26/01/2012
Très chère austérité
Parfois, voire souvent, les économies se redressent après une réduction drastiques des déficits. Oui, mais encore.. quels sont ces déficits et d'où viennent-ils? En augmentant les bénéfices ou en diminuant les pertes. Mais c'est bien sûr. Mais encore....
Je parlais de courbes rentrantes dans l'article précédent.
J'ai laissé la courbe rentrante la plus "subtile" pour cette fois: le niveau de vie en occident en berne.
On va à gauche, on va à droite, mais dans un tunnel, il faut toujours finir par aller tout droit vers une lumière qu'on aperçoit tout au fond. En économie, c'est la même chose.
Là, on parle de réduire les déficits quand ils se sont creusés au point de se retrouver sur la chape. On ne peut avoir et avoir eu avec le même "argent" (mot à utilisé entre guillemets). Il faut créer du neuf. Imaginer. Inventer. Consolider ses inventions.
Un peu de sémantique sur les mots utilisés s'impose.
Wiki dit du mot déficit (issu du latin : deficit, «il manque») est au sens primitif "le mot qui dans les inventaires est mentionné en regard des articles manquants" . À partir du 18ème siècle, il prend le sens financier d'un déséquilibre entre recettes et dépenses. Puis, par extension, le terme est repris dans le langage courant pour désigner l'insuffisance, le manque. En l'appliquant au domaine de la politique, on parle de "déficit démocratique".
En effet, tout finit par retourner à la politique.
Quant à la finance, cela se passe par deux techniques complémentaires ou préférentielles: réduire les coûts, les pertes et augmenter les rentrées pour engranger du bénéfice et pouvoir aller de l'avant dans un nouveau cycle. Premier axiome de l'économie.
Dans ce but, il y a la croissance, le statu quo et la décroissance. Qui n'est en fait qu'un thermomètre. Mais un thermomètre avec quelle base? Celsius, Fahrenheit, Kelvin? Où est le zéro? Il faut mettre un terme au mètre quand le mètre ne mesure plus rien. C'est une question qui me retourne à la science et à l'histoire.
- La croissance est-elle soluble dans l'austérité? 
- Soluble? Tout dépend, s'il y a du vent (=des projets, des idées), si la mer (=l'inflation) n'est pas trop forte, quoique... Il faut comprendre comment cela marche, dit quelqu'un. Mais je vais vous le dire, dirait-il avec un roulement des épaules. L'argent n'est pas là où il faudrait. Il faudrait remettre les compteurs à zéro. Et il vous répondrait, peut-être, "je n'ai pas compris votre question"...
- L'austérité va-t-elle permettre le retour à la croissance et le chemin vers la prospérité et dans combien de temps?
- Un certain temps, comme le fût du canon pour se refroidir (sourires). Tout dépend de l'épaisseur du couvercle du canon qui retient le boulet, probablement.
- Et de l'énergie de la poudre, aussi, peut-être? (rires) Rappelons la sémantique, elle qui est importante pour ce qui va suivre.
La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée.
La prospérité est une période de croissance économique où la bonne qualité de vie de l'ensemble de la population de la région géographique est qualifiée de prospère. Elle est le résultat d'un faible taux de chômage, d'une économie florissante, d'une stabilité politique, d'une qualité de soins de santé disponible et d'une appréciation générale des individus de leur condition.
- Il est dit que beaucoup de pays d’Europe ont choisi de prendre des mesures d’austérité pour résoudre la crise. Mais la baisse de la demande consécutive à ces politiques ne risque-t-elle pas de produire une récession d’ampleur internationale ?
Rappel: La récession est un phénomène de ralentissement du rythme de la croissance économique. Lors d'une récession, la croissance devient inférieure à la croissance potentielle et l'écart de production augmente; le phénomène inverse est une expansion. La dépression est la chute importante et durable de l'activité.
- A l'austérité, les États-Unis ont préféré, jusqu'ici, la version inverse celle de la planche à billets. L'augmentation des disponibilités. Préfèreraient-ils plomber une peu plus le déficit que de ralentir la consommation?
- C’est aussi le dilemme que se posait Robert J. Shiller, professeur d’économie à l’Université de Yale, dans Project Syndicate. Je le cite:
"Il rappelle qu’un économiste d’Harvard, Alberto Alesina a récemment apporté des preuves qui tendraient à infirmer cette crainte, et qui indiqueraient que dans certains cas, les économies connaissent un regain de croissance après une réduction drastique du déficit. Parfois, le programme d’austérité redonne assez de confiance pour relancer l’économie.
Des experts du FMI, Jaime Guajardo, Daniel Leigh, et Andrea Pescatori, ont récemment étudié les plans d’austérité de 17 pays sur les 30 dernières années. Mais au lieu d’étudier uniquement les évolutions des déficits, ils se sont attachés à rapprocher les décisions des gouvernements en sélectionnant uniquement celles qui étaient de véritables mesures d’austérité (réductions des dépenses publiques ou augmentations de impôts) destinées à avoir des effets de long-terme, et se sont basés sur les indications chiffrées que ces gouvernements avaient fournies. Leur conclusion, c’est que les politiques d’austérité aboutissaient à une baisse des dépenses de consommation, et affaiblissaient l’économie. Cependant, Valerie Ramey, une économiste de l’université de Californie à San Diego, leur oppose cette possibilité que ce qui semble être une conséquence puisse être en fait la cause, et que les gouvernements pourraient lancer des politiques d’austérité parce qu’ils jugent que la situation économique est en train de se dégrader, ce qui va compliquer le financement ultérieur des dépenses de l’Etat. A ce moment-là, pour l’observateur inexpérimenté, il pourrait sembler que les mesures d’austérité ont engendré une crise économique. Le problème de toutes ces analyses économiques, c’est qu’on ne peut pas constituer différents groupes de tests pour isoler et mesurer des effets sur la dette nationale, comme les médecins peuvent le faire lorsqu’ils testent de nouveaux traitements. Pour Shiller, il faut donc abandonner la théorie et se référer aux expériences empiriques, à l’histoire. Et ce que Guajardo et ses collègues ont montré, c’est qu’historiquement, les réformes qui visaient à réduire les dépenses de l’Etat et à augmenter les impôts ont été suivies par des ralentissements économiques. De ce point de vue, « les politiques ne peuvent pas se permettre d’attendre des décennies pour que les économistes trouvent une réponse définitive, qui pourrait bien ne jamais venir. Mais, à en juger par les indications que nous avons, les programmes d’austérité en Europe et ailleurs apparaissent susceptibles d’apporter des résultats décevants », conclut-il.
-Que conclure, d'ailleurs, si ce n'est par ce qui est observé de visu dans la vie de tous les jours.
Dans l'histoire, il y a la "Fable des abeilles" de Bernard Mandeville qui montrerait que l'austérité est une vertu dangereuse et que cela ne date pas d'hier.
Wikipedia dit encore que la Fable des abeilles, qu'elle développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l'égoïsme. Il avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.
Son premier extrait, la "Ruche prospère" fait l'éloge
de la monarchie parlementaire comme condition politique de la prospérité de la ruche, l'apologie du luxe pour l'élite comme moteur de l'économie, le thème des dissonances (les vices) nécessaires qui concourent à l'harmonie de l'ensemble.
Dans le second extrait, on voit se mettre en place, à contrario, les conditions du déclin de la prospérité : croyant redevenir vertueux les habitants de la ruche veulent rétablir l'honnêteté dans le commerce.
Dans le troisième extrait, nous assistons au déclin du système, lui-même.
Tirer la leçon serait:
- que la réalité et l'expérience nous administrent...
- que le vice est aussi nécessaire à l’État, que la faim l'est pour le faire manger...
- que les passions ne sont ni bonnes ou mauvaises....
- que le bien et le mal sont relatifs...
- que l'important est d'orienter ces forces, ressorts de nos comportements, pour le mieux-être de tous.
(la fable est disponible après cet article)
- Thèses semi-libérales ou semi-sociales entre causes et effets?
- Tout se mêle pour la mettre à exécution le programme de cette austérité à l'européenne. Cette semaine, le Vif L'Express avait un dossier complet qui donnait "Nos astuces pour vaincre la crise". La semaine suivante "Auto. Comment réduire la facture". Réduire la consommation du pétrole, d'accord, mais....
- En dehors de la période de crise que nous vivons, qui parlerait de tout cela?
- Personne. C'est un peu cela le problème général. La crise impacte tout le monde mais pas de la même manière.
La radio RTBF parlait de l'austérité en disant que c'était un cercle vicieux. Elle réservait des émissions sur le sujet tout au long des deux premiers jours de la semaine. On commençait par analyser comment la population réagit à la crise et à l'austérité.
En bas, où on a déjà cherché tous les moyens pour payer moins.
Au milieu, une crainte de ne plus pouvoir assumer dans le futur et une baisse ou une substitution de consommation et l'inquiétude devient générale.
Le taux d'épargne va encore augmenter cette année à plus de 17%. Le Belge est 18% plus riche qu'il y a dix ans. Il n'ose plus dépenser... le "pauvre".
En haut, thésauriser, épargner un peu plus et réduire d'autant la consommation.
On place l'argent avec seulement un peu plus de prudence qu'avant, ou alors ce sont les comptes qui prennent de l'embonpoint.
La parité entre dollar et euro au désavantage de ce dernier a ajouté une couche supplémentaire à l'augmentation des prix du pétrole, payé en dollars.
- L'austérité dans la pratique, cela passerait par le logement, l'énergie, les assurances, les vêtements, l’alimentation,...
- Par tellement de choses. Dans le budget des ménages, certaines dépenses ont, en quelques années, changé d'importance. La nourriture a été dégradée à la quatrième place dans l'échelle des valeurs, tandis que tout ce qui tourne aux communications, voyages se retrouvent en deuxième. Si elle est choisie moins, ce n'est pas nécessairement moins bon de manière nutritive, disent les organismes de contrôle, mais....
- Tout s’enchaîne merveilleusement bien, semble-t-il pour consommer malin en fonction de cette réorganisation.
- En effet. On devient plus regardant sur les achats en général tout en comparant les prix via Internet. S'ajoute les reports des achats à toujours plus tard en attente de promotions, les achats groupés (via wikipower par ex), la chasse aux gaspillages et, miraculeusement, les magasins suivent leurs prospects à la trace. Ils ne vendent plus en petites quantités. Comment les promotions sont réalisées n'intéressent pas les consommateurs. On achète en commun.
- Ce qui est petit devient gentil dans l'espace logement.
- Au besoin, on vit en commun, on partage la même chambre dans un kot qui devient, de fait, un petit logement à haut rendement. On va bientôt partager le même lit et ce qu'on y fera ensemble... enfin, c'est déjà mieux que de faire la guerre (sourire)
- Epargner les déplacements, aussi?
- Sur la route, on roule moins cher, on partage la bagnole grâce au covoiturage. C'est covoiturage.be , carpol.be , carzoo.be , djengo.net... qui prennent le relais de taxistop.be et kidpooling.be qui ne parviennent, peut être plus, à suivre. Achetez des voitures mais laissez-les au garage. Voilà le mot d'ordre.
- L'alimentation, on mange moins cher?
- On l'achète en commun pour obtenir de meilleurs prix du distributeurs via un accord tacite avec un intermédiaire.
- Les soins médicaux?
- On diminue le nombre des visites chez le médecin, chez le dentiste, bien entendu.
- Et la culture dans tout ça?
- Elle ne passe plus que par le gratuit. La connexion Internet est payé et prêt à se faire engluer dans les messages publicitaires. Les CD, les journaux sont de plus en plus aux abonnés absents. La propagande s'infiltre par les mêmes canaux. Vous vous y perdrez à chercher la vérité.
Megaupload est un empire très rentable (175 millions de $ depuis 2005...) mais reste assez nébuleux dans la voie de la piraterie. Mégaupload a été classé dans les hors la loi aux États-Unis. Pourquoi? Est-ce à cause du fait qu'ils voulaient devenir le nouvel iTunes? Parce que la dîme n'était pas passée dans les caisses de l'État mais dans la poche de ceux qui faisaient intelligemment payer par la pub et par les contrats pris par les citoyens? Qui sait. Mais rien n'est gratuit en ce bas monde, même si cela peut le paraitre.
Sarkozy applaudissait. Je ne vais pas vous faire l'affront de vous demander pourquoi.
Nellie Kroos s'étranglait, outrée. Plus difficile à comprendre? Peut-être était-elle dans le lot des pirates qui construisaient leurs bibliothèques de musiques à bon marché.
Anonymous attaquait en bloquant ce qui pouvait l'être.
En définitive, Anonymous supporterait-il les faibles ou les puissants? Ce n'est plus tout à fait clair.
- Et, avec l'argent quand il en reste?
- Même, là. On cherche le dernier picaillon. Les coffres-forts se sont vidés (30.400 rien qu'en décembre) à cause de la nouvelle taxe de conversion des titres au porteur. L'argent et les titres dématérialisés sont désormais ailleurs sur des comptes bancaires.
- Il n'y a manifestement plus de petites économies, le processus est enclenché partout.
- Peut-être, Mais le remède de cheval donne un résultat qui se voit dans les grandes surfaces. Bien moins de monde aux caisses, personne à la charcuterie où d'habitude, il y a des files. Des trous dans les rayons. Ils ne se réapprovisionnent plus à la même allure de croisière. Tiens, j'ai connu ailleurs à une autre époque pendant laquelle on payait avec des tickets de rationnement....
Cela se ressent aussi chez les travailleurs. On est un peu plus court dans la réponse aux questions des clients. On perd l'habitude et c'est long une journée sans clients.
- On se retrouverait, en finale, dans un climat de fin du monde?
- La récession, c'est ça. Ce n'est pas encore la dépression quand on ne dépense plus rien, quand tout s'arrête, mais cela y ressemble.
L’Etat passe aussi, aux économies. On fait nettoyer les fenêtres des bâtiments par des vitriers spécialisés, à l'extérieur. Mais, à l'intérieur, il est de bon ton de le faire soi-même.
Les plus riches se doivent de montrer l'exemple, non?
- Face à la crise, les cadeaux futiles deviennent utiles mais, bien loin du week-end gastronomique ou du massage relaxant dans une ambiance chic et feutrée...
- Il y a les ©Crisebox, ces coffrets cadeaux qui donnent un petit coup de pouce au quotidien difficile aux plus modestes.
Il y a le bénévolat qui vient au secours de notre austérité chronique. Quand il n'y pas plus rien à perdre ou à gagner, une bonne action ou un moyen d'utiliser son propre temps utilement est toujours bienvenu. Une occasion de communiquer sa gêne?
En recevoir ou pas? Tout est dans cette question.
- Et les économistes quand ils sont questionnés du comment y remédier et recréer de la consommation que proposent-ils?.
-Les réponses sont subtiles du côté des optimistes:
- "Annoncer une hausse de la TVA pour que les gens se précipitent pour consommer" (Etienne de Callataÿ)
- "Donner des consignes aux fonctionnaires pour faire avancer les dossiers d'investissements" (Y. Vanden Cloot)
- Le pessimiste, Paul de Grauwe, qui dit que "On ne peut rien faire dans un contexte politique pervers".
- La sarkosienne "travailler plus pour gagner plus" (sourires)?
- Une connerie de plus si on n'y prend garde. Le travail forcé n'est plus un travail, c'est de l'esclavage
- La route de l'austérité, une route sans fin, sans avenir?
- Quelle route? Plus possible, on est à l'arrêt. Il y a des nids de poules sur les routes. Plus de motivations. Plus rien ne bouge qu'ensemble. On attend que l'autre bouge. La quantité a remplacé la qualité. Elle nivelle par le bas. L'âge du hard discount dans lequel on élimine tous les concurrents, les récalcitrants qui continuent à penser que la qualité a encore une valeur.
-Le citoyen semble avoir gardé les moyens de communiquer par l'habitude.
- Sauvé in extrémis comme les amis de mes amis sont tous devenus des amis sur Facebook. Quand la ligne ADSL est coupée, il y a encore le GSM, le Smartphone pour s'informer de comment font les autres pour s'en sortir à condition que la télé qui est dans le package tiennent encore l'image en mouvement. C'est tellement "smart". En résumé, mixe-t-on tout dans la même soupe?
- En plus, cette soupe est observée de haut. Voilà que le FMI, en la personne de Christine Lagarde, s'adresse à la zone euro pour dire "Modérez vos plans de rigueur".
Serait-ce une réédition de l'arroseur arosé? D'où sommes-nous partis pour en arriver là?
- Il y a le départ, la corde la plus sensible. Celui des crises de 2008-11 avec des gains faciles comme le film "Margin Call" le dénonce. Etrange qu'il n'y ait pas eu une série de films produits en Amérique sur le sujet, plus tôt.
- Dans "Nous sommes tous responsables", il y avait une phrase qui disait: "Ne sentez-vous pas que la corde va se casser?". Est-ce cela qui fait le complément?
- Oui, bien sûr. Une autre corde, aussi, flanchait: "la compétition tout azimut entre les partenaires européens sans vision commune. Ce qui mène au chacun pour soi, au donnant-donnant sinon rien. "I want my money back" disait Margareth. La solidarité n'était qu'apparente. Peut-être qu'arrivé à avoir tout dans le pot commun, allons-nous changer d'optique, après que les cordes, une fois détendues, rétrécies et puis cassées, ce sera le moment de créer d'autres cordes.
- Que pensez-vous de la règle d'or?
- Cela dépend du nombre de caras de l'or.
- Espérons que l'on remonte jusqu'au niveau des responsabilités. En Allemagne?
- Peut-être. En attendant, faites vos jeux, rien ne va plus. Impair passe et manque. Quand à vos vœux, jusqu'à nouvel ordre, on n'en a plus rien cirer. Par ici, ils ont choisi pour nous. C'est, désormais, l'option par défaut, se serrer la ceinture jusqu'au point final. "Rigueur", un mot qui fait peur. Lisez l'édito d'Anne Blampain en fin de notre conversation. Elle parle de l'Europe et de la Grèce. Remplacer le mot "Grèce" par n'importe quel autre pays et vous comprendrez jusqu'où aller trop loin. Mais, les 'cigafours" fourbissent leurs armes.
Elle est vraiment très chère cette austérité. Elle sert juste un peu trop fort aux entournures.
L'enfoiré,
Citations:
- « L'austérité vise par certaines mesures à avancer l'âge de la mort. », Georges Marchais
- « L'austérité n'est acceptable qu'étayée par l'ambition. », Madeleine Ferron
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La fable des abeilles
LA RUCHE PROSPÈRE
Une vaste ruche bien fournie d'abeilles,
Qui vivait dans le confort et le luxe,
Et qui pourtant était aussi illustre pour ses armes et ses lois,
Que pour ses grands essaims tôt venus,
Etait aux yeux de tous la mère la plus féconde
Des sciences et de l'industrie.
Jamais abeilles ne furent mieux gouvernées,
Plus inconstantes, ou moins satisfaites.
Elles n'étaient pas asservies à la tyrannie
Ni conduites par la versatile démocratie,
Mais par des rois, qui ne pouvaient mal faire, car
Leur pouvoir était limité par des lois.
[...]
On se pressait en foule dans la ruche féconde,
Mais ces foules faisaient sa prospérité.
Des millions en effet s'appliquaient à subvenir
Mutuellement à leurs convoitises et à leurs vanités,
Tandis que d'autres millions étaient occupés
A détruire leur ouvrage.
Ils approvisionnaient la moitié de l'univers,
Mais avaient plus de travail qu'ils n'avaient d'ouvriers.
Quelques-uns avec de grands fonds et très peu de peines,
Trouvaient facilement des affaires fort profitables,
Et d'autres étaient condamnés à la faux et à la bêche,
Et à tous ces métiers pénibles et laborieux,
Ou jour après jour s'échinent volontairement des misérables,
Epuisant leur force et leur santé pour avoir de quoi manger.
Tandis que d'autres s'adonnaient à des carrières
Les grandes figures du monde moderne
Où on met rarement ses enfants en apprentissage,
Où il ne faut pas d'autres fonds que de l'effronterie,
Et où on peut s'établir sans un sou,
Comme aigrefin, pique-assiette, proxénète, joueur,
Voleur à la tire, faux-monnayeur, charlatan, devin,
Et tous ceux qui, ennemis
Du simple travail, se débrouillent
Pour détourner à leur profit le labeur
De leur prochain, brave homme sans défiance.
On appelait ceux-là des coquins, mais au nom près
Les gens graves et industrieux étaient tout pareils ;
Dans tous les métiers et toutes les conditions il y avait de la fourberie,
Nul Etat n'était dénué d'imposture.
[...]
C'est ainsi que, chaque partie étant pleine de vice,
Le tout était cependant un paradis.
Cajolées dans la paix, et craintes dans la guerre,
Objets de l'estime des étrangers,
Prodigues de leur richesse et de leur vie,
Leur force était égale à toutes les autres ruches.
Voilà quels étaient les bonheurs de cet Etat ;
Leurs crimes conspiraient à leur grandeur,
Et la vertu, à qui la politique
Avait enseigné mille ruses habiles,
Nouait, grâce à leur heureuse influence,
Amitié avec le vice. Et toujours depuis lors
Les plus grandes canailles de toute la multitude
Ont contribué au bien commun.
Voici quel était l'art de l'état, qui savait conserver
Un tout dont chaque partie se plaignait.
C'est ce qui, comme l'harmonie en musique,
Faisait dans l'ensemble s'accorder les dissonances.
Des parties diamétralement opposées
Se prêtent assistance mutuelle, comme par dépit,
Et la tempérance et la sobriété
Servent la gourmandise et l'ivrognerie.
La source de tous les maux, la cupidité,
Ce vice méchant, funeste, réprouvé,
Était asservi à la prodigalité,
Ce noble péché, tandis que le luxe
Donnait du travail à un million de pauvre gens,
Et l'odieux orgueil à un million d'autres.
L'envie elle-même, et la vanité,
Étaient serviteurs de l'application industrieuse ;
Leur folie favorite, l'inconstance
Dans les mets, les meubles et le vêtement,
Ce vice bizarre et ridicule, devenait
Le moteur même du commerce.
NOUS VOULONS DE L’HONNÊTETÉ
Il ne se commettait pas la moindre erreur,
La moindre entorse au bien public,
Que tous ces pendards ne s'écrient effrontément :
"Grands dieux ! Si seulement nous avions de l'honnêteté! "
Mercure souriait de cette impudence,
Et d'autres trouvaient absurde
D'invectiver sans cesse contre ce qu'ils aimaient tant.
Mais Jupiter transport. d'indignation,
Finit par jurer dans sa colère " Qu'il débarrasserait
Cette ruche braillarde de la malhonnêteté ".
C'est ce qu'il fit. A l'instant même celle-ci disparaît
Et l’honnêteté emplit leur cœur
Là elle leur montre, tel l'arbre de la connaissance,
Des crimes qu'ils ont honte d'apercevoir,
Et que désormais en silence ils avouent
En rougissant de leur laideur,
Comme des enfants qui voudraient bien cacher leurs fautes,
Mais qui par la couleur de leurs joues découvrent leurs pensées,
S'imaginant, quand on les regarde,
Qu'on voit tout ce qu'ils ont fait.
LE DÉCLIN
Mais, ô dieux ! Quelle consternation,
Quel immense et soudain changement !
En une demie-heure, dans toute la nation,
Le prix de la viande baissa d'un sou par livre.
L'hypocrisie a jeté le masque
Depuis le grand homme d’État jusqu'au rustre
[-]
Regardez maintenant cette ruche glorieuse, et voyez
Comment l'honnêteté et le commerce s'accordent.
La splendeur en a disparu, elle dépérit à toute allure,
Et prend un tout autre visage.
Car ce n'est pas seulement qu'ils sont partis,
Ceux qui chaque année dépensaient de vastes sommes,
Mais les multitudes qui vivaient d'eux
Ont été jour après jour forcées d'en faire autant.
[-]
A mesure que l'orgueil et le luxe décroissent,
Graduellement ils quittent aussi les mers.
Ce ne sont plus les négociants, mais les compagnies
Qui suppriment des manufactures entières.
Les arts et le savoir-faire sont négligés.
Le contentement, ruine de l'industrie,
Les remplit d'admiration pour l'abondance de biens tout simples
Sans en chercher ou en désirer davantage.
Il reste si peu de monde dans la vaste ruche,
Qu'ils ne peuvent en défendre la centième partie
Contre les assauts de leurs nombreux ennemis.
Ils leur résistent vaillamment,
Puis enfin trouvent une retraite bien défendue,
Et là se font tuer ou tiennent bon.
Il n'y a pas de mercenaire dans leur armée,
Ils se battent bravement pour défendre leur bien ;
Leur courage et leur intégrité
Furent enfin couronnés par la victoire.
Ils triomphèrent non sans pertes,
Car des milliers d'insectes avaient été tués.
Endurcis par les fatigues et les épreuves,
Le confort même leur parut un vice,
Ce qui fit tant de bien . leur sobriété
Que, pour éviter les excès,
Ils se jetèrent dans le creux d'un arbre,
Pourvus de ces biens : le contentement et l'honnêteté.
MORALE
Cessez donc de vous plaindre : seuls les fous veulent
Rendre honnête une grande ruche.
Jouir des commodités du monde,
Etre illustres à la guerre, mais vivre dans le confort
Sans de grands vices, c'est une vaine
Utopie, installée dans la cervelle.
Il faut qu'existent la malhonnêteté, le luxe et l'orgueil,
Si nous voulons en retirer le fruit.
La faim est une affreuse incommodité, assurément,
Mais y a-t-il sans elle digestion ou bonne santé ?
Est-ce que le vin ne nous est pas donné
Par la vilaine vigne, sèche et tordue ?
Quand on la laissait pousser sans s'occuper d'elle,
Elle étouffait les autres plantes et s'emportait en bois ;
Mais elle nous a prodigué son noble fruit,
Dès que ses sarments ont été attachés et taillés.
Ainsi on constate que le vice est bénéfique,
Quand il est émondé et restreint par la justice ;
Oui, si un peuple veut être grand,
Le vice est aussi nécessaire à l’État,
Que la faim l'est pour le faire manger.
La vertu seule ne peut faire vivre les nations
Dans la magnificence ; ceux qui veulent revoir
Un âge d'or, doivent être aussi disposés
A se nourrir de glands, qu'à vivre honnêtes.
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Edito européen d'Anne Blanpain du 26 janvier
Un appel aux Grecs ce matin?Bon les Grecs, il est temps de vous secouer un peu. C'est vrai, quoi, on vous demande depuis 2 ans de faire un petit effort, de ne plus toucher de pension, de réduire votre salaire, de payer des impôts, de perdre votre boulot, de payer plus cher tout ce que vous achetez et tous ces bons conseils, vous n'êtes même pas fichus de les appliquer correctement. Vous traînez, vous discutaillez. On vous demande de négocier avec les banques une diminution de votre gigantesque dette et vous n'êtes pas capables de négocier correctement un bon taux d'intérêt. Bien sûr, on aurait pu la jouer plus finement; ne pas donner un tel pouvoir aux créanciers privés en claironnant partout que sans cet accord avec eux, il n'y aurait plus d'aide européenne. Bien sûr, on aurait pû vous aider un peu en ne vous menaçant pas des pires représailles si vous osiez commencer à imaginer un début de défaut de payement. Pour le dire clairement, pas question que votre premier ministre dise "Ecoutez ça ne va plus, je vais rembourser à mon rythme et comme je peux". Pas question parce que dans la zone euro, Monsieur, on rembourse ses dettes. Donc vous devez négocier avec un secteur privé qui sait que vous ne pouvez pas claquer la porte sous peine de ne plus avoir d'aide européenne et vous ne pouvez pas les envoyer balader parce qu'on vous a demandé de rester poli avec eux quoi qu'il arrive. Et s'il fallait encore un signe que vous vous complaisez dans la crise, vous refusez de privatiser, de vendre vos bijoux de famille. Bien sûr vendre maintenant sous la pression des entreprises qui ne sont pas en très bon état, c'est mal vendre, c'est vendre à perte mais tant pis, vous devez en tirer 50 milliards d'euros. Et ce n'est pas une excuse de dire que peut être ça n'intéresse pas grand'monde, des entreprises installées dans un pays dont l'économie ne tourne plus, dont les citoyens ne peuvent plus consommer. Ca fait du bien aux Européens de vous envoyer ce genre de phrases à la figure, ça défoule mais franchement les européens ils semblent ne plus y croire vraiment. Les coups de bâton tout seuls, ça ne marche pas. Les Grecs n'ont jamais vraiment collecté l'impôt, c'est scandaleux, idiot, suicidaire, d'accord mais changer le système prend du temps et imposer des citoyens qui ont perdu 40% de leur salaire, ne risque pas de rapporter grand-chose dans les caisses de l'état grec. Tout le monde a de bonnes idées pour sortir la Grèce de l'ornière, faire payer les banques, non les citoyens, non les riches, l'armée, l'église, les Grecs de l'étranger, la Chine, la Russie, tout le monde ensemble. Mais rien ne marche. Et si la Grèce est celle dont on parle le plus, le Portugal est sur la même pente que la Grèce. Lundi prochain, les dirigeants européens vont nous parler de croissance et d'emploi, on leur souhaite d'être aussi tenaces et fermes que lorsqu'ils nous parlent d'austérité et de rigueur.
08:35 Publié dans Actualité, Belgique, Economie, Europe, Monde des affaires, Organisation, Parodie et humour, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
19/01/2012
Courbes rentrantes
Tout passe, tout casse, tout lasse et tout renait, pas uniquement à cause d'une personnalité, d'une idée originale, d'un œuf de Colomb, d'une indigestion, d'un ricochet, d'une mauvaise grippe ou d'une courbe rentrante
Le mois de janvier 2012 est presque passé.
Le foie gras, les huitres, le homard et le champagne de début d'année, n'ont même pas laissé la moindre trace dans les estomacs délicats, si ce n'est un petit excès pondéral ou au pire, le souvenir d'une indigestion.
Les vacances entre les fêtes de Noël et Nouvel an puis la première semaine de l'année ont servi pour écouler les derniers jours de congés de l'année.
Par l'intermédiaire des "Last minutes", elles avaient seulement pris plus de temps pour mieux s'adapter au prix des habitudes.
Fin 2011, j'avais déjà suggéré "Que la fête commence et vite".
Quand il y a trop de "Crises en thème", il faut toujours garder une porte de sortie et chercher à se dire, enfin, "que la raison fut" et que tout n'est pas nécessairement perdu.
La croissance est notre seule planche de salut. C'est bien compris. La récession, c'est la m... Capito?
Ouin mais, on entend un peu partout que 2012 sera une année de tous les dangers.
Ces Mayas, avec lesquels j'ai déjà eu "Maille à partir", se sont peut-être trompés de virgule dans leurs calculs. Vous savez cette virgule qui change tout qui place un zéro à un mauvais endroit dans un montant ou un nombre.
2012 , une année charnière, peut-être, pendant laquelle on déclare la fin de la récréation.
Y en a marre de l'austérité et de cette thérapie germanique. Trop c'est trop. Trop is te veel, dirait-on chez nous en langage fleuri et bilingue. Alors, on planifie une grève pour la fin du mois. Grève avec des cris destinés à des sourds et qualifiée d'irresponsable, par qui vous savez..
Il faut trouver quelques "conneries" générales pour permettre encore quelques fois de rire à ces empêcheurs de tourner en rond pour limer leurs dents qui raclent les parquets de nos cauchemars.
Vivement des courbes rentrantes. Je vais en chercher les premiers indices. Et ils sont nombreux.
Courbe rentrante mais qui avait pris la tangente.
En Belgique, les voitures, Rolls Royce et Porsche, si elles ne s'étaient pas vendues comme des petits pains, les vendeurs ont, tout de même, eu une occasion de boire le champagne après avoir dépassé leur quota. Bizarre, j'en, étais même surpris, mais les chiffres sont là.
Les immatriculations des voitures neuves ont dépassé le demi-million depuis 2006. Les Belges ont les pieds sur les deux pédales. Quand on doit se déplacer avec une brique dans le ventre, cela s'explique.
On pense avoir un trou d'air dans les ventes vu la déduction taxes CO2 qui allait être abolie et que les grosses voitures de sociétés perdaient quelques attraits pour les ayants droit de nos belles entreprises.
"Petites astuces plutôt que grands plans catastrophe", était-il dit pour rassurer. Il y a une botte secrète. La pub est plus efficace que jamais, les remises observent une courbe montante, les sourires des mannequins sont là à faire pâlir DSK d'envie. Tous tournent autour des voitures, béats d'admiration, dans le salon de l'auto de Bruxelles.
Plus besoin de toucher une voiture pour l'acheter, d'ailleurs. Il suffit de surfer sur la vague avant d'aller au salon. Des jeunes ont compris la manœuvre et ont créé clickyourcar.be. Un nouveau marché qui fleure bon la rentabilité.
C'est ainsi qu'en chemin, on s'aperçoit qu'un certain luxe, qu'une envie de jouir de la vie, attirent toujours comme l'aimant.
Il y en a qui n'en ont aucun, qui en ont envie, qui en arrive à jalouser l'autre qui en a et qui en profitent impunément.
On se souvient des débuts de Sarko. De sa Rolex, sans laquelle, on n'aurait pas réussi sa vie, d'après la pub de l'horloger de luxe. Elle refait irruption et fait toujours grincer les dents des uns et palpiter les cœurs des autres dans les moments mêmes difficiles.
Courbe rentrante ou voie de garage?
Le prestige et le paraître de la bagnole sont toujours présents.
"To be or not to be. That's the question..."..
Le bling bling, si on ne l'a pas, on fait semblant de l'avoir autrement.
Comment? Avec des copies, du toc, voyons.
Les plus fins, les citoyens lambda, eux, sont restés patients pour la période des soldes ou regardent les démarques des marques avant de se lancer à la chasse même s'ils ont pris un peu moins de largesses et évité la débandade.
C'est vrai, je devrais peut-être changer le scénario humoristique de mes deux derniers sketches sur le sujet des soldes. Depuis lors, il parait qu'en France, ce sont les hommes qui ont dépassé les femmes pour le budget moyen réservé aux soldes. Respectivement, 258 euros contre 195. 
La source des soldes, après la folie des premiers jours, s'est tarie, bien sûr. Le rythme de croisière des prix a repris. On ne peut pas raisonnablement descendre en dessous des -70% affichés depuis le début. "Moins cher, c'est illégal" comme disait une vieille pub d'un certain 'Tonton tapis'.
Dans les files, aux caisses, on se sent toujours mieux d'avoir trouvé les bonnes affaires. Tout le monde a investi pour dans un an, quand la saison reviendra. Quand on investit, on voit toujours loin.
Il y a deux types de commerces qui fonctionnent toujours: le haut et le bas de gamme. Bizarre, au milieu, il y a de moins en moins de candidats. Mon épouse me répète souvent qu'il n'y plus rien de beau dans les magasins de prêt-à-porter. Évidemment, le beau se paie cher, rubis sur ongle et les fournisseurs se procurent le tout-fait à partir de pays qui n'ont pas nécessairement les mêmes prérogatives de beauté et qui se limite à la seule rentabilité. Les magasins de milieu de gamme disparaissent. Ce sont les clients qui, à l'usure, fermeront les portes des magasins qui n'ont pas compris où installer leur enseigne dans le quartier ad hoc. Le client finirait-il par être le roi? Les ghettos aussi, d'ailleurs. D'où cette idée de courbe rentrante ou descendante.
Courbe rentrante, une chance, un rêve ou un cauchemar?
En 2011, la Loterie Nationale a touché le jackpot avec 9% de hausse et 1,2 milliards de chiffre d'affaire. L’Euro-million se rapproche du Lotto avec 35%. Cela a même étonné les créateurs de chance, comme ils s'appellent, vu que la confiance des consommateurs était en baisse. On aime, donc, de plus en plus gratter les petits billets et puis on rêve. C'était un vendredi 13, vendredi passé, je rappelle, pas question de rater cette occasion.
On se demande bien ce que vont bien pouvoir faire ces multimillionnaires avec ce pognon. Mais qui s'en inquiète?
Inutilement indispensable ou indispensable inutile, cela fait toujours la finesse de la recette. Un vendredi 13 en janvier. Quelle chance, ce sera...
Courbe rentrante en dégradations en cascades 
Ce jour-là, les agences de notations ont dégradé en série, 9 pays européens alors que les marchés reprenaient timidement. Elles ne font plus dans le détail puisqu'elles ont remarqué qu'on attachait plus d'importance à elles, que tous se pliaient à leurs fantaisies et leurs fantasmes. Elles n'en ont rien à cirer d'enfoncer le bouchon dans la bouteille, elles boivent le champagne à tous les coups. Faire joujou avec des graphiques et des chiffres comme pompiers pyromanes, cela rapporte apparemment très bien. Elles ne se décoteront jamais, elles-mêmes.
Le délit d'intiés se cache-il derrière la manoeuvre? Si elles notaient par régions au lieu de pays, là, ce serait vraiment du sucre en poudre, encore plus sucré.
Pas de chance, le AA+ de la France était déjà dans les prévisions des renifleurs et cela n'a pas été trop la douche écossaise. La Bourse ou la vie, une majuscule qui fait la différence. Aurait-on appris à intégrer la crise dans les cours, puisqu'ils remontent? Non, elle respire comme d'habitude. "Quand la mer monte, j'ai honte Quand elle descend, je t'attends"
Courbes rentrantes ou souverainisme outrancier
Comme disait Sylvie Goulard au cours d'un débat sur ARTE dans une discussion sur l'euro et qui a créé un rire général "c'est comme si on demandait à la dinde de préparer la dinde de Noël". Les courbes rentrantes donnent souvent dans des courbatures radicales.
Depuis la dernière dégradation, les Grecs se sentent moins seuls et disent "Bienvenue au club des "dégradés".
Plus on est de fous, plus on s'amuse, oseraient-ils ajouter.
Oui, à condition que les fous aiment et qu'ils peuvent encore s'amuser.
L'euro, on dit de lui qu'il est un problème de "quadrilemme" car il obligerait à s'adapter à la réalité mouvante, à l'homogénéité de la compétitivité, à garder la souveraineté et à rendre la mobilité plus naturelle pour les travailleurs. Ne pas devenir un mastodonte technocratique est à ce prix. Quadrilèmme ou quadrature du cercle sans mutualisation de la dette de l'Europe? Oui, mais...
Kiosque rappelait tout cela, avec des yeux internationaux et une philosophie toute particulière.
Anne Blanpain avait un édito humoristique qui rappelait le souffle du désert qui commençait par "Je voudrais lancer un appel aux pays candidats: soyez gentils avant de venir dans l'Union, soyez démocrates, respectez la législation européenne, les principes européens. Au moins jusqu'à votre adhésion.".
Le même vendredi 13, on apprenait que la croisière ne s'amuse même plus. Le Concordia s'échouait lamentablement sur un rocher avec la seule vanité de montrer la belle carrosserie aux copains et en oubliant qu'il y avait quelques pièges potentiels sous la coque. Le "Concordia", un mot à mettre dans la catégorie des mots bizarres. Le gigantisme de ces bateaux de rêves à prix cassés, est, enfin, montrer du doigt comme fautif. Un frein à l'expansion folle est à attendre quand les assurances vont y mettre le hola et renvoyer ces "cercueils de mer" au port.
Courbe rentrante dans le passé
Rien ne peut passer aux oubliettes de l'histoire. Celle-ci fait partie de notre patrimoine. Si elle persiste ou cède aux nouveaux miroirs aux alouettes ou aux chimères, on n'est pas sorti de l'auberge.
Ne pas effacer l'histoire que certains aiment revivre en disant "c'était la belle époque". Ce serait une opération suicide ou une nostalgie trop lascive.
Les époques, on se les refile de père en fils comme la 7ème merveille des générations.
Pas de doute, tous les systèmes politiques, économiques, dictatoriaux, libertaires, démocratiques ont leurs casseroles au pied. Des effets secondaires seraient à lire sur la posologie avec la mention "A consommer avec modération."
S'il n'y avait aucun intérêt dans chacun des systèmes, ils auraient disparu sans laisser de traces ni d'adresses.
Les "trente glorieuses", une caricature ou un cliché? Une révolution? Un endormissement?
Un film d'ARTE "I love democracy" raconte l'histoire de ce "printemps" par le menu. La Tunisie pour commencer. Là, surprise, certains "anciens" s'en foutent complètement. Le désert est resté leur liberté et la politique, c'est très loin. La démocratie, ils en connaissent à peine le mot. Les Salafistes, eux, y voient une occasion d'une "nouvelle" démocratie, la leur, basée sur leur propre avantage. La femme, elle, n'apprécie pas se sentant dégradée à la case départ.
Les exemples sont nombreux. Cuba en est un autre. L'esprit révolutionnaire ne perdure pas ou alors, mal, pour certains.
Un paradigme pour un autre, n'est-ce pas tout aussi dangereux? Est-on prêt à assumer le nouveau? Il faut parfois une génération pour pouvoir sortir d'un "arrière goût", d'une 'impression tenace". On n'impose pas un mode de vie sans "biscuits croquants ou sucrants"...
Vivre dans la jungle ou dans le zoo.... comme le chantait Ferrat.
Vivre dans le désert, loin des progrès de la modernité, une solution? Un vacancier qui passerait par là, dirait peut-être "le paysage est magnifique, mais qu'est-ce qu'on doit s'emm... par ici". Le confort, les facilités du modernisme sont passés par là et ont creusé un sillon dans lesquels, on ne sort pas aussi facilement.
Ce même vendredi 13, il y eut le café serré de Laurence Bibot.
Elle se rappelait du passé, imaginait le faire revivre en la personne d'Annie Cordy et se mettait à chanter "Frida Oum Papa". Eclat de rires général.
Jouait-elle? Théâtralisait-elle, un peu trop? Non, bien dans son rôle.
Nostalgie, quand tu nous tiens...
"2012, une année "biopic", ajoutait Laurence.
Biopic : anglicisme (contraction de « biographical motion true picture »), est une œuvre cinématographique de fiction centrée sur la description biographique d'un personnage principal ayant réellement existé. Les événements et l'environnement de son époque sont donc subordonnés à son récit. Merci Wikipedia.
Revenons à Laurence. "Description biographique d'un personnage". Elle citait le film "J. Edgar" qui avait attiré son attention.
Le cinéma reste "américainement" vôtre et seul l'humeur ou l'humour peut en décider d'en faire partie ou non avec tous les clichés imprégnés de ce qui se passe outre-Atlantique et outre-Manche. Les films d'Hollywood sont à bord et beaucoup moins les autres qui eux, font tapisserie en attendant les Oscars des films étrangers.
C'est le film "The iron lady," dans lequel Meryll Streep joue le rôle de Margareth Thatcher qui avait attiré mon attention. Cette Margareth qui inspirait du dégoût dans une chanson de Renaud. Cette Margareth qui avait trop d'Exocets en stock qu'elle devait tester et écouler aux Malouines. Cette Margareth, qui avait un certain Pinochet comme ami. Cette Margareth, enfin, qui avait foutu le bordel dans les esprits avec son autre copain, le cowboy, Ronald Reagan, et son libertarianisme trop pointu...
Interrogée sur TF1, Meryll Streep exprimait ses convictions opposées à cette époque mais elle devait ajouter que la dame de fer l'avait néanmoins impressionnée pour qu'elle aie aimer jouer ce rôle.
Ce fut, certes, une preuve pour moi, qu'elle était une actrice qui pouvait tout jouer. Pas étonnant qu'elle ait reçu un Golden Globe pour ce rôle.
Son rôle, plus intimiste, dans "Sur la route de Madison", était repris la semaine dernière à la télé. Je l'ai revu avec beaucoup plus de plaisir.
Pour moi, les films à l'américaine quand cela pète de tous côtés et que la caméra suit l'action en travelling à m'en donner la nausée et le vertige, cela me rappelle les conseils de prudence de ne pas trop en abuser quand il fallait filmer en 8mm, Super 8 et compagnies. Les mouvements, c'était alors devant la caméra et non pas, derrière elle. Quand je disais "consommer avec modération"...
Courbe rentrante de l'information
Un projet de loi anti-piratage au États-Unis a fait réagir les grands fournisseurs d'accès à l'information.
Wikipedia a mis son site anglais en berne. Peur de censure, peur que la liberté d'expression ne soit entamée. Grève du zèle. Le mieux est parfois l'ennemi, tout aussi peu vertueux.
Courbe rentrante quotidienne
La Quotidienne d'Agora était angoissante et criait à la catastrophe si les investisseurs ne prenaient pas le taureau par les cornes avant la fin de 2011. Elle proposait de prendre un contrat avec eux. Elle revient. Ce 9 janvier, retour avec le titre: Arguments pour être confiant dans l'économie sur le long terme.... un texte au fond très optimiste d'Eberhardt Unger : 2012 pourrait voir un début de reprise. Un avis que nous partageons... en partie du moins. Nous nous attendons à un rebond des marchés, probablement au second ou troisième trimestre, ainsi qu'une belle croissance de certains secteurs liés aux nouvelles technologies, aux biotechnologies et aux infrastructures. Des secteurs qui, selon nous, seront la sauvegarde de votre portefeuille dans les années à venir. Le début d'une nouvelle année appelle tout naturellement des prévisions. Qu'apportera le futur ? Nombre d'analystes ne voient le futur que comme un prolongement du passé. Hors, tout change, tout passe, tout lasse.
Les perspectives établies selon cette méthode sont loin de soulever l'enthousiasme. Faute à la crise économique et financière, ces derniers temps, tous les instituts de recherches ont constamment revu à la baisse leurs prévisions.
Le sur-endettement de presque tous les pays industrialisés et le service de la dette qui s'alourdit freinent le développement économique. Malgré la politique monétaire ultra-expansive des banques centrales, les bilans des banques commerciales sont si tendus qu'elles exigent des emprunteurs des gages de solvabilité très importants.
Dans la zone euro, aux États-Unis et au Japon, le problème de la dette publique est particulièrement préoccupant. Les marchés financiers ont de sérieux doutes sur l'efficacité des pare-feux et des nombreux plans de sauvetages dans lesquels les politiques ont placé tous leurs espoirs car, finalement, le mal n'est pas combattu à la racine. Ainsi, par exemple, la valeur nominale du marché des dérivés est toujours de 708.000 milliards de dollars. On peut aussi noter qu'une forte augmentation de la masse monétaire a toujours causé à long terme de l'inflation. Mais certains éléments laissent présager un avenir plus serein.
Le PIB américain a augmenté pratiquement sans interruption au cours des derniers 200 ans. Même la Grande Dépression des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale n'ont interrompu la tendance que de façon marginale. Productivité et innovation sont de réels moteurs de croissance dans une économie libre et indépendante.
Face à cette tendance long terme, un investisseur ne doit pas spéculer à la baisse au cours de cette nouvelle année. A court terme, certes, les marchés financiers vont s'agiter face à une nouvelle baisse des cours certaine, mais ils ne devraient pas interpréter cette baisse comme un retournement de tendance, et pour l'investisseur long terme, ce sera même l'occasion d'achats à bon compte.
La situation de sur-endettement qui handicape les budgets publics est maintenant bien connue de tout le monde et celui qui veut se faire élire ou réélire doit la combattre.
En terme réel, le pouvoir d'achat des ménages stagne depuis cinq ans, cependant l'envie de consommer reste intacte, ce qui, dans une optique long terme, est un moteur important de croissance.
Somme toute, les bilans des sociétés restent solides et autorisent les investissements dès l'amélioration des prévisions économiques. Les charges d'intérêt de l'hypothèque privée sont, en pourcent du revenu disponible, à leur plus bas depuis les 10 dernières années.
On peut certainement s'attendre à des gains en matière de productivité et d'innovation, biotechnologies, nanotechnologies, robots et de ce point de vue les investissements dans les infrastructures sont primordiaux. Le risque d'inflation ne peut pas être écarté mais les banques centrales maintiendront encore longtemps leur politique monétaire expansive.
Conclusion : 2012 pourrait offrir quelques opportunités d'achat d'actions sélectionnées et de matières premières, particulièrement au premier semestre lors de la baisse des cours. Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d'expérience des marchés et de l'économie.
Une perle, non? Nous sommes tous des Moïse sauvés des eaux, puisqu'on rachète à bas prix, qu'on garde de bonnes âmes pour dire ce qu'il faut faire avec son argent et qu'on assure l'avenir avec des robots! J'oubliais, il y avait un lien qui permettait de se prémunir de cette situation que je ne donnerai pas car je ne voudrais pas être tenu pour responsable de vous avoir conseillé. Je ne suis pas payé pour le faire. La Quotidienne, bien.
Il faut toujours tenir ses fidèles en haleine. Ce serait jeter la poule aux œufs d'or aux orties que de dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes à fortiori quand ce ne l'est pas. Il faut garder la tension, combattre, guerroyer, tuer les "ennemis" qui ne sont pas du même avis, creuser le ravin entre les pros et les contras.
Courbe rentrante sociale
Je regardais dernièrement l'émission "Des paroles et des actes" avec l'invité Mélenchon. Pas à dire, il en avait dans la besace sur le côté gauche. Pas question de s'endormir avec lui. Des répliques cinglantes, de l'humour, comme j'aime. (1), (2), (3), (4).
Sera-t-il président pour autant? Nenni. Pas assez consensuel et trop ou trop peu "tendance". Pas assez de bling-bling au bout du chemin entre vertes et pas assez mûres.
Comme disait de lui, Alain Duhamel dans son livre "Portaits souvenirs". "Adieu à toute nuance, à toute pondération, à toute bonne foi. Il est condamné à l'excès, à la caricature contre l'ennemi de droite représentant du diable qui mérite le bagne, les financiers, la corde et les banquiers, la guillotine".
C'est l'année Cloclo. Alors, cela s'en va et ça revient.
Aujourd'hui, on discute et on se retrouve devant l'écran noir entre faces de bouc.
Hier, on allait défendre son beefsteak dans la rue.
Chacun a toujours raison et toujours tort.
Raison d'avertir qu'il y avait un peu trop de ronrons dans l'esprit des gens qui s'endorment et tort de croire que quand on est au pied du gouffre, on finit toujours par faire un pas en moins. Le dos au mur, les solutions arrivent. On ne sait pas toujours d'où elles viennent, mais elles arrivent comme un œuf de Colomb qui en cachait un autre.
Courbe rentrante autarcique
C'est alors que mon copain suggérait une autre solution, plus drastique encore, "vivre en autarcie". Se replier sur soi. Cultiver son jardin et oublier ce qui se passe autour de soi. Pas vraiment égocentrique, mais qui s'echangerait des bons procédés en évitant l'écueil des mauvais.
Avec mon pragmatisme obsessionnel, mon manque de connaissances dans le domaine rural, je lui répliquai: l'autarcie, c'est oublier l'électricité, l'eau, le gaz, l'énergie... Plus de télé, plus de radio, plus de cinéma.
Quand on en a marre de tout, en effet, on pourrait se dire "courage, fuyons".
Oui mais, fuir quoi, pour aller où, pour avoir quoi en échange, un meilleur commun?
S'il y a quelque chose de plus imprécis et de tellement peu général, dites le moi.
Partir, c'est toujours mourir un peu. C'est quitter les habitudes, aussi.
Il parait que les Français sont les champions du côté des sédentaires. 70% d'entre eux ne quittent pas la ville, le village où ils sont nés. La sécurité l'obligerait...
Pour plus aventureux, il y a aussi les "Iles de rêve" comme le suggère le GEO du mois. C'est tellement beau vu de haut que de près et dans la longueur, ce n'est peut-être plus aussi enchanteur. J'ai connu beaucoup d'îles et c'est vrai il y a un esprit "îlien" et beaucoup de désillusions dans ces îles de rêves, loin des yeux, loin du coeur quand les vacances sont passées.
Faudrait vraiment que je relise le livre "Robinson Crusoé" comme le proposait le lecteur de service Claude Serrillon, il y a deux semaines, chez Drucker. "Probablement inspirée de la mésaventure réelle du marin Alexander Selkirk, abandonné par son capitaine sur une île déserte du Pacifique, l’histoire de Robinson est présentée par Defoe comme un récit véridique, dont le caractère réaliste et concret demeure toujours aussi convaincant trois siècles plus tard". Histoire de Robinson qui attendait son Vendredi.
Une autre courbe rentrante, la petit Laura Dekker qui a achevé son tour du monde à la voile.
Courbe rentrante ou sortante?
Voilà tout le problème. La raison dit que c'est souvent la bérézina mais le cœur n'en veut pas. L'inverse est tout aussi vrai. 
Toujours est-il que, comme disait Jean de La Fontaine, "patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" auquel il ajoutait scientifiquement: «Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse.».
Vive la crise. Cela réveille du ronron.
Cool. Toujours trop pressés, ces citoyens modernes...
Bécaud avait une chanson qui avait pour titre "Heureusement y a les copains" dans laquelle il chantait déjà que nous allions seulement trop vite en porte à faux.
Confiance... confiance... confiance, parce que nous sommes condamnés à l'avoir. Elle est comme une gomme, à chaque erreur, elle rétrécit.
Attendons l'intérêt commun et égoïste. Cela changera tout.
Quant au livre de Robinson Crusoé, il est sorti des cartons et se retrouvera sur ma table de chevet.
J'espère y retrouver la santé des vertes années et un humour bien mûr.
Je vous tiendrai au courant de mes conclusions.
L'enfoiré,
Citations:
- «La courbe ne peut inclure la ligne droite.», Koan zen
- «S’il n’est pas soutenu par un tuteur, le jeune arbre se courbe facilement.», Proverbe chinois
14:05 Publié dans Actualité, Belgique, Economie, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
12/01/2012
Fusion ou scission dans la gestion humaine
Pourquoi se marier et ensuite s'apercevoir qu'il vaudrait mieux divorcer? La réponse est presque bancale au niveau d'une famille. Au niveau politique d'un Etat, d'une entreprise commerciale, ce n'est pas aussi clair. Il y a l'histoire des empires (1) (2), mais, aujourd'hui, au niveau de la gestion publique et privée, qu'en est-il?

La vie en famille est préconisée par les religions et par les États. Normal, si ce n'était pas nécessairement plus rentable financièrement pour ses membres.
D'où, de plus en plus de concubinages. Vivre ensemble sans cumul des revenus des époux. Meilleur fiscalement parlant, moins coûteux en cas de divorce. L'église chrétienne, malgré son opposition, ne peut contrer cette tendance. Les lois de la charria et le mariage résistent par la criminalisation de l'adultère.
Pour des raisons spécifiques, chaque entité tente l'expérience de vivre ensemble dans un même environnement, jusqu'à arriver à un point "critique".
Fusionner pour un État, c'est se donner plus d'espace, répondre à une augmentation de sa population, étendre sa culture, son pouvoir et augmenter ainsi son influence.
Pour une société privée, le but est plus financier. Augmenter les bénéfices, lisser les pertes, étendre son pouvoir de vendre sa production et ne pas se faire manger par un compétiteur éventuel. Pour y arriver, c'est supprimer les redondances de postes, rationaliser les coûts par l'économie d'échelle. Le film Mille milliards de dollars est l'exemple type de cette manière de raisonner.
Dans les faits, chaque entité arrive-t-elle à ses fins?
L'histoire n'explique pas tout. Les politiques utilisent les anniversaires comme preuve de leur bonne foi. Le récent 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne D'Arc n'est qu'un exemple de la survivance d'un patriotisme. Pourtant les temps changent et on oublie de les réajuster en fonction des conjonctures. Pas conondre, la France d'alors, n'était pas celle d'aujourd'hui.
Au sommet des entreprises privées, c'est la fusion qui est généralement préconisée. Fusionner différentes cultures nécessite du temps pour passer le cap de la compréhension globale.
Travailler en équipe, avoir des collègues qui doivent collaborer dans le même but, n'est souvent qu'une apparence surtout quand les antécédents ont été longs et que les habitudes en "séparés" se sont incrustées dans les mémoires.
De plus, les "nouveaux associés" sont souvent des "anciens compétiteurs".
On importe d'autres "cultures" sans préparation pour accommoder la nouvelle structure.
A y regarder de plus près, c'est plutôt le travail en "standalone" qui est inculqué depuis l'école. On ne passe pas son examen de passage en équipe. C'est la compétition tout azimut qui s'est installée au travers de soi et mène "naturellement" au chacun pour soi. La solidarité n'est qu'apparente et poussée par les intermédiaires du management qui eux voient un avantage financier personnel dans l'opération de fusion.
Personne n'est le clone d'un autre. Le haut degré de complexité a poussé à créer des experts en tout.Encore faut-il que cela soit complémentaire.
Le pluralisme d'idées, une richesse mais aussi un "grand défi" qui ne trouvera son échappatoire qu'avec l'effort de chacun.
Dans les entreprises commerciales, deux fois sur trois, réunir deux entreprises par fusion ou par acquisition reste un faux tremplin et révèlent, après coup, des échecs retentissants ou sans valeur ajoutée.
L'envie de créer de nouveaux produits, de toucher de nouveaux marchés n'est pas toujours couronné par un succès. Différences de stratégie, de management, de philosophie d'entreprise sont à la base de ces échecs. Les OPA deviennent ainsi non productrices pour les actionnaires alors que ce sont eux qui le préconisaient. La dépréciation d'actifs se retrouve dans cette stratégie de l'échec.
L'économie d'échelle par la fusion pour diminuer les frais communs ne répond donc pas à tout.
De plus, certains niveaux deviennent du melting pot difficilement contrôlable.
La chute des grandes banques a changé l'optique générale. Les petites banques se sont mises sur les rangs pour effrayer les investisseurs sur les risques du gigantisme des principales banques.
Dexia voulait toujours grandir pour être à la taille où les prédateurs n'auraient plus les moyens d'attaquer. Le malheur, la prédation est venue par l'intérieur et Dexia s'est effondrée. Des actionnariats opposés, puis une sorte de principe de Peter adapté au niveau société, s'en est suivi. La commission d'enquête Dexia n'en finit pas de découvrir des manquements qui ont mené à l'implosion du groupe. En plus, les responsabilités sont effacées comme des poupées russes de fautes dans lesquelles aucun dirigeant ne se reconnait. Depuis, on a revendu en catastrophe quelques bijoux de famille. Deux pays, mais une culture similaire, un apparentement des noms, le Crédit Local de France et le Crédit communal de Belgique de détail, les mariées étaient belles. Le business était différent mais les transferts de liquidités restaient mono-parental mais, tout cela, on voulait l'ignorer car il y avait en échange le rachat de Petrofina par Total. Curieux comme association d'idées.
Exemples de sociétés qui arrivaient à leur point de critique de rupture avec la finance.
Si Solvay a racheté récemment le groupe chimique Rodia, c'est de manière amicale et estimée par tous comme un bon "Deal" à l'avantage des deux nouveaux partenaires. Solvay avait, de plus, gardé un actionnariat familial, solide et avait, ainsi, plus de chance de garder son autonomie.Solvay va tenter de travailler avec Air Liquide pour produtire du gaz fluoré.
On peut citer aussi le cas de fusion ratée pour Alcatel-Lucent.
En 2007, la fusion Thomson Reuters avait coûté 8,7 milliards de livres. Des cultures d'entreprises différentes ont mis en échec, la fusion. La sécurité financière apportée par l'un et l'autre n'avait pas, n'a pas suffi à sécuriser l'ensemble. L'esprit entrepreneurial de Reuters, avec des décisions rapides, était confronté avec une volonté d'analyse lente et trop prudente rendant caduc le dynamisme global. La plate-forme Eikon avec un potentiel de 400.000 clients avait été un atout, vite transformé en talon d’Achille avec seulement 8000 clients.
Dans l'informatique, les fusions ont été aussi très nombreuses. La technologie était très chère pour l'assumer à trop petite échelle.
Digital, Compaq, HP sont les poupées russes qui se sont mangées de l'intérieur.
La fusion de Burroughs et de Sperry n'est qu'un exemple parmi d'autres, que je connais mieux par l'intérieur. Lier les deux bouts à force de slogans pour créer une ambiance de "One Unisys" ne verra son aboutissement que quand plus aucun ancien ne pourra dire qu'il était "ex-xxx" ou ex-yyy"... enfin, si on arrive au bout du tunnel.
L'informatique est actuellement sur un petit nuage.
Il se dit dans les milieux concernés "Pourquoi posséder logiciels et matériels alors que plusieurs entreprises utilisent la même configuration? Autant partager et repartir les coûts!".
Normal et raisonnement de logique. A part, qu'on oublie qu'on est entré dans un moule très rigide et que si les télécommunications ne fonctionnent pas, le ciel disparaît derrière de véritables nuages opaques.
Aux dernières nouvelles, c'est le domaine de la distribution qui doit restreindre sa voilure. Delhaize est-elle dans un virage après celui de Carrefour?
L'histoire de Nokia est, elle, à cheval entre commercial et une affaire de l'Etat finlandais. C'est l'Etat findandais, tout entier, qui en reçoit les retours de flammes. Ces derniers temps, la société s'était endormie sur ses lauriers, après avoir conquis un quasi monopole dans la téléphonie mobile. Entreprise "mammouth", elle se retrouvait avec un pied d'argile.
Carrefour, fusion infructueuse avec Promodès, expansion débridée, instabilité managériale, déclin de l'hypermarché, en dix ans l'action a bu la tasse.
Au Salon de Las Vegas, Nokia ne parle plus de guerre commerciale mais de guerre des écho-systèmes et veut reconquérir le marché des téléphones portables à coup de nouveautés prestigieuses. Une stratégie plus souple, plus adaptée aux marchés modernes ne s'évertuent plus à mélanger les pommes et les poires. C'est un peut-être...
En 2009, un mariage dans le secteur automobile était envisagé entre FIAT et PSA après celui de FIAT et Chrysler et une tentative avortée avec OPEL. Le partenariat semble devenir la manière de se sortir de l'ambiance de la fusion pure et dure.
L'Inde s'immisce dans la culture informatique de l'occident en espérant que la différence de cultures et de fuseaux horaires ne sont qu'une bagatelle.
Un autre phénomène se présente chez ces "mammouths": la gestion informatique. Malgré la puissance accrue des machines, les machines ne peuvent plus suivre dans les temps impartis pour consolider tous ces ensembles de données hétéroclites. Descendre dans l'arbre comptable des différents départements, par produits, par services, par subdivisions fines, et ce sont les informations qui prennent des allures de monstruosités en nombre d'enregistrements à maintenir à trimbaler de système en système. La consolidation des données ne donne pas la solution car il faut pouvoir redescendre aux sources de l'infrastructure pour garder une vision de ce qui coûte et rapporte pour prendre les bonnes décisions de stratégie.
"Un bon cru 2011, avant un net recul", était-il dit en Belgique.
En 2011, 28 milliards d'euros en jeu dans les fusions. Ce furent les banques, contraintes par l'Europe, la chimie-pharmacie et les matériaux qui arrivent en tête.
C'est 159% en plus de 2010, mais c'est bien loin de 2008, qui avait atteint les 120,3 milliards. Inbev et Fortis avaient fait le plus gros de la manoeuvre de fusion à cette époque.
Les "Bourses" sont une bonne entrée en matière dans le mode "fusion.
Le but, réduire le prix des transactions et refondre les systèmes informatiques dans la foulée.
En 2000, les Bourses de Bruxelles, de Paris et d'Amsterdam fusionnaient pour former EURONEXT.
En 2006, la tentative de la Deutsche Börse de fusionner avec EURONEXT échouait par l'arrêt de la Communauté Européenne qui y voyait un monopole sur le marché des dérivés.
En 2007, EURONEXT et la Bourse de New-York fusionnait en NYSE.
En 2010, la Bourse de Toronto fusionnait avec la London Stock Exchange.
La Bourse de Hong-Kong et la Bovespa du Brésil talonnaient la Deutsche Börse.
Le futur des Bourses du monde sera limité à 4 ou 5 Bourses mondiales, entourées par des satellites plus spécialisés.
Dans les grandes entreprises privées, le "middle management" des hiérarchies sert plutôt de porte-paroles du sommet.
Les PME ne peuvent se permettre ce genre d'organisation et sont souvent plus réactives aux événements.
Le rachat massif d'actions propres des entreprises encore un indice très significatif qui pourrait faire penser au rapatriement de ce qui a été dispersé dans le public.
L'année passée, 1,03 milliards d'euros ont été rachetés dans les entreprises belges. Rien que pour AGEAS et GDF, le rachat s'élevait à 427 millions. Pour Omega Pharma, ce n'est pas moins que 11,3% du capital qui en faisait les frais.
Les buts sont multiples: constitution d'une réserve pour alimenter les plans de stock-options, la déprime des marchés d'actions qui rend les rachats plus abordables, l'amélioration des "returns on investment" pour les actionnaires, la réduction de la dilution du nombre d'actions par la destruction des titres, le fait qu'il n'y a pas de dividendes à verser pour les actions propres et constituer, peut-être, un trésor de guerre pour financer les opérations d'acquisition.
Il y avait un an la question d'un "new deal entre privé et public" se posait. Voilà que cela se confirme avec les "dollars pas toujours verts des multinationales": "Dans la course à la présidentielle américaine, plusieurs multinationales belges mettent la main à la poche pour influencer l'issue finale de la campagne, en faveur des républicains.". 
La politique dans le domaine public, c'est surtout diviser pour placer le plus de postes dans la direction d'un pays.
La Belgique compte 11 millions d'habitants, elle a 246 ministres (43 pour Bruxelles, 89 députes, 3 secrétaires d'états). A ajouter à cela 10 gouverneurs et leurs suites, les maires, les élus communaux. Une duplication des partis entre nord et sud. Pour comparer, New York... 20 habitants, 1 maire et 50 élus communaux..!!
Les mandats politiques publics, parfois, très différents sont parfois cumulés dans les mains de mêmes mandataires. Pas nécessairement pour raison d'efficacité ou de diminution des coûts, mais plus banalement pour additionner les jetons de présences dans les réunions.
Les frontières existent bel et bien. Linguistiques et financières. L'idée de "nation", de "nationalisme" a pris des allures de croisières comme contre pouvoir. Plus, c'est petit, plus c'est devenu "gentil" et contrôlable, doivent-ils penser. Il s'agit plus ici de placer ses propres billes en nombre dans la gestion. Alors, pour juger, il y a des oracles qui nous gouvernent. "Les pouvoirs publics ont donné en fermage des pans entiers de leur pouvoir de régulation aux agences de notation". Celles-ci en deviennent plus puissantes que les Etats.
L'extrême-droite pense, souvent, régionaliser, sous-régionaliser, cantonner, en espérant se placer au plus près des convictions des gens et plus en relation avec leur culture propre, avec le droit sur le sol qui a vu naître ses contemporains, ses concitoyens et ainsi rester plus en communion avec l'enseignement local. Les élections des candidats se font, alors, avec plus d'engouement puisque les élus sont plus proches, mieux connus.
La langue s'attache aux gens comme une colle indélébile et invisible dans une envie de reconnaissance identitaire. Tout est aussi en place dans l'environnement pour séparer: les idéologies, le pouvoir d'achat, les religions, les symboles...
Tout divise pour empêcher les contacts plutôt que de les multiplier. La Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, le Soudan sont des pays qui n'existent plus en tant que tel.
On a pu croire qu'Internet allait ouvrir les frontières en permettant de se connaître mieux de par le monde. Si quelques uns ont fait le pas dans cette virtualité, masqués ou non derrière des pseudonymes, c'est pour exprimer des idées qui même subversives, se cantonnent dans l'espace local, des idéologies, au minimum, compatibles entre elles.
Les entreprises devenues des multinationales ne s'inquiètent plus des frontières étatiques et en profitent pour établir une concurrence entre les États pour les obliger à accepter des pratiques de fiscalité avantageuses comme les "intérêts notionnels" en échange d'emplois.
Basé uniquement sur le modèle financier, la mondialisation a ainsi raté son but de solidarité.
Au départ, l'Europe peut être considérée comme un fédération par consentement mutuel qui trouvait sa raison d'être dans la volonté d'assurer la paix au lendemain de la guerre.
Aujourd'hui, on se demande si vouloir l'Europe était seulement un rêve, une chimère ?
Ceux qui n'y sont pas espèrent y entrer, ceux qui en font partie espèrent en sortir.
Ce n'est pas l'euro seul qui pouvait fédérer les pays membres. Il fallait aller plus loin.
La situation de l'Angleterre, euro-sceptique, pose question. Première constatation, les Agences de notations ne les ont pas dégradé. Analyse:
1. Cameron aurait pris la bonne décision en faisant un pied de nez à Sarkozy. Nous devons faire davantage pour remettre sur pied notre économie, disait le premier ministre britannique dans ses vœux du Nouvel An. N'est-il pas un peu trop isolé? Comment pourra-t-il agir seul pour redresser l'économie du pays? Avec les Jeux Olympiques et le Jubilé d'Élizabeth? Hum...
Réponse: Cela pourrait l'être si l'Angleterre était encore comme la Chine, un pays qui monte. Les JO de 2008 ont permis à la Chine de placer ses pions comme une vitrine de ses capacités. L'Angleterre n'est plus ce qu'elle était même avec le Commonwealth comme carte de visite.
2. "Nos politiques n'arrêtent pas de nous dire que s'ils n'ont pas respecté notre vote "NON" au traité Européen, s'ils nous ont imposé une Europe technocratique et corrompue sans aucun fondement philosophique au moins sur "l'idéal européen", c'était pour notre bien. Sauf que l'Angleterre nous prouve tout le contraire.
Surtout qu'elle prouve que contrairement à ce qui nous est dit, l'Europe ne nous rend pas "plus" attractifs, solvables, compétitifs.
Il fallait attendre de voir si malgré que l'Angleterre ne soit pas dans la monnaie unique "protectrice", elle resterait solvable.
L'Angleterre va mieux "aux yeux des marchés" que les pays ayant pour monnaie l'euro.
Mieux encore, les Anglais sont maîtres de leur monnaie et de la planche à billets par la création monétaire et de bons du trésor. Là, où les gens de la monnaie unique n'ont plus aucune liberté monétaire, législative voire politique.
Avec la Grèce ruinée et mise sous curatelle d'un côté, l'Angleterre de l'autre, tout prouve que les arguments de "préservation" de la zone euro sont juste des histoires à revisitier en permanence.
Les marchés labellisent l'Europe comme "produit de con" .
Tous les arguments de défense de leur idée antidémocratique européenne s'avèrent faux un par un, sans parler de ce qui est sanitaire ou des norme CE."
Réponse: En fait, l'Europe met surtout des bâtons dans les roues des pays souverains parce qu'elle oblige à se greffer dans un moule libéral et oblige à supprimer ce qui serait trop social. Est-ce du populisme de le constater?
L'Europe recale le budget belge. "Aux yeux de la commission, la Belgique souffre de plusieurs handicaps, une dette énorme que la crise bancaire et économique n'a pas arrangé, une absence de vraies réformes structurelles ces dernières années, et une situation politique qui ne facilite pas les décisions d'urgence au cas où ça tournerait mal. La Belgique a choisi de ne pas aller au conflit avec la commission, elle a un peu rouspété pour la forme mais elle est rentrée dans le rang", dit Anne Blanpain. S'interroger sur le budget 2012 de la Belgique, oui, mais après l'indexation automatique des salaires qui devait être revue pour ne pas faire tache dans le concert des Nations, cela faisait beaucoup.
L'euro a longtemps été considéré comme une monnaie d'échange qui rivaliserait avec le dollar. Il l'a dépassé au passage.
Actuellement, perte de confiance, l'euro dégringole de son pied d'estale. Bon pour les exportations à condition que les clients principaux soient extérieurs à l'Europe.
La crise de la dette publique comme le serait une baignoire?
Guy Verhofstadt reste un fervent défenseur de l'idée européenne. "Il faut plus d'Europe que moins", dit-il. Comme mandataire à l'Europe, ceci explique cela.
Pour ses mandataires, l'Europe est considéré comme un havre de paix, une échappatoire de fin de carrière, face aux brouilles nationales que doivent endurer les dirigeants dans leur pays d'origine et qui doivent trouver les véritables solutions sur le terrain sans planer.
Le ministre Magnette ose dire ce qui se dit tout bas et c'est considéré comme du populisme. On veut du politiquement correct.
Il est clair que les pays d'Europe ne sont pas sur un pied d'égalité pour décider de prendre une position totalement commune vis-à-vis de l'Europe.
La France n'est pas la Belgique. Bruxelles, au milieu du jeu de quilles de la Belgique, ne peut réagir de la même façon qu'une des autres régions du pays. Elle doit nager entre deux eaux, s'habituer à la brasse, au crawl et parfois à la nage papillon.
L'article "Mirages chinois: les pièges de l'énormité" montrait bien les limites d'un processus rendu impossible à gérer sans une obligation de conserver une certaine dictature d'opinion. Mais l'Europe n'est pas la Chine. Elle a combattu pour obtenir plus de démocratie.
L'Europe a des difficultés parce qu'elle ne trouve pas les moyens d'unifier la fiscalité, la stratégie et la politique entre ses membres.
Fusionner est possible, mais une comparaison suivi d'un consensus s'impose, avant de passer à la fusion effective et définitive et que le multiculturalisme ne frise pas l'antagonisme.
Autre volet: je lisais dans le Vif-Express "Nous sommes responsables vis-à-vis de nos enfants, qu'ils s'appellent Mohammed ou André. Laisser filer le patrimoine vers le monde entier, il ne restera plus rien.". Les pratiques linguistiques, les affiliations religieuses, la richesse des particuliers font que la démographie est une science qui sent le soufre. La poussée migratoire frôle, dans ce cas, le racisme de part et d'autre. Il ne faut pas confondre racisme et différence de culture, même si cela semble aller souvent ensemble. L'immigration nécessite une infrastructure d’accueil, de potentiels à tous les niveaux en vases communicants.
"L'islamisme radical menace la Belgique" et "Mickey et Minnie ne font plus rire", lit-on dans Le Soir. Une série d'indices qui incite à la réflexion pour savoir jusqu'où aller trop loin sans devoir se retrouver "cocu" dans un mariage forcé ou arrangé. Dans ce cas, il s'agit vraiment de l'intégrisme pur et dur. Une imposition et une invasion.
Certains parlent des états unis d'Europe, quant est-il avec les États-Unis, eux-mêmes?
Christopher Caldwell, dans "Une révolution sous nos yeux" dressait un tableau synoptique qui a affecté l'Europe : l'immigration de masse et l'implantation de l'islam. Selon lui, la France se rapprocherait le plus des États-Unis par sa conception de l'intégration dans un pays. Aux 19ème siècle, l'intégration des immigrés aux USA s'est faite avec l'abandon du lien avec le pays natal et en gardant une proximité de la culture entre les migrants et le pays d’accueil. Une nouvelle vie commençait.
L'immigration était souhaitée et supporté par le pragmatisme de l'économie et parce qu'elle exerçait une pression à la baisse sur les salaires. Il existe une taxe fédérale, et des taxes locales tout en laissant l'autonomie aux états qui constituent le pays. La liberté de religion est totale jusqu'à aboutir au prosélytisme. Le financement se fait par des dons accordés aux confessions religieuses. 
En Europe, ce n'est pas le cas, ce sont tous les citoyens qui apportent leur obole via leurs taxes. La France au 19ème siècle était plutôt une théocratie. La société laïque s'est vue en opposition de plus en plus vu le radicalisme qui se crée dans les autres convictions. L'immigration est ressentie comme une obligation morale.
Il est vrai que les liens inter-membres, inter-ethniques se produisent au travers de concurrences, de défenses et de fusions à l'arraché, non concertées, sans "prendre la température" des populations concernées. Heureusement, le système démocratique n'est pas à tendance majoritaire, ce qui permet de ne pas trop changer les lois propres, mais cela pourrait changer. La monoculture d'origine étrangère s'est déjà produite dans certaines villes au nord de l'Angleterre.
En France, le néo-parti du FN a pris ce terrain fertile de la résistance face à cette appréciation de la situation même si cela cache des instincts bien moins reluisants. L'Europe a vu l'extrême-droite s'installer dans ces grincements de dents.
Paradoxal tout cela? La réponse est dans le dialogue, pas dans l'imposition d'une situation. Le partage d'idée est profitable pas la cacophonie.
Anne-Marie Slaughter faisait le bilan de la gestion de Barack Obama sous un angle parallèle. Les défis sont bien là, mais sa conclusion était plus optimiste.
Obama ne serait-il pas devenu un Gorbatchev à l'Américaine? Quelqu'un qui récolte des succès à l’étranger et moins à l'intérieur?
Des collaborateurs comme George Mitchell, Richard Holbrooke, Dennis Ross et récemment William Daley ne sont plus là pour le soutenir.
Obama a sorti les US de leur position de "maitre du monde" pour la remplacer en renvoyant les "droits et des responsabilités" à chacun dans le monde. Le G8 était converti en G20. L'approche diplomatique à l'ancienne, forte et républicaine, mise en sourdine.
Démocrate, Anne-Marie Slaugther voit Obama en avance sur son temps, à la norme du monde entier.
Ce point de vue se trouvera, tout naturellement, dans les critiques des Républicains lors des prochaines élections de 2012: rendre la suprématie perdue à l'Amérique.
Conclusions:
L'homme a un naturel grégaire. Il aime vivre en société plus ou moins structurée se distinguant de la foule, dans des rassemblements spontanés et sporadiques qui se produisent sous l'effet de stimuli environnementaux (dixit Wikipedia).
Mais il a, en plus, créé l'argent.
Dans ce domaine précis, il n'y pas de petites économies. Mais il y aura toujours des petites et des grandes échelles même dans l'économie. Seulement, la culture des gens n'est pas un fait passager. Elle suit une évolution longue et logique.
Tout dépendra de trouver les dirigeants qui pourront déterminer le point critique entre fusion ou fission.
Sans même parler de fission ou de fusion nucléaire, la vie en commun restera loin d'être un long fleuve tranquille.
Quand la roue à aubes tourne trop vite, il faut toujours pouvoir la freiner sinon elle finit toujours par exploser.
L'enfoiré,
Citations:
- « Les sentiments sont des métaux. Il importe d'en connaître la densité. Il importe également d'en connaître la température de fusion. », Francis Dannemark
- « Nous sommes six milliards de bipèdes à tenir miraculeusement debout sur de fragiles petits pieds, en équilibre sur une boule de magma en fusion. Un véritable numéro de cirque ! », Professeur Choron
09:45 Publié dans Actualité, Amérique, Belgique, Economie, Europe, Monde des affaires, Organisation, Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
05/01/2012
Transformer les difficultés en nouvelles opportunités
Remontons le temps. Le vendredi 31 décembre 2010, Joseph Stieglitz, lauréat de l'économie 2001, donnait ses prévisions. Le titre "A quoi faut-il s'attendre en 2011?". Un an après, le temps des rétrospectives, des bêtisiers, de faire le bilan du passé et des vœux pour le futur.
La fête était pourtant tout aussi belle partout dans le monde. Des feux d'artifices que, vu d'en haut, les astronautes ne pouvaient manquer.
La fête, c'est fini et bien fini. Les problèmes entre parenthèses pendant une nuit de veille. Mais, la roue tourne...
A Liège, le lendemain de la veille, ce fut la choucroute traditionnelle pour faire oublier les briques qui s'étaient réfugiées dans l'estomac. Il parait que cela nettoie. Personne, en dehors des Liégeois, n'en sont revenus pour le raconter ensuite. Mais qui sait...
Je ne sais si vous êtes comme moi, j'ai eu quelques problèmes et beaucoup d'hésitations pour être original quand il a fallu écrire les vœux de nouvel an.
L'insipide, l'inodore, l'impalpable "Bonne année et bonne santé" fut de rigueur, sans plus, comme un rituel incassable.
Encore heureux que la plupart de ces vœux transitent de plus en plus via SMS, ou Twitter. Consommer du papier pour cela alors que le prix des timbres poste a augmenté, quel gâchi, ce serait...
J'ai cherché de l'inspiration ailleurs. Quels étaient les vœux envoyés par d'autres, par nos élus locaux. Là, quelles déconvenues, quelles platitudes...
Au sud, Sarkozy disait que 2011 a eu «la crise économique la plus grave depuis la Deuxième guerre mondiale», tout en justifiant sa politique. « La France a tenu. Elle a résisté. ». Alors, l’année 2012 serait « celle de tous les risques mais aussi de toutes les possibilités. De toutes les espérances, si nous savons relever les défis. De tous les dangers, si nous restons immobiles ». « Je promets des décisions importantes »... Puis il y a eu la version humoristique, la non-expurgée qui valait son pesant de sourires.
A l'Ouest, Barack Obama disait s'attendre à ce que de grands changements interviennent jusqu'à sa fin de mandat. Là, c'est prudent et du "short".
Mais, en définitive, je ne sais pourquoi, j'ai préféré la version de notre nouveau Premier ministre, Elio Di Rupo qui proposait de "Transformer les difficultés en nouvelles opportunités. Garder confiance en l'avenir. Prendre des décisions complémentaires équilibrées.".
Quand on se rappelle que l''incubation de son gouvernement a pris 541 jours pour se construire à l'arraché, c'est qu'il avait encore du souffle et qu'il a connu les affres de la difficulté de gouverner.
"Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", soufflait Musset.
Après, tout est dans la mesure et pas dans la démesure avec les mots qui respectent en équilibre même instables en fusionnant les méthodes Coué, Couillées et SeCoués.
Alors, il y a toujours en plus ceux qui sortent leur boule de cristal et qui font des prévisions plus générales. Prévisions qu'on oublie toujours de vérifier, comme le ferait le bon vieux "rond de cuir", en mettant côte à côte, religieusement, le "budgétisé" avec l'"actualisé" du bout de tunnel.
Il y a un an, pour 2011, dans les grandes lignes, Stieglitz décrivait une économie mondiale à deux vitesses, avec des pays émergents en croissance et des pays occidentaux en stagnation. Il disait que l'Europe et les États-Unis avaient besoin d'investissements publics à grande échelle alors que les marchés financiers feraient pression pour que les dépenses soient réduites. Les marchés empêcherait les décideurs politiques de trouver des réponses efficaces à la crise.
L'Inde, la Chine et les économies du Sud-Est asiatique connaîtraient une croissance solide.
L'Europe et les États-Unis seraient confrontés à un malaise semblable à celui éprouvé au Japon avec un taux de chômage élevé et persistant.
Pas mauvaises, ses prévisions, pourrait-on conclure.
En plus, il y a eu le Printemps arabe qui a fait tache d'huile.
Un 11 mars 2011 avec un tremblement de Terre qui précédait un tsunami, qui remettait le couvert dans la détresse de Tchernobyl, 25 ans plus tôt. Le nucléaire était remis en doute et avec lui, la science toute puissante, dans son efficacité et la sécurité dans le monde entier. L'écologie reprenait du poil de la bête.
Une année de catastrophes qui ont atteint des sommets pour les assurances. 
03 journalistes tués dans le monde. 100 titres de la presse italienne risquent de passer à la trappe, en panne de subsides directs. Il faut être coopératif ou être affilié au parti, dit Mario Monti. Les aides indirectes plus difficiles à quantifier restent à la disposition des plus grands journaux. Plus rien, pour rien.
Le lectorat est en déclin. La démocratie, aussi.
Stiglitz quand il sortait l'idée que les pays avancés créeraient des emplois endémiques qui correspondraient à l'anémie au niveau de la reprise et qui mèneraient à la récession en 2012. Il ne pensait même pas que l'or ferait un tel tabac. Depuis, l'or est fondu et depuis, il se morfond dans l'esprit de ceux qui ont vendu, trop tôt, leurs dernières dents en or et leurs bijoux de famille...
Il voyait deux vitesses aux risques inhabituels dont l'une des deux tirerait la queue de la croissance de l'autre. La mondialisation a fait croire à des vases communicants. Les prix des terres rares, des matières premières se sont mis à grimper.
Après la crise de foie, le dragon chinois semble depuis s’essouffler et se paie une crise de foi. Faiblesse passagère ou plus structurelle? Suite au prochain numéro.
Sur les marchés financiers mondialisés, les investisseurs n'ont toujours pas de frontières. Ils cherchent les meilleurs placements pour leur argent en Asie. L'effet levier dans une flambée des prix actifs, n'a été qu'une apparence.
La menace était encore plus sérieuse du côté de l'euro. Tout à coup, on ne pensait plus pouvoir fêter son dixième anniversaire. Titillés par la peur de ne pas pouvoir honorer l'échéance de leurs dettes, poussés par les indices des agences de notation qui dégringolait, les pays européens se sont mis à se serrer la ceinture pour faire face aux déficits budgétaires. La croissance, du coup, se transforme en récession.
Les recettes fiscales doivent augmenter, mais on ignore toujours la meilleure technique.
Un programme d'investissements publics à grande échelle stimulerait l'emploi à court terme et la croissance à long terme pourrait réduire la dette publique en finale. Tout le monde le dit, mais l'Allemagne demande la traduction des mots "Euro Bonds".
Les crédits sont toujours demandés par les PME, tandis que les banques cherchent à s'assurer pour ne pas capoter elles-mêmes.
Pessimiste pour l'occident, Stiglitz voyait une tendance morne avec plus de risques baissiers que haussiers. Cela malgré une surcapacité et des besoins insatisfaits. Moderniser pour répondre aux défits du changement climatique, devenait indispensable. Mais comment?
Aux États-Unis, les Républicains devraient plutôt soutenir Obama que de le voir échouer. Oui, mais il y eut les Tea Parties qui déstabilisèrent les Républicains.
Les indignés sont sortis de derrière leurs tanières virtuelles et ont été jusqu'à inquiéter le mur du saint des saints "Wall Street"
Les marchés ont toujours raison. Les problèmes sont politiques plutôt que réels. En effet, mais encore....
Le dérèglement climatique s'accélère et rien n'a été trouvé de manière drastique. Nous venons de vivre l'année la plus chaude depuis 1833.
L'argent est fait pour rouler et non pas rester stagner dans les banques.
Les disparités, les classes moyennes en déperdition pour faire place à de plus en plus d'écart entre riches et pauvres devenaient la plaie de l'hémophilie de l'occident.
L'Europe plongeait, pays par pays, dans l'extrême-droite portée par le populisme et suite au raz-le-bol.
La crise, le mot à la mode par excellence.
Alors, on rentre à la maison en se souhaitant une véritable "Bonne continuation" dans le progrès.
Au FMI, on s'inquiète des signes d'essoufflements qui se multiplient. Progrès trop graduels et mal compris, pas assez détaillés ou trop compliqués sur les principes fondamentaux.
Comme débouchés, on se retourne, désormais, vers les pôles, nord et sud. Un anniversaire? Il y a 100 ans, ce fut la conquête du pôle sud, avec le nationalisme en demi-teinte. La victoire du Norvégien, Amundsen sur le Britannique, Scott. Victoire sans les technologies de l'époque utilisées par Scott mais grâce aux chiens de traineaux pour correspondre à la technique des Inuits.
Humiliées, la science et la technologie? Non, un rappel que la nature, l'expérience de longues dates, ont des solutions en elles même si elles n'apparaissent pas du premier coup d'oeil.
Puis, il y a eu la chute de quelques icônes. DSK, Murdoch, Moubarak, Berlusconi pour les plus connus.
Alors, 2011, une année pour rien? Une "Annus horribilis?
Il vaut peut-être mieux avoir à l'oublier et virer dans un Alzheimer volontaire.
Adieu 2011 et bonjour 2012.
La Nouvelle Revue de Géopolitique donnait les nouvelles tendances, avec un titre "Comment les États rebondissent?" avec "Ainsi ira le monde" avec de nouvelles prospectives.
La recherche d'un leadership politique en occident est toujours présente.
Le "Yes we can" s'est transformé par une question "Who and how we can?".
La crise de la dette des États, l'absence de potentiels des dirigeants de l'Europe, il n'y a plus qu'à mandater les volontés et légitimités une vue à long terme. Le 30 janvier, premier sommet pour en discuter.
Dans l'opinion publique, les médias doivent passer le mot que le déclin de l'occident n'est pas inexorable.
La montée des BRIC est hétérogène avec des résultats intéressants ne trouve une correspondance que dans une coordination des agendas politiques.
Relancer des projets internationaux et ne pas laisser un point d'interrogation en quête d'une autre conquête de l'espace. Motiver et faire rêver...
Le projet EADS du Zehst est plus important. La maîtrise de l'espace devra monter d'un cran à l'échelle mondiale pour partager les frais.
Notre démocratie est à revoir.
Changer le romantisme du soulèvement des pays arabes en une explication de rationalité économique. 
Le risque de vol des révolutions, du viols est loin d'être nul.
Le tourisme en chute libre en Tunisie et en Égypte a obligé de resserrer les rangs.
Une étincelle suffit à incendier la prairie, disait Mao, mais elle doit être maintenue par des slogans symboliques comme "Dégage", "Indignez-vous".
Effet de surprise ou effet papillon? Suivi en cascades informationnelles avec les technologies d'Internet par le phénomène d'imitation.
Géopolitique cognitive du micro-blogging.
Islamisme contre catholicisme. Avec le laïcisme en perte de vitesse.
Iran mis au ban des pays occidentaux.
Une chance pour certains ou une malchance pour d'autres. Allez trouver un compromis au milieu...
2012, année du Jubilé, avec les Anonymous pour réaliser une remise à niveau à la croisée des chemins entre le pire et meilleur?
Année qui pourrait voir l'échec définitif des programmes d'austérité en Europe. La crise de l'euro qui s'aggraverait jusqu'à l'intervention du FMI comme un pays du tiers monde. Une récession, mais pas une dépression.
Tout est dans les mots et les pressions. Le marché des actions dans la tourmente. Le dollar index et le baril de pétrole qui resterait sous la barre des 120 dollars. Et si celui-là décidait de passer la barre....
Mais l'avenir du monde passe par Pékin, comme dit Li Zhaexing, ministre chinois des affaires étrangères. C'est presque un ultimatum qui dirait coopérez ou mourrez. Vite un petit regard sur l'astrologie chinoise par la pratique et l'année du dragon.
Pas avare de prévisions pour 2012, donc...
Tout dépend par quel bout on la prend, cette année.
Pour Van Rompuy, 2011 serait un jour considéré comme "annus mirabilis".
Comme Stiglitz avait bien réussi ses prévisions pour 2011 il remettait cela avec la finesse du langage: 2012 sera l'année du pessimisme rationnel.
Comment le pessimisme peut-il être rationnel et l'optimisme, irrationnel ?
En ne prévoyant pas d'amélioration économique et en pensant que 2011 serait même meilleure? Nenni. Peut-être que les économistes devraient sortir autre chose que des thérmomètres en gradations Celsius ou Fahrenheit. Faudrait qu'ils mettent la main dans le cambouis.
En Amérique, le point positif pour 2011 a été que les Républicains ne sont pas parvenus à imposer un régime d'austérité qui aurait trop plombé l'avenir en redistribuant les richesses encore plus vers les plus riches. Les coupes seront postposées automatiquement vers 2013. La bonne nouvelle, c'est que le grand écart entre riches et pauvres se réduirait enfin après avoir pris en considération le mouvement "Occupy Wall Street".
Signe que les choses devront évoluer dans une autre direction ou ce serait un placebo qui n'aurait pas effacé le stress des ménages sans revoir le processus général du système capitaliste? Les appels à la création d'emplois, à la modération salariale sans restructuration de l'économie et la réduction des inégalités resteraient lettres mortes.
Tout dépendrait des choix politiques et des élections prochaines. Le blocage politique et les leaders européens qui sont entrés dans une spirale destructrice lui font craindre à l'extinction des feux de l'Europe dans une récession. La solution devra se passer par la BCE qu'on attend au tournant pour financer les dettes. Un nouvel arrivé, le belge Peter Praet, désigné économiste en chef. Non, peut-être.
2012 est déjà dans une phase nouvelle, plus effrayante de la pire calamité économique du monde en 75 ans.
Année d'élections présidentielles en Russie (3 mars), en France (22 avril), aux aux États-Unis (7 novembre), au Sénégal avec en dernière minute Youssou N'Dour...
Le buzz de la fin du monde arrivera tout au bout de son périple dans un non-événement.
Année des JO de Londres, dans une allégresse sportive sous l'égide des drapeaux nationaux.
De toutes manières, les conseilleurs ne seront jamais les payeurs. La preuve, Goldman Sachs y allait aussi de ses 10 prédictions pour l'économie mondiale.
Tout ce qui va changer en 2012. C'est ce qui va augmenter, réduire les finances, secouer le travail et réduire le cadre de vie.
Les soldes ont repris en ce début d'année. Il parait qu'elles sont bien achalandées pour cause de climat et de crise. L'hiver ne s'est pas encore manifesté réellement, si ce n'est par des bourrasques de vent, de pluies qui feront plaisir aux marchands de parapluie. Je ne vais pas vous rappeler mon dernier billet sur le domaine même s'il y avait de l'humour entre les rayons, il y a déjà un an.
Au matin du 1er janvier, pour digérer le trop plein, le citoyen lambda a pris une ou deux bière ... plus chère. Quand il a pris sa voiture de société, plus chère, il a soufflé dans le petit ballon en attendant les nouveaux radars détecteurs d'alcool. L'amende n'a pas uniquement été salées, elle a été un peu plus poivrée. Depuis, il est à la diète pour quelques temps.
Que ce soit pour les pessimistes ou les optimistes, l'ambiance sera assurée...
En choeur, so-li-da-ri-té, aus-té-ri-té...
Avec le "Plus jamais 2011" d'Oldelaf et Madenian, on démarrait sur les chapeaux de roues.
Et puis, non, ne nous souhaitons pas trop bonne année, en définitive, comme le préconisait Thomas en se rappelant l'année de m... de 2011.
Les banques n'ont jamais eu leurs pareils dans leurs souhaits de nouvel an...
La palme, je l'ai trouvée chez l'une d'entre elles qui disait:
"Bonne et heureuse année 2013. Nous allons y veiller ensemble en 2012".
Cette banque avait vraiment tout compris:
L'enfoiré,
Citations:
- « La meilleure façon de prédire l’avenir, c'est de le créer. », Peter Drucker
- « A prédire le malheur, on l'attire. », Roch Carrier
- « La Belgique de demain sera très différente de celle d'aujourd'hui », Di Rupo (et pas qu'en Belgique d'ailleurs)
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29/12/2011
Les Rois Mages en eMages
Lettre ouverte aux trois Rois Mages...
Chers Melchior, Balthazar et Gaspard,
Pour la fin d'année, je me suis rappelé du temps mythique de votre dernière visite parmi nous en 2001.
Pour l'occasion, on vous avait filmé dans notre modernité en partie 1, partie 2, partie 3, partie 4, partie 5.
De beaux souvenirs. Il y a déjà dix ans et tellement de choses ont changé. 
On a cru que vous nous reveniez quand on a vu une nouvelle étoile dans le ciel de la nuit de Noël. On apprenait ensuite qu'il s'agissait banalement d'une boule de feu, d'un débris du dernier étage de Soyouz qui retombait sur le plancher des vaches. Aucun présage, donc...
Désormais, plus besoin de marcher sur des chemins enneigés de Compostelle. Plus besoin d'emprunter les sables et les cailloux du désert vers Damas.
A Compostelle, ils n'ont plus le sou. Et pour en emprunter, je ne vous dis pas à quels taux, ils peuvent le faire!
A Damas, c'est la révolution. Une des révolutions arabes, car il y en a eu un peu partout, cette année. Donc, allez-y, mais pas sans "biscuits".
En plus, en route, vous risquez de rencontrer des indignés de tous pays.
Indigné par ce "vieux capitalisme" qui a germé un peu trop et à fait perdre les illusions sur sa rentabilité. Beaucoup de rêves se sont perdus en chemin.
Les crises ont pris des allures de croisière. Elles sont bancaires, financières, étatiques, communautaires, systémiques, boulimiques, mais surtout bancales... On ne sait même plus comment les dissocier entre elles. C'est vous dire...
Plus beaucoup d'étoiles à suivre dans ce ciel-là et assurer votre fonction de Mage.
Si c'était ringard de visiter les lieux saints pour prêcher la bonne parole en 2001, depuis, tellement de choses sont devenus ringardes. Vous n'y comprendriez plus rien. Cela sent la résignation.
Je vais tenter de faire partie de votre "Comité des Fêtes".
Si vous avez des intentions de revenir, je vous conseille de changer le message, sa communication et ce qui fera son support. Le monde est devenu trop complexe et plus virtuel, encore, que lors de votre dernière escapade chez nous.
Avant de partir, renseignez-vous sur les cours de ces euros qui sont restés au fond de vos poches au moment de votre départ. Il y en a qui disent qu'ils n'auraient plus cours très bientôt. Quant aux dollars, ils ont dévissés. Prenez, plutôt, des yuans, des yens, ils montent aux dernières nouvelles.
Vous allez trouver de nouveaux noms dans le grand livre des "Mages Célèbres". Les bonnes paroles n'y ont pas disparu chez eux.
Parmi ces Mages modernes, à l'Ouest, il y a Obazar, Sarkor et Merkard.
A l'Est, Jintard qui trépignait d'impatience lors de votre visite parmi nous et qui depuis se retrouve partout là où il peut aider notre occidentalisme en perdition. Pour cela, il apporte les billets sur la table (devises au choix).
Obazar a faire croire à tous que le Messie était revenu avec son slogan "Yes, you can". Aujourd'hui, c'est plutôt "How, we could".
Au centre, Sarkior et Merkard se saoulent de guerre lasse, aux filtres et s'essayent aux élixirs d'amour. Cameronix n'aime pas tenir la chandelle et se retire du jeu quand il doit dépenser de lui-même.
Dans l'ombre, il y a aussi Putinator qui gardait son gaz à bonne température et qui espère tenir ses pipes toujours en ligne.
Tous des caractères très différents, très trempés dans l'imagerie, ces Mages du siècle. Quant à leurs discours, ils s'entrechoquent en style dodécaphonique à l'intérieur mais consensuels à l'extérieur.
Lullamor avait quitté la scène avec les applaudissements du public et cédé la place à son élève. La voilà dans les tops 6 en repoussant d'une place les UKazors.
Les bonnes paroles ne viennent plus par téléphone. Elles vont plus vite par Internet. Des ragots, des rumeurs s'y intercalent. Exercez-vous à les déceler. Je préviens, ce ne sera pas une mince affaire.
Puis il y a les "leaks", les fuites, arrivées par un certain Angelasstor. Ces fuites, il les a envoyées en avalanche, par câbles. Non pas les câbles que l'on utilise pour haler les bateaux, ceux-ci sont bien plus torsadés entre eux.
Les Mages officiels, eux, criaient au scandale.
Puis, dans d'autres camps, ils se taisent, s'observent. Quand on n'a plus les cordons de la bourse, il faut toujours rester discret et copier ce qui peut l'être et planer dans le "Loft Story", en espérant que l'"Ile de la tentation" ne s'approche pas trop du continent suite à la dérive des continents.
La magie de la lévitation s'est accentuée mais les chutes d'Icare ne sont plus rares.
Nous sommes en fin d'année et, la suivante, si vous ne passez pas, on vous la souhaitera la meilleure possible...
Je ne vous ai pas dit, ce sera 2012. L'année d'Apocalypse 2012.
Pas vraiment d'"Apocalyse Now" mais d''Apocalypse tomorrow".
Une année qui se termine par une fin du monde. C'est même précisé au 21 décembre d'après le calendrier Maya. Un 21 décembre, premier jour du mois de nivôse, dénommé jour de la tourbe. Les idées qui s'y cachent font sourire.
Pour ce jour "fatidique", vous avez de la concurrence en ligne, chers Mages.
Des eMages qui ont flairé la bonne affaire. Leurs ouailles sont appellées des "survivalistes".
Faites gaffe, ils vont essayer de vous faire fantasmer autour d'une grande toile ronde avec de bonnes vieilles histoires terribles "Nostradamusiennes"... devant l'écran noir de vos nuits blanches. Ne vous laissez pas embourber dans leurs fils. Ils comptent en chiffres et décomptent en jours jusqu'à cette fin du monde.
L'Arche de Noé est devenue ce qu'on appelle "Facebook". Non, pas faces de boucs, je n'ai pas dit cela. En fait, s'il y a des faces, elles restent virtuelles et pas sûr du tout qu'elles soient synchronisées avec la réalité.
S'il était dit, lors de votre dernier passage, que "Dieu a créé l'homme pour que l'homme crée Internet", c'était sans connaître les réseaux sociaux.
Le Comité des Mages Réunis a, depuis, revu sa copie.
A la base, une nouvelle version du rôle de la "Revanche du solitaire" dans des réseaux à épingles à cheveux. En cherchant bien, on peut y trouver des solutions aux problèmes de toutes les "crises en thèmes" de cette dernière décennie. Elles sont, en plus, gratuites. Un danger de plus.
Avec un demi milliards d'usagers actifs dans le monde, c'est vrai qu'il était possible d'assurer ce club de "gens biens sous tous rapports" et de concourir aux meilleures trouvailles dans le domaine de l'eMagerie.
Sans le dire, ce fut pourtant le retour au voyeurisme dans un remake du film d'Hitckock "Fenêtre sur cour", à la recherche de "Cœur solitaire" mais sans la cour. Faut pas rêver, le prince charmant n'y est pas plus charmant qu'ailleurs. Des hackers s'y promènent pour vous voler ce que vous avez de plus cher.
Un pseudo pour camoufler une barbe trop hirsute et personne pour contrôler ce qu'il y a dessous.
Vos interlocuteurs sont aussi là pour passer leurs temps en bonne compagnie... de murs (de "Wall" en anglais). Le temps disponible s'est accru à l'insu de leur plein gré.
Le patron de "la chaîne", l'eMage, "Montagne Sucrar", lui, est intéressé par tout ce qui se dit sur son antenne pour rentabiliser.
Le "temps" des uns est, toujours quelque part, l'"argent" des autres.
Dans la bouteille à la mer virtuelle, jetez-y une photo mais penser aux risques du rivage où elle échouera. Pas besoin de vous coiffer pour l'occasion. Pas besoin, non plus, d'écrire votre histoire, non plus. Elle n'intéresserait personne car personne n'aurait le temps de la lire.
N'oubliez pas que vous envoyez votre message, non pas à Wall Street mais sur Wall Book.
Restez zen et à la page. Découvrez votre ration d'emails, de courriers. Amusez-vous à bord de ce grand vaisseau d'"anonymes célèbres" qui vous donneront, peut-être, "la" nouvelle du siècle en chemin et l'impression d'exister réellement.
Si vous êtes entré par la mauvaise maille du filet, pas de panique, regrattez, plus tard ou, mieux, agrandissez votre cercle. La place est infinie. Ouvrez un autre "bal" avec des danseurs qui ne vous marcheront pas trop vite sur les écoutilles.
Si vous recevez des idées non-conformes aux vôtres que l'on sait être bonnes, oubliez-les, illico.
Toute cette partie de passes-passes, cela fait partie de ce qu'on a appelé "communautarisation sociale". Ne cherchez pas trop à comprendre la signification.
Si "communautarisation" est un joli mot, long et un peu alambiqué mais à la mode, le mot "social" pourrait paraître bizarre, voire étrange.
Vous avez presque tout compris aux eMageries qui passe sur l'écran. Désolé, on n'y parle plus de contes, on y règle ses comptes.
La morosité se ressent et se résume par cette maxime "Hier, la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais c'est plus grave".
Dans l'Arche de Noé, la botte secrète reste à l'économie, celles des paroles et l'austérité des gestes. Esther Dyson voit dans les réseaux sociaux la clef pour le changement, mais ajoute: "La prise de conscience, les protestations, le renversement des pouvoirs établis, les révolutions... et après... Des résultats prévisibles car inféodés à des membres du gouvernement qui prennent leurs bénéfices au passage. La conjoncture reste désastreuse même en démocratie car les informations trop gênantes aux yeux des ayant-droits sont censurées. Les bureaucraties, sans concurrence, s'emploient à maintenir des emplois plutôt qu'à servir leurs administrés. Le monde des affaires influence toujours et fausse les règles du jeu en introduisant les miettes du repas gargantuesque. Sans ombudsman, pas de modèle responsable. Prenez un Président, pas un parti.
Voilà un rôle pour vous, chers Mages, ombudsmen.
Les véliplanchistes continuent à surfer sur la vague des crises tandis que des annonceurs de cataclysmes financiers ou économiques oublient de donner la médication pour sauter les obstacles.
"Comment rater son réveillon?" Une question posée, dans un journal, plutôt innocente.
Il suffirait de penser à ce que 2012 serait "Une année de fourmis contribuables qui règleront la facture. Egoïste aux impératifs politiques intérieurs, sans cohérence, résolue au coup par coup, avec l'austérité et la récession au menu"...
Un réveillon de la Saint-Silvestre pour tous les styles et toutes les bourses?
Plus difficile de le réussir, au contraire, ce réveillon et ce qui ce dira à cette occasion.
Alors, si vous repreniez en cœur, une très vieille chanson :
Comme les rois Mages, en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Je te suivrais, où tu iras j'irais
Fidèle comme une ombre jusqu'à destination
Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient des yeux l'étoile du Berger
Comme Christophe Colomb et ses trois caravelles
Ont suivi le soleil avec obstination
Plaise au ciel que j'ouvre mes fenêtres
Le matin au bord d'un étang bleu
Plaise au ciel que rien ne nous arrête
Dans ce monde aventureux
Comme les Rois Mages en Galilée
Suivaient confiants l'étoile du Berger
Mon Amérique, ma lumière biblique
Ma vérité cosmique, c'est de vivre avec toi
Plaise au ciel que s'ouvrent les nuages
L'éclaircie dévoile le chemin
Plaise au ciel qu'au terme du voyage
Son triomphe soit le mien.
Donc, chers Mages, pas besoin de mythes d'antan. Les mythes et les croyances sont en recrudescence à notre époque.
Renversez la vapeur, faites nous oublier ce mot "crise", cette soi disant "der des ders" qui fait cauchemarder certains. Revenez-nous en pleine forme, bien formés aux nouvelles techniques et technologies. On veut du tangible, de la "sonnante et trébuchante".
Des cadeaux en or jaune. L'argent, lui, dévalue bien trop vite.
Érotique, cette année 2012?
Non, "eurotic", tout simplement...
Je vous laisse une histoire pour la circonstance qui ne commence pas par "Il était une fois":
Une jeune journaliste de CNN avait entendu parler d'un très, très vieux Juif qui se rendait deux fois par jour prier au Mur des Lamentations depuis toujours.
Pensant tenir un sujet, elle se rend sur place et voit un très vieil homme marchant lentement vers le mur.
Après trois quarts d'heure de prière et alors qu'il s'éloigne lentement, appuyé sur sa canne, elle s'approche pour l'interviewer :
- Excusez-moi, monsieur, je suis Rebecca Smith de CNN. Quel est votre nom?
- Moshe Aknoun, répond-il.
- Depuis combien de temps venez-vous prier ici ?
- Plus de 50 ans, répond-il.
- 50 ans !!! C'est in-cro-ya-ble !!! Et pour quoi priez-vous ?
- Je prie pour la paix entre les Chrétiens, les Juifs et les Musulmans. Je prie pour la fin de toutes les guerres et de la haine. Je prie pour que nos enfants grandissent en sécurité et deviennent des adultes responsables qui aiment leur prochain.
- Et que ressentez-vous après 50 ans de prières ?
- J'ai l'impression de parler à un mur !
Murs, peurs et prières entrent souvent en connivence.
Maintenant que vous pouvez, tous trois, surfer sur la vague, dans le monde de l'inédit, je vous ai concocté une visite dans le Bruxelles insolites, en images.
En vous attendant, je souhaite une "Bonne année et bonne santé pour 2012" pour vous, chers Melchior, Balthazar et Gaspard, ainsi qu'aux eMages et aux iMages.Mais si vous préférez un billet à cliquer en provenance de Californie...
L'enfoiré,
16:25 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
23/12/2011
La solitude, ça n'existe pas
La solitude, une bonne ou une mauvaise chose? L'homme est un animal grégaire. Pourtant, il se retrouve parfois solitaire ou pire, ermite, volontaire ou non. Les fêtes de Noël font rugir de plaisir certains et pleurer d'autres.
La solitude a été chantée par Serge Reggiani, par Moustaki.
Mais, c'est la version de Gilbert Bécaud, qui sera à l'honneur dans ce texte.
Dimanche dernier, 18 décembre, cela faisait dix ans que Gilbert Bécaud nous a quittés.
Son surnom de « Monsieur 100.000 volts » n'était pas usurpé dans le sens du swing, mais aussi à cause des passions qu'il soulevait sur son sillage.
Sa biographie est éloquente. Pourtant, il a quitté les avant-plans dans une solitude publique. Et il faut le dire, il est passé dans l'ombre des radios en dehors de Radio Nostalgie.
Ses chansons expriment encore des pensées intimistes de sa propre vie. L'intimisme qu'il projetait sur l'entourage. Rien d'alambiqué. Pas de mots cherchés dans un vocabulaire d'esthète mais dans celui de la simplicité.
Dans ma jeunesse, Gilbert était comme une première idole et probablement une dernière. Le Grand Jacques Brel touchait un autre registre sous forme de maître à pensées.
En une idole, on veut toujours finir par s'identifier à elle. Je connaissais beaucoup de paroles de chansons par coeur. La scène de l'Ancienne Belgique m'avait permis d'approcher ce gars de la balle. Comme un fan, je m'étais inscrit à son club. Sur Facebook, il y a toujours Gilbert Bécaud d'hier à demain.
Les enfants reprennent le flambeau avec ses chansons à la Vienne. Des artistes les ont repris avec bonheur. Un choix parmi 400 chansons...
"La solitude, ça n'existe pas" d'après sa chanson, on s'y habitue. Pas si sûr que Bécaud ne l'ait pas ressentie sur sa péniche amarrée au pont de Saint-Cloud quand à 74 ans, il était en partance pour l'endroit d'où on ne revient pas. Il avait Kitty, un mannequin américain, son guide. Sa Nathalie, son guide, sa femme durant 37 ans. Gaya, son fils et ses filles. 
En écrivant le mot "Fin" à sa vie, on se sent toujours un peu seul en manque de paroles, poursuivi de souvenirs qui collent dans la mémoire. Le "Et maintenant que vais-je faire?" et l''amour des uns et l'Indifférence des autres nous emportent, alors, sans pouvoir dire "Je reviens te chercher", le jour de l'adieu au Jugement dernier.
Sa fin est plus tragique: "Le titre de son album, sorti en 1999, y fera référence: Faut faire avec…, avec la maladie, avec la vieillesse, avec le temps qui emporte ses meilleurs amis et les plus grands chanteurs du 20e siècle (Trenet, Gainsbourg, Ferré, Barbara, …). Malade, affaibli, par le cancer, Gilbert Bécaud trouve cependant la force d’enregistrer "Le Cap", un disque qu’il n’aura pas le temps de voir publier. Il meurt le 18 décembre 2001, d’un cancer du poumon, sur sa péniche parisienne. Il est enterré au Père Lachaise, près de ses « pairs », Piaf et Montand. Le tout Paris lui rend un dernier hommage le 21 décembre, à l’église de la Madeleine, dans un Paris en larmes qu’il aimait tant. Il laisse l’image d’un jeune homme électrique, toujours en mouvement, exemple d’une chanson française sans frontières. Sa cravate à pois, son costume bleu, ses quelques 400 chansons et sa main sur l’oreille lors de ses concerts restent à jamais dans les cœurs.".
Puis, il y a "Je me fous de la fin du monde" qui résume peut-être tout, avec ce refrain:
Je me fous de la fin du monde
Mais j’aimerais pas la fin de toi
Ce 18 décembre, un "Vivement dimanche" lui était consacré en hommage. On y apprenait ce qu'il était dans la vie privée. Une version en 50.000 volts, bien plus cool. Père de six enfants, deux garçons et quatre filles. Trois de ses filles étaient présentes ainsi que Kitty, son épouse. Charles Aznavour parlait de lui et se rappelait de sa clope et de son scotch. Peut-être a-t-il voulu vivre vite en brûlant la chandelle par les deux bouts?
Un artiste ne s'oublie pas vraiment. Il laisse des traces par ses chansons.
La solitude est tout un programme dans sa formation et dans ses conséquences.
Dans les villes, le potentiel de faire des rencontres est, en principe, plus grand.
Que voit-on en réalité?
On se croise, on s'échange à la rigueur, un bonjour, parfois un sourire et puis on ferme les bans; on rentre chez soi, pour se coller à la télé. Les chiens de compagnie sont aussi devenus de plus en plus nécessaires. Dans les villes de Grandes Solitudes...
Cette solitude se ressent, encore plus, lors de la période de Noël, dans la solitude, qui reste une fête de famille avec l'obligation de faire la fête.
Il y a un an, jour pour jour, une émission radio de Vivacité rappelait que certains esseulés ne supportent pas cette solitude. Une auditrice avait ému les autres auditeurs et elle avait pu, peut-être, trouvé une famille pour un soir.
L'argent n'y change rien. La dernière histoire triste de cette Amy Winehouse qui meurt à l'âge de 27 ans, seule chez elle, avec un excès d'alcool dans les veines, le prouve. Le mal-être de la solitude? Son album "Hidden Treasure" a été numéro un des ventes pour la dérision... Elle rejoint ainsi d'autres figures de la musique mortes à l'âge de 27 ans comme Jimi Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain, Jim Morrison, Robert Johnson ou encore Brian Jones, intégrant ainsi ce que l'on nomme le Club des 27.
Les chansons de Noël, toujours renouvelées au moment le plus opportun, n'apportent pas la quiétude de l'esprit. La tendresse de Bourvil nous fait croire plutôt que voir de toutes les couleurs.
Mon ami québecois évoquait, dernièrement, la solitude sous la forme d'une amie, d'une plénitude.
Il y a, aussi, un solitaire de profession, sur lequel je me suis retourné. Quelqu'un que j'ai apprécié de plus en plus à la lecture de son livre "Ocean's songs". Navigateur solitaire, Olivier de Kersauson écrivait dans l'épilogue cette série de pensée:
"La médiocrité de l'autre a pu me désarçonner plus d'une fois. Mais elle ne me surprend plus; je connais la mienne. Il est admis qu'on meurt seul. Mais pourquoi la solitude ne serait-elle que les deux extrémités de cette histoire? Je trouve que c'est bien de vivre seul, et tout le temps. J'ai compris que je mourrai seul. C'est un geste d'amour de tenir la main de celui qui se débat dans les affres de la mort. Je ne me fais pas d'illusion: je finirai seul. Je suis accroché à ma solitude. Cela ne signifie pas que je suis complètement fermé à l'amitié, mais c'est mon plaisir d'être seul comme c'est mon plaisir de naviguer. La solitude n'est pas forcément réconfortante mais elle me ramène à mes actes et me conduit à être en perpétuelle négociation avec moi-même. Je ne suis jamais fatigué de la solitude et c'est souvent une corvée d'en sortir. Être seul me permet des débordements avec moi-même et de me sentir grisé par le silence. Je peux rester assis sur un banc sous les châtaigniers trois heures en correspondance avec moi-même. Aucune fatigue et une jubilation intellectuelle au bout du compte. Seul, je brûle d'activités. J'évapore de la pensée en paroles. Un atelier de fumigation à moi tout seul. La solitude me permet de faire passer avec une vertigineuse rapidité images, idées, rêves fous, hypothèses cinglées, parfois fécondes. Et ainsi de remonter le film de ma vie. Je peux rester ainsi une demi-journée à la lisière de mes rêves et de mes souffrances. Je suis ramené à moi-même. Que vais-je entreprendre demain? Quel sera mon prochain rêve? Je suis seul avec ma conscience. Tous les deux, nous formons un vieux couple de jumeaux un peu acariâtres qui s'engueulent, boudent et prennent toute la couverture. Seul, je purge mon esprit. Ce n'est pas une satisfaction de soi-même ou un dédain pour les autres. Seul, je fais une copie au net de ma vie."
Oui, on peut aimer sa solitude pour faire le net de sa vie et sans être navigateur. La remplir de choses que l'on ne pourrait pas s'offrir en fondu enchainé dans un contact qui boucherait un horizon personnel.
Une autre chanson, Les uns contre les autres, exprimait une autre vérité tout aussi essentielle que l'on est toujours seul à un moment en dépit des rêves.
On dort, les uns contre les autres
On vit, les uns avec les autres
On se caresse, on se cajole
On se comprend, on se console
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est toujours tout seul au monde
On danse, les uns contre les autres
On court, les uns après les autres
On se déteste, on se déchire
On se détruit, on se désire
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu'on est toujours tout seul au monde
Pour Noël que dire à ceux qui sont dans la détresse de la solitude?
Il y a les enfants, mais, eux-aussi, veulent vivre leur vie.
Il y a bien longtemps, j'écrivais un texte doux-amer "Le Père Noël n'en a rien à cirer".
De la nuit de Noël, le cinéma en a fait un sujet de prédilection que la télé continue dans des téléfilms.
Le Père Noël est une ordure? Et, oui, pour certains, il peut l'être.
Avec humour, "A la maison pour Noël", ajoute la volonté de trop préparer ce jour, de trop le rêver. Ce qui mène indubitablement à la désillusion et au cauchemar.
"Drôle de Noël", un Noël plus cynique, encore, plus insolite et mouvementé et qui se termine plus mal dans le temps.
Rien à voir avec le dernier de Disney, en 3D pour faire plus vrai, mais qui ne fait plus rêver que les enfants et ceux qui n'y pensent plus.
Lui donner une alternative par l'histoire de Noël à ce Père qui ne fait pas bien son travail auprès des exclus, comme il m'a été rapporté?
Une histoire qui se voudrait complète et qui expliquerait tout?
Noël ou la diversité des traditions
La fête de Noël tombe le 25 décembre. C’est une date qui fut très convoitée autour de l’histoire et non seulement par les Églises chrétiennes. La tradition veut que Jésus de Nazareth soit né ce jour-là. Mais la tradition est une chose et les phénomènes naturels en sont une autre.
Les païens vivant dans l’hémisphère nord célébraient le retour de la lumière le…25 décembre. Observant les jours précédant le 25 décembre, les hommes primitifs étaient très effrayés de voir que les jours raccourcissaient de plus en plus. Ils étaient persuadés que la nuit allait s’installer à tout jamais et qu’ils allaient mourir d’inanition car, privée de lumière, la terre deviendrait aride.
En fait, les jours raccourcissent de plus en plus jusqu’au 22 décembre, date du solstice d’hiver. A partir de ce jour-là, la lumière reste plus ou moins stable pendant 3 jours. Mais, au grand soulagement de tous, le soleil reprend sa course ascendante le 25 décembre. Le retour de la lumière fut alors l’occasion de grandes célébrations païennes.
Ce n’est pas une simple coïncidence si nous continuons à célébrer aujourd’hui Noël dans un flot de bougies et de lumière. Il est intéressant aussi de noter que le mot allemand pour désigner Noël est le mot Weihnachten, une forme plurielle signifiant « les nuits sacrées », c.à.d. les nuits du 22 au 25 décembre.
La date du 25 a exercé une fascination sur pas mal de monde. Au IVème siècle, un moine, du nom de Denis le Bref, s’est efforcé de calculer la date de naissance du Christ. Est-ce le fruit du pur hasard qui lui a fait désigner la date du 25 décembre ?
Cependant, bon nombre d’historiens s’accordent à dire que Jésus serait né aux environs de la Pâque juive. Ceci expliquerait pourquoi Marie et Joseph n’avaient pas trouvé de quoi se loger car une foule de gens se rendaient à cette occasion à Jérusalem.
Denis le Bref n’a cependant pas été le seul à s’emparer du 25 décembre ! En effet, bien avant lui, les Romains vénéraient le dieu Mithra, né le 25 décembre.
Bien plus tard, au début du XIXème siècle, quelques Américains ont progressivement créé une version américaine de St. Nicolas. De fil en aiguille, à travers des illustrations et des poèmes, ils ont transformé le personnage de Saint Nicolas, introduit aux États-Unis par des immigrants belges, néerlandais et allemands et fêté le 6 décembre.
Le trouvant bien trop catholique avec sa mitre, sa crosse et son long manteau, ils ont raccourci le manteau et l’ont remplacé par une veste et un pantalon, troqué la mitre contre un bonnet, supprimé la crosse, lui ont mis des bottes et donné un traineau tiré par des rennes volants, et… déplacé son jour de fête du 6 au 25 décembre.
Avec le temps, le nom de Saint Nicholas changea, d’abord en Sankt Nicholaus, pour devenir finalement Santa Claus. Et l’américanisation du Saint Nicolas européen fut un grand succès.
Ce sont les troupes américaines qui introduisirent, au cours de la première guerre mondiale, la version américaine en Europe. Là aussi, ce fut un succès, malgré la résistance d’un certain nombre de curés ou pasteurs, français ou allemands, qui jusque là, prétendaient que les cadeaux destinés aux enfants à Noël étaient un don du petit Jésus.
En Europe, Santa Claus devint le père Noël dans les régions francophones et reçu des noms similaires dans toute une série d’autres pays.
Mais quelle que soit votre propre conviction, que vous célébriez le retour de la lumière, Chanukah ou la Noël chrétienne, nous partageons tous symboliquement la recherche de la lumière afin que celle-ci l’emporte sur les ténèbres.
Que retenir de cette histoire?
Que cette fête est surtout un symbole de renouveau. Qu'elle n'a pas de dates précises. Que la fête, c'est à vous et à vous seul, à vous la mettre dans la tête, croyants ou non croyants. Peu importe ce qui l'incite, ce qui l'inculque et garder toujours l'humour. Si la solidarité n'y est pas, il reste la solide-hilarité.
Que tous les solitaires se réunissent pour dire que la solitude, ça n'existe pas, "Avec un peu d'amour et d'amitié" dans un "Bain de minuit", même si "T'es venu de loin", puisqu'"on ne fait que passer", alors "Fais-moi signe".
Une fête particulière pour ceux qui sont malades et pour ceux qui devront travailler cette nuit de Noël.
J'ai recherché les magasins de Bruxelles qui essaient de rendre leurs vitrines à leur sommet pour l'événement, c'était samedi dernier.
Cliquez ici--->>>>>
Joyeux Noël à tous et toutes.
L'enfoiré,
Citations au sujet de Bécaud:
- « On me demande souvent : « Qu'est-ce que ça vous fait d'être le fils de Gilbert Bécaud ? ». Je dis toujours : « Je ne peux pas vous répondre, je n'ai jamais eu un autre père ! ». Ce qu'il nous a transmis, à mon frère, mes sœurs et moi, c'est une énergie dans le travail. » - Gaya Bécaud
- « Bécaud est aussi français que le camembert, mais Dieu merci, il voyage beaucoup mieux. » - paru dans un quotidien
- « Gilbert Bécaud est sans conteste un des grands de la chanson française. Il laisse en héritage un catalogue de quelque quatre cents chansons et le souvenir d'une présence intense sur scène. » - Radio Canada
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16/12/2011
Du Caprice des dieux au Parc des dieux
Comment une promenade est déviée de ses objectifs et se révèle tout aussi intéressante, en définitive.
Les Eurocrates sont-ils trop payés?
C'était une Question à la Une qui valait le détour. Alors, comme une expo leur est consacrée, cela valait le déplacement pour essayer de remettre les pendules à l'heure.
De l'Europe, de sa crise, de sa disparition éventuelle, on ne fait qu'en parler sur les plateaux de télé ou ailleurs en se bousculant entre droite et gauche pour l'expliquer.
Samedi dernier, il faisait beau. Froid, mais beau.
Jogging habituel, direction le nouveau Parlamentarium de Bruxelles dans le quartier de l'Europe.
"Géniale, cette expo", m'avait-on dit. Des panneaux qui invitent à le visiter.
Entrée gratuite. Pourquoi ne pas écrire un article sur le sujet?
Une heure de visite devrait suffire.
A la réception du Parlamentarium, je demande:
-Puis-je prendre quelques photos à l'intérieur?
-Avez-vous une carte de presse?
-Non, mais j'ai l'intention d'écrire un article sur le Parlamentarium avec quelques photos annexées.
-Si vous prenez des photos de votre famille à l'intérieur, c'est Ok, sinon, ....
-Quand je veux prendre des photos de famille, je les prends à l'extérieur, en général. Pas besoin d'autres décors. Je suis seul, si vous n'avez pas remarqué. Désolé, j'arrête ici. Merci et à bientôt.
Et je suis parti, réservant cette visite pour un avenir plus radieux, moins capricieux. Je n'aime pas les caprices, même s'ils sont des Dieux.
Nous sommes justement dans le quartier de l'Europe, dans l'environnement du bâtiment que l'on a appelé "Caprice des Dieux", en effet.
Débobinons la pelote de laine... mêlons l'histoire à l'actualité.
La publicité pour l'événement "Parlamentarium" existe, bien en vue, partout à Bruxelles. On y veut des visiteurs. Alors, pourquoi ne pas préciser, "caractériser" cette volonté et la faire connaître avec ce qu'on y fait dans ces bureaux de l'Europe?
Europe qui pourrait subir un scénario à la japonaise, si l'on n'y prend garde.
En sortant, il y avait bien d'autres choses à photographier.
L'Europe et l'euro, ce sont les deux pièces maîtresses dont on parle actuellement dans le monde. Alors explorons.
Le visiteur étranger de cet environnement commencerait peut-être en arrivant en sortant de la gare de Luxembourg.
Celle-ci est méconnaissable pour celui qui ne serait plus passé par ici depuis une dizaine d'années, perdue dans un ensemble plus vaste de gratte-ciel et, puis, à l'arrière, il y a le quartier du Parc Léopold qui rappelle l'histoire.
Première constatation, pour le visiteur qui en semaine, dans les environs de ces immeubles, rencontrerait les lobbies les plus divers, des travailleurs qui déambulent, des navetteurs, quand arrive le soir et le week-end, c'est le désert qui s'installe.
Après le boulot, il y a le dodo. Et ce dodo se passe en périphérie. Bruxelles est devenu, ainsi, le parent pauvre de la Belgique. Les navetteurs bénéficient des avantages de la ville mais paient leurs impôts là où ils résident.
Le niveau de richesse de Bruxelles est le seul à avoir baissé, alors que la Wallonie est en progression et que la Flandre suit se poursuit. Les communes les plus pauvres sont, bien sûr, Saint-Josse, Molenbeek, Saint-Gilles et Schaerbeek, mais les environnements plus riches demandent aussi du répondant.
Cette semaine, le Vif-L'Express parlait de Bruxelles, de ses habitations et de ses bureaux dans un article dont le titre était "Dormir au bureau n'est plus un rêve".
Les bureaux ne font plus recette. Les affiches telles que Jones Lang, fleurissent un peu partout.
En cause la tendance à la réduction de la surface moyenne accordé à un employé. Une surface de 11 à 25 m2 maximum. Cela grâce à l'informatisation du travail, de l'économie potentielle des charges locatives, le travail à domicile, les business centers qui font moins de volume nécessaire pour travailler.
Aujourd'hui, à Bruxelles, il y a 1.420.000 de m2 de bureaux inoccupés que l'on cherche à réaffecter en séniories, en écoles, en hôtels et en appartements d'habitations.
Si 2000 habitations sont prévues et 33 projets espèrent une réalisation prochaine, il y a pénurie de logement et l'augmentation des prix résultante n'arrange rien.
C'est que la population bruxelloise augmente. Entre 2003 et 2010, la population accroissait de 10%. On attend près de 200.000 habitants de plus pour 2020. L'exode vers la périphérie devient insupportable avec ses bouchons.
Nous ne sommes pas dans une ville chinoise, qui a construit plus de logements à appartements et qui, trop chers pour le niveau de vie, ne trouvent plus d'acquéreurs. Pas question de réhabiliter le problème des subprimes comme là-bas.
Ici, les moyens pour acheter existent, mais les terrains résidentiels deviennent particulièrement rares. Il faut démolir pour reconstruire.
Bruxelles n'a pas vocation de devenir une mégapole comme Paris. Le prix au mètre carré y reste encore abordable. Fixé en moyenne à 2500 euros en dehors des bureaux, les prix restent à mi-course de ceux pratiqués à Paris. Le seul problème qui subsiste pour la récupération des bureaux est la différence de prix entre les locaux réservés aux logements et ceux assignés aux bureaux. Un ratio reste élevé entre 1 à 10.
Si on entend parler d'élargissement de Bruxelles comme solution, cela ne résoudrait rien dans les navettes qui deviennent trop importants aux heures condensées du matin et du soir, autour de Bruxelles et à l'intérieur de ses rues étroites.
Le point positif de la ville est qu'elle est restée à dimension humaine. Un vélo suffit pour se déplacer et en découvrir les aspects les plus caractéristiques. Les vélibes ont de plus en plus de succès. Alors, en faire, une mégapole avec des quartiers qui ne se reconnaissent plus, ce n'est pas trop un désir charnel.
Mais, revenons à nos moutons,... à notre "Caprice des Dieux" avec le Parc Léopold comme cadre et refuge du repos des "guerriers eurocrates". La place ne semble pas y manquer.
On ne va pas en faire une pub de fromage, même si l'immeuble concerné pourrait y faire penser. Pas plus de beaux messages d'amour, non plus.
Si cette similitude d'apparence au sens propre de "Caprice des dieux" comme nom que les Bruxellois ont donné, ironiquement, au Parlement européen, au sens figuré, ils se rappellent les expropriations que cela avait créé dans les années qui ont précédé l'inauguration de 1999. Le Quartier est encore dans les mémoires des anciens. Si la polémique avec Strasbourg avait fait rage, à l'intérieur les pétitions n'ont pas été plus calmes pour calmer les ardeurs de gigantisme et le nombre de mètres carrés a été réservé aux Eurocrates.
Le Parlement européen partage, désormais, avec le Conseil de l'Union européenne le pouvoir législatif communautaire. C'était écrit et ce fut réalisé.
Commissions, sous-commissions, commissions spéciales y ont élu domicile dans le bâtiment en hémicycle avec le nom de Paul-Henri Spaak, l'un des Pères de l'Europe.
L'histoire va peut-être nous réconcilier avec le présent.
L'ancienne gare de Luxembourg (1854) est œuvre de jeunesse de l'architecte Gustave Saintenoy. En style néo-classique, il annonce l’Eclectisme. Sa forme ancienne a perdu totalement sa fonction, entourée de bâtiments ultramodernes de la CE qui se greffent à une esplanade surmontée de passerelles de connexion entre eux.
Le magnifique Parc Léopold est classé depuis 1976. On y découvre un platane d'Orient bicentenaire et un arbre Sri Chinmoy, planté en 1991, symbole de paix et de l'union et dédié de ce fait, à l'Union Européenne.
Un arbre de Paix, mon dieu, que l'idée est bonne. Avec le nom d'un gourou indien qui est dit écrivain, musicien, peintre et sportif. Les gourous, c'est ma tasse de thé même de Ceylan. Mais faisons contre mauvais jugement, bonne figure... et continuons notre chemin.
Jusqu'en 1880, il fut le cadre d'un jardin Zoologique. Il comporte toujours une série de bâtiments prestigieux de l'époque glorieuse de la Belgique et une étendue verdoyante avec en son centre un étang du plus bel effet.
L'idée d'en faire une Cité Scientifique avait germé dans l'esprit complice d'Ernest Solvay et de Paul Héger. Cinq instituts universitaires allaient y naître. Mais, au lendemain de la guerre 14-18, ce sera le site du Solbosch qui sera préconisé dans cette fonction et le Parc Léopold est tombé en désuétude comme un sous-ensemble.
La Bibliothèque Solvay était un des plus impressionnants exemples d'Eclectisme de Belgique. Elle date de 1902. Comme ancien institut de Sociologie, l'immeuble était devenu la proie du vandalisme alors qu'il contenait un riche décor de bois précieux, de mosaïques et de vitraux.
Puisqu'on parle de Solvay, une parenthèse. Il y a actuellement le siège social de la société Solvay qui se cherche une restructuration de ses locaux. Transformés, cela ferait quelques 50.000 m2 de surface à échanger de fonctionnalité. Un investissement qui s'élèverait à 100 millions d'euros.
En continuer la visite dans le Parc, il y a aussi l'Institut dentaire de George Eastman, véritable curiosité architecturale en art déco. Curieux, vous direz-vous. Oui, c'est bien lui, le même Eastman qui lança le premier appareil photographique sous la marque Kodak. Le bâtiment fut un ex-institut d'hygiène qui permit de soigner des enfants défavorisés.
Cela ne s'invente pas.
Le Lycée Emile Jacqmin, fondé en 1922, fut consacré à la Chimie et à la Physique. Le grand Conseil de prestige date de 1927 sur le thème des électrons et des photons pour y discuter de la mécanique quantique. Y étaient présents entre autres: A. Einstein, M. Curie, M. Planck, H. Poincaré, H. Lorentz, N. Bohr ou encore E. Schrödinger. Sur les 29 participants, 17 ont reçu le Prix Nobel.
Einstein, sceptique au sujet des principes de l'incertitude d'Heisenberg lança alors:
- Dieu ne joue pas aux dés. (« Gott würfelt nicht »), pour marquer son opposition à l’interprétation probabiliste de la physique quantique.
- Qui êtes-vous Albert Einstein pour dire à Dieu ce qu’il doit faire ?, répondit Niels Bohr.
Ben, oui, il a ses caprices, Dieu.
Et, ils ont toujours raisons, les Dieux.
Parlementer dans le forum d'un Parlamentarium européen, mène à tout, fait parler de tout, au delà de son espace et hors de son temps...
Tout cela en photographies, c'est ici
L'enfoiré,
Citations:
- "Les choses ne sont pas bonnes parce qu’elles sont anciennes; elles sont anciennes parce qu’elles sont bonnes.", André Toulouse
- «Tout ce qu’il faut pour faire une comédie c’est un parc, un policier et une jolie fille.», Charlie Chaplin
- «Qui aime l'arbre aime la branche.», Proverbe français
15:00 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
10/12/2011
La Russie, un pays à la mode?
Hélène Carrère d’Encausse dans un ouvrage, « La Russie entre deux mondes » voit le besoin de respect des institutions en Russie. La démocratie est en crise dans notre civilisation occidentale. La Russie, précédemment l'URSS, a toujours été dans un bloc de l'opposition. Un gros morceau dans l'Europe géographique. Quid, dans la Russie d'aujourd'hui?
La Russie a élu son nouveau parlement législatif. Les élections étaient sous tension. Scrutin test pour Poutine et pour le parti "Russie Unie".
Une farce pour certains? Une élection sanction. Cela rappelle les pays qui ont dans leurs cartes, la démocratie. Une ostalgie qui a commencé à remettre les communistes en selle? Nostalgie à l'anniversaire de la chute de l'URSS pour des jeunes d'une vingtaine d'années. Le filet à provision, le boulier, le kéfir, le papier journal toujours à disposition, le radiototchka, ... Le rêve d'un monde merveilleux de l'URSS, mais une démocratie avec la carte du parti unique...
Alors une démocratie réelle, aujourd'hui?
Les manifestations se sont poursuivies avec des calicots qui criaient "Poutine, voleur". "Entachée de violations fréquentes de la procédure" selon la formule officielle. Des fraudes qui seraient constatées dans les urnes. C'est surtout l'arbitraire du régime qui pourrait être contesté. Quinze ans de présence de Poutine au pouvoir.
D'après Hélène Carrère d’Encausse, à 75 % de la société russe, admire le travail de Poutine et aurait souhaité qu’il resta à la présidence plus longtemps que ses mandats lui permettaient. Mais, une démocratie à l’occidentale avec les droits de l’homme associés ne serait pas la préférée.
A l'opposé de cette vision, il y a celle de Virginie Raisson, l'auteure de "2033 Atlas des futurs du mondes" qui décrivait l'évolution de la planète dans les deux décennies à venir. "En 2033, la monde sera celui de notre choix", à notre mesure, pensait-elle. La démographie capricieuse, l'urbanisation galopante et l'absence de gouvernance globale (extraits) lui faisait penser que dans une Russie du futur, la démocratie ne pourrait être qu'une utopie ou qu'une prise du pouvoir non démocratique.
En Occident, le tandem que Poutine forme avec le président Medvedev, donne l’impression d’un jeu de rôles entre le méchant et le gentil.
Tous deux de Saint-Pétersbourg, une des villes les plus ouvertes à l’Occident, ils étaient proches de son ancien maire, Anatoli Sobtchak qui avait un esprit occidental. Ils ont été ses protégés.
Parallèlement, Vladimir Poutine est passé par le FSB (anciennement le KGB) et s’était adonné notamment à l’espionnage industriel en Allemagne.
Dimitri Medvedev, lui, a fait une carrière d’administrateur, tout à fait différente. Treize ans de différence d’âge entre les deux hommes n'est pas peu pour une période de transition. Mais ils ont gardé en commun un sens profond de leur identité russe, attachée au sol, avec un ensemble de références morales, historiques et spirituelles.
Patriotes, serviteurs de la patrie russe, croyants liée à la foi orthodoxe.
Au gratin de l'économie mondiale de Davos, sans les événements de Moscou, c'était Medvedev qui aurait dû prononcer le discours inaugural.
Quand, en 2000, Vladimir Poutine a pris la présidence, il s'était trouvé face à un pays en pleine décomposition. Il avait mis l’accent sur la puissance, alors que Dimitri Medvedev a pris, en main, un pays reconstruit, avec l’enjeu de la modernisation. Poutine a une vision de la démocratie au niveau institutionnel, de celle qui à partir de là, pensent que les gens peuvent être éduqués en tenant compte de leurs propres contraintes intérieures.
Poutine en tant que Premier ministre travaille à l’économie et aux relations internationales pendant que Medvedev, comme président, s’appuie sur les projets modernisateurs et la lutte contre les grands fléaux de la corruption. Pour l’élection en mars 2012, l’un et l’autre affirment ne pas vouloir de conflit ouvert. Pourtant, dans les situations de crises comme lors des attentats, que l'un gagnera des points sur l'autre.
Pacte de non-agression, pendant lequel chacun à son tour, roque sa place comme Roi et laisse la Reine agir.
Alexei Kudrin, le ministre des finances, avait fait obstruction à ce jeu d'échecs, il fut congédié. Pour les élections de 2012, tout est réglé. Mascarade de démocratie? Pas de possibilité de briquer 3 mandats de Président, pas de problème, on patiente. Après le népotisme, voici l'échangisme en carrousel. "Nous avons tout prévu, il y a quelques années", avoue Poutine. Medvedev défend Poutine et annonce qu'il ne serait pas le même.
Super-Poutine, comme héros de la com', il ne manque pas de parfaire son image à coups d'exploits, comme un Schwartzenheger, sauveur à l'américaine. Il semble vouloir accomplir, un à un, ses rêves de gosse comme un découvreur d'amphores, un pilote de Canadair ou de Formule 1, et cela sans faire semblant de faire du cinéma glamour. (extrait du Vif-l'Express 7/10/2011)
Comme un maître du temps, il abolit, dernièrement, par décret, deux des neufs fuseaux horaires du territoire russe.
On s'en fout, un macho-viril, les Russes aiment. 
Ses échecs sont camouflés comme le fut le naufrage du sous-marin Koursk.
Un pays qui a la plus vaste étendue géographique de la planète et compte 150 millions d’habitants ne se gouverne pas comme un petit État. Il faut tenir compte, en même temps, de la pesanteur de l’ancien système communiste, du célèbre KGB. Les régions disposent d’une certaine autonomie mais, depuis 2005, les gouverneurs des régions ne sont plus élus mais désignés par le président.
Premier producteur d'hydrocarbure, la Russie peut se permettre de fermer les yeux sur les inégalités sociales. Personne à l'ouest n'oserait le lui reprocher. Alors pourquoi se gêner?
Nina Bachkatov, spécialiste de la Russie en Belgique, invitée par notre radio en janvier 2010. Elle parlait, ce jour-là, de l'Ukraine, de la situation en Russie... Elle se montrait optimiste tout en exprimant la dégression de la popularité de Poutine.
L'attentat dans l'aéroport de Moscou, celui de mars 2010 dans le métro ou la prise d'otages de Beslan, rappelaient que la Russie était un pays qui reste sécuritaire par obligation. Peu importe les origines supposées, caucasienne djihaddiste, qui relèvent plus de la politique extérieure. Le Dagestan est une poudrière en permanence et Moscou en est loin pour s'en rendre compte.
La sécurité a un prix. Pris au dépourvu, les dirigeants ont augmenté la sécurité et baisser les niveaux de certaines libertés. Une nouvelle haine de ce qui n'est pas russe, pourrait prendre des idées nationalistes même si la logique indépendantiste est dépassée.
On lit depuis "Made in Russia", mais ce que la Russie exporte à l'Ouest n'est pas toujours en ligne avec ce qui se passe en interne. Les clichés se trimbalent par l'intermédiaire d'Internet.
L'époque de l'URSS avec ses mensonges par omissions, est-elle révolue?
Le blogueur français, Alexandre Latsa, vit en Russie avec un blog au titre générique de "Un autre regard sur la Russie".
Sa phrase de départ était assez explicite "Pour beaucoup de Français et pour beaucoup d’européens de l’ouest, la Russie reste un pays méconnu, voire inquiétant et dont beaucoup doutent de la capacité à devenir "moderne, européen et stable", sur le modèle imaginé par les démocraties occidentales. La crise économique dans les pays occidentaux à secoué ceux qui avaient ces préjugés, et les perspectives économiques paraissent aujourd’hui plus attrayantes en Russie que dans nombre de pays d’Europe de l’ouest. On commence à s’en rendre compte et de plus, l’objectif primordial pour la Russie de s’ouvrir sur le monde devient de plus en plus lisible et crédible.".
Les articles d'Alexandre permettaient de se mettre dans l'ambiance avec une vision par l'intérieur du pays.
"Ce sera donc Vladimir" à l'ouest, on parle de la collusion entre Poutine et Medvedev, la solidité du tandem suite à une amitié ancienne. Est-ce tromper l'esprit de la démocratie?
"Rostov la douce" du tourisme pour décompresser de Moscou.
"Le projet fou de tunnel sous Béring" A se demander qui en tirera le plus d'avantages, les États-Unis ou la Russie?
"Le 21ème siècle de l'Arctique" Avec des règlementations internationales équilibrées?
"Révolution arabes diplomatie 2.0" Le 4 octobre, la Russie et la Chine avaient opposé leur véto contre l'idée de mettre la Syrie sous pression pour assurer la protection de la population syrienne. Ce qui se cache en dessous des cartes est cette fois plus clair. Alors que les Tunisiens se préparaient en premiers élections libres, les Syriens en sont encore à tomber sous les coups d'une brutale répression. A New York, rien ne devrait vraiment changer après ce refus. La formation du "Conseil national syrien" regroupant les opposants de diverses croyances et communautés. Principales tendances de l'opposition nationaliste, libérale et islamiste, comme militants de terrain s'ajoutaient aux représentants des communautés kurdes et assyriennes, probablement poussé dans le dos par Washington.
"Où vont les touristes russes?" Les grandes villes se vident. Les Russes cherchent le soleil en bord de mer pour sa chaleur et sa lumière. La Turquie, l'Egypte, la Chine, la France, les Etats-Unis, l'Allemagne, alors que la Russie n'est pas prisée par les étrangers... dus aux prix élevés des hôtels de luxe à l'occidental.
"Affaire Breivik, la piste russe" Fantasme? Vu les attentats de Moscou et en Tchétchenne, manque de multiculturalisme? L'extrême-doite aurait-elle disparu en Russie?
"Politique et érotisme" Poutine, émule de Berlusconi, de DSK ou autres?
"Réconciliations nationales" Les républiques de l'ancien URSS, deviennent-elles des compétiteurs mal famés?
"Des émigrants fantômes" La mafia russe n'est pas un mythe. Elle a certainement intérêt à émigrer. Vivre à l'Ouest reste cher pour un Russe moyen. Il existe à Moscou, une jeunesse russe riche qui s'amuse dans les dancing de Moscou.
C'est clair, la Russie a décidé d'entreprendre une marche vers le modernisme libéral. Cela se sait et se ressent à l'Ouest, toujours en quête de faire fructifier leurs investissements. Alors, les commerçants n'y font pas la fine bouche.
La Russie, est-elle encline à entrer, un jour, dans l'Europe et sa CE? La question n'est pas posée en ces termes. Elle fait cavalière seule. Elle a peut-être raison en fonction des derniers événements et quand on se pose la question si les Britanniques y ont encore leur place.
Comme lourd héritage, la Russie est toujours à la recherche de redonner sa grandeur passée du temps de l'URSS, en manque de réformes structurelles. L'histoire va-t-elle reconstruire cette Russie pour la nième fois, en mieux? L'histoire russe est pleine de rebondissements souvent liés à l'Europe.
Entre autres, la création de la Russie d'Europe date de l'époque des Tatars avec la Horde d'Or. La Grande Catherine II, avec Odessa et la Pologne modernisait le pays à la mode européenne. L'opposition est-ouest, en bloc, pendant la guerre froide a cassé cette tentative de rapprochement.
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Un potentiel significatif de rattrapage pour la Bourse russe sous-valorisée, malgré la hausse de l'indice RTS en valeur absolue depuis le creux de 2008-2009. Le marché russe reste l'un des moins cher de la planète finance.
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La Russie bénéficie du boom des prix des matière qui s'envolent depuis des mois. Gros producteur du palladium, du platine, de pétrole, de blé et de gaz... notamment. Le monde selon Gazprom.
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Des milliards vont être investis tous azimuts par Medvedev, dans l'industrie, les services et l'infrastructure du pays.
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Jeux politiques, corruption, abus de biens sociaux, expropriation des actionnaires privés... ont fait fuir les capitaux étrangers de Russie. Un "vent de moralisation" semble souffler sur la Bourse russe.
La Russie, en mutation, a rejoint le club des pays qui suivent l'idéologie du progrès à l'occidentale, ce qui fait que tout reste tourner autour de la finance, du fric, de la croissance à tout crains. Medvedev y voit deux ombres au tableau: l'inflation et la fuite des capitaux. L'attraction vis-à-vis de cette Europe reste entière et la Croatie se présente à sa porte lors du dernier sommet de la CE comme carotte des Balkans.
Parler de la Russie comme partie des BRIC?
Il vaut mieux la définir comme puissance "ré-émergente" dans une "paix froide" qui n'a pas perdu son autoritarisme susceptible de mettre à mal les libertés publiques.
Lundi dernier, Standard & Poor's sortait son bazooka. Il envisageait de dégrader les notes de 15 pays d'un coup de plume. Tous sous surveillance. Six pays considérés comme AAA compris. Après l'effet "papillon", voici, l'effet "mammouth". 
A part UK, Danemark, Suède, Suisse, Norvège, Australie, Canada et Singapour, tous se retrouvent en sursis de dégradation. En cause, le manque d'union politique, économique et fiscal.
Une réponse systémique était demandée et ce furent des augmentations de la discipline domme au bon vieux temps du serpent monétaire et un peu les choquottes dans le rétroviseur du temps en pensant à seulement devoir travailler pour être libre.
Mais, bon... la Russie, elle, a déjà donné. Enfin presque... Si elle est déjà en zone BBB, sa notation dépend de paramètres plus flexibles.
Rien de nouveau sous le soleil ni à son levé, ni à son couché.
Depuis l'annonce du 24 septembre, le suspense n'existe plus. Comme des frères de sang, ce n'est plus le réformiste Medvédev, contre le conservateur, Poutine. Ils se retrouvent en alternance aux postes principaux.
Comme la réforme de la constitution a élargi le mandat présidentiel de 4 à 6 ans, on aurait Poutine au sommet depuis 2000 jusqu'en 2024.
Une fin de mandat à 71 ans? On n'est pas encore dans le pays de Ronald Reagan mais un portrait satirique de lui, vieilli, en Camarade Vladimir, a fait du buzz sur la Toile russe.
Le Poutine "inoxydable" n'aurait aucune doute de gagner les élections en 2012 et Medvédev deviendrait, ainsi, premier ministre...
Le procédé de l'homme fort, du parti unique, permet toujours d'accélérer les décisions, avant de dégénérer en fin du processus.
Toujours est-il que s'il y a un nouveau mandat, il serait plus contesté que le précédent.
Quelle force se présenterait en opposition? Une génération apolitique pourrait-elle s'y installer?
Lundi dernier, le Russe Alexei Navalny vient d’être condamné à 15 jours de prison pour avoir « fait obstacle » à la police tandis que des milliers de Moscovites manifestaient dans les rues de la capitale russe. On se rappelle de Anna Politskovskaïa. L'enquête sur son assassinat a été close en juin 2008 par la mise en examen de quatre suspects, dont trois originaires de Tchétchénie et un officier du FSB.
"Sergueï Magnitski, l'argent, l'Etat, la mort" est le titre d'un article du jour.
Le Kiosque de TV5Monde en parle longuement (de 30:00 à 54:00)
C'est aussi le "C'est il y a" qui reprend le 20ème anniversaire de la disparition de l'URSS (le 8 décembre 1991).
Le 10 octobre dernier, Mikhael Gorbatchev, le mal-aimé dans son pays, était nommé Docteur Honoris Causa à l'ULg de Liège. Il répondait à une interview et disait qu'il n'appréciait pas le ping-pong à la tête de la Russie. La Russie, pour lui, est en transition entre un état totalitaire et une démocratie. Les oligarques ont déjà confisqué les richesses du pays. Santé et éducation étaient garantis du temps de l'URSS. Ce n'est plus le cas puisque tout se paie cher. La consommation et la surconsommation sont les erreurs du capitalisme et l'Europe a tort de nous regarder de haut et de travailler trop lentement. La société russe va résister. Poutine pourrait initier le changement, dès mars 2012, mais j'y crois peu. Il viole l'esprit de la Constitution en se présentant une 3ème fois à la présidence. Aujourd'hui, les postes s'achètent.
Après un printemps arabe, un hiver russe plus doux que d'habitude?
Et pour les Agences de notation, sera-ce, à nouveau, "A vos marques"?
Non, vraiment, longue vie à la Russie et à son président dans un pays tout à fait à la mode de chez nous.
PS: Le légendaire Orient-Express reprend du service après 20 ans d'arrêt. Le train classe luxe est parti le 12 décembre de Moscou, a fait une escale à Berlin pour arriver à Paris le lendemain soir après un trajet tout confort de 38 heures. Prix entre 330 et 1050 euros pour un aller simple. Vladimir Iakounine était content. Toutes les places avaient été vendues.
Citations:
- "La révolution russe, c'est la révolution française qui arrive en retard, à cause du froid.", Salvador Dali
- "La tragédie russe a ceci de spécifique que d'abord elle suscite le rire, ensuite l'horreur, et enfin une indifférence obtuse.", Alexandre Zinoviev
- "Droit devant, c'est le sud : l'Afrique. A ma gauche, les Russes ; à ma droite les Amerloques. Les premiers crèvent de faim, les seconds d'envie et les troisièmes d'indigestion", Frédéric Beigbeder
01:25 Publié dans Actualité, Economie, Europe, Histoire, Organisation | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
06/12/2011
Le Père Fouettard aurait-il frappé?
Communiqué de l'APQ
Rédaction en ligne
Mardi 06 décembre 2011, 00:01
Chez nous, au Canada, ni Saint Nicolas, ni Père Fouettard.
Que dit-on du Père Fouettard?
Tout comme le Père Noël ou Saint Nicolas, le Père Fouettard est une des figures incontournables des fêtes de fin d'année. L'origine du Père Fouettard est très controversée, comme dans toutes les légendes, chacun a sa version et le Père Fouettard change de nom selon les pays qu'il traverse. Il est très souvent associé à Saint Nicolas ou au Père Noël comme étant le méchant qui distribue des punitions aux vilains enfants alors que son compagnon offre des douceurs aux enfants sages.
Etait-ce seulement pour les enfants? me suis-je demandé.
Contacté, il m'a parlé d'une vidéo de Paul Jorion qui faisait référence à son interview (ou interrogatoire) pendant laquelle il défendait son opinion reprise dans son livre "L'agonie du capitalisme".
L'enfoiré y avait apporté un commentaire. Le voici:
Bonjour Paul,
Bon départ de réflexions.
Que vous reproche-t-on?
Un rédacteur d'Agoravox, disciple a également sorti un article à la suite de votre intervention de jeudi.
Un commentateur, un certain Bernard29, a pris le contre pied, a remonté le flux du courant de consensus.
Que dit-il?
Je cite: "Pas très intéressant. Le système est mort, le cœur a fondu, personne ne sait comment ça marche, C’est la mort de la machine, c’est la fin de la civilisation "Mayas".
- Une idée ? , non! Moi, je fais des analyses... "Tous les systèmes essayés, capitalisme, communisme, tendent à créer une oligarchie. Il faut un système qui n’en crée pas.
- Une orientation ? Non ? Je ne suis pas un prophète...il faut attendre et voir..
- Une piste sur la BCE pour racheter la dette, planche à billet ? Oui, c’est une idée .. bla bla bla ...bla bla bla, et puis non, c’est encore une erreur fatale, le coeur est mort.
Merci Monsieur Jorion. A l’année prochaine..."
Il a été évidemment attaqué suite à cette intervention. Crime de lèse majesté pour les fidèles de la pensée Jorienne.
Mais, il a embrayé et a poursuivi par :
"Qui ne sait pas que l’on est arrivé au bout de quelque chose. Là, n’est pas le problème. Je suis d’accord avec son analyse. Son interview revient simplement à constater "la mort" du système. Bon, il remue encore un peu quand même, du moins l’oligarchie gesticule autour de "la moissonneuse batteuse".
Si Jorion dit qu’il faut attendre une nouvelle civilisation (dans un système sans oligarchie), les anars le disent depuis longtemps et la seule question est donc celle du POUVOIR. Mais il n’y aura pas de nouvelle civilisation sans que la civilisation préexistante ne meure ou qu’une révolution vienne mettre tout par terre.
Ce qui m’intéresse, c’est quand même de savoir si l’intellectuel Jorion, pape du cataclysme financier, envisage ou perçoit quelque chose ou pas. (faut ’il attendre l’enterrement ?)
Il est peut être inutile ou prématuré en effet, d’avoir des idées (nouveau concept de richesse, de la création de production, nouvelle répartition des pouvoirs ou seulement réflexion sur le Pouvoir,.. etc etc..) tant que "les bœufs" que nous sommes, n’auront pas compris leurs analyses qui signifient l’absurdité morbide du système actuel.
Il y a quand même beaucoup d’idées sur le tapis, mais il ne se mouille sur aucune. (planche à billet de la BCE, nationalisation ou contrôle des banques, dettes illégitimes suppression des dettes, banques à prêt sans intérêt (banques que l’on dit "islamiques"), contrôle des taux d’intérêts, taxe sur la spéculation) et puis au point de vue économique (décroissance, mesures fiscales, répartition de richesses produites, contrôle des multinationales, paradis fiscaux..etc) et au point de vue démocratique (quid du partage du pouvoir pour lutter contre l’oligarchie).
Comment, par exemple, faire participer les "techniciens en interne" des banques qui sont d’après lui plus compétents que les élites politco-expertes qui discourent à longueur de médias... ? Il ne le dit pas mais il dit que ces techniciens existent..
Non rien, on parle de la fin d’une civilisation et on attend pour analyser.
Son interview est donc frustrante, parce que l’on croule sous les analyses."
Tout était dit, même si cela laissait un arrière goût. Je vous avais personnellement consacré un article et demi pour avertir.
Les mails, Monsieur Jorion vous y répondez du bout de de la plume ou des doigts. Ceux qui annonçaient deux billets sur les Empires économiques ne vous avaient pas inspiré ou effleuré.
Vous vivez sur vos souvenirs, cher Paul, d'une vision de votre travail rémunéré dans les banques. Fort bien. Saint Juste a, très certainement, écrit un de vos livres de chevet. Yes.
Mais vous vivez fin 2011, pas avec Saint Juste et vous n'adaptez que vaguement les réflexions en fonction de vos commentateurs ou contradicteurs. 
Vous êtes belge. Nous venons de sortir d'une crise politique sans précédent en Belgique. Si en place de Di Rupo, vous y étiez, est-ce que nous aurions eu un gouvernement?
Notre Vif L'Express a fait une tentative de créer un gouvernement en nommant des "techniciens" dans chacune des disciplines comme ministre. Je ne vous dis pas les conclusions de l'enquête. Philippe Maystadt devenait premier ministre pour la forme. :-)
90% si pas plus, de ce que vous dites est non contestable. Mais prévenir n'est pas guérir.
Ce qui manque, c'est le système D, si possible, un oeuf de Colomb.
Une anecdote?
Senior Développeur informatique dans un département "pompier", c'est-à-dire quand toutes les tentatives de trouver une solution en changeant un programme avaient échoué. Un rapport était à sortir, pour avant-hier, en mal de solution, il arrivait dans nos bras velus. Il ressemblait à un programme existant, mais pas vraiment... Recommencer la prise en charge du programme? Et, non. On a changé la structure et le contenu des données pour correspondre au programme. Le rapport est arrivé le lendemain, là où il le devait.
Que vous conseiller?
D'abord de vous reposer. De lever le pied. De tenter de briser les rêves d'un absolu qui n'existera jamais. Ne perdez pas votre sang-froid. Poussez l'humour. Composez, compilez, quoi.
Dans un article récent, j'ai repris vos idées parmi d'autres qui se trouvaient dans le journal Marianne. La lutte contre la corruption, les passe-droits, la censure, ce n'y était pas repris. Oubli?
Échangez vos idées dans le virtuel avant d'être confronté avec d'autres en dur.
Intéressez-vous à vos adversaires de conviction.
C'est fou ce qu'on apprend en essayant de les comprendre avec leur diversité et par l'origine de leur différence.
Un prophète pour moi est quelqu'un qui existe grâce à ses disciples.
Cela devrait faire partie des cours d’anthropologie. A mon avis.
Ici, ce n'est pas une question de réputation mais de prestation, de compréhension, d'ajustement.
Ne prenez pas les autres pour des ennemis parce qu'ils disent autrement que vous. Ce ne sont pas tous des kamikazes".
D'après l'enfoiré, ce commentaire était resté, pendant plusieurs heures, en modération, avant de disparaître, le lendemain, volé par quelqu'un qui n'avait pas dit son nom, ni les raisons de son acte. Là, j'ai "atchoumé".
Ce n'est plus l'heure aux économistes de n'être qu'un thermomètre.
Il faut dire qu'il avait réussi à faire passer un autre commentaire qui disait "A revoir Cyrano de Bergerac. "A la fin de l'envoi, je touche".
Les conseils ne seraient-ils pas à envoyer à un professeur, à celui qui ne se dit pas "prophète", mais qui joue à l'Oracle? Attention, pas celui de Delphes. Celui qui connaît bien Manneken Pis. C'est vrai qu'il avait l'air fatigué, Paul Jorion et, même, irascible en fin d'interview.
Dans "Le dernier Oracle" de James Rollins, il était rappelé que les adorateurs de la Pythie étaient Platon, Sophocle, Aristote, Plutarque et Ovide. Il est vrai qu'en 2001, des archéologues ont découvert que sous le Parnasse, un alignement des plaques techtoniques dégageait des hydrocarbures gazeux susceptibles de déclancher une euphorie hallucinatoire proche de la transe.
"Homme, connais-toi toi-même et tu connaitras l'univers et les dieux" est écrit sur le fronton du temple de Delphes. Pour Bruxelles,de toutes façons, pas de Pythie.
Pendant, un séminaire, Paul Jorion expliquait la théorie du Modèle Black-Scholes et de son erreur. Mandelbrot disait déjà que cette théorie était totalement déconnectée de la réalité des marchés financiers et de la rationalité des investisseurs.
Language "babillard"... Je dois avouer que je me suis assoupi. Un chat reste un chat, peu importe si on "articule" le discours et la couleur du chat. Mais, je ne vais pas "badtripper". Pas question de faire la "grippette".
Très bien pour la théorie, mais la pratique m'intriguait plus.
Chez l'enfoiré, j'ai trouvé cet article dans lequel Jorion était mentionné. J'ai suivi les liens et j'ai compris que ce n'y était pas la tasse de thé de chercher à aider les âmes en perdition. Ce qui me donne un peu d'"achalage" et ne pas y ajouter trop de sirop d'érable.
Quant à Agoravox, c'était rebelote. Je ne sais si vous avez jeté un coup d'oeil, un autre article mettait les pieds dans le plat. "Internet est encore libre", était-il affirmé dans l'article et que pour fonctionner, toutes (r)évolutions devraient être "mondialisée" avec la population mondiale partageant un idéal commun.
Cela commençait fort, aussi, du côté commentaire:
Deux préceptes fondamentaux pour une société libre et saine :
1. Liberté absolue d’expression.
2. Répression sévère de toute forme de violence physique.
Tout à fait. Mais, quand la carotte disparaît de la cheminée avant l'heure, que reste-t-il au moment opportun? demande Saint Nicolas. Il faut la remplacer. La liberté et l'indignation ne sont rien sans qui suit.
-Le bâton, répondrait alors, à coup sûr, le Père Fouettard.
Pas la peine de lui donner une "jobine" à celui-là, même s'il faut parfois le "poussailler", un peu.
On sent que si dans nos pays occidentaux, la démocratie prend un coup de vieux, ce n'est plus uniquement dans les relations de haut en bas que la déchéance se produit. La contagion se porte bien sur la toile complète d'Internet. La politique, par la censure, y a pris goût et une place dans les rangs, parmi le public.
Ayoille ! Depuis lors, on ne sait pas pourquoi, l'âne, dans son enclos, ne fait plus que braire.
Moi, je m'en vais "bretter" à côté de ma "chaufferette". Fait plus froid que chez vous, par ici.
CassCendres,
PS. Je remercie l'enfoiré pour m'avoir laissé la parole. Si vous disirez un lexique de mon accent québecois, n'hésitez pas, je peux toujours vous le "placoter". :-)
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01/12/2011
Que la fête commence ... et vite...
Les affaires ne sont pas au top. S'il y a toujours autant de monde qui se promène dans les galeries commerciales, c'est de moins en moins derrière les caisses. Alors, il faut se saouler de fêtes pour oublier la morosité. Saint-Nicolas n'est pas encore là qu'on trouve déjà tout ce qu'on pense trouver pour la Noël. On y installe des lumières. La fête doit être là et de plus en plus tôt. Elle doit être prête à s'imposer pour faire rêver de plus en plus vite.
Tout arrive plus tôt. Saint Nicolas, début novembre, Noël à mi-novembre. Pour les enfants, c'est même déstabilisant, était-il constaté à la télé. Eux, ils n'en ont rien à cirer. Ils veulent être servi de cadeaux et tout de suite.
A Montréal, chez mon ami, Pierre, les lumières ont envahi les rues très haut dans le ciel.
Loin des problèmes de l'Europe, toujours AAA. Pas vraiment. Leur tour, c'était en 1992. L'endettement canadien atteignait 64% du PIB et S&P's les dégradaient. Trois ans ont été nécessaires pour que cette affaire de dettes redevienne "under control".
Mais, on ne connait pas Saint Nicolas au Québec.
Chez nous, on se prépare à tout. Voir monter l'arbre de Noël sur la Grand Place, monter les lumières surplombant le milieu des rues... Tout est bon.
Quand "les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent", cela remonte les bretelles du pantalon.
Manifester pour faire entrer de l'argent dans les caisses, pas dans une mais dans toutes à la fois, n'est pas une sinécure. On parle d'inflation, de déflation, de récession, de stagflation, de dépression, de diminution... d'irritation... On ne sait plus très bien ce que cela veut dire, où on en est, quel est le niveau de chacun de ces mots, s'ils sont atteints ou si l'on stagne. Tout est une question de baromètre ou de thermomètre.
Les jours de congés du 11 novembre ont été "pontés" dans un dernier sursaut, sous le soleil exactement, mais, ils sont déjà loin. Oubliés.
Les Trois Rois Mages doivent se remettre en marche pour annoncer la bonne étoile. Nous sommes à l'ère des jets, l'ère où les affaires sont les affaires qui vont de plus en plus vite, il faut retirer les consciences de leurs torpeurs.
Saint Nicolas n'a plus rien dans sa hotte. OK.
Si les files sont toujours longues devant son trône, certains resquilleurs essayent de faire l'économie de temps et poussent leurs enfants à regarder par la petite lucarne, plutôt que d'entrer dans la file.
Quand il n'y a plus rien, plus de gâteries à récolter, il vaut mieux passer son chemin, chers enfants. Le Père Fouettard n'a plus sa belle couleur noire luisante pour infliger les corrections. L'élastique trop détendu qui retient la barbe de Saint Nicolas, lui tombe sur la gorge et étrangle son héros.
Secouer le prunier sans se fâcher, quand on voit le prix des prunes, on hésiterait. Les remises, les réductions de prix sont en perte de vitesse, juste au moment où l'on avait besoin d'elles.
On a plus l'impression d'avoir les boules dans la gorge que sur ses branches de l'arbre de la Grand-Place. Les lumières font tout de suite penser à ce qu'elle pourraient coûter en électricité une fois en fonctionnement. 
Ni boules de neige ni barbe à papa sur l'arbre. La neige et le froid se font attendre, c'est déjà ça de moins à chauffer.
La nature est débousollée, dit-on. A peine cinq litres d'eau de pluie pour le mois de novembre. Voilà, que la nature est compatissante et fleurit cinq mois à l'avance. Ce qui ramènent des frelons asiatiques, des mouches des sables qui remontent se réfugier chez nous.
Gilles Dal racontait nos désespérances bien belges dans un café serré qu'avec la météo comme acteur principal.
Alors, on cherche un avenir différent.
Chez nous, après l'armistice nord-sud, c'est l'opposition gauche-droite qui embrayait de plus belle.
Le politologue Vincent De Coorbyter présentait "l'affaire belge" (extraits), mais c'est un politologue avec une vision de bien plus haut.
L'aspect communautaire, c'est bien beau, mais le nerf de la guerre, les 1,3 milliards à trouver avec des bras raccourcis, ça c'était plus dur. Les recommandations de l'Europe, quand on n'a plus rien d'autres dans sa besace, pouvaient servir pour remplir les poches vides. Ce qui se passe ailleurs permet parfois de contribuer à être d'accord avec soi-même et ses convictions partisanes et intimes.
Mais, on n'allait pas sortir son dernier lapin hors du chapeau, lors de la fête Halloween.
Alors, penser à Saint Nicolas, ne serait pas mal, pour faire oublier le mot à la mode, "austérité".
Wikipedia dévie même le mot sur ceux de "politique de rigueur" qui serait une politique économique conjoncturelle consistant à donner la priorité à la croissance économique de long terme, quitte à freiner la croissance immédiate par la réduction de la hausse des prix et l'élimination ou la diminution du déficit de la balance des transactions courantes, voire des déficits publics.".
Calme! Conjoncturelle ou structurelle? Faudrait savoir.
Il faut définir ce que sont les classes moyennes avant de les privilégier. En déterminer les contours, la structure qui correspondrait à quelque chose de tangible, à cette "moyenne". Ce qui est une moyenne n'est pas, d'office, une tendance. Vérifiez sur n'importe quel graphique.
Et si on ressortait les tickets de rationnement en bout de la course, les lampes à huile comme en "bon vieux temps".
Des les grandes surfaces, on paye déjà les achats avec des tickets de restaurants. La Belgique est championne de cet échange de "bons pour" dans un jeu de troc.
-Merci, pour votre visite et si vous revenez plusieurs fois, vous recevrez une réduction ou un bon pour réaliser un de vos rêves intimes.
"Quelles banques belges dans 10 ans? lisais-je.
Ce jour-là, l'économiste de service, Bruno Colman, se livrait à l'exercice d'équilibriste pour dessiner l'avenir des "pauvres" banques après avoir constaté qu'"elles sont sur la ligne de front de la crise financière en canalisant l'épargne".
Pour ce faire, il faudrait:
- Simplifier mais pas trop pour ne pas devenir un seul distributeurs de productions étrangères.
- Diversifier les activités pour traverser des scénarios et pour surmonter une collecte de l'épargne plus onéreuse.
- Avoir une gestion mécanisée et mathématisée.
- Communautariser les activités en back offices.
- Gérer les bonnes compétences humaines.".
Les bonnes compétences humaines, de qui? Des employés, des vendeurs, des patrons ou des clients?
Les enfants ont la chance de n'être que des adultes en formation pour un Saint Nicolas.
Et si pour les grands, c'était la fête toute l'année pour mettre les petits plats dans les grands, pour se mettre parfois sur son 21, pour mettre du beurre dans les épinards, pour faire semblant qu'il y a encore quelques bonnes affaires à faire?
Pendant ce temps-là, les taux belges continuaient à grimper.
Un budget pour 2012 s'impose. tout le monde le dit, à tort et à cris. Comme, quelqu'un le disait, en général, on crée un budget avec un gouvernement bien en place. En Belgique, on aime les tiercés dans le désordre.
Et puis, l'œuf de Colomb, un conseil vint: Investissez...
Comme l'idée, elle est bonne! Inattendu ou planifié de longue date? Quelle importance? Voilà que la population belge se rue sous forme d'emprunts d'État. Les 200 millions espérés, au départ se convertiront, à l'heure actuel, le cap des 5 milliards est visé.
Sursaut de civisme, de patriotisme? Non, un peu de confiance latente en la Belgique ou comme, qui dirait une sorte de "conscience professionnelle" ou de Telethon.
Le lendemain de l'idée, coup de Jarnac, Standards & Poor's mettait sa menace à exécution par une dégradation de la note de la Belgique orpheline de son "+" pour devenir seulement AA.
Plus question de fuite en Égypte, à Varennes ou à Ciergnon.
Ce "+", en moins, fut le catalyseur. Le lendemain, après dix-huit heures de négociations, miracle, c'est comme si on passait des "Alcooliques Anonymes Plus", en titubant de gauche et de droite, pour se retrouver au bout du chemin sinueux entre "Artistes Associés". 
Le budget ficelé et un nouveau gouvernement est dans le collimateur pour la fin de la semaine, après plus de 530 jours de tergiversations. "Gouvernement Standard & Poor's" ou "Gouvernement papillon"' ou encore "Gouvernement standard", tout court?
"Et alors, Grand Elio est arrivé, sans se presser, avec son budget et ses impôts". Il était là, mais il ne parlait pas avec les mots et la même langue comme le chantait Bert Kruysman avec humour.
Puis, après la recherche du sexe des anges, voilà que l'on trouve du sexe dans la langue en politique. Ce qui vaudra un nouveau café serré encore plus corsé.
Des négociations au pas de course avec un grand lasso pour attraper l'euro million et aujourd'hui on relisait l'accord.
A l'étage du dessus, celui de l'Europe, on parle de "spread" qui s'allonge puisque l'Allemagne fait toujours semblant d'unir le destin de ses membres.
Une Banque d'Investissements européenne, ce serait arriver trop haut ou trop loin pour Madame Merkel qui a peur de devoir payer ses emprunts dans la marmite commune.
Comme disait Anne Blanpain, spécialiste des questions européennes "l'Allemagne c'est un peu le costaud de la bande, celui avec qui on est pas toujours d'accord mais comme c'est lui qui paye le cinéma et qui régale au resto... L'Allemagne aurait trouvé LE modèle économique qui sauvera la zone euro. Un modèle basé sur les exportations, la fiscalité orientée sur la consommation plutôt que sur le travail, ce qui permet aux entreprises allemandes d'exporter plus facilement.
Avec 60% de ces exportations qui atterrissent dans le reste de la zone euro. L'Allemagne n'a pas intérêt à voir ses principaux clients se casser la figure ni même appliquer les mêmes recettes que Berlin. Enfin, si tous sont d'accord pour dire que l'imbrication des économies de la zone euro réclame davantage de convergence entre les 17, l'Allemagne fait preuve d'une arrogance alors que l'intégration politique et économique nécessitent, au contraire, beaucoup d'explications, beaucoup de confiance et beaucoup de solidarité. Cette intégration signifiera une perte de souveraineté nationale, difficile à digérer quand on entend un député allemand se vanter devant son parlement que désormais l'Europe parle allemand, sous entendant que c'est l'Allemagne qui dirige la zone euro. Si, vraiment, Berlin veut prendre la direction des opérations, qu'elle commence par s'attaquer au problème le plus urgent, sauver la zone euro, éviter que l'incendie ravage entièrement la maison européenne, on s'occupera de la couleur du futur papier peint plus tard. L'Allemagne devrait le comprendre, elle ne s'en sortira pas seule, les investisseurs ont boudé l'emprunt lancé par Berlin. "
Ouf...On n'est plus les seuls à en recevoir sur ses doigts de fée...
Aux États-Unis, c'était Thanksgiving, jeudi dernier.
Obama avait, pour le symbole, gracié deux dindes, "Liberty" et "Peace".
Le lendemain, le Black Friday, la chasse aux bonnes affaires, ce qu'on appelle les soldes, chez nous, n'a pas été particulièrement faste, plutôt frugale. On devient économe, même outre-Atlantique surtout quand un autre accord sur la dette ne trouve pas la solution préconisée.
On ne connait pas ces deux fêtes, chez nous.
A Bruxelles, on innove dans la tradition pour la 10ème des Plaisirs d'Hiver. Sur la Grand-Place, réglée au nombre d'or, une scupture en spirale surmontée d'une spirale de lumières. Au Mont des Arts, une piste verte avec des remonte-pentes, des moniteurs et des sapins viennent s'ajouter à la traditionnelle patinoire de la Place Sainte-Catherine. L'invitée d'honneur, la Grèce. Le pkasimadi de Crète, les biscuits des Astypalaia, les tomatines de Santorin ou les pistaches d'Egine se confondent en émotions et en goûts avec les smoutebollen, les frites, les saucissons, le chocolat et le vin chaud. A l'inauguration, Manneken Pis avait porté le costume traditionnel grec. Hellas, vive la Grèce. Faudra que je m'en rappelle pour les prochaines vacances... avec Zorba et le sirtaki.
Tout cela en photos, c'est ici.
Non, il faut oublier la morosité et faire semblant avec des fêtes. N'importe lesquelles, du moment que c'est bon pour le moral des troupes.
Les trouble-fêtes continuent à envisager de baisser les notes de la France et des Etats-Unis.
Après ce weekend à l'arraché des Belges, les populations du monde ont fait la nique aux rumeurs. Il y a eu les élections en Egypte, au Maroc, au Congo, c'est leur année d'élections. En haut, à gauche et à droite, ce sera en 2012.
Début de semaine, les marchés décollent, flambent même, du doping dans l'air, l'euphorie sur toutes les Bourses du monde.
L'effet papillon de Banabar existerait-il vraiment?
"La rigueur, c'est l'austérité plus l'espoir", disait Pierre Maurois
Alors, si on inventait pour le 1er décembre, un autre "Thanskgiving" comme action de grâce envers les Européens et les Africains, pour les récompenser de tenir le coup? 
Ce jour-là, c'est Saint-Eloi, patron des ouvriers et des métallos, reconnu comme un orfèvre de talent et réputé pour son honnêteté. Il n'en faut pas plus.
Mais, en attendant, n'oubliez pas de mettre quelques carottes en plus dans la cheminée pour Saint Nicolas. Cela peut toujours servir, même pour un Saint.
C'est que ça bouffe de plus en plus, un âne.
L'enfoiré,
Mise à jour 17/01/2011: Il y a dix ans, l'Argentine sortait de la crise en rejetant l'austérité
Dictons populaires:
- « Saint Éloi, de soleil gourmand, nous donne trois jours de beau temps. »
- « À la saint Éloi, la nuit l'emporte sur le jour qui luit. Quand arrive la saint Eloi, laboureur, tu peux rester chez toi. »
- « À la saint Éloi, les jours allongent du cri d'une oie. »
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24/11/2011
Histoire des grands empires économiques (2)
Après la maîtrise du commerce, le génie de l'innovation et la passion de construire, voici la stratégie de la conquête et à la création d'un ordre mondial. L'économiste spécialiste de l'histoire globale, Philippe Norel, constate que le déclin des empires reposant sur la conquête, est toujours programmé. Seul le commerce et les partages des cultures, des biens permettent de faire durer plus longtemps.
Gonfler le budget de l'armée, occuper d'autres pays, les piller et les taxer jusqu'à ce que la conquête passe au déclin inéluctable.
De -509 AC à 476 PC: Rome Vaincre, soumettre, intégrer et exploiter les autres peuples.
La romanisation, comme une sorte d'américanisation. Chasser les Étrusques. Lancer des campagnes militaires à Carthage, en Gaule et en Égypte. Cinq siècles de règne. Règne d'un empire sur 70 millions d'hommes dans un marché commun avant l'heure, avec l'imposition d'une langue, d'une monnaie, d'une religion, d'une culture, d'un mode de vie et d'un droit romain grâce à une armée de conscrits, organisée en 30 légions de 5000 hommes. La Pax Romana menée par des empereurs et des dictateurs, maintenus grâce à un peuple qui mange à sa faim et qui applaudit aux jeux du cirque coordonné au travers d'un réseau routier moderne. Septime Severe atteint l'apogée de l'empire romain. Le déficit grandissant de la balance commerciale, la vie à crédit qui repose sur la seule conquête, l'absence d'esprit d'entreprise et la rentabilité décroissante, en dessinent le déclin.
De 1204 à 1368: Empire Mongol 30 millions de kilomètres carrés, un record qui reste à battre.
L'histoire de Gengis Khan n'est qu'une chronologie d'assauts de grandes cités. Sur 30 millions de km2, il s'installe grâce à des rivalités tribales permanentes. La légèreté de l'armée, la logistique minimale, accélèrent les déplacements. La stratégie passe par la propagande de la terreur qui augmente la peur des adversaires. La compétence, le libre échange, le cosmopolitisme, la coexistence religieuse et le partage du savoir l'apaisent. Karakorum rompt avec le nomadisme. Les marchandises au travers de la route de la soie, se croisent porcelaines, épices, fer, pierres précieuses, fourrures et crée un "Pax mongolica". Seule la Grande Peste a bousculé le tout en supprimant les liens commerciaux entre l'Occident et l'Orient.
De 1299 à 1922: Empire Ottoman. Trois siècles d'expansion militaire et commercial, et trois de nonchalant déclin
Depuis Osman Ier, 36 sultans se succèdent. L'expansion militaire, commerciale déclinent. Constantinople, rebaptisée Istambul par Mehmet II devient la Sublime Porte qui désigne l'empire qui la contient. Une force de frappe de 100.000 cavaliers, 50.000 janissaires et 380 galères permettent de conquérir la Serbie, l'Albanie, la Crimée, l'Anatolie, l’Égypte, la Syrie. Après le traité de Karlowitz, la menace turque s'évanouit. Économiquement, les taxes remplissent les caisses. La soie est importée d'Iran et exportée en Europe par les marchands sur des routes entrecoupées par des caravansérails. La réunification du monde islamique se poursuit, mais le commerce extérieure est déficitaire face aux dépenses militaires croissantes. En 1585, la monnaie "akçe", rongée par l'inflation est dévaluée. En 1914, l'alliance malheureuse avec l'Allemagne. Les vainqueurs se partagent les décombres. Affront qui ne sera effacé qu'avec Mustapha Kemal et la naissance de la République turque.
De 1492 à 1627: Portugal et Espagne. De l'ivresse de la découverte à l'asservissement des colonies
L'Amérique découverte par Christophe Colomb, c'est par la conquête qu'elle se poursuit en prédation économique par l'Espagne. Commencée par Cortès, en 3 ans, la conquête soumet l'empire des Aztèques. La soumission se poursuit avec Pizzaro sur l'empire des Incas, aidée par les différences militaires, les épidémies et la prise en otage du chef Atahualpa. Le traité de Saragosse ne laisse que les Philippines à l'Espagne. En 1627, c'est la banqueroute. Au Portugal, Henri le Navigateur envoie des bateaux vers l'Afrique, les Açores, le Cap Vert. Vasco de Gama vers le Cap de Bonne Espérance et le Brésil. Création de comptoirs commerciaux. Vers 1500, Manuel Ier est arrivé à l'apogée. Il dépense sans compter pour la beauté de Lisbonne. L'importation d'or et d'argent crée une forte inflation et met à mal les ateliers locaux en concurrence avec la métropole. L'emprunt des monarques auprès d'usuriers italiens et allemands ne parvient plus à compenser les pertes par des obligations d’État à faibles rendements. Des pirates anglais, français et hollandais gênent le trafic des bateaux espagnols et portugais. Le management des colonies s'avère plus difficile que prévu. Les filons faciles s'épuisent malgré le travail des Incas corvéables à merci. La bataille d'Alcacer et Quibu affaiblit d'autant le Portugal. Les indépendantistes, José San Martin et Simon Bolivar, remportent des victoires et mettent un point final à l'empire ibérique.
De 1867 à 1945: Le Japon. Pourquoi son rêve d'empire colonial a mal tourné
En 660 AC., la déesse solaire Amaterasu n'a pas eu de descendant comme 1er empereur. En 1854, le commandant américain Matthew Perry met fin à l'isolement du Japon en forçant le shogunat de la famille Tokugawa à commercer dans les ports. En 1867, le shogun passe le pouvoir à l’Empereur Mutsuhito dit "Meiji". La féodalité est abolie. Les Samuraïs sont intégrés dans l'armée. La démocratie et le système éducatif s'installent. En 1883, la privatisation des industries commence. Les entrepreneurs jouissent des mêmes statuts que celui des seigneurs. Les Japonais partent dans le monde pour "copier" le meilleur des technologies. Les méthodes de vente à base de propagandes et de publicités permettent aux Zaibatsus de s'introduire en Bourse. Mitsui, Sumitomo, Mitsubishi et Yasuda financent les partis politiques. L'exportation du quart de la production se construit avant le nationalisme. En 1894, l'invasion de Corée, de Formose est contestée d'où amertumes et frustrations. Attaque gagnante de l'armée du tsar. Le "péril jaune" nait de l'éclatement de l'esprit démocratique. L'hostilité des autres blocs d’influence s'installe. L'embargo sur le pétrole et les métaux en découle. En 1940, au faite de sa puissance, 2.600ème anniversaire de l'Empire japonais. L'erreur stratégique de s'allier à l'Allemagne et l'Italie en guerre va casser l'expansion. Après 1945, le baladeur d'Akio Morita de la société Sony incarne le renouveau nippon. Le Japon devenait ainsi la 2ème puissance économique. Les JO de 1964 servent de vitrine commerciale. Entre 1970 et 1980, le Japon faisait trembler le monde économiquement. Ce qu'il n'avait pas réalisé par la force et le militaire, le Japon s'est attelé pour y arriver économiquement, par touches successives, par la copie ou l’espionnage. Son marché est tourné vers l'exportation mais contrairement à la Chine, son marché ne se détourne pas de l'intérieur. Mais, le marché reste relativement fermé aux étrangers. Seul l'exportation avec de gros investissements permettent de garder cette position jusqu'aux années 1990. La récession commence à l'arrivée de concurrents, travaillant à plus bas prix. Les hauts salaires devaient se justifier par un retour sur investissement. L'époque d'une carrière complète dans une seule entreprise japonaise est révolue. Le travail consiste à respecter la hiérarchie coûte que coûte, jusqu'au stress et au suicide. De 1970 à 1989, le Nikey grimpe à 39.700 avant de s'écrouler à 9.600 lorsque la bulle explose. Les dettes publiques qui grimpent à des hauteurs inégalées, des politiciens qui se succèdent à la tête des gouvernements à un rythme trépidant font entrer le Japon en récession. Les marchés et les agences de notations ne se grattent pourtant pas à la décote du yen. La réputation des Yacusa qui garde l'honneur des derniers Samouraïs, le permet.
5. La création d'un ordre mondial
Après l'ère des empires coloniaux , celle des hyper-puissances.
De 1776 à aujourd'hui: Les États-Unis. Hyper-puissance depuis plus d'un siècle
Chargé d'un mission divine, les États-Unis dessinent le visage du monde à leur image. Les produits américains envahissent l'Europe et obligent le monde à parler leur langue. Les budgets militaires élevés permettent des inventions qui se retrouvent ensuite dans le civil (GPS, Internet...). Le droit à la propriété encourage les investissements. La démocratie parlementaire stabilise les contrats, un statut social plus élevé, assuré pour le gagnant grâce à l'argent, le pluralisme, les essais et les risques acceptées qui frisent le machiavélisme... Anglais au départ, les États-Unis rachètent, en 1803, la Louisiane la Californie et l'Alaska. Cet expansionnisme se sont les Amérindiens qui en font les frais. Le Sud agricole, le libre-échangiste, esclavagiste, fait envie au Nord industriel. Sous un prétexte d'abolition de l'esclavage des noirs, le Nord entre en guerre après que le Sud fait Sécession. Guerre qui fait 97.000 victimes. Le système bancaire est là pour financer cette guerre, l'automatisation pour l’industrie, la mécanisation pour l'agriculture. Ensuite, cette armada de moyens ne parvient plus à utiliser la main d’œuvre abondante. Vers 1900, le PNB par habitant dépasse celui de la Grande Bretagne. Les noms de Rockefeller, Getty, Guggenhem, Vanderbilt, Morgan, Astor... concentrent à l'horizontal et à la vertical, les résultats par un capitalisme débridé qui mène à la révolte des agriculteurs et des ouvriers. En 1886, c'est la création du syndicat AFL. Protectionnistes, isolationnistes, les villes poussent et se hérissent en gratte-ciel. L'électroménager, les voitures poussent à la consommation de masse vu les distances. Il faut aller plus vite et mieux pour acquérir la richesse et le progrès. L'euphorie se fête à la Bourse. Le surendettement et la surproduction se poursuivent jusqu'au krach de 1929. La Grande Dépression, le chômage ne trouvent une issue que grâce à Franklin Delano Roosvelt et son New deal. La 2ème guerre mondiale relance l'économie et assure un nouveau leadership mondial dans un néo-impérialisme. Le Plan Marshall donne à l'Europe les moyens d'acheter les produits Made in USA. La tutelle financière et militaire, les accords de Bretton Woods allie l'or étalon au dollar, scellant la suprématie. Le Japon devient le concurrent économique. L'ennemi communiste, l'URSS nargue au niveau politique, jusqu'à l'effondrement de 1991. Le guerre contre le terrorisme permet un nouvel épisode de s'en-va-t'en-guerre comme gendarme du monde pour protéger des intérêts pétroliers et autres. La montée de l'endettement accroît les difficultés dans des bulles à répétition. Amérique, faux rêves et vraies réalités?
De 1917 à 1991: L'URSS. Expérience qui a provoqué un désastre économique et humain.
En 1547, on parle de Ivan le Terrible. En 1721, Pierre le Grand prend sa suite dans cette initiative de grandeur. La Révolution d'octobre 1917 fonde l'URSS avec la doctrine de Lenine. Staline l'utilise pour en faire un empire politico-économique. Un appareil productif peu performant, oligarchique et corrompu s'installent. Avec les paysans analphabètes, Lenine veut créer une nationalisation. L’Armée Rouge s'oppose aux nostalgiques Russes blancs. De la Tcheka au KGB, il reste le goulag pour les mécontents avec les terres confisquées. La "Nouvelle Politique Économique" (NEP) devient le collectivisme dans des kolkhozes et des sovkhozes. L'industrie lourde est privilégiée avec l'esprit du sacrifice et purge l'esprit d'ambition. La 2ème guerre mondial, URSS victorieuse va récupérer les pays satellites. La guerre froide avec le reste du monde occidental commence. Les essais nucléaires, la course à l'espace pendant les années de plomb de Brejnev, Andropov et Tchernenko consolident la stagnation dans les domaines. Gorbatchev lance la perestroïka et la glasnost. Les mafieux s'emparent des ressources. L'explosion à Tchernobyl et c'est l'URSS qui se dissout. En 1991, elle devient la CEI avec Eltsine et son néo-libéralisme. En 1998, la finance explose. La guerre en Tchétchénie rappelle celle d'Afghanistan. Poutine restaure le pouvoir central et la production économique.
De 1978 à aujourd'hui: La Chine. Fantastique retour de l'Empire du Milieu
A partir du collectivisme de Mao qui provoque famine et morts de millions de victimes. Deng Xiaoping change radicalement les priorités en industrie, éducation, agriculture et armée. C'est la réhabilitation de l'argent. Entre planification et libéralisme, l'économie socialiste de marché s'installe avec des zones économiques spéciales comme des usines ultramodernes, des sweatshops, une exploitation d'ex-paysans qui favorise le développement urbain sauvage. La libéralisation du commerce par l'OMC, un yuan sous-évalué, permettent des taux de croissance toujours plus grand de l'ordre de 10% par an et de devenir le premier exportateur avec 40% du PIB. Les problèmes de santé, d'éducation et des retraites, les risques naturels sont les problèmes endémiques et sont contrôlés par le communisme despotique du parti unique subsiste à la tête de l’État. La démocratie n'est pas considérée comme un élément important. La hausse des salaires devient le remède aux mécontentements. Les investissements à l'étranger sous forme de rachat ou de partenariat parfois ressentis comme une agression restent en attente de contreparties. Depuis 2010, la Chine passe d'atelier, d'usine du monde, à banquier et bientôt maitre du monde comme 2ème puissance économique.
Un magazine économique avec son nom générique "Capital" a, naturellement, une ambition de garder des liens privilégiés avec la doctrine capitaliste et libérale. Remonter dans l'histoire est un bon départ pour comprendre l'idéologie qui amène au capitalisme.
L'histoire du passé est écrite, une cassure a eu lieu en 2008 et le futur ne sera jamais plus totalement comme avant. Tous les empires, économiques ou non, se développent, arrivent à une apogée avant de prendre un virage et disparaitre ou se fonder dans une autre doctrine. La longueur du processus est dépendante de l'intérêt qu'en tire les populations comme interlocuteurs-acteurs.
Les marchands considéré comme le problème? La question est "A quel moment, le marchand n'est plus devenu le vendeur de ce qu'il produit pour le déléguer à des professionnels et des financiers qui n'ont plus que des intérêts à court terme? Ce qui a généré une série d'intermédiaires avant d'arriver au consommateur.
Inéluctable, quand tout se complexifie? Déconnecté du consommateur, la production et la vente deviennent des affaires de spécialistes qui ne se reconnaissent plus dans des buts communs, ce qui mène à produire plus que l'on ne peut vendre et consommer. Une foule d'artifices à base de publicités sa sont installés pour pousser artificiellement à la consommation et à fausser les besoins réels.
Chercher une morale dans le capitalisme n'a aucun sens. Adam Smith, comme prophète du capitalisme, disait "laisser agir selon son intérêt bien compris. L'addition des égoïsmes débouchera normalement sur la richesse générale".
Les tombolas qui attirent les acheteurs par le goût du risque et du lucre qui font monter les enchères à des points toujours plus élevés, le prouvent. (Cette vidéo du lotto le raconte de manière charmante). Mais ce sont toujours les populations qui décident d'adhérer à une doctrine sans y être forcé.
La Grande Bretagne a démarré le processus de spéculation. Wall Street l'a accéléré par le jeu des conversions des monnaies flottantes. Depuis François 1er jusqu'en 1885, la spéculation était interdite, en France.
"Obama veut être le Président qui s'est attaqué aux riches". Dans la vision d'un Américain, certainement, pour qui le socialisme reste dans l'opposition, comme ce fut le cas pour le communisme, à l'époque du MacCarthysme. Les Tea Parties, une poussée de libertarianisme prouvent que ce n'est pas prêt de changer.
On parle d'un nouvel ordre mondial quand la première version de l'ordre n'a pas abouti à des solutions drastiques. Le PIB ne fait pas dans la dentelle et ne regarde que les résultats sur la performance, en oubliant le passage au Bonheur Intérieur Brut jamais vraiment pris en compte, même après le rapport de Stiglitz. Rapport établit via des graphiques par entité, alors que tous les éléments d'une entité ont une vision différente de ce que peut être la vérité.
Pour Mike Mayo, "L'heure du vrai capitalisme n'a pas encore sonné". Son capitalisme à lui, c'est engranger des bénéfices avec probité, publier des chiffres corrects, les banques devraient pouvoir faire faillite, espère un peu plus de lenteur, monotone en diminuant la croissance.
Le Marianne n°760 lançait "Oui, un capitalisme, à usage humain, est possible". Même des thuriféraires du capitalisme se mettent à douter de leur modèle devenu fou tandis que les opposants se sentent orphelins d'alternatives radicales, crédibles. Les repentis du système, les élites apparatchiks qui, ayant baigné dans la bonne soupe, réfléchissent avant de sombrer dans la marmite générale. Il y a aussi les "spécialistes" qui ne sont pas avares de leurs conseils, de leurs avertissement (Roubini) et de leurs piqures. Les agences de notations vivent très bien de leurs "bons ou mauvais" avertissements en influençant les marchés.
L'Europe a des problèmes avec les agences de notations. Éliminer la concurrence des obligations des pays européens pour les élever au niveau de l'Europe, elle-même et c'en sera fini. Les pays n'auront plus qu'un interlocuteur pour prêter ou emprunter et les agences de notations devront chercher ailleurs de nouvelles victimes.
Baisser les dépenses publiques, moins de fonctionnaires, que sont les policiers, le personnel des hôpitaux, les administratifs. Baisser les salaires privés et compter moins d'employés. Et... rester riches, mais moins nombreux.
Comment sauver ce qui reste, se demandent-ils, dans une certaine panique?
Différentes idées, émises en vrac par des économistes, expert-comptables, journalistes, anthropologues, philosophes...
-Lancer un protectionnisme vertueux - Favoriser les investissements industriels. -Rétablir la mention d'origine des produits et son prix unique sorti d'usine. -Nationaliser la dette publique. -Supprimer l'évasion fiscale des multinationales. -Interdire les ventes à terme. -Imaginer un capitalisme coopératif. -Instaure un profit maximal. -Acheter moins et louer plus. -Imaginer un capitalisme coopératif...
Les Bourses, elles, continuent à couler.
En payant une petite participation aux frais, des organismes comme Moneyweek y répondront dans la confidence mais en ne prenant aucun risque personnel.
La mondialisation sauvage a permis de temporiser ce que les syndicats imposaient et cassaient les compromis avec les salariés. Les profits stagnent et s'éloignent d'autant des investissements de demain et des emplois d'après-demain. Les "dividende bingo" ont fait croire aux rendements réels alors, qu'ils n'étaient que virtuels ou purement fictifs sans correspondre aux rendements réels.
"Ce n'est pas la croissance qui réduit l'inégalité en remettant à plus tard les revendications redistributives", disait Attali. Créer une constitution pour l'économie pour obtenir un capitalisme raisonnable comme dans les années 60 avec la concurrence d'un autre système dit "social", c'est éviter l'effondrement du système dans un modèle abouti tel que celui de la Chine.
La Grèce entraine l'Europe dans ses propres problèmes. L’Europe dans une jeu de dominos, la planète entière. Alors, c'est "Sauver Willy" quand Willy, ce n'est pas un orque, mais nous?
Tout est dit et tout reste à faire. Les populations et les dirigeants ne s'y retrouvent pas dans les programmes économiques. Ils cherchent des solutions. Réinventer le monde alors qu'il tourne de moins en moins rond et espère redescendre de la gigantesque pyramide Ponzi auquel le capitalisme a mené, avec un empire mondial dans lequel un réseau articulé autour de centres névralgiques qui ne se sentent plus et qui tirent, chacun, la couverture à eux.
Évolutions ou révolution? Une lettre de différence entre les deux mots mais qui ne fait pas souvent la différence majeure dans le long terme. Stephan Hessel disait en substance, "ce ne sont pas les révolutions mais les convictions qui font gagner. L'indignation n'est qu'un moment qui dure le temps de se rendre compte de ce qui indigne pour obtenir une politique plus forte.".
Roger Garaudy dans son Anti-Américanisme primaire va encore plus loin et bouscule les idées reçues en allant du Marxisme à l'Islam, de l'antisionisme au négationnisme ce qui revient, en finale, à se tirer une balle dans son propre pied en utilisant les mêmes arguments que ses antagonistes.
Le G1000 récent en Belgique, faisait appel aux citoyens lambda. Une prémisse à un G7Millards puisqu'on vient d'atteindre ce chiffre fatidique? 
Quand j'ai lu "Retour au niveau avant crise?" et sur la même page le titre de "Paroles de banquier", je ne sais pourquoi cela me faisait bondir. Ce serait non seulement remonter aux calendes grecques, bien avant le berceau des problèmes mais, aussi, ce serait chercher à perdre une chance à faire évoluer les choses. On ne remarque qu'il y a un problème à résoudre que quand il y a une crise et qu'il y a le feu. Dans l'article, il y était dit que la clientèle des banques privées est devenue plus exigeante à cause des bénéfices en chute libre. A ce tarif-là, les rêves se terminent toujours pas des cauchemars.
Si l'évolution cherche, peut-être, à ce que le meilleur gagne, on a aussi remarqué qu'elle fortifie les "moins nantis" pour qu'il reste des moyens de veiller "au grain" dans un arbitrage et assurer, ainsi, la diversité.
Je laisserai, encore une fois, le dernier mot à Stefan Hessel, celui qui a fait un tabac avec son "Indignez-vous": "Je n'ai pas de moteur, j'ai seulement eu la chance de me souvenir avec mes 94 ans, de ce qui allait mal avant et qui va mieux maintenant. Lors d'une discussion avec Edgar Morin, il disait qu'il était improbable que le monde aille vers un mieux mais il admettait que l'on a vu l'improbable surgir tout le temps dans l'histoire et qu'ainsi, le monde continuait à tourner. Les individus, quand ils s'en vont, gardent la trace qu'ils laissent derrière eux".
L'enfoiré,
Je vous ai habitué à beaucoup de caricatures humoristiques de Kroll. Je le remercie encore pour me le permettre. Son nouveau recueil de caricatures "Quand est-ce qu'on mange?" est sorti. C'est en couleurs et c'est presque en 3D avec la compréhension du monde par l'humour.
Selon Kenneth Rogof, qui se posait la question si le capitalisme peut être durable, disait quye le capitalisme pourrait très bien réapparaitre sous une autre forme de capitalisme. Rien d'insurmontable. Il suffit de trouver un équilibre entre égalité et efficacité.
Citations:
- "La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire.", Gaston Bachelard
- "Une des phases nécessaires de toute conquête, grande ou petite, c'est que les conquérants se querellent entre eux pour la possession et le partage des biens des vaincus.", Augustin Thierry
- "Les conquêtes sont aisées à faire, parce qu'on les fait avec toutes ses forces ; elles sont difficiles à conserver, parce qu'on ne les défend qu'avec une partie de ses forces.", Montesquieu
09:55 Publié dans Economie, Histoire, Monde des affaires, Organisation, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17/11/2011
Tout dire, tout écrire, tout caricaturer et puis en rire
Il y avait l'ego de la communication. Il lui fallait du continu. L'information et la communication, toujours elles. Quand on a fait partie des TIC, du Traitement de l'Information et des Communications, il s'agit d'être précis. Mais encore...
Comme règle générale, on pourrait dire qu'il faut communiquer pour exister soi-même et faire exister les autres.
L'information est un concept étroitement lié aux notions de contrainte, communication, contrôle, donnée, formulaire, instruction, connaissance, signification, perception et représentation. Hors contexte, elle représente le véhicule des données comme dans la théorie de l'information et, hors support, elle représente un facteur d'organisation.
C'est dire que l'information existe telle quelle. Elle est statique, dépendante d'une évaluation, d'éléments de mesures, d'un "thermomètre" dans l'espace et dans le temps.
"La communication permet d'établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu'un, l'ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d'un message auprès d'une audience plus ou moins vaste et hétérogène et l'action pour quelqu'un, une entreprise d'informer et de promouvoir son activité auprès du public, d'entretenir son image, par tout procédé médiatique.".
Par elle, l'information est dynamisée, interprétée avant d'être transmise. Elle peut donc être abimée, enflée ou tronquée.
Auparavant, la communication d'informations se pratiquait dans l'église du village via la chaire de vérité, comme serveur et les chaises, comme clients, dans la catéchèse (déformation de "catéchaise").
L'imprimerie avait apporté la première "distorsion" en éclatant l'information mais à sens unique. Les dégâts dus à une information fausse étaient limités dans l'espace (par la langue) et dans le temps (par la péremption ou la prescription).
Internet a permis, depuis, l'interactivité et l'information circule tout azimut. Cette interaction si elle parait équitable, est aussi la source de malentendus qui une fois transmise, se fissionne, en perd son origine et son authenticité en chemin et dans un temps de plus en plus court. 
Cela étant dit, voyons ce que l'article trouvait comme correspondance dans l'affaire du Charlie Hebdo, rebaptisé "Charia hebdo. 100 coups de fouets si vous n'êtes pas mort de rire".
Si la sensibilité immédiate est mauvaise conseillère, les susceptibilités religieuses sont encore plus ravageuses.
Fallait-il brûler Charlie Hebdo? se demande un rédacteur. Le raffinement de Charlie Hebdo? Autant se rappeler,qu'il est le digne successeur de l'Hara-Kiri, le journal autoproclamé "bête et méchant".
L'émission dominicale sur TV5, Kiosque (entre les minutes 45:55 et 52:00), avait dans sa rubrique "Polémique", des journalistes de plusieurs horizons qui en discutaient ferme. -"Inquiétant? Comment réagir dans une société démocratique? Nous vivons dans des sociétés où on a droit aux blasphèmes", disait le Canadien.
Quand la démocratie reste un concept totalement différent de pays à pays, c'est déjà perdre de la rigueur.
-"Il l'a cherché, Charlie Hebdo" lançait la musulmane qui disait, pourtant, en préambule, que "son pays, le Liban, gardait une ouverture d'esprit".
-"Intolérance et violence inacceptable et pas de 'oui, mais'", répondait l'Italien avec véhémence.
Des "croisés de l'antiblasphèmes" existent aussi dans le monde chrétien. L'Institut Civitas, issus de la Cité catholique et de Jean Ousset, attaquent la christianophobie en France. La riposte à "Golgota picnic" n'est qu'un exemple. Alain Escada se défend avec ces mots "Pas d'affrontements mais une guerre culturelle". Pas besoin de chercher ce que signifie chaque mot séparément...
En cause,, intégrismes et extrémismes contre l'ignorance de jusqu'où aller trop loin?
-"On peut tout dire, mais pas à n'importe qui", viendrait à la rescousse, en échos.
Les évidences sont mal perçues. Alors, quand on applique un emplâtre sur une jambe de bois, c'est couru d'avance, cela peut faire mal.
Il n'y a pas que les paroles et les textes qui "tuent".
Les images font, aussi, scandale. La campagne publicitaire de Benetton, "Unhate" le prouve.
"Question de Foi ou de foie", pourrait-on ajouter avec un peu d'humour. Quand les cultures et les religions, différentes, se retrouvent dans la même Toile, vu la mondialisation des idées et la mixité des idéologies, retrouvées sur la place publique, il faut s'attendre aux chocs des mondes.
Liberté d'expression contre religion? Un match perdu d'avance...
Quand j'ai publié mon premier article qui parlait de la religion de manière général, la période des caricatures de Mohamet survint. Je pris le temps pour sortir le 2ème volet. L'islam n'était pas même invoqué. Quant au 3ème, il arrivait près d'un an après le premier. Articles qui m'avaient demandé une longue période d'incubation, malgré la collaboration de ceux qui m'y ont aidé.
Quand on parle de Foi, on se retrouve soit au recto, soit au verso d'une même histoire mais sans ce fameux ruban de Möbius pour se rejoindre en passant du côté face au côté pile.
Le journal "Charlie Hebdo" ne "grattait" plus de l'information.
Il remontait à la naissance, à l'éducation, aux fondements des personnalités. Plus rien à voir avec le "politiquement correct" que peut être une information mais du trop "religieusement incorrects".
L'article du journal dont je m'étais inspiré, rappelait des principes de base de ce qu'est une bonne communication de l'information. Celle-ci respecterait les fondamentaux de la communication. Mais, les recommandations ne sont pas toujours à respecter à la lettre derrière des principes de base édictés.
La communication se doit d'être ...
- compréhensible. Si elle ne l'était pas, aurait-elle une autre destination que la poubelle ou les spams?
- crédible. Là, cela dépend. Les fictions dépassent parfois les réalités. Les énormités qui défilent sur Internet, non vérifiées doivent être contrôlées, contrebalancées, comparées avec d'autres sources. Il y a le scoop et puis il y a le cerveau qui doit réagir.
- "just in time" et rester dans l'actualité. Tout dépend de ce qu'on appelle "actualité". Il est préférable parfois d'attendre pour ne pas avoir à lire des démentis qui contredisent l'info initiale.
- avoir une vue sur le long-terme. Long terme dans le passé ou l'avenir? Le passé est rigidifié. Le futur est indéfinissable sans boule de cristal. Seul l'historien peut s’enorgueillir de faire un travail avec des bases plus solides. Quant aux visionnaires, aux prédicateurs, ...
- viser le bon public. Quel est-il? Est-ce qu'il ne se construit pas en fonction de l'expérience, du hasard de ses consommateurs?
- transparente. Translucide est peut-être préférable à la transparence.
- utilisable. Pas de pub. Pas de propagande. Pas d'informations qui ne serviraient que son auteur.
- renfermer du sens. Quel sens? Le sens de son lecteur ou de son diffuseur?
Le "no comment" peut pourtant se justifier en manque d'informations. Le silence reste d'or et est une option valable dans les situations périlleuses pour ne pas aggraver les faits mais elle doit rester limitée dans le temps.
Si rien de nouveau à l'ouest, les médias se doivent de la mettre en sourdine. Pas besoin d'histoire de chien écrasé pour meubler, même si cela pourrait être douloureux pour Tintin, le maitre de Milou. Par définition, l'immobilisme force au silence.
On ne parle jamais de corde dans une maison de pendu, même si très vite, on essayera d'embrayer sur la longueur de la corde.
Sans "forcing" l’information se doit de venir de soi, de sa tête, de son cœur, de sa rate ou de son foie pour ne pas se retrouver entre "Motus et bouche cousue" ou "Botus et mouche cousue", comme disent les Dupond et Dupont.
Que demande le "peuple" de l'information et de sa communication ?
Qu'elle soit utile, utilisable pour lui-même et lui fasse comprendre ce qui l'environne. En cette période de récession larvée, il faudrait réinventer la solidarité dans beaucoup de domaines. Dans celui de l'information et de la communication, pour qu'elles restent plus positives et profitables, ce n'est pas moins vrai. Cela, en dépit du dicton, qui dit que pour vivre heureux, il faut rester caché. Le dernier qui a parlé a toujours raison.
Quant à la provocation, elle fait partie de la vie de tous les jours au détour d'un regard, parfois derrière des grilles d'un marchand de mannequins.
Les banques, Dexia en dernier lieu, ont souvent été accusées de mauvaises communications. Les informations boursières et encore moins les rumeurs, ne peuvent devenir un moyen d'influencer les cours en biaisant la vérité. Cela deviendrait suspect et punissable comme l'est un délit d'initié.
La situation inextricable de notre politique belge ou de celle de l'Europe n'a, souvent, pas mérité autre chose que le "damage is under control".
Les gens se fatiguent à entendre la même information. Pour les médias qui n'ont d'autre à se mettre sous la dent et la plume, c'est, peut-être, le moment de remonter aux sources, à l'histoire. Informer, c'est aussi construire la culture générale et instruire ce "peuple".
Il y a l'information et la façon de la diffuser. La forme fait surnager le fond ou la coule, à jamais, avec elle. 
Que voyons-nous dans les cas de Assange et Zuckerberg d'après cette image, reçue dans mon mail? Quel en est le message, une fois, traduit? ----->
"Assange donne gratuitement des informations privées sur des corporations et se retrouve condamné".
"Zuckerberg donne des informations privées à destination des corporations et est l'homme de l'année".
S'il y avait un compteur pour les deux, on se retrouverait, peut-être, à du 50/50. Toutes deux, à moitié vraies et à moitié fausses.
Assange reçoit des dons. Ce n'est pas lui qui les apporte. Il glane ses infos, les rassemble par l’intermédiaire de généreux donateurs d'informations sulfureuses. Il n'est condamnable que pour des faits qui n'ont rien à voir avec son site. Cela n'en déplaise à ceux qui sont inventoriés de manière "indélicate" dans les révélations d'un autre temps.
Zuckerberg, lui, utilise la bêtise de ceux qui se donnent sur Facebook, gratuitement et entièrement, sans même s'en rendre compte. Quant à être l'homme de l'année, ce n'est que le résultat d'une histoire, de toute une infrastructure et de collaborateurs.
Qui sont les plus pigeons? Cherchez l'erreur...
L'informateur restera toujours comme l'"homme qui parle à l'oreille des chevaux". Il se doit prendre des précautions d'être compris et d'ajuster ses données à son auditoire.
Aujourd'hui, plus que hier, tout message reste suspect et demande une analyse dans le monde de l'information. C'est au consommateur de l'info transmise de se faire une opinion personnelle, après analyse, recherches, sans qu'on lui en prémâche trop de solutions à l'avance.
La Chine a annoncé le lancement d'une campagne contre les "fausses informations", les "faux journalistes" et les organes de presse "illégaux". Là, on touche à l'autre bout, à la censure, après un filtre étatique aux mailles trop fines.
Le mouvement de Mauss était réactualisé par le sociologue, Alain Caillé, en ces termes: avant d'être "l'homo oeconomicus", il y a eu "l'homo donator" avec l'échange symbolique constitué des mots "donner, recevoir, amender et rendre" dans une sorte d'empathie, même forcée. Une entreprise humaine qui marche est celle qui a une logique de dons entre ses interlocuteurs. Rien ne marche si l'information ne circule pas. Elle doit seulement obéir à la règle générale de vouloir informer sans idée de rétention de l'information pour en garder les bénéfices personnels.
Le parallèle avec les TIC est peut-être à faire ici. Bizarre? Pas vraiment...
Le Traitement de l'Information et des Communications ont aussi évolué dans le temps de manière drastique, pragmatique, numérique. Le bug de l'an 2000 n'a été qu'un exemple de contraintes pour gagner de la place.
Au départ, les TIC demandaient une attention particulière pour restreindre en temps les instructions transférées à la machine, trop courte en mémoire, en surface de stockage et en vitesse du traitement. Les infos, les données, numériques ou non, et les buts à atteindre, étaient, pourtant, les mêmes pour garder une vision qui permettait d'orienter, au mieux, le futur.
Que s'est il produit dans l'évolution en plus du développement technologique du hardware? Le software, dans une profusion de langages, pour faire comprendre à une machine, ce que l'on veut d'elle. Langages utilisés qui ne se comprenent pas toujours entre eux sinon par la dégradation de l'original, appelée "fichiers plats".
Quant à l'utilisation de la machine, on a essayé de la rapprocher de l'humain, de la rendre "user friendly", conviviale, pour espérer ne pas se déconnecter totalement du public et, surtout, pour raison "marketing".
Si les potentiels se sont accrus pour y arriver, les médias se sont multipliés et les complexités ont suivi le même chemin. Alors, les informaticiens ont eu l'habitude de découper les problèmes en rondelles dans des processus qui se renvoient la balle après avoir apporté leur propre quote part au traitement de l'information.
Le malheur c'est que les consommateurs ne sont pas des machines et ne suivent plus, noyés sous l'information. La méfiance s'est installée car l'information qui en découle s'est retournée parfois contre leurs propres intérêts sous le couvert d'auspices très bénéfiques.
Comment dissiper ces malentendus, les sérier, ordonner les informations pour que les messages passent encore?
Google avec son moteur de recherche, a tenté de répondre à la question.
Le problème c'est que cela fonctionne via des algorithmes très sophistiqués, qui donnent la prépondérance à une info plutôt qu'à une autre en fonction de son gain commercial. Pour les infos non commerciales, une foule de considérations entrent en jeu comme le choix des mots clés, du chapeau de l'info et des processus encore plus secrets.
C'est aux utilisateurs de déjouer les leurres et à passer plus de temps pour descendre dans l'arbre car tout est là mais est perdu dans la masse.
Dans l'intimisme de la vie de tous les jours, la réponse à l'approche de la communication est encore plus comique, plus déconcertant et, en finale, réconfortant.
Le nouveau film "Mon pire cauchemar" apporte la confrontation inattendue entre des interlocuteurs avec des rôles à contre-emplois presque total. Une grande bourgeoise intello, travaillant dans le domaine de l'art, joué par Isabelle Huppert et un prolo sans complexe, emmerdeur et grossier, interprété par Benoit Poolvoorde. Situation explosive garantie... Une guerre programmée. Pas vraiment une fatwa, même si cela peut y ressembler.
Dans ce film, les introvertis et les extravertis se rassemblent sur une même ligne alors qu'à la conception, ils étaient restés sur des lignes parallèles sans espoir de se rencontrer. "Communiquer" peut, ainsi, devenir le pire cauchemar.
Il y a l'instruction en porte-bagage et l'expérience comme cache-émotions ou cache-sexe, les tics, les tocs, qui prennent le dessus.
Quand il y a une différence de classe, la vision devient encore plus trouble.
Ce qu'on a dans la tête et du temps pour analyser permet seulement d'en sortir. La fin du film est, cette fois, heureuse.
Le premier qui fait le premier pas et qui appréhende les différences, avec courage et compréhension, c'est celui qui gagne le pari. Le rire devient le pare-chocs de l'existence. Quelques poissons d'avril en (2006), (2007), (2008), (2009), (2010), (2011) allaient dans ce sens.
Si Aristote disait que le rire est le propre de l'homme, il peut devenir ironique dans le style "Voltaire" et ainsi devenir un art de la méchanceté ou encore idiot et non productif.
Malheureusement, les crises à répétition aidant, on ne "peut" plus rire (on ne "sait" plus rire, dirait-on, avec notre belgitude).
Les grincheux persisteront et signeront toujours. Il y aura des bides, des vertes et des pas mures.
Il n'est pas toujours aisé de faire comprendre à l'autre qu'on peut être différent et que malgré tout, on lui veut du bien, parce que il le vaut bien, comme dit la pub.
Nous ne sommes des Martiens sur cette Terre, seulement des humeurs, des différences subtiles d'appréciation, vis-à-vis des circonstances d'un même drame de devoir vivre ensemble et rester, en définitive, victimes de peurs de l'autre. Le plus grand bide, c'est de n'avoir pas osé faire ce putain de "premier pas".
"Finalement, je me suis lâché", disait Benoit Poevoorde.
"Il faut qu'on slash" et pas uniquement en chantant ou en dansant, comme le fait Sébastien.
Thomas Gunzig le disait, pas uniquement mardi dernier, dans le café serré, mais, aussi, dans un autre, celui de ce jeudi, avec sa verve habituelle.
Alors, êtes-vous plutôt Poelvoorde ou Huppert, ou encore, Efira, comme candide volontaire, ou enfin, Dussolier, celui qui croit avoir tout compris et qui compte les points ?
L'enfoiré,
Citations:
- "Le plus grand bien que nous faisons aux autres hommes n'est pas de leur communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur.", Louis Lavelle
- "La parole a été donnée au commun des mortels pour communiquer leurs pensées, mais aux sages pour la déguiser.",Robert South
- "Communiquer suppose aussi des silences, non pour se taire, mais pour laisser un espace à la rencontre des mots.", Jacques Salomé
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10/11/2011
Histoire des grands empires économiques (1)
L'été dernier, le magazine économique Capital sortait un hors-série sur l'histoire de quelques grands empires économiques en donnant les étapes de leur création, de leur apogée, de leur déclin et parfois de leur disparition. La création d'une telle entité se crée grâce à la maîtrise du commerce, s'affine par le génie de l'innovation ou se perpétue par la passion de construire, dans ce premier volet.
L'historien Philippe Norel, auteur de "L'Histoire économique globale", déclare en préambule que "La domination de l'occident a été surestimé". Son site reflète la vision globale de l'histoire du monde.
"Du début de l'Antiquité, à la naissance du capitalisme, presque tous les progrès économiques et scientifiques ont vu le jour dans les empires orientaux et asiatiques. L'Occident a seulement pris le relais... L’Occident occupe une place prépondérante jusqu'au quatre derniers siècles de l'Empire Romains et ne reprend un rôle que lors de la Renaissance et une place de dominant, à la révolution industrielle. Cela représente huit siècles sur vingt avec une proportion qui diminue encore quand on élargit la période. L’Empire du Milieu s'attire tous les lauriers dans la majeure partie. Les progrès techniques, attribués à certains européens, ont une paternité plus ancienne. L'imprimerie par caractères mobiles, partis de Chine, a transité par la Russie, avant d'avoir été réinventée par Guttenberg. Perfectionnistes, les Européens y ont ajouté, en plus, la rentabilité en valorisant les inventions des autres. Les interactions entre les civilisations, entre les cultures, les ouvertures par l'intermédiaire du commerce et de l'économie apportent plus de pérennité aux Empires. Mais, plus un Empire s'étend, plus il coûte cher, moins il est contrôlable et rentable. Les Empires qui ne reposent que sur la conquête militaire, ont leur déclin programmé. Marshall Hodgson, William McNeil, Fernand Braudel sont cités pour expliquer ce phénomène avec la perspective du "world history".
1. La maitrise du commerce.
Cela avait commencé par des échanges, il y a 5000 ans. Les protagonistes du commerce et des marchés sont les prémisses de ce que sera le capitalisme dans son aboutissement que l'on connait aujourd'hui. Celui-ci se retrouve déjà inclus dans le processus d'enrichissement des marchands.
De -3900 à -1600 AC: La Mésopotamie. Prospérité qui repose sur l'import-export.
Entre le Tigre et l'Euphrate, la Mésopotamie peut être considéré comme fondatrice d'un capitalisme précoce puisque des joint-ventures en faisaient partie. La ville Uruk organisait le commerce entre les cités-États alors qu'elle ne constituait qu'un agrégat d'un millier d'hommes. Extension durant la dynastie Ur. Une diaspora de marchands sumériens exportait en caravanes avec céréales, produits agricoles transformés et revenaient avec du bois, du cuivre, des roches, des pierres précieuses. La civilisation sumérienne est conquise par l'akkadien, Sargon. Deux siècle de domination, avant le retour des Sumérien. Hammurabi réunifie l'empire à Babylone. Il perfectionne le "système" avec des inventions organisationnelles, telles que l'utilisation de fonctionnaires, de banquiers, des tribunaux, une économie qu'on appellerait libérale décentralisée. La prospérité est recherchée dans des échanges en majorité locaux et tournés vers l'artisanat. Les profits restent une opportunité et pas une obligation.
De 1100 à 1550: Les cités-états européennes, Venise, Gènes, Bruges, Lubeck, Londres et Lisbonne prospèrent grâce à un vaste marché commun non enfermé derrière des murailles.
Les villes grossissent et dépassent vite les 100.000 habitants avec des comptoirs jusqu'en Asie. La route des épices et de la soie se trace. Venise est aussi riche que la France entière. Les Flandres deviennent un grand pôle drapier. Le capitalisme financier s’organise et oublie le troc. Banques de dépôt et de change à Gênes et à Venise. Assurance contre les risques en mer, comptabilité, lettres de change et chèques. Usure est condamnée par l'Eglise. En finale, les cités-Etats cèdent la place aux nations.
De 1579 à 1700: La Hollande. Paradis du libre-échange a créé les premières multinationales sous le contrôle de bourgeois d'affaires.
La moitié de la population se regroupe en ville. L'omniprésence de l'eau donne l'expérience de la navigation. Une éthique protestante, libérale veut supprimer les taxes sur les marchandises et les remplacer par des impôts. Les Provinces Unies s'appuient sur des mairies à forte rentabilité. La spéculation s'organise. La dynamique de la mondialisation est initié. La Compagnie des Indes et la Bourse d'Amsterdam vont éliminer les concurrents portugais. La concurrence de la Hollande avec la France et l'Angleterre, les lourds investissements à l'étranger, la transformation en rentière avec les richesses accumulées à l'étranger, apportent le déclin des Provinces-Unies.
2. Le génie de l'innovation
L'extension des connaissances monopolise les grands esprits scientifiques.
De -800 à -30 AC: La Grèce. Berceau de la démocratie et sources des connaissances.
Les philosophies de Platon, Ptolémée, Sophocle, Archimède, Hérodote. Les sciences d'Hippocrate, Pythagore, Aristote, Aristophane. La politique, comme Thucydide et Socrate. Tous apportent une harmonie du Cosmos. L'art de la guerre intéresse avec la passion de la Terre. Alexandre Le Grand étend son empire jusqu'à l'Indus. Les exportations de laine, d'armes et de céramiques utilisent la puissance de la flotte grecque pour régner sur la Méditerranée. L'aspiration de devenir rentière par l'économie et la politique a permis les prémisses d'une démocratie. Les mythes rejoignent les sciences dans une oligarchie.
De 581 à 1279: La Chine du Moyen-Âge. Âge d'or pour l'économie, la science et les arts.
La dynastie Tang a lancé la Chine sur la voie de la prospérité. La dynastie de Sui et celle de Song vont confirmer le progrès. La capitale Chang'an, anciennement Daxngcheng) devient le pôle d'attraction de cette transformation par son urbanisme raffiné qui surclasse, en tout, celui de l'Europe de l'époque. Routes et canaux pour les communications qui arrivent au bout de la route de la soie, les achat de thé, payé par des lettres de crédit. La professionnalisation de la bureaucratie, le développement social supérieur, la production de fer, les machines inventées dans le secteur du textile, la réduction de la main mise par l’État, la monétarisation de l'économie concourent au développement et à la création du capitalisme. Le seul problème, les inventions n'aboutissent pas toujours. La boussole et la poudre à canon ne sont utilisés que localement. La peste, les assaut des Mongols mettront le holà à cette avancée. La Chine va ainsi s'endormir pendant près de 700 ans. Malgré ses atouts pour concurrencer la Grande-Bretagne, la Chine a été canalisée. Pas de miracles industriels possibles sans sortir de ses frontières. Hong-Kong faisait l'exception à cheval entre le monde oriental et occidental.
De 632 à 1258: L'empire arabe Quand le monde musulman montrait le chemin à l'Occident.
La mort de Mahomet marque le début de la conquête économique avec l’Islam rayonne. Les Omeyyades, les Abbbasides, les Amoravides, les Fatimides se partagent des parties de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique, soudés par une seule langue et une seule religion. La métallurgie, les métaux précieux, le textile, le verre, la céramique apportent le soutien logistique. Le problème de l'eau est résolu par les Norias, les barrages et les canaux. Les marchands sont les rois du commerce avec des lettres de change et leur monnaie, les dinars, mais ce sera sans prêts avec intérêts interdits par le Cora. Les chiffres arabes existaient déjà en Inde, mais l'invention du zéro complète la numération décimale. L'algèbre, les équations jusqu'au 2ème degré, l'astrolabe permettent de se positionner par rapport à la Mecque. La médecine et la philosophie apportent le raffinement à la pensée. Ibn al-Haytham peut être considéré comme le Newton de l'Orient dans le domaine de l'optique. L'opposition entre l'Irak et l'Iran reste constructive. Les Mongols détruisent la puissance politique arabe. L'intransigeance religieuse sape le moral de la croissance scientifique. L'Iran, l'ancienne Perse, devient le maître à danser de ce Proche Orient.
De 1700 à 1914: La Grande Bretagne. Creuset de la technologie industrielle.
James Watt et sa machine à vapeur. Richard Arkwright et sa filature. Thomas Jeffrson, Benjamin Franklin, Matthew Boulton, Joseph Pristley, Erasmus Darwin ont bouleversé l'organisation économique et sociale. Politique de brevets qui arrive dans le domaine public. Textile, sidérurgie et transport, puisque le charbon abonde en sous-sol, font que la main d’œuvre se centralise dans les villes. Le train de George Stephenson permet de sortir des campagnes. 50% des souscripteurs du succès du train proviennent de l'épargne des commerçants.Le travail devient une tâche répétitive, à la chaîne, dans des temps modernes, "harmonisés" par les machines. Les conditions de travail, deviennent déplorables, à la recherche du prix minimum. La Reine Victoria se retrouve à la tête du plus vaste empire colonial dans Commonwealth (1/4 de la population mondiale) avec Londres comme capitale. L'accès aux matières premières, à l'énergie, les marchés coloniaux contribuent à un âge d'or. La progression devient exponentielle jusqu'à ce que la bulle explose dans le krach de 1846. Vers 1890, grâce à des progrès techniques plus rapides et une stratégie identique, les USA volent la vedette de leader industriel à la Grande-Bretagne. La lampe à incandescence, inventée en 1879 par Thomas Edison et l'électricité permettent aux Etats-Unis de se hisser au top du 20ème siècle. Le train, supplanté par d'autres moyens de locomotion, ne réalise plus le seul lien entre les cultures d'entreprises malgré ou grâce à une complexité grandissante. Après la guerre de 1945, l'avance américaine s'affermit grâce à une industrie intacte, une armée et un système financier vigoureux.
3. La passion de construire.
Technologies frustes et croissance nulle, mais dirigeants tout-puissants sont à la base de monuments pour magnifier leur grandeur dans la pierre.
De -3000 à -30 AC: L'Égypte Une économie figée, routinière mais prospère.
Pharaon est Dieu sur Terre avec une fenêtre sur cour du clergé, des notables et des scribes en castes sociales. Hiérarchie et centralisation. Autorité et traditions. Concept de la croissance est inconnu. Même s'ils ont dompté le Nil, les Egyptiens sont moins développés dans le commerce. Le tissage du lin contre importation de bois. Main d’œuvre gratuite et libre pour la construction de merveilles mais cela reste à fonds perdus. La conquête romaine y mettra fin.
De 300 à 1532: Les Précolombiens. Archaïsme flamboyant.
Ni roue, ni animaux de traits, ni outils en métal. Mayas, Olmèques, Toltèques, Azteques, Incas construisent des temples et des palais. Maïs, tomates, oignons, patates, piments entrent dans l'alimentation. Sciences et arts, les codex en glyphes, l'almanach pour le contrôle du temps à l'aide de nombres en base 20 (vingisémal). Tenochtitlan comme capitale. Cortes mettra un premier terme. Pizarro, un deuxième chez les Incas.
De 802 à 1431: Les Khmers. Bâtisseurs de cités préindustrielles.
Anghor. Temples, canaux, bassins qui maitrisent l'hydraulique pour le riz. Pas de société civile. Seuls les artisans majeurs sont libres. Un million d'habitants. Opposés aux Champa, les Thaïs détruisent la ville d'Anghor.
De 1526 à 1857: Les Moghols Une grande puissance éprise de raffinement.
Bâbur envahit Kaboul avec son artillerie. Empire indien est agraire. Les richesses en bijoux, le Mausolée de Taj Mahal et autres monuments prestigieux sont créés par une main d’œuvre bon marché. Pas de flotte navale, ils laissent les étrangers possèder les ports et contrôler le commerce. Les castes empêchent la mobilité sociale. Pas de classe moyenne. La décadence est accélérée par la conquête britannique.
De 1643 à 1715: La France de Louis XIV. Grand siècle de rayonnement européen.
Le Roi Soleil compte 54 ans de pouvoir dans un régime absolu de droit divin. "S'agrandir est la plus digne et la plus agréable occupation des souverains". Une armée menée par Condé et Turenne supporté par le génie de Vauban et une politique de Le Tellier et Louvois. Une diplomatie efficace, officielle ou officieuse, mêlée de corruptions. Une langue utilisée comme vecteur du savoir et de la culture propagée par Molière, Racine, Corneille, Boileau, La Fontaine, La Rochefoucauld, Perrault, Bossuet, Pascal, Poussin... Les constructions par Le Nôtre, Le Vau, Le Brun, Mansart. L'intendance des finances de Fouquet, dispendieuse, opposée à la rigidité de Colbert. L'obligation de conquêtes par la guerre pour payer la dette militaire qui en période de conflit, dépasse 75% du budget. Les ouvriers embauchés sous la contrainte et le monopole étatique, basé sur la taxation. Freiner les importations et accroître les exportations comme stratégie économique. Empire colonial avec des comptoirs en Inde, au Madagascar, en Louisiane, au Canada et dans les Antilles. Culture du ver à soie, du lin, du chanvre et du bois. Le protectionnisme, le centralisme, l'interventionnisme et le dirigisme ne permettent pas de libéralisme.
Commentaires et événements.
- Les "Enfants d'Abraham" organisait une confrontation intéressante entre religieux de trois confessions et économistes. La question: "L'argent gouverne-t-il le monde?" Les religieux, en présence, n'étaient pas dupes envers les banques et les indignés. Le pouvoir temporel ou spirituel a toujours trouvé des relations très intimes avec le pouvoir et l'argent. Pourquoi en serait-il autrement en temps de crises? Comme le disait le journaliste, Jean-Marc Sylvestre: "Le capitalisme a toujours servi à optimiser les facteurs de production. Ce sont les acteurs qui doivent être moraux pas le système. Seuls des contre-pouvoirs efficaces seront habilités à les contrôler ". A la question posée par le rabbin, «Que faudrait-il mettre à la place ? », répondre par «Le royaume de Dieu!», ne correspond pas à la solution. Les solutions ne sont pas à chercher, du côté des religions, une responsabilisation, même si certains de leurs principes de vie sont à emprunter dans la pratique. "Ce n'est pas leur boulot", achevait le dialogue. Une autre réunion expliquait mieux en ne pas mélangeant pas les menus.
- Demain, 11 novembre, à Bruxelles, aura lieu la première réunion du G1000, basé sur la conviction que les citoyens ont quelque chose à dire sur le fonctionnement de la société, même entre deux élections. Une goutte d'eau dans un immense océan de 7 milliards d'individus? La réforme du capitalisme et de l'économie dépasserait le cadre d'un pays trop dépendant de l'extérieur de ses frontières et ne sont apparememnt pas dans les sujets. Des tentatives identiques ont existés au Canada, au Danemark (Danish Board of Technology). La parole aux citoyens.
Renseignements pris au Québec, les conclusions, livrées ci-après, sont moins dithyrambiques: "Lorsque le Parti québécois est arrivé au pouvoir, en 1976, il a entrepris une série d'études pour mener à terme cette réforme. Velléités de réformer le scrutin électoral par la proportionnelle mixte (élus et nommés) au Canada. Manque de volonté ou fléchissement des intérêts pour la question, la réforme a été reléguée aux oubliettes. Les Conservateurs à Ottawa avaient également promis une telle réforme. Une fois au pouvoir, ils ont miraculeusement oublié cette promesse électorale. L'homme est ainsi fait. Lorsqu'il est dans l'opposition, il se promet de réformer. Lorsqu'il est au pouvoir, il oublie de réformer. Etre au pouvoir, c'est goûté à la corruption de l'être et des idéaux. La Belgique est une démocratie représentative depuis sa constitution en 1830. Ce qui montre les limites d'un tel système électoral. Quel que soit l'option politique qui nous gouverne, David Van Reybrouck constatait avec une certaine lucidité que les élections ne permettent plus la constitution d'un gouvernement, mais font paradoxalement obstacle à une gestion politique valable. Et l'article six du manifeste du G1000 stipule bien que: La démocratie s’est corrompue en une dictature des élections. La lecture de ce manifeste est révélatrice du malaise qui secoue le monde, divisé entre les possesseurs de la richesse mondiale (la minorité) et les laissés pour compte (la grande majorité). Je voudrais bien être aussi optimiste que le G1000 lorsque ses organisateurs écrivent dans le manifeste: Si des citoyens lambda sont en mesure de décider d’une vie humaine, ils sont en état de se faire une opinion nuancée et mûrement réfléchie sur certains aspects cruciaux de l’avenir d’une société. Cela est contraire aux théories des masses et au caractère amorphe des grandes minorités qui se laissent gouverner et dicter leur vie face à leur impuissance de changer l'état des choses. Restons optimistes. La Belgique encore une fois montrera peut-être la voie.". Le 11/11/2011 à 11:11:11 tout est possible. :-)
- Pour donner un peu d'entrain à l'histoire, toujours un peu fastidieuse, passons à la révision caricaturale, parfois amusante, de ces dix dernières années.
Le quotidien L'Echo, l'hebdomadaire le Vif-L'Express font appel au caricaturiste, Nicolas Vadot, de nationalité franco-britanico-australienne. Il apporte de splendides dessins, faits de couleurs et de finesses qui dépassent le seuil de la caricature. Approche différente des problèmes de notre temps qui mérite le détour et qu'il rassemble dans son livre "Onde de choc: 150 dessins sur une décennie agitée". Les années 2000-2011 créent chez lui des couleurs toutes particulières.
Une exposition lui est consacrée, en partage avec Marec. Il me semblait intéressant de laisser, à Vadot, le soin de dessiner sa vision du monde. Je vous y invite en cliquant sur une de ses images -------------->
Dans deux semaines, la suite de l'histoire des grands empires économiques qui ont cru à la stratégie de la conquête et sont arrivés à penser à la création d'un ordre mondial avant un nouvel ordre mondial, car tout est éternel recommencement en cycles.
L'enfoiré,
Citations:
- "L'économie est fille de la sagesse et d'une raison éclairée : elle sait se refuser le superflu, pour se ménager le nécessaire.", Jean-Baptiste Say
- "L'économie ne se change pas par décret.", Michel Rocard
- "Il y a deux types de problèmes dans la vie : les problèmes politiques sont insolubles et les problèmes économiques sont incompréhensibles.", Alec Douglas-Home
08:20 Publié dans Economie, Histoire, Monde des affaires, Organisation, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
03/11/2011
Arboretum automnal, tout en douceur
Ce billet est dédié à Pierre, mon ami québécois. Il m'a fait rêver avec ses belles photos de sa Belle Province sous les couleurs d'automne. Je lui apportais récemment un peu des nôtres avec le Rouge-Cloître, qu'il a eu la gentillesse d'intégrer parmi ses propres billets. Samedi, 29 octobre, chasse aux images. Réédition, le 1er novembre. Il fallait faire fort pour rivaliser avec les photos de Pierre. Voici, un autre coin de la forêt de Soignes: l'Arboretum.
A son sujet, il est dit, sur ce très beau site, que je conseille de consulter:
Un des joyaux de la couronne verte. Ce lieu n’est pas inconnu du grand public, mais il existe peu d’information ou de documentation disponible à son sujet. L'auteur tente modestement de combler ce vide. Le site web n’a rien d’officiel et ne dépend d’aucune institution publique particulière. Indépendance qui permet d’en faire un site multilingue, à l’image du caractère national de l’Arboretum, aux portes de la capitale de l'Europe.
L’aménagement de l’Arboretum géographique de Tervuren a commencé en 1902, sous l’égide de Charles BOMMER, conservateur au Jardin Botanique National de Meise, et professeur à l’Université Libre de Bruxelles.
L’Arboretum se situe dans le Bois des Capucins, une ancienne chênaie (dont certains arbres sont toujours là), prolongement nord-est de la Forêt de Soignes (quant à elle, essentiellement peuplée de hêtres).
L’Arboretum couvre une superficie d’environ 100 hectares, et compte 460 espèces d’arbres différentes les plus typiques de la zone climatique tempérée de l’hémisphère Nord (305 feuillus et 155 conifères). L’altitude varie entre 80 et 115m au-dessus du niveau de la mer. La température moyenne est de 9,7°C, et la pluviosité moyenne est de 780mm par an.

Un site d'un amoureux de la nature, comme je les aime.
Ce samedi matin, 18°C au thermomètre et un ciel plombé sous une couverture nuageuse dans le Zoniënwoud de Tervuren. Si le soleil donne l'éclat, il n'adoucit pas les couleurs. Une chance pour les photos, me dis-je.
L'Arboretum est un excellent endroit pour un jogging en forêt, aussi. En ce qui me concerne, un jogging avec arrêts fréquents et pas au pas de course avec le seul regard essoufflé, dirigé vers la seule ligne d'arrivée.
Chaque coin de l'Arboretum cache ses spécialités d'arbres. Ce n'est pas vraiment un jardin botanique, malgré ce qu'en dit Wikipedia. Situé entre Tervuren et le village flamand de Jesus-Eik, dont le nom flamand est traduit, par Notre-Dame-Au-Bois. Beaucoup de villas à l'orée du bois.
Nous sommes en région flamande, et pourtant, on entend toutes les langues sur les chemins.
Le spectacle de la nature est là. Dans les chemins, des promeneurs avec leur chien, des joggeurs qui poussent leurs forces dans leurs derniers retranchements jusqu'à l'extase.
Lors d'une autre escapade, j'avais été tenté par le lyrisme de circonstance pour un autre automne. Je l'avais pris en zwanze, une autre fois. Pour finir même par l'espérer.
Cette fois, je me devais de me confronter à l’automne québecois, sans chercher la compétition, presque perdu d'avance d'après ce qu'on en dit. Peu importe, l'esprit d'aventure me guidait.
Derrière moi, sur un chemin, le bruit de pas qui brassent les feuilles sur le sol et des voix. Un chien qui s’époumone. Je prenais des notes. It's in english.
- You are already on my notes, leur dis-je, les attendant.
Sourires partagés. Un brin de causette s'engage. Tous sont manifestement contents de se retrouver là.
- It's a paradise. Every trees of the world are there, ajoutais-je avant qu'ils ne s'éloignent.
Sortons des chemins battus. Cette fois, seul. Pas de jeux d'ombres grâce à l'absence du soleil. Un silence qui permet d'entendre sa respiration. Des feuilles rejoignent leurs copines sur le sol, dans leur dernier voyage.
Non, je mens. Plus loin, un groupe, entraîné par un garde champêtre qui explique à des citadins, avec de multiples détails, ce qu'il faut y voir. Eux, ils photographient les buissons, les arbres, probablement, de peur de les oublier plus tard.
Je ne suis pas un fana des contre-plongés photographiques, mais, je m'en donne à cœur joie.
C'était aussi la journée du trentième anniversaire de la disparition de Georges Brassens.
Il fallait, donc, que je trouve quelque chose de Brassens. Presque instinctivement, j'ai chanté "Auprès de mon arbre".
En rentrant, il me fallait mieux. Je chercherai et trouverai une autre, bien moins connue et plus de circonstance:
Le Coeur à L'automne
Quand la musique entra chez moi - que nul ne s'étonne -
J'avais, ça. m'arrive parfois, le coeur à l'automne.
Mi-joie et moitié plainte.
Je lui ai dit: "Le temps est fou,
Le vent du dehors vous chiffonne.
Étendez-vous donc sur mon magnétophone
Et reposez-vous.
Je n'avais ouï de longtemps musique pareille.
Je n'en croyais en l'écoutant mes grandes oreilles.
Elle me dit: "J'ai quitté mon maître,
Un saut par la fenêtre.
Il me gardait depuis cinq ans
En me promettant des paroles.
J'étais nue et nue ça n'est pas toujours drôle.
J'ai foutu le camp."
Moi qui suis un peu parolier, jugez de l'aubaine.
"Je peux, dis-je, vous habiller. Oubliez vos peines.
Je sais les mors faits pour vous plaire
Et j'ai deux dictionnaires."
Elle répondit: "Va pour l'essai.
Vous me paraissez brave type.
Lui aussi l'était, mais il fumait la pipe,
Ça me faisait tousser,"
Et la mélodie envolée d'une autre guitare,
Avec mes mots s'est installée dans mon répertoire.
Et bien que je sois sans moustaches,
A moi elle s'attache.
Et les soirs où je me sens vieux,
Alors ça va mieux.
Journées de veille de Toussaint. Pour ces jours du souvenir, je n'allais pas vous replonger dans les habituels "Points morts" des années précédentes. Il faut, parfois, faire la place à autre chose de plus vivant, de sortir des crises en thème et de tous les stress tests.
Danika, une petite philippine, était choisie symboliquement comme la 7 milliardième habitante de notre planète, ce weekend.
Il faut apprendre à s'effacer plus facilement de la mémoire des vivants, de manière moins dispendieuse, comme dirait mon ami québécois.
Les vivants prennent, de plus en plus, la clé des champs lors des congés de la Toussaint. Pas moins de 100.000 candidats au soleil d’Égypte, de Tunisie, des Canaries pour ce week-end de pré-Toussaint. Un record d'affluence dans les aéroports belges. Une envie de voir ce qu'il en est advenu après les révolutions? Je n'oserais pas le crier trop fort. Plus par peur d'un lendemain qui déchante et comme dernier baroud d'honneur avant le déluge de l'hiver.
Il faut ajouter que plusieurs météorologues néerlandais, britanniques et allemands s’accordent à dire que l’hiver que nous allons connaître allait être particulièrement rude. Un hiver de la mort, était-il dit sans honte des mots. Cela a fait sourire notre Monsieur Météo local qui lui, ne travaille pas avec une boule de cristal.
Des saisons plus marquées, moins tempérées comme de l'autre côté de l'Atlantique? Un Gulfstream qui nous aurait oublié?
Non, un weekend doux, sec avec une heure de sommeil en plus. La semaine suivante, rien de changé, toujours de la douceur.
Samedi soir, la télé montrait, au contraire, qu'une tempête inattendue de neige avait fait des morts et 2 millions de personnes sans électricité aux États-Unis. J'ai tremblé pour Pierre, lui qui n'aime pas trop les froidures de l'hiver.
Cela me rappelle un mois de mai, dans les grands espaces de l'Ouest américain. Un transit entre Phénix, avec une températude de 40°C et une escapade dans la neige au Séquoia Park qui suivait.
Contraste saisissant, aussi, entre mon petit pays avec une population concentrée sur peu d'espaces et la rencontre obligatoire avec une ville ou un village à seulement quelques kilomètres de distance l'un de l'autre.
Le 31 octobre, on fête Halloween au Québec.
Hallo Wim, dirait-on plutôt, par ici, avec un accent flamand plus guttural.
Je le croyais du moins. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer cette sorcière d'Halloween, perdue dans cette nature de l'Arboretum. Elle voulait rester incognito, mais à force de persévérance, elle a accepté de sourire pour se faire photographier. Je vous réserve la photo dans le lien en fin de billet.
A chacun sa manière de voir et d'exorciser ses peurs. Petits ou grands.
Le matin du 1er novembre, coïncidence, ma radio, LaPremiere, parlait du Québec avec emphase dans son "Journal de l'évasion". On y décrivait le Mont Tremblant, le Massif de Charlevoix... avec de nombreuses précisions. Là, je croyais avoir entendu le nom de notre ville belge "Charleroi" avant de comprendre qu'il s'agissait d'une station de ski, avec une vue imprenable sur le Saint Laurent. A donner envie.
Reparti pour une nouvelle chasse aux images au même endroit. Le soleil était revenu, avec un peu de brume. Qui sait, peut-être, y trouverais-je une cabane à glace et du sirop d'érable dont on parlait, au matin. Si, je n'en trouve pas, il me faudra les goûter, un jour, à Montréal. Ne brûlons pas les étapes.
Pierre aime les chansons ce jeudi. Moi, aussi.
Florent Pagny terminait sa nouvelle chanson avec une certaine ambition:
Moi je veux tout et son contraire
Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton coeur
Je veux être ici et là bas
Dans tes penser et dans tes bras
Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton coeur
Je veux être ici et là bas
Traverser le fleuve avec toi
Toi, tu es tout et mon contraire
Mon paradis et mon enfer
Mon oxygène, mon courant d'air
La petite princesse et son grand frère
et son grand frère
Mon âme soeur, mon adversaire
Dans ma folie, ma passagère
Mon amour mon un seul exemplaire.
Rien n'est ordinaire en un seul exemplaire pour celui qui reste conscient des beautés de la nature et cela n'importe où.
J'ignore si je suis arrivé à donner l'illusion d'un été indien avec mes photos de ces jours-là.
Vous aurez, donc, le choix parmi elles entre "Sol y Sombra".
De toutes manières, ce sera à consommer sans modération et Pierre n'en dira rien.
Je le connais, il aime partager... :-)
L'enfoiré,
Citations:
- "A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.",Flor Des Dunes
- "Le bonheur, c'est quand le temps s'arrête.",Gilbert Cesbron
- "Rêver, c'est le bonheur ; attendre, c'est la vie.",Victor Hugo
08:20 Publié dans Actualité, Belgique, Nature et Ecologie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27/10/2011
Un peu de tout comme les fromages belges
Des semaines belges, lourdes en événements.
A Bruxelles, en vrac, dans un tiercé dans le désordre qui n'en était plus un, il y a eu les indignés qui défilaient comme partout dans le monde avec le lendemain, le repos des guerriers en photos.
Dexia qui se cherche toujours une porte de sortie sans faillite en quête d'un nouveau nom et en fuite de son passé en dérappage incontrôlé. Date de création 1996. Rêve de mégafusions. Achats de Kempen, Labouchère, FSA, IMI. Crise financière, portefeuil d'actifs risqués. (cf "Le Bal des Vampires" Béatrice Delvaux)
ArcelorMittal mettait, au feu, la sidérurgie à Chaud et 10.000 personnes qui ne pouvaient plus le supporter y voyant une extention possible sinon certaine, dans le Froid. Des délocalisations, des mises à pied.
Des sommets de crises, bras de fer autour de la décote avec l'hémorragie grecque en background...
Dans la semaine, cela faisait cinq cents jours sans gouvernement. Mais, on voit la fin du tunnel, dit-on. Il faut dire que l'usure de l'info est bien présente, même si, depuis, on cherche le quidam ou les responsables, alors que on s'y perd parmi eux.
La Belgique avait mieux résisté à la crise que ses voisins. On se félicitait, c'était du cocorico en boîte.
"Please, no more comments... go ahead, please".
Puis, ce fut "bardaf" comme on dit chez nous. Les événements négatifs de ces deux dernières semaines nous apportaient vraiment des retours de flamme.
"Net ralentissement de l'économie belge, trop dépendante de ses voisins", lisait-on, encore 'une fois', dans la presse financière. Après avoir raclé les fonds de tiroir, plus d'efforts supplémentaires, chez ceux qui faisaient du cocorico, un peu plus tôt.
Alors, remontons le fil de l'histoire pour lui taquiner les "antérieurs". Il y a vingt ans, le BEL20 voyait le jour comme indice phare de cette économie. Créé dans un contexte de bouleversements de la Bourse de Bruxelles. Trop vétuste, celle-ci devait passer la main à l'électronique, avec le CATS, le Computer Assisted Trading System, comme outil de la modernité. Il y avait vingt valeurs dans ce BEL20 pour une valeur globale de 42 milliards d'euros. Aujourd'hui, il y a toujours vingt valeurs, mais ne subsistent que 4 sociétés belges parmi les 20 de départ.
En cause pour tout, le pouvoir et l'argent. Faut pas chercher plus loin plus de responsables. Si, un peu, tout de même...
Si l'argent permet de structurer, de restructurer, de déstructurer pour chercher toujours plus rentable, ne pas se poser de question, c'est ne pas recevoir de réponses comme l'écrivait un rédacteur, documentariste.
Sommes-nous des générations aux racines perdues sur une arche qui ne l'est pas moins?
Est-ce la Science qui se retrouve dans le collimateur par ce que d'autres en font?
L'article "Quand la science produit un totalitarisme technologique et une industrie sociale" qu'écrivait un autre rédacteur qui dit être scientifique, philosophe et qui "écrit vain". Trinh XuanTuan disait "Je suis convaincu qu'on ne peut se satisfaire de de la seule science pour décrire le réel".
Le "Scientisme" est mis en avant dans un commentaire. C'est une idéologie qui est née au 19ème siècle, donc pas récent...
Avons-nous fait fausse route sur toute la ligne, depuis lors?
Je m'amusais dans un autre article dans lequel le "Science et vie" se lançait dans une diatribe de "Incroyables vérités" censée tout expliquer, tout démontrer dans un absolu qui n'existe pas dans des situations réelles.
La fameuse "rupture numérique", qui aurait causé le malheur des hommes, alors? La réponse est mitigée.
On apprend que l'on va devoir travailler plus longtemps. Ce qui prouverait le contraire. Mais, problème, on continue à compter en analogique, même avec l'aide de la calculette numérique.
Dans "Avant-hier, aujourd'hui et après-demain", des acteurs du "drame" essayaient de planifier l'avenir.
Là, on brûlait sur le bûcher des espérances en manque d'imagination. La vision se limitait à des entités "sociétés commerciales", de moins en moins sociales et humaines, portées par le seul souci de faire du chiffre dans le privé mais aussi dans le public. Le calcul du PIB d'un pays doit être le plus élevé et se retrouver bien loin du Bonheur Intérieur Brut. Sans les hommes, pas de société et quand l'homme perd pied, il y a des soucis à se faire.
Retrouver ses racines, revenir sur ses bases, ses références devient sa principale alternative. Pas par nostalgie, mais par seule volonté de s'y retrouver dans le jeu de quilles qu'on lui propose ou, pire, qu'on lui impose sans discussions. Les indignés en sont une preuve chez les jeunes. Le fameux "Y a qu'à" a la vie dure. Des "vieux" leur lancent des invectives en les accusant de ne pas vouloir chercher du boulot de substitution. C'est oublier que l'investissement par les études, c'est aussi la société qui a apporté sa part. Le jeune a été programmé. Ce n'est pas pour qu'il y perde son latin et que la société trouve un manque à gagner avec lui. "The right man at the right place", diraient les anglophones qui ne veulent rien connaître du latin.
Les "vieux" se rattachent à ce qu'ils ont vécu dans leur propre carrière comme référence, ce qu'ils ont appris, expérimenté et oublié. Les "jeunes", à leurs espoirs qu'ils ont apportés par opiniatreté dans les études.
Pour le passé, il y avait le film, "Brassens, la mauvaise réputation" qui revenait sur la vie de Georges Brassens, jeune. Pas vraiment le paradis non plus, à cette époque. Mais il y avait un espoir dans le lendemain plus grand qu'aujourd'hui. La plupart de ses chansons se retrouvèrent dans toutes nos mémoires sans efforts. Trente ans après sa disparition "Brassens est en nous". Le film prend tout son sens avec ses "4 millions de téléspectateurs pour 15.1 % de part d’audience. Il s’agit du meilleur résultat de la saison pour une fiction française sur France 2 sur un public rajeuni, les 25-59 ans avec un score de 14 % de part d’audience".
Une conversation, le lendemain, se branchait sur les chansons de la même époque. Oui, c'était Gabin qui avait chanté "Je sais, qu'on ne sait jamais". Chanson à installer sous son oreiller pour la digérer par osmose. 
Les repères, les certitudes manquent cruellement, encore plus aujourd'hui. Toujours en porte-à-faux, ce présent qui se cherche un futur. La science n'en est pas exempte. Une complexité exponentielle s'est ajoutée.
Le progrès fait presque peur, pour certains, fait trembler d'autres. Un "Question à la Une" constatait que, grâce à la technologie, de plus en plus le consommateur bossait de plus en plus, sans s'en rendre compte, tout en prenant la place de quelqu'un d'autre. Mais on n'arrête pas le progrès, dit-on. On ne le consolide même pas.
Les études techniques ou scientifiques ne font plus recette. Trop d'acquis de la connaissance, toujours remis en question, en fonction de l'argent sur la table des doléances.
Le projet Galiléo qui s'en souvenait encore? Prévu pour 2007. Le GPS américain, on avait fini par s'y faire. Lendemain de la programmation, envol réussi. Un opérateur-investisseur reste encore à trouver, on verra...
En technologie, le bras armé de la science, on parle de "fausse révolution", Steve Jobs a-t-il vraiment créé des Jobs? Apple est devenue la seconde plus grosse capitalisation boursière au monde et dans le même temps, elle a largement délocalisé sa production. En plus, s'il donnait les idées géniales, pour répondre à ses rêves, les plus fous, ce sont ses collaborateurs dans une chaîne de responsabilités qui les concrétisaient.
Un impression que tout va trop vite que tout fout le camp. On ne s'indigne pas uniquement pour une question d'argent mais du comment fonctionne le monde. 
Les inégalités croissantes entre ceux qui savent et qui peuvent et ceux qui ignorent et qui ne pourraient pas.
Les anciens qui s'accrochent à leur bastion, leurs souvenirs, gagnés dans l'effort. Le mot "austérité" a remplacé le mot "croissance", lui qui monopolisait les espoirs dans le futur, pour les "vieux". Incompréhension de part et d'autre face au "système" qui les dépasse.
L'industrie de la transformation a dépassé la croissance nécessaire et diminué d'autant la main d’œuvre nécessaire. Les services sont le dernier ressort, après avoir délaissé successivement l'agriculture et l'industrie. "L'argent dort, mais pas là où on en a besoin. Le retour à la consommation est ainsi déprogrammé", concluait Stiglitz.
Rejeter le progrès en bloc, réinjecter des idées que l'on croyait repoussées dans les arcanes de l'histoire sous un amas de poussière et c'est quelques mages qui reprennent leur bâton de pèlerin et vont expliquer tout ce que vous voulez savoir sans jamais avoir osé le demander. Pas uniquement en économie, d'ailleurs.
Le Vif apprenait que du 13 au 16 octobre, une campagne créationniste avait été organisée par le disciple, créationniste, Harun Yahya. Pour le dernier jour de cette campagne, l'entrée à l'hôtel Radisson Blu Royal, la distribution de livres, épuisés en quelques minutes et un lunch étaient offerts. "Frère" Ali Sadun Engin, venu de Turquie, au perchoir. Pour lui, deux seules hypothèses existent: soit l'homme a été créé par Dieu, soit l'homme est le résultat du hasard. Pas d'évolution dans la genèse de la vie. Pas de preuves puisque personne n'a apporté un fossile intermédiaire alors qu'il a offert 6 millions de dollars si quelqu'un lui en apportait. Le diable s'amuserait ainsi avec l'humanité depuis 150 ans! Le public, séduit, convaincu, n'a pas suscité de polémiques.
Question digne de l'Harakiri, "bête et méchante".
Voilà que le dernier "Science et Vie" utilise le même vocabulaire. En page de garde, "La matière va parler. C'est l'heure de vérité pour la "particule de Dieu".
Si on commence à mélanger les genres, on risque de se retrouver à nager entre deux eaux saumâtres.
Le LHC, c'est lui qui va tout révéler. Trouvera-il le boson de Higgs, en trouvera-t-il un "exotique" ou ne trouvera-t-il rien du tout? Suspense plus que fébrile. A chaque option, correspond déjà une réponse et une marche à suivre.
Quelle importance, d'ailleurs, si on peut en tirer quelque chose qui n'indigne pas et qui enracinera le savoir, sans même le dire avec humour, comme je l'ai fait (car la science n'est pas que sérieuse).
Mais j'oubliais. Nous avons eu aussi Lagardere et Jade à Bruxelles. Le but, la présentation du livre «Comment soigner mon enfant dans l’urgence?» et pour promouvoir le numéro d'urgence 112. Arnaud, lui, dit qu'il va là où elle va! Laurence Bibot rappelait qu'il faut garder l'humour avec le goût d'un café serré dans ces cas. 
Puis il y a, en cherchant bien, quelques lueurs d'espoir dans l'horizon lointain et on arrive à espérer.
Le régime dictatorial de Kadhafi qui se termine dans la liesse, après 42 années. Des parallèles chez les voisins après le printemps arabe qui devient un automne en rodage. L'islam qui leur montre un chemin et qui donne parfois de bonnes surprises avec les banques islamiques qui n'ont pas été touchées par les crises monétaires, avec des émetteurs d’obligations islamiques qui se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran et se refusent d’investir dans les fonds reliés au tabac, à l’alcool et au jeu. Pas de Coran alternatif puisque juste après, on apprenait que l'on retournait à la charia comme loi sans partage. Retour à une case de départ non désirée.
L'ETA qui annonce "l'arrêt définitif de son activité armée" après 40 ans. Qu'est-ce que cela cache? Une action encore plus ciblée ou une fusion d'esprit avec les indignés?
L'Europe trouvait un nouvel accord au finish. La zone euro s'est réveillée sous un soleil prudent, était-il dit. Vous avez déjà vu un soleil prudent? On a surtout compris ce que peut-être "l'argent du beurre" qui disait que "L’imbrication des marchés mondiaux est telle qu'anéantir un bloc concurrent se traduirait par la perte de clients potentiels importants pour sa propre survie et l'ignorer produirait son propre étouffement à courte échéance.". Et, il n'y a personne qui aime perdre des plumes dans leur vol d'Icare.
L'enfer est toujours pavé de très bonnes intentions qu'on y perdrait son latin pour moins que ça.
Pour couronner nos envies de croissance, on apprend qu'à la fin du mois, nous serons 7 milliards sur notre planète.
Et puis, en plus léger, mais qui réconcilie le passé avec la technologie d'aujourd'hui: le film "Tintin et le secret de la licorne". Tintin revient à Bruxelles, en 3D et, en plus, réalisé par Spielberg, himself. Réussite de la technologie, qui fait revivre un personnage de la jeunesse des anciens qui ont "entre 7 et 77 ans". Hambergurisé, notre Tintin?
Tout le gratin était là sur la Place de Brouckere pour l'occasion. Les voitures, copies des albums de Tintin, pour la matinée et le film vu par des tintinophiles dans l'après-midi. Célébration d'une passion de trente ans entre Tintin et Spielberg. "Hergé faisait du cinéma sans caméra", disait ce dernier. (à lire "Hergé Spielberg Quand deux univers se rencontrent" de Laurent Malbrunot).
Réalisé en "motion capture", c'est-à-dire avec des interprètes bien réels qui jouent leur rôle, mais dont les mouvements seront récupérés et numérisés en film. Malgré une appréhension toute légitime, l'esprit d'Hergé, la psychologie des personnages ont été conservés, disent les critiques. 
ARTE se remettait sur les traces de Tintin au Pérou, au Tibet, au pays du Lotus bleu, des Cigares du Pharaon ou face au Crabe aux Pinces d'Or au départ de Bruxelles, avec des images de l'album intégrées dans les paysages naturels et la vie de tous les jours. Tintin, a-t-il reçu un coup de jeune ou un coup de Jarnac? Ce seront les nouveaux jeunes et pas les anciens qui auront le dernier mot.
Un rappel que la Bande dessine toujours sur tous les murs de Bruxelles.
Cette journée de samedi avec Bruxelles en fête, en quelques photos, c'est ici. Mais ce ne sont que le millième de ce qu'ont enregistré les appareils numériques toujours en 2D.
Voilà une preuve que l'évolution avec les techniques d'aujourd'hui, peut garder un coup d’œil dans le rétroviseur et mettre tout le monde d'accord.
Tout ces événements que je viens de raconter, n'ont aucun rapport entre eux, vous allez dire. Et vous aurez raison.
Mais cherchez bien, tout de même, on ne sait jamais.
Comme l'écrivait Bill Bryson au sujet des Sciences, c'est "Une histoire de tout ou presque", dans lequel il écrit dans sa préface "Pour moi, la science était à l'école un sujet distant et inexpliqué. Les livres d'écoles et les professeurs n'ont jamais éveillé en moi le gout de la connaissance, principalement car ils ne traitaient jamais des pourquois, des comments et des quands.".
Pour Milou, déterminer le sexe des anges, c'est Tintin. On a peut-être besoin d'un Tintin reporter, remasterisé, un peu Sherlock Holmes, pour expliquer tout cela.
Mais, pas la peine d'en faire un fromage.
L'enfoiré,
Citations:
- "Il ne suffit pas d'engranger les récoltes du savoir, du savoir-faire, ni de vendanger les fruits du savoir-être et du savoir-devenir, encore faut il accepter de les offrir pour s'agrandir ensemble.",Jacques Salomé
- "L'indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne.", Stendhal
- "La modération trouve encore à glaner dans le champ du bonheur, lorsque les favoris de la fortune semblent avoir tout moissonné", Duc de Lévis
- "Tintin a changé de pantalon après 45 ans. Espérons qu'il a plus souvent changé de chaussettes", Geluck
- "La Belgique? C'est le pays le plus bizarre de la planète", Amlie Nothomb
08:29 Publié dans Actualité, Belgique, Economie, Europe, Histoire, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
21/10/2011
Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves
Il y a bien longtemps, j'écrivais "L'éloge à la lecture". Mais il faut être orienté pour faire aimer la lecture, tellement il y a de choix. Qui lit vraiment? Ceux qui lisent, que lisent-ils?
Christophe Evans, sociologue de la lecture, donnait ses constations dans le Vif-L'Express avec la question "Que lis(i)ez-vous a vingt ans".
La "Fureur de lire", l'opération de séduction pour les livres, fêtait ses vingt bougies en octobre. Les jeunes lisent de moins en moins ou n'importe quoi, disent les "vieux". Était-ce mieux chez les soi-disant "vieux"?
En d'autres mots, ceux-ci ont-ils montré le chemin de la lecture, de manière efficace, aux plus jeunes ou se sont-ils laisser eux-mêmes à la paresse des médias plus modernes?
La lecture des livres est en net recul dans toutes les catégories de lecteurs.
Pas plus de lecteurs d'aujourd'hui que ceux du milieu des années 60, donc... Régression puisqu'en principe, l'éducation s'est allongée, que le nombre de médias disponibles n'a jamais été aussi important, que le choix de lectures explose.
Les magazines, journaux en ligne ont pris le dessus, est-il dit. Les journaux se plaignent pourtant de leur rentabilité. France Soir vient de cesser la publication de son journal en papier.
Il faut que les infos soient non payantes pour suivre le leitmotiv d'Internet qui dit "tout est gratuit" (en apparence du moins).
Internet, malgré son potentiel, a restreint le nombre d'heures de la "lecture pure et dure" pour se concentrer sur ce qui se consomme bien et s'énonce consciemment: l'actualité.
Les lecteurs s'évadent aussi vers la lecture de forums citoyens pour y trouver une autre vérité.
La lecture "littéraire" ne fait plus recette. Point.
On veut du court, du pratique et parfois, quand il reste du temps, du rêve.
Du pratique et du professionnel pour permettre aux lecteurs de rester à la pointe de la technicité et ainsi rester dans le coup dans les conversations. Ajouter l'utile à l'agréable et le payer au juste prix, tel est le contrat. Le côté plus savant est rejeté au calendes grecques, pour des moments plus propices comme les vacances, des moments pour espérer se ressourcer. Pour, en finale, se ressorcer avec des livres policiers dans ces moments privilégiés.
Les bouquins "fonctionnent" s'ils sont en phase avec l'esprit du temps et s'éditent quand le nombre de pages se limitent à 200 avec une police des caractères à gros caractères. Ça les use les yeux, la lecture de petits caractères!
Amélie Nothomb s'est fait une spécialité de phrases courtes et d'histoires courtes. Son dernier livre "Tuer le père" suit cette règle avec seulement 150 pages et une police de caractères "bien en chair". J'ai lu quelques bouquin de la dame au grand chapeau. J'en ai aimé certains, d'autres moins.
Rester original, imaginatif est la clé du succès.
La BD, elle, reste chère alors elle est lue à la sauvette, dans les librairies et grandes surfaces qui permettent la lecture en son sein.
Le livre de poche, malgré une sortie plus tardive que la version originale, plus luxueuse, moins chère et plus transportable.
Qu'est-ce qui fait un "Bestseller"?
Première constatation: les titres, considérés comme bestsellers, ne sont pas les mêmes dans toutes les librairies à se partager les podiums "bestsellers". Pas d'unanimité. Cela commence déjà mal... ou à y réfléchir, peut-être, bien, au contraire.
Plus question de Flaubert, Zola, Balzac, Hugo comme noms qui font rêver. C'est d'accord. Trop scolaires, trop descriptif et/ou plus dans l'air du temps, ils n'intéressent plus que les étudiants romanistes. Libres de tous droits, au besoin, Internet existe pour les retrouver. Donc, les lecteurs passionnés sont ailleurs.
Inventer des scenarii impossibles et y faire pénétrer le lecteur, l'espace des quelques pages.
Ken Follet joue sur deux tableaux, les chroniques historiques saga, comme "La chute des géants" et les histoires plus courtes comme le "Scandale Modigliani" avec un regard dans le passé.
Bernard Werber qui a abandonné les sagas des fourmis, s'intéresse à plus existentiel dans son "Rire du Cyclope", tout en s'infiltrant dans la lecture plus savante.
Dan Brown s'intéresse aux histoires parallèles et se complait dans l'écriture de grands succès garantis par le mélange des réalités et des fictions sans véritables frontières. On ne change pas ce qui marche. Il faut seulement se rappeler que ce sont des romans.
C'est la distillation harmonieuse des réalités dans la fiction qui fait grimper les ventes.
La science fiction, c'est déjà entrer dans un stade plus évolué. On se perd déjà dans le présent, alors dans le futur, on risque de s'y égarer.
Guillaume Musso avec "La fille de papier" imagine la vie qui ne tient plus qu'à un livre, chez un écrivain en panne d'inspiration, alors que son "L'appel de l'ange" mélange les secrets d'interlocuteurs qui par inadvertance, ont échangé leur téléphone portable. Situation plausible mais dont l'extrapollation peut mener aux situations alambiquées.
Marc Lévy, dans "Le voleur d'ombre", a son héros qui capte les secrets de ceux qu'il croise. Imaginer et vous serez considérez, encore une fois.
Eric-Emmanuel Schmidtt dans "La femme au miroir" utilisent la magie du temps qui mettrait en présence trois époques, trois femmes mais qui pourraient être, en définitive, la même femme.
Dans un monde imaginaire, le lecteur se sent transporté par téléportation dans le temps et l'espace, sans quitter son fauteuil.
Mais qu'est-ce que rapporte un "Bestseller" à son auteur? Les noms les plus connus se feront des ponts d'or, d'autres vivoteront, comme partout, mais, encore...
Les romans francophones arrivent, loin derrière, les américains.
Marc Lévy et Katherine Pancol ont empoché 1,8 millions d'euros, hors taxe, grâce aux 15% sur le prix. Le livre de Poche réalise 5 à 6% pour son auteur.
Le magnat du thriller est l'américain, James Patterson. Il invente des histoires en rafales que des collaborateurs se chargent ensuite d'écrire. Un truc comme un autre d'avoir des nègres à son imagination. Un roman sur dix sept est signé James Patterson. Ainsi, il a amassé 84 millions de dollars, en 2010 à raison de huit ou neuf bouquins par an. Son héros, Alex Cross, son Women's Murder Club, des intrigues féminisées, des feuilletons sans fin, comme ingrédients d'une cuisine ou d'une usine à succès.
La 2ème marche est pour Danielle Steel, la reine du roman rose et Stephen King avec Twillight. Les Harry Potter, portés au cinéma, font un tabac chez les jeunes.
De l'exotisme, un peu de sexe, quelques descriptions suggestives et le compte est bon?
Pas toujours. Il y a aussi les drames psychologiques, mixés à de l’espionnage, une histoire d'amour, un roman d'idées comme on peut le trouver sur la couverture du livre à succès du plus français des Amércains, Douglas Kennedy, "Cet instant-là".
En fait, lire s'apprend. Comme avec un ordinateur, en commençant par y "jouer" et pas en se forçant à l'étude d'un traitement de texte ou d'une feuille de calcul.
Pas question pour moi d'avoir cité ces titres de livres pour en faire de la pub. Il suffit d'aller voir ce que les grandes surfaces ou les librairies qui se croient délégués comme conseilleurs de leurs clients. 
Les médias et les vendeurs de livres influencent les lecteurs. Ça, c'est sûr.
Bernard Pivot avec "Bouillon de culture", suivi de "Apostrophes", ont invité les écrivains pendant plusieurs années.
"Une prestation honorable de l’auteur associée à une belle mise en place dans le rayon Apostrophes suscite souvent une augmentation spectaculaire des ventes et un surcroît appréciable de notoriété à la grande joie des professionnels du livre mais au dam de certains intellectuels et d’écrivains.", dit Wikipedia à ce sujet.
La raison serait-elle que la critique n'est pas aimée par tous? Le livre manque d’interactivité entre l'écrivain et le lecteur. Le droit de réponse est presque absent.
Plus le temps de tout lire, vu le débit croissant des bouquins. Le lecteur ne veut plus prendre de risques au jeu de passe-muraille ou de colin-maillard, dans lesquels, on lui refile par le bouche à oreille, ce qu'il faut ou il ne faut pas lire. Il veut garder un tant soi peu de démocratie, de pouvoir de choisir lui-même.
Comparer le lecteur d'aujourd'hui à celui qu'il était, il y a vingt ans, n'apporte aucune certitude, ni conclusions. Un lecteur de romans reste un lecteur de romans. Un non-lecteur, un non-lecteur. Et, j'en connais des deux sortes.
La concurrence des médias disponibles comme trouble-fête et qui tuent la lecture sur papier, en cause? Très certainement.
La paresse, face à la difficulté, n'est pas une question d'époque, mais de continuité.
Dans un autre domaine, le film "The artist" qui revient au cinéma muet, est un bon test d'acceptation de ce que la modernité a tué.
Le thème d'un livre doit rester proche et éloigné à la fois et garder un regard sur lui-même. Observer son époque au travers d'un miroir actuel comme modèle de modernité, avec un rétroviseur bien orienté. Se rendre compte, peut-être, qu'on aurait aimer ou détester vivre dans cette époque en refermant un roman historique qui apportera, ainsi, réconfort ou amertume.
Puis, il y a les moments choisis: la période des prix littéraires comme le Goncourt (vendu en 2010, à 520.000 exemplaires). Ils feront sauter le champagne pendant un temps et puis, retomberont dans l'oubli. Ça aussi, c'est écrit. Devenus "Bestsellers", ils seront courtisés grâce au ruban rouge qui enserre la couverture. Malheureusement, le lecteur oublie vite, le ruban se détache de la couverture. Et qui sait, plus tard, quelqu'un attendra une réédition, si le goût du nouveau n'a pas pris le dessus.
Frédéric Beigbeder dans "Premier bilan après l'apocalypse" joue au rassembleur d'idées. Il imagine, dans l'après, ce qu'il voudrait avoir à disposition comme livres. Son "Making of" commence, en fanfare, et explique la manœuvre: "Livres, tigres de papier, aux dents de carton, des fauves fatigués, sur le point de se laisser dévorer. Obsolète, nids de poussières, usine à silence, que l'on remplace par des écrans plats, qui demandent temps, fauteuil et codex. Qui ambitionnent de se projeter dans une autre expérience, dans un monde parallèle. Le livre sur papier est l'invention parfaite, selon Umberto Eco. Le romancier, un ermite qui se créerait une société. Lus par de vieux maniaques, cacochymes, déchiffreurs de l'Univers d'un romancier.".
Bancal désir de choisir Camus, Proust, Kafka et bien d'autres écrivains classiques du passé. Pas même la grande bibliothèque d'Internet et peu d'écrivains d'aujourd'hui s'y retrouvent.
Les jeunes délaissent l'achat de livres, plus incités d'aller voir l'auteur, lui-même. Comme pour les CD de musique. Ils en consomment de moins en moins et préfèrent aller au concert, voir les artistes et sélectionner les plus "sensibles" vu le prix des CD qui, eux, n'ont pas baissé. 
Les livres électroniques, les liseuses et la lecture auront-ils plus de succès si ils s'accompagnaient d'une voix qui interprète le texte? Cette forme parlée restera toujours une interprétation du texte transmise par des lecteurs professionnels, toujours aussi peu interactive. Pourquoi pas un karaoké des textes de lecture? Ainsi, par les intonations du lecteur, pourrait-on s'assurer du degré de sa compréhension.
Le besoin tactile de tourner les pages par le doigt est rappelé par l'utilisation des iPod et iPad pour répondre à l'ergonomie. Steve Jobs, par son "user friendlyness", n'a pourtant pas pu remplacer l'amour "physique" du livre papier, pour ses fans.
Pour les enfants (et les grands ...), la sonnette qui imposait de tourner la page pour garder l'attention n'est toujours pas superflue.
Un habillage sonore, une illustration en 3D, rendre la lecture interactive par un petit micro... Dites ce que vous rêvez, ce que vous touchez, sentez, écoutez, goutez, un auteur en fera, peut-être, le roman qui vous plaira.
Qu'est-ce qu'un bon livre? Réponses multiples:
-"C'est celui qui change un peu son lecteur", dit l'un. "Celui qui apprend une expérience dont on peut extraire une philosophie dans la vie de tous les jours". Un livre qui fait oublier qu'on est occupé à lire et qu'on est pressé d'en apprendre le dénouement, mais malheureux, pour avoir atteint la dernière page.
Comme partout, ce sont les idées neuves, voire géniales, qui apportent l'intérêt. Rien ne sert de pondre des lignes, si l'originalité, le besoin d'écrire, le plaisir de communiquer son rêve pour l'écrivain et la curiosité du lecteur n'y sont pas.
Dépoussiérer l'érudition littéraire traditionnelle? Si Begbeider l'imaginait avec son livre, ce serait plus une illusion.
Pour certains, les réalités de la vie de tous les jours sont déjà des abstractions à vivre, bien suffisantes, sans devoir les lire.
Le plaisir et la passion sont toujours liés, quelque part.
Je vous quitte. Pas pour la fureur de lire mais pour une envie d'ouvrir le nouveau rêve d'un auteur en espérant que j'y pénètrerai.
L'enfoiré,
Citations:
- "1. Ne jamais lire un livre qui date de moins d'un an. 2. Ne lire que des livres réputés. 3. Ne lire que des livres que vous aimez.", Ralph Waldo Emerson
- "Un best-seller est généralement un méchant livre dont la vente permet à l'éditeur de publier d'autres livres tout aussi mauvais mais qui ne se vendent pas.", Robert Sabatier
- "Les livres peuvent se diviser en deux groupes : les livres du moment et les livres de toujours", John Ruskin
- "Un bon livre est un livre qui fait oublier au lecteur qu'il est en train de lire", Bernard Pivot
08:05 Publié dans Actualité, Livres, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14/10/2011
Avec la Sabena, vous y seriez déjà
Dix ans depuis la faillite de la compagnie aérienne belge, SABENA. La "Société Autonyme Belge d'Exploitation de la Navigation Aérienne", la S.A.B.E.N.A., a une histoire qui l'explique et compte aussi tellement d'anecdotes.
Un article résume bien l'histoire de la Sabena et introduit l'exposition "Le progrès venait du ciel".
"Toute ma vie, j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air, de voir le bas d'en haut, d'avoir des talons hauts, d'avoir les fesses en l'air", chantait Dutronc.
Aujourd'hui, on les appelle "cabin crew member".
Partir en voyage quand tout est à inventer.
S'adaptant à la multiplication des voyages en train ou en paquebot, des malletiers vont se développer, comme Delvaux en Belgique (1829) ou Vuitton en France (1854).
Le transport aérien va imposer de nouvelles contraintes. Chaque kilo avait son importance : les valises en tôle cannelée de duralumin ont la cote dès 1921.
En 1950, la Sabena offre à ses passagers longs-courriers une valisette équipée d'une tirette.
Le fabricant américain Samsonite lance un jeu de valises rigides en 1958. Cela fait fureur et déclasse les malles rigides.
C'est au début des années 1990 que l'homme d'affaires ou le touriste qui voyagent léger adoptent le modèle de la valise trolley actuelle avec poignée télescopique.
Le lien entre l'aviation et la mode décolle dès les années 50 : il faut aussi voyager léger (donc pas de bijoux), mais chic. Grace Kelly lance la tendance de la voyageuse sexy : le fly fashionably.
Hier, à la grande époque de la Sabena, sapées par Anna David Marber, Louis Féraud ou Olivier Strelli, les hôtesses de l'air faisaient rêver toutes les petites filles (et les petits garçons mais pour d'autres raisons). C'est la «Mademoiselle Sabena», sourire de rigueur, uniforme uniformisant de maîtresse de maison qu'on introduit à bord de la très prestigieuse compagnie d'aviation belge. Collection d'été et d'hiver, personnel navigant et au sol, tout devait tendre à la perfection, que ce soit pour claquer des talons dans le grand hall d'attente de l'aéroport de Zaventem créé pour l'Expo 58, architecture moderniste Brunfaut de béton et de verre, ou trottiner entre les rangs de passagers, plateau de coupes de champagne à la main.
Cette revue de mode – des premiers uniformes d'inspiration militaire dès 1947 à l'uniforme gris et turquoise créé par Olivier Strelli en 1999 – est le point fort de l'exposition «Le progrès venait du ciel». Une «Histoire de la Sabena», une expo de mémoire collective, chargée d'émotions, dix ans après le prononcé de faillite de la compagnie.
La revue d'uniformes traduit l'évolution des mentalités, concernant le rôle du personnel navigant, liée à l'évolution de l'aménagement intérieur des avions, leurs prouesses techniques. Quand un kilo, c'était un kilo, les premiers sièges pour passagers, en 1925, étaient en osier! Depuis sa fondation en 1923, la Sabena a toujours été un modèle de style et de modernité. Accueil et confort étaient les mots d'ordre : « Il fallait vaincre à la fois la concurrence du bateau, explique Marguerite Coppens, commissaire de l'exposition, et la peur de l'avion. Aussi la compagnie a tout de suite prêté beaucoup d'attention aux enfants, petits cadeaux et traitements de faveur. Parallèlement au développement des vols vers le Congo, il fallait attirer la clientèle des jeunes couples s'expatriant avec enfants. ».
Accessible à tous, férus d'aviation, clients des airs ou simples curieux, l'exposition est construite selon trois grands axes : le vêtement d'après l'importante collection du musée, la technique de l'hélice au jet, le fonds d'affiches frôlant le chromo de la curatelle complété par des prêts de collectionneurs. La nostalgie envers cet héritage national ne peut qu'y être omniprésente…
Parallèlement, le rôle de pionnier de la Sabena est particulièrement mis en évidence.
«L'histoire de la Sabena accompagne celle de la Belgique, de sa fondation à sa disparition vécue par tous comme une tragédie », assure Michel Draguet, directeur général ad interim. Le vol inaugural de la Sabena a lieu le jour même de la fondation, le 23 mai 1923. Un De Havilland-DH-9 décolle d'Evere pour Lympne, en Grande-Bretagne. Il ramènera leurs journaux favoris aux touristes anglais qui se pressent à Ostende ! La liaison pour le Congo décolle le 12 février 1925. La Sabena et le Congo vont planer en chœur, suivant les hauts et les bas des relations diplomatiques entre les deux pays.
Pour des centaines de milliers d'Africains, la Sabena représentera pendant des années le monde tout entier de l'aviation. Pour les Belges en mission, les avions blanc et bleu, c'était déjà un bout de pays…
«Avec la Sabena, vous y seriez déjà» : le slogan a piqué du nez en novembre 2001. Cette exposition remonte le temps avec élégance, à coups de sujets aussi curieux qu'intéressants, jusqu'aux dernières sophistications et l'évolution du transport aérien : low-cost, agrocarburant ou énergie solaire."
Remontons le temps avec le livre "Des origines en 1923 à la faillite de 2001"
A sa lecture, il apparait que tout avait pourtant bien commencé pour la Sabena à sa création en 1923 en précurseur d'autres compagnies européennes. Seulement la KLM apparut 4 ans auparavant. Sabena mi-privée, mi-publique avec un capital de six millions de FB de l'époque (150.000 euros sans inflation) pour une durée de 30 ans. Une flotte d'avions qui, d'ailleurs, avaient peu de différences entre la version civile et la militaire. Vols de prestige comme représentations de la Belgique dans le monde mais très vite déficitaire dans son exploitation.
Jusqu'en 1990, la Sabena ressemblait à une entreprise d’État, ce qui permettait d'effacer l'ardoise des chiffres dans le rouge et d'échapper, ainsi, à la logique du marché.
Mal chronique qui grèvait la société, suite à de lourds investissements, de la crise pétrolière, des services publiques réguliers, avec des vols rentables, là où il y avait un quasi monopole et d'autres qui accusaient des pertes à coup sûr. Avion rempli ou vide, tout atterrissage coûte beaucoup d'argent. La concurrences des vols à plus bas prix, par les charters, d'abord et les low-cost ensuite, vont accentuer les problèmes financiers.
Nous étions à l'époque avec le dogme de "l'économie d'échelle".
L'idée de fusionner avec une autre compagnie étrangère est venue normalement. Première tentative avec KLM. Vu les différences de dimensions des deux, cela équivalait faire avaler la SABENA par la KLM.
La SwissAir avait une taille similaire avec la Sabena. Avec la SwissAir, tout devait aller mieux, comme le meilleur collaborateur possible, d'après le patron du groupe, Pierre Godefroid.
Même combat pour les deux compagnies? Non, pas vraiment. Plutôt, un concurrent à éliminer pour la SwissAir. La Sabena a été cannibalisée dans l'opération avec la faillite au bout du chemin.
Godefroid devait déchanter et crier à la forfaiture après l'échec qui se préparait: "La responsabilité en incombe tout d'abord aux membres belges du conseil d'administration, parmi lesquels je compte des amis, qui depuis 1996 ont abandonné le pouvoir aux représentants minoritaires du Groupe Swissair, grâce à quoi ces derniers ont librement et abusivement imposé leur diktat. Plusieurs d'entre eux ont essayé de se justifier en disant qu'ils ont agi sur instruction de l'autorité politique qui n'avait d'autre ambition que de se «débarrasser» de la Sabena en la «refilant» à Swissair. Ce faisant, les administrateurs belges ont vu, entendu, discuté et approuvé des choses qui les ont rendus tacitement complices d'abus de pouvoir et d'abus de confiance commis au détriment de la Sabena par le pouvoir en place: Swissair. Le renouvellement de la flotte (34 nouveaux appareils commandés par la SwissAir), cause majeure du drame actuel, en est un sinistre exemple. En restant en place, ils ont couvert un certain nombre de forfaits et d'erreurs, qui ont mené la Sabena à la ruine. Le personnel n'y est pour rien."
La Libre Belgique écrivait la veille de la faillite: Sabena, une faillite sans précédent: Ce mardi 6 novembre sera écrite la page la plus sombre de l'histoire de la Sabena, une compagnie qui depuis plusieurs décennies aura véhiculé l'image de la Belgique aux quatre coins de la planète. Les administrateurs de la compagnie belge n'auront en effet pas d'autre choix que de prononcer l'arrêt de mort de la Sabena via un aveu de faillite. Logique: le plan de relance qui devait être présenté le 8 novembre aux créanciers ne permet pas d'assurer la continuité des activités de la Sabena, une compagnie qui croule sous les dettes et qui fait littéralement fuir des investisseurs, traumatisés par la crise que traverse l'industrie du transport aérien depuis les attentats du 11 septembre.
La faillite de la Sabena fait peur. BIAC, gestionnaire de Bruxelles-National, a demandé un renforcement des forces de police aux alentours de Zaventem, craignant visiblement des débordements après l'officialisation du dépôt de bilan. Durant les dernières heures, la tension est en effet montée d'un cran au sein du personnel. Certains débrayages ont eu lieu, notamment au sein du service catering. Quant aux syndicats, ils estiment être tenus à l'écart des discussions relatives au volet social de la faillite. Les syndicats craignent, par ailleurs, de ne pas disposer du temps nécessaire pour négocier un plan social digne de ce nom.
Sauver ce qui peut l'être pour plus de 13000 personnes qui resteraient sur la touche, sans compter les emplois indirects. Un séisme social sans précédent dans toute l'histoire économique belge. Le dernier espoir repose donc dans la volonté de recréer au départ de la DAT une nouvelle compagnie aérienne belge, dont la taille sera moitié moindre de celle de l'actuelle Sabena... La piste "Virgin Express" continue d'être approfondie. La Commission européenne examinerait à la loupe d'éventuels transferts d'actifs de la Sabena vers sa filiale régionale DAT, cœur du futur dispositif. Objectif: vérifier qu'une telle opération ne fausse pas le jeu normal de la concurrence. Il sera, par ailleurs, difficile pour l'Etat belge de faire avaler à la Commission européenne l'injection dans cette DAT+ d'une partie des 125 millions d'euros (soit 5 milliards de BEF) versés récemment dans le cadre du crédit de sauvetage. Le crédit de soudure avait été accordé à des conditions particulièrement strictes. Consacrer une partie de ce crédit de sauvetage à la relance d'une nouvelle compagnie aérienne s'assimilerait à une aide d’État déguisée par le transfert de la somme vers la DAT...".
Le 7 novembre 2001, la faillite était prononcée.
SN Air Holding a repris la compagnie aérienne belge existante DAT (Delta Air Transport S.A).
Le 15 février 2002, la dénomination SN Brussels Airlines avait repris le flambeau de la Sabena "expurgée". Novembre 2006, nouveau mariage avec Virgin pour former "Brussels Airlines".
Cette fois, c'est la société éphémère, DAT, qui a succédé à la Sabena, qui est mise en cause.
Suite à la plainte contre X lancée en 2004 par SAirGroup, le 30 septembre dernier, on entendait "Aucune faillite n'aurait été prononcée si certains points n'avaient été tenu au silence pour le tribunal du commerce de l'époque".
Deux points restaient en suspend:
- Une série de slots pour Heathrow cédé gratuitement à la DAT, alors que la British Air Ways était prette a ouvrir sa bourse pour les acquérir.
- Un crédit pont de 125 millions d'euros octroyés par le gouvernement et transféré à la DAT tenu sous silence.
Le temps presse. La prescription des dix ans approche même si ce n'est plus que pour ramasser les miettes.
Pour le personnel, cette affaire rouvrait la plaie. Le traumatisme était toujours présent.
Beaucoup d'anciens stewards, hôtesses, avec leur matricule accroché à leur nom, se sont retrouvés dans ce qu'ils appelaient, leur famille. La rage s'est usée avec le temps pour faire place à une nostalgie ressentie à la vue du sigle de la Sabena, et le rappel du dernier vol qui avait touché le tarmac de l'aéroport de Zaventem, du suicide d'un pilote, peut-être, aussi...
Même si les hôtesses de cabine se rappelaient des inconvénients de la profession, - elles ne pouvaient se marier et ne pouvaient espérer de faire carrière au dessus d'un âge, toujours en pleine force -, elles en rêvaient encore, prêtes à reprendre le travail, le lendemain, si c'était possible.
Leur vie a basculé mais le cœur des hôtesses était toujours la haut, comme concluait le journaliste relatant l'événement.
Fin 2009, "Decennis horribilis" disait Giovanni Bisignani, le patron de l'IATA. Des catastrophes pas seulement financières. Voler dans le ciel reste non dénué de risques. Pour la Sabena, il avait été à déplorer le seul vol 548 du 15 février 1961.
SN Brussels Airlines accuse une perte record de 70 millions d'euros pour 2011.
Filiale de Lufthansa, elle ne prendra pas l'option de rachat global de l'entreprise.
Les causes invoquées sont:
-Le prix du fuel qui est passé de 800 à 1100 dollars la tonne.
(Sont consommés 430.000 tonnes par an.)
-Les subsides déguisés accordés aux compagnies low-cost et pas aux autres compagnies
-Révision des droits de trafic à Dakar
-Conflit en Côte d'Ivoire
Pourtant la hausse du nombre de passagers s'élève à 10% comme le chiffre d'affaire.
Les 3300 collaborateurs dont 1500 pour les avions pourraient subir une restructuration d'après les dires.
L'exposition "Le progrès venait du ciel" rappelle l'histoire de la Compagnie:
Voler reste une aventure risquée. Avant l’avion, il n'y avait que le train et le bateau. Les débuts de l’aviation relèvent de l’aventure. Les premiers sièges étaient des fauteuils de jardin en rotin qui évoluèrent rapidement pour assurer sécurité et confort. Mais loin de se décourager, des initiatives audacieuses sont prises, comme la création d’un réseau intérieur au Congo dès 1921-1922. Le premier au monde!
Des progrès techniques majeurs firent passer l’avion de l’hélice au jet vers le Concorde dont la Sabena avait bel et bien commandé des exemplaires avant de se raviser. Des coupes de moteurs, des maquettes, des films retracent l’histoire de ces avancées spectaculaires.
Le métier d’hôtesse de l’air fit rêver des générations, à travers les uniformes. S'y intègre l’évolution de la femme au travail comme emblème du combat pour l’égalité. Grâce à un ensemble de compétences dont l’équipage n’est que la partie visible, le personnel de maintenance était particulièrement qualifié, les compagnies du monde entier recourraient à la Sabena pour l’entretien de leurs appareils.
Entreprise commerciale orchestrée par des campagnes publicitaires dont le choix des slogans, des affiches est révélateur de l’évolution des mentalités.
La Sabena ne fut pas la seule compagnie belge. D’autres compagnies charters, filiales ou rivales (TEA, Sobelair, ...) , ont partagé les airs et les déboires de la Sabena pour disparaitre à leur tour.
Se promener dans l'exposition, parmi les visiteurs, c'est revivre tout cela.
Anecdotes en annexe à la vue des affiches et des uniformes et des avions.
Que de fois, n'ai-je pas chanté "Dimanche, à Orly" en allant prendre l'avion à la Sabena. Les paroles me sont toujours en mémoire comme d'autres chansons de Bécaud.
Mon baptême de l'air date de 1961, à bord de DC6, en direction de la Corse. Les DC6, 7, 10, les Boeing 707,727,747,737, Airbus vont se succéder d'année en année.
Le slogan de la Sabena, je me souviens l'avoir utilisé après avoir été un peu chahuter à bord d'un avion d'une autre compagnie d'aviation espagnole. Le voyage ne s'était pas déroulés sous les meilleurs auspices. Un diner, à bord, avait terminé sa course dans le petit sachet réservé, suite à des trous d'air à répétition. De plus jeunes, dans la cabine, criaient, joyeux, "Encore". Un mot qui a dû accélérer mon envie de me décharger. A cette époque, il faut se le rappeler, les avions à hélices ne permettaient pas de voler à une altitude suffisante pour éviter les nuages.
On restait, dès lors, souvent, pendant la totalité du vol dans ceux-ci et cela balançait pas mal si l'avion ne trouvait pas le moyen de se faufiler dans un trou au travers des nuages. Le slogan que j'avais trouvé alors, "Avec Sabena vous y seriez déjà. Avec Spantax, vous n'y seriez peut-être pas là". Ce n'était pas gentil, vu avec le recul. Cette compagnie n'existe plus que de manière virtuelle.
Parmi les visiteurs de l'exposition, comme commentaires, on entend que les hôtesses étaient aux petits soins avec le voyageur aérien, que les repas à bord n'avaient pas encore un goût "amalgame" de voyage en voyage, qu'il n'y avait pas d'inquisition avant le départ à l'aéroport, que le seul stress était réservé aux nombreux voyageurs qui se payaient leur baptême de l'air. Et, ceux-ci étaient nombreux à cette époque.
Aujourd'hui, tout a résolument bien changé. Les voyages de masse en avion, ne font plus réellement ni peur, ni rêver. On prend l'avion presque qu'avec autant de cérémonial que lors d'un voyage en train. Même le ticket du vol n'en a plus l'air et se transforme en un email imprimé chez soi.
Question finale de l'expo: "Comment se déplacera-t-on demain dans l’ère après-pétrole qui s’annonce?"
Je dirais, plutôt, après-demain. Le Solar Impulse, les dirigeables, les supersoniques qui relieront les points les plus éloignés de la Terre en moins de temps qui faut pour le raconter?
En 2030, les villes du monde seront reliées, par des vaisseaux spatiaux.
On demande à voir en se rappelant du bide que la futurologie peut nous servir.
Plus pragmatique, le voyageur d'aujourd'hui, espère plus, que dans le prochain avion, l'avertissement "Fasten seat belt" ne soit là que pour une raison de confort au sens propre et que le coût du voyage ne donne pas l'obligation de se serrer la ceinture, au sens figuré. Que l'avion soit construit avec le même métal que les boîtes noires, par exemple, puisque celles-là, au moins, restent intacts en cas de crash.
Mais si. Le patron de Boeing vient de le dire "Le rêve est maintenant réalité".
Le 26 août, son Boeing 787, le fameux long-courrier "Dreamliner", a reçu sa certification après sept années de cauchemar, sept reports de livraison, trois ans de retard sur le calendrier initial et quelques milliards de dollars de surcoûts. "Dreamliner", un paquebot de rêve. On ne pourrait trouver mieux...
Quinze ans que Boeing n'avait pas lancé de nouvel avion sur le marché. Vu les commandes, faudra augmenter la cadence à dix avions par mois. L'usine de Charleston où la main d’œuvre est moins chère et moins combative qu'Everett, a démarré en juillet. Les syndicats de la N.L.R.B. y voient une délocalisation.
Décidément, même sans la Sabena, nous y sommes déjà aux réalités qui dépassent, de plus en plus vite, le naturel dans le "cloud computing".
Les photos de l'exposition, c'est ici
Une histoire d'hotesse de l'air ne serait pas mal pour terminer celle-ci et d'y ajouter un peu d'humour.
C'est une hôtesse de l'air blonde qui revient de son travail. Ses copines lui demandent :
- Alors, t'étais où ?
- Pas très loin. En Suisse
- Ah ! Et comment étaient les Helvètes ?
- Euh..
Helvètes quel drôle de mot ! La blonde se demande ce que signifie le mot et regarde dans le dico : "Helvètes : habitants de la Suisse."
Un mois plus tard, elle rentre chez elle et ses copines lui demandent :
- Alors, cette fois, t'étais où ?
- En Grèce. C'était superbe !
- Et comment étaient les Hellènes ?
- Euh…
Encore un mot bizarre ! Elle regarde dans le dico : "Hellènes : habitants de la Grèce.
Un mois plus tard, elle rentre chez elle et ses copines lui demandent :
- Alors, cette fois, t'étais où ?
- En Espagne. C'était merveilleux !
- Et comment étaient les Ibères ?
- Euh…
Encore un mot bizarre ! Elle regarde dans le dico : "Ibères : habitants de l'Espagne.
Un mois plus tard, à son retour, ses copines lui demandent :
- C'était bien ton voyage ?
- Génial, j'étais en Egypte !
- Ouah ! Et comment étaient les pyramides ?
- Oh ! Ne m'en parlez pas ! Tous des Pharaons !
L'enfoiré,
Citations:
- "Avec l'avion, nous avons appris la ligne droite.", Antoine de Saint-Exupéry
- "Les voyageurs sont toujours des découvreurs, particulièrement ceux qui voyagent en avion. Dans le ciel on ne trouve pas de panneaux indicateurs signalant les passages précédents.", Anne Morrow Lindberg
- "Tout le monde sait qu'un atterrissage réussi est celui auquel vous survivez. Mais peu savent qu'un bon atterrissage est celui où vous pouvez réutiliser l'avion", Anonyme
01:15 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Monde des affaires, Voyage | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
09/10/2011
Logorrhément vôtre?
Veux-tu être dans mon réseau? Question qui demandait analyse. En tirant sur ce fil, un autre se présente. Faut-il plaire ou tout simplement être soi et suivre sa devise "Je pense donc je suis"? Des réponses qui remontent aux sources, peuvent devenir des critiques et se référer à des anecdotes.
Quels sont les buts suivis par les "Réflexions du Miroir"?
Garder ses neurones en fonction dans le temps, tout d'abord.
Les Réflexions du Miroir auraient pu s'appeler "Itinéraire d'un enfant gâté" avec des séquences comme celle-ci, celle-là ou encore, découvrir ce qu'on n'aurait pu faire quand l'heure de la retraite a sonné et quand on dispose, de ce fait, de plus de temps pour tenter d'être témoin de son temps.
Base de références personnelles, ces réflexions du miroir ou séquences d'un film dont on connait une version et qui devient un journal interactif. Documentation qui se veut exhaustive avec une vue dans le rétroviseur, comme le mentionne le générique. Pas de bouton "Paypal".
Buvard de l'info, comme le dit l'"A propos". Billets, qui m'amuseront de les relire plus tard, pour être validés ou invalidés.
Le but ? Faire part de l'expérience d'une vie. Rien de plus.
Comment intéresser dans la durée?
Les Réflexions du Miroir ont bientôt sept ans d'âge, à raison d'un article hebdomadaire. Avant d'intéresser les autres, il faut d'abord s'intéresser soi-même. Etre ouvert à tout.
Comme je venais de recevoir une invitation d'aller jeter un coup d’œil chez d'autres blogueurs dans une série de vases communicants, j'ai trouvé beaucoup de photos, de poésies, de douceurs... mais, par auteur, peu de genres différents, peu de catégories différentes.
Généraliste, éclectique, je ne pourrais me cantonner sur un seul genre spécifique. De parler d'économie, de sciences, d'histoire, de voyages et de bien d'autres catégories, en gardant l’intimisme et l'humour dans la lorgnette, j'y ai trouvé des horizons insoupçonnés.
Mon style personnel se cherche des règles dans des racines anciennes, ce qui explique une structure bien déterminée.
Comme il est destiné à son auteur en premier, cette structure tend à être complète, d'aborder un sujet sous tous les angles en respectant un processus rigoureux.
Tout d'abord, avoir du fond, chercher du contenu.
Quant à la forme, elle se décline pour s'harmoniser avec une méthode utilisée dans ma profession: les documentations de projets informatiques. On parlait, alors, de phases multiples que l'on préfixait de "MD" suivi de 3 chiffres pour en montrer la progression et aboutir à l'installation. Les documents allaient de l'analyse, au développement, de l'implémentation à la distribution aux utilisateurs, pour finir par la maintenance du projet.
Le schéma, dans ce blog, suit la même logique. Il commence par le sujet sous le chapeau, transite par ses sources, procède au développement entrelacé de remarques et de référencements externes, grâce aux hyperliens ou à des extraits lus au petit bonheur la chance et s'achève par une extrapolation personnelle qui peut dévier vers l'humour et les citations. L'article poursuivra sa vie par une maintenance assurée par des mises à jour, via les commentaires ou les billets eux-mêmes, car l'histoire de l'histoire ne s'arrête jamais.
On ne réécrit pas un programme informatique, s'il n'y a pas d'amendements majeurs qui nécessitent une nouvelle étude tout en se rappelant de ce qui existait. De même pour un billet. Donc, il faut espérer avoir pensé à tout.
Le programme le plus court pourrait, d'ailleurs, n'avoir jamais de fin.
D'où le point suivant...
Pourquoi des textes kilométriques? Manque de synthèse?
Chaque article n'est pas une synthèse, mais une synthèse de synthèses à partir de beaucoup d'origines. Constituées, en général, avec un maximum de recul dans le temps. D'où sa longueur. Je n'écris pas devant une feuille blanche. Les idées viennent à n'importe quel moment. Se rassemblent.
Ce problème de longueur, si problème il y a, a déjà été soulevé dans le passé. J'avais réglé son sort par l'absurde dans un billet intitulé "Le billet le plus court de l'enfoiré". Au premier anniversaire des "Réflexions du Miroir", je m'étais expliqué plus longuement sur la vision que j'en avais, alors, dans "Le mal au blog". 
Le mot "Logorrhée" a été cité, sorti de la boîte à malice de quelqu'un.
"Une logorrhée (de logo-, la « parole » et de -rrhée, tiré du grec rheî, « couler ») est un flux de paroles inutiles. La logorrhée recouvre un besoin fort de parler, souvent de façon incohérente, généralement avec un débit rapide et continu, dit Wikipedia.
Alors, est-ce incohérent, inutile? Pas à moi d'en juger.
Et, le besoin de parler ou d'écrire est-il bien présent? Oui. Tout le monde a une opinion personnelle sur un sujet. Doit-il pour cela rester dans le tiroir des consciences? Encore une réponse prsonnelle.
Dans Wiki, la langue de bois y est associée (appelée parfois xyloglossie ou xylolalie, du grec xylon : bois et glossa : langue ou λαλέω / laleô : parler). C'est une figure de rhétorique consistant à détourner la réalité par les mots.
Est-ce que je détourne la réalité des mots?
Le langage utilise, volontairement, des mots simples quand le sujet n'en demande pas plus. "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement – Et les mots pour le dire arrivent aisément", disait Boileau-Despréaux. Je ne suis pas totalement d'accord avec cette manière élitiste de voir les réalités. Le jeu des questions-réponses n'est pas aussi simple qu'on espère.
Il faut avoir le temps et vouloir le prendre pour remonter un sujet de sa source à son embouchure. Explicite, concis et à la limite de sa compétence, sans vouloir péter plus haut que son entre-fesse et devenir, parfois, un prétexte à la discussion, comme droits de réponses, sous Internet de manière plus aisée que le livre le permettait.
Les SMS, j'aime pas. Facebook, c'est pas mon truc à poil naturel. Twitter, aux nombres de mots comptés comme un cerbère, l'est encore moins avec son poids plume. Je n'ai pas jamais cherché à m'y inscrire même si c'est dans le vent.
Je connais les vicissitudes, les avantages et les inconvénients des forums. J'en connais la musique et les fausses notes. Je suis même passé par le travail de la modération.
Le dernier forum fréquenté, celui de Papy, qui m'avait invité et qui captait mes articles dans un espace appelé "Coin de l'enfoiré". Bien gentil, bien sûr. Plusieurs mois se comptèrent au tableau du catalogue. Vu l'environnement et les participants, je savais que le clash était pourtant programmé. Des articles d'analyses n'étaient pas la substantifique moelle du forum ou alors de manière très succincte. Forum d'amis ou salons de thé entre amis sympathiques, par accord tacite.
Sans poser trop de questions qui fâchent ou qui suscitent un débat de fond.
Si on ira tous au paradis, personne n'en est devenu plus saint avec le politiquement correct...
Autre vision que je ne dédaigne absolument pas. Autre histoire d'amour, si l'on peut dire.
Une ou deux flèches, au passage, tout de même: "Avec ta philosophie à deux balles" m'a été servi entre le steak et les légumes. Là, je dois avouer que cela m'a vraiment amusé. Flèche esquivée par la fine lame comme l'avait fait Cyrano: "Qu'avons nous encore pour deux balles?"
Récemment, la lecture des articles s'est tarie d'elle-même. Papy s'est vu contraint de refermer le ban. Ce fut, avec ma propostion de couper le fil. Sans aucune contestation de ma part, donc. A chacun, son "vade mecum". On ne peut forcer des éléments qui ne sont pas compatibles.
Je ne sais si vous aimez les films de Lelouch. Les critiques de ses films sont souvent les mêmes. On aime ou on n'aime pas. Pas d'à peu près.
Au sujet de "Ces amours-là", "Lelouch raconte une histoire dont les ressemblances assumées font naître les premières critiques d’un film lourd, voire presque prétentieux, critique qui se confirmerait par la faute d’une fin un peu « too much ».".
Je suis parmi ceux qui aiment.
Pour suivre les médias limités dans l'espace et le temps, avec l'aide des technologies modernes, Facebook, Twitter et les blogs, ont pris l'habitude inverse. Rétrécissir tout dans un espace réduit, au risque d'en devenir incongru pour répondre aux besoins de la sacro-sainte économie générale. Pour arriver au minimum de longueur, les interventions sont coupées au couteau et répondent, ainsi, à ce que les mathématiques appellent le Plus Petit Commun Multiple, le PPCM.
On ne comprend plus toujours où veulent arriver les auteurs de ce style, mais si le lecteur ne comprend pas, c'est qu'il n'a pas la culture ad hoc pour le comprendre.
Balzac est mort depuis longtemps, c'est évident. On ne lit plus ses livres, gros comme le bras. En cherchant bien, un "Reader Digest" vous en rendra une version abrégée.
Le temps se prend en fonction de ses prérogatives, de ses envies, de ses occupations, de son hobby, pas de ses compétences. La longueur n'est pas prise en grippe, si l'intérêt du lecteur est présent. Son importante est donc très suggestive.
Pourquoi tous ces liens, ces nombreux hyperliens?
Question posée qui m'avait surpris. Qu'est-ce qu'un hyperlien? Une référence dans un système hypertexte qui permet (qui n'oblige pas) de passer automatiquement d'un document consulté à un document lié, en fonction de l'intérêt de l'utilisateur. Les hyperliens existent sur toutes les pages de documentations de Wikipedia pour expliquer et compléter l'information. Les hyperliens sont l'avantage principal d'Internet, pas l'inconvénient. Est-ce que ce ne serait pas plus facile pour moi de ne pas en rechercher dans mes billets? A quoi ça sert que Ducros se décarcasse pour aider les lecteurs dans la tambouille des mots? dirais-je avec humour.
Pourquoi les délices de la polémique des mots?
Faire mouche avec le moins de mots possible. C'est une pratique anonyme qu existe depuis la plus haute Antiquité. L'épigramme était considéré, alors, comme un grand art chez les enfoirés de l'époque comme Catulle et Martial. D'abord, en prose et puis, en vers, pour varier les menus parfois "avariés".
Les lecteurs en raffolent toujours. Les statistiques des lectures me l'apprennent. L'article qui a tenu, et tient encore, le haut du pavé en dehors de la page globale, est "Blanche neige et le huitième nain". Je n'en ai pas écrit beaucoup d'articles de pure polémique.
Les lecteurs aiment se délecter de polémiques. Mais il ne faut pas rêver, en spectateur, non impliqué. Les griffes font toujours mal à sa victime, mais instruisent pourtant celui qui y trouvera la correction.
En arrière-plan, il y a toujours, le conseilleur, le imprésario, l'entraîneur avec ses techniques qui gravitent avec les mêmes techniques pour copier les "vedettes officielles médiatisées".
"Combattant virtuel", traditionnel, en "stand alone", il attend son tour pour grimper sur la Toile dans son prochain tournoi. Il pense sortir la septième merveille du monde, alors qu'il ne fait que répéter dans l'urgence, sans effet de recul ce qu'il a lu ou entendu pour rester dans l'actualité qui fait recette. Ces nouveaux philosophes, idéologues particuliers, sont aux aguets pour concurrencer les médias officiels. Il ne s’embarrasse pas de citoyens lambda. Il vise plus haut avec sa vérité implicite. Là, on se retrouve en plein "syndrome d'Erostrate" avec des ADM, des "Armes de Destructions Modélisées".
L'idée de Pierre de Coubertin de "participer" n'est ainsi plus qu'une image d’Épinal.
Pourquoi ai-je une fin à mes articles avec un zeste d'humour personnel?
Parce que nous vivons dans un monde très ou trop sérieux. On ne parle pas des problèmes avec le sourire en coin, si ce n'est arrivé en bout de course quand il n'y a plus que l'ironie sur soi qui peut encore sauver. Ceux qui me connaissent en dur, savent que mes sourires, mes réflexions amusées m'ont parfois été créés des inconvénients qu'il fallait assumer. Ceux qui ne connaissent que l'écriture se feront un portrait robot.
L'orateur mettra, pourtant, ses "clients" dans sa poche s'il termine son discours par une histoire amusante.
Pour mes dernières vacances, je m'étais réservé quelques podcasts. Podcasting des "Cafés serrés" journaliers de nos affaires belges et internationales.
Je me suis marré, une nouvelle fois. CQFD.
Pourquoi le pseudo d'enfoiré?
Les insoumis, les rebelles, on les appelle aujourd'hui des "indignés". Les révolutions arabes ont secoué les consciences, réveillé les zombies que l'on avait poussés dans les cordes. Ceux-ci se taisaient pris dans le tourbillon des habitudes qui les obligeait via l'instruction, que pour vivre heureux, il fallait vivre caché. Peur de poser des question à l'échelon supérieur.
Il n'y a pas de questions idiotes, mais des réponses qui peuvent l'être. Mais cela change, progressivement. Le réveil est là.
Le plus féroce des écrivains français, Léon Bloy, ne sacrifiait jamais à l'injure inarticulée. Tout l'irritait, pourtant. Ses ennemis évidemment et même ses amis. "Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper", disait-il, en frôlant, ainsi, le mysticisme.
Pas question d'aller jusqu'à cette extrémité. Les consensus, les compromis seraient plus démocratiques, sans pour cela nier les vérités et accepter les compromissions. Avoir l'esprit étroit, trop monobloc, c'est risqué de trouver l'enfoiré sur son chemin comme l'a expérimenté un rédacteur perdu dans ses pensées uniques car je ne tarde pas à remonter aux sources disponibles. Il m'a replié, cette option ne l'a pas plus avancé.
La censure n'est plus la panacée dans le monde interactif pour faire taire ceux qui ne sont pas du même avis dans n'importe quel environnement réel et encore moins virtuel.
Si vous avez pu lire les commentaires qui ont suivi mes billets, j'y ai toujours répondu. Dans la plus stricte convenance, en très résumé, quand ils étaient neutres ou doucereux. Je me suis plus attaché à répondre plus complètement quand le commentateur ne partageait pas mes principes de vie, ma façon de penser et prenait le temps de l'exprimer avec ses tripes. Les tripes, servies bien chaudes, j'adore.
Pourquoi chercher à plaire dans des amitiés éphémères?
Un avocat se doit de plaire à son client. Je ne suis pas avocat. Lui doit trouver l'argument clé avec les mots de son jargon pour être convainquant face au juge et donner l'impression à celui-ci qu'il a la solution au procès, tout en restant au bord du "ring". 
L'avocat entre ainsi dans un jeu comme le fait le Président Sarkozy, juriste de formation. "Vous me posez la question et bien je vais vous le dire". Une phrase tellement interprétée par les humoristes avec un mouvement d'épaule adéquat.
L'homme est naturellement grégaire. Il aime se sentir entouré, soutenu en prévision des coups durs, des crises internes pour les communiquer. Peut-être, est-ce le moment de chercher ce qu'est un ami et avec quelle "substance" l'amitié peut se créer et se conserver.
J'avais écrit un jour "Amitié, échanges de bons procédés" dans lequel j'exprimais ce que toute relation implique pour avoir une chance de perdurer: un échange win-win. Dans certains cas, il faudrait ajouter "... et de mauvais procédés", car de vieilles casseroles sont toujours susceptible de ressortir des placards.
"Les amitiés, saveurs de la vie" lisais-je comme titre dans un article lié à l'esprit de la Foi. "Durant l'enfance comme à l'âge adulte, nos amis partagent nos moments les plus intimes de joie comme de peines. Des liens uniques à cultiver pour l'apaisement, le bonheur qu'ils nous procurent. Mais comme l'amour, l'amitié peut nous faire souffrir, nous décevoir, et même se briser" en sous-titre sous le chapeau du mot "psychologie".
Cela continuait par des paroles idylliques. "Un ami, c'est quelqu'un à qui l'on peut se confier, parler sans tabous, rigoler, se changer les idées, partager des activités, des passions, des valeurs. Entre amis, les échanges sont riches, intenses, vrais".
Conclusions
Pas question d'"arracher" des amis à la pelle par un seul clic de souris, sous le chapeau de Facebook, s'ils ne sont pas bien connus et... reconnus.
"Reprenez confiance, ne vous écartez pas de vos objectifs", lisais-je dans un article qui avait "Bien être" comme catégorie.
Une définition de ce qu'est "écrire" n'existe pas vraiment d'une manière définitive. Opération originale par excellence en ayant son style propre.
Je trouvais une définition qui me paraissait la plus proche de moi et qui dit en substance:
"C’est avant tout une pulsion de vie, mais parfois, c’est un moyen de jouer avec la langue, le langage, la psychologie. Écrire est ludique. Manier la langue est magique. C’est également un moyen de se rapprocher de soi-même. Écrire c’est finalement se chercher ou se retrouver. En tout cas, ça permet de se recentrer quand le besoin s’en fait sentir. N’importe quand, n’importe où. L’inspiration se puise en lisant mais surtout dans la vie de tous les jours. L'observation des gens dans la rue offrent beaucoup d’inspiration. Leur façon de marcher, d’être habillé, d’attendre le bus, de parler. Tout ça est très inspirant ! Et puis il y a la manifestation de notre inconscient qui fait que l’on écrit toujours un peu pareil, ça ne s’explique pas.".
Dans cette définition, on ne parle ni de normes, ni de longueur, mais d'un style qui ne s'explique pas.
On ne change pas de projet, même s'il est jalonné de croc-en-jambes.
Aujourd'hui, on est fou d'images, de caricatures où on exprime toutes les idées, les imitations de tous genres dans un contexte précis vu en un coup d’œil. On n'a plus le temps d'en faire plus. Si je pouvais dessiner, je m'y adonnerais probablement.
Dernièrement, France3 reprenait deux films avec Robert Redford qui avaient pour sujet la CIA et l'espionnage. Ils étaient distants, l'un de l'autre, de 25 ans.
Le plus récent était "Spy game". Le plus ancien, "Les 3 jours du Condor". La différence était appréciable. Les époques ne se chevauchent plus. L'intimisme, la stratégie de l'espionnage ont fait place à des séquences rapides, percutantes d'explosions avec travellings impressionnants que la théorie du cinéma réprimait auparavant.
Vieilli, le Condor?
Le cinema d'aujourd'hui, ne veut plus que vous ayez trop temps pour réfléchir. Vous devez rêver dans un temps minimal et pas chercher si cela a un sens. Après la projection, on s'en fout si vous retournez à des occupations moins sautillantes.
Mais, heureusement, il y a les copains des copains qui viendront pour vous confirmer tout cela, pour vous rassurer que ce n'était que du cinéma.
Je me souvenais parfaitement du premier film. Je l'ai revu avec plaisir. Pas sûr que je reverrais le second dans plusieurs années.
Dis-moi ce que tu écris, je te dirai qui tu es? On laisse toujours quelque chose de soi entre les lignes.
Dans le temps, il y a eu "Amicalement vôtre". Ma version sera peut-être "Logorrhément vôtre" s'il y a beaucoup de vagues, portées par des vents qui se ressemblent, qui s'assemblent, au risque qu'elles deviennent un tsunami. C'est toujours long de décrire la tempête.
Qu'on se le dise. Les allusions à la longueur des billets, cela ne me fait plus frémir. Je veux du fond et pas de la forme en surface.
J’achète mes bouquins au kilo. Je consomme sur place ce qui ne fait pas le poids. Rester dans l'actualité et se restreindre dans des frontières fictives sans chercher les sources, les liens et l'embouchure, je laisse cela à ceux qui sont payés et donc obligé de réduire leurs interventions comme les journalistes professionnels.
En cuisine, Jean-Pierre Coffe disait que le fast-food en tout, c'était de la m... qu'on nie la notion de temps.
En fait, on y cache son manque par des sauces.
Après une bonne chasse à l'info, avant de la mélanger avec des airelles, des croquettes et les sauces, j'attends que cela "faisande" toujours un peu.
Juste pour obtenir plus de goût, quoi...
L'enfoiré,
Citations:
- "Il ne faut pas dire qu'un acte froisse la conscience commune parce qu'il est criminel, mais qu'il est criminel parce qu'il froisse la conscience commune.", Emile Durkheim
- "Les esprits extraordinaires tiennent grand compte des choses communes et familières, et les esprits communs n'aiment et ne cherchent que les choses extraordinaires.", Rivarol
- "Lequel des deux est le plus grand écrivain, celui qui raconte des choses originales ou celui qui fait que dans sa phrase un lieu commun n'est plus un lieu commun ?", Jean-Marie Poupart
00:10 Publié dans Actualité, Blog, Loisirs, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
06/10/2011
Veux-tu être dans mon réseau?
"Est-il utile de renouer des liens avec de vieilles connaissances sur Facebook ou LinkedIn?". Question posée par un article, lui-même relais d'une analyse en anglais. Question à réponses multiples, qui engage d'autres questions et d'autres réponses. Premier volet, donc.
L'article disait: "Les scientifiques se sont posés la question y ont répondu de façon absolument affirmative. En renouant avec de vieilles amitiés, on bénéficie à la fois des avantages que l’on gagne avec des relations éloignées, et de ceux que l’on a avec ses amis les plus proches.
Les chercheurs ont demandé à des étudiants en MBA de consulter leurs contacts anciens en sommeil pour leur soumettre une question à propos d’un travail important qu’ils devaient exécuter. Les résultats de ces sollicitations furent plus intéressants que ceux qu’ils avaient obtenus de la même question posée à des proches avec lesquels ils étaient couramment en contact.
De plus, renouer des liens qui avaient été forts autrefois permettaient d’obtenir les avantages associés aux contacts éloignés, c'est-à-dire l’efficacité et la nouveauté, et les bienfaits que l’on retire des liens avec ses plus proches amis, la confiance et les perspectives partagées.
Ces résultats indiquent que les amitiés en sommeil, souvent négligées, peuvent fournir une excellente source de connaissance et de capital social."
Facebook a franchi le cap des 800 millions d'utilisateurs. Le but est-il de reprendre contact avec de vieilles connaissances perdues de vue suite au temps qui passe? Est-ce vraiment le but et si oui, cela représente-t-il un intérêt réel ?
Les gens sont encouragés à construire de larges réseaux personnels pour obtenir l'information, pour partager celle-ci, se tenir informé et pouvoir en parler en société.
Facebook, Google et d'autres sites Internet ont rendu la tâche plus facile que jamais, mais avec un but personnel qui est très vite oublié.
Au préalable, dans le même but, des émissions de télévision, telle que "Perdu de vue" se faisaient un honneur de retrouver des relations familiales, des connaissances, des amitiés perdues qu'être un individu privé ne permettait pas de rouvrir. Comment retrouver de vieux amis, de collèges s'ils n'ont pas rejoint son association d'anciennes élèves? Il y a eu des sites comme Copains d'avant qui se sont insérés dans ce créneau des retrouvailles, mais encore fallait-il en connaître l’adresse et l'existence. Cela restait très local et pas assez international. Facebook a apporté cette possibilité dans un espace global, au petit bonheur la chance et par la technique de la boule de neige, aidée par les "robots". Avec une aisance relative, les gens pouvaient renouer avec des relations «mortes». Les amis de mes amis ont un potentiel de devenir mes amis comme réel citoyen du monde. Le champ d'application s'est pourtant progressivement rétréci, recentré plus localement dans une sorte de Minitels parallèles. La chasse aux amis devient un jeu à qui perd gagne.
Même si le jeu réussit, les rapports se négligent et perdent très vite de leur valeur en manque de substances en commun et meurent. Comme tous les jeux, les "proies" une fois ferrées, la lassitude s'installe. A déplorer? Non, quelque part naturel. Le nombre de rapports qu'une personne peut activement maintenir est loin d'être pérenne. Les goûts de chacun changent dans le temps. Alors, pour ne pas rompre sèchement, pour ne pas déranger ou vexer, ils deviennent dormants. Question de mémoire et d'occupations, de temps libre des interlocuteurs avec des choix multiples.
Facebook a choisi de s'adresser aux "murs" des interlocuteurs pour créer des contextes de discussions. Les commentaires devraient normalement se poursuivre et faire grossir ainsi le groupe d'interlocuteurs. Son utilisateur intensif en arrive à confondre message personnel et public. La vie de chacun s'y déballe comme dans un livre et répond ainsi à l'utilisation commerciale de l'hébergeur, Zuckerberg.
L'erreur de Facebook est de considérer tout le monde de la même façon, comme un ami potentiel.
La re-connexion des liens dormants fournit pourtant une foule d'avantages inattendus et parfois extrêmement utiles, disent les résultats de l'enquête.
Consulter les gens déconnectés via le téléphone ou Internet est efficace. Le « re-branchement » est un pactole réel, d'après les psychologues.
Mais de quel pactole, parle-t-on, de quel attrait et pour qui, peut-on espérer?
L'article Facebook et Google, ces Rois du Marketing explique le but global de l'opération de séduction.
"Google sait déjà tout sur nous. A quelle heure on se lève, à quelle heure on va se coucher, quelles vidéos on a regardées, quels sites on a visités. Cette masse hallucinante d’informations détermine les publicités – de plus en plus « géolocalisées » – qui s’affichent à l’écran.".
Cette géolocalisation est encore dans les limbes de l'utilisation et de la législation. Comme pour toutes les technologies de pointe, elle comporte des bons et des moins bons services pour la communication. Le GPS peut expédier à une fréquence prédéterminée tous les déplacements d'un individu. Ce qui permet de localiser un copain à son insu, de vérifier tous ses déplacements. Tout dépend du but suivi.
"Dans Facebook, l’utilisation de plus en plus frénétique du bouton « J’aime », qui permet de jauger la popularité d’un contenu sur le Net lui a permis d’emmagasiner une montagne de données précieuses. Et cette icône déjà classique va désormais se décliner sous de nouveaux vocables, plus explicites, permettant à Facebook de cerner avec une précision redoutable les profils des internautes.".
Google+, toujours en phase de test, fera-t-il mieux que Facebook?
Il va ratisser en plus étroit et en plus large, à la fois. Il va "screener" en référençant dans le même temps. A l'origine, c'est un moteur de recherche, ne l'oublions pas.
Il n'y a plus de murs auxquels on s'adresse, mais on parle dans des cercles. Des cercles de compatibilité qui se composent, se dessinent avant de commencer en planchant sur les mathématiques des ensembles. Enfin, partiellement. Ces cercles se composent de différentes couches: famille, amis d'écoles, cercles d'influence, collègues et amis tout court.
On y a compris au fait que l'on peut être ami avec tout le monde. Qu'il fallait organiser les rencontres virtuelles. Bien, mais... tout dépend, encore une fois, de ce que l'utlisateur y recherche.
Les cercles s’intègrent comme des poupées russes, mais ne se juxtaposent pas naturellement. Les ensembles cohabitent mais ne fusionnent même pas en partie, étant chacun sur sa propre planète de la connaissance, sa sphère d'influence. On y cherche une confirmation de ses pensées parmi un groupe de personnes qui ont les mêmes prérogatives, les mêmes points de vue. L'opposition par la complémentarité n'est absolument pas gagnée dans le processus. Le mélange peut être plus enrichissant qu'il n'y parait. Voir le même monde avec des yeux différents mais sous des angles aigus demande surtout plus de compréhension, plus d'humilité, plus de compréhension.
Si le but est de se retrouver entre amis purs et durs, se voir parfois félicité, plébiscité, c'est gagné, même si cela peut friser le narcissisme. Trouver des copies conformes, des affinités sans conteste à l'autre bout n'apporte que le genre de dialogue qui reste calé à l'intersection de deux droites.
Après tout ce qu'on dit de négatif sur les communautés identitaires, n'est-ce pas un mauvais choix de créer des exclusivités dans des cercles fermés, concentriques? Est-ce qu'une information ne peut-elle pas être diluée vers d'autres interlocuteurs dont on ignore, au départ, les idéologies, les intérêts, les tares, les fantasmes?
Des contacts interculturels, cela demanderait plus d'effort pour placer son ego en retrait.
Google+ a bien compris le phénomène de l'info qui se tue à cause de son trop plein. Il impose de bien construire ses propres cercles, ses communautés, au départ. Il permet de les amender, de les agrandir ou au contraire, de les réduire mais il organise une nouvelle ségrégation dans des compartiments qui feront, peut-être, des experts dans les domaines choisis, mais qui oublieront toute velléité, de visions généralistes pour associer les sciences, les connaissances entre elles.
Les recherches ont montré que les adultes accumulent des milliers de rapports pendant leur vie dans le réel. Avant Internet, ils en ont activement maintenu bien moins de 100. Le reste du réseau reste dormant comme un potentiel éventuel. Les liens les plus dormants s'éteignent simplement en manque de pertinence ou de motivation. Internet, Facebook, Google+ ne feront pas exception dans le temps.
L'information meurt toujours, de sa belle mort, perdue derrière les méandres des raccourcis ou des envahissements. Il faut s'y faire à une règle de la vie: tout passe, tout se modifie, tout casse, tout lasse...
Viennent, alors, les réseaux sociaux, dits plus "spécialisés".
La fréquentation de LinkedIn, réseau social de travail, aurait pu progresser en parallèle à cause de la crise et, ainsi, avoir la prétention d'égaler la fréquentation de Facebook. Ce n'est pas le cas.
Dans le haut de l'échelle sociale, la plupart des directeurs, des CEO n'ont pas attendu la crise et maintiennent des centaines, si pas des milliers de sources potentielles de soutiens et de conseils qu'ils peuvent utiliser... à leur niveau. Comme on a vu le jeu de chaises musicales à ce niveau n'est pas qu'une vision de l'esprit.
Dans le bas de l'échelle, ce n'est pas vraiment le cas. Pourquoi? Peu connu. Il faut s'y inscrire et y être actif. L'indice "Klout", qui calcule l'activité, permet à l'employeur en quête d'un profil, d'être repéré. Les étudiants qui sortent des cours n'ont pas encore apprivoisé l'outil. On reste dans l'amical. Interrogés, les étudiants de Louvain la Neuve, s'ils connaissaient bien Facebook, ne s'embarassaient pas (ou pas encore) de LinkedIn.
Pour plus anciens, si le jeu de chaises musicales existe, la propension à rester au courant des évolutions des anciens collègues reste faible. Ceux-ci, s'ils entrent dans les mêmes qualifications, peuvent devenir des concurrents et postuler les mêmes postes. La fréquentation de LinkedIn reste très confidentielle par rapport à Facebook. Perdu de vue dans le travail dès que la démission pour n'importe quelle raison s'est produite.
Les tentatives de renouer les "bouts" entre eux s'ils sont surtout professionnels, n'aident pas à retrouver un emploi à un collatéral mais permettent à des chasseurs de tête de trouver des "disponibilités" pour leur propre cause. On n'y trouve pas de secrets de fabrication, ni la volonté d’encenser un ancien collègue. On s'expose soi-même sur une vitrine virtuelle.
En cause, l'inertie simple. Les embarras de l'abandon de contacts. Peur du fait d'être considéré comme opportuniste. De s'imposer à d'autres anciens collaborateurs parce qu'un "appel froid” est considéré comme impoli. S'adresser à l'échelon supérieur ne s'imagine même pas après une rupture.
J'ai coudoyé et travaillé avec les Indiens pour en connaitre les méthodes. Leurs réseaux sociaux ont amélioré leurs potentiels, pas les nôtres. La solidarité existait dans leur univers réel. Il s'est virtualisé avec les mêmes règles via Internet. Pour un Indien, c'est une question de vie ou de mort. C'est ainsi que l'on obtient des points d’évaluation de compétences.
Pas questions d'amis, mais de condisciples, de contemporains avec les mêmes prérogatives, les mêmes buts, vaincre: prendre de la valeur et progresser par la solidarité. Esprit de castes? Peut-être, mais sans cela, c'est toute la caste qui avance par des ponts de connaissances ou recule sans eux. Quand un problème se pose, et qu'un Indien ne peut y répondre, immédiatement, que fait-il?
Pas question de dire, non merci, ce n'est pas mon problème. Non, d'un dodelinement de la tête, il vous fera un "oui" approximatif, indéfinissable.
Ensuite, après votre rencontre, il se mettra derrière un écran d'ordinateur, ira sur Internet et lancera la question posée dans son réseau. Réponse au problème qui ne manquera pas d'arriver plus vite que prévu. Le problème était devenu le sien, puisque le client européen ou américain l'avait, mais il l'éclate au travers de son réseau. Décevoir, c'est la mort.
On connait la démonstration de leurs succès par notre absurdité qui croit trouver plus dans une tête bien pleine que dans plusieurs têtes. La concurrence, les rivalités se retrouvent dans les bêtisiers de la techno.
Dans le milieu occidental, on ne copie pas sur son voisin. Le plagiat, c'est encore plus laid. On réinvente la roue, au besoin. Tu sais ou tu ne sais pas. Si tu ne sais pas, passe ton chemin, tu ne m'intéresses pas. Les cours de rattrapage ne sont pas de mises. On accepte, ainsi, implicitement, le principe du "divide ut imperes" chèrement voulu par le haut du panier.
La réponse à ton problème se cherchera entre la page de garde et la table des matières qui se trouve en fin d'un bouquin exhaustif de 1000 pages, comme il m'a été dit un jour à la suite d'une de mes questions.
Dans notre Occident, nous étions arrivés à ne plus nous parler tellement la volonté de la concurrence, notre égocentrisme ont pris le dessus. L'occidental n'aidera que s'il y voit son propre intérêt.
Internet n'a rien changé à ce niveau-là. Il s'est virtualisé pour exprimer sa différence, c'est tout.
La "version occidentalisé" de Facebook, si on va jusqu'à se déshabiller, insensiblement, en public, on ne partage pas ses "vêtements" et l'information de manière constructive.
Pas de castes, mais des classes sociales. Cela semble plus poli, moins sectaire, mais non moins péjoratif et dénigrant pour celui qui se voit exclu de l'une d'elle. Le rat des villes rencontre le rat des champs, en permanence, et cela va jusqu'au clash, si la culture vient à s'ajouter.
Autre culture, autre mœurs? Probablement.
Les mots "culture" et "culte", s'ils n'ont pas les mêmes racines, commencent par les mêmes lettres et cela n'est peut-être pas un hasard.
Hors business, les relations évoluent tout autant, sans devenir perceptibles. On suppose, on dessine un portrait robot figé, au travers de dires, d'écritures des autres. Les étiquettes se collent ainsi, s'écornent avant de se déchirer. Ce qui est considéré comme un troll par l'un, ne l'est pas pour l'autre. En dépit d'un "A propos", bien construit, explicatif de sa personnalité, on reste dans la virtualité et l'image que l'on veut voir représentative de soi. On n'y raconte pas tout et l'appréciation de l'ego n'est pas à la disposition des contradicteurs. Un nom propre en place d'un pseudo n'apporte pas plus d'informations dans ce jeu de quilles.
Les nouveaux outils sociaux vont-ils faire disparaître ses concurrents pour autant arranger les "bidons" de la communication?
Voyons le prédécesseur, l'ancêtre, pourrait-on dire.
L'email fête ses 40 ans comme le rappelle le "Science et Vie". L'arobase, le "@", est né en octobre 1971. Si au départ, il n'allait pas bien loin, à peine trois mètres, l'email, le courriel (en version française) allait bouleverser la communication en utilisant la méthode asynchrone. On le consulte quand on veut. Il commence à vieillir, à s'user.
Certains, comme Zuckerberg, parle de son élimination. Les spams sont passés par là. Le trop plein de mails comme le trop d'informations tuent l'info surtout non demandée. C'est devenu parfois un calvaire de retrouver une somme de mails après un retour d'absence. Grand consommateur de cet email, je me posais la question si son utilisation rendait la communication "Reçue ou comprise cinq sur cinq", il y a longtemps.
Les facilités de l'email ont permis d'établir des listes de réceptionnaires d'un type d'information fonctionnelle, d'un projet. Si au départ, ces listes se justifiaient, dans le fil des conversations, des extensions ou modifications de projet initial apparaissaient, rendant les dérives inintéressantes pour le même cercle d'influence. Résultats des courses, les listes se sont, le plus souvent allongées, sans jamais se réduire de personnes qui n'étaient plus impliquées dans un processus déterminé. Que d'emails sont allés, ainsi, à la poubelle de l'histoire sans plus être lus? Le problème est d'élaguer les duplications qui prennent un temps considérable.
Alors, obsolète le bon vieux mail qui avait, déjà, remplacé le facteur et ses lettres sous enveloppe timbrée?
Ce serait aller un peu vite en besogne. Mais c'est vrai, il a trop servi en dépit du bon sens.
Pour suivre le progrès, les réseaux sociaux l'ont, quelque peu, cannibalisé.
Comme en tout, faut passer à des solutions hybrides.
La nature montre souvent la marche à suivre.
La lumière porte trois couleurs fondamentales et peut reproduire des millions de nuances colorées par synthèse additive et ainsi reconstituer la lumière blanche avec des températures de couleurs.
La température des "amis virtuels" serait-elle, aussi, en cause?
Quand je vous disais que tout est un peu lié à la physique, de théorie des ensembles avec en arrière-plan, quelques règles d'algèbre booléenne qui utilisent des "ou", des "et", et des "et exclusifs"....
La synthèse est additive et la lumière blanche apparait. Soustractive, c'est le noir absolu.
L'enfoiré,
PS. Si vous aimez les anecdotes, ne quittez pas. Juste un peu de souffle et on reprend dans un deuxième volet.
Citations:
- "Des choses qui n'ont rien en commun ont pourtant ceci de commun : qu'elles n'ont rien en commun.", Philippe Geluck
- "Il ne peut y avoir de totalité de la communication. Or la communication serait la vérité si elle était totale.", Paul Ricoeur
- "Nos vies sont faites de tout un réseau de voies inextricables, parmi lesquelles un instinct fragile nous guide, équilibre toujours précaire entre le coeur et la raison.", Georges Dor
09:30 Publié dans Actualité, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
29/09/2011
Communautés mixtes en fête
Cette année, nous fêtons le 40ème anniversaire de ce qu'on a appelé la "Communauté française". A cette occasion, changement de nom, ce sera désormais la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Le Parlement et le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont mis les petits plats dans les grands pour la fête. Un nouveau logo tricolore était dévoilé en avant-première, alors que, pour marquer le coup, le bureau de la fédération voulait le dévoiler en exclusivité, le 27 à 14h.
Au programme de "l'event", 5 jours de fête à Bruxelles, Louvain-la-Neuve et un peu partout en Wallonie. Des concerts, du théâtre, des spectacles pour enfants, du sport, du cinéma, et bien d’autres animations et expositions se sont tenues à cette occasion entre le 23 et le 27 septembre.
Deux moments forts, un grand concert sur la Grand-Place de Bruxelles et un autre le 27 septembre à Louvain-la-Neuve (programme).
A Bruxelles, le samedi 24 septembre, ce fut à nouveau un concert avec une vingtaine d’artistes, tous belges, contrairement à l'année précédente. Une douceur estivale, un été indien, en retard sur le calendrier, également, l'inverse de la version précédente qui avait subit un temps instable et une drache pour le couronner. Des artistes très connus pour commencer la soirée comme Maurane, Suarez, Axelle Red. Ensuite, des plus jeunes, moins connus, chauffaient les spectateurs de la place. Parmi eux, Puggy, Camille, Claire de Namur, Jali, Zaza Fournier, Machiavel, Marc Morgan, etc. Retransmission, à nouveau, en direct sur la Une Télé (RTBF). Tous les chanteurs, anciens et nouveaux, se réjouissaient d'y être. La foule participait jusqu'à la transe. 
Le 27 septembre, nouveaux concerts de Raphaël, Puggy et Balimurphy accompagnés d’un feu d’artifice et d’un 3D mapping au lac de Louvain-la-Neuve.
Il y a un an, de la "Fête de la Communauté française", je parlais de fêtes aux surréalismes qui en fin de course se terminaient, avec humour, par de l'hyperréalisme. Légèrement moqueur, ce billet de l'époque, j'en conviens.
On se cherchait un gouvernement. On ne s'imaginait pas encore qu'un an après, nous plancherions encore presque sur les mêmes "culs de bouteille". Je dis presque, car des éclaircies successives se pointent, récemment, à l'horizon. Miracles. Des accords sont tombés. La scission de BHV, les partages de compétences, transfert de fonds du fédéral aux régions... et j'en passe pour ne pas déflorer tous les artifices.
Ce n'est pas encore le "Habemus Papam" avec la fumée blanche adéquate, mais une fumée grise qui crachote en provenance d'un foyer qui a souffert de refroidissements, d'une "drache nationale" et d'une (dé)fête nationale. Une marche
forcée vers un changement de cap des négociations. Celles-ci ont trop eu de tours de tables en tête à tête sans décider ensemble de l'avenir. Pour en sortir, il fallait réunir les interlocuteurs, éliminer les éléments trop perturbateurs, qui avaient leurs raisons avec leurs engagements vis-à-vis de leurs électeurs dans les dents. Tout le monde n'est pas content, évidemment. Compromis sans compromissions? On verra à l'usage. Une fois, qu'une pelote de laine tombe sur le sol, les fils se mettent toujours à déboulonner.
Donc, changement de nom. Coquille vide, cette Fédération Wallonie-Bruxelles à l'égal du statut de la Région Bruxelles-Capitale en tant que région à "part entière", comme le disait quelqu'un? Usurpation de sa propre identité dans un "branding", tout beau, tout neuf?
"L’appellation FWB n’est pas une agression à l’égard de la Flandre".
Peut-être, mais cela dérange toujours un peu ceux de l'autre bord qui y trouveraient une concurrence potentielle? Pour ceux qui ont été à bord, qui reconnaitraient que si la vie de tous les jours étaient dans leurs préoccupations, cela manquait souvent un peu de "concret", de "punch".
Changement d’appellation d'usage pour suivre le contenu des compétences supplémentaires transférées du fédéral aux régions. Oui, et après, qu'est-ce que cela changera pour le citoyen lambda? Était-ce un lapsus qui a émaillé la présentation politique quand quelqu'un a parlé de la Fédération Wallonie-Flandre"?
Dans le monde, tout se déglingue, les crises conjoncturelles deviennent structurelles, systémiques et l'endémique qui devient contagieux. Difficile de le nier.
La nouvelle patronne du FMI a visiblement les traits crispés et des gestes de mains qui concourent au désarroi et qui ne trompent pas.
Le 27 septembre, on apprenait qu'une nouvelle fois, nous avions avancé l'"Overshoot Day" à cette date. Vous savez ce jour où on consomme plus que ce que nous produisons et vivons, donc, au dessus de nos moyens dans le monde.
Le lendemain, Barroso avait "casser la baraque Europe" lors de son discours à Strasbourg avec des idées subversives même si elles n'étaient pas neuves.
Il y a un an, un Question à la Une se posait la question de l'avenir de la Belgique. C'est dire comment la question de la scission était ressentie comme une déchirure et de la disparition du pays. Cette fois, cette émission mettait en commun, le problème des bonus des patrons et les nouveaux mouvements des simplicitaires qui récoltent de nouveaux adeptes.
La question est: peut-on survivre sans consommer? La société de consommation a-t-elle encore de l'avenir? Face à la crise et aux menaces qui pèsent sur la planète, les mentalités changent et se mettent à l'amende. Certains remettent en question leur mode de vie et choisissent de vivre dans une extrême simplicité en réduisant de manière drastique leur consommation. Un style de vie par la simplicité volontaire. Certains veulent vivre avec seulement deux euros par jour, d'autres ont, par choix, élu domicile dans une cabane en bois ou dans une yourte. Le mot "décroissance" fait peur car revenir en arrière, on veut bien si ce n'est pas tout perdre dans l'échange.
Nous sommes à la veille de changements cruciaux. Ne pas le voir, c'est être aveugle et sourd.
Le chanteur belge Pierre Rapsat, parti trop tôt, revient avec sa chanson "Ensemble", lancinante, plus que jamais nécessaire et pas uniquement en Belgique.
Pour cette Fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Hervé HASQUIN, ancien ministre-président de la Communauté française de Belgique (1999-2004), et Jean-Charles LUPERTO, Président du Parlement de la Communauté française étaient invités à la radio pour faire remonter les souvenirs à la surface.
La "Vlaamse Gemeenschap", qui datait de 1938-39, avait déteint sur le côté francophone, confirmaient-ils. Le problème de l’appellation de "Communauté française", associant le mot "française" pouvait générer la confusion et sentir le soufre en pensant au rattachement à la France. Justifier son existence sans revendiquer être une nation avec une solidarité entre deux régions avec des conceptions différentes peut donner un déficit de popularité.
1970. "La Belgique unitaire est dépassée par les faits. La Belgique de Papa, c'était fini", remarquait Gaston Eyskens, après un repas lourd et mal digéré. Première Réforme de l’État qui transformait le pays, coupé en trois communautés, en trois régions mais un fédéralisme à deux. Bizarre.
Place à la Belgique des enfants, des petits-enfants de Papa.
Les lois Gilson, le cabinet Hamel en 1965 n'ont rien résolu.
Stop ou encore?
C'est ce que disait Vanden Boeynans qui voulait mettre le Communautaire au frigo. Il tombait sur l'affaire de Louvain. L’Université de Leuven, la KUL, le "Walen buiten" restent encore dans les mémoires comme des plaies ouvertes.
En 1973, une nouvelle université-ville à "Louvain-la-Neuve", l'UCL, sortait de terre. Un pavé d'une place de Leuven avait été convoyée dans une course relais pour y être considérée comme première pierre de cette œuvre de bâtisseur. Une commémoration symbolique s'est déroulé pour l'occasion... un peu chahutée par les étudiants.
En politique, ce sont les partis du "Rassemblement Wallon" (RW) face à la "Volksunie" (VU) qui sont sortis des fonts baptismaux. Un fédéralisme culturel flamand contre un fédéralisme économique pour contrôler les richesses wallonnes.
Comme protections des groupes linguistiques, une double majorité, une sonnette d'alarme et d'un "107 quater" qui voulait fonder les régions mais qui restait non appliqué pour la région de Bruxelles, appelée "moelle épinière" du pays avec un corps en formation.
En 1980, la compétence de l'éducation transférée aux régions, mais on oubliait les moyens financiers dans la bagarre.
Donc, il y a un autre climat, plus favorable dans les négociations de cette 6ème réforme de l’État. Les partis extrêmes, anciennement en cartel avec d'autres avec le communautaire en exclusivité, ont repris leur liberté comme la NV&A et le FDF. L'âge des négociateurs, des futurs leaders des partis, a dégringolé et plafonne désormais dans la quarantaine. Seul le formateur, Di Rupo, plane encore au dessus du nid de coucou avec ses 60 ans. Heureusement, la valeur n'attend pas le nombre des années, dit-on.
Dans le nouveau Plan, pas de zinnekes élus au Sénat par les zinnekes, eux-mêmes. Mais, c'est vrai, nous n'avons pas de tête de Sénateurs à Bruxelles.
Tenir compte des spécificités. Enseignement, recherches, comme compétences transversales... La santé hésite toujours à prendre le tapis volant ou la soucoupe volante. Le pouvoir fiscal à Bruxelles, le monstre du Loch Ness.
Mais on régionalise jusqu'à plus soif...
Communauté et régions, même combat, pour la Flandre. Sociologies différentes entre la Wallonie et Bruxelles. Ménage de raison pour la finance et de cœur par la culture.
"Aucune réforme de l’État successive n'a apaisé le nationalisme flamand", dit Vincent Dujardin.
Mais, ce jour-là, il y avait une série de nouvelles.
"La Flandre autorisera la conduite sur la bande d'arrêt d'urgence". N'est-ce pas un signe que rien n'est perdu grâce à une signalisation "dynamique" adaptée, comme il était écrit dans l'article.
Thomas Gunzig avait fait fort, ce jour-là, il avait raboté sa causticité, limé ses ongles et disait que "Tout le monde s'aimait bien" pour ce jour de la fête. Tout semblait aller pour le mieux, en effet, à l'exception, peut-être, d'une fuite à la Brasserie Belle-Vue. Non, malheureusement, ce n'était pas de la bière qui avait fui, mais de l'ammoniac. En fin de semaine, il mettait les voiles à l'écoute de la rigueur du budget qui s'annonçait. La fête était finie.
C'est vrai, le temps faisait son baroud d'honneur pour ceux qui avait un jour de congé pour la fête. Lui, il travaillait comme les autres jours.
L'aéroport de Charleroi prenait la 7ème place des aéroports en Europe.
L'euphorie des Bourses avec le plus fort rebond depuis 16 mois. 
La doyenne de Belgique venait de fêter ses 111 ans. Elle a dû en voir des vertes et des pas mûres dans sa longue existence. Deux guerres mondiales à se farcir. Si elle n'est plus sexy avec l'étiquette de Communauté Française sur le front, elle a toujours toute sa tête. A côté du communautaire, de l'identitaire, du supplémentaire, du surnuméraire, du forfaitaire, elle a tellement ... de choses à faire sans braire, ni traire. Une étiquette, cela se décolle.
Quarante bougies à notre communauté, à côté de ses cent onze ans, on ne va tout de même en en faire un plat, même si le gâteau devient trop petit envahi par les bougies.
Un nouveau départ? Si on..., si tout le monde le veut et peut le vouloir.
Pour les réformes successives, nous avons eu les accords de la Saint-Michel, de la Saint-Quentin, de la Saint-Polycarpe ...
Alors, si la Communauté a trouvé un nom, si on la prénommait par "Les accords de Sainte Germaine" en l'honneur de la doyenne, Germaine Degueldre. Comme raison à sa longévité, elle dit rester bonne vivante, en bonne santé, avec le dessin, la musique, le lotto (pas dit s'il était sportif ou non), les dominos et vivre à Binche.
N'aurions-nous pas intérêt à nous y référer?
Il ne faut pas lui faire un dessin, elle connaît la musique et elle joue aux casse-pipes dans une ville de carnaval.
N'est-ce pas une preuve que ça marche dans la durée?
L'enfoiré,
- "Il n'y a de communautaire que l'illusion d'être ensemble.", Raoul Vaneigem
- "Prison : maison on ne peut plus communautaire dont personne ne possède la clé", Jean-Paul Lebourhis
- "Nous avons tous en nous un orchestre symphonique composé de plusieurs instruments qui ne jouent pas ensembles, à cause de la diversité des lieux identitaires.", Eric-Emmanuel Schmitt
09:50 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note















































