25/06/2008
Ne m'appelez plus jamais, "France"
Un article du Nouvel Obs a attiré mon attention et approfondit mes convictions dans la France actuelle.
Attention, je vais être excommunié. Je Vous le dit d'avance, si vous n'avez, Français, pas le courage de lire ce qui va suivre ou n'aimez pas la critique, passez votre chemin.
Un article du Nouvel Obs 2276 a donné aux Français une vision multiple, vue de l'étranger, de ses voisins européens.
Cela vaut parfois le détour d'écouter ce que pense de Vous et de nous, les Européens. Il est sûr que chacun a à se reprocher des tares qui proviennent de son passé ou de sa manière de penser, ce ne sera que partie remise mais, de la critique, nous avons tous à y gagner.
Pays par pays en voilà des points sur la table des discussions:
L'Anglais Julien Barnes, pour lui, c'est plutôt changez pas de main. Le "French paradise" des Frogs a encore du bon. L'instabilité psychologique, un peu maso français, c'est pas mal. On commence vraiment à se ressembler. La Tour Eifel, et si on se l'échangeait avec le Tower Bridge? On le fait savoir d'ailleurs après le vote Irlandais. Ceux-ci, des idiots, je vous dit.
Le Hollandais Fouad Laroui cherche toujours comment se dit "chauvin" en néerlandais. Et ne comprend rien à la politique française. Freiner l'immigration, il a dû s'y faire récemment. La communauté turque ou marocaine doit s'imposer dans un consensus national.
L'Allemand Volker Schlöndorff voit dans la France une image du passé. Nombrilistes et contents d'eux mêmes, les Français avec une langue supérieure, arrogante dans les Hautes Écoles qui veut faire la loi. La culture française est devenue d'arrière-garde et ne représente plus 1,7% du marché. Oui, "S" apporte du changement. Mais... pas très curieux de ce qui se passe ailleurs. Et puis, les "belles manières face au sérieux".. ça fait pas vraiment le poids.
Le Belge Philippe Dutilleul se posait cette question: "Pourquoi je ne serais jamais français?" Il parlait du complexe de supériorité qui mènerait à la cinquième roue du carrosse. Les réformes libérale "S" ne semblent pas lui botter. On manifeste ferme pour PPDA, non pas le vôtre. Lille, peut-être, c'est socialiste. Et puis notre "Bye bye Belgium" à la mode française aurait eu du plomb dans l'aile dès la première étincelle. S'il y a un pays qui dans ses fondements, n'aime pas l'Europe, et il l'a prouvé dans son "non", il y avait trois ans, c'est bien la France. Récemment, un article qui se voulait le défenseur de l'hymne national n'en ajoutait qu'une autre couche à ce beau patriotisme. Notre premier ministre en a perdu la tête en chantant la Marseillaise comme hymne national à la suite d'une question très partisane d'un journaliste.
L'Italien, Marco Bellocchio Un sentiment d'arrogance transformé en surprise vu la déprime et pourtant la réalité de havre de tranquillité. Moins de clientelisme. Chez nous, c'est la peur de tout qui a proné dans les élections. Vous avez plus de ressources que nous. Ce n'est pas Berlusconi à bord, même si cela ressemble. Vous affrontez les problèmes, nous les posons avec la compromission "comedianti". Nous sommes reconnaissant d'avoir une première dame italienne.
L'Espagnol Jorge Semprum était plus expectatif et exprimait "Ce que j'attends de votre président" alors qu'il est seul derrière un gouvernement social-démocrate. Pour la prochaine présidence de l'Union Européenne, il a l'espoir que la France ne sera pas suivit d'une stratégie de sécurité qui irait dans un protectionnisme et une politique d'immigration contraire à l'esprit de l'entreprise européenne eu égard à l'évolution démographique. Ce serait un changement de paradigme culturel. "Liberté, égalité, fraternité?" Pour l'Espagne avant-gardiste, l'Hexagone semble piétiner.
Le Polonais Tadeusz Mazowiecki trouvait Sarko sous pression avec des projets ambitieux mais toujours sans anticipation et avec seulement des déclarations distribuées avec un goût du déjà vu et entendu, ailleurs. Alors, le vieux stéréotype du "plombier polonais"... Quand on sait que les Polonais sont aussi redemandés à bord et que quelques milliers seulement s'étaient aventurés dans l'Hexagone !
La Danoise Marie-Louise Knuppert remarquait que la France sacrifiait sa jeunesse. Le chômage des jeunes à 22%. Un modèle social lourdingue par sa bureaucratie et ses ambiguïtés. Notre taux de syndicalisation de 80% comparé au 8% français d'adhérents n'est pas étranger à notre chômage de 1,8%.
Un sondage donnait des estimations assez peu réjouissantes non plus. La présidence de l'Union française serait une "bonne nouvelle" pour 19% des co-équipiers européens, une "mauvaise" pour 16%. Un sous-marin coulé dans le combat naval? 50% d'arrogants, 31% de peu "travailleurs", 44% d'imaginatifs, 43% d'accueillants... on ne peut pas vraiment faire cocorico.
Chacun a sa vision en fonction de son côté plus "rétro", de son gouvernement et de sa manière d'être propre. Rencontre de Charybde et de Scylla, dans un sens ou dans un autre. La baguette sous le bras et le béret sur la tête, image d'Epinal ou réalité plus voilée?
Il suffit de gratter un peu pour y répondre.
On ne pense qu'à ses Droits de l'Homme, sans en chercher une charte annexe dans les Devoirs de l'Homme imaginée à la Française.
On aime le "F" sur la bagnole et, en sus, il y a le droit du sol et l'appartenance au département, avec les deux chiffres significatifs qu'on ne veut surtout pas abandonner. Pas de doute, cela fleure trop bon, l'air du pays.
Le titre que j'ai choisi pour cet article n'en est qu'une autre preuve, avec la chanson de Sardou. Aurait-il la volonté d'en avoir une version plus actuelle, plus actuelle?
Le Français se dit européen. En apparence, seulement. On parle de refus pour raison de manque de social et de n'avoir compris que des règles de la finance dans la constitution. Je tiens à rappeler que c'est Sarko qui a imposé sa manière de construire le nouveau mini traité. C'est comme du Canada Dry. Çà n'est pas de l'alcool mais cela en a gardé le goût. ![]()
Ah, oui, j'oubliais, on n'est plus tout à fait d'accord avec lui et on râle après un an de présidence. Cela se fait entendre d'ailleurs sur tous les tons de la fanfaronnade.
Je me souviens qu'en vacances, l'année dernière, on chantait pourtant le cocorico politique. On se congratulait en se félicitant de son choix politique. On allait voir la vie en bleu. Après l'avoir vu en rose. Enfin, on avait la couleur "top" du changement. Vive les réformes ! Cela arrange tout le monde puisque plus de 50% de la population votante allait dans cette direction.
On aime se faire entendre à une autre échelle, c'est ça la manière nouvelle de vouloir l'Europe à la Française. Depuis, on ratisse large. On est partout.
L'Angleterre voulait, avec Madame Thatcher, son argent en retour "I want my money back". Les Français, c'est plutôt : "je veux me retrouver comme avant dans une Europe française" sans traduction en anglais dans le texte ou une langue internationale qui ne serait pas sienne.
On veut bien regarder du sport à la télé, si et seulement si, l'équipe nationale est toujours à bord. Les médias précèdent d'ailleurs le mouvement de repli. Nous on négocie avec humour.![]()
La Francophonie, c'est chasse gardée française: "On a payer pour et TV5Monde est à nous". Pas touche...
Nous, Belges, n'avons pas de référendum possible, mais le vote est "full démocratic". Il est obligatoire et les revêches devront passer à la caisse.
On m'a dit sur une autre antenne avec une âme bien tendance dans un commentaire très "pro": "mais, tu aimes tout de même passer tes vacances chez nous". Ma réponse a été de circonstance: "Tu ne m'en voudras pas trop, tout de même, si je passe au dessus de ton espace aérien, pour aller un peu plus loin?".
Alors, cette fois, passons vraiment à la vitesse supérieure de la critique et commençons par ce qui se dit de manière tendancieuse, entre amis d'autres horizons, il est vrai, mais en voulant garder l'église au milieu du village avec l'humour en porte bagage.
Un autre qui dit : "Sais-tu comment faire du pognon? Simple, tu achètes un Français au prix coûtant et tu le revends au prix qu'il croit valoir".
Les bonnes blagues destinées aux belges à la "Coluche", nous avons supporté pas mal, sans broncher, car on a même apprécié, de ce côté. On en a même ri de bons coeur pour accompagner les zygomatiques dans cette même exploration de l'incommensurable vérité et de l'auto-dérision. Notre petitesse n'a d'égal que notre humilité. Les frites (les "Frensh fries" comme disent les américains) et les moules, on aime. Comme les chicons, l'américain (steak tartare) frites aussi, les couques (les brioches), les pistolets (petits pains) et les pains français (vos baguettes) pour le matin. Je vais d'ailleurs, si vous êtes en mal d'idées. Mes écrits en sont pleins de mes caricaturistes préférés Kroll et Rif qui valent leur pesant de rigolades. ![]()
De ce côté, on n'entend pas trop, "Tu connais pas Monsieur de ...., dis? Je vais te le faire connaître absolument". Sous entendu: "T'es un con ou quoi?" Des références, on s'en fout tant qu'elles ne seront d'aucune aide pratique. Pragmatique sans tics, le Belge. ![]()
L'humilité n'est pas la manière de pensée prépondérante Outre Quiévrain. Cela ne semble pas être qu'une impression personnelle, donc. Mais, il y a la contagion et tous les Belges ne sont pas "blanc-bleu" (pardon noir-jaune et rouge) et avec une note particulière, les cols relavés ont pris la clé des champs vers le Nord. Le "bling-bling" est contagieux et traverse les frontières plus facilement que les bonnes idées.
Il faut dire que deux cents ans de promenade en "stand alone" des Belges changent ses habitants. Les destins se divisent comme le reste.
Notre "une fois" qui termine nos phrases vient peut-être de nos autres voisins hollandais "Even kijken" (regardons, une fois). C'est plutôt là-bas qu'il faut aller tendre l'oreille.
Vous refusez, Français, l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Raison officielle? Ne fait pas partie du territoire européen, chrétien de surcroît. Raison plus intime? Une dimension de territoire qui entrerait en concurrence directe au barreau ou au perchoir. La Pologne et l'Allemagne, cela suffit.
Le Mondial 2008, à Bruxelles, a été fêté et les drapeaux turcs fleurissent aux fenêtres. En Allemagne, ce sera probablement de même dans le même temps. La Turquie fait déjà partie des meubles de l'Europe, je signale. Il faut s'en méfier, d'accord. On dit bien "Fort comme un Turc". C'est pas peu dire. Nous nous en méfions comme du reste et de nous même, depuis un certain temps, car la connerie n'est pas une affaire de nationalité. Istambul et son petit territoire annexe, c'est de l'européen, à coup sûr. Par son histoire. La culture française s'est bien implantée et se retrouve dans les écoles qui bordent le "Channel local" avec l'Asie. Non, on bosse fort, par là aussi.
Le thon rouge, Vous en consommez comme les Japonnais, ou quoi? Et si on laissait un peu le temps au temps pour se refaire une santé? Les méduses, qui remplaceraient nos faunes marines, ça ne se mange pas. Allez à Calvi, on vous raccontera la suite et les raisons.
Notre PPDA à nous, Belges, comme le disait un de nos humoristes belges, Bruno Coppens, c'est la "Perte du Pouvoir D'Achat". Alors, nous avons depuis toujours, et les politiques continuent à le défendre, une indexation automatique des salaires, en veille. Ca ne récupère pas tout, mais c'est un parachute de secours qui ne prend, jusqu'ici, pas encore l'eau. Comme disait Bruno: "Regardez le film des Ch'tis qui a boosté les ventes de Maroilles, de bières du Nord et même des baraques à frites (authentique)... Alors, une Ferrari à dose quotidienne, je ne vous dis pas ! Exiger plus de Pouvoir D'Achat, c'est pour consommer encore plus ou mieux? En tout cas, c'est sûr, le maintien de notre train de vie actuel, comme les cheveux de Patrick, c'est un plan qui a pris l'air".
Les échos de la "sarkosienne", nous sont parvenus avec un peu trop d'insistance. L'Arlésienne me bottait mieux.![]()
Vous constatez souvent que Vous ne connaissez pas grand chose de nous, Belges. Vous êtes-vous demandé pourquoi Vous n'avez pas les émissions de télé belge chez Vous alors que nous sommes gratifiés de toutes vos chaînes sans distinction? Les crises, on connait.
Pourtant, cela est nouveau, Vous remarquez que les petits Belges ne sont pas si mauvais au Festival de Cannes, dans la mode et ailleurs. ![]()
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Non je ne voudrais jamais plus entendre cette phrase indigeste: "La France, c'est bien, mais, c'est dommage qu'il y a les Français".
Je n'ai pas cherché à savoir quel était le dilemme qui s'était installé dans la petite tête du voyageur en perdition qui l'avait prononcé. Peut-être avait-il mal digéré un repas qui manifestement laissait des traces.
Les frontaliers de tous les pays ont bien compris l'avantage de leur situation à cheval au dessus des frontières. Ils dégustent à tous les rateliers et ils ont raison. Tant qu'il y aura des frontières qui font coincer les idées, les marchandises et les hommes, on profitera de la bonne soupe à l'ail ou à l'aïoli. A la veille de prendre le gouvernail et la présidence de la Communauté Européenne qui traverse une crise sans précédent, une analyse à froid du résultat d'un sondage ou ou de tout autre moyen de communication reste à méditer.
Alors, si on chantait "J'habite en Europe" pour changer et pour sortir de la nostalgie de "Ne m'appelez plus jamais, France". Elle en a le potentiel, l'Europe, de ne pas nous laisser tomber, si en tant que citoyen responsable, on veillait au grain.
Mais cela, c'est une autre histoire et puis Vous en aurez pour nous. Le bêtisier de nos histoires belges n'est pas exempt de croustillants. ![]()
Alors, pourquoi pas, aussi, un petit coup de Marseillaise. Notre premier ministre Belge aime à la chanter. Il en est encore tout désorienté.
Nous Vous aimons, chers Français et Françaises.
"Qui aime bien, chatie tout aussi bien", c'est Vous qui nous l'avez appris, une fois.
L'Enfoiré,
Encore une fois merci à Kroll et Rif
Chez Le Panda, énormément de Français et de répliques.
Citations:
-
« Le crime le plus horrible des riches envers les pauvres est de s'être arrogé le droit de leur distribuer la justice et l'assistance, de leur faire la charité. », Georges Darien
- « Ignorance et arrogance ne riment pas seulement, ils vont souvent de pair. », Jacques Sternberg
15:51 Publié dans Actualité, Europe, Histoire, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10/06/2008
Chronique d'un chassé-croisé de "bling bling"
De l'amour à la réalité politique, aurais-je pu titrer mon article. La France vit une situation nouvelle après une année de pouvoir sarkosienne. Elle se réveille avec des réformes sur les bras dont elle ignorait la profondeur. En Italie, nous en sommes au troisième épisode de l'ère berlusconienne. En observateur étranger, je me suis documenté sur ce que pensait un Italien bien pensant qu'est Umberto Eco.
Souvent, je me suis senti impertinent en voyant l'étonnement des Français après leur vote de leur président en 2007. Président de droite, bien marqué, Sarkozy a pris le pouvoir démocratiquement avec des résultats confortables en sa faveur en 2007. Une fougue presque mystique voulait reléguer 30 années "glorieuses" dans les oubliettes de l'histoire. Un an après, le désenchantement et la hargne se reflétaient dans les blogs sur Internet et ailleurs. Le pouvoir d'achat, bien sûr, n'a pas été à la fête pour l'Europe entière, mal supporté par les plus pauvres. Logique implacable d'une droite qui privilégie normalement le pouvoir de l'argent. Mais, est-ce la seule raison?
N'y a-t-il pas un système, un "régime" plus fondamental qui se cacherait derrière cette nouvelle droite française qui se voulait centralisant des aspirations de toute la population? Êtes-vous tous des patrons, ai-je demandé dans ma candeur naïve vue de l'étranger. Paradoxale, cette conquête démocratique? Cela aurait pu en rester là, sans réponse quand j'ai lu le livre de Umberto Eco "A reculons comme une écrevisse" dans lequel il comparait une situation politique très semblable dans son pays l'Italie.
Situation qu'il décrivait avec dépits et une profonde justesse amère. Comme interlocuteur, connaisseur de l'Italie, je ne pouvais trouver mieux. Né en 1932, Umberto avait connu le fascisme et les affres des frasques de Mussolini. Dans l'histoire plus récente, depuis 1994, il y a eu Berlusconi et l'Italie qui vit actuellement le 3ème épisode, le 3ème règne dans un flip flop avec le PS.
Allo, les studios, ici, l'Italie et son régime politique présentés par Umberto Eco dans un long chapitre de son livre.
Pourquoi une alternance entre Socialistes et le parti du Pôle qui se dit des Libertés. Expliquer une opinion publique et son choix politique est dépendant de sa population dans une démocratie. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans "Show avant tout" qui faisait quelques pas dans l'explication. La France avait un profond désir de changement dans la fonction présidentielle. L'Italie, elle, n'en a aucune volonté apparente de changements, elle patine dans l'habitude et la complaisance partagée. Berlusconi rêve d'atteindre la position de président.
A part ce départ, rien de tellement différent. Le changement quand cela ne va pas bien, qui serait contre? Et bien de ce côté, ce n'est pas une question idiote. En apparence, du moins. Le chauvinisme existe bel et bien en Italie. Vouloir briller avec le moins d'effort, on aime. Le bling bling a peut être un autre nom en italien, mais il s'agit du même instinct. Et si on n'est pas à bord de ce bateau-là, on cherche à y monter.
On aime Berlusconi, c'est clair. On veut ignorer les travers, les écarts de langages, les gaffes de Berlusconi. On ne se préoccupe pas de la source de la rivière, du moment qu'en finale, en amont, la richesse des alluvions profite dans la "combinacion" à chacun. Faire une photo de la manière de gouverner ressemble dès lors à la technique présidentielle française. Les ingrédients du pouvoir italien est efficace face à une population canalisée. Le show médiatise ne se passe plus dans les journaux mais à la télévision, cadenassée, elle, dans les mains du pouvoir lui-même. Ne passe sur antenne que ce qui est bon pour le pouvoir. Le foot et le sexe comme incitants pour faire rêver et surtout pour ne pas trop réfléchir. La publicité politique est la potion magique qui permettra cet effet de rabotage. Résignation ordonnée par des slogans publicitaires classiques, simplistes, agressifs pour les autres partis et ignorants de ses propres tarres. On n'est plus au lave plus blanc, mais au lave le moins sale possible pour que cela passe dans l'opinion. Bling bling au sommet, klong klong à la base avec les miettes de la mise en scène.
Pas réformiste, l'Italien est plutôt abstentionniste. Les réformes de l'imagination sont derrière depuis belle lurette dans un certain défaitisme.
Pour faire taire l'opposition, il faut la diaboliser. L'adversaire, il faut l'insulter au besoin avec une bonne dose de populisme négativiste. La solution ne se trouve pas chez soi, donc se défendre commence par l'attaque. Pour le peuple, simplisme de la réflexion: Berlusconi est riche, donc il n'aura aucune envie de voler ses concitoyens comme la corruption semblait l'avoir fait avec le parti de l'opposition ancestrale de la gauche. Intellectuels s'abstenir.
Quelques tours de perlimpin pour montrer sa bonne foi en disant vouloir diminuer la pression fiscale, luter contre la criminalité avec sévérité et sans déviances pour confirmer son état d'esprit proactif. Attente messianique au départ, désenchantement, ensuite, mues en amorphisme, apaisée par l'esprit érodé de l'intérêt personnel qui converge avec la communauté nationale. S'il n'y avait que les partisans réels, passe encore, mais il y a la majorité qui transite par l'image virtuelle du sommet, fascinés par le bling bling et les fesses des jolies présentatrices sur le petit écran. Quelques promesses comme celle du vendeur, une fois par jour, pour garder l'audience et l'attention des médias suffisent.![]()
Rien n'empêche de tout dire, un jour, et son contraire, le lendemain. Les journaux de l'opposition, on sait qu'ils ne font pas l'unanimité et sont donc de moins en moins lus. Pas de contradictions dans ce cas. L'opposition se doit d'être frustrée. Obligée de réagir pour garder un semblant de démocratie, ne pas cautionner l'adversaire et perdre ainsi son identité, sont les seules solutions à première vue qu'il lui reste. La provocation en miroir de Berlusconi, ensuite. Encore de nouvelles promesses pour boucler la discussion à son avantage, enfin. Logique de la provocation pour détourner l'attention seule. Le lendemain, si cela s'avère un choix erroné, un "Vous m'avez mal compris" donnera la correction et, en plus, un test de réactivité de l'électorat pour en connaître sa réceptivité.
President à la CE, Berlusconi traitait de kapo un Allemand ou qualifiait de "touriste chahuteur éméché" un autre parlementaire étranger. Ce qui constituait un réveil du chauvinisme de manière gratuite en prime et augmentait encore une fois l'audience des médias pour des semaines de discussions par la suite. Du moment, qu'on occupe la première page des journaux, qu'espérer de mieux? L'effet de "bombe" utilisé à répétition avec machisme, les coups bas "ad hominem" pour augmenter la confusion des médias complètent la mise en scène.
Dans cet orchestre de la démesure quelle est la solution pour l'opposition sans jouer dans le jeu et se discréditer? Umberto en soulignait les points de combat.
Probablement, le blackout. Agir bien avant de réagir. Anticiper avec des idées révolutionnaires et avec les mêmes méthodes de la provocation. Faire rêver et toucher par les cotés sensibles de la poche des citoyens. Mettre au pied du mur par des projets novateurs. Court-circuiter le rapport trop direct entre le chef et le peuple en renvoyant la discussion au parlement. Dénoncer la collusion entre les pouvoirs exécutifs, parlementaires, judiciaires et médiatiques. Du charisme manque probablement dans l'opposition socialiste. Une volonté d'y croire, aussi. Le régime médiatique populiste se travaille avec des atouts dans son jeu et pas dans celui de l'adversaire. La sympathie du téléspectateur ne se crée pas uniquement par des sourires et des promesses impossibles. La culture de gauche, devenue hégémonique, a peut-être perdu le goût de la critique, trop sensible a l'esprit du temps, en attaque dispersée et limitée à la réaction. Une culture dominante se partagerait-elle entre mysticisme par un rappel à la gauche chrétienne, traditionaliste avec au sommet plus de templiers que de réels partisans?
La démocratie n'est pas une forme de conquête de la faveur publique reposant sur une mise en scène et une stratégie de la tromperie. Encore faut-il avoir l'oeil critique et l'action proactive. L'Histoire est toujours écrite par les vainqueurs.
Dernièrement, je pouvais lire dans un journal italien que Berlusconi n'était pas contre un appel à la rescousse du leader de l'opposition socialiste. Encore un rappel à un précédent français, pas tellement éloigné pour museler ceux qui pourraient gêner.
L'Italie ne serait-elle qu'un précurseur à ce que la France pourrait vivre dans le futur? Une répétition d'aller et venue au fil des élections qui suivent amour et haine?
Ah, oui, je vous prie d'excuser d'avoir raté ce scoop, Umberto parlait aussi de "consociativisme". Un mot qui, je suis sûr, aura son pesant de recherche.
Le coeur aurait-il, cette fois encore, des raisons que la raison ne reconnaîtrait plus du tout ou serait-ce dans la succession normale de situations bien méditée de ce qu'est un électorat moderne?
Allo, les studios français. "Sarkozy: Berlusconi en plus sournois"?
A vous de critiquer la pensée d'Umberto Eco ou de dire que vous ne vous sentez pas concernés par une certaine ressemblance.
L'Enfoiré,
Un autre article sur le sujet en 2007
Le Panda et ses commentaires...
Citations:
- "En démocratie, la politique est l'art de supprimer les mécontentements.", Louis Latzarus
-
"Tout n'est pas politique, mais la politique s'intéresse à tout.", Nicolas Machiavel
13:50 Publié dans Actualité, Europe, Monde des affaires, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03/06/2008
Europe, cinquante bougies enflammées
Que représente l'Europe, aujourd'hui, pour ses citoyens ? L'Europe fête, le 7 juin, à Bruxelles, un nouveau cinquantenaire, l'EESC.
Un référendum parmi ses citoyens pourrait s'avérer d'utilité publique. Nous sommes à la veille d'un cinquantième anniversaire qui sera fêté à Bruxelles le 7 juin. Ce sera journée porte ouverte pour l'occasion.
La première réponse du citoyen sera probablement, différente en fonction de l'endroit d'où il vient. Les uns y voyant une perte de souveraineté, les autres, une occasion de rentrer dans le sommet des grandes nations. La réponse commune devrait être la constatation que la paix règne depuis son lancement. Une zone de libres échanges ou privilégiés, aussi, très certainement. Beaucoup d'espérances, enfin. Trop, peut-être, pour se réaliser dans les temps nécessaire pour changer les mentalités. La finance a été le premier cheval de bataille de la CE. Cela a arrangé les sociétés internationales qui étaient les premières intéressées et qui ont assumé, de bonne grâce, le prix de la conversion de leurs livres comptables pour se conformer à l'Euro.
En janvier 2002, l'Euro se trouva dans les poches des citoyens européens fondateurs. Les autres suivront à leur tour. Les facteurs de conversion ont été choisis pour correspondre au mieux à ce que chaque état pensait de sa valeur. L'euro a été désigné, par la suite, comme le bouc émissaire de l'inflation. Question d'arrondis? Non, probablement, un levier qui a dû être le même dans les mains d'un américain qui ne pensait plus qu'il y ait encore de la monnaie sous forme de centimes.
En France, Monsieur Le Ministre des Finances a déclaré :"Toute somme équivalente à 100.000 francs français sera changée sans en demander la provenance". Cela l'a été, même si certains matelas et autres coffres ont pleuré sous les coups de rasoirs apportés pour changer un acquit que certains ne voulaient point étaler sur la place publique. Rapatrier les sous avant qu'ils ne s'échappent définitivement a été une préoccupations du gouvernement belge dans son « one shot » de la DLU. Cela a arrondi une fin d'année comptable et c'était déjà cela de pris.
Avant d'aborder des sujets qui tiennent plus à cœur au quotidien, un peu d'histoire ne serait pas inutile.
Il ne faut surtout pas avoir l'ombre d'un regret sur l'existence de l'Europe de demain.
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Avril 1951: création de la CECA. Ce fut Robert Schuman, Paul Henri Spaak et d'autres qui avaient senti que la guerre devait finir une fois pour toute.
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25 Mars 1957: naissance de la C.E.E. CEEA ou Euratom. Le Traité de Rome posait l'acte officiel de la naissance de ce qui allait devenir l'Union européenne.
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Janvier 1962: mise en place de la PAC
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Juillet 1967: fusion CECA C.E.E. CEA
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Janvier 1973: de 6 pays, on passe à 9
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Février 1975: à Lomé (Togo), la C.E.E accepte 46 pays d'Afrique plus ACP
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Décembre 1978: instauration du SME valeur 1er janvier 1979, naissance de L'ECU
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Mai 1979: la Grèce apporte une étoile de plus au drapeau effet janvier 1981
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Juin 1979: élection du parlement Européen au suffrage universel. Réitérée en 1984 et 1989 et ainsi de suite tous les 5 ans. Que de belles campagnes !
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Décembre 1985: adoption de l'Acte Unique, accord ratifié par les douze en 1986 et 1987. Mise en action en juillet 1987. Le français, Jacques Delors, européen convaincu prenait les rennes du « grand machin » jusqu'en 1995. Son livre blanc fit sensation à sa sortie.
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Janvier 1986: l'Espagne et le Portugal entrent dans l'Europe
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Février 1992: Traité sur l'Union Européenne à Maastricht* (Pays -Bas)
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1995: le luxembourgeois, Jacques Santer reprenait le flambeau jusqu'en 1999. Un problème de corruption enraya la « belle » machine.
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1999: Romano Prodi allait montrer ce qu'un Italien pensait de la CE.
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2004: Jose Manuel Barroso succéda à ce poste pour un nouveau mandat de 4 ans. D'autres pays étaient entrés en attendant dans la « grande boutique ».
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2006: Elargissement à de nouveaux pays. La CE comptent 27 pays.
La CE avait trouvé pas mal de lacunes à surmonter à sa naissance. Le Traité de la Constitution européen complet, imaginé sous la prédience par Valery Giscard d'Estaing, devait gérer cette communauté avec ses implications a généré l'incompréhensions et un rejet par référendum en 2005. Le « non » français et néerlandais allaient mettre l'Europe en panne sèche pendant 2 ans. Londres, avec le soutien de Varsovie, voulait en janvier 2007 lui donner le coup de grâce. Un mini traité vient de voir le jour. Longue vie à ce bébé toujours en formation.
Alors, que lui reproche-t-on à cet ensemble hétéroclites de citoyens?
Probablement, cette disparité d'opinions qui renverse les habitudes des mieux nantis, premiers porteurs du drapeau européen et qui ont été, souvent, les plus récalcitrants. L'Angleterre a aussi joué un rôle négatif. Le « I want my money back » de Margareth Thatcher est passé par là. Mais, les portes et les frontières tombaient.
L'espace Schengen s'était élargit, une nouvelle fois, fin 2007. Cet espace est sensé régler les problèmes avec l'extérieur de la CE mais ne règle rien à l'intérieur. Faire tomber des frontières n'est pas une mince affaire avec de telle disparité de cultures, de religions, de potentiels financiers à plusieurs vitesses. Le travailleur polonais, tout les pays occidentaux, les plus nantis, en ont fait un stéréotype. Tous comme les Italiens dans les années d'après guerre, les Polonais ont été voulus pour combler une demande et pour faire baisser des prix. Ils ont malheureusement créé une distorsion insoutenable chez les travailleurs locaux qui se voyaient remplacés à coup de marchandages. A qui le crime a-t-il profité? Ne chercher pas docteur, c'est à la tête. Aujourd'hui, la Pologne est tombée en pénurie de main d'oeuvre et rappelle ses autochtones à domicile.
Pourquoi ne pas former dans le cadre du sport une Bourse européenne qui permettrait à tout Européen de défendre les couleurs de l'Europe en même temps que celles de son pays? Le respect des traditions et du futur en commun. Ensemble, il faut construire une Europe qui réponde aux besoins sur énormément de plans et non uniquement sur le seul coin obscur financier que l'on nous laisse entrevoir depuis un demi siècle.
Certains auraient souhaité créer une Europe sous forme de république confédérale, leurs ambitions étaient peut-être justifiées, mais elles ont chaviré dans l'incompréhension.
La conversion des monnaies en Euros ne s'est pas faite dans la simplicité. Pour la France, 1 euro = 6,56974 francs anciens. Quand on sait que les anciens comptaient encore en anciens de francs, cela n'était pas gagné d'avance. D'autres pays ont été plus chanceux dans le moyen d'effectuer la conversion mentalement. La stabilité de l'Euro peut jouer le rôle du béton armé et il commence, au vu de la chute du dollar, à être reconnu dans le monde. Mais, si ce passage à une monnaie unique a aidé dans la stabilité, il ne l'a pas réalisé dans la stabilité des prix pour tous les domaines. La situation qui se dégrade dans le pouvoir d'achat, est la represéntation flagrante de son échec partiel. Le 13 avril, à Washington, les ministres du Développement du monde se réunissaient pour réclamer une action urgente pour enrayer la flambée des prix des denrées de base. Des manifestations se sont produites dans les pays les plus pauvres. Le riz est la base de l'alimentation et il a augmenté de 75% en 2 mois. Le blé a doublé en un an. L'Europe a son rôle à jouer.
Dans la formation de l'Europe, ce qui a été une caricature de l'idée de mettre la charrue avant les boeufs, c'est principalement l'usage d'une langue qui aurait pu être commune à un 2ème niveau. La langue européenne, qu'elle est-elle, en fait?
L'anglais, diront la majorité. C'est, en effet, la pratique de l'économie. Pourtant, l'allemand et le français revendiquent chacun sa propre langue comme bastion des échanges de la communication. L'anglais, n'est-ce pas utilisé en Angleterre, pays qui ne fait pas encore partie de cette Europe unie ? L'esperanto n'a malheureusement pas la force de la langue vivante et parlée malgré les facilités incontestables de son enseignement. Donc, ce chapitre devra se décider de manière définitive. Une seconde langue commune et obligatoire, apprise dans les écoles de cette Europe comme lien pourrait être la solution. La première restant la langue maternelle. Nous aurions deux drapeaux, pourquoi pas deux langues ?
« En manque d'europlanisme », c'est toujours le cas.
Il ne faut pas se leurrer, les chefs d’Etats, de Gouvernements, etc. ne peuvent tout faire, tout résoudre sans l'assentiment des partenaires. En tant que citoyen, donner son point de vue et de préparer le terrain de l'action en étant présent sur ce champ de bataille pour différentes raisons est devenu un « must ».
En 2008, nous nous trouvons probablement à un année charnière, année de tous les dangers, aussi, comme l'a été l'année 1968 dans beaucoup de pays européens et ailleurs. Champ de bataille qui n'aura pas seulement une obligation de manière interne mais dans le concert des nations du monde entier avec son budget fixé. Quoi qu'ils fassent ou ne fassent pas, les dirigeants d'Etats européens orienteront les peuples du continent pour des décennies sur un modèle socio-éconmoque.
Dans la majorité des cas, les hommes d'Etats ont crée une Europe monétaire en faisant abstraction de toute condition humaine. Schuman a lancé cette Europe sur les rails, il faudra en trouver les sillons qui apporteront un bien être pour ses citoyens du présent et du futur.
Par où fallait-il commencer ?
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En régularisant les dettes du tiers monde.
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En donnant un sens à la vie à tous les sans papiers qui circulent envers et contre tous aux niveau européen dans un but d’éradiquer la misère à nos propres portes.
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En essayant de faire comprendre que les problèmes se solutionnent lorsque l'on veut bien les aborder avec objectivité, compétence à la recherche du ciment indispensable à la fonction de chacun.
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Avant d'être politique, accepter une intense circulation des personnes et des biens en toute liberté.
Mais, l'Europe construite comme un puzzle ne peut avancer de manière constructive, si l'on fait abstraction du "social". Dans tous les cas, la réponse sera humaniste ou ne le sera pas. Le cadre d'une civilisation mondialisée est réel et parfaitement contrôlable. Agir dans les domaines sociaux, éducatifs, culturels et médicaux en donnant les moyens à ceux qui seront motivés et compétents. Donner les moyens de sa politique et avoir la politique de ses moyens.
Après avoir préciser ce que le citoyen veut voir insérer avec les termes de « réformes » ou « réformettes », peut-être faudra-t-il enlever ses « pantoufles » locales, et élargir son horizon en prenant les chaussures correspondantes.
« These Boots Are made for Walking », chantait Nancy Sinatra, il y a bien longtemps.
Que ce soit de droite ou de gauche, les politiques des Etats ne sont plus à mène d'assumer leurs promesses électorales. Les Etats ne vivent plus en autarcies. Se mettre à la hauteur de ses ambitions, maintenir ses acquis, il fallait trouver d'autres limites, d'autres frontières, une parade pour faire face à ce qu'on peut appeler aujourd'hui une invasion de produits qui n'obéissent pas toujours aux mêmes règles de production. L'Europe est une dimension qui correspondrait. Même les 35 heures de travail, à la française, auraient pu fonctionner si elles avaient trouvé un écho dans les pays voisins ou limitrophes. Seul dans le concert des nations, ce l'était beaucoup moins. Espérer pouvoir maintenir le capital à bord d'un pays en créant une distorsion vis-à-vis des partenaires les plus proches ne serait pas la meilleur des décisions. Il y a, de visu, un déficit majeur de la pensée sociale-démocrate en Europe. Seul le boulevesrement au niveau de la globalisation, de la montée en puissance de la Chine, de l'Inde ont prouvé que nous n'avions pas de réponse au problème de délocalisation et d'offshore. L'EUR-IFRI peut prendre en compte les effets de dislocations sociales d'aujourd'hui.
Le capital qu'on le veuille ou non, actuellement, fait bouillir la marmite. Les partis régionaux ou étatiques, les associations syndicales ou patronales remontés à ce niveau sont seuls respectés. Les multinationales l'ont compris et déplacent leurs avoirs en fonction de leur élargissement international propre.
Nous n'avons pas tous les pouvoirs et il faut respecter la conception des autres et leurs idées, mais refuser d'en parler d'une façon simple et que tout un chacun puisse comprendre, est essentiel. Evitons de créer des classes d'élites pour servir les forteresses des Etats souverains. Des milliards de gens meurent, crèvent de manque de pain et de lait tout simplement, sans parler de l'eau potable qui fait défaut dans beaucoup de pays déshérités. Oserions-nous rendre public les déchets de nourriture qui sont brûlés, détruits pendant que, dans certains pays, les gens meurent de faim, alors que dans d'autres la luxure est presque une insulte au droit d'exister dans une conception occidentale?
Le temps du pain blanc sera peut-être perdu. Il faudra partager le fruit du travail, sans créer des fossés tellement immenses que l'Europe y tombera toute entière sans avoir eu le temps de la voir, un jour, parfaitement aboutie en dehors d'un seul idéal de la pensée.
Supprimer les dettes du tiers monde rétablira l'équilibre les valeurs de la nature en limitant les expériences inutiles. Le chemin, il est vrai, est dur et long à parcourir, mais nous voulons une Europe qui ne construise pas des clans de riches et pauvres. A travail égal, salaire égal. Les dérives devront s'amenuiser.
Remettre sur les rails une société qui depuis 30 ans au moins a perdu le sens des véritables valeurs. La nature, elle, n'a rien oubliée. Elle a comptabilisé les erreurs et le fait payer très cher. Etre lucides et regarder dans la même direction pour construire une Europe qui déteigne sur les parties du monde, impropres à l'existence par la surconsommation. Tout est dans tout. La clé de la réussite pour apprendre à nouveau à vivre en continuant de donner les fruits de la vie. Nous allons, à l'occasion de cet anniversaire, éteindre une cinquantième bougie du grand gâteau. Avec la prise de conscience de chacun, gageons que l'on pourra penser que le gâteau restera sucré pour tous.
L'année passée, la CE avait réuni 27 pays à Bruxelles pour représenter les membres de l'union pour présenter le meilleur de la culture européenne passée, présente et à venir dans le cadre d'Europalia. On y disait, alors, de manière aritistique que "L'espace européen lui-même nous apparaît au cours des siècles comme un vaste atelier". Dernièrement, "Europe, entre rêve et réalité", on jouait à la caisse à savon lors de la fête de l'iris de Bruxelles. Cette fois, les images qui accompagnent cet article, sont les prémisses de la naissance du « European Economic and Social Comitee ». Tout un programme. Nous n'en sommes qu'à l'adolescence. Turbulente, comme toujours, cette adolescence. Sur la façade du Berlaymont à Bruxelles, défilent les projets qui viennent en discussion dans les meetings de l'Union (vous en verrez certains sur les photos en annexes).
Que faudra-t-il pour passer au stade de l'adulte? Main dans la main et pas pied dans pied, peut-être. Quand les autres continents sont là, ce sera probablement la seule solution pour résister et exister de manière durable.
Elargir encore? Ca, c'est une autre paire de manche. La Commission, elle-même, hésite et reconnait que l'Union est incapable de digérer une ambition comme celle-là. Les moyens financiers font manifestement défaut. Adapter les budgets pouraient, les prochaines années, rester du domaine de la quadrature du cercle entre la volonté de se renforcer et n'avoir rien à payer de plus ni recevoir moins.
L'Europe dans la mythologie grecque était une princesse phénicienne, enlevée par Zeus sur l'île de Crète pour donner naissance à Minos et au labyrinthe du Minotaure. C'est dire que dans ce labyrinthe, il y aura encore des surprises.
Jürgen Habermas en touchait un mot quand il plaidait pour que « les institutions européennes puissent donner à l’intérieur d’elles-mêmes un espace au conflit sur la finalité de l’Union et permettent aux citoyens européens de donner de la voix ». La revendication du philosophe rejoint là tous ceux qui se sont exprimés pour une autre Europe à la fois plus solidaire, plus démocratique et plus forte.
L'Europe, un ancien monde? Non, un monde de demain.
L'enfoiré,
Le Panda n'a pas de bougies, mais s'enflamme tout de même
Les photos sont là en direct de Bruxelles.
Citations:
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« La vieille Europe ; elle ne revivra jamais : La jeune Europe offre-t-elle plus de chances ? », François René de Chateaubriand
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« L'Europe est un Etat composé de plusieurs provinces. », Montesquieu
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« La Grande-Bretagne elle-même est une île flottante qui, selon les inflexions de sa politique, se rapproche ou s'éloigne de l'Europe. », Alfred Fabre-Luce
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« Ce que Paris conseille, l'Europe le médite ; ce que Paris commence, l'Europe le continue. », Victor Hugo
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« L'Europe serait presque faite si les Français restaient chaque jour une heure de moins au bistrot et les Allemands une heure de plus au lit. », Jean Mistler
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« Les lois, les fiscalités, les coutumes, les langues sont différentes. L'Euro, c'est désormais le plus petit dénominateur commun de l'Europe. », Jacques Séguéla
- « Les continents se réfèrent à des valeurs différentes : la pensée en Europe, la parole dans le monde Arabe, le geste en Inde, le signe en Chine et au Japon, le rythme en Af





