16/05/2013

N'épargnez plus, spéculez ou consommez

Tout à tour, deux nouvelles: "Détourner les Belges de leur carnet" et "Supprimer les paiements en cash porterait un coup sévère à l'économie souterraine".

Le Belge aime faire des économies pour se donner une chance d'avoir un petit plus dans le futur. Il a deux voies pour le faire la brique et le compte d'épargne s'il veut se mettre à l'abri des déconvenues. La sécurité a un prix qui vaut de l'or. Qui oserait le contester? L'Etat? Il devrait s'en rappeler.

L'argent papier n'a plus la cote. La carte bancaire ou de crédit est tellement pratique. Souvent devenue gratuite, elle ne l'est pas pour le commerçant qui doit payer un léger pourcentage sur les transactions. De plus, on oublie ainsi de compter les frais avant de recevoir l'addition en fin de mois. 

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La taxe sur les livrets d'épargnes:

Koen Geens, le Ministre des Finances, vient de lancer une idée de réactiver l'épargne, surprenante, quand on se souvient des raisons historiques pour lesquelles elle a été voulue.

Un "non" catégorique du Fédéral

Devant le tollé général qu'il a généré, Koen Geens dément le projet sans le rejeter.

Les comptes en banques déborderaient avec 240 milliards d'euros. Un pactole... 

A l'origine, en 1962, la première tranche d'intérêt de 1.500 FB de taxe sur les intérêts était exonérée d'impôt.

L'idée était de stimuler l'épargne et ainsi encourager l'achat de biens de consommation par des investissement productifs avec effet retard.

Le précompte mobilier effrayait déjà les contribuables et une baisse de l''épargne s'en est suivie. En 1966, pour limiter cette baisse, la limite était portée à 4.000 FB.

Les banques étaient alors plus proche de l'Etat avec la CGER.0.jpg

Les livrets d'épargnes sont déjà taxés, mais à partir de la somme d'intérêts qui dépassent 1.880 euros d'intérêts par an.  

Aujourd'hui, il est donc question de supprimer l'avantage fiscal dès le premier euro d'intérêt.

Sur 10.000 euros d'investissement avec le pourcentage de 1%, jusqu'à récemment, cela ne ferait plus 100 euros d'intérêt mais 85 euros, mais comme ce pourcnetage est tombé à 0,55%; il ne reste que 46,75 euros. 

Une émission de radio sur Vivacité lançait un débat parmi les auditeurs. Les réactions étaient très "hard": "c'est une méthode de mafia".

La confiance devrait-elle, aujourd'hui, avoir une nième vie? Une entreprise n'a pas seulement le devoir de produire, mais aussi de vendre sa production pour être rentable et faire du bénéfice et ainsi payer ses collaborateurs et ses créanciers.

Dans une époque de récession, passe encore, mais dans une période de stagflation, cela craint vraiment.

Les placements, sous toutes les formes qui sont proposés, ne sont pas garantis par l'Etat. Les risques augmentent en virant des obligations aux actions, sans jamais être nuls.

A quel pourcentage sont récompensés les comptes d'épargnes?

Une peau de chagrin. Aucun incitant tangible pour attirer les investissements.

La baisse du rendement n'avait en rien changé les habitudes des épargnants belges.  L'épargnant avait dû seulement s'organiser autrement pour complémenter leurs retraites futures ou advenues.

La semaine dernière, les taux chutaient à nouveau, au niveau de 0,5% pour soutenir la croissance. On imagine déjà qu'ils tombent en dessous de 0%. Cela équivaudrait alors à payer pour prêter son argent. 

0.jpgL'argent des comptes dormirait en n'entrant pas dans l'économie?

Faux, lançait un auditeur, banquier, l'argent est recyclé dans l'économie par l'intermédiaire des banques. Les banques doivent seulement garder en caisse un back-up suffisant fixé par la loi. L'argent est de moins en moins liquide et de plus en plus virtuel sous forme de dettes.

Taxer le livret d'épargne pour pousser les gens à investir.

Quels sont les mieux placés pour le faire?

Les banques avec leurs ordinateurs, leurs consoles avec les situations de chaque investissement qui défilent dans une vision globale?

Ce serait donc le boulot des banques d'investir dans le circuit financier.

Un idée géniale ou un fiasco en préparation de taxer les livrets d'épargne?

Il faut dépenser ou investir ou ... sortir l'argent des banques et aller le renvoyer dans un autre pays plus favorable dans un placement dit "plus intelligent", disait un auditeur...

Exactement, l'inverse du but à atteindre.  

Si on a une politique sociale, il faut en avoir les moyens pour pouvoir l'exercer.

L'argent en compte reste disponible. Bloqué sous forme d'obligations ou d'actions, n'est absolument pas pour garantir l'économie du particulier. Pendant la crise, les comptes étaient garantis à raison de 100.000 euros. La confiance a, ainsi, été, temporairement,  soutenue.

La bulle spéculative a été évitée grâce à la sécurité comme alibi. 

Il y a déjà des lunes, le Fond Monory De Clerck avait été lancé pour les investisseurs dans le but d'effacer les problèmes de l'Epargne-Pension qui prenait l'eau. Les cotisants investisseurs en ont profité car la conjoncture était haussière lors de son lancement.

La différence avec la proposition d'investissement d'aujourd'hui, c'est que l'investisseur n'avait, alors, pas un fusil dans le dos. Il n'était pas encore "pigeon". Il pouvait décider de ne pas y souscrire, de prendre un chemin de traverse et choisir le moment le plus opportun. De plus, la Bourse avait encore bonne presse, malgré ses quelques soubresauts. Pour finir, il faut se rappeler qu'il existait des incitants comme les titres AFV avec précompte réduit, des exonérations sur les droits de succession, des réductions IPP pour attirer le "client".

Est-ce encore le cas? Pas vraiment, ou peu sensibles.

La question est, depuis, "Les Bourses sont elles sous-évaluées ou sur-évaluées?".

Très probablement sur-évaluées à voir les cours qui grimpent. Les PE atteignent des sommets.0.jpg

L'écart entre la vie du citoyen de la rue et la vie de la Bourse ne fait que s'accroître. 

Dans l'opération "taxe sur l'épargne", seraient visés le Livret vert, le Livret B...

En échange, ce qui est proposé, des Emprunts populaires, des Emprunts d'Etat, des actions de sociétés cotées en Belgique...

L’exonération du compte d’épargne est menacée par la Cour européenne de justice.

On devait s'en douter, qu'il y avait une idée qui venait du cortex européen.

En 2010, déjà, le département de la justice de l'UE, intimait la Belgique de se mettre en ordre et de respecter la libre circulation des capitaux au travers de l'Europe.

Il fallait donc penser à étendre le régime des avantages fiscaux à tous les capitaux même étrangers ou supprimer ces avantages. 

0.jpgCela faisait un certain temps que l'on incitait le particulier à investir et à prendre le large dans le domaine du risque.

J'en parlais dans "La spéculation sur le banc des accusés".

Les ISR, les "Investissements  Socialement Responsables" y étaient mentionnés.

Un beau geste, en somme, comme si on investissait dans le Télévie. On oublie que même le Télévie a subi quelques soucis dans le passé avec des détournements d'argent. 

Accrochez-vous à la lecture de la publication de BNP au sujet de l'ISR comme préambule:

"Investir utile au travers des ISR. Concilier l'engagement citoyen et les performances financières. Donner un sens aux investissements en sélectionnant les entreprises et les projets qui ont fait le choix de la durabilité, les mieux adaptés à l'environnement économique de demain. La pauvreté, l'inégalité, l'exclusion, la pollution, le changement climatique, la disparition des ressources naturelles sont autant d'enjeux majeurs sur lesquels l'investisseur a le pouvoir d'agir. Investir est une responsabilité et un formidable moyen de répondre à ces grands défis et d'orienter le modèle de société de l'avenir en choisissant d'utiliser le patrimoine pour développer un monde plus responsable, plus équitable et plus durable.".

- Mais, c'est bien sûr, dirait l'Inspecteur Bourrel dans les Cinq dernières minutes de son enquête. Où, faut-il signer devrait être sa réponse...

Relisez mon billet dont je faisais mention ci-dessus, vous avez manqué quelque chose qui pourrait être l'essentiel.

Geler votre argent et vous êtes devenu incivique...

Faux... Entre 2007 et 2012, si les montants déposés sur les livrets d'épargne ont atteint 87 milliards d'euros, ils ont été crédités pour 19,6 milliards aux entreprises, aux hypothèques pour 43,9 milliards et aux prêts du pouvoir public à raison de 24 milliards.

Les livrets d'éparnge dédicacés, les bons de caisse, les comptes à terme à 2,2% même précomptés privilégiés à 15%, seraient bloqués pour un minimum de 5 ans et n'allègeraient pas les comptes.


3.jpgSupprimer les payements cash

Il parait que 16,4% du PIB échappe au pouvoir public à cause de la monnaie sonnante et trébuchante.

L'Europe veut supprimer les centimes.

On avait déjà allégé avec des billets en papier.

Le nouveau billet de cinq euros vient d'être lancé. On avait seulement oublié de vérifier que les lecteurs automatiques de billets allaient pouvoir accepter sa nouvelle mouture.

Une histoire belge de plus...

L'argent papier est inodore, insipide, mais il est surtout trop palpable.

Dès 2014, tous les titres papier, dématérialisés les pauvres, devraient sortir des coffres et portés en comptes-titres dans une banque... En 2015, il y aurait une amende à la clé pour les récalcitrants.

Depuis, on remplace le prix de la location du coffre par celui de la maintenance du compte-titres.

L'argent, sous toutes ses formes palpables, emmerde tout le monde. Cela coûte pour faire de la monnaie pièces ou billets, cela coûte pour l'écouler, cela coûte en temps pour le compter devant la caissière du magasin qui s'impatiente.

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La carte de crédit est tellement pratique et, de plus, on ne paye qu'une fois à la fin du mois.

L'argent est virtuel, vous vous souvenez, encore.

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes du virtuel. 

Bien réel, sans traces, il trompe trop l'adversaire-récolteur.

L'utilisateur, lui, aimerait avoir son mot à dire dans ce qu'il fait de son pognon.  

Le billet de 500 euros à retirer de la circulation? Évidemment, cela prend moins de place dans une mallette.

On pense à tout. Surtout à la facilité du consommateur.

Pierre qui roule n'amasse pas assez de mousse. 

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Quant à l'enfer, lui, il est toujours pavé de très bonnes intentions...

Prenez les bonnes décisions, un encart spécial de mon journal du jour qui m'a tenu au courant de ce que je viens de raconter... parmi les pages qui suivent des titres comme "Les collaborateurs se sentent bien et bénéficient d'une protection optimale", "Valoriser les informations","Innovation sur tous les fronts", "L'information idéale et la décision parfaite n'existent pas".

Le journal voulait probablement se racheter ou racheter l'Etat....  

Spéculons en paix, un très ou trop vieux billet, celui-là...

Le côté social est mis en brèche. Partout, on racle les fonds de tiroirs.

0.jpgLes "pigeons" qui ont investi dans le durable, poussés par l'Etat, sont devenus de vils spéculateurs. Quand ils pensaient faire oeuvre utile écologique et retrouver les fruits de leurs investissements dans le remboursement des certificats verts, ils se sont sentis leurrés et ont lancé l'action "Ne touchez pas à nos certificats verts".

Alors, si on disait, "Ne touchez pas à nos certificats arc-en-ciel".  

Relancer la consommation, la croissance et l'économie pour restaurer le confiance, demande une approche plus fine, plus ciblée, mieux maitrisée.

On en parlait encore une fois avec Roland Gillet, ce matin.

Une fable de Jean-Pierre Claris de Florian peut-être...

Sous le dôme d'un bois épais, un Lynx aiguisait ses dents au pied d'un arbre, en attendant sa proie.

Il aperçut une Taupe à demi enterrée sous une taupinière qu'elle venait d'élever.

Hélas ! pauvre créature, dit le Lynx, combien je te plains. Jupiter a été bien cruel en te privant de la lumière du jour qui réjouit tous les êtres. Tu ne dois exister qu'à demi, et ce serait, je pense, un service à te rendre que de te débarrasser d'une vie aussi triste.

- Je vous remercie de votre bonté, répliqua la Taupe; mais je pense que j'ai assez d'activité pour suffire à mon état et à mes besoins. Quant au reste, je suis entièrement satisfaite des facultés que Jupiter m'a départies, et je crois qu'il nous dispense à chacun ses dons selon les besoins de notre condition. Je n'ai pas, il est vrai, votre vue perçante; mais j'ai des oreilles qui me servent tout aussi bien, et dans ce moment, par exemple, un bruit que j'entends derrière vous m'avertit de fuir l'approche du danger.

Et en disant cela, elle rentra dans son trou, tandis qu'un dard, lancé par la main d'un chasseur, vint frapper juste au cœur le Lynx à la vue subtile.

- Nous devrions tirer parti des talents que nous possédons, au lieu de nous occuper à déprécier ceux qui sont accordés aux autres

 

L'enfoiré,


Citations:

  • « Trois choses sont absolument nécessaires : premièrement de l'argent, secondement de l'argent, troisièmement de l'argent. », Jean-Jacques Trivulce 
  • « La mauvaise monnaie chasse la bonne. », Nicolas Oresme
  • « Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. », François Cavanna 

09/05/2013

Le printemps, chez moi, c'est quoi?

J'avais écrit "L'hiver, chez moi, c'est quoi?". L'hiver fut long, très long. Enfin, cette fois, ça y est, après un début de printemps plutôt raté, le voilà avec plus l'apparence. Du coup, c'est comme si on se shoutait par petites doses devant un écran de luminothérapie. Quelle réjouissance ressentie à profiter de la nature avec des journées de plus en plus longues. Tout se réveille... parfois, avec des inattendus. 

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"J'aime pas le printemps" écrivait un rédacteur.

L'âge doit avoir un lien avec le choix de sa saison préférée.  Pour moi, je l'ai écrit, c'est l'automne, pour des raisons propres.

Pour son "non-amour" vis-à-vis du printemps, il donnait seulement trois raisons..

1. c’est la tranquillité qui sera grandement perturbée. Impossible d’aller flâner n’importe ou sans croiser d’autres personnes qui ont eu la même idée, et rares sont les personnes silencieuses.

2. l’explosion des grillades qu’on aura à chaque jour quand il fait beau, avec un pic lors des week-end et jours fériés.

3. Période d’entretien, de destruction frénétique. Tondeuses, tailles haies, tronçonneuses, binettes, faux, mains nues, hache, scie… 

Si ce n'était que cela... J'ajouterais que dès qu'il y a un rayon de soleil, c'est un véritable cauchemard, la débandade qui commence pour se rendre à la mer ou dans les Ardennes comme si tous devaient rattrapper le temps perdu par l'hiver. Quant à la bébête qui monte, cela ne me donnera pas le hockey sur gazon...

L'hiver reste trop dans les esprits sevrés de soleil, ce printemps-ci. S'il fait ne fut-ce qu'un peu plus chaud, les marchands de glaces ressortiront et mettront les gaufres en réserve au frigo.

Répondre à la question de ce que représente le printemps, commence par un sérieux risque de ne pas être synchronisé avec ce que pense la généralité des gens. Le printemps, c'est le vert des arbres, presque trop vert. Je n'ai rien contre les écolos, mais faut pas ajouter des couches supplémentaires.

Le renouveau de la nature, dit-on. Mais cela manque un peu de maturité, cette nature.

L'homme est synchronisé à l'heure qu'il a sur son bracelet-montre, mais il a parfois  un autre rythme interne qui le chipotte.

Souvent, dans l'entreprise qui l'emploie, il n'en verra pas la couleur de ce renouveau. A y réfléchir, il s'en fout pour lui-même. C'est son épouse qui pensera tout à coup à réastiquer, à faire "le nettoyage de printemps" à la maison à faire chavirer la barraque. 

Première constatation, vivre à la campagne n'a rien à voir avec la vie citadine. Dans cette dernière, il n'y a pas les soucis du champs ou de l'entretien du jardin. Vivre dans une maison ou un appartement ne fait pas voir les choses sous le même angle.

Cette année, le vrai printemps était en retard. Il a poussé la nature dans ses derniers retranchements. Les bouleaux attendaient le bon moment pour germer et envoyer le pollen à tous vents. Cette année, dès les premiers rayons de soleil, ce fut une véritable explosion.

1.jpgDeux ou trois jours ont suffi à la nature pour leur rendre la couleur vert tendre et empêcher de tourner en rond, ceux qui sont affectés par le pollen.

Les arbres les plus précoces avaient déjà donné des signes d'attente. Le marronnier était sur ses starting-blocks. Les autres allaient suivre le même rendez-vous coûte que coûte.

24°C atteint un jour. Redescendu à près de zéro et en France, ce fut 20 centimètres de neige, sur les hauteurs de Saint-Etienne.

Cette année, les pics de pollen sont montées en flèche et ont dépassé les moyennes en l'espace de deux jours.

Au point qu'allergique, j'ai pensé à me poser un masque sur le visage et commencé à rêver à la pluie salvatrice qui plaquerait le pollen sur le sol.

Rhinites, conjonctivites, prurits, urticaires ont été du lot du combattant de l'aurore de la belle saison.  

1.jpgL'affiche publicitaire du nouveau film "L'écume des jours" venait bien à propos même si on n'y ressent pas la douce légèreté du roman comme le disaient les critiques.

L'écume, elle ne vient pas par la bouche mais par le nez.

La maladie d'amour s'allierait-elle à l'allergie sous le couvert d'un antidote antihistaminique?

Putain d'histamine qui, parait-il, a de plus en plus d'effets dans la population. Des médicaments, oui, il y en a, mais ils ont un effet secondaire: ils apportent la somnolence.

Juste ce qu'il ne faudrait pour admirer les paysages qui verdoient si tendrement. 

Au printemps, les "marmottes" sortent de leur hivernage. Je n'irai pas jusque là.

Cette période est propice à la bougeotte et pousse, on ne sait pourquoi, plusieurs candidats au nomadisme. Prendre la maison sur le dos, c'est pas vraiment une occasion rêvée pour somnoler.

1.jpgC'est aussi une période pendant laquelle, ils pensent à ressortir le vélo du garage pour aller se balader dans la nature et, parfois, remarquer qu'en dernière minute, la bécane nécessiterait une petite maintenance. La bécanne garée pour l'hiver, cela peut rouiller ou avoir d'autres maladies de l'inactivité, mais on l'avait oublié.

On compte, dès lors, les points pour savoir si l'optimisme va prendre le dessus sur le pessimisme. 

J'aurais pu chercher toutes les chansons qui parlent du printemps pour orienter la décision. Je n'ai pas dû. C'était déjà fait.

Oui, Hugues, "Les filles sont jolies dès que le printemps est là"

Un peu de calme revenu, j'ai repris la bicyclette et l'appareil numérique à la recherche des coins déjà photographiés en hiver et pour en trouver d'autres. Pas besoin de carte aux trésors pour cela. Patience, observation et le hasard pour seul guide.

Par le plus grand des hasards, le petit jardin écologique, près de chez moi, avait une présentation de ce qu'est le compostage. Un brin de causette et puis s'en vont. Au suivant... 

Grand_Corps_malade dans son slam des saisons raconte ce qui, pour lui, fait le printemps.

Je commençais juste à m'y habituer

mais les jours ont rallongé.

J'ai compris que le printemps

allait emménager.

Le mois de mars avait tracé

en un battement de cils 

et on m'avait dit qu'en avril,

faut pas se découvrir d'un fil.

Mais moi, j'ai peur de rien

alors malgré les dictons vieillots,

j'ai enlevé une de mes vestes

pour ne pas avoir trop chaud.

J'ai vu les arbres avoir des feuilles

et les filles changer de godasses.

J'ai vu les bistrots ouvrir plus tard

avec des tables en terrasses.

Y avait plein de couples qui s'embrassaient.

C'est les hormones, ça réagit.

C'est la saison des amours

et la saison des allergies.

C'est vrai j'ai eu le nez qui coule

et je me suis frotté les yeux

mais j'ai aimé la chair de poule

pendant un coup de vent affectueux.

Sur les balcons ça bourgeonnait.

J'ai regardé le ciel bleu-pâle.

Y avait même des avions.

Ma factrice a ressorti le vélo.

J'étais content pour elle.

Content aussi pour le daron

qui aime le retour des hirondelles. 

1.jpgPour moi, le printemps a réellement commencé le 1er mai, avec ses muguets porte-bonheurs et ses discours politiques endiablés d'invectives et de noms d'oiseaux. Un folklore comme un autre.

Le 4 et 5 mai, Bruxelles était en ébulition à la fête de l'Europe et celle de Bruxelles, la fête de l'Iris. Deux fêtes qui tombaient de concert en un seul weekend. 

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La fête de l'Europe fut une journée portes-ouvertes de ces bâtiments autour du rond point Schumann qui n'ouvrent jamais au public.

Le besoin de rappeler, à la plupart, le rôle, de l'imbrication de ces trois gouvernements de l'Europe. De préciser, aussi, la raison du Prix Nobel de la Paix 2012 décerné à l'Union européenne. Au Berlaymont, la Commission avec José Manuel Barroso à sa tête. En face, au "Juste Lipse" avec Herman Van Rompuy comme Président du Conseil aux commandes du grand bateau "Europe" dans la tourmente.

A l'Espace Léopold, le Parlement des 27 pays de la CE, composé des bâtiments aux noms des initiateurs du projet "Europe", Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli, que l'on a appelé, en coulisse, pour sa configuration physique et ses besoins financiers,  "Caprice des Dieux".

Ce fut l'occasion de se rappeler des six mois de présidence en cours du Conseil attribué à l'Irlande, par l'intermédiaire de ses danses irlandaises.

0.jpgQue dire de plus, sinon que les eurosceptiques ne faisaient, probablement, pas partie des visiteurs. Ils n'y auraient pas trouvé leur compte. Beaucoup d'étrangers de passage déambulaient par cette belle journée ensoleillée, une occasion d'aller voir de plus près que "In Europe, everything is under control, with ou without money".

Dans le même temps, en France, François Hollande avait atteint l'anniversaire de sa première année de présidence. Après un quinquénat sarkozien, plutôt agité dont on retrouvait, la veille, les Secrets d'une présidence, comme si c'était une histoire immédiate les Français trouvaient leur nouveau dirigeant, trop normal et pas assez superman.   

Le lendemain, à la fête de l'Iris, ce fut "pour les amateurs de musique, de concerts organisés dans la soirée Place des Palais. Pop, rock, soul, il y en avait pour tous les goûts: Ann Arbor, Hooverphonic, le Grand Jojo. La fête de l’Iris est l’occasion de promouvoir les arts du spectacle et la vitrine pour des artistes de tous horizons.".

C'est aussi, un spectacle bon-enfant sous toutes ses formes physiques et historiques.

Un boom démographique. Non, peut-être...

Samedi dernier, Charles Piquet prononçait son dernier discours en tant que Président de Bruxelles Capitale. 

«Bruxelles, c’est la capitale européenne où la capacité d’investissement est la plus modeste par habitant. Donc Bruxelles est héroïque »", disait-il.

"Héroïque"... Sans blague! Sans mentionner qui étaient les héros et les braves parmi les braves...

1.jpgUne hirondelle ne fait pas le printemps.

Si la politique le faisait, cela se saurait.

Alors, en resumé, le printemps, chez moi, c'est quoi?

Bien, c'est la saison des fêtes. Le mois de mai qui, avec ses jours de congés et ses potentiels de ponts, est peut-être le mois préféré par tous.

Après le pont du 1er mai, celui de ce jeudi 9 d'Ascension.

L'Ascension est une élévation, une résurection, comme il en est dit pour définir cette fête chrétienne.

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L'ascension de Merkel vers un nouveau mandat? Qui sait, mais elle devra attendre, les élections allemandes. Ce sera, déjà en automne et avant cela, elle devra se montrer sous son meilleur jour...

La résurection de Christiane de Duve? Oui, cela arrangerait, à juste titre.

En attendant, déjà deux événements à signaler ce mois-ci: une collision de trains avec des produits toxiques qui se baladent dans la nature et un camion qui prennait un raccourci sans pouvoir s'arrêter sinon dans des maisons.

Mais de tout cela, le Printemps n'en a cure.

Une saison que l'on espère pas trop faite d'explosions naturelles ou artificielles... si, au moins, il savait cela, le Printemps...

Le Printemps avait, déjà, trop d'heures de gloire, à mi-course, même en gardant Vivaldi dans les oreilles.

Et, si on regardait tout cela, ensemble, avec philosophie et des photos à l'appui. 


L'enfoiré,


PSAujourd'hui, Sapanhine regagne ses lointaines pénates. Je vous en parlais lors de son arrivée à Bruxelles. Il parlera, bientôt, de ce retour aux sources temporaires.

 

Citations:

  • « La fantaisie est un perpétuel printemps. », Johann Friedrich von Schiller
  • « Certains matins de printemps ont une fraîcheur de grenouille. », Francis Dannemar
  • « L’automne est une mutation, l’hiver une lutte, le printemps un épanouissement. », Anonyme 

02/05/2013

Un Roi ne s'use que si l'on s'en sert

Ça y est, Guillaume IV est intronisé. Les flonflons de la fête se sont éteints. Ce 30 avril, Béatrix des Pays-Bas cédait son pouvoir de reine en faveur de son fils après 33 ans de règne.  Pour l'occasion, le Vif-L'Express rappelait les grandes abdications de l'Histoire. Dans le même temps, de nouvelles rumeurs sur l'abdication d'Albert II. La question ne serait plus que de savoir quand. Mais ce ne sont que des rumeurs, répond-on au palais de Bruxelles. 

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"Abdiquer", un vilain mot, une farce, un mot qui peut faire peur.

« Abdiquer ? Autant disparaître ! A quoi bon devenir si petit que plus personne ne vous remarque ? La relation à deux n’était donc possible qu’à condition d’être une ombre ? ».

On abdique dans un couple quand les patates sont cuites pour divorcer. On dit alors, vulgairement, mettre les bouts ou prendre les voiles. On abdique au boulot quand on s'est trompé d'employeur.

En avoir marre, c'est aussi abdiquer...

Peter en parlait avec des mots savants de "sublimation percutante" dans le cas d'incompétence à la suite d'une promotion en trompe-l'oeil qui permet à l'un de démettre l'autre de ses fonctions. 

De toutes manières, cela laisse un goût amer de l'échec qu'être résigné, que de renoncer, que se désister et ainsi perdre la face. La déchéance guette parfois.

Abdiquer devient moins grave quand c'est dans le but de renoncer à une poursuite, à une instance, à une candidature ou un poste dans lequel on ne se sent pas bien dans sa peau.

On abdique même au Vatican quand la bulle de Benoit XVI éclate.

De toutes façons, les causes ne sont pas jamais clairement énoncées et la case "santé" est la plus facile à évoquer. 

Chez les souverains d'un pays, c'est suite à une révolution de palais, à des intrigues, à un soulèvement populaire ou pour cause de la maladie.

Béatrix des Pays-Bas jette donc le gant dans la bonne humeur et l'esprit d'avoir donné le meilleur d'elle-même à son pays.

Avant elle, ce furent Guillaume III (pour la petite histoire, né à Bruxelles), Wilhelmine et Juliana à avoir racroché chacun(e) à leur tour dans la tradition Orange-Nassau. Elle a désigné son fils aîné alors que l'autre est encore dans le coma après un accident de neige.1.jpg

En Belgique la princesse Astrid était récemment questionnée sur l'état de santé de son père Albert II:

-Jeudi, le Roi se déplaçait avec une canne et des rumeurs circulent sur son état de santé et de fatigue. Qu’en est-il ?

-  L’an prochain, il va fêter ses 80 ans, ce n’est donc plus un jeune homme de 20 ans. Mais il va très bien, j’ignorais d’ailleurs cette canne. Comme tout le monde, il peut avoir mal au dos.

- Vous n’êtes pas inquiète ?

- Non, pas du tout. 

- Mais après quasi 20 ans de règne, jugez-vous qu’il aurait le droit de se reposer ? On parle beaucoup d’abdication ces derniers temps…

- Écoutez, ça, ce n’est pas à moi de le dire. Je ne fais aucun commentaire. »

Gunzig, en "baron d'occasion", en avait des commentaires dans un café avec trois sucres bien serrés.

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Alors, une nouvelle fois, le Paris-Match belge se posait la question avec une couverture qui prévoyait pour "Albert II, des semaines décisives".

Pour titiller le goujon? Pour vider les bourses qui restent en fonction tout en semblant demander:

Alors, Sire, vous régniez pendant tant d'années, j'en suis fort aise. Mais, si je l'écris, est-ce que vous ne voudriez pas prendre votre quille avec un beau poème à la clé?".

Le commun des mortels sort des actifs sans en avoir le choix à un âge précis. Pourquoi en serait-il autrement? La population belge est interrogée à la radio. Faut-il copier la monarchie des Pays-Bas? dans un tchat endiablé. 

La semaine dernière, le Vif L'Express avait puisé dans l'histoire toute une série d'abdications sur lesquelles, il était intéressant de constater les artifices volontaires ou involontaires, par lesquels ces souverains abdiquaient. 

"Pas triste les grands deuils du pouvoir", comme il était dit en titre...0.jpg

Car abidquer ne veut pas dire que les souverains sauvent leur peau pour autant.

En 79 avant JC, Lucius Cornelus Sylladictateur et consul désigné, jette l'éponge après dix mois.

En 305, Dioclétien est malade et abdique volontairement.

En 1354, Jean VI Cantacuzène abdique pour revêtir l'habit monastique

En 1399, Richard II est enfermé et abdique forcé.

En 1555, Charles Quint souffre d'une goutte particulièrement invalidante. Il envisage assez tôt de se défaire du pouvoir.  

En 1567, Marie Stuart, rivale d'Elisabeth 1ère, prend l'ascensseur pour l'échafaud, même après avoir abdiqué.

En 1654, Christine de Suède abdique par lassitude et dégoût du pouvoir. Elle se rapprochera ensuite du mysticisme.

En 1659, Richard Cromwell dont les ennemis le surnomment « Tumbledown Dick », cède le trône avant de mourir.

En 1724, Philippe V d'Espagne abdique mais rempile pour 20 ans, après les sept mois de son successeur.

En 1809, Gustave IV Adolphe de Suède est détrôné par un coup d'Etat.

En 1810, Louis Bonaparte, frère de Napoléon, voulait faire passé l'intérêt de la Hollande avant celui de la France. Il refusa le trône d'Espagne. son coup de grâce...

En 1815, Napoléon Ier récidive son abdication, après l'île d'Elbe, ce sera Saint Hélène, .

En 1830, Charles X. Ce sont les "Trois Glorieuses" et la "Révolution de Juillet" qui ont eu raison de lui. 

En 1840, Guillaume 1er les attentats se succèdent. Bismarck s'impatiente et Guillaume comprend qu'il faut céder la place pour ne pas perdre la face.

En 1848, Louis-Philippe 1er, l'insurrection trop forte et c'est l'exil

         et Louis 1er de Bavière, contraint d'abdiquer à cause de son impopularité.

En 1912, Puyi une abdication à répétition comme dernier "Fils du Ciel" dans une Chine qui perd son âme.

En 1918, Nicolas II finit tragiquement, exécuté avec toute la famille des Romanov.

         et Guillaume II, le "Kaiser kaput" après les "Arbeiter und Soldatenräte".

En 1936, Edouard VIII par amour pour la belle Wallis qui oeuvrait en secret pour les nazis.

En 1946, Victor Emanuel III, la République est à la mode et Mussolini est intéressé à le remplacer.

En 1951, Léopold III après une question royale, qui a mené à deux doigts de la guerre civile, signe sa reddition de justesse en faveur de son fils Baudouin.

La liste n'est certainement pas exhaustive mais suffisante pour se donner une idée.1.jpg

Le 6 juin prochain, Albert II fêtera son 79ème anniversaire, considéré comme un roi de transition lors de son intronisation, en août 1993. Il va fêter ses 20 ans de trône.

Il était question de son abdication, il y a deux ans et y a renoncé à cause du contexte de crise politique.

Albert II est vu comme le ciment du pays et est devenu un des rois préférés des Belges. Pas à dire, mais sa relative simplicité et son humour plaisent. 

C'est le printemps, les oiseaux qui chantent, le moment où la sève monte chez les jeunes tiges. Alors, quoi? 

1.jpgPhilippe, introverti, pourrait-il reprendre le flambeau dès le 21 juillet à la fête nationale?
Avant les élections de 2014,  vu que l'indécision est un risque de rater le coche.
Décision capitale, donc, pour le futur de la Belgique alors qu'il y a l'indépendantiste, antimonarchique, Bart Dewever qui grimpe dans les sondages. Régler la dotation royale, faire une réforme institutionnelle sont au programme. L'impatience grandit.

La princesse Mathilde, épouse de Philippe, fait bien plus l'unanimité. Il y a eu tellement de fois, qu'elle a dû presser son cher époux d'avoir une attitude moins guindée et ne pas rester trop raide.

Philippe chanterait-il, quelques fois, "Mathilde est revenue" avec Brel?

Willem-Alexandre, un exemple pour Philippe?

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A 53 ans, Philippe manque l'aisance de Willem-Alexandre. Peut-être trop monté à la sauce de son oncle, catholique pratiquant, Baudouin qui voyait en lui, son successeur.

Alexandre, extraverti, n'esquive aucune question, preuve s'il en est, de la maturité politique nécessaire pour devenir chef d'Etat. De plus, il abaisse la garde du protocole envers lui.

"Je veux rester dans la tradition, mais je veux être un roi du 21ème siècle qui rassemble, représente et encourage la société", comme il le déclarait devant les caméras aux côtés de son épouse Maxima.

A bas, les salamalecs et les réponses coincées. Soyons jeune même à la Cour.

1.jpg80% de la population néerlandaise est royaliste. L'événement élève le pourcentage à 92%. Le mot "gewoon" (commun), "gezellig" (gentil) expriment la chaleur intime du peuple envers la famille royale. 

Ce 30 avril, les Pays-Bas se trouvaient dans un comte de fées en orange. 

D'avoir la royauté la plus chère d'Europe ne semblaient pas émouvoir la population. 

Pas de doute, la crise a touché les Pays-Bas comme pour ses voisins.

Une différence, le vélo est le moyen de transport préféré des Hollandais. 29.000 kilomètres de pistes cyclables sur un territoire de 41.530 kilomètres carrés. Cela fait une belle jambe et construit les mollets et le portefeuille dans une monarchie cyclable qui en devient, du coup, moins recyclable.

Dans ce pays plat, le Roi est, vraiment, la "petite Reine". 

Alors, oui, un Roi qui pédale, ne s'use que si l'on s'en sert.

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Et à cette occasion, les invités, les princes belges:

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Mais si l'on s'en sert, pourquoi ne le pourrait-on pas dans un jeu de mots?

Voici les Serres Royales du Palais de Laeken. Je vous invite à les visiter en photos.

 

L'enfoiré, 

 

Citations: 

  • « L'impuissance est peut-être notre plus douloureuse abdication en ce monde. », Marie-Claire Blais
  • « Un roi, réalisant son incompétence, peut soit déléguer, soit abdiquer. Un père ne peut ni l’un, ni l’autre. », Marlène Dietrich

11/04/2013

Un début d'avril sans poisson au château de La Hulpe

Ce 1er avril, jogging dans le Domaine du Château de la Hulpe. La veille, j'en avais parlé avec mon copain qui connaissait pour y être passé en voiture devant l'entrée. Sans plus. Une raison de plus pour en parler. Un château, à moins de 10 kilomètres du centre de la ville, dans la forêt de Soignes. Une histoire d'un domaine et d'un château mais sans châtelaine. 

1.jpgLe Domaine Solvay est un endroit parfait pour oublier la ville de Bruxelles et son trafic à moins de 20 kilomètres de la ville.

Une perle du patrimoine architectural de la région wallonne de 227 ha, clôturée dans un parc à la lisière au sud de la Forêt de Soignes.

Ce lundi matin, 1er avril, 11:00, du soleil,  seulement 2°C au thermomètre et un vent piquant, le week-end de vacances printanier (la nouvelle manière de nommer les vacances de Pâques) commence sous un bon présage.

Pour se promener, il s'agirait d'être habiller chaudement, ce qui n'est pas mon cas. C'est dire qu'il me faudra courir. Pas question de lambiner en chemin sous mon training léger de coton. L'appareil numérique dans une main droite gantée de laine. L'autre dans la poche, prête à dégainer le carnet et le crayon. Paré pour une visite reportage.

Ce printemps était vraiment attendu après un hiver long avec des chutes de neige qui revenaient alors qu'on ne les attendaient plus.

En ces derniers jours de froidures persistantes, les arbres dénudés de leurs feuilles ne me rappellent ni les couleurs tendres du printemps et les couleurs chaudes de l'automne sont déjà loin. Les séquoias, seuls, continuent à pâlir d'envie les "collègues" à leur toison verte perpétuelle.

Le sol est spongieux, Je glisse à certains endroits. Mais, ce n'est ni une surprise ni un poisson d'avril, ni un chien qui aurait laissé sa carte de visite. C'est la boue qui m'attend, en ce premier avril, pour que je slalome ou que je surfe. Tout simplement.

Le passage par le château, je me le réserve pour la fin de ma course. Le contourner en cercles concentriques, ce sera ma technique d'approche.

Central, au sommet d'une butte, il n'est pas très discret. Il apparaît dans le champ de vision, sans même le chercher. 

A droite de l'entrée, les trois séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) attirent une nouvelle fois, mon regard.

A gauche, c'est l'Argentine. Non, pas le pays, la rivière Argentine qui s'écoule dans un courant rapide et constant.

Un peu plus loin, première visite: les écuries "Les rênes de la Vie". "Un lieu de vie et d'intégration entre handicapés et non-handicapés" comme il est mentionné. Tout un programme avec le respect envers les animaux et les hommes.

Les étables sont ouvertes et vides. Près d'elles, quelques chevaux viennent de sortir et entament un pas de danse en cercle dans l'enclos, tout proche. Un palefrenier rassemble le fourrage à leur attention.

En 1991, J. Saintenoy-Simon a fait l'inventaire de toutes les essences d'arbres présentes dans le parc. Des plantes vasculaires indigènes et subspontanées, des Bryophytes, mousses et hépatiques450 espères ce qui représentent, tout de même, 38% de la flore belge. La preuve est faite, la diversité de l'habitat favorise, de fait, la biodiversité.

On deviendrait dendrologue, sans en connaître le mot, pour moins que cela. Des plaquettes plantées sur les troncs permettent d'en identifier quelques espèces avec le nom français associé au nom scientifique.

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L'obélisque, dans le fond, avec son soleil au sommet fait majestueux.

Les deux étangs attirent les curieux qui donnent quelques miettes aux canards colverts.

Une occasion choisie par les photographes à l'affût d'instants insolites.

Assis sur un banc, un vieillard regarde la scène des ébats entre humains et volière avec un intérêt amusé et philosophe.

La Fondation Folon entre dans l'objectif. Dans une ancienne ferme, les sculptures de Folon restent à jamais un des objectifs de visite du parc, mais ce sera, pour bientôt, lors de la réouverture printanière. En attendant, les statues regardent les passants, figés dans une posture destinée à l'éternité.

Des cyclistes s'époumonent en grimpant sur les quelques buttes. Il est temps de les suivre et d'atteindre le château.

Des statues, rongées par la mousse et le temps, de chaque côté du musée. Deux ensembles de personnages qui ont l'air de demander pitié au personnage du dessus qui avec ses chaînes voudrait les empêcher de s'évader et de prendre le large.

Dans le jardinet à la française, une sirène semble implorer le ciel, entourée de petits d'anges, tout aussi prêts à s'envoler.

Devant le château, une piscine arrondie a dû accueillir quelques baigneurs dans l'histoire du château, mais, elle n’incite plus à la baignade.

Il est temps de redescendre vers la sortie.

C'est le moment de parler de l'histoire à rebondissements du domaine et du château.

Le village de La Hulpe a conservé des tumuli de l'époque romaine au Champ-des-Mottes.

Henri 1er de Brabant accorde des privilèges à la localité, mais ce n'est qu'en 1567 que le village porte le nom de « La Hulpe », d'origine celte, "La Helpe", qui signifie "Rivière d'argent".

Bien plus tard, le village sera reconnu comme "La porte des Ardennes brabançonnes".

En 1663, le 1er moulin à papier est installé. C'est le début d'une industrie qui reste prospère jusqu'en 1970.

L'histoire du domaine se poursuit par un véritable thriller économique dans lequel intervient les membres de grandes familles.

Tout commence en 1822, sous l'époque Hollandaise. Guillaume 1er crée la Société Générale ( plus précisément "Algemeene Nederlandsche Maatschappij ter Begunstinging van de Volksvlijt" donc  "pour favoriser l'insdustrie nationale"et légue des domaines fonciers de la forêt de Soignes en échange d'une dote annuelle de 500.000 florins. Comme toute entreprise privée, soumise à l'impôt foncier, la Société Génarale se voit forcée de partager les territoires avec les communes limitrophes.

Entre 1831 et 1836, trois cinquième de la surface sont ainsi vendus à des propriétaires privés.

Dès 1833, le marquis de Béthune-Hesbigneul achète quelques parcelles de la forêt de Soignes. En 1842, il y érige un superbe château dont le style était modestement inspiré du château de Chambord, édifié suivant les plans des architecte Arveuf-Fransquin et J.F. Coppens.

Son aspect est très différent de celui d'aujourd'hui. Quatre tours octogonales lui donne un aspect médiéval en briques rouges.

En 1871, le baron Antoine de Roest d'Alkenade acquiert le château.

En 1893, il est racheté par l'industriel Ernest Solvay qui le considère comme résidence d'été et qui n'y apporte aucune modification majeure. Victor Horta est chargé, seulement, de l’aménagement intérieur.

Le fils Armand Solvay et le petit-fils Ernest-John modifient considérablement le château pour lui donner l'aspect actuel. S'ajoutent aux alentours, la plantation d’essences exotiques, le Belvédère et son étrange escalier, l’étang de la ferme, la percée rectiligne qui débouche sur ce curieux obélisque artificiel de 36 mètres de haut.

En 1968, pour préserver le château et éviter le morcellement du parc en lotissements, Ernest-John lègue toute la propriété à l’État belge.

En 1972, à sa mort, le parc, devenu propriété de la région, il devient accessible au public.

Mais, dès 1975, des problèmes de succession apparaissent. Un véritable roman feuilleton s'engage avec Anne Solvay qui voudrait le récupérer et qui gagne, en première instance, son procès comtre l'Etat belge.

Ce conflit juridique va durer vingt ans en passant de la Communauté française à la Région Wallonne.

Cette dernière met fin à la discussion en allongeant 200 millions de FB sur la table des négociations et garantit ainsi le classement du domaine et à nouveau, l'accès au public.

L'imbroglio juridique se poursuit avec l'épisode Folon.

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Dès 2000, la Fondation Folon s'est installée dans l'ancienne ferme. Dans 14 salles, 322 œuvres contenant des gravures, des sculptures, des aquarelles, des tapisseries et des affiches de l'artiste, y sont exposées.

Bien après la mort de Folon, une autre histoire rocambolesque se poursuit jusqu'à la présence de ce qu'on a appelé un "Ministre des Utopies".

Après, le calme revenu, le château devient un lieu de réceptions, de mariages de prestige et de réunions politiques.

En été, des concerts et des pièces de théâtre y sont représentés.

Un restaurant et une librairie complètent pour rentabiliser le concept de Fondation.

En 1988, plusieurs scènes d'intérieur et d'extérieur du film "Le Maître de musique" ont été tournées au Château de La Hulpe. (Un extrait qui permet de voir l'intérieur du château).

Comme le château et le parc valent le détour en toutes saisons et en toutes occasions, on en arrive à parler de surfréquentation du site.

Oui, je sais, il y a ceux qui quittent les chemins, qui piétinent les semis, qui escaladent les talus, des adeptes de VTT à la recherche de nouveaux parcours difficiles, dont la surfréquentation n'est pas le souci majeur.

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Parler de Solvay, de Folon, c'est commencer par écrire des poèmes à plusieurs volets.

Oui, il y a toujours des effets secondaire dont il faut tenir compte pour trouver l'accord entre juste milieu et juste prix.

Quant à toi, cher copain, prend une heure ou deux, peut-être, trois, pour un passage futur, elles ne seront pas superflues.

Il parait que les "Dimanches au Château" sont de retour. Une occasion de plus à ne pas manquer.

D'après la pub, "la vie y devient facile". Je ne pouvais trouver meilleur incitant.

Non, Nicolas Sarkozy que l'on apprenait, ce matin-là, vouloir s'installer en Belgique, ne viendra pas s'intaller en Bruxelles et racheter le château. C'était un poisson d'avril. 

Je ne dis pas que tu y trouveras la châtelaine de tes rêves, à l'entrée du château...

1.jpgMais, prends ton appareil  avec toi, numérique ou analogique, qu'importe.

Installe-toi devant la piscine du château, bien à l'aise. S'il n'y a pas de transat, ce n'est pas grave. Pour finir, demande à quelqu'un de te prendre en photo. Surtout, regarde s'il n'y a personne d'autre dans le champ avant de faire le clic pour la postérité. Cela t'éviteras de devoir modifier la photo par après.

Tu verras, cela donne une impression de puissance et que le monde est à toi.

Pas besoin de te faire mousser avec une bombe atomique. C'est bon pour l'ado de service coréen. Une photo avec un style de coiffure de punk atomique, cela ferait désordre et pas chic du tout par ici. 

Hier, on apprenait que Bernard Arnaud ne veut plus devenir belge. Ce n'était pas un poisson d'avril non plus.1.jpg

Je te laisse avec mon 1er avril, en photos

ou alors en toutes saisons dans un voyage au pays de Folon... 

Ce pays-là te fera, à coup sûr, vivre sur une autre planète.

 

L'enfoiré,

 

Articles connexes: "Forêt de Soignes, forêt soignée", "Séquoia sait quoi y a".

 

1.jpgCitations:

  • « O saisons ô châteaux. L'âme n'est pas sans défauts. », Arthur Rimbaud 

  • « Les châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir. », François Mauriac 

  • « Le schizophrène construit des châteaux dans les nuages. Le psychotique y vit. Le psychanalyste touche les loyers. », Jérôme Laurence 


    Témoignages

01/02/2013

Les amalgames de l'histoire

Le 30 janvier 1933, il y a 80 ans qu'Adolf Hitler accédait au pouvoir. Cela méritait, à la radio, une émission spéciale au départ d'une école, pour évoquer le souvenir de cette période sombre de l'Histoire avec les jeunes d'aujourd'hui.

0.jpgComment parler d'Hitler à l'école (vidéo)?

Résumé: "Le 30 janvier 1933, Hitler accédait au pouvoir en devenant chancelier du Reich. Dès sa nomination, il publiera les premières lois raciales et mettra en œuvre son funeste plan, sa politique impérialiste, antisémite et raciste. Que connaissons-nous encore du parcours d’Hitler, de son accession au pouvoir dont le parti, le NSAPD, au discours populiste, a été porté par une situation de crise économique qui faisait suite au krach de 1929 ?  Les années 30 sont-elles comparables aux années de crise que nous connaissons aujourd’hui ? La montée des populismes en Europe est-elle comparable au populisme de 1930 ? Y a-t-il d’autres éléments de comparaison ? L’Histoire risque-t-elle de se répéter? Qu’enseigne-t-on aux jeunes sur le parcours d’Hitler ?  La transmission de la mémoire est-elle encore assurée, organisée dans l’enseignement alors que les témoins directs se font de plus en plus rares ?  Faut-il s’inquiéter des propos antisémites que certains jeunes diffusent sur les réseaux sociaux ?"

Un seul commentaire pendant toute la première journée: "Parler d'Hitler, on ne le fait pas si mal à l'école. Par contre, on n'informe pas trop les élèves sur l'actualité: l'intervention française au Mali est présentée comme une guerre contre le terrorisme et non comme une guerre pour la reconquête de l'uranium et du gaz. On parle des camps de concentration, mais pas des horreurs belges au Congo ou des massacres d'Algériens par les français (qui connait les massacres de Sétif -mai 1945?) Finalement, Hitler est bien pratique : nous restons les gentils face au vilain nazi. C'est facile !!!!".

L'auditrice préconisait de réactualiser les images que l'on en donne plutôt que ressasser ce "passé qui passe mal". 

"Démocratie et barbarie" est contre tout oubli avec des visites avec les témoins des camps d'Auschwitz ou, plus près, à Breendonck.

0.jpgPour ce jour anniversaire, Angela Merckel inaugurait un mémorial à Berlin.

L'histoire d'Hitler restera toujours une référence de ce qu'il ne faut pas faire.

La dernière guerre et ses évènements, je ne les ai pas vécus. Des échos familiaux. Je n'ai aucune envie de revivre cette histoire. 

Cela étant dit, il ne faut pas être angélique.

Montrer ce qu'a été la guerre, en parler avec les jeunes, est-ce le moyen de l'éradiquer?

La guerre plus ou moins pacifique, pacifiée est partout.

Canaliser l'agressivité des garçons par des palliatifs.

En 2006, j'imaginais des hypothèses sur cette guerre 40-45, que j'avais appelée "L'alterologie", Lors de l'écriture de ces articles, je ne connaissais pas le mot uchronie, un exercice de l'esprit basé sur des "si" de l'histoire. 

Remonter en arrière dans le temps, c'est y chercher des pourquoi, des ressemblances, des alternatives, des compensations et finir par des amalgames, par dire "plus jamais celaalors que la nature humaine rend la paix toujours aussi fragile.

Les idées ont évolué, heureusement. L'idée d'une Europe unifiée en est née de cette envie de cristalliser la paix. Le jeune ne va plus à la guerre avec le plaisir de devenir un héros. Le service militaire obligatoire a été aboli dans beaucoup de pays.

0.jpgCe serait oublier que l'instinct d'agressivité existe toujours sous une forme ou une autre, que la domination par le pouvoir et/ou l'argent est probablement tout aussi présent si pas plus. Le progrès et la complexité se sont ajoutés.

Qui dit que l'histoire évolue dans le bon sens, poussée dans le dos par le progrès?

Quel est le bon sens? Y en a-t-il un, d'ailleurs?

L'humanisme qui voudrait le représenter, est-il vraiment aux bénéfices de tous sur la planète? L'économie n'est jamais très loin des conflits guerriers ou pacifiques.

Très ou trop philosophique, tout cela.

La philosophie est un des outils du sens, mais a-t-elle pu vraiment améliorer les hommes?

Chercher des analogies entre la période des années 30 et nos années de crises à répétitions, c'est, bien entendu, y trouver des similitudes. De là à croire que l'histoire revient tel quelle en ne tenant pas compte des différences notoires apportées par le modernisme, serait bien aléatoire. Trop de paramètres, de contextes différents, font dévier les fils de l'histoire.

Les guerres de religions, d'idéologies, raciales, économiques suivent toujours là même voie.

En 2009, sortaient, sur nos télés, les films "Apocalypse" sur la 2ème guerre mondiale. Remastérisés en couleur, ils s'associaient encore plus aux goûts du jour.1.jpg

"Mein Kampf" n'avait pas récolté un énorme succès dès sa parution et pourtant, tout y était explicité. Cela n'a rien empêché. Hitler disait, déjà en 1924 "Un état qui refuse la contamination des races doit devenir un jour maître de la terre". 

Les alliances entre les pays avant 1914 ont entrainé une guerre sans merci, généralisée et embrasé le monde entier plutôt que de la limiter.

Un jour, ma mère m'a demandé innocemment: "Pourquoi, y a-t-il la guerre?". Elle avait conservé des douilles gravées avec son prénom, par son père, mort des suites de la guerre 14-18 et se posait encore cette question.

Je ne lui ai pas répondu. Cela nécessitait bien plus que quelques mots. 

La question est "D'où vient ce besoin d'éliminer ses semblables?". 

L'animal, lui, tue pour se nourrir. Pas de sensiblerie. Pas de victimisation, le jeu de la vie et de la mort dans une chaîne de prédations avec les seules armes que la nature a données. Pas d'anthropomorphisme à mettre en avant dans ce cas. Chacun a son rôle à jouer dans la nature. 

Sans carapace, sans moyens de défenses naturelles, l'homme n'a que son intelligence pour seule défense.

Il construit des murs pour sa protection et des armes des plus simples aux plus sophistiqués. Ses instincts défensifs et offensifs sont toujours là. 

En plus, il a ses propres pensées idéologiques, ses convictions propres à défendre, ses revendications, sur le territoire où il est né ou s'est installé comme s'il possédait ce lopin de terre comme un dû.

Avec un esprit cartésien et numérique, parler de 40-45, équivaudrait à trouver les raisons qui l'ont précédé et qui ont mené à la guerre.

Une menace? Des problèmes de revanche? Surtout, un Furher, un meneur, prêt à mener un Bal des Maudits et une dette de guerre des années 14-18 qui était une bombe à retardement. Si elle n'avait pas mené à la 2ème guerre, cette dette aurait dû s'achever et ne plus être payée par l'Allemagne qu'en 1988, c'est -à-dire s'étendre sur plusieurs générations. 

La finalité d'Hitler? Simple. Gagner la guerre pour installer son pouvoir sur le reste monde en transformant, au passage, le peuple en une race aryenne pure. Pour y arriver pas de réel coup d'Etat. L'utilisation de la démocratie. L'élimination des opposants et embrigader la génération suivante, la plus ouverte d'esprit, par la propagande.

Penser à la guerre en temps de paix, cela commence toujours par le banal "pan-pan, t'es mort", un revolver en plastic à la main. Ensuite, aujourd'hui, c'est devenir spectateur au ciné et à la télé, de films de guerre avec ses héros. Dernièrement "Brothers" sur notre télé, rappelait l'idée que tout passe, comme dans une course relais "Au nom du père".

Enfin passer à plus  interactif encore, par les jeux vidéo guerriers. Banaliser la guerre. Tout est là.

En contrepartie, les deux heures par semaine réservées à l'histoire du passé à l'école, ne font pas le poids, même si quelques analyses plus fines sont destinées aux futurs historiens.

Devant les écrans de vidéos, à faire la guerre par joysticks interposés,  on ne fait, en principe, pas de mal à personne. C'est une guerre électronique, presque "chirurgicale" comme on le dit sur le véritable champ de bataille. 

La guerre d'Irak a été un exemple avec toutes les étapes, des partisans et des "clans" qui se sont formés sous de faux raisonnements.

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"Si tu ne veux pas la guerre, prépare-là", est-il dit. La guerre froide n'en a été qu'une suite logique de la guerre "chaude".

Aux États-Unis, posséder des armes fait partie d'un amendement. Le lobby des armes est tellement puissant que n'importe quel président ne pourra s'y opposer facilement avant longtemps. 

Le monde que l'on dit libéral et social, va recentrer cette volonté par le patriotisme et le nationalisme. 

On n'assure plus par l'expérience, mais avec une puissance à géométrie variable toujours plus efficace.

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Exister chez les hommes, c'est exhiber ses nouveaux bijoux de la technologie, les plus sophistiqués, lors des parades militaires, lors des anniversaires à périodes programmées dans le temps.

Les musées de la guerre, eux, font dans la pérennité. 

Les médias comptabilisent les points et les évènements en espérant seulement à ne pas en perdre. 

En période de paix, la guerre commerciale prend le relais. Les entreprises exercent une concurrence entre elles en style "Guerre et Paix". 

Les honneurs, les médailles et la gloire sont accordés, en guerre, aux gagnants et deviennent des récompenses, des primes en temps de paix. Les perdants, comme toujours, auront seulement tort d'avoir perdu. Quant aux objecteurs de conscience, les électrons libres, ils tomberont en disgrâce sans avoir reçu le droit à la parole pour en donner les raisons.

Les intégrismes et les fanatismes seront,  par définition, réservés aux extrémistes et aux terroristes. 

Le sport joue aussi son rôle. Il se pratique par l'athlétisme, qui préconise l'endurance, le combat avec soi-même. Mais il prend trop de temps aux spectateurs qui s'acclimatent plus rapidement aux comparaisons entre des adversaires en équipes.

Les antiques JO étaient une période de paix pendant laquelle les adversaires se jaugeaient. Ceux de Berlin en 1936 et de Munich en 1972 ont rappelé, avec emphase, ce qui pouvait s'y cacher. 

Je me suis tourné vers ma bibliothèque. Des souvenirs que l'on se refile de génération en génération.

En bonne place, "La Belgique et la guerre" sur les années 14-18, en 4 volumes souvenirs de:

  • La vie matérielle, 
  • L'invasion allemande, 
  • Les opérations militaires  
  • L'histoire diplomatique.

Quatre beaux volumes, comme on a fait encore rarement, côte à côte, avec le seul livre "Héros et martyrs" qui parle, lui, des "Fusiliers de 40-45".

Non, la guerre fait partie de notre environnement, je dirais même, de nos us et coutumes.

Le souvenir d'une visite dans notre Musée de la Guerre avec des regards introspectifs m'avait apporté une preuve par quelques constatations qui révélaient, une fois de plus, qu'il y avait toujours une attraction pour les choses de la guerre. 

La fréquentation n'était pas uniquement due à l'accès gratuit des lieux. Dans un tel musée, on y va en famille, avec des enfants du plus jeune âge qui accompagnent leurs parents.

Je me suis posé des questions bêtes et méchantes. 

Était-ce pour présenter l'histoire aux petits avec de multiples d'explications de papa aux oreilles attentives des rejetons? 

Pour présenter, aux plus grands, la profession de militaire comme une profession d'avenir avec la sécurité d'emploi assurée dans notre époque de pénurie d'emplois

Un groupe de trois japonais avait aussi attiré mon regard. L'un d'entre eux, casquette parfaitement dans la norme, s'était placé devant un avion en opposition avec ses deux autres "collègues" avec un large sourire. Il s'était mis au garde à vous en portant la main à sa casquette dans un salut magistral. Les autres s'empressèrent de l'immortaliser avec leur numérique sous les flashs de circonstance. A un moment, j'ai lâché à l'un d'entre eux: "The war is not as simple as a picture". Un sourire et puis il s'en sont allés. Banzai, ils s'étaient trompé de guerre... 

Les souvenirs de la guerre sont bien plus vivants dans les esprits qu'on le pense. Ils se réinventent, s'industrialisent, s'utilisent et s'usent avec le temps pour être remplacés par d'autres voies.   

1.jpgA Woluwe-Saint-Lambert, le parc Georges-Henri était un cimetière. Il a été désacralisé. Les pierres tombales sont encore bien visibles et servent de pavements aux visiteurs. C'est une plaine de jeux pour les enfants. Chacun n'y fait même plus attention.

Dans un coin du parc, il y a toujours, un souvenir de ce passé, un monument qui parle de la résistante Marguerite Bervoets. Massif, sobre, il est gravé par ces mots: 0.jpg

"Je suis tombé pour que le ciel de Belgique soit plus pur, pour que ceux qui me suivent, puissent vivre libres, comme je l'ai tant voulu moi-même. Je ne regrette rien et je songe à vos enfants, qui seront libres demain.".

La liberté, un mot que l'on imagine comme une sorte de monstre du Loch Ness. Une idée qui apparaît comme un point à l'infini. Une définition dont on ne parvient pas à connaître les limites sans devenir en bout de course opportuniste, populiste, voir fasciste collectif en marchant sur les libertés des autres...

Passer de gauche à droite, on se perdrait en chemin, pour moins que ça.  

Quant à la question de départ, "faut-il en parler?".

L'expérience de Milgram, réactualisée en 2010 dans un jeu télévisé qui s'appelait "Le jeu de la mort", témoigne encore que rien n'est encore joué définitivement. 

Quels sont les gagnants des guerres? 

Les survivants, bien sûr. Ceux d'après. Ceux qui récupèrent les restes des victoires et des défaites et qui commémorent le deuil collectif et social. La population doit pouvoir faire son deuil pour reconstruire son futur et ériger des monuments à la gloire de ses héros.    

0.jpgL'exposition "Monumentum", actuellement visible, au "Musée de la Guerre"  à Bruxelles, en présente quelques aspects

Ces monuments du souvenir, il y en a dans toutes les villes et villages. Généralement, installés dans un lieu de rassemblement, pour interpeller un maximum de passants. Ils sont chargés des références identitaires d'une communauté déterminée qui marche aux symboles apportés par les souvenirs de choses apprises à l'école ou ailleurs. 

Le respect des héros de guerre tombés aux champ d'honneur en est la raison et le sens, si pas, l'essence.

Les lendemains de guerres, des souscriptions publiques et appels de fonds, annoncés par voie de presse, des subsides, des manifestations pour financer et entretenir le souvenir citoyen qui ne lésinait pas sur les dépenses même si la situation économique au sortir des guerres était désastreuse. On ne lésinait pas sur les  plaques, les stèles, les obélisques, les statuaires...

Rien n'est trop beau, pour montrer ces moments de gloires.

Des entreprises, des fonderies industrielles et artistes institutionnalisés ajoutent le prestige aux oeuvres d'art originales pour glorifier la mort.

Quel que soit le programme iconographique, le monument donne une vision aseptisée du conflit, niant l'aspect meurtrier pour rendre le souvenir supportable.

Pour le commun des mortels, pourtant, ces monuments ont tellement intégré le paysage, qu'ils en deviennent invisibles.

Après mes idées enfoireuses, je m'en vais me servir un café serré en style climax qui, fait exprès, était suivi par la bande annonce du film le "Weekend royal", le weekend qui avait changé le cours de l'histoire. Amusant, tout plein, cette suite.

Le bien et le mal sont, pour moi, à des extrêmes indéfinis, trop dépendants du temps et de l'espace.

En dehors des problèmes de mémoires, c'est peut-être ça, le problème.

Mais, imaginons ce que serait-ce la vie sans un petit conflit quelque part:0.jpg

  • Les "trop imaginatifs" seraient les bienvenus pour exercer leur folie.
  • Les journalistes retourneraient aux chiens écrasés.
  • Plus personne ne cotiserait pour ériger de nouveaux monuments et les artistes seraient en mal d'inspiration.
  • Plus d'impôts à payer puisqu'il n'y en aurait plus ou moins planqués sur la fabrication des armes de la société FN.
  • Plus d'espionage, le boulot de rêve..
  • On perdrait encore plus vite la mémoire et la maladie d'Alzheimer commencerait, peut-être, encore plus jeune. 
  • Comme tout ce qui n'est pas utilisé s'attrophierait, les muscles et les neurones seraient en perte de vitesse.   
  • Pour les parents, sans les revolvers à eau, sans vidéos avec joystick, il faudrait s'occuper et retourner jouer aux cartes avec leurs enfants ou pire, encore, faire le suivi de ce que leur progéniture emmagasine sur les bancs de l'école.  

Ce serait la merde, quoi... 

On dirait le sud, comme chantait Nino Ferrer.


L'enfoiré,


Photos en avant-goût de Monumentum et du Musée de la Guerre. 


Articles appariés: "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre".


Citations:

  • « La guerre nourrit la guerre. », Proverbe français 

  • « Toute guerre est un manichéisme. », Jean-Paul Sartre

  • « La guerre, c’est la guerre des hommes; la paix, c’est la guerre des idées. », Victor Hugo 
  • « Seul les morts ont vu la fin de la guerre  », Platon 
  • « Mourir pour des idées d'accord, mais de mort lente. », Georges Brassens

19/01/2013

L'hiver, chez moi, c'est quoi?

Un billet en passant, la réponse du berger à la bergère... Vendredi, Laurence Bibot sortait son café serré. Elle cherchait ce dont elle allait parlé avec l'humour parmi certaines options de l'actualité. Elle choisit le froid et l'hiver qui s'est abattu sur nous ces derniers temps. Elle détournait l'attention avec notre Monsieur Météo, Denis Colard qui se bercerait d'illusions à Punta Cana.

Punta Cana, je connais. Pas besoin de me faire un dessin.

Une connaissance en revenait récemment.0.jpg

Une occasion de me faire revenir des souvenirs à la pelle sur cette île des Caraïbes.

D'une époque pendant laquelle, Joaquin Balaguer se faisait réélire et que ses partisants se reconnaissaient par des jeux de signes. Démocratique. Oui, bien sûr. A part, peut-être, que le futur président était presque aveugle à 90 ans et qu'il était là après un précédent mandat communément appelé les douze années".

Mais, le touriste ne s'intéresse pas à ces choses-là, évidemment. Il constate s'il y est présent.

Sur place, au moment du retour, nous avons même eu droit à une "rawette" en plus de deux jours, parce que vous ne savez pas, même si la presse en avait parlé, mais notre avion avait eu quelques petits problèmes.

"Sketé", qu'il était. On n'a jamais su pourquoi. Petits problèmes qui nous ont mis en "stand-by" pendant deux jours.

A plaindre les voyageurs suivants qui attendaient à Bruxelles de partir, bien sûr. Ce qui ne veut pas dire que ce furent deux jours de réelles vacances sur place à Punta Cana, avec les bagages qu'il fallait transbahuter d’hôtel en hôtel. 

Vraiment spotché, stressé, qu'on était.

Puis, les photos ne permettent pas de se rappeler des moments de gueulardes à tournicoter dans les aéroports en attendant que cela puisse décoller ce putain d'avion et que l'avion-sauveur d'"Air Outremer" qu'on avait dégoté en dernière minute, ne nous transporte pas jusqu'en enfer. 

Punta Cana, c'est pas mal pour quelques jours.

Il parait d'après des informations très fraiches (bizarre, ce mot n'est pas à utiliser par ici, tandis que là-bas...), c'est la pluie le matin et le soleil l'après-midi. Oui, je sais, tout est en "All inclusive".

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De plus, à voir toujours des palmiers, je dois dire que, pour moi, cela a manqué de variétés... même quand un arbre se penche sur l'eau pour donner la photo souvenir ultra-classique. Peut-être un souvenir d'un jour de "hurricane".

N'avez-vous jamais remarqué que c'est dans ce genre de pays de rêves, ceux que l'on dit 'exotiques', que les catastrophes du côté nature sont monnaies courantes?

Alors, pour les photos exotiques, vaut mieux garder l'appareil numéric sous le manteau. Peu importe la couleur du manteau, du moment qu'il reste impérméable.

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Lors des vacances, l'aventure, c'est l'aventure, dit-on en ces moments-là. On en rigole encore... enfin, presque.

Mais, que voulez-vous, on se refait pas. On s'habitue vite à nos chênes, nos saules pleureurs, nos chataignés, nos arbres dont on oublie jusqu'à leurs origines, tellement elles sont nombreuses.

Cela dit et rappelé, revenons à nos moutons. A notre neige blanche qui ne reste blanche, en ville, que l'espace d'un matin.

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Les promenades avec un manteau blanc en région liégeoise dépassent, peut-être, celles de Bruxelles pour François Debrigode. Mais les bruxelloises valent aussi le déplacement.

Oui, vous avez raison, chère Laurence, parler de l'hiver est un lieu commun et Punta Cana fait rêver en cette période d'hiver. En cette saison, là bas, cela doit faire tout drôle de voir, encore, un Père Noël tout enmmitouflé sous un soleil de plomb accroché à une fenêtre. 

Et puis, vous êtes, apparement, frileuse, chère Laurence. Et, il ne faut pas vous servir, évidemment, une douche écossaise pour vous remettre de vos émotions qui vous gèlent jusqu'aux os.

Vous oubliez, chère Laurence, que le froid, ça conserve sans même jouer à l'Hibernatus. Pour s'en convaincre, ouvrez votre frigo.

Oui, ça gerce un peu sur les extrémités et dans les coins, mais rien ne vous empêche de garder la mini-jupe sous la mantille.

Oui, la neige, c'est souvent pour les enfants que cela passe mieux et pas quand on doit prendre la voiture pour aller au bureau et se retrouver dans les files en attendant que le sel jeté sur les voies par les épandages fasse son effet.

Le soleil, cela donne des rides, aussi, dirait le dermato.

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Vous n'êtes pas comme cette dame, qui en redemandait de cette neige et de ce froid, avec un sourire jusque derrière les oreilles et que Debrigode présentait dans un reportage. D'accord...

Inciter à la méditation, les promenades sous la neige? Ouais... Méditons... Retournons sur nos pas, aussi...

Ce qui frappe en premier pour un citadin, c'est le silence. Tout est feutré par la neige.

Quand vous marchez dans la neige, que cela vous craque sous les pieds, cela ne vous donne pas une émotion de laisser une trace derrière vous? Des traces de nous, des traces qui tracent notre passé tant que le froid reste de la partie.

Vous avez raison, cette dame mettait un peu trop d'ardeur à faire fondre la neige, même sans soleil. Mais tout de même...0.jpg

Passer de la peste au choléra, dites-vous. Ni l'une ni l'autre ne semblaient pas du parcours de cette dame sous son bandeau cachant ses oreilles.

Aucune bonne raison à ce qu'il fasse très froid?, dites-vous.

Ben, allez au Québec, en Russie, en Chine, et vous verrez, chère Laurence, ce que veut dire "très froid".

Mon pays, ce n'est pas l'hiver, comme le chanterait le québecois, Gilles Vigneault. Enfin, cela dépend de quelques nuages que nous envoient nos voisins.

S'arrêter à zéro degré?, imaginez-vous.

Je suppose que ce n'est pas en Fahrenheit? Là cela vous réchaufferait immédiatement. Ce zéro en Celcius, c'est 32°F au compteur. Justement ce que vous aimeriez voir transposer en Celsius.

Comme les artisans de la thermolactyl y vont pour nous troubler l'esprit. La "Dame Art", que j'écris ainsi parce qu'il m'est interdit de faire de la publicité, devrait vous aider à faire passer les affres de la froidure.

"Un bête temps", dites-vous, encore.

Pas si bièsse que ça, notre Gulfstream qui s'occupe activement à nous préserver un climat tempéré. 

Un froid sec et piquant, je peux vous assurer que c'est plus facile à supporter qu'avec le blizzard en plus.

0.jpgDe plus, si un jour, vous allez dans les pays chauds, comme en Egypte par exemple, je ne vous souhaite pas, de vous retrouver, en plein soleil, sous les vents du Khamsin. Je peux vous en parler, j'ai prié de retrouver la pluie et le froid lors de cette rencontre inappropriée d'un troisième type avec le sable qui me frappait la peau, de partout.

Quant au Mexique, Cuba et les autres, cela n'avait plus rien à voir, non vraiment plus rien à voir avec des films d'Antoine quand le ciel tombe sur la tête.

Puis, ayons une pensée émue pour les Australiens qui cuisent actuellement.

Enfin, au sujet de Denis Colard, en cherchant un peu, je suis tombé sur ce versificateur qui semblait avoir une dent contre lui.

Alors, je vais vous montrer, preuves à l'appui, que l'on peut voyager dans le froid pour pas cher. En témoigne...

Les photos que j'ai ramenées de ces derniers jours de promenades près de chez moi et auxquelles vous ne prêtez, peut-être, plus attention.0.jpg

Pas sûr qu'elle vous réchaufferont. Mais quand on fait taire l'épiderme, cela devient plus intérieur.

Une sélection de chansons pour affronter les flocons, peut-être?

Ou, alors, vraiment, en photos, un bout de chemin de l'autre côté du miroir dans le Nord de l'île de la République Dominicaine mais pas de Punta Cana...

Ce billet, paradisiaque ou parodisiaque?

A vous de choisir, chère Laurence.


L'enfoiré,


Citations:

 

  • « Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps. », Anonyme
  • « La gaieté, la santé changent l'hiver en été. », Antoine Désaugiers 
  • « L’eau bouillante est-elle moins bouillante en hiver qu’en été ? », Pierre Dac 
  • « Le Canada a deux saisons, l'hiver et le mois de juillet. », Robert Hollier 
  • « L’hiver ne jetez pas vos vêtements légers, l’été ne jetez pas vos fourrures. », Proverbe chinois 
  • « Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort ! », Arthur Rimbaud
  • « J’ai besoin de l’hiver. Car pendant que la nature se repose, l’esprit, lui, peut entrer en ébullition. », Jan Sverak
 

0.jpg22 janvier: Un débat de société, un vrai, qui s'invite dans la presse. Lancer une boule de neige, est-ce une incivilité?

C'est le Soir qui, ce mardi, ose poser la question sur une demi page. L'hiver, le froid, la neige.... voilà de quoi assurer des promenades vivifiantes et des jeux qui donnent le rouge aux joues. Mais parfois, les choses tournent un peu moins bien. Exemple, ce lundi, où un taxi bruxellois a été pris pour cible par un groupe d'élèves. Le chauffeur est sorti de son véhicule et de ses gonds et il a copieusement rossé un des assaillants. Conclusion du Soir, la neige n'adoucit pas les moeurs.

Voilà qui nous amène à notre débat... En Flandre, on ne badine pas avec les boules et certains - du coup - ont inscrit "le délit de lancer de boule" dans l'arsenal de leurs sanctions administratives. Lichtervelde, Wingene, Malle et Leuw-Saint-Pierre ont modifié leur règlement général de police. Mieux, à Termonde, c'est 120€ la boule. Ca fait cher le cornet...0.jpg

Côté wallon et bruxellois, on prend les choses avec un certain air bonhomme. Et les communes préfèrent s'en tenir aux dispositions déjà existantes. Le règlement de police général interdit déjà de jeter ou de lancer des objets, tout comme il prohibe - en général - les jeux ou les exercices violents. Au pire, ces textes peuvent être utilisés pour sanctionner des fauteurs de troubles. Tout comme d'ailleurs, il reste le code pénal en cas d'agression. 

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Déjà la Libre nous le rappelle, il est interdit de glisser sur les plans d'eau gelé. On se consolera, en se disant que les petits flamands peuvent toujours ériger des bonhommes de neige. Et puis, tout n'est pas perdu... Le laatste Nieuws vous l'apprend ce matin, à Dilbeek, des enfants ont lancé une pétition pour que leur rue ne soit pas déneigée. Ce cul-de-sac est la meilleur pente à luge des environs !
 
 
10 marsAprès une semaine pendant laquelle le printemps était de retour avec 17°C. L’hiver n’a pas dit son dernier mot! Des températures hivernales sont attendues à partir de dimanche. De la neige....et encore de la neige.
 

04/01/2013

L'auto-dérision, un produit de la belgitude

"Le remède spécifique à la vanité est le rire" disait Henri Bergson"A tout remettre en question, on devient hostile à soi-même, on se prend en dérision, on s'essouffle sur une détermination sans objet.", lui répondrait Paul Paré. "Je pratique l'autodérision. La dérision n'a d'intérêt que si on se l'applique à soi même. Sinon, c'est de la cruauté.", surchargerait, enfin, Gérard Collomb... Tous ces auteurs sont français. Quant aux Belges, quand ils rigolent, que pensent-ils? Ben, ils répondent aux invitations.

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2012 est derrière nous avec ses polémiques.

Et si 2013, les souhaits se profilaient dans une relation du couple Pol et Mieke?

La France, le pays où le Belge passe le plus souvent ses vacances mais qui se sent, parfois, en porte-à-faux dès qu'il met le pied sur le sol de ses vacances.

Est-ce encore dans la "Douce France" ou dans un champ de mines? 0.jpg

Les relations entre Français et Belges ont parfois été un peu du style "je t'aime, moi non plus". Je t'aime en vacances, mais n'oublie pas de regagner tes pénates par après.

Pas très grave. On s'y habitue. Mais, le bulletin aurait pour conclusion "peu mieux faire".

D'un vendredi à l'autre était un article qui avait le privilège de rappeler que seul Robinson est maître de son destin. Les autres se doivent d'assumer. 

Le début d'année est l'époque où on se fait des souhaits. Ensuite, après les flonflons du bal, les étincelles des feux d'artifices, survient, parfois, une levée de bouclier pour remettre les pendules à l'heure.

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Faire sourire avec des mots, des caricatures, tout en parlant de choses sérieuses reste un art que la méchanceté ne pourrait contredire et qui n'est pas à la portée du premier venu pour l'assumer sans coup ferir. 

En période de crises, la dérision se perd dans des instincts de replis sur soi.

Si, l'humour est la politesse du désespoir, le désespoir ne lui rend pas toujours la politesse. 

Prenons le taureau par les cornes. Abordons les problèmes via notre belgitude, plus souvent bon-enfant que guerrière.

Dans la rétrospective de l'année, le journaliste français, Georges Duhamel, répondait aux questions qu'un Belge pouvait se poser sur la France et sur les relations que les Français pouvaient avoir avec ses voisins.

Le jeune humoriste belge, Alex Vizorek, donnait sa vision à la française sur les évènements de l'année 2012.

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Il disait ailleurs que "J'ai l'impression que vous, Français, vous nous pardonnez en tant que belge, parce que toutes les frites ne sont pas toutes dans le même sachet. Posez-vous tout de même la question de savoir si ce n'est pas vous qui avez trop de mie dans la baguette".

C'est sous l'angle de l'auto-dérision que les Belges ressortent du lot, peut-être, encore plus qu'ailleurs.

Il faut savoir que les figures de style font partie de la dialectique de l'expression française. Le problème, c'est qu'en Belgique, on cherche toujours de quelles "figures", les Français parlent dans le but qu'à leur tour, ils puissent remercier les auteurs pour leur style.

Notre style, à nous, "fait dans" le surréalisme.Cette façon d'appréhender le réel sous un angle malicieux et paradoxalement bien concret.

"Sur notre table de chevet, il y a toujours un verre d'eau plein pour les jours où on a soif et un autre vide, pour les jours où on n'a pas soif", comme l'a dit quelqu'un.

Chauvinisme contre surréalisme? Le compte serait-il bon? 

Les cafés serrés, je vous en ai passés par pincées, semaine après semaine.

"La Belgique, un pays suffisamment grand pour être crédible lors des négociations et suffisamment petit pour ne pas être suspecté de vouloir défendre ses propres intérêts", des paroles très ou trop profondes, prononcées, dernièrement, à Doha

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Le 25 novembre dernier, la RTBF titrait son émission "Méfiez-vous des idées reçues sur les Belges".

Oui, chez nous, il y a les francophones et les néerlandophones, et,...pas oublier... les Belges d'expression allemande.0.jpg

Pour le reste, les clichés tombent, un à un, dans l'escarcelle des images d'Epinal.

  • Les Wallons et les Flamands se connaissent. Non. La vidéo ci-dessus le prouve.
  • Les Wallons sont plus paresseux que les Flamands. Non. Mais les sentiments, les médias, au Nord et au Sud transmettent l'idée.
  • Le Roi est le ciment de la Belgique. Non. Il est seulement la colle forcée au Nord et la colle forte au Sud. Le discours de Noël du Roi le prouve. Nous avons vécu la Question Royale, bis.
  • L'argent n'est pas taxé. Non. Il est surtaxé entre accises, taxes directes et taxes indirectes.
  • Les riches et les pauvres, les autochtones et allochtones s'harmonisent. Non. Ils s'ignorent dans des ghettos qui se touchent mais qui, pourtant et heureusement, profitent l'un de l'autre avec du social mitigé. 
  • La Belgique est un pays d'accueil dans lequel il est facile de devenir belge. Enfin, "facile". Tout dépend s'il y a du vent, si les courants sont chauds et que les pattes sont blanches. La procédure peut prendre des mois si pas des années pour avoir ces vulgaires papiers avec des cachets de toutes provenances.
  • 1.jpgLa Belgique est la plus grande consommatrice de bière. Non, elle est classée à la huitième place en Europe. 
  • La Belgique a inventé les frites. Non. Ce sont bien des "French fries". Ce sont bien les Parisiens, en 1789, qui avec les Pommes Pont-Neuf les ont inventé (rappelé ici).  Mais, c'est Frédéric Krieger qui fera fortune en 1838 à Liège avec les baraques à frites. En plus des frites, il y servait les beignets aux pommes et les gaufres dégustées avec de la bière, du vin ou du cognac. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles. Les frites belges ne sont pas prêtes de prendre des rides sous une cuisson très particulière. 
  • Les Flamands veulent l'indépendance de la Flandre. Non. Trois Flamands sur quatre sont fiers d'être Belges. 
  • La Belgique est un "Plat Pays" comme le chantait Brel. Non. Il suffit de prendre son vélo pour s'apercevoir du contraire.

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Cela dit. Les clichés existent avec nos voisins du sud.

  • Non. Ce ne sont ni Thierry Le Luron, ni Coluche qui sont les premiers à écrire des blagues "sur" les Belges. En 1864, "Tous les Belges ont le crâne vide" écrivait Baudelaire. C'est dire si on a de l'expérience et que si notre traditionnel surréalisme n'existait pas comme un véritable logo et parfois, comme passe-murailles, on se sentirait déshabillé trop rapidement. La revanche s'est produite, très tôt, au Théatre avec la pièce du Mariage de Mademoiselle Beulemans dans laquelle, c'est le Belge qui a le beau rôle. Une pièce qui jouée, aujourd'hui, aurait toujours le même succès à Bruxelles et peut-être, ailleurs.
  • On parle de p'tits belges. Non. Physiquement, par la taille, à cheval entre les grands Hollandais et les habitants du sud, il y a un peu de tout comme pour les fromages. Des hommes grands et quelques grands hommes comme partout. Moralement, ils aiment les compromis mais n'accepteraient jamais la compromission.
  • Le Belge est un doux rêveur. Un peu, oui. S'il est excessif avec le surréalisme, c'est que son représentant Magritte aimait troubler ses adversaires. Il y réussit toujours. Le Belge peut changer au quart de tour, passer à l'hyper-réalisme sans même s'en rendre compte, lui-même. Il reste à ses détracteurs de choisir le moment opportun pour ne pas prendre le risque de se casser les dents sur le Belge qui aura mis son armure contre les désillusions. "Il sait là contre"... comme il le dit, sans dire contre quoi.
  • Pays sans religions, laïc. Non. Les fêtes sont tintées de religiosités, comme le sont la ducasse de Mons et les kermesses, bien qu'on s'en défende. (le livre "Belgique, l'utopie d'une nation" en témoigne)    

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Sur Internet, depuis longtemps, il y a Frites.be.

Début 2012, le film "Il était une fois, une fois" (Extrait) cherchait à faire connaitre, mieux, le Belge aux Français par une descente sur Paris.

La fin de l'année 2012 a été propice à toutes une série de livres tintées de belgitude.

Pierre Kroll rassemblait ses caricatures de l'année dans un album en couleurs avec pour titre "La fin du monde est reportée à une date ultérieure". Même la France n'aura pas eu sa "prestigieuse" fin à Bugarach.

D'autres caricaturistes sévissent avec leur art comme Kanar, Rif, le lebegebd.com, le dessinnateur Vadot...

L'album de Charel Cambré avec le titre "Albert & Co" fixe le "Temps des choix".

1.jpgA la radio, "Cactus dans le waterzooi", la "Semaine infernale"...

"C'est le brol aux Marolles".

Le Chat, Philippe Geluck s'inquiète de "L'homo erectus".0.jpg

Sorti tout récemment, "L'anthologie de l'humour belge" de Bernard Marlière. Je l'ai survolé à certains moments et lu en détail, à d'autres. Cela vaut le détour.

"Cela va du Prince de Ligne à Philippe Geluck dans l'histoire des humoristes belges", était-il dit dans la préface.

J'aime les citations. Je ne prendrai que la crème de celles-ci. Crème qui n'a, d'ailleurs, de crème que le nom. 

Picorer dans celles qui m'inspirent le plus. Pour le reste, pour les sketchs et autres, je vous enverrai vers cette anthologie de l'humour belge qui peut être très sérieux, si pas profond. 

Charles-Joseph Lamoral, surnommé le "Prince rose" en 1735 disait:

  • "J'aime les gens distrait, c'est la marque qu'ils ont des idées et qu'ils sont bons. Les méchants ont toujours de la présence d'esprit"
  • "Il vaut mieux avoir de l'imagination que de la mémoire"
  • "Malheur aux gens qui n'ont jamais tort, ils n'ont jamais raison".

Raymond Devos disait "Moi, quand je n'ai rien à dire, je veux que cela se sache". 

Louis Scutenaire, "L'humain est une façon de se tirer d'embarras sans se tirer d'affaire".

Achile Chavée, "On est toujours prisonnier de son dernier mouvement d'enthousiasme".

Arthur Mason, "Devant l'impossibilité de tout savoir, la plupart ont choisi de ne savoir rien".

0.jpgPhilippe Geluck:

  • "Me croirez-vous si je vous dis qu'il ne faut pas croire tout ce que je disLogiquement, je devrais dire le double de ce que je pense, vu que je ne pense pas la moitié de ce que je dis"
  • "Pourquoi existerait-il une vie après la mort, étant donné qu'il n'existe pas de vie avant la vie".

Son livre "Oh toi le Belge, ta gueule", fait partie de ma bibiothèque comme référence.


  • "Ne dites jamais des saloperies sur les analphabètes. Ecrivez-les"

Sur le forum d'Agoravox.fr, l'auto-dérision ne fait pas partie des habitudes.
Dernièrement, la tempête dans un verre de d'eau s'est tranformé en vodka au caviar "l'affaire de Gerardiov Depardiovith alias Gerard Depardieu".
Gégé voulait planquer ses sous en Belgique.
Cela avait fait les choux gras de l'actualité de chaque côté du Rubicon.
Pardon, du Quévrain, nous ne sommes plus chez Romains, malgré les apparences mais chez les Gaulois, les plus braves de la Gaule comme disait César... 

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Je vois d'ici, ce que René Goscinny pourrait faire d'Obelix dans une bande dessinée originale avec Néchin ou Estaimpuis comme colle au scénario.

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Bernard Arnault, passe encore. D'ailleurs, c'était déjà fait depuis 2011. Mais Gégé... dans une ode à Belux. Non, ça, impardonable pour lui et par retour de manivelle contre les Belges qui le permettaient. Une pilule amère plus forte que celle de la contraception.

Le bougmestre d'Estaimpuis, Seneseal, en avait fait un clip vidéo. "Incroyable monument du kitch des bons voeux du bourgmestre d’Estaimpuis déguisé en Astérix pour souhaiter la bienvenue à son nouvel administré Obélix : du lourd, du très lourd!!!".
 
Quand je vous parlais de la dérision belge dans ce cas, elle atteint le paroxysme du auto-dérision territoriale.
Un commentaire avait tout compris : "le ridicule ne tue pas et il peut rapporter gros". Certains oublient que ce n'est qu'être trop sérieux qui pourrait le faire.
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Gégé s'est donc tourné vers la Russie. En Russie, un peu comme Yvan Rebroff l'avait fait, mais qui n'avait de russe que le nom, qui payerait ses impôts au taux de 13%, sans paperasserie et pris sous son aile, d'un cliquement de doigt de Poutine. Gégé se souvient du festival du film de Vladivostok en 2010 et de la pub qu'il a pu y réaliser. Quand à son rôle de Raspoutine, c'était un rôle créé spécialement pour lui. Gégé devrait poser une fleur sur sa tombe d'avoir un prédécesseur aussi prestigieux à représenter.

Brigitte Bardot qui s'appelerait pour l'occasion "Birgitta Bardotovska" veut son propre sésame si deux éléphants, Baby et Népal, étaient euthanasiés... Là, cela devient une histoire de cimetière des éléphants.

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En France, un véritable tsunami de répliques acerbes, après celle du Premier ministre, à faire peur aux centrales nucléaires .... Pas étonnant qu'Obélix fasse des vagues en tombant dans l'eau de sa piscine jusqu'au dessus de la frontière puisqu'il n'y avait plus Ruben Vandervoorde. Vous ne savez plus, je parle du douanier belge du film qui disait, "Rien à déclarer", il y a longtemps.

Je disais Belux, vous pourrier vous demander pourquoi. Belux, car pour le Belge moyen, le paradis fiscal a été longtemps (et l'est encore un peu), le G.D. de Luxembourg.
Il n'y a pas d'ISF (d'Institutions Sans Fonds) chez nous. On ne perçoit pas de taxes sur les plus-values sur les actions. Nous avons des intérêts que l'on dit notionnels. Vous savez ces machins-trucs-bazars, des intérêts que les sociétés étrangères apprécient pour leur "délicatesse" par la déductibilité des impôts qui pouvaient atteindre la totalité de celui-ci grâce à un peu de science comptable. A la base, il y avait une parade inédite à l'Europe et aux délocalisations. 0.jpgLe but, financer la dette par les fonds injectés des actionnaires et renforcer la solvabilité des entreprises belges. Ce qui a fait (r)entré au pays des augmentations substantielles de capital.
Quant aux comptes en banques belges, ils devraient donner le hoquet à Eric Cantona. 

Ça va, ça supporte toujours? La pilule de contraception est encore acceptable?
Hyperréaliste, attentiste, pragmatique, le Belge? Un peu de tout.

Gégé, toutes grosseurs confondues, ne fait pas le poids au sommet de l'iceberg pour le faire couler même si le climat y est pour quelque chose.
Il faut toujours avoir les moyens de sa politique et vice-versa. La Belgique, un paradis fiscal, cela fait une belle jambe au César du Grand Jojo.
 
Londres fait des yeux doux comme récupérateur des ras-le-bol des entrepreneurs français. Jean-Michel Jarre désire s'y installer à Shoreditch, tout en laissant le doute sur son exil fiscal.  
 
Cela dit le forum dit citoyens, Agoravox.fr m'a toujours permis d'évaluer le sentiment de nationalisme français. Un p'tit belge s'y sentirait en porte-à-faux, s'il n'exprimait pas sa pensée avec humour et son opposition constructive.
0.jpgLa zwanze bruxelloise ne fait pas recette en France. Le zinneke (=le batard) n'a qu'à bien se tenir. Le côté résultante, on commence à revoir pas mal de film avec le nouveau Russe. Ce vendredi soir, "Les anges gardiens" sont programmés sur la Une. Lundi prochain, "Potiche". Plus tard encore, "Disco"... Rétrospectives?
Qui pourrait encore croire à cette exclusivité des moinssages qu'on y trouve alors qu'en Italie, là, où le sang est encore plus chaud, il n'en fait pas partie?

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De ce côté, nous hésitons toujours à dire, si on vit dans un pays inachevé ou à achever. Alors, Français, vous pouvez vous rendre compte des déconvenues dans les incompréhensions mutuelles.
La Belgique est un pays d'asile. Oui. Et pas, uniquement, pour des raisons fiscales.
Un des derniers articles auquel je me suis confondu, comparait Victor Hugo et Depardieu. Deux symboles de l'exil bleu-blanc-rouge vers le noir-jaune-rouge.
Oui, le 11 décembre 1851, pour Hugo, ce fut un asile politique pour fuir Napoléon III, bien sûr. Sur la Grand-Place de Bruxelles, une plaque le rappelle. Son "humble gîte" a pris l'enseigne de Neuhaus. C'est tout dire.
Qui, dit politique, garde en son sein toujours, quelque part, un aspect économique.
La plupart des commentateurs français n'y voyaient aucun lien. 
Juger deux épisodes de l'histoire oblige toujours d'y associer l'environnement et l'époque. Hugo serait resté dans les mémoires comme "politiquement correct" alors que Depardieu serait devenu le "Manneken fisc".
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Tout ce tintouin s'écroulait, déjà, samedi dernier, quand on apprenait que la taxe de 75% sur les très hauts revenus était invalidée. Partie remise? Bien sûr. On espérait toujours. Ce ne fut pas le cas vu le désamour de Gégé.
Est-ce que le "Canard enchaîné" qui se demandait si "La Belgique peut accueillir tout le cholestérol du monde?", pouvait avoir eu une influence?
La réponse belge est "non". C'est aussi "non" pour toute la misère du monde, d'ailleurs. 

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Il faut savoir que les moinssages, sur ce forum d'Agoravox, est monnaies courantes. Il faut les considérer comme des actes de bonne santé de commentateurs silencieux. Comme des oxymores, quoi. Pas comme oxyde mort.
Ce n'est pas l'info qui dérange mais l'avis que le commentateur donne sur elle.

Question: Qui gagne au Tour de France?
Le premier et la lanterne rouge.
Le premier par l'importance du lot. Le dernier pour avoir participer et y avoir consacrer le temps de regarder le paysage comme le ferait un touriste, sans trop se fatiguer.
Un jour, j'avais même offert une bière virtuelle si les moinssages à mon égard atteignaient un max. C'est dire si j'ai tenté d'en ajouter une couche à la louche.
Donc aucune animosité fébrile, ni énervements fâchés dans la manoeuvre.
Si le coeur a toujours ses raisons, l'audience névralgique de la tête n'apporte pas beaucoup plus à la chanson sous le manteau de l'anonymat. Non, ici, ce sont des constations, sans plus. Agoravox.it n'a pas ce problème. Un signe?
 
La France, je la connais bien en vacances avec les sourires des Francofolies. 

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Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots", écrivait Musset dans l'allégorie du Pélican. Dans la vitualité, on pourrait penser que le Pélican ne serait pas mort de sa belle mort.
 

Quand un journaliste demandait à Ariel Donbasle si elle partirait aussi pour la Belgique et qu'elle répondait "Plutôt mourir", elle devrait en penser un peu plus dans sa robe trop étroite qui lui serre aux entournures... On n'est pas encore à Naples dans un amalgame de la phrase « Vedi Napoli e poi muori »
Voilà qu'on se battrait même pour avoir la chance de voir monter les prix des maisons d'Estaimpuis.

0.jpgDans une lutte d'ego, il y a toujours plus de sang sur les murs de la Toile que dans la vie réelle.
Chez nous, Cendrillon est un macho et Blanche Neige rencontre parfois son huitième nain
Tout se fait en "stoemelings", avec une candeur apparente ou par la dérision face à la thèse romantique de la souffrance d'avoir perdu un symbole idolâtré auparavant, vilipendé aujourd'hui.
Le vrai problème est passé sous silence: le manque d'uniformité dans la fiscalité ne fut-ce que dans l'entité "Europe".
Les valises seront toujours prêtes pour le tourisme fiscal tant qu'il restera des possibilités de grappiller quelques % sur une fortune au pesant d'or. Des sommes non négligeables pour le commun des mortels, ces décimales additionnels. Simplisme du raisonnement...1.jpg
Pas sociale, la Belgique? Que du contraire. La Belgique met, en Europe, le plus gros paquet pour lutter contre le chômage et l'exclusion.
Dépensière? Oui, 3,58% du PIB est réservé pour soutenir l'emploi (18 milliards par an). 61% sous forme de soutiens passifs (allocations de chomage, de pensions) et 39% en soutiens actif (formation et titres services).   

Maurice Levy, le PDG de Publicis, répondait aux question d'un journaliste belge. "On m'a traîné dans la boue. Les attaques contre les riches ont été nombreuses. Que ce soit un gouvernement de gauche ou de droite, le problème structurel de la France n'a pas été résolu et on condamne la réussite. Je suis inquiet pour l'économie française en 2013".  
Alors, le dernier film de Gégé, "L'homme qui rit" était-il prémonitoire comme le seul qui parvenait encore à le présenter et à le faire en France? 

0.jpgLe plus comique peut-être, c'est qu'agoravox.fr sur lequel les articles et commentaires sortent de leur tanière, est une Fondation de droits belges. Pas folle la guêpe.

Quant à l'article bien pesé qui souhaitait les bons voeux pour 2013 à sa manière, il ne récoltait que des commentaires mitigés, parfois... moinssés, souvent. Allez comprendre pourquoi. Peut-être la même réponse que pour la vieille pub de Ducros se décarcasse.
 
Il faut se rappeler que l'humour belge et français sont devenus souvent très différents et pas qu'une fois.0.jpg
Si au départ, il existe une culture commune dans la partie sud du pays et si la fête nationale française est honorée à Liège, depuis 1830, les 182 annnées d'écarts type ont eu assez de temps pour générer ou perpétuer quelques spécificités bien belges et, qui sait, quelques nouvelles dérives. 
Entre les deux pays de cultures similaires, un fossé s'est creusé pour appréhender les difficultés de la vie. Une royauté et une république, ça se conçoit différemment..
Alors, souvent, sans verser dans la démesure, on s'évade pour retomber dans la plage des clichés.
L'un regarde l'autre en chien de faïence, en se demandant par quel artifice, il va pouvoir faire faire le faux-pas à l'autre et ainsi remonter ses propres bourses aux idées.
 
Sur notre Grand-Place, Benabar a dit, un jour, qu'il aimait Bruxelles. Je sortirai, comme conclusion, sa chanson les "Râteaux", qui me paraissait avoir les paroles adéquates et une vidéo qui ne l'était pas moins. Son "Politiquement correct" avait probablement étalé le tapis rouge dans cette voie sans issue.
0.jpgLe dernier "Dictionnaire de Laurent Baffie", j'aime . C'est aussi du lourd, du très lourd et il est français, Laurent. Fabrice Luccini aimera, c'est sûr.
Pour Baffi, comme il l'écrit, celui qui est aigri est la "personne amère et jalouse qui le demeure jusqu'au bout, puisque les paroles s'envolent et les aigris restent". Pour le mot "Enfoiré", sa définition est "Anciennement, enculé, salaud, fils de pute. Depuis Coluche, personne généreuse, altruiste et solidaire".
Je ne peux qu'acquiescer. 

Rien n'est donc perdu au sud quand on garde l'humour même en période de crises.0.jpg
La réponse du berger à la bergère, se fait bien, à condition, de garder le sourire de la crèmière...

Faut pas rêver ni charrier. Il y auvait eu plus de Belges devenus Français que l'inverse, mais c'était en 2010, la période pendant laquelle la Belgique se cherchait un gouvernement, période pendant laquelle, aussi, les Français faisaient des pronostics sur notre survie.

Comme je n'ai pas toujours répondu à la suite des commentaires qui m'étaient adressés, on ne m'aurait peut-être pas compris, je vais le faire ici par une seule citation:
 
"Les commentaires de mauvaise humeur donnent l'impression que ses concepteurs sont seuls au monde à penser alors que d'autres ont les mêmes réflexes mais, comme le fait le judoka, utilisent la force de l'autre et s'arrêtent toujours avant les retours de flammes qui ont de l'avance à l'allumage.".
 
J'aime la France, mais pas quand elle fait du surplace à baigner dans le négativisme qui ne croit pas à son avenir comme je l'ai trop souvent ressenti sur le forum dont je viens de parler. "Depardieu est le miroir des Français. Le révélateur d'une nation mal à l'aise avec elle-même" disait Attali.

La lettre de réponse du berger à la bergère serait-elle, celle qui se trouve ci-dessous en fin de cet article. (*) 

0.jpgJe n'ajouterai pas plus de citations après ce billet, comme je le fais d'habitude. Une indigestion de frites et de moules, probablement.
Ecrire un tel billet, c'est aussi se rappeler que les apparences sont souvent trompeuses.
Aucune amertume ou amer-tunes à y trouver. Ce serait plutôt comme les constatations que ferait le Père Noël extra-terrestre qui a fait un long voyage.

0.jpgDe ce côté de la frontière, on dit: "Sois belge et tais-toi. En plus, on vous y invite pour en donner le ton et la saveur.

Si cela vous "goutte", c'est bon signe. Sinon, on y ajoute une demi-gueuze bien sucrée avec de l'écume au sommet, quelques bières blanches, quelques blondes, quelques brunes... puisque, parait-il, les Belges savent pourquoi.


L'enfoiré, 

 

Mise à jour mars 2013: Avoir une pub avec un flic qui demande d'ouvrir la fenêtre d'un chauffeur et lui demander s'il peut se suffire de 300 SMS par mois, est ce possible dans un autre pays qu'en Belgique? 

0.jpgMise à jour 13 janvier 2013

Sur Agoravox, pas moins de 10 articles sur le sujet. Jusqu'au retour du Jedi

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Cela va jusqu'à l'uchronie "France: Le début de la fin" qui était le plus originale.

Puis il y a la version belge.


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(*) Lettre de G.DEPARDIEU à J.M. AYRAULT


Monsieur,

Vous êtes prof et bourge et je suis un titi,
Vous êtes un Nantais et je suis un nanti !
N’êtes-vous pas heureux en tant qu’homme de gauche
Qu’un titi puisse avoir quelque argent dans sa poche ?
De plus je l’ai gagné en toute honnêteté
Sans voler, sans frauder ni même spéculer.
J’ai reçu de par Dieu le talent de séduire
Et suis dès lors vendeur d’émotion et de rire,
Ce dont vous ne pouvez qu’assez peu vous vanter :
Car lorsque je vous vois paraître à la télé
Jean ai Marc d’un Ayrault fatigué et sinistre
Dont on m’a assuré qu’il est 1er Ministre !
J’aime l’amour, la vie et le jus de la treille,
Mon casier n’est en plus chargé que de bouteilles….
J’ai donc sans coup férir du jour au lendemain
Fait ma niche fiscale en mon nid de Néchain.
J’aime mieux exporter les kilos que je pèse
Que de risquer en France une mauvaise Grèce !
Votre sécurité qu’on appelle sociale
Ne soigne pas encore les hernies fiscales,
Je vais donc me soigner, disons à moindre frais,
En buvant du pot belge au lieu d’impôts français.
Je reviendrai en France un beau jour, quand le fisc
Ne me dira plus simplement : je confisque
Mais qu’il respectera le travail que j’ai fait
Pour concourir un peu au bonheur des français.
Pour n’être point taxé… d’être un inter – « minable »
J’arrête ici les frais, car ils sont impayables !

G. Depardieu

 

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23 janvier 2013: Fitch éclaircit l'horizon de la dette belge. Attention, elle risque de devenir transparente...

 

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05 février 2013: Douce Belgique? La Belgique, une menace pour les finances publiques françaises?

50% des entreprises du Cac40 ont un siège en Belgique. LVMH, Danone, GDF Suez, Total, Air Liquide, Schneidee, Mobistar, Vinci, Lafargue, Veola, Carrefour, Auchan et... EDF Investment qui cache EDF qui est sous la coupe à 84% de l'Etat français.

Le serpent se mord la queue. Cherchez pas Docteur, c'est à la tête. Tout se passe souvent par l'intermédiaire de sociétés écran, de holdings florissants.0.jpg

 

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De l'amour pour les Belges, je vous le dis. Presque de la rage.

Faudra que revienne le Grand Charles avec une nouvelle version. Admirer la présentatrice.


Un livre récent de Marc Pasteger, "Incroyable mais belge" raconte les histroires vrais et fausses sur la Belgique. Toutes insolites ces histoires:

  • Il pleut des pierres à Marcinelle.
  • Une dame a été abattue à la place de son chien
  • Jo Gérard qui fait tourner l'histoire autour du chiffre "7": Belgica et Brussel en 7 lettres, 7 portes autour de Bruxelles, 7 lignages...
  • Les chocolats belges sont bien belges, puisqu'en 1847, Jean Neuhauss s'installe à Bruxelles. Création des pralines en 1912, des ballotins en 1915. Leonidas Ketekides tombe amoureux d'une Bruxelloise en 1910 et fonde Leonidas...
  • Le 24 juillet 1887, sur la Grand Place de Bruxelles, une vente aux enchères de cercueils est organisée.
  • En 1613, Adrien van Schriek écrit un livre dans lequel il annonce que le flamand a remplécé l'hébreu comme langue universelle.
  • Dans les années 60, Jeanine Dekers bat Elvis Presley et les Beatles au hit parade avec Dominique, nique, nique.
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Un autre livre "Ils sont fous ces Belges" pour ne pas être désorienté comme visiteur.


Philippe Geluck prend ses quartiers et quitte le Soir. Quelques inédits:.

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28/12/2012

2012, une nouvelle année de transition à la belge, avec un peu de tout

La Belgique à l'heure des bilans de 2012Une année qui ne compte pas moins de 70 élections dans le monde (Sénégal, Russie, Serbie, Algérie, Grèce, États-Unis, Chine...). A la veille d'une démocratie mondiale? Mais alors, de quelle démocratie faudrait-il parler? Mais, restons en Belgique, si vous le voulez bien... 

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A l'heure de clôturer l'année 2012, il s'agit de confronter les espoirs d'il y a un an, avec les réalités ... 

Avec un certain humour non dissimilé, une banque avait, alors, sauté l'année 2012 et souhaité une bonne et heureuse année 2013 en promettant d'y veiller ensemble en 2012. Pas beaucoup de précisions sur la technique à adopter... 

Fin de l'année passée, en Belgique, il s'agissait de transformer les difficultés en nouvelles opportunités pour suivre le Premier ministre belge, Di Rupo, fraîchement institué, après une crise de 541 jours. Le pays était entrée dans le Guiness book des records à la recherche de compromis gouvernementaux. 

La récession européenne est plus que jamais à l'ordre du jour.

La pauvreté est toujours à l'orée de l'horizon avec des dettes jusqu'au dessus de la tête qui créent la panique pour certains.

Était-ce une année pour rien, comme les précédentes?

Constater après coup est toujours plus intéressant que de faire des pronostics sur le futur. Une année, c'est comme une heure, une minute, une seconde, pas grand chose en définitve.

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Le Vif-L'Express de fin décembre 2011 titrait, « 2011. La chute des icônes + Tous les défis de 2012 ».

Alors, que pouvait-on faire en 2012?

L'année de toutes les trahisons?

La rédactrice en chef signait son édito par ces mots: "2012: annus mirabilis". Les articles se suivaient et déclinaient le passé avec des vue sur le futur.

« La génération 2011, c'était "Indignez-vous" », d'après Hessel. Force est de constater que les indignés se sont souvent résignés ou se cherchent une renaissance. Le G1000 a pu constater que la démocratie était en crise, perdue entre populisme et technocratie et dont son initiateur demandait une petite dépression post-natale (Rapport final du G1000).

0.jpgRuper Murdoch, "De magnat à paria" est entré au purgatoire dans une retraite dorée.

Au sujet de Michel Daerden, on lisait "Le ridicule peut tuer". Il est décédé avec le pathos en plus mais sans ridicule. 

Pour Jean-Luc Delarue, "Come-back raté". Celui-ci le restera avec en plus le mystère dans les charnières.

Hosni Moubarak, le "Raïs déchu" a été remplacé par un successeur. Tout aussi gourmand, il est rejeté par 46% de la population.

Silvio Berlusconi, s'y revoit déjà. Chante-t-il "Ça s'en va et ça revient" dans sa version "remake"? 

Jean-Luc Dehaen, "l'icône" est aux oubliettes dans une retraite dorée.

Bart De Wever, "De l'exploit aux abois?. La N-VA règne, mais ne gouverne pas". Il est en stand-by à Antwerpen.

Les analyses, elles, énuméraient, dans le détail, les points qu'on attendait de 2012 au vu des évènément de 2011.

« La Belgique, peut-être, engagée dans une longue phase de tensions sociales », c'est bien le cas entre riches et pauvres.

« Faire ceinture et croiser les doigts », c'est avec beaucoup d'austérité et une pincée infime de relance avec les trous trop larges dans la ceinture pour la fixer.

0.jpg« Le cap des 11 millions d'habitants », franchi perdus parmi 7 milliards sur notre Terre.

« Pippa, c'est du pipeau », Kate a repris le flambeau dans une année du style "Astrid".

« La dynamite Dexia », a bien explosé comme une bombe à fragmentation.0.jpg

« Mittal éteint la sidérurgie » et on aperçoit les derniers feux. C'est à Florange en France que les dernières étincelles crépitent.

« Etre compatible avec le processus démocratique », on pourrait désormais à la lecture de certains commentaires se demander qu'est-ce que la démocratie?

1.jpg« Révolutions arabes, une longue marche » et « L'islam ira où il veut aller » La longue marche ressemble à une course aux alouette avec, en plus, de l’endurance, de la persévérance et beaucoup d'innocence, à la recherche d'un point extrême islamafistise. 1.jpg'Les Frères Musulmans payent des hommes de main pour agresser les manifestantes sur la Place Tahir au Caire"

« L'atome, energia non grata », une réaction qui, dans l'immédiateté des réflexions, pourrait mener à l'extinction des feux de l'amour.

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« Kabila rempile sans vraie légitimité », S'il l'assume, le M23, lui, rabaisse la légitimité. 

« Qu'est-ce qu'un personnage comme DSK a réellement de gauche? » Aujourd'hui, parler de la gauche serait répondre "La gauche? 

C'est par là que je me lève le matin, non". DSK, l'inconscient de la République, comme il était dit, vient de conclure son "affaire de jambes en l'air" au prix fort.

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« Ces oracles qui nous gouvernent », toujours attentistes les agences de notation, se branchent sur Wikileaks en véritables faucons crécerelles dans une position de "Saint-Esprit" avec la tête immobile.

Un coup de frein sur la création d'entreprises en 2012.0.jpg

De 2012, on retiendra les rétros souvenirs des radios publiques francophones, qui se sont succédées cette semaine.

Celle de Suisse, la RTS, est entrée en communion avec celle de la Belgique, par un drame, une nuit du 13 mars ou 14 mars.

Alex Vizorek était chargé,  cette semaine, de reprendre le flambeau des 'cafés serrés' avec les évènements de 2012 en Belgique avec humour.

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Vadot a construit ce poster de 2012 avec le fil rouge de la crise économique qui donnait l'idée d'un jeu de quilles (best of). 

0.jpgPour le Vif-L'Express de fin 2012, l'année a été celle des trahisons. Le Realpolitik a eu son sortège de duperies dans lequel le chacun pour soi a été de la partie.

Il se pose la même question au sujet de DSK, un an plus tôt: "Di Rupo est-il de gauche?". 

L'alphabet de 2011 faisait partie du magazine récapitulatif de l'année 2011, mentionné plus haut.

 

Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, voici, l'alphabet de mon année 2012: 

A: Amérique

B: Bruxelles ou Bluzz 0.jpg

C: Capri ou Cappadoce

D: Dérision

E: eBusiness ou Elections

F: Fidélité

G: Griffes ou Google

H: Histoire

I: Inventeurs

J: Jaunes (pages)

K: Kodak

L: Laos ou Londres

M: Monétarisme, Morane 

N: Nanotechnologie 

O: Ommegang

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P: Pessimisme ou Photos ou Psychopathe 

Q: Québec

R: Rituel

S: Spéculation ou Solidarité ou Statistiques

T: Timeline ou Tabou

U: Uilenspiegel

V: Vendredi ou Vengeance ou Vieillir

W: Wépion

X: CompleXité (des Maths)

Y: Yéyé

Z: Zéro et un

Quant aux élections, les américaines et françaises ont été les plus  médiatisées. Celles de la Chine, tout aussi importantes, sinon plus, s'est produite dans plus de discrétion. 

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Quelles sont les certitudes sans appeler Madame Soleil? Assimiler 2013 à une cinquième année charnière?
 
Les mots clés seront réformes des pensions, austérité, compétitivité, déficits, gel des salaires, faillites, restructurations, chômage...
 
Après avoir frôlé la récession avec une croissance au raz des pâquerette et être entré plus en stagflation que de récession pure et dure, pour des consommateurs qui ne veulent plus consommer mais qui épargnent pour des jours meilleurs qui n'arrivent pas assez rapidement.
 
Pas bon tout cela !

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La Belgique est devenu un paradis fiscal pour les plus riches et un puits sans fond pour les moins riches ou plutôt un tremplin vers d'autres horizons encore plus "efficaces".
 
Depardieu devenu le Manneken fisc pour les Français, a bien compris son avantage, mais, c'est le bourgmestre d'Estampuis qui se demande si l'on avait déplacé la Tour Eiffel en Belgique.

Lors de ces fêtes de fin d'année, les départs en avion ont toujours été là avec à l'horizon de pays plus ensoleillés. Les transactions bancaires virtuelles ont brisés des sommets. La Belgique en pince toujours pour le homard canadien. Tout ne serait donc pas totalement perdu. 
 
Le gouvernement Di Rupo recevait un bulletin en demi-teinte. Ouais...

0.jpgLe discours du Roi de Noël n'en finissait pas de faire des vagues d'indignations dans le Nord et de justifications dans le Sud. Trop se traduit, peut-être, en "te veel" dans le Nord...
Le Paris Match a qualifié de courage dans la volonté de défendre son pays alors qu'en Flandre on parle de creuser sa tombe.
Le livre "Le(s) Question(s) royale(s)" de Deborsu avait, il est vrai, jeté un froid glacial dans la cour royale. Une réaction mesurée était nécessaire.
 
Alors, quand on n'a toujours pas plus de pétrole, il faut des idées, au minimum, géniales.1.jpg

Beaucoup regrettent le temps pendant lequel il n'y avait pas de... gouvernement...
 
Les projets de réformes tombent comme la pluie fine de cette fin de décembre.
La définition du mot "réformer" est "modifier en apportant des améliorations". Non, peut-être. 
 
Quelques bons points, tout de même...
En 2012, le Bel20 a retrouvé sa jeunesse par un rebond de 20% en dépassant les 2500 points. Tenir le cap est la préoccupation basi... basique.
Le taux de référence est descendu à 2,06%, alors que la France était déjà descendu sous la barre des 2%. Passe, impair et manque. Partie remise. 
 
Réduire les C4 pour éviter l'hémorragie.

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Trouver un équilibre entre licenciements et les engagements sera une entreprise qui demandera une attention de tous les instants pour faire changer la tendance.
C'est là où il aura redondance dans les postes que les éclaircissements seront les plus apprents. 
 
Alors, on voit plus loin.
On parle d'une dynamique à l'Horizon 2022 pour la Wallonie.
Le nouveau patron de Dexia voit une sortie de sa crise de foie (ou de foi) pour 2018.
 
Des ponts trop loin? 
 
On apprend que les enseignants seraient, alors, tous payés au même salaire, ce qui, vu les commentaires, ne serait pas du goût de tout le monde. Le communisme n'est pas la solution.
 
Les étudiants deviennent des Tanguy à charge des parents pendant cinq ans au lieu de trois. Ce qui permet, au moins, de postposer le besoin de chercher un emploi et de ne pas faire "chomardiser" les nouvelles recrues.
 
0.jpgHeureusement qu'il y a la santé, dit-on...
Enfin tout dépend de quelle santé, on parle.
 
Attention, séparons les pouvoirs et les problème entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire.

La Justice, un autre domaine, un autre défit remisé à cette nouvelle année 2013 et pas au calendes grecques.
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Tout le monde crie en langage SMS: "Moi, vouloir sous.". Sans le "Stop" final mais plutôt dans un hoquet chevrotant du bout des doigts. Il fallait bien souhaiter, de manière intéressante, le vingtième anniversaire de ce système de communication moderne.  
 
Que va-t-il en sortir du chapeau? Un lapin aux oreilles bien dressées ou au contraire, bien plombées?
Pour Wallonie-Bruxelles, décrète 2013 "l'année de la compétence". Des compétences, spontannées, acquises en accéléré ou sur le tas.
  
Tout demande, manifestement, plus de temps pour assumer ses charges. Du temps, encore du temps, est demandé, alors que celui-ci fuit à toute allure, dans une sorte de tempête.
 
L'émission d'OLO est prévue pour lever 37 milliards d'euros.
Le budget prévisionnel s'élèverait à 39,99 milliards d'euros, soit 3,4 milliards de moins qu'en 2012.
Un signe positif d'austérité ou la mort du cygne en manque à gagner?

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Les Agences de la dette pensent lier les obligations à l'inflation en panne de nouvelles décotent.
Que l'idée, elle est bonne. La population bruxelloise a vu proportionnellement l'augmentation la plus forte mais au 3/4 par la voie de l'immigration.
 
S'il y en a qui entrent, il doit y en avoir aussi qui sortent.
 
La solution serait-elle de rejoindre les 300.000 Belges qui sont à l'étranger? Question à cent sous, à même pas un euro.

Les latino Américains sont les plus positifs du monde, d'après un sondage de Gallup, destiné à estimer l'état mental de la population adulte.
 
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Pour 2030, Washington s'est posé la question et répartissait le monde en quatre mondes possibles, mais on précisait que "La responsabilité des individus et la diffusion du pouvoir par les États et des États vers des réseaux informels aura un impact spectaculaire".

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Alors, ne lésinons pas sur les dépenses, j'aime les chiffres ronds. Je ne veux pas jouer à Cassandre en Madame Soleil à la longue échéance. 
 
Je lisais encore "Il faudra risquer davantage sa peau en 2013" avec "Question: Pourquoi certaines personnes sont-elles incitées à 'bien paraître" plutôt qu'à bien faire? Réponse: L'absence de risque individuel.".
 
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C'est vrai, la prise de risque a été récompensée en 2012 pour les fonds, mais la palme du rendement revient au marché turc avec plus de 60% de progrès.

"Le monde entre dans une troisième révolution industrielle au croisement des énergies renouvelables et des technologies de l'information et des communications. Il en va de notre survie de l'économie et de la planète, alors qu'on est dans un monde qui stagne et étouffe" disait Jeremy Rifkin.

Pour faire bonne mesure et bonne figure, si on se souhaitait:

Bonne et heureuse année 2020 comme le fait une pub d'une certaine marque d'un véhicule qui y voit sa longueur de garantie.   
 
De se retrouver, ici, dans sept ans, si c'est pas de l'optimisme, ça...!!! 0.jpg
 
Des photographies d'ambiance de Bruxelles, pourraient-elles vous en donner plus d'envie? C'est ici, avec un seul clic.
 
 
Pour 2013, pourquoi pas risquer un poème tout simple?
 
 
L'arrivée de l'année 2013,
Une année entre deux chaises
Dans laquelle, les fadaises 
Ne seraient plus à leur aise.
 
Voilà, à nouveau 365 jours
Qu'on espère plein d'amour
Que l'on veut sans détours
Chaque jour sortir du four.
 
Une année faites de pensées
Qui ne seraient pas une diarrhée
Dans une volée de mots outrés
Mais qu'il faudra chercher à sublimer.
 
Une année à chercher le meilleur
A lui donner des couleurs
Et, parfois, dans la sueur
Tomber sur le bide du malheur. 
 
Une année où l'on n'oublie pas les plaisirs
Pour harmoniser avec ses soupirs
Et ainsi éviter à tous prix, le pire
En gardant, toujours pour la fin, les (sous)rires.
 
 

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L'enfoiré,

 
PS: Je le remercie pour l'occasion, ainsi que Kroll pour avoir eu l'amabilité de m'autoriser à utiliser leurs caricatures dans mes articles.   
 
 
Citations:0.jpg
 
  • « La Belgique? C'est le pays le plus bizarre de la planète », Amélie Nothomb
  • « La Belgique, c'est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n'existent pas. », Jacques Brel
  • « Il ne faut pas toujours tourner la page, il faut parfois la déchirer.  », Achille Chavée
  • « Le pire n'est jamais sûr, mais le meilleur se mérite », Attali

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Et dans le monde? C'est le monde émergent qui va poursuivre son inexorable ascension. Quinze pays qui font les BRIC et les "Next 11", avec les 2/3 de population mondiale, vont, à leur tour, s'atteler à la croissance mondiale.
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C'est la crise des valeurs de l'Europe d'après George Soros. Loin d'une association volontaire, l'UE est maintenue par une discipline de fer dans un arrangement hiérarchique dans lequel le centre dicte la politique avec la périphérie progressivement subordonnée au lieu de la fraternité et la solidarité dans des stéréotypes hostiles.
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L'Europe en déclin et PSY, le pop-coréen danse le Gangnam Style.

Pour retrouver le sommet de 1989, le Nikkei de Tokyo devrait gagner 264% en 2013.

Le KFX danois ne devrait monter que de 1,1% pour dépasser son record de 2007 à 517,67 points tandis que Shanghai, c'est 173%. 

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06/12/2012

Saint-Nicolas est furieux

Le 6 décembre, c'est ce qu'on appelle la Saint-Nicolas en Belgique. Si le Père Noël est une ordure, que serait Saint-Nicolas s'il pouvait parler de lui-même?  

0.jpgSaint-Nicolas a toujours été aimé par les petits enfants. Mais, le modernisme est là. Il a fallu qu'il s'adapte aux nouvelles technologies. 

Je lui laisse la parole pour commenter ce qui est écrit à son sujet sur Wikipedia et ailleurs.

"La fête de Saint-Nicolas est principalement tournée vers les enfants, mettant en scène le saint Nicolas de Myre. C'est une tradition vivace dans plusieurs pays européens, qui se déroule le 6 décembre ou le 19 Décembre pour l'Église orthodoxe utilisant le calendrier julien. On fête la Saint-Nicolas surtout aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en Flandre française, dans le département des Ardennes, en Franche-Comté, en Alsace, où elle est fortement ancrée, et en Lorraine dont Saint Nicolas est le saint patron, en Allemagne, en Autriche, en Croatie, en Hongrie, en Pologne, en République tchèque, en Lituanie, en Roumanie, au Royaume-Uni, en Ukraine en Slovaquie, en Serbie, dans le Canton de Fribourg en Suisse, etc. Les traditions diffèrent selon les régions. Un trait commun à ces célébrations est la distribution de cadeaux ou friandises aux enfants, qui est parfois substituée par celle du Père Noël.".

- D'abord, je remercie l'enfoiré de m'avoir aiguillé sur ce qu'on disait de moi. Tout cela pour dire, à quel point je dois être partout pour satisfaire les enfants. A lire la suite de ce que ce Wikipedia écrivait au sujet de la Belgique, j'ai avalé ma barbe, à chaque partie du texte. Dans ce petit pays, en plus, je dois faire attention de bien répartir les jouets en fonction de la langue du bambin.  

"Saint Nicolas est appelé Sinterklaas chez les néerlandophones qui débarque, comme aux Pays-Bas, sur un cheval blanc d'un bateau venu d'Espagne"

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- En Belgique, là où on parle le néerlandais, une ville porte mon nom. Quant à mon cheval blanc qui serait venu d'Espagne, là, l'auteur de ces lignes doit avoir un problème d'orientation ou de vue. C'est en carrosse avec des chevaux blancs ou noirs, mais c'est le Père Fouettard que est peut-être roussi au soleil d'Espagne. Cette fois, comme vous pouvez le voir sur la photo souvenir ci-jointe, j'avais mission d'apporter un nouveau bourgmestre à Anvers dans ma hotte. Oui, vous avez bien lu. On m'avait dit qu'il avait diablement été rabotté. Là, on prend les enfants du bon dieu pour des canards sauvages. Le 21 novembre, je suis arrivé à Bruxelles. Pas en bateau, mais en péniche et sur le canal. Pour un épisode de la croisière s'amuse, faudra repasser. Personne ne sait que j'ai vite le mal de mer? En avion, peut-être, et encore. J'ai mal au coeur en l'air. En plus, cette fois, le vol Ryanair en provenance de chez moi, m'a obligé à me serrer les coudes sur mon siège pendant des heures à ne plus savoir respirer. Une croisière sur rail avec l'Orient Express, oui, cela me botterait bien mieux. 

0.jpgVu mon âge, je n'aime plus trop les voyages même une fois par an. J'aimerais prendre ma retraite et laisser la place à plus jeune que moi. J'ai les qualifications requises pour pouvoir bénéficier d'une pension, suite à une carrière complète. 

"Chez les francophones, il se déplace avec un âne magique mais également, on le trouve quelques fois en compagnie de Père Fouettard et de son âne.".

- Là, j'aimerais bien qu'il soit "magique", ce vieux bourricot. Souvent, il me joue le scénario de l'âne de Buridan entre la carrote croquante ou rappée, avec une menace de ne plus avancer. J'avoue, je suis parfois fâché avec le Père Fouettard, mais qu'est-ce que je ferais sans lui. Il est toujours aux aguets pour éviter les conneries de cette bourrique. Je suis chargé de chercher des sponsors pour mon opération "enfants sages". Je dois chercher des représentants de ma modeste personne pour répartir le travail de management. Quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai entendu que les comédiens avaient subi une diminution de leurs subsides. Mes représentants sont devenues plus rares avec des budgets plus limités.  

"Dans les deux cas, il vient la nuit du 5 au 6 décembre pour déposer cadeaux et friandises, notamment des figurines en chocolat, des nic-nacs ou des spéculoos à l'effigie du saint, dans les souliers des enfants sages. Il est de tradition de laisser un bol d'eau (ou de lait) et une carotte devant la cheminée de la cuisine ou du salon pour l'âne, et un verre d'alcool pour Saint-Nicolas".0.jpg

- Je pique aussi les spéculoos à mon effigie. Ringard et chiche, ce  Wikipedia. Pour être plus complet, plus circonspect, dirais-je, je devrais agrandir ma besace. Les PC, les Playstations sont devenues tellement lourds et encombrants pour passer dans les cheminées même si les iPod, les iPad, et ses copains sont plus légers pour mon dos plein d'arthrite. Quand je pense aux papas, je me dis qu'ils sont peut-être responsables du choix de leurs rejetons. Faut pas les oublier, ces papas-là. Ils ont leur mot à dire et les temps sont durs pour eux. L'année passée, encore, c'était la bérézina, mais je croyais qu'on aurait trouvé des solutions à ces crises de m....

"Le lendemain matin, on retrouvera le verre ou le bol vide et la carotte mangée. Cette pièce sera également fermée à double tour devant les enfants comme preuve que Saints-Nicolas rentre bien par la cheminée".

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Là, ils pensent que cette pièce ne passe pas au travers des appartements des villes, devenus tellement étroits et avec des prix au mètre carré tellement élevés que fermer une pièce ce serait condamner tout l'appartement. 

"Saint-Nicolas passe, début décembre, dans les écoles ou dans les centres publics pour demander aux enfants quels cadeaux ils désirent, voir s'ils ont été sages pendant l'année et pour leur donner des friandises.".

- Début décembre? Vrai et faux. Il y a bien longtemps, il y avait une opération qui faisait cela. J'ai la mémoire qui flanche. C'était une époque pendant laquelle on préparait longtemps ma visite où, avec un numéro de téléphone en six chiffres qui commençait par "48", quelque chose. Je lancerais bien l'idée d'un Nicolaton au lieu de me trimbaler à faire de la promos des magasins depuis début novembre.

"Les enfants sont souvent invités à rédiger une lettre qu'ils adressent au "Grand Saint",  service de la Poste belge, rue du Paradis n°1, 0612 CIEL7)."

- Une lettre? Je reçois aussi plus d'emails en style SMS, parfois, aussi, des messages sur mon mur de Facebook ou même des Twits. Je me demande si ceux qui m'écrivent croient toujours en moi ou s'ils sont simplement intéressés par les cadeaux.

"Pour les écoliers, plusieurs semaines avant l'arrivée du grand saint, ils se doivent de déposer une paire de chaussures chaque soir devant la porte de leur chambreCeux qui ont été sages découvrent chaque matin une friandise typique différente chaque jour : massepain, chocolat, clémentine...".

- Là, il me prennent pour le Père Noël. Faudra que je le lui dise à mon collègue. Une vieille paire qui traîne dans une boîte? Quant au massepain, au chocolat, aux clémentines, cela me botte tout autant, et parfois, je prends ma part, sans rien dire

La Saint-Nicolas en Belgique est également une tradition estudiantine qui veut que l'on dépose une assiette ou une paire de chaussures la veille devant sa porte et que chaque cokoteur, comme colocataire de chambre d'étudiants, y dépose discrètement des friandises.

- Voilà, que je comprends d'où elles viennent ses friandises. Ce sont les étudiants qui les fournissent pour les distribuer. Mais qui paye le cot de l'étudiant? La réponse n'est-elle pas dans la question?

"À Liège, à Mons, à Bruxelles et à Namur, il existe aussi la Saint-Nicolas des étudiants : un cortège défile dans la ville avec des chars et les étudiants collectent des piécettes auprès des passants pour s'offrir des bières lors de la guindaille qui clôture la journée."

- Là, on me confond avec la Saint-Verhaegen. Ce Saint-là n'a rien à voir. Aussi en crise? On ne me l'a pas dit. Des magasins  bondés de jouets, on n'en parle pas? Je viens de Myre, donc de Turquie. Si on veut je peux apporter des loukoums, des baklavas et du thé à la pomme.

Puis, furieux, j'ai quité ce Wikipedia. J'ai continué mes recherches.

Je suis tombé sur d'autres légendes sur moi:


0.jpg"Né vers 270 à Patara en Lycie. Evêque de Myre, il mourut un 6 décembre mais les historiens ne se mettent pas d’accord sur l’année de sa mort. Jeté en prison sous le règne de l’empereur Dioclétien, il a participé au concile de Nicée (325). Il est le saint patron de la Grèce, de la Russie mais aussi des écoliers, des bouchers, des épiciers et des bateliers. On lui attribue son plus populaire miracle dans la légende des 3 enfants tués, découpés en petits morceaux et mis au saloir par un boucher... avant d’être rendus à la vie par Saint Nicolas, 7 ans plus tard. Une très belle histoire souvent illustrée naïvement dans les livres d’images anciens mais une histoire qu’on n’oserait plus raconter, aujourd’hui, dans le contexte meurtrier qu’a connu la Belgique ces dernières années. Selon une autre légende, il sauva également 3 officiers romains condamnés par l’empereur. En fournissant une dot à 3 jeunes filles nobles de Patara, il empêcha leur père de les vendre comme esclaves. Devenu ainsi le protecteur de la vertu des jeunes filles... encore que, dans certaines de nos régions, elles auraient plutôt tendance à honorer Sainte Catherine
".  
 

- Je suis Nicolas de Myre, voilà mon histoire et mes légendes. Point.

J'en ai marre qu'on me désigne comme le plombier, le sauveur à tout faire comme un saint de tout et de rien, qui ferait croire que je fais revenir les enfants et les grands à la vie.

Debout très jeune, je n'étais pas un saint, ni un enfant de choeur. Quant à être patron des écoliers, c'est vraiment surfait, pour moi qui ne savait même pas lire. Le boucher, c'était cet ignare de Fouettard qu'il fallait remettre sur le bon chemin. 0.jpg

Certains m'ont vu, récemment, comme on le raconte icihabillé de mon costume en train de faire la fête, alors que j'avais voulu disparaître ce jour-là.

Jean-Pierre Verheggen me qualifiait de "Barbon lubrique déguisé en grand-père tranquille pour mieux donner le change aux jeunes mères de famille qui confient, naïvement, leur progéniture à mes genoux calleux et qui aime se faire photographier dans cette position avantageuse avec des milliers d'enfants que l'on s'étonne de retrouver, une semaine après, la frimouse et le petit popotin potelé sur Internet, ligne rose ! Nul n'ignore ce Membre du Conseil d'Administration de plusieurs grands magasins de grande distribution en grandes surfaces et d'ateliers de fabrication de jouets à la chaîne en sadomasochiste archiconnu, ouvertement autoproclamé sur tous les toits et accompagné d'un petit noir porteur d'un fouet panpan cucul pépette ou précédé d'un mignon savoyard qui lui ramone la cheminée par où il coulisse le grand soir en toute impunité.".

Il a parfaitement raison dans la plupart des points.  

La concurrence est très forte chez les Saints-Nicolas et il a fallu aussi me redonner une aura particulière chez les enfants de moins de 6 ans.

Saint-Nicolas, pour les plus grands, je suis parfois un pourri comme le Père Noël, comme le montre cette vidéo

Mon successeur de Noël, lui, il s'est déjà installé sur les chapeaux de roue de son traîneau, faux-jeton avec le capuchon sur les oreilles, à grignoter mes arrières. Il me pompe l'air. Il me vole la pareille, cette "ordure", alors que ma fête est aussi importante que la sienne...  

Voilà que sur la Grand Place de Bruxelles, ce collègue a reçu un arbre de Noël tout à fait spécial. Un arbre ultra-moderne, tout électrique qui clignote avec le son de la musique.

Oui, je sais, ce sapin a généré la polémique parmi la population traditionnelle. Un certain Bert, comme rapporteur de l'affaire s'est transformé en chanteur avec son café serré en main et les écoutilles sur les oreilles. La tradition qui se perdrait? 

Là, c'était trop fort pour moi. Je me trouvais entre Saint-Verhaegen et le Père Noël. Entre le premier, la Saint-V, qui recevait des sous avec les collectes des students mais qui avait reçu une surveillance toute particulièrement et le second, un arbre et moi, rien, sinon, ce Père Fouettard, tout noir. 

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Et si on installait un palmier avec des guirlandes sur la Grande Place, pour l'année prochaine? Cela me permettrait de retrouver ma lointaine Turquie.

On venait de m'en envoyer une image composite. 

Je vais créer un syndicat des Saints de la "bonne cause" et ainsi revendiquer mes droits de Saint.

Pas un Saint-confitures, mais un Saint pour petits et grands, de demandeurs d'emplois qui ne trouvent plus assez de travail pour assurer et soutenir ces jouets. 

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Les sponsors se font de plus en plus rares ou font la gueule. Le port du facteur, on ne me l'a jamais payé. Oui, la poste m'a évité, alors que moi, je me payais la version spéciale de "Saint Georoute". 

J'en ai marre de me laisser berner par ceux qui me sucent de toutes parts sans que je puisse me rebeller, de ces grands qui me donnent les boules dans la gorge qui, elles, ne sont pas à accrocher à un arbre. 

C'est la dernière fois que j'ai fait ce travail, si on ne m'écoute pas. Ils espèrent que je ramène quoi l'année prochaine?

Un éléphant, un dromadaire, la lune en plein jour?

Cette fois, j'ai même pensé partir en grève pour voir qui aurait eu le courage et l'audace de me remplacer.

L'année passée, déjà, j'avais exprimé mon mal-être.

Personne n'y avait prêté attention.

Cette année, on me dit passésiste et raciste.

Je vous dit, trop is te veel, comme on dit en Belgique.

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Je suis allé visiter les enfants malades et tout a changé dans mon esprit. 

J'ai fondu et, du coup, je reviendrai l'année prochaine.

Et dire qu'en France, ils sont obligé d'attendre mon succésseur pour trouver ce bonjeur avec cekedubonheur. Faudra que je leur dise.

Je sens que vous voulez des preuves de tout cela.

Alors, allez voir quelques photos souvenirs de mon passage.

Pour me reposer de cette folle nuit, je regarderai la télé, demain soir, il parait qu'on va tout m'expliquer en tant que Saint Gourmand.

Et cela me plait. 

Merci de m'avoir prévenu, salut à toi,  L'enfoiré,


Bonjour à tous,

  Je vous informe que je suspends temporairement la publication des prochains articles pour raison de santé de mon épouse.

  Dès que la situation se sera rétablie, je reviendrai.

A bientôt,

L'enfoiré,

   

 

Citations:

  • « A petit saint, petite offrande. » et « A chaque saint sa chandelle. », Proverbes français
  • « Le saint de la maison ne fait de miracles. », Proverbe brésilien 
  • « A-t-on déjà calculé l'emprunte écologique de ce Saint-Nicolas », Thomas Gunzig  

22/11/2012

Jouer à qui perd gagne

Le gouvernement belge vient d'accoucher du budget 2013 après un mois de négociations. Charger de trouver quelques milliards de plus que d'habitude. Certains diront que ce fut accoucher d'une souris. 

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En fonction des sensibilités politiques, ce qui résulte d'une cogitation longue et pénible sera toujours plus ou moins apprécié en fonction de ce qu'on obtient ou non.

"Les décisions doivent rester équilibrées", une vieille déclaration de Joëlle Milquet du temps où on construisait le gouvernement.

Prophétique pour la suite.

Les décisions sont faites de bric-à-brac répondait l'opposition...

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Réponse: "Qu'a fait la NVA? Niks, rien". Comme preuve, si Antwerpen a un bourgmestre NVA, la ville n'a toujours pas d'entité dirigeante en place.

Le but, cette fois n'était plus de former un gouvernement mais d'établir un budget pour 2013.

Six partis au pouvoir devaient se retrouver dans un "accord stratégique" pour contenter beaucoup de monde avec l'Europe en arrière-plan comme pilule amincissante.

Objectif atteint. Tous contents d'avoir réussi la quadrature du cercle autour de la table ronde des négociations.

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N'utilisons pas trop le mot de "populisme", trop péjoratif et trop souvent utilisé en pointant du doigt, par l'un des côtés en visant  l'autre.

Chacun sa chapelle, sa religion, pourait-on dire.

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Au départ, sur les plateaux de la balance, il y avait le saut d'index à gauche et l'augmentation de la TVA à droite.  

Refusés, chacun.

Le budget devait se construire progressivement, million par millions pour atteindre deux nouvaux milliards. Un peu de précompte professionnel, de taxes sur la plus-value des entreprises, de taxes sur les primes d'assurance-vie, d'accises nouvelles sur l'alcool et le tabac, de combat de la fraude fiscale, de réduction des intérêts notionnels, de précompte mobilier et une nouvelle DLU.

Bien joué, Di Rupo, d'avoir refilé les frites bien chaudes de chez Eugène, aux partenaires sociaux, tout en introduisant les ornières sur le chemin et en espérant que Madeleine viendra.  

D'autres symboles, qui ont fait vibrer la balance entre gauche et droite. Le gel des salaires pendant deux ans en dehors de l'indexation automatique. Cela devrait plaire à l'Europe.0.jpg

Pour Martine Maelsckalck de l'Echo, écrivait que "les Belges seraient devenus les rois du marketing politique après avoir été les champions des compromis". Elle remarquait que "Des mesures pas indolores sont infiniment plus discrètes qu'un 'grand coup'"

Journal économique oblige, le problème de la compétitivité de la Belgique semblait être son soucis majeur. Effacer le soi-disant le handicap salarial belge vis-à-vis des pays voisins.

Une question: quel est le pays dans l'erreur et qui serait une vraie référence sans risques et sans reproches?

Alors, si on rasait gratis de chaque côté.

Bien vendre est précédé par bien acheté. Ce n'est pas uniquement les salaires qu'il faut prendre en compte dans les charges et les frais généraux. Les coûts de l'énergie (j'en parlais, il y a une semaine), les amortissements, les dépréciations, les redevances d'exploitation, les transports. 

Un belge sur deux accepterait de voir son salaire s'il pouvait travailler à proximité de chez lui ou à partir de chez lui. 

En fait, tout le monde à tort et tout le monde a raison. Tout dépend de l'angle de vision sous lequel on considère qu'il faut estimer une situation donnée. 

Il faut accepter de remettre en cause ses habitudes. 

Les habitudes? Rien de plus difficile.

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Alors, était-ce vraiment un mélange de chèvre et de choux à l'arrivée? Un peu de tout comme les fromages belges? 

Peut-être.

Les "budgeted" sont là pour être confrontés, un jour, avec les "actuals". Et, souvent, tout est dépassé.

Un petit exercice?

Imaginons jeter une pierre sur le fil de l'eau pour la faire rebondir le plus souvent possible, c'est observer le cas où la pierre va vraiment rebondir plusieurs fois et un autre, où le poids va faire couler la pierre dès le premier rebond. Tout dépendra toujours de la pierre choisie. 

En politique, c'est ce que l'on fait, en général, changer les pierres et re-tester le jet après l'avoir testé. Ça passe ou ça casse à chaque coup.

Un consensus, tout cela, du bric-à-brac trouvés entre une rigueur belge et la carence européenne?

Car c''est aussi aujourd'hui, que les dirigeants se réunissent pour fixer le budget européen de 2014-2020

0.jpgLà, si on va rire à l'extérieur, cela risque de rire jaune à l'intérieur.

Les techniques de négociations, toujours les mêmes, avec trois approches

Gagne-gagne: Deux parties obtiennent au moins partiellement ce qu’elles veulent et personne ne se sent volé ou dupé.

Gagne-perd: S’il y a un gagnant, alors, par définition, il y doit y avoir un perdant. 

Perd-perd: Quand les deux parties sont déterminées à ne pas laisser l’autre gagner.

Le vieux truc de Verhofstadt était remis à l'honneur en faisant office de putsch de décisions.

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Sa technique était d'attendre le dernier moment pour se réunir et devoir décider en dernière minute en tirant à la barbichette de celui qui s'était endormi et tirer les marrons du feu quand ils étaient brûlants sous la couette, aux petites heures du matin. 

La bonne vieille technique du marchand qui veut vendre et qui découvre que son client trouve le prix à payer trop important.

Il y a les faux-semblant, ceux qui se croient plus riches qu'ils ne le sont en réalité.

Comment réagit le mon marchand?

En le satisfaisant à tous prix. En le tenant en haleine. En l'excitant par d'autres arguments mieux ciblés.

Il commence par enlever ce qu'il y a trop cher dans les deux plateaux de la balance tout en la tenant en équilibre.  

Rien n'est à jeter, seulement à postposer jusqu'au moment où le prospect deviendra plus riche ou qu'un autre prospect se présentera. Tout est à évaluer en fonction de la conjoncture.

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Dans la foulée, on apprenait que les banques chinoises sont sous le charme des outils économiques bruxellois. Et ils avaient l'air d'être contents sur la photo.

Le futur, en définitive, dépend s'il y a du vent, que la mer est calme et que l'orage est toujours remis à demain...

Si pas satisfait, il restera toujours l'humour d'un café. Qui nous apprenait qu'on écrivait à Di Rupo. Depuis, il plaide pour un ambitieux budget européen.0.jpg

Hier soir, c'était Anderlecht qui, parait-il, jouait son avenir. Un avenir bien sombre, alos, puisque Anderlecht avait perdu. Plus d'avenir? Non, un peu d'endorphine placé dans la potion magique. 

0.jpgUne autre compétition, celle qui décidera, aujourd'hui, du lieu où aura lieu l'Expo 2017 à Liège ou à Astana.

A la question "Si Liège n’obtient pas l’Exposition internationale, ce sera une désillusion ?", il fut répondu : "Non, pas du tout. On a le sentiment qu’on a déjà gagné par, cet élan que la candidature a suscité qui est irréversible. Une mobilisation citoyenne, une union sacrée, non seulement des autorités mais des forces vives, re-situer Liège, la Wallonie, et la Belgique de manière positive sur la carte du monde.". 

La fin justifie, toujours quelque part, les moyens employés. Mais quand, on joue "à qui perd gagne", là, cela devient vraiment magique. Ce n'est presque plus du jeu, c'est de l'obstination.

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Parce que s'il existe des distinctions entre les idéologies et les croyances, il y a heureusement des distinctions entre certains mots bien qu'ils soient considérés comme 'synonymes'. 

La semaine dernière, je ressortais le sketch de Bourvil avec l'alcool et l'eau ferrugineuse. 

En plus futuriste, sans tituber, cela pourrait être: "Être rigoureux, oui. Austère, non.".

Un vrai Thanksgiving, quoi, puisque c'était, aussi  le jour...

 

L'enfoiré, 

 

Citations:

  •  « Avant de négocier avec le loup, mets- lui une muselière. », Valeriu Butulescu
  • « Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable. », Nikita Khrouchtchev
  • « L'histoire est un drame, mais je ne sais pas, parce que je ne peux le savoir, si c'est un drame qui finit bien », Bobbio

 

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And the winner is Astana:

 

(Астана en cyrillique, capitale en kazakh, anciennement Akmolinsk, puis Tselinograd, puis Akmola) est la nouvelle capitale du Kazakhstan. 0.jpgElle a été inaugurée en 1998 par le président kazakh Noursoultan Nazarbayev, en remplacement de l'ancienne capitale Almaty (anciennement Alma-Ata). 

 

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La ville (population d'environ 577 300 en 2007 et de 700 000 en 2011 dans l'agglomération) est située sur la rive droite de la rivière Ichim, au centre d'une vaste plaine formée de steppe.

 

 

26/10/2012

Vieillir en douce

Rien ne va plus, cette semaine, en Belgique. On entend des mots comme Surcapacité - Restructuration - Protectionnisme - Licenciements - (pré)Retraites - (pré)Pensions. Les (pré)vieux se "ternissent" en douceur et profondeur. "Dans mon jeune temps", des paroles de vieux qu'on commence à prononcer ou à chanter...

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Ford, Duferco, Photo Hall, Coca Cola, des pertes d'emplois à la pelle, cette semaine. La guerre économique n'utilise pas d'armes mais elle fait autant de dégâts sociaux.

Mais qui est ce fou qui a retiré le bouchon de la baignoire pour laisser filer l'eau avec les bébés qui surnageaient vaille que vaille à la surface?0.jpg

Est-ce pour fêter la fête du mouton et de son sacrifice?

Gaia dénonçait les conditions d'abattage des animaux.

Il n'y a pas d'organismes qui auraient le même souci pour les hommes? "Hécatombe", un autre sacrifice religieux de cent boeufs...

Dans quelques jours, c'est la Toussaint. Je ne sais pourquoi, j'avais titré ces retraits de la vie de "Points morts" en 2007 et 2009.

0.jpg"La vie est mal faite. Jeune et, donc, en pleine forme, on devrait pouvoir disposer de moyens financiers suffisants pour jouir de la vie. Plus vieux, il faudrait conserver la forme et pouvoir continuer à travailler", des paroles d'un de mes chefs, il y a bien longtemps et qui me sont restées en mémoires.

Il avait raison, même si je n'avais pas saisi toute la finesse du raisonnement, dès le départ. 

"Mourir cela n'est rien, mourir, la belle affaire. Mais vieillir", chantait Jacques Brel qui en connaissait un bout au sujet des "Vieux". 

Que dire encore de ce mot "vieillir"?

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En prenant la pyramide des âges, il y a des craintes à avoir.

Oui, c'est vrai, pour traduire l'image, c'est se rendre compte qu'après le lundi et le mardi, le calendrier ajoute aussi, M, J, V. Pour tout le monde d'ailleurs.

Si, c'est, comme il est dit dans cet article que dès la quarantaine, l'homme a sa première crise existentielle et se met à faire des bilans de sa vie, là, on est mal parti.

  • "On devient vieux quand on ne sait plus ce qu'est être jeune", répondait l'optimiste de service.
  • "Quand on regarde l'autre sexe et qu'on ne sait plus pourquoi", se gloussait le comique au parloir.
  • "Quand on retourne en enfance sans le vouloir", pleurait le pessimiste dans le couloir du home pour vieillards.
  • "Quand on répète plusieurs fois la même chose et qu'on ne se souvient plus de la première fois", se rappelait in extremis l'Alzheimer qui, jusque là, l'ignorait.
  • "Quand on regarde, à la télé, la 'Roue de la fortune' qui n'arrête pas de tourner sur le nouvel écran plat en 3D mais qu'on a oublié de changer de lunettes", se dit le rêveur en pleine distraction.

Vendredi dernier, un dossier "Family Business 2.0" paraissait dans un quotidien.

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Le titre, "L'ADN de l'entreprise familiale". Puis d'autres titres...

"Peu d'enthousiasme au sein de la génération montante". Pas à dire, ça commençait mal, me disais-je.

Dans la même fournée: "La succession c'est la question numéro 1 mais la logique économique prime sur les intérêts familiaux". "Progresser même en temps de crise". "La structure optimale du holding", "Le fisc et le patrimoine familial"...

Là, cela se corsait vraiment. Si on lâche, tout de suite, les gros mots, où allait-on?

0.jpgMême 'Asterix au Service de sa Majesté' qui sort bientôt sur nos écrans, au vu du box office, c'est aussi en petite forme avec sa potion magique.

Mais, la "potion magique" arrivait en fin du dossier. Pour le trouver, il s'agissait de télécharger une application gratuite via le code QR.

Avec un tel acronyme qui rappelle un autre SPQR, du temps des Romains, on devait être sauvé, Non?...

Michel Drucker, hypocondriaque, alors que 70 coups ont sonné à l'horloge, après près de 50 ans de carrière à la télé, veut continuer jusqu'à ce que mort s'en suive à recevoir sur son divan rouge, jeunes et vieux, saltimbanques, artistes et politiques. Avec une bonne mémoire, il se rappelle même de 500 émissions mythiques de la télé française dans une bible qui ne dit pas son nom. Une époque où rien n'existait, ni portable, ni PC, ni écran plat. "Comment un jeune peut-il, aujourd'hui, imaginer cela?", écrit-il dans sa préface. 

Dimanche dernier, il "osait" repasser la vie d'un mort. Celle de Henri Salvador, qui chantait "Le travail c'est la santé" en 1965 et qui avait travaillé, pourtant, toute sa vie. Le revoir à l'âge de 90 ans, dans une émission enregistrée un an avant sa mort, survenue la veille de la Saint Valentin 2008, une émission pendant laquelle on retrouvait son rire qui explosait à chaque instant en mode semi-automatique, tout un symbole de dérision sur la vie.

Prémonition? Salvador chantait "La vie, c'est la vie", une chanson qui finissait par les mots "La vie il faut se la vivre jusqu'à en crever". 

Évidemment, cela n'a rien à voir avec un travail à l'usine. 

Tout le monde a sa voie et sa voix et doit les céder au suivant dans la course relais de la vie et raccrocher avant que la vie ne le fasse raccrocher de force! 

Qu'au moins, cela se passe au mieux possible sans tomber dans le "Syndrome d'Erostrate".0.jpg

Difficile pour certains de raccrocher. Moins pour d'autres. Question de chance et de préparation. 

En Belgique, plusieurs bourgmestres, "crocodiles", se sont vus remisés à la case "prison" du Jeu de Monopoly, après les élections communales.

Avec le baroud d'honneur, toujours composé d'un petit cadeau de départ, du verre de l'amitié ou de l'inimitié avec des grincements de dents et quelques comptes à solder...

Que ce soit en politique ou ailleurs, des plus jeunes attendent au portillon du train et il ne faut pas leur voler "la" chance de monter en marche. 

Au suivant, chantait encore, le Grand Jacques.

0.jpgC'est la même issue pour chacun dans la douceur ou l'amertume.

Vieillir en douce ce sont "Les petis ruisseaux"...

C'est apprendre à lever le pied jusqu'à la pension, à la retraite de Russie, tout en imaginant qu'il pourrait y avoir des surprises en bout de course.  

Beaucoup se feront une joie de cultiver leur jardin, de se retrouver devant la télé en famille, de retrouver les petits-enfants, à se perdre et dire "J'ai oublié de vivre" comme ce sacré Johnny, lui qui ne dit pas tout sur sa façon de concevoir la vie simplement interprète d'un de ses paroliers.

Ce qui est vrai, c'est que ces "vieux" écoutent plus souvent radio "Nostalgie" qu'à leur tour, comme je l'écrivais lors d'un anniversaire récent.

Il y a aussi la justice naturelle, fatale, l'arrivée à la gare de fin de parcours avec la sanction "perpète". Une maladie, un accident qui se terminent mal. La médecine n'est pas une science exacte et les magiciens n'ont pas encore "le" philtre de jouvence.

Puis, il y a ceux qui étonnent, qui partent avant l'heure pour le grand voyage de non-retour, en n’atteignant même pas la retraite. La minute de silence et les souvenirs pour un temps des autres. 

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Dernièrement, parmi les célébrités, ce furent les perles qui avaient perdu leur support.

Silvia Kristel, qui en 1974, avait pris le rôle d'Emmanuelle en divers épisodes chauds, érotiques comme Jaeckin, son réalisateur, comme spécialiste, le racontait. L'érotisme est passé à la trappe de la pornographie.

"A la casse", lançais-je avant de partir de la vie active. J'exprimais ce besoin de transmettre un flambeau, au mieux, entre générations dans cette grande course relais de la vie.

Madre de Dios, les vieux, cela coûte vraiment de plus en plus cher...

Rien de changé? Si.

Les "poubelles de l'histoire" (désolé pour ce mot) se sont remplies plus rapidement et on ne sait plus où les déverser parce qu'il y a moins de places disponibles ailleurs que dans des homes qui font fortune. 

0.jpg"De pilier en pilier", un article pour comprendre comment se préparer à la retraite et ne pas trop dépendre de la seule pension ou des "suivants".

Car, le papy-boom est là, il est même dépassé par le baby-boom... 

En 2011, +5% de retraités, de pensionnés salariés, en plus. En cinq ans, la grimpette de retraités s'est accrue de 23,8%. Maudite médecine qui ne fait qu'une partie du boulot.

Dès lors, aux retraités, j'intimais, il y a déjà longtemps, l'envie aux "Papy, de continuer de boomer".

Soutenir la génération suivante comme la situation est devenue plus dure pour elle. Je parlais des papy-boomers qui avaient épargné pendant leur vie et qui ne comptaient pas trop sur le baby-boomers.1.jpg

J'écrivais dans un billet de "Les Réflexions du Miroir auraient pu s'appeler "Itinéraire d'un enfant gâté" avec des séquences comme celle-cicelle-là ou encore celle-là, découvrir ce qu'on n'aurait pu faire quand l'heure de la retraite a sonné et quand on dispose, de ce fait, de plus autant de temps pour tenter d'être témoin de son temps ou du suivant.".

Avant, cela n'a pas été le cas et les mauvais coups volaient bas dans un "service pompier" qui doit réagir dans un temps minimum mais sans mettre une véritable rustine.

0.jpgMardi dernier, j'assistais à une présentation destinée à rappeler la situation mondiale et l'art de bien organiser son patrimoine et sa succession en fonction de la "nouvelle mesure fiscale anti-abus". Le but, ne pas subir une ponction trop forte du côté de chez Swann, comme pourrait le chanter Dave avec plus de recul.

L'âge moyen des présents aux environs de 60 ans.

Peu de questions après la première partie. Un manque de temps pour les questions pour celle qui parlait de la succession et des derniers tours de vis du fisc. Je m’apprêtais à poser la question humoristique "Et Albert Frère, comment a-t-il réglé sa succession?".

Mais le quota des questions était déjà écoulé, trop vite dépassé.

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Quant au temps, lui-même, quelque part, devrait-on ou non s'en moquer?

La physique de la Magie du cosmos, nous apprend que tout est faux, que tout est déjà dans la boîte du temps, comme le serait un fleuve figé par la glace.

Ne riez pas. Le passé, le présent et le futur existeraient déjà sans distinction, en suivant la théorie de la relativité d'Einstein..

Une théorie qui dit, en plus, qu'on vieillit moins vite quand on reste en mouvement.

Cela donne des idées ou je batifolle? 

0.jpgS'il faut bien que jeunesse se passe, pourquoi n'en serait-il pas de même avec la pseudo-jeunesse des plus âgés avec l'expérience en plus?

Obsolète, tout cela? Jeunes, ne misez pas trop vite sur la charrette sans y ajouter les boeufs.

Alors, oui, il y a les "has-been", ce qui survient quand la société rejette dans les cordes ses anciens héros.

Ils deviennent, parfois, des rebelles quand tout patine sur place et que le schmilblick n'avance plus et devient un schmilblock. 

"Quand survient la dépendance", écrivait l'un d'eux.

"Nous sommes tous des réactionnaires" à baigner dans son bain, disait l'autre.

Fin mai, un "Questions à la une" nous emmenait à la rencontre de ces retraités ou pré-retraités en deux épisodes que je vais remettre en étapes chronologiquement. 

1. Tous au boulot jusque 70 ans ?

Résumé: "C'est plus que probable, nous travaillerons bientôt tous jusqu'à 70 ans. Financièrement, notre système de pensions est en effet complètement déstabilisé par le vieillissement de la population (En 2050, la moyenne d'âge sera de 90 ans pour les hommes et de 95 pour les femmes). Le sauvetage est donc urgent ! 

La solution? L'allongement des carrières. Une idée qui passe très mal chez nous, et qui a déjà occasionné grèves et blocage du pays. Les autorités ont alors choisi de faire passer la réforme pas à pas. Méthode plus efficace puisque sans opposition, il est déjà plus difficile de quitter le marché de l'emploi pour la pension ou la préretraite. Ce n'est pourtant qu'un début !"

0.jpgA revoir cela, c'est comme si on était à des années lumière.

Le vieillissement de trop de population en une fois et l'impossibilité de trouver les fonds pour assurer la retraite de ses aînés, le trop plein de production, ce serait donc cela qui a changé par rapport aux générations précédentes.

Le relais n'est plus assuré.  

Travailler jusqu'à 70 ans, certains, toujours en forme et avec des tâches intellectuelles, le désireraient à un rythme plus doux, ils ne le pourraient pas dans le privé, non prévu. 

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Allonger les carrières, chez les indépendants, c'est déjà le cas. Le nombre des indépendants de plus de 65 ans a augmenté de 10% ces cinq dernières années. 7,6% des indépendants sont dans le cas.

En cause, la maigre retraite et une ponction trop faible pendant la vie active n'apportant qu'une pension moyenne de retraité de moins de 500 euros alors que chez les salariés et les fonctionnaires la moyenne s'élève à 787 euros de pension. Que nous réserverait l'avenir ?

Un voyage étonnant vers un futur où tout serait mis en place pour que les seniors puissent continuer à travailler et dans lequel ceux qui n'auraient pas de carrière complète seraient remis au boulot par des agences spécialisées?

Spécialisées pour faire vieillir? Quel projet ambitieux...

Le retraité se repose sur des piliers. Ces piliers vacillent aussi à tel point que chacun a l'impression de les soutenir, du mieux qu'il peut. 

0.jpgLes pensions complémentaires du 2ème pilier, les assurances-vie seraient en danger, vu la faiblesse des taux d'intérêts et les turbulences sur les marchés. Elles font peur aux assureurs qui affirment ne plus pouvoir honorer les rendements garantis des contrats qu'ils ont signés avec leurs souscripteurs. De plus les frais de gestion peuvent grignoter jusqu'à 5% de cette assurance groupe. "Restons groupier", qu'ils disaient...

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La situation serait même alarmante pour les démographes qui ressassent le défi posé par l'arrivée prochaine à la retraite des baby-boomers.

Produire plus de richesses avec des bras et des cerveaux, c'est vite dit encore faut-il y ajouter un peu d'infrastructure. Sans progrès, rester en panne de croissance, ce serait la catastrophe. L'emploi que les jeunes postulaient à la suite de leurs études, ne trouve plus l'assurance de trouver un débouché valable et leur chômage prend des proportions inquiétantes en échange...

Un drame de sacrifiés... Pas de doute là-dessus. 

Les "petits" métiers rencontrent restructurations, délocalisations, faillites frauduleuses, offshore, d’où pertes d’emploi et le chômage. Le goût de se battre s'étiole.

En fin de compte, les dommages sociaux inhérents au système condamnent les couples à travailler ensemble à en devenir carriéristes sans successeurs.

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«En Allemagne, la femme est toujours en train de courir. Une entreprise évite d'engager une jeune femme car elle risque de faire un enfant. Ici, c'est quand même autrement facile.», répond-on en Allemagne.

Oui, mais, s'il faut des travailleurs actifs, il faut surtout qu'ils aient un salaire décent pour assurer "cet après" sinon ce n'est que partie remise.

La solidarité se perd. C'est évident. Tout est fait pour que cela se passe de cette façon quand il n'y a pas de place pour tout le monde.

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Nationalismes, régionalismes font perdre la montre en or comme le faisait comprendre Marc de Vos après le nouveau coup de Ford-Genk.  Nous n'étions encore qu'à la première phase en cette semaine. Les vagues de destruction d'emplois se sont succédé à un rythme accéléré ensuite. On aimerait trouver le mot "fin" au bout de la phrase.

0.jpgThomas avec son humour qui le caractérise, lançait sa pierre dans l'eau.

Il a peut-être raison, le fonctionnel ne suffit plus pour plaire au consommateur, il faut être sexy pour plaire.

La société de consommation pousse à consommer. Consommer, oui, mais pas n'importe quoi et n'importe quand. Sinon, on s'empiffre et on grossit inmanquablement.

Certains petits malins ont déjà compris comment profiter des aides (allocations familiales, bourses d’étude, etc.) … sans préparer de futurs travailleurs actifs.

Les années entre deux générations diminuent. Les enfants constatent que leurs parents ne s’occupent plus de leurs grands-parents, les parents, de leurs enfants. 

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C'est chacun pour soi qui règne... tant qu'il est encore temps.

-Aide-moi? Aide-toi et le ciel t'aidera !

- Et ta soeur, elle bat le beurre?

Je n'ai pu résister au comique de situation de cette annonce qui disait "Les seniories, ultime 'place to be' pour les assureurs" bien que le sujet de l'article touchait l'immobilier. Que l'idée, elle est bonne. Si on les y envoyait aussi ... 

 

2. La retraite est-elle plus belle au soleil ?

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"La misère serait moins pénible au soleil", Charles Aznavour le chantait dans sa chanson "Emmenez-moi".  

40.000 belges se font verser leur pension à l'étranger. C'est à dire 50% de plus qu'il y a 10 ans. Ils sont en effet chaque année plus nombreux à quitter la grisaille pour aller vivre sous les palmiers. 

Mais qu'est ce qui fait partir ces retraités? Si le souvenir de l'odeur du sable chaud reste la première motivation des pensionnés, le coût de la vie est de plus en plus souvent cité comme explication par les candidats à l'exode.

La retraite à l'étranger n'est donc plus l'apanage des pensionnés fortunés car quand on a une petite pension, il fait bon vivre dans un de ces pays où la vie est moins chère que dans les pays du Nord.

1.jpgLa crise en Espagne, fait penser à acheter sa maison à bas prix. 
Moins cher, les mots à la mode. 

Pourtant, il y en a qui en reviennent. Avaient-ils trop couru dans un escalier pour partir et se devaient de revenir en catastrophe? Un bobo qui, là-bas, ne trouve pas de réponse?

Courir, marcher, cela se mérite, cela se construit.

Aujourd'hui, il y a six ans, jour pour jour, juste avant la "grande crise", ce fut ma propre sortie de la vie active. 

Je concoctais pour l'occasion, une pièce en quatre actes que j'avais appelé "Rock around the clock". 

0.jpgUn souvenir pour moi et pour ceux qui y étaient. Un petit extrait de la vidéo qui m'a fait sourire après coup car je n'avais aucune expérience dans ce genre d’exercice: C'est ici 

 

Mais, comme tout finit par une chanson ou une parodie, je prendrai celle de Jeanne Mas, "En rouge et noir",  que je vous demanderai de revoir et de réécouter la vidéo avec attention.


Une chanson qui date de 1986, 26 ans depuis lors, et cela semble toujours en pleine actualité.

Je suis sûr que certains comprendrons ce choix.

"Une arrière saison" comme le chante Sheila que l'on regarde dans le rétroviseur.

J'espère seulement que le changement d'heure du week-end n'emportera pas (semi-)jeunes et (demi-)vieux dans le blues hivernal et sonnera la fin de la récréation.

 

L'enfoiré,

 

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Citations:

  • « Si vous voulez vivre longtemps, vivez vieux. », Erik Satie 
  • « On est toujours le jeune d'un vieux et le vieux d'un jeune. », Alexandre Carlson
  • « Plus vieux est le bouc, plus dure est sa corne. », Proverbe belge

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Mise à jour du 6 novembreTestament.be organisait une exposition qui a fait le plein "de vieux" au Beaux Art de Bruxelles. Le but: recueillir les legs et donations au profit d'une bonne cause. Des ONG de toutes sortes étaient présentes. Jacques Mercier, l'ancien journaliste de la RTBF prettait sa voix (son blog).

J'y suis allé. J'ai tout vu. Convaincu pas encore? A revoir...

Heureusement, fin novembre, il reste bientôt le salon Zenith, le salon pour les "p'tits vieux" BCBG. 


0.jpgMise à jour 24 novembre
Jogging au Salon du Zénith. Une dizaine de kms avant d'y arriver. Puis, l'entrée de deux sales, où déambulent le 3ème et le 4ème âge. Tout est fait pour attirer et pour créer l'envie de voyages, de se sentir mieux dans sa peau, d'avoir envie de vivre et à consommer.

21/10/2012

Je ne suis ni mort, ni muet

Nous sommes une semaine après les élections communales en Belgique. Rarement, nous avons eu à constater une rixe politique aussi bien orchestrée pour laver le linge sale entre familles politiques. 

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Il y a eu la contre-attaque.

Il y a la réaction de Joëlle Milquet. D'anciennes alliances qui ont volé en éclat.

Dans un Café serré, il y a eu l'humour de Gunzig qui parlait des retournement d'alliances, des bourgmestres qui perdaient leur place dans un jeu de domino sans fin.0.jpg

Puis, il y a le Café lao, un café préparé avec des grains, servi dans un verre, avec du lait concentré sucré au fond et un verre de thé lao pour pousser le café.

C'est ce à quoi Alain Sapanhine, ex-Molenbeekois qui coule des jours heureux au Laos, vous invite et parle, lui, de Philippe Mourreaux en relation avec un passé qu'il a toujours en mémoire. 

Je lui cède la parole. Je ne connais rien de cette histoire politique au allures de Parrain.

 

L'enfoiré,

 

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Lettre ouverte d'un ancien Molenbeekois à l'ancien bourgmestre, Monsieur Mourreaux …

« Je ne suis ni mort, ni muet », c'est le seule chose que nous avons en commun.
Ancien molenbeekois, je coule, actuellement, des jours heureux au Laos.

Quand j'ai entendu votre mépris pour ceux qui vous ont dégommé de votre place de bourgmestre après plus de 20 ans, mon sang n'a fait qu'un tour.

Vous continuez à accuser la N-VA qui menance le système belge, sur les antennes de la RTBF de l'Indiscret. Une alerte rouge, dites-vous... Ne pensez pas que je dédaigne les avertissements.

Mais, je me permets de prendre mon ticket comme au rayon boucherie puisque c'est rouge. :-)

Mr le Bourgmestre blackboulé, ma vérité n'est pas la vôtre dans beaucoup d'autres domaines et les souvenirs me sont revenus après dix ans, comme si c'était hier.
Je dois avouer, Monsieur Philippe Moureaux, que j'appellerai Mr M. pour faire court, que je suis heureux de vous voir enfin dégagé. A votre actif, vous n’avez rien, si ce n’est ce que vous avez demandé qu’on vous octroie sur le compte des deniers publics en fonction de votre pouvoir occulte. Votre technique, on connait. Toujours décider sans en référer à qui d’autre qu’à vous-même, de ce qui était bon et ce qui était mauvais pour ma commune. Encensé tout ce qui venait de vous. Méprisé tout ce qui venait d’autrui. Vous avez tout détruit, c’est là, la seule victoire à votre actif. Cela jusqu'à accuser et rendre responsable la presse de racisme.
Avec morgue et malhonnêteté à tout le moins intellectuelle, nous y reviendrons.

Maintenant qu’on vous a enfin exclu de la gestion communale, résultat que vous n’acceptez pas, le fait est que vous laissez une commune en triste état, une entité populaire que vous avez transformée en république de voyous. Un échec patent dont vous osez encore vous gausser comme s’il s’agissait de la meilleure chose qui eut pu arriver à votre commune. Vous avez volontairement suscité la division entre les citoyens, entre riches et pauvres en suscitant en suscitant une dépendance à tout va pour vous assurer une réserve d’électeurs, pris fait et cause pour l’obscurantisme, un comble pour un agnostique ou prétendu tel. Votre manière de rabaisser les autres avec des propos ridicules, vos calculs machiavéliques pour vous assurer le droit de parler en notre nom à tous ont duré presque 21 ans. Molenbeekois d’adoption ou soi-disant tel, vous vous êtes montré d’un populisme à effet variable qui n'a rien à envier au populisme de Bart De Wever, devenu bourgmestre d'Anvers, mais en plus sans foi ni loi. Reconnaissons à ce dernier qu’il n’est pas un chasseur de mandats, ce qui est très loin d’être votre cas. Vous avez toujours eu un double discours en fonction de la sociologie de vos administrés, en vous aliénant de manière quasiment maladive tous les pouvoirs en gérant seul et en ne laissant que des miettes aux autres.
On ne se met pas d’accord avec Mr M. On s’incline devant lui, c'est tout.

Deux décennies de pouvoir absolu et sans partage. Et pour faire bonne mesure, vous n’admettez pas que la démocratie ait enfin déboulonné votre statue qui n’a jamais eu aucune stature.

Vous avez méprisé ceux que vous avez mis en échec en changeant d’alliés quand vous n’aviez pas les moyens de gouverner seul, gagnant. Résultat de ce jeu de dupes à tout le moins antidémocratique, votre liste a perdu 25 % de son soutien.

Vous n'acceptez le verdict populaire que lorsqu'il tourne à votre avantage. Pire, vous ne comprenez même pas toute l’exaspération épidermique vis-à-vis de votre personne. Vous maudissez tous ceux qui vous ont trahi alors que le traître, ce fut toujours vous et ce restera à tout jamais vous.

Pour faire bonne mesure, dans TOUTES les communautés de ce melting pot qu'est Molenbeek dont vous avez ligué contre vous jusqu'à la partie active des nouveaux Belges qui vous donnent là une leçon de démocratie à laquelle vous n’aviez jamais songé. Un Maire a vocation d’unifier l’ensemble des habitants de la commune dont il est le responsable. Vous avez fait exactement l’inverse en montant toutes les communautés locales les unes contre les autres et les inactifs structurels à qui tout est dû sans les devoirs qui vont et ce contre ceux qui ont fait preuve d’adaptation. Fait curieux entre tous, Molenbeek est une des communes où il y a à la fois le plus d’indépendants et le plus de chômeurs  !

Quel clan avez-vous choisi pour assurer leur futur ?

Le Parti du socialisme ? Dans le fond, je n'en suis pas aussi sûr.

Oui, je suis ravi de vous voir enfin hors d’état de nuire…
Un peu d’histoire pour rappeler au lecteur comment Mr M en est arrivé à coloniser une des communes les plus pauvres du pays alors qu’il venait des beaux, très huppés quartiers de la Capitale et que rien, sinon son orgueil démesuré et sa vocation à la traîtrise, ne le prédisposait à s’occuper des plus faibles. Ce rappel historique de vingt ans d’obscurantisme se suffira à lui-même.

Arrivé en catimini en 1991 et, désavoué dans les grandes longueurs, il ose encore maudire et exsuder sa rage sur ceux qui se sont levés contre lui.

Bien trop narcissique pour le comprendre.

20 ans de mayorat alors qu’une législature dure 6 ans. Cela ne fait pas le compte. Un putsch au milieu ?

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En vérité, Mr M. a soigneusement préparé son investiture. La majorité molenbeekoise, cela fait maintenant 24 ans qu'elle fut négociée comme suit: MR et socialistes étant presque à égalité, le pouvoir se partagea entre les deux clans. 3 échevins pour les deux camps et le mayorat d’abord pour le MR (PRL à l’époque) avec Mr Spiegels, un pâle individu qui, de surcroît émergeait au chômage, ce qui en soi n’était pas inique, car il n’avait aucune compétence pour aucun boulot, même quand il en courait plein les rues. Ensuite, la seconde partie de la législature serait confiée au nouveau venu qui est resté soigneusement tapi dans l’ombre après avoir envoyé en première ligne trois de ses hommes-liges pour coloniser l’administration, le budget, les affaires sociales et l’urbanisme. Mr M. venait de quitter sa fonction de Ministre des Affaires économiques. Ministre, on peut l’être de deux manières.

Soit en cadrant l’activité du secteur dont on est responsable, soit en intervenant dans ses rouages pour y imposer ses conceptions, celles qui avait fait d'André Cools l’homme le plus puissant de Wallonie, lui qui gérait en sous-main via les intercommunales toute la partie étatisée et semi-étatisée de l’économie du Sud du pays, le pouvoir étant à l’époque exercé par les sections liégeoise et bruxelloise du Parti à la rose des sables.

Surprise, ce ne fut plus jamais le cas après… Les Hennuyers se sont bien rattrapés depuis.

Et qui larmoyait en se présentant comme héritier spirituel du leader assassiné ? Mr M devenu entre-temps Président de la section bruxelloise du PS.

Le même Mr M qui a dit à maintes reprises qu’il savait le pourquoi de l’assassinat de Cointe mais n’est jamais allé plus loin dans ses allégations, une de ses méthodes favorites : dire urbi et orbi qu'il sait, mais jamais rien ajouter. Van Der Biest, le lampiste ivrogne, dont on n’a jamais su par qui il s’est laissé berner a fini par se pendre et la vérité judiciaire n’est jamais allée plus loin.

Serait-ce une manière torve de signaler à d’autres que ... ? Une hypothèse parmi d’autres, plausible en tous cas. Menacer de procéder au grand déballage ou préférer laver le linge sale en famille et rien préciser.

Une des phrases de Mr M prononcée au Micro de la RTBF est pour le moins « amusante »: "Du temps où j’étais Ministre, on pouvait se permettre n’importe quelle dépense sans la moindre nécessité budgétaire, pourvu qu’elle soit compensatoire dans nos rapports intra-communautaires". C'est donc gérer toute la mâne de ce qui était inutile et rapporter gros tant en fric qu’en puissance. Avec le recul, tout le monde s’accorde pour dire que son parti s’est révélé d’une inventivité rare dans l’inutile. Une catastrophe dont nous payons encore les effets aujourd’hui, car ce n’est pas le développement postindustriel qui a été mis en avant, mais la seule mainmise.

Le résultat a dépassé toutes les espérances et, une fois parachevé sur tout le territoire wallon, le pouvoir interne du PS est passé au Hainaut dont sont issus ses trois derniers présidents.
Lors de l’affaire AGUSTA, Monsieur Spitaels, Président du PS fut condamné, c’était le numéro un du parti. Secrétaire Général de la Fonction Publique, Merry Hermanus le numéro 3, fut également condamné à titres divers pour …disons, trafic d’influences. Le numéro deux, Mr M ne fut jamais inquiété. Idiot car jamais au courant de rien, ou alors, à ce point puissant qu’il a pu impunément passer à travers les mailles du filet.

Je vous laisse deviner ma position...

Revenons à ma chère commune ! En trois ans de colonisation de l’administration locale, les petites mains avaient fait de l’excellent travail. La proie étant démentiellement facile, ils avaient déjà la mainmise sur tout en attendant l’arrivée du Maître en tablier – pas en salopette, faux leader ouvrier, il n’en a sans doute jamais porté une de sa vie durant. Tout était en place: la domination politique et l’instrument chargé de la mettre en pratique. La connaissance du terrain, de tout le tissu associatif, de tous les organismes paraétatiques dont aucun ne se trouve ni à Boisfort, ni à Auderghem, ni même à Evere, mais qui sont en surnombre à Molenbeek. Autant d’électeurs supplémentaires, d’obligés comme on dit quand on ne peut pas le dire mais qu’on dit quand même.
Mission accomplie, Molenbeek la pauvre l’est encore cent fois plus aujourd’hui. Résultat à long terme de la politique néfaste mise en œuvre par son grand Moi, Sa Sainteté Flupke, celui devant lequel il faut se taire, si pas se recueillir. N'est-il pas de droit divin le seul à savoir ce qui est bien pour vous. Ne discutez pas et dites-lui plutôt merci: cet homme est bon, il défend les pauvres.

A ce qu’il dit, du moins…

On nait dans la famille qu'on peut. C'est évident. Le papa de Mr M était un "gros" notaire et la maman héritière de la famille Blaton.

Son frère Serge fut d'abord député FDF, puis passera plus tard au PS lorsque le parti amarante commença à perdre des plumes et donc son influence.

Soit dit en passant, l’ex-épouse (Madame Dupuis) est encore aujourd’hui chef du groupe PS à la Région bruxelloise. Le pouvoir en famille, rien qu’en famille. Quoi de plus logique pour un ex prof à l’ULB, dans la même branche que Bart, mais au moins un niveau au-dessus de celui qui ne s’est jamais penché que sur le sort des anciens collabos.

Question machiavélisme, entre ces deux-là je dirais: match nul !

Avec une autre méthodologie Calimero que celle de la victimisation, cela va de soi. Il aurait eu du mal, notre bon Mr M est resté riche, très riche, n’a jamais donné une once de ce qui lui appartient aux pauvres, n’a quasiment jamais vécu en son domicile rue de la Mélopée, mais chez une petite jeunette engagée au Cabinet Piqué qui occupait un appartement, social bien entendu, au Parc du Peterbos. Sa petite Mousmé, si on prête foi aux croyances populaires. Le week-end, Monsieur Moustache se repose en sa villa de campagne à Ittre. Fortuné de naissance, il s’est couvert de mandats pour assurer le quotidien, contrôler la plus puissante de nos loges, l’information sur Télé-Bruxelles, la RTBF, Le Soir et La Libre Belgique, les budgets locaux via son réseau de camarades. Intervenir où et quand il veut, toujours sous forme d’anathèmes ou alors pour s’adjuger le mérite d’avoir été le premier à préparer un nouveau plan, manière efficace s’il en est de s’en assurer la paternité sans en faire plus que l’effet d’annonce. Uniquement dans l’émotionnel, jamais dans la pratique. Une bête politique avec tout ce que ce mot a de rébarbatif et de juteux, cela va de soi. Lui, le grand homme de communication, le francophone qui tient tête aux Flamands, aux vampires de l’asocial, le réalisateur de tous les plans B qui n’ont jamais vu le jour, celui qui a trahi Bruxelles. Pas rien que Bruxelles d’ailleurs. Il a même abandonné les travailleurs, préférant s’assurer le vote de ses nouveaux fidèles au nom de la tolérance. Avec les résultats que l’on connaît : un taux de chômage molenbeekois alarmiste (plus de 60% chez les jeunes !), une société incontrôlable, une zone de non-droits, une commune sociologiquement coupée en deux, un Molenbeek irrationnel qui fait tache d’huile diraient les Flamands. Une commune incivique où plus personne ne se sent chez lui. Une entité d’une saleté repoussante à certains endroits, mais de l’insécurité partout. Du trafic de came à ciel ouvert. Des flics démotivés par le laxisme et qui finissent par comprendre qu’ils ne peuvent surtout pas exercer leur rôle. Un tiers-monde en train de se faire supplanter par un quatrième, un lumpenprolétariat dont on se demande de quoi il vit en un monde dont il ne reconnaît pas « les » valeurs, mais bien « la » valeur…

L’humanisme au service des pauvres ...il n’en faut pas plus pour dire que c’est ainsi qu’on les défend.

Le journal "Le Soir" lui a un jour demandé à quel endroit de la commune il aurait préféré habiter.

Sa réponse : «  Au château du Karreveld »

Ce château où notre bon Châtelain a transféré les séances du Conseil Communal. Château où il se sent, selon l’expression consacrée, si bien chez lui et qu’il a fait rénover à grands frais par les deniers publics en enjolivant le parc de séquoias et d’espèces rares qui ont toutes coûté la peau des fesses. Jardin privatif qui a coûté une fortune au contribuable local alors que la plupart des anciens immeubles sociaux sont dans un état lamentable.

N’est pas socialiste qui veut, voyons !

Sorti vainqueur des élections de 1994, ce qu’il présenta comme un triomphe alors que la commune venait d’élire le plus grand nombre de représentants de l’extrême-droite de tout le pays – 7 sièges, un record absolu ! il eut l’intelligence de se présenter sur une "liste du Bourgmestre" en y incluant le seul représentant de l’ex-PSC et en retira les fruits en conquérant une majorité de toute justesse absolue qui lui permit de gouverner seul et sans partage. L’Etat Central, les amis de Mr M lui offrirent un très beau Boulevard Léopold II, l’immeuble de la Communauté française face à la KB, celle qui s’est tue sur toute la ligne avec Tour et Taxis, mais est dorénavant propriétaire en sous-main de toute la zone le long du canal. Une fantastique opération immobilière qui se réalisera un jour mais qui existe déjà sur le papier. Je n'en veux que pour preuve la rénovation de l’avenue du Port dont voulait faire une autoroute de pénétration la très chère Madame De Wever, la très en chair Ministre régionale des Transports Moeke Grouwels. Projet qui a été stoppé par les citoyens mais qui a coûté des dédits auprès des fournisseurs déjà engagés dans l'affaire.

Tour et Taxis dont Mr M, paranoïaque, a toujours prétendu vouloir faire un grand lieu associatif en mixité avec des sociétés privées. Heureusement qu’il y a des Salons comme celui du Livre, un Couleur Café pour le rentabiliser car le privé, dégoûté par ce coupe-gorge a fini par l’abandonner. Peut-être que ce haut-lieu d’architecture industrielle sera-un jour acheté rubis sur l’ongle par le Qatar pour y construire un nouveau centre de recueillement collectif, une basilique avec tour de guet, parkings à Mercedes et tout et tout pour les supporters tout de blanc vêtus.

Bref, comme tout Calife qui se respecte ou qualifié pour le devenir, Mr M s'est planté dans les grandes longueurs en faisant payer par d’autres son bilan social minimaliste avec les moyens de sa redondance. La misère de rue pour tout bilan. Revenu un temps, en 2000, j'ai pu voir deux gosses de 20 ans en état profond de manque à l‘intérieur même du commissariat. Les flics ne savaient quoi faire. Des dizaines d’ASBL, toutes subsidiées évidemment, du tout et du rien sur le territoire communal et pas une seule pour la drogue… . ASBL qui ferment à 16h30 ou qui ne fonctionnent que le week-end, à certaines heures seulement pour le grand public, ou encore dont les employés payés par les deniers publics sont trop souvent occupés à autre chose, entendez par là prêcher la bonne parole sur le compte du pouvoir subsidiant. Des associations de quartier dont il désigne lui-même les responsables, des animateurs de rue, des hordes de conciliateurs sociaux, des maisons de jeunes où l’on fume du shitt dès la nuit tombée, l’auberge de jeunesse de la Capitale, des maisons pour femmes battues, des centres de guidance ….et même de planing familial !

Soyons francs : le seul domaine ou l’éducation fonctionne, c’est l’école de devoirs créé par les associations islamiques. Hors le voile obligatoire, c’est une réussite totale. Sans subsidiation aucune, qui plus est. Les filles y sont remarquablement soutenues pour préparer le futur, l’Université, la pérennité multiculturelle où elles auront un jour leur place, cela se dessine déjà. Pour quoi faire ? Un pas de géant vers la liberté ou un retour à un traditionalisme machiste que les Belges de souche pourraient considérer moyenâgeux, contraire à nos valeurs ?

Le génie de Mr M., c’est d’avoir su se créer un réseau de fidèles. Il n’y a plus d’extrême-droite au créneau, mais depuis 10 jours un représentant de la charria régulièrement élu sur la liste ISLAM. Il a réuni 4.000 voix sur son nom, tout un symbole du laboratoire et ses cornues.

Une commune où on ne peut raisonnablement devenir fonctionnaire, contractuel ou passer à un niveau supérieur qu’après avoir pris la carte du parti, celle qui permet toutes les ascensions. Toutes fonctions servant à gérer la masse de contrats publics, les projets qui ne verront jamais le jour, l’occulte qui est jeté à fonds perdus, les adjudications quand il n’y a pas moyen de les éviter en saucissonnant leur coût pour rester en-dessous de la limite légalement autorisée et confier leur réalisation aux amis de mes amis comme le recommandent les préceptes de la fratrie.

Toujours le même chauffagiste, toujours le même fournisseur de matériel didactique et de bureaux (la famille de l’ex Premier Échevin), toute la mâne des procédures d’urgence que le Conseil Communal est obligé d’avaliser à posteriori, toute la préparation des réunions de quartier où on prend les gens pour des cons : on leur demande leur avis, on dit qu’on en tiendra compte et, dans le quart d’heure qui suit, c'est autre plan préétabli qui prend le dessus. Mais tout le monde s’avère satisfait de la future nouvelle réalisation communale demandée au nom de tous par le « bien-aimé » des uns, Mr M. Lui va intercéder auprès des autorités que contrôle Mr M. Il agit comme un Parrain qui en récupère les bénéfices ultérieurement.

Eponger la facture de toutes ces fantaisies inutiles ou qui s’avèrent hors propos avec le temps, ce n'est pas son problème.

Un exemple : ses plaines de jeux qui devaient être la panacée (avec kiosque à musique parfois) sont devenues en moins de deux ans des hauts lieux de trafic de drogue, des endroits d’où sont exclus - en paraphrasant Copé - tout qui n'est pas anti-blanc. Même nos compatriotes d'origne asiatique n’y ont pas droit de cité !

Mr M qui fut un jour prof de critique historique, je lui livre ce qu’a, un jour, dit Lénine :

« Pour faire la révolution, il suffit de la fomenter. Après le soulèvement, on affame le peuple. Ensuite, on lui donne un quignon de pain et chaque petit chose vous en remerciera du fond du cœur. Puis, vous les leaders, donnez aux plus fidèles quelques tranches de saucisson. Vous meublerez sans difficultés le cadre bas du Parti et vous aurez le contrôle politique total de la société, car le pouvoir est dorénavant à vous. ».

Mr M, cette forme de critique historique, je l’ai apprise dans une autre université que la vôtre. Vous qui nous surclassez tous par vos états d’esprit, votre discours caustique, la haine et le mépris de tout qui ne s’incline pas devant vous, le pourfendeur, vous l’excommuniant enfin excommunié depuis une semaine.

Élections locales de 2000. Là, cela devient tout chaud, je fus, vous allez comprendre pourquoi, partie prenante. Comme dirait l’autre, aux premières loges pour saisir la turpitude, les accords secrets, les mensonges avérés, le machiavélisme qui lui a permis de rouler les écolos dont j’eus pu briguer la tête de liste alors que je ne savais rien - ni moi ni aucun autre - de l’accord qui s’était tramé entre la fédération bruxelloise du PS et, disons les choses comme elles sont, les staliniens bobos qui sont à la tête de la Régionale bruxelloise du mouvement écolo. Un accord secret négocié entre Mr M et Henri Simons (passé ensuite au PS où il occupe une place de choix à la Ville de Bruxelles pour services rendus) qui prévoyait l’adjonction automatique des Verts à toute majorité sortie des urnes chaque fois que cela s’avérait nécessaire. Personnellement, j’avais toujours défendu un éventuel accord avec le MR si c’était possible car il vaut mieux se mettre en cheville avec l’ennemi que de se faire immanquablement bouffer par l’allié dont on ne serait que la cinquième roue de la charrette. Une logique personnelle. Une position qui alerta tellement la direction générale du mouvement à laquelle j’avais opposé les statuts du parti disant explicitement que chacune des sections locales était maître de son destin, ce qui l’avait foutue dans un fameux embarras. Ils trouvèrent la parade en faisant domicilier un des deux Présidents nationaux du mouvement, précisément au Boulevard Belgica, 42 jours avant l’élection (limite pour être candidat effectif de 40 jours ) Jamais, celui-ci qui triompha bien sûr au pool auquel je décidais de ne pas participer, n'avait dit aux membres quelles étaient les intentions du mouvement et qu'il y avait un accord préalable avec le Parti à la rose sans épines. Ce genre de pratique s'est révélé à nouveau au plus grand jour pendant la semaine écoulée. L’obscurantisme, une autre manière de faire de la politique par la théorie, la bonne gouvernance vue, elle, côté pratique…

En moins de deux heures l’accord fut paraphé : Ecolo recevait deux échevinats, le commerce et l’urbanisme… Tout s'achète.

Le commerce ? Un échevinat sans administration, inutile, purement honorifique dont la représentante est, dès la fin de son mandat, passée au MR…

L’urbanisme ? Un échevinat dont les services administratifs étaient sous coupe d’une chef de service qui était l’épouse du Premier Echevin, socialiste bien sûr !

Mais, mieux encore : TOUS les mandats para-communaux donnant lieu à rémunération passaient aux camarades rouges et presque toux ceux qui étaient gratuits furent conférés aux Écolos.

Pour la seconde fois consécutive, le Diable tirait toutes les ficelles et, au bout de la plus usée d’entre elles, on trouvait la chèvre verte de Monsieur Seguin, chère à Alphonse Daudet.

Dégoûté, je n’ai pas renouvelé ma carte de membre, j’avais une toute autre idée de ce que devait être la politique. Vérification sur le terrain, l’Echevine de l’urbanisme n’eut rien à dire et vit tous ses projets contrecarrés. Celle du Commerce fut tournée en ridicule par sa propre communauté. Des cinq élus, il n’y en eut que deux à terminer leur mandat et Sarah Turinne, qui a eu le chic de s’habiller en femme de ménage, pointa le bout de son nez.

Amen, la messe était dite. Mr M put pour la seconde fois gérer Molenbeek à sa sauce.

Gérer ? Vous en avez de ces mots, vous !

En 2006, nouveau scénario. Devenus inutiles, les Ecolos furent remplacés par le MR qui, mouillé dans des affaires datant d’il y a plus de 15 ans, la jouèrent profil bas. Je n’ai rien contre – ni pour, d'ailleurs - Madame Scheepmans à laquelle je reconnais une certaine obstination, mais il faut bien reconnaître qu’elle s’est tue dans toutes les langues. Le fait qu’elle ceint l’écharpe mayorale ne laisse en tous cas pas augurer d’une nouvelle majorité dite du changement. D’autant que toute l’administration qu’elle va devoir gérer se trouve aux mains de «  l’ennemi »  d’aujourd’hui, l’ami d’hier.

Je ne m’étendrais pas sur la gestion des six dernières années. Zéro plus zéro, toujours zéro. Seul le pontife clame les bienfaits de son laboratoire social. Comble du comble, il tente de nous faire prendre sa vessie pour une lanterne en niant l’insécurité grandissante des lieux.

J’allais oublier les trois séquences de destruction collective du mobilier urbain et la révolte contre le contrôle des activistes du mouvement « Sharia 4 Belgium » dont les membres bruxellois se réunissent depuis des années dans un salon de thé au coin de la Place Saint Jean-Baptiste qui sera débaptisée un jour par le confessionnalisme pur et dur.

Lundi dernier, Flupke a donc reçu son préavis pour avoir une fois de plus traité ses alliés potentiels par-dessus la jambe…

Et voilà en sus que notre ex grand homme, blackboulé comme il le méritait et sauvé en partie par le vote ethnique qui cache l’ampleur du rejet de sa personne, ose encore crier à la trahison, ne comprend pas qu’on ait pu se passer de lui, hurle à l’incompréhension, se retire de la politique …mais annonce dès le lendemain qu’il garde sa liberté de parole et son grassouillet mandat de Sénateur. Il faut bien vivre.

Dommage, il eut tant mérité la charrette et les quolibets de la foule, être mis trois jours au pilori sur la Grand-Place de Bruxelles avec interdiction de lui lancer autre chose que de grosses tranches de jambon, sinon ce serait la lapidation assurée.
Retirez-vous, Monsieur Moureaux.0.jpg

Retirez-vous de tout et qu’on n’entende plus jamais parler de votre auguste personne.

Même dans votre propre parti, on commence à vous trouver encombrant, c’est dire !

Leçon une nouvelle fois vérifiée de l’Histoire, tout dictateur souffre d’un grand mal, un syndrome qui est celui du pouvoir sans partage : son incapacité à comprendre le mécontentement que son omniprésence aux créneaux suscite.

Je n'ai pas, ou plus, l'humour incisifs d'un Thomas Gunzig, que L'enfoiré m'a appris à connaitre. Excusez moi, aussi, que je ne suis pas aussi court que lui, qui se doit d'observer comme tous journalistes des timings très précis.

Vous devez reconnaitre et connaitre mon nom en fonction de ce que j'ai raconté.

Le droit de réponse que vous pourriez avoir, je le connais, je le respecte pour et par n'importe qui.

 

Alain Sapanhine,
 

PS:Je remercie les "Réflexions du Miroir" de m’avoir offert la possibilité de m’exprimer librement et déclare prendre à moi seul la responsabilité de cet écrit.

 

Autres articles :

Faut-il quitter Molenbeek?

Lalibre.be Entre mépris et amertume

Le Vif-L'Express: Journalistes islamophobes

Le Soir d'Algérie

Zones de non-droits à Bruxelles

Election du Belge le plus répugnant

"Le sympathique Philippe Moureaux, pour avoir adoré en son temps les icônes staliniennes et fermé les yeux sur le goulag, ne se convertit-il pas aujourd'hui, certes progressivement mais néanmoins profondément, aux charmes des impératifs des mollahs de Molenbeek ?".

Jean-Maurice Dehousse, ancien Ministre et Bourgmestre de Liège - PS, "Le Vif-L'Express", 29 janvier 2010 sur le site de Alain Destexhe

 

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Ce que dit Françoise Schepmans, la nouvelle Bourgmestre de Molenbeek, qui vient de prêter serment, est intéressant.

Le PS est depuis 1939 à la tête de Molenbeek à part, une exception de 6 ans.

Françoise Schepmans a toujours habité Molenbeek. Elle a occupé un poste comme échevine.

Ses reproches de l'administration de Mourreaux: 

  • les compétences compartimentées.
  • pas de projets collectifs
  • pas de chef d'orchestre
  • clientèlisme

Ce qu'elle veut changer

  • jouer à la transparence dans la concertation, consensuelle
  • pas de vision en solo
  • fin du laxisme
  • sensibiliser
  • prévention
  • pas d'angélisme
  • pas d'autoritarisme
  • son modèle Schaerbeek

Son émotion lors de la prestation de serment

 

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15/10/2012

Tijl Uilenspiegel et Brabo ne sont pas morts

Nous venons de terminer des élections communales en Belgique. A écouter les chefs de partis francophones, tous ont gagné en sièges. On arriverait à dépasser les 100% de la population à écouter les pourcentages de réussite de chacun.

Les médi0.jpgas disent "Bart De Wever est bourgmestre d'Anvers avec 37% et il se croit empereur". Il parle déjà de l'étape suivante de confédérer la Belgique, son but de séparatisme ultime, lors des élections fédérales de 2014.

"Le succès n'explique rien, mais justifie tout. Je suis contre la pensée molle. On peut être un écrivain maudit, mais pas un acteur maudit." dit successivement, Fabrice Luccini.

Or, un homme politique est un acteur par essence et par obligation.

De Anvers, ou plutôt de Antwerpen, j'en avais déjà parlé dans une histoire de main coupée

0.jpgJe rappelais, alors, l'histoire de Silvius Brabo qui trancha la main du géant Druon Antigone qui exigeait un droit de passage sur l'Escaut. Cela en représailles aux sévices qu'Antigone faisait subir aux mauvais payeurs. 

Une autre histoire de David contre Goliath.

Avant les élections, le Vif-L'Express publiait une vision théorique de ce qu'est un électeur, de ce qu'il le fait pencher pour un homme politique plutôt qu'un autre.

Le politicien doit parler à votre coeur et pas à votre psyché. L'émotion est cruciale. Il doit être plus séducteur que convainquant. Le cerveau émotionnel ne calcule pas.0.jpg

Facebook recherche les amitiés. L'esprit latin les plébiscite.

La culture flamand, c'est plutôt chez Hugo Claus qu'il faut la comprendre. Son "Chagrin des Belges" explique la différence d'approche. La rudesse assez germanique s'y retrouvera. Juger un Flamand avec un esprit Wallon, c'est comme parler de "french fries" sans ajouter les ingrédients qui vont avec. 

Vivement quelques pickles, un peu de mayonnaise, de moutarde pour compléter le cornet de frites.

Un autre article du même Vif-Express expliquait "Comment mettre la Flandre à ses pieds?" en allant dans l'autre sens.

Atypique, Bart De Wever l'est pour le moins.

Contraire à la théorie qui se trouvait dans le dossier ci-dessus.0.jpg

  • La provocation par les images fortes
  • la pipolisation (hyper personnalisé) 
  • la victimisation d'être repoussé dans les cordes de l'opposition par tous les autres. 
  • le syndrome de l'Arlésienne (faire parler de lui comme une référence insurmontable). 
  • être bon orateur en communication qui utilise des petites phrases assassines que personne n'ira vérifier comme le latiniste qui dit à qui veut l'entendre sans le comprendre "Nil volentibus arduum".  
  • rejeter les débats quand il n'est pas sûr d'être gagnant.
  • Se faire maigrir de 60 kilos en 9 mois, juste le temps d'enfanter un autre homme, qui donnera une marque de ténacité, de volontarisme. 
  • se payer une nouvelle garde-robe avec une cravate en prime. 
  • être calculateur
  • avoir le sens de l'histoire. BDW est historien de formation. 

0.jpgPourtant il n'est pas sympathique, pas sociable, pas jovial et pas séduisant, (ou ne fait aucun effort pour l'être), si ce n'est entre amis flamands et après les élections. 

Pourtant, on ne dit plus Bart de Wever, on ne donne plus que les initiales BDW et tout le monde sait de qui il s'agit. Si pas l'amour, plutôt la haîne que l'indifférence.

La théorie est dépassée par la réalité de la compétition. Nous nous trouvons en plein dans l'analogique, en perdition avec la réalité des chiffres que le comptable se doit de mettre en parallèle avec les budgets.

Comme je suis assez calculateur de par mon expérience en informatique, une solution trop évidente, c'est louche et je dirais "méfiance". Trop de médiatisation, trop programmé.

Il y a longtemps, j'écrivais "Au diable les partis". Un homme politique se doit de mentir pour convaincre. A jouer à pas vu, pas pris. Il se doit de vendre la même salade en y ajoutant la mayonnaise. Le Belge ajouterait à la salade, des frites avec des pickels et de la moutarde.

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Avant les élections, Kroll était refusé par "Le Standard".

S'il fallait remettre BDW à sa place, d'après lui, il imaginait des scénarii:

1er scénario: le faire re-grossir. S’il reprend spectaculairement du poids, ses électeurs se diront qu’il ne sait pas tenir ses engagements et ses résolutions, qu’il n’a pas la volonté qu’il prétend et s’en détourneront. Pour le faire re-grossir, il faut le faire re-manger. Alors c’est sadique mais il faut le tenter: lui envoyer tous les jours, dans des enveloppes à entête de tous les groupes nationalistes du monde pour être sûr qu’il les ouvre, des tablettes de chocolat, mettre dans sa boîte aux lettres tous les matins une gaufre chaude et fumante, lui glisser dans les poches des cervelas et des fricandelles, diffuser par la climatisation de son bureau des odeurs de frites andalouse et de choucroute, mettre de la gueuze et du coca dans sa machine à café, coller sur son pare-brise des rondelles de saucisson et des tranches de mortadelle... C’est sûr : il va craquer. L’ennui c’est qu’il reste 15 jours. Il faut qu’il reprenne trois kilos par jour ! (à faire pour la prochaine fois)

2eme scénario: le faire tomber sur un scandale de moeurs. Je propose une invitation au Sofitel de Bruxelles. Le matin, on envoie pour faire le ménage une fausse femme de chambre, bien en chair, potelée, aux joues roses avec des cuisses comme des jambons, déguisée en Bavaroise avec une jupe de cuir à bretelles et des couettes. Elle iodelera en passant l'aspirateur, Bart sortira de la salle de bain, nu ... il ne résistera pas à la tentation, la gretchen courra le dénoncer et hop : il quitte la politique pour s‘occuper de sa défense0.jpg

3éme scénario: on prétend l‘aider. On se cotise ou on vend l’un ou l’autre joueur de foot en prenant une commission au passage et on engage ... Clint Eastwood ! Dans le Sportpaleis d’Anvers plein a craquer, Clint Eastwood monte sur scène pour soutenir la candidature de Bart De Wever. Il joue un numéro dans lequel il s’adresse à une chaise vide, sensée représenter Elio Di Rupo ou Patrick Janssens qu’il accuse de ne pas avoir tenu ses promesses, lui enjoint de partir et de laisser la place, mais il cherche ses mots, il perd le fil de son texte, il est ridicule, pathétique, la foule s’en va, c’est le flop total.

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4ème scénario: le plus compliqué mais le plus malin. On lui coupe l’herbe sous le pied. C’est à dire qu’on lui enlève toute raison de revendiquer ou promettre quelque chose. On commence par scinder BHV, c’est fait. On régionalise 100% des compétences de l’État, on scinde le pays en deux, on déclare la Flandre indépendante, on incorpore Bruxelles à la Flandre, la Wallonie accepte de rembourser sur 50 ans tous les transferts dont elle a bénéficié.... Je vois mal sur quoi Bart De Wever pourrait encore faire campagne.

Scénarii provocateurs?

0.jpgDes jeunes interviewés dans les rues d'Anvers, choisis "au hasard", disaient qu'ils n'ont pas voté pour BDW et que ceux qui l'avaient fait, n'avaient pas lu le programme du parti ou étaient seulement des aigris.

Après les élections communales, en 2014, retour aux urnes pour l'étage supérieur du fédéral. Aucune relation? Deux ans, c'est long.
Les francophones moins pessimistes que les Flamands? Ce serait nouveau et quelque part, un retournement de la situation.

0.jpgCyrano avait un problème: un nez immense.

La chirurgie esthétique n'existait pas. A-t-il aimé en parler tel qu'il était, ce nez? Non, il l'a "embaumé" avec emphase dans une tirade avec un opportunisme de bon aloi, un savoir-faire et une verve hors du commun. A la fin de l'envoi, il devait toucher. Il n'avait pas non plus de "point de non-retour".

La vérité n'est jamais bonne à entendre. Ne jamais brusquer ceux qui ont un nez rouge quand on a intérêt à entrer ou à rester dans leur jeu, surtout, si, en plus, c'est dans un cirque.

"De wever" veut dire "le tisserand" en flamand.

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Vous avez pu suivre ce tisserand dans tellement d'articles, dans une "Bombe à Haut Voltage"... 

J'aurais pu l'appeler Oliver Hardy transformé en Stan Laurel par le physique et le moral. Cela n'aurait pas correspondu.

Tijl Uylenspiegel, lui, c'était un maître. L'expression "ul'n spiegelveut dire « je t'emm... ».

L'Art de la guerre de Sun Tzu vous en boucherait un coin pour moins que ça.

Cela n'empêche aucunement de retrouver le sourire tout au long de la semaine d'après élections.

Thomas s'est surpassé cette semaine avec ses Cafés serrés:

1.BDW a parlé d'un point de non-retour pour la Belgique

2. Il y avait l'effet papillon et bien en Belgique nous avons une expertise dans l'effet domino.

3. Le parti écolo, un parti comme les autres? 

 

19 octobre : Thomas a été rejoint par un invité surprise

 

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Mise à jour du 8 décembre 2012:

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L'enfoiré,

 

Citations:

  •  « Jeu de main, jeu de vilain. », Proverbe français
  • 0.jpg« La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains ! », Arthur Rimbaud
  • « On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. », Georges Clemenceau 
  • « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ce serait interdit  », Coluche

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04/10/2012

D'un vendredi à l'autre

Vous vous souvenez de Robinson Crusoé, échoué sur une île déserte. Un "sauvage" est devenu son ami et il l'a appelé 'Vendredi'. D'un vendredi à l'autre, on trouve ainsi quelques constatations plus amusantes les unes que les autres.

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Le vendredi, au boulot, c'était le dernier jour de la semaine, le moment où le travailleur commençait à penser à son week-end. A table, cela fait penser à manger du poisson pour certains. 

Vendredi dernier, c'était le premier anniversaire de la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Appelée, fête de la "Communauté française", le nom d'avant, juste un an. Tout devait changer avec ce nouveau nom. Moins communautaire, appelation plus régional pour aller avec son temps. Une autre manière d'être identitaire.

La Grand-Place accueillait, une nouvelle fois, des artistes français et belges. Le Grand Jojo (rien à voir avec Johnny Halliday) terminait la soirée avec l'histoire de Jules César qui faisait toujours chanter et danser les Bruxellois, jeunes et vieux et de toutes les cultures. 

Comme le dit Patrick Roegiers dans son dernier livre "Le bonheur des Belges", c'est "le Bruxellois vit entre deux mondes, veut toujours apprendre à désobéir. Une situation où tout le monde a l'air de rien, mais n'est pas rien et cela permet tout.".

Pour décrire la France, où il vit depuis près de 30 ans, il cite en vrac "Patrie du beau langage, mère des arts, pays d’Épinal, du béret basque et de la baguette, du litron de rouge, des bals populaires, de l'huile d'olive et des espadrilles...(j'écourte la liste) ... de La Fontaine et de Bécassine, du roi Dagobert qui prie pour ne pas avoir la diarrhée à cause de sa culotte à l'envers".     

0.jpgPourtant, ce vendredi m'a fait penser à encore autre chose: à quelques Français qui, à y réfléchir, avaient un talent de Robinson manqué. 

Vendredi dernier, il y a d'abord eu Laurence Bibot. Vous ne vous souvenez peut-être pas d'elle et de son café serré et poivré du vendredi 20 avril que je me repasse en boucle en période de mouron pour seulement me dérider.

(Mise à jour 23 novembre: Laurence relance)

Son dernier café serré, toujours du vendredi, avait été annoncé avec du sucre. Humoristiquement vôtre, toujours, elle était aux antipodes de ce que l'invité du jour devait raconter. Laurence s'était lancée dans une diatribe, en se référant à ses collègues humoristes de la semaine, à tel point qu'à un moment, elle dut demander à l'invité français, s'il suivait toujours. Lui avait, dès le début, perdu pied en se demandant ce qu'il était venu faire, ce matin-là, dans cette galère "à la belge".

Vous vous rendez compte, l'invité de la matinale était Henri Sterdyniak, économiste français, directeur du Département Économie de la Mondialisation de l'OFCE, expert de la situation de l'Europe et de la différence entre ses habitants du nord et ceux du sud. Excusez-là, cher expert, d'avoir trollé votre matinée. On est comme ça, chez nous. Dans la sébille de l'austérité, on a déjà donné.

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Comme depuis la nouvelle saison, les cafés serrés sont présentés juste avant l'invité du jour, le contraste était encore plus flagrant. 

Les 3% annoncés font aussi des vagues de protestations chez nous. Je vois déjà, d'ici, les patrons bientôt rejoindre les rangs des indignés. 

L'invité annonçait en douceur, que dans la même journée, après le sarkozisme, c'était le hollandisme qui passait à l'austérité et que tous les Français allaient boire dans la même tasse avec une dose de cheval, après avoir passé de la droite à la gauche. Certains disent même "Sarko, tu nous manques". 

0.jpgComment pouvait-on rire de cela? "Là, en bas de ça", dit avec notre accent local. Faire rire, c'est dans le contrat de Laurence.

Oui, c'est évident, notre humour belge n'est pas toujours compris d'un Français alors que dans l'autre sens, cela passe, en général, relativement bien. 

Cela fait un temps, sept ans, que je suis en chasse sur les "terres dangereuses d'un forum français" assez représentatives comme Agoravox.fr. J'y ai souvent joué à l'avocat du diable parce qu'on y baigne souvent dans un bol de pensées uniques dans une morosité ambianteMoi, qui ose parler de mes billets, serais-je devenu le "sauvage" qui ne sait pas ce qu'il dit?

La France rappelle, en permanence, qu'elle est la patrie des "Droits de l'Homme", mais quand ces droits ne correspondent pas aux idées acceptées en France, c'est l'habitude de se voir rejeté dans le bac à sable. Ce n'est plus un "débat" mais une "exécution". S'il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas débat. Alors, face à de la mauvaise foi, devenir l'avocat du diable, on le deviendrait pour moins que ça, avec les arguments contraires tout aussi valables, si pas convainquants. Mon pseudo me permettait quelques latitudes, si pas prérogatives... mais sans jamais sous-estimer mon adversaire...

"Mieux s'informer pour mieux lutter" comme l'écrivait un des rédacteurs dans son "A propos" alors qu'au contraire, il fermait les portes de l'information et du débat.

La Fontaine l'avait pourtant écrit dans "L'Ours et l'amateur des Jardins": "la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés : Il est bon de parler et meilleur de se taire, Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.". 

Par acquis de conscience, je suis allé voir ce qui se tramait sur la version belge de ce forum français. Elle ne brûlait pas les planches avec la Toile de ses préjugés. Un coup d'oeil sur la version italienne, là où en principe, on devrait avoir le sang chaud, vu la situation délicate qu'on y vit. Rien de tout cela, non plus. Quelques commentaires, quelques lecteurs au balcon et puis basta. Pas d'antagonistes repoussés dans les cordes du ring, pas de moinssages idiots sans donner l'avis contraire pour l'expliquer. En Italie, il faut le remarquer, seulement, des appréciations positives sont possibles. Comme disait Cocteau , "Le Français est un Italien de mauvaise humeur".0.jpg

Le monde est un village, entend-on parfois. Village, dans lequel tout le monde se connaîtrait, facilité par des moyens de communications identiques: la langue et la culture. Et bien, non, pas toujours ou pas vraiment. On ne se connaît pas dans ce "village" et, pire, on ne cherche pas à le faire. Les situations sont spécifiques dans chaque environnement et s'apprécient différemment .

Internet avec ses réseaux sociaux est même resté fermé comme s'il s'agissait du vieux Minitel. On trouve des cercles d'influences, dans lesquels les vases communicants sont clôturés avant de s'ouvrir. 

J'avais déjà parlé du bluzz qui se créait parmi les philosophes et les scientologues. Rapprocher ces deux groupes dans une union allégorique, aussi. 

Je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser à l'histoire de Robinson Crusoé. Pour rappel: 

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Un marin vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, suite à un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même. Il fut délivré d'une manière tout aussi étrange, par des pirates. Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée 'Désespoir' reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon Vendredi, du jour de la semaine où il est apparu. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre.

La "robinsonnade" a encore beaucoup à nous apprendre. Si on la remettait à l'ordre du jour?

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Supposons que l'île dont on parlait dans l'histoire de Robinson, soit un "peu" plus grande. De la taille de l'Europe, par exemple. Chacun serait perdu sur cette grande île avec des tendances à vouloir recréer son propre environnement dans un cocon protecteur en terres inconnues. Ce n'est pas un secret, on n'aime pas l'Europe en France, surtout quand elle n'est pas française.

Avec la peur de l'environnement, oserait-on brusquer ses hôtes en le prenant pour un sauvage?

La peur, aujourd'hui, c'est se réfugier dans son absolutisme, son négativisme, pendant qu'à l'extérieur, la grande embardée a déjà commencé pour ramasser à bas prix ce qui reste après la bataille.

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Pendant ce retrait, des mondes antagonistes se croisent, s'envient, se pointent du doigt comme responsables de tout. 

Robinson ne pouvait mieux s'assurer qu'avec ce qu'il trouvait. Les produits dérivés, il n'en avait pas, même s'il connaissait ce que veut dire "dériver" dans son aventure. Les impôts, il n'en payait pas puisqu'il devait, lui-même, s'imposer des règles strictes sans intermédiaires. Spéculer pour lui, c'était toujours à très court terme, au lendemain ou à la saison qui suivait. 

Bien loin de la collision entre riches et pauvres, entre idéologies adversaires. Il devait trouver la meilleure solution à ses problèmes par l'expérience. Il devait compter sur les risques des pirates, des corsaires et des flibustiers et se préparer pour les contrer.

Ils existent toujours avec les mêmes subtilités.

Tout cela pour dire que nous sommes, aujourd'hui, en période de questionnements, de transitions. Nul ne le conteste, mais de là à rejeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas la solution pour le long terme. Nous avons une histoire en plus de la situation de Robinson. Nous progressons à coup de réussites et d'échecs.

Etre anarchiste, peut-être, mais pas nihiliste ou négativiste sans réfléchir.   

Dernièrement, je lisais un billet de Simone Wapler, qui prévenait "Attention : ce rapport peut heurter les lecteurs sensibles. A lire avec prudence". Elle affirmait: "Pourquoi la France va quand même faire faillite. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencéNul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.".

Avec un peu d'humour, on dirait: "Hier déjà la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais est-elle encore grave vu le secours providentiel que je suis venu vous apporter?"

L'article continuait avec des titres dignes de l'Apocalypse: "La réalité dépasse la fiction aujourd'hui", "La fuite en avant", "Dernier budget en équilibre en 1973", "La sécurité sociale a emprunté en France la même somme que le Portugal et l'Autriche réunis", "L'effet domino, l'effet boule de neige de l'Europe", "Le chaos"... 

Elle arrivait à la conclusion: "choisir entre l'exode urbaine et les émeutes de la faimCeux qui étaient à la campagne, s'en tiraient mieux que les autres. Si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé".  

Elle avait raison, mais à lire, tout cela, on a l'impression de s'empêtrer dans les fils de la Toile, d'essayer de se rattraper pour finir par tomber face au mur des lamentations. 

Revenons, j'oserais dire, à du "terre à terre" sur le "plancher des vaches" puisqu'il était question du monde agricole.

Donc, il y aurait, en France, toujours de la terre et des vaches.

Et s'il n'y avait plus de vache?, pourrait demander l'innocent du village?

Robinson, lui, en effet, sur son île déserte, n'avait que des palmiers, des noix de coco et la mer à perte de vue.

Aujourd'hui, on aimerait vivre sur une île déserte. Ce serait même un paradis que l'on se paierait cher, mais ce serait après y avoir installé toutes les commodités modernes.

Robinson, lui, n'en avait pas. Il ne lui restait que la vie et à se démerder tout seul pour reconstituer un univers pour tout réinventer en fonction de sa nouvelle situation. Pas de plan B, juste du système D avec, seulement, quelques tuyaux connus dans une vie antérieure. Pas question de maudire le capitaine qui avait fait chavirer le navire. Ce serait du temps perdu.

0.jpgProcéder dans l'ordre, ce serait: Sauver les "meubles", trouvés à la dérive. Se construire un toit avec des morceaux de bois. Se sécuriser contre les pirates éventuels. Épargner ses forces avec des économies de moyens. Prévoir les jours mauvais lors d'un beau temps providentiel. 

Pour garder le moral, avoir des moments de franches rigolades pour constater le rendement de ses actions (non, pas celles en Bourse...). Constater qu'avec un bout de ficelle, on peut réaliser quelques petites choses bien utiles. L'argent, chez lui, n'aurait servi à rien. Il vous aurait ri au nez avec votre million de dollars en monnaies de l'époque. Il vous aurait dit que s'il n'avait pas réussi à créer un vrais matelas, il avait été un maître pour le coussin destiner à poser sa tête. 

Aujourd'hui, beaucoup de tuyaux sont percés de toutes parts, d'accord. On se sent prêt à dire qu'il n'y a plus rien à inventer, que les machines ont ruiné ce qui reste d'espoir et que la mondialisation a brûlé les dernières cartouches à prix bradés.

La journaliste britannique Sophie Pedder, vivant en France, écrivait, dans son livre "Le déni français" que quelque chose était en trop dans la corbeille française. Elle sentait planer quelques déficits chroniques comme on les retrouve chez des enfants gâtés. On semblait avoir pris des assurances, mis des protections anti-tout, des capotes à tous les étages et les malheurs sont restés plânés. 

Ce même vendredi dernier, chez nous, ce fut aussi la nuit des chercheurs en sciences dans le seul but de relancer les jeunes sur cette voie de salut en Europe. Sur le forum français, la science est souvent décriée, rejetée comme responsable des malheurs avec un concert de plaintes pour le faire remarquer à qui veut l'entendre. L'énergie reste, ainsi, au stade de potentiel, sans passer au niveau cinétique.

Un économiste disait même que ce n'est pas une récession que nous vivions, mais une stagflation générale. Une stagflation, c'est-à-dire "une souffrance simultanée de croissance faible ou nulle et d'une forte inflation avec une croissance rapide des prix et un taux de chômage élevé". Et il avait raison.

"Moi, entrepreneur" criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de "Merci patron" qui deviendrait plutôt, "Merci, partons" . 

Il est clair que certains auront plus de potentiels que d'autres, qu'il faudra des leaders et des exécutants. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si tout le monde avait les mêmes envies et prérogatives, rêvait aux mêmes objectifs et à un paradis dans lequel, il faut le dire, on s'emmerderait très vite.

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Nous sommes dans la même galère, c'est évident, mais il y a tellement de nuances dans l'approche pour aborder cette dite-galère.  

N'auraient-on plus trouvé la bonne personne qui, un jour, aurait su raconter de belles histoires extraordinaires pour distraire, mais aussi pour faire espérer concrétiser les envies? Le rêve motive  parfois avec plus d'efficacité que son aboutissement.

Mais, on baigne dans la m..., leurré par d'autres, plus malins, qui ont déjà trouvé leur Vendredi sans chercher de "dieux" providentiels. Auto-immune, vous ai-je dit.

La concurrence est rude et trouver le chaînon manquant, le créneau qui sort de l'ornière, prendre le risque, ensuite, de le développer et aller à contre-courant, n'est pas une sinécure.

"Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", écrivais-je. Article, capté et publié par Carevox.fr, sans ma permission. C'est dire qu'en France, avoir un esprit positif ne court pas les rues en dur ou en virtuel.

Connaître cette réflexion, c'est aussi de la "Mindfulness". C'est savoir se définir dans le grand jeu dans lequel tous ont un rôle à jouer ou à (re)découvrir. 

Réussir, rester jeune et beau comme on le voudrait, demande un état d'esprit sans artifices de calcul, sans pommade, sans botox ou idoles comme références.

Franco Dragone, dans "C'est du belge" du vendredi, parlait de  sa ville d'adoption, La Louvière. Il ne l'a pas oubliée sa "Cité qui a décroché la Lune" comme un Robinson aurait pu le faire pour oublier ses mauvais souvenirs. Son prochain projet est déjà en  Chine, à Wuhan.

Oser l'utopie, rêver à l'impossible, garder des projets en réserve et les tester... une philosophie...

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Attention, pour finir, je préviens "y a du lourd" comme dirait Patrice Luchini.

Je tombais vendredi sur cette déclaration époustouflante: Bill Clinton pourrait devenir président dans deux pays, l'Irlande et la France. Pour le prétendre, il déclarait au sujet de la France: «  Comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux États-Unis, englobant l’Arkansas], si toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France,  emménage en France, qu’elle y réside pendant 6 mois et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française. En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. ».  

Bill Clinton, l'Américain, là, c'est trop drôle. Bill, le Vendredi du Robinson français ? 

Quand Obama avait été élu, la presse française avait recherché un homme politique providentiel, de la trempe d'un Messie pour la France.  

0.jpgEn Belgique, on se shout avec quelques bonnes nouvelles. On rigole avec le reste comme ici. Ce jour-là, Thomas faisait la différence avec le bon vieux temps. Le lendemain, le jour d'une grève des trains, il jouait avec la liste déprimante de ce qu'il n'aimait pas. Du déprimant, il y a des jours où on en trouve plus que d'autres, puis, d'autres, pendant lesquels tout change et on oublie tout.

A vendredi, j'attends votre réponse, chers amis français et agoravoxiens. (*)


L'enfoiré,


(*) Attention, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Tous ne font pas partie de la forumisation des discussions où l'on se déchire plutôt que de se reconstuire. 


Citations:

  • "Quand on voit, on ne voit pas tout ce qu'on voit, pris par notre vision intérieure et immédiate des choses", Frank Pirobon
  • "Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids.", Philippe Geluck
  • "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous", Philippe Geluck 

08/08/2012

Une rue pas si neuve que ça

Qui ne connait pas la rue Neuve de Bruxelles? C'est la rue que l'on visite après la Grand-Place avec des envies de remporter quelques souvenirs vestimentaires. Elle part du boulevard du Nord et redescend jusqu'à La Monnaie. C'est ainsi que dans la rue, les immeubles, les surfaces de magasins sont devenus les plus chers de la ville. La location annuelle peut s'élever jusqu'à à 1800 euros le mètre carré. Hier, le 7 août dernier, un incendie s'est déclaré  sans faire de victimes rappelant un autre plus catastrophique en 1967.

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Wiki dit: "Lors de sa création en 1617, cette rue s'appelait rue Neuve Notre-Dame, par référence à l'église Notre-Dame du Finistère qui s'y trouve. Un spéculateur foncier, Jérôme De Meester, ayant racheté des terrains entre le fossé aux Loups et les remparts de la ville, perça la nouvelle artère en ligne droite jusqu'à la rue de la Blanchisserie, où elle obliquait vers la Porte de Namur. Ce dernier tronçon est actuellement connu sous le nom de rue de Malines. À l'origine, il s'agit d'une rue résidentielle.

En 1839, elle fut prolongée en ligne droite de la rue de la Blanchisserie jusqu'au boulevard du Jardin Botanique, de manière à établir une liaison avec la nouvelle Gare du Nord. La proximité de la gare entraîna la construction d'hôtels pour voyageurs. Après la création de la Gare du Midi et le percement de la rue du Midi, la rue Neuve constitua un élément du principal axe nord-sud de Bruxelles. Sa vocation commerciale date du milieu du XIXe siècle. Parmi les plus célèbres magasins de la rue figurent les «Grands Magasions Leonhard Tietz» et surtout «À l'Innovation», construit par Victor Horta en 1901. Ce dernier fut détruit par un terrible incendie le 22 mai 1967.

Au XXe siècle, l'avénement du cinématographe entraîne la multiplication des salles et la rue Neuve devient «la» rue du cinéma de Bruxelles. On y construit en 1932 le plus grand cinéma de Bruxelles, le «Métropole», une œuvre de l'architecte Adrien Blomme. La salle est décorée d'un bas-relief géant d'Ossip Zadkine. Le déclin du cinéma dans les années 1980 consacre le triomphe du commerce.".

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La rue Neuve, comme artère commerciale la plus ancienne de la ville de Bruxelles, apporte un succès qui se paye cher et se vend au plus offrant après 150 ans de développement commercial.

Depuis le 19ème siècle, la rue a connu trois phases de développement.

D'abord résidentielle, elle a vu s'installer de petits magasins, des grands magasins, des boutiques, un cinéma, pour ne devenir qu'un ensemble de magasins aux enseignes internationales et voient leur aboutissement dans le City2. 

Aujourd'hui, avec humour on peut dire, que la rue voit passer en moyenne 50.000 paires de jambes par jour.

En 1860, ce fut le lancement du "Au Bon Marché". L'Innovation qui a remplacé la Maison Hirsh, s'est construite sous la direction de  Victor Horta en 1901 en Art Nouveau. L'innovation était un magasin de prestige comme les Galeries Lafayette de Paris. Véritable cheminée avec un grand escalier central et une verrière qui surmontait un vaste espace central avec les étages visibles de partout. Une cheminée parfaite pour le feu.

Ce qui devait arriver arriva donc en mai 1967. Un incendie sans coupe feu, sans snorkels qui fit 325 morts. Toute l'histoire est sur ce beau site.

Le cinéma Métropole avec sa façade de prestige spectaculaire rappelle aussi la période où les places de cinéma se payaient en fonction de l'écartement vis-à-vis de l'écran. Les catégories comme fauteuils, réservés, corbeilles, mézanine et balcons voulaient dire quelque chose. Il est devenu un vaste magasin de vêtement d'une chaîne mondiale. L'hôtel Métropole subsiste, lui, mais il se trouve de l'autre côté et est toujours la propriété de la famille Wielemans.

L'Atrium, l'agence de développement de Bruxelles Capitale, veille.

Ce n'est plus le qualitatif, mais le quantitatif qui est préconnisé, aussi bien dans le contenant, l'immobilier que le contenu, la marchandise.

Mais, c'est en fin d'année, que la rue s'anime de tous ses feux.

Puis, au milieu de la rue, il y a le "Passage du Nord" qui date de 1890 et qui est classé par la ville et est en passe de subir une cure de jouvence tout en restant dans les idées de l'époque. Il est la possession en 5ème génération de la famille Straeten avec 4 familles d'administrateurs descendant de Léon Fontaine. Quand on touche des subsides de la ville après être considéré comme "classé", il faut accepter les règles du jeu.

Les propriétaires des bâtiments sont multiples.

Il y a Redevco qui possède le nouvel Innovation et le C&A.

AG Real Estate, le complexe de magasins City2.

Le Crédit Suisse, le siège de BNPP au nord de la rue.

La Fabrique d'Eglise de Notre Dame du Finistère qui en plus des lieux du culte possède Häagen Dasz et Exki.

L'Université Libre de Bruxelles (ULB) possède, elle, le bâtiment au sud de la rue et sur la place de la Monnaie. Anciennement "Aux Neufs Provinces", il est devenu "WE". L'université ne peut même pas vendre le bien à cause du bail emphytéotique.

Puis il y a les propriétaires surprises.

Rocco Marotta a compris qu'il y avait plus à gagner dans l'immobilier que dans la confection Faks. Le complexe de la Gaité, anciennement théâtre, qu'il possédait, n'est plus qu'un reflet de la production. Esprit, Celio et H&M sont les seuls qu'il ait encore sous son contrôle.

Hier, le 7 août, une odeur de brûlé, de la fumée qui planait sur toute la ville.

C'est du septième étage du magasin H&M qu'est parti le feu à 20 heure.

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Quand je vous disais que cette rue n'est pas si neuve que ça... Elle n'a pas fini de connaitre des transformations. Et, parfois, ce sont des incendies qui font dévier l'histoire.

Beaucoup d'images suivantes ont été trouvées sur le site "C'était au temps où Bruxelles brusselait".

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Mais si vous voulez des photos personnelles, c'est ici. Comme il est dit la rue Neuve se poursuit et traverse toute la ville du Nord au Sud, mais avec d'autres noms.


L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • « L'aventure est-elle au coin de la rue ? », Jacques Dutronc
  • « Un homme à la maison en vaut deux dans la rue. », Mae West 
  • « Il n'y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. », Coco Chanel

 

21/07/2012

Quand une fête nationale ressemble à une fête

Cette fois, ça se ressentait, ce matin du 21 juillet pour la fête nationale, contrairement à l'année passée, la population avait envie de sourire. Le Roi avait fait un discours très "cool": "Notre pays a regagné sa crédibilité". Même le prince avait coupé sa barbe pour l'occasion. Peut-être, avait-il aussi décidé de la laisser pousser pour des raisons politiques (comme l'avait fait Benoit Poelvoorde et d'autres).

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Après une entrée en matière par l'avenue de Tervuren, la fête dans le parc de Bruxelles, c'est le 21 et elle avait même eu les honneurs d'un temps de saison alors que tous disaient qu'il y aurait la drache nationale. L'été avait, seulement, un mois de retard sur l'horaire.  

Le début des festivités s'annonce tout aussi "cool".

Les Belges ont fêté le 21 juillet sous un soleil "belge".

Puis, on a compté 300.000 fêtards, belges ou non, d'ailleurs avant un « moules-frites » géant sur la place du Jeu de Balles et le traditionnel feu d'artifice, admiré par 25.000 personnes sur la place des Palais. 

Le lendemain, le soleil donne comme chante Laurent Voulzy.

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Trop protocolaire tout cela?

Vous avez raison.

Alors rendez-vous avec les vraies photos de la vraie fête. C'est ici, un clic suffit.


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19/07/2012

Une avenue pas comme les autres

A la veille de la fête nationale belge du 21 juillet, c'est peut-être le moment de parler d'histoires belges et de ce que le deuxième de ses rois, Léopold II, a laissé derrière lui. Pourquoi ne pas parler d'une des avenues, celle de Tervuren, qu'il a créé à sa mesure ou à sa démesure et ne pas faire du tourisme de proximité?

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A Bruxelles, qui ne connait pas l'avenue de Tervuren?

Quelqu'un qui viendrait d'arriver dans la ville ou qui résiderait loin d'elle, peut-être. Sinon personne. Alors pourquoi parler de cette avenue lors de la fête nationale qui a lieu dans le centre, dans le parc de Bruxelles, devant le Palais royal, mais pas sur l'avenue de Tervuren?

Parce que la fête nationale "classique", nous y avons été en 2011, rencontré des mondes qui s'y rencontrent. Je n'allais pas remettre le couvert...

0.jpgLe quartier européen, les lobbies de partout et en tout, ne sont, en effet, pas bien loin, entre le Parc du Cinquantenaire et le centre de la ville de Bruxelles.

L'avenue est-elle, d'ailleurs, vraiment connue par ceux qui y passent, tous les jours, pour se rendre au travail, au centre de Bruxelles, à bord de leur voiture?

Là, ce n'est pas sûr.

Cette année, la fête de l'avenue de Tervuren, c'était, le 13 mai, son 113ème anniversaire. Pour l'occasion, une omelette géante fut préparée avec 10.000 oeufs. On n'allait pas recréer une telle omelette...

Nous l'avions déjà approchée, de près, cette avenue, sur cette antenne comme lors de "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre", avec les images qui s'imposaient.

Alors, pourquoi? 

Parce que faire du tourisme, cela peut se faire très bien à proximité de chez soi, même si l'envie d'aller ailleurs se présente.

0.jpgWikipedia dit : "L'avenue de Tervueren débute au parc du Cinquantenaire, puis traverse le rond-point Montgomery dans la commune d’Etterbeek. Après avoir longé le parc de Woluwe dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre, elle traverse Auderghem à proximité du Rouge-Cloître pour arriver aux Quatre Bras de Tervuren où elle croise le ring de Bruxelles. L'avenue longe le Ravenstein et se termine au rond-point du palais des Colonies où se trouve une fontaine décorée d'animaux.

Car elle est longue, cette avenue... Au bas mot, dix kilomètres de promenades, ses 76 mètres de large, que l'ancien chemin de fer Bruxelles-Tervuren frôle en permanence. En plus, l'aspect de l'avenue évolue tout au long de son parcours.

Alors, prenons-là, cette visite plus attentive, plus studieuse et quelque peu humoristique.

Le temps d'un tour rapide, autour du Cinquantenaire, dans son parc, dans son musée de la guerre ou au sommet de celui-ci. Dans le parc, un monument met déja dans une certaine ambiance avec la mention "J'ai entrepris l’œuvre du Congo dans l'intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique", Léopold II (3/6/1906)". Un testament? Deux après, il prenait la piste aux étoiles... 

Vu ces derniers jours, vu les prévisions météos, avant de partir, n'oubliez pas le parapluie, on ne sait jamais.

Fin du 19ème, Léopold II a incité au traçage de grandes avenues comme l'Avenue de Tervueren, mais, c'est aussi le cas de l'Avenue Louise, du Boulevard Général Jacques?

0.jpgLéopold II a vu grand, c'est vrai, avec cette "voie royale", avec sa double rangée plantée de marronniers. Mais il a dû avoir ses préférences et l'histoire qui a suivi, a défendu ou non, "son" avenue contre les promoteurs de la modernité.

La Bruxellisation des années 1950-60 a fait plus de dégâts sur beaucoup d'autres avenues. Pour l'Expo 58, la ville a été transformée, des autoroutes urbaines ont été construites, des arbres abattus, des tunnels ont été creusés. L'auto était considérée, à l'époque, comme la reine de la ville.

L'avenue Louise est une belle avenue, bien sûr. Elle aurait pu prendre cette place prépondérante, mais elle n'a plus ce cachet historique. Elle n'a même pas pensé réserver une voie à la petite reine, le vélo.

L'avenue de Tervuren est une avenue large, qui fait partie intégrante du paysage avec un certain bonheur. Un tunnel cache, pendant un certain temps, les voitures sous le Cinquantenaire, comme une preuve d'une volonté écologique.   

Dans le prolongement de la rue de la Loi, l'arc de triomphe, 0.jpgle Cinquantenaire,  trône au début de l'avenue, comme une porte à la ville. Dans son parc, beaucoup de festivités de tous genres. On y court, pédale, joue à tous les sports jusqu'au cricket organisés par des Indiens en mal du pays. Un escalier et un ascenseur intérieurs permettent d'admirer le panorama du sommet de ses arcs. La rue de la Loi, appelée la "colonne vertébrale de Bruxelles", doit acceuillir l'Europe et est, il faut bien le dire, un désastre urbanistique, victime des laisser-aller coupables, vieux d'un demi-siècle.

Bordée d'arbres dans sa plus grande partie, l'avenue de Tervuren a, résolument, une histoire qui joint le présent à ses souvenirs du passé, tout en restant tournée vers l'avenir. 

Espaces verts et maisons, parfois hautes et étroites ou alors, basses et plus étendues en surface. Toutes valent leur pesant en "cacahuètes".

Au loin, des espaces verts avec le parc de la Wolluwe et la forêt de Soignes sont déjà visibles.

0.jpgDe maisons spéciales, il faut parler de la Maison Stoclet en Art nouveau qui détient en son sein des oeuvres très ou "trop" privées, non accessibles pour y pousser une tête à l'intérieur qui parait-il, détient des trésors. La maison avec une façade en marbre de Norvège qui répond aux normes de l'harmonie par la lumière,cache des jardins que seul un survol permet de constater. Adolphe Stoclet, normalement aurait pensé de l'installer à Vienne, mais c'est à Joseph Hoffmann qu'il a confié cet ensemble entré depuis 2009, au patrimoine de l'UNESCO.

Des ambassades, se succèdent à rythme soutenu, repérables par les places de parkings marquées du sigle "CD". Non, ce n'est pas destiné à des ventes de "Compacts Discs" mais c'est de "Corps Diplomatiques" dont il s'agit. J'en ai compté, une vingtaine, tout le long: du Botswana, d'El Salvador, de Sao Tomé, du Perou, de Géorgie, de Croatie, d'Ethiopie, du Brésil, du Togo, du Cambodge, d'Uganda, de Madagascar, de Tunisie, de Pologne, du Nigeria, d'Indonésie, de Papouasie Nouvelle Guinée, de Malaisie, de Namibie, de Sierra Leone, de Chine... sans compter celles des région comme Regio de Veneto. Toutes judicieusement choisies pour donner le prestige à leur propre pays.

Un coin de diplomates de tous bords dont on aura un échantillon, lors de la fête nationale, dans les défilés de voitures près du Palais royal, ce samedi, 21 juillet. Car, cela sort et cela parade aussi, ces ambassadeurs, mais il faut des occasions très propices sinon ils restent bien au chaud à l'abris de belles maisons.

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Le rond point ou Square Montgomery que surveille la statue du Général du même nom, avec ses fontaines centrales, forme le premier cirque à voitures. Plus loin, un autre plus petit qui continue cet office de partages, de liens entre les autres artères. Ensuite, c'est la descente en voitures ou à vélo, en son centre. Pour ce dernier point, une véritable piste cyclable et pas un vulgaire pointillé sur la chaussée qui se prolongera jusqu'à la fin du parcours.

Les habitations sont, au départ, hautes, en général, décorées en bas et hauts reliefs. Sept étages, en moyenne.

Est-ce un boulevard ou une avenue? Des "ramblas" comme à Séville? Les maisons le feraient penser.

Que du plaisir... Enfin, pour être honnête, pas toujours...

Il manque cette fois, un peu de soleil pour entrer dans le cadre. Dans le passé, quelques croches pattes à la nostalgie, aussi.

Sur la place, le n°120 a été le symbole des défenseurs du patrimoine. Dans la nuit du 21 mai 1993, la maison du lieutenant Lannoy, également en Art nouveau, datant de 1906, classée et signée Paul Hamesse, était sauvagement démolie, "démontée" se défendra le bourgmestre Vandenhaute de l'époque, sur base d'un arrêté de police pris par le bourgmestre pour des raisons de sécurité. Cet arrêté sera ensuite cassé et annulé par la Région. Reconstruite en 2008, le promoteur a essayé d'en garder l'esprit.

Paul Hankar y a aussi sa carte de visite. Tous les styles du 19ème siècle, de l'"Art nouveau"  avant d'atteindre l'"Art International".

0.jpgToujours à gauche, au n° 170, l'immeuble Monsanto. Dessiné en 1974, il n'abrite plus cette société et si l'architecture est, peut-être, considérée comme audacieuse, il faut se rappeler qu'avant cette forme moderne, s'élevaient deux autels de maître des années 1900 avec une villa dessinée en 1924 pour le marquis Impériali. Toujours du beau monde sur cette avenue...

Mais, le progrès a ses propres lois qui ne se discutent pas... et les marquis ont pris une voie de garage ou de traverse.

A droite, le parc de Woluwé, avec ses 71 ha, est le plus grand de Bruxelles. De style anglais, il s'étale sur trois vallons, pelouses, bois et étangs, animés par deux cascades, pur béton du goût 19ème. Des activités multiples s'y déroulent. Tir à l'arc en hauteur, cours d'éducation pour chiens et j'en passe et des meilleurs comme pourrait l'être, simplement, la flânerie du promeneur...

A gauche de l'avenue, cachée, une statue, celle de Joseph Lebeau. Ministre des Affaires étrangères de la jeune Belgique qui a été chargé, de trouver un Roi pour le pays, en Angleterre. Le Prince Léopold acceptera le poste de premier roi des Belges, en 1831.

Qui s'en souvient encore de cette histoire et de ce personnage? Aucun respect, les gens d'aujourd'hui !

Plus étrange encore, en face, la statue de José de San Martin qui pourrait, légitimement, donner l'envie de se poser la question de savoir "pourquoi à cet endroit?". On y lit : "Generalisimo de la ejercito de la républica del Peru y fundator de la libertad, capitan general de la republica de Chile, brigadier general de la confederacion Argentina" et fut érigée le 12 juin 1998 lors du Palais des Académie. Avec de tels titres, on s'étonnerait presque qu'elle soit à l'écart mais pourquoi à Bruxelles? "En el ultimo rincon de la terra en que me halle estare pronto a sacrificiar mi existencia por la libertad", aurait-il dit. La "liberté", le mot est lâché. Là, on pourrait trouver des liens. Bruxelles n'est pas la seule à célébrer ce héros. Dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, une avenue porte son nom en raison de la proximité avec l'avenue Simon-Bolivar. 

Au croisement avec le boulevard du Souverain, une passerelle, installée en 2007qui reprend le même chemin d'un ancien chemin de fer. Montons y pour avoir une vue plongeante sur l'avenue. Elle surplombe perpendiculaire et permet d'oublier le trafic, en le cédant aux cyclistes et aux promeneurs sur un véritable théatre de verdures comme un très petit ring (=anneau) comme il le serait pour un auriculaire.

A l'arrière, déjà, l'ancien dépôt des tramways, au look 1900, devenu le "Musée du Tram". Trams qui, en belle saison, sortent le weekend et longent l'avenue de part en part. Voitures de trams à traction hippomobiles, voitures ouvertes aux quatre vents, conducteurs habillés d'époque... Tout y est pour la nostalgie des souvenirs.

Des "trams chocolats" ou des vicinaux "les boerentrams" (des paysans). Au choix.

Embarquer, c'est se retrouver dans un voyage dans le temps.

Au départ, un coup de cornet du régulateur de trafic, répondu aussitôt, par un coup de "Ding Ding" d'une pression du pied du conducteur.  Une vieille motrice verte de 1906 s'ébranle sur les rails. Le wattman manoeuvre la manivelle d'une main et le frein de l'autre. Entre temps, le receveur visite les clients déjà assis,  poiçonne les billets. Dans sa besace, aucun d'euro, seulement des francs et des centimes belges. Les billets ont déjà été payé en euros, au préalable. Un brin de causettes avec les clients de première classe sur des banquettes recouvertes de velours et celles de seconde, ouvertes à tous les vents, à l'arrière. De la pub aux fenêtres, oui, mais elle est presque confidentielle en comparaison avec celle des trams d'aujourd'hui.

C'est parti. Deux directions. Objectif: relier le Cinquantenaire ou Tervuren.

C'est aussi une première fois qu'on entendra la phrase célèbre, "Jef, de flech es af" quand la flèche est sortie, décrochée de sa prise de courant. Une nouvelle tâche pour le receveur de la remettre, sur sa ligne, à l'aide d'une corde.

Dans le musée, des omnibus à traction chevaline, des trams sur voies ferrées pour réduire l'effort des chevaux ne sortent plus. En 1894, apparition des premiers trams électriques. En 1950, les portes des trams se ferment. On se rappelle qu'il pleut à Bruxelles. Oui, pour la pluie, mais, il ne faut pas confondre avec les vraies raisons: éviter les resquilleurs et les accidents lors des entrées en route ou sorties prématurées des passagers. Plus tard encore, les bus vont chanter le chant du cygne de beaucoup de trams. Le métro sonne un autre arrêt de mort. Vu la latence existante pour s'arrêter, le tram garde la priorité sur les autres véhicules. Il garde de plus en plus ses propres voies réservées.

Les accidents ne sont pas encore évités pour autant. Les "rencontres", avec les piétons et les voitures, apportent un coût de plus en plus élevé pour les assurances autos des autres usagers de la route. Le risque existe que les trams ne seront plus que folkloriques, un jour. Mais, cela, c'est, déjà, une autre histoire. 

A droite, les étangs Mellaerts avec un ancien café campagnard de multiples fois transformé, devenu taverne-restaurant plutôt huppée. Face à lui, les étangs, le mini-golf, les barques pour partager l'eau avec les foulques macroules, les Cygnes blancs et noirs, les Grèbes huppées, les Ouettes d'Egypte... et des Sumos récents prêts à bondir, ceux-là, faut pas confondre, ne sont pas des "oiseaux sans tête". 

Le "Chant d'oiseaux" et le "Pont du Diable" s'insèrent dans le cadre...

A gauche, moins connu, le Parc Parmentier, du nom de l'entrepreneur de l'avenue, alors que Victor Besme en était le créateur. Sa "maisonnette", au vert, existe encore, mais elle n'est pas visible de là, cachée derrière les arbres.

Le Parc du Manoir d'Anjou, avec encore des arbres mais avec "pédigrée", ceux-là. Parc qui a appartenu au duc d'Orléan, prétendant au trône de France mais qui s'y exila en 1913. 0.jpg

Il n'y a pas que Victor Hugo qui a trouvé en la Belgique une terre d'acceuil.

Aujourd'hui, devenu une propriété des Bons-Pasteurs, mérite une promenade.

On redescend de la passerelle. On remonte sur le vélo pour se fortifier les mollets, car, après la descente, ça grimpe, fort, très fort. Qui ose dire que la ville de Bruxelles est plate?

Là, toutes les maisons valent leur pesant d'or. Dernièrement, je parlais de maisons qui sont des châteaux ou des châteaux qui sont des maisons, à Stresa sur le Lac Majeur. Parfois, cela peut y ressembler vu les quelques tourelles qui fleurent bon les chateaux d'antan.

Au sommet de la pente, le Rouge-Cloitre apparait, à droite. Si une nouvelle descente vous en dit? Comme nous y avons été, on continue en traversant la forêt de Soignes, toujours sur piste cyclable.  Au bout, c'est Tervuren, qui comme il est dit sur leur site, est la Perle du Brabant.

On y a trouvé une résidence pour des ducs et des rois. Ce n'est pas peu dire.

Dès 1200, Henri Ier faisait ériger un château. Dès lors, la forêt se transformait en parcs et jardins. Rasé, ensuite, par l'empereur Joseph II pour raison d'austérité budgétaire (non nous ne sommes pas au 21ème siècle...). Les ducs de Brabant et de Bourgogne, les archiducs Albert et Isabelle s'y installèrent.

Reconstruit par Guillaume Frédéric et détruit par un incendie en 1879. 

Bien plus tard, le roi Léopold II, lui, dans le prolongement de l'idée de l'avenue, faisait construire un édifice destiné à accueillir l'Exposition internationale de Bruxelles 1897 et surtout pour parler de "son" Congo, avec le Palais des Colonies (au pluriel, ce mot, peut-être en espérait-il bien d'autres) et des collections de Chine et du Japon.

L'avenue se termine enfin, sur devinez quoi?

Encore un rond point. Puis, à droite, le golf Ravenstein qui se cache derrière des barbelés. 0.jpg

Un autre rond-point avec une fontaine et des animaux exotiques, crocodiles, hypopotames et tortues, tous métalliques, qui s'amusent dans un orchestre à vous donner envie de danser.

Même Léopold II n'y aurait pas pensé.

Ne confondez surtout pas entre averse et drache nationale, dans cette avenue pas comme les autres... Ce serait mal vu.

Wiki dit de, Léopold II, deuxième roi des Belges "...très admiratif devant la beauté récente et la grandeur du Paris hausmannien, Léopold II est à l'origine de la transformation de Bruxelles qui devint une capitale internationale de renom. S'il lui arrive de participer au financement de ses projets, il incite aussi l’État et les communes à investir dans l'urbanisme. C'est sous son impulsion que l'on assiste à la construction du Musée de Tervueren, à la transformation du Palais Royal et du château de Laeken avec la création de ses serres exotiques, à la création du Parc du Cinquantenaire et de son Monument aux trois Arches. Il fait aussi donation à l'état de parcs et de propriétés boisées.

L'Arboretum, aussi, on oublie, mais on en a déjà parlé.

Mais au fait, d'où vient le mot "Tervuren" ou "Tervueren" dans sa version francophone?

J'ai cherché sans trouver. Il y a les chiens "Tervueren", avec "e" en plus comme l'ancien nom.

0.jpgUne ville qui aurait à l'origine des chiens ou "du chien"? Si vous avez la réponse, n'hésitez pas de me contacter.

Si les Belges sont connus pour avoir une brique dans le ventre, il a aussi un optimisme mesuré en fonction des voisins européens. Les habitants de cette avenue doivent, eux, avoir une terrible indigestion, tellement elles sont grosses ces briques.

Mais, on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu'on a appris que les marchés veulent nous prêter de l'argent à taux négatif. Vous vous rendez compte? Plus on en demande, plus on en reçoit en retour... Si c'est pas le "paradis", ça?

Confiance, confiance... Non peut-être... 

Visite terminée... Reprenez le tram chocolat pour retourner en ville. N'oubliez pas le pourboire du guide, évidemment...

Rien ne vaut les images qui vous attendent sous ce clic. 

L'année passée nous étions au pied du goufre. On n'a pas mis un pied en avant. La ville fêtera un autre cinquantenaire. Une histoire de scission aux lettres de feu "BHV", une véritable Bombe à Haut Voltage, dégoupillée est arrivée à son terminus pour entrer dans un autre musée, celui de l'histoire ou de l'imaginaire... 

Pas de trams dans ce musée-là, bien que les Bruxellois peuvent toujours en "rester chocolat"...

 

L'enfoiré,

Livre de Geneviève Lacroix Wolluwé Saint Pierre, Histoire et terroir préfacé par Willem Draps, bourgmestre de la commune.

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Citations:

 

  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « Les avenues de la rêverie sont la promenade préférée du diable. », Julien Green
  • « La vie est une avenue à deux voies. », Marc Gendron

10/07/2012

Intermède historique bruxellois: l'Ommegang

Je vous avais déjà parlé de l'Ommegang. Je l'avais ajouté en photos en vous disant "Pourquoi Bruxelles?" ou alors, "Tout touristiquement vôtre". Cette année, cette histoire de Charles Quint qui vient présenté son fils à la ville de Bruxelles a eu lieu et Stephane Bern, le chroniqueur des grands noms de hier et d'aujourd'hui, était là pour commenter. Je rencontre des amis au Théâtre des Galeries, tous les ans, depuis quelques années et voilà qu'ils m'envoient leurs photos et leur présence à cette occasion. Je ne pouvais pas la rater...

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"J'apprécie de participer à un spectacle qui, par sa symbolique, défend l'idée d'une Belgique unie, royale et forte", a dit Stéphane Bern.

L'histoire de l'Ommegang Le terme Ommegang, en latin "circumambulatio" ou amburbium, signifie « marcher autour » en vieux flamand.0.jpg

La procession de l'Ommegang a été fondée en 1348, pour célébrer l'arrivée surnaturelle sur une barque, d'une vierge miraculeuse taillée dans le bois, Notre Dame à la Branche. Celle-ci d'abord protectrice de la ville d'Anvers et déposée dans la cathédrale, y avait été déposé par l'anversoise Béatrice Soetkens. La Vierge, apparue par deux fois dans un songe, lui ordonnait de transporter cette statue sur un bateau qui devait la mener merveilleusement jusqu'à Bruxelles, où elle fut accueillie sur le quai par le duc de Brabant en personne et les arbalétriers, prévenus de ce prodige.

Devenue tour à tour, Notre Dame des Victoires, puis Notre Dame du Sablon, plus proche et plus familière que le terrible Archange demeurant dans les hauteurs célestes.

Depuis 1930, c'est devenu un spectacle reproduisant et répétant le somptueux Ommegang offert par la ville de Bruxelles à Charles Quint en 1549 et à son fils Philippe II.

 

17/05/2012

Feu vert à Jacques Careuil

Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les moeurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.

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Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.

L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.

Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".

Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.

Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.

Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.

Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobinner le fil de sa vie.

Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.

L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.

En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".

A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.

Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Jo Dassin.  

Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.

Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.

Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.

Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.

Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.

Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.

Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.

Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.

Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.

L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérence car elle dure pendant 6 ans.

Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.

Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.

Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!

"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier. 

Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.

Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?

Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.

Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce  documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.

Un vie de voyages commence dans une septième vie.

D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.

Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de véritable "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.

Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.

Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.

Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme qu'il a aimé. 

Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.

Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.

Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Il se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.

Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.

Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Qu'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. C'est, ce dernier, le fautif, s'il faut parler de faute. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut."

Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.1.jpg

Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.

Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies? 

Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.

1.jpgIl espère avoir été un petit lutin de consolation.

Que dire comme conclusion?

Un livre bien écrit d'un belge bourlingueur à travers les monde.

Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.

Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.

Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".0.jpg

Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.

Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.

Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.

Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.

Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
  • « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
  • « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin

01/05/2012

La cerisaie au printemps et à Toots' Suite

Premier mai, jour du muguet porte-bonheur. En plus, c'est la fête dutravail. Je n'ai pas souvent écrit de billet en hommage à quelqu'un de célèbre. Je l'ai fait pour Bourvil. Dimanche dernier deux événements en opposition. La mort d'Eric Charden, après une longue maladie, alors qu'on l'avait vu chanter encore avec son épouse, Stone, le dimanche d'avant, à Vivement Dimanche chez Drucker. Donc, un premier hommage. Puis, un autre, le même jour, un anniversaire, celui des 90 ans de Toots Thielmans, ce ketje de Bruxelles, né dans les Marolles à la rue Haute et qui, avec son harmonica, a joué avec tout le monde. Hommage à la vie, au renouveau, donc, que cette promenade à laquelle je vous invite aujourd'hui.

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Une cerisaie, c'est un endroit où l'on plante des cerisiers. Chercher le mot sur Wikipedia, on apprend que c'est un parc lyonnais. une pièce de théâtre de Tchekhov.

J'ignorais tout cela. 

A Bruxelles, plus confidentiel, plus intimiste, il y a un quartier très spécifique où fleurissent, au printemps, les cerisiers du Japon.

Nous sommes, donc, au printemps depuis plus d'un mois déjà. Tout renait, oui, mais on croit que tout va être beau et chaud. Cette fois, on s'étonne que la saison ne soit pas aussi belle que la référence de l'année 2011. Cette année-là, l'été, avait devancé le printemps et réservé les pluies, les giboulées, les tempêtes et les catastrophes pour l'été.

Pendant ce mois d'avril, les températures ont été en dessous des normales saisonnières. Vingt jours de pluies. On commençait à prier pour que le soleil revienne sans qu'il soit suivi par des averses.

Je connais le dicton, "en avril, ne te découvre pas d'un fil, mais en mai, fais ce qu'il te plait", mais il ne faut pas trop pousser la chansonnette sans réfléchir.

Changer de braquet, voilà ce qui s'imposait. Oublier les crises et tout le reste. Faire du tourisme en local avec des yeux neufs... à vélo et changer les sujets et la forme d'écriture.

C'était, ce jour-là, le 22 avril. La France monopolisait les esprits avec le premier tour des élections présidentielles. A Bruxelles, les électeurs potentiels français avaient, nombreux, retrouvé les urnes au Heysel.

Du côté climat, je vous le disais, il fallait faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Un bataillon de nuages se dépêchaient d'être les premiers pour nous tomber dessus, dans un ciel mi-figue, mi raisin avec une température qui plafonnait, péniblement, à du 8°C.  

J'ai enfourché mon vélo. Des averses étaient prévues. Quand il pleut, le vélo, je n'en fais pas volontiers. Mais, prenons des risques. 

Un plan précis: voir où en était la floraison des cerisiers de Watermael-Boitsfort. Cela faisait quelques temps depuis ma dernière visite. La bien nommée "Cité-Jardin des Logis et Floréal" attire pour l'occasion beaucoup plus que d'habitude, de visiteurs et de photographes, de peintres en herbes.

Plantons le décor, avant de continuer:

"Les premiers logements sociaux belges virent le jour après les grèves de 1886. La révolution bolchévique suscita un regain d'intérêt pour le logement à bon marché après la grande guerre. L'architecture moderniste nait avec l'art deco. Ces cités jardins datent de la période 1922-1949, conçues par les architectes Eggerickx et Van der Swaelmen. Le non remboursement des dommages de guerre allemands obligea les promoteurs à modifier leur projet. Ce sont deux cités-jardins, côte à côte, probablement les plus connues et les plus importantes de par leur étendue et leur qualité. Inspirées des réalisations de style cottage anglais et de cités sociales néerlandaises. Elles sont aujourd’hui classées et ont servi à plusieurs reprises de décor pour le cinéma. Les Cerisiers du Japon bordent toutes les voiries. 

Le Logis, au total, 726 maisons unifamiliales, sur 32 ha, sur le site dit des "Trois Tilleuls". Des boiseries de couleur verte et des rues portant des noms d'animaux.

Floréal, au total, 350 maisons unifamiliales, sur 17 ha, construites à l’initiative d’un premier noyau d’ouvriers typographes du journal "Le Peuple". Des boiseries peintes en jaune et des rues qui portent des noms de fleurs. La végétation tient un rôle important et un labyrinthe de chemins piétons serpente entre les jardins plantés d'arbres fruitiers. Le terrain au relief plus marqué que celui du Logis offre un plan plus pittoresque épousant les courbes de niveau.".

Oui, vous avez bien lu dans la description de Watermael-Boitsfort, c'est la commune la plus prospère de Bruxelles, avec son revenu annuel moyen par habitant  de 15.541 € (en 2005), le plus élevé de la Région de Bruxelles-Capitale. Et vous avez aussi lu qu'au départ, cette cité jardin était réservée aux ouvriers du journal du peuple. Ceci démontre le paradoxe de Bruxelles. Une ville riche et pauvre à la fois, tout dépend du quartier, de la parcelle de terrain dont on parle.

En chemin je ne sais pourquoi, j'avais entamé la chanson "Les cerisiers sont blancs" de Gilbert Bécaud. La chanson me revenait à l'esprit sans même réfléchir. Non, ils n'étaient pas blancs, les "Prunus serrulata" dit "cerisiers du Japon". Ils étaient toujours bien roses.

Devant moi, pour y aller, la montée, bien forte, se dessine, dure. Un restaurant indien, "La rive du Gange", à ses pieds. Des souvenirs de près de trente ans me reviennent. Je l'avais fréquenté très souvent, alors qu'il avait une cuisine bien française.  Une fois, arrivé au sommet, aux "Trois Tilleuls", on arrive à l'altitude 100. Replantés, trois jeunes tilleuls, encore bien chétifs, avaient pris la place des anciens, probablement trop usés par le temps et la polution. Une plaque, don de la Chambre de Commerce belgo-japonaise, dit "Au 18ème siècle, cet emplacement servit de point de repère et de signal géodésique au lieutenant-général comte, de Ferrarris chargé de dresser la carte des Pays-Bas".

Ce comte n'avait, manifestement, pas dû monter à vélo mais, à cheval, sans se fatiguer.

Sinon, tout le reste était identique à mes souvenirs, toujours en couleurs avec des maisons aux boiseries bien peintes en vert au Logis ou en jaune, à Floréal, mais toutes deux, cerclées de noir.

Et ensuite, ce fut le Temps des Cerises qui me vint à l'esprit. Une chanson triste, dont les paroles furent écrites en 1866 et dédiée par l'auteur à une infirmière morte. Non, ce n'est pas la version chantée par Yves Montand qui me venait dans la mémoire, mais celle jouée à l'harmonica par un véritable ketje de Bruxelles, Toots Thilemans qui a fêté ses 90 ans le 29 avril.

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
  Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !

J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...

J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

Une invitation au karaoké, puisque sans paroles dans cette version à l'harmonica. 0.jpg

Une histoire longue comme le bras, que celle de Toots Thielmans. Et un album de souvenirs musicaux à la pelle.

J'aime les gens qui restent simples malgré leur célébrité. Toots n'a jamais renié ni oublié son origine avec son accent du terroir, c'est déjà bon signe. 

Mais, après le karaoke, nous ne sommes pas là pour pleurer, pour parler uniquement avec le cœur, ni pour reconstruire l'histoire, même si l'envie de la changer est parfois bien présente pour calmer les douleurs de crises qui s'éternisent. Il s'agit de reprendre la bicyclette. 

Au retour de cette promenade, ce fut la "drache" avec des grelons. Je n'eus que le temps de m'écarter de mon chemin, en me réfugiant, sous une aubette de tram et attendre que cela passe. Un climat tempéré qu'ils disaient de notre pays!

Après cette dédicasse, il me reste à écouter quelques vieux morceaux.

Toots serait donc un harmoniciste. L'harmonica a une origine assez floue, est il remarqué. Le Larousse lui donne une origine pour le moins bizarre (mot angl., du lat.). 

N'est-il pas, surtout, le symbole de l'harmonie, du gr. harmonia, assemblage)?

C'est ce que fait exactement Toots qui assemble tous les autres instruments sous sa direction.

Bonne fête du travail, du muguet à tous et à Toots's Suite.

Et ensuite, pour vous et pour moi, restent les images de la promenade.

Les mots, comme les images, nous font fantasmer, nous trahissent ou dépassent souvent nos pensées, mais ils ont l'avantage de ne pas voir le temps passer, alors qu'ils ne sont que le reflet d'un instantanné.


L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes. », Chamfort
  • « La vie est une cerise La mort est un noyau L'amour un cerisier. », Jacques Prévert
  • « Il faut cueillir les cerises avec la queue. J'avais déjà du mal avec la main ! », Coluche