24/03/2008

Le choix du danger

 retro-chine-reporter.jpgCette fois, à Olympie, elle est partie la flamme olympique pour 137.000 kilomètres. Elle transitera par Lhassa, est-il ajouté. Les jeux de 2008 sont la vitrine des réalisations chinoises sur la scène internationale mais ils ont, surtout, une dose de « politique » qui a, semble-t-il, été sous-estimée lors du choix de Pékin. Les événements récents du Tibet n'en sont qu'un début.

Le choix de Pékin pour les JO était-il judicieux le 6 septembre 1999? Mais qu'est-ce que les Jeux Olympiques vont-ils aller faire dans cette galère? La situation politique était connue de tous au moment de ce choix. Pas de surprise, donc.

Cette course éperdue vers le modernisme, commencée en 1999, entammait, inexorablement, une autre vers des problèmes internes et externes au niveau politique et économique. L'explosion de la population tibétaine et celle du commerce sans règles de partage équitable étaient programmées.

Déjà dans la Grèce antique, la politique avait eu son mot à dire. La Pythie conseilla au roi Iphitos d'Ellis d'"occuper les esprits" de la population grecque en réinstaurant, à Olympie, les jeux sportifs, tombés en léthargie. Jeux qui étaient "naturellement" chers aux dieux, mais aussi aux dirigeants. Rétablir la paix en était le but officiel. Le roi de Sparte, son ennemi, fut dès lors son ancien ennemi et nouveau mentor.

Pierre de Coubertin, lui, fondateur des Jeux Olympiques modernes, risque fort de se retourner dans sa tombe. Ses jeux moderne, il les voulaient apolitiques. En 1896, la Hongrie envoya une délégation aux frais de l'Etat, en signant ainsi son indépendance vis-a-vis de l'Autriche. Le nationalisme fait partie intégrante de tous les JO pour montrer ses différences par une indépendance d'idées. Les médailles ne seraient que les récompences exacerbées d'avoir porté le drapeau de la nation et que la démonstration de la force potentielle en temps de guerre. Avec le temps, les JO sont devenu aussi commerciaux. A Amsterdam en 1928, la flamme olympique fut allumée par un employé de la compagnie du gaz. En 1936, plus de doute, c'est la propagande d'Hitler à la gloire du racisme en contradiction avec l'idée olympique qui prend le relais. Avery Brundage, président du Comité Olympique américain s'opposa à un boycott américain, première édition. Ce qui n'empêcha pas l'aryanisation de la sélection des athlètes et les 4 médailles d'or de Jesse Owens qu'Hitler ne pouvait pas se résoudre à applaudir. En 1940, l'organisation des JO japonnais fut annulée et envoyée à Helsinki après l'invasion nippone de la Chine. La Finlande dut annuler à son tour pour cause d'invasion russe. En 1948, Allemagne et Japon étaient exclus d'office à Londres. En 1956, boycott à Melbourne par l'Egypte, l'Irak et le Liban avec un parfum de canal de Suez. En 1980, Jimmy Carter déclina l'invitation aux jeux de Moscou et la Belgique ne versa pas un franc à sa délégation sportive qui défila sans couleurs nationales. En 1984, revanche de Moscou à Los Angeles. Des incidents plus violents commencèrent en 1968 avec les Black Panthers à Mexico et surtout en 1972 avec les attentats. Pour 2008, le Tibet et Taïwan sont interdits de jeux pour répondre à la question de savoir qui sont les maîtres du jeu politique dans la région.

789879332.jpgAvant l'occupation chinoise, le Tibet comptait 6 millions de Tibétains. Aujourd'hui, il n'en compte que 2 millions seulement. Contrainte à l'assimilation chinoise et les stérilisations larvées, Lhassa subit une pression telle qu'elle ne compte plus que 50.000 de Tibetains au milieu de 150.000 Chinois. Une réédition de David contre Goliath s'est engagée avec la peur téléguidée, par le dalaï-lama en exil, sur la communauté internationale. La Chine, trop intéressée par le réservoir d'eau en provenance de l'himalaia, ne cèdera pas facilement cette province trop intéressante. 

Tous les pays du monde, occidentaux comme orientaux, ont été impliqués pendant les dix années qui précèdent et ont ressenti les effets néfastes pour leurs économies suite au choix de la Chine.

Pour réaliser une percée fulgurante, telle que l'a fait la Chine, elle a dû rechercher de plus en plus de moyens financiers pour sortir le pays d'un certain passéisme et payer cette reconnaissance sur la scène mondiale à coups d'efforts surhumains. Les Chinois, peuples pacifiques, se sont vus contraints de se serrer la ceinture et de resserrer les boulons du travail forcé avec pugnacité. L'occident, dès lors, s'est ressenti, dans le même temps, noyé par les produits à bas prix envoyés par la Chine. La bulle spéculative de 2000 n'est peut-être pas étrangère. Les pays occidentaux tentent toujours de s'en sortir de crise en crise et se perd en conjectures pour trouver la parade. Quelque uns vont tirer leur épingle du jeu. Multinationales en générales. Business is business. Les compagnies équipementiaires Adidas, Nike par exemple. Les droits de télés et de l'informatisation probablement.

En contrepartie, cadenassé par le pouvoir en place, pas grand chose de positif sinon une fierté innocente et soumise de la population chinoise. Pas de progrès dans la reconnaissance des Droits de l'Homme et du bien être de celui-ci.

Un environnement saccagé, aussi, à la gloire du succès de quelques uns.A Pékin, là où les jeux vont avoir lieu, la plupart des vieux quartiers ont été rasés. Les pittoresques hutongs ont été remplacés par du béton et du verre high tech toujours plus haut. Un million de personnes ont été expulsées de leur maison. La Cité interdite, avec ses palais impériaux, ne sera-t-elle là que comme seul vestige pour le folklore et pour la nostalgie? Est-ce une honte de ce passé et d'un patrimoine tellement apprécié par les touristes d'aujourd'hui ?

Le tape à l'oeil pour éblouir le monde se voulait à la pointe de la modernité et oublier le passé. Point. Après l’esprit révolutionnaire de Mao, plein feu donc sur le développement capitaliste avec le dynamisme et l’ambition extraordinaire compensé par un capitalisme qui ne fait plus l'unanimité chez ses précurseurs occidentaux. Sur une surface de plus de 9,5 millions km2, un demi milliard de Chinois y vivent une véritable révolution dans cette mégalopole avec, pour seul obstacle majeur pour les Jeux tout proches, la langue du mandarin, ses innombrables dialectes et l'écriture en pictogrammes quasi insurmontable pour l'occidental qui viendra assister à ces jeux. Dans ce cas précis, on pourrait penser que le forcing de l’étude de l’anglais comme moyen de communication ne serait pas un outil rêvé pour garder le gouvernail dans les mains du gouvernement. Rendre la langue chinoise plus populaire aux étrangers voulait se caractériser par un prosélytisme patronné par Confucius comme haute valeur ajoutée, était-il dit comme incitent. Certains mots chinois resteront probablement intraduisibles. 

Le néo-capitalisme est bien là, avec de bons instructeurs, mais sans avoir trouvé l'ouverture nécessaire. Une profonde soif de stabilité et de tranquillité d'une grande part de la population chinoise existe pourtant pour contrer cette révolution voulue par le parti. Il est clair que cette « révolution » technologique a engendré des dégâts stupéfiants pour l'environnement en seulement dix ans. Le fossé entre riches et pauvres n'a fait que croître dans cette urbanisation folle.

1384659679.jpgDepuis, les travailleurs chinois se nourrissent, désormais, avec le bol de riz providentiel, mais ne profitent pas de cette croissance arrivée bien malgré eux. L'image de la bicyclette qui, une fois en marche, ne peut s’arrêter sans tomber, revient dans les esprits. 

Les Droits de l'Homme seront probablement mis entre parenthèse à l'ouverture des JO. En confiant à Pékin l'organisation des Jeux, on contribuerait au développement des droits humains. On commence à se poser la question de la justesse de cette décision et de cette pensée unique.

Pour obtenir quelques clés d'accès à l'empire du milieu, Google, Microsoft, Amazon, Cisco ont accepté de se plier aux exigences du gouvernement chinois. L'objectif financier important, révélé ainsi, contrastait avec les discours des années précédentes. Suivant le credo du "web démocratique", cette collaboration mettait l'éthique en porte à faux. Un moteur de recherche www.google.cn existe, oui, mais pour rechercher quoi, qui et pour qui s'il est 1384659679.2.jpgbridé à la base? "Quand Google voit rouge..." et dénonce cette restriction d'accès.

 

Alors, s'approchant de la date fatidique des JO, les réactions commencent à tomber en cascade.

Un détail bénin, en apparence, mais piquant tout de même Spielberg et Mia Farrow claquent la porte à l'ouverture de JO.

La pollution et la chaleur moite, autour de Pékin, seront-elles du goût des athlètes? Il y a déjà des renoncements à participer.

retro-chine-jo2.jpgLe Tibet et Taïwan n'ont pas été admis par la Chine à présenter une délégation spécifique aux 2 pays aux JO. Taiwan a voté pour un plus grand rapprochement avec la grande Chine.

584197238.jpgA Lhassa, les violences ont commencé. Les autorités chinoises n'ont pas manqué de renvoyer la faute à "la clique du dalaï-lama lama". Quand on muselle la presse (Youtube est censuré en Chine) difficile de donner foi. La tension continuera. On accuse l'autre qui ne peut rien prouver. Des attentats contre les JO et même à Bruxelles ne seront que les catalyseurs de mouvements de fond d'une population qui a perdu tout espoir. Ce n'est pas le dalaï-lama en exil, qui pourra maintenir le grondement sourd de la population tibétaine. Alors rien de plus contagieux que la colère.

Protectorat de la Chine jusqu'en 1912, le Tibet s'est vu récusé unilatéralement sa suzeraineté par la Chine. Le respect des minorités, les invasions chinoises, pas de partage de la richesse ne semblent pas émouvoir le grand frère.

Presque simultanément, le 12 mars, pour noyer le poisson, Washington avait retiré la Chine de "sa" liste des "pires violateurs systématiques des droits de l'Homme" sans demander l'avis de ses partenaires. La Chine est la banque des États-Unis et cela explique peut-être.

Le 8 août 2008 à 8 heure, Jacques Rogge, président du CIO, accusé de Ponce Pilate, aura bien du mal à faire passer dans son discours d'ouverture l'image des JO comme un "catalyseur de changement en Chine" face aux ONG qui ont plutôt le mot "génocide" en tête.

Ne fallait-il pas installer des règles plus précises d'inscription aux Jeux?2010466867.jpg

Les Jeux Olympiques ont toujours été considérées en théorie comme parenthèses pour la paix. Dans le cas, c'était prendre des risques et penser que l'histoire et les réalités n'existent pas.

Alors, boycott des jeux ou non, devient la question urgente.

Il faut seulement ajouter que même les dissidents chinois ne sont pas favorables à un boycott systématique et désirent que les JO aient lieu pour faire parler d'eux. Certains sportifs étrangers veulent y aller. Les étrangers vont-ils être canalisés ou pourront sortir de l'enceinte drillée autour des lieux de rencontre des jeux? Bloquer Internet, peut-être, la parole entre deux individus, c'est déjà diablement plus difficile.

Il n'est plus possible de fermer les yeux sur la politique aujourd'hui. Les athlètes suivent le drapeau du pays qui les envoie. Alors, lutte entre Droits de l'Homme et argent. Y a-t-il vraiment photo pour la conscience d'un homme?

Une parole de Mao Zedong est écrite en marbre pas de loin de Pékin "Recherchez la vérité par l'examen des faits".retro-chine-jo3.jpg

Ce n'est pas ce qui a été fait dès le départ.

Il faudra l'assumer, aujourd'hui, mais avec le plus de fermeté. 

Sera-ce par un chantage à la présence des délégations qui pourrait trouver écho à un changement de politique plus en rapport avec le bien commun? Sera-ce une réédition des jeux de 1968 dans le style "Black Panthers" avec le poing lévé? Mais, surtout, ne pas verser dans plus grave encore comme à Munich en 1972.  La fin, dans ce cas, ne pourrait justifier les moyens et laisserait un goût amer à ce qui n'est, en somme, que des jeux.  

Mais, le dilemme est bien là: "Stop ou encore?"

Mais, surtout, sportez-vous bien.

 

L'enfoiré,

Le Panda jouera-t-il en jaune? 

 

Citations:

  • « Le sport est l'espéranto des races », Jean Giraudoux

  • « Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine. », Philippe Bouvard

  • «  Pratiqué avec sérieux, le sport n'a rien à voir avec le fair-play. Il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence ; en d'autres mots, c'est la guerre, les fusils en moins. », George Orwell

Mises à jour:

 25-4-2008: Rencontre entre emissaire dalaï lama et la Chine906874421.jpg

20/01/2007

Pas de mal à se faire du bien?

Cette phrase souvent prononcée entre gens nantis est-elle toujours de rigueur? Pas si sûr en y regardant de plus près.

L'argent et le pouvoir ont toujours donné des ailes à ceux qui en jouissent. Mais l'engrenage de la vie d'aujourd'hui ne leur donne pas toujours l'opportunité de comprendre qu'ils font partie des "Mouvements perpétuels". Ainsi, l'argent peut parfois mettre en opposition le potentiel d'assouvir son plaisir et ... son futur.

Le réflexe irréfléchi n'est plus de mise. Car il ne s'agit pas d'une attitude dictée par un remords ou un souci soudain d'équité qui prend en compte la pauvreté d'une part importante des terriens. Non, cette fois, nous sommes tous embarqués dans la galère de Dame Nature dont il faut protéger les dons, si l'on veut se voir qualifier par elle : Hôtes de "toujours".

Si la finitude du monde n'est pas pour demain, le manque de possibilités de continuer à vivre dans l'insouciance n'est pas si loin. Les générations après nous, auront moins de chances et devront ronger leur frein en ruminant notre imprévoyance.

L'industrialisation des 19ème et 20ème siècles ont donné l'impression que tout était permis et possible. Et, ça à marché, c'est sûr. Des fortunes se sont construites sur ce principe, légitime à première vue. Une classe moyenne de plus en plus nombreuse a vu le jour donnant accès aux jouissances les plus inattendues en créant de nouveaux besoins dans la course vers un bonheur matériel. Malheureusement, cela devenait de plus en plus en consommateur de richesses non renouvelables. Tout et tout de suite. De génération en génération, le flambeau de la consommation se passait, les petits derniers toujours de plus en plus choyés, de plus en plus innocents dans la provenance de leur plaisir. Le jeu de dupe qui consistait à faire croire qu'il n'y a pas de fin aux excès, est en train de duper son concepteur.

Oiseau de mauvais augure? Non, car il y a moyen de prendre son pied sans en laisser son empreinte irréversible. Ces derniers temps, l'écologie a le vent en poupe dans beaucoup de pays. Le point de non retour qui demanderait un revirement, se ressent de plus en plus et le message des scientifiques avisés est enfin passé dans l'opinion publique.

medium_Pas_de_mal_a_se_faire_du_bien_4X4.4.jpgDes exemples de cet état d'esprit insouciant persistent néanmoins. Pour suivre la pub dans son idée d'absolu, se résumerait-il à posséder la voiture la plus "in", la plus rapide, la plus dans le vent, la plus.... et une deuxième encore plus sensas... finir par une collection? La jouissance aurait-elle perdu cette simple idée de vouloir se déplacer d'un point à un autre comme seul "outil" de la pratique? Prendre sa voiture pour n'importe quel déplacement de proximité devient un "gâche plaisir" pour le futur. La promenade, le vélo et le caddy devraient encore avoir de beaux jours devant eux. Pour suivre une mode basée sur des rallyes annuels, certains se sont lancés en conquérants de chemins qu'ils n'emprunteront jamais et achètent des 4x4, des bolides aux roues de taille vengeresse. On a simplement oublié que seule la fonction génère l'obligation d'achat et non pas le besoin de posséder.

Le bonheur n'est-il pas de posséder "mieux" plutôt que "plus"? La raison d'existence de la pub est susciter à tout prix, avec un message toujours le plus attractif possible, le désir de changer, d'adapter, de tenter d'améliorer, de gadgétiser l'objet qui nous satisfait pourtant déjà depuis longtemps, mais qui a perdu l'attrait de la nouveauté.

Les matières premières, le pétrole en porte drapeau surtout après la sonnette d'alarme d'Eric Laurent dans "La face cachée du pétrole" sont des valeurs qui se trouvent dans le sol de notre planète et elles sont définitivement limitées.

En tant que contribuable, économiser l'énergie fait, d'ailleurs, économiser sur les impôts. L'Etat belge, comme d'autres, a décidé de promouvoir l'utilisation rationnelle de l'énergie. Un avantage fiscal de 40% est à la clé des investissements effectués dans le logis du particulier pour servir cet objectif. Une chaudière remplacée, le chauffage par l'énergie solaire, double vitrage... A vos déclarations!

Nos pays ont pris des habitudes d'un certain luxe. C'est incontestable à certains niveaux. Dans celles-ci, on peut compter celles de jeter un peu sans réfléchir des objets de consommation, avec parmi eux, le fameux "cendrier plein", de l'obligation de remplacement d'un fusible ou plus simplement par manque de "modernisme". Alors, car cela va plus vite et ne nécessite aucun effort d'imagination, on envoie, sans aucune forme de procès, à la décharge publique.

Un autre domaine insidieux par sa facilité, celui des piles. Cette énergie en conserve, prête à l'usage quand nos appareils commencent à monter des signes de faiblesse, est aussi une source de pollution non négligeable. Elles nécessitent jusqu'à 50 fois plus d'énergie qu'elle n'en fournira jamais et 100 fois plus chère que par le secteur. C'est aussi une véritable bombinette à retardement. Si la récupération des piles usagées existe, cela ne nous fait pas échapper à toutes les nuisances environnementales. Utiliser des piles rechargeables est évidemment un moyen de ralentir le phénomène de polution.

Nous arrivons d'après les scientifiques à la moitié de l'âge de la terre. Encore 4 milliards d'années devant elle. Pas de soucis pour elle, donc. Est-ce que ce sera avec nous ou sans nous, les hommes? Les dinosaures ne se sont jamais posé la question. Nos capacités intellectuelles, elles, le peuvent. Alors...

Et pour conclure, voici un plagiat synthétique de ce que Paul Herman ( RTBF ) a écrit ce 19 janvier :

"Si vous avez aimé les livres de Jack London, de Blaise Cendrars ou de Traven, j'ai bien peur qu'il vous faille réviser vos classiques : l'or n'est plus ce qu'il était. Les orpailleurs aujourd'hui travaillent au cyanure. Les prospecteurs désormais ne fouillent plus les rivières, ils les assèchent ou les assassinent.
Ainsi au Chili où une mine à ciel ouvert va s'installer, ces jours-ci, en pleine Cordillère des Andes, à 4000 mètres d'altitude, dans un endroit préservé, parsemé de glaciers dont les eaux désaltèrent la vallée et abreuvent les cultures. Ces glaciers là - sous lesquels se cache la meilleure part du gisement-, le promoteur ne peut pas les exploiter. Pas de problème, dirent les ingénieurs, il suffit d'en découper des morceaux et de les amener par camion vers un autre glacier avec lequel ils finiront bien par s'entendre. A quoi l'on voit que l'imagination humaine est sans borne et que si la foi déplace des montagnes, le profit peut chambouler des glaciers. Bon, je vous le dis, ça ne se fera pas. Quelqu'un de bon sens au gouvernement a interdit cela. Mais quelqu'un d'autre, tout aussi judicieux, a indiqué que, de toute manière, les poussières dûes aux explosions allaient recouvrir les névés et qu'un glacier sale, eh bien, ça fond. Il y a donc du travail pour 20 ans là, mais dans 20 ans, il n'y aura plus de travail, plus d'or, plus de glacier et plus d'eau non plus.
Une autre histoire : le petit village de Rosia Montana, dans les Monts Apuseni, une merveille, en Roumanie, est censé accueillir un autre projet minier, le plus grand d'Europe, quelque chose de pharaonique dont Ceausescu lui-même aurait pu rêver. On va y aplanir des montagnes, creuser un lac artificiel, déplacer des églises, détruire des villages, retourner des cimetières...
Or, Rosia Montana connaît l'or depuis la nuit des temps. C'est un site archéologique et un lieu de culture. Et on va laver tout cela dans du cyanure. Le promoteur s'attend à récolter trois cents tonnes d'or et les écologistes des kilos de problèmes. L'Europe avait fait de l'abandon de ce projet l'une des conditions de l'adhésion de la Roumanie. Finalement, c'est l'abandon qui a été abandonné.
Abandonnons, abandonnons, il n'en restera bientôt plus rien."

 

L'Enfoiré,

 

Citations:.



  • "Il est bon de noter combien la charge affective des mots : bien-être, joie, plaisir est différente. Le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect.", Henri Laborit
  • "Nous achetons pour la sensation de bien-être que procure le fait d'acheter.", Christophe Dufossé
  • "La nature à chaque instant s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas.", Henry David Thoreau
  • "La vie moderne, cette immense fabrique de bien-être, cette immense machine à aller vite.", Charles Plisnier
  • "Le bien-être ne sert qu'à désirer plus ; et dans cette idée il n'y a pas de limite.", Jean Giono

09/12/2006

Papy, continue de boomer

Le "Papy boom" pourrait encore avoir de beaux jours devant lui. Un peu de réflexion et tout le monde pourrait se retrouver bien plus heureux.

 

medium_Papy_continue_a_boomer_01.jpgLa décade que l'on appelle le "Papy boom", nous y sommes en plein. Ces travailleurs nés juste après guerre arrivent ou sont déjà arrivés à une pension bien méritée après de bons et loyaux services. Est-ce pour autant qu'ils sont à mettre au rancard, à la poubelle de nos vies actives?

Bon pied, bon œil, ces "jeunes-vieux" sont bel et bien prêts à vivre une autre vie. Moins stressante, peut-être, mais non moins passionnante. L'argent, lui, n'a pas disparu, bien au contraire. Il a été épargné (à cette époque, on le faisait encore de gaité de cœur) pour les "vieux jours" ou comme diraient les optimistes, pour des jours meilleurs. Le nombre de retraités est en constante augmentation. Cette sénescence devrait en effet aboutir à un recul du taux d"épargne et à un ralentissement de l'économie, prédit UBS Wealth Management Research. Mais dans le même temps, cette dégradation devrait exercer une pression haussière sur les taux d'intérêts réels, conclut cette même société. De nouveaux biens de consommation et des services adaptés seront du nombre des desiderata de nos consommateurs "boomeurs". 

L'Echo du 14 avril titrait "6 Belges sur 10 ont moins de 1000 euros de pension".  C'est vrai, mais l'épargne personnelle a pris largement le pas sur cette pension légale pour s'assurer un niveau de vie tout à fait décent à la retraite. L'épargne pension tout d'abord avec 2 travailleurs sur 3. avec de 15 à 20 % du salaire mensuel épargné de façon systématique avec intérêts à la clé pendant toute une vie, ce n'est pas rien. 

Parfois, mis à la retraite prématurément, par des pré-pensions, ils ont la chance de jouir plus tôt encore de la vie sans perdre beaucoup de potentiel financier.  Cela va peut-être changer, tous les indicateurs sont au rouge pour la suite de ce côté. Le patronat, l'état se prêtent au jeu du passe-muraille dans le "Pacte de Solidarité entre les Générations" qui pourrait se traduire plus clairement par un compromis bien rétrograde pour le portemonnaie.

Un rédacteur chez Agoravox, titrait un article "Baby Boomers: les nouveaux boucs émissaires à la mode". Tout en commençant assez "hard" pour dire que ces "gentils Papy" avaient dilapidé les richesses de la terre dans l'insouciance, il nous rassure en fin de parcours et nous retire cette responsabilité. Mai 68, le socialisme à outrance et la déroute actuelle dans nos pays ne devraient donc pas faire partie de nos remords. Le statut de victime généré et rationnel suffit.
Ouf. Quelle clairvoyance. 

Une pub que nous avons eu pour inciter à voyager "avant qu'il ne soit trop tard" nous contait de manière très humoristique les paroles de "gens d'un certain âge" qui répercutaient celles d'un guide "bien avisé", invitant à monter les 235 marches d'un édifice. La réaction d'aller acheter des cartes postales était dès lors de moins en moins caricaturale.

Ils en veulent ces jeunes d'un autre âge. Fin novembre, le "Salon Zénith" à Bruxelles faisait salle comble. Ce salon est destiné tous les ans à tous ces jeunes-vieux de plus de 50 ans. Le commerce battait tous les records.  

Je suppose que vous voyez progressivement où je veux en venir.

Beaucoup de créneaux motivateurs d'innovations sont recherchés par les jeunes pour se créer une niche dans la vie. Les idées généralement prodiguées sont dirigées vers les carrières de bureau, de l'informatique (la mode a pris faussement un coup de vieux de ce côté), de la science en général. Mais, le côté social, la prise en charge des gens qui ont, en définitive, moyens et temps n'a pas vraiment beaucoup de répondant.
"Time is money" n'a jamais été aussi vrai. 

Car, du business, il y a moyen d'en faire avec cette catégorie de citoyens. C'est sûr.

L'inactivité, l'oisiveté n'est pas recommandée et n'est pas, non plus, souhaitée. La télévision a son temps d'"antenne" qu'il ne faut éterniser. Des moments de la journée plus enrichissants sont à préparer et une soif à épancher.

Qu'est-il proposé pour ces "gens qui se trouvent plus près du grand trou que du petit d'où ils sont sortis", comme répondait une "perspicace" vieille dame à un journaliste qui se voulait être "positif" sur son état de santé?

Des homes existent bien sûr. Mais à l'heure actuelle, il faudrait les assigner au 4ème âge plutôt qu'au 3ème. La médecine a fait un progrès énorme et la longévité de l'homme n'a fait, et ne fera, que s'allonger. La gériatrie est un mot qu'il ne faudrait pas prononcer de manière trop précoce quand on déborde de santé.

Des peuplades anciennes en transhumance laissaient parfois auparavant leurs "vieux" en chemin pour ne pas pénaliser la troupe. Nous ne sommes plus au "cimetière des éléphants" dans la genèse de l'homme moderne.

medium_Papy_continue_a_boomer_88.jpgLes enfants sont là pour subvenir aux besoins et apporter leur soutien. Il ne faudrait pas cependant considérer qu'ils sont redevables à 100%. Les accuser de sans cœur n'est pas, ou plus, de rigueur quand on constate le besoin d'apaisement dans une vie trépidante. Trop souvent, la cassure qui survient lors du passage de la vie active à celle de pensionné, est tellement forte que certains ne lui survivent pas.
Les sociétés, elles, n'en ont rien à cirer de leur "après". Elles oublient peut-être un peu vite que les retraités sont de parfait citoyens propagateurs de la publicité.
Mais, le travail a été rémunéré. Point.     

Alors quoi? Quelles sont les solutions?

Quelques voyages en car d’une journée ou de plusieurs dans des endroits choisis souvent dans un but commercial. De ce côté, on a déjà compris tout ce qui pouvait en être retiré.

Des associations ou club qui se réunissent pour parler souvent de leurs difficultés "à être". Des tables de discussions quand elles existent.

Se garder en forme, voilà une idée primordiale dans l'esprit de ces retraités en mal d'activité. Ils ont aimé s'amuser dans le passé.

Danser, pourquoi pas? Le problème, c'est que beaucoup d'endroits pour danser sont réservés pour la vraie jeunesse. Les musiques et les rythmes qu'on y trouve, ne sont pas adaptés à nos "Papy et Mamy". 

Du mouvement, les balades s'organisent, c'est vrai, mais elles sont organisées dans les temps morts de gens toujours actifs pendant weekends et jours fériés.

Des animateurs bénévoles, c'est bien, les autres moments plus creux, en semaine, à meubler aussi, c'est mieux.

L'université du 3ème âge est aussi un débouché-débauché pour ceux qui ont encore un peu de répondant du côté chapeau.

Le "CyberPapy" est devenu diablement dynamique. Refaire du sport, visiter les musées et expositions, aller au cinéma et au théâtre, il en a de plus en plus envie. La culture, les voyages leur font déjà les yeux doux. Ces papys ne demandent qu'à être émerveillé par de nouvelles découvertes et aventures.

La Carte S et la S.N.C.B. (chemin de fer belge) avec ses tarifs privilégiés vont le leurs permettre. L'âge est devenu un atout.

Plus de 50.000 visites mensuelles sur une site plein de dialogues questions-réponses entre jeunes et séniors sur des thématiques diverses tels l'histoire, la géographie et bien d'autres. SeniorPlanet consacre son temps à présenter des articles et dossiers consacrés à la santé, la beauté, la famille, l'emploi et bien sûr les voyages. La qualité de vie et les loisirs se trouvent sur les sites de vivat,de opladiset du Marché des Seniors destinés aux "nouveaux jeunes" de 45 ans et plus.  

Une remarque en passant: Trop souvent, les "Papy et Mamy" se plaignent de ne pas avoir plus de visites (quand elles subsistent) de leurs petits enfants. J'ai été témoin de la parfaite communion, du partage d'idées qui profitaient aux deux types d'interlocuteurs aux antipodes de la vie, qu'il serait bien mal venu de sauter une occasion de rencontres.

Tout est bon, en fait, pour sortir la personne d'âge mûr de l'enceinte des quatre murs et de la télé envahissante. 

medium_Papy_continue_a_boomer_Damart.jpgPour cela, il faut de l'offre, beaucoup d'offres et d'horizons divers. 

On prévoit une demande grandissante de nouveaux biens de consommation et des services adaptés tel que  les possibilités offertes par l'émergence de la robotique.

Voilà quelques idées bien simples, bien rémunératrices si l'on veut y accorder le temps et l'investissement.

Tout le monde y gagne: les "Papys" continueront à "boomer" et les jeunes auront fait le lien avec les ainés avec plus d'entrain que d'habitude et un agent liant bien d'époque: "l'argent".


A bon entendeur. Salut.

 

 

L'enfoiré,        

 

Pour les commentaires, Agoravox en a aussi   

 

Citations:

 

  • "Etre jeune et riche, c'est indécent. Vieux et riche, au contraire, c'est logique...", Jean-Luc Delarue
  • "Tout jeune, on pousse. Adulte, on se pousse. Vieux, les autres vous poussent.", Jacques Sternberg
  • "Vieux, moi ? Je peux encore faire l'amour deux fois de suite. Une fois l'hiver, une fois l'été.", Alfred Capus
  • "Il faut devenir vieux de bonne heure pour rester vieux longtemps.", Caton l'Ancien
  • "Quand j'étais jeune, je plaignais les vieux. Maintenant que je suis vieux, ce sont les jeunes que je plains.", Jean Rostand
  • "Avec le vieillissement de la population et les problèmes d'incontinence qui y sont liés, les couches troisième âge vont représenter un marché de plus en plus juteux", Philippe Geluck 

 

 

08/07/2006

Sportifiez-nous

Faire du sport, mais c'est bien sûr. Tout le monde le dit. Tout le monde le fait-il? Mais est-ce toujours avec les mêmes idées éthiques et la volonté de performances dans les mêmes buts modèles?

medium_Sportifiez-nous_01.2.jpgEn cascade, après le tennis et le football, voilà le vélo et à nouveau le Tour de France. Je plains ceux qui n'en ont rien à cirer du sport ! Les nuisances sonores ne sont certes pas du goût de tout le monde dans la nuit après les compétitions. Je peux le comprendre.

Pour commencer avec humour, une histoire "bête et méchante" qui serait survenue à un mari en pleine discussion des choses de la vie avec son épouse. De vivre ou de mourir, plus précisément.

Il lui aurait dit:  "Ne me laisse jamais vivre dans un état végétatif, dépendant d'une machine et de liquide d'une bouteille. Si tu me vois dans cet état, débranche tous les éléments qui me maintiennent en vie". Sur ce, elle se serait levée, aurait débranché le câble de la TV et aurait enlevé sa bière. 

Moralité aurait pu être: "Vous devenez trop susceptible, Mesdames !"   

Alors encore une fois, une dernière pour moi, parlons-en franchement.

J'espère que mon épouse me laissera aller jusqu'au bout.

Pour effacer les kilos en trop et garder un cholestérol à la pointure "fine" et non "grosse", que de fois ne faudrait-il pas passer par cette "extrémité" du sport, bien agréable en fait, une fois pratiquée après le choix, et il est varié, avec la foi bien déterminée de ne pas le quitter ensuite.

medium_Sportifiez-nous_84.jpgQuel est le but des sportifs professionnels, sinon, de nous sortir de nos fauteuils par ricochet en digne représentant de l'homme bien portant dans sa tête et ses jambes. Se terrer derrière sa TV en hurlant de joie à la suite d'un goal, n'est qu'un ersatz très peu "sportif".

Alors, commençons par le passif, la critique habituelle, mais qui arrive tellement à saturation au point que des envies de "laisser tomber" se présentent. Le Tour de France a décidément mal trouvé sa ligne de départ éthique.

L'été passé, pendant le Tour précédent, je lisais une réflexion dans un Blog avec comme titre 'Dopés, et alors?' qui, en gros, disait ceci:



"...Fondamentalement tout le monde, médias, sponsors, spectateurs et téléspectateurs, semble avoir accepté le fait que les coureurs cyclistes puissent être dopés et que cela faisait partie du jeu. Alors bien sûr on constate chaque année le déclin des coureurs français qui sont soumis à des contrôles anti-dopage plus stricts et semblent donc hors course au sens propre et figuré, mais cela n’est finalement pas très grave car le spectacle continue et c’est cela qui compte.
On attend donc avec impatience le jour où en bonne logique on aura deux catégories officielles de coureurs, les contrôlés et les autres, ou bien dans un souci de vraie équité sportive un seul peloton, mais pour lequel on s’abstiendra de toute restriction en matière de préparation dite « scientifique ». L’important étant bien que le meilleur gagne." Fin de citation.




Indigné, je m'étais empressé de répondre:
 

"...banaliser le dopage, pas d'accord. Pourquoi ne pas organiser des courses avec des cyclistes propres, d’autres frelatés ou bioniques avec vélos à pédales ou à moteur. ... Tout serait donc bon pour gagner sa place sur le podium avec les juteux prix qui l’accompagnent. Ce sont des Hommes 'Cyclistes' qui méritent l’équité que l'on doit juger dans les courses, pas la qualité des produits qu'ils ingurgitent. Croyez-vous que les spectateurs courraient voir ces courses « nouvelles modes » pour encourager des coureurs et voir la transpiration sur leur front non plus à cause de l’effort mais grâce à des catalyseurs moins nobles. Non, le spectacle ne continue pas de la sorte, l’important n’est pas de seulement gagner ! On oublie Tom Simpson qui, le 13 juillet 1967 sur le Ventoux, s'est affalé en pleine course, mort, dans l’ascension du col, imbibé de ses produits qui devaient lui apporter la victoire."



Cet été, rebelote, même discours, même commentaire en réponse de ma part.


La veille de la course, l'interview complet de Jean-Marie Leblanc, directeur de la société Amaury et organisateur du Tour de France était intéressant et très représentatif du sentiment des organisateurs. Résumé, il dirait à peut près:

 

Si le Tour 2006 a très mal débuté son aventure avec les affaires de dopage et que les affaires de 1998 n'ont pas instruits. Des faits avérés ont fait tomber tout naturellement de grands noms du cyclisme et des équipes entières ont été inquiétées. Le dopage fait partie de la vie sportive et c'est regrettable. Mais on n'assassine pas le Tour de France.

 

D'autre part, les salaires du haut de gamme dans le sport frisent tous les excès. C'est une règle de l'offre et de la demande, comme partout. Le sport à ce niveau est international et touche par médias interposé la planète entière. Le sportif alors devient un des patrons d'une multinationale. Chaque seconde d'un joueur tel que le chef d'équipe de football anglaise fait tomber au moins un euro dans la sébile.

Les ONG ne manquent évidemment pas de rappeler le rapport dégradé et dégradant qui existe avec la création dans les pays asiatiques du ballon et de toutes pièces d'équipement qu'on utilise lors du Mondial. Ils demandent aux sportifs d'en tenir compte et de signer une charte éthique qui explicitement obligerait de respecter les pays producteurs de ces équipements à respecter les droits de l'homme et surtout ceux de l'enfant. Ce serait une manière de réconcilier ces sportifs de haut niveau avec ceux qui se disent sportifs et qui tiennent à la morale de l'histoire.  

Ethique, et, toc..

Mais, surtout, maintenant, vive la magie du Tour.

 

Mais, au fait, qu'est ce que c'est d'"être sportif"?

Est-ce se retrouver derrière son petit écran dans le confort du sofa à s'égosiller pour émouvoir Madame dans la cuisine?

Je ne suis pas sexiste au point de penser que Madame ne puisse pas s'y intéresser aussi. Si c'est le cas, qu'elle continue à me lire aussi.

Mais au fond, qu'est-ce qui intéresse le plus l'"Hommo sporticus"? Les matchs en eux-mêmes, les buts? Si, c'était le cas, combien de cassettes enregistrées de match de toutes époques verrions-nous en plus dans les vidéothèques? Il s'agit d'autre chose. Je veux parler du "direct". Un match dont on n'a pas vu le déroulement en direct mais dont on connait le résultat n'a plus beaucoup de charme pour être vu par la suite. CQFD.

Etre sportif, ce n'est certes pas "sportifier" ses cordes vocales, c'est bien autre chose.

Même marcher, on ne s'en sent plus la "force". Il suffit pour s'en convaincre d'observer les voitures en double file devant le pâtissier le dimanche matin. Alors?

Faire du sport apporte une tout autre liberté de corps et d'esprit. Ses ennuis habituels s'évaporent avec la transpiration. Peu importe lequel du moment qu'il soit physique. 

Statistiquement, il est prouvé que les personnes pratiquant une activité physique, - pas nécessairement sous forme de sport collectif ou individuel, compétition à outrance ou non -, restent plus longtemps autonome. En cas de chutes ou d'efforts inhabituels, moins de casses ou alors, très certainement, moins sérieuse sont constatées.

Quand on pense que le Portugal, arrivé en 1/4 de finale, compte le moins de sportif "vrai" en l'Europe (1 sur 6), il y a vraiment des combles qui s'ignorent. Le taux d'obésité, lui, atteint là bas des sommets bien moins enviables.  

Personnellement, j'associe comme je l'ai déjà dit ailleurs la tête et les jambes en joggeur, en cycliste, à mon rythme, sans esprit de fausse compétition, avec tous les sens en éveil pour ne rien manquer de l'aventure.  

Alors vraiment, champions de tous bords, votre rôle à jouer, c'est de nous enthousiasmer par vos succès, mais aussi, de nous "sportifier" à fond, sans palliatif et par votre seul exemple.

Et ça doit marcher.

Il n'y a pas si longtemps seulement 2% de femmes dans les pelotons de joggeurs au "20 kms de Bruxelles", aujourd'hui, on en dénombre plus de 20%. Quand on sait que les femmes vivent plus longtemps que les hommes, cela va faire beaucoup de monde en jupette dans les compétitions futures !    

En Belgique depuis que nous avons Justine et Kim comme porte drapeau en tennis féminin, il n'y a jamais eu autant d'inscriptions dans les clubs de tennis.

Alors, après le rêve du Mondial, cher Zizou & Co, "sportifiez" vous et nous, en "propre" et non au "figuré".

Sinon, pourquoi vous décarcasseriez-vous?

 

L'enfoiré,

 

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Citations,

 

  • "Je crois avoir identifié les raisons de l'extraordinaire engouement de mes contemporains pour des sports qu'ils n'exercent pas personnellement. C'est un folklore que la caution de quelques intellos finit par transformer en patrimoine.", Philippe Bouvard
  • " Le sport est dépassement de soi. Le sport est école de vie.", Aimé Jacquet
  • "En sport, dès qu'on s'arrête, on régresse.", Marc Pajot

 

30/06/2006

Bol ou ras-le-bol ?

Le Mondial de football a de ses retombées bien dépendantes de la psychologie et de la chance.

medium_Bol_ou_ras-le-bol_00.jpgEn préambule, je dirai que je ne suis pas un fan de football et que je fais un exercice périlleux en parlant de ce que je ne connais pas à fond. En effet, en dehors des matches du Mondial et de moments furtifs d’autres épisodes, vous ne me verriez pas devant mon écran de télé avec le gazon vert et la balle qui passe de pieds en pieds vers des goals hypothétiques. Exception, peut-être. Chacun son truc. Donc, pardon pour des interprétations malheureuses.

 

 

Le 27 juin, la France avait enfin sa revanche sur le destin. L'Espagne a dû s'incliner face à cette équipe qui malgré ce que les médias avaient lancé, en avait encore en réserve pour le moins. Revoilà l'équipe en bonne voie pour les Français qui il faut bien le dire, ne nagent pas dans la "joie perpétuelle". Manifestement, quelque chose n'allait pas dans l'entente cordiale et la volonté d'aller dans le même sens et en même temps. Ceci un peu à l'instar de se qui se passe dans le pays et son visage politique. Le ras-le-bol, il faut bien le dire est de la partie depuis de nombreux mois. Et cette partie-là est certes plus importante puisque plus longue et plus viscérale que ce mondial qui va éclater après un mois si tout va bien en moment de joie mais qui se perdra de toute manière dans un coin de la mémoire comme un beau rêve ou un méchant cauchemar. Alors pourquoi ce soudain revirement parmi les joueurs, les médias et les spectateurs ? Bien entendu, les résultats ont poussé les "hourra".  Bien entendu, les résultats ont poussé l’équipe sous de meilleurs hospices dans l’esprit des gens. Mais, ces résultats "inattendus" sont dus à quoi ? Bien entendu au talent des footballeurs, ignare. Mais aussi, il faut bien l’admettre à la chance, oserais-je répondre timide. Quand une balle veut ne pas entrer dans le goal et qu’elle tombe sur le piquet ou dans les bras ouvert du gardien, aucun joueur aussi expert de réputation qui soit, ne pourra accrocher un goal à son palmarès. Comme en tout, réussir aux examens, dans la vie n’est pas dépendant uniquement de sa propre volonté mais d’une certaine « force étrangère ».

« Cette fois, c’est moi », dit la pub de la loterie. « Sa passe ou sa casse », diraient d’autres.

Le talent n’est pas tout et de toute manière, à ce chemin d’altitude, les « traines la patte » ont été éliminés impitoyablement depuis belle lurette. Les entraineurs passent, d'autre part, allègrement de pays en pays au gré de leurs réussites ou échecs. Donc, les techniques d’entrainement sont souvent retrouvées, copiées d’équipe en équipe. Tomber sur un arbitre qui correspond à un strict respect des lois du jeu en véritable automate fait aussi partie de la chance.

Fataliste ? Non, simplement, interrogateur.

Alors quand la brouille s’en mêle, la malchance aura un nouvel allié improvisé. J’ose espérer qu’elle est obsolète, perdue dans l’euphorie de ces bons moments. Pas seulement le sport en dépend mais très vraisemblablement tous le pays serait entraîné dans un mouvement haussier. La morosité pourrait s’estomper plus qu’on ne pourrait en espérer. Le « ras-le-bol » pourrait il faire place tout simplement au « bol ».

L’esprit humain est tellement sensible à des événements heureux que je suis très près de le penser.  Alors, la chance a-t-elle tourné?

Allez les Bleus. Allez la France.

Montrez-leur que la technique et l'expérience ne sont pas de vains mots galavaudés. Le qualificatif d'"ancien", péjorativement lancé par certains pour votre équipe n'a rien d'une tare et serait plus adapté à votre succès.

En tant que Belge, aimant votre beau pays, la morosité au placard. L’optimisme n'est pas seulement affaire de résultats mais de volonté.

A la veille de vacances bien méritées, renforcer ses idées positives et sortir du tourbillons des mauvaises nouvelles, n'est ce pas le meilleur moyen de les commencer?

Je viens d'entendre que le chômage a diminué depuis plusieurs mois. Alors, ça commence?

 

L’enfoiré,

 

Sur Agoravox, d'autres commentaires 

 

Citations :

 

  • " Football : Opium de l'électeur. On se shoote comme on peut.", Jacques Maillot
  • "Le football. Etrange ballet tissé par les obscurs désirs du sexe masculin", Pierre-Louis-Rey
  • "Les anglais ont inventé le football, les français l'ont organisé, les italiens le mettent en scène.", Serge Uzzan
  • "La bonne humeur est aussi contagieuse que la rougeole", Baden-Powell
  • "Aimer, c'est forcément être optimiste", Bernadette Chirac

14/08/2005

Spéculons en paix

La Bourse a ses hauts et ses bas. Autant savoir détecter les changements de tendance. Parlons-nous de bourse ou de nous même?

 

Les taux d'intérêts de nos bons vieux carnets de dépôts ne font que baisser.
Pour les épargnants, l'envie de sortir de l'habitude devient de plus en plus pressante. La tentation est grande de se lancer sur les chemins prometteurs de la Bourse.
La sécurité est dans la balance, autant le savoir dès le début.
Les hauts rendements potentiels sont aux antipodes de cette sécurité.
Ils constituent ce que l'on appelle la prime de risque.
C'est donc le moment de se rappeler les fondements de cette 'vieille Dame' qu'est la Bourse, le baromètre de notre économie.

Quand nous investissons et faisons l’achat d’actions par son intermédiaire, nous entrons dans la participation du succès d’une entreprise dont nous partageons avec confiance les idées et les réalisations de ses procédures.
Nous participerons dans les bénéfices ou les pertes engrangées par nos ‘poulains’ et cela apportera confirmation à notre bon ou mauvais choix.
Voilà le principe de base, mais en est-il pratiquement ainsi ?

La plupart des actionnaires ne cherchent plus vraiment à savoir ce qui se cache derrière leurs transactions. Le plus souvent, un conseil d’achat ou de vente par un ami boursicoteur ou par une banque, et voilà, l’argent change de main sans aucune forme de procès.
Les fondements de la Bourse et les bases de son existence, c’est d’apporter le soutien financier à une entreprise. L’argent ainsi mis à disposition de ces sociétés leur permettra des investissements futurs pour accélérer leur développement.
Mais, se préoccupe-t-on, se renseigne-t-on de l’activité de ces sociétés pour lesquelles nous sommes prêts à offrir nos économies ?
La réponse, les habitués la connaissent.

Les actions nous en achetons, nous en vendons sans en comprendre, ni même vouloir en chercher les tenants et aboutissants. Ca rapporte, point. Enfin c’est ce que disent les spéculateurs avertis, c’est le but. Ceux-ci ne vous raconteront bien sûr que les bons coups qu’ils ont réalisés en bourse. Les pertes, elles, seront tenues subrepticement sous silence. C’est bizarre comme ceux-ci cherchent des appuis, des ‘collègues’ spéculateurs à ce niveau !  Pourtant les conseilleurs ne seront jamais les payeurs. Ne l’oublions pas.

En Belgique, un des flops les plus retentissants fut celui de "Lernaut & Hauspie" (la chanson qui en raconte le dépit Het Lied) qui se termina par la faillite. Il monopolisa les investissements de beaucoup de belges pendant de plusieurs années.  Un avenir radieux s'ouvrait à cette société plein de promesses. Le Prince Philippe y fut invité et son discours enflamma bien des esprits. Bill Gates , lui-même, lors d'un de ses déplacements engagea Microsoft pour un million de dollars. Mais le bluff cachait l'escroquerie. L'action dévissa. Ce fut le moment choisi par certains d'en acheter de nouvelles et d'investir ses dernières économies. Le crash fut le point final, la clé fut mise sous le paillasson et l'histoire resta dans les mémoires dégoutées pendant au moins une génération.    

Il est aussi bon à rappeler que les organismes qui s’occupent de nos économies et qui nous conseillent comme les brokers, les banques ont tout intérêt à nous sortir d’un immobilisme des transactions boursières que nous, attentistes, serions tentés de prendre.
Que ce soit à l’achat ou à la vente, que nous gagnions ou perdions, ces intermédiaires récolteront un courtage au passage de 2% minimum. L’Etat, lui, pendant longtemps, prenait sa part de gâteau, mais il a été récemment rappelé à l’ordre par les règles européennes et doit rembourser les sommes perçues. Merci, l’Europe…

Les fonds de pensions qui brassent par dizaines de millions les actions n’ont pas plus de scrupules. Faire du rendement coûte que coûte, viser une croissance à 2 chiffres est leur but unique.
L’informatique et Internet ont permis de devenir des ‘semi professionnels’ de cet excitant jeu de Monopoly.
Dans la même journée, certains fanatiques ne se privent pas d’acheter et de vendre des actions de ces dites sociétés (le trading) dont ils n’ont pas eu le temps matériel de s’informer de la teneur des activités.
Plus besoin de passer par des brokers pour les opérations, quelques clicks bien avisés suffisent. Les clubs privés de bourse qui s’appuient sur beaucoup de considérations réfléchies n’ont plus la cote.
Après la transaction, suivre l’évolution demeure une préoccupation fébrile de tous les instants. Les prix fluctuent en fonction des opérations ou des résultats de nos chères sociétés. Souvent, l’influence des gourous de la bourse fait bouger la balance d’une manière désordonnée et pas très compréhensive en première analyse. Si le délit d’initié est puni par les lois partout dans le monde, on a parfois de la peine à trouver une réponse à la simple question du ‘Pourquoi’ de certaines fluctuations non répercutées par des annonces de presse.

Vu le nombre de transactions journalières, la Bourse n’est pas influençable par un seul individu.
Un spéculateur, seul, même en brassant des milliers d’actions, est sur la vague, il ne l’influencera jamais complètement
Une OPA (Offre Publique d'Achat) d'une société sur une autre y parvient cependant.
Récemment, une fausse rumeur d'OPA parfaitement punissable légalement qui aurait été lancée par Pepsi Co sur Danone avait fait monté l'action de cette dernière de 25 % pour retomber ensuite dès que l'affaire s'est dégonflée après une intervention qui arriva d'en haut. Récemment, en Belgique, Electrabel, fournisseur dans le secteur sensible de l'énergie et déjà à 50% dans les mains de Suez, s'est vu également pourchassée pour le reste des actions en faisant ressortir l'argument sommeillant de l'Entreprise à but européen. Dans ce cas précis, la réaction gouvernementale belge a été jusqu'ici assez molle malgré une implication notoire. La période des vacances n'a-t-elle pas été bien choisie, comme certains n'ont pas manqué de l'affirmer?  Affaire à suivre. 

Rien n'est moins apprécié par la bourse que le manque de vision, de clarté et d'incertitude sur le futur.
Un virement d'état d’esprit, un changement de conjecture, eux aussi, peuvent très vite faire basculer la Bourse d’une manière irréfléchie et désordonnée d’un état euphorique à la catastrophe par un seul jeu de dominos. Wall Street impose souvent sa loi au reste du monde de la Bourse et de la finance. Ne dit-on pas que si New York tousse, c'est le reste du monde qui s'enrhume.

Les matières premières n’échappent pas à la cotation des marchés de Wall Street qui impose indépendamment aux producteurs un prix fixé par les spéculateurs de tout poil. Le pétrole a subi récemment et subit encore une remontée artificielle de son prix dans un seul jeu de yoyo i