18/11/2009

L'art du jeu

Nous sommes déjà entrés par la grande porte du jeu de la loterie. A côté d'elle, à l'échelle nationale, existent bien d'autres moyens qui permettent de passer le temps agréablement ou de manière vraiment plus stressante. Le jeu a une histoire. Profite-t-il à nous mêmes ou est-ce pour un profit bien plus commun, plus trouble aussi?

 

L'art du jeu.jpgNous avons fêté le jeu par la Loterie à la suite de son 75ème anniversaire. Superstition aidant, vendredi 13 dernier, 15.000 euros de mise, plus de 7000 transactions s'ajoutaient toutes les minutes. Plus de onze millions, cela laisse rêveur. Cela a aussi créé un blocage du système et le lotto a perdu la boule. A l'occasion de l'anniversaire, à Bruxelles, un exposition "L'art du jeu" présente une collection de 130 objets, de tableaux, de sculptures et de documents historique. "Elle illustre le thème central de la fascination séculaire de l'homme pour le jeu de hasard, de l'Antiquité à nos jours", dit la publicité de l'exposition. Alors, remontons dans l'histoire.

L'histoire du jeu remonte vraiment à l'apparition de l'homme. D'abord très simple, le jeu s'est très vite complexifié pour grimper le jeu au niveau du culte, de la passion, de l'abrutissement, quitte à en devenir stressant.L'art du jeu10.jpg

Dérivatifs des esprits troublés par une situation difficilement supportable psychologiquement, les jeux de société, les jouets ne sont que le reflet de la réussite ou de l'inconfort de nos sociétés. Beaucoup de petites histoires, de légendes tournent autour des jeux.

Les Égyptiens auraient inventé une forme primitive du jeu de l'oie, les Grecs, les dames, l'Orient, les échecs, les Américains, le Monopoly en 1935, ... Pas de limites sinon l'imagination. Depuis lors, ce dernier jeu serait le plus vendu dans le monde avec ses 200 millions d'exemplaires à la disposition d'un demi-milliard de joueurs. Ce premier jeu "à devenir millionnaire" a rendu son mythique inventeur, Charles Darrow, (ou successeurs de Elizabeth Magie, 30 ans plus tôt) millionnaire en dollars de l'époque. Le Scrabble, en trouvant à placer ses lettres dans 29 langues différentes et 121 pays, suit immédiatement. En 1948, Alfred Mosher, alors au chômage, avait exploité sa passion pour les mots et développé le Lexiko ancètre du Scrabble.

L'art du jeu20.jpgLes Échecs, le maitre des jeux de réflexion et de stratégie rend ses plus fanatiques, fou des points ELO. Ce jeu reste le meilleur microcosme de vie pour apprendre à reconnaitre les forces et les faiblesses d'un adversaire dans une joute.

Le fameux "wargame" (jeu de guerre) effraie par son concept de simulation des batailles et des guerres.20081022Crise Paradis.jpg

Mais, il y a les jeux moins casse-tête qui n'entraîne que le porte-monnaie. On peut miser dans ces jeux,  y parier sur n'importe quoi, désormais. Les paris en ligne sont de ceux-là. En Europe, dix milliards d'euros en 2006 y transitaient. Au grand dam des Etats concernés, ses producteurs utilisent encore par des endroits comme Malte pour contourner la législation et échapper aux 30% des bénéfices à verser dans les caisses de l'État.

Jouons ensemble_licencié.jpgLa modernité d'Internet, les solitudes d'Internet cachent, dès lors, les vices les plus cachés! Tout se retrouve dans le virtuel, dans l'anonymat.

Deuxième business d'Internet après le sexe, le jeu pourrait le dépasser ! En temps de crise, on peut encore plus justifier de vouloir gagner le gros coup, vite fait.

Nous en sommes de plus en plus loin de cette idée de délassement apportée par le jeu. L'attirance de l'argent a pris le relais.

Le Nouvel Obs titrait récemment "Internet. Le tripot va s'ouvrir". Fini le le monopole du Loto et du PMU. Des dizaines de nouveaux acteurs - souvent proche de l'Elysée - se lancent dans les paris sportifs et le poker en ligne...". Alors, si l'Etat s'en mêle...

Ce sont des jeux de société dans lesquels il devient difficile de trouver une société. Comment exprimer sa joie ou son amertume devant une machine inerte et sans âme? La machine va dans son plus grand effort envoyer un cordial "Bravo" pour féliciter son joueur, mais à part cela ? La présence d'un "adversaire" de jeu, par son côté visuel, vocal, émotionnel si nécessaire dans les instants de mise en parenthèse de la vie est devenu bien absent. Pendant que nous séchons devant un coup à faire ou ne pas faire, la pub en coin aura eu, aussi probablement, l'occasion d'attirer le regard  sur autre chose et rien que cela aura justifié l'installation d'un jeu dit "gratuit".

Le Vif L'Express parlait récemment de la métamorphose des jeux vidéo et d'une année 2009 historique dans le domaine. Au Festival de Gamescom à Cologne, le 22 août dernier, on s'y pressait de partout pour s'exercer au Nitendo DSi. La version Go de la Playstastion, était annoncée pour le 1er octobre. Elle sera portable sous forme de jeux uniquement accessibles après téléchargements, était-il dit. "Aion, ton univers impitoyable". Bizarrement, la distribution en ligne ne s'est pas encore frottée à la loi HADOPI. Les nouvelles générations arrivent et se bousculent. La Playstation 3 Slim ne sera qu'un intermède avant la version 4.

Les adeptes de la joystick, n'en déplaise à certains, s'abrutissent par leur fanatisme. Les raisons de cette intoxication? Un esprit qui se veut jeune, poussé par l'obligation d'être dans le coup? La violence qui en fait partie ne me donne pas la confiance que l'on devrait trouver dans tous les délassements. Un "Questions à la Une" du 9 mai 2007 (vidéo) se posait la question "Les jeux vidéo forment-ils des meurtriers?". Serait-on dans la représentation de la violence gratuite pour associer, plus tard, les dérives du virtuel vers le réel? GTA, Manhunt, Dead Rising, ultra réalistes, permettent d'incarner ni plus ni moins que des « serial killers ». Rendent-ils agressifs? Les psychologues n'ont pas une réponse commune. Mais, la dépendance poussent ces pratiquants à accumuler les heures nocturnes jusqu'à en perdre le sommeil et écarte toute envie de s'adonner à toutes autres activités. Dérivatifs stressants à souhait et sans beaucoup d'intérêt, sinon tenir éveillé et stressé. La tactique se résume à sa plus simple expression et la réflexion n'est vraiment plus de la partie. Douze à vingt heures accrochés devant l'écran du PC force à penser que lui, au moins, restera toujours le plus fort.

Le replis et l'agression sont du parcours quand une discussion s'engage avec un "moralisateur" du jeu. Les jeux vidéos sont devenus les plus vendus sur les marchés. Ce qui rend, déjà, ce "moralisateur" sujet à caution. Les fabricants de ces jeux en veulent plus et ne cherchent pas, nécessairement, à attirer toujours d'autres consommateurs tels que des amateurs de devinettes, énigmes qui demanderaient trop de remue-méninges. Alors, on ratisse de plus en plus large, mais on ne rase plus  vraiment plus gratis. Douze milliards de dollars en 2008 aux États-Unis. Ce n'est plus Tintin qui a un public de 7 à 77 ans (pub probablement déposée), mais on espère atteindre un public de 6 à 60 ans, plus rentable. On va donc d'une version d'Alice détective chez Majesto Games à un jeu à coup de questions-réponses pertinentes à des âges divers bien ajustés chez Electronic Arts (Smarty Pants). On parle même de ces jeux comme remplacement des moteurs de recherches. C'est déjà un mieux par rapport aux jeux violents. Mais...

Peut importe les média utilisés pour y arriver. On peut, désormais, tout faire. A distance, par portable, pourquoi pas?

Nintendo est limité même si celui-ci fait un malheur dans les ventes. Les démons du jeu, qui se retrouvent parmi adultes et enfants, ont été envoutés par "World of Warcraft" (WOW) qui se joue dans le monde virtuel d'Internet où les abonnés vont pouvoir s'adonner 24h sur 24h. L'année passée, son éditeur, filiale de Vivendi, allait encaisser 400 millions d'euros (CD=45euros + 13euros par mois pour l'abonnement) parmi les cinq millions d'adeptes, anonçait-on. Vivre une vie en parallèle dans des personnages de fiction du passé avec des noms moyenâgeux, des avatars dans le monde d'Azeroth. Pièce de théâtre de drogués de jeux, dans laquelle, il n'est pas permis de laisser la vraie vie suivre son cours bien qu'on encourage, paraît-il, les joueurs à faire des pauses. Bien qu'interdit, un trafic d'objets virtuels existe bien et de l'argent bien réel entre en jeu. Un monde lucratif virtuel, parfois plus cruel, plus capitaliste que le réel, donc.

Une forme de jeu nouvelle vague (apparue en 2003) entre dans les dédales d'une "Second life". Univers de soleil et de couleurs mais qui se vit de nuit. L'"ancienne vie" est mise de côté pour faire place, cette fois, à un monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Écologique, le voyage n'existe plus: on se téléporte. Tous les phantasmes y sont permis déguisé par un avatar. Jeu de rôle théâtral, du style Mangas japonais, qui transgresse le réel sans avoir étudié les règles du théâtre. Encore marginal en Belgique (6500 adeptes), SL, sera-ce le nouvel opium jeune où il faudra être présent pour exister ?

S'il s'agissait d'étudier de recréer l'histoire par le jeu, il n'y aurait pas de risque en la demeure. Mais, le goût ou l'esprit guerrier serait moins appréciable et pourrait trouver une finalité dans d'autres environnements beaucoup moins pacifiques.

Pour les grands consommateurs du réels, il y a les machines à sous. Deux casinos, déjà, au centre de Bruxelles. Serge Minet, thérapeute clinicien, responsable de la clinique du jeu pathologique au CHU Brugman (auteur de «Le plaisir du jeu : entre passion et souffrance : La joueuse») crévelait le caractère de danger dont on ne peut encore estimer les effets. La fraicheur de l'événement d'être la seule ville à avoir ce dérivatif dans son sein empêche les statistiques fiables. On dénombre 100.000 Belges "passionnés" par le jeu. 15% d'entre eux sont clairement "à risque". Il parait que les Belges sont de plus en plus accros aux jeux. Les jeux à effets immédiats par le gain ou la perte (Presto) sont évidemment plus dangereux. Mais, tout jeu comprenant une récompense en argent peut être considéré comme des "toxiques" à risques comme les drogues douces ou fortes par la dépendance qu'il entraine. Jouer, cela n'est rien. C'est rejouer qui est le problème majeur. Le joueur "mordu" va jurer qu'on ne l'y prendra plus à son entourage, mais, en le disant, il se lance dans le parjure. L'excitation face aux machines à sous est trop forte. Les thérapies habituelles sensibilisent et forcent à parler de leur vice en voulant être solidaire. Un profile pathologique a été dressé en 2005 par la Commission des jeux de hasard. Le rapport qui en a été fait ne manque de soulever le problème des troubles psychologiques et compulsifs perçu par l'anxiété et la dépression des accros. Le sur-endettement et la contagion chez les proches dans le vice ne trouvent de solution que par l'abstinence complète et l'interdiction d'accès aux tables de jeux comme il serait fait pour une drogue forte.

Plus il y a de l'argent à la source et plus, il y aura de candidats à l'accomplissement du vice. Ce qu'on appelle les drogués du jeu se retrouvent dans toutes les classes sociales. Le casino est leur refuge de prédilection. Darry Cowl avait demandé aux casinos qu'il fréquentait de lui en interdire l'accès. Ce réveil n'a pas été automatique et a nécessité de l'aide de son entourage et une thérapie de psychanalystes si cela ne suffisait pas. Les machines à sous génèrent une addiction telle que 300.000 personnes sont "accros" en France d'après de statistiques récentes mais certainement incomplètes. Certains joueurs repentis ont entrepris des actions en justice contre ces casinos pour leur manque de prévention et de précautions prises vis-à-vis de leurs "victimes volontaires". Arrivé au stade où le joueur ne peut s'arrêter. Il est, alors, difficile de s'apercevoir qu'il perd jusqu'à son instinct de conservation. Dans cette spirale, le domaine du jeu est passé dans celui de la roulette russe. Les innocentes cartes de jeu et les dés arrivent vite à passer la ligne verte. Ils se faufilent dans les poches avec trop de facilité même s'ils affichent une popularité qui ne s'émousse jamais. Grâce au hasard, au bluff et à la stratégie que le jeu de cartes demande, le poker est un phénomène de société qui traverse le temps. Poussé par le showbiz, 80 millions de joueurs réguliers est en augmentation. Prochainement, une nouvelle loi belge va mettre le holà à des parties clandestines qui se terminent parfois très mal.

On pourrait croire que les attrait des relations humaines ne font plus recette. Heureusement, il y a les jeux traditionnels à l'ombre, à la maison ou ailleurs. Jeux sans gagnants ni perdants et qui font participer les joueurs en coopération par le besoin de relations humaines qu'ils procurent. Les jeux de rôle ont pour objectif de défendre ensemble une position dans "Les Chevaliers de la table ronde" ou "Donjons et dragons", par exemple. Plus besoins nécessairement de récolter des points ou de faire plier un adversaire. Il s'agit, plutôt, de faire partie d'un univers imaginaire.

Après les effets pervers, du côté des bons points, car il y en a, évidemment, ce sera un meilleur apprentissage de la complexité par le jeu, parfois un microcosme de la vie réelle. Constater la facilité des tout jeunes faces aux ordinateurs. Pour eux, le jeu a été l'initiation naturelle qui fait la différence par rapport aux séniors. Jeux d'acteurs, aussi, dont le joueur ne serait que l'un des personnages du scénario.

Les jeux éducatifs existent, mais, il est avoué, qu'ils n'attirent pas les foules. Peut-être un manque de bon scénario?

Exorciser nos pulsions primaires, les transgresser, pour fonction du jeu vidéo? Peut-être. Tout dépend du joueur, lui-même. S'il est seul, en permancence, face à un écran, cela ne devient pas nécessairement du jeu. Un paliatif, du temps perdu sans dépense physique du corps, très certainement.

20071121R Jeu de l oie.jpgLe jeu dévoile toujours son caractère. Ne réussit pas qui veut quand il s'agit de lancer un coup de bluff au poker ou lors de la recherche d'un emploi.

Quant à moi, je parle de jeu et pourtant, je suis loin d'être ce qu'on peut appeller un "joueur".  Je suis probablement complètement dépassé par l'actualité.

Sur mon PC, ce sera très difficile de trouver beaucoup de programmes qui font partie de cette catégorie. S'ils sont là, c'est qu'ils y étaient au départ. Je n'ai jamais voulu frapper mon supérieur dans le réel, alors dans le virtuel, je n'y aurait pas même pensé...

La tombola n'est pas mon truc. Les lotos qui fleurissent de temps en temps, n'ont vraiment pas eu l'art d'attirer mon attention. J'ai, même, du mal à définir les règles du jeu qui alimentent toutes les cases de ces petits billets qui permettront en principe à l'un des joueurs de sortir gagnant de sa condition à bon compte, si l'on en croit les annonces de la publicité.Devenez Scandaleusement Riche.jpg

Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de passer deux jours à Las Vegas. Selon les statistiques, que l'on m'a données, seulement 2% des visiteurs ne touchent à aucune machine à sous pendant leur séjour. Je me retrouvais, sans le savoir, dans cette minorité.

Donc, désolé, c'était mal parti que d'en parler, je l'avoue. Vous aurez, probablement, d'autres expériences plus passionantes à raconter.

Le jeu ne sert pas qu'à jouer, à se faire plaisir, à faire passer le temps agréablement. Ne pas le savoir, c'est répondre, sans réfléchir, aux désirs de quelques uns de plus intéressés aux grands jeux. Ne pas se le rappeler, jouer, deviendrait  dans ce cas, à une perte de sa liberté.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Si la mèche n'est pas trop chaude, oui.

Alors, sera-ce, les jeux sont faits: perd, impairs et ... trépasse ou voulez-vous jouer avec moi, ce soir?

 

L'enfoiré,

Des gagnants ou des perdants sur Agoravox?



Citations :

  • "On ne réalise vraiment que l'on a perdu à la roulette qu'une fois sorti de la salle de jeu, pas à l'intérieur.", José Artur

  • "La partie la plus cérébrale du jeu - de beaucoup la plus importante - demeure invisible ; c'est donc que le muscle y sert d'écran à l'intelligence", Pierre de Coubertin

  • "Le jeu permet de tout oublier, y compris qu'on n'a pas les moyens de jouer", Philippe Bouvard

 

10/11/2009

Chienne de guerre

"Si tu veux la paix, prépare la guerre", pour expliquer l'armée. Mais, après la guerre, que reste-t-il. La paix? Les souvenirs? Un musée de la guerre? Ca, c'est presque sûr. Des expositions qui se suivent et se ressemblent pour faire comprendre du genre de connerie, la guerre. La dernière exposition "Chienne de guerre" rappelait que les animaux sont utilisés en temps de guerre.

Chienne de guerre_01.jpgLes budgets de la Défense ont toujours été hors normes dans toute l'histoire des nations. Comme signataires de l'Europe, nous avons plus de 60 ans de paix derrière nous. On oublie vite les acquis apporté par cette signature. Depuis, lors, les générations se sont suivies. La guerre a été dite "froide", économique. La mémoire de la guerre est pourtant rafraichie par la représentation quotidienne derrière la petite lucarne. Le documentaire télévisé, avec des images d'archives, colorisées pour réactualiser avec nos habitudes, "L'apocalypse" a fait revivre la 2ème guerre mondiale.

La mémoire, c'est, aussi, les expositions spécialisées, les anniversaires  et les jours de fêtes nationales permettent de ressortir toute ses armes lors de défilés prestigieux. Rien que le mois de juillet compte 20 fêtes nationales dont les plus connues chronologiquement, le Canada, les États-Unis, la France et notre petite Belgique. Les défilés militaires pendant les fêtes nationales sont là pour impressionner. Ils sont les vitrines de notre style de vie et de défense.

Le Cinquantenaire a, dans son sein, une annexe suffisamment importante pour abriter le musée de l'armée. Il pris forme à la fin du XIXème siècle. Léopold II voulait rivaliser avec Paris. Une arcade monumentale s'éleva, dès lors, au milieu d'un parc.En 1923, sous le nom de "Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire", le musée fut créé. Armes, uniformes, médailles, chars, tableaux et statues d'époque vont y trouver place pour rappeler des moments de gloires. L'évolution technique commence avec les brillantes armures du Moyen Age, véritables œuvres d'art pour arriver aux solutions plus modernes au travers des 2 guerres mondiales, après les Pays-Bas autrichiens et l'époque napoléonienne. Visite qui se prolonge par l'aviation militaire et civile dans un hall à la mesure de ces machines volantes.

Chienne de guerre 1.jpgActuellement, une exposition "Chienne de guerre" présente la guerre de 1914-18 avec le rôle joué par les animaux pour soutenir les efforts guerriers des humains. Parfois, pour le meilleur; souvent, pour le pire.

Ce sont, donc, les animaux qui sont à l'honneur comme accompagnateurs de l'homme dans beaucoup de fonctions. Il aurait mieux valu pour eux qu'ils ne nous obéissent pas trop et ne nous fassent pas confiance au vu du tribu qu'ils ont laissé à notre gloire.

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate en 1914, l'animal est une force de travail dans sa relation avec l'homme. Le conflit va lui faire prendre un rôle bien plus important. Les chevaux d'abord, les chiens et les pigeons, ensuite. L'uniforme du soldat, lui-même, est équipé de matière d'origine animale: cuir pour les chaussures et ceinturons, drap de laine pour l'uniforme, plumes et crin de cheval pour le couvre-chef. Le coton remplacera le cuir et la laine en temps de pénurie comme substitut. Prendre soin de son chien et de son cheval devient crucial pour exécuter les opérations de guerre. Chiens mitrailleurs, jouissant d'une ouïe fine et d'un flair, ils sont devenus un auxiliaire de premier ordre comme sentinelle et comme garde. Les pigeons, pour les transmissions. Entre temps, un cinquième de la population civile va se retrouver sur les routes pour fuir la Belgique à bord de charrettes tirées par des chevaux, par le bétail et les chiens et se retrouver sous le feu nourri des avions ennemis. La pénurie de nourriture oblige à devenir écologique avant l'heure. On reconnait et on se protège contre les petits ennemis acariens et autres. Les réquisitions massives des chevaux se multiplient. Dans les milieux colombophiles, l'autorité occupante oblige à déclarer les pigeons, à les enfermer et interdit de les vendre. Les chiens de plus de 40 cms au garrot sont réquisitionnés.

Des souvenirs, donc, à ne plus savoir comment les oublier. On aime se souvenir mais les générations successives usent le souvenir.

Premières constatations générales pour le visiteur d'une telle exposition: beaucoup de visiteurs et ce n'est pas la gratuité seule qui attire. On y vient en famille. Papa, maman et les gosses. C'est le papa qui montre, avec de nombreux gestes aux gosses, le maniement des armes, qui pointe du doigt, avec un certain enthousiasme, les décorations et autres ex-voto. Récompenses des guerres. Quand on pense à ce qu'est une guerre, ce qu'elle rappelle dans la réalité, je reste perplexe par cet enthousiasme. Je me demande incrédule, quel est le but de la manœuvre?

Faire peur? Si c'est le cas, c'est raté. Toutes ouïes, le gamin, cela n'a pas l'air de le faire trembler. Le gamin pense, au contraire, à faire son marché, au nouveau révolver qu'il va pouvoir demander à Saint Nicolas. Est-ce une vue plus pratique  du papa qui se rappelle les difficultés pour trouver de l'emploi, aujourd'hui? Pense-t-il faire un militaire, de son gamin, plus tard? Oui, c'est vrai, il y a quelques bonnes places à prendre dans un futur assez problématique. La propagande militaire "Engagez-vous" pousserait à le croire. Si les quelques galons et décorations, c'est, peut-être, plus gênant à porter sur la poitrine, cela fait briller l'ensemble. Il fut, un jour, où j'avais même rapproché, dans un article, l'esprit du scoutisme avec l'esprit militaire à la vue de la présence mixée et partagée dans une idéologie commune et que l'on pourrait retrouver à l'occasion des jamboree.

Il y avait aussi des militaires d'un âge certain parmi les visiteurs. Eux, ce n'était pas, visiblement, avec une nostalgie contenue, que leur visite se déroulait. Pas d'exubérance, une exploration qui faisait défiler des images contenues au fin fond de leur mémoire.

Plus tard, lors de la visite, je me trouve devant un avion. Un groupe de Japonais s'approche. L'un d'entre eux s'écarte du groupe pour venir se placer devant un avion de la dernière guerre. Associant un grand salut militaire à un sourire plein de dents, il s'attend à ce que ses copains le prennent en photo avec patience et fixité. Clic clac, dans la boîte à souvenirs. Je ne peux m'empêcher de lui faire remarquer en un anglais parfaitement compréhensible "the war is not as simple as a smile and a military salute with the hand" (la guerre n'est pas aussi simple qu'un sourire et qu'un salut militaire). Il continue son sourire et rejoint ses amis sans rien ajouter. Je n'ai pas chercher plus tard à savoir s'il avait compris et s'il était d'accord avec ma réflexion trop philosophique pour un lieu de tant de prestiges.

N'est-ce pas normal de vouloir par idéal défendre l'endroit où l'on est né, "sa" patrie? N'est-il pas normal de montrer à l'autre que notre culture est plus avancée, plus technologique? Vision souvent faussée car qui prendrait l'habitude d'aller en délégation voir cet autre avant de le déclarer comme ennemi? La bonne vie a pris heureusement plus de valeurs. Le temps a effacé les envies belliqueuses. Plus question dans nos pays occidentaux de se lancer dans une aventure sans lendemain.

"Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente" chantait, déjà, Georges Brassens.

C'est presque un lieu commun que de le dire. L'armement a toujours été la préoccupation première des hommes pour défendre leur intégrité, leurs idéologies, leurs frontières. Après, on construit, dès lors, des murs. On vient de fêter le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Celui d'Israël, celui de la Ligne verte, à Nicosie, tomberont, aussi, un jour. La question reste, à quel prix? Mais tous les murs ne peuvent disparaître sans la compréhension que vivre ensemble est la meilleure manière de vivre. Cela imposera une éthique toute particulière dans un monde qui grandit et qui aura de plus en plus de différences de conceptions. Ethique qui ne permettra plus des distortions trop importantes.

Aujourd'hui, les murs passent, parfois, par plus de virtualité mais restent présents en esprit. A Berlin, ce n'est pas de la nostalgie, on parle d'ostalgie. Passer du zoo à la jungle n'est pas une sinécure.20091109Ein Berliner.jpg

Un homme politique disait avant la chute, "j'aime tellement l'Allemagne, que j'en veux deux".

Dans des phases défensives alternées avec des phases offensives et de plus en plus techniques, la peur de l'autre subsiste même si, cette fois, elle devient indéfinissable et moins marquée par deux blocs idéologiques. Moins agressive, mais tout aussi efficace dans leur volonté de détruire les opposants de sa propre idéologie ou pour répondre à une agression. Autre histoire de l'œuf et de la poule probablement. Le fautif est toujours l'agresseur de l'autre camp.

« L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat. », disait le grand guerrier Sun Tzu.

Le patriotisme est-ce la clé du succès et de la vie sereine? Symbole des symboles, le drapeau national et ses couleurs spécifiques. Prestige de combattre pour lui avec des médailles en récompense des loyaux services à la patrie.

20091110Mur de Berlin.jpgEt si les frontières disparaissaient? Arte s'était posé la question dans le Théma du 22 janvier 2008. A l'échelle mondiale, l'ONU tente d'abolir les frontières entrainant la possibilité de s'établir où l'on veut. Fausse sortie, souvent. Il faut en avoir les moyens de cette politique. L'Europe, tente la même opération de rapprochement à l'échelle du continent. Schengen avait élargi le cercle des "amis". Mais, les souverainetés sont toujours présentes pour freiner le mouvement de communion des peuples. L'influence, l'impact de ces décisions de recherche d'identité est énorme. Si les marchandises transitent sans plus beaucoup de documents, l'immigration des hommes n'apparait toujours pas ringarde pour l'accepter de bonne grâce dans un visage que l'on donne de l'humanité. L'extrême droite en fait son leitmotive.

Le 26 novembre, la RTBF se posait vraiment la Question à la Une, du "quoi faire" avec une armée? Cela remettait quelques idées préconçues à leur juste niveau.

Humanitaire ou militaire? C'est un peu le choix aujourd'hui en dehors des points réellement chauds de la planète comme l'Irak et l'Afghanistan.

Les objectifs de l'armée, maintenir la paix. L'ennemi a changé de visage. Plus de confrontation entre deux blocs Est et Ouest. Le communisme s'est mis en veilleuse avec la chute du Mur de Berlin. Le service militaire des jeunes a été supprimé dans beaucoup de pays. Les troupes stationnées en Allemagne en sont sorties. Il s'agit de soutenir l'ONU. Depuis le 11 septembre 2001, l'ennemi se cache derrière le terrorisme qui n'a, lui, plus de frontières. La sophistication ne se retrouve plus nécessairement dans le matériel ad hoc. On cherche à vendre le matériel obsolète. 1500 véhicules de l'armée sont ainsi vendu par an en Belgique, ce qui représente quelques 300 millions d'euros depuis quelques années. Il faut que les nouvelles armes remplacent les anciennes. L'OTAN, trop américain, ne fait pas confiance.

Nous sommes, désormais, à l'ère de la guerre des étoiles et des informations: guerre de tranchée derrière celle des claviers. Ce qui change la donne. Les civiles sont, aussi, devenus plus exposés que les militaires.

La présence militaire en Afghanistan fait débats. Obama se cherche encore dans une question de "stop ou encore". En Belgique, 30 millions d'euros par an et 5 millions pour raison humanitaire. Se spécialiser dans les objectifs devient obligatoire en période de crise.

Les missions à l'étranger sont devenues les raisons principales de l'armée. Au Kosovo, la KFOR après 10 ans sur place, continue à établir des contacts avec la population locale en tenant écartés serbes et Albanais. Le rôle de sociologue apparaît là-bas. A Kandahar ou à Kaboul, c'est plutôt rester sur le qui-vive en attendant que cela passe. Échec en Irak, échec en Afghanistan de la pacification sous la forme uniquement militaire.

Pour recruter de nouveaux jeunes militaires de métier, il faut présenter l'aspect sécuritaire du rôle de l'armée. La sécurité d'emploi en poussant la motivation du côté social. Pourtant, on n'aime pas trop garder les anciens, trop âgés, de plus de 40 ou 50 ans. Retrouver une place dans le civil reste une possibilité, mais c'est un autre monde avec une guerre commerciale comme seule similitude. Tout dépend de l'occupation sous les drapeaux. Pilotes, informaticiens, on aimera peut-être, mais tireur d'élite? Ce n'est pas gagné.20080402Poisson Flahaut.jpg

La sophistication des outils technologique dépasse les anciens outils. Tanks et jeeps, même si ils ont évolué ne trouvent plus vraiment preneur dans la préparation du guerre moderne. Le Président Sarkosy a d'ailleurs réassigné les budgets militaires pour les orienter vers l'espionnage par satellite et la tendance "guerre des étoiles". Les dernières poussées de nationalisme, d'identité nationale ont aussi des relents de trop de déboires à leur actif et ne génèrent pas uniquement les bravos.

Les Balkans ont été le cadre de quelques hésitations de la pacification de l'Europe. La violence dans la fédération de Yougoslavie, assez factice, il est vrai, a été dépecée. La Russie, elle-même, se retrouve seule dans l'ancienne URSS.

En 2007, l'Estonie avait subit une attaque en règle qui avait bloqué tous les réseaux informatiques. La guerre technologique avait commencé. La Russie avait été désignée comme coupable potentiel. Les ordinateurs zombies ont générés paniques et pagailles. Nouvelle stratégie: les Armes d'Informatisations Massives ou de Armes de Désorganisation Massive La bande passante bloquée, les informations et les états ont été obligés de déclarer forfait. Couper les lignes et relancer. Bugs et virus sont les armes de demain pour déstabiliser et il ne faut pas nécessairement une armée pour y arriver. Le piratage et la guerre télécommandée. Des kits de pirate existent dans le commerce. La Société Kaspersky découvre 500 nouveaux virus par jour et évalue à 10.000 internautes capables d'être des cyber-criminels. Le commerce de l'antivirus est évalué à un budget de 100 milliards de dollars. Certains hackers sont contactés et engagés dans les rangs de l'armée de l'ombre. Un pacte de non-agression ne semble se créer que dans la logique. Hacker, une profession à part entière pour demain?

Daniel Cohen sortait récemment un livre qui raconte par le menu cette histoire au travers des siècles avec le titre "La prospérité du vice". Une introduction (inquiète) à l'économie? Pas seulement. L'équilibre des puissances par l'intermédiaire des guerres, parfois religieuses, poussées par le pouvoir et les richesses. "L'Europe pour lui devra apprendre à conjuguer l'idée de l'Empire universel, présente à travers la foi chrétienne, notamment, et le génie singulier de chaque nation", écrit-il.

"Enrôlez-vous", qu'ils disaient. Il est vrai qu'aujourd'hui, vous serez peut-être plus à l'abri à l'intérieur de l'armée qu'à l'extérieur comme civil. Quant à la sécurité d'emploi, elle n'est plus une raison d'assurance dans la longueur, car le carriérisme n'est pas plus prisé qu'ailleurs.

20091027Conflit d'interet.jpgL'Europe, quoi qu'on en dise, a contribué à la paix que nous connaissons. Ceux qui n'en font pas partie rêvent d'y entrer, ceux qui n'y sont pas, rêvent d'en sortir. Paradoxe de notre temps qui cherche son origine dans des raisons économiques et sociales trop peu agencées avec succès. Une vue raccourcie par des pensées d'être à la botte des USA, quelque part, aussi. Et pourtant... La paix reste toujours fragile et dépendante de beaucoup de paramètres de confiance et de compréhension mutuelle. Elle restera toujours dans les mains des populations concernées d'évaluer les risques de ne pas trouver les concessions nécessaires. La Turquie, à cheval sur deux continents, on peut comprendre la difficulté à faire partie du "club" des européens. La Russie, elle, fait partie physiquement du territoire de l'Europe.

Cynisme complet, on avait même entendu "Mieux vaut profiter de la guerre. La paix sera pire". Les armements nouveaux, même avec le prix de la technologie qui diminue, resteront très gloutons en énergie et en monnaie. (USA 500 milliards de dollars, un quart du budget fédéral. L'Europe, le cinquième). Surveiller les amis de nos ennemis dans une hypersurveillance?

20090917Baroso réelu.jpgCanaliser, les instincts, les idées et les idéologies deviendra de plus en plus difficile à l'ère d'Internet.

Ce sera s'armer toujours d'avantage ou s'allier comme seule autre solution. Supprimer les casernes et les militaires, ce n'est pas le premier point dans la "check list" d'installation de la paix durable.

Alors, l'armée au musée ou pour construire la paix? A nous de choisir.

Et si on demandait leur avis à nos animaux de compagnie? Pas sûr de la réponse.20091116Service militaire volontaire.jpg

Entre temps, je cède la parole à la chanson "Des hommes pareils" de Cabrel.

Pour les images de tout cela, c'est ici.


L'Enfoiré,


"A quoi sert l'armée" se posait la question un rédacteur français.

Sur Agoravox, pas de guerre mais des opinions?

Mise à jour du 13/11/2009 : Voici que l'actualité bouscule l'article ou le complète de manière inattendue:Le service militaire réapparait mais il est volontaire. Les inscriptions commencent.


Citations:


  • « Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'armée. Otez l'armée, vous ôtez la guerre. », Victor Hugo

  • « Les plus grands musées du monde ne contiennent que des butins. », Frédéric Dard

  • «  Autrefois on cherchait des armées pour les mener combattre dans un pays. A présent on cherche des pays pour y mener combattre des armées. », Montesquieu

  • « Il y a des hommes politiques éclairés en France et en Allemagne qui ont dit que des pays qui ont la même monnaie ne s'enfermeront plus jamais dans des querelles. », Angela Merkel


27/10/2009

Rêver pour travailler

Rêver pour travailler.jpg

 

"Rêver au travail: tout bénéfice!", lisais-je. Voilà une information qui va battre de vieilles idées préconçues.

 

J'avais déjà osé annoncer que dans notre monde du travail que "La technicité n'était plus seule". Voilà que les neurologues affirment que rêvasser empêcherait de 'patiner' sur place dans le travail. S'imaginer être à une autre place que celle qu'on est, par les obligations, peut être tout bénéfice pour celui qui rêve, ainsi que pour l'entreprise elle-même. Il y avait bien les pauses cafés que le patronat avait accepté à des moments précis de la journée pour dynamiser le travail et recharger les batteries.

Si tous les appareils se rechargent aujourd'hui avec l'énergie en conserve des batteries,.l'homme est, de nature, plus complexe qu'une machine. Relaxations diverses pour construire un ailleurs meilleur?

L'article proposait de "coincer un bic ou un crayon entre les dents, regarder dehors ou fixer un point au plafond et respirez profondément. Ne pas oublier de sourire de temps à autre. Visualisez son rêve. Testez mentalement tout et n'importe quoi.".

Surpris d'une telle proposition? Le règne de l'efficacité aurait-il pris une mauvaise voie? Je suppose que les neurologues ne sont pas payés par les rêveurs. Tellement d'activités sont planifiées dans une journée de travail qu'il faille un agenda en permanence devant les yeux. Aurait-on remarque que le metro-boulot-dodo, a quelques tares dans sa besace? L'efficacité et la rentabilité ne seraient qu'un moyen de rater plus important encore: la coordination qui communie tous les potentiels ? La recherche de la 25ème heure n'a manifestement pas donner ses fruits. Le stress empêcherait de découvrir les bonnes solutions parmi une série de possibilités.

Cette fois, les neurologues le confirment. Ils nous apprennent que rêvasser favorise la clairvoyance, la créativité, la flexibilité et même l'efficacité. Justement les compétences tant désirées dans la vie des entreprises.

Trop en porte à faux sur le futur, cela demanderait toujours plus d'« overhead ». Sous peine d'accuser un « overflow » de travail, il fallait, jusqu'à il y a peu, diviser le temps, le planifier en lui attribuant des priorités pour réagir aux événements.

Un agenda bien remplis et divisé entre tâches bien définies entre important et urgentpour assurer une bonne organisation. C'est vrai cela supprime une partie de stress. Il était recommandé ensuite de classez pour moins avoir à chercher.

"Priority Management" avait fait son succès dans les entreprises sur ces seules découvertes d'organisation. Il ajoutait dans le "programme du règne de l'efficacité" de la journée, quelques moments réservés à l'insouciance, à l'évasion. Moments de délassement pour oublier l'abondance d'une vie trop stressante.

Pour corser les difficultés, certains services sont à la merci d'un coup de téléphone et doivent laisser s'échapper le travail en cours pour passer à une tâche nouvelle "super importante", "super urgente". Achevée, cette activité, bulle dans le temps, elle restera latente dans l'esprit. Retourner à la tâche -1 fait reperdre un temps de récupération du problème là où il a été laissé.

Exercice d'adaptation aux circonstances, bien sûr.

Prenons du recul. La complexité des choses n'a fait que s'amplifier, diminution des coûts obligent, et les tâches attribuées par personne n'a fait que qu'augmenter. La réflexion pour imaginer des corrections à ces processus que seules les machines pourraient assumer, serait bien nécessaire. Rien n'est moins réglé comme du papier à musique que l'invention forcée.

Les résultats d'enquêtes vont plus loin. La "to-do list" du type bien organisé comme le préconisait Priority Management ferait partie d'un temps révolu.

Rodin avait raison de faire penser son "Penseur". L'activité cérébrale est plus complexe que prévu. Elle "travaillerait" même pendant notre subconscient, dans le rêve-éveillé comme elle le fait naturellement quand on respire, sans s'en rendre compte. Les deux niveaux cérébraux, le conscient et le subconscient, rendraient les possibilités illimitées. Certains spécialistes du cerveau disent que l'on utilise 30% de notre temps éveillé à rêvasser. C'est dire que tout le monde y gagne et que cela marche. Approche intuitive, qu'il faudra être capable de l'identifier comme une idée opportune si pas neuve, pour passer à la vitesse supérieure.

Le peintre belge, Magritte, devait avoir beaucoup de moments de rêve pour gérer sa créativité, son surréalisme de ses peintures. Il faudrait seulement s'en donner l'occasion et le temps ailleurs que devant une toile. "Voir" des choses qui n'existent pas, qui ne se trouvent pas devant nous, rend plus créatif.

Amy Fries parle d'un tunnel de la pensée qui par l'imagination permettrait de trouver la solution à un problème qui sans le rêve resterait sans solution. Travailler sans se donner des moments de repos et de réflexions serait contre productif.

Son livre "Daydream at Work" concluait que l'avenir de l'entreprise serait plus judicieux, plus radieux avec le rêve parallèle au travail.

Les exemples sont nombreux pour étayer la thèse. Les endroits de l'invention par inadvertance sont des plus amusants. Le cri "Eureka" dans son bain. L'inventeur du post-it, le pasteur Arthur Fry, associa, un jour, lors d'un de ses sermons, les petits papiers pour retrouver facilement les psaumes, avec la colle détachable sans laisser de traces pour les réunir et ne plus les égarer.

Garder tout sous contrôle, en quantifiant tout, feraient échapper une partie des solutions, si pas l'essentiel. Réagir sur le tas, au coup par coup, serait plus profitable à la découverte de l'inattendu. Un "accident" n'est jamais prévisible, l'imagination non plus.

Nous n'en sommes plus loin, non plus, avec les moments de recueillement des athlètes avant tout saut en hauteur, du lancer le javelot après un élan. Je me voyais déjà.... La revalidation utilise les mêmes artifices de récupération.

"Imaginer le problème résolu et n'en parlons plus", me disait, dans ma jeunesse et avec humour, un professeur.20091015Van Rompuy discret.jpg

Personnellement, je me souviens d'un cas où il nous avait fallu changer un programme de rapport que personne ne connaissait et qui devait cumuler les résultats autrement et cela dans le plus bref délais. Pas le temps d'analyser le programme et aucune aide à espérer. La solution avait été posée à plusieurs personnes avant de nous parvenir. Pour se rendre compte de l'opération, il s'agissait de prendre en charge un Oracle Report, en extraire la conception , l'adapter et le passer à la réalisation. Une idée adéquate, vint d'on ne sait où. Quand on ne peut changer le programme facilement, pourquoi ne pas changer les données, elles-mêmes, et forcer ensuite le programme à réagir sans qu'il ne s'en rende compte du changement? Banal. Rien de vraiment nouveau. Absolument. Ce fut tout de même la surprise des demandeurs de voir les résultats espérés, le lendemain.

Une pause rêverie obligatoire au bureau? Peut-être. La programmer à des moments précis sera, seulement, plus difficile.

De toute manière, à la fin d'un rêve ridicule, n'oublions pas d'en rire. La nuit, d'en rêver, réellement. Tout cela fait aussi partie du "traitement" ou du "jeu".

En ces temps troublés, de stress, de suicides à répétition, aller à contre courant s'impose. L'affaire inquiète sérieusement les autorités publiques.

Je lisais dans mon journal "L'entreprise doit constituer un terrain fertile pour développer l'humain. Puisqu'on ne peut plus battre les Chinois en travaillant plus rapidement ou plus efficacement, il s'agit de sortir de l'engrenage du travailler plus et se rendre compte ensuite qu'on a perdu son temps. Il faut désormais de l'originalité, de la créativité, de l'innovation parallèle à une gestion de qualité". Les « workflows », imposés par le traitement de l'information, seulement fonctionnel, pourraient donner des dérapages d'exploitation. Travailler les relations entre les hommes est un processus pour donner une signification à ceux-ci, et faire comprendre le but commun de l'entreprise et rendre la fierté au travail. La précipitation mène dans le mur... Uniformiser les procédures est un temps révolu. Herman Wittockx ajoutait même que le "contrôle accapare un tiers de notre temps de travail". A bon entendeur, salut.

Ce lundi 26 octobre, sur France3, un documentaire Hors-Série va plus loin dans l'analyse de cette mise à mort du travail. En France trois salariés sur quatre travaillent dans les services. Productivité maximale et client-roi, du moins l'espère-t-on, car, c'est lui qui a les moyens de payer la production. Le traitement de l'Information, je me souviens, comptait un input, un output et un traitement de l'information, au milieu. L'input informelle s'est amplifié en nombre et en complexité. L'output, l'offre, s'impatiente et s'intensifie pour assure le maximum de chance de plaire. Le traitement, lui, est négligé. Le management a mis en place une manipulation pour diminuer les coûts au maximum. Ce n'est plus les revenus qui font les bénéfices. Les salariés "se payent", dès lors, maladies, accidents de travail, souffrances physiques et psychologiques. L'aliénation de l'homme travaille, dès lors, à sa propre destruction. Le travail , deshumanisé, devenu une tâche que l'on exécute et non plus, comme un service à rendre à la communauté. Recherche du maillon faible dans une course au podiim, portée par une pression de la compétition avec les collègues, pour la simple volonté d'augmenter les seuls profits. 

Alors, si rêver permet d'éviter les conflits d'intérêts...

Le titre de l'article, je ne vous l'ai pas encore donné. Il s'agissait de "Même les animaux savent ce qu'ils veulent". Avec nos neurones, en plus...

A l'école, rêvasser équivalait à un morceau de craie à la figure. Plus tard, un bourrade de ceux qui nous voulaient du bien. Maintenant, on sait que c'est pour la bonne cause.

Alors, allez, donc, rêver à votre « impossible étoile » comme le chantait Brel dans l'"Homme de la Mancha".

Peut-être y aura-t-il un prodige au détour d'un chemin. Si alors, au bureau, on vous surprend à regarder la montre d'un peu trop près, ou trop longtemps, n'oubliez pas de dire à celui qui vous l'empêcherait et vous interrompait : "Silence. Je réfléchis. Je travaille.".

Que les idées géniales soient avec vous, dans ce cas-là.

Je dis cela juste au cas où celui qui en ferait le reproche n'aurait pas lu l'article. 

 

L'enfoiré,


Sur Agoravox, les rêveurs existent-ils?

 

Citations:

 

  • « On croit que les rêves, c'est fait pour se réaliser. C'est ça, le problème des rêves : c'est que c'est fait pour être rêvé. », Coluche

  • « Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. », Elder Camara

  • Si vous en voulez de plus romantiques, c'est ici

 

07/10/2009

Echo à l'Echo

On me dit long dans mes articles et par cela, je serais devenu vieux, disait un commentaire. L'idée de ce qu'est la vieillesse serait-elle liée à ne pas pouvoir suivre l'évolution que par le bout de la lorgnette comme il est très souvent le cas dans les médias? Notre ère d'agitation ne permet plus de faire le lien entre les événements comme s'ils étaient chacun dans un tube sans interactions. Alors, si j'appelais un jeune à la rescousse...

20090311Mentir, mais non.jpgLa longueur n'est-elle pas simplement une habitude de vouloir tout découper en rondelles? La jeunesse, l'expert ne se se confronte plus avec l'autre que pour suivre la compétition. La solidarité, appuyée comme solution à nos crises, ne se trouve que dans les beaux principes du dons du plus riche vers le plus pauvre...

Bien facile de donner l'aumône. Bien facile de pleurer pendant un instant et de penser à autre chose par après. Il y a un temps pour tout, pour expliquer nos penchants. L'analyse demande plus de temps. Chercher les sources des problèmes, les tenants et les aboutissants. Les historiens seront là pour rassembler tout cela mieux que nous ne pourrions le faire. On ne peut être long. Tout doit aller tellement vite. Analyser n'est plus de mise.

Une voix jeune, plus forte, plus savante que les autres, se fait entendre.

- Cela prend du temps et on n'en a plus, t'as donc rien compris, l'Enfoiré. On a le temps de voir des images. Mais, nous sommes au temps de l'image, de la vidéo, pas au temps de l'écrit. Tu peux pas nous faire un dessin à la place? Si tu fais un billet, cela doit être comme tout le monde avec la réduction des traditionnelles 3 minutes impartîtes à tout bon éditeur en monologue.

- Mais je laisse ce rôle aux spécialistes, non? A des journalistes de grands journaux qui sont payés pour se trouver là où se passe l'action. A des caricaturistes pour donner une idée décalée avec le plus d'humour possible. Les médias sont limités par l'espace visuel et par le temps d'antenne et doivent se plier à ce genre de contrainte. A nous de les reprendre pour en tirer la substantifique moelle.

- Quand cela ne coute rien, je survole, je virevolte. Quand j'y ai mis le prix, je lis ce qui me plait. Je sélectionne. Je choisis. C'est mon droit, non?

- Bien sûr. Mais, tu payes pour des textes dont tu n'as que foutre en laissant peut-être échapper la montre en or? Tu te limite aussi dans tes progrès. Pas entendu parler du sommet de l'iceberg? En fais-tu au moins une synthèse, une analyse globale de ce que tu lis?

- Pourquoi faire? On ne me payes pas pour cela. Je consomme. Faut pas mélanger les pommes et les poires.

- Ne consumerais-tu pas plutôt que de consommer? Nous sommes à l'époque du durable. Ce qui nous impose d'utiliser l'information, de l'user jusqu'à risquer en abuser pour son propre besoin. Mais tu verras que tu as partiellement raison.

- Te rends-tu compte qu'en rassemblant tout cela comme si les éléments devaient se ressembler pour subsister, tu deviens complexe?

- Mais vivre est complexe. Je dois t'avouer que je suis un généraliste éclectique. Je vais t'étonner. Je suis d'accord avec toi. L'abondance de l'information nuit à sa compréhension. Elle noie son lecteur. Les médias sont tellement nombreux qu'il te font perdre énormément de temps dans une suite de répétitions, de déviances, de mauvaises prises de conscience. Les médias peuvent, en plus, te tromper. C'est pour cela qu'il faut toucher à tout. Car tout se tient, quelque part, pourtant.

- Ouais. Tu l'as dit. J'ai lu cela. Et tu voudrais, maintenant, que j'en fasse une analyse et que je te présente l'addition dans une synthèse?

20090427Le Soir.jpg- Ben, oui. C'est ça lire l'information. Tiens, on va se limiter. Je vais te prouver qu'il est possible d'aller bien plus loin avec une seule source, un seul journal. Prenons l'exemple de l'Echo que je viens d'acheter. L'Echo, journal qui se dit "Journal économique et financier". Le mot "écho" est bien choisi, à mon avis. Il veut dire "répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle" d'après Larousse. Une "répétition", cela veut dire qu'il y a eu une origine précédente à ce son. Une "réflexion", une nécessité pour être bien comprise. Un "obstacle" puisque c'est ton rôle de jouer cette opposition en objectant par ta thèse, par ton opinion, si nécessaire, pour suivre ta propre pensée et ton expérience. Tu vas voir que tout se tient, pommes et poires, à condition d'en trouver la queue et d'ouvrir ces deux fruits pour en faire ressortir les pépins avant de l'avaler jusqu'au trognon. Commençons, résumons, mais, asseyons-nous, tout de même, car cela peut prendre du temps même pour résumer. Que tirer d'important de ce fatras d'informations qui te sont jetées en pâture et qui pourrait avoir un lien avec ton ego comme fil rouge et ton avenir dans la lucarne? Analysons chaque bout et faisons une synthèse intermédiaire avant d'en rassembler tous les bouts en finale. On risque de s'apercevoir qu'on a lu pour rien. C'est le risque.

- Essayons. Je te laisse le choix.

Première page: "La pyramide des âges pourrait permettre de faire des économies de plus de 3% de la masse salariale sans nuire au service".

20090223Lizin MR.jpg- Sous-titre intéressant pour l'administration wallonne en temps de crise. L'atout magique serait la pyramide des âges. Un rapport de la DG Personnel, commandé par le ministre de tutelle. "Les départs massifs d'agents au plus haut niveau de leur rémunération devraient dégager de nouveaux moyens pour autant que le politique d'engagement veille à recruter des agents avec peu ou pas d'ancienneté". La logique du remplacement serait "davantage de "une entrée" pour "deux départs". "Le remplacement par des jeunes et leur embauche est, par ailleurs, cruciale, parce que les effectifs ne permettraient pas de remplacer le départ massif de cadres en préretraite", est-il ajouté. Et "La cote d'alerte est atteinte car il faudra ramer à contre-courant et développer des moyens pour allonger la durée d'activité des seniors".

Réactions : n'ai-je pas entendu qu'on est de plus en plus nombreux à chercher du travail et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour gagner plus? Le publique deviendrait-il l'équivalent du privé? Main dans la main, gauche et droite? L'expérience, on n'en a rien à faire. On redémarre à zéro, quitte à réinventer la roue. Adieu le savoir-faire par l'expérience. Où a été envoyé le "gras" de ce rapport? Ah, oui, plus loin, il faut "saisir l'opportunité d'adapter nos structures aux besoins d'une entreprise moderne. Le recrutement devient une priorité pour permettre une prise en charge progressive des postes tenus par les agents qui vont remplacer les futures retraités. Revisiter les processus, en les simplifiant ou, mieux, les automatiser dans l'urgence à mettre en place la structure hiérarchique.". Donc, revirement complet. Serait-ce plus de chefs pour faire tourner le bidule? Et, accroitre encore le problème. A qui profite la crise? Quand on sait qu'au cours des 5 dernières années, il y a eu 5318 départs contre 2658 entrés. Qui a besoin de travailler après l'âge limite? Cherche bien. Moi, j'ai trouvé.

- Que vais-je tirer de cela? Ben, on dit tout et son contraire, à mon avis.

- Bien vu. Voilà le type de rapport qui veut le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière et la bénédiction par les esprits jeunes et vieux. Une sorte de quadrature du cercle consensuel. D'accord?

- Information nulle. Qui n'apporte aucune conclusion, si ce n'est de faire perdre le Nord et l'argent de ceux qui ont payé le rapport.

- Tout compris. Passons au sujet suivant.

"Il faut prolonger le nucléaire en Belgique.

- 20091002Nulcléaire plus que jamais.jpgLe ministre de l'Energie plaide pour le maintien en activité de trois réacteurs nucléaires et prône un prélèvement structurel sur Electrabel. Ne trouves-tu pas qu'en période de crise, ce ne serait pas une solution? Je sais, l'énergie nucléaire fait toujours peur, mais qu'est-ce que quelques années en plus pourrait changer? Les experts de Gemix chargés de dessiner l'horizon 2020 préconisent de retarder la fermeture des centrales de dix ans. Une manière de reculer pour mieux sauter.

- "Pour mieux sauter". Amusant. Et les éoliennes, le solaire, les marées, n'est-ce pas la solutions dans le durable? Il faut investir dans celui-ci.

- C'est une optique. Tu as raison par "investir", mais ne se rend-on pas compte que l'approche de l'énergie produite par le nucléaire pourrait se faire par une autre manière? La fission, c'est le plus facile. La radioactivité existe déjà sous cette forme dans le processus naturel spontané. Créer l'énergie comme le soleil le fait, c'est moins facile. La fusion produit, après un "starter" important d'énergie, une énergie bien plus impressionnante encore. Alors, par manque d'investissements, pour des raisons politiques et financières, l'énergie pour tous et presque gratuite, a été mis entre parenthèses depuis des dizaines d'années. Le budget militaire, bien plus important, a permis de construire la bombe H avec la fusion nucléaire. Nous étions en 1945. Les écologistes ruent devant cette décision d'allonger de 10 ans l'usage des centrales, mais n'est-ce pas perdre une partie des solutions?

- On patiente avec du charbon, des éoliennes, du soleil, de l'énergie humaine à bon marché. C'est sûr. Mais quand dans la balance, il y a le risque le risque et les déchets...

- C'est comme devant ton banquier qui te parle des risques des actions avec des plus values importantes contre la sécurité des bons de caisse. Connais-tu des actions en Bourse qui préconiserait l'utilisation de la fusion nucléaire? Pour s'électrifier, le nucléaire "fission" est sauvé par le manque d'investissements. Le renouvelable, c'est bien. L'éternité, c'est encore mieux, non? C'est fou, ce qu'on traîne à trouver les bonnes et définitives solutions.20090101Econologie_Salon.jpg

- Où en est-on dans la fusion? Pas bien loin. On s'impatienterait?

- On pourrait, oui, ta planète en dépend et t'auras toujours besoin de plus d'énergie avec tes gadgets.

- Lol... Passons à une autre page.

"La récession en Irlande sur le point de sauver le traité de Lisbonne"

20080620Europe Irlande NON.jpg- Il y avait la démocratie, il y a aujourd'hui la récession. "Par devant par derrière, tristement comme toujours", on ne chante plus cela de ton temps?

- Que veux-tu dire?

- Lis ceci: "Si l'Irlandais n'avait pas fait partie de l'union monétaire, nous aurions eu un scénario à l'islandaise. Qui nous dit que si l'Irlandais rejette le traité, la BCE continuera à injecter des liquidités dans notre secteur bancaire". La peur du vide. Une crise dans la crise. C'est à coup de référendum que l'on use tous les principes et les idéologies. Suspense? Ton pronostic, c'est quoi?

- J'en ai rien a cirer. Je n'ai jamais rencontré un Irlandais.

- C'est peut-être le même problème et ta réponse semblable pour le sujet suivant.

"La Lettonie, en récession profonde, paie cash sa folie des grandeurs"

- On y lit: "Une chute de 18,5% de son PIB. Ils vont devoir apprendre à gagner leur argent au lieu de l'emprunter. Dégringolade des salaires de 35% et les retraites de 10%. Plus grave pour l'avenir, les universités ont des budgets rabotés de 45%. Les gens voulaient tout et tout de suite." Tu te rends compte des résultats? Tu n'es pas un peu comme ça, aussi?

- Mais nous, jeunes, n'avons rien. Pas d'avenir.

- Conseil d'ami, ne pense pas ainsi. Nous n'avons pas d'avenir. Toi, bien, mais ce sera un peu plus dur pour trouver la bonne porte d'entrée et méritera beaucoup de patience, j'en conviens. Le sujet suivant, ce n'est plus pour toi, quoique...

Les seniories font une percée20091007Père Damien.jpg

- 3,7 % d'octogénaires. Voilà un secteur en expansion. Les plus de 60 ans varie de 9 à 25 % selon les régions. Les "baby boomers" attendent le 4ème âge sans impatience. L'autonomie recherchée donne des opportunités dans les portefeuilles immobiliers. Car il y a encore des moyens de ce côté-là. Les rendements sont en hausses pour suivre la demande.

Mais si si cela ne t'intéresse pas, si tu veux, nous pourrions passer à la synthèse.

- Pas si vite. T'as pas vu la dernière page?

"Spéculations dans la mode".

- Voilà, le bling-bling qui réapparait. Les ventes mondiales du luxe ont chuté de 10% en 2009. Des rumeurs de rapprochements. C'est encore des fusions de sociétés?, dit le jeune.

- Ouais. Même, dans le prestige, on ne compte pas que des amis. Là, on ...

- C'est bien fait pour eux. Le luxe, nous, jeune, on n'en veut pas.

20090310Laurent travaille.jpg- Tu as peut-être raison, mais, là aussi, dans le beau, il y a du business. Le low-cost regarde où cela a mené? Du chômage, des produits qui ne tiennent pas la route dans le temps. Toi, qui aime le durable. D'ailleurs, même après cette chute, on lit "à moyen terme, les acteurs du luxe ne devraient pas tous profiter de la même façon de la reprise attendue de la croissance". L'horlogerie-joaillerie, ce sera plus dur vu les prix d'entrée plus élevés que ceux de la mode ou de la maroquinerie. Donc, là, aussi, il faudra se plier à la demande.

- Mais, quel est le lien entre tout cela? Toi, qui aime en chercher partout.

- N'oublie pas de lire l'éditorial d'un journal. Le travail de collecte a souvent été prémâché. On y lit "La logique et l'équité voudraient que tous les acteurs socio-économiques participent à l'effort selon leur capacité contributive. Et c'est que l'on touche à l'essence du débat", voilà une synthèse, non? Et ta conclusion serait?

- Plus loin. "Secteur public à la diète ou dans la profusion comme pour le secteur privé. La concurrence existent même entre les deux". C'est la m... partout, quoi. Ils cherchent encore des profils de plus en plus qualifiés ? Mais jusqu'où ira-t-on?

20090302Poste.jpg- C'est pas la joie. Faut pas rêver. Tous resteront à naviguer sur un bateau imaginaire en louvoyant entre deux eaux. Ce sera ceux qui auront le gouvernail en main. Sous la pression, ils se retrouveront sur des bateaux de plus en plus rapides mais avec le feu du moteur des actionnaires au cul. Les autres devront apprendre le maniement du tuba. Au milieu, on apprend la brasse-clown en passant par la grève du zèle comme seul moyen de réaction. En fait, tout le monde est pris par les c... mais avec la pièce supérieure plus ou moins longue. Alors, on ne réfléchit plus. On fonce. Tu avais raison, je me fais vieux. Avant, on avait les moyens de sa politique. Aujourd'hui, la politique, sans moyens, ne sait plus où donner de la tête. Alors, quelle voie aimerais-tu suivre? Par ton Internet, tu tchates, tu ne lis plus que les eMails des copains...

Tiens, 20091005Poste demain.jpgla Poste veut engager des facteurs de quartiers. Facteurs que tout le monde reconnait aussi comme du "low-cost". Le rendement n'est pas tout si l'on ne veut pas se limiter au superficiel.

- La Poste? Quelle importance? Tu me parles d'Internet et des mails, donc, on a la solution. Et puis, toujours l'argent...

- Mais tout ne passe pas par là. Tu devrais le savoir. Les colis, les lettres existeront toujours. C'est l'Europe qui veut privatiser à tout va. Elle dit qu'il faut toujours rester compétitif, mais par rapport à qui, à quoi? A eux-même, en cercle fermé? L'argent, comme disait Jacques Attali dans son "Le sens des choses", peut-être un instrument de la valeur, un moyen d'échange et un instrument de la conservation de la valeur".

- T'as pas vu, ils proposent d'accepter une croissance zéro pendant un temps?

- Cela impliquerait quoi? Le budget pour la croissance zéro, c'est quoi, d'après toi?

- Ben, c'est de ne plus lire les informations. Cela me donne mal à la tête et des nausées à l'estomac. Cela pousse à ne plus rien faire...

  • 20090401Grève.jpg- Tu m'énerves. Dialoguer, avec toi, reste difficile. Du temps et de la longueur, je veux bien te les consacrer. Nous sommes en plein dans un conflit de l'eugénisme. Un nouveau conflit de générations. Tu deviens long, long à digérer. Tu n'aurais pas une boule de cristal pour lire notre présent en commun et pour entrevoir votre avenir? Çà, au moins, c'est un média qui nous manque déjà.

    Si je parle de tout, sans oublier d'ajouter son contraire, je ferais preuve d'un certain manque d'universalité dont nous avons tellement besoin dans un monde en expansion. Gardons l'ouverture d'esprit.20090313Chef de cabinet.jpg

Je ne vais pas te gâcher ta journée en te disant que réduire son horizon, c'est, justement, un symptôme de la vieillesse et, sinon, d'un autre, plus grave, l'autisme.


L'Enfoiré,

Echo, écho, écho sur Agoravox?


Citations:

  • « Quand on montre du doigt, c'est parce qu'on veut être certain d'être du bon côté du doigt », F. Lordon

  • « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. », Jean de La Fontaine

  • « La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs. », Jules Renard

  • « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. », Alfred Sauvy

19/08/2009

Changer ensemble pour seulement être

LChanger pour exister en public_agent.jpg'idée est lancée depuis quelques temps: "Il faut changer ou mourir". Des réformes, en France, on en est arrivé à l'indigestion. Sommes-nous condamnés à ne jamais stabiliser les potentiels acquis? Sommes-nous des mutants perpétuels plus rapide que l'évolution elle-même?

"Dans une économie globale, basée sur la connaissance, les cycles d'innovation se font de plus en plus rapide", lisait-on dans la presse.

C'était en septembre 2006, vous vous rendez compte, cela fait bien un siècle, après tout ce qui s'est passé depuis.

Les CEO modernes se devaient, d'après "Les 4 clés de la gestion de l'innovation", d'amener un changement majeur dans leur entreprise. La pression générée artificiellement génèrerait une concurrence accrue mais aussi une cascade d'effets secondaires. Si améliorer l'efficacité générale de l'entreprise par leur démarche paraissait naturel en ces temps de course contre la montre, on en oubliait, en même temps, que l'opération était loin d'être gratuite et pas toujours profitable.

Ces fameuses quatre clés de la réussite, les principes de base, appris dans les cours de management ne seraient plus valables?

  • une génération d'idées collégiale et ouverte vers l'extérieur.

  • une vision "métier" et technologique rafraîchie qui apporte l'éclairage nouveau qui manquait.

  • une gouvernance adéquate dans l'équilibre du portefeuille des initiatives innovatrices.

  • un lien évident et clair entre stratégie de l'entreprise et l'innovation.20090701Négociations avancées Ethiques.jpg

Avec elles, personne ne pourrait reprocher au patron, au gestionnaire, à l'homme politique, d'avoir pris la décision de changer. La création de valeurs a de ces aléas qu'il faut pardonner dans le cas de ratage manifeste sous peine de se voir exclus du processus de progrès.

S'il ne s'agissait que de trouver des améliorations dans les changements, ce ne serait pas trop grave. Constater après coup, qu'après l'installation de l'innovation, qu'il y aurait, peut-être, mieux valu penser à autre chose au moment de la signature pour lancer le projet tout beau, tout nouveau, personne ne le voulait.

Synonyme de création de nouveaux produits, dans le domaine technologique surtout, on voulait implémenter de nouveaux processus. D'après la notice, ceux-ci seraient plus rapides, plus efficaces, plus rentables, moins chers... le "clé sur porte de l'innovation" à la portée de tous, rendu indispensable à force d'être porté par l'écho des sirènes. Le consommateur se voit contraint et forcer d'acheter le nouveau produit qui remplace le précédent mais qui ne le satisfait plus. On a trop souvent tendance à considérer le changement comme un progrès par essence. On ne consolide plus, on change pour changer et rester dans le mouvement général. Les résultats dans l'entreprise et en politique de cette tendance à l'auto-allumage n'ont pas toujours été à la hauteur des ambitions. Faire partie du "système", de la machine, du rouleau compresseur, avec la crise actuelle, comme nous connaissons, va refroidir ce genre d'excès d'optimisme.

L'informatique, en particulier, nous a bien appris à pousser sur ce champignon de l'évolution et de l'espoir d'une éventuelle révolution.

- Quoi, vous n'êtes pas encore à la version 12.15 bis ? Celle qui fait tout ce que vous demandez?

L'impact de ces modifications n'est peut-être pas sensible ou évident après l'installation, mais il l'est certainement sur le temps qu'il a fallu pour désinstaller la version antérieure, installer la nouvelle et la tester dans ces moindres recoins et fonctionnalités qui existaient au paravent. On appelle cela, en anglais, "overhead" (ce qui passe par dessus la tête et qu'on ne compte pas).

Ce processus de mise à jour est presque transparent avec le software libre. Une seule confirmation de l'acceptation et le processus de l'installation de la nouvelle version commence. Les nouvelles fonctions qui justifieraient le mouvement n'ont souvent pas eu le temps de passer au travers de l'évaluation de l'utilité. Le temps, c'est de l'argent. Pourquoi tester les éléments de l'innovation? N'est-ce pas normal que cela marche, puisque c'est de cela que l'on parle en premier lieu dans toute la campagne d'installation de la nouveauté. On verra par après si l'expérience sera décevante ou non et si le risque en valait la chandelle.

Et si, on attendait la version 13.0? Et bien, non on ne peut pas. Les versions intermédiaires sont là pour corriger les erreurs de la version n-1. C'est dit, la version n+1 tiendra encore la route avec les autres compagnons de routes installés sur les PC. La signature est implicite, tout le monde doit y croire. La sécurité en dépend. Un cas typique du "sans bouger" qui serait une preuve absolue de son manque de perspicacité et de son immobilisme malsain.

Utiliser les fonctionnalités existantes dans le durable, garder les bonnes lunettes pour lire les données qui se seront adaptées à la nouvelle sauce, garder le support du fournisseur dans le statu quo. Des problèmes pour les récalcitrants, réfractaires.

Assumer de manière harmonieuse, un changement que l'on n'a pas opéré par soi-même avec sa propre clé sur porte. Voilà, peut-être, une autre vérité plus insidieuse, encore.

Bouger, pour vivre ou pour survivre? Aux âmes "sensibles" de trouver leurs intérêts devant de tels dilemmes.

Changer.jpgLa "disruption", mot de l'étrange, est un mode de pensée qui défie aussi les conventions établies tout en essayant de créer des visions nouvelles capables de faire évoluer une marque vers un sommet inégalé. Nous sommes dans le domaine des idées qui refusent les modes de pensées répétitifs, des certitudes rassurantes et de l'immobilisme qui dénaturent l'envie de progrès. Pas question de mettre le changement au frigo car il est sensé apporter l'amélioration à quelque chose qui tourne sans problème depuis des lunes. Le "nice to have" prend le pas sur le "mandatory". La proie pour l'ombre. Se tourner du côté des habitudes est la pire réaction que le mot "disruption" ne pourrait accepter.

Changer pour exister Entreprise.jpgRéduire les coûts de manière drastique pour augmenter les bénéfices, dans le durable, en gagnant en flexibilité, est le but avoué. Ces démarches sont-elles bien comprises d'emblée en faisant le tri entre le positif et le négatif? Augmenter les revenus n'est plus qu'un rêve lointain. L'ensemble de l'entreprise, une fois la décision prise, sera entraînée comme dans un engrenage à part entière et, parfois, à plein temps dans l'opération "survie". Une fois, implanter, faire marche arrière, déshonoreraient les décideurs et donc, il faut écraser et s'aplatir devant la sainte décision. Quand on "aime", on ne compte plus les déboires et les surprises de la nouveauté. Cela se laverait dans le sang. Pour appuyer le bien fondé, certains experts le clament encore haut et fort: les entreprises qui ont innové par des changements de structure organisationnelle, s'avèrent être des candidates parmi celles qui ont dégagé la meilleure marge opérationnelle lors des 5 dernières années. Donc, raboter les convictions trop statiques.

Il n'est pas rare, malgré les aveux du fournisseur, de pouvoir monter en puissance dans l'échelle des versions sans aucune perte d'efficacités, de rencontrer par après des fonctionnalités qui n'existent plus qui ont été oubliées ou qui ont été remplacées par d'autres mais qui ne correspondent plus vraiment à la politique ou à la vision de l'utilisateur.

Le Dieu du marketing le voulait. Il a ses raisons que la Foi, seule, encourage. Question de politique ou de vie.

Vu cette fuite en avant, 20090812Régularisation.jpgun besoin de régularisation est désormais dans l'air.

John Steinbeck affirmait que lorsque l'homme vieillit, il est dans sa nature de se protéger contre le changement, particulièrement si le changement apporte une amélioration. Curieux? Non, tout n'est pas bon à prendre et l'expérience de l'âge apporte une sagesse inédite dans la jeunesse.


On lisait, en effet, plus tard: "Le changement est perçu différemment selon l'âge".

Les jeunes cadres seraient plus critiques que leurs aînés face aux remaniements organisationnels. Curieux ce raisonnement porté par les statistiques. Les seniors considèreraient que les changements opérés dans leur société a été un succès. La motivation serait même améliorée par les communications accrues d'après eux. Une surcharge du travail et une détérioration de l'ambiance de travail viennent néanmoins enrayer les avis des deux catégories de cadres. Un désaccord de départ serait la pire des situations. Le scepticisme confirme le dilemme. La fréquence des changements ne fera qu'accentuer le mal être et la difficulté à suivre le train en marche trop rapide.

En politique "pure et dure", il y a les spécialistes, les champions du côté des réformes.20090624Remaniement ministériel.jpg

De véritables athlètes, toutes catégories. On ne sait plus où l'on veut aller mais, populisme aidant, on fait le pas pour progresser, pour exister aujourd'hui. On veut ignorer que la politique est devenue de véritables sables mouvants dans lesquels, pris de court, on patauge à vue. Prévoir des normes et des moyens de les faire appliquer en passant par des lois répressives ou non, cela prend du temps. Alors, "moraliser ses instincts", vous n'y pensez pas...

Réfléchir, cela prend trop de temps. Avoir de l'avance à l'allumage, c'est bien dans la période de test, pas dans celle de la décision et de l'implémentation sans possibilité de retour aisé à la case départ. Définir le but à atteindre avec assurance, les moyens pour y arriver et les tester, c'est quasiment impossible en politique.

Il y aura, dès lors, pour un gouvernement, la version "un" suivit de la version "deux". La suite est à l'avenant. Le retour à la case départ "0" est programmé, en secret, réservée aux initiés.

En temps de crise, le processus de sape ou de restauration s'accélère. Il faut avoir des idées géniales pour changer et cela demande plus qu'une idée.

Il y aura les prédicateurs, les conseillers en entrée. Au porte-parole de faire son travail d'éclaircissements, de digestion de l'idée, avec le maximum d'effets en faisant semblant que tout va s'améliorer.20090605Obama Egypte.jpg Puisqu'on a négocié jusqu'à plus soif, on se justifiera à la postériorité et on priera pour que cela marche.

A l'ouest, du nouveau? Ah, oui, là-bas, le Messie est arrivé. Tout dans la tête et même dans les potentiels de la confiance. Tout pour plaire. Tous prêt pour le croire. Merci pour eux. Aux conservateurs de s'adapter avec les progressistes en tire fesses. Mais, les Messies ne sont plus ce qu'ils étaient. Leurs actions reçoivent des objections. En tant qu'européen, on ne comprend pas les réactions des conservateurs qui contestent le projet de "socialisation" des soins de santé, pourtant tellement nécessaire. Libertaires jusqu'au suicide, refus de tout interventionnisme de l'État. Une vision américaine du problème. Mais, on en parlait, aussi, à la radio, avec une spécialiste. Et pourtant, il faudra y passer un jour. C'est écrit dans les astres de la mondialisation.

"Les maître de l'économie ont compris qu'il fallait que tout change pour que tout continue", lisais-je dans le billet de Jean Daniel du Nouvel Obs pascal. On sortait, à l'époque, de la réunion du G20 à Londres. Les pressions de Barack Obama opposées aux réformes de Nicolas Sarkozy. Il était question de l'intégration de la France dans l'OTAN. On cherchait la sortie de la spirale vertigineuse des suppressions d'emplois. On parlait des gesticulations de la Corée du Nord et au Proche Orient. Mais on remarquait un vent de paix qui soufflait et un souci d'apaisement contagieux. Le "bon vent" était là pour suivre le titre du billet. L'écriture philosophique revenait. François Mauriac renaissait. 20090819Justice and co.jpg

Ce ne serait pas mal, si la Justice avait la bonne idée de se moderniser, de "se manager". Là, c'est plutôt de vieilles casseroles ou ce ne sont plus que les manches de celles-ci, que l'on aperçoit. Alors pour la meilleure soupe? L'affaire Fortis ferait-elle toujours des vagues ... de manches. Là, il s'agit plus de sclérose comme le laisait comprendre ce professeur en Droit Judiciaire? Toutes les lois existent ou presque mais ne sont pas appliquées. "Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison", lisais-je dans "Le Mystère des dieux".

- Allergiques aux changements, allez vous rhabiller, vous n'avez pas beaucoup d'avenir dans nos murs, dit une voix.

Suis-je rétro, nostalgique du passé, un conservateur de premier, un vieil aigri?

Oh, que non. Proactif, toujours, bien au contraire. J'en ai seulement vu, un peu trop passer des innovations, des projets qui devaient révolutionner son homme et qui se sont terminés par un flop magistral. Trop de déchets, trop d'investissements de soi-même et de l'entreprise à fonds perdus, pour accorder les nouveaux violons avec un résultat qui n'a pas été à la mesure de ses promesses. Si vous en voulez plus, un eBook vous attend. Sans engagement, bien sûr.

C'est l'utilisateur ou le citoyen qui reste le maître atout de la réussite. Les résistances peuvent être très fortes au niveau de l'expérience technique, financier, politique et de tous ces utilisateurs finaux qui devront assumer sans rechigner par après si aucune opposition ou obstacle majeur ne s'est pas manifestées.

L'hostilité peut pourtant se comprendre aisément. Comment acquiescer quelque chose qui est forcé par en haut et, non décrit complètement, dans le détail et qui se présente à celui qui ne possède pas les connaissances techniques mais seulement quelques vagues notions des avantages prévus pour le vivre.

Pour le fournisseur, avoir vendu l'idée, va représenter un retour sur investissement en progrès substantiel financier et une expérience nouvelle dans la partie des tests que lui même n'aurait pas eu le temps de passer en revue. La mise en place de l'idée reste un risque très important, consolider son produit, y apporter les idées intéressantes par l'intermédiaire du client utilisateur est certes très rentable, aussi. L'évolution culturelle pourrait trouver un réel avantage commun dans la partie de ping-pong qui va s'engager dans la suite entre les acteurs.

L'innovation, c'est vrai, n'est pas nécessairement pleine de risques, mais elle demande beaucoup de temps pour être étudiée et analysée de manière sérieuse. Le grand saut dans l'inconnu est la rançon de l'ignorance. Un droit à l'erreur est naturel mais il devra aussi passer à la moulinette de l'évaluation sérieuse. La priorité est d'améliorer, pas de se lancer pieds et poings liés dans l'inconnu. La vision globale du réel bénéfice et la cohésion de l'ensemble sont primordiaux dans le choix du chemin à prendre. Le remplacement d'un projet par un autre plus prometteur ne peut être envisagé que s'il n'est pas pénalisant pour ceux qui l'ont conçu, l'ont à implémenter et l'ont à utiliser. Une stratégie d'entreprise ne se respecte qu'avec tous ces aspects de rentabilité.

Changer pour changer est un leurre dont on se mord les doigts en finale. Brûler les étapes, sans tester le changement avant l'installation ne peut que s'attirer les ennuis à brève ou à courte échéance.

Nous sommes, souvent, devenus des apprentis sorciers de la nature pour le bénéfice d'un changement à court terme. On a accéléré le rythme de ces changements de telle manière que la nature de l'homme ne peut plus l'assumer. Le climat et le réchauffement de la planète sont une des conséquences. On parle parfois de "Capitalisme naturel". Une des solutions, probablement.

Il ne faut pas laisser forcer les changements par une voix bien intentionnée. Laissez votre jugement en décider à votre façon. Vous aurez gagné quelques points dans la sagesse. Aux niveaux des États, rien ne passe mieux dans l'opinion que l'idée de réformes. On se met dès lors à rêver. On ne sait ce qu'on veut voir changer, mais on change.

Réforme de l'État en Belgique. La révision de la constitution, excusez du peu. On parlait dans le Nouvel Obs de "Réforme aux forceps". Réformes de tout par ce qui passent par l'esprit du Président. Alors, oui, on change pour changer. On s'inquiète de souffrir par son manque de cohérence. On n'a même plus le temps d'analyser les résultats des changements précédents, parce qu'on pense déjà aux suivants. Plus de gagnants dans les opérations, style "cataclysmes", tous perdants.

La presse écrivait, récemment, "La gestion du changement n'est-elle pas la première victime de la crise?". Un peu plus loin, un autre article "Frappé de plein fouet par la crise, la Californie est au bord de la faillite". La Californie, là d'où toutes les idées nouvelles partent. Cela fait réfléchir.

Quant aux banques, toujours pointées comme responsables, elles doivent prêter de l'argent. L'épargne belge, avec la crise n'a jamais été aussi haute (172,5 milliards d'euros). L'ancien patron d'Euronext et nouveau de Fortis, Bruno Colmant prévoit le changement avec encore plus de dureté dans l'économie de marché et moins de sécurisation des processus. Courant et contre courant.

Seul le mot "ensemble" pourrait changer cette conformiste au passé. Pas question d'implanter un processus sans prendre la température extérieure dans un monde globalisé.

La démocratie n'existe qu'en politique pas au niveau des entreprises. Chez elles, ce sont ceux qui n'en ont rien à cirer de la bonne gestion de l'entreprise, mais qui ne pensent qu'au rendement de leurs placements: les actionnaires et, en indirects, les épargnants. Responsabiliser pour objectiver et motiver, on n'y penserait même pas dans ce jeu de dupe où l'éthique n'a aucun droit d'existence.

Changer ensemble ou décider de ne rien faire. Mais le changement ne sera pas que cosmétique. Ce seront les mentalités, elles-mêmes qui seront sur la sellettes. La hiérarchie qui devra suivre des règles de conduite car le chef a ses raisons que la raison ne connaît pas toujours. Il faudra oser la court-circuiter, au besoin, si elle ne joue pas son rôle de management. Même le bas de l'échelle, où sont ceux à qui on ne demande, généralement, pas l'avis, devra faire son acte de contrition aussi, comme je l'indiquais dans ce commentaire qui allait à contre courant de l'article de l'auteur. L'innocence sera toujours détournée à l'avantage du plus malin.

Conflit de générations ou d'idéologies? Un planning harmonieux qui planerait au dessus de deux générations, des deux idéologies, cela changerait.

Les conservateurs diraient "Pourquoi changer quelque chose qui marche". Les progressistes, "rien ne vaut un changement pour remuer la m...". Bien mieux, une sélection du meilleur dans les deux champs d'investigation.

Alors, vite un temps pour consolider tous les changements. Pour les comprendre. Pour les assimiler.

L'événement de la semaine, ce fut l'anniversaire des quarante ans du Festival de Woodstock. On lit dans les journaux: "Trois jours de paix, de musique, de boue et de chaos" et "la révélation de la fracture générationnelle avec le mouvement hippie". Les hippies, depuis lors, bien vieillis, se souviennent. Résultat des courses, une seule personne y a gagné financièrement dans l'aventure, mais tout le monde ne se souvient que des bons moments. L'amour et la générosité, ils y ont cru. La musique et la chanson restent les véhicules des souvenirs et des espoirs. La vie, elle, va devoir changer très fortement. C'est clair. Ce ne sera pas avec des fioritures.

Un parallèle amusant? Dans les bals populaires, pour attiser les conversations et donner un "nouvel éclairage", souvent, quelqu'un crie "Changez". Il vous faudra trouver un autre partenaire pour faire partie du jeu. Espérons que celui-ci ne vous marchera pas sur les pieds tous les instants. Le pas de deux qui s'engage peut paraître très peu cadencé au spectateur sur le bord de la piste.

L'ouverture comme état d'esprit", écrivait Argoul, il y déjà bien longtemps. Évidemment...

"La formation et l'emploi peuvent aussi virer au vert", "Les personnes ayant un MBA devraient avoir l'ambition de devenir plombiers", "How I started making $7.500 a month working an online part-time job from home", lisais-je successivement, ce weekend. Un rêve ou un cauchemar futur?

Changer en mode plus privé, c'est encore un autre coton. Là, aussi, il s'agira d'exister, de choisir un modus vivendi et ce ne sera pas plus simple ni exempt de décisions difficiles à prendre.

Puisque tout finit en chanson ou vers, ma vision:

"Réformes pour et par la forme" :

Pourquoi devoir commencer par choisir ?

Une carrière n’est-ce pas se faire plaisir ?

Il ne s’agit pas de rêver à être employé

Mais de creuser un sillon plein de fierté

Se tromper et se retrouver dans l’errance

Pendant une vie où tout ne serait que rance

Alors, quand il faut décider de son temps

Ne faudrait-il pas connaître son tempérament ?

La vie s’enfuit, pas dans une véritable course

Penser uniquement à augmenter sa bourse

N’apportera qu’une pâle idée du bonheur

Chercher un créneau précis et à l’heure

Qui dit qu’en nous, il n’y ait qu’une personne ?

Tendre l’oreille au réveil qui sonne

Ne pas craindre cette envie de changement

Qui ne saura que soi-même autrement

Réinventer ce moment où on se lasse

Evitera de se retrouver dans l’impasse

Au début ne chante que le printemps

La pensée d’avoir emprunté le chemin du ciment

Se retrouver dans l’engrenage de l’été

Ensuite pour engranger ce qu’on a semé

Continuer dans les couleurs de joie de l’automne

N’empêche pas de trouver le travail monotone

Alors avant le grand départ de l’hiver

Pensez à sortir dans le confort du divers.

Mais, je vous ai fait trop réfléchir. C'est encore les vacances et elles sont sacrées, celles-là.20090803SansPapiers.jpg

Le soleil décline à l'horizon. Alors, une dernière fois, chacun son truc à poil, à plumes ou sans l'un ni l'autre.

Profitez des derniers moments de plénitudes et ne changer rien à vos habitudes. Lisez pour l'occasion, les écrits, très actuels, de Nietzsche. A votre retour, on aura eu des idées neuves et parfois folles pour vous accueillir. Alors, pas de précipitations. Il faut toujours s'adapter à son environnement et à son époque.

L'Enfoiré,

Parler ensemble ou séparemment sur Agoravox?

Kroll était en vacances. Merci à Johan De Moor d'avoir pris la relève.20090817VanRompuy en vacance.jpg

Citations:

  • "La civilisation n'est qu'une mince pellicule d'un chaos brûlant", et

  • "Ce n'est pas pour votre droit que vous vous battez, vous les justes. C'est pour faire triompher votre image de l'homme", et

  • "Grâce à la liberté des communications, des groupes d'hommes de même nature pourront se réunir et fonder des communautés. Les nations seront dépassées.", et

  • "Jadis le moi se cachait dans le troupeau, le troupeau se cache encore au fond de moi", Nietzsche

  • "Changer le monde commence par se changer soi-même.", Roger Mondolini

30/06/2009

Thérapie par l'imaginaire

  Thérapie par l'imaginaire_Fantastique.jpg
L'imaginaire appartient à des coins secrets et complémentaires du cerveau. Évadons-nous des réalités qui nous entourent pour nous sauver des biens et des tourments. Cet article pourrait même être imaginaire ou à la recherche d'une thérapie. Allez savoir...

L'imaginaire apporte le piment à la vie. Tout dépend de ce qu'en fait son consommateur. L'imagination est une anticipation de la connaissance. Inventer par l'esprit apporte aussi l'exaltation que le savoir n'atteint plus par lui-même.

Pour l'écrivain, créer l'aventure de ses héros apporte l'imagination et la motivation à sa pensée dans l'extase et parfois atteint les confins de la folie. On parle, alors, de sciences fictions.

Boris Cyrulnick dans son livre "Autobiographie d'un épouvantail" parlait de la résilience pour de la souffrance morale et préconise d'apprivoiser ses rêves et de dompter ses cauchemars en écrivant et en extériorisant son "ego". D'après lui, cette recherche d'identité est profitable. En écrivant, on arrive à camoufler son histoire mais on ne ment pas dans la trame. Le style personnalise son auteur. Entre impulsivité de la jeunesse et l'expérience historiques du senior. C'est s'évader de soi en jouant un rôle et en le faisant partager par l'écriture en gardant le stress de ne pouvoir l'exprimer devant la feuille blanche.20090315Froire du livre et lettres.jpg

La raison n'a pas nécessairement son droit de cité dans tous les domaines de l'humain. Si la raison s'associait à l'imagination, elle mènerait au progrès de la connaissance. Rester maître des limites entre imagination et raison, évite beaucoup les confusions de parcours. L'extrapolation de l'imaginaire, vu par l'intermédiaire du texte, est la source d'innovations. Les images, elles, tournent plus par leur réalisme pour passer en finale aux phantasmes. En dehors du fait que le rêve soit une source d'inspiration et d'illusions dans le domaine de l'imaginaire, il ouvre, en dépassant le cap du souvenir, une voie curative bien réelle.

L'écriture, peu importe la forme, est une thérapie par l'imaginaire. Rencontre de l'auteur avec lui-même. La force d'esprit est affaire de boussole.

Alors, après la science fiction orientée avec le fil conducteur de son auteur, pourquoi pas de la science friction?

La thérapeutique par le cerveau est le côté positif. Pour la thérapie, il y a les médicaments mais il existe une autre technique qui procède par des artifices que l'on pourrait penser inefficace de prime abord.

L'activité scientifique cherche sa voie, par à-coups successifs d'hypothèses imaginées et d'actions d'expérimentation qui confirmeront ou non le bien-fondé de la thérapie.

Il y a déjà quelques temps, le magazine 'Sciences et Avenir' programmait un article qui avait pour titre : "L'esprit guérit le corps". On y parlait de la science neuro-endocrino-immunologie qui étudie l'effet placebo.

Ce terme est entré dans la langue française depuis 1954. La relation "malade, maladie, médecin" se trouve changée dans sa fonction. L'effet placebo prouve que l'esprit garde une grande emprise sur le corps. Par le psychisme, le seul fait que le malade veut guérir, on arrive au placebo qui sans effet pharmacologique, apporterait, néanmoins, une aide dans 25% des cas.

Son fonctionnement est inconnu. Le pouvoir de suggestion, le conditionnement (Pavlov) et l'aspect neurobiochimique par l'endorphine générée pourraient intervenir pour guérir le malade et expliquer le bénéfice pour l'homme malade. Cela marche seulement pour certains et à certains moments. Quand c'est le cas, on peut considérer le placebo comme le meilleur moyen de guérir, car il n'a évidemment pas d'effets secondaires.

Les gens anxieux sont les meilleurs patients dans ce genre de thérapie de l'irrationnelle qui reste, malgré tout, peu appréciée par le corps médical. Comme le stress peut augmenter la (mal)chance d'avoir un cancer, l'optimisme, lui, peut la diminuer. Le corps et l'esprit sont à dissocier dans les thérapies. Le corps aurait ses médicaments, l'esprit qui le contrôle, les siens.

Les placebos existent en deux catégories: les purs ou les impurs.

Les impurs sont les placebos qui ont un effet curatif parce qu'ils devraient, normalement, avoir un effet par leur teneur en agents naturels comme les vitamines, les fortifiants, les stimulants de la mémoire. Ils n'ont pas fait leur preuve d'efficacité mais, au moins, ils ne sont pas mauvais dans le fond et peuvent apporter un soutien au corps.

Les placebos "purs et durs", par contre, sont les gélules à base de lactose, d'eau sucrée et qui sont des leurres parfaits. Annoncer la couleur sauve l'éthique du médecin. Pour faire vrai, il n'est pas rare d'ajouter une date de péremption à ce genre de remède miracle. Ils n'existent pas pour tromper les patients puisque ceux-ci sont souvent avertis de ce qu'on leur administre et d'ailleurs la notice est là pour les en éclairer si besoin était. Ils sont utiles aussi pour tester, pour comparer, sur des 'cobayes' humains, des médicaments qui, eux, n'ont rien à voir avec les placebos.

L'homéopathie, quoi qu'en disent les fervents consommateurs, se trouve dans cette catégorie de moyens thérapeutiques.

Les patients aiment les médicaments, c'est un fait qui ne fait que s'accroître avec l'âge. Ils en deviennent une nourriture comme une autre demandé par l'habitude au médecin. Pour celui-ci, mieux vaut prescrire un placebo que de faire acte d'impuissance en laissant son patient s'en retourner sans lui avoir donné une prescription.

L'effet placebo (du latin : "je plairai") est défini comme l'écart positif constaté entre le résultat thérapeutique observé lors de l'administration d'un médicament et l'effet thérapeutique prévisible en fonction des données strictes de la pharmacologie. « ça marche juste parce que j'y crois »

L'effet nocebo (du latin : « je nuirai » !), c'est l'effet inverse : c'est par exemple quand des riverains d'une antenne relais ressentent des douleurs et des maux de têtes alors même que l'antenne n'est pas encore en service... L’effet nocebo est causé par la suggestion ou la croyance qu’un médicament ou un geste médical est nuisible. Le terme est devenu populaire dans les années 1990. Désigner les effets désirables par des effets indésirables, par le pouvoir de suggestion.

Le diagnostic du médecin, donné avec conviction au patient, est une opportunité pour l'aider à trouver la voie vers la guérison. Tout est une question de relation de confiance médecin-malade.

Plus fort encore, de réelles opérations placebos ont été effectuées. Bien que heureusement très marginales pour raison d'éthique, des essais ont été fructueux dans quelques cas mais, pas sur de longues périodes. Certaines opérations chirurgicales, en effet, ont parfois été soldées par un échec de l'incision qui n'a pu être suivie que par la fermeture de la plaie. Sans avoir réellement apporté réparation au mal, l'opération effectuée a parfois apporté une amélioration aux symptômes. Un autre miracle.

Les opérations sans anesthésie et sous hypnose deviennent plus courantes. TF1 en parlait récemment comme faisant partie de l'étrange. L'endormissement des patients par hypnose apporte, en effet, une solution très prometteuse aux futurs opérés qui ne supportent pas la médication de l'endormissement. (En Belgique, la Reine Fabiola n'en était qu'un cas médiatisé). Sortir du réel, de la peur pour ne plus rien sentir de son corps par le yoga et la méditation ont aussi montré le chemin du subconscient.

20070202Médecine régulée_20.jpgLe "Docteur Knock" de Jules Romain, bien que caricatural, représentait, au théâtre, ce lien de confiance aveugle entre le médecin et son patient. Lourdes reste toujours un top dans les destinations de voyage. Que l'on appelle cela foi ou espérance, cela n'a pas d'importance face aux résultats. Le miracle, c'est aussi cela, y croire.

Le Science et Vie d'avril 2008, parlait des régressions de certains cancers sans compréhension du corps médical. Les métastases disparaîtraient dans des cas inexpliqués de manière spontanées. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille oublier le dépistage, était-il rappelé. Les neuroblastomes, la leucémie, le cancer du rein, les mélanomes sont les seuls cancers qui ont pu être observé une destruction des tumeurs. Cela reste très (ou trop) rare. Le système immunitaire et la génétique seraient, dans ce cas, les voies de la recherche.

De l'imagination à l'imaginaire, il n'y a qu'un pas, ou plutôt, quelques neurones. Les images qui se retrouvent dans le premier concept sont celles de la vie ou de celle que l'on voudrait avoir. Les images que véhiculent nos neurones dans une deuxième partie, sont celles que l'on se force à avoir pour obtenir la guérison d'une maladie, l'aboutissement d'un projet.

Sur le chemin par la philosophie, avec nos pulsions autant analysées que l'est la météo, on serait peut être pas face à des cas malheureux ou heureux de notre état d'homme post-moderne.

Les phantasmes de l'imaginaire et les peurs paniques appartiennent aux risques que l'on trouve dans le monde de la finance et de la Bourse. Pourtant, celles-ci ne sont pas aussi folles que l'on croirait après les défaillances que l'on a connu récemment. Dans 80% des cas, elles sont parfaitement dans la ligne de la raison et de la logique. Elles anticipent seulement par sauts successifs, dans un jeu d'actions et de réactions. Elles ne rêvent pas.

Sans imagination, demain serait une copie conforme à aujourd'hui. Ne pas la mettre en action pour faire dévier le flux de l'inexorable du train-train, aurait un goût d'inachevé.20090526Porno à la télé.jpg

"Mais qu'est-ce que je suis venu faire dans cette galère" parole de Molière qui pourrait être remise sur notre table moderne quand il s'agit d'assurer sa vie. Est-ce encore un "Hasard du temps et de l'espace" ou plutôt une absence de raisonnement sur le comment l'appréhender? Tant de bénéfices par l'étude de ce que l'on peut réaliser avec l'imagination face à tant d'absences à la base ou, au contraire, "Drame de l'imaginaire"? 

Pour peu qu'elles soient pro-actives, les découvertes des neurosciences, seront des avancées stratégiques dans le domaine du cerveau.

Le Science et Vie de juin affirmait que son introspection est désormais visible sur écran et pas uniquement pour le médecin mais pour le patient lui-même. Avec 12 électrodes plantées dans le cerveau d'un patient malade, le "Brain TV" donne la visualisation de l'activité cérébrale de son "sondé". Le but est de déterminé quelle région du cerveau va être impliqué par l'attention, la mémoire, le langage... les fonctions cognitives. Le cerveau mis en courbes et en graphiques pour comprendre son cheminement. Localisé, le patient pourrait orienter dans une sorte de "gymnastique contrôlée" et jouer à l'acteur de ses impulsions et sentiments les plus divers. Contrôler son imagination à souhait. La contraindre, la moduler à sa guise une fois localisée et exercée, n'est ce pas le rêve de l'homme éveillé?

Ce 21ème siècle sera le siècle de l'étude du cerveau ou ne sera pas.

Quant au neurobiologiste, n'est-ce pas un métier d'avenir pour le moins.

 

L'enfoiré,

  Sur Agoravox, des thérapeutes?

  Sur CareVox, je ne pouvais pas trouver meilleur confirmation.

Article du Science et Avenir "Une sensibilité génétique au placebo"

 

Citations :
 

  • "L'imaginaire, c'est ce qui tend à devenir réel", André Breton

  • "Celui qui vit dans l'imaginaire partage plusieurs vies. Une seule lui échappe : la sienne", Marc Gendron

  • "L'imaginaire met des robes longues à nos idées courtes", Sim

  • "Quand vous lisez une page et, quand tout à coup, vous fermez les yeux et prolongez cette page par quelques images qui sont en vous, le romancier a fait office d'accoucheur de votre propre imaginaire.", Henri Bonnier

 

06/06/2009

Compétitivité rabotée

 Compétitivité rabotée_44.jpgLes comparaisons de compétitivité entre les pays ne manquent jamais dans la presse officielle. La petite Belgique est en phase de repli. Il faut oser l'avouer dans un style paradisiaque ou parodique. La crise, en trouble-fête, a plombé les équilibres les plus harmonieux.

Début 2007, on parlait de nouvelles statistiques belges. 2007.jpg

La Belgique, un des pays de la soi-disante « Vieille Europe », glissait de plusieurs places dans le classement des "Rambos de la concurrence mondiale". La grogne, parmi nos chefs d’entreprises, était latente et allait reprendre du gallon dans sa logique d'entreprise.

Suivant le raisonnement, nous n'étions plus assez compétitifs à cause du manque de décisions courageuses et difficiles. Cela faisait un peu peur, mais... Quelles décisions avaient-ils, déjà, en tête. Quelles couleuvres allaient-ils encore nous faire avaler et nous « obliger » à admettre?

Les autres bougent et plus nous. A cause de nos rigidités, nous perdons des parts de marché et le taux de nos exportations dégringole. Les initiatives de soutien public aux PME viennent à manquer ou sont trop molles. La flexibilité sur notre marché du travail n’est plus à la hauteur. Assurer le maintien de l’emploi n’est plus possible dans un tel contexte. Notre niveau de syndicalisation est particulièrement élevé et ajoute une couche à notre immobilisme et explique notre vitesse réduite. Les différentes familles politiques complètent le sombre tableau par manque d’accord et de consensus d’idées. Une réforme drastique est obligatoire sous peine de faillite de nos institutions sociales et de nos productions.

Des statistiques de janvier 2007 établissaient que la Belgique restait en queue de peloton présenté par les entrepreneurs (2,73%). Il y avait moins d'opportunités et d'esprit d'entreprise pour justifier cette pénurie d'entrepreneurs. Pourtant, les recettes fiscales belges étaient dans le top 3 européen (selon Eurostat) derrière la Suède et le Danemark. En 2005, cela représentait même 47,7% du PIB.

Compétitivité rabotée_13.jpgToujours les mêmes rengaines, pouvait-on, en conclure. Le Bureau du Plan n'était pas en reste pour "accuser" la population d'un laisser-aller. Était-ce le mal du siècle? Quelles initiatives à notre portée pour changer, d'ailleurs? Le pied était déjà au plancher, pensait le travailleur. La douche écossaise tiédissait à la longue. Et puis, il restait le pommeau de la grève à cette douche. La presse n'était pas plus tendre avec les nerfs des travailleurs en donnant, tour à tour, des bons et des mauvais points. Il faut dire qu'elle, aussi, subissait les aléas dans sa mobilité propre.

Mais, en finale, les interlocuteurs sociaux se serrèrent la main et se fixèrent une date dans l'agenda. Match nul, partie remise.

Le vieillissement de notre population demandait une attention de tous les instants et les fins de carrières étaient à l'ordre du jour de beaucoup de discussions entre le patronat et les syndicats. "Papy boom" oblige. Mais il y avait le fameux "Pacte des Générations". Les impôts sont élevés, chez nous, mais il y a des dérivatifs. Le parc des voitures de sociétés, en est un. Les avantages en natures remplacent une part des salaires.

Tous des enfants gâtés de chaque côté des barrières! On vivait très bien, peut-être trop, mais on ne le savait pas encore. Entre rassurer ou jeter la pierre, fallait, tout de même, choisir. Le Belge et son savoir s'exportaient pourtant très bien, disait-on. Ouf.

Compétitivité rabotée_87.jpgLa Belgique était connue comme un pays à coûts salariaux élevés, une disponibilité du personnel qualifié se situant bien, avec une infrastructure de qualité au climat socio-économique stable et à la productivité moyenne plus élevée mais qui n'était plus compensé, apparemment, par la situation. Certains râlaient que nous étions responsables de ne pas accepter raboter nos salaires, d'être trop attaché au "home sweet home". Quand, on connaissait le prix de ce « home » et de ce qu'à coûté nos avantages sociaux au cours d'une histoire déprimante des 19ème et 20ème siècles, faut pas rêver. D'ailleurs, au sommet, on ne jouait pas autrement. Les parachutes ne sont pas dorés pour tout le monde.

20070118Sabena Caisses Noires.jpgBruxelles, avec sa position de capitale de l'Europe, était reconnue à l'époque comme la 4ème ville d'Europe la plus attractive pour les entreprises. Le problème, c'est qu'un des critères pour analyser la bonne santé d'un pays se fait grâce au niveau de la consommation de ses habitants. Le pouvoir d'achat commençait à diminuer, la dégringolade de la consommation, on en était encore loin, mais la démotivation faisait partie de l'ensemble était programmée. Ce n'était pas chez les économies émergentes de l'Europe de l'Est ou de l'Asie qui pouvaient prendre en charge la consommation de nos produits. Ceux qu'ils nous envoyaient, étaient peut-être chouette et à petits prix, mais, rien de très éternel dans leur usage.

"Il faut mieux vendre la Belgique à l'extérieur", disait Didier Reynders, Ministre de Finances, en tournée en Chine. Il avait toujours le mot pour rire. Nos atouts existaient très certainement mais vendre nos produits chez ces Chinois, c'était pas demain la veille.

Encore une fois, donner des points, bons ou mauvais en élèves du progrès. Cela rajeunit les esprits mais pas les muscles.

Au palmarès des champions de la compétitivité, les meilleures places étaient occupées par les pays du scandinaves. En "Number One", pour la 3ème année consécutive, la Finlande, prenait la place de la référence au sommet de podium. Compétitivité rabotée_12.jpgNous nous retrouvions, nous, bon 31ème, dégringolant, de 6 places. Le dérapage, si cela pouvait consoler, était identique chez les pays limitrophes. La Norvège, elle, pouvait toujours compter sur son pétrole. Ce n'était pas une petite différence que d'avoir le pétrole et les idées.

"Belgique, ta compétitivité f... le camp", titrait le journal l'Écho, en pleine débâcle. La raison majeure de l’écart avec les pays jouissant des premières places, c’était que ces derniers pays n’avaient, probablement pas, des intérêts à payer pour les dettes publiques tous les ans. Donc, toutes latitudes pour investir toutes entrées fiscales dans le développement et la recherche. Les largesses du passé nous coûtaient encore des déboires pour de nombreuses années. Les problèmes budgétaires, c'était pas une petite bière. Mais, tant qu'on à la confiance. La cigale de jadis devait encore se serrer la ceinture. La cigale pouvait toujours la desserrer et prendre son envol, plus tard. CCompétitivité rabotée_BudgetEquilibré.jpgela faisait quelques années que ce budget belge était néanmoins en équilibre même si certaines potions magiques avaient été nécessaires telles que la DLU.

« Nous étions timides, mais nous nous soignions! ». Notre dette diminuait d’année en année, mais, peut-être, à un rythme qui ne correspondait pas au progrès de nos challengers économiques. Dette interne, payée par "nouzaut", les belges, avec nos Bons d'États et nos impôts des contribuables. Faut pas se tromper, pas d'impact vers l'extérieur. "Ça ira mieux demain", chantait Annie Cordy. Tant qu'il y a de la sauce, il y a de l'espoir.

Ils sont toujours aussi fous, ces Romains. Ils le disaient "que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". Ce n'est peut-être pas de bravoure au menu, ces derniers temps...

20070905Pays d'explorateur.jpgPour doper la productivité, tant l'innovation que la diffusion des technologies avait un rôle important à jouer. Par rapport aux États-Unis, notre manque de flexibilité et de dynamisme était souvent mis en avant pour expliquer notre problème de croissance. La politique fiscale et monétaire américaine, beaucoup plus activiste, subissait aussi un dramatique gonflement du déficit de leur balance courante des paiements. G.W. Bush creusait et finançait sa guerre en Irak toujours sur le compte des prêteurs à gages chinois.Compétitivité rabotée_Wallonie.jpg Leur déficit monstrueux pour des buts très peu solidaires entre les citoyens de leur pays, c'était leur problème! Le gâchis ne semblait même pas les effleurer. N'est pas "US" qui veut, même si un retour de flamme ressortait de plus en plus dans la presse.

Mais, revenons sur ce pays qui prenait la place d’honneur au palmarès des bons élèves de l'Europe.

La Finlande avait donc mérité la médaille d’or. Et, de l’or symbolique par habitant, elle en avait quelques pépites. La Finlande, pays de quelques 338.145 km2 à la population autour de 5,3 millions d’habitants (densité de 17,25 habitants par km2) et une démographie qui augmentait à vitesse réduite mais constante. Le pays de Nokia possédait un parlement unicaméral constituant constitutionnellement l’autorité législative suprême. On y parlait le Finnois et l'Anglais comme langue secondaire obligatoire.

On oubliait, tout de même, d'où venait la Finlande. Avant Nokia, ils ont eu aussi une crise qui était plus profonde que la crise actuelle en Belgique. Le modèle finlandais sans procédure de redressement préliminaire, faut pas nous la faire. Fallait pas jouer les "dikkenek".

Pour tous les Finnois, un matelas solide de couronnes même eurotisées, ça se trouve pas sous le sabot d'un renne. La sécu pour retraités, même en Finlande, au niveau correspondant à celui dont ils jouissaient pendant leur vie active, c'est pas des cacahuètes. La transparence de l'activité politique le désignait comme le pays le moins corrompu. Dociles, les recettes fiscales étaient très élevées et bien comprises telles quelles par la population, mais elles étaient dépensées ensuite à bon escient, en connaissance. L'économie en profitait en premier lieu, suivie par les infrastructures et l'éducation qui restait l'idée maîtresse de l'avenir. La maîtrise du budget sans dettes du passé donnait, sans conteste, un confort très productif. La différence importante se retrouvait dans la partie du "gâteau" beaucoup plus important allouée par les Finnois à la R&D. Cela se comprendrait, paraît-il, par une excellence gestion.

La Belgique, 30.528 km2 et presque 11 millions d'habitants. Une densité de 346 habitants par km2 et ayant 3 communautés concurrentielles et 3 langues officielles en plus de l’anglais comme langue du commerce. Mais alors question politique, une imbrication pas possible décidée à la proportionnelle. Un mal, ce dernier point? Non, démocratiquement, plus conforme à la représentation des électeurs, mais, certainement, plus lourd à mettre en place. Les compromis, on aime et on est reconnu comme spécialiste, mais il fallait en trouver la sortie. Bruxelles restait la moelle épinière, même si elle fait râler plus d'un, même avec sa raideur désargentée. Un Nokia belge ou quelque chose de similaire, bien à nous, serait une des priorités du nouveau Le Plan Marshall en Wallonie. La Flandre, elle, semblait jouer sur plus le velours, avec des usines aux nombreux travailleurs. En parallèle, dans le monde la technologie, la Belgique se redressait, la productivité était en hausse par rapport à l'année précédente. Tout semblait, donc, aller dans le bon sens. Pas, vraiment cependant.

Le « chief economist d'Agoria », Remi Boelaert, concernant les Technologies de l'Information et des Communications, ajoutait un nouveau vocable à ce que les informaticiens ressentaient depuis quelques temps avec les pertes d'emplois. La "délocalisation". Elle ne se suffisait pas en tant que telle, elle devait s'affubler du nouvel adjectif de "rampante". L'amélioration ne serait ainsi que toute théorique quand on voyait dans la pratique que les sociétés occidentales n'investissaient plus là où elles travaillaient mais étaient conquises par le charme des Pays de l'est ou d'Asie.

Mais, la valse des bonnes et de mauvaises nouvelles continuait. En octobre 2007, on apprenait que les faillites avaient explosé. Les problèmes politiques à la recherche d'un gouvernement pendant plus de six mois y étaient pour quelque chose. Après la valse sadomasochiste politique que nous avions vécue en Belgique, rien d'anormal.

L'interview de Bernard Hanin, président de l'association des économistes de l'Université Catholique de Louvain, paraissait presque obsolète, trop euphorique. Il avait publié les actes d'un colloque sur l'économie wallonne et l'analyse du plan Marshall wallon. Il en ressortait qu'à l'occasion des 25 ans de l'Association des économistes, il fallait réunir un certain nombre d'économistes de Louvain ainsi que d'anciens économistes qui étaient surtout de terrain et de voir ce lien entre l'académique et les activités, l'expérience de terrain autour d'un plan jeune, qui se mettait en place petit à petit et qui a le mérite de vouloir rassembler l'ensemble des forces vives de la Région wallonne toutes ensembles, de vouloir travailler dans la même direction avec cinq axes prioritaires, sectoriels vraiment importants: science du vivant, aéronautique, aéronautique, aérospatial, transport et logistique, agroalimentaire et génie mécanique comme « core business ». Les pôles de compétitivité, surtout, le privé, le public et l'académique pour se trouver face à une Wallonie qui est constituée d'une myriade de petites entités. Tout une programme, que je n'oserais couper tellement l'enthousiasme fait du bien :

20070601R ONU.jpgLa Belgique est un pays assez spécial qui, vu de l'intérieur, donne l'impression qu'on ne se vend pas bien et c'est vrai que notre faire-savoir, notre image de marque sont un peu difficile. Je me souviens en Arabie, la société Bouygues, bien connue chez nous, venait recruter en Belgique des ingénieurs belges pour travailler sur les chantiers arabes parce que on parlait l'anglais et parce que le Belge a une image vraiment de personne professionnelle et bien formée. De l'extérieur, la Belgique est finalement très bien cotée et je veux oublier tout ce qu'on entend souvent: le chocolat, la bière etc… Nous avons aussi dans notre valise. Bruxelles est très clairement un pôle attractif et un pôle connu ne fût-ce que par CNN, ne fût-ce que par les télévisions étrangères. Bruxelles est connue et nous sommes le jardin dans la périphérie de Bruxelles et la Wallonie a cet aspect surtout, d'avoir de l'espace disponible, de l'espace urbanisé disponible. On a une qualité de vie qu'on oublie. Pas vraiment très économique, mais avec une importance capitale. Nous avons sept universités et je crois que ces universités créent tout ce qui est les spin-off. Nous sommes au cœur de, à peu près, cinq cents millions de consommateurs. L'investisseur étranger ne vient pas pour la Région wallonne et nos trois, quatre petits millions d'habitants, mais ils viennent évidemment pour démarcher l'ensemble des autres régions aux alentours de la Wallonie pour l'infrastructure autoroutière, aéroportuaire. Les aéroports de Charleroi, de Bierzet, de Liège ont toute leur importance. Paradis des investisseurs, non. La Belgique est quand même le quatrième pays le plus attractif en Europe. Sur base de cette analyse, les soixante-trois mille entreprises, il y a un filtre en terme de nombre d'emplois,au-delà de vingt emplois, un filtre en terme d'importance de capital, au-delà de cinq cents mille euros et un troisième filtre en terme de chiffre d'affaires. A ces trois filtres, un quatrième qui est de dire : voilà un certain nombre de sociétés, à partir de 11% d'implication de capital étranger dans le capital devient une société étrangère. C'est une norme standard officielle internationale. Et de ces soixante-trois mille, il est resté à peu près trois mille entreprises étrangères en Région wallonne qui sont d'origine étrangère et 65% de ces trois mille entreprises exportent vers l'étranger, ces trois mille entreprises utilisent un quart de la population active de la Région wallonne et ces trois mille entreprises font à peu près 74% de recherches et développements et utilisent 74% des moyens de recherches et développements en Région wallonne. Elles sont incontournables. On a un savoir-faire, mais le faire-savoir est un peu difficile, parce que c'est dans notre culture peut-être. L'Europe des régions est en marche. Clairement, nos concurrents sont Nord Pas-de-Calais, Zuid Holland, l'Ecosse même, le Badwüdenberg, même la Flandre. Chacun a ses valeurs ajoutées. La Belgique resterait une coupole, une image de marque. Le Wallon est considérée comme quelqu'un de bon vivant, quelqu'un qui aime s'amuser, qui a un peu d'autodérision sur lui et pourquoi pas les blagues belges… La Belgique est le pays le plus mondialisés. La France est bien loin en neuvième position avant l'Allemagne. L'Autriche et la Suède suivent de près. Le Centre de recherches conjoncturelles KOF fait cette déclaration très concluante. Singapour, Luxembourg et Belgique sont les plus ouvert à cette mondialisation.20070703Journal d'une quille Boulot.jpg

On lisait, encore, ailleurs. Tenez vous bien, car cela va vraiment roucouler:

Belgium 10 points «Mais comment faites-vous pour afficher d’aussi bonnes performances budgétaires et une telle diminution de la dette publique?» La question vient d’un observateur en provenance d’Italie, un pays qui reste particulièrement fragile sur ces deux plans. Une seule réponse à lui donner: la rigueur et le sérieux. Et parfois, c’est vrai, quelques petites ficelles et autres astuces budgétaires, mais cela c’est une autre histoire... En plein bouclage du contrôle budgétaire, l’agence de notation Moody’s avait apporté un petit cadeau dans la hotte de Didier Reynders et de ses collègues. Certes, ce n’est pas encore le nirvana. La Belgique n’a pas encore rejoint le club très fermé des emprunteurs les plus sérieux, ceux qui se drapent d’un «triple A». Mais elle s’en approche. Elle se situe un petit cran au-dessous, avec désormais une perspective «positive», ce qui autorise tous les espoirs. Bon, soyons honnête, un «triple A» ne devrait pas fondamentalement changer la vie de nos concitoyens. Même l’Etat belge ne devrait pas percevoir une grande différence en termes de financement, tant l’écart avec les meilleurs s’est déjà singulièrement rétréci au fil des années. Mais cela constituera sans aucun doute une sorte de reconnaissance, une espèce de «légion d’honneur» attribuée à tous ceux qui ont participé au redressement d’un pays, parfois au prix de sacrifices importants. Petit bémol, il reste encore du chemin à parcourir. Les Belges ne doivent certes plus travailler pendant une année entière pour couvrir leur endettement — nous sommes passés sous le seuil des 100% du ratio dette/ produit intérieur brut en 1993 —, mais nous restons encore à distance appréciable de l’objectif des 60%. La Belgique a toujours redouté que le critère de la dette ne (re)devienne plus contraignant dans le chef des autorités européennes. Dans le Traité de Maastricht et le pacte de stabilité, ce qui compte, on le sait, c’est l’orientation baissière de ce ratio. Or, manifestement, à cet égard-là, la Belgique fait figure de très bon élève, ayant fait décroître son ratio de 137% en 1993 à 94% en 2005 (et 91% attendu cette année). Il n’en reste pas moins qu’un passage au «triple A», avec pour le surplus les félicitations du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, permettrait une fois pour toutes à la Belgique de tourner le dos à son passé et envisager ainsi l’avenir plus sereinement."

Étonnant, non? Lire tout cela dans le rétroviseur. On se croirait rêver dans un autre monde. La crise mondiale et l'ère Obama étaient encore dans les limbes. A peine, un peu plus de deux ans d'âge. Car, après, patatra: le cataclysme, le pouvoir d'achat dans les chaussettes, les subprimes, la confiance ébranlée dans les banques, le tsunami de la finance et des entreprises industrielles. Toute la planète s'était enrhumée d'une grippe H9N9 futuriste.

L'investissement américain en Belgique allait ralentir, était-il dit, dès décembre 2008. Renforcer l'attractivité proposait alors l'AmCham. En même temps, l'emploi américain se saoulait en buvant la tasse depuis novembre. Chacun a ses problèmes et ses rabots "made by ...".

20070914Belgique à l'envers.jpg"Quand l'union ne fait plus la force" lisais-je récemment. Car entre-temps, un an de crise politique avait plombé les espoirs dans le futur. Ce n'était plus, heureusement, du BHV du petit déjeuner jusqu'au souper, quand la crise ne faisait qu'appuyer sur le champignon. Comble de "malheur" pour les uns, voilà que les politiques s'accordent pour maintenir l'indexation automatique des salaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Ouf, pour les autres.

Alors, avoir toutes les cartes en main pour rebondir après la crise... sauf l'union, cela faisait un peu "peu" comme arguments. Une économie ouverte vers l'extérieur est une chance ou une malchance selon les stratégies de l'intérieur avec ou sans filets. Cela représentait un peu trop de problèmes cruciaux et plus que conjoncturels. Du coup, la caisse devait avoir quelques fuites pour soutenir les banques pour ne pas voir couler ce qui restait avec de timides appels au secours à la surface. Sans gouvernement pendant un an, a laissé des traces indélébiles. La simplification administrative, préconisée aujourd'hui, c'est bien. L'entente et la collaboration entre les différents niveaux du pouvoir, ce serait certainement mieux. L'IMD (Institute of Management and Development) nous classe désormais à la 47ème place sur 57 pour l'efficacité. Même niveau que les Russes ou les Polonais. Les paperasseries des institutions et de la justice sont passées au niveau kafkaïen. C'est devenu une structure fédérale qui ne se retourne que vers ses propres intérêts, partagée entre le régional et le communal. En plus, l'institutionnel dans la petite lucarne, prête à sauter à la moindre incartade dans des répliques en cascade. Que la poignée de main soit réelle, qu'elle soit virtuelle par l'intermédiaire d'Internet ou de Facebook, peu importe, mais surtout retrouver son bruit caractéristique avec le sourire de la crémière.

Pour corser le tout, il y a, juste avant les élections que l'on a mixées avec les européennes, les nouvelles "affaires". Le systémique de la crise économique qui sort son coup de Jarnac de la politique pour rimer avec comique.

20090519Infréquentables.jpgCes "affaires" qu'on soupçonnait dans les grandes lignes et celles qui étaient écrites en petites lignes et qui ressortent du chapeau de l'éthique violée dans les moments les plus propices. Les anciens "copains" avec le "team spirit" en deviennent même "infréquentables". On ne demande même plus ce que les électeurs en pensent, on s'exclut d'office de la proportionnelle. On en devient sectaire, dichotomique. La gauche est redevenue l'opposé de la droite à en devenir étrange après une navigation entre deux eaux. Heureusement, il y a ceux qui ont toujours eu des pas de recul et qui se réveillent en coulisses.

"La Belgique a mal à son économie" écrivait Bruno Colmant, Docteur en Économie Appliquée. Le Royaume aurait commencé son aggiornamento. En quelques trimestres, tout a basculé. Stabilité institutionnelle, dette publique qui excède à nouveau une année de PIB, géographie de la richesse sans les armes de l'inflation ou de la dévaluation pour rectifier et qui ne laisse que l'impôt pour réagir, une vague du vieillissement qui grossit sans que la démographie puisse le compenser.

20071020BHV migraine.jpgL'immobilisme dû aux problèmes communautaires a été suicidaire comme je l'évaluais dans le prix des plombs. Luc De Bruyckere, le patron des patrons flamands, préconise l'innovation, le consensus pour débloquer l'institutionnel et la complexité des structures. Il rêve d'un Obama dans le monde politique. Une marque "Belgique", si, cela peut marcher, pourquoi pas? Européen dans l'âme, une marque "Europe", on n'y pense même plus?

Les crises sont cycliques ou systémiques, mais l'attentisme est plus dangereux. Pour contrer le mouvement, un subtil mélange de confiance entre traditions et transformations radicales sera nécessaire dans une action disciplinée en garder des entreprises sous le giron national ou, au moins, européen, en fonction de la confiance en l'Europe. La formation, la mobilité, l'urbanisme et les pouvoirs publics sont les mamelles d'un redressement possible.20070315SMOG.jpg

La zone euro subit, désormais, un chômage au plus haut de 8,6%. Le pic a été apparemment atteint en Espagne avec 18,1%. La France plane, elle, à l'altitude de 8,9% de chômage. En Belgique, certains secteurs sont, de plus en plus, sinistrés. Rien de très glorieux, tout cela. Comble de comble, on apprend que le manque de culture d'entreprise et l'instabilité politique poussent les investisseurs à bouder la Belgique.

Depuis, il y a les Indiens, avec Mittal, qui sont sortis du bois. Eux, aussi, n'ont plus l'allant des débuts pour respecter les promesses. On ferme des haut fourneaux ou on met ceux-ci au repos pour une durée indéterminée. En informatique, le patron indien d'Infosys disait récemment que l'Inde ne commettrait pas les erreurs de l'Occident". Les salaires, les conditions de travail rejoignent, d'après lui, ceux de l'Occident. Pas d'état providence obèse trop difficile à financer, pas d'approches coûteuses des questions énergétiques ou environnementales, qui lui semblaient les pires erreurs.

Sommes-nous prêts à assumer une transformation des consciences et des acquis durement gagnés avec une histoire de combats sociaux et militaires? Voilà la question de base à se poser. Autant en tirer des conclusions en fonction de la réponse.

20080206Investissez en Belgique.jpgLes intérêts notionnels, qui ont été applaudis par certains, ne pourraient-ils pas devenir simplement un intérêt national avec des participants bénéficiaires dans tous les azimuts sans restrictions? Cela pourrait peut-être attirer les sociétés, leurs patrons et les travailleurs dans le même bateau. "Les fusions entre sociétés restent en panne". Se transformeraient-elles en fusions internes dans chacune d'elles? Le dialogue de sourds entre grandes économies, un leurre?

La démocratie est en perte de vitesse dans le monde. L'extrême droite populiste grimpe aux Pays Bas. L'illusion d'un avenir radieux n'est plus. Faire la fine bouche et ne pas "jouer avec", comme on dit chez nous, serait nous condamner à court ou moyen terme. Le protectionnisme, on en rêve dans le bas et on abomine dans le haut. On a dit, haut et fort, « Nous sommes entrés en récession ». C'est bien de l'avouer. Participer n'est ce pas aussi régner quelque part?

Alors, un « Bye bye, Belgium » dans un « Pays inachevé », comme nous l'apprenait la télé?

Dans les années 60, la population s'enflammait et les hommes politiques gardaient la tête froide. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Enfin, la tête froide, cela dépend des jours et de quelle tête.

20090626Chomeurs en 2011.jpgMais à part cela, Madame la Marquise, tout ira très bien, sans culpabiliser et avec de l'unité d'une devise qui nous était chère, il n'y a pas si longtemps.20070613PS opposition.jpg

N'oubliez surtout pas que, chez nous, sur nos tables de nuit, on garde toujours un verre plein et un verre vide. C'est vrai, quoi, il y a, toujours, des jours où, on a soif et des jours où, on n'a pas soif.

Après les sondages, à vous les studios français et les urnes, puisqu'on nous le dit d'encore plus haut. 

Sera-ce aussi un "mea culpa", chez vous ?

"Un roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché"... 

Mais, si, d'aventure, vous avez un appareil pour dé-raboter, n'hésitez pas, à contacter qui de droit.

20090604Elections.jpgParce que "The show must go on", même si le fun n'y est plus vraiment.

 

L'enfoiré,20070928A.jpg
 

Mise à jour après élections et une image pour en donner les résultats.

Sur Agoravox, des solutions pour notre compétitivité?

20090609Epreuves.jpg
Citations:

  • "Economiste : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui", Desproges
  • "Le bon Dieu a créé les hommes de manière que la première moitié emmerde l'autre moitié", Guy Bedos

  • "Rien ne focalise autant l'esprit que la vue permanente d'un concurrent qui peut vous balayer du marché", Wayne Calloway

 

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

08/05/2009

Pour vivre heureux...

... vivons caché. Et c'est de plus en plus vrai. Périodiquement, nous avons des alertes, des crises qui se suivent et ne se ressemblent pas. Elles se complètent ou s'effacent pour laisser place à une comparse plus actuelle, plus originale. La santé s'est invitée. Un virus peut en cacher un autre.

Le Mexique annonce la fin de l'épidémie de grippe A. Il faut dire qu'après quinze jours de psychose et 44 morts à son actif et plus de deux milliers de personnes dans 23 pays, touchées dans le monde, on en entend un peu moins parlé dans la presse. Tout passe, tout lasse. Même si les virus aiment toujours voyager avec leurs hôtes, ceux-ci ont trouvé une parade à leurs petits moments de crises toujours dans le souvenir des populations. On tousse en prenant peur et on ne pense plus au passé. De ce côté, c'est passé et cela a cassé, voilà tout.

Le virus, que l'on l'appelait, d'ailleurs erronément au départ de grippe porcine, se transmet comme un "banal" virus grippal. Il a quitté le porc, remarquait-on dans la presse. Quittera-t-il l'humanité souffrante? Grippe mexicaine ou américaine, on ne sait plus trop bien comment la nommer. Quelle importance, d'ailleurs.

Nouvelle "arme de destruction massive"? Est-ce aller jusque là?

Le porc a un génome très similaire à celui de l'homme. Cela lui a coûté d'être souvent le cobaye des expériences de l'homme à cette gentille bête qui mange tout ce qu'on lui donne.

20090504Grippe porc.jpgEn Egypte, les autorités se sont mises en tête d'éradiquer les porcs et de régler le compte de cet animal considéré comme impur. Si la communauté internationale s'en est émue, les coptes chrétiens, les chiffonniers du Caire, qui en vivent, s'en offusquent et se rebellent à juste titre. Pas vite impressionné par les problèmes de la biodiversité pour le moins...

Le gentil cochon rose fournit pourtant de la viande, la plus consommée dans le monde et pourrait être un animal de compagnie bien propre si les conditions le lui permettaient. Symbole de l'hypocrisie, de perversité avec son sabot fendu, lui? Faut pas pousser et croire n'importe quoi.

Le A/H1N1 se propage d'homme à homme comme le virus de la grippe espagnole qui, elle, a fait de 40.000 à 100.000 morts en 1918. Ce souvenir fait peur. Analogie trop évidente, principe de précaution ajusté aux risques réels? L'histoire a progressé et les antiviraux n'existaient pas en 1918. Le virus de la grippe saisonnière est latent depuis les années 70 et peut évoluer en permanence. Il tue tous les ans, sans attendre la version A. Bientôt, surement, le phénotype?

L'OMS relevait pour le virus A et s'y tient au niveau "5" de dangerosité, l'avant dernier, qui, lui, confirmerait la "pandémie". Selon une estimation, un tiers de la population d'humains contaminés en cas de pandémie, dit le numéro deux de l'OMS, le Dr Keiji Fukuda. Soit 2.259.655.853 humains touchés après un petit calcul. Excusez du peu. En voilà un qui s'assure un futur sans rassurer !

L'OMS ignore la gravité réelle du virus et c'est l'ignorance qui est prépondérante dans les réactions. Savoir à quel niveau nous en sommes protégés, est une énigme après mutation, voilà le problème qui énerve.

Il est moins pathogène, moins virulent, pourtant. Qualifié par ses 8 segments avec des souches d'influenza porcin, humain et aviaire recombinées génétiquement. Le système immunitaire devrait le reconnaître. Les médecins le font au niveau des protéines de surface.

Pour vivre heureux Pandémie.jpgLe Tamiflu est proposé comme médicament, un peu "passe-partout". Le virus, mutant, il faut en identifier la souche de manière plus précise pour l'adapter avec plus d'efficacité et en faire un vaccin. Mais il ne faut pas exagérer le problème actuellement.

Dès le début, ont commencé les journées du masque, au Mexique. L'utilité de ce masque n'est pas totale, selon les virologues, si ce n'est en milieu hospitalier. Réflexe conditionné et instinctif, plutôt. Les microbes se transmettent dans l'air.

L'attention s'est relâchée depuis. La vie doit continuer et les magasins, les écoles, le foot, rouvrent leurs portes à Mexico, le mercredi 6.

Les voyages vers le Mexique continuaient. On déconseille d'y aller mais on ne force pas à rester dans le pays. Ce n'est que le retour qui peut être plus problématique. La mondialisation, elle, a fait circuler ses "fanatiques" par paquets. Les virus les accompagnent dans leurs voyages. Pour ceux-ci, c'est donc aussi gagner de la jeunesse, alors ils s'éparpillent en hôtes combattants et conciliants.

A Mexico, les affaires, on veut qu'elles continuent comme si de rien n'était. On garde ses distances, mais on veut travailler. Pour se rassurer, ce sera une septaine en quarantaine.

Pour vivre heureux Masques.jpgEn avion, on ne se bouscule plus. On se maquille pour agrémenter les couleurs du masque. On rapatrie.

L'impact sur les économies déjà mal menées n'est pas nul. Cette semi-pandémie a créé la psychose en Bourse. La Pharma est devenue le chouchou tandis que le transport et les loisirs se retrouvent dans les rejets des actionnaires. Les réflexes protectionnistes se réveillent. Le potentiel d'affaires, les plus juteuses, est toujours au programme. On se rappelle qu'après le SRAS en 2003, le coût de la grippe aviaire, en 2005, avait été estimé, par notre Banque nationale belge, à un demi milliard de dollars. Un joli coup, très tentant à reproduire?

Plus de compagnie rapprochée sans précaution. Restons couverts, restons cachés. Le préservatif doit seulement changer de fonctionnalité et de localisation pour cacher, cette fois, le visage. Plus d'amour sans protection, hier, plus de baisers, plus de bises sans protection, aujourd'hui. Le sécuritaire a été institutionnalisé, transféré du politique aux entreprises et enfin, à la santé.

A-t-on fait le tour du problème de la sécurité à tout crin? Celui-ci a modifié même les codes du savoir-vivre et pas uniquement dans le domaine de la santé.

La comparaison entre les produits toxiques ou composites, issus des subprimes et des prions de la vache folle provenant de l’alimentation animale des ruminants, révélait des ressemblances dans les modes de contagion et dans l’infestation. Il y a toujours des trucs, qu’on n’aurait normalement pas dû y trouver. "Un peu de tout", comme on dirait chez nous, qui fait gagner certains et perdre d'autres.

Prudence mais pas de panique, est le mot d'ordre. On compte et on dénombre les suspects et les morts à notre place. Bénédiction, grippe opportune et prévisible ou une nième sermon de l'apocalypse qui sera récupéré en grain à moudre par les instances responsables en réponse aux péchés véniels?

Comme disait, à l'américaine, Jean-Claude Vandamme, "You have to be aware" donc loin de la quarantaine de l'information, mais impliqué pour le virus. Alors, on suit à la loupe, en direct, l'"affaire". On passe de phase en phase, d'alerte orange à rouge comme pour la météo. Les vacances approchent. La fréquence des voyages va s'accélérer. Y aura-t-il de ces micro passagers clandestins dans leurs bagages? Être attentif pendant sept jours après un retour d'une zone à risque. L'automne pourrait réveillé la "bête", dit-on. Partie remise?

Pour ne pas effrayer, pour que les affaires en temps de crise ne s'arrêtent pas, que ne ferait-on pas.20090430Sondage ecolo.jpg

En Belgique, jusqu'à nouvel ordre, pas de cas avérés, c'est la vigilance sans inquiétude. Mais elle avance de proche en proche. En France parait-il, ce ne serait pas aussi clair, mais les premiers cas sont là et les Français réclament du Tamiflu. Une pénurie de plus... Pour vivre heureux Soutien.jpg

Vingt pays sont touchés. Des statistiques, pour tout expliquer, se construisent. Cela donnera des déductions plus ou moins valables et "la situation d'urgence en matière de santé publique est jusqu'à présent limitée au continent américain", comme disait José Manuel Barroso le 27 avril.

Dans les premières heures, l'invité de la Première radio belge, Patrick Gobeau, virologue expert de l'UCL, rassurait mais dans une certaine danse d'Echternacht. "Plus virulent que le H5N1 de la grippe aviaire, mais moins terrible dans ces agressions et moins difficile à produire. Sensible aux antiviraux, tel le Tamiflu, en pilules et au Renenza, par puf, à la rescousse si besoin... Le vaccin ne semblerait même pas difficile à produire", affirmait-il.

Un peu de philosophie fournie par Paul Hermant, journaliste humaniste de chez nous, pour changer le fusil d'épaule:

"Cent morts à deux mille kilomètres intéresseront toujours moins qu'un mort dans la rue d'à côté. On appelle cela, le « mort kilométrique ». C'est une façon peu chrétienne de dire que notre lointain n'est pas notre prochain. Hé bien, je vous annonce que le mort kilométrique est à porter au nombre des victimes de la grippe porcine, mexicaine, A HIN1, quelque nom qu'on lui donne ou qu'elle porte… Car nous sommes aujourd'hui attentifs comme jamais à cette dame décédée au Texas comme nous le sommes aux 30 autres morts, tous mexicains, 31 morts donc au total depuis ce matin, et que pensons-nous alors des 44 Kurdes abattus d'un coup lors d'une vendetta, qui est aussi une sorte de virus que l'on se refile de génération en génération, il vous faudra relire Colomba, vous savez bien, Prosper Mérimée, ou aller faire un tout du côté du kanun albanais, si vous voulez en savoir plus. Mais enfin, voilà bien 31 personnes qui nous soucient, qui nous ont soucié, qui nous soucieront, comme peu et jamais. Notre planète tient désormais compte de l'infinitésimal, du statistiquement dispensable, de notre portion congrue d'humanité, de gens anonymes et peu nombreux, et c'est une bonne, une excellente nouvelle. Car voilà peut-être le moment de porter notre regard vers le « vivant millimétrique », je veux dire, notre voisin, notre riverain, notre entourage, notre sdf, notre sans papier, que sais-je, enfin bref, exactement les personnes que nous tenons ordinairement pour portion congrue, gens anonymes et statistiquement dispensables. Mais voilà, nous ne voyons pourtant pas ce qui nous est proche, nous n'apercevons pas ce qui nous vient, ce qui nous tombe sur la tête n'a aucune sorte de nom. Et comment faire alors quand ce qui nous arrive est Avigdor Lieberman, le plus que controversé ministre des Affaires étrangères d'Israël, qui était hier notre prochain, 300 kilomètres tout au plus, à l'Elysée, à Paris, où il rencontra Claude Guéant, le même qui la veille entendait sanctionner le plus que discutable Dieudonné. Entre celui que l'on veut interdire et celui que l'on reçoit, on se demande effectivement de quoi tout cela est le nom. Et si ces gens, effectivement, nous sont kilométriques ou millimétriques. « Avec les événements et les gens, il faut trouver la bonne distance, c'est-à-dire la bonne proximité »".

Décidément, rien ne nous épargne, même pas la philosophie.

Revenons, une dernière fois, aux virus par la science, dans leurs généralités.

"Les "virus" modifient activement la génétique des espèces par la force motrice de l'évolution. Incroyablement nombreux, ils sont des entités biologiques parasites qui nécessitent des cellules hôtes dont ils utilisent les constituants pour se multiplier. Leur vitesse de reproduction joue le plus grand rôle dans sa survie. Trop rapide, ils tuent leur hôte avant sa reproduction. Tout est une question de performance de propagation. Le virus du Sida, tueur lent, prend son temps et dépasse en performance ses congénères par la patience. L'Ebola, lui, est un rapide et a moins d'occasions de se reproduire."

Tout deux ratent, donc, le coche de leur salut de profiteurs inoffensifs de ses hôtes car ils le tuent à plus ou moins longue échéance. Curieux ce processus suicidaire?

20090428Grippe porcine.jpgPas plus performant chez les extrêmement petits que les plus grands. "Plus un virus circule mieux, mieux il s'adapte et mieux il s'adapte moins il est pathogène parce que c'est plus intéressant pour le virus dans sa reproduction" ajoutait le virologue. Il y aurait plus de 100 millions de sortes de virus. Profusion de techniques de combat.

Les antibiotiques imitent, d'ailleurs, des éléments naturels qui ont développé des bactéries du sol contre leurs assaillants mais menacent de se retrouver sous une forme modifiée dans la nature. Les bactéries ont leurs propres virus, les bactériophages. Les virus sont agressés par leurs virophages qui les parasitent. L'évolution entre en jeu. Plus surprenant, en effet, devenir malade par des parasites faciliterait le renouvellement génétique des espèces. Celles-ci doivent donc se modifier sans perdre de temps pour gagner de vitesse ses hôtes parasitaires. Complexifier les cellules et les gènes pour simplement garder une chance de subsister.

La biologie évolutive pense même que le risque d'infection stimule l'activité et faciliterait le renouvellement génétique des espèces. Lutte intestine pour avoir une longueur d'avance donc sur ses propres parasites. "Dieu est un virus", lance-t-on parfois péremptoirement dans une certaine presse.

On ne doit pas s'amuser tous les jours sur le mont Olympe des dieux. Peut-être trouverais-je la réponse dans le nouveau Bernard Werber, "Le mystère des dieux"? Lui qui parle des fourmis, en général.

- "Mais on parle de virus, pas de fourmis pensantes, Enfoiré".

Pour vivre heureux Risques.jpgPar ici, donc. Redescendons sur terre. Qui des deux, des virus ou des hommes se cacheront, masqués, à chanter le plus fort cette chanson d'Alain Souchon, "Ecoutez d'où ma peine vient".

La morale de l'histoire pourrait bien être "A vos couettes". Si, en avril, il ne fallait pas se découvrir d'un fil, en mai, faire ce qu'il nous plait, reste-t-il toujours au programme? Depuis, le prion, les vaches sont bien gardées. Depuis le Virus A, prénommé H1N1, les cochons le seront aussi. Vite une tune dans le cochonet.20090515Grippe.jpg

Ensuite, à chacun sa virtualité et sa vérité, derrière son clavier, en ayant pris soin de se laver les petits doigts et de nettoyer les touches avant de commencer. "Wait and see" avant de passer à la vitesse supérieure.

 

L'Enfoiré,

 

 

Sur Agoravox, des commentaires heureux ou malheureux?

Mise à jour 3 juin 2009: La grippe touche tous les continents.

Mise à jour 20 octobre 2009: Les vaccins sont là. Ils ont été commandés par les Etats au rythme de 80% de la population, sans se demander si elle voulait se faire vacciner. Plus peur du vaccin que de la maladie elle même?

20091021Vaccin AH1N1.jpgARTE parlait d'un vaccin qui fait débat en ces termes:

Réalisé par : Jutta Pinzler

Depuis que la grippe A a été déclarée pandémie mondiale par l'OMS, les gouvernements du monde entier se sont lancés dans des achats massifs de médicaments et de vaccins. La dépense est-elle en rapport avec la menace réelle ? Wolfgang Becker-Büser, ancien directeur du service chargé de la circulation des médicaments à l'Office pour la santé de la République fédérale d'Allemagne, soulève la question des intérêts commerciaux en jeu. Si des critiques s'inquiètent de l'efficacité du Tamiflu et des vaccins, d'autres s'interrogent sur leur nocivité. Plus généralement, certains estiment que le virus H1N1 vient à point nommé pour les hommes politiques de tous les continents.


Mise à jour 21/11/2009: Mutation du virus en Norvège

 

Citations:

 

  • « Le virus est le dernier prédateur de l'homme. », Robin Cook

  • « Dans un monde où l'information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime. » , Jacques Attali

  • « Ne sous-estimez pas les petits adversaires : un lion se voit, pas un virus. », Anonyme

 

01/04/2009

A coup de bijoux de famille

Argent et sexe. Sexe et argent. On ne sait plus très bien qui est le mâle ou la femelle dans ce couple prospère. Alors, quand il y a en plus des intermédiaires.

medium_A_coup_de_bijoux_de_famille_20.jpgLe premier avril, on peut se permettre des surprises, des fausses nouvelles, mais aussi des écarts avec la vie de tous les jours. Je l'ai fait, d'autres le feront, cette fois encore. Un moment de détente pour moi, pourquoi pas? Mon compatriote, Le Chat va, cette fois, diablement, m'y aider dans cette tâche "difficile".

Je commencerai donc par une suite à un sketch: un poème en relation avec la leçon de sexe que Michel Leeb, il y a déjà quelques mois, un plaisir visible pendant plus d'une heure et demi sur scène en "one man show". Les spectateurs étaient ravis. La mention d'interdit aux (-10), je ne suis pas sûr quelle soit nécessaire aujourd'hui.

Voici un poème, sans prétention aucune, une variation en « rut majeur » à la suite de la leçon de Michel Leeb :

« Qu’est-ce que le sexe », avec une règle spéciale : changer une lettre de la rime à chaque vers. Je ne respecte pas toute la règle? Comprenne qui pourra. Je l'ai intitulé:

L'amour vrai en faux acrostiches

Michel Leeb le disait : « J’aime ma bite ».

Quand on a une crainte d'avoir du biDe

Ou en finale d’attraper une Ride,
J'essayerai de conserver la riMe
Sur un sujet où il faut atteindre une Cime
Et surtout ne pas vouloir jouer au Mime
Pour avoir une chance de gagner une Dîme.
Et, bien, oui, « J’aime ma Bite ».
Surtout, s’il ne faut pas aller trop Vite
Et ne pas en arriver à un Rite.
Et même, si on n’arrive pas au pied du Cid.
Sous le soleil chaud, en voyage à Side, 
En misant sur le travail de la seule Pine.
Mais, vais-je mettre cela sur mon siTe?
Avec la crainte de tomber dans l'insipiDe,
Car, au fond, Elle, aussi, doit dire « J’aime cette Bite ».

.

Non, je ne vais pas vous demander de sortir vos mouchoirs pour essuyer la salive qui aurait pu vous perler le long de la bouche. Mon article ne mérite pas ce carré blanc sorti de votre poche. Ce n'est pas de sexe «pur et dur», c'est du "soft", du bien mou, dont je vais vous parler aujourd'hui. Du dur, beaucoup trop de littératures, de films l'ont fait, avant moi, pas besoin d'y ajouter une couche. Y aura pas photo, ni de ce que vous pensez, ni du reste. Le sexe sur Internet, à lui seul, prend en charge pas mal de pages, donc, passons.

Petit récapitulatif de la "chose".

A coup de bijoux de famille_Chat Pipi.jpg"Le Zizi" de Pierre Perret, tout le monde s'en souvient encore et j'ai déjà eu en décalé un premier avril sur la parodie du sujet.

"Le porno débauche-t-il les ados" se disait un vieux "Question à la Une" en novembre 2007.

Une enquête de la RTBF, plus ancienne encore, qui avait permis de faire apparaître une nouvelle forme de proxénétisme qui s'était produite dans l'ombre d'une salle de sport. Personne ne s'en souvient, peut-être, pas même l'auteur de l'émission. A coup de bijoux de famille_Chat Couché.jpg

Je me souviens en effet, de "parties fines" organisées en invitant des messieurs bien intentionnés pour "voir" des jeunes filles bien payées pour se battre ensemble poitrine bien "dégagées". Une "légère" participation aux frais était demandée à l'entrée, bien entendu. Des visiteurs en provenance de beaucoup d'horizons intra et extra frontaliers s'agglutinaient autour du ring. Situation particulière, pas de boue cette fois pour ajouter au tableau. Peut-être pour ne pas perdre de l'attrait et de la couleur originale. Depuis lors, les suites se sont perdues dans les arcanes de la justice. Je trouvais le "procédé" de l'époque, "nouvelle vague" et un peu limite. Que les jeunes filles aient des envies sportives, pas de problème. La championne, elle, n'encaissait pas la totalité de la petite assiette à l'entrée de la salle. Le proxénétisme aurait-il, à l'époque, pris ses quartiers d'hiver bien au chaud en quittant la rue?

Lors de l'émission, l'interview du "généreux organisateur" de ce spectacle insolite, avait ajouté un comble dans le domaine de l'"innocence" voulue ou feinte dans ces répliques. Les réponses pour le moins "simplistes". Pas le moindre sentiment de culpabilité ne pouvait s'y déceler. Était-ce peut-être le seul lien avec le Poisson qui honore de sa présence aujourd'hui?

Le langage est complice de manière bizarre dans cette représentation en disant "je vais prendre mon pied". Bizarre, le pied, qu'est ce qu'il a faire dans le "bazar"? On dit aussi toujours 'mon', jamais 'notre' pourtant dans la majorité des cas, il s'agirait bien d'une affaire à jouer à deux. Cette party, même si les "premiers pas printaniers", peuvent se limiter à du travail solitaire, les "pas de mi-course, estivaux" par une volonté d'étendre son champ d'investigation dans une "bonobo party", avant de refermer le théâtre faute d'acteurs avec les "derniers pas" et les artifices du "gras de la vie" comme je l'écrivais dans "Mariage distancé". Le couple est heureusement la meilleure forme d'association peu importe ce qui le constitue, entre mariés ou dans une association non officialisée.A coup de bijoux de famille_In Vitraux.jpg Mais, certainement pas, avec quelqu'un qui tient la bougie, l'intermédiaire qui ramasse les dividendes.

En voyant des images de ces nouveaux combats bien huilés, je m'étais, à l'époque, mis à penser dans une autre planète de singes: "Que se passerait-il si les rôles étaient inversés?". Sommes-nous bien à la période où l’on revendique l’égalité des sexes? Si au lieu de voir de jolies personnes s'éclater dans ce genre de joutes, on pouvait voir de jeunes hommes musclés se trémousser dans le costume d'Adam avec le spectacle sous le regard intéressé de ces gentes dames. Des Chippendales, émouvant les âmes féminines esseulées dans des ébats à qui perd, gagne.

Le jeu de la courte paille serait remis à l'honneur. Rien d'extraordinaire d'ailleurs, quand on pense que les Jeux Olympiques antiques se déroulaient dans le plus simple appareil. Avec ce rajeunissement du procédé, on peut espérer qu'il y aurait du "sexe à pile". Quant au "sex appeal" lui-même, je ne sais pas, je ne peux juger. C'est pas mon truc en plumes, mais pourquoi pas?

A coup de bijoux de famille_Chat homo.jpgDifficile aujourd'hui de ne pas tomber sur un classé "X" (non, pas la voiture) avec images suggestives à l'appui. Que les absents lèvent le doigt. Ils ont droit de choisir lequel. Timides s'abstenir de toutes déclarations mensongères. Les images suggestives transitent aujourd'hui par tous les médias et les courriels ne sont pas en reste en vidéos ou images fixes. Si vous êtes attentifs ou prudent, jetez un coup d'œil sur vos spams.

La prostitution est aussi vieille que le monde. Pompéi garde encore des traces de lupanars très suggestives. Les femmes exploitées sexuellement. Les harems apportaient un raffinement oriental dans un art de la suggestion et de l'érotisme. Au Japon, les estampes érotiques seraient même un facteur d'innovation. Il y aurait même un livre sur un "art de l'infidélité" poussée par des pulsions biologiques. Non, mais, ... poussez le "bouchon" jusque là...A coup de bijoux de famille Voisine.jpg

Nous sommes en phase rétro, dans l'actualité. Bigots et bigotes, menées par les sacro saintes religions, les enclins à se toucher du bout des lèvres se bousculent au portillon. Peut-être, est-ce toujours une vieille affaire de 'pomme' ou encore une facilité de vouloir rejeter sa moitié dans l'ombre des cuisines. Pour vivre heureux vivons caché, d'accord. Mais pas toujours et pas partout. Caché et protégé à une certaine place, très certainement. Le singe bonobo ne rime pas avec la "bonne au beau" chez l'homme, où, dans son rêve, tout serait devenu subitement "beau". Chez lui, cela fait partie de sa paix sociale. L'abstinence, c'est bien beau, mais... Des théories poussent à croire qu'il y aurait une stratégie de sectarisme, de la purification des rites religieux dans l'air après la cascade de déclarations papales de ces derniers mois. Dérapages contrôlés d'ultra conservateurs pour une église élitiste de fidèles. Fausse volonté de rassemblement des croyants en risquant sans crainte un vrai schisme. Remiser Vatican II aux oubliettes pour une réaffirmation des valeurs. Serait-ce pour se réserver un monde de seul d'initiés où les agnostiques et les athées n'auraient plus droit au chapitre?

20090320Curé et jamais.jpgLe problème ne date pas d'hier avec le nouveau locataire du Vatican quand on ressort les caricatures suggestives de Kroll depuis le début à son intronisation. Les gays menacent l'humanité (décembre), l'"assassinat d'Eluana" et le tsunami comme châtiment divin (février), l'avortement plus grave que le viol, les femmes libérées, le coupable préservatif et plutôt mourir qu'avorter (mars)... J'exprimais déjà mes griefs dans un "Ciel pour horizon".

Le "Da Vinci Code" de Dan Brown avait énervé le Vatican. Le "Gay Vinci Code" écrit récemment par Pascal Fioretto, devra le surexciter par les pastiches du premier. Le livre qui vient de sortir, "Le prêtre et le sexe", comme procès de l'inquisition, essaye d'en trouver les origines. La révolte ou l'asservissement spirituelle et dogmatique. L'église a toujours utilisé le "sexe", c'est-à-dire, le moteur de la procréation, de la succession des hommes, pour affirmer sa domination et sa doctrine de chasteté selon ses propres préceptes.

Nathan Wachtel, professeur au Collège de France, allait même plus loin, du moins dans le temps, après son livre essai la "Foi du souvenir" édite récemment la "Logique des bucher" dans lequel Torquemada serait précurseur au totalitarisme du XXème siècle, style "Gestapo" en prenant les techniques d'interrogatoire et le racisme paranoïaque de l'Inquisition. Comme acte de foi, inciter à dénoncer son voisin pour l'éliminer.

20090318pape en Afrique.jpgJe sais, j'aurais pu sortir un article de ce genre, un 14 février ou un 25 décembre. D'autres ont pensé chercher "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe" lors de ce genre d'occasion. Le Magazine des Philosophies examinait tous les "si" d'opinion. L'un d'entre eux imaginait "une révolution féministe dans le monde musulman" dans un esprit de procréer et de créer point de fixation de l'intégrisme islamique. La femme, point de passage, d'intersection dans le monde de la judaïcité, comme si les deux éléments du couple n'avaient pas leur propre importance. Qui a raison? La science va nous en donner une réponse.

Ce jeudi, à la télé belge, après "L'Odyssée de l'espèce" et "L'Odyssée de la vie", ce sera un docu-fiction en images réelles et en 3D, "L'Odyssée de l'amour" par Thierry Binisti, sous forme d'une comédie sentimentale et scientifique.

Le film montrera le grand rôle du cerveau dans l'amour. Le cerveau le plus archaïque, le plus animal commandé par notre instinct de survie sur Terre. La passion, c'est quand le désir l'emporte sur la raison, disait le Pr Michel Reynaud. La neurobiologie de l'amour, tout un programme. La séduction mis en formules chimiques. L'alchimie de l'acte sexuel. Scénario alambiqué et difficile, s'il en est, et qui devrait rallier le cœur, les vaisseaux, les poils de la peau, les communications biochimiques, électriques dans les milliards de synapses à sa cause. La libération d'ocytocine, secrétée par l'orgasme et les caresses, de la vasopressine, hormones de l'attachement entre une mère et son bébé retrouvé déjà dans la passion amoureuse. Hormones, incitée par la dopamine, de la plus fondamentale récompense et motivation pour l'amour.

A coup de bijoux de famille_Chat Tigré.jpg"L'amour est unique, universel et reproductible" est le sous-titre du film. La boucle serait-elle bouclée? Celle de la ceinture de chasteté, castrée? Tout s'expliquerait? Plus de magie? Non, mais autant savoir. Le Pape n'en aura, peut-être, cure. Il en sera pour ses frais, car, il ne pourra plus l'ignorer, n'importe où il ira: l'homme n'est pas ce qu'il est, celui qui s'est retiré du monde et regarde celui-ci avec un prisme mal réglé. L'amour ne serait plus que l'outil, le catalyseur de nos hormones.

L'origine du poisson d'Avril, jour saint pour les blagueurs, remonterait au 16ème siècle. Le symbolisme du poisson y est certainement aussi pour quelque chose.

Quelques vidéos suggestives pour ce jour précis?A coup de bijoux de famille_Chat.jpg

Le Chat, n'hésite plus à nous bouffer ce Poisson d'avril de malheur et pas uniquement pour un jour, même s'il aboit. 

S'assumer en tant qu'homme et femme, avec ses qualités et ses défauts, ne serait-ce pas le bon mot de la fin?

Prendre son destin en main, quoi.

L'enfoiré,

Sur Agoravox, en famille, sont-ils sexistes avec leurs bijoux?

Réactions en premiers de la Belgique au Pape de manière officielle et droit de réponse

Et de l'Europe bien après

vrais faux poissons d'avril 

 

Une histoire transmise par un copain qui venait bien à propos:

Un médicament très efficace

20090526Porno à la télé.jpgDans une petite ville de province, un petit monsieur se présente dans une pharmacie et demande du VIAGRA.

Le pharmacien lui en donne une boîte ...

Le client ressort sans payer :

« Le temps d'aller faire une course chez le boucher en face, de faire de la monnaie et je viens vous régler. D'accord ?"

Le pharmacien regarde par la vitrine histoire de surveiller son gars.

Celui-ci rentre chez le boucher.

- « Mettez moi 2 entrecôtes s'il vous plaît. Je vais chez le boulanger faire de la monnaie et je repasse vous payer. D'accord? »

Il emporte sa viande et s'en va chez le boulanger :

- « Bonjour, je voudrais deux baguettes. Je fais un saut chez l'épicier et je reviens vous payer. D'accord ?

Même manège chez l'épicier, puis il sort, saute dans sa voiture et s'en va en trombe !!

Peu après, entre chez le pharmacien un autre client qui lui demande

- « Je voudrais du VIAGRA mais, à votre avis, est-ce que ça marche vraiment ? »

- « Écoutez, c'est garanti : je viens d'en donner à un client qui en moins de cinq minutes, vient de baiser, l'épicier, le boulanger, le boucher et moi !».

 

Citations:

  • "Sexe : le plaisir est de courte durée, la position ridicule et la dépense absurde", Philip Chesterfield

  • "Les hommes portent leur coeur dans leur sexe, les femmes portent leur sexe dans leur coeur", Malcolm de Chazal

  • "Si par nature, l'homme est une bête de sexe, j'ai toujours eu des animaux de compagnie", Mae West

  • "En matière de sexe, la plupart des hommes se prennent pour des dieux. Manque de pot, en matière de sexe, la plupart des femmes sont athées", Bernard Lherbier

 

Pour info, actuellement, une exposition à Namur reprend les oeuvres de Félicien Rops, qui s'est toujours inquiété de comment inspirer de l'amour à une femme: Le Pornokrater, La dame au pantin, la Tentation de Saint Antoine ne sont que certaines de ses oeuvres. 

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