03/07/2009

Un Geek avant l'heure?

Suis-je Geek avant l'heure Naissance.jpgCette semaine, le Nouvel Obs a un article intitulé « Le Geek, c'est chic ». "Geek", qu'est ce que c'est que ce brol (*)? Serais-je le Monsieur Jourdain de la Geek? En prononciation française, un gigue qui s'ignore? Un gigolo de l'informatique?

 

Le N.O. dit que l'origine vient d'un mot ancien allemand "Geck" qui désignait l'idiot du village au Moyen Age". "Un monstre de foire à qui on lançait des cacahuètes", un peu plus tard.

Cela commence fort. Vais-je me retrouver dans le jeu de quilles informaticiennes après 40 ans de parcours en commun avec ce surnom et cette étiquette?

Il y a la mythologie Geek. Isaak Asimov avec I-Robot et Philip K. Dick avec « Blade Runner ». Des mythologues, je dirais.Suis-je Geek avant l'heure Password.jpg

La science fiction, c'est pas trop mon truc. La science friction est déjà bien suffisante. J'aime le tangible, le concret. L'imagination, par contre, à la recherche d'un futur plus automatique ne m'a jamais quité.

- Salle mec, tu as bousillé des emplois avec tes machins électroniques. Tu as volé le pain de la bouche de tes contemporains.

- Tu rêves. T'as envie de te retrouver en Charlot dans les Temps Modernes? Nous sommes en post-moderne, mon cher.

"Le geek adore se réfugier dans un univers imaginaire. C'est un adulte qui n'a pas envie de grandir", explique Alexandre Astier, créateur de "Kaamelote" est-il mentionné dans les lignes de l'article du N.O.

Là, je me retrouve mieux. Pro actif, à la recherche de ce qui pourrait accélérer le travail de l'homme. Les jeux vidéos, cela n'a jamais été mon truc à bits. C'était du pure bit dont on savait qu'il ne variait qu'entre deux statuts, invariablement les mêmes et en alternance.

Du côté "films", "La Guerre des Étoiles", première version, oui. La seconde, du réchauffé pour moi, donc, non. De l'anticipation, pas de la semoule même plus flambante avec gadgets post-modernes.

Plus loin, on parlait du "Geek Magazine". J'ignorais jusqu'à son existence. La surprise de Christian Ung, l'un des fondateur, semblait importante quand il découvrait que "les lecteurs, des 18-35 ans masculins pour lecteurs supplantés par la majorité des réactions des filles". Là, pour moi, la surprise est totale. En quarante ans, aurions-nous les hommes virés en deuxième place avec autant d'efficacité féminine rajeunie? A mon époque, les filles ne voulaient pas en entendre parler qu'à de très rares exceptions avec le jean sous-jacent pour exprimer leur envie garçonne.

Il est vrai qu'à l'époque, on se payait des nuits au chevet de cette machine avec un temps partagé (Time sharing) qui valait son pesant d'or à la minute consommée. Elles sont donc devenues des "geekettes" avec Lisbeth Salander et du polar "Millénium" pour emblème.

Magnifique. Évolution quand tu nous tiens par la barbichette... pardon, par la chevillette.

"Le Geek est devenu tendance". J'en suis fort aise. Normal, il est devenu mandatory. La bête, l'ordi, macro, mini ou micro se retrouvent sur tous les bureaux. Difficile de rester indifférent.

"Un mec pas cool", avant? C'est à voir. Un mec avec lequel on devait prendre rendez-vous, un peu gourou, c'est sûr.

"Peu d'amis, un Amiga 500" et "les mecs pas cool" sont sortis de l'âge ingrat. Est-ce par l'ordinateur et l'envie de caresser ces bits qui clignotent en arbres de Noel?

Que nenni. Qui regarde encore la loupiote qui transmet l'info du réseau? Ce qui passe sur antenne, voilà la potion magique qui a fait virer les mecs à plus de chaleur. Le high-tech, on en consomme, on en confectionne très certainement moins qu'on le dit, aujourd'hui. "Développer", le mot de l'antique qui ne se retrouve que dans les boîtes de soft tel que la grande maison MS ou Google. Chez Steve, les jobs seraient-ils mieux accessibles? Mystère.Suis-je Geek avant l'heure.jpg

Des nouveaux concurrents se chatouillent les coudes à temps partagé mais dans l'intimité. Zapper, oui, en multi même.

- Oui, mais qui s'intéresse aux technique de réentrance des programmes et de la place que ça prend tout cela?

- Mais de quoi tu parles-là? Tu valses dans le porno, ou quoi? Nous, on hérite, on s'intègre et on est polymorphe. Aujourd'hui, on travaille en grand. En "mots", en "macro", en blocs logiques dont on ne connait plus que les tenants et les aboutissants. Tes bits, t'as qu'à te les mettre ou te les faire mettre. On danse la Java. Vu la vitesse de la bécane, qui penserait encore à assembler de manière ordonner pour gagner de la place en mémoire, pour gagner une micro seconde?

- Quoi, vous ne parlez-vous par de "compiler", de compulser, de comprimer, d'analyser? C'est dingue.

- On fait en grand dans le High Tech, de nos jours. On est up-to-date. On fait pas dans la demi mesure, dans le Middle-Tier. On est Geek, pas margoulin dans les limitations. Alors venez pas me parler d'ordinogramme. Les instructions se placeront bien d'elles-mêmes là où elles se trouveront le mieux. C'est étudié "pour", je te dis.

Je ne lui parlerai pas du paradoxe, de l'High Tech qui veut se glisser "in the pocket" mais avec une vision claire sur l'écran noir de ses nuits blanches. Il me ditait encore: pas de problème, on arrive avec l'écran à enrouleur plastic que l'on glissera dans le vieux rouleau qui servait à conserver les cartes de géographie dans le grenier. Les cartes, à la poubelle, elles se retrouveront sur l'écran, actualisées.

Non, fini tout cela, on communique, on tchate, souris en main. On partage. On est solidaire. On est sociable avec sa face sur le book ou en twittant de temps en temps. On se veut le plus gratuit possible. Pour une brique t'as plus rien, donc à quoi cela sert de la faire mousser? Le pingouin payera. Il est tellement charitable, celui-là.

On le dit: « Quand on est passionné, on en compte pas ». Passionné pour quoi, d'ailleurs?

Suis-je Geek avant l'heure Paradis.jpgDe la boulimie, parait-il? Non, un peu de nostalgie. Un peu trop de temps libre à meubler. Il y a même un colégionnaire qui n'a pas tout compris et qui écrit « C'que c'est con et triste, la vie d'un blogueur ».

- Sorry, j'ai reçu un email de ma copine, je vous laisse quelques instants. Ce Messenger est tellement envahissant en live.

M..., voilà un autre com que je ne peux pas laisser filer. Il est con, ce mec. Ce Sarko continue à ne faire qu'à sa tête. Voilà, qu'il force à utiliser du papier vert à ses ministres. On ne dit pas quel papier. En plus hier, il voulait réformer notre ADSL, notre Approche Désirable Sans Limites ne serait plus HADOPI, Halt Aux Opérateurs Planétaires Indigents. Faudra que je fasse un autre article, là-dessus. Il me les gonfle sérieusement.

On ne se rend pas compte du temps qu'il faut à un Geek pour tout cela. Un Jedi de première, voilà, ce qu'il est. Si vous voulez en garder sous les touches en voici l'adresse.

Ils sont vraiment ignares ces geekless.

Qu'il me dise ce qu'il fait de ses journées.

Toujours d'après le NO, il paraitrait que Franck Lachaise, concepteur d'une campagne pour « pour décharger des amis », que « Le Geek, c'est le loser et le winner à la fois, donc un personnage qui parle à chacun de nous. Il est devenu un prescripteur d'influence essentiel pour le marketing ».

Valérie fait son chemin sur la toile non voilée. Un Pseudo voilé, peut-être?

Je m'en vais la buzzer, celle-là, avec mon cybergeekleur.

Être Geek, c'est vraiment trop chic, mais il faut savoir de quoi on parle et jusqu'où aller.


L'Enfoiré,

(*) Brol: en dialecte bruxellois voudrait dire "machin indéfinissable", "bric-à-brac", "désordre" 

Des Geeks agoravoxiens?

30/06/2009

Thérapie par l'imaginaire

  Thérapie par l'imaginaire_Fantastique.jpg
L'imaginaire appartient à des coins secrets et complémentaires du cerveau. Évadons-nous des réalités qui nous entourent pour nous sauver des biens et des tourments. Cet article pourrait même être imaginaire ou à la recherche d'une thérapie. Allez savoir...

L'imaginaire apporte le piment à la vie. Tout dépend de ce qu'en fait son consommateur. L'imagination est une anticipation de la connaissance. Inventer par l'esprit apporte aussi l'exaltation que le savoir n'atteint plus par lui-même.

Pour l'écrivain, créer l'aventure de ses héros apporte l'imagination et la motivation à sa pensée dans l'extase et parfois atteint les confins de la folie. On parle, alors, de sciences fictions.

Boris Cyrulnick dans son livre "Autobiographie d'un épouvantail" parlait de la résilience pour de la souffrance morale et préconise d'apprivoiser ses rêves et de dompter ses cauchemars en écrivant et en extériorisant son "ego". D'après lui, cette recherche d'identité est profitable. En écrivant, on arrive à camoufler son histoire mais on ne ment pas dans la trame. Le style personnalise son auteur. Entre impulsivité de la jeunesse et l'expérience historiques du senior. C'est s'évader de soi en jouant un rôle et en le faisant partager par l'écriture en gardant le stress de ne pouvoir l'exprimer devant la feuille blanche.20090315Froire du livre et lettres.jpg

La raison n'a pas nécessairement son droit de cité dans tous les domaines de l'humain. Si la raison s'associait à l'imagination, elle mènerait au progrès de la connaissance. Rester maître des limites entre imagination et raison, évite beaucoup les confusions de parcours. L'extrapolation de l'imaginaire, vu par l'intermédiaire du texte, est la source d'innovations. Les images, elles, tournent plus par leur réalisme pour passer en finale aux phantasmes. En dehors du fait que le rêve soit une source d'inspiration et d'illusions dans le domaine de l'imaginaire, il ouvre, en dépassant le cap du souvenir, une voie curative bien réelle.

L'écriture, peu importe la forme, est une thérapie par l'imaginaire. Rencontre de l'auteur avec lui-même. La force d'esprit est affaire de boussole.

Alors, après la science fiction orientée avec le fil conducteur de son auteur, pourquoi pas de la science friction?

La thérapeutique par le cerveau est le côté positif. Pour la thérapie, il y a les médicaments mais il existe une autre technique qui procède par des artifices que l'on pourrait penser inefficace de prime abord.

L'activité scientifique cherche sa voie, par à-coups successifs d'hypothèses imaginées et d'actions d'expérimentation qui confirmeront ou non le bien-fondé de la thérapie.

Il y a déjà quelques temps, le magazine 'Sciences et Avenir' programmait un article qui avait pour titre : "L'esprit guérit le corps". On y parlait de la science neuro-endocrino-immunologie qui étudie l'effet placebo.

Ce terme est entré dans la langue française depuis 1954. La relation "malade, maladie, médecin" se trouve changée dans sa fonction. L'effet placebo prouve que l'esprit garde une grande emprise sur le corps. Par le psychisme, le seul fait que le malade veut guérir, on arrive au placebo qui sans effet pharmacologique, apporterait, néanmoins, une aide dans 25% des cas.

Son fonctionnement est inconnu. Le pouvoir de suggestion, le conditionnement (Pavlov) et l'aspect neurobiochimique par l'endorphine générée pourraient intervenir pour guérir le malade et expliquer le bénéfice pour l'homme malade. Cela marche seulement pour certains et à certains moments. Quand c'est le cas, on peut considérer le placebo comme le meilleur moyen de guérir, car il n'a évidemment pas d'effets secondaires.

Les gens anxieux sont les meilleurs patients dans ce genre de thérapie de l'irrationnelle qui reste, malgré tout, peu appréciée par le corps médical. Comme le stress peut augmenter la (mal)chance d'avoir un cancer, l'optimisme, lui, peut la diminuer. Le corps et l'esprit sont à dissocier dans les thérapies. Le corps aurait ses médicaments, l'esprit qui le contrôle, les siens.

Les placebos existent en deux catégories: les purs ou les impurs.

Les impurs sont les placebos qui ont un effet curatif parce qu'ils devraient, normalement, avoir un effet par leur teneur en agents naturels comme les vitamines, les fortifiants, les stimulants de la mémoire. Ils n'ont pas fait leur preuve d'efficacité mais, au moins, ils ne sont pas mauvais dans le fond et peuvent apporter un soutien au corps.

Les placebos "purs et durs", par contre, sont les gélules à base de lactose, d'eau sucrée et qui sont des leurres parfaits. Annoncer la couleur sauve l'éthique du médecin. Pour faire vrai, il n'est pas rare d'ajouter une date de péremption à ce genre de remède miracle. Ils n'existent pas pour tromper les patients puisque ceux-ci sont souvent avertis de ce qu'on leur administre et d'ailleurs la notice est là pour les en éclairer si besoin était. Ils sont utiles aussi pour tester, pour comparer, sur des 'cobayes' humains, des médicaments qui, eux, n'ont rien à voir avec les placebos.

L'homéopathie, quoi qu'en disent les fervents consommateurs, se trouve dans cette catégorie de moyens thérapeutiques.

Les patients aiment les médicaments, c'est un fait qui ne fait que s'accroître avec l'âge. Ils en deviennent une nourriture comme une autre demandé par l'habitude au médecin. Pour celui-ci, mieux vaut prescrire un placebo que de faire acte d'impuissance en laissant son patient s'en retourner sans lui avoir donné une prescription.

L'effet placebo (du latin : "je plairai") est défini comme l'écart positif constaté entre le résultat thérapeutique observé lors de l'administration d'un médicament et l'effet thérapeutique prévisible en fonction des données strictes de la pharmacologie. « ça marche juste parce que j'y crois »

L'effet nocebo (du latin : « je nuirai » !), c'est l'effet inverse : c'est par exemple quand des riverains d'une antenne relais ressentent des douleurs et des maux de têtes alors même que l'antenne n'est pas encore en service... L’effet nocebo est causé par la suggestion ou la croyance qu’un médicament ou un geste médical est nuisible. Le terme est devenu populaire dans les années 1990. Désigner les effets désirables par des effets indésirables, par le pouvoir de suggestion.

Le diagnostic du médecin, donné avec conviction au patient, est une opportunité pour l'aider à trouver la voie vers la guérison. Tout est une question de relation de confiance médecin-malade.

Plus fort encore, de réelles opérations placebos ont été effectuées. Bien que heureusement très marginales pour raison d'éthique, des essais ont été fructueux dans quelques cas mais, pas sur de longues périodes. Certaines opérations chirurgicales, en effet, ont parfois été soldées par un échec de l'incision qui n'a pu être suivie que par la fermeture de la plaie. Sans avoir réellement apporté réparation au mal, l'opération effectuée a parfois apporté une amélioration aux symptômes. Un autre miracle.

Les opérations sans anesthésie et sous hypnose deviennent plus courantes. TF1 en parlait récemment comme faisant partie de l'étrange. L'endormissement des patients par hypnose apporte, en effet, une solution très prometteuse aux futurs opérés qui ne supportent pas la médication de l'endormissement. (En Belgique, la Reine Fabiola n'en était qu'un cas médiatisé). Sortir du réel, de la peur pour ne plus rien sentir de son corps par le yoga et la méditation ont aussi montré le chemin du subconscient.

20070202Médecine régulée_20.jpgLe "Docteur Knock" de Jules Romain, bien que caricatural, représentait, au théâtre, ce lien de confiance aveugle entre le médecin et son patient. Lourdes reste toujours un top dans les destinations de voyage. Que l'on appelle cela foi ou espérance, cela n'a pas d'importance face aux résultats. Le miracle, c'est aussi cela, y croire.

Le Science et Vie d'avril 2008, parlait des régressions de certains cancers sans compréhension du corps médical. Les métastases disparaîtraient dans des cas inexpliqués de manière spontanées. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille oublier le dépistage, était-il rappelé. Les neuroblastomes, la leucémie, le cancer du rein, les mélanomes sont les seuls cancers qui ont pu être observé une destruction des tumeurs. Cela reste très (ou trop) rare. Le système immunitaire et la génétique seraient, dans ce cas, les voies de la recherche.

De l'imagination à l'imaginaire, il n'y a qu'un pas, ou plutôt, quelques neurones. Les images qui se retrouvent dans le premier concept sont celles de la vie ou de celle que l'on voudrait avoir. Les images que véhiculent nos neurones dans une deuxième partie, sont celles que l'on se force à avoir pour obtenir la guérison d'une maladie, l'aboutissement d'un projet.

Sur le chemin par la philosophie, avec nos pulsions autant analysées que l'est la météo, on serait peut être pas face à des cas malheureux ou heureux de notre état d'homme post-moderne.

Les phantasmes de l'imaginaire et les peurs paniques appartiennent aux risques que l'on trouve dans le monde de la finance et de la Bourse. Pourtant, celles-ci ne sont pas aussi folles que l'on croirait après les défaillances que l'on a connu récemment. Dans 80% des cas, elles sont parfaitement dans la ligne de la raison et de la logique. Elles anticipent seulement par sauts successifs, dans un jeu d'actions et de réactions. Elles ne rêvent pas.

Sans imagination, demain serait une copie conforme à aujourd'hui. Ne pas la mettre en action pour faire dévier le flux de l'inexorable du train-train, aurait un goût d'inachevé.20090526Porno à la télé.jpg

"Mais qu'est-ce que je suis venu faire dans cette galère" parole de Molière qui pourrait être remise sur notre table moderne quand il s'agit d'assurer sa vie. Est-ce encore un "Hasard du temps et de l'espace" ou plutôt une absence de raisonnement sur le comment l'appréhender? Tant de bénéfices par l'étude de ce que l'on peut réaliser avec l'imagination face à tant d'absences à la base ou, au contraire, "Drame de l'imaginaire"? 

Pour peu qu'elles soient pro-actives, les découvertes des neurosciences, seront des avancées stratégiques dans le domaine du cerveau.

Le Science et Vie de juin affirmait que son introspection est désormais visible sur écran et pas uniquement pour le médecin mais pour le patient lui-même. Avec 12 électrodes plantées dans le cerveau d'un patient malade, le "Brain TV" donne la visualisation de l'activité cérébrale de son "sondé". Le but est de déterminé quelle région du cerveau va être impliqué par l'attention, la mémoire, le langage... les fonctions cognitives. Le cerveau mis en courbes et en graphiques pour comprendre son cheminement. Localisé, le patient pourrait orienter dans une sorte de "gymnastique contrôlée" et jouer à l'acteur de ses impulsions et sentiments les plus divers. Contrôler son imagination à souhait. La contraindre, la moduler à sa guise une fois localisée et exercée, n'est ce pas le rêve de l'homme éveillé?

Ce 21ème siècle sera le siècle de l'étude du cerveau ou ne sera pas.

Quant au neurobiologiste, n'est-ce pas un métier d'avenir pour le moins.

 

L'enfoiré,

  Sur Agoravox, des thérapeutes?

  Sur CareVox, je ne pouvais pas trouver meilleur confirmation.

Article du Science et Avenir "Une sensibilité génétique au placebo"

 

Citations :
 

  • "L'imaginaire, c'est ce qui tend à devenir réel", André Breton

  • "Celui qui vit dans l'imaginaire partage plusieurs vies. Une seule lui échappe : la sienne", Marc Gendron

  • "L'imaginaire met des robes longues à nos idées courtes", Sim

  • "Quand vous lisez une page et, quand tout à coup, vous fermez les yeux et prolongez cette page par quelques images qui sont en vous, le romancier a fait office d'accoucheur de votre propre imaginaire.", Henri Bonnier

 

22/06/2009

L'Est dans tous ses états

 

L'Est dans tous ses états.jpgDans son histoire, l'Union Européenne est passée successivement à 6, 9, 12, 15, 25 et 27 membres au cours de son histoire. Événements passés plus ou moins inaperçus pour les uns avec enthousiasme pour les autres. Les flonflons ont disparus. Les élections européennes ont eu 56% d'abstentions, sans émotions et sans gloire. La crise a touché aussi l'ancien bloc de l'Est. Où en sont les bouleversements de Far East?

Après l'Europe à 27, élargie à l'Est le 1er mai 2004, et celle de 2007 avec la Roumanie et la Bulgarie, qu'en est-il après 5 ans pour les premiers et deux ans pour les plus jeunes ? Des prédécesseurs ont eu à se féliciter d'être entré dans le "grande maison", tel que la péninsule ibérique. Alors?

Beaucoup de désenchantements. Passé de 15 en 27 en Europe a eu aussi des effets contradictoires à l'Est, chez les nouveaux élus. Le véritable coup de fouet des précédents élus a été, en général, un coup dans l'eau pour les nouveaux. La fusion demandait des accords et une intégration qui n'ont pas eu lieu. La finance n'est pas tout. Le social non plus. Pratiquer l'Europe demande des règles plus uniformisées. La langue, par exemple, trait d'union entre les citoyens, toujours aussi peu commune en dehors du commerce international. Cela demandait de grosses modifications au niveau scolaire et au moins une génération pour s'y préparer. Toujours dans les limbes de l'imprécision. Mais prenons un nouveau recul en comparant ce qui est comparable.

Déjà en mars 2008, on pouvait lire « Bientôt la fin de l'Eldorado à l'est ? ». Cette idée accompagnait la grève chez Dacia avec l'âge d'or des bénéfices qui s'achevait lentement. Le manque de personnel qualifié compliquait la vie des employeurs. Les rattrapages salarials se dégonflaient.

La Hongrie, la plus au centre d'Europe des quatre, est rongée par les dettes. En recul de 3,3%. Plus de 50% de majoration sur les prets en devise. Le forin a emporté dans sa chute, ceux qui croyaient qu'au contraire, il a allait être revalorisé. Les achats de maisons étaient devenus irrationnels. On achetait jusqu'à 7 maisons. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 791 euros par mois et le chomage se limite à 7,8%. Un GEOde 1982 (N°43) parlait de Budapest, la "reine du Danube" qui voulait s'ouvrir réellement sur le monde occidental. Du rock dans la cité magyare de Franz Liszt et de Béla Bartok dans une vie culturelle intense avec 25 théâtres et 9 bibliothèques nationales. Grande cité thermale dans laquelle on débite 40 millions de litres d'eau chaud par jour pour y soigner entre autres du rhumatismes et de l'arthrite. On y joue aux échecs sur les bords de piscines. L'étau du stalinisme sautait en 1989.

La Lettonie est frappée de plein fouet par la bulle immobilière qui fera probablement école. A Riga, c'est la spéculation qui s'est emparée de la population. On construit pour le promoteur plus par besoin. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 682 euros par mois, l'inflation plafonne à 15,2% et le chomage se limite à 7,5%. Une contraction du PIB de 12%. "Elle attend une bouée de sauvetage", est-il dit.

La Slovaquie à un surnom de "Détroit à l'Est" avec ses 3 entreprises automobiles qui ont dépassé la Belgique en nombre de voitures produites. Le pays a limité la casse. Zone euro oblige. Le niveau de salaire moyen brut s'élève à 697 euros par mois, l'inflation pafonne à 3,9% et le chomage se limite à 9,6%.

Roumanie, la "Dacie heureuse" comme aime bien la définir les brochures touristiques pour faire revenir les devises et attirer la "gent capitaliste". Pas trop d'informations en provenance de ce pays. Seulement parfois des Roms ou des prostituées roumaines, mais à part cela, la Roumanie ne défraye pas trop la chronique. A la lecture d'un article sur le sujet, les souvenirs de mon voyage, me reviennent et me font presque revenir en courte culotte. Vous pensez c'était, il y a 35 ans. Je suis revenu aux photos de l'époque et cela se confirme "diablement". Les Tsiganes, Roms, gitans, ne proviennent plus de Roumanie même s'ils y ont une origine.

Huit fois la Belgique avec 22 millions d'habitants, voilà ce que représente l'heureuse Dacie. Véritable mosaïque de cultures et de langues héritées de l'histoire et de passages d'ethnies différentes. Sous le nom de "Romania", elle a été la région orientale importante de la Rome antique.

L'année 1974, quelques baux depuis et que de changements en perspectives "cavalières" ou non. Je me souviens mais depuis, je ne suis jamais retourné. Je devrai comme vous lecteur, je me dois de faire confiance à ma mémoire et, surtout, à la mise à jour.

L'Est dans tous ses états_2.jpgMamaia, sur la Mer Noire, était le lieu de vacances par excellence, à l'époque. La grande ville Constanta, proche, apportait une impression plus citadine. Pas tellement d'agences de voyage qui détournent le regard vers cet horizon, aujourd'hui. La douceur du climat type méditerranéen n'a pourtant pas changé et le thermalisme y sont toujours les atouts incontestables. La capitale reste secrète. Le Danube et son embouchure étaient la visite naturelle en pleine nature dans les catalogues d'excursions. Le patrimoine rural était là et l'est toujours. Nous étions, en 74, sous le régime dictatorial de Ceausescu. Pays le plus pauvre d'Europe, pacifique et pacifié. Endormie sous le poids de ce régime. Pas question d'entreprendre des conversations trop dirigées dans la rue. La discretion assurée. La "Securitate" pouvait se trouver derrière n'importe quel mur. Le plus grand hôtel de Mamaia, l'International, était réservé aux voitures avec plaques spéciales. Attention, faut pas, à l'intérieur, le confondre avec le confort occidental. Dans les rues, en douce, on venait auprès du touriste trop reconnaissable, pour échanger des devises à un tarif sans concurrence avec celui pratiqué par l'officiel. Le leu se transformait tout à coup en lei, son pluriel. Les magasins, eux, pratiquaient une ségrégation de fait. Touristes d'un côté, autochtones de l'autre. Nourriture top niveau pour les premiers, pour devises étrangères et en deuxième source, avec tickets de rationnement, pour les autres, quand il y en avait. Pas de mélange. Les étalages reflétaient plus encore cette différence par des tarifs dissuasifs convertis en devise. Un GEO de 1989 (N°119) titrait même "La Roumanie à la casse". On parlait de faillite. Le "Conducator", avec son culte de la personnalité obsédant, l'y avait mené en accusant les paysans de ne pas assez produire pour l'exportation. Des milliers de villages allaient être rasés et remplacés par des centre agro-industriels. Le Plan de la systématisation du dicateur et de sa nomenklatura regroupaient trois millions d'habitants dans des cités béton. On parlait déjà d'économiser. La consommation d'essence, c'était 20 litres par mois et par automobile en dehors de Bucarest. "Partidul, Ceausescu, Romania". Le peuple, lui, rêvait de sa part de glasnost et de perestroïka, enveloppé dans autre chose que des flacons vides.

Cela, c'est pour le préambule vécu dans un autre temps.

Aujourd'hui, Nicolae Ceausescu, le Génie des Carpattes entre 1969 et 1989, n'est qu'un lointain souvenir. La surprise totale pour cet homme et son épouse, d'être jugés et condamnés un Noël de 1989 et qui espéraient le fêter et garder le poste jusqu'à la fin des temps et qui ne voyait pas son peuple. Crime de la non assistance à personnes en danger.

Seul son Palais du peuple demeure, en place, comme le plus mégalomane batiment en pierre dans le monde. Depuis, plus d'une nouvelle génération veulent aller de l'avant. La révolution de ce Noël 1989 est passée par là. Vingt ans, bientôt. Une génération qui n'a même pas connu ce passé troublé et de frustrés pour la plupart des habitants. Un élan de faire table rase du passé partout dans le monde se terminait en point d'orgue par une véritable révolution inattendue.

Année de tous les dangers que celle-là. Il faut dire que l'année 89 a été fertile en événements d'insurrections. Les plus marquants, la Chine, d'abord, qui, dans le sang, avait raté son entrée dans le monde des vivants. L'écroulement du monde soviétique, ensuite, avec le mur de Berlin, comme point d'orgue. La RDA, pure et dure, et le mur de Berlin tombaient en poussières, du même coup. Dans le détail, il y eu aussi: L'Afghanistan qui se débarrassait de l'armée rouge. L'ayatollah Khomeiny en Iran, qui lançait sa fatwa sur l'écrivain britannique d'origine indienne, Salman Rushdie. Boris Eltsine, en URSS, qui apparaissait pour la première fois sur la scène publique avec des réformes sous le bras tandis que Gorbatchev s'évertuait avec sa perestroïka sous les aiselles et visitait Pékin. Yasser Arafat devenait chef d'état. En France, la Corse était au bord de l'insurrection en fêtant son bicentenaire. Belfast était sur les genoux, après 20 ans de guerre d'usure. De Klerk, en Afrique du Sud, qui promettait une "nouvelle ère" multiraciale. On découvrait un non-communiste à la tête de la Pologne. La Hongrie ne restait plus cette tache blanche habituelle, sur la carte. Les Vietnamiens qui quittaient le Cambodge et espèraient retrouver la paix après 50 ans de guerre.

Le Père Noël avait eu la Roumanie dans sa hotte révolutionnaire pour fermer le bal de cette année très chaude.

L'Est dans tous ses états_4.jpgLes brochures de tourisme n'ont pas ou plus beaucoup, les destinations de l'Est dans leurs feuilles pleines de couleurs. Les horizons bleutés de la Méditerranée et son charme attirent plus. La Roumanie est absente, tandis la Croatie renait de ses cendres en pleurant les morts de la grande Yougoslavie dans les années 90. Ce n'est que la crise actuelle, un peu d'attrait vers la culture exotique qui pour des raisons économiques abattra, peut-être, les frontières de l'hésitation au retour vers l'Est.

Non, après cette année-là, rien n'était plus comme avant à l'Est.

Sur les côtes, le réveil a été le plus visible.

L'Est dans tous ses états_1.jpgDans la Roumanie de l'intérieur rurale, on utilise encore l'adjectif "ancestral". La pauvreté a toujours freiné le modernisme. Les agriculteurs cultivent avec les moyens les plus vétustes et le cheval remplace le tracteur des pays voisins. Les routes sont elles encore plus traversées par vaches, oies et canards que par les voitures. Dans le village, cela n'empêche pas la joie de vivre et de pousser l'hospitalité à sa valeur originelle. La terre est cultivée avec la panoplie d'outils que l'on ne reconnait plus chez que dans les musées. Le rythme de la tradition se traîne au ralenti, hors du temps. Les fêtes folkloriques ne sont pas maintenues par le tourisme mais pour garder la cohésion et le respect de la religion et de la crainte de la sorcellerie. Elles trouvent leur apothéose à la Noël oubliant la simplicité de tous les jours. Sourire garanti et gratuit.

Du côté des jeunes, la volonté de s'expatrier est endémique. En réaction à cette fuite des cerveaux, le gouvernement tergiverse sur les moyens de la contenir. Une augmentation des salaires est considérée comme un risque d'inflation. Entre temps, de jeunes informaticiens essayent de s'immiscer dans les filières très rentables d'internet, mais pas toujours très honnêtes. La piraterie moderne est entrée dans les moeurs. Informatique et internet leurs outils de pénétration dans le monde de l'innocence occidentale.

L'Est dans tous ses états_3.jpgEn dehors de cette ruralité charmante, les attraits touristiques sont nombreux. Le Nord avec les monastères et églises de bois peint. L'Est avec le delta du Danube en pleine nature avec tous les oiseaux possibles cachés derrière les joncs. Au centre, la ville de Sibiu qui partage le titre de ville de culture avec Luxembourg en 2007. Un héritage médiéval avec places fortifiées explique ce choix et aussi grâce à la présence de banques qui ajoutent à la ressemblance plus moderne entre les 2 villes d'Europe. Le moyen âge se retrouve aussi dans la ville Sighisoara, véritable musée à ciel ouvert, inscrite au patrimoine de l'Unesco. Pour les passionnés de l'étrange, le château de Bran avec le fantôme du comte de Dracula comme hôte des lieux. Sorti de l'imagination d'un écrivain qui avait pris pour modèle le comte sanguinaire de Vlad. Au Sud, la capitale Bucarest est qualifiée de "Petit Paris", "petit" qui compte malgré tout 2 millions d'habitants. Au détour des grandes avenues et des fontaines, musées, théâtres, son palais immense, devenu le Parlement, érigé à la gloire du dernier dictateur mégalomane qu'était Ceausescu.

 

L'Est dans tous ses états_Vote fin 2008.jpgLes Roumains votaient en décembre 2008, lors d'élections législatives marquées par un duel serré entre la gauche social-démocrate (PSD) et la droite démocrate-libérale (PDL), et une faible participation (19,84%, soit bien en-deça des taux enregistrés à la même heure lors des législatives de 2004 (27,18%) et de 2000 (27,25%). Quelque 18 millions de Roumains étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement, avec en jeu 315 postes de députés et 137 de sénateurs, selon un nouveau mode de scrutin à un tour combinant le vote uninominal avec le vote sur listes.

 

Un pays avec un pied dans le futur à l'Ouest et un dans le passé à l'Est. Enfin, presque, un pied... parce que l'agriculture est encore la meilleure manière de tenir la forme.

20090619Campagne et moteurs.jpgIl faudrait peut-être renverser l'idée que l'Ouest est la terre promise. Noêl prochain, 20 ans après sa révolution, la Belle au Bois Dormant aura-t-elle trouvé son prince? Pas sûr, du tout.

C'est désormais la grande braderie des faillites à bord, comme nous venons de le voir. Les prédateurs sont assoiffés des bonnes affaires. Les "prédatés" resteront piratés. A l'Est comme à l'Ouest, rien de nouveau de chaque côté d'une frontière, toujours efficace, mais qui est, seulement, devenue plus virtuelle que physique.

La maxime est devenue "Dis-moi par qui tu es fréquenté, je te dirai qui tu es".L'Est dans tous ses états_5.jpg

 

Paul Valéry, lui, disait :

"Le moderne se contente de peu".

Tout est question d'époque et de mentalités. Ca ne se choisit pas l'endroit où l'on naît et le milieu que l'on fréquente. Une idéologie, ça ne se conquiert pas dans l'espace d'un "Far East" et des rêves, mais plutôt dans le temps, les sacrifices, la solidarité, la clarification des buts et de leurs suivis en parlant d'une seule voix.

Et si la Russie demandait, un jour, d'entrer dans l'Union européenne?

GazProm, cela vous rappelle certains problèmes d'approvisionnement?

Anti-américains, certains pays européens le sont. Alors pourquoi pas? Un gros morceau à avaler, la Russie, ça, c'est sûr. 

Si pour la Turquie, c'est plus contestable, la Russie, elle, en fait bien partie de l'Europe géographiquement.

 

L'Enfoiré,

Opinions d'une habituée

Sur Agoravox, d'autres habitués de l'Est

  

Citations:

 

  • "Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce qu'on a", Proverbe roumain

  • "Il n'est plus proche parents qu'une bourse pleine et un sac de farine", Proverbe roumain

  • "Le changement de chef fait la joie des sots.", Proverbe roumain

 

 

14/06/2009

Qui mène la danse?

Dans la presse, on s'interroge de plus en plus, de qui sont les meneurs de notre monde. Et si c'était nous?

Qui mène la danse.jpgIl y a d'abord eu le trimestriel "Dossiers secrets d'Etat" qui lançait son enquête sous forme d'interview et avait pour titre "Les vrais dirigeants de la planète". Ce genre d'informations est à la mode. Le mystère est à l'honneur. On aime.

Daniel Estulin a mené l'enquête sur des groupes occultes. Il avait un grand père colonel au KGB, disait-il et ceci donnerait un certain crédit à ses déclarations. Il était interrogé sur les groupes qui prennent les décisions au plus haut niveau et souvent dans l'ombre: le Groupe Bilderberg qui aurait agit dans l'ombre lors de la Conférence du G20. La question était de savoir si le Monde allait vers une oligarchie au niveau mondial.

Dans le passé, Cecil Rhodes, en 1891, créait le "Cercle des Initiés". Lord Milner représentant les Rothschild, change le nom en "Round Table Group" avec Mandel House, John Maynard Keynes, Arnold Toynbee et John Foster Dulles. Nouvelle scission entre "Council on Foreign Relations" (CFR), version américain et "Royal Institute of International Affairs" (RIIA), version anglaise. Des noms tels que Zbigniew Brzezinski, Milton Friedman, Henry Kravis apparaissaient et se retrouvaient désignées dans les personnes qui feraient partie du Groupe.

Estulin définissait le groupe Biderberg comme une compagnie en cartel qui contrôle les marchés, les ressources naturelles et de ce fait, les populations du monde. Le prétexte serait "la guerre contre la terreur" selon la "Stratégie du Choc" de Naomi Klein. Sulfureux, pour le moins. Donc, j'utiliserai le temps "conditionnel" dans la transmission de ses informations.

Obama et Madame Clinton, en pleine campagne, auraient été invités le 8 juin 2008 à l'hôtel Mariotte de Chantilly en Virginie. Invitation qui leur aurait présenté la situation à mener: "changer dans la continuation de la politique". Madame Clinton aurait été incitée à laisser passer Obama. Préconise un changements dans la forme mais pas dans la structure, ni dans la stratégie à suivre. La crise actuelle aurait même été décidée pour répondre au péril du monde et la pénurie de pétrole et de ressources naturelles qui s'annonçaient. Il fallait, dès lors, détruire la demande et l'économie de marché qui s'emballait à leurs yeux. Ce fut donc comme conclusion: plus de voyages, plus de dépenses et halte à la croissance comme le pense Paul Volcker (video)

Daniel Estulin essayait d'en rechercher les fondements derrière la gestion du monde au cas par cas en fonction des pénuries grandissantes des ressources et de la population mondiale en augmentation. On estimait, en 1974, que la population mondiale atteindrait 40 milliards d'individus en 2050. Nous approchons aujourd'hui les 7 milliards. Donc la consommation mondiale pourrait dépasser l'évolution normale mais pas dans des proportions alarmistes. Les matières premières s'épuisent, d'accord. Pénurie oblige, organiser des manques, sciemment, par une crise semblerait une méthode qui tiendrait la route. Le transfert des richesses en 1929 des pauvres vers les riches donnait le coup d'envoi vers l'expansion des richesses. Une récupération des richesses par les classes moyennes a donné des ailes à plus de citoyens. Retour de flamme, aujourd'hui, tout requiert du pétrole et des matières premières. Ceux-ci viennent à manquer. Réaction de précaution, couper les robinets, quitte à créer une crise, quand, trop scotchés sur cette évolution expanssioniste, l'augmentation du prix ne suffit pas pour changer les habitudes assez vite. La flambée des prix des matières premières devait suivre pour endiguer la dette extérieure cumulée de 122 pays en voies de développement que ne peut assumer le FMI (2100 milliards de dollars). Imposer des plans dits d'ajustements structurels était devenus insupportables. Il fallait détruire cette demande et donc l'économie pour suivre le raisonnement. La consommation serait désormais prohibée. On ne voyagerait plus. Ce serait halte à la croissance. Retour à l'homme nu. Au besoin, pour les plus malchanceux, laisser crever de faim pour régler le problème de la démographie galopante par la même occasion. Le traumatisme des pays africains était couvert par les médias, ça, c'était pour la pub. La souffrance humaine retrouverait seulement des acteurs sauveurs dans les aides humanitaires mais avec un contrôle sous-jaçant efficace et peut-être moins altruiste qu'il n'y parait. La guerre pour entretenir le besoin. Les machines des ONG et de l'ONU ont des milliards de dollars en jeu. La philanthropie se cacherait derrière des Fondations pour raison fiscales. L'OLS (Organisation Lifeline Sudan) aurait aidé autant l'humanitaire que le militaire en étant impliqué d'une manière ou d'une autre dans le trafic d'armes. Des implications dans les rébellion SPLA (armes contre nourriture) s'ajouterait à la propagande émotionnelle. Les catastrophes seraient ainsi rentables. Clandestins et réseaux d'agences de renseignements assureraient le contrôle géopolitique. Infrastructure solide en compétitions les unes avec les autres comme des soldats de l'humanitaire. 17 années d'exercices en Éthiopie et au Congo n'ont apporté que des emplâtres mais pas de solution finale. Véritable auto-alimentation en vase clos. "Sauver le Darfour" appartient à la sphère d'influence anglo-américaine dans l'esprit d'une reconstruction après la guerre. Un plan qui privilégierait l'agriculture d'exportation au détriment des cultures vivrières. Le coton, le cacao, l'huile pour assurer les devises, comme planche de salut, or ni les intérêts ni les amortissements de la dette extérieur ne pourrait être financé en monnaie locale. Ni le riz, ni le manioc pour manger donc qui eux viendraient par l'importation. De la canne à sucre et du coton pour l'exportation. La nourriture, importée. Épidémies et faim, eau polluée, guerres civiles, ne seraient que les effets collatéraux. En arrière plan, les marchés gris feraient circuler les armes de la sophistication. Des budgets qui seraient, heureusement, plus souvent augmentés que diminués. Un contrôle des armes nucléaires est pratiquement inexistant ou entravé par une foule d'entorses à la règle. Un problème: la paix nucléaire par l'égalité de la terreur ne fonctionne que quand les peuples tiennent à la vie. 20090518Dieu et le Standard.jpgQuand Dieu offre une autre voie, cela ne fait plus partie du "jeu". Les Salafistes, Al Qaida n'en ont cure de cet équilibre de la terreur. Il faudrait donc les museler avec doigté.

Pour se faire, il faudrait préconiser la reconquête de l'identité, de la mémoire historique. Dès lors, diviser pour régner deviendrait la meilleure manière de garder ce contrôle. Les cultures feraient partie du pouvoir et il faudrait, donc, les conserver mais séparés. Le racisme se construirait par la culture, par la souveraineté à conserver coûte que coûte. La haine viscérale comme à priori. Plus de voyages, cela permettrait d'institutionnaliser la peur de l'autre, l'inconnu, l'étranger. Les justices du monde n'ont ni les budgets, ni les pouvoirs de faire exercer leurs punitions. C'est à eux, à ces maîtres du monde, de maintenir la bride sur le cou en organisant les crises démoralisantes. Nous approchons de la nouvelle théorie du complot mondial. Cette fois, le mot d'ordre serait : "Yes, we cannot". Thèse très dure, défendable par un pragmatisme extrême dans un nouveau malthusianisme à la recherche d'un bonheur trop restrictif aux élites.

Une autre réunion de Bilderberg aurait eu lieu en Grèce en 2009, le 18 mai. Encore une fois, black-out complet.Aucun journaliste en présence n'étaient autorisés. David Rockefeller (video), Henry Kissinger (video), Henry Kravis (video) étaient du nombre. Le secret, comme je le disais, fait peur et fascine.

Le Nouvel Obs sortait fin mai, un premier article sur les "Réseaux qui ont le pouvoir aujourd'hui". Deux semaines plus tard, un second qui parlait des "Maîtres de Vie", en parlant de Socrate, de Jésus et de Bouddha. La voie temporelle opposée à la voie spirituelle ou le même combat de conquête?

Dans le temporel, on parlait de ce qui se passe en France au "Club des 22" et bien d'autres associations qui agissent en réseaux. Vieille tradition importée d'Angleterre au Siècle des Lumières, était-il dit. Rien qu'un centre d'intérêts communs pour inciter à se réunir dans une certaine périodicité. Les francs-maçons ne sont que l'un d'entre eux, à jouer dans la confidence. Peuples des élus comme ceux de l'Arche de Noé qui le furent à un autre âge. Une idée de prix de Groupe, conception élitiste, poussée dans ces derniers fondements de l'homme grégaire mais qui ne peut trouver par lui-même les solutions à ses problèmes. Rien de trop méchant, seulement un renversement des instincts à son propre usage, à sa propre idéologie. Le Siècle, un accélérateur à l'étage le plus élevé de la société française. Sarkozy ne ferait part, d'après l'article, d'aucun groupement, et pourtant il pèse en chef d'orchestre à distance au dessus de la mêlée. L'entraide et la solidarité, en surface, et privilèges, passe-droits et copinage, sous elle. "Les Trotskistes des années 70 sont au cœur de la communication et des affaires", cela pour le passé.

Qui mène la danse Maconnerie.jpgLa franc-maçonnerie ne connaît pas la crise, elle pourrait même l'a créer si elle suit ses principes énoncés officiellement. Le Grand-Orient de France serait à l'offensive contre le fichier liberticide d'Edvige et pousserait à retourner à l'esprit républicain. Un "État dans l'État" sous le chapeau de la laïcité et des idéaux de la démocratie ou plutôt pour la recentrer dans des mains particulières? Frères en business, c'est sûr. Les sociétés mystérieuses comme la Franc-maçonnerie ne manque pas de susciter la curiosité. Elle a son musée à Bruxelles vu son passé très présent dans le pays. Légendes, secrets, idées farfelues et icônes entretiennent toujours les mythes. Issue des corporations de métiers de la construction en Écosse et en Angleterre au 18ème siècle, la franc-maçonnerie avait, initialement, un objectif de "construire une société meilleure en s'améliorant soi-même". Temples avec cérémonial qui ne s'écartent pas tellement de ceux qui ont le principe religieux comme maître. Styles pyramidaux avec l'Égypte comme modèle. Buzz Aldrin a posé le premier pied maçon sur la Lune.

Les partis politiques, eux, sont débordés par les réseaux d'affaires, les tribus du web, de l'écologie ou du showbiz, avec un PDG à l'Élysée. Cela en n'oubliant pas les lobbies.

Jusqu'à quel point la société en réseaux dévoie-t-elle la démocratie? Voilà une question de base à géométrie variable. Peuples d'élus ou moutons de Panurges sous une toile moins visible que celle d'Internet ou avec son concours? Les réseaux sociaux contre les réseaux occultes ou une mixité des deux dans une intégration insensible?

Le Nouvel Obs énonçait les différences de concepts entre la pensée anglo-saxone et française.

La pensée américaine serait que "Les intérêts particuliers aboutissent-ils, ensuite, à l'intérêt général".

La démocratie à la française serait plutôt du style qu'"A trop faire l'apologie de l'intérêt général dans un souci d'égalité et d'unité, notre société suscite mécaniquement la constitution de réseaux qui défendent les intérêts particuliers", comme l'écrivait l'historien, Frédéric Lazorthes.

Les réseaux ont le côté de positif qu'ils se renouvellent en permanence. Une réponse de la logique? Tout dépend de savoir où ils trouvent leurs bénéfices à coup sûr, sur terre ou dans une autre vie. Question existentielle, avec une réponse philosophique ou religieuse. Une question de Foi et de Voie.

Mais, faisons un pas de recul. Chacun ne chercherait-il pas son Maître à penser ou à danser? Découvrir les secrets de cette prise de conscience et les pointer du doigt, n'est apparemment pas une affaire du secret d'état puisqu'ils se retrouvent dans la presse spécialisée. Connaitre le phénomène ou le processus n'inquiète pas le citoyen outre mesure. Se regrouper pour dominer le monde, a toujours été la puissance de certains pour régner par la Voie temporelle royale et terrestre ou par la Foi spirituelle envers les Dieux? L'homme à la recherche d'un gouverneur de sa vie, d'un gestionnaire de lui-même? La démocratie, elle, a été offerte dans beaucoup de pays pour s'auto-réguler par la gestion temporelle. Porte paroles, représentants ont dès lors la bride sur le cou. Ce sont devenus des idoles, des élites adulées ou, au contraire, traitées comme les plus vils. On a peur de leur décision, tout en les souhaitant. C'est à eux de juger et à nous de donner l'absolution. Le vote est à disposition du citoyen pour juger le travail effectué à ces seuls moments précis, lors des élections. Hors, dans mon article "Les mystères du monde", je décrivais le phénomène de rejet des élections derrière le surréalisme. Mais, en réalité, il jouait un rôle très réel d'après les Résultats: une abstention record

20090611Abstentions.jpgPour justifier cette attitude, on découvre la réaction naturelle "rien ne changera", "manque de moyens". Probablement, aussi, une justification du désintérêt, plus insidieusement, suite à la peur des responsabilités, de risques de se tromper, de mal choisir son candidat et de se voir confronter à la risée des gagnants? L'abstention, due à la complexité des institutions? De plus en plus, compliquées. Pour le citoyen, ne pas se sentir concerné, cache un phénomène plus fondamental. La délégation à plus qualifié. Un nouveau problème de l'éducation du civisme. La création sd'une élite qui va jouer le rôle de la sécurisation, par personne interposée. 

Dans le règne animal, il y avait les fourmis, les abeilles qui élisent une reine pour sécuriser la ruche ou le terrier.

Avons-nous progressé avec nos neurones supplémentaires par rapport aux animaux? Sommes-nous devenus plus libres ou, plutôt, devenus obligatoirement et définitivement des zombies que le travail fait sombrer dans l'aveuglement ou que la consommation rend muet avec le bourdonnement pour seul réponse comme ces gentilles bestioles qui nous en font la démonstration? En d'autres mots, n'aimons-nous pas à être commandés, à être drillés, à être insensiblement contrôlés même s'ils sont contestés en vrac ou en surface dans les apparences?

Les élites du pouvoir seraient-ils assez fous comme cavaliers de l'Apocalypse pour détruire la planète sur laquelle ils vivent et essayent-ils de vivre au mieux pour eux mêmes et pour la préserver pour leur progénitures dans une évolution contrôlée? Seraient-ils aussi assez fous pour ne pas profiter de cette apathie ou dans l'autre versant, d'une idolâtrie innocente chez les autres? Quand on regarde la vidéo de David Rockefeller, il parlait de gouvernement du monde par le peuple afin que tout le monde travaille et collabore ensemble, élu par le peuple du monde et pas "des" peuples du monde. Propagande vu le secret qui entoure ce besoin ou conviction simpliste voir volontairement innocente? Les convictions d'idées et de programmes sont toujours plus importantes que les idôles médiatisées.   

Mais attention, l'abstention et l'activisme sans garde-fous se complètent harmonieusement morphologiquement avec des travers similaires. Soit, on ne veut pas "jouer le jeu", soit on s'y accroche jusqu'à en perdre son âme critique. Dans toutes les élections, on observe les deux phénomènes avec des extrémismes qui laissent perplexe.

L'instinct de conservation restera le seul décideur en chef d'orchestre de l'espèce. Bernard Weber après avoir coudoyé de près les fourmis dans sa trilogie, se lançait plus récemment dans son dernier livre, le "Mystère des Dieux".

A-t-il choisi entre se retrancher dans le zoo ou se perdre dans la jungle.

Rien qu'un choix de société et de vie ou, peut-être, une troisième voie plus médiane et plus réfléchie.

20090618Elections Iran.jpgUne leçon de démocratie iranienne? Ou une nouvelle lutte de classes sauce iranienne?20090622Iran circulez.jpg

Le pouvoir, là-bas, on sait où il est.


L'enfoiré,

 

Sur Agoravox, des danseurs?

 

 

Citations:

  •  "Les Français ont horreur des inégalités mais adorent les privilèges. Les inégalités, c'est le nom qu'ils donnent aux privilèges des autres", Anne Roumanoff .

  •  « Danser est le fin mot de vivre et c'est par danser aussi soi-même qu'on peut seulement connaître quoi que ce soit : il faut s'approcher en dansant. », Jean Dubuffet

  • « La danse est une cage où l'on apprend l'oiseau. », Claude Nougaro

 

06/06/2009

Compétitivité rabotée

 Compétitivité rabotée_44.jpgLes comparaisons de compétitivité entre les pays ne manquent jamais dans la presse officielle. La petite Belgique est en phase de repli. Il faut oser l'avouer dans un style paradisiaque ou parodique. La crise, en trouble-fête, a plombé les équilibres les plus harmonieux.

Début 2007, on parlait de nouvelles statistiques belges. 2007.jpg

La Belgique, un des pays de la soi-disante « Vieille Europe », glissait de plusieurs places dans le classement des "Rambos de la concurrence mondiale". La grogne, parmi nos chefs d’entreprises, était latente et allait reprendre du gallon dans sa logique d'entreprise.

Suivant le raisonnement, nous n'étions plus assez compétitifs à cause du manque de décisions courageuses et difficiles. Cela faisait un peu peur, mais... Quelles décisions avaient-ils, déjà, en tête. Quelles couleuvres allaient-ils encore nous faire avaler et nous « obliger » à admettre?

Les autres bougent et plus nous. A cause de nos rigidités, nous perdons des parts de marché et le taux de nos exportations dégringole. Les initiatives de soutien public aux PME viennent à manquer ou sont trop molles. La flexibilité sur notre marché du travail n’est plus à la hauteur. Assurer le maintien de l’emploi n’est plus possible dans un tel contexte. Notre niveau de syndicalisation est particulièrement élevé et ajoute une couche à notre immobilisme et explique notre vitesse réduite. Les différentes familles politiques complètent le sombre tableau par manque d’accord et de consensus d’idées. Une réforme drastique est obligatoire sous peine de faillite de nos institutions sociales et de nos productions.

Des statistiques de janvier 2007 établissaient que la Belgique restait en queue de peloton présenté par les entrepreneurs (2,73%). Il y avait moins d'opportunités et d'esprit d'entreprise pour justifier cette pénurie d'entrepreneurs. Pourtant, les recettes fiscales belges étaient dans le top 3 européen (selon Eurostat) derrière la Suède et le Danemark. En 2005, cela représentait même 47,7% du PIB.

Compétitivité rabotée_13.jpgToujours les mêmes rengaines, pouvait-on, en conclure. Le Bureau du Plan n'était pas en reste pour "accuser" la population d'un laisser-aller. Était-ce le mal du siècle? Quelles initiatives à notre portée pour changer, d'ailleurs? Le pied était déjà au plancher, pensait le travailleur. La douche écossaise tiédissait à la longue. Et puis, il restait le pommeau de la grève à cette douche. La presse n'était pas plus tendre avec les nerfs des travailleurs en donnant, tour à tour, des bons et des mauvais points. Il faut dire qu'elle, aussi, subissait les aléas dans sa mobilité propre.

Mais, en finale, les interlocuteurs sociaux se serrèrent la main et se fixèrent une date dans l'agenda. Match nul, partie remise.

Le vieillissement de notre population demandait une attention de tous les instants et les fins de carrières étaient à l'ordre du jour de beaucoup de discussions entre le patronat et les syndicats. "Papy boom" oblige. Mais il y avait le fameux "Pacte des Générations". Les impôts sont élevés, chez nous, mais il y a des dérivatifs. Le parc des voitures de sociétés, en est un. Les avantages en natures remplacent une part des salaires.

Tous des enfants gâtés de chaque côté des barrières! On vivait très bien, peut-être trop, mais on ne le savait pas encore. Entre rassurer ou jeter la pierre, fallait, tout de même, choisir. Le Belge et son savoir s'exportaient pourtant très bien, disait-on. Ouf.

Compétitivité rabotée_87.jpgLa Belgique était connue comme un pays à coûts salariaux élevés, une disponibilité du personnel qualifié se situant bien, avec une infrastructure de qualité au climat socio-économique stable et à la productivité moyenne plus élevée mais qui n'était plus compensé, apparemment, par la situation. Certains râlaient que nous étions responsables de ne pas accepter raboter nos salaires, d'être trop attaché au "home sweet home". Quand, on connaissait le prix de ce « home » et de ce qu'à coûté nos avantages sociaux au cours d'une histoire déprimante des 19ème et 20ème siècles, faut pas rêver. D'ailleurs, au sommet, on ne jouait pas autrement. Les parachutes ne sont pas dorés pour tout le monde.

20070118Sabena Caisses Noires.jpgBruxelles, avec sa position de capitale de l'Europe, était reconnue à l'époque comme la 4ème ville d'Europe la plus attractive pour les entreprises. Le problème, c'est qu'un des critères pour analyser la bonne santé d'un pays se fait grâce au niveau de la consommation de ses habitants. Le pouvoir d'achat commençait à diminuer, la dégringolade de la consommation, on en était encore loin, mais la démotivation faisait partie de l'ensemble était programmée. Ce n'était pas chez les économies émergentes de l'Europe de l'Est ou de l'Asie qui pouvaient prendre en charge la consommation de nos produits. Ceux qu'ils nous envoyaient, étaient peut-être chouette et à petits prix, mais, rien de très éternel dans leur usage.

"Il faut mieux vendre la Belgique à l'extérieur", disait Didier Reynders, Ministre de Finances, en tournée en Chine. Il avait toujours le mot pour rire. Nos atouts existaient très certainement mais vendre nos produits chez ces Chinois, c'était pas demain la veille.

Encore une fois, donner des points, bons ou mauvais en élèves du progrès. Cela rajeunit les esprits mais pas les muscles.

Au palmarès des champions de la compétitivité, les meilleures places étaient occupées par les pays du scandinaves. En "Number One", pour la 3ème année consécutive, la Finlande, prenait la place de la référence au sommet de podium. Compétitivité rabotée_12.jpgNous nous retrouvions, nous, bon 31ème, dégringolant, de 6 places. Le dérapage, si cela pouvait consoler, était identique chez les pays limitrophes. La Norvège, elle, pouvait toujours compter sur son pétrole. Ce n'était pas une petite différence que d'avoir le pétrole et les idées.

"Belgique, ta compétitivité f... le camp", titrait le journal l'Écho, en pleine débâcle. La raison majeure de l’écart avec les pays jouissant des premières places, c’était que ces derniers pays n’avaient, probablement pas, des intérêts à payer pour les dettes publiques tous les ans. Donc, toutes latitudes pour investir toutes entrées fiscales dans le développement et la recherche. Les largesses du passé nous coûtaient encore des déboires pour de nombreuses années. Les problèmes budgétaires, c'était pas une petite bière. Mais, tant qu'on à la confiance. La cigale de jadis devait encore se serrer la ceinture. La cigale pouvait toujours la desserrer et prendre son envol, plus tard. CCompétitivité rabotée_BudgetEquilibré.jpgela faisait quelques années que ce budget belge était néanmoins en équilibre même si certaines potions magiques avaient été nécessaires telles que la DLU.

« Nous étions timides, mais nous nous soignions! ». Notre dette diminuait d’année en année, mais, peut-être, à un rythme qui ne correspondait pas au progrès de nos challengers économiques. Dette interne, payée par "nouzaut", les belges, avec nos Bons d'États et nos impôts des contribuables. Faut pas se tromper, pas d'impact vers l'extérieur. "Ça ira mieux demain", chantait Annie Cordy. Tant qu'il y a de la sauce, il y a de l'espoir.

Ils sont toujours aussi fous, ces Romains. Ils le disaient "que de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". Ce n'est peut-être pas de bravoure au menu, ces derniers temps...

20070905Pays d'explorateur.jpgPour doper la productivité, tant l'innovation que la diffusion des technologies avait un rôle important à jouer. Par rapport aux États-Unis, notre manque de flexibilité et de dynamisme était souvent mis en avant pour expliquer notre problème de croissance. La politique fiscale et monétaire américaine, beaucoup plus activiste, subissait aussi un dramatique gonflement du déficit de leur balance courante des paiements. G.W. Bush creusait et finançait sa guerre en Irak toujours sur le compte des prêteurs à gages chinois.Compétitivité rabotée_Wallonie.jpg Leur déficit monstrueux pour des buts très peu solidaires entre les citoyens de leur pays, c'était leur problème! Le gâchis ne semblait même pas les effleurer. N'est pas "US" qui veut, même si un retour de flamme ressortait de plus en plus dans la presse.

Mais, revenons sur ce pays qui prenait la place d’honneur au palmarès des bons élèves de l'Europe.

La Finlande avait donc mérité la médaille d’or. Et, de l’or symbolique par habitant, elle en avait quelques pépites. La Finlande, pays de quelques 338.145 km2 à la population autour de 5,3 millions d’habitants (densité de 17,25 habitants par km2) et une démographie qui augmentait à vitesse réduite mais constante. Le pays de Nokia possédait un parlement unicaméral constituant constitutionnellement l’autorité législative suprême. On y parlait le Finnois et l'Anglais comme langue secondaire obligatoire.

On oubliait, tout de même, d'où venait la Finlande. Avant Nokia, ils ont eu aussi une crise qui était plus profonde que la crise actuelle en Belgique. Le modèle finlandais sans procédure de redressement préliminaire, faut pas nous la faire. Fallait pas jouer les "dikkenek".

Pour tous les Finnois, un matelas solide de couronnes même eurotisées, ça se trouve pas sous le sabot d'un renne. La sécu pour retraités, même en Finlande, au niveau correspondant à celui dont ils jouissaient pendant leur vie active, c'est pas des cacahuètes. La transparence de l'activité politique le désignait comme le pays le moins corrompu. Dociles, les recettes fiscales étaient très élevées et bien comprises telles quelles par la population, mais elles étaient dépensées ensuite à bon escient, en connaissance. L'économie en profitait en premier lieu, suivie par les infrastructures et l'éducation qui restait l'idée maîtresse de l'avenir. La maîtrise du budget sans dettes du passé donnait, sans conteste, un confort très productif. La différence importante se retrouvait dans la partie du "gâteau" beaucoup plus important allouée par les Finnois à la R&D. Cela se comprendrait, paraît-il, par une excellence gestion.

La Belgique, 30.528 km2 et presque 11 millions d'habitants. Une densité de 346 habitants par km2 et ayant 3 communautés concurrentielles et 3 langues officielles en plus de l’anglais comme langue du commerce. Mais alors question politique, une imbrication pas possible décidée à la proportionnelle. Un mal, ce dernier point? Non, démocratiquement, plus conforme à la représentation des électeurs, mais, certainement, plus lourd à mettre en place. Les compromis, on aime et on est reconnu comme spécialiste, mais il fallait en trouver la sortie. Bruxelles restait la moelle épinière, même si elle fait râler plus d'un, même avec sa raideur désargentée. Un Nokia belge ou quelque chose de similaire, bien à nous, serait une des priorités du nouveau Le Plan Marshall en Wallonie. La Flandre, elle, semblait jouer sur plus le velours, avec des usines aux nombreux travailleurs. En parallèle, dans le monde la technologie, la Belgique se redressait, la productivité était en hausse par rapport à l'année précédente. Tout semblait, donc, aller dans le bon sens. Pas, vraiment cependant.

Le « chief economist d'Agoria », Remi Boelaert, concernant les Technologies de l'Information et des Communications, ajoutait un nouveau vocable à ce que les informaticiens ressentaient depuis quelques temps avec les pertes d'emplois. La "délocalisation". Elle ne se suffisait pas en tant que telle, elle devait s'affubler du nouvel adjectif de "rampante". L'amélioration ne serait ainsi que toute théorique quand on voyait dans la pratique que les sociétés occidentales n'investissaient plus là où elles travaillaient mais étaient conquises par le charme des Pays de l'est ou d'Asie.

Mais, la valse des bonnes et de mauvaises nouvelles continuait. En octobre 2007, on apprenait que les faillites avaient explosé. Les problèmes politiques à la recherche d'un gouvernement pendant plus de six mois y étaient pour quelque chose. Après la valse sadomasochiste politique que nous avions vécue en Belgique, rien d'anormal.

L'interview de Bernard Hanin, président de l'association des économistes de l'Université Catholique de Louvain, paraissait presque obsolète, trop euphorique. Il avait publié les actes d'un colloque sur l'économie wallonne et l'analyse du plan Marshall wallon. Il en ressortait qu'à l'occasion des 25 ans de l'Association des économistes, il fallait réunir un certain nombre d'économistes de Louvain ainsi que d'anciens économistes qui étaient surtout de terrain et de voir ce lien entre l'académique et les activités, l'expérience de terrain autour d'un plan jeune, qui se mettait en place petit à petit et qui a le mérite de vouloir rassembler l'ensemble des forces vives de la Région wallonne toutes ensembles, de vouloir travailler dans la même direction avec cinq axes prioritaires, sectoriels vraiment importants: science du vivant, aéronautique, aéronautique, aérospatial, transport et logistique, agroalimentaire et génie mécanique comme « core business ». Les pôles de compétitivité, surtout, le privé, le public et l'académique pour se trouver face à une Wallonie qui est constituée d'une myriade de petites entités. Tout une programme, que je n'oserais couper tellement l'enthousiasme fait du bien :

20070601R ONU.jpgLa Belgique est un pays assez spécial qui, vu de l'intérieur, donne l'impression qu'on ne se vend pas bien et c'est vrai que notre faire-savoir, notre image de marque sont un peu difficile. Je me souviens en Arabie, la société Bouygues, bien connue chez nous, venait recruter en Belgique des ingénieurs belges pour travailler sur les chantiers arabes parce que on parlait l'anglais et parce que le Belge a une image vraiment de personne professionnelle et bien formée. De l'extérieur, la Belgique est finalement très bien cotée et je veux oublier tout ce qu'on entend souvent: le chocolat, la bière etc… Nous avons aussi dans notre valise. Bruxelles est très clairement un pôle attractif et un pôle connu ne fût-ce que par CNN, ne fût-ce que par les télévisions étrangères. Bruxelles est connue et nous sommes le jardin dans la périphérie de Bruxelles et la Wallonie a cet aspect surtout, d'avoir de l'espace disponible, de l'espace urbanisé disponible. On a une qualité de vie qu'on oublie. Pas vraiment très économique, mais avec une importance capitale. Nous avons sept universités et je crois que ces universités créent tout ce qui est les spin-off. Nous sommes au cœur de, à peu près, cinq cents millions de consommateurs. L'investisseur étranger ne vient pas pour la Région wallonne et nos trois, quatre petits millions d'habitants, mais ils viennent évidemment pour démarcher l'ensemble des autres régions aux alentours de la Wallonie pour l'infrastructure autoroutière, aéroportuaire. Les aéroports de Charleroi, de Bierzet, de Liège ont toute leur importance. Paradis des investisseurs, non. La Belgique est quand même le quatrième pays le plus attractif en Europe. Sur base de cette analyse, les soixante-trois mille entreprises, il y a un filtre en terme de nombre d'emplois,au-delà de vingt emplois, un filtre en terme d'importance de capital, au-delà de cinq cents mille euros et un troisième filtre en terme de chiffre d'affaires. A ces trois filtres, un quatrième qui est de dire : voilà un certain nombre de sociétés, à partir de 11% d'implication de capital étranger dans le capital devient une société étrangère. C'est une norme standard officielle internationale. Et de ces soixante-trois mille, il est resté à peu près trois mille entreprises étrangères en Région wallonne qui sont d'origine étrangère et 65% de ces trois mille entreprises exportent vers l'étranger, ces trois mille entreprises utilisent un quart de la population active de la Région wallonne et ces trois mille entreprises font à peu près 74% de recherches et développements et utilisent 74% des moyens de recherches et développements en Région wallonne. Elles sont incontournables. On a un savoir-faire, mais le faire-savoir est un peu difficile, parce que c'est dans notre culture peut-être. L'Europe des régions est en marche. Clairement, nos concurrents sont Nord Pas-de-Calais, Zuid Holland, l'Ecosse même, le Badwüdenberg, même la Flandre. Chacun a ses valeurs ajoutées. La Belgique resterait une coupole, une image de marque. Le Wallon est considérée comme quelqu'un de bon vivant, quelqu'un qui aime s'amuser, qui a un peu d'autodérision sur lui et pourquoi pas les blagues belges… La Belgique est le pays le plus mondialisés. La France est bien loin en neuvième position avant l'Allemagne. L'Autriche et la Suède suivent de près. Le Centre de recherches conjoncturelles KOF fait cette déclaration très concluante. Singapour, Luxembourg et Belgique sont les plus ouvert à cette mondialisation.20070703Journal d'une quille Boulot.jpg

On lisait, encore, ailleurs. Tenez vous bien, car cela va vraiment roucouler:

Belgium 10 points «Mais comment faites-vous pour afficher d’aussi bonnes performances budgétaires et une telle diminution de la dette publique?» La question vient d’un observateur en provenance d’Italie, un pays qui reste particulièrement fragile sur ces deux plans. Une seule réponse à lui donner: la rigueur et le sérieux. Et parfois, c’est vrai, quelques petites ficelles et autres astuces budgétaires, mais cela c’est une autre histoire... En plein bouclage du contrôle budgétaire, l’agence de notation Moody’s avait apporté un petit cadeau dans la hotte de Didier Reynders et de ses collègues. Certes, ce n’est pas encore le nirvana. La Belgique n’a pas encore rejoint le club très fermé des emprunteurs les plus sérieux, ceux qui se drapent d’un «triple A». Mais elle s’en approche. Elle se situe un petit cran au-dessous, avec désormais une perspective «positive», ce qui autorise tous les espoirs. Bon, soyons honnête, un «triple A» ne devrait pas fondamentalement changer la vie de nos concitoyens. Même l’Etat belge ne devrait pas percevoir une grande différence en termes de financement, tant l’écart avec les meilleurs s’est déjà singulièrement rétréci au fil des années. Mais cela constituera sans aucun doute une sorte de reconnaissance, une espèce de «légion d’honneur» attribuée à tous ceux qui ont participé au redressement d’un pays, parfois au prix de sacrifices importants. Petit bémol, il reste encore du chemin à parcourir. Les Belges ne doivent certes plus travailler pendant une année entière pour couvrir leur endettement — nous sommes passés sous le seuil des 100% du ratio dette/ produit intérieur brut en 1993 —, mais nous restons encore à distance appréciable de l’objectif des 60%. La Belgique a toujours redouté que le critère de la dette ne (re)devienne plus contraignant dans le chef des autorités européennes. Dans le Traité de Maastricht et le pacte de stabilité, ce qui compte, on le sait, c’est l’orientation baissière de ce ratio. Or, manifestement, à cet égard-là, la Belgique fait figure de très bon élève, ayant fait décroître son ratio de 137% en 1993 à 94% en 2005 (et 91% attendu cette année). Il n’en reste pas moins qu’un passage au «triple A», avec pour le surplus les félicitations du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne, permettrait une fois pour toutes à la Belgique de tourner le dos à son passé et envisager ainsi l’avenir plus sereinement."

Étonnant, non? Lire tout cela dans le rétroviseur. On se croirait rêver dans un autre monde. La crise mondiale et l'ère Obama étaient encore dans les limbes. A peine, un peu plus de deux ans d'âge. Car, après, patatra: le cataclysme, le pouvoir d'achat dans les chaussettes, les subprimes, la confiance ébranlée dans les banques, le tsunami de la finance et des entreprises industrielles. Toute la planète s'était enrhumée d'une grippe H9N9 futuriste.

L'investissement américain en Belgique allait ralentir, était-il dit, dès décembre 2008. Renforcer l'attractivité proposait alors l'AmCham. En même temps, l'emploi américain se saoulait en buvant la tasse depuis novembre. Chacun a ses problèmes et ses rabots "made by ...".

20070914Belgique à l'envers.jpg"Quand l'union ne fait plus la force" lisais-je récemment. Car entre-temps, un an de crise politique avait plombé les espoirs dans le futur. Ce n'était plus, heureusement, du BHV du petit déjeuner jusqu'au souper, quand la crise ne faisait qu'appuyer sur le champignon. Comble de "malheur" pour les uns, voilà que les politiques s'accordent pour maintenir l'indexation automatique des salaires pour soutenir le pouvoir d'achat. Ouf, pour les autres.

Alors, avoir toutes les cartes en main pour rebondir après la crise... sauf l'union, cela faisait un peu "peu" comme arguments. Une économie ouverte vers l'extérieur est une chance ou une malchance selon les stratégies de l'intérieur avec ou sans filets. Cela représentait un peu trop de problèmes cruciaux et plus que conjoncturels. Du coup, la caisse devait avoir quelques fuites pour soutenir les banques pour ne pas voir couler ce qui restait avec de timides appels au secours à la surface. Sans gouvernement pendant un an, a laissé des traces indélébiles. La simplification administrative, préconisée aujourd'hui, c'est bien. L'entente et la collaboration entre les différents niveaux du pouvoir, ce serait certainement mieux. L'IMD (Institute of Management and Development) nous classe désormais à la 47ème place sur 57 pour l'efficacité. Même niveau que les Russes ou les Polonais. Les paperasseries des institutions et de la justice sont passées au niveau kafkaïen. C'est devenu une structure fédérale qui ne se retourne que vers ses propres intérêts, partagée entre le régional et le communal. En plus, l'institutionnel dans la petite lucarne, prête à sauter à la moindre incartade dans des répliques en cascade. Que la poignée de main soit réelle, qu'elle soit virtuelle par l'intermédiaire d'Internet ou de Facebook, peu importe, mais surtout retrouver son bruit caractéristique avec le sourire de la crémière.

Pour corser le tout, il y a, juste avant les élections que l'on a mixées avec les européennes, les nouvelles "affaires". Le systémique de la crise économique qui sort son coup de Jarnac de la politique pour rimer avec comique.

20090519Infréquentables.jpgCes "affaires" qu'on soupçonnait dans les grandes lignes et celles qui étaient écrites en petites lignes et qui ressortent du chapeau de l'éthique violée dans les moments les plus propices. Les anciens "copains" avec le "team spirit" en deviennent même "infréquentables". On ne demande même plus ce que les électeurs en pensent, on s'exclut d'office de la proportionnelle. On en devient sectaire, dichotomique. La gauche est redevenue l'opposé de la droite à en devenir étrange après une navigation entre deux eaux. Heureusement, il y a ceux qui ont toujours eu des pas de recul et qui se réveillent en coulisses.

"La Belgique a mal à son économie" écrivait Bruno Colmant, Docteur en Économie Appliquée. Le Royaume aurait commencé son aggiornamento. En quelques trimestres, tout a basculé. Stabilité institutionnelle, dette publique qui excède à nouveau une année de PIB, géographie de la richesse sans les armes de l'inflation ou de la dévaluation pour rectifier et qui ne laisse que l'impôt pour réagir, une vague du vieillissement qui grossit sans que la démographie puisse le compenser.

20071020BHV migraine.jpgL'immobilisme dû aux problèmes communautaires a été suicidaire comme je l'évaluais dans le prix des plombs. Luc De Bruyckere, le patron des patrons flamands, préconise l'innovation, le consensus pour débloquer l'institutionnel et la complexité des structures. Il rêve d'un Obama dans le monde politique. Une marque "Belgique", si, cela peut marcher, pourquoi pas? Européen dans l'âme, une marque "Europe", on n'y pense même plus?

Les crises sont cycliques ou systémiques, mais l'attentisme est plus dangereux. Pour contrer le mouvement, un subtil mélange de confiance entre traditions et transformations radicales sera nécessaire dans une action disciplinée en garder des entreprises sous le giron national ou, au moins, européen, en fonction de la confiance en l'Europe. La formation, la mobilité, l'urbanisme et les pouvoirs publics sont les mamelles d'un redressement possible.20070315SMOG.jpg

La zone euro subit, désormais, un chômage au plus haut de 8,6%. Le pic a été apparemment atteint en Espagne avec 18,1%. La France plane, elle, à l'altitude de 8,9% de chômage. En Belgique, certains secteurs sont, de plus en plus, sinistrés. Rien de très glorieux, tout cela. Comble de comble, on apprend que le manque de culture d'entreprise et l'instabilité politique poussent les investisseurs à bouder la Belgique.

Depuis, il y a les Indiens, avec Mittal, qui sont sortis du bois. Eux, aussi, n'ont plus l'allant des débuts pour respecter les promesses. On ferme des haut fourneaux ou on met ceux-ci au repos pour une durée indéterminée. En informatique, le patron indien d'Infosys disait récemment que l'Inde ne commettrait pas les erreurs de l'Occident". Les salaires, les conditions de travail rejoignent, d'après lui, ceux de l'Occident. Pas d'état providence obèse trop difficile à financer, pas d'approches coûteuses des questions énergétiques ou environnementales, qui lui semblaient les pires erreurs.

Sommes-nous prêts à assumer une transformation des consciences et des acquis durement gagnés avec une histoire de combats sociaux et militaires? Voilà la question de base à se poser. Autant en tirer des conclusions en fonction de la réponse.

20080206Investissez en Belgique.jpgLes intérêts notionnels, qui ont été applaudis par certains, ne pourraient-ils pas devenir simplement un intérêt national avec des participants bénéficiaires dans tous les azimuts sans restrictions? Cela pourrait peut-être attirer les sociétés, leurs patrons et les travailleurs dans le même bateau. "Les fusions entre sociétés restent en panne". Se transformeraient-elles en fusions internes dans chacune d'elles? Le dialogue de sourds entre grandes économies, un leurre?

La démocratie est en perte de vitesse dans le monde. L'extrême droite populiste grimpe aux Pays Bas. L'illusion d'un avenir radieux n'est plus. Faire la fine bouche et ne pas "jouer avec", comme on dit chez nous, serait nous condamner à court ou moyen terme. Le protectionnisme, on en rêve dans le bas et on abomine dans le haut. On a dit, haut et fort, « Nous sommes entrés en récession ». C'est bien de l'avouer. Participer n'est ce pas aussi régner quelque part?

Alors, un « Bye bye, Belgium » dans un « Pays inachevé », comme nous l'apprenait la télé?

Dans les années 60, la population s'enflammait et les hommes politiques gardaient la tête froide. Aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Enfin, la tête froide, cela dépend des jours et de quelle tête.

20090626Chomeurs en 2011.jpgMais à part cela, Madame la Marquise, tout ira très bien, sans culpabiliser et avec de l'unité d'une devise qui nous était chère, il n'y a pas si longtemps.20070613PS opposition.jpg

N'oubliez surtout pas que, chez nous, sur nos tables de nuit, on garde toujours un verre plein et un verre vide. C'est vrai, quoi, il y a, toujours, des jours où, on a soif et des jours où, on n'a pas soif.

Après les sondages, à vous les studios français et les urnes, puisqu'on nous le dit d'encore plus haut. 

Sera-ce aussi un "mea culpa", chez vous ?

"Un roitelet apprivoisé, vaut mieux que rossignol effarouché"... 

Mais, si, d'aventure, vous avez un appareil pour dé-raboter, n'hésitez pas, à contacter qui de droit.

20090604Elections.jpgParce que "The show must go on", même si le fun n'y est plus vraiment.

 

L'enfoiré,20070928A.jpg
 

Mise à jour après élections et une image pour en donner les résultats.

Sur Agoravox, des solutions pour notre compétitivité?

20090609Epreuves.jpg
Citations:

  • "Economiste : expert qui saura demain pourquoi ce qu'il a prédit hier n'est pas arrivé aujourd'hui", Desproges
  • "Le bon Dieu a créé les hommes de manière que la première moitié emmerde l'autre moitié", Guy Bedos

  • "Rien ne focalise autant l'esprit que la vue permanente d'un concurrent qui peut vous balayer du marché", Wayne Calloway

 

31/05/2009

Capitalisme naturel ou artificiel ?

Un billet peut en cacher un autre.

Un billet de Paul Hermant m'interpellait. Il s'intitulait "La capitalisme naturel"

Capitalisme naturel ou artificiel.jpgPermettrait-il de trouver ce qui est naturel dans les côtés artificiels du capitalisme? Le voici:

"Il y a un type qui s'est chargé de rendre mon week-end plus ou moins acceptable. C'est un drôle de bonhomme, Libération de samedi publie sa photo, on le dirait échappé d'un film des Marx Brothers, c'est dire s'il inspire immédiatement confiance.

Il y a aussi son interview et, dans cette interview, une phrase : « Quand je vois un verre à moitié rempli, je ne me pose pas la question de savoir s'il est à moitié plein ou à moitié vide, je constate simplement qu'il est deux fois trop grand ». Voilà, ce qui a sauvé mon week-end.

La sagesse bouddhiste nous enseigne que lorsqu'un problème a une solution, il n'y a pas de problème et que lorsque qu'un problème n'a pas de solution, ben, il n'y a pas de problème non plus. Mais ils sont rares, convenez-en, les gens qui ne voient même pas les problèmes et qui ne pensent qu'aux solutions. Amory Lovins est américain, expert en affaires énergétiques, consultant respecté pour ce qui est de l'électricité, il n'est pas ministre, c'est dommage. C'est lui qui a inventé, il y a exactement 20 ans de cela, cette notion du négawatt, partant du principe qu'à tout prendre, la meilleure électricité est encore celle que l'on ne produit ni ne dépense. Et il insiste : « Quand les décideurs de ce monde auront abandonné la croyance selon laquelle lutter contre le changement climatique coûte cher, ils comprendront qu'il est moins onéreux d'économiser l'énergie que de l'acheter ». Il appelle cela le capitalisme naturel : en peu de mots, ça signifie qu'entretenir les ressources de la planète et s'occuper des hommes est la seule solution pour qui voudrait prétendre faire encore du profit demain… Et puis, il a une autre phrase magnifique, il dit : « Je préfère rendre l'espoir possible plutôt que de rendre le désespoir convaincant ».

Je ne sais pas si sa tournée de conférences l'a amené en Islande, mais voilà bien, tiens, un pays qui dispose aujourd'hui d'une électricité produite à 99% par l'utilisation de l'hydraulique et de la géothermie. Vous allez me dire, l'Islande ? Cette île en banqueroute où la récession se mesure par des reculs du PIB de plus de 10%, un chômage de 10% aussi et par une consommation en chute libre ? Celle-là même. Cette production électrique propre devient sa seule vraie richesse. Peut-être parce que les Islandais savent aussi qu'après la banqueroute, il y aura la banquise, c'est-à-dire la fonte des glaces, la montée des eaux et le réchauffement climatique. Et que dans ces cas-là, la dimension d'un verre, ça devient franchement important.".

 

Retournons, donc, vers l'Islande, ce laboratoire naturel, cet "origine du monde". Cette île, dont on entend rarement parler, si ce n'est, récemment, à cause d'une banque en difficulté et qui toucherait nos compatriotes, dans leur épargne. Est-elle tombée de la grâce magique vers le coup de grâce?

20081010Crise Islande.jpgEntre l'espoir vert et la sombre lucidité. Parlant de l'Islande, pour parler d'énergie, c'est aller presque à contre courant.

Pays du silence insoutenable fait de mille rumeurs. Pays initiatique où tout doit s'apprendre. Terre prodigue et déshéritée à la fois: une mer qui gicle, des glaces qui grincent, le feu qui feule, le vent qui n'en finit pas de souffler pour chasser les nuages avec des couleurs intenses, écologiques à souhait. Le Gulftream qui garde le thermomètre au dessus de 3°C en moyenne en hiver et une douceur en été tout en gardant l'éventualité d'une rafale de neige qui peut survenir à tout moment entrecoupée par un soleil secret ou puissant.

Un commentaire au billet de Paul parlait d'oxymore avec le principe du C2C (cradle to cradle). C'est le bon mot car il y a vraiment antagonisme.

Produire et consommer de l'électricité dans un pays tel que l'Islande est naturel. Sous cette latitude, on se retrouve dans l'obscurité pendant 6 mois de l'année, avec, en hiver, des rayons du soleil pendant seulement quatre heures par jour (clarté en janvier: 11:20 à 15:45). Il y a des compensations en été (obscurité en juin: 24:00-03:00) mais alors, dormir devient le problème numéro un.

En 1985, déjà, un article de GEO  (N°78) titrait "Noces de glaces et de feu". Deux cents volcans et une éruption tous les cinq ans. La solitude des fermes, ultramodernes qui se regroupent par sécurité. Les troupeaux, aussi, se rassemblent, dès septembre, pour la nuit de l'hiver. Le glacier Valnajökull, lui qui glaçait d'effroi le volcan sous lui, encore,  épargné par la fonte des glaces. La pêche représentait 97% des devises. L'eau à profusion qui s'écoulait à la verticale entre le basalte, cassé, à en donner le vertige. Géologie infernale, mais leçon de beauté et de poésie. "Islande incommensurable" terminait l'auteur de l'article.

En 1994, retour de l'Islande avec GEO (N°181). Titre "La création du monde". Terre jeune, soixante millions d'années. La marmite de boue volcanique et sources chaudes continuaient dans les steppes fauves de Landmannalaugar. Le tiers des laves de la planète aux portes du volcan Hekla, qu'on appelait la "montagne au manteau" parce qu'il recouvrait l'entourage de cendres. Volcans Krafla, Askja, Laki pour compléter le paysage lunaire. L'érosion glaciaire avec les eaux tièdes que réchauffait le magma. Les geysers avec huit cents sources thermales. Strokkur et Geysir se disputent les hauteurs toutes les 5 minutes. Géothermie assurée. Rencontre des deux plaques techtoniques, américaine et européenne. Du côté de la vie naturelle, des colonies d'oiseaux qui venaient nicher. L'homme, lui, s'accrochait et s'appropriait l'énergie de la Terre au "Blue Lagoon" près de la capitale, Reykjavik pour y nager en toute saison comme un véritable mode de vie national. Le développement de cette capitale ne date que du 19ème siècle  de 5000 à 200.000 habitants pour seulement 320.000 au total sur l'île. Constructions pratiques et sauvages. Vie dure et fragile. 

En mai 2009, c'est l'"Ile nature" (GEO N°363). Les ténèbres de l'hiver sont plus mal vécus qu'auparavant. Affronter le noir demande plus de petits secrets. Ce sera méditer, la luminothérapie pour remplacer les descentes vers le Sud devenues inabordables, les cures de vitamines D et de l'huile de foie de morue pour maintenir la santé. La métamorphose de sa ruralité en nation riche a, en effet, été plombée par une faillite entraînée par les traders et les mirages de la finance. Car, en 2008, les dettes des banques avaient représenté douze fois le PNB et tout à craquer. Désormais, on ferme la porte de sa maison. On remarque qu'exploiter la force des torrents revient à inonder les vallées. On parle de dernière chance pour les épargnants de Kauphing. Le 5 juin, les épargnants poussaient le ouf de soulagement. Salle coup et on se demande même comment sauver l'Islande.

Ne serait-ce pas l'enfer et le paradis réunis sur une même île, l'Islande? Subir l'un pour obtenir l'autre ou jouir de l'autre pour sombrer dans le premier ? Après l'enfer du décor, on a atteint l'envers du décor. L'économie a rattrapé l'écologie et l'a dépassé dans les réalités.

Avec un discours écologique, Amory Lovins pratique l'acupuncture institutionnelle et veut l'imprimer dans les grandes entreprises pour qu'en 2040, les États-Unis ne soient plus dépendants du pétrole en n'ayant plus le besoin de consommer cette énergie fossile. Projet très louable et pas uniquement pour les États-Unis, mais qui demande réflexion pour passer de la théorie à la pratique. Il est sûr qu'avec une vision écologistes, qu'il a le vent en poupe, aujourd'hui. Il a inventé les "néga-barils", la négation des méga-barils ou des mégawatts. Faire tourner le "grand machin" du progrès restera, pourtant, l'objectif pour palier la faiblesse énergétique humaine. Il ne faudra pas négliger, pour autant, la grande "bagarre énergétique". L'écologie est chez nous, une discipline jeune.

Comme en tout, un bonus-malus est à calculer, un "Profit & loss" comptable et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, le "bébé", lui, reste nu.

"La France me fait l'effet d'une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s'appelle le marché économique", disait-il, mais cela ne permet pas de lever le pied de l'accélérateur. L'économie a ses propres règles de fonctionnement qu'il faut l'accorder au mieux avec le relativement nouveau venu.

D'ailleurs, en lisant plus loin, Amory Lovins ne dit pas qu'il ne faille pas produire de l'énergie, mais qu'elle soit seulement renouvelable ou durable et sans pollution pour la produire.

20090530Bleu et Rouge.jpgLe Bleu, s'est, il est vrai, terni en perdant sa couleur du ciel pour se tourner vers le bleu Roi.

Le Rouge est devenu rougeâtre, rouillé par la latence de l'habitude.

L'Orange a perdu aussi un peu de son acide pour passer à l'orangina.

Voilà, le Vert, qu'on espère qu'il ne devienne pas trop verdâtre.  

Le parti écolo, chez nous, a 3 de ses 10 priorités dans le seul cadre de l'énergie:

  1. Rendre les bâtiments plus efficaces en ENERGIE pour alléger la facture énergétique de chacun et sauver la planète

  2. Investir rapidement dans les TRANSPORTS PUBLICS pour élargir l’offre (quantité, ponctualité, qualité, tarif et fluidité) et structurer le territoire

  3. Orienter le redéploiement économique vers l’ECONOMIE VERTE pour y créer des milliers d’emplois durables et réussir la transition écologique

Une fois, ces points précisés, il faut en trouver les meilleurs moyens, les plus rentables pour y arriver. Au niveau de l'énergie, quelle est celle qui répond à ce cahier des charges avec le plus d'efficacité? Quels en sont les effets secondaires?

La "fée électricité", c'est clair est l'énergie totalement propre et qui se régénère à l'envie. Elle existe depuis toujours dans les éclairs, mais dont l'énergie s'est vue supplantée de vitesse par le feu, qu'elle produit. L'homme a donc commencé par le plus facile, le plus accessible, aussi. L'électricité est apparue bien plus tard, sortie de la boite crânienne de certains scientifiques plus observateurs que les autres avec le "Fiat lux". Au lieu de suivre le cycle du jour éclairé, les vingt quatre heures devenaient accessibles pour continuer le jour. Moins transportable que le pétrole, cette électricité. Plus volatile et fugitive, il a fallu la domestiquer, l'emmagasiner. Ces opérations ne sont toujours pas résolues sans pertes. Car, il y a aussi la conversion que ce soit en chauffage ou en force de travail. Le processus demande lui-même de l'énergie pour s'éclater. La fission nucléaire, on en connaît les risques et la pollution par ses déchets, n'y revenons pas. La fusion nucléaire a toujours le péché majeur de la mise à feu. Le projet ITER n'est pas pour demain dans leur implémentation et les verts, impatients, sont contre le projet vu cet éloignement dans le temps. Mais, rien n'empêche de prouver le contraire dans le futur.

Le soleil est et reste cette énergie de rêve et de réalité, passe partout, produite n'importe où, comme solution de l'évidence, ad vitam eternam.

Sa chaleur, sa lumière, sont les seules énergies durables qui ne dépendront pas de l'ampleur des marées, qui ne dépendront pas des vents souvent capricieux, d'une géothermie qui dépend de l'extraction profonde et qui n'est vraiment utilisable que sous formes de chaleur et d'eau chaude. (Une exposition à Mons est en cours et à pour titre "La géothermie, une énergie à creuser".)

L'Europe voit dans l'éolien son maître choix et le coeur de sa politique. Les "contres", à juste titre, ne sont pas absents. Pour Luc Rivet, "l'éolien industriel est devenu une machine infernale et une grosse arnaque qui ne fait rien gagné au niveau des émission de CO2". L'éolien détruit les paysages par la place qu'il occupe, gène les oiseaux. Pour ne produire que 20% de son temps, de l'électricité, c'est peut-être beaucoup. Les rayons du soleil et la lumière ne prennent pas de place et ne nuisent pas à l'environnement du paysage.

L'électricité sortira progressivement des grandes centrales que nous connaissons aujourd'hui. De très petits réseaux s'éparpilleront aux travers de petites unités privées, reliés entre eux suite à l'"ecology business". Les systèmes de récupération de l'énergie solaire font déjà fonctionner les compteurs à l'envers. Devenu producteur d'électricité, le consommateur devra l'utiliser, alors, pourquoi pas, tous les points privés ou publics reliésentre eux? Sus à l'overhead (en anglais, l'overhead signifie ce qui est à mettre en pertes et profits parce que cela profite à l'ensemble du système en entier).

J'avais écrit l"Econologie, rêve ou réalité?". D'autres parlent d'économie et d'écolomie. Néologismes, simple différence dans la terminologie et la manière plus écologique de l'aborder, mais pas d'antagonisme dans la réalisation. Le Science et Vie expliquait, le mois dernier, le pourquoi, maintenant, on pouvait y croire.

"Super capteurs, centrales géantes produisant en continu, cellules en plastique plutôt qu'en coûteux silicium : sur tous les fronts, le solaire profite de spectaculaires innovations techniques. A la clé ? Sortir cette énergie de la marginalités", comme on le disait dans ce numéro. Les capteurs solaires ultra performants, thermique et photovoltaïques accompagnées par des batteries performantes. Les batteries ne sont pas le plus mince des problèmes, car elles s'usent vite et en plus elles sont polluantes. Les condensateurs électriques auront encore besoin d'ingénieuses découvertes pour éliminer leur propre "overhead". Perdre leur lourdeur, leur désagréable habitude de perdre leur efficacité quand on ne s'y attend le moins, gagner du temps lors de la charge, pouvoir être recyclé comme le reste, ne sont pas des moindres.

Alors, la question demeure: de l'énergie, dans quel cas, l'oublier, l'utiliser avec parcimonie, quand l'économiser, quand ouvrir les robinets à fond? Ouvrir des "possibles" reste une obligation et le besoin ne sera jamais en décrue à moins de perdre nos facilités et notre confort moderne. 20090528Elections.jpgL'espace, par exemple, demande et demandera toujours plus d'énergie dans la recherche du progrès qu'il pourrait nous donner. L'argent restera nécessaire, comme outil, même raboté.

Le gaspillage, on sait qu'il est superflu, irrationnel et donc à éliminer. Colmater les fenêtres. S'isoler contre les pertes de chaleur coûterait 1000 fois moins cher que de nouvelles centrales nucléaires, dit Amori. Rationaliser est nécessaire dans tous les domaines, mais celui de l'énergie est particulier car il fait partie de nous. Penser l'éradiquer ou la réduire de manière irréfléchie, serait suicidaire et contre productif. L'énergie, c'est la vie, tout simplement.

Économiser, c'est produire à moindre coûts et avec le plus d'efficacité et non pas repousser l'utilisation dans sa négation. La Chine se voit encore trop contrainte de puiser dans sa force vive et humaine à bon marché pour réaliser ou compter sur un rendement trop faible dans l'utilisation de l'énergie pour sa production. Elle se retrouve, à nouveau, en pleine crise, dévoreuse industrielle. Ses importations en matières premières, elles explosent (fer, cuivre, aluminium), lit-on dans la presse.

"L'industrie polluante sort première de la crise, vu que l'énergie verte dépend du bon vouloir des banques qui rechignent devant les investissement énormes". La fatigue des plans de relance verte se ressent chez Suntech et Sunpower, sociétés qui se sentent obligées de faire des augmentations de capital, peu appréciées par les actionnaires. Plombées, donc, les Bourses. Les politiques ont des agendas tellement serrés pour soutenir le mouvement et décider les transformations drastiques. Les citoyens d'une démocratie ont, tout autant, une action consultative pour pousser à améliorer cette situation.

L'avenir devra être plus technique et peut-être moins tourné vers la seule technologie. C'est évident.

Seulement, des pauses sont très nécessaires pour faire le point. On les appelle du doux nom de "crises".

La raison favorable à la "religion verte" sera là pour celui qui, a perdu la foi et s'y trouvera en refuge. La raison pour l'autre sera plus proche, plus matérielle, aussi, car l'un ne va pas sans l'autre.

L'argent suivra, comme outil, rien de plus. Sortir le gadget des découvertes, des inventions, pour ne garder que la crème, sera le plus précieux des dons dans une évolution de la nature. Les erreurs, autant s'en apercevoir le plus vite à notre échelle.

Les ressources naturelles, les matières premières, pour la plupart, sont finies et, là, c'est plus grave. Le pétrole, miraculeux, matière aux ressources innombrables, en fait partie et ne devrait un jour plus servir à donner de l'énergie mais se limiter à produire des matières tout aussi utiles en dehors de la vision énergétique.

Alors, sera-ce un retour vers son jardin ou vers la recherche? Un choix qui mène à "que le meilleur gagne", mais il faudra gagner, c'est un "must". L'impossible étoile n'est peut-être pas si lointaine mais ce sera la voie du meilleur rendement. L'utilisateur ne découvre pas les choses qu'à petites doses, pas toujours par lui-même. Souvent, un mouvement, une idéologie doit le réveiller avant la crise cardiaque.

Capitalisme naturel ou artificiel Bourse.jpgAujourd'hui, je me sens voter aux prochaines élections pour le "Vert, j'espère". Mais comme je l'ai dit, parfois, je triche. 

L'écologie, c'est bien plus qu'un parti, c'est un pari. Philosophie de la logique et de la subsistance de notre espèce, mise à mal, après le ratage de la finance pure et dure.

Les détracteurs parlent de nouvelles taxes. Des réorientations vers des sources correspondantes aux finalités et aux besoins réels, répondent les écolos.

Alors, capitalisme naturel? Si, cela semblait antagoniste, les liens se retrouvent encore dans les réflexes avant d'en trouver les intérêts réels.

Complémentaire pour aller au bout de nos rêves sur une planète qui est, jusqu'à nouvel ordre, la nôtre.

En Belgique, l'envie verte est aussi très présente. Ecolo n'exclut donc pas de diriger Bruxelles.20090601Ecolo.jpg

Le capital humain, il n'y a rien de plus naturel. Il continuera toujours à se gestioner et se comptabiliser.

L'écologie, pour suivre le simple principe de précaution? Pas nécessairement pour prouver ou infirmer le réchauffement climatique dû à l'activité humaine qui a aussi ses détracteurs, mais, par pragmatisme. Redonner, aussi, l'espoir après notre crise.

Et puis, calfeutrer ses fenêtres apporte aussi le confort et n'évite pas seulement la chaleur de s'enfuir, mais le bruit de pénétrer.

L'analyse, dans le temps apportera les corrections aux incertitudes et aux hésitations d'aujourd'hui.

L'Homo Economicus deviendra, ainsi, l'homo ecolomicus. Just in time?

Seul l'utopie et les rêves ont toujours eu une chance d'aboutir.

 

L'Enfoiré,

 

Les Voix du Peuple seront-elles naturelles ou artificielles? 

 

Citations:

 

  • « C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! », Jules Renard

  • « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro

  • « Toute forme de récompense constitue une dégradation d'énergie. », Simone Weil

  • « Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire. », Georges Clemenceau

24/05/2009

Les mystères du monde

"La peinture décrit les mystères du monde", "La révolte est un réflexe de l'homme vivant", disait le peintre surréaliste belge, Réné Magritte. Le surréalisme plane aussi au dessus de la Belgique dans beaucoup de domaines.

Les Mystères du monde_Pipe.jpgLe 20 mai, était inauguré en grande pompe, le nouveau Musée Magritte. Le Roi et la Reine ont particulièrement apprécié un des vingt exemplaires de l'"Empire des Lumières", la toile que le peintre a le plus aimé.

Ouverture au public dans l'Hôtel Altenloh, en plein centre de Bruxelles, sur la place Royale. Ce projet qui avait débuté en 2005, a coûté 6,5 millions d'euros. On y attend 700.000 visiteurs de tous les horizons. Le premier guide officiel du Japon disait à l'ouverture que les Japonais adoraient le mystère de Magritte et qu'il fallait interpréter en s'amusant. Une autre façon d'aimer la peinture, reconnaissait-il.

Le musée avec ses 250 œuvres ne représeLes Mystères de Monde Magritte.jpgnte que 10% de la globalité des œuvres du peintre. On y rencontre, exposés, 120 peintures, 61 photos, 40 dessins, 9 sculptures, des lettres et des documents. 2500 m2 sur trois étages qui remontent le temps de la vie du peintre. L'étage inférieur reprenant les œuvres les plus récentes, les plus connues. De plus en plus anciens, au fur et à mesure, de la montée dans les étages supérieurs. Michel Draguet, le conservateur du Musée des Beaux-Arts, Charly Herscovici, l'héritier en droits de la fondation éponyme sont les initiateurs avec le mécénat de compétence de l'État Fédéral et du Groupe GDF-Suez.

Les Mystères de Monde Fenetre.jpgLa vie de Réné Magritte n'a été que peintures, mais ce n'est que lors la dernière partie de sa vie qu'il reçoit la reconnaissance de ses pairs et du public. Peintre d'exception, pour le moins. Aujourd'hui, mondialement connu.

Pour sortir ou s'enfuir de la réalité des jours et entrer dans son empire? Peut-être.

La peinture, pour Magritte, n'est que sa conception préliminaire d'appréhender le réel par l'imaginaire. Fusion en inversion entre l'objet et sa fonction dans une association simple mais perturbée qui se crée, avec en toile de fond, un scénario inattendu. Patchworks de concepts et d'images bien réelles dans un contexte qui ne l'est pas. Esprit critique, ambigu, voir irrévérencieux et provoquant.

Images freudiennes composées jamais à leur place. Objets remplacés et qui inquiète et amuse le visiteur.

Les Mystères du monde_Magritte.jpgL'histoire de Magritte est simple, bien belge. Une vie de 1898 à 1967. Marqué par le suicide de sa mère, il peint dès l'age de 13 ans mais c'est à l'age de 27 ans que sa peinture s'affirme dans ce qui fait Magritte aujourd'hui. Partagé entre Bruxelles et Paris, il traverse les deux guerres et cela se reflète dans sa peinture par des couleurs ternes, intimistes, pour en sortir par les couleurs du "Surréalisme en plein soleil" quand la fin de la 2ème se faisait sentir. Les couleurs n'étaient pas alors pas aimées et l'échec qui en suivi, le lança dans la provocation subversive de la "période vache" pour répondre à l'incompréhension de son époque. Période anarchiste, qu'il violenta avec ses tripes.

"Domaine enchanté", s'il en est. "La Fée ignorante" hante encore son domaine. Trop de couleurs, pas assez développé, dit-on, en coulisse. Mais, le surréalisme arrive progressivement.

L'abstraction, le rêve éveillé, la poésie par la peinture, voir ce que l'on ne voit pas, c'est tout l'Univers magrittien. Pas de surprise, puisque tout est imaginé avant de voir le réel. La trahison des images expliquée par son auteur. La peinture se détruit par sa concrétisation.

Un tableau très connu "Ceci n'est pas une pipe". Les Mystères du monde_PasPipe.jpgQu'est-ce, donc, alors ? Une trahison de l'image? C'est la devinette que tout visiteur pourra s'imaginer avec sa propre sensibilité et son vécu.

Les Mystères du monde Crowet.jpgAnne Marie Crowet, son modèle préférée, sa muse, fut la fille d'un de ses amis, Pierre Crowet. Celui-ci a été le premier à lui avoir acheté une toile. Elle a été très étonnée lors de sa première séance de pose. Il l'avait peinte avant de la voir. Une seule séance de pose pour confirmer seulement les traits du visage. La rencontre avec le modèle n'était qu'une confirmation d'un événement que l'imagination allait prolonger dans la répétition.

Complexité de l'esprit en décalage des sens à la rencontre avec un autre réel. Des thèmes qui reviennent mais qui se complètent. Des objets répétés qui se recréent.Les Mystères de Monde Cheval.jpg

L'exemplaire unique de l"Empire des lumières" qu'il a tellement aimé ne fut offert à Anne-Marie Crowet qu'à la fin de sa vie. Elle en 9 tableaux. Se moquer de lui-même était son sport, sans le reconnaître comme tel. "Pas de chiquet chez Magritte", dit, encore, sa Muse.

Les Mystères du monde_Baiser.jpgGeorgette, son épouse, a été un autre modèle par l'inspiration des portraits.

Un jour, disait-elle, lors d'une visite du Musée de peintures des Offices à Florence, à la question de ce qu'il y avait aimé. Sa réponse fut, laconique: les cartes postales. Les cartes postales transmettent l'image sans la vérité.

Si James Ensor pouvait être une de ses consciences de création, on est bien loin de Dali avec son caractère fantasmagorique de l'extraordinaire et extraterrestre.

Magritte ne s'intéressait pas à la Belgique, disait son épouse. Qu'est-ce qui caractérise un Belge si ce n'est ce goût imprécis de l'irréel et d'en faire partie ou non?

Magritte l'était bien plus qu'il ne l'aurait pensé.

Être belge et ne pas s'intéresser à la Belgique n'était-ce pas justement une partie de son surréalisme? Le réel est tellement énervant, parfois que le Belge se tourne très souvent vers le surréalisme par les attitudes, la politique et la pratique de l'incompréhensible.

Un autre exemple? En politique, c'est itou de même. On sait qu'elle n'est pas parfaite, mais dans le fond, on s'en fout.Les Mystères du monde Fluide Glaical.jpg C'est du moins ce qu'on dit. Mais, on ment, un peu. En fait, on n'aime pas trop les grands bouleversements et dire pour qui on va voter. Alors, on fait semblant. On triche. On va survoler après avoir surréalisé en dernière minute.

Nous sommes à la veille de grandes élections qui, chez nous, serons doubles: régionales et européennes.

Imaginons, dès lors, Madame Tout-le-Monde belge, dans l'isoloir, devant l'écran noir de son ordinateur avec le crayon électronique à la main pour voter. Qu'y verra-t-elle? Sera ce vraiment la liste des candidats? Non, sera-ce la table de salon qui n'aura pas nécessairement une forme de porte comme celle de Magritte? Une porte sur l'hésitation? Non, bien plus prosaïque, un cadre avec un bon repas. Et, oui, il faut vous dire qu'elle est un peu profiteuse, la belle. Elle se rappellera que son homme lui a promis un resto avec les obligations électoralistes. Elle l'attendait, depuis longtemps, ce jour-là et pas pour aller voter. Et puis, comme c'est dimanche, elle imaginera encore la petite balade avec des arbres et beaucoup de fleurs, au milieu. La politique l'emmerde. C'est clair. Elle sait qu'elle doit aller voter. Elle se sent citoyenne. Point. Le vote, elle le fera, par habitude, presque par inadvertance. Dans son rêve, elle n'est plus dans l'isoloir, elle sera, déjà, dans son jardin.

20090527Décollage Dewin.jpgLes politiciens et les médias connaissent très bien ce désintéressement, d'ailleurs. Pas de campagne à la hussarde. Celle-ci n'a commencé que dans la dernière ligne droite. Pour animer et émoustiller les esprits, on a recherché les poux, les "affaires", comme on les appelle chez nous et elles sont nombreuses. On y perdrait son latin. Elles existent, toujours, celles-là, au moment où on les attend le moins.

Pas dupe, l'électrice, pourtant. Ces quelques secondes devant l'écran, lui paraîtront longues, trop longues. Il faudra qu'elle se dépêche. Qui saura, elle aura, peut-être, la chance de rencontrer la voisine sur le chemin de retour, juste avant de se préparer pour le resto. Alors, vite, son coup de pinceau, pardon, de crayon électronique qu'il faut appliquer sur cette liste de malheur et puis s'en vont. Elle s'est entraînée avec le nouvel ordi acheté récemment. C'est devenu une pro.20090525Foot belge.jpg

Dans un autre bureau de vote, ce sera son homme qui se trouvera dans la même situation. Lui, dans l'écran, il verra en imagination le match de foot de l'après-midi avec le steak bleu avec frites et mayonnaise sur le côté.

Faut pas croire qu'il ait tout le temps une brique dans le ventre, comme le laisserait penser les médias.

20090607Elections.jpgSurréalistes, nos élections, notre sport, notre cuisine... Je ne suis pas ici, pour l'approuver mais le constater.

Râleur, bougon, dans un monde irréel, ce Belge, mais toujours bon enfant... trop.

Ce sera sans révolution, seulement par glissements et tassements de terrains qui se dessineront dans le décodage des résultats à la proportionnelle. Une véritable quadrature que ne renierait aucun cercle et surtout pas, des élus au milieu.

Je vous l'avais bien dit, que nous avions quelque chose de spécial. Je ne parvenais pas à le définir, à vous en trouver les raisons quand j'ai écrit mes articles sur Bruxelles. Magritte m'en a donné la peinture. Du surréalisme, mixé à du pragmatisme, la voilà, donc, cette raison.

Les Mystères du monde_Delvaux.jpgPaul Delvaux avait une autre forme de surréalisme. Post-impressionniste ou expressionniste, on ne le sait pas vraiment. Arrivé aux frontières du rationnel avec la nudité de la femme dans toute sa beauté.

Un autre belge, Jean-Michel Folon passait par le même scénario mais dans la sculpture. Son musée et sa Fondation, à lui, se trouvent dans le parc du Château de la Hulpe.

Les Mystères du monde_Folon.jpg"Voyages aux pays de Folon", c'était l'année passé. Styles différents mais complémentaires. Époques juxtaposées, mais qui reflètent parfaitement l'esprit souvent incompris de nos amis français, esprit qualifié de "Ça, c'est du belge".

Un autre encore, très actuel, Philippe Geluck, Le Chat, en joue de ce surréalisme par la BD et le dessin avec son chat en leitmotiv avec les mots en déphasage.Les Mystères du monde_Le Chat.jpg

Le Musée Magritte n'ouvrira ses portes au public que le 2 juin. Je ne pourrai vous en donner les échos avant cela.

3ème étage, Magritte avant Magritte avec les mots et les images.

2ème étage, Echappée belle en plein soleil et la Période Vache.

1er étage, Mustère de l'Ouvrage et son Domaine enchanté.

Rien n'empêche, en attendant, que vous y veniez voir les images surréalistes de Folon sur ces mystères du monde avant celles que je ferai de l'événement.

Mais attention, le Musée de Magritte n'est, peut-être, pas un Musée.

"Non, peut-être", dirait le Belge. Le Français, lui, serait tenter de dire "Oui, assurément". Chacun son truc à plumes ou à poils.

Circulez, y a rien à voir, mais tout à rêver. 

 

L'Enfoiré,

Je m'en voudrais de ne pas signaler un autre musée sur le même sujet à Bruxelles

Des amateurs surréalistes sur Agoravox 

Mise à jour du 30 mai: c'était la partie festive avec d'autres photos.  

 

Citations:

 

  • « L'idée de surréalisme tend simplement à la récupération totale de notre force psychique. », André Breton

  • « On peut très bien éprouver le sentiment de l'absolu en se faisant la barbe ou en mangeant des gaufres. », Marcel Havrenne

  • « Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement. », André Breton

  • « Je déteste mon passé et celui des autres" », Magritte 

 

19/05/2009

La bonne nouvelle et la mauvaise

Commençons par la bonne nouvelle, celle de Nouriel Roubini, lui, qui avait prédit la crise et la récession. "La bonne nouvelle, c'est que toutes les interventions publiques ont sérieusement réduit le risque de dépression". La mauvaise nouvelle est plus intime, plus insidieuse.

20090128Van Rompuy crise.jpgFin septembre 2008: "Nous n'échapperons pas à la pire récession depuis quarante ans". Moins défaitiste, aujourd'hui, qu'il le laissait entendre au début des crises en cascades. Le spectre de la crise des années 30 n'est pas identique. A l'époque, devant les chutes, cela ressemblait. Comparaison n'est pas raison. Et le monde n'en finit pas de bouger de plus en plus vite pour ne pas revivre les mêmes circonstances.

Les milliards, des milliards de milliards ont été mis sur les tables du monde. On a simplement hypothéqué le futur. Une affaire de zéros bien placés, dont on ignorait jusqu'à l'existence avant la crise. "Et la raison fut", disais-je, fin d'année, comme une réédition de "L'argent" de Zola.

20081014Crise sauvetage.jpg"Pas de longue période de croissance négative", disait encore Roubini pour soulager la pression. Une volonté de ne plus utiliser le mot "récession", par une manière plus optimiste et arithmétique. Et c'est vrai la situation semble redonner un peu de souffle à ses contemporains. Les pompiers sont passés pour éteindre les premiers feux. Encore quelques fumerolles persistent et peuvent seulement se rallumer si on n'y prend garde. Ils ont rapporté leurs rapports d'expertise, leurs suggestions en fonction du passé. Le futur reste, caché derrière les imprévus. Pas de règles de probabilité pour se rassurer et assurer ce futur.20090309Lippens auditionné.jpg

Les crises sont des épiphénomènes. Les responsabilités sont souvent partagées entre le commercial, le politique et l'individu lui-même. Manque de régulation et de contrôle public et citoyen.

Cette fois, ce fut la mondialisation à l'honneur ou au déshonneur de l'homme. Mondialiser et globaliser, à tout crin, a seulement montré ses limites.

A l'ouest, y a-t-il vraiment du nouveau ou une simple réactualisation palliée par des emplâtres pour une crise du "système capitaliste" toujours mondialisée. Les potentiels, aussi bien dans le bon et dans le mauvais, n'ont pas disparu. Ils ont seulement changé de mains. Les États ont pris un peu plus de poids face au Privé triomphant et qui dit État dit citoyen. La spéculation virtuelle sur l'argent a été reconnue comme un non-sens et contre productif. Si l'ajustement se faisait, en conséquence, ce ne serait plus un problème. "L'argent du beurre" n'a pourtant pas quitté les esprits. Comme on dit, ceux qui n'avaient pas d'argent n'ont rien perdu. Les autres n'auront que les yeux pour pleurer devant la dévaluation de leurs biens. Pour une fois, tout le monde y a perdu dans certaines proportions. Destruction des valeurs monétaires et dévaluation globale.

Le terme de "plans de relance" est même à moduler en fonction des réalités de l'espace et du temps nécessaire pour l'implanter et non pas dans l'absolu. Les administrations de l'État ne jouent souvent qu'avec effet retard. Ce n'est pas la souplesse qui caractérise le côté administratif. Gouvernance par l'Etat?

Réguler, à vitesse variable, est-ce encore possible dans un monde intégré?

La relance à l'américaine, entend-on, c'est par la fiscalité. La relance à l'européenne, par des réformes structurelles. La première en accord avec elle-même. Le second n'a toujours pas le mot "Unie" derrière le nom. Cela reste certainement la raison du poids assez faible sur la scène internationale. L'Asie n'est pas mieux lotie dans ce manque d'uniformité malgré de grands acteurs au niveau population. Population muselée derrière des régimes forts ou corrompus. Le dollar reste la monnaie de référence, même si l'euro l'a dépassé en valeur. Le yuan, sous évalué commence à espérer grâce à la montée en puissance de l'Asie. Même les pays dit émergents, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne peuvent même plus être considérés sur le même plan d'actions et se permettre les mêmes remèdes de cheval. Seul, le Brésil, grâce à ses investissements préalablement implantés, semble redémarrer avant les autres. En Amérique du Sud, l'esprit altermondialiste, les mécanismes de l'Alba, par leur approche différente, en sont peut-être responsables. Le mécanisme de l'Alba ne participe pas au libre-échangisme. Il pratique le troc à grande échelle, d'État à État et pas uniquement dans la rue pour atteindre une autarcie financière et protégée. Tant que la confiance subsiste, le dollar se construira sur la planche à billets par les États-Unis et pour eux. Aucune monnaie ne l'est, indépendante des fluctuations seul les monnaies de substitution sortent parfois du carcan. La valeur refuge, l'or, reste, le dernier recours en temps de crise.

Mais, on entend de plus en plus souvent que l'argent n'a plus de valeur. Un billet, dans n'importe quelle devise, ne sera jamais que du papier avec des chiffres et des lettres et de la confiance pour arrondir les angles. Il n'aura de valeur que si l'interlocuteur y trouvera son compte pour l'échanger avec un bien. Enfoncer des portes ouvertes? Pas si sûr. Cet échange fait plus partie de l'habitude que de nature.

20090616Crise relance.jpgLa crise a mis le trouble dans les esprits. Quelque part, le malheur est, pourtant, bon. Le futile, la cupidité ont été dénoncés. L'éthique est réapparue du chapeau, philosophie qu'on en avait oublié jusqu'au sens du mot. Le bon sens du ressort ou d'une évolution en forme de bulle de savon?

Dans la douleur, on cherche toujours "D'où sa peine vient", comme le chantait Alain Souchon. Alors "On attend que le monde change. On attend que la vie nous range" comme le faisait Suarez. Enfin, changer, faut pas trop pousser. Faut pas chercher une révolution dans le processus. La folie guerrière n'a pas pris le dessus, constate-t-on, avec soulagement. Seulement un prolongement à "Crime et châtiment".

Et pourtant, malgré les avertissements, la gangrène de la cupidité reconnue et la technique du "chacun pour soi" n'ont pas disparu. L'économie solidaire, on n'en connaît même pas les règles de base, ni les partisans, ni les vocables. En pleine débâcle bancaire, un gag avait été tenté près de chez nous. Une fausse banque qui offrait des taux anormalement élevés mais avec une éthique douteuse avait ouvert ses portes. Des nouveaux"investisseurs" se sont présentés aux guichets comme si rien n'avait changé. La taxe Tobin, la taxe prévoyant l'implémentation d'une taxe sur le négoce a été publiée au Moniteur Belge fin 2004. Premier pays et le seul, jusqu'ici en Europe, en attendant une directive européenne pour l'appliquer. L'impact sur les marchés financiers a ses raisons que la finance a dur à digérer. La destination de ses impôts, ce n'est pas demain, non plus, qu'on en laissera le choix aux contribuables. Soyons solidaire, au moins dans ce cas et continuons à travailler ...

Stabiliser la confiance après avoir "goûter" le fond, que l'on atteindra très vite ou que l'on a déjà atteint, avant de remonter la pente, voilà le meilleur à espérer. Déstocker, quitte à vendre à perte, voilà le scénario pour effacer les dettes et redonner l'envie d'acheter au consommateur. Voilà quelques ingrédients à la reprise.

Les subprimes ne sont pas oubliés. Les problèmes de l'industrie lourde et de l'automobile ont été les premiers dans l'industrie. La faiblesse du "système" s'est réaffirmée ensuite avec un effet domino.

La presse écrite, aux États-Unis, se débat aussi pour garder quelques lignes hors de l'eau. En Europe, on n'en mène pas beaucoup plus large mais on sent l'obligation de retourner aux valeurs de base du journalisme, l'analyse plus fouillée. On réduit, on saumonise, on condense, on analyse...

20081108Crise en thème.jpgOn cherche la boussole anti-crise, partout. Mais, tout le monde n'est pas en crise. Certains secteurs s'éclatent même. Un exemple? Certains se demandent quand est-ce que Blackberry dort encore, tellement il embrasse? Étreindre sera pour plus tard. "Blackberry storm"...

S'adapter à cette crise, quand les backups financiers sont encore là, rien de plus naturel mais pas nécessairement éthique. Le mois d'avril a été un mois de récupération. Était-ce justifier? La Bourse s'auto-alimente. On achète à la rumeur et on vend à l'annonce, dit-on. Les hoquets de la Bourse sont pourtant prématurés pour envisager un futur plus serein. Le rallye des cours va se poursuivre avec des formes en "W" à répétition sans oublier d'arrondir les courbes plus ou moins longues de cette lettre dans le processus.20090204Fortis remonte.jpg

Entre temps, la chasse aux bonnes affaires est ouverte pour ceux qui en ont encore les moyens. Aux États-Unis, la crise des subprimes a remis en route les agents du voyage intéressé, les courtiers. Des acheteurs de maisons à meilleur marché sont là. Pas très éthique, c'est évident. Les prédateurs devront s'abstenir tout de même. Les États-Unis attendent la signature du Sénat pour surveiller et contrôler ce zèle automatique. Les prêts non remboursables seront proscrits. Courtiers sous contrôle avec 5% minimum des risques de défaut en caisse. Emprunts hypothécaires à 30 ans à taux fixes préconisés. Plus de crédit Alt-A, version décalée des subprimes, dit-on pour conclure avec les problèmes du passé. Comme c'est amusant... la Bourse, diraient d'autres. Ça monte et ça descend. Y a qu'à trouver le plafond et le grenier.

Pourquoi travailler, d'ailleurs? Il y en a d'autres pour cela, se dit même une frange malicieuse. Profession de foi d'une dame, rentière de son état dans son bouquin. Elle aura, très probablement, trouvé beaucoup d'adeptes et de lecteurs avides de sensations fortes, mais sans effort. Le virtuel a tellement d'avantage sur le réel. "C'est vraiment maintenant qu'on va vraiment gagner de l'argent" lançait quelqu'un en oubliant tout le reste.

Le court-terme, qui a fait les bons moments avant crise, a encore plus dur à s'étendre dans le temps. Mais, on s'en rend compte, enfin, qu'il ne peut plus suffire pour assurer la pérennité de ses entreprises, des entreprises. Muter avec un œil sur le futur ou mourir plus vite que prévu dans un monde qui agit toujours le pied sur l'accélérateur.

Une reprise? Peut-être. Certainement. C'est proactif que de le clamer. Rassurer est une obligation morale, philosophique, psychologique pour mettre en condition. Mais, ce sera à vitesse variable et selon l'activité, au cas par cas.

Sous quelle forme et avec quelles mesures, pour que cela puisse marcher dans l'harmonie? Il en existe.

Le capital humain au centre avec la flexibilité des deux côtés, employeurs et employés dans un intérêt commun. Une gouvernance repensée avec une hiérarchie responsable à tous les échelons dans une relation win-win. Une remotivation des troupes qui l'ont perdue. Une conscience écologique dans le durable pour relancer la "machine". Des fusions d'entreprises par échange d'actions plutôt que par des rachats par des chevaliers blancs ou noir qui ne cherchent qu'à diminuer les coûts. Des voitures "plus vertes", "beaucoup" moins consommatrices d'énergie, moins chères mais en gardant une sécurité en progrès pour rivaliser avec le low-cost. Le low-cost n'est qu'une manière de plus de consommer sans réfléchir. Petites voitures ajustées, avec faible consommation, mais avec un grand coffre pour espérer garder une mobilité aux meilleures conditions. Pragmatisme de la voiture "outil" qui déplace ses utilisateurs, plutôt que de prôner le prestige de l'ego.

Quadrature du cercle de l'humain con-sommateur. Il y a pourtant des solutions. L'économie de la fonctionnalité (Service economy) en serait un. En subdivisant la vente d'un produit du service lui-même qui lui est essentiel. On vend l'usage et plus l'objet. Une location mais avec un contrat qui engagerait le propriétaire, le fournisseur à ne pas programmer l'obsolescence de ses produits. Le résultat  pour le durable est évident. Recycler et réparer devient la nouvelle source de conservation des clients. Michelin, Xerox pratique le processus. L'informatique, à ses débuts, pour des motifs différents obligeait la location des machines. Seul un procès des clients contre IBM a changé la donne. 

20090406Korée et les fusées.jpgLes "crash tests" ou les "stress tests" qui ont été proposés aux banques, convergent en théorie mais ne se conjuguent en réussite ou non que sur le terrain de l"on line" et en "real time".

Toyota, déficitaire, accepte de le rester avec une stratégie de l'investissement. Une perte pour raison d'investissement n'est pas une vraie perte. Ce qu'il ne dit pas, c'est que le Japon est un maître es-concurrence, un samouraï féroce, plus moderne mais qui ne trouve son succès qu'en écrasant son adversaire commercial. Maladie qui n'a aucun autre remède que par la même maladie chez les adversaires.

Le chômage nuit à la santé des hommes et des nations. La dépression et le déficit budgétaire guettent. Les pertes d'emplois seront de vrais cadavres dans le placard si elles ne se balancent pas, dans un premier temps, avec des protections sociales temporaires plus énergiques, mais aussi accompagné par la compréhension réelle de ce qui ne fonctionnait pas au paravent.20090401Poisson d'avril Chomeurs.jpg

Suite à ces mauvaises compréhensions de ce qui se passe sur le terrain, l'entreprise est gangrenée par le raz-le-bol et le manque de motivation, de responsabilisation, de participation dans les décisions, de mise en jachère des potentiels, d'existence... des besoins des hommes.

L'indice santé, l'indexation automatique en Belgique permet d'amortir les chocs des crises en apportant des parachutes argentés pour passer les mauvaises passes. A supprimer? Non, à globaliser sur d'autres pays.

John Stiglitz parlait de printemps des zombies. Ressusciter l'économie est une affaire à longue haleine. La tentation est forte de réinvestir avec les mêmes méthodes pour se renflouer au plus vite grâce à l'argent frais injecté par les États. Sans discernement, en oubliant la base qui a produit et que l'on élimine pour détruire les coûts, ne changera rien. Moins d'inégalités au bout du tunnel, comme le préconise Jean-Paul Fitoussi? Certainement. Un meilleur retour sur les investissements publics, par la coordination des politiques fiscales à l'échelle mondiale pour empêcher les concurrences destructrices dans une globalisation plus constructive avec le bien-être et plus de sécurité général en finalité. La stabilité des prix par la maîtrise de l'inflation à bas niveau. La concurrence et la flexibilité unidirectionnelle n'ont pas répondu aux attentes. Ne pas jouer sur les mots en accusant le libéralisme ou le capitalisme. Tout deux se réfugient derrière la même doctrine. Opportunités philosophiques d'une telle crise, pourrait-on dire pour conclure.

Jagdish Bhagwati, professeur d'économie au MIT, parle d'un virage américain tout en restant défenseur de la mondialisation. La nuance "mondialisation à visage humain" écrit-il dans son livre "Eloge du libre échange" en ne cachant pas son mépris pour John Stiglitz. Il garde sa confiance totale en Obama qui "flirterait avec le socialisme". Ce qui est nouveau et l'excite, c'est que Obama s'est embarqué dans des réformes sur plusieurs fronts à la fois. La couverture de la santé universelle, l'enseignement et le climat par l'intervention de l'État sont les nouvelles impulsions du départ de ce mandat présidentiel atypique. Enfin, pourrait dire un européen. Préconiser un nouveau pragmatisme, donc, à l'américaine avec une régulation au cas par cas par un groupe d'experts indépendants, apprendre à gérer ses finances, accepter la volatilité, plus de flexibilité et plus de concurrence encore. "La société apprend à être plus altruiste, non par choix, mais par nécessité". Voilà la conclusion édictée de guerre lasse par Jagish, quitte à retomber à nouveau dans les mêmes travers dans un autre espace temps. Dans sa "mondialisation à visage humain", il n'a même pas abordé le problème de l'outsourcing offshore que son pays d'accueil a dû endurer par ses anciens contemporains qui ne faisaient pas partie de l'humain.

20090513Démission.jpgEn politique, puisque nous sommes à quelques jours des élections, il y aura les deux grands mouvements opposés qui se regarderont en chien de faïence et en cherchant de se détruire l'adversaire à coup de slogans à l'affût du moindre faux pas. Alors, pour la Belgique, le PS, un Pseudo Socialisme, le MR, un Mauvais Rêve? Chacun son idéal, très loin du réel. Sus à l'ennemi. Je lisais, plus loin, sur le sujet après une "affaire": "13000 euros pour envoyer le PS dans l'opposition. Le MR peinait à séduire pour une majorité alternative. Le complément de salaire lui redonne espoir juste avant le sprint final". Un petit coup de populisme rien que pour raccorder les sanglots long des violons.20090224Chomage.jpg

"L"Europe sociale est en panne". En panne de quoi? Je vous le donne en mille. Pardon en "milliards". Soyons actuel. Tout à un prix proportionnel, mais il y a de moins en moins de monde prêts à payer.

L'argent est un nerf névrosé qui fait du mal et du bien à la fois. S'il ne faisait que du mal, il n'aurait pas autant de partisans. Les films "Let's make money" et ensuite "We feed the world" d'Erwin Wagenhofer ne sont que les reflets d'une civilisation mondialisée à la dérive sur le radeau de la Méduse de la solitude.

Qui se rappelle encore du petit film de "L'île aux fleurs"?

Replâtrer la crise par les États ne sera pas suffisant s'il n'y a pas un changement de mentalité et une meilleure compréhension de comment marche le monde à tous les niveaux.

L'agriculture aujourd'hui a un rendement décroissant tandis que l'industrie et les services ont un rendement croissant. C'est dire qu'ouvrir les marchés sans parachute, sans les investissements dans les infrastructures de base au départ reste suicidaire.

"L'Europe sociale est en panne" lisais-je. Jean-Claude Barbier donnait ses solutions qui étaient les échanges culturels et l'apprentissage des langues. Je ne disais pas plus, ni mieux, dans mon "Les langues, un sacré jeu de langue" et cela en sortant de manière pragmatique d'un conflit de prépondérance de l'une sur l'autre dans un combat d'arrière garde. Assez de divisions pour régner. L'économie n'est ni un conte, ni une légende.

Alors, une version "néo" du système Keynésien plus équilibré, pour changer le "Yes, we can" en "Yes, we could and we have done it"? Peu importe le nom de l'inventeur d'ailleurs.20090326Epouvantable la politique.jpg

Coincé entre l'obligation de croître et de limiter la consommation, "La formule magique serait entreprendre", "se réinventer", lit-on, souvent. Absolument, mais pas en ordre dispersé et surtout avec les moyens de le faire dans un tempo à moyen et à plus long terme dans l'intérêt général et pas en hypothéquant la génération future. Protectionnisme en recourant aux valeurs patrimoniales pour sécuriser mais pas isoler. Le durable pour protéger les ressources jusqu'à leurs aboutissements sous forme de déchets.

Participer à la Bourse apporte du magique. C'est comme lancer un nouveau film et puis attendre l'émotion. La psychologie fait le reste. Autant que le film soit bon.

« Hors Argent et pas D'Or, il n'y a Pas d'Issue » (n'est ce pas un autre HADOPI avec plus d'intimité?). Puisqu'on veut une logique de résultats, il faut s'en donner les moyens.

L'Enfoiré,

De bonnes ou de mauvaises nouvelles dans les commentaires AV?

 

Citations:

  • "Liberté, égalité, fraternité ! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques ; car la politique en a fait trois mensonges. ", Louis Veuillot

  • "La bonne politique n'est pas de s'opposer à ce qui est inévitable ; la bonne politique est d'y servir et de s'en servir. ", Ernest Renan

  • "Le meilleur moment pour acheter, c'est lorsque le sang se répand dans les rues. Même si c'est le vôtre", Mark Möbius

  • "La politique est trop sérieuse pour la laisser dans les seules mains des spécialistes", anonyme

 

14/05/2009

Anniversaire "XXL" ?

Anniversaire XXL.jpgLe week-end du 9-10 mai était la fête chez nous à plus d'un titre. Fête de l'Iris de Bruxelles, fête de l'Europe. Mais, en définitive, fête en demi teinte. La crise a ses raisons, que la raison n'oublie jamais vraiment.
 
Oui, c'était la fête de l'Iris. Bruxelles fêtait les 20 ans de sa fête dans la région Bruxelles Capitale. Pris par le temps, on avait même oublié que c'était aussi ses 1030 ans d'existence. 
 
En 1979, Ella Fitzgerald, celle qui d'après la pub, cassait les verres de cristal avec sa voix, nous avait visité pour l'occasion. Du côté de l'Europe, rien de très particulier à part ses élections prochaines.
 
De la fête de l'Iris, j'en ai déjà parlé par deux fois. Les deux dernières années à la même époque avaient eu leurs moments de gloires. En 2007, par l"Europe irisée", c'était les 50 ans du Traité de Rome. En 2008, "Europe entre rêve et réalité", les caisses à savon.  Allait-on vivre une fête XXL, une fête extraordinaire?
La crise a probablement sapé beaucoup d'enthousiasme.
Les élections du 7 juin pour l'Europe, il fallait chercher très loin pour en avoir un écho. La campagne électorale est résolument en mode mineur. On tire à bout portant, donc rester dans l'ombre du chômage en hausse. On s'affiche mais en douceur. Certains numéros n'ont pas encore pris place sur les panneaux électoraux en local. Alors, pour l'Europe, c'est bien loin, même si on est compris dans le lot.  
 
Ici, en Belgique, les élections européennes, vont faire d'une pierre deux coups. On y associera les élections régionales. Economie d'énergie ou de temps, prévue depuis longtemps.
Rentabilité ou maquillage de ce qui gène ou de ce qui ennuie?
Qui trop embrasse mal étreint, dit-on. Quand on double-mandate des élus pour des raisons de rationalité, pourquoi pas?
Des promesses en mode "alto ma non troppo". Les uns utilisent les méthodes de l'autres, seuls les slogans du 1er mai avaient des relents d'un passé énergique. Mélange de couleurs en macédoine de fruits.
C'est donc pour vivre heureux, vivons cachés, comme cela l'a été pour les virus. Gesticulations sans masques, mais en déficits sur toute la ligne de crédits. L'actif de son parti perd la prépondérance pour ne s'intéresser qu'au négatif de l'autre. Vite les idées neuves avec du contenu réel. 
A chacun son bout de tunnel, question de batterie et de santé de la demande d'énergie.
 
Cette fête de l'iris allait être différente? Elle avait aussi son site. Tout était en place pour attirer. Tout devait passer ou casser.
 
Je me suis, comme d'habitude, mis en patrouille à vélo pour un reportage avec les yeux un peu partout, sans complaisances.
En chasse, donc. Aux photos et aux textes interprétants les espaces temps pour immortaliser ce qui peut l'être.
 
 
Samedi.
 
 
Départ le matin et inscriptions à la Promenade verte dans le parc de Wolluwe qui s'offre une belle journée de printemps. Les arbres arborent les plus belles couleurs tendres charmées par les fleurs aux couleurs vives.
Les 63 kms autour de Bruxelles à vélo. Je n'y participerai pas. Elle est prévue pour l'après-midi.
 
Mais, ce matin, on offre des croissants, des brunchs, même, aux participants et cela naturellement attire les regards et les convoitises. N'ai-je pas dit que c'était la crise?
 
Une récolte de documentation du style "opération dring dring".  Et, oui, je ne vous ai pas dit: la semaine suivante, on espère avoir de nouveaux adeptes de la petite reine pour aller au bureau.
Les pistes cyclables vont offrir ces kilomètres de fromage de gruyère avec ses trous béants.
 
Après cette mise en jambe, un crochet vers le Musée du Tram où l'on s'affaire pour faire sortir les vieux trams bruxellois. Rien n'y manque. Les pièces de monnaies dans la besace datent même du début des années 1900. On se les échange. Mais pas un euro, en vue.
 
Remontée de l'Avenue de Tervuren, passage du Cinquantenaire et arrivée dans le vif du sujet: le Berlaymont et la fête de l'Europe.
 
Un orchestre entraînant de la belle époque pour attirer les passants, des gymnastes, des équilibristes et une journée porte ouverte dans l'hémicycle, dans le saint du saint, le Berlaymont et ce qui constitue cette Communauté Européenne.
   
Continuons. La rue de la Loi et voilà, déjà la Grand Place, qui va nous montrer la plus grande planche de BD du monde. Hergé aurait-il approuvé? Nul n'ose l'imaginer. La lune n'est plus ce qu'elle était. La publicité non plus.
 
Le soir, dans la Galerie de la Reine, le Vaudeville invite les gens de biens.
 
A 21 heures, Salvatore Adamo avec le Bal des Gens Biens. Non peut-être. Il y en a beaucoup à Bruxelles de ces Gens Biens, non? Sa chanson sur Bruxelles (*) m'était même inconnue. Pour toi, le zinneke, c'était impardonnable, mais je l'ai enregistrée. 
Le feu d'artifice terminait la journée.
 
 
Dimanche
 
 
Retour dans le centre, dès le matin. La ville avait décidé de boucler ses entrées le dimanche pour faire obstacle aux voitures.
Tout le monde à vélo, cette fois. Sur la place royale, un homme orchestre d'un âge certain s'occupe de donner l'ambiance avec une musique d'antan. Polyglotte, le monsieur. Pas beaucoup de monde qui s'y arrête et apprécier les chansons à leurs justes valeurs. Mais il continue, imperturbable, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes.
 
Plus bas, on jouit  du bon temps. Air du temps, ce ne sont plus des bancs publics. Les transats ont été installés au milieu de la rue, pour donner l'impression de vacances.
 
Mais, on se prépare à la musique. Les enfants ne sont pas en reste les pieds dans l'eau de la fontaine. Eux, au moins, participent. Une table géante (1,2 km) a été dressée.
C'est la convivialité, le maître mot. La cuisine, le maître ventre. La fête de l'Iris a battu tous les records de participation, dit-on.
Mais je m'en voudrais de ne prendre qu'un seul avis. Celui-ci, je l'ai puisé chez un autre Bruxellois que je ne connais pas :
 
"20 ans, ça se fête dans la bonne humeur et avec l'assurance d'un avenir radieux. Chouette concert d'Adamo samedi soir juste avant le feu d'artifice et aussi de Arid ce dimanche soir, après une prestation pleine de glamour de Starving. Et hier, fête de l'Europe avec journée porte ouverte du parlement et de la Commission. A 18hr, la leçon de cinéma de Philippe Reynaert avec comme invité d'honneur Costa Gavras. Etaient aussi présents Jaco Vandermaele et un des frères Dardenne. Quel week-end avec un temps agréable. La région de Bruxelles, c'est sympa et il y fait bon vivre. On espère sincèrement que les Wallons, présents eux à la cérémonie officielle pour les 20 ans de la région de Bruxelles, comprendront l'intérêt qu'ils ont à collaborer avec notre région. Les flamands ne nous ont même pas fait l'honneur de leur présence. Dommage pour eux."
 
Anniversaire plutôt du type "XL", donc. Pas de taille "XXL", mais "XL" simplement. N’est-ce pas, d’ailleurs, les dernières lettres du diminutif "Bxl" ?
 
Madeleine n'est, donc, toujours pas venue. Les frites de chez Eugène sont chez ses enfants. Les lilas sont aussi là.
 
Alors, était-ce toujours trop tard pour le tram 33?
Etait-il seulement prévu qu'elle vienne, cette putain de Madeleine?
 
Mais, civilisation de l'image, vous êtes pressés de voir tout cela en images.
 
 
L'Enfoiré,
 
 
 
(*) "Bruxelles" par Adamo:
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche Que je te dirai belle
Bruxelles,T'as pas besoin de tous ces mots qui trichent
Pour prendre sous ton aile
Bruxelles, Mille printemps n'ont pas encore blasé Ton coeur de demoiselle
Bruxelles, Une fleur des champs, un rayon de soleil Et tu sors tes dentelles
Bruxelles, Tes yeux de ciel sont cernés de béton
Mais t'as gardé du vert à tes saisons
Et des petites fleurs pour tes ducasses
Bruxelles,Tu pleures encore pour un oiseau blessé
Pour le sauver t'oublie que tu es pressée
Et dans ta mémoire Il prend toute ta Grand Place
Bruxelles,Toute habillée d'Espagne ou d'Italie Pour nourrir l'étranger
Bruxelles,Tu as rallumé le soleil de bien des vies Je veux t'en remercier
Bruxelles,Tu m'as donné ton Ancienne Belgique Pour y trouver mon "la"
Bruxelles,C'était Bruegel qui dirigeait la clique C'était le vrai tabac
Bruxelles,Cache surtout pas tes siècles sous le fard
Le vent du nord se moque sans égard
Des artifices et des manières
Bruxelles,Tant qu'y aura des chansons sous tes brouillards
Que le grand Jacques gueulera dans tes bars
On boira ton accent comme une bonne bière
Bruxelles, j'avais vingt ans, tu m'as porté aux nues
et tu m'as chanté si fort dans tes rues
qu'on m'entendit en Canebière
Bruxelles, je te le dois mon pays aux merveilles
même si souvent depuis, je me réveille
trop de loin de mes amis et de tes cloches familières
Bruxelles,C'est pas seulement pour que ma rime soit riche
Bruxelles

 

 

Citations:
 
  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « La Fête de la musique, c'est la fête des gens qui ne foutent rien le lendemain ! », Laurent Ruquier
  • « La vie n'est ni un spectacle ni une fête; c'est une situation difficile. », George Santayana

08/05/2009

Pour vivre heureux...

... vivons caché. Et c'est de plus en plus vrai. Périodiquement, nous avons des alertes, des crises qui se suivent et ne se ressemblent pas. Elles se complètent ou s'effacent pour laisser place à une comparse plus actuelle, plus originale. La santé s'est invitée. Un virus peut en cacher un autre.

Le Mexique annonce la fin de l'épidémie de grippe A. Il faut dire qu'après quinze jours de psychose et 44 morts à son actif et plus de deux milliers de personnes dans 23 pays, touchées dans le monde, on en entend un peu moins parlé dans la presse. Tout passe, tout lasse. Même si les virus aiment toujours voyager avec leurs hôtes, ceux-ci ont trouvé une parade à leurs petits moments de crises toujours dans le souvenir des populations. On tousse en prenant peur et on ne pense plus au passé. De ce côté, c'est passé et cela a cassé, voilà tout.

Le virus, que l'on l'appelait, d'ailleurs erronément au départ de grippe porcine, se transmet comme un "banal" virus grippal. Il a quitté le porc, remarquait-on dans la presse. Quittera-t-il l'humanité souffrante? Grippe mexicaine ou américaine, on ne sait plus trop bien comment la nommer. Quelle importance, d'ailleurs.

Nouvelle "arme de destruction massive"? Est-ce aller jusque là?

Le porc a un génome très similaire à celui de l'homme. Cela lui a coûté d'être souvent le cobaye des expériences de l'homme à cette gentille bête qui mange tout ce qu'on lui donne.

20090504Grippe porc.jpgEn Egypte, les autorités se sont mises en tête d'éradiquer les porcs et de régler le compte de cet animal considéré comme impur. Si la communauté internationale s'en est émue, les coptes chrétiens, les chiffonniers du Caire, qui en vivent, s'en offusquent et se rebellent à juste titre. Pas vite impressionné par les problèmes de la biodiversité pour le moins... 

Le gentil cochon rose fournit pourtant de la viande, la plus consommée dans le monde et pourrait être un animal de compagnie bien propre si les conditions le lui permettaient. Symbole de l'hypocrisie, de perversité avec son sabot fendu, lui? Faut pas pousser et croire n'importe quoi. 

Le A/H1N1 se propage d'homme à homme comme le virus de la grippe espagnole qui, elle, a fait de 40.000 à 100.000 morts en 1918. Ce souvenir fait peur. Analogie trop évidente, principe de précaution ajusté aux risques réels? L'histoire a progressé et les antiviraux n'existaient pas en 1918. Le virus de la grippe saisonnière est latent depuis les années 70 et peut évoluer en permanence. Il tue tous les ans, sans attendre la version A. Bientôt, surement, le phénotype?

L'OMS relevait pour le virus A et s'y tient au niveau "5" de dangerosité, l'avant dernier, qui, lui, confirmerait la "pandémie". Selon une estimation, un tiers de la population d'humains contaminés en cas de pandémie, dit le numéro deux de l'OMS, le Dr Keiji Fukuda. Soit 2.259.655.853 humains touchés après un petit calcul. Excusez du peu. En voilà un qui s'assure un futur sans rassurer !

L'OMS ignore la gravité réelle du virus et c'est l'ignorance qui est prépondérante dans les réactions. Savoir à quel niveau nous en sommes protégés, est une énigme après mutation, voilà le problème qui énerve.

Il est moins pathogène, moins virulent, pourtant. Qualifié par ses 8 segments avec des souches d'influenza porcin, humain et aviaire recombinées génétiquement. Le système immunitaire devrait le reconnaître. Les médecins le font au niveau des protéines de surface. 

Le Tamiflu est proposé comme médicament, un peu "passe-partout". Le virus, mutant, il faut en identifier la souche de manière plus précise pour l'adapter avec plus d'efficacité et en faire un vaccin. Mais il ne faut pas exagérer le problème actuellement.

Dès le début, ont commencé les journées du masque, au Mexique. L'utilité de ce masque n'est pas totale, selon les virologues, si ce n'est en milieu hospitalier. Réflexe conditionné et instinctif, plutôt. Les microbes se transmettent dans l'air.

L'attention s'est relâchée depuis. La vie doit continuer et les magasins, les écoles, le foot, rouvrent leurs portes à Mexico, le mercredi 6.

Les voyages vers le Mexique continuaient. On déconseille d'y aller mais on ne force pas à rester dans le pays. Ce n'est que le retour qui peut être plus problématique. La mondialisation, elle, a fait circuler ses "fanatiques" par paquets. Les virus les accompagnent dans leurs voyages. Pour ceux-ci, c'est donc aussi gagner de la jeunesse, alors ils s'éparpillent en hôtes combattants et conciliants.

A Mexico, les affaires, on veut qu'elles continuent comme si de rien n'était. On garde ses distances, mais on veut travailler. Pour se rassurer, ce sera une septaine en quarantaine.

Pour vivre heureux Masques.jpgEn avion, on ne se bouscule plus. On se maquille pour agrémenter les couleurs du masque. On rapatrie.

L'impact sur les économies déjà mal menées n'est pas nul. Cette semi-pandémie a créé la psychose en Bourse. La Pharma est devenue le chouchou tandis que le transport et les loisirs se retrouvent dans les rejets des actionnaires. Les réflexes protectionnistes se réveillent. Le potentiel d'affaires, les plus juteuses, est toujours au programme. On se rappelle qu'après le SRAS en 2003, le coût de la grippe aviaire, en 2005, avait été estimé, par notre Banque nationale belge, à un demi milliard de dollars. Un joli coup, très tentant à reproduire?

Plus de compagnie rapprochée sans précaution. Restons couverts, restons cachés. Le préservatif doit seulement changer de fonctionnalité et de localisation pour cacher, cette fois, le visage. Plus d'amour sans protection, hier, plus de baisers, plus de bises sans protection, aujourd'hui. Le sécuritaire a été institutionnalisé, transféré du politique aux entreprises et enfin, à la santé.

A-t-on fait le tour du problème de la sécurité à tout crin? Celui-ci a modifié même les codes du savoir-vivre et pas uniquement dans le domaine de la santé.

La comparaison entre les produits toxiques ou composites, issus des subprimes et des prions de la vache folle provenant de l’alimentation animale des ruminants, révélait des ressemblances dans les modes de contagion et dans l’infestation. Il y a toujours des trucs, qu’on n’aurait normalement pas dû y trouver. "Un peu de tout", comme on dirait chez nous, qui fait gagner certains et perdre d'autres.

Prudence mais pas de panique, est le mot d'ordre. On compte et on dénombre les suspects et les morts à notre place. Bénédiction, grippe opportune et prévisible ou une nième sermon de l'apocalypse qui sera récupéré en grain à moudre par les instances responsables en réponse aux péchés véniels?

Comme disait, à l'américaine, Jean-Claude Vandamme, "You have to be aware" donc loin de la quarantaine de l'information, mais impliqué pour le virus. Alors, on suit à la loupe, en direct, l'"affaire". On passe de phase en phase, d'alerte orange à rouge comme pour la météo. Les vacances approchent. La fréquence des voyages va s'accélérer. Y aura-t-il de ces micro passagers clandestins dans leurs bagages? Être attentif pendant sept jours après un retour d'une zone à risque. L'automne pourrait réveillé la "bête", dit-on. Partie remise?

Pour ne pas effrayer, pour que les affaires en temps de crise ne s'arrêtent pas, que ne ferait-on pas.20090430Sondage ecolo.jpg

En Belgique, jusqu'à nouvel ordre, pas de cas avérés, c'est la vigilance sans inquiétude. Mais elle avance de proche en proche. En France parait-il, ce ne serait pas aussi clair, mais les premiers cas sont là et les Français réclament du Tamiflu. Une pénurie de plus... Pour vivre heureux Soutien.jpg

Vingt pays sont touchés. Des statistiques, pour tout expliquer, se construisent. Cela donnera des déductions plus ou moins valables et "la situation d'urgence en matière de santé publique est jusqu'à présent limitée au continent américain", comme disait José Manuel Barroso le 27 avril.  

Dans les premières heures, l'invité de la Première radio belge, Patrick Gobeau, virologue expert de l'UCL, rassurait mais dans une certaine danse d'Echternacht. "Plus virulent que le H5N1 de la grippe aviaire, mais moins terrible dans ces agressions et moins difficile à produire. Sensible aux antiviraux, tel le Tamiflu, en pilules et au Renenza, par puf, à la rescousse si besoin... Le vaccin ne semblerait même pas difficile à produire", affirmait-il.

Un peu de philosophie fournie par Paul Hermant, journaliste humaniste de chez nous, pour changer le fusil d'épaule:

"Cent morts à deux mille kilomètres intéresseront toujours moins qu'un mort dans la rue d'à côté. On appelle cela, le « mort kilométrique ». C'est une façon peu chrétienne de dire que notre lointain n'est pas notre prochain. Hé bien, je vous annonce que le mort kilométrique est à porter au nombre des victimes de la grippe porcine, mexicaine, A HIN1, quelque nom qu'on lui donne ou qu'elle porte… Car nous sommes aujourd'hui attentifs comme jamais à cette dame décédée au Texas comme nous le sommes aux 30 autres morts, tous mexicains, 31 morts donc au total depuis ce matin, et que pensons-nous alors des 44 Kurdes abattus d'un coup lors d'une vendetta, qui est aussi une sorte de virus que l'on se refile de génération en génération, il vous faudra relire Colomba, vous savez bien, Prosper Mérimée, ou aller faire un tout du côté du kanun albanais, si vous voulez en savoir plus. Mais enfin, voilà bien 31 personnes qui nous soucient, qui nous ont soucié, qui nous soucieront, comme peu et jamais. Notre planète tient désormais compte de l'infinitésimal, du statistiquement dispensable, de notre portion congrue d'humanité, de gens anonymes et peu nombreux, et c'est une bonne, une excellente nouvelle. Car voilà peut-être le moment de porter notre regard vers le « vivant millimétrique », je veux dire, notre voisin, notre riverain, notre entourage, notre sdf, notre sans papier, que sais-je, enfin bref, exactement les personnes que nous tenons ordinairement pour portion congrue, gens anonymes et statistiquement dispensables. Mais voilà, nous ne voyons pourtant pas ce qui nous est proche, nous n'apercevons pas ce qui nous vient, ce qui nous tombe sur la tête n'a aucune sorte de nom. Et comment faire alors quand ce qui nous arrive est Avigdor Lieberman, le plus que controversé ministre des Affaires étrangères d'Israël, qui était hier notre prochain, 300 kilomètres tout au plus, à l'Elysée, à Paris, où il rencontra Claude Guéant, le même qui la veille entendait sanctionner le plus que discutable Dieudonné. Entre celui que l'on veut interdire et celui que l'on reçoit, on se demande effectivement de quoi tout cela est le nom. Et si ces gens, effectivement, nous sont kilométriques ou millimétriques. « Avec les événements et les gens, il faut trouver la bonne distance, c'est-à-dire la bonne proximité »".

Décidément, rien ne nous épargne, même pas la philosophie.

Revenons, une dernière fois, aux virus par la science, dans leurs généralités.

"Les "virus" modifient activement la génétique des espèces par la force motrice de l'évolution. Incroyablement nombreux, ils sont des entités biologiques parasites qui nécessitent des cellules hôtes dont ils utilisent les constituants pour se multiplier. Leur vitesse de reproduction joue le plus grand rôle dans sa survie. Trop rapide, ils tuent leur hôte avant sa reproduction. Tout est une question de performance de propagation. Le virus du Sida, tueur lent, prend son temps et dépasse en performance ses congénères par la patience. L'Ebola, lui, est un rapide et a moins d'occasions de se reproduire."

Tout deux ratent, donc, le coche de leur salut de profiteurs inoffensifs de ses hôtes car ils le tuent à plus ou moins longue échéance. Curieux ce processus suicidaire?

20090428Grippe porcine.jpgPas plus performant chez les extrêmement petits que les plus grands. "Plus un virus circule mieux, mieux il s'adapte et mieux il s'adapte moins il est pathogène parce que c'est plus intéressant pour le virus dans sa reproduction" ajoutait le virologue. Il y aurait plus de 100 millions de sortes de virus. Profusion de techniques de combat.

Les antibiotiques imitent, d'ailleurs, des éléments naturels qui ont développé des bactéries du sol contre leurs assaillants mais menacent de se retrouver sous une forme modifiée dans la nature. Les bactéries ont leurs propres virus, les bactériophages. Les virus sont agressés par leurs virophages qui les parasitent. L'évolution entre en jeu. Plus surprenant, en effet, devenir malade par des parasites faciliterait le renouvellement génétique des espèces. Celles-ci doivent donc se modifier sans perdre de temps pour gagner de vitesse ses hôtes parasitaires. Complexifier les cellules et les gènes pour simplement garder une chance de subsister.

La biologie évolutive pense même que le risque d'infection stimule l'activité et faciliterait le renouvellement génétique des espèces. Lutte intestine pour avoir une longueur d'avance donc sur ses propres parasites. "Dieu est un virus", lance-t-on parfois péremptoirement dans une certaine presse.

On ne doit pas s'amuser tous les jours sur le mont Olympe des dieux. Peut-être trouverais-je la réponse dans le nouveau Bernard Werber, "Le mystère des dieux"? Lui qui parle des fourmis, en général.

- "Mais on parle de virus, pas de fourmis pensantes, Enfoiré".

Pour vivre heureux Risques.jpgPar ici, donc. Redescendons sur terre. Qui des deux, des virus ou des hommes se cacheront, masqués, à chanter le plus fort cette chanson d'Alain Souchon, "Ecoutez d'où ma peine vient".

La morale de l'histoire pourrait bien être "A vos couettes". Si, en avril, il ne fallait pas se découvrir d'un fil, en mai, faire ce qu'il nous plait, reste-t-il toujours au programme? Depuis, le prion, les vaches sont bien gardées. Depuis le Virus A, prénommé H1N1, les cochons le seront aussi. Vite une tune dans le cochonet.

Ensuite, à chacun sa virtualité et sa vérité, derrière son clavier, en ayant pris soin de se laver les petits doigts et de nettoyer les touches avant de commencer. "Wait and see" avant de passer à la vitesse supérieure.

 

L'Enfoiré,

20090515Grippe.jpgSur Agoravox, des commentaires heureux ou malheureux? 

3 juin: La grippe touche tous les continents. 

Citations:

 

  • « Le virus est le dernier prédateur de l'homme. », Robin Cook

  • « Dans un monde où l'information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime. » , Jacques Attali

  • « Ne sous-estimez pas les petits adversaires : un lion se voit, pas un virus. », Anonyme

 

03/05/2009

Sucer mais pas avaler (3)

Après un départ de l'Inde dans le (1), nous avons continué la visite du propriétaire. En transit dans d'autres pays, de continent en continent dans le (2).  Nous retournons en Inde pour la conclusion. L'Inde est la plus grande démocratie dans le monde, rappelons-le.

 

200803051.jpgDans l'Echo du dernier week-end, l'Inde était à nouveau sur la sellette du questionnement et de la surprise. Un correspondant de New Delhi avait envoyé son papier qui devait éclaircir, en plus vrai, sur le terrain, le sentiment de mon premier article.

Titre: « Profession tueur, voleur ... député ».

A l'origine, en Inde, les politiciens utilisaient des gangs pour faire campagne. A présent, les criminels se mettent à la politique qu'ils considèrent comme une affaire très lucrative. Les trafics n'ont plus la cote. La politique apporte une opportunité financière. Un CV de politicien n'est pas demandé. Pas question d'espérer pour accorder les violons d'un gouvernement avec des partenaires qui n'assument pas, en connaissance de cause par la formation, les fonctions sous la présidence d'un chef d'orchestre généraliste. La corruption est devenue naturelle à laquelle s'ajoute l'incitation à la haine raciale.

Plus grave, en 2006, déjà, 23,3% des 538 députés faisaient l'objet de poursuites judiciaires que des présomptions d'innocence avaient du mal à cacher.

Une certaine Madame Seema Parhar, accusée d'avoir tué plus de 70 personnes, est candidate à la députation dans les élections actuelles, pour le parti de la Justice. Ça ne s'invente pas. Et elle est loin d'être la seule vu le pourcentage de ces députés qualifiés de véreux et connus comme tel. Pas un problème d'exclusivité féminine.

Dans un vieil article qui avait la femme pour effigie, je disais qu'il fallait avoir la compétence et la motivation pour occuper un poste d'importance. J'avais seulement oublié l'intégrité viscérale et assexuée.

«... s'exciter à propos des criminels, c'est pour les milieux intellectuels urbains. Le peuple, lui, il n'en a rien à faire. » était-il dit en conclusion de l'article de L'Echo. Là, cela devient indigeste.

Ah oui, je me souviens du premier article de ce triptyque, il y avait, pour les pauvres, le riz qui devait ressortir des urnes avec le seul choix entre quantité et quantité.

Le ventre a toujours ses raisons que la tête ignore. Chacun ses idoles et ses convenances qui n'ont que d'autres versions aux mêmes travers.

Chez nous, on parle plutôt de nourritures plus "préparée". Ce sont, désormais, les risottos, les couscous, les con_sommations ou les parties de jambes en l'air sous contrôle qui feront les choux gras. On a aussi changé quelques petites choses par l'équipe en place pour se rappeler aux bons souvenirs.

Pour y parvenir, les Droits de l'Homme, dans le monde, seront peut-être devenus les Droits de l'Ohm, cette unité de résistance du système international qui faisait partie de nos cours de physique et du travail.

Tous les enfants du bon Dieu sont-ils devenus des canards sauvages? On semblait le ressentir à la lecture du début de cet article.

Tout n'arrive, pourtant, pas parce que cela doit arriver. Il y a aussi les extras qui assaisonnent ou sucrent les canards bien ou mal policés.

La politique est, et reste, violente. Nul ne peut le contester, sinon il n'y aurait plus que des politiciens pour se présenter dans la gestion du monde.

Le pouvoir pourrit-il son homme? Surtout, pas d'amalgame. Il y a les purs et durs. Les motivés, avec des convictions d'éthique.

20081201Crises poupées vaudoue.jpgFrance2 avait programmé, ce 1er mai, le film "Un homme d'honneur". Anniversaire du 1er mai 1993 pendant lequel le premier ministre Pierre Bérégovoy se donnait la mort après avoir essuyé une défaite législative. Autodidacte, il avait gravi tous les échelons de la vie politique en fidèle lieutenant de François Mitterrand. Il devint le bouc émissaire d'une classe politique contestée et affaiblie par les scandales. Il n'avait pas supporté l'acharnement des journalistes contre lui ni que la population remarque aussi que la droite et la gauche se confondaient dans leurs actions. Il n'avait probablement pas ressenti les problèmes du passage de bas en haut.

Réédition de l'histoire qu'avait révélé l'affaire Roger Salengro, sujet qui avait été diffusé sur France 2, le 14 avril. Déshonneur aux vaincus? Certainement. Mais, vaincus, par la déchéance surtout programmé pour les transfuges qui transgressent les règles de la dichotomie du monde entre possédants et possédés. Sucer mais pas avaler(3) 1er mai.jpg

Abandon par les deux côtés de la barre dans la solitude et la détresse la plus totale en cas de ratage. François Mitterrand avait eu des mots durs contre les "chiens" à l'enterrement de son premier ministre. Le "chenil" n'était pas aussi restrictif qu'il le pensait. Les "affaires" comme on les appelle chez nous, comme ailleurs, n'ont pas disparues, aujourd'hui, pour autant.

Les défilés du 1er mai n'ont pas démenti cette ségrégation dans des villes différentes séparant les partis. Les uns, les rouges, criaient des slogans comme "Le système néo-libéral a foiré". Les autres, les bleus, dénoncaient "La diabolisation du libéralisme".

Six grandes banques américaines ont approvisionné 26 milliards de dollars pour frais de restructuration au premier trimestre. Salaires ou plutôt bonus? Cherchez le naturel...20090116Encadrement Justice.jpg

Voter n'est pas qu'un droit. C'est la procédure qui est la plus assez ajustée à l'époque. Mais, voter pour des hommes que l'électeur ne connaît ni d'Ève ni d'Adam, pour des partis dont il n'entrevoit qu'une partie des objectifs, masqués par une foule de bonnes idées, sont peut-être les raisons à ce manque d'intérêt. Démocratie à plusieurs profits et pertes. Difficile de contenter une masse toujours différente et mouvante ou corruption au bout du chemin électoral?

Une idée pour caractériser le vote, tout de même, parce qu'il en faut toujours une.

20090528Elections.jpgL'informatique a l'avantage de ses inconvénients et vice versa. Elle a l'obligation de la logique, construite sur un raisonnement architecturé suivant un organigramme pré-établi, avec entre un départ et une arrivée, un processus qu'on appelle le traitement de l'information. Au lieu de se contenter et de se coller à l'arrivée, aux candidats et aux partis, aux espérances et aux résultats, l'informatique permettrait de dresser un cheminement par étapes pour atteindre le but "voter pour". Cette interrogation se ferait par une série de questions-réponses entrecoupées par des branchements orientés par des "si" ou des "if" pour suivre les programmes. Exercice de recherche du meilleur prix-performance en ignorant au départ qui remporterait la palme en suivant à la trace ses propres tendances. Manière originale pour coller au mieux à la volonté de l'électeur avec un seul problème: comment construire ce questionnaire avec le plus d'objectivité sans partialité? A l'occasion des élections, il y a une tentative dans ce sens, elle s'appelle euprofiler.

20090503LiberalSocialiste.jpgLa réconciliation pourrait pourtant passer par là. Les élections ne sont qu'un moyen de "poller" l'électeur. Le référendum par objectifs en est un autre. Les pétitions circulent déjà sur Internet. Les organiser dans la sécurité et suivre le mouvement. Cela pourrait s'appeler "Ordinavote" ou "PollOnWeb". Mais, ce processus est très antagonistes à l'idée et à la fonction des partis.

Le temps de crise que nous connaissons, nous oblige à lever le pied, de prendre du recul en évitant les raccourcis, à pointer du doigt les excès, à ressortir du lot de ce qui est trop long ou trop étroit... et de réagir. Cela a commencé mais pas comme avant. La violence est souvent inutile et dénoncée comme "jeux" pour casseurs.

Dernièrement, je lisais « Il n'y a plus de penseurs et de philosophes ». Je commentais qu'au contraire, il n'y en avait jamais eu autant derrière leurs claviers qui ont remplacé la feuille blanche et les pavés dans la rue. Seul le média a changé. On y a gagné par l'interactivité. Tous ces nouveaux "philosophes" resteront probablement des sans-grade qui « réfléchissent avec leur raison sur le monde et la pensée, pour accéder à la sagesse ou pour comprendre le sens de la vie, dans l'espoir d'être plus heureux ou libre » comme définit Wikipedia la philosophie. Seul le pluralisme d'idées est en régression dans la bataille. Il s'uniformise contraint ou même, parfois, accepté de bonne grâce par facilité. Mais la crise rendra la communication moins frivole et plus interactive. Dans mon "A propos", j'ai écrit qu'Internet pourrait sauver le monde. Encore faut-il que le monde suive et s'essaye à la chose publique.

Il reste souvent cette impression générale de ne plus rien comprendre à notre environnement, à notre vie et de virer dans le raz-le-bol sans fin dans cette bousculade à répétition.

20090225Carnaval.jpgEn une question: Sommes-nous tous devenus fous? Où est l'erreur?

Au sommet, on veut, dès lors, corriger. Rechercher et recréer un « Nouvel Ordre mondial ».

Déception, si l'on en croit la cosmologie, ce serait plutôt une continuation d'un « désordre mondial » par phases de plus en plus rapides dans un monde à plusieurs vitesses, combinées avec un côté d'incertitudes. Voir ci-dessous si pas convaincu (*)

Manager plus de désordre, avec une expansion des problèmes serait donc le grand challenge de demain.

L'instabilité politique menacerait-elle aussi l'Europe et les pays qui la constituent, ce 7 juin prochain?

Il y a le spectre de l'abstention des électeurs.

20081212Sarko fin mandat.jpgEn pleine euphorie après les dernières élections présidentielles françaises, je m'étais payé un bide magistral sur Agoravox, il s'agissait d'une parodie "Elire, c'est guérir". Apparemment, sur le terrain, la guérison n'a pas été flagrante. L'enthousiasme a fondu. Les déçus sont là et la cote de popularité s'est dégraissée. C'est toujours mal vu, d'avoir une certaine raison opposée trop tôt.

Dans une autre époque, j'écrivais "Vivre dans un monde démocrate, ça vous gratte?". Ce que je suis sûr, aujourd'hui, c'est que le poil à gratter n'est pas moins rare et qu'il fait beaucoup de petits qui n'en finissent plus de gratter.

20090429Mascarade Fortis.jpgLa démocratie, les droits de l'homme ne sont plus qu'un idéal qui a des tendances malheureuses à s'éloigner. La démocratie n'est pas, nécessairement, la panacée, mais, c'est ce qui rapproche le mieux le citoyen de ses desiderata les plus intimes. Le moins mauvais des régimes, comme disent les convaincus, mais il faut en être conscient en l'ayant vécu de l'intérieur. Les jeunes ne seraient pas absents de la politique, lisais-je.

La "solidarité", un mot à la mode, mais qui n'est pas encore partagé que par de bonnes paroles. Alors, il faudra se questionner de là où la tune se trouve. L'espérance ou l'espoir sont de si belles choses, tant qu'on a la santé et qu'on s'adonnera aux sports pacifiques.

Mais, pour un véritable projet de société, peu importe les couleurs des "ustensiles de ménage". Il faudra donc apprendre chacun à sucer à la petite cuillère, mais surtout ne pas avaler la grande louche avec la bonne soupe.

Le Nouvel Obs de la semaine ne semblait pas le confirmer en parlant de l'insurrection française.

Sucer mais pas avaler(3) invisible.jpgLa politique spectacle a pris le relais de la démocratie. Le "star system" avec son côté "people" a souvent triomphé par l'image sur les écrits et les débat d'idées de l'analyse. L'affectif et l'émotion au pouvoir, pourrait-on dire.

L'Italie est devenue la championne dans ce genre d'exercise ou l'image seule a encore une chance de percer le coeur des électeurs. Les derniers démélés de Berlusconi avec son épouse entre dans cette cour. 

Pour attirer le lecteur, la presse n'a plus que les titres accrocheurs pour seuls appâts. Le titre de cet article, à l'origine une hilarité en commun dans les locaux d'une banque, a volontairement été choisi pour suivre une mise à l'épreuve, apparue de manière fortuite lors d'une conversation terminée dans l'hilarité la plus totale.

Aujourd'hui, Emile Zola en serait, pour ses frais, "plus actuel" avec son titre réquisitoire "J'accuse". Les amateurs de porno en seront pour leurs frais avec le contenu du mien.

20090427Le Soir.jpgPuis, il faut bien l'avouer, il y a ceux qui travaillent dans l'ombre, qui prennent des notes à l'encre noire de leurs nuits blanchâtres pour récupérer un peu de "suc" de la crise. Leurs livres se retrouvent sur les présentoirs des librairies sous les kilomètres de leurs analyses, de leurs romans, de leurs thrillers fictions, à en donner le frisson. Tout cela pour expliquer l'inexplicable légèreté de l'âme de leurs contemporains. Pour se faire, ils se basent sur le passé pour inventer le futur mais en transitant par une actualité très volatile et donc déjà obsolète à la publication. Tout passe tellement vite que l'encre n'a plus le temps de sécher. Il y a plus d'écrivains que de lecteurs. Il faut du Reader Digest.

Comme dirait Pierre de Coubertin, la crise, peu importe comment on en sort, l'important, c'est de participer.20090319Le printemps.jpg

Ce sacré espoir démocratique avale décidément un temps fou pour les uns, tout en suçant, les autres dans sa rage d'exister.

 

 

L'enfoiré,

 

Sucer mais pas avaler(3) Castes.jpgMise à jour du 12 mai 2009 "Les castes régissent toujours l'Inde moderne"

(article de l'Echo). Ram, le tailleur "intouchable", gagne 50 roupies par jour (0,75 euros) et vote pour Mayawati, la reine des intouchables, devenue richissime et dans le parti BSP. Le fait que les fonds publics n'irons pas pour équiper les villages dalit en eau et en électricité ne le fait pas changer. On reste castré. Castes envahissante et cela, 60 ans après l'indépendance, pour arriver à une république plus égalitaire. Rigidité ancestrale avec des brahmanes, au sommet, des paysans, et des intouchables. L'éducation réservée. La discrimination envers les dalits est interdite, mais les relations inter castes restent quasiment inexistantes. 4000 ans d'histoire quand tu nous tiens ! Sucer mais pas avaler(3) Résultats.jpg

 

 

Sur Agoravox, même sujet, sucettes ou pas? 

 

Citations:

 

  • « L'heure de nous même est venue », Aimé Césaire

  • « Tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie. », Alfred E.Smith

  • « Nous devons nous libérer de toute transcendance. La transcendance est la corruption de l'imagination. », Edward Bond

 

(*) Cosmologie:

Hubert Reeves disait "Nous faisons partie de l'histoire du cosmos. Les atomes dont nous sommes formés ont été forgés dans les étoiles". Aux dernières nouvelles, même le Big Bang ne serait plus qu'un Big Bounce, un rebond avec un avant et un après. L'Univers en vibrations, dans une étude euristique de la relation entre les étoiles et les êtres vivants?

La Relativité Générale et la physique quantique vont me donner une approche originale à ce "désordre mondial". A la base le livre de Stephen W. Hawking, « Petite histoire de l'Univers ». Il y tentait d'expliquer le Big Bang avec notre Univers, en expansion, sans frontières, en transitant par les trous noirs. En détournant ces théories vers la physiologie des hommes avec des phrases choisies, les analogies sont troublantes.

"La 2ème loi de thermodynamique dit que « l'entropie d’un système isolé, son désordre, ne diminue jamais avec le temps. De plus, quand 2 systèmes sont réunis, l’entropie du système obtenu est plus grande que la somme des entropies des 2 systèmes originels. Cette loi est statique. C’est-à-dire qu’elle ne se vérifie pas toujours mais dans la majorité des cas. ». La mécanique quantique, elle, se base sur le principe d'incertitude. Aucune théorie unifiée, globale et cohérente à l'horizon des découvertes. Seule une estimation partielle est de rigueur. Dans la théorie des cordes, les éléments de base ne sont plus que des particules qui occupent un point unique de l'espace-temps. Celles-ci ont seulement une longueur pour décrire une interaction forte et élastique comme dans une toile d'araignée. Le principe anthropique dit que les dimensions spatiales ne semblent pas suffisantes pour le développement d'entités aussi complexes que les êtres vivants sinon ils devraient monter les uns sur les autres pour se dépasser. Les événements ne peuvent être prédits au delà d'un certain point et se produisent de façon aléatoire et arbitraire. En fait, la condition "sans frontière" implique que le désordre continuerait à augmenter même pendant une phase de contraction ultérieure. Les flèches thermodynamiques et psychologiques ne s'inverseraient pas lorsque l'Univers l'homme commencerait à se contracter même à l'intérieur des trous noirs. Toutes les trajectoires possibles sont finies en expansion, mais n'ont ni frontières, ni bords, ni singularités."

D'après Stephen W. Hawking, le problème reste seulement d'appréhender la totalité de la connaissance humaine vu le rythme des progrès de la science à rendre la chose possible pour être compréhensible par tous. Il y a 70 ans, Eddington disait que 2 personnes seulement comprenaient la théorie de la Relativité Générale. Je suis sûr, avec cette vue "analogique", qu'il y a vous, en plus, maintenant. De infiniment grand, l'Univers, à infiniment petit, l'homme, tout prend un tout autre éclairage.

28/04/2009

Sucer mais pas avaler (2)

Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.

20090421Pirates partout.jpgPourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?

 

Patrons du monde qui êtes aux mieux,

que vos noms soient honorés,

que vos sanctions ne nous viennent,

que vos volontés soient faites

au bureau et à l'usine pour le miel

Donnez-nous aujourd'hui

nos gadgets au quotidien

pardonnez-nous nos dépenses,

comme nous pardonnons aussi

vos excès qui nous ont souvent effrayés.

Et ne nous soumettez pas à l'imitation,

mais délivrez-nous du râle

car c'est à vous qu'appartiennent

les règles, la puissance et la gloire,

nous garderons seulement les miettes des crisettes

pour des siècles et des siècles.

 

20090323Pape et porte parole.jpgPourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.

Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.20090325Obama Fils Kennedy.jpg

Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.

L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.  

20090205_Foiré.jpgNe pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.

20090126Obama appréciation.jpgCe 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé. Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.20090408Obama Irak.jpg Solidarité de façade, donc.

« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.

D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.

20070311Chirac fin de règne.jpgLe président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.

Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.20080701La France préside l'Europe.jpg

Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.

La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".

Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?

Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.

20090602Obama Israel.jpgUn clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.

Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.

Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.

Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.

Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.

20090422Durban 2.jpgCe qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".

Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?

Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.

ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.

Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.

Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.

Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".

"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.  

Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.

Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.

20090420Pirate Pompéi.jpgVoilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.

N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.20090424Pirates Bruxellois.jpg Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.

Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?

Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.

Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.

On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.

Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.

Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.

La politique est,  sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.

20090330Europe elections.jpgEn occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.

S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?

Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".

 

L'Enfoiré,20070706Tour de l'espoir.jpg

 

Agoravox est-il en plein suc?

 

Citations:

 

  • "L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson

  • "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard

  • "Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein

 

23/04/2009

Sucer mais pas avaler (1)

Le 15 avril, je lisais un article du journal l'Echo qui annonçait les élections en Inde pour le lendemain. Le titre était "L'instabilité politique menace l'Inde". Voici, les tenants et aboutissants de l'affaire, extrapolés ensuite à la mode de chez nous.

20090417Elections Indiennes.jpgJ'ai déjà eu l'occasion de vous parler de l'Inde d'aujourd'hui sous les notes d'une "Symphonie indienne". Nous voici dans des temps plus difficile. Entre 2004 et 2008, la croissance moyenne s'élevait à 9%. Le top de toutes les démocraties. Depuis fin 2008, ce pourcentage tombait à 7% à cause de la crise. Pas mal, quand on sait que les autres, à part la Chine, comptent en négatif. 

Deux partis "colosses" se présentent aux élections du 16 avril pour les élections démocratiques très "british" à cause de son passé historique. Mais, une myriade de petits partis fait un troisième "larron" assez communiste et régional et inquiète. Plébisciter par le scrutin devient plus aléatoire que de normal. Plus d'un millier de partis régionaux avec la caste des "intouchables" rendent le résultat instable avec des risques dignes du jackpot. Un système de quotas pour cadenasser trop de zèle. La crise a aussi touché ce continent et dix millions d'emplois assignés au domaine de l'exportation sont passés à la trappe. Chacun des candidats plus populiste que l'autre s'apprête à "améliorer le sort des masses", avec des "vertus sociales" dont ils ont le secret, tout en sachant qu'il devra rivaliser avec de futurs alliés très capricieux sans même avoir les résultats du vote. L'Inde, un véritable continent. Rien que l'Uttar Pradesh, avec ses 9% de la population globale, double la population de l'Allemagne.

Tous les principes pour attirer les électeurs sont bons. De la discrimination positive, la population n'en connaît pas trop la signification de ces mots mais vont devoir choisir en fonction d'éléments très spécifique à chacune des "conditions humaines" qui sont très embourbés en castes si pas castrées. Il faudra y aller de l'opportunisme au populisme de bon ou de mauvais aloi. Ce qui est proposé est d'ailleurs sujet à beaucoup de réflexions aux yeux des occidentaux avec ses besoins très différents et spécifiques.

Les problèmes sont nombreux même pour les bras de Shiva. Cela commençait très mal d'ailleurs. Un relent de terrorisme, le souvenir des attentats de Bombay que l'on temporise et des tendances séparatistes font partie de ce pays immense. Partage entre Sikhs, Tamouls, problèmes communautaires et religieux, tendus entre hindous, musulmans et chrétien. Un développement rural qui s'est perdu dans le choix de la "révolution verte" qui a mené les paysans au suicide, la corruption, crimes gratuits et statut des femmes toujours en suspens, le Pakistan, voisin difficile, avec l'éternel Cachemire comme pomme de discorde. L'Inde est en fait plus représentative en parlant des Indes. Cela fait du monde à toucher par la "bonne parole".

Le Parti du Congrès imagine s'attirer les pauvres en leur faisant miroiter l'accès à 25 kg de riz ou de blé par mois comptabilisés à 3 roupies le kg. Les électeurs, au niveau de la ruralité, l'annulation des charges des emprunts agraires. Pour les entreprises et la classe moyenne, des responsabilités fiscales pour s'opposer aux privatisations.

Le Parti BJP, lui, propose aux les pauvres 35 kg de blé ou de riz par mois à 2 roupies le kg, l'annulation des dettes des fermiers et l'exonération des impôts pour les classes moyennes. Du côté des infrastructures, il voudrait augmenter les investissements massifs dans l'énergie électrique, mais interdire les investissements étrangers dans la distribution et les technologies de l'information.

20090311Baril.jpgLe patronat préfère, d'après les sondages, préfère le BJP mais soutient le parti du Congrès en préconisant de "voter pour la continuité" à 68% de cet électorat. Veiller à conserver l'image de marque de l'Inde oblige.

La crainte pour les affaires avec l'étranger de l'"hindouisation" autoritaire de la société est bien présente.

Si le budget des élections n'est pas comparable avec celui des États-Unis, il n'en est pas moins vrai que la démesure dépasse tous les shows médiatiques. Le dépouillement aura lieu le 16 mai. Élection à la majorité à un tour, la coalition n'en sera pas plus facilitée et les risques de dérapage monopolisaient déjà les plans des polices locales.

Première réaction: Qui est considéré comme pauvre ou riche? Quels sont les critères? Qui sera catégorisé au milieu dans la classe moyenne? Les frontières sont floues et subjectives avec des sauts d'élastiques qui ferait pâlir de stupeur l'occidental par les ambitions indiennes au raz des pâquerettes. Le bengi du pouvoir d'achat de l'Indien est manifestement plus court et fluctue à plus petites vitesses dans un temps et un espace bien plus étroit. Le big bang de Bangalore, la vitrine de la réussite technologique et les frasques féeriques de Bollywood opposées à la jungle du Bihar. Le film aux 8 oscars « Slumdog millionaire » n'est qu'une représentation de cette différence.

Mais, passons à un autre continent. Plus précisément en Afrique du Sud. Coïncidence, le championnat Indian Premier League de cricket s'y jouait le 18 avril. Ce sport-business, opium et religion du peuple brassait des centaines de millions de dollars pour s'expatrier, pour fuir le terrorisme et les élections. Tout transposer à 9.000 kilomètres et pas de problèmes financiers. Bizarre comme une délocalisation avec des frais gigantesques arrange plus que ne soigne. Etre vu par ses fans d'un sport pratiqué de toutes pièces et qui se retrouve uniquement à la télé. Renoncer aurait été encore plus couteux. Les affaires délocalisées, offshorisées, passe encore, mais le sport !

Le 22 avril, c'est au tour de l'Afrique du Sud de passer au vote après la démission du Président Thabo Mbeki, trop technocrate ou distant. La pauvreté pendant son mandat a pourtant régressé très fort avec des aides sociales, une transformation urbaine. On est loin de l'euphorie à l'époque de Mandela avec l'abolition de l'Apartheid en toile de fond. Cette fois, on reconnait la corruption et l'incompétence qui planent au dessus des têtes, les pronostiques restent clairs, l'ANC se verra dégringoler de 64% à 60% d'après les extrapolations et les tendances. Un nouveau statu quo? Les "mauvaises langues" disent même que l'enjeu des élections pour son challenger résiderait chez à lui garder une chance de garder son immunité dans une lutte de pouvoir sans merci. Zoulou, plus populaire, plus charmeur mais inculpé par deux fois, pour une affaire de viol et une autre de corruption avec acquittement et non lieu. Quels seront les sucres d'orge qui seront distribués? Seront-ils sous forme de riz en grains distribués par ses quatre femmes et dix sept enfants? Deux philosophies de gestion complètement différentes: l'une charismatique et distante, l'autre populaire. Un kilo de plumes contre un kilo de plomb? Cela fait toujours débat et inquiète l'étranger sur les intentions intimes de l'élu du coeur.  

Comme partout, quand il faut voter, il faut se rappeler du lien étroit entre prix et performance et surveiller de très près les programmes. Promettre c'est bien, arriver à ses fins, c'est encore mieux. Les différentiels ne se retrouvent pas uniquement dans le roulement des mécaniques. Ajuster, personnaliser le citoyen est souvent bien plus ardu que prévu.

Et si on partait à l'Occident, toute. Nous y sommes bientôt à nos élections de juin.20081127PS Sego.jpg

La France virera-t-elle toujours à tribord pour réformer à la méthode révolutionnaire?

On en arrivait même à regretter Chirac. Des gaffes sont du parcours.

Les États-Unis se sont données un Président, disons, "original". Il s'attaque à la politique par l'autre bout. Il doit se protéger contre les racismes et les extrémismes. Il laisse publier le mode d'emploi de son prédécesseur.

20090123Guantanamo ferme.jpgIl ferme Guantanamo. Il a eu l'idée d'augmenter les taxes des riches pour en retrouver mille dollars dans les poches des classes moyennes.

La Belgique ne compte pas vraiment de révolutions dans ses votes. Quelques arbitres "huilent" les résultats en alliances opportunes. Une évolution par tassements, par remontées, oui, que le CRISP explique, sans beaucoup de surprises, après coup. Une ressemblance fictive avec l'Inde, les problèmes communautaires, on connaît. Les surprises ne confirment que les règles de la simple conformité. Il y a des percées pour précéder ou accompagner des résultats lissés par le vote à la proportionnelle. Air du temps, le Parti Ecolo pourrait rapporté quelques voix de contras, serait prédit. Sucer les sucettes à l'anis en vert, en orange, en bleu ou en rouge, du moment que cela reste toujours "acidulé".

20090416Californie.jpgUn profond malaise ou désaccord se creuse entre la démocratie et le citoyen. Le vote en Belgique est obligatoire, mais, pour 35% des électeurs, les Belges se disent non intéressés par le vote. Mal parti pour les partis.

Ce 15 avril, revenait la délégation des Parlementaires d'une mission en Californie pour les uns, d'un voyage touristique pour les autres. Tollé qui a fait les manchettes, si pas les manches entières des quotidiens. Deux députés étaient invités pour en parler franchement sur notre antenne radio. Les commentaires allaient bon train en période de crise et de fins de législature. La mission parlementaire sortait par la petite porte dans le même temps. Sucer était-il nécessaire quand il n'y avait plus rien à avaler? Mais,on assume.20090414Délégation wallonne.jpg

"Chez ces gens là, Monsieur, on ne s'en va pas..." chanterait, encore une fois, Jacques Brel.

Alors, on lèche et on compte les points.

Alors, si on imaginait les partis qui réagiraient en équivalent occidental à la sauce indienne ou sud africaine?

20090418Pauvres.jpgLe citoyen est-il tellement différent? Georges Frêche qui disait « J'ai toujours été élu par une majorité de cons » semble dire le contraire et se conformer aux gagnants pour être dans le coup.

Chez nous, en Belgique, ce n'est pas deux partis mais quatre partis traditionnels principaux dans toutes les directions, qui sont multipliés en nombre par des communautés linguistiques, mais, qui sous les mêmes couleurs, ne se confondent pas. Imaginons. Rêvons.

Dans cet exercice de fiction, le pauvre se verrait attribué des "bons pour" par mois, avec quelques dizaine d'œufs au lard, des kilos de patates puisque, comme disait J.P. Coffe, on fait de bons gâteaux pas chers avec elles, quelques boîtes de pâtes fraiches pour varier les menus, des services d'aides pour les jours de déprime, une peu de matériel de cuisine pour se rappeler qu'on est au 21ème siècle.

Le rural, une machine à traire, une motivation pour pouvoir cultiver ses champs et produire la nourriture du premier.

20090219VacancesSans Voiture.jpgLa classe moyenne s'amuserait avec l'ordinateur de bonne facture offert généreusement pour suivre les résultats des ... élections, accompagné du GSM pour garder le contact avec les copains, quelques litres de pétrole pour assurer le changement de la petite auto devenue trop grinçante par endroit et pour conserver quelques vacances au soleil, une promesse de sécurité d'emploi et de bonne santé, de travail, sans excès. Qui oserait obtenir un droit à la reconnaissance de ses chefs et cela de la "cave au grenier" en suivant l'échelle sociale de son entreprise?

La catégorie "nantie", elle, pour finir, se verrait octroyer, par mois, quelques dîners avec madame, souvent oubliée, un voyage aux Bermudes pour garer quelques rentrées, un droit de penser à autre chose. Aura-t-il prévu une visite de son personnel pour se rendre compte de visu sur site? Pensera-t-il à son droit de passer du trop plein au seulement bien rempli, sans excès non plus, en lâchant la bride et laissant un peu fuir la soupape de sécurité avec des parachutes plus souples, en feuilles d'or mais plus en lingots, décidément trop lourds?20081028Parachute doré.jpg Un avant-projet de loi qui s'y intéresse? Il y aura une révolution pour le monde bancaire et financier. Oui, mais, n'est-ce pas au niveau en dessous de la ceinture? Tout le "corps" des entreprises, tous les pays devraient se concerter pour éradiquer les excès du phénomène qui s'est immiscé dans les habitudes.   

20090311Salaire.jpgUn rêve? Est-ce la classe moyenne en cause ou pas plutôt son extension qui n'a pas été à la mesure de la tâche pour être encore plus « moyenne »? Il est vrai que le fossé entre riches et pauvres s'est creusé de façon abyssale: les uns croulent sous le travail et les autres n'en trouvent pas.

Mai 68 est mort. L'année passée on fêtait son 40ème anniversaire. Je tentais une comparaison d'époque comme si c'était des révolutions en parallèles?

La réalité, elle, se contente de chiffrer tout cela. On parlait d'index de crise, de récompense à la performance. En 2008, en Belgique, on lisait que les salaires avaient augmenté, curieusement, de 6,1%, hors index, à un 2,3%. Qui s'en souvient? Certains prix se sont tassés. D'autres ont continué à prendre du gallon. Perdre son emploi reste la hantise. Les horaires largement dépassés et la flexibilité tout azimut étaient demandés comme "la" vache à lait d'une vie concurrentielle en entreprise pour rester "breack-even" avec les voisins. Ils nous em... ces voisins. Les desiderata des travailleurs de 30 à 45 ans étaient pourtant complètement différents de ceux qui devaient tenir le cap ensuite jusqu'à 60 ou 65 ans, espérant l'âge d'une retraite sans "trou d'air". Il n'était toujours nulle question d'instaurer une vie démocratique dans les murs de l'entreprise. On a oublié que le patron avait ses raisons que la raison a du mal à toujours comprendre. Les informations, elles, ne circulaient que, souvent, filtrées à la limite de la bienséance.

Tout le monde se sentait coincé quelque part et se regardait en chien de faïence en espérant que la faïence change de main. Après les crises du pouvoir d'achat, des banques, de la finance, voilà celle de la politique.

Je n'irai pas chercher le bon mot de la fin de Madame "on ne vous dit pas tout" même sans le verre à la main de radio bistrot. Gardons l'humour.

La politique est, il est vrai, un sacré problème qui avale le politicien tout en suçant l'électeur.

 

L'Enfoiré,

Chez Agoravox, on suce ou on avale? 

 

Citations:

  • "En démocratie, la politique est l'art de supprimer les mécontentements.", Louis Latzarus

  • "La politique est plus dangereuse que la guerre... A la guerre, vous ne pouvez être tué qu'une seule fois. En politique, plusieurs fois.", Winston Churchill 

 

17/04/2009

C'était au temps où Bruxelles brusselait

C'était au temps où Bruxelles brusselait.jpgBruxelles, cette capitale de la Belgique et de l'Europe n'a pas été toujours comme elle est aujourd'hui. Loin s'en faut. Dernièrement, un commentaire m'avait interpellé. Je me devais de réagir avec mon droit de réponse et ensuite remonter le temps.

Ce qu'on en disait dans le commentaire en voici le texte:

"BRUXELLES EST OUT, trop de magouilles trop de lobbies.
Le fric de la néo-décolonisation du Congo Belge investit dans le "Caprice des dieux" et l’immobilier....
Les diplômes universitaires belges de la Gnognotte aussi bien en médecine qu’en droit en économie, etc. Une mafia, osons le dire pour
les apatrides. placer. Tous des clones néo-cons.
Enfin cette partition du Royaume et du Benêts - Lux reste au stade du Congrès de Vienne ;
pour assainir
une partie de la solution, un Europa-DC comme Brasilia bien central en Europe."

Droit de réponse:

Je n'ai pas manqué d'y répondre au vol, sentant la répulsion dans le ton, mais je me devais d'aller plus loin, de creuser dans le temps et les idées. Bruxelles, je la vis depuis mon enfance. Parfait zinneke, comme on dit chez nous. Je décrivais d'ailleurs ma ville dans "Air de Bruxelles et Brusseler".20090411Paques Crise.jpg

Alors, commençons par le "OUT". "Out" de quoi? Du passé? Aurais-je raté une marche quelque part? Si c'est du passé, je réserve mon article sur ce point précis après ce droit de réponse.

"Trop de magouilles, trop de lobbies".

20090326Epouvantable la politique.jpgJe l'ai décrit dans "Lobsterbies". Les lobbies sont des organismes aux pouvoirs de l'ombre. Je ne vais pas en remettre une couche. Les magouilles, c'est suivez mon regard. Beaucoup de candidats.

"Le fric de la néo-décolonisation du Congo Belge investit dans le Caprice des Dieux et l'immobilier"

Le Congo belge est indépendant depuis 1960. Cela n'a pas été aussi simple que prévu. Au départ, le Congo a été un "cadeau" de Léopold II qui possédait, en homme d'affaire, le territoire et cela jusqu'à sa mort en 1908. Il n'a pas été l'altruiste et l'humaniste que l'on pourrait espérer avec la connotation des mots d'aujourd'hui. Tout du contraire. La colonisation belge, ensuite n'a pas été ce que l'on pourrait appelé "donner l'égalité des prétentions".

Le Caprice des Dieux est le bâtiment de la CE. Il a été surnommé ainsi, pas uniquement à cause de sa forme en fromage du même nom, mais, par la population limitrophe, qui s'est vue expulsée à l'époque de sa construction.

20090228Batibouw.jpgDe l'immobilier, il faudrait l'analyser un peu plus et découvrir où sont les villes dans le monde où le prix au mètre carré est le plus élevé. Si Bruxelles a pris des allures de "grande", elle reste toujours à dimension humaine. C'est justement à cause de son exiguïté que les prix ont augmenté. Je fais sans problème, le tour de la city soit en jogging, soit à vélo, sans m'essouffler outre mesure. La city de Bruxelles compte 100.000 habitants et le grand Bruxelles, avec ses 19 communes, un bon million d'âme. Quant aux politiques, faudra qu'ils s'y mettent de bon cœur.20090330Partis luteurs.jpg

"Les diplômes universitaires belges de la Gnognotte aussi bien en médecine qu’en droit en économie, etc."

Pour dire cela, il faudrait se tourner vers l'extérieur de la Belgique. Les étudiants français ne sont pas rares à se retrouver dans les arènes des universités. Les diplômés belges sont-ils absents dans le monde ou y existent-ils avec des antennes bien fixées? La valeur des diplômes ne s'évalue qu'en fonction de leur usage. Alors, un indice à l'origine, un autre à l'arrivée.

"Une mafia osons le dire pour les apatrides. placer. Tous des clones néo-cons."

Là, mon article sur les migrations dans le monde a déjà déblayé le terrain. "Clones néo-cons"? Le Belge n'a jamais été dupe. Il a cherché sa réaction pour en tirer le meilleur sans se fâcher outre mesure. Comme je l'écrivais, il a une arme invincible par son arsenal "d'autodérisions". J'ai joué à ce jeu très souvent et ça marche. ("Le prestige d'être simplement con")

"Enfin cette partition du Royaume et du Benêts - Lux reste au stade du Congrès de Vienne"

Du Congrès de Vienne (1814-15), il faut en retenir les manœuvres des puissances européennes. L'indépendance de la Belgique et de la Pologne et l'unification de l'Italie n'y sont même pas dans les tablettes. La Belgique catholique reste intégrée dans le royaume des Pays-Bas. La France, ramenée aux frontières de 1791 et devant renoncer à ses territoires de langue française comme la Savoie et de langue italienne, comme le Comté de Nice. Donc, le Benêt-Lux n'a rien à y voir ni à avoir. L'indépendance belge sera gagnée bien plus tard en 1830. Une "bête" Muette de Portici en a été le catalyseur. Le Benelux, c'est pour 1921. Notre ex-Premier Ministre s'est gouré avec l'hymne national en chantant la Marseillaise. L'histoire est donc à revoir, cher Briel67.

20090304Tremblement de terre.jpg"pour assainir une partie de la solution, un Europa-DC comme Brasilia bien central en Europe."

Là, on commence à rire. Comparer Brasilia avec Bruxelles ! Amusant. Pas très vierge notre forêt. Ressemblance avec tous ses espaces verts et sa forêt de Soignes. A peine. Ce n'est pas de la déforestation que la ville organise. Bien, au contraire, instaurer de plus en plus d'espaces verts. Quant à parler de DC, un Washington-DC (pas Europe DC), il y en a qui y ont pensé. Bruxelles est une région à part entière. Elle pourrait jouer ce jeu-là. Si on l'oublie vite, est-ce  néanmoins gérer une capitale que la CE désirerait pouvoir s'occuper? Bruxelles, au centre, reste solidaire à la Wallonie sur certains points, mais ne réagit pas de la même manière, sur d'autres. La ville reste l'os à moelle des autres régions belges, comme je le lisais souvent. Certains ont des désirs séparatistes ou d'autres rattachistes. D'autres voient les choses encore autrement. Capitale de l'Europe, ville état indépendant, si et seulement, si l'Europe était intéressée. Ce qui reste à prouver.

Il y en a 4 de régions en Belgique. En dehors de Bruxelles, le Nord, flamand, le Sud, wallon et l'Est, plus germanique en plus de la région bruxelloise.

20090409Arcelor et le chomage.jpgLe 9 mai 2009, aura lieu un rassemblement des États Généraux de Wallonie. Les pronostiques sont déjà dans les mémoires. Des alternatives existent dans les esprits au cas où la Belgique devait se réformer plus franchement qu'en façade. Les rattachistes à la France comme Jules Gheude, Paul-Henry Gendebien, Jacques Lenain avec des programmes d'autonomie ou d'intégration assez différents en gardant le Roi pour le protocole ou en élisant un président spécifique. Si on n'a pas de pétrole... C'est tout dire que les idées font parties de la "caravane". La France est-elle vraiment intéressée à ce jeu de l'imagination wallonne? Les ressemblances entre la France et la Belgique ne se retrouvent qu'au niveau culture et langue qui même dans ces domaines se retrouvent très diversifiées et parfois discordants. Au niveau économique, la manière de réagir aux crises ne sera pas prise en charge avec la même souplesse ou la même rudesse. La dette publique est un fameux morceau à partager. Les réformes, on aime mais à la petite cuillère. On n'en a qu'une, au niveau de l'État, mais alors quel temps, elle nous bouffe!20080902Réformes de l'Etat compréhension.jpg C'est vrai aussi qu'on est passé de la devise "L'union fait la force" à celle plus prosaïque de "L'oignon fait la farce". Hugo Claus écrivait déjà "Le chagrin des Belges". Les "kiekefretters" ne souhaite pas de venir la capitale d'une Flandre indépendante. Les "eurocrates" n'y pensent même pas.

L'indexation automatique des salaires est loin de se retrouver dans les oubliettes de l'esprit belge. Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres. Notre zwanze et nos blagues ne feraient probablement pas les éclats des bonnes soirées au coin du feu français. Dans le Nord, même topo, même danse d'Echternach. La crise devrait avoir refroidi quelques "instincts autonomiaques" quand on pense aux difficultés des entreprises de l'automobile en Flandres. Bruxelles n'est pas un appendice des autres régions avec un PIB qui est double de celui de la Flandre et le triple de la Wallonie. Mais, c'est 35000 navetteurs qui partent en transhumance le matin vers le centre pour y gagner le salaire qui sera imposé là où ils s'endorment. 

Revenons au mot "OUT" car il est plus direct, demande une analyse plus fine et plus problématique.

Y aurait-il une impression de nostalgie du passé qui justifierait le rappel de la chanson de Brel "C'était au temps où Bruxelles brusselait" ? Nous en sommes déjà bien loin de cette époque.

Dans la chanson sur les Marquises, là, on ressent vraiment plus de nostalgie de sa part.

Remontons le temps, un peu plus loin que ce que Brel aurait pu penser.