18/11/2009

L'art du jeu

Nous sommes déjà entrés par la grande porte du jeu de la loterie. A côté d'elle, à l'échelle nationale, existent bien d'autres moyens qui permettent de passer le temps agréablement ou de manière vraiment plus stressante. Le jeu a une histoire. Profite-t-il à nous mêmes ou est-ce pour un profit bien plus commun, plus trouble aussi?

 

L'art du jeu.jpgNous avons fêté le jeu par la Loterie à la suite de son 75ème anniversaire. Superstition aidant, vendredi 13 dernier, 15.000 euros de mise, plus de 7000 transactions s'ajoutaient toutes les minutes. Plus de onze millions, cela laisse rêveur. Cela a aussi créé un blocage du système et le lotto a perdu la boule. A l'occasion de l'anniversaire, à Bruxelles, un exposition "L'art du jeu" présente une collection de 130 objets, de tableaux, de sculptures et de documents historique. "Elle illustre le thème central de la fascination séculaire de l'homme pour le jeu de hasard, de l'Antiquité à nos jours", dit la publicité de l'exposition. Alors, remontons dans l'histoire.

L'histoire du jeu remonte vraiment à l'apparition de l'homme. D'abord très simple, le jeu s'est très vite complexifié pour grimper le jeu au niveau du culte, de la passion, de l'abrutissement, quitte à en devenir stressant.L'art du jeu10.jpg

Dérivatifs des esprits troublés par une situation difficilement supportable psychologiquement, les jeux de société, les jouets ne sont que le reflet de la réussite ou de l'inconfort de nos sociétés. Beaucoup de petites histoires, de légendes tournent autour des jeux.

Les Égyptiens auraient inventé une forme primitive du jeu de l'oie, les Grecs, les dames, l'Orient, les échecs, les Américains, le Monopoly en 1935, ... Pas de limites sinon l'imagination. Depuis lors, ce dernier jeu serait le plus vendu dans le monde avec ses 200 millions d'exemplaires à la disposition d'un demi-milliard de joueurs. Ce premier jeu "à devenir millionnaire" a rendu son mythique inventeur, Charles Darrow, (ou successeurs de Elizabeth Magie, 30 ans plus tôt) millionnaire en dollars de l'époque. Le Scrabble, en trouvant à placer ses lettres dans 29 langues différentes et 121 pays, suit immédiatement. En 1948, Alfred Mosher, alors au chômage, avait exploité sa passion pour les mots et développé le Lexiko ancètre du Scrabble.

L'art du jeu20.jpgLes Échecs, le maitre des jeux de réflexion et de stratégie rend ses plus fanatiques, fou des points ELO. Ce jeu reste le meilleur microcosme de vie pour apprendre à reconnaitre les forces et les faiblesses d'un adversaire dans une joute.

Le fameux "wargame" (jeu de guerre) effraie par son concept de simulation des batailles et des guerres.20081022Crise Paradis.jpg

Mais, il y a les jeux moins casse-tête qui n'entraîne que le porte-monnaie. On peut miser dans ces jeux,  y parier sur n'importe quoi, désormais. Les paris en ligne sont de ceux-là. En Europe, dix milliards d'euros en 2006 y transitaient. Au grand dam des Etats concernés, ses producteurs utilisent encore par des endroits comme Malte pour contourner la législation et échapper aux 30% des bénéfices à verser dans les caisses de l'État.

Jouons ensemble_licencié.jpgLa modernité d'Internet, les solitudes d'Internet cachent, dès lors, les vices les plus cachés! Tout se retrouve dans le virtuel, dans l'anonymat.

Deuxième business d'Internet après le sexe, le jeu pourrait le dépasser ! En temps de crise, on peut encore plus justifier de vouloir gagner le gros coup, vite fait.

Nous en sommes de plus en plus loin de cette idée de délassement apportée par le jeu. L'attirance de l'argent a pris le relais.

Le Nouvel Obs titrait récemment "Internet. Le tripot va s'ouvrir". Fini le le monopole du Loto et du PMU. Des dizaines de nouveaux acteurs - souvent proche de l'Elysée - se lancent dans les paris sportifs et le poker en ligne...". Alors, si l'Etat s'en mêle...

Ce sont des jeux de société dans lesquels il devient difficile de trouver une société. Comment exprimer sa joie ou son amertume devant une machine inerte et sans âme? La machine va dans son plus grand effort envoyer un cordial "Bravo" pour féliciter son joueur, mais à part cela ? La présence d'un "adversaire" de jeu, par son côté visuel, vocal, émotionnel si nécessaire dans les instants de mise en parenthèse de la vie est devenu bien absent. Pendant que nous séchons devant un coup à faire ou ne pas faire, la pub en coin aura eu, aussi probablement, l'occasion d'attirer le regard  sur autre chose et rien que cela aura justifié l'installation d'un jeu dit "gratuit".

Le Vif L'Express parlait récemment de la métamorphose des jeux vidéo et d'une année 2009 historique dans le domaine. Au Festival de Gamescom à Cologne, le 22 août dernier, on s'y pressait de partout pour s'exercer au Nitendo DSi. La version Go de la Playstastion, était annoncée pour le 1er octobre. Elle sera portable sous forme de jeux uniquement accessibles après téléchargements, était-il dit. "Aion, ton univers impitoyable". Bizarrement, la distribution en ligne ne s'est pas encore frottée à la loi HADOPI. Les nouvelles générations arrivent et se bousculent. La Playstation 3 Slim ne sera qu'un intermède avant la version 4.

Les adeptes de la joystick, n'en déplaise à certains, s'abrutissent par leur fanatisme. Les raisons de cette intoxication? Un esprit qui se veut jeune, poussé par l'obligation d'être dans le coup? La violence qui en fait partie ne me donne pas la confiance que l'on devrait trouver dans tous les délassements. Un "Questions à la Une" du 9 mai 2007 (vidéo) se posait la question "Les jeux vidéo forment-ils des meurtriers?". Serait-on dans la représentation de la violence gratuite pour associer, plus tard, les dérives du virtuel vers le réel? GTA, Manhunt, Dead Rising, ultra réalistes, permettent d'incarner ni plus ni moins que des « serial killers ». Rendent-ils agressifs? Les psychologues n'ont pas une réponse commune. Mais, la dépendance poussent ces pratiquants à accumuler les heures nocturnes jusqu'à en perdre le sommeil et écarte toute envie de s'adonner à toutes autres activités. Dérivatifs stressants à souhait et sans beaucoup d'intérêt, sinon tenir éveillé et stressé. La tactique se résume à sa plus simple expression et la réflexion n'est vraiment plus de la partie. Douze à vingt heures accrochés devant l'écran du PC force à penser que lui, au moins, restera toujours le plus fort.

Le replis et l'agression sont du parcours quand une discussion s'engage avec un "moralisateur" du jeu. Les jeux vidéos sont devenus les plus vendus sur les marchés. Ce qui rend, déjà, ce "moralisateur" sujet à caution. Les fabricants de ces jeux en veulent plus et ne cherchent pas, nécessairement, à attirer toujours d'autres consommateurs tels que des amateurs de devinettes, énigmes qui demanderaient trop de remue-méninges. Alors, on ratisse de plus en plus large, mais on ne rase plus  vraiment plus gratis. Douze milliards de dollars en 2008 aux États-Unis. Ce n'est plus Tintin qui a un public de 7 à 77 ans (pub probablement déposée), mais on espère atteindre un public de 6 à 60 ans, plus rentable. On va donc d'une version d'Alice détective chez Majesto Games à un jeu à coup de questions-réponses pertinentes à des âges divers bien ajustés chez Electronic Arts (Smarty Pants). On parle même de ces jeux comme remplacement des moteurs de recherches. C'est déjà un mieux par rapport aux jeux violents. Mais...

Peut importe les média utilisés pour y arriver. On peut, désormais, tout faire. A distance, par portable, pourquoi pas?

Nintendo est limité même si celui-ci fait un malheur dans les ventes. Les démons du jeu, qui se retrouvent parmi adultes et enfants, ont été envoutés par "World of Warcraft" (WOW) qui se joue dans le monde virtuel d'Internet où les abonnés vont pouvoir s'adonner 24h sur 24h. L'année passée, son éditeur, filiale de Vivendi, allait encaisser 400 millions d'euros (CD=45euros + 13euros par mois pour l'abonnement) parmi les cinq millions d'adeptes, anonçait-on. Vivre une vie en parallèle dans des personnages de fiction du passé avec des noms moyenâgeux, des avatars dans le monde d'Azeroth. Pièce de théâtre de drogués de jeux, dans laquelle, il n'est pas permis de laisser la vraie vie suivre son cours bien qu'on encourage, paraît-il, les joueurs à faire des pauses. Bien qu'interdit, un trafic d'objets virtuels existe bien et de l'argent bien réel entre en jeu. Un monde lucratif virtuel, parfois plus cruel, plus capitaliste que le réel, donc.

Une forme de jeu nouvelle vague (apparue en 2003) entre dans les dédales d'une "Second life". Univers de soleil et de couleurs mais qui se vit de nuit. L'"ancienne vie" est mise de côté pour faire place, cette fois, à un monde où tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Écologique, le voyage n'existe plus: on se téléporte. Tous les phantasmes y sont permis déguisé par un avatar. Jeu de rôle théâtral, du style Mangas japonais, qui transgresse le réel sans avoir étudié les règles du théâtre. Encore marginal en Belgique (6500 adeptes), SL, sera-ce le nouvel opium jeune où il faudra être présent pour exister ?

S'il s'agissait d'étudier de recréer l'histoire par le jeu, il n'y aurait pas de risque en la demeure. Mais, le goût ou l'esprit guerrier serait moins appréciable et pourrait trouver une finalité dans d'autres environnements beaucoup moins pacifiques.

Pour les grands consommateurs du réels, il y a les machines à sous. Deux casinos, déjà, au centre de Bruxelles. Serge Minet, thérapeute clinicien, responsable de la clinique du jeu pathologique au CHU Brugman (auteur de «Le plaisir du jeu : entre passion et souffrance : La joueuse») crévelait le caractère de danger dont on ne peut encore estimer les effets. La fraicheur de l'événement d'être la seule ville à avoir ce dérivatif dans son sein empêche les statistiques fiables. On dénombre 100.000 Belges "passionnés" par le jeu. 15% d'entre eux sont clairement "à risque". Il parait que les Belges sont de plus en plus accros aux jeux. Les jeux à effets immédiats par le gain ou la perte (Presto) sont évidemment plus dangereux. Mais, tout jeu comprenant une récompense en argent peut être considéré comme des "toxiques" à risques comme les drogues douces ou fortes par la dépendance qu'il entraine. Jouer, cela n'est rien. C'est rejouer qui est le problème majeur. Le joueur "mordu" va jurer qu'on ne l'y prendra plus à son entourage, mais, en le disant, il se lance dans le parjure. L'excitation face aux machines à sous est trop forte. Les thérapies habituelles sensibilisent et forcent à parler de leur vice en voulant être solidaire. Un profile pathologique a été dressé en 2005 par la Commission des jeux de hasard. Le rapport qui en a été fait ne manque de soulever le problème des troubles psychologiques et compulsifs perçu par l'anxiété et la dépression des accros. Le sur-endettement et la contagion chez les proches dans le vice ne trouvent de solution que par l'abstinence complète et l'interdiction d'accès aux tables de jeux comme il serait fait pour une drogue forte.

Plus il y a de l'argent à la source et plus, il y aura de candidats à l'accomplissement du vice. Ce qu'on appelle les drogués du jeu se retrouvent dans toutes les classes sociales. Le casino est leur refuge de prédilection. Darry Cowl avait demandé aux casinos qu'il fréquentait de lui en interdire l'accès. Ce réveil n'a pas été automatique et a nécessité de l'aide de son entourage et une thérapie de psychanalystes si cela ne suffisait pas. Les machines à sous génèrent une addiction telle que 300.000 personnes sont "accros" en France d'après de statistiques récentes mais certainement incomplètes. Certains joueurs repentis ont entrepris des actions en justice contre ces casinos pour leur manque de prévention et de précautions prises vis-à-vis de leurs "victimes volontaires". Arrivé au stade où le joueur ne peut s'arrêter. Il est, alors, difficile de s'apercevoir qu'il perd jusqu'à son instinct de conservation. Dans cette spirale, le domaine du jeu est passé dans celui de la roulette russe. Les innocentes cartes de jeu et les dés arrivent vite à passer la ligne verte. Ils se faufilent dans les poches avec trop de facilité même s'ils affichent une popularité qui ne s'émousse jamais. Grâce au hasard, au bluff et à la stratégie que le jeu de cartes demande, le poker est un phénomène de société qui traverse le temps. Poussé par le showbiz, 80 millions de joueurs réguliers est en augmentation. Prochainement, une nouvelle loi belge va mettre le holà à des parties clandestines qui se terminent parfois très mal.

On pourrait croire que les attrait des relations humaines ne font plus recette. Heureusement, il y a les jeux traditionnels à l'ombre, à la maison ou ailleurs. Jeux sans gagnants ni perdants et qui font participer les joueurs en coopération par le besoin de relations humaines qu'ils procurent. Les jeux de rôle ont pour objectif de défendre ensemble une position dans "Les Chevaliers de la table ronde" ou "Donjons et dragons", par exemple. Plus besoins nécessairement de récolter des points ou de faire plier un adversaire. Il s'agit, plutôt, de faire partie d'un univers imaginaire.

Après les effets pervers, du côté des bons points, car il y en a, évidemment, ce sera un meilleur apprentissage de la complexité par le jeu, parfois un microcosme de la vie réelle. Constater la facilité des tout jeunes faces aux ordinateurs. Pour eux, le jeu a été l'initiation naturelle qui fait la différence par rapport aux séniors. Jeux d'acteurs, aussi, dont le joueur ne serait que l'un des personnages du scénario.

Les jeux éducatifs existent, mais, il est avoué, qu'ils n'attirent pas les foules. Peut-être un manque de bon scénario?

Exorciser nos pulsions primaires, les transgresser, pour fonction du jeu vidéo? Peut-être. Tout dépend du joueur, lui-même. S'il est seul, en permancence, face à un écran, cela ne devient pas nécessairement du jeu. Un paliatif, du temps perdu sans dépense physique du corps, très certainement.

20071121R Jeu de l oie.jpgLe jeu dévoile toujours son caractère. Ne réussit pas qui veut quand il s'agit de lancer un coup de bluff au poker ou lors de la recherche d'un emploi.

Quant à moi, je parle de jeu et pourtant, je suis loin d'être ce qu'on peut appeller un "joueur".  Je suis probablement complètement dépassé par l'actualité.

Sur mon PC, ce sera très difficile de trouver beaucoup de programmes qui font partie de cette catégorie. S'ils sont là, c'est qu'ils y étaient au départ. Je n'ai jamais voulu frapper mon supérieur dans le réel, alors dans le virtuel, je n'y aurait pas même pensé...

La tombola n'est pas mon truc. Les lotos qui fleurissent de temps en temps, n'ont vraiment pas eu l'art d'attirer mon attention. J'ai, même, du mal à définir les règles du jeu qui alimentent toutes les cases de ces petits billets qui permettront en principe à l'un des joueurs de sortir gagnant de sa condition à bon compte, si l'on en croit les annonces de la publicité.Devenez Scandaleusement Riche.jpg

Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de passer deux jours à Las Vegas. Selon les statistiques, que l'on m'a données, seulement 2% des visiteurs ne touchent à aucune machine à sous pendant leur séjour. Je me retrouvais, sans le savoir, dans cette minorité.

Donc, désolé, c'était mal parti que d'en parler, je l'avoue. Vous aurez, probablement, d'autres expériences plus passionantes à raconter.

Le jeu ne sert pas qu'à jouer, à se faire plaisir, à faire passer le temps agréablement. Ne pas le savoir, c'est répondre, sans réfléchir, aux désirs de quelques uns de plus intéressés aux grands jeux. Ne pas se le rappeler, jouer, deviendrait  dans ce cas, à une perte de sa liberté.

Le jeu en vaut-il la chandelle? Si la mèche n'est pas trop chaude, oui.

Alors, sera-ce, les jeux sont faits: perd, impairs et ... trépasse ou voulez-vous jouer avec moi, ce soir?

 

L'enfoiré,

Des gagnants ou des perdants sur Agoravox?



Citations :

  • "On ne réalise vraiment que l'on a perdu à la roulette qu'une fois sorti de la salle de jeu, pas à l'intérieur.", José Artur

  • "La partie la plus cérébrale du jeu - de beaucoup la plus importante - demeure invisible ; c'est donc que le muscle y sert d'écran à l'intelligence", Pierre de Coubertin

  • "Le jeu permet de tout oublier, y compris qu'on n'a pas les moyens de jouer", Philippe Bouvard

 

16/09/2009

Créateur de chance

Le 18 octobre prochain, la Loterie nationale belge fêtera ses 75 ans. Le « créateur de chance » comme elle aime s'appeler, va mettre à cette occasion les petits plats dans les grands. Des zéros derrière des chiffres significatifs, probablement aussi.

Créateur de chance_10.jpgLe 18 octobre 1934 sortait la première loterie que l'on appelait alors « Loterie coloniale ». Pour confirmer, l'esprit colonial de l'époque, un noir parmi d'autres employés de la loterie présentait les boules à la sortie des urnes. En janvier 1944, le super gros lot s'élevait, déjà, à 2 millions de francs belge. Cela fait à peine 50.000 euros, non réévalués, bien entendu. La mise de cinquante francs belges pour acheter le ticket pouvait sembler une véritable fortune à l'époque. Pour élargir les candidats à la chance, un billet du dixième du prix permettait de gagner un dixième du lot. Rappelons que nous étions aux lendemains de la grande crise de 1929 et que l'on voulait redresser la barre par tous les moyens disponibles. Tout pour redonner l'espoir de changement de vie.Jouons ensemble (1)_4.jpg

La Loterie nationale française sortait, elle, un an plus tôt. Le mot "colonial" a été prohibé dès l'indépendance du Congo, pour devenir "Loterie Nationale".

Pour jouer, il y en a pour tous les goûts, depuis, en direct ou en différés.

Au départ, les jeux de tirages ont été la raison d'être ce "créateur de chance". Le Lotto (version belge avec 2 "t", SVP) est fondé sur le hasard.

LDevenez Scandaleusement Riche.jpg'Euro Millions, "le jeu qui rend scandaleusement riche" en fait partie. Quinze millions d'euros à gagner chaque semaine, gros lot reporté si pas gagné sur la semaine suivante.

Du côté des tirages, la variété a explosé: Lotto, Joker, Golden Ticket, Euro Million, Keno, Pick3,Super Lotto, Super Joker, Lotto Extra.

Pour les impatients de la chance, les jeux à grattage ne manque pas d'imagination pour faire sortir la chance de son trou sous forme de tickets: 21, Astro, Bingo, Bling Bling, King of Cash, Le Chat, LoveIs, Pile ou Face, Presto, Quick Cash, Subito Quattro, Subito, Super 13, Super Monopoly, Win For Life, Win For Life 75

La Loterie Nationale, le « créateur de chance » multiple, se prépare à fêter dignement l'événement de 75ème anniversaire. Le Brussels Jazz Orchestra et le Jouons ensemble (1)_2.jpgBrussels Philarmonic Orchestra vont mélanger jazz et musique classique lors d'une tournée au travers du pays qui commencera dès ce mois de septembre. Les archives le la Loterie seront présentés dans une exposition. Celle-ci rappellera la fascination des hommes pour les jeux du hasard à travers les siècles. Un documentaire sera monté par Gérard Corbiau pour l'occasion.

Du côté des gains, les Golden Tickets, depuis fin août, existeront temporairement avec deux fois un million d'euros de gains. Le Win for Life 75 créé aussi pour l'occasion a pour principe de faire gagner, à vie, 75 euros par jour, soit 2250 euros par mois.

On essayera d'oublier les affaires de fausses identités qui présentaient un profil sur mesure de l'heureux gagnant. Celui-ci ne sera plus artificiellement modélisé comme un jeune avec petite famille avec enfants pour ajouter une touche d'espoir aux prospects ou clients. Désormais, les gagnants resteront anonymes.

Les montants gagnés dans les jeux de hasard sont, de plus en plus, énormes. Plus il y a de fric en jeu, moins il y en a dans les poches pour tenter le diable, plus on pourrait penser que les files pourraient s'allonger pour venir chercher leurs billets. Pourtant, la Loterie subit aussi la crise. Les économies existent aussi.Jouons ensemble (1)_0.jpg

La multiplication et l'évolution de l'offre de jeux suit l'imagination débridée des concepteurs. Le Rapido implanté en 1999 par la Française des Jeux avait généré une addiction très forte par la répétition des tirages dans un cours laps de temps. Le temps, c'est de l'argent.

Le jeu compulsif est une pathologie reconnue par les psychiatres dont les conséquences sociales et familiales sont à prendre en considération pour devenir enfin un problème de santé publique qui ne peut plus être ignoré par l'État.

En Belgique, les pubs "Devenez scandaleusement riche" veulent rester anonymes. Pour la première fois depuis une dizaine d'années, on pensait faire un audit à la Loterie nationale sur le flux financier de l'institution. Un parti aurait phagocyté les postes-clé. Avec 1,7 milliards d'euros de chiffre d'affaire en 2007, on pouvait se poser des questions. Une super cagnotte de 10 millions d'euros aurait-il des relents de trop plein? Plus le pays est grand, plus le potentiel de faire grimper la somme, est important.Jouons ensemble (1)_3.jpg

Les Français et les Anglais aiment s'afficher avec le chèque en main. Avant de le toucher et que le stress leur ferait perdre le billet gagnant! De ce côté-ci, la discrétion est de rigueur et pousse à continuer à travailler caché pour ne pas être harcelé par toutes les organisations charitables.

Les hôtels cinq étoiles pour tous les gagnants ne s'y habituent pas ou ont peur de sortir de l'anonymat. Les envieux se déchaîneraient. On connaît la ville où le gagnant à sa résidence, mais pas plus. Celle-ci ose espérer qu'une petite participation aux gains ne seraient pas mal venus. Que faire de cette fortune que la plupart ne parviennent même pas à imaginer? Les gagnants changeraient-ils de vie? Une question très personnelle mais qui a généré quelques imaginations.

Jouons ensemble (1)_1.jpgLa redistribution de la mise n'aura pas nécessairement un gagnant, si ce n'est l'organisateur, lui-même. Celui-ci, pour se faire pardonner, fait souvent œuvre de charité, heureusement. La lutte contre la pauvreté sera, d'ailleurs, le thème à l'honneur lors de cet anniversaire.

"Internet va-il tuer le lotto?". Cela faisait peur. La vérification de l'âge du joueur, puisque jouer à crédit reste interdit aux mineurs, nne préoccupe pas trop. La loterie ne risque que peu de sanctions. Protéger le joueur contre lui-même en surveillant le temps d'utilisation de la connexion sur internet ne sera également qu'un souci "moral".

L'analyse combinatoire vient à l'aide pour calculer la chance. Combinaisons sans répétitions généralement. Trouver 6 bons numéros sur 42 possibles et c'est gagné. Mathématiquement, en effet, la palme pour l'emporter se situe pourtant aux environs d'une chance sur 76 millions de remporter le gros lot. La société de loterie jugeant, enfin, le montant disproportionné étudie une répartition plus équitable dans les rangs inférieurs. La Loterie Nationale belge jouit d'un monopole pour l'organisation des loteries publiques. Sa mission est de ne pas provoquer la dépendance et doit canaliser le comportement de jeu. La superstition entre aussi en jeu et, chaque vendredi 13, le nombre de billets achetés atteint des sommets.

Paul Herman, journaliste à la radio RTBF, avait ces mots sur le "Scandaleusement riche" de notre publicité belge, lors d'un premier gros lot gagné de 75 millions. Cela se passait le 21 septembre 2005 :

Au jeu de l'amour et du hasard, le Belge apparemment a choisi le hasard. Un récent sondage sur la sexualité nationale ne révèle rien de palpitant sinon que 9 Belges sur 10 étaient hétérosexuels. A se demander, ce que fait le 10ème. Pour ce qui est du hasard, les Belges se défendent mieux. Désormais, comme les Irlandais, les Portugais ou les Français, ça y est, des gens scandaleusement riches, on en a. Et il y avait un petit cocorico tout de même dans les infos. Un air de patriotisme économique. On a perdu Electrabel, la Sabena n'existe plus et Côte d'Or est suisse, mais nous avons enfin chez nous, un "SR", un Scandaleusement Riche. Comme on dit, un 'BV', un Bekende Vlaams, un flamand connu. Bref, nous avons désormais quelqu'un qui fait la fierté de la nation et si vous ne me croyez pas, allez donc lire le courrier que la loterie reçoit. On y félicite l'heureux chanceux d'avoir enfin gagné pour la Belgique. Où va se cacher l'indécence, me direz-vous? Dans la fierté retirée d'un acte qui nous dépasse ou bien dans l'esprit malade qui a décidé de créer de toute pièce une nouvelle classe sociale: des gens qui n'auront besoin ni d'hériter, ni d'avoir une idée de génie, ni de commettre un délit pour être définitivement séparés des autres. C'est ça "être scandaleusement riche". C'est devenir absolument différent. Et si les mots sont parfois grossiers, il arrive que les chiffres soient vulgaires. Tout est trop dans cette somme de 75 millions d'euros. Les gagnants de la semaine dernière, ils pourraient payer des années lumières de salaires africains avec cette manne astronomique. Et après ça, on va s'étonner que des gens traversent des mers, franchissent des barbelés et occupent nos églises. Parce que notre télé, eux aussi, ils la regardent et qu'ils ont vu comme vous, quelqu'un se moucher avec un billet de 500 euros ou manger des frites dedans. Alors, ils arrivent, ils rejoignent l'eldorado. Eux aussi, ils veulent tenter leur chance. Et de temps en temps, l'un d'entre eux, après mille visites à l'office des étrangers et au bout de la 3ème grève de la faim, réussit à obtenir des papiers et trouver un travail, à louer un logement. Quand on pense que c'est quelqu'un qu'on a croisé 1 fois, 100 fois dans l'autobus, cela fait réfléchir.Jouons ensemble (1)_5.jpg

Si vous voyez que son billet a pris une ride, prévenez-moi. Depuis, de bien plus gros lots sont tombés. Le 21 août dernier, les mêmes 75 millions étaient partagés entre un Belge et un Français. En Italie, au mois d'août, les candidats à la fortune s'étaient affolé avec le Lotto italien (Super Enalotto) avec une super cagnotte de 143,9 millions. Les chercheurs de gros coups n'ont pas hésité à prendre l'avion pour y aller jouer.

Comme le journaliste le disait, n'oublions pas que la télévision, qu'Internet traversent, aussi, les frontières et qu'il ne faut pas être étonné que les richesses « mielleuses », même faussement présentées comme naturelles et courantes, attirent toujours les abeilles butineuse.

Mais la loterie, c'est pour le commun des mortels, direz-vous.

Il faut les "coloniser", ces "communs". Le nom de départ, Loterie Coloniale, n'était pas si mal, en définitive. Si l'argent n'a pas d'odeur, il ne doit certainement pas avoir de couleur, non plus.

L'espoir que donne l'argent, ne fait décidément pas le bonheur de tous les mortels.

Seul, un Dieu a l'éternité devant lui pour attendre de le gagner ce gros lot.

Les autres jeux restent réservés aux Dieux, les fanatiques du jeu. Mais cela, c'est une autre histoire.

Bon anniversaire à eux, tout de même.


L'enfoiré,

Le gros lot sur Agoravox?

Citations :

  • "Rien n'émancipe un homme autant que le jeu. Comme, dès que l'on a un peu joué, on se sent moins esclave de l'argent !", Tristan Bernard

  • « La personne qui achète un billet de loterie le lundi en vue d'un tirage le vendredi a deux fois plus de "chances" de mourir avant le tirage que de gagner le gros lot. », Jean Dion


05/08/2009

Viens chez moi, j'habite chez une copine

Un titre de film "Viens chez moi, j'habite chez une copine", m'inspirait un article "provoc". Pour accrocher l'attention? Non, pour établir des statistiques, pour apporter des conclusions et pour mettre à plat certains points dans lequel certains événements sportifs ou autres sont tombés si on n'osait pas y regarder d'un peu plus près.

20090727Armstrong au revoir.jpgL'été est la période des événements sportifs par excellence. Si les compétitions de foot sont en mode mineur jusqu'au mois d'août, d'autres sortent leur épingle du jeu. Alors il y a Roland-Garros, puis Wimbledon pour le tennis. Après les Tours réalisés par la Petite Reine, c'est le Tour de France qui couronne la saison avant de remiser les vélos au vestiaire jusqu'à l'année prochaine ou penser à d'autres horizons là où il est attendu à plus petite échelle.

Beaucoup d'organisations, de nos jours, organisent des événements sportifs, des « event » dirait -on : le Giro en Belgique, Mémorial Yvo Van Damme, et, j'en passe. En vacances, il faut bien meubler les instants d'inoccupation et sortir du farniente offert par la piscine des hôtels. Ici, je ne reprendrai que les sports qui défraient la chronique pendant cette période. Une série d'activités plus ou moins généralisée, plus ou moins monopolisée prennent place. A qui profite tout cela?

Aux organisateurs, bien sûr. Les sponsors, par les retombées, ensuite. Aux sportifs de haut niveau qui, par le jeu de la compétition, se verront sur le podium avec le titre de champion et un prix qui montera exponentiellement. Les premiers recevront le pont d'or. Mais très vite, cela deviendra des cacahuètes de moins en moins grasses, pour les suivants. Les spectateurs supporters auront gagné quelques moments d'adrénaline devant leur petit écran ou sur les bords de ces "event". Dans l'automobile, si besoin est, voici une preuve que les organisateurs font la pluie et le beau temps.

Le sport est l'opium du peuple, dit quelqu'un. C'est presque devenu un rite, une religion. Et cela n'a pas de prix, une religion. En fait, pour le fan, ce n'est pas toujours le sport qui intéresse mais l'ambiance, l'impression de force qu'il apporte. La compétition a de ses dons pour attirer le supporter en lui donnant l'excitation désirée.

Les caractéristiques et préoccupations d’un « event » réussi, pour attirer son public, pourraient compter les étapes et préliminaires suivantes:

  • médiatiser et sponsoriser le spectacle: plus il y a monde, mieux c’est et plus ça rapportera.

  • Un « business plan », calculé par certains mais connu seulement de certains qui empocheront les bénéfices et écarteront ceux qui sont mêlés de plus près avec l'idée commune du profit quitte à sauter ceux qui ne se plieraient pas à certains sacrifices.

  • Les coûts de l'opération sont supportés par les sponsors pour la réalisation mais c'est la collectivité qui en supportera la maintenance et l'intendance.

  • Monte des ASBL et travailler avec des bénévoles qui reçoivent des défraiements pour leurs frais et des petits cadeaux qui remplacent généralement les salaires.

  • Pas de calendrier « protégé » pour un tel « event ». Le initiateur de l’événement choisit la date qui lui convient, sans pitié pour les autres organisateurs. Aucun apport extérieur, les initiés, seuls. Pas de colle donc pour associer les desiderata de chacun.

  • Souvent, le créateur de l’événement n’y connaît rien à l’activité exercée, mais son seul réseau de relations devrait normalement suffire.

  • Plus le créateur d’ « event » est important et puissant, plus il sera potentiellement écouté et plus il se permettra des risques avec moins d'assurances en contre partie. Les organismes publics se plieront ou passeront leur tour.

  • Prépondérance de la publicité et les meilleurs supports médiatiques.

  • Lobjectif principal n’est plus d’amuser le public mais de le faire participer et, surtout, faire sortir un maximum d’argent de leur poche.

  • Pour le même « event », on peut rencontrer des activités qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre, mais qui trouvent place ensemble par le souci de rentabilité. Alors tout est pour le mieux.

Comme on le voit, le demandeur n'est pas nécessairement le payeur à toutes les étapes. Comme les retombées ne sont pas chiffrables, mais seulement évaluées, sans feedback, ils dépendent de la publicité qui en est faites. L' « event » est présenté de ce fait par la seule force du marketing.

20090423Huy et flèceh wallinne.jpgDès lors, pour faire partie des élues, les villes demandent le passage du Tour, chez elles. Le Tour de France sort, très souvent, des frontières de l'hexagone lors de certaines étapes. Est-ce normal? Pas de réponse. Elle serait tendancieuse. Trajet variable d'année en année, décidé, bien avant la compétition. Prestige et espérance de faire "marcher" les commerces aux alentours et s'assurer de l'obéissance de ces villes pour éteindre dans l'oeuf toutes revendications. Tout n'est, pourtant, pas bénéfice intégral. En plus de la manne apparente, qu'apporte le Tour de France, il y a les coûts que les villes doivent assumer pour les recevoir. Certains événements ne rentrent pas toujours dans leurs frais. La population, elle, passive, n'a pas l'habitude d'exprimer son accord ou son désaccord. Le Tour et sa caravane passent et certains habitants, parfois, "trépassent". Les citoyens travailleurs se retrouvent naturellement bloqués en attendant qu'elle passe cette put... de caravane. Pas de forcing, car c'est la gendarmerie qui remettra le récalcitrant dans le droit chemin. Sans oublier les résidus qui traînent sur la route en dehors de la volonté des organisateurs. Pendant la course, pour surveiller, il y aura les différentes polices qui payeront leur tribut à la grande messe du sport. La maintenance et l'entretien des routes finiront le travail. Tout cela, en définitive, pour quelques minutes d'excitation et quelques babioles en souvenirs que les organisateurs ont jeté dans la foule pour attirer le chaland en tête du peloton. "Moins cher, c'est illégal", dirait-on, avec humour, selon la formule publicitaire consacrée.20090511Onkelinx.jpg

Le sport cycliste est, cette année et jusqu'à nouvel ordre, sans dopage. Un véritable renouveau. Tout le monde l'espérait un jour. On est contant mais peut-être n'est ce qu'une partie remise. Chercher à se dépasser, esprit de corps, d'accord, mais... On fait parfois la mauvaise oreille. Le team spirit n'est pas toujours au beau fixe. Comme tous les ans, il y a eu des drames de l'imprudence. Statistiquement, c'est imperceptible. Deux spectateurs qui se sont fait renversés par une moto suiveuse et un motocycliste, qui, ailleurs, s'est tué en percutant un obstacle non prévu.

Quand on ne "travaille" plus en circuit fermé, la sécurité devient un casse-tête et responsabiliser la population et les organisateurs ne serait pas le bienvenu dans une opération "call".

Professionnaliser une course, ne sera jamais une mince affaire, ni gratuite.

A mettre aux profits et pertes de la course, donc?

20090601Ecolo Progrès.jpgEn Belgique, Eddy Merckx, en son temps, a créé beaucoup de vocations pour le cyclisme, dès 1969. Qui oserait l'en blâmer? Pas moi. La petite Reine attire de nouveaux zèles parmi les jeunes. Peut-être, faudra-t-il, un jour, oublier la bagnole pour entrer en ville pour imiter Londres et ce sera tant mieux. Mais, actuellement, la ville n'est pas encore le champ privé de la bicyclette en pelotons, n'en déplaise aux écologistes et aux convaincus comme moi.

Les plus grandes compétitions comme les Jeux Olympiques ont très souvent sous-estimées leurs investissements et les frais ne sont récupérés que bien des années après.20080401La flamme et BHV.jpg

Il est vrai qu'il faille parfois viser très haut pour faire rebondir une ville. La ville de Barcelone avec les jeux de 1992, celle de Séville sont des exemples de réussites mais dont les frais ne se sont soldées que bien longtemps après l'événement. Un an après, la Chine, avec les 30 milliards de dollars, est certainement dans une période difficile de consolidation après leurs prestigieuses prestations en vitrine pour le monde. Cela même, si son lifting est loin d'être terminé et qu'elle espère en 2010, remettre le couvert à Shangai. L'environnement de Pékin, lui, a retrouvé le smog, même si l'économie a progressé de deux points. Prestige, quand tu nous tiens...

La recherche du meilleur, du champion, du mieux adapté, de la meilleure équipe a, pourtant, quelques effets secondaires. Le sport de haut niveau peut donner quelques doutes et quelques soucis en fin de carrière, quand on aura dépassé le point de non retour qui existe toujours quelque part. Mais, le spectateur se dit: "comme ils sont payés pour le faire, pourquoi s'en inquiéter?20090518Dieu et le Standard.jpg C'est comme pour tous les métiers: il y a quelques marches ratés et des "laisser pour compte". Mohamed Ali, malgré ses problèmes de santé actuels, dont l'origine ne fait aucun doute, dit que si c'était à refaire, il le referait. La renommée est-elle à ce prix? Être sous les feux de la rampe et parmi les « people » avec contrepoids de fin de carrière très dur à supporter. Car un jour, il faut descendre du podium et descendre est souvent plus dur qu'y monter.

Le sport de haut niveau et ses dérives, on en a déjà parlé. Le prestige, la gloire et l'argent en sont devenus les moteurs principaux au sport en général et a perdu un certain plaisir pour le pratiquer.

Et dire, qu'il y a quelques spectateurs qui entendant l'énormité des montants des prix alloués aux champions, ne manquent pas de hurler à l'injustice. Ils ont déjà oublié qu'ils sont eux-mêmes les patrons et les sponsors de leur propres "vices" derrière la petite lucarne.20090821Athlète de sexe.jpg

Combattre contre son prochain dans une lutte même à la loyale restera pourtant une idéologie complexe dans ses retombées. Les sociétés commerciales poussent à ce genre d'exercice pour attiser cette envie de compétition et pour augmenter les chances d'écraser le concurrent. La compétition, en solitaire, celle qui privilégie le combat avec soi-même, dans l'endurance, elle, n'a pas autant de valeur marchande.

La mondialisation de ces événements et la télé aident naturellement pour cacher quelques côtés moins positifs.

20090706Michael Jackson hommage.jpgLes événements sont ce qu'ils sont. Ils arrivent à date fixe, mais doivent aussi se digérer vaille que vaille à date fixe aussi.

En Belgique, en mai 2008, Red Bull investissait dans sa pub à Bruxelles pour la Fête de l'Iris. Accord entre la ville de Bruxelles pour égailler les foules. J'ai cherché le symbole, sans le trouver. Vous en souvenez peut-être, cela s'appelait "Europe rêve ou réalité". Red Bull ne fait pas l'unanimité et la Santé l'a même interdit un temps. La Taurine, présente dans le corps humain, a été expérimentée sur les GIs durant les guerres de Corée et du Vietnam, comme anti-stress, tout en créant des maux de tête et à l'extrême des hémorragies cérébrales. Alors, qui est la copine de l'autre dans ces événements?20080123Sportifiez-nous Henin.jpg

20080516JustineLeterme.jpgChez nous, le tennis, au féminin, a eu ses heures de gloire. Justine Henin a raccroché sa raquette de compétition au vestiaire pour entamer une autre étape de sa vie. Elle était avide de vivre une autre vie, peut-être "sa" vie. Kim Clijsters, après avoir quitté la compétition, nostalgique des podiums, veut y revenir. Le nationalisme revivrait pendant ses moments d'excitation et de gloire nostalgique? Pour preuve, il s'est souvent éteint dans l'esprit des supporters après leur disparition des écrans de télévision et des écrans marqueurs. Tout passe, tout lasse. (*)

20090731Reprise du foot.jpgLe foot recommence fin juillet. "Sportifez-nous", écrivais-je un jour où c'était nécessaire quand le moral est dans les talons plutôt que dans la pointe des pieds.

Çà, s'est du sport. Oui, mais, encore une fois, pour qui?20090625Arbitres dispositions.jpg

Car, il y a les autres? Les spectateurs, malgré eux. Ceux qui ne sont pas intéressés par les sports en général ou en particulier et tout ce qui s'y rattachent. Parce qu'il y a ceux pour qui le sport, cela les emm... quoi.

Il n'y a pas que les sports d'ailleurs pour trouver de l'opposition. Il y a des endroits qui sont sacrifiés aux "events" surtout en été. J'entendais, récemment, à la radio que la place Flagey de Bruxelles, renouvelée récemment, avait incité les riverains à lancer plusieurs plaintes pour cause de nuisances que ces événements engendrent.

On ne se demande pas, si, lors des manifestations sportives, les nuisances du bruit des télés, elles-mêmes, n'ont pas gêné ceux qui n'en ont rien à cirer.

20090608Gagnant et perdrant.jpgAucune statistique n'existe, non plus, pour déterminer le nombre de querelles de ménage que le sport a généré dans l'intimité des couples lors du choix des programmes de la télé.

Plaintes, mécontents. Les « antis » en tout existent. Ceux qui n'apprécient pas et j'en connais. Sont-ils négligeables pour autant?

Je me le suis demandé. Je leur dédie cet article.

20090523Sport Panique.jpgPourquoi s'en faire? Tant qu'on a la santé et les moyens, pourquoi pas?

Après nous, si ce n'est les mouches, que serait-ce? « Nous irons tous au paradis », chantait Polnareff. Peut-être.

Rien ne vaut, peut-être, une bonne et belle fête locale, qu'on aura organisé soi-même, en prévenant des nuisances, dans un environnement qui s'adaptera au mieux à tout propos et en ayant respecté la quiétude pour le maximum de personnes. Pour cela, il faut en connaître tous les points positifs et négatifs et ne pas faire confiance au premier venu.

Le principe de "mens sana in corpore sano" dans le contexte du respect des règles du "jeu" est une idéologie à plébisciter. Elle donne de la forme et de la longévité à ses participants.20090818Limite du sport.jpg

Je suis loin d'être un "anti-sport". Modestement, je pratique jogging et vélo en solitaire et cela à mon rythme. Je ne serai que très rarement celui qu'on dit "sportif", dans un fauteuil, avec la petite lucarne dans le regard. Courir, prendre son vélo peuvent très bien, sans la recherche d'une victoire quelconque, sans chercher à se comparer, mais s'assurer le meilleur combat avec soi-même en oubliant le spectacle. Compter en heures et plus en kilomètres parcourus. C'est aussi une philosophie. Pierre de Coubertin disait que le principal est de participer. Rien n'est plus juste. Un autre, Stephen Leacock, « Évitez soigneusement de faire du sport : il y a des gens qui sont payés pour ça. ». Comme quoi, tout est dans la nature de l'homme et de sa diversité.

20090831Rentrée Standard.jpgAlors, si un jour, la copine qui habite toujours le même quartier, sollicitée alors qu'elle n'en a rien à faire avec le sport, présentait l'addition, on pourrait lui répondre franchement avec des arguments bien réfléchis et incontestables.

Aimer le sport avec tous points positifs et négatifs, jusqu'à plus soif, question d'âge ou de sexe? Plutôt d'antécédents. Le football, une histoire de famille, disait Jean-Luc Dehaene. Mais, si aimer le sport est la question, en comprendre tous les sens et l'assumer, l'est tout autant.20071121Milquet gardienne de but.jpg

Alors, à vos boîte à compteurs, vos suggestions et vos votes pour et contre.

Avocat du diable, si vous avez quelques instants, de passer par ici, venez à mon secours.


(*) Mise à jour septembre 2009: Kim Clayesters a gagné l'US Open et Justine Hénin annonce son retour à la compétition.20090923Henin retour.jpg


L'Enfoiré,

Sur Agoravox, de Grands ou de Petits sportifs?

Remerciements tout particulier à Kroll pour ses caricatures. Bonne vacances à lui.


Citations:

  • « Le moment où l'on perd les illusions, les passions de la jeunesse, laisse souvent des regrets ; mais quelquefois on hait le prestige qui nous a trompé. », Chamfort

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • « Baisser les bras dans une compétition sous prétexte qu'on ne peut terminer premier est incompatible avec l'esprit du sport. », Eric Tabarly

  • «  Faire l'amour est la seule activité sportive où l'on préfère s'entraîner que marquer un but. », Anonyme


29/07/2009

Chassez le naturel...

...il revient au galop. Période de vacances, la recherche d'évasions de proximité peut venir à l'esprit. A Bruxelles, il y a quelques coins naturels et très secrets. Le Moeraske et Hof Ter Musschen sont de ceux-là. Sans aucune prétention, mais qui remonte dans l'histoire. Alors, en silence, à l'écoute de la Nature, laissons lui raconter son histoire...

Chassez le naturel.jpgPour une ville et une capitale, Bruxelles a de nombreux espaces verts. Des espaces de parcs, de bois,une forêt de Soignes, de jardins fleuris auxquels chacun s'attache à donner le meilleurs aspect. Tous entretenus au mieux des disponibilités et des moyens. Tous dédiés à des moments de recueillements pour faire oublier l'excitation de la ville, avec des bancs publics pour se foutre du regard oblique des passants honnêtes, comme chantait Georges Brassens. Dans cette ambition de perfection, le côté naturel n'est plus la principale préoccupation. Cela doit être beau, fleuri, attirant pour le regard. Rien à dénigrer dans cette vision, dans ses propos et ceux qui vont suivre. Le but est ailleurs. Une manière de présenter le naturel par la beauté. Le naturel pur a ses propres règles qui ne sont pas moins belles, mais seulement moins sensibles aux humains que nous sommes.

L'écologie est à la mode, mais ce n'est pas uniquement un parti vert, c'est aussi une idéologie de respect envers la nature avec sa beauté et avec ses erreurs, en dehors de toute interprétation anthropomorphe. Saisissons l'occasion pour le prouver et pour en découvrir les tenants et les aboutissants par un autre point de vue.

Près de chez moi, se cachent quelques endroits moins choyés par les interventions humaines, plus libres, que l'on veut maintenir plus divers. Il faut les connaître par le bouche à oreille. Pas touristique pour un sous.

Le Moeraske fait partie de cette petite nature, simple, sur un site de 14 ha en longeant un chemin de fer. Comme voisinage immédiat, le train qui vient de Liège. La gare de Schaerbeek, à proximité, est un point de concentration des trains, et son trafic n'est pas nécessairement discret.

Là, la nature garde le champ libre de décider comment elle veut évoluer et exister. Plantes, oiseaux et animaux osent s'y retrouver, alors qu'il ne le ferait plus naturellement en ville. Dans cet espace confiné, à l'écart des hommes dans un silence saccadé seulement par ce bruit de train parfaitement identifié, il y a des chances, alors, de sortir des chemins battus. Ce n'est pas encore de l'aventure, mais on s'en rapproche pour un botaniste.

Cela ne veut pas dire, dans un espace aussi réduit, qu'il faille lui laisser la bride sur le coup et la totalité de liberté. Car, il est question de garder la biodiversité. Certaines plantes sont trop envahissantes et ne laisseraient aucune chance à ses comparses de prospérer, si l'homme ne les gérait avec un minimum de soins. Cela arriverait d'ailleurs très vite. Il faut éradiquer ou restreindre ces appétits. Ce ne sont plus les études d'architecte de jardin ou d'agronomie, trop productiviste qui seront à l'honneur avec l'expérience du terrain.

La biodiversité a un programme à respecter et une philosophie très particulière.

Les petits animaux qui s'y cachent, s'habituent au train électrique. Cela ne pollue pas, sinon par le bruit. Hors du cycle des voitures et des échos de la rue. Seuls quelques chiens promènent leur maître (non, je ne me suis pas trompé le sens de ma phrase !).

"Moeraske" veut dire "petit marais" en néerlandais. Pourtant, au fond de la vallée de la Senne, il n'était pas destiné à cela dans l'histoire. A cheval sur trois communes autour de Bruxelles, le site suivait la source du Kerkebeek, qui coule toujours à vitesse soutenue, tel un ruisseau ou plutôt un ru, pour rafraîchir les souvenirs des cruciverbistes. Des épinoches ne s'en privent pas.

Le parc de Walkiers qui en fait partie, est un ancien parc à l'anglaise de 4,5 ha. Il était à l'origine la possession d'une riche famille. Un château existait en ces lieux mais il a complètement disparu. Pas question de faire revivre un patrimoine prestigieux.

Famille qui remonterait à un architecte du 17ème siècle. Une rue d'Evere porte encore son nom. Au 19ème siècle, cette famille s'agrandit et se retrouve à Auderghem avec une avenue. Voilà, pour le souvenir familial.

Le Moeraske était une campagne bucolique au 18ème siècle. Prairies, bergers se partageaient l'espace. La vie à la campagne, tout en restant à portée de calèches, on en connaissait déjà les privilèges dans ce genre de famille. 1835, le chemin de fer changeait la donne. La gare de Schaerbeek prend une telle extension qu'elle gâche le côté bucolique de l'horizon. Un pensionnat et un orphelinat prennent place dans cet environnement. Les autoroutes du 20ème siècle vont, une nouvelle fois, complètement changer la destination des lieux et lui lancer son chant du cygne.

Chassez le naturel_Saint Vincent.jpgCe n'est pas l'église Saint-Vincent, dont il ne reste plus grand chose de l'origine qui ferait obstruction à cette décadence et à l'abandon de tout le site. Si l'extérieur gardait un cachet de petite église brabançonne typique, l'intérieur ne laisserait pas un souvenir impérissable.

L'espace devient, dès lors, un remblai abandonné avec seulement quelques bassins d'orages. Pourtant, ils subsiste des sources, un marais, des potagers, juste ce qu'il faut pour rendre le site le plus naturel possible.

La décision est prise en 1989 et la Commission de l'Environnement de Bruxelles et Environs (COBE) fait naître le site avec le respect du naturel. Protéger et conserver le patrimoine des sites naturels se réalise, autour de Bruxelles, comme une charte de bonne conduite. L'Hof ter Musschen, accompagne leMoeraske avec son parc du Bon Pasteur dans une préoccupation de préserver à tout prix.

Les surprises commencent. Il suffit de se baisser, de tendre l'oreille pour s'en apercevoir. Des oiseaux chantent, cachés, seulement repérables par leurs cris. Reconnaître les oiseaux par leur chant répétitif donnerait une leçon à l'apprenti de signaux Morse. Quand les nids sont occupés, les sponsors en sont avertis de leurs occupants occasionnels. Une manière d'entretenir le bien fondé de l'action et pour les tenter d'enrichir ou de maintenir la manne des donations.

Une soixantaine d'espèces d'oiseaux dont un tiers nicheurs: Bécassines des maraisfauvettes, martin-pêcheurs, canards colvert, poule d'eau, pics épeiche, perruches à collier, mésanges, hérons, bécasses, pouillot véloce, loriots se partagent les mares, les arbres et le ciel pour nicher, hiverner ou simplement survoler.Chassez le naturel Poule deau.jpg

Symphorines roses, sorbes, arôme gouet, circe commun, liserons des champs ou des haies, butlea qui attirent les abeilles et les papillons, voilà les échantillons visibles. Rien d'extraordinaire, me direz-vous. Comme si la nature devait toujours être exceptionnelle pour exister. Pas d'orchidées au détour d'un chemin pour répondre à la nouvelle mode des fleuristes pour suivre l'air du temps. Le "très petit" demande un regard plus rapproché, de la patience et une position macro à son appareil numérique ou analogique pour le capter à sa juste valeur.

Le site, dans sa grande partie, est d'accès libre. Le parc Walkiers, par contre, est fermé aux visiteurs non accompagnés. Sa protection nécessite la clé de cadenas des barrières. Le chemin de fer reste encore trop poreux aux intrusions iconoclastes et il faut le constater avec désolation. Protéger la nature n'est pas une chasse aux sorcières, mais une lutte contre les déprédations.

Une fois par mois, la visite de ce parc est programmée avec un guide qui s'occupe en permanence de l'endroit.

Chassez le naturel_chemin.jpgCe deuxième dimanche du mois-là, j'étais au rendez-vous. Je n'étais pas seul. Un petit groupe de passionnées, bien plus au courant que moi-même accompagnaient. Le temps n'était pas au beau fixe. Des bottes ou de bonnes chaussures étaient conseillées, disait le prospectus. Le sol boueux et glissant le confirmait. La promenade devait compter théoriquement trois heures pour parcourir, en comptant large, d'à peine deux à trois kilomètres. Cela voulait dire meubler des moments par des explications détaillées et des réflexions d'expert. Moi, le citadin, "religieusement" consommateur de cette nature mais pas pratiquant, je ne cherche pas naturellement à donner des noms à toutes ces choses. J'allais en entendre plein les oreilles. L'homme s'est évertué à donner des noms délicats, intimistes, alambiqués et des références à tout ce qui l'entoure, mais pas toujours très mémorisable. Alors, on joue au botaniste, au zoologue. On essaye d'éliminer le côté Alzheimer qui sommeille en nous. Voilà les mots latins, qu'on ne retient pas sans les écrire. Heureusement, une version plus actuels, dans un langage très local fait parfois sourire. Avec le langage bruxellois, pas besoin de chercher bien loin dans son vocabulaire pour en faire ressortir l'humour.

Les mousses et les lichens sur lesquels chacun marche sans s'en rendre compte, prennent tout à coup une importance toute particulière. Une simple haie feuillue devient un mur de merveilles fréquentées par les abeilles.

Le besoin de pureté, de virginité ne veut d'ailleurs pas dire la même chose pour tout le monde. Cette pureté fait, parfois, ombrage aux autorités les plus compétentes en la matière. Il faut, alors, devenir plus écolo, que les écolos, eux-mêmes. Le parti vert a ses propres objectifs de plaire aux électeurs. Les autorité en charge de l'Environnement voudraient continuer le chemin tracé en traversant le parc défendu. Refus des propositions en bonne forme par le CIBE. Des projets, les plus fous, pour contourner le problème, bien vite oubliés vu le budget nécessaire ne donneront pas la solution. L'expérience et la patience ne permettent pas les compromissions. Chasser le naturel devient un dilemme qui ne se règle, alors, que par une visite devant un juge. La commune, elle-même, ne participe pas toujours avec l'effort souhaité.

Pas de terrorisme écologique. Là, on dépasserait le naturel. La nature n'en demande pas tant. Modèle pour l'homme, pas source de conflit. Les déprédations ne sont pas des mirages donc un maximum de précaution s'impose. Plus il y a d'espace, plus le visiteur en occupe, plus il détruirait finalement son environnement.

A Woluwe-Saint-Lambert, le site du Hof Ten Musschen ajoute le côté historique au naturel. Relique du paysage rural brabançon sur 6ha, il contient une ferme classé, l'ancien moulin du Fournil et un moulin à vent sur pivot. Plus loin, ce sera, même, le moulin à grain de Lindekemale, mû par une roue à aube qui complète.Chassez le naturel_Origine.jpg

Le Patrimoine historique et naturel font très bon ménage dans l'air du temps. Le retour aux sources et aux racines n'y est certainement pas étranger.

Un banal mur devient une représentation historique. Alors, pourquoi bouder son plaisir?

On passe trop souvent, au galop, à côté des merveilles naturelles et historiques, sans s'en apercevoir. La nature a compris et réinvestit là où on lui en laisse le temps.

L'évasion, elle, est à nos portes.20090729Evasion Merksplas.jpg

Ma promenade en images


L'enfoiré

De petites ou de grandes natures sur Agoravox?


Citations:


  • « L'objet de la recherche n'est plus la nature en soi, mais la nature livrée à l'interrogation humaine, est dans cette mesure l'homme ne rencontre ici que lui-même. », Werner Heisenberg

  • « Il est dans la nature de l'homme d'endurer patiemment la nature des choses, mais non la mauvaise volonté d'autrui. », Jean-Jacques Rousseau

  • « Vous arrivez devant la nature avec des théories, la nature flanque tout par terre. », Pierre-Auguste Renoir

  • « Je ne suis que le fil rassemblant les fleurs du bouquet. Mais ce n'est pas moi qui ai conçu les fleurs. Ni leurs formes, ni leurs couleurs, ni leurs parfums. Mon seul mérite est de les avoir sélectionnées et regroupées pour vous les présenter d'une manière nouvelle », Edmond Wells


03/07/2009

Un Geek avant l'heure?

Suis-je Geek avant l'heure Naissance.jpgCette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?


Le N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.

Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?

Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.Suis-je Geek avant l'heure Password.jpg

La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.

- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.

- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.

"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.

Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.

Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.

Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.

Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.

Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.

"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.

"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.

"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?

Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.Suis-je Geek avant l'heure.jpg

Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.

- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?

- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?

- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.

- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.

Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.

Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.

On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?

Suis-je Geek avant l'heure Paradis.jpgDe la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».

- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.

M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.

On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.

Ils sont vraiment ignares ces geekless.

Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.

Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».

Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?

Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur. Un coup dans le geektionnaire pour apprendre le noob, le fake et le flood.

Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.


L'Enfoiré,

(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre"

Des Geeks agoravoxiens?

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

24/03/2008

Le choix du danger

 retro-chine-reporter.jpgCette fois, à Olympie, elle est partie la flamme olympique pour 137.000 kilomètres. Elle transitera par Lhassa, est-il ajouté. Les jeux de 2008 sont la vitrine des réalisations chinoises sur la scène internationale mais ils ont, surtout, une dose de « politique » qui a, semble-t-il, été sous-estimée lors du choix de Pékin. Les événements récents du Tibet n'en sont qu'un début.

Le choix de Pékin pour les JO était-il judicieux le 6 septembre 1999? Mais qu'est-ce que les Jeux Olympiques vont-ils aller faire dans cette galère? La situation politique était connue de tous au moment de ce choix. Pas de surprise, donc.

Cette course éperdue vers le modernisme, commencée en 1999, entammait, inexorablement, une autre vers des problèmes internes et externes au niveau politique et économique. L'explosion de la population tibétaine et celle du commerce sans règles de partage équitable étaient programmées.

Déjà dans la Grèce antique, la politique avait eu son mot à dire. La Pythie conseilla au roi Iphitos d'Ellis d'"occuper les esprits" de la population grecque en réinstaurant, à Olympie, les jeux sportifs, tombés en léthargie. Jeux qui étaient "naturellement" chers aux dieux, mais aussi aux dirigeants. Rétablir la paix en était le but officiel. Le roi de Sparte, son ennemi, fut dès lors son ancien ennemi et nouveau mentor.

Pierre de Coubertin, lui, fondateur des Jeux Olympiques modernes, risque fort de se retourner dans sa tombe. Ses jeux moderne, il les voulaient apolitiques. En 1896, la Hongrie envoya une délégation aux frais de l'Etat, en signant ainsi son indépendance vis-a-vis de l'Autriche. Le nationalisme fait partie intégrante de tous les JO pour montrer ses différences par une indépendance d'idées. Les médailles ne seraient que les récompences exacerbées d'avoir porté le drapeau de la nation et que la démonstration de la force potentielle en temps de guerre. Avec le temps, les JO sont devenu aussi commerciaux. A Amsterdam en 1928, la flamme olympique fut allumée par un employé de la compagnie du gaz. En 1936, plus de doute, c'est la propagande d'Hitler à la gloire du racisme en contradiction avec l'idée olympique qui prend le relais. Avery Brundage, président du Comité Olympique américain s'opposa à un boycott américain, première édition. Ce qui n'empêcha pas l'aryanisation de la sélection des athlètes et les 4 médailles d'or de Jesse Owens qu'Hitler ne pouvait pas se résoudre à applaudir. En 1940, l'organisation des JO japonnais fut annulée et envoyée à Helsinki après l'invasion nippone de la Chine. La Finlande dut annuler à son tour pour cause d'invasion russe. En 1948, Allemagne et Japon étaient exclus d'office à Londres. En 1956, boycott à Melbourne par l'Egypte, l'Irak et le Liban avec un parfum de canal de Suez. En 1980, Jimmy Carter déclina l'invitation aux jeux de Moscou et la Belgique ne versa pas un franc à sa délégation sportive qui défila sans couleurs nationales. En 1984, revanche de Moscou à Los Angeles. Des incidents plus violents commencèrent en 1968 avec les Black Panthers à Mexico et surtout en 1972 avec les attentats. Pour 2008, le Tibet et Taïwan sont interdits de jeux pour répondre à la question de savoir qui sont les maîtres du jeu politique dans la région.

789879332.jpgAvant l'occupation chinoise, le Tibet comptait 6 millions de Tibétains. Aujourd'hui, il n'en compte que 2 millions seulement. Contrainte à l'assimilation chinoise et les stérilisations larvées, Lhassa subit une pression telle qu'elle ne compte plus que 50.000 de Tibetains au milieu de 150.000 Chinois. Une réédition de David contre Goliath s'est engagée avec la peur téléguidée, par le dalaï-lama en exil, sur la communauté internationale. La Chine, trop intéressée par le réservoir d'eau en provenance de l'himalaia, ne cèdera pas facilement cette province trop intéressante. 

Tous les pays du monde, occidentaux comme orientaux, ont été impliqués pendant les dix années qui précèdent et ont ressenti les effets néfastes pour leurs économies suite au choix de la Chine.

Pour réaliser une percée fulgurante, telle que l'a fait la Chine, elle a dû rechercher de plus en plus de moyens financiers pour sortir le pays d'un certain passéisme et payer cette reconnaissance sur la scène mondiale à coups d'efforts surhumains. Les Chinois, peuples pacifiques, se sont vus contraints de se serrer la ceinture et de resserrer les boulons du travail forcé avec pugnacité. L'occident, dès lors, s'est ressenti, dans le même temps, noyé par les produits à bas prix envoyés par la Chine. La bulle spéculative de 2000 n'est peut-être pas étrangère. Les pays occidentaux tentent toujours de s'en sortir de crise en crise et se perd en conjectures pour trouver la parade. Quelque uns vont tirer leur épingle du jeu. Multinationales en générales. Business is business. Les compagnies équipementiaires Adidas, Nike par exemple. Les droits de télés et de l'informatisation probablement.

En contrepartie, cadenassé par le pouvoir en place, pas grand chose de positif sinon une fierté innocente et soumise de la population chinoise. Pas de progrès dans la reconnaissance des Droits de l'Homme et du bien être de celui-ci.

Un environnement saccagé, aussi, à la gloire du succès de quelques uns.A Pékin, là où les jeux vont avoir lieu, la plupart des vieux quartiers ont été rasés. Les pittoresques hutongs ont été remplacés par du béton et du verre high tech toujours plus haut. Un million de personnes ont été expulsées de leur maison. La Cité interdite, avec ses palais impériaux, ne sera-t-elle là que comme seul vestige pour le folklore et pour la nostalgie? Est-ce une honte de ce passé et d'un patrimoine tellement apprécié par les touristes d'aujourd'hui ?

Le tape à l'oeil pour éblouir le monde se voulait à la pointe de la modernité et oublier le passé. Point. Après l’esprit révolutionnaire de Mao, plein feu donc sur le développement capitaliste avec le dynamisme et l’ambition extraordinaire compensé par un capitalisme qui ne fait plus l'unanimité chez ses précurseurs occidentaux. Sur une surface de plus de 9,5 millions km2, un demi milliard de Chinois y vivent une véritable révolution dans cette mégalopole avec, pour seul obstacle majeur pour les Jeux tout proches, la langue du mandarin, ses innombrables dialectes et l'écriture en pictogrammes quasi insurmontable pour l'occidental qui viendra assister à ces jeux. Dans ce cas précis, on pourrait penser que le forcing de l’étude de l’anglais comme moyen de communication ne serait pas un outil rêvé pour garder le gouvernail dans les mains du gouvernement. Rendre la langue chinoise plus populaire aux étrangers voulait se caractériser par un prosélytisme patronné par Confucius comme haute valeur ajoutée, était-il dit comme incitent. Certains mots chinois resteront probablement intraduisibles. 

Le néo-capitalisme est bien là, avec de bons instructeurs, mais sans avoir trouvé l'ouverture nécessaire. Une profonde soif de stabilité et de tranquillité d'une grande part de la population chinoise existe pourtant pour contrer cette révolution voulue par le parti. Il est clair que cette « révolution » technologique a engendré des dégâts stupéfiants pour l'environnement en seulement dix ans. Le fossé entre riches et pauvres n'a fait que croître dans cette urbanisation folle.

1384659679.jpgDepuis, les travailleurs chinois se nourrissent, désormais, avec le bol de riz providentiel, mais ne profitent pas de cette croissance arrivée bien malgré eux. L'image de la bicyclette qui, une fois en marche, ne peut s’arrêter sans tomber, revient dans les esprits. 

Les Droits de l'Homme seront probablement mis entre parenthèse à l'ouverture des JO. En confiant à Pékin l'organisation des Jeux, on contribuerait au développement des droits humains. On commence à se poser la question de la justesse de cette décision et de cette pensée unique.

Pour obtenir quelques clés d'accès à l'empire du milieu, Google, Microsoft, Amazon, Cisco ont accepté de se plier aux exigences du gouvernement chinois. L'objectif financier important, révélé ainsi, contrastait avec les discours des années précédentes. Suivant le credo du "web démocratique", cette collaboration mettait l'éthique en porte à faux. Un moteur de recherche www.google.cn existe, oui, mais pour rechercher quoi, qui et pour qui s'il est 1384659679.2.jpgbridé à la base? "Quand Google voit rouge..." et dénonce cette restriction d'accès.

 

Alors, s'approchant de la date fatidique des JO, les réactions commencent à tomber en cascade.

Un détail bénin, en apparence, mais piquant tout de même Spielberg et Mia Farrow claquent la porte à l'ouverture de JO.

La pollution et la chaleur moite, autour de Pékin, seront-elles du goût des athlètes? Il y a déjà des renoncements à participer.

retro-chine-jo2.jpgLe Tibet et Taïwan n'ont pas été admis par la Chine à présenter une délégation spécifique aux 2 pays aux JO. Taiwan a voté pour un plus grand rapprochement avec la grande Chine.

584197238.jpgA Lhassa, les violences ont commencé. Les autorités chinoises n'ont pas manqué de renvoyer la faute à "la clique du dalaï-lama lama". Quand on muselle la presse (Youtube est censuré en Chine) difficile de donner foi. La tension continuera. On accuse l'autre qui ne peut rien prouver. Des attentats contre les JO et même à Bruxelles ne seront que les catalyseurs de mouvements de fond d'une population qui a perdu tout espoir. Ce n'est pas le dalaï-lama en exil, qui pourra maintenir le grondement sourd de la population tibétaine. Alors rien de plus contagieux que la colère.

Protectorat de la Chine jusqu'en 1912, le Tibet s'est vu récusé unilatéralement sa suzeraineté par la Chine. Le respect des minorités, les invasions chinoises, pas de partage de la richesse ne semblent pas émouvoir le grand frère.

Presque simultanément, le 12 mars, pour noyer le poisson, Washington avait retiré la Chine de "sa" liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'Homme" sans demander l'avis de ses partenaires. La Chine est la banque des États-Unis et cela explique peut-être.

Le 8 août 2008 à 8 heure, Jacques Rogge, président du CIO, accusé de Ponce Pilate, aura bien du mal à faire passer dans son discours d'ouverture l'image des JO comme un "catalyseur de changement en Chine" face aux ONG qui ont plutôt le mot "génocide" en tête.

Ne fallait-il pas installer des règles plus précises d'inscription aux Jeux?2010466867.jpg

Les Jeux Olympiques ont toujours été considérées en théorie comme parenthèses pour la paix. Dans le cas, c'était prendre des risques et penser que l'histoire et les réalités n'existent pas.

Alors, boycott des jeux ou non, devient la question urgente.

Il faut seulement ajouter que même les dissidents chinois ne sont pas favorables à un boycott systématique et désirent que les JO aient lieu pour faire parler d'eux. Certains sportifs étrangers veulent y aller. Les étrangers vont-ils être canalisés ou pourront sortir de l'enceinte drillée autour des lieux de rencontre des jeux? Bloquer Internet, peut-être, la parole entre deux individus, c'est déjà diablement plus difficile.

Il n'est plus possible de fermer les yeux sur la politique aujourd'hui. Les athlètes suivent le drapeau du pays qui les envoie. Alors, lutte entre Droits de l'Homme et argent. Y a-t-il vraiment photo pour la conscience d'un homme?

Une parole de Mao Zedong est écrite en marbre pas de loin de Pékin "Recherchez la vérité par l'examen des faits".retro-chine-jo3.jpg

Ce n'est pas ce qui a été fait dès le départ.

Il faudra l'assumer, aujourd'hui, mais avec le plus de fermeté. 

Sera-ce par un chantage à la présence des délégations qui pourrait trouver écho à un changement de politique plus en rapport avec le bien commun? Sera-ce une réédition des jeux de 1968 dans le style "Black Panthers" avec le poing lévé? Mais, surtout, ne pas verser dans plus grave encore comme à Munich en 1972.  La fin, dans ce cas, ne pourrait justifier les moyens et laisserait un goût amer à ce qui n'est, en somme, que des jeux.  

Mais, le dilemme est bien là: "Stop ou encore?"

Mais, surtout, sportez-vous bien.

 

L'enfoiré,

Le Panda jouera-t-il en jaune? 

 

Citations:

  • « Le sport est l'espéranto des races », Jean Giraudoux

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • «  Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. », George Orwell

Mises à jour:

 25-4-2008: Rencontre entre emissaire dalaï lama et la Chine906874421.jpg

20/01/2007

Pas de mal à se faire du bien?

Cette phrase souvent prononcée entre gens nantis est-elle toujours de rigueur? Pas si sûr en y regardant de plus près.

L'argent et le pouvoir ont toujours donné des ailes à ceux qui en jouissent. Mais l'engrenage de la vie d'aujourd'hui ne leur donne pas toujours l'opportunité de comprendre qu'ils font partie des "Mouvements perpétuels". Ainsi, l'argent peut parfois mettre en opposition le potentiel d'assouvir son plaisir et ... son futur.

Le réflexe irréfléchi n'est plus de mise. Car il ne s'agit pas d'une attitude dictée par un remords ou un souci soudain d'équité qui prend en compte la pauvreté d'une part importante des terriens. Non, cette fois, nous sommes tous embarqués dans la galère de Dame Nature dont il faut protéger les dons, si l'on veut se voir qualifier par elle : Hôtes de "toujours".

Si la finitude du monde n'est pas pour demain, le manque de possibilités de continuer à vivre dans l'insouciance n'est pas si loin. Les générations après nous, auront moins de chances et devront ronger leur frein en ruminant notre imprévoyance.

L'industrialisation des 19ème et 20ème siècles ont donné l'impression que tout était permis et possible. Et, ça à marché, c'est sûr. Des fortunes se sont construites sur ce principe, légitime à première vue. Une classe moyenne de plus en plus nombreuse a vu le jour donnant accès aux jouissances les plus inattendues en créant de nouveaux besoins dans la course vers un bonheur matériel. Malheureusement, cela devenait de plus en plus en consommateur de richesses non renouvelables. Tout et tout de suite. De génération en génération, le flambeau de la consommation se passait, les petits derniers toujours de plus en plus choyés, de plus en plus innocents dans la provenance de leur plaisir. Le jeu de dupe qui consistait à faire croire qu'il n'y a pas de fin aux excès, est en train de duper son concepteur.

Oiseau de mauvais augure? Non, car il y a moyen de prendre son pied sans en laisser son empreinte irréversible. Ces derniers temps, l'écologie a le vent en poupe dans beaucoup de pays. Le point de non retour qui demanderait un revirement, se ressent de plus en plus et le message des scientifiques avisés est enfin passé dans l'opinion publique.

medium_Pas_de_mal_a_se_faire_du_bien_4X4.4.jpgDes exemples de cet état d'esprit insouciant persistent néanmoins. Pour suivre la pub dans son idée d'absolu, se résumerait-il à posséder la voiture la plus "in", la plus rapide, la plus dans le vent, la plus.... et une deuxième encore plus sensas... finir par une collection? La jouissance aurait-elle perdu cette simple idée de vouloir se déplacer d'un point à un autre comme seul "outil" de la pratique? Prendre sa voiture pour n'importe quel déplacement de proximité devient un "gâche plaisir" pour le futur. La promenade, le vélo et le caddy devraient encore avoir de beaux jours devant eux. Pour suivre une mode basée sur des rallyes annuels, certains se sont lancés en conquérants de chemins qu'ils n'emprunteront jamais et achètent des 4x4, des bolides aux roues de taille vengeresse. On a simplement oublié que seule la fonction génère l'obligation d'achat et non pas le besoin de posséder.

Le bonheur n'est-il pas de posséder "mieux" plutôt que "plus"? La raison d'existence de la pub est susciter à tout prix, avec un message toujours le plus attractif possible, le désir de changer, d'adapter, de tenter d'améliorer, de gadgétiser l'objet qui nous satisfait pourtant déjà depuis longtemps, mais qui a perdu l'attrait de la nouveauté.

Les matières premières, le pétrole en porte drapeau surtout après la sonnette d'alarme d'Eric Laurent dans "La face cachée du pétrole" sont des valeurs qui se trouvent dans le sol de notre planète et elles sont définitivement limitées.

En tant que contribuable, économiser l'énergie fait, d'ailleurs, économiser sur les impôts. L'Etat belge, comme d'autres, a décidé de promouvoir l'utilisation rationnelle de l'énergie. Un avantage fiscal de 40% est à la clé des investissements effectués dans le logis du particulier pour servir cet objectif. Une chaudière remplacée, le chauffage par l'énergie solaire, double vitrage... A vos déclarations!

Nos pays ont pris des habitudes d'un certain luxe. C'est incontestable à certains niveaux. Dans celles-ci, on peut compter celles de jeter un peu sans réfléchir des objets de consommation, avec parmi eux, le fameux "cendrier plein", de l'obligation de remplacement d'un fusible ou plus simplement par manque de "modernisme". Alors, car cela va plus vite et ne nécessite aucun effort d'imagination, on envoie, sans aucune forme de procès, à la décharge publique.

Un autre domaine insidieux par sa facilité, celui des piles. Cette énergie en conserve, prête à l'usage quand nos appareils commencent à monter des signes de faiblesse, est aussi une source de pollution non négligeable. Elles nécessitent jusqu'à 50 fois plus d'énergie qu'elle n'en fournira jamais et 100 fois plus chère que par le secteur. C'est aussi une véritable bombinette à retardement. Si la récupération des piles usagées existe, cela ne nous fait pas échapper à toutes les nuisances environnementales. Utiliser des piles rechargeables est évidemment un moyen de ralentir le phénomène de polution.

Nous arrivons d'après les scientifiques à la moitié de l'âge de la terre. Encore 4 milliards d'années devant elle. Pas de soucis pour elle, donc. Est-ce que ce sera avec nous ou sans nous, les hommes? Les dinosaures ne se sont jamais posé la question. Nos capacités intellectuelles, elles, le peuvent. Alors...

Et pour conclure, voici un plagiat synthétique de ce que Paul Herman ( RTBF ) a écrit ce 19 janvier :

"Si vous avez aimé les livres de Jack London, de Blaise Cendrars ou de Traven, j'ai bien peur qu'il vous faille réviser vos classiques : l'or n'est plus ce qu'il était. Les orpailleurs aujourd'hui travaillent au cyanure. Les prospecteurs désormais ne fouillent plus les rivières, ils les assèchent ou les assassinent.
Ainsi au Chili où une mine à ciel ouvert va s'installer, ces jours-ci, en pleine Cordillère des Andes, à 4000 mètres d'altitude, dans un endroit préservé, parsemé de glaciers dont les eaux désaltèrent la vallée et abreuvent les cultures. Ces glaciers là - sous lesquels se cache la meilleure part du gisement-, le promoteur ne peut pas les exploiter. Pas de problème, dirent les ingénieurs, il suffit d'en découper des morceaux et de les amener par camion vers un autre glacier avec lequel ils finiront bien par s'entendre. A quoi l'on voit que l'imagination humaine est sans borne et que si la foi déplace des montagnes, le profit peut chambouler des glaciers. Bon, je vous le dis, ça ne se fera pas. Quelqu'un de bon sens au gouvernement a interdit cela. Mais quelqu'un d'autre, tout aussi judicieux, a indiqué que, de toute manière, les poussières dûes aux explosions allaient recouvrir les névés et qu'un glacier sale, eh bien, ça fond. Il y a donc du travail pour 20 ans là, mais dans 20 ans, il n'y aura plus de travail, plus d'or, plus de glacier et plus d'eau non plus.
Une autre histoire : le petit village de Rosia Montana, dans les Monts Apuseni, une merveille, en Roumanie, est censé accueillir un autre projet minier, le plus grand d'Europe, quelque chose de pharaonique dont Ceausescu lui-même aurait pu rêver. On va y aplanir des montagnes, creuser un lac artificiel, déplacer des églises, détruire des villages, retourner des cimetières...
Or, Rosia Montana connaît l'or depuis la nuit des temps. C'est un site archéologique et un lieu de culture. Et on va laver tout cela dans du cyanure. Le promoteur s'attend à récolter trois cents tonnes d'or et les écologistes des kilos de problèmes. L'Europe avait fait de l'abandon de ce projet l'une des conditions de l'adhésion de la Roumanie. Finalement, c'est l'abandon qui a été abandonné.
Abandonnons, abandonnons, il n'en restera bientôt plus rien."

 

L'Enfoiré,

 

Citations:.


  • "Il est bon de noter combien la charge affective des mots : bien-être, joie, plaisir est différente. Le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect.", Henri Laborit
  • "Nous achetons pour la sensation de bien-être que procure le fait d'acheter.", Christophe Dufossé
  • "La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas.", Henry David Thoreau
  • "La vie moderne, cette immense fabrique de bien-être, cette immense machine à aller vite.", Charles Plisnier
  • "Le bien-être ne sert qu'à désirer plus ; et dans cette idée il n'y a pas de limite.", Jean Giono

09/12/2006

Papy, continue de boomer

Le "Papy boom" pourrait encore avoir de beaux jours devant lui. Un peu de réflexion et tout le monde pourrait se retrouver bien plus heureux.

 

medium_Papy_continue_a_boomer_01.jpgLa décade que l'on appelle le "Papy boom", nous y sommes en plein. Ces travailleurs nés juste après guerre arrivent ou sont déjà arrivés à une pension bien méritée après de bons et loyaux services. Est-ce pour autant qu'ils sont à mettre au rancard, à la poubelle de nos vies actives?

Bon pied, bon œil, ces "jeunes-vieux" sont bel et bien prêts à vivre une autre vie. Moins stressante, peut-être, mais non moins passionnante. L'argent, lui, n'a pas disparu, bien au contraire. Il a été épargné (à cette époque, on le faisait encore de gaité de cœur) pour les "vieux jours" ou comme diraient les optimistes, pour des jours meilleurs. Le nombre de retraités est en constante augmentation. Cette sénescence devrait en effet aboutir à un recul du taux d"épargne et à un ralentissement de l'économie, prédit UBS Wealth Management Research. Mais dans le même temps, cette dégradation devrait exercer une pression haussière sur les taux d'intérêts réels, conclut cette même société. De nouveaux biens de consommation et des services adaptés seront du nombre des desiderata de nos consommateurs "boomeurs". 

L'Echo du 14 avril titrait "6 Belges sur 10 ont moins de 1000 euros de pension".  C'est vrai, mais l'épargne personnelle a pris largement le pas sur cette pension légale pour s'assurer un niveau de vie tout à fait décent à la retraite. L'épargne pension tout d'abord avec 2 travailleurs sur 3. avec de 15 à 20 % du salaire mensuel épargné de façon systématique avec intérêts à la clé pendant toute une vie, ce n'est pas rien. 

Parfois, mis à la retraite prématurément, par des pré-pensions, ils ont la chance de jouir plus tôt encore de la vie sans perdre beaucoup de potentiel financier.  Cela va peut-être changer, tous les indicateurs sont au rouge pour la suite de ce côté. Le patronat, l'état se prêtent au jeu du passe-muraille dans le "Pacte de Solidarité entre les Générations" qui pourrait se traduire plus clairement par un compromis bien rétrograde pour le portemonnaie.

Un rédacteur chez Agoravox, titrait un article "Baby Boomers: les nouveaux boucs émissaires à la mode". Tout en commençant assez "hard" pour dire que ces "gentils Papy" avaient dilapidé les richesses de la terre dans l'insouciance, il nous rassure en fin de parcours et nous retire cette responsabilité. Mai 68, le socialisme à outrance et la déroute actuelle dans nos pays ne devraient donc pas faire partie de nos remords. Le statut de victime généré et rationnel suffit.
Ouf. Quelle clairvoyance. 

Une pub que nous avons eu pour inciter à voyager "avant qu'il ne soit trop tard" nous contait de manière très humoristique les paroles de "gens d'un certain âge" qui répercutaient celles d'un guide "bien avisé", invitant à monter les 235 marches d'un édifice. La réaction d'aller acheter des cartes postales était dès lors de moins en moins caricaturale.

Ils en veulent ces jeunes d'un autre âge. Fin novembre, le "Salon Zénith" à Bruxelles faisait salle comble. Ce salon est destiné tous les ans à tous ces jeunes-vieux de plus de 50 ans. Le commerce battait tous les records.  

Je suppose que vous voyez progressivement où je veux en venir.

Beaucoup de créneaux motivateurs d'innovations sont recherchés par les jeunes pour se créer une niche dans la vie. Les idées généralement prodiguées sont dirigées vers les carrières de bureau, de l'informatique (la mode a pris faussement un coup de vieux de ce côté), de la science en général. Mais, le côté social, la prise en charge des gens qui ont, en définitive, moyens et temps n'a pas vraiment beaucoup de répondant.
"Time is money" n'a jamais été aussi vrai. 

Car, du business, il y a moyen d'en faire avec cette catégorie de citoyens. C'est sûr.

L'inactivité, l'oisiveté n'est pas recommandée et n'est pas, non plus, souhaitée. La télévision a son temps d'"antenne" qu'il ne faut éterniser. Des moments de la journée plus enrichissants sont à préparer et une soif à épancher.

Qu'est-il proposé pour ces "gens qui se trouvent plus près du grand trou que du petit d'où ils sont sortis", comme répondait une "perspicace" vieille dame à un journaliste qui se voulait être "positif" sur son état de santé?

Des homes existent bien sûr. Mais à l'heure actuelle, il faudrait les assigner au 4ème âge plutôt qu'au 3ème. La médecine a fait un progrès énorme et la longévité de l'homme n'a fait, et ne fera, que s'allonger. La gériatrie est un mot qu'il ne faudrait pas prononcer de manière trop précoce quand on déborde de santé.

Des peuplades anciennes en transhumance laissaient parfois auparavant leurs "vieux" en chemin pour ne pas pénaliser la troupe. Nous ne sommes plus au "cimetière des éléphants" dans la genèse de l'homme moderne.

medium_Papy_continue_a_boomer_88.jpgLes enfants sont là pour subvenir aux besoins et apporter leur soutien. Il ne faudrait pas cependant considérer qu'ils sont redevables à 100%. Les accuser de sans cœur n'est pas, ou plus, de rigueur quand on constate le besoin d'apaisement dans une vie trépidante. Trop souvent, la cassure qui survient lors du passage de la vie active à celle de pensionné, est tellement forte que certains ne lui survivent pas.
Les sociétés, elles, n'en ont rien à cirer de leur "après". Elles oublient peut-être un peu vite que les retraités sont de parfait citoyens propagateurs de la publicité.
Mais, le travail a été rémunéré. Point.     

Alors quoi? Quelles sont les solutions?

Quelques voyages en car d’une journée ou de plusieurs dans des endroits choisis souvent dans un but commercial. De ce côté, on a déjà compris tout ce qui pouvait en être retiré.

Des associations ou club qui se réunissent pour parler souvent de leurs difficultés "à être". Des tables de discussions quand elles existent.

Se garder en forme, voilà une idée primordiale dans l'esprit de ces retraités en mal d'activité. Ils ont aimé s'amuser dans le passé.

Danser, pourquoi pas? Le problème, c'est que beaucoup d'endroits pour danser sont réservés pour la vraie jeunesse. Les musiques et les rythmes qu'on y trouve, ne sont pas adaptés à nos "Papy et Mamy". 

Du mouvement, les balades s'organisent, c'est vrai, mais elles sont organisées dans les temps morts de gens toujours actifs pendant weekends et jours fériés.

Des animateurs bénévoles, c'est bien, les autres moments plus creux, en semaine, à meubler aussi, c'est mieux.

L'université du 3ème âge est aussi un débouché-débauché pour ceux qui ont encore un peu de répondant du côté chapeau.

Le "CyberPapy" est devenu diablement dynamique. Refaire du sport, visiter les musées et expositions, aller au cinéma et au théâtre, il en a de plus en plus envie. La culture, les voyages leur font déjà les yeux doux. Ces papys ne demandent qu'à être émerveillé par de nouvelles découvertes et aventures.

La Carte S et la S.N.C.B. (chemin de fer belge) avec ses tarifs privilégiés vont le leurs permettre. L'âge est devenu un atout.

Plus de 50.000 visites mensuelles sur une site plein de dialogues questions-réponses entre jeunes et séniors sur des thématiques diverses tels l'histoire, la géographie et bien d'autres. SeniorPlanet consacre son temps à présenter des articles et dossiers consacrés à la santé, la beauté, la famille, l'emploi et bien sûr les voyages. La qualité de vie et les loisirs se trouvent sur les sites de vivat,de opladiset du Marché des Seniors destinés aux "nouveaux jeunes" de 45 ans et plus.  

Une remarque en passant: Trop souvent, les "Papy et Mamy" se plaignent de ne pas avoir plus de visites (quand elles subsistent) de leurs petits enfants. J'ai été témoin de la parfaite communion, du partage d'idées qui profitaient aux deux types d'interlocuteurs aux antipodes de la vie, qu'il serait bien mal venu de sauter une occasion de rencontres.

Tout est bon, en fait, pour sortir la personne d'âge mûr de l'enceinte des quatre murs et de la télé envahissante. 

medium_Papy_continue_a_boomer_Damart.jpgPour cela, il faut de l'offre, beaucoup d'offres et d'horizons divers. 

On prévoit une demande grandissante de nouveaux biens de consommation et des services adaptés tel que  les possibilités offertes par l'émergence de la robotique.

Voilà quelques idées bien simples, bien rémunératrices si l'on veut y accorder le temps et l'investissement.

Tout le monde y gagne: les "Papys" continueront à "boomer" et les jeunes auront fait le lien avec les ainés avec plus d'entrain que d'habitude et un agent liant bien d'époque: "l'argent".


A bon entendeur. Salut.

 

 

L'enfoiré,        

 

Pour les commentaires, Agoravox en a aussi   

 

Citations:

 

  • "Etre jeune et riche, c'est indécent. Vieux et riche, au contraire, c'est logique...", Jean-Luc Delarue
  • "Tout jeune, on pousse. Adulte, on se pousse. Vieux, les autres vous poussent.", Jacques Sternberg
  • "Vieux, moi ? Je peux encore faire l'amour deux fois de suite. Une fois l'hiver, une fois l'été.", Alfred Capus
  • "Il faut devenir vieux de bonne heure pour rester vieux longtemps.", Caton l'Ancien
  • "Quand j'étais jeune, je plaignais les vieux. Maintenant que je suis vieux, ce sont les jeunes que je plains.", Jean Rostand
  • "Avec le vieillissement de la population et les problèmes d'incontinence qui y sont liés, les couches troisième âge vont représenter un marché de plus en plus juteux", Philippe Geluck 

 

 

08/07/2006

Sportifiez-nous

Faire du sport, mais c'est bien sûr. Tout le monde le dit. Tout le monde le fait-il? Mais est-ce toujours avec les mêmes idées éthiques et la volonté de performances dans les mêmes buts modèles?

medium_Sportifiez-nous_01.2.jpgEn cascade, après le tennis et le football, voilà le vélo et à nouveau le Tour de France. Je plains ceux qui n'en ont rien à cirer du sport ! Les nuisances sonores ne sont certes pas du goût de tout le monde dans la nuit après les compétitions. Je peux le comprendre.

Pour commencer avec humour, une histoire "bête et méchante" qui serait survenue à un mari en pleine discussion des choses de la vie avec son épouse. De vivre ou de mourir, plus précisément.

Il lui aurait dit:  "Ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, dépendant d'une machine et de liquide d'une bouteille. Si tu me vois dans cet état, débranche tous les éléments qui me maintiennent en vie". Sur ce, elle se serait levée, aurait débranché le câble de la TV et aurait enlevé sa bière. 

Moralité aurait pu être: "Vous devenez trop susceptible, Mesdames !"   

Alors encore une fois, une dernière pour moi, parlons-en franchement.

J'espère que mon épouse me laissera aller jusqu'au bout.

Pour effacer les kilos en trop et garder un cholestérol à la pointure "fine" et non "grosse", que de fois ne faudrait-il pas passer par cette "extrémité" du sport, bien agréable en fait, une fois pratiquée après le choix, et il est varié, avec la foi bien déterminée de ne pas le quitter ensuite.

medium_Sportifiez-nous_84.jpgQuel est le but des sportifs professionnels, sinon, de nous sortir de nos fauteuils par ricochet en digne représentant de l'homme bien portant dans sa tête et ses jambes. Se terrer derrière sa TV en hurlant de joie à la suite d'un goal, n'est qu'un ersatz très peu "sportif".

Alors, commençons par le passif, la critique habituelle, mais qui arrive tellement à saturation au point que des envies de "laisser tomber" se présentent. Le Tour de France a décidément mal trouvé sa ligne de départ éthique.

L'été passé, pendant le Tour précédent, je lisais une réflexion dans un Blog avec comme titre 'Dopés, et alors?' qui, en gros, disait ceci:



"...Fondamentalement tout le monde, médias, sponsors, spectateurs et téléspectateurs, semble avoir accepté le fait que les coureurs cyclistes puissent être dopés et que cela faisait partie du jeu. Alors bien sûr on constate chaque année le déclin des coureurs français qui sont soumis à des contrôles anti-dopage plus stricts et semblent donc hors course au sens propre et figuré, mais cela n’est finalement pas très grave car le spectacle continue et c’est cela qui compte.
On attend donc avec impatience le jour où en bonne logique on aura deux catégories officielles de coureurs, les contrôlés et les autres, ou bien dans un souci de vraie équité sportive un seul peloton, mais pour lequel on s’abstiendra de toute restriction en matière de préparation dite « scientifique ». L’important étant bien que le meilleur gagne." Fin de citation.




Indigné, je m'étais empressé de répondre:
 

"...banaliser le dopage, pas d'accord. Pourquoi ne pas organiser des courses avec des cyclistes propres, d’autres frelatés ou bioniques avec vélos à pédales ou à moteur. ... Tout serait donc bon pour gagner sa place sur le podium avec les juteux prix qui l’accompagnent. Ce sont des Hommes 'Cyclistes' qui méritent l’équité que l'on doit juger dans les courses, pas la qualité des produits qu'ils ingurgitent. Croyez-vous que les spectateurs courraient voir ces courses « nouvelles modes » pour encourager des coureurs et voir la transpiration sur leur front non plus à cause de l’effort mais grâce à des catalyseurs moins nobles. Non, le spectacle ne continue pas de la sorte, l’important n’est pas de seulement gagner ! On oublie Tom Simpson qui, le 13 juillet 1967 sur le Ventoux, s'est affalé en pleine course, mort, dans l’ascension du col, imbibé de ses produits qui devaient lui apporter la victoire."



Cet été, rebelote, même discours, même commentaire en réponse de ma part.


La veille de la course, l'interview complet de Jean-Marie Leblanc, directeur de la société Amaury et organisateur du Tour de France était intéressant et très représentatif du sentiment des organisateurs. Résumé, il dirait à peut près:

 

Si le Tour 2006 a très mal débuté son aventure avec les affaires de dopage et que les affaires de 1998 n'ont pas instruits. Des faits avérés ont fait tomber tout naturellement de grands noms du cyclisme et des équipes entières ont été inquiétées. Le dopage fait partie de la vie sportive et c'est regrettable. Mais on n'assassine pas le Tour de France.

 

D'autre part, les salaires du haut de gamme dans le sport frisent tous les excès. C'est une règle de l'offre et de la demande, comme partout. Le sport à ce niveau est international et touche par médias interposé la planète entière. Le sportif alors devient un des patrons d'une multinationale. Chaque seconde d'un joueur tel que le chef d'équipe de football anglaise fait tomber au moins un euro dans la sébile.

Les ONG ne manquent évidemment pas de rappeler le rapport dégradé et dégradant qui existe avec la création dans les pays asiatiques du ballon et de toutes pièces d'équipement qu'on utilise lors du Mondial. Ils demandent aux sportifs d'en tenir compte et de signer une charte éthique qui explicitement obligerait de respecter les pays producteurs de ces équipements à respecter les droits de l'homme et surtout ceux de l'enfant. Ce serait une manière de réconcilier ces sportifs de haut niveau avec ceux qui se disent sportifs et qui tiennent à la morale de l'histoire.  

Ethique, et, toc..

Mais, surtout, maintenant, vive la magie du Tour.

 

Mais, au fait, qu'est ce que c'est d'"être sportif"?

Est-ce se retrouver derrière son petit écran dans le confort du sofa à s'égosiller pour émouvoir Madame dans la cuisine?

Je ne suis pas sexiste au point de penser que Madame ne puisse pas s'y intéresser aussi. Si c'est le cas, qu'elle continue à me lire aussi.

Mais au fond, qu'est-ce qui intéresse le plus l'"Hommo sporticus"? Les matchs en eux-mêmes, les buts? Si, c'était le cas, combien de cassettes enregistrées de match de toutes époques verrions-nous en plus dans les vidéothèques? Il s'agit d'autre chose. Je veux parler du "direct". Un match dont on n'a pas vu le déroulement en direct mais dont on connait le résultat n'a plus beaucoup de charme pour être vu par la suite. CQFD.

Etre sportif, ce n'est certes pas "sportifier" ses cordes vocales, c'est bien autre chose.

Même marcher, on ne s'en sent plus la "force". Il suffit pour s'en convaincre d'observer les voitures en double file devant le pâtissier le dimanche matin. Alors?

Faire du sport apporte une tout autre liberté de corps et d'esprit. Ses ennuis habituels s'évaporent avec la transpiration. Peu importe lequel du moment qu'il soit physique. 

Statistiquement, il est prouvé que les personnes pratiquant une activité physique, - pas nécessairement sous forme de sport collectif ou individuel, compétition à outrance ou non -, restent plus longtemps autonome. En cas de chutes ou d'efforts inhabituels, moins de casses ou alors, très certainement, moins sérieuse sont constatées.

Quand on pense que le Portugal, arrivé en 1/4 de finale, compte le moins de sportif "vrai" en l'Europe (1 sur 6), il y a vraiment des combles qui s'ignorent. Le taux d'obésité, lui, atteint là bas des sommets bien moins enviables.  

Personnellement, j'associe comme je l'ai déjà dit ailleurs la tête et les jambes en joggeur, en cycliste, à mon rythme, sans esprit de fausse compétition, avec tous les sens en éveil pour ne rien manquer de l'aventure.  

Alors vraiment, champions de tous bords, votre rôle à jouer, c'est de nous enthousiasmer par vos succès, mais aussi, de nous "sportifier" à fond, sans palliatif et par votre seul exemple.

Et ça doit marcher.

Il n'y a pas si longtemps seulement 2% de femmes dans les pelotons de joggeurs au "20 kms de Bruxelles", aujourd'hui, on en dénombre plus de 20%. Quand on sait que les femmes vivent plus longtemps que les hommes, cela va faire beaucoup de monde en jupette dans les compétitions futures !    

En Belgique depuis que nous avons Justine et Kim comme porte drapeau en tennis féminin, il n'y a jamais eu autant d'inscriptions dans les clubs de tennis.

Alors, après le rêve du Mondial, cher Zizou & Co, "sportifiez" vous et nous, en "propre" et non au "figuré".

Sinon, pourquoi vous décarcasseriez-vous?

 

L'enfoiré,

 

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Citations,

 

  • "Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine.", Philippe Bouvard
  • " Le sport est dépassement de soi. Le sport est école de vie.", Aimé Jacquet
  • "En sport, dès qu'on s'arrête, on régresse.", Marc Pajot

 

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