01/07/2008

Corrections à l'amiable

Le 19 janvier 2007, on lisait dans la presse (Le Soir) que la Californie voulait interdire la fessée aux enfants de moins de trois ans. Dans un dossier, le Nouvel Obs 2277 de la semaine dernière reprenait le flambeau du thème de la gifle et se posait la question de "l'autorité jusqu'où". Corriger, n'est ce pas aimer, en somme ?

L'État de Californie va examiner une proposition de loi qui propose de transformer en délit, avec prison à la clé, le fait de donner la fessée à de jeunes enfants. Le texte, préparé par une députée de la région de San Francisco, la démocrate Sally Lieber, voulait punir les parents qui donneraient la fessée aux enfants de moins de trois ans. Les parents deviendraient passibles des tribunaux et risqueraient un an de prison ou 1.000 dollars d'amende. "Je pense qu'il est plutôt difficile de faire admettre qu'il faut battre un enfant de trois ans ou moins", argumentait Mme Lieber, qui souhaitait introduire la proposition devant l'assemblée. Le texte risque de provoquer des débats entre les pros de la protection de l'enfance à tout prix et les "contres" tenants d'une politique plus réaliste. "Où s'arrêtera-t-on?", avait demandé le député républicain Chuck DeVore parmi les contres. "Quand allons-nous devoir voter une loi qui rendra obligatoire pour chaque parent de lire un livre à son enfant pendant 30 minutes minimum chaque soir? Nous sommes sur la même pente", avait-il affirmé.

Le gouverneur Arnold Schwarzenegger s'était souvenu avoir été "frappé à tout propos" lors de son enfance et n'avoir pas trouvé cela injuste. Difficile de renoncer à la violence qui avait fait partie de presque toute sa carrière et sa filmographie. Il disait comprendre que l'on souhaite "se débarrasser du comportement physique brutal de certains parents" tout en affirmant que lui et sa femme Maria Shriver n'avaient jamais battu leurs quatre enfants.

Que faut-il en retenir de cet état d'esprit toujours avantgardiste californien?

Jusqu'à trois ans, il n'est pas possible de penser arriver à ses fins dans la compréhension d'un enfant de ce que l'adulte estime comme naturel comme comportement . Donc, rien de plus que la normalité. A cet âge, ce serait traumatiser sa progéniture et laisser des traces indélébiles dans l'esprit en formation. Un enfant-bébé ne voit pas le mal dans ses actions encore limitées d'ailleurs. Il serait tout à fait inutile de lui forcer une réflexion dont il ne voit pas les raisons intimes par la force. L'adulte, encore dans la joie de la "nouveauté", ne pourrait ainsi briser l'instinct de protection de sa succession naturelle et imposer ses intimes "convictions". Mais, une législation pour orchestrer tout cela est vraiment le coup de l'éléphant dans un magasin de porcelaines. Est-ce le rejeton de cet âge qui irait se plaindre de son statut de victime à l'autorité? La raison, encore une fois, est une affaire de la noblesse ou non de la personnalité. Les droits de l'enfant doivent être respectés.

Plus âgé, la vraie éducation commence pour l'adulte en préparation. Là, on ne joue pas dans la même cours. La compréhension pourrait se "faire aider" par des moyens plus physiques sans verser dans les excès injustifiables.

La fessée est de plus en plus poussée dans le domaine de l'inadmissible. Et pourtant, croire que tout le monde comprend de manière innée la force du dialogue posé, "en adulte", est un leurre. corrections-a-lamiable-allocations-familiales.jpg

Chez les animaux, c'est clair, la correction existe. Le petit chat qui ne veut pas suivre, se verra remettre dans le droit chemin de manière ferme à coup de pattes et avec une prise en "bouche" très efficace.

En Europe aussi, il est question d'introduire dans les lois, des articles qui pénaliseraient les atteintes physiques aux enfants. En 1979, la Suède votait même une loi interdisant tout châtiment corporel avec seulement 30% d'avis dans ce sens aux yeux de la population.

corrections-a-lamiable-violences-au-pouvoir.jpgTrop souvent, les plis sont pris et la crainte de l'enfant n'y étant plus, l'éducation ne se fera plus dans les règles de l'art. Le laxisme et l'air du temps qui veut pousser les adultes plus longtemps au travail pour espérer de conserver un pouvoir d'achat, ajouteront les touches pour correspondre à la nouvelle norme.

Ne serait-ce plus judicieux d'imposer la fessée aux adultes de 7 à 77 ans, période bien déterminée par Hergé pour élargir la période de vie des lecteurs de Tintin dans une "histoire belge"?

Tout dernièrement, en Belgique, un drame familial poussait la mère d'un jeune drogué qui la harassait, a tué son fils. Moment d'exaspération, de colère. Tous les voisins étaient aussi au courant des disputes. Alors, n'y a-t-il pas eu une erreur d'appréciation au départ? La fessée n'était-elle pas devenue un peu trop virtuelle, derrière un écran d'ordinateur? Une affaire récente, entre un enseignant et un élève, réveillait la France entière sur la question de l'éducation et de son traitement dans la pratique.

En 1974, Pinoteau sortait son film "La gifle" avec le fort en bras de l'époque Lino Ventura. Plus d'une génération après où en est-on ? Une dossier sur la question du Nouvel Obs remettait le couvert à la table des négociations. La "Nostalgie du martinet" était mis en concurrence avec des théories comme "l'effet papillon".

Alors rebobinons le temps. Quand l'enfant n'était pas roi. Sans aller jusqu'aux châtiments corporels, il était clair que l'éducation était plus musclée et le respect des parents et des enseignants étaient bien plus affirmés.

corrections-a-lamiable-en-avoir-ou-pas.jpgRévolution culturelle, on n'en est plus là. Révolution de gourous qui se veulent partisans adversaires? Il faut néanmoins remarquer que le monde des adultes d'aujourd'hui est de moins en moins avares de "gifles". Elles sont plus verbales d'accord, mais les dégâts psychologiques n'en sont pas moins catastrophiques. Le service militaire des jeunes n'existe plus. Les enfants récalcitrants aux USA sont envoyés par leurs parents dans des écoles qui cassent la personnalité, style "GI". C'est aller un peu loin. Pourtant, certains jeunes en mal de reconnaissance et de repères se lancent eux-mêmes dans la carrière militaire, pas seulement pour raison de sécurité d'emploi, mais en recherche de repères qu'ils n'auraient pas ressentis dans leur enfance.

En Europe, les adeptes de Françoise Dolto avec la "Cause des enfants" et les psys s'interrogent sur la technique d'éducation à adopter au coup par coup de bévues et d'échecs. Mai 68 est passé par là: "Interdire d'interdire" dans une rupture de plus en plus nette entre parents et enfants. Ceux-ci n'ont pas de dettes envers leurs aînés. Exact. Mais quand on est responsable de sa progéniture, il y a de la marge et des limites à respecter à la bienséance coupable. A toutes époques de la vie correspond une distribution adaptée de bons et de mauvais points. Le libéral Sarkosy ajoutait une touche de plus en voulant même dépister de manière précoce (en dessous de 3 ans) la délinquance. Pour quoi en faire? Pour mettre en maison de redressement? Suivez mon regard, vous trouverez facilement où chercher.

Des groupes "Lève la main contre la fessée" ou "Ni claque ni fessée" préconisent l'abolissement de la fessée ou de la claque. Mais, il est aussi clair qu'aller dans ce sens tête baissée ne correspond pas à la réalité de la vie. Avec l'expérience, on peut d'ailleurs remarquer que les générations précédentes ont mieux tenus le coup contre l'adversité que les plus récentes. Dans les années 60, encore, il n'était pas rare de se faire pincer autrement que moralement. Je peux en témoigner.

Cette fois, les médicaments sembleraient remplacer les gifles pour les enfants, les déprimes pour les adultes qui n'auront pas pu accepter la remontrance?

Pendant ce temps, les enseignant craquent. Ils pètent les plombs. Quand on ramasse, réunis, tous les laxismes des ayants droits, il y a peut-être de quoi.

Et si, un jour, on apprenait dans les programmes des écoles à être vraiment "parent"? Il n'y a pas que le sexe qui importe dans l'éducation sexuelle. Plus de dictateurs, plus de "crème à reluire". Seulement des responsables à la sortie.

Alors gifle ou pas gifle pour les "têtes à claques" ?

La vie est une perpétuelle éducation dans un subtil mélange entre carottes et coups de bâtons.

Ce matin, à la radio, la Ministre Catherine Fonck, chargée de l'aide à la jeunesse et de l'enfance, répondait à la question de l'utilisation des puces électroniques chez les jeunes. Elle répondait en finale de l'interview: "l'éducation, c'est d'abord et avant tout, dans le relationnel".

Je crois que je ne pouvais trouver meilleure fin. Il ne faut jamais se chercher les puces même si c'est un réflexe.

Çà  pique, ces mouchards de puces!

 

L'enfoiré,

Vais-je avoir une gifle du Panda?

Citations:

  • "Il est des enfants qu'on ne peut espérer corriger sans leur administrer de temps à autre la fessée. Certains adultes conservent le naturel de ces enfants", Marie-Antoinette Grégoire-Coupale

  • "On est correct qu'en corrigeant", Joseph Joubert

  • "Prendre le taureau par les cornes est plus correct que de tirer le diable par la queue, mais plus fatigant que de sucer un esquimau.", Jose Artur

19/05/2008

Le Prestige d'être simplement "con"

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Le peloton des gens qui ont un quotient intellectuel, le fameux QI, en dessous de la barre existe. Alors, les autres sont au balcon pour leur lancer des invectives. Et pourtant, ils ont, tout idiot, le droit et le devoir d'exister et d'imposer une prise de conscience pour l'autre bord qui lui se dit si "intelligent".

Combien de phrases assassines pour désigner les "cons"? "Quand on mettra les cons sur orbite, t'auras pas fini de tourner", "Quand on voit la connerie humaine, on a une idée de ce que peut être l'infini", n'avons-nous pas entendu? Pas besoin de commander, elles arrivent toutes seules. Voilà le genre de dictons, généreusement distribués dans l'oreille de ceux à qui l'on veut du bien... naturellement. Les commères sont de service, la combinaison qui dépasse, pour comparer chaque comportement. Que peut-on conclure? Les conifères ne perdent pas leurs feuilles toute l'année? Y faire le con, non plus. Mais à part, cette inversion... Tout le monde consomme donc il consume et compresse avant de se retrouver constipé.  

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Michel Audiard disait "J'parle pas aux cons, ça les instruit" et "J’ai divisé la société en deux catégories : mes amis ou mes cons à moi et les cons des autres que je ne supporte pas". Un voyage dans ses dialogues ne manque pas de se retrouver parmi le public et les conversations autorisées de ceux qui se sentent en dehors du lot. Le but: se moquer et conspuer évidemment. Si le "généreux conseilleur consciencieux" a vérifié ses "sources", importe peu. Il faut être consistant dans un consistoire. Dans ce genre de style, on peut être comparse, condisciple ou complice.

Et si, pour une fois, on essayait de comprendre et tentait de les sortir du trou dans lequel on les y a mis par l'habitude ? D'abord, les consoler avec compassion.  De la concupiscence? Pas du tout. Pas de coma à avoir. Pas de passion pour les cons, non plus.

D'abord, il y a "con" et "con". Il y a souvent une combinaison de circonstances qu'il ne faut pas mélanger. C'est con, mais c'est comme ça. Pas besoin de commuer la peine d'un copain en connerie. Les candides ne sont pas cons.

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Penser qu'ils soient "inutiles", ces gens que l'on rejette de "bon" ou de "mauvais" coeur, est la pire des idioties. Ce serait conneries de cloisonner trop hâtivement les "exclus" de l'intelligence pour des esprits bien sensés et pleins de d'idées généreuses ou intéressées.

La plus grande raison en est ce simple coup de semonce des idées parallèles en candide. Un candide n'est pas "con", il s'instruit et il peut instruire les autres. Faire réfléchir à ceux qui sont en mal d'idées nouvelles et extrêmes est vraiment l'avantage de cette catégorie de personnes en marge des idées reçues.

S'ils énervent à priori par des questions hors tempo, ils font aussi un peu plus au passage sans le vouloir: apporter une réflexion et une ouverture d'esprit différent ou biaisée mais qui est aussi avec un esprit pluraliste. Il n'y pas de questions idiotes, il n'y a que de mauvaises réponses. Encore faut-il que le message dit "idiot" passe dans une oreille qui y prête attention à une juste valeur sans le rejeter d'office dans l'oubli ou l'inconscient.

Les inepties ne sont pas d'office à coller dans les rébus et peuvent cacher les frontières du réel dans le pays de l'"Absurdie" comme dirait Sardou. Même là, la concurrence est concrète. Non, ce n'est pas une confrérie qui s'ignore. Elle est conforme à un état d'esprit. Mais elle reste confidentielle et connue.

Sans eux pas de rêveries honteuses, et peut être pas de rêve du tout.

Ne le font-ils pas par le bout de la lorgnette originale et en connaissance de cause? Et puis il faut conjurer le sort.

Les Messieurs Pignon ont des succès incontestables et pas seulement d'estime. Il ne cherche pas à conquérir la place par leur conscience. Ils font d'abord sourire et puis rire aux éclats. Réfléchir, ensuite, est la suite logique que tout homme sensé devrait entreprendre au plus vite.

Les films qui sont sortis récemment autour de la personne de Pignon n'apportent pas uniquement rire mais aussi tendresse, compréhension et intérêt. Le théâtre actuel que l'on appelle du "boulevard" se réfugie le plus souvent dans des comiques de situation en se qu'on a appelé "théâtre de l'absurde". En faisant ressortir des scènes de la vie en commun dans un couple, nous trouvons des sujets pour se remettre en question à chaque instant par leur côté insolite mais tellement vrai. L'absurde de son propre statut va ressortir à l'analyse.

C'est loin d'être rien dans le résultat et le bienfait moral qui peut en découler.

Tout le monde en a, dans ses connaissances, de ces créatures dignes des meilleures caricatures humoristiques.

Si le bonheur est à ce prix, peut-être, faudrait-il aller jeter un coup d'oeil dans le bocal à poisons rouges? Cela éviterait de passer à côté de la montre en or de la sagesse. 

Les soucis de la vie sont des fardeaux bien lourds et ne pas prendre du recul pourrait verser l'intelligence dans l'absurde.

Modérateur sur Agoravox, je me rappelle, un article refusé qui proposait de taxer les cons. Refusé par le seul fait que l'article "Exprimait une opinion personnelle pas assez argumentée", ce qui voulait dire en clair qu'il visait de manière trop ostentatoire une personnalité. Taxer de petits, grands et moyens cons semblait être le but essentiel en appliquant des pourcentages de taxation pour catégoriser la « smala de gens en manque de neurones efficaces ». Il concluait par "On a toujours besoin de petits cons chez soi'.

Reprendre la discussion après cette aparté instructif, je renverserais la vapeur. La bêtise des intelligents a été décrite en blogs et en livres.

Car, les lanternes rouges du peloton des cyclistes sont toujours récompensées. Pourquoi, les retardés de la cervelle ne le seraient-ils pas aussi?

Et puis, cela fait rire un con de première sans aucune autre tare et tant qu'il n'y a pas de mal à la clé. Merci, mes chers cons, rien qu'en pensant à vous, vous m'avez fait gagner ma journée ! Même le bas de l'échelle devrait pouvoir avoir son mot "perso". Pour le "Dîner de cons", Francis Veber reconnaissait qu'il n'était pas difficile de jouer au con et qu'on l'est toujours de quelqu'un. Le théâtre y a trouvé sa Molière, Labiche, Feydeau sa tarte à la crème. Les bouquins écrits pour les "Nuls" fleurissent comme des petits pains.

Le journal "Marianne" n° 571 parlait de "sublîme bêtise". Son article "La promotion des nuls" disait que dénoncer la bêtise n'est pas toujours un signe d'intelligence.

Quand j'étais en phase finale de ce texte, je joggais comme d'habitude. Il faut bien conserver la forme. Cette fois, je convergeais vers le centre de Bruxelles. C'était la Gay Pride, l'après-midi. Pas une question que cela m'intéresse mais que de couleurs pour les photos. Ce matin-là, en pleine confiture, il pleuvait des cordes. La pluie consumait les seuls points secs de mon corps. Je venais à regretter le confort de la maison. Alors, en route, je me suis rappeler une phrase d'un certain président. "Pauv'con"qu'il disait à l'adresse d'un citoyen lambda. Je me l'attribuais immédiatement en pensant qu'en rentrant mon conjoint ne manquerait pas de m'attribuer un pseudo de même acabit. Je ne sais si celui qui recevait cette critique, le méritait. "Pauv", peut-être. Il était peut-être limité à la portion congrue. Étiez-vous compétent, Monsieur le Président, pour le constater?

Vous ne buvez que de l'eau, avez-vous dit après une remarque d'un de nos journalistes

le-prestige-detre-con.jpgChez nous, on aime la bière, la compote, les frites et les moules. On peut vous en servir plus de différentes conceptions. En plus, l'autodérision nous connaît. Elle est compactée, condensée avec les compromis et la dérision. Pas "condor" pour un sou.

Notre premier ministre Leterme vous a visité récemment à Paris. Je ne sais quelle hymne national vous lui avez offert. le-prestige-detre-con-leterme-paris.jpgLui, avec le recul, son lapsus de la Marseillaise, n'était pas aussi con qu'il y parait. L'air n'est pas mal et facile à fredonner. Seulement, à mon avis, il faudra peut-être en changer légèrement les paroles. Je commencerais plutôt par "Aux larmes, citoyens...". le-prestige-detre-con-sarko1.jpg

Mais si un jour, vous lui concoctez une visite à Bruxelles, pour complimenter, pour assister à un concert ou  à un congrès, que sais-je. Si j'y étais aussi, moi, l'Enfoiré, un conseil, ne me consultez pas, ne recommencez pas la même comédie. N'y voyez aucune conspiration. Je ne suis pas compulsif mais ce serait le comble des combles. J'aime les figures. J'ai un peu de style, mais j'ai horreur des pléonasmes. Car comme chantait Gabin "Je sais qu'on ne sait jamais". Je resterai toujours consensuel mais ni consentant, ni conservateur, ni consigné.      

Brassens se lamentait en chantant "Le temps n'y fait rien à l'affaire", quand on est con, on est con. Donc, à chacun son combat. 

Un contretemps, la semaine prochaine je serai en congé. "Cela ne nous ramènera pas le Congo", allez vous dire et je confirme. Mais sans contrordre, j'ai la conviction que je ne serai pas souvent en connexion même si je ne change pas de continent.

Alors, compagnons de route, apportez votre contribution par vos commentaires dans une conversation non conventionnelle et peu de contrôles.

L'enfoiré,

Un autre avis sur ceux que l'on dit "con"

Sur Le Panda, plus on est de cons, plus... on se congratule

 

Citations:

 

  • "L'intelligence a été inventée il y a bien longtemps par un type vachement malin. La connerie, c'est tout autre chose, c'est une création collective", Philippe Geluck
  • "Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes.", Jacques Rouxel
  • "La connerie absolue n'existe pas car, à partir d'un certain degré, le con cesse d'être rentable.", Yvan Andouard
  • "La connerie, c'est la décontraction de l'intelligence !", Serge Gainsbourg
  • "Certains ne sont jamais seuls, ils sont toujours accompagnés de leur connerie.", Arletty
  • "Pauvre con ! Désolé d'ennuyer les autres avec ça; mais il y a un con à qui il fallait que je dise ce que je pense. J'espère au moins que ce con lit mon article", Philippe Geluck

14/05/2008

Drame du foot ou du "fout fout"?

drame-du-foot-ou-du-fout-fout.jpg  3 heures du matin, le 9 mai, François Sterchele, Liégeois de 26 ans et footballeur d'avenir et déjà renommé, se tuait à bord de sa Porsche à la vitesse de 200km/h, une vitesse qualifiée d'inadaptée. Après les larmes, sincères et les hommages, médiatisés, ne faudrait-il pas rechercher les vraies responsabilités?

Le football belge est en deuil. Personne n'aurait osé chercher par où le coup du sort avait lâché ce jeune plein d'avenir. Les supporters étaient loin de pouvoir faire l'exercice immédiatement. Le drame en image est encore plus dur à accepter. Les paroles étaient émouvantes à l'enterrement hier. Plus tard, ne pas rechercher les responsabilités, serait plutôt lâche. Nous sommes près d'une semaine plus tard. Une leçon et une conclusion sortent toujours d'une analyse.

Etait-ce le jeune qui a poussé sur le champignon un peu trop fort? Oui, probablement, une erreur à la base existe bien. Mais il faut remonter le cours des fautes, des laxismes et rechercher la dilution des responsabilités. Il est vrai, aujourd'hui, qu'un jeune qui "réussit" trop vite, échappe aussi vite à toute supervision, à tous conseils de sagesse de parents dépassés dans leur rôle. Le signe extérieur de la réussite est, cette fois, une Porsche !

La société de consommation exige des héros et transforme en martyrs lorsque l'échéance mortelle est brutallement avancée. Coup du sort ou nécrologie programmée?  

Etait-il expérimenté pour atteindre des vitesses folles? Oui, ce véhicule, il pouvait se le payer. L'argent n'est pas tout quand la vie de tierces personnes peut être en jeu. Il ne faut pas oublier qu'un bolide tel que cette voiture peut devenir une bombe dans des mains non expérimentées. L'acuité visuelle est ce qu'elle est, elle assume un nombre d'images par seconde mais a ses limites pour un chauffeur surtout dans l'obscurité. Un pilote de rallye peut monter en régime par l'habitude, mais on parle ici d'un footballeur. C'est un autre sport.  Il vivait encore chez ses parents, mais, la libération de mai 68 est passé par là. Un surdoué est choyé par le club, pas par ses parents. Les erreurs sont aussi plus fondamentales et plus en amont.

Il y a, d'abord, les assureurs qui se contentent de faire payer plus cher l'assurance qu'ils délivrent à ses assurés trop jeunes sans autre distinction. Il n'y a pas eu, heureusement, d'autres morts dans l'accident. Il faisait nuit. En-dessous d'un âge de raison, à fixer, et une preuve de capacité pratique par exemple, pas de bolide en dehors des pistes balisées et conçues pour la cause.

Il y a, ensuite, le législateur qui n'oblige pas la détention d'un permis spécial, délivré après un examen sérieux, pour pouvoir piloter une voiture de cette puissance. Une arme demande un permis.

La raison aussi, qui pourrait faire croire qu'avec un tel potentiel de chevaux sous le capot, personne ne se donnerait la baraka de l'expérimenter un jour. Potentiel qui pourtant, rappelons-le, est inutilisable sur nos routes limitées à 90, 120 voir 130 km/h.

Afficher une accélération 0 à 100 kms/h au compteur avec une tonne à arracher, demande aussi une consommation qui dépasse l'entendement eu égard la pénurie future du carburant.

Tout en haut, il y a le constructeur qui vend ses voitures à celui qui en possède la force financière et qui ne se préoccupe pas des conséquences de la transaction.

La route, elle, déclare forfait.

Alors, cette fois, sommes-nous, quelque part, responsable ou coupable?

L'Enfoiré,

Drame chez Le Panda? Ben, non...

 

Citations:

  • « S'il y a tant d'accidents sur les routes, c'est parce que nous avons des voitures de demain, conduites par des hommes d'aujourd'hui sur des routes d'hier. », Pierre-Jean Vaillard

  • « La plupart des accidents d'auto ont une cause très simple : la voiture était en prise directe et l'attention du conducteur au point mort. », Anonyme

29/04/2008

Enlève-moi, mes puces

 

Le "Question à la Une" du 22 avril a de quoi inquiéter. Les puces sont là. Ne préparez pas vos insecticides. Celles-là sont faites "maison", électroniques. La technologie est passée par là. "Big brother" aussi. Les RFID vont apprendre beaucoup de choses sur nous à notre insu. Démocratie en danger? "Confiance, ce n'est qu'une fausse alerte", disent certains. Mais encore...

Le code-barres, c'est décidément ringard. Cette fois, il faudra compter sur la Radio Frequency Identification (RFID) et elle va générer un risque bien plus important dans notre vie de citoyen au quotidien. Celui-ci a peur d'être fiché. Il va être servi.

Certains scientifiques qui analysent le problème, nous disent même que le RFID serait plus dangereux que tout ce qui a été créé pour assurer la sécurité avec en contrepartie un avantage bien trop spécifique. dans le domaine de la sécurité, les caméras de surveillance ne seraient désormais qu'un complément vis-à-vis de ce nouveau moyen de catégoriser les citoyens. Dangereux, car tout le monde en tirerait un profit apparent au départ. Si cela n'avait pas de points positifs, cela le serait moins. Sans un caractère imposé à terme et un risque de ne pas être au courant de ce qui s'y cache, ce pourrait n'être qu'un gadget de plus. Une caméra au dessus d'un immeuble, cela se voit. Ici, ce n'est plus le cas, c'est invisible et, de plus, l'information qui s'y réfugierait pourrait s'alimenter à distance et à l'insu de son porteur. Le piratage pourrait bien vite s'interfacer. Implantés sous la peau, dans les dents, ces puces, on en oublierait leur présence et leur potentiel. Autorisation d'en insérer sous la peau depuis 2004 aux États-Unis. Les raisons se retrouvent dans les domaines pratiques, sécuritaires, publicitaires et commerciaux. Les étiquettes RFID attachées aux vêtements complètent la panoplies. Les applications sont infinies.

Pratique, car il pourrait être considéré un système "carte proton" ambulant, porte monnaie électronique, rechargeable à la demande. Biométrie avec cartes médicales sous la peau. Santé en liberté? Les produits vendus se verraient fichés et inventoriés dans un temps bien plus court et moins coûteux. Utilisée en test, des étiquettes RFID accélère de manière drastique le travail du stockiste dans son inventaire. Elles communiquent à distance, leur présence à une distance maximale de 10 m. Le stockiste n'aura plus qu'à se balader avec des détecteurs entre les rayons pour établir l'inventaire. Stock réel minimum garanti. Clients et fournisseurs contents. Les nouvelles cartes d'identité électroniques contiennent déjà une puce électronique et contiendront toutes les informations personnelles nécessaires que l'on voudrait y insérer: mutuelle, santé par le remplacement de la carte SIS...

Sécuritaire, pour les bébés identifiables et les personnes âgées soufrant de la maladie d'Alzheimer. Traçabilibilité dans le temps et l'espace. L'émission présentait une situation qui allait jusqu'à l'impossibilité de quitter le bâtiment, ascenseurs bloqués. Elle ne disait rien dans le cas d'incendie. Repérables aussi par GPS en cas de perte ou de disparition. Avec les caméras de surveillance, criminels sous garantie de repérage, encore mieux cernés qu'avec bracelet électronique à la cheville. La prison virtuelle est à portée quand on sait le pénurie de places dans les prisons.

Publicitaire, car les clients ne recevraient plus que des publicités ciblées. Habitude de consommation espionnée. Profil de l'acheteur capté. En Belgique, les chiens sont déjà obligatoirement "pucés" pour rester identifiable vis-à-vis de leur maître.  Des milliards de puces sont prêtes à l'emploi. Coût de production, un euro. Prix de vente jusqu'à 150 euros suivant l'usage. Sur ces puces, un catalogue de numéro à 16 chiffres peuvent être relié avec des bases de données de tous les types rassemblées sur ordinateurs. Pour le présent, il ne faudra pas oublier que les puces, c'est aussi un marché énorme qui ne correspond pas du tout à l'idée du marché aux puces. Désormais, il a même son salon, son journal, son fil rouge... Microsoft a une version Beta de son BizTalk RFID Mobile. Des espions dans tous les étages de l'entreprise sont probablement déjà programmés. Pour le futur, un choix entre sécurité et liberté individuelle et peut-être d'autres applications dont on n'a pas encore imaginé les retombées. Des associations se sont créées pour attirer l'attention sur les dangers, mais elles restent bizarrement très confidentielles. Il est certains que des règles précises, des limites d'utilisations soient légifèrées.

"La puce" est passée au cinéma. L'insecte aptère ne pouvait jamais trouver meilleure correspondance technologique. Il faudait seulement se rappeler que ces puces sautent, piquent et propagent les maladies.

L'enfoiré,

Des puces chez Le Panda?

 

Citations:

  • « On dessine toujours les éléphants plus petits que nature, mais les puces sont toujours plus grandes. », Jonathan Swift

  • « Il n'y a pas de preuve que la puce, qui vit sur la souris, craigne le chat. », Henri Michaux

  • « Quand on se cherche des puces, on finit par devenir pouilleux. », Adrien Therio

  • « Une puce ne peut pas piquer une locomotive, mais elle peut rendre fou le machiniste. », Quino

10/04/2008

Enfin, la faim...

1770251205.jpg "Quand la brique va, tout va". Quand tout le monde mange, c’est « à l’Ouest rien de nouveau ». Quand la couverture est suffisamment grande pour protéger les petits petons, « Ca plane pour moi ». Avec la situation actuelle, les choses ont l’air de prendre une odeur de roussi ou un goût amer. 

 

Jean Ziegler a publié « L’Empire de la honte » pour mettre les pendules à l’heure de la dégradation globale du monde. Il était invité dans une émission radio (en texte icichez nous, ce matin du 10 avril.

Son bouquin, cela fait bien de pouvoir s’en inspirer ou de s'en émouvoir dans les conversations. Cela fait bien de montrer qu’on a de la culture et qu’on dit s’inquiéter du tiers monde qui met ¾ du monde dans une situation de précarité en danger de mort. La faim existe depuis bien longtemps. nous en prenons de plus en plus conscience. Notre classe moyenne se meurt. D'autres n'en ont jamais vu la couleur.

Subir de plein fouet une chute du pouvoir d’achat, là on voit rouge. Le réveil est dur, froid et interpellant. Comme une poule effarouchée, on se demande d’où viennent les problèmes. La spéculation est montrée du doigt comme seule responsable. Mais qui a spéculé et qui spécule toujours à l’insu de sa propre volonté ?

Tout est aujourd’hui basé sur une grande spéculation que tout normalement doit bien marcher, que tout le progrès de l’homme est toujours pour demain.

Dans mon premier blog, j’avais écrit « Nous sommes tous responsables ». Ecrit avec la jeunesse de l’écriture, le texte n’a pas pris une ride. Succès d’estime parmi les proches.

Féodaliser le monde, nous y avons tous contribué par notre aveuglement. Le bien pris pour le bénéfice de ses proches, on ne s’est jamais préoccupé s’il ne serait pas le mal pour un plus éloigné. Spéculer, oui, on le fait sur notre bien-être pas et jamais sur celui qui ne peut atteindre pour des raisons « x » ou « y » au niveau des « meilleurs ».

Aujourd’hui, on s’émeut pour la situation des Tibétains, on oublie, au passage, que le problème est bien plus fondamental et dans les racines de notre monde à plusieurs vitesses. Fallait-il passer par les JO pour donner une chance aux Chinois de sortir d'une situation de manque chronique? Quelle est la proportion de la population chinoise qui en sortira vainqueur de cette manifestation mondiale? Se poser la question, c'est y répondre en remarquant les voitures flambant neuves qui dévallent dans les boulevards de Pékin.

283668117.jpg Il faut oser dire que comme tout le monde ne naît pas avec les mêmes chances intellectuelles, tout le monde ne naît pas non plus sur une terre propice au développement naturel ou industriel. Chacuns et chacunes, on est tous né quelque part. Chacun a les "plaquettes" dans le haut de la tête en provenance directe de la filiation. On ne choisit pas. La nature le fait pour nous.

On appelle cela, aujourd’hui, "pluralisme". Il est représenté comme un avantage, comme une chance pour le développement global. Vrai et faux à la fois.

Vrai, si les ponts et les vannes sont ouverts tout azimut, aussi bien pour le bon et pour le mauvais avec l’effort commun pour faire le premier pas vers l’autre.

Faux, si c’est d’essayer à trouver les meilleurs prix pour tout sans chercher si un dumping n’est pas sous jacent à des prix bas.

On commence seulement à parler de commerce éthique. Je me rappelle avoir lancé un pavé dans la marre en démontrant ma surprise à notre magazine des consommateurs « Test achat ».

Tout à coup, sortant d’on ne sait quelle tête, celui-ci sortait des articles en parlant du commerce éthique, alors que dans le même temps, dès les pages qui suivaient, d’autres articles recherchaient, par contrat vis-à-vis du lecteur, les maîtres achats et les prix les plus bas. La réponse a été assez évasive et très compréhensive de mon problème philosophique. Le magazine qui a suivi reprenait le rythme d’antan.

Qu’est ce que prix ? Qu’est ce que l’argent qui lui donne sa raison d’exister ?

C’est une combinaison entre la confiance de l’acheteur qui est prêt à donner, à investir, pour une valeur ajoutée que le produit vendu fournira. C’est aussi une foule d’intermédiaires qui se greffent dans la chaîne de distribution. Entre le producteur et le consommateur, il y a les diffuseurs, les bonimenteurs, les vendeurs de bonnes paroles. Difficile de faire sans eux. Bien entendu. Mais difficile aussi de comprendre que le travailleur qui réalise vraiment le nouveau produit n’ait qu’une partie infime de la valeur globale du produit.

 

608912080.jpg Les matières premières ont été longtemps sous le joug impitoyable de Wall Street.

Les prix se réveillent désormais. Le riz, les pâtes prennent du gallon et rétrécissent le pouvoir d’achat du nanti occidental. Dans le même temps, l’intelligence est galvaudée sur Internet. Elle prend le large, s’exporte, s’importe mais au bénéfice de qui ? Certainement pas en bout de chaîne et surtout pas en début.

« Tout pour rien ou rien pour tout » n’était qu’une approche du problème.

La couverture n'est plus assurée. Pas question de trouver une assurance contre la vie chère. Elle est là car la couverture est plus petite. Le monde n'est pas extenssible. Faut-il suivre les règles du Malthusianisme et éliminer le trop plein? Bizarre que l'on pense toujours aux autres dans ces cas précis.

Désormais, le franc semble être tomber (pardon l’euro, les vieilles habitudes…). On a compris que l’intégration du monde n’est pas un vain mot. Que quand un pays s’enrhume c’est aussi un mini tremblement de terre à l’autre côté de la planète. Le monde est un village, dit-on. Oui, mais par le virtuel et non le réel en pur et dur. Les égoïsmes ou egocentrismes ont la vie dure et comprendre que tout est dans tout sera un pas le pas décisif.

Une fois, ce problème mit sur la table, arriverons-nous, un jour, à lancer le nouveau slogan :

« Fin de la faim ».

 

 

 L’Enfoiré,

 

Sur le Panda, même faim ?

Les biocarburants sont cités comme un "crime contre l'humanité"

Citations:

  • « La faim justifie les moyens, mais on a rarement les moyens quand on a faim. », Jacques Sternberg

  • « L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché. » , Amélie Nothomb

 

07/04/2008

Révolutions en parallèles?

612652546.jpgLe 22 mars 1968, commençait en France, à Nanterre plus précisément, un mouvement estudiantin qui a fait chavirer les mentalités pour deux générations bien en dehors des frontières du départ. Quelles sont les différences entre 1968 et aujourd'hui dans le monde ? Révolutions ou évolutions? Un nouveau réajustement de la société dans son entièreté serait-il possible?

Note aux lecteurs: Cet article ne se veut pas un bilan exhaustif sur les événements dont on fête le 40 ème anniversaire. Chacun vit son histoire à son rythme et avec son expérience. Flashes tout azimut qui se veulent subjectifs et pleins de réflexions.

La femme et l'homme:

1968: La cause des femmes cherche à se faire respecter. Les femmes ne sont plus des objets comme par le passé. En réaction, une élection de Miss Amérique génère le scandale du refus. Les féministes, elles ambitionnent de travailler, comme leur mari, au bureau. Mais, c'est une voie du travail temporaire et moins payé. Cela se résumera souvent par un apprentissage rapide pour combler les trous d'une pénurie de main d'oeuvre dans un besoin immédiat. De 1 à 3% de femmes, seulement, arrivent à des postes de direction. Rejet dans les oubliettes du but essentiel de la femme: la procréation. On cuisinait. La femme au foyer sera, désormais, montrée du doigt. Les appareils électroménagers de toutes sortes vont, en principe, permettre de faire sortir les femmes de leur cuisine.  L'homme oublie doucettement la galanterie dans cette volonté d'égalité féminine. Les femmes penseront, tout à coup, trouver, chez les Chippendales, l'idéal masculin. L'homosexualité est marginale et pointée du doigt et non reconnue légalement. La pilule contraceptive libère le couple des contraintes sexuelles. Pas de risques non contrôlés en perspective.

2008: Le féminisme se retrouve à l'anniversaire annuel d'une journée de la femme. Elles se retrouvent au bureau en nombre. Elles subissent un écart de salaire vis-à-vis de l'homme toujours sensible. Une journée de la femme compte 8 heures au bureau, 1 heure de route, 1 heures de partages avec la famille, 2 heures devant la(les) télé au besoin avec le casque sur la tête pour ne pas entendre la télé du gamin ou le sport de papa et 2 heures de cuisine et de maintenance. Les élections de Miss font toujours un tabac devant les hommes de plus en plus intéressés et rêveurs d'une autre vie. Les laves-tout sont en marche. Vaisselle et linge transitent dans les machines sans plus penser au phosphate qui va boucher les tuyaux des voisins et transforment les égouts qui prennent des couleurs inattendues en se déversant dans les rivières. L'homme se retrouve de plus en plus à la maison et s'habituent aux ustensiles ménagers conçus à la base pour les femmes. Les femmes, les hommes et les jeunes sont sur des chemins parallèles du travail ou des loisirs. Le temps pour la rencontre familiale se restreint. La nourriture, on ne sait pas d'où, il vient et comment s'en servir. On ne se connaît plus dans l'enceinte familiale. Les hommes ne retrouvent plus l'image de la femme et se retourne vers les pipeshow ou vers l'homosexualité qui est reconnue légalement. Le SIDA n'a pas encore trouvé son médicament curatif miracle mais il se soigne. On fête le dixième anniversaire du Viagra. 30% de femmes ont atteint des postes carriéristes, parfois même de direction et de...  "mères dénaturées". Le mari, lui, se réfugie dans le confort du cocooning travail accompli. 

Les jeunes:

1968: Un sixième de la population a entre 16 et 24 ans. Les jeunes enfants sont encore écoutés sous l'autorité de Maman, même si papa est au boulot. Les ados se réveillent en révolutionnaires. Les hippies à San Francisco veulent s'envoyer en l'air de toutes les manières. On fume. On proteste. On manifeste. Tout est voulu gratuit, même le sexe. Le capitalisme est foulé du pied.  Le travail est haï. Le chaos anarchiste est voulu pour casser le rythme des adultes. On se permet des parenthèses temporaires dans une indépendance financière avec interférence des parents en backup. Tout le monde, indépendamment des classes, peut, désormais, espérer des études universitaires. Des ingénieurs sortent de tous les horizons. Les chasseurs de têtes attendent. On s'amuse en boîte et dans les surprises-parties. Les barricades divisent les générations. Cohn Bendit voit rouge dans les rues et tire les ficelles pour soulever l'esprit jeune derrière lui. La Rue de Grenelle réunit, de guerre lasse, Pompidou, patrons et ouvriers dans un accord mitigé.  Sex, love, drug and Rock n'Roll.

2008: Les divorces ont pris des pourcentages inattendus. Quand la nouvelle vie de papa ou maman prend le dessus, les enfants prennent leur baluchon et commencent le périple à destination des éléments des couples dissociés ou recomposés. Chacun, sa vie. On ne se parle plus qu'à des moments privilégiés et planifiés. On fume encore, mais, du plus fort. Plus rien n'est vraiment gratuit à part faussement sur Internet. Le capitalisme n'a jamais été aussi fort. Le chômage ou les petits boulots comme secours relatifs. L'indépendance financière ne peut plus s'imaginer qu'en travaillant plus dans l'instabilité d'emploi. Le travail est quantifié et en exclusivité pour une portion congrue de jeunes. Les parenthèses calment difficilement le stress. L'évasion reste dans les rêves et la préparation des futures vacances. Les émeutes Karcherisée ne lavent toujours pas plus blanc. Cohn Bendit voit, désormais, en vert au Parlement européen et tire des ficelles qui n'ont pas d'échos pour soulever les Parlementaires étonnés de son discours virulent. Le Grenelle est devenu aussi vert. Le papy boom bat son plein. Le chaos est caché le mieux possible par les "vieux". 40.000 enfants meurent encore de faim par jour ou sont la proie de délinquants sexuels dans le monde. Work, AIDS, sex and Rap.

L'éducation:

1968:Elle se fait à l'école et à la maison. Autorité contestée mais elle passe encore par la force et la persuasion du "bon-pour".

2008:L'éducation ne se conçoit plus à la maison. Plus le temps. L'école s'essouffle dans on désir de poursuivre un programme toujours plus important. Défit majeur de l'intégration des écoliers et jeunes immigrés.

Le travail:

1968: Accessible. Nombre d'heures de travail 45h par semaine. Chômage relativement peu important mais qui va s'accroître dans l'urgence de trouver du travail "sur le tas" à bon marché. Dans ce but, le travail temporaire est inventé par l'agence d'interim  BIS et les gouvernements en tirent les bénéfices. On planifie le futur sur une longue échéance.

2008: Mondialisation, délocalisations, fusions de sociétés, spéculations et profits à court terme. Le nombre d'heures de travail par semaine dans les pays développés descend à 38 heures voir même 35 en France. Mais, il faut "travailler plus pour gagner plus et plus longtemps" ou pour survivre face aux contrats signés.  La retraite est problèmatique. Les plans de pensions se comptent en pilliers. Madame doit travailler pour se payer les surplus proposés par la pub. La différence de salaire entre homme et femme désavantage toujours la femme. Les familles cherchent des crèches. Les augmentations de salaires ne suivent plus le coût de la vie. Les caisses sont dites "vides" par les gouvernements alors que les sociétés internationales font sauter les frontières étatiques et  n'ont jamais eu des capitaux en banque avec autant de zéros. Elles jonglent dans des jeux de plus en plus dangereux. On fait sauter la banque avec une écriture virtuelle. Le chômage se retrouve aux deux limites d'âge. Les qualifications demandées ne sont pas souvent en corrélation avec les besoins des sociétés qui doivent s'adapter à toutes les nouveautés qui s'accélèrent. L'introduction de robots industriels a supprimé les emplois répétitifs sans se soucier des laissers pour compte. Dans les autres pays qui apportent la production aux pays qui savent payer, c'est toujours "Germinal" avec 70 heures. Les comptes d'épargne sont les seuls présents pour faire fructifier le reste du salaire.

L'argent:

1968: Le dollar est le seul roi maître étalon avec l'or. L'inflation est élevée mais on cherche à la maîtriser.

2008: Le dollar se plante. L'euro est enfin reconnu et remplace la prépondérance du dieu dollar. L'or reprend des couleurs. La Bourse avec majuscule avec des risques d'écroulement dans des placements dangereux mais on fait confiance au banquier qui expliquera, après coup, le pourquoi d'un raté. L'inflation reprend du poil de la bête de manière inattendue. L'écart se creuse entre le haut et le bas de l'échelle des revenus. L'inflation s'accompagne étrangement par ce qu'on appelle la stagflation. Avec Internet, on joue au trader avec la Bourse sans la connaître.

Vie au quotidien:

1968: On choisit les produits locaux du terroir. Ils ne sont pas chers. Les saisons veulent encore dire quelque chose. On mange tout son saoul. Des petits commerces sont encore maître des achats. On prend son temps pour aller de l'un à l'autre. Pas trop d'intermédiaires. L'essence est bon marché. La voiture donne la liberté à l'homme, dit la pub, donc on aime la montrer. On rêve au volant. On s'amuse à rouler et on dépasse des vitesses préconisées.

2008: On bluffe. On se paye des produits exotiques ou bio toute l'année. L'exotisme fait oublier le transport coûteux en énergie. On frime à petites bouchées sans en rechercher la différence et sans plus espérer un minimum pour les non-bios. Des grandes surfaces semblent casser les prix à coup de brides chez les producteurs et les fournisseurs, mais les prix montent pour le consommateur. La pub fait semblant d'offrir toujours le meilleur prix. L'essence a un prix quadruplé. Le biocarburant se veut un faux espoir pour le remplacement du pétrole. On roule une moyenne de une heure dans les bouchons à des vitesses très contrôlées. La voiture est l'esclavage de l'homme, l'outil obligatoire. Le CO2 fait mal au corps et au ciel. On meuble le temps mort dans la file pour trouver la sortie du trafic avec le GPS sur le tableau de bord. Les villes deviennent des mégalopoles mais on rejoint le domicile en dehors des villes après des bouchons quotidiens sur la route.
 

La santé:

1968: Christiaan Barnard réalise et réussit pleinement sa 2ème greffe du coeur. Le transplanté, P. Blaiberg survit près de 20 mois, Emmanuel Vitria, jusqu'en 1987. 

2008: Le coeur est une pompe ou un muscle presque comme une autre. Les transplantation cardiaque réussisent dans 90% des cas. La cellule et le cerveau seront les grands projets de demain pour tro