21/10/2009
New deal entre privé et public?
Aujourd'hui, il y a de moins en moins de différences de politique entre le secteur privé et public. Le particulier consommateur, lui, suit le mouvement, compte les points, sans pouvoir agir ou réagir qu'aux moments critiques lors des élections.
La triangulaire des interlocuteurs se relient par un bout: l'argent et la taxe. La taxe se veut juste et loyale,est-il dit.
La crise s'est invitée, depuis. Elle a bouleversé bien des donnes, bien des opinions pourtant bien ancrées. Les deux secteurs en arrivent à entrer en compétitions dans leurs prétentions, dans leurs manières expéditives.
Si le secteur public avait quelques spécificités de protection de son personnel, avec des barèmes sur les salaires, ce n'est plus tout à fait le cas. Si on n'y éjecte pas vraiment de la vie public, on démotive ses participants. Secteurs publics et privés se rejoignent de plus en plus dans les compétences exigées, dans les volontés d'éliminer le personnel, dans les salaires qui ne sont plus maintenus bas pendant la vie active pour assurer une meilleure pension dans le secteur public que l'on retrouve dans les clichés. Ils vont même jusqu'à se concurrencer. Melting pot de moyens qui passent ou trépassent au travers du même entonnoir.
Payer la crise mondiale. Tout un programme. Il y a les imaginatifs de la droite. Ceux qui veulent réduire les fonctionnaires de 15.000 unités en 10 ans. Donc, 15.000, nouveaux chômeurs de plus, est le réflexe de la pensée même si le processus est dit lissé ? Premier monstre du Loch Ness qui ressort périodiquement son nez des eaux troubles.
Fin 2008, le secteur public est venu au secours des banques et du secteur financier.
Il a fallu trouver toujours plus de sous... Là, où il y en a. Là, où cela fera le moins mal.
A ce jeu-là, on imagine que certains régimes seront un peu plus "salés" et d'autres un peu mieux "sucrés".
Rien d'anormal dans nos pays qui se targuent d'un humanisme avec un programme social. Obligations pour se donner les moyens de vivre en bonne communauté. Payer n'a jamais été un réflexe automatique. Encore moins aujourd'hui où la jeunesse aime tout trouver en gratuit sur Internet ou ailleurs. L'impôt et les taxes sont pourtant les outils forcés de la solidarité pour obtenir une vie meilleure en commun. Pas de plainte sur le principe, donc.
Larousse nous rappelle d'ailleurs: Taxe: Prélèvement fiscal obligatoire perçu par l'Etat. Parafiscales, perçues dans un intérêt économique ou social au profit de personnes morales, publics ou privées autres que l'Etat. Taxage: Au Québec, action de taxer, d'extorquer... (clairvoyants, nos québecois...)
D'abord, il y a les taxes directes sur les salaires et qui, proportionnelles avec l'importance de ceux-ci, suivent plus ou moins la normalité. La TVA (Taxe sur la Valeur Ajouté) ("taxe calculée et payée à chaque stade de production et de distribution sur la valeur ajoutée au bien ou au service vendu par la personne morale ou physique assujettie"), dans son principe, est bien pensé. Et puis, il y a les taxes sur les taxes. Les taxes indirectes sur tout ce qui est acheté, produits ou services ou même sur argent non consommé et épargné. Il vaut mieux ne pas trop vouloir calculer la valeur marchande finale réelle de l'euro qui sera très faible, très certainement. Les accises sur lesquelles sont comptés de la TVA.
E
n Belgique, un "Questions à la Une" se posait la question de notre situation avec "Enfer ou paradis fiscal?".
Conclusions? Enfer pour les travailleurs salariés et paradis pour les plus fortunés. Les salariés sont tout de suite taxés à 25% minimum. L'inventeur du précompte professionnel exigible à la source par des barèmes fiscaux n'ait pas pensé à l'indexation. En quelques années la pression fiscale pendant les années 70 avait doublé avec l'inflation galopante. Les tranches de taxes s'arrêtent pourtant à 50%. La délocalisation avancée est le prétexte à ne pas l'augmenter car ces capitaux sont les plus mobiles. Les impôts sont payés par le travail et la consommation. Le système providence n'existe plus vraiment face à un habitant sur sept qui vit sous le seuil de pauvreté.
Répartition équitablement entre des bénéficiaires moraux et physiques, un programme de plus en plus difficile à établir! Pas de rage taxatoire. La taxe s'ajuste en fonction des disponibilités ou des carences. Il s'agit de la cibler au mieux et de s'assurer que l'étiquette du bon destinataire soit bien collée sur le "paquet cadeau". Les législateurs ont établit des cahiers de charges dont les articles se sont retrouvés dans les lois de répartitions.
Cette fois, avec cette crise, les difficultés sont encore plus complexes. Il faut chercher des débouchés possibles chez les plus "généreux" donateurs. Pour cela, on est prêt à faire des concessions et oublier des principes et des lois déjà signées.
Les taxes, pour suivre la mode, on les veut plus écologiques. Ratées pour les taxes sur l'emballage, sacs en plastique et l'aluminium.
La fiscalité sur le transport. Bien sûr. Le diesel, lui, qui est moins cher par rapport à l'essence, devrait subir une petite saignée du côté des accises? Intéressant fiscalement, trois quart des véhicules roulent au diesel en Belgique. Son problème écologique, l'émission de particules fines et d'oxyde d'azote, on y pense bien à propos. Le filtres minimisent ce côté négatif, dit-on de l'autre côté de la barre pour maintenir la pression de la vente des véhicules diesels. L'utilisateur fera la balance des pertes et profits.
Pour y échapper, il y a le vélo et les transports en commun. Tout dépend de l'éloignement et où on trouve le travail qui fera vivre. Enfin, 'travail', quand il y en a. Il faudrait que l'industrie des transports, des automobiles se grouillent pour sortir des voitures encore plus propres. En attendant... faudra apprendre à se passer de gaz et de pétrole. Le RER, c'est pas pour demain. On vient de l'apprendre.
Il y a la taxe carbone. Le carbone, élément simple, inoffensif mais qui peut passer au dioxyde de carbone en donnant des gaz à effet de serre. Allez hop, taxé. On prévoit des primes pour entrer dans le cycle de l'écologique BCBG. Se protéger du froid et utiliser le soleil, le vent comme sources d'énergie. Vite dit. On apprend que les ecobonus sont réajustés: primes en hausse mais seuils d'émissions en baisse. Le photovoltaïque devra se débrouiller sans aides de l'Etat. Retour en arrière?
Il y a quelques années, la DLU avait pour tâche de rapatrier les fonds garés et exempt de taxes de l'étranger. C'est fait. Opération non récurrente. Il faut trouver autre chose.
Il y a un an, on constatait que si les impôts sur le travail avait diminué, les recettes des accises avaient explosé.
La pression fiscale, chez nous, s'élevait, au niveau maximum, à 44,10% du PIB à l'époque (détails, ci contre).
Rappel pour le Gouvernement qu'il ne faut pas abuser des "bonnes choses".
Le consommateur toujours en aval. Le producteur privé et public en services en amont. Tous dans une politique d'efforts en communs. Oui, mais jusqu'où et jusqu'à quand?
Budget d'austérité avec le pied au plancher. Il s'agissait, cette fois, de combler le déficit dû au rachat des dettes de quelques banques qui avaient abusé des risques.
On était arrivé à la période de calcul des budgets pour l'année prochaine.
Il y a, d'abord, les bons mouvements. La TVA de 21% dans l'Horeca baissera, baissera pas à 6%. Non, ce sera à 12%. Mais, ce qui, pour modérer les enthousiasmes, ne changera pas beaucoup pour le consommateur.
Du côté retour sur investissements, les pistes sont les accises sur le diesel, impôts sur les la fortune, stabilisation des coûts des soins de santé, la taxe sur l'épargne. Il faut trouver mieux encore.
Histoire de gros sous et plus de fonds de tiroir à remplir. Espérons même que l'on puisse les rendre plus récurrents.
Et puis, miracle. C'est fait. Voilà que le budget belge est bouclé et, en plus, il ménage le citoyen, est-il dit ce 13 octobre.
On n'a pas de pétrole, mais on a des idées, pourrait-on penser avec un peu d'humour. Les nouveaux créditeurs sont là, efficaces et puissants pour assumer. Du moins, on veut y croire.
Tout le monde le dit, la situation redevient plus conforme à une période d'accalmie, il était normal de penser que les banques participent. Remarques, tout de même. Cela s'est réalisé, souvent, à coup de restrictions et de restructurations, mais, tout n'est pas joué et revenu à la stabilité.
On va, dès lors, faire payer les banques. Première bouée de sauvetage.
Les petites banques, inégales devant ce budget, disent qu'il faut être plus circonspect et rester en rapport avec les risques encourus par elles. Elles n'ont pas pris de risques, disent-elles, et ne sont pas venues demander de l'aide à l'Etat.
Qui va, de toute manière, trinquer?
La Deutsche Bank a été honnête de l'annoncer: les usagers, les consommateurs. Pas de surprise, les coûts sont toujours répercutés au dernier échelon. Ce n'est pas le Ministre des Finances qui pourrait faire croire du contraire en affirmant que la concurrence jouera. Les accords pour limiter la casse existent. On cherche, mais, en somme, on ne change pas trop les habitudes.
Deuxième bouée, prolonger l'exploitation des centrales nucléaires de 2015 à 2025, pour espérer des compensations des producteurs d'électricité, un bon calcul mais une solution controversée, à la base, par les écologiques. La loi de 2003 sera mise en veilleuse pour les trois plus vieilles centrales nucléaires (sur 7). Celles-ci devraient tenir le coup encore dix ans de plus après les 40 ans prévues. En compensation, 200 à 250 millions d'euros seraient demandés en échange les prochaines années.
Actuellement, pour évaluer la situation, 55% de l'énergie sont fournis par le nucléaire dont 30% pour ces trois centrales en limite d'âge. Cette prolongation rapporterait 1 milliards net aux électriciens. L'énergie renouvelable, elle, représente 4% du total.
Q
ue ne ferait-on pas pour redresser la barre de l'économie?
Pas d'accord,.les producteurs d'électricité ont déjà donné des millions l'année passée et doubler la dose les suivantes. Pas question... Ici, il s'agit d'une entreprise commerciale française comme adversaire contre le Gouvernement et l'Etat Belge.
Exigence du gouvernement d'avoir un accord signé pour jeudi... ou c'est la guerre.
La justice sera-t-elle appelée à la rescousse pour temporiser ? Car qui dit "justice", dit un certain délais pour le jugement pour ne pas dire, un délais certain.
Une "Pax Electrica" ou une nouvelle bombe nucléaire à fragmentations?
Et, si GDF-Suez décidait de fermer les centrales?, lisais-je dans la presse.
Dernier coup de Jarnac, il y a aussi l'Europe. La Belgique est rappelée à l'ordre par la CE pour déficit excessif. Tiraillée par devant et par derrière et le torchon brûle.
Retour à la case départ et retrouver des moyens de combler des déficits, ces milliards à injecter dans l'économie?
Non, vraiment, il doit y avoir quelques "deals" secrets entre privé et public comme par le passé. Le projet Unidata entre Siemens et le Gouvernement belge qui s'en souvient? Pacte où il était question en 1973 de compensations dans l'engagement de nouveaux personnels chez Siemens en échange d'avantages fiscaux. Le quotas d'emplois créés n'a jamais été rempli, mais, il faut dire que les Gouvernements passaient alors, plus vite que leur ombre et que les Sociétés privées avaient les dents longues.
Pour les consommateurs, il y a aussi des "trucs", chez les plus "fins" contribuables qui jouissent d'une armée de conseillers, de fiscalistes. Cette historette, racontée le 16 mars de manière philosophante par Paul Hermant, journaliste à la RTBF et que je ressors de mes tiroirs avec un certain humour:
"Je pensais à ce contribuable lessinois qui vient de remporter son combat fiscal contre sa commune et je me disais que le surgissement du citoyen dans les affaires publiques prend parfois des formes curieuses. Ce contribuable lessinois, par ailleurs expert-comptable, avait en effet remarqué que le Conseil communal avait voté de façon rétroactive l'augmentation de l'impôt communal. Il avait introduit un recours pour frapper cette majoration de nullité et l'affaire avait traîné quelques années avant d'être tranchée ces jours derniers. Le contribuable a raison. La commune a tort. Ce ne serait rien ou pas grand-chose, une affaire clochemerlesque, si beaucoup de communes n'étaient dans la même situation. En foi de quoi, cette décision pourrait créer un cataclysme dans les pouvoirs locaux. Lisant et écoutant ce qui se dit ici et là à propos de cette histoire, j'ai cru comprendre qu'une certaine sympathie entoure cet expert lessinois. Ça y est, on en tient un, de Robin des Bois fiscal ! Parce que, comme disait d'ailleurs un bourgmestre, sic, « on n'aime pas de payer ». Mais si « on n'aime pas de payer », on aime tout de même bien utiliser ce à quoi les impôts servent. Je veux dire, dans une commune, les crèches, les voiries, la piscine, la bibliothèque, le centre sportif, enfin, toutes ces choses qui nous tiennent ensemble. Aussi bien, on peut se demander, tout de même, où réside l'intérêt général dans cette affaire ? Que tout le monde récupère le montant d'une taxe illégale ou bien que tous les citoyens utilisent le fruit d'un impôt légitime, même si tardivement voté ? Il est vrai que notre rapport à l'impôt est brouillé depuis longtemps. Notre main gauche qui donne ne voit pas ce que notre main droite reçoit. Nous sommes sur cette question, terriblement hémiplégiques. Cela fait des années, maintenant, que l'impôt est remis en question, qu'il est considéré comme injuste, oppressant, inique. On peut discuter à l'infini sur la manière de le rendre plus harmonieux, mais il y a un fait têtu : pour vivre ensemble, nous devons payer ensemble. Et si cette affaire, finalement, en restait au plan des principes ? La commune a fauté, la commune est condamnée. C'est juste. Pour le reste, je suis certain qu'on peut s'arranger. René Magritte aussi était lessinois. Il a peint en 1964 un tableau intitulé « L'ami de l'ordre». Deux ans plus tard, il en peignit un autre qu'il appela « L'heureux donateur». Hé bien, vous savez quoi ? C'est presque le même. "
Le message était clair. Du moins, je le crois. La taxation est un "must", une autre manière de solidarité qu'il serait impardonnable de ne pas comprendre dans les obligations naturelles. Les entreprises ne sont pas égales devant le fisc et encore moins le particulier.
Les règles passent au second plan quand il s'agit de mettre la main à la poche. Quand il s'agit de faire un don, on reconnaît en général la sébile ou le pot en forme de cochonnet. Pas besoin de verser dans l'extra légal.
Bien sûr qu'il faut penser à des arrangements comme il est dit. En général, quand il s'agit de s'acquitter d'une dette, une visite devant un juge pourra trouver l'accord en fonction de raisons bien compréhensibles. Normal, enfin, presque...
La suspicion d'un intérêt "quelconque", comme il se dit naturellement dans les rapports de jugement, serait même à envisager. Mais de cela, je ne veux pas croire. Quoique...
On apprend, par un journal, en catimini, que les fonds placés en banques et qui servent souvent à financer un complément de pension, subiraient une ponction qui passerait d'un pourcentage de 15% à 25%. Il est vrai que le pourcentage ne correspondait pas à celui des taxes payées sur les salaires. Mais un étalement progressif aurait peut-être été nécessaire pour faire passer la pilule.
Eluder l'impôt par des mécanismes légaux frise la combine légale. Les voitures de sociétés souvent mises en avant pour combler le salaire trop taxé ne participe pas aux allocations sociales. L'impôt sur la fortune n'a pas les moyens de sa politique au niveau des contrôles. 700 dossiers par mois à traiter avec moins de contrôleurs.
La plus grande affaire traitée et jugée, il y a 7 ans, la KB-Lux n'a toujours pas eu de dénouement avec pénalité. Le procès commençait lundi (400 millions au prétoire). Inculpations des petits et des gros poissons?
Notre modernisme, généreusement arrosé par la pub, pour inciter à consommer toujours plus, est arrivé à un point de rééquilibrage.
Les vannes resteront toujours à ouvrir à un moment ou à un autre dans la triangulaire du privé, du public et du consommateur. Autant tenir le robinet adapté en mains propres eu égard les besoins de chacun, sans faux semblant ni orientation non conformes sous peine de se noyer et ne pas arriver à ses fins de citoyen responsable et solidaire. Main dans la main ou pied contre pied?
Si jamais, vous connaissez des alchimistes, des inventeurs d'une nouvelle politique monétaire, je peux vous donner des adresses de personnes très intéressées.
- Allô, Père Noël, n'avez-vous pas, par hasard, reçu le Nobel de l'Economie?
Vous en avez, vous, dans votre hotte, des moyens pour investir et faire investir.
Comme vous semblez toujours avoir la même santé, c'est dans le privé ou le public ?
L'enfoiré,
Sur Agoravox, des commentaires publiques ou du privés?
Citations:
-
"L'intellectuel dont la richesse est toute intérieure n'a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse.", Raymond Devos et un se ses sketchs
-
"Les gouvernements ont une vision très sommaire de l'économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s'arrête de bouger, donne des subventions.", Ronald Reagan
-
"L'amour est la seule chose au monde que le gouvernement ne peut pas taxer.", Anonyme
09:00 Publié dans Actualité, Belgique, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : taxe
12/10/2009
L'Economie sous le feu du Nobel
L'économie devait subir les contre coups de ... l'Économie. Le Prix Nobel de l'Économie devait être attendu au coin de la réflexion cette année après la crise qui a failli faire imploser notre monde par l'effet domino.
Ce 12 octobre, le Prix Nobel de l'Économie est tombé... en retard sur l'horaire.
Il s'agit d'américains, une femme (pour la première fois) Elinor Ostrom et Oliver Williamson pour leurs travaux sur la gouvernance économique. lls n'étaient pas dans la liste des candidats présentis. Travaux sur la gouvernance qui démontrent l'efficacité des entreprises et des associations locales. Doutes sur l'efficacité des marchés. Plus de pouvoirs aux communautés publiques ou privées pour agir vite et à moindre coût. La gestion des conflits par l'utilisation des hiérarchies. Limites des trop grandes entreprises impactées par les fusions.
Elinor Ostrom, de l’Université d’Indiana (centre), « a démontré comment les co-propriétés peuvent être efficacement gérées par des associations d’usagers », précise le comité.
Oliver Williamson, de l’Université californienne de Berkeley (ouest), « a montré que les marchés et les organisations hiérarchiques, à l’image des entreprises, ont des structures de gouvernance alternatives qui diffèrent dans leur façon de résoudre les conflits d’intérêt ».
Elinor Ostrom est optimiste si pas admiratrice de la méthode chinoise.
Le point de départ de Williamson et de la TCT (Théorie par Coûts de Transactions) est de postuler que toute transaction économique engendre des coûts préalables à leur réalisation : coûts liés à la recherche d'informations, aux "défaillances" du marché, à la prévention de l'opportunisme des autres agents etc.
Ce prix de l'Economie cloturait comme toujours les Nobel. Il n'existait, d'ailleurs, pas dans les projets d'Alfred Nobel. Pas de Nobel des mathématiques, non plus. En 1969, il est créé sur les recommandations du Gouverneur de la Banque de Suède, la plus ancienne banque centrale du monde. Derrière elle, très certainement, une envie de mesurer cette économie pour l'améliorer et pour rechercher les meilleurs moyens, les plus performants d'augmenter, toujours plus, la compétitivité, au besoin avec cynisme.
Cette fois, on l'attendait, ce prix de l'Économie, si pas avec impatience, avec beaucoup de curiosité. L'histoire officielle récente a secoué les habitudes et la routine. Les questions étaient nombreuses. Allait-on ronronner comme d'habitude? Allait-on connaître les moyens d'éviter une nouvelle crise ou faire fondre les grandes disparités de notre monde par des formules "savantes" de solidarité? Comment sortir des exceptions alors que tout est prévu pour les protéger comme les paradis fiscaux?
Il fallait changer les idées et les conclusions, souvent prises dans les périodes d'euphories jusqu'en mi-2008. C'était sûr.
Le Nobel de la Paix n'a peut-être jamais été aussi proche ou même intégré à celui de l'Économie.
Qu'est ce qui fait un Nobel de l'Economie?
Dans mon article, "Et la raison fut", de l'année passée, je reprenais quelques constatations et erreurs du processus de modélisation qui n'étaient pas adaptés aux réalités plus complexes. Mettre le futur en formules s'est montré très hasardeux. Faute de paramètres oubliés ou mal interprétés par leur importance, on arrive parfois à "adoucir" des courbes graphiques de l'évaluation des risques. L'effet levier et l'effet domino passent souvent au second plan des réalités. Le modèle brownien sous-estime complètement ces effets vitaux analogiques et par là, humains, totalement en dehors de la relation avec le numérique. Se baser sur le jeu, pour parallèle, comme cela l'a été fait, pouvait donner des surprises que l'on n'oublie pas quand on perd et fait rêver quand on gagne.
L'Economie n'est pas une science exacte.
Une science? Le Robert dit "'ensemble de connaissances, d'études d'une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables".
Relations objectives vérifiables? Tout dépend de ce que l'on en fait. L'homme passe très vite du rationnel à l'irrationnel.
Le prix de 2008 par Paul Krugman prêterait à sourire. Paul Krugman analysait la mondialisation des capitaux et de la main d'œuvre. Je rappelais ce détail: cet économiste de gauche n'hésitait pas à dire : "Croire qu'il suffit d'aligner la rigueur budgétaire, l'orthodoxie monétaire, la logique antiétatique pour conduire au succès économique, tient de l'hérésie". Cela a, plutôt, un goût de réchauffé aujourd'hui.
Si on remonte à 2003, ce n'est plus sourire mais franchement rire des théories de Robert Engle et de Clive Granger qui étaient récompensés par le prix Nobel de l'Économie grâce à leur analyse sur la fiabilité des prévisions économiques. LOL.
Joseph Stiglitz avec son "nouveau keynesianisme" a reçu le prix en 2001 et reste écouté, encore aujourd'hui, avec beaucoup d'attention mais plus comme un Messie que comme un rêveur socialisant. L'économie du développement par l'obtention de l'information et par son traitement ne suffit plus. Le salaire de l'efficience pour optimiser le profit n'est plus respecté ni dans un sens ni dans l'autre. Pas plus d'ouvertures entre le haut et le bas de l'échelle des valeurs au niveau mondial.
Son adversaire, patron au FMI, Kenneth Rogoff, dit "Les humains sont d'une arrogance ! Lorsque tout va bien, ils oublient l'histoire et pensent que cette fois, les choses vont tourner différemment".
Quels étaient les candidats, cette fois?
Ce n'est pas comme les prédicateurs tel Nouriel Roubini qui avait lancé la sonnette d'alarme en premier, qui apporterait la solution miracle. Il fallait rester positif et pas se transformer en Cassandre dès les premiers signaux qui pouvaient être aussi mal argumentés ou trop liés à la boule de cristal. Il faut apporter des raisons, des corrections, des solutions, construire et pas seulement détruire.
Ernst Fehr et Matthew Rabin suivaient l'économie comportementale avec la psychologie et la sociologie comme fil rouge.
William Nodhaus et Martin Weitzman faisaient la relation entre l'économie et les changements climatiques.
Récompenser pour la remise en cause des modèles dominants pouvait s'imaginer.
Jean Tirole, Robert Shiller sont dans la veine de Krugman en généraliste de l'économie.
Tony Atkinson pourrait-il tirer des conclusions efficaces sur la seule question des inégalités?
Le capitalisme et le libéralisme ont, tous deux, été montrés comme les responsables de la chute vertigineuse de nos économies. Toute la planète a subit une hécatombe de crises successives: immobilières, financières, commerciales, sociales et j'en passe. Reprendre des vieux trucs du passé, Plan Marshall, New Deal, Bretton Woods, ne permettent pas, sans une réactualisation, bien adaptée aux réalités d'aujourd'hui, d'assurer la réussite.
Milton Friedman, à sa mort , était baptisé par "The Economist", comme l'économiste le plus influent du 20ème siècle et des autres. Il ciblait son action sur la quantité de la monnaie en soutenant les taux de change flottants qui étaient à la base de la dérégulation des marchés financiers. Maîtriser l'inflation. comme l'ennemi numéro un. Il a avoué qu'il s'était trompé. La mondialisation et les produits à bas prix en provenance des pays à bas salaires a contrecarré l'inflation. Bretton Woods qui poussait à alimenter la planète de dollars a fait plongé le déficit des Etats-Unis dans les abîmes d'un déficit structurel. La convertibilité du dollar et les taux de change fixes ont sauté en 1973. La volatilité des monnaies a poussé à se protéger contre les fluctuations et par extension, à la spéculation. Aujourd'hui, 80% des transactions financières ne sont plus que des allers et retours dans une même semaine. Alors, une taxe Tobin, pour inverser la vapeur?
Combler les trous, les déficits en catastrophe pour ne pas plonger corps et biens, a été la solution "save", mais toujours à posteriori , réactive plutôt que proactive avec véritable plan de bataille dans le parfait accord mondial. La plupart des crises qui feraient sombrer l'ensemble, sont passées. C'est le moment d'analyser, de synthétiser pour espérer des ajustements et un avenir plus radieux. On reparle même de pertes de valeurs morales plutôt que financières auprès des jeunes qui ne voient plus l'argent comme une source de bien être mais comme une pierre qui fait sombrer le bateau corps et biens. Les problèmes écologiques ont aussi apporté une impression de mauvaise conscience.
Comment tout changer, sans tout bouleverser et revenir à la case départ?
Modéliser les corrections au "système" pour supprimer un risque d'une autre crise encore plus désastreuse?
Les modèles en économie ne sont pas une affaire de modes. Il a ses principes et règles.
Mais, l'économie réserve des surprises qui n'obéissent jamais totalement au passé. Alors...
Et si je reprenais un billet de l'année passée de Paul Hermant, journaliste à la RTBF, qui avait cette chronique philosophique, il y a déjà un an et qui rassemblait les événements avec une vision décalée mais qui ne pouvait pas voir avec la distance du temps:
"Il est question du présent qui n’est jamais actuel, du passé qui vient trop tard et du futur qui arrive trop tôt…Cette question revient de savoir pourquoi, nous autres qui sommes gens postmodernes, sommes tellement désireux de disqualifier notre passé, de le flétrir, de l’abîmer. .... Tout se passe comme si nous avions besoin de rendre notre passé suspect — comme si nous n’avions pas vécu ce que nous avions pourtant cru vivre — pour nous convaincre que l’avenir est décidément plus vivable que ce que l’on nous dit et que tout ce qui est annoncé aujourd’hui à son propos est sujet à caution. Il est vrai que nous allons sur ces questions de dates butoirs en dates butoirs. Et l’on ne peut s’empêcher en égrenant ces échéances ... de nous rendre malgré nous à une sorte de millénarisme consenti car voilà : nous en sommes aujourd’hui à programmer une fin tous les jours, le pétrole, les abeilles, l’archipel de Tuvalu, etc…De sorte que dans cette querelle entre un passé indésirable et un futur non désiré, c’est finalement le présent que nous ne voyons plus. Nous n’avions pas vu, par exemple, que les banques étaient une espèce menacée de disparition."
"Le Nobel a une jeunesse éternelle" constatait mon journal. Qui dit jeune, dit malléable. Rien d'immuable, donc, derrière des formules. Si à la foire, nous aimons tout ce qui augmente l'adrénaline, nous aimons le suspense, à être surpris, il ne faudrait pas pousser trop loin cette envie. Tous n'y survivraient pas.
On est bien loin de la solution humoristique de Raymond Devos "Si on veut avoir un peu d’argent devant soi, il faut le mettre de coté".
Si, avant hier on disait, "Rien ne se perd, rien ne se crée". Hier, "Tout évolue, tout change, tout se déplace". Aujourd'hui, on constate, après coup, que changer, c'était surtout de poche.
La gouvernance méritait une analyse plus fine dans tous les domaines de son pouvoir.
La méfiance envers l'Économie augmentait car elle décevait. Des groupes se sont formés. Ce ne sont plus des Economistes, à part entière. Le cercle s'est élargit à des penseurs. Il s'appelle, parfois, d' INET ("Initiative for a New Economic Thinking").
Il s'agit de partager l'information de haut en bas de la hiérarchie. L'information asymétrique ne fonctionne plus. Les marchés ne peuvent plus fontionner parfaitement sans observer un recul. Réguler, oui. Mais avec tous les éléments, tous les artifices en main. Réguler les produits, aussi. La modélisation en réseau avec interactions des marchés et du monde du travail en son complet. Complément de l'un par l'autre.
Jacques Attali préconise sept remèdes miracles: le respect de soi, l'intensité, l'empathie, la résilience, la créativité, l'ubiquité et la pensée révolutionnaire.
Derrière la méfiance, d'autres se nomment, désormais, "Objecteurs de Croissance".
Peut-être, le Nobel de 2010?
L'Enfoiré,
Citations:
-
« Le prix Nobel, c'est une bouée de sauvetage lancée à un nageur qui a déjà atteint la rive. », George Bernard Shaw
-
« Se donner du mal pour les petites choses, c'est parvenir aux grandes, avec le temps. », Samuel Beckett
-
« Un prix Nobel a décrit le bonheur comme étant l'accomplissement de plus que ce que vous n'étiez en droit d'espérer. », Anonyme
13:35 Publié dans Actualité, Histoire, Monde des affaires, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07/10/2009
Echo à l'Echo
On me dit long dans mes articles et par cela, je serais devenu vieux, disait un commentaire. L'idée de ce qu'est la vieillesse serait-elle liée à ne pas pouvoir suivre l'évolution que par le bout de la lorgnette comme il est très souvent le cas dans les médias? Notre ère d'agitation ne permet plus de faire le lien entre les événements comme s'ils étaient chacun dans un tube sans interactions. Alors, si j'appelais un jeune à la rescousse...
La longueur n'est-elle pas simplement une habitude de vouloir tout découper en rondelles? La jeunesse, l'expert ne se se confronte plus avec l'autre que pour suivre la compétition. La solidarité, appuyée comme solution à nos crises, ne se trouve que dans les beaux principes du dons du plus riche vers le plus pauvre...
Bien facile de donner l'aumône. Bien facile de pleurer pendant un instant et de penser à autre chose par après. Il y a un temps pour tout, pour expliquer nos penchants. L'analyse demande plus de temps. Chercher les sources des problèmes, les tenants et les aboutissants. Les historiens seront là pour rassembler tout cela mieux que nous ne pourrions le faire. On ne peut être long. Tout doit aller tellement vite. Analyser n'est plus de mise.
Une voix jeune, plus forte, plus savante que les autres, se fait entendre.
- Cela prend du temps et on n'en a plus, t'as donc rien compris, l'Enfoiré. On a le temps de voir des images. Mais, nous sommes au temps de l'image, de la vidéo, pas au temps de l'écrit. Tu peux pas nous faire un dessin à la place? Si tu fais un billet, cela doit être comme tout le monde avec la réduction des traditionnelles 3 minutes impartîtes à tout bon éditeur en monologue.
- Mais je laisse ce rôle aux spécialistes, non? A des journalistes de grands journaux qui sont payés pour se trouver là où se passe l'action. A des caricaturistes pour donner une idée décalée avec le plus d'humour possible. Les médias sont limités par l'espace visuel et par le temps d'antenne et doivent se plier à ce genre de contrainte. A nous de les reprendre pour en tirer la substantifique moelle.
- Quand cela ne coute rien, je survole, je virevolte. Quand j'y ai mis le prix, je lis ce qui me plait. Je sélectionne. Je choisis. C'est mon droit, non?
- Bien sûr. Mais, tu payes pour des textes dont tu n'as que foutre en laissant peut-être échapper la montre en or? Tu te limite aussi dans tes progrès. Pas entendu parler du sommet de l'iceberg? En fais-tu au moins une synthèse, une analyse globale de ce que tu lis?
- Pourquoi faire? On ne me payes pas pour cela. Je consomme. Faut pas mélanger les pommes et les poires.
- Ne consumerais-tu pas plutôt que de consommer? Nous sommes à l'époque du durable. Ce qui nous impose d'utiliser l'information, de l'user jusqu'à risquer en abuser pour son propre besoin. Mais tu verras que tu as partiellement raison.
- Te rends-tu compte qu'en rassemblant tout cela comme si les éléments devaient se ressembler pour subsister, tu deviens complexe?
- Mais vivre est complexe. Je dois t'avouer que je suis un généraliste éclectique. Je vais t'étonner. Je suis d'accord avec toi. L'abondance de l'information nuit à sa compréhension. Elle noie son lecteur. Les médias sont tellement nombreux qu'il te font perdre énormément de temps dans une suite de répétitions, de déviances, de mauvaises prises de conscience. Les médias peuvent, en plus, te tromper. C'est pour cela qu'il faut toucher à tout. Car tout se tient, quelque part, pourtant.
- Ouais. Tu l'as dit. J'ai lu cela. Et tu voudrais, maintenant, que j'en fasse une analyse et que je te présente l'addition dans une synthèse?
- Ben, oui. C'est ça lire l'information. Tiens, on va se limiter. Je vais te prouver qu'il est possible d'aller bien plus loin avec une seule source, un seul journal. Prenons l'exemple de l'Echo que je viens d'acheter. L'Echo, journal qui se dit "Journal économique et financier". Le mot "écho" est bien choisi, à mon avis. Il veut dire "répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle" d'après Larousse. Une "répétition", cela veut dire qu'il y a eu une origine précédente à ce son. Une "réflexion", une nécessité pour être bien comprise. Un "obstacle" puisque c'est ton rôle de jouer cette opposition en objectant par ta thèse, par ton opinion, si nécessaire, pour suivre ta propre pensée et ton expérience. Tu vas voir que tout se tient, pommes et poires, à condition d'en trouver la queue et d'ouvrir ces deux fruits pour en faire ressortir les pépins avant de l'avaler jusqu'au trognon. Commençons, résumons, mais, asseyons-nous, tout de même, car cela peut prendre du temps même pour résumer. Que tirer d'important de ce fatras d'informations qui te sont jetées en pâture et qui pourrait avoir un lien avec ton ego comme fil rouge et ton avenir dans la lucarne? Analysons chaque bout et faisons une synthèse intermédiaire avant d'en rassembler tous les bouts en finale. On risque de s'apercevoir qu'on a lu pour rien. C'est le risque.
- Essayons. Je te laisse le choix.
Première page: "La pyramide des âges pourrait permettre de faire des économies de plus de 3% de la masse salariale sans nuire au service".
- Sous-titre intéressant pour l'administration wallonne en temps de crise. L'atout magique serait la pyramide des âges. Un rapport de la DG Personnel, commandé par le ministre de tutelle. "Les départs massifs d'agents au plus haut niveau de leur rémunération devraient dégager de nouveaux moyens pour autant que le politique d'engagement veille à recruter des agents avec peu ou pas d'ancienneté". La logique du remplacement serait "davantage de "une entrée" pour "deux départs". "Le remplacement par des jeunes et leur embauche est, par ailleurs, cruciale, parce que les effectifs ne permettraient pas de remplacer le départ massif de cadres en préretraite", est-il ajouté. Et "La cote d'alerte est atteinte car il faudra ramer à contre-courant et développer des moyens pour allonger la durée d'activité des seniors".
Réactions : n'ai-je pas entendu qu'on est de plus en plus nombreux à chercher du travail et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour gagner plus? Le publique deviendrait-il l'équivalent du privé? Main dans la main, gauche et droite? L'expérience, on n'en a rien à faire. On redémarre à zéro, quitte à réinventer la roue. Adieu le savoir-faire par l'expérience. Où a été envoyé le "gras" de ce rapport? Ah, oui, plus loin, il faut "saisir l'opportunité d'adapter nos structures aux besoins d'une entreprise moderne. Le recrutement devient une priorité pour permettre une prise en charge progressive des postes tenus par les agents qui vont remplacer les futures retraités. Revisiter les processus, en les simplifiant ou, mieux, les automatiser dans l'urgence à mettre en place la structure hiérarchique.". Donc, revirement complet. Serait-ce plus de chefs pour faire tourner le bidule? Et, accroitre encore le problème. A qui profite la crise? Quand on sait qu'au cours des 5 dernières années, il y a eu 5318 départs contre 2658 entrés. Qui a besoin de travailler après l'âge limite? Cherche bien. Moi, j'ai trouvé.
- Que vais-je tirer de cela? Ben, on dit tout et son contraire, à mon avis.
- Bien vu. Voilà le type de rapport qui veut le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière et la bénédiction par les esprits jeunes et vieux. Une sorte de quadrature du cercle consensuel. D'accord?
- Information nulle. Qui n'apporte aucune conclusion, si ce n'est de faire perdre le Nord et l'argent de ceux qui ont payé le rapport.
- Tout compris. Passons au sujet suivant.
"Il faut prolonger le nucléaire en Belgique.
-
Le ministre de l'Energie plaide pour le maintien en activité de trois réacteurs nucléaires et prône un prélèvement structurel sur Electrabel. Ne trouves-tu pas qu'en période de crise, ce ne serait pas une solution? Je sais, l'énergie nucléaire fait toujours peur, mais qu'est-ce que quelques années en plus pourrait changer? Les experts de Gemix chargés de dessiner l'horizon 2020 préconisent de retarder la fermeture des centrales de dix ans. Une manière de reculer pour mieux sauter.
- "Pour mieux sauter". Amusant. Et les éoliennes, le solaire, les marées, n'est-ce pas la solutions dans le durable? Il faut investir dans celui-ci.
- C'est une optique. Tu as raison par "investir", mais ne se rend-on pas compte que l'approche de l'énergie produite par le nucléaire pourrait se faire par une autre manière? La fission, c'est le plus facile. La radioactivité existe déjà sous cette forme dans le processus naturel spontané. Créer l'énergie comme le soleil le fait, c'est moins facile. La fusion produit, après un "starter" important d'énergie, une énergie bien plus impressionnante encore. Alors, par manque d'investissements, pour des raisons politiques et financières, l'énergie pour tous et presque gratuite, a été mis entre parenthèses depuis des dizaines d'années. Le budget militaire, bien plus important, a permis de construire la bombe H avec la fusion nucléaire. Nous étions en 1945. Les écologistes ruent devant cette décision d'allonger de 10 ans l'usage des centrales, mais n'est-ce pas perdre une partie des solutions?
- On patiente avec du charbon, des éoliennes, du soleil, de l'énergie humaine à bon marché. C'est sûr. Mais quand dans la balance, il y a le risque le risque et les déchets...
- C'est comme devant ton banquier qui te parle des risques des actions avec des plus values importantes contre la sécurité des bons de caisse. Connais-tu des actions en Bourse qui préconiserait l'utilisation de la fusion nucléaire? Pour s'électrifier, le nucléaire "fission" est sauvé par le manque d'investissements. Le renouvelable, c'est bien. L'éternité, c'est encore mieux, non? C'est fou, ce qu'on traîne à trouver les bonnes et définitives solutions.
- Où en est-on dans la fusion? Pas bien loin. On s'impatienterait?
- On pourrait, oui, ta planète en dépend et t'auras toujours besoin de plus d'énergie avec tes gadgets.
- Lol... Passons à une autre page.
"La récession en Irlande sur le point de sauver le traité de Lisbonne"
- Il y avait la démocratie, il y a aujourd'hui la récession. "Par devant par derrière, tristement comme toujours", on ne chante plus cela de ton temps?
- Que veux-tu dire?
- Lis ceci: "Si l'Irlandais n'avait pas fait partie de l'union monétaire, nous aurions eu un scénario à l'islandaise. Qui nous dit que si l'Irlandais rejette le traité, la BCE continuera à injecter des liquidités dans notre secteur bancaire". La peur du vide. Une crise dans la crise. C'est à coup de référendum que l'on use tous les principes et les idéologies. Suspense? Ton pronostic, c'est quoi?
- J'en ai rien a cirer. Je n'ai jamais rencontré un Irlandais.
- C'est peut-être le même problème et ta réponse semblable pour le sujet suivant.
"La Lettonie, en récession profonde, paie cash sa folie des grandeurs"
- On y lit: "Une chute de 18,5% de son PIB. Ils vont devoir apprendre à gagner leur argent au lieu de l'emprunter. Dégringolade des salaires de 35% et les retraites de 10%. Plus grave pour l'avenir, les universités ont des budgets rabotés de 45%. Les gens voulaient tout et tout de suite." Tu te rends compte des résultats? Tu n'es pas un peu comme ça, aussi?
- Mais nous, jeunes, n'avons rien. Pas d'avenir.
- Conseil d'ami, ne pense pas ainsi. Nous n'avons pas d'avenir. Toi, bien, mais ce sera un peu plus dur pour trouver la bonne porte d'entrée et méritera beaucoup de patience, j'en conviens. Le sujet suivant, ce n'est plus pour toi, quoique...
- 3,7 % d'octogénaires. Voilà un secteur en expansion. Les plus de 60 ans varie de 9 à 25 % selon les régions. Les "baby boomers" attendent le 4ème âge sans impatience. L'autonomie recherchée donne des opportunités dans les portefeuilles immobiliers. Car il y a encore des moyens de ce côté-là. Les rendements sont en hausses pour suivre la demande.
Mais si si cela ne t'intéresse pas, si tu veux, nous pourrions passer à la synthèse.
- Pas si vite. T'as pas vu la dernière page?
"Spéculations dans la mode".
- Voilà, le bling-bling qui réapparait. Les ventes mondiales du luxe ont chuté de 10% en 2009. Des rumeurs de rapprochements. C'est encore des fusions de sociétés?, dit le jeune.
- Ouais. Même, dans le prestige, on ne compte pas que des amis. Là, on ...
- C'est bien fait pour eux. Le luxe, nous, jeune, on n'en veut pas.
- Tu as peut-être raison, mais, là aussi, dans le beau, il y a du business. Le low-cost regarde où cela a mené? Du chômage, des produits qui ne tiennent pas la route dans le temps. Toi, qui aime le durable. D'ailleurs, même après cette chute, on lit "à moyen terme, les acteurs du luxe ne devraient pas tous profiter de la même façon de la reprise attendue de la croissance". L'horlogerie-joaillerie, ce sera plus dur vu les prix d'entrée plus élevés que ceux de la mode ou de la maroquinerie. Donc, là, aussi, il faudra se plier à la demande.
- Mais, quel est le lien entre tout cela? Toi, qui aime en chercher partout.
- N'oublie pas de lire l'éditorial d'un journal. Le travail de collecte a souvent été prémâché. On y lit "La logique et l'équité voudraient que tous les acteurs socio-économiques participent à l'effort selon leur capacité contributive. Et c'est que l'on touche à l'essence du débat", voilà une synthèse, non? Et ta conclusion serait?
- Plus loin. "Secteur public à la diète ou dans la profusion comme pour le secteur privé. La concurrence existent même entre les deux". C'est la m... partout, quoi. Ils cherchent encore des profils de plus en plus qualifiés ? Mais jusqu'où ira-t-on?
- C'est pas la joie. Faut pas rêver. Tous resteront à naviguer sur un bateau imaginaire en louvoyant entre deux eaux. Ce sera ceux qui auront le gouvernail en main. Sous la pression, ils se retrouveront sur des bateaux de plus en plus rapides mais avec le feu du moteur des actionnaires au cul. Les autres devront apprendre le maniement du tuba. Au milieu, on apprend la brasse-clown en passant par la grève du zèle comme seul moyen de réaction. En fait, tout le monde est pris par les c... mais avec la pièce supérieure plus ou moins longue. Alors, on ne réfléchit plus. On fonce. Tu avais raison, je me fais vieux. Avant, on avait les moyens de sa politique. Aujourd'hui, la politique, sans moyens, ne sait plus où donner de la tête. Alors, quelle voie aimerais-tu suivre? Par ton Internet, tu tchates, tu ne lis plus que les eMails des copains...
Tiens,
la Poste veut engager des facteurs de quartiers. Facteurs que tout le monde reconnait aussi comme du "low-cost". Le rendement n'est pas tout si l'on ne veut pas se limiter au superficiel.
- La Poste? Quelle importance? Tu me parles d'Internet et des mails, donc, on a la solution. Et puis, toujours l'argent...
- Mais tout ne passe pas par là. Tu devrais le savoir. Les colis, les lettres existeront toujours. C'est l'Europe qui veut privatiser à tout va. Elle dit qu'il faut toujours rester compétitif, mais par rapport à qui, à quoi? A eux-même, en cercle fermé? L'argent, comme disait Jacques Attali dans son "Le sens des choses", peut-être un instrument de la valeur, un moyen d'échange et un instrument de la conservation de la valeur".
- T'as pas vu, ils proposent d'accepter une croissance zéro pendant un temps?
- Cela impliquerait quoi? Le budget pour la croissance zéro, c'est quoi, d'après toi?
- Ben, c'est de ne plus lire les informations. Cela me donne mal à la tête et des nausées à l'estomac. Cela pousse à ne plus rien faire...
- Tu m'énerves. Dialoguer, avec toi, reste difficile. Du temps et de la longueur, je veux bien te les consacrer. Nous sommes en plein dans un conflit de l'eugénisme. Un nouveau conflit de générations. Tu deviens long, long à digérer. Tu n'aurais pas une boule de cristal pour lire notre présent en commun et pour entrevoir votre avenir? Çà, au moins, c'est un média qui nous manque déjà. Si je parle de tout, sans oublier d'ajouter son contraire, je ferais preuve d'un certain manque d'universalité dont nous avons tellement besoin dans un monde en expansion. Gardons l'ouverture d'esprit.

Je ne vais pas te gâcher ta journée en te disant que réduire son horizon, c'est, justement, un symptôme de la vieillesse et, sinon, d'un autre, plus grave, l'autisme.
L'Enfoiré,
Echo, écho, écho sur Agoravox?
Citations:
-
« Quand on montre du doigt, c'est parce qu'on veut être certain d'être du bon côté du doigt », F. Lordon
-
« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. », Jean de La Fontaine
-
« La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs. », Jules Renard
-
« Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. », Alfred Sauvy
08:35 Publié dans Actualité, Belgique, Monde des affaires, Presse et media, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
09/09/2009
Tous à un dollar ?
Il y a déjà bien longtemps, on travaillait et on recevait un salaire fixe.
Je me souviens encore de ce temps-là. Vous vous rendez compte, à cette époque, on était payé mensuellement. On était salarié. On allait même parfois plus loin. Certains allaient recevoir un salaire mensuel, anticipativement... Un treizième, un quatorzième mois, comme si on voulait allonger l'année artificiellement et que l'on ne pouvait payer cela en temps opportun. Incroyable, aujourd'hui.
Le mot "salaire" est sorti récemment du vocabulaire. Dans le dictionnaire, il s'y trouve encore, mais c'est pour en décrire une situation qui ne manque pas de nostalgie et de piquant de l'auteur dans les exemples. Car, les opposants conservateurs ont été souvent en équilibre avec les progressistes, qualifiés d'utopistes. A la suite de la définition du mot "salaire", l'historique raconte les différents péripéties qui ont poussé à sa disparition.
Apparemment, ce serait après la grande crise que les choses ont viré de bord du tout au tout. Tout s'était accéléré, un peu plus tard. Cette crise était survenue en fin de la première décennie de ce 21ème siècle. Car, c'est vrai, le ver était dans la pomme dès ce changement de siècle.
Ces moments-là avait ouvert la boîte de Pandore avec le pommeau de la douche froide dans les mains. Après l'eau bouillante, cela surprenait. Les autorités françaises de l'époque s'était révoltées sur l'importance des parachutes que l'on qualifiait de "dorés", attribués à quelques patrons d'entreprises et l'importance des bonus pour les traders qui était pointés avec les banques comme responsables. En fait, on mélangeait tout et une certaine ambiance insurrectionnelle. Cela faisait scandale dans la population. Tout semblait aller mal. Tout pouvait arriver. Une sorte d'échange de « bons procédés » se présentaient. Un véritable melting-pot de problèmes et un melting-pot de solutions se sont présentés.
Le mot "crise" était devenu le mot à la mode. Que de pages d'Internet, d'encre pour les livres qui sortaient en files indiennes pour expliquer ce qui s'était passé, pour en donner le niveau d'avancement et pour finir par en donner les moyens d'en sortir! Tout le monde prédisait le futur et jouait au fakir avec les clous encore sous les fesses.
En fait, le choc avait été tel, qu'il avait déstabilisé complètement tous les niveaux de la Société. Le brouillard se transformait en véritable chape de plomb avant une nuit de cauchemar. On cherchait la sortie du tunnel, de ce mauvais rêve et toutes les avis étaient bons à prendre ou mauvais à digérer. Chacun écoutait d'abord, pour ne plus qu'entendre sans comprendre, par la suite, car tout doucement, de vieilles habitudes repointaient leur bout du nez. Comme si on jouait à plus Alzeihmer, qu'Alzeihmer lui-même. Yes, we can. Mais, cela n'a duré que quelques années ce genre de flip flop entre actions et réactions pour retrouver un équilibre pas plus profitable pour tous. Les mentalités restaient ancrées derrière quelques habitudes tenaces. Mais, on sentait bien que cela ne pouvait durer.
Et puis, cela a explosé. Elles s'érodaient insidieusement, ces habitudes. La réduction des activités avait tué l'activité. Lechômage avait présenté des pointes jamais atteintes. Les gens s'étaient remis à réfléchir à leur condition et à se remettre en question. Les pays qui comptaient sur leurs exportations, n'exportaient plus qu'un pourcentage très réduit vis-à-vis de leur production.
Et puis, tout a basculé. D'abord par coups de sonde, pour voir comment allait réagir l'autre bord. Beaucoup étaient prêts à accepter une baisse de salaire. Vous vous rendez compte d'une révolution dans les mentalités...
Le processus de nivellement par le bas, était enclenché, pensait-on. Allait-on devenir comme ces Chinois, des usines du monde avec peu de pouvoirs d'achat et toujours à la merci des exportations? Ce processus n'arrangeait, heureusement, pas tout le monde. Puis, revenir à cela, personne ne pouvait y croire. Il fallait trouver une voie médiane car la motivation, le goût du travail bien fait, perdu au milieu du stress, baissaient de concert dangereusement.
Les États, à cause de ce déséquilibre, se retrouvaient comme les dindons de la farce. Basés sur les taxes, ils ne parvenaient plus à remplir les caisses. Alors que les frais fixes existaient toujours.
L'énergie ne faisait que grimper après quelques soubresauts par manque de demandes. Les productions industrielles passaient du stock trop rempli, au stock trop vide, comme si un verre n'était jamais à moitié plein. Véritable gymnastique d'apothicaire pour le stockiste. Le prix de l'énergie avait entreprit un mouvement de yoyo. Le seul point positif fut la chute de l'émission du CO2 au niveau mondial.
Un même président français avait lancé l'idée de ne pas s'arrêter au processus de bonus distribués dans les banques. Comme, si le processus n'existait pas dans d'autres cas, il a voulu inséré la contre partie du mauvais rendement par le processus du malus. Rien de vraiment nouveau. Dans le domaine des assurances, on procédait déjà depuis longtemps, à la récompense négative des résultats suite à trop d'interventions qui grevaient la mise du client. Il avait seulement institutionnalisé ce que chacun avait en lui, cette volonté de ressortir du lot par tous les moyens. On appelait cela du doux nom de "bling-bling" à la recherche d'un hypothétique bonheur, d'un paradis qui n'existe nulle part. En recherchant sa signification, j'ai pu trouver sur Google "Maladie psychologique". Heureusement, il y a eu quelques esprits plus sereins qui ne cherchaient pas la gloire des flonflons du bal. Ils agissaient dans l'ombre. Atone, le mouvement? Non, réaliste.
Il faut dire que la Société se divisait de plus en plus en deux blocs qui se regardaient en chien de faïence. Il y avait les super riches et, de plus en plus, de super pauvres. Donc, à son crédit, il se devait de lancer des idées révolutionnaires pour plaire à son électorat et rétablir au plus vite, une classe moyenne tombée en désuétude. Ce qui était inacceptable dans une économie qui parvient à fonctionner avec le mot "durable" devenu à la mode dans la théorie mais pas dans la pratique. Le court terme continuait bien au contraire dans les rapports présentés à Wall Street. On a ouvert le secret bancaire à des normes plus acceptables en déplaçant les barèmes salariaux vers des barèmes de richesses. Oui, mais, il restait des échappatoires qui subsistaient. Personne n'osait attaquer la Chine dans ce domaine. Parfois, ce n'étaient que des manifestations de cette richesse, car, à ce jeu, on connaissait très bien le "pour vivre heureux, vivons caché". Chacun pour soi et un Dieu éventuel à la rigueur pour épauler, c'était bien pour la Foi, mais celle-ci ne résiste pas devant l'analyse.
Mais, on ne pouvait plus faire marche arrière et le procédé a fait tache d'huile. Certains grands patrons dans le domaine de l'informatique, et oui, ce secteur était toujours à la pointe, avaient décidés de limiter la casse et leurs "émoluments" au dollar symbolique.
En référence, on trouve le premier, un certain Steve Jobs, qui dès son retour dans la société Apple, en 1997, réduisait son fixe au dollar symbolique annuellement. On trouvait pour le rejoindre dans ce qui pouvait être considéré comme un coup d'éclat, Larry Ellison, CEO de la société Oracle et Eric Schmidtcelui de Google.
Ces trois sociétés sont encore en pointe aujourd'hui et d'autres personnalités marquantes se sont empressés de suivre le même chemin dans d'autres secteurs dans la restriction pour, simplement, se donner des allures de bons gestionnaires d'entreprises. On parlait et mélangeait rendement, éthique et beaux sentiments pour couronner le tout et surtout les actionnaires. C'était nouveau. C'est vrai que cela pouvait donner confiance quelqu'un qui n'était pas intéressé par l'argent "gratuit" mais par l'argent gagné en administrateur motivé par le rendement collectif et aussi personnel. Ils sont tous devenus des champions en tant que précurseurs du "new wave system". Les journalistes venaient les questionner sur le comment et le pourquoi de leurs décisions.
Des articles de journaux sont encore liés aux annonces très tendances sur Internet. Il ne faut pas croire qu'ils étaient devenus des SDF notoires. Leurs rentrées d'argents se situaient bien ailleurs, évidemment.
Larry Ellison détenait alors, 23% du capital. Eric Schmidt possédait quelques 9 millions d'actions de Google qui était en pleine ascension. Les bonus et les stock options complétaient le tableau d'honneur. Plus bas, au niveau vente, les commissions compensaient depuis déjà longtemps un fixe très limité. Pas de profil bas, mais adapté, tout simplement.
Les partis de droite s'évertuaient à se blanchir en se rapprochant de ceux de gauche dans une confusion qui en définitive n'a été que le départ aux changements encore plus fondamentaux qui ont suivi.
Ah, il y a eu des sursauts de bons et de mauvais alois pour marquer "sa" différence.
Dans le show médiatique et les forums, certains ont commencé à penser à extrapoler cette réduction de salaires dans les classes moyennes dans les services. Les compensations ont été les premières manières d'envisager les sorties du système de salaires. L'imagination était au pouvoir. Tickets restaurants, voitures de sociétés, réductions du temps de travail, ordinateurs à disposition, tout y avait passé, puisqu'il fallait le rappeler la civilisation des loisirs consumériste permettait de palier à un manque chronique de monnaie. Il y eut aussi un intermède assez comique du même président qui pensait, au début de son mandat, que pour vivre mieux, il fallait travailler plus. Conviction assez rétro déjà pour l'époque, très vite obsolète, quand on se rappelait que la main d'œuvre nécessaire à la grande échelle des grandes entreprises, cela se réduisait fortement pour produire justement ce "plus". Dans le même temps, la haute technologie de pointe et d'avenir, restait, elle, tout aussi pointue dans le besoin de personnes pour s'y atteler. Alors, certains ont changé la maxime en "Travailler moins pour vivre mieux". Cela impliquait pas mal d'adaptations dans le rythme avec un stress sous contrôle appuyé par des rentrées suffisantes.
Des nouveaux jobs du service, souvent, pouvaient, très bien, par l'intermédiaire des télécommunications et d'Internet, se pratiquer à partir des domiciles des employés. C'est vrai, quand seul l'ordinateur suffisait pour exercer sa profession, pourquoi se lancer encore sur les routes dans les embouteillages pour rejoindre la société. Tout était devenu téléguidé. Le coût des bureaux en ville était tellement prohibitifs, que, seuls, des "offices de boîte aux lettres", représentatifs qui se relayaient pour donner l'impression du nombre, étaient encore présents dans les immeubles très réduits des sociétés. Tout le monde y gagnait. La pollution d'abord, la vie de famille ensuite. Il n'y avait que les propriétaires de ces buildings en forme de tours qui ressentaient un déficit. Pour la société, l'air à respirer, la chaleur du chauffage, les mètres carrés de bureaux réduits à leur plus simple expression. Pour l'employé, par contre, il se retrouvait au passif de ses rentrées. Mais, c'était compris dans le prix demandé. Le superflu, lui, il fallait bien le dire, était passé de mode. Le naturel ne se chassait plus, il se vivait. Le reste était à la trappe derrière les espérances perdues. Les participations aux bénéfices assuraient.
La mutation qui a suivi, a encore bien plus importante. Évidemment, juger le travail de quelqu'un à distance, trop basé sur la confiance et un peu trop sur les résultats des "services rendus" n'était plus possible facilement, Progressivement, on est passé par l'évaluation annuelle et globale, en passant par les récompenses bien peu alléchantes, aux rétributions exclusives par le travail accompli et à la rétribution proportionnelle au montant de la vente dans le public. Travail qui était discuté âprement dès la première approche d'un projet. Alors, chaque employé a appris à devenir "vendeur" de son travail, de lui-même avec la société acheteuse, cliente des services qu'il s'apprêtait à diffuser en fournisseur.
Une triangulaire parfaite, en apparence, car cela imposait quelques adaptations que tout le monde se sentait soit prêt, habilité à faire le pas de se vendre personnellement, au plus offrant, avec les références de sa production. Pour cela, il a fallu que l'école, elle-même, change ses programmes obsolètes. Il y avait désormais du civisme, de la philosophie, de la psychologie, de la technique de vente, de la volonté de comprendre les besoins réels des concitoyens, distillées au travers des cours plus dirigistes. L'étude du cerveau avait aussi beaucoup évolué. Elle permettait d'affiner l'orientation du jeune individu par un diagnostique pointu vers ses affinités cachées.
Chacun devenait freelance, avec plusieurs sociétés comme débouchés. Les idées étaient parfois générées par la source, celles des employés et non plus par le sommet de la hiérarchie. Les germes de la connaissance étaient sortis de leur tour d'ivoire. On osait parler de réseaux du savoir et cela, sans sourire. D'ailleurs, la hiérarchie s'est réduite progressivement. Beaucoup de maillons improductifs, chaînons manquants en branches mortes sont tombés, vidés de leur contenu. On en était loin du Principe de Peter. Chacun était devenu manager de son propre destin. Chacun investissait pour son propre potentiel futur. Car avec la vie qui s'était allongée, aujourd'hui, 100 ans facile, plusieurs activités se sont suivies, en séquences dans une vie. La vie d'artiste suivait celle du bureau. L'expérience grimpait dans l'estime des clients et des prospect. L'employé prenait s'il le désirait une partie du réseau sous son propre contrôle mais cela passait au vote de ceux qui y participaient. Le dollar symbolique de fixe n'était même plus dépensé. Le salaire avait pris un "sale air". En fait, c'était le travail qui avait été réévalué. La minute de travail était visiblement d'après contrat, payée, revalorisées "rubis sur ongle" par rapport à ces temps anciens.
Le troc, par le site "eTrocAll", avait aussi pris des voies de traverses pour suivre l'adage d'un prêté pour un rendu. Il participe à la PVA, la Participation aux Valeurs Ajoutées. Si par le passé, la solidarité s'enfuyait, par ce nouvel élan, elle revenait et reprenait ses droits dans des échanges de services en réseaux. Les diplômes n'étaient plus seuls pour ouvrir les robinets des projets. Seules la renommée, les références et les compétences du terrain prenaient l'avantage.
Mais, alors, me direz-vous, qu'en est-il de ceux qui n'avaient pas les moyens intellectuels pour assurer et rester dans le coup? Ben, ils n'ont pas été oubliés. Loin s'en faut. Qu'ils soient manuels ou moins capables, ils restaient à la mode. Il ne faut pas penser qu'ils ne participaient pas à l'économie. Ils en faisait partie intégrante. Le social avait embrayé avec des projets novateurs et intéressaient les antisociaux. Les contacts humains en virtuels et puis dans le réel n'ont jamais été aussi nombreux. Les revenus non fixés motivaient les plus aventureux. Les temps libres, plus nombreux, calmaient les plus nostalgiques. Les patriarches, eux, étaient devenus des sources d'expériences et cela se monnayait comme le reste.
Les taxes demeuraient avec des taux variables en fonction des besoins réels de la Société. Ce sont les prix de ventes qui avaient accusé le coup. L'inflation avait rogné les pouvoirs d'achats hauts de gamme. La course vers le rendement par les bas prix était révolue, mais s'en inquiétait-on encore? Les gens en voulaient pour leur argent. Plus question de faire semblant avec du faux "gratuit". Cela avait responsabilisé fondamentalement toute la production. La m... ou ce que l'on qualifiait comme tel, avait disparu, en gros. Souvent, elle était entrée par la grande porte sans aucun filtres. Par la classe moyenne, elle disparaissait pour laisser place aux moyens qui justifiaient l'action. Droite et gauche s'étaient confondus dans une idéologie mixte, pas tellement différente. L'ancienne droite et gauche s'étaient imbriquées entre cœur et esprit.
Mais j'utilise l'imparfait. Temps imparfait, car le mouvement est encore actuel. On entreprend, pour l'instant, une nouvelle restructuration pour intégrer encore plus les plus faibles dans le jeu de la vie. Je m'en vais lire ce qui est proposé sur le sujet avant de voter sur NaturalFaces, le réseau citoyen qui a pris, depuis un certain temps, une extension qu'envierait Facebook de l'époque.
Dommage qu'on ne puisse remonter le temps pour leur montrer que la vie peut-être belle sans extrémités trop acérées ou mal réfléchies.
Avec un dollar réévalué ainsi, c'est fou ce qu'on peut en faire. Sa dictature n'est plus, elle a été remplacé par une analyse combinatoire des chances et des malchances. La recherche de ce qui est le plus rentable au plus de monde possible avec un retour espéré sur la rentabilité personnelle a permis d'accorder bien plus de temps libres. Les jeunes souvent mis en jachères, contraints et forcés, s'étaient organisés avec des rentrées rabotées avaient appris à ne plus se plier à l'ère consumériste de leurs parents. La conscience professionnelle est revenue sans forcer.
Tout pour constituer un nouvel art de vivre.
Il y avait un aspect négatif pourtant: la jeunesse n'était plus attiré par les postes administratifs trop éloignés de la rentabilité en direct. Une réelle pénurie existait.
Le fait de travailler pour soi a éveillé le questionnement des journalistes. L'un d'entre-eux voulait jouer les malins et a posé récemment la question à un de ces freelance pour en extraire l'aspect négatif de l'individualisme caché.
- Vous ne vous sentez pas un peu mercenaire à vous faire payer aux meilleurs tarifs?, questionna le journaliste.
- J'espère pour vous que vous aimez ce que vous faites dans le journalisme, car si ce n'était pas le cas, vous devriendriez, alors, un véritable mercenaire, répondit le freelance.
Le journaliste, perdu dans ses réflexions, s'est senti obligé de changer de tempo dans ses questions.
On ne peut décidément jamais avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière.
Vous allez rire, gens du passé ou du futur antérieur, on ne considère absolument pas vivre dans un monde idéal. Mais, je me demande ce que vous en penserez de cette manière de bosser.
L'enfoiré,
Sur Agoravox, des salariés à un dollar?
Citations:
-
« Il est rare de trouver un homme qui se livre trois ans à l'étude, sans avoir en vue un salaire. », Confusius
-
« De nos jours, le plus grand problème du mariage est de subvenir, avec un seul salaire, aux besoins de sa femme et à ceux de l'Etat. », Mark Twain
-
« Les ministres le nomment : traitement, les notaires : émoluments, les médecins : honoraires, les employés : appointements, les ouvriers : salaires, les domestiques : gages. L'argent ne fait pas le bonheur. », Gustave Flaubert
-
« Après le salaire minimum, pourquoi ne pas instituer une rémunération maximum ? », Jean -François Kahn
09:49 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
02/09/2009
Peter & Co remasterisés
Le Principe de Peter, qui s'en souvient encore? Où en est-il en temps de crise?
Vous vous rendez compte, le Principe de Peter a quarante ans d'âge. En 1969, Laurence J. Peter etRaymond Hull publiaient leur livre aux États-Unis sous le titre "Le Principe de Peter".
Si on rafraîchissait ce principe, voulu satirique et qui n'est d'ailleurs pas unique en son genre?
Pour rappel, à la base, Peter affirmait « Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence » avec comme corollaire : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité. ».
S'il y a dix ans, le Principe de Peter n'avait pas perdu une ride suivant cet article qui le rappelait, en est-il de même aujourd'hui ou une évolution plus insidieuse encore a-t-elle pris le dessus? Depuis lors, des crises se sont succédées l'une après l'autre. La dernière dépasse toutes les autres par son ampleur. Des précédentes, on en ressentait, déjà, quelques retombées désagréables. Mais, nos temps troublés, l'extrapolation du principe a rendu l'homme d'action que l'on aimerait garder toujours motivé, encore moins efficace et les dérapages sont de moins en moins contrôlés. Si chacun garde un potentiel en lui qu'il faut faire ressortir, il a ses limites implicites et ses points forts. Rien de plus normal.
Normal d'évaluer les compétences. Moins normal de ne pas pouvoir les utiliser quand elles existent et que la "machine humaine" a toutes les pièces nécessaires pour aboutir avec succès? Est-ce volontaire ou obligatoire de ce manque d'empressements pour exercer celles-ci?
La hiérarchie, pour marquer son action recherche les meilleurs éléments, dans les règles de l'art traditionnelles, avec la finalité prescrite par la stratégie, mais elle se voit de plus en plus bridée dans son action.
Tous les HR, les "Human Resources", de la terre se doivent de référer devant une autorité supérieure de leurs propres performances. Les multinationales ne fonctionnent plus par hiérarchies internes mais comme satellites d'une maison mère qui peut être très éloignée. Les autorités ne sont plus sous le même toit et s'exercent souvent à distance. C'est à dire sans même en connaître ses membres physiquement. Ce qui donne déjà une appréciation déviée des réalités du terrain. Alors, les compétences n'apparaissent pas vraiment dans les priorités. Pas de budgets "voyages" pour aller constater de visu. Téléguidage avec les fils invisibles d'Internet.
Le fil de l'histoire de la montée sur les échelons de la gloire, de cette hiérarchie révèle encore plus de surprises que Peter n'avait peut-être pas envisagé quand la pénurie de moyens fait tache d'huile en période de crises.
Que fait-on pour récompenser l'employé méritant sans les espèces sonnantes et trébuchantes?
Simple, on lui donne des galons. Par la promotion, on tente de garder son personnel sans plus pouvoir augmenter le salaire qui reste pourtant le nerf de la guerre. Il n'y a même plus ces "Sucettes à l'anis" que je décrivais avec humour.
Il était technicien ou vendeur au départ. Le voici, chef, d'un coup de baguette magique, manager d'une équipe. Comme cela doit se passer dans un bref délais qui suit souvent une restructuration ou un remplacement d'une tête par une autre, on saute l'étape qui pourrait être des cours de managements ou plus simplement, de psychologie et de l'apprentissage du comment fonctionne une équipe. Manager des hommes n'a rien à voir avec manager de l'outil même informatisé.
Le drame, il est là. L'élu devra faire semblant d'être content de sa promotion alors que financièrement, toutes taxes déduites, il n'aura rien de plus. Le jeu de la chaise musicale a commencé, il faut poursuivre dans l'allégresse. A la nouvelle position, il s'agira de motiver ses subalternes, quitte à s'éloigner de la technique pour soi-même, réservée, désormais, à l'étage inférieur.
Avoir des hommes et femmes sous ses ordres, il n'est plus permis d'avoir les mêmes instincts de reclus derrière un PC, cette machine en « stand alone » ou, de tenter d'assouplir la résistance d'un client à l'achat. En fonction d'une certaine volonté d'afficher son altruisme de bon aloi, le nouveau gradé se retrouve seul avec des décisions à prendre. Décisions qu'il remarquera très vite comme bridées.
Le Département des Ressources Humaines est là pour initier ce travail de recherche de nouveaux collaborateurs dans un premier tri. Son rôle n'est pas de materner très longtemps ces candidats. Il est là pour sélectionner des potentiels, pas pour en assumer le choix effectif. Il en a les prérogatives et les moyens par les petites annonces, la publicité, les chasseurs de têtes et par les canevas de CV. Ce dernier se révèle, même, de plus en plus souvent, aseptisé. Internet et ses CV pré-formatés pour aider les candidats à l'embauche a fait beaucoup perdre à l'originalité.
Pour les décideurs du service du personnels, les diplômes sont là pour orienter ce choix, pas pour donner des garanties de succès avec la carrure de l'emploi que le leader devra reprendre à son actif. Pour lui, les diplômes sont une piste pour la technicité, pas pour l'intégration avec l'esprit d'équipe. Les critères de sélection sont parfois trop précis et oublie de prendre en compte la capacité de l'adaptation de l'être humain. Le résultat: des milliers de postes restent ouverts à l'écoute des sirènes qui viennent d'un ailleurs bien méconnu qu'il faudra mettre en balance.
Mais, ce n'est pas cela qui importe, ni inquiète la société très cadenassée. Le règlement, rien que le règlement caché derrière un programme de sélection pré-mâché et immuable, voilà le remède miracle pour minimiser les risques de part et d'autre.
De ce côté, aussi, il y a aussi les champions de la compétence ou qui se présentent comme tel. Des niveaux de certification CMMI Level 5 Ver 1.2 ne sont pas rares. Les versions n'ont pas de limites. Les évaluations biaisées, probablement, non plus. Ces champions viennent de bien loin. De plus, ils viennent avec des avantages indéniables du "moins chers" et donc, ils peuvent se multiplier pour un même prix, en cas de besoin. La compétence du travail outsourcé, avec l'appui de offshore et, en plus, préconisé par la direction.
Mais, être externe, c'est toujours rester en dehors de la stratégie interne bien ancrée depuis longtemps. Ce sera exécuter en pur et dur en refusant tout ce qui ne ferait pas partie du contrat de départ. Aucun intérêt d'aller plus loin sans supplément. Pour le contremaître désigné pour ce genre de travail, son amour et son perfectionnisme deviennent des défauts. Il entreprend le travail qui lui paraît intéressant, néglige le plus urgent. Rien ne sort de son expertise avant d'être parfaitement satisfait. Il se mêle de tout. Il est demandé partout. Les autres attendent qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire. Le désordre s'installe. Le client, lui, devenu moins perfectionniste à l'usure, veut simplement que les livraisons ne soient pas en retard.
Caricatural ou bien dans la note de notre temps? Le cas était décrit avec les mêmes mots pour un contremaître local dans le livre.
Le manager interne direct, lui, devra assumer son choix dans la durée avec les risques propres. Établir des critères plus précis, c'est à son niveau direct que tout passe ou tout casse.
Casting en plusieurs étapes, donc. En plusieurs désillusions, aussi.
Dans ce sens, j'écrivais, il y a déjà un temps, "La technicité n'est plus seule". La pyramide de la hiérarchie y était mise sur la sellette de mes interrogations. L'inflation des galons donnés permettait aussi de demander "Plus de rameurs SVP" pour parvenir à ses fins.
Qu'espère le nouvel engagé, plein d'enthousiasme, de l'entreprise? Très probablement, de la motivation, du partage de responsabilités, de la satisfaction au travail en communauté.
La patience, pour un jeune, ce n'est pas la panacée au niveau de la base des revendications. Dès le premier échelon de management, entre le marteau et l'enclume, la patience devient obligatoire. Quand on n'a pas la pêche dans ces moments troublés, le profil bas s'impose. La compétence s'étiole vite dans le temps de crise. Qu'on ne vient pas me dire que tous les jeunes ne sont pas volontaires. Je m'inscrirais en faux. Cela s'excite pendant la jeunesse et parfois, cela attend la fin chez les seniors. La démotivation fait exploser les relations dans leur confrontation.
Je me souviens d'une époque où un de mes coéquipiers que j'avais, en pensée, défini avec gentillesse et un peu d'humour, de pilote de chasse qui avait oublié de vérifier s'il y avait un siège éjectable dans le cockpit. Il voulait savoir ce qui lui arriverait dans un an, quel projet allait lui échoir dans deux ans, alors que j'étais personnellement incapable de connaître ce qui allait se passer pour l'équipe dans la quinzaine. Me renseigner pour le satisfaire. Bien sûr. Trouver la bonne porte, d'abord, et me rendre compte qu'à l'étage du dessus, le même problème se posait. Temporiser, faire comme si le renseignement allait venir, bientôt, devenait un art, bien plus difficile qu'il n'y parait.
Etre nommé à un poste supérieur, était-ce d'ailleurs une volonté de son élu? N'était-ce pas pour suivre le vieil adage qui ne progresse pas, recule? Dans notre société de progrès à l'emporte pièce, l'élu se doit, pour des raisons de prestige, de satisfaire la galerie et sa famille. Donc, pour lui, refuser la promotion reviendrait à se tirer une balle dans le pied. Pour le senior, le refus équivaudrait à du à mobbing une réponse de "non-recevoir".
Le manager « new middle style » est devenu une sorte de ministre sans portefeuille, sans illusions et sans une véritable vision de la stratégie à long terme. Des réunions de management vont faire semblant de répondre à ce manque sans y parvenir. Étapes presque inutiles et sans fondement, que cette maladie, la « meeting-ïte » aiguë! Alors, on y vient pour entendre mais plus pour écouter.
La base, elle, sera contrainte de comprendre après coup les décisions sans participer au combat. Elle n'y est pas invitée. Parfois, un mensuel d'entreprise parait dans les grandes sociétés pour donner la température du "business". A y regarder de plus près, c'est plutôt pour citer les nouveaux arrivés et féliciter les heureux anniversaires de présence dans l'entreprise ou les naissances parentales du personnel. Ce n'est un problème que si ce n'est pas une exclusivité voulue pour suivre un faux paternalisme. La devise continue son chemin "diviser pour régner", mieux vous en savez, mieux vous vous portez. C'est même institutionnalisé.
Internet dans l'entreprise avec l'aide de l'eMail aurait pu augmenter les communications tout azimut et ouvrir les vannes aux compétences dans le partage des informations, de haut en bas et de bas en haut. Cela ne se réalise toujours pas dans la clarté. Les informations restent stagner au dernier étage ou dans une poubelle d'un étage intermédiaire jusqu'au nouveau tour de manivelle. Dans le fond, on s'y attend à ses tours de vis. Si vous n'avez pas encore remarqué, l'ambiance de crise est profonde et perdure depuis longtemps dans un climat de peur, voir de terreur de perdre son emploi.
Toute tentative de sortir l'erreur du chapeau pour la rapporter est risquée comme je le disais dans "Rien que de bonnes nouvelles". La crise a sclérosé le « middle management » en période de crise. On se tait, quitte à se corrompre soi-même et à oublier ses beaux projets et espoirs d'amélioration du départ.
Pour les déjà "in", à la gestion de personnel, la stratégie, c'est travailler au bras de fer, à l'endurance, mais, avec des plans de carrières de courtes durées. Ce manque de vision à long terme va parfois entraîner des investissements en pure perte. Les cours qui ne font pas partie des salaires, sont accordés pour les remplacer, sans sécurité de leur utilisation. Cette spécialisation du savoir à outrance, qui manque souvent d'application, tombe par l'"overhead" dans les pertes et profits.
Le monde académique prend une part de responsabilités dans ce phénomène. Plaire à l'entreprise se présente comme un tremplin vers de nouveaux contrats dans la recherche. Les élites du savoir sont ainsi renouvelés jusqu'à plus soif. Le SWAT System demande bien plus d'intelligence pour être mis en œuvre avec le concours et le bénéfice de tous.
Le Principe de Peter reste valable donc quand on pense que l'incompétent reste à son poste, mais il a parfois de bonnes raisons de vivre caché sans chercher à changer.
La Principe de Dilbert, en provenance d'une bande dessinée américaine, est on ne peut plus perspicace en touchant tous les échelons dans leur espoirs de grandeurs. Ce n'est pas une question de faire des dégâts à un poste de responsabilité faible, c'est devenu une protection contre l'adversité et pour suivre l'esprit de "pour vivre heureux vivons caché". On n'ose plus se plaindre quand on a une nombreuse famille à nourrir, des dettes qui se sont accumulées. On attend que l'orage passe.
Quand les places sont chères, on observe aussi une surévaluation des besoins et une dévalorisation des diplômes. Véritable inflation des compétences qui ne seront jamais utilisées dans la pratique. Suite à des études poussées, se retrouver avec un logiciel pour suivre l'évolution des projets peut ne pas plaire dans la durée au meilleur des managers. La défoliation hiérarchique, décrite dans le livre, se confirme. Être trop compétent par rapport au supérieur finira par l'éviction rapide du challenger trop qualifié. La compétition avec le chef direct deviendrait insoutenable.
Les multinationales américaines avec ses filiales ont depuis longtemps implanté un système d'évaluations par midpointdéterminé par fonction. En dessous du minimum ou au dessus du maximum, le travailleur n'a plus sa place dans le groupe qui l'occupe. Cela voudrait donc dire « the rigth man in the rigth place » (l'homme à la bonne place). Très théorique, cette vision. Très mystérieux, le moyen de l'établir. La pratique ne fonctionnera qu'à condition que son praticien ne s'épuise pas sans challenge et une certaine motivation naturelle. Mettre le QI, ce Quotient Intellectuel bien immature, en adéquation avec le besoin pour ne pas atteindre le QP, le Quotient de Promotion Zéro.
Alors, la question naturelle vient à l'esprit: le Principe de Peter n'est-il pas remonté au sommet de la hiérarchie pour arriver à l'incompétence voulue globalement pour ne pas gêner l'ensemble de l'édifice? Affabulation avec espoirs déçus devant une perfection inadaptée et inaccessible qui se termine comme un château de cartes à l'échelle de l'entreprise dans son entièreté?
Une inadéquation est souvent mise en avant par les entreprises entre les désirs de compétences qu'elles espèrent trouver chez leurs candidats à l'emploi et ce que les écoles leur présentent. Y a-t-il, encore vraiment, un lien étroit entre l'œuf et la poule? Les entreprises s'intéressent-elles et investissent-elles pour obtenir ce qu'elles veulent ou ne s'intéressent-elles, en fin de compte, qu'au produit fini au moindre coût? L'école n'est pas exempte, non plus, de tares et de boulets d'un autre temps trop liée à un programme trop figé.
Analyses bien plus fines qu'il n'y paraît.
Sauter ces étapes explique beaucoup de faillites de notre système.
Alors, il y a ce que Peter appelait du doux nom de "sublimation percutante" comme remède. On laisse croire à l'intéressé qu'il monte les échelons de la gloire, tout en le laissant croupir dans un patinage sur place ou sur glace. On devient membre honorifique d'une organisation. On se positionne dans des postes vides de personnels subalternes, avec un titre encore plus ronflant.
Une publicité récente parlait, avec humour et en anglais, des intérimaires. Pour donner plus d'allant à un poste de prestige, ronflant à souhait et qui finissait par « temporary » ou « acting ». Si, cela ne valait pas une belle histoire amusante, qu'elle est celle qui le pourrait?
Autre secteur que la crise a touché en premier, ce sont les intérimaires. Ceux-ci ont été virés en premiers quand l'emploi venait à manquer. Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que la remontée est en cours. Premiers sortis, premiers rentrés. Signe d'une reprise?
La "spéciation dans le détail" qui n'est qu'une diversion ou l'"aberration totale" par le refus de continuer, est un autre remède proposé par Peter pour s'échapper de la contrainte de l'étau, une fois, installé entre ses deux pinces du côté de l'employé lui-même. Pour éliminer une gêne, le mobbing par le niveau supérieur sur le subalterne n'est pas rare. Méthode de l'absurde par excellence pour le bon employé qui n'était pas là que pour s'éclater et pas faire semblant. Pour le moins bon, ce sera une manière humoristique de ne pas sombrer dans la déprime. La pré-pension ou la retraite anticipée, ce qui revient au même, vient à l'esprit quand l'âge s'y prête.
L'incompétence créatrice, la Parade de Peter, est la manière de faire comprendre sa non-adhérence à la stratégie de l'entreprise même si elle se veut plus intelligente et à la recherche du bonheur. Elle cherche, parfois, une porte de sortie avec tous les honneurs de la guerre. Nous sommes dans une stratégie intimiste, de la démocratie inversée qui cherche son palliatif dans le "cause toujours, tu m'intéresses". Le vers est-il dans la pomme? Vers luisant de plus en plus utilisée pourtant par les jeunes qui ont pu se départager entre le bien de la société et le sien propre.
Le principe de Dilbert avec ses promotions d'incompétents n'y voit pas trop d'inconvénients et voyait, même , le temps du Principe de Peter comme une époque plutôt bleue et révolue.
La Loi de Parkinson, plus ancienne encore, affirmait que « le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement », mais c'est plutôt au niveau du fonctionnaire qu'elle s'adapte le mieux. Là, nous remontons 50 ans en arrière avec cette Loi. Se créer du travail quand il n'y en a pas, diviser celui-ci pour avoir une chance de mieux le contrôler dans la suite et donc de régner, sont des techniques d'un autre temps. Il s'agit ici d'automatisme professionnel.
La Loi de Murphy est, dit Wikipedia, un principe empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner. Cela ne ferait-il pas peur?
Une question m'a été soufflée: le Principe de Peter s'appliquerait-il à Albert Einstein qui fut un piètre étudiant et un excellent chercheur?
Appliquant la même règle selon laquelle « l’incompétence n’a pas de frontières, ni dans le temps ni dans l’espace », que dire de Winston Churchill qui fut, contre son gré, un ministre de la marine bien impuissant et un puissant premier ministre?
A y réfléchir de plus près, la première réponse serait que, cette fois, avec la vie qui s'allonge, nous avons droit à plusieurs existences, plusieurs chances ou malchances de se retrouver à une bonne ou mauvaise place sur les pas de nos vies. L'expérience ne sera plus réservée à une seule compétence. Les fameux « skills » (talents) qui multipliaient le travailleur avec lui-même comme des doubles du plus bel effet pourraient se révéler, un jour, à l'avantage de l'entité "homme" en séquences plutôt que de celle de l'employé en parallèles.
Va-t-on les rencontrer ses différentes vies ou les sauter sans les avoir vues? La vie active est un sport d'athlètes et un jeu d'échec en maturation. Chercher le niveau optimal en motivations, en satisfactions ou par le prestige de la position n'est que rarement compatible. Cette vision en oublie la solidarité et l'esprit d'équipe, c'est son pire ennemi.
Le phénomène démocratique demanderait de pouvoir se positionner soi-même en fonction de ses aptitudes du moment en adéquation avec son niveau de compétence réel et accepté. Le challenge, c'est bien quand il y a une chance de réussite. Les décentralisations irresponsables, les redistributions des tâches à grande échelle, étrangère à la volonté intime de l'individu trouvent un écho par l'alternance des postes, dans une réforme permanente. Cela donne, en finale, l'illusion de la démocratie, alors, que celle-ci ne devrait être là que pour limiter les excès de pouvoir et de sa durée qui pourrit son mandataire dans ses habitudes.
Je ne pouvais terminer ce billet sans donner de l'espoir. Car, certains ont compris la manœuvre.
Dans le Vif L'Express, il y avait un entretien avec Nicolas G.Hayek, le fondateur de Swatch et l'inventeur du concept de la mini-voiture Smart. Il disait qu'on avait perdu l'esprit d'entreprise, qu'il fallait revendiquer le droit à l'échec, changer les mentalités et que renvoyer son personnel pour arrondir des fins de mois difficiles, c'était la méthode la plus facile. Dans son entreprise de 25.000 personnes, il n'aurait pas encore renvoyé un "collaborateur" (le mot vaut la peine d'être pointé) à cause de la crise. D'après lui, chacun représentait une force de frappe formidable. Alors, il pense en profiter pour augmenter la formation pour rester dans le coup ou, à la rigueur, diminuer la charge par du chômage partiel pour attendre que cela se passe. Il veut montrer l'exemple à ses troupes malgré son âge avancé.
Était-ce un autre moyen d'aborder le principe de Laurence Peter?
L'incompétence et la compétence à l'ancienne n'ont désormais plus totalement cours de la même manière. Pour des raisons écologiques et pour enrayer le déclin des pays occidentaux, il faudra désormais des principes qui jouent de concert avec la pédale d'accélérateur et de frein.
La moralité corollaire de l'histoire serait, alors, que si la compétence efface parfois tout, l'incompétence, elle, n'efface jamais la récidive de la bêtise.
Si Paris valait bien une messe, vivre et travailler en société valaient bien quelques principes et lois pour fonctionner.
Bonne rentrée dans le monde du réel.
A bas, la déprime appelée "syndrome post-vacances".
L'Enfoiré,
De la Petermania sur Agoravox?
Citations:
-
« Si vous ne savez pas où vous allez, vous finirez probablement quelque part ailleurs. » et
-
« Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu'il avait prédit hier ne s'est pas produit aujourd'hui. » et
-
« On trouve dans la Bible beaucoup de situations du monde moderne. Par exemple, Noé, cherchant pendant quarante jours une place pour se garer. », Laurence Peter
08:00 Publié dans Actualité, Ecole, Monde des affaires, Organisation, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
19/08/2009
Changer ensemble pour seulement être
L
'idée est lancée depuis quelques temps: "Il faut changer ou mourir". Des réformes, en France, on en est arrivé à l'indigestion. Sommes-nous condamnés à ne jamais stabiliser les potentiels acquis? Sommes-nous des mutants perpétuels plus rapide que l'évolution elle-même?
"Dans une économie globale, basée sur la connaissance, les cycles d'innovation se font de plus en plus rapide", lisait-on dans la presse.
C'était en septembre 2006, vous vous rendez compte, cela fait bien un siècle, après tout ce qui s'est passé depuis.
Les CEO modernes se devaient, d'après "Les 4 clés de la gestion de l'innovation", d'amener un changement majeur dans leur entreprise. La pression générée artificiellement génèrerait une concurrence accrue mais aussi une cascade d'effets secondaires. Si améliorer l'efficacité générale de l'entreprise par leur démarche paraissait naturel en ces temps de course contre la montre, on en oubliait, en même temps, que l'opération était loin d'être gratuite et pas toujours profitable.
Ces fameuses quatre clés de la réussite, les principes de base, appris dans les cours de management ne seraient plus valables?
-
une génération d'idées collégiale et ouverte vers l'extérieur.
-
une vision "métier" et technologique rafraîchie qui apporte l'éclairage nouveau qui manquait.
-
une gouvernance adéquate dans l'équilibre du portefeuille des initiatives innovatrices.
-
un lien évident et clair entre stratégie de l'entreprise et l'innovation.

Avec elles, personne ne pourrait reprocher au patron, au gestionnaire, à l'homme politique, d'avoir pris la décision de changer. La création de valeurs a de ces aléas qu'il faut pardonner dans le cas de ratage manifeste sous peine de se voir exclus du processus de progrès.
S'il ne s'agissait que de trouver des améliorations dans les changements, ce ne serait pas trop grave. Constater après coup, qu'après l'installation de l'innovation, qu'il y aurait, peut-être, mieux valu penser à autre chose au moment de la signature pour lancer le projet tout beau, tout nouveau, personne ne le voulait.
Synonyme de création de nouveaux produits, dans le domaine technologique surtout, on voulait implémenter de nouveaux processus. D'après la notice, ceux-ci seraient plus rapides, plus efficaces, plus rentables, moins chers... le "clé sur porte de l'innovation" à la portée de tous, rendu indispensable à force d'être porté par l'écho des sirènes. Le consommateur se voit contraint et forcer d'acheter le nouveau produit qui remplace le précédent mais qui ne le satisfait plus. On a trop souvent tendance à considérer le changement comme un progrès par essence. On ne consolide plus, on change pour changer et rester dans le mouvement général. Les résultats dans l'entreprise et en politique de cette tendance à l'auto-allumage n'ont pas toujours été à la hauteur des ambitions. Faire partie du "système", de la machine, du rouleau compresseur, avec la crise actuelle, comme nous connaissons, va refroidir ce genre d'excès d'optimisme.
L'informatique, en particulier, nous a bien appris à pousser sur ce champignon de l'évolution et de l'espoir d'une éventuelle révolution.
- Quoi, vous n'êtes pas encore à la version 12.15 bis ? Celle qui fait tout ce que vous demandez?
L'impact de ces modifications n'est peut-être pas sensible ou évident après l'installation, mais il l'est certainement sur le temps qu'il a fallu pour désinstaller la version antérieure, installer la nouvelle et la tester dans ces moindres recoins et fonctionnalités qui existaient au paravent. On appelle cela, en anglais, "overhead" (ce qui passe par dessus la tête et qu'on ne compte pas).
Ce processus de mise à jour est presque transparent avec le software libre. Une seule confirmation de l'acceptation et le processus de l'installation de la nouvelle version commence. Les nouvelles fonctions qui justifieraient le mouvement n'ont souvent pas eu le temps de passer au travers de l'évaluation de l'utilité. Le temps, c'est de l'argent. Pourquoi tester les éléments de l'innovation? N'est-ce pas normal que cela marche, puisque c'est de cela que l'on parle en premier lieu dans toute la campagne d'installation de la nouveauté. On verra par après si l'expérience sera décevante ou non et si le risque en valait la chandelle.
Et si, on attendait la version 13.0? Et bien, non on ne peut pas. Les versions intermédiaires sont là pour corriger les erreurs de la version n-1. C'est dit, la version n+1 tiendra encore la route avec les autres compagnons de routes installés sur les PC. La signature est implicite, tout le monde doit y croire. La sécurité en dépend. Un cas typique du "sans bouger" qui serait une preuve absolue de son manque de perspicacité et de son immobilisme malsain.
Utiliser les fonctionnalités existantes dans le durable, garder les bonnes lunettes pour lire les données qui se seront adaptées à la nouvelle sauce, garder le support du fournisseur dans le statu quo. Des problèmes pour les récalcitrants, réfractaires.
Assumer de manière harmonieuse, un changement que l'on n'a pas opéré par soi-même avec sa propre clé sur porte. Voilà, peut-être, une autre vérité plus insidieuse, encore.
Bouger, pour vivre ou pour survivre? Aux âmes "sensibles" de trouver leurs intérêts devant de tels dilemmes.
La "disruption", mot de l'étrange, est un mode de pensée qui défie aussi les conventions établies tout en essayant de créer des visions nouvelles capables de faire évoluer une marque vers un sommet inégalé. Nous sommes dans le domaine des idées qui refusent les modes de pensées répétitifs, des certitudes rassurantes et de l'immobilisme qui dénaturent l'envie de progrès. Pas question de mettre le changement au frigo car il est sensé apporter l'amélioration à quelque chose qui tourne sans problème depuis des lunes. Le "nice to have" prend le pas sur le "mandatory". La proie pour l'ombre. Se tourner du côté des habitudes est la pire réaction que le mot "disruption" ne pourrait accepter.
Réduire les coûts de manière drastique pour augmenter les bénéfices, dans le durable, en gagnant en flexibilité, est le but avoué. Ces démarches sont-elles bien comprises d'emblée en faisant le tri entre le positif et le négatif? Augmenter les revenus n'est plus qu'un rêve lointain. L'ensemble de l'entreprise, une fois la décision prise, sera entraînée comme dans un engrenage à part entière et, parfois, à plein temps dans l'opération "survie". Une fois, implanter, faire marche arrière, déshonoreraient les décideurs et donc, il faut écraser et s'aplatir devant la sainte décision. Quand on "aime", on ne compte plus les déboires et les surprises de la nouveauté. Cela se laverait dans le sang. Pour appuyer le bien fondé, certains experts le clament encore haut et fort: les entreprises qui ont innové par des changements de structure organisationnelle, s'avèrent être des candidates parmi celles qui ont dégagé la meilleure marge opérationnelle lors des 5 dernières années. Donc, raboter les convictions trop statiques.
Il n'est pas rare, malgré les aveux du fournisseur, de pouvoir monter en puissance dans l'échelle des versions sans aucune perte d'efficacités, de rencontrer par après des fonctionnalités qui n'existent plus qui ont été oubliées ou qui ont été remplacées par d'autres mais qui ne correspondent plus vraiment à la politique ou à la vision de l'utilisateur.
Le Dieu du marketing le voulait. Il a ses raisons que la Foi, seule, encourage. Question de politique ou de vie.
Vu cette fuite en avant,
un besoin de régularisation est désormais dans l'air.
John Steinbeck affirmait que lorsque l'homme vieillit, il est dans sa nature de se protéger contre le changement, particulièrement si le changement apporte une amélioration. Curieux? Non, tout n'est pas bon à prendre et l'expérience de l'âge apporte une sagesse inédite dans la jeunesse.
On lisait, en effet, plus tard: "Le changement est perçu différemment selon l'âge".
Les jeunes cadres seraient plus critiques que leurs aînés face aux remaniements organisationnels. Curieux ce raisonnement porté par les statistiques. Les seniors considèreraient que les changements opérés dans leur société a été un succès. La motivation serait même améliorée par les communications accrues d'après eux. Une surcharge du travail et une détérioration de l'ambiance de travail viennent néanmoins enrayer les avis des deux catégories de cadres. Un désaccord de départ serait la pire des situations. Le scepticisme confirme le dilemme. La fréquence des changements ne fera qu'accentuer le mal être et la difficulté à suivre le train en marche trop rapide.
En politique "pure et dure", il y a les spécialistes, les champions du côté des réformes.
De véritables athlètes, toutes catégories. On ne sait plus où l'on veut aller mais, populisme aidant, on fait le pas pour progresser, pour exister aujourd'hui. On veut ignorer que la politique est devenue de véritables sables mouvants dans lesquels, pris de court, on patauge à vue. Prévoir des normes et des moyens de les faire appliquer en passant par des lois répressives ou non, cela prend du temps. Alors, "moraliser ses instincts", vous n'y pensez pas...
Réfléchir, cela prend trop de temps. Avoir de l'avance à l'allumage, c'est bien dans la période de test, pas dans celle de la décision et de l'implémentation sans possibilité de retour aisé à la case départ. Définir le but à atteindre avec assurance, les moyens pour y arriver et les tester, c'est quasiment impossible en politique.
Il y aura, dès lors, pour un gouvernement, la version "un" suivit de la version "deux". La suite est à l'avenant. Le retour à la case départ "0" est programmé, en secret, réservée aux initiés.
En temps de crise, le processus de sape ou de restauration s'accélère. Il faut avoir des idées géniales pour changer et cela demande plus qu'une idée.
Il y aura les prédicateurs, les conseillers en entrée. Au porte-parole de faire son travail d'éclaircissements, de digestion de l'idée, avec le maximum d'effets en faisant semblant que tout va s'améliorer.
Puisqu'on a négocié jusqu'à plus soif, on se justifiera à la postériorité et on priera pour que cela marche.
A l'ouest, du nouveau? Ah, oui, là-bas, le Messie est arrivé. Tout dans la tête et même dans les potentiels de la confiance. Tout pour plaire. Tous prêt pour le croire. Merci pour eux. Aux conservateurs de s'adapter avec les progressistes en tire fesses. Mais, les Messies ne sont plus ce qu'ils étaient. Leurs actions reçoivent des objections. En tant qu'européen, on ne comprend pas les réactions des conservateurs qui contestent le projet de "socialisation" des soins de santé, pourtant tellement nécessaire. Libertaires jusqu'au suicide, refus de tout interventionnisme de l'État. Une vision américaine du problème. Mais, on en parlait, aussi, à la radio, avec une spécialiste. Et pourtant, il faudra y passer un jour. C'est écrit dans les astres de la mondialisation.
"Les maître de l'économie ont compris qu'il fallait que tout change pour que tout continue", lisais-je dans le billet de Jean Daniel du Nouvel Obs pascal. On sortait, à l'époque, de la réunion du G20 à Londres. Les pressions de Barack Obama opposées aux réformes de Nicolas Sarkozy. Il était question de l'intégration de la France dans l'OTAN. On cherchait la sortie de la spirale vertigineuse des suppressions d'emplois. On parlait des gesticulations de la Corée du Nord et au Proche Orient. Mais on remarquait un vent de paix qui soufflait et un souci d'apaisement contagieux. Le "bon vent" était là pour suivre le titre du billet. L'écriture philosophique revenait. François Mauriac renaissait. 
Ce ne serait pas mal, si la Justice avait la bonne idée de se moderniser, de "se manager". Là, c'est plutôt de vieilles casseroles ou ce ne sont plus que les manches de celles-ci, que l'on aperçoit. Alors pour la meilleure soupe? L'affaire Fortis ferait-elle toujours des vagues ... de manches. Là, il s'agit plus de sclérose comme le laisait comprendre ce professeur en Droit Judiciaire? Toutes les lois existent ou presque mais ne sont pas appliquées. "Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison", lisais-je dans "Le Mystère des dieux".
- Allergiques aux changements, allez vous rhabiller, vous n'avez pas beaucoup d'avenir dans nos murs, dit une voix.
Suis-je rétro, nostalgique du passé, un conservateur de premier, un vieil aigri?
Oh, que non. Proactif, toujours, bien au contraire. J'en ai seulement vu, un peu trop passer des innovations, des projets qui devaient révolutionner son homme et qui se sont terminés par un flop magistral. Trop de déchets, trop d'investissements de soi-même et de l'entreprise à fonds perdus, pour accorder les nouveaux violons avec un résultat qui n'a pas été à la mesure de ses promesses. Si vous en voulez plus, un eBook vous attend. Sans engagement, bien sûr.
C'est l'utilisateur ou le citoyen qui reste le maître atout de la réussite. Les résistances peuvent être très fortes au niveau de l'expérience technique, financier, politique et de tous ces utilisateurs finaux qui devront assumer sans rechigner par après si aucune opposition ou obstacle majeur ne s'est pas manifestées.
L'hostilité peut pourtant se comprendre aisément. Comment acquiescer quelque chose qui est forcé par en haut et, non décrit complètement, dans le détail et qui se présente à celui qui ne possède pas les connaissances techniques mais seulement quelques vagues notions des avantages prévus pour le vivre.
Pour le fournisseur, avoir vendu l'idée, va représenter un retour sur investissement en progrès substantiel financier et une expérience nouvelle dans la partie des tests que lui même n'aurait pas eu le temps de passer en revue. La mise en place de l'idée reste un risque très important, consolider son produit, y apporter les idées intéressantes par l'intermédiaire du client utilisateur est certes très rentable, aussi. L'évolution culturelle pourrait trouver un réel avantage commun dans la partie de ping-pong qui va s'engager dans la suite entre les acteurs.
L'innovation, c'est vrai, n'est pas nécessairement pleine de risques, mais elle demande beaucoup de temps pour être étudiée et analysée de manière sérieuse. Le grand saut dans l'inconnu est la rançon de l'ignorance. Un droit à l'erreur est naturel mais il devra aussi passer à la moulinette de l'évaluation sérieuse. La priorité est d'améliorer, pas de se lancer pieds et poings liés dans l'inconnu. La vision globale du réel bénéfice et la cohésion de l'ensemble sont primordiaux dans le choix du chemin à prendre. Le remplacement d'un projet par un autre plus prometteur ne peut être envisagé que s'il n'est pas pénalisant pour ceux qui l'ont conçu, l'ont à implémenter et l'ont à utiliser. Une stratégie d'entreprise ne se respecte qu'avec tous ces aspects de rentabilité.
Changer pour changer est un leurre dont on se mord les doigts en finale. Brûler les étapes, sans tester le changement avant l'installation ne peut que s'attirer les ennuis à brève ou à courte échéance.
Nous sommes, souvent, devenus des apprentis sorciers de la nature pour le bénéfice d'un changement à court terme. On a accéléré le rythme de ces changements de telle manière que la nature de l'homme ne peut plus l'assumer. Le climat et le réchauffement de la planète sont une des conséquences. On parle parfois de "Capitalisme naturel". Une des solutions, probablement.
Il ne faut pas laisser forcer les changements par une voix bien intentionnée. Laissez votre jugement en décider à votre façon. Vous aurez gagné quelques points dans la sagesse. Aux niveaux des États, rien ne passe mieux dans l'opinion que l'idée de réformes. On se met dès lors à rêver. On ne sait ce qu'on veut voir changer, mais on change.
Réforme de l'État en Belgique. La révision de la constitution, excusez du peu. On parlait dans le Nouvel Obs de "Réforme aux forceps". Réformes de tout par ce qui passent par l'esprit du Président. Alors, oui, on change pour changer. On s'inquiète de souffrir par son manque de cohérence. On n'a même plus le temps d'analyser les résultats des changements précédents, parce qu'on pense déjà aux suivants. Plus de gagnants dans les opérations, style "cataclysmes", tous perdants.
La presse écrivait, récemment, "La gestion du changement n'est-elle pas la première victime de la crise?". Un peu plus loin, un autre article "Frappé de plein fouet par la crise, la Californie est au bord de la faillite". La Californie, là d'où toutes les idées nouvelles partent. Cela fait réfléchir.
Quant aux banques, toujours pointées comme responsables, elles doivent prêter de l'argent. L'épargne belge, avec la crise n'a jamais été aussi haute (172,5 milliards d'euros). L'ancien patron d'Euronext et nouveau de Fortis, Bruno Colmant prévoit le changement avec encore plus de dureté dans l'économie de marché et moins de sécurisation des processus. Courant et contre courant.
Seul le mot "ensemble" pourrait changer cette conformiste au passé. Pas question d'implanter un processus sans prendre la température extérieure dans un monde globalisé.
La démocratie n'existe qu'en politique pas au niveau des entreprises. Chez elles, ce sont ceux qui n'en ont rien à cirer de la bonne gestion de l'entreprise, mais qui ne pensent qu'au rendement de leurs placements: les actionnaires et, en indirects, les épargnants. Responsabiliser pour objectiver et motiver, on n'y penserait même pas dans ce jeu de dupe où l'éthique n'a aucun droit d'existence.
Changer ensemble ou décider de ne rien faire. Mais le changement ne sera pas que cosmétique. Ce seront les mentalités, elles-mêmes qui seront sur la sellettes. La hiérarchie qui devra suivre des règles de conduite car le chef a ses raisons que la raison ne connaît pas toujours. Il faudra oser la court-circuiter, au besoin, si elle ne joue pas son rôle de management. Même le bas de l'échelle, où sont ceux à qui on ne demande, généralement, pas l'avis, devra faire son acte de contrition aussi, comme je l'indiquais dans ce commentaire qui allait à contre courant de l'article de l'auteur. L'innocence sera toujours détournée à l'avantage du plus malin.
Conflit de générations ou d'idéologies? Un planning harmonieux qui planerait au dessus de deux générations, des deux idéologies, cela changerait.
Les conservateurs diraient "Pourquoi changer quelque chose qui marche". Les progressistes, "rien ne vaut un changement pour remuer la m...". Bien mieux, une sélection du meilleur dans les deux champs d'investigation.
Alors, vite un temps pour consolider tous les changements. Pour les comprendre. Pour les assimiler.
L'événement de la semaine, ce fut l'anniversaire des quarante ans du Festival de Woodstock. On lit dans les journaux: "Trois jours de paix, de musique, de boue et de chaos" et "la révélation de la fracture générationnelle avec le mouvement hippie". Les hippies, depuis lors, bien vieillis, se souviennent. Résultat des courses, une seule personne y a gagné financièrement dans l'aventure, mais tout le monde ne se souvient que des bons moments. L'amour et la générosité, ils y ont cru. La musique et la chanson restent les véhicules des souvenirs et des espoirs. La vie, elle, va devoir changer très fortement. C'est clair. Ce ne sera pas avec des fioritures.
Un parallèle amusant? Dans les bals populaires, pour attiser les conversations et donner un "nouvel éclairage", souvent, quelqu'un crie "Changez". Il vous faudra trouver un autre partenaire pour faire partie du jeu. Espérons que celui-ci ne vous marchera pas sur les pieds tous les instants. Le pas de deux qui s'engage peut paraître très peu cadencé au spectateur sur le bord de la piste.
L'ouverture comme état d'esprit", écrivait Argoul, il y déjà bien longtemps. Évidemment...
"La formation et l'emploi peuvent aussi virer au vert", "Les personnes ayant un MBA devraient avoir l'ambition de devenir plombiers", "How I started making $7.500 a month working an online part-time job from home", lisais-je successivement, ce weekend. Un rêve ou un cauchemar futur?
Changer en mode plus privé, c'est encore un autre coton. Là, aussi, il s'agira d'exister, de choisir un modus vivendi et ce ne sera pas plus simple ni exempt de décisions difficiles à prendre.
Puisque tout finit en chanson ou vers, ma vision:
"Réformes pour et par la forme" :
Pourquoi devoir commencer par choisir ?
Une carrière n’est-ce pas se faire plaisir ?
Il ne s’agit pas de rêver à être employé
Mais de creuser un sillon plein de fierté
Se tromper et se retrouver dans l’errance
Pendant une vie où tout ne serait que rance
Alors, quand il faut décider de son temps
Ne faudrait-il pas connaître son tempérament ?
La vie s’enfuit, pas dans une véritable course
Penser uniquement à augmenter sa bourse
N’apportera qu’une pâle idée du bonheur
Chercher un créneau précis et à l’heure
Qui dit qu’en nous, il n’y ait qu’une personne ?
Tendre l’oreille au réveil qui sonne
Ne pas craindre cette envie de changement
Qui ne saura que soi-même autrement
Réinventer ce moment où on se lasse
Evitera de se retrouver dans l’impasse
Au début ne chante que le printemps
La pensée d’avoir emprunté le chemin du ciment
Se retrouver dans l’engrenage de l’été
Ensuite pour engranger ce qu’on a semé
Continuer dans les couleurs de joie de l’automne
N’empêche pas de trouver le travail monotone
Alors avant le grand départ de l’hiver
Pensez à sortir dans le confort du divers.
Mais, je vous ai fait trop réfléchir. C'est encore les vacances et elles sont sacrées, celles-là.
Le soleil décline à l'horizon. Alors, une dernière fois, chacun son truc à poil, à plumes ou sans l'un ni l'autre.
Profitez des derniers moments de plénitudes et ne changer rien à vos habitudes. Lisez pour l'occasion, les écrits, très actuels, de Nietzsche. A votre retour, on aura eu des idées neuves et parfois folles pour vous accueillir. Alors, pas de précipitations. Il faut toujours s'adapter à son environnement et à son époque.
L'Enfoiré,
Parler ensemble ou séparemment sur Agoravox?
Kroll était en vacances. Merci à Johan De Moor d'avoir pris la relève.
Citations:
-
"La civilisation n'est qu'une mince pellicule d'un chaos brûlant", et
-
"Ce n'est pas pour votre droit que vous vous battez, vous les justes. C'est pour faire triompher votre image de l'homme", et
-
"Grâce à la liberté des communications, des groupes d'hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.", et
-
"Jadis le moi se cachait dans le troupeau, le troupeau se cache encore au fond de moi", Nietzsche
-
"Changer le monde commence par se changer soi-même.", Roger Mondolini
09:30 Publié dans Actualité, Histoire, Monde des affaires, Organisation, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
14/06/2009
Qui mène la danse?
Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?
Il y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.
Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans l'ombre lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.
Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américain et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe.
Estulin définissait le groupe Biderberg comme une compagnie en cartel qui contrôle les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Sulfureux, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.
Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconise un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde et la pénurie de pétrole et de ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pense Paul Volcker (video)
Daniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes. Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, organiser des manques, sciemment, par une crise semblerait une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes a donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quitte à créer une crise, quand, trop scotchés sur cette évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels était devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation serait désormais prohibée. On ne voyagerait plus. Ce serait halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant efficace et peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aurait aidé autant l'humanitaire que le militaire en étant impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Un plan qui privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourrait être financé en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui eux viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires est pratiquement inexistant ou entravé par une foule d'entorses à la règle. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionne que quand les peuples tiennent à la vie.
Quand Dieu offre une autre voie, cela ne fait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.
Pour se faire, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites.
Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce en 2009, le 18 mai. Encore une fois, black-out complet.Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.
Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou le même combat de conquête?
Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française. Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela pour le passé.
La franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Buzz Aldrin a posé le premier pied maçon sur la Lune.
Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.
Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?
Le Nouvel Obs énonçait les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.
La pensée américaine serait que "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général".
La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.
Les réseaux ont le côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse de la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.
Mais, faisons un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux? L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants ont dès lors la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils. On a peur de leur décision, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections. Hors, dans mon article "Les mystères du monde", je décrivais le phénomène de rejet des élections derrière le surréalisme. Mais, en réalité, il jouait un rôle très réel d'après les Résultats: une abstention record.
Pour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieusement, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental. La délégation à plus qualifié. Un nouveau problème de l'éducation du civisme. La création d'une élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée.
Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.
Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?
Les élites du pouvoir seraient-ils assez fous comme cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.
Mais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.
L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".
A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.
Rien qu'un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie.
Une leçon de démocratie iranienne ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?
Le pouvoir, là-bas, pas de soucis, on sait où il est et même si on n'est pas d'accord, on accuse le coup.
L'enfoiré,
Citations:
-
"Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .
-
« Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet
-
« La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro
17:00 Publié dans Actualité, Histoire, Monde des affaires, Organisation, Politique, Presse et media, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19/05/2009
La bonne nouvelle et la mauvaise
Commençons par la bonne nouvelle, celle de Nouriel Roubini, lui, qui avait prédit la crise et la récession. "La bonne nouvelle, c'est que toutes les interventions publiques ont sérieusement réduit le risque de dépression". La mauvaise nouvelle est plus intime, plus insidieuse.
Fin septembre 2008: "Nous n'échapperons pas à la pire récession depuis quarante ans". Moins défaitiste, aujourd'hui, qu'il le laissait entendre au début des crises en cascades. Le spectre de la crise des années 30 n'est pas identique. A l'époque, devant les chutes, cela ressemblait. Comparaison n'est pas raison. Et le monde n'en finit pas de bouger de plus en plus vite pour ne pas revivre les mêmes circonstances.
Les milliards, des milliards de milliards ont été mis sur les tables du monde. On a simplement hypothéqué le futur. Une affaire de zéros bien placés, dont on ignorait jusqu'à l'existence avant la crise. "Et la raison fut", disais-je, fin d'année, comme une réédition de "L'argent" de Zola.
"Pas de longue période de croissance négative", disait encore Roubini pour soulager la pression. Une volonté de ne plus utiliser le mot "récession", par une manière plus optimiste et arithmétique. Et c'est vrai la situation semble redonner un peu de souffle à ses contemporains. Les pompiers sont passés pour éteindre les premiers feux. Encore quelques fumerolles persistent et peuvent seulement se rallumer si on n'y prend garde. Ils ont rapporté leurs rapports d'expertise, leurs suggestions en fonction du passé. Le futur reste, caché derrière les imprévus. Pas de règles de probabilité pour se rassurer et assurer ce futur.
Les crises sont des épiphénomènes. Les responsabilités sont souvent partagées entre le commercial, le politique et l'individu lui-même. Manque de régulation et de contrôle public et citoyen.
Cette fois, ce fut la mondialisation à l'honneur ou au déshonneur de l'homme. Mondialiser et globaliser, à tout crin, a seulement montré ses limites.
A l'ouest, y a-t-il vraiment du nouveau ou une simple réactualisation palliée par des emplâtres pour une crise du "système capitaliste" toujours mondialisée. Les potentiels, aussi bien dans le bon et dans le mauvais, n'ont pas disparu. Ils ont seulement changé de mains. Les États ont pris un peu plus de poids face au Privé triomphant et qui dit État dit citoyen. La spéculation virtuelle sur l'argent a été reconnue comme un non-sens et contre productif. Si l'ajustement se faisait, en conséquence, ce ne serait plus un problème. "L'argent du beurre" n'a pourtant pas quitté les esprits. Comme on dit, ceux qui n'avaient pas d'argent n'ont rien perdu. Les autres n'auront que les yeux pour pleurer devant la dévaluation de leurs biens. Pour une fois, tout le monde y a perdu dans certaines proportions. Destruction des valeurs monétaires et dévaluation globale.
Le terme de "plans de relance" est même à moduler en fonction des réalités de l'espace et du temps nécessaire pour l'implanter et non pas dans l'absolu. Les administrations de l'État ne jouent souvent qu'avec effet retard. Ce n'est pas la souplesse qui caractérise le côté administratif. Gouvernance par l'Etat?
Réguler, à vitesse variable, est-ce encore possible dans un monde intégré?
La relance à l'américaine, entend-on, c'est par la fiscalité. La relance à l'européenne, par des réformes structurelles. La première en accord avec elle-même. Le second n'a toujours pas le mot "Unie" derrière le nom. Cela reste certainement la raison du poids assez faible sur la scène internationale. L'Asie n'est pas mieux lotie dans ce manque d'uniformité malgré de grands acteurs au niveau population. Population muselée derrière des régimes forts ou corrompus. Le dollar reste la monnaie de référence, même si l'euro l'a dépassé en valeur. Le yuan, sous évalué commence à espérer grâce à la montée en puissance de l'Asie. Même les pays dit émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne peuvent même plus être considérés sur le même plan d'actions et se permettre les mêmes remèdes de cheval. Seul, le Brésil, grâce à ses investissements préalablement implantés, semble redémarrer avant les autres. En Amérique du Sud, l'esprit altermondialiste, les mécanismes de l'Alba, par leur approche différente, en sont peut-être responsables. Le mécanisme de l'Alba ne participe pas au libre-échangisme. Il pratique le troc à grande échelle, d'État à État et pas uniquement dans la rue pour atteindre une autarcie financière et protégée. Tant que la confiance subsiste, le dollar se construira sur la planche à billets par les États-Unis et pour eux. Aucune monnaie ne l'est, indépendante des fluctuations seul les monnaies de substitution sortent parfois du carcan. La valeur refuge, l'or, reste, le dernier recours en temps de crise.
Mais, on entend de plus en plus souvent que l'argent n'a plus de valeur. Un billet, dans n'importe quelle devise, ne sera jamais que du papier avec des chiffres et des lettres et de la confiance pour arrondir les angles. Il n'aura de valeur que si l'interlocuteur y trouvera son compte pour l'échanger avec un bien. Enfoncer des portes ouvertes? Pas si sûr. Cet échange fait plus partie de l'habitude que de nature.
La crise a mis le trouble dans les esprits. Quelque part, le malheur est, pourtant, bon. Le futile, la cupidité ont été dénoncés. L'éthique est réapparue du chapeau, philosophie qu'on en avait oublié jusqu'au sens du mot. Le bon sens du ressort ou d'une évolution en forme de bulle de savon?
Dans la douleur, on cherche toujours "D'où sa peine vient", comme le chantait Alain Souchon. Alors "On attend que le monde change. On attend que la vie nous range" comme le faisait Suarez. Enfin, changer, faut pas trop pousser. Faut pas chercher une révolution dans le processus. La folie guerrière n'a pas pris le dessus, constate-t-on, avec soulagement. Seulement un prolongement à "Crime et châtiment".
Et pourtant, malgré les avertissements, la gangrène de la cupidité reconnue et la technique du "chacun pour soi" n'ont pas disparu. L'économie solidaire, on n'en connaît même pas les règles de base, ni les partisans, ni les vocables. En pleine débâcle bancaire, un gag avait été tenté près de chez nous. Une fausse banque qui offrait des taux anormalement élevés mais avec une éthique douteuse avait ouvert ses portes. Des nouveaux"investisseurs" se sont présentés aux guichets comme si rien n'avait changé. La taxe Tobin, la taxe prévoyant l'implémentation d'une taxe sur le négoce a été publiée au Moniteur Belge fin 2004. Premier pays et le seul, jusqu'ici en Europe, en attendant une directive européenne pour l'appliquer. L'impact sur les marchés financiers a ses raisons que la finance a dur à digérer. La destination de ses impôts, ce n'est pas demain, non plus, qu'on en laissera le choix aux contribuables. Soyons solidaire, au moins dans ce cas et continuons à travailler ...
Stabiliser la confiance après avoir "goûter" le fond, que l'on atteindra très vite ou que l'on a déjà atteint, avant de remonter la pente, voilà le meilleur à espérer. Déstocker, quitte à vendre à perte, voilà le scénario pour effacer les dettes et redonner l'envie d'acheter au consommateur. Voilà quelques ingrédients à la reprise.
Les subprimes ne sont pas oubliés. Les problèmes de l'industrie lourde et de l'automobile ont été les premiers dans l'industrie. La faiblesse du "système" s'est réaffirmée ensuite avec un effet domino.
La presse écrite, aux États-Unis, se débat aussi pour garder quelques lignes hors de l'eau. En Europe, on n'en mène pas beaucoup plus large mais on sent l'obligation de retourner aux valeurs de base du journalisme, l'analyse plus fouillée. On réduit, on saumonise, on condense, on analyse...
On cherche la boussole anti-crise, partout. Mais, tout le monde n'est pas en crise. Certains secteurs s'éclatent même. Un exemple? Certains se demandent quand est-ce que Blackberry dort encore, tellement il embrasse? Étreindre sera pour plus tard. "Blackberry storm"...
S'adapter à cette crise, quand les backups financiers sont encore là, rien de plus naturel mais pas nécessairement éthique. Le mois d'avril a été un mois de récupération. Était-ce justifier? La Bourse s'auto-alimente. On achète à la rumeur et on vend à l'annonce, dit-on. Les hoquets de la Bourse sont pourtant prématurés pour envisager un futur plus serein. Le rallye des cours va se poursuivre avec des formes en "W" à répétition sans oublier d'arrondir les courbes plus ou moins longues de cette lettre dans le processus.
Entre temps, la chasse aux bonnes affaires est ouverte pour ceux qui en ont encore les moyens. Aux États-Unis, la crise des subprimes a remis en route les agents du voyage intéressé, les courtiers. Des acheteurs de maisons à meilleur marché sont là. Pas très éthique, c'est évident. Les prédateurs devront s'abstenir tout de même. Les États-Unis attendent la signature du Sénat pour surveiller et contrôler ce zèle automatique. Les prêts non remboursables seront proscrits. Courtiers sous contrôle avec 5% minimum des risques de défaut en caisse. Emprunts hypothécaires à 30 ans à taux fixes préconisés. Plus de crédit Alt-A, version décalée des subprimes, dit-on pour conclure avec les problèmes du passé. Comme c'est amusant... la Bourse, diraient d'autres. Ça monte et ça descend. Y a qu'à trouver le plafond et le grenier.
Pourquoi travailler, d'ailleurs? Il y en a d'autres pour cela, se dit même une frange malicieuse. Profession de foi d'une dame, rentière de son état dans son bouquin. Elle aura, très probablement, trouvé beaucoup d'adeptes et de lecteurs avides de sensations fortes, mais sans effort. Le virtuel a tellement d'avantage sur le réel. "C'est vraiment maintenant qu'on va vraiment gagner de l'argent" lançait quelqu'un en oubliant tout le reste.
Le court-terme, qui a fait les bons moments avant crise, a encore plus dur à s'étendre dans le temps. Mais, on s'en rend compte, enfin, qu'il ne peut plus suffire pour assurer la pérennité de ses entreprises, des entreprises. Muter avec un œil sur le futur ou mourir plus vite que prévu dans un monde qui agit toujours le pied sur l'accélérateur.
Une reprise? Peut-être. Certainement. C'est proactif que de le clamer. Rassurer est une obligation morale, philosophique, psychologique pour mettre en condition. Mais, ce sera à vitesse variable et selon l'activité, au cas par cas.
Sous quelle forme et avec quelles mesures, pour que cela puisse marcher dans l'harmonie? Il en existe.
Le capital humain au centre avec la flexibilité des deux côtés, employeurs et employés dans un intérêt commun. Une gouvernance repensée avec une hiérarchie responsable à tous les échelons dans une relation win-win. Une remotivation des troupes qui l'ont perdue. Une conscience écologique dans le durable pour relancer la "machine". Des fusions d'entreprises par échange d'actions plutôt que par des rachats par des chevaliers blancs ou noir qui ne cherchent qu'à diminuer les coûts. Des voitures "plus vertes", "beaucoup" moins consommatrices d'énergie, moins chères mais en gardant une sécurité en progrès pour rivaliser avec le low-cost. Le low-cost n'est qu'une manière de plus de consommer sans réfléchir. Petites voitures ajustées, avec faible consommation, mais avec un grand coffre pour espérer garder une mobilité aux meilleures conditions. Pragmatisme de la voiture "outil" qui déplace ses utilisateurs, plutôt que de prôner le prestige de l'ego.
Quadrature du cercle de l'humain con-sommateur. Il y a pourtant des solutions. L'économie de la fonctionnalité (Service economy) en serait un. En subdivisant la vente d'un produit du service lui-même qui lui est essentiel. On vend l'usage et plus l'objet. Une location mais avec un contrat qui engagerait le propriétaire, le fournisseur à ne pas programmer l'obsolescence de ses produits. Le résultat pour le durable est évident. Recycler et réparer devient la nouvelle source de conservation des clients. Michelin, Xerox pratique le processus. L'informatique, à ses débuts, pour des motifs différents obligeait la location des machines. Seul un procès des clients contre IBM a changé la donne.
Les "crash tests" ou les "stress tests" qui ont été proposés aux banques, convergent en théorie mais ne se conjuguent en réussite ou non que sur le terrain de l"on line" et en "real time".
Toyota, déficitaire, accepte de le rester avec une stratégie de l'investissement. Une perte pour raison d'investissement n'est pas une vraie perte. Ce qu'il ne dit pas, c'est que le Japon est un maître es-concurrence, un samouraï féroce, plus moderne mais qui ne trouve son succès qu'en écrasant son adversaire commercial. Maladie qui n'a aucun autre remède que par la même maladie chez les adversaires.
Le chômage nuit à la santé des hommes et des nations. La dépression et le déficit budgétaire guettent. Les pertes d'emplois seront de vrais cadavres dans le placard si elles ne se balancent pas, dans un premier temps, avec des protections sociales temporaires plus énergiques, mais aussi accompagné par la compréhension réelle de ce qui ne fonctionnait pas au paravent.
Suite à ces mauvaises compréhensions de ce qui se passe sur le terrain, l'entreprise est gangrenée par le raz-le-bol et le manque de motivation, de responsabilisation, de participation dans les décisions, de mise en jachère des potentiels, d'existence... des besoins des hommes.
L'indice santé, l'indexation automatique en Belgique permet d'amortir les chocs des crises en apportant des parachutes argentés pour passer les mauvaises passes. A supprimer? Non, à globaliser sur d'autres pays.
John Stiglitz parlait de printemps des zombies. Ressusciter l'économie est une affaire à longue haleine. La tentation est forte de réinvestir avec les mêmes méthodes pour se renflouer au plus vite grâce à l'argent frais injecté par les États. Sans discernement, en oubliant la base qui a produit et que l'on élimine pour détruire les coûts, ne changera rien. Moins d'inégalités au bout du tunnel, comme le préconise Jean-Paul Fitoussi? Certainement. Un meilleur retour sur les investissements publics, par la coordination des politiques fiscales à l'échelle mondiale pour empêcher les concurrences destructrices dans une globalisation plus constructive avec le bien-être et plus de sécurité général en finalité. La stabilité des prix par la maîtrise de l'inflation à bas niveau. La concurrence et la flexibilité unidirectionnelle n'ont pas répondu aux attentes. Ne pas jouer sur les mots en accusant le libéralisme ou le capitalisme. Tout deux se réfugient derrière la même doctrine. Opportunités philosophiques d'une telle crise, pourrait-on dire pour conclure.
Jagdish Bhagwati, professeur d'économie au MIT, parle d'un virage américain tout en restant défenseur de la mondialisation. La nuance "mondialisation à visage humain" écrit-il dans son livre "Eloge du libre échange" en ne cachant pas son mépris pour John Stiglitz. Il garde sa confiance totale en Obama qui "flirterait avec le socialisme". Ce qui est nouveau et l'excite, c'est que Obama s'est embarqué dans des réformes sur plusieurs fronts à la fois. La couverture de la santé universelle, l'enseignement et le climat par l'intervention de l'État sont les nouvelles impulsions du départ de ce mandat présidentiel atypique. Enfin, pourrait dire un européen. Préconiser un nouveau pragmatisme, donc, à l'américaine avec une régulation au cas par cas par un groupe d'experts indépendants, apprendre à gérer ses finances, accepter la volatilité, plus de flexibilité et plus de concurrence encore. "La société apprend à être plus altruiste, non par choix, mais par nécessité". Voilà la conclusion édictée de guerre lasse par Jagish, quitte à retomber à nouveau dans les mêmes travers dans un autre espace temps. Dans sa "mondialisation à visage humain", il n'a même pas abordé le problème de l'outsourcing offshore que son pays d'accueil a dû endurer par ses anciens contemporains qui ne faisaient pas partie de l'humain.
En politique, puisque nous sommes à quelques jours des élections, il y aura les deux grands mouvements opposés qui se regarderont en chien de faïence et en cherchant de se détruire l'adversaire à coup de slogans à l'affût du moindre faux pas. Alors, pour la Belgique, le PS, un Pseudo Socialisme, le MR, un Mauvais Rêve? Chacun son idéal, très loin du réel. Sus à l'ennemi. Je lisais, plus loin, sur le sujet après une "affaire": "13000 euros pour envoyer le PS dans l'opposition. Le MR peinait à séduire pour une majorité alternative. Le complément de salaire lui redonne espoir juste avant le sprint final". Un petit coup de populisme rien que pour raccorder les sanglots long des violons.
"L"Europe sociale est en panne". En panne de quoi? Je vous le donne en mille. Pardon en "milliards". Soyons actuel. Tout à un prix proportionnel, mais il y a de moins en moins de monde prêts à payer.
L'argent est un nerf névrosé qui fait du mal et du bien à la fois. S'il ne faisait que du mal, il n'aurait pas autant de partisans. Les films "Let's make money" et ensuite "We feed the world" d'Erwin Wagenhofer ne sont que les reflets d'une civilisation mondialisée à la dérive sur le radeau de la Méduse de la solitude.
Qui se rappelle encore du petit film de "L'île aux fleurs"?
Replâtrer la crise par les États ne sera pas suffisant s'il n'y a pas un changement de mentalité et une meilleure compréhension de comment marche le monde à tous les niveaux.
L'agriculture aujourd'hui a un rendement décroissant tandis que l'industrie et les services ont un rendement croissant. C'est dire qu'ouvrir les marchés sans parachute, sans les investissements dans les infrastructures de base au départ reste suicidaire.
"L'Europe sociale est en panne" lisais-je. Jean-Claude Barbier donnait ses solutions qui étaient les échanges culturels et l'apprentissage des langues. Je ne disais pas plus, ni mieux, dans mon "Les langues, un sacré jeu de langue" et cela en sortant de manière pragmatique d'un conflit de prépondérance de l'une sur l'autre dans un combat d'arrière garde. Assez de divisions pour régner. L'économie n'est ni un conte, ni une légende.
Alors, une version "néo" du système Keynésien plus équilibré, pour changer le "Yes, we can" en "Yes, we could and we have done it"? Peu importe le nom de l'inventeur d'ailleurs.
Coincé entre l'obligation de croître et de limiter la consommation, "La formule magique serait entreprendre", "se réinventer", lit-on, souvent. Absolument, mais pas en ordre dispersé et surtout avec les moyens de le faire dans un tempo à moyen et à plus long terme dans l'intérêt général et pas en hypothéquant la génération future. Protectionnisme en recourant aux valeurs patrimoniales pour sécuriser mais pas isoler. Le durable pour protéger les ressources jusqu'à leurs aboutissements sous forme de déchets.
Participer à la Bourse apporte du magique. C'est comme lancer un nouveau film et puis attendre l'émotion. La psychologie fait le reste. Autant que le film soit bon.
« Hors Argent et pas D'Or, il n'y a Pas d'Issue » (n'est ce pas un autre HADOPI avec plus d'intimité?). Puisqu'on veut une logique de résultats, il faut s'en donner les moyens.
L'Enfoiré,
De bonnes ou de mauvaises nouvelles dans les commentaires AV?
Mise à jour 5 août 2009 : BNP Paribas provisionne 1 milliard d'euros pour des bonus. Les banques restantes ont récupéré les restes des autre. Obama, pas content de Goldman Sachs, charge un délégué émissaire de rectifier.
Mise à jour 13 août 2009 : Paul Jorion donne son avis sur La Première et cela correspond à cet article
Citations:
-
"Liberté, égalité, fraternité ! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques ; car la politique en a fait trois mensonges. ", Louis Veuillot
-
"La bonne politique n'est pas de s'opposer à ce qui est inévitable ; la bonne politique est d'y servir et de s'en servir. ", Ernest Renan
-
"Le meilleur moment pour acheter, c'est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c'est le vôtre", Mark Möbius
-
"La politique est trop sérieuse pour la laisser dans les seules mains des spécialistes", anonyme
10:34 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Presse et media, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
03/05/2009
Sucer mais pas avaler (3)
Après un départ de l'Inde dans le (1), nous avons continué la visite du propriétaire. En transit dans d'autres pays, de continent en continent dans le (2). Nous retournons en Inde pour la conclusion. L'Inde est la plus grande démocratie dans le monde, rappelons-le.
Dans l'Echo du dernier week-end, l'Inde était à nouveau sur la sellette du questionnement et de la surprise. Un correspondant de New Delhi avait envoyé son papier qui devait éclaircir, en plus vrai, sur le terrain, le sentiment de mon premier article.
Titre: « Profession tueur, voleur ... député ».
A l'origine, en Inde, les politiciens utilisaient des gangs pour faire campagne. A présent, les criminels se mettent à la politique qu'ils considèrent comme une affaire très lucrative. Les trafics n'ont plus la cote. La politique apporte une opportunité financière. Un CV de politicien n'est pas demandé. Pas question d'espérer pour accorder les violons d'un gouvernement avec des partenaires qui n'assument pas, en connaissance de cause par la formation, les fonctions sous la présidence d'un chef d'orchestre généraliste. La corruption est devenue naturelle à laquelle s'ajoute l'incitation à la haine raciale.
Plus grave, en 2006, déjà, 23,3% des 538 députés faisaient l'objet de poursuites judiciaires que des présomptions d'innocence avaient du mal à cacher.
Une certaine Madame Seema Parhar, accusée d'avoir tué plus de 70 personnes, est candidate à la députation dans les élections actuelles, pour le parti de la Justice. Ça ne s'invente pas. Et elle est loin d'être la seule vu le pourcentage de ces députés qualifiés de véreux et connus comme tel. Pas un problème d'exclusivité féminine.
Dans un vieil article qui avait la femme pour effigie, je disais qu'il fallait avoir la compétence et la motivation pour occuper un poste d'importance. J'avais seulement oublié l'intégrité viscérale et assexuée.
«... s'exciter à propos des criminels, c'est pour les milieux intellectuels urbains. Le peuple, lui, il n'en a rien à faire. » était-il dit en conclusion de l'article de L'Echo. Là, cela devient indigeste.
Ah oui, je me souviens du premier article de ce triptyque, il y avait, pour les pauvres, le riz qui devait ressortir des urnes avec le seul choix entre quantité et quantité.
Le ventre a toujours ses raisons que la tête ignore. Chacun ses idoles et ses convenances qui n'ont que d'autres versions aux mêmes travers.
Chez nous, on parle plutôt de nourritures plus "préparée". Ce sont, désormais, les risottos, les couscous, les con_sommations ou les parties de jambes en l'air sous contrôle qui feront les choux gras. On a aussi changé quelques petites choses par l'équipe en place pour se rappeler aux bons souvenirs.
Pour y parvenir, les Droits de l'Homme, dans le monde, seront peut-être devenus les Droits de l'Ohm, cette unité de résistance du système international qui faisait partie de nos cours de physique et du travail.
Tous les enfants du bon Dieu sont-ils devenus des canards sauvages? On semblait le ressentir à la lecture du début de cet article.
Tout n'arrive, pourtant, pas parce que cela doit arriver. Il y a aussi les extras qui assaisonnent ou sucrent les canards bien ou mal policés.
La politique est, et reste, violente. Nul ne peut le contester, sinon il n'y aurait plus que des politiciens pour se présenter dans la gestion du monde.
Le pouvoir pourrit-il son homme? Surtout, pas d'amalgame. Il y a les purs et durs. Les motivés, avec des convictions d'éthique.
France2 avait programmé, ce 1er mai, le film "Un homme d'honneur". Anniversaire du 1er mai 1993 pendant lequel le premier ministre Pierre Bérégovoy se donnait la mort après avoir essuyé une défaite législative. Autodidacte, il avait gravi tous les échelons de la vie politique en fidèle lieutenant de François Mitterrand. Il devint le bouc émissaire d'une classe politique contestée et affaiblie par les scandales. Il n'avait pas supporté l'acharnement des journalistes contre lui ni que la population remarque aussi que la droite et la gauche se confondaient dans leurs actions. Il n'avait probablement pas ressenti les problèmes du passage de bas en haut.
Réédition de l'histoire qu'avait révélé l'affaire Roger Salengro, sujet qui avait été diffusé sur France 2, le 14 avril. Déshonneur aux vaincus? Certainement. Mais, vaincus, par la déchéance surtout programmé pour les transfuges qui transgressent les règles de la dichotomie du monde entre possédants et possédés. 
Abandon par les deux côtés de la barre dans la solitude et la détresse la plus totale en cas de ratage. François Mitterrand avait eu des mots durs contre les "chiens" à l'enterrement de son premier ministre. Le "chenil" n'était pas aussi restrictif qu'il le pensait. Les "affaires" comme on les appelle chez nous, comme ailleurs, n'ont pas disparues, aujourd'hui, pour autant.
Les défilés du 1er mai n'ont pas démenti cette ségrégation dans des villes différentes séparant les partis. Les uns, les rouges, criaient des slogans comme "Le système néo-libéral a foiré". Les autres, les bleus, dénoncaient "La diabolisation du libéralisme".
Six grandes banques américaines ont approvisionné 26 milliards de dollars pour frais de restructuration au premier trimestre. Salaires ou plutôt bonus? Cherchez le naturel...
Voter n'est pas qu'un droit. C'est la procédure qui est la plus assez ajustée à l'époque. Mais, voter pour des hommes que l'électeur ne connaît ni d'Ève ni d'Adam, pour des partis dont il n'entrevoit qu'une partie des objectifs, masqués par une foule de bonnes idées, sont peut-être les raisons à ce manque d'intérêt. Démocratie à plusieurs profits et pertes. Difficile de contenter une masse toujours différente et mouvante ou corruption au bout du chemin électoral?
Une idée pour caractériser le vote, tout de même, parce qu'il en faut toujours une.
L'informatique a l'avantage de ses inconvénients et vice versa. Elle a l'obligation de la logique, construite sur un raisonnement architecturé suivant un organigramme pré-établi, avec entre un départ et une arrivée, un processus qu'on appelle le traitement de l'information. Au lieu de se contenter et de se coller à l'arrivée, aux candidats et aux partis, aux espérances et aux résultats, l'informatique permettrait de dresser un cheminement par étapes pour atteindre le but "voter pour". Cette interrogation se ferait par une série de questions-réponses entrecoupées par des branchements orientés par des "si" ou des "if" pour suivre les programmes. Exercice de recherche du meilleur prix-performance en ignorant au départ qui remporterait la palme en suivant à la trace ses propres tendances. Manière originale pour coller au mieux à la volonté de l'électeur avec un seul problème: comment construire ce questionnaire avec le plus d'objectivité sans partialité? A l'occasion des élections, il y a une tentative dans ce sens, elle s'appelle euprofiler.
La réconciliation pourrait pourtant passer par là. Les élections ne sont qu'un moyen de "poller" l'électeur. Le référendum par objectifs en est un autre. Les pétitions circulent déjà sur Internet. Les organiser dans la sécurité et suivre le mouvement. Cela pourrait s'appeler "Ordinavote" ou "PollOnWeb". Mais, ce processus est très antagonistes à l'idée et à la fonction des partis.
Le temps de crise que nous connaissons, nous oblige à lever le pied, de prendre du recul en évitant les raccourcis, à pointer du doigt les excès, à ressortir du lot de ce qui est trop long ou trop étroit... et de réagir. Cela a commencé mais pas comme avant. La violence est souvent inutile et dénoncée comme "jeux" pour casseurs.
Dernièrement, je lisais « Il n'y a plus de penseurs et de philosophes ». Je commentais qu'au contraire, il n'y en avait jamais eu autant derrière leurs claviers qui ont remplacé la feuille blanche et les pavés dans la rue. Seul le média a changé. On y a gagné par l'interactivité. Tous ces nouveaux "philosophes" resteront probablement des sans-grade qui « réfléchissent avec leur raison sur le monde et la pensée, pour accéder à la sagesse ou pour comprendre le sens de la vie, dans l'espoir d'être plus heureux ou libre » comme définit Wikipedia la philosophie. Seul le pluralisme d'idées est en régression dans la bataille. Il s'uniformise contraint ou même, parfois, accepté de bonne grâce par facilité. Mais la crise rendra la communication moins frivole et plus interactive. Dans mon "A propos", j'ai écrit qu'Internet pourrait sauver le monde. Encore faut-il que le monde suive et s'essaye à la chose publique.
Il reste souvent cette impression générale de ne plus rien comprendre à notre environnement, à notre vie et de virer dans le raz-le-bol sans fin dans cette bousculade à répétition.
En une question: Sommes-nous tous devenus fous? Où est l'erreur?
Au sommet, on veut, dès lors, corriger. Rechercher et recréer un « Nouvel Ordre mondial ».
Déception, si l'on en croit la cosmologie, ce serait plutôt une continuation d'un « désordre mondial » par phases de plus en plus rapides dans un monde à plusieurs vitesses, combinées avec un côté d'incertitudes. Voir ci-dessous si pas convaincu (*)
Manager plus de désordre, avec une expansion des problèmes serait donc le grand challenge de demain.
L'instabilité politique menacerait-elle aussi l'Europe et les pays qui la constituent, ce 7 juin prochain?
Il y a le spectre de l'abstention des électeurs.
En pleine euphorie après les dernières élections présidentielles françaises, je m'étais payé un bide magistral sur Agoravox, il s'agissait d'une parodie "Elire, c'est guérir". Apparemment, sur le terrain, la guérison n'a pas été flagrante. L'enthousiasme a fondu. Les déçus sont là et la cote de popularité s'est dégraissée. C'est toujours mal vu, d'avoir une certaine raison opposée trop tôt.
Dans une autre époque, j'écrivais "Vivre dans un monde démocrate, ça vous gratte?". Ce que je suis sûr, aujourd'hui, c'est que le poil à gratter n'est pas moins rare et qu'il fait beaucoup de petits qui n'en finissent plus de gratter.
La démocratie, les droits de l'homme ne sont plus qu'un idéal qui a des tendances malheureuses à s'éloigner. La démocratie n'est pas, nécessairement, la panacée, mais, c'est ce qui rapproche le mieux le citoyen de ses desiderata les plus intimes. Le moins mauvais des régimes, comme disent les convaincus, mais il faut en être conscient en l'ayant vécu de l'intérieur. Les jeunes ne seraient pas absents de la politique, lisais-je.
La "solidarité", un mot à la mode, mais qui n'est pas encore partagé que par de bonnes paroles. Alors, il faudra se questionner de là où la tune se trouve. L'espérance ou l'espoir sont de si belles choses, tant qu'on a la santé et qu'on s'adonnera aux sports pacifiques.
Mais, pour un véritable projet de société, peu importe les couleurs des "ustensiles de ménage". Il faudra donc apprendre chacun à sucer à la petite cuillère, mais surtout ne pas avaler la grande louche avec la bonne soupe.
Le Nouvel Obs de la semaine ne semblait pas le confirmer en parlant de l'insurrection française.
La politique spectacle a pris le relais de la démocratie. Le "star system" avec son côté "people" a souvent triomphé par l'image sur les écrits et les débat d'idées de l'analyse. L'affectif et l'émotion au pouvoir, pourrait-on dire.
L'Italie est devenue la championne dans ce genre d'exercise ou l'image seule a encore une chance de percer le coeur des électeurs. Les derniers démélés de Berlusconi avec son épouse entre dans cette cour.
Pour attirer le lecteur, la presse n'a plus que les titres accrocheurs pour seuls appâts. Le titre de cet article, à l'origine une hilarité en commun dans les locaux d'une banque, a volontairement été choisi pour suivre une mise à l'épreuve, apparue de manière fortuite lors d'une conversation terminée dans l'hilarité la plus totale.
Aujourd'hui, Emile Zola en serait, pour ses frais, "plus actuel" avec son titre réquisitoire "J'accuse". Les amateurs de porno en seront pour leurs frais avec le contenu du mien.
Puis, il faut bien l'avouer, il y a ceux qui travaillent dans l'ombre, qui prennent des notes à l'encre noire de leurs nuits blanchâtres pour récupérer un peu de "suc" de la crise. Leurs livres se retrouvent sur les présentoirs des librairies sous les kilomètres de leurs analyses, de leurs romans, de leurs thrillers fictions, à en donner le frisson. Tout cela pour expliquer l'inexplicable légèreté de l'âme de leurs contemporains. Pour se faire, ils se basent sur le passé pour inventer le futur mais en transitant par une actualité très volatile et donc déjà obsolète à la publication. Tout passe tellement vite que l'encre n'a plus le temps de sécher. Il y a plus d'écrivains que de lecteurs. Il faut du Reader Digest.
Comme dirait Pierre de Coubertin, la crise, peu importe comment on en sort, l'important, c'est de participer.
Ce sacré espoir démocratique avale décidément un temps fou pour les uns, tout en suçant, les autres dans sa rage d'exister.
L'enfoiré,
Mise à jour du 12 mai 2009 "Les castes régissent toujours l'Inde moderne"
(article de l'Echo). Ram, le tailleur "intouchable", gagne 50 roupies par jour (0,75 euros) et vote pour Mayawati, la reine des intouchables, devenue richissime et dans le parti BSP. Le fait que les fonds publics n'irons pas pour équiper les villages dalit en eau et en électricité ne le fait pas changer. On reste castré. Castes envahissante et cela, 60 ans après l'indépendance, pour arriver à une république plus égalitaire. Rigidité ancestrale avec des brahmanes, au sommet, des paysans, et des intouchables. L'éducation réservée. La discrimination envers les dalits est interdite, mais les relations inter castes restent quasiment inexistantes. 4000 ans d'histoire quand tu nous tiens ! 
Sur Agoravox, même sujet, sucettes ou pas?
Citations:
-
« L'heure de nous même est venue », Aimé Césaire
-
« Tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie. », Alfred E.Smith
-
« Nous devons nous libérer de toute transcendance. La transcendance est la corruption de l'imagination. », Edward Bond
Hubert Reeves disait "Nous faisons partie de l'histoire du cosmos. Les atomes dont nous sommes formés ont été forgés dans les étoiles". Aux dernières nouvelles, même le Big Bang ne serait plus qu'un Big Bounce, un rebond avec un avant et un après. L'Univers en vibrations, dans une étude euristique de la relation entre les étoiles et les êtres vivants?
La Relativité Générale et la physique quantique vont me donner une approche originale à ce "désordre mondial". A la base le livre de Stephen W. Hawking, « Petite histoire de l'Univers ». Il y tentait d'expliquer le Big Bang avec notre Univers, en expansion, sans frontières, en transitant par les trous noirs. En détournant ces théories vers la physiologie des hommes avec des phrases choisies, les analogies sont troublantes.
"La 2ème loi de thermodynamique dit que « l'entropie d’un système isolé, son désordre, ne diminue jamais avec le temps. De plus, quand 2 systèmes sont réunis, l’entropie du système obtenu est plus grande que la somme des entropies des 2 systèmes originels. Cette loi est statique. C’est-à-dire qu’elle ne se vérifie pas toujours mais dans la majorité des cas. ». La mécanique quantique, elle, se base sur le principe d'incertitude. Aucune théorie unifiée, globale et cohérente à l'horizon des découvertes. Seule une estimation partielle est de rigueur. Dans la théorie des cordes, les éléments de base ne sont plus que des particules qui occupent un point unique de l'espace-temps. Celles-ci ont seulement une longueur pour décrire une interaction forte et élastique comme dans une toile d'araignée. Le principe anthropique dit que les dimensions spatiales ne semblent pas suffisantes pour le développement d'entités aussi complexes que les êtres vivants sinon ils devraient monter les uns sur les autres pour se dépasser. Les événements ne peuvent être prédits au delà d'un certain point et se produisent de façon aléatoire et arbitraire. En fait, la condition "sans frontière" implique que le désordre continuerait à augmenter même pendant une phase de contraction ultérieure. Les flèches thermodynamiques et psychologiques ne s'inverseraient pas lorsque l'Univers l'homme commencerait à se contracter même à l'intérieur des trous noirs. Toutes les trajectoires possibles sont finies en expansion, mais n'ont ni frontières, ni bords, ni singularités."
D'après Stephen W. Hawking, le problème reste seulement d'appréhender la totalité de la connaissance humaine vu le rythme des progrès de la science à rendre la chose possible pour être compréhensible par tous. Il y a 70 ans, Eddington disait que 2 personnes seulement comprenaient la théorie de la Relativité Générale. Je suis sûr, avec cette vue "analogique", qu'il y a vous, en plus, maintenant. De infiniment grand, l'Univers, à infiniment petit, l'homme, tout prend un tout autre éclairage.
09:10 Publié dans Actualité, Europe, Monde des affaires, Politique, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
11/03/2009
Le rapport du "Rapport de la CIA"
En 2005, Alexandre Adler s'intéressait au rapport de la CIA et à ce qui serait le monde en 2020. Vision à l'américaine en suivant le rapport NIC 2020 (2003). Nous sommes 4 ans plus tard. Cette vision tient-elle toujours la route?
Je me proposais récemment de revenir sur des exemples de futurologie en fin de l'article "Futurologues en goguette".
Adler affirme que les Américains ne seraient pas ce que l'on croit des antidarwiniens avec des préjugés tel que le décrivait Michael Moore en réaction à l'ère de G.W. Bush. Ce sont des diplomates, des officiers du renseignement de la CIA qui possèdent leurs propres organismes de recherche et d'évolution mais qui sont, eux aussi, très peu tournés vers le futur et l'extrapolation du passé sur le futur. Un rapport établit par 25 experts indépendants de milieux divers, entre autres, par les futurologues comme Ted Gordon, Jim Dewar et Ged Davis.
"Vers une mondialisation plus malheureuse" reconnaissait Adler d'entrée de jeu dans une titre évocateur. Pas plus, la doctrine de James Moore avec son panaméricanisme ni l'idéalisme naïf de Woodrew Wilson, mais une Amérique très ou trop pragmatique que l'on retrouve au travers de ses présidents et cela pendant deux cents ans de puritanisme et de compétitions acharnées. Ce serait plutôt contre un passé de "containement" (d'endiguement) de la puissance soviétique contre un dynamisme idéologique avec l'argent comme arme et comme outil et l'appui massif d'universitaires compétents entre "conservatisme" et excès dits "démocrates". Pas de géants abouliques, seulement un américain instrumentalisé par les milieux financiers britanniques et antisémitisme. Une économie en voie d'expansion et d'intégration mais avec les États-Unis comme rôle pivot, une révolution technologique toujours plus envahissante, des inégalités sociales persistantes, une montée de l'Asie, des émergents comme les BRIC et des puissances vieillissantes, des politiques identitaires, une insécurité omniprésente porté par une transmutation du terrorisme international, une démocratisation en marche arrière résumeraient les constatations du rapport. Tout cela, sous une cartographie du futur, avancée par l'intermédiaire de 4 scénarios alternatifs et qui, d'après l'auteur, n'arriveraient jamais ensemble.
-
Le maxima par la "Pax americana", style GW Bush, en pilotage automatique et bienveillant
-
Le "monde selon Davos", style Bill Clinton, simple à concevoir par la liberté de s'associer avec des avantages comparatifs
-
Le "nouveau califat", style Ben Laden, sans véritable stratégie pour contrer efficacement la montée de l'intégrisme avec une urbanisation brutale du monde musulman, qui devient la source de l'islamisme idéologique en différentiel avec l'Asie.
-
Le minima par le "Cycle de la peur" de style ou conception plus européenne avec le chaos mondial final qualifié de simple et léger.
Des lettres, plus ou moins imaginaires, sont présentées par l'auteur pour en sortir des leçons à méditer.
Une stratégie de secours par multipolarisme tempéré seule pour minimiser l'impact des deux derniers avec une idéologie du même droit à la vie et au bonheur et avec une imagination qui ferait changer la chenille en papillon par les moteurs de la démographie, des ressources naturelles, de l'environnement, de la science, de la technologie, de l'économie mondialisée. Prédictions qui rendraient la mondialisation irréversible mais moins occidentalisée dans une économie plus vaste avec des entreprises privées de taille mondiale propageant les nouvelles technologies. Une montée en régime de l'Asie, une population vieillissante généralisée, de l'énergie suffisante et même en croissance, un pouvoir grandissant mais non étatique, un islam politique puissant mais avec les États-Unis toujours en un acteur unique et puissant, se retrouvent dans les certitudes relatives présentées. C'est donc de la "prédiction" avec une vision dites "dynamique" des futurs possibles pour sortir des pensées conventionnelles.
La crise mondiale dont on voyait les prémisses en 2007, avec la perte d'achat comme initiatrice et des subprimes comme révélateur; en 2008, avec la crise des banques, et financière comme catalyseurs à la perte de confiance irrationnelle, qui ont bouleversé ces prévisions et mis en déroute les populations du monde de manière brutale et non contrôlable dans son ampleur et sa brusquerie, sont sortis du chapeau de l'histoire. Les certitudes relatives se sont effondrées sur plusieurs plans dans une démonstration par l'absurde. Un déséquilibre entre production et consommation s'est produit, insidieux. Les technologies informatiques misent en oeuvre par le rapport NIC pour analyser le futur n'avaient manifestement pas tous les paramètres disponibles. Alors, l'idée d'être au service des citoyens, ce n'était pas gagné d'avance. La mondialisation, vue aujourd'hui, est en phase rétrograde et un "néo-protectionnisme" est mis en avant par Manuel Baroso, président de la CE, comme le danger ultime. "Le monde sous la menace protectionniste" titrait le Nouvel Obs dans un de ces derniers chapitres. L'économie restreint ses objectifs et s'oblige un chômage technique ou complet, de plus en plus énergique, poussé à son point limite de la fermeture des entreprises souvent hors les murs de la maison mère des multinationales en premier ressort, à la source, ensuite.
Celles-ci grincent de toute part et éjectent les produits qui ne font pas partie du "core business". Les stocks explosent et ne trouvent plus acheteurs. Certains font du catastrophisme.
Davos était mentionné, mais les altermondialistes au Brésil ne l'étaient pas.
L'énergie et les matières premières subissent des fluctuations chaotiques en dehors de l'entendement et de la logique primaire. L'énergie nucléaire poussée vers une sortie honorable, revient en force avec de nouvelles centrales même chez ses précurseurs anti-nucléaires scandinaves. Une controverse éolienne freine clairement les espoirs et minent les élans les plus écologiques. Alors, on se retourne en premier vers les freins de la consommation d'énergies.
Les États, poussés par l'obligation de soutenir leur économie et l'emploi, par les ONG et les lobbies, reprennent parfois les miettes des entreprises privées ou privatisées, en crise de liquidités. Cette situation d'exception a provoqué quelques déclics pour contrebalancer les efforts et regagner la confiance. On rassemble les fonds de tiroirs: les secrets bancaires, les paradis fiscaux, les parachutes dorés ne sont plus ce qu'ils étaient. On rationnalise. On renfloue. On tente de corriger. Et puis, les milliardaires sont toujours là, même s'ils trinquent et changent de tête. Ouf...?
Le "durable" est, désormais, préconisé et encouragé dans le monde occidental pour préserver l'environnement. Les produits bas de gamme se retrouveront, tôt ou tard, repoussés, de fait, aux frontières, les copies radiées pour sauver les économies locales et les marques pour s'épargner un écrasement total et fatal. Il parait d'après un article de l'Echo de mi-mars 2009 que "la crise profite aux marques propres des distributeurs". Les fusions de sociétés ont ralenti de manière drastique. Des rachats de sociétés stagnent dans la peur du lendemain. Ils pourraient être remplacés par des échanges de bons procédés sous forme d'échange d'actions. Une autre technique de l'histoire, en vue?
Un scénario où seul le jeu en commun serait devenu l'agent liant ou le retour aux cases de départ se dessine, à coup sûr, dans une sorte de recherche forcée de "L'argent du beurre" au plus juste prix. La création de nouveaux blocs alliés tels que celui de l'axe Moscou-Téhéran-Pékin opposé à celui des États-Unis-Israël-Japon; ceux des deux axes eurasiens, avec au Nord, les Britanniques et les Scandinaves contré au Sud par la France, l'Allemagne et la péninsule Ibérique étaient préprogrammés dans le rapport, sont beaucoup moins d'actualité. Plus aucun bloc économique ne peut en sortir sans la concertation avec les autres et le concours coopératif ou solidaire des voisins. Unir l'ensemble est devenu le défit majeur. Alors, on s'observe. Des plans de relance de plus en plus chers donneront-ils le ressort sans aller aux sources du mal? La compétition acharnée et suicidaire par la concurrence fait partie de la partie avant "schisme" et la charnière de ce siècle. La peur et la sécurité tout azimut ont dégradé l'économie et miné la production de manière plus accélérée au cours de cette dernière décade. Une dévaluation générale des monnaies se retrouve dans une érosion de la consommation.
L'Europe, ce dit "vieux continent", grâce à sa diversité de cultures n'a pas encore dit son dernier mot, si elle s'en rend compte. Une spécialisation naturelle en fonction des compétences de ses ressources humaines disponibles en éliminant les redondances d'efforts trop régionaux pourrait aider. L'éducation et l'immigration ne seraient plus considérées comme un mal mais, au contraire, un élargissement des potentiels. Ce serait une adaptation de la main d'oeuvre confrontée à une longue période d'immobilisme, disait Adler avec raison. L'OTAN reprend du gallon contrairement aux prévisions du rapport. La France se met sous son ombrelle. Nicolas Sarkozy vient d'en conclure l'accord, en faisant table rase de la volonté d'autonomie de Charles De Gaulle. C'est fait ce 11 mars 2009, ça coûte trop cher la souveraineté et on réinvente l'union fait la force.
Une reprise en main de la Russie s'est produite, hier, en Géorgie, pays qui s'était formé plus ou moins artificiellement sans l'accord de toutes les populations de liens différents qui la composent et qui avait surpris par son réveil soudain. Hautement improbable, disait le rapport.
La Chine et l'Inde ne seront que les acteurs qu'ils voudront dans, semble-t-il, un même jeu de l'autarcie forcée.
Ce qui veut dire, aussi, pour la Chine que le pouvoir d'achat intérieur devra s'élever de manière importante et passer à la consommation "old style" occidentale avec une classe moyenne démocratisée et éduquée sous peine d'asphyxie. Elle devra absorber, très vite, les frais démesurés qu'elle s'est imposée pour les JO de 2008. La surchauffe y a vécu. Le ralentissement de la création d'emploi est dès lors programmé tout en repoussant une nouvelle fois son propre problème du vieillissement de la population. Cela pourrait entraîner une instabilité par le crime, le trafic et l'immigration illégale. Le prix des matières premières soutenues par l'expansion chinoise, oui, si l'expansion s'y poursuit.
Le Japon ne voit pas le fond mais a découvert en catastrophe l'ADM, les armes des distractions massives, les Mangas avec le karaoké comme fond musical.
L'Inde, par contre, toujours sous le joug de l'idéologie des castes, subit toujours un frein des responsabilités non égalisées sur sa population globale, rythmée par de trop nombreuses vitesses de développement. Une population en augmentation constante avec des eaux en surface de plus en plus polluées, se verra imposer des choix draconiens dans la haute technologie dans les villes en maintenant les campagnes de force, hors course. L'outsourcing massive n'assure plus la sécurité à ses clients comme espéré à la naissance de ce mouvement d'externalisation. Sa population reste seulement locataire de travail temporaire, à bon marché et, donc, non responsable sur le long terme. Il n'y a pas que le prix et la langue anglaise poussée comme véhicules d'une rotation durable.
Le vieillissement des populations, l'environnement sont les problèmes généraux. La moitié de la population mondiale devait vivre dans des pays avec un taux de fertilité inférieur à 2,1 enfants par femme pour maintenir une stabilité et assurer une retraite aux seniors. Comment les pays vont s'y atteler déterminera la sortie ou l'incrustation dans la durée des problèmes. Une cartographie mentale du monde de 2020 avec un changement radical d'optique du progrès hors caricatures pourrait stopper l'hémorragie ou l'inverser par une guerre catastrophique comme ce fut le cas au début du XXème siècle suivie par une dépression mondiale, rappelait Adler. La vraie guerre pourrait devenir plus virtuelle que réelle par la déstabilisation cybernétique paralysant les réseaux d'Internet sources du savoir. Une hausse durable, inscrite dans le rapport NIC, s'il apaisait certaines tensions sociales consolide, dans le même temps, des régimes autoritaires. L'image des Etats-Unis comme modèle, comme gendarme du monde avait, pour longtemps, été remisée à l'ombre des espoirs déçus suivi d'un esprit anti-mondialiste sévère. L'arctique qui dévoile ses profondeurs, à cause du réchauffement climatique, n'a pas été envisagé dans ses conséquences qui peuvent se révéler positives pour les pays limitrophes.
Non, la crise "totale", la décroissance que nous connaissons, n'avait pas été prévue dans le rapport. Elle a fait sortir du cartésianisme pour devenir systémique. Un profond déséquilibre entre offre et demande en ressort, dans les liquidités nécessaires ou superflues. Après une inflation galoppante de 2007, une récession mondiale fait naturellement baisser la demande en 2009. Rationnaliser tout cela pour retrouver un équilibre et effacer les laxismes et les inégalités du passé à trouver dans l'urgence.
Les risques inflationnistes, les populismes d'Amérique Centrale, les changements de cap à gauche en Amérique du Sud, la conjoncture post 2001 sont peut-être déjà un lointain souvenir.
Le mérite de ce rapport est d'en avoir analysé les changements majeurs sans en avoir décelé l'ampleur et la rapidité dans les espaces et dans le temps. Il avait constaté les déséquilibres de l'endettement des ménages américains, des déficits budgétaires croissants de la balance des comptes mais tout devait continuer si l'infection n'était jugulée sur place, à son origine. Un refus de la hausse des impôts et la chute du dollar ralentirait inexorablement l'économie américaine, disait-on. On sait ce qu'il en est advenu. On parle de régulations, de réformes dans des cycles excentriques pour réguler ce qui était considéré comme automatique.
Aux États-Unis, un nouveau "Messie" est donc là pour changer le pays de fond en comble. Pas besoin de le nommer pour le reconnaître. Messie, pour les uns, Satan, très probablement, pour d'autres. "Après quelques six semaines, des impôts qui servent à réduire les inégalités, des polluleurs devenus payeurs, l'Etat de non-droit bannis, la santé accessible au grand nombre", comme l'écrivait récemment le Nouvel Obs. Loin d'un ravallement de façades.
Ca n'était pas dans les tablettes du rapport évidemment.
De toute manière, l'euphorie de la puissance est un peu passée et n'aurait pas été reproductible d'après le rapport.
Des plans de relances, un nouveau protectionnisme industriel en accord avec un nationalisme renaissant et autarcique.
L'impression de déclin pour les anciens est manifeste. Certains chercheurs pensent déjà à faire machine arrière.
Des mutations géopolitiques, dépendantes des approvisionnements énergétiques, pour les autres. Les marges de manœuvre restent étroites pour les gouvernements endettés. Le domaine publique, forcé, reprend de la vigueur dans le soutien de l'économie. Les levées du secret bancaire, les évasions fiscales, les corruptions et les scandales financiers sont en passe de corrections pour récupérer les fonds de tiroir. Peu importe les techniques utilisées dans ce grand chambardement. Le renversement de tendance a eu lieu, c'est entendu. Le Monde a eu son 11 septembre en plusieurs couches successives. Nous vivons des années charnières à la recherche de consencus. Un monde plus volatile, moins stable, donc.
Entre temps, la France se retrouve avec un soulèvement de ses territoires d'Outre Mer, souvent oubliés. Le Système du Capitalisme suite à la crise est même remis en question par plusieurs analystes pour sortir de l'ornière.
"Des mutations profondes, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, à la recherche des aiguillages pour ne pas sortir des rails avec peut-être des effets bénéfiques pour l'éradication de la pauvreté", concluait Adler. Qui dirait mieux?
Vu le retournement de situation dans ces quelques derniers mois, la difficulté de comprendre cette actualité, prédire ce qui va se passer dans 15 ans, n'est, décidemment, pas chose facile même pour la CIA.
Je m'apprêtais à terminer ici, quand je suis tombé nez à nez avec la version 4 de ce Rapport qui vient de sortir de presse et qui, cette fois, veut allonger les prédictions jusqu'en 2025. Il est vrai que sa conception a été étendu à des experts de tous les continents et non plus américains.
Cette version inclu la crise, l'arrivée d'Obama et des corrections non négligeables.
Nouveau film catastrophe? Pas vraiment, quoique de nouveaux problèmes surgissent. La pénurie d'eau, d'un côté ou le trop plein dû au réchauffement climatique se sont invités dans la danse. Le Sahel, le Darfour crèvent par la sècheresse tandis que Wall Street doit déménager pour échapper à la montée des eaux. Les hydrocarbures qui s'"évaporent" des rêves de consommation à bon marché. Donc, un futur qui suit plus environnemental que prévu précédemment.
Plus multipolaire encore, aussi, et moins américanisé. L'Afghanistan et le Pakistan deviennent des points névralgiques. La réconciliation entre les continents sont au programme. L'association Taïwan, Hong Kong, Macao, Singapour font la nique, économiquement du moins, à la Chine étatisée du pouvoir central. La Corée et le Vietnam sortent leur épingle du jeu. L'Afrique est courtisée par la Chine, l'Inde et le Brésil.
Mais, si 2020, était encore très loin, 2025 rend les prévisions encore plus hasardeuses. Un rapport ne serait rien s'il n'était pas suivi de corrections. Les économistes, eux, ont toujours pu expliquer les erreurs du passé.
Alors, un nouveau rendez-vous dans 5 ans, dans 4, 3, 2 ou 1 an vu que l'espace temps se rétrécit? "L'Histoire n'est pas encore en voie d'achèvement" constatait justement Adler dans sa préface.
Bernard Maris de Charlie-Hebdo en parlait lors d'un interview, suite à son livre "Capitalisme et pulsion de mort". Il proposait : une économie verte plus sociale, coopérative avec des indicateurs de bien-être, budgetiser en remplissant les caisses de l'Europe, effacer les créances par l'inflation (la déflation fait encore plus peur) et en épongeant ainsi les dettes par ceux qui peuvent le faire, vivre avec une sobriété plus ajustée par une croissance en fonction des besoins plutôt que de suivre le marqueting, se rendre compte que l'argent n'est pas commestible (mythe de Midas), taxer la spéculation et éradiquer les paradis fiscaux. Une utopie? Non, un changement de mentalité. Très certainement. 
L'Enfoiré,
Des futurologues au rapport sur Agoravox?
Citations:
-
« Je préfère un futur imprévisible à un futur imposteur. », Maurice Schumann
-
« Ne t'écarte pas des futurs possibles avant d'être certain que tu n'as rien à apprendre d'eux. », Richard Bach
-
« Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. », Friedrich Nietzsche
12:45 Publié dans Actualité, Europe, Histoire, Monde des affaires, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





