12/06/2013
Opération Dan Brown
C'est le titre d'un article du Vif L'Express paru récemment au sujet du 6ème livre de Dan Brown, "Inferno" qui fait un démarage d'enfer. Une action de commando que l'hebdomadaire poussait un peu à dénigrer, vis-à-vis des règles de sécurité qui ont entouré la période avant publication.
En 2011, je sortais l'article "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves" dans lequel, je parlais des bestsellers de l'époque et des techniques pour arriver à le devenir. Dan Brown y apparaissait déjà.
Petite visite dans une librairie, c'est remarquer que, dès la sortie de "Inferno", le bouquin se trouve en bonne place parmi ceux qui feront l'été comme bestseller sur les plages.
Deux concurrents romanciers français dans le trio de tête...
"Un sentiment plus fort que la peur" de Marc Levy qui parle d'un document retrouvé et qui va changer une vie par après et son alter ego, Guillaume Musso, déjà sorti "Demain", le roman d'un rendez-vous manqué mais qui va rendre un de ses interlocuteurs victime d'une réalité qui le dépasse.
Guillaume Russo et Marc Levy ne se sont, parait-il, jamais lus en chassé croisé. Une peur de l'autre, de ce qu'il pourrait en dire, une volonté de rester original?
Une nouveauté, la sortie mondiale de "Inferno" de Dan Brown a été entourée d'une foule de précautions dignes d'un secret d'état jusqu'à sa parution. Préparé dans le plus grand secret, entouré de mesures de sécurités drastiques, quasi militaires, il est donc là, "Inferno" et avec le buzz qui l'accompagne.
A côté du nouveau Dan Brown, on retrouve ses cinq premiers ouvrages dans les librairies.
Qu'est-ce qui justifie ce succès? Pourquoi un tel engouement dès sa sortie?
Les gros sous. Un contrat avec une amende de plusieurs millions de dollars pour ceux qui dénonceraient le secret de l'histoire.
Secret défense oblige un accès limité dans un réseau Intranet via clé USB, sans accès à Internet. Traduit en italien, français, allemand, portugais, espagnol par deux ou trois traducteurs dans chaque langue. Traduction qui s'est déroulée en sous-sol du siège de Mondari, un bunker coupé du monde avec des contraintes qui frisaient la paranoïa. Sept jours sur sept de 10 à 23 heures, ils se sont partagés le travail et déplacés avec des gardes du corps. Envoyé vers une cinquantaine de pays. Un chèque à six zéros à payer par un éditeur pour obtenir les droits de publication. Le succès en librairie est en marche avec quelques ingrédients miracles sous forme de textes mystérieux ajoutés au suspense.
Le premier ouvrage sorti, le "Da Vinci Code", a été un succès mondial en bousculant les consciences. Le lecteur, pris dans des révélations romanesques, avait tout pris pour argent comptant. Mais ce n'était pas le Léonard de Vinci, homo et bisexuel, chouchouté par les grands de son monde. La vie de Léonard pourrait ressortir dans un tout autre cadre. Rien à voir, non plus, avec le carton pâte de Dysney Land. C'est un thriller dont l'efficacité de ses méthodes imaginatives se retrouverait dans une BD sans images.
50 millions d'exemplaires vendus jusqu'ici et c'est loin d'être fini.
Des livres d'autres auteurs sont sortis à sa suite pour en dire plus et départager ce qui était vrai de ce qui l'était un peu moins. Des analyses ont suivi l'étoile filante du succès de Brown. En "Monsieur Religion", Frédéric Lenoir, dans un christianisme cool, s'est inséré avec "Code Da Vinci: l'enquête". Essai monastique?
Véritable saga à rebondissements qui a continué avec le même personnage central, le Pr Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard de son état. Plutôt herméneutique pour l'occasion. C'est, peut-être, donner une idée sur le temps qui lui reste en dehors de sa profession pour l'exercer !!!
Des ingrédients qui ont une odeur d'Indiana Jones de l'Arche perdue, un goût de Harry Potter et l'esprit vif de James Bond sans être agent secret.
Pas de fausse modestie, Dan Brown est devenu l'auteur de romans à suspense, le plus lu sur la planète, comme il est dit de lui.
La critique d'une journaliste est prévisible mais intéressante puisqu'elle compare le livre avec les précédents:
"La même eau que ses quatre romans précédents avec Robert Langdon. Pourtant, ceux qui ont «embarqué» dans les courses folles de l'éminent professeur de symbologie à Rome (Anges & Démons), à Paris (Da Vinci Code) et à Washington, D.C. (Le symbole perdu) pour le suspense et malgré les coins ronds, pour le mystère au-delà des grosses ficelles, pour les incursions dans les arcanes de l'art, de la religion, de l'histoire et de la science assez passionnantes pour ne pas (trop) s'attarder aux libertés prises par le romancier, Inferno, bien que sorti du même moule, risque de décevoir. Peut-être parce qu'après quatre fois du même-plat-ou-presque, la surprise n'est plus au rendez-vous et, du coup, les défauts apparaissent plus. Probablement parce que l'intrigue est contemporaine au lieu d'avoir des racines plantées dans la nuit des temps par l'intermédiaire d'une mystérieuse organisation (les Illuminati, l'Opus Dei ou les francs-maçons). Certainement parce que le récit est plus faible que les précédents, avançant à coups de monumentales coïncidences et débouchant sur une conclusion certes dramatique, mais d'une envergure tellement moindre que l'enfer «promis» pendant les 500 pages précédentes que, d'une certaine manière, elle déçoit. D'autant qu'elle s'accompagne de revirements échevelés ayant pour origine l'amnésie de Robert Langdon. Comme lecteur, on se sent floué et (malhonnêtement) manipulé. Pourtant, et c'est la magie de Dan Brown, il est impossible de lâcher Inferno dès qu'on y a mis un pied - et un oeil.
L'histoire? Robert Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, sans aucun souvenir de ce qui s'est passé au cours des derniers jours. Il ne sait même pas ce qu'il fait en Italie. Là-dessus, une tueuse «aux cheveux pointus» (?) et, comme il se doit, au physique et à la psyché particuliers (ils sont toujours ainsi, les méchants aux trousses du professeur) débarque et lui tire dessus. Il s'échappe en compagnie d'une jolie médecin dont les yeux, «quoique marron, recelaient une profondeur inhabituelle» (??). Et, dans sa veste en tweed - il découvre un pointeur qui «projette» une photo de La Carte de l'Enfer de Botticelli, inspirée au grand maître par L'Enfer de Dante. Commence ainsi un genre de chasse au trésor avec codes et énigmes. Menée sur 24 heures à Florence, Venise et Istanbul. Avec, sur les talons de Langdon, l'habituel policier tenace. Et, en travers de son chemin, une puissante organisation secrète. Enfin, en trame de fond, le danger que la surpopulation fait peser sur l'espèce humaine. On retrouve ici la manière Brown de découper son film... oups, son récit en chapitres courts, passant d'un protagoniste à un autre, d'où l'efficacité du montage et l'étourdissant effet «page turner»; sa façon aussi d'«interrompre» une scène d'action pour se transformer en guide touristique ou en professeur afin de décrire ou d'expliquer un lieu, une oeuvre d'art, un concept scientifique. Chose qui agace certains, mais qu'on lui pardonne tant lesdites explications et descriptions sont, en général, passionnantes. On trouvera par contre que Robert Langdon est moins vif d'esprit qu'à l'accoutumée (prendre des pages et des pages pour se rendre compte que les lettres CATROVACER doivent être ré-agencées pour signifier quelque chose!) et que sa route vers l'enfer est pavée de trop nombreux hasards et coïncidences. Pour déboucher sur un pétard pas mouillé quand même, mais un peu humide.
A la librairie, à voir les clients acheter le roman sans même le consulter, ce n'est pas l'impression qu'on imaginerait. Aucune preuve de mépris de la part du public de lecteurs.
Le moment est aussi stratégique. Les vacances approchent et l'envie de lire se fait sentir avec les pieds en éventail.
On ne change pas un scénario qui gagne et qui fait vendre deux cents millions de livres... "Dan Brown est Dan Brown et le succès de sa recette est tel qu'il n'a aucune raison d'en changer à moins qu'il ne soit atrocement blessé par les critiques, qui n'ont jamais été tendres envers son oeuvre.", disait, encore, la critique en préambule.
Un premier tirage à 600.000 exemplaires sous sa forme originale sera certainement suivi d'une édition dans la collection Poche pour faire exploser les compteurs.
Avec le support de Al Dente, les 14.000 vers de la "Divine Comédie" ont dû nécessiter une étude poussée pour être extrapolés en une mystérieuse organisation avec des interlocuteurs au QI qui plane dans les nuages.
L'histoire sous la bénédiction de Malthus, dont le thème tourne autour de la surpopulation, de l'eugénisme, de la mondialisation diabolisée et des hommes sans frontières. Le risque de la pandémie rode alors que l'OMS tente d'amoindrir les effets dévastateurs. Sauver le monde, rien que cela comme objectif.
La morale et le spirituel sont orchestrés par une nature darwinienne mais sous des cadres enchanteurs. L'art pictural de Giorgio Vassari au Palazzio Vechio rend l'oeuvre de Dante prémonitoire. L'affolement des chiffres mystérieux est là pour étourdir.
Des fausses pistes, des rebondissements, de l'humour, des dialogues, un cours d'architecture, un guide touristique et une histoire rocambolesque avec la mémoire éidétique de son guide.
C'est tout cela Dan Brown et il faudra s'y faire.
Inferno est dit mieux traduit que le "Da Vinci Code" et moins indigeste que "Symbole perdu". Pourquoi pas?
Une brique de 564 pages, divisée en 105 chapitres. Cinq pages par chapitre pour donner le temps nécessaire pour temporiser, pour souffler avant d'entamer le suivant.
Avant le prologue, il est dit: "Les faits iconographiques, textes, références historiques sont réels". Une touche de plus pour enfoncer le clou de la vérité.
Un prologue et un épilogue classiques. Une organisation privée, "Consortium", présente dans sept pays, affublée du pseudonyme "Le Mendacium" pour ne pas troubler l'original...
Le "Da Vinci Code" est passé au cinéma tout comme "Anges et démons". Ce dernier, refusé par le Vatican, donc par le principal intéressé, aiguise l'appétit des médias par le goût du scandale et l'envie de voir ce que l'Eglise voulait nous cacher.
Toutes les couvertures rappellent que l'auteur est celui du "Da Vinci code" comme une référence indélébile.
Le passage à l'écran de "Inferno" est, peut-être, déjà programmé, en préparation avec Tom Hanks comme vedette principale.
Je possède les cinq premiers en format livre de poche, plus facile à manipuler et à transporter. J'attendrai, une nouvelle fois, la version Poche comme d'habitude. Ma préférence jusqu'ici? L' "Anges et démons" peut-être.
Si les livres de Dan Brown n'auront jamais de prix de littérature, ce sont les lecteurs qui apporteront le prix de l'excellence ou non. Le sujet est actuel.
Dante Aligheri n'aurait peut-être pas imaginé décrire un enfer aussi structuré et complexe. "Les endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crises morales", une phrase du livre qui a tout son poids.
Retour à la source (avec l'aide de Wikipedia), à "La Divine Comédie", le poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale.
"Virgile, mandé par Béatrice, qui vient chercher le poète, va le mener par l’Enfer, seule sortie de la forêt. Dante et Virgile vont descendre à travers neuf cercles concentriques, une série d'anneaux numérotés, dans chacun desquels sont logés, par ordre de vice, les occupants de l’Enfer. Dans la géographie dantesque, l'enfer se présente comme un abîme en forme d'entonnoir".
Pas besoin de relater toutes les péripéties. Il est aussi mentionné qu'il faut: « Laissez toute espérance, vous qui entrez » dans ce lieu hors du temps et privé de lumière, dans l'Ante-enfer errent pour toujours les indolents, ceux qui, dans la vie, n'ont pas voulu prendre position et sont maintenant considérés comme indignes.".
La philosophie de Dante serait donc, peut-être, bien plus qu'une simple histoire biblique sous les traits d'une résistance pour rester digne.
Dans le livre de Dan Brown, l'énigme du mot CATROVACER, une fois réorganisé dans les deux mots "cerca trova" tourne au fantasme, au qui "cherche et trouve" digne de l'apocryphe chrétien de l'évangile selon Thomas: « Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et quand il aura trouvé, il sera troublé; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il règnera sur le Tout. » qui ferait revenir de lointains souvenirs presque fantasmagoriques.
Je dis "fantasmagoriques", parce qu'il n'y a aucune vérité reconnue dans les concepts que l'homme se fait de son "après". Il baigne dans une foule de représentations personnelles qui n'ont plus rien à voir avec une quelconque vérité. Nous ne sommes même plus du mythe allégorique de Platon qui parlait de prisonniers dans une grotte et qui ne voyaient que des ombres sur les parois pour imaginer ce qu'il y avait au dehors.
Aujourd'hui, on construit des modèles de vie pour simplifier l'existence, quitte à en devenir caricatural. L'utilité du processus n'est même pas garanti puisque les faux-semblants nous entourent.
Je sais ce que pouvait chercher le lecteur dans ce livre et j'aperçois, sans difficulté, ce que l'écrivain y a trouvé.
Dan Brown dit qu'il a actuellement des ébauches pour au moins douze futurs livres, dont un qui implique l’association d'un compositeur célèbre avec une société secrète. Orienter les soupçons vers Mozart qui était également un franc-maçon, serait par pure spéculation.
Après "Inferno", pourquoi pas une suite dans le "Purgatorio" puisque la Bible a oublié d'en parler, et une autre dans le "Paradiso", puisque d'après Polnareff, on y ira tous, il vaut mieux en avoir une idée?
Faudrait s'y habituer très progressivement, bien avant le Jugement dernier.
Neuf cercles concentriques en forme d'entonnoir était-il dit dans "Inferno" version Dante.
En sortant de la sphère biblique, est-ce que ce serait:
- "naitre", "vivre", "apprendre", "travailler", "enfanter", "épargner", "consommer", "chômer" et "mourir".
- "venir au monde par hasard", "respirer", "s'étonner", "évoluer", "spéculer", "être", "paraître", "chômer" et "s'en aller"?
Dans ce cas, chacun pourrait choisir sa manière de voir son existence, à mériter ou à démériter son enfer ou son paradis, à sa propre mesure sans Pr. Langdon et ses symboles.
Mais, si, alors, Roubini alias Mister Doom, le Cassandre de service, nous prédit, déjà, la catastrophe avant trois ans et que, dans cent ans, on sera tous morts dans une sorte de "cata en strophes", quoi... 
là, ce ne serait plus du jeu, on brûlerait vraiment trop d'étapes.
L'enfoiré,
PS: S'offrir une visite à Florence et la vision de la porte du paradis, n'est ce pas le meilleur des présages. ---->>>
Citations:
- « Un thriller est un voyage. », Jean-Christophe Grangé
- « Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et d’introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu’on peut appeler échec. », Soichiro Honda
- « Le mérite envie le succès, et le succès se prend pour le mérite. », Jean Rostand
08:35 Publié dans Actualité, Fiction, Livres, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05/06/2013
Antinomie ou antidote ?
Il y a longtemps, j'écrivais "Les langues, un sacré jeu de langue". C'est aussi un terrible jeu de mots que ne renierait pas Raymond Devos. La richesse de la langue française semble passer par les dictionnaires de synonymes, d'analogies. Le vocabulaire, la pierre d'achoppement des langues et les us et coutumes des "alter" qui effraient d'après un sondage sur les perceptions de l'immigration (*).
Le titre d'abord, Antinomie, la contradiction entre deux lois, deux principes de philosophie et l'Antidote, le remède contre un mal moral.
En choisissant les suffixes grecs, « logie » qui veut dire science et « nomie », loi, on découvre quelques subtilités dans la liste de mots suivants :
•L'Astrologie, l'art de prédire les événements d’après l’inspection qui relie les astres et la vie sur Terre et l'Astronomie, la science qui étudie la position, les mouvements et la constitution des corps célestes.
Pour Johannes Kepler, les deux sont identiques, comme des synonymes, ce qui en ferait plutôt un astrologue puisque pour lui, le ciel est divin. Copernic tente de simplifier le système grecque tandis que Galilée dans "Dialogue" fait sauter le lien. Newton utilise le tout pour établir la gravitation universelle.
Véritable melting pot d'interprétations, pourrait-on conclure. Mais continuons dans cette voie.
•L'Ecologie, la défense du milieu naturel par protection de l’environnement et l'Economie, l'activité d’une collectivité humaine, relative à la production et à la consommation des richesses.
•La Gastrologie, la science de l'estomac et la Gastronomie, l'art de faire bonne chair.
•L'Ergologie, la modalités de transmission et d'élaboration des savoirs sur le travail et plus généralement sur l'ensemble des activités humaines et l'Ergonomie, l'étude de l’organisation rationnelle du travail.
•La Physionomie, l'ensemble des traits du visage et la Physiologie, la science qui traite du fonctionnement des êtres vivants.
Quand aura-t-on dans la langue française la radionomie, la psychonomie,..?
La langue française a de ses surprises avec les mots quand ils dévient de leur origine. Les mots sont modulaires et leurs racines sont détournées complètement de leur objectif par les particules qui leur sont annexées.
A Bruxelles, le problème des langues est considéré comme s'il s'agissait du monstre du Loch Ness. Il réapparaît quand on n'y pense plus à des moments stratégiques que la politique utilise à son profit. En communauté flamande, la ville est, à plus de 90%, francophone. Comme capitale de l'Europe, elle fait aussi son va-tout avec plus de 100 langues européennes ou extra-européennes. Marcher dans ses rues, c'est faire du tourisme à bon marché. Cela ne va pas sans troubles. La peur de l'autre se manifeste quand on ne se comprend pas.
Si le 27 mai dernier, la ministre de l'enseignement disait que si nous avions dépassé la moyenne en éducation, du côté de l'étude des langues nous avions peu de concurrents dans le peloton de tête. Oui, mais... un sondage démontre que cela ne suffit même pas à intégrer les populations allochtones. Intégrer ce n'est pas placer dans des ghettos. Puis, ce fut la réponse de la berger à la bergère du côtté flamand.
En France, la plupart du temps, l'antagonisme si pas l'ostracisme vis-à-vis de l'anglais est plus que récurrent. La peur viscérale de perdre l'identité de la culture française a mené le pays à rétrograder parmi les monolingues, tout comme les anglophones, d'ailleurs. Le jargon informatique, anglophone, a été traduit par décret, rendant la compréhension difficile pour les non-Français.
Si l'anglais est passée au globish dans le monde, pour le français, il ne faut pas penser que la langue n'a pas été "perturbée" par le québécois, le belge et l'usage des Africains qui ont pris la tangente de la rigidité linguistique française par des expressions propres et typiques.
En Belgique, la belgitude est aussi revendiquée et se retrouve dans la vieille pièce de théâtre qui réapparaîtra la saison prochaine au Théâtre des Galeries: "Le mariage de Mademoiselle Beulemans". Le mot savant d'"ostracisme" y était, alors, prononcé par le prétendant français qui travaillait à la comptabilité d'une entreprise de bières d'une famille bourgeoise bruxelloise. Mot complètement en dehors de la compréhension de son hôte et patron.
L'article "Ma langue" sentait bon le béret français et l'antidote à l'anglais
Le commentaire de volt exprimait le problème, tout haut et se faisant moinsser par la smala forumoise, tandis que le commentaire de hunter, resté dans les cordes, se voyait plussé au départ comme si la raison du bon-sens d'après le chapeau de l'article entrait comme raison suffisante dans les réalités de l'actualité.
Deux ministres français proposaient, donc, de créer un enseignement supérieur en anglais.
Deux raisons invoquées pour conspuer cet enseignement par la voie anglophone:
- attirer les étudiants étrangers. Argument jugé mince par l'auteur à juste titre puisque l'enseignement est d'abord à orienter vers les Français. Nous sommes d'accord.
- veiller à la diversité des langues et des cultures et éviter l'uniformisation. Encore d'accord.
Les technologies de traducteurs automatiques pourront, un jour, s'interposer entre deux langues, mais cela restera toujours artificiel. Les langues parlées par les humains resteront l'outil principal des moyens de communications oraux et écrits.
La conclusion de l'auteur de l'article: "Vivant, en ce début de vingt-et-unième siècle, une situation quelque peu similaire en notre pays. De l’intérieur, il est étonnant de constater que ce n’est pas une mesure seule, mais, comme en aviation, une succession d’erreurs qui conduit au crash."
Peut-être, mais cette conclusion peut très bien être retournée à son désavantage sur le terrain des opérations.
L'Oncle Sam est bien vieux pour imposer une quelconque autorité linguistique dans une Tour de Babel particulière. Il serait bien malhabile de vouloir asseoir sa suprématie culturelle sans filtres. Comprendre ses "amis" et ses "ennemis" est un avantage incontestable dans un monde mondialisé. Bien sûr, un enseignant qui donnerait un cours supérieur, se devrait d'être excellent dans la langue avec laquelle il enseigne pour ne pas donner son cours au rabais.
Donc, je ne dis absolument pas qu'il faut remplacer une langue par une autre, mais au contraire en connaître plusieurs. Un peu de toutes, comme les fromages belges...
L'histoire, prise comme soutien par l'auteur, ne tient pas la route dans l'actualité. On ne vit plus en autarcie. Rien n'empêche de bien connaitre et conserver sa langue maternelle. En apprendre une ou plusieurs autres quand le besoin s'en fait sentir, c'est assurer un peu plus son avenir. Demain, ce sera peut-être le mandarin.
Samedi, j'étais sur la Grand-Place de Bruxelles. Un groupe de touristes chinois y était. J'ai essayé de poser la question "Where are you from?". Il n'y a que les plus jeunes qui sont arrivés à me comprendre. Mais, l'appareil numérique (photographique ou tablette), lui, n'avait aucun secret pour eux du plus jeune au plus vieux.
L'exception de ce jeune étudiant français qui est capable de s'exprimer en 15 langues différentes, est souvent pris en exemple. Je serais intéressé de savoir comment il les entretient en dehors des livres et de sa passion s'il n'a pas une immersion dans un environnement multilingue adéquat.
Sans le vocabulaire, aucun dialogue n'est possible sinon par gestes. Les mots et la manière de les construire sont bien plus importants que ne le sont la grammaire et la syntaxe.
"La France, mère patrie", un autre article, écrit par un Québecois, cette fois, m'avait fait autant sourire et à rechercher des expressions de ce pays pour le commenter.
La rigidité du langage est peut-être son cheval de Troie.
Des mots du nouveau Robert": "Brol", "fricadelle", "plan-cul", "bombasse", "chelou", "low-cost",...
Le dico comme reflet du temps? Evidemment, même si les dicos ne sont pas un jeu.
Un forum ouvert sur le sujet avait donné quelques surprises sur prises. Un premier commentaire déjà: "Voici les prémisses de la novlangue néo-libérale. Pour info, novlangue vient du livre d'anticipation d'Orwell, 1984 : 'C'est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l’État.' Dany-Robert Dufour en parle également dans son essai le Divin Marché comme étant un des nouveaux commendant de la nouvelle religion à venir : 'Tu ignoreras la grammaire et tu barbariseras le vocabulaire ! (Ce qui aboutit à la création d’une novlangue).' En d'autres termes une mise en esclavage, surnoise, à travers le langage! .. Intéressant également de voir à quel groupe appartient le petit robert ..".
CQFD. Ambiance... Excusez les "fôtes d'ortografs". Faites ce que je dis, pas ce que je fais, voyons...
Que dire, en bas de ça (comme on dit chez nous)?
-Tout s'en va, tout évolue, Monsieur. Tout revient en force à un moment ou à un autre comme des gestes du muet dont il faudra un jour convertir les gestes en mots parce que rien n'est immuable. Tous ont le droit de dire ce qu'ils pensent. C'est démocratique. Le malheur, c'est que tout a une durée de péremption, même la pensée. Une langue qui n'évolue pas, est une langue en sursis.
- "Quel est l'intérêt de cette discussion?" répondait un autre commentaire.
S'il y a des nouveaux mots, il faudra aussi penser en faire disparaître pour éviter le trop plein.
Que les mots "boson de Higgs" se retrouvent ensembles parmi les noms propres n'est pas un problème et "boson" dans noms communs, mais pas ensemble, parmi les noms communs.
Le combat perdure entre proactifs qui cherchent dans le dédale des nouveautés et rétros qui accusent, étourdis par des mots coups de poing, à posteriori, mais qui ne sont pourtant plus nouveau mais qui ont échappé au moment opportun.
Le français trouvent, en partie, ses mots dans les langues latines et grecques et créent des macro-molécules organiques. Dans son histoire, se sont ajoutés de multiples autres langues.
Fédérer les régions est à la mode. Fédérer les langues ne l'est pas. Chaque langue veut sa part du gâteau et rester chaste et pure, croyant du même coup pouvoir exister dans le temps et l'espace.
Le grec ancien s'est modernisé pour devenir une langue vivante. Le dernier bastion du latin se retrouvait dans la religion catholique de l'utilisation. Il s'est éteint sous Vatican II comme langue morte.
Le franglais est partout. Il s'intercale dans une conversation sans plus se faire remarquer. Des traductions en français en deviennent incompréhensibles. L'anglais a gagné une bataille mais n'a pas gagné la guerre. L'influence du français sur l'anglais existe aussi, mais il est plus ancien. La langue officielle des JO est toujours le français. Ce n'est pas peu dire.
Si les puristes du français prennent les difficultés du langage comme une sorte de richesses. Ils rendent leur langue plus hermétique par des règles alambiquées dont on oublie jusqu'à l'origine.
Comme toujours, dès qu'on parle de l'antagonisme anglo-français, les partisans de l'esperanto rappliquent et reprennent en coeur leur volonté de l'effacer par l'étude de l'esperanto comme si son étude allait bouleverser ou faire exploser le compteur de ses utilisateurs.
Disons d'emblée que ce qui est mis en avant comme avantage pour l'utilisation de cette langue, c'est sa facilité d'apprentissage, sa structure et sa grammaire.
L’espéranto, comme dit Wikipedia, est "une langue construite conçue à la fin du xixe siècle par Ludwik Lejzer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes. Zamenhof publia son projet en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia (Langue Internationale), sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (Docteur qui espère), d’où le nom sous lequel la langue s’est popularisée par la suite. Basé sur une grammaire régulière (sans exception), l'espéranto est une langue globalement agglutinante où les mots se forment à partir d'un nombre limité de racines lexicales et d’affixes. L'espéranto est la seule langue construite qui a dépassé le stade de projet pour devenir une langue vivante, avec des locuteurs actifs répartis dans la plupart des pays du monde.".
Il y a quelques années, j'avais appris les rudiments de l'esperanto pour pouvoir en parler et parfois critiquer la langue si besoin était. Depuis, je ne l'ai plus jamais utilisée et j'ai dû me rafraîchir la mémoire pour écrire ce qui suit.
Je suis donc resté sur ma faim comme si mon travail d'apprentissage était resté en rade sans arriver à destination.
Une langue équitable pour la communication internationale, un beau rêve qui germa en 1870 dans la tête d'un enfant juif polonais de 11 ans dont la langue paternelle était le russe et maternelle, le yeddish. Dans la diversité de nationalités, de religions, de langues et de mœurs, Białystok, sa ville natale, est le théâtre permanent de tensions et de graves incidents. Son ouvrage "Langue Internationale" sortit à ses 28 ans. Il parle assez bien onze langues différentes. Le nombre d'espérantophones est difficile à évaluer. Entre deux et trois millions est la fourchette la plus couramment reprise. Au départ de langues indo-européennes, sa langue construite consiste en monèmes invariables qui se combinent sans restriction. Sa tendance à accumuler des morphèmes sans pourtant arriver aux phonèmes.
Un scientifique pourrait en avoir une impression modulaire des mots. Lui a l'habitude d'atteindre l'infiniment petit des particules. Il y verrait des molécules, plus ou moins grosses, sans atteindre le niveau des atomes qui les composent. Les atomes seraient les sons, les phonèmes. En donnant la prononciation des sons, ils pourraient avoir l'avantage de se retrouver à l'intersection de toutes les langues vraiment indépendante de toutes.
Tous les mots s'y prononcent comme ils s'écrivent et vice-versa. Bravo.
Mais ce sont les affixes que l'on ajoute à une racine de mot qui constituent la substantifique moëlle de la langue.
Une leçon rapide de la construction des mots par l''espérance avec une pointe d'espoir comme synonyme?
Le temps des verbes se distingue par la terminaison: "-i" à l'infinitif, "-as" au présent, "-is" pour le passé, "-os" pour le futur, "-us" pour le conditionnel et "-u" pour l'impératif.
| an (membre) | urbo: ville | urbano: un citadin |
| -estr (chef, patron) | urbo: ville | urbestro: maire |
| -ist (profession) | pano: pain | panisto: boulanger |
| -ar (ensemble) | arbo: arbre | arbaro: forêt |
| -ej (local, lieu, boutique) | pano: pain | panejo: boulangerie |
| -ec (qualité) | bela: beau | beleco: beauté |
| -ism (système) | nacio: nation | naciismo: nationalisme |
| -et (diminutif) | domo: maison | dometo: maisonnette |
| -eg (augmentatif) | domo: maison | domego: palais |
Trop européen, l'esperanto, disait la commentatrice chinoise du premier article et en a abandonné l'étude pour cette raison.
L'esperanto se retrouve, il est vrai, restreint, même au niveau mondial, à un club d'esperantistes. Le club est devenu un autre groupement élitiste.
Belle idée que de vouloir rassembler les gens par la langue, mais c'est aussi perdre leur diversité, pourrait se dire le candide néophite.
Et là, réside l'anagonisme: comment garder, à la fois, la diversité et l'uniformisation.
Son manque de mises à jour dues à la modernité, est peut-être aussi son plus grand péché malgré les quelques ressorts préexistants dans sa structure volontariste.
Croire que l'on réunira un melting pot de cultures dans le même goulot d'étranglement de la langue, serait illusoire.Dans une confrontation des populations d'horizons multiples, dans un esprit de compétition perpétuel sans faire le premier pas pour essayer de comprendre les autres, que ce soit par une langue vivante ou une langue construite, dite "facile à apprendre", ce sont des dérapages incontrôlés qui se produisent.
Si la langue est imposée par le plus fort, alors qu'en même temps, on parle de diversité, de liberté d'expression, il est impossible de ne pas trouver les mots d'antinomie et d'antagonisme sur son chemin.
Le cinéma prône l'exception culturelle.
Pour avoir fait du data mapping entre deux modèles de données, penser que l'on peut y arriver en donnant des correspondances à chaque concept en présence dans une relation "one to one", est un leurre. La relation "many to many" perturbe le plus souvent le processus. L'Office québécois de la langue français explique la difficulté de la tâche.
Vendredi dernier, c'était la fête des voisins. Des millions de voisins dans toute l'Europe s'invitaient à partager un moment de convivialité. Dans notre société où l'indifférence et l'individualisme est souvent de mise, la fête agit en tant que catalyseur pour créer des liens entre citoyens.
C'est dire que le besoin d'intégration, de fusion, se fait sentir.
Dimanche, la fête de l'environnement à Bruxelles se la jouait anti-crise et mettait en avant les alternatives concrètes avec un double objectif: penser durable et faire du bien à son portefeuille.
"Faire du bien à son portefeuille", le fin mot de l'histoire. Nous sommes en plein dans l'écologie économique. La seule manière de faire tourner la machine humaine.
"La laideur se vend mal", disait Raymond Loewy, donc il faut rendre le monde plus beau, plus responsable de ses actes.
Dans ce cas, c'était aussi la biodiversité qui était à l'honneur. Dans son livre "L'Esthétisme du monde- Vivre à l'age du Capitalisme artiste", Gilles Lipovetsky exprime bien ce trop plein qui veut que le moindre objet se doit d'être stylisé, convivial. Design oblige avec au besoin l'art pour l'art dans un esprit de masse par l'esthétisme transversal.
Deux fêtes qui, en cherchant bien, s'opposeraient dans leurs objectifs.
Quelle langue a été pratiquée par la majorité des fêtards du voisinage?
Un nouveau melting pot, plutôt avec des antinomies et des antidotes pour tenter d'erradiquer la lame de fond?
Non, peut-être... Une langue universelle est à l'opposé de la volonté de la diversité.
Un point de rassemblement qui m'a pourtant sauté aux yeux: la bouffe. Bizarre, là, tout le monde voulait tester l'inconnu.
La musique avait, aussi, ce don de tenter de réunir tout cela, sans frontières, avec le support d'une partition musicale.
Ce samedi, le concours Reine Elisabeth a départagé les douze finalistes.
Le côté antinomique du gagnant n'était pas les notes mais résidait dans son originalité pour interpréter le Concerto n°3 de Rachmaninov.
"Ce pianiste israélien présente une personnalité hors du commun qui fascine ou irrite", était-il dit.
L'originalité passe par l'improvisation et aime autant les antidotes que les antinomies.
La musique se construit avec seulement 8 notes et quelques accords. C'est le compositeur qui mettra ces notes en musique pour en faire quelque chose de miraculeux, de transcendant et l'interprète qui l'exprimera par sa personnalité et ses sentiments comme dans un "Tableau d'une exposition" de Moussorgsky.
Le temps est volatile. Il serait mal venu de le cadaster avec des concepts trop rigides.
L'antidote du mot français "compatir" n'existe pas.
Si on essayait "conjouir" comme le proposait, récemment, Maxime Le Forestier?
Peut-être pensait-il au phoque en Alaska...
Mais, avoir trouver cela, n'est-ce pas le meilleur mot de "Fin"?
L’enfoiré,
La fête de l'environnement en quelques photos et un seul clic.
Citations :
- « Les mots sont nos esclaves. », Robert Desnos
- « Les mots manquent aux émotions. », Victor Hugo
- « L'amour ? Des grands mots avant, des petits mots pendant, et de gros mots après. », Edouard Pailleron
08:30 Publié dans Actualité, Ecole, Organisation, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Web | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
28/05/2013
Le climat par l'intérieur ou par l'extérieur
Marre d'entendre qu'après la pluie vient la pluie. Marre d'entendre parler du temps qu'il fait à toutes les sauces comme si c'était la seule discussion disponible. Non, ça ne me fait plus marrer... Prendre l'air, de l'altitude... voilà la solution.
Du climat, on ne parle plus que de ça à la télé, avant, pendant et après le journal du jour.
Fin mars, on disait qu'on était encore trop près de hiver et qu'il fallait attendre un peu pour que tout change avec le printemps. L'hiver avait pris un peu trop de racines. Ok.
A un mois de l'été, la neige est retombée avec deux à 10 centimètres en Ardennes. On passe de record en record du froid avec le printemps. Le Guiness Book ne risque pas de se refermer. Certains se souhaitent déjà joyeux Noël avec un certain humour garanti sur facture.
Le vent et la pluie agissent de concert pour donner cette impression.
Les Belges en ont plein les bottes et la tête qui rayerait les murs sans gel fixant pour cheveux.
Qui se souvient encore de "Jules Metz, Monsieur météo"? Lui, tous les jours, avait sa petite citation après la météo. Innocente, ponctuée d'un dicton comme « À la Saint Jules, mauvais temps n'est pas installé pour longtemps".
Ce serait plutôt, aujourd'hui: "A la Sainte Glace, mets toi à la masse".
Un de ses collègues suiveurs a eu à répliquer aux insultes et s'est vu mis à pied avec le motif cinglant d'une "liberté d'expression incomprise".
On peut lire ailleurs "Brève apologie du froid de canard et du temps de chien: Printemps pourri, printemps béni. Songez seulement à ces corvées rituellement printanières dont la pluie – Allah est grand! – vous exonère.".
Pourquoi pas, "Allah, akbar"? Boston est encore dans toutes les mémoires pour les 20 Kms de Bruxelles de dimanche dernier.
Il s'agit de réchauffer l'atmosphère, pas de la refroidir mais pas de la réchauffer avec le syndrome de Stockholm, nouvelle formule.
Les gagnants du climat morose, car il y en a, ce sont les agriculteurs qui n'auront plus de problèmes avec la nappe phréatique, les marchands de parapluies en fanatiques du déclic de l'ouverture automatique, les livreurs de mazout qui ne savent pourtant plus où donner de la tête, à coup de trop petites livraisons, les marchands de rêves de soleil garanti adressés aux prospecteurs missionnaires de pays exotiques.
Les autres, les "exclus" restent à l'intérieur en attendant rageusement que cela passe.
Ce qu'on prévoit fait froid dans le dos: "Ce printemps restera dans les annales comme l’un des plus froids pour l’Europe de l’Ouest. Le printemps météorologique se termine le 31 mai, et le 1er juin marque le début de l'été pour les météorologues. Et l’été ne s’annonce guère mieux. Sur leur carte de prévisions météo, les météorologues annoncent que la Belgique et une partie de la France seront dans la zone bleue, qui se caractérise par des températures inférieures à la normale, pour les mois de Juin, Juillet et Août". Aujourd'hui, on assure tout, on syndicalise tout, on harmonise tout, alors pourquoi pas le climat?
Le bâton mais avec moins de carottes, écrivais-je, il y a longtemps. Avoir imaginer qu'à l'époque, on aurait, dans une avenir plus ou moins proche, des pensées de rotir au soleil dès le printemps suite au réchauffement climatique. J'ai presque honte de le rappeler. Je parlais, alors, des côtes au sud de l'Angleterre, avec de plus en plus de palmiers qui avaient remplacé les platanes et les chênes. Le Gulftream, il n'est plus ce qu'il était. Il a perdu la boussole dans le fond des océans, lui qui était chargé de nous adoucir un climat dit "tempéré". Depuis, les catastrophes naturelles s'emballent. A l'échelle mondiale, leurs coûts sont évaluées à 16,2 milliards de dollars par heure. Cela se traduit par des pertes économiques dans les pays riches et des pertes humaines dans les plus pauvres. Si les moyennes de température n'ont pas changé, c'est dans les extrêmes que tout chavire. Récemment, une tornade à Sainte-Maxime. Bien sûr, rien à voir avec la dernière aux États-Unis, mais cela apporte du grain à moudre pour un prochain film catastrophe.
Le 31 mars dernier, le film documentaire « Une vérité qui dérange » de Al Gore était rediffusé sur Club RTL. Ce film datait de 2006, juste après l'ouragan Katrina.
Ce film reliait le réchauffement climatique à l'augmentation du CO2, avec l'arrière goût de l'industralisation des hommes.
Les scientifiques révèlent qu'au pôaple Nord, les glaces continuent à fondre à raison de 250 Mégatonnes par an. Dégelées, les eaux douces s'écoulent dans l'océan sans se mélanger aux eaux salées. Arrivée au pole Sud, cette eau douce regèle et élargit l'espace de l'Antarctique de glace et renvoit la chaleur reflettée par cette nouvelle surface blanche.
En fait, de savoir cela, cela nous rend, peut-être, la jambe plus belle, mais pas l'envie de sortir dehors avec elle.
Un article de "The Economist" répondait en substance par le fait que le climat serait dépendant de plus de complexités que la seule augmentation du CO2.
Le réchauffement ferait-il une pause? Remplacé par un refroidissement local dans notre Europe occidentale?
Les océans accusent l'augmentation de chaleur sans apparemment, beaucoup broncher à rendre tous les films catastrophes déjà réalisés, plutôt caducs.
"La chaleur, cette soi-disant, augmentation de la chaleur de l'océan ets fait probablement d'un artefact dû aux immenses erreeurs de mesures". Kevin Trenberth doit être heureux que l'on reparle de lui.
Les climatosceptiques sourient dans leur barbe, raillent avec le beau rôle de l'actualité. L'homme, impliqué, responsable de l'augmentation de CO2 et donc du réchauffement climatique, est pour eux une blague de mauvais goût.
Si climatologues et climatosceptiques cumulent les bons et les mauvais points, les citoyens lambda fulminent, se disent de qui se moque-t-on et pensent que plus rien ne va plus, impair et passe. Ils n'en ont rien à cirer de savoir ce qui se passerera après demain, c'est aujourd'hui et demain qui les intéressent e plus. Le climat en 2085, tel qu'il est présenté, c'est loin même si c'est pour faire peur pour moins que ça.
Pour appuyer leur thèse, les sceptiques disent "L’establishment climatique ne travaille que sur des moyennes et des indices qui n'expliquent rien. Une telle approche, réductrice et statique, ne permet pas d'appréhender la dynamique des échanges d'air et d'énergie".
Se poser la question de savoir de "Quel réchauffement?" s'agit-il, n'est ni innocent pour le GIEC, ni pour ses adversaires. Lobby contre lobby.
L'écologie traditionnelle doit avoir quelques soucis à se faire, envoyés dans les cordes dans deux documentaires présentés sur ARTE.
La fausse promesse d'une énergie propre: D'ici à 2050, les fournisseurs d'électricité devront produire de l'énergie sans émettre de dioxyde de carbone (CO2). L'éolien et le solaire font naître des espoirs, alors qu'ils ne couvrent que 1 % de l'approvisionnement en énergie en Europe. En revanche, l'industrie du biogaz se développe. Seul souci: pour alimenter cette filière, il faut de la biomasse, matière organique, qui, après transformation, produira de l'énergie. À l'origine, celle-ci devait provenir des déchets agricoles. Mais, au final, les exploitants préfèrent cultiver du maïs, et utilisent pour cela... du fioul. L'essence consommée par les 7.500 centrales de biogaz allemandes génère ainsi 2,5 millions de tonnes de CO2 par an, des données qui n'entrent pas dans le bilan carbone de l'Union européenne. Cette céréale sert aussi de base aux biocarburants. En Europe, l'extension de la production se fait au détriment des parcelles en fourrage ou des tourbières qui constituent d'importantes réserves de CO2. Au Brésil, elle provoque la destruction de pans entiers de la forêt amazonienne, libérant au passage des tonnes de gaz à effets de serre. En Europe, les centrales thermiques sont censées remplacer le charbon par du bois, mais les résultats ne sont guère probants. Partout, des multinationales régissent le marché de l'énergie.
De l'argent propre avec de l'air pollué: Suite au protocole de Kyoto, signé en 1997, les pays qui émettent peu de CO2 peuvent vendre des certificats aux pays qui en produisent d'importantes quantités.
Génial, si ce n'est que des dérives sont vite apparues. Au lieu de réduire les émissions de CO2, le dispositif les a favorisées. Depuis 2005, les certificats se négocient en bourse comme d'autres valeurs soumises aux lois du marché. L'Union européenne a accordé aux entreprises polluantes des droits de polluer pour 200 milliards d'euros. En contrepartie, elles devaient investir dans des technologies plus avares en CO2. Or, dans nombre de cas, elles ont tout simplement délocalisé leurs nocives activités vers des pays moins regardants. Par ailleurs, le cours du droit à polluer avec une tonne CO2 est fluctuant, pouvant passer de 30 à 7,5 €. Bonnes affaires en vue pour les brokers, ce plan soi-disant miracle de l'ONU: le Clean Development Mechanism !".
Un site entier est réservé aux articles sur le climat avec des polémiques bon chic, bon genre et du scepticisme de bon aloi.
Ce qui est sûr, c'est que dans certaines parties du monde, le climat est trop complexe pour être prévésible à long terme. L'atmosphère est trop mouvante. Un jet stream, dévié, suffit pour influencer complètement le climat.
Construire un modèle général semble quasiment impossible. Les prévisions du temps diminuent de fiabilité plus on s'écarte du jour où on les fait. Des prévisions à sept jours au grand maximum, malgré les espoirs...
Le S&V de juin pousse une nouvelle alarme: le trou de la couche d'ozone qui avait disparu aux pôles en 1984, se serait comblé. Il y aurait même trop d'ozone et que cela posait des problèmes. A l'époque, comme on craignait une augmentation des cancers de la peau à cause des UV moins filtrés par l'ozone, les CFC avaient été bannis. Aujourd'hui, la stratosphère se refroidirait avec un trop plein d'ozone. Les UV seraient plus forts aux tropiques et diminueraient en intensité au fur et à mesure que l'on se rapproche des Pöles (étude de Richard Mc Kenzy). Moins d'UV, moins d'ensoleillement entre les deux, ce qui veut dire une pénurie de vitamine D en perspective pour les hommes. Un manque que certains pensent combler par des ampoules de vitamines D, par une luminothérapie artificielle et pour les plus fortunés, par des voyages aux environs de l'Equateur. Pas question de revenir en arrière et ressortir les CFC, évidemment. Quand on n'a pas d"idées gratuites, il faut avoir du pognon.
Il faut, résolument, chercher autre chose, d'autres arguments pour maintenir la confiance. Ce sera avec le S&V d'avril que des articles poussaient le traditionnel Eureka avec cette question: "Le réchauffement climatique ne se serait-il pas présenté sur une autre planète du système solaire sans la présence de l'homme?".
Est-ce que se baser sur des équations universelles, permettrait d'établir un modèle plus générique, en observant les similitudes sur d'autres planètes?
Comprendre les tempérances et les extrêmes climatologiques de la planète bleue et chercher des situations correspondantes sur d'autres planètes du système solaire, avec l'objectif d'atteindre des prévisions sur une longue durée, plutôt que de donner le temps qu'il fera la semaine suivante. Un nouvel espoir et une manière de contourner le problème par le crédo des "astroclimatologues".
Une fois, fusionnés, on ne sait, d'ailleurs, plus très bien s'ils sont plus astronomes que climatologues.
S'intégrer dans un modèle cosmique, plutôt que dans l'épiphénomène de la Terre, serait-ce un nouveau programme de convictions, de prêches et qui sait, de nouvelles suspicions?
Et, bien, non, dit-on, du côté scientifique, cela commence à marcher. Il n'y aurait plus qu'à extrapoler les phénomènes.
Troublant comme les "vues extra-terrestres" ont de l'imagination...
Sur Mars, la planète que l'homme espère très bientôt coloniser, de petites tornades de poussières expliquent la formation de nuages. Ces mouvements de poussières, de bas en haut, appelés "convections", sont produits par un air sec et froid alors que le sol est chauffé par le Soleil. Depuis 1978, les sondes envoyées par Viking Orbiter ont pu observer le phénomène.
Sur Vénus, les conditions climatiques sont extrêmes. Avec 93 bars de pression, 470°C en surface, pas question de pouvoir visiter. Des nuages d'acide sulfurique, poussés par des vents du plusieurs centaines de kilomètres par heure, peuvent faire comprendre certains "défauts terrestres". La stratification de l'atmosphère devient une petite cause aux grands effets bien plus fameux que l'"effet papillon" terrestre.
Sur Saturne, c'est le gigantisme qui permet de modéliser la circulation de l'atmosphère lors de cyclones. Le 27 novembre dernier, la sonde Cassini a permis d'observer l'oeil du cyclone saturnien qui couvrait 9 millions de kilomètres carrés avec des vents de 700 kms/h. Véritable vortex que l'on observe sur Terre, en plus petit, au dessus du pôle Sud, mais qui détermine les échanges de chaleur entre le pôle et le reste de la Terre. Le climat globalisé est dans le point de mire du laboratoire de météorologie dynamique, Aymeric Spiga!
Le satellite Titan de Saturne permet de confirmer que le méthane a, tout comme l'eau, un cycle pour se régénérer. Sur Titan, il existe aussi des fleuves, des lacs, de la pluie, des nuages... mais constitués de méthane. Bien qu'avec des schémas différents, ce satellite est considéré comme une jumelle de la Terre.
Le satellite Triton de Neptune préfigure l'avenir de la Terre et les effets de réchauffement par l'évaporation de sa calotte polaire. Elle possède une atmosphère et une calotte d'azote gelée qui ne fait que s'accentuer à mesure que la quantité de CO2 augmente.
Autour du pôle de Jupiter, c'est à partir de son minuscule satellite IO et ses volcans en eruption et des particules chargées électriquement que sont à l'origine de gigantesques aurores boréales. L'interaction entre les deux astres proches est, donc, bien réelle. C'est remarquer que la chaleur modifie le climat à distance en perturbant les courants atmosphériques en colonnes d'air chaud plus hautes qu'elles ne le pourraient.
En hiver, sur Terre, c'est peut-être une infime chance d'obtenir de 0,5 à 1°C en plus pour les pays continentaux comme la Russie, mais une baisse des températures en Europe de l'Ouest, alors que la moyenne du globe ne grimperait que de 0,01°C.
Il y a 126.000 années, le Groenland aurait mieux résisté que prévu au réchauffement, alors que la température était supérieure de 4 à 10°C à celle de notre époque. La fonte des glaces avait été limitée malgré une élévation du niveau des mers de deux mètres.
Un coup d'oeil dans les nuages et là, surprise, il y a de la vie dans leurs panaches blancs. De la biodiversité de vie, même. Des micro-organismes qui font aussi la pluie et le beau temps. Aux services de "noyaux de condensation", selon leur structure, ils entraînent alternativement le refroidissement et le réchauffement.
Sur le plancher des vaches ou sous lui, les lombrics ont leur part de responsabilité sur le climat en diffusant les gaz à effets de serre, piégés dans le sous-sol, sous forme de CO2 et de NO2. Sous l'eau, le plancton joue, à 50%, le rôle d'un "enzyme glouton" du CO2 et malheureusement aussi, du plastique.
Alors, enfoncer le clou des climatologues, des climatosceptiques ou... dans la glace?
C'est du pareil au même.
Aller comme le Captain Cook à la découverte du Jardin d'Eden, en Syrie? Trop chaud, tout cela...
Ce weekend, deux journées portes ouvertes à l'Observatoire d'Uccle, à l'occasion du centième anniversaire de l'IRM. J'ignorais, mais cela va sans dire que cela tombait à pic pour leur dire ce qu'on pensait du climat et de leurs prévisions. Toutes les activités qui tournent autour de la climatologie, étaient représentées. Espace, soleil, planètes, évaporation, ballons-sondes, séismes, mesures des gaz à effet de serre... Tous pour un modèle, tous à la recherche d'une globalisation du climat en intégrant les données de centaines de points du globe dans des formules mathématiques. A la question pratique, "parviendra-t-on un jour obtenir des prévisions à longue échéance", la réponse fut "non, mais" ou quelque chose d'approchant. Pas de martingale en météorologie. Plus difficile encore que d'établir des statistiques de gestion, que d'extrapoler le seul passé dans l'avenir des entreprises.
Au dehors, une éclaricie de quelques heures et c'était comme une fête. Les visiteurs souriaient avec le soleil revenu. Personne n'avait envie de les mettre au pied du mur.
Comme toujours, l'avenir radieux, il faut le rechercher dans les astres et temporiser sur Terre...
Une invention du para_sol_pluie_tonnerre, pour finir?
Et bien non. La spécialiste de la météo, Laurence, sous les traits de Nabilette, a inventé un truc génial: le banc solaire géant au dessus de Bruxelles.
Sa conclusion judicieuse était: "C'est pas parce qu'il pleut qu'il ne faut pas vous déshydrater.".
A un conseil comme celui-là, difficile de résister...
Pour dimanche, un autre événement et un conseil amusant: "20km de Bruxelles: habillez-vous «le plus léger possible»" Vêtements légers et courts, c’est ce que conseille Catherine Lallemand, triple vainqueur des 20kms de Bruxelles.
Dimanche, on s'attendait aux 20.000 mètres nage libre, le ciel plombé mais pas une goutte. En coureur solitaire, j'ai fait partie de la claque à regarder la caravane passer. Une nouvelle poule aux oeufs d'or quand on pense aux retombées écononomiques pour le secteur de l'Horeca en plus des 20 euros de droit d'inscription. Un nouveau record, moins d'une heure pour le premier Kénian...
Le prince Philippe, brassard 37395, je ne l'ai pas vu, mais il était là et a fait le parcours en 01:50. La fête fut malheureusement endeuillée. 20 kms reste une épreuve. Une BA à mon actif: avoir prêté mon ciré jaune, à une dame qui, attendait et grelotait de froid. A suivre...
Les 100 ans de l'IRM et les 20 kms en photos, c'est ici, en un clic...
L'enfoiré,
Mise à jour 31 mai 2013: Ce matin-là, Laurence Bibot avait besoin d'un café serré (trop d'irish coffee). La carte de Belgique, sus-mentionnée, était là pour référencer les bières belges, pas pour toutes les tester en même temps. The buzz. Formidable, aussi, ce Stromae qui en a fait un autre de buzz.
Article annexe: L'exploration de Mars. puisque certains ont envie d'y aller sans espoir de retour.
Citations:
- « Le monde est fait avec des astres et des hommes. », Emile Verhaeren
- « Un peu de honte réchauffe et donne de belles couleurs. », Proverbe néerlandais
- « La météo c’est ce à quoi on s’attend, le climat c’est ce que nous obtenons. », Robert Heinlein
08:10 Publié dans Actualité, Belgique, Nature et Ecologie, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
22/05/2013
Pseudos, modération et censure
Un pseudo peut en cacher un autre. La modération peut entraîner une suspicion après sa circonspection. La censure, se révéler comme une méthode simpliste, lâche et individualiste. En tous cas, trois concepts qui entretiennent une relation du style "je t'aime, moi non plus". La liberté d'expression, elle, en devient un mythe ou un mirage. Comme préambule, l'article "Connais l'homme pour mieux te connaître" viendrait bien à propos.

Pseudos:
Le pseudo(nyme), du grec ancien ψευδής, pseudês («faux, erroné») est un nom d'emprunt, choisi par une personne, afin d'exercer une activité sous une identité autre qu'officielle pour garder l'anonymat.
Il est recherché dans les milieux artistiques, considéré, parfois, comme un nom de guerre et peut se retrouver côte à côte avec le nom officiel.
Quelques noms célèbres de la chanson, d'écrivains, correspondent à des pseudonymes. La liste des pseudonymes est longue.
L'écrivain Romain Gary, par exemple, de son vrai nom Romain Kacew obtint le prix Goncourt en 1956, puis sous le pseudonyme d'Émile Ajar en 1975, alors qu'un auteur n'est pas autorisé à recevoir ce prix plus d'une fois.
Ce genre de subterfuge, s'il s'accompagne de fraude à l'identité, pourrait faire aujourd'hui, l'objet d'une attention croissante des Services de la police criminelle. Un Eurobaromètre de la CE précise que 3% d'internautes ont été victimes d'une usurpation du nom officiel, sous forme de l'arnaque du fishing de l'information stratégique. En Belgique, fin 2011, ce fut la première condamnation pour usurpation d'identité par un faux profil Facebook dans le but de dénigrer. Le premier ministre a eu sa boiîte email a été piratée et la cybersécurité ne fait que réagir à ce genre d'attaques sans parvenir à la prévoir.
Manifestement, sur Internet, plus qu'ailleurs, on n'aime pas trop se montrer au grand jour.
Garder l'anonymat est la raison principale. Parmi les autres raisons invoquées, la peur du Big Brother, la crainte d'être reconnu par un tiers, de subir une arnaque potentielle et l'envie de pouvoir dire ce qu'on a envie de dire. Un nom de baptême trop long, inexpressif, difficile à retenir, pousse, aussi, à utiliser un nom d'emprunt.
"Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien? Pas si sûr...", écrivait le rédacteur, Charles Cuvelliez.
L'anonymat n'existe, en effet, jamais totalement.
La virtualité reste fidèle à son origine et une situation peut se retourner contre son auteur, figé sur cette origine.
Déterminer qui lit une page, connaître la ville d'où elle est lue et la persévérance qui indique l'intérêt du lecteur, est déjà de la routine pour Google quand on possède un blog dont on est administrateur.
Premiers outils de surf installés sur l'ordinateur, les cookies ont été créés pour le confort de l'utilisateur. La reconnaissance par le système numérique ne nécessitant plus le sacrifice de la réintroduction de données utiles, elle se fait au prix d'une perte de sécurité et du contrôle. Ces cookies peuvent servir à des raisons commerciales sur la fréquentation des pages et pour d'éventuelles malversations comme un cheval de Troie. Profiler reste toujours la préoccupation du marketing via Internet et contribue à garder la gratuité des outils d'Internet.
Être ciblés par le marketing est devenu presque nature.
Via les SmartPhones, cette "facilité" risque de devenir la cible préférée des hackers.
Pour contrer le hacking, il existe la norme W3C qui permet l'option "don't track" ou les anonymizers par plugins. Plus difficile à identifier, à remonter à la source, à l'IP comme identifiant, bien que mémorisée, l'identité reste accessible.
Tout est conservé dans le monde du numérique. Le droit à l'oubli demande parfois plus d'efforts pour faire disparaître les traces stockées sur des serveurs qu'à les créer.
A cet aspect de confidentialité, tout à fait respectable, s'ajoute parfois une volonté de nuire plus que d'exprimer une opinion et une conviction personnelle, sous le couvert d'un pseudo.
Ce n'est pas sous les masques que les consciences se lavent des outrecuidances et de tous remords.
Accompagné d'un "A propos" ("About" en anglais), clair même humoristique, vaut mieux que rien. Un pseudo en devient moins banal. Dans ce cas, l'intention n'est plus de voiler son identité sous un voile de soie.
Il y a deux ans, j'étais invité sur un forum des échecs en tant que candide sans aucune envie de me mesurer sur l'échiquier.
Avec le pseudo d'enfoiré, comme d'habitude? Cela m'avait déjà donné quelques soucis de manière assez loufoque. (Anecdote relatée dans "Blanche neige et le huitième nain".).
L'enfoiré, un mot qui fait peur, entendu de tellement nombreuses fois, pour traduire un rejet. La définition de Laurent Baffie dans son dictionnaire humoristique est "Anciennement, enculé, salaud, fils de pute. Depuis Coluche, personne généreuse, altruiste et solidaire".
En verlan, cela devient "eriofne". Adopté. Cela sonnait, peut-être mieux, en définitive...
Ce furent deux challenges gagnés après une semaine: 100ème commentaire et 1000ème consultations.
Le pseudo "Findus" d'un des interlocuteurs m'intriguait et m'a incité à lui poser la question de son origine. Sa réponse fut: "Un jeu d'aventures appelé Goblins avec deux personnages: Fingus, le sage et Winkel, l'arsouille. Un moment de distraction... et le "g" est devenu "d". Rien à voir avec les produits surgelés. Désolé de mettre un terme à cette légende.".
Ni un produit surgelé, ni un hoax, mais le choix d'un pseudo par l'intermédiaire d'un raté, d'un lapsus et d'un mot que l'on trouve, ensuite, amusant, sans plus...
L'interprète d'un pseudo peut être, donc, très peu représentatif de son modèle.
Des pseudo makers automatiques existent pour tous ceux qui n'ont pas d'idées. Alors on tombe sur des pseudos générés artificiellement comme peut l'être "YEG033".
Dans ce cas, inspirer confiance, sans aucun accompagnement, restera alors une question de goût.
C'est un peu comme au resto où on donne la liste de noms de plats avec des noms ronflants ou incompréhensibles, mais sans dire ce qu'il y a en cuisine pour les préparer.
Modération:
Dans un forum, tout est dans la modération... Enfin, tout pourrait ou devrait l'être...
Par l'intermédiaire, d'un billet, plus récent, le même forum essayait de radicaliser sa modération en obligeant d'introduire un nom et un prénom à l'inscription ou de l'ajouter si cela n'avait pas été déjà fait, sachant que ces noms et prénoms ne seraient connus que des administrateurs.
Rien de nouveau sous le soleil ou sous l'ombre de la Toile.
Tout en comprenant parfaitement où la modération voulait en venir, ce fut une occasion de sourire et de poser d'autres questions:
- Ce texte n'aurait-il pas dû exister dans les statuts à la création du site?
- Qui vérifiera si le nom et le prénom correspondent à ceux de la carte d'identité de l'inscrit?
- Le modérateur s'est-il renseigné sur ce qu'impliqueraient les démarches longues et souvent inefficaces, de réparation des préjudices en justice?
- Modérer, n'est-ce pas, une tâche destinée à un ombusman indépendant? Joueur aux échecs et administrateur du site, ne se retrouverait-il pas considéré comme juge et partie?
- 'Être relatif à la pratique ou à la théorie du jeu d'échecs'" était demandé. Ce sont les trolls qui sont visés. Où commence et où finit un troll? Où commence-t-on à compter les pertes de temps en justifications ou en dénonciations, toutes deux inutiles?
- Où commenceraient les insultes et les incivilités précisées comme à bannir?
- Ne faudrait-il pas légalement forcer le modérateur à justifier son refus? La plupart des journaux en profitent pour manipuler l'opinion publique?
Une réplique m'avait amusé "Dans quel flacon dois je faire pipi pour ne pas être banni du forum?" et résumait bien qu'un commentateur n'est pas prêt à se laisser conter fleurette.
De plus en plus de forums, profitent d'une modération préliminaire à la publication d'un commentaire, d'un article, pour les faire sauter et tomber dans l'oubli.
La meilleur modération, c'est respecter un cahier des charges bien réfléchi et garder l'idée de "psychologiquement vôtre".
Entrer sur la Toile, c'est aux risques et périls de son utilisateur dans un champ de mines potentielles où seuls les plus perspicaces vaincront ou survivront à l'usure des critiques. Une critique objective, même négative, peut apporter une chance d'amélioration.
Chocs de cultures, de générations, démographique, de sexes du rédacteur ou du commentateur entrent en jeu. Sans être sexiste, il est presque certain qu'un forum s'adresse plus aux hommes et un réseau social comme Facebook, plus aux femmes.
Le journaliste Taddeî me parait donner le meilleur exemple de la modération réussie en respectant la parole de ses invités tout en limitant celle-ci par ce qui est prescrit par loi.
Sa dernière émission de "Ce soir ou jamais" entrait vraiment dans le sujet qui nous occupe, en traitant celui de la jeunesse, la révolution, la démocratie et la culture.
La société se construit fondamentalement de manière inégalitaire. Le plus âgé des internautes n'avait pas l'habitude du numérique. Avec son seul vécu pour bagage, il s'y est conformé en utilisant les mêmes subterfuges que le jeune féru de technologies modernes. Désoeuvré, il s'est senti coincé par le jeunisme qui l'entoure.
Le jeune, en "casseur du passé", voudrait refaire le monde, sortir du cocon dans lequel on tente de l'enserrer, alors que dans le fond, il se conforme à ce passé, sans l'avouer.
Sur les forums, se retrouvent, mixés, des étudiants en attente de trouver un job, des retraités, des chômeurs et quelques fanatiques dans des polémiques qui ne veulent pas en avoir le nom...
"Le syndrôme d'Erostrate" n'a pas vieilli. Il est toujours présent. Dans les forums virtuels, les joutes oratoires du café de commerce avec le partage des émotions ne sont, seulement, plus de rigueur. Des discussions, parfois virulentes, y gardent une volonté d'imposer des vues sans éclairer sur leurs motifs intrinsèques.
Que reste-t-il, sinon de laisser le bénéfice du doute et puis, de tester les résistances de l'électricité de l'air?
Il y aura toujours les "pseudo-histoires". Des études présentées comme des travaux d'historiens, de scientifiques sans respecter aucune méthodologie de recherches historiques ou scientifiques, présentes seulement pour valider abusivement une thèse préconçue à traiter avec doigté. On entre, ici, dans le domaine du mirage, du mythe de la pseudoscience.
Seuls les articles sans risques, sont plussés à 100%. Pour les moinssages, aucune (dés)illusion à avoir. Ils ne veulent rien dire, non accompagnés d'une note explicative permettant d'apporter un droit de réponse adéquat. Espérons qu'ainsi les auteurs donneront une preuve de leur bonne santé tout en roulant les mécaniques.
Justifier par un argumentaire incontestable est bien plus difficile.
Coter articles et commentaires et cela devient plus piquant. J'ai participé à des concours de moinssages, à se faire traiter de con, tout en couvrant l'absurde de la situation dans des répliques digne du spectacle "Peur de rien".
Tout est dans l'art de l'esquive et l'utilisation de la force de l'adversaire pour répondre aux flèches empoisonnées. Autant se rappeler que Guillaume Tell n'est plus de ce monde et que la pomme de sa cible a eu le temps de tomber.
Un commentaire peut très bien être plus complet, plus argumenté que ne l'est l'article qui le précède.
Commenter ne veut pas dire nécessairement chercher un consensus pour se retrouver ensemble à l'embouchure, mais, tout au contraire, s'exprimer, c'est remonter le courant trop unitaire et par là, ne rechercher que le "démocratique vôtre". Trop de démocratie tue la démocratie et avoir l'unanimité relève de la chimère. Plutôt secouer le prunier pour que les prunes tombent, voilà ce qui se passe dans un forum normalement conçu tout comme ailleurs en politique.
Dans l'orage verbal, l'humour peut encore vaincre la morosité d'une discussion houleuse ou trop académique.
Censure:
L'article 25 de la Constitution belge dit que "La censure ne pourra jamais être établie".
La censure rode ou frise l'atteinte à la vie privée et s'insère dans toutes les relations politisées. Journalistes et internautes s'y retrouvent avec les mêmes tendances et les mêmes défauts.
ARTE lançait un documentaire "Contre-histoire de l'Internet" qui disait en substance qu'Internet a été créé par des hippies tout en étant financé par des militaires. Cet improbable choc des cultures a donné naissance à un espace de libertés impossible à censurer ou à contrôler. C'est pourtant ce que cherchent à faire un certain nombre de responsables politiques, poussant hackers et défenseurs des libertés à entrer dans l'arène politique. Au début, pas de mot de passe. Du "peer to peer", sans plus. A la limite, devenu réseau de mafieux, de terroristes. En premier, le facteur qui envoie la lettre fut considéré comme responsable. Ensuite, celui qui a écrit la lettre. Enfin, celui qui la lit. La répression a commencé en France. HADOPI, censé veiller aux droits d'auteur. L'interdit ne sera jamais porteur d'intelligence. Seule la création de code Internet plutôt que seulement l'utiliser peut garder l'esprit démocratique. La période actuelle n'est qu'une phase intermédiaire.".
Le caricaturiste Pierre Kroll dont je vous abreuve de caricatures, était interrogé dans un tchat au sujet de la censure des dessins caricaturaux politiques, religieux, économiques, historique... L'autocensure existe, disait-il.
La censure peut prendre toutes les formes. Elle peut être élitiste, fondamentaliste, politique, linguistique...
La censure linguistique, Thomas Gunzig dans son café serré humoristique ce mardi, la prenait à revers, à rebrousse poil.
ARTE en avait fait un autre documentaire "Fini de rire". Interrogés durant l'introduction, les dessinateurs disaient que "Dessiner c'est voir des choses que les autres ne voient pas. Dépasser les limites par le dessin est comme une récompense. Si on n'est pas dans l'actualité, on ne peut le comprendre".
La Tunisienne du documentaire est sortie du carcan du dictateur Ben Ali pour retomber dans celui de la religion...
"Internet est la seule fenêtre entre l'Iran et le monde" ajoutait le dessinateur iranien.
Les libertés, et pas uniquement d'expression, sont loin d'être respectées dans le monde.
Tous les médias officiels restent un peu piégés par la modération du journal pour lequel ils travaillent, par un supérieur qui a peur d'être dégommé par son propre supérieur. Le blogueur garde une autonomie plus grande, tout en devant se plier à une éthique de respect de son lecteur et, quelque part, une obligation de se protéger contre lui-même.
Est-il influent?
Marcel Sel (que j'ai appelé "mon sel de bain"), utilise aussi un pseudo et se voyait "redresseur de torts" ou "Zorro" dans cet interview.
Non-journaliste, je garde à l'idée qu'influencer les autres reste plutôt du domaine de l'équilibriste. Influencer l'autre, faut pas trop rêver...
Les autres ont leur vie, leurs amours, leurs soucis, leurs espérances et leurs désillusions. Je décline l'opportunité, la responsabilité d'influencer, si elles existaient. Il vaut mieux entrer en émulation qu'en compétition qui deviendrait stérile.
Informer, c'est d'abord s'être informé soi-même.
Sortir de l'intox et de "l'infaux".
Parfois, s'instruire par et pour les autres en remontant aux sources comme arguments.
Espérer que par la magie de l'osmose, certaines idées, un vécu parviennent à véhiculer, partager quelques émotions, c'est déjà atteindre le sommet de la jouissance. Sans idées en commun, sans petites connivences, c'est plus vite mal parti que bien.
La langue de bois doit être combattue même si les fondements de la société humaine poussent à la bienveillance, à se taire comme une solution de facilité ou un échappatoire de sécurité.
Tant que subsiste l'humour comme remède, rien de perdu, même s'il ne fait plus sourire, fait grincer les dents, c'est tant mieux.
"L'humour est un art d'exister... l'impolitesse du désespoir" disaient, tour à tour, Robert Escarpit et Dominique Noguez.
Philippe Geluck prépare un nouveau livre autour de la question "Peut-on rire de tout?". Par la parodie, le pastiche... "Rire du physique, du malheur, des pauvres, des riches, des vieux, des jeunes, des politiques, des religions et ... des mauvaises critiques, cela peut être méchant et jouissif", affirmait-il.
Censurer le rire, c'est, simplement, annuler tout espoir d'exister.
Pour apprécier l'humour à sa juste valeur, tout est une question d'éducation, de formation, d'idéologies qui s'entrechoquent dans un monde devenu un peu trop 'village' avec des règles de vie trop différentes.
Toucher quelqu'un qui vit de l'autre côté de la planète, à la vitesse d'une connexion, ne coûte plus rien. Seuls, les préjugés se construisent derrière des tabous qui font office de casseroles au pied.
A l'époque des caricatures de Mahomet, je sortais "Le ciel pour horizon", un triptyque d'articles avec pour thème la religion. Je me suis autocensuré en postposant la publication des deux derniers épisodes alors qu'ils n'étaient nullement question d'Islam. Décaler dans le temps, c'est comme apporter le chocolat glacé à l'entracte...
Dans une telle ambiance, tout est toucher l'intégrité des autres ... Intégrité, un mot qui se rapproche trop du mot "intégrisme".
Les dessinateurs caricaturistes ont de plus en plus de 'pression', disent-ils.
Pas sûr que cela s'arrête à eux et que l'on ne retombe pas dans un formalisme prêché par un modérateur d'occasion.
A l'ère du visuel, on veut de l'image qui se déguste (ou se déglutit) à l'instant. Tout son art, partagé par les autres médias, consistera à reprogrammer les cerveaux an limitant la faculté de concentration pour rendre le cerveau incapable d’absorber des informations plus longues que le Tweet de 140 caractères maximum.
L'incapacité de dessiner, une lacune que j'assume. Je profite de l'occasion de remercier Kroll et Vadot de me permettre de reprendre leurs caricatures. (Expo à l'Espace Wallonie-Bruxelles).
Les salons du livre font encore salle comble, ce qui donne encore une chance à l'écriture et aux livres.
Conclusions:
Nous sommes à l'ère de l'hyper-communication avec les médias disponibles. A l'ère où on dit tout et n'importe quoi. Le Buzz se crée sans même interférer sur son potentiel. La démocratie est devenue, une tarte à la crème dans laquelle on n'y trouve plus ni ses ingrédients, ni ses gènes.
Les Femen d'arroseuses passent par l'arrosage.
Le meilleur modérateur doit faire abstraction de ses propres convictions. Même si à mettre trop d'eau dans son vin, on s'y noie.
Une annonce: Agoravox, la Fondation reconnue d'utilité publique, recrute un "community manager" comme ce forum se définissait, écrivait: "Il devra entre autres animer et structurer la communauté des lecteurs, des rédacteurs et des modérateurs d'Agoravox, qui constituent la vraie source d’information d’AgoraVox et en renforcer leur cohésion".
Je ne sais pourquoi, mais cette annonce m'a fait sourire. De vieux souvenirs me sont revenus en mémoire.
Y aurait-il quelque chose de changé dans la sphère virtuelle, sous l'ombre des palmiers en fleurs, dans la torpeur et devant l'écran noir de nos nuits blanches là où se fait du cinéma?
Modérateur sur ce forum Agoravox pendant un an et parfaitement déclaré en tant que tel, je l'ai été. En plus, je continuais à passer par la même modération pour faire publier mes propres articles. Cela m'a valu beaucoup de contacts et de me retrouver, du même coup, entre le marteau et l'enclume en "Moderato cantabile".
Sera-t-on, un jour, complètement libre?
Peut-être, jamais. Tant mieux ou tant pis...
Ce serait possible, mais alors, tout le monde laisserait tomber les masques et les préjugés scolaires, parentaux inculqués à la petite cuillère dès le plus jeune âge. Un indien dans la ville, nu comme un vers, exempt de sortilèges et d'incantations vaudou?
L'espoir d'un Bouddhiste dans une de ses sept vies, d'un Musulman entouré de ses sept vierges, d'un Chrétien qui aurait, tout à coup, la folie d'énoncer les sept péchés capitaux tout haut derrière le confessionnal?
Non, impossible, je rêve...
En République française, un billet récent parle même de publicité qui remplace la liberté d'expression.
Puisqu'on parle de la France, on la croyait laïque. Les événements controverses récents du "mariage pour tous" prouvent le contraire. La philosophie y serait morte et l'Esprit Saint reprendrait du galon chez ceux qui se disent scientifiques et philosophes.
Dans une civilisation hyper-sexuée, on trouve face à face, un "mai 68 à l'envers" qui pense au mariage pour tous comme une aberration et un "mai 68 renforcé" qui explose sous toutes ses formes lors de la Gay Pride.
La Belgique, 2ème pays le plus "gay-friendly" d'Europe après la Grande-Bretagne à tel point qu'elle a été surnommée la "Belgian Pride". En Belgique, c'est dix ans depuis le mariage homosexuel...
Cette manifestation, il faut la comprendre comme un réflexe contre l'absolutisme, bien plus sexuelle.
Oui, "Tabous, casse-toi".
Vas-y, "du tag au tact", au risque de te retrouver face au regard oblique des passants honnêtes.
La censure est toujours idiote quand elle est partisane.
"Pour vivre heureux, vivons caché" est une maxime dépassée de nos jours par la maxime "restons curieux". Déconner est parfois plus important que de rester innocent.
En 1981, une pub disait déjà "Aujourd'hui, j'enlève le haut. La prochaine dois, je j'enlève le bas". Maître mot au parfum de scandale mélangé de suspense, on était encore loin du Web. Le PC arrivait seulement dans les foyers...
La tendance ne serait-elle pas cette fois de "montrer les bas", exclusivement?
Le film la "Grande Bouffe" date de 40 ans. Un film qui avait été très très controversé à sa sortie.
Les gros producteurs de buzz vaquent dans un autre secteur, celui des gros sous.
Tandis que, pour les premiers, la censure peut "tuer", elle faire gagner le jack-pot aux seconds.
Le clip sulfureux de David Bowie a été censuré par YouTube.
Ce fut un beau coup médiatique. Buzz contre buzz en espérant qu'il en restera quelque chose de positif.
D'après le rapport de "Reporters sans frontières", la Belgique occupe la 21ème place dans le respect de la liberté de la presse.
Parmi les meilleurs, on cite la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège. Parmi les lanternes rouges, la Corée du Nord, l'Iran, la Chine et Cuba.
Sans carte de presse pour exprimer ces choses, les internautes n'ont pas de classements, aucune statistique n'étant disponible.
Faudrait-il inventer un organisme "Les internautes sans frontières"?
Avec quel modérateur?
L'enfoiré,
PS: Je parlais de la Gay Pride, elle avait lieu, ce samedi de Pentecôte, à Bruxelles. On annonçait une Gay Pride sous tension. Digne d'une côte en pente à remonter, en quelques sortes...
Elle se passa très bien avec 80.000 spectateurs fiers d'être là avec le mot d'ordre "la famille".
Un clic, et voici quelques photos intimistes d'avant la parade. Elles ont été prises le samedi matin, lors de la préparation de la parade.
La parade, elle même, ce sont les journalistes qui se sont chargés de vider leur chargeur de photos. Choqueront-elles les âmes biens nées?
- « Qu'est-ce qui pousse certains auteurs à se cacher derrière un pseudonyme ; est-ce qu'un écrivain, finalement, possède une existence réelle ? », Paul Auster
- « Le poisson est un animal susceptible: en présence du pêcheur, il prend facilement la mouche. », Noctuel
- « Internet: un grand théâtre dans lequel les acteurs se croient au bal masqué.», L'enfoiré
08:55 Publié dans Blog, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
16/05/2013
N'épargnez plus, spéculez ou consommez
Tour à tour, deux nouvelles: "Détourner les Belges de leur carnet" et "Supprimer les paiements en cash porterait un coup sévère à l'économie souterraine".
Le Belge aime faire des économies pour se donner une chance d'avoir un petit plus dans le futur. Il a deux voies pour le faire la brique et le compte d'épargne s'il veut se mettre à l'abri des déconvenues. La sécurité a un prix qui vaut de l'or. Qui oserait le contester? L'Etat? Il devrait s'en rappeler.
L'argent papier n'a plus la cote. La carte bancaire ou de crédit est tellement pratique. Souvent devenue gratuite, elle ne l'est pas pour le commerçant qui doit payer un léger pourcentage sur les transactions. De plus, on oublie ainsi de compter les frais avant de recevoir l'addition en fin de mois.
La taxe sur les livrets d'épargnes:
Koen Geens, le Ministre des Finances, vient de lancer une idée de réactiver l'épargne, surprenante, quand on se souvient des raisons historiques pour lesquelles elle a été voulue.
Un "non" catégorique du Fédéral.
Devant le tollé général qu'il a généré, Koen Geens dément le projet sans le rejeter.
Les comptes en banques déborderaient avec 240 milliards d'euros. Un pactole...
A l'origine, en 1962, la première tranche d'intérêt de 1.500 FB de taxe sur les intérêts était exonérée d'impôt.
L'idée était de stimuler l'épargne et ainsi encourager l'achat de biens de consommation par des investissement productifs avec effet retard.
Le précompte mobilier effrayait déjà les contribuables et une baisse de l''épargne s'en est suivie. En 1966, pour limiter cette baisse, la limite était portée à 4.000 FB.
Les banques étaient alors plus proche de l'Etat avec la CGER.
Les livrets d'épargnes sont déjà taxés, mais à partir de la somme d'intérêts qui dépassent 1.880 euros d'intérêts par an.
Aujourd'hui, il est donc question de supprimer l'avantage fiscal dès le premier euro d'intérêt.
Sur 10.000 euros d'investissement avec le pourcentage de 1%, jusqu'à récemment, cela ne ferait plus 100 euros d'intérêt mais 85 euros, mais comme ce pourcnetage est tombé à 0,55%; il ne reste que 46,75 euros.
Une émission de radio sur Vivacité lançait un débat parmi les auditeurs. Les réactions étaient très "hard": "c'est une méthode de mafia".
La confiance devrait-elle, aujourd'hui, avoir une nième vie? Une entreprise n'a pas seulement le devoir de produire, mais aussi de vendre sa production pour être rentable et faire du bénéfice et ainsi payer ses collaborateurs et ses créanciers.
Dans une époque de récession, passe encore, mais dans une période de stagflation, cela craint vraiment.
Les placements, sous toutes les formes qui sont proposés, ne sont pas garantis par l'Etat. Les risques augmentent en virant des obligations aux actions, sans jamais être nuls.
A quel pourcentage sont récompensés les comptes d'épargnes?
Une peau de chagrin. Aucun incitant tangible pour attirer les investissements.
La baisse du rendement n'avait en rien changé les habitudes des épargnants belges. L'épargnant avait dû seulement s'organiser autrement pour complémenter leurs retraites futures ou advenues.
La semaine dernière, les taux chutaient à nouveau, au niveau de 0,5% pour soutenir la croissance. On imagine déjà qu'ils tombent en dessous de 0%. Cela équivaudrait alors à payer pour prêter son argent.
L'argent des comptes dormirait en n'entrant pas dans l'économie?
Faux, lançait un auditeur, banquier, l'argent est recyclé dans l'économie par l'intermédiaire des banques. Les banques doivent seulement garder en caisse un back-up suffisant fixé par la loi. L'argent est de moins en moins liquide et de plus en plus virtuel sous forme de dettes.
Taxer le livret d'épargne pour pousser les gens à investir.
Quels sont les mieux placés pour le faire?
Les banques avec leurs ordinateurs, leurs consoles avec les situations de chaque investissement qui défilent dans une vision globale?
Ce serait donc le boulot des banques d'investir dans le circuit financier.
Un idée géniale ou un fiasco en préparation de taxer les livrets d'épargne?
Il faut dépenser ou investir ou ... sortir l'argent des banques et aller le renvoyer dans un autre pays plus favorable dans un placement dit "plus intelligent", disait un auditeur...
Exactement, l'inverse du but à atteindre.
Si on a une politique sociale, il faut en avoir les moyens pour pouvoir l'exercer.
L'argent en compte reste disponible. Bloqué sous forme d'obligations ou d'actions, n'est absolument pas pour garantir l'économie du particulier. Pendant la crise, les comptes étaient garantis à raison de 100.000 euros. La confiance a, ainsi, été, temporairement, soutenue.
La bulle spéculative a été évitée grâce à la sécurité comme alibi.
Il y a déjà des lunes, le Fond Monory De Clerck avait été lancé pour les investisseurs dans le but d'effacer les problèmes de l'Epargne-Pension qui prenait l'eau. Les cotisants investisseurs en ont profité car la conjoncture était haussière lors de son lancement.
La différence avec la proposition d'investissement d'aujourd'hui, c'est que l'investisseur n'avait, alors, pas un fusil dans le dos. Il n'était pas encore "pigeon". Il pouvait décider de ne pas y souscrire, de prendre un chemin de traverse et choisir le moment le plus opportun. De plus, la Bourse avait encore bonne presse, malgré ses quelques soubresauts. Pour finir, il faut se rappeler qu'il existait des incitants comme les titres AFV avec précompte réduit, des exonérations sur les droits de succession, des réductions IPP pour attirer le "client".
Est-ce encore le cas? Pas vraiment, ou peu sensibles.
La question est, depuis, "Les Bourses sont elles sous-évaluées ou sur-évaluées?".
Très probablement sur-évaluées à voir les cours qui grimpent. Les PE atteignent des sommets.
L'écart entre la vie du citoyen de la rue et la vie de la Bourse ne fait que s'accroître.
Dans l'opération "taxe sur l'épargne", seraient visés le Livret vert, le Livret B...
En échange, ce qui est proposé, des Emprunts populaires, des Emprunts d'Etat, des actions de sociétés cotées en Belgique...
L’exonération du compte d’épargne est menacée par la Cour européenne de justice.
On devait s'en douter, qu'il y avait une idée qui venait du cortex européen. Geens n'a fait que sauter sur l'occasion pour dire que ce problème se trouvait ne se trouvait plus à son niveau.
En 2010, déjà, le département de la justice de l'UE, intimait la Belgique de se mettre en ordre et de respecter la libre circulation des capitaux au travers de l'Europe.
Il fallait donc penser à étendre le régime des avantages fiscaux à tous les capitaux même étrangers ou supprimer ces avantages.
Cela faisait un certain temps que l'on incitait le particulier à investir et à prendre le large dans le domaine du risque.
J'en parlais dans "La spéculation sur le banc des accusés".
Les ISR, les "Investissements Socialement Responsables" y étaient mentionnés.
Un beau geste, en somme, comme si on investissait dans le Télévie. On oublie que même le Télévie a subi quelques soucis dans le passé avec des détournements d'argent.
Accrochez-vous à la lecture de la publication de BNP au sujet de l'ISR comme préambule:
"Investir utile au travers des ISR. Concilier l'engagement citoyen et les performances financières. Donner un sens aux investissements en sélectionnant les entreprises et les projets qui ont fait le choix de la durabilité, les mieux adaptés à l'environnement économique de demain. La pauvreté, l'inégalité, l'exclusion, la pollution, le changement climatique, la disparition des ressources naturelles sont autant d'enjeux majeurs sur lesquels l'investisseur a le pouvoir d'agir. Investir est une responsabilité et un formidable moyen de répondre à ces grands défis et d'orienter le modèle de société de l'avenir en choisissant d'utiliser le patrimoine pour développer un monde plus responsable, plus équitable et plus durable.".
- Mais, c'est bien sûr, dirait l'Inspecteur Bourrel dans les Cinq dernières minutes de son enquête. Où, faut-il signer devrait être sa réponse...
Relisez mon billet dont je faisais mention ci-dessus, vous avez manqué quelque chose qui pourrait être l'essentiel.
Geler votre argent et vous êtes devenu incivique...
Faux... Entre 2007 et 2012, si les montants déposés sur les livrets d'épargne ont atteint 87 milliards d'euros, ils ont été crédités pour 19,6 milliards aux entreprises, aux hypothèques pour 43,9 milliards et aux prêts du pouvoir public à raison de 24 milliards.
Les livrets d'épargne dédicacés, les bons de caisse, les comptes à terme à 2,2% même précomptés privilégiés à 15%, seraient bloqués pour un minimum de 5 ans et n'allègeraient pas les comptes.
Il parait que 16,4% du PIB échappe au pouvoir public à cause de la monnaie sonnante et trébuchante.
L'Europe veut supprimer les centimes.
On avait déjà allégé avec des billets en papier.
Le nouveau billet de cinq euros vient d'être lancé. On avait seulement oublié de vérifier que les lecteurs automatiques de billets allaient pouvoir accepter sa nouvelle mouture.
Une histoire belge de plus...
L'argent papier est inodore, insipide, mais il est surtout trop palpable.
Dès 2014, tous les titres papier, dématérialisés les pauvres, devraient sortir des coffres et portés en comptes-titres dans une banque... En 2015, il y aurait une amende à la clé pour les récalcitrants.
Depuis, on remplace le prix de la location du coffre par celui de la maintenance du compte-titres.
L'argent, sous toutes ses formes palpables, emmerde tout le monde. Cela coûte pour faire de la monnaie pièces ou billets, cela coûte pour l'écouler, cela coûte en temps pour le compter devant la caissière du magasin qui s'impatiente.
La carte de crédit est tellement pratique et, de plus, on ne paye qu'une fois à la fin du mois.
L'argent est virtuel, vous vous souvenez, encore.
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes du virtuel.
Bien réel, sans traces, il trompe trop l'adversaire-récolteur.
L'utilisateur, lui, aimerait avoir son mot à dire dans ce qu'il fait de son pognon.
Le billet de 500 euros à retirer de la circulation? Évidemment, cela prend moins de place dans une mallette.
On pense à tout. Surtout à la facilité du consommateur.
Pierre qui roule n'amasse pas assez de mousse.
Quant à l'enfer, lui, il est toujours pavé de très bonnes intentions...
Prenez les bonnes décisions, un encart spécial de mon journal du jour qui m'a tenu au courant de ce que je viens de raconter... parmi les pages qui suivent des titres comme "Les collaborateurs se sentent bien et bénéficient d'une protection optimale", "Valoriser les informations","Innovation sur tous les fronts", "L'information idéale et la décision parfaite n'existent pas".
Le journal voulait probablement se racheter ou racheter l'Etat....
Spéculons en paix, un très ou trop vieux billet, celui-là...
Le côté social est mis en brèche. Partout, on racle les fonds de tiroirs.

Les "pigeons" qui ont investi dans le durable, poussés par l'Etat, sont devenus de vils spéculateurs. Quand ils pensaient faire oeuvre utile écologique et retrouver les fruits de leurs investissements dans le remboursement des certificats verts, ils se sont sentis leurrés et ont lancé l'action "Ne touchez pas à nos certificats verts".
Alors, si on disait, "Ne touchez pas à nos certificats arc-en-ciel".
Relancer la consommation, la croissance et l'économie pour restaurer le confiance, demande une approche plus fine, plus ciblée, mieux maitrisée.
On en parlait encore une fois avec Roland Gillet, ce matin.
Une fable de Jean-Pierre Claris de Florian peut-être...
- Hélas ! pauvre créature, dit le Lynx, combien je te plains. Jupiter a été bien cruel en te privant de la lumière du jour qui réjouit tous les êtres. Tu ne dois exister qu'à demi, et ce serait, je pense, un service à te rendre que de te débarrasser d'une vie aussi triste.
- Je vous remercie de votre bonté, répliqua la Taupe; mais je pense que j'ai assez d'activité pour suffire à mon état et à mes besoins. Quant au reste, je suis entièrement satisfaite des facultés que Jupiter m'a départies, et je crois qu'il nous dispense à chacun ses dons selon les besoins de notre condition. Je n'ai pas, il est vrai, votre vue perçante; mais j'ai des oreilles qui me servent tout aussi bien, et dans ce moment, par exemple, un bruit que j'entends derrière vous m'avertit de fuir l'approche du danger.
Et en disant cela, elle rentra dans son trou, tandis qu'un dard, lancé par la main d'un chasseur, vint frapper juste au cœur le Lynx à la vue subtile.
- Nous devrions tirer parti des talents que nous possédons, au lieu de nous occuper à déprécier ceux qui sont accordés aux autres.
- « Trois choses sont absolument nécessaires : premièrement de l'argent, secondement de l'argent, troisièmement de l'argent. », Jean-Jacques Trivulce
- « La mauvaise monnaie chasse la bonne. », Nicolas Oresme
- « Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. », François Cavanna
Mise à jour 30 mai 2013: N'épargnez plus, ne spéculez plus, ne consommez plus ou bien restez pauvre, mais alors avec humour... Les actions Bpost sont lancées. C'est par leur return sous forme de coupons que le succès est temporairment garanti. On se pose déjà la question de savoir jusque quand cela tiendra.09:45 Publié dans Actualité, Belgique, Monde des affaires | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
09/05/2013
Le printemps, chez moi, c'est quoi?
J'avais écrit "L'hiver, chez moi, c'est quoi?". L'hiver fut long, très long. Enfin, cette fois, ça y est, après un début de printemps plutôt raté, le voilà avec plus l'apparence. Du coup, c'est comme si on se shoutait par petites doses devant un écran de luminothérapie. Quelle réjouissance ressentie à profiter de la nature avec des journées de plus en plus longues. Tout se réveille... parfois, avec des inattendus.
"J'aime pas le printemps" écrivait un rédacteur.
L'âge doit avoir un lien avec le choix de sa saison préférée. Pour moi, je l'ai écrit, c'est l'automne, pour des raisons propres.
Pour son "non-amour" vis-à-vis du printemps, il donnait seulement trois raisons..
1. c’est la tranquillité qui sera grandement perturbée. Impossible d’aller flâner n’importe ou sans croiser d’autres personnes qui ont eu la même idée, et rares sont les personnes silencieuses.
2. l’explosion des grillades qu’on aura à chaque jour quand il fait beau, avec un pic lors des week-end et jours fériés.
3. Période d’entretien, de destruction frénétique. Tondeuses, tailles haies, tronçonneuses, binettes, faux, mains nues, hache, scie…
Si ce n'était que cela... J'ajouterais que dès qu'il y a un rayon de soleil, c'est un véritable cauchemard, la débandade qui commence pour se rendre à la mer ou dans les Ardennes comme si tous devaient rattrapper le temps perdu par l'hiver. Quant à la bébête qui monte, cela ne me donnera pas le hockey sur gazon...
L'hiver reste trop dans les esprits sevrés de soleil, ce printemps-ci. S'il fait ne fut-ce qu'un peu plus chaud, les marchands de glaces ressortiront et mettront les gaufres en réserve au frigo.
Répondre à la question de ce que représente le printemps, commence par un sérieux risque de ne pas être synchronisé avec ce que pense la généralité des gens. Le printemps, c'est le vert des arbres, presque trop vert. Je n'ai rien contre les écolos, mais faut pas ajouter des couches supplémentaires.
Le renouveau de la nature, dit-on. Mais cela manque un peu de maturité, cette nature.
L'homme est synchronisé à l'heure qu'il a sur son bracelet-montre, mais il a parfois un autre rythme interne qui le chipotte.
Souvent, dans l'entreprise qui l'emploie, il n'en verra pas la couleur de ce renouveau. A y réfléchir, il s'en fout pour lui-même. C'est son épouse qui pensera tout à coup à réastiquer, à faire "le nettoyage de printemps" à la maison à faire chavirer la barraque.
Première constatation, vivre à la campagne n'a rien à voir avec la vie citadine. Dans cette dernière, il n'y a pas les soucis du champs ou de l'entretien du jardin. Vivre dans une maison ou un appartement ne fait pas voir les choses sous le même angle.
Cette année, le vrai printemps était en retard. Il a poussé la nature dans ses derniers retranchements. Les bouleaux attendaient le bon moment pour germer et envoyer le pollen à tous vents. Cette année, dès les premiers rayons de soleil, ce fut une véritable explosion.
Deux ou trois jours ont suffi à la nature pour leur rendre la couleur vert tendre et empêcher de tourner en rond, ceux qui sont affectés par le pollen.
Les arbres les plus précoces avaient déjà donné des signes d'attente. Le marronnier était sur ses starting-blocks. Les autres allaient suivre le même rendez-vous coûte que coûte.
24°C atteint un jour. Redescendu à près de zéro et en France, ce fut 20 centimètres de neige, sur les hauteurs de Saint-Etienne.
Cette année, les pics de pollen sont montées en flèche et ont dépassé les moyennes en l'espace de deux jours.
Au point qu'allergique, j'ai pensé à me poser un masque sur le visage et commencé à rêver à la pluie salvatrice qui plaquerait le pollen sur le sol.
Rhinites, conjonctivites, prurits, urticaires ont été du lot du combattant de l'aurore de la belle saison.
L'affiche publicitaire du nouveau film "L'écume des jours" venait bien à propos même si on n'y ressent pas la douce légèreté du roman comme le disaient les critiques.
L'écume, elle ne vient pas par la bouche mais par le nez.
La maladie d'amour s'allierait-elle à l'allergie sous le couvert d'un antidote antihistaminique?
Putain d'histamine qui, parait-il, a de plus en plus d'effets dans la population. Des médicaments, oui, il y en a, mais ils ont un effet secondaire: ils apportent la somnolence.
Juste ce qu'il ne faudrait pour admirer les paysages qui verdoient si tendrement.
Au printemps, les "marmottes" sortent de leur hivernage. Je n'irai pas jusque là.
Cette période est propice à la bougeotte et pousse, on ne sait pourquoi, plusieurs candidats au nomadisme. Prendre la maison sur le dos, c'est pas vraiment une occasion rêvée pour somnoler.
C'est aussi une période pendant laquelle, ils pensent à ressortir le vélo du garage pour aller se balader dans la nature et, parfois, remarquer qu'en dernière minute, la bécane nécessiterait une petite maintenance. La bécanne garée pour l'hiver, cela peut rouiller ou avoir d'autres maladies de l'inactivité, mais on l'avait oublié.
On compte, dès lors, les points pour savoir si l'optimisme va prendre le dessus sur le pessimisme.
J'aurais pu chercher toutes les chansons qui parlent du printemps pour orienter la décision. Je n'ai pas dû. C'était déjà fait.
Oui, Hugues, "Les filles sont jolies dès que le printemps est là"
Un peu de calme revenu, j'ai repris la bicyclette et l'appareil numérique à la recherche des coins déjà photographiés en hiver et pour en trouver d'autres. Pas besoin de carte aux trésors pour cela. Patience, observation et le hasard pour seul guide.
Par le plus grand des hasards, le petit jardin écologique, près de chez moi, avait une présentation de ce qu'est le compostage. Un brin de causette et puis s'en vont. Au suivant...
Grand_Corps_malade dans son slam des saisons raconte ce qui, pour lui, fait le printemps.
Je commençais juste à m'y habituer
mais les jours ont rallongé.
J'ai compris que le printemps
allait emménager.
Le mois de mars avait tracé
en un battement de cils
et on m'avait dit qu'en avril,
faut pas se découvrir d'un fil.
Mais moi, j'ai peur de rien
alors malgré les dictons vieillots,
j'ai enlevé une de mes vestes
pour ne pas avoir trop chaud.
J'ai vu les arbres avoir des feuilles
et les filles changer de godasses.
J'ai vu les bistrots ouvrir plus tard
avec des tables en terrasses.
Y avait plein de couples qui s'embrassaient.
C'est les hormones, ça réagit.
C'est la saison des amours
et la saison des allergies.
C'est vrai j'ai eu le nez qui coule
et je me suis frotté les yeux
mais j'ai aimé la chair de poule
pendant un coup de vent affectueux.
Sur les balcons ça bourgeonnait.
J'ai regardé le ciel bleu-pâle.
Y avait même des avions.
Ma factrice a ressorti le vélo.
J'étais content pour elle.
Content aussi pour le daron
qui aime le retour des hirondelles.
Pour moi, le printemps a réellement commencé le 1er mai, avec ses muguets porte-bonheurs et ses discours politiques endiablés d'invectives et de noms d'oiseaux. Un folklore comme un autre.
Le 4 et 5 mai, Bruxelles était en ébulition à la fête de l'Europe et celle de Bruxelles, la fête de l'Iris. Deux fêtes qui tombaient de concert en un seul weekend.
La fête de l'Europe fut une journée portes-ouvertes de ces bâtiments autour du rond point Schumann qui n'ouvrent jamais au public.
Le besoin de rappeler, à la plupart, le rôle, de l'imbrication de ces trois gouvernements de l'Europe. De préciser, aussi, la raison du Prix Nobel de la Paix 2012 décerné à l'Union européenne. Au Berlaymont, la Commission avec José Manuel Barroso à sa tête. En face, au "Juste Lipse" avec Herman Van Rompuy comme Président du Conseil aux commandes du grand bateau "Europe" dans la tourmente.
A l'Espace Léopold, le Parlement des 27 pays de la CE, composé des bâtiments aux noms des initiateurs du projet "Europe", Paul-Henri Spaak et Altiero Spinelli, que l'on a appelé, en coulisse, pour sa configuration physique et ses besoins financiers, "Caprice des Dieux".
Ce fut l'occasion de se rappeler des six mois de présidence en cours du Conseil attribué à l'Irlande, par l'intermédiaire de ses danses irlandaises.
Que dire de plus, sinon que les eurosceptiques ne faisaient, probablement, pas partie des visiteurs. Ils n'y auraient pas trouvé leur compte. Beaucoup d'étrangers de passage déambulaient par cette belle journée ensoleillée, une occasion d'aller voir de plus près que "In Europe, everything is under control, with ou without money".
Dans le même temps, en France, François Hollande avait atteint l'anniversaire de sa première année de présidence. Après un quinquénat sarkozien, plutôt agité dont on retrouvait, la veille, les Secrets d'une présidence, comme si c'était une histoire immédiate les Français trouvaient leur nouveau dirigeant, trop normal et pas assez superman.
Le lendemain, à la fête de l'Iris, ce fut "pour les amateurs de musique, de concerts organisés dans la soirée Place des Palais. Pop, rock, soul, il y en avait pour tous les goûts: Ann Arbor, Hooverphonic, le Grand Jojo. La fête de l’Iris est l’occasion de promouvoir les arts du spectacle et la vitrine pour des artistes de tous horizons.".
C'est aussi, un spectacle bon-enfant sous toutes ses formes physiques et historiques.
Un boom démographique. Non, peut-être...
Samedi dernier, Charles Piquet prononçait son dernier discours en tant que Président de Bruxelles Capitale.
«Bruxelles, c’est la capitale européenne où la capacité d’investissement est la plus modeste par habitant. Donc Bruxelles est héroïque »", disait-il.
"Héroïque"... Sans blague! Sans mentionner qui étaient les héros et les braves parmi les braves...
Une hirondelle ne fait pas le printemps.
Si la politique le faisait, cela se saurait.
Alors, en resumé, le printemps, chez moi, c'est quoi?
Bien, c'est la saison des fêtes. Le mois de mai qui, avec ses jours de congés et ses potentiels de ponts, est peut-être le mois préféré par tous.
Après le pont du 1er mai, celui de ce jeudi 9 d'Ascension.
L'Ascension est une élévation, une résurection, comme il en est dit pour définir cette fête chrétienne.
L'ascension de Merkel vers un nouveau mandat? Qui sait, mais elle devra attendre, les élections allemandes. Ce sera, déjà en automne et avant cela, elle devra se montrer sous son meilleur jour...
La résurection de Christiane de Duve? Oui, cela arrangerait, à juste titre.
En attendant, déjà deux événements à signaler ce mois-ci: une collision de trains avec des produits toxiques qui se baladent dans la nature et un camion qui prennait un raccourci sans pouvoir s'arrêter sinon dans des maisons.
Mais de tout cela, le Printemps n'en a cure.
Une saison que l'on espère pas trop faite d'explosions naturelles ou artificielles... si, au moins, il savait cela, le Printemps...
Le Printemps avait, déjà, trop d'heures de gloire, à mi-course, même en gardant Vivaldi dans les oreilles.
Et, si on regardait tout cela, ensemble, avec philosophie et des photos à l'appui, en un clic.
L'enfoiré,
PS: Aujourd'hui, Sapanhine regagne ses lointaines pénates. Je vous en parlais lors de son arrivée à Bruxelles. Il parlera, bientôt, de ce retour aux sources temporaires.
- « La fantaisie est un perpétuel printemps. », Johann Friedrich von Schiller
- « Certains matins de printemps ont une fraîcheur de grenouille. », Francis Dannemar
- « L’automne est une mutation, l’hiver une lutte, le printemps un épanouissement. », Anonyme
01:00 Publié dans Actualité, Belgique, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02/05/2013
Un Roi ne s'use que si l'on s'en sert
Ça y est, Guillaume IV est intronisé. Les flonflons de la fête se sont éteints. Ce 30 avril, Béatrix des Pays-Bas cédait son pouvoir de reine en faveur de son fils après 33 ans de règne. Pour l'occasion, le Vif-L'Express rappelait les grandes abdications de l'Histoire. Dans le même temps, de nouvelles rumeurs sur l'abdication d'Albert II. La question ne serait plus que de savoir quand. Mais ce ne sont que des rumeurs, répond-on au palais de Bruxelles.
"Abdiquer", un vilain mot, une farce, un mot qui peut faire peur.
« Abdiquer ? Autant disparaître ! A quoi bon devenir si petit que plus personne ne vous remarque ? La relation à deux n’était donc possible qu’à condition d’être une ombre ? ».
On abdique dans un couple quand les patates sont cuites pour divorcer. On dit alors, vulgairement, mettre les bouts ou prendre les voiles. On abdique au boulot quand on s'est trompé d'employeur.
En avoir marre, c'est aussi abdiquer...
Peter en parlait avec des mots savants de "sublimation percutante" dans le cas d'incompétence à la suite d'une promotion en trompe-l'oeil qui permet à l'un de démettre l'autre de ses fonctions.
De toutes manières, cela laisse un goût amer de l'échec qu'être résigné, que de renoncer, que se désister et ainsi perdre la face. La déchéance guette parfois.
Abdiquer devient moins grave quand c'est dans le but de renoncer à une poursuite, à une instance, à une candidature ou un poste dans lequel on ne se sent pas bien dans sa peau.
On abdique même au Vatican quand la bulle de Benoit XVI éclate.
De toutes façons, les causes ne sont pas jamais clairement énoncées et la case "santé" est la plus facile à évoquer.
Chez les souverains d'un pays, c'est suite à une révolution de palais, à des intrigues, à un soulèvement populaire ou pour cause de la maladie.
Béatrix des Pays-Bas jette donc le gant dans la bonne humeur et l'esprit d'avoir donné le meilleur d'elle-même à son pays.
Avant elle, ce furent Guillaume III (pour la petite histoire, né à Bruxelles), Wilhelmine et Juliana à avoir racroché chacun(e) à leur tour dans la tradition Orange-Nassau. Elle a désigné son fils aîné alors que l'autre est encore dans le coma après un accident de neige.
En Belgique la princesse Astrid était récemment questionnée sur l'état de santé de son père Albert II:
-Jeudi, le Roi se déplaçait avec une canne et des rumeurs circulent sur son état de santé et de fatigue. Qu’en est-il ?
- L’an prochain, il va fêter ses 80 ans, ce n’est donc plus un jeune homme de 20 ans. Mais il va très bien, j’ignorais d’ailleurs cette canne. Comme tout le monde, il peut avoir mal au dos.
- Vous n’êtes pas inquiète ?
- Non, pas du tout.
- Mais après quasi 20 ans de règne, jugez-vous qu’il aurait le droit de se reposer ? On parle beaucoup d’abdication ces derniers temps…
- Écoutez, ça, ce n’est pas à moi de le dire. Je ne fais aucun commentaire. »
Gunzig, en "baron d'occasion", en avait des commentaires dans un café avec trois sucres bien serrés.
Alors, une nouvelle fois, le Paris-Match belge se posait la question avec une couverture qui prévoyait pour "Albert II, des semaines décisives".
Pour titiller le goujon? Pour vider les bourses qui restent en fonction tout en semblant demander:
- Alors, Sire, vous régniez pendant tant d'années, j'en suis fort aise. Mais, si je l'écris, est-ce que vous ne voudriez pas prendre votre quille avec un beau poème à la clé?".
Le commun des mortels sort des actifs sans en avoir le choix à un âge précis. Pourquoi en serait-il autrement? La population belge est interrogée à la radio. Faut-il copier la monarchie des Pays-Bas? dans un tchat endiablé.
La semaine dernière, le Vif L'Express avait puisé dans l'histoire toute une série d'abdications sur lesquelles, il était intéressant de constater les artifices volontaires ou involontaires, par lesquels ces souverains abdiquaient.
"Pas triste les grands deuils du pouvoir", comme il était dit en titre...
Car abidquer ne veut pas dire que les souverains sauvent leur peau pour autant.
En 305, Dioclétien est malade et abdique volontairement.
En 1354, Jean VI Cantacuzène abdique pour revêtir l'habit monastique
En 1399, Richard II est enfermé et abdique forcé.
En 1555, Charles Quint souffre d'une goutte particulièrement invalidante. Il envisage assez tôt de se défaire du pouvoir.
En 1567, Marie Stuart, rivale d'Elisabeth 1ère, prend l'ascensseur pour l'échafaud, même après avoir abdiqué.
En 1654, Christine de Suède abdique par lassitude et dégoût du pouvoir. Elle se rapprochera ensuite du mysticisme.
En 1659, Richard Cromwell dont les ennemis le surnomment « Tumbledown Dick », cède le trône avant de mourir.
En 1724, Philippe V d'Espagne abdique mais rempile pour 20 ans, après les sept mois de son successeur.
En 1809, Gustave IV Adolphe de Suède est détrôné par un coup d'Etat.
En 1810, Louis Bonaparte, frère de Napoléon, voulait faire passé l'intérêt de la Hollande avant celui de la France. Il refusa le trône d'Espagne. son coup de grâce...
En 1815, Napoléon Ier récidive son abdication, après l'île d'Elbe, ce sera Saint Hélène, .
En 1830, Charles X. Ce sont les "Trois Glorieuses" et la "Révolution de Juillet" qui ont eu raison de lui.
En 1840, Guillaume 1er les attentats se succèdent. Bismarck s'impatiente et Guillaume comprend qu'il faut céder la place pour ne pas perdre la face.
En 1848, Louis-Philippe 1er, l'insurrection trop forte et c'est l'exil
et Louis 1er de Bavière, contraint d'abdiquer à cause de son impopularité.
En 1912, Puyi une abdication à répétition comme dernier "Fils du Ciel" dans une Chine qui perd son âme.
En 1918, Nicolas II finit tragiquement, exécuté avec toute la famille des Romanov.
et Guillaume II, le "Kaiser kaput" après les "Arbeiter und Soldatenräte".
En 1936, Edouard VIII par amour pour la belle Wallis qui oeuvrait en secret pour les nazis.
En 1946, Victor Emanuel III, la République est à la mode et Mussolini est intéressé à le remplacer.
En 1951, Léopold III après une question royale, qui a mené à deux doigts de la guerre civile, signe sa reddition de justesse en faveur de son fils Baudouin.
La liste n'est certainement pas exhaustive mais suffisante pour se donner une idée.
Le 6 juin prochain, Albert II fêtera son 79ème anniversaire, considéré comme un roi de transition lors de son intronisation, en août 1993. Il va fêter ses 20 ans de trône.
Il était question de son abdication, il y a deux ans et y a renoncé à cause du contexte de crise politique.
Albert II est vu comme le ciment du pays et est devenu un des rois préférés des Belges. Pas à dire, mais sa relative simplicité et son humour plaisent.
C'est le printemps, les oiseaux qui chantent, le moment où la sève monte chez les jeunes tiges. Alors, quoi?
Philippe, introverti, pourrait-il reprendre le flambeau dès le 21 juillet à la fête nationale?La princesse Mathilde, épouse de Philippe, fait bien plus l'unanimité. Il y a eu tellement de fois, qu'elle a dû presser son cher époux d'avoir une attitude moins guindée et ne pas rester trop raide.
Philippe chanterait-il, quelques fois, "Mathilde est revenue" avec Brel?
Willem-Alexandre, un exemple pour Philippe?
A 53 ans, Philippe manque l'aisance de Willem-Alexandre. Peut-être trop monté à la sauce de son oncle, catholique pratiquant, Baudouin qui voyait en lui, son successeur.
Alexandre, extraverti, n'esquive aucune question, preuve s'il en est, de la maturité politique nécessaire pour devenir chef d'Etat. De plus, il abaisse la garde du protocole envers lui.
"Je veux rester dans la tradition, mais je veux être un roi du 21ème siècle qui rassemble, représente et encourage la société", comme il le déclarait devant les caméras aux côtés de son épouse Maxima.
A bas, les salamalecs et les réponses coincées. Soyons jeune même à la Cour.
80% de la population néerlandaise est royaliste. L'événement élève le pourcentage à 92%. Le mot "gewoon" (commun), "gezellig" (gentil) expriment la chaleur intime du peuple envers la famille royale.
Ce 30 avril, les Pays-Bas se trouvaient dans un comte de fées en orange.
D'avoir la royauté la plus chère d'Europe ne semblaient pas émouvoir la population.
Pas de doute, la crise a touché les Pays-Bas comme pour ses voisins.
Une différence, le vélo est le moyen de transport préféré des Hollandais. 29.000 kilomètres de pistes cyclables sur un territoire de 41.530 kilomètres carrés. Cela fait une belle jambe et construit les mollets et le portefeuille dans une monarchie cyclable qui en devient, du coup, moins recyclable.
Dans ce pays plat, le Roi est, vraiment, la "petite Reine".
Alors, oui, un Roi qui pédale, ne s'use que si l'on s'en sert.
Et à cette occasion, les invités, les princes belges:
Mais si l'on s'en sert, pourquoi ne le pourrait-on pas dans un jeu de mots?
Voici les Serres Royales du Palais de Laeken. Je vous invite à les visiter en photos.
L'enfoiré,
08:45 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25/04/2013
Le centenaire de "Science & Vie"
Le numéro 1147 d'avril 2013 fête le centième anniversaire de Science & Vie...
Le mois dernier, comme prof de Sciences d'occasion, je parlais de Science avec de futurs "Créateurs d'étincelles" potentiels.
Le mensuel "Science & Vie", après un siècle d'existence, pourrait constituer six mètres à trouver dans une bibilothèque, jusqu'à à ce dernier numéro 1147, pour raconter son histoire.
Vulgariser la Science dans un langage simple sans aller trop loin dans le détail, implique de devoir oublier les formules pour ne garder que l'information dans un langage simple, abordable par le plus grand nombre de lecteurs. Étudier les formules, les théorèmes et leur démonstration n'est pas son but.
Dernièrement, l'article d'Agoravox "Regard politique sur les sciences" m'avait fait sortir un joker qu'il fallait pour initier le débat.
C'est vrai, la Science est devenue plus qu'une affaire de savoir. Elle est politique et des scientistes se retrouvent dans leurs rangs avec des buts différents.
Une remarque de l'auteur, Claus, m'avait interpellé par quelques parties choisies qui disaient:
"simple lecteur de Science et vie, j’ai une licence scientifique qui ne m’a pas permis d’embrasser le sujet si complexes de Gödel, à peine de le caresser.... rien dans le monde des hommes et de leur science ne doit absolument être pris au pied de la lettre. Ce qui ne signifie pas que je ne crois pas en certaines évidences scientifiques, vérifiables, notamment empiriquement et que je souhaite l’abandon des sciences au profit d’une quelconque métaphysique ou d’un nouvel ésotérisme. Je trouve frappant le contraste entre l'intéret pour le sujet, de la manière d'en parler et d’instrumentaliser les sciences dans nos sociétés modernes. Je maintiens que rien n’est évident, pas même le concept de gravité qui ne pourrait être qu’une force «émergente», non-fondamentale, concept qui nous emmène vers le domaine très difficile aussi pour l’entendement commun de la physique de l’information, du « it from bit » comme l’a montré Erik Verlinde qui rapportait de même: «Ce que nous appelons constituants fondamentaux est, en réalité, introduit de façon ad hoc, et, par conséquent, parfaitement réfutable. J’ajoute qu’il est peu probable que nous accédions jamais aux constituants fondamentaux.». L’importance insoupçonnée jusqu’alors de l’énergie noire et de la matière noire sont aussi autant d’exemples qui montrent, à défaut de prouver, que l’Homme n’a jamais semblé aussi loin de bien comprendre son environnement. Et j’ajouterai: tant mieux! La véritable connaissance amène naturellement à l'humilité.".
Commentaire judicieux et exact à plus d'un titre qui sortait du cadre d'un scientisme de mauvais aloi. On ne peut nager entre deux eaux. On est à bord ou on reste à quai. Comme disait Zaz qui a touché le fond depuis sa chanson "Je veux", "Soit tu meurs, soit tu vis, mais tu ne restes pas entre les deux".
Le risque de paraître tapageur existe toujours quand il s'agit de parler d'un sujet complexe avec un peu d'enthousiasme. Quand il s'agit de vulgariser, c'est peut être pire.
Les Sciences dites "exactes" et "humaines" ne résolvent pas tout. Ont-elles, d'ailleurs, ce but de manière intrinsèque? Elles s'intéressent à des généralités, des moyennes en éliminant les particularités trop exclusives de l'individu.
Plus grande est la complexité des processus, plus de temps, il faudra pour assurer les avancées notoires avec la complicité des technologies. Celles-ci permettent d'aller plus loin, plus vite, avec plus de précision dans les calculs.
En Belgique, le Télévie vient de se refermer sur un record de dons récoltés de 8,7 millions d'euros. L'espérance dans la médecine, et par là en la Science, est totale. L'impatience est immense.
C'est donc le centenaire du journal et cela impose de se retourner dans son histoire. 
Plonger dans le passé, s'est se rendre compte que tout a changé ou presque. Que la vie s'est considérablement allongée, avec plus de confort. C'est, aussi, constater qu'il faut partager cette Terre par beaucoup plus de Terriens contemporains avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte.
Si le monde est devenu un grand village plus agile, il est, aussi, devenu plus fragile. Si les Sciences et les Technologies viennent ensembles pour résoudre les problèmes, elles en créent, involontérement, de nouveaux.
La Science se doit d'épargner, d'affiner ses recherches vu que le monde s'est défini et est fini.
La Science arrive-t-elle à destination dans une impasse comme le dirait ce billet?
S'il y a un cul-de-sac, une impasse, il faut, de toutes manières, les tester pour s'en rendre compte et laisser, comme l'a fait l'évolution, des chaînons manquants du savoir.
L'impasse ou le progrès est une affaire d'Homme et pas de Science. Mais l'auteur du billet s'explique. Je me demande le pourquoi de son statu quo. Mais, bon... toujours le problème d'être "the right man at the right place and at the right moment".
La Science comme toutes les autres ambitions, coûtent cher.
Testeur de tout et de choses très (trop) vite obsolètes pendant ma vie active, j'ai constaté qu'il ne suffit pas de remarquer les résultats, mais aussi s'assurer que ces derniers restent en adéquation avec les besoins et les réalités pour amortir les investissements.
Cela étant dit, anniversaire oblige, parlons du S&V.
Plusieurs de mes articles ont été puisés dans ceux de ce magazine "Science & Vie". Je n'achètre pas tous les mois, ce mensuel. Mais je le consulte tous les mois.
Façonner un esprit scientifique, c'est, d'abord, accepter de se tromper et de ne pas imposer ses vérités de force.
C'est garder une volonté de séparer le mensonge de la vérité en suivant les sources de l'information avec une dose de scepticisme.
Le Livre d'or dont on trouve quelques billets marquants dans ce numéro anniversaire, est assez explicite de ce que les lecteurs recherchaient que l'on peut résumer par le "S&V fait rêver".
Le magazine a dû initier et créer quelques vocations au travers de différentes générations en dépis de couvertures accrocheuses qui visent au sensationnalisme.
Certains sujets dépassent le commun des mortels. Peu importe, si quelques articles ne sont lus que du bout des yeux en survol rapide et sans tout comprendre, ils créent le questionnement et peuvent servir de références.
Rester curieux est, peut-être, le fin mot et la meilleure initiative qui peut arriver aux lecteurs. La pire aurait été d'avoir perdu le fil de l'histoire et ne plus se sentir que comme un maillon faible, soufflé par une chaîne de connaissances qu'il l'aurait placé au ban de la société moderne.
Avoir un esprit scientifique, tout comme un esprit numérique, n'est déjà pas à la portée de tout le monde. La Science a une philosophie bien, à elle et certains scientifiques disent qu'ils le sont et ne sont, en fait, que des scientistes.
Vouloir comprendre la Science et sortir de la simple vulgarisation, impose d'apprendre le langage spécifique, le jargon utilisé. Même si les scientifiques s'imposent d'informer, il n'est pas sûr qu'ils se feront comprendre par ceux qui n'auraient pas fait l'effort de compréhension. Oui, il y a un poids de la connaissance. Un poids au niveau de l'apprentissage et un poids à celui de l'éthique de son utilisation.
Conservateur, je possède toujours un autre numéro anniversaire, le numéro 1000 qui datait de janvier 2001. Son sous-titre "L'accélérateur du savoir". A cette époque, tout semblait possible avec le changement de siècle. Des projets fous pour ce XXIème siècle se dessinaient. Nous n'étions pas encore arrivé au 11 septembre, aucune crise majeure. La crise qui rappelait celle du crash de 1929, en a décidé autrement.
Ce numéro 1000 donne une occasion de comparer, dans la pratique, 21 projets et leurs réalisations. Les titres avec les rappels des buts à atteindre, suivis de la situation actuelle seraient ainsi:
1. La traque du Boson de Higgs : Celui-ci était chargé de proposer une vision radicalement neuve de la matière et de l'Univers. En 1993, un concours était lancé. Le but était de l'expliquer à un ministre britannique sur une simple feuille. David Milles, le gagnant, disait : "Dans une salle pleine, une sommité crée une perturbation identique en accroissant la résistance par son déplacement de masse, tandis qu'une rumeur immatérielle, le Boson, au travers d'un essaim de physiciens dans un état d'excitation, serait appelée un champ de Higgs".
>> Ce fameux Boson, "particule de Dieu" a été trouvée le 4 juillet 2012. Depuis, on attend les suites.
2. L'océan fait sa météo: Pour faire des prévisions du temps, les isopycnes (mêmes densités) seraient préférés qux isobares. Les masses d'eau plutôt que les masses d'air. Des prévisions sur 15 jours avec 1/3 de degré d'erreur s'en suivraient grâce aux satellites qui donneraient la thermographie en surface des océans en 3D. Pour 2003, des prévisions à un mois pourraient être espérées grâce aux météorologues-océanographes.
>> Aujourd'hui, on parle de prévisions à une semaine avec des risques d'erreurs bien plus importants. Et si on cherchait dans les autres planètes? La raison, c'est que le climat est plus "intime". Il est dépendant de la région comme une foule de micro-climats. Anticiper devrait se faire région par région pour en déterminer les impacts sur chacune.
3. La langue universelle des nombres: Pour sa contribution prophétique aux mathématiques par les fonctions analytiques et avoir fédéré le savoir par les nombres, Robert Langlands a reçu une médaille.
>> Les maths sont toujours la bête noire des étudiants dans un bottle neck.
4. Créateur d'étoiles par le laser: Le Laser Megajoule pour recréer le soleil en éprouvette serait opérationnel en 2008 pour réaliser des expériences sur la fusion contrôlée comme équivalent du projet américain NIF (National Ignition Facility).
>> Le malheur, il y a eu la crise. On accuse depuis un déficit en investissements et les projets ont accusés des retards. De plus des militants anti-nucléaire s'opposent au projet.
5. Fouiller sans creuser: Repérer les fossile et les artéfacs par une assistance technique.
>> La pyramide de Chéos a été un bon moyen d'expérimenter les techniques pour prouver l'efficacité. Le malheur en Egypte, il y a eu une révolution.
6. Arche de Noé en ressuscitant les mammouth: Conserver les espèces en voie de disparition et tester la résurection de celles qui on disparu par clonage.
>> Nous étions en pleine période du Jurassic Park. Le clonage de la brebis Dolly a suivi. Sinon, on a parle des fumisteries de sectes comme celle de Raël.
7. Modéliser avec des cellules virtuelles: Le but: mettre au point des médicaments du futur.
>> Les nanotechnologies ont repris le flambeau de cette recherche médicale et l'étude du cerveau est devenu l'espoir numéro un pour le 21ème siècle.
8. La course aux protéines pour la pharmacie: Après le décryptage du génome humain, il était normal de s'intéresser aux gènes pour relancer les protéines pour la pharmacie.
>> De nouvelles pilules pharmaceutiques ont été développées mais elles dépendent des accords des pays et cela demande plusieurs années avant d'arriver dans le public. Quant au décryptage, il ne coûte quasiment plus rien mais cela peut devenir une menace de pouvoir prédire notre avenir par une forme d'eugénisme.
9. Des neurones très cultivés: Greffer des neurones sur les animaux et utiliser les cellules souches pour les regénérer. 300 malades avaient à l'époque été testés avec des neurones embryonnaires.
>> La relance du projet a démarré récemment avec Obama qui veut en savoir plus sur le cerveau avec une vue en parallèle sur l'étude des robots.
10. Longévité à la reine: La gérontologie à l'honneur. Une meilleur qualité de vie. Une aspiration à l'immortalité. Pourquoi vieillir? La reine des fourmis protégée par son armée fait chuter la mortalité extrinsèque imputable aux prédateurs et aux parasite.
>> La différence avec les hommes, chez les souris, on n'a pas de terroristes, pas de démocratie et les sujets sont bien drillés. Si la vie de l'homme s'est allongée, la qualité de vie reste bien loin d'être au top. Le cancer reste toujours traité par des chimiothérapies lourdes. Le SIDA, mes maladies de la dégénérescence restent un poids lourds dans les caisses des mutualités.
11. Anabiopsis mutante: En 2010, les Arabidopsis, une fois modélisés par la modification de leurs gènes, les scientifiques pourraient lancer leur mutation dans une 2ème révolution verte.
>> Des OGM de 2ème génération, qu'en penseraient les anti-OGM d'aujourd'hui?
12. Chasseurs de terres: Découvrir les planètes extérieures du système solaire. L'étoile Bêta Pictoris, une première mais géante, gazeuse et stérile. 60.000 étoile et le projet Corot se proposait d'aller voir cela de plus près en 2004. Eddington en 2010. Kepler en discussion et Gaia prévu en 2012.
>> Toujours pas d'extra-terrestres à l'horizon. On recherche de l'eau, de l'ozone, du méthane et du carbone.
13. Pile à combustible avec rendement: Propreté et rendement. L'hydrogène, l'énergie du futur. Disponible sous forme d'hydrate de méthane.
>> Oui, mais, c'est toujours les énergies traditionnelles comme le pétrole et le nucléaire qui commencent à partager leur production avec les énergies dites vertes.
14. Archiver le Web: Le VHS, le CD à la casse. Vive le DVD. Mais on a peur de la pérénité des infos et de la vie des supports, de plus en plus courte.
>> Le "cloud computing" (les infos dans les nuages) est là. Avec lui, les concentrateurs serveurs. Le Web est devenu la bibliothèque internationale et a résolu, en apparence, la lutte des supports. On ne sait plus où les informations sont localisées, mais on sait qu'elles sont là. On craint seulement l'orage dans les nuages ou les effets du "coup de sang" du soleil. Pour les documents, il faut séparer le bon grain de l'ivraie, mais puisqu'il y a de la place de stokage et que les moteurs de recherche résolvent, en principe, le problème...
15. 1000 passagers dans une aile volante: Transporter plus de monde en moins de temps.
>> Du rêve, on est passé à la réalité économique. C'est en nombre de places qu'il faut compter dans l'A380 et pas d'aile volante avant longtemps. Actuellement, pas de successeur au Concorde.
16. Le grand marché de la pollution: Réduire à tout prix le réchauffement de l'effet de serre et faire son marché de "bons pour polluer". En 2010, c'est convertir les matières premières en produits de consommation.
>> Des conférences passées d'échec en échec. C'est la crise et la baisse de la demande et des activités qui font baisser les prix des matières premières. En Belgique, on a poussé l'énergie verte. Ce fut un succès. Pour payer les certificats verts, les gouvernements se questionnent du comment rembourser les 2,5 milliards d'euros aux concitoyens. Quant aux éoliennes, c'est oui mais pas dans mon champ de vision.
17. Les pionniers du nanomonde: Construire des molécules atome par atome. La puissance des processeurs doublent tous les 18 mois pour répondre aux besoins tchnologiques.
>> Les processeurs ne doublent plus. Ils se "concertent" pour donner plus de vitesse. Les technologies nanométriques vont tout azimut et deviennent magiques au vu des débouchés en mettant de côté quelques risques.
18. Le net interplanétaire: InterPlanet pour envoyer des eMails jusque sur Mars.
>> Les promenades dans l'espace sont en panne de moyens et de carburant. Même la navette est au musée. La conquête de Mars a commencé.
19. Le SOS des campagnes: L'exode rural bat son plein. On constuit en massif dans les villes pour arrêter l'hémoragie.
>> Les villes sont à nouveau plébiscitées pour éviter les problèmes de transport dans les bouchons. De plus en plus de mégapoles avec des cités dortoires intégrées. Les villes se rejoignent avec les campagnes compressées entre elles. Les paysans se rebelle pour être payé au rabais.
20. Big brother prend le volant: Objectif trafic toujours fluide et zéro mort sur les routes. Des voitures pilotées par satellites.
>> Le GPS est devenu le pilote de secours du conducteur, mais il n'est toujours pas relié au moteur. Le radar reste majoritairement dans les laboratoires. La voiture électrique est la nouvelle passion.
21. Super calculateur en lignes: Micros trop lents. 128 processeurs et un petit Cray T3E-1200E bardé de 816 processeurs;
>> Tout à fait. Quelques versions supplémentaires. Pas d'autres commentaires.
On a souvent mis en opposition la Science et la croyance en Dieu. Le S&V du mois d'août 2005 répondait à la question "Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais". Celui de décembre de la même année, la question "L'évolution a-t-elle un sens?".
Les problèmes subsistent mais la Science est sensée les faire progresser.
Quant à la technologie, un article de Sarah Godard "Quand l'informatique d'aujourd'hui améliore la médecine de demain" venait bien à propos. Elle parlait de l'informatisation des soins de santé malgré les difficultés de financements.
En 2003, la spin-off Polymedis, avec un capital de 500.000 euros, informatisait les urgences dans l'IT hospitalier, digitalisait les prescriptions médicales, le dossier médical des patients. Objectiver les différences entre les patients, c'est, aussi, leur donner un profil génétique qu'il faudra protéger et sécuriser contre d'éventuels pirates informatique. Les "serious games" de la société "Fishing Cactus" permettent aussi de s'occuper des pathologies dégénératives. Tout est une question de sponsors et de mécènes dans le eHealth qui attendent des projets solides. Les logiciels en milieu hospitalier pour la prévention sont un véritable boulevard de croissance qui devrait créer un regain d'intérêt.
Qui sommes-nous?, veut préciser S&V dans sa page d'intro.
L'histoire du S&V commence, avec Paul Dupuy, co-rédacteur du "Petit Parisien", lancé dans la presse par son père, qui faisait des records de publication avec une autre destinée.
Le destin de Paul Dupuy était pris à son propre piège, quand il a signé son premier article "Les petits agents de la mort" dans lequel il parlait de la fièvre typhoïde, de la dysenterie, de la tuberculose, transportés par les insectes.
En 1927, comble de l'ironie, il mourrait suite à la fièvre typhoïde dans une époque qui ne connaissait pas encore les antibiotiques.
Le S&V de juin 2006, remettait les problèmes des moustiques sur le tapis.
Après la guerre 40-45, le titre du magazine passait de "La Science et la Vie" à "Science et Vie". Plus trard, modernisé par le remplacement du "et" par un "&".
Où en sommes nous avec les Sciences, aujourd'hui?
Probablement encore dans de vagues brumes du changement de siècle, mais loin de la sortie du tunnel dont on aperçoit parfois quelques lueurs...
Une raison d'avancer sans se retourner trop souvent? Et, garder la notion de vulgariser comme mot de passe en commun.
Pour ses 100 ans, ce numéro 1147 de S&V se relance dans la futurologie.
Certains projets du début du 21ème siècle sont toujours présents, à relayer dans le futur. D'autres se sont ajoutés ou remplacent des précédents.
Chronologiquement, le S&V cite que l'on pourrait s'attendre dans l'ordre à la récupération de la chaleur humaine et de l'eau douce sous-marine, aux reproductions des objets par l'imprimante 3D, à l'extraction des minerais des abysses, au laser qui crée de la matière à partir du vide, aux fermes agricoles au centre des villes, aux usines de bactéries, aux plantes sans engrais, au réacteur de fusion, aux centrales solaires dans le désert, aux téléscopes pour détecter la vie extraterrestre, à l'ascensseur spatial, à l'exploitation des astéroïdes, et... pour 2100, innover et maitriser l'innovation.
Ce dernier point m'a parru très mal placé entre des débats éthiques comme pour la manipulation du climat, l'utilisation de robots humanoïdes, la privatisation de l'espace et bien d'autres.
Le défi de la connaissance est de prendre la mesure du savoir avec minutie et imagination.
Si la devise de S&V est "Tout se découvre, s'invente, se construit et se projette" cela ne manque pas de sel, ni de souffle dans les réalités de la vie et le trouble causé par la mort.
Le magazine concurrent de S&V, "Science et Avenir" est né en 1947. Un autre "Pour la Science", en 1977.
Le savoir donne toujours le pouvoir. L'inverse est moins vrai.
Jean Gabin avec sa chanson philosophique "Maintenant, je sais" montrait que l'homme ne sera jamais rassasié de savoir.imp
Pour l'anecdote, dans notre belgitude, il y a une confusion entre les mots "savoir" et "pouvoir".
Instinctivement, devant un écrit illisible, trop petit, un Belge vous dira "je ne sais pas lire" au lieu de dire "je ne peux pas lire". Ce belgicisme est-il un signe que l'on voudrait obtenir plus de savoir que de pouvoir?
La soif de Sciences devra toujours s'adapter à la conjoncture et aux problèmes annexes. Jusqu'où sommes prêt à aller pour nous connaître ainsi que notre environnement?
Les problèmes qui rongent notre société, peuvent seulement trouver une solution avec l'humour d'un café très ou trop serré même s'ils sont toujours dépendants de ce qu'on en fait de ce café.
Back to the new future...
The best is yet to come...
May be...
L'enfoiré,
Citations d'Albert Einstein:
- "Un problème sans solution est un problème mal posé".
- "Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité".
- "La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information."
08:45 Publié dans Actualité, Histoire, Presse et media, Santé et bien être, Science | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
18/04/2013
Non, mais allô quoi, Fakebook?
Facebook, encore et toujours. Plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde sur Internet. Ce réseau social réapparaît encore plus envahissant via le téléphone. Mais, qu'est-ce qui attire dans ce jeu de quilles? Qui utilise quoi et comment?
En Belgique, fin février, on comptait 4,9 millions d'utilisateurs de Facebook. Quasi la moitié de la population, en tenant compte que, logiquement, Facebook n'est pas accessible aux moins de 13 ans.
C'est le premier réseau social dans notre pays (62%) devant LinkedIn à 19%, Google+ à 18% et Twitter à 12%.
Cinq millions de Belge. 7 Belges sur 10 sont désormais présents sur les réseaux sociaux.
Le meilleur (ou le pire) serait-il encore à venir?
Après Facebook, voilà "Facebook Home" et par la même occasion, la prise du contrôle du téléphone de ses utilisateurs. Jusqu'ici, disponible sur les smartphones et les tablettes Android. iOS et Windows Phone, c'est pour bientôt.
Une application mobile d'une puissance absolument... 'phénoménale', était-il annoncé.
Une méga-application qui rhabille le téléphone de la tête aux pieds.
En gros, l'écran de verrouillage, la page d'accueil avec les icônes, le fond d'écran, les menus avec les applications à télécharger, le chat Messenger, fusionné avec les SMS et les messages. "Facebook minded" avec l'aide de Instagram, une autre application contrôlée à 100% par... Facebook.
Dès que le téléphone s'allume des photos postées par des amis défilent, en plein écran, avec les appels, les messages, les notifications.
Cette nouveauté sera gratuite. Le but, rester connecté en permanence sur son réseau. Cerise sur le gâteau, téléphoner, ce sera sans passer par le réseau téléphonique. Magique, donc...
Les données offertes par les Facebookers sont un bien trop précieux et rentable sur d'autres plans pour penser à les faire payer.
Il y a bien eu, le 13 mars, la Fondation CIGREF qui publiait les conclusions d'une étude intitulée "Tester l’hypothèse de la "Fin de la Vie Privée" dans la communication assistée par ordinateur.
Mais, voyons, il ne faut pas jouer le trouble-fête.
Cela étant dit, analysons, une nouvelle fois, le cas "Facebook".
Au milieu de beaucoup d'autres moyens considérés comme sociaux, Facebook est surnommé Fakebook, comme quelque chose qui sonne faux qui commence par une invitation, un partage, une déclaration et se termine en Muppet Show qui se met à caracoler. Ce qui est faux doit avoir une logique différente.
Qu'y a-t-il de social là-dedans? Tous amis, anciens amis d'avant, amis des amis, amis des amis des amis dans "the big family"? Plus on a d'amis sur Facebook, plus le concept d'ami devient relatif. Montrer aux amis combien notre vie est "cool" dans un média d'égo, quelques bafouilles, quelques photos de famille, le tout pimenté de voyages lointains réels ou irréels. Le privé révélé avec fierté...
Fini la crise. A la rigueur, une petite indignation, peut-être, mais sans casser l'ambiance. Il faut rester anodin, inoffensif, sans scandale.
Rester ignoré, par contre, devient le pire des cauchemars.
Facebook affirme le Bonheur, dans un parfait statu quo. La désagréable incertitude mine plus qu'elle ne solidarise. Alors, ce sera sans douleur, sans tristesse, sans angoisse, cool pour le meilleur et sans le pire. Insatisfaits, cherchez sur le terrain des amis en chair et en os avec plus d'os que de chair.
L'article 3&7 dit : "Vous ne publierez pas de contenus incitants à la haîne ou à la violence, menaçant, à caractère pornographique ou contenant de la nudité". Facebook se dit le "gardien de l'ordre moral" au mépris de la liberté d'expression élémentaire avec des modérateurs factuels, institués comme juge.
Facebook s'érige en paragon de vertu.
Un profil Facebook dans une note doit réconforter les autres et rassurer son propriétaire d'exister même si c'est "a second life" à la mesure des aspirations.
Gratuit? Oui. Mais peut-être de moins en moins si l'on en croit les dernières nouvelles. Si un Facebooker veut envoyer une bafouille en dehors de son champ d'amis, plus le degré de célébrité de celui-ci, grimpe, plus il va devoir payer pour écrire sur son mur. Pour éviter les spams et les messages indésirables, est-il dit, bien sûr.
Je n'oserais pas dire que, même dans le champ des amis, tout soit intéressant à savoir. Mais, bon, n'insistons pas. Restons cool, je vous dis. Chacun recherche ce qu'il veut y trouver.
Peu importe si les fans des people deviennent, quelque part, les dindons de la farce quand ils interviennent dans la pub de leurs idoles, tout en rehaussant les bretelles financières de Facebook, c'est étudié pour.
Des demandes de contacts arrivent, aussi, par l'intermédiaire d'autres canaux, comme Skype, ou l'eMail. Des bouteilles à la mer. comme celui que j'avais reçu récemment et qui, un peu tronqué, disait: "Je désire correspondre avec vous".
Un message plein de pureté, un véritable CV prestigieux. Cela prouvait que, dans toutes les couches favorisées de la société, règne une certaine détresse avec un besoin de dialogue. Enfin, si c'est vrai....
Jusqu'où "aller trop loin" et avec quelles sauces le "repas migratoire" serait servi, n'était pas précisé.
Une bouteille à la mer sur Internet atterrit, souvent, là où on s'y attend le moins.
Mon vieux billet "Veux-tu être dans mon réseau" approchait le problème des relations virtuelles par le côté technique via différentes options possibles.
Une question me vient à l'esprit: "y a-t-il un code de conduite dans la virtualité en général?".
L'art du savoir vivre sur le net s'appelle la netiquette qui ne serait pas réellement nécessaire en fonction du côté "cool" de Facebook. Mais, tout ne passe pas par là. Alors, de nouvelles questions se posent.
En 1936, Dale Carnegie avait écrit un best-seller "Comment se faire des amis".
De son temps, c'était plutôt les relations de travail, avec des amis en "dur" auxquels il donnait ses conseils pour améliorer les relations.
Le livre a été remis à jour, par ses "Assiociates" en se tournant vers le numérique et la virtualité des relations. Cette version a pour sous-titre "Comment se faire des amis à l'ère du numérique" suivit de la précision "et accroître son influence".
Deux approches très différentes.
Dans ce livre, d'après la préface, il s'agirait de méthodes psychologiques pour obtenir la confiance d'interlocuteurs virtuels, de les convaincre d'adopter des idées et d'arriver, ainsi, par certaines astuces à les faire changer d'avis sans les irriter.
Quatre chapitres pour prétendre y arriver. Une nouvelle entrée dans le monde magique de Facebook.
J'apporterai derrière certains titres quelques remarques et questions "particulières" et qui n'ont qu'un but de "garder l'humour de circonstances" adapté à Facebook.
1. Essentiel de l'engagement
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Ranger ses boomerangs. Serait-ce trop risqué de se faire moucher en étant trop direct ou trop ambitieux d'oser être franc dans le monde virtuel de Facebook?
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Reconnaître les points positifs et les mettre en avant. Les points négatifs sont-ils à ce point nauséabonds et donneraient la migraine à un Fabooker?
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Toucher les désirs profonds. Est-ce un désir du style "20.000 lieux sous les mers," pour ne pas rester superficiel et rester bien câblés dans un pipeline de désirs satisfaits de facebook?
2. Marquer durablement les esprits
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S'intéresser aux intérêts des autres, en parler. Les autres n'en auraient-ils rien à cirer des idées reçues en boomerang?
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Sourire. En virtuel, une photo bien souriante à ajouter au profil? Celle d'un des bons jours évidemment puisqu'il ne faut pas dégoûter d'avance un autre Facebooker.
-
Dompter le pouvoir des noms. Curieux. Tout le monde a un nom et tout le monde s'empresse d'en changer pour prendre un pseudonyme en dehors de Facebook. Le nom est le logo dans une entreprise. Il garde une valeur potentielle pour l'individu qui dépendra de ce qu'il écrit. Le nom ou un pseudo représentatif a beaucoup d'importance. Il identifie.
-
Écouter davantage. Cela empêche-t-il de lire davantage pour comparer avec ce qu'on écoute en dehors de Facebook?
-
Parler de ce qu'intéresse l'interlocuteur. Une fois, le pouvoir des noms dompté, au minimum.
-
Laisser les autres un peu mieux qu'ils étaient. Comment est-ce possible? Les autres sont par définition "bien" sur Facebook.
3. Mériter et conserver la confiance
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Éviter les polémiques. Sur le flacon Facebook, il est mentionné "Ne pas secouer avant l'emploi". C'est clair, non?
-
Ne pas le donner tous les torts aux autres. C'est évident, le tort tue. C'est dire qu'il ne faut pas perdre des amis potentiels en cours de route. Pas de véritable télé-réalité, style "Koh Lanta", sur Facebook.
-
Admettre ses erreurs promptement. Il ne faut pas laisser d'erreurs sur le plancher des vaches. Dans les nuages, il vaut mieux laisser des cumulus de beaux temps.
-
Rester amical. Tiens, cela me rappelle "Amicalement vôtre". Pirates s'absternir sur Facebook.
-
Chercher des affinités. C'est le fin mot de l'histoire. S'exciter sur des sujets dont on ne connaît pas les tenants et les aboutissants, c'est risquer de se perdre en chemin sans comprendre la direction, ni le sens à prendre.
-
Ne pas revendiquer son mérite. Interdit. Ce serait donner l'impression de petitesse à l'autre.
-
Faire preuve d'empathie. Toujours caresser dans le sens du poil et applaudir en choeur et au bon moment. Opportunisme avant tout.
-
Appeler des sentiments élevés. Les sentiments des bas-fonds ne sont pas à consulter entre gens biens sous tous rapports.
-
S'ouvrir aux autres. Dévoiler vos secrets de fabrication, c'est exactement ce dont Facebook est friand.
-
Lancer des défis. Oui, mais en restant cool. Faut pas défier "Max, la menace".
4. Amener le changement sans irriter ni offenser
-
Apporter des notes positives. On n'est pas à l'école avec ce prof qui mettait des zéros ou des notes négatives. Là, on irrite vraiment. Cela rappelle trop de mauvais souvenirs.
-
Reconnaître ses erreurs. Quelles erreurs? Reagan disait de son bilan qu'il ne serait pas là pour entendre ce que les historiens diraient de lui.
-
Minimiser secrètement les erreurs des autres. Impossible. L'autre Facebooker ne fait jamais d'erreur, par définition.
-
Laisser sauver la face aux interlocuteurs. Avec quel le profil, le gauche ou le droit? La maison ne recule devant aucun sacrifice de représentation.
-
Poser des questions... Au lieu de donner des réponses. Ces dernières, c'est mal vu. Point.
-
Souligner les progrès accomplis. Cliquez sur "like", quoi... Féliciter l'ami de sa pensée "stratégique". Puis, changez, progressez, allez consultez le suivant.
-
Aider à la réputation des autres pour la confirmer. Cela dépend s'il y a du vent que trouver un "à propos" explicatif.
-
Trouver des terrains d'entente. Dans la virtualité, on surfe ainsi plus facilement que sur une vague et sans retour de flammes.
Énormément de beaux sentiments que ne dénigrerait pas un confesseur.
"Pour accroître son influence" est-il dit comme but du bouquin.
Assez déplaisant comme logique en dehors d'une pub pour un produit.
La question est de savoir à qui rapporte cette intention d'influencer. J'y reviendrai dans un article prochain.
Aux dernières nouvelles, Facebook lancera des vidéos publicitaires dès cet été.
YouTube est déjà en mains chez Google. Ce sera amusant qu'elle se place entre la photo de la bien-aimée et de tantine sur l'écran du téléphone.
"La séduction n'est qu'un jeu" écrivais-je, un jour, au sujet de la pub. Un jeu avec des règles précises et un contrôle intermédiaire.
Sur Internet, c'est de la pub sans filets. La modération n'apporte pas plus d'assurance, et serait considérée comme une censure par celui qui se voit rejeté d'un des fils d'une discussion. La seule chose que l'on peut espérer, c'est que ce ne soit pas un jeu de massacre qui passerait vite en mode "insultes" dès que la séduction tourne à l'aigre ou que, la communication vire en dehors de la zone de l'art autorisé de la méchanceté.
Facebook tente de faire croire que les amis des amis sont d'office d'autres amis comme dans une boule de neige sans fin. Rien n'est plus faux et n'avoir rien compris à la condition humaine.
Ce qui est sûr, c'est que le savoir et l'information compétente peuvent intéresser tandis que leur absence donne un résultat d'estime très aléatoire et, souvent, sans lendemain.
Être préparé à la discussion sur Facebook, est souvent impulsf. Pas besoin de beaucoup réfléchir.
Pour son lancement, le nouveau Mariane belge avait lancé une campagne de pub dans les abris-bus. Une affiche présentait le nouveau journal comme "L'hebdomadaire qui n'est pas là pour plaire". Tout l'inverse de la conception de Facebook.
Les médias officiels chercheraient-il à se démarquer dans la "Primary life"?
L'idée de sortir des sentiers battus serait-elle plus rentable financièrement dans la méthodologie du réel?
Tout le monde n'y est ni plus beau ni plus gentil. Faux semblant, donc.
Le plus durable ne s'inscrirait-il pas dans un modèle d'intérêts partagés? Intérêts d'ordre général et pas uniquement financiers, s'entend. S'il n'y a plus d'échanges d'informations, la relation s'éteint ou devient obsolète.
Les forums citoyens ne sont pas faits de "Facebook minded". Il faut aussi l'assumer.
Je me suis bien amusé à la suite de cet article qui parlait de croissance et de décroissance. Plus récent, celui d'hier qui parlait du mariage pour tous. Deux sujets avec des thèses opposées, de notre actualité brûlante. Chacun est resté sur ses positions. Match nul. Pat sur l'échiquier.
Transcender ou révolutionner la terre entière par son influence imposerait plus qu'une interprétation et pour le moins, une analyse historique. Poser des questions, cela peut rassurer l'interlocuteur sur son intérêt. Donner ses propres réponses à un problème indispose. Oui, mais c'est peut-être, une "chienne d'idée" et puis ajouter un "Grain de sel".
Oui, être indépendant des idées. Seul, c'est être libre. Je sais.
Présenter des excuses ou choisir de ne rien faire? Autre sujet d'inquiétude.
D'après une étude de l’European Journal of Social Psychology, les personnes qui refusent d’envoyer un mail d'excuses ressentaient une meilleure estime d’eux-mêmes. « Si vous refusez de présenter des excuses, vous en venez à vous sentir plus autonomes. Ce sentiment de pouvoir et de contrôle se traduit par une plus grande confiance en soi. Quant à accepter les excuses, ce serait dans le rôle de « victime », puisque trop habitué à devoir faire des excuses par politesse dans le monde policé du réel, la sincérité ne vient qu’au deuxième plan.». CQFD
Mais dans le monde de Facebook pourquoi y aurait-il une raison de s'excuser?
On y oublie tout ou on fait semblant d'oublier.
On s'amuse à faire le buzz, c'est tout.
Cette addiction qui supprimée vire à la dépression, en passant par l'obsession et l'isolement.
Dans le lot, on trouve les ultras, les menteurs, les prétencieux narcissiques, les informateur affectif tout en en secret, une mauvaise idée de soi.
Alors, pour terminer pourquoi pas une anecdote qui finit bien?
Le sujet: un internaute que j'ai connu sur un forum. Au départ, des contacts froids, glaciaux dus à une incompréhension à la base. Un contact email privé et une amitié virtuelle en finale. Son pseudo? Sapanhine. Cela ne vous dit plus rien? Mais si, c'était ici et encore là où, lui non plus, n'était ni mort ni muet.
La morale de l'histoire, c'est qu'il faut prendre du recul et creuser une relation du hasard en profondeur. Une relation peut être opposée de conviction. Elle en apprendra parfois bien plus que celle qui fera bonne figure pour rester dans les cordes du violon comme arme de persuasion. Aimer le violon, c'est bien, mais, pas sous perfusion.
Voilà, donc, la nouvelle génération appelée "Z" comme "zapping" après celle des "Y" ("why").
Des enfants, nés de smartphones, connectés en permanence, surfant sur Facebook ou regardant un film en streaming. Sans doute de nouvelles proies pour les marketeers que les analystes psys vont pouvoir épicer de statistiques.
Une technique de développement personnel fondé sur le fait d'écouter sa seule sagesse intérieure, cela finit toujours dans la génération Nabilla, celle du n'importe quoi dans un empire du vide.
"Non, mais allô quoi, Facebook Home", tu veux aussi tout grésiller dans les chaumières...
Pathétique et inquiétant, à la fois, que cette génération individualiste, hyper-sexualisée qui s'enferme dans des faire-valoir fictifs.
Si tout va très bien, Madame La Marquise dans un café bien sucré-salé, mais, attention à l'atterrissage sur le mûr des lamentations ...
Les Compagnons du Devoir ne connaissent pas la crise. Ils n'ont certainement pas dû passer sur Facebook. A la rigueur, sur LinkedIn. Rien à voir avec une secte. Mais peu d'élus qui ne devaient pas se présenter avec des mains d'or, loin d'être blanches mais, au contraire, bien noires.
La conclusion du livre de Carnegie reste, elle, toujours vraie: "Personne ne saurait renforcer sa capacité d'influence sans proximité relationnelle. Si, aujourd'hui, les affaires tournent 24 heures sur 24, la première préoccupation doit rester l'humain. Les plus belles aventures seront toujours des histoires d'interdépendances et d'interactions. Au bout du compte, l'art de se faire des amis à l'ère numérique se résume à trouver un terrain d'entente pour établir un lien et le maintenir".
Un email m'est arrivé qui m'indique que j'ai des "notifications en attente" sur Facebook... Je sens que cela va être transcendant. :-)
"Blogo, forum, ergo sum. Errare humanum est".
L'enfoiré,
- « L'amitié totale est universelle. Et seule l'amitié universelle peut être une amitié totale. Tout lien particulier manque de profondeur, s'il n'est ouvert à l'amitié universelle. », Jean Guitton
- « Une amitié née des affaires vaut mieux qu'une affaire née de l'amitié. », David Rockfeller
- « La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie. », Sénèque
- « Allez-vous y retrouver parmi le faux vrai, le vrai faux, le vrai vrai et le faux faux ! », Armand Salacrou
- « Il ne faut pas croiser le fer, quand il n'y a pas de fer », L'enfoiré
07:25 Publié dans Actualité, Blog, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Web | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
11/04/2013
Un début d'avril sans poisson au château de La Hulpe
Ce 1er avril, jogging dans le Domaine du Château de la Hulpe. La veille, j'en avais parlé avec mon copain qui connaissait pour y être passé en voiture devant l'entrée. Sans plus. Une raison de plus pour en parler. Un château, à moins de 10 kilomètres du centre de la ville, dans la forêt de Soignes. Une histoire d'un domaine et d'un château mais sans châtelaine.
Le Domaine Solvay est un endroit parfait pour oublier la ville de Bruxelles et son trafic à moins de 20 kilomètres de la ville.
Une perle du patrimoine architectural de la région wallonne de 227 ha, clôturée dans un parc à la lisière au sud de la Forêt de Soignes.
Ce lundi matin, 1er avril, 11:00, du soleil, seulement 2°C au thermomètre et un vent piquant, le week-end de vacances printanier (la nouvelle manière de nommer les vacances de Pâques) commence sous un bon présage.
Pour se promener, il s'agirait d'être habiller chaudement, ce qui n'est pas mon cas. C'est dire qu'il me faudra courir. Pas question de lambiner en chemin sous mon training léger de coton. L'appareil numérique dans une main droite gantée de laine. L'autre dans la poche, prête à dégainer le carnet et le crayon. Paré pour une visite reportage.
Ce printemps était vraiment attendu après un hiver long avec des chutes de neige qui revenaient alors qu'on ne les attendaient plus.
En ces derniers jours de froidures persistantes, les arbres dénudés de leurs feuilles ne me rappellent ni les couleurs tendres du printemps et les couleurs chaudes de l'automne sont déjà loin. Les séquoias, seuls, continuent à pâlir d'envie les "collègues" à leur toison verte perpétuelle.
Le sol est spongieux, Je glisse à certains endroits. Mais, ce n'est ni une surprise ni un poisson d'avril, ni un chien qui aurait laissé sa carte de visite. C'est la boue qui m'attend, en ce premier avril, pour que je slalome ou que je surfe. Tout simplement.
Le passage par le château, je me le réserve pour la fin de ma course. Le contourner en cercles concentriques, ce sera ma technique d'approche.
Central, au sommet d'une butte, il n'est pas très discret. Il apparaît dans le champ de vision, sans même le chercher.
A droite de l'entrée, les trois séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) attirent une nouvelle fois, mon regard.
A gauche, c'est l'Argentine. Non, pas le pays, la rivière Argentine qui s'écoule dans un courant rapide et constant.
Un peu plus loin, première visite: les écuries "Les rênes de la Vie". "Un lieu de vie et d'intégration entre handicapés et non-handicapés" comme il est mentionné. Tout un programme avec le respect envers les animaux et les hommes.
Les étables sont ouvertes et vides. Près d'elles, quelques chevaux viennent de sortir et entament un pas de danse en cercle dans l'enclos, tout proche. Un palefrenier rassemble le fourrage à leur attention.
En 1991, J. Saintenoy-Simon a fait l'inventaire de toutes les essences d'arbres présentes dans le parc. Des plantes vasculaires indigènes et subspontanées, des Bryophytes, mousses et hépatiques. 450 espères ce qui représentent, tout de même, 38% de la flore belge. La preuve est faite, la diversité de l'habitat favorise, de fait, la biodiversité.
On deviendrait dendrologue, sans en connaître le mot, pour moins que cela. Des plaquettes plantées sur les troncs permettent d'en identifier quelques espèces avec le nom français associé au nom scientifique.
L'obélisque, dans le fond, avec son soleil au sommet fait majestueux.
Les deux étangs attirent les curieux qui donnent quelques miettes aux canards colverts.
Une occasion choisie par les photographes à l'affût d'instants insolites.
Assis sur un banc, un vieillard regarde la scène des ébats entre humains et volière avec un intérêt amusé et philosophe.
La Fondation Folon entre dans l'objectif. Dans une ancienne ferme, les sculptures de Folon restent à jamais un des objectifs de visite du parc, mais ce sera, pour bientôt, lors de la réouverture printanière. En attendant, les statues regardent les passants, figés dans une posture destinée à l'éternité.
Des cyclistes s'époumonent en grimpant sur les quelques buttes. Il est temps de les suivre et d'atteindre le château.
Des statues, rongées par la mousse et le temps, de chaque côté du musée. Deux ensembles de personnages qui ont l'air de demander pitié au personnage du dessus qui avec ses chaînes voudrait les empêcher de s'évader et de prendre le large.
Dans le jardinet à la française, une sirène semble implorer le ciel, entourée de petits d'anges, tout aussi prêts à s'envoler.
Devant le château, une piscine arrondie a dû accueillir quelques baigneurs dans l'histoire du château, mais, elle n’incite plus à la baignade.
Il est temps de redescendre vers la sortie.
C'est le moment de parler de l'histoire à rebondissements du domaine et du château.
Le village de La Hulpe a conservé des tumuli de l'époque romaine au Champ-des-Mottes.
Henri 1er de Brabant accorde des privilèges à la localité, mais ce n'est qu'en 1567 que le village porte le nom de « La Hulpe », d'origine celte, "La Helpe", qui signifie "Rivière d'argent".
Bien plus tard, le village sera reconnu comme "La porte des Ardennes brabançonnes".
En 1663, le 1er moulin à papier est installé. C'est le début d'une industrie qui reste prospère jusqu'en 1970.
L'histoire du domaine se poursuit par un véritable thriller économique dans lequel intervient les membres de grandes familles.
Tout commence en 1822, sous l'époque Hollandaise. Guillaume 1er crée la Société Générale ( plus précisément "Algemeene Nederlandsche Maatschappij ter Begunstinging van de Volksvlijt" donc "pour favoriser l'insdustrie nationale") et légue des domaines fonciers de la forêt de Soignes en échange d'une dote annuelle de 500.000 florins. Comme toute entreprise privée, soumise à l'impôt foncier, la Société Génarale se voit forcée de partager les territoires avec les communes limitrophes.
Entre 1831 et 1836, trois cinquième de la surface sont ainsi vendus à des propriétaires privés.
Dès 1833, le marquis de Béthune-Hesbigneul achète quelques parcelles de la forêt de Soignes. En 1842, il y érige un superbe château dont le style était modestement inspiré du château de Chambord, édifié suivant les plans des architecte Arveuf-Fransquin et J.F. Coppens.
Son aspect est très différent de celui d'aujourd'hui. Quatre tours octogonales lui donne un aspect médiéval en briques rouges.
En 1871, le baron Antoine de Roest d'Alkenade acquiert le château.
En 1893, il est racheté par l'industriel Ernest Solvay qui le considère comme résidence d'été et qui n'y apporte aucune modification majeure. Victor Horta est chargé, seulement, de l’aménagement intérieur.
Le fils Armand Solvay et le petit-fils Ernest-John modifient considérablement le château pour lui donner l'aspect actuel. S'ajoutent aux alentours, la plantation d’essences exotiques, le Belvédère et son étrange escalier, l’étang de la ferme, la percée rectiligne qui débouche sur ce curieux obélisque artificiel de 36 mètres de haut.
En 1968, pour préserver le château et éviter le morcellement du parc en lotissements, Ernest-John lègue toute la propriété à l’État belge.
En 1972, à sa mort, le parc, devenu propriété de la région, il devient accessible au public.
Mais, dès 1975, des problèmes de succession apparaissent. Un véritable roman feuilleton s'engage avec Anne Solvay qui voudrait le récupérer et qui gagne, en première instance, son procès comtre l'Etat belge.
Ce conflit juridique va durer vingt ans en passant de la Communauté française à la Région Wallonne.
Cette dernière met fin à la discussion en allongeant 200 millions de FB sur la table des négociations et garantit ainsi le classement du domaine et à nouveau, l'accès au public.
L'imbroglio juridique se poursuit avec l'épisode Folon.
Dès 2000, la Fondation Folon s'est installée dans l'ancienne ferme. Dans 14 salles, 322 œuvres contenant des gravures, des sculptures, des aquarelles, des tapisseries et des affiches de l'artiste, y sont exposées.
Bien après la mort de Folon, une autre histoire rocambolesque se poursuit jusqu'à la présence de ce qu'on a appelé un "Ministre des Utopies".
Après, le calme revenu, le château devient un lieu de réceptions, de mariages de prestige et de réunions politiques.
En été, des concerts et des pièces de théâtre y sont représentés.
Un restaurant et une librairie complètent pour rentabiliser le concept de Fondation.
En 1988, plusieurs scènes d'intérieur et d'extérieur du film "Le Maître de musique" ont été tournées au Château de La Hulpe. (Un extrait qui permet de voir l'intérieur du château).
Comme le château et le parc valent le détour en toutes saisons et en toutes occasions, on en arrive à parler de surfréquentation du site.
Oui, je sais, il y a ceux qui quittent les chemins, qui piétinent les semis, qui escaladent les talus, des adeptes de VTT à la recherche de nouveaux parcours difficiles, dont la surfréquentation n'est pas le souci majeur.
Parler de Solvay, de Folon, c'est commencer par écrire des poèmes à plusieurs volets.
Oui, il y a toujours des effets secondaire dont il faut tenir compte pour trouver l'accord entre juste milieu et juste prix.
Quant à toi, cher copain, prend une heure ou deux, peut-être, trois, pour un passage futur, elles ne seront pas superflues.
Il parait que les "Dimanches au Château" sont de retour. Une occasion de plus à ne pas manquer.
D'après la pub, "la vie y devient facile". Je ne pouvais trouver meilleur incitant.
Non, Nicolas Sarkozy que l'on apprenait, ce matin-là, vouloir s'installer en Belgique, ne viendra pas s'intaller en Bruxelles et racheter le château. C'était un poisson d'avril.
Je ne dis pas que tu y trouveras la châtelaine de tes rêves, à l'entrée du château...
Mais, prends ton appareil avec toi, numérique ou analogique, qu'importe.
Installe-toi devant la piscine du château, bien à l'aise. S'il n'y a pas de transat, ce n'est pas grave. Pour finir, demande à quelqu'un de te prendre en photo. Surtout, regarde s'il n'y a personne d'autre dans le champ avant de faire le clic pour la postérité. Cela t'éviteras de devoir modifier la photo par après.
Tu verras, cela donne une impression de puissance et que le monde est à toi.
Pas besoin de te faire mousser avec une bombe atomique. C'est bon pour l'ado de service coréen. Une photo avec un style de coiffure de punk atomique, cela ferait désordre et pas chic du tout par ici.
Hier, on apprenait que Bernard Arnaud ne veut plus devenir belge. Ce n'était pas un poisson d'avril non plus.
Je te laisse avec mon 1er avril, en photos
ou alors en toutes saisons dans un voyage au pays de Folon...
Ce pays-là te fera, à coup sûr, vivre sur une autre planète.
L'enfoiré,
Articles connexes: "Forêt de Soignes, forêt soignée", "Séquoia sait quoi y a".
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« O saisons ô châteaux. L'âme n'est pas sans défauts. », Arthur Rimbaud
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« Les châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir. », François Mauriac
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« Le schizophrène construit des châteaux dans les nuages. Le psychotique y vit. Le psychanalyste touche les loyers. », Jérôme Laurence
08:25 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Loisirs, Parodie et humour, Santé et bien être, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
04/04/2013
Que reste-t-il de Karl Marx?
Le 17 mars dernier, Kiosque (min 43:38-52:40) se posait la question dans "C'était, il y a 130 ans", lorsque le 14 mars 1883, mourrait Karl Marx. Sa pensée a influencé l'histoire du 20ème siècle. Son oeuvre fait-elle encore parler de lui? Une confrontation avec un journaliste russe, un italien, une polonaise, une africaine et un argentin montraient seulement des similitudes. Parlons-en...
Les philosophes ne font souvent qu'interpréter le monde par plusieurs voies. Énoncer ce qui ne va pas et puis passer la main.
Karl Marx voulait transformer le monde par le communisme.
Marx était, tout à la fois, admiratif et adversaire du capitalisme.
Si, d'après lui, l'esclavagisme a fait place au féodalisme, le féodalisme a été remplacé avantageusement par le capitalisme. Il n'est pas loin de faire l'éloge de la mondialisation comme on le lit dans "Le manifeste du communisme".
A son époque, Marx voyait le régime capitaliste déjà à l'agonie alors que la mondialisation que nous connaissons, n'était pas encore dans les limbes.
Pour édicter ses théories, il entretenait une relation d'amour-haine ont été deux mentors, économistes, philosophes, Friedrich Hegel et David Ricardo.
Marx rejetait la dialectique du concept des idées et de leurs évolution pour expliquer l'histoire du monde comme le préconisait, Hegel.
Au matérialisme historique du capitalisme, il faisait correspondre le mode de production matérialiste qui domine la vie sociale, politique et intellectuel, en développant la contradiction qui existait entre les relations des différentes classes sociales. L'anatomie de la société civile dessinait un lien direct avec le travail de production. Les profits de la classe possédante, étaient, d'après lui, réalisés par les seules "plus-value", qui provenaient des excès de la force du travail considérée comme un équivalent d'une marchandise.
"Le travail est un acte qui se passe entre l'homme et la matière. Le travailleur doit être maître de sa production.", écrivait-il.
Ce qu'il appelait "capital constant", était le coût moyen de production tandis que le "capital variable" représentait le coût des salaires. La trop longue longueur de la journée de travail lui suffisait comme cheval de bataille principal contre l'évolution du capitalisme.
De son oeuvre maîtresse, "Le Capital", seul le premier volume paru, de son vivant, en 1867. Les deux suivants ont été achevés et publiés par Hegel.
Les paroles de Marx visait le capitalisme: "Du fait, que l'aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l'État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l'opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu'au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s'enrichir, non point par la production, mais par l'escamotage de la richesse d'autrui".
L'affaire était ainsi entendue. L'adversaire était pointé.
Aujourd'hui, cette vision déterministe et positiviste est remise en question, si pas à l'index, car après un siècle et demi, le capitalisme a encore plus engraissé et les inégalités se sont creusées.
Le travail n'est plus considéré comme la manière la plus efficace et la plus sûre de gagner sa vie vu que la production échappe de plus en plus aux travailleurs et qu'en plus, le travail se raréfie, supplanté par des machines et les robots. Même en grimpant sur les premières marches de la hiérarchie ne permet plus de contrôler les moindres décisions et leur suivi dans leur ensemble.
Dans quelques années, il sera naturel de partager sa subsistance. Subsistance qu'il faudra remettre en question au cours de cycles concentriques en avançant en âge.
En quelques mots, le travail ne permet plus tout. Travailler plus n'apporte pas plus d'assurance d'efficacité au résultat.
Les crises sont devenues les symptômes de la mauvaise santé, de la déchéance du système capitaliste.
La phrase "La crise est le capitalisme", est taguée sur les murs des villes.
L'absence chronique de débouchés, les conditions d'équilibre entre consommation et investissement perturbée pas la décentralisation des décisions, ont fait réagir les gouvernements. Ils tendent à faire baisser les rémunérations exorbitantes dans les services publique, là où ils ont une action possible. L'inconscience des traders fous, l'indécences des parachutes dorés et des émoluments qui frisent l'absurde, les paradis fiscaux sont en voies de rectification.
Dans le même temps, l'accroissement des dépenses à la mécanisation augmentent. Le ralentissement des affaires et l'augmentation du chômage, sont pointées comme les prémisses de la déchéance du capitalisme que Marx disait inéluctable.
En 1936, ses idées ont imprégné celles du socialisme, que le communisme considérait comme un ennemi, comme "la volaille qu'il fallait plumer". Toutes philosophies confondues dans un même paradigme à deux têtes.
Au marxisme, Lenine y aurait ajouté la dictature du prolétariat, alors que celle-ci existait déjà dans les écrits de Marx. Le marxisme-léninisme devenait le régime d'État pour Staline, Mao, Pol Pot, Castro et d'autres.
Collectivisme contre productivisme, pourrait-on dire, mais qui se rejoignent dans la finalité.
Le productivisme a creusé l'écart entre les plus riches et les plus pauvres.
Le collectivisme a tenté de renverser, par la force, les velléités trop indépendantistes ou trop libertaires.
Tous en arrivent à être mené par des régimes autoritaires qui éradiquent tout libéralisme, toute idée libertaire si pas de la liberté, elle-même.
Il s'agit de "communier avec le communisme" comme si c'était l'envie de tous et récupérer, au passage, les âmes déchues du capitalisme par l'intermédiaire de meneurs de troupes visant, en définitive, leur propre avantage...
Le communisme, rappelons-le, désigne, dans son sens théorique initial, l'idéal d'une société sans classes avec une organisation sociale sans État, où la propriété privée serait abolie. Il a été, le plus souvent, instrumentalisé avec l'aide d'un esprit révolutionnaire sous un État fort portés par des discours fleuve pour haranguer les foules, mais qui se terminent par l'élimination, d'une manière ou une autre, de tous les opposants à la doctrine.
Le "séisme capitalistique" d'octobre 2008 a été une bonne occasion à ne pas manquer pour faire ressusciter Karl Marx.
Lucien Sève écrivait alors "Ceux qui, voici vingt ans, avaient enterré Marx avec le socialisme soviétique en sont pour leur frais. La crise financière, économique et sociale confirma l'extraordinaire actualité de sa pensée. A condition de la débarrasser de clichés obsolètes". Il démissionnait du PCF à l’issue des régionales d'avril 2010, dénonçant ce qu'il voyait comme un "raidissement dans la pratique démocratique" d’un parti qui "n’a pas réussi à se transformer".
Ensuite, ce furent les mouvements des Indignés qui désignaient d'autres coupables, les banques.
Devant Wall Street, il y eut des calicot avec "Marx avait raison".
Les pays BRICS, elles, veulent créer une nouvelle banque qui ressemblerait au FMI au sommet de Durban dans un nouvel ordre mondial en commun.
L'économique, toujours l'économique gouverne le monde d'une façon ou d'une autre.
La mondialisation n'a qu'à bien se tenir. Point, à la ligne.
S'il y a des ressemblances avec la doctrine communautaire de Marx, les différences d'époque rendent toute transposition directe aléatoire.
Dans les populations en Occident, l'idée de vivre ensemble, d'être solidaire semble un leitmotiv que l'on retrouve dans beaucoup de chansons de variété avec les mots génériques de "ensemble", de "solidarité" que l'on scande dans des moments de rassemblements politiques ou lors de sermons religieux, mais qui s'essoufflent à la première occasion dans les réalités de la vie.
Le nouveau Pape François, dit le "Pape des pauvres", sera-t-il à la hauteur comme agent de ce renversement de conscience pour éradiquer toute corruption comme un Monsieur Propre dans une tornade blanche?
Éluder l'impôt solidaire est devenu un sport quand il dépasse un seuil critique.
Amusant l'idée de voir le catholicisme se rapprocher ainsi du marxisme.
Tellement d'interprétations des écrits de Marx restent possibles.
Ces interprétations semblent, parfois, tellement contradictoires que Marx pourrait être considéré comme de retour dans quelques pays, par seulement certains aspects de sa pensée, disait le journaliste russe, présent sur le plateau de Kiosque.
La Russie garde précieusement, une statue de Marx à Moscou, face au théâtre Bolshoi comme il en existe beaucoup dans le monde. Il faut distinguer Marx et Marxisme, disait-il, encore, sur le plateau de TV5Monde. Dire que le communisme de Marx, "essayé" à l'Est, a radicalement échoué après 1991, ne serait pas tout à fait honnête. Marx ne peut évidemment pas être tenu pour responsable de ce qu'on a fait de sa doctrine. Plus on s'éloigne dans le temps et de Marx, plus on s'éloigne de ses écrits. Mais on ne parvient pas à l'enterrer complètement même avec ses contradictions.
En Pologne, là où le communisme vivait pendant l'époque glorieuse de l'URSS, il n'y aurait plus aucune nostalgie du marxisme d'après la journaliste polonaise. La phrase de Marx "La religion, l'opium du peuple" est même enterrée puisque la Pologne avait envoyé son pape Jean-Paul II à Rome.
En Afrique, le mot "marxisme" aurait disparu du vocabulaire Subsiste le côté 'analyse' des relations sociales exacerbées par la crise du capitalisme.
L'Italie a eu longtemps un parti communiste très florissant dans les années 70 et 80, mais a, ensuite, choisi la voie de la Sociale-Démocratie.
Le PCF en France n'est plus que l'ombre de lui-même en comparant avec la situation d'après-guerre. Georges Marchais a été celui qui a incarné le parti à bout de bras. Le parti a dû perdre sa connotation stalinienne après la parution du livre "L'archipel du Goulag" de Soljenitsin. Depuis, le parti recherche en permanence son nième souffle. Le sketch récent des Chevaliers du Fiel est assez explicite au sujet des affiches d'Arlette Laguillier. C'est le Front de Gauche, avec Mélanchon, qui a repris le flambeau, en plus dur, en reprenant certaines principes du marxisme.
Dans les pays d'Amérique latine, 'on retrouve quelques principes marxistes qui perdurent au travers de gouvernements de Chavez, de Castro qui se considèrent comme les piliers du communismes. Tous deux, ennemis jurés de l'américanisme considéré comme Satan, comme il se doit.
La propriété privé a été acceptée, sans détour, dans les nouveaux pays communistes d'Amérique du Sud alors que son interdiction est dans les fondement de la doctrine initiale.
Le Laos a pris le nom de République démocratique populaire lao comme la Chine, n'en a plus que le nom mais plus les convictions communistes.
Les Républiques populaires sont des régimes communismes (dits parfois de «démocratie populaire») qui en font usage, mais n'en ont pas l'exclusivité. Plus aucun pays, même considéré comme doctrinaire du communisme, ne l'est plus vraiment.
Dans les pays de l'ancienne URSS, une nostalgie appelée "ostalgie" subsiste, après les virages à droite qui ont suivi.

Certains économistes ont voulu rectifier les erreurs du capitalisme, en "moralisant" le capital. Un mot d'ordre qui mériterait le prix de l'humour noir.
Marx n'était pas dupe sur ce point.
Dans la préface du Capital, il écrivit "Je ne peins aucunement en rose le personnage du capitaliste. Le développement de la société en tant que formation économique est compris comme un processus d'histoire naturelle, ne saurait rendre l'individu responsable de rapports dont il demeure socialement un produit".
Le soucis "éthique", "moralisateur" est-il une enseigne publicitaire?
Jusqu'où ira cette tendance? Probablement, jamais jusqu'à l'os à moelle de la charpente.
Celui qui se targue de "réguler le capitalisme" ne peut être qu'un charlatan politique. Réguler demande beaucoup plus qu'une intervention étatique.
En tenant pour axiome que si l'Etat lui-même joue dans les mêmes eaux que le capitalisme et qu'il ne s'auto-régule à la base, aucun espoir n'est possible.
Actuellement, les pays sont sur la même vague à rechercher, dans les fonds de tiroirs, le moindre milliards pour balancer les budgets.
Pour suivre Marx, il faudrait engager le dépassement du capitalisme vers une autre organisation sociale où les humains auraient des formes neuves d'association et contrôleraient ensemble leur puissance sociale.
Dernièrement, en Belgique, est venu l'idée de créer une nouvelle banque: la NewB.
Une banque axée sur une gestion responsable et éthique des dépôts et des crédits tout en privilégiant l'Etat belge.
En deux jours, 13.000 coopérateurs avaient versé 20 euros comme une obole de participation.
« La différence avec une autre banque est que ce sont les clients comme propriétaires qui décideront et vérifieront si les équipes appliquent leurs consignes. C'est l'AG des coopérateurs qui décidera des secteurs à financer, ensuite le management fera rapport de l'exécution de ces directives et sera contrôlé par un comité éthique élu par l'AG; enfin, tout le portefeuille de crédit sera public. Une offre de tous les services comme le compte courant, le crédit... mais comme une coopérative. Tous les clients capitalistes détenant des actions et qui investiront en local avec des capitaux qui resteront locaux... Une voix par coopérateur dans une démocratie économique. ».
A la question de savoir quelles étaient les formations des dirigeants, il fut répondu "Les profils des collaborateurs ont varié au fil des mois et des missions. Il y a des économistes, des financiers pour les questions liés au plan financier, des représentants des organisations pour les questions liés aux besoins sociaux et à la gouvernance, des informaticiens et des administratifs".
Rien d'anomal ni de totalement différent à ce qui se passe dans une banque traditionnelle si ce n'est cette idée de coopération.
"Comment être viable?" était la question subsidiaire face aux autres banques déjà en place. Qu'arrivera-t-il quand il faudra augmenter, de manière drastique, le capital pour ajouter à la cotisation d'entrée? Ces clients devenus propriétaires deviendraient de fait des actionnaires coopérants. N'exigeront-ils pas, tôt ou tard, des comptes de résultats positifs, des dividendes, des retours sur investissements, une plus-value?
Alors, est-ce une banque utopique qui aurait des envies de faire ressusciter les principes de Marx?
Un autre rebelle est ce qu'on appele le "bitcoun".
Un système qui cherche à éviter les banques par un système de monnaie parallèle qui transite par Internet. Spéculation oblige. Au dernières nouvelles, il est monté à 238 dollars parmi 11 millions d'utilisateurs avant de chuter de 50%. Quant à la transparence, faut pas rêver...
Dans tous les mouvements de foule, il y aura toujours ceux qui retirent leur épingle du jeu. Qu'on appelle cela une élite oligarchique n'empêche pas que des gens mieux formés à la vie économique existent et qui laisseront une "larme" aux laissés pour compte dans un néo-darwinisme notoire.
Sans beaucoup gratter la grande Toile, si le mot communisme n'apparaît plus que rarement en tant que tel, certains principes gauchisants se retrouvent dès la première dérive d'un fil de discussion qui tourne autour de l'argent, honni par ceux qui n'en ont pas, protégé par les autres. Normal, dirait-on.
Serait-ce ce que dit cet article la métamorphose du capitalisme?
Dans la conclusion, on y trouvait ce qu'aurait dit le sophiste Thrasymaque: « la justice naturelle est ce qui est le plus avantageux au plus fort; et le plus fort est celui qui ne se trompe pas dans la compréhension de ce qui lui est avantageux. Le but de tous les hommes, ce qui rend vraiment heureux, c'est de mettre la puissance aux services des passions et des intérêts de celui qui la possède. L'injustice est sage et vertueuse. ».
On ne change pas l'homme pour l'introduire dans un moule à l'identique. Vouloir une autre société pour plus qu'une partie de population serait une meurtrière utopie.
L'homme, s'il est anthropomorphe et même grégaire, est un animal qui n'aime pas vivre en meute. S'il aime se retrouver en groupes restreints, en dehors de grands meetings politiques, c'est par le partage d'intérêts communs comme règle de vie qu'il vit le mieux. Calculateur à ses heures, il le tient par ses gènes, aimant la rêverie de vacances de l'esprit et quelques utilisations de son temps réservé au travail. Cela veut dire qu'il ne faut pas le pousser dans ses derniers retranchements.
L'individu, dans une société de propriétaires privés, n'aime pas se faire dicter une concurrence qui ne serait pas "libre" et serait donc, de fait, "faussée". Perdre ce qu'il a emmagasiné par son travail en dehors de sa famille proche, est considéré comme "injuste". La débandade s'installe dès qu'il y a excès de ponctions, à la recherche d'une échappatoire.
Dans les entreprises, on trouve quelques sursauts qui s'opposent à la recherche du profit unique.
D'après une étude récente de Ernst & Young, en période difficile, les entreprises performantes ne cherchent pas à uniquement générer du profit pour leurs actionnaires, mais se concentrent sur la création de valeur pour toutes les parties prenantes dans un nouveau paradigme économique durable où la 'stakeholder' (corporatif) value' remplace la 'shareholder value'.
Le succès serait assuré par trois concepts "Mean" (ciblé), "Lean" (maigre) et "Clean" (durable). Des théories que l'on voudrait voir passer dans la pratique et sortir de principes théoriques.
Ce ne serait plus le travail dans la communion mais la réflexion par le partage.
L'expérience de Pavlov prouve qu'il faudrait même remonter plus haut et se rapprocher des gènes pour changer les concepts sociaux. En conclusion de son expérience, reflétée sur l'homme, celui-ci serait attiré par telle chose et un autre par telle autre. Rien que par des stimuli, il salivera, inconditionnellement, sans même se rappeler qu'il existe cet autre chose.
Les rites privilégient toujours la compétition dès le niveau scolaire qui encense les premiers de classe, et qui tombent, ainsi, dans le travers du joug du "diviser pour mieux régner" en protégeant la tête par une foule de grades hiérarchisés.
Être programmé, mentalement, à la séparation des biens et des jouissances pour récompenser les bons services dans un concept de "Bien" et de "Mal", prête à réflexion.
Tout régime a des effets secondaires qui ne sont pas inscrits sur la posologie de leur boîte de Pandore.
Essayer de l'ouvrir et ce sera se retrouver avec des contents et des mécontents.
Jean Ferrat a vécu un recul vis-à-vis de ses convictions communistes en chantant "La jungle ou le zoo".
Rien de nouveau sous le soleil. Une faillite dans l'aboutissement de l'homo oeconomicus, consommé par le libéralisme théorique et de l'éthique de l'individu concurrentiel près à devenir "tueur" dans la liquidation des solidarités sociales jusqu'à l'extinction de l'espèce humaine car l'un dépend de l'autre.
Lev Vygotski poussait l'autre porte du marxisme par la notion du développement intellectuel de l'enfant comme une fonction des groupes humains plutôt que comme un processus individuel.
Le travail n'y avait plus sa place. Serait-on plus proche d'une version 2.0 du communisme?
La conjoncture est à la radicalisation. Même François Hollande, en baisse dans les sondages, s'en est aperçu comme socialiste convaincu lors de son dernier interview.
Il y était parlé des deux Corée qui se font face en fourbissant leurs armes à défendre chacune une autre idéologie dans un bluff éternel et de l'affaire de mensonge de Cahuzac.
Les secrets des Offshore-Leaks sont exposés mondialement, lisait-on dans la presse. Même la famille royale d'Espagne se retrouvait dans l'oeil du cyclone par la corruption.
C'est peut-être ainsi que l'on peut déterminer ce qu'est une démocratie. L'affaire Cahuzac et celle d'Espagne, en Corée du Nord ne serait jamais arrivée sur la scène publique.
L'anarchie ne serait-il pas l'effet secondaire d'une volonté de partage dans sa globalité vu le nombre infini de convictions politiques différentes, de corruptions déguisées? 
Serait-on occupé à scinder le monde en régions, divisé par des convictions plutôt qu'à les rapprocher? Ce serait comme une nouvelle dérive de continents avec sur l'un d'eux, l'idéologie capitaliste et, sur l'autre, celle du communisme.
L'enfoiré,
Remarque: ce billet, je le dédie à Nabum avec qui j'étais assez opposé lors de son son article "Laisser pisser le chameau". Quand on lit l'aventure de Sébastien (ci-contre), il y a des questions à se poser.
- « Chaque communiste doit assimiler cette vérité : le pouvoir est au bout du fusil. », Mao Tsé-Toung
- « Pourquoi je suis communiste ? C’est bien simple : je possède un milliard et je veux le garder. », Pablo Picasso
- « Un capitalisme sans banqueroute est comme un christianisme sans enfer », Frank Borman
09:10 Publié dans Actualité, Histoire, Monde des affaires | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
28/03/2013
Créateurs d'étincelles
Je me suis demandé comment j'aurais pu inciter des adolescents en phase terminale du secondaire et les passionner à l'étude des Sciences quand on sait qu'elles sont un peu négligées... Défi pour un prof de Sciences...
Je ne vais pas vous sucrer la pilule. Des nouvelles négatives circulent dans beaucoup de domaines.
Aujourd'hui, je vais tenter de renverser ce négativisme ambiant et essayer de vous passionner en vous parlant de ce que les Sciences peuvent vous apporter.
Je vais commencer par vous parler d'histoire. Pas d'histoire avec un grand "H" comme vous l'enseigne votre prof d'histoire. De la petite histoire de ceux qui ont marqué leur temps en laissant des traces indélébiles. Des anonymes célèbres, des créateurs d'étincelles, qui travaillent dans l'ombre, loin de "The Voice", mais qui entrerons dans les habitudes des gens par leurs découvertes et leurs inventions.
Et, j'en suis convaincu, vous pourriez, demain, être de ceux-là.
Je ne vais pas vous rappeler la dernière aventure qui est arrivée à Summly, à ce rachat par Yahoo, de ce Nick d'Aloisio quoique ce serait une bonne entrée en matière pour vous dire que la réussite est toujours possible. Oui, vous avez raison, le foot vous passionne et devenir un joueur sur le terrain, peut vous faire gagner plus de sous et vous motiver. Comment contrer cela?
Pourquoi pas commencer par l'histoire de votre portable? Vous l'utilisez pour communiquer sans plus vous rendre compte de tout ce qui l'a précédé avant d'arriver dans vos poches. Il a supplanté le téléphone fixe et révolutionné votre vie de tous les jours. A une époque encore récente, il ne méritait pas la qualification de "portable" en faisant désordre avec son antenne proéminente.
Mais vous direz, ce n'est pas de la science mais de la technologie. Et vous aurez raison. Mais, l'une est complémentaire à l'autre.
Tout va plus vite aujourd'hui que par le passé grâce à la technologie comme levier accélérateur de la Science sans que cela se ressente dans le bonheur général du monde.
Mais, passons, si vous le voulez bien, cela nous engagerait sur une mauvaise voie ou de mauvais sentiments...
Suivre l'histoire de la Science, c'est faire l'inventaire des inventions et des découvertes à travers les siècles comme l'a présenté l'émission de Arte "La fabuleuse histoire de la science" en six épisodes. Une histoire qui vous impose de revoir toutes vos convictions l'une après l'autre.
Je reprendrai les conclusions du dernier épisode:
- à notre insu, le cerveau fait de la Science.
- la Science est affaire de politique, de croyances et d'argent
- elle est motivé par le pouvoir et la passion
- les questions de demain seront façonnées par ce que nous sommes, par notre monde et nos préoccupations
Tout cela est vrai et bien résumé.
Il vous reste le choix du comment l'aborder. Des questions existentielles restent ouvertes comme "qu'est-ce l'univers?", "d'où venons-nous? et "de quelle matière est fait notre monde?" dans lesquels vous pouvez intervenir pour faire évoluer les connaissances scientifiques.
Je préviens, les connaissances perdent très vite de leur superbe et de leur caractère exceptionnel. Elles se doivent se renouveler en permanence. "Innover" est, plus que jamais, le mot clé.
Sur ARTE, une autre série d'émission intitulées "Il était une fois... les découvreurs" réalisées en dessins animés est destinée aux juniors.
La dernière présentait "Guillaume Marconi et les ondes" avec son esprit curieux qu'il avait en bricolant des fils électiques en spirale pour créer des champs électromagnétiques en se passant de fils pour communiquer.
L'histoire des communications est arrivée dans mon Smartphone et elle continue toujours à vivre sa folle aventure...
Au 19ème siècle, avec les découvertes et les lois de la thermodynamique et de l'électromagnétisme, le monde scientifique croyait qu'il connaissait toutes les lois fondamentales de la nature.
On en était loin comme vous pouvez le constater.
Sur la page de garde du Printemps des Sciences, dont les expositions viennent de s'achever à Bruxelles, il est écrit: "La Science est précieuse, fascinante, étrange…On pourrait aussi la qualifier d’inodore, incolore, insipide, mais ce serait trop réducteur. Alors, pourquoi pas: complexe, subtile, changeante, et surtout, essentielle? Ah, elle peut aussi être solide comme le roc, fluide comme le vent ou même invisible comme l’air. Banale et extraordinaire à la fois, omniprésente et rare, elle est source de vie, mais peut aussi semer terreur et effroi… On la traque sous terre pour vivre, et sur les autres Terres, juste pour le plaisir. Cosmique ou tellurique, elle est au cœur de notre existence, de notre survie, de nos loisirs, de nos peurs, de nos espoirs."
Disons que la Science se cherche en permanence, qu'elle bouge, qu'elle n'arrive jamais à satiété avec ses inventions et ses découvertes. Beaucoup de magazines de vulgarisations scientifiques en témoignent.
Si j'arrive à modéliser ces étapes dans votre esprit, à leurs donner un sens, une origine, une histoire et une fin de recevoir ou de non recevoir, je serai arrivé à mon but.
Je dis "non recevoir", parce que tout n'est pas bon à conserver et à prendre en considération. Des échecs et des déchets sont du nombre. Il y a toujours des découvertes ou des inventions qui ne tiennent pas la route dans la distance, trop dangereuses à l'usage ou en inadéquation avec le temps. L'histoire de la bombe atomique n'est qu'un des dérapages.
En résultent des bides magistraux conçus avec de gros budgets et de petites réalisations qui font, elles, un tabac.
Inventer est toujours plus flatteur que de découvrir fortuitement pour justifier les investissements avec des rendements élevés.
Le côté fortuit de la découverte reste, bizarrement, dans l’ombre et non avoué par le découvreur-inventeur qui aimerait plutôt laisser une image de longues recherches et d’un travail acharné.
La fin justifie-t-elle les moyens?
Une réponse de Normand vous suffirait-elle? Je n'en ai pas d'autres.
Vous aimez les romans à suspense. Alors, avec la science, vous en aurez.
On vous demandera de publier pour vous faire connaître et attirer l'attention sur vous. On vous demandera d'être proactif. Il faudra conserver l'humilité car avoir raison trop tôt, c'est trop émouvoir la galerie.
Ressentir l’importance du changement nécessaire fera partie de votre stratégie future, d'une intuition mêlée d'expériences.
Gardez une partie de votre savoir en réserve, pour ne pas vous le faire coiffer sur le poteau. Des inventeurs qui se sont fait voler leurs idées ne sont pas rares car la compétition fait partie du jeu.
Pour faire bouger les choses, comme acteur scientifique, il y aura le pouvoir, la passion, la rivalité et le hasard, la chance (inventions fruits du hasard). L'histoire s'écrit tout autant dans les laboratoires que sur le terrain.
Aujourd'hui, on mêle tout le melting pot, sous le seul parapluie des "Recherches et Développements". Des R&D, en abrégé. Des budgets sont alloués à la Science par le secteur public et plus souvent par le privé, mais toujours au compte-gouttes.
Pourtant, on confond souvent l'invention avec l'innovation.
Le prix Nobel de médecine en 1937, Albert Szent-Györgyi disait qu'il y a deux types de recherches.
La recherche fondamentale qu'il qualifiait de "dyonisiaque" et la recherche appliquée, définie comme "apollonienne".
Dyonisos, associé au bon vin mais aussi, à la recherche de l'inconnu, avait des visions sans en connaître la destination, soutenues uniquement par l'enthousiasme, l'imagination et la démesure.
Apollon, associé au dieu du soleil, ami avec la raison, aimait les sollicitations objectivées et récompensées.
Et si Apollon avait rendez-vous avec Dyonisos pour aller boire un coup ensemble, est-ce qu'ils continueraient à innover?
L'innovation est la transition de l'invention. Elle a besoin de sponsors pour démarrer et espère des royalties en retour. Elle est devenue chère à rechercher à décupler son potentiel. 
On n'invente plus avec seulement un point d'interrogation devant le nez. La science s'est elle-même transformée dans ses processus et se tourne vers le travail en équipe.
Les entreprises ne peuvent même plus se permettre de se limiter aux résultats de leurs propres recherches. Elles acquièrent des connaissances d'autres sociétés. Elles sous-traitent et achettent des licences, des brévets.
L'écueil de l'invention fortuite, mais trop aléatoire, est ainsi évité. Il n'y a que la standardisation qui fait défaut dans ce processus d'externalisation qui empêche d'accroitre encore plus cette tendance.
Les relations "homme-homme" sont devenues difficiles et chères, disais-je. La machine s'est introduite dans cette relation qui n'est plus limitée au "one to one", mais au "many to many". Des relations dont on vous a parlé au cours d'informatique avec les difficultés qu'elles engendrent. S'il y a des dysfonctionnements et des erreurs, pour s'en disculper, ce sera toujours le bug informatique et la machine qui sera responsables. Ce qui est plus de neuf fois sur dix, absolument faux, mais qui évitera de chercher les erreurs humaines qui prendraient bien plus de temps.
Voilà, les questions qui importent, désormais, bien plus que la décision de passer à l'acte.
Alors, vous allez me dire, "mais qu'est-ce que je viens faire dans cette galère?". "Comme les entreprises le font, je n'ai plus qu'à acheter ce qui existe pour consommer". "Plus besoin de me farcir des années d'études".
Encore une fois, à la limite, on pourrait le croire que tout a été inventé comme au 19ème siècle. Et pourtant...
Le marketing impose toujours ses lois. Si le marketing ne donne plus le temps aux entreprises d'espérer des inventions révolutionnaires et des découvertes fortuites, il fait tourner la machine du temps et des fantasmes.
Aujourd'hui, la complexité et le temps pour "inventer", pour "découvrir" est toujours voulu plus court.
Ok, il y a l'"Open Innovation", l'"Open source" que vous devez avoir entendu parler sur Internet. Henry Chesbrough voulait mixer les connaissances par cette voie. D'après lui, il faudrait tout ouvrir pour tout le monde dans le libre, le perpétuel et le gratuit. Quand on sait que nous sommes dans un monde où tout s'achète et se vend, vous vous dites, il doit y avoir un truc.
Je ne sais si c'est à cause de ces considérations que la Science aurait moins de succès auprès de vous, jeunes, plus attirés par le rêve que par une époque de crises et de projets d'avenir que l'on vous propose au raz des pâquerettes. Mais, il faut savoir que la pénurie de jobs dans le domaine des Sciences, existe bien plus qu'ailleurs.
La recherche fondamentale est souvent sous-évaluée à cause de ses retombées aléatoires. D'accord. Tout n'est pas qu'argent pour générer le plaisir.
Soi-disant moins rentable, avec des retombées non estimables dès le départ, elle fait partie des activités scientifiques qui entrent en conflit moral avec la recherche appliquée qui se fixe des objectifs précis de rendements. Ces deux approches restent complémentaires.
La société veut toujours du nouveau. C'est ce qu'elle attend de vous.
Une véritablement lutte à mort s'est engagée en dehors de nos frontières. Les pays en voie de développement vous attendent au tournant dès que vous lâcherez prise.
Votre portable et votre PC venaient du Japon. Il vient, désormais, de Corée du Sud.
Les cerveaux seraient-ils mieux formés en Corée qu'au Japon avec une technologie mieux adaptée?
Pas vraiment. Il y a une autre loi qui intervient. Celle du prix de vente qui dépend, à son tour, du cours de la monnaie. Le won coréen est beaucoup plus faible que le yen. Ce qui explique cela.
Le progrès humain est jonché de ce genre de moments d'incongruités politiques que l’humanité est obligée d'assumer.
Je suis désolé de vous le dire, les moments de grâce seront plus discrets encore dans le futur.
Il ne faut pas sous-estimé le consommateur. Pas fou, celui-là. Il peut analyser et comparer les prix avec le rendement et les plaisirs des gadgets que les technologies lui fournissent.
Alors, il faudra le faire rêver, ce consommateur comme un maître de la simplexité pourrait le faire, puisqu'il ne se rend pas compte que l'ergonomie qui lui rend les choses simples et plus agréables, sont dans le fond très complexes.
Même si, dans vos déductions, vous avez quelques soupçons sans preuves, il faudra les vendre, les traduire en y mettant des artifices pour qu'ils soient encore "achetables" par des consommateurs blasés. D'autres, avant vous, l'ont fait avec plus ou moins de bonheur.
Vous vous souvenez de ce fameux Boson de Higgs avec les théories des molécules qui l'entouraient. Imaginez comment cela aurait été difficile de le faire connaitre sans les médias, sans le buzz qui l'entourait et sans un nom magique de "particule de dieu". Réunir la science avec la religion par l'intermédiaire des médias, quelle idée de génie !
Aujourd'hui, c'est mon rôle de vous faire rêver à votre futur entre plusieurs voies.
Une première, celle du fondamental qui offre un angle à 360° avec la liberté mais sans certitudes et sans beaucoup de sponsors. Une seconde, au canevas de recherches, fixé d’avance par la recherche appliquée. Chacune contient tellement de sous-couches différentes du savoir que vous avez un choix étonnant.
Il faut avouer que le métier de chercheur demande des dons d’ubiquité, d'intuition, d’observation, d'esprit de déduction qui sortent souvent des programmes enseignés dans les universités qui se doivent d'être informatives sans obligation d'apporter l'assurance du succès.
Les fondamentalistes ne seront pas plus intégristes avec des buts exploratoires, avant de devenir expiatoires devant un bide éventuel que les applicatifs.
L'ancien patron de GSK était sur antenne, hier. Il rappelait quelques principes en provenance du secteur pharmaceutique.
Je ne suis pas là, non plus, pour vous vanter uniquement les études supérieures.
Chacun a son mot à dire pour croiser le fer de l’invention et de la découverte.
Mardi, Thomas l'avouait qu'il ne se sentait pas être une flèche tandis que ce jeudi, il se sentait avoir de l'influence sur le gouvernement.
Thomas, dont le papa, Edgar Gunzig, vous vous rendez compte, était physicien, intéressé au vide quantique, à l'inflation cosmique et auteur de la théorie du bootstrap, une théorie explicative de l'origine de l'univers. Ce serait, vraiment, jouer au fils à papa, avec un parfum de népotisme, que d'en ajouter une autre couche avec les mêmes accents, les mêmes notes, via son fils. Soyons pluralistes, que diable...
L'autodidacte, aussi, peut avoir des envies de crier "Eureka" dans son bain ou ailleurs, sans avoir suivi des études très poussées.
Passer à côté de la plaque de l'histoire manquerait toujours de panache et de goûts d’aventure quand on a quelques moyens innés, manuels ou intellectuels.
Devenir "créateur d'étincelles", cela demande bien plus qu'une vague rumeur de l'histoire, qu'une entrée en religion et la fougue, personne ne vous forcera à l'avoir.
Les Sciences, en vitesse de croisière? Peut-être...
Crises structurelles? Un mauvais moment à passer?
"Cogito ergo sum", disait Descartes.
Cette maxime, au moins, est toujours vraie.
Rappelez-vous que les Sciences peuvent être autre chose qu'austères. Elles peuvent être très amusantes comme le sont les histoires de Sherlock Holmes.
Voilà ce que je voulais vous dire, aujourd'hui.
Une vieille blague, pour finir, me vient en mémoire. Un peu rafistolée pour l'occasion, elle pourrait se dérouler ainsi:
Trois inventeurs dialoguent au salon des inventions de Bruxelles.
Le premier, un américain dit:
- J'ai fait partie du projet Google glass. Avec ces lunettes, il est possible de communiquer avec le monde entier.
Le second, japonnais dit:
- J'ai fait partie de l'équipe qui a développé les nouveaux robots. Ils permettent d'aller voir de plus près les réacteurs de la centrale de Fukushima. Nous les contrôlons à distance. Cela n'est pas par la télépathie. Ils ont beaucoup de latitude dans leurs actions pour décider de la marge de manoeuvre sans interventions des hommes.
C'est alors qu'on entend un bruit sourd qui provient de l'inventeur belge. Tous deux se retournent vers lui.
Le Belge, un peu honteux, dit, avec un esprit inventif:
- Ne vous en faites pas. C'est mon hologramme téléporté à New York. Je lui avais envoyé un message. Il vient de me renvoyer un accusé de réception sur mon vieux fax.
(Rires des étudiants)
Je ne vous dis pas, mais, la morale de cette histoire pourrait bien être que si vous ne parvenez pas à faire passer vos inventions dans le public par les médias habituels, vous avez toujours la possibilité d'utiliser, en plus, l'ouïe ou l'odorat pour le faire.
Mais vous pouvez le considérer comme un poisson d'avril avant l'heure...
(Rires et applaudissements)
L'enfoiré,
Citations:
- "Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle", Nicolae Iorga
- "Les grands embrasements naissent de petites étincelles.", Cardinal de Richelieu
- "Qui a peur des étincelles ne devient pas forgeron", Proverbe allemand
08:15 Publié dans Ecole, Histoire, Nature et Ecologie, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : histoire
22/03/2013
Pour l'amour de l'eau
... le titre d'une émission sur ARTE de 2008. Un film qui appelait à résister à la raréfaction de l'eau contre le pillage des sociétés dans un soucis écologique. 22 mars 2013, nouvelle journée mondiale de l'eau. Une autre émission sur RTL-TVI: "L'eau: source de vie". Puis, c'est à peu près tout dans la presse.
Passer "Au fil de l'eau", c'est souvent passer de l'opulence à la pénurie.
RTL-TVI sautait allègrement du thermalisme de Spa à la création d'un puit de forage à Kinshasa. L'image que cela peut donner de passer du nirvana à un travail de récupération de l'eau de forcat. (revoir)
S'il ne manque pas d'eau à Kinshasa, c'est l'eau potable qui fait défaut, même sans curistes qui se payent du thermoludisme. Boire de l'eau polluée, c'est le choléra qui prend la relève. Boire de l'eau du robinet ou en bouteille, un geste tellement simple, qu'on en oublie toutes les précautions qu'il faut prendre pour obtenir la qualité de l'eau.
Une tout autre histoire d'amour...
Les pays riches parviennent à résoudre leur pénurie en déssalant l'eau de mer et ensuite, la rendant potable. Solution qui se fait payer très chers.
Lutter contre la sécheresse en faisant pleuvoir dans le désert, l'idée peut paraître aussi folle que simpliste.
En 2006, un projet pour faire pleuvoir dans le désert du Néguev, coordonné par l'Université libre de Bruxelles (ULB) et financé par Israël, avait été envisagé. Comme des sourciers, pour faire pleuvoir, deux rabbins étaient montés en mongolfière pour unir leurs prières.
J'ai cherché, rien de nouveau sous le soleil, plus rien n'en est dit du projet sur Internet... Le désert du Néguev est resté un désert.
Le projet avait, pourtant, mobilisé un budget de 60 à 100 millions d'euros et se basait sur le vieux principe des "îles de chaleur", recouverte de panneaux solaires et une condensation par la vapeur d'eau en provenance de beaux cumulus que le vent se chargerait de pousser jusqu'aux zones les plus arides.
A Las Vegas, en plein désert, l'eau semble couler à flots continus. Et pourtant...
Cependant, l'eau douce fait chuter le pourcentage en dessous de 3% et à moins de 1% pour l'eau potable.
Huit enfants par secondes meurent dans le monde par manque d'eau potable, disait Ricardo Petrella. L'OMS estime que plus de cinq millions de personnes meurent chaque année pour avoir absorbé une eau non potable. Un luxe, cet or bleu !
L'eau est le principal constituant des êtres vivants et l'élément indispensable à toute forme de vie.
L'eau représente la troisième industrie mondiale après le pétrole et l'électricité, mais son caractère vital et sa raréfaction accélérée vont en faire, à court terme, la première ressource essentielle et, par là, un potentiel de profits pour certains.
La corruption favorise même le gaspillage des ressources en eau pour faire monter les prix. La construction de barrages, de canaux et de réseaux de canalisations sont les plus touchés par cette corruption liés aux grands projets.
L'aide internationale contribue à cette situation quand une véritable gestion de l'eau n'est pas présente.
Intolérable le prix à payer quand on pense que cette eau est un don de la terre, mais qui est mal distribuée sur celle-ci.
Fin 2011, après 3 ans d'enquête, l'eau ne permet pas de lutter contre la déshydratation est il annoncé. L'UE dictait, alors, un nouveau texte de loi qui interdisait aux industriels de faire figurer cette assertion sur les bouteilles d'eau minérale ou d'eau de source. "Boire de l’eau pour prévenir la déshydratation ne peut pas être un argument de vente", concluait l'étude.
Miser sur l'or bleu est un enjeu majeur du XXIe siècle disait Jean-Claude Périvier, rédacteur de Défis & Profits. Bonne source d'informations dont je remercie les auteurs.
La disponibilité de l'eau, un des plus grands défis auquel l'humanité doit et devra faire face. Il va bien falloir que les pays s'entendent pour la gérer, à moins de s'engager sur la voie des conflits. Les échéances sont proches et le statu quo n'est pas tenable.
L'OCDE exhorte à réformer la gestion de l'eau, car selon un récent rapport, 3,9 milliards d'hommes (environ 40% de la population mondiale) vivront dans des zones soumises à un stress hydrique important d'ici 2050.
D'après la Banque mondiale, l'utilisation de l'eau a augmenté deux fois plus vite que la population mondiale au cours des 50 dernières années, et la Banque calcule que la demande en eau devrait doubler tous les 21 ans.
Naturellement, assainir l'eau, il faut s'en réjouir sur le plan humanitaire par les vies préservées, les maladies évitées, l'hygiène et le confort pour davantage de gens et une production agricole plus efficace.
Mais, le développement de nombreux pays émergents (ou sur le point de le devenir), accentue la pression sur la demande en eau en créant plus de pollution, menaçant la disponibilité d'eau de bonne qualité.
Beaucoup de pays sont déjà touchés par le stress hydrique, de manière plus ou moins forte hors des pays en voie de développement. La Grande-Bretagne fait l'expérience d'un déficit pluvieux; la France voit souvent ses nappes phréatiques dangereusement basses. Ce n'est évidemment rien à côté de ce qui se passe en Afrique...
Une situation que la pollution ne fait que dégrader et qui est encore aggravée par des infrastructures insuffisantes ou défectueuses. L'eau pourrait bien être considérée à court terme comme une ressource non renouvelable pour satisfaire la demande.
Le marché de l'eau est un marché de services de 500 milliards de dollars par an. En croissance annuelle de 5 à 7%, il suit les cycles économiques d'après la banque PICTET qui a un fonds sur l'eau très performant. C'est de plus en plus le secteur privé qui prend la relève sur un marché initialement détenu et géré par des entités publiques.
Les retombées bonnes ou mauvaises arrivent en cascades:
- l'eau gratuite est progressivement abandonnée. Le principe du "tout le monde paie" est communément admis. Le prix de l'eau est ajusté plutôt sur sa valeur que sur son coût.
- l'eau est considérée comme une matière première finie. Sa réutilisation assure la pérennité des ressources (récupération des eaux pluviales, séparation des eaux usées, passage de l'assainissement au traitement des eaux usées, recyclage...) avec des réseaux intelligents mis en oeuvre dans les pays émergents.
- Via des partenariats public-privé, le secteur privé devient un acteur en progression, passant de 13% de parts de marché au niveau mondial à 21%.
- récupération de la chaleur, l'utilisation des boues d'épuration comme source d'énergie (biogaz), le traitement des eaux pour la récupération de métaux et de minéraux.
- En alternative au chlore, la sécurité de l'eau et la santé publique, assurée par les UV, l'ozone et d'autres procédés d'oxydation.
- des politiques gouvernementales en faveur de la préservation de l'eau avec des lois et directives. Aux États-Unis, comme "Safe Drinking Water Act", "Clean Water Act". En Europe, "Directive Cadre sur l'eau", remplacement des tuyauteries en plomb, traitement des eaux usées urbaines. En Chine, 12e Plan à cinq ans sur les ressources en eau et l'irrigation, objectifs prioritaires sur le traitement des eaux usées.
- etc....
Les infrastructures liées à l'eau ont un besoin de 1.000 milliards de dollars par an d'investissement.
Si on prend les investissements dans l'énergie, les transports rails/routes, les ports et aéroports, l'eau absorbera 66% des investissements en Amérique du Sud, 57% en Asie, 56% en Amérique du Nord et 49% en Europe et en Afrique.
Sur 25 ans, cela représente 15,9 trillions de dollars en Asie, 9,2 trillions en Europe, 7,5 trillions en Amérique latine, et seulement 1,1 trillion en Afrique.
Les frais et les hausses de prix sont influencés par l'irrigation, le traitement des eaux usées, le stockage, la production d'hydroélectricité, l'eau en bouteille qui vise à l'amélioration de la qualité de l'eau potable du côté humain, pour les pays riches. Palier la sécheresse des terrains pour les autres. La mousson dans les pays tropicaux est, tout à la fois, un bien et un mal pour les récoltes. Les grands barrages ont généré autant de problèmes qu'ils en ont résolus.
Il faut 1.000 litres pour obtenir un kilo d'oranges, 5.000 litres pour produire un kilo de riz, un bovin consomme environ 400.000 litres d'eau dans sa vie entière !
Une grande partie de l'eau utilisée n'est pas "consommée" et retourne sous terre d'une manière ou d'une autre dans un cycle à système fermé.
Elle est contaminée, quand elle a été utilisée par l'agriculture, l'industrie ou les usages domestiques.
80% des grands fleuves chinois sont tellement pollués que les poissons n'y vivent plus. Le Yang Tse est quotidiennement pollué par les sorties d'égouts et 40 tonnes de déchets industriels. Le fleuve Jaune est dans un tel état qu'il n'est même plus utilisé pour l'irrigation.
La pollution de l'eau la plus visible au quotidien est de nature industrielle, domestiques, mais il faut y ajouter les pollutions naturelles comme les sédiments, les substances nutritives de la végétation.
La protection de l'environnement et le développement durable passent par le traitement préventif de la pollution, à travers la gestion des déchets de notre société de consommation.
Le S&V de juillet 2012 parlait du réchauffement climatique en retraçant les étapes qui se sont suivies entre -20.000 et -10.000 ans pendant laquelle la Terre se réchauffait.
La corrélation entre le CO2 et le réchauffement était une nouvelle fois confirmée ou infirmés par les climatosceptiques à chercher qui a fait quoi. Une nouvelle histoire de la poule et de l'oeuf que les astro-climatologues cherchent à expliquer en comparant avec la Terre avec d'autres planètes.
Le CO2, dégagé par les océans, réchauffe l'atmosphère et l'atmosphère réchauffée suit de près l'augmentation de CO2 comme thermostat.
Le mystère, c'est pourquoi cela s'est déclenché lors de la dernière déglaciation qui n'était pas un moment qui avait subit un maximum de changements. La différence avec aujourd'hui, c'est la rapidité du processus. En trois siècles, 30 % de plus en CO2 que lors de la dernière déglaciation.
Entre une molécule de CO2 et de H2O, un atome de différence, mais qui a tellement d'importance pour la vie.
Coca-Cola qui avait racheté Chaudfonfaine à Interbrew, a investi 60 millions d'euros depuis dix ans pour préserver son or bleu. La société a bien récupéré l'investissement, d'ailleurs. 160 millions de litres d'eau de Chaudfonfaine par an sortent de l'usine. Une eau filtrée pendant 60 ans avant de remonter à 37°C. De la géothermie qui refroidit à 15°C pour embouteiller l'eau. Chaleur qui permet, grâce à un système d'Intelligence Artificielle, à organiser les puits de captation. L'OMS utilise cette eau comme référence pour étalonner les autres sources.
Hier, 21 mars, c'était la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.
Un prétexte, une prémonition? Un problème qui parait bien maigrelet face aux problèmes que pose l'eau et sa distribution dans le monde. Il avait pourtant généré un débat.
La rareté de l'eau vient dans le prétoire comme un avocat du diable avec la discrimination que fait subir la nature, à la population du monde. Il aurait à défendre la raison de la sécheresse, d'un côté et le trop plein, de l'autre. Une prêche dans le désert...
L'économie mondiale est en crise. La tenue de la consommation soutient la croissance mondiale. Les gouvernements redoutent comme la peste une baisse de la consommation et encouragent des taux d'intérêt aussi bas que possible pour que leurs citoyens consomment, même au prix de l'endettement.
Dès le XIIe siècle, aller à val ou à vau voulait dire "en descendant le long, en suivant la pente de", un vau étant une vallée. Au moins jusqu’au milieu du XVIe, cette locution, utilisée entre autres par Rabelais, avait le sens très concret de "suivre le fil de l’eau" comme "Aller à vau-l'eau" pour désigner une entreprise qui fonctionne mal.
C'est loin d'être le cas pour une entreprise dont l'activité "baigne dans l'eau", aujourd'hui.
L'eau est, aussi, un thème qui coule de source pour l'investisseur avisé qui y voit une croissance continue sans faire autant de bruit que le font les différentes sortes d'énergies.
Les revenus, autour de l'eau, sont moins sensibles à la détérioration de la conjoncture économique et les investissements sont considérés traditionnellement dans le secteur "défensif". Belle défense, vu les quatre années de "performances durables". Signe des temps, le gouvernement chinois a planifié 450 milliards de dollars sur l'eau et ses dérivés.
Préserver la qualité de l'eau équivaut au thème majeur de la survie de l'espèce humaine, indépendamment de ce problème racial ou financier.
- Allô, Martiens, ici la Terre...
- ...
- Chez vous, y en a-t-il encore de cet "or bleu"? Faites le nous savoir, que vous êtes bleus, rouges, verts, blancs ou noirs. Quelques gouttes suffiraient pour nous rassurer....
L'enfoiré,
Pour finir, des photos de la situation des eaux dans le monde suite aux changements climatiques
Citations:
- « Chacun dirige l’eau vers son moulin. », Proverbe corse
- « L’eau renversée est difficile à rattraper. », Proverbe chinois
- « La goutte d'eau qui fait déborder le vase ferait mieux d'éteindre l'étincelle qui met le feu aux poudres », Laurent Baffy
08:20 Publié dans Actualité, Economie, Nature et Ecologie, Santé et bien être, Shopping | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
14/03/2013
Abus de faiblesse
Des "Abus de faiblesse et autres manipulations". Marie-France Hirigoyen en avait fait un livre. Marie Andersen, son cheval de bataille dans d'autres livres. Psychiatres, psychanalystes, elles ont consacré leurs carrières aux victimes pour combattre les violences psychologiques et en démonter patiemment les rouages et les techniques.
Les violences peuvent prendre tellement de forme et envers, tellement de victimes différentes. Les faiblesses se découvrent tout au long de la vie. Mais, il y a des franges de la société plus enclines à se laisser prendre.
Définir ce qui génère les fragilités serait la première étape à prendre en considération. Une prédation s'établit par le fort sur le plus faibleinternt.
Il y a d'abord l'âge tendre, les enfants. On sait qu'ils sont les premières victimes des adultes dans les mains de pédophiles.
Il y a les femmes victimes du machisme des hommes. Comme les deux psys sont des femmes, c'est à la base ce qui les a fait écrire leurs livres.
La manipulation devient le cheval de Troie dans les relations humaines entre adultes.
Le livre de Marie Andersen, "Les 10 façons de la manipulation" suivait d'autres comme la "Manipulation ordinaire". Ordinaire, parce que courante, mais pas parce qu'elle devrait être ordinairement acceptée. Les précautions contre la manipulation s'apprennent.
La famille, le couple, le travail, la vie sociale, Internet ne sont que certains cadres dans lesquels se rencontrent les manipulations de tous genres. Les personnages nuisibles agissent dans l'ombre. Ils se nourrissent de conflits. Les personnalités qui attirent un manipulateur sont celles qui lui donnent l'impression de posséder des qualités qui lui manquent et des faiblesses qui l'arrangent. Dix chapitres du livre décrivent la disqualification, l'imposition, l'isolement, l'intrusion le refus de dialogue, la chosification qui rend une personne "objet", l'inversion, le déni, le décervelage et l'emprise.
Marie Andersen donnait sa méthode qu'elle appelait "Méthode 0-1-2" pour mieux communiquer. Une relation entre A, l'émetteur et B, le récepteur d'une information.
Le niveau 0 avec A qui parle comme il vomit et B qui n'est pas réceptif et n'entend rien.
Le niveau 1 avec A qui se veut informatif, attentif à lui-même pour clarifier ses idées et B passif car il n'a pas d'intérêt.
Le niveau 2 avec A et B intéressés par besoin commun dans une solution win-win. La solution du nec plus ultra.
Elle ne connaissait manifestement pas l'algèbre booléenne, qui dit que si et seulement si a ET b est VRAI que le courant passe.
Dans son livre, elle préconise de ne pas perdre son temps, de tirer les leçons du passé, d'être le meilleur ami de soi-même en se conseillant.
Marie-France Hirigoyen, elle, a suivi le fil rouge par sa propre expérience dès l'enfance pour guider ses écrits et sa pratique clinique.
Enfant déjà, elle traquait les injustices.
Elle écrit:
"J'ai toujours voulu être psychiatre. J'attribue cette vocation au fait que ma mère était une petite chose fragile, toujours dans la plainte. Peut-être, voulais-je lui venir en aide...
J'ai le souvenir qu'un jour à l'âge de 14 ans, ma mère m'a expliqué qu'aucun médecin n'avait pu la soulager. Je lui ai répondu qu'elle n'avait pas vu un psychiatre. J'ai toujours eu un intérêt aussi pour ce qui est juste et injuste.
Je me souviens qu'au lycée on avait mis des garçons dans notre classe de filles option maths, car nous étions très peu nombreuses. Nous, les filles, avions des cours de couture. Eux, les garçons avaient le droit de fumer et de sortir entre les cours. Je n'avais pas conscience d'être féministe, mais cette différence entre les sexes me choquait. Je me souviens que, durant mes études de médecine, un patron, chef de service, prenait un malin plaisir à malmener les étudiantes. Un jour, nous étions dans la chambre d'un patient, et le patron m'a demandé de faire l'examen clinique devant le staff. Alors que je terminais, il s'est mis à hurler: "Les couilles, Mademoiselle, palpez-lui les testicules! J'ai rougi, je me suis sentie humiliée.
Très clairement, j'ai écrit Le Harcèlement moral, en 1998, en réaction à cette hypothèse. Je considère que, dans certains cas, les personnes se font piéger.".
Avec ce livre, elle a veillé à faire découvrir au grand public le concept de "pervers narcissique". Concept que l'on découvre après avoir été asservi et qui permet de détruire moralement quelqu'un juste avec des mots.
Le concept de "pervers narcissique" se présente sous forme de vexations, de petites injustices, et l'a poussée à se tourner vers la victimologie et à l'étudier aux États-Unis, en 1994, puisque cette discipline n'existait pas en France.
Elle inspire la loi sur le harcèlement moral au travail en 2002.
"Après la parution de cet ouvrage, j'ai reçu des milliers de lettres qui décrivaient des situations stéréotypées. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la violence physique et directe, mais le glissement d'une situation normale à une situation abusive, les agressions insidieuses dont on ne prend conscience que quand il est trop tard", explique la thérapeute.
Elle considère que les femmes subissent plus de petites humiliations que les hommes. "Je pense que, si je n'avais pas été une femme, je n'aurais sans doute pas été sensible à ces violences invisibles", conclut-elle.
De petites injustices de la vie quotidienne, "trop" souvent la norme, contre lesquelles elle a eu envie de se battre en tant que femme.
Les psychanalystes parlaient du masochisme des victimes, et les thérapeutes systémiciens considéraient que s'il y avait des agresseurs, c'était parce qu'il y avait des victimes potentielles.
Pas de manichéisme, ni d'angélisme. Les notions de "bien" et de "mal" ne sont que des vues de l'esprit, poussées à l'extrême par des idéologies partisanes.
Parler des psychopathes et comment les détecter, une autre tentative d'approcher les prédateurs qui s'éclatent toujours à un moment, suite à l'innocence de leurs victimes.
La vieillesse en est une des formes plus catégorisées dans le rayon "faiblesses". La maladie, le complément de la vieillesse.
Retombé en enfance, plus crédules, les plus âgés deviennent des proies faciles des plus jeunes.
Dans l'article précédent, je parlais des "Démons de l'âge", des vieux qui cherchent encore à exister, mais qui sont pris de cours par la perte de connaissances des nouvelles vérités qui les dépassent.
Attention, cela ne veut pas dire que les démons de l'âge "jeune" ne soit pas maléable à suivre n'importe quel esprit révolutionnaire.
Mais, c'est vrai que les personnes âgés se laissent, plus facilement, arnaquer, sans même s'en rendre compte.
Se faire agresser en rue, n'est que la forme la plus visible. On les retrouve, alors, perdus, dans la rubrique des "chiens écrasés" de la presse locale.
Ils deviennent aussi les victimes favorites à la maison. C'est plus subtile. Un coup de sonnette à l'aveuglette, à tous les étages d'un immeuble à appartements et c'est toute la sécurité établie à grands frais qui est chambardée. Il a mal compris, n'a pas réfléchi à la véracité des dires d'un visiteur, d'un faux facteur ou policier ripoux.
La faiblesse des vieux qui espèrent encore faire illusion, se retrouve, aussi, confrontée à des femmes beaucoup plus jeunes. L'argent a seulement apporté un palliatif au vieillissement inéluctable, un complément aux illusions des victimes de la solitude dans de derniers élans de sexualité.
Les jeunes-vieux d'aujourd'hui font de la résistance et veulent du gras de la vie en s'aidant d'une dose de Viagra. Avec l'âge, les raideurs se déplacent, pourrait-on dire avec humour.
Le privilège de la jeunesse apporte des tentations de pouvoir sur les aînés pour en profiter par quelques avantages qu'il faut appeler abus de faiblesses.
"L'enfer du décor", un livre écrit par la compagne, plus jeune de Raymond Devos. Elle a été dépassée par d'autres et a cru bon de se justifier et de se disculper devant une opinion publique dans ce livre. En 2009, le tribunal l'a relaxée du chef d'administration de substances nuisibles mais pas d'avoir usurpé la qualité de médecin.
Dernièrement, on apprenait que Bebel se séparait de sa chère et tendre.
Coïncidence, le même jour, sortait le film "Les invités de mon père" sur nos ondes belges, diffusé ensuite, le 7 octobre dernier, sur France2, avec le même paradigme.
Bébel (79 ans), un cas parmi tant d'autres.
Ce fut donc la fin d'une "belle" histoire avec Barbara Galdolfi (37 ans), ex-top-modèle, impliquée dans des affaires judiciaires et dont il avait fait la connaissance en juin 2008 dans un restaurant de Cannes.
Une histoire d'amour qui avait déjà fait couler beaucoup d'encre bien avant la rupture. Les policiers belges soupçonnaient Barbara, aujourd'hui animatrice à Star TV, d'avoir utilisé Bébel, et son état de faiblesse depuis son AVC, pour lui soutirer de l'argent.
L'avocat de l'acteur disait lors de la rupture "Je sais ce qui s'est passé et j'ai donné raison à Jean-Paul de mettre fin à cette aventure. Il y a des procédés qu'on ne peut accepter" ("Secret de stars").
A l'occasion de la journée de la femme du 8 mars, sortaient quelques articles sur le féminisme et ses égéries.
Je ne vais pas ressortir "Le Martien et la Vénusienne" pour le prouver. La femme est peut-être l'avenir de l'homme, par ses intuitions et quelques forces de persuasions.
Profiter du sexe pour arriver à ses fins, n'est pas nécessaire être féministe.
La gente féminine n'est plus ce qu'elle était. Qu'on ne vienne pas dire ce que je n'ai pas dit. J'adore quand les femmes sont compétentes et qu'elles se rebèlent quand on ne les respectent pas.
"Comment le 8 mars devint une journée fun?", un texte que j'ai aimé lire.
Au début de la semaine, on parlait de Sherill Sandberg comme de la nouvelle "Reine de la Silicon Valley", une égérie du féminisme, numéro 2 de Facebook, qui avait pour modèle Betty Friedan.
Dans son livre "Lean In" ("Femmes, ayez plus d'ambition"), elle invite les femmes à se bouger, à croire en leurs rêves, à les dépasser avec l'aide des hommes, pour, ainsi, effacer l'ordre social actuel dicté par la hiérarchie des sexes. Les rôles seraient-ils inversés? Machisme au féminin?
Le sexe ne pourrait-il pas devenir une rampe de lancement à ses idées, même s'il peut en donner l'illusion?
L'Express affichait sa première page avec "L'arme du sexe".
Si l'argent est le nerf de la guerre, le sexe, lui, est souvent son point sensible.
Les "Mariages distancés" par l'âge existent et peuvent se concevoir tant que l'argent n'intervient pas trop pour fausser les règles du jeu de l'amour.
Dans le film, "Vingt ans d'écart", cela passe encore... Plus, c'est bonjour les dégâts potentiels. En fin de course, cela parait plus un mélange à risques divers, que ce soit du côté "couguar" ou "léopard", d'ailleurs.
On apprenait, dans la foulée, que les membres d'un couple sur cinq vivent ensemble sans se parler pour de seules raisons économiques.
Il est certain que vieillir rend moins suspicieux. Les personnes âgées sont les premières victimes d'arnaques et les moins aptes à déceler les signaux de danger. Pour l'expliquer scientifiquement, des chercheurs de l'université de Los Angeles ont montré que le cortex insulaire antérieur, associé aux sentiments instinctifs, sont moins actifs.
Mais, où est la limite? Les femmes qui prennent des postes de direction ne prennent-elles pas le même chemin pour établir leur supprématie que les hommes?
Les manipulations font partie de la vie, ce qui fait la différence, c'est l'intentionnalité.
Où commence l'influence normale et saine, où commence la manipulation?
Comment repérer les premiers signes d'un abus de faiblesse?
Le Monde du 16 août 2012 (Martine Laronche) relayait les titres de chapitres les plus évocateurs.
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CHAPITRE 1. ABUS DE FAIBLESSE ET MANIPULATION
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1. Du consentement et de la liberté
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2. De l'influence à la manipulation
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3. Les textes juridiques
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CHAPITRE II. LES PERSONNES VISÉES
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1. Les personnes vulnérables, âgées ou handicapées
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2. Abus de faiblesse sur mineurs
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3. Vers la sujétion psychologique
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4. La sujétion amoureuse ou sexuelle
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5. L'emprise des sectes
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CHAPITRE III. LES MANIPULATEURS ET IMPOSTEURS
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1. Qui sont les manipulateurs ?
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2. Les mythomanes
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3. Les escrocs
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4. Les pervers narcissiques
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5. Les paranoïaques
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Enfants, personnes âgées, retombant en enfance, sont comme les adultes en état de sujétion psychologique, parfois en perte de repères.
Comment ne pas parler d'Internet, là où les relations non protégées tournent, parfois, en une véritable confrontation de forces, en un pugilat. La Toile aurait pu se révéler un lien entre les hommes contemporains, entre les générations, dans un partage de connaissances. On est parfois très loin des liens d'amitiés préconisés par Facebook sur les forums de discussions.
Se définir avec un "à propos" détaillé et sans honte est loin d'être une généralité. C'est alors qu'échapper ou contrer une propagande demande doigté et retenue de la part de ses utilisateurs.
Une première forme de manipulation, c'est d'envoyer par procuration une information, sans partage, sans répondre à ses commentateurs en se désintéressant de ce que le lecteur en pense. Une autre technique, c'est de rejeter toutes contestations en pointant les autres comme de vils menteurs, perturbateurs, trolleurs.
Les plus dangereux sont peut-être les manipulateurs qui s'ignorent, qui le font avec conviction de leur bon droit comme porte-drapeau d'une cause.
Depuis 2006, je hante les forums, en m'intéressant à ce qui se dit sur Internet. Les coups fourrés, les insultes à mots couverts ne sont pas rares. Un jour, il y a déjà longtemps, un jeune avait lancé son pavé de textes dans la marre aux canards. Se voyant chahuté de toutes parts, il se souhaitait de ne plus avoir l'envie d'y revenir de sitôt. Aujourd'hui, il ne se trouverait plus dans la marre aux canards, mais dans un déluge de faux canards qui ne respectent plus rien.
Alors, dernièrement de guerre lasse, comme j'aime taquiner le diable par la queue, j'ai joué au manipulateur, intentionnellement dans un article sur Daniel Cohn-Bendit qui déviait dangereusement sur la pente de la pédophilie. Jouer au "méchant" en remontant le flux et en finissant par le dire pour enlever les quiproquos. Ma conclusion sera de dire que cela demande une certaine persévérance, de courage pour dire parfois le contraire de ce que les autres pensent, de mélanger le vrai au faux.
Une autre fois, j'avais rappelé ce phénomène d'ignorance de l'autre dans un commentaire. Il est resté lettre morte tout en disant que l'auteur au pseudo "Le moine du côté obscur" (qui le méritait bien), idéalisait les idées et pas les humains alors qu'il n'avait, d'après ses dires, pas besoin de leaders pour personnifier ses (propres) valeurs.
Les valeurs ne sont pas universelles.
Alors que reste-t-il à la victime contestataire, dissidente?
Le pluralisme des idées à jeter aux orties?
Je sais que l'homme est complexe et plein de contradictions, cela veut dire qu'il faut parfois, aussi, "choser" pour en comprendre les sources de la "chose".
Un commentateur est face au dilemme de reculer et c'est l'autre qui avance. Ne pas oublier qu'à la base, il y a un test de résistance exercé sur la victime par le manipulateur.
Je ne sais qui a utilisé le mot "surfer" en parlant d'Internet comme on le ferait sur des vagues. L'image est excellente. Surfer, c'est voir où on arrive sur le rivage, mais aussi regarder dans son dos de sa planche à voile ou sans voile.
Pour cela, avant tout, il faudra se respecter soi-même, sa planche de salut pour avoir une chance de résister aux manipulateurs et aux vagues qui cherchent la faille pour s'insinuer et mettre ses victimes le dos au mur. Avoir le courage de tirer la prise. Sinon, c'est le plongeon.
Un commentaire désagréable peut modifier notre manière de penser, en polarisant l'attention des lecteurs et engendrer un effet néfaste sur l'objectivité de l'interprétation.
Vouloir avoir raison devient, alors, une addiction qui engage le combat, la fuite, le blocage ou la meilleure solution, l'apaisement.
Utiliser la force de l'adversaire, une manière habile de se "dévulnérabiliser". Les préjugés sont bien présents dès l'entrée de jeu dans toutes discussions. Ne jamais s'énerver. Donner du lest aux deux côtés. Trouver l'alternance entre provocations humoristiques et acquiescements de replis pour temporiser. Dévier ce qui est insupportable pour sortir d'un chapeau trop concentré, trop serré, ... trop amer, aussi.
La démagogie qui prétend mener le peuple se contente souvent de suivre la foule.
Oui, il y a des cerveaux malades, c'est dire qu'il faut y être préparé comme Taddeï tente de le faire dans une bataille d'opinions.
Une quête aussi précise qu'inspirée, qui révèle que le statut de victime n'est pas irréversible, ni irrésistible.
L'enfoiré,
Mise à jour 15 mars 2013: Le journal de La1 belge présentait les maisons de repos qui ont dû aussi introduire Internet.
Certaines vont jusqu'à enseigner son utilisation en aidant l'utilisation du clavier et de la souris en n'oubliant pas d'avertir sur les danger de la Toile. Surfer sur le web pour les pensionnaires en allant retrouver l'endroit de leur résidence, de voir des clips. passer par la télé, mieux connue.
Mise à jour 22 mars 2013: Affaire Bettencourt: Sarkozy mis en examen pour «abus de faiblesse»
Mise à jour 14 mars 2013: Jean-Pauml Belmondo chez Drucker pour ses 80 ans.
Citations:
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« La faiblesse est le courage des autres. », André Brochu
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« L'alibi est la faiblesse des innocents. », Dominique Muller
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« La morale est la faiblesse de la cervelle. », Arthur Rimbaud
08:25 Publié dans Economie, Livres, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07/03/2013
Les démons de l'âge ou de la jeunesse éternelle
Tous octogénaires... Quels sont les vrais-jeunes de 80 ans dont parle "Le Point" dernièrement?
Avec l'aide de la médecine, de plus en plus vieux vivent de mieux en mieux et de plus en plus en plus longtemps.
Selon les chercheurs de l’Institut Max Planck, 72 ans d'aujourd'hui, valent 30 ans d'hier. La mortalité a diminué, à toutes les tranches d’âges, plus rapidement qu'au cours des 200 millénaires précédents grâce aux antibiotiques, aux vaccins et aux progrès dans l’agriculture et dans le traitement des eaux.
Le Journal de LA1 du 1er mars avait une séquence intitulée "Tous octogénaires" car en Belgique, l'espérance de vie est passée à 83 ans pour les femmes et 78 pour les hommes. Pas de tabac, peu d'alcool étaient cités comme moyens pour y arriver. Plus de problème de compétitivité, ni de stress au boulot, peut-être aussi. Tout semble parfait.
En vieillissant, les hommes pleurent le titre du roman que l'auteur Jean-Luc Seigle définit comme : "Le courage de quitter la vie après avoir accompli son travail avec un fond de musique de Blues".
C'est surtout la solitude qui était à redouter.
"Le Point" citait des noms célèbres qui ont atteint un âge avancé, sans se sentir vieux: Philippe Bouvard, Jean d'Ormesson, Paul Bocuse, Helmudt Schmidt, Michel Serre, Edgard Morin, Stephane Hessel, Alain Resnais, Shimon Peres, Michel Bouquet...
Danielle Moreau en a même fait un livre "80 ans et toujours fringants".
C'est vrai, ces "jeunes-jeunes" étaient souvent des intellos, agile du cerveau, mais plus fragiles du côté des muscles et des membres. Pas de travailleurs en usine, ni de transporteurs de poids lourds dans le peloton des super-seniors.
Les vrai "jeunes-vieux" ou les faux "vieux-jeunes" ont des trucs, décrits dans l'analyse de "Le Point".
Dans la liste, des racines trouvées dans le capital génétique, une capacité de toujours s'étonner devant la nouveauté, une envie d'avoir des choses à raconter sans s'en priver, un tic de se mêler de tout, une obligation de se coucher uniquement quand la fatigue est trop forte, de présenter des idées fixes sans certitudes, de se targuer d'un optimisme comme sport de combat, de s'accorder des jouissances dans l'oisiveté ou de prendre des risques à parler avec des jeunes, de se plier à un emploi du temps comme un démon de la dispersion... pour en finir par rester dans le fond 'enfant' et innocent de tout.
En d'autres mots, s'ils ne savent plus vraiment où ils vont, mais, ils y vont sans s'en soucier.
Les Super Papys font de la résistance en se rappelant de leurs souvenirs d'un autre temps, d'un autre environnement, d'une autre crise, peut-être.
Le Pape Benoit XVI a étonné en démissionnant, lui qui est sensé aller jusqu'à la fin. Pape de transition, avait-on dit d'emblée lors de son élection, il y a huit ans. La transition s'achève.
Au Saint-Siège, avoir un successeur, c'est une affaire de fumée blanche.
Les cardinaux, les "sous-papes" de sécurité, se sont installés en concile-à-bules, pas pour jouer du clavecin mais jouer des coudes pour se positionner avec des sourires de circonstances.
Le nouveau Pape, on l'attend avec un âge dit "jeune", considéré à bonne mesure de 65 ans. Une relève jeune, alors que ce sont les vieux qui choisissent leurs suivants... La maison Gammarelli a déjà prévu les habits du suivant. Tout est donc en place.
"Le Pape est mort, un nouveau Pape est appelé à régner. Araignée ! quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon?", disait Prévert.
"Au suivant", chanterait encore Jacques Brel plus prosaïquement.
Les styles anciens reviennent au goût du jour. On fait du jeune avec du vieux.
A croire la presse, les vieux ont le vent en poupe et on s'intéresse à eux.
Les "Années bonheurs" ont du succès en aidant à remonter le passé si l'attention des plus jeunes est encore présente.
Le film "Amour" avec Trintignant qui raconte la fin de vie d'un couple, ramasse les suffrages et les récompenses aux Césars.
Revers de la médaille, les pays industrialisés ne se sont pas préparés pour pouvoir faire face à l’augmentation des coûts de prise en charge de ces futurs retraités. Les autorités et des Offices des retraités s'en inquiètent.
C'est le moment de définir les quatre nouvelles sections d'âges de la vie.
Coupées au couteau, cela pourrait se répartir en 1er âge de 0-25 ans, celui de l'apprentissage à la cuillère, de 2ème de 26-50, celui de l'utilisation à la louche, de 3ème de 51-75, celui de la consécration de la soupière et de 4ème de 76-Fin, celui de la réparation des ustensiles de ménage des trois premiers âges. Les "Quatre Saisons" de Vivaldi en quelques sortes que la pyramide des âges lisse avec des statistiques.
Ce qui va nous intéresser plus ici, c'est le dernier quart.
Les vieux ne sont plus les mêmes que ceux que ceux de Jacques Brel. Ils attendaient, alors, la pendule d'argent.
La pendule d'argent est devenue plus dorée pour cette génération de patriarches. Mais, c'est une dorure qui s'est effritée avec le temps et laisse entrevoir un alliage moins attirant par dessous.
Aujourd'hui, s'ils sont les plus âgés, ils ne peuvent plus entendre la pendule. Électronique, elle ne fait plus le tic-tac et en plus, avec un appareil auditif qui amplifie les graves et atténue les aigues automatiquement, pas sûr que cela passerait mieux. Alors, ils écoutent le temps qui passe sans plus pouvoir chercher à le comprendre.
Ils font tout autant qu'avant mais en plus de temps. Ils s'arrêtent souvent, contemplatifs, pour ménager leur monture.
L'environnement a changé, les mentalités ont changé, les objets de communications qui réunissaient les gens ont changé, même si les utilisateurs de ses objets arrivent petit à petit dans toutes les mains sans être fondamentalement compris...
Le "gap" entre les générations n'est toujours pas résolu. Le sera-t-il, un jour d'ailleurs?
Ils ne faudrait pas croire que tous les enfants du bon dieu soient devenus des canards sauvages avec l'âge.
Si, récemment, le Pape tweetait avec son iPad, cela s'appelerait pour l'occasion un iPope, à bord d'une papa-mobile, c'est à dire bien entrouré de garde du corps.
Quand les vieux se rebellent, c'est qu'ils sont devenus plus grincheux, que l'horizon s'est rétrécit à la seule famille qui pourrait apporter le réconfort. A ce stade, la vieillesse s'insinue, s'incruste et s'installe alors pour ne plus les lâcher.
Ils voudraient communiquer, mais s'y prennnent de plus en plus mal en perdant les contacts naturels ou en radotant sur le dos de ses contemporains.
Leurs enfants, grands ou petits ne s'intéressent plus aux p'tis vieux que le temps d'une valse à trois temps sans jamais arriver à celle des mille temps. On ne compte plus jusque là.
Ceux-ci, avec l'obligation d'être compétitifs, se retrouvent, parfois, bien loin comme un élastique entre le temps et l'espace.
Chacun vit, bien plus, sa vie sur des voies parallèles, qui comme chacun sait, ne se rejoignent qu'à l'infini. Ce métier dont on ne se sépare jamais complètement, revient parfois au p'tit vieux. Tout ne s'efface pas avec le temps. Il suffit d'un sommeil trop léger, ou trop agité, pour qu'ils se retrouvent avec des souvenirs pleins les bras.
Souvenirs tout à fait en compétition, si pas en opposition, avec ce qui se dit ou se fait dans la modernité du moment.
Rester dans le coup, c'est aussi avoir le pouvoir de se remettre en question pour s'aligner avec ce qui est nouveau, de faire table rase des préjugés avant d'affirmer avoir raison ou tort. 
Quand ils arrivent à monter sur la vague, c'est par de petits tchats, par un tweet pour faire semblant qu'ils aiment encore.
Si, ce ne sont pas, heureusement, les volontés qui font l'homme, ce sont apparences qui en donnent l'image.
Les célèbrités marquent, d'ailleurs, le ton. Vieillir n'est pas "in" chez eux.
Jean Rochefort, âgé de 82 ans, dit "pas question de retraite".
Parmi les "vieux célèbres", il y a ceux qui défilent sur le canapé rouge de Michel Drucker.
Hypocondriaque, il bave d'envie de tenir le coup ou la corde jusqu'à un âge avancé à présenter des jeunes et des vieux sur son plateau. Et, défilent Annie Cordy, Danielle Darieux, Azanavour, comme monstres sacrés.
Dimanche dernier, à "Vivement dimanche" c'était Salvator Adamo qui venait s'asseoir pour fêter ses 50 ans de carrière et souffler ses 70 bougies. "Une vie privilégiée", avoue-t-il. Les souvenirs sont sortis de cette rencontre entre deux contemporains presque parfaits, bien évidemment...
Le soir, Pierre Arditi annonçait qu'il se retrouverait avec Marielle dans le film "La fleur de l'âge".
Est-ce la fleur de l'âge ou la fleur au fusil? Faudrait choisir.
Michel Galabru apportait la note d'humilité de ses 90 ans avec sa petite fille et leur livre, en commun, "Tout est comédie".
Dans la catégorie des "poids plumesé des people, on peut lire que Richard Gere avoue que "c'est formidable, à 63 ans, de jouer encore les séducteurs dans "Arbitrage" avec Susan Sarandon" et toujours "faire attention à l'argent". "Les rides me vont biens", disait Bruce Willis alors qu'il va reprendre son personnage de John McLane.
Avec humour, on pourrait dire que les monuments sont de sortie avec leurs craquelures du temps dus aux pigeons qui laissent leur carte de visite pour donner un cachet supplémentaire.
Pourquoi n'en serait-il pas de même avec les citoyens lambda?
Dans la semaine, "Vieillir en pleine forme" était le sujet de X:enius sur ARTE.
L'anonyme, Gunda traversait l'Allemagne à bord de son easy-rider. "Je ne me sens pas aussi vieille que je le suis", disait-elle.
Si ce n'était la synchronisation entre le corps et l'esprit qui laisse à désirer et déséquilibre, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes d'un âge certain.
L'âge n'est pas décisif mais bien la biographie des mouvements.
Le vélo était présenté comme une des solutions pour y remédier. Ce vélo qui apporte l'équilibre en faisant oublier le réflexe de prendre la voiture. Très théorique, tout cela.
Du côté cerveau, il faut savoir qu'il est toujours en plein processus de restructuration jusqu'à la fin de vie si le syndrome d'Alzheimer ne s'en mêlait pas pour rendre une symphonie romantique dodécaphonique.
"Use it or lose it", une formule intraduisible avec le même impact dans d'autres langues.
Stéphane Hessel vient de tirer sa révérence à 95 ans.
Il faisait partie, en bonne place, des élus dans l'étude de "Le Point". La dernière marche a été, peut-être, trop haute même pour un homme au destin hors normes.
Il a eu de multiples vies. Pourtant, ce sont seulement les cinq dernières années que tout a été dit et résumé sur trente pages publiées à 4,5 millions d'exemplaires et traduite en 33 langues pour sortir de l'ombre.
"Que faire" après s'être indigné? Hessel a essayé de le dire. Sera-ce dans "Engagez-vous"? Oui, mais à quoi?
Ce sont surtout les Indignés qui sont à plaindre. Ils ont perdu leur inspirateur, leur l'idole. Il faut bien le dire, le mouvement des jeunes indignés s'est un peu essoufflé. "Reposez-vous" maintenant, Stéphane.
Une idole qui ressemble, en plus, à un adolescent qui lancerait des idées sans les assumer, cela ferait un peu gnan-gnan.
"Indignés de cons", comme l'écrit et le raconte, Marcel Sel.
"Un peu court, jeune homme", comme le disait son intervieweuse.
Qu'importe. Il faut l'avoir fait et avoir pu le dire et l'écrire avec fougue.
La cerise sur le gâteau est déjà avalée. Quant à la part de gâteau, elle pèse déjà sur l'estomac après un diner de cons. La conclusion de Marcel Sel "Avoir confiance et faire les choses avant de se sentir capable de les faire" est tout à fait ce qu'il leur faudra de courage.
Les mots ne coulent plus uniquement de la plume, ils sortent des touches du clavier d'ordinateurs, propulsés. La pensée de Jean Cocteau "Écrire, c'est se battre avec de l'encre pour se faire entendre", n'est plus à l'ordre du jour.
La presse et les réseaux sociaux se chargent du reste pour, parfois, faire du buzz.
Pour Stéphane, ce sera un enterrement de première classe, honoré par tous, dans une "dernière sortie en boîte", comme le dit le dictionnaire de Laurent Baffie. En grande pompe. Pas une sortie anonyme sans esprit et sans vécu.
Fini d'être en porte-à-faux. Pourquoi ne pas devenir porte-drapeau dans une nouvelle vie? Il n'y a plus qu'à s'arranger pour ajouter l'huile aux rouages grippés...
Avec le sourire, c'est tenter le diable et garder bon-pieds bon-oeil comme pare-tout, bien qu'un brin de nostalgie et l'éternelle phrase "c'était mieux avant" persiste. Et, oui, la bouffe avait encore du goût dans l'ancien temps. Moins de luxe et de voitures, c'est évident.
Paradis perdu et enfer en échange? Une impression d'avoir perdu une emprise sur son avenir, alors qu'en grattant un peu plus... on ne sait plus trop...
N'empêche, faut vieillir en douce, heureux d'être encore là, à son rythme propre, gourmand d'un peu de vie avec une technique éprouvée dans un sorte de baroud d'honneur.
Certains "dits-vieux" ont fait le pas. Ils ne cherchent pas à connaître les antécédents de la Toile sur laquelle ils surfent avec deux doigts. C'est presque de guerre lasse, qu'ils se sont mis au numérique, même s'ils ne savent plus compter ou s'ils le font encore, c'est en sous ou en vieux francs car cela fait plus riche de compter en millions de francs qu'en milliers d'euros pour solder les comptes en fin de mois.
Les plus vieux ont toujours aimé s'assurer en épargnant pour le futur et compléter la pension qu'ils avaient compris être rabotée, un jour. Ils ont pris le train de la modernité à marche forcée et le monde des jeunes est devenu un peu trop grand à leur goût. La mondialisation ne les a pas vraiment choppé, pourtant. Ils ne comprennent pas toujours les jeunes qui aiment partir avec une valise en carton, mal fermée.
Beaucoup de différences existent entre les papy-boomers, les baby-boomers et les boomers tout court qui semblent marcher à pieds nus sur leurs dettes. Ils ne parlent plus d'une quelconque belle époque comme le faisaient leurs propres aînés. Mais, il faut bien l'avouer, à de rares exceptions près, ils sont devenus conservateurs dans l'âme.
Alors, ils grignotent leur capital engrangé puisque les intérêts ne sont plus à la hauteur de leurs espérances.
Parfois, ils bégayent tout en ne s'en rendant pas compte pour tenir les autres éveillés. A cours de sujets, ils reprennent des anciens et 'répépépètent' depuis le début.
Normal, en définitive...
Les plus vieux souvenirs reviennent sur les tapis alors qu'ils se demandent qu'est-ce qu'ils sont venus chercher en allant dans la cuisine pour chercher le pot de sucre.
Si le cordon ombilical a été coupé avec le sécateur, ils ne parlent plus avec le même langage pour l'exprimer.
Ils meublent le temps pour faire preuve qu'ils existent. Alors, ils tweetent ou facebookent comme bonimenteurs.
Joindre l'agréable à l'utile. Tout l'inverse de leur vie active pendant lequel ils tentaient de joindre l'utile à l'agréable.
Au besoin, certains comblent les trous en écrivant un livre q'ils promotionnent à la "Foire du livre" (*). Cela fait aussi partie de l'exutoire à leurs espérances et la fantaisie en fait partie.
Vendent-ils leurs souvenirs aux plus offrants?
Rien n'est moins sûr...
Ils défendent leurs propres thèses creusées en sillons étroits qui transitent encore aux tréfonds de leurs mémoires. Les expériences des autres, ils s'en foutent dans le fond.
Débattre, c'est plus trop leur truc en plumes, mais plutôt une base pour faire ressortir les derniers frémissements de leurs poils.
Une tune qui tombe dans la sébile ou s'insère dans le bastringue, là, ils deviennent curieux, tombés dans le syndrome d'Erostrate, et pensent être devenus les nouveaux philosophes de demain, munis d'une canne blanche pendant que d'autres restent perdus entre la partie de pétanque quand il fait beau et la partie de bridge quand le temps est à la pluie avec leur fan club.
Entre eux, ils changent la sauce piquante en sauce mayonnaise.
Les super-centenaires, c'est sur l'île d'Okinawa qu'on les rencontre.
Pas de doute, la longévité des vieux inquiètent les jeunes. Ils ont trop de trucs pour se retrouver au mieux de leur forme comme quand, Tonia chantait, à une certaine époque, "avec un peu de poivre, un peu de sel, un peu d'amour, un peu de miel. Quand tout cela sera mélangé, tu pourras dire enfin que c'est arrivé"
Le "bon vieux temps", c'était un temps, où on tirait souvent sa révérence sans bruit, plus rapidement, sans effets secondaires ou au pire, à titre posthume. Un temps où les hiérarchies décidaient en lieu et place, résignés.
Un temps, pendant lequel, celles-ci se cachaient derrière une tour d'ivoire. Elles ont aussi pris leurs quartiers d'hiver aux rayons des "divers", perdues tout autant, dans la masse des inconnus célèbres.
Les lettres à pépère de Magdane, on s'en régale. Non, on ne se moque pas des personnes âgées.
Le 8, c'est la journée de la femme, pourquoi pas ne pas mentionner la lettre à mémère?
Voyons, vous n'êtes pas sympa...
Je reprendrai la préface et la postface du nouveau livre de Bouvard "Je crois me souvenir":
"Être 'moins jeune', c'est parfois être fier de rien. Reconnaissant envers ce dieu auquel, je déplore de ne pas croire, de m'avoir évité le pire avant l'inéluctable. C'est demander pardon de son omniprésence et se retrouver encombrant pour seul gage de conscience professionnelle et d'honnêteté intellectuelle que l'on peut offrir comme le serait un vieux con, non blasé.".
Si la maison de repos devient, tout de même, obligatoire, il s'agit de la choisir de tout repos.
Ces maisons de repos ont besoin de plus en plus d'emplois pour parvenir à accomplir leurs tâches et plus de 40.000 nouveaux postes de jeunes restent à trouver même si la rentabilité impose à nouveau des restrictions de personnel. Premier lien d'intérêts entre générations.
Des prix (fort) élevés et des services déficients qui font souvent partie du lot avec une moyenne de 1360 euros par mois (+138 euros de suppléments) font peur. Pourtant, il faut une autre moyenne de cinq mois sur de longues listes d'attentes à Bruxelles, preuve que cela ne freine pas.

Inciter à dépasser l'âge de la retraite en donnant des compensations financières sous forme de bonus?
S'il suffisait de donner un peu de gras à la vie pour changer le canasson en cheval de course, ça se saurait.
Mais, de toutes manières, que ne ferait-on pas pour avoir une pêche d'enfer? Une pêche, au paradis, ça se saurait aussi.
Samedi 2 mars, la nostalgie et les hommages étaient de rigueur autour de Charles Aznavour lors d'un nouveau numéro de l'émission "Hier encore".
La chanson, un autre lien potentiel entre les générations?
Si oui, alors, un karaoké s'impose :
J'avais vingt ans
Je caressais le temps
Et jouais de la vie
Comme on joue de l'amour
Et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours
Qui fuyaient dans le temps
J'ai fait tant de projets
Qui sont restés en l'air
J'ai fondé tant d'espoirs
Qui se sont envolés
Que je reste perdu
Ne sachant où aller
Les yeux cherchant le ciel
Mais le cœur mis en terre
Hier encore
J'avais vingt ans
Je gaspillais le temps
En croyant l'arrêter
Et pour le retenir
Même le devancer
Je n'ai fait que courir
Et me suis essoufflé
Ignorant le passé
Conjuguant au futur
Je précédais de moi
Toute conversation
Et donnais mon avis
Que je voulais le bon
Pour critiquer le monde
Avec désinvolture
Hier encore
J'avais vingt ans
Mais j'ai perdu mon temps
A faire des folies
Qui ne me laissent au fond
Rien de vraiment précis
Que quelques rides au front
Et la peur de l'ennui
Car mes amours sont mortes
Avant que d'exister
Mes amis sont partis
Et ne reviendront pas
Par ma faute j'ai fait
Le vide autour de moi
Et j'ai gâché ma vie
Et mes jeunes années
Du meilleur et du pire
En jetant le meilleur
J'ai figé mes sourires
Et j'ai glacé mes pleurs
Où sont-ils à présent
A présent mes vingt ans?
L'enfoiré,
(*) Photos de la Foire du livre 2013
Mise à jour 10 mars 2013: Pour la petite histoire, ce samedi soir, 9 mars, j'allais voir, au Théâtre des Galeries, la pièce "Sortie de scène" de Nicolas Bedos présentée pour la 1ère en 2005, avec son père dans le rôle principal. Une pièce dans laquelle un auteur de comédies à succès consacre son fiel à des essais polémiques. La maladie lui laisse assez de souffle pour se disputer avec sa gouvernante-secrétaire-infirmière qui ne craint pas de lui répondre. L'arrivée inattendue d'une jeune nièce dépressive va obliger ce misanthrope professionnel à aller refaire un tour du côté de l'humour, de risquer à fumer un joint pour, ainsi, joindre deux générations.
Citations:
- « A vieux comptes, nouvelles disputes. », Proverbe français
- « Un vieux rosier ne se transplante pas. », Proverbe québécois
- « Le vieux balai connaît les coins. », Proverbe irlandais
- « Les vieux péchés ont de longues ombres. », Proverbe chinois
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28/02/2013
Une intelligence pleine d'artifices
L'étude du cerveau humain, une stratégie médicale, technologique et économique. L'intelligence artificielle remplacera-t-elle l'intelligence humaine? Drame ou progrès pour l'homme?
Répondre à cette dernière question est que tout dépend de ce qu'on en fera.
Le 20ème siècle peut être considéré comme celui du coeur. Le 21ème pourrait devenir celui du cerveau.
Aujourd'hui, les opérations à coeur ouvert se font à la chaîne, même si les maladies cardio-vasculaires font toujours parler d'elles. Si le sang est véhiculé par la pompe du coeur, c'est le cerveau qui gère toutes les autres fonctions du corps humain.
Étudier le cerveau est bien plus complexe.
La neurochirurgie est encore très jeune. Les chirurgiens, face à une tumeur du cerveau, n'ont pas eu beaucoup d'occasions pour se familiariser avec les techniques médicales. L'électro-encéphalogramme reste trop ciblé et incomplet. Les nano-sondes et l'IRM pourraient aider à modéliser le cerveau humain. Les progrès des techniques de la neuro-imagerie permettent de visualiser le cerveau sur le plan anatomique et fonctionnel. ("Le Cerveau de cristal" par Denis Le Bihan). Il y a pourtant un grand décalage entre l'image visuelle et la guérison. La neuro-imagerie moderne est apparue dans les années 1970 et révolutionné la techniques des rayons X de Röentgen qui date de 1895.
Le cerveau, curieusement, est insensible à la douleur. En 2010, un simulateur virtuel du cerveau a été créé au Canada. La mesure de la rigidité ou de la mollesse du cerveau est mise en équations numériques pour simuler au plus près et, ainsi, s'y exercer à opérer le cerveau pour en extraire une tumeur.
Obama veut en savoir plus sur le cerveau: "Pour ce faire, des scientifiques prévoient de construire une cartographie complète de l’activité cérébrale. Ils veulent faire pour le cerveau ce que le projet du génome humain a fait pour la génétique. Composé d’environ 100 milliards de neurones, le cerveau est excessivement complexe. Dans le coup, agences fédérales, fondations privées, équipes de neuroscientifiques et nanoscientitifiques pour faire progresser la connaissance sur les neurones, la perception, l'action, la conscience, pour ainsi, mieux comprendre des maladies comme Alzheimer et Parkinson, développer de nouveaux traitements pour les maladies mentales et acquérir des progrès en terme d’intelligence artificielle. Aujourd’hui, les scientifiques sont persuadés que la technologie est suffisante pour permettre d’observer et d’acquérir une compréhension plus complète du cerveau et de manière moins intrusive. Si l’initiative voit le jour et aboutit, elle pourrait être bénéfique à l’économie.".
Avec de tels argument, quand la santé et l'économie sont en jeu, les budgets devraient suivre comme investissements pour le futur.
Dans la foulée de l'étude du cerveau humain, il n'y a qu'un pas pour arriver à créer un cerveau artificiel en copiant son intelligence, au départ, en le musclant avec toutes les données disponibles, ensuite. Un pas, mais un grand pas.
Créer un cerveau artificiel est un rêve que l'on retrouve au moins dans 35 films de sciences fictions. Ici, plus question de fiction.
Sur dix ans, l'Europe est prête à débourser un milliard d'euros dans le projet "Cerveau humain" avec différentes universités comme l'école polytechnique de Lausanne et d'autres. Les États-Unis, c'est trois milliards de dollars mis à disposition, dans le cadre du plan "Brain activity map" et « Future Emerging Technologies », aussi, comme un des deux projets les plus prometteurs pour la décennie à venir.
Le projet Apollo, le « Human Genome Project » comprend des étapes pour comprendre l'homme, suivant le schéma du séquençage du génome humain et le « Human Brain Project » pour prendre sa suite.
La « Big Science » est impliquée dans l'opération.
Le projet SyNAPSE, au départ de la l'armée américaine avec IBM, HP et des universités va tenter de créer un cerveau humain à partir de zéro et de reproduire ses prouesses de raisonnement, de la parole et de créativité. A l'heure actuelle, les neurosciences sont incapables de comprendre son fonctionnement et les liens avec les neurones.
L'idée de construire une réplique, sans être identique à l'original, est venu à Richard Feynman pour contourner l'obstacle et la complexité. Le but principal est de mimer les phénomènes de dépression, d'autisme et de schizophrénie. Toutes des maladies qui touchent 30% de la population européenne avec un coût de près de 600 milliards d'euros par an. Montant qui dépasse le prix des maladies cardiaques, du cancer ou du diabète.
Les maladies qui touchent au cerveau sont difficiles à déceler dès les premiers symptômes et, de plus, leur fréquence semble augmenter dans le futur.
Les progrès ont été importants. On comprend mieux comment fonctionne le cerveau. Sa plasticité comme simulateur conscient de son environnement ou son appel à l'inconscient en cas d'urgence.
Depuis le père de l'informatique, Alan Turin, l'intelligence artificielle (IA) n'est pas parvenue à concevoir une machine suffisamment performante malgré la puissance de calcul. Même avec un ordinateur capable d'effectuer des milliards de milliards d'opérations à la seconde, la simulation serait 100 fois plus lente que l'aptitude du cerveau original rien que pour simuler quelques secondes d'apprentissage. Seul un ordinateur quantique pourrait peut-être arriver à la vitesse nécessaire avec des QBits qui manipuleraient les données. La mécanique quantique pourrait ainsi répondre à ce besoin et, par là, relier les forces spécifiques d'une machine à celle de l'homme.
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Cartographier le cerveau avec ses neurones et axones pour établir les plans de sa construction (Projet Connectome par le National Institute of Health). La technique de l'IRM à tenseur de diffusion permet une vue du plan anatomique et fonctionnel à suivre l'histoire des 30 millions de milliards de milliards de molécules d'eau qui traversent les synapses dans une organisation à trois échelles, microscopique, mésoscopique et macroscopique.
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Construire des neurones en silicium (Projet Truenorth par IBM) alors que tous les systèmes informatiques respectent une autre architecture. John von Neumann, en 1943, séparait l'unité de calcul de l'unité centrale, alors que les neurones jouent alternativement les deux rôles pour épargner l'énergie et accélérer les processus. L'agence Darpa teste actuellement des neuro-puces de 256 neurones avec chacun 1024x256 synapses et 1024 axons, câblés sur des nano-circuits dans une sorte de jeu de Lego.
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Organiser les connexions (Projet Spaun par l'université de Waterloo au Canada). Parvenir actuellement à lire, à écrire, à compter, à mémoriser, à compléter des séries logiques avec 2,5 millions de neurones, équivaut à la capacité du cerveau du cafard. Il s'agit de les relier pour interagir en jouant le rôle au chef d'orchestre comme le thalamus ou l'hippocampe qui compile les souvenirs et décide de les effacer si nécessaire pour ne pas encombrer d'informations inutiles ou obsolètes. Apprendre par l'analyse reste la pierre d'achoppement pour obtenir la "tête bien faite" voulue.
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Alimenter en informations (Projet Google X par Google et l'université de Stanford). Le "Big data" à transférer et atteindre la "tête bien pleine". L'apprentissage des concepts complexes passe au travers d'un cortex visuel non surveillé par la simulation. Cela a été réalisé par la machine Deep Blue en 1997 lors d'une partie de jeu d'échecs. Google organise déjà la marche dans ce sens.
Ce sont tous, des projets technologiques sur plusieurs plans répartie en 150 équipes et des milliers de chercheurs qui dépendent du seul arbitrage financier.
Mais, il y a les sceptiques et cette simulation fait débat normal et nécessaire. Des critiques politiques croisent celles du niveau technologique et scientifique.
- Projets trop américains et des buts à atteindre qui seraient, en arrière plan, destinés aux services de renseignement et à la stratégie de l'américain Darpa.
- La question est "jusqu'où aller pour que ce soit efficace?". Descendre jusqu'à quel niveau de détail, de forme, de précision moléculaire ou atomique ? Le risque de créer un modèle trop faible en réunissant des niveaux organiques trop distants et donc, improductif, n'est pas nul.
Il est avoué que le but n'est pas d'atteindre la perfection mais seulement une approximation par phases, par versions en fonctions des progrès.
Un cerveau artificiel serait utile pour tester des traitements contre l'épilepsie ou la dépression puisqu'ils sont liés à des problèmes neurotransmetteurs.
Mais, inefficaces contre le syndrome d'Alzheimer plus lié à des problèmes de protéines, dit-on déjà.
Puis, il y a de petits projets qui aboutissent. Petit à petit. Bien loin des investissements monstres. Le révélation du professeur à l'origine d'une découverte, Pierre Vanderhaegen, est presque confidentielle dans l'annonce récente d'une découverte scientifique à l'ULB de Bruxelles: la reproduction des neurones du cortex à partir de cellules souches et transplantés dans le cerveau d'une souris.
Ici, aussi le même but, modéliser les maladies du cerveau. Une première greffe après une fabrication de plusieurs mois de ces cellules qui connectés avec le cerveau de la souris. Cela n'a pas fait parler la souris, bien sûr, mais...
Le cerveau de l'homme est gouverné par trois formes:
- le reptilien archaïque qui réagit à l'instinct par des réflexes de survie.
- le limbique qui détient les émotions pures.
- le néocortex qui se risque aux abstractions dites rationnelles.
Quantifier l'information et en faire un concept scientifique précis, le dernier "Pour la Science" parlait.
Née, il y a 65 ans, la théorie de l'information est une entreprise toujours actuelle, à laquelle les développements de la biologie posent de nouveaux défis.
Dès sa naissance, la fracture entre le numérique et l'analogique s'est creusée.
L'ordinateur numérique, plus précis, a supplanté l'ordinateur analogique par les entreprises gloutonnes en gestion pour leurs prévisions budgétaires et les calculs scientifiques. L'ordinateur analogique ne pouvait pas fournir cette précision en oscillant sur des courbes entre des limites connues souvent d'avance.
Le Démon de Maxwell guette dans l'ombre avec son ADN cellulaire et son processus du vivant.
L'entropie, en numérique, se subdivise, elle aussi, en trois versions, Shannon, Rényi ou conditionnelle.
Trois éléments restent à définir pour combler les lacunes de connaissances comprises dans la matière, l'espace et le temps.
La neuro-informatique s'est imposée cette tâche.
Rien que l'approche par l'écrire de manière numérique plutôt qu'analogique pourrait sembler différente.
Les sentiments par le coeur et le raisonnement par le cerveau sont-ils réellement aux antipodes ou complémentaires?
Est-ce qu'il y aura, un jour, des robots intelligents et sentimentaux?
Comme les réalités dépassent souvent les fictions, je répondrais, "oui".
L'intelligence est le potentiel de comprendre par les facultés mentales, de découvrir des relations entre les éléments, de les adapter à des situations nouvelles pour y réagir et aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle par opposition aux sentiments, aux sensations et aux intuitions.
Traiter l'information, la machine le fait très bien pour atteindre les objectifs prédéfinis. Des objectifs à définir par la compréhension de la codification diversifiée comme la maîtrise du langage, elle ne le fait que partiellement. De nouveaux systèmes informatiques pourraient en découler.
Les machines arriveraient à nous dépasser? Si c'était le cas, il resterait à les comprendre pour s'en apercevoir.
Le cerveau humain a besoin de dormir. La machine a besoin de se refroidir en dehors du point où il bugue. Sommeil paradoxal pendant lequel les infos seraient comprimées, défragmentées pour en réduire la taille, tout en étant toujours prêt à être réveillé par un réveil demandé par une autre machine. Ce n'est pas pour rien que le mot "virus" a été utilisé pour les humains et pour les machines.
Avoir peur de la machine? Pas d'elle, mais de son concepteur.
Pourra-t-elle décider de détruire ses semblables quand ceux-ci déconnent dans leurs circuits ou, mieux encore, s'autodétruire?
En 1942, Isaac Asimov avait édicté des règles de coexistence avec des robots. Le bug ne pourra se parrer qu'avec la présence d'autres robots qui vérifie les précédents.
Lors des dernières crises financières, les marchés, auto-régulés, sont allés trop loin.
13 février 2013: Un bébé robot assimile les mimiques des humains. "Via des caméras, il « apprend » l’expression faciale. Il rit, sourit, puis une larme semble lui monter aux yeux, sans doute poussée par la contrariété: difficile de ne pas voir dans le visage de Diego toutes les expressions d’un bébé humain. Pourtant, sa peau ne ressent aucune caresse rassurante, car elle est faite de plastique. Construit par une équipe de l’Université de Californie. Construit de façon à ressembler à un bébé d’un an, le robot y fait une démonstration de sa palette d’expressions faciales. Le réalisme est à la fois impressionnant et troublant, voire effrayant".
Les Japonnais viennent de présenter leur dernier robot de Cyberdine, "Super Giraffe" qui serait prêt à réagir lors d'une catastrophe nucléaire.
Les réalités dépasseraient-elles la science fiction? Reproduire les cinq sens de l'humain et peut-être, pourquoi pas, en inventer d'autres.
Connaître ainsi les processus de la vie et de la mort de l'homme, c'est toucher aux émotions, à la sensation, à l'intuition et à la conscience. Avant de copier, encore faudrait-il comprendre un peu plus sur ce qu'est un homme dans son intégrité physique, morale et mentale. Ce qui le stimule à agir ou ne pas le faire, à penser ou ne pas penser pour échapper, parfois, timoré ou oisif à la prise de décision, à la colère et au plaisir. Tout cela relève parfois du mystère sans pourvoir en tirer des généralités. Les hommes ne sont des clones. La compréhension ajouterait une dimension au savoir multiple pour déterminer dans quel cas, les émotions restent nécessaires dans son intimité d'individu.
Les émotions sont-elles conscientes ou déterminées par le subconscient?
On ne sait plus très bien, ce qu'on cherche et où est la frontière de ses recherches entre intelligence naturelle ou artificielle.
Le magazine "Comprendre la Science" vient de sortir un numéro spécial "Le cerveau et ses mystères", dans lequel on parle de mesurer l'intelligence, le rôle des hormones et du sommeil, les troubles bipolaires, de son entretien et de sa dégénérescence.
Le cerveau a, en effet, tous ces mystères répartis sur plusieurs voies et têtes (cf vidéo).
Une question: La vie ne dépendrait-elle pas de la mort?
A cette question, pourquoi ne pas parler de l'émission "Matière grise" et de l'expérience de la vie après la mort. On y voit comment la matière se décompose. Une véritable guerre entre fossoyeurs pour réinventer la vie et remarquer que chaque atome, chaque composant est réutilisé pour la recréer. C'est découvrir comment de nouveaux écosystèmes vont se mettre à envahir les lieux après la mort pour découvrir que le vieillissement est la capacité qu'a la nature à se recycler. Derrière tout cela, pas très gratifiant ni du goût des nécrophores, comme les bactéries, les champignons, les asticots, c'est comprendre que la vie est constituée de niveaux très variés, faite de simplicités et de complexités. Les myxomycètes, comme organismes les plus primitifs, sans cerveaux, sans coeur, sont là avec pour seul but de se reproduire. Construits avec les briques fondamentales de la vie, ils parviennent à reconstituer, avec efficacité, les organismes, les plus sophistiqués. Ce sont les virus qui vont contrecarrer ce processus et faire évoluer les espèces.
C'est dire que l'approche n'est, donc, peut-être pas mauvaise.
Faudra-t-il penser à faire mourir les robots en plus de l'obolescence des versions pour qu'ils nous ressemblent encore plus et qu'ainsi, ils se regénèrent entre eux comme les êtres vivants?
Ce ne sont pas seulement les psys et les neurologues qu'il faudra appeler à la rescousse pour répondre à ces questions. Des naturalistes, des entomologistes, des micologues et des philosophes pourraient très bien compléter.
Télécharger nos pensées dans un ordinateur, c'est aussi savoir quoi transférer.
Comme toutes les poussières d'étoile, l'homme a commencé par être très organisé mais, qui en vieillissant, tend vers un chaos très personnel qu'on appelle "personnalité" que Kenneth Hayworth estimait devoir passer, un jour, sous la forme d'algorithmes.
Faut-il avoir peur des robots dans le futur?
Les humains inaptes à vivre en société sont considérés comme des erreurs de "conception", retrouvées dans les maladies mentales. Pourquoi les erreurs appelés "bugs" n'existeraient pas chez ses copies robotiques? Les virus se chargeraient de rectifier le "tir".
L'homme arrive dans un goulot d'étranglement dans lequel il doit répondre à des questions qui le dépassent. L'enseignement ne suit pas le rythme, englué dans des moules et des programmes prédéfinis, devenus obsolètes dès leurs sorties de l'école.
Joël de Rosney, féru de technologies numériques, parlait de "Société, éducation et fluidité(cf. vidéo)". "Surfer la vie, surfer l'éducation?". D'après lui, Internet, c'est fini dès que le cerveau planétaire sera conscient de lui-même au point de singularité. Le cerveau s’accélérera grâce aux liens et aux flux de connexions, obligé d'anticiper en surfant en temps réel sur une vague mouvante. La société pyramidale vit, peut-être ainsi, ses dernières années de succès ou d'échecs.
Plus question de rechigner sur les aspects négatifs comme le cannibalisme des fonctions humaines ou la cyberdépendance. L'éducation pourrait subir un coup de fouet par ce futur devenu très virtuel. L'apprentissage pourrait se produire à distance, au rythme de l'étudiant, dans une éducation permanente interactive, pour correspondre à la vie qui s'allonge.
L'autisme est considéré comme une maladie car il réduirait les capacités intellectuelles à un seul domaine trop étroit.
Eduqués comme des experts et des spécialistes, nous sommes tous, quelque part, des "Rain Men", entrés dans un certain autisme.
Cela pourrait changer par l'IA qui obligerait de s'adapter à des situations généralisées, de s'occuper de tout, ou, du moins de pouvoir en parler. On ne sait pas vraiment jusqu'où iront les changements que les machines nous forceront d'adopter.
Avec le cerveau, nous sommes peut-être arrivés à un cas similaire aux fractales. En recréant la nature en 2D, par calcul, les fractales nous semblaient belles.
Passées en 3D, elles nous ont fait entrer dans un nouveau monde dans lequel, on pourrait presque se demander à quoi le résultat pourrait servir.
Nous sommes, en quelques sortes, des mutants hybrides qui s'ignorent.
L'informatique n'a été que la pionnière du processus de mécanisation. Une fois, la physiologie des humains incarnées dans des humanoïdes, on risque de ne plus remarquer tellement de différences. Il y aura les bons et les mauvais humanoïdes comme chez leurs modèles.
S'il y a un problème d'éthique, de sagesse dans tout cela, il sera dépassée par les évènements qui arriveront en tsunamis progressifs auxquels personne ne pourra échapper.
Trop d'avantages face aux inconvénients pour faire marche arrière et l'envie d'aller toujours plus loin, est trop forte pour que le futur reste bloqué.
Cerise sur le gateau, l'homme qui valait trois milliards, sera bien moins cher qu'en 1975.
Avoir peur des humanoïdes est lié à une culture religieuse. Cela gène que des machines auraient une forme humain et ferait mieux que son modèle.
Les investissements seront peut être dans l'impasse. Celle-ci serait totale sans l'avoir testée.
Comme disait quelqu'un "Les sciences modernes décrivent ce qu'on peut connaître mais pas nécessairement le réel".
Pandore es-tu encore là?
Si oui, rentre dans ta boîte, RAS...
Si vous permettez une blague de potache pour finir, je vous proposerais cette dernière adaptée pour les circonstances.
Elle aurait pour titre: "Les gens trop érudits manquent parfois d'humilité".
Un jeune ingénieur en neurosciences, se retrouve dans le train assis à côté d'une petite fille qui visiblement à un rhume.
L'ingénieur dit à la petite fille:
-Il paraît que les voyages passent beaucoup plus vite si on parle avec quelqu'un.
La petite fille le regarde et dit en toussant:
- D'accord, de quoi voulez-vous qu'on parle?
L' homme fanfaronne:
- Et si on parlait de ton cerveau et de ton rhume?
La petite fille lui répond:

- D'accord. Mais avant, j'ai une question. Une vache et un cheval mangent tous de l'herbe. Pourtant, la vache fait des bouses plates et le cheval de grosses boules. Vous me suivez?
- ... Oui, oui.
- D'où ma question. C'est le cheval qui a pris la place de la vache dans ma lasagne de ce midi. C'est ce qui fait que ma mère va m'obliger de manger des choux de Bruxelles, ce soir. Comment expliquez-vous cela?
L'ingénieur pantois, réfléchit un instant, puis, doit avouer:
- Ma foi, je ne saurais l'expliquer.
Alors, maligne et ironique, la petite fille lui dit:
- Comment voulez-vous que je vous explique les problèmes que mon rhume de cerveau me pose, de la cervelle des ruminants, si vous ne maîtrisez même pas ces petits problèmes de merde, bien naturels?
- Je ne peux te l'expliquer aujourd'hui. Peut-être demain, ou bien plus tard. Mais reviens sur ce train, et quelqu'un te l'expliquera.
L'enfoiré,
Citations:
- « L'intelligence artificielle se définit comme le contraire de la bêtise naturelle. », Woody Allen
- « La connaissance sans la sagesse, est de l'intelligence artificielle.... », Juliana M. Pavelka
- « Attention au virus de l'intelligence artificielle. La représentation parfaite endort le cerveau. », Serge Bouchard
08:10 Publié dans Actualité, Europe, Informatique, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
21/02/2013
Dans mes yeux, dixit Johnny
Encore une autobiographie d'une personnalité. Nous allons tout savoir sur la vie de Johnny sans même oser le demander. Vite l'interprétation humoristique faite par son imitateur préféré, Laurent Gerra, lui, qui a su le décrire avec humour dans cette vidéo. Je ne suis pas spécialiste, seulement, un enfoiré qui constate...
On ne sait plus toujours pourquoi mais il y a un "mythe Hallyday" qui s'est installé en parallèle avec la longueur de sa vie d'artiste. Il est passé par tous les styles de la chanson comme le rappelle encore une fois Gerra.
Des biographies de Johnny, Sagan, Duras, Labro, Rondeau se sont penchés sur son cas.
A l'âge de 70 ans, il veut règler ses comptes dans un livre autobiographique avec pour titre "Dans mes yeux".
Solder ses comptes, faire le grand déballage et se livrer sans fard, c'est révéler plus que des "secrets de fabrications".
Le bouquin fait un carton, parait-il. Cartonné, son bouquin.
Coup de pub médiatique.
Ce dont il est question, chacun en a reçu quelques échos sur Internet.
Le but, écrire sa vérité et corriger les absurdités que l'on dit sur lui.
Allait-on tout savoir sur ses galipètes dans sa résidence d'été à Saint Barth? L'île de la tentation, là, où il faut montrer pattes blanches pour y poser ses pénates.
Et bien, non, raté, le livre choc dans lequel il allait se livrer est, en fait, des réflexions du miroir qui livrent les autres sans fards.
Plus facile de regarder avec ses yeux qu'avec ceux des autres.
Voilà, qu'il a été, en plus, flinguée, dès sa sortie.
Entendre dire par la journaliste de service que "c'est mieux quand il chante que quand il écrit", ce n'est même pas exact.
C'est à la romancière, l'ex-femme de Patrick Bruel, Amanda Sthers qui s'y est mise à la tâche d'écrire la biographie de Johnny.
Elle dit que son modèle agace, qu'il passionne, qu'il galvanise, mais que jamais, il ne laisse indifférent. Que Johnny n'est pas qu'un "phénomène", mais un "paysage".
Une vision des choses très personnelle.
Johnny, lui, l'a choisie pour scruter ses souvenirs enfouis, car elle serait un bon psychiatre d'après lui.
Son livre autobiographie a, donc, été rédigé avec sa participation et son assentiment. Ce ne seront pas avec ses propres mots, ni avec leur construction dans les phrases. Il l'a contresigné.
Je ne sais s'il faut donner son avis sur le chanteur, sur l'homme ou sur l'écriture de son autobiographie.
Essayons le chanteur pour commencer. Une voix, caractéristique, forte pour la forme et le sujet principal de l'amour et, souvent, le mal-être pour le fond. Rien à dire d'autre. Aimer ou ne pas aimer n'est pas la question.
Toucher beaucoup de monde par ses shows monstres, orchestrés et inondés de lumières pour appuyer un messie qui descend sur terre.
C'est à croire que la vision d'un extraterrestre est à la base de l'étourdissement qui baigne chez ses admirateurs.
Un de mes lecteurs est un fan de Johnny Halliday. Quand je dis fan, c'est fan. Il suit "son Johnny" lors de toutes ses représentations.
Je l'ai questionné et ce qu'il en disait, est assez significatif. Il ne m'en voudra pas si je reprends ses réponses puisque pour Johnny, ce serait une pub de plus: "si les gens vont le voir en concert, c'est qu'il y a l'ambiance que l'on ne peut pas obtenir avec un simple CD ou DVD. Aux concerts les fans sont les mêmes, souvent se reconnaissent, et donc, il y a des échanges. Ils discutent entres eux, boivent un pot ensemble, etc... De plus je ne connais aucun poste de télévision qui crache 120 décibels à 50 mètres, et même si j'en avais un, je ne pourrais pas utiliser sa puissance sous peine d'avoir des problèmes avec mes voisins, sur un rayon 100 mètres à la ronde! Bien sûr, souvent proche de la sono, avec, en plus, 6 gros caissons de basses et 4 satellites d'aigus au bas de la scène, j'ai commencé de souffrir d'acouphène. Une volonté de ressembler à son idole, se sentir misérable face a elle? Il y a, peut-être, un peu de ça, car lorsqu'on admire une star, notre rêve est de lui ressembler ce qui peut s'expliquer. Parce que l'on se sent misérable?... Je ne sais pas...".
Je ne vais pas dire que moi je sais.
Ce que je sais c'est que cela ne me vaut pas des problèmes auditifs.
Nous vivons dans un monde d'indifférences. Un monde dans lequel les gens se rencontrent, se racontent et puis s'oublient aussi vite.
Est-ce cela que mon fan voulait y trouver dans ces rassemblements de foule?
Il n'y a plus que le battage médiatique qui l'entoure, qui ait encore de l'intérêt dans certains yeux.
"Dans mes yeux", une autobiographie, un livre qu'il aurait mieux fait de composer lui-même comme seule raison d'être à ses propres yeux...
Quand on sait que Johnny est un interprète de chansons dont la plupart ont été écrites par des paroliers de profession, la question de son succès n'est pas anodine, ni contradictoire.
"Connais l'homme pour mieux te connaître" écrivais-je, un jour.
Les questions que cette interprète écrivaine a pu ou su poser pour l'écriture du livre, ne l'ont-elles pas, quelque part, influencé ou trop orienté? Elle doit avoir sa propre envie de provoquer le lecteur, d'en ressortir un peu grandie, elle-même, par son jeu de mots d'écrivaine.
La recherche de la polémique semble en être l'orientation.
S'attaquer à d'anciens amis,
- comme Michel Sardou qui a descendu les rapides du Colorado avec lui mais qui est devenu un "mec trouillard", un "vieux con réac", parce qu'il a osé surnommé sa fille adoptive Jade, de "Viët-cong". La réponse du berger a été : "Je veux bien que l'on fasse des commentaires sur les Mémoires de La Rochefoucault, mais celles de Johnny, je m'en tape". Le Muppet Show est de sortie...
- comme Claude François qui serait le "Poulidor de la chanson française qui récupérait toutes ses ex" dans une rivalité sans nom. C'est le fils
- comme Adeline Blondieau, la "sainte nitouche", "le serpent hystérique". Adeline Blondieau qu'il a épousé pas une, mais deux fois, en 1990 et 1994, avant de rompre en 1995. Quand on est artiste, peut-on se permettre de telles récidives? Il y en a qui mettent vraiment du temps à comprendre avant de se dire trompés sur la marchandise... Alors, Adeline se rebelle.
- comme Henri Salvador qui a reçu, à titre posthume, sa part d'égratignures. En 1960, celui-ci aurait dit de lui "Sortez-le ! Il est indigne de la chanson française". Le rocker ne l'a pas digéré et qualifie de "vieux con" l'interprète de "Jardin d'hiver".
- comme Edith Piaf qui aurait été attiré par son charme de jeunesse.
-
comme Depardieu qui serait le seul type plus épuisant que lui dans une surenchère ou une escalade amusée du désespoir.
- comme "Les Enfoirés", devenu une kermesse qui n'aurait plus l'esprit du départ. Pourquoi ne s'y investit-il pas pour le faire revenir avec son influence?
Que cela vole bas, tout cela.
La vengeance est un plat qui se mange froid... trop froid.
Est-ce que son interprète avait l'envie de remonter aux sources du mal ou du mâle?
Une autobiographie est-elle un endroit pour laver son linge sale en famille?
Il faut se rappeler que les hommes évoluent dans des temps et des voies parallèles. Les réunir ne semble jamais apporter l'assurance d'un grand réconfort.
Heureusement, "il y a les copains et les copains des copains et on se sent bien", comme le chantait Gilbert Bécaud.
Eddy Mitchel, le "pote de toujours", bien sûr. Lui qui chante "J'aime pas les gens heureux".
Avoir des défauts et des qualités, Johnny dit en avoir. Le fait d'avoir eu de la chance avec les mères de ses enfants et réussir ses divorces, il les assume. Jamais seul, si l'on en croit le titre d'un de ses albums.
Côté positif, il parle de ses enfants, Laura et David qu'il partage avec deux enfants adoptés. Sa dernière femme Laeticia arrivée au bon moment quand il avait perdu sa voix et qui devait trouver le bon chirurgien parmi cinq d'entre eux. Un cauchemar de dilemmes...
Les fous rires semblaient avoir manqué terriblement dans la vie de Johnny.
"Les gens ont été beaucoup plus méchants avec moi que je ne le suis avec eux", précise-t-il.
Avait-il tout rassemblé pour pouvoir le confirmer?
S'il était passé uniquement de déceptions en déceptions, pourquoi ne serait-il pas passé à autre chose?
Il dit qu'il voulait être acteur avant d'être chanteur. Il est passé sur les planches, devant la caméra et rêve de passer derrière elle.
Quand, dernièrement, il a été hospitalisé, après trois semaines dans le coma, suivi d'une grave dépression, il s'est senti devenu comme une ombre, un vieillard, un type qu'il n'aimait pas.
Il a appelé son père, Léon Smet, décédé depuis le 8 novembre 1989.
A l’enterrement de celui-ci, Johnny était seul à suivre son cercueil, tout étonné. Pourquoi en serait-il autrement? Les enterrements ne sont-ils pas, quelques fois, des réunions de faux-culs, mieux élevés, peut-être, mais qui se préoccupent plus du côté commercial et de l'intérêt sous-jacent?
Dans le showbiz, c'est un endroit où il faut être, mais il ne faut pas croire que cette situation soit différente.
"S'il ne nous avait pas abandonnés, ma mère et moi, alors que je n'étais qu'un bébé, je ne serais jamais devenu Johnny Hallyday", avoue-t-il.
L'enfance détient, souvent, toutes les sources et les secrets de ce qui la suit.
Ses excès, il ne les cache pas. L'alcool a aidé à vaincre sa timidité maladive. Sa franchise maladive, ce sera pour le livre suivant.
En politique, il dit avoir une sensibilité de droite parce que la gauche pousse à la médiocrité et qu'il n'aime pas les sociétés d'assistés.
Mais, qu'est-il venu lui aussi, faire dans cette galère?
La France ne semblait pas pour lui, puisqu'on l'y traite de voleur, qu'on l'a trahi, accusé à tort et sali.
Erreur de casting, comme on dit dans le jargon.
Ce dimanche, Pascal Obispo était l'invité de Vivement dimanche. Johnny y était son invité.
A sa sortie, le ventriloque Jeff Panacloc remettait les horloges à l'heure avec sa poupée, Jean-Marc. Perdre le controle, être le meilleur imitateur des hôtes du Père Lachaise. Non, Jeff t'est pas tout seul. Une poupée permet de dire tellement de choses en peu de temps. De faire rire sur les vicissitudes du monde. On peut dire qu'Obispo a ri et bien ri même si la poupée, Jean-Marc l'introduisait dans le lot.
Le soir, Johnny était accompagné de son égérie qui avait passé dix jours avec lui, à Los Angeles, pour écrire son histoire.
Comme c'est étrange, la pudeur de Johnny l'a empêché d'y penser par lui-même.
Dernièrement, je posais une question à un rédacteur dont j'aime l'écriture sur ce qu'il pensait du film "Dans la maison", lui qui est dans l'enseignement. Simple. Sa réponse a été détournée par un subterfuge, la vision par d'autres personnes. Amusant. Alors, quand la question est complexe, cela devient du grand art.
L'interview de dimanche complétait et confirmait mes impressions.
Pas eu de père, une mère timide et maladroite.
Heureusement, après son départ, je comprenais enfin le rapprochement qui pouvait exister entre Johnny et la France.
La présentation du film déjanté, plein d'humour, "Vive la France" qui caricaturait les Français qui utilisent, parait-il, le plus d'antidépresseurs en Europe.
Le nouveau livre de Philippe Bouvard "Je crois me souvenir" montre qu'il y a moyen de le faire en ne se prenant pas trop au sérieux. Quelques phrases choisies de son livre: "Cancre parmi les cancres. Nul ou presque en tout, présentant un maigre destin, je m'intéresse très tôt aux affaires des autres dans l'espoir que ma curiosité me mènera au journalisme. Ayant considéré très tôt que la vie était une énorme bouffonnerie, je n'ai jamais tenté d'être complètement sérieux. Mieux, je suis un farceur-né. Aujourd'hui, où j'ai passé l'âge des plaisanteries de mauvais goût, je tiens comme une forme abâtardie de l'art du canular, qui exige toujours une idée, parfois une complicité et souvent des investissements en temps voire en argent".
Une autre vision sur soi.
Je ne peux que conseiller à tout le monde de se mettre à table pour écrire sa biographie.
A mon avis, l'écriture d'une autobiographie n'est pas une opération que l'on cède à un intermédiaire ou un interprète. Ce n'est pas une chanson généraliste. Cela doit venir du coeur, de l'esprit et, au besoin, des tripes et, cela, sans porte-paroles.
Une vérification par un écrivain peut se justifier, après l'écriture personnelle, mais, pas pendant.
Internet permet des adaptations progressives et des ajoutes ce que le livre ne fait pas en entérinant sans suites.
Une autobiographie, j'en ai écrite une. Quelques similitudes en ressortent, sans arriver aux mêmes aboutissements. Cela me ferait râler de ne pas sortir mes propres formules avec l'humour et l'ironie de circonstance. Pas folle, la guêpe.
Rétablir la vérité dans un jeu d'équilibriste, dans une romance?
Quelle vérité? Y en a-t-il, seulement, une?
Une sorte d'exorcisme, une thérapie personnelle, rien de plus.
Des paroles, parfois totalement anodines, sont parfois à l'origine de catastrophes émotives avec des retours de flammes dont on ne soupçonne pas, tout de suite, les conséquences.
La mémoire est sélective. Avec l'âge, elle ne retient, souvent, que ce qui est le plus loin dans le temps.
C'est peut-être ça, avoir "l'envie d'avoir l'envie" que l'on a en soi ou non.
Non, je ne vais pas rappeler les Vamps qui seraient bien intéressées pour en faire un sketch du style "Si on disait du mal".
Je vais plutôt m'intéresser à ces 7 règles de vie (*).
L'écrivain Paul Auster était interrogé au sujet de son livre "Chronique d'hiver".
"Pour écrire, il faut tout donner de soi, comme une musique au corps. Le corps et l'esprit sont liés. La façon de s'exprimer est ce qui signifie être vivant. Prendre la plume est un challenge difficile qui oblige à se réinventer. Même vieilli, il s'agit de rester connecter à l'enfance quand on est héritier d'histoires. Son livre n'est pas une autobiographie ni des mémoires", disait-il.
Comme je n'ai pas beaucoup d'années de moins que Johnny, je ne vais pas pasticher sa chanson "Allumez le feu" en "Allumez le vieux", même si j'en ai eu l'intention.
Quand "le temps tourne à l'orage, revenir à l'état sauvage, forcer les portes, les barrages et sortir le loup de sa cage", je ne suis jamais loin.
L'enfoiré,
- Faites la paix avec votre passé pour qu’il ne vienne pas gâcher votre présent.
- Ce que les autres pensent de vous, ne vous regarde pas.
- Le temps soigne presque toutes les blessures, laissez-lui du temps.
- Ne comparez pas votre vie à celle des autres et ne les jugez pas. Vous n’avez aucune idée de ce dont sont faites leurs journées.
- Cessez de trop réfléchir, il n’est pas nécessaire de connaître toutes les réponses. Elles viendront à vous lorsque vous vous y attendrez le moins.
- Personne n’est responsable de votre bonheur, à part vous-même.
- Souriez. Tous les problèmes du monde ne sont pas vôtres.
Citations:
- « L'autobiographie est maintenant aussi répandue que l'adultère, et nettement moins répréhensible. », Lord Altrincham
- « L'autobiographie est encore le meilleur moyen qu'on ait trouvé pour dire toute la vérité à propos des autres. », Pierre Daninos
- « L'espèce de gens qui n'étaient pas heureux quand ils étaient enfants est l'espèce qui croit à l'intelligence, au progrès et à l'entendement. », Gertrude Stein

08:10 Publié dans Actualité, Livres, Loisirs, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
14/02/2013
Travailler en 2020
Le Vif "Guide des carrières" parlait des défis qui vont nous tenir éveillés dès maintenant pour chercher du boulot dans une relation entre employeurs et employés. Et si on élevait le débat au cran de dessus?
Sale temps pour l'emploi dans beaucoup de domaines.
Il y a la crise, d'abord et les technologies qui permettent de rationaliser à qui mieux peut.
La dernière crise, en date, enfin, plutôt une continuation avec un peu plus d'éclat, ING qui annonce la suppression de 10% de ses effectifs après Belfius. Cure d'amaigrissement alors que tout semblea "under control" au niveau des résultats.
Alors, c'est le stress qui revient insidieux.
Une enquête récente de la RTBF et de Solidaris avait démontré que quatre travailleurs sur cinq étaient stressés au travail, que trois d'entre eux poussaient ce stress jusqu'à la souffrance et sept travailleurs sur dix ne voyaient pas l'avenir sous de meilleurs auspices. Le stress est une maladie de société.
C'est clair, il n'existe pas de bons stress. Or, les travailleurs accumulent le stress, que ce soit par surcroit de travail, du burn-out ou, parfois le contraire, par le mobbing pour des raisons plus secrètes. La crise économique, les restructurations, les fermetures d'entreprises, la marchandisation de la société et la concurrence entre collègues, rendent l'environnement social calamiteux.
Pascal Chabot a analysé cette situation dans "Global burn-out".
Je parle de collègues mais pas nécessairement entre ceux qui sont au sommet des hiérarchies, là où on s'échange les cartes de visite avec la mention "au cas où".
La compétition contre ou avec la coopération de chacun.
Le monde du travail est devenu moins humain, plus numérique.
Tout cela en arrive à une hausse de l’absentéisme de longue durée due à l’augmentation des troubles psychologiques, qu’ils soient liés ou non au travail. Le report progressif de l’âge de la pension des femmes de 60 à 65 ans. Le nombre de personnes au travail s'il a augmenté, il a entraîné la hausse du nombre de personnes susceptibles de subir une incapacité de travail.
En Belgique, en 2011, c'était près de 300.000 personnes en absence prolongée du travail en plus, en un an. Nombre toujours en augmentation par rapport à 2010.
Dans de telles conditions, préparer sa pension, bien plus lointaine fait penser au monstre du Loch Ness ou à une épargne à fonds perdus.
Ralentir le rythme, penser en profiter, faire quelque chose que l'on n'aime, qui pourrait penser à y arriver et avoir l'impression que le travail pourrait être un hobby, semble le rêve.
Les indépendants peuvent mieux se préparer et gérer le stress en décidant de l'utilisation de leur temps.
Les salariés sont tenus à l'écart des stratégies de l'entreprise avec une hiérarchie comme porte-parole et qui joue des coudes pour grimper aux échelons supérieurs au risque de mener la vie de plus en plus dure aux subalternes.
Le travailleur arrive à s'adapter au stress mais ce n'est que l'accumulation des mauvais coups du sort qui crée la névrose.
Les restructurations entraînent la réduction des coûts et donc de personnel tandis que le travail reste le même ou s'accroit.
Quand ce n'est pas pire quand elles ferment leurs portes en licenciant leur personnel.
Le système est grippé et se doit de changer.
La psychologie est intéressante pour étudier la prévention. La qualité de vie au travail, mixée au mieux avec la vie familiale, arrive en tête des revendications bien avant les rémunérations. La reconnaissance, la motivation arrivent dans les premiers impératifs.
Le fait de savoir à qui se référer en cas de problèmes et ne pas avoir une nébuleuse de management dont les échelons sont un miroir aux alouettes, peuvent répondre aux difficultés de la communication verticale.
Tout le monde s'inquiète et pas uniquement les jeunes. Pour la première fois, il y aura davantage de départs que d'arrivées sur le marché de l'emploi. En cause, le vieillissement de la population. Devant, une situation qui se déglingue les "anciens" poussent un ouf de soulagement en quittant la vie active alors que l'envie de continuer pourrait correspondre avec l'allongement de carrières souhaité par les gouvernements.
Pour les jeunes, une guerre des talents est une période intermédiaire, à la recherche à corps perdu, d'un travail motivant et qui reste avoir du sens.
Le partage du travail entre jeunes et vieux ne tient pas vraiment ses promesses. Les travailleurs âgés optent parfois pour le mi-temps et pensent épauler les jeunes qui entrent dans l'entreprise dans un plan "Tandem". Cela peut marcher dans certaines grandes boîtes mais est voué à l'échec dans les PME dans lesquelles il faut du durable et pas de demi-mesures. Trop lourd à gérer. Inadéquation entre l'offre et la demande d'emploi. Souhait des travailleurs âgés de lever le pied avec le plus de célérité possible. Sans oublier, aussi la volonté ou l'obligation de certains seniors de continuer un temps plein.
Alors, on essaie de comprendre en regardant ce que la boule de cristal va pouvoir dégager.
Que va-t-il se passer en 2020 pour le travail?
Envoyer tout planter comme l'a fait Antoine pour parcourir le monde, écrire des livres, beaucoup le rêvent mais ne passent pas à la réalisation?
Le travailleur gagnerait s'il avait plus d'influence sur ses conditions de travail mis dans la même balance en plus du salaire.
Il y a des moyens plus classiques. Les bonus liés aux résultats, les avantages en nature et extra-légaux, les indemnités de frais, les primes à l'innovation, les participations aux bénéfices, les cotisations à un régime de pension sectoriel...
Devenir manager avec un titre ronflant, est devenu une obsession.
Il cache pourtant une peau de chagrins cloisonnée dans des tubes de la connaissance. Les "Ministres sans porte-feuille" sur un siège éjectable, dès que le travail de nettoyage a été effectué. La confiance y a perdu des plumes.
Diriger, c'est avoir d'autres impératifs que de seulement exécuter.
Faire du sur-mesure, plutôt que du tout-fait.
Le Question à la Une du 13 février parlait de Ryanair, du "low-cost à quel prix" et des risques inhérents au genre de travail qui vient s'y ajouter. Une compagnie d'aviation que l'on adore détester... Voyager à bas prix attire les clients comme l'aimant tout en le faisant sombrer par l'arrière-train de l'aimant. L'histoire de la Sabena vaut-elle une messe?
L'évolution du travail a surtout été accéléré par les nouvelles technologies qui cannibalisent de multiples fonctions via le Web.
"L'open source", une solution?
Cela veut dire plus question de jobs, mais de missions ponctuelles, volontairement prises en charge par les passionnés avec la compétence nécessaire. La mobilité, un grand principe d'ouverture évident avec la technologie pour se relier au monde?
Hommes d'affaires devenus de nouveaux nomades avec des meetings entre une plage exotique et un meeting au bout du monde...
En allant dans cette direction, il est clair que le travail avec un Contrat à Durée Indéterminé, le CDI, sera de l'histoire ancienne. Plusieurs patrons signeront des contrats temporaires en même temps avec le travailleur dans un flexwork.
Prestataire de services, "tous à un dollar?"... tous actionnaires et administrateurs, serait un changement complet de philosophie. Lancer sa propre "affaire", c'est trouver le chaînon manquant. Ce serait, parfois aussi, devenir fournisseur, sous-traitant, de plusieurs entreprises et avoir plusieurs clients sous contrats... et, en définitive, plusieurs enployeurs avec leurs exigences.
Quand on a "Le bluzz du philosophe et du scientologue", il s'agit de donner l'accès à quelques métiers dit "d'avenir". La formation pointue dans ces métiers ne veut pas dire que les portes de l'emploi soient grandes ouvertes.
Le modèle allemand, une référence? Absolument pas.
De toutes manières, si vous payez avec des cacahuètes, attendez-vous à être entourés de singes.
Tout semblerait y être bon pour donner un emploi chez la Chancelière Angela. Voilà que l'agence de l'emploi y proposait récemment un job de prostituée. Proxénète l'Etat Allemand?
Qui se rappelle encore du jobdumping.de qui s'y était exercé?
Non, faut, surtout pas, prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.
Meubler le temps, d'accord, mais pas à n'importe quel prix. Ce genre de job peut être agréable pour certaines, mais faut pas espérer le généraliser.
Il faut y ajouter le plus d'agréments possibles et rémunérer à la petite semaine en passant en inversant une rémunération adéquate, réelle en récompense aux résultats qui avaient été budgétisés au départ et actés en fin de parcours.
Le nivellement par le bas aura alors, enfin vécu.
Les machines ont repris le travail de hier. Les robots ont pris la relève dans les tâches répétitives. Ok. C'est à dire que la rétrocession devra suivre un jour, prendre le dessus, arriver dans une bonne répartition et pas uniquement détournée vers le sommet.
Non, les salaires en augmentations, n'étaient pas la dernière histoire drôle. En plus, il s'harmoniseront avec des conditions d'avantages en nature, de cadres agréables.
Des idées, des innovations, des solutions sont les seules valeurs qui resteront après avoir dénoncer les erreurs.
Le piège du travail mis en relation avec ce qu'il rapporte.
"Le travail éloigne de nous l'ennui, le vice et le besoin", disait Voltaire.
Pour les Allemands, il rendrait libre.
Le travail, c'est la santé, dirait l'autre, avec humour.
Tout dépend de savoir à qui rapporte ce travail.
Le magazine Références analysait si "Demain votre prochain patron sera-t-il chinois?".
La reprise d'entreprises en faillites par les groupes chinois le ferait penser.
Sont-ils les "vampires du milieu" ou les "coopérants au milieu"?
Cela dépend. Il est certain que les cultures asiatiques ne sont pas dérivées du même moule que dans les pays occidentaux.
N'empêche que les investissements chinois s'élèvent en millions à UK=2531, France=3724, GDL=7082, Allemagne=2401, Pays-Bas=655, Suède=1531 en Belgique=141.
En 2011, en Belgique, les investissements s'élevaient à 36 millions de dollars pour un total de 141, soit 0,57% des investissements étrangers de la Chine.
Louvain La Neuve était désignée pour devenir une nouvelle "Silicon Valley" en logistique et services chinois.
Apprendre le mandarin n'est d'après le magazine pas la priorité pour booster sa carrière. L'anglais reste la langue de base pour les Chinois en exportation et qui s'installent en Belgique.
Débusquer les tentatives d'escroquerie dans tous les domaines dont celui de l'emploi deviendra un sport national ou international. Dans la liste, on parle de hameçonnage bancaire, du shoulder surfing, du ransomware, de contrefaçons, de fraudes à l'assurance-vie, d'appels téléphoniques frauduleux, d'échantillons gratuits mais à crédit. C'est dire que les obstacles et les pièges seront nombreux et qu'il y a du pain sur la planche à la recherche des fuites potentiels.
Ce serait dommage de suer pour le gagner ce putain de fric, si ce serait le perdre ensuite par manque de connaissances des processus de fraudes et autres fioritures, encore plus cachées.
Les jeunes se sont adpatés à la nouvelle situation. Si les jeunes d'avant aimaient et étaient fiers de parler de leur entreprise avec son enseigne comme porte drapeau, ce n'est plus que plus rarement le cas. A notre époque du bon marché, il n'est plus que la publicité qui n'est plus gratuite.
Le numérique a, tout de suite, intéressé les sommets de la hiérarchie. Il finira par en descendre les marches une à une.
Mais en attendant, il y a les petits malins qui ont compris la technique de leur patron et qui sous-traitent leur propre travail. Un Américain de Verizon, BCBG, avec une réputation au top mais qui, en sous-main, salaire payé rubis sur ongle, sous-traitait son travail, à bas-prix, à Shenyang. Il y a des techniques que l'on peut faire à son compte mais pas sous celui d'un autre, comme intermédiaire. Malin et con, puisqu'il faisait cela sur le mail de l'employeur. Occuper le temps des gens deviendra la préoccupation des années 2020 et suivantes.
Les horaires de travail risquent de se décaler tout azimut en part-time, en période de jachère, de pauses carrière dans une liberté chérie qui nous tient. Des résultats comme incitants sous la forme du donnant-donnant.
La vie active se fera en plusieurs couches, divisée en différentes voies et interprétations mélangées de connaissances scolaires réactualisées tout au long de la vie active, non plus scolaires mais enrobées d'expériences sur le terrain, aussi bien manuelles qu'intellectuelles.
La solidarité dans une solide-hilarité, quoi...
Non, la technicité n'est plus seule. Le "knoledge management" doit aller bien plus loin. Il lui faut apprendre à organiser le savoir de ses collaborateurs directs ou indirects. De canaliser les préférences et accepter les contradictions dues aux convictions. En quittant le privé pour rejoindre le public, les masques s'installent. Un CV ne dit pas tout. C'est pouvoir gérer l'ignorance entre ce que le subalterne veut et peut apprendre pour ne pas atteindre le point de non-retour de l'incompétence de Peter.
Dernièrement, on parlait de Yves Delacolette.
Son parcours est intéressant.
Leader étudiant à l'UCL.

De nombreuses années, à la tête du Crédit Lyonnais, repris par la Deutsche Bank en Belgique.
A 50 ans, il décidait une pause carrière et entreprenait un périple à bord d'un bateau. Revenu, il fondait sa société FINOVATE.
Il entrait, ensuite, comme conseiller dans le pool de la Ministre Laurette Onkelinx chez qui, il resta pendant un an.
Il se catégorise comme libéral de gauche. Porteurs de projets non-marchands. Partisan de la régulation du marché.
Sans langue de bois, il lançait dans un article ses dix vérités.
Il dénonce les salaires démesurés dans la finance, la faiblesse des régulateurs belges et le manque de vrai sens de l'engagement.
Les politiciens sont devenus, pour lui, de nouveaux managers de sociétés cotées en Bourse qui privilégient le court-terme avec le populisme électoraliste qui pollue les débats.
Casser le système du livret d'épargne, diversifier ses placements font partie de son credo.
Selon lui, Philip Dierckx s'il avait été en Angleterre aurait été banni à vie du métier de banquier, alors qu'il est le numéro deux de BNP-Paribas et numéro un de Fibelfin. Dexia aurait dû être démantelé en banque de dépôts et d'appui aux finances des pouvoirs publics avant que la chute ne se produise. Belfius vendue à ING ou KBC serait, dès lors, la suite normale. Manque de professionnalisme et d'indépendance d'esprit.
Récemment, Delacolette devenait le secrétaire général de l'entreprise de spectacle de Franco Dragon dans laquelle il chercha à aider à investir les 1,5 milliards d'euros en installant des théâtres permanents en Chine et en Indonésie.
Ici, intervient l'histoire de Franco Dragone et du Cirque du soleil.
Grâce à Dragone, on fabrique des vêtements par ici, pour les vendre en Chine.
L'affaire du fisc, une péripétie...
Il orchestrera bien les cérémonies d’ouverture et de clôture de la Coupe du Monde de football organisée au Brésil l’an prochain. Par contre, à Mons?
Un clou dans le pneu de Montebourg de la part du berger, Maurice Taylor, patron de Titan, qui dit fuire la France. Il parle de Goodyear qui aurait sauvé des emplois à Amien pendant 4 ans. Les syndicats et le parlement n'auraient fait que parler, mais que rien n'aurait été fait pour contrer les Chinois qui livrent des pneus en France. Chacun sa vision d'un même problème.
L'époque des self-made men a pris une pause car les sociétés bien en place se croient à l'abri derrière les diplômes de ses employés. Cette époque pourrait revenir pour contrecarrer les idées reçues. Les employés deviendraient plus des collaborateurs que des empoyés.
L'inadéquation des études scolaires avec les fonctions demandées dans le monde du travail n'est pas un leurre.
La maxime "Que le meilleur gagne" risque d'être encore plus vraie dans le futur.
La curiosité est indispensable pour faire la différence.
Les données, le "Big data", jouent un rôle qui frise l'indigestion. Etre un "data scientist" va devenir un débouché essentiel.
ARTE proposait un documentaire sur "Bruxelles Business" avec lobbies. Il y était dit que que quand on met tous les atouts se son côté on y arrive. Il s'agit de trouver le bon contact, les autres ne font que graviter autour d'un "club". La stratégie des lobbies est de, toujours plus, "ouvrir le marché". La technique "marteler les messages jusqu'à ce qu'ils entrent". Sans régulation des activistes, on sait où cela peut mener. Lobsterbies..., mais LobbyPlag veille.
Dans ce cas, la lutte est repoussée au niveau européen.
La transparence financière y reste la bête noire.
Secteur public contre privé avec l'un contrebalançant l'autre.
Trop de fonctionnaires? Un cliché, comme un autre. La recherche de la rentabilité du secteur public n'est pas son but. Il se doit d'être, au mieux, break-even. Ce ne serait déjà pas si mal.
Même les professions d'avenir qu'apportait l'informatique sont touchées. Les informaticiens et les techniciens auront leurs prérogatives, mais l'un comme l'autre se verront attaqués dans les PME par le "cloud computing" et les externalisations à tout craint.
En espérant un peu de solidarité entre travailleurs, dirigeants et clients, pour ceux qui n'aurons pas la chance d'être parmi les élus.
Le sens des "affairs" passerait-il uniquement par le marché de l'adultère alors qu'il y a une Saint-Valentin avec un café bien sucré pour dialoguer avec un Premier et qui se terminerait par "Aimez-vous les autres"?
Maintenant, si, en plus, vous voulez une "promenade à cheval" pour confirmer votre sens des affaires...
Le travail moderne 3.0 en sept points:
1. La guerre pour le talent fait toujours rage dans les métiers structurellement en pénurie.
2. Les formations et professions techniques vont voir leur valeur exploser.
3. La crise touche surtout les hommes peu qualifiés.
4. Le climat va se durcir dans les entreprises. Plus de paternalisme...
5. Le Big Data est le Saint-Graal des managers des ressources humaines performantes.
6. Oublier le Nouveau Monde du Travail, tout le monde revient au bureau
7. Les travailleurs seront suivis à la trace par les systèmes "back and trace"
L'enfoiré,
Citations:
- « Au travail, le travail pense pour nous. », Michel Chaillou
- « Les rêves donnent du travail. », Paulo Coelho
- « Travail bien réparti ne tue pas. », Proverbe français
12:30 Publié dans Actualité, Economie, Monde des affaires, Organisation | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
08/02/2013
Quand y en a plus, y en a encore. Enfin, presque...
Le Science et Vie de mai 2012 publiait un dossier avec le titre "Alerte à la pénurie". 26 minerais utiles dans l'industrie vont nous manquer et leurs prix risquent de grimper.
Tout le monde parle de relance de l'économie, tous contre le chômage. Il faut dire que l'industrie est une grande pourvoyeuse de mains-d'oeuvre et que pour remplacer celles-ci par des PME, il faut racler tous les fonds de tiroirs.
La dernière affaire Mittal est une faillite pour l'emploi. Il faut rechercher des idées neuves, il faut même chercher à oublier qui on avait été quelques jours avant.
Réindustrialiser et y mettre le prix, tout un programme. En plus, l'industrie, c'est du tangible et pas de l'illusion comme pourrait le penser le secteur des services, la virtualité d'Internet et la matière grise dont il a été question dans 3 chapitres précédents (dont le dernier).
Lundi dernier, France3 dans l'émission "Le monde d'après" posait de bonnes questions "France, qu'as-tu fait de ton industrie? Un pays sans industrie court à sa perte.".
Faut pas s'inquiéter, il y a encore des ressources, était le mot d'ordre puisque la consommation reprend son rythme de croisière et la Bourse fait quelques étincelles.
"Every thing under control"...
En fait, c'est vrai, mais ce n'est qu'une partie du problème.
Voilà qu'on apprend, presque surpris, que la pénurie de matières premières guette, matières premières dont l'industrie a besoin mais qui sont de plus en plus chère. La rentabilité en prenait un coup sans apporter quelque chose de plus innovant que la concurrence.
Situation paradoxale, pour le moins, quand on sait que sans matières premières, on n'arrive plus à la phase secondaire, la phase de transformation...
Avec la raréfaction des matières premières essentielles à notre vie moderne, c'est passer de l'illusion de l'abondance à la pénurie, vu à la hausse fulgurante des prix. Des sueurs froides puisque la phase à chaud ne trouvait plus d'échos.
Le 9 mai 2012, le Cercle Cyclope publiait un rapport sur les matières premières. Il était dit qu'en 2011, l'utilisations des matières primaires avaient grimpé de 35%. En cause les pays émergents. Malgré cela, la Chine affichait une baisse de croissance avec 7,5% car elle gardait ses réserves de change de 3200 milliards de dollars et les destinaient à des investissements dans les infrastructures locales. Faire la popote sur place, que l'idée, elle est bonne !
En parallèle, les Rapports de la Commission européenne et du département de l'Energie des États-Unis alertaient sur les approvisionnements qualifiés de "critique" et de "stratégique".
Il faut dire que notre époque est appelée "anthropocène" par les scientifiques avertis, ce qui veut dire que "L'ère est dessinée par l'homme et pour l'homme". Son impact se ressent sur le climat et jusque dans la chimie océanique. Contrairement aux autres animaux, ce "pauvre homme" n'est pas endémique sur un coin de la planète mais dans sa totalité. Il a inventé son avenir avec ce qu'il a trouvé sur terre, sous terre et dans les airs, sans distinction de couleurs, de pollutions avec l'idée du profit à réaliser. L'homme, la pire des créations sur notre planète... Il le pense et il broit du noir. Il décentralise ses productions et vend celles-ci à d'autres endroits, élevant le prix du transport à un pourcentage élevé du coût global du prix de vente.
Les écolos rappellent, à qui veut l'entendre, que la richesse de la Terre n'est pas infinie et que certaines ressources et matières premières sont en voie de raréfaction. Sauvés, presque au poteau...
Dernièrement, "L'Edito de Matières Premières et Devises" donnait des conseils. Pas des conseils de ne plus consommer, mais, bien au contraire, à tirer ses marrons du feu. Destinés aux investisseurs avisés pour leur donner quelques couvertures. Pour les pousser à le faire, donner aussi un simili de peur du siècle et comme avant une guerre, le consommateur ferait provision de sucre avant l'extinction des feux du Bengale.
De visu, cela fait réfléchir les investisseurs pour y trouver de nouvelles opportunités de profits. La croissance haussière lente du LMEX, l'indice des métaux, assure sur la solidité de la demande.
La demande de Nickel, Cobalt, graphite, terres rares, Tungstène, molybdène, Cadmium, sont dans le collimateur.
L'Indonésie fournit 15% du Nickel mondial. Vous avez dit épée de Damoclès quand, en 2012, le gouvernement indonésien avait annoncé l'interdiction des exportations de Nickel et une taxe de 25% sur l'exportation de minerai.
Vive le spéculte. Petits malins, va... quelle chance, vous avez...
Des solutions trop drastiques occasionneraient une entrave au progrès. Le crash serait alors devenu presque inévitable avec la peine de crever tout de suite.
Mais, revenons à nos moutons ou plutôt à nos poussières d'étoiles dont nous sommes tous issus en ce bas monde comme le dit Hubert Reeves.
Des 118 éléments de la table de Mendéléef, 26 arriveraient à la pénurie d'après le S&V.
Plusieurs manières pour évaluer les pénuries.
Il y a l'abondance naturelle, les difficultés de l'extraction, la géopolitique, les possibilités de recyclage ou de remplacement par un autre voie.
| Symbole | Num | Nom | Aplications | Ressources en Tonnes | Production en Tonnes | Réserves en Années | Remarques |
| H | 1 | Hydrogène3 | défense | ||||
| He | 3 | Helium | science, Semi-conducteur, aimants supraconducteurs des téléscopes et appareil IRM, cryogénie, comportement quantique | 42.000.000.000 | 180.000.000 | Concentration au Texas. Produite par la décroissance radioactive des roches qui ne laisse que 0,0005% | |
| Be | 4 | Bérylium | énergie | toxique | |||
| P | 15 | Phosphore | agriculture | 65.000.000.000 | 191.000.000 | 340 | Sans phosphore pas de vie. Consommation abusive. Gabegie. |
| Sc | 21 | Scandium | renforce aluminium | ||||
| Cu | 29 | Cuivre | électronique, joaillerie, énergie, communication, transports, construction | 630.000.000 | 16.000.000 | 38 | De 1900 à 2011, la demande à été X30. Il faut entre 5 et 25 ans pour exploiter un nouveau gisement |
| Zn | 30 | Zinc | galvaniseur, alliage | 250.000.000 | 12.000.000 | 20 | plaquette de frein, pâte dentifrice, contre corrosion |
| Ga | 31 | Gallium | performance des panneaux solaires | recyclage difficile | |||
| Ge | 32 | Germanium | fibres optiques | ||||
| Y | 39 | Yttrium | électronique, | 10.000 | 5 | Sans = retour à la télé N&B | |
| Nb | 41 | Niobium | résistance à l'acier | Brésil | |||
| Tc | 43 | Technétium | Imagerie médicale , défense, recherche scientifique | 0 | artificiel | isotope éphémère | |
| Rh | 45 | Rhodium | catalyseur, joaillerie | 3.000 | 30 | 100 | Production centralisée en Afrique du Sud |
| Ag | 47 | Argent | électronique, | ||||
| In | 49 | Indium | électronique, énergie, conducteur d'électricité | 640 | 11.000 | 17 | smartphone, panneau solaire |
| Sn | 51 | Antimoine | retardateur de flamme | 1.800.000 | 11 | Chine assure 60% dans le monde | |
| Nd | 60 | Neodyme | voiture électrique, éolienne | Menace pour l'avenir des énergies vertes. | |||
| Eu | 63 | Europium | électronique, | 10.000 | 5 | Sans = retour à la télé N&B | |
| Tb | 65 | Terbium | électronique, | 10.000 | 5 | Sans = retour à la télé N&B | |
| Dy | 66 | Dysprosium | aimants | 20.000 | Menace pour l'avenir des énergies vertes. | ||
| Ta | 73 | Tantale | résistance électrique | ||||
| W | 74 | Tungstène | résistance à la chaleur | Produit en Chine | |||
| Re | 75 | Rhénium | aérospatial, résiste à la chaleur dans les réacteurs | 2.500.000 | 49.000 | 50 | sous produit de molybdénite, difficile à produire |
| Pt | 78 | Platine | catalyseur, joaillerie, pile à hydrogène | 30.000 | 200 | 100 | Production centralisée en Afrique du Sud |
| Au | 79 | Or | électronique,joaillerie | 51.000 | 2.500 | 20 | Trop exploité |
| U | 92 | Uranium | énergie | 2.500.000 | 54.000 | 46 | Lié à l'industrie nucléair |
Le dossier du S&V a généré beaucoup de réactions parmi les lecteurs, reprises deux numéros plus tard.
-
Le Lithium a été oublié dans la liste. Non, répond S&V, puisqu'on l'extrait des déserts de sel d'Amérique du Sud. Ce qui ferait 400 ans de répis.
-
La récupération des métaux par le recyclage des produits électroniques usagés, l'incinération des plantes pour retirer du Plomb, du Mercure...
-
Augmenter la durée de vie de la production, un filon toujours à creuser par la récupération.
- Quant aux astéroïdes dans lesquels on pourrait exploiter les richesses demanderait des investissements qui dépasseraient la rentabilité.
- Le Palladium (Pd) aurait été oublié alors que le prix est monté de 40% en deux ans. Non, pas tout à fait, on le trouve en Afrique du Sud et en Russie. Le seul problème, ce sont deux pays qui ont réduit les exportations de ce métal.
- L'acier, l'Aluminium et la Potasse, toujours les mêmes et mieux connus. Mais pour l'acier, cela devrait se calmer vu l'affaire Mittal.
- Parler des Terres Rares dans cet article? Aux dernières nouvelles, les prix ont chuté, la Chine n'en aurait plus le monopole. Donc, la rareté, même si elle ne passe pas à l'abondance, devrait se clamer.
- Le coltan avait fait parlé de lui dans les années 2000, on n'en parle plus.
Un documentaire "Survivre au progrès" entre bien dans le cadre de cette discussion même s'il l'extrapole quelque peu.
Le résumé: "Épuisement des ressources naturelles, surpopulation, désertification, désastres écologiques et économiques, systèmes politiques à bout de souffle, appauvrissement des classes moyennes et populaires... Est-il urgent de renoncer à "l'illusion du progrès" qui s'est imposée à toutes les sociétés depuis les débuts de la révolution industrielle, avec ses espoirs de croissance et d'avancées technologiques illimitées ? Un fil conducteur entre les nouveaux grands esprits comme Ronald Wright ("Brève histoire du progrès"), Jane Goodall, Margaret Atwood, David Suzuki dont quelques "repentis" du système financier, qui estiment que la course au profit et la loi du court terme, en détruisant l'environnement et les liens sociaux, conduisent l'humanité à sa perte."
Constater que la complexité de notre monde augmente de manière presque exponentielle, pose la question de ce qu'on attend vraiment du "progrès". Avec lui, tout parait possible à réaliser avec le temps et les moyens financiers. Si le mot d'ordre est "aller de l'avant", encore faut-il savoir "comment et choisir quel avant". La question n'est plus seulement "peut-on le faire" mais "pourquoi le ferait-on". La causalité, plutôt que la finalité qu'elle soit double ou non.
Pas de conservatisme dans mes paroles, mais quand on a eu une vie toujours en porte-à-faux, sans consolider les acquis, en n'ayant pas eu le temps d'exercer ce qui avait été appris avant d'enfourguer la suite, il y a des question à se poser.
Ce qui est sûr, le piège serait de ne pas verser une partie de son progrès dans la réflexion et dans plus de durable. Au diable le marketing qui irait à contre-courant. La technologie et la rationalité a apporté tellement d'illusions en apportant la vitesse à la production que le consommateur ne peut pas suivre.
Le hardware a, donc ainsi, passé la main au software. Le software, au virtuel. Le virtuel; la passerait, aux dernières nouvelles, à l'intelligence artificielle. L'homme est déclassé...
Pour lui, c'est l'heure de réactualiser ses ambitions avec sérénité. Vivre mieux, avec moins d'efforts et, surtout, moins d'effets négatifs que l'on dit secondaires.
Trouver, en finale, "la" récompense de ses découvertes et inventions, qu'il espère toujours sans jamais y arriver.
Peut-on encore sauver la Terre? Question qui avait été posée le 14 juin 1992 lors de la Charte de la Terre à Rio pendant laquelle 178 délégations admettaient que la Terre allait mal au niveau pollution et dans l'utilisation abusive des matières premières.
Réiterée en 1972, à Stockholm, puis en 1987 dans le rapport de Brundtland. Rio 2012 remettait le couvert avec des questions en chantier en connivence entre riches et en défiances entre pauvres.
En dehors de Rio, il y a les vérités du terrain. La forêt, elle, continue à disparaitre.
En fait, tout est une question de prix et d'investissements à accorder ou non.
La meilleure relance ne coûte rien, lisais-je.
Elle le devrait, mais est-ce le cas? L'énergie n'est jamais loin de la matière première.
Les batteries, chargée de stocker l'électricité est un problème qui concerne tout le monde s'il veut pouvoir jouir des mêmes possibilités sédentaires en tant que citoyen mobile? Des réflexions qui venaient le 10 juillet dernier.
En apéritif, il y était dit que malgré la crise, les bénéfices de 2011 avaient atteint des niveaux records aux Etats-Unis. Ils écrasaient toujours la concurrence avec les pétrolières dans les tops. Dans le domaine des composants de batteries pour l'entreprise belge Umicore, la préoccupation est la recherche du compromis entre densité, longévité et poids. Le Lithium-Ion composé de Nickel, Cobalt, Manganèse associés à du Lithium. La mémoire limité restait à augmenter en recherchant les raisons de leur vieillesse. Le potentiel d'amélioration restait, heureusement, possible dans le rendement en doublant les performances.
Vu que de plus en plus d'énergie est nécessaire quand un Smartphone se connecte au GPS, à Internet, il y a encore du travail de recherche sur la planche à dessin.
Le lithium est-il vraiment le pétrole du 21ème siècle?
Depuis, au sujet des batteries, il y a eu les problèmes du Dreamliner qui s'ils ne sont pas totalement dus aux batteries d'après quelques experts, rappellent que les batteries chauffent aux risques de donner des sueurs froides aux ingénieurs de l'avion qui ont utilisé 50% de matériaux composites..
Du côté de l'or, tout était bon pour en acheter, à une certaine époque. Pour la Quotidienne d'Agora, le mot d'ordre était d'y investir pour être considéré dans les bons de la classe des investisseurs...
Le 4 juin 2012, Eberhardt Unger sortait un correctif en ces mots: "Le prix de l'or a aussi une composante saisonnière.".
Depuis début septembre 2011, le prix de l'or se trouvait dans une phase de consolidation, stabilisé autour des 1600$ l'once. Fondamentalement, les arguments en faveur des métaux précieux n'avaient pas changé, était-il dit: des taux d'intérêt bas, une politique monétaire ultra-expansive, les dangers d'inflation, une politique d'endettement public irresponsable, le papier-monnaie gangrené, la production minière stagnante, le déséquilibre offre/demande, le manque de placements de première classe (AAA)...
Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs.
Mais, le 7 septembre dernier, l
'or revenait, ainsi, à un sommet sans atteindre le niveau du 12 septembre 2011 à 1373,92$ l'once.
Et puis, il y a les autres tout aussi précieux. Le groupe des MPG, le Platine, le Palladium. Le plancher a été atteint, on passe bientôt aux choses sérieuses et on vise le plafond.
Le Cuivre faisait, aux dernières nouvelles, moins triste mine à 8300$ avant de rechuter comme l'Aluminium qui avait un cours en scie égoïne.
Commencer 2013 sur un ton rassurant...
L'Uranium, au plancher, avec 42$ la livre. Mais, le prix de la recherche grimpe aux environs de 100$. De plus, le potentiel financier nécessaire frise la vingtaine de milliards de dollars. L'émotion causée par Fukushima s'est un peu estompée aux pieds des réalités et des besoins énergétiques.
Plus de demandes d'acier et d'Aluminium explosives, pas d'excitation, voyons.
"Qui va piano, va sano e va lontano".
Rassurer, le leitmotiv à la mode pour eux. Il faut faire tourner le bidule à allure modérée pour garder la pomme pour la soif...
Le problème majeur, tous ces "petits ingrédients" sont indispensables aux produits high-tech: téléphones mobiles, ordinateurs, batteries, ... devenus indispensables pour appeler bobonne et lui dire qu'on l'aime. Plus question de le faire avec un fixe, ce serait ringard.
La faute à la Chine et à l'Inde, toujours les mêmes, même si on en parle moins parce qu'elle a du charbon en réserve, même si la pollution reste un problème.
Pas trop d'inquiétude de ce côté, voyons.
Nous sommes entre connaisseurs, non?
Grattons un peu, là où ça fait mal.
Fin 2012, on lisait: "Les prix des matières premières poursuivent leur dégringolade".
Fini de rêver pour les uns ou de cauchemarder pour les autres?
Tout se régule en fonction de ce qu'on en fait ou ne fait pas et s'il y a trop ou pas assez d'acheteurs.
L'inflation, elle, oubliait les monnaies pour se réfugier sur ce qui est tangible. Quant à la Bourse, elle n'aime pas les points d'interrogations.
L'or était à -15%, l'argent à -10%, le nickel à -36%, le cuivre à -23,2%, le zinc à -23,5%...
La Bourse, au moins elle, respire. Quand elle s'essouffle, c'est que les marges entre le plafond et le plancher, diminuent et qu'il y a moins d'air entre les deux.
Résumons:
2008-2009 : les matières premières étaient laminées, emportées par la crise financière.
2010-2011 : c'est le retour en grâce. Les investisseurs, échaudés par les actions, s'étaient pris de frénésie et se jetaient sur ces pauvres matières premières en voyant les cours s'enfiévrer. Ajoutez à cela que la Chine, grand ordonnateur du cours des commodities, achetait à tour de bras, profitant de cours à prix cassés.
2012 : Coup de froid sur la Chine, les matières premières en subissent le contrecoup. Certains annonçaient même la fin d'un grand cycle haussier.
Vous vous rendez compte, les BRIC ne font plus leur travail de tire-fesses de l'économie mondiale.
Ils le font exprès ou quoi?
Et pour 2013 ? Eh bien, maintenant que la Chine semble se reprendre, les investisseurs s'intéressent à nouveau aux matières premières. Un nouveau retour en grâce ou, une nouveau casino avec une partie remise, impair et passe?
Les (contre-)performances suivent les tendances, les modes. Le prix des choses est souvent plus dépendant de facteurs humains que des réalités du terrain. 
Les analystes financiers s'attendent à une remontée des cours pour le deuxième semestre de 2013 avec leurs graphiques et leurs statistiques numériques.
Évidemment, en Bourse, les courtiers sont payés pour encaisser les courtages à la hausse et à la baisse. L'immobilisme, pour eux, est la pire des situations.
Faut-il passer de la gabegie à la pingrerie pour éviter la destruction de l'humanité avec le seul regard sur le passé ou se tourner résolument vers l'avenir?
Un Américain consomme 50 fois plus qu'un pays pauvre avec l'effet de levier de sa technologie et ne tient pas compte des matières premières et de la pollution inhérente aux processus de leurs utilisations. Cela veut dire qu'il y a de la marge.
L'économie a mis entre parenthèses les points négatifs comme des paramètres difficilement quantifiables par des calculs numériques. Les sciences humaines sont autre chose.
Surtout que la mondialisation a uniformisé les problèmes du code génétique.
Des solutions seraient de consommer moins et plus intelligemment. Recycler, réduire les poids qui augmentent la consommation pendant le transport.
L'ère des limites est plus un problème éthique qu'économique. A y réfléchir, ce serait simplement temporiser et reculer l'échéance pour mieux sauter.
Vivre avec un cerveau planétaire comme Internet donne l'exemple au social unifié et humaniste pour ne pas faire croire à la nature d'avoir manqué son coup en créant le chaînon manquant entre nous.
(Mal)heureusement, il y a en plus le changement climatique qui va ralentir l'économie.
Trouble fête, ce maudit climat...
Je sais, pour certains, oui, pour d'autres, le réchauffement climatique ne serait pas si fort qu'on le pensait. Les climato-sceptiques ont encore leurs mots à dire.
Une "bonne" récession et le problème est joué, pourrait dire le Martien qui survolerait, de haut, notre bonne vieille Terre...
Trop simple. Il ne sait pas que le Terrien a un cerveau et il se doit d'être encore plus imaginatif, plus inventif.
Et qui sait, au fond de la matière, dans l'infiniment petit, les nanotechnologies et les moyens de créer de nouveaux matériaux composites.
D'après une étude menée par le think-tank londonien Chatham House : "L'ampleur et la rapidité de la croissance de la demande des pays émergents, couplée à une décennie de cours serrés des matières premières ont créé une situation de 'stress des ressources'".
Cette situation instable a donné deux principaux phénomènes impondérables:
1. L'augmentation de la demande en matières premières, en général, et en commodities, en particulier. Depuis une dizaine d'années, la demande mondiale de charbon, d'huile de palme ou de fer a augmenté à un rythme de 5% à 10% par an, et celle de cuivre, de riz ou de blé de 2%. Une nouvelle vague de pays comme la Turquie, la Thaïlande ou le Vietnam, devraient les rejoindre.
2. La multiplication des "accidents climatiques", sécheresses, inondations, sabrent régulièrement la production. La production mondiale de blé devrait chuter de 5% cette année. Celle des États-Unis sera réduite de 20%. Selon un rapport de la FAO, alors que, cette année, la demande mondiale de blé devrait se maintenir à 688 millions de tonnes, la production devrait elle être en recul à 661 millions. Depuis 2000, le prix des matières premières alimentaires a été multiplié par deux. La hausse des prix de l'alimentation encourage l'inflation, tout particulièrement dans les pays émergents.
Face aux risques économiques et sociaux induits par cette instabilité, plusieurs gouvernements ont décidé d'agir en instaurant des limitations d'exportations, ainsi que des politiques de contrôle des prix.
En arrière plan, il y a donc les "commodities" sur lesquelles il faut miser: les matières premières agricoles. Et ce d'autant plus que les stocks mondiaux seraient à peine suffisant pour faire face à une ou deux mauvaises récoltes.
Agriculture, management des idées contre matières premières, comme cela s'est vu en Afrique.
Tout se tient. Tout n'est qu'équilibres délicats, parfois acrobatiques.
Le titre était "quand y en a plus, y en aura peut-être encore", mais pas toujours de la même manière et pas nécessairement avec l'abondance du passé et les politiques n'y pourront rien.
Des organismes comme Avaaz.org s'intéressent aux affaires du monde. Ils pétionnent à qui mieux, mieux.
Pas encore d'indigestion de chiffres? Alors, une dernière pour la route:
Synthèse de l'évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi |
Vendredi 1er février 2013 |
Variation hebdomadaire |
|
En $ |
En $ |
En % |
|
| Aluminium | 2 075 | 2 091,5 |
0,80% |
| Cuivre* | 8 090 | 8 189,5 | 1,23% |
| Plomb* | 2 401 | 2 436 | 1,46% |
| Nickel* | 17 300 | 18 445 | 6,62% |
| Etain | 24 800 | 24 800 | 0,00% |
| Zinc* | 2 095 | 2 149 | 2,58% |
| Acier (Méditerranéen) * | 280 |
260 |
-7,14% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
95,97 | 97,11 | 1,19% |
| Or (spot Comex) | 1 656,6 | 1 665,5 | 0,54% |
| Argent spot Comex) | 31,07 | 31,64 |
1,83% |
| Platine (spot Comex) | 1 689 | 1 696 | 0,41% |
| Palladium (spot Comex) | 741 | 756 | 2,02% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
7,81 | 7,72 | -1,15% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
7,254 |
7,4 |
2,01% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
14,49 | 14,89 |
2,76% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois
Réinventer le monde à la croisée des chemins et faire l'inventaire de ce qui reste pour continuer et pas nécessairement y arriver, c'est, pour certains, le moment de profiter de l'aubaine pour engranger des bénéfices au passage.
La Cigale et la Fourmis se réveillent ensembles, engourdies. On ne reconnait plus dans l'histoire qui est la cigale ni qui est la fourmis et on perd le fil de qui fait quoi.
J'ai lu un article qui disait en substance : "L'humanité n'est confrontée à aucun autre défi majeur que celui d'assurer un monde de prospérité plutôt qu'un monde de ruines. Les pays en développement à la croissance rapide ne peuvent pas se contenter d'emprunter le même modèle de croissance que celui adopté par les pays aujourd'hui riches. Si c'était le cas, l'économie mondiale pousserait la planète au delà des limites d'exploitation. Face à tous les défis de la planète, la seule option de développement durable est le modèle de croissance avec technologie intelligente.".
Attention, les décisions stratégiques ne sont pas nécessairement réfléchies dans leurs conséquences. L'énergie, il faut la réduire, alors, la décision a été prise de supprimer les lampes à incandescence qui consommaient trop par des lampes à basses consommations. C'est le cas, mais personne n'a constaté que pour les fabriquer, il faut cinq fois plus d'énergie. De plus, contenant du Mercure, elles doivent être recyclées pour éviter la pollution des sols. Les éléments du Terbium, Europium, Yttrium, en perdition, entre en oeuvre dans la production.
Fausses solutions?
C'est vrai qu'on ne produit qu'une fois et qu'on jette pareil, mais un équilibre en consommateurs et production devrait être mieux ordonnancé. La volonté de l'industrie du low-cost a produit longtemps du matériel à destination du consommateur. Matériel qui était souvent vite détérioré et mis en décharge tout en ayant utilisé le même matériaux que s'il avait été produit en durable.
Je vous dis, parfois, s'il n'y avait pas un café serré et gratiné du matin, chargé de donner l'exemple pour remettre les horloges à l'heure et pour repousser tous les "mea culpa" dans les cordes, où irions-nous?
Ah, ce café, qu'est-ce qu'on ferait sans lui, le matin au sortir du lit?
Blague à part, vous vous imaginez encore la vie sans iPod, sans télés à écran plat avec la 3D qui arrive pour faire semblant qu'il y a toujours du volume dans l'espace, en temps d'anorexie, pardon d'autérité, toujours à tantaliser les consommateurs? Plus moyen de phosphorer, de se cuivrer, de platiner, de s'argenter, de jouer au germani-um... Autant prendre tout de suite ses quartiers d'hiver comme un anti-moine.
Les politiques semblent suivre le mouvement au coup par coup, réactif d'un discours à l'autre, en espérant toujours un peu plus de proactivité pour la prochaine fois.
Devant les soucis que pose la pénurie, ils ne parviennent qu'à glisser, joyeusement ou lamentablement, sur une pente savonneuse.
Situation pardoxale, disais-je au début. Un dilemme avec le pied soit sur l'accélérateur, soit sur le frein. De là, à rester sur la pédale de débrayage en permanence...
L'enfoiré,
Citations:
-
« Il y a trop d’eau, trop de froid et pas assez de pétrole dans les pays froids et pas assez d’eau, trop de chaleur et plein de pétrole dans les pays chauds. A part ça, Dieu n’est pas alcoolique. », Claude Frisoni
-
« On dit que l'argent n'a pas d'odeur : le pétrole est là pour le démentir. », Pierre Mac Orlan
-
« Les Arabes ont fait faire un grand pas à la lutte anti-pollution en installant leurs puits de pétrole dans le désert. », Jean Delacour
Mise à jour 16 avril 2013:
08:05 Publié dans Actualité, Economie, Parodie et humour, Science | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
01/02/2013
Les amalgames de l'histoire
Le 30 janvier 1933, il y a 80 ans qu'Adolf Hitler accédait au pouvoir. Cela méritait, à la radio, une émission spéciale au départ d'une école, pour évoquer le souvenir de cette période sombre de l'Histoire avec les jeunes d'aujourd'hui.
Comment parler d'Hitler à l'école (vidéo)?
Résumé: "Le 30 janvier 1933, Hitler accédait au pouvoir en devenant chancelier du Reich. Dès sa nomination, il publiera les premières lois raciales et mettra en œuvre son funeste plan, sa politique impérialiste, antisémite et raciste. Que connaissons-nous encore du parcours d’Hitler, de son accession au pouvoir dont le parti, le NSAPD, au discours populiste, a été porté par une situation de crise économique qui faisait suite au krach de 1929 ? Les années 30 sont-elles comparables aux années de crise que nous connaissons aujourd’hui ? La montée des populismes en Europe est-elle comparable au populisme de 1930 ? Y a-t-il d’autres éléments de comparaison ? L’Histoire risque-t-elle de se répéter? Qu’enseigne-t-on aux jeunes sur le parcours d’Hitler ? La transmission de la mémoire est-elle encore assurée, organisée dans l’enseignement alors que les témoins directs se font de plus en plus rares ? Faut-il s’inquiéter des propos antisémites que certains jeunes diffusent sur les réseaux sociaux ?"
Un seul commentaire pendant toute la première journée: "Parler d'Hitler, on ne le fait pas si mal à l'école. Par contre, on n'informe pas trop les élèves sur l'actualité: l'intervention française au Mali est présentée comme une guerre contre le terrorisme et non comme une guerre pour la reconquête de l'uranium et du gaz. On parle des camps de concentration, mais pas des horreurs belges au Congo ou des massacres d'Algériens par les français (qui connait les massacres de Sétif -mai 1945?) Finalement, Hitler est bien pratique : nous restons les gentils face au vilain nazi. C'est facile !!!!".
L'auditrice préconisait de réactualiser les images que l'on en donne plutôt que ressasser ce "passé qui passe mal".
"Démocratie et barbarie" est contre tout oubli avec des visites avec les témoins des camps d'Auschwitz ou, plus près, à Breendonck.
Pour ce jour anniversaire, Angela Merckel inaugurait un mémorial à Berlin.
L'histoire d'Hitler restera toujours une référence de ce qu'il ne faut pas faire.
La dernière guerre et ses évènements, je ne les ai pas vécus. Des échos familiaux. Je n'ai aucune envie de revivre cette histoire.
Cela étant dit, il ne faut pas être angélique.
Montrer ce qu'a été la guerre, en parler avec les jeunes, est-ce le moyen de l'éradiquer?
La guerre plus ou moins pacifique, pacifiée est partout.
Canaliser l'agressivité des garçons par des palliatifs.
En 2006, j'imaginais des hypothèses sur cette guerre 40-45, que j'avais appelée "L'alterologie", Lors de l'écriture de ces articles, je ne connaissais pas le mot uchronie, un exercice de l'esprit basé sur des "si" de l'histoire.
Remonter en arrière dans le temps, c'est y chercher des pourquoi, des ressemblances, des alternatives, des compensations et finir par des amalgames, par dire "plus jamais cela" alors que la nature humaine rend la paix toujours aussi fragile.
Les idées ont évolué, heureusement. L'idée d'une Europe unifiée en est née de cette envie de cristalliser la paix. Le jeune ne va plus à la guerre avec le plaisir de devenir un héros. Le service militaire obligatoire a été aboli dans beaucoup de pays.
Ce serait oublier que l'instinct d'agressivité existe toujours sous une forme ou une autre, que la domination par le pouvoir et/ou l'argent est probablement tout aussi présent si pas plus. Le progrès et la complexité se sont ajoutés.
Qui dit que l'histoire évolue dans le bon sens, poussée dans le dos par le progrès?
Quel est le bon sens? Y en a-t-il un, d'ailleurs?
L'humanisme qui voudrait le représenter, est-il vraiment aux bénéfices de tous sur la planète? L'économie n'est jamais très loin des conflits guerriers ou pacifiques.
Très ou trop philosophique, tout cela.
La philosophie est un des outils du sens, mais a-t-elle pu vraiment améliorer les hommes?
Chercher des analogies entre la période des années 30 et nos années de crises à répétitions, c'est, bien entendu, y trouver des similitudes. De là à croire que l'histoire revient tel quelle en ne tenant pas compte des différences notoires apportées par le modernisme, serait bien aléatoire. Trop de paramètres, de contextes différents, font dévier les fils de l'histoire.
Les guerres de religions, d'idéologies, raciales, économiques suivent toujours là même voie.
En 2009, sortaient, sur nos télés, les films "Apocalypse" sur la 2ème guerre mondiale. Remastérisés en couleur, ils s'associaient encore plus aux goûts du jour.
"Mein Kampf" n'avait pas récolté un énorme succès dès sa parution et pourtant, tout y était explicité. Cela n'a rien empêché. Hitler disait, déjà en 1924 "Un état qui refuse la contamination des races doit devenir un jour maître de la terre".
Les alliances entre les pays avant 1914 ont entrainé une guerre sans merci, généralisée et embrasé le monde entier plutôt que de la limiter.
Un jour, ma mère m'a demandé innocemment: "Pourquoi, y a-t-il la guerre?". Elle avait conservé des douilles gravées avec son prénom, par son père, mort des suites de la guerre 14-18 et se posait encore cette question.
Je ne lui ai pas répondu. Cela nécessitait bien plus que quelques mots.
La question est "D'où vient ce besoin d'éliminer ses semblables?".
L'animal, lui, tue pour se nourrir. Pas de sensiblerie. Pas de victimisation, le jeu de la vie et de la mort dans une chaîne de prédations avec les seules armes que la nature a données. Pas d'anthropomorphisme à mettre en avant dans ce cas. Chacun a son rôle à jouer dans la nature.
Sans carapace, sans moyens de défenses naturelles, l'homme n'a que son intelligence pour seule défense.
Il construit des murs pour sa protection et des armes des plus simples aux plus sophistiqués. Ses instincts défensifs et offensifs sont toujours là.
En plus, il a ses propres pensées idéologiques, ses convictions propres à défendre, ses revendications, sur le territoire où il est né ou s'est installé comme s'il possédait ce lopin de terre comme un dû.
Avec un esprit cartésien et numérique, parler de 40-45, équivaudrait à trouver les raisons qui l'ont précédé et qui ont mené à la guerre.
Une menace? Des problèmes de revanche? Surtout, un Furher, un meneur, prêt à mener un Bal des Maudits et une dette de guerre des années 14-18 qui était une bombe à retardement. Si elle n'avait pas mené à la 2ème guerre, cette dette aurait dû s'achever et ne plus être payée par l'Allemagne qu'en 1988, c'est -à-dire s'étendre sur plusieurs générations.
La finalité d'Hitler? Simple. Gagner la guerre pour installer son pouvoir sur le reste monde en transformant, au passage, le peuple en une race aryenne pure. Pour y arriver pas de réel coup d'Etat. L'utilisation de la démocratie. L'élimination des opposants et embrigader la génération suivante, la plus ouverte d'esprit, par la propagande.
Penser à la guerre en temps de paix, cela commence toujours par le banal "pan-pan, t'es mort", un revolver en plastic à la main. Ensuite, aujourd'hui, c'est devenir spectateur au ciné et à la télé, de films de guerre avec ses héros. Dernièrement "Brothers" sur notre télé, rappelait l'idée que tout passe, comme dans une course relais "Au nom du père".
Enfin passer à plus interactif encore, par les jeux vidéo guerriers. Banaliser la guerre. Tout est là.
En contrepartie, les deux heures par semaine réservées à l'histoire du passé à l'école, ne font pas le poids, même si quelques analyses plus fines sont destinées aux futurs historiens.
Devant les écrans de vidéos, à faire la guerre par joysticks interposés, on ne fait, en principe, pas de mal à personne. C'est une guerre électronique, presque "chirurgicale" comme on le dit sur le véritable champ de bataille.

























































































































































