07/04/2008
Révolutions en parallèles?
Le 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?
Note aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40 ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.
La femme et l'homme:
1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine. L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.
2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les pipeshow ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de... "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli.
Les jeunes:
1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied. Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé. Sex, love, drug and Rock n'Roll.
2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, sex and Rap.
L'éducation:
1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".
2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.
Le travail:
1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d'interim BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.
2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés. La retraite est problèmatique. Les plans de pensions se comptent en pilliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laissers pour compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.
L'argent:
1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.
2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.
Vie au quotidien:
1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.
2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
La santé:
1968: Christiaan Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du coeur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987.
2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussisent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour trouver la parade au cancer au aux maladies cardio-vasculaires.
Justice ou injustice:
1968: Le "Germinal" de Zola, on n'y pense plus en occident. On n'accuse plus et on se passionnera pour des affaires qui montent en épingle une différence de justice entre les classes sociales (Bruay-en-Artois, Villemin, Ranucci...). Les hold-up commencent à répondre au manque de ressources.
2008: En Chine, un nouveau "Germinal" interne et un néo-colonialisation externe, mis sous silence par les autorités. La délinquance de bas niveau est en diminutions suites aux précautions des gens et des banques qui se réfugient mieux derrière des portes et camions blindées. La pédophilie et les crimes en série sont en augmentation et atteint les plus fragiles. Faits relativement nouveaux, ils monopolisent l'attention des citoyens étonnés.
Écologie et environnement:
1968:Aucun avertissement écologique. Le parti écologique n'existe pas.
2008:Réchauffement climatique fait planer le risque majeur. La biodiversité disparaît en entrainant les espèces de manière accélérée. Rien ne va plus. Il faut réagir en catastrophe pour n'avoir pas plus de catastrophes climatiques.
Énergie:
1968: le charbon et le nucléaire (1960) se partagent la production d'énergie. Monopole de Framatom. Environnement des lacs et sécurité souvent mis entre parenthèse. Le vent, la mer, le soleil, on sait qu'ils existent depuis toujours pour donner de l'énergie mais le pétrole est trop bon marché. On fait des files à Paris pour avoir 5 litres d'essence à 0,18 euros le litre.
2008: Le nucléaire est de plus en plus décrié. Certains pays ont planifié la fermeture des centrales. Monopole d'Areva. On recherche dans la panique les alternatives. La fusion nucléaire est encore dans les limbes. Le prototype du projet ITER devrait être achevé en 2016 à Cadarache. Le vent, la mer, le soleil, on se rend compte qu'ils ne peuvent pas apporter, dans l'immédiat, le besoin d'énergie suffisant. Le prix du pétrole en augmentation constante par la spéculation et la rareté qui se dessine à l'horizon. La pile à hydrogène est l'espoir de demain. "Ambiance électrique" dans la recherche d'alternatives, dans la précipitation vu l'échéance des produits énergiques classiques. On commence à rationnaliser l'essence au prix de 1,54 euros le litre, vive l'essence payée en dollars.
Guerre et paix:
1968: L'hostilité contre la guerre du Vietnam est grandissante. Considérée comme coloniale. Les bombes au napalm font des dégâts humains (4 millions de morts) et écologiques rendant la flore improductive pendant 2 siècles. Plus de bombes sont tombées sur le sol du Vietnam que pendant la guerre 40-45. Des morts américains reviennent au pays. Tous les mots en "-isme" ne passent plus dans le langage des jeunes. Les symboles sont haïs par la jeunesse par manque de connaissance et volonté de casser les liens avec les "vieux". Les mères américaines défilent contre l'envoi des conscrits au Vietnam. Johnson arrête enfin le massacre au napalm. Aux Etats-Unis, Bob Kennedy qui apporte un nouvel espoir, est assassiné, cinq ans après l'assassinat de son frère.
2008: L'hostilité contre la guerre d'Irak croît de jour en jour. Intérêts financiers en jeu. Les nations étrangères sont sur place pour pacifier donc plus de bombes, mais des attentats de guérilla pour saper le moral des occupants. Des morts américains reviennent au pays. D'autres mots en « -ism » sont apparus. D'autres symboles ont été mis au goût du jour. La jeunesse ne les remarque plus. Le terrorisme met de l'huile sur le feu. Les budgets de sécurité ont explosé depuis 2001. L'Afganistan se relance dans le "talibanisme" après l'insuccès de la pacification internationale. Les mères américaines réclament le retour des GI de l'Irak avant l'irréparable. Les arguments pour les élections américaines fait planer le retour des GI d'Irak. Au Pakistan, Benazir Bhutto, qui veut apporter un renouveau, est assassinée.
Gouvernement français et ailleurs:
1968: Les étudiants font des barricades. La 5ème République, De Gaulle passe du raz de marée à une impression de vieillir aux yeux des Français. On lui dit en finale "Non". On gagne au niveau social. On s'intéresse à la politique. Idéologie communiste semble donner une réponse. Le ras-le-bol ne s'attaque qu'au capitalisme étranger et pas contre le parlement et le pouvoir. Le rêve d'un monde plus juste et égalitaire prôné par le pasteur Martin Luther King subit un coup dur à la mort de son idole. Déstructuration de l'autorité. Gouvernements masculins majoritaires. Le président Johnson annonce la fin de convertibilité du dollar en or. Le républicain Nixon élu, rendra le dollar flottant par rapport aux autres monnaies, plus tard. L'instabilité des prix internationnaux commençait.
2008: Une 5ème République, très modifiée, Nicolas Sarkozy a fait rêver avec des promesses du début et s'écrase car il n'a pas les cartes qu'il avait annoncé dans son jeu. Le jeu est truqué. On a perdu au niveau politique. La politique n'intéresse plus. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. Le communisme n'existe plus. L'écologie prend du galon. Seul le capitalisme persiste et signe plus fort que jamais. Pas d'alternatives. Le raz-le-bol s'attaque au capitalisme interne et externe. Le parlement et le pouvoir sont visés comme raisons des maux du monde. Le cauchemar du lendemain inégalitaire. L'homme se rend compte que rien ne change plus et l'autorité règne en bas et écoute en haut. Gouvernements bisexués.
Afrique:
1968:L'ébullition anticoloniale continue au Congo. Alger se débat avec l'autorité qui brime les récalcitrants. Génocide au Biafra.
2008:L'ébullition ethnique est toujours latente. La guerre larvée au Congo brime la population trop éloignée de la capitale pour être protégée. Alger est parvenu à oublier les génocides qui ont miné le progrès et qui ont été amnistiés. Le Darfour se meurt.
Protestations et manifestations:
1968: Protestation en Pologne. En Tchecoslovaquie, Alexandre Dubcek fait rêver par le mouvement du "Printemps de Prague" avec un socialisme à visage humain. Rêve qui tourne au cauchemar avec les chars soviétiques qui descendent à Pragues. La normalisation soviétique reprend le contrôle par la force. A Berlin, Rudi Dutschke, le "rouge" mène la contestation. Au Mexique, une manifestation d'étudiant tourne au drame à Tlatelolco. A Paris, on joue avec les pavés. A Bruxelles, on manifeste pour une volonté de liberté parallèle avec les flamands qui explosent à Louvain. Gaston Eyskens n'est pas aimé et devient 1er ministre avec un gouvernement social chrétien. Bruxelles est le centre des discussions dans une première réforme de l'Etat.
2008: La Tchécoslovaque, divisée avec une relative souplesse, en Tchéquie et en Slovaquie, prospère à deux vitesses. La Yougoslavie n'existe plus et se retrouve régionalisée. L'Est s'éclate, morcelée. L'URSS est morte mais toujours en léthargie dans l'esprit de ceux qui n'ont pas profité de l'explosion du communisme. Elle renaît de ses cendres en réaction mais démocratiquement tronquée. A Paris, on défile, prévenu par SMS ou par Internet. A Bruxelles, on manifeste pour le pouvoir d'achat et pour les manques d'équité avec SDF. La scission BHV hante l'esprit du gouvernement mené par le 1er ministre Leterme avec un gouvernement gauche droite. Bruxelles est le centre des discussions dans une nième réforme de l'Etat.
Europe centrale ou des régions:
1968: Encore dans les limbes de la communauté de quelques membres de l'origine. Chaque pays se veut suzerain. Le gouvernement belge, en crise saute, raison: question linguistique. On veut exclure les francophones de l'université catholique de Louvain.
2008: L'Europe se retrouve avec un "melting pot" de langues, de cultures, de volontés d'imposer ses propres volontées. La résolution du problème de l'immigration est devenu crucial. L'esprit de clocher règne toujours. La couverture qui rétrécit est arrachée de dure lutte et des compromis tournent parfois à la compromission pour rester crédible devant les citoyens européens. La centralisation au niveau de Bruxelles est mal ressentie. Le régionalisme donne des envies de sécession et de séparation à l'amiable ou de manière plus musclée. On cherche un gouvernement belge stable et une réforme de l'état avec en toile de fond un régionalisme plus ou moins séparatiste pour suivre les deux langues nationales dans leur séparation.
La communication et médias:
1968: Radio, télé, téléphone à la maison et cafés de rencontres. Radio bistrot bien au concret. On discute entre copains dans la proximité. On mélange. On censure.
2008: Moins de radio, de télé, mais plus de téléphones de partout et vers partout. Internet, nouveau venu, mange le temps restant. On tchatte. Le virtuel pour discuter, pour mélanger la hargne et le mécontentement. Démocratisation de la communication au niveau mondial. Le Karcher est en marche mais s'exprime d'avantage que d'être efficace.
La vision du futur:
1968: on commence à rêver au siècle suivant. Stanley Kubrick sort son "2001, l'odyssée de l'espace". Le plus rapide, le Concorde (Mac 2,2) n'a pas encore fait son 1er vol expérimental mais il est planifié pour l'année prochaine.
2008: La science fiction fait toujours des envieux dans un ailleurs meilleur. "Le jour après" fait peur. "Une vérité qui dérange" réveille. Le plus gros, l'A380 (Mac 0,85) est lancé dans les air. On cherche le remplacement du kérozène.
L'espace:
1968: Objectif lune. Sur Apollo VII, trois Américains tournent autour de la lune et repèrent des points d'atterissage. Arrimage réussit de Soyouz.
2008: Objectif lointain de Mars. La navette fait des allées et venues pour ravitailler la station spaciale avec arrimage automatique.
Loisirs:
1968: Recherche sous tous les attitudes et excentricités. Musique endiablée et rythmée. On ne cherche pas dans le passé des moments plus heureux. On invente du nouveau tous les ans. Mais on ne pense pas à bosser. On fume un joint roulé à la main. Les vacances, on se les limite de 500 à 1000 kms de routes, une fois par an, pour une période assez longue. On s'éclate en cadence jusque tard dans la nuit. L'avion est cher. Au cinema, les mauvais garçons font rêver dans une version idéalisée de "Bonnie and Clyde". Gainsbourg y remettra une couche de douceur. On regarde la télé pour se délasser et découvrir le monde.
2008: Les attitudes sont plus figées. Le mouvement est créé par les clignotements des lumières. Le rythme est syncopée. Les banlieues ont eu leur temps pour réveiller les problèmes. Pour se donner un peu de souffle, on cherche à voir de plus en plus d'émissions des "années bonheurs". On imite ses idoles dans des karaokés. On pense au lundi très proche où il faudra re-bosser. "Heureusement", il y a plus de variétés de drogues qui fait la fortune des produits producteurs et la perte en des pays consommateurs qui ne savent plus comment les contrer. Les vacances, on les imagine dans l'année, de nombreuses fois, les plus lointaines possibles et pour des périodes de plus en plus courtes. Il faut s'éclater sur mesure et en peu de temps. L'avion, "démocratisé", remplace le tramway à la suite du low-cost des transports aériens. Les "casses" et "policiers" font recettes dans les cinéma et à la télé. Le téléspectateur regarde les series à la télé pour confirmer que le stress est bien présent partout. Les hobbies "utiles" sont, soit voulus par goût, soit forcés par la nécessité, pour permettre de combler un besoin du retour au manuel ou d'épargner les dépenses.
La technologie:
1968: La photographie sur film crée des emplois dans beaucoup de domaines annexes.
2008: Maitresse du jeu, elle se veut proactive qui à briser le chaine de travail. Le numérique remplace l'analogique. Poussée par la recherche appliquée. La recherche pur est toujours mal payée.
La religion:
1968: Ca s'en va. Le christianisme est en perte de vitesse.
2008: Et ça revient. L'intégrisme s'installe. L'islam surpasse la religion chrétienne en nombre de fidèles dans le monde.
1968: La révolution va changer le monde. Le "Che" est là, comme idole, pour le faire croire. Les icônes se retrouvent en politique. L'argent ne fait pas encore tout. L'imagination tente de sortir de l'ombre mais n'est pas au pouvoir. Les intellectuels sont brisés et forcés à la délation.
2008: La révolution est dans les rares moment du "home sweet home". Les icônes sont dans le showbiz. Sans l'argent, pas de vie. La dégringolade est au pouvoir. Internet est libre, mais cette liberté inquiète et des "contrôleurs" sont nommés pour le surveiller.
Les sports:
1968: Les Jeux Olympiques avaient lieu dans une ville qui ne devait générer aucun problème et pourtant... Tommie Smith et les Black Panthers allaient montrer un aspect des États-Unis qui dénotait avec les idées reçues. Le KKK avait, en principe, terminé ses activités. Retour de flamme, et pour cause, un poing fermé démontrait que rien n'était encore parfait de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agissait des droits civiques revendiqués par les noirs se considérant dans le mauvais plateau de la balance. Le désir d'être comme les autres dans un pays où on rêve simplement d'être comme tout le monde. Les JO terminés, Tommie Smith se retrouvera une marche en dessous sans emploi. Le doping sort de l'anonymat et a eu sa première victime. Le sport professionnel se propage dans l'individuel. Jean-Claude Killy et Bob Beamon sont des vedettes parmi d'autres. Silence radio rompu.
2008: Les Jeux Olympiques auront lieu, normalement, à Pékin. On s'aperçois que les Droits de l'Homme n'y sont pas encore dans le bol de riz. Ce n'est pas vraiment un problème de couleur dans ce cas. On remonte bien plus loin dans le temps. L'Amérique se retrouve au banc des accusés et est désigné comme le fautif des problèmes internationaux. Le doping est de plus en plus présent et crée des victimes. Le sport compense la sédentarisation de la vie professionnelle. La flamme olympique, toujours symbole, sert comme flambeau de la contestation. Silence radio rompu.
La musique et les chansons: Elle suit toujours l'actualité
1968: "All you need is love", "Hey Jude" par les Beatles. Comédie musicale "Hair" à Broadway. Renaud écrit sa 1ère chanson "Crève salope", Joe Dassin chante "La bande à Bonnot", Johnny Halliday "A tout casser", Hugues Aufrais "Adieu Monsieur le professeur", Dutronc "Il est cinq heure, Paris s'éveille". Adamo "F comme Femme", Les Stones, Azanvour "Tout s'en va"...
2008: Beaucoup de remakes, Mylène Farmer "Deshabillez-moi", Aznavour "La terre meurt" et "La fête est finie"... et vous en aurez bien d'autres à donner avant la fin de cette année.
Une clip 68-2008 devait aussi exister.
Conclusions:
Cohn Bendit a dit, dans son livre, "Forget 68" que, depuis 1968, "On a gagné". Sarkozy voulait effacer ce "Mai 68" des mémoires le 29 avril 2007 lors d'une violente diatribe. Ce qui a généré une réaction livresque d'André et Raphael Glucksmann dans un "Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkosy".
On en est loin, oui, à première vue. Les problèmes ne sont pas les mêmes hier et aujourd'hui. Il est, désormais, interdit d'interdire dans la culture. En occident, on se perd un peu à la recherche de ce qui peut encore l'être. Le pouvoir et l'argent ont de plus en plus d'importance. On veut y être. La compétition est passée de nationale au niveau international. Pour toutes les nations du monde, la démocratie est considérée comme la politique salvatrice à atteindre pour celles qui ne l'ont pas encore sur leur tablette. Dans les pays dits riches, la révolution en 68 a été initiée par les jeunes qui essayent d'entrainer les ouvriers dans leur combat. C'était le Temps des Cerises, on se battait pour que tout change. En 2008, par contre, la grogne est plus profonde, plus silencieuse et couve dans tous les foyers suite au pouvoir d'achat qui sombre et qui fait glisser les classes moyennes à la case précédente se rendant compte que le pognon n'est pas tout. Il reste peut-être le temps de "queues de cerises" et on commence à se battre pour que cela s'arrête de trop changer (Anne Roumanoff).
Dans les autres pays moins riches, le niveau de la classe moyenne n'est, lui, pas encore atteint. Certains hésitent à se ralier à cette démocratie en réaction à cet Occident accusées de tous les maux par les autorités qui réagissent pour faire contre poids au capitalisme impérialiste.
Les révolutions, de toutes origines, n'ont pas jamais trouvé les réponses, de manière définitive, aux problèmes des hommes. Elles glissent, vite, vers une évolution plus douce, vers un oubli volontaire. Au cours de ces quarante ans de réflexion, les leçons du passé n'ont pas passé le cap des frontières, dans une fausse autonomie, sans chercher le bien commun. Grande erreur. L'intégration du monde est devenu complète. De là, découle la difficulté à tout parti à exprimer avec succès toutes convictions.
Les plus jeunes ont compris le "system" imposé. Ils ont réagi en fonction des données qui leur ont été présentées. Ils se sont adaptés, vaille que vaille, dans un esprit nouveau de donnant-donnant.
Les plus anciens qui ont connus 68, avaient, probablement, plus de motivations. Ils sont devenus plus hargneux en subissant un changement de conception qui ne correspondait plus à leur expérience et méthodes. Allergie aux changements? En partie.
Un manque de compréhension des problèmes des deux cotés de la barre des âges a créé un conflit de génération. Conflit qui se retrouve néanmoins dans un concensus de mécontentements.
Alors, "échec" ou "progrès", "révolution" ou "évolution"? Questions de point de vue et de sensibilité.
Problème est-il devenu plus structurel que conjonctural?
Le journal Marianne titrait tout récemment: "La promotion des nuls" en solicitant le culte de la spontanéité et de l'authenticité. Les études ne seraient plus, dans ce monde-là, la panacée pour réussir. Les fortunes les plus énormes ne sourient plus qu'aux audacieux réfugiés derrière des idées qui sortent du chapeau. Microsoft, IGE, Yahoo ne sont que des exemples. Les travailleurs se retrouvent comme dindons d'une farce dont ils n'ont pas les rennes. Ils participent sans le vouloir dans une idolatrie des nouveaux symboles orchestré par le showbiz. L'écart entre ces deux mondes, qui s'ignornt, se creuse dans les même proportions des riches contre pauvres.
1968 a été une charnière de transition entre deux mondes avec une impression d'aller vers un mieux. Révolution culturelle menées par les jeunes avec la libéralisation de la parole dans le non-conformisme pour objectif dans une sorte d'explosion. Etant étudiant, je me souviens. L'agitation se retrouvait dans les café autour de l'université de Bruxelles et pris son envol le 13 mai en solidarité pendant 50 jours. Le 21 août, l'entrée dans la sélection pour mon service militaire pour trois jours au Petit Chateau de Bruxelles, c'était aussi le jour de l'entrée des chars russes à Prague. Cela laisse aussi des traces dans la mémoire par l'excitation et la peur qui naissait par ricochet dans l'entourage.
2008, sera-t-elle une année de coutures instables entre plusieurs cultures avec une impression d'aller vers un pire? Les économistes confirment la cirise du capitalisme et cherchent une porte de sortie et des solutions pour contrer un krach. Révolution du prolétataria pour casser la spirale des prix et la déchéance progressive par une sorte d'implosion programmée? La contestation se trouve derrière les claviers des ordinateurs.
Faut-il voir du pessimisme ou du réalisme dans cette comparaison.
Internet concourrera, certainement, sous le chapeau de l'anomymat et des pseudos, à ouvrir la pensée tout azimut en intégration avec le monde. Cela se confirme à la constatation que l'écriture explose. Peu importe qu'elle soit appuyée par des bases ultra solides par l'éducation. Le nouveauté a de ses surprises.
Le pluralisme d'idées semble un fait accompli et est en marche. Le réveil se prépare probablement moins révolutionnaire mais plus durable dans son action sous les claviers.
Le "I have a dream" de 1968, fédérateur, charismatique est encore à apporter sur la place publique pour motiver les populations.
De toute manière, avec le recul, on constatera toujours que cela restera un débat et un combat de tous les jours, la vie.
"Une révolution permanente de la liberté humaine", disait quelqu'un.
L'enfoiré,
Sur Le Panda, y a-t-il des révolutionnaires?
Pour info: Pour en savoir un peu plus sur 68, Patrick Rotman présente sur France2, le 8 april, le documentaire "68"
Raymond Depardon, avec le même titre "68", présente un livre d'images de l'époque. Hervé Hamon dans "Demandons l'impossible".
"Famille, je vous aime” de Luc Ferry, analyse aussi la différence d'époque.
Citations
- « Para que queremos otra revolucion, si con una basta para hacernos ricos », Octavio Paz (qui a été emprisoné à la suite de cette phrase)
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« A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. », John Fitzgerald Kennedy
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« La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid », Salvador Dali
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« La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres », N. Khrouchtchev
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« Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops. », Jean-Marie Messier
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« La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés. », Philippe Bouvard
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« La crise actuelle ne doit pas faire oublier les services rendus par le capitalisme financier », G.Sorman
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« Les autorités monétaires ne disposent pas des intruments pour résoudre la crise », D.Cohen
Mise à jour du 30 avril: A la radio belge: "Mai 68, et après ?", à la télé : "Sous les claviers... la plage?"
09:24 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Histoire, Politique, Presse et media, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Science, Shopping, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15/03/2008
Rétro Chine (1)
Grande Chine, ton histoire ne date pas d'hier. Te revoilà plus forte que jamais, pour nous le rappeler et parfois pour nous effrayer. Nous sommes à quelques mois de l'ouverture des JO de Pékin. Essayons une rétro pour extrapoler, ensuite, sur l'avenir dans un deuxième volet.
L'histoire de la Chine remonte à la nuit des temps. Très riche par ses histoires de dynasties d'empereurs jusqu'en 1911. Le Figaro consacrait, en mars, un hors série en panorama sur cette épopée. Remontons seulement au début du 20ème siècle. L'impératrice Tseu Hi manipula les Boxers dans le but de repousser les étrangers hors de Chine. Le dernier empereur, PuYi, très jeune, resta enfermé dans la Cité Interdite (évocation dans le film "Le dernier empereur"). Le 1/10/1949, la Chine virait au rouge vif avec Mao Zedong, qui surnommé le Grand Timonier, créa sa République populaire avec le petit livre rouge comme livre de chevet. Il lança sa Révolution Culturelle, le 18 août 1966, pour mater les opposants. Se succédèrent après sa mort (10/9/1976), la Bande des Quatre menée par Jiang Qing qui croyait pouvoir prendre le pouvoir de son mari décédé, jusqu'à leur jugement. Par après, pourtant, Deng Xiaoping, surnommé le Petit Timonier, comprit que l'autarcie ne pouvait engendrer un futur sur le long terme avec une Chine trop refermée sur elle-même. Il ouvrit les fontières au modernisme à la chinoise et à une reconversion complète vers l'économie occidentale. Le 4 juin 1989, l'élan de liberté est brisé sur la Place Tian Anmen. Un nouvel élan, plus fort encore, survint lors de la désignation de Pékin comme ville des futurs Jeux Olympiques de 2008.
Film du temps, suspense en thriller pour les uns et liesse pour les autres dont on pourrait avoir une description et un titre de "Joutes Octopusiennes avant le 8 août 2008 à 8 heure" avec le parti chinois comme producteur, une centaine de millions de réalisateurs et plus d'un milliard deux cents millions de figurants. Donc: Actions:
Sous une idéologie communiste menée par un parti unique dominant, une corruption toujours présente, une privatisation d'une petite minorités d’entreprises, l’économie de marché dans sa version la plus excessive voulait oublier, ostensiblement, le carcan socialiste désiré à l’origine. Une volonté de rattraper le temps perdu se manifestat pourtant d’une manière assez chaotique. Dans un boum économique, une élite se constitua des fortunes immenses en permettant de construire de véritables empires et s’attribuant le droit de vivre dans un luxe inimaginable. Les quotas d’exportation, supprimés en janvier 2005, décision prise dix ans auparavant entre les partenaires économiques, suffit pour faire croître le nombre de ces multi millionnaires et faire apparaître des milliers de nouvelles voitures flambant neuves dans les rues de Pékin.
Les quotas à l'exportation, une fois sautés, ils avaient bien vite été dépassés. Le blocage des cargaisons en excédent, arrivées par bateaux dans les ports européens, n'avaient plus reçu l'autorisation de décharger créant une nouvelle crise appelée ironiquement par les Anglais de "crise des soutiens-gorges" due à la pénurie qui s'était produite au grand dam des importateurs et des distributeurs européens. Ce dilemme survenait seulement deux mois après un accord correctif sur ces fameux quotas fixés entre la Chine et l'UE. Surprenant vaudeville qui se résumait par la question: "Alors, Monsieur Mandelson, tu bloques, volonté de la France et de l'Italie ou tu débloques, aspiration de l'Allemagne et d'autres ?". Acte II: en parfait équilibriste, il a trouvé le compromis: on débloquait et on 'grignotait' du quota de 2006 pour laisser entrer les marchandises. Un nouvel "œuf de Colomb" ! Il aurait suffi ensuite de recommencer l'Acte II si nécessaire, les années qui suivirent.
Pourtant, déjà lors de la période de Noël de 2005, bien que l'on pouvait penser qu'un avenir radieux se présentait aux industriels chinois. Paradoxalement, voilà que le vague à l'âme se manifestait chez les fabricants de jouets chinois tandis que plus de 80% des jouets envahissaient l'UE. Bon nombre de producteurs de l'univers des enfants avaient été mené à la faillite par la hausse de leur coût de production qui n'avait pas pu trouver un correspondant dans leur prix de vente mis souvent au rabais par la volonté du marché. La crise du SRAS, les produits pétroliers à la hausse, la hausse du prix de la main d'œuvre avaient grevé les prix de revient. Concurrence interne. "Nous avons décidé de fabriquer des jouets moins chers, sinon on ne pourra pas survivre", disait un producteur de jouet. Le dumping écrasait son propre initiateur et concepteur.Les autres marchés plus haut de gamme étaient encore très limités à la copie des produits occidentaux. Les contrefaçons inondaient les marchés malgré les brevets. Si un progrès extraordinaire était au rendez-vous, le domaine intellectuel était pourtant un peu laissé en rade. Inventer et innover, nous en étions encore loin bien de la sophistication.
Brûler les étapes a des effets pervers sur l'environnement. Le 13 novembre 2005, par exemple, après une explosion d'une usine pétrochimique, probablement due à une erreur par manque de contrôle. Les conséquences catastrophiques ont été rendues publiques seulement le 24 novembre car les 80 kilomètres de pollution ne pouvaient plus se cacher. Une nappe de benzène, produit extrêmement nocif, s'est répandue dans le fleuve Songhua, au nord-est de la Chine, affluent de l'Amour et menacait la ville de Harbin et ses 4 millions d'habitants jusqu'à inquiéter la Russie. La suspension de distribution d'eau est telle que la brasserie de la ville a été demandée à la rescousse pour fournir l'eau qui était destinée au brassage de la bière. Urgence artificielle pour construire le pays avec une croissance trop rapide contre urgence pour la préserver des erreurs de parcours. Une nouvelle explosion, plus tard.
Fin 2005, la Chine décide de réduire sa dépendance vis-à-vis de ses besoins énergétiques. Elle va fermer 2400 mines de charbon dont l'exploitation souffrait de trop d'accidents par coup de grisou et d'une gestion sans beaucoup de scrupules pour les mineurs. Ce qui ne se dit pas, c'est que ces coups de grisou se produisent par manque de respect de ses travailleurs et se subissent par eux à coup de "forcing" pour en fin de journée pouvoir se payer un bol de riz.
Mi-avril 2006, un reportage "Fait divers" rapportait que dans le Sud du pays, le travail des enfants était utilisé pour le recyclage des déchets électroniques et aussi radioactifs car il ne faut pas oublier que la Chine possède la bombe atomique et a dû la tester. En effet, 50% de tous les pays à haute technologie du monde exportait en Chine leur trop plein de matériel périmé ou déclassé. Cela en dépit de l'interdiction d'importation de déchets. PC et circuits intégrés prenaient une valeur non négligeable quand on sait qu'ils détiennent souvent beaucoup de matière tel que le mercure et l'or. Le niveau de pollution entrainé dénote par contre un excès 5 fois supérieur à la norme supérieure. L'analyse du sang des enfants accuse une augmentation d'anormalité et 80% entre une et cinq ans, sont atteint de saturnisme. Mais encore une fois, mutisme chinois et de la communauté iinternationale qui profite de la situation.
Retour au 19 ème siècle à l'européenne? Championne dans l'inégalitaire, la Chine l'est avec 5% de sa population qui se partage plus de 50% des richesses. Les plus de 40 ans se souviennent de 1989 et de sa dure répression qui a laissé des traces. Avoir raison trop tôt et avant les autres Roumanie, URSS et pays de l'Est... n'apporte que rarement le succès. Après les paysans et les ouvriers, voilà les étudiants, les rejetons de classes moyennes qui manifestent leur mécontentement et leur volonté de préserver la valeur de leurs diplômes. Des sociétés privées délivrent des diplômes dévalués qui sont de véritables arnaques tandis que les grandes universités sont hors de prix. Lenovo, entreprise créée par Liu Chuanzhi est devenue l'incarnation du succès chinois et attire les étudiants sur le campus de Tsingshua comme les mouches. Un chiffre d'affaire de 13 milliards de dollars (3ème constructeur informatique) depuis le rachat de la division PC d'IBM ne passe pas inaperçu chez les jeunes qui y trouvent le confort high-tech américain. S'adapter aux désirs du client a toujours été son leitmotiv. Comment échapper à la réussite, pourrait-on penser? On en reparlera dans la deuxième partie.
L'histoire de la Chine peut être lue dans le livre de Jacques Gernet, professeur à la Sorbonne de Paris VII.
Réactions des autres:
En guise de réveil, l’Europe tente de se réunifier pour peser plus lourd dans le pouvoir décisionnel. On réagit au coup par coup sans véritable énergie de protection de sa propre économie. L'OMC empêche tout protectionnisme trop ostentatoire ou pointé comme trop passéiste.
La volonté nécessaire, la solidarité acceptée dans les déclarations est souvent non suivie d’effet réel dans la pratique. L’établissement d’un budget européen, nerf de la guerre, n’a même pas pu s’accorder très facilement dans les dernières réunions de l’UE à Bruxelles. L’Europe était, il est vrai, en panne d’idées et d’argent. Les élections françaises et néerlandaises étaient passées par là. Le Luxembourg, heureusement, par son 'oui' a pu faire croire qu'elle n'était pas morte dans l'esprit des gens. Le mini-traité va-t-il tout arrangé?
En 2006, le PIB de l’Union Européenne représente 9700 milliards d’euros, celui des US, 10500 milliards d’euros, la Chine s’octroyant seulement 1800 milliards d’euros. La croissance correspondante des premiers trottine au dessous de 2%, les seconds roulant encore à du 4%, tandis que l’Asie fonçait à du 10% et plus dans le même temps.
Le goût de l’innovation, des projets futuristes et leurs investissements dans ces domaines porteurs permettent aux US de se maintenir dans la bonne moyenne contre vents et marées. 80% des brevets mondiaux leur sont encore attribués. Dans cette volonté et grâce à la force de référence du dollar, ils n’hésitent pas à s’endetter et laissent aux autres le payement de leurs découverts. Ils vendent leurs dettes et achètent à l’étranger. La crise du Subprime, récente, montre un nouveau talon d'Achile pour tous. Réformer l’économie de l’Europe, sans reconstruire ses propres bases, arrivait au plus mauvais moment avec de tels niveaux de faiblesse dans la croissance. Ce n’était certes pas le ferment des investissements majeurs.
Dans ce contexte, la France poussée par les promesses électorales, voulant apporter plus de bien être à sa population, avait pris la direction opposée à toute la logique du 'prix / performance' en offrant les 35 heures par semaine. Penser accorder plus d’emplois en diminuant la quotité de travail de chacun n’était pas un pari gagnant quand le nombre d’heures de travail est en diminution. L’heure de travail devenait plus chère et moins compétitive en comparaison avec l’étranger. Le sacrosaint mot ‘productivité’ ne cessait de sortir des réflexions et, l’oublier, c’était faillir à courte échéance. Plus d’heures de loisirs n'était pas d’un grand bénéfice si le pouvoir d’achat n’augmentait pas dans le même temps. C'était le contraire qui se préparait. Moins d’argent en poche et continuer à vivre comme par le passé obligeait à se préoccuper beaucoup moins de la qualité et plus du prix. Le revirement de politique actuel n'a pas changé la donne.
Pour la FED, financer le déficit était la seule préoccupation pour rester crédible dans leur potentiel de remboursement. Laisser filer le dollar vis-à-vis des autres monnaies pour soutenir ses propres exportations montre une stratégie du chacun pour soi.
Le « low cost » asiatique, les délocalisations d'une part et le chômage d'autre part allaient de pair.
Beaucoup d’automatismes allaient évidemment dans le même sens de la diminution drastique de temps de travail nécessaire pour produire. Définir les secteurs de pointe du futur, faire mieux que toutes concurrences et se cantonner aux niches productrices d’heures de travail étaient à rechercher sans assurance d'y arriver. Ces nouvelles niches hautement technologiques ne comblaient malheureusement pas les ‘trous’ apparus après la disparition de la ‘vieille’ industrie lourde nécessitant beaucoup plus de main d'oeuvre.
Ce qui énervait les partenaires de la Chine, c'était qu'au lieu de réajuster normalement le cours de sa monnaie à la suite d'une surchauffe provenant de son succès et des excédents, la Chine préférait refinancer la dette US. Les excédents gonflaient de 22% au 1er semestre 2006 (14 milliards de $). Il était impératif de stopper ou de contrôler la surchauffe. Une consommation interne plus robuste devenait nécessaire. Elle reste très faible actuellement et réservée à une élite.
La main d’œuvre bon marché chinoise associée à ce jeu de monnaies maintiennent artificiellement les prix à l’exportation à des taux tellement bas qu’ils en devenaient insoutenables pour les économies occidentales.
Le 21 juillet 2005, peut-être victime de leur succès, les Chinois décidaient de cesser d'arrimer leur yuan au dollar et réévaluaient de 2,1% la valeur de leur monnaie. Pour les occidentaux, le réajustement a été pourtant insensible car trop faible et profitable uniquement à quelques autres marchés asiatiques. Pourtant l'économie asymétrique de la Chine révélée par la situation intérieure et des régions les plus pauvres ne pouvait soutenir une appréciation trop forte de sa devise. Les économistes ne s'attendent qu'à un total de hausse de 6% au meilleur des cas. Ce qui éviterait un impact commercial trop brusqué.
Mais, le pourcentage de 1,31% du PIB dans les investissements chinois en matière de Recherche et Développement était en hausse constante et pouvait, s'il continuait de la sorte, dépasser celui de l'UE qui atteingnait péniblement 1,93 % du PIB.
La faiblesse de certaines entreprises occidentales a incitées la Chine dans une politique du «Zou Chu Qu» ("allez vers l’extérieur") en s’attaquant aux fleurons de l’industrie occidentale par des OPA et des investissements très sélectifs et très stratégiques.
IBM avait abandonné sa production de PC aux Chinois sous le nom Lenovo pour 1,25 milliards d’USD (malgré le boycot américain). Ce qui avait permis à Lenovo d'augmenter ses ventes de 7% dès le premier trimestre. TCL avait racheté les téléviseurs Thomson et les mobiles d’Alcatel. Chevron était attaqué, Unocal visée par CNOOC et son OPA. Un barrage avait fait échouer l'opération (2 août 2005). Range Rover en recherche de repreneur voyait des candidats chinois aux premières places tout en annonçant une reprise de 1600 personnes sur 5000 par leur candidats acquéreurs. D’autres encore avaient pu changer de pavillon.
L’araignée chinoise tissait sa toile et 8000 entreprises chinoises avaient déjà mis un pied dans ces 160 pays fin 2005 d'une manière plus spectaculaire qu'au paravant. Il a généré un appel de fonds frais et les investissements alternatifs tournés vers ces pays dit 'en développement' sont passés de 60 milliards en 1980 à plus 900 milliards de nos jours. Ce nouvel intérêt constitue une véritable chance de réajustement des valeurs. L'Afrique et l'Amérique du Sud avaient aussi des attraits de la nouveauté.
Exempté des règles du traité de Kyoto, les Chinois augmentaient leur demande frénétique en matières premières et par leurs soins, le pillage des ressources naturelles ont commencé. La flambée du prix du pétrole s’explique en grande partie dans cette fuite en avant de la croissance nécessitant de plus en plus d'énergie.
Les US, comme d’autres, s'inquiétaient de l’irruption de la Chine, qu’ils considèrent souvent comme un partenaire déloyal, dans le secteur très sensible de l'énergie. L'Iran, voisin, fournisseur de pétrole, n'effraye pas la Chine avec ses envies de force nucléaire en échange du précieux pétrole.
On pouvait comprendre que le creusement du déficit commercial US n’avait pas l’heur de plaire aux américains et la discorde était à l’ordre du jour dans les réunions au sommet. Le fait que des grandes marques européennes passaient sous le giron des industriels chinois entraînerait très vite des liquidations dans les emplois américains au profit d’une relocalisation de leur production en Chine même. Les US partisans du libre échange passaient vite au protectionnisme d'opportunité. La production de voitures chinoises était en augmentation vertigineuse, la Chine passait d'un million en 2002 à 7 millions d'unité en 2007 et une prévision naturelle de 10 millions en 2010 et 18 millions en 2020. Comment écouler ce nouveau stock dans l'économie locale, pas prête à l'absorber, les 4 millions au moins devait trouver preneurs à l'étranger? La menace d'invasion était, on ne peut plus claire. Le côté dernier cri de la technologie avait été transmis par les industries occidentales implantées sur leur sol. A l'affut d'opportunités, dans le secteur des voitures bon marchées, Karel Cardoen présentait, dans une ambiance festive, ses nouveaux "bijoux" aussi banals (formes passe-partout, similli-cuir bon marché au marché belge dès 2007 avec la Brilliance, comme surnom européen plus pimpant que Zonghua BS6. 5999 euros pour une cinq portes, 11999 pour un coupé, 14999 pour pour un pick up avec la gueule de l'emploi. Pas encore conformes aux normes de sécurité et de pollution européeennes, ces voitures étaient là pour montrer à ceux qui n'auraient pas compris, qu'elles existaient, qu'elles présentaient bien. Un sondage primé par une tombola était organisé parmi les visiteurs pour tâter le terrain.
Incroyable? Non, prévisible. Leur première voiture de 1958 sous l'égide de Mao n'affichait alors qu'une fausse nostalgie mais surtout une volonté de montrer leur fierté vis-à-vis de leur progrès.
Entre temps, la partie est loin d'être gagnée. La RTBF démontrait avec "Question à la Une" de visu que même les sociétés américaines ne sont pas "clean" et se compromettent pour ouvrir le marché. Yahoo, jeune société d'internet américaine se voulait, à sa naissance, il y a une dizaine d'année, outil de liberté en ouvrant ses réseaux au monde, se retrouve aujourd'hui sur le banc des accusés comme moyen contre les Droits de l'Homme en travaillant la main dans la main avec la police chinoise pour pouvoir s'u-introduire sur le marché chinois. Perdant toute conscience, la société a fournit toutes les informations sur les coordonnées de ses clients. L'affaire Chitao, du nom d'un dissident, n'est que l'exemple le plus connu de procès qui ont envoyé ces personnes à l'ombre des prisons pour une dizaine d'années. Avec les informations, il a été permis de les piéger par l'approche illicite des emails, des Messengers, des blogs et autres outils d'internet. L'accès étant permis, la surveillance s'organise. Certains sites avec des mots bien précis ne sont plus accessibles. La place Tien Almen n'existe pas sur les moteurs de recherche. Le gouvernement a pris, sans s'en cacher, des dispositions pour effacer les risques d'une mauvaise utilisation des idées. Pas question de considérer internet comme une zone libre d'échange d'idées. Si la Chine se veut "miracle économique", elle reste en sous main vieille de plus de 60 ans. Hong Kong qui a statut spécial en fonction de son passé colonial a pourtant certains sites chinois complètement bloqués. Certains députés osent se lancer dans la bataille de la liberté en se fixant comme objectif prioritaire de donner la parole à tous. Aux États-Unis, une commission d'enquête avec Tom Lantos ne laisse pas beaucoup le choix d'un dilemme au vice président de Yahoo, Calahan, pour faire accepter l'idée d'un standard mondial. "Reporteurs sans frontières" a eu des difficultés énormes d'approcher les locaux de Yahoo de Pékin pour subir, en finale, un échec et recevoir une fin de non recevoir.
Il faut, il est vrai, avoir une philosophie bien accrochée avec quelques séance de Tai-chi en gym douce pour oublier les événements d'une "certaine vision du passé".
Le futur ne sera pas nécessairement plus calme, cela pour tous les partenaires mondiaux et très loin des "Nuits de Chine, nuits callines, nuits d'amour" .
Comment comprendre cette Chine avec des yeux occidentaux? La fierté du chinois sans limite pour ses réalisations effaceraient-elles les maux inhérents aux processus très rétros vus le plus objectivement possible?
Sources: de multiples articles de du Figaro, de l'Echo et d'ailleurs récoltés dans le temps.
Suite que j'appelerai "Verso Chine (2)" avec la grande Chine vue au futur dans un prochain numéro
L'Enfoiré,
Images qui viennent de Bruxelles avec des goûts de Chine
Un collègue chinois, né à Hong Kong, après la lecture de cet article m'a fait part de ses impressions de l'"intérieur" que je ne manque pas d'ajouter:
Dans les années fastes, on avait l'habitude d'un taux de croissance constant et élevé sans devoir se soucier des répercussions sociales. On avait suffisamment de ressources pour absorber tout ça. Maintenant, si on veut maintenir le même taux de croissance, il faut passer par des mesures douloureuses comme la fusion, la réduction d'effectif, ou l'externalisation. S'il n'y avait pas cette obligation de rendement et si on pouvait se contenter de faire aussi bien que l'année avant, on délocaliserait beaucoup moins facilement. Je vais encore plus loin. Si nous avions tous la mentalité des juifs, on n’aurait jamais ce problème. Tu sais qu'un juif achète toujours chez ses compatriotes malgré que le magasin a côté coûte deux fois moins cher. Ici on voit bien que les affaires et le patriotisme sont des choses pas très compatibles. Il n’est donc pas très juste de taxer la Chine de tous les maux. Je ne vais pas jusqu'à dire que les Chinois sont des victimes de notre impérialisme, mais quelque part on a quand même notre part de responsabilité.
Revenons sur l'inégalité en Chine, sachez qu'il y a deux tiers de paysans pour seulement un tiers de citadins. Les paysans ont payés un très lourd tribut pendant la révolution culturelle de l'époque de Mao. Ils n'avaient qu'un seul objectif dans leur vie: quitter les champs et aller travailler en ville. Ils n'ont pas non plus beaucoup de moyens et de possibilités pour leur éducation. Tous ces facteurs accentuent encore plus l'effet naturel de l'économie de marché.
Malgré toutes les misères qu'on a vus à la télé à propos de leurs conditions de travail, il ne faut pas croire que tous ces gens qui travaillent jours et nuits pour gagner à nos yeux un salaire de misère sont des gens malheureux. Sinon ils n'auraient pas fait. Parce qu'ils peuvent toujours retourner travailler à la campagne. Ils l'ont fait parce qu'ils pensent que la vie est quand même meilleure qu'à la campagne. Et surtout ils ne pensent jamais de rester toute leur vie travailler ainsi.
Malgré des restrictions de se manifester, il y avait récemment des émeutes un peu partout dans des zones franches économiques. Le gouvernement chinois est conscient de l'imminence de l'explosion sociale en Chine. Ils seront obligés de prendre des mesures pour calmer les esprits. La répression n'est certainement pas la bonne solution. J'espère qu'ils puissent sortir un lapin de leur chapeau.
Reprenons les chiffres. Supposons que leur croissance se maintienne à 10% l'an. Il faut minimum 20 ans pour arriver plus au moins au niveau de vie occidentale. Tout cela en supposant que l'on ne fasse rien pour renverser la tendance. Leur chemin est encore long, très long. Restons donc optimistes !
Un des articles prédécesseurs : "T-shirts à gogo".
Et Le Panda a-t-il aussi son mot sur la Chine?
Citations:
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"Je vais en Chine pour mieux voir la France et ses problèmes.", Jacques Chaban-Delmas
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"Peu m'importe qu'il y ait du sucre aux Indes, de la porcelaine à la Chine, du café en Arabie ; il faut qu'on me l'apporte.", Condorcet
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"C'est un symbole. Comme disent les Chinois : Qui n'est pas venu sur la grande muraille n'est pas un brave et qui vient sur la grande muraille conquiert la bravitude.", Ségolène Royal
09:00 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Organisation, Politique, Réflexions et philosophie, Shopping | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : chine
26/02/2008
Le petit oiseau est de sortie
Cette fois, c'est Polaroïd qui lâche la bride. La photo instantannée a été supplantée par le numérique. Dans ce cas, on sort la rengaine "On n'arrête pas le progrès". La photographie en donne des preuves évidentes souvent dans la douleur.
Certaines industries très florissantes dans le passé ont la gueule de bois ces derniers temps. En l'espace de moins de vingt ans, le dos au mur, elles se sont retrouvées devant l'obligation de changer leur production de toujours ou de périr.
Depuis l'avènement du numérique, toutes les industries qui tournent autour de la photographies ont été touchées: les producteurs d'appareil photos pourtant drillées aux changements de version en version, les fournisseurs de films et de papier photographiques, les entreprises de développements de ces mêmes films, les dispatchings qui orientaient ces consommables et qui doivent de plus en plus passer par l'intermédiaire d'Internet,... Tous se sont payés des restructurations très sensibles. Tout d'abord, en tête, Kodak, né en 1890 et qui fournit sur les deux fronts, pense diminuer la casse en se défaisant de 20.000 emplois dans le monde. En 2004, le Britanique Ilford, spécialiste de labo photo et des papiers noir et blanc, revendit ses activités par appartement.
Nikon a dit adieux à l'argentique et aux objectifs et plus aucun appareil reflex ne sera développé sans l'identification terminée par "-D". Ce n'est plus un virage mais une véritable cassure.








