05/07/2008
Quel est le prix des plombs ?
Notre magazine de télé voulait avoir un titre choc : « La Flandre pète les plombs ». Et si on se posait la question de leur prix à ces fameux plombs ?
Consulter les intéressés, on n'y penserait pas. J’ai déjà parlé de manière répétée et humoristique de BHV dans « Shocking », sans appuyer très fort les tenants et aboutissants. Je vais rectifier le tir.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’après les élections, il y a eu une période, disons de « flottement » très longue à la recherche d'un gouvernement, que l’on a eu l’humour de situer dans le « pays de l’orange bleue ». Les élections qui devaient générer un gouvernement à la proportionnelle, avaient enfanté une bien bonne « histoire belge ». Alors, c’était « je t’aime, moi non plus », suivi « tu veux ou tu veux pas ». On n’en pas fait une maladie comme dans la chanson, mais les carottes commençaient à bouillir dans la marmite. Un gouvernement de transition qui ne correspondait plus aux vœux des électeurs, était pis en place au soulagement de tous. Le premier ministre précédent, Guy Verhofstadt allait rempiler, ne fut-ce que pour apporter la première bouée de secours et pour céder la main à une date fixée en mars à un autre gouvernement de coalition nationale. Dès lors, une période de probation reçu le premier ministre, Yves Leterme I, appelé "Monsieur 800.000 voies" démarra. Ce n’était pas, manifestement, Gilbert Bécaud, Monsieur 100.000 Volts.
Il y a eu les « Joyeuses entrées » dans beaucoup de pays, oui. Paris, Berlin, Amsterdam... Mais à bord, cela sentait le roussi. Des groupes devaient, en parallèle, étudier les problèmes communautaires et apporter leur rapport salvateur.
L'octopus était né. Celui-ci est vite passé à l'heptapus. ![]()
Les enjeux sont de circonstances : un « Stop ou encore », pourrait-on dire.
Les distorsions de pensées entre le Nord, flamand, et le Sud accompagné du Centre, francophones dans leurs majorités se remettaient sur la table des négociations par petites secousses sismiques. Les Wallons veulent toujours plus de Belgique.
Pendant ce temps-là, les nuages s’amoncelaient. L'économie internationale a ses raisons que la raison n'attend pas. Le pouvoir d’achat prenait des allures de bobsleigh, le prix pétrole prenait le chemin inverse.
Alors, le lancinant problèmes ressurgissait comme le monstre du Loch Ness : BHV, la version flamande, de la scission de Bruxelles, Halle et Vilvorde.
Version wallonne et bruxelloise, un élargissement de la capitale Bruxelles pour sortir de l’enclave du territoire de la Flandres dans laquelle la capitale s’était laissée enfermée.
Le ring était dressé autour de « la » ville, capitale de l’Europe. Les embouteillages, les collisions, les non-lieux allaient se poursuivre dans les interstices des besoins de la bonne cause.
La Flandres est de plus en plus obsédée par le problème du territoire et de la langue. La normalité trouve, désormais, sa place dans les extrêmes. Tracasseries, mesquineries et délations font partie du paysage politique et ont pris le pas sur les fondements d’une bonne politique autoritaire mais réaliste.
Bruxelles est déjà plus importante en étendue, que les frontières sur une carte ne le laisseraient comprendre. Les communes dites à facilités ne désemplissent pas d’habitants qui n’ont pas la couleur locale flamande. Alors, il y a du repli en soi, identitaire de la Flandres. Avoir une langue plus flamande, qu’un hollandais ne le parle fait imaginer que le pape n’aurait qu’à aller se rhabiller.
Certaines de ces communes ont voté pour l’autre camp, ils ne reçoivent pas leur mandat de l’administration flamande dont ils dépendraient. Les bourgmestres-Maires devront attendre le bon vouloir de qui de droit et oublier les desiderata électoraux de la population.
Overijse est une ville qui se veut la première pour embrayer et proposer de pénaliser les affiches commerciales qui prôneraient fièrement et ne seraient pas rédigés dans la langue unique flamande. On n’accepterait donc plus les euros allemands, autrichiens et… Moi, je le dis tout de suite, j’accepte tout. Le rappel à l’ordre du Conseil de l’Europe n’a qu’à aller râler ailleurs. La Charte d’autonomie locale, on s’en tape.
Je rappelle qu’il y a quand même 40% de francophone sur le territoire de certaines communes à facilités.
Comparons ce qui se passe avec une autre partie du monde qui parle Néerlandais : les Pays-Bas.
L’anglais est devenu la langue véhiculaire, depuis belle lurette, dans les entreprises et souvent dans la rue.
« Hier moet je nederlands spreken » est-il répété en Flandres. Nederlands of vlaams ?
"Onze stad, waar Vlamingen thuis zijn" ("Notre ville, où les Flamands sont à la maison")
Bruxellois, je me débrouille en néerlandais, j’ai appris, très motivé, ayant eu un chef hollandais, j'ai même pris un accent hollandais du plus bel effet. En entreprise, c'est une chose mais de là à pouvoir me défendre en justice, à aller chercher tous les outils dont j’aurais besoins dans le commerce, à comprendre la finesse des documents administratifs, il y a de la marge. Ma langue maternelle, c’est le français et comprendre avec le plus d'acuité "stratégique" nécessite autre chose que des approximations.
L’intrégration sociale, prétexte pour le "Wooncode" qui exige patte blanche dans la connaissance de la langue pour pouvoir habiter en Flandres, le "Taalloket" qui désorganise la vie de tous les jours dans les espaces publiques… faudrait pas pousser. Alors, on réagit, on outsource , c'est de l'"autocode".
La circulaire Peeters qui oblige les citoyens à demander ses papiers en français à chaque interpellation. A la poubelle.
Alors, avoir les deux langues nationales comme bagages, cela aurait été sage, mais il y a, malheureusement, 20 ans de cela. L'école aurait pu avoir les armes de l'enseignement pour y arriver dans une vie en commun bien comprise. Nous en sommes, aujourd’hui, avec des problèmes au niveau européen sur le râble. Mondiaux, même en y regardant de plus près. Une langue internationale, véhicule de la connaissance n’a jamais été fixée, définitivement, autrement que par la pratique. Le financier, le social sont tous deux à prendre en considération. La communication est tout aussi importante.
Dernière illumination, un couloir entre Bruxelles et la Wallonnie ? Pourquoi pas un aqueduc romain, ce serait plus pratique (même s'il y a risque) et attirerait des touristes devant le chef d'oeuvre antique de nos institutions. A cette époque, on disait aussi "Divide et impera". Bruxelles, n'est pas Gaza. Il faudra autre chose qu'un couloir. On parle aussi anglais dans ces communes du sud de Bruxelles.
Et si on répondait à cette circulaire: "Je la voudrais bien en anglais, cette circulaire". La chasse aux sorcières, le Mac Chartisme sont dans les livres d’histoire, plus sur la place publique. Le pragmatisme est seul à bord dans une mondialisation des objectifs.
Les avions de Zaventem qui survolent Bruxelles, indépendamment du fait qu'elle est la région la plus peuplée des environs, fait imaginer un scénario catastrophe. Le problème du bruit, on a déjà connu cela au Panama, en 1989, du temps de Manuel Noriega, l'anti-américain. Là, il s’agissait aussi de faire le plus de bruit avec des sirènes pour faire sortir les indésirables de leurs tanières.
Manifestement, le radicalisme paye son homme politique. Et on veut gagner toujours plus. La population suit parfois à la trace sans comprendre les tenants et les aboutissants.
Sur le premier plateau de la discussion et des négociations, il y a BHV, d'accord. L'autre plateau de la balance, c'est l’élargissement de la région bruxelloise. Une provocation ? Non, une situation de fait, réaliste.
Ce n’est pas un cliché: les flamands sont majoritaires en Belgique. Absolument.
Je n’ose pas penser que ce serait dans la conneries. Les plombs, ça fait mal quand ça sautent. La matière première, elle, le "plomb" a vu son prix grimper de 100%, ces derniers mois. La crise coûte cher. Dans le détail, c'est encore plus vrai: "L'été de tous les dangers" quel-est-le-prix-des-plomb.pdf
On passe du pouvoir d'achat qui s'effrite
(même les soldes, chouchoux des Belges, piétinent
), 5,8% d'inflation le mois dernier, 4,8% de moyenne, bien au dessus de la moyenne européenne à un nombre de faillites qui explose, à une ambiance qui fait penser 4/5 des Belges que les choses vont aller plus mal encore, le fait de se loger qui fait trembler sur ses bases, du chômage qui reprend le chemin de la hausse, des banques qui ferment leurs portes au crédit qui rime avec les taux en hausse,
des chefs d'entreprises qui font grise mine, face à la croissance en berne... d'une stagflation au bout du tunnel.
Trop "is te veel" et pas en rapport aux autres urgences. On a plus besoin de se tenir la main que de se réfugier dans la singularité. Réformer, oui, mais pas nécessairement ce qu'on croit. Le problème du réchauffement climatique n'est pas vraiment passé le cap des bonnes intentions. Les solutions existent pourtant. ![]()
Je ne suis pas ici pour remettre de l'huile sur le feu, seulement, pour préconiser une simple logique sur les priorités.
Alors, la scission de BHV au frigo? Oui, tout de suite. ![]()
Attendons que l'on voit plus clair pour revenir à ce problème identitaire.
Bruxelles ne vaudrait-il pas un messe, comme Paris? Non, peut-être....
Au fait, pourquoi Bruxelles? Cet os à moelle de la Belgique....
Je l'ai dit dans un ancien article que j'avais appelé "Air de Bruxelles et Brusselairs"
Pour garder cela, aussi, cliquer ici pour le voir.
L’enfoiré,
Le Panda, même à Bruxelles, c'est à voir
Citations:
- « Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. », Elder Camara
- « J'avance dans l'hiver à force de printemps. », Charles Joseph de Ligne (Almanach de Bruxelles)
- « C'est dans le feu que le fer se trempe et devient acier. C'est dans la douleur que l'homme trouve la révélation de sa force. », Henri Conscience
13:43 Publié dans Actualité, Belgique, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23/05/2008
Ote ton bandeau et ajuste ta balance (2)
"Les chauffards sont-ils criminels" titrait la RTBF dans son magazine "Questions à la une" du 11 janvier 2007. Voilà bien un domaine de la justice qui mériterait, vu les cas très fréquents, un peu plus de célérité dans les jugements qui suivent les délits. La vitesse excessive, ou plus judiciairement inadaptée, l'alcool au volant sont la cause de 1500 morts sur nos routes belges. Des homicides involontaires peuvent, théoriquement, donner d'après la loi, une peine de cinq ans de prison. La pratique est tout autre. Seuls quinze jours sont nécessaires au conducteur irresponsable pour retrouver son permis après la déchéance. Pas de préventive. L’incapacité de conduire est seule capable de faire le contraire. Le sentiment d’impunité, la récurrence de l’alcoolisme au volant et les récidives ne sont que les conséquences de cette pénurie de lois ou son manque d’application. La police n’est pas mise au courant des individus connus pour récidive. Pourtant, exemple à l’appui dans l'émission, l’exécution d’un jugement peut aller très vite. Une condamnation de 3 ans de déchéance et de 6 mois de prison avait été prononcée dans un cas pareil, lors de l'émission. Le principe de précaution a, peut-être, été remis en chantier. Au sujet des peines encourues dans ce cas précis, un travail obligatoire d’intérêt public, dans les hôpitaux et dans l’ambiance des victimes des chauffards pourrait encore une fois avantageusement prendre la place d’années de prison.
Dernièrement, pour un délit de fuite, le dossier ne présentait pas le document de désignation d'un juge d'instruction. Résultat lors du procès: vice de forme, affaire ajournée retour à l'arriéré judiciaire.
Ce 13 janvier 2006, le juge, Luc Monin était condamné à six mois de suspension sans solde pour raison de retards qu’il a mis pour rendre une série de jugement dans les années 90. Ma première réaction fut : "Serait-on à l’aube d’une remise en question de cette Justice qui se veut équitable? Les juges seraient-ils devenus autre chose que des intouchables?". Je serais resté sur cette opinion quand le 15 mars 2007, encore une fois "Questions à la Une" revenait sur le sujet sous un autre jour avec cette suspicion "La justice est-elle sous influence?" Le juge Monin est ce magistrat de Dinant qui a refusé publiquement de signer un jugement en septembre dernier. Une grande première dans les annales judiciaires belges! Le juge rebelle revenait sur son geste inédit en apportant des justifications à son refus des plus troublantes. Il dénonçait, en effet, une justice partisane et influencée. Influencée par des réseaux d'amitiés, des réseaux maçonniques, par le pouvoir politique, ou simplement par des magistrats qui faussaient la vérité judiciaire. Alors indépendante ou pas, la justice belge ? Tout n'est pas noir, mais tout n'est pas blanc non plus. C'est l'avis d'un magistrat en vue. Bouc émissaire? Non, je ne devrais pas y croire car on ne badine pas dans la cour des gens qui n’ont que cette alternative pour se défendre!
Il n'y a pas si longtemps la nomination des juges se faisait en fonction de l'appartenance politique. Comme on dit dans ces cas-là: "Affaire à suivre".
Le 7 février 2007, l'émission "Questions à la Une" me donnait, encore une fois, matière à réflexion. Le titre évocateur était tout simplement "Diplomates: Immunité ou Impunité ?". Il s'agissait, en effet, de diplomates qui passent par chez nous et dans tous les pays du monde et qui se permettent des « extras » sur le compte de l'immunité diplomatique. Par cet artifice, les pays d'accueil n'ont plus les possibilités de saisir les comptes bancaires, de pénétrer dans les domiciles, d'ouvrir les bagages, d'inquiéter tous membres, famille comprise de l'ambassade.
Dernièrement une lettre était tombée dans de mauvaises mains et il était clair qu'un certain démarchage auprès du gouvernement se faisait en dehors de tout chemin éthique.
Un magistrat suspecté de faux? Surprise sur prise pourrait-on conclure. Quand les possibilités existent de passer outre la barre, comment résister à l'envie?
Le dopage et le cyclisme sont des clients de la justice. Elle avait accepté de reporter à une date ultérieure l'examen du cas de Floyd Landis, dépisté positif à la testostérone après la victoire dans le dernier Tour de France en échange de sa non-participation à des courses futures sur le sol français. Floyd Landis révélait aux journalistes qu'il n'était pas contre les Agences antidopages, mais qu'il croyait davantage dans le système américain. "Les Agences ne veulent pas les droits (de la défense) qui seraient fournis pourtant au pire des criminels dans notre pays." était la conclusion de l'article !
Les divorces, il n'y a pas photos, sont la "vache à lait" de la Justice. La procédure en sera désormais accélérée. Des opposants se sont manifestés directement après l'annonce. On ne tue pas aussi facilement la poule aux oeufs d'or.
C'est évident. Nous ne sommes pas devenus plus "sages" avec le temps. Bien au contraire. Nous avons une recrudescence de crimes en série, comme nous l'avons rappelé dans l'article précédent. Alors, la Justice s'est organisée. Elle s'est attelée à tout expliquer même l'inexplicable. Des avocats plaideront pour les causes les plus indéfendables pour sauver un client qu'ils ne pourraient accepter dans leur propre environnement. Il existe des maîtres du barreau qui sont intéressés par les affaires les plus scabreuses. Est-ce par jeu, effet de pub ou pour démontrer au monde leur expertise? Des spécialistes existent dans tous les pays. Ils doivent exister, c'est sûr, mais pourquoi dans l'exclusivité et pas nécessairement payés au juste prix? Alors tout est bon pour disculper le client. L'affaire récente en Autriche avec la séquestration des enfants d'un père indigne et incestueux va être plaidée par la démence. Vingt quatre ans pour découvrir un dément? Construire un bunker à la vue de tout le monde. L'urbanisme se serait-il endormi? Les agents de quartier auront encore du travail avant de mourir par manque d'effectifs.
Il est clair que vu le nombre de délits "comptabilisés", "rapportés", nous sommes sûr que la plupart ne seront jamais traités. Chacun a peut-être encore sa déclaration inventoriée dans les dédales des couloirs d'un des Palais de Justice. Qui croit encore à l’anonymat pour les témoignages et les dépositions?
D'où la question: L'existence de cette dernière, est-ce pour rassurer, pour donner bonne conscience aux âmes sensibles et aussi laisser au citoyen lambda de croire qu'il est encore très bien de ne pas être passé par là et qu'on ne peut subsister au dessus des lois? Encore une, style "Harakiri", probablement, bête et méchante.
Les espoirs possibles pour y remédier
Ces dernières années, l’informatique tentait de mettre un peu d’ordre dans ce fatras par un accès plus rapide aux procès jugés précédemment et qui pourraient faire jurisprudence. Numériser tout cela, la tâche n’était guère facile cependant. Un tel retard de modernisme ne se règle pas en quelques mois. Ce « mammouthland » a aussi ses prérogatives. Les arriérés judiciaires restent un véritable boulet. Les communications internes et externes, la conservation des dossiers, la constitution d'une base de données de jurisprudences, l'élaboration de statistiques et l'administration des institutions faisaient partie de cette modernisation. Les jurisprudences devaient être mémorisés dans leur complète intégralité dans des bases de données et être accessibles par les hommes de loi, habilités pour apporter une solution au problème de sécurité et de détermination dans la pérennité. Mais, sous des couverts de progrès, avoués, est-ce que l'appareil judiciaire avait-il vraiment intérêt et l'envie à mettre à nu ces petites affaires, ces petits privilèges, moins avoués? Des tentatives ont eu lieu de résoudre l'impossible avec le projet Phénix en Belgique. Projet qui a capoté parce qu'il n'était simplement pas élevé à la bonne hauteur de l'ampleur de la tâche et aussi, peut-être, parce que l'envie n'y était pas d'ouvrir la boîte de Pandore, parmi tous ses acteurs.
La justice en panne par le manque de confiance du justiciable moyen et l'engorgement des prétoires commencent timidement à trouver remède par ce que l'on appelle les Modes Alternatifs de Règlement des Conflits (M.A.R.C.). Quand il y avait contestation envers un homme de loi, le Conseil de l'Ordre des Avocats aurait pu être de bon remède. Comme tous Conseils de l'Ordre, celui-ci a certes à protéger ses propres membres.
Avec l'arbitrage et la conciliation, la médiation avec ombudsman va pouvoir contribuer à alléger les tribunaux comme c'est déjà le cas dans les pays anglo-saxons. Des médiateurs familiaux dans le cas de divorces, des médiateurs commerciaux pour éclaircir le travail du juge dans des litiges entre entreprises, des médiateurs sociaux pour trouver un arrangement entre un employé et son employeur lors d'un licenciement ne sont plus une utopie d'une Justice rendue plus rapide et plus efficace. Ces procédés attendent seulement le bon vouloir de la classe politique et leurs arrêtés d'application et aussi l'indépendance d'action.
Benoit Friedman, professeur de droit à l'ULB, rapportait ce 24 novembre 2006 dans une interview à la radio les éléments de la commission de réforme de la Cour d'Assises.
L'engorgement des prisons est souvent avancé pour démontrer qu'il ne faudrait pas trop pousser sur le champignon des condamnations de prison. La surpopulation carcérale est chronique.
Un plan 2008-2012 vient de voir le jour pour rénover les prisons et pour en créer 3 nouvelles. Les sanctions commuées en travaux d'intérêt public sont aussi un moyen pour désengorger les prisons dans les cas de police correctionnelle. Ces travaux d'intérêts généraux peuvent profiter à la communauté et, au besoin, même aux victimes. Les budgets alloués au ré-aménagement des prisons sont évidemment lourds pour tous gouvernements. Tout dépend du délit et du repentir de l'inculpé. Il est appliqué en Belgique depuis 5 ans. Par exemple, le tarif pour les infractions aux codes de la route est de 45 heures minimum. Des assistants de justice accompagnent le système. Le bracelet électronique est aussi un moyen d'assurer la surveillance et de réinsertion dans la vie pour le condamné. Récemment, je parlais des puces RFID qui rendait l'homme repérable et satellisé dans son espace temps. Mais, la justice doit avoir les moyens de faire appliquer les sanctions qu'elle édicte. Tout a un prix. Sans cette constatation, ce serait l'impunité puisque la justice manquerait de moyens. A qui profiterait un tel crime?
Suite au prochain numero.
L'enfoiré,
Remerciements à KROLL et RIF pour leurs caricatures
Citations :
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"Ce n'est jamais la Justice qui rend la justice, ce sont des juges, c'est-à-dire des hommes et des femmes susceptibles, comme tout autre de commettre des erreurs.", Lionel Jospin
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"La Justice, c'est six mille ans d'erreurs judiciaires", Robert Brasillach
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" Droit et Justice ! La meilleure marque de maquillage qui soit au monde, résultats garantis !", Pierre Pellot
09:05 Publié dans Actualité, Belgique, Justice, Organisation, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : justice
11/05/2008
Europe entre rêve et réalité
Aujourd'hui, à Bruxelles, nous sommes en fête. C'est la fête de l'Iris. Et si on élargissait les idées à partir des images que j'y ai prises ce matin? Pas de voitures.
Il y a un an déjà, j'écrivais sur place un article que j'intitulais "Europe irisée". L'iris, y était dit, comme le symbole de Bruxelles. J'ai refait exactement le même périple mais pour aller voir un autre genre d'exercice: une course de caisses à savon, organisée par la ville avec le concours de Redbull.
La ville était bouclée. Pas question d'entrer en voiture: bon point. On était prévenu toute la semaine. Pourtant, une escouade de policiers était nécessaire pour faire dévier les entrées vers des horizons moins centraux. Un demi point. L'année passée, la fête était plus centrée vers un idéal européen. J'avais, dans mon article de l'année passée, eu quelques réflexions qui ont plu ou déplu comme il est normal de le constater dans tout esprit démocratique qui se respecte.
Quel en était le symbole, cette fois, avec les caisses à savon? Voulions-nous nous faire rouler dans des voitures que l'on surnomme déjà communément de "caisses"? Nous trouvions-nous en pleine savonnée, aujourd'hui, pour ne pas dire purée?
N'y avait-il pas d'autres symboles à rechercher dans l'événement?
Oui, c'est cela. On voulait seulement respirer de joie devant des ensembles hétéroclites à roulettes. Bruxelles est une ville de dérision et souvent d'autodérision. Je vous ai dit que nous étions bien loin de l'esprit français. Nous ne sommes pas tous des Enfoirés, mais on respire une envie non dissimulée à vouloir s'amuser.
Cette semaine, à la télé, un "Question à la Une" se questionnait et analysait la situation d'une scission plus grande que celle de BHV: celle du pays et d'une éventuelle fusion avec le Nord de la France. Oui, notre histoire est compliquée. Oui, elle aime se retrouver aussi avec le dos au mur. Mais le Bruxellois est en général confiant et vaque à ses occupations en se foutant pas mal "du regard oblique des passants honnêtes". On a pu lire dans les journaux, que le Belge était le pays qui avait subi les hausses du coût de la vie avec le plus de sévérité. Et pourtant, le portefeuille n'est pas encore vide. On suit dans un impair et passe. Pourquoi? Peut-être parce que le coût de la vie est suivi par un index que beaucoup nous envie. Il est depuis quelques temps "licé". L'augmentation du coût de la vie n'est compensé qu'après une plus longue période, mais il n'a pas disparu. Cela existe et on y tient malgré les attaques répétées du patronat.
"Vous êtes le centre de l'Europe. Vous avez la Communauté Européenne en votre sein.", n'aimez-vous pas cela? On n'en tire pas vraiment fierté. Nous sommes modestes. Les moules de la caricature que j'introduisais dans l'article de BHV, elles sont aussi valables ici.
Il faut dire que pour être capitale de l'Europe, ce n'est pas toujours "triste". Pour en arriver là, nous avons dû subir l'effacement de quartiers pour installer ce qu'on appelle par sa forme en relation avec un fromage et par sa fonction: "le Caprice des Dieux".
Lors d'événements politiques qui prennent place au Berlaymont, dans les bouchons, allez questionner les habittants et les conducteurs des voitures à l'arrêt en attendant que leurs "hôtes de marques" viennent les visiter en grande pompe et sirènes de police. On a l'air encore plus con quand on n'a pas un carton d'invité au diner des autres...
Le Berlaymont, symbole de la CE, a mis des années pour être désamiantisé aux frais de la ville. Les retards, on s'en souvient. On construit actuellement à grands frais un nouveau bâtiment pour abriter les lobbies qui ont besoins de beaucoup de place.
Il y en a d'autres. A la Place Madou, un gratte ciel est aussi occupé par des Parlementaires européens. Pas mal, mais les taxes d'occupation ne sont même pas récupérables par la ville de Bruxelles.
Pourtant, nous restons très attachés à l'Europe. Bien plus qu'ailleurs souvent. Nous sommes européens.
Le "Grand Machin", les technocrates et bureaucrates qui résident à Bruxelles, comme disaient des anti-européens, lors des élections de "pour ou contre l'Europe", en mangeraient leur chapeau d'envie.
C'est la fête aussi, je vous conseille VIVEMENT d'aller voir les images(cliquez sur moi)s .
L'Enfoiré
Citations:
- « Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons. », Yukio Mishimza
- « Ambition : une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu'elle crèvera. », Jean Rostand
16:44 Publié dans Actualité, Belgique, Loisirs, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09/05/2008
Shocking !
Une décision à prendre. Simple dans son énoncé et pourtant lourd de conséquences. Pour les uns, ce sera de banales vacances décidées dans la douleur dans un couple. Pour les autres, une destinée qui change en dehors d'eux. Un défaut d'adaptation? Certainement. Trois lettres vont-elles changer les choses?
Ce jour-là, le soleil était peut-être trop chaud, l'air trop limpide, il faisait Beau et l'Horizon respirait la Vie.
Dans une chaumière, l'homme pris un Bain et il fut l'Heure de rejoindre la Ville par la route. Son esprit était absorbé. Une décision devait être prise le soir-même. La veille, tout avait été consulté, brochures et informations pour décider de leur période de vacances.
En partant, un Bécot Hors-la-loi n'avait pas Vaincu l'électricité qui était dans l'air. ![]()
Tout était prêt, pourtant, avec le Bonheur de décider, ensemble, avec l'Habitude, de la destination des Vacances. La mer, la campagne ou la montagne?
Le soir, on sentait qu'une Bataille allait se jouer au Hasard des Versions. La Bagarrre du choix allait surfer entre Honnêté et Vertige.
La Balle commença très vite à passer de main en main, Hypothéquant le Verbe des arguments de poids dans l'exclusivité. Une journée entière pour confirmer ses propres convictions et ne pas penser à autre chose. Le droit de réponse, de rigueur, non dogmatique pour seule relations intra-muros du "home sweet home".![]()
Alors, pas question de rejouer le film "La Brute, le Héro et le Vaniteux".
Blesser par pur Hasard sans Volonté de nuire est un acte qui ne se comprend pas comme tel.
Ni la Bagatelle, ni à la Harpe, n'opéraient le filtre avec un Voile désiré.
Les Baffes verbales bercaient la Hargne de la Victoire. Un véritable match de coq. ![]()
Diplomatie démocratique en berne.
Banal, vous allez dire ? Habile, peut-être aussi? Vague quant aux résultats, certainement.
Le côté Balnéaire était en forme, d'abord. Les Hauteurs, ensuite. Mais, la Valise n'était pas encore pour demain. Elle se retrouvait au frigo.
Baiser l'autre, Hélas, il fallait être une Vedette. Bégayer parfois, dans la Honte Versatile. Le Bateau, l'Hôtel tout était Vulnérable. La Blague baignait de plus en plus dans une Hemorragie Vexatoire. La Boussole, elle, dans une Houle Vénale. Tout doucettement, Bâcler l'Honnêteté du Voyage, lui-même, ne parvenait pas remettre calme et volupté dans la maison du bonheur.
Le Baromètre était mal réglé à la rencontre. La Hachette était sortie du fourreau. Le Voyage était foutu. Les Bagages regagnèrent leur enclos. L'Humoriste n'était pas arrivé à vaincre le Volcan.
Fin de l'histoire du couple.
Cette histoire n'aurait pu être qu'une Véritable Histoire Belge avec ce tiercé de lettres dans le désordre. ![]()
Comme dans toutes histoires de couples, le choix des mots, une interprétation, dépassant le niveau de la conversation, sont à l'origine de beaucoup de malentendus. Un ping-pong de mots d'oiseaux commence et la dispute s'envenime. Le divorce d'idées ne peut se calmer alors que par la compréhension de l'avis de l'autre ou par les concessions mutuelles. En Belgique nous avons une marque de fabrique de compromis. Vite, calmer le jeu, pour ne pas atteindre le point de non retour est la norme entre Francophones et Flamands. Rebobiner le débat au départ. Mais où était-il, encore, ce départ? Il est tellement ancien qu'on a du mal à s'en souvenir.![]()
Entre-temps, la colère est très mauvaise conseillère et il faut, en panique, accepter que, chacun devra faire un pas ou mourir seul. Prendre le temps d'écouter les reproches objectivement et en soustraire l'émotion est la meilleure thérapie pour la relation humaine.
Normalement, l'analyse de part et d'autre des interlocuteurs permet de déterminer ce qui a contribué aux blessures de notre "ego" de citoyen. L'amour propre, l'orgueil et le fait de perdre la face n'ont pas, néanmoins, la force déterminante pour briser une relation.
La vulnérabilité et la dépendance sont insensiblement utilisées par l'autre et cela n'est pas facilement surmonté par la victime du moment qui va se sentir obligée de se protéger. La peur de l'autre, voilà le problème.![]()
Une situation "Win-Win", bien connue dans le milieu des affaires, est la panacée, en famille et en politique. Ajouter une unité au compteur des coups d'éclats? Faire le point, exprimer son besoin de reconnaissance apaise la compétition.
Avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête, la scission de l'arrondissement de Bruxelles, Halle, Vivoorde sent le roussis.
Il a encore été repoussé au bout de la nuit. J'ai pensé que vous faire ressentir le vécu de ces trois lettres qui sont trop souvent dans les discussions et non pas dans la négotiation. Dès lors, je propose, par référendum, de supprimer ce trio de lettres litigieuses du dictionnaire ou alors de l'élargir à beaucoup d'autres. Les Belges me comprendront, j'en suis sûr.





