11/05/2008

Europe entre rêve et réalité

img_0120.jpgAujourd'hui, à Bruxelles, nous sommes en fête. C'est la fête de l'Iris. Et si on élargissait les idées à partir des images que j'y ai prises ce matin? Pas de voitures.

Il y a un an déjà, j'écrivais sur place un article que j'intitulais "Europe irisée". L'iris, y était dit, comme le symbole de Bruxelles. J'ai refait exactement le même périple mais pour aller voir un autre genre d'exercice: une course de caisses à savon, organisée par la ville avec le concours de Redbull.

La ville était bouclée. Pas question d'entrer en voiture: bon point. On était prévenu toute la semaine. Pourtant, une escouade de policiers était nécessaire pour faire dévier les entrées vers des horizons moins centraux. Un demi point. L'année passée, la fête était plus centrée vers un idéal européen. J'avais, dans mon article de l'année passée, eu quelques réflexions qui ont plu ou déplu comme il est normal de le constater dans tout esprit démocratique qui se respecte.

Quel en était le symbole, cette fois, avec les caisses à savon? Voulions-nous nous faire rouler dans des voitures que l'on surnomme déjà communément de "caisses"? Nous trouvions-nous en pleine savonnée, aujourd'hui, pour ne pas dire purée?

N'y avait-il pas d'autres symboles à rechercher dans l'événement?

Oui, c'est cela. On voulait seulement respirer de joie devant des ensembles hétéroclites à roulettes. Bruxelles est une ville de dérision et souvent d'autodérision. Je vous ai dit que nous étions bien loin de l'esprit français. Nous ne sommes pas tous des Enfoirés, mais on respire une envie non dissimulée à vouloir s'amuser. 

Cette semaine, à la télé, un "Question à la Une" se questionnait et analysait la situation d'une scission plus grande que celle de BHV: celle du pays et d'une éventuelle fusion avec le Nord de la France. Oui, notre histoire est compliquée. Oui, elle aime se retrouver aussi avec le dos au mur. Mais le Bruxellois est en général confiant et vaque à ses occupations en se foutant pas mal "du regard oblique des passants honnêtes". On a pu lire dans les journaux, que le Belge était le pays qui avait subi les hausses du coût de la vie avec le plus de sévérité. Et pourtant, le portefeuille n'est pas encore vide. On suit dans un impair et passe. Pourquoi? Peut-être parce que le coût de la vie est suivi par un index que beaucoup nous envie. Il est depuis quelques temps "licé". L'augmentation du coût de la vie n'est compensé qu'après une plus longue période, mais il n'a pas disparu. Cela existe et on y tient malgré les attaques répétées du patronat.  

"Vous êtes le centre de l'Europe. Vous avez la Communauté Européenne en votre sein.", n'aimez-vous pas cela? On n'en tire pas vraiment fierté. Nous sommes modestes. Les moules de la caricature que j'introduisais dans l'article de BHV, elles sont aussi valables ici.

Il faut dire que pour être capitale de l'Europe, ce n'est pas toujours "triste". Pour en arriver là, nous avons dû subir l'effacement de quartiers pour installer ce qu'on appelle par sa forme en relation avec un fromage et par sa fonction:  "le Caprice des Dieux".

Lors d'événements politiques qui prennent place au Berlaymont, dans les bouchons, allez questionner les habittants et les conducteurs des voitures à l'arrêt en attendant que leurs "hôtes de marques" viennent les visiter en grande pompe et sirènes de police. On a l'air encore plus con quand on n'a pas un carton d'invité au diner des autres...

Le Berlaymont, symbole de la CE, a mis des années pour être désamiantisé aux frais de la ville. Les retards, on s'en souvient. On construit actuellement à grands frais un nouveau bâtiment pour abriter les lobbies qui ont besoins de beaucoup de place.

Il y en a d'autres. A la Place Madou, un gratte ciel est aussi occupé par des Parlementaires européens. Pas mal, mais les taxes d'occupation ne sont même pas récupérables par la ville de Bruxelles. 

euro-gagnant.jpgPourtant, nous restons très attachés à l'Europe. Bien plus qu'ailleurs souvent. Nous sommes européens.

Le "Grand Machin", les technocrates et bureaucrates qui résident à Bruxelles, comme disaient des anti-européens, lors des élections de "pour ou contre l'Europe", en mangeraient leur chapeau d'envie.

C'est la fête aussi, je vous conseille VIVEMENT d'aller voir les images(cliquez sur moi)s .

L'Enfoiré

Le Panda, en fête? 

 

Citations:

  • « Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons. », Yukio Mishimza
  • « Ambition : une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu'elle crèvera. », Jean Rostand

 

 

    

09/05/2008

Shocking !

shocking_01.jpgUne décision à prendre. Simple dans son énoncé et pourtant lourd de conséquences. Pour les uns, ce sera de banales vacances décidées dans la douleur dans un couple. Pour les autres, une destinée qui change en dehors d'eux. Un défaut d'adaptation? Certainement. Trois lettres vont-elles changer les choses?

Ce jour-là, le soleil était peut-être trop chaud, l'air trop limpide, il faisait Beau et l'Horizon respirait la Vie. 

Dans une chaumière, l'homme pris un Bain et il fut l'Heure de rejoindre la Ville par la route. Son esprit était absorbé. Une décision devait être prise le soir-même. La veille, tout avait été consulté, brochures et informations pour décider de leur période de vacances. 

En partant, un Bécot Hors-la-loi n'avait pas Vaincu l'électricité qui était dans l'air. 200804281.jpg

Tout était prêt, pourtant, avec le Bonheur de décider, ensemble, avec l'Habitude, de la destination des Vacances. La mer, la campagne ou la montagne?

Le soir, on sentait qu'une Bataille allait se jouer au Hasard des Versions. La Bagarrre du choix allait surfer entre Honnêté et Vertige.

La Balle commença très vite à passer de main en main, Hypothéquant le Verbe des arguments de poids dans l'exclusivité. Une journée entière pour confirmer ses propres convictions et ne pas penser à autre chose. Le droit de réponse, de rigueur, non dogmatique pour seule relations intra-muros du "home sweet home".20080430sursis.jpg

Alors, pas question de rejouer le film "La Brute, le Héro et le Vaniteux".

Blesser par pur Hasard sans Volonté de nuire est un acte qui ne se comprend pas comme tel.

Ni la Bagatelle, ni à la Harpe, n'opéraient le filtre avec un Voile désiré.  

Les Baffes verbales bercaient la Hargne de la Victoire. Un véritable match de coq. shocking_00.jpg

Diplomatie démocratique en berne.

Banal, vous allez dire ? Habile, peut-être aussi? Vague quant aux résultats, certainement.

20080508bhv.jpgLe côté Balnéaire était en forme, d'abord. Les Hauteurs, ensuite. Mais, la Valise n'était pas encore pour demain. Elle se retrouvait au frigo. 

Baiser l'autre, Hélas, il fallait être une Vedette.  Bégayer parfois, dans la Honte  Versatile. Le Bateau, l'Hôtel tout était Vulnérable. La Blague baignait de plus en plus dans une Hemorragie Vexatoire. La Boussole, elle, dans une Houle Vénale. Tout doucettement, Bâcler l'Honnêteté du Voyage, lui-même, ne parvenait pas remettre calme et volupté dans la maison du bonheur.   

shocking_50.jpgLe Baromètre était mal réglé à la rencontre. La Hachette était sortie du fourreau. Le Voyage était foutu. Les Bagages regagnèrent leur enclos. L'Humoriste n'était pas arrivé à vaincre le Volcan.

Fin de l'histoire du couple.

Cette histoire n'aurait pu être qu'une Véritable Histoire Belge avec ce tiercé de lettres dans le désordre.  20080509bhv-chambre.jpg

Comme dans toutes histoires de couples, le choix des mots, une interprétation, dépassant le niveau de la conversation, sont à l'origine de beaucoup de malentendus. Un ping-pong de mots d'oiseaux commence et la dispute s'envenime. Le divorce d'idées ne peut se calmer alors que par la compréhension de l'avis de l'autre ou par les concessions mutuelles. En Belgique nous avons une marque de fabrique de compromis. Vite, calmer le jeu, pour ne pas atteindre le point de non retour est la norme entre Francophones et Flamands. Rebobiner le débat au départ. Mais où était-il, encore, ce départ? Il est tellement ancien qu'on a du mal à s'en souvenir.20080425bhv.jpg

Entre-temps, la colère est très mauvaise conseillère et il faut, en panique, accepter que, chacun devra faire un pas ou mourir seul. Prendre le temps d'écouter les reproches objectivement et en soustraire l'émotion est la meilleure thérapie pour la relation humaine.

Normalement, l'analyse de part et d'autre des interlocuteurs permet de déterminer ce qui a contribué aux blessures de notre "ego" de citoyen. L'amour propre, l'orgueil et le fait de perdre la face n'ont pas, néanmoins, la force déterminante pour briser une relation.

La vulnérabilité et la dépendance sont insensiblement utilisées par l'autre et cela n'est pas facilement surmonté par la victime du moment qui va se sentir obligée de se protéger. La peur de l'autre, voilà le problème.20080429bhv.jpg

Une situation "Win-Win", bien connue dans le milieu des affaires, est la panacée, en famille et en politique. Ajouter une unité au compteur des coups d'éclats? Faire le point, exprimer son besoin de reconnaissance apaise la compétition.

20080509bhv-cirque.jpgAvec cette épée de Damoclès au dessus de la tête, la scission de l'arrondissement de Bruxelles, Halle, Vivoorde sent le roussis. 318623248.jpgIl a encore été repoussé au bout de la nuit. J'ai pensé que vous faire ressentir le vécu de ces trois lettres qui sont trop souvent dans les discussions et non pas dans la négotiation. Dès lors, je propose, par référendum, de supprimer ce trio de lettres litigieuses du dictionnaire ou alors de l'élargir à beaucoup d'autres. Les Belges me comprendront, j'en suis sûr. 

Pour les autres, je ferai un petit rappel.

Le Brabant flamand au Nord de Bruxelles tire incontestablement un profit de la proximité de la capitale. Les loyers sont chers dans la capitale. Alors, on descend et on fait la navette, domicile en Flandres et travail à Bruxelles. La capitale n'en a pas les revenus fiscaux. La capitale du pays et de l'Europe, bilingue, cosmopolite aussi, est enclavée dans la région flamande et demande en échange de la scission de sortir de cet enclavement de garder un contact avec les frontières wallonnes par un élargissement. Halle et Vilvoorde, "taches" trop bilingues, sont considérées comme une anomalie sur un sol flamand. Le CD&V, parti chrétien radical flamand a gouverné sans interruption de 1958 à 1999. Cette fois, en cartel avec le NV-A (séparatiste flamand), à force de promesses,  remportait les élections de 2007, avec son cheval de bataille Yves Leterme, 800.000 voix de préférence. Coincé, le parti doit apporter un trophé et BHV en est le prétexte. Sera-t-il prêt à sacrifier son héro, devenu Premier Ministre, qui a hérité, de fait, d'un pied d'argile?   

 shocking-en-chine.jpg

Dans un film qui s'appellerait "C'est arrivé près de chez vous". Il a déjà généré des commentaires à la pelle.

Et, "un yin et un yang", un. SVP.   shocking_10.jpg

L'enfoiré,

Le Panda sera-til choqué? 

Avec mes remerciements à KROLL et RIF pour leurs caricatures tellement bien ajustées.

 

Citations:
 

  • " - Vous êtes marié ? Vous ne vous êtes jamais disputé, vous ? - Oui, mais jamais à coups de fer à souder. - Ben, c'est parce que vous n'êtes pas bricoleur !", Jean-Marie Poiré

  • "Le motif pour lequel se produisent les disputes n'est jamais aussi grave que le malaise qui en découle", Alain de Botton

  • "Lors d'une dispute conjugale, la seule personne qui écoute attentivement la version de chaque époux, c'est le locataire de l'appartement contigu", Anonyme

  • "Par terre on se dispute, mais au lit on s'explique. Et sur l'oreiller, on se comprend !", Henri Jeanson

  • "L'homme n'est peut-être que le monstre de la femme, ou la femme le monstre de l'homme", Denis Diderot

06/05/2008

Ne bosons pas? Mais si...

ne-bosons-pas-mais-si.jpg 

Et si on parlait de Science pure pour changer? Un article du "Science et Vie" de mai 2008 a attiré mon attention. On parlait de la "particule de Dieu" au sujet de la particule Boson de Higgs. Ce physicien en parlait dans ses rêves et ses convictions déjà en 1963. Histoire ancienne? Non, on va bientôt le prouver, peut-être.

La science a donc plus de quarante ans de traque et de ... trac à son actif pour découvrir cette particule qui pourrait révolutionner la physique. Quand Peter Higgs lança son idée de bosons, il s'agissait de soupçons qu'il ressentait à la suite de l'impossibilité de mettre en formules certains phénomènes physiques. Il devrait avoir quelque chose en lui pour expliquer un manque de rigueur dans les formules de la physique.

La célèbre équation d'Einstein, E=MC², montrait bien qu'il y avait un lien rigoureux entre la matière et l'énergie. La matière avec sa masse propre, pourquoi a-t-elle des envies d'évasion vers l'énergie? Qu'est-ce qui donne sa consistance et son poids à la matière? Il doit y avoir un intermédiaire, une force unificatrice? Léon Lederman n'a pas manqué de lancer cette expression de "particule de Dieu", tellement elle fait fantasmer et inquiète. Remettre toute la théorie en jeu n'est pas une mince affaire.

Cette particule viendrait s'ajouter à la panoplie des particules déjà connues mais qui n'explique pas encore les fondations du système. Les physiciens ont toujours aimé unifier les problèmes en formules les plus concises possibles. Einstein a fait toute sa gloire sur une relation simple mais qui n'était pas du tout simpliste dans ses conclusions.

Quatre forces parviennent déjà à cerner la plupart des problèmes:ne-bosons-pas-mais-si-quark.jpg

  • la force "forte" de cohésion atomique qui explique qu'un noyau se suffit à lui même.

  • la force "faible" qui se retrouve dans la radioactivité

  • la force de la gravitation qui explique la bonne vieille histoire de la pomme de Newton.

  • la force électromagnétique quantique qui assujettit l'électron au noyau et le maintient en déterminant sa charge, sa valence et son potentiel de rapprochement avec les autres noyaux.

Dans ce monde de forces, il ne faut cependant pas rechercher la finalité dans l'interaction globale.

Les bosons de Higgs seraient des vecteurs qui relieraient les fermions de la matière pour en donner la raison de l'existence en leur donnant une masse. Véritable clé de voute qui pourrait si leur présence était confirmée rendre obsolète la physique d'aujourd'hui en donnant la cause irréfutable et unique des faits constatés et affiner les formules imparfaites.

François Englert et Robert Brout s'intéressent à la question et prennent la succession de Higgs, pensionné.

ne-bosons-pas-mais-si-lhc.jpgUn nouvel espoir de découverte se présente avec l'accélérateur du CERN, le LHC (Large Hadron Collider) qui avec son anneau de 27 kilomètres pourrait atteindre très prochainement une énergie potentielle de 7 TeV (Tera Electrons Volt) et le double en énergie cinétique due à la collision. Il est le challenger, toujours en piste, du Tevatron à Chicago et qui est, vu son âge, quatorze fois moins puissant.

La matière est un puzzle. Quelques pièces manquent encore pour combler les formules.

Une nouvelle physique à la clé qui expliquerait peut-être un jour pourquoi on est là?

Alors, faites place particules, protons, neutrons, électrons, c'est vieux jeu, ringard, même. Trop élémentaire, mon cher Einstein...

ne-bosons-pas-mais-si-bebe.jpgAujourd'hui, on parle de hadronsleptons, quarks, gluons, mésons, nucléons, baryons, photons...& co. Douze particules avec quatre forces pour expliquer la matière. Mais je sens que vous voudriez briller dans une de vos prochaines conversations. Alors essayons les moyens mnémotechniques.

Nous avons d'abord le découvreur, Peter Higgs, appelons le Mr "X".

Non, ne commençons pas, du tout par cette idée saugrenue! Ne bésons pas, pas encore, peut-être plus tard. Ne nous baryons pas, néanmoins. Hadrons ou leptons, nucléons nous.  Quand nous fermions la méson, bosons plus. (C'est dit quelque part.) Ne nous engluons pas.  Il n'y a pas photons. Equarkons-nous.

Peu importe, d'ailleurs, le nom qu'on donne aux choses.

ne-bosons-pas-mais-si-particule.jpgLe mot "particule", lui vient du latin "particula", "petite part".

Et s'il venait plutôt de "partie de culture"? Je n'oserais pas, plus prosaïquement, même pour rendre hommage aux vulgarisateurs scientifiques, couper le mot en deux.

Sous cette forme, on aime ou on n'aime pas.

 

L'Enfoiré,

Bosons-nous sur Le Panda


Citations:

  • « Voir, entendre, toucher, sont des miracles et chaque partie et chaque particule de moi-même est un miracle. », Walt Whitman

  • « L'esprit préexiste à la matière. L'esprit habite chaque atome, chaque particule. L'esprit est la partition de l'univers. La force immatérielle qui forge la réalité concrète. », Jean-Christohe Grangé

  • « La pratique masturbatoire est une véritable usine à fantasmes, un puissant surgénérateur de particules mentales érotiques. », Henri Barte 
  • « Dès que l'on dévie du modèle standard, tout est possible. », John Ellis du CERN

02/05/2008

Francophone mais pas Français

francophone-mais-pas-francais.jpg

Le média TV5Monde, successeur de TV5, est d'après sa définition une chaîne de télévision généraliste, francophone, internationale et indépendante. Il faudrait, peut-être, respecter tous les mots de cette définition.   

TV5 a été créé en 1984. Le besoin d'exister comme "francophonie", en opposition à l'américaine CNN, a poussé les Affaires étrangères de France par TF1, Antenne 2, FR3, de Suisse par la TSR et de Belgique par la RTBF. Cinq chaînes allaient se trouver sur les ondes hetziennes à travers le monde.  En 1986, le Québec rejoignait le groupe avec Télé-Québec. Le câble pour trait d'union présentait en alternance des émissions nationales avec quelques jours, voir quelques semaines de délais. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes du "parler français". Le voyageur globetrotter pouvait garder un contact avec la francophonie au fin fond de ses rêves de voyage.

TF1, privatisée en 1987, se retire du consortium.

TV5 va poursuivre sa diffusion et une histoire mouvementée avec quelques extra en provenance de l'Afrique en 1991 et de l'Amérique latine et Caraïbes. La diffusion s'élargie d'année en année pour atteindre le continent asiatique, le monde arabe et le Pacifique tout en voulant garder sa consonance francophone mais avec de plus en plus de difficultés à garder la même enseigne.

Un réseau unique s'impose de plus en plus. Les fondateurs, bailleurs de fonds, imposent un retour au bercail en 2001 à Paris. L'argent devient la base des négociations et l'esprit francophone n'a qu'à bien se tenir ou payer pour exister. Désormais, TV5 veut chapeauter le tout. Tout le monde a y gagner.

Les grands événements internationaux demandant une présence massive journalistique va pousser encore plus l'envie de s'approprier la chaîne d'information. Les efforts financiers, eux, ça se discute.  Pas question de laisser la bride sur le coup à CNN et BBC World. Jacques Chirac va relancer le cocorico français et veut s'internationaliser sous les trois couleurs avec la CFII. Fin 2006, France 24, RFI relancent le débat et la controverse sur les buts initiaux qui se voulait indépendant des frontières d'un pays pour ne rassembler que sous l'égide d'une langue commune. TV5 doit désormais encore plus s'élargir ou mourir.

TV5MONDE est né mais toujours sous le contrôle de Paris. Au Québec rien ne change.

Tout est loin d'être réglé pour autant et les émissions vont se radicaliser, se fondre dans des émissions qui perdent de plus en plus leur universalité francophone. Le seul journal de 20H de France2 est diffusé. Les programmes sont réduits à la diffusion de l'information France Télévision. La bataille continue et elle fait rage. Les postes de directions se disputent dans un marchandage, les États s'en mêlent. L'information a décidément pris du mors aux dents. Tout le monde veut avoir une partie et son morceau de gâteau dans la diffusion. Québec et les autres sont revendicateurs aussi. Les chaises musicales n'ont qu'à bien se tenir. L'indépendance mais avec le drapeau français, un patron français et une dénomination France Monde voulue par le président Sarkozy. La Suisse menace de se retirer du jeu.   L'actionnariat de la France va être réduite. Le patron va devoir s'exprimer en français sans être français. On chercherait, dès lors, un martien et une vénusienne pour gouverner la chaîne.  Envoyez candidature à la planète bleue "Terre".

TV5 est sauvé, mais la langue française a eu chaud. Finances quand tu nous tiens.

26 millions de téléspectateurs francophones tous les jours dans le monde, ça se mérite. Un compromis à la belge est probablement à la base de l'accord survenu dans la semaine. Le site de la chaîne est http://www.tv5.org . Il n'y a pas de ".fr", ni de ".be", ni de ".ch", ni de ".ca" et c'est tant mieux, non? 

L'information, c'est comme la santé, ça n'a pas de prix.

L'Enfoiré,       

 

Le Panda est français, lui.

 

Citations:

  • « Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même », Jean de la Bruyère
  • « Le requin est un animal cruel et mythique qui ne se trouve plus guère que dans les basses eaux de la finance. », Philippe Bouvard

  • « Les gouvernements ont l'âge de leurs finances, comme les hommes ont l'âge de leurs artères. », André Maurois

29/04/2008

Enlève-moi, mes puces

 

Le "Question à la Une" du 22 avril a de quoi inquiéter. Les puces sont là. Ne préparez pas vos insecticides. Celles-là sont faites "maison", électroniques. La technologie est passée par là. "Big brother" aussi. Les RFID vont apprendre beaucoup de choses sur nous à notre insu. Démocratie en danger? "Confiance, ce n'est qu'une fausse alerte", disent certains. Mais encore...

Le code-barres, c'est décidément ringard. Cette fois, il faudra compter sur la Radio Frequency Identification (RFID) et elle va générer un risque bien plus important dans notre vie de citoyen au quotidien. Celui-ci a peur d'être fiché. Il va être servi.

Certains scientifiques qui analysent le problème, nous disent même que le RFID serait plus dangereux que tout ce qui a été créé pour assurer la sécurité avec en contrepartie un avantage bien trop spécifique. dans le domaine de la sécurité, les caméras de surveillance ne seraient désormais qu'un complément vis-à-vis de ce nouveau moyen de catégoriser les citoyens. Dangereux, car tout le monde en tirerait un profit apparent au départ. Si cela n'avait pas de points positifs, cela le serait moins. Sans un caractère imposé à terme et un risque de ne pas être au courant de ce qui s'y cache, ce pourrait n'être qu'un gadget de plus. Une caméra au dessus d'un immeuble, cela se voit. Ici, ce n'est plus le cas, c'est invisible et, de plus, l'information qui s'y réfugierait pourrait s'alimenter à distance et à l'insu de son porteur. Le piratage pourrait bien vite s'interfacer. Implantés sous la peau, dans les dents, ces puces, on en oublierait leur présence et leur potentiel. Autorisation d'en insérer sous la peau depuis 2004 aux États-Unis. Les raisons se retrouvent dans les domaines pratiques, sécuritaires, publicitaires et commerciaux. Les étiquettes RFID attachées aux vêtements complètent la panoplies. Les applications sont infinies.

Pratique, car il pourrait être considéré un système "carte proton" ambulant, porte monnaie électronique, rechargeable à la demande. Biométrie avec cartes médicales sous la peau. Santé en liberté? Les produits vendus se verraient fichés et inventoriés dans un temps bien plus court et moins coûteux. Utilisée en test, des étiquettes RFID accélère de manière drastique le travail du stockiste dans son inventaire. Elles communiquent à distance, leur présence à une distance maximale de 10 m. Le stockiste n'aura plus qu'à se balader avec des détecteurs entre les rayons pour établir l'inventaire. Stock réel minimum garanti. Clients et fournisseurs contents. Les nouvelles cartes d'identité électroniques contiennent déjà une puce électronique et contiendront toutes les informations personnelles nécessaires que l'on voudrait y insérer: mutuelle, santé par le remplacement de la carte SIS...

Sécuritaire, pour les bébés identifiables et les personnes âgées soufrant de la maladie d'Alzheimer. Traçabilibilité dans le temps et l'espace. L'émission présentait une situation qui allait jusqu'à l'impossibilité de quitter le bâtiment, ascenseurs bloqués. Elle ne disait rien dans le cas d'incendie. Repérables aussi par GPS en cas de perte ou de disparition. Avec les caméras de surveillance, criminels sous garantie de repérage, encore mieux cernés qu'avec bracelet électronique à la cheville. La prison virtuelle est à portée quand on sait le pénurie de places dans les prisons.

Publicitaire, car les clients ne recevraient plus que des publicités ciblées. Habitude de consommation espionnée. Profil de l'acheteur capté. En Belgique, les chiens sont déjà obligatoirement "pucés" pour rester identifiable vis-à-vis de leur maître.  Des milliards de puces sont prêtes à l'emploi. Coût de production, un euro. Prix de vente jusqu'à 150 euros suivant l'usage. Sur ces puces, un catalogue de numéro à 16 chiffres peuvent être relié avec des bases de données de tous les types rassemblées sur ordinateurs. Pour le présent, il ne faudra pas oublier que les puces, c'est aussi un marché énorme qui ne correspond pas du tout à l'idée du marché aux puces. Désormais, il a même son salon, son journal, son fil rouge... Microsoft a une version Beta de son BizTalk RFID Mobile. Des espions dans tous les étages de l'entreprise sont probablement déjà programmés. Pour le futur, un choix entre sécurité et liberté individuelle et peut-être d'autres applications dont on n'a pas encore imaginé les retombées. Des associations se sont créées pour attirer l'attention sur les dangers, mais elles restent bizarrement très confidentielles. Il est certains que des règles précises, des limites d'utilisations soient légifèrées.

"La puce" est passée au cinéma. L'insecte aptère ne pouvait jamais trouver meilleure correspondance technologique. Il faudait seulement se rappeler que ces puces sautent, piquent et propagent les maladies.

L'enfoiré,

Des puces chez Le Panda?

 

Citations:

  • « On dessine toujours les éléphants plus petits que nature, mais les puces sont toujours plus grandes. », Jonathan Swift

  • « Il n'y a pas de preuve que la puce, qui vit sur la souris, craigne le chat. », Henri Michaux

  • « Quand on se cherche des puces, on finit par devenir pouilleux. », Adrien Therio

  • « Une puce ne peut pas piquer une locomotive, mais elle peut rendre fou le machiniste. », Quino

25/04/2008

Ingérence ou somnolence?

ingerence-ou-somnolence_2.jpg La souveraineté d'un pays passe-t-elle avant la bienséance de sa population?

Tout dernièrement, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht s'est rendu en délégation au Congo. Un certain froid entre la Belgique et le Congo n'est pas nouveau depuis que la situation au Congo ne semble pas s'améliorer. Un rendez-vous manqué avec le président congolais, Joseph Kabila, mettait déjà mal à l'aise d’entrer de discussion. Des propos assez vifs qui reprochaient de ne tenir plus compte de l'intérêt particulier que des intérêts du peuple. Cela rendait la discussion à la limite de la rupture. Le reste ne fut pas meilleur pour créer une relation franche et honnête. "Le rapport maîtres-esclaves, c'est fini" était lancé, le lendemain, par le président congolais, Joseph Kabila lors d’une interview accordée au Soir. En lisant les propos du président congolais, une question se pose une nouvelle fois: « Est-ce que la diplomatie qui doit perdre sa franchise et oublier les Droits de l'Homme pour raison de bienséance? ». Les délégués visiteurs avaient à transmettre un message de réprobation qui ne venait pas uniquement de lui, vis-à-vis d'une situation interne qui ne s'améliore pas malgré les effets d'annonces avant élection. Il n'y a plus de relations avec des relents de l'esclavage. Il s'agit d'affaire d'intérêts communs entre deux pays qui se jaugent, s'apprécient ou se communiquent des griefs comme la diplomatie doit s'acquitter. L'un, investisseur, l'autre, chercheur d'appuis pour remédier à une situation difficile et endémique. Y a-t-il eu arrogance ou information? Entre caresser et secouer, il y a manifestement de la marche. Personne n'était là en présence du président Kabila pour le contredire ou justifier qui que ce soit, sinon deux ministres flamands et un francophone. Relations incompatibles entre mentalités ou entre personnalités? Question de mentalités. Colette Braeckman du Soir qui connaît depuis longtemps les affaires du Congo et du Zaïre d'avant, ne mâchait pas ses propres mots dans les « couacs du Belgian Circus ». Kabila fâché, c'était très problable. Pas de polémique avec Kabila, demandait De Gucht. D'ailleurs, De Gucht a parlé au nom du gouvernement Le fait que le président congolais met dans son interview, en parallèles et sur le même pied, les relations du Congo avec la Belgique et avec la Chine donne des indices. Il est vrai que la Chine a placé depuis quelques temps ses pions partout en Afrique. "Afrique, le Far West des Chinois" écrivait le magazine Geo en avril.

La Belgique n'est devenu qu'un partenaire parmi les autres. Il n'est plus privilégié comme il l'était par le passé. Voilà, le fait nouveau auquel il faudra s'y habituer.

Le Congo a totalement changé vis-à-vis de l'extérieur, comme disait son président. A-t-il vraiment changé de l'intérieur? Dire, oui, serait pour le moins prématuré. Désormais, son pouvoir est légitime et a été en place suites à des élections démocratiques. Une tutelle ne peut s'exercer par un pays sur un autre que s'il l'un d'eux en fait la demande. Il n'y a plus question de colonie mais de démocratie. Un État souverain prend et doit prendre ses décisions en fonction de ses intérêts propres. L'obligation de résultat, ni les délais pour y arriver n'ont jamais été stipulé sinon devant les électeurs. Mais, ce qu'on oublie c'est que des préambules, des préréquis existent. Des investissements belges plus anciens sont encore en cours, il faut aussi comprendre qu'il faille protéger ses investissements et les ressortissants restés dans le pays. Donc, droit ou devoir d'ingérence? Jusqu'où aller trop loin?

Véritable dilemme que d'aller à l'encontre des idées reçues qui voudrait oublier qu'il y a des hommes et des femmes en arrière plan dans chaque côté.

La Communauté congolaise est loin d'être insignifiante en Belgique. Cela non plus, il ne faut pas l'oublier. Le monde est devenu un village et les Congolais vivent et travaillent en Belgique et s'y sentent apparemment bien. L'ingérence est un grand mot souvent galvaudé ou mis en exergue l'espace d'un moment ou d'une guerre. L'invasion de l'Irak par les Etats Unis n'en est qu'un exemple qui a dû se justifier par d'autres éléments plus ou moins humains et surtout des prétextes. On était bien loin de l'ingérence humanitaire acceptée lors de la Guerre du Biafra de 1967. Aucune guerre en vue, ici, heureusement, il aurait fallu seulement, disons, une mise au point entre gestionnaires sans jugement avec le bien commun en porte clé.

Dans le cas des Jeux Olympiques de Pékin, les autorités chinoises avaient aussi parlé d'ingérence dans leur politique. Comment exprimer par l'extérieur ce que l'intérieur ne peut pas manifester par ses citoyens sans avoir de gros problèmes?

La diplomatie est et reste maîtresse du jeu. Elle est le lien de la sagesse, mais elle ne peut être ni faible ni exigeante. Elle ne doit pas jouer à l'intrus ni se taire devant ce qu'elle voit avec des yeux qui lui sont propres. Les lunettes ne sont pas bonnes? Donner un correctif n'est peut-être pas superflu. Justifier son action n'a fait de mal à personne. La Belgique a toujours été maîtresse « es-compromis ». La compromission n'a jamais porté de bons fruits.

L'objectivité et l'intérêt général devraient passer avant l'intérêt particulier. Mais, les affaires d'Etats ont des raisons que la raison oublie trop souvent.

Le Droit d'ingérence dans les affaires d'un État a été reconnu par l'ONU dans certains cas. On parle même d'afficher un devoir d'ingérence quand manifestement un peuple est en position de faiblesse pour exprimer sa volonté. Alors, qui va pouvoir objectivement avoir un devoir de regard dans un pays? Par l'intermédiaire de l'ONU?

C'est, en effet, le devoir de l'ONU de veiller à la bonne gestion du monde. Il est loin d'avoir énormément de succès à son actif.

L'opposition à Mugabe demande, dans le même temps, à l'ONU de s'interposer au Zimbabwe. Depuis 2002, dans le collimateur, ce pays avait subit des sanctions occidentales incluant un embargo militaire. Un embargo international sur les armes est, depuis, demandé par la Grande Bretagne puisque la Chine l'ignore complètement. La Chine, souvent hors jeu, a commencé une entreprise de charme en Afrique. Elle se lance dans un néo-colonialisme de l'Afrique qui ne dit pas son nom. Le Congo devra juger où sont ses véritables collaborateurs. Anciens et nouveaux auront leurs avantages et inconvénients.

Que conclure? Tempête dans un verre d'eau, certainement pas? Le respect entre partenaires est la seule voie du succès. Les citoyens, eux, sont aussi partenaires par héritage. Les citoyens, indépendamment des frontières, devront aussi, un jour, s'exprimer et déterminer où ils veulent aller et comment.

1746090597.jpgLa démocratie a de ses surprises qui ne parviennent à se régler qu'à terme échu par des élections. Assumer ses bons et mauvais points pendant une longue période deviendra de plus en plus mal aisé.

Les retards dans l'achèvement des buts à réaliser seront toujours de plus en plus mal ressentis par la population et par n'importe quel partenaire dans notre monde qui veut aller de plus en plus vite. Alors, parler de "relations maître à esclave", dans ce cas, est exagéré. Tout le monde est maître ou esclave à un moment donné. Relations parent - enfant. Relations dans un couple. Et cela dans l'alternance. Le progrès est à ce prix.    

Cela n'est pas une histoire coloniale. Elle est bien plus générale. Consulter la population sur des points tangibles de la vie commune plutôt que sur des têtes représentatives pourrait changer drastiquement la diplomatie, elle-même. Mais cela est aussi une autre histoire...

ingerence-ou-somnolence_1.jpgPatience et longueur de temps font plus que force et ni que rage...

Espérons seulement qu’Ahmadou Kourouma aura tort en définissant l': « Ingérence humanitaire, c'est le droit qu'on donne à des Etats d'envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte. »

L'Enfoiré,

Le Panda serait-il un maître des commentaires? 

Questions publiques à la radio sur le sujet

22/04/2008

Amitié, échange de bons procédés ?

amitie-echange-de-bons-procedes_00.jpg

L'amitié dans la proximité et le concret, tout le monde pouvait la connaître depuis longtemps. Avec Internet et le virtuel, peut-on encore parler d'amitié?

Dans le concret avec les amis locaux de proximité, il existe une foule de gradation dans les relations privilégiées humaines. Connaissez-vous un mot qui aie autant de synonymes que le mot "ami"? Sans passer à l'argot, la liste des synonymes ne serait pas complète. Les citations innombrables ne sont pas en reste non plus.  

L'homme est-il sociable, ermite ou grégaire? Faut-il avoir beaucoup d'amitiés autour de soi ou peu pour bien vivre?

Avoir un ami, à quoi cela sert-il? Pour le plaisir ou les coup durs? Pour supprimer la solitude? Pour des références qui peuvent toujours servir par après? Ne dit-on pas "Les amis de mes amis sont mes amis", comme si cela était un dû dans une chaîne logique?

Toute relation humaine est fondée sur un échange d'informations, de sentiments. Le coeur ou la raison. Échanges croisés et pas nécessairement à partir et vers les même bords hiérarchiques. Ils peuvent être complémentaires ou aidés par les compromis. L'amitié se crée le plus souvent grâce à une certaine affinité de raisonnement, une envie de fréquentation courante. Cette proximité oblige parfois à jouer "masquer" pour plaire à son interlocuteur dans les conventions pour ne pas vexer. C'est son côté négatif.

Mais, alors, quand la fréquentation devient virtuelle, comment peut-elle se générer et qu'en reste-t-il dans la durée? Internet et ses conversations virtuelles à des milliers de kilomètres a ajouté l'universalisé dans les relations humaines. Le tchat, les blogs commentés, les sites citoyens ont véritablement bouleversé les envies et les liens entre les hommes. Nous sommes entrés dans le monde du superficiel, pourrait-on penser, sans impact physique pour les interlocuteurs. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ai pas de conséquences dans le moral et dans la création de relations plus vraies que dans le monde réel. Dans ce monde du virtuel, les masques tombent. Des pseudos, des avatars qui ne représentent pas la personnalité, sont les nouveaux pare feux d'Internet. Le plus souvent les textes qui sont publiés ne sont que prétextes d'entrée de jeu dans l'arène. L'auteur ne peut absolument pas évaluer la direction des commentaires. De nouvelles règles s'imposent pour canaliser les impulsions de chacun. Un lecteur qui n'aurait pas l'habitude de cet espace virtuel, en reviendrait surpris, parfois épouvanté par la violence dont il détecterait les traces. Cela peut exister. Des précautions s'imposent, c'est vrai. S'introduire dans une conversation physique, déjà en cours, pouvait aussi prendre des allures véhémentes. Les intrus ne ressortent jamais indemnes de toutes relations concrètes ou virtuelles dont il ne comprend pas la totalité de l'enjeu.

Ici, dans le virtuel, il s'agit de relations parfois bien plus intéressantes et profondes pour ce qui compte vraiment pour chacun des internautes. Rien n'empêche de ne pas entrer dans une conversation ou d'en sortir si les informations ne correspondent plus aux envies du lecteur.  Personne n'en fera le reproche. Cette liberté est bien plus grande que dans le concret. Mais, sans connaître la personne qui est à l'autre bout, on parvient avec l'imagination à en faire un portrait robot moral. Le physique n'y est pas, mais le fond de l'interlocuteur se découvre plus clair, pour celui qui, avec un peu de psychologie, peut en définir les contours. 

Écouter les petits tracas d'une vie ne devient plus une obligation mais une participation voulue et comprise. La vie réelle en ressort parfois bien mieux qu'avec des phrases toutes faites de l'improvisation. Le choix de se retrouver, loin de tout, oublie le physique mais impose des rapprochements plus virils, peut-être, mais bien plus vrais. Peut-être est-ce la raison que l'on y voit peu de femme dans ces sites de rencontres citoyens. Les suj