe quel mur. Le plus grand hôtel de Mamaia, l'International de Mamaïa était réservé aux voitures avec plaques spéciales. Attention, faut pas, à l'intérieur, le confondre avec le confort occidental. Dans les rues, en douce, on venait auprès du touriste trop reconnaissable, pour échanger des devises à un tarif sans concurrence avec celui pratiqué par l'officiel. Le leu se transformait tout à coup en lei, son pluriel. Les magasins, eux, pratiquaient une dissociation de fait. Touristes d'un côté, autochtones de l'autre. Nourriture top niveau pour les premiers, pour devises étrangères et en deuxième source, avec tickets de rationnement, pour les autres, quand il y en avait. Pas de mélange. Les étalages reflétaient plus encore cette différence par des tarifs dissuasifs convertis en devise.

Un GEO de début 1989 (N°119) (donc avant la révolution de Noël, titrait "La Roumanie à la casse". On parlait de faillite. Le "Conducator", avec son culte de la personnalité obsédant, l'y avait mené en accusant les paysans de ne pas assez produire pour l'exportation. Des milliers de villages allaient être rasés et remplacés par des centre agro-industriels. Le Plan de la systématisation du dicateur et de sa nomenklatura regroupaient trois millions d'habitants dans des cités béton. On parlait déjà d'économiser. La consommation d'essence, c'était 20 litres par mois et par automobile en dehors de Bucarest. "Partidul, Ceausescu, Romania". Le peuple, lui, rêvait de sa part de glasnost et de perestroïka, enveloppé dans autre chose que des flacons vides.

Cela, c'est pour le préambule vécu dans un autre temps.

Aujourd'hui, Nicolae Ceausescu, le Génie des Carpates entre 1969 et 1989, n'est qu'un lointain souvenir. La surprise totale pour cet homme et son épouse, d'être jugés et condamnés un Noël de 1989, couple qui espéraient le fêter en gardant le poste, jusqu'à la fin des temps alors qu'ils ne voyaient pas le coeur battre de leur peuple. Crime de la non assistance à personnes en danger, en quelques sortes.

Seul son Palais du peuple demeure, en place, comme le plus mégalomane batiment en pierre dans le monde. Depuis, plus d'une nouvelle génération veulent aller de l'avant. La révolution de ce Noël 1989 est passée par là. Vingt ans, bientôt. Une génération qui n'a même pas connu ce passé troublé et de frustrés pour la plupart des habitants. Un élan de faire table rase du passé partout dans le monde se terminait en point d'orgue par une véritable révolution inattendue.

Année de tous les dangers que celle-là. Il faut dire que l'année 89 a été fertile en événements d'insurrections. Les plus marquants, la Chine, d'abord, qui, dans le sang, avait raté son entrée dans le monde des vivants. L'écroulement du monde soviétique, ensuite, avec le mur de Berlin, comme point d'orgue. La RDA, pure et dure, et le mur de Berlin tombaient en poussières, du même coup. Dans le détail, il y eu aussi: L'Afghanistan qui se débarrassait de l'armée rouge. L'ayatollah Khomeiny en Iran, qui lançait sa fatwa sur l'écrivain britannique d'origine indienne, Salman Rushdie. Boris Eltsine, en URSS, qui apparaissait pour la première fois sur la scène publique avec des réformes sous le bras tandis que Gorbatchev s'évertuait avec sa perestroïka sous les aiselles et visitait Pékin. Yasser Arafat devenait chef d'état. En France, la Corse était au bord de l'insurrection en fêtant son bicentenaire. Belfast était sur les genoux, après 20 ans de guerre d'usure. De Klerk, en Afrique du Sud, qui promettait une "nouvelle ère" multiraciale. On découvrait un non-communiste à la tête de la Pologne. La Hongrie ne restait plus cette tache blanche habituelle, sur la carte. Les Vietnamiens qui quittaient le Cambodge et espèraient retrouver la paix après 50 ans de guerre.

Le Père Noël 89 avait, donc, eu la Roumanie dans sa hotte révolutionnaire pour fermer le bal de cette année très chaude. Le Conducator, liquidé. Son épouse et lui, incrédules, face à ce qu'on leur reprochaient alors qu'ils n'avaient jamais été contestés à leur vue à courte distance. Et aujourd'hui?

voyageLes brochures de tourisme n'ont pas ou plus beaucoup, les destinations de l'Est dans leurs feuilles pleines de couleurs. Les horizons bleutés de la Méditerranée et son charme attirent, toujours, plus. La Roumanie est absente, tandis que la Croatie renait de ses cendres en pleurant les morts de la grande Yougoslavie dans les années 90. Ce n'est que la crise actuelle, un peu d'attrait vers la culture exotique qui pour des raisons économiques abattra, peut-être, les frontières de l'hésitation au retour vers l'Est.

Non, après cette année-là, rien n'était plus comme avant à l'Est.

Sur les côtes, le réveil a été le plus visible.

voyageDans la Roumanie de l'intérieur rurale, on utilise encore l'adjectif "ancestral". La débrouille et la solidarité qui a été un peu perdue dans les pays occidentaux. La pauvreté a toujours freiné le modernisme. Les agriculteurs cultivent avec les moyens les plus vétustes et le cheval remplace le tracteur des pays voisins. Les routes sont elles encore plus traversées par vaches, oies et canards que par les voitures. Dans le village, cela n'empêche pas la joie de vivre et de pousser l'hospitalité à sa valeur originelle. La terre est cultivée avec la panoplie d'outils que l'on ne reconnait plus chez que dans les musées. Le rythme de la tradition se traîne au ralenti, hors du temps. Les fêtes folkloriques ne sont pas maintenues par le tourisme mais pour garder la cohésion et le respect de la religion et de la crainte de la sorcellerie. Elles trouvent leur apothéose à la Noël oubliant la simplicité de tous les jours. Sourire garanti et gratuit.

Du côté des jeunes, la volonté de s'expatrier est endémique. En réaction à cette fuite des cerveaux, le gouvernement tergiverse sur les moyens de la contenir. Une augmentation des salaires est considérée comme un risque d'inflation. Entre temps, de jeunes informaticiens essayent de s'immiscer dans les filières très rentables d'internet, mais pas toujours très honnêtes. La piraterie moderne est entrée dans les moeurs. Informatique et internet leurs outils de pénétration dans le monde de l'innocence occidentale. Il faut rappeler que le revenu par tête d'habitant représente seulement 44% de la moyenne des pays européens et que 9,5% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté suivant la conception de ses voisins.

Du côté des plus vieux, ceux qui sont plus exclus de ce modernisme, c'est plus de la nostalgie de l'époque de Ceausecu. voyage

En dehors de cette ruralité charmante, les attraits touristiques sont nombreux. Le Nord avec les monastères et églises de bois peint. L'Est avec le delta du Danube en pleine nature avec tous les oiseaux possibles cachés derrière les joncs. Au centre, la ville de Sibiu qui partage le titre de ville de culture avec Luxembourg en 2007. Un héritage médiéval avec places fortifiées explique ce choix et aussi grâce à la présence de banques qui ajoutent à la ressemblance plus moderne entre les 2 villes d'Europe. Le moyen âge se retrouve aussi dans la ville Sighisoara, véritable musée à ciel ouvert, inscrite au patrimoine de l'Unesco. Pour les passionnés de l'étrange, le château de Bran avec le fantôme du comte de Dracula comme hôte des lieux. Sorti de l'imagination d'un écrivain qui avait pris pour modèle le comte sanguinaire de Vlad. Au Sud, la capitale Bucarest est qualifiée de "Petit Paris", "petit" qui compte malgré tout 2 millions d'habitants. Au détour des grandes avenues et des fontaines, musées, théâtres, son palais immense, devenu le Parlement, érigé à la gloire du dernier dictateur mégalomane qu'était Ceausescu.

voyageLes Roumains votaient en décembre 2008, lors d'élections législatives marquées par un duel serré entre la gauche social-démocrate (PSD) et la droite démocrate-libérale (PDL), et une faible participation (19,84%, soit bien en-deça des taux enregistrés à la même heure lors des législatives de 2004 (27,18%) et de 2000 (27,25%). Quelque 18 millions de Roumains étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement, avec en jeu 315 postes de députés et 137 de sénateurs, selon un nouveau mode de scrutin à un tour combinant le vote uninominal avec le vote sur listes.

Un pays avec un pied dans le futur à l'Ouest et un dans le passé à l'Est. Enfin, presque, un pied... parce que l'agriculture est encore la meilleure manière de tenir la forme en Roumanie.

Il faudrait peut-être renverser l'idée que l'Ouest est la terre promise. Noêl prochain, 20 ans après sa révolution, la Belle au Bois Dormant aura-t-elle trouvé son prince? Pas sûr, du tout.

C'est désormais la grande braderie des faillites à bord, comme nous venons de le voir. Les prédateurs sont assoiffés des bonnes affaires. Les "prédatés" resteront piratés. A l'Est comme à l'Ouest, rien de nouveau de chaque côté d'une frontière, toujours efficace, mais qui est, seulement, devenue plus virtuelle que physique.voyage

La maxime est devenue "Dis-moi par qui tu es fréquenté, je te dirai qui tu es".

Paul Valéry, lui, disait : "Le moderne se contente de peu".

Tout dépend de ce qu'une population est prête à accepter pour vivre dans la jungle qu'offre ce modernisme.

Tout est, aussi, question d'époque et de mentalités. Ca ne se choisit pas l'endroit où l'on naît et le milieu que l'on fréquente. Une idéologie, ça ne se conquiert pas dans l'espace d'un "Far East" et des rêves, mais plutôt dans le temps, les sacrifices, la solidarité, la clarification des buts et de leurs suivis en parlant d'une seule voix.

Et si la Russie demandait, un jour, d'entrer dans l'Union européenne?

GazProm, cela vous rappelle certains problèmes d'approvisionnement?

Anti-américains, certains pays européens le sont. Alors pourquoi pas? Un gros morceau à avaler, la Russie, ça, c'est sûr.

Si pour la Turquie, c'est plus contestable, la Russie, elle, en fait bien partie de l'Europe géographiquement.

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, d'autres habitués de l'Est

 

Opinions d'une habituée

Mise à jour 16 octobre 2009: Une interprétation de la situation de la Roumanie par l'intérieur "La théorie du choc ou crise mondiale"

Mise à jour du 27 avril 2012: voyageEn Roumanie, le gouvernement est tombé en pleine réunion du FMI et de la . Victor Punta, du centre droit, a immédiatement repris les rennes. Les 5 milliards d'aide ne suffise pas. Il faut recréer la confiance pour le 7 mai et définir un déficit maximum acceptable.


Citations:

 

  • "Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce qu'on a", Proverbe roumain

  • "Il n'est plus proche parents qu'une bourse pleine et un sac de farine", Proverbe roumain

  • "Le changement de chef fait la joie des sots.", Proverbe roumain

 

 

14/06/2009

Qui mène la danse?

Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?

0.jpgIl y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.

Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans le secret lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.

Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américaine et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe. En Belgique, une antenne le Vicomte Davigon.0.jpg

Estulin définissait le groupe Bilderberg comme une compagnie en cartel qui contrôlait les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait ainsi "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Thèse sulfureuse, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.

Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconiser un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde,  la pénurie de pétrole et des ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pensait Paul Volcker (video)

1.jpgDaniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes.

Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, il faut organiser les manques, sciemment. Par une crise, une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes avait donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quand, trop scotchés sur une évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devrait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels serait devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation, désormais prohibée. Halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant,  peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La crise. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aiderait autant l'humanitaire dans lequel le militaire serait impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Ce plan privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourraient être financés en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui, eux, viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires, trop pratiquement inexistant ou trop entravé par une foule d'entorses à la règle qu'il faudrait ajuster. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionnerait que quand les peuples tiennent à la vie. 0.jpgQuand Dieu offre une autre voie, cela ne ferait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.

Donc, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites. Un plan qui fait peur par son machiavelisme.

La scientologie agit avec force sur les esprits mais dans l'ombre avec l'O.S.A.

Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce le 18 mai en 2009. Encore une fois, black-out complet. Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.

Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou, pire, le même combat de conquête?0.jpg

Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française.

Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela, c'est pour le passé.

Qui mène la danse Maconnerie.jpgLa franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles, vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Fierté que Buzz Aldrin a poussé au paroxysme, en posant le premier pied maçon sur la Lune.

Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.

Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?

Le Nouvel Obs énonçait, pour l'exemple, les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.

La pensée américaine libertaire se résumerait dans la question "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général?".

La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.

Les réseaux ont ce côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse par la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.

Mais, il serait temps de faire un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux. L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants  det toutes sortes ont dès lors reçu la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils selon l'idéologie. On a peur de leurs décisions, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections.  Démocratie oblige. Démocratie que l'on rejette trop souvent par lassitude.0.jpg

Pour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieux, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental: la délégation à plus qualifié que soi, à une élite.  La création de cette élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée. Un nouveau problème à poser lors de l'éducation du civisme.

Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.

Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?

Les élites du pouvoir seraient-ils assez folles comme les cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Peut-être, bien. Après tout, empêtrés dans une suite de poupées russes. Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande, vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.

0.jpgMais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.

L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".0.jpg

A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.

Un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie?

Une leçon de démocratie iranienne ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?

Le pouvoir, là-bas, pas de soucis, on sait où il est et même si on n'est pas d'accord, on accuse le coup.


L'enfoiré,


Sur Agoravox, des danseurs?

 

Mise à jour 24/3/2011:  Il y avait le Musée du Grand Orient à Paris. Les francs-maçons jouent l'ouverture et ouvre un nouveau Musée de la Franc-Maçonnerie à Bruxelles1.jpg


Citations:

  • "Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .

  • « Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet

  • « La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro


19/05/2009

La bonne nouvelle et la mauvaise

Commençons par la bonne nouvelle, celle de Nouriel Roubini, lui, qui avait prédit la crise et la récession. "La bonne nouvelle, c'est que toutes les interventions publiques ont sérieusement réduit le risque de dépression". La mauvaise nouvelle est plus intime, plus insidieuse.

0.jpgFin septembre 2008: "Nous n'échapperons pas à la pire récession depuis quarante ans". Moins défaitiste, aujourd'hui, qu'il le laissait entendre au début des crises en cascades. Le spectre de la crise des années 30 n'est pas identique. A l'époque, devant les chutes, cela ressemblait. Comparaison n'est pas raison. Et le monde n'en finit pas de bouger de plus en plus vite pour ne pas revivre les mêmes circonstances.

Les milliards, des milliards de milliards ont été mis sur les tables du monde. On a simplement hypothéqué le futur. Une affaire de zéros bien placés, dont on ignorait jusqu'à l'existence avant la crise. "Et la raison fut", disais-je, fin d'année, comme une réédition de "L'argent" de Zola.

"Pas de longue période de croissance négative", disait encore Roubini pour soulager la pression. Une volonté de ne plus utiliser le mot "récession", par une manière plus optimiste et arithmétique. Et c'est vrai la situation semble redonner un peu de souffle à ses contemporains. Les pompiers sont passés pour éteindre les premiers feux. Encore quelques fumerolles persistent et peuvent seulement se rallumer si on n'y prend garde. Ils ont rapporté leurs rapports d'expertise, leurs suggestions en fonction du passé. Le futur reste, caché derrière les imprévus. Pas de règles de probabilité pour se rassurer et assurer ce futur.0.jpg

Les crises sont des épiphénomènes. Les responsabilités sont souvent partagées entre le commercial, le politique et l'individu lui-même. Manque de régulation et de contrôle public et citoyen.

Cette fois, ce fut la mondialisation à l'honneur ou au déshonneur de l'homme. Mondialiser et globaliser, à tout crin, a seulement montré ses limites.

A l'ouest, y a-t-il vraiment du nouveau ou une simple réactualisation palliée par des emplâtres pour une crise du "système capitaliste" toujours mondialisée. Les potentiels, aussi bien dans le bon et dans le mauvais, n'ont pas disparu. Ils ont seulement changé de mains. Les États ont pris un peu plus de poids face au Privé triomphant et qui dit État dit citoyen. La spéculation virtuelle sur l'argent a été reconnue comme un non-sens et contre productif. Si l'ajustement se faisait, en conséquence, ce ne serait plus un problème. "L'argent du beurre" n'a pourtant pas quitté les esprits. Comme on dit, ceux qui n'avaient pas d'argent n'ont rien perdu. Les autres n'auront que les yeux pour pleurer devant la dévaluation de leurs biens. Pour une fois, tout le monde y a perdu dans certaines proportions. Destruction des valeurs monétaires et dévaluation globale.

Le terme de "plans de relance" est même à moduler en fonction des réalités de l'espace et du temps nécessaire pour l'implanter et non pas dans l'absolu. Les administrations de l'État ne jouent souvent qu'avec effet retard. Ce n'est pas la souplesse qui caractérise le côté administratif. Gouvernance par l'Etat?

0.jpgRéguler, à vitesse variable, est-ce encore possible dans un monde intégré?

La relance à l'américaine, entend-on, c'est par la fiscalité. La relance à l'européenne, par des réformes structurelles. La première en accord avec elle-même. Le second n'a toujours pas le mot "Unie" derrière le nom. Cela reste certainement la raison du poids assez faible sur la scène internationale. L'Asie n'est pas mieux lotie dans ce manque d'uniformité malgré de grands acteurs au niveau population. Population muselée derrière des régimes forts ou corrompus. Le dollar reste la monnaie de référence, même si l'euro l'a dépassé en valeur. Le yuan, sous évalué commence à espérer grâce à la montée en puissance de l'Asie. Même les pays dit émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne peuvent même plus être considérés sur le même plan d'actions et se permettre les mêmes remèdes de cheval. Seul, le Brésil, grâce à ses investissements préalablement implantés, semble redémarrer avant les autres. En Amérique du Sud, l'esprit altermondialiste, les mécanismes de l'Alba, par leur approche différente, en sont peut-être responsables. Le mécanisme de l'Alba ne participe pas au libre-échangisme. Il pratique le troc à grande échelle, d'État à État et pas uniquement dans la rue pour atteindre une autarcie financière et protégée. Tant que la confiance subsiste, le dollar se construira sur la planche à billets par les États-Unis et pour eux. Aucune monnaie ne l'est, indépendante des fluctuations seul les monnaies de substitution sortent parfois du carcan.

La valeur refuge, l'or, reste, le dernier recours en temps de crise. On entend de plus en plus souvent que l'argent n'a plus de valeur. Un billet, dans n'importe quelle devise, ne sera jamais que du papier avec des chiffres et des lettres et de la confiance pour arrondir les angles. Il n'aura de valeur que si l'interlocuteur y trouvera son compte pour l'échanger avec un bien. Enfoncer des portes ouvertes? Pas si sûr. Cet échange fait plus partie de l'habitude que de nature.0.jpg

La crise a mis le trouble dans les esprits. Quelque part, le malheur est, pourtant, bon. Le futile, la cupidité ont été dénoncés. L'éthique est réapparue du chapeau, philosophie qu'on en avait oublié jusqu'au sens du mot. Le bon sens du ressort ou d'une évolution en forme de bulle de savon?

Dans la douleur, on cherche toujours "D'où sa peine vient", comme le chantait Alain Souchon. Alors "On attend que le monde change. On attend que la vie nous range" comme le faisait Suarez. Enfin, changer, faut pas trop pousser. Faut pas chercher une révolution dans le processus. La folie guerrière n'a pas pris le dessus, constate-t-on, avec soulagement. Seulement un prolongement à "Crime et châtiment".

Et pourtant, malgré les avertissements, la gangrène de la cupidité reconnue et la technique du "chacun pour soi" n'ont pas disparu. L'économie solidaire, on n'en connaît même pas les règles de base, ni les partisans, ni les vocables. En pleine débâcle bancaire, un gag avait été tenté près de chez nous. Une fausse banque qui offrait des taux anormalement élevés mais avec une éthique douteuse avait ouvert ses portes. Des nouveaux "investisseurs" se sont présentés aux guichets comme si rien n'avait changé.

0.jpgLa taxe Tobin, la taxe prévoyant l'implémentation d'une taxe sur le négoce a été publiée au Moniteur Belge fin 2004. Premier pays et le seul, jusqu'ici en Europe, en attendant une directive européenne pour l'appliquer. L'impact sur les marchés financiers a ses raisons que la finance a dur à digérer. La destination de ses impôts, ce n'est pas demain, non plus, qu'on en laissera le choix aux contribuables. Soyons solidaire, au moins dans ce cas et continuons à travailler ...

Stabiliser la confiance après avoir "goûter" le fond, que l'on atteindra très vite ou que l'on a déjà atteint, avant de remonter la pente, voilà le meilleur à espérer. Déstocker, quitte à vendre à perte, voilà le scénario pour effacer les dettes et redonner l'envie d'acheter au consommateur. Voilà quelques ingrédients à la reprise.

Les subprimes ne sont pas oubliés. Les problèmes de l'industrie lourde et de l'automobile ont été les premiers dans l'industrie. La faiblesse du "système" s'est réaffirmée ensuite avec un effet domino.

La presse écrite, aux États-Unis, se débat aussi pour garder quelques lignes hors de l'eau. En Europe, on n'en mène pas beaucoup plus large mais on sent l'obligation de retourner aux valeurs de base du journalisme, l'analyse plus fouillée. On réduit, on saumonise, on condense, on analyse...

On cherche la boussole anti-crise, partout. Mais, tout le monde n'est pas en crise. Certains secteurs s'éclatent même. Un exemple? Certains se demandent quand est-ce que Blackberry dort encore, tellement il embrasse? Étreindre sera pour plus tard. "Blackberry storm"...

S'adapter à cette crise, quand les backups financiers sont encore là, rien de plus naturel mais pas nécessairement éthique. Le mois d'avril a été un mois de récupération. Était-ce justifier? La Bourse s'auto-alimente. On achète à la rumeur et on vend à l'annonce, dit-on. Les hoquets de la Bourse sont pourtant prématurés pour envisager un futur plus serein. Le rallye des cours va se poursuivre avec des formes en "W" à répétition sans oublier d'arrondir les courbes plus ou moins longues de cette lettre dans le processus.0.jpg

Entre temps, la chasse aux bonnes affaires est ouverte pour ceux qui en ont encore les moyens. Aux États-Unis, la crise des subprimes a remis en route les agents du voyage intéressé, les courtiers. Des acheteurs de maisons à meilleur marché sont là. Pas très éthique, c'est évident. Les prédateurs devront s'abstenir tout de même. Les États-Unis attendent la signature du Sénat pour surveiller et contrôler ce zèle automatique. Les prêts non remboursables seront proscrits. Courtiers sous contrôle avec 5% minimum des risques de défaut en caisse. Emprunts hypothécaires à 30 ans à taux fixes préconisés. Plus de crédit Alt-A, version décalée des subprimes, dit-on pour conclure avec les problèmes du passé. Comme c'est amusant... la Bourse, diraient d'autres. Ça monte et ça descend. En fait, ça respire. Y a qu'à trouver le plafond et le grenier en gardant le souffle en sautant avec l'élastique bien serré aux pieds.

Pourquoi travailler, d'ailleurs? Il y en a d'autres pour cela, se dit même une frange malicieuse. Profession de foi d'une dame, rentière de son état dans son bouquin. Elle aura, très probablement, trouvé beaucoup d'adeptes et de lecteurs avides de sensations fortes, mais sans effort. Le virtuel a tellement d'avantage sur le réel. "C'est vraiment maintenant qu'on va vraiment gagner de l'argent" lançait quelqu'un en oubliant tout le reste.

0.jpgLe court-terme, qui a fait les bons moments avant crise, a encore plus dur à s'étendre dans le temps. Mais, on s'en rend compte, enfin, qu'il ne peut plus suffire pour assurer la pérennité de ses entreprises, des entreprises. Muter avec un œil sur le futur ou mourir plus vite que prévu dans un monde qui agit toujours le pied sur l'accélérateur.

Une reprise? Peut-être. Certainement. C'est proactif que de le clamer. Rassurer est une obligation morale, philosophique, psychologique pour mettre en condition. Mais, ce sera à vitesse variable et selon l'activité, au cas par cas.

Sous quelle forme et avec quelles mesures, pour que cela puisse marcher dans l'harmonie? Il en existe.

Le capital humain au centre avec la flexibilité des deux côtés, employeurs et employés dans un intérêt commun. Une gouvernance repensée avec une hiérarchie responsable à tous les échelons dans une relation win-win. Une remotivation des troupes qui l'ont perdue. Une conscience écologique dans le durable pour relancer la "machine". Des fusions d'entreprises par échange d'actions plutôt que par des rachats par des chevaliers blancs ou noir qui ne cherchent qu'à diminuer les coûts. Des voitures "plus vertes", "beaucoup" moins consommatrices d'énergie, moins chères mais en gardant une sécurité en progrès pour rivaliser avec le low-cost. Le low-cost n'est qu'une manière de plus de consommer sans réfléchir. Petites voitures ajustées, avec faible consommation, mais avec un grand coffre pour espérer garder une mobilité aux meilleures conditions. Pragmatisme de la voiture "outil" qui déplace ses utilisateurs, plutôt que de prôner le prestige de l'ego.

Quadrature du cercle de l'humain con-sommateur. Il y a pourtant des solutions. L'économie de la fonctionnalité (Service economy) en serait un. En subdivisant la vente d'un produit du service lui-même qui lui est essentiel. On vend l'usage et plus l'objet. Une location mais avec un contrat qui engagerait le propriétaire, le fournisseur à ne pas programmer l'obsolescence de ses produits. Le résultat  pour le durable est évident. Recycler et réparer devient la nouvelle source de conservation des clients. Michelin, Xerox pratique le processus. L'informatique, à ses débuts, pour des motifs différents obligeait la location des machines. Seul un procès des clients contre IBM a changé la donne.

0.jpgLes "crash tests" ou les "stress tests" qui ont été proposés aux banques, convergent en théorie mais ne se conjuguent en réussite ou non que sur le terrain de l"on line" et en "real time".

Toyota, déficitaire, accepte de le rester avec une stratégie de l'investissement. Une perte pour raison d'investissement n'est pas une vraie perte. Ce qui n'est pas dit, c'est que le Japon est un maître es-concurrence, un samouraï féroce, plus moderne mais qui ne trouve son succès qu'en écrasant son adversaire commercial. Maladie qui n'a aucun autre remède que par la même maladie chez les adversaires.

Le chômage nuit à la santé des hommes et des nations. La dépression et le déficit budgétaire guettent. Les pertes d'emplois seront de vrais cadavres dans le placard si elles ne se balancent pas, dans un premier temps, avec des protections sociales temporaires plus énergiques, mais aussi accompagné par la compréhension réelle de ce qui ne fonctionnait pas au paravent.

Suite à ces mauvaises compréhensions de ce qui se passe sur le terrain, l'entreprise est gangrenée par le raz-le-bol et le manque de motivation, de responsabilisation, de participation dans les décisions, de mise en jachère des potentiels, d'existence... des besoins des hommes.

L'indice santé, l'indexation automatique en Belgique permet d'amortir les chocs des crises en apportant des parachutes argentés pour passer les mauvaises passes. A supprimer? Non, à globaliser sur d'autres pays.

John Stiglitz parlait de printemps des zombies. Ressusciter l'économie est une affaire à longue haleine. La tentation est forte de réinvestir avec les mêmes méthodes pour se renflouer au plus vite grâce à l'argent frais injecté par les États. Sans discernement, en oubliant la base qui a produit et que l'on élimine pour détruire les coûts, ne changera rien. Moins d'inégalités au bout du tunnel, comme le préconise Jean-Paul Fitoussi? Certainement. Un meilleur retour sur les investissements publics, par la coordination des politiques fiscales à l'échelle mondiale pour empêcher les concurrences destructrices dans une globalisation plus constructive avec le bien-être et plus de sécurité général en finalité. La stabilité des prix par la maîtrise de l'inflation à bas niveau. La concurrence et la flexibilité unidirectionnelle n'ont pas répondu aux attentes. Ne pas jouer sur les mots en accusant le libéralisme ou le capitalisme. Tout deux se réfugient derrière la même doctrine. Opportunités philosophiques d'une telle crise, pourrait-on dire pour conclure.0.jpg

Jagdish Bhagwati, professeur d'économie au MIT, parle d'un virage américain tout en restant défenseur de la mondialisation. La nuance "mondialisation à visage humain" écrit-il dans son livre "Eloge du libre échange" en ne cachant pas son mépris pour John Stiglitz. Il garde sa confiance totale en Obama qui "flirterait avec le socialisme". Ce qui est nouveau et l'excite, c'est que Obama s'est embarqué dans des réformes sur plusieurs fronts à la fois. La couverture de la santé universelle, l'enseignement et le climat par l'intervention de l'État sont les nouvelles impulsions du départ de ce mandat présidentiel atypique. Enfin, pourrait dire un européen. Préconiser un nouveau pragmatisme, donc, à l'américaine avec une régulation au cas par cas par un groupe d'experts indépendants, apprendre à gérer ses finances, accepter la volatilité, plus de flexibilité et plus de concurrence encore. "La société apprend à être plus altruiste, non par choix, mais par nécessité". Voilà la conclusion édictée de guerre lasse par Jagish, quitte à retomber à nouveau dans les mêmes travers dans un autre espace temps. Dans sa "mondialisation à visage humain", il n'a même pas abordé le problème de l'outsourcing offshore que son pays d'accueil a dû endurer par ses anciens contemporains qui ne faisaient pas partie de l'humain.

0.jpgEn politique, puisque nous sommes à quelques jours des élections, il y aura les deux grands mouvements opposés qui se regarderont en chien de faïence et en cherchant de se détruire l'adversaire à coup de slogans à l'affût du moindre faux pas. Alors, pour la Belgique, le PS, un Pseudo Socialisme, le MR, un Mauvais Rêve? Chacun son idéal, très loin du réel. Sus à l'ennemi. Je lisais, plus loin, sur le sujet après une "affaire": "13000 euros pour envoyer le PS dans l'opposition. Le MR peinait à séduire pour une majorité alternative. Le complément de salaire lui redonne espoir juste avant le sprint final". Un petit coup de populisme rien que pour raccorder les sanglots long des violons de l'automne.

"L"Europe sociale est en panne". En panne de quoi? Je vous le donne en mille. Pardon en "milliards". Soyons actuel. Tout à un prix proportionnel, mais il y a de moins en moins de monde prêts à payer.

L'argent est un nerf névrosé qui fait du mal et du bien à la fois. S'il ne faisait que du mal, il n'aurait pas autant de partisans. Les films "Let's make money" et ensuite "We feed the world" d'Erwin Wagenhofer ne sont que les reflets d'une civilisation mondialisée à la dérive sur le radeau de la Méduse de la solitude.

Qui se rappelle encore du petit film de "L'île aux fleurs"?

Replâtrer la crise par les États ne sera pas suffisant s'il n'y a pas un changement de mentalité et une meilleure compréhension de comment marche le monde à tous les niveaux.

L'agriculture aujourd'hui a un rendement décroissant tandis que l'industrie et les services ont un rendement croissant. C'est dire qu'ouvrir les marchés sans parachute, sans les investissements dans les infrastructures de base au départ reste suicidaire.0.jpg

"L'Europe sociale est en panne" lisais-je. Jean-Claude Barbier donnait ses solutions qui étaient les échanges culturels et l'apprentissage des langues. Je ne disais pas plus, ni mieux, dans mon "Les langues, un sacré jeu de langue" et cela en sortant de manière pragmatique d'un conflit de prépondérance de l'une sur l'autre dans un combat d'arrière garde. Assez de divisions pour régner. L'économie n'est ni un conte, ni une légende.

Alors, une version "néo" du système Keynésien plus équilibré, pour changer le "Yes, we can" en "Yes, we could and we have done it"? Peu importe le nom de l'inventeur d'ailleurs.

Coincé entre l'obligation de croître et de limiter la consommation, "La formule magique serait entreprendre", "se réinventer", lit-on, souvent. Absolument, mais pas en ordre dispersé et surtout avec les moyens de le faire dans un tempo à moyen et à plus long terme dans l'intérêt général et pas en hypothéquant la génération future. Protectionnisme en recourant aux valeurs patrimoniales pour sécuriser mais pas isoler. Le durable pour protéger les ressources jusqu'à leurs aboutissements sous forme de déchets.

0.jpgParticiper à la Bourse apporte du magique. C'est comme lancer un nouveau film et puis attendre l'émotion. La psychologie fait le reste. Autant que le film soit bon.

« Hors Argent et pas D'Or, il n'y a Pas d'Issue » (n'est ce pas un autre HADOPI avec plus d'intimité?). Puisqu'on veut une logique de résultats, il faut s'en donner les moyens.


L'enfoiré,

 

De bonnes ou de mauvaises nouvelles dans les commentaires AV?

Mise à jour 5 août 2009 : BNP Paribas provisionne 1 milliard d'euros pour des bonus. Les banques restantes ont récupéré les restes des autre. Obama, pas content de Goldman Sachs, charge un délégué émissaire de rectifier.

Mise à jour 13 août 2009 : Paul Jorion donne son avis sur La Première et cela correspond à cet article

 

Citations:

  • "Liberté, égalité, fraternité ! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques ; car la politique en a fait trois mensonges. ", Louis Veuillot

  • "La bonne politique n'est pas de s'opposer à ce qui est inévitable ; la bonne politique est d'y servir et de s'en servir. ", Ernest Renan

  • "Le meilleur moment pour acheter, c'est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c'est le vôtre", Mark Möbius

  • "La politique est trop sérieuse pour la laisser dans les seules mains des spécialistes", anonyme