29/08/2010

Incroyables vérités

Le Science et Vie du mois d'août réunissait quelques 80 vérités scientifiques. Intéressantes, connues ou non. Pourquoi pas ajouter un peu d'humour pour certaines d'entre elles pour les rendre encore plus abordables? La Science ne peut pas être triste.

1.jpgConsultez Google avec la phrase "Incroyable mais vrai" et vous aurez des dizaines de vidéos pour résultats. Magazine de divertissements, il fut diffusé notamment sur TF1 entre 2002 et 2007, il  avait pour but de surprendre, de contredire les suppositions ou convictions les plus ancrées, quitte à aller contre toutes logiques et passer dans le sensationnel. Était-ce le but recherché par le Magazine "Science et Vie" comme vulgarisateur dans le domaine scientifique? Comme certains paragraphes m'ont fait sourire, je n'ai pu m'empêcher de les ressortir avec humour.

Jeu de devinettes par l'intermédiaire de six chapitres distincts: la matière, la santé, les nombres, les origines, la planète Terre et la Vie.

Nous allons donc tout savoir dans les domaines de la Science.

 

La Matière

1.jpg1. Il était une fois, trois états de la matière qui ont fait les choux gras de notre histoire sur les bancs de l'école. Et bien, je vous le dit, tout de suite, ces trois états, c'est ringard. Nos solides, nos liquides et nos gaz de tous poil, ne sont plus seuls. Il y en a bien d'autres que l'on nous a caché intentionnellement. La matière est bien plus complexe si pas complexée. La matière se lie d'amitiés passagères de manière moléculaire et cela dans une myriades d'états, dans une véritable soupe de particules chargées. Parler d'une soupe pour le plasma comme état principal dans l'Univers, passe encore. Le marchand de télé en a parlé pour nous vendre  ses chers écrans plats pour les mettre en compétition avec d'autres processus tel que LCD ou même OLED. Donc, il devait bien en avoir d'autres, d'états. Pourquoi ne n'a avoir commencé par là, avec nos télés? Pas question de mélanger. La matière se définit par des "transitions de phases" pour se distinguer l'une de l'autre. Faudra que je m'en souvienne.

Je préviens, mes propriétés physiques risquent, brutalement, de varier à l'avenir. A l'avenir, je me ferai tellement chaud avec mon entourage que j'en perdrais mon individualité dans un "condensat", mais avec l'accord de Bose-Einstein, bien sûr. Si cela ne marche pas, j'essayerai de me convertir en supraconducteur en passant par le stade de quasicristaux pour devenir, qui sait, un supersolide. Je me demande en quelle phase, je me sentirais le mieux et par laquelle je finirai. Affaire à suivre, donc.

2. "Quand il est plein, je le vide. Quand il est vide, je le plains." Plus vite dite, que faite, cette maxime Et oui, un verre d'eau plein est à 99,99% vide. Fini de saliver, c'est de la physique. Les molécules d'eau sont au milieu d'un vide énorme, comme le reste. La molécule d'H2O fait, donc 10 protons, 10 électrons et 8 neutrons qui se baladent dans 99,99999999% de vide. Alors, la prochaine fois, quand vous demanderez un verre d'eau au garçon, demandez, lui, au moins d'en avoir un entier à 100%. Au prix où est l'eau, comme vous la payez à 100%, vaudra mieux en avoir pour son argent. Mais attention, insistez auprès du garçon, demandez-la en eau pure, dépourvues d'ions, sinon cette eau ne sera pas un bon isolant électrique. Je suis sûr que le garçon en restera baba de surprise pendant longtemps.

3. Si vous voulez garder votre masse (et peut-être aussi votre poids), surtout ne remontez pas vos montres. Achetez des montres à piles ou mieux encore des montres à remontoirs automatiques, mais pas avec un remontoir manuel. Matière et énergie se confondent dans la célèbre formule d'Einstein, E=MC2. La tension créée en remontant sa montre crée de l'énergie qui se transforme toujours en masse. Pour s'apercevoir de la différence, il faudra, évidement, une balance ultra-ultra sensible, avec un microscope pour détecter les 3 quarks qui la constitue, mais cela sera déjà cela de gagné. Qui dit quark dit fermions que la théorie du modèle standard décrit, en compagnie de la famille des leptons, comme les constituants élémentaires de la matière. Excusez du peu. Décidément, il y en a des choses inattendue dans la montre...

4. C'est raté, une nouvelle fois. Pas question de s'envoyer en l'air pour penser perdre du poids. On aurait pu le croire en allant dans l'espace. En jouant aux astronautes, ce n'est qu'une impression d'être plus léger. La gravité est presque la même en orbite que sur Terre. Là haut, votre impression d'être plus léger mais vous ralentirez toujours et en finale, vous tomberez de la même façon, avec le même poids. Désespérant espace, désespérante cette gravité...

5. Mais, au fait, combien pèse un kilo? Voilà, la question que votre marchand de tomates va avoir du mal à répondre. Le mètre, lui, pas de problème, on peut l'évaluer avec une référence stabilisée. Mais pour le poids, il faudra aller voir le petit cylindre d'iridium et de silicium sous la porcelaine de Sèvres qui a la méchante idée de s'user en perdant ses atomes. Heureusement, la précision requise devrait être adoptée en 2015, nous précise-t-on. Mais qu'est-ce que mes tomates vont devenir en attendant? Est-ce que j'aurai mon kilo comme d'habitude? J'ai des doutes...

6. - Chérie, monte le son et allume le chauffage!

Pourquoi faire les deux en même temps? Ben, il parait que les ondes sonores vont compresser et détendre l'air pour le refroidir. Curieux, me direz-vous. D'expérience, on aurait pu croire du contraire. En plus, n'oubliez pas, non plus, de placer le haut-parleur avec ses ondes sonores dans le réfrigérateur. Il va diminuer la consommation. C'est écrit et je prendrai toujours des actions à ce que je lis.

7. Plus il y a de défauts dans les matériaux, plus ils ont de qualités. En tant qu'humain, fait de chair et de matières, j'ai l'ai toujours dit. Mes défauts, ne le dites à personne, je les cache en couleurs comme des diamants roses. Mon épouse confirmera.

 

La santé

1.jpg1. Nous avons vu "La guerre des étoiles" à l'échelle de celle-ci. La guerre des virus avec l'imagination de Georges Lucas, pourrait être bien plus terrible dans l'infiniment petit. Les virus peuvent en tomber raides, malades en s'infectant entre eux. Le géant "Mamavirus", de la taille d'une grosse bactérie, affecte les amibes. Goliath abrite aussi son David, huit fois plus petit que lui. Vu sa petitesse, on l'a baptisé le virus "Spoutnik". Mais le vilain Spoutnik n'y peut rien. Il s'attaque insidieusement à la reproduction de son "Goliath" par simple obligation. Et oui, Spoutnik est un viruphage qui a besoin absolument d'infecter pour se multiplier à sa convenance. Le pauvre Mamavirus en "souffre", évidemment. Mais, même en tendant l'oreille, on n'est pas encore parvenu à l'entendre. Le Spoutnik, lui, fait probablement "bip bip" en pratiquant ses malversations. C'est bien connu, les petits font toujours plus de bruit que les grands.

2. Sauvé! On le dira jamais assez: "on perd très peu de neurones en vieillissant". A peine 10 à 20%. Tout dépend de la qualités des connexions entre eux. Moralité, gardons nos relations, nos réseaux intacts. Les vieux neurones, le cerveau se charge de les recycler. A la casse, les vieux. Vive la jeunesse. Plus on stimule les neurones, plus les cellules génitrices se dynamisent. La plasticité cérébrale de nos synapses forge notre individualité. J'ai eu raison de passer par là. Ecarter la cellulite, les varices, même dans le cerveau, cela reste un "must".

 

Les nombres

1.jpg1. Il y a infini et infini. Faut pas confondre. L'un est plus petit que l'autre. L'ensemble infini des entiers, par exemple, est deux fois plus petit que celui des nombres réels.  Georg Cantor, au XIXème siècle, l'a dit, mais personne ne l'a démontré depuis, car c'est simplement "indécidable". L'ensemble des fractions fait aussi partie des réels, tout en n'étant pas plus grand que l'ensemble des entiers. Vivement le monde du réel. On ne se sent plus, du coup, dans l'infini du virtuel. Mais, je ne vous empêche pas de commencer à compter pour le vérifier. Rendez-vous dans .... un certain temps.

2. Cet ordinateur est un véritable ignare! Avec ses pauvres 64 bits de 0 et de 1, il ne sait même pas soustraire 4095,1 à 4096,1 sans faire une grossière erreur de 0,0000000000000001.  Vivement qu'il sorte aussi du monde virtuel pour s'installer dans celui du réel qui a un infini, bien plus grand, comme on vient de le voir.

3. Les vérités mathématiques ne sont pas toutes démontrables. Kurt Gödel, en 1931, par les métamathématiques s'est donné comme axiome "Cet énoncé n'est pas démontrable". S'il l'était, ce qu'il énonce serait vrai, mais ce qui contredit aussi l'énoncé de départ. CQFD? Non, pas tout à fait, car l'incapacité à démontrer cet énoncé suffit aussi à prouver qu'il est vrai, puisque c'est justement cette indémontrabilité qu'il affirme. Indémontrable et vrai montre l'incomplétude des mathématiques. Vous avez tout compris ou je répépépette depuis le début? Heureusement qu'il y a la logique... Que ferait-on sans elle?

 

Les origines 

1.jpg1. Il y a environ 3,5 milliards d'années, les cyanobactéries ou algues bleues ont cassé les molécules de CO2 pour en récupérer le carbone et rejeter l'oxygène qu'ils n'avaient pas besoin comme organismes anaérobies. L'oxygène resta piégé dans les minéraux jusqu'à sa saturation. Après, en excès, il a été libéré, quelques centaines de millions d'années plus tard. Cet oxygène est passé de 1 à 10% dans l'atmosphère. Cela engendra la première extinction massive de l'histoire de la vie. La "grande oxydation", nous a permis de progresser dans l'évolution. Comme on dit, le malheur des uns... Et si on leur demandait de revenir aujourd'hui puisqu'on fournit trop de CO2? On en boucherait un coin à ces "pro du pot", climatophiles, climatophobes ou climatosceptiques.   

2. Ringard, aussi, les nanotechnologies... Les premiers nanotubes de carbone furent créés en 1952. Au IXème siècle, les céramistes savaient incorporer des poudres nanométriques d'oxyde de fer ou de cuivre dans leur pâte, tandis qu'au XIXème siècle, les émulsions photographiques contenaient du nitrate d'argent nanomètrique. Dès 1931, le premier microscope électronique fut inventé et enfin, on peut espérer voir ce qu'on fait. On arrive à se demander qui a touché les  revenus des brevets? Alors, répétons, en choeur, "nano", "nano"... Es-tu là?     

 

La planète Terre

1.jpg1. Les montagnes sont des pompes à CO2. L'érosion altère les roches par ses réactions chimiques. Les débris de roche emportés par les cours d'eau charrient des cadavres d'animaux et des résidus végétaux composés de carbone. Ils se déposent, en finale, au fond des mers en gaz carbonique. Pour les problèmes d'effets de serre, il suffira donc d'attendre la tectonique des plaques qui surélèvent toujours l'Himalaya. A peine, quelques millions d'années à attendre....

2. Fini de tourner autour du soleil en 365 jours. Les journées s'allongent et les années raccourcissent. La Lune, celle qui provoque les marées et engendre des boursouflures, a de méchantes habitudes. Elle freine la rotation de la Terre de 2,7 millisecondes par siècle. Le jour comportera une heure et demi en plus, dans 200 millions d'années. Ce qui fera 22 jours de moins à tourner. Va-t-on gagner plus ou moins dans le futur? On sera plus vite à Noël. On aura plus de temps pour dormir et moins, pour travailler. Le pied, quoi...

3. Quel rapprochement à faire entre le transport aérien et Internet? L'émission de CO2. Stocker les données est aussi gourmand en énergie. Les "data center" dévoreraient 3% de la production électrique aux États-Unis. En 2008, 45 millions de serveurs rejettent sur la planète plus de CO2 que l'Argentine. Ces foutus informations sont tellement vite obsolètes qu'on se demanderait si cela vaut la peine...     

 

La vie

1.jpg1. Si pour l'homme, inventer la roue, cela remonte à 5500 ans, pour la nature et les bactéries à flagelles, il y a 3 milliards d'années. La rotation d'un de ses constituants en anneau peut même atteindre 12.000 tours par minute comme une hélice bateau. L'énergie, pour le réaliser, est, un véritable casse-tête physiologique. La solution trouvée n'est pas organique, mais, électrique, engendrée par un flux de protons entre le corps cellulaire et la roue. Il devait y avoir eu une bactérie très futée, qui, un jour, s'est écriée, Eureka dans son bain viscéral. 

2. On aurait pu appeler cela, l'"affaire des chromosomes". L'homme a des  chromosomes XY. La femme, des XX. Mais, ce n'est pas vrai dans un cas sur 20.000, pour l'homme, et un cas sur 10.000, pour les femmes. Le fautif, le gène "SRY" (Sex Determining Region Y). C'est lui qui est chargé de coder la formation des caractères masculins en secrétant la testostérone. S'il se planque sur le chromosome X et disparaît de l'Y, c'est l'accident. On aime à jouer à cache-cache dans ce monde-là. Certains animaux décident du sexe de leurs petits par parthénogénèse. Ne le répétez pas trop haut, les galipettes de sieur SRY pourrait donner des idées à quelqu'un.

3. L'altruisme est une stratégie de survie. L'égoïsme est une stratégie qui ne fonctionne qu'une seule fois. Mais, voyons. La sélection naturelle aurait inscrit cela dans nos cerveaux. La mémoire  de l'importance que l'on donne à notre réputation, implique ce choix "altruiste". Les neurones "miroirs" auraient ensuite pris l'habitude de stimuler la compassion et l'entraide. Je sens qu'on va mettre ça, en test, tout de suite.

- "Miroir", qui est le plus beau, le plus intelligent, le plus...?

4. Les neurones ont, tous les jours, la bougeotte. Chez l'homme adulte, ils voyagent de près de 5 centimètres du cortex au bulbe olfactif. Migration que l'on ne peut que spéculer quant à son but. Voyager, c'est toujours mourir un peu, dit-on.

- Alzheimer, es-tu toujours là? Al, comment?

5. Il n'y aura jamais de langue unique pour l'humanité entière. "Ce serait un désastre intellectuel et écologique sans précédent.", écrivait le linguiste David Crystal qui s'exprime en anglais, comme par hasard. Sur 6000 langues répertoriées, 1932 sont en position de disparaître. La tendance est de parler plusieurs langues dans 125 pays. Il n'y a pas de recette pour assurer le succès de l'une des langues par rapport à une autre. Pas même une morphologie simplifiée qui est, vite dépassée par le succès des conditions sociales et identitaires. Aucun "globish" uniforme ne détruira la tour de Babel même si elle a perdu quelques étages dans sa construction.

6. Une dernière pour la route? Plus j'oublie, plus je me souviens. L'oubli des souvenirs obsolètes permet aux nouveaux souvenirs de s'installer plus durablement. La question reste, qui décidera ce qui est obsolète et ce qui ne le sera pas?

Dans le cortex, on entendrait:

- Place, souvenirs de bas de gamme, j'arrive. Pas le temps de te dégrader, vieille riquette. Dégage.

 

Conclusions

1.jpg"Science et Vie" n'a dit que la vérité, il l'a dit, je le répète. Je tiens à disposition les textes originaux. Je les ai seulement un peu interprété.

Nous étions, dans le cas du SV, dans le domaine de l'informationnel, dans le mien du gratuiciel.

La science doit-elle être vérifiable?

La réponse se trouve dans le prochain numéro du magazine. Dans un article, il y est dit que la gravitation universelle ne serait pas une force fondamentale, que la physique quantique vient à l'attaquer sur ses bases. Niels Bohr parlait de cette physique quantique pour la classer hors des réalités. La théorie des cordes souvent placée entre les deux théories n'a jamais pu être démontrée. "Il faut s'affranchir de la réalité", était-il dit. Donc, pas de souci.

Je vous avais déjà prévenu "Ne bosons pas". Il s'agissait alors, pas moins, de la particule de Dieu. C'est vrai, les particules sont souvent "inventées" avant d'être découvertes. Si le quark "bottom" a été observé en 1977 sans soupçon préalable, le "up", le "down" et le "strange" avaient été imaginé par le physicien Murrau Gell-Mann en 1964. Quant au "charm", il existait en théorie en 1970 avant d'être débusqué en 1974. Je ne sais pour vous, mais moi, je reste, vraiment, sous le charme. 

La Science se doit-elle d'être belle?

Oui, elle le peut, nous l'avons vu avec les fractales. On réconcilie, ainsi, artistes et scientifiques.

Est-ce que ces vérités, ces révélations vont changer notre vie de tous les jours?

Il existera toujours un fossé entre sciences fondamentales et sciences appliquées, un lien que l'on voudrait toujours plus ténu.

La Science doit-elle être compréhensible?

Là, je cèderai la parole Stephen W. Hawking qui écrivait dans son livre "Petite histoire de l'Univers": "Si nous parvenons un jour à établir une théorie unifiée, elle devra devenir, en temps voulu, compréhensible par tous, et non pas seulement par quelques scientifiques. Nous serons alors tous à même de prendre part à la discussion sur la question de savoir pourquoi l'Univers existe".

1.jpgLa Science doit faire rêver pour exister, ça c'est sûr.

- Et, toi, l'enfoiré, continue à interprèter, à extrapoler, mais évapore-toi, dégage...

Après un mois de juillet torride mais capricieux, un mois d'août de draches (douches) nationales ou non, je me devais de terminer cette période de vacances de manière déjantée pour ceux qui n'y entendent rien en Sciences. Celles-ci ne doivent pas être toujours sérieuses.

Le mois de septembre, c'est celui où on rencontre, statistiquement, le plus de Vierges.1.jpg

J'en suis une... Ce qu'en dit Marie-Claude n'est pas dénué de vérités.

Maintenant, de là à dire que que cela soit "incroyable", je n'irai jamais jusque là.

Bonne rentrée dans le monde du réel...

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, de grands scientifiques vous attendent.

 

Citations:

  • "Sachez que je puis croire toute chose, pourvu qu'elles soient franchement  incroyables.", Oscar Wilde
  • "Quelque part, quelque chose d'incroyable  attend d'être connu.", Carl Sagan
  • "L'homme ne progresse  pas de l'erreur vers la vérité, mais de vérités en vérités, d'une vérité moindre à une vérité plus grande.", Swami Vivekananda

22/08/2010

Il était, une fois, l'utopie

"Sans utopie, aucune activité véritablement  féconde n'est possible.", disait Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine. En d'autres mots, nous avons besoin d'utopies, d'espérer que demain sera meilleurs qu'aujourd'hui. Pour d'autres, elle serait une entrave au progrès. "Le Monde diplomatique" titrait "Le Temps des utopies" dans sa "Manière de voir".

1.jpgLes utopies sont de tous les temps sans se confondre dans leurs ambitions. Elles ont une histoire. L'utopie a même son dictionnaire.

L"eutopia", l'utopie aurait pour but final de créer une société idéale, parfaite, mais pas surfaite.

Thomas More est un de ses précurseurs. Il en est peut-être mort. Son histoire personnelle mérite le détour.

Le cinéma l'a représenté dans tellement de circonstances et dans tellement de situations qu'on s'y perdrait. On se souvient du feuilleton "Le prisonnier", le célèbre "Numéro 6" qui se retrouve coiné dans un "Village"  surréaliste et idyllique, à la fois. L'utopie serait-elle seulement d'être libre?

Rêves simples ou aspirations complètement désynchronisés. Rigidité rationnelle de pensée de Platon contre fantaisie de trop de libertés du style "soixant-huitard".

Quel est la tendance actuelle? Nous en approchons-nous ou nous en éloignons-nous? Essayer d'y répondre était le but de ce "Temps des utopies".

Par obscurantisme du pouvoir temporel ou spirituel, la plus grande partie de notre longue histoire féodale montre que les populations croyaient à un pouvoir naturel ou surnaturel qui ne leur serait jamais concéder par manque d'instruction. Gouverner le monde  était naturellement attribué par droit divin chez les Pharaons d'Egypte. Pensée que l'on retrouve aussi dans les castes en Inde.

La révolution française de 1789 a, en effet, marqué les utopies d'une pierre blanche et rendu plus de droits au peuple, en lui rendant la politique et le libre échangisme économique dont il pouvait en tirer avantage personnel. La bourgeoisie s'est infiltrée en interface à cette prise de conscience entre le pouvoir et le peuple prolétaire. L'ingéniosité, la malice, l'intelligence s'incrustèrent dans le processus. Ce fut la période de conquêtes décrites dans Germinal par Zola et les parodies des Temps modernes, du Dictateur caricaturées par Charlie Chaplin.

La technicité prenait le pas sur le côté social de la vie. L'individualisme  avait remplacé progressivement l'esprit d'équipe. Le travail se transformait en obligation de propriété pour avoir une place reconnue dans la société. Le monde darwinien du rendement se chargea de mettre en place les dispositifs les plus efficaces dans des cycles concentriques de luttes pour la vie, de "manger" ou "être mangé". Les résistances existèrent mais souffraient, parfois, en mal d'utopies philosophiques, de manque de convictions contradictoires.

On peut raisonnablement estimer qu'on est dans une époque de remise en question et de recherches d'autres options que celles qui ont exister dans les dernières décennies. Vu les difficultés, les idées de penseurs comme l'ont été Friedrich Hegel, Karl Marx et d'autres, reviennent à la mode. Incontestablement, la demande existe chez les médias ou sur Internet pour débroussailler les options possibles du futur et  de donner des références pour étayer les visions de départ.  Visions qui elles aussi évolué.

Les philosophes, les économistes, de tous les horizons, sont consultés pour trouver une nouvelle voie.

La fin de la guerre froide a précipité la fin de l'idéologie communiste qui déviant,  n'avait pas atteint ses fondements pour se confondre dans un collectivisme qui rejoignait, quelque part, le productivisme.

L'idéologie opposée, le néolibéralisme, paraissait plus enthousiasmant, mais a montré ses limites par un nombre croissant de chômeurs et un accroissement de la précarité dans des crises à répétition. L'idéal socialiste pouvait prendre la relève médiane avec une certaine liberté. Paradoxalement, il a réduit sa voilure pour devenir suiveur, sur la défensive, correcteur des erreurs mais orphelin d'idéaux en commun, pour devenir une sorte de garde-fous pour enrayer les excès d'un libéralisme trop aventureux, trop automatique dans sa régulation. Le socialisme, remonté au niveau européen, est loin de suivre les mêmes voies pour atteindre ses objectifs. L'Internationale est chantée, alors, la rose à la main, lors des grands rassemblements mais semble regagner les oubliettes dès la sortie des grands meetings.

On se souvient de la chanson de Bécaud pastichée avec ironie par Thierry Le Luron "L'emmerdant, c'est la rose".

1.jpgEn France, le choix de la droite, à première vue, pourrait rester une énigme pour un observateur étranger. La France aurait pu mieux s'expliquer dans ses buts intimes. Le mandat de Nicolas Sarkozy a commencé par une année d'euphories. Les années qui suivirent, se soldent par un goût amer et de déceptions. On ne sait pas trop bien, si son élection voulait effacer ou restaurer les 30 glorieuses précédentes du début mais en perte de vitesse. Les mensonges électoraux souvent avancés n'expliquent pas tout. Recherchait-on une alternative crédible sur le long terme du style de De Gaulle, souvent reprise comme référence du passé?

Le parallèle dans le temps avec le parcours d'Obama, avec une période de liesses au départ, suivie par des réalités moins roses, n'est pas dénué de sens.

En Belgique, en 2007, ce qu'on a appelé les "affaires socialistes", avait ébranlé le parti.  Les élections de 2010, le remettait en selle, plus fort que jamais mais uniquement dans le sud du pays comme opposition au parti flamand du nord, de tendance "droite", séparatiste et nationaliste. Le parti libéral, le MR se retrouve actuellement devant des dissensions internes.

Le peuple se retrouve impuissant face à ses délégués qu'il ne peut sanctionner à terme échus qu'en refusant de les réélire avec dans le fond des filets, une dictature inéluctable.

Alors, était-ce des utopies comme d'autres?

L'idéologie libérale était-elle dans les gènes et pouvait-elle se reconnaître par ses antécédents?

Dans un monde qui ne voit que l'argent, à Cash city comme le chante Luc De Larichellière,  changer de régime, d'idéologie, n'est pas qu'une affaire de crise d'alternance, mais plus relatif à la science humaine, à l'anthropologie et à la sociologie qui tentent d'apporter du progrès durable, vrai ou faux, pour l'ensemble. Alors quand seul, les plus privilégiés en profitent, c'est sortir du libéralisme libertaire. L'humanisme va à l'encontre des règles darwiniennes qui cherchent le plus viable, le plus fiable, le plus rentable... Solidaire, il en est son contre poids, mais n'a vu sa naissance que pendant la Renaissance. Progrès lents, avec des avancées et des reculs, tout reste encore à écrire.

Ce n'est pas une alternative gauche-droite qui changera cet état mais, peut-être, une utopie qui deviendrait réalité et éclairante pour les deux bords et dans laquelle chacun y trouvera un profit.

Assurer la rentabilité viable, pour le privé. Assumer avec motivation, pour le public.

Les processus préconisés par le dit "Ordre Nouveau":

1.jpgLa société de l'ordre nouveau, post-moderne, prévoit et construit des experts, des ingénieurs, pour réaliser ce qu'elle a planifié. Elle se veut flexible, à l'écoute du progrès, prête à réagir au quart de tour et parfois, par pragmatisme, à inverser son propre courant de penser quand il s'avère plus productif de le faire. La science reste sa source de réflexions, son catalyseur et son recours en cas de fausse route.

Récompenser les plus "doués" et rejeter les "récalcitrants" comme des "invalides du système". Construire un "chart", un "workflow" de l'information à sa meilleur convenance avec une lessiveuse logique bien rodée.

La mondialisation est son Univers de prédilection. La mobilité des capitaux, des marchandises, la flexibilité de la main d'oeuvre sont ses outils pour assurer la continuité, à tous prix. Trouver des responsabilités et des responsables aux erreurs de "compréhension" ou de "manipulation" se fait par l'intermédiaire de hiérarchies, porte-paroles et par des contrats coulés dans le béton. Toujours trouver le meilleur prix-performance pour la production en externalisant pour réduire les coûts et utiliser la publicité pour accroître les ventes et assurer les revenus. La confiance se transmet par des délégués, des porte paroles comme boucs émissaires ou mercenaires qui pourront servir de fusibles en cas de faillites du système "corporate".

On ne s'embarrasse pas trop du temps et du travail assignés. Le "know how", l'expérience  est considérée comme passagères et perd de sa valeur face au prix de revient sans concession faite à la fuite en avant du temps et de l'espace. Le court-termisme tout azimut ne fait qu'accentuer le phénomène.

Au sommet, on fusionne pour se sentir plus fort et par souci de prestige. Coincé par contrats, les filiales, les fournisseurs et les sous-traitants ne pourront que suivre la ligne du parti de la maison-mère.

A la base, on scinde les activités, pour mieux les sécuriser et les contrôler. On réduit le nombre de têtes pour effectuer le même travail. Le cloisonnement des experts a rendu, malheureusement, la vue à 360° des plus floue. La polyvalence est devenue un leurre, une utopie de plus. Le jeu de la chaise musicale avec l'antagonisme favorisé des internes face aux réservistes externes. Les ressources humaines sont mixées aux ressources matérielles sans distinction de statut de l'un par rapport à l'autre. Pour soutenir l'ensemble, il y a les discours politico-commerciaux qui se tournent vers la fierté de ses membres en donnant l'illusion d'appartenir à un ensemble, à une famille et ainsi satisfaire l'instinct grégaire des hommes. Des plans sociaux à répétition n'empêchent pas l'extension d'une certaine misère et des inégalités sanctionnés par un mécanisme anonyme que l'on appelle, le marché.

L'aspect le plus négatif du principe "capitalisme", c'est que l'activité humaine bien qu'elle enrichit, ne fait plus de distinction entre marchandise et humain. L'homme n'est plus une fin en soi mais un simple moyen. Effacer la démoralisation qu'il produit par la régulation étatique semble une bonne option, si elle n'est pas qu'une étape pour redonner  le même argent au beurre. Qui va réguler l'Etat? Un super État?

La doctrine libérale fonctionnerait seulement si l'enrichissement personnel disproportionné, la corruption, le népotisme n'étaient au détour du chemin et qu'il n'oublie pas le progrès de ses administrés.

Face à l'antagonisme entre secteur privé et à son personnel, le secteur publique joue à la force de résistance. Son action reste limitée en arrière garde et  souvent avec effet retard. La foi dans le libre échange s'y est aussi propagée, intégrée aux processus du croisement des carrières, tributaires des mêmes obligations de résultats concurrentiels inter-États et des sanctions à court terme d'élection en élection en cas d'échec. La recherche d'aide pour se justifier se fait souvent au niveau supranational.

Les utopies d'idéologies sociales tendent par contre, vers un infini jamais atteint. Elles sont toujours pour demain ou pour après-demain.

A la différence de l'utopie sociale, la techno-utopie a eu jusqu'ici le mérite de toujours advenir. Il suffisait d'y mettre le temps et le prix pour parvenir à ses fins.

La solidarité avancée comme motivation principale serait-elle un voeux pieux, un leurre que l'on atteint à l'infini?

La fin du système libéral justifie-t-elle les moyens?

Le nouvel esclavage, vu par les Maîtres du Monde extrait de "1984" de George Orwell

"Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majorité tel que nous le définissons. Les hommes, ces créatures frêles et lâches, ne peuvent endurer la liberté ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu’eux. L’espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux.

Le bien des autres ne nous intéresse pas, nous ne recherchons que le pouvoir, le pur pouvoir. Les nazis et les communistes se rapprochent beaucoup de nous par leurs méthodes, mais ils n’eurent jamais le courage de reconnaître leurs propres motifs. Ils prétendaient s’être emparés du pouvoir pour une période limitée ; passé le point critique, il y aurait un paradis où les hommes seraient libres et égaux. Nous ne sommes pas ainsi, nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir.

L’esclavage c’est la liberté. Seul, libre, l’être humain est toujours vaincu. Mais s’il renonce à son identité, s’il se soumet entièrement et totalement, il se fond dans le pouvoir collectif, il est alors tout-puissant et immortel.

Ce pouvoir est aussi le pouvoir sur d’autres êtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière n’est pas important, notre maîtrise de la matière est déjà absolue. Ce qui importe c’est de commander à l’esprit. La réalité est à l’intérieur du crâne... Le réel pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Comment assure-t-on le pouvoir sur un autre ? En le faisant souffrir. L’obéissance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit, non à sa volonté, mais à la nôtre ?"

L'allié, la Science

La fascination du progrès scientifique pousse à résoudre tous les problèmes de la société et de rationaliser tous les processus de vie, de production et de travail. Les OGM font peur à juste titre suites à leurs ratés.  Les nanotechnologies sont peut-être très prometteuses pour le futur. Le principe de précaution freine les tentations des apprentis sorciers. La production des énergies n'est pas résolue sans risques. Pas de doute que l'occident doit son succès insolent au pétrole et au charbon. Tous deux, énergies fossiles, polluantes mais ont été relativement plus économiques à l'extraction et à l'exploitation.

Une panoplie de solutions plus durables existent mais aucune d'entre elles, n'a que des avantages. Le prix d'implémentation vient en concurrence avec l'enthousiasme, le prestige et rendement réel. Le calcul du prix-performance n'est pas affaire très évidente dans le long terme et il se retrouve très souvent sous-estimé. Les effets pervers, les effets papillons sont à prendre en considération entre rêves et réalités et résident souvent dans l'art de la persuasion des gourous que l'on trouve dans les élites face aux néophites des masses prolétaires.

L'informatique est la caricature du nécessaire superfétatoire. En rouleau compresseur, elle s'est imposée sans rémission. Économies du virtuel mais qui ses racines dans le réel.

Le "Système Ancien"

La nostalgie est-allemande du communisme a pris le nom d'Ostalgie. Moins excitante, moins jeune, cette période ne se limitait pas uniquement à l'idée de la Trabant ou de la Stasi. Le système ancien offrait aussi, presque le plein emploi, des logements accessibles, une santé quasi gratuite et performante. Lors de l'ouverture à l'ouest, tout a changé avec enthousiasme. Le niveau de vie paraissait avoir augmenté, il s'est aussi rallié, insidieusement, dans un processus totalement étranger avec une inflation qui a refait glisser l'ensemble de la masse des moins nantis, des moins "agiles" dans moins de sécurités sur leur futur.

Extrêmes que chantait et caricaturait Jean Ferrat avec vivre dans la jungle ou dans le zoo.

On peut se demander à qui a profité les 1250 milliards d'euros investis dans les Länder de l'Est qui proposaient 6 millions d'emplois en 2004, contre 9,7 milliards en 1989?

Les Allemands ont hérité de la peur de l'avenir dans le transfert. La chute du Mur de Berlin a besoin de rappels d'anniversaires comme le vingtième, l'année passée pour s'en rappeler.

Tout le monde n'aime pas la liberté et lui préfère la sécurité connue dans l'ex RDA. Les changements ne sont pas toujours voulus mais simplement conduit par un flux poussé dans le dos par le rêve utopique.

Le droit à la paresse ? Défendre mais non imposer le travail... "Pourquoi ne pas distribuer le travail uniformément le travail sur douze mois au lieu de prendre des indigestions pendant six mois", pensait Paul Lafargue. Iconoclaste pour la plupart des gens que de dire cela. Qui a dit que travailler était le sort des hommes? Se nourrir, se vêtir, se protéger, mais après cela?

Montre ton cerveau, je te dirai qui tu es. Bien vite dit.

L'ultime utopie, la décroissance

1.jpgL'overshoot day tombe, cette année le 21 août, un mois plus tôt que l'année précédente. A ce rythme soutenu, dans 8 ans, l'humanité aurait consommé la totalité de ce que la Terre aurait produit, son PIB, dans l'année sans l'avoir commencé et entamera immédiatement ses réserves.

La stagflation fait déjà peur. La décroissance secoue encore plus l'esprit. Alors, on vire très vite dans l'anti de tous poils. Antiéconomie, antisocial, antiécologique pour se retrouver anarchiste sans en prendre le nom.

Les écotartuffes croisent les objecteurs de consciences. Arbitrairement fixer la croissance de 3% qui, au dessus, créerait de l'emploi et en dessous, en détruitait ne tient pas longtemps à l'analyse.

Les nihilistes, les pédagogues des catastrophes se veulent les défenseurs de la peur qu'ils engendrent et accentueraient les crises par leur manque volontaire d'activités.

Si l'évolutionisme n'est pas à la portée de tout le monde, être antitout est du "gâche progrès" qui n'est pas inscrit dans les gènes. Le monde a des limites précises. La vie a ses prérogatives.

La décroissance a ses partisans et ses détracteurs farouches.

Point de l'acceptable ou point de rupture?

L'homme n'est probablement pas fait pour travailler "idiot". Il est là pour s'occuper l'esprit au mieux qu'il peut avec son expérience, ses qualifications, ses inventions et leurs installations qu'il aurait cultivé dans son jardin ou dans la pénombre d'un bureau.

Si ralentir la course en avant est une obligation face à la finitude du monde, il s'agit de se tourner vers le renouvelable qui lui ne demandera pas moins de travail de réflexions, ni de procédures d'implémentation et de suivi. L'aliénation du travailler plus pour gagner plus, doit trouver une interprétation par le travailler mieux. Moins d'efforts, plus d'efficacités et en définitive un rendement meilleur en surexploitant les neurones pour épargner le bien commun.

Sélectionner les points positifs dans les deux idéologies en compétition, protéger les prolétaires par un jeu d'éthiques appliquées.  Le traitement de l'information utilisé de haut en bas et de bas en haut avec une responsabilité partagée, bien comprise.

Spinoza était, peut-être, le vrai perturbateur dans son "Traité théologico-politique", face aux extrémismes de tous bords.

Il préconisait la liberté de jugement comme vertu non comprimable. "Moins il est laissé aux hommes de liberté de juger, plus on s'écarte de l'état le plus naturel, et plus le gouvernement a de violence. Ce qu'exige avant tout l'Etat, c'est que la piété et la religion soient comprises dans le seul exercice de la charité et de l'équité, que le droit du souverain sacré ou profane se rapporte aux actions seulement.".

La décroissance fonctionnerait si la grève de la croissance prenait place dans les mentalités et perdrait ses hantises, ses ambitions de vouloir pavoiser en permanence parmi les plus grands.

Une conclusion utopique?

Garder des arbitres, des ombudsmen, des syndicats restent les seuls agents liants ou raccordant les  bords. "Maintenir les droit imprescriptibles de l'homme, son droit d'exister par lui-même et pour lui-même  avec la propriété comme garantie pour la cimenter. La liberté du commerce est nécessaire jusqu'au point où la cupidité homicide commence à en abuser", écrivait Maximilien de Robespierre.

Très beau planning de vie qui reste à construire chez les premiers, à entretenir pour d'autres, à reconstruire pour les derniers.

Moraliser le capitalisme par l'éthique, résister à la publicité comme moteur de vente, frisent l'humour noir. La pathologie du travail s'autoalimente en boucle dans un incontrôlable processus aveugle dans lequel la technologie, l'économie, la politique ont pris la manoeuvre. On en arrive à être conscient qu'on ne sait plus vraiment où l'on va, mais on y va. Les créateurs de richesses sociales devraient avoir le droit de prendre part démocratiquement au processus de décision de la gestion commune.

Pierre-Joseph Proudhon lance, un jour, "La propriété, c'est du vol". Idée anarchiste, iconoclaste, s'il en est. Mais ce sont les idées qu'il proposait de redistribuer les richesses, créées en ajustant leur valeur à leur utilité qui semblent, aujourd'hui, apporter un pont entre les extrêmes libérales et socialistes. C'est lui qui exigera la création d'une banque nationale pour centraliser la finance.

Philosophes et économistes se basent sur leurs propres pairs historiques pour trouver des correspondances et se retrouvent souvent dépourvus de solutions face à l'actualité.

Ce sera aussi aux citoyens, eux-mêmes, de trouver des compromis si les habitudes ne se sont pas encore incrustées dans les instincts de chacun. Taire le silence, écrivais-je un jour.

Eduardo Galeano constatait en parlant d'utopie: « Je me rapproche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. Je chemine à dix pas de l’horizon et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : cheminer. »

L'utopie, dirais-je, serait, peut-être aujourd'hui, de ne pas avoir d'utopies.

"Vivre l'utopie" à une autre époque, c'était être anarchique. Celle-ci est plus feutrée aujourd'hui.

Au fond, il y a presque autant d'utopies que d'humains, autant d'anarchies que d'anarchistes.

Aujourd'hui, c'est derrière les claviers, face à l'écran, que l'on trouve la plage. Les élans de motivations, hier, y sont execrés, aujourd'hui.

1.jpgGoogle, parfois pris comme exemple de société post-moderne avec une organisation assez libre de fonctionnement, reperd cet avantage par les sacrifices familiaux que cette liberté inclut.

Aux dernières nouvelles, les riches deviennent philanthropes. Ils ont de la générosité à revendre. Changent-ils de paradigme, pour reprendre un mot à la mode? Non, ils dégrossissent le superflu en repentis.1.jpg

Risquerais-je une utopie personnelle? Futuriste puisqu'il est en pleine recherche dans le domaine du cerveau et de son organisation. Il aurait l'avantage d'avoir été éprouvé durablement par la vie.

Et si le monde devenait un "macro cerveau", un Mondianet, avec pour connexions, un réseau de neurones perfectionnés. Chacun serait à sa place, avec ses aptitudes, ses fonctionnalités propres. Irrigué par un sang providentiel et nourricier, il recevrait les informations qui lui seraient propres dans un sens comme dans l'autre, sans distinction de hiérarchie, sans compétitions avec un seul but, sa survivance.

Je ne vous ai, très certainement, pas convaincu. Je sais.

Alors, au boulot avec vos réflexions, sans tomber dans l'aliénation de perdre sa vie pour la gagner, mais en réfléchissant pour sortir de l'idée que les hommes ne font pas leur histoire pour en créer une autre à sa mesure mais hors des ornières....

L'uniformité des désirs de chacun est aussi un leurre et ne correspond pas toujours à l'acquis et de ce qui en est fait par manque de temps ou d'ambitions et pris dans un engrenage imperceptible.

Celui-ci cache des richesses sans projet sociétal comme condamné de "tourner" pour seulement exister. Et exister, cela prend tellement de formes et pas toujours de bons fonds.

Avec les utopies, tout est possible.

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des utopistes? Non, pas du tout....

 

Citations:

 

  • "L'Histoire moderne a montré que l'utopie est mère de toutes les dictatures", Jacques Attali
  • "Une société sans pensée utopique est inconcevable. Utopie au sens de désir d'un mieux.", Jean-Claude Carrière
  • "Une utopie est une réalité en puissance.", Edouard Herriot
  • "Ce dont nous manquons, c'est une utopie libérale qui ne se confine pas à ce qui semble politiquement possible aujourd'hui", Friedrich von Haeyk

 

15/08/2010

Programme de relaxation en Chine

Deux ans déjà depuis les Jeux Olympiques de Pékin. Où en sommes nous?

1.jpgAprès ces J.O, j'écrivais "Verso Chine". J'imaginais, avec l'aide de ceux qui en parlaient dans la presse ou ailleurs, les suites de cette démonstration de forces physiques, de cette volonté d'en imposer au monde comme tous pays émergents pouvaient le penser.

"Les choses pourraient devenir bien "insupportables" après 2008", écrivais-je. Critique en prenant les précautions de ne pas dire pour qui. Depuis, les JO, chacun a repris son collier sans vraiment avoir compris les objectifs de l'un par rapport à l'autre.

Dès l'automne 2008, coup de théâtre, l'occident se lançait dans une crise financière dont il ne voit toujours pas la fin avec précision.

Depuis, l'exposition de Shanghaî a pris la relève avec encore plus de faste. Rassemblement de tous les pays du monde qui espéraient récolter un peu de fruits de leurs investissements dans l'opération. Le terme de "dragon de papier" utilisé, à l'époque, par Thierry Wolton s'est transformé en "locomotive de l'économie mondiale" avec  parfois des allures de "dragueurs de mines" du monde. 1.jpg

Une réévaluation de l'unité monétaire "yuan" a permis aux Chinois de sortir des habitudes. Cette réévaluation reste limitée, seulement 3% par rapport au dollar pour les douze derniers mois, mais de 15% par rapport à l'euro. Il ne faut cependant pas croire que cette décision soit dictée par la pression  internationale. Il s'agirait bien plus de l'intérêt national et de rééquilibrer les données stratégiques dans le concert des nations.

En plus de l'économie, les tremblements de terre, les sècheresses ou les moussons restent les préoccupations de la Chine. Le 10 août dernier, hasard du calendrier, on décrivait le désastre qu'avait apporté les pluies diluviennes entraînant des glissements de terrains et l'écoulement de boues meurtrières dans le Gansu, ce qui a mis le drapeau en berne et le lancement d'une fusée dont une des missions était justement la télédétection des changements climatiques.

Le lendemain, les marchés dégringolaient. Il y était dit, pour le justifier du côté de la Chine, que la croissance ralentissait les ventes de détail, que la croissance et  les investissements étaient moins énergiques que prévus.

A la base de cela, lutte contre la surchauffe de l'immobilier et la multiplication de créances douteuses n'est pas un leurre. Limiter les volumes de prêts bancaires à 7500 milliards de yuans (contre 9600 en 2009). Réguler et nettoyer les bilans des banques en réintégrant dans leurs comptes les prêts titrisés.

Explications qui restent à prouver avec le temps.

Ne retournons pas le couteau dans la plaie de la politique à la chinoise, des Droits de l'Homme. Le leitmotiv actuel est ailleurs. L'empire du milieu construit à l'huile de bras, fait peut-être, déjà partie de l'histoire.

Acquérir toujours plus de pouvoir d'achat est devenu la nouvelle préoccupation. La hausse des salaires comme catalyseur suite à des grèves qui ont défrayé la chronique.

A l'horizon, des côtés positifs pour l'orient et peut-être aussi pour l'occident.

Au départ des grandes villes, la classe moyenne chinoise se réveille sensiblement. De productrice, elle devient cliente et consommatrice.

Éviter les propagandes, les partis pris et choisir ce qui pourrait être un sentiment commun et objectif reste  toujours une entreprise hasardeuse. Favoriser les informations nourries d'antécédents dans les deux cultures, occidentale et orientale reste l'approche la meilleure.

Un article vu de là-bas, "Quand les Chinois s'éveilleront, le monde dormira tranquille" me servira, cette fois, de repère. Phrase qui éveillerait quelques soupçons pour des yeux effarouchés  occidentaux. Des travailleurs chinois qui s'éveilleraient donc pour laisser dormir le monde? L'article parlait, en effet, d'un ralentissement dans les dépenses intérieure malgré une nette amélioration du pouvoir d'achat. Les ventes de voitures et les investissements dans l'immobilier se tariraient quelque peu, était-il dit.

Alors, à quoi servirait l'augmentation du pouvoir d'achat? Aujourd'hui, encore, 40% des revenus disponibles seraient économisés. Cela veut dire que la consommation nationale ne représente qu'un tiers, sinon moins, de la croissance économique, alors qu'elle se situe à plus du double dans les économies occidentales tout en tenant compte que ce double se maintient souvent par le seul crédit et que, par cette approche, en reste fragile.

Le yuan, c'est bien, mais qu'en est-il du Renminbi? Si c'est la même chose, il demeure plus près du peuple rien que par sa traduction "l'argent du peuple". Cela reste à relativiser car la monnaie est toujours strictement orchestrée par le gouvernement chinois. Alors, comme on le dit et on le répète, les exportations devront se transformer lentement mais sûrement en une croissance stimulée par la consommation nationale. Ce qui prendra des formes multiples.

Ce sont encore les vacances. Le temps des congés payés sont entrés dans les moeurs des occidentaux  qui en ont oublié jusqu'aux dates de leurs premières vacances. Qu'en est-il en Chine?

Les Chinois découvrent depuis en masse, les joies et les vicissitudes des congés payés.

Contrairement à ce que je lisais dans ma gazette, ce n'est pas depuis  2008, que des congés payés ont été accordés, mais en 1999. Cette année 2008,  les 5 à 15 jours se sont étendus à une troisième semaine, probablement pour jouir de plus du temps aux Jeux Olympiques. Cela fait donc partie des moeurs, avec le vocabulaire  local consacré, de "Programme de relaxation".

Pour visiter son pays et peut-être, ensuite, le monde, la route est toute tracée.

Ce sera souvent voyager en masse, chercher à connaître le monde autrement que par la virtualité d'Internet.

On dénombre deux milliards de tickets de transports à l'intérieur de la Chine. Mais, on ne veut plus seulement les "produits du cru".1.jpg

Deux millions de voyages se tournent en dehors des frontières chinoises. Ce qui fait une augmentation de 9% par rapport à l'année précédente.

Le but n'est pas nécessairement de ressourcer ou de laisser prendre du repos aux citoyens chinois, il est probablement bien plus derrière l'envie de relancer la machine par l'intérieur et de faire éclater la fameuse bulle tant décriée comme risque d'une croissance trop forte.

La Chine a une variété de sujets d'intérêts touristiques. Hong-Kong, la Grande Muraille, la région de Guilin qui avec ses reliefs karstiques dessine le long des rivières des "dents de dragon" relèvent l'esprit de la richesse nationale. L'exposition de Shanghaî monopolisera probablement 70 millions de visiteurs à l'heure de fermeture. Sanya et sa Yalong Bay sur l'île Hainan (plus grande que la Belgique) apporte le côté "glamour" à une clientèle chinoise plus fortunée. 670.000 Chinois auraient un compte en banque qui dépasse un million de dollars.

1.jpgLe Club Med s'intéresse à la Chine. Son patron, Henri Giscard d'Estaing de passage à Bruxelles a très bien compris l'avantage à en tirer depuis 2003. Il pense attirer 200.000 clients chinois dès 2015. Marché qui se développera le plus dans le monde, disait-il.

Parmi les destinations étrangères "accessibles", qui ont le Statut de Destination Autorisée (SDA), on compte 135 pays. L'Europe se taille une part importante du marché touristique chinois. Ce seront l'Italie, la France, la Suisse qui attireront le plus. Pays qui doivent renouveler leur "flotte" de vacanciers. Un quart des clients dépensent plus de 1000 euros pour le voyage et la même somme pour les cadeaux qu'ils rapporteront avec fiereté auprès de leur famille et proches.

Ce commerce du voyage dépasse même en nombre les vacanciers japonais, toujours en récession  depuis 1992 et les États-Unis qui n'en sortent pas de la crise à la vitesse espérée.

1.jpgLes Chinois moyens savent fêter les grands événements de la vie comme les mariages et le luxe attire comme l'aimant. Se marier sous la Tour Eiffel, sur la Grand Place de Bruxelles, rêver dans les endroits prestigieux et les châteaux qui jalonnent notre vieille Europe a de quoi faire tourner les têtes.  Plus modeste que Paris, Bruxelles compte tout de même 80.000 nuités. Ce n'est pas du côté des hôtels et des restaurants que les Chinois dépensent leurs yuans (en moyenne, 50 euros par jour et par personne), mais ils sont devenus les champions du shopping.

Sur la Grand Place, des groupes chinois se forment suivis de leur guide, avec des achats plein les sacs plastics. Sous l'Atomium, on a les boules pour la photo souvenir.

On aime être orienté vers les souvenirs les plus représentatifs. Les voyages s'intègrent dans une stratégie globale. Des magasins de luxe de Bruxelles commencent à engager des vendeurs parlant le chinois.1.jpg

Pour les visites en Belgique, il y a Bruxelles, mais aussi, Bruges et de manière plus surprenante, la plus petite ville du pays, Durbuy.

La Chine doit composer avec des prix plus élevés pour exporter, mais en tire avantage à l'étranger. L'occident devra aussi payer plus cher pour les produits chinois importés. Dure, dure, la loi du marché.

Il ne faudrait pas que l'Occicent s'endorme quand l'Orient se réveille.

20080510Shocking en Chine.jpgNous sommes à la croisée des chemins dans l'espace et dans le temps. Se comprendre  mutuellement ne sera pas une entreprise exempte de risques.

Un vieux proverbe chinois disait "Il n'y a que les fous et les Européens qui voyagent !". Ce n'est plus tout à fait vrai.

Je pasticherai le pragmatisme de l'article précité dans un paradigme de progrès commun: "Un bon verre de réalisme peut toujours remettre le pied du verre en équilibre.  Un verre cassé ne servirait à rien. Quant à la balance, il faudra la tenir à l'oeil et pas seulement l'entrevoir en rêve."

En définitive, les J.O. de 2008 pourraient être profitables pour les deux bords.

 

L'enfoiré,

 

Des Chinois ou des chinoiseries sur Agoravox?

 

Citations:

  • "Il est aussi noble de tendre à l'équilibre  qu'à la perfection  ; car c'est une perfection  que de garder l'équilibre.", Jean Grenier
  • "La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.", Albert Einstein
  • "Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.", Alphonse de Lamartine

09/08/2010

Des bulbes pour l'imagination

Il y a 30 ans, Benoit Mandelbrot nous faisait rêver avec ses fractales. Limitées, alors, à la 2D, avec des couleurs alternées, il créait pour longtemps des posters dans beaucoup d'habitations qui se voulaient donner une idée de modernité. Passer à la troisième dimension, cela devient magique.

1.jpgQui a eu un ordinateur, il y a 25 ans, a eu l'envie de tâter le monde des fractales. Avec les processeurs 80286 de l'époque, pour construire une image à partir d'une fonction complexe tout en restant relativement simple dans l'énoncé, pouvait prendre un certain temps si pas un temps certain. Avec ce processeur qui tournait à moins d'un million d'instructions par seconde, on pouvait laisser "ramer" l'ordinateur pendant des heures et revenir sans retrouver l'image construite entièrement. Les nombreux logiciels générateurs de fractales permettaient de reprendre, ensuite, un détail de l'image formée et, avec lui, recommencer à nouveau le calcul de la fonction, point par point, par itérations et reproduire le même dessin plus loin en zoomant sur lui. La formule, la plus simple  Z = z2 +c,  donne déjà des résultats intéressants en partant dans toutes les directions pour s'évader dans un décor qui tend vers l'infini.

La représentation des fonctions fractales sont devenues une véritable passion pour beaucoup de possesseurs de PC, un véritable art de l'image s'en est suivi. Il s'est retrouvé sur les murs de beaucoup d'entreprises et de particuliers comme un symbole de beauté et de modernité.

Qui oserait dire que les mathématiques et les nombres ne peuvent pas faire rêver?

Le monde du complexe et du chaos qui l'accompagne, a toujours intrigué les scientifiques pour le recaser dans plus d'ordre sous l'uniformité de quelques formules que l'on espère les plus courtes possibles.

Dès 1812, Simon de Laplace affirmait arbitrairement que si on connaissait la position de toutes les particules de l'univers avec les forces qui les animent, à un instant précisé, prédire le futur se ferait sans ambiguïté. Les systèmes dynamiques et aléatoires allaient prouver tout le contraire. Aujourd'hui, c'est tout le contraire.

Récemment, le théorème de Xavier Buff et Arnaud Chéritat prouve que le chaos est partout, qu'il est une règle générale de tous les systèmes dynamiques les plus simples qu'ils soient même dans une aire de calcul strictement positive et relativement simple.

Tout devient, du coup, imprévisible dans la compréhension du monde de la physique. Tout évolue de façon différente en fonctions de paramètres, choisis et de leurs valeurs initiales.

Prévoir le temps, Henri Poincaré se rendait déjà compte que cela n'allait pas être simple vu le nombre de paramètres en météorologie. Qu'un système simplet devienne une science avec des résultats complexes, là on passe à un problème d'échelle. Il était reconnu qu'une itération d'un nombre supérieur à un, au carré, l'envoie vers l'infini, inférieur à un et le résultat tend vers zéro. Rien de chaotique, rien de fractale, dans ces deux processus. Bien sûr.

Avec les nombres non réels, que l'on nomme comme complexes, au départ, on sort du linéaire pour couvrir tous les plans.

Depuis le début du 20ème siècle, les systèmes complexes ont intéressé pour tenter d'expliquer ce qui gouverne le chaos.

1.jpgDès 1910, Pierre Fatou et Gaston Julia s'intéressent aux nombres complexes mais en limitant le calcul par une constante. Les ensembles de Julia à la recherche de l'orientation alternée entre l'infini et une  zone étroite obéissent déjà aux règles fractales, mais moins complexe car gardant le nombre "un" à l'intersection tout en versant déjà dans l'imprévisibilité du chaos. Recherche toute théorique. Pas de machine pour se le représenter dans la pratique à l'époque. L'avénement des PC en 1980 débloque cette impossibilité. Adrien Douady, et John Hubbard son élève, s'exercent pour donner une aire autre que nulle par déformations dans un jeu de symétries.

Prévoir le devenir par le calcul est le rêve qui attirait pour gagner aux jeux et en Bourse. Le mathématicien, Benoit Mandelbrot, employé chez IBM, s'y intéresse principalement dans ce sens.

L'ensemble de Mandelbrot permet une représentation en deux dimensions de ces fonctions de manière plane.

Depuis, les ordinateurs ont multiplié leur puissance de calcul de manière phénoménale. Aujourd'hui, le PC atteindrait les 2 milliards d'opérations par seconde rendant le travail de recherche et de test moins éprouvant pour les nerfs dans le temps d'attente.

Sur le site de Daniel White, professeur de piano, les images du set de Mandelbrot sont passées récemment en trois dimensions. C'est tout simplement, magique. Le désordre conservé dans le complexe. Planète de l'imaginaire dans lequel un vaisseau spatiale se perdrait en chemin dans un zooming sans fin au travers de labyrinthes.

John Hubbard, un des meilleurs spécialistes de cet ensemble Mandelbrot qui avait avait sorti le fameux dessin de coeur des fractales en deux dimensions et qui s'enchaînait du plus grand au plus petit détail de la même façon, en était émerveillé. L'astuce de ce "plus système dynamique non linéaire" avec un algorithme élémentaire constitué fut réalisé par le passage de  nombres complexes  au carré et en faisant jouer progressivement les couleurs dans le processus de calcul des points suivants.

Faire passer les calculs dans une 4ème dimension projeté sur un espace à trois dimensions, fut, d'abord, la solution proposée par Jean-François Colonna. Les nombres baptisés "quaternions" restaient toujours à base des opérations arithmétiques classiques.1.jpg

Daniel White avec l'aide de Paul Nylander, transforma l'ensemble de Mandelbrot en passant à des exposants supérieurs au carré dans un processus itératif. Les détails apparurent plus intéressant au fur et à mesure qu'ils testèrent les puissances supérieures. Exposant 8 semblait être le meilleur compromis. Les mandelbulbes étaient nés en se référant à leur précurseur, Mandelbrot.

Il existait l'"éponge de Menger", plus ancienne, qui fut inventée en trois dimensions en 1926 par Karl Menger mais il est basé sur un autre principe: creuser un système de cubes en enlevant le centre par itération, qui ne suit pas la même logique fractale.

Mais à quoi ces mandelbulbes peuvent-elles servir?

Répondre "pour la beauté des yeux" serait un peu léger. La géométrie fractale permet d'aborder la complexité d'une rivière qui se perdrait dans ses méandres en reproduisant la même configuration tortueuse du départ. C'est vrai, le monde des fractales à base des nombres complexes en deux dimensions permettait déjà de reconstituer la nature, les feuilles d'un arbres, les nuages et bien d'autres choses du vivant. Les images numériques calculées point par point peuvent réduire considérablement les fichiers par la Loi de Zipf et de toutes les techniques qui tout en perdant de la définition permet de conserver une approximation honnête de l'image non compressée. Mais ce sont surtout les théories financières basée sur un modèle d'évolution des cours de la Bourse que la géométrie fractale prenait tout son sens dans la recherche.

En 2004, Mandelbrot publie "Une approche fractale des marchés" dans lequel il dénonce les outils mathématiques de la finance qu'il juge inadaptés. Très critique sur la théorie de Merton, Black et Scholes utilisée par les banques, car, elle ne prend pas en compte les changements de prix instantanés et des informations essentielles, faussant ainsi les moyennes. Dès 1962, il signalait l'erreur d'appréciation en précisant que le hasard ne tenait pas compte de la sauvagerie  de la Bourse sous-évaluant la fantaisie des évaluations et des indexes. D'après lui, les "sauts de Lévy" décriraient mieux les risques. Mais ceci est déjà une autre histoire et cette histoire-là va lui donner raison avec les crises.

Pour l'imagination, pas besoin d'utilité. Pas encore vu le site de Daniel White? Évadez-vous, cela vaut le détour. Il y explique les techniques de ses multiples essais. En plus, quand on donne à ses résultats, des noms tel que "Retour du Chateau du Soleil couchant", "Rêves de solitude", "Temple de l'ombre", il y a de quoi rêver.

Le chaos n'a pas encore dit son dernier mot.

Que ferait-on sans lui? Réinventer l'ordre, c'est loin d'être plus sûr même pour les matheux.

 

L'enfoiré,

 

Sources principales, le Science & Vie de Février 2010

Les ensembles fractales en 2D existent encore sous d'autres formes.

Sur Agoravox, l'imagination en bulbes?

 

Mise à jour du 30 août 2010: Le "Pour la Science de septembre" parle "Du relief dans les fractales". On passe, dans les fractales en 3D, à un besoin de force de calcul de 1000 fois supérieur. La formule f(z)=z2+c est une fonction quadratique qui passe des nombres réels aux complexes. Dominic Rochon de l'Université du Québec à Trois-Rivières a créé le Tetrebrot qui rappelle étrangement un cristal de bismuth. Le britanique Tom Lowe se confronte avec sa Mandelbox, volume cubique avec pliages et inversions qui ne s'échappent pas de l'infini. Du carré de z au carré, passer à z exposant 8, cela donne beaucoup d'idées

Un forum existe sur le sujet qui prend visiblement de l'extension.

 

 

Citations:

  • "Le monde est un chaos, et son désordre excède tout ce qu'on y voudrait apporter de remède.",Pierre Corneille
  • "Le chaos est souvent source de vie alors que l'ordre génère des habitudes.", Henry Brooks Adams

02/08/2010

La grande marre du virtuel et du réel

Un billet qui disait "J'en ai marre du virtuel" me faisait rêver avec humour.

1.jpgIl y a bien longtemps déjà, j'implorais "Internet, reste net".

Vœux pieux, par excellence.

Depuis certains, dans le virtuel, s'y retrouvent  dans une seconde vie. D'autres, encore, s'y sont intégrés jusqu'au cou, sans même s'en apercevoir et s'y plaisent en se demandant, peut-être, comment on faisait autrement dans le passé sans la technologie d'aujourd'hui.

Le jeune rédacteur, Kouros, dont c'était le premier article sur l'antenne Agoravox, en avait marre du virtuel, disait-il De l'humour faisait partie de son billet. J'ai aimé. Cela valait plus qu'un commentaire.

Pour commencer, on ne s'improvise pas dans le monde virtuel. Il y a eu la fameuse rupture du numérique vis-à-vis de l'analogique.

Comme je le lisais "Internet n’est pas seulement un nouveau média se juxtaposant aux précédents. La rupture numérique actuelle, en phase avec de profondes mutations sociologiques, affecte tous les usages et tous les supports. Elle redessine le paysage général des marques et de la consommation, du divertissement et de l’information; elle bouleverse l’organisation de la filière publicitaire, la répartition des rôles et de la valeur entre ses acteurs…".

Le virtuel est loin d'être un jeu. Il est même très sérieux.

Le monde réel est-il en passe de disparaître, comme le laissait entendre le philosophe, Jean Baudrillard? Cette vidéo tend à le faire croire car le virtuel serait d'après lui une simulation pour redonner vie à une vie antérieure et perdue. L'espace et le temps serait dissout dans le virtuel pour assouvir notre convoitise. Séduction pour la facilité que le virtuel apporte incontestablement. Si le virtuel n'apportait pas une amélioration de la vie réelle, il n'existerait pas. Si l'image est violente quand elle est délivrée en vrac,  sans filtres, au travers des médias, elle rend le monde à des dimensions plus étroites, mais aussi plus recentrée sur les vérités d'un ailleurs qui n'existeraient pas sans le virtuel. Personne ne peut vivre ces événements en même temps, mais de savoir qu'ils existent apporte un regard moins nombrilistes et une impression de jouer dans la cours des autres peu importe les distances. Photographe, il parle de pellicules qui feraient disparaître les sens du monde comme l'odeur, le son, une fois, l'image imprimée sur elles pour renaître avec une entité autonome non informative ni démonstrative et qui n'aurait plus rien à voir avec la réalité pour devenir des images sans plus. Celles-ci raconteraient une autre histoire à la mesure du regard de son interprète. La technique, non dominante, resterait précieuse en changeant les perspectives par le langage de l'image. La technique évolue à grande vitesse. Nous ne sommes plus à l'ère des pellicules. Le numérique a apporté, ce que la pellicule ne pouvait faire: le transfert instantané de l'image, du son, du mouvement, et presque du toucher et de l'odeur. L'image est devenue encore plus volatile. Elle n'est plus accessible que par l'intermédiaire d'une technique d'interface et non plus en direct, de visu.

Après ce rappel, en écho, essayons de réactualiser avec des impressions fraîches en provenance d'un ailleurs et pas moins virtuel pour autant. Le mien. Mon avatar et mon pseudo entrent, déjà, dans la virtualité par eux-mêmes.

Mais, suivons le fil rouge de Kouros, qui parfois confond tous les médias...

"Internet, monde virtuel. Quel scoop !"
Si cela pouvait, au moins, être resté un un scoop? Si seulement, on avait pu espérer un "come back" avec plus de fraîcheur à reconstruire le réel en y ajoutant quelques règles d'utilisation. J'avais écrit, un jour, "Allo, Virtuel, ici, Fantôme". J'y exprimais les tares de ce monde virtuel avec humour quand autant qu'il se pouvait.
"Il y a encore quelques journalistes attardés qui planchent là dessus."
Ils n'ont pas fini de s'y plancher, de s'y noyer, même, dans une marre d'encre, aussi, à force de s'y pencher. Un phénomène de société comme Internet, "... un monde qui vit depuis bien longtemps dans le virtuel", se discute mais comme toujours, s'oublie très vite quand les points positifs effacent les ennuis qu'il engendre.
"Je regarde l’allée de la galerie commerciale ou je viens de faire mes courses. Qu’est ce qu’il a de réel, le monde que je vois."
Il est peut-être plus tangible, plus tactile, plus odorant mais tout autant superficiel, car interprété par la publicité. Aujourd'hui, on parle même de choses que l'on ne voit pas. Pour le démontrer, je ne vais pas me retrancher derrière l'histoire qui excite les scientifiques et qu'ils appellent "trous noirs". Non, de cette espérance à trouver quelque chose de réellement profitable et sans tares.
On dépasse le réel, le réel, de concert pour se retrouver dans le temps des utopies et des fantasmes.
"Montagnes de chocolat qu’il faut écouler après les fêtes. Achète, ils apportent le bonheur. Le dernier écran plat qui ne coûte que 199€, achète, c’est indispensable. "
La bonne vieille "petite lucarne à images", la télé s'est perdue dans la Toile. Les budgets de publicité que l'on se payaient par la télé ont simplement viré de bord en s'épaississant face aux "généreux donateurs" des temps de crises. Sur cette Toile, elle subit beaucoup moins de censures et de contraintes. Je ne vous rappellerai pas les spams qui s'intercalent sans aucune retenue efficace. Quant à ce dernier écran plat, s'il est peut-être une nouveauté, il retrouvera la "bombance" d'antan  avec le relief des images. Pas de panique, de la réflexion. En technologie, on n'investit pas. On l'utilise si besoin et on passe à autre chose dès que l'envie se perd ou s'estompe.
"La pub qui te promet que ton téléphone est gratuit, il faut prendre, puisque c’est gratuit."
Le problème est là. On a cru que tout était gratuit. Alors que rien n'est gratuit en réalité. C'est le plus grand attrape-mouches, cette fausse gratuité. Pour Google, la gratuité , c'est son leitmotive, sa raison d'être et sa cure d'élargissement. La liste est longue de ses dons généreux en compensation à nos efforts gratuits. Facebook, lui, est un passe-droit de pub, de volonté personnelle d'y exister en amis virtuels, plus rentable pour l'un que pour l'autre de ses acteurs du jeu.
"C’est ça le vrai monde. Il est palpable, plein d’objets et de promesses qui rendent heureux.", mais aussi un monde de leurres, de faux semblants.
"... j’ai acheté du bonheur en pagaille et je suis triste ?"
Le bonheur resterait-il dans les prés?
"Curieux, serait-il possible que ce monde ne soit pas celui qu’il parait être."
Le réveil sera brutal.
"On est en France, un pays riche, où on vit bien, où les ¾ de la planète voudraient vivre ?"
Là, apparemment, on a passé une bonne nuit !  Peut-être le documentaire à la télé, hier soir, a permis d'ouvrir quelques pensées érotiques. Mais de quoi vous plaignez-vous, vous avez eu un véritable feuilleton de l'été sans télé, un reality show, un Dallas remis au goût du jour. Une histoire de famille qui dégénère en affaire de linge sale. Nous avons eu un thriller politico-identitaire avec de multiples sessions de repêchage. Chacun son truc en plumes ou à poil...
C'est au matin que "...je regarde la télé pour éviter de penser, c’est mieux ainsi. Un enfant vivant dans un désert d’Afrique dit, souriant, qu’il ne veut pas aller à la ville, parce qu’il est bien, que la ville est trop grande, et qu’on ne trouve pas facilement à boire dans la rue. Il habite dans le désert et il y trouve plus facilement à boire que dans la rue de la ville ? Ben oui, mon bonhomme, parce qu’il n’a pas d’argent pour aller au bar. Moi je trouve normal de donner 2€ pour un café, lui, il ne comprend pas qu’on paye un verre d’eau. D’ailleurs il ne comprend pas bien pourquoi, on a de l’argent."
C'est ça le choc des mondes. Moi, ce n'est pas la télé que j'allume en premier mais mon PC. La radio m'a déjà alimenté en nouvelles du jour. Mes emails, les blogs et forums m'apprendront ce que les radios ne disent peut-être pas. Mais, faut pas rêver trop.
Faudra, aussi, cher Kouros, me donner la référence de l'émission sur l'Afrique, car cela pourrait être une interprétation malheureuse. Les jeunes de là-bas quittent pour trouver du travail, souvent imaginaire dans la plupart des mégapoles. L'exode a commencé et ne s'arrêtera pas de si tôt. Mais peut-être trouvera-t-il un job sur les poubelles des mégapoles comme me l'apprenait un "Vu du ciel" au Sénégal, lundi dernier.  Le bar, le bistrot dans son coin désertique, il n'en a jamais vu. Le verre d'eau, il sait où aller le chercher. Il enverra peut-être sa mère avec des grandes cruches sur la tête au puits à 5 kilomètres de chez lui. Le marchand d'eau continue sa tournée dans les villes, mais il ne peut qu'être parcimonieux. L'eau est chère. Ce sont les touristes qui lui passeront la monnaie pour la photo et qui ne penseront qu'à prendre leur bain dans les hôtels, le soir tombé.
"Son père non plus d’ailleurs. Il sait que contre du lait de chèvre on lui donne des trucs ronds en fer, et qu’avec les trucs ronds on lui donne des légumes. Ce qu’il veut, c’est les légumes. Il n’a jamais ramené de trucs ronds au campement."
Dans ce monde, on connaît, ce qu'on a perdu trop souvent, la solidarité du désert qui fait vivre et souvent survivre.
"Une île habitée par des hollandais se meurt. Le niveau des mers monte et chaque année les tempêtes balayent un peu plus les habitations. Ils vont partir, c’est sur, de toute façon ils ne pèchent plus parce que les bancs de poissons ont été décimés et cette putain d’algue verte leur pourri toutes les cotes. J’y peux rien moi, je les plains mais qu’est ce que je peux faire pour eux."
Les Hollandais, là, pas de problèmes, faut pas trop s'inquiéter. Ils ont l'expérience des choses de la mer. Vivant sous le niveau de la mer, cela donne parfois des frissons mais ils ont appris à jouer avec les risques. Ils investissent et la force des marrées, ils connaissent.
"D’ailleurs ils sont comme les indiens des San Blas qui vont voir leurs îles englouties tôt ou tard, comme les pécheurs d’Amérique du sud qui ne trouvent plus de poisson parce que les bateaux usines ont purgé leur cotes de tous ce qui pouvais y vivre. Comme les nomades d’Afrique qui voient le niveau des puits baisser."
Le réchauffement climatique vient tout de suite à l'esprit. Nos petites chaleurs de cet été commençaient à bien faire.  Ne plus utiliser l'eau pour les voitures et les jardins, vous vous rendez compte...
"Ca me dérange tout ça, aller je zappe."
Moi, je ne peux pas. Ma zapette ne fonctionne plus. Faudra peut-être la remplacer. Est-ce la zapette qui déconne, la batterie qui s'épuise? Je vais regarder ce que le monde du virtuel, va me proposer.  Un click ou deux, un "search ou un find" et on a déjà une petite idée. On remplace tout, aujourd'hui mais sans faire dans le détail. Quand le cendrier de la bagnole est plein, on pense à la remplacer, non? L'Africain, lui, penserait à en faire autre chose, un jouet pour les gosses de cette zapette défectueuse. On a l'ambition de ses idées.
"Tiens, une émission sur la terre vue du ciel. De nuit c’est formidable. Tous ces pays riches dont on peut voir les lumières depuis le satellite. Une Amérique multicolore, une Europe illuminée comme à Noël, que c’est beau. Pourquoi les autres pays n’illuminent pas de la même manière ? Toute cette énergie pour éclairer des rues vides, pour climatiser de riches vacanciers qui ne supportent pas la chaleur des tropiques, pour réchauffer des immeubles géants, pour illuminer les hôtels de luxes, parc d’attraction, zones industrielles qui sont si belles à contempler, building, super marchés ou l’on trouve toutes ces merveilles qui rendent si heureux."
Vu du ciel, tout est beau. Il n'y en a pas vraiment d'autres. C'est à l'atterrissage que cela se complique. Celui de lundi dernier restait au raz des pâquerettes et au fil de l'eau. Sur les abords de Dakar, on s'intéressait à la mangrove. Bizarre, pourrait penser l'habitant aux paysages verdoyants. Des hommes de conviction s'y retrouvaient pour l'étendre, la réintroduire, là où elle avait disparu avec les poissons qu'elle abritait. La mangrove comme planche de salut, vous vous rendez compte?
"Je peux même voir le coin où j’habite, enfin, de loin bien sur. Pareil, il est tout illuminé. Il brille comme à la parade. Dedans il doit y avoir ma maison. J’ai laissé la lumière de dehors allumée."
Voir sa maison de haut, un internaute comme moi penserait peut-être à "Google Earth". On voyage gratis. Si ça date un peu, si l'environnement n'a pas pas trop changé, cela donnera l'illusion. Mais à quoi bon? La vue de son chez soi ne remplaceront jamais une vue du ciel.
"Allez Hop, les infos. Ça fait deux jours que je n’ai pas de nouvelles du monde. Cyclone, normal, c’est la saison, c’est vrai qu’il y en a plus ces dernières années. Grèves, il faut plus d’heures de repos et plus de salaires pour acheter les trucs qui rendent heureux."
Et si je retournais à une info locale d'un autre matin à la radio? On y parlait de la réforme de la Poste. Là, le virtuel a fait des dégâts. Internet et son monde impitoyable faisait peur. On ne s'écrit plus de lettres de nos jours dans le monde du réel. Le facteur, après lui avoir réglé sa tournée par ordinateur avec le logiciel Georoute déjà en version 3, se voit remplacé par des "auxiliaires de la Poste" qui ne travailleront que quelques petites heures par jour à un tarif dérisoire. "Il faut s'adapter ou mourir" concluait son patron. Notre monde réel de la concurrence a dépassé la fiction de la virtualité.
"Rien de neuf. Élection, machin veux être kalife à la place de truc, et n’est pas d’accord avec bidule dont il reconnaît qu’il n’a pas tout à fait tord sur le reste. Il n’a pas déjà été élu avec les voies de bidule celui là il y a sept ans ? Bon, on s’en fout."
Zombies, levez-vous. Les crêpes bretonnes que l'on envoie en l'air et qui retombent à gauche ou à droite, mais jamais dans la poêle du coté qu'on espérait, peut-être faudra-t-il moins rêver à un Président a bien compris le manège, pour tirer la couverture à lui. Non, il l'a écrit, il n'est pas populiste. Il veut le bien des Français avec les Français. Il a seulement changé de registre quelques fois, m'a-t-on dit. Du bling-bling "à la Bush", il serait passé au social mitigé "à la Obama". Celui-ci a des tendances à faire ombrage à son entourage et ça c'est gênant.
"Les grands patrons sont trop payés, les petits s’en sortent pas, le tourisme a baissé cette année. Je n’ai pas l’impression d’apprendre grand-chose. C’est toujours pareil, le ronron des infos qui à force d’êtres identiques nous font croire qu’il est normal d’avoir plus de vacances, d’avoir l’essence plus cher, que les prix augmentent, que la criminalité augmente, que le nombre de psys augmente (les prix aussi, c’est normal), qu’il faut aider l’économie, qu’il faut améliorer la croissance … Plus de croissance, construire, gagner, consommer plus, toujours plus, sinon tout va mal."
La société ne nous a jamais appris autre chose que d'être con-sommateurs pour être con-sidérés. Il ne consomme pas nécessairement ce qu'il produit, mais il restera la poubelle pour les excédants. Un drame? Non, un "gentlemen agreement" entre tous les acteurs d'un même scénario.
"Stop, il y a un truc qui ne colle pas. Tout nous dit qu’on va droit dans le mur et un type très sérieux m’explique qu’il faut continuer. ¼ de la population bouffe les trois quarts du gâteau mais il faut continuer, c’est normal. Et bien sur les ¾ des pauvres cons restant doivent rester chez eux, ne pas immigrer, ne pas avoir la bombe atomique et nous regarder nous bâfrer sans rien dire"
Là, on entre dans le réel. La cure de virtuel n'a pas été infructueuse. Le virtuel n'y a ajouté qu'une couche, mince sur fil, comme on dit dans le milieu, mais elle s'est fixée dans le subconscient.  Le virtuel a repassé sur les plis généré par les habitudes. Le monde s'est rétréci. Sur la Toile, on discute sans frontières. Les murailles infranchissables des distances n'existent plus. Internet, le Web, le "www" se sont immiscés pour boucher les failles de notre inconscient en augmentant nos connaissances des autres terriens.

"Pourquoi on continue ?"

Là, on arrive à la croisée des chemins. Nos destins très particuliers, nos rêves éveillés d'un demain toujours meilleur,  ont été ébranlés avec ce réel imagé. Chacun a une part de virtuel, son jardin secret qu'il faut ajuster.

"Je n’ai plus envie de produire, je ne veux plus consommer, c’est sans moi. Je ne peux rien arrêter, si ce n’est ma participation à cette énorme fumisterie qui s’appelle vie sociale, politique, mondialisation et course à la consommation."

Chiche. La grève de la consommation, on l'a essayé en Grèce, en Italie. Pendant... un jour. "Tout récent, les blogueurs italiens descendent dans la rue pour la liberté de la presse", lisais-je. En France, les blagueurs descendent en flamme, cette même presse. Ils ont la leur dans forums ou des blogs. Curieux, non?

"Et Internet dans tout ça ? Bof, la routine. Des milliers de blogs qui crient la détresse, la mort ou l’ennui, parce que le monde réel ne leur apporte pas le bonheur promis."

Faut s'ouvrir l'esprit comme je le disais, et au besoin passer à des émissions qui ne transmettraient qu'une vision partielle. Il y a 150 chaînes, dites-vous Kouros, elles ne sont pas toutes en français, d'accord, mais les images ne demandent pas toujours de son pour s'apprécier en comparaison.

"Je coupe la télé. Je pars dans mon monde réel"1.jpg

Là, faut faire gaffe. Faut pas se leurrer. Là, aussi, même sans pseudo, sans avatar, on met d'autres masques bien réels. "Le monde entier est un cactus", chantait Dutronc en 1967. Internet était encore dans les limbes.

On continue à faire semblant tout aussi bien dans le réel mais dans les formes.

C'est vrai, on est plus policé, plus diplomate dans le monde réel. Mais, on y perd en sincérité. Sous le couvert de l'anonymat, les masques tombent. Les caractères ressortent sans filets. L'anonymat du virtuel protège néanmoins de l'exclusion. Catalogué, il rejoindra le monde du réel.

1.jpgOn harcèle sur Internet, c'est un monde cruel. Les sourires sont souvent aux abonnés absents. On y joue de plus en plus à la politique. Sans le secours du visuel, plus de délit de sale gueule. Le plus comique, c'est quand le virtuel commence à catégoriser, à cataloguer ses relations. Dès cet instant, les choses se compliquent. L'image de l'interlocuteur est inventée et on passe au délit d'opinion. Mais, de toutes manières, on y garde moins de "morts" au placard.

Dans la "marre au virtuel", en connaissant les règles du jeu, en choisissant sa dose acceptable, en cherchant bien, on peut arriver à en sortir quelques autres vérités et qui ne sont pas les officielles. Beaucoup d'expériences plus proches, plus en adéquations des citoyens et de leurs humeurs.

Dans un vol au dessus d'un nid de coucou, en nageant dans la marre réelle des "canards", on doit aussi s'y mouvoir avec prudence, si on veut espérer un sourire en retour.  Alors, on fait attention. Au pire, ce sourire-là pourrait être non représentatif et très sournois. Les convenances imposées dans les communications en société sont passées par le feutré.

Les raisons de cela résideront probablement dans un des chapitres de l'anthropologie ou de la psychanalyse. Le réel des hommes se balade à vue dans l'analogique avec des règles propres de comparaison. Dans le réel, une porte peut être entrouverte. Le numérique ne connaîtra jamais cette astuce du langage.

20100728Cendrillon chez le Roi.jpgLes combats dans le virtuel ou dans le réel jouent dans des nuances et des subtilités différentes sur des terrains différents. Ils se complètent., se masturbent avec des idéaux, des utopies.

Le virtuel a l'avantage qu'on le quitte à loisir. Les "crèmeries" y sont nombreuses et disponibles dans une sorte de seconde vie. Est-ce mal? Pas vraiment, si on connait les tenants et les aboutissants.

Le réel essuie ses pieds avant d'entrer, il s'impose, mais, une fois à l'intérieur, se perd en conjectures et en faux semblants.

De guerre lasse, dans le monde réel, on chante, on attend que le monde change, elle panique ou alors, on danse ou encore plus  simplement, on espère et on dit "Je veux". On ne sait pas nécessairement jusqu'où va la piste de danse et par quels moyens, elle laissera une sortie honorable. Si cela fait passer la mauvaise humeur, c'est déjà ça.

Nous entrons, dès lors, dans un autre monde : celui de la symbolique. Comme disait un de nos musiciens "Le quotidien est physique. La musique nous renvoie à la métaphysique".

Le monde de la métaphysique, du symbole, si cela rapporte plus à ses interprètes qu'à ceux qui les écoutent, il faut l'admettre, au moins, rassurera l'ensemble des mondes.

 

L'enfoiré,

 

Les Agoravoxiens, un esprit virtuel ou réel?

 

Citations:

  • "Nous vivons chaque jour dans des environnements  virtuels définis par nos idées.", Michael Crichton
  • "L'image virtuelle, c'est la machine qui voit, qui sent à votre place et vous liquide en tant qu'être actif au profit d'un être passif.", Paul Virilio
  • "Le virtuel est ce qui nous aide à faire advenir ce que nous ne sommes pas encore.", Philippe Quéau

25/07/2010

Etre patriote aujourd'hui.

Une discussion à la radio, avec un historien spécialiste de la Belgique et de son histoire récente, à la veille de notre fête national, me posait questions.

 

1.jpg

On naît quelque part et pas ailleurs. Maxime Leforestier le chantait très bien. Si l'endroit de naissance n'a pas toutes les raisons pour imprimer un destin, il y contribue même involontairement. Si on ne se sent pas bien dans sa peau, désynchronisé dans son époque et son environnement, s'expatrier devient bien plus facile aujourd'hui que hier.

Suis-je patriote, puisque j'y suis resté, en Belgique?

La Belgique, un pays artificiel, est-il souvent entendu.

Rares sont les pays complètement naturels avec des frontières naturelles, comme un cours d'eau, une montagne pourraient, seules, justifier une telle dénomination.  Les politiques supplantent les processus naturels et rendent les frontières mouvantes avec le temps.

Une carte présumée de la géographie de l"'Europe du 20ème siècle" avait été dessinée en 1863 par Henri Dron, éditeur parisien, qui s'improvisait géopoliticien. Idéaliste, il imaginait uniquement pour le 20ème siècle, dix grands empires  comme l'Ibèrie, l'Italie, la France, l'Allemagne, la Britanique, la Grèce, la Pologne,  la Scandinavie, la Russie et la Circassie avec Vienne comme capitale de l'Europe et Lisbonne, capitale du monde. La Circassie, nouvel état, était censée arrêter toutes les invasions en provenance de l'Asie.1.jpg

La carte fut refusée par la censure par deux fois. Nous en sommes évidemment très loin aujourd'hui. Etait-ce une utopie de rechercher une paix durable en rassemblant les peuples? Plus marrant, encore, comme la Belgique n'y existait plus, il décernait la couronne impériale de cette Circasie, au... roi des Belges.

Les utopies sont des besoins mais la politique, à n'importe quelle époque, garde toujours des prérogatives que la raison garde au fond de ses neurones d'intelligence service. Les frontières signent les appartenances à une culture, une langue, un dialecte.

Les peuples sont souvent orphelins d'idéaux. Les souverainetés sont plus politiques et économiques.

On est passé de la socio-utopie à la techno-utopie.

Plus on se rapproche des frontières, plus on rencontre d'appartenances mitigées. Les frontaliers dans un "no man's land" s'assurent des avantages des deux horizons dans des calculs d'apothicaire.

La Belgique s'est progressivement divisée, fédéralisée, dirons-nous en l'espèce. Cela, de réformes en réformes. Allez toujours plus loin dans l'explosion et tomber dans le confédéralisme dont la plupart des gens ne saisissent pas toujours complètement les nuances.

On se retrouve dès lors plus sur la défensive tentant de défendre les droits acquis, tandis que les crises servent souvent au grand capital pour démanteler les conquêtes sociales du 20ème siècle.

Les nationalismes identitaires ne se collent plus à la dimension, à l'entité du mot "pays".

Les drapeaux nationaux ressortent alors des tiroirs pour contrer d'autres, plus régionaux.

En 2007, Bruxelles n'avaient pas connu autant de drapeaux belges aux fenêtres. Bruxelles, parce que à l'intersection de populations qui se trouvaient, coincées, à la croisée des chemins entre deux idéologies, deux cultures qui collent à la capitale.

1993, 2007 ont été des années charnières pour la Belgique. 2010 en sera peut-être une autre.20100517Manifestation pour la Belgique.jpg

Lors de la mort du roi Baudouin, en 1993, on pensait que cela précipiterait la fin de la Belgique. Ce fut l'inverse qui s'était produit.

L'électro choc de l'émission de télé "Bye bye Belgium", fit que 36.000 personnes se déplacèrent vers Bruxelles. Les réactions, très différentes de régions en régions. Bruxelles, était-il le dernier bastion de belgicains? Se rattacher à quoi? A un autre pays ou a encore plus grand comme l'Europe puisqu'elle en est la capitale?

Les nationalismes sont toujours à géométrie variable de personne à personne, de formation à formation. Dernièrement, lancer un sentiment de recréer un esprit Wallon plus uni, germait dans la tête de certains politiciens. Sans beaucoup de succès.

On se retrouve en opposition derrière des drapeaux que ce soit lors de grandes manifestations sportives. J'ai aussi entendu des paroles comme "Quand Justine n'est pas là, le tennis m'intéresse moins". J'entendais cela, sans rien dire, tout en n'en pensant pas moins que le sport existait même sans drapeau.

Les temps ont pourtant changé. Pendant, la première guerre mondiale, de 1914-18 des volontaires s'engageaient, fiers d'aller défendre la patrie. Qui n'a pas eu un membre dans sa famille mort pour cette chère "Patrie"? Les vétérans des grandes guerres se retrouvent moins nombreux d'année en année lors des fêtes nationales. Les patriotes de cette sorte seraient certainement moins nombreux aujourd'hui.

Aujourd'hui, l'entité de base s'est restreinte à la famille. Défendre son nid et pas celui de son voisin est devenu le nouveau patriotisme. A la rigueur, les populations veulent bien l'étendre à la région qu'ils habitent, mais plus loin, on se méfie. L'éducation est peut-être à la base de ce revirement protecteur avec la vie qui a pris plus de prix que les idéaux. Avancer que ce serait l'égoïsme, le "chacun pour soi" pour l'expliquer serait impropre. La vie, seule, a plus d'importance.

Un billet local allait dans ce sens. Le rédacteur belge allait plus loin dans le  consensus souvent défendu par les politiques. Compromis sans passer à la compromission.

Les régionalismes greffés à des entités linguistiques et de cultures sont de plus en plus nombreux. La fête flamande et wallonne à d'autres dates que le 21 juillet et fêtant des événements historiques propres prennent plus de valeur.

Certains se disent "enfants du monde", mondialistes, d'autres bien plus nombreux, plus locaux aussi, "enfants de papa et maman". Pour se dire "enfant du monde", il faut avoir eu l'envie et les moyens de connaître le monde pour aller voir si l'herbe n'était pas plus verte ailleurs.

En parallèle, pour éviter une nouvelle guerre mondiale, des alliances se sont crées pour réinstaurer une envie plus mondialiste avec une Europe pacifiée. Deux blocs, dans cette même Europe géographique, se retrouvaient face à face avec les alliés américains de poids totalement extérieurs à cette même Europe. Plus tard, cela s'est évaporé face à la mondialisation. Pas encore de "EU" comme plaque minéralogique sur les voitures, pourtant.

Le plus cocasse, c'est de s'apercevoir que ceux qui sont  dans l'Europe, veulent parfois en sortir, alors que ceux qui n'en font pas partie, ne rêvent que d'y entrer. Pour se rendre compte, qu'en définitive, le côté social avait été plus ou moins oublié dans la belle aventure.

L'Europe est aimée quand elle est dans les cordes socialisées de ses administrés et haïe dès qu'elle en sort de ses rails.

La guerre n'est d'ailleurs plus cantonnée derrière des frontières mais derrière des sociétés commerciales. On se bat pour gagner des contrats. Batailles sans armes, achetées chez l'armurier, mais exprimant la même idée de victoire ou défaite.

"L'union fait la force" est la devise belge. Dès le départ, il fallait une phrase choc pour garder une cohésion ne fut-ce que fictive dans ce pays, volontairement déséquilibré au départ. La patrie devenant à la limite la société pour laquelle on travaille. Mercenaires des temps modernes? On pourrait le penser à certains moments.

20100726Francofolies.jpgLe temps, les générations durcissent les idéologies et les différences. Le mouvement flamand est plus puissant que jamais sur le plan politique. Les différences d'appréciations de chaque côté de la frontière linguistique, ne sont pas un leurre. Alors, pour un temps, bizarrement, la finance ne fait plus la pluie et le beau temps.

L'historien rappelait toutes ces périodes belges du "je t'aime moi non plus"...

"...des discours, des textes, qui annoncent la fin de la Belgique. Bismarck, par exemple en 1866, pense que la Belgique en a peut-être pour dix années. Du côté français, c’est à la fin de la Première guerre mondiale, qu’on dit : enfin, nous sommes convaincus qu’il y a une Belgique. Il y a un sentiment national belge, parce que la réaction belge, durant la Première guerre mondiale, l’a prouvé …qu’il y avait une Belgique… Et il a fallu convaincre effectivement, à l’étranger, que la Belgique était un Etat qui était moins artificiel qu’on ne l’écrivait, si on regarde l’histoire, mais qui pouvait avoir un avoir. Même si après la Seconde guerre mondiale, de nouveau, dans les années 60, on parle d’une Belgique pour 20 ans. L’Ambassadeur de France à Bruxelles estime que la Belgique est en voie d’évaporation. Même le Premier ministre Paul Van Den Boeynants déclare à la Chambre qu’il faut prévoir une Belgique pour 20 ans, dans l’espoir qu’elle puisse se fondre dans un ensemble européen plus vaste, à partit des années 80.".

"La Belgique d'aujourd'hui, c'est un peu un pays qui s'en va, un pays qui part avec certains qui essayent de la retenir".

Clichés ou réalités? L'historien interrogé rappelait tous les événements qui montraient que l'idée d'une Belgique artificiellement crée avait déjà de multiples fois eu des envies d'évasion, de changement d'air dans les séparations culturelles. Pourtant, même si cela coinçait, 180 années de différences par rapport aux pays voisins ne sont pas négligeables. Des couples mixtes, des travailleurs en navette de région à région, des ex-flamands qui se trouvent en régions francophones et vice-versa, ont aussi leurs impressions à prendre en compte.

1.jpgLe Bruxellois, lui, est un "zinneke", un bâtard par nature. Il le revendique avec fierté. Capitale de l'Europe, il se tourne plus vers cette dimension ne pouvant faire autrement.

L'excitation politique se retrouve plus cette fois dans les générateurs de troubles. Qui en profite? On place, en effet, plus de pions politiques à la têtes, plus il y a de morceaux à remplir. Les mentalités évoluent en fonction des événements. Les spectateurs écoutent, discutent, se préoccupent de leur demain au mieux de leur connaissance des problèmes, inquiets et actifs sur des sables mouvants. La démocratie se perd en conjectures, en hésitations, en mauvaises compréhensions des phénomènes qui échappent la base qui n'est consulté que pour départager des têtes de pipe avec un programme, des enjeux, trop complexes à cerner pour le citoyen lambda.

20100619Une semaine après élection.jpgLa politique est peut-être le seul endroit où on oublie un peu les côtés financiers des changements. Beaucoup d'entreprises et de chefs d'entreprises, voyant leurs intérêts, freinent des deux pieds un éclatement de leurs activités en pensant à tous les effets secondaires inhérent à tout éclatement des pouvoirs. Les multinationales, elles, ne se préoccupent pas trop d'appartenir à un pays plutôt qu'à un autre. Elles ne voient qu'un avantage, celui de déplacer les bénéfices là où ils seront le moins taxés.

Les sportifs sont encore moins intéressé de se retrouver avec des règles différentes pour pouvoir exercer leur passion.

Ce que rapportent les médias n'est qu'un reflet partiel, un sondage extrapolé avec un degré d'erreur technique accepté et non pas vérifiable qu'après la sortie des urnes. Indices très valorisés pourtant.

La volonté de plus de nationalisme sortie le 13 juin des urnes, s'il était étonnant, n'en demeurait pas moins un besoin de changements, une réponse à un mal être conjoncturel que les crises ont amplifié ou parfois écrasé. La problèmes aux Pays Bas, non culturels, eux, mais également sous le régime de la proportionnelle,  ne sont guère plus enviables actuellement dans des calculs d'apothicaires d'attribution de postes.

1.jpgL'historien ajoutait pour le cas belge: "d’une certaine façon, l'Etat fait la nation. Déjà avant 1830, on voyait l'émergence d’un sentiment national belge. Pour preuve, 1777, à la période autrichienne, un cours d’histoire Belgique est imposé et les questions d'examen qu’on a retrouvées: quand est née la Belgique ? La réponse était le 15ème siècle… Évidemment ce sentiment national belge, qui émerge déjà, avant 1830, c’est surtout au sein d’une élite, mais, surtout, après 1830, que l’Etat va, petit à petit, faire la nation. "

Chacun a ses propres spécificités. La culture y est pour une part, bien sûr, mais elle ne fait pas tout. Les utopies existentielles sont parfois plus fortes.

L'humour français, s'il est proche, reste néanmoins différent par sa manière de l'exprimer ou d'en espérer un écho parmi ses spectateurs. Même différent à une échelle plus restreinte, encore.

Un Breton, un Chti, un Parisien, un Méditerranéen même sous le même chapeau ne parle pas avec les mêmes sentiments faces aux événements. Je ne parlerai pas des Basques que je n'ai pas rencontré assez souvent. Rien d'anormal donc.

La Wallonie et la Flandre accusent le coup de la même façon.

Langue de base identique, mais beaucoup de dialectes. Culture identique mais impressions de recevoir en retour un message différent. La Flandre s'affirme plus que la Wallonie. La belgitude qui les enveloppe, si on ne parle pas vraiment de patriotisme, dans ce cas, reste une valeur non négligeable et cela, sans même la conscience du fait.

Ma conclusion, je l'ai trouvé dans les commentaires:

"Qu'est-ce que la patrie ?

C'est simplement l'endroit sur terre où chaque homme ou chaque femme trouve sa part de bonheur. Chaque citoyen qui n'est ni patriotique ni national mais économique.".

On pourrait comprendre mieux l'esprit séparatiste entre partie anglophone et francophone dans un pays comme le Canada plutôt que dans un pays comme la Belgique qui n'a pas les dimensions d'une des sous-régions canadiennes, mais qui néanmoins a une densité de population cent fois plus importante au kilomètre carré.

En Belgique, les droits des gens se mettent en opposition avec les droits du sol.

Une envie de vivre ensemble latente, de trouver des compromis, des ouvertures, n'a pas de patrie, pas de drapeau.

Le patriotisme est en perte de vitesse aujourd'hui ou a changé d'idéal, c'est évident. Ce ne sont pas les discours patriotiques, identitaires belges ou français qui en changeront quelque chose. Manque de solidarité? Peut-être. Grand mot, tout de même, tellement galvaudé, celui de "solidarité".

Le discours du Roi de la fête nationale, toujours contresigné par le gouvernement, allait dans le sens du patriotisme réformé. Un des thèmes prenait en compte cet aspect communautaire sans vexer personne.

Au moment où j'écris ces lignes, nous en sommes toujours à la phase pré-formateur. Di Rupo, dans cette fonction, compte les "pour" et les "contre" partagé entre deux exercices: la réforme de l'Etat et la gestion des crises. Exercices qui ne demandent pas les mêmes majorités.1.jpg Faudra-t-il ensuite, un fixateur, un polisseur? De toutes manières, pas de débardeurs, pas de terminators en vue.

Le patriotisme d'aujourd'hui?

A notre époque, dire que naître quelque part, ne veut pas dire devoir y rester ad vitam aeternam par patriotisme. Les migrations font aussi partie de l'Histoire avec un "H". Ce seront parfois les Belges du bout du monde.

Mais cela reste une impression d'être né quelque part que l'on ressort dans les moments les plus inattendus. Impression qui bizarrement, prend plus d'extension, plus on s'éloigne de ce point de départ. Alors, on se met à rêver à de bêtes convenances, des pistolets à l'américain, des canibales dans l'assiette, du  steak frites, de moules, de chicons, de gauff... chantilli, de chocolat blanc ou noir, de bières...1.jpg

Le ventre a ses raisons que la raison ou les utopies oublient.

Le patriotisme revient toujours avec les choses simples, moins avec les complexités politiques. Il faut être patient avec lui, car il change en fonction dans tellement d'orientations.

1.jpgQuant à parler le belge et le comprendre? Ce sera d'office, non, peut-être...

Mais c'est vrai, c'est aussi être surréaliste et avoir des utopies qui pourraient faire réfléchir. Un exemple? Moresnet, neutre...

 

L'enfoiré,

 

 

PS: Voici quelques images matinales de la fête nationale belge, ce 21 juillet.

Qu'en dire de cette fête 2010?20100318Congo et Belgique.jpg

Une assistance exceptionnelle à la télé. Toujours plusieurs patriotes avec la conscience d'être "belge". Succès de foule pour la Fête nationale était-il annoncé. Le feu d'artifice, encore une fois, sensass, mais court.

Ce fut aussi, plus que d'autres années, une présence organisatrice plus ou trop importante de l'armée et de la police. Organisation qu'il faudra peut-être, une autre fois, rendre plus au civil.  Il faut rappeler que les miliciens volontaires sont en plein recrutement depuis que le service militaire obligatoire a été supprimé depuis 1995, et ceci explique cela. Il devient volontaire. Réduire les "anciens" reste pourtant le mot d'ordre.

1.jpgLe Bal national a réuni 15.000 personnes. Le batiment du Parlement fédéral a, une fois de plus, fait le plein de visiteurs. Pas d'incidents, même pas de drache nationale comme annoncée. La famille royale toujours acclamée. Fabiola s'est tenue à carreau sans pomme.

RAS, quoi...

 

 

Des patriotes, sur Agoravox? Ca dépend s'il y a du vent..pour les drapeaux.

 

Citations:

  • "Au fond de tout patriotisme, il y a la guerre : voilà pourquoi je ne suis point patriote", Jules Renard

  • "Le patriotisme est la plus puissante manifestation de l'âme d'une race. Il représente un instinct de conservation collectif qui, en cas de péril national, se substitue immédiatement à l'instinct de conservation individuelle.", Gustave Le Bon

 

18/07/2010

Vivement l'automne?

Je l'avais dit dans "Extase automnale", ma saison préférée, c'est l'automne. Je décrivais cette saison avec une certaine emphase. Certains m'avait retourné qu'ils préféraient l'été. A la sauce pickels, cela donnerait quoi, une fois...

1.jpgL'été sera chaud, lisais-je dans le magazine mensuel 'Touring". La rédactrice en chef citait nos démêlés politiques belges qui ne devaient pas trouver un accord avant qu'une fusée belge atterrisse sur la Lune, vers 2765, si tout va bien, comme je le lisais, avec humour. Elle ne voulait pas aborder le problème du thermomètre au mercure qui s'affole.

Comme on dit de l'autre côté du Channel, la politique, "It's under control". La couleur du ciel, elle, c'est tous les jours qu'elle détermine l'humeur du Belge pour la journée.

Comme le magazine en question est destiné aux heureux possesseurs d'un véhicule à moteur, à ceux qui aiment de gratter du kilomètre, elle espérait une gestion plus efficace du trafic, une infrastructure routière améliorée qui repousserait les bouchons dans un lointain souvenir. Chacun a les prérogatives de ses espérances. Pas de lézard, donc.

Espoirs vains très certainement car en été beaucoup de décideurs sont soit dans le cambouis des discussions ou avec les doigts de pieds en éventail sur une plage ou ailleurs. Donc, c'est foutu pour cette fois, au moins.

De plus, avec la chaleur justement, le bitume des routes a eu des haut le coeur, des problèmes de colle.

La chaleur augmente aussi le nombre de panne.1.jpg

Et ça bouchonne, ça bouchonne.... En plus, comme il faut rattraper le temps, des photos souvenirs bien flashées donneront quelques souvenirs.

Bison futé, investit dans les routes dégagée en donnant des informations à la mesure de son nez, mais pas beaucoup plus loin.

Dans le même temps, la télé programmait deux fois dans la même semaine le téléfilm "Je hais les vacances". Cette historiette amusante reflétait les petits problèmes inhérents à ce manque d'habitudes de se retrouver dans un ailleurs de tous les dangers. Le film n'est pas trop mal. En plus, il était récent, par rapport au reste.

Si vous voulez une autre expérience, Agathe Colombier Hochberg raconte son expérience dans son livre "Nos (pires) meilleures vacances" en provenance de Grèce au mois d'août.

L'été, c'est la saison des vacances pour la plupart. Incontestable. C'est la saison que l'on veut différente, pendant laquelle on doit tout oublier. Période de congé des classes, période pendant la quelle les programmes de télé prennent la fâcheuses habitude d'endormir un peu plus les téléspectateurs avec les vieilles riquettes en stock pour ceux qui attendent encore de prendre la route.  Ce dimanche, ce sont les diamants qui sont toujours aussi éternels. La série des "jambons d'Ardenne  fumés", suivront chaque dimanche.

1.jpgCeux qui aiment la petite reine l'ont vu passé près de leur porte. Les boules de l'Atomium en sent encore toutes choses avec le drapeau français à son sommet.

De ce côté, pas de fils de Putte en vue. Mais, plus loin, qui sait, ce sera peut-être à Couillet-Queue, ou près de la rivière Prout ou encore, au cours du trajet Mettet-Loncin-Hannut que l'on rencontrera les habitants de Pietrebais, dont je vous tairai le nom, bien entendu.

Pas avare du tout en jeux de mots, le Belge. 1.jpg

Alors, pourquoi tout cela? Le temps prête à la promenade, aux sorties sous le couvert des bois. Une balade dans la forêt de Soignes?

Beaucoup de vacanciers d'opérette, même s'ils pouvaient opter pour une autre période pour s'éclater, choisissent, je ne sais par quel instinct grégaire, pour faire comme tout le monde, de se retrouver, tous les étés, tous ensemble, sur des routes de plus en plus surchargées. Les vacances dans le stress peuvent y aller.

Dernièrement, je revoyais avec vous, d'où venait cette envie du voyage qui se révélait plutôt un plaisir d'arriver seulement à destination. L'art de voyager autrement était, cette fois, à l'honneur pour compléter cette impression de fausse rationalisation. Pour 57% des Belges qui partent en vacances, le climat est un critère dans le choix de la destination. Ce début des grandes vacances a été plutôt calme sur les routes pour les Belges, était-il constaté.

Mais, encore, tout dépend du clin d'oeil...

1.jpgDu côté sport, on a plutôt un goût de trop plein. Y en a même qui n'en dorment plus.

Si dans nos pays, dits tempérés n'ont pas la réputation d'un soleil radieux avec une température espérée d'une vingtaine de degrés, les canicules sévissent aussi dans ce Nord de "froidures". Quand l'heure des canicules sonne cela devient même tout à fait insupportable.

Alors, les concentrations d'ozone arrivent à dépasser des seuils d'alerte.

On arrive à espérer le retour de la pluie. Les orages, quand ils arrivent, enfin, ne parviennent même plus à rafraîchir l'atmosphère. Cela ne veut pas dire qu'il ne laissent pas de traces indélébiles, c'est même la catastrophe.1.jpg

L'avantage de la période estivale, si l'on peut dire, c'est que si les routes sont encombrées, ce sont les villes qui sont du même coup déchargées de leur trop plein pour prendre, parfois, des allures champêtres. Merci, touristes... Enfin, merci, tout dépend pour qui et à qui l'adresser.

D'une manière générale, si le tourisme génère 4% des emplois dans le monde et fait grimper le PIB de 4,3%, il représente aussi 5% des émissions de CO2. Alors quand la période d'été concentre les effets, il y a plus de questions à se poser. La croissance exponentielle affichée par le secteur "tourisme" fait craindre le pire. D'ici dix ans, certains pensent qu'on doublera le nombre de touristes. Le trafic aérien réduirait de fait les efforts de réductions des effets de serres. Donc l'idée de voyager différemment s'impose quelque part. Utiliser la planète sans la consommer avec du tourisme durable, c'est vite dit. Picard avec son "Solar Impulse", qui arrive à passer la nuit sur ses batteries, ne pourra pas contribuer à inverser le courant, "voyageur avion" mais l'idée valait la peine d'être creuser.

Trouver des issues à la crise climatique, des ingénieurs et anthropologues comme Peter Tom Jones ou Vicky De Meyere y pensent dans le livre "Terra Reversa".1.jpg

L'écotourisme, proposé, existe mais à petites distances. Le vélo inspire et donne des idées dans les villes  mais dans la proximité. Il est reconnu que le haut de Bruxelles à moins de Villo-Velibes dans les parkings que dans le bas de la ville. On découvre, tout à coup, que Bruxelles ne fait pas partie des Pays-Bas. Faut pas charrier, descendre à vélo donne plus d'air que monter.

Les grandes migrations d'été n'en demeurent pas moins une attraction naturelle. La fameuse emprunte écologique, elle, peut se chiffrer en hectares et en dégâts environnementaux.

Alors, espacer les vacances sans les diluer dans des portions peu congrues et qui ne génèrent que des déplacements sans plaisirs, c'est pas vraiment la solution. Au pire, les voyages longs devraient s'allier de séjours proportionnels à cette longueur pour éviter les excès de consommation pour un bénéfice trop limité dans le temps. Un amortissement de l'investissement au kilomètre parcouru, en quelques sortes.

Dans les pays occidentaux, 15% de la population, utilisent 84% du trafic aérien. Mais, en Orient, on veut rattraper le retard et les voyages low-cost s'installent dans les moeurs là-bas aussi.

Les forêts sont-elles là pour emmagasiner le trop plein de CO2? Le CO2, stocké dans les forêts, ne quitte pas la planète. Dès que la chaleur dessèche la chlorophylle, voilà que ce foutu CO2 retrouve sa liberté.

Alors, les règles d'usage sont toujours les mêmes en leitmotive. Respectez l'environnement. Économiser l'eau. Utiliser les infrastructures locales. Respecter les us et coutumes des endroits traversés. Prendre son temps. Prendre l'avion quand il n'y pas d'autres moyens de transport.

Ces règles ne sont pas toujours à la portée du voyageur. Psychologiquement, le voyage est une manière de s'évader, d'aller voir si l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Des envies d'exotisme, d'aller au devant des étrangers dont les médias nous informent sans en donner tous les aspects, sont aussi un moyen d'assurer plus de paix entre les hommes. Tout pousse au déplacement, à la découverte d'un autre environnement différent pour changer d'air. La publicité est là pour inciter au voyage. Donc, demain les envies resteront ou s'amplifieront. Les solutions actuellement mises à disposition pour contrer les mouvements n'y suffiront pas. Les belles initiatives de l'écotourisme, du voyage durable se retrouveront-elles dans un secteur économique à part entière?

1.jpgGoogle Earth a pris l'habitude de nous servir la planète sur nos écrans d'ordinateurs pour nous faire voyager en virtuel. Pour redorer son blason après avoir été trop loin en touchant à la vie privé, la société, en la personne de  Ed Parsons, vient de présenter, ce 14 juillet à Londres, un outil de projection des conséquences du réchauffement climatique suite à une augmentation de 2°C planifié en 2030. Au programme, on compte des canicules plus nombreuses entraînant une répétitions des mêmes problèmes dus à la chaleur qu'en 2003, pour les personnes âgées, pour les travailleurs subissant une baisse de la sacro-sainte productivité, des rendements de récoltes amoindries par manque d'eau... Quand le moteur de Google cherche de l'eau, il trouve... pas à Waterloo. Quoique en y regardant de plus près...

Vu les crises à répétions, l'emploi qui se rétrécit et la peur du lendemain, les budgets "vacances" ont été rabotés en nombres de jours et augmentés en fréquence. Ce qui n'est pas la panacée. Se priver et flamber grâce au low-cost, au "chic and cheap" est devenu une règle de conduite.

Alors, on s'organise. On veut de l'exotisme, on veut se prélasser au soleil, manger autre chose comme là-bas, dis, sortir de l'ordinaire et cela sans faire ces kilomètres et que cela coute trop cher.

Retrouver les plaisirs simples, occuper les esprits pour effacer les idées noires, pour les ressourcer, comme on dit, voilà une nouvelle préoccupation des pouvoirs publiques. Les politiques travaillent pour nous., parait-il. Ce sont des experts, ils ont déjà fait quelques bis à leur actif.1.jpg

Depuis quelques années, Bruxelles Les Bains s'installe sur les berges du Canal de Charleroi. Tout y rappelle les vacances. On passe de pays en pays en se déplaçant de quelques mètres, d'échope en échope. Les attractions sportives ont lieu pour faire semblant d'être ailleurs puisque en Afrique du Sud, c'est fini. Pas de moules et frites, en vue.

Encore une peu de chaleur en plus pour les "Saturday night fever", à la recherche du sommeil.

Comble de malheur, la région bruxelloise n'existe pas pour Neckerman. Il doit y avoir des trous de mémoire, là, où ne le pensait pas.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, voilà qu'on nous apprend que le cornet de frites va augmenter. Faudra vraiment qu'on passe à autre chose et qu'on goûte ces churros, par exemple. Les frituristes vont avoir des soucis à se faire, c'est sûr.

1.jpgOn se souviendra de la fête nationale française, de sa manière, disons, assez "chahutée". Du défilé, on n'a pas vu grand chose. Quand  l'antenne et la parabole suivent le même trajet que les tuiles et le toit, cela devient difficile... Français, soyez plus sage l'année prochaine avec les feux d'artifice. Cela a dû gêner quelqu'un la haut.

Cela l'a foutait mal, ensuite, avec l'annonce que les assurances risquaient d'augmenter leurs prix. Pas uniquement, de ce qui s'est passé, bien sûr, lors de la fête nationale française, mais par la récurrence des intempéries et aussi, mondialisation oblige, du pétrole qui s'échappe dans le Golfe du Mexique.1.jpg

La nôtre de fête nationale, ce sera mercredi, on fera attention de ne pas faire trop de bruit. Au pire, on se contentera de la "drache nationale".

Plus de pomme, pour Fabiola. Indigeste les pommes. Plus de bananes. Elle devra peut-être se mettre au temps des cerises.

On va attendre l'automne sans bouger, sous le soleil exactement ou attendre en comptant les effets papillon plutôt que les voitures sur l'autoroute. Car nous sommes écolos, comme de petits hommes verts.

On aime le calme, l'appréciation des choses simples de la nature et de la vie...

Bruxelles les Bains en images, si on le veut, parce que nous le valons bien, comme dirait Madame Bettencourt. Pas de parodisiaque, bien sûr, mais pas un placebo.

Alors on danse en attendant l'automne.

Non, peut-être...

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des amateurs de l'humour belge?

 

Citations:

  • "L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Mais cela est", Gustave Flaubert
  • "L'été : les vieux cons sont à Deauville, les putes à Saint-Tropez et les autres sont en voiture un peu partout.", Michel Audiard

11/07/2010

Il chauffe sur le Lac Majeur

En 1972, le Lac Majeur en Italie du Nord avait inspiré Etienne Roda-Gil avec la chanson, "Il neige sur le Lac Majeur" que Mort Shuman interprèta. Paroles, assez tristes et pas très engageantes pour un décor qui mériterait plus d'entrain. Période de vacances oblige un écart, un retour au calme.

1.jpg

Il neige sur le lac Majeur
Les oiseaux-lyre sont en pleurs
Et le pauvre vin italien
S'est habillé de paille pour rien ...
Des enfants crient de bonheur
Et ils répandent la terreur
En glissades et bombardements
C'est de leur âge et de leur temps
J'ai tout oublié du bonheur
Il neige sur le lac Majeur
J'ai tout oublié du bonheur
Il neige sur le lac Majeur

Voilà de nouveaux gladiateurs
Et on dit que le cirque meurt
Et le pauvre sang italien
Coule beaucoup et pour rien...
Il neige sur le lac Majeur
Les oiseaux-lyre sont en pleurs
J'entends comme un moteur
C'est le bateau de cinq heures
J'ai tout oublié du bonheur
Il neige sur le lac Majeur
J'ai tout oublié du bonheur
Il neige sur le lac Majeur

Initialement boudée par les radios qui trouvaient le titre trop long, cette chanson avait été tellement demandée à l'époque que les radios se trouvèrent contraintes de la diffuser. Ce fut un grand succès pour l'année 1972. Parler du Lac Majeur, et c'est cette chanson qui revient du fond de la mémoire.

1.jpgÉtait-ce déjà cette chanson qui m'avait attiré, lors d'un premier voyage, sur ses berges en 1997 ou le bouche à oreille? En cette fin de printemps, toujours est-il que je m'y suis replongé dans le cadre de ses montagnes et de son lac.

A cheval sur le territoire suisse et italien. Traversé par le Tessin et le Toce, vert jade dans le nord suisse, plus bleu au sud italien. 65 kilomètres à partir de Locarno vers le Sud. Largeur maximale, 5 kilomètres. Alternance des paysages, tantôt alpestres, tantôt méridionaux. Des villas, parfois de vértitables palais, souvent prolongés sur ses berges par des jardins plus exotiques l'un que l'autre se cachent dans le paysage.

Pour décrire le lac, en consultant Internet, un site en donne cette description:

"On ne sait par où commencer tant cette région est merveilleuse: le lac bien sûr, est magnifique, un miroir, dans un écrin de verdure... mais que dire de l'attrait des nombreux jardins d'art botanique, de la nature, ou de l'histoire de la région. On côtoie en même temps l'eau, les collines et les montagnes dans un paysage vraiment unique."

Bonne entrée en matière, pourrais-je dire pour attirer un maximum de curieux et de touristes. Cette description conviendrait tout aussi bien pour tous les lacs du Nord de l'Italie et de Suisse et ils sont nombreux. Lacs de montagnes, creusées par la fonte des glaces.

Le Lac Majeur se complète par une histoire particulière, une histoire très longue, de plus de mille ans...

"Et enfin au large, comme des mirages, les îles Borromée semblent avoir arrêté le temps.."

Arrêter le temps? Rien ne s'arrête au contraire entre les quatre îles qui attirent chacune les visiteurs de tous les horizons comme l'aimant..

1.jpgL'Isola Bella, la "Belle", la plus célèbres des curiosités du lac, qu'il vaut mieux découvrir tôt le matin. Véritable oeuvre d'art, avec d'une part, un pompeux palais baroque et de l'autre, un jardin sans égal dans le monde. Jardins symétriques, en dix terrasses pyramidales, ornées de statues des plus diverses et imaginatives dignes de Dali. La "Belle île" a été aménagée au 17ème siècle par Vitaliano Borromée, du fait que l'île est dite Vitaliana aussi. Il décida de la transformer en hôtel comparable aux délices du fabuleux domicile de Calypso, aux potagers des Esperides, aux jardins enchantés d'Armida. Soixante ans furent nécessaire pour l'achever.

L'Isola Madre, la Mère, se réserve son jardin botanique exotique de style anglais.

L'Isola dei Pescatori, île des Pêcheurs qui autrefois étaient autorisés seuls, à pêcher dans le lac.

1.jpg

L'Isole dei Brissago, en Suisse, complète le côté insulaire du lac.

Plus tard, comme dans un bal, les bateaux de toutes grandeurs s'agiteront dans tous les sens et feront plisser les eaux calmes du lac.

La famille de cardinaux des Borromées sont vraiment une institution dans la région. Depuis le 12ème siècle,  les îles appartenaient à cette famille princière. Le membre le plus connu fut Charles Borromée. Lors de la peste qui désola Milan en 1576, il accourut dans cette ville du fond de son diocèse, et bravant la contagion, porta partout des secours et des consolations. Il mourut à l'âge de 46 ans, épuisé par les fatigues et les austérités et fut cannonisé en 1610 par le pape Paul V. 1.jpg

Dans le haut d'Arona, ville toute proche, il a sa statue de plus de 30 mètres de haut. C'est la statue la plus grande, dans laquelle on peut grimper jusqu'au sommet, après la Statue de la Liberté.

De nos jours, il pourrait être considéré de manière moins appréciable vu qu'il s'illustra par l'intensification de la chasse aux sorcières, la lutte contre le protestantisme et la persécution des Juifs et réussit à obtenir l'expulsion, en 1598, de tous les Juifs du Milanais.

Mais, continuons la lecture de ce site...

"C'est face à un tel dilemme, avec tant de choses à raconter et des dizaines de photos en poche, que je me suis trouvée face à une envie immense: offrir à cette région qui m'avait si chaleureusement accueilli, un petit site internet autour de mon séjour Lac-Majeur.com avec cet album."

Le Lac Majeur a, en effet, tout pour plaire sans chercher à en faire un banal document touristique qui en ferait une description dithyrambique. Moins de tunnels qu'autour du Lac de Garde, mais la route quitte souvent la vision du lac.

Plusieurs villages se font concurrence pour gagner le prix de la plus belle ville fleurie.

1.jpgVerbania, la plus commerciale.

Stresa, appréciée des artistes, du cinéma et des écrivains.  Stresa, l'historique aussi, par ses hôtels prestigieux comme le Grand Hotel des Borromées (1883) ou le Regina (1908), tous deux faces au lac.

De cette petite ville, des documents remontent déjà à 998.

Sans attirer personne. Sans caisse de résonance, il fallait réactualiser cette impression transmise par la chanson chantée par Mort Shuman à partir de Stresa, station que l'on ne trouve pas dans le Guide du Routar du Nord de l'Italie. Chose dont je ne m'étonne qu'à moitié.

Surprenant que le lac ne semblait pas, pour le moins, avoir laissé une joie sans bornes à son auteur.

Période de déprime? Lieu qu'il n'a manifestement pas aimé, ce Lac Majeur ou sortilège qu'il voulait extirper de sa mémoire?

Des oiseaux-lyre, en pleurs? Sur l'Isola Bella, ce sont plutôt des paons qui font la roue. Poésie?

Du pauvre vin italien S'est habillé de paille pour rien? Parmi les vins du Tessin, étrange?1.jpg

Des enfants italiens crient de bonheur qui répandent la terreur? Étonnant.

J'ai tout oublié du bonheur? Dommage, pourrait-on ajouter.

De nouveaux gladiateurs et on dit que le cirque meurt? En supposant que ce soient les touristes, il n'a peut-être pas tout à fait tort.

Et le pauvre sang italien, Coule beaucoup et pour rien? Appréciation toute personnelle. Le mot "pauvre" n'est pas de la région.

Visions pessimistes, donc, auxquelles il faudrait trouver une explication en fonction de ses propres découvertes.

Pas beaucoup de visiteurs pendant la période d'hiver. C'est évident. Beaucoup d'hôtels, fermés de novembre à mars. La neige peut tomber de nombreuses fois pendant cette période creuse.  Un froid humide doit être de la partie.

Le mont Mattarone surplombe Stresa et s'élève jusqu'au sommet à 1500 mètres, en télécabine et en télésiège ou par une route en lacet d'une vingtaine de kilomètres ou encore par une promenade de montagne de plus de 4 heures. Au sommet, les vues plongent vers les sept lacs aux alentours. Comme la température diminue d'un degré tous les 180 mètres, y monter permet d"oublier les chaleurs des berges du lac. Les neiges éternelles, visibles par temps clair, se trouvent plutôt vers le mont Rose, qui, lui, culmine à 4634 mètres. Plus loin, Zermatt et la célèbre pyramide du Cervin.

1.jpg

Rebobinons. En ces derniers jours de printemps, lors de mon arrivée, le ciel était plombé. La pluie avait été de tout le voyage. Le gris de rigueur faisait désespéré de vacances radieuses. Les 15 kilomètres du tunnel du Saint Gothard ne sont plus qu'un soucis mineure en attendant d'obtenir le passage après quelques embouteillages.  Déjà, dès la sortie, on sent qu'il y a une évolution notoire. Les nuages sont encore là, mais ils laissent passer quelques quartiers de ciel bleu.

Ce tunnel summital ferroviaire,lui, à 1155 mètres était à l'origine le plus long qui eut jamais été percé. Zurich-Milan, le 1er juin 1882, lors de son lancement, on pouvait lire, sur la route, des banderoles qui exprimaient la victoire car il y avait des morts à concéder dans l'aventure:

"Il est libre, le sentier de fer. Hâte-toi, roues ailées, qui rassemblent les peuples tout autour du globe".

Un autre tunnel ferrovière est, parait-il, en construction. En 2018, il atteindrait la longueur de 57 kilomètres.

Descente freinée sur le moteur, ensuite, au travers d'une civilisation de l'alpage jusqu'à Locarno qui ne rappelle plus que très sommairement, ces temps glorieux.

1.jpgLe lac cachait déjà quelques ridelles que le vent transformait de proche en proche en vagues pour donner l'impression d'une mer démontée comme s'il s'agissait encore de la saison hivernale. Les palmiers, seuls vestiges de jours heureux, pliaient sous les coups de butoirs du vent. Le printemps se terminait manifestement mal. Pas de panique, pourtant.

Il est vrai que les tempêtes ont existé dans l'histoire sur ce lac. Au 12ème siècle, le monastère Sainte Catherine del Sasso avait été construit sur un éperon de rocher à pic, par le bienheureux ermite Albert Besozzo. D'après la légende, il aurait été sauvé lors d'une tempête. Mais c'était au 12ème siècle. Le bateau de cet Albert ne devait pas avoir aussi fière allure que les bâteaux qui font la navette sur lac, indifférent aux intempéries. Aujourd'hui, l'endroit respire une paix royale pour relier le monastère par un chemin le long de la falaise. Un moine, quelques frères et soeurs laïques y habitent toujours. Des bienheureux de pouvoir assister aux couleurs magiques du soleil des fins d'après-midi.

Cette année, par une fausse coïncidence, le premier jour de l'été marqua la transition et allait balayer tout cela. Le ciel déchira ses nuages et transforma celui-ci en une pureté bien méritée. Pas de brûmes de chaleur. Les montagnes se découpaient au couteau à l'horizon.

La répétition nostalgique et mélancolique qui avait inspiré Mort Shuman, n'allait, donc, pas se reproduire. Pas question d'en rajouter une couche en entonnant son autre chanson "Sorrow". Ma version adapté aux circonstances sans larmes dans la voix, je la transformerai une matinée.1.jpg

Ce jour-là, levé à 07:15. Les voitures ancêtres du rallye Megève-Simplon de l'année sont au parking de l'hôtel et se préparent au départ. D'autres rallyes auront lieu encore plus tard.

Le soleil est déjà haut dans le ciel. Pas un nuage. Allais-je connaître une anecdote extraordinaire ou banale lors de mon jogging du matin?

Vite, la télé, avant de partit, pour avoir quelques nouvelles du monde. En français, pas tellement le choix se stations. France2 et Télématin est toujours là avec le même présentateur comme je le constate uniquement en vacances.

Je sens que cela va chauffer sur le Lac Majeur. Quelques minutes plus tard, je me retrouve sur les bords du lac. Très belles promenades face à ces îles. Quatre cent mètres sépare la berge à peine de l'Isola Bella. Le petit trot avec la tête dirigée vers le large en quête du moindre vent. Trop chaud, à mon avis, pour courir, mais c'est aussi ça le but: transpirer. Sur l'eau, une famille de grèbe huppée flotte et plonge sous l'eau en cadence. J'en arrive à l'envier.

1.jpgEn sortant très vite de la ville, la route est trop étroite. Les villas imposantes se succèdent, rivalisent avec les hôtels, riches d'histoires.

Des cyclistes me dépassent. Ils n'ont, tout comme moi, pas la place réservée pour exercer leur hobby et sont frôlés de près par les voitures qui à cette heure se croient permises de pousser sur le champignon.

Toujours sans but précis, je décide de prendre de la hauteur pour m'évader de cette route et de cette civilisation trop envahissante, vers plus de calme et de solitude. Le chemin monte raide. Les cailloux ne facilitent pas une montée rapide. Faire gaffe de ne pas se fouler le pied. Cela n'a plus rien à voir avec du jogging mais ce n'est pas plus mal.

Des arrêts pour se retourner vers les ouvertures de la végétation et remarquer que l'effort en valait la peine. Le panorama devient splendide.

A mi-course, rencontre surprenante, un jeune lama et un mouton qui broutent l'herbe de concert sous la surveillance d'un grand chien noir. Toujours dangereux une rencontre de ce type. Pas trop de prudence à avoir, pourtant. Le chien aime les caresses.

Bientôt, la redescente vers Stresa doit commencer pour ne pas rater le déjeuner. Voilà que le chien noir me suit en poussant devant lui ses protégés qui n'ont pas envie de quitter leurs préoccupations du moment. Il quitte sa compagnie et me suit. Il s'arrête, me rattrape, m'observe, mais ne me dépasse pas. Voilà à nouveau le ruisseau qui dévalle de la montagne. Mon compagnon du moment se met à y boire abondamment. Il s'y plonge à corps perdu en manquant par deux fois de glisser sur les rochers. Je m'attends à ce qu'il remonte chez lui, ensuite. Non, il continue à me suivre.

Content de l'avoir conduit vers plus de fraîcheur? De temps en temps, je jette un coup d'oeil dans mon dos. Toujours là. Je lui parle, lui incite à reprendre son rôle de  gardien, mais il ne veut pas me comprendre. Ce n'est que bien plus bas, que je me retourne. Enfin, il a dû se rendre compte qu'il avait assez donné de son temps, assez de son amitié pour la journée. Je me retrouve seul. Tout rentre dans l'ordre.

J'aurai, seulement, mon anecdote pour le déjeuner. Banale comme je les aime.

Je sifflotte mentalement "la" chanson fétiche du lac, spontanément, mais d'autres paroles se mettent en place et me viennent sans réfléchir:

Il chauffe sur le lac Majeur
Le chien est en sueur
Et les divers chemins italiens
M'ont mené aux bonheurs d'un chien
Des oiseaux crient de bonheur
Et ils répandent des rumeurs
En glissades et en chuintements
Pas de mon âge mais de leur temps
J'ai partagé doucement le bonheur
Il chauffe sur le lac Majeur
Continué à siffler de bonheur
Il chauffe sur le lac Majeur

Voilà de nouveaux gladiateurs
Et on dit que le cirque meurt
Et les divers chemins italiens
Habillés de couleurs pour le bien
Des îles sur le lac Majeur
Là, où les oiseaux-lyre n'ont plus peur
J'entends comme un moteur
C'est le bateau de neuf heures
J'ai tout oublié de la chaleur
Même si elle est vraiment majeur
J'ai tout oublié de la chaleur
Il chauffe sur le lac Majeur

La journée ne fait que commencer. Elle fut encore plus chaude que d'habitude. Certainement plus de 35°C au compteur. Sans vent, étouffante. J'en arrive à regretter notre pluie du nord, là où j'arrive à faire mon jogging sans avoir à chercher à me cacher. 1.jpg

Un tour du lac? On va l'envisager en plusieurs étapes. Remonter aussi au Mottarone, pour survoler d'un regard tous les lacs alentour.

N'était-ce pas un beau voyage, revisité, sur les bords de ce Lac ?

Même blasé, s'il était encore de ce monde, je le lui dirais bien à Mort Shuman.

Le plus beau voyage, n'est-ce pas celui qu'on n'a pas encore fait?

Il est toujours une page de vie que l'on tourne avec plaisir en attendant une autre...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Un lac réfléchit  mieux les étoiles  qu'une rivière", Théodore Jouffroy
  • "Il vient un âge où le bonheur semble se retirer de la vie, comme ces lacs qu'un été trop long rétrécit entre leurs rives", Paul-Jean Toulet

05/07/2010

L'enfer du décor

Un livre, deux vies qui se réunissent pour le meilleur au départ et pour le pire en finale. L'un qui dit dans les moments de tristesse à l'autre "Pendant plusieurs décennies, nous avons fait ... l'humour". C'est le livre de la compagne de Raymond Devos qui m'avait fait découvrir l'envers du décor, l'envers des rires et des sourires que tout le monde connaissait. Cette fois, il laissait un goût de sordide dans la bouche.

1.jpgLe livre, est-il une histoire de famille, sordide, une croisade, une intrigue de palais, une réaction contre les injustices? Un peu de tout cela.

Raymond Devos, un clown artiste qui poussait la logique jusqu'à l'absurde. On connaissait de lui ces bons mots qui faisaient rire.

Samantha Lemonnier, l'auteure de pièces de théâtres, de ce livre,  fut sa plus proche compagne. Elle y révèle, son enfance douloureuse avec ses parents ruinés, la perte de ceux-ci, l'envoi chez sa tante, la rencontre avec l'humoriste. Elle est née en 1950. Vingt huit ans, plus jeune, la sépare de son égérie, Raymond Devos.

Elle est l'auteur de pièces de théâtre. Son parcours se confond avec celui de Raymond,  dont elle a partagé l'intimité, le rire et les secrets.

La fin se passe en justice. Tragique, incompréhensible. Un procès est d'ailleurs toujours en cours. Pour la première fois, elle lève le voile sur les coulisses tragiques de la vie de Raymond Devos, de ce drame qui a miné durant 30 ans - et précipité sa fin - le plus célèbre des humoristes français.

Le début est romanesque. Samantha le rencontre chez sa tante, à Bergh Plage, elle avait 6 ans, lui, 34. Sa tante s'entourait de beaucoup d'artistes de l'époque.

C'est son "grand copain" déjà, dès qu'elle le rencontre. Elle écrit les prémices avec ces mots:

"Ma tante Georgeline était un personnage. Descendante fortunée d'une grande maison de Champagne, près d'Épernay, elle habitait avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris, un magnifique appartement où elle recevait des personnalités de tous bords, écrivains, peintres, intellectuels, musiciens, et tout ce que les années cinquante comptaient de gens du spectacle et de la mode. A ses dîners se côtoyaient Duke Ellington, Erroll Garner, Sacha Guitry et toute une flopée de chanteurs et d'humoristes en herbe. Très éclectique dans ses goûts, cette passionnée de jazz - elle jouait du piano -, promenait sa culture et son élégance dans la plupart des capitales européennes, mi-femme du monde, mi-mécène, toujours coiffée de chapeaux dernier cri. Elle ressemblait à s'y méprendre à Coco Chanel, dont elle était proche.
Deux à trois fois par semaine, elle réunissait ses amis et connaissances autour de la grande table en acajou de son salon. Je venais souvent passer mes vacances avenue Foch.
Je quittais alors Berck-sur-Mer - on disait alors Berck-Plage -, à quatre-vingts kilomètres de Calais, où je vivais avec mes parents, et je «descendais» à Paris. L'époque était à la bohème. Les invités de tante Line étaient le plus souvent, comme on ne les appelait pas encore, des «bobos». Ils arrivaient à n'importe quelle heure, sans nul souci de ponctualité mais, eu égard aux bonnes manières de ma tante, toujours tirée à quatre épingles, impeccablement vêtus. Chez elle, la grossièreté était proscrite. Si je prononçais le mot de Cambronne, elle se montrait «very shocking» et m'envoyait me laver les dents.
Une fin d'après-midi de juillet 1956, elle m'annonce :
- Ce soir, nous avons un invité de marque. Tonton Isa vient te voir avec Francis. Il y aura d'autres convives. J'espère que Francis va bien se tenir. Et toi aussi !
Tonton Isa, c'était Pierre Dac, de son vrai nom André Isaac. Ma tante redoutait les saillies de ce farceur invétéré, encore qu'elle admirât la verve et la drôlerie de ce bonhomme jovial à la faconde intarissable. Quant à Francis, ce n'est autre que Francis Blanche, qui multipliait déjà les farces et attrapes en tout genre.
"

Le décor est planté. Il va prendre du temps pour s'installer, pour s'incruster à jamais, dans les vies et les mémoires. C'est là que Raymond Devos va la prendre sous sa protection. Le temps passe. Chacun suit sa propre voie en fonction de l'âge de chacun des interlocuteurs. Ils se retrouvent, bien plus tard, devant un dîner d'amoureux. Samantha a, alors, 20 ans. Marié, Raymond ne peut que difficilement se couper de son métier et de son épouse. C'est alors que commence une amitié, un amour un peu maudit.

L'envers du décor, ou plutôt l'enfer, ne commence que vers la fin de sa vie, quand la maladie s'installe dans les corps et les esprits de Raymond.

Après une difficile ascension dans le monde du music-hall et, la gloire venue, cela devient le calvaire,  vécu sous l'emprise insidieuse d'un secrétaire très particulier, qui n'a eu de cesse de le plier à ses désirs, de détourner sa fortune et de le harceler. Il règle tout.

En 2005, malade, Raymond vit des apnées de sommeil, a des difficultés à se mouvoir. Samantha prend son bâton de pèlerine pour le protéger malgré lui, pour le défendre des malversations, des manipulations de son entourage direct.

Une femme d'ouvrage, Azevedo et un secrétaire, Pierre Merrou se sont infiltrés comme des impresarios dans la vie du comique. Ils se sont implantés dans la maison en faux défenseurs, conscients de leur force. Le choc avec Samantha, à l'extérieur, est inévitable. Tirer la sonnette d'alarme dans une croisade contre l'adversité, il faut en avoir les moyens extérieurs quand l'ennemi est déjà à l'intérieur.

Les premiers contacts entre les représentants de la vedette malade et Samantha sont immédiatement très froids.

Raymond y voit d'ailleurs un avantage direct. Bonasse, il les laissent se profiler dans la belle maison de Raymond avec, au bout, l'enfer en préparation. Le patrimoine d'une carrière célèbre,  telle que la sienne, n'est pas mince.

Ils vont se durcir dans un froid glacial pour devenir un vrai calvaire. Raymond, un "océan de tendresse", comme le dit Samantha,  est un colosse au pied d'argile. Il soufre d'acédie, de schizoïdie et aussi, dépendant de ses geôliers, souffre d'un syndrome de Stockholm évident. Sous l'emprise de son secrétaire, Pierre Merrou, qui connaît la combinaison du coffre de la maison, il va se faire plumer par lui.

Il souffre mais assume avec courage en prenant un peu de bon temps avec Samantha, sa copine de toujours.

Il lui dit, sentant sa fin proche, "le jour où je partirai, je te laisserai mon âme".

Samantha se bat pour sortir l'homme qu'elle aime des griffes de ces redoutables éminences grises.

La mort de Raymond survient, le 15 juin 2006. Dans les obsèques se déroulent dans l'intimité, dans l'ignorance de ce qui a été les prémices au drame. Samantha croit mettre un point final à l'histoire. Le "dernier sketch" comme Samantha l'appelle survient en janvier 2008. Elle est placée en garde à vue, accusée d'avoir précipité la mort de Raymond, d'avoir administré des sur-doses de médicaments pour de vils vicissitudes d'argent.

Elle écrira:

"Je n'exagère pas en disant que j'ai été donnée en pâture aux chiens au cours d'un véritable lynchage médiatique et juridique, pour le plus grand bonheur d'un secrétaire aussi particulier que vindicatif, instigateur de cette mise à mort parfaitement orchestrée par un parquet aussi peu soucieux du secret de l'instruction que de ma personne et parfaitement oublieux des contre-pouvoirs dont se targue notre prétendue démocratie...".

La justice et les médias suivent cette option et l'accuse d'intention de donner la mort pour raison de profits. Des fossoyeurs sont derrière cette action et recherchent toujours les bénéfices de leurs "bons offices".

Samantha est mise en garde à vue et l'affaire est montée en épingle.1.jpg

Les informations sur sa mort ont été faussées par la justice, avec un seul dossier à charge, sans beaucoup de données pour le justifier. Par la presse, aussi, elle est toujours en mal de sensations fortes. Une histoire de gros sous, d'héritage qui intéresse les journaux à sensation qui semblait faire planer la mort au dessus d'un nid de coucous. De là à penser à l'empoisonnement, il n'y avait qu'un pas. Une affaire avec une odeur de fumée sans feu.

Le public croit ce que la presse raconte.

Je me devais de faire mon acte de contrition, parce que comme beaucoup de monde, j'y ai cru à ce que les médias en disaient à l'époque. Ce livre remet-il les pendules à la bonne heure? J'ai essayé de lui donner un reflet le plus approchant.

Raymond Devos restera, pour moi, un jongleur de mots toutes catégories, un guide dans le domaine. Tant à dire à son sujet.

D'autres humoristes se souvenaient de lui, avec tellement de références, de déférences, lors de sa mort.

Samantha se devait de rétablir une autre vérité, sa vérité. Elle fut, trop longtemps, surnommée d'intrigante et de mythomane et son livre a, pour le moins, des accents de vérité.

A l'envers de son décor, quand les bénéfices sont importants, pas moyen de trouver de bonnes intentions.

L'enfer est souvent pavé de trop bonnes intentions.

 

L'enfoiré,

 

Cent Papiers? Non, un seul.

 

Citation:

  • " Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices  font oublier les vieilles injures, il s'abuse", Nicolas Machiavel
  • « On a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort ! »

27/06/2010

Un Musée, un fleuve, un pays : Congo

Deux anniversaires: le Musée de Tervuren a 100 ans. Le Congo, après un intermède sous le nom de Zaïre fête son cinquantenaire d'indépendance. Le musée de Tervuren s'est mis à la fête avec une exposition sur le fleuve Congo.  Ce fleuve n'a jamais changé de nom avec ses bruits de fleuve éternel...

 

1.jpg

Pourquoi mêler Tervuren à l'indépendance du Congo?

Beaucoup de raisons pour cela. Wikipedia nous dit :

"Tervuren (anciennement Tervueren) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province du Brabant flamand. C'est la seule commune périphérique de la Région de Bruxelles-Capitale à être située dans l'arrondissement de Louvain.

À Tervuren se trouve le Musée royal de l’Afrique centrale, musée d'Art Africain, musée du Congo, comme on a l'habitude de l'appeler, au milieu d'un parc magnifique, aménagé dans l'ancien domaine de chasse des ducs de Brabant à proximité de la forêt de Soignes et de l'Arboretum (photos). Ses étangs forment la source du ruisseau (le Voer) auquel la commune doit son nom.

Le Roi Léopold II, pour la section coloniale de l'exposition universelle de 1897, a fait construire le palais des colonies. Trop exigu pour les projets du roi un nouveau bâtiment, plus grand fut bâti, le Musée royal de l'Afrique centrale (MRAC) hébergeant des collections exceptionnelles, considérées comme les plus riches au monde pour ce qui concerne l'Afrique Centrale. Les archives de l'explorateur Stanley y sont conservées."

Ce musée a fêté son siècle d'existence le 30 avril dernier.

A cette occasion, une exposition temporaire sur le fleuve Congo a pris une partie du musée: "Bruits du fleuve Congo".

Au coeur de l'Afrique centrale, sur le plateau du Katanga, à 1500 mètres d'altitude prend naissance le fleuve Congo de 4.670 kms de long avec le deuxième débit au monde avec ses 39.536 m3 à la seconde. Son lit s'est creusé en plusieurs centaines de millions d'années sur un bassin de près de 4 millions de kilomètres carrés. Son cours fait 5 fois celui de la Meuse. Large de 30 kilomètres. Des traces d'une présence humaine depuis le 8ème siècle ont été décelées.

Une expédition est partie avec 70 chercheurs depuis le 24 avril sur 1750 kilomètres du fleuve entre Kisangani et Kinshasa. Photos du musée et de ses alentours.

Le carnet de bord de leur expédition s'est étendu jusqu'au 12 juin.

Mission scientifique qui s'est intéressée aux poissons, aux langues parlées, à l'archéologie, à la biodiversités, à l'écologie.

Le Musée se lance dans une rénovation approfondie qui prendra trois années pour se doter d'équipements publics modernes. Onze bureaux d'études ont été mis en compétition.

L'exposition "Bruits du fleuve" se présente en 9 étapes et passe du crocodile au bonobo. Le musée a vieilli. La présentation de ses collections permanente mérite d'être rajeunie.

Des hameçons, des masques qui perpétuent la tradition, de petits bronzes, des tombes du 8ème siècle avec des poteries dans la cuvette marécageuse de l'Upemba sont des indices pour les archéologues.

Une pirogue de 22 mètres, pesant 3,5 tonnes, taillée dans un seul tronc d'arbre "sipo", est devenue l'emblème du musée depuis 1957 et pouvait accueillir 100 rameurs.

Les rapides d'Inga terminent le voyage du fleuve qui se jette dans l'océan avec un dernier saut de l'ange de 100 mètres. Un barrage y a été implanté et des projets existent pour l'étendre pour alimenter en électricité toute l'Afrique centrale.

Ces rapides ont emporté l'expédition "Africa-Raft" de Philippe de Dieuleveult en 1985. Les conditions de sa disparition restent encore peu claires - noyade, accident, assassinat même si des éléments tardifs ont relancé cette dernière. Un premier mythe ou mystère sur la mort.

Ce 30 juin, c'est l'anniversaire de l'indépendance du Congo.

La RTBF a mis plusieurs pages à disposition pour rappeler les événements de l'époque avec ses joies et ses drames.

50 ans après, les souvenirs reviennent chez les anciens. Pour les jeunes Congolais, le Congo belge s'est effacé, camouflé derrière des habitations défraîchies de l'époque. Le 4 janvier 1959, à Léopoldville, les premières émeutes avaient précipité la décision de décoloniser le Congo. Les personnages congolais les plus charismatiques furent Kasavubu et Patrice Lumumba. Le 30 juin s'est fêté dans l'allégresse, dans l'euphorie pour la fin de la domination coloniale et de l'autorité blanche.  Baudouin, Bwana Kitoko fait un discours enflammé sur les deux pays. Une fierté s'est aussi traduite par une inquiétude pour les 100.000 fonctionnaires belges et un excès de confiance dans l'avenir pour les Congolais. Les élites supérieures noires n'avaient pas été formées et manquaient. Un "certain" apartheid, un racisme larvé séparaient les deux communautés.

Une ville coloniale comme Léopoldville est conçue en deux blocs : les quartiers européens et la cité noire. Entre les deux une zone verte, qu'on appelle le no man's land.

Dans la ville blanche, les restaurants, les débits de boisson, les cinémas les magasins sont réservés aux Blancs et à quelques Congolais privilégiés, les immatriculés… Les Congolais sont aux servis par un guichet spécial… Deux ans avant, lors de l'Expo 58, la Belgique voulait valoriser au mieux sa colonie et en montrer toutes les richesses sur une surface importante. Des cases traditionnelles de la section congolaise, occupées pas des "indigènes" en boubou furent assez vite fermées. Des visiteurs leur jetaient des ... bananes.

Les bons côtés, le système scolaire, les soins de santé étaient gratuits. Le paternalisme, l'esprit missionnaire existaient et effaçaient le besoin de la création d'un leadership noir. Après l'indépendance, ce fut l'effondrement de l'économie. Depuis, apparemment, une certaine nostalgie de cette époque subsiste de part et d'autre. Un sentiment d'un raté de l'histoire. "L'habituel défaut de l'homme est de ne pas prévoir l'orage par beau temps", disait Nicolas Machiavel.

Remontons encore le temps. L'histoire du rapprochement entre le Congo et la Belgique remonte à 1871 en pleine période coloniale.

Dans le centre de l'Afrique, Henry Morton Stanley, engagé par le roi des Belges, Léopold II, entre en concurrence avec Pierre Savorgnan de Brazza pour la France.

H.M. Stanley, tour à tour, voyageur, colonisateur, émissaire, part à la recherche de David Livingston, parti, lui, à la recherche des sources du Nil. En 1871, il le trouve à Ujiji. Il reste, pour beaucoup, celui qui lui pose la question « Docteur Livingstone, je présume ? » (Doctor Livingstone, I presume ?), lequel répond « Vous m'avez apporté une nouvelle vie ». Un mythe était né.

La doctrine des « 3 C » avait pris forme : Christianisation, Commerce et Civilisation.

Léopold II, monarque eut sa propre "colonie privée", l'État indépendant du Congo, sur lequel il exerça sa souveraineté de 1884 jusqu'à sa mort en 1908. Parallèlement à sa politique coloniale, il avait mit en œuvre l'exploitation intensive et la récolte du caoutchouc qui provient de l'hévéa, produit très demandé à l'époque, et promut la construction de voies de chemin de fer. À la suite d'une campagne internationale menée par les Britanniques, notamment Edmund Dene Morel, dénonçant le traitement brutal des populations locales par les coloniaux, ajoutée au rapport Casement, la position du roi devint intenable. À la fin de sa vie en 1908, il légua le Congo, renommé en Congo Belge, et ses propriétés immobilières à la Belgique via la Donation royale. (Rappel détaillé de l'histoire).

1.jpgUne autre histoire du Congo commençait avec l'occupation belge, la colonisation. Déjà, quatre ans avant l'indépendance, des intellectuels congolais avait établit un manifeste qui voulait créer un pays africain noir, plutôt qu'une réplique de l'Europe en noir. En 1958, lors de l'Exposition Universelle 58, la venue des Congolais à Bruxelles apprenaient qu'il y avait une vie en dehors de la foret, que des blancs pouvaient également être des serveurs.

Le choc des civilisations amena à l'indépendance le 30 juin 1960. La chanson d'alors faisait envie.

Le Congo Brazzaville, lui, accédera son indépendance, le 15 août 1960, un mois et demi après celle du Congo belge.

L'histoire ne s'est pas arrêtée là.1.jpg

Sous la présidence de Mobutu, en 1971, le pays changea de nom en Zaïre, d'après le mot local pour "rivière".

Certaines villes perdirent en même temps, leurs racines avec une dénomination trop belges.

Depuis 1997, le Congo a repris son nom de République Démocratique du Congo avec  Laurent Desire Kabila.

Depuis son assassinat en 2001, c'est son fils, Joseph Kabila qui préside le pays. Fin 2006, c'est après des élections démocratiques. Tout est encore à refaire.1.jpg

La visite d'Albert II ne suscitait pas l'enthousiasme. Certains Congolais jettent un regard désabusé sur ces dernières années. Mais, on désire garder les bonnes relations après quelques nuages de conceptions.

Cet anniversaire du cinquantenaire de l'indépendance du Congo a pourtant été commémoré par la présence de trente chefs d'Etat à Kinshasa avec discours et défilé militaire au programme. « L'aube de sa renaissance », disait le Président Joseph Kabila en parlant de l'anniversaire du pays.

1.jpgMais, l'histoire du Congo ne s'arrête jamais, elle diffère en cela avec son fleuve, qui lui coule de source.



L'enfoiré,


"Congo 60", France Debray

 

Sur Agoravox, une discussion ?1.jpg

 

Citations:

  • "Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête.", André Gide

  • "Dieu a dit, il y aura des hommes blancs, des hommes noirs, il y aura des hommes grands, des hommes petits. Il y aura des hommes beaux, des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile.", Coluche

  • "Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.", François de La Rochefoucauld

 

18/06/2010

Pourquoi partons-nous en voyage?

A question idiote, réponse idiote... Pour passer des vacances, pardi. Pour se ressourcer, pour oublier la vie de travail... Mais est-ce le voyage qui apportera cette parenthèse? Nous avons les avions pour aller de plus en plus loin  et en peu de temps.

Téléportation2.jpgAvant le rétrécissement de notre planète, "voyager" avait toujours été considéré comme une expédition. Les moyens de transports étaient lents et étaient plus risqués qu'aujourd'hui. Tout déplacement se préparait longtemps à l'avance. Notre modernisme a changé la donne. On voyage en avion comme on prendrait le tramway au coin de la rue. L'envie du "voyage" en tant que tel se perd.

"Mieux vaut voyager plein d'espoir qu'arriver au but" disait l'écrivain anglais Robert Louis Stevenson.

Le voyage au 19ème siècle était encore un but en lui-même. Il faisait rêver. Plus loin dans l'histoire, les croisades, elles-mêmes, faisaient oublier les risques comme une véritable proie pour l'ombre.

Les voyages prenaient des mois, si pas des années. L'aventure commençait dès qu'on sortait de  son habitation. Chercher dans l'aventure plutôt que trouver le but à destination, qui lui n'était pas toujours agréable.20090421Pirates partout.jpg

Bouddhistes et taoïstes ont la même vision du voyage long et lent. Le voyage se faisait même à pied et donc restait très local. Modestie qui permettait d'apprécier les paysages et les gens qui transitaient devant les yeux du voyageur. Les paysages ne changeaient pas dans la journée. Ils s'égrenaient au compte gouttes des kilomètres. parcourus On prenait le temps. Tout simplement.

En 1936, les premiers congés payés, les premières vacances, ont été accordés et ont changé la donne. Alors, on commença par se tourner vers les endroits les plus proches, la mer, la campagne, la montagne. Il fallait tout découvrir. Les années passèrent. Les moyens de transport performaient de mieux en mieux. Le train, d'abord. L'avion, ensuite.  Alors, le monde est devenu de plus en plus petit. Trop petit. Il fallait comprendre les cultures ou croire pouvoir le faire, dont les médias nous avaient informé avec  un certain détail.

Le point de départ et la destination devinrent les seules préoccupations. Le voyage, lui-même, perdait ses attraits. Seule la destination n'avait de l'importance. Téléportation1.jpgLa philosophie du "voyage" est devenue plus comme une volonté de "téléportation". "Scotty, téléporte-moi" était dit dans Star Trek. Sont à l'honneur les espaces sidéraux, mais, sur Terre. Un claquement des doigts et on se retrouverait téléporté sur le lieu de nos vacances sans tarder, sans essences, sans fatigues, sans aléas et  sans les risques dus à la route.

Les avions retardés ou les trains surchargés, on ne supporte plus. Il faut aller toujours plus vite. Nous sommes à l'ère des nano-secondes, du jet flag et du décalage horaire. Il faut assumer tout d'un coup, et c'est seule obligation.

Le temps du voyage ne se supporte plus. Il entrave plutôt qu'il ne réjouit.

La science fiction revient  même dans le réel par la physique quantique.

L'imposteur était le cinquième épisode de la série de Star Trek. Serions-nous devenus des imposteurs du voyage?

"Trop vite", comme l'écrit Jean-Louis Servan-Schreiber. Le court-termisme de nos entreprises, de nos politiques est passé dans nos vacances. On achète le guide touristique pour ne pas paraître trop idiot, mais on le découvrira sur place. Pas le temps de faire plus. Cette année, on a épargné et on va "faire" la Guadeloupe. L'année précédente, on "avait fait" la Chine.

C'est surtout quand le prix des déplacements et des voyages ne font que baisser, que le besoin de changement d'air est recherché en dépit de toutes logiques. Les voyages low-cost y contribuent. Le kerosène reste, artificiellement, non taxé et ceci explique partiellement cela. Récemment, trois millions de dollars d'amendes à payer par Ryanair parce qu'ils ont oublié leurs obligations vis-a-vis des naufragés du volcan islandais. Cela va devoir nécessairement se retrouver, un jour, dans les prix des billets, d'une manière ou une autre. Cette méthode de voyage a, seulement, permis de donner l'envie de s'évader à plus de gens et de créer de nouveaux consommateurs.

Le Vif, l'Express se posait la question de "Vivre sans avions". J'avais laissé cette question dans un sondage en fin d'un de mes articles, resté sans réponses. Les problèmes du volcan avaient-ils diminué les envies de prendre l'avion?1.jpg

Les médias répondaient à ma question. Il était dit qu'en avril, il y avait eu une réduction de 10% à 20% des enregistrements de voyages en avion. Situation économique oblige penserait-on? Pas sûr. On oublie vite. Les vacances sont moins longues en nombre de jours mais sont plus nombreuses. Il faut meubler les temps libres.

Notre dépendance vis-à-vis de l'avion est trop grande pour oser dire "non" à l'avion. Tout est véhiculé par avion. Malgré la raréfaction des ressources et du pétrole, le changement climatique, le volcan sans accalmie, les derniers accidents, rien ne permet actuellement d'imaginer des alternatives efficaces surtout quand il faut passer les océans. Toujours plus loin et plus vite... 20070816Pilote Pénurie.jpg

Si les règles deviennent même plus souples depuis le volcan, les aéroports restent fermés pour cause de grève... Pour commencer 2010, trois accidents d'avions, trois atterrissages, à Smolensk, à Tripolien Inde... coup sur coup, qui se sont terminés par un crash, toujours inexpliqués, ne sont pas là pour rassurer.

Alors, voyage ou pas voyage? Est-ce être une Star ou le Treking qui subsiste dans les esprits? Est-ce le goût d'aller voir ailleurs si l'herbe n'y était pas plus verte? Pas vraiment.

Les vacances, on les a méritées, disait l'un des vacanciers. Les vacances de Pâques, c'est sacré, ajoutait le suivant. L'éruption du volcan islandais a imposé un autre timing pour le retour de ces vacances de Pâques et hypothéqué le départ de ceux qui devaient reprendre le collier. Une pause forcée?1.jpg

La dissociation de la route et du voyage par l'abstraction de tout ce qui faisait le plaisir, est peut-être la première approche vers cette fiction de Star Trek.

Le dicton "La route, c'est ma liberté" est aussi bien passé de mise. La voiture, tout le monde veut en avoir une et les routes se sont rendues à la merci du moindre accident, de la moindre panne, de la moindre incartade pour nous plonger dans des bouchons dès les premiers rayons du soleil.

"L'art du voyage" de Alain de Botton ne consiste plus qu'en milles et en milestones, avec des étapes, des endroits de passage qui n'auraient plus d'attraits. Pour lui, c'est le train qui laisserait encore une chance au voyageur de voyager. Le train reste encore le meilleur moyen de transport "pré-vacances".

20100515Routes wallonnes.jpg

En voiture, il faut oublier les kilomètres le plus agréablement possible. Préparer ses vacances, c'est se tourner, les mois qui précèdent, vers Internet, chercher l'hôtel pour le ou les étapes et la destination, trouver l'itinéraire le plus adapté et pas nécessairement le plus court, le moins encombré potentiellement. Sans beaucoup chercher plus loin. Rêver du point final avec les pieds en éventail sur le sable chaud avec le soleil au zénith et le ciel bleu,  par dessus, à faire pâlir de jalousie les collègues.

En route, le GPS est le guide obsessionnel par conception. Il va à la recherche du parcours le plus court. Il s'en fout de ce qu'on voudrait voir ou même éviter. Il a un programme intransigeant. Un oeil fixé sur lui, les changements de paysages ne sont plus que dans nos lointains souvenirs imaginaires. Seul la destination importe et les transitions sont devenues inintéressantes et ephémères. Le voyage, c'est, tout simplement, du temps perdu pour les "vraies vacances". Nouvelle du jour: Les Belges sont gros dépensiers pendant les vacances, est-il dit.

Emprunter les petits chemins de campagne, ce sont des détours. Qu'est ce qui l'arrêtera à un endroit plutôt qu'un autre? Un château pour l'exotisme de l'histoire, un endroit pour les enfants, des prix de séjours hors concurrence, une publicité bien faite... Tout reste bon pour attirer le toutou, le toutou, le touriste.

"Le bonheur, c'est toujours pour demain", chantait Pierre Perret. Ce serait encore mieux si c'était dans l'heure, la minute suivante, dans ce cas.

Ce n'est que lorsque nous sortons de l'autoroute que le voyage commence. Avant cela, on peut parler d'un long tunnel, d'un non-lieu que la téléportation nous ferait éviter.

Il est vrai que rien ne ressemble plus à une autoroute qu'une autre autoroute avec ses stations service, ces restoroutes, en suivant les mêmes signes et symboles pour nous diriger vers "cette" destination.20090407Migration.jpg

Lieux de passages obligés plus que plaisirs du voyage. Des non-lieux, sans âme, sans liens culturels commun comme le disait Marc Augé. Ils n'intéressent plus. Donner sa position en cas de panne se résumerait à donner la borne kilométrique sans autre mention de lieu. On attendrait alors que cela passe dans le couloir d'attente en perdant toutes relations avec les endroits de ce passage.  Ensuite, vite la sortie de l'autoroute pour qu'on puisse enfin profiter de ces "putains" de vacances tant attendues pendant lesquelles, il faut en avoir pour son argent.

A destination, au moins, on pourra recréer notre chez-soi dans le microcosme de l'hôtel ou autour de la piscine de celui-ci.

Là, dans un enclos, le ghetto pour touristes, on pourra rire haut et fort. Se croire et faire comme chez soi. Espérer manger comme chez soi...

De deux semaines de congés, en 1936, on est passé à 6 semaines voir plus en cumulant les heures supplémentaires. Donc, plus de temps, en principe. Mais l'employeur n'aime pas les trop longues vacances. Les bénéficiaires non plus d'ailleurs. Ils ont commencé à les morceler ces congés en semaines voir en week-end pour les étaler sur toute l'année. Recommencer le voyage, en boucle planifiées de longues dates comme des obligations pour être reconnu dans notre société consumériste. Dans ces conditions, souvent, les photos vont se résumer à quelques vues de la famille, souriantes à souhait, autour et dans l'eau de la piscine de l'hôtel. Photos que l'on s'empressera, ensuite, de lancer sur Facebook pour mettre au courant le maximum de personnes de notre voyage idyllique. En dessous d'une photo, on pourra peut-être lire. "Nous voici, au Japon". Sous la suivante, "la Chine dans tous ces états". Comme conclusion, on lirait même "Je te dis pas le nombre de pays que nous avons survolés".

1.jpgCela risque de ne pas changer avant plus soif. L'offre et la demande, insensible aux problèmes, s'envole encore. Elle est, en hausse de 10% en 2010. La Chine, avec une nouvelle flotte, commence également à passer aux kilomètres volants.

En avion, à 10 kilomètres d'altitude, en escomptant les trous d'air, ce n'est pas les nuages qui nous feront voir la nouveauté dans l'aventure.

Le train reprend aussi du poil de la bête quand l'avion reste au sol. De nouvelles rames d'Eurostar avaient été installées en catastrophe pendant les grèves forcées, volcanisées. Les LGV (Ligne de Trains à Grande Vitesse), le Fyra, le Pendolo, l'AGV, le Velaro, le Zefiro vont reprendre le flambeau des Thalys, des TGV et Eurostar.

La règle dans un avenir plus ou moins lointain sous l'angle écologique ira à l'économie. L'idée de l'austérité à la cote de la mode. Pousser la vidéoconférence, la production locale des marchandises, vivre sans avions, redécouvrir le voyage. Faudra s'y faire.

Faudra, aussi, peut-être, revenir aux sources et y trouver ce qu'on n'y a pas aperçu à première vue. L'aventure se rencontre aussi quand on ne s'y attend pas, au détour d'un chemin banal à souhait, sans effort. Il suffit parfois de lever la tête ou de la baisser au raz des pâquerettes. ( Une Histoire d'un autre temps.)

Vu la saison, peut-être vous préparez-vous à l'exotisme en chambre? Les livres sont nombreux pour compléter les points de visite ou de séjour. Mais, la "belle aventure", elle, ne commencera que sur le terrain.

Téléportation3.jpgAlors, pour être complet, il reste les professionnels du voyage. Pourquoi pas, les "obsessionnels du voyage"?

Florence Arthaud, dans son livre "Un vent de liberté",  Olivier de Kersauson, dans "Ocean's song", nous rappellent qu'il y a d'autres voies. Pour eux, c'est la liberté, le voyage passion et la solitude qui attirent et pas les destinations.

Olivier de Kersauson écrivait en substance: "Aujourd'hui, on ne voyage plus: on se déplace comme des représentants en cravate et bonnet de bain. On ne compte que sur la cure de soleil. On est soumis au voyage. Dans le voyage, je crois à un "état de disponibilité" du voyageur dans une joie profonde et enfantine à cingler vers l'ailleurs pour rentrer dans le décor à pas comptés et sans appartenance quelconque. Voyager ce n'est pas être témoin, mais du plaisir pour servir la beauté du monde. La fin du voyage en mer, c'est la fin de la fête. Le voyage reste sans souvenirs, mais juste des impressions".

Joseph Kessel dans "Valle des Rubis" écrit: "Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas,. On rêve sur les cartes. On repère les noms magnifiques des villes inconnues".

"Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme", chantait Renaud.

L'aventure métaphysique de la découverte ne se retrouve plus que chez ce genre d'aventuriers de l'extrême et qui vendent encore du rêve à crédit par ricochet dans des films ou des livres.

Pour les autres, la dématérialisation du voyage, du savoir s'est radicalisée en feuilletant le grand livre du monde par l'intermédiaire de Google.

Le touriste d'avant était un messager, un colporteur de nouvelles, toujours curieux de tout. Le tourisme s'est, désormais, démocratisé et par là, s'est désensibilisé pour se transformer en objet de rendement. Payé au "juste prix", le voyage s'est déresponsabilisé avec une absence de la vie active au bout du tunnel.

Le journaliste, Seth Stevenson, en véritable globe trotter, disait qu'il avait fait le tour du monde sans prendre l'avion en respectant le "just in time" à la découverte des autres cultures.

Les tours-opérateurs vendent, eux, du voyage absolutiste mais restent brouillons en oubliant de vendre le rêve. Le voyage n'est donc plus l'essentiel. Du manque à gagner qui empêche de consommer à destination. Le dépaysement, l'exotisme ne sont plus des arguments de vente.

1.jpgPersonnellement, j'ai toujours aimé le voyage pour lui-même. Je comprends parfaitement ce sentiment  de ses navigateurs solitaires, qui ne se sentent jamais totalement  satisfait là où ils arrivent ou qui  se retrouvent toujours au même endroit. Je ne suis pas Breton, ce ne sera donc pas par la mer, ma recherche de cet "autre chose", de cet "autrement", de cette "impossible étoile" comme chantait Brel.

J'ai reçu une formation avec des langues mortes dans les bagages. Les pays qui ont fait partie de l'histoire d'Ulysse, de l'Odyssée, me sont restés comme fil conducteur dès le départ.

Puis, on élargit son champ de vision. Une autre histoire commençait.

Les Belges adorent leurs vacances. Bonne ou mauvaise nouvelle?

Sera-ce "Tous à la plage" comme le proposait récemment Thalassa, mais qui n'est peut-être pas l'aventure rêvée de tous.

Que vous souhaiter, alors, pour terminer ce billet ?

"Bonnes vacances", "bon voyage", "bonne aventure" ou "bonne téléportation"?

A vous de me le dire.

 

L'enfoiré,

 

Articles associés: "Les vacances de demain comme d'avant hier?" , "Vacances autrement"'

 

(Je remercie "Touring explorer" pour m'avoir inspiré ce billet)


Citations:

 

  • "On ne voyage pas pour voyager mais pour avoir voyagé.", Alphonse Karr
  • "Le vrai voyage, c'est d'y aller. Une fois arrivé, le voyage est fini. Aujourd'hui les gens commencent  par la fin.", Hugo Verlomme
  • "On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances ; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux.", David Foenkinos
La philosophie  du voyage se retrouve encore chez les routards d'aujourd'hui, mais c'est une relative rareté et sort des masses. Téléportation1.jpg

11/06/2010

Le futur du Capita£i$m€ (2)

Imaginer le "Futur du capitalisme" de manière parodique, Roubini ne l'aurait pas fait. L'économie, c'est du sérieux et l'heure est grave. Une synthèse de 60 pages du quotidien "L'Echo" rassemblait, ce weekend, les opinions divergentes pour soigner le "grand malade", le capitalisme.

D'entrée de jeu, l'économiste John Kenneth Galbraith aurait dit "Il y a deux types de prévisionnistes : ceux qui ne savent pas et ceux qui ne savent pas qu'ils ne savent pas". Cela commençait, résolument, très mal, pour trouver des solutions.

Qui se rappelle encore de Elaine Garzarelli, d'Abby Cohen qui orientaient la Bourse comme de véritables gourous pendant les temps glorieux de la hausse de la Bourse?

Il y a un an, Roubini parlait d'une bonne et d'une mauvaise nouvelle. Depuis, rien ne s'est amélioré, bien au contraire. Même pas un long répit...

Amusant de relire les idées de l'époque. Les aides des Etats ont déstabilisés ceux-ci et ne peuvent investir pour réduire les pertes d'emplois. Les États d'Europe, eux-mêmes, se sont vu, depuis, attaqués à leur tour.

Pour les uns, corriger, c'est envisager des mesurettes et ça repart. Pour les autres, une refonte complète est nécessaire. Dans la population, c'est la peur qui s'est installée avec des idées innocentes. Il y en a même qui se sont mis la corde autour du cou.

Des modèles parfois totalement opposés pour répondre aux crises sortent des réflexions. Ensemble d'actions - réactions, alternées entre secteur privé et secteur publique.

 

Les personnalités "capitalisantes":

Roubini a donc donné sa vision dans une conférence à Zermatt et à Bruxelles, à l'occasion du "New Insights in Business and Finance". Il a rencontré Paul Jorion à Zerematt.

Sentiment partagé: "Trop peu et trop tard".

"En ce moment, je vois les choses s'aggraver", "L'euro doit encore baisser", dit récemment Roubini.

Il avait, décidément, l'euro dans sa ligne de mire, en oubliant que tout est intégré.

Les problèmes du "Club Med", comme il appelle les pays de la Méditerranée, ce serait, seulement, une mise en bouche.

"Toutes les économies des pays développés devront adresser leur problème d'endettement du secteur public. Résoudre ce problème devra passer par un contrôle des dépenses des gouvernements, une augmentation des taxes, même si à court terme, de telles mesures vont encore peser plus dans la balance. Mais si on ne prend pas ces mesures, ce sera pire. Des pays comme le Royaume Uni et les États-Unis, peuvent faire tourner la planche à billet pour diminuer la valeur réelle de leurs dettes. Mais la zone euro ne peut pas. Il faut que les pays consommant trop, comme les États-Unis, réduisent leur consommation, et que des régions comme l'Asie épargnent moins et ajustent leur devise", ajoutait-il en substance.

Dans les 60 pages de l'Écho du dernier weekend, qui s'intéressaient au futur du capitalisme, on tentait de réinventer l'économie. Le capitalisme de papa avait, semble-t-il, vécu.

Ces pages essayaient de sortir quelque chose de commun dans le constat de chacun, avec les faits, pour terminer par une vision pour les années à venir.

"Quand les choses vont bien, le capitalisme trouve des adeptes. Adeptes qui virent au socialisme dès que le vent tourne. La démocratie doit s'attacher à limiter la douleur, pas à la supprimer.", pensait Raghuram Rajan.

Une rencontre imaginaire, entre Karl Marx et John Maynaerd Keynes, donnerait, sans conteste, un dialogue de sourd.

Pour Karl Marx, ce serait, le capitalisme va s'auto-détruire. Le capitalisme n'amène que crise, marasme, dépression, chaos social.

Pour John Maynard Keynes, le capitalisme va se reconstruire parce que l'économie de marché est le meilleurs système économique concevable en soutenant la consommation. C'est l'État qui veillera au grain quand il y a des échecs mais pas de "socialisme d'État". "In the long run we are all dead", disait-il.20100323Développés;.jpg

 

Henry Ford avait inventé la classe moyenne en construisant des voitures que ses ouvriers pouvaient acheter.

Warren Buffet, en petit malin a fait sa fortune en partant de rien. Opportuniste, il a appris à bien faire son devoir en capitaliste exemplaire.

Milton Friedman, en champion de la liberté des marchés, irait jusqu'à dire que l'État est le responsable des crises.

George Soros est le "repenti de la finance". Dépité, il dit que les marchés ne peuvent être livrés à eux-mêmes sans dommage. La crise actuelle serait le pic d'un "super-boom" qui a duré 25 ans". "Les plus grands spéculateurs sont les banques centrales du monde entier. Les Hedges Funds anticipent leurs actions".

Eugène Fama, le théoricien de l'efficience des marchés, reste sur l'idée d'un capitalisme qui triomphe assez vite des mauvais coups du sort. La peur du risque apporte la récession. Il accepte la régulation, quoique fondamentalement négative, comme une assurance tous risques et  cela pousserait les banques à mieux faire des réserves tampons en acceptant l'inflation pour alléger la dette. "Mais je ne veut pas comparer les investisseurs aux astrologues. J'ai trop de respect por les astrologues", réplique-t-il avec humour.

Richard Thaler, son opposé, est un adepte de la "finance comportementale", basée sur la psychologie. Les agences de notation sont les 1er responsables de ne pas avoir sonné la fin de la récréation à temps. Quand un consommateur hypothèque ses biens, il doit psychologiquement comprendre les risques de ses actes. Les marchés se doivent de faire preuve de transparence et cela, sans tromperies.

Pascal Lamy estime que le commerce agit comme une courroie de transmission assurant l'approvisionnement en denrées agricoles des pays qui produisent peu ou mal. Les marchés doivent intégrer certaines exigences écologiques, sociales ou éthiques en agissant sur tous les fronts.

Raghuram Rajan, ex-économiste du FMI, était inquiet des dérives des marchés. Les inégalités de revenus expliquent l'échec de notre enseignement. De ce fait nous sommes en train de créer un capitalisme pour les faibles. Un capitalisme sans conviction.

Guy Sorman, constate qu'à une période de 25 ans de progression économique doit correspondre une période de crises et de doutes. Proposer autre chose que le capitalisme? Oui, mais, même Paul Krugman ou Joseph Stiglitz, pourfendeurs du capitalisme, ne le font pas. Stiglitz parle de re-régulation financière de la démocratie. et préconise des réductions efficaces sur les transaction des produits dérivés des banques soutenues par l'Etat. Après une crise, on se comporte toujours autrement. Des systèmes d'assurance ex-post sont à préconiser pour pouvoir réagir plus sainement et sans urgence. Le protectionnisme, l'autarcie, l'autogestion, la planification centrale ont été essayé sans parvenir à endiguer les crises. La social-démocratie ne fait qu'amortir les chocs.

Joseph Schumpeter voyait l'avenir dans l'innovation comme une "destruction créatrice" partagée entre inventeur et entrepreneur.

Elinor Ostrom est la partisane de la gestion en commun sans interventionnisme des autorités grâce à une économie verte.

Jeremy Rifkin voit dans la hausse des prix des matières premières et de l'énergie, les catalyseurs de nos crises en cascade. Un 2ème Siècle des Lumières serait en marche par l'économie verte.

 

Les pays challengers "anciens" et "nouveaux":

Le Japon: L'hikikomori plane... "Le miracle est qu'il ait survécu aux difficultés depuis l'éclatement de la bulle spéculative de 1990. La nostalgie de l'âge d'or des années 80 a sapé le moral", constate Jeff Kingston. Le vieillissement de la population, la réduction de la population, la réduction des salaires sont-ils les bombes à retardement? Il y a la technologie, la télévision 3D, la robotique... mais, dans l'ombre, de grands voisins grandissent.

La Chine: "Nous exportons nos produits, pas notre modèle". La Chine fait peur à l'occident, pas parce qu'elle est, mais parce qu'elle donne comme symboles. Une croissance imposante avec un modèle du libéralisme économique à la recherche d'une bonne croissance dans une "troisième voie", le nationalisme chinois avec une vue à long terme. Alors, "les Etats-Unis seraient les otages de la Chine", c'est à voir. Le modèle subit, dernièrement, ses propres crises de croissance ralentie par une main d'œuvre en grève. Une augmentation des salaires de 20% suffira-t-elle pour refroidir l'ébullition?

Le Vietnam: Nouvelle recrue de la famille capitaliste comme antidote au communisme. Challenger des BRIC, le Vietnam aurait, pour image, des wagons qui poussent la locomotive. Le pays ressemble beaucoup à la Chine, avec, en plus, un commerce plus ouvert et bilatérale.

 

Conclusions:

Que peut-on en tirer de cet ensemble d'idées? Des constatations, plutôt que des solutions de rechange ou des changements radicaux d'idéologie?

Pas question d'abolir le capitalisme ni d''inverser le mouvement. On parle de durcir le socialisme protecteur, de faire des économies par l'austérité, mais pas de retourner au communisme primaire préconisé par Marx. Communisme qui n'a d'ailleurs pas vraiment été tenter dans ses fondements idéologiques. Et s'il y avait une autre voie qui s'adapterait avec notre environnement moderne à plusieurs vitesses et qui pourrait corriger notre époque troublée?

"Instability... as the result of animal spirits" nous rappelait Keynes pour exprimer ce dilemme.

La confiance dans les systèmes en place n'est plus là. Les futurs candidats à la culbute sont sur les listes noires. On se questionne, de partout, comme un coq le ferait sur un tas de fumier. Sommes-nous devenus des coqs sans cervelle?

Alors, vert, j'espère, comme solution à tous les problèmes?

Et, si le modèle de la nature nous donnait encore plus de modèles avec sa manière de fonctionner? L'industrie a commencé à la copier.

La nature renaît toujours, si on lui laisse le temps. Elle teste en permanence. Elle crée, s'adapte, élimine les erreurs. Les branches les plus extrêmes de son évolution sont coupées, oubliées. Ce n'est même plus un arbre qui représente l'évolution, mais un buisson ardent et touffu. Les branches sont innombrables. Les chaînons manquants sont ceux qui n'ont laissé aucune trace. La nature n'hésite  pas  entre "stop" ou "encore" avant d'aller plus loin. La nature a une expérience très longue. Nous restons plantés sur des dichotomies du genre droite-gauche, comme si nous étions réglé en numérique.

L'idéologie du capitalisme a basé son idéologie en s'arrogeant, en tant qu'intermédiaires, les droits que ses administrés abandonnaient. Les Bourses, les banques, l'idéologie libérale ont, dès lors, pris la tangente en prélevant une trop grande dîme au passage sur nos investissements et notre travail.

Raboter les excès. Remodeler le paysage politique, la vie de l'homme en fonction de ses besoins initiaux et vitaux, de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de consommer les fruits de son travail sans être obnubilé par amasser.

Revenir à ces bases serait un changement profond des mentalités. Ce ne serait pas revenir à zéro en perdant les avantages acquis par l'expérience. Il suffirait de remonter le temps pour trouver le point où les choses se sont mis à dévier de manière néfaste. L'homme d'aujourd'hui semble rechercher sa viabilité dans le court terme.

Ce point pourrait ressembler au chacun pour soi, aux impulsions qui tombent dans l'habitude sans aucun raisonnement préalable. A un point où les buts globaux à atteindre ne seraient même plus défini.

Toutes les niches existent. Les refaire fonctionner mieux ensemble avec des règles générales, un acte de base.20100510Ou va le monde.jpg

L'homme a cru que la compétition tout azimut entre les sociétés, entre les États,  pouvait être un "sport" motivant. Son intelligence, les communications avec sa parole lui ont permis de remarquer qu'une fin existe et qu'elle est inexorable, mais qu'elle peut se ralentir, s'amortir par sa science, sa médecine, ses actions protectrices. Investir dans l'avenir, ce serait ça.

La nature suit ce modèle d'autoprotection. Elle investit dans la vie et sa pérennité. Elle n'hypothèque pas son futur.

Elle dit, peut-être, que le meilleur gagne mais, pas au détriment d'elle-même et de sa finalité. Elle cherche ce qui est le plus viable à long terme, mais elle ne se saborde pas.

Les gains faciles la tentent pour répondre au moindre effort à la recherche de l'efficacité. Mais ce n'est pas du style loterie ou du casino, typiquement choisi par l'homme.

Elle a su distinguer entre l'essentiel, le nécessaire et le superflu après des tests multiples.

Elle ne connaît pas la sur-consommation et le "nice to have".
La nature ne connait pas la publicité. Elle se contente du "bouche à oreille" dans la proximité. L'offre ne précède pas la demande. Elle est synchronisée avec la saison.

Nous nous en sommes écarté de la nature. Elle est devenue l'ennemie.

Les anciens Égyptiens ont pu étendre leur civilisation pendant 3000 ans grâce à la fusion de leur vie avec celle de la nature.

Ils l'ont divinisée. Un billet avait attiré mon regard avec son espace partagé. On y faisait référence à Amenemope, Pharaon de la 21ème dynastie moins connue et aussi, moins riche, très certainement.

Cette dynastie suivait, chronologiquement, celle du Nouvel Empire, qui, au contraire, est très connue par son histoire et sa magnificence. Les dieux de l'époque étaient pour la plupart représentés par la nature et les symboles animaliers. La nature faisait partie de leur vie.

"Unlike Psusennes I, Amenemope was buried with much less opulence since "his wooden coffins were covered with gold leaf instead of being of solid silver" while "he wore a gilt mask rather than one of solid gold.", lit-on sur Wikipedia. Cela pour dire, que l'or n'est qu'un symbole  parmi d'autres de richesse. La richesse, c'est le potentiel de faire avancer dans le bon sens. Le capital intellectuel en lui-même est une richesse.

Une des citations de ce Pharaon était aussi "C'est le pilote qui voit loin qui ne fera pas chavirer son bateau".

20090129Obama belge.jpg

Analogie de cette 21ème dynastie dans un autre espace temps, avec notre Empire d'Occident décadent?

The whole world is growing smaller every day...

L'éconologie, encore une fois, dans une course en vert, est mise en avant par certains philosophes et économistes.

L'économie du 21ème siècle deviendrait ainsi une économie responsable vis-à-vis de cette nature.

20100531Ecologie et Golfe du Mexique.jpg

La nature n'a pas de prix, mais elle n'est pas gratuite ni particulièrement pacifique.

On parle d'acheter des droits de polluer. Nouveaux marchés qui pourraient aussi générer une nouvelle spéculation et engendrer de "pures escroqueries". Le "cap & trade" comme alternative? Les écotaxes? Les subventions en compensation pour protéger la nature? Tout cela nécessite des normes globales.

"Trouver l'équilibre entre technologie, complexité et réglementation est l'un des plus grands défis du 21ème siècle", disait Kenneth Rogoff.

John F.Kennedy, dans un discours en 1959, déclamait "En chinois, le mot crise se compose de deux idéogrammes. Le premier signifie "danger" et le second "opportunité".". Son interprétation était erronée mais était aussi une variante d'un citation plus ancienne de "Ce qui ne tue pas rend plus fort".

Avec les moyens disponibles, tout est possible, accessible pour éviter l'immobilisme. Le but de l'argent, c'est de construire l'avenir.

L'austérité, dans ces conditions, ce n'est pas garanti sur facture. Ce sera seulement à budgéter dans la catégorie "investissements rentables".

Pour garder l'optimisme, pourquoi ne pas pointer son oreille vers une voix qui contine à chanter et qui aura toujours raison par sa jeunesse?

Tout est dit et tout commence avec cette chanson et ces seuls mots, "Je veux..."

Pas de panique, donc. Tout est un éternel recommencement.

Alors, "Le droit à la lenteur", bien sûr, mais, seulement, sans exagérer.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • "Never waste a good crisis", Hillary Clinton

  • "Personne ne mérite d'éloges pour avoir prévu la pluie, mais bien pour avoir construit une arche", Louis Gerstner

  • "En Bourse, 4 n'est pas égal à 2+2, mais à 5-1", André Kostolany

  • "La joie panique, il est impossible  de la garder pour soi-même ; celui qui l'a, s'il ne la partage ne fait que la toucher et la perdre.", Jean Giono

05/06/2010

Carrefour ou le four au carré?

Voila plus de trois mois que la crise de l'emploi sévit chez Carrefour en Belgique. Seul de petits filets d'informations sont apparus chez les médias en France. Probablement, information pas assez porteuse.

 

1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

La société Carrefour est présente depuis 10 ans sur le marché belge. Elle avait, au départ, repris certains magasins du GB.

En 2007, le Groupe Carrefour lâchait la boule rouge de GB.

En février dernier, Gérard Lavinay, patron de Carrefour Belgium crée la surprise en voulant fermer une partie des magasins.

Le problème c'est que, probablement, Carrefour n'a jamais compris la différence entre le marché français et le marché belge.

Erreurs de gestion de la direction, non avouées? Mauvaise appréciation de l'esprit du consommateur belge? Direction trop typiquement « française »?

Le territoire belge n'a pas les mêmes dimensions, c'est un fait. La consommateur belge préfère la proximité dans l'espace et le temps du magasin dimensionné de ses besoins quotidiens à l'hypermarché qui l'obligerait à se déplacer en dehors des villes.

Les pertes se sont accumulées d'année en année. Les clients resentaient un malaise. Malaise qui se répercutait par des grèves.

En février, le tsunami prévisible, la fermeture d 'une série de magasins les moins rentables dans les zones du pays les plus déshéritées était annoncée.

1672 emplois se voyaient portés sur les listes du chômage après la fermeture de 21 magasins sur le territoire belge. Cela sans compter, les difficultés, les fermetures probables des sociétés, des fournisseurs et des magasins qui en dépendraient.

Certains repreneurs se sont, très vite, présentés comme Delhaize, Mestdagh. Contrats équivalents? Les commissions paritaires n'étaient pas les mêmes et étaient plus avantageuses aux travailleurs de Carrefour. Les salaires dans les grandes surfaces restent pourtant très proches de l'allocation de chômage.

20100527Carrefour Mesdagh.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grèves, alternées avec négociations qui n'aboutissaient pas et enfin, après une nuit de concertation entre le 26-27 mai, un projet d'accord est tombé.

A la clé, cet accord va couter 100 millions à l'État belge, lisait-on dans la presse.

Selon des calculs de la société de conseils en ressources humaines SD Worx, cette vague de nouvelles prépensions pourrait coûter cher à l’Etat, écrivaient, dès le lendemain, De Standaard et Het Nieuwsblad.

La direction et les syndicats de Carrefour ont conclu un projet d’accord, mais selon des journaux flamands le plan social pourrait coûter jusqu’à 100 millions d’euros à l’Office National de l’Emploi. Des chiffres que réfute Joëlle Milquet, Ministre de l'Emploi en disant « si toutes les personnes concernées prennent leur prépensions, ça coûtera au maximum 10 millions d’euros à l’État.

Rapide calcul, sur base d’une allocation de prépension à temps plein de 1.150 euros par mois, payée par l’ONEM, la facture s’élèverait au total, pour une période de dix ans – avec un âge moyen lors du départ de 55 ans et jusqu’à l’âge de la pension de 65 ans – à minimum 90 millions d’euros et maximum 100 millions d’euros. (1)

Du coup, la législation sur les prépensions revient sur la table.20100227Carrefour chome.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carrefour demande que soient accordées des prépensions pour un millier de travailleurs dès l’âge de 52 ans. Au total, 984 travailleurs pouvaient en bénéficier, mais cela comprend, en parallèle, des travailleurs des seize magasins Carrefour qui seront repris par le Groupe Mestdagh et de travailleurs des 26 magasins Carrefour déficitaires dont Carrefour gardera la gestion. Sept magasins franchisés, dont un hypermarché, une première pour Carrefour. Les hypermarchés resteraient sous la commission paritaire dans la distribution CP312.

Donc, pas de changement de commission paritaire pour les "chanceux" employés. 28 magasins devraient fermer ou être franchisés.

Les économies qu'espère Carrefour se limiteraient à 14 millions au départ et s'élèveraient à 21 millions dès 2015.

Une garantie d'emploi jusqu'en 2016 serait comprise dans l'accord après d'âpres négociations.

La polyvalence des employés devrait être accrue d'après la nouvelle convention. Les travailleurs se retrouveront interchangeables dans les rayons et à la caisse.

1.jpgMestdagh en était arrivé à hésiter de reprendre les magasins sous son aisselle. L'enthousiasme n'y était plus, disait-il.

« Nous ne sommes pas contre Mestdagh » avait répondu, ostensiblement, une responsable syndicale.

Prépensions ou chômage déguisé, cette fois?

Ce 1er juin après consultation de la base du personnel accepte le Plan du côté Carrefour.

Car, après avoir régler sa sortie, il faudra enregistrer sa rentrée chez Mestdagh.

Mise à jour du 9 juin: La 10ème réunion a eu lieu avec eux. Selon la formule consacrée "Les négociations se sont déroulées de manières constructives, mais dans une ambiance tendue". La semaine prochaine, on reprend le flambeau des négociations.

Le malheur des uns fait un semi bonheur des autres. Carrefour n'est pas propriétaires des murs de ses magasins. Handicap, en général, avantage, en ce  cas particulier. Pas trop d'entraves en cas de fermetures. La société Redevco qui possèdent ces murs pour 3% de son chiffre d'affaires va devoir retrouver de nouveaux locataires et, parait-il, ils attendent avec impatience.  

Lundi prochain, 7 juin, les négociations reprennent avec Mestdagh pour accorder les violons du côté pile.

Une autre question demeure: Comment va-t-on refidéliser les clients si la fidélité intérieure n'est plus assurée?20100225Carrefour réactions.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le même temps, les clients ont progressivement désertés les magasins Carrefour depuis les derniers événements. L'ambiance intérieure détériorée rendait une humeur désagréable vers les clients, les grèves à répétitions, les préavis de grève souvent le week-end, des rayons  restés vides sont certainement à l'origine. Le réapprovisionnement dans les rayons était visiblement peu suivi. Les pertes s'élevaient à plusieurs millions d'euros à cause des grèves. Seul côté positif pour les entreprises de bienfaisances récoltaient les produits frais non vendus. Alors, qui a gagné dans le lutte de ces 3 derniers mois: les syndicats. Des syndicats, accusés d'être trop « réactifs ».

Les prépensions ont relancé la polémique. En Belgique, elles coûtent 1,5 milliards d'euros par an à l'Etat. Le parti Open VLD a dans son programme de supprimer les prépensions. Il était question d'allonger les carrières plutot que de les réduire. Mais, ils ne disent pas par quoi ils les remplaceraient. Alors, sera-ce, une nouvelle fois, "A la casse" comme je l'écrivais, il y a cinq ans? Il faut rester "agile", demandent les entreprises, tout en sachant que "fragile" est la rançon de l'âge. Alors, pourquoi ne pas réduire progressivement, selon la pénibilité, le nombre d'heures de travail en fin de course vers la retraite? Il s'agit de se rappeler que la réduction peut être dangereuse.

L'inflation reprend son allure de croisière vers une légère hausse (1,6% en mai).

Mais, Carrefour veut rester longtemps en Belgique, répliquait le patron de Carrefour.

Colruyt a encore un potentiel pour 70 supermarchés en Belgique.

Delhaize, Match et Intermarché sont intéressés par certains marchés.

Carrefour dément travailler avec des exploiteurs chinois.

Le Belge paye ses produits alimentaires plus cher, annonçait-on. Peut-être faudra-t-il faire serrer un peu plus les forunisseurs au colet.

Cela va être dur de toute manière pour redonner la confiance entre les interlocuteurs, fournisseurs, vendeurs et consommateurs.

Juillet restera toujours le temps des soldes...

- - - - - - - -

Bien que nous ne soyons pas totalement dans le même cas d'espèce, il serait intéressant de le rapprocher avec une convention qui est souvent ignorée et qui est apparue en Grande Bretagne sous la forme de convention TUPE (Transfer of Undertakings Protection of Employment Regulation 2006).

L'idée de base serait de protéger l'emploi lors d'un transfert d'employés d'une entreprise vers une autre.

En Europe continentale, cette convention prendrait une version convertie en "European Union Acquired Rights Directive" ou 2001/23/EC et traduite en CCT 32 bis.. On fait croire que les employés ne pourraient refuser un nouveau contrat pourtant équivalent.

L'opération est censée éviter aux travailleurs d'avoir des surprises lors d'un transfert d'une activité bien distincte des autres. La société du départ  s'occuperait du transfert du service complet sans changements des termes du contrat d'emploi initial dans une continuité et avec tout le passif social de la totalité des membres (direction comprise) du service.  L'employé devrait se plier aux nouvelles règles du repreneur, s'intégrer parmi un nouveau personnel. La société repreneuse devrait avoir pignon sur rue, respecter les conventions du pays dans lequel elle s'est installée.

Que font les DRH dans le jeu de quilles? Ils sont là pour organiser le transfert et puis  signer d'un bon "good luck" pour cloturer le nouveau contrat.

Les DRH ont-ils un plan B? se posait-on la question en France.

En cette période de crises à répétitions, l'activité se déplacerait-elle sans plus aucune unité pour continuer à exister? La culture d'entreprise est-elle devenue un leurre pour les travailleurs et pas pour les dirigeants? Pas de risque de concurrence entre l'outsourcé et l'insourcé? Aucun risque de transfert du "know how" et du "core business"? Des questions qui restent sans beaucoup de réponses.

On ne sait plus où on va, mais on y va en grinçant des dents en jouant à l'économie. Quelle sera la porte de secours qui devrait faire partie du "jeu" et qui n'aurait pas été prévue quand le cordon ombélical est rompu?

Alors, "outsourcer", est-ce une solution à long terme?

Il est vrai qu'après avoir outsourcé le travail, il était logique de continuer avec les hommes.

Quand en plus, c'est pour assurer sans pour autant rassurer, la question resterait posée.

"En restera-t-il quelque chose en finale ou sera-ce une nouvelle proie pour l'ombre?"

Faut-il encore espérer, que, de part et d'autres, les idées ne couleront plus de source?

Personne ne parle plus de "se ressourcer" que pendant la période des vacances.

On y arrive.

Espérons que les idées géniales ressortirons des châteaux de sable.

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, Carrefour Belgique, en France, intéresse-t-il?

 

Citations:

 

  • "La meilleure façon de lutter contre le chômage, c'est de travailler.", Raymond Barre

  • "La montée du chômage prouve paradoxalement  la bonne santé de notre démographie.", Jack Lang

  • "Le véritable remède contre le chômage est qu'il n'y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.", Albert Jacquard

30/05/2010

Que d'eau sous les ponts...

Et si on allait à la rencontre des ponts et de l'eau à Bruxelles?  Marre de la morosité, de l'austérité, de l'économie... Pourquoi pas assister à la fête du Port de Bruxelles pour démarrer une exploration de photos?

1.jpg

 

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais une ville qui n'est pas entourée ou traversée par un cours d'eau, n'est pas, tout à fait, une ville. Sur les berges d'un cours d'eau, l'agitation cesse, au fil de l'eau, la vie rallentit. Dans ces périodes troublées, il faut parfois lâché la bride, calmer le jeu et sortir des complexités de notre monde. L'eau canalise les ambitions. Elle ressource.

A Bruxelles, il y avait une rivière, la Senne qui aurait pu faire office. Pour des raisons de salubrité, des odeurs et des nuisances, elle fut voutée en 1871. A part une apparition furtive, près de la place Saint-Géry, cette Senne, bien cachée sous terre, réapparait, plus au Nord, hors de la ville. La Senne permettait à la navigation de remonter son cours jusqu'à l'île Saint-Géry, il y a bien longtemps. L'ensablement, le tracé sinueux de son cours en amont, les nombreux deltas, diminuaient sa profondeur et rendaient la navigation fort difficile. L'association "Fous de la Senne" ambitionne de redonner vie à la rivière.

En attendant, le canal traverse, lui, la ville du Nord au Sud. Ce sera sous le nom de canal de Willebroek dans le Nord, de canal Bruxelles-Charleroi, dans le Sud. Artère fluviale qu'il faudra traverser de multiples fois par de multiples ponts. Le tracé d'un canal reste artificiel. Il ne déroule pas de méandres comme le ferait une rivière ou un fleuve. Un canal est là pour relier les fleuves entre eux. Il va droit au but pour le faire comme n'importe quelle artère humaine.

Au 19ème siècle, le canal séparait la ville bourgeoise et commerçante, des faubourgs pauvres, industrieux et campagnards. Il devient le sillon de développement industriel. Les ponts vont faire la jonction entre les deux parties de la ville. Les quartiers, aux alentours du canal, garderont généralement des habitants de conditions assez précaires. La vie au bord du canal s'est d'abord animée en fonction des livraisons et la distribution de la marchandise. A cause du tarissement des mines, de la concurrence de la voie ferrée et de l'évolution de l'économie mondiale, les usines de production disparurent et ont été remplacées par l'abattoir d'Anderlecht, les tankers pétroliers, les revendeurs de véhicules d'occasion.

Le canal est accessible aux convois de 1 350 tonnes. Long de 28 km dans sa partie Nord flamande, et 47,9 km au Sud pour sa partie wallonne, de largeur moyenne de 30 mètres, il s'inscrit dans un axe nord-sud reliant le port d'Anvers, via le canal maritime de Bruxelles à l'Escaut, d'une part à la vallée de la Sambre (Charleroi, Namur, Liège), et d'autre part à Mons et au nord de la France (Lille, Dunkerque) via le canal du Centre.

Vous vous souvenez peut-être du Pont Mirabeau de Guillaume Appolinaire.

Modifier un brin pour la circonstance, cela pourrait se transformer en des vers beaucoup moins poétiques:

Le Pont Van Praet

Sous le pont Van Praet ne coule pas la Senne
Et sans nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours sous la peine

Vienne la fête sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains sur le guidon restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos yeux passe
Des éternels péniches par l'onde si lasse

Vienne la weekend sonne l'heure
Les bruits s'en vont et les odeurs demeurent

L'amour s'en va avec cette eau mourante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont l'esprit demeure

Passent les jours et sonnent les sirènes
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Van Praet ne coule pas la Senne

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont Bruxelles demeure

 

Le pont Van Praet ne fait pas vraiment rêver. Il fait plus penser, aux matins et aux soirs de semaine, aux bouchons du trafic des voitures avec les multiples voies et directions qui allongent d'autant le temps d'attente devant les feux de circulation.

1.jpgJe vous parle du Pont Van Praet, parce que, ce dimanche 23 mai, c'était la 11ème fête au Port de Bruxelles. Celui-ci se cache à proximité de l'arche du pont.

Pour commencer ma balade à vélo en ce dimanche de Pentecôte, je me suis mis l'esprit en fête, dès les premières minutes, dès l'ouverture.

Moins de monde. Le temps est superbe. Tout est accessible sans temps d'attente. L'après-midi sera bien plus chargée. On prévoyait des milliers de visiteurs. Le Port de Bruxelles, vu de haut, en dehors de cette journée de fête, ressemblerait plus à un port de plaisance avec beaucoup de petits bateaux, accostés dans des enclos réservés à la navigation de plaisance. Normal c'est un club nautique. Cette fois, ce sont des navires écoles, des trois mâts, voiles repliées, qui attirent le regard.

Descendre vers les quais de Heembeek, ouverts à tous, cette fois, et nous voici à bâbord du canal pour assister aux premières péripéties de la journée.

Deuxième port intérieur belge, sixième européen, cela veut dire une certaine importance.

En face du port, la haute cheminée de l'usine d'incinération de Neder-Over-Heembeek lance sa fumée, toute droite, haute dans le ciel. La proximité du domaine royal de Laeken rassure un peu sur la pollution qu'il pourrait apporter. On n'installerait pas de la pestillance dans le voisinage d'un palais royal.

On se prépare de partout, pour la journée entière. Tout s'ouvre, progressivement, échoppes, petites restaurations. La marine et l'armée espèrent faire le plein de nouvelles vocations auprès des jeunes. Trois vaisseaux à voile d'un autre temps sont bien là, accostés, ouverts pour la visite. Il est permis, sans se déchausser, de monter à bord. Pour voir de plus haut, une société d'élévateurs, profite de l'événement et espère faire leur promotion en envoyant quelques visiteurs à plus de dix mètres de haut. Me voici, dans la nacelle de l'élévateur avec son seul guide. Le spectacle, de là haut, apporte une vision globale de la scène. Quelques paroles avec lui, quelques minutes pour enregistrer les paysages en pixels et c'est déjà, le moment de laisser la place.

Pour les joies de l'eau, il y a l'apprentissage de la plongée sous-marine pour les plus jeunes dans une bassine d'un mètre sur quatre sous les conseils avisés d'un plongeur qui commençait à trouver le temps long à se préparer.

Pour plus grands, il y a l'apprentissage du jet ski et la possibilité de voler sur l'eau à bord de bateaux taillés pour la vitesse. Les files fusionnent pour s'inscrire pour la prochaine balade fluviale, pardon, "canale".

1.jpg

Le canal n'avait jamais vu une telle agitation depuis longtemps. Un canard tente vainement de ne pas boire la tasse en sautillant au dessus des sillons et des vagues.

Voilà, qu'un groupe de marins s'apprète à défiler en présentant les armes. Le drill des mariniers torpilleurs commence. Ces mariniers ne sont pas nés dans les années 1916 et ont servi jusqu'en 1929 quoiqu'ils dénotent d'un  âge certain. Le grand chef, avec sa barbe bien blanche, m'explique que l'uniforme date de la première guerre et qu'il a été porté jusqu'en 1939. Le pompon bleu au dessus du béret marin veut faire la distinction avec celui utilisé en France et qui est de couleur rouge. Aujourd'hui, le bataillon ne sert plus que pour présenter les honneurs dans les manifestions de ce genre. Qu'à cela ne tienne, pas à dire, on a toujours la fierté de l'emploi.

 

1.jpg

 

La foule commence à combler tout l'espace vital et je décide de continuer ma balade le long de ce canal en repérant les ponts sur mon passage. Moussaillon à pédales, j'enfourche mon vélo, cap vers le Sud, avec Anderlecht comme destination finale sur les berges du canal qui compteraient 14 kilomètres de cours en traversant la ville.

La navigation fluviale reprend son cours, sous les ponts, plus calme avec les péniches habituelles.
Du pont Van Praet, une belle piste cyclable longe le canal jusqu’au square De Trooz.
Vont se suivre la Place Sainctelette, la porte de Ninove, le pont du Petit Château, celui de la Porte de Flandre, le quai du Hainaut vers la porte de Ninove, celui de Mariemont et de l’Industrie avant de repasser en rive gauche par le pont des Hospices… Tout cela, sans se rendre compte des kilomètres qui défilent.

L'estival "Bruxelles les Bains" donne encore l'illusion de l'été passé, avec le sable sous les pieds et l'eau à proximité. 
La piste cyclable longe, cette fois encore, le canal en site propre et passe sous un pont  d'Anderlecht avant d’arriver dans la partie la plus bucolique du trajet du côté du bassin de Biestebroeck. Plus loin, l’itinéraire est rejoint par la promenade verte à hauteur de l’écluse d’Anderlecht où il est possible de continuer la promenade sur le chemin de halage en rive droite en direction de Hal, Ittre et Ronquières. En rive gauche, le chemin relie l’écluse du quartier du CERIA. Là, on quitte déjà Bruxelles.

Le "K-Nal", comme on désigne ce canal sur certaines plaques, a suivi la vallée de la ville sans efforts et sans dénivelés.

L'ouvrage le plus remarquable est certainement celui du Plan incliné de Ronquières. Il mériterait une visite à lui seul avec ses 68 m de dénivellation qu'il permet de franchir sur une distance de 1.432 m de long. Les dénivelés sont, en effet, nettement plus importants sur le cours du canal de Charleroi même si les écluses calment ce flux sur tout le parcours avec moins d'ambition. Je n'irai pas jusque là, ce matin-là. Les voies navigable de Wallonie seront pour une autre fois.

Plus au sud, les paysages vont encore changer et prendre de l'altitude.

Le vélo est dangereux dans les villes, dit-on. Pas dans ce cas de la désertion des voitures en ces jours de congé baignés de soleil.

Remonter les rues en sens interdit donne une impression de liberté.

1.jpg

Quand je pense aux routes bondées vers la mer en cette période de soleil de la Pentecôte, je me suis demandé qu'est ce qui m'avait manqué?

J'ai cherché. J'ai trouvé. J'avais manqué le Nord et le K-Nal qui va vers la Flandre.

La semaine suivante,  je remontais sur mon vélo, direction plein Nord. Le soleil était à nouveau de la partie. Un petit vent de côté pour raffraichir.

Dans cette direction, le canal s'élargit. Les berges s'industrialisent. Les ponts deviennent monstrueux, près à laisser passer des bâteaux de grands tonnages. C'est d'abord le Pont Buda qui fait clairement référence à la ville haute de Budapest. Cet ouvrage de génie civil rappelle, s'il le faut encore, qu'ici, on voit l'essor indiustriel et commercial du canal. C'est ici, que la Senne reçoit son chant du signe et que s’élève la station d’épuration de Bruxelles-Nord dimensionnée pour traiter les deux tiers restant des eaux usées de la capitale. Le ring, le périphérique passe sur le viaduc. Avec ses 22 rangées de pilliers à la dimension de la tâche, un autre monde qui oublie tout.

Plus loin, cela devient champêtre. On pêche. On fait du ski nautique. On glisse au fil de l'eau.

1.jpg

Les ponts se lèvent lentement et s'abaissent tout aussi lents. Cela a l'avantage de penser à regarder le paysage. Le temps de rêvasser une nouvelle fois.

Plus loin, le  Pont Brûlé n'en a plus que le nom ressuscité de ses cendres.

Le Pont de Vilvoorde rappelle des souvenirs plus récents. La scission de BHV, par exemple.

Vilvoorde, là, où les Flamands seraient à la maison, disait un slogan dans une autre langue.

En Belgique, des ponts, on n'en manque pas. Ponts communs ou communautaires?

De l'eau, on n'en manque pas, non plus. Elle peut prendre toutes les couleurs sous les ponts.

Du vin, de la bière, c'est plutôt des deux côtés des berges.

Alors, celui-là, était-il un pont trop loin pour de seules raisons de politique?

Je me le demande encore, quand on sait qu'un pont est fait pour relier les hommes et pas l'inverse.

En images, c'est pour les souvenirs de cette escapade.

 

L'enfoiré,

 

Un pont vers Agoravox?

Un site bien documenté permet de compléter ce billet.

 

Citations:

 

  • "Sur les billets de cinq euros, d'un côté il y a une porte, de l'autre, un pont. Ca veut dire : si tu passes pas la porte, t'as plus qu'à te jeter du pont.", Anne Roumanoff

  • "Les hommes construisent  trop de murs et pas assez de ponts", Isaac Newton

  • "La conscience  est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir", Henri Bergson

 

22/05/2010

Le futur du capitalisme? (1)

Le 9 juin prochain, Nouriel Roubini vient à Bruxelles pour nous présenter le future du capitalisme. Les dernières semaines lui ont certainement permis de mettre ses connaissances comme économiste à l'épreuve. Débats d'opinions, idées contradictoires, existent depuis, partout. Tout le monde est au chevet du malade qu'est devenu l'économie avec le capitalisme comme mode de fonctionnement. Quel serait son discours et, surtout, ce qu'en tant qu'économiste, il ne dirait pas...

 

1.jpgRoubini, vous avez oubliez qui c'est? Nouriel Roubini, c'est lui, le Docteur "Doom", dès 2000, qui est reconnu comme premier découvreur de la pierre philosophale de notre économie décadente. C'est lui qui avait senti l'oignon avec les subprimes qui allaient créer des ennuis aux « pauvres » Américains. Cela faisait de lui, la sommité sur la question du capitalisme. Il dit, depuis, qu'il y aura encore plus de crises dans le futur. Dernier livre : "Economie de crise".

Parlait-il de l'économie ou du climat? On aurait pu confondre.

Sur l'affiche de l'annonce était mentionnée sa pensée intime "Parce que j'ai eu raison, je dois travailler encore plus qu'avant".

Ce qu'il entend par "travail", il devrait, au moins, l'expliquer, lors de sa conférence. L'emploi n'est plus assuré sur le terrain. Ce sont les soldes. Le « bonus pension » en Belgique est reconnu comme un flop. Donc, travailler reste une pierre angulaire et d'achoppements dans nos petits jardins très privés.

Ambitieux de vouloir se présenter comme « Messie de l'Économie » quand économistes, politiciens, restent attentistes, nagent à vue, sur un radeau de la Méduse, avec le brouillard et le rivage salvateur dans les rêves anciens.

L'heure n'est plus à jouer à Madame Soleil, mais à Monsieur Parapluie.

Alors que pourrait-il raconter s'il avait de l'humour de circonstance?

Car, manifestement, les analyse des crises échues, cela pullule un peu partout. Faut s'y faire l'ampleur d'une crise, cela ne se précède jamais d'assez d'indices.

Au sommet, avec toutes les cartes en main, Ben Bernanke, le notaire en chef des crises, n'y a vu que du feu comme avec la lanterne rouge de service. Mais, c'était peut-être calculé. Cela remuerait le sang des infidèles ou des trop fidèles. En masochiste, on s'agite toujours dans la douleurs avec le feu dans la maison, avec le tuyau percé de la lance d'incendie que l'on n'avait plus entretenu depuis longtemps. Toutes les ficelles du métier apprises de trop longues dates devenaient si pas obsolètes, très peu en rapport avec les réalités du terrain.

Le futur du capitalisme.jpg"Les économistes simplifiaient tandis que le monde se complexifiait" disait par Baudouin Dubuisson, entrepreneur et administrateur de sociétés. Pas économiste, pour un sous, le Monsieur.

"Tout était en place pour qu'une catastrophe systémique survienne tôt ou tard et surtout pour que les économistes ne la virent pas venir". Après coup, c'est un fait, les phénomènes deviennent nettement plus clair. Les analystes s'en donnent à cœur joie pour expliquer les supputations, les révisions, les échauffourées de la veille dans la mélasse des marchés.

La reine d'Angleterre, non, pas Madame Tatchcher, la grande Elisabeth II, aurait, même, posé la question aux économistes "Why did nobody notice it?".

"God bless economy, her Majesty", aurait pu être une des réponses de l'un d'entre eux.

Si Roubini avait alerté les autorités, il ne fut pas le seul. Paul Jorion avait aussi pris les devants et se retrouve, désormais, sur la sellette sous le feu des questions des journalistes. Il en parlait dans un de ses "On est vendredi".

Les "pré-analyseurs", considérés comme trop alarmistes ont été tous ignorés. Pas vu, pas pris? Erreurs d'appréciation des dangers? Volonté de s'accorder dans un consensus global qui n'existe pas et qui dépasse? Volonté électoraliste, de rester dans la course pour les prochaines élections? Complicités? Le tout dans le même paquet cadeau? Non, le feu au cul donne des ressorts inattendus.

Le futur reste imprévisible. "Le cygne noir" de Nassim Taleb le rappelle, une nouvelle fois, tout se trouve dans la "Puissance de l'imprévisible". Mais, l'imprévisible devient plus prévisible quand tout est prévu, même ce qui n'arrive jamais, assuré au mieux, en bon père de famille, pour ne pas se laisser prendre à la première alerte.

L'avenir donne les chocottes quand tout s'emballe de concert au niveau mondial. Un volcan islandais s'est même réveillé, récemment, pour mettre un peu plus de cendre au cœur de l'économie. La succession des crises en boules de neige, cela faisait penser aux montagnes russes mais sans ceintures de sécurité.

La crise immobilière, ça, c'était pour la maison. La bancaire, pour le bas de laine. La financière, pour les vacances qui s'éloignaient. La sociale, pour confirmer ou enrayer la précédente. La politique, pour trouver les têtes de pipe sur lesquels il faudrait, plus tard, viser avec les fléchettes prévues. On nous servait des effets dominos, pour jouer une dernière fois quand le poker menteur devenait trop aléatoire avec des mises trop lourdes. Fin 2007, Fortis avouait détenir 6 milliards de CDO (Collaterazed Debt Obligations) adossés à des credits subprime. Ils ont été responspables de 200 milliards de $ de dépréciation dans le monde. Poupées russes dont on ne peut apercevoir que la première couche.

Problèmes de riches, me direz-vous. Et c'est vrai, quand on n'a rien, comme beaucoup de pays pauvres ou dit, en plus spécieux, en "voie de développement," on ne voit ce genre de problèmes que par ricochet, sur un lac calmé dans l'impossibilité de faire autrement. De l'humour à partir Burkina Faso, cela change toute la vision comme sur une autre planète.

Mais continuons sur le plan "riche".

Au départ, il y a déjà bien longtemps, c'était donc la Première Subprime Party pour notre humoriste local. Aux États-Unis, ce problème ne représentait que 10% des crédits hypothécaires et 2% du patrimoine des ménages américains. Effet papillon? Quelque part, un papillon qui aurait pris naissance en Inde, en Chine? Qui sait... Maudit papillon, tu nous em...

Les Marx Brothers, pardon, les Lehman Brothers, ont eu, tout à coup, une quinte de toux, suivie par une fameuse grippe H0N0, à cause de battement d'ailes de ce papillon.

La parenté avec le krach de 1929, depuis, revenait dans les esprits, lancinante. A chaque fois, on y trouvait pourtant une différence, et on était rassuré pour un tour. La concentration des richesses dans une petite minorité, tout le monde connaissait ça. Il suffisait de suivre à l'odeur. Car, je vous le dis, c'est un scoop, l'argent a une odeur. Non pas, une odeur de suif. Une odeur vieillotte, rance, une odeur de crédit qui reste trop longtemps dans les coffres.

L'histoire a aussi des gens très avisés pour nous donner des avertissements, des conseils.

Henri Pointcarré avait déjà donné une appréciation négative sur la fiabilité des probabilités.

Michel Berry avait pu déterminé qu'un départ mal évalué pouvait faire dévier, biaiser considérablement le reste des courbes qui se dessineraient, rendant de ce fait, la modélisation totalement aléatoire.

John Hickx établissait une relation entre chômage et salaires. En suivant ce raisonnement, voilà, l'inflation et le chômage qui ne pouvaient plus coexister. Il fallait éradiquer l'un par l'autre. Du coup, l'inflation devenait l'ennemi public numéro un. Une petite inflation, bien mijotée à feu doux, certains l'espéraient et ils n'avaient peut-être pas tout à fait tort de jouer avec cette poêle à frire.

Le risque de la stagflation vint à l'idée de Milton Friedman. Donc, il fallait monétiser ou "assésonner" à lawoo grande louche.

Motiver, Messieurs, pour cela, tout est affaire de cuisine, pas de jeu. La bonne cuisine laissera toujours de bons souvenirs.

Dans les années 1970, les stock options apportèrent des carottes motivantes, bien sucrées. Ces "options" allaient à terme échus mettre du beurre dans les épinards. Normalement... Mais, dans un horizon bouché ou en perte de vitesse, il fallait les garder dans le tonneau des Danaïdes, car une fois cuites, elles manquaient de sel. Plutôt poivrées. Trop cuites, les bulles sautèrent et explosèrent, alors, dans la poële.

Si en temps normal, l'histoire reste toujours une base au présent, elle sert, de moins en moins pour l'extrapoler vers le futur. Tandis que la cuisine, on fait varier les menus et au besoin, on se tourne vers d'autres cuisines plus exotiques.

Mais, c'est pas de la cuisine. Ici, on parle de Bourse, de capital, de monnaies sonnantes et trébuchantes. C'est du jeu pour beaucoup de Nobelisés qui la voyaient ainsi. Alors retournons-y.

Mais, au fait le capitalisme, c'est quoi? Dans une phrase « wiki made », ce serait "la propriété privée des moyens de production à la recherche du profit et de sa justification, par la liberté des échanges économiques et de la concurrence économique au sein du marché, reflétant l'importance du capital, par les possibilités de l'échanger , de l'accumuler et de spéculer, tandis que la rémunération du travail se produit par un salaire.". Tout y est dit, mot après mot. Tout est dans le contrat. Sur la posologie, il n'y a qu'à lire, en petit caractères.

L'idée du "to big to fail" stabilisa les premiers dominos. Les États ont joué les pompiers, chacun de leur côté dans l'espace d'un weekend, sans beaucoup d'oppositions internes. Même pas spécialisés, ils faut l'avouer, ils ont fait ça, bien. Ils ont garanti les comptes des petits épargnants jusqu'aux 100.000 euros et, en plus, ils n'ont même pas eu l'obligation de recourir à leur poche pour les sauver. Oui, il y a bien eu les banques à prendre par la main avec la sagesse de Saint Nicolas et oublier le Père Fouettard.

Maintenant, c'est le tour de la Grèce d'être en première ligne. Tout le monde, se souvient de la moussaka, des fêtas de nos vacances. Un petit mensonge initial, une paille, on va pas en faire un fromage: la Grèce était monté, un peu vite, dans le train en marche de l'Europe. Patrie des philosophes et de la démocratie, comment faire autrement? La Grèce, ce n'est pas la Turquie, voyons...

En secret, un déficit de 12% avec 7% de taux de d'intérêts, alors que l'examen d'entrée dans le club demandait de limiter la casse à 3%.

1.jpgEn février, le plan Obama-Volcker avait, déjà, sur les tablettes de sa ligne de mire, le trading sur comptes propres, les « Hedges Funds », le « Privacy Equity » qui devaient sortir des banques de dépôts. Le plan critiquait vertement les autorités européennes. Le manque de concertations, de coordination avec l'Europe, mis en évidence, trouvait sa réponse par l'obligation de trouver un interlocuteur parmi six présidents européens avec des modèles économiques et des philosophies différentes. J'utilise l'imparfait... pourquoi? Rien de changé.

Le problème de la Grèce représentait le signal que l'on n'avait pas été au bout du Traité de Maastricht. On envisageait le FMI pour apporter le fil à repriser les chaussettes, mais ce FMI ne pouvait aider que par tranches avec des examens de passages intermédiaires. Examens de passage pour constater que le fil avait bien reprisé ces dites chaussettes et pas les bas de Madame.20100506Grèce crise.jpg

En mars, l'idée d'un Fond monétaire européen (FME) vint sur la table. Là, on touchait aux droits souverains des États et cela impliquerait des sanctions pour le non-respect des règles. Une clause de "no bail out" interdisait tout sauvetage d'un pays par la BCE. Bonne idée pour renforcer l'assise de la gouvernance, pourtant, mais, malheureusement, cinquante ans trop tard. Un système de surveillance appelé "Pacte de stabilité et de croissance" fut imposé par le maillon fort, l'Allemagne. Il est vrai que les pays d'Europe sont loin d'être sur le même degré d'homogénéité. Certains pays suivaient directement sur la liste noire des mauvais élèves du continent européen. Même d'accord entre eux, les trois présidences à la tête de l'Europe, devaient chasser tous les membres, un à un, pour agrandir la cagnotte.

Les marchés, eux, ont toujours raison. Ils n'en ont rien à cirer des querelles de clocher des autres interlocuteurs. Ils ont l'habitude de réagir au quart de tour avec un temps d'avance déjà et pensant à l'attaque suivante du maillon le plus faible. Ils évoluent à leur propre vitesse, parfois en automatique, et de manière souvent inédite pour les yeux d'un humain.

Un véritable jeu de l'oie commença depuis lors, dans un roulement d'actions-réactions: tu avances de trois cases, j'en avance de deux avant de revenir à la case départ tombé dans le puit. Faites rouler les dés.

Un jeudi noir, suivi par un vendredi tout aussi noir. Pour corser, un trader avait eu la malencontreuse idée d'arrondir la quanjtité au millier supérieur dans une vente et fut à l'origine d'une petite panique, suivie d'un rebond spectaculaire en prime pour renverser la vapeur dans la boîte à surprise.

Cette fois, ce fut l'euro, himself, qui prenait la trempe de sa jeune vie et dégringolait avec impatience, les marches montées avec patience.20100518Magnifique l'euro.jpg

« Les économies européennes sont si étroitement liées l’une à l’autre qu’aucun pays ne serait épargné par les conséquences de la faillite de la Grèce », constatait M. Rehn. Sans blagues.

Durant le weekend, un plan de secours, un pari de 750 milliards d'euros arriva et devait dissuader les spéculateurs. Une "crise systémique avec une réponse systémique", disait Sarkozy, content d'avoir pu convaincre cette chère Angela Merkel.

Pas sûr que tout le monde s'imagine du nombre de zéros derrière le premier chiffre significatif. Sous le sabot d'un cheval, ça doit le gêner. J'imagine, d'ici, le sketch qu'aurait pu imaginer, Raymond Devos, en la matière.

Le lundi, les pertes étaient presque effacées. On osait parler d'embellie.

Peuchère, le lendemain, mardi, prise de bénéfices, les Bourses retrouvaient la gueule de bois.

Le mercredi, les Bourses mondiales se ressaisissaient grâce à des nouvelles de croissances meilleures que prévues.

En fin de semaine, on s'écrasait une nouvelle fois. L'austérité, demandée aux pays aidés faisait partie du "package". Cela s'est impardonnable. Un ralentissement de la consommation, une nouvelle récession comme futur, ça n'a rien d'engageant pour l'économiste en herbe bleuies sous un soleil de plomb. La déflation fait froid dans le dos. La dépression rigidifie les neurones.

Retour au calme. Il fait beau, on sort les barbecues sur un nouveau plancher herbeux.

En réalité, dans l'ombre, l'Eurogroup pataugeait encore, sans oser l'avouer.

Une volonté d'interdire les ventes à découvert jusqu'en mars 2011, dit l'Allemagne en cavalier seul et ce fut la rechute sur les marchés. Dans ce domaine, on parle de shorts, pas de bermudas.

Alors on compare la situation de Lehman Brother avec la Grèce? A ce jeu là, on n'est pas sorti de l'auberge espagnole. Celle-ci, derriére pouvait constater son taux de survie retrécir et jouer aux tours de vis.

Un pays n'est pas une banque, aussi grande, soit-elle. Le privé qui remettrait les compteurs à zéro avec une faillite, n'est pas aussi simple dans le domaine publique. Plus sensible, plus proche du citoyen lambda, un pays est protégé derrière des impôts, des taxes, des emprunts vers l'intérieur et l'extérieur et ce sera encore le plus petit qu'on retrouvera au tournant. Les manifestations sont là pour maintenir la pression pas pour faire entrer des picaillons dans les caisses.

1.jpgJe lisais "Les connaissance financières s'étiolent". Malgré la crise, le niveau de compréhension des citoyens dans les fonds d'investissements a chuté en Belgique et cela malgré le flux massif d'informations. Les fonds à capital garanti ont désormais la cote. Ben, oui, quand on n'a pas d'idée, faut bien compter sur les "copains".

Heureusement, les cavaliers d'Offenbach sont là. Ils s'auto-corrigent, au fur et à mesure. Acheter la rumeur et vendre les affaires faites, reste le mot d'ordre, la manière de gagner et parfois de perdre. Les courbes statistiques aident pour donner des tendances théoriques, mais ne passeront jamais  de la progression arithmétique à la version exponentielle pratiquée sur le terrain.

La Bourse inspire et expire, bien plus vite. Le temps entre les phases s'est réduit, déshumanisé, virtualisé sous le contrôle de machines impersonnelles. L'argent ne disparait pas, il change seulement de poche sans état d'âme. "On ne spécule pas, Monsieur, on investit" répondait, un jour, un boursicoteur à un journaliste, dans un club d'investisseurs. Il avait raison. L'argent est fait pour rouler. Pas pour rester en compte, perdu dans le temps ou l'espace d'un coffre.

La spéculation, présumée coupable, reste un "producteur de qualité", lisais-je.

1.jpgSans elle, les opérations de couverture des risques seraient bien plus chères. Les projets seraient même bien plus difficiles à sortir de leur cocon, ce qui entrainerait une croissance plus faible, à moyen terme. La spéculation quand ce n'est pas du casino stabilise, plutôt que déstabilise.

Mais, le jour où les gens ont peur ou perdent confiance dans le système, on peut leur demander n'importe quoi, jusqu'à se déculotter. La chaîne du "système" ne tient que par la seule confiance. Les risques sont pris dans des moments d'euphorie. Sur un coup de tête et de belles paroles.

On affirme de manière manichéenne, que les bulles et les krachs sont nécessaire pour assainir la Bourse.

Celle-ci est chouchoutée par quelques privilégiés avec les tickets d'entrée ad hoc. Les autres gardent leurs bourses bien plus basses, plus coincées.

Manipulée, la Bourse? Vous m'en direz tant. Les bonus qu'on promet de raboter, c'est une véritable poule aux œufs d'or pour les États avec la ponction des taxes qui valent la cagnotte de plusieurs citoyens lambda. Plus difficile, qu'il n'y paraitrait, pourtant, de récolter un million de dollars en une fois, que de chercher un dollars dans la poche trouée d'un millions de personnes.

1.jpgPar contre, la fraude fiscale, ça les Etats n'aiment pas.

Les fameux Hedges Funds, vu l'importance des montants en jeu, ne sont même à la portée du commun des mortels, qu'en transitant par le pouvoir des banques qui globalisent les mises. Les banques sont pointées comme responsables de la crise. Ok. On planifie: elles seront mieux contrôlables en juillet prochain. Comment? Une surprise.

Les CDS, (Credit-Default Swaps), apparurent dès septembre 2008, contrats de protection contre les risques de solvabilité d'une entreprise, d'un État émetteur de dettes, obéissent aux mêmes règles que les options PUT, bien connues par les professionnels, pour s'assurer contre une chute. Pas de régulation publique. On achète les contrats et on profite de la dégradation des marchés  pour les revendre à un prix plus élevé. Vraiment pas sorcier, la Bourse. On s'assure, rien de plus normal.

Le problème, c'est quand l'assureur et l'assuré sont les mêmes pourvoyeurs de fonds. Les CDS deviennent des prédateurs en misant sur la chute en gagneur et cela devient très glissant à un niveau d'un pays. Sans réglementations, une assurance qui devient casse gueule pour les États, cela fait désordre. 1.jpgL'Europe va s'attaquer au problème, est-il annoncé, par Michel Barnier. "Ce sont des marchés qui n'aiment pas la lumière. On va les éclairer en pleine lumière.", se vantait-il.

Les dirigeants de tous les pays, pas assez spécialisés dans les techniques numériques d'aujourd'hui, sont souvent perdus ou trop limités par des concepts non maitrisés par l'analogique.

L'ordinateur, lui, est là pour modéliser dans le cours terme avec le plus de rapidité et d'exactitude possible pour minimiser les erreurs. Faire des prévisions dans le court terme ne suffit malheureusement plus. Une vue plus large, à long terme, ne serait plus un luxe avec des idées précises du but à atteindre. Jean-Louis Servan-Schreiber signait "Trop vite" en s'intéressant à cette volonté du court-termisme à tout craint en croyant pouvoir suivre la vitesse des ordinateurs. On ne résoud rien dans l'obligation de trouver des solutions dans l'urgence. La préoccupation des politiques se résume à ce que va dire l'électeur, aux sondages et à la manière dont les médias vont faire passer les messages.

La population est ingrate. Je vous le dis. Pas de réélection pour les politiciens qui seraient des oiseaux de mauvaise augure. Madame Merkel a pu le constater, avec une certaine déconfiture, lors des dernières élections régionales.

Les réunions des États européens ont été soit mal préparées, soit mal ajustées à la hauteur de l'événement. Les multinationales font ressortir leurs propres bénéfices du public d'un circuit étatique trop vorace, pour les réinjecter dans les paradis fiscaux. La boîte de Pandore de la mondialisation a été voulue par l'occident pour évacuer les excédents de production. Malheureusement, ceux-ci ont été vite renvoyés à l'expéditeur par leurs nouveaux concurrents avec des prix trop peu compétitifs par rapport à leurs propres produits.

S'assurer, avec ou contre l'avenir, se solidariser entre les États européens même avec des vitesses différentes, restera le problème endémique de l'Europe.20100326Accord pour la Grece.jpg

Jacques Delors reprenait la même expression pour l'Europe que d'autres adressaient précédemment pour la Chine: "La bicyclette doit pédaler sinon, elle tombe".

Paul Volcker allait jusqu'à évoquer la désintégration de l'Europe. Ça l'arrangerait, peut-être bien, dans le fond.

Les États-Unis ont, également, une dette extérieure tout aussi plus énorme. Mais, la Chine reste, jusqu'à nouvel ordre et parce que ça l'arrange, d'être la préteuse volontaire sans trop de gages en échange. La Bourse de Shanghai a pourtant baissé de près de 20% depuis le début de l'année. Elle n'est donc pas imperméable aux problèmes de l'Occident.

1.jpgLe financier, Marc Fiorentino, va jusqu'à imaginer l'implosion de la Chine. Elle a l'audace de ne pas accepter la chute de son PIB et veut, artificiellement, maintenir une croissance au dessus de 8%. Les banques chinoises ont, il est vrai, des tendances à utiliser les vieux trucs comme les "junk bonds" pour maintenir la barre à cette hauteur. Prêter aux régions pour des projets dont la rentabilité n'est pas garantie sur facture, ce n'est pas plus rassurant et la surchauffe guette.

Qui n'a pas encore pensé à une véritable assurance mondiale dans laquelle tous les pays devraient investir pour espérer n'avoir jamais à y recourir. Pas nécessairement le FMI, mais un fond citoyen créé pour répondre à des projets concrets pour le futur de l'humain et pas pour éponger les défauts et les dettes du passé.

Une taxe qui s'appellerait « Tobin » ou d'un autre nom, sur toutes les opérations financières pour assurer le système? Un très vieux projet, fou? Et si cela devenait comme les prix Nobel qui récompenseraient les pays? Il y aurait le Prix de l'Excellence, du l'Intrépide, du Récupérateur, de la Lanterne Rouge.

Les observateurs des crises avanceraient des explications qui divergeraient moins selon leur sensibilité ou leur formation. Explicite, pas d'invention aux raisons des mouvements, on "dessinerait" le futur avec motivation. Des "Roubini", des Nobel gagneraient peut être moins. Ils passeraient leur tour, plus souvent, dans une ombre temporaire comme partie remise. Passe, impair et manque. Trouver le goal, en permanence, équivaudrait à se retrouver dans le ring des délits d'initié. Prévisions et provisions, ne se confondent pas.

Le catastrophisme, la controverse, l'agitation, la peur, tout le monde sait que cela paie, toujours, en finale. Le calme est moins rémunérateur. La Bourse, elle même, n'aime pas trop le ronron qui rassemblerait trop peu de courtages dans les transactions à l'achat ou à la vente. Elle aime, encore moins, les points d'interrogation.

1.jpgDe l'autre côté de l'Atlantique, on ne parle pas de plan d'austérité. On parle toujours d'expansion, de reprise économique, d'"American dream".

Attention, l'Europe pourrait être un test des spéculateurs avant la "mère des batailles des spéculateurs", celle des États-Unis qui ont creusé leur dette dans les mêmes proportions que la Grèce. Alors, il faudrait organiser les toutes grandes manœuvres, imaginer un nouveau réveil du style de Bretton Woods.

Un idée qui rendit John Maynard Keynes comme l'économiste le plus influent mais qui perdu une large part de son influence à partir du début des années 1980 avec la montée en puissance du monétarisme et de la nouvelle économie classique.

Bretton Woods connue comme une ville du New Hamoshire, une station de ski. L'histoire du monde s'est écrite, la-à bas, dans le grand hôtel Mount Washington Hotel, fondé en 1900 et toujours en service avec une référence aux Bretons dans le nom. Amusant.

On a parlé souvent d'annuler la dettes des pays pauvres comme première approche aux problèmes africains. Les dettes des pays riches, résolues de la même manière, serait une vision encore plus originale. Les banques en seraient seulement pour leurs frais. Juste retour de flammes pour un retour à plus de calme. Pour ces dits pays pauvres, il faudra aussi faire sauter le bouchon sous peine de crouler dans les masses informes et incontrôlables. Un Mad Max qui dépasserait la fiction.20100511L'europ marche.jpg

Certains, plus Cassandre, encore, en arrivent à jouer les kamikazes et annoncent les krachs les plus fous qui trouveraient une issue dans une nouvelle guerre. Une guerre entre qui et qui? Entre l'Occident et l'Orient? Guerre civile entre riches et pauvres? Ils savent très bien que ce point critique ne fera jamais avancer le schmilblick des pauvres. Ils apportent seulement la mousse avec laquelle, il invite les autres à se laver.

Alors, populations du monde, allez-vous jouer votre va-tout et donner votre avis sur la question et chercher les réponses par elles-mêmes, pour vous-mêmes? La "Belle Époque" du patriotisme de l'entre deux guerres mondiales précédentes, montre qu'elle a du plomb dans l'aile.

La Bourse deviendra comme la météo, suivant "les saisons" avec ses tendances, reconnaissant les sautes d'humeur de la nature qui bousculent les règles. Son réchauffement « climatique » actuel ne sera qu'une péripétie qui semblerait encore à jouer à la fin du monde, à la fin du « capitalisme », mais avec de meilleures règles de précaution.

Comme il a été dit, on assiste à la vraie naissance de l'Union économique et monétaire européenne dans la pression des marchés qui n'en ont rien à faire des rêves de grandeurs et des difficultés des États. Pas à sa fin.

On ventait l'Europe. On lui attribuait des vertus spéciales par son mélange de cultures, de langues. Encore faudrait-il en tirer son parti.20100507Euro qui comme Ulysse.jpg

Laissons les économistes insérer de nouveaux chapitres dans leurs cours d'économie appliquée.

La fin de l'accusé, l"euro. Une implosion? Pas de gros mots, SVP, même, si c'est un rêve brisé comme peut le penser, Jacques Delors, européen convaincu.

La monnaie "euro" est le ciment de la zone euro. Il n'est, pourtant, qu'un outil pour faciliter les échanges entre un vendeur et un acheteur. Ne pas confondre contenant et contenu. Cette monnaie subit, comme les autres, des flutuations et une recherche de parité avec les autres outils en présence en fonction de la confiance. Comme tous les outils, ils servent à "entretenir" tout le reste, avec le moins d'efforts personnel possible à donner en compensation. Comme contenant, il ne faut pas le confondre avec le contenu, ce qu'il produit.

Vendredi, la Bourse nous le rappelait en se dissociant l'un de l'autre. L'euro a déjà connu une parité bien plus basse, à sa naissance. A peine un peu plus que que la parité 1:1 avec le dollar pour même retomber plus bas à 0,85 euro après. En 2007, il était arrivé à son maximum à 1,45 euros pour 1$. Pas de drame en la demeure, donc. Un « euro light » avec uniquement, les pays les plus riches? Phantasme. On ne refait jamais l'histoire à sa mesure en la morcelant.

Une baisse de l'euro, c'est une sorte de protectionnisme qui ne dit pas son nom. Dans la zone euro, en utilisant les produits locaux, pour le consommateur, rien ne devrait changer. Dévaluer, c'est importer plus cher. Exporter moins cher. Cela fera réagir les autres exportateurs, très rapidement, pour ne pas rester en rade avec leurs propres exportations devenues moins compétitives.

1.jpgEdmund Phelps disait que l'euro allait survivre. La dévaluation de l'euro n'est pas bonne pour l'économie, mais elle n'est pas catastrophique. Morceller pour rendre encore plus faible? Il préconise de retourner aux techniques du 19ème siècle quand le secteur bancaire finançait l'innovation et les nouveaux projets.

Joe Stiglitz, Paul Krugman, Nouriel Roubini mettaient en doute l'information brute et déclaraient que l'euro pourrait disparaître. Faut-il brûler l'euro? se posait la question le NouvelObs.

Le capitalisme suit en observant des règles de pertes et profits et du meilleur prix performance. Qui dit austérité globale sans raffinement dans le choix, dit rationalisation aveugle, baisse de la qualité au profit de la quantité, diminution du pouvoir d'achat des consommateurs, dans le cycle, augmentation de chômage.

Le "travailler plus, pour gagner plus" est une aberration et ne correspond plus aux réalités du terrain. Pour exprimer ce dépassement, un journal portugais récent paraphrasait cette devise par: "Les Portugais gagneront moins et payeront plus". Le courant inverse devra se mettre, tôt ou tard, en branle pour faire remarcher la machine humaine.1.jpg

Quand la brique va tout va, dit-on, en Belgique. La vie est-elle aussi belle, aussi chic et pas chère, qu'on avait l'air de nous la vendre avec un juste prix et qui n'a même plus une cote correcte?

Dans une économie intégrée, mondialisé, plus personne ne peut espérer s'isoler et établir une ligne Maginot contre les attaques extérieures.

Il faudra remonter aux racines du mal. Recentrer les marchés des dérivés de gré à gré pour réduire la volatilité de l'euro, pour contrer ces investisseurs étrangers qui ont trop d'intérêt à ce que l'Europe ne fonctionne pas.

Éradiquer les arnaqueurs comme Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, pour qui parier sur la baisse des titres avec des titres parachutes n'a fait fructifier son propre pouvoir.

1.jpgEric De Keuleneer imaginait un Follamour qui pourrait faire sauter n'importe quel pays. Ce "charmant" Monsieur aurait seulement besoin du marché CDS dans un marché inofficiel, de gré à gré, opaque et manipulable et la possibilité d'emprunter les actions qu'il veut vendre à découvert. Lenine avait bien dit que les capitalistes prêtaient la corde pour les pendre, rappelait-il.

Éliminer le capitalisme? Une fois, qu'on y a trempé le petit doigt, le corps suit immédiatement. On surnage ou on coule ensemble, corps et biens. La Bourse aide à l'invention, au développement et par là, au progrès vers un futur meilleur parfois dans la tourmente.

1.jpgLa Chine l'a très bien compris. Jusqu'en novembre 1935, elle utilisait le dollar d'argent. A cette date, la monnaie yuan reprenait le flambeau à la même valeur.

Nixon en 1971, a mis le feu aux poudres de l'or en déclarant la non-convertibilité de celui-ci en dollars. Une bourde, pire que le Watergate! L'instabilité, il aurait dû savoir qu'il n'y a rien de plus lourd à supporter dans le commerce international.

Réévaluer le yuan, même légèrement, équivaudrait à éviter la surchauffe et réduirait l'écart de la consommation des ménages limitée à 35% du PIB, alors qu'elle s'élève au double aux États-Unis. Cela entraînerait des ajustements en cascade. Les exportateurs japonais, les technos et les minières seraient bien placés pour en profiter. Le chacun pour soi étatisé.

Comme en toutes les disciplines, il faut sécuriser, discipliner, réguler, solidariser, enlever toutes possibilités de nuire à l'ensemble pour couvrir les bénéfices à bien plus que des minorités par des mécanismes alambiqués.

1.jpgVendredi, les hautes instances européennes sont entrés en séminaire, en « task force » pour éviter en amont et en aval les dérapages budgétaires. Les conclusions se retrouveront à l'agenda du mois d'octobre. Les vacances sont sacrées et puis elles prêtent conseil. De l'autre côté, dans le même temps, Obama peut enorgueillir avec sa nouvelle réforme financière de Wall Street.

L'accord de Buttonwood - du nom du platane d'Occident ("buttowood tree" en anglais), situé à l'emplacement de l'actuel numéro 68 de la rue Wall Street, sous lequel traders et spéculateurs se rassemblaient pour commercer - fut signé le 17 mai 1792 par vingt-quatre traders new yorkais, marquant la naissance de la bourse de Wall Street.

Cela fait donc, 218 années que cela dure. Ce serait pas mal, donc, de reviser les compteurs...

Les 10 économistes les plus influents de l'histoire pourraient être dans l'ordre John Maynard Keynes, Adam Smith, Milton Friedman, David Ricardo, Karl Marx, Joseph Schumpeter, Friedrich Hayek, Alfred Marshall, Paul Samuelson et Irving Fisher.

Pour les citoyens lambda, le « Comment devenir riche » reste une préoccupation porteuse.

Le capitalisme a, donc, encore de beaux jours devant lui.

Et, si on ramenait cela à la sociologie, à l'anthropologie comme le préconisait Jorion dans son dernier « Le temps qu'il fait ». La Bourse, c'est pas sa tasse de thé, disait-il. Il disait avoir son maître à penser en la personne de l'anthropologue William Rivers. Celui-ci s'est fait supplanté par son propre élève, Bronislaw Malinowski. Dégommé de l'histoire, Rivers. Qu'en tirer comme morale, sinon que personne n'est à l'abri et que chacun trouvera son remplaçant dans un créneau inédit. 20100521On nous cache tout.jpg

Plus actuel, dans une balance à plateaux multiples, en prenant la bonne mesure, on arrêterait de s'interpeller car c'est ainsi que d'aigre-doux, on finit par avoir des relations acides.

Dans l'ordre, avec des idées originales, on réagirait en cessant de parler d'un souci à résoudre:

  • Si on me laissait faire la boulot sans revenir sans cesse à la charge, il serait résolu dans les meilleurs délais.

  • Si on venait à m'ennuyer sans cesse, il passerait alors au bas de la pile des problèmes à résoudre.

  • Si on insistait, comme en arrive à le faire le camp adverse, alors on se déclarerait incompétent.

  • On expliquerait, alors, à son interlocuteur le pourquoi de la chose et on le prierait de trouver un autre intervenant.

C'est ainsi que les gens continuent à fonctionner, à apprécier le travail. Cette règle est affichée, partout, dans tous les bureaux du monde avec celle des miracles.

On est là pour travailler pour la collectivité mais pas pour rendre des services. Il faut que le travail soit fait dans les meilleures conditions et sans aucune pression externe. Il faut donc que les plaideurs sachent patienter. Cela finit même par guérir les sourds. Ces derniers commencent, alors, à fonctionner plus efficacement. Étrange, non ?

Tous les travaux que l'on fait exécuter, doivent se faire dans un calendrier déterminé à l'avance et on ne résout pas un problème facile pour mettre en difficulté le reste des équipiers. On ne le fait que si des personnes sont disponibles après une évaluation des charges. Tout est alors prévu. Chaque chose en son temps avec, sous l'oreiller, la maxime "A chacun son métier et les vaches seront bien gardées".

Cessez donc de nous apostropher, philosophes, conseilleurs et de vous justifier tous: ON a compris. Vous êtes là, sauveurs de l'humanité. Fini de jouer? Le mot "éthique", est revenu dans le vocabulaire moderne. L'intégrité, on n'ose pas trop chercher les racines communes avec l'intégrisme. Solidarité, alors qu'on a plus connu une solide hilarité dans le haut du pavé... Le communisme est souvent pris comme l'opposé au capitalisme. En finale, le but final est le même par des chemins de traverse. Traiter la maladie, en cassant le thermomètre, n'est pas la solution.

On se souviendrait même d'une très vieille chanson "Quand la mer monte, j'ai honte. Quand elle descend, je t'attends".

Toujours à la mode, elle permettra d'éviter des "Chroniques du temps qui trépasse".

Pour conjurer le sort, Roubini pourrait conclure par "Euro, qui comme Ulysse, a fait, dans le temps, de beaux voyages".

Ce serait de l'humour dans l'économie, tel qu'on a pu le constater, ce weekend, à la Zinneke parade, par exemple... ou alors, dans un style tout à fait guerrier entre l'intérêt général et l'intérêt particulier...11.jpg

 

L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, de grands économistes?

 

Une autre vision. Plus poétique? C'est selon...

 

Citations:

 

  • « Si quelqu'un vide sa bourse dans son cerveau, personne ne pourra la lui dérober. », Benjamin Franklin

  • « La terre est peuplée de truqueurs et de bavards, qui se servent des mots comme d'une monnaie qu'ils sauraient fausse. », Françoise Sagan

  • « Le monde est dangereux à vivre. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire » , Einstein

  • "Ce sont rarement les réponses qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des questions. " - Daniel Pennac.

un corolaire serait : "Ce sont rarement les blogs qui apportent la vérité, mais l'enchaînement des commentaires. "

 

15/05/2010

Pas ce soir, chéri(e)...

Une exposition à l'Université Libre de Bruxelles essaie de raconter l'évolution de la vision qu'a la société sur la sexualité, de 1800 à nos jours avec ce titre "Pas ce soir, chéri(e)..."


1.jpgC'est une première belge, voire... européenne! Est-il dit. Bruxelles est la "capitale de l'avortement" pour déblayer le terrain.

Dans le cadre de son 175ème anniversaire, l'ULB organise cette exposition et présente, jusque fin mai, un retour en arrière dans le temps pour retrouver toutes les filières du sexe.

La sexualité est un objet d'histoire comme l'est la vassalité carolingienne, les guerres...  Pour y arriver, il fallait résolument sortir les cadavres des placards et devenir généalogiste en herbe.

Cette exposition ne fait pas dans l'érotisme. Elle est le fruit d'une démarche scientifique qui invite les visiteurs à réfléchir notamment sur les notions de ce qu'on considère comme normalités, comme transgressions en suivant les époques successives à partir du 19ème siècle.

Comment nos arrière-arrière-grands-parents se rencontraient-ils? La séduction, l'intimité, l'amour, comment y pensaient-ils ou le pratiquaient-ils?

1.jpg

De tout temps, il y a eu le désir. L'amour, le plus vieux métier du monde, existait déjà dans les bordels de Pompéï, pour faire oublier les interdits. La volupté, le plaisir ont pris progressivement le pas sur des idées strictes de chasteté lors des deux derniers siècles. Ils ont été seulement freinés par la maladie, la damnation et la condamnation sociale.

Défis pour les pratiquants du sexe de tous les âges et de toutes les époques.  Défi de le raconter cela pour l'historien. Au programme: de vieilles affiches relatant des souvenirs, des objets insolites et des commentaires historiques. Exemple: cette prescription médicale pour les hommes impuissants. Cette prescription pouvait même prévoir la flagellation...

Cinq chapitres ou séries de tableaux qui vont décrire cette histoire "Pas ce soir, chéri(e)".

Une famille modèle

Pour cette partie, rien ne vaut les exemples de vies individuelles, de constructions familiales avant, après mariage et en couple. Histoires qui commencent toujours par "il était une fois...", découvertes au grenier dans une boîte à chaussures.

Alors comme il était dit sur un des tableaux "Toute ressemblance avec des personnages ou des situations réels ne serait que pure coïncidence..."

  • Lors d'un bal en dansant la valse, la romantique, Adélaïde avait rencontré le débauché, Rodolphe qui avait 15 ans de plus qu'elle. Les romans dans la tête d'Adélaïde lui revenaient. En bel homme d'affaires, les parents étaient conquis et ils sont passés ensemble chez le notaire. De l'amour et de la nuit de noces, ni la mère, ni la fille n'avait pas osé en parler. Hors sujet, la fille devait comprendre ses devoirs d'épouse. La nuit de noces fut ressentie par Adélaïde comme un acte contre-nature. Dans le confessionnal, devait-elle trouver son salut? Elle ne put contrer les droits de mari. Lui avait compris que la bonne Marie allait lui donner un surplus de plaisir. Le petit Pierre est né des premiers émois, arriva, comme il se doit, "dans les choux". Le médecin lui découvrit plus tard des éruptions cutanées. Un examen en commun, la maladie honteuse, la syphilis, les avaient atteints tous deux. Aveu de Rodolphe d'avoir folâtré ailleurs, suivi d'accusations d'y avoir été contraint parce que Adélaïde se dérobait aux devoirs conjugaux. Panique et peur du scandale. Adélaïde finit par demander le divorce, victime de récidives de Rodolphe.1.jpg Germaine, surnommée Marie, est remontée de sa campagne à la ville pour devenir leur bonne. Elle surprend des disputes très violentes. Très souvent, Monsieur Rodolphe monte chez elle et elle subit, ensuite, ses assauts. Sa vie est très chargée par l'entretien de la maison et elle est contente de sortir pour faire des achats et rencontrer les "collègues". Les amours ancillaires ne sont pas rares. Les servantes deviennent ainsi des "chevaux de Troie" dans les maisonnées bourgeoises.
  • L'oie blanche, Thérèse, éduquée dans un couvent, sait que le mariage avec l'impuissant, Paul a pour but de materner pour donner un sens à sa vie. Paul lui fera sa cour avec pudeur, acceptée par la tante adoptive de Thérèse. Le mariage, un voyage de noce mais cela ne se passe pas comme prévu. Puis plus rien. Le bonheur conjugal, les manifestations de tendresses ne suivent pas. Le médecin est appelé.

  • La demi-vierge, Alma et le traumatisé, Théo se sont rencontrés après un coup de foudre et un baiser sur la bouche. Ils flirtèrent. Puis la guerre est arrivée. Lorsque Théo est revenu. Les horreurs de la guerre l'ont changé. Au 5ème enfant, Alma l'a avorté.

  • Dans le même temps, la pucelle Jeanne s'était donnée, pour le souvenir, à Joseph, avant qu'il ne parte à la guerre. Joseph est tué au combat. Jeanne est enceinte. Elle est chassée par son père. Elle abandonne son enfant. Dénuée de ressources, elle vend son corps à un soldat allemand. Elle devient putain pour un tarif de 2 à 6 marks. Maurice lui apporte des clients. Elle échappe au contrôle sanitaire. La capote fait bien les choses. A la libération, elle est tondue et déménage à Amsterdam pour continuer son métier.
  • Vieille fille, Clothilde, a, pour première cause, la mobilisation. Le choix entre le travail et le mariage, une deuxième. Un enseignement de plus en plus féminisé, une sorte d'émancipation. la raison de la deuxième. Elle n'est pas malheureuse, cette tante "Clothilde". Son amie, Marthe a trouvé le réconfort dans l'église et s'est occupé des "pauvres" indigènes au Congo en devenant religieuse.

  • Le scout Marcel n'était pas à son coup d'essai avec Yvonne, après la vision de la nature. S'ils devaient arriver chastes au mariage, les livres, tels que "Le Mariage parfait", interdits par l'Eglise et considérés comme pornographiques, devaient leur apporter l'épanouissement conjugal.  La vision par l'école, ce sera, pour après, dans l'entre deux guerres.

  • Dans les années 70, Yannick et Amélie vont passer par l'école mixte qui gardait tout de même des places pour les filles et d'autres séparées pour les garçons. L'éducation sexuelle a permis de comprendre que les enfants ne viennent pas avec des cigognes. Retarder les premières ardeurs du désir était la raison initiale. Les gadgets sexuels, les estampes érotiques, il s'en vendait à l'abri du regard de la police.

  • A 80 ans, Cyril ne cache plus son homosexualité. Il a voulu être le témoin du premier mariage de Philippe et Marc en 2003. Il a milité  toute sa vie comme il a dragué: discrètement.

 

Prescrire et proscrire

1.jpg

Réguler la sexualité dans les discours est progressivement devenu une obsession. Cela passe par la politique et par la religion.

Dès la seconde moitié du 19ème siècle, les goûts de la "clientèle" changent. Si les pratiques de sexualités non reproductibles sont condamnées par les médecins, les raffinements érotiques prennent plus d'importances. Les "perversions", spécialités des prostituées, vont se diversifier. Les découvertes des psychiatres y ajouteront une note officielle, plus scientifique.

A la fin du 19ème, la non-consommation du mariage par l'impuissance naturelle du mari n'est plus considérée comme une faute du mari alors qu'au début, la séparation de corps était plus automatique. Pour qu'il y ait injure, il faut qu'il y ait un refus volontaire. L'argument de la puissance maritale par l'expertise médicale devient la seule manière de contrer un jugement en défaveur de l'épouse.1.jpg

Dès 1880, des médicaments abortifs sont commercialisés par l'intermédiaire de pilules pour faire revenir les règles. Le prix, en 1910, est l'équivalent à deux kilos de beurre. Bruxelles devient la capitale de l'avortement. Les instruments chirurgicaux étaient utilisés avec des ponctions amniotiques avec une poire et par le curetage exécuté par des faiseuses d'anges, jusqu'à la spécialisation dans des "avortariums". La première vraie pilule en provenance des Etats-Unis est commercialisée en 1961. Elle est prescrite sous de fallacieux prétextes.

Le message chrétien, fondé sur l'antagonisme du corps et de l'âme entraine le mépris de la chair dans un dimorphisme sexuel. Perpétuer l'espèce mais sans plaisirs est le mot d'ordre. Le mariage reste une acquisition de l'identité sociale, plus que du bonheur affectif. Le choix du partenaire devient néanmoins une règle dans la bourgeoisie. Pour la femme, ce sera rester cantonnée dans la sensibilité et la délicatesse. Le corset ne disparait qu'au 20ème siècle. La lingerie intime va attirer les photographes dans un voyeurisme de l'exactitude.

1.jpgL'anonymat à Bruxelles fit que la ville ne manquait pas de clubs privés où il était possible de partager sa marginalité. Les droits des gays se font de plus en plus ressentir à partir des années 60 et 70.

Mai 68, l'époque yéyé et de "Salut les copains", les mouvements hippies sont les vecteurs de la liberté sexuelle, des joies du sexe libre et décomplexé. Les antibiotiques se chargent de neutraliser la plupart des maladies sexuellement transmissibles. L'orgasme acquiert des vertus politiques."Déboutonner votre cerveau comme votre pantalon".

On ouvre un club échangiste à Bruxelles avec grand succès. Wilhelm Reich et Herbert Marcuse s'emploient dans la lutte sexuelle des jeunes entre préservatifs et abstinence.

L'amour devient libre pour certains mais pas pour d'autres. La modernité est affaire d'antécédents et d'acceptation de la société.

Des questions viennent à l'esprit. Jusqu'où aller trop loin? Où est l'hygiène conjugale? Le sexe tarifé est-il la solution pour calmer les pulsions?

L'affaire Dutroux a impressionné, traumatisé, même, et a, peut-être, fait revenir la liberté à une case précédente. La pédophilie apporte l'angoisse, mais c'est l'inceste qui continue à la supplanter en fréquence. Les plannings familiaux vont avoir un rôle grandissant.

Le sida va donner un coup d'arrêt à la sexualité et relancer l'enjeu de prévention à la santé publique. Retour à la capote. "Pour vivre heureux, vivons cachés".

Le discours de la religion est toujours le même.  Pas de rapports sexuels en dehors du mariage, qui, lui, reste indissoluble. Moralité de la sexualité limitée à la pratique pro-créative hétérosexuelle et monogame. Le confessionnal est l'endroit de repentir de ses péchés. Le célibat est réservé aux "professionnels de l'église". La prudence est préconisée à l'onanisme conjugal par le théologien, Mgr Bouvier. Les pratiques néo-malthusiennes gagnent le mariage.

Le médecin joue l'intermédiaire avec l'arbitrage du prêtre comme psys et sexologues. Ils doivent prouver qu'ils sont plus efficaces pour distancer la religion quitte à s'en faire des adversaires. Question d'hygiène, ils viennent au secours de ce qu'on appelle le "viol légal". Dans les esprits, le terme de "lune de miel", plus doux, remplace celui de la "nuit de noce".

Un excès de volupté sexuelle risque de provoquer la nymphomanie. Alors, on joue à l'économie. Avec humour, on pense aux cycles MMS qui évoluent en fonction de l'âge (Matin, Midi., Soir...). Avec l'expérience, on remarque que la rapidité du coït contribuerait à la frigidité des femmes. L'érotisation du couple conjugal voit son émergence à la fin du 19ème siècle. L'hétérosexualité vise l'activité sexuelle pour le seul plaisir. L'homosexualité passe comme une maladie parmi d'autres et qui peut trouver un traitement par la psychiatrie.

L'analyse des pulsions sexuelles serait le moteur de toutes les actions de l'être humain aux yeux du neurologue, psychanalyste, Sigmund Freud. Dans "L'interprétation des rêves", il dissocie objet et but sexuel. D'après lui, les individus auraient en eux, à l'origine, une disposition bisexuelle. 1.jpgLe développement de la sexualité serait indissociable du développement psychique et de la construction de la personnalité dès l'enfance par la libido. La perversion serait à l'origine de toutes les pulsions humaines.

Dans le domaine du droit privé, sous le Code Civil napoléonien, le sexe légitime reste défini par l'union monogamique avec l'autorité du mari sur l'épouse. Le mariage est fixé à un âge minimum de 15 ans pour la femme et 18 pour l'homme. Les époux se doivent fidélité tout en gardant une différence entre les époux en cas d'adultère. Ce qui constitue une asymétrie soigneusement construite entre hommes et femmes.

 

Moraliser et réformer

Identifier ceux qui ne respectent ce qu'on appellera plus tard le "politiquement correct" devient une préoccupation vitale. Les déviants sont dangereux et sont à civiliser par la force au besoin, le châtiment qui pourrait aller jusqu'à l'excommunication.

1.jpgAu 19ème siècle, l'obsession de la dégénérescence entraine les politiques à réguler la sexualité de "L'Autre". L'homme, à son stade le plus avancé, est adulte, blanc et bourgeois. Les classes moyennes sont respectables et discrètes avec une auto-discipline. L'Autre, c'est donc tout le reste. Il faut garder une population saine et prolifique avec un discours eugénique. La colonisation veut imposer aux "primitifs" le modèle occidental. Pas de publicité pour des moyens anticonceptionnels réprimés pour outrage aux mœurs. Il faut protéger et améliorer la race plus que la femme. Francis Galton veut éliminer les causes de la morbidité, de la dégénérescence et séduit, en 1912, les membres de l'"Institut de Sociologie Solvay". L'eugénisme "positif" est promu, dès 1919, par la Société belge d'Eugénique. L'enfant à naître devient le centre de l'intérêt. Demeurer chaste et pur, pour les géniteurs qui doivent passer un examen prénuptial. Les flux migratoires inquiètent et le racisme s'installe. Il faut réglementer la prostitution, préconisée par le médecin Alexandre Parent-Duchatelet pour protéger la population des maladies vénériennes. Les mouvements abolitionnistes prônent la prohibition de la prostitution. Mais c'est en 1948, que la Belgique abolit ce réglementarisme. Dès lors, la théorie rigoriste et la pratique se dissocient dans un choc du contraste.

 

Entendre et regarder

1.jpgReprésenter la sexualité par l'image, par la peinture, d'abord. La photographie, le cinéma, et la civilisation de l'image va détrôner jusqu'au texte et la littérature. Internet va passer outre les interdits dans la confidentialité du virtuel.

Qui peut et qui ne peut pas passer à l'acte?

Les révolutions sexuelles ne prennent place que dans les cinquante dernières années.

Le philosophe Michel Foucault avec son livre retentissant "La volonté du savoir" constate une véritable explosion du discours sur le sexe au cours du 19ème siècle. La sexualité devient un objet de savoir, d'attentions et de soins.1.jpg

Une croisade commence d'abord contre la corruption des jeunes et pour renvoyer la femme au foyer. Mais la révolution est en route avec les années 50. Les rapports Kinsey (1848 et 1953) apportent une bombe culturelle et politique et banalisent le recensement des pratiques intimes. Les années 60 seront celles de la libération des questions sexuelles. La répression est bannie et le patriarcat fait place à l'émancipation des femmes. Comme chevaux de bataille, la contraception et le droit à l'avortement. Et Dieu créa la femme.

L'évolution reste lente en Belgique. Le Dr Willy Peers est détenu en 1973 pour la pratique d'avortements. La loi pour la dépénalisation de l'avortement n'est votée qu'en 1990. Le Roi Baudouin a estimé ne pas pouvoir la signer et s'est mis temporairement en "indisponibilité temporaire de régner".

Il faut politiser la question de la violence envers les femmes en traquant la domination masculine. Les années 80 entament la fin des illusions. La sexualité est ressentie plus libre et plus épanouie se trouve attaquée par le sida qui touche toutes les classes de la société. Entre 1981 et aujourd'hui, on dénombrerait la mort de 40 millions de personnes des suites à cette pandémie. Les années 90, l'hétéronormativité s'impose débats dans les théories "queer" en fixant un modèle normatif de référence.

 

Libérer et politiser

La dénatalité, après les ravages des guerres, obsède les gouvernants contre les ligues néo-malthusiennes libertaires. "Plus d'enfants pour approvisionner le moloch capitaliste en chair à souffrance, à plaisir, à travail..." disent-elles pour essayer de donner des lignes de conduite qui sortent parfois des convenances éthiques. Libertaire avec des règles naturelles et non plus fixées de manière dogmatique par l'homme. En 1923, il fallait donc empêcher la publicité des moyens anticonceptionnels comme outrages aux moeurs. L'hygiénisme ambiant continue à contribuer au succès du mouvement eugénique. Le culte du corps parfait s'est répandu et pousse à refuser les flux migratoires.

Réglementer la prostitution pour en faire un milieu discipliné et hiérarchisé sous l'autorité administrative pour protéger la famille, tout en permettant d'assouvir les pulsions irrépressibles de l'homme dans la discrétion.

L'enjeu d'une lutte pour respecter l'homme et la femme comme deuxième objectif pour en revendiquer l'égalité civile.

En 2003, la législation reconnait le mariage homosexuel. Ce qui implique la critique de la hiérarchie des sexualités.

 

Conclusions

L'Etat et l'Eglise ont souvent joué les accords avec les mêmes notes. L'Eglise ne s'est pas rendu compte de l'évolution de la société, mais a été forcée de lâcher un peu de lest.

De quoi sommes-nous libérés?20100308Journée de la femme.jpg

Plutôt que libéré des interdits, des refoulements et de la répression, la sexualité est en train de s'affranchir des déterminations naturelles. La croyance dans le Progrès et dans la Science favorise un savoir dispersé qui se développe par la curiosité et les expériences personnelles. Les théories font place à des pratiques très contrastés.

Les débats contemporains s'alimentent pas les questions "qu'est-ce qu'un homme ou une femme". La centralité des Droits de l'Homme et la préservation de la dignité humaine avec les choix individuels, sont les accompagnatrices de vies plurielles. Le sadomasochisme, la sexualité des enfants suscitent toujours beaucoup d'émoi. La multiculturalité s'est attaquée à de nouvelles pratiques qui entrent en conflit avec les idées occidentales. La banalisation de la représentation de la sexualité dans l'espace publique, l'érotisme, l'utilisation d'Internet sont les nouveaux sujets d'inquiétudes. L'Autre est toujours là avec ses questions propres. La panique morale reste, en permanence, dans les parages.

Contraception, homosexualité, sextoys, pornographie, programmes éducatifs d'incitation à la chasteté cohabitent tout en gardant une forme de revendication d'une différence, d'une identité. L'asexualité reste un dysfonctionnement par le "Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux". A l'actif de la médecine, il y a entre autres, la césarienne qui a sauvé beaucoup de femmes et d'enfants, les dépistages du cancer du col de l'utérus. On est souvent passé du sexe interdit, au sexe obligatoire pour être normal.

La chanson, elle, s'est très souvent tournée vers l'amour. Mais ce n'est qu'à de rares exceptions qu'elle a entonné l'aspect sexuel avec l'humour comme avec "Le zizi" de Pierre Perret.

Celle de Gainsbourg "Je t'aime, moi non plus" allait plus loin et ne devait sa célébrité qu'à ce seul dialogue, entre un homme et une femme:

- Je vais, je vais et je viens Entre tes reins Et je Me re-Tiens

- Tu vas et tu viens Entre mes reins Et je Te re-Joins…".

Mais quelle célébrité? Pour qui? Et pour quel bénéfice?

 

Et après?

Sujet qui passionne toujours, en cycle, l'actualité de la presse officielle et des forums citoyens ("Un porno sans queue mais avec tête", "Sexe, la révolution française", "Sexe et business, mode d'emploi"...)

"Faut-il brûler Freud?" est-il demandé dans la presse.

Dans son livre "Le Crépuscule d'une idole", Michel Onfray, qualifié de réfractaire, voulait remettre les théories de Freud à un plus juste niveau. D'abord réconforté à la lecture de "Trois essais sur la théorie sexuelle", suite à sa propre enfance, il appuyait l'idée que la sexualité existe déjà dans l'enfance. Athéiste militant convaincu, par opposition aux salésiens qui lui donnèrent une éducation trop grillagée derrière des préceptes religieux, Onfray réhabilite désormais les matérialistes, comme Spinoza ou Nietszche, contre les idéalistes, comme Platon.

Qualifié de taliban, manichéen par certains, il énonce que conscientiser le refoulement n'a jamais entrainé la disparition des symptômes, ni sa guérison. La thérapie analytique de la psychanalyse ne soignerait que dans la stricte limite de l'effet placebo. Le rapprochement de Freud comme un nouveau Pape, sous le modèle de l'Église catholique romaine avec sa métaphore est probablement, aussi, ce que cache la réaction allergique d'Onfray.

Le Pr Jacques Van Rillaer, à la tête d'une fronde antifreudienne, répète, également, que Freud a menti en lançant "Les Psychanalystes, des mythologies du XXème siècle".

La nature humaine est tellement différente de personne à personne, en dépits des antécédents parentaux, qu'il a, au minimum, partiellement raison.

20100117Nomination Leonard.jpgTrès longtemps dans l'histoire, la religion a régné sur ses fidèles par le sexe. Ces derniers temps, c'est l'Eglise elle-même qui doit faire son acte de contrition. Les abus sexuels sortent du chapeau de l'histoire récente. En crise d'autorité, les cours de religions se radicalisent.

Le nouvel Archevêque, Mgr Léonard ne veut plus d'un cours de société. Le cathéchisme, rien que le cathéchisme.

Les rigoristes conservateurs reprennent du poil de la bête ce qui mène à moins de progrès avec cette optique. En 2009, un schisme entre conservateurs et progressistes, avait même fait trembler le Vatican suite à la remise en question de l'utilité des préservatifs face au sida.20100514Curé confiez vous.jpg

En période de crise, en manque de repères moraux, les religions reprennent pourtant encore plus de poids dans l'esprit des populations.

Plus prosaïquement, sera-ce donc choisir entre "Pas de bougui-bougui avant vos prières du soir" ou "ce n'est pas à dieu que j'en veux"?

Diable de créateur et d'évolutionniste ! Quand on pense, que si nous avions tous été programmés comme hermaphrodites, le choix aurait été sans discussions. Juste une envie de changement aurait suffi pour changer de cap. Etre une femme des années 80?

Mais, cela aurait été une autre histoire non moins épidermique, voir, allergique.

Alors, ce soir, chérie, tu veux ou tu veux pas?

 

L'enfoiré,


Sur Agoravox, des passionnés de la chose?

 

Pour l'humour?

Petite histoire pour autre chose:

"Un mec regarde sa femme penchée au balcon de leur terrasse et lui crie : mais chérie t'as le derrière aussi large qu'un barbecue !! Choquée par ses paroles elle ne trouve rien à dire. La nuit dans leur lit monsieur ayant envie de sa femme se met à la caresser, la femme se retourne et lui dit: tu sais chéri ça ne sert à rien d'allumer le barbecue pour une si petite saucisse !"

La réponse du berger à la bergère?

"Comment fait-on pour épouser une femme jeune, belle, riche et intelligente?" Réponse : "On se marie quatre fois".

 

Citations:

  • "Si par nature, l'homme est une bête de sexe, j'ai toujours eu des animaux de compagnie.", Mae West

  • "Dans une société hédoniste aussi superficielle que la nôtre, les citoyens du monde entier ne s'intéressent qu'à une chose : la fête. (Le sexe et le fric étant, implicitement, inclus là-dedans : le fric permet la fête qui permet le sexe", Frédéric Beigbeder

  • "Je suis pour l'égalité des sexes, je prendrai moi-même les mesures.", Thierry Le Luron

  • "L'amour, c'est du sport. Surtout s'il y en a un des deux qui veut pas", Jean Yanne

 

10/05/2010

Fête de l'Iris en grisés

Cela faisait la 4ème année que j'étais présent à la fête de Bruxelles. Fête de l'iris entonnée sur différents thèmes. Pas vraiment de thème, cette fois. Plutôt une suite de symboles.

1.jpgUn rapide coup d'œil sur le programme des deux journées, apparemment, cela pouvait faire oublier les problèmes politiques que nous avons intra et extra muros de la ville de Bruxelles.

C'était déjà la crise, l'année passée dans un Anniversaire loin du XXL.

On chantait, on dansait encore. On lisait sur le Berlaymont "Beyond the crisis, a changing economic landscape".

Non, peut-être... dirait le Bruxellois et la Bruxelloise.

L'année précédente, on hésitait pour l'Europe, entre rêve et réalité" avec des jeux de caisses à savon à l'appui.

Tandis qu'en 2007, L'Europe était encore tout irisée, Ah, l'Europe...

Cette année, nous avons une crise politique très locale sur les bras. Trop locale pour faire les choux gras de la presse internationale sinon dans les journaux à sensation en mal de thriller. Mais la Belgique va devoir assurer 6 mois de présidence tournante au niveau européen dès le 1er juillet et cela fait désordre.

Des sueurs froides quand on connait les problèmes d'existence que connait l'Europe actuellement.

Le mot "faillite" est sur les lèvres. On rigole de moins en moins.

Vendredi soir avait déjà donné le ton. Ce fut "La nuit des lumières". A la clé, une entrée potentielle dans le Guiness Book avec la plus grande estafette.

1.jpg"En 1834, l'ULB occupait le Palais Charles de Lorraine, place du Musée. Le 7 mai 2010, l'Alma Mater retourne aux origines et fête son 175e anniversaire au coeur de Bruxelles. ".

Le Guiness Book de la plus grande estafette? Curieux, me direz-vous?

"Une estafette est chargée de faire passer les messages entre différents camps, ou lignes de fronts." nous dit wiki. Un premier symbole?

Les messages, je n'oserais pas les rappeler avec les risques de me tromper. Quand aux lignes de fronts, elles étaient connues. Nous étions en crises multiples. Économique, comme pour tous, bien sûr. La dernière en date, crise politique et la vacance du pouvoir avec un gouvernement démissionnaire.

Les affaires courantes, selon les mots choisis pour la circonstance, seront les seuls recours.

L'après midi, le Magic Land Théatre revendiquait plus de subsides sur la place de La Monnaie.

Le soir, c'était Christophe qui ajoutait un peu de nostalgie, tandis que Lio essayait de donner le punch d'une brune qui ne compte pas pour des prunes.

Notre baryton national, José van Dam avait récemment annoncé qu'il tirait sa révérence. Un ket de Bruxelles qui est allé partout dans le monde.

Pour son départ, samedi soir, en direct de la Monnaie, on pouvait le voir sur grand écran dans la représentation de "Don Quichotte" de Jules Massenet, alors qu'Arte le présentait en même temps sur nos écrans numériques larges et que la Deux belge se l'offrait, en différé, bien plus tard dans la soirée. Cherchez l'erreur.20100508Actions à vendre.jpg

Mais à y bien regarder de plus près, le scénario de la pièce n'était peut-être pas innocent. La Belle Dulcinée de la pièce mettait au défit Don Quichotte d'aller chercher le collier que lui avaient dérobé des bandits. Même, si celui-ci récupère le collier, malgré sa lutte contre les moulins à vents, la Belle n'est pas femme prête à se marier. Éconduit, mourant, dans un délire de la fièvre voit, pour la dernière fois, sa bien-aimée Dulcinée. Deuxième symbole caché.

Si cela ne vous rappelle rien, les événements politiques autour et à l'entour de Bruxelles sont là pour prouver le contraire. Mais il s'agissait, dans ce cas, d'une Belle Histoire d'une Veuve grise ou noire qui cherche les puces de la Belgique.

Le nombre d'actes était-il en rapport avec les actes politiques que Bruxelles était occupé à jouer en coulisse? La barre était fixée. On refusait une tutelle de cogestion sans compétence, était dit dans les discours. Mais oublions les affres de cette politique. On a dit que c'était la fête de l'iris.

Le dimanche 8 mai commençait dans la grisaille d'un brouillard épais. Se mettait-on déjà au diapason ?

8°C au compteur du thermomètre. On prévoit de la pluie dans la journée.

"Waterloo, morne plaine", écrivait Victor Hugo. Avec de l'humour, par ce seul nom prononcé, on pourrait croire que cette ville est une ville bilingue: water, l'eau. Waterloo est  francophone et n'en a cure. Mais, Bruxelles, l'est dans les faits.

Pour rappel aux enfants, c'était la fête des mères. C'était aussi le 65ème anniversaire de l'armistice, en plus. L'armistice de quoi encore? Qui s'en souvient? Non, ce n'est pas l'armistice entre les partis. Faut pas rigoler. Là, faut garder la tension pour garder des électeurs.

20100510Ou va le monde.jpgCe matin, à la radio, on annonce un séisme en Indonésie avec le risque de tsunami. Les cendres du volcan islandais qui empêche à nouveau les vols vers le Nord de l'Italie. Il parait qu'elles reviennent nous visiter en Belgique.

On a connu vraiment des jours meilleurs, ici et ailleurs.

Alors, j'ai enfourché mon vélo. Parti à la recherche d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

20100414Bruxelles dangereux.jpgLe soleil traversait la brume. L'air du matin était frais et gardait un degré de pollution pas trop élevé.

La chaussée de Tervuren était barrée pour les automobilistes. Commençons par là. Les échoppes détendaient leurs ressorts. Le melting pot de cultures de tous les horizons, des nourritures migrantes s'apprêtaient à la grande bouffe de midi.

Le cinquantenaire présentait une enseigne qui rappelait une certaine voiture. Quand on a le commerce en tête...

Cela avait l'air de commencer fort. Si c'était le cas, c'était surtout en force de symboles.

Les vieux trams sortent fièrement leurs chauffeurs d'un autre temps.

Plus loin, une petite cérémonie devant la statue de Shuman faisait semblant d'oublier que le Bermaymont, encore plus loin, allait cacher les institutions européennes sans reliefs, sans enseignes sur sa façade, sans personne pour animer la fête. Le vide d'activités le plus complet. Vendredi dernier, les chefs d'États, en ténors de la politique européenne en étaient sorti avec une tête qui en disait long sur les discussions orageuses qu'ils avaient orchestrées la feta ou la moussaka grecque dans les dents.20100306Wallonie Flandres.jpg

Continuons. Place Royale, là, je tombe, nez à nez, avec des gens en costume d'époque, arbalètes à la main.

- Si vous voulez visiter, le Musée de l'Arbalète, c'est ouvert.

Je m'y engouffre dans cet antre propice aux symboles d'un autre temps. On s'y exerce à l'arbalète. On veux garder la forme sans beaucoup d'efforts mais en gardant la précision. Tout n'est donc pas perdu.

En face, c'est le maitre du symbolisme qui invite: Magrite et son surréalisme. Pas de doute, nous sommes à Bruxelles. Les vélos qui fonctionnent sont dans les airs. Ceux qui sont au sol, font du sur-place. Un symbole à chercher de plus?

Dans une marre d'eau, assis sur des fauteuils en plastique, un couple s'y prélasse et m'appelle "Belmondo".  Enfoiré, peut-être, mais Belmondo, là on nage dans le surréalisme, à plein. Un Belmondo qui voudrait, en plus, tenir la forme, le vélo à la main. Pour entrer dans leur jeu, pourquoi ne serais-je pas, en plus, incognito et en convalescence pour compléter le tableau? Derrière mon casque, derrière des lunettes de soleil, cela pourrait s'entendre.

Mais, le temps presse et il faut continuer mon reportage. L'invitation pour les rejoindre dans la marre d'eau n'aura pas l'effet escompté.

Etape suivante, je descend l'Albertine en suivant la cascade des marches pour rejoindre la Grand Place.

Sur cette derrière, plus rien ne rappelle la fête de l'Iris. Le grand écran de la veille a disparu. Les touristes se bousculent en petits groupes bien drillés. Rien de festif. Quelques Chinois cherchent des  affiches en souvenirs de cette place  mais aucune de la fête. Des plantes complètent le tableau habituel.

20100512Cannes et l'austérité.jpgLa matinée s'est achevée sur un manque de peps. Austérité comme leitmotiev.

Le peps sera nécessaire pour le 13 juin, lors des élections. Cela devient une habitude ces élections..

Cela faisait certainement partie de nos symboles cachés derrière un surréalisme qui nous caractérise.Tant qu'on a la santé pour l'assumer.

C'est l'heure de la grande bouffe. Si on parlait de paralysie du pouvoir, la bouffe, ça nous connait, bien plus certainement.

On associe Bruxelles à un laboratoire de l'Europe.

"Mourir pour des idées, mais de mort lente", chantait Brassens.

Seulement, pour des idées, il faut en avoir les moyens. Son manque casse l'envie d'en trouver de nouvelles.

Le "bloemendroeger" (le porteur de fleur) comme le disait, le lendemain, Coco à Bruxelles Capitale, reste une insulte pour celui qui ne travaille que 4 fois par an lors des grandes occasions.

L'humour est resté, seulement, un peu plus au bord. Il faut simplement le chercher plus longtemps.20100317Mal au dos.jpg

Malgré les prévisions, pas de pluie et pour les deux jours du weekend. Pas de "draches" nationales malgré un ciel plombé, en finale.

J'hésite à y trouver un signe ou un symbole.

"Le doute m'habite", disait Desproges.

 

Mais, de la fête, il en reste les images. En un clic on y est.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, sera-ce une autre fête?


Citations:


  • "Rejetez le noir, et ce mélange de blanc et de noir qu'on nomme le gris. Rien n'est noir, rien n'est gris. Ce qui semble gris est un composé de nuances claires qu'un oeil exercé devine.", Paul Gauguin
  • "N'importe qui peut être plein d'allant et de bonne humeur quand il est bien habillé. Y a pas grand mérite à ça.", Charles Dickens
  • "La connerie, c'est comme le judo, il faut utiliser la force de l'adversaire", Jean Yanne


03/05/2010

La Terre, une planète vivante ! (2-2)

L'histoire de la Terre n'est pas un long fleuve tranquille. Elle vient de nous le rappeler avec l'actualité volcanique de l'Islande et de son volcan au nom imprononçable. Cette fois, passons à la manière d'appréhender les risques pour vivre sur notre planète bleue. Le livre de Maurice Krafft, "La Terre, une planète vivante !" qui me sert de fil rouge, était d'actualité en 1978, à sa sortie. D'autres découvertes ou inventions ont suivi et suivront peut-être. La philosophie de tout cela restera très personnelle.

 

1.jpg

Un os d'un fossile de Salamandre préhistorique, vieux de 200 millions d'années, découvert par Ralph Baillie, voilà ce qui a apporté la confirmation de la dérive des continents.

On l'a trouvé au milieu de sédiments en Antarctique et pourtant, il s'agissait du fossile d'un animal de pays au climat chaud.

Une preuve paléontologique qui n'avait que deux alternatives possibles pour l'expliquer:

  • La Terre a eu une période chaude sur toute sa surface.
  • L'Antarctique se trouvait à un autre endroit dans son histoire bien plus près de l'équateur qu'aujourd'hui et aurait dérivé vers le sud.

Une querelle commença entre les "dérivistes" et les "réchauffistes".

Des fossiles de lystrosaurus, sortes de reptiles, vivaient un peu partout, sur tous les continents. On en avait bien trouvé 200 spécimens, mais en Antarctique, cela pouvait poser plus de questions, vu la distance de ce continent avec les autres. Pas de traversée à la nage possible, donc il fallait bien se rendre à l'évidence que c'était le continent qui avait été ailleurs, au moins pendant une certaine période.

En 1620, Francis Bacon avait bien remarqué que la découpe des côtes s'emboîtaient parfaitement en oubliant les érosions due aux océans. La découverte de la ressemblance entre les côtes ouest de l'Afrique et celles à l'est de l'Amérique, n'était plus à faire.

A la fin du 18ème siècle, Alexandre Humboldt voyait, en l'Atlantique, le lieu de passage de l'arche de Noé.

En 1858, Antonio Snider y voyait le Déluge de la Genèse. Les pressions colossales subies par ce déluge auraient aussi éjecté la Lune de la Terre. La légende de l'Atlantide était née. Une vague géante aurait déferlé rendant les Atlantes  comme les descendant d'Adam qui heureusement, auraient été épargnés par les flots dévastateurs.

En 1911, Alfred Wegener pensait que tous les continents avaient au départ fait partie d'un tout, la Pangée. Les blocs se seraient seulement écartés en plusieurs millions d'année.

Scandale pour l'époque. Ses détracteurs l'avait pris au dépourvu, pris au piège suites à ses propres déclarations et l'idée tomba dans les oubliettes.

Les déplacements de continents expliquent pourtant  la présence de montagnes, de gisements miniers, de découpes des continents, comme nous allons le revoir.

Le livre de Wegener "L'Origine des Continents" va vouloir remettre de l'ordre dans les esprit. Une théorie à accepter et qui serait ensuite bien plus simple à comprendre résumée par ces mots: "la Terre vit".

1.jpg

Voilà, la pomme de Newton, mise à mal. La Terre aurait une pelure de vieille pomme qui se friperait avec le temps pour créer des montagnes.

Décidement, trop révolutionnaire, ce Wegener, confondu avec ses théories expansionnistes et dérivistes, condamné par sa propre théorie, par abandon d'arguments.

L'isostasie, l'équilibre de la pesanteur, n'expliquait pas tout. Des arguments climatologiques vinrent à la rescousse. Si ce ne sont pas les marées qui poussent les terres, il ne fallait pas trop aller dans le sens de la fuite des continents par la rotation de la Terre, car, vers les pôles, cela ne marcherait pas. Si cela avait été le cas, il n'y aurait pas eu seulement la Lune seule qui aurait été éjectée, c'est la Terre qui  aurait arrêté sa rotation.

Une 3ème expédition au Groenland mit fin à son aventure. Mort de froid ou d'une crise cardiaque, cet homme a malgré tout montré que la science terrestre ne serait plus jamais comme avant après lui.

Vening Meinesz continua l'idée en visitant les fosses océaniques. Arthur Holmes remarqua (observation dans sa tasse de café) que les courants de convection attiraient la matière en surface vers le fond à cause du poids dû  au refroidissement de la matière, pour retourner vers la surface, ensuite, avec la chaleur du fond.

Plus tard, Alexandre du Toit découpa la Pangée en deux parties qu'il appelait la Laurasie et le Gondwana avec la mer de Thétis en son milieu.

Théorie acceptée 20 ans après, avec l'étude du magnétisme fossiles des roches.

Le magnétisme est connu depuis la Grèce antique. La boussole, première utilisation fut inventée par les Chinois. Cette découverte a permis les grands voyages des explorateurs. Les aimants qui s'attirent ou se repoussent en fonction de l'orientation des pôles, une histoire très ancienne, donc.

En 1600, Wilhelm Gilbert en étudie les propriétés et découvre que l'inclinaison des aiguilles d'une boussole permet d'évaluer sommairement la latitude. La déclinaison magnétique de 11° par rapport à l'axe de la Terre garde une différence marquée entre entre le Nord magnétique et géographique.

Edward Bullard et Patrick Blackett associent ce magnétisme à une gigantesque dynamo pour expliquer le magnétisme terrestre. Un liquide fondu, plus malléable qu'un solide, en constituerait le noyau. Le magnétisme fait dériver, chaque année, insensiblement vers l'Ouest.

Allan Cox, bien qu'il admette qu'une certaine incompréhension subsiste, remarque que les fossiles mémorisent la direction du champ magnétique terrestre au moment de la fixation. Des coulées de lave permettent ainsi de dater et de reconstituer l'histoire géologique.

Le magnétomètre astatique de Blackett va permettre de comprendre la dérive de l'Inde. Celle-ci était, il y a 150 millions d'années, dans l'hémisphère Sud. Cela confortait la théorie de Wegener de fait. Le magnétisme a encore une autre surprise à son actif: l'inversion de polarité.

Motonori Matuyama le découvre en 1929 mais c'est Allan Cox et Ian Mc Dougall qui l'étudieront en détail. Une vingtaine d'inversions en 5 millions d'années. Des centaines d'inversion depuis la naissance de la Terre. Périodes alternées, sur de plus ou moins longues périodes.

Des courants de convections puissants engendreraient ce phénomène et celui-ci serait précédé par une baisse progressive du magnétisme rendant caduque toute utilisation de la boussole. Nous serions actuellement dans une phase de réduction. On perd le Nord. Moins de bouclier magnétique de la Terre, donc une augmentation des rayons cosmiques qui nous arriveront engendreront des mutations et une accélération du vieillissement des êtres vivants.

C'est en allant au fond des océans qui constituent les 3/4 de la surface de notre planète, que les choses se passent et vont se découvrir.

En 1854, Matthew Maury, pour placer un câble téléphérique entre l'Europe et l'Amérique, va découvrir, surpris, les reliefs du fond des océans qu'il appellera le "plateau Télégraphe".

En 1872, le "Challenger", un trois-mats par de Londres pour un tour du monde avec, à bord, un arsenal  scientifique impressionnant pour l'époque. Le but, mesurer la profondeur des mers et des océans. Le filin de 400 mètres n'y suffit pas. Une sonde, une nacelle permettent  la découverte de poissons jamais observés et les scientifiques, peu habitués à la mer, en oublie le mal de mer. Les profondeurs étonnent Wyville Thomson par les 5000 mètres de fonds, dépassés en Atlantique.

Une dorsale le traverse et épouse une ride médio-atlantique. Un passage parmi les icebergs et le Pacifique et des profondeurs de plus de 8000 mètres dans des fosses abyssales font rêver.

En 1920, l'écho-sondeur permettra des mesures plus précises grâce à l'écho et la vitesse connues des ondes dans l'eau.

En 1925, le bateau allemand "Meteor" en fait usage pour chercher de l'or et, ainsi, payer les dommages de guerre de 14-18.

En 1934, Maurice Ewing utilise la sysmique-réfraction pour chercher du pétrole en déterminant la structure des fonds et leur composition avec l'utilisation des explosifs. La vitesses des ondes varient en fonction de la densité des fonds qu'elles traversent, sédiments ou basalte. La surface des fonds marins est jeune, composée de laves basaltique et non granitiques. Marie Tharp note que le sommet de la dorsale est fendu dans son milieu et que la crevasse suit la crête. Jean-Pierre Rothé fait l'observation que la ceinture crée les turbulences à l'origine de tremblements de terre. De l'Islande à la pointe de l'Afrique et jusqu'au Golfe d'Aden avec le rift africain, des volcans sont actifs ou sommeillent.

Une chaîne de montagne de 65.000 kms de long, large de 1500 kms, à 3000 m de fonds, voilà ce que Ewing va pouvoir confirmer à bord du bateau Vema.

En 1960, Jacques Picard et Dann Walsh descendent, dans la fosse Challenger, en plus de 8 heures de plongée, à bord du bathyscaphe Trieste, à 1 m par seconde pour atteindre une pression extérieure de 150.000 tonnes sur la cabine.

En 1950, Edward Bullard plante une seringue géante dans les fonds pour mesurer les flux de chaleur au plancher. Il découvre que le flut est huit à dix fois supérieur sur le rift et plus faible dans les fosses océaniques. Toujours les courants de convection expliquerait ce phénomène.

Les instruments de sismologie existent, depuis 136, inventés par Chang Heng avec un système rudimentaire.

Jean de Hautefeuille et Jean Malle procéderont par la détection et l'intensité des chocs terrestres.

Milne pense à la plume d'encre comme stylet et à un lourd pendule pour évaluer ces vibrations. Ernst von Robeur Paschwitz invente le sismographe et peut détecter les tremblement de Terre très éloignés.

Richard Oldham sépare les ondes en P (primary and rapid), S (small), et L (Long and slow).

Le temps de décalage entre elles permet de connaitre la distance trigonométrie et 3 postes d'observation.

L'hypothèse de Mohorovicic se confirme. L'intérieur de la Terre n'est pas homogène. Il y a "discontinuité ». La masse opaque ne laisse passer les ondes sismique qu'à certains endroits et le noyau amortit ou dévie les ondes.

Les sismographes ne sont plus là pour annoncer les sinistres et les catastrophes, ils informent sur notre sous-sol, aussi.

Beno Gutenberg, Charles Richeter, Harold Jeffreys, Edward Bullen et d'autres parviendront ainsi à découper notre pêche avec sa peau, sa chair et son noyau en tranches concentriques par une physionomie des profondeurs.

La terre serait principalement composée de fer, d'oxygène, de silice, de magnésium. Parmi les éléments il y a la radioactivité naturelle qui dégage de la chaleur. Encore une fois, par convection, le fer en fusion tombe tandis que les éléments légers crée la croute terrestre.

Henri Becquerel, Pierre Curie, Ernest Rutherford au début du 20ème siècle remarqueront que la radioactivité naturelle dégage de la chaleur lors des désintégrations. Celles-ci apporte une horloge du temps fiable et même magique pour les fossiles, l'âge des montagnes...

La dérive des continents peut ainsi commencer. Le dégazage produit l'atmosphère et les mers. L'oxygène vient par les végétaux. Une température moyenne entre 0 et 100°C, la vie peut commencer à son tour.

La matière ne se refroidit pas vraiment. Elle se transforme en permanence en éléments plus petits. Le spectrographe de masse peut désormais calculer cela avec précision. Les radioactifs comme l'Uranium, le Thorium, le Potassium fournissent la chaleur à la Terre avec l'équivalent de 250.000 explosions nucléaire tous les ans.

Si Darwin est connu par sa théorie de l'évolution, il l'est moins suite aux déductions qu'il a faite à la vue des atolls. L'énigme existait déjà de savoir la raison qu'ils existaient tous circulaires avec une lagune au milieu. L'idée qu'ils étaient des volcans qui se sont affaissés et qui ont été aidé par les récifs coralliens dans un travail de naufragés qui se régénèrent en enfilade génération en génération pour rester près de la surface, est une déduction qui se verra confirmée 120 ans après par les essais atomiques à l'atoll d'Eniwetok.

Harry Hesse comprend le pourquoi de cet affaissement avec les courants de convections que l'on retrouve dans les "guyots". Mouvements de coulissage que l'on découvre en Californie à la faille de San Andrea pour citer la plus célèbre.

La lithosphère solide glisse sur l'asthénosphère molle comme un le tapis roulant d'un grand magasin. Le courant chaud monte et le froid descend. Les continents sont indestructibles, donc, ce sont les îles avec des volcans qui vont rouler et s'engloutir inexorablement. Les fonds marins sont vivants peut-être plus qu'à la surface. Ce n'est pas uniquement la dérive des continents mais de toute la lithosphère, de la voute terrestre.

L'idée était même venue, 80 ans plutôt, avec Osmond Fisher qui avait tout imaginé dans son livre "La Physique de la Terre". Il faisait suite a l'observation des laves du Kilauea décrites par Marc Twain.

Vine va pouvoir déterminer l'âge, la vitesse des fonds marins par le nombre de rides magnétisées en inversion, comme pour les nervures d'un arbre. Plus une île volcanique est éloignées de la ride, plus elle est vieille. Une vingtaine de points chauds sont identifiés par Wilson comme l'Islande, les Acores, les Canaries, la Réunion, les Galapagos, les Afars...

En 1967, Jason Morgan donne à cette mosaïque, ce puzzle la notion de "plaque". Adopté trois ans plus tard, sous le nom de la "Tectonique des plaques".

Chaque année, une surface de 2,6 km2 de ces plaques se créaient dans les rides et se détruisaient dans les fosses avec quelque 180 km3 de laves comme combustible liant avec la convection aidée de la gravité. L'espionnage des explosions nucléaires dans le monde a servi d'aide à la science. La précision s'en est accrue et le foyer d'un séisme s'est réduit à 2 kms près.

Avril 1957, le club très fermé de l'AMSOC se réunit à huit clos pour parler du projet "Mohole"? Le but, percer la croute terrestre. Willard Bascom est à la tête du projet. Le projet réussit une fois, mais capote car il coute vingt fois plus cher que prévu. Il devient, bien vite, le projet "Nohole" avec l'humour en plus. Mais, en plus, il s'avèrera qu'il était, en plus, inutile. Pourquoi creuser quand des roches basaltiques, bien cristallisées du manteau, sont à disposition à Chypre en surface près du mont Olympe? On en resta pas là. En 1968, un autre projet de forrage JOIDES lance le Glomar Challenger. Le plateau de Rockall est découvert entre le Groenland et l'Irlande. La Méditerranée, il y a 6 millions d'années était à sec. La plaque africaine avait fermé le détroit de Gibraltar. En 1000 ans, un désert salé s'était installé. L'écluse de Gibraltar se rouvrit , il y a 5,5 millions d'années.

En 1974, l'opération FAMOUS s'intéresse à la ride medio-atlantique à bord des bateaux dont l'Archimède. Le Français Le Pichon et l'Américain James Heirtzler découvrent des laves en polochons (pillow-lavas) d'un km de large.

En 1975, le projet IPOD utilise le Glomar Explorer qui avait été utilisé par la CIA à la récupération d'une épave soviétique. La chasse aux sédiments va permettre de reconstituer l'histoire de la Terre.

En 1969, déjà, John Bird avait prouvé que les chaînes de montagnes ne se forment en fermeture océanique qu'au niveau des fosses sous-marines, là où les plaques se rencontrent par surrection ou par subduction comme des bulldozers titanesques pour former des ophiolites.

L'Afrique va désormais à la rencontre de l'Europe réduisant la Méditerranée qui deviendra une chaine de montagnes d'ici une centaine de millions d'années. La dérive des continents a donné des idées aux paléontologues d'expliquer l'extinction des espèces animales. Les continents séparés ont permis leurs diversifications par le manque de compétition qui, elle, ne laisse la place qu'aux plus forts. La transgression dépend de la vitesse du magma. Lent, il fait régresser les mers et vice versa.

Au fond du Pacifique, 400 milliards de tonnes de nodules de manganèse, de cuivre et de nickel attendent la prospection. Comme les minerais remontent toujours, en finale, l'idée d'enfouir les déchets nucléaires dans les fosses marines, a été très vite abandonné. Au 19ème siècle, la  révolution industrielle de l'Occident n'aurait jamais eu lieu sans ces découvertes.

En 1970, 7 milliards de tonnes de minerais étaient arrachés aux entrailles de la Terre.

Rembobiner les bandes magnétiques pour remonter le temps a permis à Robert Dietz de reconstituer l'histoire de notre planète et d'extrapoler vers son futur. Dans cette évolution, les volcans jouent un rôle primordial, capital même, dans son évolution.

1.jpg

La grande viscosité de l'andésite est responsable du caractère explosif du volcanisme d'arc, c'est à dire, extérieur. Les volcans effusifs de lave, par contre se trouvent à l'intérieur des déchirures. Tout est une question d'avoir le tilt-mètre pour détecter l'irréparable.

Thomas Jaggar, Frank Perret ont défini les bases de la volcanologie moderne. La sismologie, la géologie, la géochimie, la géophysique, la pétrologie, la stratigraphie, la sociologie gravitent comme sciences annexes.

Prévoir les séismes est affaire d'observations. Les abcès, cela chauffe toujours, cela se développe pour finir par crever et se résorber. Enrayer les éruptions de colère de la Terre n'est qu'un leurre. S'il existe des essais, ils n'ont été que de demi-échecs. Domestiquer par la géothermie, quand on sait qu'il y a, quelque part, un séisme toutes les 30 secondes.

Il n'y a plus qu'à mesurer les résultats. Giuseppe Mercalli et surtout Charles Richter s'y sont attelés. L'échelle des magnitudes s'élève de manière exponentielle. Chaque degré supplémentaire multiplie la force du séisme par 30.

Provoquer un séisme, alors? Se débarrasser des déchets chimiques, l'arsenal y a pensé dans le Colorado. Entre 1962 et 1966, dans un puits, profond de 3,5 kms, 640 millions de litres y sont engloutis. On remarque que les séismes augmentent et que des secousses telluriques ébranlent la région à Denver. Les fluides ont libéré les tensions. En 1968, des essais nucléaires au Nevada engendrent de petites secousses. Les apprentis sorciers imagineraient-ils, depuis, d'autres utilisations plus géniales ou plus machiavéliques?

La grande question que l'on se posait à l'époque et qui subsiste aujourd'hui avec une certaine crainte et parfois véhémence:

La Terre est-elle au stade du réchauffement ou déjà dans la phase de refroidissement?

Beaucoup de savants qui sont passés dans cet article, s'accordaient pour dire que notre planète ne se réchauffe ni ne se refroidit : elle serait à l'état d'équilibre ...

"La fin du monde est ajournée", titrait un journal à sensation déjà au début du siècle à la suite de la découverte de Rutherford qui renvoyait Lord Kelvin dans les cordes de son autoritarisme refroidissant.

RAS de ce coté? La question reste toujours entière.

Le livre des Krafft qui m'a servi, arrêtait son histoire en 1978.

En tant que volcanologues, ils aimaient le danger. Ils en vivaient. Ils en sont morts en 1991.

Depuis lors, les séismes, les éruptions volcaniques n'ont pas cessés. Nous avons appris, un Noël, à connaitre ce qu'était un tsunami. Un volcan islandais a cloué tous les avions au sol pendant plusieurs jours, il y a moins d'un mois. Les apprentis sorciers sont, actuellement, dans les pires problèmes avec une marée noire dans le Golfe du Mexique due à plateforme pétrolière "Deep Water Horizon" qui a sombré.20100504Louisiane tache d'huile.jpg

L'écologie, telle que nous la connaissons, la révolution verte était encore dans les limbes, en 1978. Nous savons désormais que les ressources de la Terre sont limitées ou sont, au moins, à dénombrer, à comptabiliser. La fuite en avant, si elle a repoussé  les  limites des potentiels,  a  dans le même temps, amplifié les risques à prendre. Les espèces animales et végétales disparaissent, désormais, plus vite qu'elles n'apparaissent.

La planète reste toujours aussi vivante. Peut-être plus intégrée que par le passé. Plus protégée pour autant? Pas sûr.

A notre échelle humaine, tout n'est pas moins en perpétuel changement, en perpétuelle évolution. Il y a aussi des points chauds,  des fosses abissales, des tremblements, des civilisations qui disparaissent par subductions, d'autres qui naissent  par surrections, à un rythme simplement différent, plus rapide que la Nature puisse l'assumer.

Comment vivre sans avoir des histoires dangereuses sur son chemin?

Sur une très vieille plaque, peut-être. Pas de volcans à l'horizon. Un climat tempéré avec du soleil et de la pluie. Assis à rêvasser de la lenteur des choses dans un abri avec une musique douce, nasillarde, un peu tremblante qui sortirait d'une vieille plaque tournant à 78 tours. Pas de tentatrices pour répondre aux fantasmes de l'Imam, Kazem Sedighi ? Plus aucun leurre à 360°, ni d'abimes, puisque les dangers ont  été mieux identifiés que hier par les sciences. Savoir jusqu'où aller trop loin et garder toujours une réserve de potentiel pour corriger une situation inextricable, voilà peut-être la conclusion.

Comment pourrait-on appeler ce nouveau mouvement?

La "Tectonique des Planques", peut-être?

Tout le monde sait que dans les planques, il y a des planqués. Quant aux plaqués, ils n'auront qu'à en chercher les raisons.

 

L'enfoiré,


Sur Agoravox, est-on sur un volcan ou à l'intérieur?

 

Citations:

 

  • "Si les hommes ne dansaient  pas sur les volcans, je me demande où et quand ils danseraient  ; l'important  est de bien savoir qu'on a le volcan sous les pieds afin de goûter son vrai plaisir d'homme libre.", Jacques Perret

  • "Le tremblement  de terre est un mouvement  de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation  et finit par une tombola.", Aurélien Scholl

26/04/2010

La Terre, une planète vivante ! (1-2)

Un volcan en Islande qui paralyse l'activité et les avions en Europe. On n'avait jamais vu cela. Et pourtant...

1.jpg

On s'en souviendra. Il a suffit d'une éruption d'un volcan qui n'était même pas sur la liste des plus dangereux, sur cette peite île d'Islande, pour paralyser tous les transports aériens d'Europe.

A juste titre, les risques existaient comme l'écrivait un autre rédacteur "Cendres et réacteurs". Le 14 avril, le volcan commença son éruption et des fumées montaient progressivement jusqu'à 11.000 mètres d'altitude. La chaleur fondait les glaces sur ses pentes. Le 16 avril, après les premières explosions de l'éruption, des F18 islandais, revenant de l'entrainement et avaient éprouvé des difficultés avec leurs réacteurs endommagés par les cendres. L'alerte était claire. Il fallait réagir. C'est vrai, comment vivre sans l'avion au 21ème siècle, comme le disait l'article "S'envoyer en l'air ou pas"?

La presse nous a tenu, dès lors, en alerte pendant près d'une semaine presque heure par heure, partirons, partirons pas, les avions dans le ciel.

Les retours de vacances des vacances de Pâques, donc au plus mauvais moment.

Sept millions de passagers restaient dans l'expectative de nouvelles qui changeaient d'heure en heure du vendredi 15 avril au mardi 20 avril, au moins...

Cela pouvait continuer. Cela pouvait recommencer si le grand volcan voisin plus dangereux, encore, venait à se réveiller.

Depuis lors, on rattrape le temps, on envoie des avions dans les courants d'air de peur qu'ils ne prennent une odeur de soufre. On revient presque à la normale.20100421Débarquement des touristes.jpg

Les Islandais, eux, restés sur place, continuent à vivre dans une ambiance de fin du monde avec le masque sur le visage ou cloitrés chez eux. Paysages lunaires où midi se confond avec minuit. Les particules de magma solidifiées de quelques microns à un millimètre, à fortes doses, par leur inhalation engendre de sérieux problèmes pulmonaires en se transformant en gaz acides. Voilà que les fumées ont changé de direction. Samedi dernier, l'aéroport de Reykjavick reste fermé. Il est obligé d'annuler ses propres vols vers l'Europe ou vers les Etats-Unis.

Le volcan islandais en éruption a l'air de se calmer, alors, on s'observe, mais on ne peut plus se permettre d'attendre plus longtemps pour raison économique.

Je lisais à cette occasion de manière poétique, un billet de Paul Hermant qui disait:

"L’Encyclopédie des Lumières, dans son tome 11, s’attache à décrire et définir les nuages qu’elle préférait appeler « Nuées ». Ce n’est pas déjà de la science, c’est encore de la poésie : « Les nuées couvrent la terre en différents endroits et la défendent contre la trop grande ardeur du soleil, qui pourrait la dessécher et la brûler », ce n’était pas si mal observé.

20100416Nuage BHV.jpgNous, ici et maintenant, nous disons : « Les conséquences de l’éruption du volcan Eyjafjöll seront plus graves que celles du 11 septembre ». Parle-t-on ici d’un questionnement ontologique sur les rigueurs de la nature et sur son indomptable actualité ? Lance-t-on une dispute sur la notion du risque et de sa conjuration dans nos sociétés postmodernes et contemporaines ? Disserte-t-on du destin des gens et de la destinée des choses ? Non, on parle de sous. Et la question est : qui va payer puisque, à ce que l’on sache, la nature, ses volcans et ses nuages n’ont pas contracté de police d’assurance. Compagnies d’aviation, voyagistes, employeurs, tout le monde pose la question de l’argent, du manque à gagner, du trou à combler. L’Europe est ennuyeuse et pusillanime qui préfère la sécurité des transports à la liberté des airs et qui oblige, par exemple, les compagnies à dédommager et les voyagistes à prendre en charge. Ne serait-ce pas alors à l’Europe à payer ?
Par exemple : 15.000 chez Jetair, 18.000 chez Thomas Cook, ce sont les Belges laissés en jachère quelque part et répertoriés dans les agences de voyage qui nous livrent là incidemment leurs parts de marché. Ces agences nous préviennent que la situation n’est déjà plus tenable. Quatre jours de dérèglements pourraient avoir raison de leurs finances. Un volcan explose, et ce qui en sort, c’est encore des chiffres.

Un distingué collègue résuma cela hier d’une forte et subtile sentence : « Les avions, ça vole quand ? » a-t-il demandé et tout était dit, dans cette collision comique, de ce qui nous occupe et qui nous préoccupe. Et à sa question, on répond : on prépare les moteurs, et à ce que l’on annonce, les affaires du monde vont reprendre.

Le haïku du jour : L’avion décolle. A la table on négocie. Les roues tournent."

Terminerais-je par: "Et, toi, Nature, ça commence à bien faire, t'a qu'à bien te tenir à l'avenir et à te faire oublier à notre bon souvenir d'homme quand on a tellement de petits problèmes à régler sur notre bonne vieille Terre. Capricieuse, va..." ?1.jpg

Nous remarquons une fois de plus que nous sommes bien plus dépendant de la nature. Plus fragile avec nos technologies tellement performantes d'aujourd'hui, qu'on se croirait à l'écart de tous les problèmes de la Nature. Une foule de scientifiques, de météorologues, d'avionneurs, de compagnies d'aviation, d'assureurs, de volcanologues s'étaient donné rendez-vous dans l'urgence sans trouver un cône de décision autre que le fameux principe de précaution.

Cette conclusion-là aurait  dû générer une réflexion plus fine avec un pas de recul et plus de réactions en fonction des réalités du moment. Les critiques contre Eurocontrol n'ont pas manqué. Exemple, avoir décidé d'arrêter la navigation aérienne dès le vendredi 16:00, alors qu'il n'y avait pas plus de danger que d'habitude en orientant les avions dans le sens inverse des vents qui charriaient les scories du volcan en provenance d'Islande. La sécurité a un prix, c'est évident. La résilience, également.

Qui va payer à posteriori? Tout se termine toujours par là. Les uns se retourneront contre les autres, en cascade, comme d'habitude. Les Justices internationales pourront, même, également remplir leurs caisses pour départager ou partager les responsabilités.

On évalue le manque à gagner (ou à perdre) à 2,5 milliards d'euros pour la non-utilisation de nos voix aériennes. Probablement, le sommet de l'iceberg.

1.jpgDans les aéroports, la bonne humeur avait été présente aux premières heures, la panique a suivi progressivement, avec une peur de ne pas être présent au bureau ou à l'usine, le lundi matin. Des vacanciers perdus, abandonnés un peu partout dans le monde par les agences de voyage. A la merci de la plus petite information, du SMS de la famille restée sans vacances. Alors, cela a été la débrouille, les tarifs exorbitants proposés dans un véritable marché noir au plus offrant ont été le lot des consommateurs. Un bus, un taxi, une chambre d'hôtel à n'importe quel prix. A New-York, une chambre d'hôtel passait de 150 euros à 350 euros du jour au lendemain. Quand on sait que Visa permet normalement de payer un total de 500 euros par jour et fixe, tout aussi normalement, la limite de retraits mensuels, à 2500 euros...

Maudite Terre, voilà que tu commençais à respirer et à cracher ce que tu as dans le ventre sur notre belle Europe avec des vents mal orientés et non conforme à l'habitude... qu'est-ce qui t'as pris d'éructer ainsi, mal élevé? Tu ne connais pas nos horaires, nos chères vacances, nos voyages d'affaire, nos petites affaires....

Rappel du passé:

Je me souviens, il y a bien longtemps, c'était en 1978. J'assistais aux séances d'Exploration du Monde. A cette époque,  pas beaucoup de documentaires à la télé qui sillonnaient le monde et parlaient des volcans. Souvent, encore, en noir et blanc,  un film qui s'en approchati, transformait la lave rouge en divers nuances de gris sur nos petites lucarnes de l'époque, en manquant, ainsi, le punch des images.

Parmi les conférenciers de l'Exploration du Monde, il y avait un couple de volcanologues bien sympathiques. Depuis quelques années, ils revenaient seuls ou en couple. On hésitait encore, à les appeler "vulcanologues" ou "volcanologues".

Oui, il y avait bien eu Haroun Tazieff qui avait déjà eu l'occasion de présenter ses films, mes ce jeune couple faisait sensation avec sa fougue  contagieuse, portée par leurs films tout en faisant peur. Je veux parler de Maurice et Katia Krafft. Deux Français, plein d'excitations dans la tâche d'informer et d'intéresser par ce qu'ils avaient appris à connaître, depuis quelques années, sur les pentes des volcans.

Une spectatrice à l'entracte posa, je me souviens encore, la question à Maurice lors d'une de ces conférences:

- Et vous n'avez pas peur d'approcher les volcans de si près?

- Mais, c'est tout aussi dangereux que de traverser la rue, aujourd'hui, chère Madame.

Aucune hésitation dans la voix pour y répondre. Il était clair qu'on le lui avait posé de multiples fois ce genre de questions.

En commun, transparaissait derrière le pupitre qu'ils partageait, leurs émotions avec tous ceux qui venaient leur parler. De la passion, rien que de la passion, je vous dis. Plusieurs vocations, auprès des jeunes spectateurs présents, ont dû être générées à leur suite. De cette profession, on n'en devient pas aveugle, mais, peut-être, un peu borne, tout de même, comme nous allons le découvrir.

Le 3 juin 1991, ils sont, tous deux partis, tout à fait confiants, comme d'habitude, sur les pentes d'un volcan au Japon. Celui-ci avait commencé à se réveiller méchamment. Il fallait tâter du soufre, pour en connaître la teneur et les risques d'extension pour les populations environnantes.

A cette époque, on peut lire au sujet des événements, les phrases suivantes:

"Cet après-midi là, un énorme nuage de cendres incandescentes a soudain dévalé la vallée de Shimbara, au Sud de Kyushu. Le flot de lave, surgi du mont Unzen, a déferlé sur le flanc est du volcan et englouti deux villages voisins. L'éruption, la plus violente qu'ait connue le Japon depuis 1926, a fait au moins trente morts et une vingtaine de blessés graves, résidents et journalistes. Les deux vulcanologues français, Katia et Maurice Krafft, sont portés disparus, ainsi qu'un chercheur américain, Harry Glicken"

L'histoire des Krafft s'était terminée là, en effet, brutalement, sans laisser de traces. Soufflés, perdus corps et biens. Une nuée ardente, pyroclastique , comme on l'appelle, avait mis fin à une carrière plein de promesses.

A peine quelques jours plus tard, le 9 juin,  aux Philippines, le Pinatubo qui avait dormi plus de six siècles s'était  réveillé sans crié gare et son nuage de cendres fut visible jusqu'à Manille, à 100 kilomètres de là. 30.000 personnes avaient fui la région. A 30 kilomètres de là, 300.000 habitants d'Angeles restèrent dans l'angoisse. La base aérienne américaine de Clark avait été évacuée en toute hâte. Comme bilan, on compta 300 morts. Plus grave, les fumées avaient refroidi la planète pendant deux ans de près d'un degré. Pas grand chose et pourtant.

Voici Maurice Krafft qui expliquait ce qu'a été l'explosion du Mont Saint Helene.

J'ai encore un de leurs bouquins, dédicacé par Maurice.

Le titre "La Terre, une planète vivante !". Le point d'exclamation avait toute son importance.

Sous la dédicace de Maurice Krafft, est écrit "Amicalement à Guy" qui était entouré d'un dessin représentant un volcan sous la une plume alerte de l'habitude.. Il dédiait dans la préface, le livre à Luc, Jeanette et David, sans plus d'informations de ce qu'ils pouvaient représenter pour lui.

Mon billet, je le leur dédie en hommage, dix neuf ans plus tard, en espérant m'en montrer digne.

La préface du livre disait qu'il avait, quinze ans avant, exploré le fond des océans, là où les couches de vase recouvrent ses fonds suites aux centaines de millions d'années de la Terre ("terre" écrit avec une minuscule). En 1973, il descendais pour la première fois dans la vallée du Rift, par 3000 mètres de fond, au milieu de l'océan Atlantique. De visu, il constatait à petite échelle que les continents se déplaçaient, que les océans naissaient, grandissaient et mouraient. Les continents sont, on le sait maintenant, tous des îles, plus ou moins grandes, même si cela ne se voyait pas de prime abord. A leur surface, une mince pellicule se craquelle, se recroqueville, s'absorbe et se recrée tout aussi vite qu'elles disparaissent dans un mouvement perpétuel.

A l'échelle du temps de la Terre, les continents sont éphémères dans leurs formes. La matière qui les constitue, dans un immense courant, s'écartent ou se rencontrent autour de failles terrestres ou maritimes.

Modifications du climat, (tiens déjà), variations du niveau des mers s'en suivent. Les migrations humaines se sont toujours produites vers ces zones où s'accumulent les matières minérales et fossiles.

Car, les volcans attirent les masses humaines, c'est évident. Les terres sont en générales plus fertiles à leurs abords. L'homme oublie dès lors très vite les éruptions volcaniques et les dégâts qu'elles créent.

Mais qu'est-ce que l'Islande et ses volcans sont venus nous imposer faire dans nos beaux pays souvent aussi tranquilles? Que sont-ils venus faire dans cette galère? Est-ce que nous allons sur leurs hautes bandes? A part, la faillite des banques et du pays d'un peu plus de 300.000 âmes, (soit 3 habitants au kilomètre carré), on ne connaissait rien de l'Islande. On la confondait parfois avec l'Irlande, avec cette seule lettre de différence.

20100420Volcan pas d'avion.jpgL'émission Ushuaïa qui en a parlé récemment, un "Grandeurs Nature" qui nous rappelait que la Terre peut être en très colère, mais, comme documentaire, comme une affaire qui ne nous touche que de très loin, qu'à côté de nos plaines, de nos montagnes, subsistent des dangers insoupçonnés à cause des éruptions volcaniques. On se rappelle de la Méditerranée avec les îles éoliennes, du Stromboli, de l'Etna et du Vésuve. Au propos de ce dernier, on n'ose penser aux risques qu'encourent Naples à ses pieds. On a l'habitude de vivre avec le danger, dirait un Napolitain. Si en Italie, on y passe pour les vacances, aucune agence de voyage non spécialisées ne proposerait des vacances en Islande.

Paradis du volcanologue. La plus belle illustration de la vie intense de notre planète. Tous les 3 ou 4 ans, des éruptions volcaniques s'y déclenchent. En 1963, le Surtsey naquit en mer. En 1973, l'Eldfell, sur l'île Heimaey, connu une activité intense à 150 mètres d'une ville de 5000 habitants.

Je n'y ai jamais été, non plus. Je l'avais décrite avec un titre très tendance "Capitalisme naturel ou artificiel".

A Lanzarote, par contre, j'y ai été et le paysage lunaire y ressemble furieusement. Pas question de se promener seul entre les vestiges de l'éruption du Timanfaya. Les rangers y veillent. A bord d'un car, oui, toutes portes fermées, on peut imaginer ce qui a pu arriver lors de l'éruption qui a duré rien de moins que 6 ans. Je suis monté sur le Vésuve, l'Etna, le Teide à Ténérife,  Timanfaya à Lanzarote et Vulcano dans les îles éoliennes. On en garde des souvenirs d'étonnements.

Wikipedia nous informe de l'histoire de Lanzarote: « Le 1er septembre 1730, entre les neuf heures et les dix heures du soir, la terre s'ouvrit à Timanfaya, à deux ligues de Yaiza... et une énorme montagne s'éleva du sein de la terre », selon le témoignage du curé Lorenzo Curbelo. L'île se transforma entièrement. Dix villages furent enterrés (Tingafa, Montaña Blanca, Maretas, Santa Catalina, Jaretas, San Juan, Peña de Palmas, Testeina et Rodeos) et pendant six ans la lave s'étendit au sud, couvrant un quart de l'île et recouvrant les plaines alentour de cendres volcaniques. En 1824 les éruptions reprirent à Timanfaya. S'ensuivirent de terribles famines, et une bonne partie de la population se vit obligée d'émigrer. Depuis, le paysage s'est transformé grâce aux techniques agricoles de culture sur lapillis volcaniques que les conejeros utilisent pour retenir l'humidité des alizés. Le Parc National de Timanfaya offre un bel aperçu des vestiges de l'éruption."

Mais on s'étonne toujours même si la science de la volcanologie ne date pas d'hier.

Non, la Terre n'est pas une sinécure. Elle a été une adversaire de l'Homme plus qu'une alliée. Mais nous sommes sur cette belle planète bleue, donc il faut l'étudier au plus près pour ne pas être pris au dépourvu comme cela l'a été dès le 14 avril.

La dynamique de la Terre, les Krafft l'ont décrite, avec une pointe d'humour même. Leurs lecteurs avaient été prévenus qu'ils vivaient dans un monde compliqué. Quant au côté passionnant de la tectonique des plaques... celle-ci est très bien connue, aujourd'hui, au moins des spécialistes... enfin, on l'espère.

Un peu d'humour, pour terminer?

Je ne sais si Maurice Krafft avait rencontré Katia, en 1970, sur les pentes d'un volcan ou dans un lieu plus propice à la rencontre. Il aurait été très amusé, lui qui travaillait en couple.

Question responsabilité à y réfléchir? Et, si ils avaient suivi ce raisonnement, la suite de l'histoire dramatique n'aurait pas eu lieu.

On apprenait, la semaine dernière que l'imam, Kazem Sedighi, lors de sa dernière prière du vendredi à Téhéran, que les séismes avaient des causes physiques, mais pas de la physique de la Terre, celle du physique de la femme.

« Les catastrophes naturelles sont le résultat de notre propre comportement. Beaucoup trop de femmes ne s'habillent pas décemment, détournent les jeunes hommes du droit chemin et corrompent leur chasteté, ce qui augmente les tremblements de terre. Une autorité divine m'a dit de demander au peuple le repentir. Pourquoi? Parce que des catastrophes nous menacent".

Sur ce dernier point, c'est incontestable. Quant aux causes, je crois, que l'histoire de la Terre pourrait remettre les pendules à l'heure.

Avec le fil rouge du livre de Maurice Krafft, je vous proposerai de parcourir cette histoire à rebondissements en sa compagnie dès mon prochain article. Cela datait de 1978. Depuis de nouvelles découvertes mériteraient une mise à jour future.

 

Mais si on lançait un sondage? C'est à la mode.

 

  1. Pour vos vacances, voyagez-vous en avion?

  2. Si oui, avez-vous été parmi les voyageurs bloqués par le nuage volcanique islandais?

  3. En fonction de ces événements, avez-vous  pris des résolutions de prendre d'autres moyens de transport que l'avion?

 

En attendant vos commentaires et les réponses à ce sondage, une vidéo rien que pour les souvenirs.

 

L'enfoiré

 

Des terriens responsables sur Agoravox?

 

Citations:

 

  • "La Terre peut-être comparée au corps d'un animal qui se renouvelle au fur et à mesure de la destruction de ses tissus... Détruite en un endroit, elle est simultanément renouvelée en un autre", James Hutton (1785)

  • "Il n'y a que les situations exceptionnelles qui arrivent toujours", Alain Bombard

  • "Quand un train passe sur une plaque tournante, les wagons ont l'air d'avoir le hoquet", Jules Renard

19/04/2010

Une Bombe à Haut Voltage

Les trois lettres "BHV" sont de retour. Il suffit de les prononcer pour que le Monstre du Loch Ness belge ressorte son nez. Une scission, lourde de conséquences. Des vacances en vue. Une Bombe à Haut Voltage. Notre ex-Premier, Van Rompuy, aime les haïkus et  les a publiés. Ce qui va suivre des haïkus? Une allégorie avec  métaphores avec le leitmotiv de ces initiales BHV, très certainement.

20100416Van Rompuy Haïkus.jpg
Au Printemps, le Beau, l'Horizon et la Vie.

Dans une Bulle, un Homme vivait avec "een Vrouw" (1).

Le film, "La Brute, le Héros et la Valeureuse" se joue

Avec un Baiser Hors-la-loi pour Vaincre l'électricité.

Décisions en Boucle, Histoires Veines.

Combien de Babillages Habituels pour Vacances:

Plages Balnéaires, Hauteurs ou Vertes prairies ?

Balle de mains en gains, Hypothéquant le Verbe.

Bagarres entre Honnêteté et Virginité.

Toujours en Balance entre Harpe et Voile.

1.jpg

Bégayer avec une Honte Vexatoire.

Avec une Boussole dans la Houle Vicieuse.

Dans un Bazar avec l'Hypertension de Vedettes.

Pour Berner avec Habileté mais sans Victoire.

Belgicismes sous la Hache et, alors, plus de Voyage.

Bateaux coulés et Hôtels en Vestiges.

1.jpg

Bidouilles Héroï-comiques dans le Vacarme,

Qui Bâcle l'Harmonie du Voyage?

Bye bye, Belgique aux Heureuses Vacances.

Banalités d'un haïku, Habileté ou Vide d'idées?

Véritable Histoire Belge pour un couple de vérités.

1.jpg

Scission de Bruxelles, Halle, Vilvoorde ?

Vite, une Bière en Héritage pour Vacciner

1.jpg

Maudite Bombe Harcelante jusqu'au Vertige.

Baliser le Coq et le Lion demande un Hymne,

Dans un thriller printanier mais sans Violences.

1.jpg
En Belgique, calmer le jeu, pour ne pas atteindre le point de non retour est la norme entre Francophones et Flamands.

Jean-Luc Dehaene, chargé du "problème" a toujours eu une statégie du "bouche-cousue", un humour particulier et une confiance affichée.

Ce lundi, le compte à rebour est arrivé aujourd'hui à zéro. Jeudi , le résultat des courses. Depuis longtemps, on connait les compromis. La crise a calmé les envies d'autonomie pendant un temps. Cela va un peu mieux sur les marchés mais pas pour l'emploi, mais on rembobine les débats jusqu'au au départ, une nouvelle fois.
20100416Nuage BHV.jpg

Mais où était-il, encore, ce départ? Il est tellement ancien qu'on a du mal à s'en souvenir. Déjà dans les années 60, on en voyait les prémices.

Le Printemps, la saison la plus propice.

La vulnérabilité et la dépendance sont utilisées ostensiblement par l'un et l'autre. Surmonter les craintes d'être la victime du moment porte à se protéger. La peur de l'autre, voilà le problème.

La scission de l'arrondissement de Bruxelles, Halle, Vivoorde sent toujours le roussis. Elle a jusqu'ici été repoussé au bout de la nuit. J'ai pensé que vous faire ressentir le vécu de ces trois lettres par l'absurde et non pas par la négociation habituelle pouvait remettre les aiguilles à l'heure. Une solution "Win-Win"?

Un petit rappel pour la route et pour nos amis étrangers:

La Flandre au Nord, la Wallonie au Sud et Bruxelles, appelée la moelle épinière de la Belgique, au milieu. Excusez du peu: Capitale de Belgique, de Flandre et de l'Europe. Bilingue, mais avec une forme médiane particulière appelé "bruxellois". Cosmopolite, aussi, mais enclavée dans la région flamande, elle demande en échange de la scission de BHV, d'élargir son territoire, de sortir de cet enclavement pour garder un contact avec le Sud francophone. Halle et Vilvoorde, "taches" trop bilingues, trop francisée, considérées comme une anomalie sur un sol flamand.

Comme pommes de discorde, Wooncode (code du logement), bourgmestres élus mais non nommés, 150.000 francophones vivant dans 35 communes flamandes qui se sentent isolés. Des procédures de conflit d'intérêt comme bouées de sauvetage pour les francophones minoritaires. Yves Leterme est revenu mais c'est un autre, Jean-Luc Dehaene, surnommé le plombier ou le démineur, qui s'occupe du problème en Expert BHV. Scission prétexte à des réformes bien plus insidieuses ou la résolution de la quadrature du cercle de Bruxelles. Sacrifiés les héros au pied d'argile? "Sans la scission et des réformes, une nouvelle crise politique", entend-on. On en a entendu bien d'autres.

On en discute, dès lors, presque tous les jours avec un peu d'avance.

Dans le ring, le match entre les ténors opposés Bart De Wever et Olivier Maingain s'organise.

A la question d'un journaliste qui demandait comment avançait le rapport de son travail, le réponse de Jean-Luc Dehaene réponse fut, sans rire:

- Disons qu'on est période de changement climatique.

Ce soir au dîner un menu en boucle se composerait de

Menu Poker:

Un waterzooï de poulet au genièvre dégivré à la sauce Wooncode

Usteak frites dans une salade aux pickels bien larges et une maillonaise bourgmestrisée.

Des bégnets de Carnaval avec une tarte au succ.. bien élargie, avec de la chantilly à la fraise Wépion.


1.jpg

Alors, dans notre film qui s'appelait "C'est arrivé près de chez vous", dans une question de langue garderons-nous une volonté politique de garder encore quelques plumes? Si oui, pour qui?

Dans une bombe à fragmentations, ce qui est redoutable, ce n'est pas l'hyperbole ou la parabole, mais le ras-le-bol qui finit toujours par arriver.

 

1.jpg

 

Mais, si vous ne voyez toujours pas plus clair dans ce tunnel belge, il y a, toujours, le BHV pour les nuls.

Le communautaire ne s'y prête pas aux haïkus, reconnaissait Van Rompuy, lors de la publication. J'ai essayé.


La Belgique, face à ses démons.

Pas moyen de dire mieux.

 

L'enfoiré,


(1) : une femme

 

PS: J'exprime mes remerciements à Pierre Kroll pour ses caricatures pour cet article et pour bien d'autres.

 

Sur Agoravox, des invités au diner?

 

 

Au jour le jour / Dag bij dag:

Jour 0:


No comment
ou
On hésite à donné les premiers échos analysés:

Mais, le thriller continue. Vibrant. Palpitant. Hitchcock est en ligne.

On pense à nommer une Miss BHV :-)

------------------------------

Jour +1:


L'"ouvrier plombier zingueur" a donné son devis et il a jeté l'éponge.
Il l'a expliqué. Il a remis son tablier au patron en place.

Comme on connait le patron sera-ce un coup pour rien ou un coup de théâtre?

Plus de trucs, de coups fourrés dans le domaine des farces et attrapes. La stratégies des petits pas de JLD, dans le grand du tout dans le tout, a vécu. Les francophones font bloc et veulent de réelles compensations.

Principe de territorialité contre principe de personnalité. La tache d'huile francophone serait-elle arrêtée après la scission?

La loi de refinancement de 1989 a rendu la communauté française exangüe. On se méfie. En 2004, Dehaene voulait voycotter le scurtin européen sans la scission de BHV.


-------------------------------

1.jpg

Jour +2:


Le patron prend ses distances avec la politique de tous les jours.
Les francophones veulent du temps
Le parti, Open VLD, patronné par le fils de De Croo persiste et signe pour voir la décision jeudi.

Faut pas rêver. Rien n'est gratis aujourd'hui. L'ultimatum est un boomerang?

Alors quand le patronat et les travailleurs en ont ras-le-bol de voir leurs entreprises capoter, on veut saisir l'opportunité.

-------------------------------

Jour +3:

Une chronique racontant les aventures d'un vieux maréchal

Marc Eyskens, un autre maréchal, avait plus de sagesse

En attendant, l'après midi

14:00: Yves Leterme chez le Roi pour donner sa démission une 5ème fois.
CQFD (Ce Qu'il Fallait pour Dépiter).

Ce n'est pas la Bosnie, disait quelqu'un.Un peu tout de même

Les appartements à la Côte belge sont désertés. On vend. Etape après le Wooncode? Vous avez dit épuration ethnique?

Pour conclure la journée, le vote à la chambre n'aura pas lieu.

CQFF (Ce qu'il Fallait Faire)

A Vilvoorde, rassemblement de 2000 personnes qui demande une solution à BHV.

--------------------------------

Jour +4:


Une porte s'entrouvre, à nouveau, tout en grinçant.
Le parti libéral VLD efface son véto.

--------------------------------

1.jpg

Jour +5:

Le francophone Reynders, du MR est chargé de ramener le calme et le dialogue.

--------------------------------

Jour +6:

Malgré le beau weekend, la pression de l'ultimatum est toujours la, on se consulte

On se demande aussi si on veut une solution ou le clash

Le soir, c'est au raport chez le Roi.

--------------------------------

20100427Paola au volant.jpg
Jour +7:

On freine des deux pieds sur le frein. Pas de consensus, BHV pas dans l'agenda pour une plenière jeudi.

Os francophone à ronger mais pas à vendre. Bart De Wever compare Reynders à Dutroux.

Ca y est le Roi a accepté la démission de Leterme. Le CD&V a maintenu son ultimatum

Recherche d'un majorité alternative ou alors, je 13 juin, des élections?

Crise institutionnelle pour un problème particratique.

Le parti liberal flamand se prépare déjà pour les élections.

20100426Maingain en bourqa.jpg

---------------------------------

Jour +8:

L'enjeu reste Bruxelles.

Quand l'effort boule de neige devient l'effet boule de neige.

Après la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, la Belgique est sur les rangs. Quand les marchés financiers décident de jouer la carte à la baisse, il flèrent les proies qui deviennent les victimes. Plus la situation s'aggrave, plus ils touchent. Derrière la crise des banques, il y avaient les Etats, quand ce sont les Etats qui sont aux abonnés absents, qui reprendra le flambeau? Le FMI, les Hedges Funds? Je lisais "Les solutions pour la Grèce seraient : des amendes ou une monnaie alternative comme l'Ecu. Ne serait-ce pas plutôt une monnaie de singe? L'Open VLD a voulu la crise. Ne ferait-elle pas le pari des Hedges Funds? La question reste "A qui profite le crime?". Comme disait quelqu'un, "en Bourse, on spécule pas, on investit". Mais, encore faut-il en avoir les moyens.

Le "médecin" est là. Il consulte.

Le "Question à la Une" se rappelle et se questionne.

Aux urnes citoyens. Formez vos bataillons. Perdons, perdons. Qu'un fric impur. Abreuve nos sillons !.

------------------------------------
20100428La maison enchantée.jpg

Jour +9:

Elections soit le 6 ou le 13 juin.

Tout s'arrange quand on "lèche".

 

--------------------------

 

Jour +10:

Journée de tous les dangers. Séance plénière avec agenda qui pourrait contenir le projet de la scission de BHV unilatérale.

La sonnette d'alarmes est prette sonnera-t-elle dans le vide?

On se questionne seulement du moment où la faire tinter. Un remake du 'Le train sifflera trois fois" ?

Dring, dring, dring. "Donne-moi ta main et prend la mienne la cloche a sonné. Ca signifie...".

Silence radio sur toute la ligne? On se tait dans les rangs, pas tout à fait..

1.jpg

Et puis, chez nos amis français, il y a une petite erreur, minime, presque rien, une paille, très vite remise en ordre par ici

--------------------------

Jour +11:

Le calme plat avant la tempête. Les éléctions anticipées: un pari qui rapporte.

Leterme chante avec Brel : "Vous voulez que je cède la place..." et, depuis, il joue au jeu de l'oie.

 

20100430Jeu de l'Oie Leterme.jpg

------------------------------

Jour + 12:

Le 1er mai, fête du travail. Travail pour qui? Les politiciens peut-être qui entrent en campagne mais avec des pieds et des langues de plomb.

Tout est bon pour cisailler les ententes. Les petits mots assassins ressortent du chapeau. Peur d'aller trop loin, mais  faut dire qu'il y a de quoi.

Alors, on se fait peur. Les alliances sont à prohiber.

 

20100503En Campagne.jpg

Journal de campagne

Jour -40:                                         

C'est parti. 40 jours avant les élections. En Belgique, on doit voter. On ne sait plus pourquoi? Alors voilà la raison.

Pas de problème. Un sondage prévoit un faible taux d'abstention.

On apprend que le chômage est en nette baisse... en Wallonie. Et en plus, on croît.

------------------------------

Jour -39:

On encourage le bilinguisme à Bruxelles

Un sondage pour Bruxelles

------------------------------

Jour -38:

Les chambres sont dissoutes. Le scrutin peut commencer le 13 juin, il est légal mais contre la Constitution ! (non, peut-être ...)

D'ailleurs on résiste mieux qu'ailleurs.

La Flandre, un Kosovo? Mais, non.

20100505Mort du pays.jpg

-------------------------------

Jour -30:

Tentative de refaure le même effort de conserver l'unité Belgique en état.

En 2007, une marche aux accents similaires avait attiré 35.000 personnes.

Cette fois, ce furent 1850 personnes Le pays fait actuellement face à d’autres priorités que les rapports entre différents groupes linguistiques.

 

20100517Manifestation pour la Belgique.jpg

------------------------------

Jour -25: Mais que veulent les Flamands?

------------------------------

Jour -22:

On se passionne comme on peut.

 

20100519Elections passionnantes.jpg

----------------------------------

Jour -21:

"Une Belgique, deux pays", la vision flamande

 

1.jpg

----------------------

Jour -20:

Le temps presse. Les Communes à facilités font sécession. C'est la ministre de l'intérieur qui envoit les convocations en .... néerlandais.

Le réchauffement climatique s'invite à l'élection. Le droit du sol, aussi, qui passe avant le facteur humain.

----------------------

Jour -18:

Mais que veulent les Bruxellois? Du pognon, de l'espace vital

On nous cache tout, on nous dit rien...

 

20100528Réforme de l'etat aux jeunes.jpg

----------------------------

Jour -13:

Le Vif L'Express en la personne de sa Rédactice en Chef rappelait ce qu'était le confédéralisme. Concept fourre-tout, surréalisme à la belge qui supposerait l'existance d'Etats indépendants qui décideraient, par traité, de rétrocéder à un Etat centrel un certain nombre de prérogatives et de compétences. Un Commonwealth en miniature, en quelque sort. L'Europe va dans l'autre sens. Le ton sans la chanson....

Quant à Bruxelles, il est reconnu un manque à gagner de 13,6 millions d'euros. Mais derrière le confédéralisme, la Flandre vise la prospérité de Bruxelles.  Ouf... Alors, un fédéralisme de cons?

20100530De Wever.jpg

-------------------------------------------

Jour -12:

Les communes de Linkebeek et Rhode veulent rattachement à Bruxelles

Déni de démocratie continue comme réponse du berger à la bergère. Pas électeur qui veut même quand le vote est obligatoire

--------------------------------------------

Jour -11:

Mais que veulent les Wallons?

A Bruxelles, c'est élargir Bruxelles et on insiste.

D'après une étude, les bénéfices ne seraient pas pour ceux que l'on croit.

"Demander un accès à la mer?", mais la mer, tout le monde en profite... de canaux en rivières, de rivières en fleuve.

 

20100605Corridor jusqu'à la mer.jpg

--------------------------------------------

Jour -10:

Tant qu'on y est allons-y.

De De Wever, rien à cirer....

---------------------------------------------

Jour -8: La démocratie s'étiole. 48% des Belges ne veulent plus du vote obligatoire. Les sondages de toutes sortes arrivent.

20100607Help.jpg

---------------------------------------------

Jour -6: Help

Après le confédéralisme deweverien, voilà l'humour dewererien: la suppression de la région bruxelloise. CQFD Ce Qu'il Fallait Détruire.... ;-)

Un francophone comme Premier ministre? Du moment qu'il accepte nos prérogatives. On s'explique devant les presses internationales

20100609Conférence de presse rassurante.jpg

-----------------------------------

Jour -4:

On fait les comptes. Bruxelles offre annuellement 16 milliards à la Flandre avec 8,5% du PIB flamand. D'où l'idée qui germe tout à coup que l'Indépendance de la Flandre serait irréaliste.

-----------------------------------

Jour -3:

Taux d'indécis record.

Cela n'empêche pas d'adérer au Principe de précaution

Des plans B ou C  ou un système D?

20100610Défaitisme.jpg
------------------------------
20100611De Wever chez Mandela.jpg

Les piques en vrac

---------------------------

Jour -0 Vidéo: Alors, on vote

Campagne qui n'a jamais vu autant de volonté d'éviter de voter. Un sujet local extrapolé aux dimensions incogrues, comment en aurait-il été autrement. Pour les enjeux n'ont jamais été aussi importants.

Quel candidat choisir? Choisir vite, mais pas trop. La peur de mal choisir prend des dimensions inédites.

 

1.jpg

Des élections, il y en a qui aime dans un café serré.

 

Les résultats des élections.

Les craintes se confirment. Le parti flamand NVA fait un carton dans le Nord. Le parti socialiste, un autre, dans le Sud. L'heure est grave et le nouveau gouvernement aura besoin de temps pour sortir des urnes. Car, il est question d'élire une nouvelle Belgique.

 

1.jpg
1.jpg
Maintenant, on se dénombre, on se rencontre et il faut rassurer la population, expliquer que l'eau qui rencontre le feu, n'éteint pas nécessairement le second. Tout est une question de bocal.
20100616Expliquer.jpg
20100617Di Rupo et le flamand.jpg
-----------------------------
Jour +4:

Happart: "BdW est un autonomiste, pas un sépartiste".

Café fort serré, sucré à la betterave ou à la canne?

1.jpg

 

Jours +6 : Juste avant les vacances

 

20100623Chez De Wever.jpg
--------------------------
Jour +25: Après l'informateur voilà un pré-formateur.
20100710PréFormateur.jpg

 


Jour +26: Depuis on consulte

 

1.jpg

-------------------

Jour +44: Les sept nains travaillent, se forment et convergent. D'autres non consultés, comptent. D'autres, encore, imaginent. Ces foutus deux tiers payants à trouver. Voilà, les Anglais qui s'y mettent à calculer et à spliter notre dette. Traduit par Le Soir par ceci.

 

20100727Les sept nains.jpg
---------------------
Jour +45: Une prolongation est demandé au Roi. La tâche est titanesque.

 

1.jpg
20100731En vacances.jpg
-----------------
Jour +50: Et pendant ce temps-là, en Italie....
20100803Elio en vacance.jpg
------------
Jour +55: Pronostic pessimiste Les verts sont demandés à la barre. Faut qu'ils se mouillent un peu le gazon.
20100806Les verts.jpg
20100807Elio et le roi.jpg
20100815Bart à Bruxelles.jpg
Jour +70: On sort du périmètre des francophones. Mais on sent la rentrée et rien n'a changé? On cherche la martingale.
20100823La rentrée.jpg

Jour +72: Le refinancement a trouvé sa solution. BHV revient alors on creuse.

20100826BHV reparti.jpg

Citations:

  • " - Vous êtes marié ? Vous ne vous êtes jamais disputé, vous ? - Oui, mais jamais à coups de fer à souder. - Ben, c'est parce que vous n'êtes pas bricoleur !", Jean-Marie Poiré

  • "Par terre on se dispute, mais au lit on s'explique. Et sur l'oreiller, on se comprend !", Henri Jeanson