04/12/2008

L'éconologie, rêve ou réalité?

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D'un côté l'écologie, de l'autre l'économie. On a vite fait de créer le néologisme "éconologie" et en plus, cela va de paire mais avec une logique toute particulière. Surtout en pensant à qui cela profite. Alors, réconciliation?

 

Cela devait arriver avec la crise: le conflit d'intérêts entre l'économie et l'écologie. Le 2 décembre, manifestation à Bruxelles pour s'opposer aux mesures du plan européen de lutte contre le réchauffement climatique, accusé de mettre en danger les emplois dans l'industrie sidérurgique. Réactions normales de bonne foi du côté des partisans plus écologiques. Consommer pour vivre à l'intérieur ou chercher à survivre contre les éléments extérieurs. Le dilemme d'aujourd'hui.

Le serpent du Loch Ness local de notre économie remontre le bout de son nez quand les choses ne sont plus au meilleur de leurs formes. Pas de photo à l'appui pour ceux qui espérait avoir le scoop de la journée.

De scoop, il n'y en a pas eu cette fois, seulement une petite surprise sous forme de réveil.

En même temps, l'industrie de l'automobile était obligée de réduire les émissions de CO2 des voitures neuves. Réactions des constructeurs de voitures immédiates: en temps de crise, comment peut-on être plus irresponsables? Produire des voitures qui n'émettent en moyenne que 130 grammes de CO2 aux 100kms tout en consommant de 4 à 5 litres, est parfaitement réalisable. Les voitures s'en porteront que mieux et certains constructeurs avouent que cela est possible sans investissements monstrueux. L'envie des clients ne peut se retourner contre eux-mêmes. Les producteurs ne pourront pas continuer à se réfugier derrière leur production de 4X4 très consommatrice, dans un jeu de l'œuf et de la poule.

L'éconologie_Greenpeace.jpgDans le même temps, Greenpeace a dénoncé le compromis européen sur les émissions de CO2 des voitures. "L'Europe cède à la pression énorme exercée par le lobby automobile pour reporter et affaiblir les objectifs de réduction et pour réduire fortement les amendes en cas de non-respect des règles". "L'objectif proposé (et déjà affaibli) de 130g CO2/km est une nouvelle fois reporté de trois ans jusqu'en 2015, et à cause de toute une série d'issues de secours et des amendes peu élevées, cet objectif ne sera probablement même pas réalisé", a déploré l'organisation écologiste. "On peut même affirmer que cette réglementation n'est rien de plus qu'une poursuite de l'accord volontaire inopérant que l'Europe a conclu avec l'industrie automobile en 1998", a-t-elle ajouté. (Source: Le Soir)L'éconologie_Salon.jpg

"La Bourse européenne du CO2 profite de la crise" titrait le journal l'Echo, le 4 décembre. "Le nombre de "droits à polluer" émis par l'ECX a explosé de 283 % par rapport à l'année précédente. Pour les entreprises, réduire les émissions doit rimer avec l'économie." ajoutait-il. 

Les écotaxes réapparaissent souvent après s'être endormies du sommeil du juste. La crise a des tendances très insomniaques. 

De taxes, je n'en parle pas beaucoup dans mes billets. A part "La taxe pour s'envoyer en l'air" qu'avait lancé la France sur les voyages en avion. Taxe qui devait sauver des vies humaines de la faim dans les parties du monde. Le Darfour se mourait justement à cause de ce manque de participation. Le manque de causes à effets me semblait complètement irrationnel. Peut-être, ne prenions-nous pas assez l'avion pour remplir les caisses ad hoc ?

Par le passé, les écotaxes avaient déjà vilipendées par l'industrie et par les consommateurs.

Le consommateur considère souvent les taxes écologiques comme des taxes économiques qui permettent de boucler des budgets pour combler des déficits. Ils n'ont pas tout à fait tort.

Même combat, même désorientation dans l'attribution de la monnaie sonnante et trébuchante. Un rapide calcul fait par ceux qui ont l'habitude de manipuler les taxes, nous apprend que cela va coûter de 100 à 150 euros par ans aux ménages belges en moyenne.

Pourtant, si les entreprises ont été prises à la gorge pour rationaliser leur production et les méthodes d'emballage, il n'en demeure pas moins vrai que le consommateur final sera l'otage une nouvelle fois de décision bouche trou.

L'effet de serre est produit à 20% par l'émission des gaz à effets de serre produit par l'élevage et le méthane des déjections du bétail. L'agriculture pollue et est aussi pointée du doigt par les pêcheurs en rivières à cause des engrais utilisés sur les champs. "Planète nature" en parlait à la télévision le 30 novembre.

Le CO2, beaucoup de spécialistes disent que si on n'avait pas autant poussé à la déforestation pour combler les besoins en papier et en bois, nous n'aurions pas les problèmes à son encontre. Donc, reboiser massivement là où le déboisement a été le plus perturbant, pourrait réduire le problème.

L'administrateur de la Fédération Belge de la Distribution pensait ce qui suit.

Une taxe sur les emballages avait été décidée en octobre 2006. Le gouvernement avait été convaincu par les entreprises que cette taxe n'allait en rien aider l'émission de CO2 et allait de plus taxer les produits les moins chers touchant les revenus les plus bas. Les emballages constituent à peine 1% de la totalité des émissions de CO2.

Si on emballe, c'est pour préserver la fraîcheur des aliments et assurer la sécurité alimentaire. Le consommateur a changé son comportement en utilisant les sacs bleus avec un succès. Ceux-ci sont recyclés et réutilisé à 93%, c'est un record mondial. L'écotaxe est payée lors des achats de matériels électriques. Certains produits, comme les piles, sont à récupérer. Est-ce à dire qu'il faille prendre sa voiture et consommer du pétrole pour arriver à parachever son devoir de citoyen responsable?

L'aluminium, lui, est recyclé à 100%. Une technologie permet d'extraire l'aluminium des poubelles. L'aluminium sera pourtant le plus lourdement taxé. Pourquoi ? Parce que lors de la fabrication d'aluminium, de l'extrait d'aluminium du bauxite et on utilise énormément d'énergie et on a beaucoup d'émission de Co2. Seulement ici, recyclé, le même aluminium produit va être retaxé de multiples fois et en fait, être rendu économiquement non viable par rapport à d'autres formes d'emballage alors qu'il n'y a absolument aucune raison écologique de le faire.

Les consommateurs sont convaincus qu'un changement de comportement vaut la peine d'être fait et on allait tenter de limiter les sacs en plastiques réutilisables, jetables dans les grands magasins.

Ceux qui sont responsables de la promotion de l'environnement avaient annoncé qu'ils allaient aider les entreprises par des campagnes publicitaires deux fois par an. On a commencé en avril 2004. Les Gouvernements régionaux ont fait de la pub dans les journaux et sur les télés et la radio, avec un certain succès. Mais il avait été prévu qu'ils refassent ça en novembre, décembre et puis de nouveau, l'année après. Ils n'ont rien fait, ils ont arrêté, ils n'ont pas dépensé. Réduire de 40% d'ici fin 2006, donc par rapport à début 2004, l'utilisation de sacs en plastique a été réalisée, un doublé par rapport aux objectifs.

Interdire, c'est évidemment ne pas tenir compte des fois où il est nécessaire d'en avoir. Interdire complètement? Ne viendrait-il pas à l'esprit des plus astucieux de consommer sur place et d'oublier de payer à la caisse? Dans quoi emballer la viande fraîche chez le boucher pour se la fourguer dans la poche ou le caddy? Question d'hygiène convenable et le plastique est certainement ce qu'il y a de mieux à ce niveau-là. Une série d'exceptions dans la loi? Compliqué ? On ne va pas très bien savoir, quand oui et quand non. Une armée d'examinateurs, de vérificateurs? La logique d'interdictions, d'exceptions, de contrôles alors qu'il y a moyen de convaincre les uns et les autres, le consommateur et le commerçant de tenter de réduire ça au maximum lorsque c'est possible.

Le secteur est porteur en lui-même. Le commerce emploie en Belgique près de 400.000 personnes, un peu moins de 300.000 salariés et un peu plus de 100.000 indépendants. C'est un secteur qui représente plus de 11% du PIB. Mais comparé à l'étranger, malgré que le secteur soit plus important qu'en France ou en Allemagne ou aux Pays-Bas, l'emploi dans le commerce du détail est inférieur à ce qu'il est en Allemagne ou aux Pays-Bas, par exemple en pourcentage de la population employée.

Il y a les coûts salariaux très connus, pas le problème de ce que les gens gagnent mais de ce qu'ils coûtent. Une caissière en France coûte 25% de moins qu'une caissière en Belgique mais elle gagne plus. Et donc c'est un mal qu'on connaît dans d'autres secteurs aussi mais qui fait que par exemple, chacun d'entre nous se dit qu'il doit attendre infiniment trop longtemps aux caisses, pas uniquement le samedi mais même un mardi après-midi. Et la raison, c'est évidemment qu'on tente d'optimiser l'utilisation du personnel et les temps d'attente.

Les charges sociales ciblées, ça semble une très bonne idée. En pratique lorsque on demande aux entreprises, des chiffres sur combien de personnes elles emploient. La réponse est : ça, on ne sait pas, on ne gère pas comme ça, on engage les gens sur base de leurs compétences et puis on leur fait faire leur carrière sur base de leurs compétences et puis, combien ça coûte in fine au niveau des charges, des charges sociales, eh bien, on le voit et c'est le Secrétariat social qui le calcule. En fait, ce que ça amène, c'est une complication importante au niveau des calculs, aussi bien pour le Secrétariat social de l'entreprise que pour la Sécurité sociale elle-même; des effets d'emplois marginaux parce que c'est tellement compliqué que les gens ne ciblent pas les justes moins de 25 ans, les plus de ceci, que ceux qui ont deux ans d'emploi, comme ceci ou de chômage comme cela, alors qu'une mesure linéaire, c'est-à-dire employer le même argent en disant, au lieu que ce soit 34% de supplément, vous ne payerez que 32% de supplément, par exemple. 

Econologie_00.jpgRégulièrement, l'économie et l'écologie sont antagonistes dans leurs objectifs. Il y a même les « anti-écolo » qui critiquent les « catastrophismes » et refusent toutes remises en question de leur mode de vie. « Travaux inutiles » disent les plus contestataires aux politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Bjorn Lomborg, Claude Allègre en sont les exemples les plus connus. Toujours avoir une vision de l'économie selon laquelle, il faut intensifier le commerce mondial et en accélérer les échanges ne peut se concevoir si tous les paramètres de bien être humain vont dans le même sens en bout de course. La mondialisation a étendu les problèmes de pollution sur une échelle bien plus grande que par le passé. Cela fait la différence avec la fin du 19ème siècle, pendant laquelle apparurent les premiers réseaux industriels dans l'énergie, la téléphonie et le transport. Reagan et Thatcher avaient une confiance sans bornes dans les lois du marché. Pour contredire leurs idées du passé, l'énergie électrique n'est pas devenue moins chère avec l'autorégulation des marchés. La concurrence n'a même pas eu lieu puisque les sociétés devaient fusionner pour exister. Les lois physiques de Kirchhoff expliquent que le courant suit le trajet de moindre résistance, pas celui qu'on veut lui imposer. L'industrialisation se régule en fonction de ses intérêts propres et des moyens disponibles. Tout ceci pour dire que les corrections aux situations sont à évaluer au mieux du but à atteindre. A tester donc.

Le principe de précaution n'est pas à remettre en question. De visu, les changements climatiques sont aussi évidents et que le système libéral débridé a mené à la crise que nous connaissons.

Mais faut-il nécessairement passer par les taxes? L'instinct de conservation aurait-il vraiment été perdu dans les neurones des humains? A-t-on envie d'être durable ou passable ?

Chercher les moyens de donner des avantages aux deux bords, voilà ce qui serait évidemment le plus profitable et ça permettrait d'éviter des distorsions entre personnes. Le Nouvel Obs de début décembre titrait "Emplois verts: plus de bruit que de jobs". Espoir politique des Etats qui demande beaucoup d'investissements à longs termes et, donc, du temps pour se mettre en place. Recyclez, qu'ils disaient. Le Grenelle de l'Environnement français ne résoud rien dans les pertes d'emplois à court terme. Les réactions épidermiques de peur que l'on retrouve dans la manifestation de Bruxelles, ne sont donc pas un hasard. 


L'éconologie_Energie verte.jpgDans ce sens, on parle d'énergie verte. L'entrée en Bourse de « 4Energy Invest » montre que cela peut intéresser les investisseurs et les consommateurs. La récession, puisque le mot est lancé, peut changer le fusil d'épaule en stimulant d'autres alternatives sans romantisme. Le pétrole qui a chuté au tiers du prix depuis l'été permet de retrouver un peu de temps et de confiance. Utiliser l'environnemental pour améliorer le bilan économique. BeCitizen en proposait les principes: optimiser l'utilisation de l'énergie, le nucléaire irremplaçable à cours terme faisant partie de la diversité des sources énergies, les biocarburants s'ils n'empiètent pas sur l'alimentation humaine à base de plantes très rustiques comme l'atropha comme 2ème génération ou à partir de micro-algues, comme troisième. De toutes manières, on ne fait pas d'omelettes sans casser d'oeufs.

La conférence sur le climat à Poznam et le sommet européen sur l'écologie à Bruxelles une semaine après Saint Nicolas auront-elles des cadeaux durables dans la hotte? Les droits de polluer sont aux enchères, parfois même soldés.  20090812Réchauffement.jpg

Oublier son « égo », pour s'occuper des « éco », une logique compliquée, mais réalisable ! 

 

L'enfoiré,

 

Mise à jour: 17 avril, autre vision, article continuation?  

 

Citations:

  • « A la limite, le seul écologiste irréprochable est celui qui met tout en oeuvre pour mourir sans laisser la moindre trace de son passage sur Terre » , Didier Nordon

  • « Pour qu'un écologiste soit élu président, il faudrait que les arbres votent. », Coluche

  • « Trop savamment utilisé, trop intelligemment cultivé, le réflexe de la peur engendre des réactions d'indifférence, de renoncement, de pessimisme et... de nihilisme ! », Roger Molinier

 

26/11/2008

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir?

Le soleil levant, un soleil du rouge au noir drapeau.jpg 

 

Après le Japon qui en son temps faisait trembler les producteurs de voitures d’Occident, la Chine, la Corée et bien d'autres de l'ASEAN remettaient le couvert. Le soleil High Tech japonnais, l'Hinomaru, la techno, la petite auto prennent-ils, cette fois, un coup de soleil noir?

 

Le 11 janvier 2006 et le 10 décembre, deux «Questions à la Une» à la RTBF posaient la question «Les voitures chinoises vont-elles envahir le monde», "Comment faire fortune en Chine, rêve ou réalité" . On n'en est plus là, même chez les précurseurs.

Le journal L'Écho du 27 décembre 2007 titrait « L'économie japonaise subit un coup de sabre ». Il s'agissait, alors, d'une crise du logement sans précédent initiée par la réduction des coûts et suivie par des milliers de personnes qui devaient quitter leurs logements menacés d'effondrement à la moindre secousse tellurique. Image de marque globale : « Les clients voient un tricheur derrière chaque assureur ».

Le même journal du 15 août 2008 titrait « La croissance du Japon stoppée net dans son élan ». Premier recul de son PIB et du BoJ. Tout le monde boudait, difficile de relever ses taux, malgré l'inflation en tenant compte de la régression économique, était-il dit. En janvier, exportateurs, le Japon craignait la récession aux USA.

Celui du 21 novembre 2008, cela se précise: "Le Japon était déprimé, ses exportations vont l'achever". Plus loin: "La panne automobile fait tache d'huile, pas d'embellie attendue avant 2010".

En 2003, en effet, le Japon a pu sortir de la récession grâce à ses exportations. Cette fois, la balance commerciale est en déficit en octobre pour la première fois depuis 2001, alors que certains analystes tablaient encore sur un excédent de 80 milliards de yens. Le mois passé, l'excédent des importations par rapport aux exportations a dépassé les 510 millions d'euros soit une chute de 7,7%.

La crise de l'automobile, aujourd'hui, entraine tous les marchés de l'automobile mais aussi de la sidérurgie, du verre, du plastique, de l'électronique technologie, de la motricité, vers des problèmes imprévus. Même la dégringolade du prix du pétrole au tier du prix de l'été ne parvient plus à enrayer la chute de la demande en véhicule.

Aux États-Unis, GM, Ford demandent des aides d'urgence aux gouvernement et met en chômage technique ses travailleurs. Il y a peu, à grand renfort de rabais qui rabotaient leurs profits pour ne s'élever produit chez Daimler Chrysler de 186 $ par véhicule, de 139$ chez Ford et tomber en perte chez GM de 1200$. En octobre, les exportations nord-américaines avaient baissé de 18,2%, en l'Europe de 17%.

Le produit chinois phare de l’usine Chery Automobiles était récemment la QQ, petite voiture citadine aux couleurs acidulées. Son prix trois fois moindre que la concurrence occidentale (3.000 euros plancher) était son principal atout. L’aspect sécurité qui n'était pas au même niveau que la voiture occidentale, n’était pas une raison «sine qua non» pour se lancer sur les marchés. L’airbag ne sert que rarement et on ne le voit jamais dans une voiture. Vingt voitures par dix milles habitants comme marché intérieur semblaient ouvrir des perspectives alors que les marchés occidentaux étaient souvent saturés. Les pièces de rechanges restaient le marché principal avoué pour l’exportation aux ¾ de la production chinoise. La Passat, «made in China» restait pourtant l’équivalent de 18 années d’un salaire moyen local. En demi secret, la VW Shanghai travaillait, en étroite collaboration, mais ne divulguait pas les différences existantes entre les modèles destinés à la consommation intérieure et celle vers l’extérieure. L'année passée, le producteur chinois «Brilliance Automobile» était fière de sortir une voiture 100% chinoise de très grand luxe pour à peine 15.000 euros. Société chinoise de l'automobile qui était la première à être cotée à New York. Contourner le protectionnisme latent des vieux continents, se plier au mieux aux règles de sécurité et de pollution minimum étaient la préoccupation majeure.

Les Chinois, c'est une bonne entrée en matière, mais l'Asie du Sud-Est voulait aussi une part du gâteau de la scène mondiale. D'ici 2015, elles s'étaient engagés à prendre place de pied ferme dans le grand marché commun. Les tensions ne manquaient pas dans cette zone de libre échange en progrès constant. Prêt, pour cela, à éliminer les droits de passage sur quelques 80% des marchandises exportées. 38 milliards de dollars de fonds en 2005 participaient au redressement spectaculaire et 2006 voyait une progression de 90%. Le but final, clairement annoncé, était de conquérir le marché mondial de l'automobile.

En Chine, cent euros par mois pour un travail de 40 heures semaine était la norme du manque à pouvoir dépenser. Ce qui veut dire que la consommation intérieure n'est pas prête à renverser les pertes de l'exportation.

Les sinologues rappellent pourtant que la classe ouvrière chinoise ne s'améliore pas et pourrait même se dégrader.

2008. Douche froide. Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Toyota.jpgHonda et Toyota doivent revoir leur production. Après une stagnation et des taux d'intérêt au plancher de 0%, les courbes de la Bourse japonaise avaient pourtant repris du poil de la bête sous forme de Dragon ou d'autres prédateurs aux crocs acérés. Amusant, on lisait: Les Japonais auront le téléphone dans la peau.

LLe soleil rouge un soleil noir Voitures.jpge Japon ne tient pas mieux de la forme, même si la liquidité de ses banques est la plus importante dans le monde. Mais des liquidités, pourquoi faire? Des restructurations drastiques, un meilleur rendement assuré n'assurent pas mieux la vente de la production. Pas de crédits demandés par les entreprises. Répartir, alors, les liquidités dans la population? Qui dit que les habitudes ancestrales d'épargne ne vont pas pousser les Japonnais à épargner plus encore en ne réinjectant rien dans l'économie du pays? Le département de R&D, la robotique et le vieillissement de la population pourraient donner un coup de fouet.

Un ajustement plus fin encore, en fonction de pays où s’implanter, devrait parachever le travail d’incursion dans les marchés extérieurs.

La crise vient de changer complètement la donne dans un monde des entreprises, déboussolé.

LLe Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Tata.jpg'Inde, elle, s'est mise dans le grand jeu la technologie à haute performance mais à bas prix. Prix de production qui ne sont, aux dernières nouvelles, pourtant plus à l'abri des hausses revendicatives des salariés. La première Tata est sortie et est électrique en plus. Là, se trouve peut-être le futur de l'automobile dans un marché encore très peu développé ailleurs.

L'ASEAN (Association des nations d'Asie du Sud Est) devra trouver encore d'autres tours dans son sac. C'est clair.

Amélie Nothomb, née au pays du Soleil Levant, avait, en son temps, parlé de son Japon dans "Stupeur et tremblements" avec la comparaison entre la vie à l'occidentale et la "japonaise" au bureau, avec "Ni d'Eve ni d'Adam", dans l'intimité d'un coupe mixte.

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Ecologique.jpgLe Système Toyota avait-il eu plus de chance de rendre plus heureux par le travail? Les yakusas (sabre, respect et honneur), les Samouraïs ne sont pas si loin. Le Japon pris entre traditions et modernité, le livre "Tokyo mirage" d'Anne Rambach terminait sa trilogie dans le Japon des sokaiyas, escrocs vivants de racket et chantage auprès des entreprises. Le Japon est l'un des pays les plus fabuleux du monde, est-il dit avec amour par une japonaise. Je m'en voudrais de ne pas en faire écho.

 ELe soleil levant, un soleil du rouge au noir Salon.jpgn janvier prochain, le salon de l’automobile de Bruxelles, un surplus de publicité pourra-t-il tenter le "prospect" pour qu'il devienne « client »? Car, rien ne va plus.

Jusqu'à récemment, les Japonnais étaient passés du stade de fourmis, avec le mouvement du repli sur eux-mêmes, humbles ou guerriers, à celui de la cigale, en commençant à dépenser. Le taux d'épargne du Japonnais était passé de 23,5% en 1975 à 11,4% en 1997 et 8% en fin 2007. Pourquoi continuer à épargner? Les taux étaient ridiculement bas. Retour à la case départ, dans ce jeu de l'oie avec l'air du temps?

La jeunesse au travail semblait obnubilée par le besoin de faire du chiffre avec fierté et nationalisme. En sourdine, le taux de suicides élevé, parmi les jeunes prouvaient, par contre, que ce n'est pas la panacée du bonheur. La geisha, le kimono, le jardin japonnais sont peut-être présents même comme vestiges d'une culture ancestrale. "Le sumo, emblème de ce monde de tradition, luttait déjà pour sa survie", pouvait-on lire.

RLe soleil rouge un soleil noir Caviar.jpgire jaune, ni ici, ni là bas ne sera désormais plus "la" solution. Rire en multicolore avec le cérémonial de la tasse de thé devant soi? Tout n'est pas caviar. Les occasions de sourire de l'actualité japonaise sont, disons-le franchement, plutôt rares. La discrétion maladive, austère et complexe, remplace sa formidable expansion économique des années 60 et 70. Deuxième puissance économique de la planète, premier créancier des États-Unis, le Japon subit une paralysie politique, des salaires qui stagnent. L'archipel broie du noir, même les coiffures des femmes en attesterait par leurs coupes courtes, reflet de la mauvaise humeur.

On écrivait pour les États-Unis : "l'un des indicateurs qui s'est constamment amélioré aux Etats-Unis, la productivité, pourrait être le signe le plus évident de la dégradation de la gestion américaine". Le Japon précède même cette productivité. Est-ce l' "Arnaque à la productivité?", comme constatait Henry Mintzberg, professeur de gestion à Montréal.

Ailleurs, je lisais: "Il faut ressusciter les esprits animaux". La compétition chez eux, n'est pas une affaire de fric, mais de survie.

Une autre histoire, un retour aux sources, donc, que l'on devrait peut-être redécouvrir dans ce monde qui est devenu un si petit village dans lequel tout se tient, tout vit ou tout meurt ensemble. 192 milliards pour relancer l'économie... 

Encore un peu plus de karoshi, pour faire passer la pillule? N'oubliez pas de réserver la chambre capsule à Tokio, si pas le temps pour rentrer chez soi.

Alors, un petit coup de rouge, à la méthode japonaise? C'est de saison et c'est pas mal pour l'ambiance?

Le Soleil Levant, un soleil du rouge au noir Beaujolais.jpg 

L’enfoiré,

 

Sur agoravox même article

 

 

Mise à jour 26/12/2008: Au Japon, effondrement sans précédent de la production industrielle

.................. 05/03/2009: Le Nouvel Obs titre ""Japon, les "freeters" dehors". Fini l'emploi à vie, base du consensus social japonais. Les entreprises licencient. Les premiers touchés sont l'armée des travailleurs intérimaires, les "freeters". Même Toyota...   

................... 17/08/2009: Le Japon sort de la récession mais on reste très loin de l'euphorie

................... 30/08/2009: Le succès du parti démocratique contre le parti libéral présent depuis plus d'un demi siècle, prouve qu'il fallait changer de cap. Un article, peut-être, "Le jour où le Japon s'est éveillé".

 

 

Citations: 

  • « Le génie a cela de beau qu'il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble. », Honoré de Balzac

  • « Il y a deux genres de personnes, ceux qui font le travail et ceux qui en prennent le crédit. Tentez d'être du premier groupe ; il y a moins de compétition. », Indira Gandhi

 

15/10/2008

"In vino", carré d'as ?

in-vino-carre-das_00.jpgQue ne ferait-on pas pour un verre de vin? Tout le monde n'est pas nécessairement d'accord. Pardon, Messieurs les producteurs, viticulteurs et consommateurs.

L'émission de "L'envoyé spécial" de septembre 2005, parlait du vin et s'intitulait: "Des flacons d'éternité", déjà une rediffusion de décembre 2004. Je le ressors de sa boîte une nouvelle fois, comme on le fait le plus souvent quand les vendanges sont là et en fonction de l'actualité.

A l'époque, le texte l'annonçant sur la chaîne, disait :

"Ils ont entre 100 et 150 ans, plus parfois… Et pourtant, ces vins-là ont gardé une jeunesse étourdissante. On les appelle vieux millésimes. Ils ont été élaborés, vinifiés lors d’années exceptionnelles et aujourd’hui ils n’ont pas une ride. Miracle de la nature, ces flacons d’éternité ont traversé les siècles sans dommage. Leur robe est certes un peu plus ambrée, mais au goût, le fruit est toujours là ! En Bourgogne, la Maison Bouchard Père et Fils veille sur des trésors inestimables. 5 000 bouteilles du 19e siècle sommeillent dans leurs caves ! Des bouteilles qui ont pour noms : Montrachet 1865, Meursault 1846, Clos Vougeot 1865, Corton… Certaines bouteilles se sont vendues 20 000 euros lors de ventes aux enchères ! Mais lors de dégustations ce qui surprend c’est que ces vins sont encore bons. Truffe, amende, noix, caramel… Une mosaïque de parfums et de goûts s’offre à vos papilles… Des collectionneurs en raffolent et qu’importe le prix ! Aujourd’hui, à l’heure où le goût du vin se standardise, certains vignerons essayent tout de même d’élaborer des vins qui seront les vieux millésimes de demain…"

in-vino-carre-das_05.jpgBel éloge qui ferait mettre le vin à la bouche de plusieurs consommateurs.

"La bonne chère et le bon vin réjouissent le coeur du gastronome", complétait Antonin Carême.

Il tenterait le diable aussi. Preuve à l'appui, en 2003, la moyenne de consommation du Belge s'élevait à 31 litres de vin par an et la consommation augmentait de 0,5 à 1%. Les consommateurs réguliers prennaient la part du lion et plus particulièrement au sein des catégories sociales ayant un solide pouvoir d’achat. La vague d’intérêts scientifiques pour le rapport entre vin et santé a établit qu’une consommation modérée (1-2 verres par jour) a un effet positif pour la santé. Les maladies cardiovasculaires, par exemple, sont aidées par le vin qui maintient les vaisseaux en bon état. Pire, l’abstinence de vin serait même à ajouter à la liste des facteurs de risques. Un verre de vin contribuerait à un bon rythme cardiaque, à un meilleur sommeil et à une protection contre l’infarctus d’après des scientifiques suédois et américains. La modération en alcool est le principe à ne pas transgresser pour y arriver. Parfait. Le scénario est dans la boîte.

in-vino-carre-das_15.jpgPour ajouter une couche, un autre "Envoyé spécial" était consacré, plus tard, au plus grand de l'époque, le "Meilleur sommelier du monde", Enrico Bernardo en "Amoureux du vin". Actuellement sommelier au Georges V de Paris. Star mondiale du vin, arrivé d'un milieu modeste, il avouait avoir compris ce que le "monde de la haute" voulait de quelqu'un comme lui: avoir la preuve que l'argent payé pour la bonne bouteille de vin d'exception apportait un intérêt à son débiteur. L'histoire de ce vin, la manière de le concevoir, l'année excellente dans laquelle il avait vu le jour, l'endroit bien précis de sa récolte, sont tout aussi important, si pas plus, que le liquide à l'intérieur de la bouteille. Et de cela, il semblait en connaître un bout, récolté à gauche et à droite, en véritable éponge d'informations tel qu'il se décrivait.

J'ai toujours admiré les sommeliers, sans comprendre ces goûteurs de vins qui parviennent à mettre une étiquette sur une bouteille de vin qui n'en a pas. Donner l'année, le cépage, le côté de la colline qui a vu mûrir les raisins créateurs de ces vins relève, à mes yeux, du miracle. Miracle de l'extrême ou magie de l'illusion et du rêve?

S'il existe un vin qui ne serait pas vraiment touché par la crise, ce serait, parait-il, le rosé.

Pour le prouver, l'"Envoyé Spécial" de juin 2007 le précisait avec un titre "La ruée vers le rosé". Vin de femme par excellence, le rosé a la chance d'être apprécié tel quel pour sa belle couleur, son dynamisme, sa facilité d'assortiment avec les mets les plus divers et la fraîcheur propice à toutes boissons d'été. Décrié et avec un passé qui n'était pas à son honneur, il est parvenu à prendre des gallons d'excellences. A la base, les mêmes raisins bleus, mais dont on extrait uniquement le goût pour qu'il ne prennent pas la couleur du tanin. Il est avantagé par le froid dans sa récolte. Vin à la mode avec son parfum de vacances, il s'en vend une bouteille sur cinq. Cette couleur varie du clair au foncé, est caractérisée et nommée pour coller avec un standard. Une nouvelle manière donc de s'adonner à la vie en rose pour près de 4% de la consommation mondiale.

In vino carré d'as Productions.jpgPourtant ces dernières années, les AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) français ont aussi subi les effets de la crise et trouvent de plus en plus de concurrence venant de Californie, d'Afrique du Sud ou d'Australie. Le prix de ces vins français réputés est devenu pour certains exorbitant et commencent à être boudés et remplacés par des vins moins prestigieux. Alors, parler de ces vins d'âge canonique dont les prix tout à fait en dehors de toute convenance 'démocratique' apparaissent comme une 'gifle' aux gens du tiers monde. 80% de la production millésimée est destiné à l'exportation. 55 millions d'hectolitres par an. Chauvinisme d'espérer continuer à ce rythme sans apporter de correctif. Londres, où beaucoup d'hectolitres transitent et qui accuse une augmentation quadruple de consommation depuis dix ans, associe platoniquement le vin à celle des pâtes italiennes. L'Australie avoue, humblement, que ses vins les plus vendus sont dans la catégorie des vins relativement bons marchés. Les gros volumes font baisser les prix. Ils sont prêts à rectifier la production en fonction du goût des consommateurs. On demande un vin doux, pas de problème, on ajuste. La recherche de l'innovation, les tests les plus variés permettent de vendre au meilleur prix / performance. Industriel ou artisanal est un choix. La Napa Valley, en Californie, cherche à augmenter le nombre et le type de consommateurs, eux-mêmes. L'arrosage des vignobles y est permis sans complexe. “La crise européenne du vin est liée à la chute de la consommation” lisais-je dans un journal l'Echo en juillet 2007. Plus que les vins du “Nouveau monde”, c'est la bière et la vodka qui menacent le vin européen. La sècheresse menacerait aussi la vigne. Du coup, dans le même temps, la C.E. préparait une réforme du secteur viticole. Le budget annuel de 1,3 milliards d'euros alloué au secteur devait prendre de la souplesse vis-à-vis des modes de consommation qui ont changé en dehors du consommateur privilégié. La bière a aussi remplacé le vin sur les tables des restaurants espagnols. En France, 47,10% des achats de vins ne dépassent pas les deux euros et correspondent à une consommation de 43,18 litres en 2005. Le champagne fait aussi connaissance avec la crise.

Question à la une de novembre 2007parlait de la situation en Belgique. Chez nous, on ne produit plus uniquement de la bière. Cinquième importateur, le Belge commence à produire son propre pinard. Dans le Nord et dans le Sud, d'ailleurs. Pas de problèmes communautaires. Grand cru? Les amateurs sont présents dans des confréries. On se professionnalistes. Toujours en dessous de 100.000 bouteilles par an par vignoble de quelques hectares. La qualité est là mais pas encore chaque année, est-il avoué. Alors, les spécialistes de vin de table goûtent et donnent une image acceptable. De nouvelles variétés pour innover, en plus. Jusque dix millions d'euros d'investissement dans l'aventure. Débuter en relation étroite avec la recherche agronomique de Gembloux. Pourquoi pas? Les restaurants ont déjà un vin belge sur leur carte.

L'émission "Des racines et des ailes" de ce 15 octobre 2008, remet le couvert ou plutôt les verres sur la table en mettant en relief à la hauteur des ambitions avec les "Passions françaises". Nous sommes ainsi entrés, cette fois, clairement dans le passionnel et donc l'irrationnel qui expliquerait mieux les excès des consommateurs. Il ne s'agirait plus de boire mais de sortir du lot par des artifices du nationalisme. L'oenotourisme, les "Médocaines" se lancent dans une bataille du grand cru dans une véritable croisade française. On veut faire, dès lors, participer à la vie, à l'ambiance du viticulteur et des vendanges.

Récemment, un livre se voulait élogieux "In vino satanas" de Denis Saverot et tentait de réhabiliter le consommateur qui aurait pu se croire un peu trop porté sur "la chose". Il était présenté, fin septembre, avec emphase et applaudissements chez Drucker  lors d'un des derniers week-end.

Comme tous les goûts sont dans la nature, je me devais d'exprimer mon avis sincèrement et sans faux fuyants. Ce breuvage ne m'aura pas fait vibrer outre mesure, malgré tous les avis contradictoires. Voilà tout.

Dédaigner, non. Contester, un peu, le rapport du prix qui existe entre le haut et le bas de gamme qui ne se justifierait que par une différence suffisamment importante pour un produit offert par la terre mais qui se révèle de plus en plus éloigné des réalités. Pas question de passer dans le bas de gamme mais mettre les choses à la bonne hauteur.

Dans la catégorie des atypiques ? Pas de bénédiction du dieu Bacchus? Pas candidat pour assister à ce genre de vente aux enchères des grandes bouteilles, donc. Pas d'émoi devant une bouteille empoussiérée. Pas de papilles gustatives pour détecter, avec un air inspiré et même les yeux fermés, une "jambe", une "cuisse", ni aucune autre partie du corps ? Une véritable erreur, quelque part, ou encore un autre défaut plus fondamental et qui pousse à la réaction ?

Le vin est peut-être la seule production qui bonifie avec l'âge pour virer de plus en plus vers le luxe car il se fait payer en conséquence en suivant cette chronologie. Ecologique quand ce marché représente 120 milliards d'euros dans le monde? Nouvel "or rouge ou blond"? Mettre quelques bonnes bouteilles à reposer en cave, c'est investir. Bouteilles à ressortir aux grandes occasions ou quand la fortune ne suit plus comme serait une plus value d'une oeuvre d'art, liquide, mais éphémère pour papilles.

Que justifie, ce titre de refuge? N'est ce pas surfait ? Quelle est la valeur ajoutée à cette vieillesse? Qui fait le travail pour le faire mûrir? Un tonneau, des locaux adaptés avec une température constante, oui, mais c'est la nature et la bonne terre, qui font le reste. Les vendanges, elles, nécessitent le gros du travail de récolte, réalisée, souvent, par des bénévoles ou des saisonniers.

Boire n'est ce pas un désir d'assouvir un besoin majeur de se désaltérer ? Un grand coup de ce breuvage naturel qu'est l'eau, gazeuse ou plate, également source de vie, est-ce tellement à dénigrer? Un peu de goût ou de couleur en plus, bien sûr. Même s'il est dit qu'il n'y ai aucune contre-indications du vin, il est clair qu'il faille en consommer avec modération et qu'il n'est pas bénéfique dans certains cas et pas exempt d'effets négatifs secondaires.

Même si le vin existe de tout temps, une nouvelle mode s'est installée dans les populations aisées de nos pays. Du coup, le fait de ne pas disposer d'une cave précieuse entreposant ses bouteilles d'un autre âge avec la température adéquate, dégrade, de fait, la personne qui oserait l'annoncer tout haut dans une conversation. Il se retrouve alors écarté du "carré d'as" qui lui se targue de faire partie de l'élite et du consommateur "in". Snobisme de l'air du temps ou d'un autre temps? Attention aux mythes et aux réalités car cette idée de faire partie des "élus" n'est pas perdue pour tout le monde.

Les restaurants, d'aujourd'hui, font une part importante de leur chiffre d'affaire en servant ces bonnes bouteilles dans ce jeu de l'habitude et du conformisme. On pousse donc à la consommation des meilleures bouteilles. Aujourd'hui, se payer une bouteille de vin correspond, au bas mot, au repas d'un "fantôme" qui prendrait place à la même table d'un couple. La nourriture donne du travail à la préparation. Les boissons en bouteilles, elles, il suffit de les déboucher avec un peu plus de « show » et de cérémonial que pour la prolétaire bouteille d'eau. Tout comme les parfums, les artistes et le showbiz s'y sont intéressés à juste titre, flairant la bonne affaire. Un autre parfum sans odeur. Alors, vive le rêve et vive le dieu dollar européanisé.

Dernièrement, attablé dans l'un des restaurant, vu la chaleur, je n'étais pas enclin de boire du vin.

Le serveur me demanda ce que je voulais boire, avec la carte des vins, ostensiblement poussées dans mes mains.

-  Une bouteille d'eau gazeuse, répondis-je, immédiatement, voulant me désaltérer avec de grandes lampées.

-  C'est pour manger?, me fit-il avec un air inspiré, près à prendre un air dégoûté.

-  Non, c'est surtout pour boire, devais-je lui rappeler avec un sourire en coin.

Grimace, à peine dissimulée, en retour.

Obligation de faire partie, arbitrairement, de ce "carré d'as" et se voir rejeter dans l'estime... Le prestige ou la logique des prix, je n'était pas tenté de l'éprouver sous forme de vin du terroir ou du tiroir. Vu la situation actuelle, les restaurants vont aussi subir le contrecoup.

Si le dicton latin "In vino veritas" est toujours de mise, faudra-t-il le restreindre un jour aux "carrés d'as" dans cette période de crise du pouvoir d'achat ?

Le goût? Une question personnelle. Le prix des choses est affaire de rêve du consommateur qui doit rester seul maître de son choix. Alors, le vin se retrouvera entre luxe et boisson, sans contrainte. Si l'alcool conserve, il ne faudrait pas croire que l'eau endort son consommateur tout en le désaltérant.

Aucune contre publicité là-dedans, seulement, un témoignage qui se voulait avisé.

"Ta gueule, le Belge", entendrais-je, certainement, à la suite de ce "blasphème" comme l'avait fait Alain Delon pour le Chat, Philippe Geluck ?

Mais, je dois me tromper, quelque part dans ce raisonnement platonique. Alors à vos claviers. Expliquez-moi.

En attendant, je vais vous quitter et aller me chercher une bonne choppe... de l'eau vive et, pour plus tard, "L'eau et le vin".

 

L'enfoiré,

Même cuvée chez Agoravox

Sur le sujet, autre avis, "Vers une éthique du vin français".


Citations :

  • "Il faut mettre de l'eau dans son vin pour qu'il n'y ait pas d'eau dans le gaz !", Christelle Heurtault
  • "Ajouter de la tomate et de l'origan, ça devient italien ; du vin et de l'estragon, ça devient français ; du citron et de la cannelle, ça devient grec ; de la sauce de soja, ça devient chinois ; ajouter de l'ail, ça devient bon !", Alice May Brock
  • "Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable", Charles Baudelaire
  • "Le vin est un lubrifiant social" , Jean Clavel
  • "Snobisme : action de s'acheter des choses que l'on n'aime pas avec de l'argent qu'on n'a pas dans le but d'impressionner des gens qu'on n'aime pas", Desproges

14/08/2008

Se sucrer au propre comme au figuré

se-sucrer-au-propre-comme-au-figure_00.jpgEst-ce le poison du siècle ou la petite douceur dont on ne peut plus se défaire? Je suis fan du "sucre". Un "Question à la Une" s'intéressait au sucre avec une suite sur notre embonpoint qui nous ferait vivre et parfois mourir. D'autres sources démentaient partiellement. Place à la controverse.

Il était une fois l'Homme de Spy qui vivait dans une grotte du même nom et qui faisait partie de nos ancêtres Néandertaliens. Ce brave homme a laissé des reliques bien précieuses qui allaient nous éclairer sur ses habitudes, sa manière de vivre. Quand on compare le crâne d'un de leurs dignes représentants et celui de l'homme moderne, une constatation immédiate saute à l'esprit: la mâchoire de nos ancêtres est en parfaite santé, avec des dents bien présentes, alors que notre crâne, peut-être bien plus haut du côté du cerveau, présente quelques lacunes dans la dentition ou des détériorations et des caries bien anormales. Il est vrai qu'à cette époque, les dentistes ne devaient pas courir les rues, pardon, les cavernes. L'analyse de l'émail des dents avec scanner allait-il expliquer l'"évolution" de l'Homo Habilis, Erectus, Sapiens...? ("Dossiers de la Recherche" dans son numéro de juillet) 

A quoi devons-nous cette destruction de nos mâchoires? A l'évolution?
Non, Darwin n'a pas à être incriminé dans ce carnage de la dentition. Il faudrait rechercher d'autres origines bien plus insidieuses ou plus douces: on pense au sucre et surtout au manque de précaution dans sa consommation.

Si dans les temps les plus reculés, le miel et les fruits avaient leur rôle et apportaient quelques 10 grammes de calories bien nécessaires par an, ce n'est qu'assez récemment que les choses ont empiré. Le Néolithique allait préparer le terrain par la sédentarisation et la culture de produits à l'amidon et du sucre. Les abcès n'avaient-ils qu'à bien se tenir?

En 1700, la consommation de produits sucrés a commencé son ascension pour atteindre un premier record de 600 fois la consommation de sucre originelle, soit 60g par an et par habitant. La découverte du sucre de canne et de la betterave allait agrémenter bien des palais et aussi commencer le travail de sape par l'intérieur. Les premières atteintes à la santé se faisaient ressentir mais encore très sporadiquement. Les septicémies non soignées entraînaient la mort mais on ne peut pas parler d'hécatombe. En 1800, 5 kilos se cachaient dans l'alimentation du citoyen de l'époque.

L'ascension allait devenir exponentielle avec le 20ème siècle. Aujourd'hui, en moyenne, chaque homme sur terre consomme quelques 35 kilogrammes de sucre par an. Les dernières quarante années ont littéralement fait exploser les courbes en s'élevant de 300%.
Les sucres ne se retrouvent plus seuls dans le petit morceau blanc ou brun. Bien d'autres produits ont rejoint le club des produits à base ou contenant ce merveilleux suc plein de douceur mais qui s'est mis à contrecarrer les plans de notre santé. Les caries dentaires, l'obésité et les problèmes cardio-vasculaires allaient correspondre à une consommation abusive et qui ne trouvaient pas de contre partie dans les efforts physiques.
se-sucrer-au-propre-comme-au-figure_20.jpgBeaucoup de boissons, d'aliments innocents contiennent des quantités non négligeables de ce sucre. La bouteille de limonade = 10 morceaux durs, 1 coca = 4, des produits laitiers, bien qu'indiquant, de toute bonne fois, son désir d'être bon pour la santé présentent sur l'étiquette un pourcentage bien moins innocent. Le jambon a même l'honneur de contenir cet ingrédient qui va lui donner plus de goût.
On commence à toucher le problème majeur: le diabète qui n'est plus seulement présent à la naissance ou transmis par les gènes de l'hérédité, mais qui s'éveille en pleine force de l'âge alors qu'aucun signe précurseur pouvaient le présager.
Grignoter en permanence devant la télé, le dessert "obligatoire" a généré quelques 150 millions de diabétiques dans le monde et ce chiffre est en continuelle expansion. Un demi million de malades, rien qu'en Belgique, souffrent de cette maladie toujours contraignante par les soins nécessaires et les dangers qu'elle entraîne dans ses suites. Cela constitue plus de 10% des frais du Ministère de la Santé.
Les professionnels de la santé tirent évidemment la sonnette d'alarme, mais ils se heurtent, comme fin de non recevoir, aux firmes alimentaires. Les objectifs des lobbies travaillent dans une autre cours que celle du Ministère de la Santé.

A la question posée, "Le sucre est-il un poison?", la réponse est certes très subjective et les habitudes ne se changent pas aussi facilement pour autant que l'industrie nous en donne le choix.

L'allégation nutritionnelle souvent citée au Canada impose des règlements bien précis sur les aliments et leurs degrés d'acceptation dans le cycle de la vente.
Les produits de substitution,
l'aspartam, par exemple, ne sont pas nécessairement exempts de critiques, non plus.

se-sucrer-au-propre-comme-au-figure_66.jpgPersonnellement, comme Obélix, mais sans avoir son poids, je suis tombé à pieds joints dans la marmite sucrée. J'adore les petits gâteaux, le chocolat et les petites gâteries. Tout comme les fumeurs de cigarettes ou les consommateurs d'alcool, tares que j'ai pu éviter, devrais-je un jour penser à me reconvertir. Je cherchais déjà le S.S.S., le "Syndicat des Sans le Sucre", mais je ne l'ai pas encore trouvé.

se-sucrer-au-propre-comme-au-figure_10.jpgPlus tard, je suis tombé sur un article qui titrait "Le sucre et ses clichés". Il était plus interrogatif. La règle de base préconisée était "variez l'alimentation". Fruits, légumes, céréales, poisson au menu en limitant sel, graisses saturées et alcool.

Cliché 1: Le sucre fait grossir. Des études scientifiques ont contesté la corrélation entre sucre et obésité. Les glucides n'engendrent pas une augmentation de graisse. En plus, le sucre coupe l'appétit. La combinaison sucre graisse sous forme de pâtisseries et barres chocolatées peut, c'est vrai, conduire dans l'excès et faire grossir.

Cliché 2: Le sucre détruit les dents. Les caries sont en effet provoquées par le sucre, après une attaque de l'émail par les bactéries. L'hygiène buccodentaire avec dentifrice au fluor contrecarre cette évolution si elle est pratiquée avec soin.

Cliché 3: Le sucre entrave l'absorption de vitamines. Une enquête scientifique en Australie prouve que le sucre n'influence pas de manière significative l'assimilation des vitamines B6 et B12 et d'autres. Seule une absorption de sucre importante supplante l'envie d'absorber d'autres aliments contenant des vitamines.

Cliché 4: Le sucre donne le diabète. La "Women's Health Study" a prouvé que le sucre n'augmente pas le risque de diabète. L'apparition de la maladie analysée sur 40.000 femmes de 45 ans pendant 6 ans, n'a pas augmenté les cas de diabète de type 2 (dû au surpoids). Saccharose, glucose et lactose faisaient partie de l'analyse.

se-sucrer-au-propre-comme-au-figure_60.jpgLe sucre ne serait dont pas si mauvais pour la santé. Seule la combinaison sucre graisse serait dommageable.

Nos enfants sont-ils condamnés à l'obésité ?
En Suisse et dans le monde, l'obésité des enfants est devenue un vrai fléau. Si les causes de ce phénomène sont multiples, les géants de l'agroalimentaire sont dans le collimateur.
Publicité aguicheuse, produits peu équilibrés, étiquetage douteux, l'industrie porte sa part de responsabilité. En proie à une concurrence féroce, les producteurs de petites douceurs pèsent de tout leur poids face aux efforts de prévention et de législation.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime qu'en 2004 l'obésité ou la surcharge pondérale concernait plus de 22 millions d'enfants de moins de cinq ans dans le monde. Principaux accusés : les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'exercice physique, avec pour conséquence alarmante un accroissement des cas de diabète de l'adulte et de maladies cardio-vasculaires précoces. Tous les regards se tournent naturellement vers l'industrie agroalimentaire, car les enfants sont devenus des cibles privilégiées des stratégies marketing, avec des produits et des campagnes de pub parfaitement calibrées. Packaging colorés, mascottes attachantes, cadeaux séduisants, vertus énergétiques: tout est bon pour attirer les enfants et rassurer les parents.

Dans le cadre de son programme contre l'obésité lancé en 2004, l'OMS demande à l'industrie agroalimentaire de réduire les quantités de sucre, de graisses et de sel dans leurs produits, ainsi que d'offrir plus de choix et d'information aux consommateurs, notamment par un meilleur étiquetage. Des résultats ont déjà été obtenus, en France, notamment avec la disparition des distributeurs dans les écoles. Mais l'industrie fait de la résistance et essaie de retarder toute nouvelle législation, au nom de la libre concurrence et du libre choix des consommateurs.

Une enquête dans l'agroalimentaire a été menée (Fabiola Flex: "N'avalons pas n'importe quoi!) avec pour mission de déterminer si en choisissant des produits dit "diététiques" ou "allégés" avec de faibles teneurs en sucre et pauvre en calories apportaient des plus. Ce n'était pas gagné dans les résultats. Le chocolat, par exemple, est un subtil mélange de sucre et de graisse. Diminuer l'un, c'est augmenter l'autre. Et vice et versa. Les autres produits alimentaires ne font pas beaucoup exception. Le consommateur d'aujourd'hui veut se faire plaisir et n'a pas le temps de comparer produit par produit. Où irait-on s'il n'y avait pas un peu de confiance aux étiquettes et à la pub.

Les vitamines et minéraux enrichissant ne sont pas la planche de salut car ils ne sont pas nécessaires dans nos organismes et l'overdose guette. On ne nous ment pas, on oublie seulement d'ajouter certains points. Les anti-cholestérols ne devraient-ils pas se retrouver dans les pharmacies plutôt que dans les grandes surfaces? Alors, vu le prix qui ne fait que grimper si en plus on faisait fausse route?

La saccharose, d'origine végétal, couplé à la vitamine G, appartient aux glucides présentes dans toutes les plantes contenant de la chlorophylle. En dehors de la canne à sucre ou de la betterave sucrière, les sirops (avec le palmier à sucre), les dattes, l'agave ne font pas vraiment recette dans cette fonction de par le monde. 

se-sucrer-au-propre-comme-au-figure_65.jpgLa malbouffe, elle, vient d'outre Atlantique, c'est un fait incontestable. Il n'y a qu'à regarder les obèses de là bas pour le constater. Prendre le temps de se restaurer alors que tout doit aller toujours plus vite et plus simplement est devenu le cadet des soucis. Alors on grignote, on mange au mieux sur le pouce du vite fait, du préparé qu'il faut passer au four à micro ondes.

Les fast-foods ont la cote chez les jeunes (et parfois les moins jeunes). Bon, un peu de cette nourriture n’est certes pas dangereux. Bien contrôlée, ce type d’alimentation garde une volonté de rester saine. C’est sa seule chance de garder sa position prépondérante. Une variété de choix dans l’alimentation est cependant une obligation naturelle. Une nourriture riche nécessite une dépense physique du même ordre. Manger, ne peut être comme quelque chose qui fait passer le temps ou se fait parce que c’est "amusant". Les risques d’épidémie de tomber dans cette extrémité ne se retrouvent pas seulement dans l’air mais dans la manière de vivre.

Mais pourquoi avoir parlé au figuré dans le titre?

Il y a 30 ans sortait un film de Jacques Rouffio, "Le sucre", qui avait impressionné par son caractère nouveau. Une fameuse spéculation autour du sucre qui tourne à l'aigre. Le "méchant" de la finance devenait victime, lui-même, d'un autre, plus gros, plus malicieux et qui faisait s'effondrer les cours de Bourse. Un précurseur, non?

Alors, pour remplacer ce sucre engraissé au propre et au figuré, peut-être faudra-t-il chercher d’autres genres de «douceurs» bien ailleurs.

- Chérie ? Tu veux ou tu veux pas? 

 

L’enfoiré,

 Le Panda sucré?

Citations:

 

  • "Quand on a oublié d'acheter du sucre, on peut parfaitement sucrer son café avec une betterave, mais c'est plus long.", François Cavana

  • "Ma femme adore tout ce qui est raffiné... Le sucre, par exemple.", Pierre Doris

  • "Les hommes, c'est comme les chiens, il faut alterner le sucre et la baffe !", Ariel Zeitoun 

  • "Trop de colle ne colle plus, trop de sucre n'adoucit plus.", Proverbe chinois

  • "Le thé à la menthe doit être amer comme la vie, mousseux comme l'amour et sucré comme la mort", Proverbe marocain

07/04/2008

Révolutions en parallèles?

612652546.jpgLe 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?

Note aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40 ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.

La femme et l'homme:

1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine.  L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.

2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les pipeshow ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de...  "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli. 

Les jeunes:

1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied.  Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé.  Sex, love, drug and Rock n'Roll.

2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, sex and Rap.

L'éducation:

1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".

2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.

Le travail:

1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d'interim  BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.

2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés.  La retraite est problèmatique. Les plans de pensions se comptent en pilliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et  n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laissers pour compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.

L'argent:

1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.

2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.

Vie au quotidien:

1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.

2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
 

La santé:

1968: Christiaan Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du coeur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987. 

2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussisent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour trouver la parade au cancer au aux maladies cardio-vasculaires.

Justice ou injustice:

1968: Le "Germinal" de Zola, on n'y pense plus en occident. On n'accuse plus et on se passionnera pour des affaires qui montent en épingle une différence de justice entre les classes sociales (Bruay-en-Artois, Villemin, Ranucci...). Les hold-up commencent à répondre au manque de ressources.

2008: En Chine, un nouveau "Germinal" interne et un néo-colonialisation externe, mis sous silence par les autorités. La délinquance de bas niveau est en diminutions suites aux précautions des gens et des banques qui se réfugient mieux derrière des portes et camions blindées. La pédophilie et les crimes en série sont en augmentation et atteint les plus fragiles. Faits relativement nouveaux, ils monopolisent l'attention des citoyens étonnés.

Écologie et environnement:

1968:Aucun avertissement écologique. Le parti écologique n'existe pas.

2008:Réchauffement climatique fait planer le risque majeur. La biodiversité disparaît en entrainant les espèces de manière accélérée. Rien ne va plus. Il faut réagir en catastrophe pour n'avoir pas plus de catastrophes climatiques. 

Énergie:

1968: le charbon et le nucléaire (1960) se partagent la production d'énergie. Monopole de Framatom. Environnement des lacs et sécurité souvent mis entre parenthèse. Le vent, la mer, le soleil, on sait qu'ils existent depuis toujours pour donner de l'énergie mais le pétrole est trop bon marché. On fait des files à Paris pour avoir 5 litres d'essence à 0,18 euros le litre.

2008: Le nucléaire est de plus en plus décrié. Certains pays ont planifié la fermeture des centrales. Monopole d'Areva. On recherche dans la panique les alternatives. La fusion nucléaire est encore dans les limbes. Le prototype du projet ITER devrait être achevé en 2016 à Cadarache. Le vent, la mer, le soleil, on se rend compte qu'ils ne peuvent pas apporter, dans l'immédiat, le besoin d'énergie suffisant. Le prix du pétrole en augmentation constante par la spéculation et la rareté qui se dessine à l'horizon. La pile à hydrogène est l'espoir de demain. "Ambiance électrique" dans la recherche d'alternatives, dans la précipitation vu l'échéance des produits énergiques classiques. On commence à rationnaliser l'essence au prix de 1,54 euros le litre, vive l'essence payée en dollars. 

Guerre et paix:

1968: L'hostilité contre la guerre du Vietnam est grandissante. Considérée comme coloniale. Les bombes au napalm font des dégâts humains (4 millions de morts) et écologiques rendant la flore improductive pendant 2 siècles. Plus de bombes sont tombées sur le sol du Vietnam que pendant la guerre 40-45. Des morts américains reviennent au pays. Tous les mots en "-isme" ne passent plus dans le langage des jeunes. Les symboles sont haïs par la jeunesse par manque de connaissance et volonté de casser les liens avec les "vieux". Les mères américaines défilent contre l'envoi des conscrits au Vietnam. Johnson arrête enfin le massacre au napalm. Aux Etats-Unis, Bob Kennedy qui apporte un nouvel espoir, est assassiné, cinq ans après l'assassinat de son frère.

2008: L'hostilité contre la guerre d'Irak croît de jour en jour. Intérêts financiers en jeu. Les nations étrangères sont sur place pour pacifier donc plus de bombes, mais des attentats de guérilla pour saper le moral des occupants. Des morts américains reviennent au pays. D'autres mots en « -ism » sont apparus. D'autres symboles ont été mis au goût du jour. La jeunesse ne les remarque plus. Le terrorisme met de l'huile sur le feu. Les budgets de sécurité ont explosé depuis 2001. L'Afganistan se relance dans le "talibanisme" après l'insuccès de la pacification internationale. Les mères américaines réclament le retour des GI de l'Irak avant l'irréparable. Les arguments pour les élections américaines fait planer le retour des GI d'Irak. Au Pakistan, Benazir Bhutto, qui veut apporter un renouveau, est assassinée.

Gouvernement français et ailleurs:

1968: Les étudiants font des barricades. La 5ème République, De Gaulle passe du raz de marée à une impression de vieillir aux yeux des Français. On lui dit en finale "Non". On gagne au niveau social. On s'intéresse à la politique. Idéologie communiste semble donner une réponse. Le ras-le-bol ne s'attaque qu'au capitalisme étranger et pas contre le parlement et le pouvoir. Le rêve d'un monde plus juste et égalitaire prôné par le pasteur Martin Luther King subit un coup dur à la mort de son idole. Déstructuration de l'autorité. Gouvernements masculins majoritaires. Le président Johnson annonce la fin de convertibilité du dollar en or. Le républicain Nixon élu, rendra le dollar flottant par rapport aux autres monnaies, plus tard. L'instabilité des prix internationnaux commençait.

2008: Une 5ème République, très modifiée, Nicolas Sarkozy a fait rêver avec des promesses du début et s'écrase car il n'a pas les cartes qu'il avait annoncé dans son jeu. Le jeu est truqué. On a perdu au niveau politique. La politique n'intéresse plus. Plus de droite, plus de gauche, plus de centre. Le communisme n'existe plus. L'écologie prend du galon. Seul le capitalisme persiste et signe plus fort que jamais. Pas d'alternatives. Le raz-le-bol s'attaque au capitalisme interne et externe. Le parlement et le pouvoir sont visés comme raisons des maux du monde. Le cauchemar du lendemain inégalitaire. L'homme se rend compte que rien ne change plus et l'autorité règne en bas et écoute en haut. Gouvernements bisexués.
 

Afrique:

1968:L'ébullition anticoloniale continue au Congo. Alger se débat avec l'autorité qui brime les récalcitrants. Génocide au Biafra.

2008:L'ébullition ethnique est toujours latente. La guerre larvée au Congo brime la population trop éloignée de la capitale pour être protégée. Alger est parvenu à oublier les génocides qui ont miné le progrès et qui ont été amnistiés. Le Darfour se meurt.

Protestations et manifestations:

1968: Protestation en Pologne. En Tchecoslovaquie, Alexandre Dubcek fait rêver par le mouvement du "Printemps de Prague" avec un socialisme à visage humain. Rêve qui tourne au cauchemar avec les chars soviétiques qui descendent à Pragues. La normalisation soviétique reprend le contrôle par la force. A Berlin, Rudi Dutschke, le "rouge" mène la contestation. Au Mexique, une manifestation d'étudiant tourne au drame à Tlatelolco. A Paris, on joue avec les pavés. A Bruxelles, on manifeste pour une volonté de liberté parallèle avec les flamands qui explosent à Louvain. Gaston Eyskens n'est pas aimé et devient 1er ministre avec un gouvernement social chrétien. Bruxelles est le centre des discussions dans une première réforme de l'Etat.  

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2008: La Tchécoslovaque, divisée avec une relative souplesse, en Tchéquie et en Slovaquie, prospère à deux vitesses. La Yougoslavie n'existe plus et se retrouve régionalisée. L'Est s'éclate, morcelée. L'URSS est morte mais toujours en léthargie dans l'esprit de ceux qui n'ont pas profité de l'explosion du communisme. Elle renaît de ses cendres en réaction mais démocratiquement tronquée. A Paris, on défile, prévenu par SMS ou par Internet. A Bruxelles, on manifeste pour le pouvoir d'achat et pour les manques d'équité avec SDF. La scission BHV hante l'esprit du gouvernement mené par le 1er ministre Leterme avec un gouvernement gauche droite. Bruxelles est le centre des discussions dans une nième réforme de l'Etat.

 

Europe centrale ou des régions:

1968: Encore dans les limbes de la communauté de quelques membres de l'origine. Chaque pays se veut suzerain. Le gouvernement belge, en crise saute, raison: question linguistique. On veut exclure les francophones de l'université catholique de Louvain.

2008: L'Europe se retrouve avec un "melting pot" de langues, de cultures, de volontés d'imposer ses propres volontées. La résolution du problème de l'immigration est devenu crucial. L'esprit de clocher règne toujours. La couverture qui rétrécit est arrachée de dure lutte et des compromis tournent parfois à la compromission pour rester crédible devant les citoyens européens. La centralisation au niveau de Bruxelles est mal ressentie. Le régionalisme donne des envies de sécession et de séparation à l'amiable ou de manière plus musclée. On cherche un gouvernement belge stable et une réforme de l'état avec en toile de fond un régionalisme plus ou moins séparatiste pour suivre les deux langues nationales dans leur séparation.
 

La communication et médias:

1968: Radio, télé, téléphone à la maison et cafés de rencontres. Radio bistrot bien au concret. On discute entre copains dans la proximité. On mélange. On censure.

2008: Moins de radio, de télé, mais plus de téléphones de partout et vers partout. Internet, nouveau venu, mange le temps restant. On tchatte. Le virtuel pour discuter, pour mélanger la hargne et le mécontentement. Démocratisation de la communication au niveau mondial. Le Karcher est en marche mais s'exprime d'avantage que d'être efficace.

La vision du futur:

1968: on commence à rêver au siècle suivant. Stanley Kubrick sort son "2001, l'odyssée de l'espace". Le plus rapide, le Concorde (Mac 2,2) n'a pas encore fait son 1er vol expérimental mais il est planifié pour l'année prochaine.

2008: La science fiction fait toujours des envieux dans un ailleurs meilleur. "Le jour après" fait peur. "Une vérité qui dérange" réveille. Le plus gros, l'A380 (Mac 0,85) est lancé dans les air. On cherche le remplacement du kérozène.

L'espace:

1968: Objectif lune. Sur Apollo VII, trois Américains tournent autour de la lune et repèrent des points d'atterissage. Arrimage réussit de Soyouz.

2008: Objectif lointain de Mars. La navette fait des allées et venues pour ravitailler la station spaciale avec arrimage automatique.

Loisirs:

1968: Recherche sous tous les attitudes et excentricités. Musique endiablée et rythmée. On ne cherche pas dans le passé des moments plus heureux. On invente du nouveau tous les ans. Mais on ne pense pas à bosser. On fume un joint roulé à la main. Les vacances, on se les limite de 500 à 1000 kms de routes, une fois par an, pour une période assez longue. On s'éclate en cadence jusque tard dans la nuit. L'avion est cher. Au cinema, les mauvais garçons font rêver dans une version idéalisée de "Bonnie and Clyde". Gainsbourg y remettra une couche de douceur. On regarde la télé pour se délasser et découvrir le monde. 

2008: Les attitudes sont plus figées. Le mouvement est créé par les clignotements des lumières. Le rythme est syncopée. Les banlieues ont eu leur temps pour réveiller les problèmes. Pour se donner un peu de souffle, on cherche à voir de plus en plus d'émissions des "années bonheurs". On imite ses idoles dans des karaokés. On pense au lundi très proche où il faudra re-bosser. "Heureusement", il y a plus de variétés de drogues qui fait la fortune des produits producteurs et la perte en des pays consommateurs qui ne savent plus comment les contrer. Les vacances, on les imagine dans l'année, de nombreuses fois, les plus lointaines possibles et pour des périodes de plus en plus courtes. Il faut s'éclater sur mesure et en peu de temps. L'avion, "démocratisé", remplace le tramway à la suite du low-cost des transports aériens. Les "casses" et "policiers" font recettes dans les cinéma et à la télé. Le téléspectateur regarde les series à la télé pour confirmer que le stress est bien présent partout. Les hobbies "utiles" sont, soit voulus par goût, soit forcés par la nécessité, pour permettre de combler un besoin du retour au manuel ou d'épargner les dépenses.

La technologie:

1968: La photographie sur film crée des emplois dans beaucoup de domaines annexes.

2008: Maitresse du jeu, elle se veut proactive qui à briser le chaine de travail. Le numérique remplace l'analogique. Poussée par la recherche appliquée. La recherche pur est toujours mal payée.

La religion:

1968: Ca s'en va. Le christianisme est en perte de vitesse.

2008: Et ça revient. L'intégrisme s'installe. L'islam surpasse la religion chrétienne en nombre de fidèles dans le monde.

1367639034.jpgL'esprit et l'air du temps:

1968: La révolution va changer le monde. Le "Che" est là, comme idole, pour le faire croire. Les icônes se retrouvent en politique. L'argent ne fait pas encore tout. L'imagination tente de sortir de l'ombre mais n'est pas au pouvoir. Les intellectuels sont brisés et forcés à la délation.

2008: La révolution est dans les rares moment du "home sweet home". Les icônes sont dans le showbiz. Sans l'argent, pas de vie. La dégringolade est au pouvoir. Internet est libre, mais cette liberté inquiète et des "contrôleurs" sont nommés pour le surveiller.

Les sports:

1968: Les Jeux Olympiques avaient lieu dans une ville qui ne devait générer aucun problème et pourtant... Tommie Smith et les Black Panthers allaient montrer un aspect des États-Unis qui dénotait avec les idées reçues. Le KKK avait, en principe, terminé ses activités. Retour de flamme, et pour cause, un poing fermé démontrait que rien n'était encore parfait de l'autre côté de l'Atlantique. Il s'agissait des droits civiques revendiqués par les noirs se considérant dans le mauvais plateau de la balance. Le désir d'être comme les autres dans un pays où on rêve simplement d'être comme tout le monde. Les JO terminés, Tommie Smith se retrouvera une marche en dessous sans emploi. Le doping sort de l'anonymat et a eu sa première victime. Le sport professionnel se propage dans l'individuel. Jean-Claude Killy et Bob Beamon sont des vedettes parmi d'autres. Silence radio rompu.

2008: Les Jeux Olympiques auront lieu, normalement, à Pékin. On s'aperçois que les Droits de l'Homme n'y sont pas encore dans le bol de riz. Ce n'est pas vraiment un problème de couleur dans ce cas. On remonte bien plus loin dans le temps. L'Amérique se retrouve au banc des accusés et est désigné comme le fautif des problèmes internationaux. Le doping est de plus en plus présent et crée des victimes. Le sport compense la sédentarisation de la vie professionnelle. La flamme olympique, toujours symbole, sert comme flambeau de la contestation. Silence radio rompu.

La musique et les chansons: Elle suit toujours l'actualité

1968: "All you need is love", "Hey Jude" par les Beatles. Comédie musicale "Hair" à Broadway. Renaud écrit sa 1ère chanson "Crève salope", Joe Dassin chante "La bande à Bonnot", Johnny Halliday "A tout casser", Hugues Aufrais "Adieu Monsieur le professeur", Dutronc "Il est cinq heure, Paris s'éveille". Adamo "F comme Femme", Les Stones, Azanvour "Tout s'en va"...

2008: Beaucoup de remakes, Mylène Farmer "Deshabillez-moi", Aznavour "La terre meurt" et "La fête est finie"... et vous en aurez bien d'autres à donner avant la fin de cette année.  

Une clip 68-2008   devait aussi exister.

Conclusions:

688165187.jpgCohn Bendit a dit, dans son livre, "Forget 68" que, depuis 1968, "On a gagné". Sarkozy voulait effacer ce "Mai 68" des mémoires le 29 avril 2007 lors d'une violente diatribe.  Ce qui a généré une réaction livresque d'André et Raphael Glucksmann dans un "Mai 68 expliqué à Nicolas Sarkosy".

On en est loin, oui, à première vue. Les problèmes ne sont pas les mêmes hier et aujourd'hui. Il est, désormais, interdit d'interdire dans la culture. En occident, on se perd un peu à la recherche de ce qui peut encore l'être. Le pouvoir et l'argent ont de plus en plus d'importance. On veut y être. La compétition est passée de nationale au niveau international. Pour toutes les nations du monde, la démocratie est considérée comme la politique salvatrice à atteindre pour celles qui ne l'ont pas encore sur leur tablette. Dans les pays dits riches, la révolution en 68 a été initiée par les jeunes qui essayent d'entrainer les ouvriers dans leur combat. C'était le Temps des Cerises, on se battait pour que tout change. En 2008, par contre, la grogne est plus profonde, plus silencieuse et couve dans tous les foyers suite au pouvoir d'achat qui sombre et qui fait glisser les classes moyennes à la case précédente se rendant compte que le pognon n'est pas tout. Il reste peut-être le temps de "queues de cerises" et on commence à se battre pour que cela s'arrête de trop changer (Anne Roumanoff).

Dans les autres pays moins riches, le niveau de la classe moyenne n'est, lui, pas encore atteint. Certains hésitent à se ralier à cette démocratie en réaction à cet Occident accusées de tous les maux par les autorités qui réagissent pour faire contre poids au capitalisme impérialiste.

127921904.jpgLes révolutions, de toutes origines, n'ont pas jamais trouvé les réponses, de manière définitive, aux problèmes des hommes. Elles glissent, vite, vers une évolution plus douce, vers un oubli volontaire. Au cours de ces quarante ans de réflexion, les leçons du passé n'ont pas passé le cap des frontières, dans une fausse autonomie, sans chercher le bien commun. Grande erreur. L'intégration du monde est devenu complète. De là, découle la difficulté à tout parti à exprimer avec succès toutes convictions. 

Les plus jeunes ont compris le "system" imposé. Ils ont réagi en fonction des données qui leur ont été présentées. Ils se sont adaptés, vaille que vaille, dans un esprit nouveau de donnant-donnant.

Les plus anciens qui ont connus 68, avaient, probablement, plus de motivations. Ils sont devenus plus hargneux en subissant un changement de conception qui ne correspondait plus à leur expérience et méthodes. Allergie aux changements? En partie.

Un manque de compréhension des problèmes des deux cotés de la barre des âges a créé un conflit de génération. Conflit qui se retrouve néanmoins dans un concensus de mécontentements. 

Alors, "échec" ou "progrès", "révolution" ou "évolution"? Questions de point de vue et de sensibilité.

Problème est-il devenu plus structurel que conjonctural?

Le journal Marianne titrait tout récemment: "La promotion des nuls" en solicitant le culte de la spontanéité et de l'authenticité. Les études ne seraient plus, dans ce monde-là, la panacée pour réussir. Les fortunes les plus énormes ne sourient plus qu'aux audacieux réfugiés derrière des idées qui sortent du chapeau. Microsoft, IGE, Yahoo ne sont que des exemples. Les travailleurs se retrouvent comme dindons d'une farce dont ils n'ont pas les rennes. Ils participent sans le vouloir dans une idolatrie des nouveaux symboles orchestré par le showbiz. L'écart entre ces deux mondes, qui s'ignornt, se creuse dans les même proportions des riches contre pauvres. 

326113526.jpg1968 a été une charnière de transition entre deux mondes avec une impression d'aller vers un mieux. Révolution culturelle menées par les jeunes avec la libéralisation de la parole dans le non-conformisme pour objectif dans une sorte d'explosion. Etant étudiant, je me souviens. L'agitation se retrouvait dans les café autour de l'université de Bruxelles et pris son envol le 13 mai en solidarité pendant 50 jours. Le 21 août, l'entrée dans la sélection pour mon service militaire pour trois jours au Petit Chateau de Bruxelles, c'était aussi le jour de l'entrée des chars russes à Prague.  Cela laisse aussi des traces dans la mémoire par l'excitation et la peur qui naissait par ricochet dans l'entourage.

2008, sera-t-elle une année de coutures instables entre plusieurs cultures avec une impression d'aller vers un pire? Les économistes confirment la cirise du capitalisme et cherchent une porte de sortie et des solutions pour contrer un krach. Révolution du prolétataria pour casser la spirale des prix et la déchéance progressive par une sorte d'implosion programmée? La contestation se trouve derrière les claviers des ordinateurs. 

Faut-il voir du pessimisme ou du réalisme dans cette comparaison. 

Internet concourrera, certainement, sous le chapeau de l'anomymat et des pseudos, à ouvrir la pensée tout azimut en intégration avec le monde. Cela se confirme à la constatation que l'écriture explose. Peu importe qu'elle soit appuyée par des bases ultra solides par l'éducation. Le nouveauté a de ses surprises.

Le pluralisme d'idées semble un fait accompli et est en marche. Le réveil se prépare probablement moins révolutionnaire mais plus durable dans son action sous les claviers.

Le "I have a dream" de 1968, fédérateur, charismatique est encore à apporter sur la place publique pour motiver les populations.

De toute manière, avec le recul, on constatera toujours que cela restera un débat et un combat de tous les jours, la vie.

"Une révolution permanente de la liberté humaine", disait quelqu'un.

 

L'enfoiré,

 

Sur Le Panda, y a-t-il des révolutionnaires?

 

Pour info: Pour en savoir un peu plus sur 68, Patrick Rotman présente sur France2, le 8 april,  le documentaire  "68"

Raymond Depardon, avec le même titre "68", présente un  livre d'images de l'époque. Hervé Hamon dans "Demandons l'impossible".

"Famille, je vous aime” de Luc Ferry, analyse aussi la différence d'époque.

 

Citations

  • « Para que queremos otra revolucion, si con una basta para hacernos ricos », Octavio Paz (qui a été emprisoné à la suite de cette phrase)
  • « A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. », John Fitzgerald Kennedy

  • « La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid », Salvador Dali

  • « La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres », N. Khrouchtchev

  • « Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops. », Jean-Marie Messier

  • « La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés. », Philippe Bouvard

  • « La crise actuelle ne doit pas faire oublier les services rendus par le capitalisme financier », G.Sorman

  • « Les autorités monétaires ne disposent pas des intruments pour résoudre la crise », D.Cohen 

 

Mise à jour du 30 avril: A la radio belge: "Mai 68, et après ?", à la télé : "Sous les claviers... la plage?"

    

 

15/03/2008

Rétro Chine (1)

retro-chine_carte.jpgGrande Chine, ton histoire ne date pas d'hier. Te revoilà plus forte que jamais, pour nous le rappeler et parfois pour nous effrayer. Nous sommes à quelques mois de l'ouverture des JO de Pékin. Essayons une rétro pour extrapoler, ensuite, sur l'avenir dans un deuxième volet.

L'histoire de la Chine remonte à la nuit des temps. Très riche par ses histoires de dynasties d'empereurs jusqu'en 1911. Le Figaro consacrait, en mars, un hors série en panorama sur cette épopée. Remontons seulement au début du 20ème siècle. L'impératrice Tseu Hi manipula les Boxers dans le but de repousser les étrangers hors de Chine. Le dernier empereur, PuYi, très jeune, resta enfermé dans la Cité Interdite (évocation dans le film "Le dernier empereur"). Le 1/10/1949, la Chine virait au rouge vif avec Mao Zedong, qui surnommé le Grand Timonier, créa sa République populaire avec le petit livre rouge comme livre de chevet. Il lança sa Révolution Culturelle, le 18 août 1966, pour mater les opposants. Se succédèrent après sa mort (10/9/1976), la Bande des Quatre menée par Jiang Qing qui croyait pouvoir prendre le pouvoir de son mari décédé, jusqu'à leur jugement. Par après, pourtant, Deng Xiaoping, surnommé le Petit Timonier, comprit que l'autarcie ne pouvait engendrer un futur sur le long terme avec une Chine trop refermée sur elle-même. Il ouvrit les fontières au modernisme à la chinoise et à une reconversion complète vers l'économie occidentale. Le 4 juin 1989, l'élan de liberté est brisé sur la Place Tian Anmen. Un nouvel élan, plus fort encore, survint lors de la désignation de Pékin comme ville des futurs Jeux Olympiques de 2008.

Film du temps, suspense en thriller pour les uns et liesse pour les autres dont on pourrait avoir une description et un titre de "Joutes Octopusiennes avant le 8 août 2008 à 8 heures" avec le parti chinois comme producteur, une centaine de millions de réalisateurs et plus d'un milliard deux cents millions de figurants. Donc: Actions:

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Sous une idéologie communiste menée par un parti unique dominant, une corruption toujours présente, une privatisation d'une petite minorités d’entreprises, l’économie de marché dans sa version la plus excessive voulait oublier, ostensiblement, le carcan socialiste désiré à l’origine. Une volonté de rattraper le temps perdu se manifestat pourtant d’une manière assez chaotique. Dans un boum économique, une élite se constitua des fortunes immenses en permettant de construire de véritables empires et s’attribuant le droit de vivre dans un luxe inimaginable. Les quotas d’exportation, supprimés en janvier 2005, décision prise dix ans auparavant entre les partenaires économiques, suffit pour faire croître le nombre de ces multi millionnaires et faire apparaître des milliers de nouvelles voitures flambant neuves dans les rues de Pékin.

Les quotas à l'exportation, une fois sautés, ils avaient bien vite été dépassés. Le blocage des cargaisons en excédent, arrivées par bateaux dans les ports européens, n'avaient plus reçu l'autorisation de décharger créant une nouvelle crise appelée ironiquement par les Anglais de "crise des soutiens-gorges" due à la pénurie qui s'était produite au grand dam des importateurs et des distributeurs européens. Ce dilemme survenait seulement deux mois après un accord correctif sur ces fameux quotas fixés entre la Chine et l'UE. Surprenant vaudeville qui se résumait par la question: "Alors, Monsieur Mandelson, tu bloques, volonté de la France et de l'Italie ou tu débloques, aspiration de l'Allemagne et d'autres ?". Acte II: en parfait équilibriste, il a trouvé le compromis: on débloquait et on 'grignotait' du quota de 2006 pour laisser entrer les marchandises. Un nouvel "œuf de Colomb" ! Il aurait suffi ensuite de recommencer l'Acte II si nécessaire, les années qui suivirent.

 

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Pourtant, déjà lors de la période de Noël de 2005, bien que l'on pouvait penser qu'un avenir radieux se présentait aux industriels chinois. Paradoxalement, voilà que le vague à l'âme se manifestait chez les fabricants de jouets chinois tandis que plus de 80% des jouets envahissaient l'UE. Bon nombre de producteurs de l'univers des enfants avaient été mené à la faillite par la hausse de leur coût de production qui n'avait pas pu trouver un correspondant dans leur prix de vente mis souvent au rabais par la volonté du marché. La crise du SRAS, les produits pétroliers à la hausse, la hausse du prix de la main d'œuvre avaient grevé les prix de revient. Concurrence interne. "Nous avons décidé de fabriquer des jouets moins chers, sinon on ne pourra pas survivre", disait un producteur de jouet. Le dumping écrasait son propre initiateur et concepteur.Les autres marchés plus haut de gamme étaient encore très limités à la copie des produits occidentaux. Les contrefaçons inondaient les marchés malgré les brevets. Si un progrès extraordinaire était au rendez-vous, le domaine intellectuel était pourtant un peu laissé en rade. Inventer et innover, nous en étions encore loin bien de la sophistication.

Brûler les étapes a des effets pervers sur l'environnement. Le 13 novembre 2005, par exemple, après une explosion d'une usine pétrochimique, probablement due à une erreur par manque de contrôle. Les conséquences catastrophiques ont été rendues publiques seulement le 24 novembre car les 80 kilomètres de pollution ne pouvaient plus se cacher. Une nappe de benzène, produit extrêmement nocif, s'est répandue dans le fleuve Songhua, au nord-est de la Chine, affluent de l'Amour et menacait la ville de Harbin et ses 4 millions d'habitants jusqu'à inquiéter la Russie. La suspension de distribution d'eau est telle que la brasserie de la ville a été demandée à la rescousse pour fournir l'eau qui était destinée au brassage de la bière. Urgence artificielle pour construire le pays avec une croissance trop rapide contre urgence pour la préserver des erreurs de parcours. Une nouvelle explosion, plus tard.


ef024cfe8ebd9ab883bd5db4529d6015.jpgFin 2005, la Chine décide de réduire sa dépendance vis-à-vis de ses besoins énergétiques. Elle va fermer 2400 mines de charbon dont l'exploitation souffrait de trop d'accidents par coup de grisou et d'une gestion sans beaucoup de scrupules pour les mineurs. Ce qui ne se dit pas, c'est que ces coups de grisou se produisent par manque de respect de ses travailleurs et se subissent par eux à coup de "forcing" pour en fin de journée pouvoir se payer un bol de riz.

Mi-avril 2006, un reportage "Fait divers" rapportait que dans le Sud du pays, le travail des enfants était utilisé pour le recyclage des déchets électroniques et aussi radioactifs car il ne faut pas oublier que la Chine possède la bombe atomique et a dû la tester. En effet, 50% de tous les pays à haute technologie du monde exportait en Chine leur trop plein de matériel périmé ou déclassé. Cela en dépit de l'interdiction d'importation de déchets. PC et circuits intégrés prenaient une valeur non négligeable quand on sait qu'ils détiennent souvent beaucoup de matière tel que le mercure et l'or. Le niveau de pollution entrainé dénote par contre un excès 5 fois supérieur à la norme supérieure. L'analyse du sang des enfants accuse une augmentation d'anormalité et 80% entre une et cinq ans, sont atteint de saturnisme. Mais encore une fois, mutisme chinois et de la communauté iinternationale qui profite de la situation.

Retour au 19 ème siècle à l'européenne? Championne dans l'inégalitaire, la Chine l'est avec 5% de sa population qui se partage plus de 50% des richesses. Les plus de 40 ans se souviennent de 1989 et de sa dure répression qui a laissé des traces. Avoir raison trop tôt et avant les autres Roumanie, URSS et pays de l'Est... n'apporte que rarement le succès. Après les paysans et les ouvriers, voilà les étudiants, les rejetons de classes moyennes qui manifestent leur mécontentement et leur volonté de préserver la valeur de leurs diplômes. Des sociétés privées délivrent des diplômes dévalués qui sont de véritables arnaques tandis que les grandes universités sont hors de prix. Lenovo, entreprise créée par Liu Chuanzhi est devenue l'incarnation du succès chinois et attire les étudiants sur le campus de Tsingshua comme les mouches. Un chiffre d'affaire de 13 milliards de dollars (3ème constructeur informatique) depuis le rachat de la division PC d'IBM ne passe pas inaperçu chez les jeunes qui y trouvent le confort high-tech américain. S'adapter aux désirs du client a toujours été son leitmotiv. Comment échapper à la réussite, pourrait-on penser? On en reparlera dans la deuxième partie.

L'histoire de la Chine peut être lue dans le livre de Jacques Gernet, professeur à la Sorbonne de Paris VII.


Réactions des autres:

En guise de réveil, l’Europe tente de se réunifier pour peser plus lourd dans le pouvoir décisionnel. On réagit au coup par coup sans véritable énergie de protection de sa propre économie. L'OMC empêche tout protectionnisme trop ostentatoire ou pointé comme trop passéiste.
La volonté nécessaire, la solidarité acceptée dans les déclarations est souvent non suivie d’effet réel dans la pratique. L’établissement d’un budget européen, nerf de la guerre, n’a même pas pu s’accorder très facilement dans les dernières réunions de l’UE à Bruxelles. L’Europe était, il est vrai, en panne d’idées et d’argent. Les élections françaises et néerlandaises étaient passées par là. Le Luxembourg, heureusement, par son 'oui' a pu faire croire qu'elle n'était pas morte dans l'esprit des gens. Le mini-traité va-t-il tout arrangé?

En 2006, le PIB de l’Union Européenne représente 9700 milliards d’euros, celui des US, 10500 milliards d’euros, la Chine s’octroyant seulement 1800 milliards d’euros. La croissance correspondante des premiers trottine au dessous de 2%, les seconds roulant encore à du 4%, tandis que l’Asie fonçait à du 10% et plus dans le même temps.

Le goût de l’innovation, des projets futuristes et leurs investissements dans ces domaines porteurs permettent aux US de se maintenir dans la bonne moyenne contre vents et marées. 80% des brevets mondiaux leur sont encore attribués. Dans cette volonté et grâce à la force de référence du dollar, ils n’hésitent pas à s’endetter et laissent aux autres le payement de leurs découverts. Ils vendent leurs dettes et achètent à l’étranger. La crise du Subprime, récente, montre un nouveau talon d'Achile pour tous. Réformer l’économie de l’Europe, sans reconstruire ses propres bases, arrivait au plus mauvais moment avec de tels niveaux de faiblesse dans la croissance. Ce n’était certes pas le ferment des investissements majeurs.

Dans ce contexte, la France poussée par les promesses électorales, voulant apporter plus de bien être à sa population, avait pris la direction opposée à toute la logique du 'prix / performance' en offrant les 35 heures par semaine. Penser accorder plus d’emplois en diminuant la quotité de travail de chacun n’était pas un pari gagnant quand le nombre d’heures de travail est en diminution. L’heure de travail devenait plus chère et moins compétitive en comparaison avec l’étranger. Le sacrosaint mot ‘productivité’ ne cessait de sortir des réflexions et, l’oublier, c’était faillir à courte échéance. Plus d’heures de loisirs n'était pas d’un grand bénéfice si le pouvoir d’achat n’augmentait pas dans le même temps. C'était le contraire qui se préparait. Moins d’argent en poche et continuer à vivre comme par le passé obligeait à se préoccuper beaucoup moins de la qualité et plus du prix. Le revirement de politique actuel n'a pas changé la donne.

Pour la FED, financer le déficit était la seule préoccupation pour rester crédible dans leur potentiel de remboursement. Laisser filer le dollar vis-à-vis des autres monnaies pour soutenir ses propres exportations montre une stratégie du chacun pour soi.

Le « low cost » asiatique, les délocalisations d'une part et le chômage d'autre part allaient de pair.
Beaucoup d’automatismes allaient évidemment dans le même sens de la diminution drastique de temps de travail nécessaire pour produire. Définir les secteurs de pointe du futur, faire mieux que toutes concurrences et se cantonner aux niches productrices d’heures de travail étaient à rechercher sans assurance d'y arriver. Ces nouvelles niches hautement technologiques ne comblaient malheureusement pas les ‘trous’ apparus après la disparition de la ‘vieille’ industrie lourde nécessitant beaucoup plus de main d'oeuvre.

66d30ea6a2ae40994ccddc9918656547.jpgCe qui énervait les partenaires de la Chine, c'était qu'au lieu de réajuster normalement le cours de sa monnaie à la suite d'une surchauffe provenant de son succès et des excédents, la Chine préférait refinancer la dette US. Les excédents gonflaient de 22% au 1er semestre 2006 (14 milliards de $). Il était impératif de stopper ou de contrôler la surchauffe. Une consommation interne plus robuste devenait nécessaire. Elle reste très faible actuellement et réservée à une élite.

La main d’œuvre bon marché chinoise associée à ce jeu de monnaies maintiennent artificiellement les prix à l’exportation à des taux tellement bas qu’ils en devenaient insoutenables pour les économies occidentales.

Le 21 juillet 2005, peut-être victime de leur succès, les Chinois décidaient de cesser d'arrimer leur yuan au dollar et réévaluaient de 2,1% la valeur de leur monnaie. Pour les occidentaux, le réajustement a été pourtant insensible car trop faible et profitable uniquement à quelques autres marchés asiatiques. Pourtant l'économie asymétrique de la Chine révélée par la situation intérieure et des régions les plus pauvres ne pouvait soutenir une appréciation trop forte de sa devise. Les économistes ne s'attendent qu'à un total de hausse de 6% au meilleur des cas. Ce qui éviterait un impact commercial trop brusqué.

970fe2d84bc111536ed8fa65cc5307d7.jpgMais, le pourcentage de 1,31% du PIB dans les investissements chinois en matière de Recherche et Développement était en hausse constante et pouvait, s'il continuait de la sorte, dépasser celui de l'UE qui atteingnait péniblement 1,93 % du PIB.

La faiblesse de certaines entreprises occidentales a incitées la Chine dans une politique du «Zou Chu Qu» ("allez vers l’extérieur") en s’attaquant aux fleurons de l’industrie occidentale par des OPA et des investissements très sélectifs et très stratégiques.

IBM avait abandonné sa production de PC aux Chinois sous le nom Lenovo pour 1,25 milliards d’USD (malgré le boycot américain). Ce qui avait permis à Lenovo d'augmenter ses ventes de 7% dès le premier trimestre. TCL avait racheté les téléviseurs Thomson et les mobiles d’Alcatel. Chevron était attaqué, Unocal visée par CNOOC et son OPA. Un barrage avait fait échouer l'opération (2 août 2005). Range Rover en recherche de repreneur voyait des candidats chinois aux premières places tout en annonçant une reprise de 1600 personnes sur 5000 par leur candidats acquéreurs. D’autres encore avaient pu changer de pavillon.

L’araignée chinoise tissait sa toile et 8000 entreprises chinoises avaient déjà mis un pied dans ces 160 pays fin 2005 d'une manière plus spectaculaire qu'au paravant. Il a généré un appel de fonds frais et les investissements alternatifs tournés vers ces pays dit 'en développement' sont passés de 60 milliards en 1980 à plus 900 milliards de nos jours. Ce nouvel intérêt constitue une véritable chance de réajustement des valeurs. L'Afrique et l'Amérique du Sud avaient aussi des attraits de la nouveauté.

Exempté des règles du traité de Kyoto, les Chinois augmentaient leur demande frénétique en matières premières et par leurs soins, le pillage des ressources naturelles ont commencé. La flambée du prix du pétrole s’explique en grande partie dans cette fuite en avant de la croissance nécessitant de plus en plus d'énergie.

Les US, comme d’autres, s'inquiétaient de l’irruption de la Chine, qu’ils considèrent souvent comme un partenaire déloyal, dans le secteur très sensible de l'énergie. L'Iran, voisin, fournisseur de pétrole, n'effraye pas la Chine avec ses envies de force nucléaire en échange du précieux pétrole.

On pouvait comprendre que le creusement du déficit commercial US n’avait pas l’heur de plaire aux américains et la discorde était à l’ordre du jour dans les réunions au sommet. Le fait que des grandes marques européennes passaient sous le giron des industriels chinois entraînerait très vite des liquidations dans les emplois américains au profit d’une relocalisation de leur production en Chine même. Les US partisans du libre échange passaient vite au protectionnisme d'opportunité. La production de voitures chinoises était en augmentation vertigineuse, la Chine passait d'un million en 2002 à 7 millions d'unité en 2007 et une prévision naturelle de 10 millions en 2010 et 18 millions en 2020. Comment écouler ce nouveau stock dans l'économie locale, pas prête à l'absorber, les 4 millions au moins devait trouver preneurs à l'étranger? La menace d'invasion était, on ne peut plus claire. Le côté dernier cri de la technologie avait été transmis par les industries occidentales implantées sur leur sol. A l'affut d'opportunités, dans le secteur des voitures bon marchées, Karel Cardoen présentait, dans une ambiance festive, ses nouveaux "bijoux" aussi banals (formes passe-partout, similli-cuir bon marché au marché belge dès 2007 avec la Brilliance, comme surnom européen plus pimpant que Zonghua BS6. 5999 euros pour une cinq portes, 11999 pour un coupé, 14999 pour pour un pick up avec la gueule de l'emploi. Pas encore conformes aux normes de sécurité et de pollution européeennes, ces voitures étaient là pour montrer à ceux qui n'auraient pas compris, qu'elles existaient, qu'elles présentaient bien. Un sondage primé par une tombola était organisé parmi les visiteurs pour tâter le terrain.

Incroyable? Non, prévisible. Leur première voiture de 1958 sous l'égide de Mao n'affichait alors qu'une fausse nostalgie mais surtout une volonté de montrer leur fierté vis-à-vis de leur progrès.

Entre temps, la partie est loin d'être gagnée. La RTBF démontrait avec "Question à la Une" de visu que même les sociétés américaines ne sont pas "clean" et se compromettent pour ouvrir le marché. Yahoo, jeune société d'internet américaine se voulait, à sa naissance, il y a une dizaine d'année, outil de liberté en ouvrant ses réseaux au monde, se retrouve aujourd'hui sur le banc des accusés comme moyen contre les Droits de l'Homme en travaillant la main dans la main avec la police chinoise pour pouvoir s'u-introduire sur le marché chinois. Perdant toute conscience, la société a fournit toutes les informations sur les coordonnées de ses clients. L'affaire Chitao, du nom d'un dissident, n'est que l'exemple le plus connu de procès qui ont envoyé ces personnes à l'ombre des prisons pour une dizaine d'années. Avec les informations, il a été permis de les piéger par l'approche illicite des emails, des Messengers, des blogs et autres outils d'internet. L'accès étant permis, la surveillance s'organise. Certains sites avec des mots bien précis ne sont plus accessibles. La place Tien Almen n'existe pas sur les moteurs de recherche. Le gouvernement a pris, sans s'en cacher, des dispositions pour effacer les risques d'une mauvaise utilisation des idées. Pas question de considérer internet comme une zone libre d'échange d'idées. Si la Chine se veut "miracle économique", elle reste en sous main vieille de plus de 60 ans. Hong Kong qui a statut spécial en fonction de son passé colonial a pourtant certains sites chinois complètement bloqués. Certains députés osent se lancer dans la bataille de la liberté en se fixant comme objectif prioritaire de donner la parole à tous. Aux États-Unis, une commission d'enquête avec Tom Lantos ne laisse pas beaucoup le choix d'un dilemme au vice président de Yahoo, Calahan, pour faire accepter l'idée d'un standard mondial. "Reporteurs sans frontières" a eu des difficultés énormes d'approcher les locaux de Yahoo de Pékin pour subir, en finale, un échec et recevoir une fin de non recevoir.

Il faut, il est vrai, avoir une philosophie bien accrochée avec quelques séance de Tai-chi en gym douce pour oublier les événements d'une "certaine vision du passé".

Le futur ne sera pas nécessairement plus calme, cela pour tous les partenaires mondiaux et très loin des "Nuits de Chine, nuits callines, nuits d'amour";

Comment comprendre cette Chine avec des yeux occidentaux? La fierté du chinois sans limite pour ses réalisations effaceraient-elles les maux inhérents aux processus très rétros vus le plus objectivement possible?

 

Sources: de multiples articles de du Figaro, de l'Echo et d'ailleurs récoltés dans le temps.

Suite que j'appelerai "Verso Chine (2)" avec la grande Chine vue au futur dans un prochain numéro.

 

 

L'Enfoiré,

 

Images qui viennent de Bruxelles avec des goûts de Chine 

 

Un collègue chinois, né à Hong Kong, après la lecture de cet article m'a fait part de ses impressions de l'"intérieur" que je ne manque pas d'ajouter:

 

Dans les années fastes, on avait l'habitude d'un taux de croissance constant et élevé sans devoir se soucier des répercussions sociales. On avait suffisamment de ressources pour absorber tout ça. Maintenant, si on veut maintenir le même taux de croissance, il faut passer par des mesures douloureuses comme la fusion, la réduction d'effectif, ou l'externalisation. S'il n'y avait pas cette obligation de rendement et si on pouvait se contenter de faire aussi bien que l'année avant, on délocaliserait beaucoup moins facilement. Je vais encore plus loin. Si nous avions tous la mentalité des juifs, on n’aurait jamais ce problème. Tu sais qu'un juif achète toujours chez ses compatriotes malgré que le magasin a côté coûte deux fois moins cher. Ici on voit bien que les affaires et le patriotisme sont des choses pas très compatibles. Il n’est donc pas très juste de taxer la Chine de tous les maux. Je ne vais pas jusqu'à dire que les Chinois sont des victimes de notre impérialisme, mais quelque part on a quand même notre part de responsabilité.
Revenons sur l'inégalité en Chine, sachez qu'il y a deux tiers de paysans pour seulement un tiers de citadins. Les paysans ont payés un très lourd tribut pendant la révolution culturelle de l'époque de Mao. Ils n'avaient qu'un seul objectif dans leur vie: quitter les champs et aller travailler en ville. Ils n'ont pas non plus beaucoup de moyens et de possibilités pour leur éducation. Tous ces facteurs accentuent encore plus l'effet naturel de l'économie de marché.
Malgré toutes les misères qu'on a vus à la télé à propos de leurs conditions de travail, il ne faut pas croire que tous ces gens qui travaillent jours et nuits pour gagner à nos yeux un salaire de misère sont des gens malheureux. Sinon ils n'auraient pas fait. Parce qu'ils peuvent toujours retourner travailler à la campagne. Ils l'ont fait parce qu'ils pensent que la vie est quand même meilleure qu'à la campagne. Et surtout ils ne pensent jamais de rester toute leur vie travailler ainsi.
Malgré des restrictions de se manifester, il y avait récemment des émeutes un peu partout dans des zones franches économiques. Le gouvernement chinois est conscient de l'imminence de l'explosion sociale en Chine. Ils seront obligés de prendre des mesures pour calmer les esprits. La répression n'est certainement pas la bonne solution. J'espère qu'ils puissent sortir un lapin de leur chapeau.
Reprenons les chiffres. Supposons que leur croissance se maintienne à 10% l'an. Il faut minimum 20 ans pour arriver plus au moins au niveau de vie occidentale. Tout cela en supposant que l'on ne fasse rien pour renverser la tendance. Leur chemin est encore long, très long. Restons donc optimistes !

 

Un des articles prédécesseurs : "T-shirts à gogo". 

Et Le Panda a-t-il aussi son mot sur la Chine?

 

Citations:

 

  • "Je vais en Chine pour mieux voir la France et ses problèmes.", Jacques Chaban-Delmas

  • "Peu m'importe qu'il y ait du sucre aux Indes, de la porcelaine à la Chine, du café en Arabie ; il faut qu'on me l'apporte.", Condorcet

  • "C'est un symbole. Comme disent les Chinois : Qui n'est pas venu sur la grande muraille n'est pas un brave et qui vient sur la grande muraille conquiert la bravitude.", Ségolène Royal

 

26/02/2008

Le petit oiseau est de sortie

Cette fois, c'est Polaroïd qui lâche la bride. La photo instantannée a été supplantée par le numérique. Dans ce cas, on sort la rengaine "On n'arrête pas le progrès". La photographie en donne des preuves évidentes souvent dans la douleur.

C057b33357ce82d7bd6d49715a1edd6c2.jpgertaines industries très florissantes dans le passé ont la gueule de bois ces derniers temps. En l'espace de moins de vingt ans, le dos au mur, elles se sont retrouvées devant l'obligation de changer leur production de toujours ou de périr.

Depuis l'avènement du numérique, toutes les industries qui tournent autour de la photographies ont été touchées: les producteurs d'appareil photos pourtant drillées aux changements de version en version, les fournisseurs de films et de papier photographiques, les entreprises de développements de ces mêmes films, les dispatchings qui orientaient ces consommables et qui doivent de plus en plus passer par l'intermédiaire d'Internet,... Tous se sont payés des restructurations très sensibles. Tout d'abord, en tête, Kodak, né en 1890 et qui fournit sur les deux fronts, pense diminuer la casse en se défaisant de 20.000 emplois dans le monde. En 2004, le Britannique Ilford, spécialiste de labo photo et des papiers noir et blanc, revendit ses activités par appartement.

Nikon a dit adieux à l'argentique et aux objectifs et plus aucun appareil reflex ne sera développé sans l'identification terminée par "-D". Ce n'est plus un virage mais une véritable cassure.

Chez Canon, 14% de ses ventes restent rentables dans les gammes "anciennes", mais il gère désormais les stocks d'EOS et se retirera comme d'autres sur la pointe des pieds. Bizarre de parler de "pied" dans ce cas. Lui, qui, par le passé, donnait une stabilisation aux photos, passe aussi à la trappe des objets devenus presque inutile face aux stabilisateurs électroniques d'images présents sur les appareils numériques.9f8601ad82061586f88b43e0876db367.jpg

Konica-Minolta baisse également les bras, abandonne, dès le 31 mars, son activité photo et passe la main à Sony. Celui-ci, numéro deux de l'électronique, désormais, est devenu le 3ème laron avec 10% derrière Canon (47%) et Nikon (33%). Des résolutions qui dépassent les 12 millions de pixels sont devenus presque monnaie courante. En Belgique, le marché du numérique atteindra probablement le million d'appareils vendus cette année. Renouveler sa gamme est devenu la seule manière de survivre.

Signe du changement complet, la recherche et le développement du film couleur ont été stoppés chez beaucoup de fournisseurs. Chez Agfa-Gevaert, la division film avait été rendue indépendante avec le nouveau nom d'"AgfaPhoto" dans un premier stade pour permettre la mise en lumière les raisons de la faillite prochaine de la division. Les avocats en Allemagne ne chôment pas pour obtenir des compensations pour les travailleurs du secteur. Et, c'est la chaîne complète qui est touchée: fabricant de pellicules photos, laboratoires de développement et du tirage qui se fait désormais chez soi avec l'imprimante. Agfa-Gevaert, Option et Glabal Graphics sont en tête des cibles potentielles pour de nouvelles OPA. Oserais-je dire, "y a pas photo".

Mi février 2008, Polaroïd rejoint les vieux objets modernes et annonce qu'il arrêtera la production de ses appareils à développement instantané, aujourd'hui, en qualité et en processus. La firme recherche dès lors repreneur et s'associe désormais à une autre qui planifie de développer des imprimantes sans encres. Breveté en 1929, le papier photographique instantané se composait de cristaux aciculaires qui grâce aux champs électriques et magnétiques absorbaient la lumière polarisée sur une feuille dichroïque.

Tous se sont rués dans la voie tracée par le numérique avec plus ou moins de bonheur après un réveil douloureux.

Comparativement à d'autres développements technologiques qui apportent un nouveau média, un nouveau support de l'information, cette fois, c'est toute une infrastructure bien en place depuis bien longtemps qui vacille sous ses bases. La photo n'a pourtant pas trop à se plaindre quand on pense à la photographie argentique sur film qui a une histoire qui date de plus d'un siècle. C'est peut-être pour cela que le séisme a été plus intense que d'habitude. A force du temps, les rouages d'une entreprise bien graissés perdent malgré tout l'élasticité pour rebondir au quart de tour. De nos jours, le cycle de durée de vie des produits technologiques ne dépasse que rarement les dix ou quinze ans. Les CD, qui ont poussé les disques vinyles dans les musées ou dans les mains de passionnés collectionneurs, se voient progressivement supplantés par les DVD. Sans être une nouveauté révolutionnaire, ces derniers obligent les consommateurs à renouveler l'équipement de lecture et d'écriture pour jouir de cette augmentation drastique d'informations stockées sur le même type de support. Ces DVD se voient également en perte de vitesse et dépassés par une technologie plus performante tout en cherchant encore des standards.

Pour la photo, par contre, une véritable révolution, un "tremblement de terre" chez les employés de toutes ces firmes se sont donc produits dans plus ou moins de silence. Les budgets ont complètement changé d'orientation avec tout ce que cela entraîne de modifications structurelles. Les grincements de dents n'ont pas certes manqué parmi le personnel. Ils ne sont pas venu de l'industrie de la photo proprement dite, qui freinait probablement des deux pieds. Les reconversions ont pu s'envisager chez les plus jeunes, mais...

Des débuts fastidieux du développement de la photo numérique ont pourtant été à la base du lancement. Sortant pour la première fois des usines Sony, en 1982, à petite échelle du caméscope et du Mavica, le premier appareil photographique numérique avec des images stockées sur mini disque magnétique de 2 pouces (Mavipak) permettant d'avaler 50 images. Énormément de points négatifs. Prix exorbitants, manque de résolution et de précision n'allaient pas générer les passions et a fait un flop à l'époque. Un capteur CCD de 279.300 éléments de silicium (sur 570x490 pixels) recevait l'image à partir de l'objectif au travers d'un filtre à bandes (RVB). La définition limitée à 700 lignes horizontales n'étant tout juste bonne à tirer un format d'image de 120*160 mm (MaviGraph).

Les difficultés des débuts a aussi été oubliées par une production de plus en plus grande poussée par la presse et les magazines spécialisés. Ceux-ci annonçaient vraiment l'utilisation possible et rentable dès les années 2000. Les derniers soucis en concurrence avec les bons vieux appareils pleins de maturité s'estompèrent progressivement. La vitesse de prise de vue qui a toujours tenu à l'écart les photographes de sports fait désormais partie du passé. Les résolutions en Méga Pixels (MPix) toujours plus gonflées permettent de rivaliser avantageusement au niveau des résultats avec les 24/36 de l'époque: 10 Mpix, ce qu'il faut pour agrandir ses photos suffisamment et en plus à bon marché. Que demander de plus? L'avantage majeur pour le consommateur c'est qu'il peut voir sa photo directement après l'avoir prise par le petit écran vidéo, qu'il peut en fonction du résultat approximatif corriger et refaire immédiatement la photo ratée. Les prix ont littéralement fondus et se sont rapprochés de leurs prédécesseurs. Prédécesseurs qui disparaissent derrière des prix en porte clé dans l'occasion.

Depuis, en vacances, que prend-vous comme appareil photo pour mémoriser vos ébats? Le petit nouveau avec le petit écran derrière, évidemment.

Une question reste en suspend : la pérennité de vos résultats "papier" imprimés avec l'imprimante à jet d'encre. Beaucoup de textes et commentaires on déjà relevé ce point. Affaire à suivre.

Un "Nouvel Obs" de août 2006, présentait un article intitulé "High-tech à la recherche des clients perdus". Cherchant la solution pour un producteur qui voit son produit devenir ringard après une époque longue out très courte. Il analysait les problèmes à la suite du boom des écrans plats, des clés USB, des baladeurs MP3 qui ont poussé ces sociétés dans les cordes de la technologie numérique. Le magnétophone à cassette, vous en avez encore un très probablement dans votre chaîne HiFi. Il fonctionne toujours parfaitement. Question subsidiaire: "L'alimentez-vous par de nouveaux enregistrements?". La clé USB enterre les disquettes plus sûrement que prévu. L'écran cathodique vit son chant du cygne pour couronner les articles de l'obsolète. Se balader avec du MP3 pendant des heures innombrables a séduit avec la collaboration efficace du PC pour le chargement. Le photophone, nouveau mot, qui intègre l'appareil photo numérique dans le téléphone. Multifonctionnel, ce genre d'appareil était à ses débuts franchement mauvais dans sa fonction "photo" et relevait plus du gadget. Aujourd'hui, encore une fois, on a de quoi se faire surprendre en photo avec la qualité en plus. Ce qu'il y a derrière, les optiques Carl Zeis, toujours dans le coup par leur renommée et par la reconversion réussie dans les appareils de demain. Nokia a présenté son N93 qui en plus de téléphoner va fournir des photos de qualité 24X36 avec zoom incorporé. Qui dit mieux?

Du côté cinéma, après une bataille de standard, le DVD-HD de Toshiba est dépassé par le Blu-Ray de Sony qui fait son grand cinéma. Même format que le DVD haute définition mais avec 5x plus d'informations gravés.

Et pourtant, certains osent à parler de "Photo, quand on abandonne le numéric". Et, ce n'est pas par nostalgie.

Investir dans la technologie? Qui oserait encore penser le faire autrement qu'en Bourse. Les produits High Tech vivent presque moins que l'espace d'un matin. Le dieu "Progrès" est intransigeant.

Si le consommateur veut réellement gagner à tous les coups, il n'y a que le producteur qui doit investir dans la technologie de pointe, jamais lui même. A peine sorti du magasin, votre beau jouet sous le bras, plein de sophistications, vanté par les magasines les plus "à la pointe", cet objet du désir aura déjà du plomb dans l'aile de la nouveauté. Mais, quand on aime, on ne compte pas. Le point positif reste que, depuis le numérique, la photo a le vent en poupe. On n'a jamais fait autant de "clic" derrière ce petit écran magique. Alors, ne jamais laisser son appareil dans l'armoire et utiliser tout de suite et à fond la caisse, si le besoin existe. Voilà le véritable message "conseil" de cet article.

Ne jeter pas, non plus, vos appareils photos analogiques et vos beaux "cailloux" qui ont accompagné tant de journées fantastiques en conservant vos précieuses images stockées sur des films gardant le suspense jusqu'au développement bien plus tard. Ils ne sont pas encore à mettre au rancard. Il est parfois possible de les connecter avec les nouveaux. Même si le numérique a beaucoup d'avantages pour le particulier par rapport aux appareils argentiques, certains professionnels ne l'ont pas rejetés et gardent jalousement leur bijoux de technologie légèrement "dépassés". Arrière garde? Pas vraiment donc.

Une fois acheté, amortir cet objet de rêve au plus vite sera votre préoccupation de tous les instants. Ramener les plus belles photos de la terre devrait nous motiver et nous faire oublier la "duperie" bien naturelle de l'évolution des technologies.
Et puis, comme toujours, ressortir d'un grenier, un peu empoussiérés, ces beaux joujoux auront peut-être plus de valeur qu'il n'y paraîtrait au premier abord. Les collectionneurs de tous poils existent et dans un musée, les choses prennent souvent plus de plastique.

Malgré que la couleur se retrouve dans toutes les visions du monde, le film noir et blanc a encore, à raison, ses "fanatiques". Seul un réajustement, un repositionnement s'imposent. Dans un autre domaine, les disques vinyles existent toujours dans les fonds de greniers mais souvent sans aucune chance d'en sortir car le fameux pickup n'a pas eu la même chance. Bientôt les cassettes VHS, les CD vont subir les affres du temps et de la mode.
Dans quelles mesures, faudra-t-il arriver à la conversion complète dans une reconversion? Le consommateur-client sera seul juge. Pour une fois, qu'il a ce droit au chapitre, le poids de la masse restera le décideur exclusif.

N'oublions pas qu'une photo reste un "snapshot", un espace de temps figé correspondant à un moment de vie. Le souvenir qu'apporte ce "stop sur image" permet de s'assurer bien plus tard et de se montrer à soi-même et aux suivants qu'on a existé un jour en pleine jeunesse.

Au rythme où vont les transformations des technologies dans la photo numérique, une question urgente se pose pourtant. La pérennité de nos photos. Ce n'est pas seulement le temps qui pourrait les altérer. Combien de temps nous permettront les industries de pouvoir consulter nos bibliothèques d'images qui, étant numériques et théoriquement éternelles, dépendraient uniquement de lecteurs compatibles vers le haut mais aussi vers le bas de la chaîne? Ne plus avoir les bonnes lunettes pour voir nos belles photos serait tellement peu enviable. L'informatique et ses logiciels de plus en plus performants assurent vaille que vaille cette compatibilité vers le bas mais en y apportant de multiples corrections de version en version. L'Hybernatus de demain aura-t-il la chance de revoir les photos de sa jeunesse? Le match 24X36 avec pellicule contre le petit nouveau numérique à écran comme oculaire est joué. Les ventes d'appareils analogiques se sont effondrées. La "Rolls Royce" de l'argentique, toujours pas sous le "reflex", Leica a presque mis la clé sous le paillasson. Le concept "reflex", lui, n'est pourtant pas mort. Il reste toujours aussi professionnel dans sa volonté d'affiner sa perspicacité, mais il a seulement changé le clin d'œil du "petit oiseau" dans l'appareil. La miniaturisation fait un retour en marche arrière sur le réflex numérique. Il retrouve des objectifs qui ne sont plus mignon du tout.

Nous avons touché de près le domaine des professionnels sans pourtant le traverser. En parallèle, il y a les "grands", les 6X6 qui n'ont pas disparu. Hasselblad, par exemple, touche seulement un autre public plus averti de professionnels. Les objectifs à soufflet pour photographier les bâtiments n'ont pas totalement disparu. Le passé n'a pas encore dit son dernier mot.

Si la photo panoramique a élargi les horizons, la photo en relief n'est pas encore sortie des limbes avec l'anaglyphe et la stéréoscopie. Le cinéma dépassera probablement la photo de vitesse pour le relief. Pour la télévision, c'est déjà en marche chez Philips et Samsung, sans lunette pour le premier avec des écrans WOWvx et des rayons lumineux émis par l'écran. Un nouveau chapitre bien plus palpitant peut-être s'est rouvert dans ce sens. Ouvrir une 3ème dimension se sera, alors, ouvrir la véritablement la fenêtre à l'image. Certains s'y intéressent déjà.

5bc1f0c8da0d7d367d4bb59034c83fbe.jpgSans verser dans les excès présentés par le film "Photos obsessions", bien entendu, photographier reste une passion. Maintenant, si la nostalgie vous prend, peut-être un retour sur les anciennes photos, des anciens négatifs et dias pourrait par la digitalisation remettre les choses en place. L'imagination est seule conseillère avec les logiciels existant pour y remettre un aspect d'aujourd'hui.

medium_Le_petit_oiseau_est_de_sortie_01.4.jpgCe clin d'œil-ci, vous ne l'avez pas vu, car le petit oiseau vient de rentrer au bercail.

A vos appareils, donc, pas de saison pour les sortir de leurs étuis. La passion ne vient pas de l'appareil mais de ce qu'il y a aux deux extrémités de l'oculaire: le paysage et l'opérateur. La photo, ensuite, ce n'est jamais qu'un ensemble de trois couleur: le bleu, le vert et le rouge.

Analogique ou numérique, même passion.

 

L'enfoiré,

Si la technique de l'actu et du futur vous intéresse, suivez ce site, photovore, parait-il.

Vous en voulez de l'histoire analogique, en voici une : "L'étonnant destin des photos de Serge Prokoudine-Gorsky"

Mais on parle de photos... et si on montrait les parcs de Bruxelles en photos par exemple

Y aurait-il photo chez Le Panda?

 

Citations:

  • "Avenir : Sombre, incertain, complexe mais aussi ouvert, flexible, changeant... Comme l'économie et comme les technologies.", Luc Fayard

  • "Avec des nouvelles technologies, ne sommes-nous pas en train d'assister à la disparition inéluctable de l'auteur ou du créateur au profit d'une marque ?", Paul Virilio

  • "La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa.", Michel Serres

  • "La technologie c'est comme le poisson. Plus ça reste en rayon, moins c'est appétissant", Andrew Heller

  • "Serons-nous capables de choisir les éléments de la technologie qui améliorent la qualité de vie et d'éviter ceux qui la détériorent ?", David Baltimore

 

18/02/2008

Tout pour rien ou rien pour tout

2cca00470d9f7ecce8944d3e8e03c429.jpgL'antagonisme entre le virtuel et concret est de plus en plus troublant. Internet fait penser que tout peut s'acquérir sans bourse déliée. La réalité dans les magasins va dans l'autre sens. Où est la faille? Le prix des choses et celui des hommes ne seraient-ils plus en équilibre? Entre rêve et réalité?

 

- Tu vas quand même pas payer pour cela? Tu as vu, c'est gratuit ou presque sur Internet: logiciels freeware, tickets d'avion, le magazine de la télé et j'en passe. T'es fou d'acheter cela dans le commerce.

La Toile fait subir ce revirement à la pensée et à l'action réactive sans réflexion. Dans le même temps, on assiste à une augmentation du coût de la vie pour les denrées de base. L'indispensable concret devenu cher, le futile virtuel tendant vers la gratuité. (Le FOSDEM 08 23-24 février)

On vous le dit, pourquoi payer pour ce que vous obtenez gratuitement avec la cerise sur le gâteau en plus?

La pub passe désormais par l'intermédiaire du "gratuit". Google et Yahoo pompent toutes les informations sur nous consommateurs et nos petites "défaillances". Juteuse, cette information au vu des résultats de ce genre d'entreprise. L'information personnelle passerait donc au premier plan?

c91d8deb08d604717ea1356848c5abd6.jpgLes eBay de toutes sortes, ont aussi effacé quelques dollars ou euros de l'addition au passage par une vente-troc organisée au niveau biens ou plus vicieux  et esclavagiste en mettant aux enchères l'heure non plus vers le haut mais vers le bas ("Haro sur jobdumping.de").

Les droits d'auteur (DADVSI) ont été aussi mis à l'index. L'intelligence et les droits de pensée ne se monnaient plus. Mais qui paierait en définitive pour la mise sous tutelle ? ("Le Copyright remis en question: lettre au Ministère de la Culture". "Appel aux créateurs et aux artistes ...")19b03c324a8014a94f25906b51e1cc93.jpg

Dans les airs, on parle de  "low-cost" de l'aviation.(L' UE réagit très violemment aux prix des compagnies low-cost). Ce n'est pas la Cour de Justice européenne qui précise des indemnités en cas de retard des vols, une obligation d'informer le passager, le remboursement en cas d'annulation qui changeront la donne. Le cauchemar pourrait venir par le manque de sécurité. Les mises en consigne pour le contrôle et la maintenance coûtent encore très cher. 5470a3d321afed8c5e91dbc8cf866e59.jpgUn modèle économique basé uniquement sur la compression des coûts de production, est il viable? Retour de manivelle aussi par la consommation inconsidérée du kérosène, toujours pas remplaçable.

Minimiser le prix de revient n'est pas dénué d'effets secondaires.

"Vivez moins cher en 2007" disait "Plus Magazine" fin décembre 2006.

Alors, les jeunes ont choisi, suivis par les moins jeunes: "On veut tout à la vitesse d'Internet et sans plus bourse déliée" avec moteur intégré publicitaire. La vie privée n'a qu'à bien se tenir.

Il est vrai que cette nouvelle tendance ne vient pas du ciel. Elle est arrivée avec la dévalorisation voulue par des hommes et par le travail des sociétés, par la Société. "The System".

458064841.jpgDéclin et abîme inéluctable en bout de course? Où est la contrepartie? Qui paie tout cela, cette fausse gratuité ? La pub ne peut pas tout.

Il faut le chercher à l'étage du dessous. Dans le concret, il en va tout autrement. Le consommateur s'est vu contraint de rechercher une issue sur une marche encore plus basse. La classe moyenne n'est plus moyenne. Elle a aussi raté une marche dans la manoeuvre. Et cela est beaucoup plus grave car c'est elle qui assumait l'achat de cette production dans sa grande majorité.

Le pouvoir d'achat a perdu 2%  au minimum et ne suit pas l'index. Des contrats à tous les niveaux deviennent des peaux de chagrin enveloppant des bénéfices non négligeables. Mais pas partout.

Dans les multi-nationales, c71400b46c095460ca90adcaa2206872.jpgl'ouverture des marchés sans frontières, sans aucune retenue et sans filets. Baisser ses prix ou mourir pour les petites sociétés. Marche ou crève dans le bas de l'échelle du côté "consommateur".

Le travail a été dévalorisé. Pour compenser et survivre, certains tentent même de compenser et de condamner à travailler plus. On oublie par là même que le temps de plein emploi est obsolète et que beaucoup de machines ont remplacé des tâches de plus en plus sophistiquées. Le low-cost tout azimut doit oublier du même coup le prix de la qualité et la motivation de créer.

Les matières premières, elles, tenues dans un étau appelé "Wall Street", pendant de très longues années, par les pays consommateurs aux dépends des pays producteurs, se réveillent et prennent, comme il se devait, un jour, leur envol.

57f71ef62fb8f3f7f3315fd81d75e8ec.jpgLes Belges craignent pour leurs portefeuilles. Problème de plus en plus commun dans notre "occidentalité". On ne cherche pas à savoitr d'où cela est  venu, où on l'on va mais, alors, on y va ! L'indice en Belgique a augmenté en 2 ans de 5% dans l'ensemble des produits et, jusqu'à 7%, pour les produits alimentaires et l'énergie. Heureusement, l'index bien que lissé reflétera bientôt une partie de la hausse. La Belgique est passé en 12ème rang en deux ans en Europe (d'après une étude GfK) dans le classement du pouvoir d'achat. La Suisse, occupant la 1ère place, la France, la 9ème. Énergie, loyer et nourriture étant le tiercé de tête.

"Le pouvoir d'achat continue de résister à la hausse des prix", titrait l'Écho à la Saint Valentin. La Banque Nationale belge appelait, du même coup, à la modération pour préserver l'indexation automatique et éviter la spirale négative prix-salaires-prix. Mais jusqu'à quand et avec quel parachute? Le consommateur pour prendre un peu d'avance sur les augmentations commencent à stocker les denrées qui ne sont pas trop périssables. Il devient le stockiste du magasin et fait artificiellement augmenter les ventes.

La pérennité des produits n'est plus assurée. Tout évolue à la vitesse de la lumière, tout s'étiole et devient obsolète déjà à la sortie du magasin. Les fournisseurs s'en rendent compte de l'intérêt et nous vendent de l'immédiat, du consommable aux jours comptés. Le conjoncturel n'atteint plus jamais le stade de structurel. L'OMC a orchestré les échanges internationaux. Ces sociétés internationales harmonisent leurs activités à cheval sur une multitudes de pays en garant leurs bénéfices dans les pays qui donneront le plus de sécurités et de rendements au niveau fiscal. Les petite sociétés locales triment en haïssant cette concurrence des plus fort. Elles s'adaptent, elles bradent, elles soldent. Elles cherchent le juste prix, les coupables de cette envolée des prix et elles répercutent chez leurs clients "de passage" en espérant en conserver quelques fidèles.

Si les GSM ont baissé de prix, les communications téléphoniques sont en pleine croissance. Les carottes n'auraient seules pas suivi l'inflation. Le pain subirait une augmentation non justifiée par le prix du blé, ni de l'énergie, ni par la saison. Une entente, seule, sur les prix serait donc à l'origine de l'augmentation. Le prix des produits saisonniers est souvent calculé en extrapolant à partir de la récolte de l'année précédente ou en anticipant d'une augmentation. Offre et demande toujours en équilibre dans de telles conditions? Baisser les prix de l'énergie? Peut-être, dans le durable, mais pas dans le fossile.

730f73d7de1a427d49abda8c9ecd8026.jpgL'extinction de la classe moyenne n'assumera plus le produit du travail, très bientôt. Dans une économie telle que la nôtre, l'argent est fait pour rouler. Arrêter le pouvoir d'achat, c'est ralentir de fait la production dans une civilisation productiviste.

La presse propose de petits conseils amusants par leur innocence à cette perte de pouvoir d'achat  : acheter en vrac, productions maison, supprimer gaspillage, rassembler ce qui est normalement dissocié. Le "do it yourself" avec les meubles Ikea, le Brico n'est pas à la portée de tout le monde.  

Continuer à trouver l'amélioration du niveau de vie par une augmentation du travail? Il faudrait se demander, comme il est fait pour l'habitat au citoyen responsable, par où, il y a des "pertes de chaleur". Les caisses, comme annoncé partout, seraient vides. Les cadeaux ne seraient plus à l'ordre du jour et cela malgré les promesse électorales. Supprimer la pub? Travailler plus pour gagner plus? Faire plus avec moins? Schizophrénie, en plus. Quel est le but? On ne comprend plus. Des débats entre gauche et droite n'éclaircissent pas plus l'horizon. De la poudre de perlimpimpin quotidienne ne change rien.

La diminution du nombre d'heure de travail semblait la solution pour entamer un siècle suivant, le 21ème rugissant? Les machines ont depuis longtemps supprimé les travaux répétitifs et qui demandaient une trop grande quantité de personnel. Il faut l'assumer. Les compensations où traînent-t-elles? Le besoin de produire par le travail est bien présent, mais mal ajusté. L'efficacité ne vient pas de la quantité mais de la qualité. Travailler mieux, sinon, ce serait se jeter l'opprobe après avoir imaginé les machines pour améliorer la qualité du travail.

Et si l'heure de travail était revalorisée, au contraire? Mais à quel prix?

Plus besoin, tout est gratuit, répondrait une voix jeune, en écho. Il y a manifestement de la friture sur la ligne...

Tout ne passe pas par l'intermédiaire d'Internet.

Les réponses à mes craintes du "tout gratuit" se trouveraient, donc, ailleurs. Dans une à une de ces lignes, des textes comme si, tout à coup, elles m'apportaient le démenti à mes idées préconçues que chaque minute engagée devrait être payée au juste prix.Alors, on réfléchit. Certains sont provocateurs, révolutionnaires ou innovateurs.

"Abolir le travail, pour en finir avec le chômage et autres tracas" pour ne citer que ce très bon article bien documenté. Les affres du productivisme qui devraient être corrigés, selon l'article, par "certaines de ces technologies dites de pointe et pourtant vieilles comme le monde, comme les énergies renouvelables, les réseaux d’échanges de savoirs, les réseaux de troc sur la Toile et en dehors. L’allocation universelle -en attendant ou en précipitant la fin du capitalisme- est une autre piste provisoire à étudier prudemment. Dématérialiser l'argent...activités axées sur l’éducation, le bien-être et la santé, les services publics et concrets à la collectivité, la créativité et les arts... consommer moins pour travailler moins"

Pensées suicidaires ou rêves utopiques? C'est du moins ce que je pensais en arrivant avec le poids de l'habitude et des conventions culturelles.

Bien que je pressente toujours certaines failles au nouveau "Système" évoqué par ce nouveau courant d'air "frais", je dois avouer que cela ne se goupillerait pas trop mal mais, dans des conditions très précises, drastiques même. Pourquoi consommer le trop plein de ce qu'on ne peut plus se permettre de consommer? Une grève de la consommation au bout du chemin? Peut-être pas.

Il s'agirait d'un changement de société dans sa globalité et à multiples facettes.

  1. Une spécialisation accordée de commun accord par les pays et aux pays. Chercher et choisir son créneau d'activité et laisser les autres dans le leur. La concurrence ne ferait plus chuter les prix dans ce cas. C'est un peu ce qui se passe dans les faits, mais après de terrible coup de semonces. Les PC, l'électronique, sont déjà dans les mains de qui de droit. Les autres ont déjà bien compris. L'organisation est en place pour aboutir avec le maximum d'efficacité. Qu'il existe des créneaux demandant une spécialisation plus poussée, n'est pas un problème et pourrait se faire ailleurs. Si par contre les tâches dépassent le cadre d'un pays par leur ampleur comme pour l'espace, unir les forces en dehors de toutes perspective de concurrence serait bien plus nécessaire et adéquate. Une collaboration plutôt qu'une compétition. Un échange d'actions au sommet plutôt qu'un rachat. N'est-ce pas un pis aller pourrait-on rétorquer? La concurrence a ses limites mais aussi ses incitents à la découverte.

  2. La motivation, le besoin d'entreprendre, on ne les chercherait plus dans le travail mais en soi. Ce serait nouveau. Ce "moi", il faudrait le découvrir avec le maximum de précision. Si l'homme a inventé le travail, on ne le réserve normalement pas aux bébés, quoiqu'on attende de moins en moins de temps pour lui donner les informations nécessaires. Donc, il est si pas remplaçable, amendable dans sa conception. Où chercher la motivation? Trouver une occupation motivante en dehors d'un travail imposer, tout le monde n'en a pas nécessairement les compétences et la volonté. Il faut orienter. Désoeuvrer une population est la pire des situations. Être en vacances tous les instants de la vie, n'est plus des vacances. Il faut meubler son temps pour rester vivant. Ne rien faire, ce n'est pas conserver la santé. N'en déplaise à Henri Salvador. Tout est question de personnalité. Génération d'assistés? Peut-être pas, mais demandant une "terrible" remise en question, pour le moins. Plus question de vivre en vase clos.

  3. Une éducation motivante et perpétuelle dans des domaines inattendus et pas nécessairement rémunérés. Un hobby. Pourquoi pas? Tout reste à faire de ce côté. Mais on travaille dans l'autre sens.

  4. Le plein emploi, lui, est devenu une chimère qu'il faut ajuster perpétuellement dans la flexibilité en fonction des besoins de par et d'autres des acteurs transactionnels. Flexibilité qui nécessiterait le moins de déplacements physiques.

  5. Les programmes des candidats qui se sont présentés aux élections françaises, pour attirer les votes, contenaient des arguments qui laissaient croire qu'il était possible de consommer soit sans bourse délier, soit par une production avec toujours plus d'efforts. Les robots arriveront, très probablement, à le faire complètement. La cyberscience s'y intéresse. Mais, ce n'est pas encore pour demain.

  6. Une autarcie dans la production de ses besoins essentiels immédiats mais dans une vision solidaire du monde. On ne parlera plus de "trouver un nouveau modèle français" pour contrer le capitalisme américain, mais plutôt un modèle européen, voir mondial.

  7. L'infrastructure générale, le mode d'emploi de la carrière partielle ou totale, au bureau ou ailleurs est à réétudier de fond en comble. Tout devient simple et complexe à la fois dans la réalisation. Il s'agit, plutôt, d'une véritable révolution. Faudra-t-il engendrer des enfants qui dès la naissance seront affublés d'actions en bourse, capitalistes avec le biberon dans la bouche? Sera-ce comme actuellement, les uns qui n'arriveront pas à écouler leur précieux avoirs faute de temps et les autres qui ne pourront trouver le petit "plus" qui fait seulement vivre ou mourir ?Plus tard, rien d'anormal, comme seules études obligatoires recevoir des cours de gestions de fortune pour la survie. Gestionner sera aussi travailler.

  8. Le chômage qui joue le rôle d'assistance sans retard à l'allumage et sans perte de vue.

Il n'y aurait donc plus qu'à attendre. Serons-nous sauvés pour autant et à temps? Est-ce vraiment les réponses du berger à la bergère avec le panier vide?

La nature a ses lois que les réalités connaissent très bien.

Les travailleurs occidentaux sont relativement protégés par des lois sociales efficaces et des conditions de travail contrôlées ont dû subir des dé-localisations. Mais, là où les choses se corsent, c'est dans la manière où cela se produit désormais. Tous les abus sont permis. Le mot "éthique", on ne cherche pas trop à le traduire dans certaines langues asiatiques.

Ce sera un choix de société à la clé. Le low-cost et le high-cost ne font pas partie de la solidarité entre les hommes. Autant s'en souvenir.

Reste-t-il encore une chance de trouver des investissements dans le progrès réel des produits sans ce procédé qui dévalorise biens et personnes et sans externalisation de l'esclavage d'une autre époque pour les hommes?

Vendre, oui, travailler pour produire, ce qui sera utilisé à bon escient avec un travail de base qui rapporte à son auteur et un peu moins à ses commanditaires, intermédiaires et distributeurs finaux. La marque ne compterait plus seule en "background".

Sans changement de mentalité, le "tout pour rien" prendrait le chemin de la glissade vers le "rien pour tout". C'est sûr.

Pendant ce temps, la pub nous rappelle qu'il faut devenir "millionnaire" et "scandaleusement riche" pour vivre et se sentir à l'aise dans sa peau et pouvoir payer le luxe qui n'a pas du tout quitté la scène des offres.

Monde à deux vitesses? Le fossé, imperceptiblement, s'est creusé un peu plus dans cette dichotomie infernale.

Alors, encore un peu plus de recul s'impose dans le réel, le pur et dur. Si l'argent n'avait plus de valeur, voyons ce qui se passe chez les gens pour qui c'est le cas et qui n'ont plus à se préoccuper des affaires bassement matérialistes.

Avec les derniers rebondissements du réchauffement climatique, renaissent des élans de sagesse. La consommation des vêtements dans nos pays représente 8 kilos de vêtements qui passent à la trappe tous les ans pour suivre nos envies de rester "in". L'achat de 12 kilos de vêtement dans la même période constituait un débours de quelques 1600 euros. Acheter dans la durée et pour cela accepter de payer un peu plus dans l'ancien "Système". “Il faut être très riche pour acheter du bon marché”, concluait dernièrement un vendeur à la grande surface. Avait-il tout compris et était-ce un renégat, une taupe?

Les philosophes s'interrogent aussi sur cette gratuité. Francine Markovits, professeur de philosophie à Nanterre, dans son livre "C'est gratuit", concluait pourtant qu'on n'a jamais rien pour rien. La dépendance est au bout du chemin du "pas de pognon". Offrir à un tribus qui signifie devoir rendre un peu plus pour l'"heureux" élu et ainsi de suite. La charité dans le rapport homme à homme est souvent une satisfaction narcissique.

L'école gratuite, personne ne le remet plus en question. Il y a la solidarité qui joue pour assurer. Gratuit, ce ne l'est d'ailleurs pas totalement. Les fournitures, vacances scolaires, cantine le prouvent (en 2007, 100 euros par enfant). On voudrait même, dès lors, pousser le bouchon plus loin. Investissement supplémentaire pour la jeunesse de demain, disent certains. Aberration économique, pour d'autres. Un rapport prix performance est la seule réponse. Offrir du pouvoir d'achat à ceux qui en ont le plus besoin pour conserver la liberté, est la solution préconnisée. La gratuité serait un pis aller.

ab0efa417498c069bf6f4f90045bf9f4.jpgL'argent, "mal nécessaire" ou "outil" à utiliser avec la plus grande précaution?

Devra-t-on reprendre le bâton de pèlerin devant ce dilemme ayant des relents de cacophonie et s'évader dans "Un monde Ailleurs" que chante Jean-Louis Aubert?

Je dois dire que je me plaisais bien dans celui-ci. J'en avais pris les habitudes en plaisirs et en réflexions. Celles-ci m'ont épuisé. Il restera à compter vos points et vos réactions.

J'en frémis d'avance.

 

L'Enfoiré,

Les réactions du Panda ne sont pas rien...

Citations :

 

  • "Toute humanité veut vivre, mais elle ne veut pas payer le prix et ce prix est le prix de la mort.", Antonin Artaud

  • "Le seul prix qui intéresse vraiment un écrivain, c'est le prix du livre", Guy Bedos

  • "La rareté fait le prix des choses.", Pétrone

  • "Il en est de la valeur des hommes comme celle des diamants, qui a une certaine mesure de grosseur, de pureté, de perfection, ont un prix fixe et marqué, mais qui, par-delà cette mesure, restent sans prix, et ne trouvent point d'acheteurs.", Chamfort

  • "On se souvient de la qualité bien plus longtemps que du prix.", Gucci

  • "La gratuité pousse les gens à surconsommer, c'est-à-dire à agir à l'encontre de toute logique", Etienne de Callatay

  • "Aujourd'hui, les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien", Oscar Wilde

12/02/2008

Choc au "la"

Le chocolat, vous connaissez, évidemment. La Belgique en a en partie fait sa marque de fabrique. Son "la". La vigilance est pourtant à respecter de ce côté. La concurrence et les petites affaires intéressent. Les têtes tombent. En quelques mots, « cela pourrait risquer de ne plus être comme c'était ». Affaire à suivre du passé au futur à la veille de la Saint Valentin.

3c3f1c1091d6196a21b0f644d3595443.jpgUn article de l'Echo du 24 décembre dernier nous apprenait sous un titre assez humoristique de « Du loukoum dans les ballotins du chocolatier Godiva » que le groupe alimentaire Campbell a vendu la marque de chocolat Godiva, « La Rolls-Royce du chocolat », d'après la pub, au holding turc Yildiz pour 850 millions de dollars. La vente n'a demandé que quelques mois. Les charmes étaient là dans les vitrines. « Bonne nouvelle » était dit du côté belge: « Nous sommes très contents de ce retour dans le monde des entreprises familiales et privées », disait le patron de Godiva Europe.

On crée l'Europe. Elle est en marche. Marche par marche. On a seulement oublié, cette fois, que la dernière n'est pas encore arrivée.

« Equipe et management resteront en place », dit l'acheteur "généreux" dans une fusion ou un rachat. On ne change pas ce qui marche.

Tout resterait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin, presque...

La société « Campbell Soup » propriétaire depuis quarante ans avait été approché par le Suisse, « Lindt & Sprüngly », voulait changer de crèmerie ou plutôt y retourner par un recentrement de base. Et oui, la « soupe », c'est pas vraiment « chocolat ».

Mais pourquoi s'en rendre compte quarante ans après? Pourquoi s'être penché sur le chocolat dans un mariage douteux?

Cinq cents millions de dollars de ventes annuelle, est le point qui écrase tous les autres. Entre 750 et un milliards de dollars de rapport. La fléchette est bien tombée dans le mille.

Yildiz, de son côté, connaît la musique. Actif aussi dans des domaines encore assez centrés dans les télécoms, l'emballage, l'informatique, les services et l'immobilier avec un chiffre d'affaire de 7,4 milliards a fait un investissement comme un autre.

Cette fois, la « machine » va tourner dans un autre « système » moins odorants. Mais l'argent n'a pas d'odeur, dit-on. Du "Belge" qui s'en va? Mais, non, on vous le dit: Lady Godiva garde tous ses charmes en noir, jaune et rouge.

Et puis, même la Rolls-Royce auquel Godiva fait sa référence dans sa publicité, n'est plus l'anglaise d'origine non plus.

L'acheteur étranger, lui, s'en retournera tout fier avec son ballotin « Made in Belgium ».

A chacun ses souvenirs, ses bons coups et ses misères. Toutes les histoires du chocolat sont d'ailleurs bien "croustillantes".

En 1920, le fondateur de Godiva, Joseph Draps, était entré à Bruxelles, à l'âge de 14 ans, dans la confiserie familiale. Une aristocrate du 11ème siècle, « Lady Godiva », qui voulait arrêter de lever des impôts, l'a inspiré. Le mari de cette généreuse idéologue, pour la dissuader, lui, imposa de traverser la ville en tenue d'Eve. En 1946, la chocolaterie démarre. Godiva rachète « Corné de la Toison d'Or » en 1988. Aujourd'hui, donc, on chante "fort comme un Turc".

Mais où est le temps où Bruxelles brusselait, comme chantait le Grand Jacques? La planète « chocolat » ne serait plus véritablement « belge »? Oui et non.

Fondé en 1911, par Barry Callebaut, la marque Callebout  est toujours à base de cacao et de chocolat à la belge. Quarante usines. Moins visible à la Grand Place de Bruxelles, c'est sûr. Direction repris en 2002, sous la houlette du Belge Patrick De Maeseneire.  Présent au Brésil et en Afrique, ces environs lointains sont comme sources bien dans ses prérogatives. La proximité est cruciale d'après lui avec le plus de contacts humains. A la base donc et aussi au niveau « client ». Il a même une mémoire visuelle. Les machines, il peut presque en donner un nom à chacune. A la question des problèmes politiques belges, il est clair: « Comprend pas !». Après une scission, une rupture entre communautés, viendrait, d'après lui, apporter une volonté de rupture entre villes ayant pourtant la même langue, la même culture comme support. Il veut seulement garder ne fut-ce que l'idée qu'il existe un « chocolat belge » comme étendard.

Un symbole comme un autre? Pas vraiment, puisqu'il est parait-il aphrodisiaque, ce chocolat.

50a0a4d7569d036b79e5a84ce8928b6a.jpgNeuhaus a passé l'anniversaire des 150 ans en 2007. Jean Neuhaus, d'origine suisse invente les chocolats-bouchées en les baptisant "Pralines" en 1912 et sa femme les emballe trois ans plus tard dans un ballotin. Véritable affaire de famille, son beau fils invente des sortes de pralines comme le "Caprice" et la "Tentation".

 

La marque à l'éléphant, Côte d'Or, a une histoire encore plus tourmentée. En 1883, Charles Neuhaus, chocolatier-confiseur depuis 1870, dépose la marque, référant à son lieu de sélection de ses fèves, le Ghana actuel. a7af8c4b0e387d5043cf06b52d2d8bb1.jpg

Les familles Michiels et Bieswal en 1906 créent le logo et fourrent leurs chocolats de crème en bâtons dès 1962.  En 1987, le Suisse Suchard acquiert Côte d'Or. 1990, Philip Morris reprend Suchard. En 1999, Morris cède Kraft Jacobs Suchard à Nestlé en 2004. Côte d'Or passe à la casserole.

9d1c08833d7eab54752fbb0c085119d6.jpgLe chocolat Jacques suit de près, fondé en 1896 par Antoine Jacques. Confiserie, pain d'épices s'associaient très bien au chocolat en tablettes. Le raffinement est la volonté et la maison est certifiée AMBAOfin 2000. En 2005, situé à Eupen, la gamme des produits fusionne avec ceux de Callebaut sous son nom propre. Son Musée du Chololat y attire des visiteurs depuis 1994.

ba01fe90e7c40a0fb4dba36474cbda4f.jpgDepuis 1910, Léonidas Kestekides, confiseur aux USA, arrive en Belgique. Membre de la délégation grecque des USA à l'Exposition Universelle de Bruxelles et de Gand en 1913, il remporte respectivement une médaille de bronze et d'or pour ses confiseries au chocolat et ses gâteaux. Son neveu Basile, industriel fait parlé de lui à partir de 1935 de tous les coins de rue de Belgique ou d'ailleurs. Il invente les Manons qui vont se vendre à la rue derrière des guillotines. Les pralines allient chez eux les noisettes de Turquie, les griottes du Périgord, les amandes d'Italie et les noix de Grenoble. Pour s'assurer la fraîcheur de la grande production, l'adoption du système "Hazard Analysis and Critical Control Points" a été choisie.462ea903322f228ef56c361cfa0fa02e.jpg

Plus proche dans le temps, le chocolatier Galler a, en 30 ans de passion, creusé sa niche chocolatée. Ses "Nnséparables" en coffret ou "Corsages" en coeur, parfois associés aux vins tout en finesse, ne sont plus inconnus.

Pierre Marcolini, baptisé artisan en "haute couture version chocolat" gagne des trophées après celui de champion du monde de pâtisserie en 1995 et séduit même Nestlé. Situé à la Place du Sablon à Bruxelles, à Tokyo, Londres, Paris et New York, il exerce son art au niveau "luxe". Des racines italiennes, des études de chocolatier-pâtissier à l'école hôtelière du Ceria à Bruxelles à la recherche de la perfection et de l'édification d'un véritable empire du chocolat au sommet de la présentation créative. "Quand j'étais enfant, je raffolais du chocolat et des autres sucreries. Bien que mes parenys m'aient appris que la gourmendise devait être considérée comme un péché au sens chrétien, les douceurs sucrées exerçaient sur moi une attirence irrésistible. Pour obtenir deux desserts, je tentais de persuader mon frère de m'échanger son dessert contre un jouet", avoue-t-il. Prémonition?

329abf7dc6ddc0fc39d6676b722c18cf.jpgCorné Port Royal s'est extraite de la société française Vanparys en 2003 qui se tourne plutôt vers la Dragée haute.

Toutes les marques des "chocolatiers" n'ont ici pas défilé avec leurs histoires propres. Que ceux qui ont été oubliés me pardonnent. L'enchaînement historique varie d'ailleurs peu. L'histoire, comme pour toutes activités commerciales humaines, est un éternel recommencement. Ce qui tourne autour du chocolat a été souvent des affaires de famille au départ. Chacune ont dû élargir leur marché et laisser échapper leur "hobby" familial vers des extensions étrangères avec des capitaux respectueux envers la qualité et la créativité. Certains se sont éparpillés dans le monde. D'autres se sont retournés vers l'ancrage belge toujours comme base. Peu importe d'où vient l'argent à condition que le savoir d'origine ne s'évade pas.

Mais, au fait, faut-il faire la vie dure au chocolat par rapport à la santé ou par contre aux idées préconçues? D'après passportsante.net, le chocolat noir à la fin des repas serait préférable à un café par son effet bénéfique sur la santé cardio-vasculaire. Une hausse du cholestérol HDL (le bon) et une baisse du LDL (le mauvais) après seulement 38g de chocolat noir. Sources d'antioxydants (polyphénols), il offre une protection contre l'oxydation dans une alimentation équilibrée. Cette oxydation libère les radicaux libres qui en trop grand nombre, sont la cause du vieillissement cellulaire.

5f34f3e1595ce0f01e6adf6cc5da28cb.jpgUn peu de chocolat, de cacao, des fèves, du lait et un bon mouvement de mélange. Pour finir, de l'argent... Tout est là. Y-a plus qu'à se forger un nom et pas nécessairement belge. Des nouveaux apparaissent sur le marché belge. Leur nom devra seulement s'intégrer entre les existants. Du moment qu'on continue à déguster le chocolat sans être chocolat.

Je ne sais si vous attendrez la suite?59f9f1bddb964417394ab0360b27584b.jpg

Pour ce qui est avant, il faudrait parler du cacaoyer. Petit arbre tropical d'Amérique du Sud. Centenaire, il peut donner des feuilles, des fleurs et de sfruits toute l'année. Des "coussinets fleureaux" dit-on. Plusieurs milliers de fleurs pour seulement 1% de fruits, la cabosse avec 30 à 40 grammes de graines. C'est avec un subtil mélange de ces fèves que le chocolat est produit. Les Astèques s'en servaient même de pièces de monnaie. Les Espagnols y ajoutèrent le sucre de canne pour en fair ele chocolat qui sera servit chaud comme boisson pendant longtemps. Mais rare, il restera cher et disponible uniquement dans la classe riche de la société. Polymériser se fait à la main. La Côte d'Ivoire, le Ghana, l'Indonésie et le Brésil sont les producteurs principaux aujourd'hui.

 

La Saint Valentin est là, ce 14 février. Je sens que cela va de nouveau carburer dans les ventes de chocolat.

Quant à moi, en attendant, je vais m'en enfiler une praline et pas qu'une fois. Deux pralines, paraît-il, remplacent avantageusement la tasse de café après le repas. Allier le goût au côté pratique. J'adore ...

Puis, il y a aussi "La Femme Chocolat", Olivia Ruiz, et ça, c'est pas triste non plus...

L'enfoiré,

 

Mise à jour 24/6/2008: Les pralines Guylian ont pris la mer avec leur forme de fruits de mer et sont devenues sud-coréennes (Lotte Confectionery) avec pour bagage 105 millions d'euros.


Devinette humoristique légèrement "sucrée":

  • « Quelle est la différence entre une tablette de chocolat et une Belle-mère ?
    La tablette de chocolat te constipe et ta belle-mère te fait chier. »

 

Citations:

  • « La plupart des biscuits aux pépites de chocolat ne renferment pas assez de pépites de chocolat. », Judith Olney
  • « Chocolat : le mélange de l'amande du cacao grillée avec le sucre et la cannelle ; car avec du cacao tout seul, on ne fait que de la pâte de cacao et non du chocolat. », Anthelme Brillat-Savarin
  • « D'autres aliments ne sont que nourriture. Mais le chocolat est chocolat. », Patrick Skene Catling

Livres:

"Le grand livre du chocolat", Christiane France Ed. ESI

"Chocolat" Paul Cuvelier Ed. Flamarion

 

Film conte : "Le chocolat" de Lasse Hallström avec Juliette Binoche

 

30/01/2008

Le spéculte

Retour dans les arcanes de la Bourse par la petite porte mais avec des résultats négatifs que cette porte-là fait entrevoir. Comment gagner en bourse sans se fouler outre mesure? Pas de miracle. De la réflexion, c'est tout.

 

71253b39b7baa4925570b40c7c3fced3.jpgJe ne reviendrai pas à l'étude que j'avais entreprise pour éclaircir les différentes idées tournant autour de la bourse. Si l'envie vous en dit, il s'intitulait "Spéculons en paix". J'y rappelais les tenants et aboutissants de ce moyen financier de faire marcher les affaires: le besoin des entreprises d'avoir du cash-flow pour s'épanouir et les particuliers qui ont l'argent pour investir et pouvoir récolter l'usufruit de leurs placements.

Quelques éléments à connaître, rien de bien sorcier, rien de vraiment négatif dans le principe non plus pour celui qui a bien réfléchi aux règles du jeu. Pas de prophétie dans la Bourse, rien que du concret à qui sait lire les résultats d'une entreprise. L'antagonisme entre rendements et risques est à la base.

A cause des faibles rendements des placements sans risques, les Belges, pour la première fois depuis 5 ans, ont viré de bord et ont lâché les placements de bons pères de familles: bons de caisses, livrets d'épargne sont en nette régression. Les 2 à 4% d'intérêts sans risques ne font pas le poids face à la Bourse qui enchaîne les records historiques pour passé en 2006 à un progrès de 22%. En Belgique, les encours des carnets d'épargnes continuent de s'éroder avec un seuil de 150 milliards d'euros (Echo 5/11/2007).768ea14dfea7863d85efbb7f5f54e1c7.jpg

Alors qu'en 2000, une période d'euphorie qui s'est terminé dans un crash mémorable, il n'en était pas question d'après les spécialistes pour 2007. Presque....

Preuve, que les spécialistes n'ont pas de boule de cristal, ils disaient en fin 2005 que l'année 2006 allait être plus modeste en 2006. La croissance cette année-là aurait dû subir une décélération d'après le banquier genevois Serge Lederman, responsable des investissements (LODH). Cela n'a pas été le cas.

C'était l'été dernier 2007, notre "première subprime party" comme aimait le clamer un humoriste. Les fondamentaux sont touchés dans ce cas. Les effets s'amortissent encore dans la douleur de tous les investisseurs. Il faut acheter au moment de la rumeur et vendre lors de l'annonce officielle, est-il dit. Donc, déceler la rumeur "vraie" de celle qui est "fausse" est devenu le sport à la mode des analystes.

Les coups de semonces de l'année 2007 devaient principalement déroulés dans les pays anglo-saxons et certains pays asiatiques. L'inflation devait avoir été la préoccupation principale des banques centrales. Les actions américaines auraient progressé au détriment des européennes. Des performances à un chiffre étaient annoncées. 2008 se réveille avec un boulet au pied.  

Beaucoup de désordre dans ce tiercé, pourrait-on conclure.

Pour tenter de gagner dans cette Bourse, il existe des méthodes bien définies pour orienter sa décision à acheter ou vendre une action. Ce minimum de connaissances est nécessaire, si pas obligatoire, pour en connaître les bases et pouvoir réagir aux propositions des conseilleurs. Pour comprendre le "système" plus à fond, très vite, des méthodes, bien plus cachées au petit porteur vont se présenter. Le petit porteur va souvent réagir, en toute logique, sainement, en fonction des règles et va se faire "avoir" sans en avoir pu déceler les raisons dans le respect et la rigueur de vouloir faire fructifier son avoir.

Le délit d'initier est le premier des aspects "noirs" des processus boursiers. Sur le lieu des décisions, tout est plus facile pour "comprendre" le futur de l'entreprise. Il est bien entendu recherché et puni en justice. Le problème est qu'il est sournois et difficile à déceler et à prouver.

Une autre forme de délit est le lancement de "vérités" très peu vérifiables en peu de temps. Hors, la Bourse fonctionne à la vitesse de la lumière. Par l'intermédiaire d'Internet, une nouvelle qui va déstabiliser dans un sens ou dans l'autre pour maquiller une volonté de faire mousser les chiffres ou de créer un dommage irrémédiablement du moins dans l'immédiat. Ce qu'il faut faire: acheter la bonne rumeur et vendre la nouvelle. Oui, mais...  une annonce, loin d'être très "innocente" d'un concurrent, clame qu'une société a falsifié certaines factures. Comment réagir dans un temps très court sans avoir jeté un "coup d'œil" plus averti que d'habitude. Une enquête car personne ne peut assurer les malversations internes.

Que s'est-il passé? Ce qui normalement doit arriver par manque de confiance: des ragots et la chute du cours de l'action en l'espace d'une journée. De bonne guerre ou de mauvaise guerre? Bien plus tard, les recherches effectuées ont prouvé par A + B qu'il n'y avait aucune malversation. Le cheval de bataille de la société est bien celui de la transparence et de l'éthique. Elle a seulement rencontré un autre cheval qui a la vie dure, celui de Troie. Combien de temps faut-il pour redresser la barre? Ce ne seront pas les actionnaires, ni les dirigeants qui pourront donner suffisamment de vigueur pour vendre le message à l'extérieur qui est de mise et contraint à son personnel.

Les audits internes et externes seraient-ils aussi dans le collimateur? Enron est un souvenir trop chaud pour s'en laisser conter. Depuis Enron, on a installé une batterie de "protections" et de garde-fous. Mais à quel prix? Aux États-Unis, Sarbanes-Oxley n'a pas toujours apporté la solution en se tournant vers l'extrême inverse et en faisant retarder le progrès de la production en finale. D'une exagération, on est passé à une autre, entraînant des impossibilités de travailler pour toutes les autres sociétés. De véritables boulets aux pieds d'argile, opposés aux pays qui n'ont pas à suivre le nouveau mouvement et qui entrent comme dans du beurre dans le marché.

Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs, mais, dans ce cas, il y a fort à parier qu'ils auront amassé autre chose que de belles paroles. Pour les traders, c'est pile, je gagne, face, tu perds, comme le faisait remarquer le Nouvel Obs. 

d4f474aece6e448ff0625fb7c812c6e6.jpgLa nouvelle affaire de la "Société Générale" pousse les actionnaires dans ses derniers retranchements. Un jeune trader, Jérome Kerviel, de 31 ans parvient à miner les résultats de la banque. 4,9 milliards d'euros détournés, perdus par un seul jeu de balance entre un faux achat et une vente du même montant. Les subprimes avaient déjà miné la banque. 120.000 personnes qui y travaillent dans le monde. Des procédures de contrôles qui, manifestement, étaient trop "huilées". "Dysfonctionnement d'ensemble", si pas des hommes, du système en lui-même.  Le PDG, Daniel Bouton, doit reconnaître l'"extraordinaire talent" de son employé. On annonce malgré tout un bénéfice de 600 millions. Pas de recherche d'intérêt personnel chez le trader. "Suicide professionnel par la malveillance", peut-être. Il faut reconnaître qu'il ne faut pas avoir une expérience d'une vie pour percer les verrous. Seul? On se pose la question. Lampiste? Certains osent dire que c'est pour cacher des pertes énormes dues au Subprime. Les plaintes commencent.cbda6d944d215dacc9a396c3b7789fd0.jpg En revanche, si la Société Générale n'avait pas décidé de liquider immédiatement les positions prises par son trader, pour près de 50 milliards, le bénéfice de la banque aurait pu s'avérer substantiel, était-il dit. La bonne vieille phrase "Responsable mais pas coupable" va ressortir. On cherche d'ailleurs. Tout à fait ailleurs: rumeurs de rachats par BNP Paribas (titres SG augmente de 10%).

Comme disait feu Alain Bombard : "Seul l'impossible arrive toujours".  Le "casse du siècle" faisait-il partie de l'impossible coup de dés malheureux ou plutôt des suites du manque de contrôle programmé à la base? Une véritable histoire vue par des humoristes en ligne?

Le trading est une des forces majeures dans lequel s'engouffrent les boursicoteurs et la Bourse en général. Dans la même journée, sans se fatiguer, il est loisible, le mot est bien choisi, de se faire des ponts d'or pour ceux qui sont un tant soit peu assidus au Grand Jeu.

c8d4abfddaccc128b4f506b6e59d5130.jpgDans ce Grand Jeu, il y a eu des experts. Marc Rich a été incontestablement un maître du genre. Dès l'âge de 19 ans, il entre dans cette cour des traders de haut vol chez Philip Brothers. En 1973, il quitte son employeur après avoir pompé un maximum d'informations et douze des meilleurs collègues pour fonder sa propre entreprise. Très vite, les dollars vont affluer sur son compte en banque. Ses collaborateurs ne tardent pas à le surnommer "Matador" car rien ne lui résiste. L'achat et la vente du pétrole dans un laps de temps très court est son fond de commerce et continuera à faire grossir sa fortune. Les affaires sont les affaires et on ne s'embarrasse pas de sensiblerie et de coups fourrés. Avec l'or noir, on n'a pas toujours l'obligation de faire toute la lumière sur des transactions qui se déroulent par l'entremise d'ordinateurs. Le légal aime côtoyer l'illégal sans délimiter les réelles frontières. Le marché spot d'Amsterdam est son champ de bataille de prédilection et le décor de beaucoup de coups fumants mais sans feu de repérage. La spéculation est simplement le dénominateur commun qui doit échapper au contrôle qui, lui, doit se retrouver en interne exclusivement. En 2005, 100 milliards de barils de pétrole ont transité uniquement par la spéculation. Les manipulations des prix organisent le contrôle du marché. Les contrats à long terme restent bas tandis que les prix affichés chez les clients plafonnent à des sommets. Pour arriver à ces fins, des mises de fonds dérisoires (3 à 4% seulement) permettent de balancer anormalement des bénéfices plantureux engrangés. Le baril de Brent de la Mer du Nord qui donne la température des prix aux consommateurs ne représente qu'à peine 1/2 % de la production mondiale mais aussi 60% des prix globaux. Des leviers artificiels, avec les chiffres comme seuls outils, réalisent en effet des bénéfices bien réels. Les pénuries jumelées avec de fausses abondances sont subtilement orchestrées curseur en main. Crises et embargos n'inquiètent que le consommateur, mais rassurent le spéculateur-trader sur son terrain de prédilection. Les compagnies pétrolières, elles-mêmes, sont prises de vitesse ou doivent transiger avec des intermédiaires puissants. Avant d'atteindre sa destination, le tanker pétrolier qui quitte son port d'attache voit souvent sa cargaison changer de main plus de 50 fois pendant son voyage de 3 mois. Des nébuleuses sociétés écrans ajoutent le brouillard nécessaire pour éviter toute identification. La corruption met le point final pour compléter le tableau de pillage de pays tel le Nigeria, 6ème producteur mondial de pétrole mais qui est en pénurie constante sur son territoire. "Pétrole contre nourriture", charitable dans son principe se traduit dans les faits en "Pétrole contre armes et contre dollars".

Le magazine "Sciences et vie" le rappelait dans son numéro de septembre 2006 avec le titre "Le Grand Bluff des modèles financiers".

La finance, oui, c'est du sérieux. Efficient et équilibré, le marché? Que nenni. Se tromper, sous-estimer les risques, voilà les artisans du "spéculte" à l'ouvrage. Ces spécialistes, ces gourous vendent leur savoir ou plutôt une interprétation de celui-ci. Ils expliquent à posteriori, le plus généralement, le pourquoi des réactions subites de la Bourse. 908b91ee804fa8047f7fac8d3ea309a9.jpg

Dans un passé récent, Lernaut & Hauspy, l'affaire du Tunnel sous la Manche laissent des goûts amers chez les investisseurs.

Dans l'histoire, Henri Poincaré a été un des précurseurs du Système, de la Théorie de la Spéculation. Selon lui les facteurs qui orientent la Bourse se standardisent par la bonne vieille courbe de Gauss. Quelques cas de figure donneraient pour parachever le tout des indications pour les décisions à prendre dans le futur. Des variations de plus de 7% ne se produiraient que tous les 300.000 ans selon les statistiques. Le 20ème siècle a été plus gourmand (48x). Les courbes de moyennes se lissent, en effet, dans le temps. Mais entre-temps, pour retrouver le chemin commun que de dérives dangereuses. Cette capacité de variation vantée par les acteurs des produits boursiers ne serait-elle qu'une vaste escroquerie pour attirer le chaland à acheter les titres de toutes sortes? La folie de la Bourse est un risque dangereux. La formule de Black-Scholes n'élude pas que la Bourse est pieuvre géante qui aurait retrouvé subitement des pieds d'argile par l'évolution. Les traders ne sont pas rationnels. La raison est vite dépassée par l'émotion. Les cracks de 1929, 1987 et la bulle internet de 2000 sont là pour remémorer les risques que fait peser la guerre des courbes.

Paramétrer les calculs n'évitera jamais de laisser en rade une foule d'autres paramètres dont on n'avait supposé l'existence. La géométrie fractale introduite par le français Mandelbrot s'est développée autour de constatations et basée sur les "sauts de Lévy" qui décrivent les risques comme plus importants et donc plus réels.

Les livres expliquant la Bourse sont légions. Source inépuisable. Ils essayent d'exhorter le petit possesseur de biens épargnés à la sueur de son front. Tant mieux. Elle permet si on n'est pas pressé de récupérer sa mise et que l'on ne soit pas trop cardiaque, de s'assurer une retraite moins cassée par l'inflation. Les actions, rappelons-le, sont mises sur le marché pour que l'investisseur participe à la vie de la société dont le nom est écrit sur l'entête. Par la même, il prend une partie proportionnelle du risque. La société, elle, n'en profite pas en direct. L'argent, elle l'a eu lors de l'augmentation de capital. Est-ce dire que se lancer dans les achats quand une société rachète ses propres actions?

Le "jeu achat-vente" va faire monter ou descendre le prix de l'action en fonction de la confiance des investisseurs et de la valeur intrinsèque de ce petit bout de société. Le courtier et l'état seront les intermédiaires reflétés par le courtage et la taxe.

La Bourse, la population l'aime quand les choses vont bien pour son portefeuille et la rejette comme un souillon quand elle chute. La Bourse, ce n'est pas le Far West et si cela était, il vaut mieux connaître le maniement du lasso. Plus on est près du marchand de lassos, plus on aura de la chance d'attraper la bonne affaire du siècle. Un lasso, cela monte et descend, mais là s'arrête le parallélisme avec la Bourse. Son histoire remonte au 14ème siècle à Bruges sur une place du nom de la famille Van Der Buerse. On y réglait ses affaires. Anvers (Antwerpen) a pris la relève, Londres et Amsterdam, ensuite. Et pourtant, la Bourse reste une inconnue pour la plupart des gens aujourd'hui. Souvent, faute de temps, les populations se laissent conseiller par des spécialistes et les écrits des "gourous".

"L'information économique automatisée sans journaliste" était le titre sur www.news.fr le 21 août 2007. Des ordinateurs allaient produire des articles d'analyse boursière sans aucune intervention journalistique ou autre. Uniquement l'IA, l'intelligence Artificielle, devait donc apporter une opinion d'arbitre. La méthode des arbres et le calcul des probabilités allaient pouvoir orienter tous les acteurs habituels: gourous, traders, boursicoteurs, banques, agents de change. Comme, c'est l'ordinateur qui le dit: si hier, nous étions au bord du gouffre, cette fois, allons-nous bientôt faire ensemble un grand pas en avant?

Aujourd'hui, comme précédemment, même cette manière de voir ne donne plus sécurité. Le temps passe plus vite dans l'enceinte de la Bourse qu'ailleurs. C'est peut-être cela le problème.

Alors, quoi? Spéculer, un culte? Risquer ou placer ses avoirs dans des comptes non risqués mais aussi dont la rémunération de l'épargne reste chiche si pas dérape légèrement par rapport à l'évolution du coût de la vie? L'histoire de la Bourse montre un cycle de sept ans dans l'alternance des courbes haussières et baissières.

Le XIXème siècle fut celui de l'Europe, le XXème des USA, le XXIème sera-t-il celui de l'Asie avec 2,5 milliards de consommateurs en puissance? Inflation, énergie, pollution, matières premières, démographie et vieillissement de la population sont à surveiller. La spéculation du pétrole n'est poussée que par la rumeur, une raison plus fondamentale ratifiera très certainement cette hausse par sa raréfaction. Les alternatives énergétiques commencent à poindre écologique ou traditionnelle, c'est pour une rumeur déjà bien mûrie. Le "Durable", on annonce. Sous ou surévalué?

De toute manière, quand il y a un plus grand potentiel à gagner, comment résister au culte de la spéculation? Impossible. Le potentiel de la poche aura toujours son mot à dire. Un choix de société, comme un autre.

3ef94d92451406a20236930ce91add4b.jpgLe mois de janvier a été super éprouvant pour l'investisseur en Bourse. Le lundi noir du 21 janvier 2008 comme point majeur. Crack boursier qui repose sur une récession aux Etats-Unis avec la crise du Subprime, la baisse du dollar par rapport à des monnaies plus fortes comme toile de fond. On parle de stagflation. La Chine est même touchée avec près de 8 milliards de titres à risque et cela même si la Bourse y cartonne toujours (17% en 2007). On cherche les mots qui pourront définir un certain malaise général. Pas de problème structurel car les résultats des entreprises n’ont en général aucune panique à devoir ressortir des tiroirs comptables. Les fondamentaux conservent une valeur intrinsèque. Pourtant, la rumeur va plus vite que la vérité chiffrée. Casino, culte de la spéculation. Très certainement. Bush avec sa rallonge de cash n'a pas réussi à rassurer. On aime à jouer le sketch du "Fais-moi peur" et la boule de neige grossit car tout est imbriqué. Le rebondse fait toujours un peu plus tard pour licer les grandes pertes et gains, mais à quel prix? On cherche les responsables? Alan Greenspan anciennement à la FED aurait encouragé la dérive des banques par le crédit à risque, est-il dit dans l'Écho. 488ed0c790d3d8ce6531ccd68becacac.jpg

Certains seront même plus Cassandre en affirmant que tout irait mieux le jour où la Bourse se serait plantée. Dire cela c'est se condamner à oublier les investissements faits pour les pensions. Les fonds de pensions ne sont pas loin de la Bourse. Avouer ne pas être détenteur d'action est par ce fait absolument faux. Autant s'en souvenir avant les déconfitures.

La question a se poser lors d'une crise financière "A qui profite le "crime"?".

Le Nouvel Obs se posait la question aussi dans un article de fin janvier. Il y était dit:  "Crise. Faut-il craindre le pire?  Immobilière et boursière, récession économique, de la dette et du crédit. Les experts veulent penser qu'il s'agit d'un trou d'air. Pas de catastrophe en Europe". Oui, mais toutes les Bourses sont imbriquées. Question de confiance. Les liquidités seront là. Ouf. 

Il restera toujours la lecture entre les lignes, entre les mots et les lettres. Décortiquer, déceler, "graphiquer" en place de "trafiquer", quel bonheur si l'on oublie le risque.

L'homo economicus est faillible, c'est un fait avéré. Gourou compris.

Quand une entreprise fonctionne et que la Bourse ne reflète pas cet état, il y a doute. L'inverse de même.  "Les valorisations boursières seraient-elle caduques?" osait se demander l'Echo en décembre 2007. Les actions restent bon marché, peut-être, mais le P/E n'est-il pas maintenu artificiellement au raz des pâquerettes? Principe de base: il faut toujours garder la confiance des investisseurs.  Le P/Eest l'instrument le plus connu pour se rendre compte de l'état d'une société, mais il date de la dernière soumission des résultats à Wall Street. Aux États-Unis, ceux-ci sont évalués tous les trimestres. Est-ce dire que cela prendra en compte la stratégie à long terme?

Le CE a découvert subitement qu'il y avait quelque chose à faire pour protéger le consommateur investisseur: le MiFID (Markets in Finantial Instruments Directives). Désormais, la banque doit apprendre à connaître mieux son client et ses limites, son profile de risques, sous peine de se voir attaquée par lui en cas de litige. Manoeuvre qui n'a pas été comprise à son début par les uns et pas portée avec entrain par les autres. Espérons qu'il y aura de bons "profilers". 

Le capitalisme a ses règles, ses indices de référence, ses risques et ses fraudes. Il faudra choisir un jour de manière définitive entre vivre dans un zoo ou vivre dans la jungle. D'autres systèmes ont existé mais n'ont tenu qu'en cadenassant le droit à la parole. Annoncer innocemment comme solution que la Bourse crève, serait suicidaire. Un bas de laine à placer, une pension à préparer, la Bourse ne sera jamais loin.

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La Bourse n'est que le reflet de la valeur d'un temps présent qui présume du futur en prospective. Encore faut-il en saisir le sens pour le petit porteur et à encadrer celui qui possède trop de pouvoir. Se rappeler aussi qu'il n'y a jamais d'arbre qui monte jusqu'au ciel.


 
L'enfoiré,

 

Chez Le Panda, y a-t-il des spéculateurs?

Article de même sujet sur Agoravox :  "La Bourse, une machine infernale?"

 

Citations:

 

  • "Il est aisé d'écraser, au nom de la liberté extérieure, la liberté intérieure de l'homme", Rabindranath Tagore

  • "En vérité, la vérité, il n'y a pas de vérité !", Jean-Claude Van Damme

  • "Nous ne croyons pas que la vérité reste encore vérité quand on lui enlève ses voiles.", Friedrich Nietzsche

  • "Je mens, mais mes mensonges deviennent des vérités", André Malraux

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