06/06/2009

Compétitivité rabotée

 Compétitivité rabotée_44.jpgLes comparaisons de compétitivité entre les pays ne manquent jamais dans la presse officielle. La petite Belgique est en phase de repli. Il faut oser l'avouer dans un style paradisiaque ou parodique. La crise, en trouble-fête, a plombé les équilibres les plus harmonieux.

Début 2007, on parlait de nouvelles statistiques belges. 2007.jpg

La Belgique, un des pays de la soi-disante « Vieille Europe », glissait de plusieurs places dans le classement des "Rambos de la concurrence mondiale". La grogne, parmi nos chefs d’entreprises, était latente et allait reprendre du gallon dans sa logique d'entreprise.

Suivant le raisonnement, nous n'étions plus assez compétitifs à cause du manque de décisions courageuses et difficiles. Cela faisait un peu peur, mais... Quelles décisions avaient-ils, déjà, en tête. Quelles couleuvres allaient-ils encore nous faire avaler et nous « obliger » à admettre?

Les autres bougent et plus nous. A cause de nos rigidités, nous perdons des parts de marché et le taux de nos exportations dégringole. Les initiatives de soutien public aux PME viennent à manquer ou sont trop molles. La flexibilité sur notre marché du travail n’est plus à la hauteur. Assurer le maintien de l’emploi n’est plus possible dans un tel contexte. Notre niveau de syndicalisation est particulièrement élevé et ajoute une couche à notre immobilisme et explique notre vitesse réduite. Les différentes familles politiques complètent le sombre tableau par manque d’accord et de consensus d’idées. Une réforme drastique est obligatoire sous peine de faillite de nos institutions sociales et de nos productions.

Des statistiques de janvier 2007 établissaient que la Belgique restait en queue de peloton présenté par les entrepreneurs (2,73%). Il y avait moins d'opportunités et d'esprit d'entreprise pour justifier cette pénurie d'entrepreneurs. Pourtant, les recettes fiscales belges étaient dans le top 3 européen (selon Eurostat) derrière la Suède et le Danemark. En 2005, cela représentait même 47,7% du PIB.

Compétitivité rabotée_13.jpgToujours les mêmes rengaines, pouvait-on, en conclure. Le Bureau du Plan n'était pas en reste pour "accuser" la population d'un laisser-aller. Était-ce le mal du siècle? Quelles initiatives à notre portée pour changer, d'ailleurs? Le pied était déjà au plancher, pensait le travailleur. La douche écossaise tiédissait à la longue. Et puis, il restait le pommeau de la grève à cette douche. La presse n'était pas plus tendre avec les nerfs des travailleurs en donnant, tour à tour, des bons et des mauvais points. Il faut dire qu'elle, aussi, subissait les aléas dans sa mobilité propre.

Mais, en finale, les interlocuteurs sociaux se serrèrent la main et se fixèrent une date dans l'agenda. Match nul, partie remise.

Le vieillissement de notre population demandait une attention de tous les instants et les fins de carrières étaient à l'ordre du jour de beaucoup de discussions entre le patronat et les syndicats. "Papy boom" oblige. Mais il y avait le fameux "Pacte des Générations". Les impôts sont élevés, chez nous, mais il y a des dérivatifs. Le parc des voitures de sociétés, en est un. Les avantages en natures remplacent une part des salaires.

Tous des enfants gâtés de chaque côté des barrières! On vivait très bien, peut-être trop, mais on ne le savait pas encore. Entre rassurer ou jeter la pierre, fallait, tout de même, choisir. Le Belge et son savoir s'exportaient pourtant très bien, disait-on. Ouf.

Compétitivité rabotée_87.jpgLa Belgique était connue comme un pays à coûts salariaux élevés, une disponibilité du personnel qualifié se situant bien, avec une infrastructure de qualité au climat socio-économique stable et à la productivité moyenne plus élevée mais qui n'était plus compensé, apparemment, par la situation. Certains râlaient que nous étions responsables de ne pas accepter raboter nos salaires, d'être trop attaché au "home sweet home". Quand, on connaissait le prix de ce « home » et de ce qu'à coûté nos avantages sociaux au cours d'une histoire déprimante des 19ème et 20ème siècles, faut pas rêver. D'ailleurs, au sommet, on ne jouait pas autrement. Les parachutes ne sont pas dorés pour tout le monde.

20070118Sabena Caisses Noires.jpgBruxelles, avec sa position de capitale de l'Europe, était reconnue à l'époque comme la 4ème ville d'Europe la plus attractive pour les entreprises. Le problème, c'est qu'un des critères pour analyser la bonne santé d'un pays se fait grâce au niveau de la consommation de ses habitants. Le pouvoir d'achat commençait à diminuer, la dégringolade de la consommation, on en était encore loin, mais la démotivation faisait partie de l'ensemble était programmée. Ce n'était pas chez les économies émergentes de l'Europe de l'Est ou de l'Asie qui pouvaient prendre en charge la consommation de nos produits. Ceux qu'ils nous envoyaient, étaient peut-être chouette et à petits prix, mais, rien de très éternel dans leur usage.

"Il faut mieux vendre la Belgique à l'extérieur", disait Didier Reynders, Ministre de Finances, en tournée en Chine. Il avait toujours le mot pour rire. Nos atouts existaient très certainement mais vendre nos produits chez ces Chinois, c'était pas demain la veille.

Encore une fois, donner des points, bons ou mauvais en élèves du progrès. Cela rajeunit les esprits mais pas les muscles.

Au palmarès des champions de la compétitivité, les meilleures places étaient occupées par les pays du scandinaves. En "Number One", pour la 3ème année consécutive, la Finlande, prenait la place de la référence au sommet de podium. Compétitivité rabotée_12.jpgNous nous retrouvions, nous, bon 31ème, dégringolant, de 6 places. Le dérapage, si cela pouvait consoler, était identique chez les pays limitrophes. La Norvège, elle, pouvait toujours compter sur son pétrole. Ce n'était pas une petite différence que d'avoir le pétrole et les idées.

"Belgique, ta compétitivité f... le camp", titrait le journal l'Écho, en pleine débâcle. La raison majeure de l’écart avec les pays jouissant des premières places, c’était que ces derniers pays n’avaient, probablement pas, des intérêts à payer pour les dettes publiques tous les ans. Donc, toutes latitudes pour investir toutes entrées fiscales dans le développement et la recherche. Les largesses du passé nous coûtaient encore des déboires pour de nombreuses années. Les problèmes budgétaires, c'était pas une petite bière. Mais, tant qu'on à la confiance. La cigale de jadis devait encore se serrer la ceinture. La cigale pouvait toujours la desserrer et prendre son envol, plus tard. CCompétitivité rabotée_BudgetEquilibré.jpgela faisait quelques années que ce budget belge était néanmoins en équilibre même si certaines potions magiques avaient été nécessaires telles que la DLU.

« Nous étions timides, mais nous nous soignions! ». Notre dette diminuait d’année en année, mais, peut-être, à un rythme qui ne correspondait pas au progrès de nos challengers économiques. Dette interne, payée par "nouzaut", les belges, avec nos Bons d'États et nos impôts des contribuables. Faut pas se tromper, pas d'impact vers l'extérieur. "Ça ira mieux demain", chantait Annie Cordy. Tant qu'il y a de la sauce, il y a de l'espoir.

Ils sont toujours aussi fous, ces Romains. Ils le disaient "que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". Ce n'est peut-être pas de bravoure au menu, ces derniers temps...

20070905Pays d'explorateur.jpgPour doper la productivité, tant l'innovation que la diffusion des technologies avait un rôle important à jouer. Par rapport aux États-Unis, notre manque de flexibilité et de dynamisme était souvent mis en avant pour expliquer notre problème de croissance. La politique fiscale et monétaire américaine, beaucoup plus activiste, subissait aussi un dramatique gonflement du déficit de leur balance courante des paiements. G.W. Bush creusait et finançait sa guerre en Irak toujours sur le compte des prêteurs à gages chinois.Compétitivité rabotée_Wallonie.jpg Leur déficit monstrueux pour des buts très peu solidaires entre les citoyens de leur pays, c'était leur problème! Le gâchis ne semblait même pas les effleurer. N'est pas "US" qui veut, même si un retour de flamme ressortait de plus en plus dans la presse.

Mais, revenons sur ce pays qui prenait la place d’honneur au palmarès des bons élèves de l'Europe.

La Finlande avait donc mérité la médaille d’or. Et, de l’or symbolique par habitant, elle en avait quelques pépites. La Finlande, pays de quelques 338.145 km2 à la population autour de 5,3 millions d’habitants (densité de 17,25 habitants par km2) et une démographie qui augmentait à vitesse réduite mais constante. Le pays de Nokia possédait un parlement unicaméral constituant constitutionnellement l’autorité législative suprême. On y parlait le Finnois et l'Anglais comme langue secondaire obligatoire.

On oubliait, tout de même, d'où venait la Finlande. Avant Nokia, ils ont eu aussi une crise qui était plus profonde que la crise actuelle en Belgique. Le modèle finlandais sans procédure de redressement préliminaire, faut pas nous la faire. Fallait pas jouer les "dikkenek".

Pour tous les Finnois, un matelas solide de couronnes même eurotisées, ça se trouve pas sous le sabot d'un renne. La sécu pour retraités, même en Finlande, au niveau correspondant à celui dont ils jouissaient pendant leur vie active, c'est pas des cacahuètes. La transparence de l'activité politique le désignait comme le pays le moins corrompu. Dociles, les recettes fiscales étaient très élevées et bien comprises telles quelles par la population, mais elles étaient dépensées ensuite à bon escient, en connaissance. L'économie en profitait en premier lieu, suivie par les infrastructures et l'éducation qui restait l'idée maîtresse de l'avenir. La maîtrise du budget sans dettes du passé donnait, sans conteste, un confort très productif. La différence importante se retrouvait dans la partie du "gâteau" beaucoup plus important allouée par les Finnois à la R&D. Cela se comprendrait, paraît-il, par une excellence gestion.

La Belgique, 30.528 km2 et presque 11 millions d'habitants. Une densité de 346 habitants par km2 et ayant 3 communautés concurrentielles et 3 langues officielles en plus de l’anglais comme langue du commerce. Mais alors question politique, une imbrication pas possible décidée à la proportionnelle. Un mal, ce dernier point? Non, démocratiquement, plus conforme à la représentation des électeurs, mais, certainement, plus lourd à mettre en place. Les compromis, on aime et on est reconnu comme spécialiste, mais il fallait en trouver la sortie. Bruxelles restait la moelle épinière, même si elle fait râler plus d'un, même avec sa raideur désargentée. Un Nokia belge ou quelque chose de similaire, bien à nous, serait une des priorités du nouveau Le Plan Marshall en Wallonie. La Flandre, elle, semblait jouer sur plus le velours, avec des usines aux nombreux travailleurs. En parallèle, dans le monde la technologie, la Belgique se redressait, la productivité était en hausse par rapport à l'année précédente. Tout semblait, donc, aller dans le bon sens. Pas, vraiment cependant.

Le « chief economist d'Agoria », Remi Boelaert, concernant les Technologies de l'Information et des Communications, ajoutait un nouveau vocable à ce que les informaticiens ressentaient depuis quelques temps avec les pertes d'emplois. La "délocalisation". Elle ne se suffisait pas en tant que telle, elle devait s'affubler du nouvel adjectif de "rampante". L'amélioration ne serait ainsi que toute théorique quand on voyait dans la pratique que les sociétés occidentales n'investissaient plus là où elles travaillaient mais étaient conquises par le charme des Pays de l'est ou d'Asie.

Mais, la valse des bonnes et de mauvaises nouvelles continuait. En octobre 2007, on apprenait que les faillites avaient explosé. Les problèmes politiques à la recherche d'un gouvernement pendant plus de six mois y étaient pour quelque chose. Après la valse sadomasochiste politique que nous avions vécue en Belgique, rien d'anormal.

L'interview de Bernard Hanin, président de l'association des économistes de l'Université Catholique de Louvain, paraissait presque obsolète, trop euphorique. Il avait publié les actes d'un colloque sur l'économie wallonne et l'analyse du plan Marshall wallon. Il en ressortait qu'à l'occasion des 25 ans de l'Association des économistes, il fallait réunir un certain nombre d'économistes de Louvain ainsi que d'anciens économistes qui étaient surtout de terrain et de voir ce lien entre l'académique et les activités, l'expérience de terrain autour d'un plan jeune, qui se mettait en place petit à petit et qui a le mérite de vouloir rassembler l'ensemble des forces vives de la Région wallonne toutes ensembles, de vouloir travailler dans la même direction avec cinq axes prioritaires, sectoriels vraiment importants: science du vivant, aéronautique, aéronautique, aérospatial, transport et logistique, agroalimentaire et génie mécanique comme « core business ». Les pôles de compétitivité, surtout, le privé, le public et l'académique pour se trouver face à une Wallonie qui est constituée d'une myriade de petites entités. Tout une programme, que je n'oserais couper tellement l'enthousiasme fait du bien :

20070601R ONU.jpgLa Belgique est un pays assez spécial qui, vu de l'intérieur, donne l'impression qu'on ne se vend pas bien et c'est vrai que notre faire-savoir, notre image de marque sont un peu difficile. Je me souviens en Arabie, la société Bouygues, bien connue chez nous, venait recruter en Belgique des ingénieurs belges pour travailler sur les chantiers arabes parce que on parlait l'anglais et parce que le Belge a une image vraiment de personne professionnelle et bien formée. De l'extérieur, la Belgique est finalement très bien cotée et je veux oublier tout ce qu'on entend souvent: le chocolat, la bière etc… Nous avons aussi dans notre valise. Bruxelles est très clairement un pôle attractif et un pôle connu ne fût-ce que par CNN, ne fût-ce que par les télévisions étrangères. Bruxelles est connue et nous sommes le jardin dans la périphérie de Bruxelles et la Wallonie a cet aspect surtout, d'avoir de l'espace disponible, de l'espace urbanisé disponible. On a une qualité de vie qu'on oublie. Pas vraiment très économique, mais avec une importance capitale. Nous avons sept universités et je crois que ces universités créent tout ce qui est les spin-off. Nous sommes au cœur de, à peu près, cinq cents millions de consommateurs. L'investisseur étranger ne vient pas pour la Région wallonne et nos trois, quatre petits millions d'habitants, mais ils viennent évidemment pour démarcher l'ensemble des autres régions aux alentours de la Wallonie pour l'infrastructure autoroutière, aéroportuaire. Les aéroports de Charleroi, de Bierzet, de Liège ont toute leur importance. Paradis des investisseurs, non. La Belgique est quand même le quatrième pays le plus attractif en Europe. Sur base de cette analyse, les soixante-trois mille entreprises, il y a un filtre en terme de nombre d'emplois,au-delà de vingt emplois, un filtre en terme d'importance de capital, au-delà de cinq cents mille euros et un troisième filtre en terme de chiffre d'affaires. A ces trois filtres, un quatrième qui est de dire : voilà un certain nombre de sociétés, à partir de 11% d'implication de capital étranger dans le capital devient une société étrangère. C'est une norme standard officielle internationale. Et de ces soixante-trois mille, il est resté à peu près trois mille entreprises étrangères en Région wallonne qui sont d'origine étrangère et 65% de ces trois mille entreprises exportent vers l'étranger, ces trois mille entreprises utilisent un quart de la population active de la Région wallonne et ces trois mille entreprises font à peu près 74% de recherches et développements et utilisent 74% des moyens de recherches et développements en Région wallonne. Elles sont incontournables. On a un savoir-faire, mais le faire-savoir est un peu difficile, parce que c'est dans notre culture peut-être. L'Europe des régions est en marche. Clairement, nos concurrents sont Nord Pas-de-Calais, Zuid Holland, l'Ecosse même, le Badwüdenberg, même la Flandre. Chacun a ses valeurs ajoutées. La Belgique resterait une coupole, une image de marque. Le Wallon est considérée comme quelqu'un de bon vivant, quelqu'un qui aime s'amuser, qui a un peu d'autodérision sur lui et pourquoi pas les blagues belges… La Belgique est le pays le plus mondialisés. La France est bien loin en neuvième position avant l'Allemagne. L'Autriche et la Suède suivent de près. Le Centre de recherches conjoncturelles KOF fait cette déclaration très concluante. Singapour, Luxembourg et Belgique sont les plus ouvert à cette mondialisation.20070703Journal d'une quille Boulot.jpg

On lisait, encore, ailleurs. Tenez vous bien, car cela va vraiment roucouler:

Belgium 10 points «Mais comment faites-vous pour afficher d’aussi bonnes performances budgétaires et une telle diminution de la dette publique?» La question vient d’un observateur en provenance d’Italie, un pays qui reste particulièrement fragile sur ces deux plans. Une seule réponse à lui donner: la rigueur et le sérieux. Et parfois, c’est vrai, quelques petites ficelles et autres astuces budgétaires, mais cela c’est une autre histoire... En plein bouclage du contrôle budgétaire, l’agence de notation Moody’s avait apporté un petit cadeau dans la hotte de Didier Reynders et de ses collègues. Certes, ce n’est pas encore le nirvana. La Belgique n’a pas encore rejoint le club très fermé des emprunteurs les plus sérieux, ceux qui se drapent d’un «triple A». Mais elle s’en approche. Elle se situe un petit cran au-dessous, avec désormais une perspective «positive», ce qui autorise tous les espoirs. Bon, soyons honnête, un «triple A» ne devrait pas fondamentalement changer la vie de nos concitoyens. Même l’Etat belge ne devrait pas percevoir une grande différence en termes de financement, tant l’écart avec les meilleurs s’est déjà singulièrement rétréci au fil des années. Mais cela constituera sans aucun doute une sorte de reconnaissance, une espèce de «légion d’honneur» attribuée à tous ceux qui ont participé au redressement d’un pays, parfois au prix de sacrifices importants. Petit bémol, il reste encore du chemin à parcourir. Les Belges ne doivent certes plus travailler pendant une année entière pour couvrir leur endettement — nous sommes passés sous le seuil des 100% du ratio dette/ produit intérieur brut en 1993 —, mais nous restons encore à distance appréciable de l’objectif des 60%. La Belgique a toujours redouté que le critère de la dette ne (re)devienne plus contraignant dans le chef des autorités européennes. Dans le Traité de Maastricht et le pacte de stabilité, ce qui compte, on le sait, c’est l’orientation baissière de ce ratio. Or, manifestement, à cet égard-là, la Belgique fait figure de très bon élève, ayant fait décroître son ratio de 137% en 1993 à 94% en 2005 (et 91% attendu cette année). Il n’en reste pas moins qu’un passage au «triple A», avec pour le surplus les félicitations du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, permettrait une fois pour toutes à la Belgique de tourner le dos à son passé et envisager ainsi l’avenir plus sereinement."

Étonnant, non? Lire tout cela dans le rétroviseur. On se croirait rêver dans un autre monde. La crise mondiale et l'ère Obama étaient encore dans les limbes. A peine, un peu plus de deux ans d'âge. Car, après, patatra: le cataclysme, le pouvoir d'achat dans les chaussettes, les subprimes, la confiance ébranlée dans les banques, le tsunami de la finance et des entreprises industrielles. Toute la planète s'était enrhumée d'une grippe H9N9 futuriste.

L'investissement américain en Belgique allait ralentir, était-il dit, dès décembre 2008. Renforcer l'attractivité proposait alors l'AmCham. En même temps, l'emploi américain se saoulait en buvant la tasse depuis novembre. Chacun a ses problèmes et ses rabots "made by ...".

20070914Belgique à l'envers.jpg"Quand l'union ne fait plus la force" lisais-je récemment. Car entre-temps, un an de crise politique avait plombé les espoirs dans le futur. Ce n'était plus, heureusement, du BHV du petit déjeuner jusqu'au souper, quand la crise ne faisait qu'appuyer sur le champignon. Comble de "malheur" pour les uns, voilà que les politiques s'accordent pour maintenir l'indexation automatique des salaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Ouf, pour les autres.

Alors, avoir toutes les cartes en main pour rebondir après la crise... sauf l'union, cela faisait un peu "peu" comme arguments. Une économie ouverte vers l'extérieur est une chance ou une malchance selon les stratégies de l'intérieur avec ou sans filets. Cela représentait un peu trop de problèmes cruciaux et plus que conjoncturels. Du coup, la caisse devait avoir quelques fuites pour soutenir les banques pour ne pas voir couler ce qui restait avec de timides appels au secours à la surface. Sans gouvernement pendant un an, a laissé des traces indélébiles. La simplification administrative, préconisée aujourd'hui, c'est bien. L'entente et la collaboration entre les différents niveaux du pouvoir, ce serait certainement mieux. L'IMD (Institute of Management and Development) nous classe désormais à la 47ème place sur 57 pour l'efficacité. Même niveau que les Russes ou les Polonais. Les paperasseries des institutions et de la justice sont passées au niveau kafkaïen. C'est devenu une structure fédérale qui ne se retourne que vers ses propres intérêts, partagée entre le régional et le communal. En plus, l'institutionnel dans la petite lucarne, prête à sauter à la moindre incartade dans des répliques en cascade. Que la poignée de main soit réelle, qu'elle soit virtuelle par l'intermédiaire d'Internet ou de Facebook, peu importe, mais surtout retrouver son bruit caractéristique avec le sourire de la crémière.

Pour corser le tout, il y a, juste avant les élections que l'on a mixées avec les européennes, les nouvelles "affaires". Le systémique de la crise économique qui sort son coup de Jarnac de la politique pour rimer avec comique.

20090519Infréquentables.jpgCes "affaires" qu'on soupçonnait dans les grandes lignes et celles qui étaient écrites en petites lignes et qui ressortent du chapeau de l'éthique violée dans les moments les plus propices. Les anciens "copains" avec le "team spirit" en deviennent même "infréquentables". On ne demande même plus ce que les électeurs en pensent, on s'exclut d'office de la proportionnelle. On en devient sectaire, dichotomique. La gauche est redevenue l'opposé de la droite à en devenir étrange après une navigation entre deux eaux. Heureusement, il y a ceux qui ont toujours eu des pas de recul et qui se réveillent en coulisses.

"La Belgique a mal à son économie" écrivait Bruno Colmant, Docteur en Économie Appliquée. Le Royaume aurait commencé son aggiornamento. En quelques trimestres, tout a basculé. Stabilité institutionnelle, dette publique qui excède à nouveau une année de PIB, géographie de la richesse sans les armes de l'inflation ou de la dévaluation pour rectifier et qui ne laisse que l'impôt pour réagir, une vague du vieillissement qui grossit sans que la démographie puisse le compenser.

20071020BHV migraine.jpgL'immobilisme dû aux problèmes communautaires a été suicidaire comme je l'évaluais dans le prix des plombs. Luc De Bruyckere, le patron des patrons flamands, préconise l'innovation, le consensus pour débloquer l'institutionnel et la complexité des structures. Il rêve d'un Obama dans le monde politique. Une marque "Belgique", si, cela peut marcher, pourquoi pas? Européen dans l'âme, une marque "Europe", on n'y pense même plus?

Les crises sont cycliques ou systémiques, mais l'attentisme est plus dangereux. Pour contrer le mouvement, un subtil mélange de confiance entre traditions et transformations radicales sera nécessaire dans une action disciplinée en garder des entreprises sous le giron national ou, au moins, européen, en fonction de la confiance en l'Europe. La formation, la mobilité, l'urbanisme et les pouvoirs publics sont les mamelles d'un redressement possible.20070315SMOG.jpg

La zone euro subit, désormais, un chômage au plus haut de 8,6%. Le pic a été apparemment atteint en Espagne avec 18,1%. La France plane, elle, à l'altitude de 8,9% de chômage. En Belgique, certains secteurs sont, de plus en plus, sinistrés. Rien de très glorieux, tout cela. Comble de comble, on apprend que le manque de culture d'entreprise et l'instabilité politique poussent les investisseurs à bouder la Belgique.

Depuis, il y a les Indiens, avec Mittal, qui sont sortis du bois. Eux, aussi, n'ont plus l'allant des débuts pour respecter les promesses. On ferme des haut fourneaux ou on met ceux-ci au repos pour une durée indéterminée. En informatique, le patron indien d'Infosys disait récemment que l'Inde ne commettrait pas les erreurs de l'Occident". Les salaires, les conditions de travail rejoignent, d'après lui, ceux de l'Occident. Pas d'état providence obèse trop difficile à financer, pas d'approches coûteuses des questions énergétiques ou environnementales, qui lui semblaient les pires erreurs.

Sommes-nous prêts à assumer une transformation des consciences et des acquis durement gagnés avec une histoire de combats sociaux et militaires? Voilà la question de base à se poser. Autant en tirer des conclusions en fonction de la réponse.

20080206Investissez en Belgique.jpgLes intérêts notionnels, qui ont été applaudis par certains, ne pourraient-ils pas devenir simplement un intérêt national avec des participants bénéficiaires dans tous les azimuts sans restrictions? Cela pourrait peut-être attirer les sociétés, leurs patrons et les travailleurs dans le même bateau. "Les fusions entre sociétés restent en panne". Se transformeraient-elles en fusions internes dans chacune d'elles? Le dialogue de sourds entre grandes économies, un leurre?

La démocratie est en perte de vitesse dans le monde. L'extrême droite populiste grimpe aux Pays Bas. L'illusion d'un avenir radieux n'est plus. Faire la fine bouche et ne pas "jouer avec", comme on dit chez nous, serait nous condamner à court ou moyen terme. Le protectionnisme, on en rêve dans le bas et on abomine dans le haut. On a dit, haut et fort, « Nous sommes entrés en récession ». C'est bien de l'avouer. Participer n'est ce pas aussi régner quelque part?

Alors, un « Bye bye, Belgium » dans un « Pays inachevé », comme nous l'apprenait la télé?

Dans les années 60, la population s'enflammait et les hommes politiques gardaient la tête froide. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Enfin, la tête froide, cela dépend des jours et de quelle tête.

20090626Chomeurs en 2011.jpgMais à part cela, Madame la Marquise, tout ira très bien, sans culpabiliser et avec de l'unité d'une devise qui nous était chère, il n'y a pas si longtemps.20070613PS opposition.jpg

N'oubliez surtout pas que, chez nous, sur nos tables de nuit, on garde toujours un verre plein et un verre vide. C'est vrai, quoi, il y a, toujours, des jours où, on a soif et des jours où, on n'a pas soif.

Après les sondages, à vous les studios français et les urnes, puisqu'on nous le dit d'encore plus haut. 

Sera-ce aussi un "mea culpa", chez vous ?

"Un roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché"... 

Mais, si, d'aventure, vous avez un appareil pour dé-raboter, n'hésitez pas, à contacter qui de droit.

20090604Elections.jpgParce que "The show must go on", même si le fun n'y est plus vraiment.

 

L'enfoiré,20070928A.jpg
 

Mise à jour après élections et une image pour en donner les résultats.

Sur Agoravox, des solutions pour notre compétitivité?

20090609Epreuves.jpg
Citations:

  • "Economiste : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui", Desproges
  • "Le bon Dieu a créé les hommes de manière que la première moitié emmerde l'autre moitié", Guy Bedos

  • "Rien ne focalise autant l'esprit que la vue permanente d'un concurrent qui peut vous balayer du marché", Wayne Calloway

 

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

03/05/2009

Sucer mais pas avaler (3)

Après un départ de l'Inde dans le (1), nous avons continué la visite du propriétaire. En transit dans d'autres pays, de continent en continent dans le (2).  Nous retournons en Inde pour la conclusion. L'Inde est la plus grande démocratie dans le monde, rappelons-le.

 

200803051.jpgDans l'Echo du dernier week-end, l'Inde était à nouveau sur la sellette du questionnement et de la surprise. Un correspondant de New Delhi avait envoyé son papier qui devait éclaircir, en plus vrai, sur le terrain, le sentiment de mon premier article.

Titre: « Profession tueur, voleur ... député ».

A l'origine, en Inde, les politiciens utilisaient des gangs pour faire campagne. A présent, les criminels se mettent à la politique qu'ils considèrent comme une affaire très lucrative. Les trafics n'ont plus la cote. La politique apporte une opportunité financière. Un CV de politicien n'est pas demandé. Pas question d'espérer pour accorder les violons d'un gouvernement avec des partenaires qui n'assument pas, en connaissance de cause par la formation, les fonctions sous la présidence d'un chef d'orchestre généraliste. La corruption est devenue naturelle à laquelle s'ajoute l'incitation à la haine raciale.

Plus grave, en 2006, déjà, 23,3% des 538 députés faisaient l'objet de poursuites judiciaires que des présomptions d'innocence avaient du mal à cacher.

Une certaine Madame Seema Parhar, accusée d'avoir tué plus de 70 personnes, est candidate à la députation dans les élections actuelles, pour le parti de la Justice. Ça ne s'invente pas. Et elle est loin d'être la seule vu le pourcentage de ces députés qualifiés de véreux et connus comme tel. Pas un problème d'exclusivité féminine.

Dans un vieil article qui avait la femme pour effigie, je disais qu'il fallait avoir la compétence et la motivation pour occuper un poste d'importance. J'avais seulement oublié l'intégrité viscérale et assexuée.

«... s'exciter à propos des criminels, c'est pour les milieux intellectuels urbains. Le peuple, lui, il n'en a rien à faire. » était-il dit en conclusion de l'article de L'Echo. Là, cela devient indigeste.

Ah oui, je me souviens du premier article de ce triptyque, il y avait, pour les pauvres, le riz qui devait ressortir des urnes avec le seul choix entre quantité et quantité.

Le ventre a toujours ses raisons que la tête ignore. Chacun ses idoles et ses convenances qui n'ont que d'autres versions aux mêmes travers.

Chez nous, on parle plutôt de nourritures plus "préparée". Ce sont, désormais, les risottos, les couscous, les con_sommations ou les parties de jambes en l'air sous contrôle qui feront les choux gras. On a aussi changé quelques petites choses par l'équipe en place pour se rappeler aux bons souvenirs.

Pour y parvenir, les Droits de l'Homme, dans le monde, seront peut-être devenus les Droits de l'Ohm, cette unité de résistance du système international qui faisait partie de nos cours de physique et du travail.

Tous les enfants du bon Dieu sont-ils devenus des canards sauvages? On semblait le ressentir à la lecture du début de cet article.

Tout n'arrive, pourtant, pas parce que cela doit arriver. Il y a aussi les extras qui assaisonnent ou sucrent les canards bien ou mal policés.

La politique est, et reste, violente. Nul ne peut le contester, sinon il n'y aurait plus que des politiciens pour se présenter dans la gestion du monde.

Le pouvoir pourrit-il son homme? Surtout, pas d'amalgame. Il y a les purs et durs. Les motivés, avec des convictions d'éthique.

20081201Crises poupées vaudoue.jpgFrance2 avait programmé, ce 1er mai, le film "Un homme d'honneur". Anniversaire du 1er mai 1993 pendant lequel le premier ministre Pierre Bérégovoy se donnait la mort après avoir essuyé une défaite législative. Autodidacte, il avait gravi tous les échelons de la vie politique en fidèle lieutenant de François Mitterrand. Il devint le bouc émissaire d'une classe politique contestée et affaiblie par les scandales. Il n'avait pas supporté l'acharnement des journalistes contre lui ni que la population remarque aussi que la droite et la gauche se confondaient dans leurs actions. Il n'avait probablement pas ressenti les problèmes du passage de bas en haut.

Réédition de l'histoire qu'avait révélé l'affaire Roger Salengro, sujet qui avait été diffusé sur France 2, le 14 avril. Déshonneur aux vaincus? Certainement. Mais, vaincus, par la déchéance surtout programmé pour les transfuges qui transgressent les règles de la dichotomie du monde entre possédants et possédés. Sucer mais pas avaler(3) 1er mai.jpg

Abandon par les deux côtés de la barre dans la solitude et la détresse la plus totale en cas de ratage. François Mitterrand avait eu des mots durs contre les "chiens" à l'enterrement de son premier ministre. Le "chenil" n'était pas aussi restrictif qu'il le pensait. Les "affaires" comme on les appelle chez nous, comme ailleurs, n'ont pas disparues, aujourd'hui, pour autant.

Les défilés du 1er mai n'ont pas démenti cette ségrégation dans des villes différentes séparant les partis. Les uns, les rouges, criaient des slogans comme "Le système néo-libéral a foiré". Les autres, les bleus, dénoncaient "La diabolisation du libéralisme".

Six grandes banques américaines ont approvisionné 26 milliards de dollars pour frais de restructuration au premier trimestre. Salaires ou plutôt bonus? Cherchez le naturel...20090116Encadrement Justice.jpg

Voter n'est pas qu'un droit. C'est la procédure qui est la plus assez ajustée à l'époque. Mais, voter pour des hommes que l'électeur ne connaît ni d'Ève ni d'Adam, pour des partis dont il n'entrevoit qu'une partie des objectifs, masqués par une foule de bonnes idées, sont peut-être les raisons à ce manque d'intérêt. Démocratie à plusieurs profits et pertes. Difficile de contenter une masse toujours différente et mouvante ou corruption au bout du chemin électoral?

Une idée pour caractériser le vote, tout de même, parce qu'il en faut toujours une.

20090528Elections.jpgL'informatique a l'avantage de ses inconvénients et vice versa. Elle a l'obligation de la logique, construite sur un raisonnement architecturé suivant un organigramme pré-établi, avec entre un départ et une arrivée, un processus qu'on appelle le traitement de l'information. Au lieu de se contenter et de se coller à l'arrivée, aux candidats et aux partis, aux espérances et aux résultats, l'informatique permettrait de dresser un cheminement par étapes pour atteindre le but "voter pour". Cette interrogation se ferait par une série de questions-réponses entrecoupées par des branchements orientés par des "si" ou des "if" pour suivre les programmes. Exercice de recherche du meilleur prix-performance en ignorant au départ qui remporterait la palme en suivant à la trace ses propres tendances. Manière originale pour coller au mieux à la volonté de l'électeur avec un seul problème: comment construire ce questionnaire avec le plus d'objectivité sans partialité? A l'occasion des élections, il y a une tentative dans ce sens, elle s'appelle euprofiler.

20090503LiberalSocialiste.jpgLa réconciliation pourrait pourtant passer par là. Les élections ne sont qu'un moyen de "poller" l'électeur. Le référendum par objectifs en est un autre. Les pétitions circulent déjà sur Internet. Les organiser dans la sécurité et suivre le mouvement. Cela pourrait s'appeler "Ordinavote" ou "PollOnWeb". Mais, ce processus est très antagonistes à l'idée et à la fonction des partis.

Le temps de crise que nous connaissons, nous oblige à lever le pied, de prendre du recul en évitant les raccourcis, à pointer du doigt les excès, à ressortir du lot de ce qui est trop long ou trop étroit... et de réagir. Cela a commencé mais pas comme avant. La violence est souvent inutile et dénoncée comme "jeux" pour casseurs.

Dernièrement, je lisais « Il n'y a plus de penseurs et de philosophes ». Je commentais qu'au contraire, il n'y en avait jamais eu autant derrière leurs claviers qui ont remplacé la feuille blanche et les pavés dans la rue. Seul le média a changé. On y a gagné par l'interactivité. Tous ces nouveaux "philosophes" resteront probablement des sans-grade qui « réfléchissent avec leur raison sur le monde et la pensée, pour accéder à la sagesse ou pour comprendre le sens de la vie, dans l'espoir d'être plus heureux ou libre » comme définit Wikipedia la philosophie. Seul le pluralisme d'idées est en régression dans la bataille. Il s'uniformise contraint ou même, parfois, accepté de bonne grâce par facilité. Mais la crise rendra la communication moins frivole et plus interactive. Dans mon "A propos", j'ai écrit qu'Internet pourrait sauver le monde. Encore faut-il que le monde suive et s'essaye à la chose publique.

Il reste souvent cette impression générale de ne plus rien comprendre à notre environnement, à notre vie et de virer dans le raz-le-bol sans fin dans cette bousculade à répétition.

20090225Carnaval.jpgEn une question: Sommes-nous tous devenus fous? Où est l'erreur?

Au sommet, on veut, dès lors, corriger. Rechercher et recréer un « Nouvel Ordre mondial ».

Déception, si l'on en croit la cosmologie, ce serait plutôt une continuation d'un « désordre mondial » par phases de plus en plus rapides dans un monde à plusieurs vitesses, combinées avec un côté d'incertitudes. Voir ci-dessous si pas convaincu (*)

Manager plus de désordre, avec une expansion des problèmes serait donc le grand challenge de demain.

L'instabilité politique menacerait-elle aussi l'Europe et les pays qui la constituent, ce 7 juin prochain?

Il y a le spectre de l'abstention des électeurs.

20081212Sarko fin mandat.jpgEn pleine euphorie après les dernières élections présidentielles françaises, je m'étais payé un bide magistral sur Agoravox, il s'agissait d'une parodie "Elire, c'est guérir". Apparemment, sur le terrain, la guérison n'a pas été flagrante. L'enthousiasme a fondu. Les déçus sont là et la cote de popularité s'est dégraissée. C'est toujours mal vu, d'avoir une certaine raison opposée trop tôt.

Dans une autre époque, j'écrivais "Vivre dans un monde démocrate, ça vous gratte?". Ce que je suis sûr, aujourd'hui, c'est que le poil à gratter n'est pas moins rare et qu'il fait beaucoup de petits qui n'en finissent plus de gratter.

20090429Mascarade Fortis.jpgLa démocratie, les droits de l'homme ne sont plus qu'un idéal qui a des tendances malheureuses à s'éloigner. La démocratie n'est pas, nécessairement, la panacée, mais, c'est ce qui rapproche le mieux le citoyen de ses desiderata les plus intimes. Le moins mauvais des régimes, comme disent les convaincus, mais il faut en être conscient en l'ayant vécu de l'intérieur. Les jeunes ne seraient pas absents de la politique, lisais-je.

La "solidarité", un mot à la mode, mais qui n'est pas encore partagé que par de bonnes paroles. Alors, il faudra se questionner de là où la tune se trouve. L'espérance ou l'espoir sont de si belles choses, tant qu'on a la santé et qu'on s'adonnera aux sports pacifiques.

Mais, pour un véritable projet de société, peu importe les couleurs des "ustensiles de ménage". Il faudra donc apprendre chacun à sucer à la petite cuillère, mais surtout ne pas avaler la grande louche avec la bonne soupe.

Le Nouvel Obs de la semaine ne semblait pas le confirmer en parlant de l'insurrection française.

Sucer mais pas avaler(3) invisible.jpgLa politique spectacle a pris le relais de la démocratie. Le "star system" avec son côté "people" a souvent triomphé par l'image sur les écrits et les débat d'idées de l'analyse. L'affectif et l'émotion au pouvoir, pourrait-on dire.

L'Italie est devenue la championne dans ce genre d'exercise ou l'image seule a encore une chance de percer le coeur des électeurs. Les derniers démélés de Berlusconi avec son épouse entre dans cette cour. 

Pour attirer le lecteur, la presse n'a plus que les titres accrocheurs pour seuls appâts. Le titre de cet article, à l'origine une hilarité en commun dans les locaux d'une banque, a volontairement été choisi pour suivre une mise à l'épreuve, apparue de manière fortuite lors d'une conversation terminée dans l'hilarité la plus totale.

Aujourd'hui, Emile Zola en serait, pour ses frais, "plus actuel" avec son titre réquisitoire "J'accuse". Les amateurs de porno en seront pour leurs frais avec le contenu du mien.

20090427Le Soir.jpgPuis, il faut bien l'avouer, il y a ceux qui travaillent dans l'ombre, qui prennent des notes à l'encre noire de leurs nuits blanchâtres pour récupérer un peu de "suc" de la crise. Leurs livres se retrouvent sur les présentoirs des librairies sous les kilomètres de leurs analyses, de leurs romans, de leurs thrillers fictions, à en donner le frisson. Tout cela pour expliquer l'inexplicable légèreté de l'âme de leurs contemporains. Pour se faire, ils se basent sur le passé pour inventer le futur mais en transitant par une actualité très volatile et donc déjà obsolète à la publication. Tout passe tellement vite que l'encre n'a plus le temps de sécher. Il y a plus d'écrivains que de lecteurs. Il faut du Reader Digest.

Comme dirait Pierre de Coubertin, la crise, peu importe comment on en sort, l'important, c'est de participer.20090319Le printemps.jpg

Ce sacré espoir démocratique avale décidément un temps fou pour les uns, tout en suçant, les autres dans sa rage d'exister.

 

 

L'enfoiré,

 

Sucer mais pas avaler(3) Castes.jpgMise à jour du 12 mai 2009 "Les castes régissent toujours l'Inde moderne"

(article de l'Echo). Ram, le tailleur "intouchable", gagne 50 roupies par jour (0,75 euros) et vote pour Mayawati, la reine des intouchables, devenue richissime et dans le parti BSP. Le fait que les fonds publics n'irons pas pour équiper les villages dalit en eau et en électricité ne le fait pas changer. On reste castré. Castes envahissante et cela, 60 ans après l'indépendance, pour arriver à une république plus égalitaire. Rigidité ancestrale avec des brahmanes, au sommet, des paysans, et des intouchables. L'éducation réservée. La discrimination envers les dalits est interdite, mais les relations inter castes restent quasiment inexistantes. 4000 ans d'histoire quand tu nous tiens ! Sucer mais pas avaler(3) Résultats.jpg

 

 

Sur Agoravox, même sujet, sucettes ou pas? 

 

Citations:

 

  • « L'heure de nous même est venue », Aimé Césaire

  • « Tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie. », Alfred E.Smith

  • « Nous devons nous libérer de toute transcendance. La transcendance est la corruption de l'imagination. », Edward Bond

 

(*) Cosmologie:

Hubert Reeves disait "Nous faisons partie de l'histoire du cosmos. Les atomes dont nous sommes formés ont été forgés dans les étoiles". Aux dernières nouvelles, même le Big Bang ne serait plus qu'un Big Bounce, un rebond avec un avant et un après. L'Univers en vibrations, dans une étude euristique de la relation entre les étoiles et les êtres vivants?

La Relativité Générale et la physique quantique vont me donner une approche originale à ce "désordre mondial". A la base le livre de Stephen W. Hawking, « Petite histoire de l'Univers ». Il y tentait d'expliquer le Big Bang avec notre Univers, en expansion, sans frontières, en transitant par les trous noirs. En détournant ces théories vers la physiologie des hommes avec des phrases choisies, les analogies sont troublantes.

"La 2ème loi de thermodynamique dit que « l'entropie d’un système isolé, son désordre, ne diminue jamais avec le temps. De plus, quand 2 systèmes sont réunis, l’entropie du système obtenu est plus grande que la somme des entropies des 2 systèmes originels. Cette loi est statique. C’est-à-dire qu’elle ne se vérifie pas toujours mais dans la majorité des cas. ». La mécanique quantique, elle, se base sur le principe d'incertitude. Aucune théorie unifiée, globale et cohérente à l'horizon des découvertes. Seule une estimation partielle est de rigueur. Dans la théorie des cordes, les éléments de base ne sont plus que des particules qui occupent un point unique de l'espace-temps. Celles-ci ont seulement une longueur pour décrire une interaction forte et élastique comme dans une toile d'araignée. Le principe anthropique dit que les dimensions spatiales ne semblent pas suffisantes pour le développement d'entités aussi complexes que les êtres vivants sinon ils devraient monter les uns sur les autres pour se dépasser. Les événements ne peuvent être prédits au delà d'un certain point et se produisent de façon aléatoire et arbitraire. En fait, la condition "sans frontière" implique que le désordre continuerait à augmenter même pendant une phase de contraction ultérieure. Les flèches thermodynamiques et psychologiques ne s'inverseraient pas lorsque l'Univers l'homme commencerait à se contracter même à l'intérieur des trous noirs. Toutes les trajectoires possibles sont finies en expansion, mais n'ont ni frontières, ni bords, ni singularités."

D'après Stephen W. Hawking, le problème reste seulement d'appréhender la totalité de la connaissance humaine vu le rythme des progrès de la science à rendre la chose possible pour être compréhensible par tous. Il y a 70 ans, Eddington disait que 2 personnes seulement comprenaient la théorie de la Relativité Générale. Je suis sûr, avec cette vue "analogique", qu'il y a vous, en plus, maintenant. De infiniment grand, l'Univers, à infiniment petit, l'homme, tout prend un tout autre éclairage.

28/04/2009

Sucer mais pas avaler (2)

Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.

20090421Pirates partout.jpgPourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?

 

Patrons du monde qui êtes aux mieux,

que vos noms soient honorés,

que vos sanctions ne nous viennent,

que vos volontés soient faites

au bureau et à l'usine pour le miel

Donnez-nous aujourd'hui

nos gadgets au quotidien

pardonnez-nous nos dépenses,

comme nous pardonnons aussi

vos excès qui nous ont souvent effrayés.

Et ne nous soumettez pas à l'imitation,

mais délivrez-nous du râle

car c'est à vous qu'appartiennent

les règles, la puissance et la gloire,

nous garderons seulement les miettes des crisettes

pour des siècles et des siècles.

 

20090323Pape et porte parole.jpgPourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.

Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.20090325Obama Fils Kennedy.jpg

Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.

L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.  

20090205_Foiré.jpgNe pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.

20090126Obama appréciation.jpgCe 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé. Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.20090408Obama Irak.jpg Solidarité de façade, donc.

« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.

D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.

20070311Chirac fin de règne.jpgLe président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.

Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.20080701La France préside l'Europe.jpg

Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.

La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".

Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?

Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.

20090602Obama Israel.jpgUn clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.

Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.

Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.

Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.

Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.

20090422Durban 2.jpgCe qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".

Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?

Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.

ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.

Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.

Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.

Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".

"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.  

Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.

Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.

20090420Pirate Pompéi.jpgVoilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.

N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.20090424Pirates Bruxellois.jpg Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.

Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?

Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.

Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.

On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.

Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.

Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.

La politique est,  sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.

20090330Europe elections.jpgEn occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.

S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?

Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".

 

L'Enfoiré,20070706Tour de l'espoir.jpg

 

Agoravox est-il en plein suc?

 

Citations:

 

  • "L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson

  • "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard

  • "Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein

 

10/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (2)

L'"Atlas des Migrations", présenté par Le Monde nous a entraîné sur notre planète migrante. Au travers de l'histoire, les peuples se sont intégrés sur toutes les terres disponibles. La vie n'a pourtant pas été rose pour ces voyageurs à la recherche d'un hypothétique paradis ou, plus prosaïquement, d'un ailleurs meilleurs. Cette fois, voyons cette intégration de ces immigrés, chez les autochtones, qui ne sont, souvent, que des allochtones dans un passé plus ou moins lointain. Le futur ne sera que ce qu'on décide aujourd'hui, contraint ou suite à des réflexions sur les réalités du monde.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpg4. Intégrations et fractures

Le monde est pris de fièvre migratoire que ce soit en réel ou en virtuel. Il est devenu un village, pour en revenir à une émission de chez nous. Il est devenu un immense melting-pot, par amour du voyage  ou au forcing. La publicité transite par les médias, télé, Internet qui passe allègrement les frontières attise les convoitises. Cela ne veut pas dire, que l'on migre de foi et avec les mêmes moyens. Parfois pour le meilleur, souvent, pour le pire. L'immigration crée crispation identitaire pour les autochtones et l'espoir d'une cohabitation par le métissage pour les nouveaux arrivés. Ce ne sont plus des sauts de puces trans-frontaliers qui limitaient l'investissement dans des temps anciens. Les distances n'existent plus. Mais, c'est l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Moyen-Orient et les pays émergents qui sont passés au rouge depuis à peine 20 ans. Une démographie galopante de la population pauvre venant au "secours" ou en "surplus" d'une démographie qui était en déficit et vieillissante dans les pays dit "riches", plus riches. Les migrants ne représentent pourtant que 3% de la population mondiale.

Fossés économiques entre pays riches et tiers-monde, crises politiques qui poussent aussi à s'expatrier. Quitter son pays est même banni par certains d'entre-eux. Certains pays n'apposent simplement pas le cachet sur le passeport ou les visas d'entrée ou de sortie. Migrer, un rêve qui tourne parfois au cauchemar tout en gardant une obligation psychologique de réussite pour l'intéressé. Ce n'est pas partout que l'homme devient, au mieux ou au pire, une "marchandise" comme une autre. La migration reste inégalitaire, limitée par un transit qui ne ferait pas obstacle à la finance dans un libre échange bilatéral.

L'Europe s'accorde à reculons. Chaque pays d'Europe veut pouvoir conserver sa souveraineté comme un "jardin secret". Si le pacte européen du 16 octobre 2008 essayait de coordonner la transhumance, il n'ambitionnait pas une politique volontaire et unifiée avec une obligation de réussite. Combat de tranchés derrière une espèce de Ligne Maginot du protectionnisme à dimension variable, écartelée entre humanitaire et économique. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer la remise en question des pactes de papier et renforcer les boucliers de protection. Décisions d'une carte bleue ou verte comme passeport, votées à la majorité qualifiée, c'est-à-dire avec des compromis qui frisent les compromissions à la traîne derrière un Traité de Lisbonne, mal accepté. L'espace Schengen aux courbes plus ou moins harmonieuses mais totalement artificielles n'accorde pas les violons de l'ensemble.

De l'émigration à l'immigration. Le monde change et les pôles d'attractions aussi. Il vieillit et rajeunit à la fois. L'Italie, l'Espagne sont passé à l'étape inversée de la migration à vitesses variables. Les nouveaux migrants remplacent les anciens. Les religions jouent à l'obstacle ou au catalyseur selon le cas. La crise économique met le pied sur le frein. Régulariser si, c'est dans les cordes, mais pas trop acculé dans celles-ci. Les Roms, les voyageurs invétérés, gênent l'Italie très protée à droite.

La mise au ban des clandestins se fait avec des dispositifs sécuritaires de plus en plus policiers au détriment du droit lui-même. Ceuta et Mellilia restent dans les mémoires. Quand la mort est au bout du voyage, on dépasse les limites de la déshumanisation et on absorbe mal l'inflation dans les risques engagés pour gagner un paradis de plus en plus fictif quand la croissance ne suit plus.

Islam.jpgBien loin l'idée de "Bienvenue à tous" de la France entre 1851 et 1946. A l'époque, il fallait devenir français, avoir une origine pas trop lointaine et accepter travailler à la mine, par exemple, pour la mère patrie. L'expansion et le repli entre 1946 et 2008 furent, au départ, une intégration imbriquée à la colonisation pour suivre l'expansion pendant les Trente Glorieuses. Des inégalités croissantes, suites à la mondialisation comme base des échanges, menèrent à une rupture sociale, un regain de xénophobie, un repli identitaire et des violences en réaction à une marginalisation. On compte, aujourd'hui, 50% des immigrés qui auraient la double nationalité. L'expatriation gagne du terrain chez les jeunes français, attirés par des salaires plus élevés ou simplement pour trouver un emploi suite à une recherche trop longue. Garder ses "œufs" au frais dans le même panier de la chance n'est plus toujours rentable. Avec le bagage dans la tête ou à la main, les jeunes s'en vont, souvent, fonder famille, dans la durée et sans retour à l'origine.

Le Royaume-Uni qui est un point de chute ou un tremplin. On trie à la frontière sur le volet et on prie de s'intégrer plus officiellement avec de moins en moins d'esprit multiculturel. La liberté de paroles, et de gestes, le respect des différences culturelles ont reçu leur coup de grâce, ébranlés, à la suite des attentats du 11/9/2001 et de l'attentat de Londres. Permis de séjour à points, écoles publiques confessionnelles plus contrôlées, caméras publiques, absence de mariages mixtes marquent la crise du multiculturalisme.

L'Allemagne est de plus en plus en gros déficit d'intégration. Le taux de chômage des immigrés reste supérieur à celui des Allemands de souche. L'introduction du droit du sol, l'enseignement de l'allemand, idées tournées vers plus d'intégration et moins d'assimilation, font partie du revirement de la politique actuel.

La Russie entonne le chassé-croisé postsoviétique, partagé entre départ vers les nouveaux pays de l'ex-URSS ou les pays de l'ouest et les arrivées vu une certaine relance avec un déficit tout de même pour les arrivées malgré les besoins grandissants d'immigrés partageant la culture. Redéploiement dans un commerce "de valise", pour étudier, pour travailler sous le couvert d'un tourisme d'apparence, mais en va-et-vient. Un commerce d'émigrants qui peut avoir à l'extrême des relents plus mafieux et une immigration supportée après l'assimilation de la culture russe.

Quatre siècles de rêve américain (anniversaire en 2007) ont forgé l'identité du pays. Nation d'immigrants par excellence. Ellis Island le rappelle dans un musée. Colons venant d'Outre-Atlantique, vers le Far West, repoussant les Indiens dans des réserves. Immigrants politiques, économiques, plus tard poussés par la famine. Des esclaves noirs suivirent, à peine 20 ans plus tard. New-York, la Pomme reste la porte d'entrée, toutes catégories, sous l'effigie de la Statue de la Liberté. San Franciso, Frisco rappelle le goût de l'Europe. La fin du 20ème siècle a connu une moyenne d'un million d'immigrants par an intrigués par l'envie de faire du neuf quitte à prendre tous les risques. On est seulement, cette fois, un peu moins sûr, avec la crise surtout si elle dure. Les quotas avec plafonds sont apparus sous-jasent des aspects de xénophobie religieuse. La force montante des latinos revendique, elle, ses droits après avoir servi de main d'œuvre à bon marché dans l'immobilier. L'Amérique blanche a résolument vécu. Les minorités d'aujourd'hui, qui représentent 30% de la population, deviendront le majorité dans moins d'un tiers de siècle. Dans les écoles, 62% des enfants sont noirs, latinos, asiatiques ou proviennent des îles du Pacifique.

Le Canada a pris le choix de l'immigration, mais se perd entre francophones et anglophones et en temps d'attente pour recevoir le sésame.

Le Brésil, on le quitte et on l'adopte via les pays extérieurs, encore plus pauvres. Pays immense et ça bouge bien à l'intérieur avec une préférence pour les villes côtières du Sud-Est.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont avant tout pragmatiques avec des permis à points. Les Maoris restent plus inquiets sur leur propre territoire en Australie. Pour leur langue, c'est déjà perdu.

Une pirogue pour l'Europe, pour de jeunes africains de l'Ouest dans une stratégie de survie, très organisée par des convoyeurs qui encaissent les bénéfices. L'Afrique reste le continent de tous les exils vers l'intérieur du continent où les attendent xénophobie et expulsions.

Les pays du Golfe sélectionnent leurs travailleurs, importés d'Asie mais avec une préférence arabe.

L'Inde préfère une émigration de proximité avec des saisonniers très précaires. Xénophobie en ville. Partir reste néanmoins un privilège de riches. Le retour des cerveaux indiens programmé pour trouver de nouveaux "ghettos résidentiels" qui font envie dès le départ.

5. Le monde de demain

Aux problèmes humains vient s'ajouter un palmarès catastrophique de la climatologie et cela pour tous: la nature et le réchauffement climatique créera, d'après les prévisions, de plus en plus de naufragés de l'environnement par un choc thermique, par les inondations dues à la montée des eaux et aux cyclones de plus en plus dévastateurs. Ailleurs, c'est la sècheresse par la désertification et la terre en pénurie d'eau douce et potable en manque de gestion efficace. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable ou à un système d'assainissement. En 2080, 3 milliards d'êtres humains pourraient, cruellement, manquer d'eau. Le déclin de l'agriculture pourrait données des retombées incalculables. Une mauvaise gestion des ressources pourrait donner le signal de départs encore plus massifs. Partir serait, dans ce cas, survivre.20090328Europe Elections.jpg

Le Pôle Nord qui se déshabille de ses glaces et se réveille. Il devient le "point chaud" du globe vu son potentiel stratégique pour les pays limitrophes et un réservoir d'énergie. De nouvelles routes maritimes vers un Groenland, plus vert, pourraient accueillir de nouveaux immigrants.

Le diabète, la maladie du siècle et le ravage du paludisme (maximum en Inde) sont des problèmes avec un impact sur la croissance. L'immigration serait devenu la solution du déclin pour palier le problème démographique. Le nombre de personne âgée augmente de 2,6% par an et seule une "réévaluation positive" pourrait inversé le phénomène. L'explosion démographique vers la folle croissance des villes ne semble pas la solution. En 2007, un milliard d'habitants vivent dans des bidonvilles aux abords des mégapoles. L'immigration solution au déclin avec des forces vives en dépression avec 20090402Obama a Londres.jpgdes politiques à revoir.

Alors, une gouvernance proactive et distributive de rendements et des compétences serait une autre voie de considération des migrations?

Joseph Alfred Grimblat, un des auteurs de cet Atlas, disait que l'immigration même illégale a globalement des retombées positives sur le développement des pays d'accueil. Un effet à la baisse sur le niveau des salaires, ce qui est défavorable aux employés, mais favorables aux consommateurs sur le coût de production. Une transmission des cultures et des technologies apporterait d'autres compensations. La fécondité faible dans les pays développés provoque le déclin et le vieillissement de la population. 47 millions d'émigrés par an seraient nécessaire pour équilibrer le système de retraite des pays du nord. Le travail et l'esclavage ont parfois été de l'autre côté du rivage. Exodes, expulsions, exils et bannissements ont été, dans l'histoire, les compléments de l'infamie pour raison d'état, de cultes. L'écrémage de masse au XIXème siècle, plus ou moins volontaire, a fait place à des réfugiés forcés par les conflits armés et les idéologies controversées. L'immigration renversera-t-elle la vapeur?

Une gouvernance mondiale pour organiser les migrations est nécessaire. Les marchandises ne peuvent précéder les hommes dans leurs mouvements, sans les accompagner, tôt ou tard. Un nivellement par le bas et vers le haut en même temps comme conclusion? Les migrations peuvent étouffer les précédents arrivés, les autochtones en difficulté, eux aussi, mais les nouveaux s'étoufferaient en même temps à plus ou moins long terme. Problème d'acceptation et de compétitions difficiles, au centre des préoccupations de la vie en commun quand la couverture devient plus étroite. L'OIM, chargée par l'ONU, n'a pas compris que le compromis doit se trouver à l'échelle la plus globale possible et non pas dans des réactions étatiques au coup par coup et à plusieurs vitesses, cachée derrière des organismes disparates en octopus de la confusion. Tout est lié: le travail, les institutions, la scolarité, le social, la vie avec sa logique implacable des pays, dit développés, confrontés à la survie, des autres pays. S'il y a des lacunes, elles se répercuteront sur tous. Les souverainetés ont fait rétrograder les processus d'intégration en ouvrant ses portes en période de haute conjoncture et les refermant en période de restrictions ou de restructurations. La migration sélective n'est qu'un aspect de la partialité, non reliées aux réalités humaines. Croire que les familles ne suivent pas les initiateurs du voyage serait un leurre. Les nationalismes font place aux régionalismes. On rétrécit son horizon pour s'enfermer dans le virtuel au niveau mondial. Les rêves d'autonomie, de vivre en "stand alone" ressortent périodiquement. (ex. que se soit en Belgique ou en Kabylie)

20090406G20.jpgLe sommet du G20 à Londres et la Conférence du 60ème anniversaire l'OTAN, ont débouché sur des accords de partenariat. Pressions et crises ont pris toutes les plages des discussions pour y arriver.

"Tournant historique" et "Rupture avec le passé" ont été déclarés, haut et fort, même si en coulisse, ce n'était pas nécessairement l'amour fou. L'Europe, à plusieurs vitesses, se cherche toujours une voie commune dans beaucoup de domaines. L'unité monétaire est loin d'avoir pu ajouter au mot "Europe" celui d''"unie". Le social a à peine effleuré les consciences. Une langue de rapprochement de fait n'existe que dans les contacts internationaux et dans le virtuel. La nouvelle pensée à l'américaine a même troublé les Européens quant à l'intégration de la Turquie dans l'UE. Pas un mot de la migration des populations. Ce n'était seulement pas à l'agenda. L'argent reste le nerf de la "guerre".

Quant aux revenus de la migration, où se trouve la balance de ces transferts de personnes et, donc, de fonds dans l'économie? Là, on pourrait défoncer les idées reçues. Celles-ci varient selon le pays de destination des migrants et de la richesse, tout en perturbant le fonctionnement du pays le moins modernisé ou la suspicion vis-à-vis de la diaspora de ce dernier. L'émigration des "cerveaux" remonte le trafic des compétences dans un véritable système de dominos avec un cadre mondialisé sans réelle compensation pour les pays à la population migrante. Déficit de migration alors qu'elle ne cesse d'augmenter.

Une vision objective à mettre en opposition à la plus subjective d'une invasion des immigrants? Visions toujours très sensibles et polémiques? Sortons du magazine et passons à la pratique du terrain.

Beaucoup de lecteurs m'ont déjà parlé de Bruxelles comme d'un laboratoire de la migration. Et c'est vrai, les nationalités se bousculent, s'entrechoquent en communautés ou vivent entre elles sans frontières en harmonie apparente.

En Belgique, 20071010Accord immigration.jpgles problèmes des sans-papiers n'en finissent pourtant pas d'émouvoir les populations et les politiques de tergiverser. Un avis en billet non politique. Ne nous leurrons pas sur la question, "Près d'un Belge sur trois est raciste" et donc résistant à l'infiltration des étrangers sur son propre territoire. Les statistiques ne donnaient aucune référence au racisme latent dans l'autre sens qui n'est pas non plus inexistant. Ce n'est pas vraiment une question de race, mais de différences de cultures, de manière de vivre qui serait en question, ni un véritable problème de couleur de peau. Dans les pays chauds, on ne vit pas au même rythme. C'est une différence qu'il ne faut pas oublier.

Une rencontre de 3ème type difficile, mal programmée, serait, donc, à assumer dans la proximité et une peur de l'inconnu de ce "Métèque" qui a ses propres casseroles à tirer au pied et qui vient "narguer" avec sa propre pensée. Migrer, chez nous, à Bruxelles, n'a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour s'y retrouver à plein. Les "contacts" existent et sont parfois durs. Les susceptibilités vite exacerbées. Ce n'est pas une erreur, une simple normalité. Quant à la violence, elle est périodique, scandée mais pas limitée dans aux seuls contacts entre races. J'ai pu l'éprouver un jour, personnellement.

Etre sans-papiers ouvre la porte aux excès. Chercher les raisons du profit et perte explique mieux le phénomène. Pas de relations directes, mais plutôt subordonnées à cette situation de flou, un actif sur deux dans le monde travaille en noir est-il constaté récemment. Ce qui montre aussi la perte de moyens pour les Etats.

Une ou deux générations seront nécessaires pour s'accroder et faire le "ménage" dans la tête des nouveaux concitoyens tout en conservant leur idéologie. Les règles de l'Egalité des chances, poussées à l'extrême n'y pourront rien changer dans la pratique du seul moment et sans le recul du temps. Quelques articles sur Agoravox au sujet des migrations m'ont intéressé. Cultures, racines, terres que de problèmes en perspective. Les religions y ont ajouté aussi une dose d'intégrisme et du refus des autres que ce soit par l'islam, question de perception et d'employabilité, par le volonté de vivre seul du judaïsme ou celle d'réintégrer des interdits d'un autre temps dans le christianisme. La peur de l'autre vient de cet ensemble de différences qui seront toujours d'actualité divisés entre pouvoir et argent. Le rêve qui tournerait à l'arnaque au Québec. L'enfer du paradis dans l'attente du passage. Un problème de dignité humaine positionné aux sans-papiers ou le film "Le si beau voyage". Diversité, une chance pour seulement dormir tranquille.

Les changements de mentalités prendront beaucoup plus de temps, même si la crise a secoué les consciences. J'écrivais, il y a un an, le contre-pied, dans "Enfin, la faim", mais personne n'y avait compris le fin mot.

Migrer pour vivre ou survivre_Racisme.jpgDu 19 au 29 mars 2009, c'était la semaine contre le racisme pour tenter de faire réfléchir à la question à remettre à l'ordre du jour en boucle.

Le dumping social européen focalisé par et sur l'économie ou un équilibre avec des distorsions uniquement tournées vers les compétences de chacun?

Le Reaganisme et Margaret Thatcher qui voulaient délocaliser en Irlande, en se débarrassant des règles ont entamé la confiance par le libéralisme à outrance et se retourne contre l'Irlande, elle-même, aujourd'hui.

Cette histoire de gros sous, d'économie a plongé l'Islande dans le marasme.20081010Crise Islande.jpg

Le néo-libéralisme sans autorité publique en réduisant la couverture sociale a, jusqu'ici, raté le coche de la néo-migration.

Les femmes émancipées ont ouvert une autre voie à l'émigration. Elles restent toujours plus exposées au chômage, et cela migrante ou non. Mais elles s'y retrouvent, tout de même, dans leur prise en main en s'offrant l'indépendance par la conscience dans le milieu d'origine où il aurait été inexistant. Migrations à la recherche d'opportunités qui vont jusqu'aux mariages blancs. Le but est atteint. L'avenir aura sa propre réponse, logique par l'adaptation des habitudes. La multitude l'emportera, alors, sur l'Empire égalitaire.

Des accords bilatéraux entre pays pour recruter (ou de débaucher) des migrants assortis de quotas existent, mais, c'est une immigration à la carte qui y est préconisée avec une répression pour les clandestins, un travail temporaire pour les moins qualifiés et une 'appréciation alléchante pour les plus qualifiés suivant un "Pacte européen de l'immigration et de l'asile". Un partenariat, sinon rien et si rien, pourrait-on en conclure et espérer? Pas vraiment dans la pratique. "Like a hobo" (former un groupe, faire le colporteur, le charlatan") avec sa maison de plus en plus sur le dos semble être une nouvelle pratique.

Utopie que celle de Michel Serre, qui dans le Magazine des Philosophies poussait en avant son "si" on instaurait une paix perpétuelle comme réédition du rêve de Kant? Aujourd'hui, plus que tout autre, quand le monde est devenu un village, nous avons besoin de contacts parfois plus réels que virtuels. Les transports qui consomment de l'énergie, n'ont plus la cote auprès des écologiques. La téléportation rêvée par Paul Virilio n'est pas encore à l'ordre du jour.

20090407Migration.jpgComme on dit que "nul n'est prophète dans son pays". Aller retrouver ses semblables dans un autre espace temps et, parfois, décider d'y vivre, relève d'un esprit entreprenant avec des risques non négligeables.  Y-t-il des intérêts cachés pour l'immigré? Pour des raisons économiques ou politiques, le rapport prix-performance sera vite fait à posteriori. Le rapport change bien vite avec le côté financier. Des surprises exitent entre pays voisins qui auraient des lois dites "similaires". L'Europe, qui se veut unie, est loin d'observer des normes comptables et fiancières, compatibles entre les pays qui la compose. Les impôts, les pensions subissent des taxations très peu avantageuses pour celui qui a fait le pas de la migration en milieu de carrière. Les fonds de pension sont vite considérés, au grand dam de ses administrés, comme des placements bancaires susceptibles d'être taxés au prix fort, très différent du pays d'origine.

Mais, cela est probablement une autre histoire et un autre Atlas à construire. Celui du Monde diplomatique? C'est à voir, puisqu'il était dit que ce serait un "Monde à l'envers".

Nous sommes tous des émigrés et des métis, chantait, Julien Clerc. L'évolution et la vie l'ont voulu ainsi.

Sera-ce, dès lors, circulez, y a rien à voir ou, peut-être, avec plus de recul, tout à y gagner?

Ce pourrait n'être plus alors pour seulement vivre, mais aussi pour survivre.

Et si on riait une dernière fois...

L'enfoiré,

Sur Agoravox, que dit les soi-disant "sédentaires" des migrants?

 

Une adresse, juste au cas où? 

Mise à jour du 20 juin 2009: Journée mondiale des réfugiers : 42 millions de réfugiers dans le monde20090620Journée du réfugier.jpg 

Livres sur le sujet:

 

Citations:

  • « Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... », Cavidan Tumerkan

  • « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. », Nicolas Bouvier

 

11/03/2009

Le rapport du "Rapport de la CIA"


Le rapport du Rapport de la CIA.jpgEn 2005, Alexandre Adler s'intéressait au rapport de la CIA et à ce qui serait le monde en 2020. Vision à l'américaine en suivant le rapport NIC 2020 (2003). Nous sommes 4 ans plus tard. Cette vision tient-elle toujours la route?

Je me proposais récemment de revenir sur des exemples de futurologie en fin de l'article "Futurologues en goguette".

Adler affirme que les Américains ne seraient pas ce que l'on croit des antidarwiniens avec des préjugés tel que le décrivait Michael Moore en réaction à l'ère de G.W. Bush. Ce sont des diplomates, des officiers du renseignement de la CIA qui possèdent leurs propres organismes de recherche et d'évolution mais qui sont, eux aussi, très peu tournés vers le futur et l'extrapolation du passé sur le futur. Un rapport établit par 25 experts indépendants de milieux divers, entre autres, par les futurologues comme Ted Gordon, Jim Dewar et Ged Davis.

"Vers une mondialisation plus malheureuse" reconnaissait Adler d'entrée de jeu dans une titre évocateur. Pas plus, la doctrine de James Moore avec son panaméricanisme ni l'idéalisme naïf de Woodrew Wilson, mais une Amérique très ou trop pragmatique que l'on retrouve au travers de ses présidents et cela pendant deux cents ans de puritanisme et de compétitions acharnées. Ce serait plutôt contre un passé de "containement" (d'endiguement) de la puissance soviétique contre un dynamisme idéologique avec l'argent comme arme et comme outil et l'appui massif d'universitaires compétents entre "conservatisme" et excès dits "démocrates". Pas de géants abouliques, seulement un américain instrumentalisé par les milieux financiers britanniques et antisémitisme. Une économie en voie d'expansion et d'intégration mais avec les États-Unis comme rôle pivot, une révolution technologique toujours plus envahissante, des inégalités sociales persistantes, une montée de l'Asie, des émergents comme les BRIC et des puissances vieillissantes, des politiques identitaires, une insécurité omniprésente porté par une transmutation du terrorisme international, une démocratisation en marche arrière résumeraient les constatations du rapport. Tout cela, sous une cartographie du futur, avancée par l'intermédiaire de 4 scénarios alternatifs et qui, d'après l'auteur, n'arriveraient jamais ensemble.

  1. Le maxima par la "Pax americana", style GW Bush, en pilotage automatique et bienveillant

  2. Le "monde selon Davos", style Bill Clinton, simple à concevoir par la liberté de s'associer avec des avantages comparatifs

  3. Le "nouveau califat", style Ben Laden, sans véritable stratégie pour contrer efficacement la montée de l'intégrisme avec une urbanisation brutale du monde musulman, qui devient la source de l'islamisme idéologique en différentiel avec l'Asie.

  4. Le minima par le "Cycle de la peur" de style ou conception plus européenne avec le chaos mondial final qualifié de simple et léger.

 20090115Ben Laden retour.jpgDes lettres, plus ou moins imaginaires, sont présentées par l'auteur pour en sortir des leçons à méditer.

Une stratégie de secours par multipolarisme tempéré seule pour minimiser l'impact des deux derniers avec une idéologie du même droit à la vie et au bonheur et avec une imagination qui ferait changer la chenille en papillon par les moteurs de la démographie, des ressources naturelles, de l'environnement, de la science, de la technologie, de l'économie mondialisée. Prédictions qui rendraient la mondialisation irréversible mais moins occidentalisée dans une économie plus vaste avec des entreprises privées de taille mondiale propageant les nouvelles technologies. Une montée en régime de l'Asie, une population vieillissante généralisée, de l'énergie suffisante et même en croissance, un pouvoir grandissant mais non étatique, un islam politique puissant mais avec les États-Unis toujours en un acteur unique et puissant, se retrouvent dans les certitudes relatives présentées. C'est donc de la "prédiction" avec une vision dites "dynamique" des futurs possibles pour sortir des pensées conventionnelles.20090311Baril.jpg

La crise mondiale dont on voyait les prémisses en 2007, avec la perte d'achat comme initiatrice et des subprimes comme révélateur; en 2008, avec la crise des banques, et financière comme catalyseurs à la perte de confiance irrationnelle, qui ont bouleversé ces prévisions et mis en déroute les populations du monde de manière brutale et non contrôlable dans son ampleur et sa brusquerie, sont sortis du chapeau de l'histoire. Les certitudes relatives se sont effondrées sur plusieurs plans dans une démonstration par l'absurde. Un déséquilibre entre production et consommation s'est produit, insidieux. Les technologies informatiques misent en oeuvre par le rapport NIC pour analyser le futur n'avaient manifestement pas tous les paramètres disponibles. Alors, l'idée d'être au service des citoyens, ce n'était pas gagné d'avance. La mondialisation, vue aujourd'hui, est en phase rétrograde et un "néo-protectionnisme" est mis en avant par Manuel Baroso, président de la CE, comme le danger ultime. "Le monde sous la menace protectionniste" titrait le Nouvel Obs dans un de ces derniers chapitres. L'économie restreint ses objectifs et s'oblige un chômage technique ou complet, de plus en plus énergique, poussé à son point limite de la fermeture des entreprises souvent hors les murs de la maison mère des multinationales en premier ressort, à la source, ensuite.20090107Prix baissent.jpg

Celles-ci grincent de toute part et éjectent les produits qui ne font pas partie du "core business". Les stocks explosent et ne trouvent plus acheteurs. Certains font du catastrophisme.


20090201Davos Belem.jpgDavos était mentionné, mais les altermondialistes au Brésil ne l'étaient pas.

L'énergie et les matières premières subissent des fluctuations chaotiques en dehors de l'entendement et de la logique primaire. L'énergie nucléaire poussée vers une sortie honorable, revient en force avec de nouvelles centrales même chez ses précurseurs anti-nucléaires scandinaves. Une controverse éolienne freine clairement les espoirs et minent les élans les plus écologiques. Alors, on se retourne en premier vers les freins de la consommation d'énergies.20090115Salon de l'auto ecolo.jpg

Les États, poussés par l'obligation de soutenir leur économie et l'emploi, par les ONG et les lobbies, reprennent parfois les miettes des entreprises privées ou privatisées, en crise de liquidités. Cette situation d'exception a provoqué quelques déclics pour contrebalancer les efforts et regagner la confiance. On rassemble les fonds de tiroirs: les secrets bancaires, les paradis fiscaux, les parachutes dorés ne sont plus ce qu'ils étaient. On rationnalise. On renfloueOn tente de corriger. Et puis, les milliardaires sont toujours là, même s'ils trinquent et changent de tête. Ouf...?

20081022Crise Paradis.jpgLe "durable" est, désormais, préconisé et encouragé dans le monde occidental pour préserver l'environnement. Les produits bas de gamme se retrouveront, tôt ou tard, repoussés, de fait, aux frontières, les copies radiées pour sauver les économies locales et les marques pour s'épargner un écrasement total et fatal. Il parait d'après un article de l'Echo de mi-mars 2009 que "la crise profite aux marques propres des distributeurs". Les fusions de sociétés ont ralenti de manière drastique. Des rachats de sociétés stagnent dans la peur du lendemain. Ils pourraient être remplacés par des échanges de bons procédés sous forme d'échange d'actions. Une autre technique de l'histoire, en vue?20081028Parachute doré.jpg

Un scénario où seul le jeu en commun serait devenu l'agent liant ou le retour aux cases de départ se dessine, à coup sûr, dans une sorte de recherche forcée de "L'argent du beurre" au plus juste prix. La création de nouveaux blocs alliés tels que celui de l'axe Moscou-Téhéran-Pékin opposé à celui des États-Unis-Israël-Japon; ceux des deux axes eurasiens, avec au Nord, les Britanniques et les Scandinaves contré au Sud par la France, l'Allemagne et la péninsule Ibérique étaient préprogrammés dans le rapport, sont beaucoup moins d'actualité. Plus aucun bloc économique ne peut en sortir sans la concertation avec les autres et le concours coopératif ou solidaire des voisins. Unir l'ensemble est devenu le défit majeur. Alors, on s'observe. Des plans de relance de plus en plus chers donneront-ils le ressort sans aller aux sources du mal? La compétition acharnée et suicidaire par la concurrence fait partie de la partie avant "schisme" et la charnière de ce siècle. La peur et la sécurité tout azimut ont dégradé l'économie et miné la production de manière plus accélérée au cours de cette dernière décade. Une dévaluation générale des monnaies se retrouve dans une érosion de la consommation.

L'Europe, ce dit "vieux continent", grâce à sa diversité de cultures n'a pas encore dit son dernier mot, si elle s'en rend compte. Une spécialisation naturelle en fonction des compétences de ses ressources humaines disponibles en éliminant les redondances d'efforts trop régionaux pourrait aider. L'éducation et l'immigration ne seraient plus considérées comme un mal mais, au contraire, un élargissement des potentiels. Ce serait une adaptation de la main d'oeuvre confrontée à une longue période d'immobilisme, disait Adler avec raison. L'OTAN reprend du gallon contrairement aux prévisions du rapport. La France se met sous son ombrelle. Nicolas Sarkozy vient d'en conclure l'accord, en faisant table rase de la volonté d'autonomie de Charles De Gaulle. C'est fait ce 11 mars 2009, ça coûte trop cher la souveraineté et on réinvente l'union fait la force.

 20090114Gaz Russie Ukraine.jpgUne reprise en main de la Russie s'est produite, hier, en Géorgie, pays qui s'était formé plus ou moins artificiellement sans l'accord de toutes les populations de liens différents qui la composent et qui avait surpris par son réveil soudain. Hautement improbable, disait le rapport.

La Chine et l'Inde ne seront que les acteurs qu'ils voudront dans, semble-t-il, un même jeu de l'autarcie forcée.

Ce qui veut dire, aussi, pour la Chine que le pouvoir d'achat intérieur devra s'élever de manière importante et passer à la consommation "old style" occidentale avec une classe moyenne démocratisée et éduquée sous peine d'asphyxie. Elle devra absorber, très vite, les frais démesurés qu'elle s'est imposée pour les JO de 2008. La surchauffe y a vécu. Le ralentissement de la création d'emploi est dès lors programmé tout en repoussant une nouvelle fois son propre problème du vieillissement de la population. Cela pourrait entraîner une instabilité par le crime, le trafic et l'immigration illégale. Le prix des matières premières soutenues par l'expansion chinoise, oui, si l'expansion s'y poursuit.

Le Japon ne voit pas le fond mais a découvert en catastrophe l'ADM, les armes des distractions massives, les Mangas avec le karaoké comme fond musical.

L'Inde, par contre, toujours sous le joug de l'idéologie des castes, subit toujours un frein des responsabilités non égalisées sur sa population globale, rythmée par de trop nombreuses vitesses de développement. Une population en augmentation constante avec des eaux en surface de plus en plus polluées, se verra imposer des choix draconiens dans la haute technologie dans les villes en maintenant les campagnes de force, hors course. L'outsourcing massive n'assure plus la sécurité à ses clients comme espéré à la naissance de ce mouvement d'externalisation. Sa population reste seulement locataire de travail temporaire, à bon marché et, donc, non responsable sur le long terme. Il n'y a pas que le prix et la langue anglaise poussée comme véhicules d'une rotation durable.

Le vieillissement des populations, l'environnement sont les problèmes généraux. La moitié de la population mondiale devait vivre dans des pays avec un taux de fertilité inférieur à 2,1 enfants par femme pour maintenir une stabilité et assurer une retraite aux seniors. Comment les pays vont s'y atteler déterminera la sortie ou l'incrustation dans la durée des problèmes. Une cartographie mentale du monde de 2020 avec un changement radical d'optique du progrès hors caricatures pourrait stopper l'hémorragie ou l'inverser par une guerre catastrophique comme ce fut le cas au début du XXème siècle suivie par une dépression mondiale, rappelait Adler. La vraie guerre pourrait devenir plus virtuelle que réelle par la déstabilisation cybernétique paralysant les réseaux d'Internet sources du savoir. Une hausse durable, inscrite dans le rapport NIC, s'il apaisait certaines tensions sociales consolide, dans le même temps, des régimes autoritaires. L'image des Etats-Unis comme modèle, comme gendarme du monde avait, pour longtemps, été remisée à l'ombre des espoirs déçus suivi d'un esprit anti-mondialiste sévère. L'arctique qui dévoile ses profondeurs, à cause du réchauffement climatique, n'a pas été envisagé dans ses conséquences qui peuvent se révéler positives pour les pays limitrophes.

20080626Séniors au boulot.jpgNon, la crise "totale", la décroissance que nous connaissons, n'avait pas été prévue dans le rapport. Elle a fait sortir du cartésianisme pour devenir systémique. Un profond déséquilibre entre offre et demande en ressort, dans les liquidités nécessaires ou superflues. Après une inflation galoppante de 2007, une récession mondiale fait naturellement baisser la demande en 2009. Rationnaliser tout cela pour retrouver un équilibre et effacer les laxismes et les inégalités du passé à trouver dans l'urgence.

Les risques inflationnistes, les populismes d'Amérique Centrale, les changements de cap à gauche en Amérique du Sud, la conjoncture post 2001 sont peut-être déjà un lointain souvenir.

Le mérite de ce rapport est d'en avoir analysé les changements majeurs sans en avoir décelé l'ampleur et la rapidité dans les espaces et dans le temps. Il avait constaté les déséquilibres de l'endettement des ménages américains, des déficits budgétaires croissants de la balance des comptes mais tout devait continuer si l'infection n'était jugulée sur place, à son origine. Un refus de la hausse des impôts et la chute du dollar ralentirait inexorablement l'économie américaine, disait-on. On sait ce qu'il en est advenu. On parle de régulations, de réformes dans des cycles excentriques pour réguler ce qui était considéré comme automatique. 

Aux États-Unis, un nouveau "Messie" est donc là pour changer le pays de fond en comble. Pas besoin de le nommer pour le reconnaître. Messie, pour les uns, Satan, très probablement, pour d'autres. "Après quelques six semaines, des impôts qui servent à réduire les inégalités, des polluleurs devenus payeurs, l'Etat de non-droit bannis, la santé accessible au grand nombre", comme l'écrivait récemment le Nouvel Obs. Loin d'un ravallement de façades.

Ca n'était pas dans les tablettes du rapport évidemment.

De toute manière, l'euphorie de la puissance est un peu passée et n'aurait pas été reproductible d'après le rapport.

Des plans de relances, un nouveau protectionnisme industriel en accord avec un nationalisme renaissant et autarcique.

L'impression de déclin pour les anciens est manifeste. Certains chercheurs pensent déjà à faire machine arrière.

20080213Or.jpgDes mutations géopolitiques, dépendantes des approvisionnements énergétiques, pour les autres. Les marges de manœuvre restent étroites pour les gouvernements endettés. Le domaine publique, forcé, reprend de la vigueur dans le soutien de l'économie. Les levées du secret bancaire, les évasions fiscales, les corruptions et les scandales financiers sont en passe de corrections pour récupérer les fonds de tiroir. Peu importe les techniques utilisées dans ce grand chambardement. Le renversement de tendance a eu lieu, c'est entendu. Le Monde a eu son 11 septembre en plusieurs couches successives. Nous vivons des années charnières à la recherche de consencus. Un monde plus volatile, moins stable, donc.

Entre temps, la France se retrouve avec un soulèvement de ses territoires d'Outre Mer, souvent oubliés.  Le Système du Capitalisme suite à la crise est même remis en question par plusieurs analystes pour sortir de l'ornière. 

"Des mutations profondes, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, à la recherche des aiguillages pour ne pas sortir des rails avec peut-être des effets bénéfiques pour l'éradication de la pauvreté", concluait Adler. Qui dirait mieux?

Vu le retournement de situation dans ces quelques derniers mois, la difficulté de comprendre cette actualité, prédire ce qui va se passer dans 15 ans, n'est, décidemment, pas chose facile même pour la CIA.


Le rapport du rapport de la CIA 2025.jpgJe m'apprêtais à terminer ici, quand je suis tombé nez à nez avec la version 4 de ce Rapport qui vient de sortir de presse et qui, cette fois, veut allonger les prédictions jusqu'en 2025. Il est vrai que sa conception a été étendu à des experts de tous les continents et non plus américains.

Cette version inclu la crise, l'arrivée d'Obama et des corrections non négligeables. 

Nouveau film catastrophe? Pas vraiment, quoique de nouveaux problèmes surgissent. La pénurie d'eau, d'un côté ou le trop plein dû au réchauffement climatique se sont invités dans la danse. Le Sahel, le Darfour crèvent par la sècheresse tandis que Wall Street doit déménager pour échapper à la montée des eaux. Les hydrocarbures qui s'"évaporent" des rêves de consommation à bon marché. Donc, un futur qui suit plus environnemental que prévu précédemment.

Plus multipolaire encore, aussi, et moins américanisé. L'Afghanistan et le Pakistan deviennent des points névralgiques. La réconciliation entre les continents sont au programme. L'association Taïwan, Hong Kong, Macao, Singapour font la nique, économiquement du moins, à la Chine étatisée du pouvoir central. La Corée et le Vietnam sortent leur épingle du jeu. L'Afrique est courtisée par la Chine, l'Inde et le Brésil.

Mais, si 2020, était encore très loin, 2025 rend les prévisions encore plus hasardeuses. Un rapport ne serait rien s'il n'était pas suivi de corrections. Les économistes, eux, ont toujours pu expliquer les erreurs du passé. 

Alors, un nouveau rendez-vous dans 5 ans, dans 4, 3, 2 ou 1 an vu que l'espace temps se rétrécit? "L'Histoire n'est pas encore en voie d'achèvement" constatait justement Adler dans sa préface.

20090311Inflation.jpgBernard Maris de Charlie-Hebdo en parlait lors d'un interview, suite à son livre "Capitalisme et pulsion de mort". Il proposait : une économie verte  plus  sociale, coopérative avec des indicateurs de bien-être, budgetiser en remplissant les caisses de l'Europe, effacer les créances par l'inflation (la déflation fait encore plus peur) et en épongeant ainsi les dettes par ceux qui peuvent le faire, vivre avec une sobriété plus ajustée par une croissance en fonction des besoins plutôt que de suivre le marqueting, se rendre compte que l'argent n'est pas commestible (mythe de Midas), taxer la spéculation et éradiquer les paradis fiscaux. Une utopie? Non, un changement de mentalité. Très certainement.   20081108Crise en thème.jpg

Suite à l'écran de nos jours du moment qu'on garde la santé entre temps.

 

L'Enfoiré,

Des futurologues au rapport sur Agoravox?

 

Citations:

 

  • « Je préfère un futur imprévisible à un futur imposteur. », Maurice Schumann

  • « Ne t'écarte pas des futurs possibles avant d'être certain que tu n'as rien à apprendre d'eux. », Richard Bach

  • « Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. », Friedrich Nietzsche

 

13/09/2008

Le chic, le chèque et le choc chypriote

33f64d4f4e31c5ba0114ed546bcd87d4.jpgLa fin des vacances a sonné. C'est le moment de revoir ses photos. Et, si on allait à Chypre, troisième île de la Méditerranée. Dans le peloton des derniers arrivés dans la communauté européenne. Chypre reste très insulaire, très à l'écart de la folie du continent. Une phrase d'Alice Sapritch va me servir de titre et de fil conducteur.

Mon voyage dans cette île de Chypre qui a vu naître Aphrodite, déesse de l'amour au rocher Petre tou Romiou en sortant de l'écume de la mer azur, date de 1987.

Depuis lors, cette déesse garde un oeil passionné sur les couples en vacances. Le tourisme, déjà lors de mon passage, avait pris un tournant décisif. Mais, d'après ce que j'ai pu lire, ce tournant n'a pas été fait en dépits du bon sens. J'ai pu voir dans un documentaire récent que les choses avaient beaucoup changé depuis ma visite. Donc, cet article pourrait paraître obsolète par certains points. Je ne l'espère que pour une chose : la fameuse ligne qui sépare le Nord du Sud de l'île.

Insulaire, à cet époque, je peux le confirmer par son côté sécurité. Une anecdote caractéristique en témoigne. Un jour, attablé en plein air, je remarque qu'un touriste a oublié au plein milieu d'une table, son appareil photographique. Croyant qu'il s'est écarté un temps, je ne réagis pas et j'oublie l'incident. Prêt d'une demi heure après, j'entends des exclamations du touriste qui s'est aperçu de son erreur et qui est revenu. L'appareil était toujours là. Il n'avait pas bougé malgré les nombreux passants qui auraient pu avoir des tentations bien moins altruistes.

Ca, c'est pour le chic.

Alors, oui, il y a d'autres événements qui ont jalonné mon voyage à la fin mai de cette année-là.

Destination Paphos, lieu de culte du tourisme chypriote. Lieu de séjour, par excellence. Lieu d'histoire, aussi.

Commençons par le début. Arrivé à l'aéroport, j'apprends que mon hôtel est malheureusement complet et qu'il ne peut m'accueillir dans les meilleures conditions. Légère colère, légère déception. Encore un "overbooking", me dis-je. Pourtant, ce contretemps va s'avérer être bénéfique en définitive.

Un petit hôtel nouvellement construit m'était réservé. Pas besoin de se souvenir du nom, existerait-il encore d'ailleurs? Les choses évoluent tellement vite. Tout nouveau, tout beau et surtout plein de charme. Les chambres sont dignes du rêve de Disney. Tout est chaleur, l'accueil et les Mickeys et peluches disposés sur un couvre-lit en peau de zèbre. Le soir, calme et volupté. Peu de touristes. Service de premier choix personnalisé. Nourriture recherchée et tutti quanti. Petite piscine, et terrasse solarium sur le toit, tranquille et panorama garanti sur facture pendant la journée. A la réception, comble de ravissement et de coïncidence, une jeune belge avec laquelle nous avons pu tailler de multiples "bavettes". Nous sommes encore loin de l'esprit du "le toutou, le toutou, le touriste". Pas d'animation, tapageuse.

Paphos, capitale du tourisme. Ville qui déjà d'elle-même donne des envies de rester. Le côté archéologique est certes plein de surprises pour la beauté des yeux. Avoir des vestiges de 8000 ans avant notre ère, cela laisse rêveur.

Village à 30 kilomètres de Larnaka, il restera dans les mémoires des archéologues par son côté de parfaite conservation. Déclaré comme patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1998. L'art de la poterie n'était alors pas encore entré dans les moeurs. Le néolithique et toutes les civilisations qui se sont retrouvées sur l'île dans les âges. Conquérant de ce point stratégique de la Méditerranée. Près de l'hôtel, le site des "Tombes des Rois" remonte à la nuit des temps creusé dans une argile jaune éclatant sous le soleil. Plus loin, la maison de Dionysos fait souffrir le visiteur de n'être pas né plus tôt tellement les mosaïques en plein air et les décorations sont belles et rendent envieux le plus blasé. Beautés réfugiées pendant 16 siècles sous terre, que l'on imagine déjà dans sa cour. En sortant de cet espace historique, j'ai même découvert un morceau ébréché d’une tasse de l'époque probablement romaine. C'est dire que les archéologues avaient encore du travail pour quelques années. Le théâtre antique est loin d'un modèle réduit en accueillant probablement des milliers de personnes.

Le port, lui, est équilibré entre un phare et un fortin carte postale. Les tavernes permettent de se prélasser en attendant le coucher du soleil. 69931af4dbeebba1aa4f819c8b2c3d90.jpg

Les pélicans se disputent le ciel et se posent parfois en pleine foule en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes comme dirait Brassens. Ils y ont élu domicile. Reposés, ils repartent, tournoient à nouveau jusqu'à l'étourdissement probablement près à plonger à grande vitesse pour happer le poisson.

0af59ff1f1cc3c58d8ab8ae0855002a9.jpgLe château byzantin avec son arche, l'église de Saint Paul, des bains arabes, les pierres Dighenis, les catacombes Saint Solomon avec son arbre plein d'ex-voto attachés aux branches complètent les attraits "vieilles pierres" de la ville.

Paphos est aussi le point de départ de beaucoup d'aventures dans l'île. L'est-il encore aujourd'hui?

Revenons à l'histoire. Le nom "Chypre" vient de la découverte du cuivre, "kuprum" en latin. Le commerce prospère avec le Proche Orient a fait le reste de sa reconnaissance comme lieu stratégique. Les Mycéniens vont l'investir par l'intermédiaire d'une dizaine de petits royaumes dont Kition future Larnaka. Les Grecs, les Assyriens, les Egyptiens, les Perses se sont disputé ce sol riche avant Alexandre le Grand. Byzance verra Nicosie comme capitale. Principalement dans la région du Troodos, les chapelles, les monastères avec des murs décorés byzantins, surchargés de fresques délicates seront du parcours d'une visite qui culmine vers les 2000 mètres d'altitude au mont Olympe. Les pins apportent heureusement la fraîcheur.

883813da9b8cc6d39909e766ad6b65b1.jpgLe monastère de Neophytos c95e94661f3dd71b08591e7758251e15.jpget surtout celui de Kykko détiennent les plus belles mosaïques byzantines murales sous les arches d'une cours intérieure.648e9960b175f41755b853f572a80995.jpg

Richard Coeur de Lion lors d'une tempête en 1191 fera plus qu'une escale en envahissant l'île. Les Francs, les Vénitiens, les Ottomans, les Anglais se succèdent ensuite. On y parle toujours cette langue et on roule à gauche pour garder les habitudes.

Une indépendance en 1960 présidée par Monseigneur Makarios, favorable au rattachement avec la Grèce volera en éclats en 1974 après un coup d'état fomentée par la Grèse des colonels et l'intervention des Turcs qui investissent le Nord de l'île jusqu'à aujourd'hui. La tombe de Makarios, toujours vénérée, était toujours surveillée 24h sur 24 par des militaires qui se relaient inlassablement. Après ce coup d'état, l'île a été coupée en deux parties. Le sud, toujours grec, le nord, devenu turque par la force. Le 1er janvier 2004, la République de Chypre orthodoxe du sud entre sous le giron de la Communauté Européenne. Le 1er janvier 2008, l'euro remplace la livre. Les négociations entre la partie grecque et turque n'ont pas encore trouvé de résolution définitive. La Turquie voit sa propre adhésion compromise pour ce problème. La « Ligne verte », qui ressemble plus à un mur, de Nicosie s'affalera, un jour, comme celui de Berlin. C'est écrit, mais on n'a pas encore ajouté la date. Le 11 septembre, une nouvelle tentative de réunification aura lieu. En début d'année, une rencontre du grec, Demetris Christofas, et du turc, Mehmet Ali Talat, a eu lieu sur l'aéroport désafecté de la dernière capitale divisée du monde. Chypre, pressée par l'ONU, devra organisé, tôt ou tard, un référendum. La population organise des marches des deux côtés de la "Ligne Verte". Renvoyer les 40.000 militaires turcs du nord de l'île dans leur foyer n'est pas la plus banale des décisions. Varosha est devenu une ville morte dans la partie turque.   

Entre temps, les Grecs et les Turcs de l'île attendent de retrouver un peu plus souvent leur famille de l'autre côté. Chypre turque n'est pas reconnue à part par la Turquie. Cela veut dire qu'elle ne doit obéir à aucune règle internationale. Cela avec le plus grand plaisir des truands, de la mafia qui coulent des jours paisibles au bord de la mer tout en règlant impunément les « petites affaires ». La politique a décidément ses raisons que la raison du sentiment ne connaît pas.

Ça, c'est pour le choc.

Depuis, la République est coupée en deux. Mais, avec 200 kilomètres de côtes, la bataille du tourisme est gagnée dans le Sud par ses côtés archéologiques à Kourion, historiques à Kolossi, ses traditions, sa gastronomie, et la sauvagerie des ses côtes sous le vent plus au nord près des bains d'Aphrodite. Les hôtels se comptent désormais par centaines.

Ça, pour finir, c'est pour le chèque.

Car on parie sur la qualité, pas sur la quantité. Pas de tourisme de masse (à cette époque du moins) et la restauration des ruines et des bâtisses parachève le travail. L'agrotourisme est né en 1987. La cueillette des oranges et des olives intéresse le touriste. En pleine campagne, la brasserie Kyo distille sa bière, consommée avec délice dans toute l'île. Je ne vous ai pas dit: on roule à gauche sur l'île.

Non, vingt ans depuis mon passage, il faudra que je réactualise un peu tout cela.

Mais, je suis sûr que je ne vais pas refaire le test de l'appareil photographique. Le numérique a ses raisons que l'analogique ne connait plus.

 

L'Enfoiré,

 

Le Panda a-t-il du chic? 

En photos : http://decouvertes.lesoir.be/main.php/chypre/

Citations:

 

  • "Tant qu'il reste au renard une dent, il ne sera pas pieux", proverbe chypriote

  • "Le soleil passe les frontières sans que les soldats lui tirent dessus", Proverbe chypriote

17/07/2008

Paradoxe ou aveuglement volontaire ?

paradoxe-ou-aveuglement.jpg 

Le dimanche 13 juillet, les pays qui entourent la Méditerranée se réunissaient en grande pompe à Paris pour parler de paix et rechercher les moyens de la dépollution de ses eaux bleues. Le lendemain, fête nationale, on se congratulait encore, en groupe, pour concrétiser la réussite de leur nouvel Union.

Lors de mon précédent article sur la façon dont les étrangers appréciaient la France et ses dirigeants dans l'article "Ne m'appelez plus jamais France", j'avais déjà souligné que le rejet de la Turquie dans la grande Europe avait quelques aspects très partisans. L'UPM, l'Union pour la Méditerranée vient de naître. Un clin d'oeil pour un autre sigle, peut-être aussi, dans la coïncidence des lettres. Gestation difficile à la base de cette réunion prévue, depuis un an et demi, dans les six mois de la présidence française de l'UE. L'Europe, on veut la faire mais on n'en est maître que pendant ces six petits mois. L'UE n'est pas le bébé de la France.

Cette fois, chassons le naturel et essayons de ne pas le faire revenir au galop avec des idées paradoxales.

On inventait la roue de la fortune. Forcément, on en oubliait l'Allemagne. Celle-ci n'a pas de côtes communes avec la mer, géographiquement. Elle s'insurgeait, politiquement. Il fallait, dès lors, revoir sa copie et accorder le ticket d'entrée à beaucoup d'autres voisins. C'était radical même, on faisait un bond de 24 à 43 membres potentiels à mettre autour d'une table: 27 de la CE et tous les autres méditerranéens. La Méditerranée était devenue la mer euro-africo-asiatique. Personne n'était d'ailleurs pas vraiment content.

Mais la Turquie, elle, était bien là dans le "jeu de quilles". C'est un grand pays qui borde justement la Grande Bleue. Y a pas photo. Elle espérait donc jouer le rôle qu'on lui refuse dans d'autres réunions où l'interlocuteur français fait des pieds et des mains pour ne pas devoir absorber ses citoyens par l'immigration et d'avoir aussi son mot à dire chez les Grands. Donc pas moyen de la sauter et ignorer la géographie uniquement pour raison politique. Deux poids, deux mesures et deux pensées sans vases communicants. Naturellement, on a dit d'entrée de jeu : "le nouveau partenariat euro-méditerranéen et l'adhésion turque à l'UE étaient deux questions tout à fait distinctes". Les Arabes, eux, subodoraient un substitut à la politique arabe en France. L'Espagne et l'Italie y voyaient un certain chauvinisme solitaire à la "française" alors que ces deux pays se voyaient avoir des intérêts considérables.  Ce 13 juillet, le président Sarkozy invitait, donc, quarante chefs d'Etats et de gouvernements qui entourent la Méditerranée directement ou non.Seul la Libye se snobe, elle-même: "un champ de mines, cette conférence" qui serait préjudiciable à l'unité arabe, est-il évalué par les libyens.Pour cette occasion, on a mis Paris en bouteille et les petits plats dans les grands. Les sourires auront été de la partie, "obligatoirement", au besoin avec des sourires coincés. La réconciliation planifiée ne pouvait que susciter la paix comme cerise sur le gâteau d'une intention de paix future.Les ennemis de toujours se retrouvaient à la même table des négociations. Tout était pour le mieux. En apparence. Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, très fragile électoralement, chez lui, rencontrait l'israélien Ehud Olmert, avec quelques casseroles au pied avec la justice de son pays.Il fallait rouvrir toutes les portes de l'édifice de la colombe. Point. Et cela semble avoir marché pour les photos souvenirs.La paix en a, effet, un grand besoin. Était-ce par ce biais qu'il fallait approcher le problème? Prenait-on les bons invités à bord? N'était-ce pas une autre autorité plus désignée par son expérience cinquantenaire pour jauger la bonne technique? Des questions dignes d'Harakiri "Bêtes et méchantes".

La Grande Bleue, elle, n'en revient pas. On allait s'occuper d'elle avec sa dépollution en prime.

On veut drainer cette mer qui est devenue une poubelle par nos pollutions tout en rechignant, dans un ailleurs moins conciliant, de ne plus pouvoir pécher le thon rouge. L'énergie solaire a aussi, tout à coup, pris du gallon.

Monsieur José Barroso, président de la UE, était invité. Avait-il été là pour établir un budget à cette nouvelle entreprise? Personne n'a osé toucher un mot sur ce point.

La présence de Bachar el Assad, président Syrien, a même ravivé des souvenirs douloureux dans les rangs des militaires français. Son interview sur France2 a aussi refroidi les ardeurs françaises. Il rappelait qu'il faudra attendre, au moins, le changement de présidence aux États-Unis pour espérer vraiment un processus de paix.

"Impossible n'est pas français" disait Napoléon.

Il avait probablement oublié d'ajouter que tout dépendait de celui qui tient la baguette.

Être chef d'orchestre n'est ce pas le plus beau métier du monde, surtout avec le zéphyr du dialogue "sous le soleil exactement"?

Sous son ardeur, on se soûle très vite. On en devient facilement "pompette", dirait-on, chez moi. L'ambiance Club Med avec ses JO.

Une phrase qui terminait un article du journal l'Echo m'avait interpellé en parlant de l'UPM: "C'est une heureuse initiative qui doit se fonder sur l'égalité, la proximité et le respect: après tout, la Méditerranée est trop étroite pour séparer et trop large pour confondre".

En réfléchissant, je ne sais pourquoi, cela me faisait penser à la tectonique des plaques de la Méditerranée? Mais, alors là, c'est long, très long.

Si, en attendant, si on chantait un petit karaoké avec Tino Rossi relooké ou futuriste.

paradoxe-ou-aveuglement-leterme.jpgPar rapport à la Brabançonne de notre ex-premier ministre, ce ne serait pas plus mal, chez nous, pour le 21 juillet, lors de la fête nationale belge.

C'est une question de choix à laquelle, je n'ai aucune réponse à l'heure où j'ai écrit cet article. 

Dans ce cas précis, il s'agit vraiment d'un aveuglement involontaire.

L'Enfoiré,

 

Le Panda sur la Belle Bleue 

 

Citations:

  • « La paix, si jamais elle existe, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur l'amour de la paix. », Julien Benda

  • « Pour faire la paix, il faut être deux : soi-même et le voisin d'en face. », Aristide Briand

  • « La Méditerranée est une sorte de Gange, où les nombrils vont en pèlerinage. », Frédéric Dard

25/06/2008

Ne m'appelez plus jamais, "France"

ne-mappelez-plus-jamais-france.jpgUn article du Nouvel Obs a attiré mon attention et approfondit mes convictions dans la France actuelle. 

Attention, je vais être excommunié. Je Vous le dit d'avance, si vous n'avez, Français, pas le courage de lire ce qui va suivre ou n'aimez pas la critique, passez votre chemin.

Un article du Nouvel Obs 2276 a donné aux Français une vision multiple, vue de l'étranger, de ses voisins européens.

Cela vaut parfois le détour d'écouter ce que pense de Vous et de nous, les Européens. Il est sûr que chacun a à se reprocher des tares qui proviennent de son passé ou de sa manière de penser, ce ne sera que partie remise mais, de la critique, nous avons tous à y gagner.

Pays par pays en voilà des points sur la table des discussions:

L'Anglais Julien Barnes, pour lui, c'est plutôt changez pas de main. Le "French paradise" des Frogs a encore du bon. L'instabilité psychologique, un peu maso français, c'est pas mal. On commence vraiment à se ressembler. La Tour Eifel, et si on se l'échangeait avec le Tower Bridge? On le fait savoir d'ailleurs après le vote Irlandais. Ceux-ci, des idiots, je vous dit.

Le Hollandais Fouad Laroui cherche toujours comment se dit "chauvin" en néerlandais. Et ne comprend rien à la politique française. Freiner l'immigration, il a dû s'y faire récemment. La communauté turque ou marocaine doit s'imposer dans un consensus national.

L'Allemand Volker Schlöndorff voit dans la France une image du passé. Nombrilistes et contents d'eux mêmes, les Français avec une langue supérieure, arrogante dans les Hautes Écoles qui veut faire la loi. La culture française est devenue d'arrière-garde et ne représente plus 1,7% du marché. Oui, "S" apporte du changement. Mais... pas très curieux de ce qui se passe ailleurs. Et puis, les "belles manières face au sérieux".. ça fait pas vraiment le poids.

Le Belge Philippe Dutilleul se posait cette question: "Pourquoi je ne serais jamais français?" Il parlait du complexe de supériorité qui mènerait à la cinquième roue du carrosse. Les réformes libérale "S" ne semblent pas lui botter. On manifeste ferme pour PPDA, non pas le vôtre. Lille, peut-être, c'est socialiste. Et puis notre "Bye bye Belgium" à la mode française aurait eu du plomb dans l'aile dès la première étincelle. S'il y a un pays qui dans ses fondements, n'aime pas l'Europe, et il l'a prouvé dans son "non", il y avait trois ans, c'est bien la France. Récemment, un article qui se voulait le défenseur de l'hymne national n'en ajoutait qu'une autre couche à ce beau patriotisme. Notre premier ministre en a perdu la tête en chantant la Marseillaise comme hymne national à la suite d'une question très partisane d'un journaliste.

L'Italien, Marco Bellocchio Un sentiment d'arrogance transformé en surprise vu la déprime et pourtant la réalité de havre de tranquillité. Moins de clientelisme. Chez nous, c'est la peur de tout qui a proné dans les élections. Vous avez plus de ressources que nous. Ce n'est pas Berlusconi à bord, même si cela ressemble. Vous affrontez les problèmes, nous les posons avec la compromission "comedianti". Nous sommes reconnaissant d'avoir une première dame italienne.

L'Espagnol Jorge Semprum était plus expectatif et exprimait "Ce que j'attends de votre président" alors qu'il est seul derrière un gouvernement social-démocrate. Pour la prochaine présidence de l'Union Européenne, il a l'espoir que la France ne sera pas suivit d'une stratégie de sécurité qui irait dans un protectionnisme et une politique d'immigration contraire à l'esprit de l'entreprise européenne eu égard à l'évolution démographique. Ce serait un changement de paradigme culturel. "Liberté, égalité, fraternité?" Pour l'Espagne avant-gardiste, l'Hexagone semble piétiner.

Le Polonais Tadeusz Mazowiecki trouvait Sarko sous pression avec des projets ambitieux mais toujours sans anticipation et avec seulement des déclarations distribuées avec un goût du déjà vu et entendu, ailleurs. Alors, le vieux stéréotype du "plombier polonais"... Quand on sait que les Polonais sont aussi redemandés à bord et que quelques milliers seulement s'étaient aventurés dans l'Hexagone !

La Danoise Marie-Louise Knuppert remarquait que la France sacrifiait sa jeunesse. Le chômage des jeunes à 22%. Un modèle social lourdingue par sa bureaucratie et ses ambiguïtés. Notre taux de syndicalisation de 80% comparé au 8% français d'adhérents n'est pas étranger à notre chômage de 1,8%.

Un sondage donnait des estimations assez peu réjouissantes non plus. La présidence de l'Union française serait une "bonne nouvelle" pour 19% des co-équipiers européens, une "mauvaise" pour 16%. Un sous-marin coulé dans le combat naval? 50% d'arrogants, 31% de peu "travailleurs", 44% d'imaginatifs, 43% d'accueillants... on ne peut pas vraiment faire cocorico.

ne-mappelez-plus-jamais-francenepal-imigration.jpgChacun a sa vision en fonction de son côté plus "rétro", de son gouvernement et de sa manière d'être propre. Rencontre de Charybde et de Scylla, dans un sens ou dans un autre. La baguette sous le bras et le béret sur la tête, image d'Epinal ou réalité plus voilée?

Il suffit de gratter un peu pour y répondre.

On ne pense qu'à ses Droits de l'Homme, sans en chercher une charte annexe dans les Devoirs de l'Homme imaginée à la Française.

On aime le "F" sur la bagnole et, en sus, il y a le droit du sol et l'appartenance au département, avec les deux chiffres significatifs qu'on ne veut surtout pas abandonner. Pas de doute, cela fleure trop bon, l'air du pays.

Le titre que j'ai choisi pour cet article n'en est qu'une autre preuve, avec la chanson de Sardou. Aurait-il la volonté d'en avoir une version plus actuelle. Plus actuelle?

Le Français se dit européen. En apparence, seulement. On parle de refus pour raison de manque de social et de n'avoir compris que des règles de la finance dans la constitution. Je tiens à rappeler que c'est Sarko qui a imposé sa manière de construire le nouveau mini traité. C'est comme du Canada Dry. Çà n'est pas de l'alcool mais cela en a gardé le goût. ne-mappelez-plus-jamais-francesarko-en-israel.jpg

Ah, oui, j'oubliais, on n'est plus tout à fait d'accord avec lui et on râle après un an de présidence. Cela se fait entendre d'ailleurs sur tous les tons de la fanfaronnade.

Je me souviens qu'en vacances, l'année dernière, on chantait pourtant le cocorico politique. On se congratulait en se félicitant de son choix politique. On allait voir la vie en bleu. Après l'avoir vu en rose. Enfin, on avait la couleur "top" du changement. Vive les réformes ! Cela arrange tout le monde puisque plus de 50% de la population votante allait dans cette direction.

On aime se faire entendre à une autre échelle, c'est ça la manière nouvelle de vouloir l'Europe à la Française. Depuis, on ratisse large. On est partout.

L'Angleterre voulait, avec Madame Thatcher, son argent en retour "I want my money back". Les Français, c'est plutôt : "je veux me retrouver comme avant dans une Europe française" sans traduction en anglais dans le texte ou une langue internationale qui ne serait pas sienne.

On veut bien regarder du sport à la télé, si et seulement si, l'équipe nationale est toujours à bord. Les médias précèdent d'ailleurs le mouvement de repli. Nous on négocie avec humour.ne-mappelez-plus-jamais-francenegociations.jpg

La Francophonie, c'est chasse gardée française: "On a payer pour et TV5Monde est à nous". Pas touche...

Nous, Belges, n'avons pas de référendum possible, mais le vote est "full démocratic". Il est obligatoire et les revêches devront passer à la caisse. 

On m'a dit sur une autre antenne avec une âme bien tendance dans un commentaire très "pro": "mais, tu aimes tout de même passer tes vacances chez nous". Ma réponse a été de circonstance: "Tu ne m'en voudras pas trop, tout de même, si je passe au dessus de ton espace aérien, pour aller un peu plus loin?".

Alors, cette fois, passons vraiment à la vitesse supérieure de la critique et commençons par ce qui se dit de manière tendancieuse, entre amis d'autres horizons, il est vrai, mais en voulant garder l'église au milieu du village avec l'humour en porte bagage.

Un autre qui dit : "Sais-tu comment faire du pognon? Simple, tu achètes un Français au prix coûtant et tu le revends au prix qu'il croit valoir".

Les bonnes blagues destinées aux belges à la "Coluche", nous avons supporté pas mal, sans broncher, car on a même apprécié, de ce côté. On en a même ri de bons coeur pour accompagner les zygomatiques dans cette même exploration de l'incommensurable vérité et de l'auto-dérision. Notre petitesse n'a d'égal que notre humilité. Les frites (les "Frensh fries" comme disent les américains) et les moules, on aime. Comme les chicons, l'américain (steak tartare) frites aussi, les couques (les brioches), les pistolets (petits pains) et les pains français (vos baguettes) pour le matin. Je vais d'ailleurs, si vous êtes en mal d'idées. Mes écrits en sont pleins de mes caricaturistes préférés Kroll et Rif qui valent leur pesant de rigolades. ne-mappelez-plus-jamais-franceflamand-au-secours.jpg

De ce côté, on n'entend pas trop, "Tu connais pas Monsieur de ...., dis? Je vais te le faire connaître absolument". Sous entendu: "T'es un con ou quoi?" Des références, on s'en fout tant qu'elles ne seront d'aucune aide pratique. Pragmatique sans tics, le Belge. ne-mappelez-plus-jamais-franceboonen-cocaine.jpg

L'humilité n'est pas la manière de pensée prépondérante Outre Quiévrain. Cela ne semble pas être qu'une impression personnelle, donc. Mais, il y a la contagion et tous les Belges ne sont pas "blanc-bleu" (pardon noir-jaune et rouge) et avec une note particulière, les cols relavés ont pris la clé des champs vers le Nord. Le "bling-bling" est contagieux et traverse les frontières plus facilement que les bonnes idées.

Il faut dire que deux cents ans de promenade en "stand alone" des Belges changent ses habitants. Les destins se divisent comme le reste.

Notre "une fois" qui termine nos phrases vient peut-être de nos autres voisins hollandais "Even kijken" (regardons, une fois). C'est plutôt là-bas qu'il faut aller tendre l'oreille.

Vous refusez, Français, l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Raison officielle? Ne fait pas partie du territoire européen, chrétien de surcroît. Raison plus intime? Une dimension de territoire qui entrerait en concurrence directe au barreau ou au perchoir. La Pologne et l'Allemagne, cela suffit.

Le Mondial 2008, à Bruxelles, a été fêté et les drapeaux turcs fleurissent aux fenêtres. En Allemagne, ce sera probablement de même dans le même temps. La Turquie fait déjà partie des meubles de l'Europe, je signale. Il faut s'en méfier, d'accord. On dit bien "Fort comme un Turc". C'est pas peu dire. Nous nous en méfions comme du reste et de nous même, depuis un certain temps, car la connerie n'est pas une affaire de nationalité. Istambul et son petit territoire annexe, c'est de l'européen, à coup sûr. Par son histoire. La culture française s'est bien implantée et se retrouve dans les écoles qui bordent le "Channel local" avec l'Asie. Non, on bosse fort, par là aussi.

Le thon rouge, Vous en consommez comme les Japonnais, ou quoi? Et si on laissait un peu le temps au temps pour se refaire une santé? Les méduses, qui remplaceraient nos faunes marines, ça ne se mange pas. Allez à Calvi, on vous raccontera la suite et les raisons.

Notre PPDA à nous, Belges, comme le disait un de nos humoristes belges, Bruno Coppens, c'est la "Perte du Pouvoir D'Achat". Alors, nous avons depuis toujours, et les politiques continuent à le défendre, une indexation automatique des salaires, en veille. Ca ne récupère pas tout, mais c'est un parachute de secours qui ne prend, jusqu'ici, pas encore l'eau. Comme disait Bruno: "Regardez le film des Ch'tis qui a boosté les ventes de Maroilles, de bières du Nord et même des baraques à frites (authentique)... Alors, une Ferrari à dose quotidienne, je ne vous dis pas ! Exiger plus de Pouvoir D'Achat, c'est pour consommer encore plus ou mieux? En tout cas, c'est sûr, le maintien de notre train de vie actuel, comme les cheveux de Patrick, c'est un plan qui a pris l'air".

Les échos de la "sarkosienne", nous sont parvenus avec un peu trop d'insistance. L'Arlésienne me bottait mieux.ne-mappelez-plus-jamais-francepouvoir-dachat-sarko.jpg

Vous constatez souvent que Vous ne connaissez pas grand chose de nous, Belges. Vous êtes-vous demandé pourquoi Vous n'avez pas les émissions de télé belge chez Vous alors que nous sommes gratifiés de toutes vos chaînes sans distinction? Les crises, on connait.

Pourtant, cela est nouveau, Vous remarquez que les petits Belges ne sont pas si mauvais au Festival de Cannes, dans la mode et ailleurs. ne-mappelez-plus-jamais-francemaradonna-cannes.jpgne-mappelez-plus-jamais-francedardenne-cannes.jpg

Non je ne voudrais jamais plus entendre cette phrase indigeste: "La France, c'est bien, mais, c'est dommage qu'il y a les Français".

Je n'ai pas cherché à savoir quel était le dilemme qui s'était installé dans la petite tête du voyageur en perdition qui l'avait prononcé. Peut-être avait-il mal digéré un repas qui manifestement laissait des traces.

Les frontaliers de tous les pays ont bien compris l'avantage de leur situation à cheval au dessus des frontières. Ils dégustent à tous les rateliers et ils ont raison. Tant qu'il y aura des frontières qui font coincer les idées, les marchandises et les hommes, on profitera de la bonne soupe à l'ail ou à l'aïoli. A la veille de prendre le gouvernail et la présidence de la Communauté Européenne qui traverse une crise sans précédent, une analyse à froid du résultat d'un sondage ou de tout autre moyen de communication reste à méditer.

Alors, si on chantait "J'habite en Europe" pour changer et pour sortir de la nostalgie de "Ne m'appelez plus jamais, France". Elle en a le potentiel, l'Europe, de ne pas nous laisser tomber, si en tant que citoyen responsable, on veillait au grain.

Mais cela, c'est une autre histoire et puis Vous en aurez pour nous. Le bêtisier de nos histoires belges n'est pas exempt de croustillants. ne-mappelez-plus-jamais-francedanneels-succession.jpg

Alors, pourquoi pas, aussi, un petit coup de Marseillaise. Notre premier ministre Belge aime à la chanter. Il en est encore tout désorienté.

Nous Vous aimons, chers Français et Françaises.

"Qui aime bien, chatie tout aussi bien", c'est Vous qui nous l'avez appris, une fois.
  

L'Enfoiré,

Encore une fois merci à Kroll et Rif

Chez Le Panda, énormément de Français et de répliques.
 

Citations:

  • « Le crime le plus horrible des riches envers les pauvres est de s'être arrogé le droit de leur distribuer la justice et l'assistance, de leur faire la charité. », Georges Darien

  • « Ignorance et arrogance ne riment pas seulement, ils vont souvent de pair. », Jacques Sternberg

   

10/06/2008

Chronique d'un chassé-croisé de "bling bling"

chronique-dun-chasse-croise.jpgDe l'amour à la réalité politique, aurais-je pu titrer mon article. La France vit une situation nouvelle après une année de pouvoir sarkosienne. Elle se réveille avec des réformes sur les bras dont elle ignorait la profondeur. En Italie, nous en sommes au troisième épisode de l'ère berlusconienne. En observateur étranger, je me suis documenté sur ce que pensait un Italien bien pensant qu'est Umberto Eco.

Souvent, je me suis senti impertinent en voyant l'étonnement des Français après leur vote de leur président en 2007. Président de droite, bien marqué, Sarkozy a pris le pouvoir démocratiquement avec des résultats confortables en sa faveur en 2007. Une fougue presque mystique voulait reléguer 30 années "glorieuses" dans les oubliettes de l'histoire. Un an après, le désenchantement et la hargne se reflétaient dans les blogs sur Internet et ailleurs. Le pouvoir d'achat, bien sûr, n'a pas été à la fête pour l'Europe entière, mal supporté par les plus pauvres. Logique implacable d'une droite qui privilégie normalement le pouvoir de l'argent. Mais, est-ce la seule raison?

sarko-show-un-an.jpgN'y a-t-il pas un système, un "régime"  plus fondamental qui se cacherait derrière cette nouvelle droite française qui se voulait centralisant des aspirations de toute la population? Êtes-vous tous des patrons, ai-je demandé dans ma candeur naïve vue de l'étranger. Paradoxale, cette conquête démocratique? Cela aurait pu en rester là, sans réponse quand j'ai lu le livre de Umberto Eco "A reculons comme une écrevisse" dans lequel il comparait une situation politique très semblable dans son pays l'Italie.

Situation qu'il décrivait avec dépits et une profonde justesse amère. Comme interlocuteur, connaisseur de l'Italie, je ne pouvais trouver mieux. Né en 1932, Umberto avait connu le fascisme et les affres des frasques de Mussolini. Dans l'histoire plus récente, depuis 1994, il y a eu Berlusconi  et l'Italie qui vit actuellement le 3ème épisode, le 3ème règne dans un flip flop avec le PS.

Allo, les studios, ici, l'Italie et son régime politique présentés par Umberto Eco dans un long chapitre de son livre.  

energie-de-sauvetage-velo.jpgPourquoi une alternance entre Socialistes et le parti du Pôle qui se dit des Libertés. Expliquer une opinion publique et son choix politique est dépendant de sa population dans une démocratie. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans "Show avant tout" qui faisait quelques pas dans l'explication. La France avait un profond désir de changement dans la fonction présidentielle. L'Italie, elle, n'en a aucune volonté apparente de changements, elle patine dans l'habitude et la complaisance partagée. Berlusconi rêve d'atteindre la position de président.

A part ce départ, rien de tellement différent. Le changement quand cela ne va pas bien, qui serait contre? Et bien de ce côté, ce n'est pas une question idiote. En apparence, du moins. Le chauvinisme existe bel et bien en Italie. Vouloir briller avec le moins d'effort, on aime. Le bling bling a peut être un autre nom en italien, mais il s'agit du même instinct. Et si on n'est pas à bord de ce bateau-là, on cherche à y monter.

On aime Berlusconi, c'est clair. On veut ignorer les travers, les écarts de langages, les gaffes de Berlusconi. On ne se préoccupe pas de la source de la rivière, du moment qu'en finale, en amont, la richesse des alluvions profite dans la "combinacion" à chacun. Faire une photo de la manière de gouverner ressemble dès lors à la technique présidentielle française. Les ingrédients du pouvoir italien est efficace face à une population canalisée. Le show médiatise ne se passe plus dans les journaux mais à la télévision, cadenassée, elle, dans les mains du pouvoir lui-même. Ne passe sur antenne que ce qui est bon pour le pouvoir. Le foot et le sexe comme incitants pour faire rêver et surtout pour ne pas trop réfléchir. La publicité politique est la potion magique qui permettra cet effet de rabotage. Résignation ordonnée par des slogans publicitaires classiques, simplistes, agressifs pour les autres partis et ignorants de ses propres tarres. On n'est plus au lave plus blanc, mais au lave le moins sale possible pour que cela passe dans l'opinion. Bling bling au sommet, klong klong à la base avec les miettes de la mise en scène.

Pas réformiste, l'Italien est plutôt abstentionniste. Les réformes de l'imagination sont derrière depuis belle lurette dans un certain défaitisme.

Pour faire taire l'opposition, il faut la diaboliser. L'adversaire, il faut l'insulter au besoin avec une bonne dose de populisme négativiste. La solution ne se trouve pas chez soi, donc se défendre commence par l'attaque. Pour le peuple, simplisme de la réflexion: Berlusconi est riche, donc il n'aura aucune envie de voler ses concitoyens comme la corruption semblait l'avoir fait avec le parti de l'opposition ancestrale de la gauche. Intellectuels s'abstenir.

le-show-avant-tout_naples.jpgQuelques tours de perlimpin pour montrer sa bonne foi en disant vouloir diminuer la pression fiscale, luter contre la criminalité avec sévérité et sans déviances pour confirmer son état d'esprit proactif.  Attente messianique au départ, désenchantement, ensuite, mues en amorphisme, apaisée par l'esprit érodé de l'intérêt personnel qui converge avec la communauté nationale. S'il n'y avait que les partisans réels, passe encore, mais il y a la majorité qui transite par l'image virtuelle du sommet, fascinés par le bling bling et les fesses des jolies présentatrices sur le petit écran. Quelques promesses comme celle du vendeur, une fois par jour, pour garder l'audience et l'attention des médias suffisent.le-show-avant-tout_naples-berlue.jpg

Rien n'empêche de tout dire, un jour, et son contraire, le lendemain. Les journaux de l'opposition, on sait qu'ils ne font pas l'unanimité et sont donc de moins en moins lus. Pas de contradictions dans ce cas. L'opposition se doit d'être frustrée. Obligée de réagir pour garder un semblant de démocratie, ne pas cautionner l'adversaire et perdre ainsi son identité, sont les seules solutions à première vue qu'il lui reste. La provocation en miroir de Berlusconi, ensuite. Encore de nouvelles promesses pour boucler la discussion à son avantage, enfin. Logique de la provocation pour détourner l'attention seule. Le lendemain, si cela s'avère un choix erroné, un "Vous m'avez mal compris" donnera la correction et, en plus, un test de réactivité de l'électorat pour en connaître sa réceptivité.

President à la CE, Berlusconi traitait de kapo un Allemand ou qualifiait de "touriste chahuteur éméché" un autre parlementaire étranger. Ce qui constituait un réveil du chauvinisme de manière gratuite en prime et augmentait encore une fois l'audience des médias pour des semaines de discussions par la suite. Du moment, qu'on occupe la première page des journaux, qu'espérer de mieux? L'effet de "bombe" utilisé à répétition avec machisme, les coups bas "ad hominem" pour augmenter la confusion des médias complètent la mise en scène.

Dans cet orchestre de la démesure quelle est la solution pour l'opposition sans jouer dans le jeu et se discréditer? Umberto en soulignait les points de combat.

Probablement, le blackout. Agir bien avant de réagir. Anticiper avec des idées révolutionnaires et avec les mêmes méthodes de la provocation. Faire rêver et toucher par les cotés sensibles de la poche des citoyens. Mettre au pied du mur par des projets novateurs. Court-circuiter le rapport trop direct entre le chef et le peuple en renvoyant la discussion au parlement. Dénoncer la collusion entre les pouvoirs exécutifs, parlementaires, judiciaires et médiatiques. Du charisme manque probablement dans l'opposition socialiste. Une volonté d'y croire, aussi. Le régime médiatique populiste se travaille avec des atouts dans son jeu et pas dans celui de l'adversaire. La sympathie du téléspectateur ne se crée pas uniquement par des sourires et des promesses impossibles. La culture de gauche, devenue hégémonique, a peut-être perdu le goût de la critique, trop sensible a l'esprit du temps, en attaque dispersée et limitée à la réaction. Une culture dominante se partagerait-elle entre mysticisme par un rappel à la gauche chrétienne, traditionaliste avec au sommet plus de templiers que de réels partisans?

La démocratie n'est pas une forme de conquête de la faveur publique reposant sur une mise en scène et une stratégie de la tromperie. Encore faut-il avoir l'oeil critique et l'action proactive. L'Histoire est toujours écrite par les vainqueurs.  

Dernièrement, je pouvais lire dans un journal italien que Berlusconi n'était pas contre un appel à la rescousse du leader de l'opposition socialiste. Encore un rappel à un précédent français, pas tellement éloigné pour museler ceux qui pourraient gêner.

L'Italie ne serait-elle qu'un précurseur à ce que la France pourrait vivre dans le futur? Une répétition d'aller et venue au fil des élections qui suivent amour et haine?

Ah, oui, je vous prie d'excuser d'avoir raté ce scoop, Umberto parlait aussi de "consociativisme". Un mot qui, je suis sûr, aura son pesant de recherche.

Le coeur aurait-il, cette fois encore, des raisons que la raison ne reconnaîtrait plus du tout ou serait-ce dans la succession normale de situations bien méditée de ce qu'est un électorat moderne?

Allo, les studios français. "Sarkozy: Berlusconi en plus sournois"?20090505Berlusconi et Veronica.jpg

A vous de critiquer la pensée d'Umberto Eco ou de dire que vous ne vous sentez pas concernés par une certaine ressemblance.

L'Enfoiré,

Un autre article  sur le sujet en 2007 

Le Panda et ses commentaires sans bling bling...

Citations:

  • "En démocratie, la politique est l'art de supprimer les mécontentements.", Louis Latzarus
  • "Tout n'est pas politique, mais la politique s'intéresse à tout.", Nicolas Machiavel

 

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