28/02/2013

Une intelligence pleine d'artifices

L'étude du cerveau humain, une stratégie médicale, technologique et économique. L'intelligence artificielle remplacera-t-elle l'intelligence humaine? Drame ou progrès pour l'homme?

1.jpgRépondre à cette dernière question est que tout dépend de ce qu'on en fera.

Le 20ème siècle peut être considéré comme celui du coeur. Le 21ème pourrait devenir celui du cerveau.

Aujourd'hui, les opérations à coeur ouvert se font à la chaîne, même si les maladies cardio-vasculaires font toujours parler d'elles. Si le sang est véhiculé par la pompe du coeur, c'est le cerveau qui gère toutes les autres fonctions du corps humain.

Étudier le cerveau est bien plus complexe.

La neurochirurgie est encore très jeune. Les chirurgiens, face à une tumeur du cerveau, n'ont pas eu beaucoup d'occasions pour se familiariser avec les techniques médicales. L'électro-encéphalogramme reste trop ciblé et incomplet. Les nano-sondes et l'IRM pourraient aider à modéliser le cerveau humain. Les progrès des techniques de la neuro-imagerie permettent de visualiser le cerveau sur le plan anatomique et fonctionnel. ("Le Cerveau de cristal" par Denis Le Bihan). Il y a pourtant un grand décalage entre l'image visuelle et la guérison. La neuro-imagerie moderne est apparue dans les années 1970 et révolutionné la techniques des rayons X de Röentgen qui date de 1895.

Le cerveau, curieusement, est insensible à la douleur. En 2010, un simulateur virtuel du cerveau a été créé au Canada. La mesure de la rigidité ou de la mollesse du cerveau est mise en équations numériques pour simuler au plus près et, ainsi, s'y exercer à opérer le cerveau pour en extraire une tumeur.

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Obama veut en savoir plus sur le cerveau"Pour ce faire, des scientifiques prévoient de construire une cartographie complète de l’activité cérébrale. Ils veulent faire pour le cerveau ce que le projet du génome humain a fait pour la génétique. Composé d’environ 100 milliards de neurones, le cerveau est excessivement complexe. Dans le coup, agences fédérales, fondations privées, équipes de neuroscientifiques et nanoscientitifiques pour faire progresser la connaissance sur les neurones, la perception, l'action, la conscience, pour ainsi, mieux comprendre des maladies comme Alzheimer et Parkinson, développer de nouveaux traitements pour les maladies mentales et acquérir des progrès en terme d’intelligence artificielle. Aujourd’hui, les scientifiques sont persuadés que la technologie est suffisante pour permettre d’observer et d’acquérir une compréhension plus complète du cerveau et de manière moins intrusive. Si l’initiative voit le jour et aboutit, elle pourrait être bénéfique à l’économie.".

Avec de tels argument, quand la santé et l'économie sont en jeu, les budgets devraient suivre comme investissements pour le futur.

Dans la foulée de l'étude du cerveau humain, il n'y a qu'un pas pour arriver à créer un cerveau artificiel en copiant son intelligence, au départ, en le musclant avec toutes les données disponibles, ensuite. Un pas, mais un grand pas. 

Créer un cerveau artificiel est un rêve que l'on retrouve au moins dans 35 films de sciences fictions. Ici, plus question de fiction.

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Sur dix ans, l'Europe est prête à débourser un milliard d'euros dans le projet "Cerveau humain" avec différentes universités comme l'école polytechnique de Lausanne et d'autres.  Les États-Unis, c'est trois milliards de dollars mis à disposition, dans le cadre du plan "Brain activity map" et « Future Emerging Technologies », aussi, comme un des deux projets les plus prometteurs pour la décennie à venir.

Le projet Apollo, le « Human Genome Project » comprend des étapes pour comprendre l'homme, suivant le schéma du séquençage du génome humain et le « Human Brain Project » pour prendre sa suite.

La « Big Science » est impliquée dans l'opération. 

Le projet SyNAPSE, au départ de la l'armée américaine avec IBM, HP et des universités va tenter de créer un cerveau humain à partir de zéro et de reproduire ses prouesses de raisonnement, de la parole et de créativité. A l'heure actuelle, les neurosciences sont incapables de comprendre son fonctionnement et les liens avec les neurones.

L'idée de construire une réplique, sans être identique à l'original, est venu à Richard Feynman pour contourner l'obstacle et la complexité. Le but principal est de mimer les phénomènes de dépression, d'autisme et de schizophrénie. Toutes des maladies qui touchent 30% de la population européenne avec un coût de près de 600 milliards d'euros par an. Montant qui dépasse le prix des maladies cardiaques, du cancer ou du diabète. 

Les maladies qui touchent au cerveau sont difficiles à déceler dès les premiers symptômes et, de plus, leur fréquence semble augmenter dans le futur.

Les progrès ont été importants. On comprend mieux comment fonctionne le cerveau. Sa plasticité comme simulateur conscient de son environnement ou son appel à l'inconscient en cas d'urgence.

Depuis le père de l'informatique, Alan Turin, l'intelligence artificielle (IA) n'est pas parvenue à concevoir une machine suffisamment performante malgré la puissance de calcul. Même avec un ordinateur capable d'effectuer des milliards de milliards d'opérations à la seconde, la simulation serait 100 fois plus lente que l'aptitude du cerveau original rien que pour simuler quelques secondes d'apprentissage. Seul un ordinateur quantique pourrait peut-être arriver à la vitesse nécessaire avec des QBits qui manipuleraient les données. La mécanique quantique pourrait ainsi répondre à ce besoin et, par là, relier les forces spécifiques d'une machine à celle de l'homme.  


Les quatre défis ne sont pas des moindres :
  • Cartographier le cerveau avec ses neurones et axones pour établir les plans de sa construction (Projet Connectome par le National Institute of Health). La technique de l'IRM à tenseur de diffusion permet une vue du plan anatomique et fonctionnel à suivre l'histoire des 30 millions de milliards de milliards de molécules d'eau qui traversent les synapses dans une organisation à trois échelles, microscopique, mésoscopique et macroscopique. 

  • Construire des neurones en silicium (Projet Truenorth par IBM) alors que tous les systèmes informatiques respectent une autre architecture. John von Neumann, en 1943, séparait l'unité de calcul de l'unité centrale, alors que les neurones jouent alternativement les deux rôles pour épargner l'énergie et accélérer les processus. L'agence Darpa teste actuellement des neuro-puces de 256 neurones avec chacun 1024x256 synapses et 1024 axons, câblés sur des nano-circuits dans une sorte de jeu de Lego.  

  • Organiser les connexions (Projet Spaun par l'université de Waterloo au Canada). Parvenir actuellement  à lire, à écrire, à compter, à mémoriser, à compléter des séries logiques avec 2,5 millions de neurones, équivaut à la capacité du cerveau du cafard. Il s'agit de les relier pour interagir en jouant le rôle au chef d'orchestre comme le thalamus ou l'hippocampe qui compile les souvenirs et décide de les effacer si nécessaire pour ne pas encombrer d'informations inutiles ou obsolètes. Apprendre par l'analyse reste la pierre d'achoppement pour obtenir la "tête bien faite" voulue. 

  • Alimenter en informations (Projet Google X par Google et l'université de Stanford). Le "Big data" à transférer et atteindre la "tête bien pleine". L'apprentissage des concepts complexes passe au travers d'un cortex visuel non surveillé  par la simulation. Cela a été réalisé par la machine Deep Blue en 1997 lors d'une partie de jeu d'échecs. Google organise déjà la marche dans ce sens. 

Ce sont tous, des projets technologiques sur plusieurs plans répartie en 150 équipes et des milliers de chercheurs qui dépendent du seul arbitrage financier.

Mais, il y a les sceptiques et cette simulation fait débat normal et nécessaire. Des critiques politiques croisent celles du niveau technologique et scientifique.

  • Projets trop américains et des buts à atteindre qui seraient, en arrière plan, destinés aux services de renseignement et à la stratégie de l'américain Darpa.
  • La question est "jusqu'où aller pour que ce soit efficace?". Descendre jusqu'à quel niveau de détail, de forme, de précision moléculaire ou atomique ? Le risque de créer un modèle trop faible en réunissant des niveaux organiques trop distants et donc, improductif, n'est pas nul.

Il est avoué que le but n'est pas d'atteindre la perfection mais seulement une approximation par phases, par versions en fonctions des progrès.

Un cerveau artificiel serait utile pour tester des traitements contre l'épilepsie ou la dépression puisqu'ils sont liés à des problèmes neurotransmetteurs.

Mais, inefficaces contre le syndrome d'Alzheimer plus lié à des problèmes de protéines, dit-on déjà. 

Puis, il y a de petits projets qui aboutissent. Petit à petit. Bien loin des investissements monstres. Le révélation du professeur à l'origine d'une découverte, Pierre Vanderhaegen, est presque confidentielle dans l'annonce récente d'une découverte scientifique à l'ULB de Bruxelles: la reproduction des neurones du cortex à partir de cellules souches et transplantés dans le cerveau d'une souris. 

Ici, aussi le même but, modéliser les maladies du cerveau. Une première greffe après une fabrication de plusieurs mois de ces cellules qui connectés avec le cerveau de la souris. Cela n'a pas fait parler la souris, bien sûr, mais...

Le cerveau de l'homme est gouverné par trois formes:

  • le reptilien archaïque qui réagit à l'instinct par des réflexes de survie.
  • le limbique qui détient les émotions pures.
  • le néocortex qui se risque aux abstractions dites rationnelles.  

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Quantifier l'information et en faire un concept scientifique précis, le dernier "Pour la Science" parlait.

Née, il y a 65 ans, la théorie de l'information est une entreprise toujours actuelle, à laquelle les développements de la biologie posent de nouveaux défis.

Dès sa naissance, la fracture entre le numérique et l'analogique s'est creusée.

L'ordinateur numérique, plus précis, a supplanté l'ordinateur analogique par les entreprises gloutonnes en gestion pour leurs prévisions budgétaires et les calculs scientifiques. L'ordinateur analogique ne pouvait pas fournir cette précision en oscillant sur des courbes entre des limites connues souvent d'avance.

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Le Démon de Maxwell guette dans l'ombre avec son ADN cellulaire et son processus du vivant.

L'entropie, en numérique, se subdivise, elle aussi, en trois versions, ShannonRényi ou conditionnelle

Trois éléments restent à définir pour combler les lacunes de connaissances comprises dans la matière, l'espace et le temps.

La neuro-informatique s'est imposée cette tâche.

Rien que l'approche par l'écrire de manière numérique plutôt qu'analogique pourrait sembler différente.

Les sentiments par le coeur et le raisonnement par le cerveau sont-ils réellement aux antipodes ou complémentaires?

Est-ce qu'il y aura, un jour, des robots intelligents et sentimentaux?

Comme les réalités dépassent souvent les fictions, je répondrais, "oui". 

1.jpgL'intelligence est le potentiel de comprendre par les facultés mentales, de découvrir des relations entre les éléments, de les adapter à des situations nouvelles pour y réagir et aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle par opposition aux sentiments, aux sensations et aux intuitions.

Traiter l'information, la machine le fait très bien pour atteindre les objectifs prédéfinis. Des objectifs à définir par la compréhension de la codification diversifiée comme la maîtrise du langage, elle ne le fait que partiellement. De nouveaux systèmes informatiques pourraient en découler. 

Les machines arriveraient à nous dépasser? Si c'était le cas, il resterait à les comprendre pour s'en apercevoir.

Le cerveau humain a besoin de dormir. La machine a besoin de se refroidir en dehors du point où il bugue. Sommeil paradoxal pendant lequel les infos seraient comprimées, défragmentées pour en réduire la taille, tout en étant toujours prêt à être réveillé par un réveil demandé par une autre machine. Ce n'est pas pour rien que le mot "virus" a été utilisé pour les humains et pour les machines.

Avoir peur de la machine? Pas d'elle, mais de son concepteur.

Pourra-t-elle décider de détruire ses semblables quand ceux-ci déconnent dans leurs circuits ou, mieux encore, s'autodétruire?

En 1942, Isaac Asimov avait édicté des règles de coexistence avec des robots. Le bug ne pourra se parrer qu'avec la présence d'autres robots qui vérifie les précédents.

Lors des dernières crises financières, les marchés, auto-régulés, sont allés trop loin. 

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13 février 2013: Un bébé robot assimile les mimiques des humains. "Via des caméras, il « apprend » l’expression faciale. Il rit, sourit, puis une larme semble lui monter aux yeux, sans doute poussée par la contrariété: difficile de ne pas voir dans le visage de Diego toutes les expressions d’un bébé humain. Pourtant, sa peau ne ressent aucune caresse rassurante, car elle est faite de plastique. Construit par une équipe de l’Université de Californie. Construit de façon à ressembler à un bébé d’un an, le robot y fait une démonstration de sa palette d’expressions faciales. Le réalisme est à la fois impressionnant et troublant, voire effrayant".

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Les Japonnais viennent de présenter leur dernier robot de Cyberdine, "Super Giraffe" qui serait prêt à réagir lors d'une catastrophe nucléaire.

Les réalités dépasseraient-elles la science fiction? Reproduire les cinq sens de l'humain et peut-être, pourquoi pas, en inventer d'autres.

Connaître ainsi les processus de la vie et de la mort de l'homme, c'est toucher aux émotions, à la sensation, à l'intuition et à la conscience. Avant de copier, encore faudrait-il comprendre un peu plus sur ce qu'est un homme dans son intégrité physique, morale et mentale. Ce qui le stimule à agir ou ne pas le faire, à penser ou ne pas penser pour échapper, parfois, timoré ou oisif à la prise de décision, à la colère et au plaisir. Tout cela relève parfois du mystère sans pourvoir en tirer des généralités. Les hommes ne sont des clones. La compréhension ajouterait une dimension au savoir multiple pour déterminer dans quel cas, les émotions restent nécessaires dans son intimité d'individu.1.jpg

Les émotions sont-elles conscientes ou déterminées par le subconscient? 

On ne sait plus très bien, ce qu'on cherche et où est la frontière de ses recherches entre intelligence naturelle ou artificielle.

Le magazine "Comprendre la Science" vient de sortir un numéro spécial "Le cerveau et ses mystères", dans lequel on parle de mesurer l'intelligence, le rôle des hormones et du sommeil, les troubles bipolaires, de son entretien et de sa dégénérescence.

Le cerveau a, en effet, tous ces mystères répartis sur plusieurs voies et têtes (cf vidéo).  

Une question: La vie ne dépendrait-elle pas de la mort? 

A cette question, pourquoi ne pas parler de l'émission "Matière grise" et de l'expérience de la vie après la mort. On y voit comment la matière se décompose. Une véritable guerre entre fossoyeurs pour réinventer la vie et remarquer que chaque atome, chaque composant est réutilisé pour la recréer. C'est découvrir comment de nouveaux écosystèmes vont se mettre à envahir les lieux après la mort pour découvrir que le vieillissement est la capacité qu'a la nature à se recycler. Derrière tout cela, pas très gratifiant ni du goût des nécrophores, comme les bactéries, les champignons, les asticots, c'est comprendre que la vie est constituée de niveaux très variés, faite de simplicités et de complexités. Les myxomycètes comme organismes les plus primitifs, sans cerveaux, sans coeur, sont là avec pour seul but de se reproduire. Construits avec les briques fondamentales de la vie, ils parviennent à reconstituer, avec efficacité, les organismes, les plus sophistiqués. Ce sont les virus qui vont contrecarrer ce processus et faire évoluer les espèces. 

C'est dire que l'approche n'est, donc, peut-être pas mauvaise.

Faudra-t-il penser à faire mourir les robots en plus de l'obolescence des versions pour qu'ils nous ressemblent encore plus et qu'ainsi, ils se regénèrent entre eux comme les êtres vivants?  

1.jpgCe ne sont pas seulement les psys et les neurologues qu'il faudra appeler à la rescousse pour répondre à ces questions. Des naturalistes, des entomologistes, des micologues et des philosophes pourraient très bien compléter.

Télécharger nos pensées dans un ordinateur, c'est aussi savoir quoi transférer.2.jpg

Comme toutes les poussières d'étoile, l'homme a commencé par être très organisé mais, qui en vieillissant, tend vers un chaos très personnel qu'on appelle "personnalité" que Kenneth Hayworth estimait devoir passer, un jour, sous la forme d'algorithmes.

Faut-il avoir peur des robots dans le futur?

Les humains inaptes à vivre en société sont considérés comme des erreurs de "conception", retrouvées dans les maladies mentales. Pourquoi les erreurs appelés "bugs" n'existeraient pas chez ses copies robotiques? Les virus se chargeraient de rectifier le "tir".

L'homme arrive dans un goulot d'étranglement dans lequel il doit répondre à des questions qui le dépassent. L'enseignement ne suit pas le rythme, englué dans des moules et des programmes prédéfinis, devenus obsolètes dès leurs sorties de l'école.

Joël de Rosney, féru de technologies numériques, parlait de "Société, éducation et fluidité(cf. vidéo)". "Surfer la vie, surfer l'éducation?". D'après lui, Internet, c'est fini dès que le cerveau planétaire sera conscient de lui-même au point de singularité. Le cerveau s’accélérera grâce aux liens et aux flux de connexions, obligé d'anticiper en surfant en temps réel sur une vague mouvante. La société pyramidale vit, peut-être ainsi, ses dernières années de succès ou d'échecs. 

Plus question de rechigner sur les aspects négatifs comme le cannibalisme des fonctions humaines ou la cyberdépendance. L'éducation pourrait subir un coup de fouet par ce futur devenu très virtuel. L'apprentissage pourrait se produire à distance, au rythme de l'étudiant, dans une éducation permanente interactive, pour correspondre à la vie qui s'allonge.

L'autisme est considéré comme une maladie car il réduirait les capacités intellectuelles à un seul domaine trop étroit. 

Eduqués comme des experts et des spécialistes, nous sommes tous, quelque part, des "Rain Men", entrés dans un certain autisme.   

Cela pourrait changer par l'IA qui obligerait de s'adapter à des situations généralisées, de s'occuper de tout, ou, du moins de pouvoir en parler. On ne sait pas vraiment jusqu'où iront les changements que les machines nous forceront d'adopter.

Avec le cerveau, nous sommes peut-être arrivés à un cas similaire aux fractales. En recréant la nature en 2D, par calcul, les fractales nous semblaient belles.

Passées en 3D, elles nous ont fait entrer dans un nouveau monde dans lequel, on pourrait presque se demander à quoi le résultat pourrait servir.

Nous sommes, en quelques sortes, des mutants hybrides qui s'ignorent.

L'informatique n'a été que la pionnière du processus de mécanisation. Une fois, la physiologie des humains incarnées dans des humanoïdes, on risque de ne plus remarquer tellement de différences. Il y aura les bons et les mauvais humanoïdes comme chez leurs modèles.

S'il y a un problème d'éthique, de sagesse dans tout cela, il sera dépassée par les évènements qui arriveront en tsunamis progressifs auxquels personne ne pourra échapper. 

Trop d'avantages face aux inconvénients pour faire marche arrière et l'envie d'aller toujours plus loin, est trop forte pour que le futur reste bloqué.

Cerise sur le gateau, l'homme qui valait trois milliards, sera bien moins cher qu'en 1975. 

Avoir peur des humanoïdes est lié à une culture religieuse. Cela gène que des machines auraient une forme humain et ferait mieux que son modèle.  

Les investissements seront peut être dans l'impasse. Celle-ci serait totale sans l'avoir testée.

Comme disait quelqu'un "Les sciences modernes décrivent ce qu'on peut connaître mais pas nécessairement le réel".

Pandore es-tu encore là?

Si oui, rentre dans ta boîte, RAS...

Si vous permettez une blague de potache pour finir, je vous proposerais cette dernière adaptée pour les circonstances.

Elle aurait pour titre: "Les gens trop érudits manquent parfois d'humilité".

Un jeune ingénieur en neurosciences, se retrouve dans le train assis à côté d'une petite fille qui visiblement à un rhume.

L'ingénieur dit à la petite fille:

-Il paraît que les voyages passent beaucoup plus vite si on parle avec quelqu'un.

La petite fille le regarde et dit en toussant:

- D'accord, de quoi voulez-vous qu'on parle?

L' homme fanfaronne:

- Et si on parlait de ton cerveau et de ton rhume?

La petite fille lui répond:

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- D'accord. Mais avant, j'ai une question. Une vache et un cheval mangent tous de l'herbe. Pourtant, la vache fait des bouses plates et le cheval de grosses boules. Vous me suivez?

- ... Oui, oui.

- D'où ma question. C'est le cheval qui a pris la place de la vache dans ma lasagne de ce midi. C'est ce qui fait que ma mère va m'obliger de manger des choux de Bruxelles, ce soir. Comment expliquez-vous cela? 

L'ingénieur pantois, réfléchit un instant, puis, doit avouer:

- Ma foi, je ne saurais l'expliquer.

Alors, maligne et ironique, la petite fille lui dit:

- Comment voulez-vous que je vous explique les problèmes que mon rhume de cerveau me pose, de la cervelle des ruminants, si vous ne maîtrisez même pas ces petits problèmes de merde, bien naturels?

- Je ne peux te l'expliquer aujourd'hui. Peut-être demain, ou bien plus tard. Mais reviens sur ce train, et quelqu'un te l'expliquera. 

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L'enfoiré,

 

Citations: 

  • « L'intelligence artificielle se définit comme le contraire de la bêtise naturelle. », Woody Allen
  • « La connaissance sans la sagesse, est de l'intelligence artificielle.... », Juliana M. Pavelka
  • « Attention au virus de l'intelligence artificielle. La représentation parfaite endort le cerveau. », Serge Bouchard 

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15/11/2012

Il y a de l'eau ferrugineuse dans le gaz

L'énergie, la phobie à la crème pâtissière! Le pétrole le sujet de conversation préféré avec l'embout du tuyau de la pompe en main et qui donne de l'urticaire au portefeuille! Le monstre du Loch Ness, par excellence.

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Pour remettre les pendules à l'heure, le 11 janvier dernier, la RTBF avait remis le couvert sur la table avec l'interview de Pierre Terzian, qui était interrogé au sujet du pétrole

Il disait que la barrière des 100 euros pour le plein d'essence, n'était pas loin. Près de deux euros, le litre de super. Aujourd'hui, on apprenait qu'il remontait à 86,35$ tandis que le plan Marshal wallon avait du plomb dans l'aile.

Un véritable yo-yo, ce prix du pétrole.

En janvier, Terzian disait en substance (c'est le cas de le dire...): "Oui, il y a un pic de production. Oui, il pourrait y avoir une grave pénurie en 2015. La consommation et la production sont comme le chat qui suit la souris, qui la rattrape à un point qui ressemble à l'infini. Tout dépend des moyens que le chat y met pour la rattraper. Pour se bouger les puces, le consommateur sera souvent obliger de mettre la main à la poche, mais, pas de panique car il y a de la réserve en attendant l'avant-garde et la garde qu'apporte l'économie verte". 

L'étendue des désaccords entre les pros et les contres du pétrole, il y a longtemps déjà, je les avais déjà mis en avant dans "La face cachée du pétrole", "La réponse de la bergère au berger".

Sans énergie, rien n'est permis. Cependant, il faut se rappeler que la meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas et que l'on épargne pour des moments où elle devient indispensable.

Le guépart ne court pas longtemps à sa vitesse maxi derrière l'impala alors que celui-ci n'a aucune envie de lui laisser ses entrailles en chemin en lui en fait voir des vertes et des pas mûres. 

Le problème chez l'homme, c'est qu'il y a la question "prix à payer" qui est venue s'ajouter. La monnaie d'échange...

En consommateur avisé, il penserait à diminuer sa consommation dans son habitation contre les intempéries, à ne pas avoir à se déplacer pour gagner sa "croûte". Le malheur, c'est que celui qui en a le plus besoin de cette "croûte", qu'on appelle le "pauvre", il ne peut concéder à cette envie de changer ses habitudes de consommation pour se protéger de ses pertes d'énergie pour protéger son logis ou diminuer ses déplacements. 

Le 8 juillet dernier, rebelote, "La fin du pétrole" de "Vu du ciel" ressortait sur France3. Rêves et cauchemars de la modernité qui se retrouvaient à la croisée des chemins dans ses choix énergétiques.  

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole sur un graphique clair. Bien sûr, il y a les graphiques qui expliquent tout.

Alors, pour dire du pétrole qu'il est le plan des de fin de la partie des globalistes comme outil de la création du chaos qui verra l'avénement du Nouvel Ordre Mondial, il faudrait faire quelques bons pas de côté pour l'extrapoler sur l'avenir.

Les solutions de remplacement existent mais elles butent sur de nouveaux problèmes techniques souvent en relation avec la pollution que la production ou l'utilisation entraînent avec, pour la fine bouche, la politique qui hésite au milieu du gué.

1.jpgCar la résurgence des crises successives se présente et aucune classe d'actifs, n'y résiste ad vitam.

Dans le passé, le pétrole a évité des déforestations  encore plus drastiques comme il était dit dans l'émission "Vu du ciel".

Le problème est que notre consommation quotidienne est devenue une gabegie pour répondre aux buts à atteindre et rien ne présage à ce qu'ellle diminue dans le futur avec les pays émergent qui veulent, à leur tour, leur part du gâteau avec en plus la cerise à son sommet.

Le pétrole pue, c'est évident. Mais il a des avantages et des inconvénients. Il ne sert d'ailleurs pas uniquement d'énergie.

Le plastique dont il est issu, existe dans tout ce qui nous entoure. Il fournit les matériaux isolants, emballages, pièces de voitures, d'avions pour ne fut-ce qu'en réduire le poids.

0.jpgLa Belgique détient le pompon de la production de plastique avec 595 kg par habitant en 2010 (NL:332 kg, D:2,7 kg, F:126 kg), avec Recticel, Deckeuning, Solvay, NMC.

Puis, il y a toujours, quand on consomme, une respiration qui naît par la seule réaction de la spéculation. 

Il faut interdire la spéculation pure sur le pétrole. Extraits: "La forte hausse des prix du pétrole que l’on observait, résulte de facteurs hors de notre contrôle, comme la croissance de la Chine et de l’Inde, qui contribuent fortement à la hausse de la demande mondiale en pétrole. Mais elle provient également de facteurs sur lesquels il est possible d’agir, et en particulier la spéculation sur le pétrole, estime Joseph P. Kennedy II, qui préside Citizens Energy Corporation, une ONG qui vient en aide aux pauvres aux États Unis et dans le monde, dans le New York Times.
0.jpgEn 2009, les marchés à terme négociaient plus d’un milliard de barils de pétrole par jour. Comme le monde entier ne produit que 85 millions de barils réels, cela signifie que plus de 90% des contrats portant sur le pétrole sont spéculatifs. Du fait de cette spéculation, on constate une déconnexion totale entre les coûts d’extraction, qui se montent à 11 dollars par baril en moyenne dans le monde, et le cours du baril, qui frôle les 100 dollars. Selon Rex Tillerson, la spéculation pure représente 40% de ce montant, ce qui a été confirmé par un rapport récent de la Federal Reserve Bank de St. Louis. 
Les accises et les taxes pour soutenir les États font le reste avant d'atteindre les consommateurs finaux.  Pour certains économistes, la spéculation est bénéfique, parce qu’elle permet de mieux répartir les risques pour les opérateurs du secteur de l’exploitation pétrolière si ce n'était pas la plus grosse partie de cette spéculation qui provient des Hedge Funds, dont l’intérêt est de faire monter les cours pour augmenter leurs profits. Le pétrole est une ressource stratégique, omniprésente. Lorsque les cours du pétrole se mettent à monter, c’est toute la chaîne des prix de l’économie qui se met à grimper derrière lui. En 2008, le Congrès américain avait fait passer une loi pour imposer plus de transparence pour limiter la spéculation pure à 25%. Pour que les fondamentaux de la vie, la nourriture, le logement, la santé, l’éducation subsistent, il faut que l’énergie reste abordable pour tous". 

On apprennait, alors, pour un tour que l'essence et le diesel partent à la baisse jusqu'au round suivant où elle sera à la hausse.

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Aux dernières nouvelles, les États-Unis se sont remis à pomper les dernières réserves de pétrole au Texas. La volonté est de ne plus en importer, d'être auto-suffisant sans trop se préoccuper des écolos qui crient aux scandales face aux nouvelles méthodes utilisées pour pomper le pétrole et le gaz non-conventionnel.

Le pétrole abiotique, une autre théorie?

En période de crises, on parle de relances, de réindustrialisation comme Obama voudrait le faire pendant son deuxième mandat. Cela nécessitera beaucoup d'énergie.

Ce que disait Pierre Terzian, en début d'année, tient toujours.

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On peut presque tout faire, à condition d'avoir les moyens suffisants pour y arriver aussi bien chez les producteurs que chez les consommateurs qui devront l'assumer. Ce sont ces derniers qui imposent, en définitive, la ligne de conduite, en fonction de ce qu'ils sont prêts à sacrifier et les premiers qui répondront à la demande. Encore une histoire de poule et d'oeuf, en quelques sortes. 

Les solutions existent et étaient révélées dans "La fin du pétrole". 

0.jpgPuis, il y a les surprises. Le S&V de juillet enfonçait le bouchon et "osait écrire" qu'il y a plein de pétrole en France! Un fabuleux gisement même sous le bassin de Paris. Le pétrole de roche mère ou pétrole de schiste digne du Moyen-Orient ! Entre 20 et 65 milliards de barils de brut qui représente 30 années de consommation nationale mais dont deux milliards étaient réellement exploitables. Les griefs sont nombreux: consommation énorme d'eau, contamination des nappes phréatiques potentielle, quadrillages des plates-formes dans le paysage...

En cette période de relance de l'économie, le pétrole sous toutes ses formes va encore vouloir giglé de partout.

Consommer ou mourir est presque les seules alternatives. L'antagonisme entre le rejet ou l'attentisme de la France et le pragmatisme des États-Unis resurgit de plus belle. La Belgique n'aurait pas beaucoup de gaz de schiste dans son sol, mais des réserves de biomasses, d'après le géologue Alain Préat

La recherche continue pour diminuer le problème écologique et l'utilisation de l'eau. La fragmentation via un arc électrique qui réduirait son utilisation et les fissures, l'injonction de CO2, de l'air comprimé ou d'hélium.   

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Dans un marché baisser, c'est toujours la complaisance qui prime. Pour éviter des pertes superflues, il faut forcer à penser aux choses à ce qu'on ne pense pas de prime abord comme le remarquait une économiste: "Qu'est-ce que les gens ont tous oublié ? A propos de quoi sont-ils devenus complaisants ? Complaisant, il l'ont été concernant la guerre qui fait rage au Moyen-Orient entre l'Arabie Saoudite et l'Iran qui empire de jour en jour. Pas une guerre civile en Syrie décrite comme une guerre entre l'Iran et l'Arabie Saoudite. Une répétition du scénario qui se déroule dans la région depuis le début du Printemps arabe. Les régimes autoritaires (autrefois soutenus par les alliés américains et européens) ont disparu. Ils ont laissé un vide gouvernemental que se disputent les Sunnites, les Chiites et d'autres groupes. Il y a cinq ans, tout signe d'insurrection civile dans le monde arabe suffisait à faire grimper le prix du pétrole. La prime “géopolitique” du pétrole a largement contribué à sa hausse vertigineuse vers 145$ en 2008. Ensuite la combinaison de la crise financière et la dégringolade de la croissance et les prix du pétrole se sont mis en chute libre avant de se remettre à grimper. Le prix spot du Brent a grimpé dans la foulée seulement par suite d'effets géopolitiques et d'une guerre par procuration. L'Iran, l'Arabie Saoudite et la Turquie tentent de tirer leur épingle du jeu. Obama, pendant son deuxième mandat, devra s'y atteler et garder son attention vers l'Asie et le Moyen-Orient puisque la guerre contre l'Iran considérée comme calmée. Les traders, quant à eux, se réservent toujours l'autre alternative de ce qui arriverait au prix du pétrole, si l'Iran fermait le détroit d'Ormuz, toujours obsédés par la politique monétaire et les déficits budgétaires. 0.jpg

Une guerre ouverte avec l'Iran? Non.  D'abord, le sabotage industriel par le biais de logiciels comme Stuxnet et Flame est beaucoup plus simpleLe deuxième objectif, calmer les alliés dans la région.

Puis, comme une sorte de miracle, remarquer que la combinaison des forages horizontaux et de la fracturation hydraulique a déverrouillé de gigantesques réserves d'énergie auxquelles les États-Unis ne pouvaient pas accéder auparavant. 

Cette technique consiste à pulvériser de l'eau à très haute pression dans la roche à 2500 mètres de profondeur mais, elle pose problème à de nombreuses associations environnementales. Le gaz de schiste bitumineux, le pétrole offshore sont là pour rendre le Moyen-Orient moins important, moins dépendant économiquement et géopolitiquement. 

Le Qatar, le plus grand exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) reste un important aiguillon pour l'exploration énergétique et la production non-conventionnelle partout dans le reste du monde. De l'offshore d'Afrique de l'Est au Cooper Basin, la technologie des champs pétroliers a libéré le monde de la dépendance pétrolière au Moyen-Orient. 

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Le mot d'ordre est de renforcer la tendance de trouver et produire sa propre énergie ou une énergie provenant de régions qui ne sont pas au beau milieu d'une guerre de religion majeure.".

"Connexions" reposait la question des énergies non-conventionnelles à la population belgeLa Belgique, jusqu'ici, s'approvisionne en électricité à l'étranger à raison de 30% de sa consommation.

0.jpgLe problème des fissures dans les centrales nucléaires a réveillé les craintes de pouvoir s'approvisionner en énergie pour les grands froids de l'hiver. Le gouvernement français ne veut pas entendre parler d'extraction des gaz de schiste sur son sol alors que les États-Unis, toujours pragmatiques, se sont lancés à fond dans cette bataille. 

Le recours aux gaz de schiste pourrait augmenter le PIB américain annuel de l'ordre de 0,2%. Un atout appréciable mais pas nécessairement une révolution et qui sait, peut-être, une autre forme de  "kick the can down the road".  

Et puis quand y a plus, on peut toujours en fabriquer. Les micro-algues n'attendent qu'une exploitation. 

Le livre de Yves Cochet "Pétrole apocalypse" rappelait que les énergies fossiles étaient déclinantes.

Mardi dernier, c'était lui l'invité de la Première pour en parler.

Pour lui,  son crédo, c'est revenir à l'énergie verte, au durable, à la récupération, au recyclage et oublier les énergie fossile comme le charbon.

Une heure de soleil fournit l'électricité pour toute la planète pour un an. Il envoie 7500 fois plus d'énergie que l'humanité en consomme mais ce sont les plantes qui en profitent le plus avec la photosynthèse. Tout à fait. 

Les énergies renouvelables deviennent de plus en plus importantes. C'est évident. 

Le "Science et Vie" de juin 2011 titrait "Un succès sous condition" en parlant des deux voies: panneaux photovoltaïques et centrales à miroirs.

Former 500 réacteurs nucléaires et des milliers de centrales au charbon ou à gaz alors que le coût du solaire est à multiplier par quatre, c'est une place difficile à trouver au soleil entre centraliser ou autonomiser. C'est aussi un besoin d'inventer la batterie efficace qui récupère et stabilise l'électricité bien plus longtemps qu'aujourd'hui.

A la mer Rouge, le soleil produit 300 W par m2 et par an, tandis qu'à Londres, cela descend à 105 W/m2/an. Toujours une question de rendement.

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Dans le désert du Sahara, il faut aussi prévoir le nettoyage des capteurs pour contrer les vents de sables. Comme rien n'est à proximité, ce serait aussi passer au courant continu de un million de Volt pour contrer le problème de perte suite à l'effet de Joule du courant alternatif.0.jpg

Quant au vent, là, tout dépend du souffle. Que l'on jette un coup d'oeil vers le Danemark, là, où on les installe en mer, ces belles éoliennes. La marée motrice avec les marées de La Rance, ce serait con de ne pas aller lui prendre ce qu'elle a dans le ventre.

L'Islande, sur ses volcans, avec la géothermie, est certainement avantagée.

En résumé, tout n'est pas exploitable et rentable, ni propice partout. 

Le solaire spatial avec satellites et lasers à infrarouge, cela marche, ce serait une bonne solution quand il n'y a pas de nuages à traverser pour arriver sur Terre. 

Avoir tort d'avoir raison trop tôt, c'est peut-être le risque des décideurs. Changer de mode de vie dans un sens ou dans l'autre, demande d'énormes investissements et un retour sur investissement pour réinvestir à nouveau dans un cycle sans fin.

L'obsolescence des matériels doit être comptabilisée avec la rentabilité. L'amortissement fait partie du prix.

Sans les subsides des États, les citoyens prendront les moyens les moins chers pour s'énergiser ou pour s'en prémunir. Beaucoup de sociétés de capteurs solaires locales se sont plantées, attaquées par la concurrence des prix bas chinois.  

Les nanotechnologies, aimées ou non, vont devoir révolutionner les idées reçus en multipliant la rentabilité par un facteur important.

La fusion nucléaire, le fameux "Soleil sur Terre" a coûté et coûtera encore des sommes considérables. Ok. C'est pour dans un futur de 50 ans. Encore d'accord. Quand on y arrivera le problème de l'énergie n'en sera peut-être plus vraiment un.0.jpg

Les gens n'ont jamais aimé avoir raison tout seuls.

Celui qui gagnera deviendra demain le maître à danser de la planète.

Ce sera celui qui aura les idées larges qui aura testé avant les autres, avec des vues opportunistes souvent plus hybrides qu'on le croit. Être hybride par opportunisme, c'est quelque part comme fait la Science qui n'est jamais contente de ce qui est à sa disposition et continue à chercher toujours autre chose de meilleur, de plus efficace, parfois à fonds perdus.

Yves Cochet rappelait, mardi encore, la phrase de Woody Allen, "il est toujours difficile de faire des prévisions, surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir".

Quant au passé, imaginons ce qui se serait passé, s'il y avait eu un parti des écologistes, il y a un peu plus de 150 ans. La voiture, les voyages, n'existeraient pas aujourd'hui. Le pétrole a été exploité en 1857 en Roumanie et en 1859 aux États-Unis, dans l'État de Pennsylvanie. Cinquante ans plus tard, il y était devenu une matière première  stratégique.

0.jpgL'Atlas des utopies (Le Monde) a un chapitre qui imaginait un futur à 100% de renouvelable. Capter l'énergie au plus proche de la source solaire ou récupérer les orages. Une discussion intéressante et un graphique qui montrait les pays scandinaves parmi les candidats les plus vraissemblables. La Suède étant dans le top de tête actuellement.

Aujourd'hui, le pétrole dit non-conventionnel est une sorte de retour aux sources.

Le secteur de l'énergie verte va rapidement perdre de l'argent.

Cinq "contre-révolutions" le prouvent et disent que:
1. Les États peuvent, à présent, revendiquer les réserves d'energies fossiles jusqu'à 200 milles marins des côtes.
2. La découverte de "nouveaux" champs pétrolifères conventionnels.
3. La découverte de "nouveaux" champs gaziers conventionnels.
4. L'essor du gaz de schiste (selon Furfari, il s'agit plutôt de "gaz de marnes" ou " de pélites").
5. L'essor du pétrole de schiste.

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Suivre les réflexes chinois qui n'acceptent aucune ingérence dans leur politique. Nous ne seront pas loin de ce qu'il faut faire. Eux, attentistes, investissent dans tous les types d'énergies dits "hybrides". 

Cette histoire de gaz de pétrole m'en a rappelé une autre: celle de Bourvil qui avait un sketch toujours en noir et blanc qui disait "J'arrête de boire".

Lui, au moins, il devait avoir tout compris.

     

L'enfoiré, 

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Citations:

 

  • « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro 
  • « En terme de préhistoire, on parle de l'âge de pierre, de l'âge du fer, de l'âge du bronze. En survolant toute l'histoire de l'humanité, ne devrait-on pas parler de l'âge du bois, du charbon, du pétrole ou de l'atome ? », Roger Molinier
  • « Mon grand-père allait en chameau. Mon père, en voiture. Moi, en jet privé. Demain, mon fils reprendra probablement le chameau », le cheikh arabe qui concluait le documentaire "Fin du pétrole".

 

1.jpgMise à jour 25/04/2013: Le gaz US mine la chimie européene.




0.jpgMise à jour 22/05/2013: Rifkin dit que pétrole et gaz de schiste sont des énergies du passé. Le problème, c'est que le vrai futur est encore loin.

18/10/2012

Prix Nobel de la paix ou de la guerre?

Le prix Nobel de la Paix 2012, attribué à la l'Union Européenne, a étonné plus d'un. Retrouvons d'autres Prix Nobel, pour s'apercevoir que ce n'est pas un cas unique et comprendre ce qui motive l'attribution d'un tel prix.

0.jpg"La paix désigne habituellement un état de calme ou de tranquillité comme une absence de perturbation, d'agitation ou de conflit. Elle est parfois considérée comme un idéal social et politique.", dit Wikipedia.

Le mot "habituellement" a toute son importance dans ce qui va suivre.

Le Nobel de la Paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les volontés, définies par testament, d'Alfred Nobel. Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l'homme, l'aide humanitaire, la liberté".

Florence Nightingale aurait été à l'origine de la fondation de ce Prix Nobel en convaincant Alfred Nobel afin qu'il répare le "mal qu'il avait causé avec sa dynamite".

Première contradiction avec les réalités du terrain, car si la dynamite peut être utilisée en état guerre, elle sert à beaucoup d'autres choses et elle est entourée depuis d'une panoplie d'autres techniques beaucoup plus efficaces.

Mais les contradictions par rapport au projet de Nobel vont au delà quand on suit son histoire. L'instrumentalisation en coulisses pour introniser quelqu'un et barrer la route aux autres, a été plus que commune. 

La nomination de la CE a créé la surprise, notamment en Norvège, pays qui a déjà refusé en 1972 et en 1994 d’intégrer l’Union à l’issue de deux référendums. L’UE faisait partie du groupe de candidats potentiels, mais le politologue américain Gene Sharp, ou la religieuse égyptienne Maggie Gobran, surnommée la "Mère Teresa des bidonvilles du Caire" étaient sur les listes des nominés. Railler cette décision, alors que l’édifice européen semble de plus en plus fragile et sa pérennité, de plus en plus compromise, était étonnant, mais l'histoire détient quelques entorses aux règles pour des raisons politiques

  • La nomination de Roosevelt en 1906, il était militariste!
  • Adolf Hitler nominé en 1939 par Erik Brandt, membre du Parlement suédois. 
  • Benito Mussolini, en 1935
  • Joseph Staline en 1945 et en 1948. 

Heureusement, il y a eu Albert SchweitzerMartin Luther KingMère Teresa et Aung San Suu Kyi, pourrait-on dire.

Gandhi, l'apôtre de la non violence, n'a jamais eu cet honneur puisque la Grande-Bretagne, trop impliquée, s'y était opposée. 

Les Nobel de Sadate et Begin ont permis de neutraliser définitivement l'Egypte et ceux d'Arafat, Rabin, le dépeçage de ce qui reste de la Palestine, dirait-on au Proche Orient. 

La compétition entre la vision pacifique du philosophe chinois, Confucius et celle du comité norvégien a été contrecarrée par "le Prix de la Paix Confucius" à Pékin en réponse au prix Nobel de la paix, qui était attribué à un dissident chinois en 2010.0.jpg

Le président du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland déclarait: «L'UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe».

Incontestable même si, en plus, l'Europe est en crise économique, politique et sociale, depuis 67 ans, elle a l'avantage d'être encadrée pour maintenir cette paix comme objectif. Cinq membres du comité dont l'un d'entre eux, empêché, a été remplacé par l'évêque d'Oslo (info norvégienne), ont voté parmi les nominés.

Il faut aussi retourner aux sources de la création de l'Union européenne pour en comprendre les buts de l'"entreprise Nobel". 

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L'Europe a été créée pour assurer la paix en Europe et prendre ses distances vis-à-vis de l'URSS. 67 ans de paix en Europe s'en sont suivis si on exclut la guerre dans les Balkans. L'Europe n'y a fait qu'essayer d'éteindre l'incendie entre les religions et les nationalismes sans mandat pour aller plus loin.

Que l'Europe soit absente, aussi, dans les autres parties du monde, n'est en fait qu'une prise de positions dans le concerts des nations qui sera toujours bien ou mal prise comme une ingérence toujours mal comprise, quand on se rappelle l'entremise en Lybie. L'attentisme en Syrie devient presque une obligation surtout quand Russie et Chine s'opposent à toutes interventions. 

La réponse péjorative qui viendrait à l'esprit, ce serait que les chefs d'Etat subissent les lois de la finance et acceptent de s'y soumettre.

Ce n'est pas tout à fait faux.

"Comment donner le prix Nobel de la paix à une Union européenne forteresse qui mène une politique de fermeture de ses frontières faisant des milliers de victimes?

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Une Union qui s'engage à améliorer progressivement ses capacités militaires? Quel message pour les peuples qui subissent sa stratégie d'exportation commerciale agressive par la signature d'Accords de partenariat économique qui laminent, par la libéralisation des marchés, en forçant à l'austérité?", lance Attac

Là, je dirais que c'est à côté de la plaque.

Sortons de l'angélisme.

"Si vis pacem, para bellum".  

S'il n'y a plus de guerre armée, la guerre économique que subissent ces peuples, est, elle, bien réelle. Nous sommes en guerre, chers amis. Une guerre insidieuse et qui ne dit pas on nom.

Être dégoûté, comme je l'ai lu dans certains commentaires, ne servirait à rien si ce n'est jeter le bébé, sa conception ainsi que l'eau du bain.

Dépendant de l'endroit d'où partent les réflexions, ce prix sera apprécié différemment (des journalistes de différents pays dans Kiosque). Un Norvégien sur quatre soutenait le prix. Il faut rappeler que la Norvège ne fait pas partie de l'Union européenne.

J'avais trouvé certains articles dont l'un titrait "Nobel oblige" ou l'autre, "Les douleurs des peuples". 

J'ai eu une réaction à chaud du même genre. Je ne peux le nier, mais je me suis livré à un pas en recul. J'ai tenté, une nouvelle fois, de jouer le rôle d'avocat du diable, un rôle que j'apprécie à mes heures creuses.

"Que dit le comité Nobel?, pour faire contrepoids?

Chacun a son approche suivant son angle de vue, sa culture et sa sensibilité à l'égard des problèmes.

"Non, le prix Nobel de la Paix n'est pas une farce", écrit Noëlle Lenoir que je ne connaissais pas.

Un journaliste posait la question à un quidam dans la rue sur ce qu'il pensait de l'attribution de ce prix. Il était étonné que cela ne soit pas attribué à un homme en particulier et que cela allait tomber ainsi dans la nullité. 

Il n'avait pas compris que le monde ne se crée plus avec des idoles, mais avec des équipes, petites ou grandes. Que ce soit dans toutes les autres sciences primées au Nobel.

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Cadeau empoisonné que ce prix Nobel. Il oblige à se surpasser pour y faire honneur.

Mais la paix n'arrive pas à ses fins toute seule.

Quant au Nobel de l'économie, il a remis la théorie américaine des jeux au menu avec Loyd Shapley et Alvin Roth. Tous deux recherchaient le mariage parfait entre l'offre et la demande pour augmenter les performances des marchés. (un retour sur celui de 2009 s'imposerait, peut-être).

Alors, j'hésite... N'est-ce pas plutôt un Nobel de l'Economie que l'Europe aurait pu recevoir pour avoir maintenu la barre dans la tourmente financière?

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Le prix Nobel de la Paix est un prix trop hybride.

Le rapprochement entre le jeu, la finance et la paix n'est pas un hasard.

Le trio va souvent de pair. Il est encore plus évident en 2006, quand le Nobel de la Paix avait été attribué pour le développement important du principe du micro-crédit.

Réussir la paix, c'est aussi jouer une gigantesque partie d'échecs en passant par l'économie. Une partie d'échecs accompangée d'une partie de poker menteur.  

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L'Europe peut-elle se concevoir uniquement avec une monnaie commune et des souverainetés et des régionalismes? 

Une autre question qui me vient à l'esprit: en définitive, qu'est ce qu'on récompense avec le Nobel de la Paix, le passé, le présent ou le futur?

Couronne-t-on des faits passés ou encourage-t-on à améliorer l'avenir de la paix en lui donnant les moyens économiques?

D'après moi, c'est le futur que l'on prime, c'est à dire, quelque part, un rêve de paix, un encouragement à faire mieux que les prédécesseurs qui n'investissaient pas assez dans le social, le politique et le financier qui accompagnent.

Plus question d'afficher des photos sur les murs des usines pour présenter les meilleurs travailleurs pour inciter les autres à les ressembler. Les héros ne sont pas bannis, mais ils sont fatigués, plus réalistes et moins idéalisés.0.jpg

Désormais, on budgète le futur de la paix tout en faisant l'impasse aux erreurs du passé.

En 2009, le prix Nobel de la Paix attribué à Obama alors qu'il n'avait encore rien accompli en est encore une autre preuve. A l'époque, on fêtait l'arrivée d'un Messie qui allait résoudre les crises générées par ses prédécesseurs.

Le "Messie" a déçu. Anormal? Non, le rêve reste entier et c'est, peut-être ça, le fin mot de l'histoire: l'espoir est primé et pas ses réalisations.

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Cadeau empoisonné, oui, car ceux qui reçoivent un tel prix deviennent d'office obligatoirement des héros qui plongeront les mains dans le cambouis.

Pour la CE, que représentent les 900.000 euros du prix?

Rien ou presque. Tout est dans le domaine de l'honorifique pour la CE.

A-t-on jamais été en paix dans la vie de tous les jours? Quand on ne sort pas d'armes de guerre, on sort nos instincts de compétitions, d'économies qui cherchent à toujours obtenir au moindre coût ce qu'on revend à un prix plus élevé, après une "valeur ajoutée", toute personnelle, taxée ou non.

Une guerre économique, latente et permanente dans un jeu où la compétence prêchée et la motivation sont écrites sur un parchemin appelé "diplôme" suivi d'un CV qui se veut, par nature, élogieux.

Pour le reste, l'homme a toujours cherché des boucs émissaires qu'il peut haïr à loisir en porte-à-faux et des héros qu'il pourra applaudir avec le rêve entretenu par l'espoir. 

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Autre anniversaire.

Il y a exactement 50 ans, le monde n'avait jamais frôlé d'aussi près, une 3ème guerre mondiale sous la forme du nucléaire, dans une véritable crise de poker menteur. Entre le 16 et le 29 octobre 1962, 40 missiles envoyés à Cuba par les Soviétiques avaient poussé la guerre froide à son paroxysme entre les deux "K", Khrouchtchev et Kennedy. Une crise de 13 jours qui avaient fait vaciller la paix dans le monde par une suite d'alliances.  Étrange, les deux "K" n'ont pas reçu le prix Nobel de la Paix.

1.jpgDe l'article, "Quel est le message pour le monde?", je retiendrai sa conclusion "Si l'Europe ne parvient pas à intégrer l'histoire de son continent dans la perspective plus large de celle du reste du monde, alors son message de paix aura une signification plus locale que globale."Nous en sommes encore très loin.

La Paix est un voeux pieux toujours à remettre sur le métier enrobé de crises, petites ou grandes.

Nino Ferrer le chantait dans les dernières paroles de sa chanson "Le Sud". 

La paix serait-elle un point de l'esprit qui se retrouverait à l'infini, que l'on espère toujours atteindre et qu'on n'atteindrait, en définitive, jamais parfaitement?  

Se poser la question, c'est presque y répondre.0.jpg

Le prix Nobel de littérature, Mo Yan, entre au programme des lycées chinois. Il faudra jeter un coup d'oeil sur une traduction pour en connaître plus sur ce concurrent connu pour son efficacité.

Désolé de vous l'apprendre, si vous ne le saviez pas, nous sommes en guerre économique, de consciences en interne et en externe.


L'enfoiré,


PS: Voici le début de cours "Stewardship of finance" même si j'ai souvent contesté son auteur. (Stewardship)


0.jpgMise à jour du 10 décembre 2012: Aujourd'hui, le jour des Droits de l'Homme,  l'UE reçoit le Prix Nobel de la Paix.

A cette occasion, voici, les photos prises du Parlamentarium dont j'ai déjà parlé ici.

 

Citations:0.jpg

  • «Dieu a dit, il y aura des hommes blancs, des hommes noirs, il y aura des hommes grands, des hommes petits. Il y aura des hommes beaux, des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile. Il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux, ce sera très dur!» , Coluche
  • « La paix est une création continue. », Raymond Poincaré 
  • « La paix est un rêve suspendu. », Kofi Annan 

04/10/2012

D'un vendredi à l'autre

Vous vous souvenez de Robinson Crusoé, échoué sur une île déserte. Un "sauvage" est devenu son ami et il l'a appelé 'Vendredi'. D'un vendredi à l'autre, on trouve ainsi quelques constatations plus amusantes les unes que les autres.

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Le vendredi, au boulot, c'était le dernier jour de la semaine, le moment où le travailleur commençait à penser à son week-end. A table, cela fait penser à manger du poisson pour certains. 

Vendredi dernier, c'était le premier anniversaire de la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Appelée, fête de la "Communauté française", le nom d'avant, juste un an. Tout devait changer avec ce nouveau nom. Moins communautaire, appelation plus régional pour aller avec son temps. Une autre manière d'être identitaire.

La Grand-Place accueillait, une nouvelle fois, des artistes français et belges. Le Grand Jojo (rien à voir avec Johnny Halliday) terminait la soirée avec l'histoire de Jules César qui faisait toujours chanter et danser les Bruxellois, jeunes et vieux et de toutes les cultures. 

Comme le dit Patrick Roegiers dans son dernier livre "Le bonheur des Belges", c'est "le Bruxellois vit entre deux mondes, veut toujours apprendre à désobéir. Une situation où tout le monde a l'air de rien, mais n'est pas rien et cela permet tout.".

Pour décrire la France, où il vit depuis près de 30 ans, il cite en vrac "Patrie du beau langage, mère des arts, pays d’Épinal, du béret basque et de la baguette, du litron de rouge, des bals populaires, de l'huile d'olive et des espadrilles...(j'écourte la liste) ... de La Fontaine et de Bécassine, du roi Dagobert qui prie pour ne pas avoir la diarrhée à cause de sa culotte à l'envers".     

0.jpgPourtant, ce vendredi m'a fait penser à encore autre chose: à quelques Français qui, à y réfléchir, avaient un talent de Robinson manqué. 

Vendredi dernier, il y a d'abord eu Laurence Bibot. Vous ne vous souvenez peut-être pas d'elle et de son café serré et poivré du vendredi 20 avril que je me repasse en boucle en période de mouron pour seulement me dérider.

(Mise à jour 23 novembre: Laurence relance)

Son dernier café serré, toujours du vendredi, avait été annoncé avec du sucre. Humoristiquement vôtre, toujours, elle était aux antipodes de ce que l'invité du jour devait raconter. Laurence s'était lancée dans une diatribe, en se référant à ses collègues humoristes de la semaine, à tel point qu'à un moment, elle dut demander à l'invité français, s'il suivait toujours. Lui avait, dès le début, perdu pied en se demandant ce qu'il était venu faire, ce matin-là, dans cette galère "à la belge".

Vous vous rendez compte, l'invité de la matinale était Henri Sterdyniak, économiste français, directeur du Département Économie de la Mondialisation de l'OFCE, expert de la situation de l'Europe et de la différence entre ses habitants du nord et ceux du sud. Excusez-là, cher expert, d'avoir trollé votre matinée. On est comme ça, chez nous. Dans la sébille de l'austérité, on a déjà donné.

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Comme depuis la nouvelle saison, les cafés serrés sont présentés juste avant l'invité du jour, le contraste était encore plus flagrant. 

Les 3% annoncés font aussi des vagues de protestations chez nous. Je vois déjà, d'ici, les patrons bientôt rejoindre les rangs des indignés. 

L'invité annonçait en douceur, que dans la même journée, après le sarkozisme, c'était le hollandisme qui passait à l'austérité et que tous les Français allaient boire dans la même tasse avec une dose de cheval, après avoir passé de la droite à la gauche. Certains disent même "Sarko, tu nous manques". 

0.jpgComment pouvait-on rire de cela? "Là, en bas de ça", dit avec notre accent local. Faire rire, c'est dans le contrat de Laurence.

Oui, c'est évident, notre humour belge n'est pas toujours compris d'un Français alors que dans l'autre sens, cela passe, en général, relativement bien. 

Cela fait un temps, sept ans, que je suis en chasse sur les "terres dangereuses d'un forum français" assez représentatives comme Agoravox.fr. J'y ai souvent joué à l'avocat du diable parce qu'on y baigne souvent dans un bol de pensées uniques dans une morosité ambianteMoi, qui ose parler de mes billets, serais-je devenu le "sauvage" qui ne sait pas ce qu'il dit?

La France rappelle, en permanence, qu'elle est la patrie des "Droits de l'Homme", mais quand ces droits ne correspondent pas aux idées acceptées en France, c'est l'habitude de se voir rejeté dans le bac à sable. Ce n'est plus un "débat" mais une "exécution". S'il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas débat. Alors, face à de la mauvaise foi, devenir l'avocat du diable, on le deviendrait pour moins que ça, avec les arguments contraires tout aussi valables, si pas convainquants. Mon pseudo me permettait quelques latitudes, si pas prérogatives... mais sans jamais sous-estimer mon adversaire...

"Mieux s'informer pour mieux lutter" comme l'écrivait un des rédacteurs dans son "A propos" alors qu'au contraire, il fermait les portes de l'information et du débat.

La Fontaine l'avait pourtant écrit dans "L'Ours et l'amateur des Jardins": "la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés : Il est bon de parler et meilleur de se taire, Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.". 

Par acquis de conscience, je suis allé voir ce qui se tramait sur la version belge de ce forum français. Elle ne brûlait pas les planches avec la Toile de ses préjugés. Un coup d'oeil sur la version italienne, là où en principe, on devrait avoir le sang chaud, vu la situation délicate qu'on y vit. Rien de tout cela, non plus. Quelques commentaires, quelques lecteurs au balcon et puis basta. Pas d'antagonistes repoussés dans les cordes du ring, pas de moinssages idiots sans donner l'avis contraire pour l'expliquer. En Italie, il faut le remarquer, seulement, des appréciations positives sont possibles. Comme disait Cocteau , "Le Français est un Italien de mauvaise humeur".0.jpg

Le monde est un village, entend-on parfois. Village, dans lequel tout le monde se connaîtrait, facilité par des moyens de communications identiques: la langue et la culture. Et bien, non, pas toujours ou pas vraiment. On ne se connaît pas dans ce "village" et, pire, on ne cherche pas à le faire. Les situations sont spécifiques dans chaque environnement et s'apprécient différemment .

Internet avec ses réseaux sociaux est même resté fermé comme s'il s'agissait du vieux Minitel. On trouve des cercles d'influences, dans lesquels les vases communicants sont clôturés avant de s'ouvrir. 

J'avais déjà parlé du bluzz qui se créait parmi les philosophes et les scientologues. Rapprocher ces deux groupes dans une union allégorique, aussi. 

Je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser à l'histoire de Robinson Crusoé. Pour rappel: 

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Un marin vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, suite à un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même. Il fut délivré d'une manière tout aussi étrange, par des pirates. Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée 'Désespoir' reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon Vendredi, du jour de la semaine où il est apparu. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre.

La "robinsonnade" a encore beaucoup à nous apprendre. Si on la remettait à l'ordre du jour?

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Supposons que l'île dont on parlait dans l'histoire de Robinson, soit un "peu" plus grande. De la taille de l'Europe, par exemple. Chacun serait perdu sur cette grande île avec des tendances à vouloir recréer son propre environnement dans un cocon protecteur en terres inconnues. Ce n'est pas un secret, on n'aime pas l'Europe en France, surtout quand elle n'est pas française.

Avec la peur de l'environnement, oserait-on brusquer ses hôtes en le prenant pour un sauvage?

La peur, aujourd'hui, c'est se réfugier dans son absolutisme, son négativisme, pendant qu'à l'extérieur, la grande embardée a déjà commencé pour ramasser à bas prix ce qui reste après la bataille.

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Pendant ce retrait, des mondes antagonistes se croisent, s'envient, se pointent du doigt comme responsables de tout. 

Robinson ne pouvait mieux s'assurer qu'avec ce qu'il trouvait. Les produits dérivés, il n'en avait pas, même s'il connaissait ce que veut dire "dériver" dans son aventure. Les impôts, il n'en payait pas puisqu'il devait, lui-même, s'imposer des règles strictes sans intermédiaires. Spéculer pour lui, c'était toujours à très court terme, au lendemain ou à la saison qui suivait. 

Bien loin de la collision entre riches et pauvres, entre idéologies adversaires. Il devait trouver la meilleure solution à ses problèmes par l'expérience. Il devait compter sur les risques des pirates, des corsaires et des flibustiers et se préparer pour les contrer.

Ils existent toujours avec les mêmes subtilités.

Tout cela pour dire que nous sommes, aujourd'hui, en période de questionnements, de transitions. Nul ne le conteste, mais de là à rejeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas la solution pour le long terme. Nous avons une histoire en plus de la situation de Robinson. Nous progressons à coup de réussites et d'échecs.

Etre anarchiste, peut-être, mais pas nihiliste ou négativiste sans réfléchir.   

Dernièrement, je lisais un billet de Simone Wapler, qui prévenait "Attention : ce rapport peut heurter les lecteurs sensibles. A lire avec prudence". Elle affirmait: "Pourquoi la France va quand même faire faillite. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencéNul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.".

Avec un peu d'humour, on dirait: "Hier déjà la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais est-elle encore grave vu le secours providentiel que je suis venu vous apporter?"

L'article continuait avec des titres dignes de l'Apocalypse: "La réalité dépasse la fiction aujourd'hui", "La fuite en avant", "Dernier budget en équilibre en 1973", "La sécurité sociale a emprunté en France la même somme que le Portugal et l'Autriche réunis", "L'effet domino, l'effet boule de neige de l'Europe", "Le chaos"... 

Elle arrivait à la conclusion: "choisir entre l'exode urbaine et les émeutes de la faimCeux qui étaient à la campagne, s'en tiraient mieux que les autres. Si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé".  

Elle avait raison, mais à lire, tout cela, on a l'impression de s'empêtrer dans les fils de la Toile, d'essayer de se rattraper pour finir par tomber face au mur des lamentations. 

Revenons, j'oserais dire, à du "terre à terre" sur le "plancher des vaches" puisqu'il était question du monde agricole.

Donc, il y aurait, en France, toujours de la terre et des vaches.

Et s'il n'y avait plus de vache?, pourrait demander l'innocent du village?

Robinson, lui, en effet, sur son île déserte, n'avait que des palmiers, des noix de coco et la mer à perte de vue.

Aujourd'hui, on aimerait vivre sur une île déserte. Ce serait même un paradis que l'on se paierait cher, mais ce serait après y avoir installé toutes les commodités modernes.

Robinson, lui, n'en avait pas. Il ne lui restait que la vie et à se démerder tout seul pour reconstituer un univers pour tout réinventer en fonction de sa nouvelle situation. Pas de plan B, juste du système D avec, seulement, quelques tuyaux connus dans une vie antérieure. Pas question de maudire le capitaine qui avait fait chavirer le navire. Ce serait du temps perdu.

0.jpgProcéder dans l'ordre, ce serait: Sauver les "meubles", trouvés à la dérive. Se construire un toit avec des morceaux de bois. Se sécuriser contre les pirates éventuels. Épargner ses forces avec des économies de moyens. Prévoir les jours mauvais lors d'un beau temps providentiel. 

Pour garder le moral, avoir des moments de franches rigolades pour constater le rendement de ses actions (non, pas celles en Bourse...). Constater qu'avec un bout de ficelle, on peut réaliser quelques petites choses bien utiles. L'argent, chez lui, n'aurait servi à rien. Il vous aurait ri au nez avec votre million de dollars en monnaies de l'époque. Il vous aurait dit que s'il n'avait pas réussi à créer un vrais matelas, il avait été un maître pour le coussin destiner à poser sa tête. 

Aujourd'hui, beaucoup de tuyaux sont percés de toutes parts, d'accord. On se sent prêt à dire qu'il n'y a plus rien à inventer, que les machines ont ruiné ce qui reste d'espoir et que la mondialisation a brûlé les dernières cartouches à prix bradés.

La journaliste britannique Sophie Pedder, vivant en France, écrivait, dans son livre "Le déni français" que quelque chose était en trop dans la corbeille française. Elle sentait planer quelques déficits chroniques comme on les retrouve chez des enfants gâtés. On semblait avoir pris des assurances, mis des protections anti-tout, des capotes à tous les étages et les malheurs sont restés plânés. 

Ce même vendredi dernier, chez nous, ce fut aussi la nuit des chercheurs en sciences dans le seul but de relancer les jeunes sur cette voie de salut en Europe. Sur le forum français, la science est souvent décriée, rejetée comme responsable des malheurs avec un concert de plaintes pour le faire remarquer à qui veut l'entendre. L'énergie reste, ainsi, au stade de potentiel, sans passer au niveau cinétique.

Un économiste disait même que ce n'est pas une récession que nous vivions, mais une stagflation générale. Une stagflation, c'est-à-dire "une souffrance simultanée de croissance faible ou nulle et d'une forte inflation avec une croissance rapide des prix et un taux de chômage élevé". Et il avait raison.

"Moi, entrepreneur" criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de "Merci patron" qui deviendrait plutôt, "Merci, partons" . 

Il est clair que certains auront plus de potentiels que d'autres, qu'il faudra des leaders et des exécutants. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si tout le monde avait les mêmes envies et prérogatives, rêvait aux mêmes objectifs et à un paradis dans lequel, il faut le dire, on s'emmerderait très vite.

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Nous sommes dans la même galère, c'est évident, mais il y a tellement de nuances dans l'approche pour aborder cette dite-galère.  

N'auraient-on plus trouvé la bonne personne qui, un jour, aurait su raconter de belles histoires extraordinaires pour distraire, mais aussi pour faire espérer concrétiser les envies? Le rêve motive  parfois avec plus d'efficacité que son aboutissement.

Mais, on baigne dans la m..., leurré par d'autres, plus malins, qui ont déjà trouvé leur Vendredi sans chercher de "dieux" providentiels. Auto-immune, vous ai-je dit.

La concurrence est rude et trouver le chaînon manquant, le créneau qui sort de l'ornière, prendre le risque, ensuite, de le développer et aller à contre-courant, n'est pas une sinécure.

"Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", écrivais-je. Article, capté et publié par Carevox.fr, sans ma permission. C'est dire qu'en France, avoir un esprit positif ne court pas les rues en dur ou en virtuel.

Connaître cette réflexion, c'est aussi de la "Mindfulness". C'est savoir se définir dans le grand jeu dans lequel tous ont un rôle à jouer ou à (re)découvrir. 

Réussir, rester jeune et beau comme on le voudrait, demande un état d'esprit sans artifices de calcul, sans pommade, sans botox ou idoles comme références.

Franco Dragone, dans "C'est du belge" du vendredi, parlait de  sa ville d'adoption, La Louvière. Il ne l'a pas oubliée sa "Cité qui a décroché la Lune" comme un Robinson aurait pu le faire pour oublier ses mauvais souvenirs. Son prochain projet est déjà en  Chine, à Wuhan.

Oser l'utopie, rêver à l'impossible, garder des projets en réserve et les tester... une philosophie...

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Attention, pour finir, je préviens "y a du lourd" comme dirait Patrice Luchini.

Je tombais vendredi sur cette déclaration époustouflante: Bill Clinton pourrait devenir président dans deux pays, l'Irlande et la France. Pour le prétendre, il déclarait au sujet de la France: «  Comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux États-Unis, englobant l’Arkansas], si toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France,  emménage en France, qu’elle y réside pendant 6 mois et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française. En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. ».  

Bill Clinton, l'Américain, là, c'est trop drôle. Bill, le Vendredi du Robinson français ? 

Quand Obama avait été élu, la presse française avait recherché un homme politique providentiel, de la trempe d'un Messie pour la France.  

0.jpgEn Belgique, on se shout avec quelques bonnes nouvelles. On rigole avec le reste comme ici. Ce jour-là, Thomas faisait la différence avec le bon vieux temps. Le lendemain, le jour d'une grève des trains, il jouait avec la liste déprimante de ce qu'il n'aimait pas. Du déprimant, il y a des jours où on en trouve plus que d'autres, puis, d'autres, pendant lesquels tout change et on oublie tout.

A vendredi, j'attends votre réponse, chers amis français et agoravoxiens. (*)


L'enfoiré,


(*) Attention, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Tous ne font pas partie de la forumisation des discussions où l'on se déchire plutôt que de se reconstuire. 


Citations:

  • "Quand on voit, on ne voit pas tout ce qu'on voit, pris par notre vision intérieure et immédiate des choses", Frank Pirobon
  • "Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids.", Philippe Geluck
  • "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous", Philippe Geluck 

25/06/2012

Sois belge et tais-toi en Si Bemol Majeur

Non, c'est décidé, je ne vais pas vous raconter mes dernières vacances sur le Lac Majeur. Pourquoi, vous en parlerais-je ? Ce serait un remake et je n'aime pas les remakes.

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C'était il y a deux ans, déjà.

Il s'agissait de vacances au Lac Majeur et j'en avais écrit un billet "Il chauffe sur le lac Majeur". Pour l'occasion, j'avais essayé de comprendre pourquoi Mort Shuman avait chanté « Il neige sur le Lac Majeur » avec la même intonation qu'il avait réitérée dans son autre chanson « Sorrow ». Vraiment, à pleurer pour des mois, cette manière de décrire un tel paysage...

Non, zut, je ne vais pas vous repasser la pommade ni ressasser le passé. C'est promis. Je vais même aller un peu à contre-courant.

Cette année, même endroit, Stresa et même hôtel, mais ce sera un sujet différent qui pourrait avoir un goût, un tantinet plus philosophique en finale.

Même personnel. Embrassades garanties au menu à l'arrivée. Notre maître d'hôtel préféré, «comediante, tragediante» était là, toujours aussi charmeur pour ces dames. Pensez à l'autre italien d'origine, Yves Montand dans « Garçon » et vous vous en approcherez. Rire et faire rire, pour techniques essentielles... Tout à fait dans la note enfoirée...

Presque frisquet en arrivant sur le lac. Avec la pluie par intermittences, un soleil boudeur et un orage qui jouait des claquettes entre les nuages, cela faisait penser à la Belgique. Instabilité et chaleur moite par après. Ce n'est que plus tard, que tout a changé... progressivement mais sûrement, jusqu'au dernier jour pendant lequel le soleil a pris des allures de plomb fondu.

Incroyable, mais vrai. Pas un Belge à l'horizon, une fois. Ni à droite, ni à gauche, ni devant, ni derrière. Cherchons l'erreur, une fois.

Mais où s'étaient-ils réfugiés ces Belges qui aiment le soleil pour leurs vacances ?

En Espagne, en Grèce, là où on rase gratis ou presque, à cause de la crise ? A la côte belge, là, où on mange des frites et puis des moules parquées avant d'entamer le steak de résistance? « Humanistiquement », tout commençait sous les meilleurs auspices mais avec une teinte très anglophone, très "british minded". 0.jpg

Un tour dans le garage de l'hôtel apportait toutes les confirmations voulues. Des plaques auréolées de « I », de « CH », de « GB », de « D », de « NL », de « F » et, enfin, d'un « B » de votre serviteur.

Pas même, un G8 en présence, donc. Pas même un "EU". Est-ce cela l'Europe? Ah, oui, c'est fédéraliser, mutualiser. J'oubliais déjà...

Pour faire sensation, quelles sont les voitures sur lesquelles les regards des passants se retournent et puis se cabrent? La Lamborghini, la Ferrari et... la Fiat 500 Nuevo.

La question que l'on se pose dès lors: comment la crise est-elle ressentie par ici?

La réponse reçue: "actuellement, avec le tourisme, les sanitaires et la robinetterie lombarde, cela marche. Les réservations de chambres font le plein. Souvent pour quelques jours.".

Un peu d'exotisme sans voitures venait s'y greffer à l'hôtel. Des Japonais qui, dans un symposium, étaient venus emphaser les réalisations d'une société, vanter un futur prometteur dans les domaines de la hautes technologies, de la nanotechologie, sensés apporter le bien-être et le confort dans un monde de demain. Faire rêver l'espace de quelques jours par temps de crise pour exister, cela se prépare toujours avec minutie...

0.jpgPas de G20 au Mexique pour parler de croissance, ni de Rio+20 ans pour parler d'altermondialisme. Ici, ce sont des « alterophiles enthousiastes » d'un autre genre. Ici, on croit à la croissance.

Si pas de Belges, me verrais-je, à un moment confronté, avec un francophone ?

De manière inattendue, oui...

Un soir, lors d'une promenade en ville, voilà t'y pas qu'une réflexion en français fuse en provenance d'un petit groupe de femmes et parvient à nos oreilles.

-Tiens, cela fait la troisième ou la quatrième fois aujourd'hui que je vois ce couple, dit l'une d'entre elles.

L'oreille fine de mon épouse vibra. Elle se retourne et dit avec le sourire en coin :

-J'espère que ce n'était pas une fois de trop.

La dame croyait, elle aussi, se trouver dans un monde exempt de francophones.

Toute confuse, elle accuse le coup :

-Je ne savais pas que vous parliez français. Heureusement que je n'ai rien dit de mal sur vous, fit-elle avec les pommettes plus rouges que par le seul effet du soleil.

Sourires partagés des deux côtés.0.jpg

Mais où se cachent-ils ces francophones et puis ces Belges, qui brillent encore plus par leur absence ?

Tilt. Les élections en France sont la cause de cette désertion, me dis-je.

Les législatives de dimanche, cela commençait à faire vraiment lassant de réentendre les mêmes spots publicitaires de tous les partis en présence à dire la même chose mais avec d'autres mots. J'aurais dû m'en souvenir.

Dimanche soir vint. Vu le pourcentage d'abstention record, il était clair que ce ne pouvait être la seule raison. L'absentéisme des Français, ce devait être la crise. Celle-ci avait dû maintenir tous ses ressortissants à bord dans le périmètre de l'hexagone.

Quelques moments de rassemblements inédits, pourtant.

Le foot rassembleur, du moins quand l'équipe des bleus disputaient un match à l'Euro2012.

Il parait qu'il y a un art de célébrer un but. Il y a un autre pour le regarder à la télé aussi. Les Belges n'y étaient pas. Les Italiens capables de battre les Anglais? Ce fut le cas, mais au tir aux buts. Un Balotelli caricaturé en King Kong raciste devait avoir donné du mord aux dents..

0.jpgFaire du sport, c'est aussi pouvoir le regarder avec philosophie et sans excès fous. Transgresser la règle qui a mené à deux morts connus devant la télé. Un célèbre Thierry Rolland qui disait "Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille" et puis un Chinois, anonyme, de 26 ans, du nom de Jiang Xiaoshan, décédé après avoir regardé l’Euro pendant 11 nuits consécutives, sans dormir. Le foot, un sport plus dangereux sur le terrain ou à la télé? Très peu pour moi. On se le demande encore...

La télé en langue française, France2 et France3, si elle est là, c'est pour permettre de se rendre compte des événements mais pas d'en mourir. Alors, il y a des tweets malheureux qui font le buzz pendant des jours et qui font sourire en coin.

Tout à coup le bon côté de la pluie, des orages, apparaît. Pas uniquement pour rafraichir l'atmosphère, d'ailleurs. Beaucoup plus pragmatique, on apprenait qu'en France, la pluie avait fait le plein dans les citernes et comblé les nappes phréatiques. Prête pour l'été, donc.

Pendant un temps de vacances, n'est-ce pas, aussi, une bonne occasion pour s'écarter d'Internet? Se déconnecter du monde... Au début, cela semble étrange et puis, on arrive à aimer.

D'écouter les autres, de sourire, au besoin, de faire semblant de comprendre quand la compréhension linguistiquement n'est ni au top, ni homophoniquement au zénith. Une grève de tout, une trève avec les autres et avec soi-même. Non, c'est nouveau mais c'est béatifiant. A la fin, on n'y pense même plus qu'on n'a pas de connexion Wifi. 0.jpg

L'enfoiré, prends ton livre "La chute des Géants" de Ken Follet, gros comme une bible dont le premier volume raconte les "destinées imbriquées de cinq familles américaine, russe, allemande, anglaise et galloise,  à travers la Première guerre mondiale et la Révolution russe". Je ne pouvais trouver mieux pour meubler le temps et l'espace. Des acteurs qui viennent de partout et qui ont chacun leur propre histoire.

Puis, quand on en a assez de lire, poursuivre, aussi, l'écriture d'un roman feuilleton. D'une fiction ou d'un thriller? Allez savoir... Un peu de suspense dans une fiction plausible et le compte sera bon. Dans un autre cadre exotique... Aucune interactivité nécessaire dans ce cas, si ce n'est en donnant la parole à chacun des interlocuteurs de l'histoire.  On en reparlera bientôt...

« Sois Belge et tais-toi », l'enfoiré,fais ton théâtre en dehors des planches et des fils de la Toile.

Puis, il y a le portable, ce bon vieux GSM, qui en plus de téléphoner, fait tout, à part cuire des œufs sur le plat en échange d'un peu d'électricité ingurgitée - mais tellement vite consommée -, qui restitue musiques et bien d'autres choses enregistrées.

Je vous sers souvent des « Cafés serrés » du matin. Podcastés pour les jours de morosité, avec le temps, ils prennent des allures tout aussi hilarantes, sinon plus.

L'un d'entre eux, présenté par notre flamand préféré, Bert Kruismans, a retenu mon attention. C'était diffusé le 25 mars 2011. Il parlait des problèmes belges et nous étions encore loin d'installer un nouveau gouvernement.

0.jpgIl parlait du contact qui s'était détérioré entre Bart Dewever et le journal Le Soir. C'était la déprime politiquement. Aujourd'hui, c'est plutôt à cause du climat.

« Het bottert niet » (« cela ne beurre plus ») entre eux, disait-il. Un feuilleton mélo était en préparation. Une fin de non-recevoir ou seulement de « pas-bien-donné ».

En cause, un article de 5 pages dans lequel un journaliste du Soir expliquait aux Flamands, en un néerlandais approximatif, ce qu'il y avait de négatif dans les relations entre Wallons et Flamands.

Cinq pages de reproches, de prises de positions malheureuses, d'après Bert Kruysmans. Cinq pages qui n'auraient pas trouvé de lecteurs ni d'échos dans le nord du pays alors qu'il aurait fallu, plus simplement, émoustiller quelques esprits flamands avec les réalisations du journal à leur bénéfice pour gagner le cœur des Flamands. Cité en exemple, des cours Assimil de la langue flamand à l'attention de Wallons, mais qui malheureusement était enseignée par des Hollandais avec l'accent des Pays-Bas. Les utilisateurs de cette méthode auraient ainsi trop l'air d'être des « Wallons cachés », concluait Kruysmans, non sans humour.

La morale de l'histoire, je vais la rechercher dans une anecdote qui m'était arrivée à l'hôtel, près de la piscine.

Un Anglais de 78 ans (je l'ai su par après), s'évertuait à prendre son premier bain. Volonté d'imiter son prochain ou simplement de se rafraîchir? Nul le sait. Visiblement avec beaucoup de difficultés pour trouver la synchronisation des mouvements de la brasse. Je l'observais d'un œil distrait. Il faut savoir que le fond de la piscine en question prend brusquement trop de profondeur pour quelqu'un qui a l'habitude de trouver un fond à sa bonne mesure comme refuge. Panique sans bord en perdant pied et bataille contre cette eau qui lui inflige une leçon de natation qu'il aurait aimé avec plus de douceur. 0.jpg

Je l'avoue, je n'avais pas encore fait ma B.A. de la journée. Vous savez ce 'truc' que l'on dit et qui fait, par après, du bien au moral mais qui ne nécessite, au départ, aucun calcul savant prudentiel. D'un élan, j'ai sauté dans l'eau et ai ramené l'imprudent sur le bord de la piscine.

Anglais ou pas, les langues se délient alors sans aucune autre forme de procès.

Pour huiler une conversation de salon british, pourquoi ne pas parler du « Queen Jubilee » ? Son épouse en connaissait un long bout sur la question royale. De toutes manières, jamais, il n'a été question de trouver un « Bruxellois caché » en moi.

Ce 24 juin, des événements. Les Bleus qu rentraient à la maison, le Frère Musulman Morsi était élu président en Egypte, mais aussi, il y avait aussi 200 ans que Napoléon envahissait la Russie comme le rappelait Kiosque dans "C'était il y a" (44:00-53:00). C'était un hiver, un hiver qui pourrait faisait mieux le lien avec Mort Shuman et sa neige du Lac Majeur. Une retraite...

La langue de Shakespeare, pour l'avoir utilisée pendant quelques décennies, laisse des traces indélébiles. Ne pas la pratiquer régulièrement rend seulement les automatismes plus lents. Si ce foutu bras du disque DAT « Direct Access for Translation » a parfois plus de mal à trouver le bon sillon, il n'y eu aucune remarque dans ce sens.

Le lendemain, je rencontrait le préposé à la surveillance de la piscine et lui dis avec un sourire narquois :

-Nobody to save today ? I'm ready now.

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Pris à contretemps, il me rendit seulement mon sourire. Son italien devait être en panne de traduction.

Les gestes qui sauvent, eux, ne demandent jamais de traduction par des mots.

Les derniers jours du séjour, les Français sont arrivés. Sortis de leur hexagone. Plus moyen de les faire taire dès lors. Les Belges, eux, restaient toujours aussi cachés ou plus malicieux ou se sont tus.

Ne vous ai-je pas donner envie par ce billet? Pas assez du style publicitaire à vos yeux. Presque une contre-pub. Vous y inciter à y aller, mais pas trop. La nature, le silence sont parfois bien suffisants. Vous y serez comblés. Sans la télé, sans Internet, ce fut un break tout à fait profitable. Et puis, je ne vais pas faire trop de bruits et ameuter tout le monde dans un petit paradis. Pas folle la guêpe ! Je tiens à y retourner, un jour et que cela n'ai pas trop changé...

Votre serviteur belge est retourné dans ses pénates. Il a mis le "cruise" en fonction. Vous savez ce machin qui met un truc dans le bazar pour atteindre la vitesse maxi permise sans se faire flasher. Le vendredi après une température sur le lac qui frisait les 40°C et le dimanche, à Bruxelles, avec la pluie, le vent et 15°C maxi, cela faisait une "légère" différence. Pas l'envie de prendre mon vélo sous la pluie. Contrastes en tout.

Ce dimanche, c'était la fête au Québec que Pierre rappelait avec quelques poèmes québecois à cette occasion. L'un d'entre eux m'a plu car il nous ressemblait: "La souveraineté du Québec n’est pas une rupture sauvage avec le Canada; c’est tout simplement une reconnaissance explicite et officielle qu’il existe dans ce pays, deux entités de cultures différentes qui doivent se respecter mutuellement et vivre dans le respect l’une de l’autre (Raymond Gravel – Prêtre dans le diocèse de Joliette)".

0.jpgL'après-midi, un " Spécial Belgique" pour dernier "Vivement dimanche" en présage au départ du Tour de France à Liège de la semaine prochaine. La Belgique et le Tour de France, de vieilles connaissances. Eddy Merkx, devenu baron, était là. Léon Zitrone savait en parler avec emphase. D'autres champions étaient rappelés...

Dans la chanson, défilèrent les purs de souches, comme Annie Cordy, également baronne et Jean Vallée, les Italiens comme Adamo, Frank Michael, Frédéric François... Italiens de la nième génération...

D'autres en clips en clins d'oeil les autres belges comme Mauranne, Axelle Red, Plastic Bertrand, Lio, Lara Fabian, Viktor Lazlo, Philippe Lafontaine, Arno, Jali...

Au cinéma, François Damiens, Helena Noguerra, actrice dans le film déjanté "La Clinique de l'amour"...

Les humoristiques Frères Taloche, Virginie Hocq dont les sketches de départ restent leur marque...0.jpg

Le français et le néerlandais étaient toujours en arrière plan. Flamand, wallon que Virginie a tenté de passer à Drucker via l'accent belge intégral. Tout y est passé.  

La Belgique, une terre d'acceuil ou on parle en "charabia", en quelques sortes. 

Mais la vie continue...  sois belge et tais-toi, mais pas trop, même en Si Bemol Majeur avec une note tonique...

En passant des Macaronis aux Patates frites, du vino rosso à la bière, en quelques sortes... On ne pouvait trouver meilleur symboles.

Pourquoi pas "A bicyclette" comme le chantait, Sacha Sprengler, dans un spectacle "Je voudrais que tu te souviennes" .

Deux refrains légèrement modifiés à la chanson de Sébastien "Ah, si tu pouvais fermer ta gueule pourrait toujours resservir un jour...

Les paroles originales et un karaoké déjanté qui irait très bien dans le cadre:

Ils font rien qu’a nous faire des promesses
Qu’ils ne tiennent jamais
La seule chose qui les intéresse
C’est d’passer à la télé

Tout pomponnés
Tout maquillés
Ils viennent parler au journal
Pendant que monte du fond des cafés
Le son de la chorale

 Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Et puis y’a tous ceux qui font des débats
D’la philo à deux balles
Y’a c’ui qui est pour
Et y’a c’ui qui veut pas
Et ça parle et ça parle

Tout pomponnés
Tout maquillés
Ils viennent vendre leur salade
Pendant que monte du fond des cafés
La grande sérénade

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Et puis y’a moi qu’en fait partie aussi
Faut toujours que j’la ramène
Comme si on disait pas assez de conneries
Faut que j’y rajoute les miennes

Tout pomponnés
Tout maquillés
J’vous promets
J’vous en voudrais pas
Vous avez le droit du fond du café
De chanter aussi pour moi :

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Cette chanson je l’ai faite pour vous
Les français, les françaises
Allons enfants, ça s’ra notre hymne à nous
Notre marseillaise
A la maison, à ton bureau
Quand t’en auras marre d’écouter
Le casse-bonbon qui parle trop
Tu pourras lui chanter :

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Sans Internet, sans litanies
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Cela plairait à l'Italie

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça changerait de musique
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien en Belgique

 

L'enfoiré,

 

Mais je le sens vous voudrez des images et des photos. Je les choisirai pour montrer que sur le lac Majeur, les maisons ressemblent toutes à des chateaux et les chateaux à des maisons 

 

0.jpgCitations:

  • "Tradutore, traditore (Traduire, c'est trahir)", Proverbe italien
  • « La grande différence entre un Italien et un Français, c’est qu’en mangeant des spaghettis, l’Italien peut penser à autre chose. », Anonyme
  • « L'Italien est sage avant coup, l'Allemand sur le fait, et le Français après coup. », Proverbe italien

 

Annonce: Chers lecteurs, Nous sommes à la veille de grandes vacances, de voyages aussi. Le mois de juillet sera un mois dans lequel "Réflexions du Miroir" s'attachera à cette idée de voyages, anecdotiques, informationnels et structurels. Articles qui ne seront pas tous écrits par votre serviteur.

16/06/2012

Le monétarisme vaudou

On vient de voir que les chiffres font un malheur dans le monde du numérique. Pour vivre en société, il faut apprendre à compter avec l'économie en arrière plan de tous ce qui constitue une vie d'échanges entre les hommes. L'expansion de la base monétaire sans précédent depuis ces dernières années inquiète. Tout n'est plus qu'argent. Appeler un vaudou, un exorciste pour vaincre ce veau d'or ou plus simplement, vaincre le monétarisme en redonnant les pouvoirs de créer l'argent à ceux qui en les droits pour le bien de tous. C'est toute la question.

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Le monétarisme pousse à penser que l'État est nuisible comme intermédiaire suivant le courant de l'économiste Milton Friedman. Le message est de laisser faire le marché puisque l'inflation et le chômage vont de pair temporairement. 

En Europe, en deux mois, la BCE a injecté 500 milliards d'euros sous forme de LTRO. Après la Grèce, elle devra agrandir la note avec la facture de l'Espagne. Le weekend dernier la note globale s'élevait entre une fourchette de 40 et 100 milliards d'euros.C'est ce qu'on peut appeler avoir une bonne fourchette...

Fin de rally ou simplement un recul pour mieux sauter? Il faut garder le souffle devant les montants avant l'échéance suivante qui suivront les élections législatives en Grèce.

Depuis 2008, on serait passé de 1,3 trillions à 3 trillions d'euros, ce qui équivaudrait au PIB d'un pays comme la France, 5ème pays monétaire dans le monde.

L'achat d'obligation souveraines pour 300 milliards pour donner une source de liquidité aux banques.

Les banques ont acheté des obligations de leurs pays en échange, avec des échéances à courtes durées.

Il fallait rétablir la confiance et cela a marché ... temporairement. Le 8 mars dernier n'était pas seulement le jour de la femme, c'était aussi un autre jour J pour la Grèce avant un autre jour pour trouver le système K, puisque le système "D" n'avait pas fonctionné. Demain, 17 juin, rebelotte, on arrive au système "S" de "Stop ou Encore". 

Les obligations ESM sont planifiés comme une source d'investissements à plus long terme et arriver à des obligations sans risques pour faire retomber le soufflé de la crise.

La pensée positive selon la méthode Coué? Petite touche par petite touche.

La restructuration des dettes budgétaires ne pouvaient que se passer sans certaines contraintes, sans larmes ni grincements de dents.

0.jpgUn pays ne peut en principe pas faire faillite, mais il peut se retrouver plusieurs années en arrière sans beaucoup de chance de rattraper son retard. La dévaluation de sa monnaie en est la conséquence logique. Dans une confédération de pays comme l'est l'Europe, avec une monnaie unique, les choses se corsent entre partenaires. Soutenir l'ensemble des membres ou couler ensemble.

Dire qu'il n'y a pas de limite serait suranné face à l'insolvabilité. Au risque de se saborder, il faut garder le "cap à l'Européenne", puisque à l'extérieur ou dans les marchés, ils n'attendent que le moment où l'Europe se casserait la pipe pour racheter au plus bas prix ce qui pourrait l'être. Une 'affaire de Pirée' reste encore en mémoire.

Une Europe à deux vitesses? C'est le vœux de l'Allemagne.0.jpg

L'Euro2012 qui pourrait être un espace de foot, c'est aussi de la politique économique. Des destins croisés qui se rencontrent entre une Pologne en bonne santé économique et une Ukraine qui donne une image rétrograde.

Aux États-Unis, le pli est pris depuis longtemps. Tant que le dollar reste comme monnaie principale d'échange et se retrouvent dans toutes les banques du monde comme monnaie de référence, grâce à une sorte d'habitude.

Si on ne comprend pas pourquoi l'argent n'est plus en pièces d'or, qu'il est passé au papier et puis en virtuel, c'est parce que l'alchimie du vaudou n'a pas fonctionné.

Les conseilleurs arrivent et poussent à le faire pour rester à flot. La Quotidienne d'Agora sous la plume de Alexandre Benazzouz, sortait, vendredi dernier, un article qui commençait par: "Les banques sont vulnérables, oubliez les stress tests !

0.jpgDe l'incertitude au bank run
Bankia est sur le point de représenter le sauvetage financier le plus cher de l'histoire espagnole. La quatrième banque du pays doit recevoir 23,5 milliards d'euros de fonds publics. La semaine dernière, la Banque centrale portugaise avertissait que "trois des quatre plus importantes banques du pays devraient recourir à une aide publique". Lisbonne prévoit donc d'injecter 6,6 milliards d'euros dans trois banques, les banques privées BCP et BPI et la banque publique CGD. Elles ne sont pas les seules dans la tourmente. Ces dernières semaines, l'agence de notation Moody's a dégradé une vingtaine de banques espagnoles et italiennes. Fitch, quant à elle, a abaissé au premier trimestre 2012 la note de 57 banques ; 30 d'entre elles sont en Europe de l'Ouest. Après la Grèce, faire chavirer le Portugal, l'Espagne et peut-être même l'Italie, ce ne serait pas la même histoire...

L'article avait été écrit avant l'annonce de la dégradation de trois crans de l'Espagne.

La présidente du Brésil, Dilma Roussef, critiquait, lors d'une visite chez Obama, les politiques d'expansions monétaires des pays développés qui font peser un risque sur la croissance des pays émergents.

Augmenter le nombre de billets en circulation, leur fait perdre leur valeur par rapport aux autres monnaies.0.jpg

Alors, la question reste: comment faire autrement?

On cherche toujours autant de milliards comme au début comme si l'on était en montée sur une pente savonneuse. Qu'on appelle cela "morphine monétaire" ou "monétarisme vaudou", c'est toujours fait du même tabac mais avec une autre odeur.

Le casse tête existe au sommet et à la base des citoyens. Aller de plus en plus vite dans les décisions ou dire courage fuyons !

Rendre l'argent de moins en moins cher. La baisse des taux d'intérêts des comptes à terme. Alors, que l'inflation est de 3%, le taux d'intérêts sur un terme d'un an, le banques ont fait chuter de 0,75% auquel on ajoute une prime de fidélité de 0,25%. Les banques ont peut-être oublié de changer les taux auxquels, elles prêtent leurs précieuses réserves monétaires. Je vous le laisse découvrir lors de votre prochain découvert.

0.jpgPerte de capital programmée, donc. Pour celui qui détient quelques économies, la tendance est donc de consommer tout de suite ou de chercher à trouver une forme plus rentable de placement et repasser insensiblement à la spéculation, aux placements à risques et se lancer dans les actions en devises pas nécessairement européenne. Le mot d'ordre, désolidarisons, il en restera toujours quelque chose. Se passer de l'argent, échanger un bien contre un autre.

La réponse à la relance de l'économie, est-elle sous ce lien qui met en opposition les deux systèmes utilisés et qui dit:

"Qui, de la Fed ou de la BCE, a fait le plus pour relancer l’économie ?

La Réserve Fédérale des États-Unis a effectué deux opérations de ce que l’on appelle « quantitative easing ». Dans le quantitative easing, la banque centrale rachète d’importants montants d’obligations souveraines avec les fonds qu’elle a obtenus des dépôts reçus des banques pour baisser les taux d’intérêt de long terme. La Fed fait de la « transformation » : elle utilise des actifs de court terme pour financer des titres de long terme. Et grâce au différentiel de taux entre les deux types d’échéance, elle peut encaisser une marge d’environ 2% sans avoir à supporter un « risque de crédit ». Son risque, c’est que son coût de financement dépasse ce rendement, mais comme c’est elle qui fixe les taux d’intérêt de base de court terme, il y a très peu de chances qu’elle choisisse de miner sa marge de manœuvre en les augmentant. Ah, oui, j'oubliais, la FED, chante et danse aussi: "Let's Twist again". Maintenant, il y a aussi le chartalisme avec tractations en horizontales ou verticales.

La BCE a mené deux programmes de « LTRO » (Long-Term Refinancing Operation), injectant plus de 1.000 milliards d’euros de prêts à 3 ans au taux de 1% pour les banques de la zone euro. Désormais, le bilan de la BCE totalise 2.800 milliards d’euros, presque 30% du PIB de la zone euro, alors que le bilan de la Fed ne représente que 20% du PIB des États-Unis. La BCE fait du credit easing : elle reçoit des dépôts des banques (principalement d’Allemagne et des Pays Bas) qu’elle rémunère 0,25%, et elle s’en sert pour octroyer des prêts à 1% à des banques des pays du Sud de l’Europe (principalement Italie et Espagne). Le problème, c’est qu’au passage, elle assume le risque de crédit. Or, le bénéfice sur le différentiel de taux de 0,75% qu’elle encaisse dans l’opération (7,5 milliards d’euros annuels) ne lui permettrait guère de supporter la défaillance d’un emprunteur (La BCE a prêté 130 milliards d’euros à la Grèce).

0.jpgOn a d’abord pensé que c’était la Fed qui avait le plus contribué à la relance de l’économie, parce qu’elle a plus développé son bilan que ne l’avait fait la BCE.

Dans les années 30, pour réagir à l'hyperinflation et à la dépression, les USA ont acheté massivement des obligations. L'Allemagne s'y est opposée obnubilée par l'hyperinflations jugeant que la dépression était secondaire. Le FMI a été enfanté dans la douleur. La BCE, non. Elle donne du mou. Elle gagne du temps. Les réformes politiques ne sont pas pour demain. 

Selon l'OCDE, concilier l'effort budgétaire et la croissance n'est pas incompatible.

La Belgique économiserait 9% de son PIB (33,7 milliards) en agissant de la sorte. Améliorer l'efficacité dans une austérité durable? L'organisme préconise un endettement de 50% du PIB maximum. 2012 est une année charnière dans l'alimentaire.

Selon l'OMC, la crise de la dette, le tsunami du Japon le printemps arabe, les inondations en Thaïlande ont ralenti considérablement le commerce mondial. L'Asie reste le leader avec l'Inde (16%), la Chine (9%), tandis que l'Afrique reste en déclin de 8%. Mais jusque quand? 0.jpg

La zone euro condamnée à stagner pour réparer les erreurs du passé? A regarder les pays d'Europe, il n'y aurait que la Finlande, la France, la Slovénie et Chypre (en vert) qui échapperaient à la récession. L'Allemagne et l'Autriche qui en sont en recul de de PIB sur un trimestre (en orange) et les autres en récession (rouge). Même Madame Angela Merkel a fait volte face et mis l'austérité en stand-by pour ressortir les vieux atouts de la relance quand il a été remarqué que l'austérité enfonçait plus qu'elle ne redressait.  Ce n'est plus très, mais trop chère austérité.

On parle de "triangle des menaces" qui se construirait par le dévoiement de la monnaie devenue virtuelle qui se poursuivrait par le besoin d'énergie, la démographie déséquilibrée par la pyramide des âges et l'endettement cumulé de ce que les États se sont engagés à verser à leur population.

Le plus fort est que la seule solution qui s'offrirait, serait monétaire avec de tels facteurs déflationnistes que les gouvernements tenteront de contrer à n'importe quel prix en utilisant l'arme monétaire. 

Soutenir le crédit ou mourir en buvant la tasse ensemble.0.jpg

La dépression, on y pense mais il faut d'abord passer au test de la récession avec l'austérité comme bagage et la relance en porte-bagage.

La déstructuration des monnaies passe par la désolidarisation d'avec la production des produits à fournir en échange.

Le yen explose et l'hyperinflation est en chemin. Normal, les exportations se voient ralenties quand le prix des exportations se retrouvent trop élevés à cause des pertes de change.

L'animal mondial est blessé, mais avec quelques sparadraps et une expérience connue de courage, cela ira, se dit-on. Un coup de barre et sa repart, comme disait la pub d'une marque de chocolat.

Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière disposent à eux deux d'une capacité de prêt de 700 milliards d'euros :
- 213,3 milliards ont déjà été utilisés pour sauver la Grèce et le Portugal
- 100 milliards ont été promis à l'Espagne pour ses banques
Conclusion, il reste donc 386,7 milliards d'euros.

Or les besoins en refinancement de l'Espagne et de l'Italie pour les deux prochaines années s'élèvent à 620 milliards d'euros.

Et comme le chien de l'expérience de Pavlov, la simple mention des liquidités supplémentaires fait saliver les marchés d'avance. Pavlov dresse toujours à la perfection les marchés.

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"Les placements durables subissent une chute historique", lit-on dans le même temps.

Si rien ne dure, si le fond des caisses se crée, c'est que tout s'est déplacé et se consommera quelque part... C'est mathématique... Bis repetita placent.

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C'est alors qu'une idée m'est venue. Pourquoi pas visiter le Musée de la Banque nationale de Belgique à Bruxelles? Un aimable accueil à la réception m'avait permis d'apporter quelques précisions sur les activités de la Banque Nationale. Une documentation donnait des idées sur les activités de la BNB. La seule lecture des titres suffisait pour constater comment cela marchait.

  • 1.jpgLa Banque nationale contribue à la mise en œuvre de la politique de l'Eurosystème et à la surveillance du système financier.
  • Émission de monnaie et seigneuriage (revenu que l'émetteur tire de l'émission, rétrocédé à l’État frais déduits). L'objectif principal de la politique monétaire est le maintien des prix avec un rapport annuel sur l'évolution. Gestion de la Centrale des bilans et Centrale des crédits aux entreprises avec depuis 2009, la mesure de l'impact de la crise sur l'octroi des crédits aux entreprises. La politique monétaire est décentralisée est confiée aux banques centrales nationales avec des instruments qui ont des facilités permanentes, des opération "open market" et des réserves obligatoires.
  • Un contrôle macroprudentiel contribue à la stabilité dans un Comité de surveillance bancaire.
  • L'évolution va vers un modèle à deux piliers (Twin Peaks). L'institution d'un Comité Européen du Risque Systémique s'accompagne de la surveillance des services financiers par des autorités au niveau bancaire, assurance et pensions professionnelles, des marchés financiers et valeur mobilières.
  • A terme, la Banque assurera l'ensemble du contrôle prudentiel en Belgique, comprenant les paiements, les compensations et le règlement de titres de la dette publique.
  • Le projet SEPA assurera une circulation standardisée des virements et paiement par carte.  

Les projets, cela ne manque, apparemment, pas. On se demande pourquoi cela n'arrange rien en définitive. Il y a des pics, des Peaks, tellement prudentiel que le macroprudentiel des systèmes mènent aux hics des systèmes que cela ne m'étonnerait pas. S'il y a des "seigneuriage", c'est qu'il doit y avoir "servages".0.jpg

Alors, il y a les monnaies de remplacement, les monnaies dites de "singe" avec leur reconnaissance comme leur utilisation très locale comme les RES, les WIR... puisque le porte-monnaie électronique comme PROTON risque de disparaitre.

0.jpgJe ne sais pourquoi, mais tout cela me rappelle une vidéo d'un cartoon, qui à l'époque, était plaçé, au cinéma, entre les actualités et le film. Le sourire et le rire aux lèvres, à la vue dy "Coyote" qui tentait d'attraper Bip Bip, ce "Road runner" et qui mordait la poussière au fond du ravin à chaque tentative.

La première séquence était presque caricaturale: Coyote fonçait derrière Bip Bip, le dépassait sans le voir, arrivait au bord de la falaise et, pris dans son élan, continuait à courir, avec le vide sous ses pas, avant de s'effondrer au bas de la montagne. Remontée et à bout de souffle,  Bip Bip lui faisait retourner, d'un coup de bec, à l'endroit qu'il n'aurait jamais dû quitter: le fond du gouffre.

Jamais en panne d'idées, Coyote parvenait toujours à trouver un autre subterfuge. Le scénario changeait de séquences, tout simplement, et Coyote tentait une autre option sortant de son sac à malices, sans plus réfléchir.

Dans les cartoons, des alternatives, ça existent toujours, même sans se faire mal, si ce n'est aux zygomatiques. 0.jpg

En dehors, on cartonne aussi avec des alternatives, chacune à son tour, au petit bonheur la chance et quelqu'un en Bourse, d'un air inspiré, rappelle que les arbres ne montent jamais au ciel. Et oui, cela ne s'appelle pas aussi "la chute d'Icare"?

Pour celui qui a un peu passé la limite du Bac, défier les lois de la gravité et trouver le bout du précipice sans parachutes imperméable, dorés ou argentés, c'est comme se retrouver avec des ailes quand il faut nager.

Si Coyote se fait roulé et retombe toujours sur Terre, c'est qu'il y a autre chose qu'une morale à l'histoire. Sale pesanteur... C'est, donc, encore Newton et sa pomme qui est en cause. 

Mais, c'est vrai, j'oubliais, nous sommes en période de foot, c'est l'Euro2012.

Là, je sens qu'on va devenir hybride et qui sait, pourquoi pas, amphibie.

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Photos de l'exposition à la Banque Nationale, en un lien et un clic

 

L'enfoiré,

 

0.jpgMise à jour 28 juin 2012: Des banques plus risquées qu'annoncé. Une étude de la CEPS commandé par les Verts euopénes repris dans un  article de l'Echo dans lequel on rappelle les différents types de banques (parmi 74) qu'il faut les catégoriser. Les status changent dans le temps, ce qui rend l'analyse difficile. La plupart des banques restent vulnérables à cause de la maigreur de leurs fonds propres souvent limités à 4,5% sinon moins.

- banques d'investissements (Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale...) fonds souvent spéculatifs et fonds propres assez laxistes

- banques de détail focalisées (ABN AMRO, National Bank of Greece, HSBC...) bonne résistance car diversifiées. 

- banques de détail diversifié (Crédit Agricole...)

- banques de gros (ING, Rabobank, Dexia...) Celles-ci dépendent trop des investissements à court terme.

 

Citations:0.jpg

  • « Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. », François Cavanna
  • « Si vous voulez éviter des blessures, enlevez la monnaie de vos poches avant de danser la lambada. », Anonyme
  • « Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie. », Umberto Eco

07/06/2012

Bouchons sur l'eau, au sol et dans le ciel londonien

Londres, une ville qui dépasse les dimensions  de Los Angeles, passe une année d'événements majeurs qui carburent dans tous les domaines et des bouchons se dessinent.

0.jpgD'abord, Londres vient de célébrer le "Queen Diamond's Jubilee", les 60 ans de règne d’Elisabeth II.

Jubilé de Diamant pour la Reine, fêté en quatre jours, avec dimanche, le point principal, une armada de plus de 1000 bateaux qui a sillonné la Tamise entre Putney et Tower Bridge avec le "Gloriana" qui date de 1662, l'époque de Charles II, contemporain de Louis XIV en France.Une "Big Party", unconcert pop devant le Palais de Buckingham terni par l'absence du duc D'Edimbourg et en parallèle, une dizaine de milliers d'événements organisés pour l'occasion.

Hommage à la Tamise, à la "London's River", à l'esprit anglais de la fête.

Cinq ans de préparation au Jubilé. La tradition et le protocole obligent toujours dans un monde quelque peu à part où on ne fait pas uniquement rouler à gauche pour être différent.    

L'historien, Francis Ballast, rappelait ce parcours qui a vu la Reine Victoria comme première "Diamond's Jubilee" mais qui mentionne aussi que le Commonwealth n'est plus le Dominium sur 60% des terres émergées comme il l'était au début de son règne, mais plutôt une entente culturelle avec la langue anglaise et le système juridique comme intérêt en commun. Élisabeth II, si il y a subit une érosion du pouvoir, reste toujours immensément respectée par la population. Le rapprochement avec le peuple fut encore plus effectif avec sa mère, la Queen Mum. 0.jpg

"Racines et les Ailes" plantait le décor dans un Spécial Londres. "C'est du Belge" de même avec l'émission "Il était une fois, Elisabeth II", dans laquelle on suit avec ses 5000 chapeaux et robes assorties. Ce fut son grand-père, George V qui créa la dynastie des Windsor. L'année 1936 fut celle des trois rois se partageant le trône entre George V, Edouard VIII et George VI. L'année 1992, l'"annus horribilis" pour Elisabeth II. Douze premiers ministres pendant son règne. Des présidences de gauche et de droite se sont succédées à Buckingham Palace, à partir des États-Unis, de France et d'ailleurs. Des souvenirs doivent se retrouver dans le livre de Isabelle Rivère "Dans l'intimité du règne". Ceaucescu n'a pas laissé que de bons souvenirs chez Elisabeth II en 1978.

"Hiératique et pourtant si humaine", cette reine Elisabeth II.

Un petit tour au château de Winsor explique encore mieux le fond de l'affaire de la saga des "Windsor et Mountabatten". Test de nationalisme et de l'estime de la royauté. Tout ce qui peut se décliner aux couleurs de l'Union Jack est de sortie. 

Les opposants à la monarchie réclamaient la république et le droit d'élire leur propre chef d'Etat avec des calicots: «nous ne sommes pas des sujets». Ils se sont fait huer en chantant le "God save the Queen".  Les «rebelles» expliquaient la démarche dans un français parfait. Extraordinaire, pour un anglais... La royauté ne coûte que moins d'une livre en impôts par an et par sujet, parait-il. Tout le reste viendrait de tout ce qui est vendu en relation avec la royauté. L'image de la Reine se retrouve partout, sur les boîtes à biscuits, les cendriers... et les rentrées touristiques montent les recettes à un milliard de livres. Les touristes de partout font entrer les livres sterling dans les caisses de l'Etat.

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Mais, revenons à la capitale, Londres.

Il y a d'abord le Grand Londres, une mégapole qui prend les dimensions gigantesques de 1579 km2, 15 fois celles de Paris, alors que Los Angeles n'a que 1296,6 km2. Huit millions de Londoniens.

Rien à voir avec la City de Londres, bien connue, avec sa Tour de Londres, Tower Bridge, Big Ben et le Parlement qui, le long de la Tamise, se fraient une place nostalgique dans les clichés souvenirs et sur les cartes postales.

Le Londres moderne, lui, est constitué de "The Shard" de 310 mètres de haut, du "London Eye", du "Gherkin" et d'autres gratte-ciel qui sont visibles de loin.

La ville a beaucoup changé mais elle est restée encadrée pour arriver à le faire dans les règles très british en traditions, très utilitaire, aussi. L'intérêt reste économique, fonctionnel et pas uniquement tourné vers le seul côté esthétique comme pourrait le faire penser Paris. 

2012, une année de grands événements pour l'Angleterre. Le Jubilée peut être considéré comme une répétition pour l'événement suivant, les Jeux Olympiques de fin juillet.

Alors, on commence à avoir peur de l'affluence que cela va provoquer dans le ciel et au sol. Les jeux olympiques de Pékin sont encore dans les mémoires comme vitrine de la Chine. Il fallait faire différent.

D'abord, l'Eurostar est le moyen de transport majeur qui n'en fait plus une île. Aussi rapide que l'avion si l'on veut se rendre au centre de Londres. A la descente du train, un hôtel de luxe y attend le touriste et l'homme d'affaires, avec une vue imprenable sur la gare. 

L'Est de Londres a été réservé aux JO comme un nouvel espace de vie avec un parc urbain que l'on voudrait récupérer après les jeux. L'Orbit en son centre est une oeuvre d'art architecturale de 115 mètres qui permettra une vue globale sur le parc olympique.

0.jpgLe protocole n'a pourtant pas changé. Les huit parcs royaux à Londres. Hyde park, Kensington Gardens, Regent’s Park ou Richmond Park...comme parcs royaux font de Londres la capitale la plus verte d’Europe ! Espaces verts dont l'origine dépasse les mille ans d'histoire.

Des quartiers industriels sont devenus commerciaux ou résidentiels parfois extravaguants. Le cosmopolitisme n'a fait que s'accentuer. 400.000 Français y résident. Difficile de trouver un job. 3000 euros par mois pour louer un appartement qu'il faut partager en collocation entre étudiants.   

Le trafic aérien pour et autour de Londres est à la hauteur de ses ambitions. Le trafic compte les vols de Paris et de Frankfort réunis.

Quatre aéroports viennent à la rescousse de Heathrow: Gatewick, Stansted, Luton et City. Heathrow a déjà trois terminaux qui se partagent les pistes en fonction de leur destination.

Ajouter une troisième piste, un sixième terminal à Heathrow, a été refusé.

Alors, on a pensé à un nouvel aéroport à 55 kilomètres de Londres, à l'embouchure de la Tamise: le Thames Estuary Airport.

Une plate forme maritime assez loin de tout pour ne pas ajouter de nuisances sonores. Le coût entre 60 et 84 milliards d'euros. Sont espérés 180 millions de passagers par an.

Magnifique, mais pas pour tout le monde0.jpg.

A l'Est de Londres, les propriétaires des appartements espèrent louer leurs biens à prix d'or pendant les jeux aux détriments des locataires existants. Des prix de 1500£, 2500£ sinon beaucoup plus, deviennent de nouvelles normes. Les locataires sont mis à la porte en prévision même si les propriétaires ne sont pas sûrs de relouer.

Quand on attire, à l'Est, autant de monde cela crée une concurrence et fait craindre de perdre un potentiel en manque à gagner, attise quelques jalousies. L'Ouest va jusqu'à se rebiffer.

Puis, ce qui n'arrange rien, il y a l'engagement de gouvernement pris en 2006 pour 2050 de réduire de 80% des émissions de carbone. 1.jpgQuand on connaît la pollution en CO2 qu'un avion produit, il y a intérêt à se tourner vers les constructeurs pour trouver des avions qui volent sans bruit et avec le moins de kérosène.

Mais qu'est-ce qui attire tant le monde à Londres?

En 2007, s'il y avait bien le vertige d'une société dynamique dans lequel je parlais de Londres mais c'était dans une période "avant crises". Cette fois, dans le jargon médical cela pourrait s'appeller le VPPB, avec le mot "Bénin" remplacé "dépendant du Bénéficière". Tout est toujours profitable, si on y trouve son propre intérêt.

En 2007, était dit que "Le luxe reste discret et passe outre les crises. Il faut quand même être cheikh du Qatar pour se payer l'appartement de 1.800 mètres carrés en construction face à Hide Park pour 147,5 millions d'euros.". 

Depuis, les crises se sont incrustées comme une tache d'huile dans le monde entier. Il fallait rechercher réduire ses ambitions dans des espaces plus appropriés destinés aux hommes d'affaires et aux touristes fortunés.

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Là, l'étonnement est radical. Une nouvelle bulle immobilière a pris place, gonflée par des Arabes, des Italiens, des Français, par des tycoons asiatiques et... par des Grecs dont les fortunes sortent de Grèce et cherchent un nouveau refuge. Ils ne passent pas par les banques. Ils payent cash. La livre donne plus de confiance que l'euro. Plus de 50% des maisons londoniennes sont ainsi vendus à des étrangers. Et les millions de livres valsent et transitent pas des agences immobilières.  

"La valeur du bien semble inversement proportionnelle à son taux d'occupation. Quant aux propriétés modestes, elles voient leur prix baisser.", est-il constaté.

Marché bizarre et à deux vitesses?

0.jpgTroisième édition des JO en 2012, après ceux de 1908 et de 1948. En 1908, c'était parti même pour une durée de trois mois. Aujourd'hui, c'est en deux semaines qu'il faut rentrer dans ses frais. Londres veut que cela soit rentable. Les JO se veulent les plus verts de l’histoire avec un budget calibré à 9,3 milliards de livres. L'idée est de tout réutiliser après la fermeture.  Le village sportif est destiné à devenir un beau quartier résidentiel et familial avec 3.600 appartements.

L'East London, parent pauvre, jusqu'ici, avec ses 250 ha, après sa remise à neuf, apportera le renouveau qui est la logique intrinsèque à la volonté d'organiser ces jeux. 
   

Plus, on arrive à l'échéance, la révision du budget approche les 13 milliards, voire les 30 milliards si on prend en considération les coûts indirects, les Anglais espèrent qu'ils ne seront pas perdus à jamais. 1500 entreprises se sont déjà partagé le pactole de 9 milliards d'euros comme des morceaux du beau gâteau aux mille bougies.

Alors, hésiter entre l'envie de rassurer ou celle d'impressionner n'a pas de raison d'être. Tout coûte désormais très cher.

En 2010, la ville de Rome s'est, d'ores et déjà, retirée de la course à l'investiture des prochains JO en réponse aux problèmes financiers de l'Italie. Quand on n'a plus les moyens, il vaut mieux s'abstenir.

Les JO en 8 chiffres sont hallucinants:

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1. Ce sera la plus grande mobilisation de personnel militaire et de sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale. 13.500 troupes seront déployées. C’est plus que le nombre de celles qui se trouvent actuellement en Afghanistan. Les effectifs militaires totaux sont estimés à entre 24.000 et 49.000 soldats, mais le chiffre réel est secret, ce qui explique l'ampleur de cette fourchette. Des missiles sol-air, le bateau MMS Ocean prêts à bloquer le port à Greenwitch, des Typhoons seront près à décoller. Le budget de sécurité s'élève entre 600 millions et un milliards de livres, voire 3 milliards.

2. 1.000 agents de la diplomatie américaine et du FBI ainsi que 55 patrouilles avec des chiens seront envoyés sur la zone olympique. Celle-ci sera circonscrite par une clôture de 18 km de long, électrifiée avec une tension de 5000 volts pour séparer cette zone du reste de la ville.

0.jpg3. Les compétitions vont opposer 17.000 athlètes sur 17 jours, ce qui devrait coûter 59.000 livres  par athlète, soit 3.500 livres par athlète et par jour. Cela représente un total de 1,2 milliards d'euros...

4. Les Jeux olympiques d’Athènes en 2004 étaient encore plus coûteux, avec un montant de 90.000 livres par athlète. Ils ont, d'ailleurs, contribué à la crise grecque.

5. Sous la pression des États-Unis, les effectifs de sécurité ont été plus que doublés, par rapport à ceux qui avaient été prévus l’année dernière. Le coût de la sécurité à Londres pourrait atteindre 553 millions de livres selon les hypothèses les plus hautes.

6. Les spécialistes ont travaillé sur 27 scenarii de menaces et d’attaques terroristes diverses pendant les Jeux.

7. 4.000 chauffeurs assureront le transport de 40.000 officiels, bureaucrates, politiciens et personnalités variées pendant les 17 jours. Ils seront en mesure d'utiliser un système de voies spécialement construites pour l'événement dans les rues de Londres. Les touristes les plus riches pourront aussi emprunter ces voies s’ils acceptent de s’acquitter de 20.000 livres pour s’offrir le pass VIP.

8. 1.400 maisons qui ont été spécialement construites pour le village olympique. La famille royale du Qatar les a financées pour en devenir le propriétaire pour un montant de 557 millions de livres.

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Le CIO, une multinationale aux poches bien garnies. Les droits audiovisuels des JO ont augmenté de 50% par rapport à ceux de des JO de Pékin. La sécurité, un problème majeur. Nouveau? Non, mais plus crucial. Le CIO contribue au niveau de 553 millions d'euros, 14% du budget global, soit plus de 4milliards d'euros qui proviennent des droits audiovisuels pour 80% et du sponsoring. Samaranch et Rogge s'en sont précoccupé. En local, le LOCOG, le comité olympique anglais, fournit le reste.  

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De ce côté du Channel, on s'étonne souvent que l'euro n'est pas le bienvenu, que la Grande-Bretagne se tourne plus vers les États-Unis que vers l'Europe. 

Il y a des bouchons sur l'eau, au sol et dans les airs, mais on n'est pas bouchonné à Londres. "Fier d'être britannique", comme le disait le Prince de Galles lors d'une fête qui fut à l'échelle mondiale (vidéo). Être représentante d'un pays pendant 60 ans, aux yeux du monde, cela fera toujours mieux qu'une présidence limitée dans le temps. Le Japon est un exemple de plus de cette longévité.

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Dans l'histoire, le "françois de France" était déjà employé en Angleterre dans les actes et les documents royaux. Le plus ancien manuel de «françois», le Traite sur la langue françoise, a été composé par un Anglo-Normand, Walter de Bibbesworth, entre 1240 et 1250. Il était destiné aux nobles anglais, qui avaient déjà des notions de «françois» et désiraient parfaire leurs connaissances dans cette langue qui se retrouvait jusque vers le milieu du XIVe siècle. Les Contes de Canterbury écrits par Geoeffrey Chaucer mettent en scène une prieure qui avec les belles manières de la haute société anglaise parle le "françois". Aujourd'hui, trouver un anglais qui parle plus de langues que la sienne, devient plus difficile. Tout Internet, tout le monde parle le globish.

Londres, la ville sans limites en mutation et invention permanente où la Reine jubile, écrit le Hors-Série de Le Point. 63% de la population en dessous de 45 ans.

L'excentrique maire, Boris Johnson, arriviste, gouailleur, gaffeur, a rempilé pour un second mandat en 2009. A l'humour douteux, en 2004, il lançait dans sa campagne: "Votez tory, votre femme aura des gros seins".

Alors, les JO de Londres, est-ce le triomphe de la peur sur le courage?

Wait and see and meanwhile forget the fear because, the slogan is always in french "Honi soit qui mal y pense".


L'enfoiré,

 

Pour les photos, ma dernière visite dans le centre est trop lointaine, je ferai appel à Denise Caron dans sa série de Chronique londonienne:

Millenium, Foule, Masques, Musique, Quotidien, Glaces, Sauts, Lions, Verbe, Couleurs d'Ecosse, London Bridge.....

 

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Mise à jour 08 avril 2013: Décès de Margaret Thatcher Une main de fer sans gant de velours

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Citations:

  • « Je lâcherais tout, même la proie, pour Londres. », Alphonse Allais
  • « Si les bars à Londres avaient des terrasses comme à Paris, on y boirait des verres de pluie. », Somerset Maugham
  • « Il y a, entre Londres et Paris, cette différence que Paris est fait pour l'étranger et Londres pour l'Anglais. L'Angleterre a bâti Londres pour son propre usage, la France a bâti Paris pour le monde entier. », Ralph Waldo Emerson
  • « Beaucoup de choses sont possibles dès lors que l'on a été convenablement formé. Il faut mûrir dans un rôle que l'on s'habitue à jouer et accepter le fait que c'est votre sort dans l'existence. C'est un emploi à vie.", Elisabeth II (repris dans le livre de Isabelle Rivère)

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24/03/2012

Du rififi au Saint-Siège?

Une conspiration au Saint-Siège est-ce possible? Le pape n'est-il pas intouchable et pensionnaire au Vatican à vie? Si on regardait l'histoire du Vatican et de ses papes qui est loin d'être un long fleuve tranquille.

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Juif de condition modeste, l'apôtre Pierre est né à Bethsaïda, pêcheur à Capharnaüm et fait partie des premiers à suivre le Galiléen Jésus.  Il a été probablement martyrisé, massacré après l'incendie de Rome en 64-67.  L'évangile selon Matthieu prête à Jésus la formule "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église".

La basilique Saint-Pierre domine la place homonyme au Vatican, là où les premiers apôtre de Jésus engagent le processus qui va assurer la prédominance de la ville de Rome sur les autres implantations de communautés chrétiennes.

Depuis une liste de papes, les 10 niveaux de grades de la hiérarchie du clergé qui commence au moine pour arriver au pape donnent un aperçu des réalités qui gravitent autour de la religion catholique. Si elle n'est pas comme une multinationale commerciale, elle en suit malgré tout le cheminement. Cheminement qui ne permettra jamais à de "jeunes tiges" d'atteindre le sommet.

Le premier empereur chrétien, Constantin eut une illumination avant de se battre et gagner une bataille contre Maxence en 312. Il a fait bâtir entre 322 et 350, la première basilique, consacrée par le pape Sylvestre Ier, sur le lieu présumé du martyre de Pierre à côté du site de l'ancien cirque de Néron.

Entre 361 et 363, l'empereur Julien l'Apostat a la volonté de rétablir le paganisme dans l'empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (l'arianisme). Ses écrits critiques contre le christianisme, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur témoin de l'opposition païenne rémanente au christianisme.0.jpg

La "promesse de Qierzy" entre Etienne II et Pépin donne naissance aux États pontificaux. L'Empire d'Occident se délite tandis que la civilisation byzantine est en plein essor. 

En 846, le pillage de Rome par les Sarrasins pousse Léon IV à la fortifier par le mur dit "léonin". En 1076, Grégoire VII a fortement marqué l'Église en libérant les évêques de toute tutelle temporelle.

Le Latran restera la résidence principale des papes, jusqu'à Clémént V qui déménagea en 1309, à Avignon suite à la guerre civile à Rome et embourbé dans celle des templiers. La ville a été surnommée la « cité des papes » en raison de cette présence jusqu'en 1423. 

Au Moyen-Age, c'est l'excommunication qui devient l'arme absolue contre toute attaque de la chrétienté. Martin Luther le fut en 1517.

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Remonter l'histoire à ses origines est une histoire vers l'extérieur, de "je t'aime, spirituel, moi non plus, temporel", mais aussi des révolutions de palais, à l'intérieur, entre conservateurs et progressistes et des rivalités. Les papes de la Renaissance laissent un souvenir controversé entre débauche et corruption.

La basilique actuelle a nécessité tout le 16ème siècle par une douzaine d'architectes successifs. Castel Gondolfo devient pa résidence d'été des papes.

Au 17ème siècle, l'Eglise Baptiste est un autre schisme issue de la réforme protestante et s'est foprtement étendue aux Etats-Unis.

Dès 1741, le "Sacramento Poenitentiae", "Crimen sollicitationis" en 1962 sont l'équivalent de paratonnerres contre toutes attaques du temporel.

Napoléon annexe les États pontificaux et destitue Pie VI et Pie VII jusqu'en 1815. 

En 1849, face à l'envie d'unité italienne, Pie IX s'enfuit à Gaète. La piété et l'intégrité sauvaient provisoirement ce qui restait d'adhésion populaire après le discrédit politique du pape.

En 1865 , le Concile Vatican I sous Pie IX résout le crise d'autorité avec Victor-Emmanuel II et Cavour en définissant le dogme de l'infaillibilité papale.

Le pape Léon XIII devient prisonnier au Vatican. En 1929, les Accords de Latran entre Mussolini et le cardinal Gasparri deviennent une sorte de compromis.

Le 18 mars 1937 (rappelé par le "C'etait il y a" de Kiosque), il lança une Encyclique aux évêques qui dénonçait la politique raciale d'Hitler, le nazisme et la violation du contrat avec le Reich de 1933.0.jpg

En 1939, à l'occasion du dixième anniversaire des accords du LatranPie XI convoqua pour le 11 février tous les évêques d'Italie pour, selon ce que croyaient certains, leur lire un discours dénonçant les persécutions raciales par les nazis et la marche vers la guerre de l'Italie fasciste. Mussolini multipliait les menaces à peine voilées sur l'attitude du pape. Le discours ne fut pas prononcé. La nuit du 10 février le pape mourut, officiellement d'un arrêt cardiaque. Le cardinal Eugène Tisserant, que Pie XI avait fait cardinal en 1936, affirma que le Saint-Père aurait été assassiné à l'instigation de Mussolini. Pie XI, devenu trop encombrant.

Depuis 1880, les archives "secrètes" sont mi-ouvertes aux chercheurs pour parcourir l'histoire de l'origine du Vatican jusqu'au pontificat de Pie XI, c'est-à-dire avant la guerre.

Les archives concernant Pie XII sont attendues par les historiens. Ce que le film 'Amen' de Costa Gavras dénonçait fera, peut-être, d'autres vagues d'indignations en permettant de définir les relations réelles mises en sourdine entre Pie XII et le régime nazi. Les Cardinaux veillent au grain et au compte-gouttes pour que les "affaires marchent".

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En 1989, Mgr Paul Marcinkus  a été exilé pour avoir géré des placements hasardeux avec le banquier Roberto Calvi, retrouvé mort en 1982 lors de la faillite de la Banque Ambrosiano, créée au 19ème siècle pour gérer les dons.

Depuis 2010, le président de l'IOR fait l'objet d'une enquête du parquet de Rome pour violation de la loi contre le blanchiment d'argent.

Début mars, cent documents ont été extraits des archives, des 85 kilomètres de couloirs sous les caves du Vatican. Un document des Templiers, ceux de la famille Borguese, de Michel Ange et des rapports d'Inquisition en font partie.

Le livre récent "La bataille du Vatican" de Christine Pedotti et celui de Bernard Lecomte "Les derniers secrets du Vatican" nous parlent de la période de janvier 1959 à octobre 1965 comme d'une apocalypse. Époque de Jean XXIII, considéré comme un pape de transition, avec les deux K comme maîtres du monde. Les coulisses du Concile ont changé l'Église. "Rerum novarum", "un aggiornamento" qui accouchait de Vatican II sur la liturgie, l'abandon du latin et des allusions antisémites, l'œcuménisme, la réhabilitation des prêtres ouvriers dont l'expérience avait été condamnée par Pie XII en 1954. 

Au programme, la place de la Bible, l'œcumenisme, la contraception, la justice sociale, la liberté religieuse dans une bataille des conservateurs contre la modernité.  Le Concile Vatican II s'achève le 8 décembre 1965. L'année charnière de 1968 est sensible dans le temporel et dans le spirituel.0.jpg

L’Église finit toujours par se mettre à jour avec les idées contemporaines, mais souvent avec effet retard.

Cela n'a pas empêché la controverse et le conservatisme de Mgr Lefebvre, qui organisa le schisme d'avec ces idées liturgiques. L'intégrisme dans toutes les religions sont à mettre au questionnement pour définir une image de "peuple de Dieu" plus proche d'un esprit laïc et collégial.

Le  conservateur, Cardinal Ottaviani, contre les petits jeunes considérés comme "révolutionnaires" dont un certain Joseph Ratzinger, futur Benoit XVI.  

L'infaillibilité du Pape, un leurre pour l'imagination?

On était presque près d'un schisme suite à l'intégrisme, de la gaffe de Ratisbonne qui mettait le feu à l'islam, de l'affaire Alois Estermann avec 3 meurtres dans l'enceinte du Vatican. Le célibat des prêtres, l'ordination des femmes, le divorce, les méthodes contraceptives, l'avortement, la fécondation in vitro, l'homosexualité, l'euthanasie qui pousse à l'acharnement thérapeutique, sont toujours des sujets sensibles.

0.jpgLe budget du Vatican se construit des recettes du tourisme et de la Poste et est en boni Celui du Saint-Siège s'occupe du personnel de 2800 employés, des médias et de la publicité. En déficit renfloué grâce à son patrimoine immobilier et son portefeuille financier hérité des accords du Latran.  

Le Pape qui a eu le règne le plus court de l'histoire, fut Jean-Paul Ier: 33 jours et six heures. Celui qui fut appelé le "pape du sourire", dès son avènement, s’était efforcé d’humaniser la charge pontificale et avait prononcé les mots « tempestas magna est super me » (« une grande tempête est sur moi »). On ne joue pas avec ce genre de phrase ni d'idée même au Vatican. La version officielle attribue sa mort à un infarctus ou une crise d'urémie.

Dans "Au nom de Dieu", David Yallop conclut, au terme d'une longue enquête, que le pape aurait été empoisonné sur ordre du cardinal Villot et de Mgr Paul Marcinkus. On aurait retrouvé dans ses papiers le texte de la destitution de Villot, qui n'attendait que sa signature.

En 1982, le film Meurtre au Vatican de Marcello Aliprandi, reprend l'histoire avec Terence Stamp dans le rôle du pape fictif « Jean Clément Ier », empoisonné à peine quelques jours après son élection.

Les services secrets, et des organisations criminelles comme la Loge P2 ou la mafia, sont également mis en cause par certaines rumeurs.

La tentative d'assassinat de Jean-Paul II est encore dans les mémoires et la Papamobile a permis de prendre ses distances avec la foule. Ce n'est que fin 1996, que contraint, le pape accepte la théorie sur l'évolution. Mais, ce qu'il a surtout fait, c'est s'ouvrir au monde et symboliquement, embrasser le sol lors de ses visites.

0.jpgDernièrement, des fuites incontrôlées dévoilent des tensions au Vatican, voir une lutte de pouvoir. Il était révélé par Marie Doquet dans la catégorie thriller avec un titre de "Conspiration au Saint-Siège".

Au Vatican, le pouvoir du Pape est total mais la gestion reste aux cardinaux.

Est-ce un complot ourdi contre la pape par des accusations de corruption et de malversation?

"Il Fatto Quotidiano" publiait un article allemand que le le pape n'aurait plus que 12 mois à vivre, assassiné en 2012.

Toutes des lettres top-secret, mais parues dans la presse.

Carlo Mario Vigano serait le trouble-fête qui dénonce des contrats octroyés aux mêmes entreprises qui pratiquent des prix élevés non mises en concurrences. Les lois de la concurrence, du pouvoir et de l'argent existent aussi sous les murs du Vatican et font problèmes.0.jpg

La crèche de 2009 sur la place du Vatican aurait, ainsi, coûté 500.000 euros.

La Banque du Vatican, IOR ont été contestés, impliquée dans l'affaire de la Banque Ambrosiano. La Banque, avec ses 5 milliards d'euros, les autorités voudraient la voir catégoriser dans la "white list". 

Muté aux États-Unis par Bertonne, Vigano serait passé à la phase de punition dans l'exil.

Alors, la corruption est-elle dans la normalité comme ailleurs, dans le monde temporel?

Elle y serait généralisée, si l'on en croit ce qui se dit et une nouvelle période de "manu pulite" pourrait commencé.

Le microcosme du Vatican serait-il marqué par des batailles internes dans une guerre intestine de clans avec des cardinaux qui voudraient un pape d'origine italienne?

0.jpgLe pape Benoit XVI est ressenti pour ses idées assez rétrogrades à l'extérieur de l'église tout en acceptant les réformes et réconcilaitions à l'interieur. On lui reproche d'être trop théologien et trop de loin de la gouvernance.

Le symposium sur la pédophile n'efface pas toutes les erreurs du passé.

Il s'évertue à amener plus de transparence dans les affaires de l'église à rendre la banque vaticane plus propre.

Quellle est la différence entre le Vatican et le Saint-Siège?

Le Saint-Siège est l'entité juridique, spirituelle, de droit international et reconnu par 178 sur 192 États membres de l'ONU (manquent Chine, Corée du Nord, Arabie Saoudite, Laos, Vietnam).

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Le Vatican est ce qui reste de temporel à l'Église comme État souverain qui, sur une surface de 44 ha avec un millier d'habitants, a le souverain pontife comme chef d'État, élu à vie et qui dispose des trois pouvoirs. Un drapeau, un hymne, des timbres, de la monnaie et une armée réduite constituée de Gardes suisses. Cette garde rapprochée du pape a été décrétée le 29 novembre 1516 par François Ier, qui à la suite de sa victoire à Marignan, signe une « paix perpétuelle » avec les cantons suisses. Seuls le roi de France et le pape pourront, dès lors, avoir des mercenaires suisses. La solde d'un Garde suisse s'élève à 1300 euros par mois.

Le Saint-Siège compte 2832 salariés. Le pape ne touche rien, mais il jouit de 5 millions d'euros de droits d'auteur. 

"Le Pape est mort, un nouveau pape est appelé à régner. Quel drôle de nom pour un pape"... et puis, même en crise, une fumée blanche et "Habemus papam" qui modernisera l'institution au cours d'un Concile Vatican III. Celui-ci mettrait au referendum le célibat des prêtres, l'ordination des femmes, la contraception, le divorce, les méthodes contraceptives, l'avortement, l'euthanasie et plus de démocratie à l'intérieur...

Benoit XVI, dernier pape européen? 

0.jpgUn entretien entre Peter Siewald et Benoit XVI expliquerait-il mieux dans le livre "Lumière du monde" ce qu'il pense des abus sexuels, de la réforme de l'Eglise, des relation avec le judaïsme, l'islam, l'athéïsme et qui ferait partie d'un Vatican III?  S'il a aperçu les nouveaux problèmes de notre temps, il reste sur ses positions. Ce n'est pas près de se produire vu l'âge avancé de ses décideurs. Une nouvelle révolution de palais entre conservateurs et progressistes? 

En Belgique, il y a un an, en pleine tourmente, c'était le cardinal Ries qui arrivait au sommet de la hiérarchie local en tant que cardinal. Il a 91 ans (Mise à jour 26 février 2013: son décès à 93 ans).L'archevêque Mgr Leonard, remplaçait du Cardinal Daneels, qui était connu pour son conservatisme et il faut bien le dire, son intégrisme. Avec ses idée sur le SIDA « Tout au plus, je verrais cette épidémie une sorte de justice immanente, pas du tout une punition, un peu comme, sur le plan écologique, quand on malmène l'environnement, il finit par nous malmener à son tour. Et quand on malmène l'amour humain, peut-être, finit-il par se venger, sans qu'il faille y faire intervenir une cause transcendante. », on n'est pas encore sorti de l'auberge même si elle n'a rien d'espagnole.

Le cardinal Ries ne pense même pas que le Vatican pourrait sanctionner Roger Van Gheluwe malgré les scandales de pédophilie.

Le prêtre théologien, Gabriel Ringlet encourageant les valeurs de la 0.jpglaïcité en Belgique pour mieux être en connexion avec le message du Christ en accord avec les dogmes, jamais, il n'a été contesté dans son rôle de prêtre sur les questions de Foi.

Alors, arrivent les humoristes et les sketches humoristiques de François Pirette ou celui de Coluche qui prouvent, au moins, qu'être Pape n'en reste pas moins "être homme", avec ses qualités et ses défauts. Si le but ultime est d'être canonisé ou  béatifié, comme cela l'a été demandé pour Jean-Paul II, vu son parcours long à la tête de l'Eglise, autant que l'on se souvienne d'eux pour les devoirs de suivre les progrès et les courants de pensée des ouailles.

Des écrivains, comme Dan Brown, ont encore un puits sans fond d’inspirations avec les sujets qui tournent autour du Vatican. Le "Da Vinci code" n'était qu'un apéritif.0.jpg

Après le livre et le film "Anges ou Démons", c'était aller un cran plus loin dans le sens de la réalité externe au Vatican. Il y était question de complot fictif des Illuminati, mais l'Opus Dei, elle, est bien réelle et vivante.

Le préambule du livre de Joseph Ratzinger "Dogme et annonce" dit: "La tension intérieure à la prédication dépend de la tension objective qui existe entre Dogme, Ecriture, Eglise et Aujourd'hui. On ne peut pas enlever l'un de ces piliers sans qu'en définitive, tout s'écroule".  

Un Urbi et orbi, alors, mais toujours avec l'hymne national du Vatican.

 

L'enfoiré,


Vidéos : Le monde secret du Vatican (1), (2)


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(la vision baptiste)

Mise à jour Novembre 2012: Le livre "Le Vatican indiscret" de Caroline Pigozzi

Noël 2012: La Syrie, le Liberia et le reste...

11 février 2013: coup de théatre: la  démission du Pape. Contestée surtout en Allemagne qui a perdu son Pape et qui en plus espérait par son intermédiaire obtenir des réformes qui libéraliseraient la vie sociale et la morale sexuelle. Il a rompu la chaîne de la tradition "ce Ratzinger".

Le 12 mars 2013, entrée en conclave.

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Retour sur les images du passé:

Les premières images datent de 1878.

Lors de l'élection de Léon XIII, le Pape du "Rerum novarum".

En 1914, Benoit XV va tenter de jouer le médiateur pendant la 1ère guerre mondiale.

En 1922, premier conclave.

En 1939, Pie XII crée la polémique avec le problème de la Shoa.

En 1938, Jean XXIII, le Pape du Concile Vatican 2, a été élu après 11 tours.

En 1963, c'est le tour de Paul VI avec le Renouveau charismatique.

1978, Jean Paul II devient la Super Star pendant 26 ans de règne, béatifié par son successeur, Benoit XVI. 

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Citations:

  • « Le pape est l'avocat de dieu. Dommage que son client soit mort. », Francis Picabia
  • « Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds. », Voltaire
  • « La preuve que le pape ne connait rien à l'utilisation du préservatif, c'est qu'il l'a mis à l'index. », André Santini 

26/01/2012

Très chère austérité

Parfois, voire souvent, les économies se redressent après une réduction drastiques des déficits. Oui, mais encore.. quels sont ces déficits et d'où viennent-ils? En augmentant les bénéfices ou en diminuant les pertes. Mais c'est bien sûr. Mais encore....

0.jpgJe parlais de courbes rentrantes dans l'article précédent.

J'ai laissé la courbe rentrante la plus "subtile" pour cette fois: le niveau de vie en occident en berne.

On va à gauche, on va à droite, mais dans un tunnel, il faut toujours finir par aller tout droit vers une lumière qu'on aperçoit tout au fond. En économie, c'est la même chose.

Là, on parle de réduire les déficits quand ils se sont creusés au point de se retrouver sur la chape. On ne peut avoir et avoir eu avec le même "argent" (mot à utilisé entre guillemets). Il faut créer du neuf. Imaginer. Inventer. Consolider ses inventions.

Un peu de sémantique sur les mots utilisés s'impose.

Wiki dit du mot déficit (issu du latin : deficit, «il manque») est au sens primitif "le mot qui dans les inventaires est mentionné en regard des articles manquants" . À partir du 18ème siècle, il prend le sens financier d'un déséquilibre entre recettes et dépenses. Puis, par extension, le terme est repris dans le langage courant pour désigner l'insuffisance, le manque. En l'appliquant au domaine de la politique, on parle de "déficit démocratique".

En effet, tout finit par retourner à la politique.

Quant à la finance, cela se passe par deux techniques complémentaires ou préférentielles: réduire les coûts, les pertes et augmenter les rentrées pour engranger du bénéfice et pouvoir aller de l'avant dans un nouveau cycle. Premier axiome de l'économie.

Dans ce but, il y a la croissance, le statu quo et la décroissance. Qui n'est en fait qu'un thermomètre. Mais un thermomètre avec quelle base? Celsius, Fahrenheit, Kelvin? Où est le zéro? Il faut mettre un terme au mètre quand le mètre ne mesure plus rien. C'est une question qui me retourne à la science et à l'histoire.

- La croissance est-elle soluble dans l'austérité? 0.jpg

- Soluble? Tout dépend, s'il y a du vent (=des projets, des idées), si la mer (=l'inflation) n'est pas trop forte, quoique... Il faut comprendre comment cela marche, dit quelqu'un. Mais je vais vous le dire, dirait-il avec un roulement des épaules. L'argent n'est pas là où il faudrait. Il faudrait remettre les compteurs à zéro. Et il vous répondrait, peut-être, "je n'ai pas compris votre question"...

- L'austérité va-t-elle permettre le retour à la croissance et le chemin vers la prospérité et dans combien de temps?

- Un certain temps, comme le fût du canon pour se refroidir (sourires). Tout dépend de l'épaisseur du couvercle du canon qui retient le boulet, probablement.

- Et de l'énergie de la poudre, aussi, peut-être? (rires) Rappelons la sémantique, elle qui est importante pour ce qui va suivre.

La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée.

La prospérité est une période de croissance économique où la bonne qualité de vie de l'ensemble de la population de la région géographique est qualifiée de prospère. Elle est le résultat d'un faible taux de chômage, d'une économie florissante, d'une stabilité politique, d'une qualité de soins de santé disponible et d'une appréciation générale des individus de leur condition.

- Il est dit que beaucoup de pays d’Europe ont choisi de prendre des mesures d’austérité pour résoudre la crise. Mais la baisse de la demande consécutive à ces politiques ne risque-t-elle pas de produire une récession d’ampleur internationale ?

Rappel: La récession est un phénomène de ralentissement du rythme de la croissance économique. Lors d'une récession, la croissance devient inférieure à la croissance potentielle et l'écart de production augmente; le phénomène inverse est une expansion. La dépression est la chute importante et durable de l'activité.

- A l'austérité, les États-Unis ont préféré, jusqu'ici, la version inverse celle de la planche à billets. L'augmentation des disponibilités. Préfèreraient-ils plomber une peu plus le déficit que de ralentir la consommation?

- C’est aussi le dilemme que se posait Robert J. Shiller, professeur d’économie à l’Université de Yale, dans Project Syndicate. Je le cite:

"Il rappelle qu’un économiste d’Harvard, Alberto Alesina a récemment apporté des preuves qui tendraient à infirmer cette crainte, et qui indiqueraient que dans certains cas, les économies connaissent un regain de croissance après une réduction drastique du déficit. Parfois, le programme d’austérité redonne assez de confiance pour relancer l’économie.0.jpg

Des experts du FMI, Jaime Guajardo, Daniel Leigh, et Andrea Pescatori, ont récemment étudié les plans d’austérité de 17 pays sur les 30 dernières années. Mais au lieu d’étudier uniquement les évolutions des déficits, ils se sont attachés à rapprocher les décisions des gouvernements en sélectionnant uniquement celles qui étaient de véritables mesures d’austérité (réductions des dépenses publiques ou augmentations de impôts) destinées à avoir des effets de long-terme, et se sont basés sur les indications chiffrées que ces gouvernements avaient fournies. Leur conclusion, c’est que les politiques d’austérité aboutissaient à une baisse des dépenses de consommation, et affaiblissaient l’économie. Cependant, Valerie Ramey, une économiste de l’université de Californie à San Diego, leur oppose cette possibilité que ce qui semble être une conséquence puisse être en fait la cause, et que les gouvernements pourraient lancer des politiques d’austérité parce qu’ils jugent que la situation économique est en train de se dégrader, ce qui va compliquer le financement ultérieur des dépenses de l’Etat. A ce moment-là, pour l’observateur inexpérimenté, il pourrait sembler que les mesures d’austérité ont engendré une crise économique. Le problème de toutes ces analyses économiques, c’est qu’on ne peut pas constituer différents groupes de tests pour isoler et mesurer des effets sur la dette nationale, comme les médecins peuvent le faire lorsqu’ils testent de nouveaux traitements. Pour Shiller, il faut donc abandonner la théorie et se référer aux expériences empiriques, à l’histoire. Et ce que Guajardo et ses collègues ont montré, c’est qu’historiquement, les réformes qui visaient à réduire les dépenses de l’Etat et à augmenter les impôts ont été suivies par des ralentissements économiques. De ce point de vue, « les politiques ne peuvent pas se permettre d’attendre des décennies pour que les économistes trouvent une réponse définitive, qui pourrait bien ne jamais venir. Mais, à en juger par les indications que nous avons, les programmes d’austérité en Europe et ailleurs apparaissent susceptibles d’apporter des résultats décevants », conclut-il.

-Que conclure, d'ailleurs, si ce n'est par ce qui est observé de visu dans la vie de tous les jours.

0.jpgDans l'histoire, il y a la "Fable des abeilles" de Bernard Mandeville qui montrerait que l'austérité est une vertu dangereuse et que cela ne date pas d'hier.

Wikipedia dit encore que la Fable des abeilles, qu'elle développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l'égoïsme. Il avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.

Son premier extrait, la "Ruche prospère" fait l'éloge
de la monarchie parlementaire comme condition politique de la prospérité de la ruche, l'apologie du luxe pour l'élite comme moteur de l'économie, le thème des dissonances (les vices) nécessaires qui concourent à l'harmonie de l'ensemble.

Dans le second extrait, on voit se mettre en place, à contrario, les conditions du déclin de la prospérité : croyant redevenir vertueux les habitants de la ruche veulent rétablir l'honnêteté dans le commerce.

Dans le troisième extrait, nous assistons au déclin du système, lui-même.

Tirer la leçon serait:

  • que la réalité et l'expérience nous administrent...
  • que le vice est aussi nécessaire à l’État, que la faim l'est pour le faire manger...
  • que les passions ne sont ni bonnes ou mauvaises....
  • que le bien et le mal sont relatifs...
  • que l'important est d'orienter ces forces, ressorts de nos comportements, pour le mieux-être de tous.

(la fable est disponible après cet article)0.jpg

- Thèses semi-libérales ou semi-sociales entre causes et effets?

- Tout se mêle pour la mettre à exécution le programme de cette austérité à l'européenne. Cette semaine, le Vif L'Express avait un dossier complet qui donnait "Nos astuces pour vaincre la crise". La semaine suivante "Auto. Comment réduire la facture". Réduire la consommation du pétrole, d'accord, mais....

- En dehors de la période de crise que nous vivons, qui parlerait de tout cela?

- Personne. C'est un peu cela le problème général. La crise impacte tout le monde mais pas de la même manière.

La radio RTBF parlait de l'austérité en disant que c'était un cercle vicieux.  Elle réservait des émissions sur le sujet tout au long des deux premiers jours de la semaine. On commençait par analyser comment la population réagit à la crise et à l'austérité.

0.jpgEn bas, où on a déjà cherché tous les moyens pour payer moins.

Au milieu, une crainte de ne plus pouvoir assumer dans le futur et une baisse ou une substitution de consommation et l'inquiétude devient générale.

Le taux d'épargne va encore augmenter cette année à plus de 17%. Le Belge est 18% plus riche qu'il y a dix ans. Il n'ose plus dépenser... le "pauvre".

En haut, thésauriser, épargner un peu plus et réduire d'autant la consommation.

On place l'argent avec seulement un peu plus de prudence qu'avant, ou alors ce sont les comptes qui prennent de l'embonpoint.

La parité entre dollar et euro au désavantage de ce dernier a ajouté une couche supplémentaire à l'augmentation des prix du pétrole, payé en dollars.

- L'austérité dans la pratique, cela passerait par le logement, l'énergie, les assurances, les vêtements, l’alimentation,...

- Par tellement de choses. Dans le budget des ménages, certaines dépenses ont, en quelques années, changé d'importance. La nourriture a été dégradée à la quatrième place dans l'échelle des valeurs, tandis que tout ce qui tourne aux communications, voyages se retrouvent en deuxième. Si elle est choisie moins, ce n'est pas nécessairement moins bon de manière nutritive, disent les organismes de contrôle, mais....

0.jpg- Tout s’enchaîne merveilleusement bien, semble-t-il pour consommer malin en fonction de cette réorganisation.

- En effet. On devient plus regardant sur les achats en général tout en comparant les prix via Internet. S'ajoute les reports des achats à toujours plus tard en attente de promotions, les achats groupés (via wikipower par ex), la chasse aux gaspillages et, miraculeusement, les magasins suivent leurs prospects à la trace. Ils ne vendent plus en petites quantités. Comment les promotions sont réalisées n'intéressent pas les consommateurs. On achète en commun.

- Ce qui est petit devient gentil dans l'espace logement.

- Au besoin, on vit en commun, on partage la même chambre dans un kot qui devient, de fait, un petit logement à haut rendement. On va bientôt partager le même lit et ce qu'on y fera ensemble... enfin, c'est déjà mieux que de faire la guerre (sourire)

- Epargner les déplacements, aussi?

- Sur la route, on roule moins cher, on partage la bagnole grâce au covoiturage. C'est covoiturage.be , carpol.be , carzoo.be , djengo.net... qui prennent le relais de taxistop.be et kidpooling.be qui ne parviennent, peut être plus, à suivre. Achetez des voitures mais laissez-les au garage. Voilà le mot d'ordre.

0.jpg

- L'alimentation, on mange moins cher?

- On l'achète en commun pour obtenir de meilleurs prix du distributeurs via un accord tacite avec un intermédiaire. Vous ne connaissez pas les sites de d'achats groupés et qui cassent les prix comme "groupon"? Qu'est-ce que vous mangez, ce soir? Ben, la même chose que vous....

- Les soins médicaux?

- On diminue le nombre des visites chez le médecin, chez le dentiste, bien entendu.

- Et la culture dans tout ça?

- Elle ne passe plus que par le gratuit. La connexion Internet est payé et prêt à se faire engluer dans les messages publicitaires. Les CD, les journaux sont de plus en plus aux abonnés absents. La propagande s'infiltre par les mêmes canaux. Vous vous y perdrez à chercher la vérité.

Megaupload est un empire très rentable (175 millions de $ depuis 2005...) mais reste assez nébuleux dans la voie de la piraterie. Mégaupload a été classé dans les hors la loi aux États-Unis. Pourquoi? Est-ce à cause du fait qu'ils voulaient devenir le nouvel iTunes?  Parce que la dîme n'était pas passée dans les caisses de l'État mais dans la poche de ceux qui faisaient intelligemment payer par la pub et par les contrats pris par les citoyens? Qui sait. Mais rien n'est gratuit en ce bas monde, même si cela peut le paraitre.

0.jpgSarkozy applaudissait. Je ne vais pas vous faire l'affront de vous demander pourquoi.

Nellie Kroos s'étranglait, outrée. Plus difficile à comprendre? Peut-être était-elle dans le lot des pirates qui construisaient leurs bibliothèques de musiques à bon marché.

Anonymous attaquait en bloquant ce qui pouvait l'être. 

En définitive, Anonymous supporterait-il les faibles ou les puissants? Ce n'est plus tout à fait clair.

- Et, avec l'argent quand il en reste?

- Même, là. On cherche le dernier picaillon. Les coffres-forts se sont vidés (30.400 rien qu'en décembre) à cause de la nouvelle taxe de conversion des titres au porteur. L'argent et les titres dématérialisés sont désormais ailleurs sur des comptes bancaires.0.jpg

- Il n'y a manifestement plus de petites économies, le processus est enclenché partout.

- Peut-être, Mais le remède de cheval donne un résultat qui se voit dans les grandes surfaces. Bien moins de monde aux caisses, personne à la charcuterie où d'habitude, il y a des files. Des trous dans les rayons. Ils ne se réapprovisionnent plus à la même allure de croisière. Tiens, j'ai connu ailleurs à une autre époque pendant laquelle on payait avec des tickets de rationnement....
Cela se ressent aussi chez les travailleurs. On est un peu plus court dans la réponse aux questions des clients. On perd l'habitude et c'est long une journée sans clients.

- On se retrouverait, en finale, dans un climat de fin du monde?

- La récession, c'est ça. Ce n'est pas encore la dépression quand on ne dépense plus rien, quand tout s'arrête, mais cela y ressemble.
0.jpgL’Etat passe aussi, aux économies. On fait nettoyer les fenêtres des bâtiments par des vitriers spécialisés, à l'extérieur. Mais, à l'intérieur, il est de bon ton de le faire soi-même.
Les plus riches se doivent de montrer l'exemple, non?

- Face à la crise, les cadeaux futiles deviennent utiles mais, bien loin du week-end gastronomique ou du massage relaxant dans une ambiance chic et feutrée...

- Il y a les ©Crisebox, ces coffrets cadeaux qui donnent un petit coup de pouce au quotidien difficile aux plus modestes.

Il y a le bénévolat qui vient au secours de notre austérité chronique. Quand il n'y pas plus rien à perdre ou à gagner, une bonne action ou un moyen d'utiliser son propre temps utilement est toujours bienvenu. Une occasion de communiquer sa gêne?

En recevoir ou pas? Tout est dans cette question.0.jpg

- Et les économistes quand ils sont questionnés du comment y remédier et recréer de la consommation que proposent-ils?

-Les réponses sont subtiles du côté des optimistes:

  • "Annoncer une hausse de la TVA pour que les gens se précipitent pour consommer" (Etienne de Callataÿ)
  • "Donner des consignes aux fonctionnaires pour faire avancer les dossiers d'investissements" (Y. Vanden Cloot)
  • Le pessimiste, Paul de Grauwe, qui dit que "On ne peut rien faire dans un contexte politique pervers".

- La sarkosienne "travailler plus pour gagner plus" (sourires)?

- Une connerie de plus si on n'y prend garde. Le travail forcé n'est plus un travail, c'est de l'esclavage

- La route de l'austérité, une route sans fin, sans avenir?

- Quelle route? Plus possible, on est à l'arrêt. Il y a des nids de poules sur les routes. Plus de motivations. Plus rien ne bouge qu'ensemble. On attend que l'autre bouge. La quantité a remplacé la qualité. Elle nivelle par le bas. L'âge du hard discount dans lequel on élimine tous les concurrents, les récalcitrants qui continuent à penser que la qualité a encore une valeur.

0.jpg-Le citoyen semble avoir gardé les moyens de communiquer par l'habitude.

- Sauvé in extrémis comme les amis de mes amis sont tous devenus des amis sur Facebook. Quand la ligne ADSL est coupée, il y a encore le GSM, le Smartphone pour s'informer de comment font les autres pour s'en sortir à condition que la télé qui est dans le package tiennent encore l'image en mouvement. C'est tellement "smart". En résumé, mixe-t-on tout dans la même soupe?

- En plus, cette soupe est observée de haut. Voilà que le FMI, en la personne de Christine Lagarde, s'adresse à la zone euro pour dire "Modérez vos plans de rigueur".

Le FMI à la zone euro: 'modérez vos plans de rigueur'

Serait-ce une réédition de l'arroseur arosé? D'où sommes-nous partis pour en arriver là?

- Il y a le départ, la corde la plus sensible. Celui des crises de 2008-11 avec des gains faciles comme le film "Margin Call" le dénonce. Etrange qu'il n'y ait pas eu une série de films produits en Amérique sur le sujet, plus tôt.

- Dans "Nous sommes tous responsables", il y avait une phrase qui disait: "Ne sentez-vous pas que la corde va se casser?". Est-ce cela qui fait le complément?

- Oui, bien sûr. Une autre corde, aussi, flanchait: "la compétition tout azimut entre les partenaires européens sans vision commune. Ce qui mène au chacun pour soi, au donnant-donnant sinon rien. "I want my money back" disait Margareth. La solidarité n'était qu'apparente. Peut-être qu'arrivé à avoir tout dans le pot commun, allons-nous changer d'optique, après que les cordes, une fois détendues, rétrécies et puis cassées, ce sera le moment de créer d'autres cordes.

- Que pensez-vous de la règle d'or?

- Cela dépend du nombre de caras de l'or.

0.jpg

- Espérons que l'on remonte jusqu'au  niveau des responsabilités. En Allemagne?

- Peut-être. En attendant, faites vos jeux, rien ne va plus. Impair passe et manque. Quand à vos vœux, jusqu'à nouvel ordre, on n'en a plus rien cirer. Par ici, ils ont choisi pour nous. C'est, désormais, l'option par défaut, se serrer la ceinture jusqu'au point final. "Rigueur", un mot qui fait peur. Lisez l'édito d'Anne Blampain en fin de notre conversation. Elle parle de l'Europe et de la Grèce. Remplacer le mot "Grèce" par n'importe quel autre pays et vous comprendrez jusqu'où aller trop loin. Mais, les 'cigafours" fourbissent leurs armes.

Sur le Pacte de Stabilité Budgétaire (tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau traité... Traduction de l'article du Corporate Europe Observatory, «Automatic austerity».

0.jpg"Histoire d'éviter la moindre idée de gauche dans cette Europe de droite et extrême droite, on légifère des textes qui rendent une politique de gauche impossible  (aux usa ça s'est fait par de la propagande pour incultes dans les domaines politique, historique, sociologique....En Europe on est obligés de la jouer autrement par le biais de la législation, on n'est pas encore assez incultes pour faire autrement. ajoutait  Sun Tsu

Elle est vraiment très chère cette austérité. Elle sert juste un peu trop fort aux entournures.


L'enfoiré,



,

  Citations:

  • « L'austérité vise par certaines mesures à avancer l'âge de la mort. », Georges Marchais
  • « L'austérité n'est acceptable qu'étayée par l'ambition. », Madeleine Ferron

 -----------------------------------Annexes--------------------------------------------------

La fable des abeilles0.jpg

LA RUCHE PROSPÈRE
Une vaste ruche bien fournie d'abeilles,
Qui vivait dans le confort et le luxe,
Et qui pourtant était aussi illustre pour ses armes et ses lois,
Que pour ses grands essaims tôt venus,
Etait aux yeux de tous la mère la plus féconde
Des sciences et de l'industrie.
Jamais abeilles ne furent mieux gouvernées,
Plus inconstantes, ou moins satisfaites.
Elles n'étaient pas asservies à la tyrannie
Ni conduites par la versatile démocratie,
Mais par des rois, qui ne pouvaient mal faire, car
Leur pouvoir était limité par des lois.
[...]
On se pressait en foule dans la ruche féconde,
Mais ces foules faisaient sa prospérité.
Des millions en effet s'appliquaient à subvenir
Mutuellement à leurs convoitises et à leurs vanités,
Tandis que d'autres millions étaient occupés
A détruire leur ouvrage.
Ils approvisionnaient la moitié de l'univers,
Mais avaient plus de travail qu'ils n'avaient d'ouvriers.
Quelques-uns avec de grands fonds et très peu de peines,
Trouvaient facilement des affaires fort profitables,
Et d'autres étaient condamnés à la faux et à la bêche,
Et à tous ces métiers pénibles et laborieux,
Ou jour après jour s'échinent volontairement des misérables,
Epuisant leur force et leur santé pour avoir de quoi manger.
Tandis que d'autres s'adonnaient à des carrières


0.jpgLes grandes figures du monde moderne
Où on met rarement ses enfants en apprentissage,
Où il ne faut pas d'autres fonds que de l'effronterie,
Et où on peut s'établir sans un sou,
Comme aigrefin, pique-assiette, proxénète, joueur,
Voleur à la tire, faux-monnayeur, charlatan, devin,
Et tous ceux qui, ennemis
Du simple travail, se débrouillent
Pour détourner à leur profit le labeur
De leur prochain, brave homme sans défiance.
On appelait ceux-là des coquins, mais au nom près
Les gens graves et industrieux étaient tout pareils ;
Dans tous les métiers et toutes les conditions il y avait de la fourberie,
Nul Etat n'était dénué d'imposture.
[...]
C'est ainsi que, chaque partie étant pleine de vice,
Le tout était cependant un paradis.
Cajolées dans la paix, et craintes dans la guerre,
Objets de l'estime des étrangers,
Prodigues de leur richesse et de leur vie,
Leur force était égale à toutes les autres ruches.
Voilà quels étaient les bonheurs de cet Etat ;
Leurs crimes conspiraient à leur grandeur,
Et la vertu, à qui la politique
Avait enseigné mille ruses habiles,
Nouait, grâce à leur heureuse influence,
Amitié avec le vice. Et toujours depuis lors
Les plus grandes canailles de toute la multitude
Ont contribué au bien commun.
Voici quel était l'art de l'état, qui savait conserver
Un tout dont chaque partie se plaignait.
C'est ce qui, comme l'harmonie en musique,
Faisait dans l'ensemble s'accorder les dissonances.
Des parties diamétralement opposées
Se prêtent assistance mutuelle, comme par dépit,
Et la tempérance et la sobriété
Servent la gourmandise et l'ivrognerie.
La source de tous les maux, la cupidité,
Ce vice méchant, funeste, réprouvé,
Était asservi à la prodigalité,
Ce noble péché, tandis que le luxe
Donnait du travail à un million de pauvre gens,
Et l'odieux orgueil à un million d'autres.
L'envie elle-même, et la vanité,
Étaient serviteurs de l'application industrieuse ;
Leur folie favorite, l'inconstance
Dans les mets, les meubles et le vêtement,
Ce vice bizarre et ridicule, devenait
Le moteur même du commerce.

 

NOUS VOULONS DE L’HONNÊTETÉ
Il ne se commettait pas la moindre erreur,
La moindre entorse au bien public,
Que tous ces pendards ne s'écrient effrontément :
"Grands dieux ! Si seulement nous avions de l'honnêteté! "
Mercure souriait de cette impudence,
Et d'autres trouvaient absurde
D'invectiver sans cesse contre ce qu'ils aimaient tant.
Mais Jupiter transport. d'indignation,
Finit par jurer dans sa colère " Qu'il débarrasserait
Cette ruche braillarde de la malhonnêteté ".
C'est ce qu'il fit. A l'instant même celle-ci disparaît
Et l’honnêteté emplit leur cœur
Là elle leur montre, tel l'arbre de la connaissance,
Des crimes qu'ils ont honte d'apercevoir,
Et que désormais en silence ils avouent
En rougissant de leur laideur,
Comme des enfants qui voudraient bien cacher leurs fautes,
Mais qui par la couleur de leurs joues découvrent leurs pensées,
S'imaginant, quand on les regarde,
Qu'on voit tout ce qu'ils ont fait.

 

LE DÉCLIN0.jpg
Mais, ô dieux ! Quelle consternation,
Quel immense et soudain changement !
En une demie-heure, dans toute la nation,
Le prix de la viande baissa d'un sou par livre.
L'hypocrisie a jeté le masque
Depuis le grand homme d’État jusqu'au rustre
[-]
Regardez maintenant cette ruche glorieuse, et voyez
Comment l'honnêteté et le commerce s'accordent.
La splendeur en a disparu, elle dépérit à toute allure,
Et prend un tout autre visage.
Car ce n'est pas seulement qu'ils sont partis,
Ceux qui chaque année dépensaient de vastes sommes,
Mais les multitudes qui vivaient d'eux
Ont été jour après jour forcées d'en faire autant.
[-]
A mesure que l'orgueil et le luxe décroissent,
Graduellement ils quittent aussi les mers.
Ce ne sont plus les négociants, mais les compagnies
Qui suppriment des manufactures entières.
Les arts et le savoir-faire sont négligés.
Le contentement, ruine de l'industrie,
Les remplit d'admiration pour l'abondance de biens tout simples
Sans en chercher ou en désirer davantage.
Il reste si peu de monde dans la vaste ruche,
Qu'ils ne peuvent en défendre la centième partie
Contre les assauts de leurs nombreux ennemis.
Ils leur résistent vaillamment,
Puis enfin trouvent une retraite bien défendue,
Et là se font tuer ou tiennent bon.
Il n'y a pas de mercenaire dans leur armée,
Ils se battent bravement pour défendre leur bien ;
Leur courage et leur intégrité
Furent enfin couronnés par la victoire.
Ils triomphèrent non sans pertes,
Car des milliers d'insectes avaient été tués.
Endurcis par les fatigues et les épreuves,
Le confort même leur parut un vice,
Ce qui fit tant de bien . leur sobriété
Que, pour éviter les excès,
Ils se jetèrent dans le creux d'un arbre,
Pourvus de ces biens : le contentement et l'honnêteté.

0.jpgMORALE
Cessez donc de vous plaindre : seuls les fous veulent
Rendre honnête une grande ruche.
Jouir des commodités du monde,
Etre illustres à la guerre, mais vivre dans le confort
Sans de grands vices, c'est une vaine
Utopie, installée dans la cervelle.
Il faut qu'existent la malhonnêteté, le luxe et l'orgueil,
Si nous voulons en retirer le fruit.
La faim est une affreuse incommodité, assurément,
Mais y a-t-il sans elle digestion ou bonne santé ?
Est-ce que le vin ne nous est pas donné
Par la vilaine vigne, sèche et tordue ?
Quand on la laissait pousser sans s'occuper d'elle,
Elle étouffait les autres plantes et s'emportait en bois ;
Mais elle nous a prodigué son noble fruit,
Dès que ses sarments ont été attachés et taillés.
Ainsi on constate que le vice est bénéfique,
Quand il est émondé et restreint par la justice ;
Oui, si un peuple veut être grand,
Le vice est aussi nécessaire à l’État,
Que la faim l'est pour le faire manger.
La vertu seule ne peut faire vivre les nations
Dans la magnificence ; ceux qui veulent revoir
Un âge d'or, doivent être aussi disposés
A se nourrir de glands, qu'à vivre honnêtes.


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Edito européen d'Anne Blanpain du 26 janvier

Un appel aux Grecs ce matin? 0.jpg

Bon les Grecs, il est temps de vous secouer un peu. C'est vrai, quoi, on vous demande depuis 2 ans de faire un petit effort, de ne plus toucher de pension, de réduire votre salaire, de payer des impôts, de perdre votre boulot, de payer plus cher tout ce que vous achetez et tous ces bons conseils, vous n'êtes même pas fichus de les appliquer correctement. Vous traînez, vous discutaillez. On vous demande de négocier avec les banques une diminution de votre gigantesque dette et vous n'êtes pas capables de négocier correctement un bon taux d'intérêt. Bien sûr, on aurait pu la jouer plus finement; ne pas donner un tel pouvoir aux créanciers privés en claironnant partout que sans cet accord avec eux, il n'y aurait plus d'aide européenne. Bien sûr, on aurait pû vous aider un peu en ne vous menaçant pas des pires représailles si vous osiez commencer à imaginer un début de défaut de payement. Pour le dire clairement, pas question que votre premier ministre dise "Ecoutez ça ne va plus, je vais rembourser à mon rythme et comme je peux". Pas question parce que dans la zone euro, Monsieur, on rembourse ses dettes. Donc vous devez négocier avec un secteur privé qui sait que vous ne pouvez pas claquer la porte sous peine de ne plus avoir d'aide européenne et vous ne pouvez pas les envoyer balader parce qu'on vous a demandé de rester poli avec eux quoi qu'il arrive. Et s'il fallait encore un signe que vous vous complaisez dans la crise, vous refusez de privatiser, de vendre vos bijoux de famille. Bien sûr vendre maintenant sous la pression des entreprises qui ne sont pas en très bon état, c'est mal vendre, c'est vendre à perte mais tant pis, vous devez en tirer 50 milliards d'euros. Et ce n'est pas une excuse de dire que peut être ça n'intéresse pas grand'monde, des entreprises installées dans un pays dont l'économie ne tourne plus, dont les citoyens ne peuvent plus consommer. Ca fait du bien aux Européens de vous envoyer ce genre de phrases à la figure, ça défoule mais franchement les européens ils semblent ne plus y croire vraiment. Les coups de bâton tout seuls, ça ne marche pas. Les Grecs n'ont jamais vraiment collecté l'impôt, c'est scandaleux, idiot, suicidaire, d'accord mais changer le système prend du temps et imposer des citoyens qui ont perdu 40% de leur salaire, ne risque pas de rapporter grand-chose dans les caisses de l'état grec. Tout le monde a de bonnes idées pour sortir la Grèce de l'ornière, faire payer les banques, non les citoyens, non les riches, l'armée, l'église, les Grecs de l'étranger, la Chine, la Russie, tout le monde ensemble. Mais rien ne marche. Et si la Grèce est celle dont on parle le plus, le Portugal est sur la même pente que la Grèce. Lundi prochain, les dirigeants européens vont nous parler de croissance et d'emploi, on leur souhaite d'être aussi tenaces et fermes que lorsqu'ils nous parlent d'austérité et de rigueur.0.jpg

 

0.jpgMise à jour 4/6/2012 Le caricaturiste Vadot cherchait à afficher le nom du suivant sur un des arbres pris par la tempête. Après Chypre... la Slovénie.

La Slovénie, l'ex-bon élève qui manie l'euro depuis 5 ans. Maladie chronique diagnostiquée comme pour les autres par un secteur bancaire déficitaire, non performant qui a besoin d'une recapitalisation, par une fièvre immobilière et qui aurait besoin d'une cure d'austérité.

De l'autre côté de l'Atlantique, Barak Obama aimerait bien pour des raisons électorales réduire le déficit à 5,5% du PIB. Le FMI lui suggère d'au contraire de se contenter d'un déficit de 6,25%. Changement d'optique et de perspectives. 

 

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Mise à jour 03/09/2012:

 

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12/01/2012

Fusion ou scission dans la gestion humaine

Pourquoi se marier et ensuite s'apercevoir qu'il vaudrait mieux divorcer? La réponse est presque bancale au niveau d'une famille. Au niveau politique d'un État, d'une entreprise commerciale, ce n'est pas aussi clair. Il y a l'histoire des empires (1) (2), mais, aujourd'hui, au niveau de la gestion publique et privée, qu'en est-il?

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La vie en famille est préconisée par les religions et par les États. Normal, si ce n'était pas nécessairement plus rentable financièrement pour ses membres.

D'où, de plus en plus de concubinages. Vivre ensemble sans cumul des revenus des époux. Meilleur fiscalement parlant, moins coûteux en cas de divorce. L'église chrétienne, malgré son opposition, ne peut contrer cette tendance. Les lois de la charria et le mariage résistent par la criminalisation de l'adultère.

Pour des raisons spécifiques, chaque entité tente l'expérience de vivre ensemble dans un même environnement, jusqu'à arriver à un point "critique".

Fusionner pour un État, c'est se donner plus d'espace, répondre à une augmentation de sa population, étendre sa culture, son pouvoir et augmenter ainsi son influence. Une histoire de David contre Goliath.

Pour une société privée, le but est plus financier. Augmenter les bénéfices, lisser les pertes, étendre son pouvoir de vendre sa production et ne pas se faire manger par un compétiteur éventuel. Pour y arriver, c'est supprimer les redondances de postes, rationaliser les coûts par l'économie d'échelle.  Le film Mille milliards de dollars est l'exemple type de cette manière de raisonner.

Dans les faits, chaque entité arrive-t-elle à ses fins?0.jpg

L'histoire n'explique pas tout. Les politiques utilisent les anniversaires comme preuve de leur bonne foi. Le récent 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne D'Arc n'est qu'un exemple de la survivance d'un patriotisme. Pourtant les temps changent et on oublie de les réajuster en fonction des conjonctures. Pas confondre, la France d'alors, n'était pas celle d'aujourd'hui.

Au sommet des entreprises privées, c'est la fusion qui est généralement préconisée. Fusionner différentes cultures nécessite du temps pour passer le cap de la compréhension globale.

Travailler en équipe, avoir des collègues qui doivent collaborer dans le même but, n'est souvent qu'une apparence surtout quand les antécédents ont été longs et que les habitudes en "séparés" se sont incrustées dans les mémoires. 

De plus, les "nouveaux associés" sont souvent des "anciens compétiteurs". 

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On importe d'autres "cultures" sans préparation pour accommoder la nouvelle structure.

A y regarder de plus près, c'est plutôt le travail en "stand alone" qui est inculqué depuis l'école. On ne passe pas son examen de passage en équipe. C'est la compétition tout azimut qui s'est installée au travers de soi et mène "naturellement" au chacun pour soi. La solidarité n'est qu'apparente et poussée par les intermédiaires du management qui eux voient un avantage financier personnel dans l'opération de fusion.

Personne n'est le clone d'un autre. Le haut degré de complexité a poussé à créer des experts en tout. Encore faut-il que cela soit complémentaire.

Le pluralisme d'idées, une richesse mais aussi un "grand défi" qui ne trouvera son échappatoire qu'avec l'effort de chacun.

Dans les entreprises commerciales, deux fois sur trois, réunir deux entreprises par fusion ou par acquisition reste un faux tremplin et révèlent, après coup, des échecs retentissants ou sans valeur ajoutée.

0.jpgL'envie de créer de nouveaux produits, de toucher de nouveaux marchés n'est pas toujours couronné par un succès. Différences de stratégie, de management, de philosophie d'entreprise sont à la base de ces échecs. Les OPA deviennent ainsi non productrices pour les actionnaires alors que ce sont eux qui le préconisaient. Depuis 1996, deux OPA sur trois échouent à satisfaire les actionnaires, d'après Bloomberg. Malgré trois acquisitions d'envergure, l'action Pfizer a perdu plus de 50% de sa valeur entre 1999 et 2009. La crise n'explique pas tout quand les mammouths explosent à cause de l'embompoint.  

La dépréciation d'actifs se retrouve dans cette stratégie de l'échec. 

L'économie d'échelle par la fusion pour diminuer les frais communs ne répond donc pas à tout.

De plus, certains niveaux deviennent du "melting pot" difficilement contrôlable.

La chute des grandes banques a changé l'optique générale. Les petites banques se sont mises sur les rangs pour effrayer les investisseurs sur les risques du gigantisme des principales banques.

Dexia voulait toujours grandir pour être à la taille où les prédateurs n'auraient plus les moyens d'attaquer. Le malheur, la prédation est venue par l'intérieur et Dexia s'est effondrée. Des actionnariats opposés, puis une sorte de principe de Peter adapté au niveau société, s'en est suivi. La commission d'enquête Dexia n'en finit pas de découvrir des manquements qui ont mené à l'implosion du groupe. En plus, les responsabilités sont effacées comme des poupées russes de fautes dans lesquelles aucun dirigeant ne se reconnaît.0.jpg Depuis, on a revendu en catastrophe quelques bijoux de famille. Deux pays, mais une culture similaire, un apparentement des noms, le Crédit Local de France et le Crédit communal de Belgique de détail, les mariées étaient belles. Le business était différent mais les transferts de liquidités restaient mono-parental mais, tout cela, on voulait l'ignorer car il y avait en échange le rachat de Petrofina par Total. Curieux comme association d'idées.

Exemples de sociétés qui arrivaient à leur point de critique de rupture avec la finance.0.jpg

Si Solvay a racheté récemment le groupe chimique Rhodia, c'est de manière amicale et estimée par tous comme un bon "Deal" à l'avantage des deux nouveaux partenaires complémentaires. Solvay avait, de plus, gardé un actionnariat familial, solide et avait, ainsi, plus de chance de garder son autonomie. Solvay va tenter de travailler avec Air Liquide pour produire du gaz fluoré.

0.jpg

On peut citer aussi le cas de fusion ratée pour Alcatel-Lucent.

En 2007, la fusion Thomson Reuters avait coûté 8,7 milliards de livres. Des cultures d'entreprises différentes ont mis en échec, la fusion. La sécurité financière apportée par l'un et l'autre n'avait pas, n'a pas suffi à sécuriser l'ensemble. L'esprit entrepreneurial de Reuters, avec des décisions rapides, était confronté avec une volonté d'analyse lente et trop prudente rendant caduc le dynamisme global. La plate-forme Eikon avec un potentiel de 400.000 clients avait été un atout, vite transformé en talon d’Achille avec seulement 8000 clients.

Dans l'informatique, les fusions ont été aussi très nombreuses. La technologie était très chère pour l'assumer à trop petite échelle.

Digital, Compaq, HP sont les poupées russes qui se sont mangées de l'intérieur.0.jpg

La fusion de Burroughs et de Sperry n'est qu'un exemple parmi d'autres, que je connais mieux par l'intérieur. Lier les deux bouts à force de slogans pour créer une ambiance de "One Unisys" ne verra son aboutissement que quand plus aucun ancien ne pourra dire qu'il était "ex-xxx" ou ex-yyy"... enfin, si on arrive au bout du tunnel.  

L'informatique est actuellement sur un petit nuage.

Il se dit dans les milieux concernés "Pourquoi posséder logiciels et matériels alors que plusieurs entreprises utilisent la même configuration? Autant partager et repartir les coûts!".

0.jpgNormal et raisonnement de seule logique. A part, qu'on oublie qu'on est entré dans un moule très rigide et que si les télécommunications ne fonctionnent pas, le ciel disparaît derrière de véritables nuages opaques.

Aux dernières nouvelles, c'est le domaine de la distribution qui doit restreindre sa voilure.

Delhaize est-elle dans un virage après celui de Carrefour?0.jpg

L'histoire de Nokia est, elle, à cheval entre commercial et affaire d'État finlandais. C'est l'État finlandais, tout entier, qui en reçoit les retours de flammes. Ces derniers temps, la société s'était endormie sur ses lauriers, après avoir conquis un quasi monopole dans la téléphonie mobile. Entreprise "mammouth", elle se retrouvait avec un pied d'argile.

0.jpgCarrefour, fusion infructueuse avec Promodès, expansion débridée, instabilité managériale, déclin de l'hypermarché, en dix ans l'action a bu la tasse.

Au Salon de Las Vegas, Nokia ne parle plus de guerre commerciale mais de guerre des écho-systèmes et veut reconquérir le marché des téléphones portables à coup de nouveautés prestigieuses. Une stratégie plus souple, plus adaptée aux marchés modernes ne s'évertuent plus à mélanger les pommes et les poires. C'est un bien, peut-être...

En 2009, un mariage dans le secteur automobile était envisagé entre FIAT et PSA après celui de FIAT et Chrysler et une tentative avortée avec OPEL. Le partenariat semble devenir la manière de se sortir de l'ambiance de la fusion pure et dure.

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L'Inde s'immisce dans la culture informatique de l'occident en espérant que la différence de cultures et de fuseaux horaires ne sont qu'une bagatelle.

Un autre phénomène se présente chez ces "mammouths": la gestion informatique. Malgré la puissance accrue des machines, les machines ne peuvent plus suivre dans les temps impartis pour consolider tous ces ensembles de données hétéroclites. Descendre dans l'arbre comptable des différents départements, par produits, par services, par subdivisions fines, et ce sont les informations qui prennent des allures de monstruosités en nombre d'enregistrements à maintenir à trimbaler de système en système. La consolidation des données ne donne pas la solution car il faut pouvoir redescendre aux sources de l'infrastructure pour garder une vision de ce qui coûte et rapporte pour prendre les bonnes décisions de stratégie.0.jpg

"Un bon cru 2011, avant un net recul", était-il dit en Belgique.

En 2011, 28 milliards d'euros en jeu dans les fusions. Ce furent les banques, contraintes par l'Europe, la chimie-pharmacie et les matériaux qui arrivent en tête.

C'est 159% en plus de 2010, mais c'est bien loin de 2008, qui avait atteint les 120,3 milliards. Inbev et Fortis avaient fait le plus gros de la manoeuvre de fusion à cette époque.

0.jpgLes "Bourses" sont une bonne entrée en matière dans le mode "fusion.

Le but, réduire le prix des transactions et refondre les systèmes informatiques dans la foulée. 

En 2000, les Bourses de Bruxelles, de Paris et d'Amsterdam fusionnaient pour former EURONEXT.

En 2006, la tentative de la Deutsche Börse de fusionner avec EURONEXT échouait par l'arrêt de la Communauté Européenne qui y voyait un monopole sur le marché des dérivés.

En 2007, EURONEXT et la Bourse de New-York fusionnait en NYSE.

En 2010, la Bourse de Toronto fusionnait avec la London Stock Exchange.0.jpg

La Bourse de Hong-Kong et la Bovespa du Brésil talonnaient la Deutsche Börse.

En janvier 2012, nouvel essai de fusion entre NYSE-Euronext et la Deutsche Börse. Mariage refusé par la CE en personne par Joaquin Almunia. L'ère des méga-fusions internationales est révolue, place aux rachats plus ciblés. La CE aurait trop écouté ses propres concurrents.

Le futur des Bourses du monde sera limité à 4 ou 5 Bourses mondiales, entourées par des satellites plus spécialisés.

Dans les grandes entreprises privées, le "middle management" des hiérarchies sert plutôt de porte-paroles du sommet.

Les PME ne peuvent se permettre ce genre d'organisation et sont souvent plus réactives aux événements.

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Le rachat massif d'actions propres des entreprises encore un indice très significatif qui pourrait faire penser au rapatriement de ce qui a été dispersé dans le public.

L'année passée, 1,03 milliards d'euros ont été rachetés dans les entreprises belges. Rien que pour AGEAS et GDF, le rachat s'élevait à 427 millions. Pour Omega Pharma, ce n'est pas moins que 11,3% du capital qui en faisait les frais.

Les buts sont multiples: constitution d'une réserve pour alimenter les plans de stock-options, la déprime des marchés d'actions qui rend les rachats plus abordables, l'amélioration des "returns on investment" pour les actionnaires, la réduction de la dilution du nombre d'actions par la destruction des titres, le fait qu'il n'y a pas de dividendes à verser pour les actions propres et constituer, peut-être, un trésor de guerre pour financer les opérations d'acquisition.

Il y avait un an la question d'un "new deal entre privé et public" se posait. Voilà que cela se confirme avec les "dollars pas toujours verts des multinationales": "Dans la course à la présidentielle américaine, plusieurs multinationales belges mettent la main à la poche pour influencer l'issue finale de la campagne, en faveur des républicains.". 0.jpg

La politique dans le domaine public, c'est surtout diviser pour placer le plus de postes dans la direction d'un pays.
La Belgique compte près de 11 millions d'habitants, elle a 246 ministres (43 pour Bruxelles, 89 députes, 3 secrétaires d'états). 

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A ajouter à cela 10 gouverneurs et leurs suites, les maires, les élus communaux. Une duplication des partis entre nord et sud. Pour comparer, New York... 20 habitants, 1 maire et 50 élus communaux..!!

Les mandats politiques publics, parfois, très différents sont parfois cumulés dans les mains de mêmes mandataires. Pas nécessairement pour raison d'efficacité ou de diminution des coûts, mais plus banalement pour additionner les jetons de présences dans les réunions. 

Les frontières existent bel et bien. Linguistiques et financières. L'idée de "nation", de "nationalisme" a pris des allures de croisières comme contre pouvoir. Plus, c'est petit, plus c'est devenu "gentil" et contrôlable, doivent-ils penser. Il s'agit plus ici de placer ses propres billes en nombre dans la gestion. Alors, pour juger, il y a des oracles qui nous gouvernent. "Les pouvoirs publics ont donné en fermage des pans entiers de leur pouvoir de régulation aux agences de notation". Celles-ci en deviennent plus puissantes que les Etats.

0.jpgL'extrême-droite pense, souvent, régionaliser, sous-régionaliser, cantonner, en espérant se placer au plus près des convictions des gens et plus en relation avec leur culture propre, avec le droit sur le sol qui a vu naître ses contemporains, ses concitoyens et ainsi rester plus en communion avec l'enseignement local. Les élections des candidats se font, alors, avec plus d'engouement puisque les élus sont plus proches, mieux connus.

La langue s'attache aux gens comme une colle indélébile et invisible dans une envie de reconnaissance identitaire. Tout est aussi en place dans l'environnement pour séparer: les idéologies, le pouvoir d'achat, les religions, les symboles...

Tout divise pour empêcher les contacts plutôt que de les multiplier. La Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, le Soudan sont des pays qui n'existent plus en tant que tel.0.jpg

On a pu croire qu'Internet allait ouvrir les frontières en permettant de se connaître mieux de par le monde. Si quelques uns ont fait le pas dans cette virtualité, masqués ou non derrière des pseudonymes, c'est pour exprimer des idées qui même subversives, se cantonnent dans l'espace local, des idéologies, au minimum, compatibles entre elles.

Les entreprises devenues des multinationales ne s'inquiètent plus des frontières étatiques et en profitent pour établir une concurrence entre les États pour les obliger à accepter des pratiques de fiscalité avantageuses comme les "intérêts notionnels" en échange d'emplois.

Basé uniquement sur le modèle financier, la mondialisation a ainsi raté son but de solidarité.

0.jpgAu départ, l'Europe peut être considérée comme un fédération par consentement mutuel qui trouvait sa raison d'être dans la volonté d'assurer la paix au lendemain de la guerre. Construite pour suivre des raisons géographiques mais qui ne suivaient pas les règles économiques. Un société commerciale progresse de proche en proche et jamais en tenant compte de la géographie. Tester de greffer une entité est plus facile que de le faire en bloc et de là vient l'erreur principale de jugement dans le but de l'efficacité rendue artificiellement globale. Association temporaire ou définitives?

Aujourd'hui, on se demande si vouloir l'Europe était seulement un rêve, une chimère ?

Ceux qui n'y sont pas espèrent y entrer, ceux qui en font partie espèrent en sortir.

Ce n'est pas l'euro seul qui pouvait fédérer les pays membres. Il fallait aller plus loin. Analyser les buts de chaque entité. Trouver des intérêts en commun.0.jpg

La situation de l'Angleterre,  euro-sceptique, pose question. Première constatation, les Agences de notations ne les ont pas dégradé. Analyse:

1. Cameron aurait pris la bonne décision en faisant un pied de nez à Sarkozy. Nous devons faire davantage pour remettre sur pied notre économie, disait le premier ministre britannique dans ses vœux du Nouvel An. N'est-il pas un peu trop isolé? Comment pourra-t-il agir seul pour redresser l'économie du pays? Avec les Jeux Olympiques et le Jubilé d'Élizabeth? Hum...

Réponse: Cela pourrait l'être si l'Angleterre était encore comme la Chine, un pays qui monte. Les JO de 2008 ont permis à la Chine de placer ses pions comme une vitrine de ses capacités. L'Angleterre n'est plus ce qu'elle était même avec le Commonwealth comme carte de visite.

2. "Nos politiques n'arrêtent pas de nous dire que s'ils n'ont pas respecté notre vote "NON" au traité Européen, s'ils nous ont imposé une Europe technocratique et corrompue sans aucun fondement philosophique au moins sur "l'idéal européen", c'était pour notre bien. Sauf que l'Angleterre nous prouve tout le contraire.0.jpg
Surtout qu'elle prouve que contrairement à ce qui nous est dit, l'Europe ne nous rend pas "plus" attractifs, solvables, compétitifs.
Il fallait attendre de voir si malgré que l'Angleterre ne soit pas dans la monnaie unique "protectrice", elle resterait solvable.
L'Angleterre va mieux "aux yeux des marchés" que les pays ayant pour monnaie l'euro.
Mieux encore, les Anglais sont maîtres de leur monnaie et de la planche à billets par la création monétaire et de bons du trésor. Là, où les gens de la monnaie unique n'ont plus aucune liberté monétaire, législative voire politique.
0.jpgAvec la Grèce ruinée et mise sous curatelle d'un côté, l'Angleterre de l'autre, tout prouve que les arguments de "préservation" de la zone euro sont juste des histoires à revisiter en permanence.
Les marchés labellisent l'Europe comme "produit de con" .
Tous les arguments de défense de leur idée antidémocratique européenne s'avèrent faux un par un, sans parler de ce qui est sanitaire ou des norme CE."

Réponse: En fait, l'Europe met surtout des bâtons dans les roues des pays souverains parce qu'elle oblige à se greffer dans un moule libéral et oblige à supprimer ce qui serait trop social. Est-ce du populisme de le constater?0.jpg

L'Europe recale le budget belge. "Aux yeux de la commission, la Belgique souffre de plusieurs handicaps, une dette énorme que la crise bancaire et économique n'a pas arrangé, une absence de vraies réformes structurelles ces dernières années, et une situation politique qui ne facilite pas les décisions d'urgence au cas où ça tournerait mal. La Belgique a choisi de ne pas aller au conflit avec la commission, elle a un peu rouspété pour la forme mais elle est rentrée dans le rang", dit Anne Blanpain. S'interroger déjà sur le budget 2012 de la Belgique, oui, mais après l'indexation automatique des salaires qui devait être revue pour ne pas faire tache dans le concert des Nations, cela faisait beaucoup. Mais qui a raison dans la pratique de l'indexation? La majorité ou la particularité?

L'euro a longtemps été considéré comme une monnaie d'échange qui rivaliserait avec le dollar. Il l'a dépassé au passage. 

0.jpgActuellement, perte de confiance, l'euro dégringole de son pied d'estale. Bon pour les exportations à condition que les clients principaux soient extérieurs à l'Europe.

La crise de la dette publique comme le serait une baignoire?

Guy Verhofstadt reste un fervent défenseur de l'idée européenne. "Il faut plus d'Europe que moins", dit-il. Comme mandataire à l'Europe, ceci explique cela.

Pour ses mandataires, l'Europe est considéré comme un havre de paix, une échappatoire de fin de carrière, face aux brouilles nationales que doivent endurer les dirigeants dans leur pays d'origine et qui doivent trouver les véritables solutions sur le terrain sans planer.

Le ministre Magnette ose dire ce qui se dit tout bas et c'est considéré comme du populisme. On veut du politiquement correct.

Il est clair que les pays d'Europe ne sont pas sur un pied d'égalité pour décider de prendre une position totalement commune vis-à-vis de l'Europe.

La France n'est pas la Belgique. Bruxelles, au milieu du jeu de quilles de la Belgique, ne peut réagir de la même façon qu'une des autres régions du pays. Elle doit nager entre deux eaux, s'habituer à la brasse, au crawl et parfois à la nage papillon.

L'article "Mirages chinois: les pièges de l'énormité" montrait bien les limites d'un processus rendu impossible à gérer sans une obligation de conserver une certaine dictature d'opinion. Mais l'Europe n'est pas la Chine. Elle a combattu pour obtenir plus de démocratie.

L'Europe a des difficultés parce qu'elle ne trouve pas les moyens d'unifier la fiscalité, la stratégie et la politique entre ses membres.

Fusionner est possible, mais une comparaison suivi d'un consensus s'impose, avant de passer à la fusion effective et définitive et que le multiculturalisme ne frise pas l'antagonisme.

Puis il y a l'Union Soviétique qui, une fois disloqué, pour certains reste une erreur historique. "Celui qui veut restaurer l'URSS n'a pas de tête, celui qui ne le regrette pas n'a pas de coeur", d'après une phrase de Poutine.

Sur Internet, il y a le Facebook en mode Google+ qui ségrégationne en cercles d'influence plutôt que de fusionner

Autre volet: je lisais dans le Vif-Express "Nous sommes responsables vis-à-vis de nos enfants, qu'ils s'appellent Mohammed ou André. Laisser filer le patrimoine vers le monde entier, il ne restera plus rien.".

Les pratiques linguistiques, les affiliations religieuses, la richesse des particuliers font que la démographie est une science qui sent le soufre. La poussée migratoire frôle, dans ce cas, le racisme de part et d'autre. Il ne faut pas confondre racisme et différence de culture, même si cela semble aller souvent ensemble. L'immigration nécessite une infrastructure d’accueil, de potentiels à tous les niveaux en vases communicants.

"L'islamisme radical menace la Belgique" et "Mickey et Minnie ne font plus rire", lit-on dans Le Soir. Une série d'indices qui incite à la réflexion pour savoir jusqu'où aller trop loin sans devoir se retrouver "cocu" dans un mariage forcé ou arrangé. Dans ce cas, il s'agit vraiment de l'intégrisme pur et dur. Une imposition et une invasion.

Certains parlent des Etats unis d'Europe, quant est-il avec les États-Unis, eux-mêmes?

0.jpgChristopher Caldwell, dans "Une révolution sous nos yeux" dressait un tableau synoptique qui a affecté l'Europe : l'immigration de masse et l'implantation de l'islam. Selon lui, la France se rapprocherait le plus des États-Unis par sa conception de l'intégration dans un pays. Aux 19ème siècle, l'intégration des immigrés aux USA s'est faite avec l'abandon du lien avec le pays natal et en gardant une proximité de la culture entre les migrants et le pays d’accueil. Une nouvelle vie commençait. L'immigration était souhaitée et supporté par le pragmatisme de l'économie et parce qu'elle exerçait une pression à la baisse sur les salaires. Il existe une taxe fédérale, et des taxes locales tout en laissant l'autonomie aux états qui constituent le pays. La liberté de religion est totale jusqu'à aboutir au prosélytisme. Le financement se fait par des dons accordés aux confessions religieuses. 0.jpg

En Europe, ce n'est pas le cas, ce sont tous les citoyens qui apportent leur obole via leurs taxes. La France au 19ème siècle était plutôt une théocratie. La société laïque s'est vue en opposition de plus en plus vu le radicalisme qui se crée dans les autres convictions. L'immigration est ressentie comme une obligation morale.

Il est vrai que les liens inter-membres, inter-ethniques se produisent au travers de concurrences, de défenses et de fusions à l'arraché, non concertées, sans "prendre la température" des populations concernées. Heureusement, le système démocratique n'est pas à tendance majoritaire, ce qui permet de ne pas trop changer les lois propres, mais cela pourrait changer. La monoculture d'origine étrangère s'est déjà produite dans certaines villes au nord de l'Angleterre.

En France, le néo-parti du FN a pris ce terrain fertile de la résistance face à cette appréciation de la situation même si cela cache des instincts bien moins reluisants. L'Europe a vu l'extrême-droite s'installer dans ces grincements de dents.

"Too big to fail" contre "Too small to be efficient"?

Paradoxal tout cela? La réponse est dans le dialogue, pas dans l'imposition d'une situation. Le partage d'idée est profitable pas la cacophonie.

0.jpgAnne-Marie Slaughter faisait le bilan de la gestion de Barack Obama sous un angle parallèle. Les défis sont bien là, mais sa conclusion était plus optimiste.

Obama ne serait-il pas devenu un Gorbatchev à l'Américaine? Quelqu'un qui récolte des succès à l’étranger et moins à l'intérieur?

Des collaborateurs comme George Mitchell, Richard Holbrooke, Dennis Ross et récemment William Daley ne sont plus là pour le soutenir.

Obama a sorti les US de leur position de "maitre du monde" pour la remplacer en renvoyant les "droits et des responsabilités" à chacun dans le monde. Le G8 était converti en G20. L'approche diplomatique à l'ancienne, forte et républicaine, mise en sourdine.0.jpg

Démocrate, Anne-Marie Slaugther voit Obama en avance sur son temps, à la norme du monde entier.

Ce point de vue se trouvera, tout naturellement, dans les critiques des Républicains lors des prochaines élections de 2012: rendre la suprématie perdue à l'Amérique.

Conclusions:

L'homme a un naturel grégaire. Il aime vivre en société plus ou moins structurée se distinguant de la foule, dans des rassemblements spontanés et sporadiques qui se produisent sous l'effet de stimuli environnementaux (dixit Wikipedia). La plupart des découvertes scientifiques se contruisent en équipes structurées.

Mais l'homme a, en plus, créé l'argent.

Dans ce domaine précis, il n'y pas de petites économies. Mais il y aura toujours des petites et des grandes échelles même dans l'économie. Seulement, la culture des gens n'est pas un fait passager. Elle suit une évolution longue et logique.

Tout dépendra de trouver les dirigeants qui pourront déterminer le point critique entre fusion ou fission.

Sans même parler de fission ou de fusion nucléaire, la vie en commun restera loin d'être un long fleuve tranquille.

Entre "Divide ut imperes" et "Fusionner pour ne pas se faire écraser". Un dilemme de tous les jours. Rester souple et léger... 

Quant à la roue à aubes, si elle tourne trop vite, il faut toujours pouvoir la freiner sinon elle finit toujours par s'emballer et à exploser.

 

0.jpgL'enfoiré, 


Mise à jour 11 octobre 2012: Malgré la crise, l'UE est prête à poursuivre son extension géographie.

Bientôt 30 et plus. la Turquie et le Montenegro sont déjaà sur les listes. Peut mieux faire, est-il dans le domaine du droit, dit la CE. Puis, il y a la Macedoine, Serbie, le Kosovo, l'Albanie, la Bosnie-Herzegovine...

Va-t-on par l'Europe recréer la Yougoslavie?

Citations:

  • « Les sentiments sont des métaux. Il importe d'en connaître la densité. Il importe également d'en connaître la température de fusion. », Francis Dannemark
  • « Nous sommes six milliards de bipèdes à tenir miraculeusement debout sur de fragiles petits pieds, en équilibre sur une boule de magma en fusion. Un véritable numéro de cirque ! », Professeur Choron 

16 février 2013:

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05/01/2012

Transformer les difficultés en nouvelles opportunités

Remontons le temps. Le vendredi 31 décembre 2010, Joseph Stieglitz, lauréat de l'économie 2001, donnait ses prévisions. Le titre "A quoi faut-il s'attendre en 2011?". Un an après, le temps des rétrospectives, des bêtisiers, de faire le bilan du passé et des vœux pour le futur.

0.jpgLa fête était pourtant tout aussi belle partout dans le monde. Des feux d'artifices que, vu d'en haut, les astronautes ne pouvaient manquer.

La fête, c'est fini et bien fini. Les problèmes entre parenthèses pendant une nuit de veille. Mais, la roue tourne...

A Liège, le lendemain de la veille, ce fut la choucroute traditionnelle pour faire oublier les briques qui s'étaient réfugiées dans l'estomac. Il parait que cela nettoie. Personne, en dehors des Liégeois, n'en sont revenus pour le raconter ensuite. Mais qui sait...

Je ne sais si vous êtes comme moi, j'ai eu quelques problèmes et beaucoup d'hésitations pour être original quand il a fallu écrire les vœux de nouvel an. 

L'insipide, l'inodore, l'impalpable "Bonne année et bonne santé" fut de rigueur, sans plus, comme un rituel incassable.

Encore heureux que la plupart de ces vœux transitent de plus en plus via SMS, ou Twitter. Consommer du papier pour cela alors que le prix des timbres poste a augmenté, quel gâchi, ce serait...

J'ai cherché de l'inspiration ailleurs. Quels étaient les vœux envoyés par d'autres, par nos élus locaux. Là, quelles déconvenues, quelles platitudes...

Au sud, Sarkozy disait que 2011 a eu «la crise économique la plus grave depuis la Deuxième guerre mondiale», tout en justifiant sa politique. « La France a tenu. Elle a résisté. ». Alors, l’année 2012 serait « celle de tous les risques mais aussi de toutes les possibilités. De toutes les espérances, si nous savons relever les défis. De tous les dangers, si nous restons immobiles ».  « Je promets des décisions importantes »... Puis il y a eu la version humoristique, la non-expurgée qui valait son pesant de sourires.

A l'Ouest, Barack Obama disait s'attendre à ce que de grands changements interviennent jusqu'à sa fin de mandat. Là, c'est prudent et du "short". 

Mais, en définitive, je ne sais pourquoi, j'ai préféré la version de notre nouveau Premier ministre, Elio Di Rupo qui proposait de "Transformer les difficultés en nouvelles opportunités. Garder confiance en l'avenir. Prendre des décisions complémentaires équilibrées.".

Quand on se rappelle que l''incubation de son gouvernement a pris 541 jours pour se construire à l'arraché, c'est qu'il avait encore du souffle et qu'il a connu les affres de la difficulté de gouverner.

"Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", soufflait Musset.

Après, tout est dans la mesure et pas dans la démesure avec les mots qui respectent en équilibre même instables en fusionnant les méthodes Coué, Couillées et SeCoués.0.jpg

Alors, il y a toujours en plus ceux qui sortent leur boule de cristal et qui font des prévisions plus générales. Prévisions qu'on oublie toujours de vérifier, comme le ferait le bon vieux "rond de cuir", en mettant côte à côte, religieusement, le "budgétisé" avec l'"actualisé" du bout de tunnel.

Il y a un an, pour 2011, dans les grandes lignes, Stieglitz décrivait une économie mondiale à deux vitesses, avec des pays émergents en croissance et des pays occidentaux en stagnation. Il disait que l'Europe et les États-Unis avaient besoin d'investissements publics à grande échelle alors que les marchés financiers feraient pression pour que les dépenses soient réduites. Les marchés empêcherait les décideurs politiques de trouver des réponses efficaces à la crise.

L'Inde, la Chine et les économies du Sud-Est asiatique connaîtraient une croissance solide.

L'Europe et les États-Unis seraient confrontés à un malaise semblable à celui éprouvé au Japon avec un taux de chômage élevé et persistant.

Pas mauvaises, ses prévisions, pourrait-on conclure.

0.jpgEn plus, il y a eu le Printemps arabe qui a fait tache d'huile.

Un 11 mars 2011 avec un tremblement de Terre qui précédait un tsunami, qui remettait le couvert dans la détresse de Tchernobyl, 25 ans plus tôt. Le nucléaire était remis en doute et avec lui, la science toute puissante, dans son efficacité et la sécurité dans le monde entier. L'écologie reprenait du poil de la bête.

Une année de catastrophes qui ont atteint des sommets pour les assurances. 0.jpg

03 journalistes tués dans le monde. 100 titres de la presse italienne risquent de passer à la trappe, en panne de subsides directs. Il faut être coopératif ou être affilié au parti, dit Mario Monti. Les aides indirectes plus difficiles à quantifier restent à la disposition des plus grands journaux. Plus rien, pour rien.

Le lectorat est en déclin. La démocratie, aussi. 

Stiglitz quand il sortait l'idée que les pays avancés créeraient des emplois endémiques qui correspondraient à l'anémie au niveau de la reprise et qui mèneraient à la récession en 2012. Il ne pensait même pas que l'or ferait un tel tabac. Depuis, l'or est fondu et depuis, il se morfond dans l'esprit de ceux qui ont vendu, trop tôt, leurs dernières dents en or et leurs bijoux de famille...

Il voyait deux vitesses aux risques inhabituels dont l'une des deux tirerait la queue de la croissance de l'autre. La mondialisation a fait croire à des vases communicants. Les prix des terres rares, des matières premières se sont mis à grimper.

Après la crise de foie, le dragon chinois semble depuis s’essouffler et se paie une crise de foi. Faiblesse passagère ou plus structurelle? Suite au prochain numéro.

Sur les marchés financiers mondialisés, les investisseurs n'ont toujours pas de frontières. Ils cherchent les meilleurs placements pour leur argent en Asie. L'effet levier dans une flambée des prix actifs, n'a été qu'une apparence.0.jpg

La menace était encore plus sérieuse du côté de l'euro. Tout à coup, on ne pensait plus pouvoir fêter son dixième anniversaire. Titillés par la peur de ne pas pouvoir honorer l'échéance de leurs dettes, poussés par les indices des agences de notation qui dégringolait, les pays européens se sont mis à se serrer la ceinture pour faire face aux déficits budgétaires. La croissance, du coup, se transforme en récession.

Les recettes fiscales doivent augmenter, mais on ignore toujours la meilleure technique.

0.jpgUn programme d'investissements publics à grande échelle stimulerait l'emploi à court terme et la croissance à long terme pourrait réduire la dette publique en finale. Tout le monde le dit, mais l'Allemagne demande la traduction des mots "Euro Bonds".

Les crédits sont toujours demandés par les PME, tandis que les banques cherchent à s'assurer pour ne pas capoter elles-mêmes. 

Pessimiste pour l'occident, Stiglitz voyait une tendance morne avec plus de risques baissiers que haussiers. Cela malgré une surcapacité et des besoins insatisfaits. Moderniser pour répondre aux défits du changement climatique, devenait indispensable. Mais comment?

Aux États-Unis, les Républicains devraient plutôt soutenir Obama que de le voir échouer.  Oui, mais il y eut les Tea Parties qui déstabilisèrent les Républicains.

Les indignés sont sortis de leurs tanières virtuelles et ont été jusqu'à inquiéter le mur du saint des saints "Wall Street"

Les marchés ont toujours raison. "Les problèmes sont politiques plutôt que réels". En effet, mais encore....

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Le dérèglement climatique s'accélère et rien n'a été trouvé de manière drastique.  Nous venons de vivre l'année la plus chaude depuis 1833.

L'argent est fait pour rouler et non pas rester stagner dans les banques.

Les disparités, les classes moyennes en déperdition pour faire place à de plus en plus d'écart entre riches et pauvres devenaient la plaie de l'hémophilie de l'occident.

L'Europe plongeait, pays par pays, dans l'extrême-droite portée par le populisme et suite au raz-le-bol.

La crise, le mot à la mode par excellence.

Alors, on rentre à la maison en se souhaitant une véritable "Bonne continuation" dans le progrès.

Au FMI, on s'inquiète des signes d'essoufflements qui se multiplient. Progrès trop graduels et mal compris, pas assez détaillés ou trop compliqués sur les principes fondamentaux.

Comme débouchés, on se retourne, désormais, vers les pôles, nord et sud. Un anniversaire? Il y a 100 ans, ce fut la conquête du pôle sud, avec le nationalisme en demi-teinte. La victoire du Norvégien, Amundsen sur le Britannique, Scott. Victoire sans les technologies de l'époque utilisées par Scott mais grâce aux chiens de traineaux pour correspondre à la technique des Inuits.0.jpg

Humiliées, la science et la technologie? Non, un rappel que la nature, l'expérience de longues dates, ont des solutions en elles même si elles n'apparaissent pas du premier coup d'oeil.

Puis, il y a eu la chute de quelques icônes. DSK, Murdoch, Moubarak, Berlusconi pour les plus connus.

Alors, 2011, une année pour rien? Une "Annus horribilis?

Il vaut peut-être mieux avoir à l'oublier et virer dans un Alzheimer volontaire.

Adieu 2011 et bonjour 2012.

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La Nouvelle Revue de Géopolitique donnait les nouvelles tendances, avec un titre "Comment les États rebondissent?" avec "Ainsi ira le monde" avec de nouvelles prospectives.

La recherche d'un leadership politique en occident est toujours présente.

Le "Yes we can" s'est transformé par une question "Who and how we can?".
La crise de la dette des États, l'absence de potentiels des dirigeants de l'Europe, il n'y a plus qu'à mandater les volontés et légitimités une vue à long terme. Le 30 janvier, premier sommet pour en discuter.

Dans l'opinion publique, les médias doivent passer le mot que le déclin de l'occident n'est pas inexorable.

La montée des BRIC est hétérogène avec des résultats intéressants ne trouve une correspondance que dans une coordination des agendas politiques.

Relancer des projets internationaux et ne pas laisser un point d'interrogation en quête d'une autre conquête de l'espace. Motiver et faire rêver...

Le projet EADS du Zehst est plus important. La maîtrise de l'espace devra monter d'un cran à l'échelle mondiale pour partager les frais.

Notre démocratie est à revoir.

Changer le romantisme du soulèvement des pays arabes en une explication de rationalité économique.  0.jpg

Le risque de vol des révolutions, du viols est loin d'être nul.

Le tourisme en chute libre en Tunisie et en Égypte a obligé de resserrer les rangs.

Une étincelle suffit à incendier la prairie, disait Mao, mais elle doit être maintenue par des slogans symboliques comme "Dégage", "Indignez-vous". 

Effet de surprise ou effet papillon? Suivi en cascades informationnelles avec les technologies d'Internet par le phénomène d'imitation.


0.jpgGéopolitique cognitive du micro-blogging.

Islamisme contre catholicisme. Avec le laïcisme en perte de vitesse.

Iran mis au ban des pays occidentaux.

Une chance pour certains ou une malchance pour d'autres. Allez trouver un compromis au milieu...

2012, année du Jubilé, avec les Anonymous pour réaliser une remise à niveau à la croisée des chemins entre le pire et meilleur?

Année qui pourrait voir l'échec définitif des programmes d'austérité en Europe. La crise de l'euro qui s'aggraverait jusqu'à l'intervention du FMI comme un pays du tiers monde. Une récession, mais pas une dépression. 0.jpgTout est dans les mots et les pressions. Le marché des actions dans la tourmente. Le dollar index et le baril de pétrole qui resterait sous la barre des 120 dollars. Et si celui-là décidait de passer la barre....

Mais l'avenir du monde passe par Pékin, comme dit Li Zhaexing, ministre chinois des affaires étrangères. C'est presque un ultimatum qui dirait coopérez ou mourrez. Vite un petit regard sur l'astrologie chinoise par la pratique et l'année du dragon.

Pas avare de prévisions pour 2012, donc...

Tout dépend par quel bout on la prend, cette année.

Pour Van Rompuy, 2011 serait un jour considéré comme "annus mirabilis".

Comme Stiglitz avait bien réussi ses prévisions pour 2011 il remettait cela avec la finesse du langage: 2012 sera l'année du pessimisme rationnel.

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Comment le pessimisme peut-il être rationnel et l'optimisme, irrationnel ?

En ne prévoyant pas d'amélioration économique et en pensant que 2011 serait même meilleure? Nenni. Peut-être que les économistes devraient sortir autre chose que des thérmomètres en gradations Celsius ou Fahrenheit. Faudrait qu'ils mettent la main dans le cambouis.

En Amérique,  le point positif pour 2011 a été que les Républicains ne sont pas parvenus à imposer un régime d'austérité qui aurait trop plombé l'avenir en redistribuant les richesses encore plus vers les plus riches. Les coupes seront postposées automatiquement vers 2013. La bonne nouvelle, c'est que le grand écart entre riches et pauvres se réduirait enfin après avoir pris en considération le mouvement "Occupy Wall Street".

Signe que les choses devront évoluer dans une autre direction ou ce serait un placebo qui n'aurait pas effacé le stress des ménages sans revoir le processus général du système capitaliste? Les appels à la création d'emplois, à la modération salariale sans restructuration de l'économie et la réduction des inégalités resteraient lettres mortes.  

Tout dépendrait des choix politiques et des élections prochaines. Le blocage politique et les leaders européens qui sont entrés dans une spirale destructrice lui font craindre à l'extinction des feux de l'Europe dans une récession. La solution devra se passer par la BCE qu'on attend au tournant pour financer les dettes. Un nouvel arrivé, le belge Peter Praet, désigné économiste en chef. Non, peut-être.0.jpg

2012 est déjà dans une phase nouvelle, plus effrayante de la pire calamité économique du monde en 75 ans.

Année d'élections présidentielles à Taiwan (14 janvier), au Sénégal (26 février), en Russie (3 mars), en France (22 avril), au Vénézuela, au Mexique, en Chine, aux États-Unis (7 novembre),...  Au Sénégal avec en dernière minute Youssou N'Dour...

Le buzz de la fin du monde arrivera tout au bout de son périple dans un non-événement.

Année des JO de Londres, dans une allégresse sportive sous l'égide des drapeaux nationaux.

De toutes manières, les conseilleurs ne seront jamais les payeurs. La preuve, Goldman Sachs y allait aussi de ses 10 prédictions pour l'économie mondiale.

Tout ce qui va changer en 2012. C'est ce qui va augmenter, réduire les finances, secouer le travail et réduire le cadre de vie.

0.jpgLes soldes ont repris en ce début d'année. Il parait qu'elles sont bien achalandées pour cause de climat et de crise. L'hiver ne s'est pas encore manifesté réellement, si ce n'est par des bourrasques de vent, de pluies qui feront plaisir aux marchands de parapluie. Je ne vais pas vous rappeler mon dernier billet sur le domaine même s'il y avait de l'humour entre les rayons, il y a déjà un an.

Au matin du 1er janvier, pour digérer le trop plein, le citoyen lambda a pris une ou deux bière ... plus chère. Quand il a pris sa voiture de société, plus chère, il a soufflé dans le petit ballon en attendant les nouveaux radars détecteurs d'alcool. L'amende n'a pas uniquement été salées, elle a été un peu plus poivrée. Depuis, il est à la diète pour quelques temps. 

Que ce soit pour les pessimistes ou les optimistes, l'ambiance sera assurée...

En choeur, so-li-da-ri-té, aus-té-ri-té...

Avec le "Plus jamais 2011" d'Oldelaf et Madenian, on démarrait sur les chapeaux de roues.0.jpg

Et puis, non, ne nous souhaitons pas trop bonne année, en définitive, comme le préconisait Thomas en se rappelant l'année de m... de 2011.

Les banques n'ont jamais eu leurs pareils dans leurs souhaits de nouvel an...

La palme, je l'ai trouvée chez l'une d'entre elles qui disait:

"Bonne et heureuse année 2013. Nous allons veiller ensemble en 2012".

0.jpgCette banque avait vraiment tout compris:

Back to the next futur avec sa nouvelle répartition de population dans le monde.

Mon coiffeur, quelque peu artiste, aussi d'ailleur. Sur le calendrier qu'il distribuait à sa clientelle était écrit: "2012: Même pour la fin du monde, je reste ouvert".

 

L'enfoiré,

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Citations:

  • « La meilleure façon de prédire l’avenir, c'est de le créer. », Peter Drucker 
  • « A prédire le malheur, on l'attire. », Roch Carrier
  • « La Belgique de demain sera très différente de celle d'aujourd'hui », Di Rupo (et pas qu'en Belgique d'ailleurs)

29/12/2011

Les Rois Mages en eMages

Lettre ouverte aux trois Rois Mages...

Chers Melchior, Balthazar et Gaspard,

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Pour la fin d'année, je me suis rappelé du temps mythique de votre dernière visite parmi nous en 2001.

Pour l'occasion, on vous avait filmé dans notre modernité  en partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5.

De beaux souvenirs. Il y a déjà dix ans et tellement de choses ont changé. 0.jpg

On a cru que vous nous reveniez quand on a vu une nouvelle étoile dans le ciel de la nuit de Noël. On apprenait ensuite qu'il s'agissait banalement d'une boule de feu, d'un débris du dernier étage de Soyouz qui retombait sur le plancher des vaches. Aucun présage, donc... 

Désormais, plus besoin de marcher sur des chemins enneigés de Compostelle. Plus besoin d'emprunter les sables et les cailloux du désert vers Damas. 

A Compostelle, ils n'ont plus le sou. Et pour en emprunter, je ne vous dis pas à quels taux, ils peuvent le faire!

A Damas, c'est la révolution. Une des révolutions arabes, car il y en a eu un peu partout, cette année. Donc, allez-y, mais pas sans "biscuits".

En plus, en route, vous risquez de rencontrer des indignés de tous pays.

Indigné par ce "vieux capitalisme" qui a germé un peu trop et à fait perdre les illusions sur sa rentabilité. Beaucoup de rêves se sont perdus en chemin.

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Les crises ont pris des allures de croisière. Elles sont bancaires, financières, étatiques, communautaires, systémiques, boulimiques, mais surtout bancales... On ne sait même plus comment les dissocier entre elles. C'est vous dire...

Plus beaucoup d'étoiles à suivre dans ce ciel-là et assurer votre fonction de Mage.

Si c'était ringard de visiter les lieux saints pour prêcher la bonne parole en 2001, depuis, tellement de choses sont devenus ringardes. Vous n'y comprendriez plus rien. Cela sent la résignation.

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Je vais tenter de faire partie de votre "Comité des Fêtes".

Si vous avez des intentions de revenir, je vous conseille de changer le message, sa communication et ce qui fera son support. Le monde est devenu trop complexe et plus virtuel, encore, que lors de votre dernière escapade chez nous.

Avant de partir, renseignez-vous sur les cours de ces euros qui sont restés au fond de vos poches au moment de votre départ. Il y en a qui disent qu'ils n'auraient plus cours très bientôt. Quant aux dollars, ils ont dévissés. Prenez, plutôt, des yuans, des yens, ils montent aux dernières nouvelles.

0.jpgVous allez trouver de nouveaux noms dans le grand livre des "Mages Célèbres". Les bonnes paroles n'y ont pas disparu chez eux. 

Parmi ces Mages modernes, à l'Ouest, il y a Obazar, Sarkor et Merkard.

A l'Est, Jintard qui trépignait d'impatience lors de votre visite parmi nous et qui depuis se retrouve partout là où il peut aider notre occidentalisme en perdition. Pour cela, il apporte les billets sur la table (devises au choix).

Obazar a faire croire à tous que le Messie était revenu avec son slogan "Yes, you can". Aujourd'hui, c'est plutôt "How, we could".

Au centre, Sarkior et Merkard se saoulent de guerre lasse, aux filtres et s'essayent aux élixirs d'amour. Cameronix n'aime pas tenir la chandelle et se retire du jeu quand il doit dépenser de lui-même.

Dans l'ombre, il y a aussi Putinator qui gardait son gaz à bonne température et qui espère tenir ses pipes toujours en ligne.

Tous des caractères très différents, très trempés dans l'imagerie, ces Mages du siècle.  Quant à leurs discours, ils s'entrechoquent en style dodécaphonique à l'intérieur mais consensuels à l'extérieur.0.jpg

Lullamor avait quitté la scène avec les applaudissements du public et cédé la place à son élève. La voilà dans les tops 6 en repoussant d'une place les UKazors.

Les bonnes paroles ne viennent plus par téléphone. Elles vont plus vite par Internet. Des ragots, des rumeurs s'y intercalent. Exercez-vous à les déceler. Je préviens, ce ne sera pas une mince affaire.

0.jpgPuis il y a les "leaks", les fuites, arrivées par un certain Angelasstor. Ces fuites, il les a envoyées en avalanche, par câbles. Non pas les câbles que l'on utilise pour haler les bateaux, ceux-ci sont bien plus torsadés entre eux.

Les Mages officiels, eux, criaient au scandale.

Puis, dans d'autres camps, ils se taisent, s'observent. Quand on n'a plus les cordons de la bourse, il faut toujours rester discret et copier ce qui peut l'être et planer dans le "Loft Story", en espérant que l'"Ile de la tentation" ne s'approche pas trop du continent suite à la dérive des continents.

La magie de la lévitation s'est accentuée mais les chutes d'Icare ne sont plus rares.

Nous sommes en fin d'année et, la suivante, si vous ne passez pas, on vous la souhaitera la meilleure possible... 

Je ne vous ai pas dit, ce sera 2012. L'année d'Apocalypse 2012.

Pas vraiment d'"Apocalyse Now" mais d''Apocalypse tomorrow".

Une année qui se termine par une fin du monde. C'est même précisé au 21 décembre d'après le calendrier Maya. Un 21 décembre, premier jour du mois de nivôse, dénommé jour de la tourbe. Les idées qui s'y cachent font sourire.

Pour ce jour "fatidique", vous avez de la concurrence en ligne, chers Mages.

Des eMages qui ont flairé la bonne affaire. Leurs ouailles sont appellées des "survivalistes".

Faites gaffe, ils vont essayer de vous faire fantasmer autour d'une grande toile ronde avec de bonnes vieilles histoires terribles "Nostradamusiennes"... devant l'écran noir de vos nuits blanches. Ne vous laissez pas embourber dans leurs fils. Ils comptent en chiffres et décomptent en jours jusqu'à cette fin du monde.

0.jpgL'Arche de Noé est devenue ce qu'on appelle "Facebook". Non, pas faces de boucs, je n'ai pas dit cela. En fait, s'il y a des faces, elles restent virtuelles et pas sûr du tout qu'elles soient synchronisées avec la réalité.

S'il était dit, lors de votre dernier passage, que "Dieu a créé l'homme pour que l'homme crée Internet", c'était sans connaître les réseaux sociaux.

Le Comité des Mages Réunis a, depuis, revu sa copie.

A la base, une nouvelle version du rôle de la "Revanche du solitaire" dans des réseaux à épingles à cheveux. En cherchant bien, on peut y trouver des solutions aux problèmes de toutes les "crises en thèmes" de cette dernière décennie. Elles sont, en plus, gratuites.  Un danger de plus.

Avec un demi milliards d'usagers actifs dans le monde, c'est vrai qu'il était possible d'assurer ce club de "gens biens sous tous rapports" et de concourir aux meilleures trouvailles dans le domaine de l'eMagerie.

Sans le dire, ce fut pourtant le retour au voyeurisme dans un remake du film d'Hitckock "Fenêtre sur cour", à la recherche de "Cœur solitaire" mais sans la cour. Faut pas rêver, le prince charmant n'y est pas plus charmant qu'ailleurs. Des hackers s'y promènent pour vous voler ce que vous avez de plus cher.

Un pseudo pour camoufler une barbe trop hirsute et personne pour contrôler ce qu'il y a dessous.

Vos interlocuteurs sont aussi là pour passer leurs temps en bonne compagnie... de murs (de "Wall" en anglais). Le temps disponible s'est accru à l'insu de leur plein gré.0.jpg

Le patron de "la chaîne", l'eMage, "Montagne Sucrar", lui, est intéressé par tout ce qui se dit sur son antenne pour rentabiliser. 

Le "temps" des uns est, toujours quelque part, l'"argent" des autres.

Dans la bouteille à la mer virtuelle, jetez-y une photo mais penser aux risques du rivage où elle échouera. Pas besoin de vous coiffer pour l'occasion. Pas besoin, non plus, d'écrire votre histoire, non plus. Elle n'intéresserait personne car personne n'aurait le temps de la lire. 

N'oubliez pas que vous envoyez votre message, non pas à Wall Street mais sur Wall Book.

Restez zen et à la page. Découvrez votre ration d'emails, de courriers. Amusez-vous à bord de ce grand vaisseau d'"anonymes célèbres" qui vous donneront, peut-être, "la" nouvelle du siècle en chemin et l'impression d'exister réellement.

0.jpgSi vous êtes entré par la mauvaise maille du filet, pas de panique, regrattez, plus tard ou, mieux, agrandissez votre cercle. La place est infinie. Ouvrez un autre "bal" avec des danseurs qui ne vous marcheront pas trop vite sur les écoutilles.

Si vous recevez des idées non-conformes aux vôtres que l'on sait être bonnes, oubliez-les, illico. 

Toute cette partie de passes-passes, cela fait partie de ce qu'on a appelé "communautarisation sociale". Ne cherchez pas trop à comprendre la signification.

Si "communautarisation" est un joli mot, long et un peu alambiqué mais à la mode, le mot "social" pourrait paraître bizarre, voire étrange.

Vous avez presque tout compris aux eMageries qui passe sur l'écran. Désolé, on n'y parle plus de contes, on y règle ses comptes.

La morosité se ressent et se résume par cette maxime "Hier, la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais c'est plus grave".

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Dans l'Arche de Noé, la botte secrète reste à l'économie, celles des paroles et l'austérité des gestes. Esther Dyson voit dans les réseaux sociaux la clef pour le changement, mais ajoute: "La prise de conscience, les protestations, le renversement des pouvoirs établis, les révolutions... et après... Des résultats prévisibles car inféodés à des membres du gouvernement qui prennent leurs bénéfices au passage. La conjoncture reste désastreuse même en démocratie car les informations trop gênantes aux yeux des ayant-droits sont censurées. Les bureaucraties, sans concurrence, s'emploient à maintenir des emplois plutôt qu'à servir leurs administrés. Le monde des affaires influence toujours et fausse les règles du jeu en introduisant les miettes du repas gargantuesque. Sans ombudsman, pas de modèle responsable. Prenez un Président, pas un parti.

Voilà un rôle pour vous, chers Mages, ombudsmen.

Les véliplanchistes continuent à surfer sur la vague des crises tandis que des annonceurs de cataclysmes financiers ou économiques oublient de donner la médication pour sauter les obstacles.

"Comment rater son réveillon?" Une question posée, dans un journal, plutôt innocente.

Il suffirait de penser à ce que 2012 serait "Une année de fourmis contribuables qui règleront la facture. Egoïste aux impératifs politiques intérieurs, sans cohérence, résolue au coup par coup, avec l'austérité et la récession au menu"...

Un réveillon de la Saint-Silvestre pour tous les styles et toutes les bourses?

Plus difficile de le réussir, au contraire, ce réveillon et ce qui ce dira à cette occasion.

Alors, si vous repreniez en cœur, une très vieille chanson :

Comme les rois Mages, en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Je te suivrais, où tu iras j'irais
Fidèle comme une ombre jusqu'à destination

Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Comme Christophe Colomb et ses trois caravelles
Ont suivi le soleil avec obstination

Plaise au ciel que j'ouvre mes fenêtres
Le matin au bord d'un étang bleu
Plaise au ciel que rien ne nous arrête
Dans ce monde aventureux

Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient confiants l'étoile du Berger
Mon Amérique, ma lumière biblique
Ma vérité cosmique, c'est de vivre avec toi

Plaise au ciel que s'ouvrent les nuages
L'éclaircie dévoile le chemin
Plaise au ciel qu'au terme du voyage
Son triomphe soit le mien.

Donc, chers Mages, pas besoin de mythes d'antan. Les mythes et les croyances sont en recrudescence à notre époque.

Renversez la vapeur, faites nous oublier ce mot "crise", cette soi disant "der des ders" qui fait cauchemarder certains. Revenez-nous en pleine forme, bien formés aux nouvelles techniques et technologies. On veut du tangible, de la "sonnante et trébuchante". 

Des cadeaux en or jaune. L'argent, lui, dévalue bien trop vite.

Érotique, cette année 2012?

Non, "eurotic", tout simplement...

Je vous laisse une histoire pour la circonstance qui ne commence pas par "Il était une fois":0.jpg

Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d'un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au Mur des Lamentations depuis toujours.
Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.
Après trois quarts d'heure de prière et alors qu'il s'éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s'approche pour l'interviewer :
- Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom?

- Moshe Aknoun, répond-il.
- Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?
- Plus de 50 ans, répond-il.
- 50 ans !!! C'est in-cro-ya-ble !!! Et pour quoi priez-vous ?

- Je prie pour la paix entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables qui aiment leur prochain.

- Et que ressentez-vous après 50 ans de prières ?
- J'ai l'impression de parler à un mur !

0.jpgMurs, peurs et prières entrent souvent en connivence.

Maintenant que vous pouvez, tous trois, surfer sur la vague, dans le monde de l'inédit, je vous ai concocté une visite dans le Bruxelles insolites, en images.

En vous attendant, je souhaite une "Bonne année et bonne santé pour 2012" pour vous, chers Melchior, Balthazar et Gaspard, ainsi qu'aux eMages et aux iMages.

Mais si vous préférez un billet à cliquer en provenance de Californie...
 

L'enfoiré,

16/12/2011

Du Caprice des dieux au Parc des dieux

Comment une promenade est déviée de ses objectifs et se révèle tout aussi intéressante, en définitive.

0.jpgLes Eurocrates sont-ils trop payés?

C'était une Question à la Une qui valait le détour. Alors, comme une expo leur est consacrée, cela valait le déplacement pour essayer de remettre les pendules à l'heure.

De l'Europe, de sa crise, de sa disparition éventuelle, on ne fait qu'en parler sur les plateaux de télé ou ailleurs en se bousculant entre droite et gauche pour l'expliquer.

Samedi dernier, il faisait beau. Froid, mais beau.
Jogging habituel, direction le nouveau Parlamentarium de Bruxelles dans le quartier de l'Europe.

"Géniale, cette expo", m'avait-on dit. Des panneaux qui invitent à le visiter.
Entrée gratuite. Pourquoi ne pas écrire un article sur le sujet?

Une heure de visite devrait suffire.

A la réception du Parlamentarium, je demande:0.jpg

-Puis-je prendre quelques photos à l'intérieur?
-Avez-vous une carte de presse?
-Non, mais j'ai l'intention d'écrire un article sur le Parlamentarium avec quelques photos annexées.
-Si vous prenez des photos de votre famille à l'intérieur, c'est Ok, sinon, ....
-Quand je veux prendre des photos de famille, je les prends à l'extérieur, en général. Pas besoin d'autres décors. Je suis seul, si vous n'avez pas remarqué. Désolé, j'arrête ici. Merci et à bientôt.

Et je suis parti, réservant cette visite pour un avenir plus radieux, moins capricieux. Je n'aime pas les caprices, même s'ils sont des Dieux.

Nous sommes justement dans le quartier de l'Europe, dans l'environnement du bâtiment que l'on a appelé "Caprice des Dieux", en effet.

Débobinons la pelote de laine... mêlons l'histoire à l'actualité.

La publicité pour l'événement "Parlamentarium" existe, bien en vue, partout à Bruxelles. On y veut des visiteurs. Alors, pourquoi ne pas préciser, "caractériser" cette volonté et la faire connaître avec ce qu'on y fait dans ces bureaux de l'Europe?

Europe qui pourrait subir un scénario à la japonaise, si l'on n'y prend garde.

0.jpgEn sortant, il y avait bien d'autres choses à photographier.

L'Europe et l'euro, ce sont les deux pièces maîtresses dont on parle actuellement dans le monde. Alors explorons.

Le visiteur étranger de cet environnement commencerait peut-être en arrivant en sortant de la gare de Luxembourg.

Celle-ci est méconnaissable pour celui qui ne serait plus passé par ici depuis une dizaine d'années, perdue dans un ensemble plus vaste de gratte-ciel et, puis, à l'arrière, il y a le quartier du Parc Léopold qui rappelle l'histoire.0.jpg

Première constatation, pour le visiteur qui en semaine, dans les environs de ces immeubles, rencontrerait les lobbies les plus divers, des travailleurs qui déambulent, des navetteurs, quand arrive le soir et le week-end, c'est le désert qui s'installe.

Après le boulot, il y a le dodo. Et ce dodo se passe en périphérie. Bruxelles est devenu, ainsi, le parent pauvre de la Belgique. Les navetteurs bénéficient des avantages de la ville mais paient leurs impôts là où ils résident.

Le niveau de richesse de Bruxelles est le seul à avoir baissé, alors que la Wallonie est en progression et que la Flandre suit se poursuit. Les communes les plus pauvres sont, bien sûr, Saint-Josse, Molenbeek, Saint-Gilles et Schaerbeek, mais les environnements plus riches demandent aussi du répondant.

0.jpgCette semaine, le Vif-L'Express parlait de Bruxelles, de ses habitations et de ses bureaux dans un article dont le titre était "Dormir au bureau n'est plus un rêve". 

Les bureaux ne font plus recette. Les affiches telles que Jones Lang, fleurissent un peu partout.

En cause la tendance à la réduction de la surface moyenne accordé à un employé. Une surface de 11 à 25 m2 maximum.  Cela grâce à l'informatisation du travail, de l'économie potentielle des charges locatives, le travail à domicile, les business centers qui font moins de volume nécessaire pour travailler.

Aujourd'hui, à Bruxelles, il y a 1.420.000 de m2 de bureaux inoccupés que l'on cherche à réaffecter en séniories, en écoles, en hôtels et  en appartements d'habitations. 

Si 2000 habitations sont prévues et 33 projets espèrent une réalisation prochaine, il y a pénurie de logement et l'augmentation des prix résultante n'arrange rien.

C'est que la population bruxelloise augmente. Entre 2003 et 2010, la population accroissait de 10%. On attend près de 200.000 habitants de plus pour 2020. L'exode vers la périphérie devient insupportable avec ses bouchons.0.jpg

Nous ne sommes pas dans une ville chinoise, qui a construit plus de logements à appartements et qui, trop chers pour le niveau de vie, ne trouvent plus d'acquéreurs. Pas question de réhabiliter le problème des subprimes comme là-bas.

Ici, les moyens pour acheter existent, mais les terrains résidentiels deviennent particulièrement rares. Il faut démolir pour reconstruire.

Bruxelles n'a pas vocation de devenir une mégapole comme Paris. Le prix au mètre carré y reste encore abordable. Fixé en moyenne à 2500 euros en dehors des bureaux, les prix restent à mi-course de ceux pratiqués à Paris. Le seul problème qui subsiste pour la récupération des bureaux est la différence de prix entre les locaux réservés aux logements et ceux assignés aux bureaux. Un ratio reste élevé entre 1 à 10.

Si on entend parler d'élargissement de Bruxelles comme solution, cela ne résoudrait rien dans les navettes qui deviennent trop importants aux heures condensées du matin et du soir, autour de Bruxelles et à l'intérieur de ses rues étroites.

Le point positif de la ville est qu'elle est restée à dimension humaine. Un vélo suffit pour se déplacer et en découvrir les aspects les plus caractéristiques. Les vélibes ont de plus en plus de succès. Alors, en faire, une mégapole avec des quartiers qui ne se reconnaissent plus, ce n'est pas trop un désir charnel.

Mais, revenons à nos moutons,... à notre "Caprice des Dieux" avec le Parc Léopold comme cadre et refuge du repos des "guerriers eurocrates". La place ne semble pas y manquer.

On ne va pas en faire une pub de fromage, même si l'immeuble concerné pourrait y faire penser. Pas plus de beaux messages d'amour, non plus.

Si cette similitude d'apparence au sens propre de "Caprice des dieux" comme nom que les Bruxellois ont donné, ironiquement, au Parlement européen, au sens figuré, ils se rappellent les expropriations que cela avait créé dans les années qui ont précédé l'inauguration de 1999. Le Quartier est encore dans les mémoires des anciens. Si la polémique avec Strasbourg avait fait rage, à l'intérieur les pétitions n'ont pas été plus calmes pour calmer les ardeurs de gigantisme et le nombre de mètres carrés a été réservé aux Eurocrates.

Le Parlement européen partage, désormais, avec le Conseil de l'Union européenne le pouvoir législatif communautaire. C'était écrit et ce fut réalisé.

Commissions, sous-commissions, commissions spéciales y ont élu domicile dans le bâtiment en hémicycle avec le nom de Paul-Henri Spaak, l'un des Pères de l'Europe.

L'histoire va peut-être nous réconcilier avec le présent.

0.jpgL'ancienne gare de Luxembourg (1854) est œuvre de jeunesse de l'architecte Gustave Saintenoy. En style néo-classique, il annonce l’Eclectisme. Sa forme ancienne a perdu totalement sa fonction, entourée de bâtiments ultramodernes de la CE qui se greffent à une esplanade surmontée de passerelles de connexion entre eux.

Le magnifique Parc Léopold est classé depuis 1976. On y découvre un platane d'Orient bicentenaire et un arbre Sri Chinmoy, planté en 1991, symbole de paix et de l'union et dédié de ce fait, à l'Union Européenne.

Un arbre de Paix, mon dieu, que l'idée est bonne. Avec le nom d'un gourou indien qui est dit écrivain, musicien, peintre et sportif. Les gourous, c'est ma tasse de thé même de Ceylan. Mais faisons contre mauvais jugement, bonne figure... et continuons notre chemin.

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Jusqu'en 1880, il fut le cadre d'un jardin Zoologique. Il comporte toujours une série de bâtiments prestigieux de l'époque glorieuse de la Belgique et une étendue verdoyante avec en son centre un étang du plus bel effet.

L'idée d'en faire une Cité Scientifique avait germé dans l'esprit complice d'Ernest Solvay et de Paul Héger.  Cinq instituts universitaires allaient y naître. Mais, au lendemain de la guerre 14-18, ce sera le site du Solbosch qui sera préconisé dans cette fonction et le Parc Léopold est tombé en désuétude comme un sous-ensemble.

La Bibliothèque Solvay était un des plus impressionnants exemples d'Eclectisme de Belgique. Elle date de 1902. Comme ancien institut de Sociologie, l'immeuble était devenu la proie du vandalisme alors qu'il contenait un riche décor de bois précieux, de mosaïques et de vitraux.

Puisqu'on parle de Solvay, une parenthèse. Il y a actuellement le siège social de la société Solvay qui se cherche une restructuration de ses locaux. Transformés, cela ferait quelques 50.000 m2 de surface à échanger de fonctionnalité. Un investissement qui s'élèverait à 100 millions d'euros.

En continuer la visite dans le Parc, il y a aussi l'Institut dentaire de George Eastman, véritable curiosité architecturale en art déco. Curieux, vous direz-vous. Oui, c'est bien lui, le même Eastman qui lança le premier appareil photographique sous la marque Kodak. Le bâtiment fut un ex-institut d'hygiène qui permit de soigner des enfants défavorisés.

Cela ne s'invente pas.

Le Lycée Emile Jacqmin, fondé en 1922, fut consacré à la Chimie et à la Physique. Le grand Conseil de prestige date de 1927 sur le thème des électrons et des photons pour y discuter de la mécanique quantique. Y étaient présents entre autres:  A. Einstein, M. Curie, M. Planck, H. Poincaré, H. Lorentz, N. Bohr ou encore E. Schrödinger. Sur les 29 participants, 17 ont reçu le Prix Nobel.

Einstein, sceptique au sujet des principes de l'incertitude d'Heisenberg lança alors:

- Dieu ne joue pas aux dés. (« Gott würfelt nicht »), pour marquer son opposition à l’interprétation probabiliste de la physique quantique.

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- Qui êtes-vous Albert Einstein pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ?, répondit Niels Bohr.

Ben, oui, il a ses caprices, Dieu.

Et, ils ont toujours raisons, les Dieux.

Parlementer dans le forum d'un Parlamentarium européen, mène à tout, fait parler de tout, au delà de son espace et hors de son temps...

Tout cela en photographies, c'est ici

 

L'enfoiré,

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Mise à jour 23 mars 2012: Le take-up en bureaux pour 2011, avec 350.000 m2, était déjà inférieur à celui de 2010 de 30%. Les entreprises doivent réduire leurs coûts et le déménagment coût cher. En 2012, on espère garder le statu quo. Mais comme, on a construit relativment peu vue les prêts qui sont devenus parcimonieux...


 


 

Citations:

  • "Les choses ne sont pas bonnes parce qu’elles sont anciennes; elles sont anciennes parce qu’elles sont bonnes.", André Toulouse
  • «Tout ce qu’il faut pour faire une comédie c’est un parc, un policier et une jolie fille.», Charlie Chaplin
  • «Qui aime l'arbre aime la branche.», Proverbe français

10/12/2011

La Russie, un pays à la mode?

Hélène Carrère d’Encausse dans un ouvrage, « La Russie entre deux mondes » voit le besoin de respect des institutions en Russie. La démocratie est en crise dans notre civilisation occidentale. La Russie, précédemment l'URSS, a toujours été dans un bloc de l'opposition. Un gros morceau dans l'Europe géographique. Quid, dans la Russie d'aujourd'hui? 

0.jpgLa Russie a élu son nouveau parlement législatif. Les élections étaient sous tension. Scrutin test pour Poutine et pour le parti "Russie Unie".

Les résultats tombèrent et ce furent 48,5% pour le parti au lieu des 2/3 précédents. Une chute de 15 points, tout en gardant la majorité absolue.

Une farce pour certains? Une élection sanction. Cela rappelle les pays qui ont dans leurs cartes, la démocratie. Une ostalgie qui a commencé à remettre les communistes en selle? 

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Nostalgie à l'anniversaire de la chute de l'URSS pour des jeunes d'une vingtaine d'années. Le filet à provision, le boulier, le kéfir, le papier journal toujours à disposition, le radiototchka, ... Le rêve d'un monde merveilleux de l'URSS, mais une démocratie avec la carte du parti unique...

Alors une démocratie réelle, aujourd'hui?
Les
manifestations se sont poursuivies avec des
calicots qui criaient "Poutine, voleur". "Entachée de violations fréquentes de la procédure" selon la formule officielle. Des fraudes qui seraient constatées dans les urnes. C'est surtout l'arbitraire du régime qui pourrait être contesté. Quinze ans de présence de Poutine au pouvoir. 

L'année 2012 sera l'année de l'élection présidentielle. Une "terrible" année que celle de 2012 en nombre d'élections de par le monde. 

D'après Hélène Carrère d’Encausse, à 75 % de la société russe, admire le travail de Poutine et aurait souhaité qu’il resta à la présidence plus longtemps que ses mandats lui permettaient. Mais, une démocratie à l’occidentale avec les droits de l’homme associés ne serait pas la préférée.

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A l'opposé de cette vision, il y a celle de Virginie Raisson, l'auteure de "2033 Atlas des futurs du mondes" qui décrivait l'évolution de la planète dans les deux décennies à venir. "En 2033, la monde sera celui de notre choix", à notre mesure, pensait-elle. La démographie capricieuse, l'urbanisation galopante et l'absence de gouvernance globale (extraits) lui faisait penser que dans une Russie du futur, la démocratie ne pourrait être qu'une utopie ou qu'une prise du pouvoir non démocratique.

En Occident, le tandem que Poutine forme avec le président Medvedev, donne l’impression d’un jeu de rôles entre le méchant et le gentil.

Tous deux de Saint-Pétersbourg, une des villes les plus ouvertes à l’Occident, ils étaient proches de son ancien maire, Anatoli Sobtchak qui avait un esprit occidental. Ils ont été ses protégés.

Parallèlement, Vladimir Poutine est passé par le FSB (anciennement le KGB) et s’était adonné notamment à l’espionnage industriel en Allemagne.

Dimitri Medvedev, lui, a fait une carrière d’administrateur, tout à fait différente. Treize ans de différence d’âge entre les deux hommes n'est pas peu pour une période de transition. Mais ils ont gardé en commun un sens profond de leur identité russe, attachée au sol, avec un ensemble de références morales, historiques et spirituelles.

Patriotes, serviteurs de la patrie russe, croyants liée à la foi orthodoxe.

Au gratin de l'économie mondiale de Davos, sans les événements de Moscou, c'était Medvedev qui aurait dû prononcer le discours inaugural.

Quand, en 2000, Vladimir Poutine a pris la présidence, il s'était trouvé face à un pays en pleine décomposition. Il avait mis l’accent sur la puissance, alors que Dimitri Medvedev a pris, en main, un pays reconstruit, avec l’enjeu de la modernisation. Poutine a une vision de la démocratie au niveau institutionnel, de celle qui à partir de là, pensent que les gens peuvent être éduqués en tenant compte de leurs propres contraintes intérieures.

Poutine en tant que Premier ministre travaille à l’économie et aux relations internationales pendant que Medvedev, comme président, s’appuie sur les projets modernisateurs et la lutte contre les grands fléaux de la corruption. Pour l’élection en mars 2012, l’un et l’autre affirment ne pas vouloir de conflit ouvert. Pourtant, dans les situations de crises comme lors des attentats, que l'un gagnera des points sur l'autre.

Pacte de non-agression, pendant lequel chacun à son tour, roque sa place comme Roi et laisse la Reine agir.

Alexei Kudrin, le ministre des finances, avait fait obstruction à ce jeu d'échecs, il fut congédié. Pour les élections de 2012, tout est réglé. Mascarade de démocratie? Pas de possibilité de briquer 3 mandats de Président, pas de problème, on patiente. Après le népotisme, voici l'échangisme en carrousel. "Nous avons tout prévu, il y a quelques années", avoue Poutine. Medvedev défend Poutine et annonce qu'il ne serait pas le même.

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Super-Poutine, comme héros de la com', il ne manque pas de parfaire son image à coups d'exploits, comme un Schwartzenheger, sauveur à l'américaine. Il semble vouloir accomplir, un à un, ses rêves de gosse comme un découvreur d'amphores, un pilote de Canadair ou de Formule 1, et cela sans faire semblant de faire du cinéma glamour. (extrait du Vif-l'Express 7/10/2011)

Comme un maître du temps, il abolit, dernièrement, par décret, deux des neufs fuseaux horaires du territoire russe.

On s'en fout, un macho-viril, les Russes aiment. 0.jpg

Ses échecs sont camouflés comme le fut le naufrage du sous-marin Koursk. 

Un pays qui a la plus vaste étendue géographique de la planète et compte 150 millions d’habitants ne se gouverne pas comme un petit État. Il faut tenir compte, en même temps, de la pesanteur de l’ancien système communiste, du célèbre KGB. Les régions disposent d’une certaine autonomie mais, depuis 2005, les gouverneurs des régions ne sont plus élus mais désignés par le président.

Premier producteur d'hydrocarbure, la Russie peut se permettre de fermer les yeux sur les inégalités sociales. Personne à l'ouest n'oserait le lui reprocher. Alors pourquoi se gêner?

Nina Bachkatov, spécialiste de la Russie en Belgique, invitée par notre radio en janvier 2010. Elle parlait, ce jour-là, de l'Ukraine, de la situation en Russie... Elle se montrait optimiste tout en exprimant la dégression de la popularité de Poutine.

L'attentat dans l'aéroport de Moscou, celui de mars 2010 dans le métro ou la prise d'otages de Beslan, rappelaient que la Russie était un pays qui reste sécuritaire par obligation. Peu importe les origines supposées, caucasienne djihaddiste, qui relèvent plus de la politique extérieure. Le Dagestan est une poudrière en permanence et Moscou en est loin pour s'en rendre compte.

La sécurité a un prix. Pris au dépourvu, les dirigeants ont augmenté la sécurité et baisser les niveaux de certaines libertés. Une nouvelle haine de ce qui n'est pas russe, pourrait prendre des idées nationalistes même si la logique indépendantiste est dépassée.  

On lit depuis "Made in Russia", mais ce que la Russie exporte à l'Ouest n'est pas toujours en ligne avec ce qui se passe en interne. Les clichés se trimbalent par l'intermédiaire d'Internet.

L'époque de l'URSS avec ses mensonges par omissions, est-elle révolue?

Le blogueur français, Alexandre Latsa, vit en Russie avec un blog au titre générique de "Un autre regard sur la Russie".

0.jpgSa phrase de départ était assez explicite "Pour beaucoup de Français  et pour beaucoup d’européens de l’ouest, la Russie reste un pays méconnu, voire inquiétant et dont beaucoup doutent de la capacité à devenir "moderne, européen et stable", sur le modèle imaginé par les démocraties occidentales. La crise économique dans les pays occidentaux à secoué ceux qui avaient ces préjugés, et les perspectives économiques paraissent aujourd’hui plus attrayantes en Russie que dans nombre de pays d’Europe de l’ouest. On commence à s’en rendre compte et de plus, l’objectif primordial pour la Russie de s’ouvrir sur le monde devient de plus en plus lisible et crédible.".

Les articles d'Alexandre permettaient de se mettre dans l'ambiance avec une vision par l'intérieur du pays.    0.jpg

"Ce sera donc Vladimir" à l'ouest, on parle de la collusion entre Poutine et Medvedev, la solidité du tandem suite à une amitié ancienne. Est-ce tromper l'esprit de la démocratie?

"Rostov la douce" du tourisme pour décompresser de Moscou.

"Le projet fou de tunnel sous Béring" A se demander qui en tirera le plus d'avantages, les États-Unis ou la Russie?

"Le 21ème siècle de l'Arctique" Avec des règlementations internationales équilibrées?

"Révolution arabes diplomatie 2.0" Le 4 octobre, la Russie et la Chine avaient opposé leur véto contre l'idée de mettre la Syrie sous pression pour assurer la protection de la population syrienne. Ce qui se cache en dessous des cartes est cette fois plus clair. Alors que les Tunisiens se préparaient en premiers élections libres, les Syriens en sont encore à tomber sous les coups d'une brutale répression. A New York, rien ne devrait vraiment changer après ce refus. La formation du "Conseil national syrien" regroupant les opposants de diverses croyances et communautés. Principales tendances de l'opposition nationaliste, libérale et islamiste, comme militants de terrain s'ajoutaient aux représentants des communautés kurdes et assyriennes, probablement poussé dans le dos par Washington.

"Où vont les touristes russes?" Les grandes v0.jpgilles se vident. Les Russes cherchent le soleil en bord de mer pour sa chaleur et sa lumière. La Turquie, l'Egypte, la Chine, la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, alors que la Russie n'est pas prisée par les étrangers... dus aux prix élevés des hôtels de luxe à l'occidental. 

"Affaire Breivik, la piste russe" Fantasme? Vu les attentats de Moscou et en Tchétchenne, manque de multiculturalisme? L'extrême-doite aurait-elle disparu en Russie?

"Politique et érotisme" Poutine, émule de Berlusconi, de DSK ou autres?

"Réconciliations nationales" Les républiques de l'ancien URSS, deviennent-elles des compétiteurs mal famés?

"Des émigrants fantômes" La mafia russe n'est pas un mythe. Elle a certainement intérêt à émigrer. Vivre à l'Ouest reste cher pour un Russe moyen. Il existe à Moscou, une jeunesse russe riche qui s'amuse dans les dancing de Moscou.

Son dernier opus "Le mouvement prométhéen?" Le Caucase est aujourd’hui et a toujours été un objectif géopolitique prioritaire, pour la Russie comme pour les occidentaux. Dès la première partie du 19ème siècle, pendant que le grand jeu faisait rage en Asie centrale (pour aboutir notamment à la création de l’Afghanistan), l’Angleterre avait bien compris l’importance et la menace pour elle des récentes conquêtes russes aux dépens de l’empire Ottoman dans la région du Caucase".

Je n'ai été ni en Chine, ni en Russie. Deux pays immenses avec ethnies très différentes. Tous deux ont des cadavres dans les placards avec des régimes dictatoriaux tandis que les pays occidentaux cachent leurs casseroles au pied sous le couvert de la démocratie.
 
Que voit t-on de la Russie, par ici, dans les grandes villes occidentales?
Des Russes qui font leur shopping dans les magasins de luxe et fréquentent les hôtels de la même catégorie avec une certaine arrogance non dissimulée et à la limite de la bienseillance.

C'est clair, la Russie a décidé d'entreprendre une marche vers le modernisme libéral. Cela se sait et se ressent à l'Ouest, toujours en quête de faire fructifier leurs investissements. Alors, les commerçants n'y font pas la fine bouche. 

0.jpgLa Russie, est-elle encline à entrer, un jour, dans l'Europe et sa CE? La question n'est pas posée en ces termes. Elle fait cavalière seule. Elle a peut-être raison en fonction des derniers événements et quand on se pose la question si les Britanniques y ont encore leur place.

Comme lourd héritage, la Russie est toujours à la recherche de redonner sa grandeur passée du temps de l'URSS, en manque de réformes structurelles. L'histoire va-t-elle reconstruire cette Russie pour la nième fois, en mieux? L'histoire russe est pleine de rebondissements souvent liés à l'Europe.

Entre autres, la création de la Russie d'Europe date de l'époque des Tatars avec la Horde d'OrLa Grande Catherine II, avec Odessa et la Pologne modernisait le pays à la mode européenne. L'opposition est-ouest, en bloc, pendant la guerre froide a cassé cette tentative de rapprochement.


Dans des informations financières récentes, on pouvait y lire:0.jpg
  1. Un potentiel significatif de rattrapage pour la Bourse russe sous-valorisée, malgré la hausse de l'indice RTS en valeur absolue depuis le creux de 2008-2009. Le marché russe reste l'un des moins cher de la planète finance.

  2. La Russie bénéficie du boom des prix des matière qui s'envolent depuis des mois. Gros producteur du palladium, du platine, de pétrole, de blé et de gaz... notamment. Le monde selon Gazprom.

  3. Des milliards vont être investis tous azimuts par Medvedev, dans l'industrie, les services et l'infrastructure du pays.

  4. Jeux politiques, corruption, abus de biens sociaux, expropriation des actionnaires privés... ont fait fuir les capitaux étrangers de Russie. Un "vent de moralisation" semble souffler sur la Bourse russe.

0.jpgLa Russie, en mutation, a rejoint le club des pays qui suivent l'idéologie du progrès à l'occidentale, ce qui fait que tout reste tourner autour de la finance, du fric, de la croissance à tout crains. Medvedev y voit deux ombres au tableau: l'inflation et la fuite des capitaux. L'attraction vis-à-vis de cette Europe reste entière et la Croatie se présente  à sa porte lors du dernier sommet de la CE comme carotte des Balkans.

Comme Wiki le dit, la Banque d'Etat de l'Empire russe était la principale banque de l'Empire russe de 1860 à 1917. La banque est considérée comme le prédécesseur de la Banque Centrale de la Fédération de Russie qui fait aujourd'hui office de banque centrale en Russie. La continuité est assurée. Elle est le principal régulateur du système bancaire russe. Elle est responsable de l'octroi des licences aux nouveaux établissements bancaires et définit les principes de gestion et les normes comptables du système bancaire russe. La BCR est un prêteur de dernier recours aux établissements financiers.

Parler de la Russie comme partie des BRIC?

Il vaut mieux la définir comme puissance "ré-émergente" dans une "paix froide" qui n'a pas perdu son autoritarisme susceptible de mettre à mal les libertés publiques.

Lundi dernier, Standard & Poor's sortait son bazooka. Il envisageait de dégrader les notes de 15 pays d'un coup de plume. Tous sous surveillance. Six pays considérés comme AAA compris. Après l'effet "papillon", voici, l'effet "mammouth".1.jpg

A part UK, Danemark, Suède, Suisse, Norvège, Australie, Canada et Singapour, tous se retrouvent en sursis de dégradation. En cause, le manque d'union politique, économique et fiscal.

Une réponse systémique était demandée et ce furent des augmentations de la discipline domme au bon vieux temps du serpent monétaire et un peu les choquottes dans le rétroviseur du temps en pensant à seulement devoir travailler pour être libre.

Mais, bon... la Russie, elle, a déjà donné. Enfin presque... Si elle est déjà en zone BBB, sa notation dépend de paramètres plus flexibles.

Rien de nouveau sous le soleil ni à son levé, ni à son couché.

Depuis l'annonce du 24 septembre, le suspense n'existe plus. Comme des frères de sang, ce n'est plus le réformiste Medvédev, contre le conservateur, Poutine. Ils se retrouvent en alternance aux postes principaux.

Comme la réforme de la constitution a élargi le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, on aurait Poutine au sommet depuis 2000 jusqu'en 2024.

Une fin de mandat à 71 ans? On n'est pas encore dans le pays de Ronald Reagan mais un portrait satirique de lui, vieilli, en Camarade Vladimir, a fait du buzz sur la Toile russe.

0.jpgLe Poutine "inoxydable" n'aurait aucune doute de gagner les élections en 2012 et Medvédev deviendrait, ainsi, premier ministre...

Le procédé de l'homme fort, du parti unique, permet toujours d'accélérer les décisions, avant de dégénérer en fin du processus.

Toujours est-il que s'il y a un nouveau mandat, il serait plus contesté que le précédent.

Quelle force se présenterait en opposition? Une génération apolitique pourrait-elle s'y installer?

Lundi dernier, le Russe Alexei Navalny vient d’être condamné à 15 jours de prison pour avoir « fait obstacle » à la police tandis que des milliers de Moscovites manifestaient dans les rues de la capitale russe. On se rappelle de Anna Politskovskaïa. L'enquête sur son assassinat a été close en juin 2008 par la mise en examen de quatre suspects, dont trois originaires de Tchétchénie et un officier du FSB. 0.jpg

"Sergueï Magnitski, l'argent, l'Etat, la mort" est le titre d'un article du jour.

Le Kiosque de TV5Monde en parle longuement (de 30:00 à 54:00)
C'est aussi le "C'est il y a" qui reprend le 20ème anniversaire de la disparition de l'URSS (le 8 décembre 1991).

Le 10 octobre dernier, Mikhael Gorbatchev, le mal-aimé dans son pays, était nommé Docteur Honoris Causa à l'ULg de Liège. Il répondait à une interview et disait qu'il n'appréciait pas le ping-pong à la tête de la Russie. La Russie, pour lui, est en transition entre un état totalitaire et une démocratie. Les oligarques ont déjà confisqué les richesses du pays. Santé et éducation étaient garantis du temps de l'URSS. 0.jpgCe n'est plus le cas puisque tout se paie cher. La consommation et la surconsommation sont les erreurs du capitalisme et l'Europe a tort de nous regarder de haut et de travailler trop lentement. La société russe va résister. Poutine pourrait initier le changement, dès mars 2012, mais j'y crois peu. Il viole l'esprit de la Constitution en se présentant une 3ème fois à la présidence. Aujourd'hui, les postes s'achètent.   

Après un printemps arabe, un hiver russe plus doux que d'habitude?

Et pour les Agences de notation, sera-ce, à nouveau, "A vos marques"?

Non, vraiment, longue vie à la Russie et à son président, qui a tout compris de la com dans un pays tout à fait à la mode de chez nous.

 

L'enfoiré,


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PS: Le légendaire Orient-Express reprend du service après 20 ans d'arrêt. Le train classe luxe est parti le 12 décembre de Moscou, a fait une escale à Berlin pour arriver à Paris le lendemain soir après un trajet tout confort de 38 heures. Prix entre 330 et 1050 euros pour un aller simple. Vladimir Iakounine était content. Toutes les places avaient été vendues.

 

Citations:

  • "La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid.", Salvador Dali
  • "La tragédie russe a ceci de spécifique que d'abord elle suscite le rire, ensuite l'horreur, et enfin une indifférence obtuse.", Alexandre Zinoviev
  • "Droit devant, c'est le sud : l'Afrique. A ma gauche, les Russes ; à ma droite les Amerloques. Les premiers crèvent de faim, les seconds d'envie et les troisièmes d'indigestion", Frédéric Beigbeder

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Mise à jour 30 août 2012: L'héritier du système KGB n'est plus intouchable. Poutine est devenu la cible de l'opposition par ses vices. L'opposition n'est plus une mascarade, elle s'organise. Boris Nemtsov a préparé un rapport à charge.
Le Bling Bling de Poutine qui lui a fait acquérir quelques 20 résidences, 43 avions, 15 hélicoptères, des yachts, des collections de montres... se trouvent dans ce rapport. 
Les Pussy Riot, Kasparov ne sont que le sommet de l'iceberg.


0.jpgMise à jour 06 avril 2013
: Réaction violente de Moscou à l'égard de l'Europe dans la crise chypriote ne fait que s'inscrire dans une campagne générale de dénigrement de l'Occident, menée par le président Poutine.
La jeunesse n'y croit guère, elle aime l'Europe mais garde un sentiment de fierté nationale viscéralement ancré. 
"This is Russia today" répondent les jeunes.
 

27/10/2011

Un peu de tout comme les fromages belges

Des semaines belges, lourdes en événements.0.jpg

A Bruxelles, en vrac, dans un tiercé dans le désordre qui n'en était plus un, il y a eu les indignés qui défilaient comme partout dans le monde avec le lendemain, le repos des guerriers en photos.

Dexia qui se cherche toujours une porte de sortie sans faillite en quête d'un nouveau nom et en fuite de son passé en dérappage incontrôlé. Date de création 1996. Rêve de mégafusions. Achats de Kempen, Labouchère, FSA, IMI. Crise financière, portefeuil d'actifs risqués. (cf "Le Bal des Vampires" Béatrice Delvaux)

ArcelorMittal mettait, au feu, la sidérurgie à Chaud et 10.000 personnes qui ne pouvaient plus le supporter y voyant une extention possible sinon certaine, dans le Froid. Des délocalisations, des mises à pied.

Des sommets de crises, bras de fer autour de la décote avec l'hémorragie grecque en background...

Dans la semaine, cela faisait cinq cents jours sans gouvernement. Mais, on voit la fin du tunnel, dit-on. Il faut dire que l'usure de l'info est bien présente, même si, depuis, on cherche le quidam ou les responsables, alors que on s'y perd parmi eux.

La Belgique avait mieux résisté à la crise que ses voisins. On se félicitait, c'était du cocorico en boîte.

"Please, no more comments... go ahead, please"

Puis, ce fut "bardaf" comme on dit chez nous. Les événements négatifs de ces deux dernières semaines nous apportaient vraiment des retours de flamme. 0.jpg"Net ralentissement de l'économie belge, trop dépendante de ses voisins", lisait-on, encore 'une fois', dans la presse financière. Après avoir raclé les fonds de tiroir, plus d'efforts supplémentaires, chez ceux qui faisaient du cocorico, un peu plus tôt.

0.jpgAlors, remontons le fil de l'histoire pour lui taquiner les "antérieurs". Il y a vingt ans, le BEL20 voyait le jour comme indice phare de cette économie. Créé dans un contexte de bouleversements de la Bourse de Bruxelles. Trop vétuste, celle-ci devait passer la main à l'électronique, avec le CATS, le Computer Assisted Trading System, comme outil de la modernité. Il y avait vingt valeurs dans ce BEL20 pour une valeur globale de 42 milliards d'euros. Aujourd'hui, il y a toujours vingt valeurs, mais ne subsistent que 4 sociétés belges parmi les 20 de départ. 

En cause pour tout, le pouvoir et l'argent. Faut pas chercher plus loin plus de responsables. Si, un peu, tout de même...

Si l'argent permet de structurer, de restructurer, de déstructurer pour chercher toujours plus rentable, ne pas se poser de question, c'est ne pas recevoir de réponses comme l'écrivait un rédacteur, documentariste. 

Sommes-nous des générations aux racines perdues sur une arche qui ne l'est pas moins?

Est-ce la Science qui se retrouve dans le collimateur par ce que d'autres en font?0.jpg

L'article "Quand la science produit un totalitarisme technologique et une industrie sociale" qu'écrivait un autre rédacteur qui dit être scientifique, philosophe et qui "écrit vain". Trinh XuanTuan disait "Je suis convaincu qu'on ne peut se satisfaire de de la seule science pour décrire le réel".

Le "Scientisme" est mis en avant dans un commentaire. C'est une idéologie qui est née au 19ème siècle, donc pas récent...

Avons-nous fait fausse route sur toute la ligne, depuis lors? 

Je m'amusais dans un autre article dans lequel le "Science et vie" se lançait dans une diatribe de "Incroyables vérités" censée tout expliquer, tout démontrer dans un absolu qui n'existe pas dans des situations réelles.

La fameuse "rupture numérique", qui aurait causé le malheur des hommes, alors? La réponse est mitigée.

On apprend que l'on va devoir travailler plus longtemps. Ce qui prouverait le contraire. Mais, problème, on continue à compter en analogique, même avec l'aide de la calculette numérique.

Dans "Avant-hier, aujourd'hui et après-demain", des acteurs du "drame" essayaient de planifier l'avenir.

Là, on brûlait sur le bûcher des espérances en manque d'imagination. La vision se limitait à des entités "sociétés commerciales", de moins en moins sociales et humaines, portées par le seul souci de faire du chiffre dans le privé mais aussi dans le public. Le calcul du PIB d'un pays doit être le plus élevé et se retrouver bien loin du Bonheur Intérieur Brut. Sans les hommes, pas de société et quand l'homme perd pied, il y a des soucis à se faire. 

0.jpgRetrouver ses racines, revenir sur ses bases, ses références devient sa principale alternative. Pas par nostalgie, mais par seule volonté de s'y retrouver dans le jeu de quilles qu'on lui propose ou, pire, qu'on lui impose sans discussions. Les indignés en sont une preuve chez les jeunes. Le fameux "Y a qu'à" a la vie dure. Des "vieux" leur lancent des invectives en les accusant de ne pas vouloir chercher du boulot de substitution. C'est oublier que l'investissement par les études, c'est aussi la société qui a apporté sa part. Le jeune a été programmé. Ce n'est pas pour qu'il y perde son latin et que la société trouve un manque à gagner avec lui. "The right man at the right place", diraient les anglophones qui ne veulent rien connaître du latin. 

Les "vieux" se rattachent à ce qu'ils ont vécu dans leur propre carrière comme référence, ce qu'ils ont appris, expérimenté et oublié. Les "jeunes", à leurs espoirs qu'ils ont apportés par opiniatreté dans les études. 

Pour le passé, il y avait le film, "Brassens, la mauvaise réputation" qui revenait sur la vie de Georges Brassens, jeune. Pas vraiment le paradis non plus, à cette époque. Mais il y avait un espoir dans le lendemain plus grand qu'aujourd'hui. La plupart de ses chansons se retrouvèrent dans toutes nos mémoires sans efforts. Trente ans après sa disparition "Brassens est en nous". Le film prend tout son sens avec ses "4 millions de téléspectateurs pour 15.1 % de part d’audience. Il s’agit du meilleur résultat de la saison pour une fiction française sur France 2 sur un public rajeuni, les 25-59 ans avec un score de 14 % de part d’audience".

Une conversation, le lendemain, se branchait sur les chansons de la même époque. Oui, c'était Gabin qui avait chanté "Je sais, qu'on ne sait jamais". Chanson à installer sous son oreiller pour la digérer par osmose.  0.jpg

Les repères, les certitudes manquent cruellement, encore plus aujourd'hui. Toujours en porte-à-faux, ce présent qui se cherche un futur. La science n'en est pas exempte. Une complexité exponentielle s'est ajoutée. 

Le progrès fait presque peur, pour certains, fait trembler d'autres. Un "Question à la Une" constatait que, grâce à la technologie, de plus en plus le consommateur bossait de plus en plus, sans s'en rendre compte, tout en prenant la place de quelqu'un d'autre. Mais on n'arrête pas le progrès, dit-on. On ne le consolide même pas. 

Les études techniques ou scientifiques ne font plus recette. Trop d'acquis de la connaissance, toujours remis en question, en fonction de l'argent sur la table des doléances.

Le projet Galiléo qui s'en souvenait encore? Prévu pour 2007. Le GPS américain, on avait fini par s'y faire. Lendemain de la programmation, envol réussi. Un opérateur-investisseur reste encore à trouver, on verra...

En technologie, le bras armé de la science, on parle de "fausse révolution", Steve Jobs a-t-il vraiment créé des Jobs? Apple est devenue la seconde plus grosse capitalisation boursière au monde et dans le même temps, elle a largement délocalisé sa production. En plus, s'il donnait les idées géniales, pour répondre à ses rêves, les plus fous, ce sont ses collaborateurs dans une chaîne de responsabilités qui les concrétisaient.

Un impression que tout va trop vite que tout fout le camp. On ne s'indigne pas uniquement pour une question d'argent mais du comment fonctionne le monde.  0.jpg
Les inégalités croissantes entre ceux qui savent et qui peuvent et ceux qui ignorent et qui ne pourraient pas.

Les anciens qui s'accrochent à leur bastion, leurs souvenirs, gagnés dans l'effort. Le mot "austérité" a remplacé le mot "croissance", lui qui monopolisait les espoirs dans le futur, pour les "vieux". Incompréhension de part et d'autre face au "système" qui les dépasse.

L'industrie de la transformation a dépassé la croissance nécessaire et diminué d'autant la main d’œuvre nécessaire. Les services sont le dernier ressort, après avoir délaissé successivement l'agriculture et l'industrie. "L'argent dort, mais pas là où on en a besoin. Le retour à la consommation est ainsi déprogrammé", concluait Stiglitz.

Rejeter le progrès en bloc, réinjecter des idées que l'on croyait repoussées dans les arcanes de l'histoire sous un amas de poussière et c'est quelques mages qui reprennent leur bâton de pèlerin et vont expliquer tout ce que vous voulez savoir sans jamais avoir osé le demander. Pas uniquement en économie, d'ailleurs.0.jpg

Le Vif apprenait que du 13 au 16 octobre, une campagne créationniste avait été organisée par le disciple, créationniste, Harun Yahya. Pour le dernier jour de cette campagne, l'entrée à l'hôtel Radisson Blu Royal, la distribution de livres, épuisés en quelques minutes et un lunch étaient offerts. "Frère" Ali Sadun Engin, venu de Turquie, au perchoir. Pour lui, deux seules hypothèses existent: soit l'homme a été créé par Dieu, soit l'homme est le résultat du hasard. Pas d'évolution dans la genèse de la vie. Pas de preuves puisque personne n'a apporté un fossile intermédiaire alors qu'il a offert 6 millions de dollars si quelqu'un lui en apportait. Le diable s'amuserait ainsi avec l'humanité depuis 150 ans! Le public, séduit, convaincu, n'a pas suscité de polémiques.

0.jpgLe savoir est-il dangereux?

Question digne de l'Harakiri, "bête et méchante".

Voilà que le dernier "Science et Vie" utilise le même vocabulaire. En page de garde, "La matière va parler. C'est l'heure de vérité pour la "particule de Dieu".

Si on commence à mélanger les genres, on risque de se retrouver à nager entre deux eaux saumâtres.

Le LHC, c'est lui qui va tout révéler. Trouvera-il le boson de Higgs, en trouvera-t-il un "exotique" ou ne trouvera-t-il rien du tout? Suspense plus que fébrile. A chaque option, correspond déjà une réponse et une marche à suivre. 

Quelle importance, d'ailleurs, si on peut en tirer quelque chose qui n'indigne pas et qui enracinera le savoir, sans même le dire avec humour, comme je l'ai fait (car la science n'est pas que sérieuse).

Mais j'oubliais. Nous avons eu aussi Lagardere et Jade à Bruxelles. Le but, la présentation du livre «Comment soigner mon enfant dans l’urgence?» et pour promouvoir le numéro d'urgence 112. Arnaud, lui, dit qu'il va là où elle va! Laurence Bibot rappelait qu'il faut garder l'humour avec le goût d'un café serré dans ces cas. 0.jpg

Puis il y a, en cherchant bien, quelques lueurs d'espoir dans l'horizon lointain et on arrive à espérer.

Le régime dictatorial de Kadhafi qui se termine dans la liesse, après 42 années. Des parallèles chez les voisins après le printemps arabe qui devient un automne en rodage. L'islam qui leur montre un chemin et qui donne parfois de bonnes surprises avec les banques islamiques qui n'ont pas été touchées par les crises monétaires, avec des émetteurs d’obligations islamiques qui se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran et se refusent d’investir dans les fonds reliés au tabac, à l’alcool et au jeu. Pas de Coran alternatif puisque juste après, on apprenait que l'on retournait à la charia comme loi sans partage. Retour à une case de départ non désirée.

L'ETA qui annonce "l'arrêt définitif de son activité armée" après 40 ans. Qu'est-ce que cela cache? Une action encore plus ciblée ou une fusion d'esprit avec les indignés?

L'Europe trouvait un nouvel accord au finish. La zone euro s'est réveillée sous un soleil prudent, était-il dit. Vous avez déjà vu un soleil prudent? On a surtout compris ce que peut-être "l'argent du beurre" qui disait que "L’imbrication des marchés mondiaux est telle qu'anéantir un bloc concurrent se traduirait par la perte de clients potentiels importants pour sa propre survie et l'ignorer produirait son propre étouffement à courte échéance.". Et, il n'y a personne qui aime perdre des plumes dans leur vol d'Icare.0.jpg

L'enfer est toujours pavé de très bonnes intentions qu'on y perdrait son latin pour moins que ça.

Pour couronner nos envies de croissance, on apprend qu'à la fin du mois, nous serons 7 milliards sur notre planète.

0.jpgEt puis, en plus léger, mais qui réconcilie le passé avec la technologie d'aujourd'hui: le film "Tintin et le secret de la licorne". Tintin revient à Bruxelles, en 3D et, en plus, réalisé par Spielberg, himself. Réussite de la technologie, qui fait revivre un personnage de la jeunesse des anciens qui ont "entre 7 et 77 ans". Hambergurisé, notre Tintin?

Tout le gratin était là sur la Place de Brouckere pour l'occasion. Les voitures, copies des albums de Tintin, pour la matinée et le film vu par des tintinophiles dans l'après-midi. Célébration d'une passion de trente ans entre Tintin et Spielberg. "Hergé faisait du cinéma sans caméra", disait ce dernier. (à lire "Hergé Spielberg Quand deux univers se rencontrent" de Laurent Malbrunot).

Réalisé en "motion capture", c'est-à-dire avec des interprètes bien réels qui jouent leur rôle, mais dont les mouvements seront récupérés et numérisés en film. Malgré une appréhension toute légitime, l'esprit d'Hergé, la psychologie des personnages ont été conservés, disent les critiques. 0.jpg

ARTE se remettait sur les traces de Tintin au Pérou, au Tibet, au pays du Lotus bleu, des Cigares du Pharaon ou face au Crabe aux Pinces d'Or au départ de Bruxelles, avec des images de l'album intégrées dans les paysages naturels et la vie de tous les jours. Tintin, a-t-il reçu un coup de jeune ou un coup de Jarnac? Ce seront les nouveaux jeunes et pas les anciens qui auront le dernier mot.

Un rappel que la Bande dessine toujours sur tous les murs de Bruxelles.

Voilà une preuve que l'évolution avec les techniques d'aujourd'hui, peut garder un coup d’œil dans le rétroviseur et mettre tout le monde d'accord.    

Tout ces événements que je viens de raconter, n'ont aucun rapport entre eux, vous allez dire. Et vous aurez raison.

Mais cherchez bien, tout de même, on ne sait jamais.

0.jpgComme l'écrivait Bill Bryson au sujet des Sciences, c'est "Une histoire de tout ou presque", dans lequel il écrit dans sa préface "Pour moi, la science était à l'école un sujet distant et inexpliqué. Les livres d'écoles et les professeurs n'ont jamais éveillé en moi le gout de la connaissance, principalement car ils ne traitaient jamais des pourquois, des comments et des quands.".

Pour Milou, déterminer le sexe des anges, c'est Tintin. On a peut-être besoin d'un Tintin reporter, remasterisé, un peu Sherlock Holmes, pour expliquer tout cela.

Cette journée de samedi avec Bruxelles en fête, en quelques photos, c'est ici. Mais ce ne sont que le millième de ce qu'ont enregistré les appareils numériques toujours en 2D. 

Mais, pas la peine d'en faire un fromage.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Il ne suffit pas d'engranger les récoltes du savoir, du savoir-faire, ni de vendanger les fruits du savoir-être et du savoir-devenir, encore faut il accepter de les offrir pour s'agrandir ensemble.",Jacques Salomé
  • "L'indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne.", Stendhal
  • "La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné", Duc de Lévis
  • "Tintin a changé de pantalon après 45 ans. Espérons qu'il a plus souvent changé de chaussettes", Geluck
  • "La Belgique? C'est le pays le plus bizarre de la planète", Amlie Nothomb

 

29/07/2011

Un nouvel ordre mondial?

Un dossier de l'Echo énumérait les enjeux d'une révolution appelée "Le nouvel Ordre mondial". Chaque joueur y tente de conquérir le monde. L'Oncle Sam n'est plus seul à décider du monde. Il doit s'arranger avec des concurrents tout aussi peu conciliants. Dans cette partie d'échecs, trois parties: la technologie, l'énergie et l'économie. La technologie dans les domaines militaires, le spatial et l'Internet. L'énergie par la conquête des ressources naturelles, fossiles ou durables. L'économie, comme moelle épinière, avec ses propres règles spécifiques, souvent non standardisés, non solidaires qui se cachent derrière les sourires coincés, affichés lors des G8 ou G20.

1.jpg La technologie (Entre la bêche et le semi-conducteur):

La technologie a influencé tous les domaines de l'ordre mondial, lisais-je. C'est peu dire.

Une anecdote raconte que, le 28 mars 2011, une femme géorgienne âgée avait sectionné, par inadvertance, un câble de fibre optique avec sa bêche. On l'appellera la "hackeuse à la bêche". Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie étaient privées partiellement de connexion internet.

Le virtuel s'est substitué au réel. Intimement lié, le Web a imité la rue qui renvoyait, à son tour, l'ombre du Web. La guerre du réel se retrouve dans une cyberguerre. Les pirates du virtuels se sont cachés derrière des pseudonymes d'Anonymous et prennent une nouvelle forme de guerre dans laquelle tous les coups sont permis. Le "business model" du piratage reste lucratif comme dans le monde du réel en Somalie. La sécurité des données du Web est un mythe dans lequel le citoyen espère qu'il sera ne sera pas impliqué. Pas de paranoïa, tous comme les logiciels, les circuits intégrés peuvent très bien être des "kill switches" insérés par ceux qui les construisent.   

La sécurité absolue, c'est se retirer d'Internet, tirer la prise de l'électricité du PC, ensuite. Tout est susceptible d'être piraté sur la Toile. Plus, il y a de consommateurs, plus il y aura de chance d'attirer les pirates.

1.jpgLe "hackisme" est plus qu'un sport de jeunes. Le vol de données est un business de groupes organisés car les données ont une valeur intrinsèque revendable.

Wikileaks attaqué et ce sont les réseaux qui se retrouvent bloqués par des envois concentrés vers leurs sites en provenance de commandos anonymes. 1.jpg

Personne ne connait le nombre de PC infectés par des virus et qui deviennent des zombies, des "botnets", à l'insu de ses utilisateurs. Les antivirus agissent rétroactivement.

Si, en réel, le réseau Facebook correspondait à un pays avec 500 millions d'utilisateurs qui devenaient des habitants de ce pays, il représenterait 7,2% de la population mondiale, l'équivalent de l'Union européenne, 4,5% pour les Etats-Unis, 17,5% pour l'Inde et 19,27% pour la Chine. Est-ce grave? La force réside dans son audience qui le rend presque invincible et, en même temps, indispensable pour la stratégie commerciale et privée de la population. La frontière entre privé et public, en est devenue ténue. Pourtant, Facebook a ses propres règles d'utilisation, décrites dans leurs propres règles,  qui ne respectent pas totalement les règles démocratiques. Jouer au dictateur devient, ainsi, tout à fait possible par rapport à une législation nationale. A quand le drapeau Facebook?

Un bug de l'informatique à l'école? La « fracture numérique » se situe moins au niveau de l'accès aux TIC (technologies de l'information et de la communication) que dans l'usage qui en est fait » était-il constaté. 

Au niveau militaire, la technologie a pris des allures en dents de scie, réactive comme le sont des pompiers à la suite de drames.

L'Angleterre était la reine sur les mers du monde. Pour des raisons de rationalisation, d'austérité, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le porte-avion "Ark Royal" sur lequel décollaient les Harriers en décollage vertical, a été mis au rancart. Cette tendance s'est propagée en Europe qui compte sur l'OTAN pour sa sécurité. 0.jpgLa Chine est en expansion dans le monde mais aussi, dans le domaine militaire "Made in China", comme symbole de puissance et surtout pour restreindre le déploiement des forces étrangères. Le budget militaire de la Chine ne dépasse pas le 5ème des dépenses militaires américaines, mais elle se perfectionne.1.jpg 

La course à l'espace est en panne de rêves aux États-Unis. Les navettes prennent place dans les Musées. L'aventure s'est révélée trop coûteuse. Le déficit budgétaire a atteint la limite autorisée des 1.400 milliards de dollars. Les Républicains s'opposent à augmenter les plafonds de la dette américaine.

Dans ce tourbillon de nouvelles "pompiers", les grands projets futurs se décident sans enthousiasme.

Dans Communauté européenne, l'ESA devra donner un meilleur rapport qualité-prix que la NASA si elle veut continuer. Pas d'ambitions exagérées. Galileo et GMES comme programmes essentiels. Un lien artificiel entre le public et le privé est devenu la seule collaboration pour continuer encore.

1.jpgLa Russie a décidé de travailler en collaboration entre partenaires. Attentiste.

L'Inde n'a pas ce souci de fierté nationale et poursuit des objectifs utiles d'observations de la Terre.

On joue pourtant au stratego spatial en Chine qui reste cavalier seul, fierté nationale oblige, dans un processus de rattrapage avec le projet de sa propre station orbitale.  Jusque quand? 

Les autres s'organisent.

"The Carlyle Group" est un réseau politique qui investit dans les technologies à finalité militaire. Il s'est vu détrôné par la crise au profit de Goldman Sachs. 

Yassou (traduction "salut") disait Zorba le Grec, en dansant, le sourire aux lèvres. Il est vrai que, ces derniers temps, on ne danse plus, en Grèce. On ne fait plus que compter et on rit jaune. Et ce n'est pas à cause de Michael Cacoyannis, son réalisateur, qui vient de mourir et dont on ne se souvenait même plus du nom.

Non, vraiment, pas  d'OVNI sous le soleil. Objets Vivifiants Non Identifiés, s'entend.

 

L'énergie (Métaux rares et courbettes diplomatiques):

Une autre anecdote: Juillet 2009, l'Australien Stern Hu est accusé d'espionnage et de pots-de-vin en Chine. Dans ce pays, on ne rigole pas du tout avec cela. On "liquide" les fautifs. Orage diplomatique entre les deux pays. Il s'agit d'un échange de "bons procédés". Rio Tinto a mis des bâtons dans les roues du "numéro un chinois" de l'aluminium, Chinalco. Pas question d'entrer dans le conseil d'administration en augmentant son actionnariat. Le comble: le chinois "Minmetals", avec ses mines de cuivre et d'or et "Lynas Corp", actif dans les métaux rares, sont repoussés vers la sortie. C'est décidé, on ne vendra pas de steaks de kangourou en Chine, cette année-là... L'année suivante, le Premier australien faisait une visite en Chine: "Notre relation avec la Chine est en bonne forme", disait-il ensuite, sans rire, devant les journalistes. Pensait-il à la même chose?

L'énergie des hommes est confrontée aux matières premières et à la fuite de leurs politiques.

Désormais, les matières premières dessinent le monde en permanence en fonction de leurs disponibilités.

L'histoire du pétrole, Eric Laurent en avait parlé en détail dans la "Face cachée du pétrole". C'est presque de l'histoire ancienne comme des fossiles vivants dans les mains de paléontologues.1.jpg

Le directeur général adjoint de GDF Suez, Dirk Beuwsart affirmait "Le passage à l'énergie durable est une illusion. Les prévisions de la demande énergétique devrait doubler d'ici 2050. Tout dépend toujours des quantités disponibles et du coût d'exploitation. L'Europe n'a pas développé une politique d'approvisionnement énergétique avec une petite chance par le gaz. Une grande partie des ressources sont concentrés dans un nombre limité de régions". Ce qui devait avoir fait sortir les écologistes de leurs gongs. Mais cela pourrait faire frémir les consciencieux de l'avenir .  

Le Groenland, un eldorado inexploité? S'il n'y avait les conditions extrêmes de ce continent glacé et donc le prix pour l'exploiter. L'Islande avec ses volcans, un autre eldorado. "Le réchauffement climatique met à jour de nouvelles opportunités", dit "Hudson Resources".  Mais, est-on prêt à tout sacrifier, joyeux des désastres de nos méfaits? Entre temps, le réchauffement climatique n'a pas encore dit son dernier mot. Heureusement, jusqu'à présent, l'Antarctique a réussi à se préserver de trop de perversions des États.

La fameuse "révolution des gaz de schistes" fait beaucoup parler d'elle. Des gaz emprisonnés dans des roches schisteuses mieux répartis que les autres hydrocarbures. Entre 2.400 et 11.000 milliards de m3 présents, rien que dans le sous-sol néerlandais. Le problème, c'est la technique pour aller le pomper entre 1000 à 2000 mètres, puis à l'horizontale au travers d'argile et la pollution qui apporte une menace pour l'environnement. Le film "Gasland" l'explique. La Pologne, l'Estonie seraient pourtant, les plus pressées pour se lancer dans l'aventure. C'est devenu une nouvelle histoire d'eau dans le gaz, qui passerait du figuré au réel, via la politique.

L'alimentation a généré la ruée vers des terres fertiles entraînant une pénurie latente. La flambée des prix en 2008 a semé la panique. On spéculait dans des bulles artificielles. La crise était là, on s'est écrasé. On croit s'en sortir et on repart. La pénurie est devenue structurelle avec toujours plus de demandes. Pénurie d'eau potable et épuisement des réserves alimentaires. Des entreprises étrangers s'approprient de terres en usurpant les paysans locaux qui, dindons de la farce, n'ont pas les moyens de revendiquer leurs droits sans titres de propriété officiels. "China-Afrika Development Funds" est doté de 5 milliards de dollars pour établir des contrats à bas prix. La solution, enrayer la famine en surface avec une location mais payée en monnaie de singe. Lester Brown parle d'émeutes de la faim dans le futur suite à de mauvaises récoltes. Un autre coup d'épingle dans la "bulle alimentaire". Le pétrole contre nourriture n'est même plus d'actualité. Le principe a seulement évolué, shifté vers d'autres ressources naturelles, comme l'eau.

Sans le Nil, l’Égypte n'existerait pas, dit-on et c'est vrai. L’Égypte s'est toujours octroyé un droit de regard sur tout son court, alors qu'elle est en aval et à l'embouchure. Pour ses besoins énergétiques, elle a été jusqu'à déplacer sa propre population pour construire le barrage d'Assouan. Le Burundi, l'Éthiope en amont veulent leur part. Le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie avaient déjà paraphé un traité de partage des eaux du Nil. Le Nil Bleu fournit le plus de débit et à sa source au Lac Tana, en Éthiopie, pays qui n'en exploite que 0,3%.

Le problème de l'eau devient crucial partout. Il resurgit près des fleuves du Colorado, du Jourdain, du Gange, du Danube...     

Une Terre bien plate où tout le même serait servi de la même façon, en eau, en nourriture, en soleil, en énergie aurait pu éviter cela. Cela aurait-il été une évolution sans contestations, sans vases trop ou trop peu communicants?

Faut pas rêver, surtout éveillé.

 

L'économie (Vol d'oiseaux et mauvaises augures):

Vol au dessus d'un nid de coucous ou vol d'oiseaux de mauvaise augure? De toutes manières, des oiseaux de toutes les couleurs. Le nouveau jeu, "Angry Birds" est un oiseau qui tire à lui, tout ce qui vient à sa portée. Time is money. "Atos Origine" vient de supprimer les comptes d'email pour ses salariés. C'est Facebook qui devient la base de partage des informations. Plus de formules de politesse. Du concis, précis et visible par tous et pour tous.

L’espionnage industriel, c'est pour les autres. L'affaire Renault était un mirage. Le vieux routier de l'économie George Soros a un théorie qui d'après lui, fonctionne, la réflexibilité.  Le "Hedge Fund Quantum" qu'il a créé, a fait un carton. Le 16 septembre 1992, lors du "Black Wednesday", il pariait sur la baisse de la Livre Sterling et il empochait 1 milliards de dollars dans l'opération. Le serpent monétaire perdait la Livre. Intuition ou expérience? A 81 ans, Soros va rendre son tablier. Il vient de fermer Quantum aux investisseurs externes et rend les avoirs de ses clients.1.jpg

La "voiture économique" est partie depuis dans une dérapage incontrôlé sur glace. A bord, on contre, instinctivement, le volant dans l'autre sens, avant de remettre la voiture, par à coup, sur la ligne droite de la route. Faire cohabiter marchés et pouvoirs publics, c'est faire travailler le frein et l'accélérateur avec, en plus, la sophistication du GPS et du limiteur de vitesse.  

Le Consensus de Washington de la libre-circulation des capitaux est quasiment mort. La Chine utilise le dollar à l'extérieur et le yuan à l’intérieur. A y réfléchir, les dirigeants chinois ont raté une occasion de laisser leur monnaie s'apprécier pour contenir la hausse actuelle de ses prix. La BCE, elle, a pour seul objectif, de combattre l'inflation. La FED, c'est l'emploi et la stabilité financière qui la préoccupe. Le crash des crises systémiques étaient à l'horizon du possible des banques. Le jeu de la réciprocité n'a pas joué pour les banques chinoises. La concurrence n'existait pas sur un pied d'égalité: désir de démocratie contre parti unique. 1.jpg

Nokia, qui était "number one" jusqu'en 2007 dans le marché des portables, s'est vu récemment déclassé, dépassé. La société se retrouve en 3ème placeFin mai dernier, Nokia plongeait de 17% en Bourse. En cause, la prolifération de managers, une mauvaise compréhension des désirs des consommateurs qui a entrainé des erreurs de stratégie. Passer leur temps à créer des présentations Powerpoint sur tout et rien, par "slide makers" et plus veiller à sa sécurité qu'à l'évolution des marchés. Une réduction des coûts et mauvais choix des priorités.  Milliards d'euros dans la R&D, structure bureaucratique et projets hors besoins des consommateurs comme clous dans les chaussures. L'iPhone est arrivé et le dérapage a commencé.   Les consommateurs semblent préférer se tourner vers les modèles utilisant le système Android de Google ou vers les smartphones Apple. Depuis, la rumeur encercle Nokia et voient Samsung comme un repreneur potentiel du géant finlandais.

0.jpgLes entreprises actives dans les hautes technologies sont à terme visées et rachetées par des investisseurs étrangers.

L'intelligence économique passe par la course à l'informatisation et à sa protection. Oui, mais rien ne sert de courir dans la cour des miracles, il faut aussi se donner de bonnes directions pour que les miracles restent efficaces. 1.jpg

"Stop lost". Il faut réduire les dettes. Le triple AAA en dépend. Il faut cependant orienter la manœuvre de réduction. Déterminer où sont les plus grosses fuites et les meilleurs moyens de les colmater. Les 14.000 milliards de dollars de plafond des Américains, servent surtout de garde-fous, pas de  scénario catastrophe. Le dollar plongerait. Il a déjà commencé. Les plus grands bailleurs de fonds en dollars chinois dévalueraient probablement leur yuan pour rectifier la disparité, mais entreraient néanmoins dans le panier des contentieux en communs.   

1.jpgQuels sont les pays les plus endettés? Tout dépend par quel bord on les prends. La dette publique en % du PIB, les tops cinq sont le Japon, la Grèce, le Liban, le Zimbabwe, l'Islande. Pour les dettes extérieures, en $, ce sont les USA, UK, Allemagne, la France, le Japon qui se taillent les premières places. Mais en $ par habtants, surprise, c'est le Luxembourg qui a le pompom. 

Ni les dons, ni les contributions ne font plus recettes. Tout est cédé avec des élastiques par des mouvements ultra-libéraux comme les Tea Party. Faux rêves et vraies réalités, disais-je...

La dette des States est colossale. Le libéralisme pur et dur ne veut pas lâcher le moindre lest. Pas de taxes sans compensations par le plafonnement des dépenses publiques et des dettes et les marchés s'excitent. Le match des Titans est ouvert. Faites vos jeux, impair et passe. 1.jpg

Désormais, en Europe, c'est l'austérité qui se retrouve dans la nouvelle bouteille à la mer. Le social a maintenu, vaille que vaille, le bateau en perdition, hors de l'eau. Jusque quand? Quand les risques augmentent, les prix pour emprunter, aussi. Les agences de notations, c'étaient bien pour les sociétés privées pour des Etats, ce n'est pas le même impact.

0.jpgJacques Halpérin s'interroge de savoir si pour un État, les notations étaient bien sensées? Le rating des USA serait insignifiant, constate quelqu'un. Cette constatation rendrait caduque, les cotations de l'entité "Europe" en ne rendant qu'une perception de solvabilité manquant de pertinence. Pour un État, la faillite, la comptabilité, le bilan ne sont que des éléments aléatoires manquant de précisions. Ce qui mériterait, au moins, le bénéfice du doute. On n'augmente pas la punition de celui qui est déjà en prison dans un jugement à répétition. On le laisse purger sa peine. S&P a pris le risque de descendre le niveau de cotation des USA de AAA à AA+. Son patron, Devon Sherma, a été "dégradé" de son pied d'estalle.       1929.jpg

"Grey is beautiful". Une carrière d'un travailleur se partage entre démarrage, croissance, consolidation et détachement. C'est dans les deux dernières phases qu'il y a le plus d'engagement à prévoir. D'où l'importance d'offrir des formations à tout âge. Le dispositif de de retraite progressive a suscité beaucoup d'intérêt. Mais encore faut-il y ajouter la volonté politique. 

Le jeudi 24 octobre 1929 ce fut la plus grande crise de tous les temps. Elle allait durer 43 mois. 8000 banques en faillites. Le Dow Jones, -90%, le PNB -30%. Ce n'était pas gris, ce krach prenait les noms de jeudi noir.

La plus grande chute, avec -22,6% sur une journée, reste le 19 octobre 1987. Qui a-t-il de différent? Comme le constate Laurent Arthur du Plessis, il n'y a plus grand chose à "stimuler". A l'époque, la balance des payements des USA, en créanciers du monde, était positive. Les ménages et les entreprises étaient peu endettés. 1.jpgLe travailleur, aujourd'hui, est infiniment moins réactif et rigoureux. L'économie sociale ne voit qu'en terme de groupes dans un démagogie de l'Etat-providence, qui parle de complot des "riches". Les propositions reposent sur une suite de réformes alors que l'environnement est hostile. Au changement du siècle, le système de crédit échappe à tout contrôle. L'occident se "paye" des bulles à répétitions avec de plus en plus de dégâts quand elles crèvent. Ce ne sont plus les petites manoeuvres faciles des taux d'intérêts des manuels d'économie qui sauveront. Une hausse des taux, c'est diminuer les liquidités et accentuer la dépression. On "démine", plutôt qu'on corrige, dans une déflation dont on oublie les risques. La notion d'équilibre n'existe, tout simplement, pas. Grande découverte. L'économie est en milieu naturel. Tout à besoin de tout dans son environnement proche ou lointain, pour rester en vie et la porter. Ce n'est pas seul contre tous ou groupe contre groupe comme dans une croyance éperdue dans la compétition. L'économie doit respirer par petits coups. Exansions et contractions et retour. On a des "riches-pauvres" qui ont plus de biens et moins de cash-flow pour s'assurer contre la moindre crise. Le capital est là pour créer encore plus de capital, comme le ferait une graine, pas pour être gaspiller et être réservé à une partie minime de graines, les plus grosses.

 

Conclusions et idées:

1.jpgFukushima a sonné le glas de l'énergie nucléaire conventionnelle. Le printemps arabes a montré qu'une révolution peut en entraîner une autre comme dans une partie de dominos, soutenue sous la virtualité boudeuse d'Internet, de Facebook et de Twitter.

Ces événements ont créé des tsunamis de réflexions dans le monde. Les vagues suiveuses continuent à déferler.

Les acteurs du monde se regardent toujours en chien de faïence en se demandant quel sera la prochaine victime sur la liste. Ce qui était important, hier, l'est beaucoup moins, aujourd'hui et le sera, probablement, encore moins, demain. Les journaux nous apprendront la suite s'ils le veulent bien. Les risques se déplacent. De conjoncturels, ils deviennent structurels voir systémiques.

C'est un peu ce que disait en résumé, Jeremy Rifkin1.jpg

Au 19ème siècle, les révolutions industrielles ont transité par la machine à vapeur dans l'ère du charbon. Au 20ème, le moteur à combustion s'est appuyé sur le pétrole. Les énergies durables, Internet, les TIC se présentent au 21ème.

Une 3ème révolution semble être en marche. Dans cette bataille, on voit l'évolution des prix. L'inflation a freiné la croissance économique. Pourtant, un peu d'inflation est naturelle et même souhaitable. L'argent vit sa propre vie. Il a ses propres filières. Les produits qui viennent d'ailleurs, moins chers, tentent de juguler, de réguler les marchés. Le consommateur, lui, ignore, désormais, la provenance de ce qu'il consomme. Il a perdu l'habitude de penser que les biens qu'il achète, auront encore une durée de vie de décennies. 20110725Drame.jpgIl ne pense plus qu'à faire la meilleure affaire en tentant d'atteindre le meilleur prix-performance, quitte à hypothéquer son propre avenir. Il paye. L'empreinte écologique est entrée dans les consciences comme un trouble-fête, comme un manque à gagner.

En Europe, la peur du lendemain a pris place au côté des populismes, des extrêmes-droites de tous bords, des plus grossiers aux plus inattendus et meurtriers, comme on vient de le constater, groggy, en Norvège.

1.jpg

Depuis lors, on cherche qui peut avoir fait quoi. Des bouc-émissaires...

Les réactions face à cette surprise ne se sont pas fait attendre, à postériori, pour tenter de rectifier ce trop plein de liberté via Internet: "faut-il mieux contrôler la toile?", "fermer les frontières?". Question à faces multiples et à réponses parfois très partiales. N'est-ce pas un peu trop tard, face à une lame de fond, du tsunami dont on n'a pas évalué l'ampleur quand on sait que des logiciels permettent de crypter les informations bravant l'interdit?

On analyse aussi son manifeste "2083" pour découvrir qu'il y a beaucoup de plagiats insérés.

Combat d'arrière-garde, surtout quand tout est intégré, mondialisé, "dettisé"... ?

1.jpgL'islamophobie, les immigrés, un nouveau mal du siècle? Un multiculturalisme raté, quelque part dans son processus d'intégration est une des pistes. Il y en a d'autres.

Suite à ce manque de projet, c'est la perte d'identités qui pousse l'idée de la responsabilité de tous les maux, à l'Europe. Elle a sa part, bien sûr. Mais il y a aussi, les régionalismes, les nationalismes, les souverainismes qui se bousculent pour réintroduire cette peur viscérale, ancestrale de l'inconnu, de l'étranger.

Lui, aussi, navigue à vue dans son propre marasme, parfois bien plus difficile encore, alors qu'il ne cherche qu'un peu d'herbe plus verte ailleurs. On en arrive à se haïr de chaque côté d'une frontière naturelle ou imaginaire. Ce qui fait viré la victime dans le champ des coupables. 

1.jpgUn drame humanitaire se produit actuellement pour 6 millions de personnes. Il suffisait d'un climat économique déplorable, une sècheresse anormale dans l'État fantôme de la Somalie que des pirates hantaient en rançonnant les bateaux pour empêcher l'aide des ONG. 

"Si les politiciens sont incapable de nous proposer un projet exaltant, des fous s'en chargeront". Là, on brûle.

Ce qu'on tente de masquer, c'est que la compétitivité et la mobilité sont devenues les seules idées maîtresses pour les naufragés des entreprises, dont les buts du jeu les dépassent. 0.jpg

Comment se fait-il que je me sens un peu comme sœur Anne, je ne vois plus rien venir de positif dans ces marchés de dupes?

On parle de nouvel ordre mondial mais pour qui et comment? On a l'impression de caler sur des points d'achoppements connus de tous...

Le futur, est-ce le détruire en permanence, avec un goût de trop peu à chaque fois?

1.jpgLes multinationales ne s'en préoccupent pas trop. Elles surfent sur les frontières. En touches-à-tout, elles installent "leurs billes" là où elles prospèrent le mieux et éliminent ce qui leur fait ombrage.

La CNUCED indique que la hausse des Investissements Directs à l’Étranger, au plus bas en 2007, reprennent du poil de la bête. La Belgique passe, ainsi, à la 4ème place en IDE avec 43 milliards grâce à la déduction des intérêts notionnels. Bien, mais est-ce typiquement un profit "belge" ou simplement des délocalisations pour éluder les impôts locaux?

"Mille milliards de dollars", un film prémonitoire ou simplement très perspicace. C'est toujours bien de penser à l'extérieur, mais il faudrait ne pas oublier ce qui se passe à l'intérieur, sur place.

Cela doit changer, disent quelques prêcheurs, mais oublient, souvent, de donner les processus et les recettes du changement dans l'intermède, tout en laissant leurs auditeurs trouver leurs solutions dans une sorte de panique suicidaire. Le progrès collectif, s'est autre chose.

Alors, qui repenserait au Glass-Steagal Act perdu dans la bagarre en 1999?

Une solution serait, peut-être, de faire évoluer les potentiels de chacun, de chercher les opportunités là où elles se trouvent, sans chercher à les copier pour la seule raison de faire du bénéfice. Partager les morceaux de la tarte ou mordre celle-ci en se l'arrachant. C'était le cas, il y a bien longtemps. Le commerce était un échange de marchandises. La facilité, la rapidité des transports, ont changé la donne.

Une autre manière de dire "The right man at right place" serait "the right job at the rigth place to get a global goal".

Sortir des globalités. Généraliser un processus en fonction de moyennes, de statistiques, c'est raté la proie dans l'ombre des particularités. En chacune des entités, il y a des ressources cachées à faire ressortir et amplifier en n'oubliant pas de les harmoniser avec les disponibilités de l'époque et dans l'espace imparti.

Un jour, peut-être, faudra-t-il attribuer à chaque partie du monde une certaine exclusivité de produire avec ce qu'elles disposent en propre comme opportunité, parce qu'elle aurait des facilités naturelles que n'auront pas les voisins. C'est déjà le cas pour certaines activités spécialisées. Cela éviterait les redondances et les voyages inutiles des marchandises. Vouloir tout faire, n'importe où, et entrer dans une concurrence exacerbée, c'est finir par se vendre à bas prix, comme suiveurs pas assez rentables. La concurrence est bonne tant qu'elle ne tue pas ceux qu'elle devrait protéger.

1.jpgQue nous a rappelé, Internet? La vie en réseaux. Ces réseaux n'ont qu'un problème: la fragilité par leur complexité, par la nébuleuse de leurs opérateurs avec le risque de ne plus avoir de contrôles suffisants, perdus dans des strates multiples ou des concentrations extrêmes dans des nœuds, sans marge de sécurité suffisante. Quand ces risques de pénurie deviennent vitaux comme le sont l'eau, l'électricité, le gaz, les transports, les télécoms, le moindre problème local peut générer une catastrophe globale. (cf. Le dossier de Science et Vie n°1126).

Internet reproduit à grande échelle, ce que chaque être humain produit dans son propre réseau de neurones de son cerveau. On se trompait au sujet des neurones: ils sont bien plus complexes qu'on le croyait.

1.jpg

Les neurones communiquent entre eux et pas uniquement par l'intermédiaire des synapses. Ils le font en WiFi, sans connexions, par des champs magnétiques pour synchroniser les activités et ainsi augmenter la mémoire et la cognition de son réseau interne. Via la formation de myéline autour des axones, des cellules "progéniteurs" ralentissent jusqu'à 40 fois les communications pour améliorer la communication entre les deux hémisphère et mieux la consolider. Les signaux transportés se transforment au fil des voyages par l'entremise d'Interneurones de l'hyppocampe et cela dans tous les sens sans interventions du corps cellulaire. La transmission des signaux électriques renforcent les réactions réceptrices à l'aide des glutamates.  Les transmetteurs s'accélèrent en renforçant les messages en impliquant la dopamine et la sérotonine.   

1.jpgTout cela se passe en très local sur quelques millièmes de millimètres, très spécialisé et donc, très centralisé par spécialité. Pas de "cloud computing" au royaume des neurones. Un travail de concert en réseau, prêt à réagir automatiquement à toutes intrusions ennemies. Ils commandent seulement, de loin, les muscles sans s'y substituer. Pas de compétitions destructrices. Le seul ennemi potentiel, l'AVC, l'accident vasculaire cérébral. 

C'est beau la nature, d'avoir penser à tout cela, avant nous. Le micro-monde naturel nous indique une voie de la rentabilité économique et une leçon de low-cost à haut rendement mais à gros investissements au départ. 

Quant à la fable du cerveau qui ne serait utilisé qu'à 10% de ses possibilités, il y a donc à parier qu'il y a des baffes neuroniques qui se perdent... mais, pas pour tous le monde.

Mais, cela n'est, aussi, rien de nouveau et ne contribue en rien à un nouvel ordre mondial.

 

L'enfoiré,

 

0.jpg0.jpgMise à jour 11/06/2013: L'affaire Snowdon éclabousse la CIA et cela se retourne aisément.

 

Citations:

  • "Le monde n'a pas besoin qu'on y mette de l'ordre ; le monde est ordre, incarné. C'est à nous de nous harmoniser avec cet ordre.", Henry Miller
  • "Le courage, c'est-à-dire le doute dans l'ordre théorique et l'action dans l'ordre pratique.", Jean Lacroix
  • "La vie crée l'ordre, mais l'ordre ne crée pas la vie.", Saint Exupéry

03/06/2011

Astrologie chinoise par la pratique

Il était une fois, Bouddha qui appela à lui les animaux de la création en leur promettant une récompense à condition qu'ils daignent se déranger.

1.jpgDans l'ordre, arrivèrent le rat, le buffle, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon. Pour les remercier, Bouddha leur offrit, à chacun, une année à leur nom.

Une année lunaire comprend 12 lunes. Une de plus, tous les 12 ans. Ce supplément décale le Nouvel An asiatique qui ne se retrouve jamais à la même date.

Chaque année, l'animal qui le représente, est sensé exercer une influence sur la destinée et le caractère des humains, nés pendant l'année. Le Yin ou le Yang de chaque signe et son élément correspondant, le bois, le feu, la terre, le métal ou eau font ainsi références à l'année de la naissance.

La Chine compte 4000 ans d'histoire classique, empruntée à d'autres civilisations mongoles, tibétaines, ouïgours, zhung, pour arriver au final à l'occidentalisme, fondé, lui, sur l'individualisme, le capitalisme et le colonialisme. A la fois, Empire et État nation, la diaspora chinoise se retrouve en nombre chez les Thaïs, les Malais et dans tous les Chinatowns dans le monde. La Chine est restée derrière une aire culturelle impériale, l'Empire du Milieu, repliée sur elle-même jusqu'à, il y a, à peine, 30 ans. Après une révolution culturelle, ce fut la réouverture sans restriction vers une civilisation mondialisée conquérante, voulue pacifique, harmonieuse, immortelle, étayée par une éducation au rythme forcé avec le principe de base « si vis pacem, para bellum ».

Tout cela est pour la théorie. Passons à la pratique dans l'espace et dans le temps en ajustant les événements à leur animal respectif.

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2010, c'était l'année du « Tigre »,

0.jpgLe Tigre est courageux, impulsif, solidaire et solitaire. Le Tigre s'illustre souvent par son talent graphique qui l'amène à s'exprimer en contant des histoires qui passionnent. Son tempérament galvanise les autres et il reste toujours maître de lui. Le Tigre est intelligent et curieux. Il reconnaît ce qu'est l'amitié et va au-delà du simple coup de main quand on fait appel à lui. Il a une sensibilité d'observateur avant de s'investir, préférant la solitude au bruits des villes. Il aime associer son travail et sa vie sans se déplacer pour l'un ou pour l'autre. Il se retrouve souvent dans les mouvements de masse. Il a de l'humour. Il traite de façon loyale ses amis en les protégeant et en étant généreux avec eux.

En 2010, la Chine s'est beaucoup déplacée. L'Europe se cherchait un moyen de survivre à la crise grecque et irlandaise. La Chine s'est présentée en sauveur, intéressée comme nouveau "grand" parmi les "grands" quand l'Europe se mettait aux abonnés absents dans l'aide de ses partenaires.

1.jpgPhilanthropique, la Chine? Il ne faut pas rêver.

La Chine va où il y a du business à faire sans état d'âme.

La cagnotte chinoise a été jusqu'ici, croissante, exponentielle et a suivi la stratégie, dite "de l'araignée". En l'espace de cinq ans, de 2006 à 2010, ce sont des millions de nouvelles entreprises qui sont passées sous influence chinoise.

La Chine est le champion des exportations avec 1.578 milliards de dollars, devant les États-Unis, l'Allemagne et le Japon.

La sous-évaluation du yuan, la monnaie chinoise est restée chronique et est pointée du doigt comme responsable. Mais dans l'arsenal des concurrences, il fallait ajouter une autre arme utilisée par Pékin: les grandes entreprises publiques, étatiques, chinoises. Contrairement à une image qui doit trop à notre occidental-centrisme, le capitalisme chinois est moins "libéralisé" qu'on ne le croit. L'une de ses forces de frappe réside dans ses entreprises étatiques au nom du plan de relance annoncé en 2008.

20091001Chine communiste 60.jpgLe capitalisme d'État ne joue pas à armes égales avec le capitalisme "privé" et déforce l'action de l'Organisation Mondiale du Commerce.

Si comme annoncé, "les entreprises chinoises sortaient gagnantes de la crise 2008-2009", c'est dans les secteurs BTP, énergie, pétrochimie, téléphonie, aéronautique, que l'État chinois avait favorisé la création de grands groupes publics. Ceux-ci ont empoché l'essentiel des gargantuesques commandes. Avec des appels d'offres "formels", les banques chinoises étaient sommées de leur accorder des prêts supprimant le problème de financement. Les firmes privées étaient, elles, priées d'aller voir ailleurs pour éviter une concurrence indue. Sans actionnaires à rémunérer, l'État chinois restait donc le Grand Tigre !

Par contre, à l'étranger, ICBC s'installe pour soutenir les entreprises chinoises dans leurs rachats d sociétés.   1.jpg

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinoises, Jiang Yu, disait, en décembre 2010: "A l'avenir, l'Europe sera un de nos principaux marchés pour investir nos réserves de change".

Alors, l'échange de bons procédés en coopérants actifs plutôt qu'en conquérants, dépendra de la solidité et de l'unité de l'Europe pour négocier à armes égales. Une solidarité à l'arraché ou une discordance dans les propos et les contrats?

En Grèce, les enfants du Pirée parlent de plus en plus chinois, sous le contrôle de China Ocean. Shipping Company COSCO y a reçu une concession d'exploitation pour 35 ans. Deux des trois terminaux leurs sont alloués pour un prix de 3,3 milliards d'euros. Ce sont les bateaux chinois qui en profitent en premier. L'amitié greco-chinoise n'est plus vraiment perçue comme telle par les dockers grecques, pas habitués aux méthodes chinoises. Résister à la stratégie du "collier de perles", mais comment? La privatisation se poursuit en Grèce et la Chine pourrait se porter acquéreur de ce qui passerait à portée d'euros.

Le Portugal était aussi mûr pour suivre le même goulot d'étranglement.

L'Espagne, c'était 12% de dettes qui ont été couvertes par la Chine.

1.jpgEn Irlande, on trouve Athone. En Italie, HNA Group et COSCO. En Angleterre, Rover est devenu Nanjing depuis 2005. En Suède, Volvo est sous le drapeau de Geely, Pang Da et Yougman. Barclays est grignotée par China Development.

En France, dans le Bordelais, le Château Latour-Laguens a été racheté pour 2 millions d'euros. Le Chinois a découvert que le vin allait mieux que l'alcool de riz comme complément du repas.

A Manchester, on aime fêter le nouvel an chinois en communiant avec les anglais même si le K2, la boîte branché, est plutôt réservée aux karaokés de chansons chinoises.

Les investissements restaient pourtant relativement limités en Europe.

En Afrique, les richesses en réserves pétrolières et minérales avaient attiré comme l'aimant. En Europe, ce sera par l'intermédiaire par le commerce.

1.jpgAux États-Unis, Obama, lors d'une visite, voulait tacler la Chine en Amérique latine. En 2009, la Chine était devenue le premier partenaire commercial du Brésil qui leur vendait du pétrole, du fer et du soja en échange.

Avec une croissance de 8 à 10% comme quotas, le ralentissement, de fin 2010, comme le voulait le pouvoir central, restait à prouver.

En 2008, la crise des subprime avait porté un coup rude au marché de l'art contemporain. L'art n'intéresse pas nécessairement le "passager de la pluie" mais il donne un signe.

Mais depuis un an, c'est de nouveau l'effervescence. Les Chinois sont de grands amateurs et acheteurs d'art et les artistes chinois voient leur cote s'envoler. Quatre Chinois appartenaient au cercle des 10 artistes qui ont été les plus rémunérés en 2010. En quatre ans environ, la Chine est passée de la quatrième à la première place dans le classement des plus importants acteurs du marché devant les Etats-Unis et le Japon.

Selon le livre de Vikram Mansharamani, "Boombustology", il est fait le lien entre la flambée du prix des œuvres d'art et les krachs dit : "cette bulle spéculative est un symptôme de la trop grande confiance et de l'hybris d'une société".

Dans le même temps, les relations politiques avec le Japon et la Russie se sont ternies. Les îles Senkaku et les îles Kourilles sont des points de terre qui reviennent comme un sucre d'orge dans une assiette qui veut s'élargir.

L'année du Tigre se devait d'être très agressive aux yeux effarouchés mais pas nécessairement des yeux tigrés étatiques.

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0.jpg2011 est l'année du Lapin.

Le Lapin est décrit comme étant calme, raffiné, narcissique, éloquent et persuasif. Diplomate et cultivé, il s'entend bien avec tout le monde, mais préfère souvent à la société le recueillement de la lecture et des travaux intellectuels. Il est considéré comme un symbole de sagesse.

Avec celle-ci, il aurait le don de comprendre les autres à demi-mot de manière intuitive. Il aime son confort et ne supporte pas que l'on dérange chez lui.

Alors, la question était: ce Lapin-là, allait-il se tourner vers son "chez soi" et y rester un peu plus longtemps qu'en 2010?

Aux États-Unis, alors que l'IATA revoit ses profits à la baisse de 40% des compagnies aériennes à cause de la flambée du prix du pétrole, CAIGA rachètait Cirrus Industries. Pour la Chine, CAIGA représente une étape importante pour l'extension mondiale par l'entrée sur le marché américain des avionneurs dans les vols à basses altitudes des petits avions.

Le 26 février, le Magazine "Avenue de l'Europe" de France3 se penchait sur ces problèmes en se donnant comme principe "L'Europe ne doit pas craindre la Chine". La manne financière chinoise laissera-t-elle encore des alternatives pour d'autres entrepreneurs? Le "vieux continent" ne veut pas devenir un conservateur de musées et pas que son patrimoine se transforme en des tours comme on le voit à Shanghai ou à Pékin.1.jpg

Fin avril, c'était Saab qui rêvait d'un avenir chinois "à la Volvo". Son patron, Vctor Muller poussait un ouf de soulagement à la suite d'un accord de partenariat avec Zhang Xiugen de Hawtai Motor. 150 millions d'euros investit par ce dernier alors que Saab ne parvenait plus à payer ses sous-traitants.

La Chine est devenu, depuis peu, la 2ème économie mondiale avec son PIB dépassant le Japon. Celui-ci déjà en mauvaise posture en économie, mais se croyant en sécurité, a subit un véritable coup de Jarnac avec le récent tremblement de Terre suivi du tsunami, entraînant les désastres naturels et nucléaires toujours en cours.

2.jpgLa Chine, c'est, aussi, le 2ème pays que l'on situe sous le seuil de pauvreté. Les revenus restent, en moyenne, égaux à 10% de celui du Japon. Riche par la grandeur du pays, par sa population, par son passage de l'économie agricole à celle de l'industrie, mais qui, par là, paye le changement au prix fort par son rythme trop rapide.1.jpg

L'article "Un marché potentiellement fort ou fortement potentiel?" qui vient de là-bas, confirmait cette vision.

Les marchés occidentaux attendaient un excédent commercial de 4,9 milliards de dollars. C'est un déficit de 7,3 milliards de dollars qui s'est produit. Les consommateurs occidentaux de la Chine sont en train de caler. Une hausse des prix de 10% du pétrole coûte 0,5% de PIB mondial. Nous en sommes à 17% de hausse. Ce qui représente une réduction potentielle de la croissance mondiale de 0,85%.

La Chine se réoriente vers sa consommation intérieure, penserait-on. Ce serait oublier que la croissance chinoise ralentit elle aussi! La mondialisation et l'imbrication qui en découle, agissent dans les deux sens et font tout aussi mal.

La surproduction immobilière est prête à exploser car la demande ne suit pas. 1.jpgOn construit à la chaîne dans le seul but de faire croître le PIB. 60 millions de logements, appartements, hôtels, bureaux restent vides. La ville de Zhenghzou est devenue une ville fantôme. 150 millions de Chinois pourraient y habiter mais pas si les salaires moyens restent aux environs de 250 euros et que les appartements trouvent acquéreurs aux environs de 100.000 euros. Hors de portée, les appartements. Le centre commercial de Donguyan comporte 600.000 m2 avec 1% de la surface commerciale est occupé.

Prendre des mesures drastiques pour refroidir le marché de l'immobilier? Désormais dans une grande ville, pour acheter un premier appartement, il faut apporter un apport personnel de plus de 50% du coût, un certificat de résidence, une feuille d'impôt bien complète et pas sous-évaluée vu que le prix au mètre carré a augmenté par la bulle immobilière.

1.jpgLe premier ministre, Hu Jintao, comparait, récemment, l'inflation à un tigre qui dès qu'il sort de sa cage, y retourne très difficilement. Elle a atteint 5,4% en mars.

Retour à l'année du Tigre? Mais, un Tigre aux ongles limés? Les prix alimentaires en République populaire ont augmenté de 10,3%, de 15,1% pour le blé, et de 34,8% pour les fruits. 1.jpgLa Chine a ajusté la composition du panier de l'IPC. Le poids des produits alimentaires a ainsi baissé de 2,21 points alors que celui des logements est en hausse de 4,22 points. Méthode douteuse du calcul des coûts qui substituer dans le panier de référence des produits devenus trop chers face à des produits similaires mais moins chers.

Les banques chinoises seraient même menacées pas une dette "cachée" de 1.134 milliards d'euros, souscrite par les autorités locales chinoises pour financer des investissements qui pourraient ne pas être remboursés selon le parlementaire, Yin Zhongging. Les autorités locales, faute de pouvoir emprunter directement des fonds, ont échafaudé des subterfuges d'investissements pour les obtenir en s'appuyant sur des terrains en garantie publique, hors du budget fédéral centralisé. Crédits douteux élevés à 3,5% du portefeuille de crédit.

1.jpgIl est reconnu que le self-made-man ne fonctionne pas bien en Chine, les milliardaires deviennent le symbole de l'injustice comme en occident. Le nombre de milliardaires a doublé. La ploutocratie pourrait être son talon d'Achille.

La politique sociale pourrait s'en ressentir. 

En avril, une grève inédite a stoppé tout le traffic du plus grand port du monde, celui de Shanghai. Les tensions sociales se multiplient et les autorités en prennent compte. La baisse du pouvoir d'achat suit l'envolée du prix des carburants. La priorité du nouveau plan quinquennal, le 12ème, tranche avec les précédents. Une consommation prospère. 0.jpgUn développement durable avec comme priorités: réduire des émissions du CO2, stimuler les énergies renouvelables, niveau social en réduisant les écarts entre les hauts et les bas salaires, entre les villes et les campagnes. Réduire la vitesse de la croissance pour la garder sous contrôle. Ne plus dépasser les 8% pour réduire les tensions sociales.

Réduction de la voilure va de pair avec les cadences pour ne pas épuiser les ressources et tenter que toute la population y trouve son compte. 1.jpg

Cela pourrait arriver plus vite que prévu. Le dernier recensement de la population donne un signal d'alarme. Elle vieillit plus vite que prévu. La contraction aurait même commencé. On dénombre 1,37 milliards de Chinois. Plus de 9% a plus de 65 ans et seulement 16,6% a un âge en dessous de 14 ans. En cause, la politique de l'enfant unique. Celle-ci a été assouplie dans les campagnes, mais les contrecoups se font toujours sentir. La Chine sera vieille avant d'être riche. Les préjugés occidentaux sont nombreux.

0.jpgOutre les menaces qui pèsent sur le crédit souverain, celles qui pèsent sur la croissance chinoise nous semblent tout aussi sérieuses.

Comme la Chine reste un des principaux moteurs de la croissance économique, personne n'a intérêt à voir la Chine se prendre les pieds dans le tapis.

La Chine doit lutter contre l'inflation sans mettre en péril sa croissance. La BPC n'est pas plus douée que la FED ou la BCE.

La lutte contre l'inflation par la politique de resserrement des taux sans mettre encore plus en péril sa croissance est affaire d'équilibristes.

Quel est le "bon taux" quand les effets se font ressentir à long terme?0.jpg

Des taux trop bas, c'est la spéculation, la création de bulles et l'inflation en restreignant le crédit et donc les investissements.

1.jpgMise à jour du 1 juillet: 90ème anniversaire di Parti Communiste Chinois. Inauguration du TGV Pékin-Shanghai. 4.500 kms de voies. Investissement de 300 milliards d'euros jusqu'en 2015. 1.300 kms avalés en 5h30 à 300 km/h. Il était prévu 380 km/h. Mais en définitve, 250 seront adoptés pour raison de sécurité. Oeuvre pharaonique lancé à très grande vitesse dans un goufre financier. Un scandale du ministre des transports Lhi Zhijin qui a détourné 150 millions de dollars. On attend 37 millions de passagers par an dans le futur (actuellement 4 millions). Raisons prix: 55 euros pour un  aller simple. Le mal du prestige efface l'idée de rentabilité. 

Il y a toujours un énorme potentiel de l'empire du Milieu à long terme. Mais à court terme?

Des détenus obligés à jouer à "World of Warcraft"? Et les autres?

Sera-ce une pause violente dans la croissance?

Les préjugés "à l'occidental" vont bon train: 

  1. La Chine va nous arnaquer

  2. La Chine est un grand marché en friche1.jpg

  3. La "joint-venture" est un passage obligé

  4. On y va pour les bas salaires

  5. On peut y diriger une entreprise à partir de la Belgique

  6. Il faut s'établir sur la côte est

Aux yeux d'Occidentaux, le lapin reste un animal sautillant. Sautillant au gré de ce qu'il découvre en chemin. Cette fois, pour durer, les bonds devront être, seulement, moins longs que par le passé.

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0.jpg2012, ce sera l'année du Dragon.

Considérés comme idéalistes, perfectionnistes, nés avec l'idée de la perfection et de l'inflexibilité, les dragons sont également agressifs et déterminés. Faire ce qu'ils veulent est une seconde nature chez eux.

N'anticipons qu'avec beaucoup de prudence. Dans 'Verso Chine après les J.O", j'imaginais déjà...

Dans ce cas, avec un peu de prévisions charismatique, on pourrait dire que cela risque de se corser. Les "barons" du gouvernement chinois seront bientôt remplacés par le parti chinois.0.jpg

Ce sera un salut pour ce que la Chine a accompli en trente ou quarante ans. Un pays émergent joue ponctuellement de ses avantages. La Chine tire toujours l'économie mondiale. La confiance en demain grandit. Mais, les pays émergents fatiguent un peu dans cette entreprise titanesque. Cela doit finir par se tasser quelque peu. Moment de vérité en Chine : les prix de l'immobilier ont chuté. La bulle immobilière chinoise a crevé.On annonçait que la reprise devrait ralentir dans le monde émergent en 2011 pour enrailler la surchauffe. Cela l'a vraiment été, dès 2012, avec un léger effet retard.

1.jpgLes jeunes diplômés n'arrivaient pas à trouver un emploi qui correspondrait à l'investissement par leurs études. 1,5 million d'ingénieurs et scientifiques sortent tous les ans des universités. Les jeunes délaissaient les métiers manuels, alors qu'on manquait toujours de bras dans les usines. 300.000 nouveaux entrés sur le marché du travail sortant des universités alors que les salaires restaient souvent moins élevés que les ouvriers qui ont vu les leurs, doubler. "Les jeunes ne doivent pas seulement rester dans les grandes villes. Ils doivent être plus mobiles.", disait Sun Xiaobing du Ministère de l’Éducation. La sécurité d'emploi, des CDI, des postes de fonctionnaires étaient surtout recherchés par les jeunes. 0.jpgLe fossé entre Chine de l'Ouest et de l'Est restait énorme. Rééquilibrer restait la tâche principale de crainte d'une explosion sociale. Le chômage officiel s’élevait à 4%. Officieusement, certains osaient l'élever à à 22%. Zhou Xiaochuan, président de la banque centrale, avait déclaré que les réserves en devises de son pays "dépassent le raisonnable" et que le gouvernement devrait, pour gérer au mieux ces excédents, faire évoluer sa gestion vers plus de diversification.

Dans la cour des "grands", il a toujours fallu jouer selon les règles très serrées ou s'attendre à des représailles protectionnistes, à des "jobs protection". Le protectionnisme reste à double tranchant - tel le sabre chinois. 0.jpgLes Chinois sont trop libéraux pour laisser un monopole se créer, comme l'ont fait les occidentaux.

Le modèle de Chongqing s'est ajouté à Pékin et Shanghai. La plus grande municipalité du monde avec 34 millions d'habitants. Trois fois la Belgique. Bo Xilai fut à sa tête avant d'être expulsé pour diverses raisons privées ou publiques. Une croissance de 17% en 2011 sous le contrôle pu pouvoir central. Quartier de gratte-ciel de Yuzhong avec des entreprises étrangères avec des taxes limitées à 15% mais des profits à rétrocéder pour payer les investissement énormes pour les infrastructures. 35 milliards de dettes. 219.000 logements sociaux construit mais grangrenés par les Triades.   

Une nouvelle politique monétaire se met en place. Elle fait réduire les exportations et laisse la monnaie yuan s'apprécier.

Un Louis XIV qui dirait que l'"État c'est moi", n'est pas à l’ordre du jour. Alors, un gigantesque château de cartes? Tout dépend de l'angle par rapport on le voit.

L'indépendance technologique reste la "grande cause nationale".0.jpg

Point positif, la Chine a fait sa révolution numérique! Pékin a bien compris que l'avenir se joue dans les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Le nombre d'internautes est monté en flèche et les achats en ligne explosent. Depuis, 2006, le gouvernement mettait le paquet sur les technologies de l'information (investissement de 600 milliards de dollars sur 5 ans). De grands groupes, comme Huawei, sont sortis de la virtualité. Le gouvernement aurait encore l'intention d'investir 600 milliards de dollars sur 5 ans !

0.jpgLa Chine est potentiellement le plus grand marché du monde de l'Internet. Un Chinois sur trois est internaute. Les trois dragons chinois du web l'ont réussi en copiant les fleurons de la Silicon Valley, mais en y ajoutant une touche plus asiatique. 400 millions de clients chez Baidu, Alibaba et Tencent. Taobao atteint les 60 milliards de dollars de biens échangés. Alibaba s'est allié à Microsoft. Baidu s'est associé au japonais Rakunen.

Le YouTube chinois, Youku, a bondi de 161% le premier jour de son introduction. Avec 203 millions de visiteurs par mois, le site attire déjà deux fois plus de visiteurs qu'eBay !

Les Occidentaux ont profité, jusqu'en 2010, du marché de l'Internet chinois. Sera-ce encore le cas?

Les hackers chinois attaquent toutes les failles des systèmes occidentaux qui se croient sécurisés. Gmail attaqué, Google outragé, la Chine offusquée. Hotmail et Yahoo sur le grill des espions. Péripéties ou affaires bien plus stratégiques? La cyberguerre attirerait la Chine mais dans quel but? Une cyberguerre froide à bon marché?0.jpg

La journaliste, Anne Blampain cherchait un lien entre stratégie européenne et tactique chinoise et disait "La retraite n'est pas honteuse si la bataille doit être évitée, vous gagnez ainsi l'opportunité d'une victoire demain. Les européens auraient tout intérêt à bien se souvenir de ce principe de guerre chinois". Elle ajoutait, non sans un certain humour "La Chine est le seul pays à avoir appliqué la stratégie de Lisbonne".

Les Lapins pourraient, donc, être de jeunes loups qui se presseront sur les rangs pour remplacer l'ancienne garde du parti. Serait-ce la fin des fonds émergents, comme un éditorialiste le pensait?


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Mise à jour 8 novembre 2012
: Les nouveaux patrons pour dix ans. Le 18ème congrès du Parti communiste s'ouvre ce jeudi.  Le but, officialiser la passassion des pouvoirs entre Hu Jintao et Xi Jinping.


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0.jpgEn 2015, une année de la Chèvre ou du Mouton.

Le Mouton est décrit comme étant libre, créatif, émancipé. Il est artiste dans l'âme, rétif à l'autorité et souvent dépensier. Il s'entend bien avec le Lapin et le Porc, et très mal avec le Bœuf, décrit comme étant dictatorial, déterminé et insoumis.

Dommage qu'il faille attendre 2015, pourrait-on penser.

Est-ce un tout nouveau programme à réinventer?

Avant cette année-là, la Chine espérait arriver à 20% de HLM dans l'immobilier urbain.

Yu Xiaoning, le plus grand importateur de produits belges en Chine, donne sa solution.

Il y avait 6 ans qu'il a commencé l'importation de biscuits, de bières et de chocolats. L'Expo de Shanghai a produit un effet de levier et le volume des ventes a doublé. Il propose un deal avec un Belge en difficulté de gestion en lui disant "Les différences culturelles avec la Chine sont énormes. Si on a beaucoup d'argent à perdre, oui... on peut s'amuser". Aujourd'hui, l'entreprise emploie 200 personnes entre Pékin et Shanghai. Xianoning est actif ans le "Business to Business" et s'élargit dans le "Business to Consumer". Il compte ouvrir une succursale en Belgique pour importer des produits chinois en rompant l'image négative du "Made in China".

Cela n'aurait pas été vrai si les échanges étaient restés trop invasifs et mal compris. La nouvelle vague se targue d'être celle qui comprend le mieux la manière de penser occidentale, et qui peut être la clé de sa réussite.

0.jpgC'est alors que je suis tombé sur cet article :"L'Asie confrontée aux zombies".

Un titre adressé à toutes les parties, par Stephen S.Roach censé arracher les tripes.1.jpg

"L'Asie et en particulier la Chine, a besoin d'un nouveau type de consommateur qu'il trouvera sur son marché intérieur de 3,5 milliards de consommateurs. L'exportation n'est plus de mise car "les autres" sont tétanisés par la crise et sont morts-vivants. Les États-Unis ne se sont pas relevés des ravages de la Grande Récession. Le Japon a été le premier a se perdre dans les années 90 dans le "zaibatsu" qui a provoqué l'effondrement après l'éclatement de la bulle spéculative. L'Europe a suivi. Les États ont apporté de l'aide aux géants industriels qui sans cela seraient tombés en faillite avec le principe de "Trop gros pour faire faillite. Des crédits d'hypothèques qui dépassent la valeur de leur bien, des endettements successifs, une épargne inférieure à la moyenne, sont les tares qui ne trouve pas de répondant dans la "Destruction créative". Réduire les effets de levier, rétablir les bilans sont des tâches prioritaires. La Chine devra rééquilibrer son commerce en faveur de ses consommateurs intérieurs vu qu'il a chuté à 35% du PIB. Le 12ème Plan Quinquénal comprend l'emploi, les salaires et la réduction des épargnes préventives dans ses objectifs."

Se retourner vers l'intérieur du pays, plonger son regard sur son propre nombril avec une priorité à la stabilité, évitera aussi la prolongation des contrefaçons tournées vers l'exportation et réorienter Shenzhen Most vers un autre business.

Après l'Argent du beurre, il restait à y trouver le beurre de l'argent et surtout, le sourire de toutes les crémières impliquées. 0.jpg

Pas démocratique la Chine? La démocratie, c'est aussi prendre bonne note de la contestation sans imposer sa propre solution sans discussion et partager équitablement sans contrainte aveugle. 1.jpgC'est entendu: le pays ne peut probablement pas se permettre de tergiverser avec un régime trop faible qui prendrait trop de temps pour intervenir en cas de désastres naturels.

L'approvisionnement en énergie reste le point faible. De nouvelles centrales nucléaires sont programmées malgré ce qui s'est passé à Fukushima. L'énergie verte demeurent sur les plans. Tout est bon pour ne pas dépendre des autres pays, de ce que la Chine ne possède ou ne peut fournir en propre.

Éviter l'ingérence et la dépendance dans les affaires des autres est la politique d’État.

Bouddha ouvre, du coup, mieux les yeux avec un sourire un peu moins jaune, assis en regardant le monde. Mais, il peut se le permettre, c'est Bouddha.

1.jpgInstallez-vous, alors. Restez Zen.

Qui sait ? Grâce à l'astrologie, pourra-t-on chanter dans une version douce "Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d'amour, nuits d'ivresses, de tendresses. Où l'on croit rêver jusqu'au lever du jour."

Rien que pour éviter que les belles ombres chinoises, avec quelques maîtres du genre, ne deviennent des ombrures malvenues...

Les Chinois sont des hommes comme les autres comme l'écrivait Zheng Ruolin.


L'enfoiré,1.jpg

 

La Chine s'expose dans le Midi de la France avec le regard de femmes



0.jpgMise à jour 16 mars 2012:La chute de Bo Xilai, le Monsieur Propre, qui pensait arriver au sommet de la hiérarchie. Il a été victime d'une affaire digne d'un roman d'espionage par son bras droit Wang Lijung lors d'un Congrès du PC.

Trop atypique Bo Xilai ?

Plus que cela, la preuve est donnée par Paul Jorion, ce 13 avril 2012 .

Le nom de Gu Kailai devrait vous en donner un peu plus.

Les raisons ne sont pas toujours celles que l'on croit, même en Chine, sinon plus qu'en Chine.


0.jpgMise à jour 17 janvier 2013: Air-pocalypse à Pékin. 

Le taux de pollution de l'air a dépassé de 40 fois celui préconisé par l'OMS. La population s'inquiète et demande quelles sont les usines qui polluent le plus. Le premier ministre Li Kekionq qui prendra ses fonctions en mars, dit qu'il faudra du temps. Pour les 20 millions d'habitants, il y a 240.000 nouvelles voitures par an à ajouter aux 5 millions existants. 3,8% du PIB est alloué à la lute pour la dé-pollution. On y réchigne toujours a utilisé des pots catalytiques. 


Proverbes chinois:

  • "On ne rassasie pas un chameau en le nourrissant à la cuillère"

  • "Les trente premières années se passent à ne pas pouvoir se réveiller, les trente suivantes à ne pas pouvoir s'endormir."

  • "Quand on ne fait pas de bruit, on n'obtient rien. Un peu de bruit, on en obtient un peu. Avec beaucoup de bruit, on obtient beaucoup".
  • "Chnois: Terrien surnuméraire", Laurent Baffi

  

 

Articles précédents sur le sujet "Chine":

"Programme de relaxation chinois "

"Verso Chine après JO", "Verso Chine avant JO", "Rétro Chine"

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25/03/2011

"Westalgie", un péril en rose et bleu

Dans les années 70, on parlait de péril jaune. Dans les années 80, on passa au "péril bleu" en partant par l'Ouest. Il revient sous forme "rose et bleu" par un transit par l'extrême Est.

0.jpgLe 4 mars dernier, c'était la grève générale en Belgique. Le 24 mars, nouvelle manifestation "monstre", cette fois, au niveau européen.

Dans le même temps, le gouvernement portugais jetait l'éponge après un énième programme d'austérité.

L'austérité déboussole de part et d'autre. Qui a tort? Qui a raison?

L'austérité suite, et pas fin, à des crises à répétition et multiples, est de plus en plus mal digérée par les manifestants européens et peut-être aussi par ses non-manifestants. 1.jpg

Cela ne date pas d'hier. "Le décoût de la vie", écrivais-je, il y a 5 ans. On se perd en conjectures

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Les sociétés belges gâtent leurs actionnaires. En 2010, 103 sociétés ont réalisé un bénéfice global de 13.749 milliards d'euros. Une hausse de 65% par rapport à 2009. Les dividendes s'élèvent à 5.665 milliards d'euros en progrès de 46%. Fluxis, ABInbev et Bekaert sont dans les tops 3.

Quant aux bonus, la tentation sera bien là de récompenser les "généreux" donnateurs de leur bons services de l'économie capitaliste.

Vu que la reprise économique est là, se voir imposer de nouvelles restrictions et ne pas recevoir les retours sur investissements des efforts, ne passe pas. 1.jpg

Accords interprofessionnels du 19 janvier, obtenus à l'arraché, entre syndicat et patrons, mais non suivi par la base. Insatisfaisant, il était recalé par la base en février. Cela veut dire que le malaise était plus grand que prévu. 

Le gouvernement en affaires courantes avait repris le flambeau avec de nouvelles propositions en dégraissant sa propre cagnotte. On s'attend à la suite du ping-pong. Maudite balance!

Huilé l'accord sur les bords, sans résoudre le problème de fond, ne suffit pas. Il faut réactualiser le passé, changer les règles en fonction de la concurrence étrangère, pour résoudre le problème. 1.jpg

Consolider les acquis ne serait-il pas une approche plus adéquate comme bases des discussions? Faire partie du droit aux fruits du travail de la base, ensuite.

Oui, il y a l'Europe qui impose de la rigueur, mais, elle a trop souvent scié la branche sur laquelle, elle se trouvait. "We are concerned", entend-on dans les hautes sphères. Dépendance d'une Europe, en fond de teint, avec des grands acteurs favorables à plus de serrement de vis.

2.jpgLa protection sociale contre les licenciements fait partie des revendications de la base. Ne plus être assis en permanence sur un siège éjectable ou mis sur une voie de garage, rejeté par une société qui ne reconnait plus les siens, serait un bon départ. Marre de se faire leurrer quand le panier de la ménagère atteint des records. Les produits énergétiques et des matières premières, des produits alimentaires, a été de + 15% en Belgique.

L'index dépasse tous les placements sur les comptes bancaire et cela malgré toutes les publicités d'un placement avantageux dont les banques se targuent. Une facturation plus transparente est demandée puisqu'il il y a des secteurs où les marges n'existent pas. Rendre la confiance aux partenaires sociaux pour négocier librement.

Dans les grandes entreprises, de la hiérarchie, entre le marteau et l'enclume, il ne faut pas trop espérer. Trop impliquée, trop occupée à garder ses propres prérogatives, elle tait les problèmes en faisant office de paratonnerre sapant toute initiative constructive dans l’œuf.

1.jpgLa période des années 80, Reagan et Thatcher ont changé la donne en réussissant à casser les grèves et en réduisant d'autant, les acquis sociaux. L'époque renaît de plus belle. Pour assurer, on s'attire toujours les jeunes loups, en les bernant avec des rêves de grandeurs par un capitalisme chauffé à blanc.

Différence, tout de même. A l'époque, un chef d'entreprise ne gagnait pas plus de 20 à 40 fois le salaire de sa secrétaire, norme fixée par des figures du capitalisme comme Henry Ford ou JP Morgan qui estimaient jusqu'à 40 l'écart maximal admissible. 1.jpgLe versement d'un bonus de 600.000 euros au CEO de Dexia est indécent. Quand on sait qu'il s'ajoute à un salaire d'1 million d'euros et à des primes de 200.000, cela ne fait qu'ajouter à l'iniquité. Et dire, conclut l'éditorialiste, Pierre-Henri Thomas, que c'est Jean-Luc Dehaene qui a avalisé cela en tant que président du Conseil d'administration. Jean-Luc Dehaene, cet ex-premier ministre qui nous a donné tant de lecons d'austérité...

La prise de conscience se produit dans la répétition des événements. Une étincelle rompt le silence comme on a pu le constater dans les pays arabes.

Jean-Claude Trichet raccroche et il parle. Selon lui, lees Etats de la zone euro n'ont pas respecté les règles.

La crise actuelle serait pire que celle de 2008. A la crise des liquidités , s'est ajouté celle de la solvabilité. Scinder les activités bancaires et réduire la taille des banques. Mais, c'est bien sûr. Il n'y a qu'à... Il y a peu, pour garder une chance d'exister dans la longueur du temps, il fallait être plus gros que le concurrent et donc, acheter d'autres entreprises ou fusionner avec elles pour résister aux cavaliers noirs ou alors diminuer les coûts, c'est-à-dire, diminuer les effectifs, pour rester compétitif.  

En France, une morosité moralisatrice, revendicatrice s'est construite sur les forums d'Internet. 

La Belgique a, il est vrai, quelques protections dans ses tablettes gagnées de dures luttes.

Au niveau préavis et par l'indexation automatique des salaires, par exemple. Des parachutes en temps de crises. Plus troublant, plus grave, les créateurs d'acquis se mélangent les pinceaux. Ils se rongent les ongles, une fois, sortis de leur propre implication.

Préavis: son inventeur veut la fin de la "grille Claeys"(Belga, 15 Janvier 2011)

1.jpgThierry Claeys, avocat à la retraite avait créé, en 1974, ce que emplyeurs et employés appelaient la "Grille Claeys". Elle permet d'évaluer les indemnités de préavis. Son auteur souhaitait en janvier, de voir sa formule disparaître.

Il expliquait, pour cela, que la législation actuelle entourant les licenciements était devenue "absurde" et que c'était à la loi, et pas aux tribunaux, de déterminer les préavis.  Il plaidait pour un préavis d'un mois par année d'ancienneté avec un minimum de trois mois et un maximum de 24. Il demande la suspension de l'indemnité de rupture si la personne licenciée retrouvait un travail. "Cette indemnité ne serait pas perdue, elle serait mise en réserve et gérée soit par l'ONSS soit par un fonds ad hoc. Le travailleur concerné pourrait puiser dans cette réserve pour compléter son préavis en cas de licenciement ultérieur. Dans le cas contraire, l'indemnité pourrait être reversée en tout ou en partie à l'employeur", expliquait-il. (CYA). D'après lui, c'était une perte de temps et d'argent de se défendre en justice pour trouver un accord à l'arraché entre parties devant un tribunal du travail. Un an de perdu en tergiversations,précisait-il.

Cela se tient en dehors d'une période de crise, telle que nous la vivons. Mais, retrouver un emploi similaire, plus on avance en âge, est devenu presque impossible.

La Grille Claeys restait une référence pour les juges et pour n'importe quel travailleur. Si une grille n'est pas une prison, cela reste un garde fou qu'il ne faudrait pas remplacer par un flou artistique. Pourquoi inventer des références si c'est les renier ensuite, une fois, sorti du circuit des "impliqués"?

Les carrières dans une entreprise sont de plus en plus courtes. Les tentatives de maintenir le personnel y sont de plus en plus molles, l'ancienneté n'est plus valorisée. Dans la pratique, il a raison de dire qu'il faut éviter la spéculation, le cumul de préavis avec un job est retrouvé, par miracle, dans un temps plus court que le préavis. Mais, est-ce dire que le nouveau job donnera l'assurance de la stabilité, d'un bonheur au nouveau travail? Se voir repousser avec des indemnités de préavis au mois le mois, comme le propose Claeys, est, donc, une option juste "acceptable".

Claeys plaidait, également, pour un statut commun aux travailleurs, alors qu'employeurs et syndicats négocient actuellement une harmonisation du statut entre ouvriers et employé. La discrimination entre les traitements des ouvriers et des employés, il reconnaît qu'elle devrait être abolie, mais c'est par un nivellement par le bas. Remonter le statut d'un ouvrier à celui d'une employé, était impossible à ses yeux.

2.jpgL'indexation automatique des salaires est aussi rmis en question. Le prix des choses est fixé par beaucoup de paramètres. Il y a les salaires de la main d'œuvre, les matières premières et l'évolution des devises. Une réévaluation des prix coûtant demande toujours un rééquilibrage de la balance commerciale et du pouvoir d'achat. Dans le cas contraire, plus besoin de balance, plus d'acheteurs et ... plus de fournisseurs. 1.jpg

Thomas Leysen, ex-président de la Fédération des Entreprises Belges, voyait les défauts suivant à l'indexation:

  • l'accélération de l'inflation via les "effets de second tour".

  • son manque de souplesse

  • son effet psychologique contre-productif puisque les augmentations de salaires ne sont plus considérées comme telles puisqu'on parle de "gel" en parlant des salaires.

Les idées de geler tous les prix de tous les biens de consommation, de contrôler les prix, il en était un adversaire farouche comme incompatibilité avec l'économie de marché. Le cliquet inversé sur l'énergie du pétrole serait donner un mauvais signal au consommateur, à ses yeux.1.jpg

Son successeur, Alain De Smet, voudrait l'orthodoxie budgétaire, l'harmonisation d'une politique sociale et économique.

Détricoter une partie de l’économie, en ajustant les comptes en pertes et profits ou augmenter la force globale de tous les acteurs dans la diversité et par le bonheur du consommateur?

La compétitivité et l'obligation d'harmoniser peuvent s'abaisser avec les règles du PPCM ou remonter à celles du PGCD.

1.jpgL'Allemagne fait tout bien et est un modèle. Peut-être.1.jpg

"La relance de la compétitivité exigée par elle, sera imposée de manière inégale, mettant les pays débiteurs dans une situation intenable. Divergence chronique avec pays excédentaire, en plein essor et pays déficitaires alourdis par le poids s accumulé de leurs dettes", résumait Soros. 


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Attali, lui, surenchérissait, dans une interview, en disant que le G20 était une mascarade, une réunion d'alcooliques anonymes avec la présidence française qui organisait les photos.

Réinventer, en mieux, dans une telle ambiance, n'est décidément pas à l'ordre du jour.

Il proposait de fusionner le Conseil de Sécurité, le Comité monétaire et financier, le FMI et le G20.

1.jpgUne taxe du style de celle de Tobin rapporterait 300 milliards d'euros par an et pourrait servir, entre autres, à financer l'opération de réunification. Il disait de Van Rompuy qu'il gérait bien la crise qui aurait pu exploser. Ouf..

Les acquis du genre humain et étayer celui-ci par de nouveaux acquis fondamentaux, non plus.0.jpg

"Reconstruire n'est pas constructif", écrivait l'économiste en chef d'Itinera, Ivan Van de Cloot en parlant de la catastrophe économique du Japon. Pas souhaitable, sous peine d'encourager le vandalisme. "L'essentiel est de comprendre qu'on aurait pu dépenser l'argent de la reconstruction à quelque chose de bien plus utile". Symptôme du réflexe de Pavlov, comme forme apparente de l'économie.

Au niveau Europe, on parle de s'attaquer au tabous belges. Les ultra-libéraux voudraient arriver à un coût salarial moyen, le plus bas possible.

1.jpgLe Pacte de Stabilité n'a pas donné les résultats escomptés, alors on se lance dans une nouvelle phase, le Pacte de Compétitivité.

Se retrouve sur les tablettes: Supprimer l'indexation automatique des salaires. Limiter les prépensions. Augmenter l'âge du départ à la retraite.

Tout cela pour rendre la zone monétaire optimale !

D'où est parti le mal? Si mal, il y a, bien entendu.1.jpg

Eric Laurent, dans son livre récent "Le scandale des délocalisations" en citait, au moins, un et était très critique. L'Europe a capitulé, disait-il. Elle implose. Elle favorise les délocalisations et le dumping social. Elle favorise les grandes sociétés et laisse les PME végéter alors que ce sont ces dernières qui constituent 60% des emplois en France. La R&D, à part la Finlande, ne se passe pas à la bonne vitesse.

La concurrence se construit sur des pieds d'argile entre les pays européens. Sans solidarité, sans concertation, cela veut dire que chacun d'eux cherche tirer a lui la dernière couverture en réduisant ses propres prix. La réaction ne tardera pas, par les mêmes voies et repartir pour un tour dans un autre cycle.

La confiance s'effrite dans nos sociétés occidentales contemporaines. La situation de la croissance semblait donner un peu plus d'air et replonge très vite dans les affres d'antan.1.jpgEn Europe, tous les système de protection social convergent vers un modèle libéral avec des précédents différents. 

La confiance a pour bases naturelles, la fidélité, la stabilité et la solidarité. Aucun président d’association sociale, syndicale, religieuse, politique, sportive ne peut se permettre le temps de former un organisation sans que la stratégie soit bien comprise par tous ses membres.La présidence d'un pays, du PDG pourraient faire confiance. En dehors du coup, sans même comprendre la situation, les actionnaires peuvent, désormais, balayer le PDG, aux risques de faire capoter une société.

1.jpgLe but recherché n'est pas le maintien d'une société mais d'installer ses propres pions ou pour toutes autres raisons, encore moins honorables. Les bonzes, les suiveurs, ne se privent pas de faire tomber n'importe quelle tête qui ne ferait pas perte d'intérêts très intimes. Népotismes et copinages sont les deux mamelles du déclin et de la corruption.

Une des raisons pour expliquer les déroutes, il faut, peut-être, la chercher dans nos volontés rognées. On délègue tout de nos jours. Contraints ou, au contraire, par manque d'imagination. On râle tout bas. On le fait parfois dans l'humour, mais ça ne marche que si, derrière les experts, la complexité des processus ne cache pas une sorte de "job protection" et que l'on découvre, encore, ce qui reste absurde.

Nous constatons que la classe moyenne disparaît. La connaissance "moyenne" apprise par l'expérience suit le même chemin de la déperdition. Le "self made man" n'a plus aucune carte en mains, par sa seule expérience. Il est ridiculisé.

Tout fout le camp, même l'honneur du travail bien fait qui n'est plus ni la tasse de thé, ni le sucre au fond de la tasse.

Comme l'écrivait, Umberto Eco, on va "À reculons, comme une écrevisse".

On se dessine un avenir avec plein d'« overhead » en sautant d'autant l'essentiel, avec pour objectif une proie pour l'ombre, un avenir devenu imprécis, avec des vues à très courtes échéances. Plus de consolidations. Le temps, c'était, c'est et sera toujours plus d'argent, dans ces conditions.

0.jpgDans une marre aux vipères qui se protègent mutuellement, les accords entre base et sommet n'en resteront jamais que fictifs. On ne se comprend plus. On ne se voit plus que dans la virtualité des rapports. Dans un monde de compétition, les spécialistes se foutent éperdument de ceux qui ne les comprennent pas. 1.jpg

La démocratie est en perdition. Le citoyen vote démocratiquement (enfin, on l'espère), c’est-à-dire qu'il donne sa voix à une personne sur une liste d’un parti. Une fois, sa voix donnée, il n’a plus rien à dire ou à faire. Les bonzes du parti, dès lors, ne recherchent plus nécessairement le bien d'un pays, mais un intérêt dépendant des circonstances extérieures avec l'échéance des élections comme seules sanctions. Ils mettent sur leur liste des capteurs de voix, et en tête de liste les personnes les plus fiables à la politique du parti, les plus proches du politiquement correct, au lieu de travailler ensemble à la réalisation d’une gouvernance forte et en pleine connaissance des dossiers.

L'élitisme, porté par les experts du sommet, a effacé les autres citoyens. Se rendre indispensable dans l'organigramme de la société, est devenu la seule manière d'assurer ses arrières. Devenir un bon consommateur servile incité par la seule publicité.

Corporatisme, sinon rien. L'individu passe après le groupe. L'individu qui est soumis à une attaque, est un dégât collatéral que l'on retrouve dans des statistiques spécifiques. Le groupe qui est touché, est un accident qui pourrait faire sauter la "banque".

L'ouverture sur le monde par Internet a raté partiellement son coup. Il le déconstruit sans trouver les ingrédients pour les introduire dans une meilleure "soupe". Le futur s'échappe dans un temps de conjugaison de "futur simple" qui prendrait pour nom "présent cassé".

Notre vote majoritaire en Belgique se pratique à la proportionnelle avec une sorte de vote à deux tours. Le premier se faisant par l'intermédiaire des urnes. Le second au travers des élus qui doivent se choisir un gouvernement viable dans la durée. Cette "technique" peut se voir comme une facilité pour celui qui n'a pas trop envie de s'en mêler.

"Alerte rouge" écrivait l'Humanité, au sujet du Pacte de l'Euro.

L'autorégulation des marchés a engendré une récupération, en catastrophe, avec effet retard mais incomplète ou mal plafonnée. Cela s'est traduit par des tentatives de normalisations, de moralisation et de régulations imparfaites dont le "système" avait perdu jusqu'à la méthode. Les marchés ont repris du poil de la bête, ressourcé par l'histoire de ses économistes alors que les situations ne sont jamais totalement pareilles. La recherche de solutions pour diminuer les inégalités chroniques devient insoutenable.

Grâce à un populisme intégré, bien ciblé dans la "sensibilité du portefeuille", l'extrême droite s'est engouffrée dans la brèche du mécontentement généralisé.

Certains seraient, en effet, prêt à perdre un peu de liberté et de démocratie dans la bataille. Mauvais calcul de dépis car ce serait un retour en arrière drastique et une reconquête à prévoir. Plus de démocratie était justement ce que les pays arabes cherchaient à trouver.

L'opposition sans fin entre capitalisme, mondialisé et socialisme, localisé, ne fait plus recette si elle n'apporte pas de mieux en finale.

Mondialisé, veut dire qu'aucun pays ne peut plus vivre en autarcie sous peine de se mettre au ban de la société humaine. Avec des intérêts imbriqués, il faut composer au mieux avec ses contemporains sans protectionnisme mais avec discernement dans leur fusion.

L'Est a son ostalgie sociale. L'Ouest a la sienne avec ses propres revendications qui se résument à pouvoir payer les prix qui y sont pratiqués et qui se sont éloignés de ceux de l'Est.

Nos pays de l'Ouest restent, artificiellement, sous le chapeau de pays dits "riches" et "capitalistes". Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas veiller au grain.

Pas de révolutions à l'horizon. Pas de casseroles qui déborde sous la chaleur. Un malaise, un mal-être rédhibitoires qui se concrétise par une révolte contre des épouvantails, des dysfonctionnements, mais en laissant les problèmes majeurs entre riches et pauvres en sommeil.

1.jpgL'inégalité est-elle la carte joker de la décennie, comme je le lisais sous la plume de Kenneth Rogoff avec ces mots: "Nous sommes à l'ère où la globalisation développe un marché pour des individus ultra-talentueux, mais qui tire vers le bas le revenu des emplois ordinaires". Inégalité de richesses et d'opportunités manquée en Europe, en Amérique et en Asie avec une part de gâteau qui fond pour les travailleurs. Les crises n'ont rien changé même après l'universalité d'Internet. Les multinationales refont de gros bénéfices. La population se retourne toujours vers un intérêt de proximité en oubliant que la Terre ne tourne pas à des vitesses constantes pour tous. Internet a accentué le problème en supprimant les intermédiaires et les moins qualifiés ont plongé d'autant. Les inquiétudes sur l'impact de ces inégalités se reflètent dans les politiques budgétaires et monétaires.

La tension est là. Sans foire d'empoigne pour éprouver sa force. Le besoin se résumait à garder ses acquis et, peut-être, un peu de meilleur demain qui n'existe même plus dans les sondages sur la question.

Crise de civilisation et pas seulement économique, comme l'écrivait Hessel dans son tract "Indignez-vous".

Sera-ce l'aube d'un choc de cultures, d'idéologies entre déception vis-à-vis d'un rêve qui a échoué à "l'américaine" et dans un présent, dont on ne voit plus de futur ou celle d'un regret du passé qui n'était pourtant pas dénué de tares?

"Une société sans pensée utopique est inconcevable. Utopie au sens de désir d'un mieux.", disait encore Jean-Claude Carrière.

Le travail peut devenir un esclavage quand sa disponibilité se raréfie. Le travail qui ne trouverait pas son extension dans la participation responsable avec une responsabilité partagée dans les projets, du début à la fin des processus, dans un esprit de corps, reste un projet inachevé. Occuper le temps des gens, tout en leur assurant des moyens de subsistance, c'est plus qu'un programme. Alors parfois, certains arrivent au burn-out avec symptomes caractéristiques.

La peur du lendemain, le manque de sécurité, les emplois précarisés, le sentiment de non-aboutissement, induit par un manque de solidarité, est probablement voulu pour mieux contrôler la docilité des citoyens comme par le passé.

Karl Marx écrivait dans "La lutte des classes en France": "Du fait que l'aristocratie financière dictait des lois, dirigeait la gestion de l'État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l'opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu'au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s'enrichir, non point par la production, mais par l'escamotage de la richesse d'autrui".

Non, il ne fait pas partie du 21ème siècle comme on pourrait le croire.

Solidarité professionnelle gérées par les employeurs et les salariés en commission paritaire contribuent pour obtenir une allocation de chômage et la pension de retraite dans un système du type belge, français, allemand et luxembourgeois.

Le système anglo-saxon, minimaliste, ne couvre que les besoins de base, financé par l'impôt avec des assurances privées et une assistance pour les plus pauvres.

Le modèle scandinave, maximaliste, prend tout en charge, financé par l'impôt, avec une redistribution égalitaire.

Le modèle latin est basé sur l'entraide familiale, religieuse et minimal de l'État.

Les pays de l'ex-communisme reposait sur des services beaucoup plus larges historiquement, mais se retrouve en déclin d'assurance collectiviste.

"1.jpgLa zone euro peaufine sa réponse à la crise"? Ne serait-ce pas une manière d'avouer avoir la peau fine?

Aux États-Unis, vu la reprise assez molle, certains Gouverneurs républicains tentent de se débarrasser d'organisations qui s'opposent à eux. Le Gouverneur Walker du Wisconsin a lancé une loi qui prive les organisations syndicales de négociations collectives et se réfugie derrière sa réponse à la menace qu'il avait lancé contre les fonctionnaires. 100.000 manifestants se sont alertés de ce serrement de visse. L'âge d'or des syndicats a été celle de la Grande Récession et pendant la 2ème guerre mondiale. Après ils n'ont fait que perdre du terrain. Le Reaganisme a sapé les dernières énergies. 7% de syndiqués dans le secteur privé et 40% dans le secteur publique.1.jpg

Harmonisation européenne pour le moins larvaire bien loin du traité de Lisbonne. Le Traité de Maastricht dispose d'une base juridique pour faire respecter uniformément la santé publique. CDD et intérim ne favorisent pas l'assurance dans la durée. Il faudra hiérarchiser les priorités avec un statut de mutualisation pour s'opposer aux sociétés de capitaux.

"Le triomphe de la cupidité", comme l'écrivait Stiglitz.

La concurrence, la compétition font, il est vrai, partie de cette base et trouve une racine dans l'instinct de conservation.

Nous sommes devenus les mercenaires d'idéaux destructeurs qui nous bouffent et nous dépassent. Peu importe l'échelon où cela se passe dans la société. 1.jpg

La croissance et le productivisme ne sont pas une finalité dans la durée si elle ne s'appuie pas sur une compréhension globale.

Les automatismes, l'intelligence artificielle, vont  faire table rase de beaucoup d'idées reçues aujourd'hui, ce qui nécessitera de fait une réorganisation. La journée du citoyen pourrait un jour se diviser de manière totalement différente, révolutionnaire.

Le capitalisme de George Soros voit la fin de l'ère de l’État-providence qui prétend éviter tout malheur à ses citoyens. Les États faux-monnayeurs ou surendettés vont faire faillite. La doctrine keynésienne, à ses yeux, a vécu. La dette publique n'achète pas la croissance. "On ne ramasse pas un couteau qui tombe" s'empresse-t-on d'ajouter quand on n'a plus d'idée autre que le défaitisme.  

Des mots qui font sourire, s'il n'y avait pas des enjeux qui les dépassent.

Ce n'est plus compter sur la providence qui importe mais obtenir un juste retour sur investissement de son travail.

1.jpg"L’euro-consommateur compte avant tout sur lui-même". Pas con, il s'est adapté, vaille que vaille, en perdant son âme dans le blues.

Cet Euro-consommateur est devenu un "expert" sur Internet. Comme un détective, il est à la recherche du meilleur prix. Il se retrouve face à lui-même et sans filets. Il n'aime plus le vendeur, qui a perdu sa confiance, trop perverti, trop commercialisé.Alors, il « tweet », il recherche avec tous les moteurs nécessaires. Il se fout des frontières pour ses achats, mais se réfugie derrière celles-ci dès qu'elles lui donnent un retour sur investissement. Il ne pense même plus participer en contribuant à son propre avenir embué. Le prix est son alpha et  son oméga de la consommation. Payer au prix juste, ne veut plus rien dire pour lui. 70% des consommateurs ne voient plus de différences dans les marques. Pour faire son choix, il se fait appâter par la seule image du produit plutôt que par le contenu. Pour le vendeur, la seule chance qui lui reste, est devenue l'empathie.1.jpg

Ressortons la vieille maxime latine "In medio stat virtus", à la recherche d'un nouvel équilibre plus stable. Léon Walras en avait, déjà, décrit ses contours en 1879.

"Une politique d'austérité est une politique qui a pour objectif de diminuer les dépenses publiques et de faire face au creusement du budget de l'État", dit Wikipédia.

Il y a, peut-être, une autre méthode, plus difficile mais, plus rentable pour tous: augmenter les recettes et leurs potentiels. 1.jpg

Cette fois, comme Thomas Gunzig, j'ai eu un problème pour ajouter l'humour à ce billet. J'ai hésité à parler de Schtroumpfs, comme lui, de gagne-petit, alors que, récemment, j'annonçais fièrement que les salaires étaient en augmentation. Mais, c'était dans un "ailleurs" impalpable, intouchable.

J'étais entré, là, dans une philosophie greffée sur la psychologie, sur la sociologie, avec des personnes qui en ont vu beaucoup d'autres en rose et bleu.

 

L'enfoiré,

 

1.jpgMise à jour 06/04/2011: Tempo Team annonce que quatre travailleurs sur cinq sont satisfait de leur job. Après la peur de perdre son job, ils sont plus serains. La confiance revient. Ils accordent plus d'importance à leur bien-être personnel et à l'ambiance de travail. La volonté de faire des efforts personnels, la santé de l'entreprise, la vision de l'entreprise sont en baisse. Ils sont aussi moins mobiles, moins flexibles, moins soumis aux pressions que les pays voisins. Ls Baby Boomers qui vont quitter l'entreprise sont les plus motivés.

 

 
Citations:

  • "L'austérité n'est acceptable qu'étayée par l'ambition.", Madeleine Ferron

  • "L'austérité vise par certaines mesures à avancer l'âge de la mort.", Georges Marchais

  • "Ecrire à propos de l'inflation consiste à écrire sur la capacité sans limite des gens à se faire duper par les politiciens", Irwin Schiff

 

26/02/2011

La fièvre de la révolte

Comment dire "non" aujourd'hui en réponse à une situation devenue insoutenable? Il y a le bras d'honneur, un doigt choisi levé, la révolte ou la révolution. Puis, il y a celle qui cherche un chemin, plus difficile à cerner, plus fine. La version 2.0... La fièvre mesurable avec un thermomètre?

1.jpgDire "non" par la contestation sociale, cela commence dans la rue. Bien sûr, mais, encore?

"Révolution du jasmin" ou "Révolution du printemps", la manière forte, la "révolution" suit une étincelle après de longues années de sommeil et d'injustice sociale. Belles images symboliques qui ne tiennent pas à l'analyse ou à la situation sur le terrain.    

Le cas de l'Afrique du Nord, parler de "Sudalgie", d'"algie du Sud", aurait été plus exact. On a un peu oublié que le Sud vit dans le pénurie depuis tellement de temps. Cela fait de 30 à 40 ans, que le Sud voit, par l'intermédiaire de ses touristes,  le monde passer et changer autour de lui sans qu'il puisse y participer ou en tirer un profit personnel. L'esprit de conquête de la guerre de 1967 avait bloqué toute velléité. La Ligue arabe, plus fantôme que révolutionnaire, ne recherchait pas un meilleur possible pour ses populations mais pour ses dirigeants qui se voyaient installés à vie sur un trône.

 Wikipedia dit "Une révolution est, au sens politique ou social, un mouvement politique amenant, ou tentant d'amener, un changement brusque et en profondeur dans la structure politique et sociale d'un État, et qui se produit quand un groupe se révolte contre les autorités en place et prend ou tente de prendre le pouvoir. Le terme de révolution peut être utilisé par un gouvernement se présentant comme révolutionnaire pour qualifier l'ensemble de ses politiques, alors même que sa prise du pouvoir est effective et achevée.".

Tout y est dit dans cette définition.

Les populations en avaient marre. Désirs refoulé alors que la richesse se pavanait devant leurs yeux.  

De son côté, le touriste, caché derrière ses lunettes de soleil, au bord des piscines et calé derrière les murs des hôtels semblaient ne pas voir la fièvre d'une révolte qui couvait. Les informations transmises par l'intermédiaire  de guides n'existaient que pour faire découvrir des vestiges archéologiques, les beautés du pays, sans expliquer les tourments de la population.

Le Sud s'est réveillé. Seul. Ce n'est pas fini. Sa population n'avait plus rien à perdre, plus rien à gagner.

Les peuples arabes se sont ligués contre les pouvoirs qui les oppressaient depuis trop longtemps, à la baguette sous la protection tacite et intéressée des pays riches. L'ingérence dans les affaires d'un autre fait problème. 1.jpg

Les armes se retournent toujours, un jour, vers ceux que l'on ne pensait pas au départ. Vendues, il ne faut pas être hypocrite, leur usage peut faire partie de ce qu'on répugne.

Pour les Tunisiens, un autodafé, un jeune qui s'immolait par le feu en réponse à une situation insupportable pendant une trentaine d'année de dictature, de pauvreté, d'oublis des jeunes désœuvrés, fut le détonateur. 

La révolution d'Égypte, un mois plus tard, souffrait des mêmes maux, mais, avec encore plus d'impact, vu  l'importance du pays, de sa situation en point central à beaucoup de conflits dans le Moyen Orient. Le retournement de la situation du 11-02-2011 va rester, manifestement, dans les mémoire et pas, uniquement, comme un palindrome rare.

1.jpgKadhafi, leader révolutionnaire de la Ligue Arabe, s'est vu rejeté par elle-même. Trop sanguinaire. "Mon pouvoir est moral" disait-il. Pour être moral, il manquait quelques petites notions d'éthique qui vise à répondre à la question « Comment agir au mieux ? »  pour son peuple sans minimiser ses responsabilités.

La démocratie attire la convoitise et attise la révolte.

Loin de tout, dans nos pays démocratiques, on applaudit cette vibration, cette réussite du peuple. Imaginer que cette extrémité dans une immense tache d'huile, arriverait jusqu'à nous, n'effleure pas nos esprits. On délègue sa propre révolution, sa révolte, en secret, perdu dans une fuite en avant, portée par le tapage de la publicité.

Plus proche, Israël a peur face au réveil arabe, l'autre acteur, l'ennemi de l'histoire. Spectre de l'encerclement et d'une poussée islamiste. La démocratie en style "arabe" serait le plus court chemin vers la confiscation de la révolution. En terre musulmane, le slogan est "un homme, une voix, mais une seule fois", ne manque pas de répéter Zvi Mazel. Le fatalisme n'épargne pas les colombes.
1.jpg
La contagion dépend du pays, de son histoire dans lequel il produit ses effets. Effet dominos qui ne fonctionne que si les acteurs restent alignés et solidaires. Les "dégâts collatéraux" font les blessés et les morts dans une guerre civile se produisent quand l'armée ne joue plus son rôle de protection de la population mais celle des gouvernements.

Les gouvernements se préparent à ces révolutions. Ils s'en protègent par la force répressive ou en jetant du lest. 20110219Lybie différente.jpg

En Syrie, 14% de pauvres, 20% de chômage ne parviennent à se contenir que grâce à des services de renseignements réprimant les velléités libertaires, laïques ou islamiques.  En Jordanie, la pauvreté, le conservatisme et la corruption endémique se cherche une compensation par un changement de premier ministre. L'Algérie augmente la disponibilité des denrées alimentaires dans une "élévation de l'état d'urgence". Le Maroc, monarchiste de droit divin, avec une croissance du PIB de 4,9% donne un peu plus de souffle, en apparence, mais le chômage, en augmentation de 9,8% en 2010, laisse des traces dans les mémoires. La Libye aurait pu s'en sortir par leurs pétrodollars pour garantir plus de  paix sociale. C'était sans compter sur l'opiniâtreté de Khadafi qui voulait garder son trône au prix du sang. Son choix fut de lancer des confrontations sanglantes,  un discours colérique d'un homme ivre de pouvoir. Il a pu faire illusion depuis 2004. Pourtant l'histoire terroriste plane autour dde lui.

1.jpgMême Wikileaks épingle toute la famille Kadhafi.

Même les dieux doivent composer avec leurs ouailles.  

En Chine, il y a eu des appels à manifestations, mais la situation reste très différente.  En 1989, une brèche existait à l'intérieur du pouvoir chinois. Brèche par laquelle la population avait cru pouvoir s'y infiltrer avec sa révolution sur la place Tien Almen. Aujourd'hui, la Chine est parmi les pays gagnants du "système" avec l'espoir tenace en l'avenir et l'espérance dans les jours meilleurs. Partie remise.

Qu'est ce qui a fait la différence? Une solidarité d'en découdre, plus présente. Aucun gouvernement ne tient dans la durée si sa population reste solidaire pour y faire opposition.1.jpg

Internet scrute les opinions et les tendances et permet une préparation efficace des révoltes. 

Couper Internet n'était pas difficile pour un gouvernement qui maintient ses brides. Ce n'est pas du côté de la fréquentation de Facebook qu'il fallait chercher l'étincelle. En Tunisie, Facebook est utilisé par seulement 15% d'utilisateurs, tandis qu'en Egypte, ce n'est plus que 5% qui connaissaient ce réseau social. Il n'y a pas que Facebook. 

1.jpg"Les dictatures au pilori? Est-ce la fin des régimes totalitaires?", se posait-on la question.

Les conditions à réunir pour réussir seraient: "dépasser la pauvreté absolue, disposer d'une opposition politique et avoir accès aux nouveaux médias". Le coût de la mobilisation économique a considérablement diminué aux travers des réseaux sociaux. On y cherche pas  des partenaires pour faire le coup de force. Plus d'organisation centralisée dans une révolution digitalisée. Plus de hiérarchie. Un réseau avec ni queue ni tête dans l'anonymat de la masse. Plus on manifeste, plus bas sera le niveau de départ de la contestation. La contestation est nécessaire. Elle est constructive. On ne peut seulement avoir raison trop tôt.

Il n'y a pas que les dictatures qui pourraient se rebeller.

La plus grande démocratie du monde, l'Inde, est docile face au fossé entre riches et pauvres ne fait que s creuser. Officiellement, non existantes, les castes restent latentes. L'idée de la hiérarchie par la naissance reste considérée comme normale et naturelle. Le bon vieux principe de "divide ut imperes" est, plus que jamais, d'une efficacité providentielle pour les gouvernements qui ne se pressent pas d'éradiquer cette lame de fond du temps des Maharadjahs. Les attentats de Bombay,n'étaient pas la bonne manière pour attirer les foules à la cause.

 1.jpgLa religion parvient à maintenir les esprits en Iran.

"Just in time and in place" pour ne pas tomber au champ d'honneur entre les révolutions mortes dans l'oeuf. Arriver au point de non-retour, devenir martyr à titre posthume, ne sera jamais la panacée des solutions pour exprimer son dégoût.

Les révoltes ne se ressemblent pas dans l'espace mais se rassemblent dans le temps.

En Belgique, nous sommes aux antipodes. Fair la révolution, ce n'est plus l'habitude. On a déjà donné. Cette fois, il s'agit de créer un gouvernement et pas de vouloir sa disparition. Être dans le Guiness Book suite au nombre de jours sans gouvernement, ne fait peur qu'à ses voisins européens ou aux américains. La population vit et ça marche souvent mieux qu'ailleurs. 

Tout dépend de l'enjeu d'une révolte et de l'existence ou non d'une manière de  répondre voir de contourner le besoin de la révolte.

En Belgique, la Marche Blanche pour les enfants disparus, avait déplacé des montagnes, comme le constatait la maman d'une fillette disparue. Transposition de la perte d'un enfant par effet miroir, lancée par une Belgique d'en bas sur-représentée.1.jpg

Une autre manifestation, à l'OTAN, m'avait fait écrire un billet qui disait "Pourquoi je ne crois plus au reality show" après ma rencontre avec des gendarmes armés de boucliers et de matraques, qui étaient sensés repousser les attaques de manifestants. Bagarre programmée par deux clans en provenances d'horizons très divers qui manifestement, ne servait à rien avec des interlocuteurs mal ciblés et qui ne se connaissaient pas.

Quoiqu'organisé par des jeunes, la manifestation "SHAME" était ce qu'on pouvait appeler une manifestation "traditionnelle".  J'en parlais le mois passé. Un appel à rassemblement de la population. Sans détresse, sans même de mots d'ordre politique ni l'éclair de réflexion, le "Eureka", lancé par un Archimède dans son bain, ou un Souplex,qui sortait "Bon dieu, mais, c'est bien sûr" dans les "Cinq dernières minutes". Un gouvernement en affaires courantes assurait, mais il valait mieux que ces affaires soient un peu moins courantes, plus stables. Les jeunes initiateurs du rassemblement n'espéraient même pas les 35.000 manifestants dans les rues de Bruxelles. Tous sont repartis fiers d'avoir participé à un grand moment, en espérant que, cette fois, ils avaient été entendus. Quelques calicots prouvaient que l'apolitique ne l'est jamais complètement, même si on est terre-à-terre, voir pragmatique, chez nous. 

"Pétard mouillé", ce rassemblement de la honte équitable représenté? Manifester pour diminuer les impôts sur les petits salaires, d'une hausse des pensions dans un référendum national, pacifique, aurait eu peut-être plus de contestaires dans les rues. Peut-être, mais c'est loin d'être certain...

La méfiance vis-à-vis de l'efficacité de la manifestation, chez ceux qui ont dit "manifester, non, merci" se caractérisait en donnant du temps au temps, même si celui-ci sort des normes, que ce soit mauvais pour notre image et que cela fasse gerber les agences  de notations. 

Capitale de l'Europe, Bruxelles connaît la musique des manifestations. Le Bruxellois se sent souvent complètement hors jeu, victime des volontés de rassemblements, de grèves dont il ne voit plus les effets positifs ou négatifs.

Trop de folklore ou pas assez de folklore?

Vivement de l'imagination... 

L'incitation de Poelvoord de se laisser pousser la barbe faisait plus sourire qu'espérer un impact. Quelques poils, pas plus, perdus parmi d'autres qui en portent déjà habituellement, sans une seule contestation dans le visage, dans les rues de Bruxelles.

De l'autre côté de la barre, il y a eu cette sénatrice flamande qui avait même parlé d'une grève du sexe. 1.jpgLà, cela devenait amusant de penser la voir sortir sa ceinture de chasteté d'un vieux tiroir perdus dans les toiles d'araignée.

Le 249ème jour sans gouvernement, ce fut la "Révolution des frites". Record battu. Révolution plus politique, cette fois, pour revendiquer de garder une Belgique unie avec toutes les villes universitaires impliquées. Gent, dans la partie flamande, est reconnue comme une ville estudiantine contestataire (édito vu de Flandre).

"The show must go on". 

Les manifestations politiques ne bousculent plus les consciences des foules. La philosophie a pris le dessus. On manifeste du bout des lèvres, quand on ne pose plus les bonnes questions. Plus question de perdre son temps et sa vie dans une bagarre non productive.  Instinct de conservation ou raisonnement plus actuel?

Sur Facebook, dans l'ombre, la révolte s'organise pour garder l'unité du pays. On repart manifester avec les chansons dont on aura pastiché les paroles et, peut-être, les artistes qui les ont composées au départ. "Réunion 27 février BRUXELLES Gare Centrale GB Quick 1400 Hrs  But - Organisation et planification en vue d'une action nationale.". Apparemment, quelque chos se passerait le 8 mai.

"A bas la division", quand l'intérêt personnel y est lié. Que l'idée, elle est bonne. Notre système de gestion à la proportionnelle, notre particratie dégoulinante a trop d'histoires vieillies par le temps et cette Constitution qui n'a pas prévu le pire, en sont les causes. La démocratie a de ses obligations que le Belge se décourage mutuellement d'assumer. Sans être indifférent, il soufre de lassitude qui l'endort et que seuls, les jeunes peuvent réveiller. C'est  plus une révolution de générations, de reconquête de dignité. Fini la parole muselée, tant qu'on a la jeunesse et la finesse des mots pour l'exprimer. La démocratie reste toujours fragile. Prête à prendre le large et à tanguer dès le premier écart de houle.
1.jpgMais le radicalisme ne fait plus recette chez nous. La vie de tous les jours, même rabotée reste viable. Cela gronde souvent à mots découverts pour des miroirs avec alouettes. 

Vivre la révolution par personnes interposées, est une solution "safe". La violence, les photos d'un drame, la désolation de kamikaze, d'un immolé par le feu se transmettent par la télé et ne suffit plus pour émouvoir les âmes sensibles que juste le temps de tourner une page ou de zapper sur une autre chaîne. Le spectacle se renouvelle d'autant. 2.jpgLa chaussure envoyée à la tête de Bush, sur la place Tahrir, a fait sourire alors qu'elle représentait un symbole fort sous d'autres cieux moins favorisés.

La période des vacances approchent. Nous, les occidentaux, on nous y attend. On rouvre les circuits tunisiens en attendant les égyptiens. Celui de la Libye n'était pas dans les catalogues des Tours Operators habituels. Les révolutions ne se ressemblent jamais totalement. L'Egypte avec le Nil ne ressemble pas à la Libye avec ses déserts, ses clans, ses tribus. L'autocratie guette toujours. La révolution financière peut être le prélude à une nouvelle période de propérité, une fois,  la stabilité retrouvée.   Il parait que des agences locales tunisienne organise déjà des "Circuits Révolution". Ce sera l'occasion d'enlever ses lunettes de soleil pour ne plus être surpris et espérer que ces beaux pays ne se feront pas volé leur révolution.  

Chez nous, la tarte à la crème de Noël Godin faisait du buzz comme précurseur à cette autre manière de dire "non". Elle a trouvé son répondant en héritage dans la virtualité de la Toile. La vigilence est de rigueur pour ne pas se prendre dans les fils d'une dictature.

Les "Yes Men", Code Pink, les Brigades activistes des clowns veillent.

Les rigolos-tionnaires ne s'inventent plus. Ils sont là. 

Ne pas être avare de quelques clics de claviers avec des souris qui surfent sur les fils de la Toile est donc la nouvelle force de persuasion et par là, un vrai pouvoir. "Sous les claviers, la plage". 

Au départ de la devise belge, l'"Union fait la force", on transite par "L'oignon fait le farce", pour en arriver à "l'Humour fait la force". Maintenant, comme le suggérait, Bert Kruisman, il reste aussi une autre formule, "L'ignorance fait la force", tout aussi efficace.

Cela pourrait être une nouvelle forme d'ADM, comme des "Armes de la Dérision Massive".  L'humour par la technologie ou la technologie au service de l'humour. Rire est devenu le ferment de la révolution, comme l'écrivait  l'hebo Le Moustique. Pas par l'énergie du désespoir et sans dégâts collatéraux.

Les légers coups de semonce sont plus sourds, mais on apprend à connaître la musique, les tendances et les finalités. Pas de faux fuyants, l'humour cinglant et de la dérision, avec un zeste d'auto-dérision pour y répondre.

De l'adresse, de la verve, de la persévérance, et de la culture de bas en haut de la gamme pour s'assurer un chemin au travers d'un champs de mines virtuelles.

1.jpgPourquoi pas un dernier "Café serré", servit chaud par un flamand, avec l'humour à raz bord, dans une dégustation matinale? Tout le monde en rit, même ceux qui sont visés. Le but à atteindre: la démonstration par l'absurde. Humoristes, pasticheurs, imitateurs, caricaturistes  mènent le bal. Ils prennent des risques calculés dans leurs sketches d'indignation par l'ironie de situation, hors d'atteinte du pouvoir.  

Faire rire tout en touchant sa cible est, en même temps, un art de l'esquive. "A la fin de l'envoi, je touche", disait Cyranno. Les zigomatiques, au boulot.

La Désobéissance Civile Belge, 'DéCiBel" se doit d'avoir une cause juste et belle. Pas besoin d'investir dans une chasse aux sorcières, coûteuse qui n'assurerait pas de résultats suffisamment probants. C'est au cerveau de faire affleurer les dernières couches de ses neurones rebelles. 

La désobéissance civile sous la plume de Henry David prend des tournures de maîtres du code médiatique par sa "non-violence".

1.jpgApprécié ou non, par ses "consommateurs", tirez en même temps, à gauche et à droite. Créer des amitiés ou des inimitées en route, n'a rien que du normal avec les claques dans un sens et dans l'autre. Tout, mais pas la violence ni l'insensibilité du public. Pas d'attaques ad hominem trop séditieuses, mais contre des "systèmes" qui n'offriraient pas de garanties de survie au plus grand nombre. L'intermédiaire "Facebook" passe à l'attaque dans la virtualité avec quelques risques quand on dépasse le seuil de l'attaque ad hominem.

La mondialisation a fait disparaître le côté social de la rencontre physique.  Le social dans le réel a viré dans la compassion et l'humanitaire. L'âme humaine se donne des moments de repos, de grâce, mais le naturel reprend son galop à la première sortie de piste.

Dans le monde du sérieux, il y a le "Indignez-vous" lancé par Stéphane Hessel, qui en très peu de pages résumait les revendications plus comme un tract que comme un manifeste guerrier. En vrac, on y rappelle sans originalité flagrante, l’écart grandissant entre très riches et très pauvres, l’état de la planète, le traitement fait aux sans-papiers, aux immigrés, aux Roms, la course au “toujours plus”, à la compétition, la dictature des marchés financiers et jusqu’aux acquis bradés de la Résistance – retraites, de la Sécurité sociale… «Insurrection pacifique», superficielle, avec des mots qui ne demandent ni force ni rage sans décorum pour faire opposition à une lame de fond de la complexité en expansion de notre monde. Ce petit livre jaune aurait-il une suite dans nos pays? Rien n'est moins sûr.

L'indignation est un motif de résistance. L'indifférence, la pire des attitudes. La non-violence, le chemin à suivre pour ne pas mourir noyé dans les sables. Tout à fait d'accord.   1.jpg

Le pouvoir, lui, échappe au citoyen lambda, il doit trouver son répondant dans des sources de l'humour pour garder la tête froide sans y perdre des plumes. 

Le Japon, c'est une autre maladie qui le tenaille: son électoralisme sans légitimité. En 5 ans, 6 premiers ministres se sont succédés sans laisser autre chose qu'une sensation de médiocrité. Une myriades de petits partis dans les années 90 avait débouché sur le PDJ, le Parti Démocrate Japonais, Son dernier représentant, Naoto Kan, espère faire voter un budget de 813 milliards d'euros alors que son parti ne le soutient pas. Pas simple d'allier charisme et compétences.

Parler de Révolution, c'est, souvent, à 1789 que l'on pense. Vu avec le recul, elle a laissé le prolétariat français sur sa faim. Organisée et récupérée par une nouvelle bourgeoisie. Celle-ci y voyait le moyen de sortir de l'ombre en remplaçant la noblesse. La révolution s'est vite transformée en un coup d'Etat remporté par Napoléon Bonaparte. De la France, il en avait fait une Monarchie constitutionnelle, une République, avant d'arriver à une Empire qui remettait les compteurs à zéros.

1.jpgLe dernier Kiosque parlait de vent de révolte et de la Belgique, je me devais de donner le topo vu de l'intérieur. Émission avec des journalistes de plusieurs horizons qui reprenait chacun à leur tour leurs problèmes spécifiques.

Le journaliste français restait à ne pas comprendre la Belgique, mais remarquait que la démocratie parlementaire n'est plus suffisante perdue entre "scandale contre scandale".

L'erreur de la Constitution belge était rappelée par l'intermédiaire du journaliste québécois. Une Constitution qui  oblige de s'entendre sur les réformes constitutionnelles majeures entre les communautés pour qu'un gouvernement puisse être nommé. Du coup, on le cherche dans la quadrature du cercle et pourtant, chacun remarquait que ça marche mieux que certains autres pays. 1.jpgIl ne s'inquiétait pas de 249 jours. Le Canada, rappelait-il, a le même problème communautaire entre anglophones et francophones, mais la Constitution, même rejetée, permet d'exister sans même être signée par les partis en présence en 1982.

Le journaliste italien, lui, s'il parlait des frasques populistes de Berlusconi et de ses abus de pouvoir qui commençait à échauffer les oreilles de la population italienne, c'est la Ligue du Nord, séparatiste, avait une sympathie pour les Flamands.1.jpg Les pouvoirs généraux se déplacent en permanence en se cherchant une dimension propre, soit dans le grand, le niveau européen ou le petit, de sa région natale, concluait-il.

Quant au journaliste chinois, il comparait la Chine avec la Belgique pour dire que notre pays était un paradis, alors qu'en Chine, il y a tous les ans des catastrophes naturelles, sècheresses, inondations qui nécessite un gouvernement fort pour gérer son pays géant.

Ce samedi matin, à Bruxelles, il douchait, pardon, il "drachait" (pour parler en langage local).

Pour manifester mon soutien avec lui, mon jogging m'a amené en Chine et au Japon à proximité de nos deux bâtiments qui les représentent. Ces trois photos en témoignent.

"Est-ce que ce monde est sérieux", chantait Francis Cabrel dans "La corrida".

Trop peut-être. La société s'est, incontestablement, durcie.

Les mots "Compromis" et "compromission" commencent par les mêmes lettres de "con". Une différence réside dans son suffixe "mission". Une révolution n'est pas une mince affaire. Elle doit rester sous stéthoscope pour éviter d'être récupérée à l'insu du plein gré de ses "généreux donateurs de vie". "Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente", comme le chantait Brassens.

20110303Situation est grave.jpgRire de tout quand cela va mal, permet de temporiser. De tout, mais pas de tout le monde et surtout pas dans tous les "trous" de la Terre. Je n'ai, peut-être, pas tout compris, mais ça, je l'ai compris.

Alors, si hier, la situation était grave, mais pas désespérée, aujourd'hui, si c'est désespéré, c'est, peut-être, avec le rire, pas grave.

Brel dans sa chanson "Ne me quitte pas" avait des paroles qui ne se prêtaient pas à ce discours. Pourtant, elles sont parfaitement adaptées: "On a vu souvent Rejaillir le feu De l'ancien volcan, Qu'on croyait trop vieux. Il est paraît-il, Des terres brûlées Donnant plus de blé Qu'un meilleur avril. Et quand vient le soir, Pour qu'un ciel flamboie, Le rouge et le noir Ne s'épousent-ils pas.".

Car, ça, aussi, c'est du belge.

Décidemment, on ne rit pas quand on se brûle.


L'enfoiré, 

 

Citations:

  • "Rire sous cape lorsqu'on ne peut rire à pleine gorge, mais rire toujours parce que l'esprit de sérieux est le pire de tous les esprits détestables.", Pol Vandromme
  • "Le rire châtie certains défauts à peu près comme la maladie châtie certains excès.", Henri Bergson
  • "Inutile d'employer un thermomètre  de haute précision pour prendre la température  d'un fantôme.", Jean Rostand
  • "Quand le température monte, il ne faut pas accuser le thermomètre",  Anonyme

30/01/2011

L'Est ostalgique ?

Une génération depuis la fin de l'URSS. Vive la Russie et ses satellites. La nostalgie  est pourtant là, latente. La Roumanie n'arrive pas à suivre le mouvement d'Est en Ouest sans une certaine "ostalgie".

0.jpgLa démocratie à l'occidentale donne-t-elle des soucis et des regrets? Pas sous cet aspect, mais latente, une certaine nostalgie de l'Est de papa est bien présente dans les pays de l'ancienne URSS.
Nostalgie que l'on a appelé l'ostalgie en relation avec l'esprit nostalgique de la RDA. C'est, plutôt, du socialisme, fondé sur la propriété collective, que par le communisme pur et dur, vécu par le passé que cette nostalgie prend forme.
Au lendemain de la chute du Mur de Berlin, les partisans d'une "démocratisation" rassemblaient à peine 5% des voies. Les autres attendaient la chute du communisme avec impatience. Faire le deuil de l'ancien système, personne n'y pensait. Les progressistes, appelés les Ossis, avaient tout rejeter sans réfléchir avec le rêve de l'Ouest en tête dont ils ne connaissaient que des clichés transitées par les ondes hertziennes en provenance des pays dit "démocratiques" qui devaient théoriquement leur apporter liberté et succès. Cette "ostalgie", depuis, existe avec une connotation indéfinissable qui serait ni positive ni négative. Mélancolie lancinante qui dirait que c'était, seulement, mieux "avant".  En est ressorti des Ostalgies-Partys qui passent par des chansons du passé, des produits alimentaires du terroir, des émissions radio et des télés nostalgiques. Les vieilles Trabant ressortent des garages lors des fêtes.

Parmi les déçus du "système capitaliste", ce ne sont pas seulement les "vieux", les anciens. Non politisés, dans les campagnes, beaucoup d'anciens pouvaient vivre une vie entière sans connaître le moindre problème avec une "règle du jeu" réglée par la seule proximité et la solidarité. Il est vrai que tous n'ont pas connue les affres de la Stasi, c'est, à fortiori, le cas pour la nouvelle génération qui, déçu, vivent  mal les contraintes de la vie à l'occidentale. Le droit à la parole et son besoin sont très dépendants de ses utilisateurs et parfois, de ses commanditaire.

La liberté donne le vertige à certains si elle n'est pas modulée ou non préparée avec l'expérience du temps. La compétition "tranquille" conviviale et familiale a été perdue  pour devenir une "struggle for life" avec les inégalités, imposées de fait, au bout du tunnel.  De plus, dans ses fondements, l'idéologie communiste avait incontestablement des points positifs. Société sans classe, sans État, sans propriété privée sinon collective, mais dans laquelle le travail était garanti, cela peut être bien mieux que dans les pays occidentaux. La conquête du travail pour les femmes n'existait pas en RDA où 86% des femmes travaillaient et n'étaient pas limités à 56% comme c'est le cas aujourd'hui. On trouvait des logements bon marchés. On jouissait d'une santé presque gratuite et pas moins performante. Mais les salaires ne prenaient pas des altitudes incompréhensibles comme on le connaît dans les pays occidentaux. Ce choc d'idéologies est encore sensible à Cuba, mais qui vit dans un esprit révolutionnaire permanent. 1.jpg

Face à une évolution explosive, trop vite, trop forte, la Chine éprouvera, tôt ou tard, cette même "ostalgie" de temps plus calmes des campagnes, face aux mégapoles envahissantes.   

Cette liberté donne envie à ceux qui en ont été sevrés trop longtemps comme nous le rappellent les événements récents des régimes "dynastiques modernes" en Tunisie, en Jordanie, au Yemen et en Égypte. 1.jpgRévolution de la liberté plutôt qu'une image du jasmin.  La différence, avec le cas des pays de l'Est, c'est que, cette fois, cette stratégie du soulèvement n'entrait pas dans les projets de l'Occident. Comme c'est le cas, en général, les nostagiques du gouvernement des pro-Moubarak, qui ont profité de la situation pendant 30 ans, se sont réveillés en fomantant une quasi guerre civile.

Pas de doute, la sécurité dans les pays de l'Est avait été conçue avec des règles énergiques de contrôle. 20110202Moubarak out.jpgAprès avoir voulu copier le modèle des pays de l'Ouest, les plus mal lotis de l'Est, récupérés, l'ont appris à leurs dépends.  La liberté n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'améliorer une situation. 

Les goûts ne changent pas rapidement, par effet de mode, mais par des évolutions successives, moins révolutionnaires qu'il n'y parait, mais suite à un dégoût, une usure vis-à-vis d'une situation détériorée qui perdure.

Une génération,  depuis 1989 et la chute du Mur de Berlin. Qui s'en souviendra encore demain sans les anniversaires et quand la liesse est complètement retombée?
Juste après ces moments de la "révolution", 1250 milliards d'euros avaient été investis dans les Länder de l'Est. Des 9,7 millions d'emplois qui existaient alors, il n'en restait que 6 millions en 2004.
 
La blessure s'est creusée par ces Ossis pour qui seul comptait le progrès et les efforts dans une phrase qui rompait toutes discussions avec les anciens. "Nous n'avons plus besoin de vos compétences, vous êtes des inutiles". A l'Ouest, ce n'est guère différent entre "jeunes" et "vieux". Mais progressivement, l'instruction aidant, les choses évoluent dans plus de "consanguinité" du raisonnement.   
 La métaphysique de la liberté comme véhicule unique de la pensée a conduit le libertarianisme vers l'exploitation, presqu'un esclavage de l'homme par ou pour un "système" et certains autres hommes qui en font partie, dans une décadence de l'absolu.
  
Du temps de la "vieille garde" en URSS, la blague qui circulait sous le manteau des ouvriers était "Eux font semblant de nous payer, nous on fait semblant de travailler".

Déjà en 1880, le droit à la paresse faisait partie des pensées de Paul Lafargue. A cette époque, celui-ci trouvait ridicule de ne pas distribuer uniformément le travail au lieu d'avoir une indigestion de tâches réservées sur quelques têtes et dans un temps de plus en plus raccourcis. La différence, la limite à ne pas dépasser, apparaissait immédiatement. Elle existe toujours, entre ouvriers et employés dans la prise en charge du travail n'est pas dans la manière de la rémunérer ou la compenser à sa juste valeur. Prendre du temps pour soi pour se sentir bien rend une efficacité plus raisonnable, sortir de l'agenda rempli à ras bord, sont encore des valeurs justes.

Chanteur engagé,  Jean Ferrat, avait une profonde conviction dans le communiste. Dans sa chanson "La jungle ou le zoo", il avait ressenti le mouvement obligatoire du replis en voyant s'effondrer le communisme de l'URSS et découvrant que tout n'était pas aussi rose derrière le rideau de fer avec un idéal communiste dévié de sa nature par les pouvoirs vieillissants de ses dirigeants. Gouverner sans se remettre en question, c'est toujours programmer un étouffement.

Le Kollectiv de l'Est et son "confort" qui se construisaient entre besoins individuels et collectifs, a généré, sans nul doute, plus de sentiments de solidarité que ne peut le faire le mode occidental.

Mikhaël Bakounine préconisait un idéalisme rationnel avec une organisation sociale qui irait de bas en haut par la fédération des travailleurs avec des échelons associatifs progressifs de communes, de régions, de nations pour arriver au niveau international et universel.

0.jpgPassons à la Roumanie. Pourquoi elle? Parce que le contraste entre "anciens" et "modernes" y est, semble-t-il, encore plus difficile à supporter. La croissance est négative (-1,9%). En 2009, un prêt de 20 milliards d'euros ont été demandé au FMI qui a demandé en échange un régime d'austérité sans précédent. Salaires de la fonction publique diminués de 25% en 2010 (350 euros). TVA augmentée de 4 points. Retraites gelées (200 euros).  
Si en 2007, la CE avait mis à disposition 3,7 milliards d'euros pour financer des programmes pour améliorer le sort des minorités marginalisées (2 millions de ROM). 38 millions seulement ont été utilisés. En 2010, des milliers de fonctionnaires licenciés.

Dans les années 70, de la Roumanie, je n'ai eu que des impressions, des intuitions d'un avant qui nécessitait un "nettoyage de printemps" et une ouverture vers l'occident. Elle n'est pas arrivée au printemps. Ce fut à la Noël de 1989 qu'elle s'est concrétisée. Une envie, par certains, de sortir des sentiers trop limités qui brimaient les envies.

Nous sommes 20 ans, plus tard. De ces années d'avant, cet article, "Roumanie, le coup d'Etat de 1989", donnait un reflet intéressant. Après un quart de siècle de cauchemar et dix jours sanglants, le 26 décembre, le sort du "génie des Carpates", alias le "Danube de la pensée", du dictateur Nicolae Ceausescu,  est réglé en cinquante-deux minutes, au cours d'un procès à huis clos et est exécuté avec son éminence grise, son épouse Elena. Ceausescu vivant dans son monde devenu mégalomane, coupé des réalités, n'a rien compris de ce qu'on lui reprochait. Mais, alors, comment une telle "dictature" reste-t-elle en place, sans que la population ne bronche? Il suffit d'une étincelle pour soulever un peuple s'il est bien préparé à un "coup d'Etat". En externe, d'autres pays ou des gens en internes, y trouvent leurs avantages. La seule fin de changer l'histoire justifie les moyens, après coup. Le manipulation de l'affaire de Timisoara a malheureusement été découverte, un mois plus tard.

Gorbatchev a été, pour les États-Unis, l'homme providentiel qui allait redorer le blason des échecs américains au Vietnam. Plus jeune, "Gorby" pouvait incarner et propager l'esprit du progrès jeune à l'occidentale. Des Ossis étaient probablement là pour le seconder, en secret ou plus ouvertement, pour protéger des intérêts particuliers.

Dans "Terre des affranchis", Liliane Lazar parlait de sa Roumanie natale avec des yeux d'occidentaux. Avec son livre, elle a connu le succès par son avantage dont elle pouvait tirer par les deux faces d'un même problème. Son "Nouveau Monde" était vu par sa vision  personnelle progressiste. Elle démontrait aussi à ses fans occidentaux qu'ils vivaient, eux, dans le meilleurs des mondes et cela pouvait les rassurer.  
Le ratio restera très dépendant de chacun et de son perçu d'une même situation.
Les hommes ne font pas l'histoire, c'est l'histoire qui les fait.   
Comme un peu partout en Europe, la Roumanie participe à la montée de la droite, voire de l'extrême droite. La gauche, dénigrée, niaisé, non productive de progrès. Avec 8,65% des voies en 2009, le PRM a  obtenu 2 mandataires européens: Vadim Tudor, chef du Parti de la Grande Roumanie et Gigi Becali, dirigeant d'un club de football et qui a quelques casseroles de corruptions aux pieds. Anti-Roms, anti-Hongrois, de surcroit dans un nationalisme affirmé, partisan de la Grande Roumanie. Les Hongrois ne le sont  pas moins avec la vision de leur "Grande Hongrie" d'antan. Hongrois qui viennent de prendre la présidence européenne dans un certain remous avec une nouvelle loi promulguée qui déstabilise les droits de la presse.

1.jpgLa chercheuse roumaine,  Nina Georgescu, vit à Bucarest. Elle m'a proposé de publier une de ses analyses qui tente d'expliquer la situation actuelle de sa Roumanie.
Avant de vous le laisser lire, je reprends un de ses commentaires déjà éloquents sur la situation à l'intérieur de la Roumanie: "Dans la période des années 1970 le système socialiste mondial se consolidait. Il était déjà devenu attractif sur le plan mondial. Le Socialisme était un concurrent pour le Capitalisme sur le plan politique, économique et social. Le système socialiste mondial représentait 26 % de la surface terrestre. Plus de 30 % de la population du monde était socialiste. Ce système détenait 12 % du volume du commerce mondial, donnait 32 % du volume du Produit Brut mondial et plus de 40 % de la production des biens matériels. En 1975, sur un total de 650 millions de salaires, 220 millions revenaient aux pays socialistes. Ceci confirme l'aspect important du nombre des salariés engagés dans la production matérielle. Cela, tout en restant faire partie du modèle culturel de la modernité, par l’industrialisation socialiste, par l’urbanisme, par l’enseignement de masse et par l’accès à la culture pour toutes les couches sociales. Aujourd'hui, avec le capitalisme, la vie est de plus en plus difficile puisque tous les prix augmentent, produits alimentaires, chauffage, électricité, eau potable. Le pétrole roumain a été vendu pour des prunes aux Autrichiens par nos gouvernements et gouvernants qui ont suivi et suivent encore les conseils du FMI et des Conseillers occidentaux présents parmi nos ministères. Chez nous, le pétrole est vendu plus chers qu'en Autriche. Le gaz et l'eau potable n'appartiennent plus à la Roumanie mais a la France.  L'ostalgie Caron.jpgLes pensions civiles et surtout militaires ont été diminuées, pour certaines catégories jusqu'à 70 %. Pour Dumitru Prunariu, le premier cosmonaute roumain, les 3 ou 4 années d'entraînement  qu'il a suivi en Union Soviétique avant et pendant son voyage dans le Cosmos, ne sont pas reconnus pour sa retraite. Après 1989, nous sommes devenus une nouvelle colonie avec un niveau de vie, en chute libre pour la majorité des Roumains.  Le nombre des sans-abris, des sans boulot augmente tous les jours. Cette situation de survie en est devenue explosive. Le comble est qu'on nous dit que nous sommes dans la bonne direction du redressement.".

A l'origine de ce recul en arrière, elle y voit une autre "Thérapie du Choc". Son article est paru dans des journaux locaux et sur les sites de piatza.net et de sudulextrem.ro.
Je lui cède la place, après un rappel d'un poème de Bertold Brecht qui pose une question gênante:

   Je suis assis au bord de la route
   Le chauffeur change une roue
   Je ne me sens pas bien là d'où je viens
   Je ne me sens pas bien là où je vais
   Pourquoi est-ce que j'observe le changement de roue
   Avec impatience?

L'enfoiré,


La Thérapie du Choc ou le Léninisme renversé de Jeffrey Sachs

Dans les années 1989-1991, le Socialisme de l’Europe de l’Est a reçu un lourd coup souterrain, qui n’a pas été compris par la plus grande partie de la population des pays de l’Est et de l’Ouest. Ce coup était présenté sous le concept de Révolution avec de profondes résonances positives dans la mémoire de l'humanité.

Cette manœuvre politique-militaire faite sous le patronage des États-Unis et de l’OTAN a conduit au renversement et à la destruction du Socialisme européen que j’ai nommée - la guerre secrète des années 1989-1991 – et dont le nom codifié de CIA est « Covert Operation ». Ce fut la plus grande victoire de l’histoire des services secrets adversaires du Socialisme.

Après les métamorphoses politiques, imposées aux sociétés socialistes européennes sous la couverture de révolutions, toute l’Europe de l’Est se retrouvait dans une situation bizarre et bouleversée. Les émergents des dites révolutions avaient accaparé le pouvoir politique de ces États. Mais combien de partisans étaient-ils?  A peine une poignée de gens dans chaque pays socialiste.

Il restait un puissant mode de production qui était soutenu par des centaines de millions de gens. Et ce mode de production se trouvait à la base de la société socialiste existante. Cela se fit par des changements du mode de production, dans ses éléments composants, dans les relations et les forces de la production, pour finaliser le changement de toute la superstructure et du changement de la vie spirituelle.

Il restait le fondement économique de la société socialiste basée sur la propriété socialiste sur les principaux moyens de production et sur les relations de collaboration et d’aide réciproque. Toute l’essence de la société socialiste devait être changée. Ce changement ne pouvait pas se faire du jour au lendemain. Pas de durée fixée, ni de dépenses nécessaires en faveur de qui se produisait ce changement. Dans un but manipulateur, cette période a été nommée «Transition» par les commissaires politiques étrangers et autochtones.

En réalité, cette période de changements radicaux de société fut rapide. Trop rapide. Pas une transition mais une rupture brutale du Socialisme et de l’abdication de la souveraineté économique des pays est-européens. En plus, la transition du système socialiste vers un autre système non nommé, n’a pas été présentée comme une option aux nations socialistes mais comme une obligation. Passage abrupte en démantelant les structures économiques socialistes sans que celles-ci puissent être remplacées par les structures de l'économie de marché capitalistes. Celles-ci n’avaient même pas commencé à en prendre les contours en précisant qu’il s’agissait d’un processus de transformation radicale de la société socialiste en société capitaliste primitive. Le résultat de ces destructions a été un gigantesque saut dans un espace vide sans substance.

L'histoire nous prouve que tous les passages d’un régime à un autre régime, devrait assurer une meilleure évolution pour les conditions de vie des populations des pays respectifs. Sans cette finalité, le changement ne se justifie pas.

Dans ce processus imposé, dans cette nouvelle zone géopolitique dans laquelle sont impliqués les États-Unis, la Transition a eu comme base théorique, doctrinaire, l'idée libérale américaine et anglaise des années ’80, présentée à l'époque par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui exprimait, au fond, un néolibéralisme extrémiste.

A partir de 1990, le Roumanie et d'autres pays socialistes européens, à la suite de l'abdication de la souveraineté politique, lorsque les émergents ont accaparé le pouvoir, le néolibéralisme s'est accaparé de l'État par la « Thérapie de Choc » de Sachs, par le Consensus de Washington et par la contribution roumaine de l’académicien Tudorel Postolache. La voie du Chaos a été considérée par lui comme seule alternative comme transition vers l'économie de marché. Le 20 avril 1990, l’Esquisse de Perspective de la Roumanie, adoptée par le Gouvernement Provisoire, n’a été qu’une astuce pour pouvoir assumer d’une manière dissimulée le Plan de Sachs.

En dehors de la libéralisation des prix, du commerce extérieur, il était aussi proposé que la première Loi du Parlement de Roumanie soit celle de la Propriété, de la privatisation sur une large échelle de la richesse publique, sans consultation des citoyens par referendum. Modèle pour orienter non seulement les Gouvernements de Roumanie qui ont eu pour but de remodeler toute la vie économique et sociale en conformité avec les objectifs économiques et politiques, par la stratégie qu’avait les États-Unis dans l’Europe de l’Est.

Jusqu’en 1997, la Roumanie a assumé le Plan de Sachs d’une manière dissimulée sous le nom de « La Thérapie de Choc ». Les autres Gouvernements des pays de l’Europe de l’Est ont adopté, dès le commencement, ce Plan d’une manière plus visible.

Résultats: arrêt brusque, immédiat du rôle de l'État dans le réglage du fonctionnement de l'économie. Ce fut le feu vert donné à la majorité des Gouvernements néolibéraux occidentaux, aux institutions économiques financières internationales et aux agents économiques du Groupe G7, pour pénétrer, sans efforts, dans les régions de l’Europe de l’Est, avec leurs produits et leur capital vers la globalisation et l'intégration rapide en Europe.

Le 13 janvier 1990, la « Transition », conçue selon le Plan du professeur de l'Université de Harvard, Jeffrey Sachs, fut lancé par la Revue « The Economist » dans une étude sous le titre significatif: « What is to be Done? » .

Dans le même style que Lénine, cette étude mais dans une forme inversée, comme Peter Gowan l'écrit dans « La théorie néolibérale et sa mise en œuvre dans l’Europe de l’Est» en précisant que ce n’est pas seulement une question de style,  mais qu'elle concerne toute la méthodologie. Le programme comprend le renon à la collectivisation des grandes exploitations agricoles, au morcellement de l’industrialisation, l’abandon de l’instruction de masse, de la modernisation, à l’urbanisme, à la recherche, dans une thèse de remodelage de la vie.

Le comble est qu'on entend dire que les pays socialistes auraient sollicité eux-mêmes les services de Sachs. La journaliste Silvia Benedetti affirme dans un article,  que «Sachs, une fois arrivé dans les pays socialistes, a travaillé avec des équipes locales discrètes formées d’environ 10 jeunes économistes et a formé ses économistes en collaboration avec des Universités pro-occidentales et avec le soutien de la presse nationale».

Doué de qualités incontestables de diplomate, Sachs a su tisser des contacts privilégiés avec des gens politiques clé des gouvernements, tout en refusant d'être payé par les pays socialistes qu’il a conseillés.

La Thérapie de Choc de Sachs est une théorie américaine de laboratoire qui n’a jamais été utilisée que sous la forme de la Thérapie de Choc, élaborée par Milton Friedman.  En 1975, celui-ci est le premier économiste américain qui a utilisé ce terme de Thérapie de Choc à Santiago de Chili et pas pour une crise économique majeure dans le monde réel  . La journaliste canadienne,  Naomi Klein, montre dans son livre «La Doctrine du Choc: la naissance du Capitalisme des désastres»  (Stratégie du Choc) que la  Thérapie de Choc de Friedman, selon laquelle une contraction subite ébranlera l'économie vers l'amélioration, n’a pas été vérifiée. Elle montre qu’il y a une ressemblance frappante entre la logique de Friedman et la logique des psychiatres des années 40-50 qui recommandaient à leurs malades des électrochocs en étant convaincus que l’introduction délibérée des crises convulsives fortifiantes rechargeait d’une manière miraculeuse le système d'opération de la mémoire de ces malades. C'est ainsi que conseilleur d'Augusto Pinochet, après l'élimination en 1973 de Salvador Allende, il voulait mettre en œuvre sa "Thérapie" dans l'économie du Chili.

Pinochet fut le premier leader politique de notre planète à tester la Thérapie de Choc  en transformant son pays en un laboratoire pour les théoriciens américains.

Le « New-York Times » écrivit à propos de ce sujet : « Il n’arrive pas souvent qu’à un économiste de premier rang, dont les perspectives sont si robustes, lui soit offerte la chance de pouvoir tester ses prescriptions spécifiques pour la remise en bon état d’une économie si malade. Il est encore plus inhabituel le cas lorsque le client de l'économiste respectif est, par hasard, un autre pays et non pas son propre pays ».

Tel que présenté dans son livre "Capitalisme et Liberté", pour Friedman, la Thérapie de Choc,  est le seul « médicament miracle » qui doit être administré à une économie malade. Trois objectifs : la privatisation massive et rapide, l'élimination du contrôle du Gouvernement sur l'économie et la diminution des dépenses sociales dans une courte période de temps, avec une récupération ultérieure rapide. Il utilise le mot "choc" d’une manière obsessionnelle et souligne que l’utilisation d’une thérapie graduelle n’est pas un bon choix.

Le miracle économique promis à la "sauce FRIEDMAN" ne s’est pas produit.

Au contraire, l'économie qui était déjà dans le chaos financier en Chili, a jeté le pays dans de vraies convulsions, le chômage, l'inflation,... à des niveaux alarmants.

Pinochet, et son conseiller, Sergio di Castro, ont détruit le système d’assistance sociale, en réduisant brusquement les dépenses sociales à hauteur de 27 % , jusqu’en 1980, lorsque ces dépenses ne représentaient plus que la moitié en comparaison avec la période de Allende.

Même la Revue « The Economist » qui passe pour le journal de l'économie du marché libre, en parlant de ces réductions de dépenses sociales, les a nommées comme étant « une orgie de l’automutilation».

La Sante et l'Éducation qui ont été les plus frappées.   

Dans les anciens pays socialistes, elle n’a pas produit une transition, mais elle a provoqué une rupture catégorique avec la société socialiste, pour exclure toute possibilité de restauration du Socialisme comme idéologie, comme doctrine, comme mouvement social et comme système d’organisation économique et social. 

Nina GEORGESCU (E-mail : georgescu.nina@yahoo.fr)

 

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