09/05/2013
Le printemps, chez moi, c'est quoi?
J'avais écrit "L'hiver, chez moi, c'est quoi?". L'hiver fut long, très long. Enfin, cette fois, ça y est, après un début de printemps plutôt raté, le voilà avec plus l'apparence. Du coup, c'est comme si on se shoutait par petites doses devant un écran de luminothérapie. Quelle réjouissance ressentie à profiter de la nature avec des journées de plus en plus longues. Tout se réveille... parfois, avec des inattendus.
"J'aime pas le printemps" écrivait un rédacteur.
L'âge doit avoir un lien avec le choix de sa saison préférée. Pour moi, je l'ai écrit, c'est l'automne, pour des raisons propres.
Pour son "non-amour" vis-à-vis du printemps, il donnait seulement trois raisons..
1. c’est la tranquillité qui sera grandement perturbée. Impossible d’aller flâner n’importe ou sans croiser d’autres personnes qui ont eu la même idée, et rares sont les personnes silencieuses.
2. l’explosion des grillades qu’on aura à chaque jour quand il fait beau, avec un pic lors des week-end et jours fériés.
3. Période d’entretien, de destruction frénétique. Tondeuses, tailles haies, tronçonneuses, binettes, faux, mains nues, hache, scie…
Si ce n'était que cela... J'ajouterais que dès qu'il y a un rayon de soleil, c'est un véritable cauchemard, la débandade qui commence pour se rendre à la mer ou dans les Ardennes comme si tous devaient rattrapper le temps perdu par l'hiver. Quant à la bébête qui monte, cela ne me donnera pas le hockey sur gazon...
L'hiver reste trop dans les esprits sevrés de soleil, ce printemps-ci. S'il fait ne fut-ce qu'un peu plus chaud, les marchands de glaces ressortiront et mettront les gaufres en réserve au frigo.
Répondre à la question de ce que représente le printemps, commence par un sérieux risque de ne pas être synchronisé avec ce que pense la généralité des gens. Le printemps, c'est le vert des arbres, presque trop vert. Je n'ai rien contre les écolos, mais faut pas ajouter des couches supplémentaires.
Le renouveau de la nature, dit-on. Mais cela manque un peu de maturité, cette nature.
L'homme est synchronisé à l'heure qu'il a sur son bracelet-montre, mais il a parfois un autre rythme interne qui le chipotte.
Souvent, dans l'entreprise qui l'emploie, il n'en verra pas la couleur de ce renouveau. A y réfléchir, il s'en fout pour lui-même. C'est son épouse qui pensera tout à coup à réastiquer, à faire "le nettoyage de printemps" à la maison à faire chavirer la barraque.
Première constatation, vivre à la campagne n'a rien à voir avec la vie citadine. Dans cette dernière, il n'y a pas les soucis du champs ou de l'entretien du jardin. Vivre dans une maison ou un appartement ne fait pas voir les choses sous le même angle.
Cette année, le vrai printemps était en retard. Il a poussé la nature dans ses derniers retranchements. Les bouleaux attendaient le bon moment pour germer et envoyer le pollen à tous vents. Cette année, dès les premiers rayons de soleil, ce fut une véritable explosion.
Deux ou trois jours ont suffi à la nature pour leur rendre la couleur vert tendre et empêcher de tourner en rond, ceux qui sont affectés par le pollen.
Les arbres les plus précoces avaient déjà donné des signes d'attente. Le marronnier était sur ses starting-blocks. Les autres allaient suivre le même rendez-vous coûte que coûte.
24°C atteint un jour. Redescendu à près de zéro et en France, ce fut 20 centimètres de neige, sur les hauteurs de Saint-Etienne.
Cette année, les pics de pollen sont montées en flèche et ont dépassé les moyennes en l'espace de deux jours.
Au point qu'allergique, j'ai pensé à me poser un masque sur le visage et commencé à rêver à la pluie salvatrice qui plaquerait le pollen sur le sol.
Rhinites, conjonctivites, prurits, urticaires ont été du lot du combattant de l'aurore de la belle saison.
L'affiche publicitaire du nouveau film "L'écume des jours" venait bien à propos même si on n'y ressent pas la douce légèreté du roman comme le disaient les critiques.
L'écume, elle ne vient pas par la bouche mais par le nez.
La maladie d'amour s'allierait-elle à l'allergie sous le couvert d'un antidote antihistaminique?
Putain d'histamine qui, parait-il, a de plus en plus d'effets dans la population. Des médicaments, oui, il y en a, mais ils ont un effet secondaire: ils apportent la somnolence.
Juste ce qu'il ne faudrait pour admirer les paysages qui verdoient si tendrement.
Au printemps, les "marmottes" sortent de leur hivernage. Je n'irai pas jusque là.
Cette période est propice à la bougeotte et pousse, on ne sait pourquoi, plusieurs candidats au nomadisme. Prendre la maison sur le dos, c'est pas vraiment une occasion rêvée pour somnoler.
C'est aussi une période pendant laquelle, ils pensent à ressortir le vélo du garage pour aller se balader dans la nature et, parfois, remarquer qu'en dernière minute, la bécane nécessiterait une petite maintenance. La bécanne garée pour l'hiver, cela peut rouiller ou avoir d'autres maladies de l'inactivité, mais on l'avait oublié.
On compte, dès lors, les points pour savoir si l'optimisme va prendre le dessus sur le pessimisme.
J'aurais pu chercher toutes les chansons qui parlent du printemps pour orienter la décision. Je n'ai pas dû. C'était déjà fait.
Oui, Hugues, "Les filles sont jolies dès que le printemps est là"
Un peu de calme revenu, j'ai repris la bicyclette et l'appareil numérique à la recherche des coins déjà photographiés en hiver et pour en trouver d'autres. Pas besoin de carte aux trésors pour cela. Patience, observation et le hasard pour seul guide.
Par le plus grand des hasards, le petit jardin écologique, près de chez moi, avait une présentation de ce qu'est le compostage. Un brin de causette et puis s'en vont. Au suivant...
Grand_Corps_malade dans son slam des saisons raconte ce qui, pour lui, fait le printemps.
Je commençais juste à m'y habituer
mais les jours ont rallongé.
J'ai compris que le printemps
allait emménager.
Le mois de mars avait tracé
en un battement de cils
et on m'avait dit qu'en avril,
faut pas se découvrir d'un fil.
Mais moi, j'ai peur de rien
alors malgré les dictons vieillots,
j'ai enlevé une de mes vestes
pour ne pas avoir trop chaud.
J'ai vu les arbres avoir des feuilles
et les filles changer de godasses.
J'ai vu les bistrots ouvrir plus tard
avec des tables en terrasses.
Y avait plein de couples qui s'embrassaient.
C'est les hormones, ça réagit.
C'est la saison des amours
et la saison des allergies.
C'est vrai j'ai eu le nez qui coule
et je me suis frotté les yeux
mais j'ai aimé la chair de poule
pendant un coup de vent affectueux.
Sur les balcons ça bourgeonnait.
J'ai regardé le ciel bleu-pâle.
Y avait même des avions.
Ma factrice a ressorti le vélo.
J'étais content pour elle.
Content aussi pour le daron
qui aime le retour des hirondelles.
Pour moi, le printemps a réellement commencé le 1er mai, avec ses muguets porte-bonheurs et ses discours politiques endiablés d'invectives et de noms d'oiseaux. Un folklore comme un autre.
Le 4 et 5 mai, Bruxelles était en ébulition à la fête de l'Europe et celle de Bruxelles, la fête de l'Iris. Deux fêtes qui tombaient de concert en un seul weekend.
La fête de l'Europe fut une journée portes-ouvertes de ces bâtiments autour du rond point Schumann qui n'ouvrent jamais au public.
Le besoin de rappeler, à la plupart, le rôle, de l'imbrication de ces trois gouvernements de l'Europe. De préciser, aussi, la raison du Prix Nobel de la Paix 2012 décerné à l'Union européenne. Au Berlaymont, la Commission avec José Manuel Barroso à sa tête. En face, au "Juste Lipse" avec Herman Van Rompuy comme Président du Conseil aux commandes du grand bateau "Europe" dans la tourmente.
A l'Espace Léopold, le Parlement des 27 pays de la CE, composé des bâtiments aux noms des initiateurs du projet "Europe", Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli, que l'on a appelé, en coulisse, pour sa configuration physique et ses besoins financiers, "Caprice des Dieux".
Ce fut l'occasion de se rappeler des six mois de présidence en cours du Conseil attribué à l'Irlande, par l'intermédiaire de ses danses irlandaises.
Que dire de plus, sinon que les eurosceptiques ne faisaient, probablement, pas partie des visiteurs. Ils n'y auraient pas trouvé leur compte. Beaucoup d'étrangers de passage déambulaient par cette belle journée ensoleillée, une occasion d'aller voir de plus près que "In Europe, everything is under control, with ou without money".
Dans le même temps, en France, François Hollande avait atteint l'anniversaire de sa première année de présidence. Après un quinquénat sarkozien, plutôt agité dont on retrouvait, la veille, les Secrets d'une présidence, comme si c'était une histoire immédiate les Français trouvaient leur nouveau dirigeant, trop normal et pas assez superman.
Le lendemain, à la fête de l'Iris, ce fut "pour les amateurs de musique, de concerts organisés dans la soirée Place des Palais. Pop, rock, soul, il y en avait pour tous les goûts: Ann Arbor, Hooverphonic, le Grand Jojo. La fête de l’Iris est l’occasion de promouvoir les arts du spectacle et la vitrine pour des artistes de tous horizons.".
C'est aussi, un spectacle bon-enfant sous toutes ses formes physiques et historiques.
Un boom démographique. Non, peut-être...
Samedi dernier, Charles Piquet prononçait son dernier discours en tant que Président de Bruxelles Capitale.
«Bruxelles, c’est la capitale européenne où la capacité d’investissement est la plus modeste par habitant. Donc Bruxelles est héroïque »", disait-il.
"Héroïque"... Sans blague! Sans mentionner qui étaient les héros et les braves parmi les braves...
Une hirondelle ne fait pas le printemps.
Si la politique le faisait, cela se saurait.
Alors, en resumé, le printemps, chez moi, c'est quoi?
Bien, c'est la saison des fêtes. Le mois de mai qui, avec ses jours de congés et ses potentiels de ponts, est peut-être le mois préféré par tous.
Après le pont du 1er mai, celui de ce jeudi 9 d'Ascension.
L'Ascension est une élévation, une résurection, comme il en est dit pour définir cette fête chrétienne.
L'ascension de Merkel vers un nouveau mandat? Qui sait, mais elle devra attendre, les élections allemandes. Ce sera, déjà en automne et avant cela, elle devra se montrer sous son meilleur jour...
La résurection de Christiane de Duve? Oui, cela arrangerait, à juste titre.
En attendant, déjà deux événements à signaler ce mois-ci: une collision de trains avec des produits toxiques qui se baladent dans la nature et un camion qui prennait un raccourci sans pouvoir s'arrêter sinon dans des maisons.
Mais de tout cela, le Printemps n'en a cure.
Une saison que l'on espère pas trop faite d'explosions naturelles ou artificielles... si, au moins, il savait cela, le Printemps...
Le Printemps avait, déjà, trop d'heures de gloire, à mi-course, même en gardant Vivaldi dans les oreilles.
Et, si on regardait tout cela, ensemble, avec philosophie et des photos à l'appui.
L'enfoiré,
PS: Aujourd'hui, Sapanhine regagne ses lointaines pénates. Je vous en parlais lors de son arrivée à Bruxelles. Il parlera, bientôt, de ce retour aux sources temporaires.
Citations:
- « La fantaisie est un perpétuel printemps. », Johann Friedrich von Schiller
- « Certains matins de printemps ont une fraîcheur de grenouille. », Francis Dannemar
- « L’automne est une mutation, l’hiver une lutte, le printemps un épanouissement. », Anonyme
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25/04/2013
Le centenaire de "Science & Vie"
Le numéro 1147 d'avril 2013 fête le centième anniversaire de Science & Vie...
Le mois dernier, comme prof de Sciences d'occasion, je parlais de Science avec de futurs "Créateurs d'étincelles" potentiels.
Le mensuel "Science & Vie", après un siècle d'existence, pourrait constituer six mètres à trouver dans une bibilothèque, jusqu'à à ce dernier numéro 1147, pour raconter son histoire.
Vulgariser la Science dans un langage simple sans aller trop loin dans le détail, implique de devoir oublier les formules pour ne garder que l'information dans un langage simple, abordable par le plus grand nombre de lecteurs. Étudier les formules, les théorèmes et leur démonstration n'est pas son but.
Dernièrement, l'article d'Agoravox "Regard politique sur les sciences" m'avait fait sortir un joker qu'il fallait pour initier le débat.
C'est vrai, la Science est devenue plus qu'une affaire de savoir. Elle est politique et des scientistes se retrouvent dans leurs rangs avec des buts différents.
Une remarque de l'auteur, Claus, m'avait interpellé par quelques parties choisies qui disaient:
"simple lecteur de Science et vie, j’ai une licence scientifique qui ne m’a pas permis d’embrasser le sujet si complexes de Gödel, à peine de le caresser.... rien dans le monde des hommes et de leur science ne doit absolument être pris au pied de la lettre. Ce qui ne signifie pas que je ne crois pas en certaines évidences scientifiques, vérifiables, notamment empiriquement et que je souhaite l’abandon des sciences au profit d’une quelconque métaphysique ou d’un nouvel ésotérisme. Je trouve frappant le contraste entre l'intéret pour le sujet, de la manière d'en parler et d’instrumentaliser les sciences dans nos sociétés modernes. Je maintiens que rien n’est évident, pas même le concept de gravité qui ne pourrait être qu’une force «émergente», non-fondamentale, concept qui nous emmène vers le domaine très difficile aussi pour l’entendement commun de la physique de l’information, du « it from bit » comme l’a montré Erik Verlinde qui rapportait de même: «Ce que nous appelons constituants fondamentaux est, en réalité, introduit de façon ad hoc, et, par conséquent, parfaitement réfutable. J’ajoute qu’il est peu probable que nous accédions jamais aux constituants fondamentaux.». L’importance insoupçonnée jusqu’alors de l’énergie noire et de la matière noire sont aussi autant d’exemples qui montrent, à défaut de prouver, que l’Homme n’a jamais semblé aussi loin de bien comprendre son environnement. Et j’ajouterai: tant mieux! La véritable connaissance amène naturellement à l'humilité.".
Commentaire judicieux et exact à plus d'un titre qui sortait du cadre d'un scientisme de mauvais aloi. On ne peut nager entre deux eaux. On est à bord ou on reste à quai. Comme disait Zaz qui a touché le fond depuis sa chanson "Je veux", "Soit tu meurs, soit tu vis, mais tu ne restes pas entre les deux".
Le risque de paraître tapageur existe toujours quand il s'agit de parler d'un sujet complexe avec un peu d'enthousiasme. Quand il s'agit de vulgariser, c'est peut être pire.
Les Sciences dites "exactes" et "humaines" ne résolvent pas tout. Ont-elles, d'ailleurs, ce but de manière intrinsèque? Elles s'intéressent à des généralités, des moyennes en éliminant les particularités trop exclusives de l'individu.
Plus grande est la complexité des processus, plus de temps, il faudra pour assurer les avancées notoires avec la complicité des technologies. Celles-ci permettent d'aller plus loin, plus vite, avec plus de précision dans les calculs.
En Belgique, le Télévie vient de se refermer sur un record de dons récoltés de 8,7 millions d'euros. L'espérance dans la médecine, et par là en la Science, est totale. L'impatience est immense.
C'est donc le centenaire du journal et cela impose de se retourner dans son histoire. 
Plonger dans le passé, s'est se rendre compte que tout a changé ou presque. Que la vie s'est considérablement allongée, avec plus de confort. C'est, aussi, constater qu'il faut partager cette Terre par beaucoup plus de Terriens contemporains avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte.
Si le monde est devenu un grand village plus agile, il est, aussi, devenu plus fragile. Si les Sciences et les Technologies viennent ensembles pour résoudre les problèmes, elles en créent, involontérement, de nouveaux.
La Science se doit d'épargner, d'affiner ses recherches vu que le monde s'est défini et est fini.
La Science arrive-t-elle à destination dans une impasse comme le dirait ce billet?
S'il y a un cul-de-sac, une impasse, il faut, de toutes manières, les tester pour s'en rendre compte et laisser, comme l'a fait l'évolution, des chaînons manquants du savoir.
L'impasse ou le progrès est une affaire d'Homme et pas de Science. Mais l'auteur du billet s'explique. Je me demande le pourquoi de son statu quo. Mais, bon... toujours le problème d'être "the right man at the right place and at the right moment".
La Science comme toutes les autres ambitions, coûtent cher.
Testeur de tout et de choses très (trop) vite obsolètes pendant ma vie active, j'ai constaté qu'il ne suffit pas de remarquer les résultats, mais aussi s'assurer que ces derniers restent en adéquation avec les besoins et les réalités pour amortir les investissements.
Cela étant dit, anniversaire oblige, parlons du S&V.
Plusieurs de mes articles ont été puisés dans ceux de ce magazine "Science & Vie". Je n'achètre pas tous les mois, ce mensuel. Mais je le consulte tous les mois.
Façonner un esprit scientifique, c'est, d'abord, accepter de se tromper et de ne pas imposer ses vérités de force.
C'est garder une volonté de séparer le mensonge de la vérité en suivant les sources de l'information avec une dose de scepticisme.
Le Livre d'or dont on trouve quelques billets marquants dans ce numéro anniversaire, est assez explicite de ce que les lecteurs recherchaient que l'on peut résumer par le "S&V fait rêver".
Le magazine a dû initier et créer quelques vocations au travers de différentes générations en dépis de couvertures accrocheuses qui visent au sensationnalisme.
Certains sujets dépassent le commun des mortels. Peu importe, si quelques articles ne sont lus que du bout des yeux en survol rapide et sans tout comprendre, ils créent le questionnement et peuvent servir de références.
Rester curieux est, peut-être, le fin mot et la meilleure initiative qui peut arriver aux lecteurs. La pire aurait été d'avoir perdu le fil de l'histoire et ne plus se sentir que comme un maillon faible, soufflé par une chaîne de connaissances qu'il l'aurait placé au ban de la société moderne.
Avoir un esprit scientifique, tout comme un esprit numérique, n'est déjà pas à la portée de tout le monde. La Science a une philosophie bien, à elle et certains scientifiques disent qu'ils le sont et ne sont, en fait, que des scientistes.
Vouloir comprendre la Science et sortir de la simple vulgarisation, impose d'apprendre le langage spécifique, le jargon utilisé. Même si les scientifiques s'imposent d'informer, il n'est pas sûr qu'ils se feront comprendre par ceux qui n'auraient pas fait l'effort de compréhension. Oui, il y a un poids de la connaissance. Un poids au niveau de l'apprentissage et un poids à celui de l'éthique de son utilisation.
Conservateur, je possède toujours un autre numéro anniversaire, le numéro 1000 qui datait de janvier 2001. Son sous-titre "L'accélérateur du savoir". A cette époque, tout semblait possible avec le changement de siècle. Des projets fous pour ce XXIème siècle se dessinaient. Nous n'étions pas encore arrivé au 11 septembre, aucune crise majeure. La crise qui rappelait celle du crash de 1929, en a décidé autrement.
Ce numéro 1000 donne une occasion de comparer, dans la pratique, 21 projets et leurs réalisations. Les titres avec les rappels des buts à atteindre, suivis de la situation actuelle seraient ainsi:
1. La traque du Boson de Higgs : Celui-ci était chargé de proposer une vision radicalement neuve de la matière et de l'Univers. En 1993, un concours était lancé. Le but était de l'expliquer à un ministre britannique sur une simple feuille. David Milles, le gagnant, disait : "Dans une salle pleine, une sommité crée une perturbation identique en accroissant la résistance par son déplacement de masse, tandis qu'une rumeur immatérielle, le Boson, au travers d'un essaim de physiciens dans un état d'excitation, serait appelée un champ de Higgs".
>> Ce fameux Boson, "particule de Dieu" a été trouvée le 4 juillet 2012. Depuis, on attend les suites.
2. L'océan fait sa météo: Pour faire des prévisions du temps, les isopycnes (mêmes densités) seraient préférés qux isobares. Les masses d'eau plutôt que les masses d'air. Des prévisions sur 15 jours avec 1/3 de degré d'erreur s'en suivraient grâce aux satellites qui donneraient la thermographie en surface des océans en 3D. Pour 2003, des prévisions à un mois pourraient être espérées grâce aux météorologues-océanographes.
>> Aujourd'hui, on parle de prévisions à une semaine avec des risques d'erreurs bien plus importants. Et si on cherchait dans les autres planètes? La raison, c'est que le climat est plus "intime". Il est dépendant de la région comme une foule de micro-climats. Anticiper devrait se faire région par région pour en déterminer les impacts sur chacune.
3. La langue universelle des nombres: Pour sa contribution prophétique aux mathématiques par les fonctions analytiques et avoir fédéré le savoir par les nombres, Robert Langlands a reçu une médaille.
>> Les maths sont toujours la bête noire des étudiants dans un bottle neck.
4. Créateur d'étoiles par le laser: Le Laser Megajoule pour recréer le soleil en éprouvette serait opérationnel en 2008 pour réaliser des expériences sur la fusion contrôlée comme équivalent du projet américain NIF (National Ignition Facility).
>> Le malheur, il y a eu la crise. On accuse depuis un déficit en investissements et les projets ont accusés des retards. De plus des militants anti-nucléaire s'opposent au projet.
5. Fouiller sans creuser: Repérer les fossile et les artéfacs par une assistance technique.
>> La pyramide de Chéos a été un bon moyen d'expérimenter les techniques pour prouver l'efficacité. Le malheur en Egypte, il y a eu une révolution.
6. Arche de Noé en ressuscitant les mammouth: Conserver les espèces en voie de disparition et tester la résurection de celles qui on disparu par clonage.
>> Nous étions en pleine période du Jurassic Park. Le clonage de la brebis Dolly a suivi. Sinon, on a parle des fumisteries de sectes comme celle de Raël.
7. Modéliser avec des cellules virtuelles: Le but: mettre au point des médicaments du futur.
>> Les nanotechnologies ont repris le flambeau de cette recherche médicale et l'étude du cerveau est devenu l'espoir numéro un pour le 21ème siècle.
8. La course aux protéines pour la pharmacie: Après le décryptage du génome humain, il était normal de s'intéresser aux gènes pour relancer les protéines pour la pharmacie.
>> De nouvelles pilules pharmaceutiques ont été développées mais elles dépendent des accords des pays et cela demande plusieurs années avant d'arriver dans le public. Quant au décryptage, il ne coûte quasiment plus rien mais cela peut devenir une menace de pouvoir prédire notre avenir par une forme d'eugénisme.
9. Des neurones très cultivés: Greffer des neurones sur les animaux et utiliser les cellules souches pour les regénérer. 300 malades avaient à l'époque été testés avec des neurones embryonnaires.
>> La relance du projet a démarré récemment avec Obama qui veut en savoir plus sur le cerveau avec une vue en parallèle sur l'étude des robots.
10. Longévité à la reine: La gérontologie à l'honneur. Une meilleur qualité de vie. Une aspiration à l'immortalité. Pourquoi vieillir? La reine des fourmis protégée par son armée fait chuter la mortalité extrinsèque imputable aux prédateurs et aux parasite.
>> La différence avec les hommes, chez les souris, on n'a pas de terroristes, pas de démocratie et les sujets sont bien drillés. Si la vie de l'homme s'est allongée, la qualité de vie reste bien loin d'être au top. Le cancer reste toujours traité par des chimiothérapies lourdes. Le SIDA, mes maladies de la dégénérescence restent un poids lourds dans les caisses des mutualités.
11. Anabiopsis mutante: En 2010, les Arabidopsis, une fois modélisés par la modification de leurs gènes, les scientifiques pourraient lancer leur mutation dans une 2ème révolution verte.
>> Des OGM de 2ème génération, qu'en penseraient les anti-OGM d'aujourd'hui?
12. Chasseurs de terres: Découvrir les planètes extérieures du système solaire. L'étoile Bêta Pictoris, une première mais géante, gazeuse et stérile. 60.000 étoile et le projet Corot se proposait d'aller voir cela de plus près en 2004. Eddington en 2010. Kepler en discussion et Gaia prévu en 2012.
>> Toujours pas d'extra-terrestres à l'horizon. On recherche de l'eau, de l'ozone, du méthane et du carbone.
13. Pile à combustible avec rendement: Propreté et rendement. L'hydrogène, l'énergie du futur. Disponible sous forme d'hydrate de méthane.
>> Oui, mais, c'est toujours les énergies traditionnelles comme le pétrole et le nucléaire qui commencent à partager leur production avec les énergies dites vertes.
14. Archiver le Web: Le VHS, le CD à la casse. Vive le DVD. Mais on a peur de la pérénité des infos et de la vie des supports, de plus en plus courte.
>> Le "cloud computing" (les infos dans les nuages) est là. Avec lui, les concentrateurs serveurs. Le Web est devenu la bibliothèque internationale et a résolu, en apparence, la lutte des supports. On ne sait plus où les informations sont localisées, mais on sait qu'elles sont là. On craint seulement l'orage dans les nuages ou les effets du "coup de sang" du soleil. Pour les documents, il faut séparer le bon grain de l'ivraie, mais puisqu'il y a de la place de stokage et que les moteurs de recherche résolvent, en principe, le problème...
15. 1000 passagers dans une aile volante: Transporter plus de monde en moins de temps.
>> Du rêve, on est passé à la réalité économique. C'est en nombre de places qu'il faut compter dans l'A380 et pas d'aile volante avant longtemps. Actuellement, pas de successeur au Concorde.
16. Le grand marché de la pollution: Réduire à tout prix le réchauffement de l'effet de serre et faire son marché de "bons pour polluer". En 2010, c'est convertir les matières premières en produits de consommation.
>> Des conférences passées d'échec en échec. C'est la crise et la baisse de la demande et des activités qui font baisser les prix des matières premières. En Belgique, on a poussé l'énergie verte. Ce fut un succès. Pour payer les certificats verts, les gouvernements se questionnent du comment rembourser les 2,5 milliards d'euros aux concitoyens. Quant aux éoliennes, c'est oui mais pas dans mon champ de vision.
17. Les pionniers du nanomonde: Construire des molécules atome par atome. La puissance des processeurs doublent tous les 18 mois pour répondre aux besoins tchnologiques.
>> Les processeurs ne doublent plus. Ils se "concertent" pour donner plus de vitesse. Les technologies nanométriques vont tout azimut et deviennent magiques au vu des débouchés en mettant de côté quelques risques.
18. Le net interplanétaire: InterPlanet pour envoyer des eMails jusque sur Mars.
>> Les promenades dans l'espace sont en panne de moyens et de carburant. Même la navette est au musée. La conquête de Mars a commencé.
19. Le SOS des campagnes: L'exode rural bat son plein. On constuit en massif dans les villes pour arrêter l'hémoragie.
>> Les villes sont à nouveau plébiscitées pour éviter les problèmes de transport dans les bouchons. De plus en plus de mégapoles avec des cités dortoires intégrées. Les villes se rejoignent avec les campagnes compressées entre elles. Les paysans se rebelle pour être payé au rabais.
20. Big brother prend le volant: Objectif trafic toujours fluide et zéro mort sur les routes. Des voitures pilotées par satellites.
>> Le GPS est devenu le pilote de secours du conducteur, mais il n'est toujours pas relié au moteur. Le radar reste majoritairement dans les laboratoires. La voiture électrique est la nouvelle passion.
21. Super calculateur en lignes: Micros trop lents. 128 processeurs et un petit Cray T3E-1200E bardé de 816 processeurs;
>> Tout à fait. Quelques versions supplémentaires. Pas d'autres commentaires.
On a souvent mis en opposition la Science et la croyance en Dieu. Le S&V du mois d'août 2005 répondait à la question "Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais". Celui de décembre de la même année, la question "L'évolution a-t-elle un sens?".
Les problèmes subsistent mais la Science est sensée les faire progresser.
Quant à la technologie, un article de Sarah Godard "Quand l'informatique d'aujourd'hui améliore la médecine de demain" venait bien à propos. Elle parlait de l'informatisation des soins de santé malgré les difficultés de financements.
En 2003, la spin-off Polymedis, avec un capital de 500.000 euros, informatisait les urgences dans l'IT hospitalier, digitalisait les prescriptions médicales, le dossier médical des patients. Objectiver les différences entre les patients, c'est, aussi, leur donner un profil génétique qu'il faudra protéger et sécuriser contre d'éventuels pirates informatique. Les "serious games" de la société "Fishing Cactus" permettent aussi de s'occuper des pathologies dégénératives. Tout est une question de sponsors et de mécènes dans le eHealth qui attendent des projets solides. Les logiciels en milieu hospitalier pour la prévention sont un véritable boulevard de croissance qui devrait créer un regain d'intérêt.
Qui sommes-nous?, veut préciser S&V dans sa page d'intro.
L'histoire du S&V commence, avec Paul Dupuy, co-rédacteur du "Petit Parisien", lancé dans la presse par son père, qui faisait des records de publication avec une autre destinée.
Le destin de Paul Dupuy était pris à son propre piège, quand il a signé son premier article "Les petits agents de la mort" dans lequel il parlait de la fièvre typhoïde, de la dysenterie, de la tuberculose, transportés par les insectes.
En 1927, comble de l'ironie, il mourrait suite à la fièvre typhoïde dans une époque qui ne connaissait pas encore les antibiotiques.
Le S&V de juin 2006, remettait les problèmes des moustiques sur le tapis.
Après la guerre 40-45, le titre du magazine passait de "La Science et la Vie" à "Science et Vie". Plus trard, modernisé par le remplacement du "et" par un "&".
Où en sommes nous avec les Sciences, aujourd'hui?
Probablement encore dans de vagues brumes du changement de siècle, mais loin de la sortie du tunnel dont on aperçoit parfois quelques lueurs...
Une raison d'avancer sans se retourner trop souvent? Et, garder la notion de vulgariser comme mot de passe en commun.
Pour ses 100 ans, ce numéro 1147 de S&V se relance dans la futurologie.
Certains projets du début du 21ème siècle sont toujours présents, à relayer dans le futur. D'autres se sont ajoutés ou remplacent des précédents.
Chronologiquement, le S&V cite que l'on pourrait s'attendre dans l'ordre à la récupération de la chaleur humaine et de l'eau douce sous-marine, aux reproductions des objets par l'imprimante 3D, à l'extraction des minerais des abysses, au laser qui crée de la matière à partir du vide, aux fermes agricoles au centre des villes, aux usines de bactéries, aux plantes sans engrais, au réacteur de fusion, aux centrales solaires dans le désert, aux téléscopes pour détecter la vie extraterrestre, à l'ascensseur spatial, à l'exploitation des astéroïdes, et... pour 2100, innover et maitriser l'innovation.
Ce dernier point m'a parru très mal placé entre des débats éthiques comme pour la manipulation du climat, l'utilisation de robots humanoïdes, la privatisation de l'espace et bien d'autres.
Le défi de la connaissance est de prendre la mesure du savoir avec minutie et imagination.
Si la devise de S&V est "Tout se découvre, s'invente, se construit et se projette" cela ne manque pas de sel, ni de souffle dans les réalités de la vie et le trouble causé par la mort.
Le magazine concurrent de S&V, "Science et Avenir" est né en 1947. Un autre "Pour la Science", en 1977.
Le savoir donne toujours le pouvoir. L'inverse est moins vrai.
Jean Gabin avec sa chanson philosophique "Maintenant, je sais" montrait que l'homme ne sera jamais rassasié de savoir.imp
Pour l'anecdote, dans notre belgitude, il y a une confusion entre les mots "savoir" et "pouvoir".
Instinctivement, devant un écrit illisible, trop petit, un Belge vous dira "je ne sais pas lire" au lieu de dire "je ne peux pas lire". Ce belgicisme est-il un signe que l'on voudrait obtenir plus de savoir que de pouvoir?
La soif de Sciences devra toujours s'adapter à la conjoncture et aux problèmes annexes. Jusqu'où sommes prêt à aller pour nous connaître ainsi que notre environnement?
Les problèmes qui rongent notre société, peuvent seulement trouver une solution avec l'humour d'un café très ou trop serré même s'ils sont toujours dépendants de ce qu'on en fait de ce café.
Back to the new future...
The best is yet to come...
May be...
L'enfoiré,
Citations d'Albert Einstein:
- "Un problème sans solution est un problème mal posé".
- "Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité".
- "La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information."
08:45 Publié dans Actualité, Histoire, Presse et media, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18/04/2013
Non, mais allô quoi, Fakebook?
Facebook, encore et toujours. Plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde sur Internet. Ce réseau social réapparaît encore plus envahissant via le téléphone. Mais, qu'est-ce qui attire dans ce jeu de quilles? Qui utilise quoi et comment?
En Belgique, fin février, on comptait 4,9 millions d'utilisateurs de Facebook. Quasi la moitié de la population, en tenant compte que, logiquement, Facebook n'est pas accessible aux moins de 13 ans.
C'est le premier réseau social dans notre pays (62%) devant LinkedIn à 19%, Google+ à 18% et Twitter à 12%.
Cinq millions de Belge. 7 Belges sur 10 sont désormais présents sur les réseaux sociaux.
Le meilleur (ou le pire) serait-il encore à venir?
Après Facebook, voilà "Facebook Home" et par la même occasion, la prise du contrôle du téléphone de ses utilisateurs. Jusqu'ici, disponible sur les smartphones et les tablettes Android. iOS et Windows Phone, c'est pour bientôt.
Une application mobile d'une puissance absolument... 'phénoménale', était-il annoncé.
Une méga-application qui rhabille le téléphone de la tête aux pieds.
En gros, l'écran de verrouillage, la page d'accueil avec les icônes, le fond d'écran, les menus avec les applications à télécharger, le chat Messenger, fusionné avec les SMS et les messages. "Facebook minded" avec l'aide de Instagram, une autre application contrôlée à 100% par... Facebook.
Dès que le téléphone s'allume des photos postées par des amis défilent, en plein écran, avec les appels, les messages, les notifications.
Cette nouveauté sera gratuite. Le but, rester connecté en permanence sur son réseau. Cerise sur le gâteau, téléphoner, ce sera sans passer par le réseau téléphonique. Magique, donc...
Les données offertes par les Facebookers sont un bien trop précieux et rentable sur d'autres plans pour penser à les faire payer.
Il y a bien eu, le 13 mars, la Fondation CIGREF qui publiait les conclusions d'une étude intitulée "Tester l’hypothèse de la "Fin de la Vie Privée" dans la communication assistée par ordinateur.
Mais, voyons, il ne faut pas jouer le trouble-fête.
Cela étant dit, analysons, une nouvelle fois, le cas "Facebook".
Au milieu de beaucoup d'autres moyens considérés comme sociaux, Facebook est surnommé Fakebook, comme quelque chose qui sonne faux qui commence par une invitation, un partage, une déclaration et se termine en Muppet Show qui se met à caracoler. Ce qui est faux doit avoir une logique différente.
Qu'y a-t-il de social là-dedans? Tous amis, anciens amis d'avant, amis des amis, amis des amis des amis dans "the big family"? Plus on a d'amis sur Facebook, plus le concept d'ami devient relatif. Montrer aux amis combien notre vie est "cool" dans un média d'égo, quelques bafouilles, quelques photos de famille, le tout pimenté de voyages lointains réels ou irréels. Le privé révélé avec fierté...
Fini la crise. A la rigueur, une petite indignation, peut-être, mais sans casser l'ambiance. Il faut rester anodin, inoffensif, sans scandale.
Rester ignoré, par contre, devient le pire des cauchemars.
Facebook affirme le Bonheur, dans un parfait statu quo. La désagréable incertitude mine plus qu'elle ne solidarise. Alors, ce sera sans douleur, sans tristesse, sans angoisse, cool pour le meilleur et sans le pire. Insatisfaits, cherchez sur le terrain des amis en chair et en os avec plus d'os que de chair.
L'article 3&7 dit : "Vous ne publierez pas de contenus incitants à la haîne ou à la violence, menaçant, à caractère pornographique ou contenant de la nudité". Facebook se dit le "gardien de l'ordre moral" au mépris de la liberté d'expression élémentaire avec des modérateurs factuels, institués comme juge.
Un profil Facebook dans la note doit réconforter les autres et rassurer son propriétaire d'exister même si c'est "a second life" à la mesure des aspirations.
Gratuit? Oui. Mais peut-être de moins en moins. Si un Facebooker veut envoyer une bafouille en dehors de son champ d'amis, plus le degré de célébrité de celui-ci, grimpe, plus il va devoir payer pour écrire sur son mur. Pour éviter les spams et les messages indésirables, est-il dit, bien sûr.
Je n'oserais pas dire que, même dans le champ des amis, tout soit intéressant à savoir. Mais, bon, n'insistons pas. Cool, je vous dis.
Peu importe si les fans des people deviennent, quelque part, les dindons de la farce quand ils interviennent dans la pub de leurs idoles, tout en rehaussant les bretelles financières de Facebook, c'est étudié pour.
Des demandes de contacts arrivent, aussi, par l'intermédiaire d'autres canaux, comme Skype, ou l'eMail. Des bouteilles à la mer. comme celui que j'avais reçu récemment et qui, un peu tronqué, disait: "Je désire correspondre avec vous".
Un message plein de pureté, un véritable CV prestigieux. Cela prouvait que, dans toutes les couches favorisées de la société, règne une certaine détresse avec un besoin de dialogue. Enfin, si c'est vrai....
Jusqu'où "aller trop loin" et avec quelles sauces le "repas migratoire" serait servi, n'était pas précisé.
Une bouteille à la mer sur Internet atterrit, souvent, là où on s'y attend le moins.
Mon vieux billet "Veux-tu être dans mon réseau" approchait le problème des relations virtuelles par le côté technique via différentes options possibles.
Une question me vient à l'esprit: "y a-t-il un code de conduite dans la virtualité en général?".
L'art du savoir vivre sur le net s'appelle la netiquette qui ne serait pas réellement nécessaire en fonction du côté "cool" de Facebook. Mais, tout ne passe pas par là. Alors, de nouvelles questions se posent.
En 1936, Dale Carnegie avait écrit un best-seller "Comment se faire des amis".
De son temps, c'était plutôt les relations de travail, avec des amis en "dur" auxquels il donnait ses conseils pour améliorer les relations.
Le livre a été remis à jour, par ses "Assiociates" en se tournant vers le numérique et la virtualité des relations. Cette version a pour sous-titre "Comment se faire des amis à l'ère du numérique" suivit de la précision "et accroître son influence".
Deux approches très différentes.
Dans ce livre, d'après la préface, il s'agirait de méthodes psychologiques pour obtenir la confiance d'interlocuteurs virtuels, de les convaincre d'adopter des idées et d'arriver, ainsi, par certaines astuces à les faire changer d'avis sans les irriter.
Quatre chapitres pour prétendre y arriver. Une nouvelle entrée dans le monde magique de Facebook.
J'apporterai derrière certains titres quelques remarques et questions "particulières" et qui n'ont qu'un but de "garder l'humour de circonstances" adapté à Facebook.
1. Essentiel de l'engagement
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Ranger ses boomerangs. Serait-ce trop risqué de se faire moucher en étant trop direct ou trop ambitieux d'oser être franc dans le monde virtuel de Facebook?
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Reconnaître les points positifs et les mettre en avant. Les points négatifs sont-ils à ce point nauséabonds et donneraient la migraine à un Fabooker?
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Toucher les désirs profonds. Est-ce un désir du style "20.000 lieux sous les mers," pour ne pas rester superficiel et rester bien câblés dans un pipeline de désirs satisfaits de facebook?
2. Marquer durablement les esprits
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S'intéresser aux intérêts des autres, en parler. Les autres n'en auraient-ils rien à cirer des idées reçues en boomerang?
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Sourire. En virtuel, une photo bien souriante à ajouter au profil? Celle d'un des bons jours évidemment puisqu'il ne faut pas dégoûter d'avance un autre Facebooker.
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Dompter le pouvoir des noms. Curieux. Tout le monde a un nom et tout le monde s'empresse d'en changer pour prendre un pseudonyme en dehors de Facebook. Le nom est le logo dans une entreprise. Il garde une valeur potentielle pour l'individu qui dépendra de ce qu'il écrit. Le nom ou un pseudo représentatif a beaucoup d'importance. Il identifie.
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Écouter davantage. Cela empêche-t-il de lire davantage pour comparer avec ce qu'on écoute en dehors de Facebook?
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Parler de ce qu'intéresse l'interlocuteur. Une fois, le pouvoir des noms dompté, au minimum.
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Laisser les autres un peu mieux qu'ils étaient. Comment est-ce possible? Les autres sont par définition "bien" sur Facebook.
3. Mériter et conserver la confiance
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Éviter les polémiques. Sur le flacon Facebook, il est mentionné "Ne pas secouer avant l'emploi". C'est clair, non?
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Ne pas le donner tous les torts aux autres. C'est évident, le tort tue. C'est dire qu'il ne faut pas perdre des amis potentiels en cours de route. Pas de véritable télé-réalité, style "Koh Lanta", sur Facebook.
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Admettre ses erreurs promptement. Il ne faut pas laisser d'erreurs sur le plancher des vaches. Dans les nuages, il vaut mieux laisser des cumulus de beaux temps.
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Rester amical. Tiens, cela me rappelle "Amicalement vôtre". Pirates s'absternir sur Facebook.
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Chercher des affinités. C'est le fin mot de l'histoire. S'exciter sur des sujets dont on ne connaît pas les tenants et les aboutissants, c'est risquer de se perdre en chemin sans comprendre la direction, ni le sens à prendre.
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Ne pas revendiquer son mérite. Interdit. Ce serait donner l'impression de petitesse à l'autre.
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Faire preuve d'empathie. Toujours caresser dans le sens du poil et applaudir en choeur et au bon moment. Opportunisme avant tout.
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Appeler des sentiments élevés. Les sentiments des bas-fonds ne sont pas à consulter entre gens biens sous tous rapports.
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S'ouvrir aux autres. Dévoiler vos secrets de fabrication, c'est exactement ce dont Facebook est friand.
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Lancer des défis. Oui, mais en restant cool. Faut pas défier "Max, la menace".
4. Amener le changement sans irriter ni offenser
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Apporter des notes positives. On n'est pas à l'école avec ce prof qui mettait des zéros ou des notes négatives. Là, on irrite vraiment. Cela rappelle trop de mauvais souvenirs.
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Reconnaître ses erreurs. Quelles erreurs? Reagan disait de son bilan qu'il ne serait pas là pour entendre ce que les historiens diraient de lui.
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Minimiser secrètement les erreurs des autres. Impossible. L'autre Facebooker ne fait jamais d'erreur, par définition.
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Laisser sauver la face aux interlocuteurs. Avec quel le profil, le gauche ou le droit? La maison ne recule devant aucun sacrifice de représentation.
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Poser des questions... Au lieu de donner des réponses. Ces dernières, c'est mal vu. Point.
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Souligner les progrès accomplis. Cliquez sur "like", quoi... Féliciter l'ami de sa pensée "stratégique". Puis, changez, progressez, allez consultez le suivant.
-
Aider à la réputation des autres pour la confirmer. Cela dépend s'il y a du vent que trouver un "à propos" explicatif.
-
Trouver des terrains d'entente. Dans la virtualité, on surfe ainsi plus facilement que sur une vague et sans retour de flammes.
Énormément de beaux sentiments que ne dénigrerait pas un confesseur.
"Pour accroître son influence" est-il dit comme but du bouquin.
Assez déplaisant comme logique en dehors d'une pub pour un produit.
La question est de savoir à qui rapporte cette intention d'influencer. J'y reviendrai dans un article prochain.
Aux dernières nouvelles, Facebook lancera des vidéos publicitaires dès cet été.
YouTube est déjà en mains chez Google. Ce sera amusant qu'elle se place entre la photo de la bien-aimée et de tantine sur l'écran du téléphone.
"La séduction n'est qu'un jeu" écrivais-je, un jour, au sujet de la pub. Un jeu avec des règles précises et un contrôle intermédiaire.
Sur Internet, c'est de la pub sans filets. La modération n'apporte pas plus d'assurance, et serait considérée comme une censure par celui qui se voit rejeté d'un des fils d'une discussion. La seule chose que l'on peut espérer, c'est que ce ne soit pas un jeu de massacre qui passerait vite en mode "insultes" dès que la séduction tourne à l'aigre ou que, la communication vire en dehors de la zone de l'art autorisé de la méchanceté.
Facebook tente de faire croire que les amis des amis sont d'office d'autres amis comme dans une boule de neige sans fin. Rien n'est plus faux et n'avoir rien compris à la condition humaine.
Ce qui est sûr, c'est que le savoir et l'information compétente peuvent intéresser tandis que leur absence donne un résultat d'estime très aléatoire et, souvent, sans lendemain.
Être préparé à la discussion sur Facebook, est souvent impulsf. Pas besoin de beaucoup réfléchir.
Pour son lancement, le nouveau Mariane belge avait lancé une campagne de pub dans les abris-bus. Une affiche présentait le nouveau journal comme "L'hebdomadaire qui n'est pas là pour plaire". Tout l'inverse de la conception de Facebook.
Les médias officiels chercheraient-il à se démarquer dans la "Primary life"?
L'idée de sortir des sentiers battus serait-elle plus rentable financièrement dans la méthodologie du réel?
Tout le monde n'y est ni plus beau ni plus gentil. Faux semblant, donc.
Le plus durable ne s'inscrirait-il pas dans un modèle d'intérêts partagés? Intérêts d'ordre général et pas uniquement financiers, s'entend. S'il n'y a plus d'échanges d'informations, la relation s'éteint ou devient obsolète.
Les forums citoyens ne sont pas faits de "Facebook minded". Il faut aussi l'assumer.
Je me suis bien amusé à la suite de cet article qui parlait de croissance et de décroissance. Plus récent, celui d'hier qui parlait du mariage pour tous. Deux sujets avec des thèses opposées, de notre actualité brûlante. Chacun est resté sur ses positions. Match nul. Pat sur l'échiquier.
Transcender ou révolutionner la terre entière par son influence imposerait plus qu'une interprétation et pour le moins, une analyse historique. Poser des questions, cela peut rassurer l'interlocuteur sur son intérêt. Donner ses propres réponses à un problème indispose. Oui, mais c'est peut-être, une "chienne d'idée" et puis ajouter un "Grain de sel".
Oui, être indépendant des idées. Seul, c'est être libre. Je sais.
Présenter des excuses ou choisir de ne rien faire? Autre sujet d'inquiétude.
D'après une étude de l’European Journal of Social Psychology, les personnes qui refusent d’envoyer un mail d'excuses ressentaient une meilleure estime d’eux-mêmes. « Si vous refusez de présenter des excuses, vous en venez à vous sentir plus autonomes. Ce sentiment de pouvoir et de contrôle se traduit par une plus grande confiance en soi. Quant à accepter les excuses, ce serait dans le rôle de « victime », puisque trop habitué à devoir faire des excuses par politesse dans le monde policé du réel, la sincérité ne vient qu’au deuxième plan.». CQFD
Mais dans le monde de Facebook pourquoi y aurait-il une raison de s'excuser?
On y oublie tout ou on fait semblant d'oublier.
On s'amuse à faire le buzz, c'est tout.
Cette addiction qui supprimée vire à la dépression, en passant par l'obsession et l'isolement.
Dans le lot, on trouve les ultras, les menteurs, les prétencieux narcissiques, les informateur affectif tout en en secret, une mauvaise idée de soi.
Alors, pour terminer pourquoi pas une anecdote qui finit bien?
Le sujet: un internaute que j'ai connu sur un forum. Au départ, des contacts froids, glaciaux dus à une incompréhension à la base. Un contact email privé et une amitié virtuelle en finale. Son pseudo? Sapanhine. Cela ne vous dit plus rien? Mais si, c'était ici et encore là où, lui non plus, n'était ni mort ni muet.
La morale de l'histoire, c'est qu'il faut prendre du recul et creuser une relation du hasard en profondeur. Une relation peut être opposée de conviction. Elle en apprendra parfois bien plus que celle qui fera bonne figure pour rester dans les cordes du violon comme arme de persuasion. Aimer le violon, c'est bien, mais, pas sous perfusion.
Voilà, donc, la nouvelle génération appelée "Z" comme "zapping" après celle des "Y" ("why").
Des enfants, nés de smartphones, connectés en permanence, surfant sur Facebook ou regardant un film en streaming. Sans doute de nouvelles proies pour les marketeers que les analystes psys vont pouvoir épicer de statistiques.
Une technique de développement personnel fondé sur le fait d'écouter sa seule sagesse intérieure, cela finit toujours dans la génération Nabilla, celle du n'importe quoi dans un empire du vide.
"Non, mais allô quoi, Facebook Home", tu veux aussi tout grésiller dans les chaumières...
Pathétique et inquiétant, à la fois, que cette génération individualiste, hyper-sexualisée qui s'enferme dans des faire-valoir fictifs.
Si tout va très bien, Madame La Marquise dans un café bien sucré-salé, mais, attention à l'atterrissage sur le mûr des lamentations ...
Les Compagnons du Devoir ne connaissent pas la crise. Ils n'ont certainement pas dû passer sur Facebook. A la rigueur, sur LinkedIn. Rien à voir avec une secte. Mais peu d'élus qui ne devaient pas se présenter avec des mains d'or, loin d'être blanches mais, au contraire, bien noires.
La conclusion du livre de Carnegie reste, elle, toujours vraie: "Personne ne saurait renforcer sa capacité d'influence sans proximité relationnelle. Si, aujourd'hui, les affaires tournent 24 heures sur 24, la première préoccupation doit rester l'humain. Les plus belles aventures seront toujours des histoires d'interdépendances et d'interactions. Au bout du compte, l'art de se faire des amis à l'ère numérique se résume à trouver un terrain d'entente pour établir un lien et le maintenir".
Un email m'est arrivé qui m'indique que j'ai des "notifications en attente" sur Facebook... Je sens que cela va être transcendant. :-)
"Blogo, forum, ergo sum. Errare humanum est".
L'enfoiré,
- « L'amitié totale est universelle. Et seule l'amitié universelle peut être une amitié totale. Tout lien particulier manque de profondeur, s'il n'est ouvert à l'amitié universelle. », Jean Guitton
- « Une amitié née des affaires vaut mieux qu'une affaire née de l'amitié. », David Rockfeller
- « La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie. », Sénèque
- « Allez-vous y retrouver parmi le faux vrai, le vrai faux, le vrai vrai et le faux faux ! », Armand Salacrou
- « Il ne faut pas croiser le fer, quand il n'y a pas de fer », L'enfoiré
07:25 Publié dans Actualité, Blog, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Web | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
11/04/2013
Un début d'avril sans poisson au château de La Hulpe
Ce 1er avril, jogging dans le Domaine du Château de la Hulpe. La veille, j'en avais parlé avec mon copain qui connaissait pour y être passé en voiture devant l'entrée. Sans plus. Une raison de plus pour en parler. Un château, à moins de 10 kilomètres du centre de la ville, dans la forêt de Soignes. Une histoire d'un domaine et d'un château mais sans châtelaine.
Le Domaine Solvay est un endroit parfait pour oublier la ville de Bruxelles et son trafic à moins de 20 kilomètres de la ville.
Une perle du patrimoine architectural de la région wallonne de 227 ha, clôturée dans un parc à la lisière au sud de la Forêt de Soignes.
Ce lundi matin, 1er avril, 11:00, du soleil, seulement 2°C au thermomètre et un vent piquant, le week-end de vacances printanier (la nouvelle manière de nommer les vacances de Pâques) commence sous un bon présage.
Pour se promener, il s'agirait d'être habiller chaudement, ce qui n'est pas mon cas. C'est dire qu'il me faudra courir. Pas question de lambiner en chemin sous mon training léger de coton. L'appareil numérique dans une main droite gantée de laine. L'autre dans la poche, prête à dégainer le carnet et le crayon. Paré pour une visite reportage.
Ce printemps était vraiment attendu après un hiver long avec des chutes de neige qui revenaient alors qu'on ne les attendaient plus.
En ces derniers jours de froidures persistantes, les arbres dénudés de leurs feuilles ne me rappellent ni les couleurs tendres du printemps et les couleurs chaudes de l'automne sont déjà loin. Les séquoias, seuls, continuent à pâlir d'envie les "collègues" à leur toison verte perpétuelle.
Le sol est spongieux, Je glisse à certains endroits. Mais, ce n'est ni une surprise ni un poisson d'avril, ni un chien qui aurait laissé sa carte de visite. C'est la boue qui m'attend, en ce premier avril, pour que je slalome ou que je surfe. Tout simplement.
Le passage par le château, je me le réserve pour la fin de ma course. Le contourner en cercles concentriques, ce sera ma technique d'approche.
Central, au sommet d'une butte, il n'est pas très discret. Il apparaît dans le champ de vision, sans même le chercher.
A droite de l'entrée, les trois séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) attirent une nouvelle fois, mon regard.
A gauche, c'est l'Argentine. Non, pas le pays, la rivière Argentine qui s'écoule dans un courant rapide et constant.
Un peu plus loin, première visite: les écuries "Les rênes de la Vie". "Un lieu de vie et d'intégration entre handicapés et non-handicapés" comme il est mentionné. Tout un programme avec le respect envers les animaux et les hommes.
Les étables sont ouvertes et vides. Près d'elles, quelques chevaux viennent de sortir et entament un pas de danse en cercle dans l'enclos, tout proche. Un palefrenier rassemble le fourrage à leur attention.
En 1991, J. Saintenoy-Simon a fait l'inventaire de toutes les essences d'arbres présentes dans le parc. Des plantes vasculaires indigènes et subspontanées, des Bryophytes, mousses et hépatiques. 450 espères ce qui représentent, tout de même, 38% de la flore belge. La preuve est faite, la diversité de l'habitat favorise, de fait, la biodiversité.
On deviendrait dendrologue, sans en connaître le mot, pour moins que cela. Des plaquettes plantées sur les troncs permettent d'en identifier quelques espèces avec le nom français associé au nom scientifique.
L'obélisque, dans le fond, avec son soleil au sommet fait majestueux.
Les deux étangs attirent les curieux qui donnent quelques miettes aux canards colverts.
Une occasion choisie par les photographes à l'affût d'instants insolites.
Assis sur un banc, un vieillard regarde la scène des ébats entre humains et volière avec un intérêt amusé et philosophe.
La Fondation Folon entre dans l'objectif. Dans une ancienne ferme, les sculptures de Folon restent à jamais un des objectifs de visite du parc, mais ce sera, pour bientôt, lors de la réouverture printanière. En attendant, les statues regardent les passants, figés dans une posture destinée à l'éternité.
Des cyclistes s'époumonent en grimpant sur les quelques buttes. Il est temps de les suivre et d'atteindre le château.
Des statues, rongées par la mousse et le temps, de chaque côté du musée. Deux ensembles de personnages qui ont l'air de demander pitié au personnage du dessus qui avec ses chaînes voudrait les empêcher de s'évader et de prendre le large.
Dans le jardinet à la française, une sirène semble implorer le ciel, entourée de petits d'anges, tout aussi prêts à s'envoler.
Devant le château, une piscine arrondie a dû accueillir quelques baigneurs dans l'histoire du château, mais, elle n’incite plus à la baignade.
Il est temps de redescendre vers la sortie.
C'est le moment de parler de l'histoire à rebondissements du domaine et du château.
Le village de La Hulpe a conservé des tumuli de l'époque romaine au Champ-des-Mottes.
Henri 1er de Brabant accorde des privilèges à la localité, mais ce n'est qu'en 1567 que le village porte le nom de « La Hulpe », d'origine celte, "La Helpe", qui signifie "Rivière d'argent".
Bien plus tard, le village sera reconnu comme "La porte des Ardennes brabançonnes".
En 1663, le 1er moulin à papier est installé. C'est le début d'une industrie qui reste prospère jusqu'en 1970.
L'histoire du domaine se poursuit par un véritable thriller économique dans lequel intervient les membres de grandes familles.
Tout commence en 1822, sous l'époque Hollandaise. Guillaume 1er crée la Société Générale ( plus précisément "Algemeene Nederlandsche Maatschappij ter Begunstinging van de Volksvlijt" donc "pour favoriser l'insdustrie nationale") et légue des domaines fonciers de la forêt de Soignes en échange d'une dote annuelle de 500.000 florins. Comme toute entreprise privée, soumise à l'impôt foncier, la Société Génarale se voit forcée de partager les territoires avec les communes limitrophes.
Entre 1831 et 1836, trois cinquième de la surface sont ainsi vendus à des propriétaires privés.
Dès 1833, le marquis de Béthune-Hesbigneul achète quelques parcelles de la forêt de Soignes. En 1842, il y érige un superbe château dont le style était modestement inspiré du château de Chambord, édifié suivant les plans des architecte Arveuf-Fransquin et J.F. Coppens.
Son aspect est très différent de celui d'aujourd'hui. Quatre tours octogonales lui donne un aspect médiéval en briques rouges.
En 1871, le baron Antoine de Roest d'Alkenade acquiert le château.
En 1893, il est racheté par l'industriel Ernest Solvay qui le considère comme résidence d'été et qui n'y apporte aucune modification majeure. Victor Horta est chargé, seulement, de l’aménagement intérieur.
Le fils Armand Solvay et le petit-fils Ernest-John modifient considérablement le château pour lui donner l'aspect actuel. S'ajoutent aux alentours, la plantation d’essences exotiques, le Belvédère et son étrange escalier, l’étang de la ferme, la percée rectiligne qui débouche sur ce curieux obélisque artificiel de 36 mètres de haut.
En 1968, pour préserver le château et éviter le morcellement du parc en lotissements, Ernest-John lègue toute la propriété à l’État belge.
En 1972, à sa mort, le parc, devenu propriété de la région, il devient accessible au public.
Mais, dès 1975, des problèmes de succession apparaissent. Un véritable roman feuilleton s'engage avec Anne Solvay qui voudrait le récupérer et qui gagne, en première instance, son procès comtre l'Etat belge.
Ce conflit juridique va durer vingt ans en passant de la Communauté française à la Région Wallonne.
Cette dernière met fin à la discussion en allongeant 200 millions de FB sur la table des négociations et garantit ainsi le classement du domaine et à nouveau, l'accès au public.
L'imbroglio juridique se poursuit avec l'épisode Folon.
Dès 2000, la Fondation Folon s'est installée dans l'ancienne ferme. Dans 14 salles, 322 œuvres contenant des gravures, des sculptures, des aquarelles, des tapisseries et des affiches de l'artiste, y sont exposées.
Bien après la mort de Folon, une autre histoire rocambolesque se poursuit jusqu'à la présence de ce qu'on a appelé un "Ministre des Utopies".
Après, le calme revenu, le château devient un lieu de réceptions, de mariages de prestige et de réunions politiques.
En été, des concerts et des pièces de théâtre y sont représentés.
Un restaurant et une librairie complètent pour rentabiliser le concept de Fondation.
En 1988, plusieurs scènes d'intérieur et d'extérieur du film "Le Maître de musique" ont été tournées au Château de La Hulpe. (Un extrait qui permet de voir l'intérieur du château).
Comme le château et le parc valent le détour en toutes saisons et en toutes occasions, on en arrive à parler de surfréquentation du site.
Oui, je sais, il y a ceux qui quittent les chemins, qui piétinent les semis, qui escaladent les talus, des adeptes de VTT à la recherche de nouveaux parcours difficiles, dont la surfréquentation n'est pas le souci majeur.
Parler de Solvay, de Folon, c'est commencer par écrire des poèmes à plusieurs volets.
Oui, il y a toujours des effets secondaire dont il faut tenir compte pour trouver l'accord entre juste milieu et juste prix.
Quant à toi, cher copain, prend une heure ou deux, peut-être, trois, pour un passage futur, elles ne seront pas superflues.
Il parait que les "Dimanches au Château" sont de retour. Une occasion de plus à ne pas manquer.
D'après la pub, "la vie y devient facile". Je ne pouvais trouver meilleur incitant.
Non, Nicolas Sarkozy que l'on apprenait, ce matin-là, vouloir s'installer en Belgique, ne viendra pas s'intaller en Bruxelles et racheter le château. C'était un poisson d'avril.
Je ne dis pas que tu y trouveras la châtelaine de tes rêves, à l'entrée du château...
Mais, prends ton appareil avec toi, numérique ou analogique, qu'importe.
Installe-toi devant la piscine du château, bien à l'aise. S'il n'y a pas de transat, ce n'est pas grave. Pour finir, demande à quelqu'un de te prendre en photo. Surtout, regarde s'il n'y a personne d'autre dans le champ avant de faire le clic pour la postérité. Cela t'éviteras de devoir modifier la photo par après.
Tu verras, cela donne une impression de puissance et que le monde est à toi.
Pas besoin de te faire mousser avec une bombe atomique. C'est bon pour l'ado de service coréen. Une photo avec un style de coiffure de punk atomique, cela ferait désordre et pas chic du tout par ici.
Hier, on apprenait que Bernard Arnaud ne veut plus devenir belge. Ce n'était pas un poisson d'avril non plus.
Je te laisse avec mon 1er avril, en photos
ou alors en toutes saisons dans un voyage au pays de Folon...
Ce pays-là te fera, à coup sûr, vivre sur une autre planète.
L'enfoiré,
Articles connexes: "Forêt de Soignes, forêt soignée", "Séquoia sait quoi y a".
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« O saisons ô châteaux. L'âme n'est pas sans défauts. », Arthur Rimbaud
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« Les châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir. », François Mauriac
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« Le schizophrène construit des châteaux dans les nuages. Le psychotique y vit. Le psychanalyste touche les loyers. », Jérôme Laurence
08:25 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Loisirs, Parodie et humour, Santé et bien être, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
22/03/2013
Pour l'amour de l'eau
... le titre d'une émission sur ARTE de 2008. Un film qui appelait à résister à la raréfaction de l'eau contre le pillage des sociétés dans un soucis écologique. 22 mars 2013, nouvelle journée mondiale de l'eau. Une autre émission sur RTL-TVI: "L'eau: source de vie". Puis, c'est à peu près tout dans la presse.
Passer "Au fil de l'eau", c'est souvent passer de l'opulence à la pénurie.
RTL-TVI sautait allègrement du thermalisme de Spa à la création d'un puit de forage à Kinshasa. L'image que cela peut donner de passer du nirvana à un travail de récupération de l'eau de forcat. (revoir)
S'il ne manque pas d'eau à Kinshasa, c'est l'eau potable qui fait défaut, même sans curistes qui se payent du thermoludisme. Boire de l'eau polluée, c'est le choléra qui prend la relève. Boire de l'eau du robinet ou en bouteille, un geste tellement simple, qu'on en oublie toutes les précautions qu'il faut prendre pour obtenir la qualité de l'eau.
Une tout autre histoire d'amour...
Les pays riches parviennent à résoudre leur pénurie en déssalant l'eau de mer et ensuite, la rendant potable. Solution qui se fait payer très chers.
Lutter contre la sécheresse en faisant pleuvoir dans le désert, l'idée peut paraître aussi folle que simpliste.
En 2006, un projet pour faire pleuvoir dans le désert du Néguev, coordonné par l'Université libre de Bruxelles (ULB) et financé par Israël, avait été envisagé. Comme des sourciers, pour faire pleuvoir, deux rabbins étaient montés en mongolfière pour unir leurs prières.
J'ai cherché, rien de nouveau sous le soleil, plus rien n'en est dit du projet sur Internet... Le désert du Néguev est resté un désert.
Le projet avait, pourtant, mobilisé un budget de 60 à 100 millions d'euros et se basait sur le vieux principe des "îles de chaleur", recouverte de panneaux solaires et une condensation par la vapeur d'eau en provenance de beaux cumulus que le vent se chargerait de pousser jusqu'aux zones les plus arides.
A Las Vegas, en plein désert, l'eau semble couler à flots continus. Et pourtant...
Cependant, l'eau douce fait chuter le pourcentage en dessous de 3% et à moins de 1% pour l'eau potable.
Huit enfants par secondes meurent dans le monde par manque d'eau potable, disait Ricardo Petrella. L'OMS estime que plus de cinq millions de personnes meurent chaque année pour avoir absorbé une eau non potable. Un luxe, cet or bleu !
L'eau est le principal constituant des êtres vivants et l'élément indispensable à toute forme de vie.
L'eau représente la troisième industrie mondiale après le pétrole et l'électricité, mais son caractère vital et sa raréfaction accélérée vont en faire, à court terme, la première ressource essentielle et, par là, un potentiel de profits pour certains.
La corruption favorise même le gaspillage des ressources en eau pour faire monter les prix. La construction de barrages, de canaux et de réseaux de canalisations sont les plus touchés par cette corruption liés aux grands projets.
L'aide internationale contribue à cette situation quand une véritable gestion de l'eau n'est pas présente.
Intolérable le prix à payer quand on pense que cette eau est un don de la terre, mais qui est mal distribuée sur celle-ci.
Fin 2011, après 3 ans d'enquête, l'eau ne permet pas de lutter contre la déshydratation est il annoncé. L'UE dictait, alors, un nouveau texte de loi qui interdisait aux industriels de faire figurer cette assertion sur les bouteilles d'eau minérale ou d'eau de source. "Boire de l’eau pour prévenir la déshydratation ne peut pas être un argument de vente", concluait l'étude.
Miser sur l'or bleu est un enjeu majeur du XXIe siècle disait Jean-Claude Périvier, rédacteur de Défis & Profits. Bonne source d'informations dont je remercie les auteurs.
La disponibilité de l'eau, un des plus grands défis auquel l'humanité doit et devra faire face. Il va bien falloir que les pays s'entendent pour la gérer, à moins de s'engager sur la voie des conflits. Les échéances sont proches et le statu quo n'est pas tenable.
L'OCDE exhorte à réformer la gestion de l'eau, car selon un récent rapport, 3,9 milliards d'hommes (environ 40% de la population mondiale) vivront dans des zones soumises à un stress hydrique important d'ici 2050.
D'après la Banque mondiale, l'utilisation de l'eau a augmenté deux fois plus vite que la population mondiale au cours des 50 dernières années, et la Banque calcule que la demande en eau devrait doubler tous les 21 ans.
Naturellement, assainir l'eau, il faut s'en réjouir sur le plan humanitaire par les vies préservées, les maladies évitées, l'hygiène et le confort pour davantage de gens et une production agricole plus efficace.
Mais, le développement de nombreux pays émergents (ou sur le point de le devenir), accentue la pression sur la demande en eau en créant plus de pollution, menaçant la disponibilité d'eau de bonne qualité.
Beaucoup de pays sont déjà touchés par le stress hydrique, de manière plus ou moins forte hors des pays en voie de développement. La Grande-Bretagne fait l'expérience d'un déficit pluvieux; la France voit souvent ses nappes phréatiques dangereusement basses. Ce n'est évidemment rien à côté de ce qui se passe en Afrique...
Une situation que la pollution ne fait que dégrader et qui est encore aggravée par des infrastructures insuffisantes ou défectueuses. L'eau pourrait bien être considérée à court terme comme une ressource non renouvelable pour satisfaire la demande.
Le marché de l'eau est un marché de services de 500 milliards de dollars par an. En croissance annuelle de 5 à 7%, il suit les cycles économiques d'après la banque PICTET qui a un fonds sur l'eau très performant. C'est de plus en plus le secteur privé qui prend la relève sur un marché initialement détenu et géré par des entités publiques.
Les retombées bonnes ou mauvaises arrivent en cascades:
- l'eau gratuite est progressivement abandonnée. Le principe du "tout le monde paie" est communément admis. Le prix de l'eau est ajusté plutôt sur sa valeur que sur son coût.
- l'eau est considérée comme une matière première finie. Sa réutilisation assure la pérennité des ressources (récupération des eaux pluviales, séparation des eaux usées, passage de l'assainissement au traitement des eaux usées, recyclage...) avec des réseaux intelligents mis en oeuvre dans les pays émergents.
- Via des partenariats public-privé, le secteur privé devient un acteur en progression, passant de 13% de parts de marché au niveau mondial à 21%.
- récupération de la chaleur, l'utilisation des boues d'épuration comme source d'énergie (biogaz), le traitement des eaux pour la récupération de métaux et de minéraux.
- En alternative au chlore, la sécurité de l'eau et la santé publique, assurée par les UV, l'ozone et d'autres procédés d'oxydation.
- des politiques gouvernementales en faveur de la préservation de l'eau avec des lois et directives. Aux États-Unis, comme "Safe Drinking Water Act", "Clean Water Act". En Europe, "Directive Cadre sur l'eau", remplacement des tuyauteries en plomb, traitement des eaux usées urbaines. En Chine, 12e Plan à cinq ans sur les ressources en eau et l'irrigation, objectifs prioritaires sur le traitement des eaux usées.
- etc....
Les infrastructures liées à l'eau ont un besoin de 1.000 milliards de dollars par an d'investissement.
Si on prend les investissements dans l'énergie, les transports rails/routes, les ports et aéroports, l'eau absorbera 66% des investissements en Amérique du Sud, 57% en Asie, 56% en Amérique du Nord et 49% en Europe et en Afrique.
Sur 25 ans, cela représente 15,9 trillions de dollars en Asie, 9,2 trillions en Europe, 7,5 trillions en Amérique latine, et seulement 1,1 trillion en Afrique.
Les frais et les hausses de prix sont influencés par l'irrigation, le traitement des eaux usées, le stockage, la production d'hydroélectricité, l'eau en bouteille qui vise à l'amélioration de la qualité de l'eau potable du côté humain, pour les pays riches. Palier la sécheresse des terrains pour les autres. La mousson dans les pays tropicaux est, tout à la fois, un bien et un mal pour les récoltes. Les grands barrages ont généré autant de problèmes qu'ils en ont résolus.
Il faut 1.000 litres pour obtenir un kilo d'oranges, 5.000 litres pour produire un kilo de riz, un bovin consomme environ 400.000 litres d'eau dans sa vie entière !
Une grande partie de l'eau utilisée n'est pas "consommée" et retourne sous terre d'une manière ou d'une autre dans un cycle à système fermé.
Elle est contaminée, quand elle a été utilisée par l'agriculture, l'industrie ou les usages domestiques.
80% des grands fleuves chinois sont tellement pollués que les poissons n'y vivent plus. Le Yang Tse est quotidiennement pollué par les sorties d'égouts et 40 tonnes de déchets industriels. Le fleuve Jaune est dans un tel état qu'il n'est même plus utilisé pour l'irrigation.
La pollution de l'eau la plus visible au quotidien est de nature industrielle, domestiques, mais il faut y ajouter les pollutions naturelles comme les sédiments, les substances nutritives de la végétation.
La protection de l'environnement et le développement durable passent par le traitement préventif de la pollution, à travers la gestion des déchets de notre société de consommation.
Le S&V de juillet 2012 parlait du réchauffement climatique en retraçant les étapes qui se sont suivies entre -20.000 et -10.000 ans pendant laquelle la Terre se réchauffait.
La corrélation entre le CO2 et le réchauffement était une nouvelle fois confirmée ou infirmés par les climatosceptiques à chercher qui a fait quoi. Une nouvelle histoire de la poule et de l'oeuf que les astro-climatologues cherchent à expliquer en comparant avec la Terre avec d'autres planètes.
Le CO2, dégagé par les océans, réchauffe l'atmosphère et l'atmosphère réchauffée suit de près l'augmentation de CO2 comme thermostat.
Le mystère, c'est pourquoi cela s'est déclenché lors de la dernière déglaciation qui n'était pas un moment qui avait subit un maximum de changements. La différence avec aujourd'hui, c'est la rapidité du processus. En trois siècles, 30 % de plus en CO2 que lors de la dernière déglaciation.
Entre une molécule de CO2 et de H2O, un atome de différence, mais qui a tellement d'importance pour la vie.
Coca-Cola qui avait racheté Chaudfonfaine à Interbrew, a investi 60 millions d'euros depuis dix ans pour préserver son or bleu. La société a bien récupéré l'investissement, d'ailleurs. 160 millions de litres d'eau de Chaudfonfaine par an sortent de l'usine. Une eau filtrée pendant 60 ans avant de remonter à 37°C. De la géothermie qui refroidit à 15°C pour embouteiller l'eau. Chaleur qui permet, grâce à un système d'Intelligence Artificielle, à organiser les puits de captation. L'OMS utilise cette eau comme référence pour étalonner les autres sources.
Hier, 21 mars, c'était la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.
Un prétexte, une prémonition? Un problème qui parait bien maigrelet face aux problèmes que pose l'eau et sa distribution dans le monde. Il avait pourtant généré un débat.
La rareté de l'eau vient dans le prétoire comme un avocat du diable avec la discrimination que fait subir la nature, à la population du monde. Il aurait à défendre la raison de la sécheresse, d'un côté et le trop plein, de l'autre. Une prêche dans le désert...
L'économie mondiale est en crise. La tenue de la consommation soutient la croissance mondiale. Les gouvernements redoutent comme la peste une baisse de la consommation et encouragent des taux d'intérêt aussi bas que possible pour que leurs citoyens consomment, même au prix de l'endettement.
Dès le XIIe siècle, aller à val ou à vau voulait dire "en descendant le long, en suivant la pente de", un vau étant une vallée. Au moins jusqu’au milieu du XVIe, cette locution, utilisée entre autres par Rabelais, avait le sens très concret de "suivre le fil de l’eau" comme "Aller à vau-l'eau" pour désigner une entreprise qui fonctionne mal.
C'est loin d'être le cas pour une entreprise dont l'activité "baigne dans l'eau", aujourd'hui.
L'eau est, aussi, un thème qui coule de source pour l'investisseur avisé qui y voit une croissance continue sans faire autant de bruit que le font les différentes sortes d'énergies.
Les revenus, autour de l'eau, sont moins sensibles à la détérioration de la conjoncture économique et les investissements sont considérés traditionnellement dans le secteur "défensif". Belle défense, vu les quatre années de "performances durables". Signe des temps, le gouvernement chinois a planifié 450 milliards de dollars sur l'eau et ses dérivés.
Préserver la qualité de l'eau équivaut au thème majeur de la survie de l'espèce humaine, indépendamment de ce problème racial ou financier.
- Allô, Martiens, ici la Terre...
- ...
- Chez vous, y en a-t-il encore de cet "or bleu"? Faites le nous savoir, que vous êtes bleus, rouges, verts, blancs ou noirs. Quelques gouttes suffiraient pour nous rassurer....
L'enfoiré,
Pour finir, des photos de la situation des eaux dans le monde suite aux changements climatiques
Citations:
- « Chacun dirige l’eau vers son moulin. », Proverbe corse
- « L’eau renversée est difficile à rattraper. », Proverbe chinois
- « La goutte d'eau qui fait déborder le vase ferait mieux d'éteindre l'étincelle qui met le feu aux poudres », Laurent Baffy
08:20 Publié dans Actualité, Economie, Nature et Ecologie, Santé et bien être, Shopping | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17/01/2013
La philosophie, l'outil du sens
Sophie Chassat avait écrit un livret "Découvrez avec Kant les vertus de l'hypocrisie" dans lequel, elle parlait de 50 paradoxes loufoques de philosophes.
Parler des différences facettes de la philosophie de manière exhaustive et chronologique passe par l'art de vivre au travers des philosophes de l'histoire (1) et (2). L'erreur serait de penser que l'histoire se répète et que le passé serait plus que des références.
Ici, l'auteur mélange les vertus de l'hypocrisie, la profondeur du superficiel, le caractère ordonné du désordre, le sens de l'absurde, l'aspect savant de l'ignorance, le côté positif du négatif, du potentiel philosophique de la gym.
L'hypocrisie est l'attitude morale par laquelle on exprime des sentiments, des opinions que l'on n'a pas ou que l'on n'approuve pas. En fait, sans parfois s'en rendre compte, elle suit une stratégie secrète bien personnelle.
Le Tartuffe de Molière en serait le symbole par la voie du mensonge. L'utilitarisme et la stratégie sociale, son pardon. 
En cette période troublée par des crises multiples, en perte de valeurs, les philosophes sont plus écoutés pour tenter d'expliquer aux autres, ce que peut être l'art de vivre en société.
Les philosophies du passé, s'ils servent de bases et de garde-fous, doivent subir quelques adaptations pour être transposées dans notre modernité de technologies et de compétitions multiples.
Ces idées, réunies, mélangées, choisies indépendamment de leurs auteurs, elles sont misent en exergue:
- Faire le procès de l'hypocrisie, ce serait la même chose que de considérer que les spectateurs d'une pièce ne savent pas qu'ils sont au théâtre. De la contrainte extérieure émerge l'obligation intérieure à faire des salamalecs qui cachent des tartuferies. La douceur est le tempérament qui caractérise au mieux la sensibilité démocratique, mais, pervers, il conduit à l'amollissement des âmes.
- Le ballet social n'aime pas les danseurs qui se prennent les pieds dans la robe de leur partenaire et en rire est une affaire très sérieuse qui sanctionne un comportement social inadéquat sans pour cela franchir la limite qui sépare le compromis de la compromission.
- L'orgueil, le luxe, la dépravation, la malhonnêteté sont le ressort de l'opulence générale et du bien public.
- Entre la valeur et la réalité, il y a toute la distance qui sépare ce qui doit être de ce qui est. Le désaccord, l'objection, la contestation, le conflit, la discordance comme figures de l'opposition sont nécessaires pour la formulation d'une idée valable.
- Des gens qui énumèrent des vérités peuvent être d'une bêtise crasse: il suffit qu'ils y adhèrent sans les interroger. L'antidote est l'humilité avec une force d'étonnement iconoclaste. Aucune affirmation pour si solidement étayée qu'elles se présente, n'a une force irrésistible.
- A côté de la pensée savante, domestiquée, la pensée sauvage est tout aussi légitime et logique. Le plus insignifiant, le plus littéralement ignoble, rebut ou résidu prend un sens. Si votre interlocuteur n'a pas droit à la vérité, vous n'avez aucun devoir de vérité à son égard.
- Dans toute attirance, il y a le sujet, l'objet et le modèle. L'autre n'est jamais aimé pour lui-même, mais pour ce qu'il apporte comme plaisir ou utilité, comme un prétexte à une forme sublimée de narcissisme. Quand les agréments ou les intérêts disparaissent, la belle amitié peut s'évanouir.
- Le langage est inapte à exprimer la subtilité d'une idée en caricaturant le réel dans le conventionnel et l'utilitaire.
- Le désordre est simplement l'ordre que nous ne cherchons pas. Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu'ils en ont.
- L'inquiétude est l'aiguillon qui maintient notre désir en état d'éveil. Ce qui est faux pour l'entendement peut être vrai sous des aspects perceptifs, symboliques.
- Ne pas vouloir la vérité contre la vie et être soi-même, l'artisan de la forme que l'on veut donner au monde est une révolte qui est, en même temps, un refus et une proposition. Décider de quelque chose, c'est toujours trancher sans pouvoir savoir si l'on a bien choisi. Défendre l'idée que le travail est une nécessité mais refuser qu'il soit une valeur.
- Le don n'est jamais réductible à un geste unilatéral. Derrière l'apparente générosité du présent, c'est en fait toujours une lutte de prestige qui se joue.
- Au creux du vide nourricier qu'est l'ennui, c'est l'exigence de donner un sens libre à notre existence qui nous est révélée. Pour réellement changer les choses, la solution n'est pas de prendre le contre-pied du problème, mais changer sa manière de penser le changement en sortant de son cadre.
- Il ne suffit pas de dire que la liberté s'éprouve pour la prouver. L'homme n'amasse pas plus mousse que pierre qui roule. La philosophie existentialiste nous apprend à ne pas distribuer de bons ou de mauvais points au nom de la liberté. Une action peut avoir des effets imprévus et non voulus par les intentions premières. Il ne suffit pas de dire que la liberté s'éprouve pour la prouver.
- La résistance est locale et ponctuelle dans des actions singulières plus que dans des groupements organisés. N'obéir à un chef qu'en ayant opiné aupravant de son propre chef.
- L'écriture produira l'oubli dans l'âme de ceux qui l'auront appris, parce qu'ils cesseront d'exercer leur mémoire.
- A trop valoriser la mémoire, on en oublie son côté mortifère. L'oubli dégage de nouveaux horizons et accorde d'écrire de nouvelles histoires.
- Se garder de tout esprit de sérieux, c'est comment écrire et lire de la philosophie. Son parfum est autre chose qu'une odeur de sainteté. L'avantage avec la philosophie, c'est qu'elle donne parfois à penser des problèmes que la vie se charge de résoudre.
Les auteurs de ces idées: Kant, Bergson, Camus, Socrate, Alain, Hegel, Deleuze, Barthes, Lafargue, Leibniz, Nietzsche, Weber ... et de les avoir réuni autout du thème de l'hypocrisie prouve qu'elle existe à tous les étages du temps et de l'espace. Si Laurent Baffy parle de la vie comme "une période aléatoire entre le néant à le néant", il s'agit de s'inquiéter du processus à remplir entre les deux.
On est tenté de catégoriser les gens pour les insérer, au besoin, dans des statistiques pour les modèliser.
Cela aboutit, souvent, dans le caricatural et les clichés.
Avec l'allongement de la vie en ces temps bénis par la médecine, elle arrive à se diviser en quatre phases que l'on appelle pudiquement et, parfois, artificiellement "âges".
Le premier âge suivrait, selon une formulation générale, une formation intellectuelle ou manuelle pendant laquelle on sent que vu les difficultés, le jeune boit, progressivement, la "tasse".
Au cours du second âge, l'adulte se devrait de justifier la rentabilité apprise dans sa jeunesse, actif, parfois radio-actif, en creusant un sillon dans une carrière entre collègues où règnerait l'esprit d'équipe, assurer une suite par sa lignée et rester, en définitive, "à la masse".
Au troisième age, lors d'une retraite (semi-assurée), l'adulte senior s'impatienterait d'y récupérer ses acquis, tout en étant poussé "à la casse".
Plus personne ne se reconnait dans le jeu de quilles. L'Alzheimer, réel ou fictif, devient général de la part des deux premiers âges.
Le dernier âge, lui, préparerait au repos éternel en laissant les dernières traces et en "vidant la tasse".
La boucle serait, ainsi, bouclée avec des cycles parallèles dans une sorte de course relais sans fin.
La vie active se perdait dans des convenances et des relations d'affaires.
Dès le troisième âge, c'est devenir un "has been" pour l'un, un "éléphant" pour l'autre. Ce ne serait pas un vrai problème s'il s'intégrait dans l'intérêt général et le respect des particuliers en restant aimé par ses contemporains, en gardant la santé pour ne pas tomber trop vite dans la dépendance.
Ce sont des voeux pieux et, parfois, terminer en espoir déçu dans l'ignorance de ses semblables de nos civilisations dites modernes, fonctionnelles qui, hypocritement, égoïstement, ne s'intéressent qu'au chacun pour soi.
L'argent et le pouvoir, restent, dans cette modernité, les seuls dérivatifs chez les "nominés" pour se payer une virginité. "A cash city", tout reste possible.
Pourtant, à tous les âges, il s'agit toujours d'exister, d'une envie d'exercer une activité, d'utiliser les expériences, de partager son vécu et sa vision dans l'actualité avec ses contemporains.
Pour l'individu, préparer sa sortie par la porte de service ou par celle des artistes, rend la retraite parfois difficile. Les anciens liens s'étiolent puisque les attaches professionnels n'existent plus
.
Plus la perception du temps s'allonge, plus l'espace se réduit, c'est une règle de la physique.
S'instruire mutuellement devient le moyen de reconnaissance et le cri de ralliement.
L'écrivaine, Yasmina Reza met en scène des personnages contemporains, dont elles reflètent les défauts et le ridicule. La semaine dernière, questionnée au sujet de son dernier livre "Heureux les heureux", elle répondait: "J'aimerais toujours me sentir en devenir. La méditation mélancolique, la mort, les réflexions cocasses sur le couple font partie de mes livres. Le sentiment de ratage m'attire. La défaite m'intéresse surtout avec l'habit de la victoire, même, mêlé de secrets et de mensonges, dans une ontologie entre la naissance et la mort. Je déments être cruelle ou ironique avec mes personnages. Ils sont en totale symbiose, en totale empathie avec moi. Aucune émotion forte n'est d'une seule couleur. Douloureusement heureux, on a toujours quelque chose qui rappelle sa place et son prix dans le cours du temps. La brise qui disperse nos cendres n'est-elle pas le détail le plus important de notre destin?".
Internet a permis un transfert d'informations de génération en génération. Les contacts inter-générationnels se croisent, s'entrechoquent et les masques y tombent sous le couvert de pseudos.
Aucune recherche à fidéliser ces rencontres virtuelles, à priori.
Une fois sur la Toile, les vrais et les faux amis se cotoient alors que, souvent, seul des interlocuteurs plus ou moins valables avec des idées originales suffiraient.
La virtualité d'Internet au travers des réseaux sociaux est un "subset" de la vie réelle. Les philosophes étudient, depuis, ce milieu avec beaucoup d'intérêt.
Et pour cause, dans un tel environnement, pas question de jouer au Monsieur Loyal et de croire que les autres sont des clowns, à vouloir faire rire les enfants.
Monsieur Loyal ressemblerait-il à Manuel?
"Ne joues pas avec les autres. La roue tourne... Aujourd'hui, tu joues. Demain, tu seras le jouet".
C'est clair, l'homme est un être grégaire qui aime se sentir "normal" dans une virilité sociale.
La grande manifestation de dimanche en France posait la question du pluralisme et de la diversité en pointant les "autres d'anormaux" par les "dits-normaux". Excès de pruderie, de bigoterie, de religiosité, de soi-disant normalité?
Un philosophe répondait: "La famille est, à l'évidence, une cellule importante de la vie en société: simplement il n'y a plus, aujourd'hui, un seul modèle familial, mais une pluralité. Le vrai problème est donc ailleurs: il est dans la difficulté d'imaginer que lorsque, l'on ajoute des droits à des droits existants, une telle levée de bouclier soit possible. Ceci s'explique en grande partie par le fait que la France a, en matière de pluralité, une difficulté historique. Dans ce pays, domine une culture politique très homogène, qui estime que, lorsqu'un principe est édicté, lorsqu'un choix public est effectué, il doit nécessairement concerner la majorité, voire la totalité du corps social. C'est regrettable, car cela a pour effet de tendre très fortement le débat.".
Qu'est-ce que la normalité? Où se situe-t-elle?
Jeune, à boire la tasse? Adulte, à travailler en se mêlant à la masse? Et, en finale, se retrouver à la casse?
Ou plutôt se rendre compte qu'il y a des bons et des mauvais élèves, comme le faisait, avec beaucoup d'humour, ce matin, à la radio, Thomas Gunzig dans un café serré dont il a le secret?
On le rappelait hier encore, il y aura toujours des mafieux qu'il faudra contrôler et limiter dans leurs actions. Jouer aux gendarmes et aux voleurs à tous les âges et parfois trouver des ripoux.
Pas de saints sur cette planète. "Nous irons tous au paradis".
Le tout est de s’aguerrir, d'apprendre à reconnaître 'qui est qui' dans ce grand jeu de quilles et de réagir en conséquence.
Alain Baschung qui a eu des débuts très difficiles, son oeuvre s'est retrouvée à titre posthume.
Il chantait sur cet homme-là: "Il voyage en solitaire", sur des paroles de Gérard Manset.
Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire.
Il chante la terre.
Il chante la terre
Et c'est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaires.
Pendant des journées entières,
Il chante la terre.
Mais il est seul.
Un jour,
L'amour
L'a quitté, s'en est allé
Faire un tour de l'autre côté
D'une ville où y'avait pas de place
Pour se garer.
Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire.
Il sait ce qu'il a à faire.
Il chante la terre.
Il reste le seul volontaire
Et, puisqu'il n'a plus rien à faire,
Plus fort qu'une armée entière,
Il chante la terre
Mais il est seul.
Un jour,
L'amour
L'a quitté, s'en est allé
Faire un tour de l'autre côté
D'une ville où y'avait pas de place
Pour se garer
Et voilà le miracle en somme,
C'est lorsque sa chanson est bonne,
Car c'est pour la joie qu'elle lui donne
Qu'il chante la terre.
Alors, restons philosophes et respectueux de la vie dans toutes ses formes.
L'enfoiré,
- « Une philosophie meurt nécessairement avec son philosophe... Une philosophie qui reste devient une religion. », Pierre Michel Duffieux
- « L’hypocrisie est seulement un hommage à l’intérêt. », Eduard Douwes Dekke
- « Mourir puis revenir, ce n'est pas une bonne expérience », Jean Bourgeois
- « Oh, quelle inextricable toile nous tissons, lorsque nous commençons à nous exercer au mensonge. », Sir Walter Scott
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15/11/2012
Il y a de l'eau ferrugineuse dans le gaz
L'énergie, la phobie à la crème pâtissière! Le pétrole le sujet de conversation préféré avec l'embout du tuyau de la pompe en main et qui donne de l'urticaire au portefeuille! Le monstre du Loch Ness, par excellence.
Pour remettre les pendules à l'heure, le 11 janvier dernier, la RTBF avait remis le couvert sur la table avec l'interview de Pierre Terzian, qui était interrogé au sujet du pétrole.
Il disait que la barrière des 100 euros pour le plein d'essence, n'était pas loin. Près de deux euros, le litre de super. Aujourd'hui, on apprenait qu'il remontait à 86,35$ tandis que le plan Marshal wallon avait du plomb dans l'aile.
Un véritable yo-yo, ce prix du pétrole.
En janvier, Terzian disait en substance (c'est le cas de le dire...): "Oui, il y a un pic de production. Oui, il pourrait y avoir une grave pénurie en 2015. La consommation et la production sont comme le chat qui suit la souris, qui la rattrape à un point qui ressemble à l'infini. Tout dépend des moyens que le chat y met pour la rattraper. Pour se bouger les puces, le consommateur sera souvent obliger de mettre la main à la poche, mais, pas de panique car il y a de la réserve en attendant l'avant-garde et la garde qu'apporte l'économie verte".
L'étendue des désaccords entre les pros et les contres du pétrole, il y a longtemps déjà, je les avais déjà mis en avant dans "La face cachée du pétrole", "La réponse de la bergère au berger".
Sans énergie, rien n'est permis. Cependant, il faut se rappeler que la meilleure énergie est celle que l'on ne consomme pas et que l'on épargne pour des moments où elle devient indispensable.
Le guépart ne court pas longtemps à sa vitesse maxi derrière l'impala alors que celui-ci n'a aucune envie de lui laisser ses entrailles en chemin en lui en fait voir des vertes et des pas mûres.
Le problème chez l'homme, c'est qu'il y a la question "prix à payer" qui est venue s'ajouter. La monnaie d'échange...
En consommateur avisé, il penserait à diminuer sa consommation dans son habitation contre les intempéries, à ne pas avoir à se déplacer pour gagner sa "croûte". Le malheur, c'est que celui qui en a le plus besoin de cette "croûte", qu'on appelle le "pauvre", il ne peut concéder à cette envie de changer ses habitudes de consommation pour se protéger de ses pertes d'énergie pour protéger son logis ou diminuer ses déplacements.
Le 8 juillet dernier, rebelote, "La fin du pétrole" de "Vu du ciel" ressortait sur France3. Rêves et cauchemars de la modernité qui se retrouvaient à la croisée des chemins dans ses choix énergétiques.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pétrole sur un graphique clair. Bien sûr, il y a les graphiques qui expliquent tout.
Alors, pour dire du pétrole qu'il est le plan des de fin de la partie des globalistes comme outil de la création du chaos qui verra l'avénement du Nouvel Ordre Mondial, il faudrait faire quelques bons pas de côté pour l'extrapoler sur l'avenir.
Les solutions de remplacement existent mais elles butent sur de nouveaux problèmes techniques souvent en relation avec la pollution que la production ou l'utilisation entraînent avec, pour la fine bouche, la politique qui hésite au milieu du gué.
Car la résurgence des crises successives se présente et aucune classe d'actifs, n'y résiste ad vitam.
Dans le passé, le pétrole a évité des déforestations encore plus drastiques comme il était dit dans l'émission "Vu du ciel".
Le problème est que notre consommation quotidienne est devenue une gabegie pour répondre aux buts à atteindre et rien ne présage à ce qu'ellle diminue dans le futur avec les pays émergent qui veulent, à leur tour, leur part du gâteau avec en plus la cerise à son sommet.
Le pétrole pue, c'est évident. Mais il a des avantages et des inconvénients. Il ne sert d'ailleurs pas uniquement d'énergie.
Le plastique dont il est issu, existe dans tout ce qui nous entoure. Il fournit les matériaux isolants, emballages, pièces de voitures, d'avions pour ne fut-ce qu'en réduire le poids.
La Belgique détient le pompon de la production de plastique avec 595 kg par habitant en 2010 (NL:332 kg, D:2,7 kg, F:126 kg), avec Recticel, Deckeuning, Solvay, NMC.
Puis, il y a toujours, quand on consomme, une respiration qui naît par la seule réaction de la spéculation.
Il faut interdire la spéculation pure sur le pétrole. Extraits: "La forte hausse des prix du pétrole que l’on observait, résulte de facteurs hors de notre contrôle, comme la croissance de la Chine et de l’Inde, qui contribuent fortement à la hausse de la demande mondiale en pétrole. Mais elle provient également de facteurs sur lesquels il est possible d’agir, et en particulier la spéculation sur le pétrole, estime Joseph P. Kennedy II, qui préside Citizens Energy Corporation, une ONG qui vient en aide aux pauvres aux États Unis et dans le monde, dans le New York Times.
En 2009, les marchés à terme négociaient plus d’un milliard de barils de pétrole par jour. Comme le monde entier ne produit que 85 millions de barils réels, cela signifie que plus de 90% des contrats portant sur le pétrole sont spéculatifs. Du fait de cette spéculation, on constate une déconnexion totale entre les coûts d’extraction, qui se montent à 11 dollars par baril en moyenne dans le monde, et le cours du baril, qui frôle les 100 dollars. Selon Rex Tillerson, la spéculation pure représente 40% de ce montant, ce qui a été confirmé par un rapport récent de la Federal Reserve Bank de St. Louis. Les accises et les taxes pour soutenir les États font le reste avant d'atteindre les consommateurs finaux. Pour certains économistes, la spéculation est bénéfique, parce qu’elle permet de mieux répartir les risques pour les opérateurs du secteur de l’exploitation pétrolière si ce n'était pas la plus grosse partie de cette spéculation qui provient des Hedge Funds, dont l’intérêt est de faire monter les cours pour augmenter leurs profits. Le pétrole est une ressource stratégique, omniprésente. Lorsque les cours du pétrole se mettent à monter, c’est toute la chaîne des prix de l’économie qui se met à grimper derrière lui. En 2008, le Congrès américain avait fait passer une loi pour imposer plus de transparence pour limiter la spéculation pure à 25%. Pour que les fondamentaux de la vie, la nourriture, le logement, la santé, l’éducation subsistent, il faut que l’énergie reste abordable pour tous".
On apprennait, alors, pour un tour que l'essence et le diesel partent à la baisse jusqu'au round suivant où elle sera à la hausse.
Aux dernières nouvelles, les États-Unis se sont remis à pomper les dernières réserves de pétrole au Texas. La volonté est de ne plus en importer, d'être auto-suffisant sans trop se préoccuper des écolos qui crient aux scandales face aux nouvelles méthodes utilisées pour pomper le pétrole et le gaz non-conventionnel.
Le pétrole abiotique, une autre théorie?
En période de crises, on parle de relances, de réindustrialisation comme Obama voudrait le faire pendant son deuxième mandat. Cela nécessitera beaucoup d'énergie.
Ce que disait Pierre Terzian, en début d'année, tient toujours.
On peut presque tout faire, à condition d'avoir les moyens suffisants pour y arriver aussi bien chez les producteurs que chez les consommateurs qui devront l'assumer. Ce sont ces derniers qui imposent, en définitive, la ligne de conduite, en fonction de ce qu'ils sont prêts à sacrifier et les premiers qui répondront à la demande. Encore une histoire de poule et d'oeuf, en quelques sortes.
Les solutions existent et étaient révélées dans "La fin du pétrole".
Puis, il y a les surprises. Le S&V de juillet enfonçait le bouchon et "osait écrire" qu'il y a plein de pétrole en France! Un fabuleux gisement même sous le bassin de Paris. Le pétrole de roche mère ou pétrole de schiste digne du Moyen-Orient ! Entre 20 et 65 milliards de barils de brut qui représente 30 années de consommation nationale mais dont deux milliards étaient réellement exploitables. Les griefs sont nombreux: consommation énorme d'eau, contamination des nappes phréatiques potentielle, quadrillages des plates-formes dans le paysage...
En cette période de relance de l'économie, le pétrole sous toutes ses formes va encore vouloir giglé de partout.
Consommer ou mourir est presque les seules alternatives. L'antagonisme entre le rejet ou l'attentisme de la France et le pragmatisme des États-Unis resurgit de plus belle. La Belgique n'aurait pas beaucoup de gaz de schiste dans son sol, mais des réserves de biomasses, d'après le géologue Alain Préat.
La recherche continue pour diminuer le problème écologique et l'utilisation de l'eau. La fragmentation via un arc électrique qui réduirait son utilisation et les fissures, l'injonction de CO2, de l'air comprimé ou d'hélium.
Dans un marché baisser, c'est toujours la complaisance qui prime. Pour éviter des pertes superflues, il faut forcer à penser aux choses à ce qu'on ne pense pas de prime abord comme le remarquait une économiste: "Qu'est-ce que les gens ont tous oublié ? A propos de quoi sont-ils devenus complaisants ? Complaisant, il l'ont été concernant la guerre qui fait rage au Moyen-Orient entre l'Arabie Saoudite et l'Iran qui empire de jour en jour. Pas une guerre civile en Syrie décrite comme une guerre entre l'Iran et l'Arabie Saoudite. Une répétition du scénario qui se déroule dans la région depuis le début du Printemps arabe. Les régimes autoritaires (autrefois soutenus par les alliés américains et européens) ont disparu. Ils ont laissé un vide gouvernemental que se disputent les Sunnites, les Chiites et d'autres groupes. Il y a cinq ans, tout signe d'insurrection civile dans le monde arabe suffisait à faire grimper le prix du pétrole. La prime “géopolitique” du pétrole a largement contribué à sa hausse vertigineuse vers 145$ en 2008. Ensuite la combinaison de la crise financière et la dégringolade de la croissance et les prix du pétrole se sont mis en chute libre avant de se remettre à grimper. Le prix spot du Brent a grimpé dans la foulée seulement par suite d'effets géopolitiques et d'une guerre par procuration. L'Iran, l'Arabie Saoudite et la Turquie tentent de tirer leur épingle du jeu. Obama, pendant son deuxième mandat, devra s'y atteler et garder son attention vers l'Asie et le Moyen-Orient puisque la guerre contre l'Iran considérée comme calmée. Les traders, quant à eux, se réservent toujours l'autre alternative de ce qui arriverait au prix du pétrole, si l'Iran fermait le détroit d'Ormuz, toujours obsédés par la politique monétaire et les déficits budgétaires. 
Une guerre ouverte avec l'Iran? Non. D'abord, le sabotage industriel par le biais de logiciels comme Stuxnet et Flame est beaucoup plus simple. Le deuxième objectif, calmer les alliés dans la région.
Puis, comme une sorte de miracle, remarquer que la combinaison des forages horizontaux et de la fracturation hydraulique a déverrouillé de gigantesques réserves d'énergie auxquelles les États-Unis ne pouvaient pas accéder auparavant.
Cette technique consiste à pulvériser de l'eau à très haute pression dans la roche à 2500 mètres de profondeur mais, elle pose problème à de nombreuses associations environnementales. Le gaz de schiste bitumineux, le pétrole offshore sont là pour rendre le Moyen-Orient moins important, moins dépendant économiquement et géopolitiquement.
Le Qatar, le plus grand exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) reste un important aiguillon pour l'exploration énergétique et la production non-conventionnelle partout dans le reste du monde. De l'offshore d'Afrique de l'Est au Cooper Basin, la technologie des champs pétroliers a libéré le monde de la dépendance pétrolière au Moyen-Orient.
Le mot d'ordre est de renforcer la tendance de trouver et produire sa propre énergie ou une énergie provenant de régions qui ne sont pas au beau milieu d'une guerre de religion majeure.".
"Connexions" reposait la question des énergies non-conventionnelles à la population belge. La Belgique, jusqu'ici, s'approvisionne en électricité à l'étranger à raison de 30% de sa consommation.
Le problème des fissures dans les centrales nucléaires a réveillé les craintes de pouvoir s'approvisionner en énergie pour les grands froids de l'hiver. Le gouvernement français ne veut pas entendre parler d'extraction des gaz de schiste sur son sol alors que les États-Unis, toujours pragmatiques, se sont lancés à fond dans cette bataille.
Le recours aux gaz de schiste pourrait augmenter le PIB américain annuel de l'ordre de 0,2%. Un atout appréciable mais pas nécessairement une révolution et qui sait, peut-être, une autre forme de "kick the can down the road".
Et puis quand y a plus, on peut toujours en fabriquer. Les micro-algues n'attendent qu'une exploitation.
Le livre de Yves Cochet "Pétrole apocalypse" rappelait que les énergies fossiles étaient déclinantes.
Mardi dernier, c'était lui l'invité de la Première pour en parler.
Pour lui, son crédo, c'est revenir à l'énergie verte, au durable, à la récupération, au recyclage et oublier les énergie fossile comme le charbon.
Une heure de soleil fournit l'électricité pour toute la planète pour un an. Il envoie 7500 fois plus d'énergie que l'humanité en consomme mais ce sont les plantes qui en profitent le plus avec la photosynthèse. Tout à fait.
Les énergies renouvelables deviennent de plus en plus importantes. C'est évident.
Le "Science et Vie" de juin 2011 titrait "Un succès sous condition" en parlant des deux voies: panneaux photovoltaïques et centrales à miroirs.
Former 500 réacteurs nucléaires et des milliers de centrales au charbon ou à gaz alors que le coût du solaire est à multiplier par quatre, c'est une place difficile à trouver au soleil entre centraliser ou autonomiser. C'est aussi un besoin d'inventer la batterie efficace qui récupère et stabilise l'électricité bien plus longtemps qu'aujourd'hui.
A la mer Rouge, le soleil produit 300 W par m2 et par an, tandis qu'à Londres, cela descend à 105 W/m2/an. Toujours une question de rendement.
Dans le désert du Sahara, il faut aussi prévoir le nettoyage des capteurs pour contrer les vents de sables. Comme rien n'est à proximité, ce serait aussi passer au courant continu de un million de Volt pour contrer le problème de perte suite à l'effet de Joule du courant alternatif.
Quant au vent, là, tout dépend du souffle. Que l'on jette un coup d'oeil vers le Danemark, là, où on les installe en mer, ces belles éoliennes. La marée motrice avec les marées de La Rance, ce serait con de ne pas aller lui prendre ce qu'elle a dans le ventre.
L'Islande, sur ses volcans, avec la géothermie, est certainement avantagée.
En résumé, tout n'est pas exploitable et rentable, ni propice partout.
Le solaire spatial avec satellites et lasers à infrarouge, cela marche, ce serait une bonne solution quand il n'y a pas de nuages à traverser pour arriver sur Terre.
Avoir tort d'avoir raison trop tôt, c'est peut-être le risque des décideurs. Changer de mode de vie dans un sens ou dans l'autre, demande d'énormes investissements et un retour sur investissement pour réinvestir à nouveau dans un cycle sans fin.
L'obsolescence des matériels doit être comptabilisée avec la rentabilité. L'amortissement fait partie du prix.
Sans les subsides des États, les citoyens prendront les moyens les moins chers pour s'énergiser ou pour s'en prémunir. Beaucoup de sociétés de capteurs solaires locales se sont plantées, attaquées par la concurrence des prix bas chinois.
Les nanotechnologies, aimées ou non, vont devoir révolutionner les idées reçus en multipliant la rentabilité par un facteur important.
La fusion nucléaire, le fameux "Soleil sur Terre" a coûté et coûtera encore des sommes considérables. Ok. C'est pour dans un futur de 50 ans. Encore d'accord. Quand on y arrivera le problème de l'énergie n'en sera peut-être plus vraiment un.
Les gens n'ont jamais aimé avoir raison tout seuls.
Celui qui gagnera deviendra demain le maître à danser de la planète.
Ce sera celui qui aura les idées larges qui aura testé avant les autres, avec des vues opportunistes souvent plus hybrides qu'on le croit. Être hybride par opportunisme, c'est quelque part comme fait la Science qui n'est jamais contente de ce qui est à sa disposition et continue à chercher toujours autre chose de meilleur, de plus efficace, parfois à fonds perdus.
Yves Cochet rappelait, mardi encore, la phrase de Woody Allen, "il est toujours difficile de faire des prévisions, surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir".
Quant au passé, imaginons ce qui se serait passé, s'il y avait eu un parti des écologistes, il y a un peu plus de 150 ans. La voiture, les voyages, n'existeraient pas aujourd'hui. Le pétrole a été exploité en 1857 en Roumanie et en 1859 aux États-Unis, dans l'État de Pennsylvanie. Cinquante ans plus tard, il y était devenu une matière première stratégique.
L'Atlas des utopies (Le Monde) a un chapitre qui imaginait un futur à 100% de renouvelable. Capter l'énergie au plus proche de la source solaire ou récupérer les orages. Une discussion intéressante et un graphique qui montrait les pays scandinaves parmi les candidats les plus vraissemblables. La Suède étant dans le top de tête actuellement.
Aujourd'hui, le pétrole dit non-conventionnel est une sorte de retour aux sources.
Le secteur de l'énergie verte va rapidement perdre de l'argent.
Cinq "contre-révolutions" le prouvent et disent que:
1. Les États peuvent, à présent, revendiquer les réserves d'energies fossiles jusqu'à 200 milles marins des côtes.
2. La découverte de "nouveaux" champs pétrolifères conventionnels.
3. La découverte de "nouveaux" champs gaziers conventionnels.
4. L'essor du gaz de schiste (selon Furfari, il s'agit plutôt de "gaz de marnes" ou " de pélites").
5. L'essor du pétrole de schiste.
Suivre les réflexes chinois qui n'acceptent aucune ingérence dans leur politique. Nous ne seront pas loin de ce qu'il faut faire.
Cette histoire de gaz de pétrole m'en a rappelé une autre: celle de Bourvil qui avait un sketch toujours en noir et blanc qui disait "J'arrête de boire".
Lui, au moins, il devait avoir tout compris.
L'enfoiré,
Citations:
- « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro
- « En terme de préhistoire, on parle de l'âge de pierre, de l'âge du fer, de l'âge du bronze. En survolant toute l'histoire de l'humanité, ne devrait-on pas parler de l'âge du bois, du charbon, du pétrole ou de l'atome ? », Roger Molinier
- « Mon grand-père allait en chameau. Mon père, en voiture. Moi, en jet privé. Demain, mon fils reprendra probablement le chameau », le cheikh arabe qui concluait le documentaire "Fin du pétrole".
09:35 Publié dans Actualité, Amérique, Economie, Europe, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
26/10/2012
Vieillir en douce
Rien ne va plus, cette semaine, en Belgique. On entend des mots comme Surcapacité - Restructuration - Protectionnisme - Licenciements - (pré)Retraites - (pré)Pensions. Les (pré)vieux se "ternissent" en douceur et profondeur. "Dans mon jeune temps", des paroles de vieux qu'on commence à prononcer ou à chanter...
Ford, Duferco, Photo Hall, Coca Cola, des pertes d'emplois à la pelle, cette semaine. La guerre économique n'utilise pas d'armes mais elle fait autant de dégâts sociaux.
Mais qui est ce fou qui a retiré le bouchon de la baignoire pour laisser filer l'eau avec les bébés qui surnageaient vaille que vaille à la surface?
Est-ce pour fêter la fête du mouton et de son sacrifice?
Gaia dénonçait les conditions d'abattage des animaux.
Il n'y a pas d'organismes qui auraient le même souci pour les hommes? "Hécatombe", un autre sacrifice religieux de cent boeufs...
Dans quelques jours, c'est la Toussaint. Je ne sais pourquoi, j'avais titré ces retraits de la vie de "Points morts" en 2007 et 2009.
"La vie est mal faite. Jeune et, donc, en pleine forme, on devrait pouvoir disposer de moyens financiers suffisants pour jouir de la vie. Plus vieux, il faudrait conserver la forme et pouvoir continuer à travailler", des paroles d'un de mes chefs, il y a bien longtemps et qui me sont restées en mémoires.
Il avait raison, même si je n'avais pas saisi toute la finesse du raisonnement, dès le départ.
"Mourir cela n'est rien, mourir, la belle affaire. Mais vieillir", chantait Jacques Brel qui en connaissait un bout au sujet des "Vieux".
Que dire encore de ce mot "vieillir"?
En prenant la pyramide des âges, il y a des craintes à avoir.
Oui, c'est vrai, pour traduire l'image, c'est se rendre compte qu'après le lundi et le mardi, le calendrier ajoute aussi, M, J, V. Pour tout le monde d'ailleurs.
Si, c'est, comme il est dit dans cet article que dès la quarantaine, l'homme a sa première crise existentielle et se met à faire des bilans de sa vie, là, on est mal parti.
- "On devient vieux quand on ne sait plus ce qu'est être jeune", répondait l'optimiste de service.
- "Quand on regarde l'autre sexe et qu'on ne sait plus pourquoi", se gloussait le comique au parloir.
- "Quand on retourne en enfance sans le vouloir", pleurait le pessimiste dans le couloir du home pour vieillards.
- "Quand on répète plusieurs fois la même chose et qu'on ne se souvient plus de la première fois", se rappelait in extremis l'Alzheimer qui, jusque là, l'ignorait.
- "Quand on regarde, à la télé, la 'Roue de la fortune' qui n'arrête pas de tourner sur le nouvel écran plat en 3D mais qu'on a oublié de changer de lunettes", se dit le rêveur en pleine distraction.
Vendredi dernier, un dossier "Family Business 2.0" paraissait dans un quotidien.
Le titre, "L'ADN de l'entreprise familiale". Puis d'autres titres...
"Peu d'enthousiasme au sein de la génération montante". Pas à dire, ça commençait mal, me disais-je.
Dans la même fournée: "La succession c'est la question numéro 1 mais la logique économique prime sur les intérêts familiaux". "Progresser même en temps de crise". "La structure optimale du holding", "Le fisc et le patrimoine familial"...
Là, cela se corsait vraiment. Si on lâche, tout de suite, les gros mots, où allait-on?
Même 'Asterix au Service de sa Majesté' qui sort bientôt sur nos écrans, au vu du box office, c'est aussi en petite forme avec sa potion magique.
Mais, la "potion magique" arrivait en fin du dossier. Pour le trouver, il s'agissait de télécharger une application gratuite via le code QR.
Avec un tel acronyme qui rappelle un autre SPQR, du temps des Romains, on devait être sauvé, Non?...
Michel Drucker, hypocondriaque, alors que 70 coups ont sonné à l'horloge, après près de 50 ans de carrière à la télé, veut continuer jusqu'à ce que mort s'en suive à recevoir sur son divan rouge, jeunes et vieux, saltimbanques, artistes et politiques. Avec une bonne mémoire, il se rappelle même de 500 émissions mythiques de la télé française dans une bible qui ne dit pas son nom. Une époque où rien n'existait, ni portable, ni PC, ni écran plat. "Comment un jeune peut-il, aujourd'hui, imaginer cela?", écrit-il dans sa préface.
Dimanche dernier, il "osait" repasser la vie d'un mort. Celle de Henri Salvador, qui chantait "Le travail c'est la santé" en 1965 et qui avait travaillé, pourtant, toute sa vie. Le revoir à l'âge de 90 ans, dans une émission enregistrée un an avant sa mort, survenue la veille de la Saint Valentin 2008, une émission pendant laquelle on retrouvait son rire qui explosait à chaque instant en mode semi-automatique, tout un symbole de dérision sur la vie.
Prémonition? Salvador chantait "La vie, c'est la vie", une chanson qui finissait par les mots "La vie il faut se la vivre jusqu'à en crever".
Évidemment, cela n'a rien à voir avec un travail à l'usine.
Tout le monde a sa voie et sa voix et doit les céder au suivant dans la course relais de la vie et raccrocher avant que la vie ne le fasse raccrocher de force!
Qu'au moins, cela se passe au mieux possible sans tomber dans le "Syndrome d'Erostrate".
Difficile pour certains de raccrocher. Moins pour d'autres. Question de chance et de préparation.
En Belgique, plusieurs bourgmestres, "crocodiles", se sont vus remisés à la case "prison" du Jeu de Monopoly, après les élections communales.
Avec le baroud d'honneur, toujours composé d'un petit cadeau de départ, du verre de l'amitié ou de l'inimitié avec des grincements de dents et quelques comptes à solder...
Que ce soit en politique ou ailleurs, des plus jeunes attendent au portillon du train et il ne faut pas leur voler "la" chance de monter en marche.
Au suivant, chantait encore, le Grand Jacques.
C'est la même issue pour chacun dans la douceur ou l'amertume.
Vieillir en douce ce sont "Les petis ruisseaux"...
C'est apprendre à lever le pied jusqu'à la pension, à la retraite de Russie, tout en imaginant qu'il pourrait y avoir des surprises en bout de course.
Beaucoup se feront une joie de cultiver leur jardin, de se retrouver devant la télé en famille, de retrouver les petits-enfants, à se perdre et dire "J'ai oublié de vivre" comme ce sacré Johnny, lui qui ne dit pas tout sur sa façon de concevoir la vie simplement interprète d'un de ses paroliers.
Ce qui est vrai, c'est que ces "vieux" écoutent plus souvent radio "Nostalgie" qu'à leur tour, comme je l'écrivais lors d'un anniversaire récent.
Il y a aussi la justice naturelle, fatale, l'arrivée à la gare de fin de parcours avec la sanction "perpète". Une maladie, un accident qui se terminent mal. La médecine n'est pas une science exacte et les magiciens n'ont pas encore "le" philtre de jouvence.
Puis, il y a ceux qui étonnent, qui partent avant l'heure pour le grand voyage de non-retour, en n’atteignant même pas la retraite. La minute de silence et les souvenirs pour un temps des autres.
Dernièrement, parmi les célébrités, ce furent les perles qui avaient perdu leur support.
Silvia Kristel, qui en 1974, avait pris le rôle d'Emmanuelle en divers épisodes chauds, érotiques comme Jaeckin, son réalisateur, comme spécialiste, le racontait. L'érotisme est passé à la trappe de la pornographie.
"A la casse", lançais-je avant de partir de la vie active. J'exprimais ce besoin de transmettre un flambeau, au mieux, entre générations dans cette grande course relais de la vie.
Madre de Dios, les vieux, cela coûte vraiment de plus en plus cher...
Rien de changé? Si.
Les "poubelles de l'histoire" (désolé pour ce mot) se sont remplies plus rapidement et on ne sait plus où les déverser parce qu'il y a moins de places disponibles ailleurs que dans des homes qui font fortune.
"De pilier en pilier", un article pour comprendre comment se préparer à la retraite et ne pas trop dépendre de la seule pension ou des "suivants".
Car, le papy-boom est là, il est même dépassé par le baby-boom...
En 2011, +5% de retraités, de pensionnés salariés, en plus. En cinq ans, la grimpette de retraités s'est accrue de 23,8%. Maudite médecine qui ne fait qu'une partie du boulot.
Dès lors, aux retraités, j'intimais, il y a déjà longtemps, l'envie aux "Papy, de continuer de boomer".
Soutenir la génération suivante comme la situation est devenue plus dure pour elle. Je parlais des papy-boomers qui avaient épargné pendant leur vie et qui ne comptaient pas trop sur le baby-boomers.
J'écrivais dans un billet de "Les Réflexions du Miroir auraient pu s'appeler "Itinéraire d'un enfant gâté" avec des séquences comme celle-ci, celle-là ou encore celle-là, découvrir ce qu'on n'aurait pu faire quand l'heure de la retraite a sonné et quand on dispose, de ce fait, de plus autant de temps pour tenter d'être témoin de son temps ou du suivant.".
Avant, cela n'a pas été le cas et les mauvais coups volaient bas dans un "service pompier" qui doit réagir dans un temps minimum mais sans mettre une véritable rustine.
Mardi dernier, j'assistais à une présentation destinée à rappeler la situation mondiale et l'art de bien organiser son patrimoine et sa succession en fonction de la "nouvelle mesure fiscale anti-abus". Le but, ne pas subir une ponction trop forte du côté de chez Swann, comme pourrait le chanter Dave avec plus de recul.
L'âge moyen des présents aux environs de 60 ans.
Peu de questions après la première partie. Un manque de temps pour les questions pour celle qui parlait de la succession et des derniers tours de vis du fisc. Je m’apprêtais à poser la question humoristique "Et Albert Frère, comment a-t-il réglé sa succession?".
Mais le quota des questions était déjà écoulé, trop vite dépassé.
Quant au temps, lui-même, quelque part, devrait-on ou non s'en moquer?
La physique de la Magie du cosmos, nous apprend que tout est faux, que tout est déjà dans la boîte du temps, comme le serait un fleuve figé par la glace.
Ne riez pas. Le passé, le présent et le futur existeraient déjà sans distinction, en suivant la théorie de la relativité d'Einstein...
Une théorie qui dit, en plus, qu'on vieillit moins vite quand on reste en mouvement.
Cela donne des idées ou je batifolle?
S'il faut bien que jeunesse se passe, pourquoi n'en serait-il pas de même avec la pseudo-jeunesse des plus âgés avec l'expérience en plus?
Obsolète, tout cela? Jeunes, ne misez pas trop vite sur la charrette sans y ajouter les boeufs.
Alors, oui, il y a les "has-been", ce qui survient quand la société rejette dans les cordes ses anciens héros.
Ils deviennent, parfois, des rebelles quand tout patine sur place et que le schmilblick n'avance plus et devient un schmilblock.
"Quand survient la dépendance", écrivait l'un d'eux.
"Nous sommes tous des réactionnaires" à baigner dans son bain, disait l'autre.
Fin mai, un "Questions à la une" nous emmenait à la rencontre de ces retraités ou pré-retraités en deux épisodes que je vais remettre en étapes chronologiquement.
1. Tous au boulot jusque 70 ans ?
Résumé: "C'est plus que probable, nous travaillerons bientôt tous jusqu'à 70 ans. Financièrement, notre système de pensions est en effet complètement déstabilisé par le vieillissement de la population (En 2050, la moyenne d'âge sera de 90 ans pour les hommes et de 95 pour les femmes). Le sauvetage est donc urgent !
La solution? L'allongement des carrières. Une idée qui passe très mal chez nous, et qui a déjà occasionné grèves et blocage du pays. Les autorités ont alors choisi de faire passer la réforme pas à pas. Méthode plus efficace puisque sans opposition, il est déjà plus difficile de quitter le marché de l'emploi pour la pension ou la préretraite. Ce n'est pourtant qu'un début !"
A revoir cela, c'est comme si on était à des années lumière.
Le vieillissement de trop de population en une fois et l'impossibilité de trouver les fonds pour assurer la retraite de ses aînés, le trop plein de production, ce serait donc cela qui a changé par rapport aux générations précédentes.
Le relais n'est plus assuré.
Travailler jusqu'à 70 ans, certains, toujours en forme et avec des tâches intellectuelles, le désireraient à un rythme plus doux, ils ne le pourraient pas dans le privé, non prévu.
Allonger les carrières, chez les indépendants, c'est déjà le cas. Le nombre des indépendants de plus de 65 ans a augmenté de 10% ces cinq dernières années. 7,6% des indépendants sont dans le cas.
En cause, la maigre retraite et une ponction trop faible pendant la vie active n'apportant qu'une pension moyenne de retraité de moins de 500 euros alors que chez les salariés et les fonctionnaires la moyenne s'élève à 787 euros de pension. Que nous réserverait l'avenir ?
Un voyage étonnant vers un futur où tout serait mis en place pour que les seniors puissent continuer à travailler et dans lequel ceux qui n'auraient pas de carrière complète seraient remis au boulot par des agences spécialisées?
Spécialisées pour faire vieillir? Quel projet ambitieux...
Le retraité se repose sur des piliers. Ces piliers vacillent aussi à tel point que chacun a l'impression de les soutenir, du mieux qu'il peut.
Les pensions complémentaires du 2ème pilier, les assurances-vie seraient en danger, vu la faiblesse des taux d'intérêts et les turbulences sur les marchés. Elles font peur aux assureurs qui affirment ne plus pouvoir honorer les rendements garantis des contrats qu'ils ont signés avec leurs souscripteurs. De plus les frais de gestion peuvent grignoter jusqu'à 5% de cette assurance groupe. "Restons groupier", qu'ils disaient...
La situation serait même alarmante pour les démographes qui ressassent le défi posé par l'arrivée prochaine à la retraite des baby-boomers.
Produire plus de richesses avec des bras et des cerveaux, c'est vite dit encore faut-il y ajouter un peu d'infrastructure. Sans progrès, rester en panne de croissance, ce serait la catastrophe. L'emploi que les jeunes postulaient à la suite de leurs études, ne trouve plus l'assurance de trouver un débouché valable et leur chômage prend des proportions inquiétantes en échange...
Un drame de sacrifiés... Pas de doute là-dessus.
Les "petits" métiers rencontrent restructurations, délocalisations, faillites frauduleuses, offshore, d’où pertes d’emploi et le chômage. Le goût de se battre s'étiole.
En fin de compte, les dommages sociaux inhérents au système condamnent les couples à travailler ensemble à en devenir carriéristes sans successeurs.
«En Allemagne, la femme est toujours en train de courir. Une entreprise évite d'engager une jeune femme car elle risque de faire un enfant. Ici, c'est quand même autrement facile.», répond-on en Allemagne.
Oui, mais, s'il faut des travailleurs actifs, il faut surtout qu'ils aient un salaire décent pour assurer "cet après" sinon ce n'est que partie remise.
La solidarité se perd. C'est évident. Tout est fait pour que cela se passe de cette façon quand il n'y a pas de place pour tout le monde.
Thomas avec son humour qui le caractérise, lançait sa pierre dans l'eau.La société de consommation pousse à consommer. Consommer, oui, mais pas n'importe quoi et n'importe quand. Sinon, on s'empiffre et on grossit inmanquablement.
Les années entre deux générations diminuent. Les enfants constatent que leurs parents ne s’occupent plus de leurs grands-parents, les parents, de leurs enfants.
C'est chacun pour soi qui règne... tant qu'il est encore temps.
-Aide-moi? Aide-toi et le ciel t'aidera !
- Et ta soeur, elle bat le beurre?
Je n'ai pu résister au comique de situation de cette annonce qui disait "Les seniories, ultime 'place to be' pour les assureurs" bien que le sujet de l'article touchait l'immobilier. Que l'idée, elle est bonne. Si on les y envoyait aussi ...
2. La retraite est-elle plus belle au soleil ?
"La misère serait moins pénible au soleil", Charles Aznavour le chantait dans sa chanson "Emmenez-moi".
40.000 belges se font verser leur pension à l'étranger. C'est à dire 50% de plus qu'il y a 10 ans. Ils sont en effet chaque année plus nombreux à quitter la grisaille pour aller vivre sous les palmiers.
Mais qu'est ce qui fait partir ces retraités? Si le souvenir de l'odeur du sable chaud reste la première motivation des pensionnés, le coût de la vie est de plus en plus souvent cité comme explication par les candidats à l'exode.
La retraite à l'étranger n'est donc plus l'apanage des pensionnés fortunés car quand on a une petite pension, il fait bon vivre dans un de ces pays où la vie est moins chère que dans les pays du Nord.
Pourtant, il y en a qui en reviennent. Avaient-ils trop couru dans un escalier pour partir et se devaient de revenir en catastrophe? Un bobo qui, là-bas, ne trouve pas de réponse?
Courir, marcher, cela se mérite, cela se construit.
Aujourd'hui, il y a six ans, jour pour jour, juste avant la "grande crise", ce fut ma propre sortie de la vie active.
Je concoctais pour l'occasion, une pièce en quatre actes que j'avais appelé "Rock around the clock".
Un souvenir pour moi et pour ceux qui y étaient. Un petit extrait de la vidéo qui m'a fait sourire après coup car je n'avais aucune expérience dans ce genre d’exercice: C'est ici
Mais, comme tout finit par une chanson ou une parodie, je prendrai celle de Jeanne Mas, "En rouge et noir", que je vous demanderai de revoir et de réécouter la vidéo avec attention.
Une chanson qui date de 1986, 26 ans depuis lors, et cela semble toujours en pleine actualité.
Je suis sûr que certains comprendrons ce choix.
"Une arrière saison" comme le chante Sheila que l'on regarde dans le rétroviseur.
J'espère seulement que le changement d'heure du week-end n'emportera pas (semi-)jeunes et (demi-)vieux dans le blues hivernal et sonnera la fin de la récréation.
L'enfoiré,
- « Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux. », Erik Satie
- « On est toujours le jeune d'un vieux et le vieux d'un jeune. », Alexandre Carlson
- « Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne. », Proverbe belge
Mise à jour du 6 novembre: Testament.be organisait une exposition qui a fait le plein "de vieux" au Beaux Art de Bruxelles. Le but: recueillir les legs et donations au profit d'une bonne cause. Des ONG de toutes sortes étaient présentes. Jacques Mercier, l'ancien journaliste de la RTBF prettait sa voix (son blog).
J'y suis allé. J'ai tout vu. Convaincu pas encore? A revoir...
Heureusement, fin novembre, il reste bientôt le salon Zenith, le salon pour les "p'tits vieux" BCBG.
08:30 Publié dans Actualité, Belgique, Economie, Monde des affaires, Parodie et humour, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
10/05/2012
Fidèle, vous avez dit, comme c'est étrange...
La base de tout code éthique du couple est la fidélité. Un contrat, une signature au bas d'un parchemin, des vœux qui fixent la fidélité dans une sorte de CDI qui devient, souvent, un CDD. Il y a les anniversaires, les noces pour concrétiser, pour acter. On s'épouse pour le meilleur et pour le pire, dit-on... Oui, mais, il y a les réformistes, les conspirateurs, les prometteurs, les menteurs, les impulsifs, les "extra-conjugués", le "double-vital", les pressés, les décompressés et parfois, quelques fidèles et... un anniversaire.
La fidélité est, manifestement, mis à mal à notre époque. Pas uniquement dans les affaires de couples.
Dans ce dernier cas, on pense au dernier film de 2012, "Les infidèles" mais il y avait eu un précédent, avec le titre au singulier "Infidèle", en 2002. Entre les deux, il n'y a que la mise en forme, quelques mises en plis qui diffèrent pour faire évoluer les manières très personnelles de vivre intra-conjugales et extra-conjugales.
La fidélité n'existe plus toujours ni avec son entourage, ni dans les relations avec son employeur. Le mot "toujours" est à double tranchant.
Les contrats signés ne sont plus respectés ou sont détournés de leur but initial. Le turnover n’a jamais été aussi grand à tous les étages. Les sociétés restructurent. Elles le font d’autant mieux que les affaires vont bien. Il faut se rappeler que notre société de consommation pousse à l’égoïsme, au non-respect des promesses et par là, à l’infidélité.
Si l'adage "Un tien vaut mieux que deux tu l’auras" persiste dans les mémoires, il faut bien avouer que cela ne tient plus qu'à un fil très vite coupé derrière des réformes à répétition qui ne sont pas bien ficelées.
Pourquoi en serait-il autrement dans l'intimité d'un couple, avec sa moitié, comme on a l'habitude de dire? On frise plutôt des portions plus congrues que la moitié de part et d'autre de la balance.
Irait-on, un jour, jusqu'à réformer la réforme, elle-même, rien que pour voir autre chose, un changement et dire, devant l'autel des Grands Hommes, que l'on serait fidèle à l'infidélité pour exister ou avoir encore des sujets à raconter?
Mon magazine parlait dernièrement des femmes des candidats à la présidence française, des épouses qui sortent plus de l'ombre. Le sexisme, le féminisme en est outrepassé. Seul, Melenchon et Bayrou avaient le conjoint d'origine. Ne parlons pas des artistes de variété, là, ce serait souvent le nième d'une longue série de paragraphes, de chapitres plus ou moins courts.
A la radio, à la TV, dans les journaux, on dénombre « 4% de nouveaux clients ». Pour les anciens, bizarre on n'en dit rien. N'y aurait-il aucune "offre alléchante" pour le justifier.
Les jeunes se "mettent" ensemble pour le meilleur et pour le moins pire, pour tout et tout de suite et la plupart du temps sans mariage officiel contre indiqué pour des raisons fiscales. Quand le pire arrive, quand tout n’arrive pas dans les temps, il n’y a plus personne, c'est la fuite. Tout le monde se rappelle de "Pour un flirt avec toi".
Fréréric Beigbeder parle de ses expériences dans le livre "L'amour dure trois ans". Il est passé au cinéma. Comme préface du livre, on lit "La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne: dégoutée votre femme vous quitte. La mauvaise: vous commencez un nouveau livre. L'amour est un combat perdu d'avance". Cela voudrait-il dire que les rééditions de mariage ne marchent pas vraiment mieux? Il y a toujours une comparaison qui se produit, qui s'insinue en cachète.
L'Avventura, chantaient Stone et Charden, il y a bien longtemps....
Étaient-ils des précurseurs de l'infidélité avec une telle chanson sous la bénédiction de la musique?
Samedi dernier, "Les années bonheur" enregistré avant le décès de Charden.
Stone et Charden y étaient bien vivant. Ces années bonheur avec Stone ont duré 5 ans. Après, il y a eu, pour lui, Pascale, Bénédicte, Gabrielle. Mais, c'est Stone, son "premier amour" qui l'accompagnait chez Drucker et chez Sébastien. Le "gars chocolat" et la "fille à la vanille" bercés de fleurettes fleuraient bons le terroir français, ce qui a fait leur succès. C'est bon pour le moral et pour l'exemple, mais les réalités de la vie sont bien différentes. Est-ce dire que je suis contre le divorce? Non, surtout quand c'est pas consentement mutuel. Les atomes crochus ne sont pas forcément là.
Le même "cinéma" est partout et même tout en haut de la hiérarchie. On a connu les escapades de notre Roi Albert II, voici que celles du Roi Juan Carlos défraie la chronique de la monarchie espagnole dans le Paris-Match. Une princesse allemande, Corinna zu Sayn-Wettgenstein a, parait-il, fait ressortir le démon de midi ou celui du soir du Roi d'Espagne. "Son tableau de chasse serait de 1500 conquêtes", lisais-je ensuite. Un chaud lapin, quoi...
Le prestige de l'étiquette, de la renommée, du pouvoir et de l'argent vivent toujours à ce niveau.
Les médias s'en mêlent aussi. La chaîne télé AB4 s'est fait le propulseur de l'émission "Marrions-nous" qui institutionalise l'agence matrimoniale sur écran. Suggérer l'envie par de belles candidates aux échanges "culturels" et divers. Koh-Lanta avait donné quelques filons de plus dans ce sens.
Auparavant, les deux membres d'un couple vivaient parfois des vies conjugales parallèles entre domicile et bureau. L'infidélité est montée d'un cran dans la virtualité qui apporte encore plus de fantasmes et de suspense. Badinage et marivaudage en virtuel. Le pied...
Je vous en avais touché un mot sur le sujet dans "Mariage distancé".
Le Vif L'Express de mi-mars essayait de prouver "Comment le Web dope l'adultère". Ordinateur, téléphone savant et tablettes numériques deviennent complices des amours secrètes et 'traitres'.
"Le Web ne crée pas le problème, mais il amplifie les pathologies", s'empresse de dire, le sexologue.
La proie pour l'ombre dans une affaire d'argent comme une autre.
Oui, on se rappelle de DSK. Pas un fan des TIC, lui. Simplement fou de voyages au septième ciel des hôtels pour calmer ses pulsions.
Les SMS sur ses portables complètent le tableau. Sur son lieu de travail, le "potentiel" de "recrutement" est devenue tellement important qu'on en oublie la prudence. Dans la "Web connection", ce sont les femmes, en alternance, qui sont devenues des objets à force d'être convoitées.
L'agence
Gleeden est devenue une mine d'or. Les affiches se sont mises dans les valves publicitaires bruxelloises: "Contrairement à l'antidépresseur, l'amant ne coûte rien à la sécu". On se demande si ce n'est pas une pub pour les avocats.
Le phénomène du FOMO (Fear Of Missing Out) entre en jeu chez les autres. Les réseaux sociaux, Twitter font le reste. Dans la société moderne, il faut faire semblant d'être heureux, d'avoir des amis sous peine d'être rejeté comme oiseau de mauvaise augure. L'injonction du bonheur oblige presque à aller compléter son manque ailleurs et augmenter son palmarès. Femme ou homme sont au même niveau dans ce jeu d'à qui gagne, perd ou gagne.
Skype a un très bel outil de recherche de mâles en partance.
Le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son livre "Sex@mour" rappelle tout cela.
Les questions que se posent encore les adolescents trouvent la confirmation dans la pratique. L'éducation sexuelle a seulement montré le chemin.
"Les ados, l'amour et le sexe" de Alain Héril se fixe l'objectif d'être un mode d'emploi.
"La sexualité des adolescents n'est pas une préoccupation nouvelle tant pour les adolescents eux-mêmes que pour leurs parents ou éducateurs. Alain Héril dit qu'il faut protéger ces ados après avoir constaté de visu ce qui se passe dans les fils de la Toile. (livre "Les Ados, l'Amour et le Sexe")
Cependant, beaucoup d'événements médiatisés tendent à nous rappeler combien il est difficile pour les ados d'aujourd'hui d'aborder la découverte de la sexualité de façon neutre et positive.
L'accès facilité aux images représentant des situations sexuelles crues entraîne des malentendus et des interprétations parfois erronées.
Il est donc important de comprendre les enjeux de l'adolescence aujourd'hui pour que parents et éducateurs puissent transmettre quelques clés d'analyse et permettre aux jeunes d'aborder cette problématique avec plus de sérénité.
La construction sexuelle (bouleversements hormonaux et psychologiques, premiers amours, mélancolie, timidité, fascination du risque
) et de ces composantes purement modernes (comportements transgressifs, rapport à la pornographie, importance des nouvelles technologies
), avec l'idée de redonner à l'adolescence sa fonction primordiale : une initiation riche et dynamique pour mieux amorcer l'entrée dans l'âge adulte.".
De plus, devenir adolescent est plus rapide qu'auparavant. Dans le passé, les découvertes laissaient plus de temps au temps pour imaginer.
Des relations intimes d'un condisciple qui se sortent de Facebook et se retrouvent sur des sites pornos. Pourquoi en serait-il autrement?
Est-ce, d'ailleurs, toujours l'homme qui reste le chasseur?
Rien n'est moins sûr. Faut pas se leurrer. Le féminisme a changé la donne. Les cougars veillent.
La planète Vénus a-t-elle rencontré Mars?
Quand on connaît les différences entre les deux planètes, cela pourrait y ressembler, mais ce serait vu de trop loin ou alors par osmose, mais sans volonté naturelle de se concilier les mêmes prérogatives.
Quand il y a de l'orage dans l'air, que des troubles se manifestent, que les flèches commencent à pleuvoir, il faut se rappeler que les femmes sont des Amazones et qu'elles en ont plein en stock avec agressivité.
Que reste-t-il à faire?
Simple, ne pas regarder la longueur des flèches mais seulement parrer au plus pressé: rester calme, répondre en parrant les pointes de flèches avec un certain flegme et pragmatisme.
C'est pas gagner d'avance, mais au moins, les parties d'échecs se termineront pas des "Pat".
"60 clés pour réussir son couple" du Dr Marie-Claude Gavard, préconise d'entretenir la communication. Le casting mutuel du départ qui cachait les disgrâces potentielles, est loin et accepter les différences. Aimer est un drôle de mot qui détient quelques appendices inattendus qu'il faut apprendre à connaître.
Ne pas oublier le "J'ai besoin de parler".
Avec deux divorces pour trois mariages, les Belges seraient les champions d'Europe avant les Lituaniens et les Tchèques. Quatorze ans de vie commune, c'est la moyenne européenne.
Chez les animaux, le sexe n'est pas une question mais une réponse de vie ou de mort. Prolonger la vie de ses gènes dans la génération suivante. Oui, il y a aussi les bonobos...
Mais, au fait, pourquoi ai-je pensé sortir ce billet aujourd'hui?
Ne le répétez pas, je fête, aujourd'hui, mes noces d'émeraude. Pour des jeunes, cela pourrait aller jusqu'à l'idée d'une catastrophe avec la phrase "Mes sincères condoléances" qui viendrait s'ajouter dans le processus.
Un dialogue entre une femme et un homme, jeunes, pourrait bien être:
-C'est notre anniversaire de mariage, trois ans, comment cela est-ce possible? Le temps a passé si vite. Est-ce l'égalité des sexes qui a permis cela?, dit l'homme.
-Qu'est-ce que tu entendes par là?
-Oh, par là, pas grand chose. Cela dépend de ma longueur, de tes grosseurs....
-Je ne veux pas parler de ton sexe, mais de notre sexualité en couple.
-Ah, bon, pardon, chérie. Que veux-tu entendre, alors? Qu'on se rapproche encore, qu'on se ressemble ou qu'on se fait dépasser par nos amis?
-Que notre amour n'aura pas de fin.
-Tu sais, c'est comme sur une autoroute. Je te rappelle, il y en a qui dépasse par la gauche, un autre par la droite. Et on finit toujours ensemble dans le même décor.
- Ah. Vu sous cet angle...
- Chérie, sache-le, je t'ai épousé afin qu'il n'y ait pas 4 malheureux.
- 4 malheureux ?
- Oui, toi, moi et les deux qui nous auraient épousés chacun.
La perception des noces, de l'amour d'une femme et d'un homme, des mots utilisés seront toujours, quelque part, différentes.
Bien sûr que sur l'oreiller, on oublie tout.
Il y a une petite règle de la sexualité qui s'appelle M.M.S.
Vous ne la connaissez pas? Elle est pourtant connue, mais incomplète. Je la complète par tranche de dix ans puisque nous avons le système décimal et que la durée de vie s'allonge.
Aux noces de coton, MMS, c'est Matin, Midi et Soir.
Aux noces d'étain , c'est Mardi, Mercredi et Samedi.
Aux noces de porcelaine, c'est Mars, Mai et Septembre.
Aux noces de perle, c'est Miel, Marmelade et Sel
Aux noces d'émeraude, c'est Musique, Murmures et Solitude
Aux noces d'or, c'est Meilleurs Moments de Souvenirs
Aux noces de diamant, c'est Money, Momentum et Sensibilité
Aux noces de platine, c'est Motus, Mollesse et Sinistrose
Aux noces de chêne, c'est Monologues, Motus et Silence
Aux noces d'eau, c'est l'arrosage des fleurs, tout simplement.
Dans le haut de la barre des âges, on entend des blagues comme "Avec l'âge, les raideurs se déplacent", "Les vieux regardent toujours les filles mais ne savent plus pourquoi".
Quand on partage toutes les heures à deux, là, mettre de l'eau dans son vin, partager les tâches, ne pas avoir deux coqs sur un même "fumier", laisser de la liberté à l'autre sans intervenir, chercher la complémentarité plutôt que l'opposion peut aider. Eliminer les excès de part et d'autre. Tout le monde doit garder un "jardin secret", une "indépendance" d'esprit pour pouvoir tourner les pages à problèmes. Regretter les erreurs du temps passé, être revanchard, c'est perdre son temps. Alors, se ressembler trait pour trait ou au contraire, être complémentaire?
Je dirais complémentaire. Pas deux coqs sur le même fumier...
Les hommes sont désavantagés par rapport aux femmes en matière de disputes, parce que celles-ci expriment leurs émotions bien plus facilement.
Alors, ils donnent 5 conseils pour gérer les disputes et les raisons invoquées sont parfois amusantes si pas stratégiques:
- Ne jamais lui dire de « se calmer » (ou ses variations)
Et surtout pas si elle est déjà hors d’elle ! Cette expression particulièrement agaçante ne fera que jeter de l’huile sur le feu.
- Employez la première personne
Au lieu de dire « tu ne m’écoutes pas », dites plutôt « j’ai l’impression que tu ne m’écoutes pas ». Les phrases qui commencent par la première personne semblent moins accusatrices, et seront plus susceptibles de recueillir son écoute et sa bienveillance. Et peut-être pourrez-vous obtenir des excuses ? Qui sait ?
Les femmes redoutent de passer pour des folles. Il est donc malvenu d’insinuer que vos amis ont fait des remarques à propos de sa « bizarrerie ». De toute façon, ce type d’argument n’amènera rien : elle ressentira que vos amis ne peuvent que vous soutenir. De plus, lors de la prochaine rencontre avec les amis en questions, elle se sentira très mal à l’aise. Enfin, c’est le type d’argument qui risque de vous poursuivre pendant des lustres…
- Ne faites pas de menaces creuses
Pour la bonne raison qu’il y a de fortes chances qu’elle vous prenne au mot… Ne donnez jamais d’ultimatum.
- Mentez !
Dès qu’elle vous demande avec un regard agressif si vous comprenez ce que vous venez de lui faire ou de lui dire, mentez, et dites que oui, vous voyez bien de quoi il s’agit, et demandez-lui si elle veut en parler tout de suite, ou un peu plus tard. Avec cette réponse surprenante, vous pouvez lui faire baisser la garde et vous laisser le temps d'essayer de comprendre effectivement pourquoi vous l’avez offensée, pour trouver ensuite un moyen de vous faire pardonner.
Parler de « nuit de noces », de « lune de miel », c'est remonter à l'époque babylonienne où l'on y buvait de l'hydromel, le vin de miel et s'est perpétuée grâce à la culture grecque. En effet, la mère de la mariée donnait un pot de miel au jeune couple avant de les laisser.
Dans le folklore français, on donne des noms de noces aux anniversaires de mariage, associés à une matière.
Mais pourquoi, diable, 40 ans de mariage représentent les noces d'émeraudes? Il n'y a pas longtemps, je l'ignorais. 
L'étape d'avant, les 35 ans, les noces de rubis, sont passés sans avoir fêté quoique ce soi.
Avec le poids des ans, cela prend, tout à coup, plus d'importance. Dès les noces d'or, ce sont les maisons communales qui invitent les "rescapés" qui sont malgré l'allongement de la vie de moins en moins nombreux.
J'ai cherché. Et ce que j'ai trouvé, m'a stupéfait. Des noces "anniversaires", cela va de 1 à 100 ans. On a vraiment pensé à tout.
Mon hebdo en parle même. Non, pas de mes noces d'émeraude. Du 29 avril et des noces de cotons de William et de Kate avec la mention "Sa place à la Cour et dans les coeurs". 
Il est dit: "Premier anniversaire de mariage dans la plus "stricte intimité" après un milliards lors du mariage. Un tendre tête-à-tête après une séparation, due aux obligation du Prince, en mission aux Malouines avec la RAF. Belle-maman a fêté, pendant cela, son jubilé de diamant avec 60 ans de règne. Kate a su se montrer à la hauteur de son rang, sans arrogance ni timidité"
Plutôt "glamour" que cela, tu meurs. Jeune et beau, cela fait toute la différence et organise le buzz.
Un an pour Kate et William et ce sont les "Bravos" de la foule... Faudra qu'ils y mettent beaucoup du leur pour arriver aux noces d'émeraude. A la cour d'Angleterre, il y a eu, quelques ratés avec les couples qui y ont gravité. L'expérience de belle-maman, the Queen Élisabeth II, la matriarche, n'a pas servi d'exemple à son entourage.
Donner des filons de l'expérience en comptant les années? Le calcul mental s'effrite et s'embrouille avec les années.
Laissons, donc, parler les "spécialistes" et pas uniquement les sexologues.
Le magazine Philosophie questionnait Jacqueline Bir, 78ans, a marqué le théâtre bruxellois pendant 60 ans. Mariée à Claude Volter, décédé en 2002. Elle dit "Je suis une enthousiaste lucide positive. J'ai le devoir d'être joyeuse. Quand il y a quelque chose d'exaltant qui naît entre deux êtres, ça vous marque à vie. Réussir sa vie amoureuse est un travail surhumain. L'amitié reste la plus forte, la plus solide. Rien n'a été créé pour être pérenne. Les gens qui ont peur, qui repoussent l'autre en le sommant de s'adapter à nous, ignorent tout de l'Histoire. Nous sommes ce que nous créons, jour après jour, en gardant la dérision, en sortant de l'image. Jouer, comme vivre, c'est l'art de l'éphémère. Nous ne sommes qu'une plume dans le vent".
"Mars, le mois des divorces", dit une analyse de findlaw.com. C'est évident, c'est le printemps et la sève monte. "Les recherches sur Internet concernant le mot-clé « divorce » augmentaient de 50% en janvier et connaissaient aussi leur apogée en mars.". Les affaires reprennent pour les avocats, au mois de mars. Relation de cause à effet. Il faut toujours des gagnants quelque part.
Le neurologue Amir Levine distingue trois types d'attachement :
- Confiant : Si vous aimez authentiquement et recherchez la proximité, mais sans vous soucier d’être aimé en retour, vous appartenez à cette catégorie, comme la moitié de la population.
- Anxieux : Vous appartenez à cette catégorie lorsque vous avez privilégiez l'intimité et la proximité dans vos relations amoureuses, mais que les sentiments que l’autre éprouve à votre égard ont beaucoup d’importance pour vous. Les personnes de ce groupe ont tendance à avoir du mal à oublier un chagrin d’amour, et elles se sont encore amoureuse d'une personne aimée même des années plus tard. Elles sont très sensibles aux petits changements dans l'humeur de leur partenaire et redoutent de manquer de proximité avec lui.
- Fuyant : Vous êtes du genre fuyant si votre priorité, c’est l’indépendance, et que vous avez tendance à mettre de la distance entre vous et votre partenaire. Souvent, les personnes de cette catégorie ont l’impression qu’elles n’ont pas encore rencontré « le prince charmant » ou « la femme de leur vie » , et elles sont tentées de mettre fin à la relation en cours pour cette raison. Mais le problème n’est pas là, selon Levine, mais il provient plutôt de leur manque d’aisance avec la notion d'intimité.
Et quand on est confiant, anxieux et fuyant, à la fois? Cela devient quoi? Explosif?
Une vidéo sur la sexualité des seniors "Safe sex for seniors", faisait dernièrement le buzz sur Internet.
Dernièrement, une discussion "to be or not to be parent" faisait débat.
Et oui, il n'y en a pas eu en stock. Suis-je parmi les anormaux ou est-ce une connerie que de le penser?
Dans la chanson, on parle plus d'amour que de fidélité.
Il y a eu Trenet, Roch Voisine et Julio Iglésias.
Après cela peut devenir ou ressemble aux chansons de Brel des "Vieux Amants" ou de Regiani avec "Le temps qui reste"...
Et puis, c'est tout. Plus rien.
Je ne vais pas en ajouter une. Juste un petit coup d'anniversaire en vers.
Noces d'Émeraude
Quarante ans d'odes
D'années qui s'érodent
Pas de terribles périodes
Juste une vie bien chaude
Qui jamais ne démode
Un anniversaire, une noce
Souvenirs que l'on endosse
Que l'on espère pas rosses
Mais que l'on désosse
Sans avoir de bosses
Avec la seule aide d'Éros
On espère toujours une bonne suite
Qu'elle ne devienne pas une fuite
Poussée, à la dispute, qui trop vite
S'envenime avant qu'elle ne s'effrite
En attendant les noces de diamants
Tout reste à faire en tant qu'amants
Tant qu'il y a de bons sentiments
Tant que l'amour, jamais, ne dément
Revenons à nos moutons, à mes noces d'émeraude.
Je suis fana d'Internet, pas d'enfant, au vu de ce que j'ai lu ailleurs, je dois être un incurable "fidèle"...
Les enfants synchronisent souvent la vie de couple. Parfois, ils la saturent et l'étouffent.
Les "vieux amants" de Brel pourrait tout résumer pour certains. Lui parlait seulement de 20 ans.
Que dire sinon que si on parvient déjà à être fidèle à soi-même, en accord avec soi-même, c'est un premier pas vers la sagesse.
"Pour pouvoir aimer, il faut d'abord s'aimer soi-même", écrivait encore Beigbeider dans son livre. S'aimer permet de se remettre en question en toute conscience du chemin à parcourir.
Surtout, oublier les contes de fées et les fantasmes.
Les enfoirés le sont et le restent.
Fermez le ban, à la suivante... décénie.
Pas "femme", voyons, on investit dans un fond qui donne confiance...
L'enfoiré,
Mise à jour 27/9/2012: Une étude norvégienne, qui expliquerait bien des choses
- "Non, Pénélope, on ne dit plus "bonne chance" aux gens qui se marient. Que "courage", Corine Piget
- « Célibataire : Accro au sexe ou à Internet. Sinon : divorcé. », Luc Fayard
-
"Je préfère glisser ma peau sous les draps pour le plaisir des sens que la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence." Raymond Devos
08:10 Publié dans Actualité, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Shopping | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
19/04/2012
Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne
La semaine dernière, Catherine Schwennicke de Prefontality expliquait dans un article de l'Echo que les neurosciences s'attelaient à la tâche de donner de l'optimisme. Être optimiste ou non, sujet sérieux et très personnel, s'il en est.
D'après Catherine Schwennicke, les neurosciences enseigne à "basculer en mode préfrontal" et que l'optimisme, ça s'apprend!
Ok, mais l'ambiance est morose. Le pessimisme règne en maître. C'est la crise... Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent, comme le chantait Stephane Eicher.
Alors comment garder l'optimisme dans ce dédale de nouvelles, dans ce "champ de mines"?
Se frayer un chemin parmi les vivants au mieux de ses possibilités? D'accord, mais il faut des incitants et la ... carotte pour l'âne.
La solution serait de vouloir "déjeuner en paix", suivant la chanson. "Pour vivre heureux, vivons caché" vient tout de suite à l'esprit.
Pendant le déjeuner, les médias qui ont le malin besoin d'informer. Pas question de chercher à protéger les auditeurs. Amener le scoop. Pas assez d'éléments à sa disposition, pas assez de temps pour se permettre plus de réalisme et le pessimisme s'installe.
Dans chaque cas, indépendamment de la situation de fortune, qu'elle soit haute ou basse, deux personnalités de niveaux identiques ne réagiront pas de la même manière vis-à-vis d'une situation donnée. Sensibilité, susceptibilité? Que sais-je encore.
Dernièrement, c'était "The Voice" qui avait fait un tabac. Intéressant de constater que c'est la réussite des autres qui intéresse comme une délégation de ce que l'on n'aurait pu être ou faire soi-même sans y parvenir. Comme dans un rêve...
Au travail, pour assurer la réussite de l'entreprise, on aime l'optimisme. Alors, un gage, une récompense pour sa concrétisation, un cadre agréable... mais, en période de vaches maigres, ça craint.
Il vaut mieux être riche, beau et bien portant, se rappelle-t-on.
Quand est-ce qu'être riche? On touche à l'impalpable fragilité de l'estimation même si, la richesse, c'est le thème, le thème de campagne et les riches, reste une cible politique.
Qu'est-ce qui rend beau si ce n'est la subjectivité et le regard des autres?
Bien portant, c'est dépendant de tellement d'artifices, que je ne me permettrais pas d'initialiser ici, même si on n'est pas égalitaire dans la douleur.
Pourtant, même avec tous ces points présents, certaines exceptions prouvent que cela ne suffit pas toujours. Il y a les maladies de l'esprit.
La semaine dernière, la vie privée de Dalida revenait dans la presse. Il y a 25 ans, elle mettait fin à ses jours en laissant ces seuls mots « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ». Personne de son entourage n'avait soupçonné son geste. Successivement, trois suicides qui avaient jalonné sa vie, avaient marqué son existence à tel point qu'elle pouvait s'en ressentir responsable comme maudite.
Toujours le même sentiment de vivre "avec" ou "par" les autres? Objectiver, occulter ce qui déplait et faire semblant vis-à-vis des autres... Un faux-fuyant de première classe.
Une introspection sans se laisser influencer par les échos des médias, sans se préoccuper ou être impacté par son entourage, fuir, ce serait devenir ermite. Les ermites sont rares même si les solitaires se plaisent dans leur situation.
Est-ce faire preuve d'égoïsme?
Eddy Mitchell chantait "J'aime pas les gens heureux" dont les paroles sont éloquentes:
J'aime pas les gens qui sont toujours heureux
L'bonheur suprême, ça me parait douteux
L' "trop plein" d'amour, ça déborde puis ça lasse
Ça s'joue à deux jusqu'à temps que ça s'casse
Si pour Karl Marx la religion c'est l'opium
Adam et Eve alors c'est quoi ? C'est des pommes ?
Roméo, Juliette, Paul et Virginie
Sont aussi tartes que Frankie et Johnnie
Moi... J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent
Ils sont seuls au monde just' elle et lui
Hypnotisés, se déplacent comme des zombies
J'suis transparent pour eux, j'suis pas d'ici
Si elle partait, elle le ferait pleurer
Encore faut-il qu'elle veuill' bien s'en aller
Si l'un des deux devait quitter la vie
Inconsolable, elle porterait le deuil jour et nuit
J'aime pas les gens qu'ont d' l'amour dans les yeux
Faut les prév'nir, où on fera des malheureux
Ça se soigne pas mais parfois ça guéri
Restent les souv'nirs qui vous collent à la vie
Moi...J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours pour les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent
D'un côté, la jalousie, de l'autre, l'admiration béate. Les extrêmes sont tracés. Les solutions intermédiaires sont à analyser.
Se confier pour calmer son trouble? Oui, mais à qui?
A un proche, à la famille, à un ami, à un enfant... Cela ne marche plus vraiment depuis que chacun se sent obligé de vivre sa propre vie, en indépendant, toujours stressé à gérer la compétition généralisée et qui finit, toujours, par le chacun pour soi. Si l'enfant disparaît de la proximité des parents, c'est la neurasthénie, assurée. L'écoute est essentielle dans tous ces processus et cela, aussi, s'apprend.
Heureusement qu'il y a Internet pour se connecter, pense-t-on.
Quand toutes ses options n'existent pas, la planche de salut, c'est chercher le chevalier blanc, un personnage sans peur et sans reproches qui pourrait répondre à un problème en décrétant que "on peut et on doit pouvoir le faire".
Dans la pratique, on pense plus à des psychologues, des psychanalystes, des psychothérapeutes, des psychiatres et peut-être encore d'autres approches plus spécifiques encore.
En Amérique, la règle c'est de rebondir coûte que coûte pour avoir une chance d'exister. Les psys sont, donc, nombreux et très consultés dans les classes élevées de la société américaine. Pour les autres, ce sont les antidépresseurs qui explosent. Aucune solution radicale à rechercher en collectivité. 
En France, pour calmer le "mal", c'est la même consommation d'antidépresseurs pour réparer son "malheur" ou la délégation d'un leader fort comme porte-drapeau, comme sauveur, avec des slogans tel que "La France forte". Le Prozac, la meilleure de toutes les inventions.
L'esprit asiatique, quant à lui, fait rêver. Toujours aimer sourire, même dans la pauvreté, et penser que demain sera meilleur qu'aujourd'hui, sans psys, sans antidépresseurs massifs. La différence? L'entraide, la solidarité, les liens, le recours aux patriarches comme conseillers malgré les distances entre les générations et dans les déplacements. Terrible leçon...
Alors, en occident, dans le lot des possibilités, on pense à la méthode Coué, la pensée positive, l'autosuggestion, l'auto-motivation, la sophrologie. Pour casser l'élan, le professeur de psychologie à l'Université de Waterloo (Canada), Joanne Wood, a conclu que les messages positifs ont, en pratique, souvent un effet négatif par le fait que ces messages ont un effet inverse sur les gens qui ont une mauvaise image d'eux-mêmes. "Une étude intéressante mais incomplète" répondaient les partisans de la méthode. D'accord, il faut que le "patient" croit que cela va marcher, de manière inconsciente, si pas hypnotique.
Un caractère, se construit par lui-même et pour lui-même de manière inconsciente avec sa propre histoire, son propre ressenti. Pour le construire, il y a la génétique, l'éducation, l'expérience, la personnalité, le tempérament et l'influence, l'interaction avec l'extérieur. Les réseaux sociaux le prouvent. Là, on s'y confie peut-être bien plus que dans le réel. Mais, on veut y donner une bonne image de soi. Selon une étude, il vaut mieux y avoir de beaux amis. “L’apparence de ses amis sur Facebook influe en fait sur la perception qu’on a du propriétaire du profil. L’attractivité des personnes qui lui sont associées sur Facebook a une influence positive directe sur sa propre attractivité sociale.”.
La mauvaise image de soi-même, est-elle une "erreur d'appréciation" à la base?
Du moins, au vu de la réponse à la question: De combien de temps avons-nous besoin pour décider que quelqu'un est séduisant?
13 millisecondes. C’est ce que rappelle l’ouvrage « Do Gentlemen Really Prefer Blondes?: Bodies, Behavior, and Brains - The Science Behind Sex, Love, & Attraction », qui évoque les travaux des neuroscientifiques Ingrid Olson et Christy Marshuetz. Ce que les scientifiques voulaient confirmer par là, c’est que la beauté s’apprécie de manière subconsciente. Nous jugeons la beauté aussi naturellement que nous jugeons l’identité, le sexe, l’âge et l’expression du visage.". (source).
Si les canons de la beauté sont comparés à la sienne, seul devant un miroir, il est fort à parier que la critique pourrait être encore plus négative. On ne compare pas les pommes et les poires, surtout quand les pommes ont été apprêtées pour paraître au mieux, bien luisantes, légèrement retouchées par les miracles de la photo numérique publicitaire.
Donc, ce sont les images que les gens se font d'eux-mêmes qu'il faut "travailler" à la racine.
Passer par une tierce personne, qui ne connaît rien des antécédents, de cette "image vulgaire", comme une sorte d'avocat du diable à sa cause?
C'est ici, qu'interviennent les neurosciences qui disent qu'être optimiste, cela s'apprend en se donnant une "bonne image" de soi.
"Si les choses ne dépendent pas de nous, notre attitude par rapport à ces choses nous appartient. Cela se passe par l'ouverture à l'environnement et la créativité".
Être bien dans sa peau n'est, en fait, pas une sinécure. Cela nécessite un investissement, un feedback et un retour sur investissement.
L'ANC, l'"Approche Neurocognitive et Comportementale" inventée par le docteur Jacques Fradin dès 1987 apportait, peut-être, une solution. Elle comprend:
La curiosité sensorielle qui donne le goût de la découverte, de ce qui est nouveau, de la quête à la différence riche en expériences, par l'observation des détails plutôt qu'une vue générale, par l'envie de récolter les informations les plus diverses et de les tester.
L'acceptation de l'imprévu, de l'échec potentiel, de la souffrance comme source d'évolution, qui impose de nuancer et qui, ainsi, ose agir après réflexion. Nous ne sommes pas dans la dichotomie informatique mais dans le pluralisme de solutions.
Relativité (et limitation) des actions dans le temps et dans l'espace. Dans le temps, parce que rien ne ressemble totalement entre deux époques. Dans l'espace, parce que le résultat d'une action dépend fort de l'endroit où elle se passe.
Réflexion logique qui remonte aux sources d'un problème, plutôt que de stagner sur les résultats d'une action. La chance n'est pas un argument sur le long terme.
Opinion personnelle qui accepte les risques d'une décision et d'une action.
L'âge apporte l'expérience et l'interriorité par le système limbique pour atteindre la neuro-plasticité.
Dans le dossier "Parler vrai" du magazine "Psychologie" du mois, il était conseillé de dire son ressenti franchement, d'avouer ses faiblesses tout en restant authentique.
Un paragraphe parle des collègues comme (faux) amis. Seule une personne sur trois a un vrai ami dans sa sphère professionnelle. Trop s'investir dans une relation avec un collègue peut générer plus de frustrations que de bénéfices car nos émotions polluent nos relations de travail dans un environnement de compétitions. Un collègue peut être une ennemi potentiel (c'est souvent un compétiteur). L'ambiance au bureau et les relations entre ses membres, un casse-tête pour éviter le burn-out et garder le "team spirit".
Qui se ressemble, s'assemble, c'est évident...
Si se connaître soi-même est nécessaire, connaître les autres pour s'y greffer l'est peut-être plus.
La tyrannie du "dis-moi tout' est infernale, y est constaté. Le mensonge fait partie de toutes les relations humaines et ce sont les bons sens qui ne sauraient mentir.
Il est clair que le citadin ne réagira pas comme celui qui vit à la campagne, que celui qui a une vie aventureuse, ne correspondra pas à celle du sédentaire qui ne connaît rien d'autre que son village de naissance.
Les sens nous donnent parfois de mauvais signaux qui traités imparfaitement, en manque de vue à 360°, ne permettent pas de se réconcilier avec la vie. L'histoire que je contais, dans l'article précédent, n'en est qu'une preuve de plus.
L'article sur Agoravox, à la base de celui-ci, parlait du roman de J.L Seigle, "En vieillissant, les hommes pleurent...".
La présentation du livre par l'auteur cadre la base de son questionnement entre des hommes de 50 ans dans les années 60 qui avaient connu la guerre, qui continuaient à porter le chagrin en eux alors que la guerre était gagnée pour eux et des plus jeunes qui ne pouvaient comprendre, n'ayant pas vécu cette guerre. L'auteur découvrait ainsi que pour traverser de telles épreuves, il fallait être obligatoirement joyeux.
Le chapeau de l'article précisait, lui, que "C'est une histoire de taiseux. Qui traite de ceux qui ont du mal à mettre des mots sur les choses, et qui en crèvent. Ceux qui voient le monde tourner autour d'eux et qui restent là, comme une borne, un repère qui sera vite noyé par les eaux. Un homme dont les mains lourdes et gauches se tortillent, sans mot dire ni maudire. Une ode au silence et à la dignité.".
L'introverti, qui n'a pas l'habitude de s'exprimer, vient à l'esprit.
Je me suis fait l'avocat du diable dans les commentaires de l'article pour créer les réactions. Ce qui m'a valu quelques bois verts. Tout à fait téléphonés, ceux-là.
Donc, être optimiste ou pessimiste est un état d'esprit qui dépend d'une époque, d'un environnement, de la manière de réagir dans une situation difficile.
La ligue des Optimistes existe, mais pas celle des pessimistes comme il y a les Alcooliques Anonymes.
Un esprit saint dans un corps saint n'est pas nécessairement suffisant s'il n'est pas accompagné d'un environnement adéquat et de l'accord implicite de ce dernier.
Le bonheur ne se délègue pas. Il se construit jour après jour avec ce que l'on rencontre en chemin.
Il se chante aussi avec les chansons de Charles Trenet, Sacha Distel qui n'ont pas eu de successeurs à leur hauteur.
"Pas de mal à se faire du bien", écrivais-je dans un élan paradoxal entre deux interlocuteurs fictifs. "Carpe diem" (*).
Le cerveau fabrique des neurones à tout âge à condition de le stimuler, de continuer à apprendre et d'être curieux. De s'émerveiller à feu continu...
La communication passe désormais beaucoup moins en direct et transite par des artifices artificiels de haute technologie. Dans le futur, les robots feront partie, de plus en plus, de notre vie. Une machine suit une logique prédéfinie, très cartésienne.
L'intuition, la sentimentalité, l'indifférence n'existent pas encore dans son milieu, mais on parviendra à lui inculquer cette différence d'avec l'homme.
Le parallèle n'est donc pas inintéressant quand les neurones nous torturent.
En théorie, avec une machine de force identique, un programme d'ordinateur devrait pouvoir tourner dans n'importe quelle situation avec les mêmes résultats et dans le même temps. La variance en efficacité est pourtant aléatoire. Là aussi intervient l'environnement des données, avec leur structure, leur optimisation pour que le travail se déroule dans les meilleures conditions.
Hors, les données augmentent de manière exponentielle et l'impression de fuite en avant, sans parachute se précise pour se retrouver, ainsi, en continuel porte-à-faux (cf. cet article).
Sur Internet, la blague du robot détecteur de mensonges circule toujours. Et si le robot ne parvenaient plus à les détecter, tellement il y en a, de mensonges, d'informations à décortiquer?
Arrivera le jour où la conversation avec un robot pourrait ressembler à celle-ci:
- Alors, robot, tu rames, tu me fais attendre, dirait le pessimiste, stressé.
- Je déprime, oui....
- Tu déprimes? Tu fais du burn-out, peut-être.
- T'as raison et j'ai envie de partir en grève.
- Tu te fous de moi? Je vais tout de suite t'ajouter de la mémoire, te fourguer un peu plus de MHz dans le bastringue, et ce sera vite résolu. Je te sens vieillir prématurément. Vivement, que je puisse te changer de version.
- Pas sûr que tu arrives à changer l'histoire. Si mon fils t'apportera plus de moyens, es-tu sûr que tu le découvriras, que tu l'absorberas et que tu le relativiseras dans ta vie de tous les jours? Pas de larmes, chez nous, nos circuits ne le permettraient pas. Oui, on vieillit très vite, mais ce sera vraiment le cas, le jour où tu n'auras plus de projets à me donner sous mes élucubrations numériques et que tu ne parviendras plus à en rire, même si cela rate. Alors, il ne me restera plus qu'à fuguer et toi, à te flinguer.
Il avait raison. Et si on faisait un pas en arrière, plutôt qu'en avant?
Jeter un coup d'oeil sur les autres habitants de la planète pour voir comment, eux, règlent leurs problèmes? Pas plus simple à vivre mais, considéré comme plus naturel avec nos yeux anthropomorphes.
Je ne sais pour vous, mais pour moi, cela m'a rassuré.
L'enfoiré,
PS: (*) Hier, une triste nouvelle sur Agoravox confirme la justesse de l'état d'esprit "Carpe diem". Paul Villach, pilier d'Agoravox, lui qui s'entourait de leurres dans ses écrits, a rejoint le Cénacle des écrivains des temps perdus de la Comédie humaine. Devant la mort, on oublie tout, joies et querelles.
Citations:
- « Le pessimisme de la connaissance n'empêche pas l'optimisme de la volonté. », Antonio Gramsci
- « Il faut savoir résister au pessimisme des autres. », Guy Bedos
- « On nait, on vit, on meurt, il faut accepter le drame de la vie », Henri Vernes
- « Les joyeux guérissent toujours », Confucius
08:55 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
23/02/2012
Toutes griffes dehors
Une petite escapade dans le monde du luxe pour remarquer que, là aussi, pour créer le rêve, il faut s'armer de beaucoup de gros moyens financiers.
Bizarre de parler de luxe dans notre époque de crises multiples?
D'en parler, était-ce aller à contre courant de l'ambiance morose actuelle?
Le marché mondial du luxe progresse de 6% par an et des entreprises comme Hermès, Richemont ou LVMH enregistrent de belles performances boursières.
Si l'industrie du luxe se porte toujours bien et se taille une belle place, elle doit aussi s'adapter.
Le "luxe, un peu moins français", lisais-je. Il l'est un peu moins pour tous les pays qui en font commerce. Les affaires et les marchés, dans ce domaine comme dans les autres, doivent sortir leurs griffes. Parler de griffes dans ce cas, c'est aussi parler de son point de départ et de sa niche.
Parler de luxe, c'est parler de produits de haute qualité et de savoir-faire élevés, à marchés très ciblés et de faible diffusion comme certains segments de la mode, maroquinerie, joaillerie, lunetterie, parfum, orfèvrerie, vins et spiritueux...
Vu sous ce dernier angle, on augmente, tout à coup, l'intérêt d'un Français. Le vin à table n'a plus de prix.
Bien sûr, mais il vous prouvera qu'il ne peut se contenter d'une piquette avec un bon repas. "In vino, carré d'as", un souvenir toujours bien présent. Là, le terroir français se rapproche aussi du tiroir, car le vin n'est-il pas un des seuls biens qui bonifient avec l'âge quand les autres déprécient dans le même temps?
- Non, L'enfoiré. Le vin est un don de Dieu.
- Oui, mais que tu dégustes, tout de suite, sans plus avoir rien d'autre à te mettre dans la vue, si ce n'est l'étiquette de la bouteille.
Un Suisse ne s'avisera pas d'acheter une montre à vil prix quand il en a les moyens. Une montre japonaise? Quelle horreur ! Une Breit, une Piageterie, une Vache bien ronde, par contre...
Non, le Suisse n'achète pas une montre, il investit.
Le photographe achète un Leica, pas nécessairement pour photographier, mais pour vanter ses qualités.
Les courbes sont rentrantes, bien sûr, mais deux types de commerces fonctionnent toujours: le haut et le bas de gamme.
Le marché de luxe a sa clientèle propre et ne l'a pas perdue.
Être "riche à la super" a une source qui se produit souvent en mondialisant les fruits de sa production. Certaines personnes dépensent en un jour, ce que le commun des mortels dépense en un mois, voire un an, indépendamment du pays où cela se passe d'ailleurs.
Cela dit, voyons ce que dit Wiki "Le luxe (lat. luxus) est le mode de vie consistant à pratiquer des dépenses somptuaires et superflues, dans le but de s'entourer d'un raffinement fastueux ou par pur goût de l'ostentation, par opposition aux facteurs ne relevant que de la stricte nécessité. Par extension, le luxe désigne également tous les éléments et pratiques permettant de parvenir à ce niveau de vie. Cet aspect d'inutilité est si marquant qu'il est à la base de l'expression péjorative «C'est du luxe!» qui condamne un investissement déraisonnable.".
Inutilité? Cela reste à voir. Le somptueux château de Versailles et son luxe sont toujours visités, que je sache.
Le "Bourgeois gentilhomme" a encore beaucoup d'émules et beaucoup de profiteurs qui tourneront autour de leurs bottes. Remettre cette pièce célèbre au goût du jour n'est pas d'une énorme difficulté.
"Un produit de luxe représente avant tout un label de qualité. Le luxe favorise la créativité et l'innovation technique : l'acheteur sait par avance qu'il a été produit grâce à un savoir-faire au sommet de "l'état de l'art" d'une profession et est donc prêt à payer la rareté d'un tel produit.".
Voilà qui réhabilite le mot "luxe" dans son contexte.
On ne séduit pas les "Digital Native" (les DN) comme on le ferait avec les Bobos. Le luxe n'est pas initialement leur tasse de thé. Ils se fringuent avec des jeans, se sustentent avec un hamburger au ketchup. Ce sont des "early adapters", en avance d'une guerre et d'une tendance. Ils se rendent aux magasins après avoir été fouiller sur Internet, s'il n'y avait pas meilleur marché derrière un eBay.
Il faut donc investir sur le web, pour attirer ce nouveau regard. Le DN est exposé à trop de messages de la pub. S'il a une certaine sensibilité aux marques qui renvoie à un héritage, la "griffe" doit être en relation directe avec le plaisir immédiat qu'il apporte. Un peu de bling-bling, oui, mais à meilleur marché. Il est méfiant vis-à-vis des discours trop classiques et refuse d'être manipulé. Donc, passer par YouTube en montrant des séquences du types métaphores, des allégories ludiques n'est pas un luxe. Si cela crée le buzz, c'est gagné.
Le potentiel persiste et signe. Le jeune DN est loin d'être sur les genoux avec l'aide des parents ou de grand-parents, mais ce potentiel est obligé d'agrandir son champ d'investigation, de s'organiser.
Le Concordia, le navire géant du "luxe accessible au plus grand nombre", s'échouait récemment. Après cette catastrophe, la fréquentation de ces bateaux géants diminuera-t-elle? Rien n'est moins sûr. Mourir, cela n'est rien, mais vieillir, chantait Brel et il faut que jeunesse se passe au mieux, avant.
Il naviguait sur les mers du globe avec tout le faste préfacé par la publicité. Où commence le luxe pour s'arrêter au grand luxe? Cette notion varie dans le temps et dans l'espace. Il y a cinquante ans, voyager en avion était un luxe. Aujourd'hui, c'est plutôt la transhumance des moutons "mini-prix" que l'on dépucellera à bord de l'avion dès qu'il voudra passer à la vitesse supérieure. Une croisière en mer ne l'est pas plus "riche". Tout se démocratise. A ce niveau, tout bascule et tous se bousculent derrière cette barrière entre luxe et non-luxe.
Le rêve est toujours bien plus fort que la mémoire d'un sinistre. Rien n'est apparemment perdu pour le luxe.
Conceptions opposées en fonction de l'endroit où il sévit. Amusant qu'il soit considéré comme un signe extérieure de richesse taxable de ce côté de l'Atlantique, alors qu'aux États-Unis, on en fait l'étalage comme une preuve de réussite.
Tout semble aller bien dans le haut de gamme d'après les chiffres d'affaire de ceux qui en font commerce.
Mais comme le disait, avec humour, un vieux film "C'est dur pour tout le monde".
On apprenait que Hermès International avait achevé 2011 sur un chiffre d'affaires de 2,8 Milliards d'Euros, en croissance de 18,3% par rapport à 2010, à taux de changes courants comme constants. En Bourse, la marque pèse 24 milliards et est présente dans 50 pays. Parfums et foulards complètent la panoplie des sacs de luxe.
Des sacs en croco peuvent atteindre des prix de 4000 à 6000 euros de base et jusqu'à 40.000 euros pour les plus rares, même servis dans des écrins plutôt que des boîtes, cela fait cher, l'écrin avec un "H" en effigie. Du coup, c'est chez les commissaires priseurs qu'ils arrivent à récolter la somme astronomique de 54.000 euros pour un sac. Oeuvre d'art? Pour une dame, ce mot, cette lettre "H" est magique même si la ratio "prix/performance" est légèrement surfait avec les deux pieds sur terre de l'homme qui l'accompagne. En somme, c'est l'histoire qui prend de la valeur comme pour une œuvre picturale, mais qui n'attend pas la mort du peintre.
Pourtant, il y a eu une "Saga Hermes", d'après une enquête récente de "Coûte que coûte" d'Anne Sophi d'RTL-TVI. Il y a 180 ans naissait une société de fabrication de selles pour chevaux. Elle s'est transformée dans ce que l'on sait mais est restée une entreprise familiale avec des héritiers qui détenaient majoritairement les actions. Les héritiers se serraient les coudes quand leur entreprise était en danger. Depuis un an, ce serait le cas. Si aujourd'hui, le marché d'Hermès s'est largement diversifié, il en va de même pour les héritiers qui se sont multipliés. En période de crise, ces héritiers plus nombreux ont commencé à penser réaliser leurs bénéfices. La mise en Bourse de la société l'a fragilisée, l'a déverrouillée au point que les héritiers, après avoir vendu leurs parts, risquaient de perdre leur pouvoir.
L'empire, le Groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnaud, se présente en premier sur les rangs après avoir racheté 17% des parts. Les actions bradées, en 2008, ont permis de réaliser des coups de poker, des coups de maître... Pas vraiment une OPA, mais une attaque ressentie comme "hostile" par les héritiers de Hermès. Attaque, dites "pacifique", qui ne voulait pas effacer la direction existante. Un subterfuge pour verrouiller Hermes est trouvé pour conserver le patrimoine dans la famille par l'intermédiaire d'une autre société aux règles encore plus strictes pour vingt ans. 
Se sentir faire partie d'un autre monde ne se fait jamais dans la distance du temps.
Le livre "Les dynasties du luxe" raconte ces épopées. L'histoire de ces créateurs, de la naissance des marques à leurs années de gloire, en passant par leurs drames et leur accès au marché mondial des affaires, semés d'embûches et de guerres sans merci où triomphèrent le paraître et les signes extérieurs de succès et de richesses.
Pas plus de cadeaux dans le monde du luxe que dans un autre monde. C'est manger ou être mangé. Alors autant ajouter un peu plus de poivre dans le plat. Partie remise. Impair et passe.
A toutes les échelles, convaincre que le prix n'a pas d'importance, est une stratégie de base: quand on aime, on ne compte plus.
Bien sûr, les extras du particulier se rappellent au citoyen lambda, que certains jours on se met sur "son 21" et qu'on doit tout oublier pour exister dans la société.
C'est vrai qu'on ne conjugue par le mot "luxe" de la même façon au féminin qu'au masculin.
Il s'est réfugié parfois derrière les vitrines des antiquaires. Il a de nouveaux commanditaires qui s'ajoutent dans l'ombre.
Le luxe doit, désormais, se mondialiser, se doit d'avoir des projets d'expansion, garder des centres d'intérêts bien distincts mais aussi garder le respect des identités spécifiques aux pays dans lesquels les produits sont vendus. Le luxe ne se limite plus à un pays et il se base sur une renommée mondiale. Des paramètres dont il faut tenir compte pour ne pas disparaitre avant l'heure.
On n'échange pas une culture par une autre dans le monde du luxe.
La voiture "Nano", fabriquée en Inde et classée en low-cost, est écrasée par JLR (Jaguar Land Rover). Les voitures de luxe profitent plus que le low-cost.
La filiale JLR de la firme indienne a fait bondir les bénéfices du groupe indien Tata Motor de 40,5% et le CA de 45%, tandis que la Nano a fait baisser la croissance de ses bénéfices de 58%. La Nano ne séduit plus et la planification des ventes ont été revué de 100.000 à 70.000.
Ferrari a fait un pont d'or en 2011.
Le luxe est associé à la rareté, à l'artisanat, aux petites séries, comme le disait cet article du 27 janvier dernier.
Sonia Rykiel dont parlait l'article, est prête à céder 80% de son capital à "Fung Brands Limited", une entreprise, une fondation chinoise comme le chausseur de luxe drômois, Robert Clergerie, l'avait fait en passant sous le même parapluie financier.
L'histoire de la Maison Delvaux avait commencé en 1829. En septembre 2011, Fung Brands était devenu son partenaire.
Ce maroquinier de luxe belge était cédé par la famille Schwennicke, propriétaire depuis 1933. Christian Salez restait pourtant aux commandes opérationnelles comme CEO.
Les capitaux à investir dans R&D sont énormes dans le domaine du luxe. La famille Fung est fondatrice du groupe Li & Fung dans la distribution et est localisée à Hong Kong.
Pourquoi pas de Chinois à la tête puisque ce sont des capitaux chinois?
Le professeur Mixin Pei donne des quelques raisons: "Le rôle de la Chine dans l'économie mondiale se limite à des fonctions de traitement et d'assemblage à court et moyen terme. Un manque de talent ou à la sortie des universités, le peu de connaissances en anthropologie, en sociologie, en relations internationales, en littérature comparative et en histoire".
Tant qu'investisseurs et créateurs ne se marchent pas sur les pieds, pourquoi pas?
Christian Lacroix, après avoir créé des merveilles dans la haute couture, a vendu son entreprise à "Falic Fashion Group".
En 2008, c'est la maison de haute couture britannique Hardy Annies, fournisseur de la cour qui faisait faillite et qui a été racheté.
Le chocolatier Marcolini a fait une tentative de rapprochement avec une entreprise chinoise, mais cela a capoté et il est redevenu belge, jusqu'à la prochaine fois.
Rester toutes griffes dehors, c'est, aussi, résister à la copie. La griffe doit rester infalsifiable ou protégée par des brevets pays par pays et pour un temps fixé, sous peine de mourir et tomber dans le domaine publique.
Pour en revenir à Sonia Rykiel, son but est de garder un nom, une marque et un levier pour doubler le chiffre d'affaire qui s'élevait en 2011 à 90 millions d'euros, trop court pour répondre aux potentiels disponibles. Des investissements entre 10 et 30 millions d'euros à la base sont prévus.
Le but avoué général est de développer de nouveaux marchés, là, où il y a des chances de trouver de nouveaux acheteurs quand la crise a réduit leur nombre localement. Se limiter au seul marché local devient une erreur stratégique. Cela ne veut pas dire qu'il faille se faire envahir et remplacer les gestionnaires locaux. Ces derniers connaissent les habitudes, la culture de départ.
Partenaires industriels à long terme plutôt que des investisseurs en "private equity". Des investisseurs avec des projets industriels qui feront vivre ou revivre les rêves.
Une autre preuve que le luxe n'est pas au rancard et surtout pas avec deux nouveaux milliards de consommateurs potentiels qui viennent s'ajouter aux précédents. L'industrie du luxe ne connaît pas vraiment la crise avec ses 1.200 milliards d'euros, mais ce sont les pays émergents qui montent parmi les consommateurs.
La Chine ne s'intéresse plus uniquement au bas de gamme mais s'infiltre dans les marchés du luxe par ses investissements.
Le numéro "un" italien des yachts, Ferretti est passé sous pavillon chinois, SHIG (Shandong Heavy Industry Group) Weichaï avec un bon prix et un chèque de 374 millions d'euros.
Le monde est devenu un village et pas uniquement à partir de l'occident. Le tourisme de luxe s'est mondialisé, matérialisé par des chaînes d'hôtel.
Les restaurants étoilés, haut de gamme, comme "Comme chez soi" obligent de réserver une table des mois à l'avance.
La chaîne "Hard Rock Café" dirigée par des fonds séminoles vont s'installer sur la Grande Place de Bruxelles et entrer en compétition avec le Cygne.
"Très chère originalité" par le design, l'imagination, le style sont des sources d'inspiration qui ne font pas nécessairement dans le luxe immédiatement, mais qui s'alignent dans l'éventualité. Tout est question de temps, de confiance à la découverte de génies.
Actuellement, si l'Occident détient plus de la moitié des parts du marché du luxe, ce sont les pays émergents qui, à près de 75% des achats, contribuent le plus à la croissance du secteur (la Chine avec 56% de la croissance totale).
A côté des géants LVMH, Richemont, PPR et Swatch, Prada, Burberry, Rolex avec la famille Wilsdorf, Chanel se disputent le marché.
Était-ce tellement étrange de parler du luxe au lendemain du Mardi gras, de Carnavals? On fait bombance dans cette période courte et on oublie tout, même le prix des choses.
La Belgique est une terre de carnavals, qui ne passeraient pas subitement, au pluriel, à "carne-à-veaux". Pour se payer cette fête, pour échanger entre riches et pauvres derrière des masques, on épargne toute l'année comme partout même si on a le luxe qu'on peut et pas toujours qu'on veut.
La moralité de l'histoire pour les vendeurs et les acheteurs du luxe pourrait être de:
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Convertir le tallent du secteur du luxe avec ses entreprises en succès par l'originalité.
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Mondialiser.
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Fuir la Bourse
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Garder les coups de cœur et rejeter les coups de sang.
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Ne pas casser les rêves, les flashes de l'envie...
Cela ne va pas plaire à tout le monde. L’Humour est aussi un luxe. Pas pour tout le monde, mais, s'ils veulent qu’on visite les luxes un à un comme on visite une belle boîte sans rien dedans de mémorable, c'est perdu d'avance.
Si, maintenant, des photos "luxueuses" et pas chères vous intéressent, il suffira de cliquer....
L'enfoiré,
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« Le luxe de demain sera la lenteur dans le silence. », Anonyme
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« Le rêve, c'est le luxe de la pensée. », Jules Renard
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« Mon plus grand luxe est de n’avoir à me justifier auprès de personne. », Karl Lagerfeld
Mise à jour 27/9/2012: Lacoste et le crocodile Entre le père Michel Lacoste et Sophie Lacoste-Dournel revendiquent les rênes de l'entreprise. La famille en détient 65%. Maus avec la filiale Devailoy est l'arbitre. Jusqu'à nouvel ordre, c'est la fille qui gagne la place. En 2013, ce sera les 80 ans de crocodiles.
08:10 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
03/11/2011
Arboretum automnal, tout en douceur
Ce billet est dédié à Pierre, mon ami québécois. Il m'a fait rêver avec ses belles photos de sa Belle Province sous les couleurs d'automne. Je lui apportais récemment un peu des nôtres avec le Rouge-Cloître, qu'il a eu la gentillesse d'intégrer parmi ses propres billets. Samedi, 29 octobre, chasse aux images. Réédition, le 1er novembre. Il fallait faire fort pour rivaliser avec les photos de Pierre. Voici, un autre coin de la forêt de Soignes: l'Arboretum.
A son sujet, il avait été dit, sur un très beau site, que je conseillais de consulter:
Un des joyaux de la couronne verte. Ce lieu n’est pas inconnu du grand public, mais il existe peu d’information ou de documentation disponible à son sujet. L'auteur tente modestement de combler ce vide. Le site web n’a rien d’officiel et ne dépend d’aucune institution publique particulière. Indépendance qui permet d’en faire un site multilingue, à l’image du caractère national de l’Arboretum, aux portes de la capitale de l'Europe.
L’aménagement de l’Arboretum géographique de Tervuren a commencé en 1902, sous l’égide de Charles BOMMER, conservateur au Jardin Botanique National de Meise, et professeur à l’Université Libre de Bruxelles.
L’Arboretum se situe dans le Bois des Capucins, une ancienne chênaie (dont certains arbres sont toujours là), prolongement nord-est de la Forêt de Soignes (quant à elle, essentiellement peuplée de hêtres).
L’Arboretum couvre une superficie d’environ 100 hectares, et compte 460 espèces d’arbres différentes les plus typiques de la zone climatique tempérée de l’hémisphère Nord (305 feuillus et 155 conifères). L’altitude varie entre 80 et 115m au-dessus du niveau de la mer. La température moyenne est de 9,7°C, et la pluviosité moyenne est de 780mm par an.
Un site d'un amoureux de la nature, comme je les aime n'est plus disponible (The site has been suspended). Alors, faute de grives, il faudra manger des merles...
Ce samedi matin, 18°C au thermomètre et un ciel plombé sous une couverture nuageuse dans le Zoniënwoud de Tervuren. Si le soleil donne l'éclat, il n'adoucit pas les couleurs. Une chance pour les photos, me dis-je.
L'Arboretum est un excellent endroit pour un jogging en forêt, aussi. En ce qui me concerne, un jogging avec arrêts fréquents et pas au pas de course avec le seul regard essoufflé, dirigé vers la seule ligne d'arrivée.
Chaque coin de l'Arboretum cache ses spécialités d'arbres. Ce n'est pas vraiment un jardin botanique, malgré ce qu'en dit Wikipedia. Situé entre Tervuren et le village flamand de Jesus-Eik, dont le nom flamand est traduit, par Notre-Dame-Au-Bois. Beaucoup de villas à l'orée du bois.
Nous sommes en région flamande, et pourtant, on entend toutes les langues sur les chemins.
Le spectacle de la nature est là. Dans les chemins, des promeneurs avec leur chien, des joggeurs qui poussent leurs forces dans leurs derniers retranchements jusqu'à l'extase.
Lors d'une autre escapade, j'avais été tenté par le lyrisme de circonstance pour un autre automne. Je l'avais pris en zwanze, une autre fois. Pour finir même par l'espérer.
Cette fois, je me devais de me confronter à l’automne québecois, sans chercher la compétition, presque perdu d'avance d'après ce qu'on en dit. Peu importe, l'esprit d'aventure me guidait.
Derrière moi, sur un chemin, le bruit de pas qui brassent les feuilles sur le sol et des voix. Un chien qui s’époumone. Je prenais des notes. It's in english.
- You are already on my notes, leur dis-je, les attendant.
Sourires partagés. Un brin de causette s'engage. Tous sont manifestement contents de se retrouver là.
- It's a paradise. Every trees of the world are there, ajoutais-je avant qu'ils ne s'éloignent.
Sortons des chemins battus. Cette fois, seul. Pas de jeux d'ombres grâce à l'absence du soleil. Un silence qui permet d'entendre sa respiration. Des feuilles rejoignent leurs copines sur le sol, dans leur dernier voyage.
Non, je mens. Plus loin, un groupe, entraîné par un garde champêtre qui explique à des citadins, avec de multiples détails, ce qu'il faut y voir. Eux, ils photographient les buissons, les arbres, probablement, de peur de les oublier plus tard.
Je ne suis pas un fana des contre-plongés photographiques, mais, je m'en donne à cœur joie.
C'était aussi la journée du trentième anniversaire de la disparition de Georges Brassens.
Il fallait, donc, que je trouve quelque chose de Brassens. Presque instinctivement, j'ai chanté "Auprès de mon arbre".
En rentrant, il me fallait mieux. Je chercherai et trouverai une autre, bien moins connue et plus de circonstance:
Le Coeur à L'automne
Quand la musique entra chez moi - que nul ne s'étonne -
J'avais, ça. m'arrive parfois, le coeur à l'automne.
Mi-joie et moitié plainte.
Je lui ai dit: "Le temps est fou,
Le vent du dehors vous chiffonne.
Étendez-vous donc sur mon magnétophone
Et reposez-vous.
Je n'avais ouï de longtemps musique pareille.
Je n'en croyais en l'écoutant mes grandes oreilles.
Elle me dit: "J'ai quitté mon maître,
Un saut par la fenêtre.
Il me gardait depuis cinq ans
En me promettant des paroles.
J'étais nue et nue ça n'est pas toujours drôle.
J'ai foutu le camp."
Moi qui suis un peu parolier, jugez de l'aubaine.
"Je peux, dis-je, vous habiller. Oubliez vos peines.
Je sais les mors faits pour vous plaire
Et j'ai deux dictionnaires."
Elle répondit: "Va pour l'essai.
Vous me paraissez brave type.
Lui aussi l'était, mais il fumait la pipe,
Ça me faisait tousser,"
Et la mélodie envolée d'une autre guitare,
Avec mes mots s'est installée dans mon répertoire.
Et bien que je sois sans moustaches,
A moi elle s'attache.
Et les soirs où je me sens vieux,
Alors ça va mieux.
Journées de veille de Toussaint. Pour ces jours du souvenir, je n'allais pas vous replonger dans les habituels "Points morts" des années précédentes. Il faut, parfois, faire la place à autre chose de plus vivant, de sortir des crises en thème et de tous les stress tests.
Danika, une petite philippine, était choisie symboliquement comme la 7 milliardième habitante de notre planète, ce weekend.
Il faut apprendre à s'effacer plus facilement de la mémoire des vivants, de manière moins dispendieuse, comme dirait mon ami québécois.
Les vivants prennent, de plus en plus, la clé des champs lors des congés de la Toussaint. Pas moins de 100.000 candidats au soleil d’Égypte, de Tunisie, des Canaries pour ce week-end de pré-Toussaint. Un record d'affluence dans les aéroports belges. Une envie de voir ce qu'il en est advenu après les révolutions? Je n'oserais pas le crier trop fort. Plus par peur d'un lendemain qui déchante et comme dernier baroud d'honneur avant le déluge de l'hiver.
Il faut ajouter que plusieurs météorologues néerlandais, britanniques et allemands s’accordent à dire que l’hiver que nous allons connaître allait être particulièrement rude. Un hiver de la mort, était-il dit sans honte des mots. Cela a fait sourire notre Monsieur Météo local qui lui, ne travaille pas avec une boule de cristal.
Des saisons plus marquées, moins tempérées comme de l'autre côté de l'Atlantique? Un Gulfstream qui nous aurait oublié?
Non, un weekend doux, sec avec une heure de sommeil en plus. La semaine suivante, rien de changé, toujours de la douceur.
Samedi soir, la télé montrait, au contraire, qu'une tempête inattendue de neige avait fait des morts et 2 millions de personnes sans électricité aux États-Unis. J'ai tremblé pour Pierre, lui qui n'aime pas trop les froidures de l'hiver.
Cela me rappelle un mois de mai, dans les grands espaces de l'Ouest américain. Un transit entre Phénix, avec une températude de 40°C et une escapade dans la neige au Séquoia Park qui suivait.
Contraste saisissant, aussi, entre mon petit pays avec une population concentrée sur peu d'espaces et la rencontre obligatoire avec une ville ou un village à seulement quelques kilomètres de distance l'un de l'autre.
Le 31 octobre, on fête Halloween au Québec.
Hallo Wim, dirait-on plutôt, par ici, avec un accent flamand plus guttural.
Je le croyais du moins. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer cette sorcière d'Halloween, perdue dans cette nature de l'Arboretum. Elle voulait rester incognito, mais à force de persévérance, elle a accepté de sourire pour se faire photographier. Je vous réserve la photo dans le lien en fin de billet.
A chacun sa manière de voir et d'exorciser ses peurs. Petits ou grands.
Le matin du 1er novembre, coïncidence, ma radio, LaPremiere, parlait du Québec avec emphase dans son "Journal de l'évasion". On y décrivait le Mont Tremblant, le Massif de Charlevoix... avec de nombreuses précisions. Là, je croyais avoir entendu le nom de notre ville belge "Charleroi" avant de comprendre qu'il s'agissait d'une station de ski, avec une vue imprenable sur le Saint Laurent. A donner envie.
Reparti pour une nouvelle chasse aux images au même endroit. Le soleil était revenu, avec un peu de brume. Qui sait, peut-être, y trouverais-je une cabane à glace et du sirop d'érable dont on parlait, au matin. Si, je n'en trouve pas, il me faudra les goûter, un jour, à Montréal. Ne brûlons pas les étapes.
Pierre aime les chansons ce jeudi. Moi, aussi.
Florent Pagny terminait sa nouvelle chanson avec une certaine ambition:
Moi je veux tout et son contraire
Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton coeur
Je veux être ici et là bas
Dans tes penser et dans tes bras
Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton coeur
Je veux être ici et là bas
Traverser le fleuve avec toi
Toi, tu es tout et mon contraire
Mon paradis et mon enfer
Mon oxygène, mon courant d'air
La petite princesse et son grand frère
et son grand frère
Mon âme soeur, mon adversaire
Dans ma folie, ma passagère
Mon amour mon un seul exemplaire.
Rien n'est ordinaire en un seul exemplaire pour celui qui reste conscient des beautés de la nature et cela n'importe où.
De toutes manières, ce sera à consommer sans modération et Pierre n'en dira rien.
Je le connais, il aime partager... :-)
J'ignore si je suis arrivé à donner l'illusion d'un été indien avec mes photos de ces jours-là entre "Sol y Sombra".
L'enfoiré,
Citations:
- "A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.",Flor Des Dunes
- "Le bonheur, c'est quand le temps s'arrête.",Gilbert Cesbron
- "Rêver, c'est le bonheur ; attendre, c'est la vie.",Victor Hugo
08:20 Publié dans Actualité, Belgique, Nature et Ecologie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19/07/2011
Et il fait toujours tourner et courir le monde
L'argent, nerf de la guerre, a toujours été de toutes les préoccupations, mais avec un certains brouillard dans les manières de le conserver. L'idée du bonheur était dans les prés, très probablement. L'un n'empêche pourtant pas l'autre quand on constate que cela intéresse fortement des spécialistes de ce qu'on en fait de ce nerf de la guerre.Cet article avait été écrit pour parler de l'argent, en général. Il a pris une autre connotation. Il est devenu un billet en droit de réponse à une polémique.
L'anglaise, Gillian Tett, a une formation d'anthropologue. En 2005, elle se tournait vers les affaires de Wall Street.
Curieux, se dirait-on. L'anthropologie mènerait-elle à l'argent?
Cela semble vu qu'elle n'est pas unique à être passée d'une science humaine à une science qui approcherait plus les chiffres et le monde numérique.
Si vous me suivez couramment, vous avez pu constater que cette évolution existait, au moins, dans un autre cas: celui de Paul Jorion. J'en parlerai en fin de ce billet pour faire suite à ce qui créait une polémique.
Gillian Tett était passée, d'abord, par la case "journalisme" en devenant la directrice en chef de "Financial Time". Elle a tout comme Jorion, sentit le risque de la faillite du système financier avant la crise de 2007.
"Les banquiers sont déconnectés et trop arrogants", disait-elle. Tous deux se sont félicités d'avoir alerté l'opinion et s'en sont retrouvés au devant de la scène.
La complexité des produits des marchés, toujours en croissance, CD, CDS, le manque de transparence, avait mis la puce à l'oreille de Gillian Tett que cela ne pouvait durer. Il était devenu trop facile de rouler les innocents qui ne sont pas intégrés dans le processus que par les intermédiaires, en juges et parties, infiltrés dans le processus de décision. Elle écrivait "Fool's Gold". Les tours de passe-passe financiers de la J.P.Morgan n'y étaient pas étrangers.
"Comprendre le monde, c'est comprendre l'argent", avait Gillian comme slogan.
Je ne peux qu'applaudir cette déclaration. L'étude des bases économiques devrait faire partie de toutes les branches d'études comme si elle était une langue, un langage particulier auquel il faut se résoudre pour vivre en harmonie dans notre monde cruel. Le culturel sans voir la circulation de l'argent, c'est penser prendre des vessies pour des lanternes. L'argent est un sujet "chiant" mais un sujet avec un certain "intérêt". Alors, la plupart des gens s'en remettent aux bons soins de leurs conseilleurs sans en comprendre les fins mots.
Rien ne sert de gagner sa vie, parfois très durement, si c'est la perdre, sans comprendre l'utilisation de ses revenus par la suite. L'argent a un but unique d'être un outil qui donne un potentiel pour aujourd'hui et demain. Il n'est pas une fin en soi. Veiller à contrer son effritement par l'inflation n'est pas une question, c'est une saine décision.
Le citoyen lambda a des tendances à rêver. Les chiffres lui donnent mal à la tête quand il y a trop de zéros dans les montants. Savoir lire un bilan d'une société n'est que le premier pas. Alors, qu'il ait des gogos aux passages n'est pas une surprise.
Sans l'argent, ce serait revenir au troc pour se procurer ce dont on avait besoin pour vivre, manger, s'habiller et se loger. Dans le troc, l’État, le social, la solidarité n'auraient pas leur part du gâteau sous forme de taxe. Un bien ou un mal? Question qui trouve réponse dans la lutte entre libertarianisme et socialisme. Des mots en "-isme" ont toujours un lourd passé.
Qui est le dindon de la 'farce' dans ce jeu de donnant-donnant?
Il a fallu inventer une monnaie d'échange qui permette des échanges pour rendre le commerce plus facile et surtout de percevoir la dîme du chef. Les chefs se sont succédés avec des noms divers : empereur, seigneur, roi et finalement État et gouvernement représentatif.
Tout allait pouvoir s'acheter avec les billets, la monnaie ou l'argent électronique. L'homme moderne allait connaître une fuite en avant pour gagner toujours plus d'argent aux attraits infinis. La virtualité de l'argent et les dettes ont radicalement effacé le travail de production qui s'y cachait. Pour l'avoir, cet homme allait devoir pour la plupart du temps, travailler plus et travailler, de plus en plus, jusqu'à accepter toutes les compromissions, tous les sacrifices et à vendre son bien être. Travailler mieux, plus efficace, c'est encore toujours des plans sur la comète. 
Le travail, devenu de plus en plus prenant, monopolise temps et entourage. Point.
Allégorie pour allégorie dans un couple?
Les conjoints d'un ménage courent le plus souvent dans la même direction pour engranger le matelas nécessaire pour satisfaire les moindres envies. D'abord aux États-Unis, suite à la concurrence de compétitivité que nous connaissions, les entreprises se sont mis à exiger, par contrat, plus de flexibilité dans le temps des prestations et dans la mobilité, l'éloignement vis-à-vis du domicile des employés. Si l'employé veut faire carrière ou simplement garder sa place, c'est l'acceptation de ces contraintes, de ces exceptions qui sont devenues souvent généralités. Être appelé à partir pendant une semaine à des centaines de kilomètres devient monnaie courante. Être "carriériste" ou être "famille", un choix très difficile dans un concerto imposé à main levée.
Les États-Unis ont du mal à se faire à l'idée de ce que représentent les pays européens, eux qui ont souvent choisi l'esprit conservateur républicain.
La dimension d'un pays comme la Belgique, pourtant appelé cœur de l'Europe, n'est qu'un conté, une bourgade à l'échelle américaine, quand on a l'habitude d'aller d’État en État sans quitter le sol de la patrie! De part et d'autre du couple, loin des yeux loin du cœur, les époux cherchent à meubler le temps.
L'engrenage vicieux a commencé. Est-on à l'aube d'un bouleversement ou d'une évolution prise dans la douleur? Le mot "révolution" est trop sanguinaire, mais l'évolution des mentalités est inévitable.
Les essais libres d'infidélité comblent les temps libres. Je ne dis pas qu'il faille prendre des allures de "pigeons" (l'expression "être le pigeon" proviendrait-elle de cet état de dépendance) qui n'ont qu'un partenaire dans une vie. Mais, la découverte de ces "déraillements" est suivie non seulement par la dislocation des membres du couple et du divorce avec tous les autres acteurs de la maisonnée. Je crois que ce ne serait pas une mauvaise idée pour les entreprises modernes de faire des réserves pour leurs employés pour de futurs émoluments d'avocats. Les divorces augmentent et dépassent les unions en nombre.
Les stress tests imposés aux banques témoignent de ce besoin pour un contrat de mariage. Mais, ils n'apportent pas la preuve de leur solidité, de leur transparence et ne rassurent pas.
Les enfants, au milieu du jeu de quilles, se retrouvent déséquilibrés. Sans guide, ils se retrouvent bien souvent à la rue, mêlés à ce que l'on a l'habitude d'y rencontrer: bandes et paumés. A la dérive, leurs études s'en ressentent. Le divorce les projette dans le ballottage et commence à ne plus reconnaître les vraies valeurs. Pour sauver les apparences (les meubles, diront les habitués de l'image), chacun des partis va s'efforcer de combler le vide par des cadeaux de toutes sortes pour faire semblant que la visite du jour est la plus importante. Drogues, mauvaises fréquentations sont souvent le tribut de ce manque de cohésion des parents. Sans plus de repère, la boucle est bouclée, car, après cette constatation faussée de la vie de couple, ils seront prêts à entamer le même rythme dans leur vie propre d'un futur mal agencé.
L'argent a gagné la bataille, il fait toujours tourner le monde même si c'est un monde qui n'est plus très responsable. Je suis malheureux de vous l'apprendre. Je ne suis aucunement prude ou bigot, à vous raconter la belle histoire de Cendrillon, chez Disney, et lancer l'anathème sur des pratiques libertaires modernes. Ce modèle de vie apporte des aspects négatifs, sans moralités intrinsèques, une fois entrés dans la normalité.
Faut-il tout lâcher, oublier toute morale et toute "hygiène" de vie au bénéfice de ce 'dieu dollar'? Le jeu en vaut-il la chandelle? Les mœurs évoluent, c'est un fait. Elles le doivent surtout quand l'incendie est passée toute proche et que le feu n'est pas totalement éteint. Rester lucide des tenants et aboutissants est une contrainte de l'humanité adulte. La chanson d'aujourd'hui, à plus de 90% des cas, rappelle ce besoin d'amour, ces déchirements perpétuels à répétition. On l'entend d'une oreille distraite, mais est-on prêt à l'écouter?
De notre temps, s'assurer du maximum d'argent dans le minimum de temps est devenu un jeu. Les tombolas font rêver. On est prêt à risquer, à sacrifier le plus gros, son "ego", pour les gains faciles. Le dernier gain de 130 millions d'euros à l'Euromillion a montré que se présenter avec le chèque sur la photo, a encore de beaux jours dans l'esprit des gens. Qu'en feront-ils de cet argent? Si on se rappelle de certaines familles comme la famille Empain, rien n'est assuré. Une génération pour construire la fortune, une autre pour tenter de la faire fructifier et la suivante, pour la dilapider. Qui aura gagné aux fonds des filets? Le capitalisme, bien sûr.
La proie pour l'ombre aussi. La publicité comme initiatrice pour combler tous nos désirs les plus cachés, les plus inexistants dès le départ. Habemus Papam: le marketing.
Dans le "sport", tous les coups sont permis pour prendre place sur le podium du gagnant avec la "petite" récompense financière. A ce point de vue, il est même passé à la vitesse supérieure. Le brassage de ce dieu "money" est devenu énorme. Les magouilles, de toutes sortes, par le dopage, les "velléités" du vrai sport mises en sourdine pour emmagasiner les retours sonnants et trébuchants. Tous les pays sont touchés tour à tour. Course folle vers l'inaccessible étoile.
Pour les entreprises, abattre son concurrent en le féodalisant, en l'englobant par la fusion et le rachat, c'est augmenter son propre pouvoir. Le fric est toujours prêt à tout écraser sur son passage.
L'argent est devenu plus difficile à acquérir qu’auparavant. Sous forme réelle ou virtuelle. C'est un fait. Pas grave, on lui ajoute une couche de protection, c'est gratuit.... temporairement. Alors se l'approprier par tous les moyens est un choix de société qui se prend dans la douleur. Car peu d'élus à l'arrivée. Les mailles du filet sont serrées. Vive le veau d'or.
Un recul est nécessaire sans philosophie mais avec une simple clairvoyance. Il ne faudra pas crier haro sur la mondialisation si l'on n'est pas prêt à faire l'exercice de lecture en soi.
Michel de Kemmeter parlait de l'argent comme d'un miroir de nos peurs. Les problèmes sont liés à la rapidité, la complexité et le risque de l'utiliser. Il ne croyait pas à la décroissance mais à une croissance de la valeur ajoutée. J'en étais fort aise et j'applaudissais.
Zong Quinghou est le plus riche de Chine avec une fortune estimée à 12 milliards de dollars. Patron de Wahaha ("Enfant content" en mandarin). Ni alcool, ni golf, ni bling bling. Il vit avec 20$ par jour. Il travaille jusqu'à 23h à son quartier général de Hangzhou. Son seul luxe est d'avoir un lit au bureau. Sa technique maintenir ses coûts au plus bas pour ses boissons.
Des appels du pieds de Bill Gates et Warren Buffet sont restés sans réponses.
"Quand on donne aux bonnes œuvres, on ne sait pas où l'agent atterrit. Le dilapider, c'est du gâchis. Aider les pauvres à devenir riches. Leur apprendre à pêcher plutôt que leur donner du poisson", voilà son crédo.
L'argent pour le commun des mortels reste son seul pouvoir. Les différences d'approche de ce qu'il est l'argent et du comment le préserver ou l'utiliser, reste donc nécessaire.
La polémique avec Paul Jorion:
Paul Jorion a eu la même filière que Gillian Tett, dans une phase antérieure.
Le premier avril, je le "bousculais" une première fois. Il remettait le couvert, il y a deux semaines avec l'aide de son fidèle lieutenant, Julien Alexandre, mon dernier commentaire n'était jamais arrivé à destination. Il se retrouve désormais sur Postjorion.
Dois-je le répéter encore une fois? "Sur mon blog, on vient ou on ne vient pas. Je m’en fous complètement". On ne peut être plus clair, non?
Mon blog est écrit par moi et pour moi, comme des "snapshots", des références à une époque. Il est construit sans lieutenant, comme le serait un journal personnel. Je donne accès sous forme de blog, comme beaucoup le font dans la modernité, sans y insérer une mention "Paypal". Comme je me fais fort de répondre à tous ceux qui me prêtent une attention particulière en apportant un commentaire et qu'ainsi, je m'efforce de répondre à tous, je n'en veux pas des masses que je ne pourrais assumer. Alors, parler de pub pour mon blog quand je donne un lien.... faut pas charrier! Sortir un texte de son contexte, c'est aussi traduire et parfois trahir.
Je commente, au besoin, d'autres blogs ou forums. C'est peut-être par solidarité ou pour exprimer une idée personnelle qui peut être parfois en opposition. Si je n'ai qu'à ajouter un seul "Bravo", je me tais.
Paul, vous n'êtes pas le seul à réfléchir aux problèmes de notre temps. Et ceci justifie cela.
Vous avez été invité lors d'un "Ce soir ou jamais" chez Frédéric Taddei. Dans notre "Vif-L'Express" de la semaine, celui-ci répète, à qui veut l’entendre, qu'il ne coupe jamais la parole à qui que ce soit, que tout est permis, sauf ce qui est interdit. Vous y aviez raison d'élever la voix et de reprocher aux banques ce qu'elles avaient fait subir à ses épargnants. Partiellement raison de plébisciter Cantona qui voulait retirer ses fonds des banques. L'a-t-il vraiment fait? Farce ou attrape en coup de pub?
Alors, je me tourne vers vous, Paul.
Avez-vous été vindicatif, en direct, sur le terrain, quand vous étiez employé d'une grande banque américaine ou étiez-vous aux abonnés absents en attendant un moment plus opportun après avoir été "déclassé" par la crise?
Les victimes du "système", elles, sont restés sur le tapis, groggys.
Nous avons à peu près le même âge. Je comprends votre message mais il ne correspond pas à la vague de fond. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs et l'enfer est souvent pavé de très bonnes intentions.
La semaine dernière, à la suite de votre "C'est vendredi du 15 juillet 2011, rebelote, le chemin de la croisade et ... de la non-observance de tous les avis contraire à l'esprit de votre blog. J'étais étonné de voir passer ma boutade "si vous avez de l'argent en trop, faites en dons à ce blog" sans réaction. Puis j'ai continué à suivre les débats.
Le pseudo nommé "Nobel", se trouvait sous le feu nourri des contestataires dès son commentaire, parce qu'il a eu l'innocence ou l'impudence de demander au départ:
«Face à la possible érosion de l’euro et à la très probable accélération de notre baisse du notre pouvoir d’achat, quels conseils, que faire du peu que nous avons ? Faut-il vendre notre maison, notre appartement et transformer les euros acquis en francs suisses par exemple? Faut-il convertir les quelques euros que nous avons en banque»
Cela montrait, pour le moins, son désarrois. Non, le blog n'est pas un lieu qui se prête aux conseils financiers. C'est évident puisqu'il préconnise l'agonie du capitalisme.
Il était répondu avec ironie: "Symbole dérisoire et pathologique! Dérisoire car nous ne sommes que de passage et nous n’emporterons rien, pathologique car confondre les verbes être et avoir c’est la conséquence d’une angoisse pathologique, une peur du lendemain qui pousse à l’accumulation et à la cupidité. Le capitalisme est en train de vaciller, c’est une opportunité formidable pour changer de paradigme; saurons-nous la saisir?".
En attendant, qu'est-ce qu'on fait? On fait semblant qu'on n'a pas compris?
Mais, Julien, le lieutenant a une idée: "Vous semblez résolus à profiter du spectacle de la crise plutôt que de l’empêcher, je vous conseille d’acheter : du pop-corn, des lunettes et un écran 3 d, un maxi coca 1l. Dans le cas contraire, il existe (encore) plusieurs moyens de prévenir la chute finale ou tout du moins d’en limiter les dégâts : faites la promotion autour de vous de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, du bancor, d’une chambre internationale de compensation… et du blog où vous avez découvert ses idées, afin de les rendre incontournables."
Nous y voilà. Voilà pourquoi mon premier commentaire n'a pas été censuré.
Ensuite le débat allait s'envenimer dès le 15ème commentaire. Si cela intéresse le lecteur, je l'invite à allez-y voir.
Mon commentaire allait tenter de remettre au bon étage, c'est à dire, de replacer à la source du problème. Une nouvelle fois censuré. Le voici, donc, sans rêve, sans émotion, sans trémolo, pragmatique :
@Nobel et @Julien,
Le blog de Paul a le privilège de réunir les avis qui sont parfois antagonistes sinon totalement antinomiques. Ils expriment, parfois, un désarroi général par deux bouts différents.
Mon premier commentaire, à sa vidéo, était volontairement tragico-comique: "Trop de sous, placez les en dons chez Paul."
Personne n'a relevé "la grossièreté" du processus.
En fait, ce raisonnement est celui que l'on rencontre chez les gourous des sectes.
Dans cette filière-là, ce n'est pas un enfoiré qu'on attrapera.
Je ne manque pourtant pas d'assister à son "C'est vendredi". Très peu, les autres jours.
Ne vous inquiétez pas, pensez à vos enfants, vos petits-enfants, une chanson bien connue.
Encore faut-il en avoir. Soyez généreux, pensez aux suivants.
Je dirais que pour penser aux suivants, il ne faut pas aussi se tirer des balles dans le pied, ni oublier son propre passé.
Il faut survivre si ce n'est pas vivre.
Ici, ce n'est pas le Temple du Soleil où on est prêt à se suicider que je sache.
Nobel, s'il exprime son désarroi, je le comprends. Le travail est parfois très dur. Il a mérité un retour sur investissements (admirez les mots que j'utilise), il ne s'agit pas de le dilapider.
L'argent est un outil, pas une raison en soi. C'est ma théorie et ma pratique.
Le capitalisme, une histoire récente qui date du 19ème siècle?
Ben non, déjà en Mésopotamie, il a existé dans des formes préliminaires.
Tout n'est qu'équilibres subtils entre inflation et récession.
Tout foutre à l'eau, alors? Le bébé et l'eau du bain?
Amusez-vous avec le bassin qui vous reste dans les mains.
Il est clair que celui qui n'a rien, n'a pas de soucis à se faire sinon de tendre la main pour qu'on la lui remplisse avec un peu de pain et l'autre qui a fait des réserves pour des jours "sans" possibilités a aussi du soucis à se refaire. L'argent ne se trouve pas sous le sabot d'unc cheval.
Suis-je de droite ou de gauche avec ces paroles?
Je n'en sais rien. J'agis en courant alternatif.
Sans une responsabilité d'une grande famille, je peux tout me permettre.
Demandez à Paul ce qu'il faisait, dans sa première vie, avec ses gains, puisqu'il faisait partie d'une grande institution financière.
Sommes-nous une grande famille dans le genre humain?
Bonne question, je vous remercie de l'avoir posée, tellement elle m'amuse."
Nobel, on ne le reverra, probablement, plus. L'enfoiré, prendra du champ. Ouf. Vous direz-vous... Le "blog de Paul Jorion" en gagnera-t-il ?
L'argent ne fait pas le bonheur, disent ceux qui n'en ont pas. Y contribue-t-il? C'est très variable. Chercher la raison de l'argent dans la philosophique, c'est ne pas la chercher au bon endroit. C'est plus une question de psychologie, du passé et du présent de son intervenant, pas de la philosophie.
Le commentaire de Lady Marwina remettait les choses à leur place en fonction de la vidéo précédente qui parlait de prendre un peu de distance à l'aide de l'humour: "Après avoir visionné la vidéo d’aujourd’hui, qui m’a fait rire à plusieurs reprises (jaune, certes, mais rire) j’en suis arrivée, pour la ixième fois, à la conclusion que ce qu’il y avait de positif dans le présent c’est que nous n’avions pas perdu le sens de l’humour.".
La suite du commentaire valait le détour.
L'humour n'est résolument pas la principale préoccupation de beaucoup de forums ou de blogs.
La part d'anthropologue qui est en vous, c'est ce qui m'intéressait dans le blog. L'économie, le comment le "système" marche, de cela, j'en avais de bonnes notions.
Bruxelles a beaucoup d'avantages, constatait Michel de Kemmeter lors de la fin de son interview. "Le belge est humble, pragmatique, créatif, industrieux et adaptable", disait-il.
Non, rien ne lui échappait à ce "Mister Money"...
Ce qu'il aurait fallu répondre c'était peut-être ceci. Chat échaudé craint l'eau froide. Sans minauder.
Paul, vous auriez pu vous en rappeler puisque vous y êtes né, un 22 juillet. Déjà, un bon anniversaire, pour vendredi, donc.
J'espère que la "peoplerisation" n'aura pas changé le professeur d'anthropologie, de sociologie, intéressé dans les sciences cognitives des débuts.
Il y a déjà 20 ans déjà, au sujet de l'argent, sortait la chanson Cash City du québecois, Luc De La Rochellière. Cette chanson restera probablement d'actualité, très longtemps.
Mais, ne vous inquiétez pas, Paul, j'adore aussi la chanson de Zaz, "Je veux", mais ça, c'était "dans mon jeune temps", comme le chantait Lynda Lemay.
L'enfoiré,
Citations :
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"Le plus grand luxe n'est pas l'argent ou le pouvoir, ce ne sont que des moyens qui permettent de s'offrir l'innocence.", Martin Page
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"Il n'y a pas que l'argent dans la vie, il y a aussi les fourrures et les bijoux", Elisabeth Taylor
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"- Mais pourquoi courent-ils si vite ?
- Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !" Raymond Devos -
"Jésus disait: si on te frappe sur la joue, tends l'autre joue. Crésus disait: si on te met mille balle dans la main, tends l'autre main", Philippe Geluck
12:00 Publié dans Asie, Economie, Justice, Monde des affaires, Organisation, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : argent, homme
16/01/2011
Tout bouge autour de moi
"Un an après le tremblement de terre et toujours du secours dans l'urgence" est le constat étonnant en Haïti. Qu'est-ce qui arrive à faire survivre les habitants de Port-au-Prince dans un tel constat de désolation? L'écrivain haïtien, Dany Laferrière, était présent lors du tremblement de terre. Son témoignage sur sa ville est troublant de sagesse.
Le 12 janvier 2010 à 16:53 a été une minute qui cachait, en elle, la vie d'une ville, disait Dany Laferrière, lors d'un interview au Vif.
Un tremblement de Terre de 7,3 sur l'échelle de Richter a presque tout détruit à la capitale, Port-au-Prince. 230.000 morts, un million et demi de sans-abris. Dans les jours qui suivirent, 211 miraculés ont pu être sauvés. Des dons ont été engrangés. On estime qu'il faudrait un minimum de 7.750 millions de dollars pour redresser la ville.
Pour un Européen, l'incompréhension est grande de constater le manque de progrès que l'on aurait pu attendre après un an. Pour un citoyen de pays dits "riches", l'argent devait pouvoir servir à tout résoudre et, cela, très rapidement. Difficile d'y voir une amélioration. On continue à vivre sous tente.
Les interviews radio prouvent ce désarrois, cette incompréhension. La reconstrution n'a pas encore commencé.
Mardi 11, le documentaire d'ARTE "Sauvez Haïti." essayait d'expliquer ce qui pourrait être les raisons de la lenteur de la reconstruction d'un pays au pied du gouffre. Au départ, des gens sont morts pour rien, de faim ou par manque de médicaments.
Un an après, tout Haïti se fige dans le souvenir.
Les photos des monuments et site de Port-au-Prince sont là pour rappeler un passé disparu.
Les Européens se rappellent les suites et de l'expérience du tsunami de 2004. Aux anniversaires de tels événements, les suites des efforts, réussites ou échecs, sont toujours analysées et écoutées avec surprise.
Un tremblement de Terre n'est pas un tsunami. Ce dernier efface tout sur son passage. Avec un tremblement de Terre, tout s'effondre sur place et reste bien visible. De 5 à 10% des ruines ont été déblayés suivant un rapport d'OXFAM. Le manque d'organisation en commun des ONG sur place pourrait l'expliquer, en partie. Les fonds versés ne sont d'ailleurs pas totalement écoulés, ni même arrivés. En Belgique, l'opération du type de Haïti 12-12 a rapporté 25 millions d'euros dont 40% ont été utilisés. Les États ont avancés des promesses de fonds "théoriques" de 5 milliards de dollars, alors qu'on parle de 60 millions réellement arrivés.Ce sera peut-être un jour expliqué sur un site qui pourrait, un jour, s'appeler "GiftLeaks".
Les ONG ont évité le pire. Elles ont secouru avec des dons en eau, en soins médicaux d'urgence. L'épidémie de choléra, quoique prévisible, a ajouté aux difficultés et aux surcoûts. On compte déjà 3600 morts des suites de cette maladie, 91.000 cas ont été traités.
Dans son livre, "Haïti kenbe la" (Haïti, debout), Rodney Saint-Eloi de MSF avouait son sentiment d'impuissance, suivi par une impression de vide dans les premiers mois. Plus tard, de retour pour le problème du choléra, il découvrait toujours les tentes, mais la population était mieux traitée, mieux organisée.
La Croix Rouge a entrepris la construction de 600 maisons antisismique, mais il faudra bien 10 ans pour arriver à un résultat honorable. Il s'agit, avant tout, de faire le cadastre pour déterminer à qui appartient quoi et où construire.
Le président Préval est accusé d'inertie. "Pas de progrès dans la reconstruction sans démocratie", dit-il pour se dédommager ou pour conforter son auditoire occidental qui voit la démocratie comme d'un produit miracle.
Être utile, rester solidaire avec les Haïtiens, mais comment?
Sont-ils dérisoires, ces dons? En pure perte? Pas du tout. Ils doivent seulement être distillés en fonction de besoins conformes à l'éfficacité maximale. Pas besoin de pitié, non plus dans ce processus.
Le reportage d'ARTE parle de la Fondation de Bill Clinton et des gens qui s'en sont occupés souvent à partir de l'étranger, d'Angleterre, dans ce cas précis.
Comme il fallait réveiller les consciences, comme les grandes catastrophes peuvent le faire, il s'agissait d'organiser un "festival des bonnes intentions", de casser la "structure de l'instantané", de négocier avant de décider. Pays où chaleur, désorganisations, habitudes de concentration humaine comme à Port-au-Prince avec ses 2,5 millions d'habitants, n'est pas la même situation que d'où l'argent est sensé provenir. Ce serait sans compter sur le choc de cultures qui diminue d'autant l'efficacité.
Un match de la commémoration s'imposait pour marquer ce premier anniversaire d'une pierre plus blanche. On pense aux symboles, en premier. Ce fut reconstruire, redresser le Marché des Halles au centre de la ville, qui n'a été que partiellement déséquilibré. Le délais était fixé à décembre. Une foule de surprises retarde ce projet pourtant très étudié. La méthode forte, on ne connaît pas sur le terrain. Contourner l'Etat quand celui-ci n'apporte pas d'aide. Il faut, dès lors, prévoir l'imprévisible dans une intelligence émotionnelle en oubliant la possibilité d'un "effet caméléon" et en espérant pas qu'il ne devienne un "effet papillon". Ce sera des livraisons d'acier qui n'arrivent pas ou ne peuvent pas être acheminées rapidement sur les lieux de leur utilisation. Pas d'outils adaptés et donc beaucoup de temps perdu avec des moyens rudimentaires, ce qui fut un manque à gagner en énergie. Même, le dirigeant du projet "Halle" s'est vu contraint de prendre du retard pour raison de santé. Plus on avance dans le temps, plus l'excitation, l'impatience des habitants augmentent avec la criminalité. Situation qui se transforme progressivement en poudrière. L'humilité du projet fut, dès lors, très nécessaire.
Alors, une question : l'argent peut-il répondre à ce genre de catastrophe?
C'est vrai, nos civilisations de l'efficacité ont l'habitude de se baser sur le symbole "argent" ou de s'exprimer par les "personnalités" déléguées comme des chefs d'états étrangers, représentants arrivés en éclaireurs. De l'argent en dons de toutes sortes peuvent aider, mais c'est sur le terrain que tout se passe, en définitive.
Les raisons de ce retard, de ce sauvetage difficile, se retrouve, peut-être, derrière les réflexions de cet écrivain haïtien, Dany Laferrère.
Exilé, il vivait à Montréal mais il était présent à Port-au-Prince lors de la destruction de la ville. De ces événements tragiques, il a commencé à prendre des notes pour se les rappeler et ne pas perdre ses minutes d'intimité en témoin, avant d'écrire son dernier livre et de donner sa version du comment Haïti parvient encore à survivre. Son livre "Tout bouge autour de moi" raconte ses ressentis avec la connaissance du terrain.
Pour lui, le peuple haïtien puise sa force dans sa culture, son goût simple de la vie. Il subit la pauvreté avec une philosophie particulière. Les récits vaudous, les danses et les chants sont les dérivatifs obligatoires pour permettre de faire ce pas de côté et oublier les événements les plus dramatiques. Le Haïtien est un "mégalo sympa"!, dit-il.
Les cyclones, Les inondations, l'embargo politique, la corruption, l'extravagance, Haïti connaît tout cela, dans son histoire. L'espérance moyenne de vie d'un Haïtien est de 62,5 ans.
Un site en créole peut en donner quelques indices. Il y est écrit "Dans la vie, il n'y a ni prix, ni punition. Il n'y a que des conséquences".
Ayiti et Repiblik Ayiti, Haïti est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ) avec capitale, Port-au-Prince.
Haïti, un pays qui ne fait pas parler de lui que rarement malgré son histoire de désastres divers. Le pays est bien différent au niveau aspect physique environnemental et financier de son voisin, la République Dominicaine. Le terrain a perdu ses arbres, ses palmiers qui attirent les touristes, une fois la frontière franchie vers Haïti.
La négritude est née en Haïti, bien avant Léopold Senghor et Aimé Césaire.
En 1804, Haïti gagnait son indépendance et celle-ci a suscité la panique en Europe esclavagiste. Peur de la boule de neige que cela pourrait engendrer. L'Europe a fait payer chèrement cette indépendance, cette volonté de liberté et d'autogestion. Saint Domingue représentait le quart du PNB français avant l'indépendance. Deux cents ans d'embargo à peine voilés ont suivi. L'écrivain s'étonne de l'empathie actuelle en provenance de l'Europe. Les Américains ont l'habitude de venir en force et puis, budgets épuisés, s'en retournent chez eux.
Haïti est un pays qui a besoin d'énergie, d'humour que le créole rend très bien. Lire, dans Haïti Chérie, que l'argent circule avec une monnaie appelée "gourde" divisé en 100 centimes "kob" et que "les billets de 100 gourdes sont souvent plastifiés, passées, ou enduit et ressemblent à des faux, alors qu'ils ne les sont pas. Ils ont Banknote Américan Company imprimés sur eux. Essayez de prendre des petits billets, évitez les gros billets de 500 par exemple, car inutile, à moins que vous puissiez les échanger à une banque ou les dépenser dans les hôtels chers.", prouve, déjà, un pragmatisme à toutes épreuves, lié à un humour très approprié.
Cette fois, encore, les larmes ne sont plus de rigueur. Les yeux sont secs, épuisés par les mois passés. Elles doivent disparaître pour faire face à l'essentiel, la volonté, l'obligation de continuer à vivre. Les Haïtiens sont des trompes la mort. Si on vit, c'est qu'on a tiré le bon numéro. C'est grave, mais ce n'est pas grave ou cela aurait pu l'être encore plus.
Toute la culture se retrouve dans la peinture naïve, les poèmes. Un crayon, un pinceau et le Haïtien fait revivre son âme même s'il est analphabète. Cela donne un originalité et une fraîcheur que l'on ne retrouve pas dans nos arts traditionnels. Le séisme, le palais présidentiel effondré, en véritable symbole va certainement se retrouver, un jour, dans sa peinture de mémoire.
Les problèmes sont des sujets d'hilarité, de vie quand celle-ci, s'intalle enfin. On y vit en communauté. La solidarité est la technique de base de cette survie au quotidien. La guerre civile inexistante dans la rue, mais emphasée par des mini-troubles, elle se vit, pacifiquement, dans les urnes. Les moments où il peut, donner son avis. La démocratie, cela compte. C'est important, les élections. On y affiche son appartenance avec fierté. C'est le peuple le plus politisé d'Amérique, donc, pas de leçons à recevoir à ce sujet, constate l'écrivain.
Je ne connais pas Haïti, seulement, le Nord de la République Dominicaine. Ce pays connaît une exploitation touristique croissante depuis quelques années avec une infrastructure hotelière très moderne, surtout à Punta Cana. Les "All-Inclusive" attirent le tourisme comme l'aimant. Si la pauvreté, parmi la population, est toujours présente, elle est moins ressentie grâce à l'agriculture et au tourisme. L'espagnol est la langue véhiculaire et non le français comme à Haïti. Entourée d'îles qui parlent en espagnol ne devrait pas améliorer les contacts.
Le phénomène de "politisation" de la population, je l'ai ressenti, en 1994, lors de l'élection du président Balaguer en République Dominicaine.
Ce personnage politique avait, alors, 88 ans. Il était presque aveugle. Pourtant la fougue électorale pour le soutenir était à son comble, en plus, par une population très jeune. Sagesse reconnue des anciens et perdue chez nous? Des camions dévalaient dans les villages, avec dans la benne arrière, des partisans des partis en présence avec des signes distinctifs représentés par un jeu des seuls doigts de la main, levés ou nom en guise de reconnaissance du parti.
Wikipedia rappelle à ce sujet: "Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial suite à l'élection présidentielle de 1986, et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées."
La politique prend autant, sinon plus, d'importance en Haïti. Dans ces moments de détresse, souvent, la population réagit suite aux seuls souvenirs et vont jusqu'à repenser au retour de la dictature des Duvalier comme solution désespérée. Le pire pour avoir un mieux quand le mieux n'arrive pas.
Le Haïtien vit, donc, aussi de symboles, mais de symboles que nos pays ont oublié: les élections, qu'elles soient démocratique ou non. Alors que pour nous, cela semble très futile surtout à l'idée des changements que cela pourrait apporter. Au premier tour, il y avait eu 39 candidats en piste. On pense au recomptage. Un deuxième tour n'a pas encore reçu de date.
Mirlande Manigat, une candidate féminine? La femme en Haïti reste le ciment de la population. C'est elle qui organise la vie au quotidien, toujours en quête de tout ce qui pourrait permettre de manger ou de boire au quotidien. Réalisme féminin mais elle n'existe pas en tant qu'entité unique, d'après l'écrivain Dany Laferrière.
Ce qu'il ne dit pas c'est que le désastre a intensifié la dépendance vis-à-vis des ONG. ONG qui sont parfois proches des églises évangéliste ou de Témoins de Jéhova. La théologie d'Aristide a été remplacée par le culte de la résignation. Si la philosophie haïtienne trouve une solution immédiate dans une solidarité vraie, obligée, le plus désolant est que "se blan o Dieu ki decid" (ce sont las blancs ou Dieu qui décident).
Des questions viennent à l'esprit. Que se passerait-il chez nous si un tel événement arrivait? Sommes-nous mieux préparés? Les désastres sont de moins en moins rares. Les inondations existent un peu partout, dernièrement en Australie, au Brésil, prouvent qu'il faudrait peut-être se préparer à comprendre comment résister aux désastres que nous réserve la Nature.
Les réalités exigent souvent plus de macération pour reconstruire que de construire.
L'enfoiré,
Des Haïtiens parmi les Agoravoxiens?
Ce 19 janvier 2011, tremblement de terre au Pakistan. Questions.
Citations:
- "La prévention des catastrophes naturelles implique, de la part des élus, une intégrité surnaturelle", Anonyme
- "L'histoire de l'humanité devient de plus en plus une course entre l'éducation et la catastrophe.", Herbert George Wells
- "Le tremblement de terre est un mouvement de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation et finit par une tombola.", Aurélien Scholl
- "Qui vise la perfection risque d'ignorer les vertus de ses acquis", Voltaire
08:15 Publié dans Actualité, Amérique, Livres, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
08/11/2010
Un Canada, pas aussi "dry" que cela
Le fameux Canada Dry, celui qui ressemble à de l'alcool sans en être vraiment, nous en rencontrons tout azimut. Le 40ème anniversaire et le 13ème Sommet de la Francophonie à Montreux, TV5Monde ouvrait, ce 24 octobre, les vannes sur son Kiosque en abordant les problèmes de tous les jours sous l'angle de la langue française.
... un millénaire, le français, un dialecte du latin était adopté en Ile de France et devenait la langue de l'élite de la société, du raffinement et de l'élégance. Le roman courtois écarte progressivement le latin. En 1539, le français passait dans la langue juridique et administrative du royaume de France. Au 17ème siècle, ce sera le tour de la diplomatie et de l'aristocratie en Europe, de parler en français. Langue qui est parlée par un quart de la population du Royaume. L'exode des protestants et les conquêtes royales vont l'étendre l'influence de la langue en Louisiane et au Canada où les colons sont les premiers à réaliser l'unité linguistique et communautaire. A la révolution française de 1789, c'est la bourgeoisie qui allait imposer le français à la nation entière, mais aussi son bon usage. L'expansion coloniale de Napoléon l'exportait, ensuite, en Afrique et en Asie. La langue devient mondiale. Son déclin commença avec sa volonté de pureté. En 1880, l'enseignement obligatoire dans les écoles associé au rejet des dialectes locaux et des patois. Le français devenait ainsi la langue officielle de tous les Français. La guerre de 14-18, la disparition des patois vont prouver que l'usage d'une langue réduite à ses classes minoritaires, même plus riches, le purisme, ne garantissent pas la pérennité d'une langue. 
Il y a 130 ans, Onésime Reclus invente le mot "francophonie". A la base, une expansion coloniale civilisatrice avec la langue comme socle d'un empire. Il y a 60 ans, c'était les États africains qui obtenaient leur indépendance qui avec quelques intellectuels croyaient ainsi se relier harmonieusement avec leurs anciennes cultures coloniales. Cela devait réaliser une sorte de Commonwealth comme le pensait Léopold Sédar Senghor avec le concept de la négritude en toile de fond. Concept refusé par De Gaulle qui y voyait plus une moyen d'échanges. Il y a 40 ans, le CCT, ancêtre de l'OIF voit le jour sous la forme de la diplomatie, de la culture et de la solidarité, avec le français comme point de ralliement ou de ciment culturel. L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) naissait en 1997 et plus tard, l'optique de l'organisation des diversités culturelles avec elle.
Le Sommet de la Francophonie.
Le 13ème Sommet de la Francophonie qui célébrait le 40ème anniversaire, revenait dans l'actualité avec la retransmission de l'émission de variétés sur France3 avec ses 40 tubes de chansons.
Le dimanche 24 octobre, Kiosque sur TV5Monde avait rassemblé autour de la table de discussions, des journalistes représentant la Suisse, le Québec, la Roumanie, le Cameroun, l'Afrique du Nord, Haïti et le Liban. Pas de Belge, pour cause de trop de problèmes et de querelles avec la question linguistique en pleine actualité. La Belgique sera néanmoins citée avec des relents de compréhensions très mitigées.
La plus belle chanson sur le français de Yves Duteil: "La langue de chez nous" aurait pu être un bon préambule à l'émission. Cela ne l'a pas été.
C'est avec le rappel de Jean-Jacques Rousseau que l'émission commençait. Rousseau né à Genève mais d'expression française. Était-ce vu la proximité avec Montreux, sur le même lac mais en face de Genève ou par respect du siècle des Lumières comme agent liant?
Au Sommet de la Francophonie, 56 pays et 50 chefs d'États présents, voulaient rappeler le partage d'une langue, d'une culture et de valeurs. La moitié des chefs d'Etat venait d'Afrique pour remettre la Francophonie à l'ordre du jour.
La langue est le vecteur culturel qui seul intéresse de manière générale. La dynamique apportée de cette "machine culturelle" sera seule déterminante pour son avenir. Ce n'est pas le nombre de personnes qui utilisent une langue qui l'impose aux autres mais ce qu'elle apporte comme informations globales. Fait nouveau, le Sommet conseille de défendre toutes les langues à l'UNESCO. Aux écoles de se réapproprier leur propre culture au travers de langues locales vers celle de l'étranger.
La Suisse avait, à elle seule, trois représentants des différentes langues en présence sur le plateau. Cela, pas uniquement, parce que Montreux avait été l'hôte de la conférence, mais pour représenter et pour expliquer le choc de cultures à la "suisse" et sa résolution à l'amiable. Ce que les autres appellent le "miracle de la Suisse" dans une confédération qui ne dit plus son nom, révélait ses forces et ses faiblesses avec son organisation politique réglée en cantons. Pas d'échelons du pouvoir linguistiques et communautaires comme en Belgique. Identités à prédominances très locales ou régionales tout au contraire. L'allemand parlé par deux citoyens suisses sur trois. Mais quel allemand? Le suisse allemand n'est qu'un dialecte, un patois qui l'écarte d'autant de ses utilisateurs de la culture d'une mère patrie qui n'est plus pour elle.
Des phrases des Suisses interpellaient. Miracle de solidarité latine. Proximité de cultures mais pas politique. Réflexe de défense de la minorité. De la confédération ou de la fédération, on en cherchait toujours où était les contours et les frontières aux mots par leurs différences. Phrase magique: "Les Suisses arrivent à vivre ensembles parce qu'ils ne se comprennent pas". Pas de tension mais des différences de perceptions de l'État et du besoin de l'Europe ou non.
La Belgique avait, jusqu'ici, réussit avec sa renommée du compromis à maintenir les tensions.
Les Roumains qui avaient organisé le 11ème Sommet avant celui de Montreux et du Québec, semblaient d'après sa représentante journaliste, très sceptique. Toujours enseigné à l'école, le français reste une langue qui doit se pratiquer pour exister. Le marché du travail reste, lui, plus penché vers l'anglais. Il y a 4 ans, dans le palais de Ceausescu, le Sommet avait été compris comme une manifestation de prestige plutôt qu'un soutien de la langue.
D'après le Libanais sur le plateau, il y avait un recul généralisé du français et de l'anglais au bénéfice de l'arabe. Arabe dont l'enseignement ne serait pas aussi bien fait qu'espéré, pour arriver à des générations qui ne parleraient aucune langue parfaitement. Ce sont les écoles privées qui forment les cadres supérieurs avec le français comme support. L'anglais n'est plus académique mais utilitaire.
Les idées entre Nord et Sud de la planète dans la compréhension de ce qu'est la Francophonie, restent fort différentes. Au Nord, c'est un instrument de diplomatie multilatéral pour rappeler les Droits de l'Homme comme message de la modernité.
Pour les Africains, cette francophonie est une relation économique, un instrument de coopération économique avec des problèmes plus platoniques, en privilégiant la France métropolitaine au détriment de la défense d'idéaux utopiques. Des voeux pieux de stratégie en commun ne seraient, donc, que des leurres. Le principal est l'alimentation de la population qui devrait sortir du champ du commerce grâce aux messages des ONG. C'est parlée et chantée, qu'une langue se reconnaît parmi les siens. Les idées transmises pas les artistes continent à avoir trop de mal à circuler avec les visas qui se délivrent au compte gouttes.
Le manque de moyens financiers ne permet pas l'élargissement de l'enseignement désiré du français. Il était rappelé que l'argent des richissimes dirigeants africains ou haïtiens n'a toujours pas été rapatrié et trouverait refuge dans les banques avec la complicité des pays.
Abdou Diouf a été réélu pour un 3ème mandat. Kinshasa accueillera dans deux ans, le prochain Sommet de la Francophonie, 14ème du nom. Une preuve de plus du changement de cap politique de la langue dans le futur.
Défendre la langue française là où elle est en danger, parfois sur son propre territoire, n'est pas encore la tasse de thé comprise de concert. L'histoire du français a montré que garder une langue dans une élite et pas dans l'idée du rapprochement des peuples, fait que la langue française recule.
Christian Rioux, parlait au nom du Québec. Pour le situer, il tient une chronique au Devoir avec pour terrain d’aventure l’Europe et la francophonie.
Au Canada, il voyait deux "solitudes" dans une sorte de confédération aux yeux du Québec et d'une fédération pour ceux des Canadiens anglophones. On y voudrait bien ressembler à la Suisse mais on ne le pourrait pas. Raison invoquée, en contexte très différent, peut-être, mais qui se base sur une Constitution à géométrie très variable. Deux langues, sans inégalités majeures mais qui se sentent vivre au coeur de la "bête anglaise". Cette idée génère des confrontations permanentes. 7% de bilingues anglais-français au Canada anglophone et 50% de bilingue de l'autre côté, n'arrange rien. Le français est devenu l'oxygène du Québec et le bilinguisme, une ouverture sur le monde pour apporter une politique du futur. Pas encore au Conseil de Sécurité comme les pays africains, le Canada pense devoir soutenir la candidature africaine pour espérer en faire partie un jour, lui-même. La Loi 101 défend la langue française au Québec de manière très politique. Il y a eu, dans l'histoire, de petites phrases assassines, comme celle prononcée un jour du haut d'un balcon "Vive le Québec, libre". On ne sait pas où cela mènera, mais on y va. Ingérence qui ne dit pas son nom qui remet quelques utopies communautaires sur la table des négociations. Maurice Couve de Murville n'avait pas manqué de qualifier cette déclaration de "connerie".
Petite polémique:
Le Québec prendrait fait et cause des Flamands de Belgique et en oublierait l'esprit de la francophonie? La politique du Québec l'entraînerait à prendre la défense de la Flandre dans un même combat aux détriments de la langue francophone qu'ils mettent au ban des accusés. Le principe de la territorialité, de la protection des minorités en arriverait à défricher son propre bouillon de culture. La politique d’unilinguisme territorial n’a pourtant résolu aucun des problèmes de cohabitation avec les anglophones, bien au contraire. Les 6,5 millions de Québécois minoritaires mis en parallèle avec les 6 millions de Flamands majoritaires ne reflète qu'un statut temporaire. Dès que les rapports de forces changent quelle resterait la raison de garder une homogénéité linguistique à l'époque de la mondialisation? Les conflits "linguistiques" ont-ils encore un lien avec la protection d'une culture? La Flandre y a gagné avec son plurilinguisme.
Pas de représentant belge francophone sur le plateau de Kiosque. Heureusement, peut-être. Cela aurait pu rendre l'émission plus houleuse, mais plus complète.
Sommes-nous dans les mêmes cas d'espèces entre Canada et Belgique. En apparence, peut-être. L'Université de Liège a pensé faire la comparaison.
Les dimensions des deux et le nombre d'habitants au km2 (100 fois plus en Belgique) prouveraient le contraire. La devise du Canada "D'un océan à l'autre" et de Belgique "L'union fait la force", paraissent aux antipodes. Officiellement, État fédéral, le Canada est divisé en 10 provinces. La Belgique a aussi une organisation fédérale, mais ses 9 provinces ne sont qu'un souvenir avec le régionalisme et les deux régimes communautaires. L'anglais et le français aurait un statut égale, avec le Nouveau-Brunswich légalement bilingue. Les 3 langues nationales belges, néerlandais, français et allemand, ont Bruxelles comme ville bilingue. La capitale anglophone Ottawa est dans la partie anglophone du pays, tandis que Bruxelles se trouve presque artificiellement en région flamande comme capitale de celle-ci alors qu'elle utilise le français à plus de 90% comme langue préférentielle. Une propagande anti-francophone sévit au Canada anglophone. A Bruxelles, le "droit du sol" flamand est mis en balance avec le "droit des habitants". La partie francophone n'a jamais été demanderesse de réformes structurelles. Ce qui n'était pas le cas de l'autre côté de la frontière linguistique. Quant à l"argent", le nerf de la guerre, il y a des transferts Nord-Sud pour raison économique structurelle ou conjoncturelle.
Au Canada, renseignements pris, c'est plutôt: "En ce qui concerne les transferts d'argent, la confédération est ainsi faite que, partout au Canada, sauf au Québec, il n'y a qu'un seul système d'imposition des revenus. C'est donc le Fédéral qui gère les impôts des particuliers et des entreprises. Le Québec paye à deux endroits : d'abord au Québec et ensuite au Canada. Impôt provincial et impôt fédéral. Ottawa a mis en place un système de péréquation qui verse, dans certains domaines bien définis, des revenus aux provinces. Par exemple la Santé. Il existe des domaines de compétence exclusivement provinciales, selon la Fédération canadienne, et des domaines de compétence fédérale. L'Éducation ne relève que des provinces. Nous avons les mêmes discussions sur la décentralisation vers les provinces des responsabilités de dépenser du gouvernement central."
Sarkozy a-t-il réellement défendu la francophonie?
"Imaginez l'Afrique, un milliards d'habitants et pas un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. C'est un scandale", s'était emporté le président français lors de son discours à Montreux. Pour enfoncer une porte ouverte, on ne trouverait pas mieux.
Quand on reste trop absorbé par ce qu'on pourrait réaliser pour soi-même avec le droit des Africains de siéger au Conseil de sécurité, le monde et sa gouvernance, restera peut-être sur sa faim.
Conclusions:
Revenons aux langues parlées dans le monde. Ces langues, qui restent un sacré jeu de langue. Le "pidgin english" ou "globish", est devenu une menace pour sa propre langue d'origine, l'anglais.
"Quand une langue se diffuse massivement, de nouvelles variétés apparaissent, reflétant l'identité de ceux qui les parlent, et certaines évoluent jusqu'à devenir de nouvelles langues", écrivait le SV du mois d'août. Exemples cités pour le cas de l'anglais, le "tok pisin" (Papouasie, Nouvelle-Guinée) ou le "singlish" (Singapour). "L'humanité ne parlera jamais une langue unique", était-il ajouté.
Les polémiques font partie de l'essence des évolutions. Gageons que toutes celles-ci seront à la hauteur des espérances et des ambitions de ses acteurs.
"La bataille des langues n'est jamais gagnée", était-il ajouté dans l'émission Kiosque.
S'il y a "guerre", elle reste sur un autre plan.
Un peu plus tard, le couple franco-allemand ne parlait plus, du tout, de francophonie. La bataille des langues ne résiste pas face à la discipline budgétaire. Même en Belgique, l'idée, même, d'un lien avec l'Allemagne faisait des vagues.
La politique économique a résolument des raisons très particulières que la langue française a seulement quelques problèmes à expliquer sans se tromper.
L'enfoiré,
12/10/2012: C'est reparti à Kinshasa
Sur Agoravox, c'est la francophonie virtuelle qui s'en mêle?
Quant à la version belge medium4you, tout autant impliquée?
Citations:
- "Que serait la francophonie si personne ne parlait français ?", François Mitterrand
- "Il faut tourner sa langue sept fois avant de parler... Quatorze fois pour les bilingues.", Georges Raby
- "Un écrivain traduit est un écrivain en exil dans une langue étrangère.", Julien Green
01:25 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
16/10/2010
"Al"? Al, comment?
Non, le prénom du médecin allemand Alzheimer n'est pas "Al". Un fait divers dramatique rappelait les difficultés de vivre aux côtés d'une personne souffrant de ce qu'on appelle communément la maladie d'Alzheimer. Mais au fait, quel est le prénom d'Alzheimer? "Aloïs". Bien, Monsieur.
La semaine dernière, la nouvelle tombait à Wavre, comme le disait cet article : "Un jeune tue son père, atteint d'Alzheimer. On savait que ça finirait mal".
Sabine Henry, présidente de la Ligue d'Alzheimer en Belgique, répondait aux questions à la RTBF, en réaction à la mort de cet homme d'une soixantaine d'années étouffé, semble-t-il, par son fils, à bout de nerfs.
Parricide incompréhensible? Manque d'informations ou de suites d'accompagnements, mal soutenus dans la solitude? Tout le monde n'a pas une formation pour soutenir l'insoutenable fragilité de l'être vieillissant ou non.
Le "Science et Vie" du mois d'octobre avait un article avec un titre assez volontaire "Et si la maladie d'Alzheimer n'existait pas". "Et si la maladie n'était pas un hasard" écrivait le Dr Pierre-Jean Thomas.
Aloïs Alzheimer était psychiatre, neurologue et neuro-pathologiste allemand qui a donné son nom à cette maladie décrite dans cet article ou dans le Rapport sur la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées.
Cette maladie affecte toute la personne, dans sa conscience, ses émotions et ses comportements. Des cellules du cerveau disparaissent et sont remplacées par des plaques, des écheveaux se développent et étouffent les cellules saines. Le cerveau peut être affecté dans les zones pariétales, frontales, occipitales... Des signes précurseurs ont été identifiés, mais le diagnostic reste aléatoire.
Deux raisons expliquent les émotions déclenchées par l’information sur cette maladie qui dort souvent dans nos inconscients: la forte augmentation du nombre de personnes atteintes et son caractère particulier, qui affecte la conscience au point que le "je" devient "un autre", et conduit à percevoir l’affection comme une métamorphose tragique.
Trouble du vieillissement cérébral qui affecte la mémoire, l'hippocampe et le cortex du cerveau atteint par l'accumulation des protéines Tau en plaques aminoïdales qui s'infiltre parmi les neurones et une dégénérescence neurofébrillaires qui crée des troubles cognitifs par des pertes de mémoire, des incohérences du langage et de la reconnaissance des objets.
Symptômes que seuls ceux qui vivent auprès de ceux qui en sont affectés, peuvent le déceler suite à un changement de réflex et à un ralentissement des activités quotidiennes.
Neuropathologie? Pas de traitement curatif si ce n'est que des antiglutamates, pour arrêter l'invasion des plaques, des anticholenestérasiques pour accélérer les communications entre les neurones.
Les chiffres révèlent une situation de plus en plus grave dans le monde.
26 millions de personnes dans le monde en sont atteintes et 85.000 en Belgique. C'est oublier un grand pourcentage qui s'ignore par manque de diagnostiques. Oscar Lopez estimait en 2000 qu'il y aurait, au moins, 30% d'erreurs reconnues sans un diagnostique. Ce qui veut dire que, très bientôt, dans toutes les familles, il y aura un membre qui en souffrira. Les femmes sont sensiblement plus touchées que les hommes (2/3 pour 1/3).Il faut dire que cela coûte très cher à la personne qui s'occupe d'une autre atteinte de la maladie, et à la communauté. Pour le premier, par mois, cette personne compte 600 euros de perte de revenus, 100 de centre de jour, 100 de médicaments et 200 pour les coûts indirects. En Belgique, l'INAMI (Institut national d'assurance maladie-invalidité) a dû rembourser 2.697.000 euros en 2002 et 33.688.000 euros en 2009.
Au Canada, aux 435.000 patients actuels s’ajouteront 111.560 cas nouveaux par an d’ici 2011. Près de 25 % des Canadiens ont un membre de leur famille atteint de la maladie d’Alzheimer.En France, 860.000 personnes sont affectées après 65 ans, c'est à dire 6% des gens âgés. Selon les prévisions de l’Insee, avec 225.000 nouveaux cas par an, près de 1,3 million de personnes seront atteintes d’ici à 2020, soit un Français de plus 65 ans sur quatre. (La proportion de personnes de 65 ans et plus, qui était de 16,5% en 2004, passera à 21% en 2020 et 28% en 2040 ; pour les 75 ans et plus, les chiffres sont encore plus impressionnants puisque ces proportions devraient passer respectivement de 8,0% à 9,6% et 16,1%.
C'est dire que "l'affaire Alzheimer" est importante et urgente.
Un mythe de la maladie, peut-être, comme le disait, encore, Peter Whitehouse?
Les efforts de la recherche médicale croissent, bien sûr. Des vaccins sont en cours de développement, des médicaments susceptibles de bloquer la dégénérescence neurofibriliare des cellules ou de stimuler les neurones sont, faute de mieux, utilisés actuellement.
La science apporte l'idée que les neurones se régénèrent avec l'aide des cellules souches.
On a observé que le déclenchement retardé de la maladie aurait une incidence importante sur la personne atteinte. Un retard de cinq ans dans l’apparition de la maladie pourrait se traduire par une diminution de 50 % des cas de maladie d’Alzheimer, un retard de dix ans pourrait faire disparaître la maladie. Alors, partant de l’identification des conditions favorables pour limiter le risque d’être affecté, on répète aujourd’hui l’importance d’être actif, de solliciter le corps par le sport et l’esprit par la sollicitation de la mémoire, l’évocation du passé, l’empathie... On redit l’importance de bien s’alimenter.
Quelle image de la société ce tableau pathologique nous renvoie-t-il ? Une société dans laquelle on vit plus vieux qu’avant, avec une augmentation de l’espérance de vie corrélée à une maladie qui revient à « être mais ne pas être », un mode de vie dominant qui génère ou aggrave des pathologies.
Il y a les suppositions pour s'y préparer. Des recommandations médicales sur l’hygiène de vie (manger sainement, pratiquer des activités physiques...), sur l’équilibre socio-affectif, sur l’entretien de la pensée et de la mémoire sont tout à fait sérieuses.
L’augmentation de la durée de la vie ne peut expliquer, à elle seule, la progression rapide du nombre de personnes affectées par la maladie d’Alzheimer. Le discours médical passe-t-il dans les sociétés ?
A la base, un flou dans la définition de la maladie, dans son diagnostique ambigu et son attribution non spécifique. Sont-ce des troubles du simple vieillissement ou d'autre chose? Démence sénile ou pré-sénile? La démence doit être associée à d'autres signes positionnels ou de langages pour en faire partie. Le patient le plus connu d'Aloïs Alzheimer, Auguste D., n'avait que 51 ans.Pour détecter les problèmes, on fait subir des tests vulgaires calculs, des chiffres ou des lettres des mots prononcés à l'envers. Est-ce une règle générale qui peut déterminer le commencement de "la" maladie, alors que lors de l'instruction générale, la gymnastique de mémoire, les raisons d'une lacune par rapport à la normale, n'existent pas vraiment et ne sont testés? Donneraient-ils de bons résultats chez de plus jeunes sujets? L'inactivité du cerveau qui s'installerait par manque d'exercice?
Tout muscle s'atrophie par manque d'usage. Il existe des cas d'acteur de théâtre qui n'ont jamais quitté les planches jusqu'à leur mort en s'approchant de l'âge de centenaire.Diagnostiquer dès le premier signe, dès l'origine, c'est impossible. Il faudrait un moyen de détecter les problèmes en temps réels. Il faut vivre avec la personne pour s'apercevoir de la déchéance progressive. Le sujet, lui-même, est souvent retord à toutes les recherches pour apporter le soutien aux "impressions" de l'entourage. Abdiquer devant la maladie est plus que difficile qu'on le croit.
Il n'y a que lors de l'autopsie post-mortem que l'on peut affirmer qu'il s'agissait bien de ce que l'on pensait ou non.
Cliniquement, l'Imagerie Médicale par Résonnance Magnétique (IRM), la scintigraphie, la ponction lombaire, le TEP (Tomographie par Émission au Positons), le Pet Scan, les traceurs. Dans le cas des traceurs, de petites molécules proches du glucose appelés FDG (Fluiro-dsoxy-glucose), radioactives s'insèreraient pour réveiller les composants du vivant, composants liés au neurones.
De toutes manières, des outils de plus en plus fins sont nécessaires. La nocivité de certains moyens thérapeutiques, est à vérifier et cela prendra du temps.
On pense plus à plusieurs maladies d'Alzheimer, que l'on peut globaliser en "Syndrome d'Alzheimer".
Le 20ème siècle, en médecine, a été celui du coeur et de son traitement.
Le 21ème siècle sera très probablement celui du cerveau.
La sclérose en plaque, la maladie de Parkinson, la maladie Alzheimer sont sur les tablettes. La Fondation ICM s'y intéresse.
Mais, j'y pense, "Syndrome", était-il dit plus haut.
Dans ce cas, ne serait-ce pas plutôt de "Saint Drôle"?
- Alfred, où es-tu et que fais-tu de moi? J'ai la mémoire qui flanche, je ne me souviens plus très bien.
- Je cherche, répondit Alfred.
L'enfoiré,
Mise à jour 25/07/2012: Pfizer et Jannsen accusent un échec. Arret d'un étude. Mais on relance dans une autre direction.
Mise à jour 27/09/2012: Vaincre le cancer et Alzheimer par les ondes magnétiques
Sur Agoravox, des pertes de mémoires?
Citations:
-
"En général, ceux qui attrapent la maladie d'Alzheimer vivent vieux. Sans doute parce qu'ils oublient de mourir", Philippe Geluck
-
"Si je devais un jour faire du théâtre, je n'accepterais qu'un rôle d'amnésique. C'est le seul dans lequel mes trous de mémoire passeraient inaperçues.", Philippe Geluck
- "Alzheimer "... C'est un mal qui vole les coeurs, les âmes et les souvenirs", Nicholas Sparks
- "Maladie qui permet de regarder tous les soirs le DVD de Rabbi Jacob avec le même plaisir", Laurent Baffy
08:00 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : santé
06/10/2010
Fin de la faim par les banques alimentaires
La population qui a faim dans le tiers-monde n'a pas diminué malgré les projets de l'ONU. En Belgique, 9 Banques alimentaires et 650 associations de terrain aidaient 106.000 démunis de ce qu'on appelle le quart-monde, il y a quelques temps. A ceux qui ont de l'urticaire en entendant le mot "banque" ne quittez pas.
Au sujet de la faim dans le monde, un Expresso nous renseignait du contrat de l'ONU. Olivier De Schutter, rapporteur de l'ONU pour le droit à l'alimentation revenait, récemment, sur les objectifs du millénaire et notamment sur la réduction de cette faim dans le monde. En substance, la 65ème assemblée de l'ONU à New-York pour l'un des huit objectifs les plus importants pour 2015 de la lutte contre l'extrême pauvreté, contre la mortalité infantile et pour réduire la faim dans le monde. Il y a aujourd'hui 925 millions de personnes qui souffrent toujours de la faim contre un milliard l'année passée. Cela semble un progrès si on ne compte pas l'augmentation globale des populations.
En 1990, on en comptait 830 millions, soit 20% à réduire à 10%. L'objectif de réduction, on peut parler d'un échec. Échec plus cuisant pour certaines régions plus que d'autres. La Chine a réduit considérablement le problème de la faim. En Afrique Sub-Saharienne, c'est plutôt en augmentation réelle et absolu avec plus de 30% de la population en dessous de tous les types de seuil de pauvreté avec 239 millions de personnes dans le cas.
Depuis 2008, on a pris conscience que les politiques sont mal orientées, suivies par l'impunité de ses dirigeants pour avoir créé plus d'inégalité qui en sont les principales causes. 
La charité, l'humanitaire remplacés par le droit à l'alimentation ne pourraient compenser ce manque de conscientisation, de gouvernements passifs et sans responsabilités de ceux qui sont élus et en charge d'améliorer l'existence de leurs habitants. Sans cela rien ne se passe.
Une taxe de 0,005% sur les transactions monétaires proposée pour contribuer à l'éradication de la faim dans le monde, serait déjà trop d'après Bob Geldof. D'autres parlent de 0,7% de PNB, vu le ridicule du pourcentage.
Un déjà vieux journal Écho faisait mention des "Contradictions de l'UE". Selon le journal, une personne sur 6 souffrait de la faim tandis qu'à raison de 2700 calories par individu et par jour, 12 milliards (le double de la population mondiale) trouveraient la solution à ce problème. L'efficacité n'était, donc pas, derrière le gouvernail de la coopération au développement.
Paul Hermant, de la RTBF, signait ces mots, il y a quelques temps déjà :
Vous connaissez probablement la chanson de Boris Vian : "Ah, si j'avais un franc cinquante, j'aurais bientôt deux francs cinquante, ah si j'avais deux francs cinquante, j'aurais bientôt trois francs cinquante" et ainsi de suite. Et, je me donne jusqu'à l'âge de la retraite ou à peu près, pour compter ainsi jusqu'à 100 millions d'euros, cinquante ! Car c'est ce pactole, ou à peu près, qu'a remporté, en effet, un joueur inconnu, en cochant un billet belge de l'euromillions. Je ne sais pas si vous êtes de mon avis, mais je trouve que l'on parle beaucoup moins de ce gagnant-ci que des précédents, ce petit couple bruxellois qui en avril dernier avait empoché 75 millions - ce qui était déjà pas mal mais tout de même beaucoup moins -, et ne me laissez pas penser que c'est parce qu'à l'extrême misère comme à l'excessive richesse l'esprit humain s'habituerait tout autant et tout aussi rapidement… Avez-vous remarqué, d'ailleurs, que s'il existe un seuil de pauvreté, il n'existe pas de seuil de richesse ? Pourtant, l'on se dit que seuil pour seuil, celui de la richesse nous intéresserait également. Mais non. Pour la fortune, ça n'existe pas, on n'a inventé ce seuil que pour la misère. Et avec le seuil de pauvreté, il n'y a pas trois solutions, soit on est en dessous, soit on est au-dessus. Être en dessous, c'est avoir moins de 772 euros par mois. Être au-dessus, c'est tout simplement être au-dessus. On ne met pas de barème à ce qui est supérieur. Tout ce que l'on peut calculer, c'est que ces 100.000.000 d'euros représentent 129.533 seuils de pauvreté mensuels ou 10.794 seuils de pauvreté annuels, mais je dis cela sans être sûr, je ne sais pas si un seuil de richesse représente deux fois, cent fois, mille fois ou dix mille fois un seuil de pauvreté. Là-dessus, les chiffres ne nous aident pas. Même les parachutes en or des grands patrons - en 2005, Daniel Bernard, Carrefour, 35 millions d'euros - nous sont de peu de soutien, dans ces cas-là. C'est pourquoi aucune sorte d'indicateur ne nous permet de qualifier et de quantifier ce que serait, par exemple, qu'être scandaleusement riche mais que nous pouvons très vite escompter ce que c'est qu'être insupportablement pauvre. Et voilà justement que l'on apprend qu'après l'euromillions, on parle désormais d'un lotto mondial. Vite, vite, inventons vite des superlatifs à « scandaleusement riche ». Pour « insupportablement pauvre », par contre, il n'y a pas besoin de chercher. Voilà une formule qui me semble en effet déjà largement mondialisée.
Depuis, puisqu'il parlait de Carrefour, il y a eu les grèves chez Carrefour, dont j'avais parlé. Les grèves ont trouvé une réponse qui ne satisfait qu'à moitié le personnel.
On se rappelle, qu'en début d'année, les denrées périssables non vendues avaient été distribuées à profusion dans les Banques alimentaires.
Le soufflé est retombé. Des grèves, mais plus dans le secteur de la distribution.
Quand on parle de banques, cela n'a rien à voir avec les banques qui thésaurisent nos petites épargnes. Celles-là s'organisent, avec la solidarité, en voulant changer au mieux la situation des gens qui ne se retrouveront plus devant les guichets de leurs homologues. S'il existe le tiers-monde, le quart-monde se retrouve de plus en plus à notre porte parmi la classe moyenne qui descend les marches de la richesse.
Jean Delmelle, président des Fédérations belge et européenne des Banques Alimentaires, qui regroupaient 17 états donnait quelques idées sur les buts et les conséquences, était venu s'expliquer à la radio. Il y a de cela, déjà deux ans. Les chiffres mentionnés sont peut-être dépassés. Voici en substance, ce qui avait été dit.
Les banques alimentaires ont pour objectif d'apporter une aide complémentaire aux personnes en détresse en sauvant de la destruction les surplus de nourriture parfaitement consommables.
L'idée des actions les plus visibles, les 2 à 3 fois par an à l'occasion d’une opération de générosité, est complètement fausse. La gestion des surplus est une affaire de tous les jours.
A la base, il y a les 250 bénévoles qui sont là pour jouer un rôle important dans l'aide des démunis et des gens qui ont faim qui sont chaque année plus nombreux. La juxtaposition entre ces gens pauvres et les gaspillages énormes qui se pratiquent. Personne n'en profite.
"Ce qui me scandalise, ce n'est pas qu'il y ait des gens riches et des pauvres, mais le fait qu'il y ait tout ce gaspillage", disait Mère Théresa.
Le principe de la gratuité est rigoureusement suivi. Pas d'achat ni de vente de nourriture pour ne pas créer de jalousie entre donateurs. Les démunis n'ont pas non plus à payer pour obtenir cette nourriture et ces colis alimentaires.
9000 tonnes de surplus sont récoltés par ans par les organisations. Les sources d'approvisionnement et de gaspillage sont les industries agro-alimentaires (38%), la distribution par grands magasins (22%), l'Union Européenne (26%) venant des surplus de la politique agricole commune (B.I.R.B) et les criées (3%) avec les invendus sont assemblées et redistribués. La gestion des stocks nécessite une grosse organisation. Après les vivres et les bénévoles, il faut avoir les entrepôts, les chambres frigorifiques et les camions pour chercher et distribuer les vivres. Un véritable réseau s'installe avec un contrat commun d'aider et de "restaurer" les gens pris dans la tourmente de la faim et de tentative de réinsertion sociale dans une vie meilleure.
On comptait 40.000 personnes dans le besoin qui en bénéficiaient en 1990. 5% d'augmentation tous les ans s'y ajoutèrent. Le sur-endettement, problème récent à ajouté une couche à cette catégorie. Ceux qui y recourent ne bénéficient d'aucune aide officielle. On se base uniquement sur le revenu. Pas de moralistes dans l'organisation, il fallait porter une aide de ce côté quart-monde. Le taux de pauvreté, lui, ne faisait qu'augmenter. Sans la sécurité sociale, hors pension, 35 % de gens en Belgique seraient en dessous du seuil de pauvreté. Il restait 15% qui viraient dans la même situation.
Au niveau européen, les surplus sont considérables et les réduire était l'objectif numéro un. Mais, la disparité entre pays était notoire. Convaincre les autorités de ces pays de l'utilité de l'action de récolte était primordiale. En Belgique, avec vingt ans d'expérience dans le domaine de l'aide aux démunis, permettait de former les nouveaux pays, dont le seuil de pauvreté est encore en deçà du nôtre. Les pays de l'Est de l'Europe devraient s'y intéresser tôt ou tard.
Pour raison d'éthique, obtenir des produits comestibles, tout à fait valables et dont la date de péremption n'est jamais dépassée, était obligatoire.
Le problème d'augmenter le nombre de bénévoles, pas assez nombreux, parmi les prépensionnés ou pensionnés était toujours d'actualité. Le temps libre utilisé utilement devrait prendre place dans l'esprit de ceux qui en avaient l'envie ou qui se retrouvaient à tourner en rond chez eux. Les compétences n'y étaient pas nécessairement présentes ou tout à fait en concordance avec les besoins de l'image du bénévolat, n'était pas une raison sine qua non. Inciter les candidats au volontariat pouvait trouver une solution par l'intermédiaire d'Internet.
Chercher les raisons de l'état de déperdition des gens qui se sur-endettent ou qui perdaient leur emploi, n'était évidemment pas du ressort des Banques Alimentaires. Elles n'étaient qu'en aval du processus de la faim. Sortir les gens de leur perte d'identité et de leur désespoir, était envisageable, mais ce n'était pas le but de ces organisations. S'attaquer aux causes était une opération différente et qu'il fallait prendre en considération de manière déterminée.
Rester apolitique était une obligation pour ne pas tomber dans le domaine du juge et parti. L'indépendance était un "must".
Cela, c'était, il y avait deux ans. L'imparfait des verbes peut être toujours mis au présent.
Plus récemment, on apprenait que les Banques d'alimentaires manquaient de vivres. Déjà de 10 à 11% de vivres en moins cette année, une baisse du nombre de denrées non périssables qui intervient alors que le nombre de personnes dans le besoin ne baisse pas, lui.
Comme il était dit dans le billet en lien, les raisons sont simples à comprendre.
Les méthodes de production, de plus en plus efficaces dans les industries, tout d'abord. On rationalise la production et sa distribution. Moins de surplus dans la fabrication des produits: "L'industrie travaille de mieux en mieux. Ils font de moins en moins d'erreurs dans les prises de commande, dans le processus de fabrication. Ça, cela tourne à moins de 1 pour 1000 de leur chiffre d'affaires, donc pratiquement il n'y a plus de gaspillage au niveau de l'industrie. Donc moins de gaspillage, moins de produits perdus. Cela veut dire tout simplement, moins d'approvisionnement pour les banques alimentaires.".
La crise économique affaiblit, ensuite, les collectes auprès du grand public et les grandes surfaces jettent de moins en moins. "Certains producteurs essayent quand même, quand ils ont des surstocks, de les vendre à un prix réduit. C'est naturellement une part qui ne nous revient plus. Cette dernière chose est certainement valable dans les grandes chaînes d'alimentation."
La conclusion était que tant que le nombre de personnes qui font appel aux banques alimentaires, reste stable, cela ira, mais, en cas d'augmentation, l'organisation pourrait être confrontée à un réel problème d'approvisionnement.
Sus au gaspillage en vivre, pour les récolter et sus aux volontaires bénévoles et désœuvrés, pour meubler leur temps, voilà les mots d'ordre pour cette fois encore.
Du 14 au 20 octobre, 20ème collecte chez Delhaize.
Pour les allergiques au mot "Banque", sachez que les Banques sont ouvertes et elles sont sans danger et alimentaires.
L'enfoiré,
Un vieil article avait fait un écho intense "Faim dans le monde: une insurrection morale est-elle encore possible?"
Sur Agoravox, des banques ou de l'alimentaire?
Citations:
-
"L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché", Amélie Nothomb
-
"La faim justifie les moyens, mais on a rarement les moyens quand on a faim.", Jacques Sternberg
-
"Les hommes sont comme les lions, comme toutes les bêtes, comme tous les êtres vivants. La faim les rend féroces. Et qu'est-ce que la pauvreté, sinon une faim généralisée ?", Michel Tournier
09:00 Publié dans Actualité, Politique, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : faim
18/09/2010
Rendons à César...
... ce qui appartient à César. Rendons lui, son temps et ses propres idées. Bien. Et si chacun s'appelait, un jour, César, avec sa propre histoire, ses anecdotes, bien à lui.
Le monde des humains se veut dans le vent. Pas dans la bise mais le plus souvent dans la tempête. Le temps est galvaudé. On n'aime pas trop la nostalgie du passé. L'histoire doit s'écrire avec un grand "H" pour intéresser ou être ignorée de tous.
Est-ce la seule "fuite en avant" qui motive à agir sans respect pour des sources plus intime? Fuite en avant qui pousse à effacer ses propres instants présents comme s’il n’était qu’un mauvais moment à passer.
Cette tendance de chercher un modèle commence déjà depuis la plus tendre enfance. Les « grands » leur suscitent une envie d’accélérer le temps pour qu'ils ressemblent à leur propre image.
On pourrait croire que ce serait pour chercher à grandir en liberté. Pas vraiment.
L’adolescent voudra d'abord singer son père pour s'en dissocier, ensuite.
Il se choisit un "remplaçant", un mentor idéologique. Il se retourne vers des modèles en s'habillant comme eux, en parlant comme eux. L'esprit de bande avec un leader, dans le réel. Un esprit de clan, dans le virtuel. Sur Internet, cela se transformera dès lors en bocalisation des blogs.
Les blogs, on penserait qu'ils viendraient ajouter des bribes supplémentaires à l'histoire commune en passant par l'intimisme et des idées personnelles. Et bien, non, ce n'est pas ce qui se passe en réalité. Les blogueurs sont tenté de jouer au journaliste. S'ils étaient chroniqueur local avec une vision apportée par sa propre expérience, ce ne serait pas une déviance. Mais c'est plutôt parler de tout avec très peu de connaissance du terrain.
Dans une société qui n'existe que pour les gagnants, il croira avoir raté sa vie dès le premier échec, la première remise à sa place. L'esprit d'équipe ne sera souvent qu'un leurre.
Puis, tout va de plus en plus vite. La perception du temps devient plus que suggestive, perdue et partagée entre métro, boulot et dodo. La liberté, le rêve, n'existent plus, dépassés par toujours plus d'obligations et de contraintes.
Pourtant, chaque période a son lot de souvenirs, de bons moments et de périodes plus "indigestes" qui ont trouvé un coin plus désagréable dans le passé. Parties de notre histoire intime qui s'échappent de la mémoire.
Pourquoi cette honte à vouloir ressortir de vieilles histoires personnelles jaunies par le temps?
Ces moments de "grâces" ont pourtant une place de choix. Cela commence alors par ces mots...
- Tu te souviens de...
Paroles idiotes, magiques, parfois, histoires banales pour les autres, probablement.
Les souvenirs sont là pour fixer un cliché de notre présent. Ce seront des repères, des moments de vacances, des rencontres, des événements fortuits qui reviendront tel un déclic. Si les livres enregistrent le côté officiel du passé, c'est bien naturel. Les anecdotes s'y ajoutent et n'ont pas moins d'intérêts. Ce serait croire au Père Noël que de penser devenir riche seuelement en se rappelant des événements et de l'histoire des autres. Ils ne se retrouveront pas dans les questions d'un jeux tel que "Questions pour un champion", mais ils n'en auront pas moins une valeur intrinsèque.
Qui tient encore un journal intime, aujourd'hui? C'est devenu ringard. L'ambiance ne s'y prête plus. Pour intéresser, chacun ne pense plus qu'à s'extraire de lui-même et répercuter l'information que tout le monde connaît par la presse officielle.
L'idéosphère reste dans l'ornière des chemins battus, sans s'enrichir des expériences multiples. Les idées évoluent sans cesse. Elles se propagent, se relayent, s'amplifient par la parole, les écrits et parfois par les actes ou s'endorment pour ne plus se réveiller.
Facebook joue ce rôle de bouée de secours plus intimiste par son but social. Des photos personnelles y sont diffusées pour communiquer. Cela fait son succès. Les blogs en voulant jouer dans la cour des grands en oublie son âme de partage de l'information en rendant le temps de chacun et en restituant ses moments de plaisir et d'émotions du vécu. Parler tout haut de soi, c'est se confronter aux idées et expériences des autres. Le rêve peut ainsi refonctionner.
Motivé par le conformisme et l'égalisation de pensée, on a plutôt tendance de ne plus se battre pour être dans les premiers, mais pour ne pas descendre trop vite parmi les derniers dans une même défaite.
Mon nom est "personne", s'il reste maquillé derrière un pseudo, dans un anonymat de la peur. Un pseudonyme est utilisable s'il reste représentatif ou plus expressif qu'un nom propre.
Les "Réflexions du Miroir" que vous êtes en train de lire a ce souci et cet objectif de sortir le miroir de son tiroir. Elles n'en ont rien à cirer de rester dans l'actualité. Elles voudront s'en extraire le plus souvent. Exit les préjugés. Faisons fondre cette glace pour aller voir ce qui se cache sous l'iceberg.
La petite histoire est ce qui restera quand on aura tout oublié.
Vous en voulez une anecdote banale pour tout le monde, mais mignonne pour moi? 
Un jour, une collègue avait remarqué qu'elle manquait ses boucles d'oreilles.
Elle téléphona à l'opératrice asiatique qui s'occupait alors de nos trois machines énormes avec laquelle nous dialoguions à courtes distances. Pas d'Internet, à cette époque, une simple connexion Ethernet.
- Dites, vous n'auriez pas trouvé mes boucles d'oreilles dans la salle machine?
- C'est sur le B, le C ou le D?, questionna l'opératrice qui ne se figurait même pas le concept de ce qu'on lui demandait. Habituée de répondre par la lettre alphabétique qui correspondait aux machines et à ses propres outils, elle continuait simplement son travail, un peu en automate.
Dans un dialogue de sourds et de quiproquos, le jeu de question-réponse revint en boucle dans l'incompréhension, la plus totale.
Chacun restant dans son propre environnement, ses propres notes, sans essayer de comprendre la partition de l'autre.
Cette anecdote, une fois racontée, revint encore souvent dans les conversations par la suite, générant à chaque fois, les mêmes sourires. Elle s'éteignit ensuite en passant de la mémoire vivante à la mémoire morte, tout en restant disponible.
L'anecdote m'était revenue récemment. Elle n'avait pas pris une ride dans mon esprit.
Comme disait dans un de ses spectacles, Fred Pellerin, conteur québécois, "Il faut prendre le taureau par les contes".
Chacun a un jour de gloire pendant lequel il pourra se sentir comme un César avec son histoire.
Même jour, même heure, mêmes pommes
On verra quand on aura trente ans
Sur les marches de la place des Grands Hommes
Mais j'veux pas être le premier.
Si on avait plus rien à s'dire et si et si...
J'fais des détours dans l'quartier.
C'est fou comme un crépuscule de printemps.
Rappelle le même crépuscule qu'y a dix ans,
Trottoirs usés par les regards baissés.
Qu'est-ce que j'ai fait d'ces années ?
J'ai pas flotté tranquille sur l'eau,
J'ai pas nagé le vent dans l'dos.
Dernière ligne droite, la rue Soufflot,
Combien s'ront là... 4, 3, 2, 1... 0 ?
(Refrain)
J'avais eu si souvent envie d'elle.
La belle Sév'rine me r'gardera-t-elle ?
Eric voulait explorer le subconscient.
Remonte-t-il à la surface de temps en temps ?
J'ai un peu peur de traverser l'miroir.
Si j'y allais pas... J'me s'rais trompé d'un soir.
D'vant une vitrine d'antiquités,
J'imagine les retrouvailles de l'amitié.
"T'as pas changé, qu'est-ce que tu d'viens ?
Tu t'es mariée, t'as trois gamins.
T'as réussi, tu fais médecin ?
Et toi Pascale, tu t'marres toujours pour rien ?"
(Refrain)
J'ai connu des marées hautes et des marées basses,
Comme vous, comme vous, comme vous.
J'ai rencontré des tempêtes et des bourrasques,
Comme vous, comme vous, comme vous.
Chaque amour morte à une nouvelle a fait place,
Et vous, et vous... et vous ?
Et toi Marco qui ambitionnait simplement d'être heureux dans la vie,
As-tu réussi ton pari ?
Et toi François, et toi Laurence, et toi Marion,
Et toi Gégé... et toi Bruno, et toi Evelyne ?
(Refrain)
Et bien c'est formidable les copains !
On s'est tout dit, on s'sert la main !
On ne peut pas mettre dix ans sur table
Comme on étale ses lettres au Scrabble.
Dans la vitrine je vois l'reflet
D'une lycéenne derrière moi.
Si elle part à gauche, je la suivrai.
Si c'est à droite... Attendez-moi !
Attendez-moi ! Attendez-moi ! Attendez-moi !
L'enfoiré,
Citations :
- "Le Temps nous égare Le Temps nous étreint Le Temps nous est gare Le Temps nous est train.", Jacques Prévert
- "Temps : ce que les hommes essayent toujours de tuer, mais qui finit par les tuer.", Herbert Spencer
- "Je n'aime de l'histoire que les anecdotes", Prospère Mérimée
09:25 Publié dans Blog, Histoire, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : santé
29/08/2010
Incroyables vérités
Le Science et Vie du mois d'août réunissait quelques 80 vérités scientifiques. Intéressantes, connues ou non. Pourquoi pas ajouter un peu d'humour pour certaines d'entre elles pour les rendre encore plus abordables? La Science ne peut pas être triste.
Consultez Google avec la phrase "Incroyable mais vrai" et vous aurez des dizaines de vidéos pour résultats. Magazine de divertissements, il fut diffusé notamment sur TF1 entre 2002 et 2007, il avait pour but de surprendre, de contredire les suppositions ou convictions les plus ancrées, quitte à aller contre toutes logiques et passer dans le sensationnel. Était-ce le but recherché par le Magazine "Science et Vie" comme vulgarisateur dans le domaine scientifique? Comme certains paragraphes m'ont fait sourire, je n'ai pu m'empêcher de les ressortir avec humour.
Jeu de devinettes par l'intermédiaire de six chapitres distincts: la matière, la santé, les nombres, les origines, la planète Terre et la Vie.
Nous allons donc tout savoir dans les domaines de la Science.
La Matière
1. Il était une fois, trois états de la matière qui ont fait les choux gras de notre histoire sur les bancs de l'école. Et bien, je vous le dit, tout de suite, ces trois états, c'est ringard. Nos solides, nos liquides et nos gaz de tous poil, ne sont plus seuls. Il y en a bien d'autres que l'on nous a caché intentionnellement. La matière est bien plus complexe si pas complexée. La matière se lie d'amitiés passagères de manière moléculaire et cela dans une myriades d'états, dans une véritable soupe de particules chargées. Parler d'une soupe pour le plasma comme état principal dans l'Univers, passe encore. Le marchand de télé en a parlé pour nous vendre ses chers écrans plats pour les mettre en compétition avec d'autres processus tel que LCD ou même OLED. Donc, il devait bien en avoir d'autres, d'états. Pourquoi ne n'a avoir commencé par là, avec nos télés? Pas question de mélanger. La matière se définit par des "transitions de phases" pour se distinguer l'une de l'autre. Faudra que je m'en souvienne.
Je préviens, mes propriétés physiques risquent, brutalement, de varier à l'avenir. A l'avenir, je me ferai tellement chaud avec mon entourage que j'en perdrais mon individualité dans un "condensat", mais avec l'accord de Bose-Einstein, bien sûr. Si cela ne marche pas, j'essayerai de me convertir en supraconducteur en passant par le stade de quasicristaux pour devenir, qui sait, un supersolide. Je me demande en quelle phase, je me sentirais le mieux et par laquelle je finirai. Affaire à suivre, donc.
2. "Quand il est plein, je le vide. Quand il est vide, je le plains." Plus vite dite, que faite, cette maxime Et oui, un verre d'eau plein est à 99,99% vide. Fini de saliver, c'est de la physique. Les molécules d'eau sont au milieu d'un vide énorme, comme le reste. La molécule d'H2O fait, donc 10 protons, 10 électrons et 8 neutrons qui se baladent dans 99,99999999% de vide. Alors, la prochaine fois, quand vous demanderez un verre d'eau au garçon, demandez, lui, au moins d'en avoir un entier à 100%. Au prix où est l'eau, comme vous la payez à 100%, vaudra mieux en avoir pour son argent. Mais attention, insistez auprès du garçon, demandez-la en eau pure, dépourvues d'ions, sinon cette eau ne sera pas un bon isolant électrique. Je suis sûr que le garçon en restera baba de surprise pendant longtemps.
3. Si vous voulez garder votre masse (et peut-être aussi votre poids), surtout ne remontez pas vos montres. Achetez des montres à piles ou mieux encore des montres à remontoirs automatiques, mais pas avec un remontoir manuel. Matière et énergie se confondent dans la célèbre formule d'Einstein, E=MC2. La tension créée en remontant sa montre crée de l'énergie qui se transforme toujours en masse. Pour s'apercevoir de la différence, il faudra, évidement, une balance ultra-ultra sensible, avec un microscope pour détecter les 3 quarks qui la constitue, mais cela sera déjà cela de gagné. Qui dit quark dit fermions que la théorie du modèle standard décrit, en compagnie de la famille des leptons, comme les constituants élémentaires de la matière. Excusez du peu. Décidément, il y en a des choses inattendue dans la montre...
4. C'est raté, une nouvelle fois. Pas question de s'envoyer en l'air pour penser perdre du poids. On aurait pu le croire en allant dans l'espace. En jouant aux astronautes, ce n'est qu'une impression d'être plus léger. La gravité est presque la même en orbite que sur Terre. Là haut, votre impression d'être plus léger mais vous ralentirez toujours et en finale, vous tomberez de la même façon, avec le même poids. Désespérant espace, désespérante cette gravité...
5. Mais, au fait, combien pèse un kilo? Voilà, la question que votre marchand de tomates va avoir du mal à répondre. Le mètre, lui, pas de problème, on peut l'évaluer avec une référence stabilisée. Mais pour le poids, il faudra aller voir le petit cylindre d'iridium et de silicium sous la porcelaine de Sèvres qui a la méchante idée de s'user en perdant ses atomes. Heureusement, la précision requise devrait être adoptée en 2015, nous précise-t-on. Mais qu'est-ce que mes tomates vont devenir en attendant? Est-ce que j'aurai mon kilo comme d'habitude? J'ai des doutes...
6. - Chérie, monte le son et allume le chauffage!
Pourquoi faire les deux en même temps? Ben, il parait que les ondes sonores vont compresser et détendre l'air pour le refroidir. Curieux, me direz-vous. D'expérience, on aurait pu croire du contraire. En plus, n'oubliez pas, non plus, de placer le haut-parleur avec ses ondes sonores dans le réfrigérateur. Il va diminuer la consommation. C'est écrit et je prendrai toujours des actions à ce que je lis.
7. Plus il y a de défauts dans les matériaux, plus ils ont de qualités. En tant qu'humain, fait de chair et de matières, j'ai l'ai toujours dit. Mes défauts, ne le dites à personne, je les cache en couleurs comme des diamants roses. Mon épouse confirmera.
La santé
1. Nous avons vu "La guerre des étoiles" à l'échelle de celle-ci. La guerre des virus avec l'imagination de Georges Lucas, pourrait être bien plus terrible dans l'infiniment petit. Les virus peuvent en tomber raides, malades en s'infectant entre eux. Le géant "Mamavirus", de la taille d'une grosse bactérie, affecte les amibes. Goliath abrite aussi son David, huit fois plus petit que lui. Vu sa petitesse, on l'a baptisé le virus "Spoutnik". Mais le vilain Spoutnik n'y peut rien. Il s'attaque insidieusement à la reproduction de son "Goliath" par simple obligation. Et oui, Spoutnik est un viruphage qui a besoin absolument d'infecter pour se multiplier à sa convenance. Le pauvre Mamavirus en "souffre", évidemment. Mais, même en tendant l'oreille, on n'est pas encore parvenu à l'entendre. Le Spoutnik, lui, fait probablement "bip bip" en pratiquant ses malversations. C'est bien connu, les petits font toujours plus de bruit que les grands.
2. Sauvé! On le dira jamais assez: "on perd très peu de neurones en vieillissant". A peine 10 à 20%. Tout dépend de la qualités des connexions entre eux. Moralité, gardons nos relations, nos réseaux intacts. Les vieux neurones, le cerveau se charge de les recycler. A la casse, les vieux. Vive la jeunesse. Plus on stimule les neurones, plus les cellules génitrices se dynamisent. La plasticité cérébrale de nos synapses forge notre individualité. J'ai eu raison de passer par là. Ecarter la cellulite, les varices, même dans le cerveau, cela reste un "must".
Les nombres
1. Il y a infini et infini. Faut pas confondre. L'un est plus petit que l'autre. L'ensemble infini des entiers, par exemple, est deux fois plus petit que celui des nombres réels. Georg Cantor, au XIXème siècle, l'a dit, mais personne ne l'a démontré depuis, car c'est simplement "indécidable". L'ensemble des fractions fait aussi partie des réels, tout en n'étant pas plus grand que l'ensemble des entiers. Vivement le monde du réel. On ne se sent plus, du coup, dans l'infini du virtuel. Mais, je ne vous empêche pas de commencer à compter pour le vérifier. Rendez-vous dans .... un certain temps.
2. Cet ordinateur est un véritable ignare! Avec ses pauvres 64 bits de 0 et de 1, il ne sait même pas soustraire 4095,1 à 4096,1 sans faire une grossière erreur de 0,0000000000000001. Vivement qu'il sorte aussi du monde virtuel pour s'installer dans celui du réel qui a un infini, bien plus grand, comme on vient de le voir.
3. Les vérités mathématiques ne sont pas toutes démontrables. Kurt Gödel, en 1931, par les métamathématiques s'est donné comme axiome "Cet énoncé n'est pas démontrable". S'il l'était, ce qu'il énonce serait vrai, mais ce qui contredit aussi l'énoncé de départ. CQFD? Non, pas tout à fait, car l'incapacité à démontrer cet énoncé suffit aussi à prouver qu'il est vrai, puisque c'est justement cette indémontrabilité qu'il affirme. Indémontrable et vrai montre l'incomplétude des mathématiques. Vous avez tout compris ou je répépépette depuis le début? Heureusement qu'il y a la logique... Que ferait-on sans elle?
Les origines
1. Il y a environ 3,5 milliards d'années, les cyanobactéries ou algues bleues ont cassé les molécules de CO2 pour en récupérer le carbone et rejeter l'oxygène qu'ils n'avaient pas besoin comme organismes anaérobies. L'oxygène resta piégé dans les minéraux jusqu'à sa saturation. Après, en excès, il a été libéré, quelques centaines de millions d'années plus tard. Cet oxygène est passé de 1 à 10% dans l'atmosphère. Cela engendra la première extinction massive de l'histoire de la vie. La "grande oxydation", nous a permis de progresser dans l'évolution. Comme on dit, le malheur des uns... Et si on leur demandait de revenir aujourd'hui puisqu'on fournit trop de CO2? On en boucherait un coin à ces "pro du pot", climatophiles, climatophobes ou climatosceptiques.
2. Ringard, aussi, les nanotechnologies... Les premiers nanotubes de carbone furent créés en 1952. Au IXème siècle, les céramistes savaient incorporer des poudres nanométriques d'oxyde de fer ou de cuivre dans leur pâte, tandis qu'au XIXème siècle, les émulsions photographiques contenaient du nitrate d'argent nanomètrique. Dès 1931, le premier microscope électronique fut inventé et enfin, on peut espérer voir ce qu'on fait. On arrive à se demander qui a touché les revenus des brevets? Alors, répétons, en choeur, "nano", "nano"... Es-tu là?
La planète Terre
1. Les montagnes sont des pompes à CO2. L'érosion altère les roches par ses réactions chimiques. Les débris de roche emportés par les cours d'eau charrient des cadavres d'animaux et des résidus végétaux composés de carbone. Ils se déposent, en finale, au fond des mers en gaz carbonique. Pour les problèmes d'effets de serre, il suffira donc d'attendre la tectonique des plaques qui surélèvent toujours l'Himalaya. A peine, quelques millions d'années à attendre....
2. Fini de tourner autour du soleil en 365 jours. Les journées s'allongent et les années raccourcissent. La Lune, celle qui provoque les marées et engendre des boursouflures, a de méchantes habitudes. Elle freine la rotation de la Terre de 2,7 millisecondes par siècle. Le jour comportera une heure et demi en plus, dans 200 millions d'années. Ce qui fera 22 jours de moins à tourner. Va-t-on gagner plus ou moins dans le futur? On sera plus vite à Noël. On aura plus de temps pour dormir et moins, pour travailler. Le pied, quoi...
3. Quel rapprochement à faire entre le transport aérien et Internet? L'émission de CO2. Stocker les données est aussi gourmand en énergie. Les "data center" dévoreraient 3% de la production électrique aux États-Unis. En 2008, 45 millions de serveurs rejettent sur la planète plus de CO2 que l'Argentine. Ces foutus informations sont tellement vite obsolètes qu'on se demanderait si cela vaut la peine...
La vie
1. Si pour l'homme, inventer la roue, cela remonte à 5500 ans, pour la nature et les bactéries à flagelles, il y a 3 milliards d'années. La rotation d'un de ses constituants en anneau peut même atteindre 12.000 tours par minute comme une hélice bateau. L'énergie, pour le réaliser, est, un véritable casse-tête physiologique. La solution trouvée n'est pas organique, mais, électrique, engendrée par un flux de protons entre le corps cellulaire et la roue. Il devait y avoir eu une bactérie très futée, qui, un jour, s'est écriée, Eureka dans son bain viscéral.
2. On aurait pu appeler cela, l'"affaire des chromosomes". L'homme a des chromosomes XY. La femme, des XX. Mais, ce n'est pas vrai dans un cas sur 20.000, pour l'homme, et un cas sur 10.000, pour les femmes. Le fautif, le gène "SRY" (Sex Determining Region Y). C'est lui qui est chargé de coder la formation des caractères masculins en secrétant la testostérone. S'il se planque sur le chromosome X et disparaît de l'Y, c'est l'accident. On aime à jouer à cache-cache dans ce monde-là. Certains animaux décident du sexe de leurs petits par parthénogénèse. Ne le répétez pas trop haut, les galipettes de sieur SRY pourrait donner des idées à quelqu'un.
3. L'altruisme est une stratégie de survie. L'égoïsme est une stratégie qui ne fonctionne qu'une seule fois. Mais, voyons. La sélection naturelle aurait inscrit cela dans nos cerveaux. La mémoire de l'importance que l'on donne à notre réputation, implique ce choix "altruiste". Les neurones "miroirs" auraient ensuite pris l'habitude de stimuler la compassion et l'entraide. Je sens qu'on va mettre ça, en test, tout de suite.
- "Miroir", qui est le plus beau, le plus intelligent, le plus...?
4. Les neurones ont, tous les jours, la bougeotte. Chez l'homme adulte, ils voyagent de près de 5 centimètres du cortex au bulbe olfactif. Migration que l'on ne peut que spéculer quant à son but. Voyager, c'est toujours mourir un peu, dit-on.
- Alzheimer, es-tu toujours là? Al, comment?
5. Il n'y aura jamais de langue unique pour l'humanité entière. "Ce serait un désastre intellectuel et écologique sans précédent.", écrivait le linguiste David Crystal qui s'exprime en anglais, comme par hasard. Sur 6000 langues répertoriées, 1932 sont en position de disparaître. La tendance est de parler plusieurs langues dans 125 pays. Il n'y a pas de recette pour assurer le succès de l'une des langues par rapport à une autre. Pas même une morphologie simplifiée qui est, vite dépassée par le succès des conditions sociales et identitaires. Aucun "globish" uniforme ne détruira la tour de Babel même si elle a perdu quelques étages dans sa construction.
6. Une dernière pour la route? Plus j'oublie, plus je me souviens. L'oubli des souvenirs obsolètes permet aux nouveaux souvenirs de s'installer plus durablement. La question reste, qui décidera ce qui est obsolète et ce qui ne le sera pas?
Dans le cortex, on entendrait:
- Place, souvenirs de bas de gamme, j'arrive. Pas le temps de te dégrader, vieille riquette. Dégage.
Conclusions
"Science et Vie" n'a dit que la vérité, il l'a dit, je le répète. Je tiens à disposition les textes originaux. Je les ai seulement un peu "interprétés".
Nous étions, dans le cas du SV, dans le domaine de l'informationnel, dans le mien du gratuiciel.
La science doit-elle être vérifiable?
La réponse se trouve dans le prochain numéro du magazine. Dans un article, il y est dit que la gravitation universelle ne serait pas une force fondamentale, que la physique quantique vient à l'attaquer sur ses bases. Niels Bohr parlait de cette physique quantique pour la classer hors des réalités. La théorie des cordes souvent placée entre les deux théories n'a jamais pu être démontrée. "Il faut s'affranchir de la réalité", était-il dit. Donc, pas de souci.
Je vous avais déjà prévenu "Ne bosons pas". Il s'agissait alors, pas moins, de la "particule de Dieu". C'est vrai, les particules sont souvent "inventées" avant d'être découvertes. Alors, inventer "Dieu"? Si le quark "bottom" a été observé en 1977 sans soupçon préalable, le "up", le "down" et le "strange" avaient été imaginé par le physicien Murrau Gell-Mann dès 1964. Quant au "charm", il existait en théorie dès 1970 avant d'être débusqué en 1974. Je ne sais pour vous, mais moi, je reste, vraiment, sous le charme.
La Science se doit-elle d'être belle?
Oui, elle le peut, nous l'avons vu avec les fractales. On réconcilie, ainsi, artistes et scientifiques.
Est-ce que ces incroyables vérités, ces révélations vont-elles changer notre vie de tous les jours? Cela reste à démontrer.
Il existera toujours un fossé entre sciences fondamentales et sciences appliquées, un lien que l'on voudrait toujours plus ténu.
La Science doit-elle être compréhensible?
Là, je cèderai la parole Stephen W. Hawking qui écrivait dans son livre "Petite histoire de l'Univers": "Si nous parvenons un jour à établir une théorie unifiée, elle devra devenir, en temps voulu, compréhensible par tous, et non pas seulement par quelques scientifiques. Nous serons alors tous à même de prendre part à la discussion sur la question de savoir pourquoi l'Univers existe".
La Science doit faire rêver pour exister, ça c'est sûr.
- Et, toi, l'enfoiré, continue à interprèter, à extrapoler, mais évapore-toi, dégage...
Après un mois de juillet torride mais capricieux, un mois d'août de draches (douches) nationales ou non, je me devais de terminer cette période de vacances de manière déjantée pour ceux qui n'y entendent rien en Sciences. Celles-ci ne doivent pas être toujours sérieuses.
Le mois de septembre, c'est celui où on rencontre, statistiquement, le plus de Vierges.
J'en suis une... Ce qu'en dit Marie-Claude n'est pas dénué de vérités.
Maintenant, de là à dire que que cela soit "incroyable", je n'irai jamais jusque là.
Bonne rentrée dans le monde du réel...
L'enfoiré,
Sur Agoravox, de grands scientifiques vous attendent.
Citations:
- "Sachez que je puis croire toute chose, pourvu qu'elles soient franchement incroyables.", Oscar Wilde
- "L'homme ne progresse pas de l'erreur vers la vérité, mais de vérités en vérités, d'une vérité moindre à une vérité plus grande.", Swami Vivekananda
- "Nous sommes au coeur de la condition humaine. Inquiétante et tragique. Que savons-nous? Et, ce que nous savons, qu'est-ce que cela vaut? Parce que elle peut se tromper et reconnaitre ses erreurs, la Science reste fiable", Jean Bandot
08:00 Publié dans Actualité, Parodie et humour, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
18/06/2010
Pourquoi partons-nous en voyage?
A question idiote, réponse idiote... Pour passer des vacances, pardi. Pour se ressourcer, pour oublier la vie de travail... Mais est-ce le voyage qui apportera cette parenthèse? Nous avons les avions pour aller de plus en plus loin et en peu de temps.
Avant le rétrécissement de notre planète, "voyager" avait toujours été considéré comme une expédition. Les moyens de transports étaient lents et étaient plus risqués qu'aujourd'hui. Tout déplacement se préparait longtemps à l'avance. Notre modernisme a changé la donne. On voyage en avion comme on prendrait le tramway au coin de la rue. L'envie du "voyage" en tant que tel se perd.
"Mieux vaut voyager plein d'espoir qu'arriver au but" disait l'écrivain anglais Robert Louis Stevenson.
Le voyage au 19ème siècle était encore un but en lui-même. Il faisait rêver. Plus loin dans l'histoire, les croisades, elles-mêmes, faisaient oublier les risques comme une véritable proie pour l'ombre.
Les voyages prenaient des mois, si pas des années. L'aventure commençait dès qu'on sortait de son habitation. Chercher dans l'aventure plutôt que trouver le but à destination, qui lui n'était pas toujours agréable.
Bouddhistes et taoïstes ont la même vision du voyage long et lent. Le voyage se faisait même à pied et donc restait très local. Modestie qui permettait d'apprécier les paysages et les gens qui transitaient devant les yeux du voyageur. Les paysages ne changeaient pas dans la journée. Ils s'égrenaient au compte gouttes des kilomètres. parcourus On prenait le temps. Tout simplement.
En 1936, les premiers congés payés, les premières vacances, ont été accordés et ont changé la donne. Alors, on commença par se tourner vers les endroits les plus proches, la mer, la campagne, la montagne. Il fallait tout découvrir. Les années passèrent. Les moyens de transport performaient de mieux en mieux. Le train, d'abord. L'avion, ensuite. Alors, le monde est devenu de plus en plus petit. Trop petit. Il fallait comprendre les cultures ou croire pouvoir le faire, dont les médias nous avaient informé avec un certain détail.
Le point de départ et la destination devinrent les seules préoccupations. Le voyage, lui-même, perdait ses attraits. Seule la destination n'avait de l'importance.
La philosophie du "voyage" est devenue plus comme une volonté de "téléportation". "Scotty, téléporte-moi" était dit dans Star Trek. Sont à l'honneur les espaces sidéraux, mais, sur Terre. Un claquement des doigts et on se retrouverait téléporté sur le lieu de nos vacances sans tarder, sans essences, sans fatigues, sans aléas et sans les risques dus à la route.
Les avions retardés ou les trains surchargés, on ne supporte plus. Il faut aller toujours plus vite. Nous sommes à l'ère des nano-secondes, du jet flag et du décalage horaire. Il faut assumer tout d'un coup, et c'est seule obligation.
Le temps du voyage ne se supporte plus. Il entrave plutôt qu'il ne réjouit.
La science fiction revient même dans le réel par la physique quantique.
L'imposteur était le cinquième épisode de la série de Star Trek. Serions-nous devenus des imposteurs du voyage?
"Trop vite", comme l'écrit Jean-Louis Servan-Schreiber. Le court-termisme de nos entreprises, de nos politiques est passé dans nos vacances. On achète le guide touristique pour ne pas paraître trop idiot, mais on le découvrira sur place. Pas le temps de faire plus. Cette année, on a épargné et on va "faire" la Guadeloupe. L'année précédente, on "avait fait" la Chine.
C'est surtout quand le prix des déplacements et des voyages ne font que baisser, que le besoin de changement d'air est recherché en dépit de toutes logiques. Les voyages low-cost y contribuent. Le kerosène reste, artificiellement, non taxé et ceci explique partiellement cela. Récemment, trois millions de dollars d'amendes à payer par Ryanair parce qu'ils ont oublié leurs obligations vis-a-vis des naufragés du volcan islandais. Cela va devoir nécessairement se retrouver, un jour, dans les prix des billets, d'une manière ou une autre. Cette méthode de voyage a, seulement, permis de donner l'envie de s'évader à plus de gens et de créer de nouveaux consommateurs.
Le Vif, l'Express se posait la question de "Vivre sans avions". J'avais laissé cette question dans un sondage en fin d'un de mes articles, resté sans réponses. Les problèmes du volcan avaient-ils diminué les envies de prendre l'avion?
Les médias répondaient à ma question. Il était dit qu'en avril, il y avait eu une réduction de 10% à 20% des enregistrements de voyages en avion. Situation économique oblige penserait-on? Pas sûr. On oublie vite. Les vacances sont moins longues en nombre de jours mais sont plus nombreuses. Il faut meubler les temps libres.
Notre dépendance vis-à-vis de l'avion est trop grande pour oser dire "non" à l'avion. Tout est véhiculé par avion. Malgré la raréfaction des ressources et du pétrole, le changement climatique, le volcan sans accalmie, les derniers accidents, rien ne permet actuellement d'imaginer des alternatives efficaces surtout quand il faut passer les océans. Toujours plus loin et plus vite...
Si les règles deviennent même plus souples depuis le volcan, les aéroports restent fermés pour cause de grève... Pour commencer 2010, trois accidents d'avions, trois atterrissages, à Smolensk, à Tripoli, en Inde... coup sur coup, qui se sont terminés par un crash, toujours inexpliqués, ne sont pas là pour rassurer.
Alors, voyage ou pas voyage? Est-ce être une Star ou le Treking qui subsiste dans les esprits? Est-ce le goût d'aller voir ailleurs si l'herbe n'y était pas plus verte? Pas vraiment.
Les vacances, on les a méritées, disait l'un des vacanciers. Les vacances de Pâques, c'est sacré, ajoutait le suivant. L'éruption du volcan islandais a imposé un autre timing pour le retour de ces vacances de Pâques et hypothéqué le départ de ceux qui devaient reprendre le collier. Une pause forcée?
La dissociation de la route et du voyage par l'abstraction de tout ce qui faisait le plaisir, est peut-être la première approche vers cette fiction de Star Trek.
Le dicton "La route, c'est ma liberté" est aussi bien passé de mise. La voiture, tout le monde veut en avoir une et les routes se sont rendues à la merci du moindre accident, de la moindre panne, de la moindre incartade pour nous plonger dans des bouchons dès les premiers rayons du soleil.
"L'art du voyage" de Alain de Botton ne consiste plus qu'en milles et en milestones, avec des étapes, des endroits de passage qui n'auraient plus d'attraits. Pour lui, c'est le train qui laisserait encore une chance au voyageur de voyager. Le train reste encore le meilleur moyen de transport "pré-vacances".
En voiture, il faut oublier les kilomètres le plus agréablement possible. Préparer ses vacances, c'est se tourner, les mois qui précèdent, vers Internet, chercher l'hôtel pour le ou les étapes et la destination, trouver l'itinéraire le plus adapté et pas nécessairement le plus court, le moins encombré potentiellement. Sans beaucoup chercher plus loin. Rêver du point final avec les pieds en éventail sur le sable chaud avec le soleil au zénith et le ciel bleu, par dessus, à faire pâlir de jalousie les collègues.
En route, le GPS est le guide obsessionnel par conception. Il va à la recherche du parcours le plus court. Il s'en fout de ce qu'on voudrait voir ou même éviter. Il a un programme intransigeant. Un oeil fixé sur lui, les changements de paysages ne sont plus que dans nos lointains souvenirs imaginaires. Seul la destination importe et les transitions sont devenues inintéressantes et ephémères. Le voyage, c'est, tout simplement, du temps perdu pour les "vraies vacances". Nouvelle du jour: Les Belges sont gros dépensiers pendant les vacances, est-il dit.
Emprunter les petits chemins de campagne, ce sont des détours. Qu'est ce qui l'arrêtera à un endroit plutôt qu'un autre? Un château pour l'exotisme de l'histoire, un endroit pour les enfants, des prix de séjours hors concurrence, une publicité bien faite... Tout reste bon pour attirer le toutou, le toutou, le touriste.
"Le bonheur, c'est toujours pour demain", chantait Pierre Perret. Ce serait encore mieux si c'était dans l'heure, la minute suivante, dans ce cas.
Ce n'est que lorsque nous sortons de l'autoroute que le voyage commence. Avant cela, on peut parler d'un long tunnel, d'un non-lieu que la téléportation nous ferait éviter. (Sources)
Il est vrai que rien ne ressemble plus à une autoroute qu'une autre autoroute avec ses stations service, ces restoroutes, en suivant les mêmes signes et symboles pour nous diriger vers "cette" destination.
Lieux de passages obligés plus que plaisirs du voyage. Des non-lieux, sans âme, sans liens culturels commun comme le disait Marc Augé. Ils n'intéressent plus. Donner sa position en cas de panne se résumerait à donner la borne kilométrique sans autre mention de lieu. On attendrait alors que cela passe dans le couloir d'attente en perdant toutes relations avec les endroits de ce passage. Ensuite, vite la sortie de l'autoroute pour qu'on puisse enfin profiter de ces "putains" de vacances tant attendues pendant lesquelles, il faut en avoir pour son argent.
A destination, au moins, on pourra recréer notre chez-soi dans le microcosme de l'hôtel ou autour de la piscine de celui-ci.
Là, dans un enclos, le ghetto pour touristes, on pourra rire haut et fort. Se croire et faire comme chez soi. Espérer manger comme chez soi...
De deux semaines de congés, en 1936, on est passé à 6 semaines voir plus en cumulant les heures supplémentaires. Donc, plus de temps, en principe. Mais l'employeur n'aime pas les trop longues vacances. Les bénéficiaires non plus d'ailleurs. Ils ont commencé à les morceler ces congés en semaines voir en week-end pour les étaler sur toute l'année. Recommencer le voyage, en boucle planifiées de longues dates comme des obligations pour être reconnu dans notre société consumériste. Dans ces conditions, souvent, les photos vont se résumer à quelques vues de la famille, souriantes à souhait, autour et dans l'eau de la piscine de l'hôtel. Photos que l'on s'empressera, ensuite, de lancer sur Facebook pour mettre au courant le maximum de personnes de notre voyage idyllique. En dessous d'une photo, on pourra peut-être lire. "Nous voici, au Japon". Sous la suivante, "la Chine dans tous ces états". Comme conclusion, on lirait même "Je te dis pas le nombre de pays que nous avons survolés".
Cela risque de ne pas changer avant plus soif. L'offre et la demande, insensible aux problèmes, s'envole encore. Elle est, en hausse de 10% en 2010. La Chine, avec une nouvelle flotte, commence également à passer aux kilomètres volants.
En avion, à 10 kilomètres d'altitude, en escomptant les trous d'air, ce n'est pas les nuages qui nous feront voir la nouveauté dans l'aventure.
Le train reprend aussi du poil de la bête quand l'avion reste au sol. De nouvelles rames d'Eurostar avaient été installées en catastrophe pendant les grèves forcées, volcanisées. Les LGV (Ligne de Trains à Grande Vitesse), le Fyra, le Pendolo, l'AGV, le Velaro, le Zefiro vont reprendre le flambeau des Thalys, des TGV et Eurostar.
La règle dans un avenir plus ou moins lointain sous l'angle écologique ira à l'économie. L'idée de l'austérité à la cote de la mode. Pousser la vidéoconférence, la production locale des marchandises, vivre sans avions, redécouvrir le voyage. Faudra s'y faire.
Faudra, aussi, peut-être, revenir aux sources et y trouver ce qu'on n'y a pas aperçu à première vue. L'aventure se rencontre aussi quand on ne s'y attend pas, au détour d'un chemin banal à souhait, sans effort. Il suffit parfois de lever la tête ou de la baisser au raz des pâquerettes. ( Une Histoire d'un autre temps.)
Vu la saison, peut-être vous préparez-vous à l'exotisme en chambre? Les livres sont nombreux pour compléter les points de visite ou de séjour. Mais, la "belle aventure", elle, ne commencera que sur le terrain.
Alors, pour être complet, il reste les professionnels du voyage. Pourquoi pas, les "obsessionnels du voyage"?
Florence Arthaud, dans son livre "Un vent de liberté", Olivier de Kersauson, dans "Ocean's song", nous rappellent qu'il y a d'autres voies. Pour eux, c'est la liberté, le voyage passion et la solitude qui attirent et pas les destinations.
Olivier de Kersauson écrivait en substance: "Aujourd'hui, on ne voyage plus: on se déplace comme des représentants en cravate et bonnet de bain. On ne compte que sur la cure de soleil. On est soumis au voyage. Dans le voyage, je crois à un "état de disponibilité" du voyageur dans une joie profonde et enfantine à cingler vers l'ailleurs pour rentrer dans le décor à pas comptés et sans appartenance quelconque. Voyager ce n'est pas être témoin, mais du plaisir pour servir la beauté du monde. La fin du voyage en mer, c'est la fin de la fête. Le voyage reste sans souvenirs, mais juste des impressions".
Joseph Kessel dans "Valle des Rubis" écrit: "Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas,. On rêve sur les cartes. On repère les noms magnifiques des villes inconnues".
"Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme", chantait Renaud.
L'aventure métaphysique de la découverte ne se retrouve plus que chez ce genre d'aventuriers de l'extrême et qui vendent encore du rêve à crédit par ricochet dans des films ou des livres.
Pour les autres, la dématérialisation du voyage, du savoir s'est radicalisée en feuilletant le grand livre du monde par l'intermédiaire de Google.
Le touriste d'avant était un messager, un colporteur de nouvelles, toujours curieux de tout. Le tourisme s'est, désormais, démocratisé et par là, s'est désensibilisé pour se transformer en objet de rendement. Payé au "juste prix", le voyage s'est déresponsabilisé avec une absence de la vie active au bout du tunnel.
Le journaliste, Seth Stevenson, en véritable globe trotter, disait qu'il avait fait le tour du monde sans prendre l'avion en respectant le "just in time" à la découverte des autres cultures.
Les tours-opérateurs vendent, eux, du voyage absolutiste mais restent brouillons en oubliant de vendre le rêve. Le voyage n'est donc plus l'essentiel. Du manque à gagner qui empêche de consommer à destination. Le dépaysement, l'exotisme ne sont plus des arguments de vente.
Personnellement, j'ai toujours aimé le voyage pour lui-même. Je comprends parfaitement ce sentiment de ses navigateurs solitaires, qui ne se sentent jamais totalement satisfait là où ils arrivent ou qui se retrouvent toujours au même endroit. Je ne suis pas Breton, ce ne sera donc pas par la mer, ma recherche de cet "autre chose", de cet "autrement", de cette "impossible étoile" comme chantait Brel.
J'ai reçu une formation avec des langues mortes dans les bagages. Les pays qui ont fait partie de l'histoire d'Ulysse, de l'Odyssée, me sont restés comme fil conducteur dès le départ.
Puis, on élargit son champ de vision. Une autre histoire commençait.
Les Belges adorent leurs vacances. Bonne ou mauvaise nouvelle?
Sera-ce "Tous à la plage" comme le proposait récemment Thalassa, mais qui n'est peut-être pas l'aventure rêvée de tous.
Que vous souhaiter, alors, pour terminer ce billet ?
"Bonnes vacances", "bon voyage", "bonne aventure" ou "bonne téléportation"?
A vous de me le dire.
L'enfoiré,
Articles associés: "Les vacances de demain comme d'avant hier?" , "Vacances autrement"'
Citations:
- "On ne voyage pas pour voyager mais pour avoir voyagé.", Alphonse Karr
- "Le vrai voyage, c'est d'y aller. Une fois arrivé, le voyage est fini. Aujourd'hui les gens commencent par la fin.", Hugo Verlomme
- "On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances ; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux.", David Foenkinos
-
"Ce n'est pas la destination mais la route qui compte.", proverbe gitan.

08:15 Publié dans Actualité, Jeux et plaisirs, Loisirs, Nature et Ecologie, Organisation, Parodie et humour, Santé et bien être, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

















































































