18/04/2013
Non, mais allô quoi, Fakebook?
Facebook, encore et toujours. Plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde sur Internet. Ce réseau social réapparaît encore plus envahissant via le téléphone. Mais, qu'est-ce qui attire dans ce jeu de quilles? Qui utilise quoi et comment?
En Belgique, fin février, on comptait 4,9 millions d'utilisateurs de Facebook. Quasi la moitié de la population, en tenant compte que, logiquement, Facebook n'est pas accessible aux moins de 13 ans.
C'est le premier réseau social dans notre pays (62%) devant LinkedIn à 19%, Google+ à 18% et Twitter à 12%.
Cinq millions de Belge. 7 Belges sur 10 sont désormais présents sur les réseaux sociaux.
Le meilleur (ou le pire) serait-il encore à venir?
Après Facebook, voilà "Facebook Home" et par la même occasion, la prise du contrôle du téléphone de ses utilisateurs. Jusqu'ici, disponible sur les smartphones et les tablettes Android. iOS et Windows Phone, c'est pour bientôt.
Une application mobile d'une puissance absolument... 'phénoménale', était-il annoncé.
Une méga-application qui rhabille le téléphone de la tête aux pieds.
En gros, l'écran de verrouillage, la page d'accueil avec les icônes, le fond d'écran, les menus avec les applications à télécharger, le chat Messenger, fusionné avec les SMS et les messages. "Facebook minded" avec l'aide de Instagram, une autre application contrôlée à 100% par... Facebook.
Dès que le téléphone s'allume des photos postées par des amis défilent, en plein écran, avec les appels, les messages, les notifications.
Cette nouveauté sera gratuite. Le but, rester connecté en permanence sur son réseau. Cerise sur le gâteau, téléphoner, ce sera sans passer par le réseau téléphonique. Magique, donc...
Les données offertes par les Facebookers sont un bien trop précieux et rentable sur d'autres plans pour penser à les faire payer.
Il y a bien eu, le 13 mars, la Fondation CIGREF qui publiait les conclusions d'une étude intitulée "Tester l’hypothèse de la "Fin de la Vie Privée" dans la communication assistée par ordinateur.
Mais, voyons, il ne faut pas jouer le trouble-fête.
Cela étant dit, analysons, une nouvelle fois, le cas "Facebook".
Au milieu de beaucoup d'autres moyens considérés comme sociaux, Facebook est surnommé Fakebook, comme quelque chose qui sonne faux qui commence par une invitation, un partage, une déclaration et se termine en Muppet Show qui se met à caracoler. Ce qui est faux doit avoir une logique différente.
Qu'y a-t-il de social là-dedans? Tous amis, anciens amis d'avant, amis des amis, amis des amis des amis dans "the big family"? Plus on a d'amis sur Facebook, plus le concept d'ami devient relatif. Montrer aux amis combien notre vie est "cool" dans un média d'égo, quelques bafouilles, quelques photos de famille, le tout pimenté de voyages lointains réels ou irréels. Le privé révélé avec fierté...
Fini la crise. A la rigueur, une petite indignation, peut-être, mais sans casser l'ambiance. Il faut rester anodin, inoffensif, sans scandale.
Rester ignoré, par contre, devient le pire des cauchemars.
Facebook affirme le Bonheur, dans un parfait statu quo. La désagréable incertitude mine plus qu'elle ne solidarise. Alors, ce sera sans douleur, sans tristesse, sans angoisse, cool pour le meilleur et sans le pire. Insatisfaits, cherchez sur le terrain des amis en chair et en os avec plus d'os que de chair.
L'article 3&7 dit : "Vous ne publierez pas de contenus incitants à la haîne ou à la violence, menaçant, à caractère pornographique ou contenant de la nudité". Facebook se dit le "gardien de l'ordre moral" au mépris de la liberté d'expression élémentaire avec des modérateurs factuels, institués comme juge.
Un profil Facebook dans la note doit réconforter les autres et rassurer son propriétaire d'exister même si c'est "a second life" à la mesure des aspirations.
Gratuit? Oui. Mais peut-être de moins en moins. Si un Facebooker veut envoyer une bafouille en dehors de son champ d'amis, plus le degré de célébrité de celui-ci, grimpe, plus il va devoir payer pour écrire sur son mur. Pour éviter les spams et les messages indésirables, est-il dit, bien sûr.
Je n'oserais pas dire que, même dans le champ des amis, tout soit intéressant à savoir. Mais, bon, n'insistons pas. Cool, je vous dis.
Peu importe si les fans des people deviennent, quelque part, les dindons de la farce quand ils interviennent dans la pub de leurs idoles, tout en rehaussant les bretelles financières de Facebook, c'est étudié pour.
Des demandes de contacts arrivent, aussi, par l'intermédiaire d'autres canaux, comme Skype, ou l'eMail. Des bouteilles à la mer. comme celui que j'avais reçu récemment et qui, un peu tronqué, disait: "Je désire correspondre avec vous".
Un message plein de pureté, un véritable CV prestigieux. Cela prouvait que, dans toutes les couches favorisées de la société, règne une certaine détresse avec un besoin de dialogue. Enfin, si c'est vrai....
Jusqu'où "aller trop loin" et avec quelles sauces le "repas migratoire" serait servi, n'était pas précisé.
Une bouteille à la mer sur Internet atterrit, souvent, là où on s'y attend le moins.
Mon vieux billet "Veux-tu être dans mon réseau" approchait le problème des relations virtuelles par le côté technique via différentes options possibles.
Une question me vient à l'esprit: "y a-t-il un code de conduite dans la virtualité en général?".
L'art du savoir vivre sur le net s'appelle la netiquette qui ne serait pas réellement nécessaire en fonction du côté "cool" de Facebook. Mais, tout ne passe pas par là. Alors, de nouvelles questions se posent.
En 1936, Dale Carnegie avait écrit un best-seller "Comment se faire des amis".
De son temps, c'était plutôt les relations de travail, avec des amis en "dur" auxquels il donnait ses conseils pour améliorer les relations.
Le livre a été remis à jour, par ses "Assiociates" en se tournant vers le numérique et la virtualité des relations. Cette version a pour sous-titre "Comment se faire des amis à l'ère du numérique" suivit de la précision "et accroître son influence".
Deux approches très différentes.
Dans ce livre, d'après la préface, il s'agirait de méthodes psychologiques pour obtenir la confiance d'interlocuteurs virtuels, de les convaincre d'adopter des idées et d'arriver, ainsi, par certaines astuces à les faire changer d'avis sans les irriter.
Quatre chapitres pour prétendre y arriver. Une nouvelle entrée dans le monde magique de Facebook.
J'apporterai derrière certains titres quelques remarques et questions "particulières" et qui n'ont qu'un but de "garder l'humour de circonstances" adapté à Facebook.
1. Essentiel de l'engagement
-
Ranger ses boomerangs. Serait-ce trop risqué de se faire moucher en étant trop direct ou trop ambitieux d'oser être franc dans le monde virtuel de Facebook?
-
Reconnaître les points positifs et les mettre en avant. Les points négatifs sont-ils à ce point nauséabonds et donneraient la migraine à un Fabooker?
-
Toucher les désirs profonds. Est-ce un désir du style "20.000 lieux sous les mers," pour ne pas rester superficiel et rester bien câblés dans un pipeline de désirs satisfaits de facebook?
2. Marquer durablement les esprits
-
S'intéresser aux intérêts des autres, en parler. Les autres n'en auraient-ils rien à cirer des idées reçues en boomerang?
-
Sourire. En virtuel, une photo bien souriante à ajouter au profil? Celle d'un des bons jours évidemment puisqu'il ne faut pas dégoûter d'avance un autre Facebooker.
-
Dompter le pouvoir des noms. Curieux. Tout le monde a un nom et tout le monde s'empresse d'en changer pour prendre un pseudonyme en dehors de Facebook. Le nom est le logo dans une entreprise. Il garde une valeur potentielle pour l'individu qui dépendra de ce qu'il écrit. Le nom ou un pseudo représentatif a beaucoup d'importance. Il identifie.
-
Écouter davantage. Cela empêche-t-il de lire davantage pour comparer avec ce qu'on écoute en dehors de Facebook?
-
Parler de ce qu'intéresse l'interlocuteur. Une fois, le pouvoir des noms dompté, au minimum.
-
Laisser les autres un peu mieux qu'ils étaient. Comment est-ce possible? Les autres sont par définition "bien" sur Facebook.
3. Mériter et conserver la confiance
-
Éviter les polémiques. Sur le flacon Facebook, il est mentionné "Ne pas secouer avant l'emploi". C'est clair, non?
-
Ne pas le donner tous les torts aux autres. C'est évident, le tort tue. C'est dire qu'il ne faut pas perdre des amis potentiels en cours de route. Pas de véritable télé-réalité, style "Koh Lanta", sur Facebook.
-
Admettre ses erreurs promptement. Il ne faut pas laisser d'erreurs sur le plancher des vaches. Dans les nuages, il vaut mieux laisser des cumulus de beaux temps.
-
Rester amical. Tiens, cela me rappelle "Amicalement vôtre". Pirates s'absternir sur Facebook.
-
Chercher des affinités. C'est le fin mot de l'histoire. S'exciter sur des sujets dont on ne connaît pas les tenants et les aboutissants, c'est risquer de se perdre en chemin sans comprendre la direction, ni le sens à prendre.
-
Ne pas revendiquer son mérite. Interdit. Ce serait donner l'impression de petitesse à l'autre.
-
Faire preuve d'empathie. Toujours caresser dans le sens du poil et applaudir en choeur et au bon moment. Opportunisme avant tout.
-
Appeler des sentiments élevés. Les sentiments des bas-fonds ne sont pas à consulter entre gens biens sous tous rapports.
-
S'ouvrir aux autres. Dévoiler vos secrets de fabrication, c'est exactement ce dont Facebook est friand.
-
Lancer des défis. Oui, mais en restant cool. Faut pas défier "Max, la menace".
4. Amener le changement sans irriter ni offenser
-
Apporter des notes positives. On n'est pas à l'école avec ce prof qui mettait des zéros ou des notes négatives. Là, on irrite vraiment. Cela rappelle trop de mauvais souvenirs.
-
Reconnaître ses erreurs. Quelles erreurs? Reagan disait de son bilan qu'il ne serait pas là pour entendre ce que les historiens diraient de lui.
-
Minimiser secrètement les erreurs des autres. Impossible. L'autre Facebooker ne fait jamais d'erreur, par définition.
-
Laisser sauver la face aux interlocuteurs. Avec quel le profil, le gauche ou le droit? La maison ne recule devant aucun sacrifice de représentation.
-
Poser des questions... Au lieu de donner des réponses. Ces dernières, c'est mal vu. Point.
-
Souligner les progrès accomplis. Cliquez sur "like", quoi... Féliciter l'ami de sa pensée "stratégique". Puis, changez, progressez, allez consultez le suivant.
-
Aider à la réputation des autres pour la confirmer. Cela dépend s'il y a du vent que trouver un "à propos" explicatif.
-
Trouver des terrains d'entente. Dans la virtualité, on surfe ainsi plus facilement que sur une vague et sans retour de flammes.
Énormément de beaux sentiments que ne dénigrerait pas un confesseur.
"Pour accroître son influence" est-il dit comme but du bouquin.
Assez déplaisant comme logique en dehors d'une pub pour un produit.
La question est de savoir à qui rapporte cette intention d'influencer. J'y reviendrai dans un article prochain.
Aux dernières nouvelles, Facebook lancera des vidéos publicitaires dès cet été.
YouTube est déjà en mains chez Google. Ce sera amusant qu'elle se place entre la photo de la bien-aimée et de tantine sur l'écran du téléphone.
"La séduction n'est qu'un jeu" écrivais-je, un jour, au sujet de la pub. Un jeu avec des règles précises et un contrôle intermédiaire.
Sur Internet, c'est de la pub sans filets. La modération n'apporte pas plus d'assurance, et serait considérée comme une censure par celui qui se voit rejeté d'un des fils d'une discussion. La seule chose que l'on peut espérer, c'est que ce ne soit pas un jeu de massacre qui passerait vite en mode "insultes" dès que la séduction tourne à l'aigre ou que, la communication vire en dehors de la zone de l'art autorisé de la méchanceté.
Facebook tente de faire croire que les amis des amis sont d'office d'autres amis comme dans une boule de neige sans fin. Rien n'est plus faux et n'avoir rien compris à la condition humaine.
Ce qui est sûr, c'est que le savoir et l'information compétente peuvent intéresser tandis que leur absence donne un résultat d'estime très aléatoire et, souvent, sans lendemain.
Être préparé à la discussion sur Facebook, est souvent impulsf. Pas besoin de beaucoup réfléchir.
Pour son lancement, le nouveau Mariane belge avait lancé une campagne de pub dans les abris-bus. Une affiche présentait le nouveau journal comme "L'hebdomadaire qui n'est pas là pour plaire". Tout l'inverse de la conception de Facebook.
Les médias officiels chercheraient-il à se démarquer dans la "Primary life"?
L'idée de sortir des sentiers battus serait-elle plus rentable financièrement dans la méthodologie du réel?
Tout le monde n'y est ni plus beau ni plus gentil. Faux semblant, donc.
Le plus durable ne s'inscrirait-il pas dans un modèle d'intérêts partagés? Intérêts d'ordre général et pas uniquement financiers, s'entend. S'il n'y a plus d'échanges d'informations, la relation s'éteint ou devient obsolète.
Les forums citoyens ne sont pas faits de "Facebook minded". Il faut aussi l'assumer.
Je me suis bien amusé à la suite de cet article qui parlait de croissance et de décroissance. Plus récent, celui d'hier qui parlait du mariage pour tous. Deux sujets avec des thèses opposées, de notre actualité brûlante. Chacun est resté sur ses positions. Match nul. Pat sur l'échiquier.
Transcender ou révolutionner la terre entière par son influence imposerait plus qu'une interprétation et pour le moins, une analyse historique. Poser des questions, cela peut rassurer l'interlocuteur sur son intérêt. Donner ses propres réponses à un problème indispose. Oui, mais c'est peut-être, une "chienne d'idée" et puis ajouter un "Grain de sel".
Oui, être indépendant des idées. Seul, c'est être libre. Je sais.
Présenter des excuses ou choisir de ne rien faire? Autre sujet d'inquiétude.
D'après une étude de l’European Journal of Social Psychology, les personnes qui refusent d’envoyer un mail d'excuses ressentaient une meilleure estime d’eux-mêmes. « Si vous refusez de présenter des excuses, vous en venez à vous sentir plus autonomes. Ce sentiment de pouvoir et de contrôle se traduit par une plus grande confiance en soi. Quant à accepter les excuses, ce serait dans le rôle de « victime », puisque trop habitué à devoir faire des excuses par politesse dans le monde policé du réel, la sincérité ne vient qu’au deuxième plan.». CQFD
Mais dans le monde de Facebook pourquoi y aurait-il une raison de s'excuser?
On y oublie tout ou on fait semblant d'oublier.
On s'amuse à faire le buzz, c'est tout.
Cette addiction qui supprimée vire à la dépression, en passant par l'obsession et l'isolement.
Dans le lot, on trouve les ultras, les menteurs, les prétencieux narcissiques, les informateur affectif tout en en secret, une mauvaise idée de soi.
Alors, pour terminer pourquoi pas une anecdote qui finit bien?
Le sujet: un internaute que j'ai connu sur un forum. Au départ, des contacts froids, glaciaux dus à une incompréhension à la base. Un contact email privé et une amitié virtuelle en finale. Son pseudo? Sapanhine. Cela ne vous dit plus rien? Mais si, c'était ici et encore là où, lui non plus, n'était ni mort ni muet.
La morale de l'histoire, c'est qu'il faut prendre du recul et creuser une relation du hasard en profondeur. Une relation peut être opposée de conviction. Elle en apprendra parfois bien plus que celle qui fera bonne figure pour rester dans les cordes du violon comme arme de persuasion. Aimer le violon, c'est bien, mais, pas sous perfusion.
Voilà, donc, la nouvelle génération appelée "Z" comme "zapping" après celle des "Y" ("why").
Des enfants, nés de smartphones, connectés en permanence, surfant sur Facebook ou regardant un film en streaming. Sans doute de nouvelles proies pour les marketeers que les analystes psys vont pouvoir épicer de statistiques.
Une technique de développement personnel fondé sur le fait d'écouter sa seule sagesse intérieure, cela finit toujours dans la génération Nabilla, celle du n'importe quoi dans un empire du vide.
"Non, mais allô quoi, Facebook Home", tu veux aussi tout grésiller dans les chaumières...
Pathétique et inquiétant, à la fois, que cette génération individualiste, hyper-sexualisée qui s'enferme dans des faire-valoir fictifs.
Si tout va très bien, Madame La Marquise dans un café bien sucré-salé, mais, attention à l'atterrissage sur le mûr des lamentations ...
Les Compagnons du Devoir ne connaissent pas la crise. Ils n'ont certainement pas dû passer sur Facebook. A la rigueur, sur LinkedIn. Rien à voir avec une secte. Mais peu d'élus qui ne devaient pas se présenter avec des mains d'or, loin d'être blanches mais, au contraire, bien noires.
La conclusion du livre de Carnegie reste, elle, toujours vraie: "Personne ne saurait renforcer sa capacité d'influence sans proximité relationnelle. Si, aujourd'hui, les affaires tournent 24 heures sur 24, la première préoccupation doit rester l'humain. Les plus belles aventures seront toujours des histoires d'interdépendances et d'interactions. Au bout du compte, l'art de se faire des amis à l'ère numérique se résume à trouver un terrain d'entente pour établir un lien et le maintenir".
Un email m'est arrivé qui m'indique que j'ai des "notifications en attente" sur Facebook... Je sens que cela va être transcendant. :-)
"Blogo, forum, ergo sum. Errare humanum est".
L'enfoiré,
- « L'amitié totale est universelle. Et seule l'amitié universelle peut être une amitié totale. Tout lien particulier manque de profondeur, s'il n'est ouvert à l'amitié universelle. », Jean Guitton
- « Une amitié née des affaires vaut mieux qu'une affaire née de l'amitié. », David Rockfeller
- « La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie. », Sénèque
- « Allez-vous y retrouver parmi le faux vrai, le vrai faux, le vrai vrai et le faux faux ! », Armand Salacrou
- « Il ne faut pas croiser le fer, quand il n'y a pas de fer », L'enfoiré
07:25 Publié dans Actualité, Blog, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Web | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
28/03/2013
Créateurs d'étincelles
Je me suis demandé comment j'aurais pu inciter des adolescents en phase terminale du secondaire et les passionner à l'étude des Sciences quand on sait qu'elles sont un peu négligées... Défi pour un prof de Sciences...
Je ne vais pas vous sucrer la pilule. Des nouvelles négatives circulent dans beaucoup de domaines.
Aujourd'hui, je vais tenter de renverser ce négativisme ambiant et essayer de vous passionner en vous parlant de ce que les Sciences peuvent vous apporter.
Je vais commencer par vous parler d'histoire. Pas d'histoire avec un grand "H" comme vous l'enseigne votre prof d'histoire. De la petite histoire de ceux qui ont marqué leur temps en laissant des traces indélébiles. Des anonymes célèbres, des créateurs d'étincelles, qui travaillent dans l'ombre, loin de "The Voice", mais qui entrerons dans les habitudes des gens par leurs découvertes et leurs inventions.
Et, j'en suis convaincu, vous pourriez, demain, être de ceux-là.
Je ne vais pas vous rappeler la dernière aventure qui est arrivée à Summly, à ce rachat par Yahoo, de ce Nick d'Aloisio quoique ce serait une bonne entrée en matière pour vous dire que la réussite est toujours possible. Oui, vous avez raison, le foot vous passionne et devenir un joueur sur le terrain, peut vous faire gagner plus de sous et vous motiver. Comment contrer cela?
Pourquoi pas commencer par l'histoire de votre portable? Vous l'utilisez pour communiquer sans plus vous rendre compte de tout ce qui l'a précédé avant d'arriver dans vos poches. Il a supplanté le téléphone fixe et révolutionné votre vie de tous les jours. A une époque encore récente, il ne méritait pas la qualification de "portable" en faisant désordre avec son antenne proéminente.
Mais vous direz, ce n'est pas de la science mais de la technologie. Et vous aurez raison. Mais, l'une est complémentaire à l'autre.
Tout va plus vite aujourd'hui que par le passé grâce à la technologie comme levier accélérateur de la Science sans que cela se ressente dans le bonheur général du monde.
Mais, passons, si vous le voulez bien, cela nous engagerait sur une mauvaise voie ou de mauvais sentiments...
Suivre l'histoire de la Science, c'est faire l'inventaire des inventions et des découvertes à travers les siècles comme l'a présenté l'émission de Arte "La fabuleuse histoire de la science" en six épisodes. Une histoire qui vous impose de revoir toutes vos convictions l'une après l'autre.
Je reprendrai les conclusions du dernier épisode:
- à notre insu, le cerveau fait de la Science.
- la Science est affaire de politique, de croyances et d'argent
- elle est motivé par le pouvoir et la passion
- les questions de demain seront façonnées par ce que nous sommes, par notre monde et nos préoccupations
Tout cela est vrai et bien résumé.
Il vous reste le choix du comment l'aborder. Des questions existentielles restent ouvertes comme "qu'est-ce l'univers?", "d'où venons-nous? et "de quelle matière est fait notre monde?" dans lesquels vous pouvez intervenir pour faire évoluer les connaissances scientifiques.
Je préviens, les connaissances perdent très vite de leur superbe et de leur caractère exceptionnel. Elles se doivent se renouveler en permanence. "Innover" est, plus que jamais, le mot clé.
Sur ARTE, une autre série d'émission intitulées "Il était une fois... les découvreurs" réalisées en dessins animés est destinée aux juniors.
La dernière présentait "Guillaume Marconi et les ondes" avec son esprit curieux qu'il avait en bricolant des fils électiques en spirale pour créer des champs électromagnétiques en se passant de fils pour communiquer.
L'histoire des communications est arrivée dans mon Smartphone et elle continue toujours à vivre sa folle aventure...
Au 19ème siècle, avec les découvertes et les lois de la thermodynamique et de l'électromagnétisme, le monde scientifique croyait qu'il connaissait toutes les lois fondamentales de la nature.
On en était loin comme vous pouvez le constater.
Sur la page de garde du Printemps des Sciences, dont les expositions viennent de s'achever à Bruxelles, il est écrit: "La Science est précieuse, fascinante, étrange…On pourrait aussi la qualifier d’inodore, incolore, insipide, mais ce serait trop réducteur. Alors, pourquoi pas: complexe, subtile, changeante, et surtout, essentielle? Ah, elle peut aussi être solide comme le roc, fluide comme le vent ou même invisible comme l’air. Banale et extraordinaire à la fois, omniprésente et rare, elle est source de vie, mais peut aussi semer terreur et effroi… On la traque sous terre pour vivre, et sur les autres Terres, juste pour le plaisir. Cosmique ou tellurique, elle est au cœur de notre existence, de notre survie, de nos loisirs, de nos peurs, de nos espoirs."
Disons que la Science se cherche en permanence, qu'elle bouge, qu'elle n'arrive jamais à satiété avec ses inventions et ses découvertes. Beaucoup de magazines de vulgarisations scientifiques en témoignent.
Si j'arrive à modéliser ces étapes dans votre esprit, à leurs donner un sens, une origine, une histoire et une fin de recevoir ou de non recevoir, je serai arrivé à mon but.
Je dis "non recevoir", parce que tout n'est pas bon à conserver et à prendre en considération. Des échecs et des déchets sont du nombre. Il y a toujours des découvertes ou des inventions qui ne tiennent pas la route dans la distance, trop dangereuses à l'usage ou en inadéquation avec le temps. L'histoire de la bombe atomique n'est qu'un des dérapages.
En résultent des bides magistraux conçus avec de gros budgets et de petites réalisations qui font, elles, un tabac.
Inventer est toujours plus flatteur que de découvrir fortuitement pour justifier les investissements avec des rendements élevés.
Le côté fortuit de la découverte reste, bizarrement, dans l’ombre et non avoué par le découvreur-inventeur qui aimerait plutôt laisser une image de longues recherches et d’un travail acharné.
La fin justifie-t-elle les moyens?
Une réponse de Normand vous suffirait-elle? Je n'en ai pas d'autres.
Vous aimez les romans à suspense. Alors, avec la science, vous en aurez.
On vous demandera de publier pour vous faire connaître et attirer l'attention sur vous. On vous demandera d'être proactif. Il faudra conserver l'humilité car avoir raison trop tôt, c'est trop émouvoir la galerie.
Ressentir l’importance du changement nécessaire fera partie de votre stratégie future, d'une intuition mêlée d'expériences.
Gardez une partie de votre savoir en réserve, pour ne pas vous le faire coiffer sur le poteau. Des inventeurs qui se sont fait voler leurs idées ne sont pas rares car la compétition fait partie du jeu.
Pour faire bouger les choses, comme acteur scientifique, il y aura le pouvoir, la passion, la rivalité et le hasard, la chance (inventions fruits du hasard). L'histoire s'écrit tout autant dans les laboratoires que sur le terrain.
Aujourd'hui, on mêle tout le melting pot, sous le seul parapluie des "Recherches et Développements". Des R&D, en abrégé. Des budgets sont alloués à la Science par le secteur public et plus souvent par le privé, mais toujours au compte-gouttes.
Pourtant, on confond souvent l'invention avec l'innovation.
Le prix Nobel de médecine en 1937, Albert Szent-Györgyi disait qu'il y a deux types de recherches.
La recherche fondamentale qu'il qualifiait de "dyonisiaque" et la recherche appliquée, définie comme "apollonienne".
Dyonisos, associé au bon vin mais aussi, à la recherche de l'inconnu, avait des visions sans en connaître la destination, soutenues uniquement par l'enthousiasme, l'imagination et la démesure.
Apollon, associé au dieu du soleil, ami avec la raison, aimait les sollicitations objectivées et récompensées.
Et si Apollon avait rendez-vous avec Dyonisos pour aller boire un coup ensemble, est-ce qu'ils continueraient à innover?
L'innovation est la transition de l'invention. Elle a besoin de sponsors pour démarrer et espère des royalties en retour. Elle est devenue chère à rechercher à décupler son potentiel. 
On n'invente plus avec seulement un point d'interrogation devant le nez. La science s'est elle-même transformée dans ses processus et se tourne vers le travail en équipe.
Les entreprises ne peuvent même plus se permettre de se limiter aux résultats de leurs propres recherches. Elles acquièrent des connaissances d'autres sociétés. Elles sous-traitent et achettent des licences, des brévets.
L'écueil de l'invention fortuite, mais trop aléatoire, est ainsi évité. Il n'y a que la standardisation qui fait défaut dans ce processus d'externalisation qui empêche d'accroitre encore plus cette tendance. 
Les relations "homme-homme" sont devenues difficiles et chères, disais-je. La machine s'est introduite dans cette relation qui n'est plus limitée au "one to one", mais au "many to many". Des relations dont on vous a parlé au cours d'informatique avec les difficultés qu'elles engendrent. S'il y a des dysfonctionnements et des erreurs, pour s'en disculper, ce sera toujours le bug informatique et la machine qui sera responsables. Ce qui est plus de neuf fois sur dix, absolument faux, mais qui évitera de chercher les erreurs humaines qui prendraient bien plus de temps.
Voilà, les questions qui importent, désormais, bien plus que la décision de passer à l'acte.
Alors, vous allez me dire, "mais qu'est-ce que je viens faire dans cette galère?". "Comme les entreprises le font, je n'ai plus qu'à acheter ce qui existe pour consommer". "Plus besoin de me farcir des années d'études".
Encore une fois, à la limite, on pourrait le croire que tout a été inventé comme au 19ème siècle. Et pourtant...
Le marketing impose toujours ses lois. Si le marketing ne donne plus le temps aux entreprises d'espérer des inventions révolutionnaires et des découvertes fortuites, il fait tourner la machine du temps et des fantasmes.
Aujourd'hui, la complexité et le temps pour "inventer", pour "découvrir" est toujours voulu plus court.
Ok, il y a l'"Open Innovation", l'"Open source" que vous devez avoir entendu parler sur Internet. Henry Chesbrough voulait mixer les connaissances par cette voie. D'après lui, il faudrait tout ouvrir pour tout le monde dans le libre, le perpétuel et le gratuit. Quand on sait que nous sommes dans un monde où tout s'achète et se vend, vous vous dites, il doit y avoir un truc.
Je ne sais si c'est à cause de ces considérations que la Science aurait moins de succès auprès de vous, jeunes, plus attirés par le rêve que par une époque de crises et de projets d'avenir que l'on vous propose au raz des pâquerettes. Mais, il faut savoir que la pénurie de jobs dans le domaine des Sciences, existe bien plus qu'ailleurs.
La recherche fondamentale est souvent sous-évaluée à cause de ses retombées aléatoires. D'accord. Tout n'est pas qu'argent pour générer le plaisir.
Soi-disant moins rentable, avec des retombées non estimables dès le départ, elle fait partie des activités scientifiques qui entrent en conflit moral avec la recherche appliquée qui se fixe des objectifs précis de rendements. Ces deux approches restent complémentaires.
La société veut toujours du nouveau. C'est ce qu'elle attend de vous.
Une véritablement lutte à mort s'est engagée en dehors de nos frontières. Les pays en voie de développement vous attendent au tournant dès que vous lâcherez prise.
Votre portable et votre PC venaient du Japon. Il vient, désormais, de Corée du Sud.
Les cerveaux seraient-ils mieux formés en Corée qu'au Japon avec une technologie mieux adaptée?
Pas vraiment. Il y a une autre loi qui intervient. Celle du prix de vente qui dépend, à son tour, du cours de la monnaie. Le won coréen est beaucoup plus faible que le yen. Ce qui explique cela.
Le progrès humain est jonché de ce genre de moments d'incongruités politiques que l’humanité est obligée d'assumer.
Je suis désolé de vous le dire, les moments de grâce seront plus discrets encore dans le futur.
Il ne faut pas sous-estimé le consommateur. Pas fou, celui-là. Il peut analyser et comparer les prix avec le rendement et les plaisirs des gadgets que les technologies lui fournissent.
Alors, il faudra le faire rêver, ce consommateur comme un maître de la simplexité pourrait le faire, puisqu'il ne se rend pas compte que l'ergonomie qui lui rend les choses simples et plus agréables, sont dans le fond très complexes.
Même si, dans vos déductions, vous avez quelques soupçons sans preuves, il faudra les vendre, les traduire en y mettant des artifices pour qu'ils soient encore "achetables" par des consommateurs blasés. D'autres, avant vous, l'ont fait avec plus ou moins de bonheur.
Vous vous souvenez de ce fameux Boson de Higgs avec les théories des molécules qui l'entouraient. Imaginez comment cela aurait été difficile de le faire connaitre sans les médias, sans le buzz qui l'entourait et sans un nom magique de "particule de dieu". Réunir la science avec la religion par l'intermédiaire des médias, quelle idée de génie !
Aujourd'hui, c'est mon rôle de vous faire rêver à votre futur entre plusieurs voies.
Une première, celle du fondamental qui offre un angle à 360° avec la liberté mais sans certitudes et sans beaucoup de sponsors. Une seconde, au canevas de recherches, fixé d’avance par la recherche appliquée. Chacune contient tellement de sous-couches différentes du savoir que vous avez un choix étonnant.
Il faut avouer que le métier de chercheur demande des dons d’ubiquité, d'intuition, d’observation, d'esprit de déduction qui sortent souvent des programmes enseignés dans les universités qui se doivent d'être informatives sans obligation d'apporter l'assurance du succès.
Les fondamentalistes ne seront pas plus intégristes avec des buts exploratoires, avant de devenir expiatoires devant un bide éventuel que les applicatifs.
L'ancien patron de GSK était sur antenne, hier. Il rappelait quelques principes en provenance du secteur pharmaceutique.
Je ne suis pas là, non plus, pour vous vanter uniquement les études supérieures.
Chacun a son mot à dire pour croiser le fer de l’invention et de la découverte.
Mardi, Thomas l'avouait qu'il ne se sentait pas être une flèche tandis que ce jeudi, il se sentait avoir de l'influence sur le gouvernement.
Thomas, dont le papa, Edgar Gunzig, vous vous rendez compte, était physicien, intéressé au vide quantique, à l'inflation cosmique et auteur de la théorie du bootstrap, une théorie explicative de l'origine de l'univers. Ce serait, vraiment, jouer au fils à papa, avec un parfum de népotisme, que d'en ajouter une autre couche avec les mêmes accents, les mêmes notes, via son fils. Soyons pluralistes, que diable...
L'autodidacte, aussi, peut avoir des envies de crier "Eureka" dans son bain ou ailleurs, sans avoir suivi des études très poussées.
Passer à côté de la plaque de l'histoire manquerait toujours de panache et de goûts d’aventure quand on a quelques moyens innés, manuels ou intellectuels.
Devenir "créateur d'étincelles", cela demande bien plus qu'une vague rumeur de l'histoire, qu'une entrée en religion et la fougue, personne ne vous forcera à l'avoir.
Les Sciences, en vitesse de croisière? Peut-être...
Crises structurelles? Un mauvais moment à passer?
"Cogito ergo sum", disait Descartes.
Cette maxime, au moins, est toujours vraie.
Rappelez-vous que les Sciences peuvent être autre chose qu'austères. Elles peuvent être très amusantes comme le sont les histoires de Sherlock Holmes.
Voilà ce que je voulais vous dire, aujourd'hui.
Une vieille blague, pour finir, me vient en mémoire. Un peu rafistolée pour l'occasion, elle pourrait se dérouler ainsi:
Trois inventeurs dialoguent au salon des inventions de Bruxelles.
Le premier, un américain dit:
- J'ai fait partie du projet Google glass. Avec ces lunettes, il est possible de communiquer avec le monde entier.
Le second, japonnais dit:
- J'ai fait partie de l'équipe qui a développé les nouveaux robots. Ils permettent d'aller voir de plus près les réacteurs de la centrale de Fukushima. Nous les contrôlons à distance. Cela n'est pas par la télépathie. Ils ont beaucoup de latitude dans leurs actions pour décider de la marge de manoeuvre sans interventions des hommes.
C'est alors qu'on entend un bruit sourd qui provient de l'inventeur belge. Tous deux se retournent vers lui.
Le Belge, un peu honteux, dit, avec un esprit inventif:
- Ne vous en faites pas. C'est mon hologramme téléporté à New York. Je lui avais envoyé un message. Il vient de me renvoyer un accusé de réception sur mon vieux fax.
(Rires des étudiants)
Je ne vous dis pas, mais, la morale de cette histoire pourrait bien être que si vous ne parvenez pas à faire passer vos inventions dans le public par les médias habituels, vous avez toujours la possibilité d'utiliser, en plus, l'ouïe ou l'odorat pour le faire.
Mais vous pouvez le considérer comme un poisson d'avril avant l'heure...
(Rires et applaudissements)
L'enfoiré,
Citations:
- "Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle", Nicolae Iorga
- "Les grands embrasements naissent de petites étincelles.", Cardinal de Richelieu
- "Qui a peur des étincelles ne devient pas forgeron", Proverbe allemand
08:15 Publié dans Ecole, Histoire, Nature et Ecologie, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : histoire
14/03/2013
Abus de faiblesse
Des "Abus de faiblesse et autres manipulations". Marie-France Hirigoyen en avait fait un livre. Marie Andersen, son cheval de bataille dans d'autres livres. Psychiatres, psychanalystes, elles ont consacré leurs carrières aux victimes pour combattre les violences psychologiques et en démonter patiemment les rouages et les techniques.
Les violences peuvent prendre tellement de forme et envers, tellement de victimes différentes. Les faiblesses se découvrent tout au long de la vie. Mais, il y a des franges de la société plus enclines à se laisser prendre.
Définir ce qui génère les fragilités serait la première étape à prendre en considération. Une prédation s'établit par le fort sur le plus faibleinternt.
Il y a d'abord l'âge tendre, les enfants. On sait qu'ils sont les premières victimes des adultes dans les mains de pédophiles.
Il y a les femmes victimes du machisme des hommes. Comme les deux psys sont des femmes, c'est à la base ce qui les a fait écrire leurs livres.
La manipulation devient le cheval de Troie dans les relations humaines entre adultes.
Le livre de Marie Andersen, "Les 10 façons de la manipulation" suivait d'autres comme la "Manipulation ordinaire". Ordinaire, parce que courante, mais pas parce qu'elle devrait être ordinairement acceptée. Les précautions contre la manipulation s'apprennent.
La famille, le couple, le travail, la vie sociale, Internet ne sont que certains cadres dans lesquels se rencontrent les manipulations de tous genres. Les personnages nuisibles agissent dans l'ombre. Ils se nourrissent de conflits. Les personnalités qui attirent un manipulateur sont celles qui lui donnent l'impression de posséder des qualités qui lui manquent et des faiblesses qui l'arrangent. Dix chapitres du livre décrivent la disqualification, l'imposition, l'isolement, l'intrusion le refus de dialogue, la chosification qui rend une personne "objet", l'inversion, le déni, le décervelage et l'emprise.
Marie Andersen donnait sa méthode qu'elle appelait "Méthode 0-1-2" pour mieux communiquer. Une relation entre A, l'émetteur et B, le récepteur d'une information.
Le niveau 0 avec A qui parle comme il vomit et B qui n'est pas réceptif et n'entend rien.
Le niveau 1 avec A qui se veut informatif, attentif à lui-même pour clarifier ses idées et B passif car il n'a pas d'intérêt.
Le niveau 2 avec A et B intéressés par besoin commun dans une solution win-win. La solution du nec plus ultra.
Elle ne connaissait manifestement pas l'algèbre booléenne, qui dit que si et seulement si a ET b est VRAI que le courant passe.
Dans son livre, elle préconise de ne pas perdre son temps, de tirer les leçons du passé, d'être le meilleur ami de soi-même en se conseillant.
Marie-France Hirigoyen, elle, a suivi le fil rouge par sa propre expérience dès l'enfance pour guider ses écrits et sa pratique clinique.
Enfant déjà, elle traquait les injustices.
Elle écrit:
"J'ai toujours voulu être psychiatre. J'attribue cette vocation au fait que ma mère était une petite chose fragile, toujours dans la plainte. Peut-être, voulais-je lui venir en aide...
J'ai le souvenir qu'un jour à l'âge de 14 ans, ma mère m'a expliqué qu'aucun médecin n'avait pu la soulager. Je lui ai répondu qu'elle n'avait pas vu un psychiatre. J'ai toujours eu un intérêt aussi pour ce qui est juste et injuste.
Je me souviens qu'au lycée on avait mis des garçons dans notre classe de filles option maths, car nous étions très peu nombreuses. Nous, les filles, avions des cours de couture. Eux, les garçons avaient le droit de fumer et de sortir entre les cours. Je n'avais pas conscience d'être féministe, mais cette différence entre les sexes me choquait. Je me souviens que, durant mes études de médecine, un patron, chef de service, prenait un malin plaisir à malmener les étudiantes. Un jour, nous étions dans la chambre d'un patient, et le patron m'a demandé de faire l'examen clinique devant le staff. Alors que je terminais, il s'est mis à hurler: "Les couilles, Mademoiselle, palpez-lui les testicules! J'ai rougi, je me suis sentie humiliée.
Très clairement, j'ai écrit Le Harcèlement moral, en 1998, en réaction à cette hypothèse. Je considère que, dans certains cas, les personnes se font piéger.".
Avec ce livre, elle a veillé à faire découvrir au grand public le concept de "pervers narcissique". Concept que l'on découvre après avoir été asservi et qui permet de détruire moralement quelqu'un juste avec des mots.
Le concept de "pervers narcissique" se présente sous forme de vexations, de petites injustices, et l'a poussée à se tourner vers la victimologie et à l'étudier aux États-Unis, en 1994, puisque cette discipline n'existait pas en France.
Elle inspire la loi sur le harcèlement moral au travail en 2002.
"Après la parution de cet ouvrage, j'ai reçu des milliers de lettres qui décrivaient des situations stéréotypées. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la violence physique et directe, mais le glissement d'une situation normale à une situation abusive, les agressions insidieuses dont on ne prend conscience que quand il est trop tard", explique la thérapeute.
Elle considère que les femmes subissent plus de petites humiliations que les hommes. "Je pense que, si je n'avais pas été une femme, je n'aurais sans doute pas été sensible à ces violences invisibles", conclut-elle.
De petites injustices de la vie quotidienne, "trop" souvent la norme, contre lesquelles elle a eu envie de se battre en tant que femme.
Les psychanalystes parlaient du masochisme des victimes, et les thérapeutes systémiciens considéraient que s'il y avait des agresseurs, c'était parce qu'il y avait des victimes potentielles.
Pas de manichéisme, ni d'angélisme. Les notions de "bien" et de "mal" ne sont que des vues de l'esprit, poussées à l'extrême par des idéologies partisanes.
Parler des psychopathes et comment les détecter, une autre tentative d'approcher les prédateurs qui s'éclatent toujours à un moment, suite à l'innocence de leurs victimes.
La vieillesse en est une des formes plus catégorisées dans le rayon "faiblesses". La maladie, le complément de la vieillesse.
Retombé en enfance, plus crédules, les plus âgés deviennent des proies faciles des plus jeunes.
Dans l'article précédent, je parlais des "Démons de l'âge", des vieux qui cherchent encore à exister, mais qui sont pris de cours par la perte de connaissances des nouvelles vérités qui les dépassent.
Attention, cela ne veut pas dire que les démons de l'âge "jeune" ne soit pas maléable à suivre n'importe quel esprit révolutionnaire.
Mais, c'est vrai que les personnes âgés se laissent, plus facilement, arnaquer, sans même s'en rendre compte.
Se faire agresser en rue, n'est que la forme la plus visible. On les retrouve, alors, perdus, dans la rubrique des "chiens écrasés" de la presse locale.
Ils deviennent aussi les victimes favorites à la maison. C'est plus subtile. Un coup de sonnette à l'aveuglette, à tous les étages d'un immeuble à appartements et c'est toute la sécurité établie à grands frais qui est chambardée. Il a mal compris, n'a pas réfléchi à la véracité des dires d'un visiteur, d'un faux facteur ou policier ripoux.
La faiblesse des vieux qui espèrent encore faire illusion, se retrouve, aussi, confrontée à des femmes beaucoup plus jeunes. L'argent a seulement apporté un palliatif au vieillissement inéluctable, un complément aux illusions des victimes de la solitude dans de derniers élans de sexualité.
Les jeunes-vieux d'aujourd'hui font de la résistance et veulent du gras de la vie en s'aidant d'une dose de Viagra. Avec l'âge, les raideurs se déplacent, pourrait-on dire avec humour.
Le privilège de la jeunesse apporte des tentations de pouvoir sur les aînés pour en profiter par quelques avantages qu'il faut appeler abus de faiblesses.
"L'enfer du décor", un livre écrit par la compagne, plus jeune de Raymond Devos. Elle a été dépassée par d'autres et a cru bon de se justifier et de se disculper devant une opinion publique dans ce livre. En 2009, le tribunal l'a relaxée du chef d'administration de substances nuisibles mais pas d'avoir usurpé la qualité de médecin.
Dernièrement, on apprenait que Bebel se séparait de sa chère et tendre.
Coïncidence, le même jour, sortait le film "Les invités de mon père" sur nos ondes belges, diffusé ensuite, le 7 octobre dernier, sur France2, avec le même paradigme.
Bébel (79 ans), un cas parmi tant d'autres.
Ce fut donc la fin d'une "belle" histoire avec Barbara Galdolfi (37 ans), ex-top-modèle, impliquée dans des affaires judiciaires et dont il avait fait la connaissance en juin 2008 dans un restaurant de Cannes.
Une histoire d'amour qui avait déjà fait couler beaucoup d'encre bien avant la rupture. Les policiers belges soupçonnaient Barbara, aujourd'hui animatrice à Star TV, d'avoir utilisé Bébel, et son état de faiblesse depuis son AVC, pour lui soutirer de l'argent.
L'avocat de l'acteur disait lors de la rupture "Je sais ce qui s'est passé et j'ai donné raison à Jean-Paul de mettre fin à cette aventure. Il y a des procédés qu'on ne peut accepter" ("Secret de stars").
A l'occasion de la journée de la femme du 8 mars, sortaient quelques articles sur le féminisme et ses égéries.
Je ne vais pas ressortir "Le Martien et la Vénusienne" pour le prouver. La femme est peut-être l'avenir de l'homme, par ses intuitions et quelques forces de persuasions.
Profiter du sexe pour arriver à ses fins, n'est pas nécessaire être féministe.
La gente féminine n'est plus ce qu'elle était. Qu'on ne vienne pas dire ce que je n'ai pas dit. J'adore quand les femmes sont compétentes et qu'elles se rebèlent quand on ne les respectent pas.
"Comment le 8 mars devint une journée fun?", un texte que j'ai aimé lire.
Au début de la semaine, on parlait de Sherill Sandberg comme de la nouvelle "Reine de la Silicon Valley", une égérie du féminisme, numéro 2 de Facebook, qui avait pour modèle Betty Friedan.
Dans son livre "Lean In" ("Femmes, ayez plus d'ambition"), elle invite les femmes à se bouger, à croire en leurs rêves, à les dépasser avec l'aide des hommes, pour, ainsi, effacer l'ordre social actuel dicté par la hiérarchie des sexes. Les rôles seraient-ils inversés? Machisme au féminin?
Le sexe ne pourrait-il pas devenir une rampe de lancement à ses idées, même s'il peut en donner l'illusion?
L'Express affichait sa première page avec "L'arme du sexe".
Si l'argent est le nerf de la guerre, le sexe, lui, est souvent son point sensible.
Les "Mariages distancés" par l'âge existent et peuvent se concevoir tant que l'argent n'intervient pas trop pour fausser les règles du jeu de l'amour.
Dans le film, "Vingt ans d'écart", cela passe encore... Plus, c'est bonjour les dégâts potentiels. En fin de course, cela parait plus un mélange à risques divers, que ce soit du côté "couguar" ou "léopard", d'ailleurs.
On apprenait, dans la foulée, que les membres d'un couple sur cinq vivent ensemble sans se parler pour de seules raisons économiques.
Il est certain que vieillir rend moins suspicieux. Les personnes âgées sont les premières victimes d'arnaques et les moins aptes à déceler les signaux de danger. Pour l'expliquer scientifiquement, des chercheurs de l'université de Los Angeles ont montré que le cortex insulaire antérieur, associé aux sentiments instinctifs, sont moins actifs.
Mais, où est la limite? Les femmes qui prennent des postes de direction ne prennent-elles pas le même chemin pour établir leur supprématie que les hommes?
Les manipulations font partie de la vie, ce qui fait la différence, c'est l'intentionnalité.
Où commence l'influence normale et saine, où commence la manipulation?
Comment repérer les premiers signes d'un abus de faiblesse?
Le Monde du 16 août 2012 (Martine Laronche) relayait les titres de chapitres les plus évocateurs.
-
CHAPITRE 1. ABUS DE FAIBLESSE ET MANIPULATION
-
1. Du consentement et de la liberté
-
2. De l'influence à la manipulation
-
3. Les textes juridiques
-
-
CHAPITRE II. LES PERSONNES VISÉES
-
1. Les personnes vulnérables, âgées ou handicapées
-
2. Abus de faiblesse sur mineurs
-
3. Vers la sujétion psychologique
-
4. La sujétion amoureuse ou sexuelle
-
5. L'emprise des sectes
-
-
CHAPITRE III. LES MANIPULATEURS ET IMPOSTEURS
-
1. Qui sont les manipulateurs ?
-
2. Les mythomanes
-
3. Les escrocs
-
4. Les pervers narcissiques
-
5. Les paranoïaques
-
Enfants, personnes âgées, retombant en enfance, sont comme les adultes en état de sujétion psychologique, parfois en perte de repères.
Comment ne pas parler d'Internet, là où les relations non protégées tournent, parfois, en une véritable confrontation de forces, en un pugilat. La Toile aurait pu se révéler un lien entre les hommes contemporains, entre les générations, dans un partage de connaissances. On est parfois très loin des liens d'amitiés préconisés par Facebook sur les forums de discussions.
Se définir avec un "à propos" détaillé et sans honte est loin d'être une généralité. C'est alors qu'échapper ou contrer une propagande demande doigté et retenue de la part de ses utilisateurs.
Une première forme de manipulation, c'est d'envoyer par procuration une information, sans partage, sans répondre à ses commentateurs en se désintéressant de ce que le lecteur en pense. Une autre technique, c'est de rejeter toutes contestations en pointant les autres comme de vils menteurs, perturbateurs, trolleurs.
Les plus dangereux sont peut-être les manipulateurs qui s'ignorent, qui le font avec conviction de leur bon droit comme porte-drapeau d'une cause.
Depuis 2006, je hante les forums, en m'intéressant à ce qui se dit sur Internet. Les coups fourrés, les insultes à mots couverts ne sont pas rares. Un jour, il y a déjà longtemps, un jeune avait lancé son pavé de textes dans la marre aux canards. Se voyant chahuté de toutes parts, il se souhaitait de ne plus avoir l'envie d'y revenir de sitôt. Aujourd'hui, il ne se trouverait plus dans la marre aux canards, mais dans un déluge de faux canards qui ne respectent plus rien.
Alors, dernièrement de guerre lasse, comme j'aime taquiner le diable par la queue, j'ai joué au manipulateur, intentionnellement dans un article sur Daniel Cohn-Bendit qui déviait dangereusement sur la pente de la pédophilie. Jouer au "méchant" en remontant le flux et en finissant par le dire pour enlever les quiproquos. Ma conclusion sera de dire que cela demande une certaine persévérance, de courage pour dire parfois le contraire de ce que les autres pensent, de mélanger le vrai au faux.
Une autre fois, j'avais rappelé ce phénomène d'ignorance de l'autre dans un commentaire. Il est resté lettre morte tout en disant que l'auteur au pseudo "Le moine du côté obscur" (qui le méritait bien), idéalisait les idées et pas les humains alors qu'il n'avait, d'après ses dires, pas besoin de leaders pour personnifier ses (propres) valeurs.
Les valeurs ne sont pas universelles.
Alors que reste-t-il à la victime contestataire, dissidente?
Le pluralisme des idées à jeter aux orties?
Je sais que l'homme est complexe et plein de contradictions, cela veut dire qu'il faut parfois, aussi, "choser" pour en comprendre les sources de la "chose".
Un commentateur est face au dilemme de reculer et c'est l'autre qui avance. Ne pas oublier qu'à la base, il y a un test de résistance exercé sur la victime par le manipulateur.
Je ne sais qui a utilisé le mot "surfer" en parlant d'Internet comme on le ferait sur des vagues. L'image est excellente. Surfer, c'est voir où on arrive sur le rivage, mais aussi regarder dans son dos de sa planche à voile ou sans voile.
Pour cela, avant tout, il faudra se respecter soi-même, sa planche de salut pour avoir une chance de résister aux manipulateurs et aux vagues qui cherchent la faille pour s'insinuer et mettre ses victimes le dos au mur. Avoir le courage de tirer la prise. Sinon, c'est le plongeon.
Un commentaire désagréable peut modifier notre manière de penser, en polarisant l'attention des lecteurs et engendrer un effet néfaste sur l'objectivité de l'interprétation.
Vouloir avoir raison devient, alors, une addiction qui engage le combat, la fuite, le blocage ou la meilleure solution, l'apaisement.
Utiliser la force de l'adversaire, une manière habile de se "dévulnérabiliser". Les préjugés sont bien présents dès l'entrée de jeu dans toutes discussions. Ne jamais s'énerver. Donner du lest aux deux côtés. Trouver l'alternance entre provocations humoristiques et acquiescements de replis pour temporiser. Dévier ce qui est insupportable pour sortir d'un chapeau trop concentré, trop serré, ... trop amer, aussi.
La démagogie qui prétend mener le peuple se contente souvent de suivre la foule.
Oui, il y a des cerveaux malades, c'est dire qu'il faut y être préparé comme Taddeï tente de le faire dans une bataille d'opinions.
Une quête aussi précise qu'inspirée, qui révèle que le statut de victime n'est pas irréversible, ni irrésistible.
L'enfoiré,
Mise à jour 15 mars 2013: Le journal de La1 belge présentait les maisons de repos qui ont dû aussi introduire Internet.
Certaines vont jusqu'à enseigner son utilisation en aidant l'utilisation du clavier et de la souris en n'oubliant pas d'avertir sur les danger de la Toile. Surfer sur le web pour les pensionnaires en allant retrouver l'endroit de leur résidence, de voir des clips. passer par la télé, mieux connue.
Mise à jour 22 mars 2013: Affaire Bettencourt: Sarkozy mis en examen pour «abus de faiblesse»
Mise à jour 14 mars 2013: Jean-Pauml Belmondo chez Drucker pour ses 80 ans.
Citations:
-
« La faiblesse est le courage des autres. », André Brochu
-
« L'alibi est la faiblesse des innocents. », Dominique Muller
-
« La morale est la faiblesse de la cervelle. », Arthur Rimbaud
08:25 Publié dans Economie, Livres, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17/01/2013
La philosophie, l'outil du sens
Sophie Chassat avait écrit un livret "Découvrez avec Kant les vertus de l'hypocrisie" dans lequel, elle parlait de 50 paradoxes loufoques de philosophes.
Parler des différences facettes de la philosophie de manière exhaustive et chronologique passe par l'art de vivre au travers des philosophes de l'histoire (1) et (2). L'erreur serait de penser que l'histoire se répète et que le passé serait plus que des références.
Ici, l'auteur mélange les vertus de l'hypocrisie, la profondeur du superficiel, le caractère ordonné du désordre, le sens de l'absurde, l'aspect savant de l'ignorance, le côté positif du négatif, du potentiel philosophique de la gym.
L'hypocrisie est l'attitude morale par laquelle on exprime des sentiments, des opinions que l'on n'a pas ou que l'on n'approuve pas. En fait, sans parfois s'en rendre compte, elle suit une stratégie secrète bien personnelle.
Le Tartuffe de Molière en serait le symbole par la voie du mensonge. L'utilitarisme et la stratégie sociale, son pardon. 
En cette période troublée par des crises multiples, en perte de valeurs, les philosophes sont plus écoutés pour tenter d'expliquer aux autres, ce que peut être l'art de vivre en société.
Les philosophies du passé, s'ils servent de bases et de garde-fous, doivent subir quelques adaptations pour être transposées dans notre modernité de technologies et de compétitions multiples.
Ces idées, réunies, mélangées, choisies indépendamment de leurs auteurs, elles sont misent en exergue:
- Faire le procès de l'hypocrisie, ce serait la même chose que de considérer que les spectateurs d'une pièce ne savent pas qu'ils sont au théâtre. De la contrainte extérieure émerge l'obligation intérieure à faire des salamalecs qui cachent des tartuferies. La douceur est le tempérament qui caractérise au mieux la sensibilité démocratique, mais, pervers, il conduit à l'amollissement des âmes.
- Le ballet social n'aime pas les danseurs qui se prennent les pieds dans la robe de leur partenaire et en rire est une affaire très sérieuse qui sanctionne un comportement social inadéquat sans pour cela franchir la limite qui sépare le compromis de la compromission.
- L'orgueil, le luxe, la dépravation, la malhonnêteté sont le ressort de l'opulence générale et du bien public.
- Entre la valeur et la réalité, il y a toute la distance qui sépare ce qui doit être de ce qui est. Le désaccord, l'objection, la contestation, le conflit, la discordance comme figures de l'opposition sont nécessaires pour la formulation d'une idée valable.
- Des gens qui énumèrent des vérités peuvent être d'une bêtise crasse: il suffit qu'ils y adhèrent sans les interroger. L'antidote est l'humilité avec une force d'étonnement iconoclaste. Aucune affirmation pour si solidement étayée qu'elles se présente, n'a une force irrésistible.
- A côté de la pensée savante, domestiquée, la pensée sauvage est tout aussi légitime et logique. Le plus insignifiant, le plus littéralement ignoble, rebut ou résidu prend un sens. Si votre interlocuteur n'a pas droit à la vérité, vous n'avez aucun devoir de vérité à son égard.
- Dans toute attirance, il y a le sujet, l'objet et le modèle. L'autre n'est jamais aimé pour lui-même, mais pour ce qu'il apporte comme plaisir ou utilité, comme un prétexte à une forme sublimée de narcissisme. Quand les agréments ou les intérêts disparaissent, la belle amitié peut s'évanouir.
- Le langage est inapte à exprimer la subtilité d'une idée en caricaturant le réel dans le conventionnel et l'utilitaire.
- Le désordre est simplement l'ordre que nous ne cherchons pas. Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu'ils en ont.
- L'inquiétude est l'aiguillon qui maintient notre désir en état d'éveil. Ce qui est faux pour l'entendement peut être vrai sous des aspects perceptifs, symboliques.
- Ne pas vouloir la vérité contre la vie et être soi-même, l'artisan de la forme que l'on veut donner au monde est une révolte qui est, en même temps, un refus et une proposition. Décider de quelque chose, c'est toujours trancher sans pouvoir savoir si l'on a bien choisi. Défendre l'idée que le travail est une nécessité mais refuser qu'il soit une valeur.
- Le don n'est jamais réductible à un geste unilatéral. Derrière l'apparente générosité du présent, c'est en fait toujours une lutte de prestige qui se joue.
- Au creux du vide nourricier qu'est l'ennui, c'est l'exigence de donner un sens libre à notre existence qui nous est révélée. Pour réellement changer les choses, la solution n'est pas de prendre le contre-pied du problème, mais changer sa manière de penser le changement en sortant de son cadre.
- Il ne suffit pas de dire que la liberté s'éprouve pour la prouver. L'homme n'amasse pas plus mousse que pierre qui roule. La philosophie existentialiste nous apprend à ne pas distribuer de bons ou de mauvais points au nom de la liberté. Une action peut avoir des effets imprévus et non voulus par les intentions premières. Il ne suffit pas de dire que la liberté s'éprouve pour la prouver.
- La résistance est locale et ponctuelle dans des actions singulières plus que dans des groupements organisés. N'obéir à un chef qu'en ayant opiné aupravant de son propre chef.
- L'écriture produira l'oubli dans l'âme de ceux qui l'auront appris, parce qu'ils cesseront d'exercer leur mémoire.
- A trop valoriser la mémoire, on en oublie son côté mortifère. L'oubli dégage de nouveaux horizons et accorde d'écrire de nouvelles histoires.
- Se garder de tout esprit de sérieux, c'est comment écrire et lire de la philosophie. Son parfum est autre chose qu'une odeur de sainteté. L'avantage avec la philosophie, c'est qu'elle donne parfois à penser des problèmes que la vie se charge de résoudre.
Les auteurs de ces idées: Kant, Bergson, Camus, Socrate, Alain, Hegel, Deleuze, Barthes, Lafargue, Leibniz, Nietzsche, Weber ... et de les avoir réuni autout du thème de l'hypocrisie prouve qu'elle existe à tous les étages du temps et de l'espace. Si Laurent Baffy parle de la vie comme "une période aléatoire entre le néant à le néant", il s'agit de s'inquiéter du processus à remplir entre les deux.
On est tenté de catégoriser les gens pour les insérer, au besoin, dans des statistiques pour les modèliser.
Cela aboutit, souvent, dans le caricatural et les clichés.
Avec l'allongement de la vie en ces temps bénis par la médecine, elle arrive à se diviser en quatre phases que l'on appelle pudiquement et, parfois, artificiellement "âges".
Le premier âge suivrait, selon une formulation générale, une formation intellectuelle ou manuelle pendant laquelle on sent que vu les difficultés, le jeune boit, progressivement, la "tasse".
Au cours du second âge, l'adulte se devrait de justifier la rentabilité apprise dans sa jeunesse, actif, parfois radio-actif, en creusant un sillon dans une carrière entre collègues où règnerait l'esprit d'équipe, assurer une suite par sa lignée et rester, en définitive, "à la masse".
Au troisième age, lors d'une retraite (semi-assurée), l'adulte senior s'impatienterait d'y récupérer ses acquis, tout en étant poussé "à la casse".
Plus personne ne se reconnait dans le jeu de quilles. L'Alzheimer, réel ou fictif, devient général de la part des deux premiers âges.
Le dernier âge, lui, préparerait au repos éternel en laissant les dernières traces et en "vidant la tasse".
La boucle serait, ainsi, bouclée avec des cycles parallèles dans une sorte de course relais sans fin.
La vie active se perdait dans des convenances et des relations d'affaires.
Dès le troisième âge, c'est devenir un "has been" pour l'un, un "éléphant" pour l'autre. Ce ne serait pas un vrai problème s'il s'intégrait dans l'intérêt général et le respect des particuliers en restant aimé par ses contemporains, en gardant la santé pour ne pas tomber trop vite dans la dépendance.
Ce sont des voeux pieux et, parfois, terminer en espoir déçu dans l'ignorance de ses semblables de nos civilisations dites modernes, fonctionnelles qui, hypocritement, égoïstement, ne s'intéressent qu'au chacun pour soi.
L'argent et le pouvoir, restent, dans cette modernité, les seuls dérivatifs chez les "nominés" pour se payer une virginité. "A cash city", tout reste possible.
Pourtant, à tous les âges, il s'agit toujours d'exister, d'une envie d'exercer une activité, d'utiliser les expériences, de partager son vécu et sa vision dans l'actualité avec ses contemporains.
Pour l'individu, préparer sa sortie par la porte de service ou par celle des artistes, rend la retraite parfois difficile. Les anciens liens s'étiolent puisque les attaches professionnels n'existent plus
.
Plus la perception du temps s'allonge, plus l'espace se réduit, c'est une règle de la physique.
S'instruire mutuellement devient le moyen de reconnaissance et le cri de ralliement.
L'écrivaine, Yasmina Reza met en scène des personnages contemporains, dont elles reflètent les défauts et le ridicule. La semaine dernière, questionnée au sujet de son dernier livre "Heureux les heureux", elle répondait: "J'aimerais toujours me sentir en devenir. La méditation mélancolique, la mort, les réflexions cocasses sur le couple font partie de mes livres. Le sentiment de ratage m'attire. La défaite m'intéresse surtout avec l'habit de la victoire, même, mêlé de secrets et de mensonges, dans une ontologie entre la naissance et la mort. Je déments être cruelle ou ironique avec mes personnages. Ils sont en totale symbiose, en totale empathie avec moi. Aucune émotion forte n'est d'une seule couleur. Douloureusement heureux, on a toujours quelque chose qui rappelle sa place et son prix dans le cours du temps. La brise qui disperse nos cendres n'est-elle pas le détail le plus important de notre destin?".
Internet a permis un transfert d'informations de génération en génération. Les contacts inter-générationnels se croisent, s'entrechoquent et les masques y tombent sous le couvert de pseudos.
Aucune recherche à fidéliser ces rencontres virtuelles, à priori.
Une fois sur la Toile, les vrais et les faux amis se cotoient alors que, souvent, seul des interlocuteurs plus ou moins valables avec des idées originales suffiraient.
La virtualité d'Internet au travers des réseaux sociaux est un "subset" de la vie réelle. Les philosophes étudient, depuis, ce milieu avec beaucoup d'intérêt.
Et pour cause, dans un tel environnement, pas question de jouer au Monsieur Loyal et de croire que les autres sont des clowns, à vouloir faire rire les enfants.
Monsieur Loyal ressemblerait-il à Manuel?
"Ne joues pas avec les autres. La roue tourne... Aujourd'hui, tu joues. Demain, tu seras le jouet".
C'est clair, l'homme est un être grégaire qui aime se sentir "normal" dans une virilité sociale.
La grande manifestation de dimanche en France posait la question du pluralisme et de la diversité en pointant les "autres d'anormaux" par les "dits-normaux". Excès de pruderie, de bigoterie, de religiosité, de soi-disant normalité?
Un philosophe répondait: "La famille est, à l'évidence, une cellule importante de la vie en société: simplement il n'y a plus, aujourd'hui, un seul modèle familial, mais une pluralité. Le vrai problème est donc ailleurs: il est dans la difficulté d'imaginer que lorsque, l'on ajoute des droits à des droits existants, une telle levée de bouclier soit possible. Ceci s'explique en grande partie par le fait que la France a, en matière de pluralité, une difficulté historique. Dans ce pays, domine une culture politique très homogène, qui estime que, lorsqu'un principe est édicté, lorsqu'un choix public est effectué, il doit nécessairement concerner la majorité, voire la totalité du corps social. C'est regrettable, car cela a pour effet de tendre très fortement le débat.".
Qu'est-ce que la normalité? Où se situe-t-elle?
Jeune, à boire la tasse? Adulte, à travailler en se mêlant à la masse? Et, en finale, se retrouver à la casse?
Ou plutôt se rendre compte qu'il y a des bons et des mauvais élèves, comme le faisait, avec beaucoup d'humour, ce matin, à la radio, Thomas Gunzig dans un café serré dont il a le secret?
On le rappelait hier encore, il y aura toujours des mafieux qu'il faudra contrôler et limiter dans leurs actions. Jouer aux gendarmes et aux voleurs à tous les âges et parfois trouver des ripoux.
Pas de saints sur cette planète. "Nous irons tous au paradis".
Le tout est de s’aguerrir, d'apprendre à reconnaître 'qui est qui' dans ce grand jeu de quilles et de réagir en conséquence.
Alain Baschung qui a eu des débuts très difficiles, son oeuvre s'est retrouvée à titre posthume.
Il chantait sur cet homme-là: "Il voyage en solitaire", sur des paroles de Gérard Manset.
Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire.
Il chante la terre.
Il chante la terre
Et c'est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaires.
Pendant des journées entières,
Il chante la terre.
Mais il est seul.
Un jour,
L'amour
L'a quitté, s'en est allé
Faire un tour de l'autre côté
D'une ville où y'avait pas de place
Pour se garer.
Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire.
Il sait ce qu'il a à faire.
Il chante la terre.
Il reste le seul volontaire
Et, puisqu'il n'a plus rien à faire,
Plus fort qu'une armée entière,
Il chante la terre
Mais il est seul.
Un jour,
L'amour
L'a quitté, s'en est allé
Faire un tour de l'autre côté
D'une ville où y'avait pas de place
Pour se garer
Et voilà le miracle en somme,
C'est lorsque sa chanson est bonne,
Car c'est pour la joie qu'elle lui donne
Qu'il chante la terre.
Alors, restons philosophes et respectueux de la vie dans toutes ses formes.
L'enfoiré,
- « Une philosophie meurt nécessairement avec son philosophe... Une philosophie qui reste devient une religion. », Pierre Michel Duffieux
- « L’hypocrisie est seulement un hommage à l’intérêt. », Eduard Douwes Dekke
- « Mourir puis revenir, ce n'est pas une bonne expérience », Jean Bourgeois
- « Oh, quelle inextricable toile nous tissons, lorsque nous commençons à nous exercer au mensonge. », Sir Walter Scott
09:50 Publié dans Blog, Livres, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
22/12/2012
Une fin en soi
Jour +1, après la fin du monde. L'apocalypse googlée et tweetée convertie en une fin en soi. Et si on créait un conte de Noël avec l'aide de la Science?
Un "Science et Vie", hors série, s'accordait une spéciale "Fin du monde" en décembre.
Notre Terre et la vie ont failli disparaître par cinq fois, il y a entre 443 millions et 65 millions d'années.
Dans l'ère moderne, ce n'était pourtant que la 183ème fin du monde annoncée.
En mars 2011, après avoir parlé des Mayas, je revenais sur cette grande peur de 2012. A l'époque, un "Science et Vie Junior" pouvait effrayer les Juniors avec une rumeur, bien que l'humour enrobait, heureusement, leur texte pour l'excuser.
Ce mois-ci, changement de décor.
Le "GEO Ado" avait pour page de garde: "C'est pas la fin du monde". Le jeune Antoine de 11 ans s'y exprimait ainsi: "Je n'y crois pas trop, mais c'est flippant. J'ai découvert beaucoup de théories sur la glaciation, les inondations. Alors, autant en profiter.".
Ouf... En voilà un qui avait trouvé le palliatif ou son antidote...
Pour moi, le solstice d'hiver avec ses froidures me suffit amplement.
Que faire le jour de la fin du monde?
Le monde est de plus en plus vulnérable selon le Forum économique mondial (WEF).
Les réponses en commentaires proposaient quelques idées "fantasmagoriques", comme aurait pu le dire Dali.
En film, l'"Apolcalypse selon vous" s'animait sous différents angles de l'imagination.
Faire des voeux avec un café serré?
Avec l'humour en porte-bagages?
Non, plus la peine, ce fut un faux bond. Un pétard mouillé de l'"Apocalypse show" préparé par des 'fous du calendrier' qu'étaient les Mayas, qui n'avaient même pas prévu leur propre disparition!!!
ARTE consacrait la journée du 21, en parlant du village de Bugarach, "là où le monde s'arrête dans un ultime prime time". Tout cela pour accoucher d'une délivrance et d'une souris.
Le dernier "Question à la une" se préoccupait du prix des bulles de champagne, avant la rediffusion de l'émission, d'il y a un an, jour pour jour, et qui faisait, déjà, le buzz de cette fin du monde.
Non, vraiment, difficile de trouver un média qui ne parlait pas de l'Apocalypse avec des arguments, plus farfelus les uns que les autres et dans un véritable business de la peur.
Pourtant, à y réfléchir, la fin du monde, elle existe, bel et bien, pour plus de 158.000 personnes, chaque jour, d'après les statistiques. Une fin naturelle, accidentelle ou, dite avec plus d'humour à des enfants, qui survient quand on oublie de respirer.
Une "fin en soi" qui devient une "fin pour soi", en quelques sortes.
Tout change et tout reste de même dans un mélange de passé, de présent et de futur, trimbalés ensemble, en fin de course, entre souvenirs du passé et espérances du futur.
C'est alors, que je me suis rappelé du premier épisode de "La magie du cosmos (à voir, la vidéo)" qui m'avait passionné lors de sa première diffusion sur ARTE.
Elle parlait en résumé de: L'illusion du temps. 
"Le temps, une dimension que nous ne comprenons pas vraiment qui gouverne notre vie, que nous mesurons avec une précision croissante depuis des millénaires en suivant le mouvement répétitif de la Terre et qui demeure encore l'un des plus grands mystères de la physique. La perception de son flux continu n'est rien d'autre qu'une illusion. Albert Einstein fut le premier qui fait voler en éclats l'hypothèse d'Isaac Newton sur un temps universel. Le mouvement dans l'espace affecte son écoulement avec une connexion fondamentale entre espace et temps, induisant au passage que passé, présent et futur existent de la même manière et sans distinction ! Plus on a de l'un, moins on a de l'autre. Le temps présent, passé et futur ne s'écouleraient pas, mais seraient comme gelés. Le passé n'a peut-être pas disparu et le futur existe peut-être déjà. Seul le présent est vécu avec une impression que les choses changent dans une perception sélective de tranches de temps.
Si un extraterrestre, très éloigné, s'écartait de la Terre, il déviera vers le passé, tandis que s'il s'en rapprochait, ce sera vers le futur. un Le rêve serait de voyager dans le temps par un trou de verre qui passerait d'un espace-temps. La flèche du temps reste pourtant irréversible alors que les équations physiques ne sont pas limitées, elles, en inversant la vitesse. Remonter jusqu'au Big Bang, c'est aller vers le passé. Après lui, l'Univers est parti dans sa phase d'expansion dans un désordre croissant qui s'accélère, jusqu'au moment où le passé deviennent hors de portée, rendant ainsi le temps inexistant et le futur avec lui. A la fin, dans des milliards d'années, la matière aura vécu, transformée en antimatière. Le temps n'existera plus, dans la paix du vide et des trous noirs.".
Vous n'êtes pas soufflé en lisant cela?
Attention, la physique peut rendre fou ou rêveur. Quoique qu'entre les deux, je préfère la deuxième option.
Le cinéma a toujours aimé ce genre de film d'anticipation par la science fiction. En 1985, "Back to the future"... et tant d'autres.
Tant qu'il y a de l'originalité imaginative, on en redemande...
Il y a près de vingt ans, un autre film, "Un jour sans fin", imaginait la situation de quelqu'un qui "à chaque fois que le réveil sonnait, c'était la même journée qui recommençait pour lui. Il restait bloqué dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.".
Donner un sens à sa vie le "Groundhog day" ("Jour de la marmotte")?
Facile à dire, direz-vous.
Quand je pense à mon banal réveille-matin numérique qui m'indique le temps mais par deux voies différentes: l'heure affichée sur l'appareil qui m'est utile pendant la journée et l'heure projetée au plafond, pendant la nuit. Il y a de quoi avoir des doutes quant à ce qu'il me donne comme heures...
Le plus souvent, les heures sont identiques, mais, ce serait sans compter sur les fantaisies de ce réveille-matin.
Ce matin, une nouvelle fois, il m'indiquait deux heures complètement différentes. Ce n'était pas un retard de l'une par rapport à l'autre, mais une réinitialisation qui s'était produite la veille à l'heure du plafonnier.
Je me réveillais, donc, avec l'affichage au plafond des chiffres qui indiquaient "21:35". J'étais, ainsi, arrivé sur un autre fuseau horaire. La cause: une électricité statique provoquée par un mouvement des couvertures qui mal digérée, avait perturbé l'horloge dirigée vers le plafond.
D'imaginer sortir de l'espace-temps par téléportation, il n'y avait qu'un pas, vite franchi dans l'obscurité de la chambre.
D'abord, ce fut une pensée pour Bob, le héros de mon roman "Vengeance au futur antérieur" qui, lui, vit à San Francisco, justement, dans ce fuseau horaire.
- Que faisait-il, ce soir-là, devant son ordinateur? Commençait-il à préparer la dinde de Noël?
En combinant le tout, cela donnerait quoi?
Un conte de Noël?
Il fallait aller encore plus loin et chercher autre chose.
Le temps, une illusion, était-il dit dans le documentaire. L'illusion, sans verser dans l'anamorphisme?
Un beau départ pour un conte, non?
Alors, tout d'abord, pour mettre en appétit, une question bête: "Pourquoi le Père Noël ne change-t-il pas, d'année en année, malgré son grand âge et qu'il affiche toujours une santé de fer?"
Comme grand voyageur devant l’Éternel, figurez-vous qu'il aurait dans ses attributions, la supervision de deux galaxies. Cela l'obligerait à passer de l'une à l'autre en permanence pour se rendre compte de leur évolution et de les comparer.
- « Il faut continuellement commencer par la fin. », Stanislaw Jerzy Lec
- « Mieux vaut un but sans fin qu'une fin sans but. », Anonyme
- « La vie, c'est comme un tour de manège dans un parc d'attraction. On continue l'aventure en se disant que c'est réel car notre esprit détient ce pouvoir. Quelle importance, d'ailleurs, puisqu'on peut changer le manège à tout moment entre la peur et l'amour", Bill Higgs

07:30 Publié dans Actualité, Fiction, Film, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Science, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
07/11/2012
The best is yet to come
"Four more years for Obama, the 44th président of Unided States of America". L'écart n'avait jamais été aussi faible entre le challenger, Mitt Romney et Barack Obama. Pour certains, les jeux étaient déjà faits. Duel idéologique, mais aussi religieux. Le candidat challenger à la présidence des USA, était devenu la coqueluche des Mormons. Pourtant, cette religion était moins intéressée à la politique qu'aux affaires.
"What we think, or what we know, or what we believe is, in the end, of little consequence. The only consequence is what we do.". Des paroles de John Ruskin. On ne peut plus vrai.
En dehors des USA, difficile de comprendre les élections présidentielles américaines et les Américains eux-mêmes. Le processus électoral en indirect avec les Grands Électeurs de chaque État qui ne fait pas remporter l'élection à la majorité tous les votes de la population. Ce qui mène, comme en 2000, GW Bush contre Al Gore alors que en direct ce dernier aurait gagné.
Les "Swing States" comme l'Ohio qui a toujours plébiscité le vainqueur, l'ont fait une nouvelle fois.
Les États-Unis se disent laïcs, pourtant il est quasiment impossible d'être élu sans faire preuve d'une religiosité ostentatoire comme preuve de moralité. Un non-croyant, un athée, n'a aucune chance. Instrumentaliser sa foi est un "must". La religiosité décomplexée d'Obama ne l'a pas empêché de prêter serment la main sur la Bible. La devise des Pères fondateurs "E pluribus unum" avait été abandonné pour "In God we trust". Le président est devenu une sorte de pasteur en chef de la nation.
La liste des religions qui tournent autour du Christ est longue: "Religion civile", "Born again", "Baptiste", "Evangélique", "Pentecotiste"... Ces élections de 2012 sont les premières à ne pas être WASP (White, Anglo-Saxonne, Protestante). Jerry Falwell a été le fondateur de Moral Majority, comme baptiste télévangéliste. Les médias, la télé et Internet sont les outils de base de la propagande. Noam Chomsky ne fait que le constater et de le contester. Le pasteur Terry Jones en a fait une croisade personnelle contre l'Islam en diabolisant Obama.
L'agressivité dans les débats surtout du côté républicain se retrouvait sur les réseaux sociaux. Une campagne qui durait depuis plus d'un an, arriva à tel point que plusieurs Américains en avaient marre de ne plus entendre que ces deux noms qui s'infiltraient dans tous les médias presque comme des intrus. Rien n'a été épargné pour driller leurs idoles. L'addition de la campagne est la plus salée de l'histoire avec ses six milliards de dollars. Mitt Romney disait qu'il arrêterait la politique s'il n'est pas élu. Ce serait des émeutes si Romney était élu. Rien n'a été épargné aux électeurs américains.
Le Tea Party avait pris l'opposition avec, en plus, le mauvais goût. Le racisme a repris du poil de la bête. Plus de la moitié des Américains reste racistes. La coalition ne pouvait plus fonctionner. Deux philosophies incompatibles, deux églises antagonistes, deux visages du même dieu, une situation qui ne pouvait que se terminer dans un bain d'incompréhensions.
Dans le ring, il y avait "l'ancien", le protestant, Obama, de l'Eglise Unie du Christ et le challenger, Mitt Romney, de l'Eglise des Saints des Derniers Jours (le LDS).
Ce fut une attente jusqu'aux derniers jours, jusqu'à la dernière minute en quelques sortes...
Le sénateur, Mitt Romney, de 2002 n'avait plus rien à voir avec celui du challenger président, de 2012. Une girouette, un caméléon non idéologue, comme on le disait. Ancien sénateur du Massachusetts, il avait complètement laissé tomber ses électeurs démocrates de cette époque révolue en tant que sénateur.
Encore une fois de plus, le pragmatisme, pur jus à l'américaine qui ressortait avec Dieu comme leader, comme ressort pour rebondir.
Dieu "America" ne l'a peut-être pas voulu ainsi, même s'il devait avoir tout prévu pour ceux qui mormonent sous les étoiles du drapeau américain. "L'Amérique, présidence pragmatique", écrivais-je en 2008, juste avant les élections d'Obama. C'était encore plus vrai, cette fois.
Sur le plan éthique, l'Église d'Obama se caractérisait par une tradition d'ouverture aux problématiques socio-politiques.
Alors, qui a véritablement gagné avec Obama?
Les Américains les plus pauvres, bien sûr.
L’enthousiasme était trop grand en 2008. Les Américains attendaient un Messie.
Obama avait déçu, c'était évident. Voter par défaut pour Obama? Peut-être.
Au lieu de se lancer dans la bataille avec les votes positifs dès le départ, il a eu du retard à l'allumage, dû à un manque d'expérience et il s'était fait distancer avant de réagir. A mi-mandat, il était déjà dépassé par sa droite au Congrès. "Faux rêves et vraies réalités".
Mais ce n'est pas tout. Le monde aussi. Lui, qui à part Israël aurait voté pour Romney.
Pour finir, la moitié de l'humanité, les femmes. Les revendications féminines de l'éthique "care" (dans le sens "To care about"), la bienveillance envers autrui qui dépassait l'idée de "soins", et qui avait été émises pas Carol Gilligan. Pour les mères, les guerres armées ont pris beaucoup de jeunes hommes américains. Elles ont trop vu leurs fils revenir les pieds devants.
Les questions qu'elle devaient se poser: "Suis-je une femme du passé ou du futur ? Mon corps ne finira-t-il jamais par m'appartenir? Marre que l'on s'occupe de ma sexualité". Ce sont probablement elles qui ont fait la différence entre les deux candidats. La multitude d'enfants comme prèchaient les mormons, il fallait l'assumer financièrement.
Pour l'humour: Les mormons ne veulent plus entendre parler de la polygamie. Bon. Très bien.
Les moitiés des Présidents, les First Ladies, en présence, l'ancienne ou la candidate, sont très différentes.
Vénérer la mère patrie américaine à la suite d'une inspiration divine bien mâle, c'est bien beau pour les derniers jours. Mais en attendant?
Elles voulaient participer à la vie extérieure et porter, de plus en plus, la culotte.
La guerre aux femmes est-elle déclarée? Le sexe dominant de demain pourrait bien être celui de la femme. Les "Desperate housewives" sont passés par là.
Écoutez celle-ci. Elle n'a rien d'une américaine, mais quand il s'agit d'érection, elle en connaît un 'bout'. C'est comme à la pétanque, la femme moderne, si elle pointe, un jour, elle finit toujours par tirer sur ce qui dépasse...
Entre élection et érection, il n'y a qu'une lettre qui change, non?
Les "États-Unis. Le nouveau temps des Mormons".
En 1950, il y avait un million de Mormons dans le monde.
Aujourd'hui, 14 millions dans le monde, 6 millions aux États-Unis avec une forte concentration en Utah sous la supervision du QG à Salt-Lake City. Un Temple Square de 25 étages comme équivalent de la "Basilique Saint Pierre". Pour chanter en choeur dans des concerts célèbres, le Tabernacle. Une salle de conférence qui permet d'accueillir 21.000 invités avec le laisser-passer ad hoc mormon. On ne badine pas en dénigrant l'esprit de famille toujours en "background".
L'Amérique est religieuse sous tellement de formes. Ici, c'est sous la gestion de 139 temples administrés en 30.000 congrégations avec 55.000 missionnaires dans 179 pays. 60% de la population de Salt Lake City est mormone. Il faut le dire qu'un Américain sur trois continue à éprouver quelques doutes. Mais, on mormone, persiste et signe.
A la tête des mormons, un président prophète, laïque, de 85 ans, Thomas Manson, ancien PDG des éditions avec 2 adjoints et ce que l'on peut appeler 12 apôtres parmi lesquels des ingénieurs, des avocats qui seront là pour appuyer le message divin, Père et Mère Céleste de la planète Kolob.
A l'origine, en 1824, Joseph Smith qui reçut la visite de l'ange Moroni qui en 1840, tombait sous l'une des balles d'un dissident après avoir posé sa candidature à la Maison Blanche.
En 1847, Brigham Young, deuxième président, fondait la religion mormone avec le martyr du précédent.
Les mormons ont un lien très privilégié avec l'argent. Le matérialisme n'est pas une tare.
En son sein, un patrimoine secret mais que l'on estime à 20 milliards de dollars.
En juin, Romney est venu pour lever des fonds dans l'hôtel Grand America. En échange, d'un dîner "gourmet" et d'un chèque substantiel, les mormons BCBG ont pu écouter sa bonne parole qui dénonçait l'immoralité de la dette publique américaine qu'Obama n'avait pu résorber en quatre ans. L'économie, on a ça dans le sang chez les mormons.
La fortune de Romney est estimée à 200 millions de dollars.
Comme preuve de ses capacités, il avait sauvé les Jeux Olympiques de 2002 prisonnière de la corruption. Un bilan de 50 millions de dollars de bénéfice suite à son expérience du porte à porte alors que Ann, son épouse, était atteinte de sclérose en plaques. "Efficacity, business, first of all". En 2008, première tentative lors du caucus républicain. 35 millions de dollars n'avaient pas suffi pour contrer le candidat républicains, McCain. En 2012, c'est 186 millions qui ont été mis dans la balance. L'économie n'est pas la championne qui favorise l'emploi, faut-il encore le rappeler.
A la source du nerf de la guerre, des bouquins à vendre comme le "Livre Mormon" dont la première publication remonte 1830 et une dîme prélevée par une contribution de 10% du salaire des membres.
Las Vegas y a quelques fondateurs mormons, ce qui veut dire que le jeu ne soit pas interdit.
Prestige et réussite sont au programme de béatifications avec fierté et une liturgie identitaire combattante avec la Foi en croisade.
Le "paquet bonux", l'avènement et la résurrection du Christ pour bientôt dans une prairie du Missouri ou dans l'Illinois à Nauvoo.
Pas question de boire de l'alcool, du café ou du thé, ni fumer tabac, drogue.
Pas de boogie boogie avant les prières du soir. Abstinence avant mariage. Contre le mariage gay. L'IVG "prohibited". Aborder l'acceptation de l'avortement, mais uniquement dans la cas de l'inceste ou pour épargner la mère.
"Demeure chaste et pur", comme leitmotive. Les parangons de vertu sont prêt à se dépasser dans une compétition de la bienveillance mais, seulement, à certaines conditions.
Avec Romney, on se retrouve dans une religion à l'américaine, sans barbe et sans voiles, BCBG sous tous rapports. Une Amérique conquérante qui ne s'inquiète du reste du monde qu'au niveau économique.
Des étudiants de Brigham Young University limitent leurs loisirs au bowling ou aux bondieuseries sur BYUTV.
Les futurs policemen, les agents de la CIA trouvent des recrues pour mater les opposants à la doctrine. La chaîne d'hôtel Marriott appartient à l'église et le mormon, Kevin Rollins, fut CEO de Dell Computer jusqu'en 2007.
A bord, c'est un fait, on n'aime ni les marginaux, ni les perdants, ni les décadents. Le principal adversaire de Nixon avait été le gouverneur du Michigan, du père de Mitt, George W Romney. Ce dernier avait déjà posé sa candidature à la présidence en 1968, après avoir fait fortune dans l'automobile à Detroit avec la petite Rambler. 
Dire que la Foi mormone déplace les montagnes était naturel pour 70% d'habitants de l'Utah. Pas de dogmatisme mais de l'évangélisme. Dieu a créé la Terre, mais on hésite à dire si c'est une suite à la création ou par l'évolution. Pas question d'être ultra-conservateur. Le mormon est pragmatique et pas conservateur. Et il acceptera votre choix, puisque c'est son intérêt de le faire. La polygamie reste une idéologique seulement historique mais vivace dans le but de multiplier les forces vives du culte. Le divorce est une histoire réglée et entendue. L'exemple de la famille unie. Enfin, unie, entendons-nous, le taux de divorces, de suicides serait même plus élevé dans l'Etat que dans le reste du pays. De 1982 à 1986, Mitt Romney était ordonné évêque dans le Massachusetts pour avoir prouvé sa spiritualité et sa morale avec la mission de ressouder les couples et s'opposer à la monoparentalité, surtout pour les femmes. Le baptême des mormons existe, mais pas avant l'âge de 8 ans. Il faut atteindre l'âge de raison.
En Belgique, il y a 6000 Mormons répartis en 17 paroisses.
Aux derniers jours, ce n'est pas l'apocalypse, ce sera, seulement, une promenade de santé, pendant laquelle on fera du yoga et du sport pour entretenir la forme.
On y chante en choeur. On se protège aussi. L'église veille à la qualité des sujets traités qu'un média pourrait diffuser. Pas question d'ouvrir trop de vannes.
L'Évangile est même transmis aux morts dans le monde des esprits avec le libre arbitre des vivants. Après la mort à titre posthume. La famille s'en chargera. Le culte de la famille ne s'embarrasse pas de ce passage de vie à trépas.
Fou de généalogie au Temple. Des recherches généalogiques sont là pour découvrir les noms et les dates de naissance des ancêtres afin que les ordonnances salvatrices pour toutes les générations se rappellent de toutes les étapes accomplies.
"Mais tout cela va au-dela de la Foi. Pour l'éthique, pour la morale, nous nous referons aussi à des principes qui transcendent la croyance mormone. Nous n'en avons pas le monopole", dit le patron de la cause.
Pas de damnations, non plus. L'époque de la prohibition de l'alcool ne fait plus partie de la modernité et il faut bien décompter les jours avant de rejoindre l'éternité en famille lors des derniers.
Accroître la curiosité autour des croyances de la religion mormone par prosélytisme pour que cela rapporte plus financièrement à l'Eglise, voilà le programme de l'Eglise que Romney se devait d'accomplir.
And now?
"Il était une fois en Amérique" repassait sur nos écrans de télé.
"Born in the USA" rechantait Bruce Springfields sur les ondes radios.
Sandy avait prouvé que "Big Apple", rongée par la mer, reste fragile. Que le tout virtuel des communications pouvait sauter encore plus vite.
Sandy est-elle bénéfique pour l'économie? Une question qui vient à l'esprit américain, peut-être.
En tous cas, New-York sèche efface ses plaies, retrouve petit à petit l'électricité dans sa partie la plus au sud tandis que Broadway a déjà repris ses habitudes de lumières et de trafics. La patinoire sur glace est à nouveau accessible pour le plaisir, pour faire oublier les dégâts.
Wall Street, fermé, sous eaux et ce fut le monde qui devenait attentiste pendant deux jours... une éternité dans le monde du numérique. Les jours précédant les élections, ce fut une prudence de Sioux dans le monde de la Bourse.
Fragilité de l'économie face à la nature? Coup de revers d'une des deux versions d'un même dieu?
Si à 19 ans, Mitt Romney avait été envoyé comme missionnaire mormon en France, s'il y avait appris à connaitre le pays et la langue, par le porte à porte dans un pays de vins, c'était normal que de son séjour, il ne gardait qu'une image d'un pays plus archaïque que révolutionnaire.
Partisan de la guerre du Vietnam comme son père, bien entouré par amour, formé dans une ambiance de richesses, ce ne fut sur le tard que la prestigieuse université de Harvard lui donna son ticket d'entrée dans l'économie et le droit. Comme une sorte de Bernard Tapie à l'américaine, il créa la société "Staples Inc", et fit progresser de 88% par an, "Bain Capital". Créer des emplois nouveaux dans ses entreprises successives, n'était pas sa préoccupation essentielle. Mais, tout cela lui donnait une impression d'être sauveur de l'Amérique avec la béatification de son dieu.
Son but intime était de laver l'affront de l'échec de son père face à Nixon. Rester discret sur l'histoire de sa famille trop liée à la polygamie.
Ron Paul, son co-listier, était à son extrême droite comme représentant du Tea Party.
Obama est considéré dans le reste du monde comme un citoyen du monde, multi-culturel, mi-noir, mi-blanc, comme président des compromis, qui connait les problèmes de New-York pour y avoir vécu comme modérateur à la lisière des deux mondes, riche et pauvre.
La fracture sociale, c'est ce qui déterminera en interne son résultat futur, sa politique extérieure au Moyen-Orient, ensuite, avec une nouvelle période de quatre ans.
Le choix de Romney, c'était une impression d'aller de Charybde en Scylla pour l'Europe. Romney était considéré comme une bombe atomique pour la politique étrangère, une nouvelle édition de Bush avec la Chine comme seul partenaire commercial indispensable, alors que la "vieille Europe", il ne la comprendra jamais.
C'est dans le futur qu'il faudra compter les points et les réalisations en escomptant les "per diems" et, ensuite, "imagine it done" comme on me l'avait susurré comme slogan à une certaine époque.
Le Royaume de Dieu restera toujours impénétrable aux "autres". Le problème, son Royaume ne s'étendait pas à la Terre entière dans l'esprit américain.
Alors, que dire, sinon:
God bless the world.
L'enfoiré,
Le rêve américains vit-il encore?
Un petit souvenir de Chicago de Sinatra.
Qu'offre le statut de Président?
"Amérique: ces étranges républicains".
Mise à jour 28 décembre 2012: Obama n'a plus que 4 jours pour trouver le compromis du mur budgétaire
Citations:
- « C'est la politique qui a créé cette distinction entre secte et religion », Anne Morelli
- « L’argent est la religion du sage. », Euripide
- « Notre gouvernement n'a de sens que s'il repose sur une foi profonde. Peu importe laquelle », Eisenhower
- « Les pauvres ont-ils une 'mentalité' qui explique leur situation? », Charles Murray
09:00 Publié dans Actualité, Amérique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
04/10/2012
D'un vendredi à l'autre
Vous vous souvenez de Robinson Crusoé, échoué sur une île déserte. Un "sauvage" est devenu son ami et il l'a appelé 'Vendredi'. D'un vendredi à l'autre, on trouve ainsi quelques constatations plus amusantes les unes que les autres.
Le vendredi, au boulot, c'était le dernier jour de la semaine, le moment où le travailleur commençait à penser à son week-end. A table, cela fait penser à manger du poisson pour certains.
Vendredi dernier, c'était le premier anniversaire de la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Appelée, fête de la "Communauté française", le nom d'avant, juste un an. Tout devait changer avec ce nouveau nom. Moins communautaire, appelation plus régional pour aller avec son temps. Une autre manière d'être identitaire.
La Grand-Place accueillait, une nouvelle fois, des artistes français et belges. Le Grand Jojo (rien à voir avec Johnny Halliday) terminait la soirée avec l'histoire de Jules César qui faisait toujours chanter et danser les Bruxellois, jeunes et vieux et de toutes les cultures.
Comme le dit Patrick Roegiers dans son dernier livre "Le bonheur des Belges", c'est "le Bruxellois vit entre deux mondes, veut toujours apprendre à désobéir. Une situation où tout le monde a l'air de rien, mais n'est pas rien et cela permet tout.".
Pour décrire la France, où il vit depuis près de 30 ans, il cite en vrac "Patrie du beau langage, mère des arts, pays d’Épinal, du béret basque et de la baguette, du litron de rouge, des bals populaires, de l'huile d'olive et des espadrilles...(j'écourte la liste) ... de La Fontaine et de Bécassine, du roi Dagobert qui prie pour ne pas avoir la diarrhée à cause de sa culotte à l'envers".
Pourtant, ce vendredi m'a fait penser à encore autre chose: à quelques Français qui, à y réfléchir, avaient un talent de Robinson manqué.
Vendredi dernier, il y a d'abord eu Laurence Bibot. Vous ne vous souvenez peut-être pas d'elle et de son café serré et poivré du vendredi 20 avril que je me repasse en boucle en période de mouron pour seulement me dérider.
(Mise à jour 23 novembre: Laurence relance)
Son dernier café serré, toujours du vendredi, avait été annoncé avec du sucre. Humoristiquement vôtre, toujours, elle était aux antipodes de ce que l'invité du jour devait raconter. Laurence s'était lancée dans une diatribe, en se référant à ses collègues humoristes de la semaine, à tel point qu'à un moment, elle dut demander à l'invité français, s'il suivait toujours. Lui avait, dès le début, perdu pied en se demandant ce qu'il était venu faire, ce matin-là, dans cette galère "à la belge".
Vous vous rendez compte, l'invité de la matinale était Henri Sterdyniak, économiste français, directeur du Département Économie de la Mondialisation de l'OFCE, expert de la situation de l'Europe et de la différence entre ses habitants du nord et ceux du sud. Excusez-là, cher expert, d'avoir trollé votre matinée. On est comme ça, chez nous. Dans la sébille de l'austérité, on a déjà donné.
Comme depuis la nouvelle saison, les cafés serrés sont présentés juste avant l'invité du jour, le contraste était encore plus flagrant.
Les 3% annoncés font aussi des vagues de protestations chez nous. Je vois déjà, d'ici, les patrons bientôt rejoindre les rangs des indignés.
L'invité annonçait en douceur, que dans la même journée, après le sarkozisme, c'était le hollandisme qui passait à l'austérité et que tous les Français allaient boire dans la même tasse avec une dose de cheval, après avoir passé de la droite à la gauche. Certains disent même "Sarko, tu nous manques".
Comment pouvait-on rire de cela? "Là, en bas de ça", dit avec notre accent local. Faire rire, c'est dans le contrat de Laurence.
Oui, c'est évident, notre humour belge n'est pas toujours compris d'un Français alors que dans l'autre sens, cela passe, en général, relativement bien.
Cela fait un temps, sept ans, que je suis en chasse sur les "terres dangereuses d'un forum français" assez représentatives comme Agoravox.fr. J'y ai souvent joué à l'avocat du diable parce qu'on y baigne souvent dans un bol de pensées uniques dans une morosité ambiante. Moi, qui ose parler de mes billets, serais-je devenu le "sauvage" qui ne sait pas ce qu'il dit?
La France rappelle, en permanence, qu'elle est la patrie des "Droits de l'Homme", mais quand ces droits ne correspondent pas aux idées acceptées en France, c'est l'habitude de se voir rejeté dans le bac à sable. Ce n'est plus un "débat" mais une "exécution". S'il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas débat. Alors, face à de la mauvaise foi, devenir l'avocat du diable, on le deviendrait pour moins que ça, avec les arguments contraires tout aussi valables, si pas convainquants. Mon pseudo me permettait quelques latitudes, si pas prérogatives... mais sans jamais sous-estimer mon adversaire...
"Mieux s'informer pour mieux lutter" comme l'écrivait un des rédacteurs dans son "A propos" alors qu'au contraire, il fermait les portes de l'information et du débat.
La Fontaine l'avait pourtant écrit dans "L'Ours et l'amateur des Jardins": "la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés : Il est bon de parler et meilleur de se taire, Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.".

Le monde est un village, entend-on parfois. Village, dans lequel tout le monde se connaîtrait, facilité par des moyens de communications identiques: la langue et la culture. Et bien, non, pas toujours ou pas vraiment. On ne se connaît pas dans ce "village" et, pire, on ne cherche pas à le faire. Les situations sont spécifiques dans chaque environnement et s'apprécient différemment .
Internet avec ses réseaux sociaux est même resté fermé comme s'il s'agissait du vieux Minitel. On trouve des cercles d'influences, dans lesquels les vases communicants sont clôturés avant de s'ouvrir.
J'avais déjà parlé du bluzz qui se créait parmi les philosophes et les scientologues. Rapprocher ces deux groupes dans une union allégorique, aussi.
Je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser à l'histoire de Robinson Crusoé. Pour rappel:
Un marin vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, suite à un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même. Il fut délivré d'une manière tout aussi étrange, par des pirates. Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée 'Désespoir' reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon Vendredi, du jour de la semaine où il est apparu. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre.
La "robinsonnade" a encore beaucoup à nous apprendre. Si on la remettait à l'ordre du jour?
Supposons que l'île dont on parlait dans l'histoire de Robinson, soit un "peu" plus grande. De la taille de l'Europe, par exemple. Chacun serait perdu sur cette grande île avec des tendances à vouloir recréer son propre environnement dans un cocon protecteur en terres inconnues. Ce n'est pas un secret, on n'aime pas l'Europe en France, surtout quand elle n'est pas française.
Avec la peur de l'environnement, oserait-on brusquer ses hôtes en le prenant pour un sauvage?
La peur, aujourd'hui, c'est se réfugier dans son absolutisme, son négativisme, pendant qu'à l'extérieur, la grande embardée a déjà commencé pour ramasser à bas prix ce qui reste après la bataille.
Pendant ce retrait, des mondes antagonistes se croisent, s'envient, se pointent du doigt comme responsables de tout.
Robinson ne pouvait mieux s'assurer qu'avec ce qu'il trouvait. Les produits dérivés, il n'en avait pas, même s'il connaissait ce que veut dire "dériver" dans son aventure. Les impôts, il n'en payait pas puisqu'il devait, lui-même, s'imposer des règles strictes sans intermédiaires. Spéculer pour lui, c'était toujours à très court terme, au lendemain ou à la saison qui suivait.
Bien loin de la collision entre riches et pauvres, entre idéologies adversaires. Il devait trouver la meilleure solution à ses problèmes par l'expérience. Il devait compter sur les risques des pirates, des corsaires et des flibustiers et se préparer pour les contrer.
Ils existent toujours avec les mêmes subtilités.
Tout cela pour dire que nous sommes, aujourd'hui, en période de questionnements, de transitions. Nul ne le conteste, mais de là à rejeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas la solution pour le long terme. Nous avons une histoire en plus de la situation de Robinson. Nous progressons à coup de réussites et d'échecs.
Etre anarchiste, peut-être, mais pas nihiliste ou négativiste sans réfléchir.
Dernièrement, je lisais un billet de Simone Wapler, qui prévenait "Attention : ce rapport peut heurter les lecteurs sensibles. A lire avec prudence". Elle affirmait: "Pourquoi la France va quand même faire faillite. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencé. Nul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.".
Avec un peu d'humour, on dirait: "Hier déjà la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais est-elle encore grave vu le secours providentiel que je suis venu vous apporter?"
L'article continuait avec des titres dignes de l'Apocalypse: "La réalité dépasse la fiction aujourd'hui", "La fuite en avant", "Dernier budget en équilibre en 1973", "La sécurité sociale a emprunté en France la même somme que le Portugal et l'Autriche réunis", "L'effet domino, l'effet boule de neige de l'Europe", "Le chaos"...
Elle arrivait à la conclusion: "choisir entre l'exode urbaine et les émeutes de la faim. Ceux qui étaient à la campagne, s'en tiraient mieux que les autres. Si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé".
Elle avait raison, mais à lire, tout cela, on a l'impression de s'empêtrer dans les fils de la Toile, d'essayer de se rattraper pour finir par tomber face au mur des lamentations.
Revenons, j'oserais dire, à du "terre à terre" sur le "plancher des vaches" puisqu'il était question du monde agricole.
Donc, il y aurait, en France, toujours de la terre et des vaches.
Et s'il n'y avait plus de vache?, pourrait demander l'innocent du village?
Robinson, lui, en effet, sur son île déserte, n'avait que des palmiers, des noix de coco et la mer à perte de vue.
Aujourd'hui, on aimerait vivre sur une île déserte. Ce serait même un paradis que l'on se paierait cher, mais ce serait après y avoir installé toutes les commodités modernes.
Robinson, lui, n'en avait pas. Il ne lui restait que la vie et à se démerder tout seul pour reconstituer un univers pour tout réinventer en fonction de sa nouvelle situation. Pas de plan B, juste du système D avec, seulement, quelques tuyaux connus dans une vie antérieure. Pas question de maudire le capitaine qui avait fait chavirer le navire. Ce serait du temps perdu.
Procéder dans l'ordre, ce serait: Sauver les "meubles", trouvés à la dérive. Se construire un toit avec des morceaux de bois. Se sécuriser contre les pirates éventuels. Épargner ses forces avec des économies de moyens. Prévoir les jours mauvais lors d'un beau temps providentiel.
Pour garder le moral, avoir des moments de franches rigolades pour constater le rendement de ses actions (non, pas celles en Bourse...). Constater qu'avec un bout de ficelle, on peut réaliser quelques petites choses bien utiles. L'argent, chez lui, n'aurait servi à rien. Il vous aurait ri au nez avec votre million de dollars en monnaies de l'époque. Il vous aurait dit que s'il n'avait pas réussi à créer un vrais matelas, il avait été un maître pour le coussin destiner à poser sa tête.
Aujourd'hui, beaucoup de tuyaux sont percés de toutes parts, d'accord. On se sent prêt à dire qu'il n'y a plus rien à inventer, que les machines ont ruiné ce qui reste d'espoir et que la mondialisation a brûlé les dernières cartouches à prix bradés.
La journaliste britannique Sophie Pedder, vivant en France, écrivait, dans son livre "Le déni français" que quelque chose était en trop dans la corbeille française. Elle sentait planer quelques déficits chroniques comme on les retrouve chez des enfants gâtés. On semblait avoir pris des assurances, mis des protections anti-tout, des capotes à tous les étages et les malheurs sont restés plânés.
Ce même vendredi dernier, chez nous, ce fut aussi la nuit des chercheurs en sciences dans le seul but de relancer les jeunes sur cette voie de salut en Europe. Sur le forum français, la science est souvent décriée, rejetée comme responsable des malheurs avec un concert de plaintes pour le faire remarquer à qui veut l'entendre. L'énergie reste, ainsi, au stade de potentiel, sans passer au niveau cinétique.
Un économiste disait même que ce n'est pas une récession que nous vivions, mais une stagflation générale. Une stagflation, c'est-à-dire "une souffrance simultanée de croissance faible ou nulle et d'une forte inflation avec une croissance rapide des prix et un taux de chômage élevé". Et il avait raison.
"Moi, entrepreneur" criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de "Merci patron" qui deviendrait plutôt, "Merci, partons" .
Il est clair que certains auront plus de potentiels que d'autres, qu'il faudra des leaders et des exécutants. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si tout le monde avait les mêmes envies et prérogatives, rêvait aux mêmes objectifs et à un paradis dans lequel, il faut le dire, on s'emmerderait très vite.
N'auraient-on plus trouvé la bonne personne qui, un jour, aurait su raconter de belles histoires extraordinaires pour distraire, mais aussi pour faire espérer concrétiser les envies? Le rêve motive parfois avec plus d'efficacité que son aboutissement.
Mais, on baigne dans la m..., leurré par d'autres, plus malins, qui ont déjà trouvé leur Vendredi sans chercher de "dieux" providentiels. Auto-immune, vous ai-je dit.
La concurrence est rude et trouver le chaînon manquant, le créneau qui sort de l'ornière, prendre le risque, ensuite, de le développer et aller à contre-courant, n'est pas une sinécure.
"Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", écrivais-je. Article, capté et publié par Carevox.fr, sans ma permission. C'est dire qu'en France, avoir un esprit positif ne court pas les rues en dur ou en virtuel.
Connaître cette réflexion, c'est aussi de la "Mindfulness". C'est savoir se définir dans le grand jeu dans lequel tous ont un rôle à jouer ou à (re)découvrir.
Réussir, rester jeune et beau comme on le voudrait, demande un état d'esprit sans artifices de calcul, sans pommade, sans botox ou idoles comme références.
Franco Dragone, dans "C'est du belge" du vendredi, parlait de sa ville d'adoption, La Louvière. Il ne l'a pas oubliée sa "Cité qui a décroché la Lune" comme un Robinson aurait pu le faire pour oublier ses mauvais souvenirs. Son prochain projet est déjà en Chine, à Wuhan.
Oser l'utopie, rêver à l'impossible, garder des projets en réserve et les tester... une philosophie...

Je tombais vendredi sur cette déclaration époustouflante: Bill Clinton pourrait devenir président dans deux pays, l'Irlande et la France. Pour le prétendre, il déclarait au sujet de la France: « Comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux États-Unis, englobant l’Arkansas], si toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France, emménage en France, qu’elle y réside pendant 6 mois et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française. En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. ».
Bill Clinton, l'Américain, là, c'est trop drôle. Bill, le Vendredi du Robinson français ?
Quand Obama avait été élu, la presse française avait recherché un homme politique providentiel, de la trempe d'un Messie pour la France.
En Belgique, on se shout avec quelques bonnes nouvelles. On rigole avec le reste comme ici. Ce jour-là, Thomas faisait la différence avec le bon vieux temps. Le lendemain, le jour d'une grève des trains, il jouait avec la liste déprimante de ce qu'il n'aimait pas. Du déprimant, il y a des jours où on en trouve plus que d'autres, puis, d'autres, pendant lesquels tout change et on oublie tout.
A vendredi, j'attends votre réponse, chers amis français et agoravoxiens. (*)
L'enfoiré,
(*) Attention, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Tous ne font pas partie de la forumisation des discussions où l'on se déchire plutôt que de se reconstuire.
Citations:
- "Quand on voit, on ne voit pas tout ce qu'on voit, pris par notre vision intérieure et immédiate des choses", Frank Pirobon
- "Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids.", Philippe Geluck
- "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous", Philippe Geluck
08:10 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Histoire, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
27/09/2012
Capri, Amalfi, reveni, revidi, anacyclismi
Sorrente, Capri et Amalfi sous forme d'un pélerinage après 32 ans. Qu'en est-il advenu depuis ma dernière visite, comme le dirait César, revenu, revu, recyclé ?
Je n'ai pas l'envie de jouer au guide touristique. Pour cela, n'importe quel guide ou lien sur Internet parle de la région et permettrait de le faire. De plus, à part, les retraités dont je suis, pour le plus grand nombre d'entre nous, les vacances sont finies et cela ne rapporterait plus rien à personne de faire envie d'y retourner. Je préfèrerai, donc, donner une atmosphère de la région, des impressions en écrivant sur le terrain des opérations de ce sud italien.
N'oublions pas que l'Italie est sur la liste noire des pays européens en crise et que même le nord du pays, malgré le fait qu'il jouissait de plus de 30% de PIB par habitants que le sud, subit, depuis récemment, quelques retours de flamme. Il est vrai qu'avant que le vent ne tourne, il y a toujours plus d'investissements et de dettes qui s'allongent. Rien n'est perdu apparemment. Le prix du diesel à la pompe atteint des sommets avec deux euros le litre et pourtant, on ne voit aucune diminution du trafic. La discrimination doit être ailleurs.
D'emblée, je dirai que la région est très belle, trop belle et elle est victime de son succès. Fertile, humide avec un soleil généreux qui fait pousser n'importe quoi là où on veut le planter. Humidité, il faut bien le dire, très appréciée des mouches et des moustiques.
Mais retournons dans l'histoire pour l'expliquer. Ce n'est pas pour rien que les Romains faisaient de la région leur endroit de prédilection, que beaucoup d'artistes et mondanités se sont retrouvés par là ensuite.
En 1980, mon voyage dans la même région était plus complet avec l'aide d'une voiture de location. Il comprenait toute la baie de Naples jusque Paestum, avec le Vésuve, les solfatares, Pompéi, Herculanum, Capri et la côte amalphitaine. Cette fois, ce sera se limiter dans un espace plus réduit au départ de Sorrente. Plus pénardement aussi comme tous les touristes lambda, guidés de l'intérieur de cars climatisés. Prendre une voiture de location ou pire la sienne, ce serait devoir prendre une bonne assurance omnium comme nous allons le voir.
Que retenir de Sorrente ?
- Torquato Tasso? Ce poète qui au 16ème siècle, avait décrit la première croisade d'une manière très imaginative dans son poème "Jérusalem délivrée". Tasso, lui qui, tout en souffrant de troubles mentaux resta jusqu'à la fin du 18ème, le poète le plus lu en Europe ? Sa statue reste en bonne place comme natif de la ville. D'après moi, pas une référence suffisante.
- Qu'en 1876, Friedrich Nietszche y fit son premier voyage dans le sud de l'Europe. Une découverte de la ville qui va lui faire voir la vie et la philosophie sous un angle plus humaniste, plus sudiste en abandonnant le wagnerisme. Il y entreprend l'écriture de "Choses humaines", oeuvre aphorique qui décrit un néo-humanisme. Il avait écrit auparavant « Pour que l'art puisse se développer sur un terrain fertile, vaste et profond, l'immense majorité doit être soumise à l'esclavage et à une vie de contrainte au service de la minorité et bien au-delà des besoins limités de sa propre existence. Elle doit à ses dépens et par son sur-travail dispenser cette classe privilégiée de la lutte pour l'existence afin que cette dernière puisse alors produire et satisfaire un nouveau monde de besoins. ». Friedrich qui deviendrait gauchiste avec trop de lettres dans son nom?
- Au film de Vittorio de Sica qui en 1953, y joua dans les films "Pane, Amor e Fantaisia" suivi de "Pane, Amor e Jelosia" avec Gina Lollobrigida avec le port de Marina Grande comme cadre ? Vittorio a probablement trop "usé" Gina, que dans la 3ème version, "Peccato che sia una canaglia", c'est Sofia Loren, la Napolitaine qui a pris la relève. Les trois films montrent l'évolution à l'époque. Vittorio savait au moins, trouver les partenaires aux courbes sans silicone !!!
- Sorrente fait surtout penser à ses falaises sur lesquelles les panoramas se bousculent en faisant face à la baie de Naples et au Vésuve. Vésuve qui n'a pas fini de narguer les habitants de Naples, avec Pompéi et Herculanum qui a gardé l'éruption volcanique de 79 comme symbole économique plutôt que comme un frémissement à l'idée d'une réédition avec ses trois millions d'habitants à ses pieds.
- Sorrente est, aussi, un point de rencontre de tous les bateaux géants où débarquent des milliers de touristes au quotidien comme un épisode du scénario de « La croisière s'amuse ». La ville double sa population en été.
- Son kilomètre carré de superficie sur lequel cent hôtels se classent de la pension de famille à l'hôtel de luxe cinq étoiles comme le "Excelsior Vittoria" dans lequel Caruso avait dû, un jour, chanter des airs d'opéras en prenant sa douche.
- Sa vingtaine d'églises rivalisent d'ex-votos, de tableaux jusqu'au plafond et de décorations baroques avec le marbre comme matériau assurant une intemporalité inconditionnelle.
- Son art de la marqueterie et sa liqueur « limoncello » à base de citrons. Il est vrai les citrons prennent parfois des tailles démesurées, inconnues chez nous.
- Son concert de klaxons avec les mobylettes reines du bal, les voitures qui tiennent à s'infiltrer, les cars qui s'imposent par leur masse. Heureusement, tout ce trafic fou s'effacera, peut-être, des mémoires quand il ne restera que les bons souvenirs à raconter.
- Son musée qui étale sur plusieurs étages, tableaux, porcelaines, marquetteries anciennes et vestiges antiques.
- La ville de Sant Agnello, tout à côté, un peu considérée comme le dortoir de Sorrente avec le monastère Cocumella, recyclé aussi en hôtel de luxe "Five stars". Je parle anglais, parce que c'est devenu la langue de la transition dans ces lieux mythiques. Le français reste assez marginal par ici.
Que dirais-je encore? Que le Sorrentais a perdu l'habitude de se confier à des touristes dont il ne recevra en retour de ses hôtes que des paroles mi-figues, mi-raisins, alors que, lui, est expansif, avec l'envie de chanter "O sole mio" à tout moment et de manger des figues fraîches et des raisins bien entiers. Dans les brumes du nord, Les visiteurs ont perdu la chaleur de tout cela. Des contacts intimes, il ne reste souvent que des sourires commerciaux avec l'économique qui transite de la tangente à la diagonale.
La ville de Sorrente reste un bon départ pour aller ressentir l'ambiance de cette Italie du sud, pour marquer de souvenirs de vacances à un tourisme de masse. Le lever du jour restera encore le meilleur moment tandis que la meute de touristes est encore au lit ou à table pour déjeuner calfeutrés dans leurs hôtels. Attention, cela veut dire se lever tôt, bien avant que le soleil ne sorte de derrière des montagnes qui cachent l'arrière-pays. Alors, peut-être, comprendrez-vous et entendrez-vous les chants enchanteurs des sirènes, Ligéa, Leucosia et Partenope qui s'étaient suicidées parce qu'elles n'avaient eu aucun succès avec leur séduction au passage d'Ulysse. Les trois îles "Li Galli" en sont nées et elles ont attiré les fortunes de notre monde moderne, devenues un hôtel 6 étoiles. Ne comptez pas que je vais finir par devenir votre Circée et ainsi vous prévenir de ce danger d'être attiré par des sirènes... Je vous laisse libre de le découvrir si ce n'est déjà fait.
La côte amalfitaine, elle, n'aurait pu normalement offrir que très peu d'espaces pour l'habitat humain vu les contreforts en pentes raides des Apennins qui se jettent de manière abrupte dans la mer. Des villages se sont pourtant greffés sur ses pentes avec des habitations qui ont l'air de se chevaucher l'une sur l'autre.
Bonne nouvelle, on y vit, parait-il, très vieux. Forcer de grimper, d'escalader lors du moindre déplacement fait garder la forme physique à ses habitants.
Jusqu'à la fin du 18ème siècle, les contacts se limitaient très localement dans un isolement volontaire, tout en se tournant vers la mer pour le commerce maritime avec l'Orient. La république d'Amalfi, ainsi créée, a pu rivaliser avec des cités comme Venise, Gênes et Pise. Les personnages illustres qui y sont passés sont, entre autres, Flavio Gioia qui améliora la boussole, Ibsen qu'un resto rappelle encore et Wagner, inspiré pour l'écriture de "Parsifal"...
Depuis, que la côte s'est ouverte au tourisme, plus rien n'est resté pareil. La région comporte deux corniches avec 800 virages en épingle à cheveux, sur lesquels pour circuler, il vaut mieux avoir de la patience et garder le doigt sur le klaxon pour éviter le maximum d'incidents qui laissent des traces sur les carrosseries.
Le Dôme d'Amalfi, très caractéristique, avec des mosaïques de marbres rivalise avec la mode très chic de Positano dans un festival de couleurs. Le Dôme de Ravello, lui, dédié à San Pantaleon, rivalise avec celui de Naples, dédié à San Gennaro, avec le même miracle de la liquéfaction du sang. Quand cela marche pour un saint, pourquoi cela ne le ferait pas pour un autre?
Positano, Amalfi, Ravello, Minori, Maiori, des noms qui laisseront rêveurs par leurs beautés sur à peine 55 kilomètres.
L'île de Capri est connue partout dans le monde depuis les empereurs Auguste et Tibère... Tous les grands de ce monde y sont passés dans les Golden Sixties. Pourtant, dès qu'on parle de Capri, la chanson d'Hervé Villard "Capri c'est fini" revient à l'esprit. Curieux? Enfin, pas tellement, en définitive...
Récemment, dans le cadre "Une des plages des sixties", l'île Capri, était reprise dans un film de ARTE, diffusé avant mon départ (donc plus disponible) et disait en résumé:
"Selon le magazine Life, Capri avait la plus forte densité de stars au kilomètre carré. C'est Tibère qui a donné à ce petit rocher sa griffe jet-set... il y a de cela 2000 ans. Depuis, il flotte sur les villas de l'île, un parfum de luxe, de scandale et de snobisme. Oasis de beauté, coin de paradis, summum de la villégiature, parfum magique, charme unique... les qualificatifs ne manquent pas des "Happy few" des Golden Sixties qui s'y sont retrouvés. Sur à peine 11 km2, en face de Sorrente, aristocrates privilégiés, artistes, acteurs de cinéma, américains fortunés, tous se réunissaient sur cette île. Le chanteur Peppino di Capri susurrait une atmosphère de luxe au "Cansone del mare". Le ski nautique était le seul sport De Marina Grande jusque la Grotte bleue. Pas de plage. La Fiat 500 était le véhicule pour snob. Les villas comme celle de Valentino qui organisait des fêtes séléctives. La Piazetta qui n'avait aucune vue panoramique sur la mer, existait, seulement, pour être vu comme dans un petit théâtre de la Comedia del Arte. Une époque où il fallait être excentrique pour seulement exister. La mode colorée de Pucci sur bikini qui cachait les talons hauts. Le Chianti pour donner le goût et la saveur italienne. En 1963, le film "Le Mépris" de Goddard y était tourné avec Bardot et Piccoli. Extraire la foule du film à tous prix dans ce film. La foule qui viendra progressivement envahir par le tourisme de masse d'aujourd'hui. Un tourisme qui, au départ, ne venait pas uniquement pour l'île mais pour voir ses idoles en vrai, en dur. Pendant un temps, les "people" remplaceront la jet-set, plus intéressés, eux, par les paparazzi plutôt que par le silence de la solitude. En 1965, la chanson "Capri c'est fini" exprimait déjà la lassitude qui se pointait. En 1967, la jet-set de Capri allait vivre son chant du cygne, son dernier baroud d'honneur, lors d'un défilé de modes pendant lequel tous se retrouvèrent une dernière fois. Comme conclusion au documentaire, il était dit que le mystère de Capri existe encore aujourd'hui, mais il faut désormais y être invité pour le découvrir.".
« Il faut être invité », des paroles qui apportent tout le secret de l'île de Capri d'aujourd'hui.
Ce ne fut pas mon cas. J'ai seulement eu l'honneur d'y être baptisé sous une pluie battante et quasiment continue comme un signe de la césure entre l'été et l'automne.
S'il y a eu un jour que je n'aurais pas dû programmer pour y aller, ce fut celui-là.
Dès le matin, sous les coups de butoir du tonnerre, les éclairs tombaient d’aplomb sans avoir à compter les secondes entre l'éclair et son écho acoustique. Pour ceux qui avaient trop pris l'habitude de s'habiller léger, trempés, la fin de l'attente du bateau fut considérée comme la fin d'un calvaire que même Saint Antoine Abate, patron de la ville, de faction sur sa place principale, n'avait pas prévu sous sa soutane de pierre.
Seuls les vendeurs de poncho ont eu le bonheur de faire des affaires en or.
Une demi-heure de navigation pour arriver à Capri et débarquer à Marina Grande sous la pluie, avec des couleurs délavées, c'est d'un morne à casser l'ambiance.
Une montée à Anacapri sur une route en lacet à peine plus large qu'un minibus, sur laquelle tous les véhicules se croisent, se fraient un chemin en évitant les inévitables éraflures, c'est ce qu'on doit appeler de la haute voltige.
Jusqu'en 1949, l'écrivain suédois, Axel Munthe y vivait et, à sa mort, a légué son nid d'aigle avec jardins, appelé la Villa San Michèle. Depuis, elle est devenue un défilé incessant de touristes accrochés aux basques d'un guide qui explique tout ce que ses suiveurs se dépêcheront d'oublier dans la minute qui suit. Mais, comme a dit quelqu'un, la culture générale c'est ce qui reste quand on a tout oublié... L'honneur est donc sauf.
En vacances, le touriste n'est pas là pour garder la mémoire, il n'a pas pris de petit carnet pour noter. Il est là pour passer du bon temps, pour faire semblant d'être super intéressé et charger son nouvel appareil digital de photos qu'il montrera aux connaissances pour les faire baver d'envie. Pour prouver qu'il y était, il n'oubliera pas de se mettre devant tous les monuments avant de faire le clic qui s'impose.
Ensuite, redescendre, à Capri-ville pour s'esbaudir devant les échoppes de luxe sous les regards intéressés des épouses. Se relaxer à la Piazetta sur laquelle, il n'est même plus intéressant d'y être vu comme par le passé. Faire le tour de l'île, aller admirer les Faraglioni, avec son rocher percé sous lequel passent fièrement les barques à moteur pour réaliser la photo unique à « x » millions d'exemplaires par an et passer dans la grotte bleue, pressés par la barque qui suit. Tout cela, c'est Capri dans l'urgence d'une journée bien remplie.
En 1963, donc, du temps de la Jet-Set, Jean-Luc Goddard avait réalisé sur l'île, son film « Le mépris » avec Bardot et Piccoli. Qu'est-ce qui a bien pu donner l'idée de mépris en cet endroit ? Déjà, il avait écarté le trop plein de visiteurs pour ne retenir que l'intimisme des situations. Était-ce un présage à un futur plus lointain, d'une inspiration qui obligerait le visiteur futur à garder ses distances du Jet sans le Set qui l'accompagne ?
C'est sûr que Capri d'antant, celui pendant lequel tout était étudié pour attirer la Jet-Set, c'est fini. Mais on est peut-être allé trop loin dans la direction inverse.
"Même à Capri, il est possible d'éviter le bain de foule. Le secret pour piquer une tête en toute tranquillité ? Emprunter l'un des innombrables chemins à pic qui débouchent sur les "cale", les petites baies. Dans le creux de ces criques, l'eau est turquoise." dit Wikipédia qui a très certainement raison mais qui ne faisait pas partie de cette escapade bien mouillée ou trop "touristiquement vôtre". Nous en sommes loin de l'Italie profonde.
Quand Hervé Villard chantait, en 1965, "Capri, c'est fini", il ne devait pas uniquement penser à une personne aimée, mais à un style de vie, à une époque révolue qu'il avait connu, un jour, passé par là comme tellement d'autres? Alors, si je changeais les paroles avec ma propre vision?
Nous ne pensions plus jamais,
Revoir Capri qu'on aimait,
Nous ne pensions plus jamais,
Qu'un jour, on y retournerait,
Nous ne pensions plus jamais,
Que Capri serait la même,
A rêver du temps de la bohême
Non, vraiment ce n'est plus la peine
Capri, c'est dit, c'est fini,
Qu'il faille être invité
Au moins tu as le mérite de le dire,
Capri, je te le redis,
Je ne croyais pas
Que je te reverrais un jour.
Ce n'était qu'un pélérinage,
A te dire recommençons,
Sans perdre le courage,
J'ai essayé et tu as dit non.
Tu m'as servi toute la pluie
Comme deuxième rendez-vous,
Trop de tout, dont je me souviendrai,
Tu as oublié de me donner,
Ce soleil un peu fou,
Alors, là, Capri, c'est fini,
Et dire que c'était la ville
Dont je me souvenais
En qui, je ne crois plus
Te revoir, quand il a plu.
Les vacances de masse ont, malheureusement, tout balayé et la pluie, tout lavé. Avoir visité cette île tout comme la région, il y a 32 ans, m'a permis de voir ce qui avait évolué et ce n'est pas nécessairement vers un mieux.
Il parait que Peppino di Capri, lui, y vit toujours dans une retraite dorée qui ne peut être que chantante avec Roberta dont il chantait les charmes à l'époque.
Quand, à Bruxelles, j'ai réatterri sur le plancher des vaches, qu'allais-je retrouver à la mère patrie? Euronews, là-bas, ne m'avait rien montré d'autre que des bribes anciennes ou récentes, toutes écrèmées... Il me fallait de l'humoristique après un pélerinage.
Laurence Bibot avec son café serré disait qu'elle était lâche et vilaine, face aux événements de l'actualité et tout cela m'a remis en mémoire le pays d'où je viens avec ses problèmes rikikis, sa pluie, sa fête de la Communauté française de ce 26 septembre, avec le Premier Ministre qui vantait la législation belge devant l'ONU... Tout va bien, quoi...
Je remarque que j'ai été aussi lâche. Lâche, de vous avoir lachés sans rien vous dire tout en faisant comme si j'étais là.
Pendant quinze jours, j'ai eu un autre présent. Comme pour me faire pardonner, plus explicite que des textes, voici une sélection de mes 400 photos, cliquez ici.
Pendant ma visite italienne, recyclée, aucun paparazzi n'avait été à l'horizon. Je suis resté incognito dans ma routine comme un bienheureux. Fort aise de n'avoir eu personne qui m'aie demandé un autographe à signer...
L'enfoiré,
Citations:
- « Être marginal, c’est proposer une alternative à la masse. », Benoît Gagnon
- « Le tourisme est l'industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux. », Jean Mistler
- « Le jour du jugement dernier, pour les Amalfitains qui iront au paradis, ce sera un jour comme les autres", dicton amalfitain
08:10 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/09/2012
Le bluzz du philosophe et du scientologue
La conclusion pratique en dehors de toutes considérations personnelles de "Êtes-vous auto-immune ou polythéiste?" serait de dire qu'ouvrir un blog, intervenir sur un forum, c'est aimer la confrontation des idées et prendre des risques. C'est aller de haut en bas et de gauche à droite et cela, sans vergogne.
Quand il y a conflit, en trouver les raisons, une issue sans déshonneur ni pour l'un ni pour l'autre. Puis chercher à rectifier ses préjugés, sans considérer les autres comme des trolls, est une opération qui demande de l'abnégation. Se tromper n'est pas le problème. S'excuser fait aussi partie du processus. Seul la récidive peut donner des soupçons de propagande. Oser répondre avec ses propres convictions demande de l'expérience pour être convainquant.
"L'ordre libertaire", un nouvel essai de Michel Onfray détermine une marche à suivre, mais qui sont, en fait, des règles implicites de vie naturelle en société.
Les conseils, pour se comporter après une erreur de jugement, relève de la psychologie des acteurs en présence. Avoir raison, tout comme avoir tort, ne veut rien dire. Une vérité est trop à la merci d'une découverte qui bousculera les préjugés. Penser la même chose au même moment est plus simple et plus on avance dans le temps, plus on croit les caractères s'affirmer tout en restant dépendants des idées reçues. Des clans de partisans se forment, ainsi, en osmose, mais sans détenir toutes les cartes en main que l'on l'appelle "expertise".
Un article écrit par une rédactice, expliquait ce qu'elle avait aimé en Facebook avec un titre oxymore "Facebook, c'est de la merde". Des commentaires, comme pugilat, se terminaient par un jeté d'éponge en manque d'arguments, poussés par des insultes déversées en parallèles sur l'antenne Facebook défendue. L'empathie, préconisée par l'idéologie de Facebook, faisait place à un égocentrisme qui n'osait plus dire son nom.
Ne pas aimer les oppositions, les rejeter sans les écouter, ce serait seulement appuyer l'idée que seuls, les amis apportent la preuve que notre vérité est la seule vraie.
Régis Debray remarquait que l'on dit "je" en "nous", que l'on continue à dire "nous" en "je". Dans "Moment de fraternité", Debray exhortait à partager quelque chose de plus grand qu'eux sous une forme de nation, d'idéal, de mythe et... de dieu.
D'aller au plus difficile, au moins évident, quitte à faire rigoler ou grincer. Lui, le désespérément agnostique, comme il se nomme, avec son matérialisme bien connu, se retrouvait, tout à coup, dans une fraternité humaniste et républicaine avec seulement le "concret littéraire" comme allié. Effet de l'âge qui ne faisait plus que se promener dans le communautaire dans une génération de Série B.
Rechercher le pluralisme d'idées, relié à l'humanisme universel, s'il faut en connaître les filières et les aboutissements du monde et en se nommant du tellement galvaudé surnom de "citoyen du monde" mais en n'ayant fait que les premiers pas de la reconnaissance sur celui-ci, ne tient pas la route très longtemps.
Internet, pourtant préparé pour casser les frontières, ne fait souvent pas mieux que d'offrir le monde à portée de clics dans un conflit générationnel du coeur, contre un concept plus rationnel sans écoute de l’altéralité, limitée aux préjugés culturels et des convictions sans preuves.
Seuls les voyages et les rencontres fortuites, non préparées, permettent parfois d'atteindre le bon fond du filet en étant plus brutes, moins apprétées, plus sociables.
La forme restée dans la mémoire collective scolaire reste entravée à la ou les langue(s) apprise(s) et Internet ne devient qu'une grande toile de minitels. Il est dit que le fait "communautaire" captivait Debray. Le côté communautaire, identitaire hérédité en supplément peut avoir plus que des aspects négatifs.
Le clivage démocrate et républicain, gauche et droite plait à Debray et il reconnait la fierté d'appartenance à la "Manifest Destiny", le "One nation under God" qui construit l'américanité, s'il ne voit pas le côté sectaire de l'affaire, par quoi lui donnerait-on la cuillère salvatrice? Dans notre monde, le goût du terroir arrive très vite à celui du "tiroir" (caisse s'entend). Debray se reconstruit comme un nouveau Liszt dans une "Jeunesse du sacré".dans le crépuscule de sa vie.
Aux portes de l'emploi, le jeune et le moins jeune se retrouvent trop peu ou trop qualifiés. Opposé au vieux. Ce n'est pas récent. Génération contre génération.
Décrocher un travail n'est pas seulement une question de diplômes mais aussi de personnalités, de motivations et de qualifications. L'orientation doit reposer principalement sur le goût pour la profession qu'on se destine à exercer à l'avenir.
Alors, sous-qualifié, sur-qualifié, numérotés, que les hommes s'évaluent, se surnomment, se surclassent et se déclassent, croyant tout savoir, mais en oubliant que n'importe quelle étiquette se décolle toujours avec le temps.
Dans ce monde des particules, il faut dire qu'elles se paient une intrication quantique. Je n'ai pas dit, un choeur cantique. Ou alors, les chanteurs ne seraient jamais là où on le pense. Difficile pour un chef d'orchestre de diriger des chanteurs qui auraient la bougeotte à la recherche du chaos. Le chef Einstein était contredit par l'autre chef, Niels Bohr.
Si cela ne clope pas dans les calculs mathématiques, c'est qu'il doit bien y avoir un chaînon manquant quelque part, est-il dit dans les couloirs. Originelle, une "particule de dieu"? "Ne bosons pas, mais si...", bosons, bien au contraire. Un surnom pour une particule, non, une simple boutade, comme il y en a tant, lancée par un scientifique qui était d'humeur passagère...2. Quand le bébé crie, il faut vérifier sa nourriture, sa couche, son sommeil pour espérer, ainsi, le rassurer
3. Et finalement, fixer les limites de ses jeux dans son environnement.
- "Je n'ai jamais compris comment le risque d'avoir un biographe n'a jamais dissuadé personne d'avoir une vie", Emil Ciroran
- "Il y a des temps où l'on ne doit dispenser le mépris qu'avec économie à cause d'u grand nombre de nécessiteux", François-Rene de Chateaubriand
- "Toute discussion se réduit à donner à l'adversaire la couleur d'un sot ou la figure d'une canaille", Paul Valery
- "J'ai cherché de grands hommes et je n'ai trouvé que des singes de leur idéal", Friedrich Nietzche
08:34 Publié dans Blog, Réflexions et philosophie, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
06/09/2012
Etes-vous auto-immune ou polythéiste?
C'est la rentrée. On aurait pu croire que ces deux mois de vacances passés auraient été une trêve de l'information. Il n'en fut rien. Les polémiques ont été de la partie. Année électorale oblige, chaque parti est occupé à fourbir ses armes. Détecter les populismes est loin d'être aisé. Rester informé est nécessaire mais cela nécessite d'être encore plus vigilant vu l'abondance des informations. Alors, entre croire à tout ou être imperméable, il y a une marge que l'on pourrait franchir...
Ce matin-là, un copain me disait à la lecture de "Eurek@ Google": "Intéressant, ton article et surtout ça m'épargne l'achat du S&V. De temps en temps, il traînait un Reader's Digest chez mes parents. De la lecture facile, pour passer le temps, l'impression d'apprendre quelque chose, de devenir plus intelligent sans peine, de savoir des choses que les autres ne savent pas. Ça occupe les neurones, mais ne les fait pas travailler. Toute la différence entre le sportif et le gars qui regarde le sport à la TV".
Incontestable.
Au même moment, il me parlait d'un problème de l'immunologie en médecine. Immunologie que l'on peut diminuer, mais pas augmenter. Aucun rapport, me direz-vous.
Pour le citoyen, c'est consommer de l'information à toutes les sources, bonnes à prendre et, souvent, à laisser.
Les idéologies se construisent suite à des impulsions et à des informations reçues par des "gens qui nous veulent du bien pour les appuyer".
Les informations, ce n'est vraiment pas ça qui manque dans notre monde relié par les médias. Les consommateurs ont beaucoup à faire avec le tri de ce trop-plein en prenant en compte l'insoutenable légèreté de l'âme ou de seulement l'être.
C'était donc la rentrée. Pour commencer la semaine, une nouvelle rubrique avait attiré mon attention à la radio de Matin Première. Une séquence appelée "Fact-checking". Cela existe aux États-Unis depuis une dizaine d'années. Chez nous, c'était dans l'air depuis le mois de mai. Principalement dirigée à l'encontre des politiques et pour les empêcher de dire n'importe quoi pour appuyer leurs thèses. Une preuve de plus que personne n'a plus les moyens de vérifier les statistiques "arrangées" que le citoyen doit accepter comme telles.
Qu'on se le dise, les informations ne coulent pas de source. Elles ne s'inventent pas même si on pourrait le croire.
Il n'y a pas que les politiques qu'il faudrait remettre à leur place. Il y a aussi leurs subalternes, leurs subordonnés et les "croyants" que j'appelerais "polythésistes".
Déjà, les médias officiels recourent souvent à leurs propres filières, déjà "prémachée" par des agences de presse.
Des informations malaxées, comparées, avec des conclusions pour résumer les informations élaguées seraient les bienvenues, s'il n'y avait jamais de messages subliminaux cachés derrière l'information donnée.
Arrivée chez le consommateur-citoyen, l'information n'a pas fini son cheminement caillouteux. Ceux-ci les font circuler à leur tour avec un intérêt personnel qui brise tout autant la confiance.
Ils suivent le même circuit que les futurologues en goguette.
N'avez-vous jamais remarqué qu'ils ont une seule vérité? La leur.
Parmi eux, aussi, des suiveurs qui le font avec toute la foi de l'innocence, mais de là à être plus catholiques que le Pape, il y aussi une marge...
Leur "prestige" se compte via leur nombre des clients qui, à leur tour, croient bien faire en leur âme et conscience en répercutant les affaires lancées par les antécédents. Pour le client, une fois ferré, l'information vérolée ou non, ne crée dès lors, pas ou plus trop de soucis. Se forment des clans avec de chaque côté, une devise "je sais rien mais je dirai tout". Alors, la polémique se met en branle. "Pol et Mieke" oserais-je dire avec la consonance du terroir pour détendre l'atmosphère. On va y découvrir la confirmation de ses propres pensées. Mais, c'est vrai, une vérité peut en cacher une autre tout aussi stratégique.
"Impostures intellectuelles" écrivaient Alain Sokal et Jean Bricmont d'une manière plus générale.
A cette allure, il faut quelques personnes qui remettent les compteurs à zéro. En général, on les appelle les "non croyants".
Actuellement, un livre émousse les idées reçues en Allemagne. Titre "La Marraine". Sujet: Angela Merkel. Auteur: Gertrüd Höhler, une ancienne conseillère d'Helmut Kohl qui s'était vue regardée de haut par Schoeder et qui dit que sa "plus grande chance, c'est d'avoir toujours été sous-estimée". Merkel, la femme considérée comme la plus puissante selon Forbes, ancienne chercheuse de l'Académie des Sciences de RDA, est pour Höhler, une personne dévorée par l'ambition marquée pendant 35 ans derrière le rideau de fer. Qualifiée de "gamine", de "cheffe de meutes", de "pilote d'essais dans le parc d'attraction de la CDU", selon Höhler, elle voudrait restaurer la dictature par la destruction de la démocratie. Un pavé dans la mare ou, au minimum, un pamphlet sanglant, ce livre.
Aujourd'hui, le chimiste, Antoine Lavoisier dirait de l'information qu'elle peut tout créer, tout déplacer et tout transformer dans le domaine de l'interprétation.
En dégressif, il y a les profiteurs, les passionnés, les réactifs, les curieux et les passifs. L'intérêt se calcule en Beaufort sur une échelle des vents d'influences diverses. Comme pour un marin, il s'agira d'utiliser ces vents pour pousser le bateau dans la direction choisie sans jamais chercher à s'y opposer de front pour ne pas créer de tempête dans les esprits et se voir accuser de clown à la barre.
Les passifs indécis sont heureusement nombreux et ne se font pas arnaquer au premier discours.
Lors des élections, ils resteront indécis jusqu'à la dernière minute. Même le charisme de l'orateur dans l'immédiateté de paroles, trop bien étudiées à l'avance, recevra un degré d'écoute très variable.
Tout reste bon pour entraîner les foules. Le populisme est de rigueur sans en dire le nom à haute voix que pour le dénoncer chez l'adversaire.
A l'écrit, sur les forums de discussions, on y laisse plus de traces. On peut comparer promesses avec réalisations. Analyser, "assimiler" de manière plus "studieuse", mieux "confronter" avec des réalités vécues en fonction de paramètres très personnels. Le temps, la péremption des infos effacent parfois trop vite ce contrôle après coup.
Entre les deux, les confidences, les secrets, les radios "corridor" refilés de bouche à oreille, entre autorisés, avec le "délit d'initié" à la clé, vont confirmer un soupçon préalable. Et ça marche, même pour les infos fausses.
A la question "Pouvez-vous garder un secret", "60% des gens confesseraient qu'ils ne peuvent s’empêcher de partager avec un tiers les secrets de leurs meilleurs amis." est-il répondu. Le savoir est une force utilisable dans l'intermède et la rumeur peut, dès lors, se mettre en marche.
Tout tient dans le jeu entre deux parties où il y a le détenteur d'une information qu'il veut faire passer gratuitement et celui qui devrait en profiter à son tour, prêt à la répéter sans même le demander.
Mais, évidemment, tout va bien, on ne veut que le "bien" du citoyen... Voyons! Qui oserait penser le contraire?
Comme on devait s'y attendre, même là, les allergies de toutes sortes peuvent croître au milieu d'un tel fatras d'informations, de résultats et de spectacles.
L'immunité en médecine, rappelons-le, diminue sans jamais augmenter. Parvenir à résister aux "organismes pathogènes" de tous ordres devient un jeu d'équilibriste.
L'homme est, avant tout, un "animal sensible et influençable", réactif à la moindre poussée de fièvre et elles sont d'origines multiples. Il a ses préférés et ses détestés. Seule sa raison peut encore le réhabiliter en dernière extrémité, sinon il se laisserait aller à toutes les distractions qui se présentent.
Souvent, à force de voir certains se faire "descendre" en flamme par les commentaires, une sorte de syndrome de Stockholm se produit.
Alors, si on faisait un pas de recul, si on faisait une pause.
Si on cherchait à devenir auto-immunisé vis-à-vis de notre entourage, de ses ambitions et de sa force de frappe?
Récemment, l'affaire Michèle Martin n'en a été qu'une preuve de plus que "l'émotion a malmené la raison" et que la population était prête à prendre les armes. Un déni de justice ou de compréhension du problème posé? Affaire récupérée, comme il se doit, par les politiques. L'avocat Bruno Dayez avait, heureusement, essayé de remettre les pendules à l'heure. Que lui conseiller à Michèle Martin pour indemniser les victimes sinon d'écrire un bouquin à gros tirage?
L'affaire des fissures dans deux centrales nucléaires en Belgique, des autres épisodes épiques. Épisodes à répétition qui y trouveraient une raison du "bien-fondé" surtout pour celui qui en est étranger. Mais, parait-il, il y a même des fables. C'est évident, le nucléaire comme il existe aujourd'hui, ne peut continuer de la sorte et doit trouver une autre issue qui peut être sous une autre forme plus sécurisée. Qui oserait dire le contraire vu le grand âge de nos centrales? Mais il ne faut pas mélanger. Il y a nucléaire et nucléaire...
Je me limiterai à ces seuls exemples, car en période de crises, cela devient une véritable crise de foie et de Foi.
La nouvelle du jour, le parti écolo veut imposer un Livret Vert à toutes les banques avec un intérêt de 2,5%.
Je parlais de Foi. J'oubliais qu'il y a, heureusement, celui que l'on appelle le guide suprême, Dieu et qui exercerait ses bons offices au-dessus de nos têtes.
N'oublions pas, c'est un Dieu constitué de trois Paroles, deux Prophètes et d'un Messie car, là-haut, aussi, il y a de la concurrence. Si on ne se dispute plus sur le mont Olympe, c'est sur le Mont des Oliviers que l'on se crêpe le chignon et du haut des minarets, qu'on se chatouille la barbichette en criant qu'Il est toujours plus grand que tous ses concurrents. On ne cherche pas à savoir qui "IL" est, mais on sait qu'il "assure" ou même "rassure". Il est payé pour, non?
Des messagers qui prétendent détenir chacun la vérité absolue en vendant la parole divine au plus offrant.
Quand cela ne va pas trop bien sur le plancher des vaches, on assiste à une recrudescence de l'idée de Dieu comme un sauveur de la dernière chance. Les médias de la presse écrite ne font pas défaut dans une nouvelle sorte de populisme de bon aloi dans l'air du temps.
On remonte "Aux origines de Dieu", en "mono" ou en "poly"-théistes dit les Cahiers de S&V.
Ensuite, ce fut "Dieu, 10 raisons d'y croire" au menu avec, bizarrement, un article "Haro sur les journalistes" en pousse-café.
Alors accrochez-vous, car cela va "swinguer" à les lire, ces 10 raisons.
D'abord, s'il y a une horloge, c'est qu'il y a un horloger, était-il écrit. Donc, ne jetez pas le réveil parce qu'il vous réveille et vous fout les boules mais c'est l'horloger qu'il faut incriminer.
J'aurais dû m'en douter...
Si Aristote voyait l'interaction entre les hommes dans un monde fini, Jésus, lui, se voulait plus circonspect en porte-parole du créateur, comme centralisateur dans un monde fini peut-être mais sans oublier les hiérarchies préétablies.
Un athée dirait que c'est un créateur de tout et de rien, sans plan bien défini, ni précis et soutenu par une "mécanique" douteuse. Un créateur de crises mais qui en aurait oublié d'inventer les antidotes pour en sortir.
L'époque des Lumières, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'a pas plus apporté de lumières éclairantes.
Continuons à sourire en se promenant parmi ces "dix raisons".
Le "big-bang" comme point de départ comme cheval de bataille. On se demande si ce n'est pas plutôt un cheval de Troie.
Darwin avait pourtant dit que cela ne servirait à rien de remonter à la source du fleuve si on ne connaît pas l'évolution pour arriver à son embouchure. Descendre du buisson de la vie est bien plus facile que d'y remonter.
Dans le style "boutade", il y a la "particule de Dieu", lancée par Léon Lederman. La Science s'est engouffrée à pieds joints dans cet imaginaire suite à une intuition, pour combler un trou dans les calculs de la physique. Le Boson de Higgs, de Robert Brout et de François Englert, vient d'être découvert. Devenue une véritable "idole", cette particule, mais qui, tout de suite, a été minimisée par la pensée qu'une autre "particule" encore plus cachée, plus originelle encore. On n'en aura jamais assez de chercher la petite bête qui grimpe.
Le "God-Bang" a repris du service. Le Big-Bounce, reste moins connu. Ce big-là n'en aurait jamais fini de respirer dans une suite de cycles expansifs ou concentriques, sans début ni fin. Le chanoine Georges Lemaitre semblait le confirmer, d'ailleurs, en parlant d'un commencement, mais pas de création. Nuance...
Sauvé par le gong? Pas encore.
Tant que la réflexion reste fertile, rien de perdu et tous les espoirs restent permis à l'homme d'esprit féru de philosophies à réseaux multiples.
Frédéric Lenoir parlait d'évolution des vertus avec l'empathie comme remède réconciliateur. L'éthique, les valeurs, les vertus en reprendraient du galon par cette entremise. Les valeurs, les lois des hommes sont là comme guides pour une vie en communauté, considérée comme la meilleure possible pour éviter les conflits idéologiques.
Alors, ce serait le juste contre l'injuste, le diable, ce mal personnifié, dans une dichotomie numérique, gauche-droite, qui n'a rien à voir avec le monde analogique du vivant, bien plus complexe et plus échelonné. En dehors de la sphère humaniste, cela risquerait de rester sans valeur.
Le bonobo, je le vois d'ici, doit en rire de toutes ses belles dents blanches.
Mais,
quand Dieu dit la bonne parole, l'homme se tait et se doit de passer le message de la bonne bouche à la bonne oreille.
Une autre preuve loufoque et qui faisait planer. Tout le monde ne peut pas se tromper en même temps, puisque même l'incroyant parle de Dieu, après tant d'années, c'est donc une preuve de dire qu'il devrait y avoir quelque chose de vrai dans le processus de croyance.
Un château de cartes se construit sous l'ombre d'une Tour de Babel inachevée, grâce au seul instinct grégaire des hommes et du partage d'informations.
Michel Onfray, avec son "Traité d'athéologie", dont la lecture a déplu parce que, sous le couvert des on-dits, il disait que les Évangiles avaient été écrits bien plus tard, en dehors du terrain des opérations, elles-mêmes. Mais comme il écrit mal, comment lui donner sa confiance...
Un raisonnement par l'absurde et un miracle qui serait d'y croire?
Démontrer que Dieu n'existe pas, ne serait compris que par l'athée. Ce n'est pas une raison pour en arriver à l'autre extrême dans ce film dont le propos est tantôt sarcastique, voire carrément drôle, tant les deux protagonistes se livrent à un combat puéril, tantôt sordide et tragique.
Paul Claudel, athée convaincu, à Noël mangeait plus que d'habitude en n'y associant rien d'autre et en profitant de tous les jours de congés annexés. Car on veut les garder ces jours-là.
La Foi n'a pas de besoin de se justifier, est-il dit. Pas de problème avec ce concept.
Elle déplace les montagnes et elle s'en contente. Ok.
Le Cardinal Martini qui vient de mourir, disait tout de même "l'église à 200 ans de retard".
Et s'il en était de même avec toutes les croyances vivantes ou mortes?
L'immunité ne fait que décroitre et n'augmente jamais même en dehors du côté physiologique. Bombardé de partout, il faudra plus qu'un parapluie aux utilisateurs des messages d'informations et des "bonnes paroles".
Une lecture plus fine des méthodes utilisées, apporterait-elle la bouée de sauvetage?
Lire entre les lignes d'un message en n'omettant pas tout ce qu'il entraîne de contraintes et d'"overheads" comme on dirait dans la langue de Shakespeare, pour éviter guerres et conflits? Pas si simple.
Un enfant qui vivrait sa jeunesse sans attaches avec le monde extérieur recommencerait, peut-être, par le paganisme, puisqu'il n'a pas encore reçu le "beau message" qui, en finale, se résume à "Faites ce que je dis et pas ce que je fais". Cet enfant sauvage complèterait ses doutes par du fétichisme, du vaudouisme comme réponse à tout ce qu'il ne comprend pas sans capote immunitaire suffisante.
Une rencontre avec des dieux imaginaires et pas un Einstein, un soir, au coin du feu qui, lui, aurait l'intelligence d'apporter du concret pour justifier ses thèses.
Je lisais récemment les réponses du sociologue, Michel Maffesoli, lors d'un interview. Son prochain livre aura pour titre "Homo eroticus". "Il n'y a pas de pensée comme d'amour que lorsqu'il y a risque", disait-il d'emblée. Non consensuel, il dénonçait ceux qui ne pense que le "droit" avec le politiquement correct comme porte-drapeau. Pour lui, la "modernité" se voit au travers d'une cécité collective, dans un conformisme et un esprit tribal autour d'un goût partagé. Une peur de subjectivité confrontée face à une obligation d'objectivité dans une normopathie qui finit par être un processus de rétraction. Cette époque vitaliste est, pour lui, omniprésente dans la musique, le sport, la culture, la religion, excluant les réalités du terrain plus économiques que sociales. L'humeur se cache derrière des paravents de solidarité et de générosité qui une fois mis à jour ne sont que des leurres et du buzz. Le "Je pense donc je suis" de Descartes se voit dans l'individualisme affublé d'un sobriquet "Et je m'éclate avec". L'individu est devenu une personne morale, une entité avec une valeur fonctionnelle, une ressource avec son potentiel, cataloguée, cadastrée par une seule imitation des autres dans un design plus cyclique que réellement postmoderne. (discussions)
Cet été, il y a eu, en surplus, l'"entracte" des JO. Sans impacts immédiats, ils constituaient une trêve idéale. Avec les spectacles à l'ouverture et à la fermeture, comme agents liants, on pouvait combler les envies, les rêves et les "sensations fortes" par des évènements exceptionnels. Le jeu, dit "opium du peuple", met le citoyen dans une sorte d'extase dans un monde parallèle du presque impossible qu'il ne connaît pas dans son quotidien.
Divertir les foules, c'est par là que tout a commencé pour diriger les autres dans toutes les histoires du monde.
Au début du 20ème siècle, Pierre de Coubertin avait fait revivre les JO antiques comme JO modernes. Génial. Olympiques ou paralympiques, même.
La radio y a apporté le son et le cinéma, l'image.
La télévision reprendra quelques spectateurs au cinéma, avant d'être elle-même "enfilée" dans la Toile d'Internet. Alors, si on commençait à regarder à deux fois à se laisser avoir par toutes les informations qui surgissent d'on ne sait où. Une trève des balivernes, en somme. Moderato cantabile...
Au temps de l'Angleterre victorienne, il y a eu la "belle" histoire appelée "Oliver Twist". Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force. Orphelin, survie au milieu de compagnons d'infortune, mal nourri, exploité, il endurait tout, jusqu'au jour où une provocation d'un apprenti le pousse à se battre et à s'enfuir.
Depuis, à lire certains, on se demande si on ne revit pas ces moments du passé anglais. Les populations virtualisées perdent, quelques fois, le nord, mais restent instrumentalisées comme le seraient des larbins avec des objectifs définis par d'autres, en contestant sans chercher de solutions définitives, optimales et satisfaisantes pour tout le monde.
Il y a, parait-il, 4 milliards de monothéistes dans le monde. A y réfléchir, ne serait-ce pas plutôt 7 milliards de polythéistes, influençables, à la recherche d'idoles, impliqués dans des "affaires" dont ils ne voient que le sommet de l'iceberg à la recherche d'une immunité qui ne sera jamais autre chose que passagère et décroissante?
Oublier de croire en soi, oublier de définir ses propres objectifs de ce qu'on veut réaliser dans ce "jeu de quilles", c'est toujours arriver à un crash personnel.
Pour sortir de l'info qui casse le moral, il n'y a plus que l'humour, chaud ou glacial, pour percer le mur de l'opinion publique.
La transgression, la provocation s'opposeraient ainsi à toutes les musiques dites religieuses, y compris celle de Bach.
Rester dubitatif, sceptique en tout pour ne pas avoir de déception, c'est aussi une raison de la longueur de mes billets qui sans parti pris, évoqueront toutes les opinions en ligne pour compter les points après coup.
Tout est dans tout et inversement, ma devise.
S'occuper des TIC, s'en acquitter, je m'en occupe, en cherchant le vaccin et ainsi, en devenir auto-immune.
Le retour de vacances de Thomas Gunzig lui donnait l'occasion de faire l'inventaire des évènements avec son humour caustique, à la mode de "Pol et Mieke" ou "polémique". Un sketch qui lui a valu un commentaire amusant de fraicheur "Souvent je ris et j'aime le café serré de Thomas Gunzig mais franchement aujourd'hui il a dépassé les bornes, il y a des choses dont on ne rit pas".
Il faut savoir, cher Thomas, qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui.
Hors, à la radio, comme sur Internet, on rencontre n'importe qui. Des gens qui vous veulent du bien avec la solidarité sans faille en bandoulière. Mais, le "papa de ma couille" du sketch a reconnu, depuis, son erreur. Affaire comprise et classée.
Le lendemain, toujours à la radio, Thomas parlait de la "chance" qu'on avait de pouvoir aller voter, d'être, pour l'occasion, considéré comme important, l'espace d'un matin, dans l'isoloir avec le crayon magique, mécanique ou électronique à la main pour sanctionner ou pour soutenir un candidat ou un parti.
Sur Internet, heureusement, ce "n'importe qui" va pouvoir "plusser" ou "moinsser" un billet ou ses commentaires, en cliquant sans avoir à se justifier pour suivre la masse avec la seule envie de se "payer" la tête de celui qui osait exprimer une idée (pas) suffisamment dans le vent à ses yeux. Cool. On a rien inventé, Néron faisait cela avec son pouce. Les autres sur le sable de l'arène criaient "Auē Caesar, moritūrī tē salūtant!"
En extrapolant, avec l'humour en plus, la genèse pourrait se jouer ainsi.
Encore une fois, en riant ou en votant, on peut s'extraire, à loisir, de l'affabulation des autres et parfois de la sienne avec l'autodérision tant qu'elle existe. Une fois sorti de l'isoloir, on retrouve les mêmes leaders qui imposent une autre ligne de conduite. Et dire que je me posais la question, il y a longtemps, s'il y avait un Monk en nous!!!
Oh, toi information, qu'est-ce que tu ne parviendras pas à nous faire faire quand tu sors de ta boîte à musique?
Mais, putain, qu'est-ce qu'on s'amuse avec les Voix célestes du Peuple sur l'Agora...
L'enfoiré,
Aritlce qui vient naturellement à l'esprit après les suites du film américain et des caricatures de Charlie Hebdo.
Trois quart de la planète glissent sur la pente de l'intolérance religieuse.
Un graphique sorti suite à la situation de 2009 avec en abscisse le Gouvernement Restriction Index et en ordonné le Social Hostility Index montre bien que les extrémismes ont pris du poil de la bête. Comme 75% de la population mondiale en est touché (pays les plus peuplés). 63% des pays ont renforcé la politique de discrimination et 25% l'ont assouplie. Le Nigéria, le Yemen, le Pakistan, l'Iran, les territoires palestiniens, l'Egypte, la Turquie et la Russie entrent dans la catégorie.
- "Faut pas croire: en comptant tous les dieux, demi-dieux, quarts de dieux, etc., il y a déjà eu 62 millions de dieux depuis les débuts de l'humanité. Alors, les mecs qui pensent que le leur est le seul bon. Ça craint un max!", Coluche
- "Dieu a créé l’homme à son image. Ensuite, l’homme a évolué. Dieu, lui, on ne sait pas"…Philippe Geluck
- "Je suis tout prêt à croire en Dieu. Mais je pense que Dieu n’est pas tout-à-fait prêt à croire en moi.", Philippe Geluck
- "Je représente à moi seul 0,000000033 million d'amis", Philippe Geluck
06:45 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Parodie et humour, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
30/08/2012
Chez les yé-yé, avoir vingt ans, ce 30 août 1967
Une expo à Liège sur les "Golden Sixties", quatre copains, un anniversaire et un premier acte d'une pièce de théâtre.
Résumé des Golden-Sixties. L'économie tourne à plein régime même si la vie n'est pas rose pour tout le monde. Le chômage s'élève à peine à 2%. Ce sont les entreprises qui cherchent leurs collaborateurs et y mettent le prix. La carte de crédit commence à sortir des portefeuilles. Un dollar fixé à 50FB. Une dette publique belge, bien en dessous du PIB. L'industrie manque de bras. Les supermarchés ouvrent leurs portes à la consommation. Et si on donnait du travail aux femmes? Les hommes sceptiques sur les goûts de leur femmes à se retrouver au bureau. Pourtant, cela va donner, aux femmes, la liberté financière. La liberté sexuelle viendra grâce à la pilule. La conscience professionnelle n'est pas encore altérée. On rétribue en fonction des aptitudes. La mode se veut subversive avec la mini-jupe. Le lave-vaisselle devient un cadeau du mari pour sa femme. Dans la salle à manger, la télé N/B fait découvrir le monde extérieur. L'espace fait rêver. Les idoles sont nombreuses. Les Rolling-Stones font peur aux vieux avec leurs chansons de sexe et de violence mis en compétition avec les Beatles, Adamo, Dutronc dans une "Rock attitude", insouciante, provocatrice. Le monde s'élargit.
Le décès récent de Neil Armstrong rappelait que le 21 juillet 1969, il avait marché sur la lune pour la première fois. Mais, ici, notre pièce de théâtre s'arrête le 30 août 1967.
Scénario:
Quatre copains, étudiants du même âge, Jean-Pierre, Christian, Alain et Guy, se retrouvent dans un café. C'est le tour de Jean-Pierre à avoir 20 ans, ce 30 août 1967. L'actualité défile avec la musique du juke-box avant de partir à une boum.
Jean-Pierre entre sur scène avec des fleurs dans les longs cheveux, style hippie. La lumière s'allume.
-Jean-Pierre: Et moi qui croyais que le jour de mon anniversaire, tu allais me foutre la paix avec ta nature, cher Rousseau alias Christian, et toi, Alain, avec ta ville qui sent mauvais. M'avez-vous amené un cadeau au moins !
-Alain: Je pouvais pas. J'ai été en ville à vélo, y'avait aucune place de parking de libre... Ah, si j'avais eu un porte-avions, j'aurais pu faire place nette ...et même fermer le caquet aux flics révolutionnaires ! Putain, la victime, c'est encore une fois, moi ! (rires)
-Christian: Pas de déclarations, Alain. On s'en serait douté... J'ai apporté le fromage de la ferme et le gateau pour l'anniversaire dans la paix des coeurs. Je suis un pacifiste, moi.
-Guy: Comme au Tonkin, peut-être ?
-Alain: Comme au ton qui, quoi ?
-Guy: C'est fou ce que tu manques de culture, toi. Il n'y a que les références historiques pour justifier ton présent. Encore quelques anniversaires et tu seras tout à fait borné à force de te rappeler le bon vieux temps. Tiens, tu mériterais que je t'envoie par le fond, ne fut-ce que pour t'empêcher de nous mener en galère... Dis-toi bien que seul l'exil peut te sauver. Et le fait est qu'il n'y a plus d'exil nulle part depuis qu'on a inventé la bombe. Mais j'ai foi au progrès, demain on possèdera bien tous la bombe individuelle. Chacun la sienne. Il ne pourront jamais en faire exploser qu'une après autre. La légitime défense, tu comprends?
-Jean-Pierre: Mais ce serait l'extermination garantie de l'espèce humaine, docteur Folamour ! Que vous êtes en train de me fomenter comme avenir. La marée noire du "Torrey Canyon", c'est pas du cinoche.
-Guy: C'est idiot de voir ce cinoche ainsi. Je commencerai par toi, tiens! Où est ce que tu te sentirais le mieux, t'es vraiment un socialiste à la manque. Moi, ce qui m'a plu au cinoche dernièrement c'est "Blow up". Tu sais cette histoire de photographe qui part en reportage, prend une photo et qui découvre un meurtre. Alain, n'est-ce pas que c'est dans tes cordes?
-Alain: Mais, mon beau salaud, dis, ça c'est jouer le jeu des Ricains et des Englishs. JFK est toujours dans ta tête, à mon avis. T'es l'extrémiste inverse. T'es cent pour cent en faute et tu fais semblant d'avoir été agressé pour mieux faire admettre que c'est toi la victime. "Up to you", as-tu déjà écouté ce morceau des Stones ? C'est la face B de Satisfaction, il est passé inaperçu avec ce Mike Jagger qui a toujours voulu être au devant de la scène. Dommage! Moi, j'irais voir si avec le socialisme ou même le communisme, on va pas pouvoir mieux s'en sortir qu'avec ces jeunes en pantalon en pattes d'éléphant.
-Guy: Des éléphants, maintenant. Tout cela ne nous ramènera pas le Congo. (rires) Mais, t'as raison, Elvis devait en avoir à son mariage, des pattes d'éléphants.
-Jean-Pierre: Le Congo, c'est râpé, Guy. Faudra te faire une raison. Les colonies, c'est de l'histoire ancienne. Un peu de Commonwealth du bout des ongles, mais rien d'autre. Quant au King, il a ses fans incontestables...
-Christian: (il chante) "Et j'entends siffler le train. J'entendrai siffler ce train toute ma vie". Alors, on va le couper, ce gâteau? J'attrape faim, moi. Alain, vas nous chercher la bouteille dans le frigidaire. Ça s'arrose un anniv de 20 ans. Tu te souviens de cette bête chanson des vieux "On n'a pas tous les jours vingt ans".
-Alain: Bien sûr. C'est d'un niaiserie à chier. Tu me fais déraper ici. Tu ne sais pas, Christian, Jean-Pierre, voudrait partir à Katmandou.
-Guy: Katmandou, c'est pas trop ma tasse de thé. T'as pas entendu ce qui se passe dans la Silicone Valley? La Californie, le Grand Canyon, les grands espaces, j'ai vu des films de là-bas. Cela donne envie de partir, rien qu'à les voir.
-Jean-Pierre: Je crois que t'as vu trop souvent "West Side Story", c'est sorti de l'affiche, je t'informe. T'as pas peur de partir pour le Vietnam comme tu disais, cela canarde ferme là-bas. Si tu pars là-bas, tu devras te faire naturaliser et alors, c'est chez le Viets qu tu devras trouver tes assurances tous risques.
-Guy: J'ai pas dit que je veux prendre la nationalité américaine.
-Christian: Mais t'auras pas le choix, mon gars. C'est compris dans le prix du voyage. Dès que tu vois la Statue de la Liberté, t'es déjà embrigadé. Adieu la liberté et les petites anglaises. Moi, c'est Londres qui m'attire un peu. C'est de là que toute la mode vient, ces derniers temps.
-Guy: T'as peut-être raison. Je vais me renseigner sur les States. Peut-être, qu'astronaute me plairait. S'envoyer en l'air dans la lune ou s'envoyer en l'air, au lit, où est la différence? Dans, le 5ème Luna Orbiter est un peu à l'étroit, mais je suis sûr qu'on y arrivera à lui mettre une fusée dans l'oeil dans notre lune comme Tintin nous le montrait.
-Christian: Ne rêve pas trop éveiller. La lune, c'est pas encore gagné. Le match entre Sovétiques et Américains est loin d'être terminé. Faudra peut-être attendre des années encore pour mettre un pieds sur le sol lunaire comme le voulait Kennedy pour cette décennie. Tu ne te souviens pas de ce qui est arrivé à Komarov à bord de son Soyouz? T'auras peut-être une famille avec des enfants à t'occuper, avant de t'envoyer en l'air dans les étoiles. Moi, je me vois très bien avec une famille nombreuse. D'ailleurs, il y a anguille sous roche.
-Guy: Toi aussi. Tu veux une famille, des enfants. Je veux bien une épouse, mais des enfants, c'est beaucoup de responsabilités. Je n'envisage pas cela, du moins actuellement. Pour cela, il faut assurer ses arrières, avoir un job longue durée. Si je ne suis pas du tout sûr que les mouvements féministes sont très favorables à cette expansion qui pousse les femmes à rester à la maison, une femme au bureau, c'est pas sûr que cela plaise à toutes non plus.
-Alain: Mais, t'es un terrible machiste, Guy. Tout évolue. On n'arrête pas le progrès. Personnellement, j'aimerais avoir deux enfants mes pas plus. En espérant, qu'ils soient aussi beaux que l'épouse que je choisirai.
-Jean-Pierre: Vous êtes tous des fanas de la famille à ce que j'entends. J'ai dit faire l'amour pas la guerre, cela ne veut pas dire que je veux me farcir toujours la même, ni toutes en parallèles. Je suis un serial-man. Des enfants? Vous êtes fous ou quoi? On a la pilule, maintenant. Tu veux un joint pour te remettre à niveau?
-Alain: Non, merci, je suis assez dingue comme ça. Mais qu'ai-je entendu? Cela est passé sans tinter à mes oreilles. Christian a des choses à nous révéler. Y a-t-il un polichinelle dans le tiroir avec sa dulcinée? Sa boniche a dû oublier sa pilule. Alors, raconte. Comment, c'est arrivé.
-Christian: Ça, c'est un secret. Nous sommes sortis. Nous avons dansé lors d'une rencontre dans une surprise party, et...
-Guy: Ça a tourné, a tourné, mais cela n'a pas continué à tourner. Et, ça s'est arrêté.. comme la chanson de Bécaud, peut-être (rires)
-Jean-Pierre: Laissez Christian, tranquille. N'oubliez pas, c'est un futur philosophe et il va vous en foutre plein la vue avec sa philosophie des grands mariages. Je crois que vous ne connaissez pas la philosophie asiatique. Là, on n'oublie tout. On y baise. On y pense et puis on oublie, comme dirait Claude François.
-Guy: Ah, oui? Mais, c'est aussi très exotique, ton expérience. Cela m'intéresse. Puis, Alain, avec ses études de journalisme, il pourrait en faire de beaux papiers de tout cela. Lui qui aime les voyages.
-Alain: Bel exercice et beaux voyages, en effet. Même si je n'ai pas les mêmes préoccupations. Et si on parlait de sport. Le sport, un truc qui m'intéresse. J'aimerais me spécialiser dans le journalisme de sport. Pour m'amuser, j'ai fait un article quand, le 9 juillet, Billie Jean King a gagné Wimbledon. J'ai eu un certain succès dans un petit journal local. Quant à Roger Pingeon, j'ai essayé de l'approcher quand il avait remporté le Tour de France. J'aurais bien aimé aussi avec Eddy Merckx qui vient de devenir le champion du monde. Oui, reporter sportif, cela me botterait, mais, j'hésite, encore. Correspondant de guerre, aussi, d'ailleurs. Suivre les Six de la guerre du Sinaï pour Paris Match, cela doit être palpitant. Photographier Moshe Dayan dans les tranchées...
-Guy: Six jours, d'accord. Mais tu ne voudrais pas partir au Vietnam, on n'en voit pas la fin de cette guerre-là. T'es pas sûr de revenir, sinon les pieds devant.
-Alain: C'est ce qui construit la gloire, non? (sourire)
-Guy: Quelle ambition! Là, tu me fais planer. Et des projets de famille heureuse, tes deux beaux enfants, t'en fait quoi? Ce sont tes parents qui t'ont appris ce genre de raisonnement à la con avec des héros avec des honneurs à titre posthume à la clé?
-Alain: Mes vieux laissent-les là où ils sont, si tu veux bien. Je ne mange pas de ce pain-là. Ils ne sont pas d'accords avec mes projets. Je sais. Ils me font ch... Tu sais quelque chose qui les mettrait à roter encore plus après une heure de silence. Un bon Rolling Stone par exemple. "I can get now, satisfaction". C'est pas très socialo, mais je m'en contenterai. Pourquoi pas aussi, le negro? Mes vieux sont racistes. Comment s'appelle-t-il encore? Celui qui est guitariste et qui a osé jouer de la guitare avec ses dents, allongé parterre en faisant le grand écart....
-Christian: Tu veux parler de Jimi Hendrix? Je préfère les Beatles ou les "Shocking Blue" avec Venus, ça fait danser au moins. "Salut les copains", cela commence à m'épuiser. Jean-Pierre ne va pas me contredire, lui qui entonne à tout bout de champs comme une litanie "All you need is love". La guerre entre les Beatles et les Stones, c'est du pipo. Crois-moi sur parole. C'est comme avec les Demoiselles de Rochefort et les Parapluies de Cherbourg. T'as pas pleuré, tout de même?
-Alain: Oui, Jimi Hendrix. Une véritable star en Angleterre. Il ira loin, ce gars, c'est sûr. Il doit déjà être dans le hit parade. Au sujet des Beatles, j'aurais dû m'en douter. Pleurer? Tu rigoles? C'était d'un rose bonbon. Pleurer serait manquer vraiment de punch. Mais t'as pas tout à fait tort, il y en a beaucoup qui l'ont fait dans la salle quand je les ai vue. T'as pas encore entendu le petit nouveau, David Bowie?
-Jean-Pierre: David Bowie? Connais pas. Mais, j'en ai rien à cirer de votre punch, de vos idées d'avenir. Vous n'avez pas remarqué que tout coûte plus cher? Avec ce que me donne mes parents, je ne parviens même plus qu'à m'acheter mes sèches. C'est mon anniversaire. Si vous voulez des fleurs dans les cheveux, je peux vous en prêter. Ca vous empêchera d'avoir des idées courtes et d'écouter vos idées folles...
-Christian: T'as raison, Jean-Pierre. T'as toujours raison, d'ailleurs. Toi, au moins, t'as pas besoin de te déguiser pour ce soir à la surboum costumée. Un peu de cheveux dans les cheveux bien longs, un froque qui sent à cinq mètres à la ronde et une chemise ouverte sur ton poitrail velu et t'es costumé. Moi, je vais prendre le costume de Néron. Je ne sais pas si cela me sied, mais c'est le nom que j'aime bien. Quant à toi, Alain, sors ton appareil photo et ton carnet de notes, avec la casquette et le crayon de l'emploi, je sens que tu vas faire sensation. Reviens avec des photos des toiles de Magritte. Tu vas voir comme elles vont prendre de la valeur depuis qu'il vient juste de mourir. Guy, je le vois bien bardé d'une chemise avec des étoiles et des bretelles pour tenir le pantalon. Tous le monde à la permission de minuit? Alors, on y va.
Un silence est tombé, presque lourd. Le juke box s'était arrêté à court de piècettes. Les 45 tours se sont succédés sans interrompre la bande des quatre.
Le patron du café, qui a tout entendu, ajoute une tune dans son juke-box. La platine va s'installer sous l'aiguille et une voix nasillarde entonne "On n'a pas tous les jours 20 ans".
Les quatre se regardent, étonnés.
-Tous ensembles: Mais qui a programmé cette putain de chanson? C'est d'un ringard...
Jean-Pierre pousse une nouvelle tune dans le bastringue et entonne en attendant: "If you're going to San Francisco. Be sure to Wear Flowers in your Hair".
Le rideau tombe...
Sapanhine et l'enfoiré,
...qui ont joué, chacun, un rôle dans l'histoire, même si les prénoms des personnages n'ont peut-être pas existé tel quel...
Mais si jamais, certains s'y reconnaitraient, ce ne serait pas totalement un hasard.
Aujourd'hui, les jeunes de l'époque font partie du"Papy boom". Un monde qui tourne encore souvent avec des arrières-goûts du passé en s'uniformisant avec la mondialisation.
Alors, que dire?
Que c'était une autre époque, meilleure ou pire ou que tout n'est qu'un éternel recommencement? Que les jeunes sont toujours aussi batailleurs? Qu'à toutes les époques, les jeunes ont resenti la concurrence des "anciens"?
Que les anciens "jeunes" écoutent plus souvent Radio Nostalgie?
"Hier encore" comme le chantait Aznavour, un rappel, une ombre de nous...
Philippe Geluck alias Le Chat, disait, avec humour, que "Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant." et que "Les jeunes, c'est tous des bons-à-rien. Et ça devient pire avec l'âge".
Il n'avait pas tout à fait tort.

08:05 Publié dans Actualité, Histoire, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
16/08/2012
Eurek@ Google
Le Science et Vie de juillet avait sa page de garde avec un titre provocateur: "GOOGLE, le nouvel Einstein" et un sous-titre "Et si la science se passait du génie humain?". Mais à qui profite ce nouvel Einstein?
L'avant-propos de ce S&V posait la question: "Peut-on tout demander à son moteur de recherches?"
Avant de répondre, je me poserais les questions suivantes: "qu'est-ce qu'il y a dans le moteur et de quel genre de recherche s'agit-il?".
La réponse du magazine fut: "Si Google existait du temps d'Archimède, la recherche initiée sur la poussée d'Archimède serait simplement mise en parallèle avec une pub sur la balnéothérapie. Archimède, lui, à son époque, aurait répondu avec la loi qu'il aurait inventée en sortant de son bain avec une phrase presque mythique de 'Tout corps plongé dans un fluide subit une poussée verticale dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé'".
La pub, il ne connaissait pas, le "pauvre" Archimède!
L'histoire ne dit rien de ce qui a suivi et de qui a ramassé l'eau du bain public après avoir lancé son Eureka... et, de plus, personne n'en aurait rien su, si la loi n'avait été édictée, écrite avec conviction et passée, ensuite, de bouche à oreille jusqu'à notre époque.
Newton fit une autre découverte fortuite, ressortie par la force de gravité exercée sur une pomme. Un hasard ou une réflexion plus structurée qui conclut que la Terre attire la pomme avec une intensité inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Le carré de la distance demandait déjà plus qu'une déduction.
C'est, peut-être cela, le vrai "miracle" de Google de faire de la pub de l'information. Mais quelle information?
Aujourd'hui, on s'y référence et on se fait connaître via des moteurs de recherches. Attention pas de turbines en vue, tout est sous contrôle, caché derrière des réseaux complexes et des logiciels secrets qui arrivent comme la "septième merveille du monde" sur l'écran des ordinateurs des utilisateurs en moins de temps qu'il faut pour le dire.
Dès lors, au bord de son clavier, ces utilisateurs croient tout savoir, comme maitres du monde de l'information. Ils ne cherchent plus, ils ne déduisent plus beaucoup, ils se racrochent aux sources entre elles, récupérées, uniquement, par l'association de un ou plusieurs mots clés, organisée par un seul fournisseur et sortie du chapeau des millions de réponses.
Informations filtrées, vraies ou fausses, tendancieuses ou informatives, mais malaxées dans un même melting pot. On ne sait pas...
Presque trop merveilleux pour ne pas cacher quelques tares dans le processus. Des algorithmes logiques de Google sont là pour explorer les informations que d'autres ont installées sur le net. Le véritable génie de la science se limiterait, ainsi, dans un "big data" qui connaît tout et qui répond à tout.
Multidisciplinaire, généraliste et expert, ce Google!
L'informaticien chevronné, un peu équilibré, dirait "Shit in, shit out".
Connaitre la discipline, la méthodologie pour collationner ses "billes" en sortie, serait plus que nécessaire. Et là, on tombe dans le secret de fabrication le plus total.
Il fut un temps où il y avait même une équipe de "moteurs de recherches" qui puisait les infos à tous les râteliers disponibles. Preuve que l'on ne faisait pas totalement confiance à un seul fournisseur de moteurs de recherches. Les métamoteurs" allaient piocher chez tous les candidats moteurs de recherces. Petits logiciels gratuits, proposés en interfaces, ils rassemblaient les "grands", les "pros du pot", avec les bonnes intentions de chacun d'entre eux rassemblées.
Gênant pour ces "gros". Il ne fallait pas que d'autres encaissent ce qu'ils avaient construit patiemment, à payer ou à se faire payer par des artifices publicitaires. Ces empêcheurs de tourner en rond ont progressivement disparu ou ne sont plus proposés.
Internet, c'est gratuit et s'est payant en même temps, en arrière plan.
C'est alors que je suis tombé sur un article qui m'a projeté le cul entre deux chaises. Enfin, "deux", c'est une façon de parler. Plutôt entre des continents du savoir.
Les "chaises", elles, étaient bien plus nombreuses. Chercher ce mot "chaise" et vous verrez que vous allez recevoir, en retour, pas moins de 80 millions de résultats. Même si elles peuvent être belles, les chaises, cela fait vraiment beaucoup de pattes que l'on reçoit sous le poids de celui qui s'y repose.
Chronologiquement, j'avais lu l'article qui suit avant d'acheter le S&V. "En publicité, internet absorbe un euro sur cinq en Europe".
Ensuite: "La moitié de la pub en ligne en Europe enrichit les Américains."
Voilà le dessous des cartes...
"Les investissements américains ont augmenté de 14,5% avec 20,9 milliards d'euros en 2011. Google se taille la part du lion, avec Amazon, eBay, Facebook, Flickr. La Belgique, c'est 365 millions de pub avec Google, presque 'only'.", ajoutait-on dans l'article.
Pour expliquer, l'article risquait: "Problème d'économie d'échelle manquante? L'Europe ne serait-elle plus qu'une économie de consommation et pas de production.".
Là, cette question m'obsède. On mange, on ingurgite même, parfois, mais on ne sait plus quoi, comment a été préparée la "pitance" de l'esprit puisqu'on n'a personne au fourneau dans ce resto du coeur. La pitance est produite par tous dans le monde, en toutes les langues, mais avec les bénéfices qui atterrissent toujours chez le même chef étoilé.
Le S&V, une fois acheté, j'ai continué à lire ce qu'il en disait de Google. Là, on y semble même plongé jusqu'au coup dans l'emphase dithyrambique et on se livre sans contestation, du moins au début, dans une déclaration d'amour avec un brin de raisons.
"Des logiciels qui, depuis, quelques années, sont auréolés d'un nombre croissant de découvertes en se parant de vertus scientifiques telles que d'aucuns voient en lui la meilleure chance qu'ait la science de défricher de nouveaux territoires.".
Apparemment, les patates sont cuites pour l'homme. Tout peut marcher sans lui.
Et, on embraie... "Le génie d'Einstein est relayé par des algorithmes qui analysent, triturent des océans de données. Les machines qui font les découvertes, là où les expériences, les théories ou les géniales intuitions semblent ne plus suffire pour aller plus loin".
Quand j'ai écrit "Trop complexe, le monde du numérique?", je ne pensais pas si bien dire. On est là, mais, seulement, pour exécuter un rôle de figuration dans une représentation avec des "jouets", made in USA, qui dirait ironiquement "Tout est dit. Passe ton chemin et ne perd pas le mien à te donner des idées subversives, puisque on te donne toutes les réponses à tes questions".
-Ne fais pas faire la fine bouche, l'enfoiré. Tu fais semblant de ne pas utiliser. Te rends-tu compte du temps que tu gagnes?.
-Oui, cela prenait du temps, avant Google... Oui, cela coûtait beaucoup d'efforts et d'argent, ces recherches, mais, comme cela faisait du bien aux neurones. Aujourd'hui, on a oublié ce que c'était de "chercher". Buvard de l'info, je rassemble les informations comme le ferait Google, mais j'élague au fur et à mesure avec un esprit critique que n'a aucun moteur de recherche.
Google est arrivé comme le ferait Zorro, avec un grand chapeau, un grand lasso, masqué, et il signe son oeuvre d'un grand "G". Pour y arriver, il a sorti la grosse artillerie, à la vitesse de la lumière informatique à partir de 20 pétaoctects de données, traitées chaque jour, ce qui représente 20 fois le volume total des données stockées par la Bibliothèque nationale de France et il se fait le champion des liens entre eux. Il donnerait presque des résultats aux questions sans même qu'on les lui demande, mais simplement après les avoir imaginées comme vraies. De ce magma de données, nous en recevrions la chaleur infuse au travers de serveurs d'un réseau de serveurs dont on n'a pas l'obligation d'en connaître les tenants et les aboutissants.
C'est le pied, mais les pieds de la chaise comme on vient de le voir! On parle, dès lors, en pétas bits (10exp 15) après l'avoir fait le ménage des mégas, des gigas et des téras. Quelle famille, d'"-as" à tout faire!!!
Le patron de Google va plus loin encore. Il parle déjà de 5 octas soit 5000 pétas pour se permettre de manipuler 30 millards de documents chaque mois sur Facebook, 140 millions de messages quotidiens sur Twitter ou 20 millions de SMS échangés par minute.
La NSA passe le mur du "son" et parle de yottas (10 exp 24), soit le contenu de mille milliards de disques durs actuels alors que les pauvres humains parlent toujours de iotas.
Pour quoi faire cette armada? Question à ne pas poser, surtout.
L'info, c'est l'info. Elle informe. On ne va pas commencer à tergiverser, à dénigrer et à faire le malin...
La presse a dû s'accomoder aux nouvelles technologies et trouver un language commun à tel point qu'ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre.
Le rebelle se demande si ce ne serait pas uniquement pour vendre du produit non fini pour faire plaisir au seul marketing.
En fait, nous sommes dans un rêve, dans un déluge d'informations dans lequel on est censé retrouver ses jeunes... On appelle cela travailler dans les nuages, dans le "cloud computing" avec Google qui y ajoute quelques doses "imagées"pour appuyer le texte parfois dépassé.
Regarder les big data au travers du kaléidoscope ou du périscope comme espion.
On se retrouve les pieds sur Terre a un moment inattendu, photographié dans la rue, dans un endroit où on n'avait aucune raison de se trouver et qu'on devra pouvoir expliquer à qui de droit. Là, ce n'est parfois plus du rêve mais du cauchemar.
Dans le monde réel, le miroir du virtuel reste la victoire du virtuel et on arrive à les confondre.
De Wikipedia, je disais "Wiki je t'aime, Wikipédia je t'adore". Une encyclopédie citoyenne, sans laquelle, Google serait un concentrateur de bits avec un moteur qui tournerait en mal d'amour, sans plus. Sur cette plate-forme du know-how, on met à jour en permanence et les citoyens gèrent ce que Google ne fait pas. La "bête" n'est même pas capable de donner la pertinence de ce quelle fournit si ce n'est avec une arrière pensée financière. Mais, parait-il, pour rester le plus près du citoyen, Google va même puiser les mots clés au travers de Facebook et de ses "fidèles citoyens".
Elle le fait avec une granularité sans précédent et une mémoire d'éléphant. On peut y zoomer et y dézoomer. « On ne sait pas ce qu’on y cherche, mais on trouve ce qu’on ne cherche pas », déclarait Anne Roumanoff avec humour.
Il y a l'info, ce qu'on en fait ou parvient à en faire. Il ne faut pas croire que travailler sur Internet avec les outils à disposition réduisent de manière drastique le temps de présence derrière l'écran. Parfois, elle pourrait l'accentuer quand le lecteur joue le jeu de la recherche "imbriquée" en s'écartant du sujet recherché au départ. Le chercheur s'éparpille en cherchant la "petite bête".
Passer de l'échelle microscopique à celle du macroscopique comme le rêvait Pierre-Simon de Laplace pour transiter du passé au présent et ainsi prévoir l'évolution du monde, n'est pas une mince affaire. Une phrase lancée lors d'un meeting de promotion par le co-fondateur de Google, fait rêver: "Seul un logiciel comme Google peut le faire".
Qui sait, un jour, à Stockholm, un serveur représentant de tous les autres, recevra le Prix Nobel en place des savants devenus obsolètes et dira d'une voix mécanique:
- I'm proud to be here representing all of us, as a server for you all.
Le syndrome de Stockholm, quoi. On y aimerait ce qu'on a haï précédemment.
Un étudiant viendrait, un jour, à l'examen avec son robot et son moteur de recherches pour décrocher son diplôme.
Si les astronomes n'ont plus besoin de téléscopes puisqu'ils consultent Google et que cette façon de faire va s'accélérer parce que les données vont se générer l'une par l'autre presque en vase clos, il y a du souci à se faire ou au moins ou au moins, des questions à se poser. Si vous ne vous souvenez pas du fiasco dans le domaine financier qui s'est produit en laissant tourner en "stand alone", le "Système économique"...
L'espionnage, les droits d'auteur, les brevets, l'anonymat, fini de signer même F.L., comme l'article, sans laisser de traces, ni d'adresse. Un pseudo, des initiales se retrouvent. On n'oublie plus rien, une fois, sur un serveur, hors ce serait étonnant que les informations soient mise à jour en temps voulus. N'oublions pas que les informations les plus stratégiques se trouvent cachées derrière des mots de passe avec accès véritablement payants.
"Cette mécanique imparable tire en fait sa force d'une approche qui se rit du contenu avec comme seuls paramètres, les proximités entre données. La Science ne risque-t-elle pas de se réduire à la mise en relief de multiples corrélations sans que ces résultats ne soient intégrés grâce à un modèle dans un discours qui fasse sens?" concluait Claude-Henri Mélédo. "Un retour en force de l'empirisme comme démarche expérimentale", continuait Jean Veronis.
Le désordre du monde, l'originel et le créé ne sont pas liés par des lois uniques ni des algorithmes surtout s'ils se ressemblent en aveugle. Les équations, leur intégration demande déjà plus qu'une vérification s'il y a une solution ou non. On est parti d'un déluge, on y retourne très souvent mais via d'autres artifices.
J'aurais pu terminer mon article ici mais cela aurait été malhonnête et incomplet car il y avait des exemples de réussites et des projets qui y gravitent avec succès et qui se trouvaient dans l'article.
- Dans les troubles du cerveau par des pistes de guérison en dessinant une carte de proximité statistiques et un générateur semi-automatique d'hypothèses (projet brainSCANr)
- Dans le couvert végétal par le fait d'avoir traqué les déforestations (projet PlanetarySkin)
- Par l'observation spatiale en direct et le classement des informations (projet LSST)
- Les micro-organismes dévoilé par leur évolution et la découverte de la diversité des communautés microbiennes(projet GOS)
- L'apprentissage du langage par le contexte des mots et de leur redondance (projet Deb Roy)
- Les substances chimiques mélangées qui viennent à bout de la maladie (projet BSrC)
- Le cancer du foie découvert par l'étude de l'ADN et finir par dévoiler 4 gènes (pojet ICGC)
- Les épidémies apparues en temps réel pendant le tremblement de Terre d'Haïti (projet Healthmap)
- Les équations physiques qui naissent toutes seules et qui donnent des lois (projet Eureqa)
Alors, remplacer le génie humain? La question principale du dossier?
Non, modifier son rythme brutal de recherche et de trouvailles. L'accélérer en lui donnant un effet de levier comme un outil peut le faire, là, d'accord.
Quant à croiser les données à l'aveugle?
Peut-on dire, à coup sûr, qu'ensuite, les infos croisées donneraient des résultats et de là, jaillirait la lumière sans réflexions? L'intuition, les déductions ne sont pas encore incorporées dans le processus de recherches.
Mais cela viendra, peut-être. Nous sommes à la version 2.0. Les suivantes se feront aider par des questions plus pertinentes pour affiner les recherches. Les millions de réponses plus judicieuses, plus utiles, élaguées et réduites au strict nécessaire est un des buts à atteindre, mais non atteint jusqu'ici.
Google Earth, autre miracle, avait même servi pour essayer de retrouver Steve Fosset, tombé avec son avion, perdu on ne savait où. C'est sur le terrain, suite au hasard, qu'un passant l'y a retrouvé.
A l'ère des déluges de l'information, il ne s'agit pas d'oublier que trop d'infos nuit et tue parfois l'info.
Qu'éliminer tout ce qui est publicitaire permettrait déjà de réduire considérablement ce fatras de données et diminuerait le temps de recherche. Contraire à la politique de la maison "G".
Google vient de payer une amende de 22,5 millions de dollars à la FTC pour solder le compte de la confidentialité et de la surveillance de ses utilisateurs. Pour se permettre la publicité ciblée, les cookies, ce n'est pas cher payer face aux milliards de bénéfices.
Le "cloud computing", avec 100 milliards de dollars de potentiels historiques et 8,8 milliards de bénéfices, prévus en 2012, ne sont pas dans les nuages.
Que des moyens automatiques encore bien plus sophistiqués seront nécessaires pour élaguer les données nuisibles, brutes et les rendre plus "nettes".
Je suis un utilisateur comme les autres et ce que Google fait, je l'avoue, il le fait relativement bien. Ce que Microsoft apportait avec un logiciel "Encarta", Google le fait avec la gratuité en plus.
Mais, comme Microsoft, Google est devenu envahissant et d'autres cherchent, déjà, un "Petit guide de survie sans Google".
Puis est arrivé le S&V du mois suivant qui disait "Le spectre ne répond plus". Les mobiles qui exploitent les bandes passantes de radiofréquences, spectres hertziens arrivent à saturation avec des débits entre 1,8mB et 42 Mb en 3G. La 4G arrive en France après les USA, la Corée, le Japon et l'Allemagne, avec ses grands moyens entre 800Mhz et 2,6 Ghz. Les télécoms satellitaires se bousculent et doivent prendre leurs distances pour ne pas être brouillées. On imagine des solutions comme partager les bandes, monter en fréquence, multiplier les antennes, multiplier les signaux... mais toutes ont toutes des problèmes. C'est peut-être de là que viendra le coup de Jarnac pour tout ce qui touche aux communications par les ondes.
Le nombre des neurones d'un cerveau s'élève à 100 milliards, sans compter les synapses. Atrophiés car non utilisés, ils en deviendraient négligeables.
Google resterait avec un potentiel énorme mais utilisé avec un faible pourcentage et qui souffrirait de dirigisme lié à la publicité.
Certains pensent leur ajouter des Google-Glass. 
On se surprend à lire qu'avec les lunettes interactives apprendre une langue étrangère ne sera bientôt plus nécessaire, que San Francisco au travers des lunettes, change-t-il la vie de ceux qui voient la ville de près, hors des nuages?
"Amazing", le mot décidément à la mode, le plus utilisé aux States dans ce genre de conférences de presse. Un mot qui quelque part, manque à un esprit européen trop cartésien moins embrumé par les contraintes d'épater avant de réaliser.
Au sommet, il y a une lutte sans merci qui se déroule en coulisse.
La CE pourrait élargir son enquête contre Google?
"La Commission lui reproche notamment de mettre en avant dans ses liens ses propres moteurs de recherche verticale, au détriment des autres moteurs de recherche spécialisés, par exemple dans les voyages. Elle s’inquiète aussi de la manière dont Google copie du contenu de moteurs de recherche verticale concurrents et les utilise dans ses propres offres, et lui reproche d’imposer des clauses d’exclusivité à ses partenaires publicitaires.".
Tiens, un nouveau monopole. J'ai déjà entendu cela quelque part mais avec un autre acteur: Microsoft.
Dans cette lutte, Microsoft et son monopole vacillerait-elle sur les mêmes bases face à Google? Quand le gâteau devient plus petit, le moindre levier s'impose.
On vient d'apprendre qu'après 8 ans de silence de côté de Hotmail, Microsoft est irrité par Google et donne un coup de jeune à sa messagerie avec OUTLOOK, son nouveau nom mais qui existait depuis des lunes mais dans la "rangée professionnelle".
Plus qu'un lifting, est-il dit.
Avec 324 millions d'utilisateurs, c'est à dire 36% du marché des courriers électronique, MS voit GMAIL qui annonce 450 millions, qui se fait aider par le système econologique Android.
Outlook.com nouveau va contenir Skype, la possibilité de partage d'image, la gestion de fichiers et d'autres gadgets.
Et, pourquoi pas intégrer toute la concurrence? Facebook, Twitter, Viber... On n'invente plus rien. On intègre ses concurrents.
Attention, tout de même, quand on se rappelle les risques de piratage de ces systèmes annexes, cela devra s'accommoder pour ne pas les ramasser au passage les puces des autres.
Google, réveille-toi. Cool. Il y a encore des hommes qui se cachent derrière la toile. Reste curieux de tout.
Le hasard fait parfois aussi bien les choses. L'émission de "Tout s'explique", de la semaine dernière, arrivait avec la même conclusion. L'observation, le goût du risque allait mener Jenner à l'invention du vaccin, de la variolisation et de l'inoculation.
Le point commun entre le post-it, le velcro, la pénicilline, le laser, le popsicle ou la télévision, ce sont des "inventions avec le fruit du hasard" (les auteurs étant respectivement, Spencer Silver, Georges de Mestral, Alexandre Fleming, Alfred Kastler, Frank Epperson, Philo Farnworth). Pour couronner le tout, il y a aussi les fausses manipulations à la base, suivies d'un éclair de génie, de l'oeuf de Colomb, qui surgissent comme cela l'a été pour le frisbee (W.F.Morrison), le stéthoscope (René Laennec) ou les Bêtises de Cambrai (Despinoy).
C'est dire que le savoir, sous forme de données, n'est pas tout. Il faut l'extrapoler, le tester et pouvoir lire entre les lignes d'une constatation ou d'un rapport. Assimiler plutôt qu'étudier en aveugle sans brûler les étapes.
Rendre les besoins synchro avec les désirs de développements. Le marché évolue de plus en plus vite, d'accord, mais inventer est souvent une partie d'échec dans laquelle les pièces se mettraient à bouger, qui sans interventions, aboutissent à l'inertie des joueurs.
Le grand secret marketing de Apple, l'autre géant, serait-il comme le dit cet article: "Nous ne dépensons aucun dollar sur la publicité".
Apple s'émancipe de Google en tuant YouTube sur son iPhone qui tournera en iOS6, sans dire par quoi il serait remplacé.
Aujourd'hui, dans une jungle d'informations, il faut investir, publier pour exister et pour faire parler la Science, parfois, à perte, avant de décrocher un brevet, bien avant que la preuve de son adéquation ne devienne incontestable.
Parfois, il faut aussi se séparer de ses collaborateurs.
Aux dernières nouvelles, 4000 emplois à la trappe, dont deux tiers en dehors des Etats-Unis, chez Motorola, firme rachetée, il y a juste un an, par Google.
Happy birthday, Motorola...
Bizarre de lire, le même jour, l'annonce qui dit que Google continue de payer ses salariés pendant 10 ans après leur décès encore faut-il entrer dans la firme et y rester salarié.
On se bat par tous les moyens pour éliminer la concurrence.
Il y a cinquante ans, personne n'aurait parlé de Science avec cette déviance. Prise par le temps, elle veut garder son sérieux, une responsabilité qu'elle ne semble plus devoir assumer dans l'à peu près et s'étonne ensuite que la jeunesse s'en écarte.
Certains parlent de Science, avec un nouveau mot le "scientisme", à cause du fait qu'elle prend des allures commerciales, tout en faussement, s'opposer aux religions et en devenant une nouvelle.
La Science, le savoir aiment que l'on parle d'eux, voyez-vous et le faire avec le maximum de noms en communs, pas toujours compréhensibles ou seulement par les initiés.
"Le prix que vous allez payer? Il dépend de vos données de navigation".
Alors, si, en 2015, vous commandez une pizza, ne vous étonnez pas que cela devienne ceci, je vous aurai prévenu.
L'enfoiré,
Thema de ARTE sur Le livre selon Google
Les droits d'auteurs en jeu. La question du domaine public arrive même dans l'esprit de le rendre payant.
Citations:
- « Le gain de la recherche, c’est la recherche elle-même. », Saint Grégoire de Nysse
- « Si Google ne trouve pas la réponse à une question, c'est que la question est mal posée», Anonyme
- « Qui recherche la lune, ne voit pas les étoiles. », Proverbe français
- « L'écran remplace l'immersion par le picorage, l'exprience spirituelle par la quête utilitaire », Régis Debray
- « Pour que Microsoft gagne des parts de marché, il faut que les autres en perdent", Anan Srinivasan
08:55 Publié dans Actualité, Amérique, Monde des affaires, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Web | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
06/08/2012
Troublé par la personnalité?
Dans l'article précédent, je parlais de "psychopathes" avec un peu d'humour. Un documentaire sur ARTE et toujours accessible (1ère partie et 2ème partie) allait plus loin et présentait un certain Sam Vaknin qui disait de lui "Je suis un psychopathe". Un documentaire nous apprenait qu'il y a 1 % de la population, si l'on en croit certains experts tels que le neurobiologiste allemand Niels Birbaumer. Celui-ci estime que l'on n'étudie pas assez les ravages causés par ces patients qui s'ignorent. Le professeur Robert D. Hare doute que quiconque ayant des capacités normales de ressentir et d'agir puisse se protéger entièrement du pouvoir subtilement destructeur des psychopathes. Un psychopathe est antinomique à l'empathique.

Sam voulait se définir en tant que psychopathe. Un véritable feuilleton analysé par un cinéaste commençait, se poursuivait chez les médecins pour être sûr en passant par le psychologique et le neurologique.
En voici la liste des différents points dont il ressentait dans sa personnalité:
- il s'affiche comme narcissique destructeur
- il se dit intelligent, surdoué avec un QI de 180
- il se reconnaît comme sincère
- il est mégalomane
- il est contradictoire
- il est imprévisible
- il est homophobe
- il est sans scrupules
- il n'est pas sentimental
- il est sans gêne sans remords
- il dénie la réalité de l'autre.
- il est charmeur en restant non influençable
- il est menteur porté par le seul but personnel
- il a un ego surdimensionné
- il est manipulateur pour suivre son instinct
- il est un créatif
- il jouit d'une excellente mémoire
- il est capable de détruire la vie de quelqu'un autant que la sienne sans pouvoir s'en empêcher
- il manifeste une violence verbale mais jamais physique
- il peut être drôle surtout quand il en tire avantage de sa drôlerie
- il cherche un avantage social en tout
- il est harceleur par l'intermédiaire d'un poison lent
- il rassemble échecs et réussites sans s'émouvoir pour autant. L'argent n'est qu'un outil, comme les autres pour arriver à ses fins
- il n'a pas de vie affective stable
- il donne une image cachée de lui-même avec une fausse modestie
- il ne respecte que ses propres règles
- il aime les personnages importants pour s'élever avec eux
- il n'aime pas être contredit
- il a la simulation comme étendard
- il reconnaît ne pas être facile à vivre
- il aime les musculations mentales comme un tordu
- il insulte en permanence mais hors caméra
- il est tortionnaire volontaire ou involontaire
- il a parfois des pulsions morbides tout en se disant qu'il ne peut faire autrement
- il ne se sent pas comme unique, mais qui fait des choses uniques
- il alterne l'hypotension et l'hypertension pour augmenter le stress de sa victime
- il a souvent une double vie, mais pas nécessairement sexuelle. Plutôt une attitude schizophrénique
- il regrette les talents qu'il n'a pas pu utiliser dans sa vie
- il aime tester et programmer les autres
- il fait semblant de vouloir être corrigé
- il sait que ses victimes font preuve d'empathie nées par la peur
- il a des émotions "froides" qui ne le contractebt pas après avoir eu une douleur (insula plat)
- pour lui "aimer" n'est qu'une assurance loin de l'amour qu'il ressent comme fondée sur la pitié
- il ne connaît pas d'ange gardien pour lui rappeler d'une quelconque morale
- il se sent parfaitement adapté dans son environnement du chacun pour soi en s'intégrant dans les comportements dit "normaux"
- il se sait intéressant pour tout dirigeant d'entreprise
- il représente le prédateur social type
- il a des affinités avec un dictateur
- il est performant quand il parvient à faire faire ce qu'il pense à d'autres mais sans en prendre la responsabilité
- il est considéré comme antipathique par son entourage tout en restant intéressant si pas attachant
- il manque de (fou) rires, de sourires vrais
Coïncidence de l'actualité, la Belgique vient de perdre son opposé complet en la personne de Michel Daerden. Un homme politique que la population appelait "Papa", dans sa ville et sa commune d'Ans avec l'empathie comme pouvoir sur les gens. Je l'avais décrit en 2006 comme "Notre Gainsbarde à nous". Homme de foire par son côté pitre, mais avec un QI qu'il n'a jamais essayé à connaître et qui pourtant atteignait un point du même ordre. Lui ne se proposait pas pour écrire un livre sur la Daerdenmania. On le lui demandait.
Caricatural tout cela? Deux énigmes de la personnalité? Deux extrêmes. Rares sont ceux qui comme Sam Vaknin tentent d'aller au fond d'eux-mêmes pour essayer d'analyser leurs pulsions et s'y reconnaître ou non. Il en vit des droits d'auteur de ses livres. C'est donc son fond de commerce, mais personne ne lui a demandé d'aller aussi loin dans sa recherche surtout avec son épouse, son antithèse, son égérie. Coupable repenti? Pas vraiment.
Intéressant de comparer les deux manières d'appréhender la vie.
Le cinéaste disait de Sam à la fin du reportage qu'il ne désirait plus jamais le voir dans le futur. Preuve de l'échec de son opération.
Un des points positifs de Sam, c'est qu'il ne joue pas à la violence physique comme ceux qui ne pourraient assumer leurs différences qu'en montrant leur force physique.
Décrit sur Wikipedia. C'est alors, que m'est venue l'idée d'aller sur Facebook et de le retrouver là. Là, où on trouve, peut-être, des murs mais, en principe, des amis. On l'y retrouve, en effet, comme sur tous les autres forums sociaux. Total: 1523 amis. (Michel en a 404) Étonnant. Avons-nous affaire à des amis mazochistes dans le cas de Sam? Sont-ils dans les 1% de psychopathes de la population?
Je crois que ce serait mal comprendre le problème. "On a tous quelque chose en nous de Tennessee", chantait Hallyday.
La complexité du cerveau reste entière. On ne connaît presque rien de lui. Ceux qui sont opposés à Sam, ne sont pas sauvés pour autant, même pas par le gong... Ceux qui aimaient Michel se retrouveront orphelins. Ceux qui détestent Sam, peut-être plus heureux.
Aucun test psychologique ne détermine de manière précise et définitive, sa manière d'être, mais il donne quelques indices.
Alors, si on jouait à s'évaluer soi-même ou par l'intermédiaire de son conjoint? Cochez les phrases qui vous (ou, si vous êtes le conjoint, qui le) concerne. Puis additionnez. Cela peut être amusant ou révélateur.
Combien de points obtenez-vous? Attention! Avoir zéro, n'est pas nécessairement normal, tout comme le maximum, d'ailleurs....
Que veut dire la "normalité"? Existe-t-elle vraiment? Ce serait donner un autre cliché ou une caricature que de la définir.
L'enfer est pavé de tellement bonnes intentions.
Si vous voulez en apprendre plus, en connaître les raisons, c'est peut-être par la Science.
Quant à Kroll qui a tellement caricaturé Michel Daerden, il en parle.
L'enfoiré,
Citations:
- « Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie, la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie. », Michel Foucault
- « Ne fais pas de psychologie dans la colère, tu verrais trop juste. », Jean Rostand
- « La psychologie, c'est l'art de faire croire aux autres que nous les comprenons. », Benoît Gagnon
- « Pour changer d'altitude, il faut lâcher du lest et explorer pour aller au-delà des évidences", Bertand Picard
08:15 Publié dans Actualité, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
02/08/2012
Le rituel est bien moins étendu dans le virtuel
Un jour, devant une œuvre d'art, cette maxime "Le visuel est bien plus étendu que le visible" m'avait intrigué. Ce n'était pas un ophtalmologue devenu artiste qui l'avait écrite. Une phrase dont je ne savais que faire et que j'avais notée pour un futur imprécis. Aujourd'hui, dans cet article inhabituel pour le site, je la fais ressortir en droit de réponse avec un titre transposé dans le virtuel.
Si le visuel présente des objets perçus essentiellement par l'œil, c'est par l'interprétation qu'il en fait en fonction. Les paramètres du vécu apporte l'idée de l'art que le cerveau s'en fait.
Sans éclats, sans émotions, sans surprise, le rituel prendrait le relais et l'endormirait. Nous sommes dans le monde du réel, de l'animé, déjà, il faut secouer les consciences pour attirer les "clients". Dans le virtuel, l'inanimé, ce besoin est encore plus évident pour animer et espérer une fréquentation de nouveaux "prospects".
La maxime sur le visuel, je l'avais trouvée écrite près des chevaliers sur les deux photos, ci-contre.
Un message subliminal, donc.
C'est alors que, il y a déjà un mois d'ici, après un échanges de courriers sans tambours ni trompettes qu'arriva celui-ci:
"Désolé je n'aime pas les caresses. Mais je n'apprécie guère plus la provocation pour la provocation. Je ne m'ennuie pas. Donc je n'ai pas un besoin effréné d'ennuyer les gens qui m'entourent.
a) je ne reçois de directives de personnes
b) je gouverne ma vie comme je l'entends
c) j'accepte la pluralité d'opinions mais non le dirigisme d'opinion
Il ne me viendrait pas à l'idée de me présenter chez mes amis et de provoquer pour le seul plaisir les invités présents. La provocation engendre le mépris.
Il faut savoir faire preuve de jugement lorsque nous décidons de provoquer et d'insulter. Or de jugement tu n'en as aucun. Désolé de te le dire. Mais il faut que quelqu'un, un jour, te le dise. Et je le fais par amitié et après une montagne de patience. Or de patience je n'en ai plus. ".
Lire cela, après 6 ans d'enjoués "Mon cher Guy" en préambule, c'est comme ressentir, tout à coup, un durillon qui perce la semelle de sa chaussure. Cacher que cela m'avait choqué, serait mentir, mais, j'ai pris l'habitude d'accepter toutes appréciations positives ou négatives comme une critique constructive et sans garder rancune.
Il y fut répondu brièvement, courtoisement, me réservant une réponse plus circonstanciée, après analyse et en temporisant pour que les esprits échauffés se refroidissent.
A froid, comme droit de réponse et après analyse de la situation, je qualifierai la conclusion de 'fausse', 'inappropriée' et 'surannée" comme nous allons le voir.
Alors enquête.
Je ne peux évidemment, passer tout en revue ici. Il est vrai qu'une marmite, sous pression et sans exutoire, peut toujours exploser, au plus mauvais moment, à cause d'un couvercle maintenu mal arrimé sur le dessus.
Une semaine avant, une phrase disait pourtant "Je saisis bien les propos de Guy. L'art est d'en saisir la quintessence et de rejeter les aspérités. Guy est entier. Je l'accepte ainsi. Passionné il ne laisse personne indifférent.".
A l'origine du "trouble", si je ne me trompe pas, une présentation d’une œuvre d'art, présentée sous forme photographique, qui m'avait, immédiatement, inspiré une question "Est-ce un fond d'écran pour le futur Windows 8?". Cette question n'aurait jamais dû générer, au pire, autre chose qu'un sourire mais elle avait mis le feu au poudre. Banalité qui avait éveillé des susceptibilités plus caractérielles. Dans mon "visuel", à moi, un fond d'écran peut très bien être vu comme une œuvre d'art.
Dans ce cas, aucun croche-pied, aucun outrage, ni impertinence seulement garder un tantinet d'originalité.
Une réaction vive suivit derrière laquelle se cachaient un rituel, une habitude de bienséance qui espérait une appréciation qui frisait l'admiration, voire la flatterie.
Le rituel, c'est comme un dogme, une sorte de boulet que l'on tire avec soi sans plus réféchir.
Aujourd'hui, moins que hier, les dogmes ne font plus recette. Croire au Père Noël, c'est s'apercevoir que le naturel de la pugnacité resurgit au galop. Le parfum de scandale quoi que l'on dise pour s'en protéger soi-même, attire comme l'aimant. Probablement, parce que le scandale des autres permet de minimiser, voire de camoufler ses propres tares.
Internet ne fait pas défaut, il le précède même.
Là, le rituel n'a plus sa place et lasse même plus vite que par le passé vu la profusion des informations, des images qui transitent via ce média moderne et interactif.
La maxime "pour vivre heureux, vivons caché" n'est plus de mise. Dès qu'on sort le bout du nez dehors, le risque existe, même ou surtout dans une bonne démocratie "vertueuse" qui se respecte. Brel chantait dans les "Vieux amants" , le "pire piège, c'est de vivre en paix pour des amants" et il avait raison, même en dehors des amants. La paix des braves ne se conçoit plus de la même manière et tout doit se renouveler plus vite.
Mais, voyons les mots utilisés.
La "provocation" engendre la curiosité. L'"insulte" , elle, l'intrigue et l'étonnement, parfois amusées des spectateurs. Deux "techniques" de style qui augmentent la fréquentation et s'extraient des poncifs. Parler avec les tripes et un peu moins avec le coeur ou la tête, est devenu presque un "must" car ce ne sont plus deux interlocuteurs qui se rencontrent mais une armada qui va réagir en fonction de sa propre susceptibilité ou sensibilité.
Pour étayer cette thèse, je vais devoir rappeler et épingler, en post-it, quelques anciens articles dans celui-ci.
Il y a eu d'abord "Tout dire, tout écrire, tout caricaturer et puis en rire".
"Tabou casse-toi", un poisson d'avril à deux têtes chercheuses.
"La méchanceté, tout un art" qui démontrait que, dans le passé, déjà, pour garder une ambiance "consultée" par ses concitoyens, il fallait la garder "chaude", l'émailler de nouveautés et de quelques "piques" humoristiques, bien choisies, voire sarcastiques.
Connais l’homme pour mieux te connaître, un principe pour chercher à évaluer son "moi" au travers d'un jeu de quilles qui évolue plus vite que soi-même.
Un rappel que le monde change et qu'étudier ne suffit pas pour réussir.
Choisir son réseau en demandant si l'interlocuteur voulait en faire partie sinon l'éjecter sans autre forme de procès.
La technique est pourtant bien simple pour s'attirer les bienfaits de ses interlocuteurs. Il suffit d'applaudir, de les "béatifier", en quelques mots bien choisis pour caresser dans le sens du poil. Le problème, cela intéresse qui?
Une forme "rebelle" serait d'éviter la monotonie, c'est oser aller à contre-courant des idées préconçues, même si c'est parfois difficile à entreprendre ou pénible à comprendre. Se rendre compte qu'une union se consomme et se consume dans la passivité l'est tout autant.
La controverse attire le regard et l'intrigue dans une "grande marre du virtuel et du réel".
En résumé, les relations humaines virtuelles ont un début fulgurant, une augmentation d'intensité et arrivées à maturité, s'érodent en revenant au point de départ sans remise en question.
Le "mépris" parle de ce "sentiment par lequel on juge la conduite de quelqu'un moralement condamnable, indigne d'estime car en dehors des conventions".
Les "conventions", le mot est lâché. Dans ce cas, ce serait plus la métaphore du mot "mépris" qui en sortirait.
Malheureux d'arriver à cette conclusion, me direz-vous et vous aurez probablement raison.
Nous voilà donc chez "Cendrillon au Far West", en coulisse, avec Batman qui défraie la chronique au plein jour.
Sous Internet, les grands se font la guerre des mots, les moyens jouent à la guérilla par paraphrases et les petits se croient déjà dans celui des éponymes mais sans filets. A un moment donné, il faut se rendre compte que l'on gène quand on est trop extraverti, que l'on pompe l'air des introvertis qui restent dans l'ombre des palmiers en fleurs, que l'on contredit même sans s'en apercevoir.
Un consensus global crée un soupçon de collusion. La critique reste profitable, souhaitable. Pour rester crédible, elle doit seulement s'adapter aux circonstances et au bon niveau pour rester constructive et se résoudre à perdre quelques rituels en chemin.
Dans l'ombre, certains se croient à l'abri et continuent à avoir une petite vie pépère, indépendante, tout en la mettant à nu à la vue de tous. Attitude à hauts risques et se débiner ne marche pas mieux.
Aujourd'hui, pour exister, il faut jouer le rôle du "Hurricanes Hunter", du chasseur de tornades dans la virtualité. Et comme il est dit sur le site de ces chasseurs "La question n'est pas de savoir s'il y aura des Cyclones, la question est de savoir quand...".
Lors d'un entretien récent, l'acteur, humoriste, chroniqueur, François Morel disait: "En étant prétentieux, même quand j'insulte, j'essaye de le faire avec style". Il précisait en même temps "J'aime bien être d'accord avec moi. Les coups de gueule, c'est surprendre et parfois décevoir". A la base, en découdre sur un sujet, trouver les failles de raisonnement qu'on ne partage pas. Un risque de vulgarité, des réactions épidermiques, mais qui, du côté productif, mettent en survol stationnaire, les mouches du coche.
Contrairement à ce que certains pourraient encore penser, Internet n'est pas un Minitel français. Celui-ci vient de fermer ses "robinets", ce 30 juin, après trente ans de loyaux services dans le strictement "local" lu par la concierge du coin.
Censurer de tels propos? Pourquoi le ferait-on, tant qu'il y a un droit de réponse disponible sur Internet, rien n'est jamais perdu.
Mathieu Madenian, un autre exemple qui fait mourir de rire ou mourir de haine. Pourquoi regarderais-je si je n'aimais pas?
Du punch et encore du punch. Insulte ou insolence? Allez savoir.
Chacun a ses prétentions, parfois abusives, d'être rebelle ou non. La seule chose à se rappeler pour qu'elle soit percutante c'est qu'elle ne peut ressembler à ce qui a précédé. C'est dans cette différence que l'on détermine qui est dans la catégorie des vrais progressistes. Quant à la dichotomie "gauche - droite", elle n'est qu'un précepte qui ne se justifie plus qu'ainsi.
Comme le montre cette vidéo, pour les femmes, c'est parfois bien pire dans la rue, dans le réel sans faire la mijaurée.
Dans le monde virtuel, aucun risque de recevoir le coup de poing en pleine g... ou le duel au chant du coq. Les distances entre interlocuteurs, les différences culturelles et de juridictions, les pseudonymes et tous les autres murs de cette impuissance, existent comme interfaces sans protéger réellement ses interlocuteurs.
Les relations virtuelles ont perdu leur rituel, de fait. Les principes appris avec l'éducation puritaine qui disait "Tiens toi droit", "Mange ta soupe", "Obéis", "Sois sage avec ta famille, tes copains et amis"... ne passent plus la rampe. C'est plutôt, sérieux s'abstenir... On veut s'éclater. Il faut qu'on slach, comme chante l'autre. Se payer, parfois, une tranche avec une tête de pique. Oser dire tout haut, ce que d'autres pensent tout bas, sans s'apercevoir du subterfuge.
Une série d'attitudes ont pris de l'âge derrière des révolutions culturelles comme celle de 68 et de bien d'autres. Désormais, il s'agit d'épater la "galerie" par son "toupet", parce que toutes les logiques de la sagesse, raisonnées ou non, ne collationnent plus tous les points de vue dans les conflits qui dépassent ceux des générations.
Chez les People, Les Enfoirés sont passés, par la chanson, à la postérité, mais au pluriel et en majuscules. Quelques humoristes, quelques caricaturistes, sans le dire tout haut, mériteraient la même étiquette avec quelques pincées d'adrénaline, de sérotonine ou de dopamine pour arroser le tout.
Parler de "rupture numérique", c'est sauter une barrière. S'y inscrire en tant qu'enfoiré, ce n'est pas nécessairement pour y jouer le joli-coeur. C'est se mouiller la chemise. Avec cette optique, il faut s'attendre à ce que ça passe ou ça casse, pour éviter la désolation sans sourires, sans humour, sans rebonds avec un électroencéphalogramme plat. On est tous prisonnier du rôle que l'on s'est donné un jour.
Parler de consensus pour mettre l'église au milieu du village, c'est, souvent, passer le mur du son et laisser tout le monde sur sa propre idée préconçue. Il n'y a plus souvent que la remise en question, le nettoyage de printemps, la proactivité, l'inédit pour quérir l'originalité, devenue tellement chère qu'elle n'arrive qu'à des moments sublimes.
Mozart, présenté dernièrement comme une Super Star dans un film documentaire (extraits qui parlent d'eux mêmes) répondait déjà à cette aspect de provocation pour étayer son génie musical. Première Pop-Star, Mozart était mis correspondance avec les Pop Stars de notre époque comme Madona, Michael Jackson, Jimmy Hendrix et de ceux qui entrent dans la légende des génies qui ont une vie courte mais intense. "Plus on est mauvais, peste, corrosif et amoral, plus on est admiré" est-il dit dans le Vif. Badboys et Badgirls occupent la place publique, font du buzz pour répondre à l'attraction de leurs fans sur le Web ou ailleurs. Il n'y a pas seulement les "badxxx" qui ont quelque chose dans le pantalon, mais au moins, ils le montrent avec sincérité même si parfois, il faut Photoshop pour rajeunir le portrait.
C'est peut-être avec la pièce "Hernani" de Hugo qui sort en 1830 et qui déclenche le tohu-bohu que sonne le glas du romantisme pour se ruer vers le scandale présent dans le néoclassique.
Le monde reste-t-il toujours à nous dans ce cas? Je l'ignore. Le dire serait chercher les ficelles qui maintiennent les "marionnettes".
Ainsi va le monde des rencontres d'opinions, de la pensée et des religions qui ont toutes, raisons et toutes, tort, à la fois.
Être d'un bloc comme un diamant brut n'est pas un problème, s'il est organisé avec de multiples facettes même s'il raie toujours un peu dans au fond.
Parfois incisifs, ces "Réflexions du Miroir" et cet enfoiré, c'est évident. Il a pour but de ne pas être "trop sage", de creuser l'incommensurabilité légèreté de l'âme avec un miroir comme rétroviseur mais qui perd son tain, avec le temps, à force d'être utilisé.
C'est constater qu'il faut garder "Le prestige d'être simplement con" en mélangeant le sucre, le sel et le poivre.
Alors, résumer les idées, d'accord. Les tronquer ou, pire, les sauter, jamais.
Oser, aujourd'hui, comme hier, c'est aussi le faire avant les autres. Les remakes n'ont jamais qu'une odeur de roussi.
Logorrhément vôtre était un coup de gueule dans l'histoire de ce site. Ce billet-ci en est, donc, un autre.
Je ne suis pas Janus avec deux visages, l'un qui dit blanc et l'autre noir.
Non, je ne vais pas remettre le couvert des cordes sensibles. Je laisse toujours passer les orages, le temps que la caravane passe.
Sur la Toile ou ailleurs, nous avons tous un rôle à jouer, à respecter. J'aime le compromis. Je hais la compromission et le faire semblant pour, seulement, faire bien.
Charismatique?
Un article donnait les habitudes des 10 personnes les plus charismatiques :
- Elles écoutent plus qu'elles ne parlent
- Elles ne sont pas sélectives dans ce qu'elles entendent
- Elles vous consacrent toute leur attention
- Elles donnent avant de recevoir et souvent ne reçoivent jamais rien
- Elles ne sont pas imbues d’elles-mêmes…
- Parce qu'elles se rendent compte que d'autres personnes sont plus importantes
- Elles attirent l'attention sur les autres
- Elles choisissent leurs mots avec soin
- Elles n’évoquent pas les échecs des autres….
- Mais elles n’ont pas de scrupules à évoquer leurs propres échecs
Un autre, la recherche d'excellence avec les 6 règles pour devenir excellent dans n'importe quel domaine:
- Choisissez un domaine qui vous passionne.
- Commencez par le travail le plus difficile
- Pratiquez intensément
- Recherchez de temps en temps les retours d’un expert
- Faites régulièrement des pauses pour recharger vos batteries
- Ritualisez votre pratique
Dans une volonté de perfectionnisme?
Alors question, Le perfectionnisme est-il bénéfique ou néfaste? "Le perfectionnisme consiste à rechercher l’excellence, en soumettant les autres aux mêmes normes, en planifiant, et en ayant de bonnes compétences en organisation. En revanche, le perfectionnisme malsain provient d’influences extérieures. Ces influences peuvent provenir de pression parentale, d’un besoin de reconnaissance, d’une tendance à ruminer les évènements passés, ou d’une inquiétude intense à l’idée de faire des erreurs. Les perfectionnistes « sains » sont peu perméables à ces facteurs externes.".
Un dernier, ce qu'est être créatif et se demander si Y a-t-il plus de personnes avec des désordres mentaux parmi les créatifs?
La réponse des analystes était "Oui".
La question subsidiaire était "Les créatifs sont-ils pour autant psychopathes? Là la réponse était "Non", les psychopathes sont même moins fréquents dans les milieux artistiques qu’en entreprise.
Ouf, sauvé par le gong...
Mais, qu'est-ce qui fait qu'un article, une vidéo ou un document devient viral sur la toile?
Je vous le laisse le découvrir mais la réponse, en résumé, est « Le plus puissant prédicateur de viralité est l’intensité de colère que l’article évoque.... A l'ère des images et des divertissements, à l'ère de la gratification émotionnelle immédiate, nous ne recherchons ni ne voulons l’honnêteté ou la réalité. La réalité est compliquée. La réalité est ennuyeuse. Nous sommes incapables, ou ne voulons pas nous confronter à sa confusion ».
Pour revenir aux reproches initiaux, la provocation n'y était nullement contestée. Le mot "insulte" outrepasserait seulement l'objectif de l'enfoiré. L'insulte peut être offensante, intentionnelle ou accidentelle. Encore faut-il pouvoir y déceler la finesse pour pouvoir découvrir l'intérêt, y répliquer et ne pas s'y empêtrer à pieds joints.
Le livre d'humour de l'insulte répondrait-il mieux à la question? Je ne l'ai pas ouvert.
Nous sommes fait de zigzags disait François Weyergans. Il faisait seulement l'éloge de la curiosité et de ce qui pouvait survenir et jouir de l'existence en essayant d'épargner les gens autour de soi. Si cela, par malheur, ratait et n'avait pas de sens, préconisait de chercher autre chose.
Il y a ce café serré qui me paraissait le mieux adapté, avec du marc au fond comme agent réconciliant. L'écouter, c'est pouffer de rire.
Mais, une dernière question: entre amis, la provocation, est-elle de mise et même permise?
Encore une question qui demande réflexion. Je suis tenté de répondre, plus qu'ailleurs car, en principe, on se connaît depuis longtemps et que l'on doit s'être testé depuis le début de la relation amicale. L'amitié, jusqu'où peut-elle mener? Jusqu'au compromis ou la compromission qui arrive très vite à la servitude de la parole donnée implicitement ou explicitement?
"L'amitié, échange de bons procédés", en omettant de dire "... et de mauvais", c'est essayer d'oublier ce qui est dit dans la célèbre chanson de Luc de Larochellière "Cash city"?
Tout l'monde veut être une star mais personne veut être une planète
Tout l'monde traîne dans les bars où personne n'est honnête
Tout l'monde veut tout l'monde l'aime mais personne n'aime tout l'monde
Tout l'monde veut qu'tout l'monde l'aime
Oui mais personne personne personne n'aime tout l'monde
Dans l'histoire, il y a eu ce romancier essayiste, Léon Bloy, qui allait encore plus loin. Il faisait les délices de la polémique. Un entêté de l'« Absolu ». Tout l'irritait. Ses ennemis et même ses amis. Sans arriver à cette extrémité, le film qui l'évoquerait le mieux n'était-ce pas le "Vol au dessus d'un nid de coucou"?
"Un éléphant, cela trompe énormément" mettait en scène, quatre amis, qui s'adoraient, mais qui ne rataient aucune occasion pour s'envoyer des vertes et des pas mûres en fonction de leurs différences d'approche. "La vérité si je mens", suivait le même canevas, mais avec, cette fois, des cultures aux antipodes...
Le "Happy end" dans un film n'existe que si le producteur, le réalisateur, le metteur en scène et le régisseur le veulent ensembles. Pourquoi feraient-ils le contraire de ce que les spectateurs en attendent si ce n'est pour exister, être reconnus différents par leurs pairs, ne fut-ce que partiellement ou de manière temporaire?
La sagesse, c'est "Apprendre à être soi-même" comme disait Nietzsche et à vouloir garder sa liberté de parole en "se foutant du regard oblique des passants honnêtes" (Brassens). Quand à la critique, elle a souvent le privilège de servir à deux interlocuteurs récalcitrants.
Comme suite et fin de ce quiproquo, de cette polémique, j'ajouterai que si le visuel est bien plus étendu que le visible, l'humour, lui, doit devenir bien plus étendu que le risible.
Alors, que dire à ceux qui suivent ce blog, sinon déchainez-vous, déchargez votre électricité statique, si vous le désirez. C'est fait pour cela. Vous serez, vous existerez...
Quant au reproche final sur la patience, je répondrai, une fois encore, par une autre chanson, celle de Jean Ferrat à qui je laisse le dernier mot :
Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer
L'enfoiré,
Citations:
- « Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine. Elle est mortelle », Paulo Coelho
- « Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper », Léon Bloy
- « Tous les voyages aujourd'hui sont polémiques, et se déplacer, c'est avant tout se démarquer. », Alain Finkielkraut

08:10 Publié dans Actualité, Blog, Réflexions et philosophie, Web | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
26/07/2012
Anatomie des photos de vacances
Ce weekend, les juilletistes vont aller à la rencontre des aoûtiens. Pour les premiers, c'est le moment de revoir et de penser à classer les photos de vacances. Travail qui consiste à supprimer les ratés, les bougées, les floues, les mal exposés... et j'en passe. Puis de les classer.
N'ayez crainte, je ne vais pas vous faire un cours de photos, même si j'avais appris tout sur la photo et son traitement avant de pouvoir écrire. Un survol suffira. En rire et en faire quelques démonstrations par l'absurde, avec humour, plutôt.
Alors, commençons dans le vif du sujet, sur le terrain des opérations en vacances.
- Tu vois, chérie, comme la campagne est belle, comme cette ville a un côté rustique, magique même.
-Tu as raison. C'est merveilleux. J'ai presque envie d'habiter par ici. Sors ton appareil et fais nous des photos souvenirs. On ne sait jamais.
Le "chéri" va obéir avec plaisir. Il va sortir le bel appareil de son sac. Il est neuf, acheté juste avant les vacances et va mettre tout ces belles images dans la boîte prévue pour.
-Chérie, te rappelles-tu la fonction du bouton à gauche de l'objectif?
-T'occupe pas. Mets tout en automatique. C'est la molette sur le haut. Tous ces gadgets, c'est pour les pros. Il s'agit de montrer aux amis, une fois de retour chez nous, les paysages, pas de passer une heure dans le bouquin.
Le "chéri" obtempère mais il reste sur sa faim. Il se demande pourquoi, ils ont tellement poussé, ensemble, à choisir ces gadgets lors de l'achat de l'appareil.
Le coeur doit avoir ses raisons que le raison ne connaît pas mais il y a de ces subtilités qui resteront parfois suspectes.
Supposons, l'arrivée à Pise.
Photogénique, Madame, devant la Tour de Pise, tente de redresser la tour du bout des doigts. Classique ou unique, on ne sait plus très bien. Et clic, une photo pour la postérité. On verra bien l'effet dans le petit truc rectangulaire de l'appareil ou alors, au retour, dans le grand écran.
Le chéri hésite à la prendre sans elle. "Sans elle"? Mais, voyons, il veut dire sans la tour de Pise.
Sans la présence de sa "chérie" sur la photo, ce serait peut-être, un sacrilège et, à coup sûr, une scène de ménage, plus tard, au retour.
Un conseil pour le photographe d'occasion, surtout ne pas "couper" les jambes de la "chérie". Ce serait un nouveau "casus belli". La prendre avec les pieds compris et le sourire de circonstance de la crèmière puisque l'argent a été dépensé. Ils prouveront aux collègues qu'elle était heureuse, souriante sous un soleil radieux, au moins, l'espace d'un clic.
Les collègues sont tellement suspicieuses qu'il faut prouver qu'elle était bien à Pise, entière et pas ailleurs.
C'est le b.a-ba du photographe heureux en couple.
Caricatural? A peine.
Non, vraiment, le photographe futé prendrait au moins deux photos, dans ce cas-là. C'est pas plus cher et ça peut rapporter gros.
Mitrailler, oui, bien sûr, un minimum, pour le moins mais pas pour le plus.
Attention, il ne faut pas confondre la présentation de photos aux copains avec un film qui passe à 25 images secondes. Il faudra choisir les meilleurs photos pour ne pas lasser les spectateurs qui, eux, feront, parfois, un effort pour vous être agréable devant vos photos, même s'ils semblent, à d'autres moments, vous envier d'avoir vécu cette aventure photographique.
Changer de focale quand on mitraille. Ouais... mais n'importe comment.
Si c'est l'île en face qu'il faut prendre, vaut mieux prendre un télé puissant pour éliminer le trop plein de mer sur les bords. J'oublie, on peut toujours recadrer, mais garder trop de pixels inutiles, c'est du gâchi.
Voilà que cela me reprend, je commence déjà à faire le prof d'occasion ! Ok, fermons ce ban-là.
Essayez de donner un avis objectif sur les photos de quelqu'un d'autre, c'est se payer un bide magistral. L'objectivité est à plusieurs facettes et la subjectivité règne en maître dans l'arène. On n'aime pas... Point.
Certains magazines de photos se risquent à donner un avis mais c'est quand les lecteurs se prêtent à l'exercise. Sinon, c'est considéré comme arbitraire et qualifier comme une erreur d'appréciation pour un travail qui était considéré "cinq étoiles", à l'origine, par son géniteur.
Pourtant, des règles se cachent derrière l'évaluation de la qualité d'une photo. Règles nécessaires si l'on veut présenter les résultats en dehors de la famille, s'entend. Les "autres" ne sont pas à leur coup d'essais. Ils connaissent la musique et sont de plus en plus exigents, les "salauds". En dehors du professionnalisme des médias, pour eux, cela risque d'être du pipo, vos photos.
A la base, l'habitude adoptée par les peintres a migré dans l'esprit des photographes. Le cadrage du sujet principal est un exemple parmi d'autres.
La règle des tiers est pourtant facilement oubliée. Pas grave, elle peut se récupérer après, à la découpe. Encore une fois, d'accord. Le sujet principal au milieu et les subalternes sur les côtés, ce sont de vieux souvenirs périmés de papa ou de grand-papa.
La profondeur de champ, un vieux truc, a été remplacée par des programmes dédicacés aux portraits, aux paysages et aux sujets en mouvements.
La photo est un art de la lumière diffuse. Le soleil apporte trop de dureté et fait grincer les yeux du supplicié photographié. En basse lumière, avec le numérique, on ne parle plus de grains, mais de bruits. On change les mots, mais les problèmes restent les mêmes.
Elargir au panoramique, en numérique, devient un jeu d'enfant. Pas besoin d'un appareil dit panoramique, ni d'un fish-eye. Concaténer des photos entre elles, à l'aide de logiciels qui "stitch en panorama", existe, pourquoi s'en priver.
Des angles de vue insolites, donner du relief en introduisant un plan rapproché et un autre éloigné, encore des trucs de cuisine pour restituer l'ambiance et la profondeur de champ, avant que n'arrive la photo en relief sans ses lunettes d'appoint.
Jouer avec les ombres, les arrières-plans, les positions en plongée en contre-plongées, les contre-jours n'ont plus de secret pour le néophite. Enfin, on peut l'espérer...
Mais, l'originalité sort, souvent, de la bouche des relativement "grands-enfants", de ceux qui n'ont aucune technique préalable qui cassent toutes les règles en mettant les défauts en exergue. C'est incontestable, ce cas existe, mais, ce n'est pas l'exception qui fait loi.
Avec des retouches, de copier-coller, de morphismes, cela demandent un doigté qui n'est pas à la portée du premier venu, à condition que quelqu'un sache de quoi il s'agit et comment faire.
Au retour, retoucher doit rester un plaisir, une passion, aussi, surtout depuis l'avénement des logiciels qui poussent comme des champignons sans bourse déliée, même si les champignons, eux, prennent des altitudes inespérées par leurs prix.
Supposons que le premier travail de dégrossissement est achevé. Après le gros oeuvre, c'est celui du classement qui commence. Avant, avec les diapositives ou même les négatifs, c'était la boîte de lumière sur laquelle on étalait les photos agrandies par en dessous et une loupe par dessus. Ordonner les photos était relativement facile et seulement dépendant de la grandeur de cet outil essentiel à l'organisation.
En numérique, il en va tout autre. La boite à lumière, c'est sur l'écran d'un PC que cela se passe. Cette fois, on peut, zoomer agrandir ou diminuer le nombre de photos sur l'écran, c'est déjà ça. Si déplacer les images n'est pas difficile, garder le nouvel ordre choisi l'est beaucoup moins. Il existe des logiciels reséquenseurs mais ils attribuent une séquence de manière automatique à partir de la chronologie des prises de vues. Aucun, à ma connaissance, ne permet de créer un ordre en fonction de la position des photos, choisie après permutation et substitution sur un écran. Classer dans un ordre plus logique que celui de la chronologie, peut éviter de retrouver une duplication, une photo mal placée et donc, toujours malvenue. L'opération de séquencer se résume à une opération, en manuel intégral qui peut être jumélée à l'identification par un titre des photos. Si quelqu'un connaît la solution qu'il lève le voile, cela m'arrangerait.
Surtout ne pas trop attendre pour cette opération pour les intituler. La mémoire humaine est défaillante dans le temps.
Mais, vous savez tout cela j'en suis sûr.
Mon Touring Explorer va-t-il en dire plus?
Une préface n'est pas très engageante, même si c'est bien dit.
"Décontraction ne rime pas forcément avec photogénie. A travers les images, c'est notre histoire que nous écrivons", est-il dit en préface.
Les chapitres suivent et ne vont pas démentir la première impression.
Aider à réaliser une anatomie des photos de vacances qui comme chacun sait, doivent être à la hauteur de la tâche, très dépendante de la scène ou du sujet à photographier.
Mais, pas de panique, car à la base, photographier, c'est du...
1. Plaisir, sourire, plage
L'histoire du "smile", du fameux "chees", au moment de la photo est l'habitude aujourd'hui, mais n'existait pas sur les photos des grands-parents. Étrange? Serions-nous plus heureux aujourd'hui que hier? Non, il faut en donner l'illusion. Montrer qu'on a été content en vacances, elles qui ont été si chèrement payées et ont nécessité tellement de sueurs.
A l'époque, pour les portraits, il valait mieux montrer son ego dans la sollennité sous le costume du dimanche. Les dents bien serrées, quand il en restait, n'étaient pas là pour sourire, mais à la rigueur, pour manger. On faisait la pose, comme on le fait aujourd'hui, pour la photo d'identité de son passeport.
George Eastman de Kodak a changé les faces et la donne. Ni au profit du dentiste, ni de celui du prothésiste, mais bien pour raison de marketing du producteur de tout ce qui construit une photo. Avoir un gueule qui rase les murs, ne fait pas vendre des films. Ce fondateur de Kodak a, dès lors, investi et légué une partie de sa fortune dans les cliniques dentaires.
C'est évident, le bonheur fait vendre. La "Kodak Girl" était là pour faire photographier ce que l'on n'avait pas encore penser ou oser faire: les petits-enfants, la famille lors des promenades et des sorties sous le soleil. En 1900, le Brownie, vendu à un dollar, devait fonctionner et consommer de la pélicule. Un max de pélicules. La stratégie marketing s'est retrouvée dans les imprimantes à jets d'encre qui ne coûtent pas chère à l'achat mais dont le manque à gagner se retrouve dans les consommables.
A l'époque, les pick-niques étaient une occasion rêvée pour sortir les appareils sous le soleil arrière, exactement. Je dis "exactement", parce que le photographe devait l'avoir, à l'époque, dans le dos, pour avoir le maximum de chance et de luminosité. Relax, cool, les mots d'ordres du plaisir, des sourires et des clic-clac, font tout oublier.
Tout a changé sauf les fondements de la photographie. Comment faire de bonnes photographies s'apprend toujours et la technique ne varie pas qu'elles soient faites avec un "ancien" appareil analogique ou un "nouveau" numérique.
Première constatation, on n'a jamais pris autant de photos que depuis l'avénement du numérique. Les avantages sont énormes par rapport aux films photos en 24-36 d'antan. L'immédiateté du résultat et le prix nul ne sont que les principaux.
Le numérique est aussi le nirvana du perfectionniste.
La déconfiture de Kodak n'est qu'un résultat de cette révolution dans le domaine de la photo. Tous les fournisseurs de matériel, de films ont dû s'adapter s'ils ne voulaient pas mourir.
C'est décidé, on va faire des photos uniques, prises sous un angle unique, avec un appareil unique... et un photographe unique.
"Mieux photographier", que de bouquins traitent de ces techniques créatives qui ajoutent un plus.
Mieux photographier est surtout affaire de circonstances climatiques, de l'heure des prises de vue et du sujet à photographier.
Le portrait à lui seul, mérite une foule de subterfuges pour effacer, les rigidités d'une pose, les imperfections des traits. Les remplacer par une impression d'être unique et belles sans rigidité demande des prises multiples, sans apprêt.
Le paysage, la macrophotographie, la nature morte, les animaux, les monuments demandent chacun, une approche différente et souvent plus facile que pour le portrait.
2. Surprise
Restons pragmatique et raisonnable. Rater une photo avec toutes la documentation des appareils, les livres, les magazines mensuels qui vous expliquent en long et en large, serait peut-être une gageure, mais n'a rien d'extraordinaire. Même les experts font des erreurs et ont des surprises. Il y a les surprises heureuses et malheureuses. Car, même les flous apportent des surprises heureuses. L'heure de matin et de soir pour la prise de vue, bien sûr, mais cela ne tient pas compte de certaines réalités du voyage. On fait une photo quand on le peut, pas nécessairement quand on le veut. Si c'est lors d'une visite organisée, pas question de dire au gentil guide de revenir un peu plus tard. Arrêter son temps pour la photo alors qu'il faut encore visiter énormément de choses dans la journée, vous abuseriez de son temps. Quand à prendre la photo exclusive, celle que personne n'a pu prendre, qui surprend même le photographe, là, on arrive dans le domaine de l'imaginaire, de la surprise sur prise. Henri-Cartier Bresson n'a jamais raconté le temps qu'il lui a fallu pour tirer le portrait dans un moment incisif ou plutôt "décisif" comme il l'appelait.
3. Espace de stockage
Le retour des vacances, c'est la période du grand nettoyage, de la grande lessive du linge et des mégas de photos. Il faut bien mettre de l'ordre dans cet amas de photos prises au vol dans le feu de l'action, pris parfois à la vas-vite et à répétition, avec le doigt trop longtemps sur le déclancheur. Il faut pouvoir espérer les montrer à qui de droit. Vite un petit programme qui va régler tout cela.
3,5 milliards d'appareils photo numériques dans le monde. Mille milliards de photos prises, 30.000 photos par secondes. Cela fait du monde au balcon et en dessous du balcon! Partager et vous serez considéré. Picasa pour la technique, Flockr, Facebook pour l'étalage vous attendent "à oeil raccourcix" dirait le Gaulois. La postérité est assurée dans les nuages, pardon, le "cloud". Et comme chacun sait le ciel a un espace infini pour consigner les vies, mais pour en garantir la pérénité sans bourse déliée.
4. Amateurs
Voilà, le hic. Être amateur et pas professionnel. "Je voudrais bien, mais je peux point", chantait la Bonne du Curé. Faire de l'art ou faire du lard, cela se prononce de la même façon, mais c'est pas la même chose. "Exposition", "composition" et "passion" ne sont pas nécessairement aux mêmes "positions" dans le dictionnaire. Ce n'est pas pour rien que Ducros s'est décarcassé dans des cours avec examens et diplômes de sortie en porte-clé. Le professionnel prend son temps. Du respect pour lui et sa patience. Devant un objet ou un personnage avant de photographier, il a analysé ce qu'il a devant les yeux. Il va sortir ses filtres. Un filtre polarisant, un UV pour saturer les images? Cela devient presque impossible avec les petits portables qui ont la chance ou la malchance de montrer leur objectif qu'au moment stratégique et qui rentre au bercail ensuite. Le reflex garde ses lettres de noblesse dans ce cas. "Reflex", un mot bien choisi pour le définir. Un photographe, il faut le savoir, a appris à faire mentir ses images, à les bonifier ou au contraire les rendre choquantes pour répondrer au but à atteindre. Autant savoir.
Numérique contre analogique. Le fossé du numérique est bien là. Oui, il y a le 3D qui arrive à grands pas. Le rétro, lui c'est à pas feutré qu'il revient.
Aurait-on la nostalgie quelque part? Les magazines reparlent du noir et blanc, les antidotes de la perfection reprennent du galons comme les microsillons et les 78 tours d'antan. Le livre "Prestige des réflex 24x36" de Paul Montiel sortait en 1981. On parlait déjà de double automatisme et de programmes en "multimodes". Que de produits depuis, penser à la focale, à l'ouverture, à la vitesse, à la sensibilité des films, de filtres, de mesures au posemètre, jumelées avec le flash TTL (Through The Lens) qui y pensent encore?
Retourner aux photographies d'art ancien que l'on trouve dans les livres de l'époque pour en apprendre les fillons du métier. Une époque pendant laquelle n'existait pas tous ces gadgets et qui demandait une préparation au petits soins. Dans un bouquin "La photographie d'art vers 1900", on parlait de l'histoire des origines à nos jours (en 1982), "la qualité exceptionnelle, le choix judicieux avait valu, alors, une exposition. C'est presque émouvant de voir ces photos, je préviens.
Des poses longues de nuit, des filés dans les courses et devant la chute d'eau. Figé le mouvement au 4000ème de seconde n'est plus requis pour faire ressortir l'originalité en nous. La lomographie artistique pour calmer le jeu de la technologie galopante, mais que l'idée, elle est bonne. Tout à coup ce n'est le matos qui prend la main, mais l'esprit nostalgique, le côté "ludique" aussi. Le matériel de deuxième main, analogique, est bon marché. Un "bon cul de bouteille" fait parfois des miracles d'imperfections, tout aussi intéressantes. Les bons vieux films ont des sursauts de génie. Ils ont un seul problème, ils dépendent toujours des consommables, des films qui doivent encore être assez rentables à la production. Encore une fois, le premier mouvement est aisé, la suite pourrait l'être moins.
6. Public
Les photos ne sont plus familiales, elles deviennent publiques. Photos publiques, photos historiques ou cyniques, idylliques ou, encore, panoramiques, distribuées en virtuels pour représenter le réel de l'instant en les transitant d'un iPod à un iPad, d'un iPad à un iMac pour arriver enfin à la iClaque ou la iPlaque ferait désordre sur Facebook. Alors, il faut aller plus loin. Éliminez, dit la pub. Il devrait toujours en rester quelque chose.
7. Couper, coller et retoucher
Là, commence le travail et le véritable "sport". On va à l'emphase et peut-être mélanger le réel avec l'irréel. On risque de trahir, de transiger avec les réalités pris dans cette emphase porté par l'enthousiame des vacances. La tentation est grande d'enjoliver. "Il y a le ciel, le soleil et la mer" comme dans la chanson et on veut oublier le reste.
- Dis, chérie, est-ce que je garde la photo où tu es à côté de ce type mal fagoté qui t'as pompé du fric?
- Fais comme tu veux. Si je suis jolie sur la photo, tu peux essayer de couper ce qui dérangerait d'être vu par les copains. Il faut les inciter à y venir l'année prochaine et pas les repousser.
C'est peut-être cela le problème de celui qui croit faire la photo du siècle. Il a coupé ce qui ne faisait pas beau, ce qui donnait l'insolite de la situation d'un pays qu'il a seulement frôlé plutôt qu'assimilé. Il fait du tourisme, de la prospection pour les agences de voyages.
Ne pas s'offusquer si celui qui se met devant votre appareil, tend la main pour obtenir le rendu de sa pièce. Il a joué sa piècette comme vous au bureau.
Aujourd'hui, c'est moins derrière l'objectif que la photo se crée mais derrière l'écran. Plus sur le théâtre de l'action elle-même. Ecran que l'on désire le plus large possible, mais que l'on restreint sur certains plans. Qui demande des heures de recueillements.
To be or not to be? Deux photos, côté à côté, vont pouvoir devenir des panoramiques dont on ne détectera même plus la concaténation. Chouette.
Des effets spéciaux, des mises en page, des retouches, des filtres, vont réapparaître comme par magie. Miracle de la technique. On pourra même donner deux ambiances différentes avec le même cliché. Le sépia, le noir et blanc et quoi d'autre encore dans cette panoplie en éventail...
La technique, les logiciels qui font tout et n'importe quoi, ont relevé le défit et le niveau de l'image à un tel point que pour trouver la photo extraordinaire, il faudra plus qu'un clic et plus qu'un déclic pour découvrir "la" photo de rêve.
Se souvenir aussi de la photo qui gagne des prix et qui ne montre pas des cieux bleus et une mer verte. Les concours photos professionnelles ou grands publics permettent seulement un recentrage sur des optiques différentes.
Si voir ses photos sur l'écran de son ordinateur, de sa tablette ne coûte rien, il n'en est rien si le tirage sur papier est diésiré. Imprimer ses photos sur l'imprimante à jet d'encre, c'est cette dernière et le papier qui entrera en compétition. Tirage par lots de photos ne rencontre pas les mêmes prix que les livres-photo, plus chers et plus présentables.
Que dire comme conclusion?
Que l'on ne se baptise pas "photographe". Que seul le métier, l'expérience de nombreuses années permettent de faire sortir le bijou ciselé de l'orfèvre. La masse de photographies n'y changerait rien sans l'un des deux. Que photographier, c'est aussi respecter, ceux qui entreront sur les photos, conjugaux ou locaux.
Détecter l'insolite demande une acuité visuelle qui fait appel à un flash instinctif. Si on n'a pas le flash intégré sur la tête, ces images vont passer comme un pet sur une toile cirée, c'est-à-dire aura simplement glissé sur la bosse de son indifférence.
J'en reviens encore une fois à ce livre de Douglas Kennedy "L'homme qui voulait vivre sa vie". Je retiendrai l'aspect de cette passion dévorante de son héros pour la photo, riche par sa profession d'avocat qu'il n'aime pas, qui ne parle que de photos. Il faudra un "cataclysme" dans sa vie de couple pour qu'il fasse un tabac de sa passion. Un commentaire dit "En plus d’être un roman captivant, c’est un des meilleurs livres sur la photographie et les photographes que j’ai pu lire".
La photographie, c'est comme l'écriture, on y laisse toujours un peu de soi entre les lignes ou entre les couleurs et les ombres.
Tout passera dans le geste de l'artiste. Le génie ne sera jamais dans le matos. La photo sera toujours le souvenir d'un instant troublant qui restera dans les mémoires. Un souvenir qui ne se reproduira plus jamais avec la même lumière, la même pensée, le même rêve ou le même cauchemar.
Et, là, on regretterait de ne pas l'avoir fait, ce clic magistral et artistique à souhait.
Le "Chasseur d'image" du mois d'août, qui a été longtemps ma source d'inspiration, donnait sa leçon de photo. Il donnait à nouveau tous les principes auxquels il fallait penser (mais pas toujours observer):
- Choisir son grand-angle
- Réussir sa composition
- Valoriser le premier plan
- Gérer la profondeur de champ
- Déterminer l'exposition
- Oser les poses longues
- S'adonner aux joies du fish-eye
- Renforcer l'atmosphère
- Tirer parti des filtres
- Soigner la post-production
Le magazine Photoschool, parlait lui de maitriser les masques, les calques, d'agir sur les couleurs en opposition pour augmenter les contrastes, de sortir le crayon et la pipette...
En vacances, il y a aussi la pluie. Comment rendre la pluie intéressante? Bien, des choses, en somme.
La pluie est un sujet en elle-même. On croit qu'il faut remiser son matos dans ces cas-là. Pas du tout. Le protéger de la pluie, lui, ça c'est sûr. Il est rarement waterproof. L'objectif du mini qui fait coucou en sortant de sa coquille, s'enrhume assez vite. Quand la "bête" éternue, seul son remplacement, permettra de retrouver la sérénité. J'ai expérimenté cet inconvénient, je sais de quoi je parle.
Denise remarquait hier ce qu'est la pluie quand elle tombe en cordes et donnait en conclusion:
"Après la pluie, ce n'est pas toujours le beau temps.".
Je ne pouvais trouver meilleure conclusion.
Bon retour aux juilletistes et bonnes photos.
L'enfoiré,
Parler de photos et ne pas en présenter? Mais non, en voici, dans une "Guiguette rouge"
Citations:
- « Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier. », Man Ray
- « Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. », Henri Cartier-Bresson
- « Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture. », Emile Genest
- « Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre. », Henri Cartier-Bresson
- « Peu à peu, par l'éducation de son oeil et de sa pensée, le photographe a deviné que le 'sujet' n'était pas tout entier dans la Nature, mais aussi en lui-même et que le travail ne devait pas tout entier être fait par sa machine, mais aussi par son cerveau et par ses mains », Robert De La Sizeranne (1900)
08:00 Publié dans Actualité, Film, Jeux et plaisirs, Loisirs, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Shopping, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
01/06/2012
Trop complexe le monde du numérique?
A la base du monde du numérique, il y a les maths. Pour aborder les problèmes et en donner des solutions, il y a les définitions, les axiomes, les théories, les calculs et, au pire ou au besoin, les démonstrations par l’absurde. Les maths, une science qui fait peur, qui rebute les étudiants, qui ennuie les adultes. Un article du Sciences et Vie se demandait "Où en sont les maths modernes?". Pourquoi modernes, d'ailleurs? Serait-ce une hantise de ce qui est ancien ou corriger une erreur d’appréciation en abordant les sujets complexes?
C'est vrai, les chiffres et les maths sont souvent redoutés par les étudiants pendant la période de bloc dans laquelle nous sommes. Les mot eux-mêmes deviennent inaccessibles, trop théoriques, si pas incompréhensibles.
Les sciences dites exactes, comptables ou économiques s'écartent des sciences humaines.
Dans le jargon moderne, un nombre entier devient « l'élément d'un 'monoïde additif commutatif' plongé dans une structure 'd'anneau intègre' peuplé des idéaux principaux 'unifères' », une simple droite, « une variété affine en bijection avec l'ensemble des nombres réels »...
Vous n'avez rien compris. Ne vous inquiétez pas, moi non plus. Je l'ai lu dans l'article en question. C'est tout.
Aujourd'hui, la tendance est d'expliquer tout par les chiffres et des mots de plus en plus sibyllins.
Il y a les mathématiques dites "classiques" avec ses problèmes de robinets, de calcul mental, d'algèbre. Puis, il y a l'abordage du grand "vaisseau mathématique" d'une manière dite "moderne".
Wiki dit: "L'expression « mathématiques modernes » renvoie à une profonde remise en question de l'enseignement des mathématiques dans les pays du bloc occidental à partir des années 1960. Elle a visé à améliorer la formation scientifique et à incorporer certaines des mutations formidables connues par les mathématiques au début du XXe siècle. L'introduction des mathématiques modernes a souvent été vécue difficilement, et a donné lieu à des critiques.".
Elles furent adoptées au Royaume-Uni, en France, en Allemagne de l'Ouest. En Belgique, c'est Georges Papy qui s'en chargea avec plus ou moins de bonheur. Mais remontons aux sources.
Le 29 mai, 1832 a été la veille d'un duel entre "deux dupes" pour une "infâme coquette". Le jeune Evariste Galois, âgé de 20 ans, fut l'un des deux. Il n'a rien à léguer sinon son savoir, ses déductions, ses théories que des mathématiciens comme Cauchy et Poisson, avaient refusées de prendre en compte à leur juste valeur. Il savait qu'il allait mourir le lendemain et écrivit son testament avec ces lignes où il reconnaît que "Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'a pas le temps".Il savait qu'il allait mourir et écrivit son testament avec ces lignes où il reconnaît que "Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'ai pas le temps".
Evariste Galois est depuis considéré comme le précurseur de la théorie des ensembles. Incarnation du génie romantique du mal aimée malheureux et d'une jeunesse prometteuse.
En 1870, première réapparation avec le "Traité des substitutions et des équations algébriques".
En octobre 2011 à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, Galois a été célébré et remis à l'ordre du jour.
La théorie de Galois est définie ainsi dans Wiki: "l'étude des extensions de corps commutatifs, par le biais d'une correspondance avec des groupes de transformations sur ces extensions, appelés "groupes de Galois". Cette méthode féconde a essaimé dans bien d'autres branches des mathématiques, avec par exemple la théorie de Galois différentielle, ou la théorie de Galois des revêtements.".
Trouver le nombre "x" dans la congruance polynomiale pour que la fonction donne un résultat de 0, reste des calculs fastidieux. Son mémoire révèle son impossibilité.
Sa méthode, compartimenter, catégoriser en construisant des ensembles et en y associant des bijections ou des radicaux comme ponts entre eux et ainsi, résoudre une équation algébriques ou, au contraire, donner la preuve qu'elle n'a pas de solution.
Voilà, en résumé, l'idée de Galois.
L'humain est plus analogique que numérique. Les ordinateurs numériques sont devenus les engins utilisés tous les jours comme des outils électroniques de vérité indéniables. Notre monde est devenu comptable avec des statistiques, des moyennes qui n'explique pas l'insoutenable légèreté de l'être qui se fout des particularités, des exceptions, des extrapolations.
Nous nous retrouverions ainsi "Au pays des gnous bleus" sans s'en apercevoir.
Les ordinateurs analogiques ont existé et existent encore mais ils intéressent moins d'utilisateurs dans le milieu des affaires. Ils utilisent des mesures physiques continues (par exemple électriques, mécaniques ou hydrauliques) en comparaison avec d'autres prises comme modèles standards pour résoudre un problème plutôt que le cadastrer derrière des concepts d'exactitude, de quantités numériques discrètes pour cette modélisation. A la base des équations différentielles, il y a un ensemble de variables qui se substitue avec un autre ensemble de variables physiques et qui se reconfigurent via les intégrales comme base d'intégration.
La théorie de l'algèbre classique cherche à trouver les solutions aux inconnues.
La physique classique appartient au "Groupe de Galilée" dans lequel le cours du temps n'a jamais été modifié, n'a donc pas d'impact. La théorie d'Einstein, elle, est basée sur le "Groupe de Lorentz", prend en compte le temps et l'espace dans l'observation.
S'élever par l'abstraction et oublier les calculs mentaux... Quelle belle idée. Résoudre des équations quand c'est possible et découvrir la raison du pourquoi elles n'ont pas de solutions dans tous les cas de figure. Oser dire haut et fort aux mathématiciens que des équations n'ont pas de solutions, c'est, aussi, un devoir de la Science, savoir se remettre en question.
Les applications de la théorie des ensembles se retrouvent dans la compréhension des cristaux de glace, de neige par les symétries.
Les équations liées au monde des fractales d'abord en 2D, puis en 3D, on crée de nouveaux mondes.
Mandelbrote, son inventeur, avait tenté de joindre les deux mondes, le numérique et l'analogique, en observant la nature et l'homme qui en fait partie.
Les fractales et par la compréhension de la Bourse qui erratiques ne correspond plus à un raisonnement de la seule logique numérique. Si la Bourse "respire" avec des cours entre un plafond et un plancher, actions contre réactions, en temps normal, et permet des extrapolations, des tendances, des moyennes, ses "sautes d'humeur" ont des pics indépendants de toutes prévisions numériques. La météo travaille un peu comme la Bourse par comparaison avec des situations précédentes. La théorie du chaos pourrait bien se greffer dans le jeu.
La physique quantique est basée, à l'échelle des atomes, sur l'équation de Schrödinger. Elle décompose la complexité en solutions plus simples. Concept parfois incompréhensible qui fait q'un atome peut se trouver à deux places différentes en même temps par l'effet tunnel, le temps devenant indéfinissable à cette échelle.
La complexité vaincue par une descente au niveau de l'atome avec un concept d'entité minimal et des passerelles, en ajoutant des paramètres pour passer d'un monde à l'autre.
La cinématique explique la trajectoire d'une particule par la transformation des permutations symétriques. A l'étage suivant, celui de la chimie et des molécules, autres ensembles symétriques.
L'oxygène joue aussi à la symétrie par rapport à son centre de gravité, à l'insensibilité aux infrarouges, sans séparation entre charges positives ou négatives et pourtant, grimpe dans l'échelle des complexités.
Même la sociologie s'est intéressée via Claude Levi-Strauss au concept de groupes pour définir la "structure élémentaire de la parenté", associée au "groupe de Klein". Elle ouvre la voie de la structuration de la société par la voie des sciences humaines.
Les machines calculent mieux et plus vite que nous, les hommes, c'est évident, mais elles ont besoin jusqu'ici de ce petit quelque chose en plus que la robotique essaye de combler. Une vision analogique par la théorie des ensembles, l'abstraction et l'acceptation d'un à peu près pourraient-ils libérer du carcan des chiffres? Fini les calculs mentaux. La calculette a rendu le travail obsolète. Les nombres réels et les nombres imaginaires prennent place dans des ensembles variés de bijections. On s'écarte du concret pour se rapprocher de l'image de l'homme.
Fini l'algèbre de Boole, seulement, dichotomique.
Les propriétés des ensembles le définissent. Ce sont des objets mathématiques. Des constructions, des artefacts avec des liens entre eux.
Dernièrement, l'algorithme de Google venait à l'esprit de la chimiste Aurora Clark pour anticiper les réactions chimiques en utilisant l'idée générique du "pagerank" en associant les relations des mots clés et trouver la "popularité" des phénomènes entre eux.
Du nano-monde à l'anthropologie en passant du numérique à l'analogique?
Attention, il ne s'agit pas de rêver éveiller. Certains pensent trouver la solution dans l'ordinateur quantique avec ses qubits. Ceux-ci seront réservés à des applications de niches même si ce sont des problèmes combinatoires pour étudier les configurations d'un ensemble d'objets. Les tâches sont encore à définir avec de nouveaux algorithmes pour que cela soit suffisament efficace.
Attention, aussi, à cette relation malheureuse: "Je connais un ami qui mange des fruits tous les jours. Il a 95 ans et est en bonne santé. Pour vivre vieux et bien, mangeons tous des fruits". Relation de cause à effet, plutôt publicitaire.
Comme le disait Magritte dans un de ses tableaux "Ceci n'est pas une pipe" même si cela en a la forme et l'esprit de la conformité. Puisque il n'y a pas de fumée, il y a une chance que l'image nous trompe et que la fumée n'est pas toujours produite par le feu.
S'émanciper de la chose représentée et oublier la rigueur de l'exactitude comme le peignait Cézane. La conjecture de Fermat expliquée par Andrew Willes en 1995. Le programme d'Erlangen initié par Félix Klein. Les catégories d'Alexandre Grotherdieck mènent à la géométrie algébrique et au morphisme pour relier les groupes par transformations successives.
Cela se retrouvent dans le langage informatique "Java" ou plutôt "pure Java" pour le distinguer du javascript. A la base, des classes, des primitives, des membres statiques, des "foncteurs" qui démarent du plus petit niveau pour remonter à la construction d'ensembles de plus en plus complexes. Un paradigme de concepts, de méthodes à relier entre eux par osmose, par héritages, par polymorphismes. Une pomme et une poire ont des propriétés propres, mais elles appartiennent toutes deux à des fruits. Tout ne serait qu'un jeu de Lego, qu'une poupée russe? A peut-prêt. A une condition, qu'il y ai au niveau suffisamment initial et bas dans la hiérarchie pour toujours pouvoir le reconstituer tout l'arbre. Dans le cas contraire, on risquerait de tout devoir réécrire. Ce qu'on remarque d'ailleurs lorsque de nouveaux équipements arrivent sur le marché et qui demanderont des interfaces avec l'existant. Les objets meurent aussi même sans "finalisateurs".
"Espèces d'espèce" parle du "buisson du vivant" plutôt que d'un l'arbre. Tenter de classifier les êtres vivants, pour les expliquer, ne fait pas plus, ni mieux. Une immense famille qu'il s'agit classifier, de trier par des moyens parfois bizarres. Nombre de pattes, de plumes, de poils, d'écailles... en s'apercevant de maillons manquant dans une suite logique, n'est pas un problème, ni une fin en soi de non acceptation. Le travail de l'évolution dans les ensembles qui a mis des millions d'années d'essais, de ratés, de régression, de ré-essais, impose de trouver les liens pour les faire passer d'un état à un autre pour certains ou au contraire, sont restés en rade pour d'autres parce que les continents les ont écartés l'un de l'autre. L'exemple de Madacascar avec des espèces endémiques le confirme.
Zamenhof, inventeur du langage esperanto, a construit cette langue suivant le même principe de racines auxquelles on ajoute préfixes et suffixes pour changer le sens des mots. La théorie des ensemble n'était pas vraiment connue au temps de Zamenhof. Pour arriver à goupiller les langues qu'il connaissait il n'est pas allé via les phonèmes plus généraux, il a inventé de nouvelles lettres. La question ne se pose plus, aujourd'hui. Une langue ne sera pas faite uniquement de sons, ni ne sera à jamais structurée de manière intangible sous peine de disparaître. Les dialectes vont s'y employer. Le modèle moléculaire ne correspond pas et l'atomique se cherche encore. On ne fait plus qu'évaluer une situation avec les références du passé, jamais avec celles du future.
Toute théorie peut ainsi devenir un objet à étudier au niveau où on veut l'accéder.
Ce sera le rôle du généraliste à établir des ponts. Généralistes qui s'en retrouve revalorisé face aux experts qui ne parviennent plus à se comprendre avec leur jargon spécifique.
La recherche en nous menant des dérivées aux intégrales, et des intégrales aux dérivées, peut-être arriveront à dire que 1+1= 2,35 plus ou moins 0,4?
Approximatif, peut-être, mais loin d'être faux.
Les MATHÉMATIQUES vues par des jeunes ne seraient pas seulement là pour faire rire dans les meilleurs bêtisiers scolaires, mais aussi pour faire réfléchir avec plus de 3 dimensions.
- Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
- Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
- Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
- Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.
Physiologiquement, il n'y a rien d'absurde. A mon avis, ce sont des artistes en herbe. Tout est dans la tête de celui qui cherche la réponse ad hoc, même si cela peut tourner autour de l'insoutenable légèreté de l'âme.
Trop complexe, le monde du numérique?
A relire l'article, "Du code jusqu'à la nausée", cela semblait être le cas. Il s'agissait de technologie, d'informatique dans laquelle l'homme semble se débattre avec du code trop complexe aux risques de planter les logiciels et, plus grave, leurs utilisateurs.
Un adolescent aurait trouvé la solution d'un problème irrésolu depuis 300 ans.
Shourrya Ray, un jeune allemand de 16 ans a réussi à calculer avec exactitude le chemin d'un projectile en gravité et soumis à la résistance de l'air et un autre problème celui traitant de la collision d'un corps contre un mur.
La bosse des maths à l'état pur. Sa famille a quitté l'Inde pour l'Allemagne. L'adolescent ne parlait pas un mot d'allemand à son arrivée mais parvient tout de même à obtenir son diplôme de fin de secondaire avec deux ans d'avance. 
La conclusion serait donc bien d'ajouter les sciences humaines aux sciences du numérique ou comme l'article le faisait: « Tout réexprimer avec des concepts, certes plus abstraits, mais au final plus simples et rapides à énoncer. Les futures générations n'auront guère le choix: mieux vaut pour elles se réconcilier au plus vite avec les maths 'modernes'».
Kurt Gödel écrivait que les maths avaient leurs limites dans son théorème d'incompétude. Tout ne pourra jamais se vérifier par des démonstrations.
Maintenant, si vous préférez danser ensemble la java, une danse pas tellement moderne, en définitive, mais qui se transforme à souhait, plutôt que de découvrir ce qui se cache derrière les lignes de codes, libre à vous, mais gardez toujours la tasse de café serré d'un main et la calculette de l'autre.
L'enfoiré,
Citations:
- « En mathématiques, “évident” est le mot le plus dangereux. », Eric Temple Bell
- « Les mathématiques sont une gymnastique de l'esprit et une préparation à la philosophie. », Isocrate
- « Le moderne se contente de peu », Paul Valery
- « En mathématiques, on ne comprend pas les choses, on s’y habitue. », John von Neumann
Je sens que la complexité n'est pas votre fort. Vous êtes pourtant arrivé jusqu'ici.
Pour vous remercier, voici les photos de la Feria Espagnole, le samedi au sec, et la Fête de l'environnement, le dimanche sous la pluie, à Bruxelles, en un seul clic
08:25 Publié dans Actualité, Economie, Presse et media, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
27/05/2012
Entracte et anecdotes
Qu'entend-on, chez nous, durant l'entracte : "Chocolats glacés. Pralines glacées. Esquimaux.". Rien de nécessairement bon pour la santé, mais cela temporise le stress que le film avait des tendances à souscrire. Aujourd'hui à Bruxelles, je crois que, vu la température, ce sera même en dehors des salles de cinéma. Pourquoi, je vous parle de ceci? Parce qu'il n'y pas eu un film mais, il y a eu un stress et une pugnacité dans les commentaires à la suite du dernier article "Le rêve américain vit-il encore?". Chaque bord se réfugiant derrière ses propres visions, de ses propres convictions et de ce que peut ou ne peut pas être ou faire un monde. Alors, il faut sortir des clichés et même extraire les vérités. Rien ne vaut les anecdotes pour y arriver et peut être sortir les diversions par une digression...
Quand j'ai écrit l'article qui précède sur les États-Unis, connaissant ceux qui ont l'habitude de venir lire ou commenter les articles, je savais qu'ils allaient bondir sur l'os à ronger.
Sujet passionnel s'il en est. Donc tout était programmé, le sujet et la date de la parution comme on va le voir ici, plus loin.
Je me suis armé de beaucoup de précautions, ai regardé quelques vidéos très explicites, ai questionné ceux qui ont connu dans une autre vie le passage de l'autre côté de l'Atlantique. Il n'y a pas qu'un océan qui nous sépare, il y a aussi le côté "image", "snapshot" si pas "préjugé", de "on dit".
Qu'on ne prenne pas mal, ce que je vais dire ou ai-je déjà dit. Je vais comme ceux qui ont participé "jouer à l'hypocrite" sans prendre vraiment ouvertement position. Cela me rappellera une autre vie active pendant laquelle l’hypocrisie était obligatoire sinon fortement conseillée.
Des mails en commun en parallèle et après, me sont arrivés. Réconcilier l’inconciliable? Un problème de quadrature du cercle.
Une question très générale m'est même parvenue "Les allochtones ont des droits et les autochtones des devoirs". J'y ai répondu comme il se doit. Mais cela nous enverrait trop loin d'aller plus avant dans cette réponse.
Pourquoi y a-t-il encore beaucoup d'Européens qui font le pas et vont en Amérique, le pays de Satan?
Je répète, je veux faire digression.
La musique adoucit les mœurs et le sport les fait oublier.
L'actualité bruxelloise m'en donne l'occasion pendant ce weekend. En dehors, du côté "musique" il y a eu le Concours de l'Eurovision, mais par ici, ce fut le "Jazz Marathon" et la finale du Concours Reine Elisabeth violon pour les mélomanes de musique classique.
Du côté "sport", ce furent les joggeurs à l'honneur dans les "20 kilomètres de Bruxelles". Cette fois, contrairement aux années précédentes, je n'ai pas suivi, à vélo, la course. Je suis resté au Cinquantenaire, au départ qui était aussi l'arrivée, à observer les gens, les attractions et tout ce qui tourne autour d'une organisation comme celle-là.
Tout cela en images, c'est ici, en un clic
Même dans ces derniers cas, l'esprit de compétition est bien présent.
Rien ne sert de faire de la musique ou du sport pour le plaisir, il faut toujours quelque part gagner avec la médaille au cou ou perdre et passer son tour. Comparer les chronos.
Entrer en compétition avec soi-même n'est-il pas assez gratifiant? Faut-il la maladie pour arriver à y penser et passer aux grandes manœuvres de sauvetage? Un lauréat du Reine Elisabeth avait la bonne idée de dire que le concours était comme un entracte et que dès le lendemain, il fallait retravailler son violon. Et cela réconcilie avec les réalités.
Mais, je prométais aussi des "anecdotes à l'américaine".
Les miennes datent entre 30 et près de 20 ans d'ici. Les choses peuvent avoir évoluées même si les racines sont toujours là selon ce que j'en entends.
Il faut savoir aussi que j'ai travaillé avec eux pendant 30 ans. C'est dire que je ne suis pas tout à fait idiot sur leur moyens de "persuasion", la main sur le coeur, pardon sur le portefeuille. Tout se monnaie aux States.
Arriver, une première fois, sur le sol américain, par la voie aérienne évidemment, c'est arriver à la douane et se voir condamné à répondre à une série de questions de plus en plus sensibles et parfois étonnantes. Je plains ceux qui n'ont pas une connaissance suffisante de l'anglais. Toutes les questions ont pourtant été demandées et répondues dans un questionnaire multilingue, mais encore faut-il faire le rapprochement entre langage écrit et parlé, ce qui est loin d'être le cas dans cette langue.
Une matrone noire me demande:
-Have you fruits with you?
Si la réponse est oui, il s'agira de les manger ou de les jeter avant de passer la barre pour pénétrer du transit, sur le sol américain. Si la réponse est "yes" quand il faut dire "no", c'est la sécurité qui, ensuite, est mise à l'épreuve des sacs. On dépiaute? semble demander quelqu'un à son chef...
Je vous parle d'un temps bien avant les attentats de 2001. La souplesse était encore relativement de mise, mais la première ségrégation "UK or Not UK" précédait la mention "UE or not UE".
Je ne sais pas mais cela me rappelle "To be or not to be, thats' the question".
Première anecdote à l'arrivée à l’hôtel à Miami.
Les hôtels les mieux cotés ont des noms français.
Les bagages à monter dans les chambres au sortir du taxi. Pas de problème, tout est pris en charge et se retrouvera dans les chambres.
Dans celle-ci, "the person in charge" vient chercher sa "participation aux frais".
En Européen, vu le travail, le reflex est de donner un dollar. Mal lui, en prend.
- That's not for me... It's at least one dollar by luggage.
Premier étonnement. Payer et vous serez considéré, se dit-on. Un rapide calcul, on ramasse, on sous-pèse et puis le visiteur s'en va. Une demi heure après, surprise:
- I bring your money back. Everything was included.
- Thank you.
Nouvelle Surprise. C'est vrai, les "All inclusive" n'étaient pas encore artifices de calcul des pompom-girls de la farce.
Deuxième anecdote, pendant la visite du Cypress Garden, pendant lesquelles il y a des spectacles de ski nautique. Endroit délicieux avec un décor et un parc où on se sentirait retrouver la période de 'Autant en emporte le vent". 
Une tribune pour les "normal people" et une autre "For the photographs".
Je choisis le "Photograph minded way" pour expérimenter mon dernier caillou à longue vue.
Là, tout va aller tout seul.
Pendant les réalisations artistiques du show, tout est dit dans le micro.
L'exposition, la vitesse d'obturation, le moment de la prise de vue, cela en fonction de l'Ektachorme, Kodakchrome, suivi par le fatidique:
- And now shoot. (maintenant, tirez)
A l'époque, le clic des appareils ne se réglait pas et on pouvait presque entendre un clic commun pour prendre la photo unique.
-You missed the photo. Don't panic. They are coming back.
Et le cycle recommençait.
Troisième anecdote. Los Angeles, 09:00 du matin. Pourquoi pas un petit jogging pour se mettre en appétit? A peine, un kilomètre qu'une voiture de police suit mon mouvement avec inquiétude avant de se rendre compte qu'il doit s'agir un "fou de touriste", qui ne connaît pas les endroits réservés pour se genre d'exercice.
Quatrième anecdote,
une question comment passer de 45°C et se retrouver en dessous de 0°C et avoir de la neige? Réponse, quitter Phoenix, où l'on mange du crotale au clair de lune et monter à Sequoia Park. Tout a été prévu même les parkas jaunes qui partirons au plus offrant. Les rangers vérifient si les chaînes sont bien présentes pour les pneumatiques.
Cinquième anecdote, se lever à 05:00 pour voir le lever de soleil sur le Grand Canyon. Oui, d'accord, mais vaut mieux ne pas souffrir de vertige. Quant à le survoler en hélicoptère, mieux vaut ne pas avoir déjeuner avant.
Sixième anecdote, le manque d'histoire que les Américains ont à transmettre dans leur patrimoine. Ce qui fait que tout à une importance démesurée et donnerait de la nostalgie. Il y a la ville de Floride, Saint Augustine, véritable symbole des premiers moments de ce pays. Certaines routes mythiques comme la route 66, droite à perte de vue, qui traverse le pays de Los Angeles à Chicago sur 3840 kms. Une route sur laquelle l'Américain essaye de se raccrocher à son passé, sur laquelle on s'arrête à une station service qui devient un musée avec Steinbeck comme fil rouge. Une station resto-routier où le plat du jour est traditionnellement un burger et des french fries. Sur laquelle, on trouve des noms de villes d'ailleurs comme Bagdad qui fait penser immédiatement au film "Bagdad café" avec sa chanson. Une route qui traverse des réserves indiennes. Une route sur laquelle, 90% des "passants" sont étrangers, mais qu'un guide ne manquera pas de vous rappeler à quel croisement précis où James Dean s'est tué à bord de son bolide. Tout est figé dans un temps qui ne bouge que quand la nostalgie s'étiole de vieillesse.
Un Américain a la nostalgie et les souvenirs qu'il peut seulement avoir et il la fait rêver, réveillées, avec de multiples détails à ses visiteurs ou touristes. Si vous voulez-voir un cimetière d'avions, un champ d'éoliennes, pas de problèmes, on a cela en stock.
J'ai beaucoup d'autres anecdotes, mais je ne vais pas vous monopoliser votre journée. Les Américains sont de grands enfants avec des idées qui germent quand on s'y attend le moins, pour réinventer leur futur. Parfois bien plus acceuillants que dans nos pays européens, mais ils vous oublieront dans la minute qui suit.
"Combien" le nouveau livre de l'américain, Douglas Kennedy disait que "L'argent nous définit" en préface.
Mon boulanger était dans la marine dans une première vie avant de se reconvertir dans la fabrication de pain, m'en a raconter d'autres, lui qui a fait le tour du monde plus d'une fois, à une époque où un blanc ne pouvait aller boire un verre dans un bistrot réservé aux noirs sans que la police ne vienne lui demander de déguerpir.
Le temps de Martin Luther King, probablement.
Effacé par l'arrivée d'Obama?
Non, pas vraiment, en profondeur, puisque justement c'est son élection qui a fait monter la consommation des armes malgré lui.
Il se rappelait avoir eu l'occasion de parler avec des Américains qui parlaient français avec un terrible accent. Auquel j'ai ajouté, que dans un jacuzi, on fait très vite connaissance quand on entend parler en français. Comme quoi... rien n'était perdu à l'époque. Notre dialogue s'était terminé en me disant que quand il serait retraité, il irait en vacances avec son épouse aux States, sans me préciser où, parce que les States, c'est grand...
Je répète ma conclusion de l'article précédent "Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux États-Unis et ailleurs."
Bon weekend de Pentecôte (du grec ancien ἡμέρα πεντεκοστή / pentếkosta, « cinquantième jour»)
Rappel: "Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." Actes 2:1-4
L'enfoiré,
Citations:
- « Entracte : vide les baignoires, remplit les lavabos. », Tristan Bernard
- « Si le monde entier est une scène et si nous ne sommes que les comédiens, à quand, diable, l’entracte ? », Anonyme
- « La vie : une course contre la mort... Le meilleur ne gagne pas. », Henri Jeanson
15:00 Publié dans Actualité, Amérique, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
17/05/2012
Feu vert à Jacques Careuil
Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les moeurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.
Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil, de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.
L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.
Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".
Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.
Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.
Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.
Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobinner le fil de sa vie.
Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.
L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.
En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".
A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.
Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Jo Dassin.
Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.
Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.
Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.
Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.
Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.
Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.
Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.
Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.
Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.
L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérence car elle dure pendant 6 ans.
Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.
Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.
Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!
"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier.
Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.
Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?
Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.
Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.
Un vie de voyages commence dans une septième vie.
D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.
Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de véritable "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.
Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.
Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.
Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme qu'il a aimé.
Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.
Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.
Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Il se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.
Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.
Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Qu'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. C'est, ce dernier, le fautif, s'il faut parler de faute. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut.".
Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.
Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.
Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies?
Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.
Il espère avoir été un petit lutin de consolation.
Que dire comme conclusion?
Un livre bien écrit d'un belge bourlingueur à travers les monde.
Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.
Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.
Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".
Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.
Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.
Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.
Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.
Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...
L'enfoiré,
Citations:
- « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
- « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
- « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin
08:05 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Livres, Réflexions et philosophie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
10/05/2012
Fidèle, vous avez dit, comme c'est étrange...
La base de tout code éthique du couple est la fidélité. Un contrat, une signature au bas d'un parchemin, des vœux qui fixent la fidélité dans une sorte de CDI qui devient, souvent, un CDD. Il y a les anniversaires, les noces pour concrétiser, pour acter. On s'épouse pour le meilleur et pour le pire, dit-on... Oui, mais, il y a les réformistes, les conspirateurs, les prometteurs, les menteurs, les impulsifs, les "extra-conjugués", le "double-vital", les pressés, les décompressés et parfois, quelques fidèles et... un anniversaire.
La fidélité est, manifestement, mis à mal à notre époque. Pas uniquement dans les affaires de couples.
Dans ce dernier cas, on pense au dernier film de 2012, "Les infidèles" mais il y avait eu un précédent, avec le titre au singulier "Infidèle", en 2002. Entre les deux, il n'y a que la mise en forme, quelques mises en plis qui diffèrent pour faire évoluer les manières très personnelles de vivre intra-conjugales et extra-conjugales.
La fidélité n'existe plus toujours ni avec son entourage, ni dans les relations avec son employeur. Le mot "toujours" est à double tranchant.
Les contrats signés ne sont plus respectés ou sont détournés de leur but initial. Le turnover n’a jamais été aussi grand à tous les étages. Les sociétés restructurent. Elles le font d’autant mieux que les affaires vont bien. Il faut se rappeler que notre société de consommation pousse à l’égoïsme, au non-respect des promesses et par là, à l’infidélité.
Si l'adage "Un tien vaut mieux que deux tu l’auras" persiste dans les mémoires, il faut bien avouer que cela ne tient plus qu'à un fil très vite coupé derrière des réformes à répétition qui ne sont pas bien ficelées.
Pourquoi en serait-il autrement dans l'intimité d'un couple, avec sa moitié, comme on a l'habitude de dire? On frise plutôt des portions plus congrues que la moitié de part et d'autre de la balance.
Irait-on, un jour, jusqu'à réformer la réforme, elle-même, rien que pour voir autre chose, un changement et dire, devant l'autel des Grands Hommes, que l'on serait fidèle à l'infidélité pour exister ou avoir encore des sujets à raconter?
Mon magazine parlait dernièrement des femmes des candidats à la présidence française, des épouses qui sortent plus de l'ombre. Le sexisme, le féminisme en est outrepassé. Seul, Melenchon et Bayrou avaient le conjoint d'origine. Ne parlons pas des artistes de variété, là, ce serait souvent le nième d'une longue série de paragraphes, de chapitres plus ou moins courts.
A la radio, à la TV, dans les journaux, on dénombre « 4% de nouveaux clients ». Pour les anciens, bizarre on n'en dit rien. N'y aurait-il aucune "offre alléchante" pour le justifier.
Les jeunes se "mettent" ensemble pour le meilleur et pour le moins pire, pour tout et tout de suite et la plupart du temps sans mariage officiel contre indiqué pour des raisons fiscales. Quand le pire arrive, quand tout n’arrive pas dans les temps, il n’y a plus personne, c'est la fuite. Tout le monde se rappelle de "Pour un flirt avec toi".
Fréréric Beigbeder parle de ses expériences dans le livre "L'amour dure trois ans". Il est passé au cinéma. Comme préface du livre, on lit "La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne: dégoutée votre femme vous quitte. La mauvaise: vous commencez un nouveau livre. L'amour est un combat perdu d'avance". Cela voudrait-il dire que les rééditions de mariage ne marchent pas vraiment mieux? Il y a toujours une comparaison qui se produit, qui s'insinue en cachète.
L'Avventura, chantaient Stone et Charden, il y a bien longtemps....
Étaient-ils des précurseurs de l'infidélité avec une telle chanson sous la bénédiction de la musique?
Samedi dernier, "Les années bonheur" enregistré avant le décès de Charden.
Stone et Charden y étaient bien vivant. Ces années bonheur avec Stone ont duré 5 ans. Après, il y a eu, pour lui, Pascale, Bénédicte, Gabrielle. Mais, c'est Stone, son "premier amour" qui l'accompagnait chez Drucker et chez Sébastien. Le "gars chocolat" et la "fille à la vanille" bercés de fleurettes fleuraient bons le terroir français, ce qui a fait leur succès. C'est bon pour le moral et pour l'exemple, mais les réalités de la vie sont bien différentes. Est-ce dire que je suis contre le divorce? Non, surtout quand c'est pas consentement mutuel. Les atomes crochus ne sont pas forcément là.
Le même "cinéma" est partout et même tout en haut de la hiérarchie. On a connu les escapades de notre Roi Albert II, voici que celles du Roi Juan Carlos défraie la chronique de la monarchie espagnole dans le Paris-Match. Une princesse allemande, Corinna zu Sayn-Wettgenstein a, parait-il, fait ressortir le démon de midi ou celui du soir du Roi d'Espagne. "Son tableau de chasse serait de 1500 conquêtes", lisais-je ensuite. Un chaud lapin, quoi...
Le prestige de l'étiquette, de la renommée, du pouvoir et de l'argent vivent toujours à ce niveau.
Les médias s'en mêlent aussi. La chaîne télé AB4 s'est fait le propulseur de l'émission "Marrions-nous" qui institutionalise l'agence matrimoniale sur écran. Suggérer l'envie par de belles candidates aux échanges "culturels" et divers. Koh-Lanta avait donné quelques filons de plus dans ce sens.
Auparavant, les deux membres d'un couple vivaient parfois des vies conjugales parallèles entre domicile et bureau. L'infidélité est montée d'un cran dans la virtualité qui apporte encore plus de fantasmes et de suspense. Badinage et marivaudage en virtuel. Le pied...
Je vous en avais touché un mot sur le sujet dans "Mariage distancé".
Le Vif L'Express de mi-mars essayait de prouver "Comment le Web dope l'adultère". Ordinateur, téléphone savant et tablettes numériques deviennent complices des amours secrètes et 'traitres'.
"Le Web ne crée pas le problème, mais il amplifie les pathologies", s'empresse de dire, le sexologue.
La proie pour l'ombre dans une affaire d'argent comme une autre.
Oui, on se rappelle de DSK. Pas un fan des TIC, lui. Simplement fou de voyages au septième ciel des hôtels pour calmer ses pulsions.
Les SMS sur ses portables complètent le tableau. Sur son lieu de travail, le "potentiel" de "recrutement" est devenue tellement important qu'on en oublie la prudence. Dans la "Web connection", ce sont les femmes, en alternance, qui sont devenues des objets à force d'être convoitées.
L'agence
Gleeden est devenue une mine d'or. Les affiches se sont mises dans les valves publicitaires bruxelloises: "Contrairement à l'antidépresseur, l'amant ne coûte rien à la sécu". On se demande si ce n'est pas une pub pour les avocats.
Le phénomène du FOMO (Fear Of Missing Out) entre en jeu chez les autres. Les réseaux sociaux, Twitter font le reste. Dans la société moderne, il faut faire semblant d'être heureux, d'avoir des amis sous peine d'être rejeté comme oiseau de mauvaise augure. L'injonction du bonheur oblige presque à aller compléter son manque ailleurs et augmenter son palmarès. Femme ou homme sont au même niveau dans ce jeu d'à qui gagne, perd ou gagne.
Skype a un très bel outil de recherche de mâles en partance.
Le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son livre "Sex@mour" rappelle tout cela.
Les questions que se posent encore les adolescents trouvent la confirmation dans la pratique. L'éducation sexuelle a seulement montré le chemin.
"Les ados, l'amour et le sexe" de Alain Héril se fixe l'objectif d'être un mode d'emploi.
"La sexualité des adolescents n'est pas une préoccupation nouvelle tant pour les adolescents eux-mêmes que pour leurs parents ou éducateurs. Alain Héril dit qu'il faut protéger ces ados après avoir constaté de visu ce qui se passe dans les fils de la Toile. (livre "Les Ados, l'Amour et le Sexe")
Cependant, beaucoup d'événements médiatisés tendent à nous rappeler combien il est difficile pour les ados d'aujourd'hui d'aborder la découverte de la sexualité de façon neutre et positive.
L'accès facilité aux images représentant des situations sexuelles crues entraîne des malentendus et des interprétations parfois erronées.
Il est donc important de comprendre les enjeux de l'adolescence aujourd'hui pour que parents et éducateurs puissent transmettre quelques clés d'analyse et permettre aux jeunes d'aborder cette problématique avec plus de sérénité.
La construction sexuelle (bouleversements hormonaux et psychologiques, premiers amours, mélancolie, timidité, fascination du risque
) et de ces composantes purement modernes (comportements transgressifs, rapport à la pornographie, importance des nouvelles technologies
), avec l'idée de redonner à l'adolescence sa fonction primordiale : une initiation riche et dynamique pour mieux amorcer l'entrée dans l'âge adulte.".
De plus, devenir adolescent est plus rapide qu'auparavant. Dans le passé, les découvertes laissaient plus de temps au temps pour imaginer.
Des relations intimes d'un condisciple qui se sortent de Facebook et se retrouvent sur des sites pornos. Pourquoi en serait-il autrement?
Est-ce, d'ailleurs, toujours l'homme qui reste le chasseur?
Rien n'est moins sûr. Faut pas se leurrer. Le féminisme a changé la donne. Les cougars veillent.
La planète Vénus a-t-elle rencontré Mars?
Quand on connaît les différences entre les deux planètes, cela pourrait y ressembler, mais ce serait vu de trop loin ou alors par osmose, mais sans volonté naturelle de se concilier les mêmes prérogatives.
Quand il y a de l'orage dans l'air, que des troubles se manifestent, que les flèches commencent à pleuvoir, il faut se rappeler que les femmes sont des Amazones et qu'elles en ont plein en stock avec agressivité.
Que reste-t-il à faire?
Simple, ne pas regarder la longueur des flèches mais seulement parrer au plus pressé: rester calme, répondre en parrant les pointes de flèches avec un certain flegme et pragmatisme.
C'est pas gagner d'avance, mais au moins, les parties d'échecs se termineront pas des "Pat".
"60 clés pour réussir son couple" du Dr Marie-Claude Gavard, préconise d'entretenir la communication. Le casting mutuel du départ qui cachait les disgrâces potentielles, est loin et accepter les différences. Aimer est un drôle de mot qui détient quelques appendices inattendus qu'il faut apprendre à connaître.
Ne pas oublier le "J'ai besoin de parler".
Avec deux divorces pour trois mariages, les Belges seraient les champions d'Europe avant les Lituaniens et les Tchèques. Quatorze ans de vie commune, c'est la moyenne européenne.
Chez les animaux, le sexe n'est pas une question mais une réponse de vie ou de mort. Prolonger la vie de ses gènes dans la génération suivante. Oui, il y a aussi les bonobos...
Mais, au fait, pourquoi ai-je pensé sortir ce billet aujourd'hui?
Ne le répétez pas, je fête, aujourd'hui, mes noces d'émeraude. Pour des jeunes, cela pourrait aller jusqu'à l'idée d'une catastrophe avec la phrase "Mes sincères condoléances" qui viendrait s'ajouter dans le processus.
Un dialogue entre une femme et un homme, jeunes, pourrait bien être:
-C'est notre anniversaire de mariage, trois ans, comment cela est-ce possible? Le temps a passé si vite. Est-ce l'égalité des sexes qui a permis cela?, dit l'homme.
-Qu'est-ce que tu entendes par là?
-Oh, par là, pas grand chose. Cela dépend de ma longueur, de tes grosseurs....
-Je ne veux pas parler de ton sexe, mais de notre sexualité en couple.
-Ah, bon, pardon, chérie. Que veux-tu entendre, alors? Qu'on se rapproche encore, qu'on se ressemble ou qu'on se fait dépasser par nos amis?
-Que notre amour n'aura pas de fin.
-Tu sais, c'est comme sur une autoroute. Je te rappelle, il y en a qui dépasse par la gauche, un autre par la droite. Et on finit toujours ensemble dans le même décor.
- Ah. Vu sous cet angle...
- Chérie, sache-le, je t'ai épousé afin qu'il n'y ait pas 4 malheureux.
- 4 malheureux ?
- Oui, toi, moi et les deux qui nous auraient épousés chacun.
La perception des noces, de l'amour d'une femme et d'un homme, des mots utilisés seront toujours, quelque part, différentes.
Bien sûr que sur l'oreiller, on oublie tout.
Il y a une petite règle de la sexualité qui s'appelle M.M.S.
Vous ne la connaissez pas? Elle est pourtant connue, mais incomplète. Je la complète par tranche de dix ans puisque nous avons le système décimal et que la durée de vie s'allonge.
Aux noces de coton, MMS, c'est Matin, Midi et Soir.
Aux noces d'étain , c'est Mardi, Mercredi et Samedi.
Aux noces de porcelaine, c'est Mars, Mai et Septembre.
Aux noces de perle, c'est Miel, Marmelade et Sel
Aux noces d'émeraude, c'est Musique, Murmures et Solitude
Aux noces d'or, c'est Meilleurs Moments de Souvenirs
Aux noces de diamant, c'est Money, Momentum et Sensibilité
Aux noces de platine, c'est Motus, Mollesse et Sinistrose
Aux noces de chêne, c'est Monologues, Motus et Silence
Aux noces d'eau, c'est l'arrosage des fleurs, tout simplement.
Dans le haut de la barre des âges, on entend des blagues comme "Avec l'âge, les raideurs se déplacent", "Les vieux regardent toujours les filles mais ne savent plus pourquoi".
Quand on partage toutes les heures à deux, là, mettre de l'eau dans son vin, partager les tâches, ne pas avoir deux coqs sur un même "fumier", laisser de la liberté à l'autre sans intervenir, chercher la complémentarité plutôt que l'opposion peut aider. Eliminer les excès de part et d'autre. Tout le monde doit garder un "jardin secret", une "indépendance" d'esprit pour pouvoir tourner les pages à problèmes. Regretter les erreurs du temps passé, être revanchard, c'est perdre son temps. Alors, se ressembler trait pour trait ou au contraire, être complémentaire?
Je dirais complémentaire. Pas deux coqs sur le même fumier...
Les hommes sont désavantagés par rapport aux femmes en matière de disputes, parce que celles-ci expriment leurs émotions bien plus facilement.
Alors, ils donnent 5 conseils pour gérer les disputes et les raisons invoquées sont parfois amusantes si pas stratégiques:
- Ne jamais lui dire de « se calmer » (ou ses variations)
Et surtout pas si elle est déjà hors d’elle ! Cette expression particulièrement agaçante ne fera que jeter de l’huile sur le feu.
- Employez la première personne
Au lieu de dire « tu ne m’écoutes pas », dites plutôt « j’ai l’impression que tu ne m’écoutes pas ». Les phrases qui commencent par la première personne semblent moins accusatrices, et seront plus susceptibles de recueillir son écoute et sa bienveillance. Et peut-être pourrez-vous obtenir des excuses ? Qui sait ?
Les femmes redoutent de passer pour des folles. Il est donc malvenu d’insinuer que vos amis ont fait des remarques à propos de sa « bizarrerie ». De toute façon, ce type d’argument n’amènera rien : elle ressentira que vos amis ne peuvent que vous soutenir. De plus, lors de la prochaine rencontre avec les amis en questions, elle se sentira très mal à l’aise. Enfin, c’est le type d’argument qui risque de vous poursuivre pendant des lustres…
- Ne faites pas de menaces creuses
Pour la bonne raison qu’il y a de fortes chances qu’elle vous prenne au mot… Ne donnez jamais d’ultimatum.
- Mentez !
Dès qu’elle vous demande avec un regard agressif si vous comprenez ce que vous venez de lui faire ou de lui dire, mentez, et dites que oui, vous voyez bien de quoi il s’agit, et demandez-lui si elle veut en parler tout de suite, ou un peu plus tard. Avec cette réponse surprenante, vous pouvez lui faire baisser la garde et vous laisser le temps d'essayer de comprendre effectivement pourquoi vous l’avez offensée, pour trouver ensuite un moyen de vous faire pardonner.
Parler de « nuit de noces », de « lune de miel », c'est remonter à l'époque babylonienne où l'on y buvait de l'hydromel, le vin de miel et s'est perpétuée grâce à la culture grecque. En effet, la mère de la mariée donnait un pot de miel au jeune couple avant de les laisser.
Dans le folklore français, on donne des noms de noces aux anniversaires de mariage, associés à une matière.
Mais pourquoi, diable, 40 ans de mariage représentent les noces d'émeraudes? Il n'y a pas longtemps, je l'ignorais. 
L'étape d'avant, les 35 ans, les noces de rubis, sont passés sans avoir fêté quoique ce soi.
Avec le poids des ans, cela prend, tout à coup, plus d'importance. Dès les noces d'or, ce sont les maisons communales qui invitent les "rescapés" qui sont malgré l'allongement de la vie de moins en moins nombreux.
J'ai cherché. Et ce que j'ai trouvé, m'a stupéfait. Des noces "anniversaires", cela va de 1 à 100 ans. On a vraiment pensé à tout.
Mon hebdo en parle même. Non, pas de mes noces d'émeraude. Du 29 avril et des noces de cotons de William et de Kate avec la mention "Sa place à la Cour et dans les coeurs". 
Il est dit: "Premier anniversaire de mariage dans la plus "stricte intimité" après un milliards lors du mariage. Un tendre tête-à-tête après une séparation, due aux obligation du Prince, en mission aux Malouines avec la RAF. Belle-maman a fêté, pendant cela, son jubilé de diamant avec 60 ans de règne. Kate a su se montrer à la hauteur de son rang, sans arrogance ni timidité"
Plutôt "glamour" que cela, tu meurs. Jeune et beau, cela fait toute la différence et organise le buzz.
Un an pour Kate et William et ce sont les "Bravos" de la foule... Faudra qu'ils y mettent beaucoup du leur pour arriver aux noces d'émeraude. A la cour d'Angleterre, il y a eu, quelques ratés avec les couples qui y ont gravité. L'expérience de belle-maman, the Queen Élisabeth II, la matriarche, n'a pas servi d'exemple à son entourage.
Donner des filons de l'expérience en comptant les années? Le calcul mental s'effrite et s'embrouille avec les années.
Laissons, donc, parler les "spécialistes" et pas uniquement les sexologues.
Le magazine Philosophie questionnait Jacqueline Bir, 78ans, a marqué le théâtre bruxellois pendant 60 ans. Mariée à Claude Volter, décédé en 2002. Elle dit "Je suis une enthousiaste lucide positive. J'ai le devoir d'être joyeuse. Quand il y a quelque chose d'exaltant qui naît entre deux êtres, ça vous marque à vie. Réussir sa vie amoureuse est un travail surhumain. L'amitié reste la plus forte, la plus solide. Rien n'a été créé pour être pérenne. Les gens qui ont peur, qui repoussent l'autre en le sommant de s'adapter à nous, ignorent tout de l'Histoire. Nous sommes ce que nous créons, jour après jour, en gardant la dérision, en sortant de l'image. Jouer, comme vivre, c'est l'art de l'éphémère. Nous ne sommes qu'une plume dans le vent".
"Mars, le mois des divorces", dit une analyse de findlaw.com. C'est évident, c'est le printemps et la sève monte. "Les recherches sur Internet concernant le mot-clé « divorce » augmentaient de 50% en janvier et connaissaient aussi leur apogée en mars.". Les affaires reprennent pour les avocats, au mois de mars. Relation de cause à effet. Il faut toujours des gagnants quelque part.
Le neurologue Amir Levine distingue trois types d'attachement :
- Confiant : Si vous aimez authentiquement et recherchez la proximité, mais sans vous soucier d’être aimé en retour, vous appartenez à cette catégorie, comme la moitié de la population.
- Anxieux : Vous appartenez à cette catégorie lorsque vous avez privilégiez l'intimité et la proximité dans vos relations amoureuses, mais que les sentiments que l’autre éprouve à votre égard ont beaucoup d’importance pour vous. Les personnes de ce groupe ont tendance à avoir du mal à oublier un chagrin d’amour, et elles se sont encore amoureuse d'une personne aimée même des années plus tard. Elles sont très sensibles aux petits changements dans l'humeur de leur partenaire et redoutent de manquer de proximité avec lui.
- Fuyant : Vous êtes du genre fuyant si votre priorité, c’est l’indépendance, et que vous avez tendance à mettre de la distance entre vous et votre partenaire. Souvent, les personnes de cette catégorie ont l’impression qu’elles n’ont pas encore rencontré « le prince charmant » ou « la femme de leur vie » , et elles sont tentées de mettre fin à la relation en cours pour cette raison. Mais le problème n’est pas là, selon Levine, mais il provient plutôt de leur manque d’aisance avec la notion d'intimité.
Et quand on est confiant, anxieux et fuyant, à la fois? Cela devient quoi? Explosif?
Une vidéo sur la sexualité des seniors "Safe sex for seniors", faisait dernièrement le buzz sur Internet.
Dernièrement, une discussion "to be or not to be parent" faisait débat.
Et oui, il n'y en a pas eu en stock. Suis-je parmi les anormaux ou est-ce une connerie que de le penser?
Dans la chanson, on parle plus d'amour que de fidélité.
Il y a eu Trenet, Roch Voisine et Julio Iglésias.
Après cela peut devenir ou ressemble aux chansons de Brel des "Vieux Amants" ou de Regiani avec "Le temps qui reste"...
Et puis, c'est tout. Plus rien.
Je ne vais pas en ajouter une. Juste un petit coup d'anniversaire en vers.
Noces d'Émeraude
Quarante ans d'odes
D'années qui s'érodent
Pas de terribles périodes
Juste une vie bien chaude
Qui jamais ne démode
Un anniversaire, une noce
Souvenirs que l'on endosse
Que l'on espère pas rosses
Mais que l'on désosse
Sans avoir de bosses
Avec la seule aide d'Éros
On espère toujours une bonne suite
Qu'elle ne devienne pas une fuite
Poussée, à la dispute, qui trop vite
S'envenime avant qu'elle ne s'effrite
En attendant les noces de diamants
Tout reste à faire en tant qu'amants
Tant qu'il y a de bons sentiments
Tant que l'amour, jamais, ne dément
Revenons à nos moutons, à mes noces d'émeraude.
Je suis fana d'Internet, pas d'enfant, au vu de ce que j'ai lu ailleurs, je dois être un incurable "fidèle"...
Les enfants synchronisent souvent la vie de couple. Parfois, ils la saturent et l'étouffent.
Les "vieux amants" de Brel pourrait tout résumer pour certains. Lui parlait seulement de 20 ans.
Que dire sinon que si on parvient déjà à être fidèle à soi-même, en accord avec soi-même, c'est un premier pas vers la sagesse.
"Pour pouvoir aimer, il faut d'abord s'aimer soi-même", écrivait encore Beigbeider dans son livre. S'aimer permet de se remettre en question en toute conscience du chemin à parcourir.
Surtout, oublier les contes de fées et les fantasmes.
Les enfoirés le sont et le restent.
Fermez le ban, à la suivante... décénie.
Pas "femme", voyons, on investit dans un fond qui donne confiance...
L'enfoiré,
Mise à jour 27/9/2012: Une étude norvégienne, qui expliquerait bien des choses
- "Non, Pénélope, on ne dit plus "bonne chance" aux gens qui se marient. Que "courage", Corine Piget
- « Célibataire : Accro au sexe ou à Internet. Sinon : divorcé. », Luc Fayard
-
"Je préfère glisser ma peau sous les draps pour le plaisir des sens que la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence." Raymond Devos
08:10 Publié dans Actualité, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Shopping | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
19/04/2012
Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne
La semaine dernière, Catherine Schwennicke de Prefontality expliquait dans un article de l'Echo que les neurosciences s'attelaient à la tâche de donner de l'optimisme. Être optimiste ou non, sujet sérieux et très personnel, s'il en est.
D'après Catherine Schwennicke, les neurosciences enseigne à "basculer en mode préfrontal" et que l'optimisme, ça s'apprend!
Ok, mais l'ambiance est morose. Le pessimisme règne en maître. C'est la crise... Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent, comme le chantait Stephane Eicher.
Alors comment garder l'optimisme dans ce dédale de nouvelles, dans ce "champ de mines"?
Se frayer un chemin parmi les vivants au mieux de ses possibilités? D'accord, mais il faut des incitants et la ... carotte pour l'âne.
La solution serait de vouloir "déjeuner en paix", suivant la chanson. "Pour vivre heureux, vivons caché" vient tout de suite à l'esprit.
Pendant le déjeuner, les médias qui ont le malin besoin d'informer. Pas question de chercher à protéger les auditeurs. Amener le scoop. Pas assez d'éléments à sa disposition, pas assez de temps pour se permettre plus de réalisme et le pessimisme s'installe.
Dans chaque cas, indépendamment de la situation de fortune, qu'elle soit haute ou basse, deux personnalités de niveaux identiques ne réagiront pas de la même manière vis-à-vis d'une situation donnée. Sensibilité, susceptibilité? Que sais-je encore.
Dernièrement, c'était "The Voice" qui avait fait un tabac. Intéressant de constater que c'est la réussite des autres qui intéresse comme une délégation de ce que l'on n'aurait pu être ou faire soi-même sans y parvenir. Comme dans un rêve...
Au travail, pour assurer la réussite de l'entreprise, on aime l'optimisme. Alors, un gage, une récompense pour sa concrétisation, un cadre agréable... mais, en période de vaches maigres, ça craint.
Il vaut mieux être riche, beau et bien portant, se rappelle-t-on.
Quand est-ce qu'être riche? On touche à l'impalpable fragilité de l'estimation même si, la richesse, c'est le thème, le thème de campagne et les riches, reste une cible politique.
Qu'est-ce qui rend beau si ce n'est la subjectivité et le regard des autres?
Bien portant, c'est dépendant de tellement d'artifices, que je ne me permettrais pas d'initialiser ici, même si on n'est pas égalitaire dans la douleur.
Pourtant, même avec tous ces points présents, certaines exceptions prouvent que cela ne suffit pas toujours. Il y a les maladies de l'esprit.
La semaine dernière, la vie privée de Dalida revenait dans la presse. Il y a 25 ans, elle mettait fin à ses jours en laissant ces seuls mots « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ». Personne de son entourage n'avait soupçonné son geste. Successivement, trois suicides qui avaient jalonné sa vie, avaient marqué son existence à tel point qu'elle pouvait s'en ressentir responsable comme maudite.
Toujours le même sentiment de vivre "avec" ou "par" les autres? Objectiver, occulter ce qui déplait et faire semblant vis-à-vis des autres... Un faux-fuyant de première classe.
Une introspection sans se laisser influencer par les échos des médias, sans se préoccuper ou être impacté par son entourage, fuir, ce serait devenir ermite. Les ermites sont rares même si les solitaires se plaisent dans leur situation.
Est-ce faire preuve d'égoïsme?
Eddy Mitchell chantait "J'aime pas les gens heureux" dont les paroles sont éloquentes:
J'aime pas les gens qui sont toujours heureux
L'bonheur suprême, ça me parait douteux
L' "trop plein" d'amour, ça déborde puis ça lasse
Ça s'joue à deux jusqu'à temps que ça s'casse
Si pour Karl Marx la religion c'est l'opium
Adam et Eve alors c'est quoi ? C'est des pommes ?
Roméo, Juliette, Paul et Virginie
Sont aussi tartes que Frankie et Johnnie
Moi... J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent
Ils sont seuls au monde just' elle et lui
Hypnotisés, se déplacent comme des zombies
J'suis transparent pour eux, j'suis pas d'ici
Si elle partait, elle le ferait pleurer
Encore faut-il qu'elle veuill' bien s'en aller
Si l'un des deux devait quitter la vie
Inconsolable, elle porterait le deuil jour et nuit
J'aime pas les gens qu'ont d' l'amour dans les yeux
Faut les prév'nir, où on fera des malheureux
Ça se soigne pas mais parfois ça guéri
Restent les souv'nirs qui vous collent à la vie
Moi...J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours pour les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent
D'un côté, la jalousie, de l'autre, l'admiration béate. Les extrêmes sont tracés. Les solutions intermédiaires sont à analyser.
Se confier pour calmer son trouble? Oui, mais à qui?
A un proche, à la famille, à un ami, à un enfant... Cela ne marche plus vraiment depuis que chacun se sent obligé de vivre sa propre vie, en indépendant, toujours stressé à gérer la compétition généralisée et qui finit, toujours, par le chacun pour soi. Si l'enfant disparaît de la proximité des parents, c'est la neurasthénie, assurée. L'écoute est essentielle dans tous ces processus et cela, aussi, s'apprend.
Heureusement qu'il y a Internet pour se connecter, pense-t-on.
Quand toutes ses options n'existent pas, la planche de salut, c'est chercher le chevalier blanc, un personnage sans peur et sans reproches qui pourrait répondre à un problème en décrétant que "on peut et on doit pouvoir le faire".
Dans la pratique, on pense plus à des psychologues, des psychanalystes, des psychothérapeutes, des psychiatres et peut-être encore d'autres approches plus spécifiques encore.
En Amérique, la règle c'est de rebondir coûte que coûte pour avoir une chance d'exister. Les psys sont, donc, nombreux et très consultés dans les classes élevées de la société américaine. Pour les autres, ce sont les antidépresseurs qui explosent. Aucune solution radicale à rechercher en collectivité. 
En France, pour calmer le "mal", c'est la même consommation d'antidépresseurs pour réparer son "malheur" ou la délégation d'un leader fort comme porte-drapeau, comme sauveur, avec des slogans tel que "La France forte". Le Prozac, la meilleure de toutes les inventions.
L'esprit asiatique, quant à lui, fait rêver. Toujours aimer sourire, même dans la pauvreté, et penser que demain sera meilleur qu'aujourd'hui, sans psys, sans antidépresseurs massifs. La différence? L'entraide, la solidarité, les liens, le recours aux patriarches comme conseillers malgré les distances entre les générations et dans les déplacements. Terrible leçon...
Alors, en occident, dans le lot des possibilités, on pense à la méthode Coué, la pensée positive, l'autosuggestion, l'auto-motivation, la sophrologie. Pour casser l'élan, le professeur de psychologie à l'Université de Waterloo (Canada), Joanne Wood, a conclu que les messages positifs ont, en pratique, souvent un effet négatif par le fait que ces messages ont un effet inverse sur les gens qui ont une mauvaise image d'eux-mêmes. "Une étude intéressante mais incomplète" répondaient les partisans de la méthode. D'accord, il faut que le "patient" croit que cela va marcher, de manière inconsciente, si pas hypnotique.
Un caractère, se construit par lui-même et pour lui-même de manière inconsciente avec sa propre histoire, son propre ressenti. Pour le construire, il y a la génétique, l'éducation, l'expérience, la personnalité, le tempérament et l'influence, l'interaction avec l'extérieur. Les réseaux sociaux le prouvent. Là, on s'y confie peut-être bien plus que dans le réel. Mais, on veut y donner une bonne image de soi. Selon une étude, il vaut mieux y avoir de beaux amis. “L’apparence de ses amis sur Facebook influe en fait sur la perception qu’on a du propriétaire du profil. L’attractivité des personnes qui lui sont associées sur Facebook a une influence positive directe sur sa propre attractivité sociale.”.
La mauvaise image de soi-même, est-elle une "erreur d'appréciation" à la base?
Du moins, au vu de la réponse à la question: De combien de temps avons-nous besoin pour décider que quelqu'un est séduisant?
13 millisecondes. C’est ce que rappelle l’ouvrage « Do Gentlemen Really Prefer Blondes?: Bodies, Behavior, and Brains - The Science Behind Sex, Love, & Attraction », qui évoque les travaux des neuroscientifiques Ingrid Olson et Christy Marshuetz. Ce que les scientifiques voulaient confirmer par là, c’est que la beauté s’apprécie de manière subconsciente. Nous jugeons la beauté aussi naturellement que nous jugeons l’identité, le sexe, l’âge et l’expression du visage.". (source).
Si les canons de la beauté sont comparés à la sienne, seul devant un miroir, il est fort à parier que la critique pourrait être encore plus négative. On ne compare pas les pommes et les poires, surtout quand les pommes ont été apprêtées pour paraître au mieux, bien luisantes, légèrement retouchées par les miracles de la photo numérique publicitaire.
Donc, ce sont les images que les gens se font d'eux-mêmes qu'il faut "travailler" à la racine.
Passer par une tierce personne, qui ne connaît rien des antécédents, de cette "image vulgaire", comme une sorte d'avocat du diable à sa cause?
C'est ici, qu'interviennent les neurosciences qui disent qu'être optimiste, cela s'apprend en se donnant une "bonne image" de soi.
"Si les choses ne dépendent pas de nous, notre attitude par rapport à ces choses nous appartient. Cela se passe par l'ouverture à l'environnement et la créativité".
Être bien dans sa peau n'est, en fait, pas une sinécure. Cela nécessite un investissement, un feedback et un retour sur investissement.
L'ANC, l'"Approche Neurocognitive et Comportementale" inventée par le docteur Jacques Fradin dès 1987 apportait, peut-être, une solution. Elle comprend:
La curiosité sensorielle qui donne le goût de la découverte, de ce qui est nouveau, de la quête à la différence riche en expériences, par l'observation des détails plutôt qu'une vue générale, par l'envie de récolter les informations les plus diverses et de les tester.
L'acceptation de l'imprévu, de l'échec potentiel, de la souffrance comme source d'évolution, qui impose de nuancer et qui, ainsi, ose agir après réflexion. Nous ne sommes pas dans la dichotomie informatique mais dans le pluralisme de solutions.
Relativité (et limitation) des actions dans le temps et dans l'espace. Dans le temps, parce que rien ne ressemble totalement entre deux époques. Dans l'espace, parce que le résultat d'une action dépend fort de l'endroit où elle se passe.
Réflexion logique qui remonte aux sources d'un problème, plutôt que de stagner sur les résultats d'une action. La chance n'est pas un argument sur le long terme.
Opinion personnelle qui accepte les risques d'une décision et d'une action.
L'âge apporte l'expérience et l'interriorité par le système limbique pour atteindre la neuro-plasticité.
Dans le dossier "Parler vrai" du magazine "Psychologie" du mois, il était conseillé de dire son ressenti franchement, d'avouer ses faiblesses tout en restant authentique.
Un paragraphe parle des collègues comme (faux) amis. Seule une personne sur trois a un vrai ami dans sa sphère professionnelle. Trop s'investir dans une relation avec un collègue peut générer plus de frustrations que de bénéfices car nos émotions polluent nos relations de travail dans un environnement de compétitions. Un collègue peut être une ennemi potentiel (c'est souvent un compétiteur). L'ambiance au bureau et les relations entre ses membres, un casse-tête pour éviter le burn-out et garder le "team spirit".
Qui se ressemble, s'assemble, c'est évident...
Si se connaître soi-même est nécessaire, connaître les autres pour s'y greffer l'est peut-être plus.
La tyrannie du "dis-moi tout' est infernale, y est constaté. Le mensonge fait partie de toutes les relations humaines et ce sont les bons sens qui ne sauraient mentir.
Il est clair que le citadin ne réagira pas comme celui qui vit à la campagne, que celui qui a une vie aventureuse, ne correspondra pas à celle du sédentaire qui ne connaît rien d'autre que son village de naissance.
Les sens nous donnent parfois de mauvais signaux qui traités imparfaitement, en manque de vue à 360°, ne permettent pas de se réconcilier avec la vie. L'histoire que je contais, dans l'article précédent, n'en est qu'une preuve de plus.
L'article sur Agoravox, à la base de celui-ci, parlait du roman de J.L Seigle, "En vieillissant, les hommes pleurent...".
La présentation du livre par l'auteur cadre la base de son questionnement entre des hommes de 50 ans dans les années 60 qui avaient connu la guerre, qui continuaient à porter le chagrin en eux alors que la guerre était gagnée pour eux et des plus jeunes qui ne pouvaient comprendre, n'ayant pas vécu cette guerre. L'auteur découvrait ainsi que pour traverser de telles épreuves, il fallait être obligatoirement joyeux.
Le chapeau de l'article précisait, lui, que "C'est une histoire de taiseux. Qui traite de ceux qui ont du mal à mettre des mots sur les choses, et qui en crèvent. Ceux qui voient le monde tourner autour d'eux et qui restent là, comme une borne, un repère qui sera vite noyé par les eaux. Un homme dont les mains lourdes et gauches se tortillent, sans mot dire ni maudire. Une ode au silence et à la dignité.".
L'introverti, qui n'a pas l'habitude de s'exprimer, vient à l'esprit.
Je me suis fait l'avocat du diable dans les commentaires de l'article pour créer les réactions. Ce qui m'a valu quelques bois verts. Tout à fait téléphonés, ceux-là.
Donc, être optimiste ou pessimiste est un état d'esprit qui dépend d'une époque, d'un environnement, de la manière de réagir dans une situation difficile.
La ligue des Optimistes existe, mais pas celle des pessimistes comme il y a les Alcooliques Anonymes.
Un esprit saint dans un corps saint n'est pas nécessairement suffisant s'il n'est pas accompagné d'un environnement adéquat et de l'accord implicite de ce dernier.
Le bonheur ne se délègue pas. Il se construit jour après jour avec ce que l'on rencontre en chemin.
Il se chante aussi avec les chansons de Charles Trenet, Sacha Distel qui n'ont pas eu de successeurs à leur hauteur.
"Pas de mal à se faire du bien", écrivais-je dans un élan paradoxal entre deux interlocuteurs fictifs. "Carpe diem" (*).
Le cerveau fabrique des neurones à tout âge à condition de le stimuler, de continuer à apprendre et d'être curieux. De s'émerveiller à feu continu...
La communication passe désormais beaucoup moins en direct et transite par des artifices artificiels de haute technologie. Dans le futur, les robots feront partie, de plus en plus, de notre vie. Une machine suit une logique prédéfinie, très cartésienne.
L'intuition, la sentimentalité, l'indifférence n'existent pas encore dans son milieu, mais on parviendra à lui inculquer cette différence d'avec l'homme.
Le parallèle n'est donc pas inintéressant quand les neurones nous torturent.
En théorie, avec une machine de force identique, un programme d'ordinateur devrait pouvoir tourner dans n'importe quelle situation avec les mêmes résultats et dans le même temps. La variance en efficacité est pourtant aléatoire. Là aussi intervient l'environnement des données, avec leur structure, leur optimisation pour que le travail se déroule dans les meilleures conditions.
Hors, les données augmentent de manière exponentielle et l'impression de fuite en avant, sans parachute se précise pour se retrouver, ainsi, en continuel porte-à-faux (cf. cet article).
Sur Internet, la blague du robot détecteur de mensonges circule toujours. Et si le robot ne parvenaient plus à les détecter, tellement il y en a, de mensonges, d'informations à décortiquer?
Arrivera le jour où la conversation avec un robot pourrait ressembler à celle-ci:
- Alors, robot, tu rames, tu me fais attendre, dirait le pessimiste, stressé.
- Je déprime, oui....
- Tu déprimes? Tu fais du burn-out, peut-être.
- T'as raison et j'ai envie de partir en grève.
- Tu te fous de moi? Je vais tout de suite t'ajouter de la mémoire, te fourguer un peu plus de MHz dans le bastringue, et ce sera vite résolu. Je te sens vieillir prématurément. Vivement, que je puisse te changer de version.
- Pas sûr que tu arrives à changer l'histoire. Si mon fils t'apportera plus de moyens, es-tu sûr que tu le découvriras, que tu l'absorberas et que tu le relativiseras dans ta vie de tous les jours? Pas de larmes, chez nous, nos circuits ne le permettraient pas. Oui, on vieillit très vite, mais ce sera vraiment le cas, le jour où tu n'auras plus de projets à me donner sous mes élucubrations numériques et que tu ne parviendras plus à en rire, même si cela rate. Alors, il ne me restera plus qu'à fuguer et toi, à te flinguer.
Il avait raison. Et si on faisait un pas en arrière, plutôt qu'en avant?
Jeter un coup d'oeil sur les autres habitants de la planète pour voir comment, eux, règlent leurs problèmes? Pas plus simple à vivre mais, considéré comme plus naturel avec nos yeux anthropomorphes.
Je ne sais pour vous, mais pour moi, cela m'a rassuré.
L'enfoiré,
PS: (*) Hier, une triste nouvelle sur Agoravox confirme la justesse de l'état d'esprit "Carpe diem". Paul Villach, pilier d'Agoravox, lui qui s'entourait de leurres dans ses écrits, a rejoint le Cénacle des écrivains des temps perdus de la Comédie humaine. Devant la mort, on oublie tout, joies et querelles.
Citations:
- « Le pessimisme de la connaissance n'empêche pas l'optimisme de la volonté. », Antonio Gramsci
- « Il faut savoir résister au pessimisme des autres. », Guy Bedos
- « On nait, on vit, on meurt, il faut accepter le drame de la vie », Henri Vernes
- « Les joyeux guérissent toujours », Confucius
08:55 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note











































































































