10/11/2009

Chienne de guerre

"Si tu veux la paix, prépare la guerre", pour expliquer l'armée. Mais, après la guerre, que reste-t-il. La paix? Les souvenirs? Un musée de la guerre? Ca, c'est presque sûr. Des expositions qui se suivent et se ressemblent pour faire comprendre du genre de connerie, la guerre. La dernière exposition "Chienne de guerre" rappelait que les animaux sont utilisés en temps de guerre.

Chienne de guerre_01.jpgLes budgets de la Défense ont toujours été hors normes dans toute l'histoire des nations. Comme signataires de l'Europe, nous avons plus de 60 ans de paix derrière nous. On oublie vite les acquis apporté par cette signature. Depuis, lors, les générations se sont suivies. La guerre a été dite "froide", économique. La mémoire de la guerre est pourtant rafraichie par la représentation quotidienne derrière la petite lucarne. Le documentaire télévisé, avec des images d'archives, colorisées pour réactualiser avec nos habitudes, "L'apocalypse" a fait revivre la 2ème guerre mondiale.

La mémoire, c'est, aussi, les expositions spécialisées, les anniversaires  et les jours de fêtes nationales permettent de ressortir toute ses armes lors de défilés prestigieux. Rien que le mois de juillet compte 20 fêtes nationales dont les plus connues chronologiquement, le Canada, les États-Unis, la France et notre petite Belgique. Les défilés militaires pendant les fêtes nationales sont là pour impressionner. Ils sont les vitrines de notre style de vie et de défense.

Le Cinquantenaire a, dans son sein, une annexe suffisamment importante pour abriter le musée de l'armée. Il pris forme à la fin du XIXème siècle. Léopold II voulait rivaliser avec Paris. Une arcade monumentale s'éleva, dès lors, au milieu d'un parc.En 1923, sous le nom de "Musée Royal de l'Armée et d'Histoire Militaire", le musée fut créé. Armes, uniformes, médailles, chars, tableaux et statues d'époque vont y trouver place pour rappeler des moments de gloires. L'évolution technique commence avec les brillantes armures du Moyen Age, véritables œuvres d'art pour arriver aux solutions plus modernes au travers des 2 guerres mondiales, après les Pays-Bas autrichiens et l'époque napoléonienne. Visite qui se prolonge par l'aviation militaire et civile dans un hall à la mesure de ces machines volantes.

Chienne de guerre 1.jpgActuellement, une exposition "Chienne de guerre" présente la guerre de 1914-18 avec le rôle joué par les animaux pour soutenir les efforts guerriers des humains. Parfois, pour le meilleur; souvent, pour le pire.

Ce sont, donc, les animaux qui sont à l'honneur comme accompagnateurs de l'homme dans beaucoup de fonctions. Il aurait mieux valu pour eux qu'ils ne nous obéissent pas trop et ne nous fassent pas confiance au vu du tribu qu'ils ont laissé à notre gloire.

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate en 1914, l'animal est une force de travail dans sa relation avec l'homme. Le conflit va lui faire prendre un rôle bien plus important. Les chevaux d'abord, les chiens et les pigeons, ensuite. L'uniforme du soldat, lui-même, est équipé de matière d'origine animale: cuir pour les chaussures et ceinturons, drap de laine pour l'uniforme, plumes et crin de cheval pour le couvre-chef. Le coton remplacera le cuir et la laine en temps de pénurie comme substitut. Prendre soin de son chien et de son cheval devient crucial pour exécuter les opérations de guerre. Chiens mitrailleurs, jouissant d'une ouïe fine et d'un flair, ils sont devenus un auxiliaire de premier ordre comme sentinelle et comme garde. Les pigeons, pour les transmissions. Entre temps, un cinquième de la population civile va se retrouver sur les routes pour fuir la Belgique à bord de charrettes tirées par des chevaux, par le bétail et les chiens et se retrouver sous le feu nourri des avions ennemis. La pénurie de nourriture oblige à devenir écologique avant l'heure. On reconnait et on se protège contre les petits ennemis acariens et autres. Les réquisitions massives des chevaux se multiplient. Dans les milieux colombophiles, l'autorité occupante oblige à déclarer les pigeons, à les enfermer et interdit de les vendre. Les chiens de plus de 40 cms au garrot sont réquisitionnés.

Des souvenirs, donc, à ne plus savoir comment les oublier. On aime se souvenir mais les générations successives usent le souvenir.

Premières constatations générales pour le visiteur d'une telle exposition: beaucoup de visiteurs et ce n'est pas la gratuité seule qui attire. On y vient en famille. Papa, maman et les gosses. C'est le papa qui montre, avec de nombreux gestes aux gosses, le maniement des armes, qui pointe du doigt, avec un certain enthousiasme, les décorations et autres ex-voto. Récompenses des guerres. Quand on pense à ce qu'est une guerre, ce qu'elle rappelle dans la réalité, je reste perplexe par cet enthousiasme. Je me demande incrédule, quel est le but de la manœuvre?

Faire peur? Si c'est le cas, c'est raté. Toutes ouïes, le gamin, cela n'a pas l'air de le faire trembler. Le gamin pense, au contraire, à faire son marché, au nouveau révolver qu'il va pouvoir demander à Saint Nicolas. Est-ce une vue plus pratique  du papa qui se rappelle les difficultés pour trouver de l'emploi, aujourd'hui? Pense-t-il faire un militaire, de son gamin, plus tard? Oui, c'est vrai, il y a quelques bonnes places à prendre dans un futur assez problématique. La propagande militaire "Engagez-vous" pousserait à le croire. Si les quelques galons et décorations, c'est, peut-être, plus gênant à porter sur la poitrine, cela fait briller l'ensemble. Il fut, un jour, où j'avais même rapproché, dans un article, l'esprit du scoutisme avec l'esprit militaire à la vue de la présence mixée et partagée dans une idéologie commune et que l'on pourrait retrouver à l'occasion des jamboree.

Il y avait aussi des militaires d'un âge certain parmi les visiteurs. Eux, ce n'était pas, visiblement, avec une nostalgie contenue, que leur visite se déroulait. Pas d'exubérance, une exploration qui faisait défiler des images contenues au fin fond de leur mémoire.

Plus tard, lors de la visite, je me trouve devant un avion. Un groupe de Japonais s'approche. L'un d'entre eux s'écarte du groupe pour venir se placer devant un avion de la dernière guerre. Associant un grand salut militaire à un sourire plein de dents, il s'attend à ce que ses copains le prennent en photo avec patience et fixité. Clic clac, dans la boîte à souvenirs. Je ne peux m'empêcher de lui faire remarquer en un anglais parfaitement compréhensible "the war is not as simple as a smile and a military salute with the hand" (la guerre n'est pas aussi simple qu'un sourire et qu'un salut militaire). Il continue son sourire et rejoint ses amis sans rien ajouter. Je n'ai pas chercher plus tard à savoir s'il avait compris et s'il était d'accord avec ma réflexion trop philosophique pour un lieu de tant de prestiges.

N'est-ce pas normal de vouloir par idéal défendre l'endroit où l'on est né, "sa" patrie? N'est-il pas normal de montrer à l'autre que notre culture est plus avancée, plus technologique? Vision souvent faussée car qui prendrait l'habitude d'aller en délégation voir cet autre avant de le déclarer comme ennemi? La bonne vie a pris heureusement plus de valeurs. Le temps a effacé les envies belliqueuses. Plus question dans nos pays occidentaux de se lancer dans une aventure sans lendemain.

"Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort lente" chantait, déjà, Georges Brassens.

C'est presque un lieu commun que de le dire. L'armement a toujours été la préoccupation première des hommes pour défendre leur intégrité, leurs idéologies, leurs frontières. Après, on construit, dès lors, des murs. On vient de fêter le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin. Celui d'Israël, celui de la Ligne verte, à Nicosie, tomberont, aussi, un jour. La question reste, à quel prix? Mais tous les murs ne peuvent disparaître sans la compréhension que vivre ensemble est la meilleure manière de vivre. Cela imposera une éthique toute particulière dans un monde qui grandit et qui aura de plus en plus de différences de conceptions. Ethique qui ne permettra plus des distortions trop importantes.

Aujourd'hui, les murs passent, parfois, par plus de virtualité mais restent présents en esprit. A Berlin, ce n'est pas de la nostalgie, on parle d'ostalgie. Passer du zoo à la jungle n'est pas une sinécure.20091109Ein Berliner.jpg

Un homme politique disait avant la chute, "j'aime tellement l'Allemagne, que j'en veux deux".

Dans des phases défensives alternées avec des phases offensives et de plus en plus techniques, la peur de l'autre subsiste même si, cette fois, elle devient indéfinissable et moins marquée par deux blocs idéologiques. Moins agressive, mais tout aussi efficace dans leur volonté de détruire les opposants de sa propre idéologie ou pour répondre à une agression. Autre histoire de l'œuf et de la poule probablement. Le fautif est toujours l'agresseur de l'autre camp.

« L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat. », disait le grand guerrier Sun Tzu.

Le patriotisme est-ce la clé du succès et de la vie sereine? Symbole des symboles, le drapeau national et ses couleurs spécifiques. Prestige de combattre pour lui avec des médailles en récompense des loyaux services à la patrie.

20091110Mur de Berlin.jpgEt si les frontières disparaissaient? Arte s'était posé la question dans le Théma du 22 janvier 2008. A l'échelle mondiale, l'ONU tente d'abolir les frontières entrainant la possibilité de s'établir où l'on veut. Fausse sortie, souvent. Il faut en avoir les moyens de cette politique. L'Europe, tente la même opération de rapprochement à l'échelle du continent. Schengen avait élargi le cercle des "amis". Mais, les souverainetés sont toujours présentes pour freiner le mouvement de communion des peuples. L'influence, l'impact de ces décisions de recherche d'identité est énorme. Si les marchandises transitent sans plus beaucoup de documents, l'immigration des hommes n'apparait toujours pas ringarde pour l'accepter de bonne grâce dans un visage que l'on donne de l'humanité. L'extrême droite en fait son leitmotive.

Le 26 novembre, la RTBF se posait vraiment la Question à la Une, du "quoi faire" avec une armée? Cela remettait quelques idées préconçues à leur juste niveau.

Humanitaire ou militaire? C'est un peu le choix aujourd'hui en dehors des points réellement chauds de la planète comme l'Irak et l'Afghanistan.

Les objectifs de l'armée, maintenir la paix. L'ennemi a changé de visage. Plus de confrontation entre deux blocs Est et Ouest. Le communisme s'est mis en veilleuse avec la chute du Mur de Berlin. Le service militaire des jeunes a été supprimé dans beaucoup de pays. Les troupes stationnées en Allemagne en sont sorties. Il s'agit de soutenir l'ONU. Depuis le 11 septembre 2001, l'ennemi se cache derrière le terrorisme qui n'a, lui, plus de frontières. La sophistication ne se retrouve plus nécessairement dans le matériel ad hoc. On cherche à vendre le matériel obsolète. 1500 véhicules de l'armée sont ainsi vendu par an en Belgique, ce qui représente quelques 300 millions d'euros depuis quelques années. Il faut que les nouvelles armes remplacent les anciennes. L'OTAN, trop américain, ne fait pas confiance.

Nous sommes, désormais, à l'ère de la guerre des étoiles et des informations: guerre de tranchée derrière celle des claviers. Ce qui change la donne. Les civiles sont, aussi, devenus plus exposés que les militaires.

La présence militaire en Afghanistan fait débats. Obama se cherche encore dans une question de "stop ou encore". En Belgique, 30 millions d'euros par an et 5 millions pour raison humanitaire. Se spécialiser dans les objectifs devient obligatoire en période de crise.

Les missions à l'étranger sont devenues les raisons principales de l'armée. Au Kosovo, la KFOR après 10 ans sur place, continue à établir des contacts avec la population locale en tenant écartés serbes et Albanais. Le rôle de sociologue apparaît là-bas. A Kandahar ou à Kaboul, c'est plutôt rester sur le qui-vive en attendant que cela passe. Échec en Irak, échec en Afghanistan de la pacification sous la forme uniquement militaire.

Pour recruter de nouveaux jeunes militaires de métier, il faut présenter l'aspect sécuritaire du rôle de l'armée. La sécurité d'emploi en poussant la motivation du côté social. Pourtant, on n'aime pas trop garder les anciens, trop âgés, de plus de 40 ou 50 ans. Retrouver une place dans le civil reste une possibilité, mais c'est un autre monde avec une guerre commerciale comme seule similitude. Tout dépend de l'occupation sous les drapeaux. Pilotes, informaticiens, on aimera peut-être, mais tireur d'élite? Ce n'est pas gagné.20080402Poisson Flahaut.jpg

La sophistication des outils technologique dépasse les anciens outils. Tanks et jeeps, même si ils ont évolué ne trouvent plus vraiment preneur dans la préparation du guerre moderne. Le Président Sarkosy a d'ailleurs réassigné les budgets militaires pour les orienter vers l'espionnage par satellite et la tendance "guerre des étoiles". Les dernières poussées de nationalisme, d'identité nationale ont aussi des relents de trop de déboires à leur actif et ne génèrent pas uniquement les bravos.

Les Balkans ont été le cadre de quelques hésitations de la pacification de l'Europe. La violence dans la fédération de Yougoslavie, assez factice, il est vrai, a été dépecée. La Russie, elle-même, se retrouve seule dans l'ancienne URSS.

En 2007, l'Estonie avait subit une attaque en règle qui avait bloqué tous les réseaux informatiques. La guerre technologique avait commencé. La Russie avait été désignée comme coupable potentiel. Les ordinateurs zombies ont générés paniques et pagailles. Nouvelle stratégie: les Armes d'Informatisations Massives ou de Armes de Désorganisation Massive La bande passante bloquée, les informations et les états ont été obligés de déclarer forfait. Couper les lignes et relancer. Bugs et virus sont les armes de demain pour déstabiliser et il ne faut pas nécessairement une armée pour y arriver. Le piratage et la guerre télécommandée. Des kits de pirate existent dans le commerce. La Société Kaspersky découvre 500 nouveaux virus par jour et évalue à 10.000 internautes capables d'être des cyber-criminels. Le commerce de l'antivirus est évalué à un budget de 100 milliards de dollars. Certains hackers sont contactés et engagés dans les rangs de l'armée de l'ombre. Un pacte de non-agression ne semble se créer que dans la logique. Hacker, une profession à part entière pour demain?

Daniel Cohen sortait récemment un livre qui raconte par le menu cette histoire au travers des siècles avec le titre "La prospérité du vice". Une introduction (inquiète) à l'économie? Pas seulement. L'équilibre des puissances par l'intermédiaire des guerres, parfois religieuses, poussées par le pouvoir et les richesses. "L'Europe pour lui devra apprendre à conjuguer l'idée de l'Empire universel, présente à travers la foi chrétienne, notamment, et le génie singulier de chaque nation", écrit-il.

"Enrôlez-vous", qu'ils disaient. Il est vrai qu'aujourd'hui, vous serez peut-être plus à l'abri à l'intérieur de l'armée qu'à l'extérieur comme civil. Quant à la sécurité d'emploi, elle n'est plus une raison d'assurance dans la longueur, car le carriérisme n'est pas plus prisé qu'ailleurs.

20091027Conflit d'interet.jpgL'Europe, quoi qu'on en dise, a contribué à la paix que nous connaissons. Ceux qui n'en font pas partie rêvent d'y entrer, ceux qui n'y sont pas, rêvent d'en sortir. Paradoxe de notre temps qui cherche son origine dans des raisons économiques et sociales trop peu agencées avec succès. Une vue raccourcie par des pensées d'être à la botte des USA, quelque part, aussi. Et pourtant... La paix reste toujours fragile et dépendante de beaucoup de paramètres de confiance et de compréhension mutuelle. Elle restera toujours dans les mains des populations concernées d'évaluer les risques de ne pas trouver les concessions nécessaires. La Turquie, à cheval sur deux continents, on peut comprendre la difficulté à faire partie du "club" des européens. La Russie, elle, fait partie physiquement du territoire de l'Europe.

Cynisme complet, on avait même entendu "Mieux vaut profiter de la guerre. La paix sera pire". Les armements nouveaux, même avec le prix de la technologie qui diminue, resteront très gloutons en énergie et en monnaie. (USA 500 milliards de dollars, un quart du budget fédéral. L'Europe, le cinquième). Surveiller les amis de nos ennemis dans une hypersurveillance?

20090917Baroso réelu.jpgCanaliser, les instincts, les idées et les idéologies deviendra de plus en plus difficile à l'ère d'Internet.

Ce sera s'armer toujours d'avantage ou s'allier comme seule autre solution. Supprimer les casernes et les militaires, ce n'est pas le premier point dans la "check list" d'installation de la paix durable.

Alors, l'armée au musée ou pour construire la paix? A nous de choisir.

Et si on demandait leur avis à nos animaux de compagnie? Pas sûr de la réponse.20091116Service militaire volontaire.jpg

Entre temps, je cède la parole à la chanson "Des hommes pareils" de Cabrel.

Pour les images de tout cela, c'est ici.


L'Enfoiré,


"A quoi sert l'armée" se posait la question un rédacteur français.

Sur Agoravox, pas de guerre mais des opinions?

Mise à jour du 13/11/2009 : Voici que l'actualité bouscule l'article ou le complète de manière inattendue:Le service militaire réapparait mais il est volontaire. Les inscriptions commencent.


Citations:


  • « Les guerres ont toutes sortes de prétextes, mais n'ont jamais qu'une cause : l'armée. Otez l'armée, vous ôtez la guerre. », Victor Hugo

  • « Les plus grands musées du monde ne contiennent que des butins. », Frédéric Dard

  • «  Autrefois on cherchait des armées pour les mener combattre dans un pays. A présent on cherche des pays pour y mener combattre des armées. », Montesquieu

  • « Il y a des hommes politiques éclairés en France et en Allemagne qui ont dit que des pays qui ont la même monnaie ne s'enfermeront plus jamais dans des querelles. », Angela Merkel


02/11/2009

L'après "Point mort"

L'année passé, à la même époque, je parlais de la mort sous l'angle de la science. Cette fois, j'aborderai le sujet par le côté économique, mercantile. J'ai oublié de vous dire le principal, c'est la fête de la Toussaint, celles des morts, aussi. Et les morts, on les aime avec humour et respect.


L'après point mort4.jpgL'année passée, c'était "Point mort". Je parlais de la mort avec des accents scientifiques. Beaucoup de points finaux mais qui ont tous un avant et un après. La mort, un sujet difficilement classable dans la catégorie "parodie".

Encore une fois, Halloween est passé dans la confidentialité de ce côté de l'Atlantique. Les sorcières ont remisé leurs ballets et  leurs masques de terreur jusqu'à l'année prochaine. Elles ne feront plus peur. Fête très rentable pour les commerçants était-il rappelé pour l'occasion.L'après point mort.jpg

La Toussaint, elle, fête catholique, tombe un dimanche. Jour de repos, de récupération, donc, pour ceux qui travaillent. Les cimetières vont  faire le plein de visiteurs pour honorer leurs morts malgré une météo très peu encourageante. 

Il suffit de se promener dans les cimetières à l'occasion de ces moments de recueillements pendant lesquels on fait revivre ceux qui ne sont plus. Pour beaucoup, ce sera la visite annuelle des parents et amis, passés de l'autre côté du miroir. Certains se promènent avec un plan en main. D'autres se questionnent pour retrouver la tombe.

- Non, c'est pas ici. C'est la rangée suivante...

- Tu es sûr? Cela a beaucoup changé depuis notre dernière visite de l'année passée.

L'après point mort5.jpgLa mémoire, c'est vraiment d'une infidèlité notoire. Faire oeuvre de mémoire, un sacerdoce.

Mourir, c'est même tout un programme. Programmé pour une date indéterminée.

La chanson de Brel, je la prendra sous sa forme raccourcie "Mourir cela n'est rien. Mourir la belle affaire".

Car, dans le programme, il y a les "avants" et les "après" qui ne manquent pas de piquants. La mort fait vraiment vivre beaucoup de monde. Moments de recueillements dans un monde de brutes.

Rebobinons les événements qui entourent ces moments de tristesse ou la préparation pour le grand voyage.

Dans l'ordre, on pourrait commencer par la préparation. Une vie pour résoudre le problème de mettre de l'argent de côté, tout en  en gardant  devant soi. Les banques sont là pour vous y aider.

Il existe aussi une série de sociétés, de professions qui s'intéressent à votre fin.Oublions les frais qui se joignent aux alea de la vie. Les frais de santé, dans la case "Frais de maintenance".

Les Assurances Funérailles vous rappellent qu'il faut penser à ce point de non retour pour l'organiser au mieux de vos intérêts et ceux de vos ... héritiers. A la radio, les publicités pour ces sociétés sont plus fréquentes que d'habitude.

L'après point mort6.jpgPour ce faire, des contrats avec la mort sont présentés sous plusieurs formules. On vous dit  avec la publicité "Prévoir son départ, c'est vivre en pensant à l'avenir". Mais, pas folle la guêpe, le prix à payer est dépendant de votre âge, de votre sexe. Vous ne devez pas passer à un examen médical, ni  apporter un certificat de santé préalables. Vous pouvez choisir la périodicité. Un prix spécial, (on n'y a pas encore pensé), si  les mensualités, vous les payez suite à un ordre permanent. On vous dit que l'héritier, nommé par vous, disposera d'un capital pour éviter le blocage de vos comptes pendant la période variable avant la succession. Quinze ans de participations aux frais pre mortem seront suffisants pour "assurer" parait-il. Les suivants le seront,  assurés. Rassurés, même. Pour vous-même, s'il le faut pour n'être pas envoyé à la casse, d'autres assurances existent aussi.

Il est vrai, on assure tout de nos jours, alors pourquoi pas la mort et l'après?

La rente viagère pour assurer une fin honorable? Tout le monde se souvient du film "Le viager" qui occasionnait une franche rigolade. Signe des temps, les banques veulent , elles aussi, jouer ce rôle pour ceux qui n'ont pas de successeurs avoués quitte à ajouter quelques centimes additionnels calculés par les actuaires.

Je viens de faire un test proposé par ce site qui se targue d'établir votre ligne de vie et votre longévité. Le résultat est troublant. Je devrais vivre jusqu'à 99 ans. Je ne suis pas sûr que cela va rassurer mes héritiers.

Les anciens Egyptiens prévoyaient la vie éternelle. Nous n'irons pas jusque là. L'éternité qui en parle aujourd'hui dans notre époque du cours terme?

Continuons notre chemin de la vie à la mort.

L'après point mort7.jpgUn jour, la fin est consommée. On est arrivé. On a raccroché. Les suivants que l'on appelle "successeurs", devront faire appel aux "spécialistes", les pompes funèbres.  Qui oseraient encore les appeler "croque mort"? Ils ont de véritables talents d'organisateurs. Ce sont de fins psychologues à l'écoute des interlocuteurs d'un jour. Là, tout va bien. Ils arrangent tout.  C'est du sur mesure. La liste des choses à faire, les certificats à fournir, les actes de naissances, le choix de la "caisse", pardon du cercueil, le choix du mode de transfert dans l'au delà.  Fleurs ou couronnes? C'est vrai que personne n'est prêt devant la mort et les traumatismes qu'elle engendre. Tout, je vous dis. Pas de soucis et avec le sourire réparateur de circonstance. C'est fou, comme l'on commence à exister  quand on n'y est plus. C'est à croire que les tickets de cinéma ne sont pas fournis pour  vous arrêter de pleurer et vous faire penser à autre chose. Serait-ce pour suivre la chanson "Et mourir de plaisir"? Passionnant métier celui de pompes funèbres, disait l'un d'entre eux, lors d'un interview. On voudrait bien le croire avec un sujet aussi délicat. Condoléances, mes frères.

Ah oui, j'oubliais, il y a l'église aussi, par laquelle il faudra transiter ou non. Monsieur le curé se fera une joie de vous rappeler les étapes de la vie en général, avec des psaumes et épitres écrits, pour la circonstance, depuis des milliers d'années. Cela n'a, peut-être, rien à voir avec votre cas précis, mais qui s'en plaindrait.

Première intrusion des fleuristes dans le parcours. Car qui imaginerait un enterrement sans fleurs. Cela ne se fait pas chez les gens biens et les gens de biens.

Ensuite, très vite, il faut écrire les faire parts, les formules de politesse. Appeler les notaires qui doivent entrer dans le jeu. Il y a de quoi organiser. Les successions et les testaments, ce ne sont pas de minces affaires à prendre à la légère. Il ne faudra pas oublier les petites enveloppes comme le faisaient quelques banques. Il faut dire qu'il y a du travail de recherche. L'Etat aura sa part du gâteau avec les bougies en sus si les dons du vivant du défunt n'auront pas été préenregistrés. Les fameux trois pourcents en ligne directe se gonflent très vite quand les montants ont été épargnés trop longtemps. Mais, quand on aime, on ne compte pas. On prie. Plus tard, ce sera le choix de la pierre tombale.

L'après point mort8.jpgA la Toussaint, le fleuriste ne craint pas d'être oublié à cette occasion. Son chiffre d'affaire en dépend.

Puis, il y a ces jours de congés que l'on s'est réservés, que l'on ne peut pas perdre et qu'il serait intéressant d'accommoder avec un petit voyage d'une semaine au soleil. L'Egypte attire le maximum de candidats belges au voyage pour cette semaine de congé des écoles  et des parents.  L'Egypte? Est-ce une volonté de revoir ceux qui espéraient de vivre l'éternité? Si vous changez de direction et allez jusqu'à La Havanne, par contre, le cimetière de la ville sera probablement la première visite organisée qui vous sera offerte. Il faut dire que l'époque d'avant Castro a vu porter quelques grands  mafiosi jusqu'au repos éternel. Tout y est bon pour faire revivre ce passé complètement révolu, que l'on exècre, mais qui s'accorde au futur sous de meilleurs auspices. On aime le passé et le souvenir, même quand il est malheureux et qui ne fait plus partie de nos "tendres" jours d'existence. Les cérémonies ont commencé pour la chute du Mur de Berlin. Un anniversaire, comme celui-là, cela fait des souvenirs à ne plus savoir qu'en faire.

Dans mon cimetière, plus discret, on pouvait lire ces paroles pleines de sagesse: "Habitants de ces demeures, bientôt nous vous rejoindrons. Vous êtes les pionniers. Bientôt nous vous suivrons". Il faut dire que mourir, cela ne veut pas dire la même chose dans toutes les cultures. La simplicité et l'étroitesse des tombes tranchent parfois avec l'exubérance d'autres. Tout le monde ne peut pas occuper le Cimetière Marin de Sète, comme le rappelait France2., samedi dernier Les places sont chères dans l'éternité face à la mer. Tiens, Menton, sur la bute, ce ne serait pas mal non plus. On y venait de loin pour finir ses jours.L'après point mort9.jpg

Sur le panneau qui explique ce qu'est la nécropole de Bruxelles, on peut lire : "Après l'indépendance de la Belgique, la gestion des cimetières devint l'objet d'un conflit entre l'Eglise et le pouvoir civil. Un arrêté de cassation de 1864 trancha le différend en faveur des communes. C'est dans ce contexte que fut créé l'actuel cimetière de Bruxelles. Il se voulait aussi une réponse aux problèmes de salubrité publique que posait la localisation en pleine agglomération des anciens cimetières bruxellois. D'une superficie de trente hectares, la nouvelle nécropole fut inaugurée le 15 août 1877. A compter de cette date, plus aucune inhumation ne fut permise dans les anciens cimetières. Leur fermetures entraîna le transfert de près de neuf cents concessions à perpétuité. La fin du XIXème siècle s'inspire largement des styles du passé, l'antiquité ou le Moyen Age ou l'Art Nouveau et l'Art déco."

Décidément, nous en occasionnons des problèmes à la communauté, nous, les mortels. On s'inspire de l'art ancien ou nouveau. Monuments classés, pas toucher.

L'après point mort3.jpgSoyons moderne.

Alors, l'argent pour conjurer le sort et la mort?

Le souvenir a un prix, faudra en faire son deuil de son vivant.

La mort est une petite entreprise qui ne connait pas la crise.

Que cela soit à la mode Brel, lui qui l'a souvent chanté, dans un Tango funèbre, dans un dernier repas, ou dans le moribond, ce sera pour après, bien après.

Carpe diem pour tous...

 

L'enfoiré,

 

Tout cela en photos?


Pour l'occasion, si je mettais à l'honneur un poème récent trouvé ici et écrit par un certain Jamal.

Sur Agoravox, pas de point mort?


Citations:

  • "Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables et qu'on n'a pas remplacés.", Françoise Giroud
  • "Je ne regrette pas les grosses sommes que j'ai dilapidées. L'idée d'être l'homme le plus riche du cimetière me répugne.", Roman Polanski
  • "Le cimetière est un jardin où l'on vient apporter des fleurs une fois par an.", Méon Bloy
  • « Les cimetières, ces musées de menhirs. », Jules Renard

  • « On ne meurt qu'une fois et c'est pour longtemps  », Molière


21/10/2009

New deal entre privé et public?

Aujourd'hui, il y a de moins en moins de différences de politique entre le secteur privé et public. Le particulier consommateur, lui, suit le mouvement, compte les points, sans pouvoir agir ou réagir qu'aux moments critiques lors des élections.

20090221Déficit.jpgLa triangulaire des interlocuteurs se relient par un bout: l'argent et la taxe. La taxe se veut juste et loyale,est-il dit.

La crise s'est invitée, depuis. Elle a bouleversé bien des donnes, bien des opinions pourtant bien ancrées. Les deux secteurs en arrivent à entrer en compétitions dans leurs prétentions, dans leurs manières expéditives.

Si le secteur public avait quelques spécificités de protection de son personnel, avec des barèmes sur les salaires, ce n'est plus tout à fait le cas. Si on n'y éjecte pas vraiment de la vie public, on démotive ses participants. Secteurs publics et privés se rejoignent de plus en plus dans les compétences exigées, dans les volontés d'éliminer le personnel, dans les salaires qui ne sont plus maintenus bas pendant la vie active pour assurer une meilleure pension dans le secteur public que l'on retrouve dans les clichés. Ils vont même jusqu'à se concurrencer. Melting pot de moyens qui passent ou trépassent au travers du même entonnoir.

Payer la crise mondiale. Tout un programme. Il y a les imaginatifs de la droite. Ceux qui veulent réduire les fonctionnaires de 15.000 unités en 10 ans. Donc, 15.000, nouveaux chômeurs de plus,  est le réflexe de la pensée même si le processus est dit lissé ? Premier monstre du Loch Ness qui ressort périodiquement son nez des eaux troubles.

Fin 2008, le secteur public est venu au secours des banques et du secteur financier.

Il a fallu trouver toujours plus de sous... Là, où il y en a. Là, où cela fera le moins mal.

A ce jeu-là, on imagine que certains régimes seront un peu plus "salés" et d'autres un peu mieux "sucrés".

Rien d'anormal dans nos pays qui se targuent d'un humanisme avec un programme social. Obligations pour se donner les moyens de vivre en bonne communauté. Payer n'a jamais été un réflexe automatique. Encore moins aujourd'hui où la jeunesse aime tout trouver en gratuit sur Internet ou ailleurs. L'impôt et les taxes sont pourtant les outils forcés de la solidarité pour obtenir une vie meilleure en commun. Pas de plainte sur le principe, donc.

Larousse nous rappelle d'ailleurs: Taxe: Prélèvement fiscal obligatoire perçu par l'Etat. Parafiscales, perçues dans un intérêt économique ou social au profit de personnes morales, publics ou privées autres que l'Etat. Taxage: Au Québec, action de taxer, d'extorquer... (clairvoyants, nos québecois...)

D'abord, il y a les taxes directes sur les salaires et qui, proportionnelles avec l'importance de ceux-ci, suivent plus ou moins la normalité. La TVA (Taxe sur la Valeur Ajouté) ("taxe calculée et payée à chaque stade de production et de distribution sur la valeur ajoutée au bien ou au service vendu par la personne morale ou physique assujettie"), dans son principe, est bien pensé. Et puis, il y a les taxes sur les taxes. Les taxes indirectes sur tout ce qui est acheté, produits ou services ou même sur argent non consommé et épargné. Il vaut mieux ne pas trop vouloir calculer la valeur marchande finale réelle de l'euro qui sera très faible, très certainement. Les accises sur lesquelles sont comptés de la TVA.

E20091013Budget.jpgn Belgique, un "Questions à la Une" se posait la question de notre situation avec "Enfer ou paradis fiscal?".

Conclusions? Enfer pour les travailleurs salariés et paradis pour les plus fortunés. Les salariés sont tout de suite taxés à 25% minimum. L'inventeur du précompte professionnel exigible à la source par des barèmes fiscaux n'ait pas pensé à l'indexation. En quelques années la pression fiscale pendant les années 70 avait doublé avec l'inflation galopante. Les tranches de taxes s'arrêtent pourtant à 50%. La délocalisation avancée est le prétexte à ne pas l'augmenter car ces capitaux sont les plus mobiles. Les impôts sont payés par le travail et la consommation. Le système providence n'existe plus vraiment face à un habitant sur sept qui vit sous le seuil de pauvreté.

Répartition équitablement entre des bénéficiaires moraux et physiques, un programme de plus en plus difficile à établir! Pas de rage taxatoire. La taxe s'ajuste en fonction des disponibilités ou des carences. Il s'agit de la cibler au mieux et de s'assurer que l'étiquette du bon destinataire soit bien collée sur le "paquet cadeau". Les législateurs ont établit des cahiers de charges dont les articles se sont retrouvés dans les lois de répartitions.

Cette fois, avec cette crise, les difficultés sont encore plus complexes. Il faut chercher des débouchés possibles chez les plus "généreux" donateurs. Pour cela, on est prêt à faire des concessions et oublier des principes et des lois déjà signées.

20090928Diesel taxe.jpgLes taxes, pour suivre la mode, on les veut plus écologiques. Ratées pour les taxes sur l'emballage, sacs en plastique et l'aluminium.

La fiscalité sur le transport. Bien sûr. Le diesel, lui, qui est moins cher par rapport à l'essence, devrait subir une petite saignée du côté des accises? Intéressant fiscalement, trois quart des véhicules roulent au diesel en Belgique. Son problème écologique, l'émission de particules fines et d'oxyde d'azote, on y pense bien à propos. Le filtres minimisent ce côté négatif, dit-on de l'autre côté de la barre pour maintenir la pression de la vente des véhicules diesels. L'utilisateur fera la balance des pertes et profits.

Pour y échapper, il y a le vélo et les transports en commun. Tout dépend de l'éloignement et où on trouve le travail qui fera vivre. Enfin, 'travail', quand il y en a. Il faudrait que l'industrie des transports, des automobiles se grouillent pour sortir des voitures encore plus propres. En attendant... faudra apprendre à se passer de gaz et de pétrole. Le RER, c'est pas pour demain. On vient de l'apprendre.

Il y a la taxe carbone. Le carbone, élément simple, inoffensif mais qui peut passer au dioxyde de carbone en donnant des gaz à effet de serre. Allez hop, taxé. On prévoit des primes pour entrer dans le cycle de l'écologique BCBG. Se protéger du froid et utiliser le soleil, le vent comme sources d'énergie. Vite dit. On apprend que les ecobonus sont réajustés: primes en hausse mais seuils d'émissions en baisse. Le photovoltaïque devra se débrouiller sans aides de l'Etat. Retour en arrière?

Il y a quelques années, la DLU avait pour tâche de rapatrier les fonds garés et exempt de taxes de l'étranger. C'est fait. Opération non récurrente. Il faut trouver autre chose.

Il y a un an, on constatait que si les impôts sur le travail avait diminué, les recettes des accises avaient explosé.
New deal entre prové et public.jpgLa pression fiscale, chez nous, s'élevait, au niveau maximum, à 44,10% du PIB à l'époque (détails, ci contre).

Rappel pour le Gouvernement qu'il ne faut pas abuser des "bonnes choses".

Le consommateur toujours en aval. Le producteur privé et public en services en amont. Tous dans une politique d'efforts en communs. Oui, mais jusqu'où et jusqu'à quand?

20090730Equlibre budgétaire.jpgBudget d'austérité avec le pied au plancher. Il s'agissait, cette fois, de combler le déficit dû au rachat des dettes de quelques banques qui avaient abusé des risques.

On était arrivé à la période de calcul des budgets pour l'année prochaine.

Il y a, d'abord, les bons mouvements. La TVA de 21% dans l'Horeca baissera, baissera pas à 6%. Non, ce sera à 12%. Mais, ce qui, pour modérer les enthousiasmes, ne changera pas beaucoup pour le consommateur.

Du côté retour sur investissements, les pistes sont les accises sur le diesel, impôts sur les la fortune, stabilisation des coûts des soins de santé, la taxe sur l'épargne. Il faut trouver mieux encore.

Histoire de gros sous et plus de fonds de tiroir à remplir. Espérons même que l'on puisse les rendre plus récurrents.

Et puis, miracle. C'est fait. Voilà que le budget belge est bouclé et, en plus, il ménage le citoyen, est-il dit ce 13 octobre.

On n'a pas de pétrole, mais on a des idées, pourrait-on penser avec un peu d'humour. Les nouveaux créditeurs sont là, efficaces et puissants pour assumer. Du moins, on veut y croire.20091002Nulcléaire plus que jamais.jpg

Tout le monde le dit, la situation redevient plus conforme à une période d'accalmie, il était normal de penser que les banques participent. Remarques, tout de même. Cela s'est réalisé, souvent, à coup de restrictions et de restructurations, mais,  tout n'est pas joué et revenu à la stabilité.

On va, dès lors, faire payer les banques. Première bouée de sauvetage.

Les petites banques, inégales devant ce budget, disent qu'il faut être plus circonspect et rester en rapport avec les risques encourus par elles. Elles n'ont pas pris de risques, disent-elles, et ne sont pas venues demander de l'aide à l'Etat.

Qui va, de toute manière, trinquer?

20091014Banques payer la crise.jpgLa Deutsche Bank a été honnête de l'annoncer: les usagers, les consommateurs. Pas de surprise, les coûts sont toujours répercutés au dernier échelon. Ce n'est pas le Ministre des Finances qui pourrait faire croire du contraire en affirmant que la concurrence jouera. Les accords pour limiter la casse existent. On cherche, mais, en somme, on ne change pas trop les habitudes.

Deuxième bouée, prolonger l'exploitation des centrales nucléaires de 2015 à 2025, pour espérer des compensations des producteurs d'électricité, un bon calcul mais une solution controversée, à la base, par les écologiques. La loi de 2003 sera mise en veilleuse pour les trois plus vieilles centrales nucléaires (sur 7). Celles-ci devraient tenir le coup encore dix ans de plus après les 40 ans prévues. En compensation,  200 à 250 millions d'euros seraient demandés en échange les prochaines années.

Actuellement, pour évaluer la situation, 55% de l'énergie sont fournis par le nucléaire dont 30% pour ces trois centrales en limite d'âge. Cette prolongation rapporterait 1 milliards net aux électriciens. L'énergie renouvelable, elle, représente 4% du total.

Q20091020Obelix.jpgue ne ferait-on pas pour redresser la barre de l'économie?

Pas d'accord,.les producteurs d'électricité ont déjà donné des millions l'année passée et doubler la dose les suivantes. Pas question... Ici, il s'agit d'une entreprise commerciale française comme adversaire contre le Gouvernement et l'Etat Belge.

Exigence du gouvernement d'avoir un accord signé pour jeudi... ou c'est la guerre.

La justice sera-t-elle appelée à la rescousse pour temporiser ? Car qui dit "justice", dit un certain délais pour le jugement pour ne pas dire, un délais certain.

Une "Pax Electrica" ou une nouvelle bombe nucléaire à fragmentations?

Et, si GDF-Suez décidait de fermer les centrales?, lisais-je dans la presse.

Dernier coup de Jarnac, il y a aussi l'Europe. La Belgique est rappelée à l'ordre par la CE pour déficit excessif. Tiraillée par devant et par derrière et le torchon brûle. La nouvelle dame de fer, Nelly Kroes veille.

Retour à la case départ et retrouver des moyens de combler des déficits, ces milliards à injecter dans l'économie?

Non, vraiment, il doit y avoir quelques "deals" secrets entre privé et public comme par le passé. Le projet Unidata entre Siemens et le Gouvernement belge qui s'en souvient? Pacte où il était question en 1973 de compensations dans l'engagement de nouveaux personnels chez Siemens en échange d'avantages fiscaux. Le quotas d'emplois créés n'a jamais été rempli, mais, il faut dire que les Gouvernements passaient alors, plus vite que leur ombre et que les Sociétés privées avaient les dents longues.

Pour les consommateurs, il y a aussi des "trucs", chez les plus "fins" contribuables qui jouissent d'une armée de conseillers, de fiscalistes. Cette historette, racontée le 16 mars de manière philosophante par Paul Hermant, journaliste à la RTBF et que je ressors de mes tiroirs avec un certain humour:

"Je pensais à ce contribuable lessinois qui vient de remporter son combat fiscal contre sa commune et je me disais que le surgissement du citoyen dans les affaires publiques prend parfois des formes curieuses. Ce contribuable lessinois, par ailleurs expert-comptable, avait en effet remarqué que le Conseil communal avait voté de façon rétroactive l'augmentation de l'impôt communal. Il avait introduit un recours pour frapper cette majoration de nullité et l'affaire avait traîné quelques années avant d'être tranchée ces jours derniers. Le contribuable a raison. La commune a tort. Ce ne serait rien ou pas grand-chose, une affaire clochemerlesque, si beaucoup de communes n'étaient dans la même situation. En foi de quoi, cette décision pourrait créer un cataclysme dans les pouvoirs locaux. Lisant et écoutant ce qui se dit ici et là à propos de cette histoire, j'ai cru comprendre qu'une certaine sympathie entoure cet expert lessinois. Ça y est, on en tient un, de Robin des Bois fiscal ! Parce que, comme disait d'ailleurs un bourgmestre, sic, « on n'aime pas de payer ». Mais si « on n'aime pas de payer », on aime tout de même bien utiliser ce à quoi les impôts servent. Je veux dire, dans une commune, les crèches, les voiries, la piscine, la bibliothèque, le centre sportif, enfin, toutes ces choses qui nous tiennent ensemble. Aussi bien, on peut se demander, tout de même, où réside l'intérêt général dans cette affaire ? Que tout le monde récupère le montant d'une taxe illégale ou bien que tous les citoyens utilisent le fruit d'un impôt légitime, même si tardivement voté ? Il est vrai que notre rapport à l'impôt est brouillé depuis longtemps. Notre main gauche qui donne ne voit pas ce que notre main droite reçoit. Nous sommes sur cette question, terriblement hémiplégiques. Cela fait des années, maintenant, que l'impôt est remis en question, qu'il est considéré comme injuste, oppressant, inique. On peut discuter à l'infini sur la manière de le rendre plus harmonieux, mais il y a un fait têtu : pour vivre ensemble, nous devons payer ensemble. Et si cette affaire, finalement, en restait au plan des principes ? La commune a fauté, la commune est condamnée. C'est juste. Pour le reste, je suis certain qu'on peut s'arranger. René Magritte aussi était lessinois. Il a peint en 1964 un tableau intitulé « L'ami de l'ordre». Deux ans plus tard, il en peignit un autre qu'il appela « L'heureux donateur». Hé bien, vous savez quoi ? C'est presque le même. "

Le message était clair. Du moins, je le crois. La taxation est un "must", une autre manière de solidarité qu'il serait impardonnable de ne pas comprendre dans les obligations naturelles. Les entreprises ne sont pas égales devant le fisc et encore moins le particulier.

Les règles passent au second plan quand il s'agit de mettre la main à la poche. Quand il s'agit de faire un don, on reconnaît en général la sébile ou le pot en forme de cochonnet. Pas besoin de verser dans l'extra légal.

Bien sûr qu'il faut penser à des arrangements comme il est dit. En général, quand il s'agit de s'acquitter d'une dette, une visite devant un juge pourra trouver l'accord en fonction de raisons bien compréhensibles. Normal, enfin, presque...

20070904Cuisine Van Rompuy.jpgLa suspicion d'un intérêt "quelconque", comme il se dit naturellement dans les rapports de jugement, serait même à envisager. Mais de cela, je ne veux pas croire. Quoique...

On apprend, par un journal, en catimini, que les fonds placés en banques et qui servent souvent à financer un complément de pension, subiraient une ponction qui passerait d'un pourcentage de 15% à 25%. Il est vrai que le pourcentage ne correspondait pas à celui des taxes payées sur les salaires. Mais un étalement progressif aurait peut-être été nécessaire pour faire passer la pilule.

Eluder l'impôt par des mécanismes légaux frise la combine légale. Les voitures de sociétés souvent mises en avant pour combler le salaire trop taxé ne participe pas aux allocations sociales. L'impôt sur la fortune n'a pas les moyens de sa politique au niveau des contrôles. 700 dossiers par mois à traiter avec moins de contrôleurs.

20090909Flamand pas payer.jpgLa plus grande affaire traitée et jugée, il y a 7 ans, la KB-Lux n'a toujours pas eu de dénouement avec pénalité. Le procès commençait lundi (400 millions au prétoire). Inculpations des petits et des gros poissons?

Notre modernisme, généreusement arrosé par la pub, pour inciter à consommer toujours plus, est arrivé à un point de rééquilibrage.

Les vannes resteront toujours à ouvrir à un moment ou à un autre dans la triangulaire du privé, du public et du consommateur. Autant tenir le robinet adapté en mains propres eu égard les besoins de chacun, sans faux semblant ni orientation non conformes sous peine de se noyer et ne pas arriver à ses fins de citoyen responsable et solidaire. Main dans la main ou pied contre pied? Une simple continuité? Une complexité insoupçonnées?

Si jamais, vous connaissez des alchimistes, des inventeurs d'une nouvelle politique monétaire, je peux vous donner des adresses de personnes très intéressées.

- Allô, Père Noël, n'avez-vous pas, par hasard, reçu le Nobel de l'Economie?

Vous en avez, vous, dans votre hotte, des moyens pour investir et faire investir.20091023Accord eléctique.jpg

Comme vous semblez toujours avoir la même santé, c'est dans le privé ou le public ?


L'enfoiré,


Sur Agoravox, des commentaires publiques ou du privés?

 

Citations:

  • "L'intellectuel dont la richesse est toute intérieure n'a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse.", Raymond Devos et un se ses sketchs
  • "Les gouvernements ont une vision très sommaire de l'économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s'arrête de bouger, donne des subventions.", Ronald Reagan
  • "L'amour est la seule chose au monde que le gouvernement ne peut pas taxer.", Anonyme

 

07/10/2009

Echo à l'Echo

On me dit long dans mes articles et par cela, je serais devenu vieux, disait un commentaire. L'idée de ce qu'est la vieillesse serait-elle liée à ne pas pouvoir suivre l'évolution que par le bout de la lorgnette comme il est très souvent le cas dans les médias? Notre ère d'agitation ne permet plus de faire le lien entre les événements comme s'ils étaient chacun dans un tube sans interactions. Alors, si j'appelais un jeune à la rescousse...

20090311Mentir, mais non.jpgLa longueur n'est-elle pas simplement une habitude de vouloir tout découper en rondelles? La jeunesse, l'expert ne se se confronte plus avec l'autre que pour suivre la compétition. La solidarité, appuyée comme solution à nos crises, ne se trouve que dans les beaux principes du dons du plus riche vers le plus pauvre...

Bien facile de donner l'aumône. Bien facile de pleurer pendant un instant et de penser à autre chose par après. Il y a un temps pour tout, pour expliquer nos penchants. L'analyse demande plus de temps. Chercher les sources des problèmes, les tenants et les aboutissants. Les historiens seront là pour rassembler tout cela mieux que nous ne pourrions le faire. On ne peut être long. Tout doit aller tellement vite. Analyser n'est plus de mise.

Une voix jeune, plus forte, plus savante que les autres, se fait entendre.

- Cela prend du temps et on n'en a plus, t'as donc rien compris, l'Enfoiré. On a le temps de voir des images. Mais, nous sommes au temps de l'image, de la vidéo, pas au temps de l'écrit. Tu peux pas nous faire un dessin à la place? Si tu fais un billet, cela doit être comme tout le monde avec la réduction des traditionnelles 3 minutes impartîtes à tout bon éditeur en monologue.

- Mais je laisse ce rôle aux spécialistes, non? A des journalistes de grands journaux qui sont payés pour se trouver là où se passe l'action. A des caricaturistes pour donner une idée décalée avec le plus d'humour possible. Les médias sont limités par l'espace visuel et par le temps d'antenne et doivent se plier à ce genre de contrainte. A nous de les reprendre pour en tirer la substantifique moelle.

- Quand cela ne coute rien, je survole, je virevolte. Quand j'y ai mis le prix, je lis ce qui me plait. Je sélectionne. Je choisis. C'est mon droit, non?

- Bien sûr. Mais, tu payes pour des textes dont tu n'as que foutre en laissant peut-être échapper la montre en or? Tu te limite aussi dans tes progrès. Pas entendu parler du sommet de l'iceberg? En fais-tu au moins une synthèse, une analyse globale de ce que tu lis?

- Pourquoi faire? On ne me payes pas pour cela. Je consomme. Faut pas mélanger les pommes et les poires.

- Ne consumerais-tu pas plutôt que de consommer? Nous sommes à l'époque du durable. Ce qui nous impose d'utiliser l'information, de l'user jusqu'à risquer en abuser pour son propre besoin. Mais tu verras que tu as partiellement raison.

- Te rends-tu compte qu'en rassemblant tout cela comme si les éléments devaient se ressembler pour subsister, tu deviens complexe?

- Mais vivre est complexe. Je dois t'avouer que je suis un généraliste éclectique. Je vais t'étonner. Je suis d'accord avec toi. L'abondance de l'information nuit à sa compréhension. Elle noie son lecteur. Les médias sont tellement nombreux qu'il te font perdre énormément de temps dans une suite de répétitions, de déviances, de mauvaises prises de conscience. Les médias peuvent, en plus, te tromper. C'est pour cela qu'il faut toucher à tout. Car tout se tient, quelque part, pourtant.

- Ouais. Tu l'as dit. J'ai lu cela. Et tu voudrais, maintenant, que j'en fasse une analyse et que je te présente l'addition dans une synthèse?

20090427Le Soir.jpg- Ben, oui. C'est ça lire l'information. Tiens, on va se limiter. Je vais te prouver qu'il est possible d'aller bien plus loin avec une seule source, un seul journal. Prenons l'exemple de l'Echo que je viens d'acheter. L'Echo, journal qui se dit "Journal économique et financier". Le mot "écho" est bien choisi, à mon avis. Il veut dire "répétition d'un son due à la réflexion des ondes sonores sur un obstacle" d'après Larousse. Une "répétition", cela veut dire qu'il y a eu une origine précédente à ce son. Une "réflexion", une nécessité pour être bien comprise. Un "obstacle" puisque c'est ton rôle de jouer cette opposition en objectant par ta thèse, par ton opinion, si nécessaire, pour suivre ta propre pensée et ton expérience. Tu vas voir que tout se tient, pommes et poires, à condition d'en trouver la queue et d'ouvrir ces deux fruits pour en faire ressortir les pépins avant de l'avaler jusqu'au trognon. Commençons, résumons, mais, asseyons-nous, tout de même, car cela peut prendre du temps même pour résumer. Que tirer d'important de ce fatras d'informations qui te sont jetées en pâture et qui pourrait avoir un lien avec ton ego comme fil rouge et ton avenir dans la lucarne? Analysons chaque bout et faisons une synthèse intermédiaire avant d'en rassembler tous les bouts en finale. On risque de s'apercevoir qu'on a lu pour rien. C'est le risque.

- Essayons. Je te laisse le choix.

Première page: "La pyramide des âges pourrait permettre de faire des économies de plus de 3% de la masse salariale sans nuire au service".

20090223Lizin MR.jpg- Sous-titre intéressant pour l'administration wallonne en temps de crise. L'atout magique serait la pyramide des âges. Un rapport de la DG Personnel, commandé par le ministre de tutelle. "Les départs massifs d'agents au plus haut niveau de leur rémunération devraient dégager de nouveaux moyens pour autant que le politique d'engagement veille à recruter des agents avec peu ou pas d'ancienneté". La logique du remplacement serait "davantage de "une entrée" pour "deux départs". "Le remplacement par des jeunes et leur embauche est, par ailleurs, cruciale, parce que les effectifs ne permettraient pas de remplacer le départ massif de cadres en préretraite", est-il ajouté. Et "La cote d'alerte est atteinte car il faudra ramer à contre-courant et développer des moyens pour allonger la durée d'activité des seniors".

Réactions : n'ai-je pas entendu qu'on est de plus en plus nombreux à chercher du travail et qu'il faut travailler plus et plus longtemps pour gagner plus? Le publique deviendrait-il l'équivalent du privé? Main dans la main, gauche et droite? L'expérience, on n'en a rien à faire. On redémarre à zéro, quitte à réinventer la roue. Adieu le savoir-faire par l'expérience. Où a été envoyé le "gras" de ce rapport? Ah, oui, plus loin, il faut "saisir l'opportunité d'adapter nos structures aux besoins d'une entreprise moderne. Le recrutement devient une priorité pour permettre une prise en charge progressive des postes tenus par les agents qui vont remplacer les futures retraités. Revisiter les processus, en les simplifiant ou, mieux, les automatiser dans l'urgence à mettre en place la structure hiérarchique.". Donc, revirement complet. Serait-ce plus de chefs pour faire tourner le bidule? Et, accroitre encore le problème. A qui profite la crise? Quand on sait qu'au cours des 5 dernières années, il y a eu 5318 départs contre 2658 entrés. Qui a besoin de travailler après l'âge limite? Cherche bien. Moi, j'ai trouvé.

- Que vais-je tirer de cela? Ben, on dit tout et son contraire, à mon avis.

- Bien vu. Voilà le type de rapport qui veut le beurre, l'argent du beurre, le sourire de la crémière et la bénédiction par les esprits jeunes et vieux. Une sorte de quadrature du cercle consensuel. D'accord?

- Information nulle. Qui n'apporte aucune conclusion, si ce n'est de faire perdre le Nord et l'argent de ceux qui ont payé le rapport.

- Tout compris. Passons au sujet suivant.

"Il faut prolonger le nucléaire en Belgique.

- 20091002Nulcléaire plus que jamais.jpgLe ministre de l'Energie plaide pour le maintien en activité de trois réacteurs nucléaires et prône un prélèvement structurel sur Electrabel. Ne trouves-tu pas qu'en période de crise, ce ne serait pas une solution? Je sais, l'énergie nucléaire fait toujours peur, mais qu'est-ce que quelques années en plus pourrait changer? Les experts de Gemix chargés de dessiner l'horizon 2020 préconisent de retarder la fermeture des centrales de dix ans. Une manière de reculer pour mieux sauter.

- "Pour mieux sauter". Amusant. Et les éoliennes, le solaire, les marées, n'est-ce pas la solutions dans le durable? Il faut investir dans celui-ci.

- C'est une optique. Tu as raison par "investir", mais ne se rend-on pas compte que l'approche de l'énergie produite par le nucléaire pourrait se faire par une autre manière? La fission, c'est le plus facile. La radioactivité existe déjà sous cette forme dans le processus naturel spontané. Créer l'énergie comme le soleil le fait, c'est moins facile. La fusion produit, après un "starter" important d'énergie, une énergie bien plus impressionnante encore. Alors, par manque d'investissements, pour des raisons politiques et financières, l'énergie pour tous et presque gratuite, a été mis entre parenthèses depuis des dizaines d'années. Le budget militaire, bien plus important, a permis de construire la bombe H avec la fusion nucléaire. Nous étions en 1945. Les écologistes ruent devant cette décision d'allonger de 10 ans l'usage des centrales, mais n'est-ce pas perdre une partie des solutions?

- On patiente avec du charbon, des éoliennes, du soleil, de l'énergie humaine à bon marché. C'est sûr. Mais quand dans la balance, il y a le risque le risque et les déchets...

- C'est comme devant ton banquier qui te parle des risques des actions avec des plus values importantes contre la sécurité des bons de caisse. Connais-tu des actions en Bourse qui préconiserait l'utilisation de la fusion nucléaire? Pour s'électrifier, le nucléaire "fission" est sauvé par le manque d'investissements. Le renouvelable, c'est bien. L'éternité, c'est encore mieux, non? C'est fou, ce qu'on traîne à trouver les bonnes et définitives solutions.20090101Econologie_Salon.jpg

- Où en est-on dans la fusion? Pas bien loin. On s'impatienterait?

- On pourrait, oui, ta planète en dépend et t'auras toujours besoin de plus d'énergie avec tes gadgets.

- Lol... Passons à une autre page.

"La récession en Irlande sur le point de sauver le traité de Lisbonne"

20080620Europe Irlande NON.jpg- Il y avait la démocratie, il y a aujourd'hui la récession. "Par devant par derrière, tristement comme toujours", on ne chante plus cela de ton temps?

- Que veux-tu dire?

- Lis ceci: "Si l'Irlandais n'avait pas fait partie de l'union monétaire, nous aurions eu un scénario à l'islandaise. Qui nous dit que si l'Irlandais rejette le traité, la BCE continuera à injecter des liquidités dans notre secteur bancaire". La peur du vide. Une crise dans la crise. C'est à coup de référendum que l'on use tous les principes et les idéologies. Suspense? Ton pronostic, c'est quoi?

- J'en ai rien a cirer. Je n'ai jamais rencontré un Irlandais.

- C'est peut-être le même problème et ta réponse semblable pour le sujet suivant.

"La Lettonie, en récession profonde, paie cash sa folie des grandeurs"

- On y lit: "Une chute de 18,5% de son PIB. Ils vont devoir apprendre à gagner leur argent au lieu de l'emprunter. Dégringolade des salaires de 35% et les retraites de 10%. Plus grave pour l'avenir, les universités ont des budgets rabotés de 45%. Les gens voulaient tout et tout de suite." Tu te rends compte des résultats? Tu n'es pas un peu comme ça, aussi?

- Mais nous, jeunes, n'avons rien. Pas d'avenir.

- Conseil d'ami, ne pense pas ainsi. Nous n'avons pas d'avenir. Toi, bien, mais ce sera un peu plus dur pour trouver la bonne porte d'entrée et méritera beaucoup de patience, j'en conviens. Le sujet suivant, ce n'est plus pour toi, quoique...

Les seniories font une percée20091007Père Damien.jpg

- 3,7 % d'octogénaires. Voilà un secteur en expansion. Les plus de 60 ans varie de 9 à 25 % selon les régions. Les "baby boomers" attendent le 4ème âge sans impatience. L'autonomie recherchée donne des opportunités dans les portefeuilles immobiliers. Car il y a encore des moyens de ce côté-là. Les rendements sont en hausses pour suivre la demande.

Mais si si cela ne t'intéresse pas, si tu veux, nous pourrions passer à la synthèse.

- Pas si vite. T'as pas vu la dernière page?

"Spéculations dans la mode".

- Voilà, le bling-bling qui réapparait. Les ventes mondiales du luxe ont chuté de 10% en 2009. Des rumeurs de rapprochements. C'est encore des fusions de sociétés?, dit le jeune.

- Ouais. Même, dans le prestige, on ne compte pas que des amis. Là, on ...

- C'est bien fait pour eux. Le luxe, nous, jeune, on n'en veut pas.

20090310Laurent travaille.jpg- Tu as peut-être raison, mais, là aussi, dans le beau, il y a du business. Le low-cost regarde où cela a mené? Du chômage, des produits qui ne tiennent pas la route dans le temps. Toi, qui aime le durable. D'ailleurs, même après cette chute, on lit "à moyen terme, les acteurs du luxe ne devraient pas tous profiter de la même façon de la reprise attendue de la croissance". L'horlogerie-joaillerie, ce sera plus dur vu les prix d'entrée plus élevés que ceux de la mode ou de la maroquinerie. Donc, là, aussi, il faudra se plier à la demande.

- Mais, quel est le lien entre tout cela? Toi, qui aime en chercher partout.

- N'oublie pas de lire l'éditorial d'un journal. Le travail de collecte a souvent été prémâché. On y lit "La logique et l'équité voudraient que tous les acteurs socio-économiques participent à l'effort selon leur capacité contributive. Et c'est que l'on touche à l'essence du débat", voilà une synthèse, non? Et ta conclusion serait?

- Plus loin. "Secteur public à la diète ou dans la profusion comme pour le secteur privé. La concurrence existent même entre les deux". C'est la m... partout, quoi. Ils cherchent encore des profils de plus en plus qualifiés ? Mais jusqu'où ira-t-on?

20090302Poste.jpg- C'est pas la joie. Faut pas rêver. Tous resteront à naviguer sur un bateau imaginaire en louvoyant entre deux eaux. Ce sera ceux qui auront le gouvernail en main. Sous la pression, ils se retrouveront sur des bateaux de plus en plus rapides mais avec le feu du moteur des actionnaires au cul. Les autres devront apprendre le maniement du tuba. Au milieu, on apprend la brasse-clown en passant par la grève du zèle comme seul moyen de réaction. En fait, tout le monde est pris par les c... mais avec la pièce supérieure plus ou moins longue. Alors, on ne réfléchit plus. On fonce. Tu avais raison, je me fais vieux. Avant, on avait les moyens de sa politique. Aujourd'hui, la politique, sans moyens, ne sait plus où donner de la tête. Alors, quelle voie aimerais-tu suivre? Par ton Internet, tu tchates, tu ne lis plus que les eMails des copains...

Tiens, 20091005Poste demain.jpgla Poste veut engager des facteurs de quartiers. Facteurs que tout le monde reconnait aussi comme du "low-cost". Le rendement n'est pas tout si l'on ne veut pas se limiter au superficiel.

- La Poste? Quelle importance? Tu me parles d'Internet et des mails, donc, on a la solution. Et puis, toujours l'argent...

- Mais tout ne passe pas par là. Tu devrais le savoir. Les colis, les lettres existeront toujours. C'est l'Europe qui veut privatiser à tout va. Elle dit qu'il faut toujours rester compétitif, mais par rapport à qui, à quoi? A eux-même, en cercle fermé? L'argent, comme disait Jacques Attali dans son "Le sens des choses", peut-être un instrument de la valeur, un moyen d'échange et un instrument de la conservation de la valeur".

- T'as pas vu, ils proposent d'accepter une croissance zéro pendant un temps?

- Cela impliquerait quoi? Le budget pour la croissance zéro, c'est quoi, d'après toi?

- Ben, c'est de ne plus lire les informations. Cela me donne mal à la tête et des nausées à l'estomac. Cela pousse à ne plus rien faire...

  • 20090401Grève.jpg- Tu m'énerves. Dialoguer, avec toi, reste difficile. Du temps et de la longueur, je veux bien te les consacrer. Nous sommes en plein dans un conflit de l'eugénisme. Un nouveau conflit de générations. Tu deviens long, long à digérer. Tu n'aurais pas une boule de cristal pour lire notre présent en commun et pour entrevoir votre avenir? Çà, au moins, c'est un média qui nous manque déjà.

    Si je parle de tout, sans oublier d'ajouter son contraire, je ferais preuve d'un certain manque d'universalité dont nous avons tellement besoin dans un monde en expansion. Gardons l'ouverture d'esprit.20090313Chef de cabinet.jpg

Je ne vais pas te gâcher ta journée en te disant que réduire son horizon, c'est, justement, un symptôme de la vieillesse et, sinon, d'un autre, plus grave, l'autisme.


L'Enfoiré,

Echo, écho, écho sur Agoravox?


Citations:

  • « Quand on montre du doigt, c'est parce qu'on veut être certain d'être du bon côté du doigt », F. Lordon

  • « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. », Jean de La Fontaine

  • « La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs. », Jules Renard

  • « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. », Alfred Sauvy

30/09/2009

Diviser ou multiplier?

Mettre le voile au vestiaire ou se voiler la face devant des problèmes identitaires. Voilà la question qui se posait après les manifestations de plus en plus tendancieuses porté par une foule de positions religieuses ou autres. Un philosophe était de la partie dans la discussion. Profitons-en pour ouvrir celle-ci et pour relier l'analogique au numérique.

20090820Afganistan élections.jpgAprès la France qui avec un esprit républicain avait accepté le voile mais mettait la burqa sur la sellette du questionnement. La Belgique reprenait la question de l'acceptation du voile à l'école. Le MR belge demandait d'interdire le voile et tout signe religieux à l'école au moins jusqu'à l'âge de 16 ans.

Le 22 septembre, le philosophe Guy Haarscher était interrogé à la RTBF sur l'interculturalité. Il faut apprendre à vivre ensemble, était sa conclusion. Il pilote des Assises de l'interculturalité. Une nouvelle tentative de rapprochement dans notre pays qui se paye une capitale baptisée comme un laboratoire de l'Europe.Multiplier ou diviser.jpg

Les religions prêchent à la multiplication, alors qu'elles cherchent à diviser les peuples entre les bien aimés de différents Dieux et de ceux qui n'en seraient pas.

Pour réussir une intégration, dit Guy Haarscher, il y a deux conditions:

1. éviter le racisme "qui existe des deux côtés", également dans les minorités.

2. lutter contre l'intégrisme religieux "car quand il y a des problèmes, quand il y a des conflits, quand les gens sont dans une position de vulnérabilité, ils sont captés par des groupes intégristes".

La laïcité serait un modèle à préserver en l'état pour tout le monde. "Laos veut dire peuple. L'État est l'état de tout le peuple et pas seulement ceux qui pratiquent une religion ou une autre. Cela a été un grand combat en Belgique contre la domination du catholicisme. La laïcité est la liberté pour chacun. Mais pour ça, il faut éviter que les religions, d'où qu'elles viennent, ne recolonisent l'Etat", concluait-il.

"Laïc, c'est le hic" écrivais-je, un jour. Être athée ne veut pas dire être laïc, m'avait-on rappelé à l'époque. 20090622Iran circulez.jpgOk. Mais... « L'église ne reconnaît qu'une sorte de laïcs : les siens. », disait Carl Dubuc

"Il faut être ferme contre les pratiques racistes et contre l'intégrisme", ajoutait le philosophe en prenant la position d'interdire le voile à l'école. Là, se trouve la véritable nuance.

Ici, ce philosophe prêche pour la non-reconnaissance d'une appartenance à une religion, au moins pendant les premières années de la vie d'un enfant. Assez normal de ne pas être embrigadé pour un adulte en formation.

Je ne vais, pourtant, pas reprendre le flambeau de cette discussion, trop présent dans tous les médias pour en remettre une couche. Les représentations vestimentaires, comme la mode ont déjà pas mal de points d'interrogation dans l'histoire. Cette pièce de tissu cache la femme du plus simple au plus intégriste par hidjab, jilbab, tchador, niqab, burqa. De moins en moins, ouvert vers l'autre. Les témoignages féminins se retranchent, derrière la Foi, les convictions ou la culture pour expliquer leur décision tout en se voilant la face.

Mais ne nous voilons pas la face et cette fois dans sa version au figuré. Nous nous retranchons derrière une foule de barrières.

Question: Sommes-nous prêts à nous aimer ou au contraire, nous écartons-nous de plus en plus d'une volonté de communion des peuples derrière nos frontières rikiki? Beaucoup d'éléments perturbateurs à l'amour entre les hommes sur le chemin de l'intégration. 20090813Birmanie.jpgLes frontières existent bel et bien. Même l'idée de la nation ne suffit plus. On pense, désormais, régionaliser à sous-régionaliser, en espérant se placer plus près des convictions des gens, plus en relation avec leur culture propre, plus en relation, aussi, avec ce sol qui a vu naître ses propres contemporains, concitoyens, plus en communion avec notre enseignement spécifique. Les langues, aussi, s'attachent comme une colle indélébile et invisible à nos envies de reconnaissance. Tout est aussi en place dans l'environnement pour séparer: les idéologies, le pouvoir d'achat, les religions, les symboles... Tout divise pour empêcher les contacts plutôt que de les multiplier.

Personne n'est le clone d'un autre. C'est notre haut degré de complexité qui veut cela. Similaire, mais jamais totalement identique. Mais, c'est un pluralisme d'idées, une richesse, dit-on. C'est très probablement vrai, mais, c'est aussi un grand défit qui ne trouvera son échappatoire qu'avec l'effort de chacun.

Déjà, au niveau de base, dans l'entité familiale, garder 'l'église au milieu du village", suivant l'expression consacrée, cette richesse peut être une affaire de discussions opiniâtres.20090503LiberalSocialiste.jpg

Voilà, que le besoin d'écologie, lui-même, entrave le rapprochement physiques entre les hommes en espérant réduire les déplacements à des limites congrues à vélo, mais sans frais énergétiques. La Nature est à considérer comme un interlocuteur de poids. Elle impose ses ressources limitées et tout le monde est concerné. Le "Syndrome du Titanic" présenté par Nicolas Hulot, ce dimanche 27 septembre, le rappelait avec force telle qu'une contrainte planétaire. Le but, d'après lui, c'était de préparer le terrain avec une neutralité non partisane pour rechercher le plus d'efficacité. La culpabilité n'existe pas hier, on ne savait pas. Elle commence aujourd'hui, disait-il. Donc, chacun devra inventer à sa manière le choix de son renoncement par rapport au passé.

Le "divide ut imperes" (diviser pour régner) serait-il, donc, condamné à exister pour expliquer cette séparation entre les peuples. Les politiques, sans le dire, aiment cette maxime. Ils ont leurs propres lois, leurs propres règles de fonctionnement. Dresser des frontières, c'est installer, en définitive, plus de dirigeants à la tête de chacune des entités.

Si d'un autre côté, les villes rassemblent les peuples, elles en deviennent tellement grandes que l'éloignement entre ses membres en devient trop importante. Le mondialisme et le commerce se prêtent à l'ouverture et les échanges entre les peuples mais ne permet pas les échanges sociaux de base de vie. Basé uniquement sur le modèle financier, il a aussi raté son but.

Obama dans son discours à l'ONU, avec son éloquence bien connue, allait dans le sens de l'intégration au niveau des nations par ces mots "une nouvelle ère de coopération multilatérale, basée sur un intérêt et un respect mutuels". Pourtant son éloquence ne suffit pas ou demanderont un effort pour trouver le bénéfice commun, s'il existe était-il ajouté. Le ministre des Affaires Etrangères belge, Yves Leterme avait, dans son discours, quelques mots empruntés à Obama et en avait d'autres plus spécifiques, mais cela sonnait juste. Il reprenait pour commencer les paroles de Jean Monnet "Rien ne se crée sans les hommes. Rien ne dure sans les institutions" avant de précher pour un multilatéralisme inclusif dans le respect de la dignité humaine et la lutte contre la prolifération. Il ne manquait pas de relever les lacunes de l'ONU, par son manque de rigueur et de transparence. Bruxelles est reconnu comme le laboratoire de l'Europe en ce qui est de l'intégration multiple. La coopération multilatérale et consensuelle devient un must pour ne pas exploser.

Très récemment dans l'échelle humaine globale, Internet a fait une percée inattendue pour rassembler les hommes de la terre de manière virtuelle alors qu'ils n'auront jamais l'occasion de se rencontrer physiquement dans le réel.

On fête, cette année, le dixième anniversaire des Blogs. Ils préparaient cette ouverture par la présentation de l'égo des participants. Les forums ont extrapolé en recentrant les discussions. Les réseaux sociaux complètent le processus en mélangeant les deux aspects en ouvrant des amitiés souvent fictives mais réelles dans leur finalité de rapprochement et des connexions en réseaux dans une grande Toile. La demande augmente en permanence, preuve du succès, même si le système, lui-même, reste soutenu par des règles du commerce.

Les forums ne peuvent plus se complaire par des monologues comme au temps du livre et du journal à sens unique. Le droit de réponse existe, cette fois. Sans un rythme de croisière de questions-réponses, le forum terminerait sa course prématurément. Il s'agit maintenant d'écouter attentivement ses amis et ses ennemis de convictions dans un processus fusionnel en apportant son expérience. La dérive serait la foire d'empoigne. Seule l'intégration, bien comprise, de tous les paramètres, de tous les facteurs dans un consensus sans compromission aura, en définitive, un droit de cité pro-actif. Le gourou tentera encore d'en imposer, mais il sera bien vite reconnu comme tel et remis à la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Ce sera le retour nécessaire des candides avec leur propre interprétation, qu'il faudra aussi prendre en compte. Une sorte de polythéisme renaît de ses cendres sous cette forme. Chacun, adulte et critique, à la fois dieu, serviteur, régulateur de ses propres phantasmes.

Le monde se freinera, peut-être, par cette nouvelle démocratie tout azimut mais il en crèverait de presser sur le champignon en ne comprenant pas le besoin de consolidation des opinions.

Revendiquer d'exister en entité unique, mais à l'intérieur d'une toile et d'un réseau d'idées. 20090809E18 travaux.jpgTout un programme !

Une nouvelle interprétation de l'égocentrisme? Non. Il y a bien une obligation de répondre au besoin naturel de préserver son corps et son esprit dans un jeu de quilles avec des interconnexions. Chacun, seul devant son destin, mais en interaction qui rend responsable envers les autres et ... soi-même dans un monde complexe.

Alors, il y a nos peurs qui sont toujours là. Le magazine "Psychologies" en parlait de celles-ci dans son magazine de septembre. Nos peurs seraient, statistiquement et dans l'ordre dégressif, dues à la pensée que nos enfants ne seraient pas heureux, de la maladie, de la dégradation de l'environnement, du chômage, du manque d'argent. On ne trouve pas la peur de vivre en société dans la liste. Elles seraient, donc, plus portées par l'imagination que par la réalité. Alors, il y a les palliatifs. La recherche scientifique et la Foi en Dieu arrivent comme secours avec le fatalisme comme pilule de l'ignorance des réalités.

20090516Pape retour.jpgEt si, pour une fois, nous étions las d'entendre d'un côté "C'est normal, c'est l'évolution de l'espèce qui veut cela" et de l'autre "C'est normal, c'est Dieu qui veut cela", comme s'il n'y avait jamais aucun responsable et que nous n'y sommes pour rien et que nous n'y pouvons rien.

Exister, par nous mêmes et pour nous mêmes.

L'effet Papillon n'est pas un mirage. La physique quantique en apporte une preuve, par l'absurde.

Intégrisme, que cette volonté d'être unique? Non. Cette volonté, si elle existe parfois, se vera vite canalisée, récupéré par plus intégriste, encore. Heureusement, elle ne va pas jusqu'au bout de ses ambitions. L'homme reste un animal grégaire mais pas de manière illimitée. 20090629Jacqson mort.jpgIl aime exister en solitaire mais c'est dans un groupe solidaire qu'il se sent le mieux. Mais, ce n'est pas en "meute" qu'il exprime son identité.

L'anthropomorphisme dévie notre vision avec les réactions bizarres des animaux, conformes pourtant à un protectionnisme naturel de groupe ou dans une entité familiale. Mais elle peut aider à comprendre les différences. Nous nous enorgueillissons avec quelques neurones en plus, d'exprimer nos conclusions.

Le 25 septembre, ARTE se posait la question "L'intelligence collective, une spécificité collective?". L'émission s'intéressait à certaines formes de collectivités manifestées dans les airs par les vols en groupe des sansonnets, par les dérives des épinoches dans les mers et par les fourmis sur terre. Les buts essentiels de cette manière de vivre étaient la recherche de nourriture et de se protéger des prédateurs. Organisations relativement simples dont les interactions concertées de changement de directions se régulent par l'imitation des mouvements des congénères les plus proches. Tous égaux dans cette organisation.

Nous nous distinguerions des animaux par le fait que certains individus, plus complexes ou évolués que ceux du groupe, existeraient pour que la masse aime les hiérarchies et réagir en fonction d'un entourage plus vaste et accepte des idées qui passent le mieux dans leur ensemble.

20090930Planski story.jpgCela va de croire à un modèle prédéfini, inculqué, médiatisés parfois à outrance, par un copier-coller auquel il faut se conformer pour suivre une vieille histoire d'obéissance du système animal de transfert d'informations de génération en génération.

En contradiction avec les animaux qui agissent par interactions, c'est par l'intermédiaire de représentants, d'idoles ou de mentors qu'il sort sont épingle du jeu plutôt que par l'expérience personnelle qui reste la minorité. Critiquer les idoles, alors, c'est sortir du bois, prêt à en découdre.

Serions-nous dans une phase de transition par le besoin d'en comprendre les mécanismes et les risques par l'étude des... robots? Différence majeure avec le cas de ces animaux, c'est d'être sorti de cette proximité, cette convivialité à petite échelle de l'environnement immédiat pour passer à une approche mondiale de tous les systèmes dans une intégration globale.

Internet aurait donc ouvert une boîte de Pandore pour assurer la sécurité et le développement durable de l'ensemble. L'organisation se cherche entre programmé et auto-programmé en cherchant une sagesse de groupe et en évitant au mieux les turbulences par la prudence. On a pu remarquer l'année passée que l'auto-régulation pure et dure dans le domaine des finances est dangereuse et contre productive.

Alors, pourquoi pas vivre sa vie, en cherchant sa propre vérité par l'expérience permanente, en être éternel insatisfait, sans dogme? En découvrir les risques, les erreurs et avoir le courage de le reconnaitre dans la confrontation avec les autres pour les corriger en sera probablement l'autre phase.

20090512Pape en Israel.jpgPlus question de résoudre l'équation en divisant par l'utilisation de la fausse multiplication.

Multiplier, c'est pour accélérer le mouvement. Diviser, c'est pour le freiner. Donc, incompatible et antagoniste.

Certaines religions se présentent en défenseur de la multiplication mais n'en assument pas les conséquences ou se cantonnent à une ségrégation vis-à-vis de ceux qui ne feraient pas partie leur Arche de Noé.

Pour parler savant, face aux fonctions, la solution ne serait plus de parler de dérivées mais d'intégrales. Dans le langage photographique, passer de l'analogique, de l'argentique au numérique. Notre époque se veut de plus en plus complexe. Cela ne veut pas dire qu'il faille masquer notre incompétence à l'assumer en restant derrière un défaitisme de consensus mal analysé. Vivre en autarcie n'est plus de mise. Le monde, devenu village. Il faudra, donc, de plus en plus apprendre à vivre ensemble.

Question d'aptitude à l'ouverture nécessaire pour trouver l'association et les liens. Question d'aptitude à une écoute attentive, plus de temps à consacrer à sa compréhension et par un retour du miroir sur soi pour en fusionner les conclusions. La Loi d'entropie rappelle que le chaos est au bout sans un peu d'ordre dans un melting pot. On ne change pas efficacement les autres. On se change soi.20090927Louis Michel ONU.jpg

Le « happy end » est l'objectif final. Il existera, si on le veut, un peu, beaucoup ou passionnément. Nous le valons bien, comme dirait la pub. Donc, autant participer à l'objectif et à son destin loin de la réédition de "L'apocalysme".

Le changement est heureusement dans l'air. L'histoire rappellent les erreurs du passé. Le futur contiendra les découvertes d'aujourd'hui.

Tester pour trouver le chemin le plus pratique, le plus adéquat à toutes situations du moment et de demain. Diviser les problèmes pour en multiplier les intérêts personnels en communs dans l'harmonie comme seule valeur universelle de vie de l'homme.

« L'expérience est dans les doigts et dans la tête. Le cœur n'a pas d'expérience. » écrivait Henry David Thoreau.

Un kōan le confirmait par la culture japonaise, "Toute chose n'est connue que parce que l'on croit la connaître".

Entre multiplier et diviser, il faudra choisir avec une nouvelle règle à calcul.

L'Enfoiré,

Agoravox multiplie ou divise?

Citations extraites du seul livre de Bernard Werber "Le Mystère des dieux":

  • « Nous ne sommes que des pièces d'un jeu qui nous dépasse et qui n'existe que pour amuser les dieux »

  • « Ce n'est pas parce que vous êtes nombreux à avoir tort que vous avez raison »

  • « A force d'être libre on finit par être seul »

  • « Tant que les dieux étaient immortels, leur vie n'avait pas de sens".

23/09/2009

Robinson cambré cherche Vendredi

Le 27 aout,  le "Journal des vacances" de la RTBF l'annonçait aux actualités: le Chalet Robinson est reconstruit. L'envie pour jouer à Robinson sans quitter Bruxelles, tous les Bruxellois le connaissaient au cœur du Bois de la Cambre sur l'île du même nom. Souvenirs d'enfance et histoire déjà longue de ce bois de la Cambre créé sur une petite partie de l'espace de la Forêt de Soignes.

Robinson cambré cherche Vendredi9.jpgFait divers local, par excellence? Pas vraiment.

Pour le Bruxellois, le Bois de la Cambre représente beaucoup de moments de relaxations dominicaux, de souvenirs et de rêveries en toutes saisons et à toutes les époques.

Le Bois de la Cambre, créé de toute pièce entre la ville et la Forêt de Soignes, a toute une histoire. 124 ha de la Forêt lui sont consacré en 1860. C'est à l'architecte-paysagiste allemand Edouard Keilig que l'oin confie l'aménagement du Bois en 1861. Son projet avec une île est le seul retenu. Ce fut l'île Robinson, avec son chalet au centre, dès 1877.

En 1870, sous Léopold II, l'avenue Louise percée et débouche sur le Bois de la Cambre inauguré, lui-même, artificiel, et le lac creusé pour en faire rebondir l'île Robinson. L'aristocratie, la nouvelle bourgeoisie et le peuple s'y rencontraient.

Problème ardu, l'eau s'évaporait ou passait dans la nappe phréatique. Il a fallu quelques temps pour le résoudre.5.jpg

L'été, c'était le canotage, l'hiver, le patinage sur la glace. Fréquenté les après-midi des weekend, ce fut un succès complet jusqu'à l'automne 91, avec son enseigne "Café-Tea Room".

"Au XIXe siècle, le bois était un lieu incontournable de la capitale. Guinguettes et kiosques y assuraient une ambiance bon enfant et l'endroit était très fréquenté", explique l'échevin en charge des Propriétés communales, Mohamed Ouriaghli.3.jpg

Le Bois de la Cambre est aménagé comme un havre de paix et aussi pour la beauté des yeux. Beaucoup de points de vue très connus des Bruxellois qui aiment se promener les après-midi d'été dans ses chemins boisés pour se retrouver au centre face à son lac creusé et son île Robinson artificielle.

Il a inspiré également beaucoup de peintres.

Commencé en 1863, peut-être, un vendredi, la première version de ce chalet a connu les beaux jours de ses visiteurs venus déguster glaces et crêpes sucrées. Véritable but de promenades, les beaux jours des weekends.

En 1896, première catastrophe, il était parti en fumée, mais c'est lors l'incendie de 1991, qu'il ne resta rien.

6.jpgPerdu corps et âme ce beau chalet faute d'interventions immédiates. D'accès difficile, les pompiers devaient traverser le lac en pédalos pour éteindre le feu. Réduit en cendres, il faisait pauvre figure. Plus rien pendant près de vingt ans. On commençait à désespérer qu'il renaisse un jour. Le bac qui le traversait, resta inoccupé et ne traversa plus le lac pour atteindre l'île artificielle en face. Perché sur l'île du lac, son absence faisait tache sur l'horizon dans la désolation.

Dix-huit ans d'attente, jusqu'à fin de mai dernier, voici, le renouveau, le chantier de reconstruction ouvrait ses portes. Didier Thiry comme initiateur du projet de reconstruction.

Des accords avec les autorités de la ville allaient, enfin, changer cette désolation à la vue de tous. Reproduction presque à l'identique de la version de 1877 et de style très tendance, le chalet doit garder son côté convivial et chaleureux de l'époque, est-il dit. Les visites doivent reprendre comme par le passé.

La reconstruction a eu ses détracteurs. Havre de paix pour les oiseaux ou partagé avec les hommes?

En béton dans la version précédente, cette fois, c'est vraiment en bois. Bois ignifugé, on l'espère. Deux incendies sans son histoire, cela commence à faire beaucoup. Il faut dire qu'il n'est pas le seul à avoir subi le même sort. Véritable hécatombe. La Laiterie qui s'envole en fumée en 1973 et jamais reconstruite. Trois autres pavillons, en parties classés, renaissent de leurs cendres dans le Bois de la Cambre. Le Chalet du Gymnase, connu par sa Patinoire à roulettes l'été, à glace l'hiver, le Chalet Rossignol qui loge les "Jeux d'Hiver" après un incendie criminel en 2005 et le Pavillon des Chasses. Tout pour redonner le lustre d'antan au Bois de la Cambre.

En plus de ces rénovations, une ASBL intégrant la Ville, les amis du Bois et les différents concessionnaires va ainsi être mise sur pied. "L'objectif est de faire connaître les différentes activités qui ont lieu au bois de la Cambre, explique Serge Van der Heyden, membre de l'ASBL. Différentes cartes thématiques, concernant la flore, la faune, mais aussi l'écologie, le patrimoine et l'histoire seront distribuées aux promeneurs".

Autour du lac, ce sera tout se qui roule, ce qui court ou ce qui marche. Mais pas de moteur le weekend depuis 2002. Avec, successivement, des sentiers aux noms évocateurs: Sentier des nénuphars, de l'Iris, des canotiers...

En son centre, dernier de la série, le Chalet Robinson, a, donc, réouvert.

Préparez les pédalos pour cet automne ensoleillé, tirez le bac qui le relie à la berge sans en avoir le mal de mer et huilez ses treuils électriques.

Chalet Robinson sans vendredi.jpgCar, après les gaufres et les glaces, on se prépare au Chalet à plus grand encore. Il faudra être encore plus rentable après cet investissement. Réceptions, dîner de galas, mariages, tout y sera prévu. On pourrait même y chercher son Vendredi, bien cambré.

Le Brussels Club y organisa sa rentré lors du Gala d'Ouverture.

"Une île entre le ciel et l'eau" comme le chantait Lama ou "Au large de l'espoir" de  Jacques Brel en pensant des Marquises du Pacifique. En plein cœur de Bruxelles, bien loin des eaux bleues du Pacifique, on aime aussi jouer au Robinson.Chalet Robinson sans vendredi_avant.jpg

2009, l'année où la Cambre sortira définitivement du bois et les gens y rentreront?

Après les images d'hier, cliquer pour voir les images d'aujourd'hui


L'enfoiré,

Sur Agoravox, des Robinsons ou des Vendredi?


Citations:


  • « Chaque étincelle est à elle seule tout l'incendie ; elle le porte, l'augmente, le diffuse », Jean Marcel

  • « Si vous voulez aller sur la mer, sans aucun risque de chavirer, alors, n'achetez pas un bateau : achetez une île ! », Marcel Pagnol

Robinson cambré cherche Vendredi7.jpg

26/08/2009

Antwerpen, une histoire de main coupée

A Antwerpen, ville flamande du Nord de la Belgique, le 15 août est une occasion de refaire l'histoire.

Antwerpen_01.jpgJe vous ai souvent parlé de ma ville, Bruxelles. Et si on prenait la route plein Nord. A peine une quarantaine de kilomètre et voilà Anvers ou plus exactement Antwerpen, capitale de province, d'arrondissement, de district.

Cette année, la fête de Marie tombait un samedi. La journée était superbe. 30°C au compteur. Pas de vent. La journée allait être très chaude. Ce n'était pas mon coup d'essais dans cette ville. Un parking difficile m'avait déterminé de l'oublier un peu. Un samedi, mais férié, donc plus de problème. Mais, je savais qu'Antwerpen rivalisait avec Liège le 15 août dans l'esprit de fête. Il est vrai que les radios francophones sont assez muettes sur ce qui se passe dans le Nord.

Ici, ce n'est pas le peket qui est bu, mais la bière. Le genièvre, qui est aussi une sorte de peket, c'est pour la soirée, dans le travail de réduction de la soif plus alcoolisée. La promenade traditionnelle dominicale, même pour l'Anversois, c'est au départ de la gare et la remontée du boulevard du Meir jusqu'à l'Escaut. Les amoureux du shopping et de la mode s'y poussent, vers les vitrines, avec des regards obliques de passants honnêtes. La mode a, parait-il, vraiment pris ses gallons de noblesse dans la ville. Mais, je ne vais pas m'avancer plus loin dans ce genre de révélations qui me seraient étrangères.

A l'époque, ce quartier privilégié représentait celui des aristocrates. Même, si la ville compte désormais bien plus de classes moyennes, cela n'a pas changé très visiblement du côté des maisons qui bordent cette allée piétonnière, bien large. Y restaurer les dorures n'est pas rare pour faire revivre les lustres d'antan.

"Une ville internationale à dimension humaine", lit-on dans les . "Pour un weekend d'enfer", un peu plus loin. Et, c'est vrai, il y a de quoi faire et voir.

En chemin, ce boulevard central d'Antwerpen fait défiler des habitations baroques pour faire revivre le temps de l'âge d'or, mixées avec des palais de la Belle époque. La gare date de cette dernière époque glorieuse avec un dôme prestigieuse qui ne peut prendre place que dans de grands espaces de fer et d'acier. A côté de la gare, sur 10,5 ha, le zoo. Fondé en 1843, il affiche son grand âge mais rappelle les espèces exotiques avec quelques 6.500 animaux descendants parfois des animaux ramenées lors de l'époque coloniale au Congo.

Au départ, un gratte-ciel, moderne, dénote avec l'ensemble, mais on ne peut s'arrêter à cette impression de déjà vu, dès l'abord du boulevard.

Après le croisement avec le boulevard de ceinture, au centre du fameux Meir, c'est d'abord le peintre David Teniers qui se présente fièrement sur son socle de marbre. Antoon Van Dijck, lui, trônera, sur son socle de pierres, un peu plus loin. Tous de grands peintres flamands qui ont élu domicile à proximité. Jacob Jordaens, autre peintre de la même époque, a aussi posé son chevalet dans les environs.

Sur chacun des côtés du boulevard, les habitations vont donner le tournis aux visiteurs intéressés par ces maisons hautes qui n'en finissent pas d'éblouir avec ses angelots dorés dans des alcôves insérés dans les façades. Un groupe de Japonais s'affaire avec leur mini boîte à souvenirs numériques, à bout de bras suivant le doigt pointé d'une guide.

Le Boerentoren, visible de loin, "Tour des Paysans" représentait, en 1931, fut un projet révolutionnaire comme seul gratte-ciel en Europe. Culminant avec ses 97 mètres de haut, il donne un aspect "New York", année 30. Il restera jusqu'en 1950, le bâtiment le plus haut d'Europe. Pas vraiment, beau, mais, être classé monument historique, donne des obligations que la beauté n'effacera jamais.

Grands magasins, petits magasins, banques, assurances se partagent ces édifices prestigieux avec des façades dignes d'une époque révolue. Mais, c'est encore plus loin, sur une autre grande place que l'on se retrouvera face au plus célèbre peintre de la ville, Pierre Paul Rubens. Sa maison-atelier va dérouter le visiteur que je suis, l'espace court d'un détour de 100 mètres. Façade renaissance, plutôt austère, avec un aspect baroque à l'intérieur et dans le jardin Renaissance.

En arrière plan, la cathédrale gothique dépasse, déjà, les maisons avec sa flèche unique du haut de ses 123 mètres. C'est sur cette Groenplaats, devant la statue de Rubens que la vue est la plus féerique sur la plus grande église gothique des anciens Pays-Bas, l'Onze-Lieve-Vrouwekatedraal.

C'est ici aussi, que commence la grande foule à l'occasion de la fête de Marie. Les bars à bière sont bondés. Les terrasses, les restaurants affichent complet. On y mange moules et frites avec pizza en entrée. Devant la cathédrale, un attroupement, pour créer l'animation, camouflé à l'identique, on y mime des statues, en vert de gris du bronze. Le potentiel de 24.000 personnes que l'église pourrait contenir, d'après le guide touristique, personne ne songerait à le vérifier sinon pour s'y rafraîchir à l'intérieur.

Le défilé ou la pénitence, au pas d'homme, commence dans un style procession d'Echternach. Plus loin encore de petites échoppes où l'on peut acheter n'importe quoi se bouscule sur la Grand Place, appelé Grote Markt.

Au milieu trône le symbole de la ville, la statue de bronze de Jef Lambeaux (1887) qui rappelle la légende d'Antwerpen. Comme toutes les légendes, elle reste ancrée dans les mémoires bien plus que l'histoire, elle-même. Comme toujours, cela commence par "il était une fois un géant, Druon Antigon qui demandait un passe-droit  exorbitant pour le passage sur le fleuve Escaut. La punition des récalcitrants était une main coupée. Le guerrier romain, neveu de César, Silvius Brabo mit un terme à cette pratique et coupa la main de ce géant trop intéressé par l'argent. La ville "Hantwerpen" (jeter la main) garda ce nom jusqu'au 17ème siècle. En libérateur, sa statue tend fièrement cette main coupée. Perché au dessus d'un socle supportant les "Trois Filles de l'Escaut" avec au pied de la statue, plus surprenant, une tortue, un dragon, un dauphin et un phoque. Cette légende explique l'amour de la ville pour la libre circulation dans son port.

Le mot "fierté" est toujours d'actualité dans cette grande ville. La richesse des Flandres ressort de manière très visible au détour d'une rue, d'une avenue ou d'un boulevard, et pas uniquement sur le Meir.

Le mot Anvers, lui-même est aussi d'origine flamande: "werf" (lever de terre). Sur les flancs de la place, l'hôtel de ville aux drapeaux, des maisons des Guildes avec façades à redans regorgent de dorures. Antwerpen, détrompant la légende, serait plutôt en ancien néerlandais "aan de werpen", c'est à dire "près des digues".

Le XVIème siècle est omni présent sur la place. Jusqu'en 1520, Antwerpen était le plus grand port du monde. Toutes les maisons datent d'après 1583 après le saccage de la ville par Philippe II. Des maisons gothiques à pignons, à croisillons et colonnettes, se perdent en conjectures pour éblouir par leur côté baroque. L'histoire de cette ville sera en berne à la venue de cet espagnol, très catholique, alors qu'à cette époque, le Nord est protestant. En 1576, le coup de grâce était donné à la ville. En 1585, l'Escaut avait été fermé, une première fois, réduisant le port comme une peau de chagrin. Il sera rouvert en 1795, pendant la période française et son renouveau se poursuivra jusqu'en 1815. L'embargo anglais contre Napoléon remis le collier. Il fallut attendre la liberté de la navigation, après une autre période creuse. Cette liberté perdure désormais.

Aujourd'hui, sur la place, en ce jour de fête, les marchands manifestent avec impatience leur envie de vendre, habillés avec les atours de l'époque de Rubens. Vêtements reconstitués que l'on ressort d'année en année pour cette occasion. Les vélos, eux, sont tous harnachés en file indienne, inutilisables dans cette foule.

En prenant ensuite le Suikerrui (le "Canal au sucre"), enfin, nous y sommes, sur les berges de l'Escaut. Déjà, le grand large se fait sentir. On respire. L'Escaut ramène cet air de fraîcheur bien nécessaire. Des berges du fleuve, la vue est large, splendide. On se presse pour embarquer sur le bateau Flandria à la découverte du port. Le tunnel des voitures sous le fleuve, trop loin, ne s'imagine même pas.

Nous sommes à 85 kilomètres de la mer. Quatrième port dans le monde après Rotterdam, Singapour et Hong Hong, il voit passer annuellement quelques 160 millions de tonnes de marchandises. L'ère industrielle y a pris son essor. Après l'indépendance de la Belgique en 1830, le libéralisme le plus débridé de la bourgeoisie francophone repoussera la misère du prolétariat flamand dans les campagnes. Aujourd'hui, on compte près d'un demi million d'habitants. Troisième ville en superficie en Belgique. Cette ville est surnommée 't Stad ou "koekenstad" par référence aux biscuits servis dans les tavernes avec le café et la chantilly aromatisée d'alcool.

Le commerce et la mer, ici, on connaît sur le bout des doigts. Une véritable tradition quand on est un port de cette dimension. Si, pendant un temps, Bruges était sa rivale, l'ensablement de la ville de Damme a fait perdre à celle dernière et son élan vers la mer au profit d'Antwerpen.

Plus que millénaire, cette ville-port a une histoire à rebondissements dignes d'un thriller d'aujourd'hui.

Le Steen, château de pierre sur le port, rappelle sa situation fortifiée. Il servit de prison jusqu'en 1827. Aujourd'hui, il abrite le Musée de la Navigation.

L'Inde, Bornéo puis l'Afrique du Sud vont initier un autre commerce celui du diamant. 8% des exportations belges sont concentrés dans le diamantaire. 85% de diamants bruts transitent par Anvers pour être taillés. Un rapport annuel de 79 milliards de dollars.

Un véritable DiamondLand. "Diamonds Are Forever" chante Shirley.

Les diamantaires se retrouvent plutôt là d'où l'on a commencé la visite, du quartier autour de la gare. Au retour, je rencontrerai, d'ailleurs, quelques habitants qui en font partie de ce commerce et qui sont assez discrets en autre temps. Différent, ce monde-là vit quasiment en district clos. Nous sommes samedi, je le rappelle, le jour du Shabbat. Peu importe la chaleur qu'il fait. Des juifs hassidiques, pour la plupart, sortent leurs habits en l'honneur de ce jour de prière pour se rendre à la synagogue. Après Londres, Antwerpen est le plus grand centre hassidique. (Etre Loubavitch, c'est refusé la mixité).

Pour l'homme, ce sera souvent le schtreimel de fourrure sur la tête, la barbe sous le menton et la jaquette juste au corps en satin noir très brillant. Une coiffe noire de feutre, aussi, très typée qui n'a plus rien à envier au Borsalino. La légèreté du Kippa, elle, ce sera pour le lendemain. Pour les enfants, ce sera la coupe upsherin ou à boucles. La sobriété des vêtements pour les dames et les jeunes filles à talons plats. La liste des choses à faire dans la culture juive ont leurs raisons que l'on ne perd pas son temps à contester mais seulement à constater.

L'islam n'est, d'ailleurs, pas moins représenté dans la ville, mélangé aux protestants et aux catholiques plus ancestraux avec une tolérance apparente ou calculée.

20090826Van Rompuy retour.jpgEn cette période troublée entre communautés, il s'agit de parler néerlandais ou mieux en dialecte flamand. Nous sommes en pays flamand et le sentiment général est : "Antwerpen, een stad, waar de Vlamigen thuis zijn" (ville où les Flamands sont chez eux). Je ne contesterais aucunement. Le VB détient les votes d'un tiers de la population même s'il a perdu quelques plumes. Je ne vais pas me donner plus de chaleur avec cette pensée.

Très loin de l'idée de refaire les JO de 1920 sur le Geminal Beerschot. Le foot reste le sport dérivatif préféré. Preuve à l'appui, la série de télévision "Fc De Kampioenen" qui n'en finit pas de dérouler ses épisodes avec un humour flamand très caractéristique.

Mais, refermons le guide touristique. Antwerpen vit dans un monde en pleine effervescence. Les dancings et les nuits agitées ont attiré des gens moins bien intentionnés. Il y a des affaires célèbres ou moins flatteuses. Ca sent parfois le roussi. C'est parfois parfaitement loufoque. La promiscuité raciale ne fait pas toujours des heureux. J'en connais que le malthusianisme chatouille. D'autres qui s'y plaisent quand les affaires marchent bien, ce qui est un bon moyen d'effacer n'importe quel trouble de croissance. La population de la ville a brusquement doublé dès 1980. 2.315 habitants au km2, ce qui positionne la concentration de la ville à la tête de la Belgique. 14,61% d'allochtones. Un taux de chômage de 14% que la crise n'a pas arrangé.

Je retrouve, bientôt, mon véhicule et jette un dernier regard, vers ces anversois, d'un autre style, d'une autre culture qui n'ont manifestement pas peur de la chaleur ni froids aux yeux.

Je laisserai pour une autre visite, le Musée Plantin Moretus, le Musée Van den Bergh et celui des Beaux-Arts qui valent, certainement, le détour.

A l'intérieur de la bagnole, la clim va me remettre les idées en place, pour oublier très vite mes derniers soucis avec images rêveuses enregistrées de ce que j'ai vu cetté belle après-midi.

Au retour, d'autres villes prestigieuses d'art et d'histoire, comme Lier (Lierre) et Mechelen (Malines) défileront successivement jusqu'à Bruxelles.

Ce soir-là, la BRT aura reçu ma petite visite. Il y a des moments où, il faut se rappeler que la Belgique est bilingue et un rafraîchissement des langues donne des ailes, apprendre à connaître l'autre Communauté, beaucoup d'idées.

Les images de tout cela, c'est ici, je mets ma main à couper...

L'Enfoiré,

Des touristes intéressés chez Agoravox?


Citations:

  • « Une ville ressemble à un animal. Elle possède un système nerveux, une tête, des épaules et des pieds. Chaque ville diffère de toutes les autres : il n'y en a pas deux semblables. Et une ville a des émotions d'ensemble. », John Steinbeck

  • «Tu vois les hautes tours s'élever au-dessus des maisons seulement quand tu as quitté la ville. », Friedrich Nietzsche

  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche

06/06/2009

Compétitivité rabotée

 Compétitivité rabotée_44.jpgLes comparaisons de compétitivité entre les pays ne manquent jamais dans la presse officielle. La petite Belgique est en phase de repli. Il faut oser l'avouer dans un style paradisiaque ou parodique. La crise, en trouble-fête, a plombé les équilibres les plus harmonieux.

Début 2007, on parlait de nouvelles statistiques belges. 2007.jpg

La Belgique, un des pays de la soi-disante « Vieille Europe », glissait de plusieurs places dans le classement des "Rambos de la concurrence mondiale". La grogne, parmi nos chefs d’entreprises, était latente et allait reprendre du gallon dans sa logique d'entreprise.

Suivant le raisonnement, nous n'étions plus assez compétitifs à cause du manque de décisions courageuses et difficiles. Cela faisait un peu peur, mais... Quelles décisions avaient-ils, déjà, en tête. Quelles couleuvres allaient-ils encore nous faire avaler et nous « obliger » à admettre?

Les autres bougent et plus nous. A cause de nos rigidités, nous perdons des parts de marché et le taux de nos exportations dégringole. Les initiatives de soutien public aux PME viennent à manquer ou sont trop molles. La flexibilité sur notre marché du travail n’est plus à la hauteur. Assurer le maintien de l’emploi n’est plus possible dans un tel contexte. Notre niveau de syndicalisation est particulièrement élevé et ajoute une couche à notre immobilisme et explique notre vitesse réduite. Les différentes familles politiques complètent le sombre tableau par manque d’accord et de consensus d’idées. Une réforme drastique est obligatoire sous peine de faillite de nos institutions sociales et de nos productions.

Des statistiques de janvier 2007 établissaient que la Belgique restait en queue de peloton présenté par les entrepreneurs (2,73%). Il y avait moins d'opportunités et d'esprit d'entreprise pour justifier cette pénurie d'entrepreneurs. Pourtant, les recettes fiscales belges étaient dans le top 3 européen (selon Eurostat) derrière la Suède et le Danemark. En 2005, cela représentait même 47,7% du PIB.

Compétitivité rabotée_13.jpgToujours les mêmes rengaines, pouvait-on, en conclure. Le Bureau du Plan n'était pas en reste pour "accuser" la population d'un laisser-aller. Était-ce le mal du siècle? Quelles initiatives à notre portée pour changer, d'ailleurs? Le pied était déjà au plancher, pensait le travailleur. La douche écossaise tiédissait à la longue. Et puis, il restait le pommeau de la grève à cette douche. La presse n'était pas plus tendre avec les nerfs des travailleurs en donnant, tour à tour, des bons et des mauvais points. Il faut dire qu'elle, aussi, subissait les aléas dans sa mobilité propre.

Mais, en finale, les interlocuteurs sociaux se serrèrent la main et se fixèrent une date dans l'agenda. Match nul, partie remise.

Le vieillissement de notre population demandait une attention de tous les instants et les fins de carrières étaient à l'ordre du jour de beaucoup de discussions entre le patronat et les syndicats. "Papy boom" oblige. Mais il y avait le fameux "Pacte des Générations". Les impôts sont élevés, chez nous, mais il y a des dérivatifs. Le parc des voitures de sociétés, en est un. Les avantages en natures remplacent une part des salaires.

Tous des enfants gâtés de chaque côté des barrières! On vivait très bien, peut-être trop, mais on ne le savait pas encore. Entre rassurer ou jeter la pierre, fallait, tout de même, choisir. Le Belge et son savoir s'exportaient pourtant très bien, disait-on. Ouf.

Compétitivité rabotée_87.jpgLa Belgique était connue comme un pays à coûts salariaux élevés, une disponibilité du personnel qualifié se situant bien, avec une infrastructure de qualité au climat socio-économique stable et à la productivité moyenne plus élevée mais qui n'était plus compensé, apparemment, par la situation. Certains râlaient que nous étions responsables de ne pas accepter raboter nos salaires, d'être trop attaché au "home sweet home". Quand, on connaissait le prix de ce « home » et de ce qu'à coûté nos avantages sociaux au cours d'une histoire déprimante des 19ème et 20ème siècles, faut pas rêver. D'ailleurs, au sommet, on ne jouait pas autrement. Les parachutes ne sont pas dorés pour tout le monde.

20070118Sabena Caisses Noires.jpgBruxelles, avec sa position de capitale de l'Europe, était reconnue à l'époque comme la 4ème ville d'Europe la plus attractive pour les entreprises. Le problème, c'est qu'un des critères pour analyser la bonne santé d'un pays se fait grâce au niveau de la consommation de ses habitants. Le pouvoir d'achat commençait à diminuer, la dégringolade de la consommation, on en était encore loin, mais la démotivation faisait partie de l'ensemble était programmée. Ce n'était pas chez les économies émergentes de l'Europe de l'Est ou de l'Asie qui pouvaient prendre en charge la consommation de nos produits. Ceux qu'ils nous envoyaient, étaient peut-être chouette et à petits prix, mais, rien de très éternel dans leur usage.

"Il faut mieux vendre la Belgique à l'extérieur", disait Didier Reynders, Ministre de Finances, en tournée en Chine. Il avait toujours le mot pour rire. Nos atouts existaient très certainement mais vendre nos produits chez ces Chinois, c'était pas demain la veille.

Encore une fois, donner des points, bons ou mauvais en élèves du progrès. Cela rajeunit les esprits mais pas les muscles.

Au palmarès des champions de la compétitivité, les meilleures places étaient occupées par les pays du scandinaves. En "Number One", pour la 3ème année consécutive, la Finlande, prenait la place de la référence au sommet de podium. Compétitivité rabotée_12.jpgNous nous retrouvions, nous, bon 31ème, dégringolant, de 6 places. Le dérapage, si cela pouvait consoler, était identique chez les pays limitrophes. La Norvège, elle, pouvait toujours compter sur son pétrole. Ce n'était pas une petite différence que d'avoir le pétrole et les idées.

"Belgique, ta compétitivité f... le camp", titrait le journal l'Écho, en pleine débâcle. La raison majeure de l’écart avec les pays jouissant des premières places, c’était que ces derniers pays n’avaient, probablement pas, des intérêts à payer pour les dettes publiques tous les ans. Donc, toutes latitudes pour investir toutes entrées fiscales dans le développement et la recherche. Les largesses du passé nous coûtaient encore des déboires pour de nombreuses années. Les problèmes budgétaires, c'était pas une petite bière. Mais, tant qu'on à la confiance. La cigale de jadis devait encore se serrer la ceinture. La cigale pouvait toujours la desserrer et prendre son envol, plus tard. CCompétitivité rabotée_BudgetEquilibré.jpgela faisait quelques années que ce budget belge était néanmoins en équilibre même si certaines potions magiques avaient été nécessaires telles que la DLU.

« Nous étions timides, mais nous nous soignions! ». Notre dette diminuait d’année en année, mais, peut-être, à un rythme qui ne correspondait pas au progrès de nos challengers économiques. Dette interne, payée par "nouzaut", les belges, avec nos Bons d'États et nos impôts des contribuables. Faut pas se tromper, pas d'impact vers l'extérieur. "Ça ira mieux demain", chantait Annie Cordy. Tant qu'il y a de la sauce, il y a de l'espoir.

Ils sont toujours aussi fous, ces Romains. Ils le disaient "que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". Ce n'est peut-être pas de bravoure au menu, ces derniers temps...

20070905Pays d'explorateur.jpgPour doper la productivité, tant l'innovation que la diffusion des technologies avait un rôle important à jouer. Par rapport aux États-Unis, notre manque de flexibilité et de dynamisme était souvent mis en avant pour expliquer notre problème de croissance. La politique fiscale et monétaire américaine, beaucoup plus activiste, subissait aussi un dramatique gonflement du déficit de leur balance courante des paiements. G.W. Bush creusait et finançait sa guerre en Irak toujours sur le compte des prêteurs à gages chinois.Compétitivité rabotée_Wallonie.jpg Leur déficit monstrueux pour des buts très peu solidaires entre les citoyens de leur pays, c'était leur problème! Le gâchis ne semblait même pas les effleurer. N'est pas "US" qui veut, même si un retour de flamme ressortait de plus en plus dans la presse.

Mais, revenons sur ce pays qui prenait la place d’honneur au palmarès des bons élèves de l'Europe.

La Finlande avait donc mérité la médaille d’or. Et, de l’or symbolique par habitant, elle en avait quelques pépites. La Finlande, pays de quelques 338.145 km2 à la population autour de 5,3 millions d’habitants (densité de 17,25 habitants par km2) et une démographie qui augmentait à vitesse réduite mais constante. Le pays de Nokia possédait un parlement unicaméral constituant constitutionnellement l’autorité législative suprême. On y parlait le Finnois et l'Anglais comme langue secondaire obligatoire.

On oubliait, tout de même, d'où venait la Finlande. Avant Nokia, ils ont eu aussi une crise qui était plus profonde que la crise actuelle en Belgique. Le modèle finlandais sans procédure de redressement préliminaire, faut pas nous la faire. Fallait pas jouer les "dikkenek".

Pour tous les Finnois, un matelas solide de couronnes même eurotisées, ça se trouve pas sous le sabot d'un renne. La sécu pour retraités, même en Finlande, au niveau correspondant à celui dont ils jouissaient pendant leur vie active, c'est pas des cacahuètes. La transparence de l'activité politique le désignait comme le pays le moins corrompu. Dociles, les recettes fiscales étaient très élevées et bien comprises telles quelles par la population, mais elles étaient dépensées ensuite à bon escient, en connaissance. L'économie en profitait en premier lieu, suivie par les infrastructures et l'éducation qui restait l'idée maîtresse de l'avenir. La maîtrise du budget sans dettes du passé donnait, sans conteste, un confort très productif. La différence importante se retrouvait dans la partie du "gâteau" beaucoup plus important allouée par les Finnois à la R&D. Cela se comprendrait, paraît-il, par une excellence gestion.

La Belgique, 30.528 km2 et presque 11 millions d'habitants. Une densité de 346 habitants par km2 et ayant 3 communautés concurrentielles et 3 langues officielles en plus de l’anglais comme langue du commerce. Mais alors question politique, une imbrication pas possible décidée à la proportionnelle. Un mal, ce dernier point? Non, démocratiquement, plus conforme à la représentation des électeurs, mais, certainement, plus lourd à mettre en place. Les compromis, on aime et on est reconnu comme spécialiste, mais il fallait en trouver la sortie. Bruxelles restait la moelle épinière, même si elle fait râler plus d'un, même avec sa raideur désargentée. Un Nokia belge ou quelque chose de similaire, bien à nous, serait une des priorités du nouveau Le Plan Marshall en Wallonie. La Flandre, elle, semblait jouer sur plus le velours, avec des usines aux nombreux travailleurs. En parallèle, dans le monde la technologie, la Belgique se redressait, la productivité était en hausse par rapport à l'année précédente. Tout semblait, donc, aller dans le bon sens. Pas, vraiment cependant.

Le « chief economist d'Agoria », Remi Boelaert, concernant les Technologies de l'Information et des Communications, ajoutait un nouveau vocable à ce que les informaticiens ressentaient depuis quelques temps avec les pertes d'emplois. La "délocalisation". Elle ne se suffisait pas en tant que telle, elle devait s'affubler du nouvel adjectif de "rampante". L'amélioration ne serait ainsi que toute théorique quand on voyait dans la pratique que les sociétés occidentales n'investissaient plus là où elles travaillaient mais étaient conquises par le charme des Pays de l'est ou d'Asie.

Mais, la valse des bonnes et de mauvaises nouvelles continuait. En octobre 2007, on apprenait que les faillites avaient explosé. Les problèmes politiques à la recherche d'un gouvernement pendant plus de six mois y étaient pour quelque chose. Après la valse sadomasochiste politique que nous avions vécue en Belgique, rien d'anormal.

L'interview de Bernard Hanin, président de l'association des économistes de l'Université Catholique de Louvain, paraissait presque obsolète, trop euphorique. Il avait publié les actes d'un colloque sur l'économie wallonne et l'analyse du plan Marshall wallon. Il en ressortait qu'à l'occasion des 25 ans de l'Association des économistes, il fallait réunir un certain nombre d'économistes de Louvain ainsi que d'anciens économistes qui étaient surtout de terrain et de voir ce lien entre l'académique et les activités, l'expérience de terrain autour d'un plan jeune, qui se mettait en place petit à petit et qui a le mérite de vouloir rassembler l'ensemble des forces vives de la Région wallonne toutes ensembles, de vouloir travailler dans la même direction avec cinq axes prioritaires, sectoriels vraiment importants: science du vivant, aéronautique, aéronautique, aérospatial, transport et logistique, agroalimentaire et génie mécanique comme « core business ». Les pôles de compétitivité, surtout, le privé, le public et l'académique pour se trouver face à une Wallonie qui est constituée d'une myriade de petites entités. Tout une programme, que je n'oserais couper tellement l'enthousiasme fait du bien :

20070601R ONU.jpgLa Belgique est un pays assez spécial qui, vu de l'intérieur, donne l'impression qu'on ne se vend pas bien et c'est vrai que notre faire-savoir, notre image de marque sont un peu difficile. Je me souviens en Arabie, la société Bouygues, bien connue chez nous, venait recruter en Belgique des ingénieurs belges pour travailler sur les chantiers arabes parce que on parlait l'anglais et parce que le Belge a une image vraiment de personne professionnelle et bien formée. De l'extérieur, la Belgique est finalement très bien cotée et je veux oublier tout ce qu'on entend souvent: le chocolat, la bière etc… Nous avons aussi dans notre valise. Bruxelles est très clairement un pôle attractif et un pôle connu ne fût-ce que par CNN, ne fût-ce que par les télévisions étrangères. Bruxelles est connue et nous sommes le jardin dans la périphérie de Bruxelles et la Wallonie a cet aspect surtout, d'avoir de l'espace disponible, de l'espace urbanisé disponible. On a une qualité de vie qu'on oublie. Pas vraiment très économique, mais avec une importance capitale. Nous avons sept universités et je crois que ces universités créent tout ce qui est les spin-off. Nous sommes au cœur de, à peu près, cinq cents millions de consommateurs. L'investisseur étranger ne vient pas pour la Région wallonne et nos trois, quatre petits millions d'habitants, mais ils viennent évidemment pour démarcher l'ensemble des autres régions aux alentours de la Wallonie pour l'infrastructure autoroutière, aéroportuaire. Les aéroports de Charleroi, de Bierzet, de Liège ont toute leur importance. Paradis des investisseurs, non. La Belgique est quand même le quatrième pays le plus attractif en Europe. Sur base de cette analyse, les soixante-trois mille entreprises, il y a un filtre en terme de nombre d'emplois,au-delà de vingt emplois, un filtre en terme d'importance de capital, au-delà de cinq cents mille euros et un troisième filtre en terme de chiffre d'affaires. A ces trois filtres, un quatrième qui est de dire : voilà un certain nombre de sociétés, à partir de 11% d'implication de capital étranger dans le capital devient une société étrangère. C'est une norme standard officielle internationale. Et de ces soixante-trois mille, il est resté à peu près trois mille entreprises étrangères en Région wallonne qui sont d'origine étrangère et 65% de ces trois mille entreprises exportent vers l'étranger, ces trois mille entreprises utilisent un quart de la population active de la Région wallonne et ces trois mille entreprises font à peu près 74% de recherches et développements et utilisent 74% des moyens de recherches et développements en Région wallonne. Elles sont incontournables. On a un savoir-faire, mais le faire-savoir est un peu difficile, parce que c'est dans notre culture peut-être. L'Europe des régions est en marche. Clairement, nos concurrents sont Nord Pas-de-Calais, Zuid Holland, l'Ecosse même, le Badwüdenberg, même la Flandre. Chacun a ses valeurs ajoutées. La Belgique resterait une coupole, une image de marque. Le Wallon est considérée comme quelqu'un de bon vivant, quelqu'un qui aime s'amuser, qui a un peu d'autodérision sur lui et pourquoi pas les blagues belges… La Belgique est le pays le plus mondialisés. La France est bien loin en neuvième position avant l'Allemagne. L'Autriche et la Suède suivent de près. Le Centre de recherches conjoncturelles KOF fait cette déclaration très concluante. Singapour, Luxembourg et Belgique sont les plus ouvert à cette mondialisation.20070703Journal d'une quille Boulot.jpg

On lisait, encore, ailleurs. Tenez vous bien, car cela va vraiment roucouler:

Belgium 10 points «Mais comment faites-vous pour afficher d’aussi bonnes performances budgétaires et une telle diminution de la dette publique?» La question vient d’un observateur en provenance d’Italie, un pays qui reste particulièrement fragile sur ces deux plans. Une seule réponse à lui donner: la rigueur et le sérieux. Et parfois, c’est vrai, quelques petites ficelles et autres astuces budgétaires, mais cela c’est une autre histoire... En plein bouclage du contrôle budgétaire, l’agence de notation Moody’s avait apporté un petit cadeau dans la hotte de Didier Reynders et de ses collègues. Certes, ce n’est pas encore le nirvana. La Belgique n’a pas encore rejoint le club très fermé des emprunteurs les plus sérieux, ceux qui se drapent d’un «triple A». Mais elle s’en approche. Elle se situe un petit cran au-dessous, avec désormais une perspective «positive», ce qui autorise tous les espoirs. Bon, soyons honnête, un «triple A» ne devrait pas fondamentalement changer la vie de nos concitoyens. Même l’Etat belge ne devrait pas percevoir une grande différence en termes de financement, tant l’écart avec les meilleurs s’est déjà singulièrement rétréci au fil des années. Mais cela constituera sans aucun doute une sorte de reconnaissance, une espèce de «légion d’honneur» attribuée à tous ceux qui ont participé au redressement d’un pays, parfois au prix de sacrifices importants. Petit bémol, il reste encore du chemin à parcourir. Les Belges ne doivent certes plus travailler pendant une année entière pour couvrir leur endettement — nous sommes passés sous le seuil des 100% du ratio dette/ produit intérieur brut en 1993 —, mais nous restons encore à distance appréciable de l’objectif des 60%. La Belgique a toujours redouté que le critère de la dette ne (re)devienne plus contraignant dans le chef des autorités européennes. Dans le Traité de Maastricht et le pacte de stabilité, ce qui compte, on le sait, c’est l’orientation baissière de ce ratio. Or, manifestement, à cet égard-là, la Belgique fait figure de très bon élève, ayant fait décroître son ratio de 137% en 1993 à 94% en 2005 (et 91% attendu cette année). Il n’en reste pas moins qu’un passage au «triple A», avec pour le surplus les félicitations du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, permettrait une fois pour toutes à la Belgique de tourner le dos à son passé et envisager ainsi l’avenir plus sereinement."

Étonnant, non? Lire tout cela dans le rétroviseur. On se croirait rêver dans un autre monde. La crise mondiale et l'ère Obama étaient encore dans les limbes. A peine, un peu plus de deux ans d'âge. Car, après, patatra: le cataclysme, le pouvoir d'achat dans les chaussettes, les subprimes, la confiance ébranlée dans les banques, le tsunami de la finance et des entreprises industrielles. Toute la planète s'était enrhumée d'une grippe H9N9 futuriste.

L'investissement américain en Belgique allait ralentir, était-il dit, dès décembre 2008. Renforcer l'attractivité proposait alors l'AmCham. En même temps, l'emploi américain se saoulait en buvant la tasse depuis novembre. Chacun a ses problèmes et ses rabots "made by ...".

20070914Belgique à l'envers.jpg"Quand l'union ne fait plus la force" lisais-je récemment. Car entre-temps, un an de crise politique avait plombé les espoirs dans le futur. Ce n'était plus, heureusement, du BHV du petit déjeuner jusqu'au souper, quand la crise ne faisait qu'appuyer sur le champignon. Comble de "malheur" pour les uns, voilà que les politiques s'accordent pour maintenir l'indexation automatique des salaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Ouf, pour les autres.

Alors, avoir toutes les cartes en main pour rebondir après la crise... sauf l'union, cela faisait un peu "peu" comme arguments. Une économie ouverte vers l'extérieur est une chance ou une malchance selon les stratégies de l'intérieur avec ou sans filets. Cela représentait un peu trop de problèmes cruciaux et plus que conjoncturels. Du coup, la caisse devait avoir quelques fuites pour soutenir les banques pour ne pas voir couler ce qui restait avec de timides appels au secours à la surface. Sans gouvernement pendant un an, a laissé des traces indélébiles. La simplification administrative, préconisée aujourd'hui, c'est bien. L'entente et la collaboration entre les différents niveaux du pouvoir, ce serait certainement mieux. L'IMD (Institute of Management and Development) nous classe désormais à la 47ème place sur 57 pour l'efficacité. Même niveau que les Russes ou les Polonais. Les paperasseries des institutions et de la justice sont passées au niveau kafkaïen. C'est devenu une structure fédérale qui ne se retourne que vers ses propres intérêts, partagée entre le régional et le communal. En plus, l'institutionnel dans la petite lucarne, prête à sauter à la moindre incartade dans des répliques en cascade. Que la poignée de main soit réelle, qu'elle soit virtuelle par l'intermédiaire d'Internet ou de Facebook, peu importe, mais surtout retrouver son bruit caractéristique avec le sourire de la crémière.

Pour corser le tout, il y a, juste avant les élections que l'on a mixées avec les européennes, les nouvelles "affaires". Le systémique de la crise économique qui sort son coup de Jarnac de la politique pour rimer avec comique.

20090519Infréquentables.jpgCes "affaires" qu'on soupçonnait dans les grandes lignes et celles qui étaient écrites en petites lignes et qui ressortent du chapeau de l'éthique violée dans les moments les plus propices. Les anciens "copains" avec le "team spirit" en deviennent même "infréquentables". On ne demande même plus ce que les électeurs en pensent, on s'exclut d'office de la proportionnelle. On en devient sectaire, dichotomique. La gauche est redevenue l'opposé de la droite à en devenir étrange après une navigation entre deux eaux. Heureusement, il y a ceux qui ont toujours eu des pas de recul et qui se réveillent en coulisses.

"La Belgique a mal à son économie" écrivait Bruno Colmant, Docteur en Économie Appliquée. Le Royaume aurait commencé son aggiornamento. En quelques trimestres, tout a basculé. Stabilité institutionnelle, dette publique qui excède à nouveau une année de PIB, géographie de la richesse sans les armes de l'inflation ou de la dévaluation pour rectifier et qui ne laisse que l'impôt pour réagir, une vague du vieillissement qui grossit sans que la démographie puisse le compenser.

20071020BHV migraine.jpgL'immobilisme dû aux problèmes communautaires a été suicidaire comme je l'évaluais dans le prix des plombs. Luc De Bruyckere, le patron des patrons flamands, préconise l'innovation, le consensus pour débloquer l'institutionnel et la complexité des structures. Il rêve d'un Obama dans le monde politique. Une marque "Belgique", si, cela peut marcher, pourquoi pas? Européen dans l'âme, une marque "Europe", on n'y pense même plus?

Les crises sont cycliques ou systémiques, mais l'attentisme est plus dangereux. Pour contrer le mouvement, un subtil mélange de confiance entre traditions et transformations radicales sera nécessaire dans une action disciplinée en garder des entreprises sous le giron national ou, au moins, européen, en fonction de la confiance en l'Europe. La formation, la mobilité, l'urbanisme et les pouvoirs publics sont les mamelles d'un redressement possible.20070315SMOG.jpg

La zone euro subit, désormais, un chômage au plus haut de 8,6%. Le pic a été apparemment atteint en Espagne avec 18,1%. La France plane, elle, à l'altitude de 8,9% de chômage. En Belgique, certains secteurs sont, de plus en plus, sinistrés. Rien de très glorieux, tout cela. Comble de comble, on apprend que le manque de culture d'entreprise et l'instabilité politique poussent les investisseurs à bouder la Belgique.

Depuis, il y a les Indiens, avec Mittal, qui sont sortis du bois. Eux, aussi, n'ont plus l'allant des débuts pour respecter les promesses. On ferme des haut fourneaux ou on met ceux-ci au repos pour une durée indéterminée. En informatique, le patron indien d'Infosys disait récemment que l'Inde ne commettrait pas les erreurs de l'Occident". Les salaires, les conditions de travail rejoignent, d'après lui, ceux de l'Occident. Pas d'état providence obèse trop difficile à financer, pas d'approches coûteuses des questions énergétiques ou environnementales, qui lui semblaient les pires erreurs.

Sommes-nous prêts à assumer une transformation des consciences et des acquis durement gagnés avec une histoire de combats sociaux et militaires? Voilà la question de base à se poser. Autant en tirer des conclusions en fonction de la réponse.

20080206Investissez en Belgique.jpgLes intérêts notionnels, qui ont été applaudis par certains, ne pourraient-ils pas devenir simplement un intérêt national avec des participants bénéficiaires dans tous les azimuts sans restrictions? Cela pourrait peut-être attirer les sociétés, leurs patrons et les travailleurs dans le même bateau. "Les fusions entre sociétés restent en panne". Se transformeraient-elles en fusions internes dans chacune d'elles? Le dialogue de sourds entre grandes économies, un leurre?

La démocratie est en perte de vitesse dans le monde. L'extrême droite populiste grimpe aux Pays Bas. L'illusion d'un avenir radieux n'est plus. Faire la fine bouche et ne pas "jouer avec", comme on dit chez nous, serait nous condamner à court ou moyen terme. Le protectionnisme, on en rêve dans le bas et on abomine dans le haut. On a dit, haut et fort, « Nous sommes entrés en récession ». C'est bien de l'avouer. Participer n'est ce pas aussi régner quelque part?

Alors, un « Bye bye, Belgium » dans un « Pays inachevé », comme nous l'apprenait la télé?

Dans les années 60, la population s'enflammait et les hommes politiques gardaient la tête froide. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Enfin, la tête froide, cela dépend des jours et de quelle tête.

20090626Chomeurs en 2011.jpgMais à part cela, Madame la Marquise, tout ira très bien, sans culpabiliser et avec de l'unité d'une devise qui nous était chère, il n'y a pas si longtemps.20070613PS opposition.jpg

N'oubliez surtout pas que, chez nous, sur nos tables de nuit, on garde toujours un verre plein et un verre vide. C'est vrai, quoi, il y a, toujours, des jours où, on a soif et des jours où, on n'a pas soif.

Après les sondages, à vous les studios français et les urnes, puisqu'on nous le dit d'encore plus haut. 

Sera-ce aussi un "mea culpa", chez vous ?

"Un roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché"... 

Mais, si, d'aventure, vous avez un appareil pour dé-raboter, n'hésitez pas, à contacter qui de droit.

20090604Elections.jpgParce que "The show must go on", même si le fun n'y est plus vraiment.

 

L'enfoiré,20070928A.jpg
 

Mise à jour après élections et une image pour en donner les résultats.

Sur Agoravox, des solutions pour notre compétitivité?

20090609Epreuves.jpg
Citations:

  • "Economiste : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui", Desproges
  • "Le bon Dieu a créé les hommes de manière que la première moitié emmerde l'autre moitié", Guy Bedos

  • "Rien ne focalise autant l'esprit que la vue permanente d'un concurrent qui peut vous balayer du marché", Wayne Calloway

 

24/05/2009

Les mystères du monde

"La peinture décrit les mystères du monde", "La révolte est un réflexe de l'homme vivant", disait le peintre surréaliste belge, Réné Magritte. Le surréalisme plane aussi au dessus de la Belgique dans beaucoup de domaines.

Les Mystères du monde_Pipe.jpgLe 20 mai, était inauguré en grande pompe, le nouveau Musée Magritte. Le Roi et la Reine ont particulièrement apprécié un des vingt exemplaires de l'"Empire des Lumières", la toile que le peintre a le plus aimé.

Ouverture au public dans l'Hôtel Altenloh, en plein centre de Bruxelles, sur la place Royale. Ce projet qui avait débuté en 2005, a coûté 6,5 millions d'euros. On y attend 700.000 visiteurs de tous les horizons. Le premier guide officiel du Japon disait à l'ouverture que les Japonais adoraient le mystère de Magritte et qu'il fallait interpréter en s'amusant. Une autre façon d'aimer la peinture, reconnaissait-il.

Le musée avec ses 250 œuvres ne représeLes Mystères de Monde Magritte.jpgnte que 10% de la globalité des œuvres du peintre. On y rencontre, exposés, 120 peintures, 61 photos, 40 dessins, 9 sculptures, des lettres et des documents. 2500 m2 sur trois étages qui remontent le temps de la vie du peintre. L'étage inférieur reprenant les œuvres les plus récentes, les plus connues. De plus en plus anciens, au fur et à mesure, de la montée dans les étages supérieurs. Michel Draguet, le conservateur du Musée des Beaux-Arts, Charly Herscovici, l'héritier en droits de la fondation éponyme sont les initiateurs avec le mécénat de compétence de l'État Fédéral et du Groupe GDF-Suez.

Les Mystères de Monde Fenetre.jpgLa vie de Réné Magritte n'a été que peintures, mais ce n'est que lors la dernière partie de sa vie qu'il reçoit la reconnaissance de ses pairs et du public. Peintre d'exception, pour le moins. Aujourd'hui, mondialement connu.

Pour sortir ou s'enfuir de la réalité des jours et entrer dans son empire? Peut-être.

La peinture, pour Magritte, n'est que sa conception préliminaire d'appréhender le réel par l'imaginaire. Fusion en inversion entre l'objet et sa fonction dans une association simple mais perturbée qui se crée, avec en toile de fond, un scénario inattendu. Patchworks de concepts et d'images bien réelles dans un contexte qui ne l'est pas. Esprit critique, ambigu, voir irrévérencieux et provoquant.

Images freudiennes composées jamais à leur place. Objets remplacés et qui inquiète et amuse le visiteur.

Les Mystères du monde_Magritte.jpgL'histoire de Magritte est simple, bien belge. Une vie de 1898 à 1967. Marqué par le suicide de sa mère, il peint dès l'age de 13 ans mais c'est à l'age de 27 ans que sa peinture s'affirme dans ce qui fait Magritte aujourd'hui. Partagé entre Bruxelles et Paris, il traverse les deux guerres et cela se reflète dans sa peinture par des couleurs ternes, intimistes, pour en sortir par les couleurs du "Surréalisme en plein soleil" quand la fin de la 2ème se faisait sentir. Les couleurs n'étaient pas alors pas aimées et l'échec qui en suivi, le lança dans la provocation subversive de la "période vache" pour répondre à l'incompréhension de son époque. Période anarchiste, qu'il violenta avec ses tripes.

"Domaine enchanté", s'il en est. "La Fée ignorante" hante encore son domaine. Trop de couleurs, pas assez développé, dit-on, en coulisse. Mais, le surréalisme arrive progressivement.

L'abstraction, le rêve éveillé, la poésie par la peinture, voir ce que l'on ne voit pas, c'est tout l'Univers magrittien. Pas de surprise, puisque tout est imaginé avant de voir le réel. La trahison des images expliquée par son auteur. La peinture se détruit par sa concrétisation.

Un tableau très connu "Ceci n'est pas une pipe". Les Mystères du monde_PasPipe.jpgQu'est-ce, donc, alors ? Une trahison de l'image? C'est la devinette que tout visiteur pourra s'imaginer avec sa propre sensibilité et son vécu.

Les Mystères du monde Crowet.jpgAnne Marie Crowet, son modèle préférée, sa muse, fut la fille d'un de ses amis, Pierre Crowet. Celui-ci a été le premier à lui avoir acheté une toile. Elle a été très étonnée lors de sa première séance de pose. Il l'avait peinte avant de la voir. Une seule séance de pose pour confirmer seulement les traits du visage. La rencontre avec le modèle n'était qu'une confirmation d'un événement que l'imagination allait prolonger dans la répétition.

Complexité de l'esprit en décalage des sens à la rencontre avec un autre réel. Des thèmes qui reviennent mais qui se complètent. Des objets répétés qui se recréent.Les Mystères de Monde Cheval.jpg

L'exemplaire unique de l"Empire des lumières" qu'il a tellement aimé ne fut offert à Anne-Marie Crowet qu'à la fin de sa vie. Elle en 9 tableaux. Se moquer de lui-même était son sport, sans le reconnaître comme tel. "Pas de chiquet chez Magritte", dit, encore, sa Muse.

Les Mystères du monde_Baiser.jpgGeorgette, son épouse, a été un autre modèle par l'inspiration des portraits.

Un jour, disait-elle, lors d'une visite du Musée de peintures des Offices à Florence, à la question de ce qu'il y avait aimé. Sa réponse fut, laconique: les cartes postales. Les cartes postales transmettent l'image sans la vérité.

Si James Ensor pouvait être une de ses consciences de création, on est bien loin de Dali avec son caractère fantasmagorique de l'extraordinaire et extraterrestre.

Magritte ne s'intéressait pas à la Belgique, disait son épouse. Qu'est-ce qui caractérise un Belge si ce n'est ce goût imprécis de l'irréel et d'en faire partie ou non?

Magritte l'était bien plus qu'il ne l'aurait pensé.

Être belge et ne pas s'intéresser à la Belgique n'était-ce pas justement une partie de son surréalisme? Le réel est tellement énervant, parfois que le Belge se tourne très souvent vers le surréalisme par les attitudes, la politique et la pratique de l'incompréhensible.

Un autre exemple? En politique, c'est itou de même. On sait qu'elle n'est pas parfaite, mais dans le fond, on s'en fout.Les Mystères du monde Fluide Glaical.jpg C'est du moins ce qu'on dit. Mais, on ment, un peu. En fait, on n'aime pas trop les grands bouleversements et dire pour qui on va voter. Alors, on fait semblant. On triche. On va survoler après avoir surréalisé en dernière minute.

Nous sommes à la veille de grandes élections qui, chez nous, serons doubles: régionales et européennes.

Imaginons, dès lors, Madame Tout-le-Monde belge, dans l'isoloir, devant l'écran noir de son ordinateur avec le crayon électronique à la main pour voter. Qu'y verra-t-elle? Sera ce vraiment la liste des candidats? Non, sera-ce la table de salon qui n'aura pas nécessairement une forme de porte comme celle de Magritte? Une porte sur l'hésitation? Non, bien plus prosaïque, un cadre avec un bon repas. Et, oui, il faut vous dire qu'elle est un peu profiteuse, la belle. Elle se rappellera que son homme lui a promis un resto avec les obligations électoralistes. Elle l'attendait, depuis longtemps, ce jour-là et pas pour aller voter. Et puis, comme c'est dimanche, elle imaginera encore la petite balade avec des arbres et beaucoup de fleurs, au milieu. La politique l'emmerde. C'est clair. Elle sait qu'elle doit aller voter. Elle se sent citoyenne. Point. Le vote, elle le fera, par habitude, presque par inadvertance. Dans son rêve, elle n'est plus dans l'isoloir, elle sera, déjà, dans son jardin.

20090527Décollage Dewin.jpgLes politiciens et les médias connaissent très bien ce désintéressement, d'ailleurs. Pas de campagne à la hussarde. Celle-ci n'a commencé que dans la dernière ligne droite. Pour animer et émoustiller les esprits, on a recherché les poux, les "affaires", comme on les appelle chez nous et elles sont nombreuses. On y perdrait son latin. Elles existent, toujours, celles-là, au moment où on les attend le moins.

Pas dupe, l'électrice, pourtant. Ces quelques secondes devant l'écran, lui paraîtront longues, trop longues. Il faudra qu'elle se dépêche. Qui saura, elle aura, peut-être, la chance de rencontrer la voisine sur le chemin de retour, juste avant de se préparer pour le resto. Alors, vite, son coup de pinceau, pardon, de crayon électronique qu'il faut appliquer sur cette liste de malheur et puis s'en vont. Elle s'est entraînée avec le nouvel ordi acheté récemment. C'est devenu une pro.20090525Foot belge.jpg

Dans un autre bureau de vote, ce sera son homme qui se trouvera dans la même situation. Lui, dans l'écran, il verra en imagination le match de foot de l'après-midi avec le steak bleu avec frites et mayonnaise sur le côté.

Faut pas croire qu'il ait tout le temps une brique dans le ventre, comme le laisserait penser les médias.

20090607Elections.jpgSurréalistes, nos élections, notre sport, notre cuisine... Je ne suis pas ici, pour l'approuver mais le constater.

Râleur, bougon, dans un monde irréel, ce Belge, mais toujours bon enfant... trop.

Ce sera sans révolution, seulement par glissements et tassements de terrains qui se dessineront dans le décodage des résultats à la proportionnelle. Une véritable quadrature que ne renierait aucun cercle et surtout pas, des élus au milieu.

Je vous l'avais bien dit, que nous avions quelque chose de spécial. Je ne parvenais pas à le définir, à vous en trouver les raisons quand j'ai écrit mes articles sur Bruxelles. Magritte m'en a donné la peinture. Du surréalisme, mixé à du pragmatisme, la voilà, donc, cette raison.

Les Mystères du monde_Delvaux.jpgPaul Delvaux avait une autre forme de surréalisme. Post-impressionniste ou expressionniste, on ne le sait pas vraiment. Arrivé aux frontières du rationnel avec la nudité de la femme dans toute sa beauté.

Un autre belge, Jean-Michel Folon passait par le même scénario mais dans la sculpture. Son musée et sa Fondation, à lui, se trouvent dans le parc du Château de la Hulpe.

Les Mystères du monde_Folon.jpg"Voyages aux pays de Folon", c'était l'année passé. Styles différents mais complémentaires. Époques juxtaposées, mais qui reflètent parfaitement l'esprit souvent incompris de nos amis français, esprit qualifié de "Ça, c'est du belge".

Un autre encore, très actuel, Philippe Geluck, Le Chat, en joue de ce surréalisme par la BD et le dessin avec son chat en leitmotiv avec les mots en déphasage.Les Mystères du monde_Le Chat.jpg

Le Musée Magritte n'ouvrira ses portes au public que le 2 juin. Je ne pourrai vous en donner les échos avant cela.

3ème étage, Magritte avant Magritte avec les mots et les images.

2ème étage, Echappée belle en plein soleil et la Période Vache.

1er étage, Mustère de l'Ouvrage et son Domaine enchanté.

Rien n'empêche, en attendant, que vous y veniez voir les images surréalistes de Folon sur ces mystères du monde avant celles que je ferai de l'événement.

Mais attention, le Musée de Magritte n'est, peut-être, pas un Musée.

"Non, peut-être", dirait le Belge. Le Français, lui, serait tenter de dire "Oui, assurément". Chacun son truc à plumes ou à poils.

Circulez, y a rien à voir, mais tout à rêver. 

 

L'Enfoiré,

Je m'en voudrais de ne pas signaler un autre musée sur le même sujet à Bruxelles

Des amateurs surréalistes sur Agoravox Les Mystères de Monde Nouvel Obs.jpg

Mise à jour du 30 mai: c'était la partie festive avec d'autres photos.

Mise à jour du 23 juillet : Le Nouvel Obs en parle 

 

Citations:

 

  • « L'idée de surréalisme tend simplement à la récupération totale de notre force psychique. », André Breton

  • « On peut très bien éprouver le sentiment de l'absolu en se faisant la barbe ou en mangeant des gaufres. », Marcel Havrenne

  • « Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement. », André Breton

  • « Je déteste mon passé et celui des autres" », Magritte 

 

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

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