17/05/2012

Feu vert à Jacques Careuil

Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les moeurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.

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Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.

L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.

Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".

Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.

Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.

Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.

Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobinner le fil de sa vie.

Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.

L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.

En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".

A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.

Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Jo Dassin.  

Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.

Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.

Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.

Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.

Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.

Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.

Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.

Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.

Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.

L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérence car elle dure pendant 6 ans.

Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.

Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.

Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!

"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier. 

Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.

Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?

Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.

Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce  documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.

Un vie de voyages commence dans une septième vie.

D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.

Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.

Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.

Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.

Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme. 

Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.

Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.

Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Ïl se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.

Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.

Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Q'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. Ce sont eux les fautifs. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut."

Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.1.jpg

Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.

Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies? 

Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.

1.jpgIl espère avoir été un petit lutin de consolation.

Que dire comme conclusion?

Un livre bien écrit.

Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.

Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.

Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".0.jpg

Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.

Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.

Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.

Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.

Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
  • « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
  • « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin

10/05/2012

Fidèle, vous avez dit, comme c'est étrange...

La base de tout code éthique du couple est la fidélité. Un contrat, une signature au bas d'un parchemin, des vœux qui fixent la fidélité dans une sorte de CDI qui devient, souvent, un CDD. Il y a les anniversaires, les noces pour concrétiser, pour acter. On s'épouse pour le meilleur et pour le pire, dit-on... Oui, mais, il y a réformistes, les conspirateurs, les prometteurs, les menteurs, les impulsifs, les "extra-conjugués", le "double-vital", les pressés, les décompressés et parfois, quelques fidèles et... un anniversaire.

2.jpgLa fidélité est, manifestement, mis à mal à notre époque. Pas uniquement dans les affaires de couples.

Dans ce dernier cas, on pense au dernier film de 2012, "Les infidèles" mais il y avait eu un précédent, avec le titre au singulier "Infidèle", en 2002. Entre les deux, il n'y a que la mise en forme, quelques mises en plis qui diffèrent pour faire évoluer les manières très personnelles de vivre intra-conjugales et extra-conjugales.

La fidélité n'existe plus toujours ni avec son entourage, ni dans les relations avec son employeur. Le mot "toujours" est à double tranchant.

Les contrats signés ne sont plus respectés ou sont détournés de leur but initial. Le turnover n’a jamais été aussi grand à tous les étages. Les sociétés restructurent. Elles le font d’autant mieux que les affaires vont bien. Il faut se rappeler que notre société de consommation pousse à l’égoïsme, au non-respect des promesses et par là, à l’infidélité.

Si l'adage "Un tien vaut mieux que deux tu l’auras" persiste dans les mémoires, il faut bien avouer que cela ne tient plus qu'à un fil très vite coupé derrière des réformes à répétition qui ne sont pas bien ficelées.

Pourquoi en serait-il autrement dans l'intimité d'un couple, avec sa moitié, comme on a l'habitude de dire? On frise plutôt des portions plus congrues que la moitié de part et d'autre de la balance. 

Irait-on, un jour, jusqu'à réformer la réforme, elle-même, rien que pour voir autre chose, un changement et dire, devant l'autel des Grands Hommes, que l'on serait fidèle à l'infidélité pour exister ou avoir encore des sujets à raconter?

Mon magazine parlait dernièrement des femmes des candidats à la présidence française, des épouses qui sortent plus de l'ombre. Le sexisme, le féminisme en est outrepassé. Seul, Melenchon et Bayrou avaient le conjoint d'origine. Ne parlons pas des artistes de variété, là, ce serait souvent le nième d'une longue série de paragraphes, de chapitres plus ou moins courts.

A la radio, à la TV, dans les journaux, on dénombre « 4% de nouveaux clients ». Pour les anciens, bizarre on n'en dit rien. N'y aurait-il aucune "offre alléchante" pour le justifier.

Les jeunes se "mettent" ensemble pour le meilleur et pour le moins pire, pour tout et tout de suite et la plupart du temps sans mariage officiel contre indiqué pour des raisons fiscales. Quand le pire arrive, quand tout n’arrive pas dans les temps, il n’y a plus personne, c'est la fuite. Tout le monde se rappelle de "Pour un flirt avec toi".

0.jpgFréréric Beigbeder parle de ses expériences dans le livre "L'amour dure trois ans". Il est passé au cinéma.  Comme préface du livre, on lit "La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne: dégoutée votre femme vous quitte. La mauvaise: vous commencez un nouveau livre. L'amour est un combat perdu d'avance". Cela voudrait-il dire que les rééditions de mariage ne marchent pas vraiment mieux? Il y a toujours une comparaison qui se produit, qui s'insinue en cachète.

L'Avventura, chantaient Stone et Charden, il y a bien longtemps....

Étaient-ils des précurseurs de l'infidélité avec une telle chanson sous la bénédiction de la musique?  

Samedi dernier, "Les années bonheur" enregistré avant le décès de Charden.

Stone et Charden y étaient bien vivant. Ces années bonheur avec Stone ont duré 5 ans. Après, il y a eu, pour lui, Pascale, Bénédicte, Gabrielle. Mais, c'est Stone, son "premier amour" qui l'accompagnait chez Drucker et chez Sébastien.   Le "gars chocolat" et la "fille à la vanille" bercés de fleurettes fleuraient bons le terroir français, ce qui a fait leur succès. C'est bon pour le moral et pour l'exemple, mais les réalités de la vie sont bien différentes. Est-ce dire que je suis contre le divorce? Non, surtout quand c'est pas consentement mutuel. Les atomes crochus ne sont pas forcément là.

Le même "cinéma" est partout et même tout en haut de la hiérarchie. On a connu les escapades de notre Roi Albert II, voici que celles du Roi Juan Carlos défraie la chronique de la monarchie espagnole dans le Paris-Match. Une princesse allemande, Corinna zu Sayn-Wettgenstein a, parait-il, fait ressortir le démon de midi ou celui du soir du Roi d'Espagne. "Son tableau de chasse serait de 1500 conquêtes", lisais-je ensuite. Un chaud lapin, quoi...

Le prestige de l'étiquette, de la renommée, du pouvoir et de l'argent vivent toujours à ce niveau.

Les médias s'en mêlent aussi. La chaîne télé AB4 s'est fait le propulseur de l'émission "Marrions-nous" qui institutionalise l'agence matrimoniale sur écran. Suggérer l'envie par de belles candidates aux échanges "culturels" et divers. Koh-Lanta avait donné quelques filons de plus dans ce sens.

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Auparavant, les deux membres d'un couple vivaient parfois des vies conjugales parallèles entre domicile et bureau. L'infidélité est montée d'un cran dans la virtualité qui apporte encore plus de fantasmes et de suspense. Badinage et marivaudage en virtuel. Le pied...

Je vous en avais touché un mot sur le sujet dans "Mariage distancé".

Le Vif L'Express de mi-mars essayait de prouver "Comment le Web dope l'adultère". Ordinateur, téléphone savant et tablettes numériques deviennent complices des amours secrètes et 'traitres'. 

"Le Web ne crée pas le problème, mais il amplifie les pathologies", s'empresse de dire, le sexologue.

La proie pour l'ombre dans une affaire d'argent comme une autre.

Oui, on se rappelle de DSK. Pas un fan des TIC, lui. Simplement fou de voyages au septième ciel des hôtels pour calmer ses pulsions.

Les SMS sur ses portables complètent le tableau. Sur son lieu de travail, le "potentiel" de "recrutement" est devenue tellement important qu'on en oublie la prudence.  Dans la "Web connection", ce sont les femmes, en alternance, qui sont devenues des objets à force d'être convoitées.

L'agence 0.jpgGleeden est devenue une mine d'or. Les affiches se sont mises dans les valves publicitaires bruxelloises: "Contrairement à l'antidépresseur, l'amant ne coûte rien à la sécu". On se demande si ce n'est pas une pub pour les avocats.

Le phénomène du FOMO (Fear Of Missing Out) entre en jeu chez les autres. Les réseaux sociaux, Twitter font le reste. Dans la société moderne, il faut faire semblant d'être heureux, d'avoir des amis sous peine d'être rejeté comme oiseau de mauvaise augure. L'injonction du bonheur oblige presque à aller compléter son manque ailleurs et augmenter son palmarès. Femme ou homme sont au même niveau dans ce jeu d'à qui gagne, perd ou gagne.

Le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son livre "Sex@mour" rappelle tout cela. 

Les questions que se posent encore les adolescents trouvent la confirmation dans la pratique. L'éducation sexuelle a seulement montré le chemin.

"Les ados, l'amour et le sexe" de Alain Héril se fixe l'objectif d'être un mode d'emploi.

"La sexualité des adolescents n'est pas une préoccupation nouvelle tant pour les adolescents eux-mêmes que pour leurs parents ou éducateurs. Alain Héril dit qu'il faut protéger ces ados après avoir constaté de visu ce qui se passe dans les fils de la Toile. (livre "Les Ados, l'Amour et le Sexe")
Cependant, beaucoup d'événements médiatisés tendent à nous rappeler combien il est difficile pour les ados d'aujourd'hui d'aborder la découverte de la sexualité de façon neutre et positive.
L'accès facilité aux images représentant des situations sexuelles crues entraîne des malentendus et des interprétations parfois erronées.1.jpg
Il est donc important de comprendre les enjeux de l'adolescence aujourd'hui pour que parents et éducateurs puissent transmettre quelques clés d'analyse et permettre aux jeunes d'aborder cette problématique avec plus de sérénité.
La construction sexuelle (bouleversements hormonaux et psychologiques, premiers amours, mélancolie, timidité, fascination du risque…) et de ces composantes purement modernes (comportements transgressifs, rapport à la pornographie, importance des nouvelles technologies…), avec l'idée de redonner à l'adolescence sa fonction primordiale : une initiation riche et dynamique pour mieux amorcer l'entrée dans l'âge adulte.".

De plus, devenir adolescent est plus rapide qu'auparavant. Dans le passé, les découvertes laissaient plus de temps au temps pour imaginer.

0.jpgDes relations intimes d'un condisciple qui se sortent de Facebook et se retrouvent sur des sites pornos. Pourquoi en serait-il autrement?

Est-ce, d'ailleurs, toujours l'homme qui reste le chasseur?

Rien n'est moins sûr. Faut pas se leurrer. Le féminisme a changé la donne. Les cougars veillent.

La planète Vénus a-t-elle rencontré Mars?
Quand on connaît les différences entre les deux planètes, cela pourrait y ressembler, mais ce serait alors par osmose, mais sans volonté naturelle de se
concilier les mêmes prérogatives.

Chez les animaux, le sexe n'est pas une question mais une réponse de vie ou de mort. Prolonger la vie de ses gènes dans la génération suivante. Oui, il y a aussi les bonobos...

Mais, au fait, pourquoi ai-je pensé sortir ce billet aujourd'hui?

Ne le répétez pas, je fête, aujourd'hui, mes noces d'émeraude. Pour des jeunes, cela pourrait aller jusqu'à l'idée d'une catastrophe avec la phrase "Mes sincères condoléances" qui viendrait s'ajouter dans le processus.

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Un dialogue entre une femme et un homme, jeunes, pourrait bien être:

-C'est notre anniversaire de mariage, trois ans, comment cela est-ce possible? Le temps a passé si vite. Est-ce l'égalité des sexes qui a permis cela?, dit l'homme.
-
Qu'est-ce que tu entendes par là?
-
Oh, par là, pas grand chose. Cela dépend de ma longueur, de tes grosseurs....
-
Je ne veux pas parler de ton sexe, mais de notre sexualité en couple.
-
Ah, bon, pardon, chérie. Que veux-tu entendre, alors? Qu'on se rapproche encore, qu'on se ressemble ou qu'on se fait dépasser par nos amis?
-Que notre amour n'aura pas de fin
.
-
Tu sais, c'est comme sur une autoroute. Je te rappelle, il y en a qui dépasse par la gauche, un autre par la droite. Et on finit toujours ensemble dans le même décor.
- Ah. Vu sous cet angle...

- Chérie, sache-le, je t'ai épousé afin qu'il n'y ait pas 4 malheureux.
-
4 malheureux ?
- Oui, toi, moi et les deux qui nous auraient épousés chacun.

La perception des noces, de l'amour d'une femme et d'un homme, des mots utilisés seront toujours, quelque part, différentes.

Bien sûr que sur l'oreiller, on oublie tout.

Il y a une petite règle de la sexualité qui s'appelle M.M.S

Vous ne la connaissez pas? Elle est pourtant connue, mais incomplète. Je la complète par tranche de dix ans puisque nous avons le système décimal et que la durée de vie s'allonge.

Aux noces de coton, MMS, c'est Matin, Midi et Soir.

Aux noces d'étain , c'est Mardi, Mercredi et Samedi.

Aux noces de porcelaine, c'est Mars, Mai et Septembre.

Aux noces de perle, c'est Miel, Marmelade et Sel

Aux noces d'émeraude, c'est Musique, Murmures et Solitude

Aux noces d'or, c'est Meilleurs Moments de Souvenirs

Aux noces de diamant, c'est Money, Momentum et Sensibilité

Aux noces de platine, c'est Motus, Mollesse et Sinistrose

Aux noces de chêne, c'est Monologues, Motus et Silence

Aux noces d'eau, c'est l'arrosage des fleurs, tout simplement.

Dans le haut de la barre des âges, on entend  des blagues comme "Avec l'âge, les raideurs se déplacent", "Les vieux regardent toujours les filles mais ne savent plus pourquoi". 

Quand on partage toutes les heures à deux, là, mettre de l'eau dans son vin, partager les tâches, ne pas avoir deux coqs sur un même "fumier", laisser de la liberté à l'autre sans intervenir, chercher la complémentarité plutôt que l'opposion peut aider. Tout le monde doit garder un "jardin secret", une "indépendance" d'esprit pour pouvoir tourner les pages à problèmes. Regretter les erreurs du temps passé, être revanchard, c'est perdre son temps.

Askmen propose donc quelques petits conseils pour aider les hommes à gagner plus de points dans les joutes domestiques

0.jpgLes hommes sont désavantagés par rapport aux femmes en matière de disputes, parce que celles-ci expriment leurs émotions bien plus facilement. 

Alors, ils donnent 5 conseils pour gérer les disputes et les raisons invoquées sont parfois amusantes si pas stratégiques:

  • Ne jamais lui dire de « se calmer » (ou ses variations)

Et surtout pas si elle est déjà hors d’elle ! Cette expression particulièrement agaçante ne fera que jeter de l’huile sur le feu.

  • Employez la première personne

Au lieu de dire « tu ne m’écoutes pas », dites plutôt « j’ai l’impression que tu ne m’écoutes pas ». Les phrases qui commencent par la première personne semblent moins accusatrices, et seront plus susceptibles de recueillir son écoute et sa bienveillance. Et peut-être pourrez-vous obtenir des excuses ? Qui sait ?

  • Laissez l’opinion de vos amis hors de cette affaire

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Les femmes redoutent de passer pour des folles. Il est donc malvenu d’insinuer que vos amis ont fait des remarques à propos de sa « bizarrerie ». De toute façon, ce type d’argument n’amènera rien : elle ressentira que vos amis ne peuvent que vous soutenir. De plus, lors de la prochaine rencontre avec les amis en questions, elle se sentira très mal à l’aise. Enfin, c’est le type d’argument qui risque de vous poursuivre pendant des lustres…

  • Ne faites pas de menaces creuses

Pour la bonne raison qu’il y a de fortes chances qu’elle vous prenne au mot… Ne donnez jamais d’ultimatum.

  • Mentez !

Dès qu’elle vous demande avec un regard agressif si vous comprenez ce que vous venez de lui faire ou de lui dire, mentez, et dites que oui, vous voyez bien de quoi il s’agit, et demandez-lui si elle veut en parler tout de suite, ou un peu plus tard. Avec cette réponse surprenante, vous pouvez lui faire baisser la garde et vous laisser le temps d'essayer de comprendre effectivement pourquoi vous l’avez offensée, pour trouver ensuite un moyen de vous faire pardonner.

0.jpgParler de « nuit de noces », de « lune de miel », c'est remonter à l'époque babylonienne où l'on y buvait de l'hydromel, le vin de miel et s'est perpétuée grâce à la culture grecque. En effet, la mère de la mariée donnait un pot de miel au jeune couple avant de les laisser.

Dans le folklore français, on donne des noms de noces aux anniversaires de mariage, associés à une matière.

Mais pourquoi, diable, 40 ans de mariage représentent les noces d'émeraudes? Il n'y a pas longtemps, je l'ignorais.

L'étape d'avant, les 35 ans, les noces de rubis, sont passés sans avoir fêté quoique ce soi.

Avec le poids des ans, cela prend, tout à coup, plus d'importance. Dès les noces d'or, ce sont les maisons communales qui invitent les "rescapés" qui sont malgré l'allongement de la vie de moins en moins nombreux.

J'ai cherché. Et ce que j'ai trouvé, m'a stupéfait. Des noces "anniversaires", cela va de 1 à 100 ans. On a vraiment pensé à tout.

Mon hebdo en parle même. Non, pas de mes noces d'émeraude. Du 29 avril et des noces de cotons de William et de Kate avec la mention "Sa place à la Cour et dans les coeurs". 0.jpg

Il est dit: "Premier anniversaire de mariage dans la plus "stricte intimité" après un milliards lors du mariage. Un tendre tête-à-tête après une séparation, due aux obligation du Prince, en mission aux Malouines avec la RAF. Belle-maman a fêté, pendant cela, son jubilé de diamant avec 60 ans de règne. Kate a su se montrer à la hauteur de son rang, sans arrogance ni timidité"

Plutôt "glamour" que cela, tu meurs. Jeune et beau, cela fait toute la différence et organise le buzz.

Un an pour Kate et William et ce sont les "Bravos" de la foule... Faudra qu'ils y mettent beaucoup du leur pour arriver aux noces d'émeraude. A la cour d'Angleterre, il y a eu, quelques ratés avec les couples qui y ont gravité. L'expérience de belle-maman, the Queen Élisabeth II, la matriarche, n'a pas servi d'exemple à son entourage.

Donner des filons de l'expérience en comptant les années? Le calcul mental s'effrite et s'embrouille avec les années.

Laissons, donc, parler les "spécialistes" et pas uniquement les sexologues.

Le magazine Philosophie questionnait Jacqueline Bir, 78ans, a marqué le théâtre bruxellois pendant 60 ans. Mariée à Claude Volter, décédé en 2002. Elle dit "Je suis une enthousiaste lucide positive. J'ai le devoir d'être joyeuse. Quand il y a quelque chose d'exaltant qui naît entre deux êtres, ça vous marque à vie. Réussir sa vie amoureuse est un travail surhumain. L'amitié reste la plus forte, la plus solide. Rien n'a été créé pour être pérenne. Les gens qui ont peur, qui repoussent l'autre en le sommant de s'adapter à nous, ignorent tout de l'Histoire. Nous sommes ce que nous créons, jour après jour, en gardant la dérision, en sortant de l'image. Jouer, comme vivre, c'est l'art de l'éphémère. Nous ne sommes qu'une plume dans le vent".

"Mars, le mois des divorces", dit une analyse de findlaw.com. C'est évident, c'est le printemps et la sève monte. "Les recherches sur Internet concernant le mot-clé « divorce » augmentaient de 50% en janvier et connaissaient aussi leur apogée en mars.". Les affaires reprennent pour les avocats, au mois de mars. Relation de cause à effet. Il faut toujours des gagnants quelque part.

Le neurologue Amir Levine distingue trois types d'attachement :

  • Confiant : Si vous aimez authentiquement et recherchez la proximité, mais sans vous soucier d’être aimé en retour, vous appartenez à cette catégorie, comme la moitié de la population.
  • Anxieux : Vous appartenez à cette catégorie lorsque vous avez privilégiez l'intimité et la proximité dans vos relations amoureuses, mais que les sentiments que l’autre éprouve à votre égard ont beaucoup d’importance pour vous. Les personnes de ce groupe ont tendance à avoir du mal à oublier un chagrin d’amour, et elles se sont encore amoureuse d'une personne aimée même des années plus tard. Elles sont très sensibles aux petits changements dans l'humeur de leur partenaire et redoutent de manquer de proximité avec lui.
  • Fuyant : Vous êtes du genre fuyant si votre priorité, c’est l’indépendance, et que vous avez tendance à mettre de la distance entre vous et votre partenaire. Souvent, les personnes de cette catégorie ont l’impression qu’elles n’ont pas encore rencontré « le prince charmant » ou « la femme de leur vie » , et elles sont tentées de mettre fin à la relation en cours pour cette raison. Mais le problème n’est pas là, selon Levine, mais il provient plutôt de leur manque d’aisance avec la notion d'intimité.

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Et quand on est confiant, anxieux et fuyant, à la fois? Cela devient quoi? Explosif?

Une vidéo sur la sexualité des seniors "Safe sex for seniors", faisait dernièrement le buzz sur Internet.

Dernièrement, une discussion "to be or not to be parent" faisait débat.

Et oui, il n'y en a pas eu en stock. Suis-je parmi les anormaux ou est-ce une connerie que de le penser?

Dans la chanson, on parle plus d'amour que de fidélité.

Il y a eu TrenetRoch Voisine et Julio Iglésias.

Et puis, c'est tout. Plus rien.

Je ne vais pas en ajouter une. Juste un petit coup d'anniversaire en vers.

 

Noces d'Émeraude
Quarante ans d'odes
D'années qui s'érodent
Pas de terribles périodes
Juste une vie bien chaude
Et qu'elle ne se démode

Un anniversaire, une noce
Souvenirs que l'on endosse
Que l'on espère pas rosses
Mais que l'on désosse
Sans avoir de bosses
Avec la seule aide d'Éros

On espère toujours une bonne suite
Qu'elle ne devienne pas une fuite
Poussée, à la dispute, qui trop vite
S'envenime avant qu'elle ne s'effrite

En attendant les noces de diamants
Tout reste à faire en tant qu'amants
Tant qu'il y a de bons sentiments
Tant que l'amour, jamais, ne dément

Revenons à nos moutons, à mes noces d'émeraude.

Je suis fana d'Internet, pas d'enfant, au vu de ce que j'ai lu ailleurs, je dois être un incurable "fidèle"...

Les enfants synchronisent souvent la vie de couple. Parfois, ils la saturent et l'étouffent.

Les "vieux amants" de Brel pourrait tout résumer pour certains. Lui parlait seulement de 20 ans.

Que dire sinon que si on parvient déjà à être fidèle à soi-même, en accord avec soi-même, c'est un premier pas vers la sagesse.

"Pour pouvoir aimer, il faut d'abord s'aimer soi-même", écrivait encore Beigbeider dans son livre.

Fermez le ban...

 

L'enfoiré,


Citation:

  • "Non, Pénélope, on ne dit plus "bonne chance" aux gens qui se marient. Que "courage", Corine Piget
  • « Célibataire : Accro au sexe ou à Internet. Sinon : divorcé. », Luc Fayard
  • "Je préfère glisser ma peau sous les draps pour le plaisir des sens que la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence." Raymond Devos

05/05/2012

Montréal, la francophone

Je connais Pierre depuis six ans en tant que blogueur de textes. Depuis sa création, je consulte son blog orienté photos "Les beautés de Montréal". La Belgique, mon pays, s'y est insérée. Des photos échangées, un peu de poésie. Récemment, une sorte de compétition amicale sur le thème de nos automnes respectifs. Aller plus loin. Sortir des seuls clichés. L'inviter à dire ce qu'il pense de sa ville, y ajouter un texte plus personnel, plus intime. Voici la vision de sa ville, Montréal, qu'il m'a offerte.. Je vous confie à lui dans ce voyage et en fin, une surprise.

Mon ami Guy – lorsqu’il m’a demandé de présenter dans ses pages une vision personnelle de Montréal – a fait preuve d’une grande cruauté à mon égard. C’est un doux reproche que je lui adresse. Mais diantre comment parle-t-on de la ville qu’on habite depuis plus de soixante-cinq ans. Je viens de vous faire une première confidence, vous l’aurez remarqué. Sous quel angle devrais-je aborder cette périlleuse mission? Montréal n’est pas Bruxelles. Montréal est une ville résolument moderne, nord-américaine, sans architecture particulière, avec ses quartiers anciens, ses quartiers modernes et ses quartiers de grande pauvreté. Montréal est toutefois une ville de destination prisée par les touristes. Pour aucune majeure. Elle est située au Québec, pays francophone dans une mer nord-américaine. Au Québec, nous nous identifions d’abord en tant que québécois avant d’être canadien. Montréal est la ville avec une majorité francophone et une minorité anglophone. Elle est le pôle économique du Québec, la ville de Québec étant la capitale. Au Québec, nous avons deux réseaux d’éducation importants : les commissions scolaires francophone et anglophone. Nous avons deux réseaux de santé francophone et anglophone. Le Québec a fait l’objet de deux référendums pour solliciter la population si elle désire ou non son indépendance et son détachement du Canada. À deux reprises, la population a manifesté, avec des majorités variables, son rejet de cette option d’indépendance. Et le débat se poursuit toujours. Voilà campée en quelques mots la ville dans laquelle j’habite, le pays pour lequel je souhaite depuis cinquante ans son indépendance.

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La population de la ville de Montréal est de 1.649 519 habitants. La population de la grande agglomération de Montréal est de 1.886 481 habitants. En 2011, selon les statistiques émises par Citoyenneté et immigration Canada, au total, 26 090 jeunes étrangers fréquentaient un établissement collégial ou universitaire montréalais, soit un nombre inégalé pour la métropole. La population du Québec a atteint, en 2012, le chiffre de 8.013 073 habitants.
Approximativement, 6 millions de Québécois sont francophones, plus de 600 000 sont anglophones, environ 75 000 sont Amérindiens et Inuits. Près de 80% des Québécoises et des Québécois habitent dans les localités situées le long du Saint-Laurent. Environ 35% habitent à Montréal (sans compter la grande zone métropolitaine qui l'entoure). Avec ses habitants, Montréal concentre plus de 45% de l’ensemble de la population du Québec et regroupe 3,5 millions d’âmes (la population actuelle du «Grand Toronto» est de 4,8 millions habitants) (Source).

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Le Québec pourrait compter 9,2 millions habitants en 2056. Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise a franchi le cap des 8 millions habitants fin septembre 2011 et s'établira à 9,2 millions dans moins de 50 ans. (C'est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l'ISQ avancent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou à long terme.) (Source)
Un récent sondage CROP indiquant que les anglophones, particulièrement les plus jeunes, envisagent que Montréal puisse devenir plus tard une ville où l'anglais prédominera. Plus de 77 pour cent des personnes sondées estime notamment que la métropole deviendra à prédominance anglophone, alors que le reste du Québec devrait conserver son aspect francophone, indique le sondage (Source)
Pour contrer cette tendance, un député de l’Opposition au Parlement du Québec, Pierre Curzi, a proposé que le français soit décrété langue commune, que l'affichage d'une raison sociale ait obligatoirement un nom générique francophone et qu'une entreprise obtienne un certificat de conformité à la Charte pour obtenir un contrat public. Le projet de loi, déposé par le député Curzi, modifie considérablement la Charte québécoise de la langue française adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque. Le gouvernement actuel, dirigé par le premier ministre Jean Charest, n’est pas favorable à la réouverture d’un débat sur l’avenir du français au Québec en raison de ses positions fédéralistes et de son appartenance à la Fédération canadienne. Toujours selon l'opposition au Parlement du Québec, le gouvernement cacherait une dizaine d’études commandées au cours des dernières années et portant sur le fonctionnement du fédéralisme canadien. Les études portent sur divers sujets, allant du droit constitutionnel à l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne.

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Nous retrouvons sur le territoire de Montréal deux grandes universités anglophones, McGill et Concordia, et du côté francophone, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ainsi que l’Université de Montréal. L’Université Concordia offre plus de 180 programmes de premier cycle dans 4 facultés (Arts et sciences, Génie et informatique, Beaux-arts, École de gestion John-Molson), et 70 programmes de maîtrises et de doctorats. L'Université McGill compte, pour sa part, onze facultés et onze écoles, dans des disciplines aussi variées que le droit, la musique ou les études religieuses et propose plus de 300 programmes d’études sur deux campus.
L’Université du Québec à Montréal (UQAM) est composée de sept facultés (Arts, Éducation, Lettres, langues et communications, Science politique et droit, Sciences, Sciences de la gestion, Sciences humaines) et elle offre 116 programmes de premier cycle, 96 programmes d’études supérieures, 13 centres de recherche, 21 chaires d’enseignement et de recherche, 9 chaires de recherche du Canada, et 2 instituts. Enfin, l'Université de Montréal, avec ses écoles affiliées, HEC et l'École Polytechnique, reçoit 7 000 étudiants internationaux en provenance de 120 pays et elle se fonde sur 800 projets de collaboration internationale en enseignement et en recherche. Elle dispose aussi de 600 ententes internationales ciblées dans 90 pays. Elle regroupe 450 chaires et unités de recherche et un grand réseau de bibliothèques.

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Avec ses 1 782 835 habitants, la région de Montréal regroupe 25 % de la population québécoise. Elle offre une qualité de vie enviable et est reconnue pour son ouverture, son dynamisme artistique, sa vigueur économique et sa vitalité culturelle. Le coût de la vie y est abordable comparativement à celui observé dans d’autres régions métropolitaines de même envergure. Montréal est une ville sûre, où l’on peut vivre en toute tranquillité.
La région de Montréal est constituée de la ville de Montréal et des villes de banlieue suivantes : Beaconsfield, Baie-D’Urfé, Côte-Saint-Luc, Dollard-Des-Ormeaux, Dorval, Hampstead, Kirkland, L’Ïle-Dorval, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Senneville, Westmount.

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Le Stade olympique est un monument unique au monde : évoquant des mains gigantesques aux doigts recourbés, les 34 consoles en porte-à-faux, auxquelles s'ajoutent quatre consoles tronquées à la base de la Tour, déterminent la géométrie d'ensemble du Stade. Elles supportent l'anneau technique, la toiture et les tableaux d'affichage électronique. L'anneau technique peut se comparer à une maison de deux étages; au premier étage sont logés les équipements de ventilation et le rez-de-chaussée abrite l'éclairage du Stade constitué de 1 146 lumières de 2 000 watts. Le stade peut contenir 53 858 personnes et jusqu'à 62 000 avec l'ajout de gradins. C’est le monument le plus visité de la grande région de Montréal.

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La métropole du Québec bat au rythme des multiples cultures qui la composent. La ville de Montréal jouit d’une renommée internationale auprès des nombreux touristes qui affluent de partout en toute saison pour la visiter. Ville moderne et de haute-technologie, elle attire également les investisseurs de nombreux pays. Montréal offre une gamme complète d’événements et de festivals, et ce, durant toute l’année. Se succèdent festivals de musique, d’humour, de gastronomie, de sport, ainsi que des festivals d’envergure internationale. Tous prennent part à la fête, les résidents comme les touristes. Certains événements reviennent d’année en année, tandis que d’autres sont une chance unique de prendre part à une fête.

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Françoise Ligier, dans Le Français dans le monde, a écrit un beau texte sur les escaliers de Montréal. Notamment ceci : « Pourquoi, dans un pays de neige et de glace comme le vôtre, avoir construit ces successions d’escaliers pour relier la rue aux logements du deuxième et parfois du troisième étage ? Telle est la question la plus fréquemment posée aux Montréalais. Qu’ils soient simples, doubles, jumelés ou en rangée, qu’ils soient en échelle, à quartier tournant, en spirale, en colimaçon, au gracieux déhanchement ou au tortillement mathématique, en forme de L, de S ou de T… ils étonnent. Ils peuvent être humbles ou somptueux, discrets ou flamboyants, gris souris, jaune d’or, vert émeraude… Lorsqu’un chat dort sur leurs marches, qu’un écureuil trotte sur leur rampe la queue en l’air ou qu’une bicyclette y est coquettement appuyée, ils sont abondamment photographiés. Sous un épais manteau de neige, ils peuvent aussi ressembler à une descente de toboggan. Et on rit beaucoup lorsque quelqu’un, sous l’effet du verglas, les descend alors qu’il voulait les monter… Au printemps, les Montréalais lavent et astiquent ces escaliers : ils effacent ainsi toute trace de l’hiver et leur rendent, à coup de pinceaux, une nouvelle jeunesse ».

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Montréal est l’objet également de poésies. Des poètes ont exprimé à l’égard de leur ville d’origine ou d’adoption des sentiments partagés.
« Il y a des villes dont les vents rendent fou. Entrer dans une ville, c’est la comparer. L’aimer et la métaphore surgit. Certaines villes ont plus d’imagination que d’autres. À l’image des artisans qui la façonnent. Puisque la ville est la création de l’humain. Souvent elle les inspire. La ville est un joyau précis et précieux d’une civilisation. En Amérique, c’est plein de villes super-écran. De villes King-Kong aux dentitions dinosauriennes !
Et Montréal qui s’était barricadée du fleuve. L’île voulait être d’abord sûre de ne pas partir avec lui. Mais maintenant cette confiance retrouvée. Des fenêtres s’ouvrent sur le Saint-Laurent. L’histoire installée, elle lorgne l’avenir. Les villes sont des folies dont on ne saurait se passer.
Dans les villes on peut jouer : aux oiseaux comme aux fourmis. Certains jours on voit les nuages, en bas ! Et sur les murs de la ville des graffitis assiègent le conformisme de la cravate. La ville se défend de tout statu quo. Il y a, par contre, des villes plus féminines, d’autres plus masculines. Montréal est une ville androgyne. D’où son côté à la fois rond et pointu. »
Jean DAOUST in « Montréal des écrivains » L’Hexagone, 1988

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Comment terminer cette présentation sur la ville que j’habite, sur la ville que j’aime, sur la ville qui me nourrit d’espoir, de déceptions, d’illusions et de désillusions? Montréal est une ville paisible. Avec des soubresauts. Montréal est une ville prématurément usée en raison de la négligence et de l’insouciance d’une succession de maires imprévoyants. Montréal est une ville qui se développe sans un plan précis pour protéger sa beauté. Montréal s’anglicise parce que les nouvelles générations rejettent les espoirs des plus vieilles générations. Montréal se cherche. Montréal vit ses conflits de ville culturelle et de pôle économique. Montréal est trop jeune pour apprécier son patrimoine culturel et architectural. Montréal se bat contre des fantômes qui s’opposent à elle et la fait mal paraître. Montréal multiculturelle est coincée entre l’obligation de défendre sa langue et de s’ouvrir aux grands courants culturels du monde. Montréal regarde tristement le flux d’immigration préférer la langue anglaise et ainsi renier des années de combat pour faire du Québec une terre d’accueil francophone. Montréal c’est tout cela. Naviguer entre la jeunesse et la vieillesse, entre la culture et les impératifs commerciaux et économiques, entre ses traditions centenaires et les influences d’une modernité qui lui est totalement étrangère et véhiculée par un flux migratoire. Montréal en définitive est une ville qui migrera vers un avenir métamorphosé par ses résidents d’aujourd’hui et par les générations de demain. Je ne serai plus là pour vivre ces profonds changements. Entre temps, je vis au présent l’évolution de ma ville et je n’ai guère le temps de conjuguer au futur mes craintes et mes désillusions sur Montréal demain.

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Je remercie, Pierre, d'avoir pris le temps d'aller au fond de sa pensée pour nous faire comprendre ce que peut ressentir quelqu'un qui vit sa vie dans cette ville de Montréal et dans un pays, qui est 327 fois plus grand que le mien. Il dit que Montréal n'est pas Bruxelles et pourtant, je lui ai trouvé des caractères de ressemblance qu'il serait trop long d'énumérer ici.

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Il y en a un que je retiens de vos billets quotidiens: l'envie de faire la fête.

Ce 5 et 6 mai, alors que l'on s'apprête au deuxième tour des élections en France, c'est notre fête, la Fête de l'IRIS.

Je vous ai donc réservé une surprise.

Des caisses à savons, nous en avions eu en 2008 pour la même occasion. Il faisait, alors, 25°C. Cette fois, il faudra se contenter de 10°C.

Alors, pour les photos de ce matin, avant toutes les télés du monde : les voici.

 

01/05/2012

La cerisaie au printemps et à Toots' Suite

Premier mai, jour du muguet porte-bonheur. En plus, c'est la fête dutravail. Je n'ai pas souvent écrit de billet en hommage à quelqu'un de célèbre. Je l'ai fait pour Bourvil. Dimanche dernier deux événements en opposition. La mort d'Eric Charden, après une longue maladie, alors qu'on l'avait vu chanter encore avec son épouse, Stone, le dimanche d'avant, à Vivement Dimanche chez Drucker. Donc, un premier hommage. Puis, un autre, le même jour, un anniversaire, celui des 90 ans de Toots Thielmans, ce ketje de Bruxelles, né dans les Marolles à la rue Haute et qui, avec son harmonica, a joué avec tout le monde. Hommage à la vie, au renouveau, donc, que cette promenade à laquelle je vous invite aujourd'hui.

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Une cerisaie, c'est un endroit où l'on plante des cerisiers. Chercher le mot sur Wikipedia, on apprend que c'est un parc lyonnais. une pièce de théâtre de Tchekhov.

J'ignorais tout cela. 

A Bruxelles, plus confidentiel, plus intimiste, il y a un quartier très spécifique où fleurissent, au printemps, les cerisiers du Japon.

Nous sommes, donc, au printemps depuis plus d'un mois déjà. Tout renait, oui, mais on croit que tout va être beau et chaud. Cette fois, on s'étonne que la saison ne soit pas aussi belle que la référence de l'année 2011. Cette année-là, l'été, avait devancé le printemps et réservé les pluies, les giboulées, les tempêtes et les catastrophes pour l'été.

Pendant ce mois d'avril, les températures ont été en dessous des normales saisonnières. Vingt jours de pluies. On commençait à prier pour que le soleil revienne sans qu'il soit suivi par des averses.

Je connais le dicton, "en avril, ne te découvre pas d'un fil, mais en mai, fais ce qu'il te plait", mais il ne faut pas trop pousser la chansonnette sans réfléchir.

Changer de braquet, voilà ce qui s'imposait. Oublier les crises et tout le reste. Faire du tourisme en local avec des yeux neufs... à vélo et changer les sujets et la forme d'écriture.

C'était, ce jour-là, le 22 avril. La France monopolisait les esprits avec le premier tour des élections présidentielles. A Bruxelles, les électeurs potentiels français avaient, nombreux, retrouvé les urnes au Heysel.

Du côté climat, je vous le disais, il fallait faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Un bataillon de nuages se dépêchaient d'être les premiers pour nous tomber dessus, dans un ciel mi-figue, mi raisin avec une température qui plafonnait, péniblement, à du 8°C.  

J'ai enfourché mon vélo. Des averses étaient prévues. Quand il pleut, le vélo, je n'en fais pas volontiers. Mais, prenons des risques. 

Un plan précis: voir où en était la floraison des cerisiers de Watermael-Boitsfort. Cela faisait quelques temps depuis ma dernière visite. La bien nommée "Cité-Jardin des Logis et Floréal" attire pour l'occasion beaucoup plus que d'habitude, de visiteurs et de photographes, de peintres en herbes.

Plantons le décor, avant de continuer:

"Les premiers logements sociaux belges virent le jour après les grèves de 1886. La révolution bolchévique suscita un regain d'intérêt pour le logement à bon marché après la grande guerre. L'architecture moderniste nait avec l'art deco. Ces cités jardins datent de la période 1922-1949, conçues par les architectes Eggerickx et Van der Swaelmen. Le non remboursement des dommages de guerre allemands obligea les promoteurs à modifier leur projet. Ce sont deux cités-jardins, côte à côte, probablement les plus connues et les plus importantes de par leur étendue et leur qualité. Inspirées des réalisations de style cottage anglais et de cités sociales néerlandaises. Elles sont aujourd’hui classées et ont servi à plusieurs reprises de décor pour le cinéma. Les Cerisiers du Japon bordent toutes les voiries. 

Le Logis, au total, 726 maisons unifamiliales, sur 32 ha, sur le site dit des "Trois Tilleuls". Des boiseries de couleur verte et des rues portant des noms d'animaux.

Floréal, au total, 350 maisons unifamiliales, sur 17 ha, construites à l’initiative d’un premier noyau d’ouvriers typographes du journal "Le Peuple". Des boiseries peintes en jaune et des rues qui portent des noms de fleurs. La végétation tient un rôle important et un labyrinthe de chemins piétons serpente entre les jardins plantés d'arbres fruitiers. Le terrain au relief plus marqué que celui du Logis offre un plan plus pittoresque épousant les courbes de niveau.".

Oui, vous avez bien lu dans la description de Watermael-Boitsfort, c'est la commune la plus prospère de Bruxelles, avec son revenu annuel moyen par habitant  de 15.541 € (en 2005), le plus élevé de la Région de Bruxelles-Capitale. Et vous avez aussi lu qu'au départ, cette cité jardin était réservée aux ouvriers du journal du peuple. Ceci démontre le paradoxe de Bruxelles. Une ville riche et pauvre à la fois, tout dépend du quartier, de la parcelle de terrain dont on parle.

En chemin je ne sais pourquoi, j'avais entamé la chanson "Les cerisiers sont blancs" de Gilbert Bécaud. La chanson me revenait à l'esprit sans même réfléchir. Non, ils n'étaient pas blancs, les "Prunus serrulata" dit "cerisiers du Japon". Ils étaient toujours bien roses.

Devant moi, pour y aller, la montée, bien forte, se dessine, dure. Un restaurant indien, "La rive du Gange", à ses pieds. Des souvenirs de près de trente ans me reviennent. Je l'avais fréquenté très souvent, alors qu'il avait une cuisine bien française.  Une fois, arrivé au sommet, aux "Trois Tilleuls", on arrive à l'altitude 100. Replantés, trois jeunes tilleuls, encore bien chétifs, avaient pris la place des anciens, probablement trop usés par le temps et la polution. Une plaque, don de la Chambre de Commerce belgo-japonaise, dit "Au 18ème siècle, cet emplacement servit de point de repère et de signal géodésique au lieutenant-général comte, de Ferrarris chargé de dresser la carte des Pays-Bas".

Ce comte n'avait, manifestement, pas dû monter à vélo mais, à cheval, sans se fatiguer.

Sinon, tout le reste était identique à mes souvenirs, toujours en couleurs avec des maisons aux boiseries bien peintes en vert au Logis ou en jaune, à Floréal, mais toutes deux, cerclées de noir.

Et ensuite, ce fut le Temps des Cerises qui me vint à l'esprit. Une chanson triste, dont les paroles furent écrites en 1866 et dédiée par l'auteur à une infirmière morte. Non, ce n'est pas la version chantée par Yves Montand qui me venait dans la mémoire, mais celle jouée à l'harmonica par un véritable ketje de Bruxelles, Toots Thilemans qui a fêté ses 90 ans le 29 avril.

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
  Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !

J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...

J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

Une invitation au karaoké, puisque sans paroles dans cette version à l'harmonica. 0.jpg

Une histoire longue comme le bras, que celle de Toots Thielmans. Et un album de souvenirs musicaux à la pelle.

J'aime les gens qui restent simples malgré leur célébrité. Toots n'a jamais renié ni oublié son origine avec son accent du terroir, c'est déjà bon signe. 

Mais, après le karaoke, nous ne sommes pas là pour pleurer, pour parler uniquement avec le cœur, ni pour reconstruire l'histoire, même si l'envie de la changer est parfois bien présente pour calmer les douleurs de crises qui s'éternisent. Il s'agit de reprendre la bicyclette. 

Au retour de cette promenade, ce fut la "drache" avec des grelons. Je n'eus que le temps de m'écarter de mon chemin, en me réfugiant, sous une aubette de tram et attendre que cela passe. Un climat tempéré qu'ils disaient de notre pays!

Après cette dédicasse, il me reste à écouter quelques vieux morceaux.

Toots serait donc un harmoniciste. L'harmonica a une origine assez floue, est il remarqué. Le Larousse lui donne une origine pour le moins bizarre (mot angl., du lat.). 

N'est-il pas, surtout, le symbole de l'harmonie, du gr. harmonia, assemblage)?

C'est ce que fait exactement Toots qui assemble tous les autres instruments sous sa direction.

Bonne fête du travail, du muguet à tous et à Toots's Suite.

Et ensuite, pour vous et pour moi, restent les images de la promenade.

Les mots, comme les images, nous font fantasmer, nous trahissent ou dépassent souvent nos pensées, mais ils ont l'avantage de ne pas voir le temps passer, alors qu'ils ne sont que le reflet d'un instantanné.


L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes. », Chamfort
  • « La vie est une cerise La mort est un noyau L'amour un cerisier. », Jacques Prévert
  • « Il faut cueillir les cerises avec la queue. J'avais déjà du mal avec la main ! », Coluche

26/04/2012

Le culte du monopole?

Curieux ce titre. Je l'avais lu dans un journal. Plus curieux, encore, de parler de Microsoft, de Apple et de les rapprocher des élections présidentielles françaises. J'avais décidé de ne pas consacrer un billet à ces élections trop discutées à m'en donner une indigestion. Un tour pour éliminer les "plus petits". Un second pour récupérer leurs électeurs et leurs fans. Entre les deux, transmettre la meilleure image rassembleuse quitte à se rétracter ensuite. Soigner la réputation, mais elle est vite ternie, si rien ne la supporte.

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Si ce n'est pas l'homme qui prend l'entreprise, l'homme sans son image, sans quelques artifices pour l'appuyer dans sa tâche, ne créerait pas l'entreprise.

Le mensuel "Ordinateur individuel" (N°245) avait interrogé Bernard Vergnes, ancien PDG de Microsoft France, sur ce qu'il pensait de Bill Gates à l'occasion de ses 30 ans dans la société. 

Le 2 janvier 1982, il rencontrait Bill Gates et Steve Balmer, à Seattle. Rien à voir avec la situation actuelle.

Ce qui l'avait marqué, c'était la générosité de Bill Gates, son écoute, son langage clair. Revenu en France, une bonne collaboration commençait.

Une anecdote qui va le concrétiser: "En 1984, Bernard Vergnes apprend au cours d'un cocktail qu'un magazine a décidé de distribuer pour la première fois en France, dans son prochain numéro, une version bridée d'un logiciel. Comme aux États-Unis, c'est Lotus 123 qui semble avoir été choisi, Bernard Vergnes réussit à convaincre l'éditeur du journal de distribuer Multiplan de Microsoft. Autrement dit, fournir en quatre jours 20.000 copies du logiciel bridé. Au prix de nombreuses cernes, le contrat est rempli. Lors de la parution du magazine, les plus grands média se font largement l'écho de l'événement, participant à l'ascension de Microsoft France, devenue dans ces années la première filiale européenne, à égalité avec l'Allemagne.".

C'est en 1975 que Bill Gates fondait avec Paul Allen le société Micro-Soft avec le but de commercialiser le langage Basic auprès de MITS sur l'Altaïr 8800.

Dénommé "prophète du PC", Bill a compris que l'ordinateur allait entrer dans les foyers et quitter les seuls grandes salles d'ordinateurs avec air conditionné et faux plancher pour se retrouver chez les particuliers.

En 1981, son grand coup, fut d'acheter les droits d'un "Disk Operating System" qu'il appelle MSDOS et avec le concours d'IBM s'installe dans la cour des grands de l'informatique.

En 1985,  Windows 1.0 sort avec des idées qui existaient déjà chez Apple. Cette version sera un échec. Les versions suivantes vont s'améliorer, mais aussi s'alourdir.

Dès 1995, la société est surnommée "Micro$oft". La société ne déchaine plus les passions, pointé comme porte-drapeau de l'anti-américanisme, attaquée pour raison de monopole et dénigrée sur les forums citoyens. Erreurs stratégiques que de sous-estimer Internet à ses débuts et dans ses prolongements.

A ce sujet, à l'origine, c'est Netscape exerçait son emprise sur Internet. Microsoft, via Internet Explorer détrône, très vite, Netscape grâce à son potentiel financier construit partiellement par les licences OEM qui permettaient de vendre des systèmes informatique complet avec tous les outils Microsoft déjà installés.

Dès 1998, des procès pour monopole entre producteurs vont se succéder, poursuivis par la Communauté Européenne, tout cela, sans vraiment égratigner MS.

Accusé de freiner l'innovation par cette hégémonie, MS était forcé de dissocier Windows Media de Windows. Même morcelé, il en restera toujours quelque chose, mais là, n'était pas le problème.0.jpg

En 2004, Steve Balmer, son successeur à la tête de Microsoft depuis 2000, constate que Bill Gates était la personne la plus spammée dans le monde avec 4 millions d'emails par jour. Pour lui, Linux est un cancer qui contamine la propriété intellectuelle dès qu'il la touche avec les caractéristiques du communisme. Dire cela quand tout ce qui est propriétaire est dénigré... Avec Balmer, changement complet. On ne fait pas dans la dentelle. Plusieurs vidéos le montrent en train de bondir sur scène. Est-ce par charisme?

Microsoft ne précède plus mais reste en ligne et, parfois, passe au stade de bon suiveur toujours avec 90.000 employés dans le monde, 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un bénéfice de 23 milliards.  Cela permet encore de se retourner, de danser et de sautiller.

0.jpgLes gourous de l'informatique ne postulent plus uniquement chez Microsoft mais chez Google, Apple ou Facebook. Ils se partagent les "têtes pensantes" à coups de propositions plus alléchantes les unes que les autres avec le même problème de monopole en commun.

Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.
Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne.
Microsoft a défrayé la chronique aux États-Unis et surtout en Europe, à la fin des années 90. Ce qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne. Le Shermann Antitrust Act, législation antitrust américaine, est beaucoup plus ancien. En 1890, ce fut le premier jalon du droit "moderne" de la concurrence, dirigé contre le "trust" pétrolier Standard Oil. Au début des années 1980, il démantela le groupe de télécommunications AT&T (reconstitué 20 ans plus tard). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.
Ne pas empêcher la constitution des monopoles sauf quand ils deviennent trop gigantesques... (Source)

Quel point commun y a-t-il entre Microsoft, Apple et Google? Vous me direz, en voilà une question: ils sont tous actifs dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et je vous dirai: excellente réponse… mais il y a autre chose. Ils ont tous fait, ou font encore, l’objet de poursuites de la part des autorités de la concurrence, des deux côtés de l’Atlantique.
 

Ainsi, Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui, font remarquer les inconditionnels de la marque à la pomme, risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.

De son côté, Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne, une position qu’il utiliserait pour contrer illégalement ses concurrents et les nouveaux venus sur le marché.

Et bien sûr, on se souvient du cas de Microsoft qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis mais surtout en Europe à la fin des années 90, et qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique. Car la lutte contre les monopoles n’est pas une problématique nouvelle.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne, mais la législation antitrust américaine est beaucoup plus ancienne. C’est le Shermann Antitrust Act, destiné à réfréner les comportements anticoncurrentiels des entreprises qui a été, en 1890, le premier jalon du droit " moderne " de la concurrence. L’application de cette loi, dirigée à l’époque contre le " trust " pétrolier Standard Oil, conduisit notamment, au début des années 1980, au démantèlement du groupe de télécommunications AT&T (qui fut quasi reconstitué 20 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.

La législation américaine a ceci de particulier qu’elle n’empêche pas la constitution des monopoles. Ce serait d’ailleurs peu compatible avec la liberté d’entreprendre. Ce n’est qu’une fois le monopole constitué que la loi antitrust entre en action. D’où le sentiment que cette loi ne cible que les " gros poissons " pour défendre les " pauvres petits "...

Et donc, sur base d’un tel raisonnement, un géant comme Facebook pourrait bien être le prochain groupe dans le collimateur des autorités de la concurrence. On prend les paris ?

Loin d'être le seul dans le domaine des TIC, il prouve qu'étudiant raté à Harvard, il y a moyen de creuser son sillon avec succès.

En 2005, Bill Gates n'est plus au sommet de la société. Cela ne l'a pas empêché d'être anobli, cette année-là, par Elisabeth II au grade de Chevalier de l'ordre de l'Empire britannique.

Du privé au public, il "gâte" désormais le monde via sa Fondation ou du moins, en déversant son trop-plein. Une bonne image, il tente d'en donner dans le domaine de la philanthropie avec un fond de dotation de 36,3 milliards de dollars.

Il a promis 363 millions de dollars sur cinq ans pour aider à acheter des médicaments et financer la recherche sur 10 maladies tropicales rares. Le dernier sommet de Davos, ce furent 750 millions de dollars alloués à un fond des Nations Unies pour lutter contre la tuberculose, le sida et la malaria.

Son jet privé ne fait pas oublier que sa fortune s'élève à 48 milliards d'euros, il en destine 90% à des dons. Ce qui lui laisserait tout de même 500 millions avec le titre de "milliardaire du peuple".

Il dit avoir des goûts simples qui se limiteraient à l'achat de DVD, de livres et de hamburgers à emporter avec des canettes de soda allégés. Le capitalisme, pour lui, a ses défauts tout en étant une réussite phénoménale en citant les deux Corée comme antagonistes majeurs.

De son passé dans le monde des riches, son présent sert à changer le monde des pauvres de demain, en signant des chèques.

D'après lui, sa Fondation, créée avec son épouse, Melinda,  ne leur survivra pas.

Il est d’avis que donner son argent à ses trois enfants n’est pas une bonne idée. "Ni eux-même, ni la société n’en profiteraient" a-t-il expliqué au journal The Sun. Sa postérité n'est ainsi pas assurée de son avenir.

Le 23 février dernier, il disait "Nous devons réfléchir très sérieusement sur la manière de profiter de la révolution numérique pour parvenir à des innovations y compris dans l'élevage. Pour lutter contre la faim dans le monde en renforçant la production chez les éleveurs à l'aide de systèmes satellitaires, de la technologie vidéo et de la sélection des semences ".

Voudrait-il faire une nouvelle carrière dans l'agriculture, l'agronomie et, qui sait, les OGM? La révolution "culturelle" du numérique est derrière lui. Le voici comme "gentleman farmer" ou comme "globe-trotter".

Alors, son avis sur son "concurrent", Steve Jobs.0.jpg

"Steve Jobs était un génie absolu, dont la contribution à mon domaine d'activité est incalculable. La genèse de Macintosh, fut une période de concurrence avec plus d'employés de MS sur le projet que Apple. L'admiration est née avec le Mac, les iPhones et iPads.".

Steve Jobs disait de lui "Bill Gates était sans imagination comme un suiveur qui aurait l'esprit plus large s'il avait essayé le LSD ou fait un séjour dans un ashram". 

Bill Gates dit lui avoir écrit, avant sa mort, pour lui dire qu'il devait être très fier de sa vie et de sa société. Lettre que Steve a gardé à son chevet, d'après son épouse. Il n'était pas question de faire la paix puisqu'il n'y a jamais de guerre entre eux.

La maison de Steve Jobs est devenue un lieu de pèlerinage. Amen.

En mai prochain, commence le tournage du film « Jobs » de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher dans le rôle de Steve Jobs.

Chez Apple, le nouvel iPad Version 5 est sorti. Un commentateur, trop éclairé écrivait: "Pour quand la cannonisation de Steve Jobs? Et puis la machine à faire du fric d’Apple devient exagérée car lancer un iPhone 4s pour  ensuite lancer quelques mois plus tard  le 5, ça sent au kilomètre carré…un seul but: faire de la technologie une vache à lait inépuisable . Et le même système avec l’ iPad…Je vois déjà l’ iPad 17 et l’iPhone 28!.. Exploitation de l’idiotie humaine".

Apple est devenue la société la plus cotée du monde. Microsoft a baissé dans la courbe ascendante de la gloire.

0.jpgLe nouveau CEO d'Apple, Tim Cook a été jugé meilleur dirigeant par ses employés que son illustre prédécesseur Steve Jobs, selon un sondage du blog Glassdoor qui a établi le top 25 annuel des meilleurs CEO pour 2012. Le site a posé une seule question à plus de 280.000 employés : « Approuvez-vous la manière dont votre CEO gère la société ? ». Tim Cook a obtenu 97% d’approbation alors que Steve Jobs n’avait obtenu que 95% lorsque la même question avait été posée en mars 2011.

Quant au charisme devant les prospects et les clients? Wait and see.

L'industrie américaine se repose sur un matelas de 1240 milliards de dollars dont 97 sont réservés à Apple, bientôt 100.

Comme l'action dépasse les 600 dollars, il s'agit de la diviser. La société se promet de gâter plus les actionnaires avec ses dividendes.

Dans son livre, « Inside Apple: How America's Most Admired - And Secretive - Company Really Works », Adam Lashinsky de Fortune a évoqué les règles qui ont permis l’énorme succès d’Apple:

1/ Affectez vos meilleurs employés sur les projets les plus importants.

2/ Soignez les moindres détails

3/ Concentrez-vous sur l'essentiel

4/ Désignez des individus responsables

5/ Seulement quelques personnes se soucient du compte de résultats

Tout est là. Tout est dit.

Préférer les chiffres aux émotions, n'est pas nécessairement une tare si cela profite à beaucoup plus de monde après avoir désigné les personnes les plus abilitées pour y parvenir: "The right man and the right place".

Alors, culte du monopole, des différences entre Microsoft ou Apple ?

Plus de similitudes que de différences entre Bill Gates et Steve Jobs.0.jpg

Tous deux ont utilisé les idées de leur expert personnel comme une égérie. Jobs n'était pas plus l'expert en informatique que Bill Gates. Ce furent Steve Wozniak pour Apple et Paul Allen pour Microsoft. Ce dernier a livré la face cachée de Bill Gates dans un livre qui écorne son image de généreux donateur pour en donner une image d'amoureux de dollars. Tous deux visionnaires. Tous deux échappés soit à la suite d'une maladie ou d'un accident et continuer en se lançant dans d'autres entreprises plus personnelles.

Bill Gates a été entarté à Bruxelles. Pas Steve Jobs, peut-être, à cause d'une meilleure image, une meilleur réputation et un meilleur marketing qui se traduisaient par un véritable culte du public.

Tous deux ne sont, en somme, que des intégrateurs d'idées techniques et de solutions. « C’était de l’opportunisme mercenaire, ni plus ni moins. », comme dit Allen de Bill Gates, qualificatif qui se justifie peut-être plus à Steve Jobs.

Pas de "Prix Gates" à attendre comme il existe le "Prix Nobel". Sorti de l'entreprise, il est passé à une autre étape, celle de la philanthropie.

Quant à un "Prix Jobs", il n'en est même pas question.

L'histoire de l'informatique a toujours été en avance sur l'économie et la politique. Que ce soit via une "Grande Trappe" ou une "Grande Gaufre", cela se déguste avec délectation avec des images, des gagnants, des perdants et des challengers qui se succèdent ou qui attendent leur tour avec plus ou moins de patience.0.jpg

Le 8 avril dernier, Idek Tramielski, dit Jack Tramiel, le concepteur du Commodore64 (C64), qui reste la machine la plus vendue dans le monde avec 22 millions d'exemplaires vendus, mourait à l'âge de 83 ans. Son C64 était sorti en 1982.  En 1984, le CA s'élevait à un milliards de dollars. Une guerre des prix et le C64 sera vendu à 199 dollars. Si les ventes explosaient, les profits fondaient rapidement et Commodore décidait de se séparer de son dirigeant comme ce fut le cas de Steve Jobs en son temps chez Apple.

L'histoire se répète. Les idées s'envolent, les résultats aussi, avant de s'effondrer face un challenger plus finaud encore. Alors il faut créer un culte, une religion pour espérer garder ses fidèles dans le temps.

0.jpgLa campagne pour les élections françaises est-elle différente? Elle n'a jamais été autant figée, autour de la haîne des riches monopolisée par l'argent comme un repoussoir. L'usure du pouvoir ou l'usure, tout court, tout y était, toujours plus rapide que par le passé pour suivre le rythme numérisé. La dichotomie droite et gauche flotte, s'étiole dans des demi-mesures ou se radicalise sans le dire.

Le Front de Gauche de Melanchon a exalté avant de faire peur avec sa guillotine comme étendard pour finir par se dégonfler. On ne rejoue pas le passé avec les mêmes artifices de calcul. Les révolutions sont devenues des évolutions constantes. Aujourd'hui, on ne fait plus de saignées, on met des onguents et des crèmes sur les plaies. Et... on vit plus longtemps.

L'extrême-droite de Marine Le Pen, pour monter dans les sondages, a dû descendre d'un cran la seule rhétorique anti-parasite de son père pour devenir plus acceptable tout en gardant certains thèmes connus en arrière-plan.

Quant à Sarkozy, c'est le président qui a  le plus poussé son image en avant mais sans répondre aux espoirs de la majorité, de ses administrés avec des casseroles tirées au pieds, qu'il doit recréer son image positive au sommet de l'iceberg. Le charisme n'est pas tout. Un climat pourri sur la présidentielle entre les deux tours fait désordre. Le culte de la personnalité est à son zénit. Il y a des moments où on se méfierait d'être français avec son billet à introduire dans l'urne.

L'argent, tout le monde le sait, n'est pas le fléau, ni le problème. Il n'est qu'un moteur. Ce qui en est fait, devrait rester la préoccupation majeure.  0.jpg

Dans notre culture de compétition, plus on discrédite, plus on a de soutiens. Que ne ferait-on pas pour brûler l'indifférence, sur l'autel des Grands Hommes? Si l'image est primordiale, autant y laisser sa plus belle, intacte, dans un dictionnaire ou pour être plus moderne, sous l'appréciation du peuple par l'intermédiaire de Wikipedia. 

Les bons CEO ne font pas nécessairement de bons dirigeants de leur pays. Un pays ne se gère pas comme une entreprise. Le CEO a le devoir de réduire les coûts et de réaliser des bénéfices. Le président doit incarner, pour son pays, la force, la stratégie dans son ensemble.

Mais ici, il s'agit d'images que l'on donne et pas de leurs réalisations effectives. Cela n'empêche, ce serait amusant d'attribuer un des noms de CEO de l'informatique à chacun des hommes politiques de cette campagne ou vice versa et d'imaginer ce qui se passerait.

Les hommes politiques des états démocratiques évoqueraient leurs difficultés à réunir les opinions de leur parti et les votes de leurs concitoyens. 

En Belgique, ce serait peut-être de la dichotomie, adoucie par les habitudes et les faux semblants.

0.jpgLaurence Bibot l'avait fait comprendre avec l'humour et un accent du "Suuud". Bert Kruysmans y répondait, ensuite, en plus "hard", avec celui du grand "Nooorrrd".

Alors, se limiter aux "monopoles" de droite ou de gauche, entre nord et sud, d'une Window à tous les iXXX de l'informatique, c'est comme devenir presbyte avec trop de lettres majuscules par temps d'orage... Quant au monopole de la richesse, c'est un leurre qui n'est plus jamais à l'heure. L'immobilisme et l'insécurité ont plombé les espoirs.

Si un jour, Bill Gates devait retrouver Steve Jobs et d'autres fondateurs disparus, leurs souvenirs reviendraient et cela pourrait bien ressembler à cela.

Vraiment, si monopoles il y a, ils n'existent jamais longtemps. Par contre, des cultes, eux, persistent et signent pendant plusieurs générations.

Encore heureux que l'humour, lui, n'a jamais eu de monopole.

 

L'enfoiré,

 

Citations:0.jpg

  • « Je considère la concurrence légitime, à condition qu’il y ait quelque chose en face. », Steve Ballmer
  • « Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles.  », Bill Gates 
  • « L'innovation, c'est une situation qu'on choisit parce qu'on a une passion brûlante pour quelque chose.  », Steve Jobs
  • « Si j’étais très très très riche, je distribuerais mon argent jusqu'à ne plus être que très riche. Très riche, ça me suffit. », Philippe Geluck

 

Quel point commun y a-t-il entre Microsoft, Apple et Google? Vous me direz, en voilà une question: ils sont tous actifs dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et je vous dirai: excellente réponse… mais il y a autre chose. Ils ont tous fait, ou font encore, l’objet de poursuites de la part des autorités de la concurrence, des deux côtés de l’Atlantique.
 

Ainsi, Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui, font remarquer les inconditionnels de la marque à la pomme, risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.

De son côté, Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne, une position qu’il utiliserait pour contrer illégalement ses concurrents et les nouveaux venus sur le marché.

Et bien sûr, on se souvient du cas de Microsoft qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis mais surtout en Europe à la fin des années 90, et qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique. Car la lutte contre les monopoles n’est pas une problématique nouvelle.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne, mais la législation antitrust américaine est beaucoup plus ancienne. C’est le Shermann Antitrust Act, destiné à réfréner les comportements anticoncurrentiels des entreprises qui a été, en 1890, le premier jalon du droit " moderne " de la concurrence. L’application de cette loi, dirigée à l’époque contre le " trust " pétrolier Standard Oil, conduisit notamment, au début des années 1980, au démantèlement du groupe de télécommunications AT&T (qui fut quasi reconstitué 20 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.

La législation américaine a ceci de particulier qu’elle n’empêche pas la constitution des monopoles. Ce serait d’ailleurs peu compatible avec la liberté d’entreprendre. Ce n’est qu’une fois le monopole constitué que la loi antitrust entre en action. D’où le sentiment que cette loi ne cible que les " gros poissons " pour défendre les " pauvres petits "...

Et donc, sur base d’un tel raisonnement, un géant comme Facebook pourrait bien être le prochain groupe dans le collimateur des autorités de la concurrence. On prend les par

19/04/2012

Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne

La semaine dernière, Catherine Schwennicke de Prefontality expliquait dans un article de l'Echo que les neurosciences s'attelaient à la tâche de donner de l'optimisme. Être optimiste ou non, sujet sérieux et très personnel, s'il en est.

neurosciences.jpg

D'après Catherine Schwennicke, les neurosciences enseigne à "basculer en mode préfrontal"  et que l'optimisme, ça s'apprend!

Ok, mais l'ambiance est morose. Le pessimisme règne en maître. C'est la crise... Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent, comme le chantait Stephane Eicher. 

Alors comment garder l'optimisme dans ce dédale de nouvelles, dans ce "champ de mines"?

Se frayer un chemin parmi les vivants au mieux de ses possibilités? D'accord, mais il faut des incitants et la ... carotte pour l'âne.

La solution serait de vouloir "déjeuner en paix", suivant la chanson. "Pour vivre heureux, vivons caché" vient tout de suite à l'esprit.

Pendant le déjeuner, les médias qui ont le malin besoin d'informer. Pas question de chercher à protéger les auditeurs. Amener le scoop. Pas assez d'éléments à sa disposition, pas assez de temps pour se permettre plus de réalisme et le pessimisme s'installe.

Dans chaque cas, indépendamment de la situation de fortune, qu'elle soit haute ou basse, deux personnalités de niveaux identiques ne réagiront pas de la même manière vis-à-vis d'une situation donnée. Sensibilité, susceptibilité? Que sais-je encore.

Dernièrement, c'était "The Voice" qui avait fait un tabac. Intéressant de constater que c'est la réussite des autres qui intéresse comme une délégation de ce que l'on n'aurait pu être ou faire soi-même sans y parvenir. Comme dans un rêve...0.jpg

Au travail, pour assurer la réussite de l'entreprise, on aime l'optimisme. Alors, un gage, une récompense pour sa concrétisation, un cadre agréable... mais, en période de vaches maigres, ça craint.

Il vaut mieux être riche, beau et bien portant, se rappelle-t-on.

Quand est-ce qu'être riche? On touche à l'impalpable fragilité de l'estimation même si, la richesse, c'est le thème le thème de campagne et les riches, une cible politique.

Qu'est-ce qui rend beau si ce n'est la subjectivité et le regard des autres?

Bien portant, c'est dépendant de tellement d'artifices, que je ne me permettrais pas d'initialiser ici, même si on n'est pas égalitaire dans la douleur.

Pourtant, même avec tous ces points présents, certaines exceptions prouvent que cela ne suffit pas toujours. Il y a les maladies de l'esprit.

La semaine dernière, la vie privée de Dalida revenait dans la presse. Il y a 25 ans, elle mettait fin à ses jours en laissant ces seuls mots « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ». Personne de son entourage n'avait soupçonné son geste. Successivement, trois suicides qui avaient jalonné sa vie, avaient marqué son existence à tel point qu'elle pouvait s'en ressentir responsable comme maudite. 

Vivre "avec" ou "par" les autres? Objectiver, occulter ce qui déplait et faire semblant vis-à-vis des autres?

Une introspection sans se laisser influencer par les échos des médias, sans se préoccuper ou être impacté par son entourage, fuir, ce serait devenir ermite. Les ermites sont rares même si les solitaires se plaisent dans leur situation.

Est-ce faire preuve d'égoïsme?

Eddy Mitchell chantait "J'aime pas les gens heureux" dont les paroles sont éloquentes:

J'aime pas les gens qui sont toujours heureux 
L'bonheur suprême, ça me parait douteux
L' "trop plein" d'amour, ça déborde puis ça lasse
Ça s'joue à deux jusqu'à temps que ça s'casse
Si pour Karl Marx la religion c'est l'opium
Adam et Eve alors c'est quoi ? C'est des pommes ?
Roméo, Juliette, Paul et Virginie
Sont aussi tartes que Frankie et Johnnie
Moi... J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent
Ils sont seuls au monde just' elle et lui
Hypnotisés, se déplacent comme des zombies
J'suis transparent pour eux, j'suis pas d'ici
Si elle partait, elle le ferait pleurer
Encore faut-il qu'elle veuill' bien s'en aller
Si l'un des deux devait quitter la vie
Inconsolable, elle porterait le deuil jour et nuit
J'aime pas les gens qu'ont d' l'amour dans les yeux
Faut les prév'nir, où on fera des malheureux
Ça se soigne pas mais parfois ça guéri
Restent les souv'nirs qui vous collent à la vie
Moi...J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours pour les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent

D'une côté, la jalousie, de l'autre, l'admiration béate. Les extrêmes sont tracés. Les solutions intermédiaires sont à analyser.

Se confier pour calmer son trouble? Oui, mais à qui?

A un proche, à la famille, à un ami, à un enfant... Cela ne marche plus vraiment depuis que chacun se sent obligé de vivre sa propre vie, en indépendant, toujours stressé à gérer la compétition généralisée et qui finit, toujours, par le chacun pour soi. Si l'enfant disparaît de la proximité des parents, c'est la neurasthénie, assurée. L'écoute est essentielle dans tous ces processus et cela, aussi, s'apprend.

Heureusement qu'il y a Internet pour se connecter, pense-t-on.

Quand toutes ses options n'existent pas, la planche de salut, c'est chercher le chevalier blanc, un personnage sans peur et sans reproches qui pourrait répondre à un problème en décrétant que "on peut et on doit pouvoir le faire".

Dans la pratique, on pense plus à des psychologues, des psychanalystes, des psychothérapeutes, des psychiatres et peut-être encore d'autres approches plus spécifiques encore.

En Amérique, la règle c'est de rebondir coûte que coûte pour avoir une chance d'exister. Les psys sont, donc, nombreux et très consultés dans les classes élevées de la société américaine. Pour les autres, ce sont les antidépresseurs qui explosent. Aucune solution radicale à rechercher en collectivité. 0.jpg

En France, pour calmer le "mal", c'est la même consommation d'antidépresseurs pour réparer son "malheur" ou la délégation d'un leader fort comme porte-drapeau, comme sauveur, avec des slogans tel que "La France forte". Le Prozac, la meilleure de toutes les inventions.

L'esprit asiatique, quant à lui, fait rêver. Toujours aimer sourire, même dans la pauvreté, et penser que demain sera meilleur qu'aujourd'hui, sans psys, sans antidépresseurs masifs. La différence? L'entraide, la solidarité, les liens, le recours aux patriarches comme conseillers malgré les distances entre les générations et dans les déplacements. Terrible leçon...

Alors, en occident, dans le lot des possibilités, on pense à la méthode Coué, la pensée positive, l'autosuggestion, l'auto-motivation, la sophrologie. Pour casser l'élan, le professeur de psychologie à l'Université de Waterloo (Canada), Joanne Wood, a conclu que les messages positifs ont, en pratique, souvent un effet négatif par le fait que ces messages ont un effet inverse sur les gens qui ont une mauvaise image d'eux-mêmes. "Une étude intéressante mais incomplète" répondaient les partisans de la méthode. D'accord, il faut que le "patient" croit que cela va marcher, de manière inconsciente, si pas hypnotique.

Un caractère, se construit par lui-même et pour lui-même de manière inconsciente avec sa propre histoire, son propre ressenti. Pour le construire, il y a la génétique, l'éducation, l'expérience, la personnalité, le tempérament et l'influence, l'interaction avec l'extérieur. Les réseaux sociaux le prouvent. Là, on s'y confie peut-être bien plus que dans le réel. Mais, on veut y donner une bonne image de soi. Selon une étude, il vaut mieux y avoir de beaux amis“L’apparence de ses amis sur Facebook influe en fait sur la perception qu’on a du propriétaire du profil. L’attractivité des personnes qui lui sont associées sur Facebook a une influence positive directe sur sa propre attractivité sociale.”.

La mauvaise image de soi-même, est-elle une "erreur d'appréciation" à la base?

Du moins, au vu de la réponse à la question: De combien de temps avons-nous besoin pour décider que quelqu'un est séduisant?

13 millisecondes. C’est ce que rappelle l’ouvrage « Do Gentlemen Really Prefer Blondes?: Bodies, Behavior, and Brains - The Science Behind Sex, Love, & Attraction », qui évoque les travaux des neuroscientifiques Ingrid Olson et Christy Marshuetz. Ce que les scientifiques voulaient confirmer par là, c’est que la beauté s’apprécie de manière subconsciente. Nous jugeons la beauté aussi naturellement que nous jugeons l’identité, le sexe, l’âge et l’expression du visage.". (source).

Si les canonde la beauté est comparée à la sienne, seul devant un miroir, il est fort à parier que la critique pourrait être encore plus négative. On ne compare pas les pommes et les poires, surtout quand les pommes ont été apprêtées pour paraître au mieux, bien luisantes, légèrement retouchées par les miracles de la photo publicitaire. 

Donc, ce sont les images que les gens se font d'eux-mêmes qu'il faut "travailler" à la racine.

Passer par une tierce personne, qui ne connaît rien des antécédents, de cette "image vulgaire", comme une sorte d'avocat du diable à sa cause?

C'est ici, qu'interviennent les neurosciences qui disent qu'être optimiste, cela s'apprend en se donnant une "bonne image" de soi.

"Si les choses ne dépendent pas de nous, notre attitude par rapport à ces choses nous appartient. Cela se passe par l'ouverture à l'environnement et la créativité".

Être bien dans sa peau n'est, en fait, pas une sinécure. Cela nécessite un feedback, un investissement et un retour sur investissement.

L'ANC, l'Approche Neurocognitive et Comportementale inventée par le docteur Jacques Fradin dès 1987 apportait, peut-être, une solution. Elle comprend:

La curiosité sensorielle qui donne le goût de la découverte, de ce qui est nouveau, de la quête à la différence riche en expériences, par l'observation des détails plutôt qu'une vue générale, par l'envie de récolter les informations les plus diverses et de les tester.

L'acceptation de l'imprévu, de l'échec potentiel, de la souffrance comme source d'évolution, qui impose de nuancer et qui ainsi, ose agir après réflexion. Nous ne sommes pas dans la dichotomie informatique mais dans le pluralisme de solutions.

Relativité (et limitation) des actions dans le temps et dans l'espace. Dans le temps, parce que rien ne ressemble totalement entre deux époques. Dans l'espace, parce que le résultat d'une action dépend fort de l'endroit où elle se passe.

Réflexion logique qui remonte aux sources d'un problème, plutôt que de stagner sur les résultats d'une action. La chance n'est pas un argument sur le long terme.

Opinion personnelle qui accepte les risques d'une décision et d'une action.

L'âge apporte l'expérience et l'interriorité par le système limbique pour atteindre la neuro-plasticité.

Dans le dossier "Parler vrai" du magazine "Psychologie" du mois,  il était conseillé de dire son ressenti franchement, d'avouer ses faiblesses tout en restant authentique.

0.jpgUn paragraphe parle des collègues comme (faux) amis. Seule une personne sur trois a un vrai ami dans sa sphère professionnelle. Trop s'investir dans une relation avec un collègue peut générer plus de frustrations que de bénéfices car nos émotions polluent nos relations de travail dans un environnement de compétitions. Un collègue peut être une ennemi potentiel. L'ambiance au bureau et les relations entre ses membres, un casse-tête pour éviter le burn-out et garder le "team spirit".

Qui se ressemble, s'assemble, c'est évident...

Si se connaître soi-même est nécessaire, connaître les autres pour s'y greffer l'est peut-être plus.

La tyrannie du "dis-moi tout' est infernale, y est constaté. Le mensonge fait partie de toutes les relations humaines et ce sont les bons sens qui ne sauraient mentir.

Il est clair que le citadin ne réagira pas comme celui qui vit à la campagne, que celui qui a une vie aventureuse, ne correspondra pas à celle d'un sédentaire qui ne connaît rien d'autre que son village de naissance.

Les sens nous donnent parfois de mauvais signaux qui traités imparfaitement en manque de vue à 360°, ne permettent pas de se réconcilier avec la vie. L'histoire que je contais, dans l'article précédent, n'en est qu'une preuve de plus.

L'article sur Agoravox, à la base de celui-ci, parlait du roman de J.L Seigle,  "En vieillissant, les hommes pleurent...".

La présentation du livre par l'auteur cadre la base de son questionnement entre des hommes de 50 ans dans les années 60 qui avaient connu la guerre, qui continuaient à porter le chagrin en eux alors que la guerre était gagnée pour eux et des plus jeunes qui ne pouvaient comprendre, n'ayant pas vécu cette guerre. L'auteur découvrait ainsi que pour traverser de telles épreuves, il fallait être obligatoirement joyeux.

Le chapeau de l'article précisait, lui, que "C'est une histoire de taiseux. Qui traite de ceux qui ont du mal à mettre des mots sur les choses, et qui en crèvent. Ceux qui voient le monde tourner autour d'eux et qui restent là, comme une borne, un repère qui sera vite noyé par les eaux. Un homme dont les mains lourdes et gauches se tortillent, sans mot dire ni maudire. Une ode au silence et à la dignité.".

L'introverti, qui n'a pas l'habitude de s'exprimer, vient à l'esprit.

Je me suis fait l'avocat du diable dans les commentaires de l'article pour créer les réactions. Ce qui m'a valu quelques bois verts. Tout à fait téléphonés, ceux-là.

Donc, être optimiste ou pessimiste est un état d'esprit qui dépend d'une époque, d'un environnement, de la manière de réagir dans une situation difficile.

La ligue des Optimistes existe, mais pas celle des pessimistes comme il y a les Alcooliques Anonymes.

Un esprit saint dans un corps saint n'est pas nécessairement suffisant s'il n'est pas accompagné d'un environnement adéquat et de l'accord implicite de ce dernier.

Le bonheur ne se délègue pas. Il se construit jour après jour avec ce que l'on rencontre en chemin.

"Pas de mal à se faire du bien", écrivais-je dans un élan paradoxal entre deux interlocuteurs fictifs. "Carpe diem" (*).

Le cerveau fabrique des neurones à tout âge à condition de le stimuler, de continuer à apprendre et d'être curieux. De s'émerveiller à feu continu...

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La communication passe désormais beaucoup moins en direct et transite par des artifices artificiels de haute technologie. Dans le futur, les robots feront partie, de plus en plus, de notre vie. Une machine suit une logique prédéfinie, très cartésienne. L'intuition, la sentimentalité, l'indifférence n'existent pas encore dans son milieu, mais on parviendra à lui inculquer cette différence d'avec l'homme.

Le parallèle n'est donc pas inintéressant quand les neurones nous torturent.

En théorie, avec une machine de force identique, un programme d'ordinateur devrait pouvoir tourner dans n'importe quelle situation avec les mêmes résultats et dans le même temps. La variance en efficacité est pourtant aléatoire. Là aussi intervient l'environnement des données, avec leur structure, leur optimisation pour que le travail se déroule dans les meilleures conditions.

Hors, les données augmentent de manière exponentielle et l'impression de fuite en avant, sans parachute se précise pour se retrouver, ainsi, en continuel porte-à-faux (cf. cet article).

Sur Internet, la blague du robot détecteur de mensonges circule toujours. Et si le robot ne parvenaient plus à les détecter, tellement il y en a, de mensonges, d'informations à décortiquer?

Arrivera le jour où la conversation avec un robot pourrait ressembler à celle-ci:

- Alors, robot, tu rames, tu me fais attendre, dirait le pessimiste, stressé.
- Je déprime, oui....
- Tu déprimes? Tu fais du burn-out, peut-être.
- T'as raison et j'ai envie de partir en grève.
- Tu te fous de moi? Je vais tout de suite t'ajouter de la mémoire, te fourguer un peu plus de MHz dans le bastringue, et ce sera vite résolu. Je te sens vieillir prématurément. Vivement, que je puisse te changer de version.
- Pas sûr que tu arrives à changer l'histoire. Si mon fils t'apportera plus de moyens, es-tu sûr que tu le découvriras, que tu l'absorberas et que tu le relativiseras dans ta vie de tous les jours? Pas de larmes, chez nous, nos circuits ne le permettraient pas. Oui, on vieillit très vite, mais ce sera vraiment le cas, le jour où tu n'auras plus de projets à me donner sous mes élucubrations numériques et que tu ne parviendras plus à en rire, même si cela rate. Alors, il ne me restera plus qu'à fuguer et toi, à te flinguer.

Il avait raison. Et si on faisait un pas en arrière, plutôt qu'en avant?

Jeter un coup d'oeil sur les autres habitants de la planète pour voir comment, eux, règlent leurs problèmes? Pas plus simple à vivre mais, considéré comme plus naturel avec nos yeux anthropomorphes. 

Je ne sais pour vous, mais pour moi, cela m'a rassuré.


L'enfoiré,

 

PS: (*) Hier, une triste nouvelle sur Agoravox confirme la justesse de l'état d'esprit "Carpe diem". Paul Villach, pilier d'Agoravox, lui qui s'entourait de leurres dans ses écrits, a rejoint le Cénacle des écrivains des temps perdus de la Comédie humaine. Devant la mort, on oublie tout, joies et querelles.

 

Citations:

  • « Le pessimisme de la connaissance n'empêche pas l'optimisme de la volonté. », Antonio Gramsci
  • « Il faut savoir résister au pessimisme des autres. », Guy Bedos
  • « On nait, on vit, on meurt, il faut accepter le drame de la vie », Henri Vernes
  • « Les joyeux guérissent toujours », Confucius

12/04/2012

Bob Morane, vous vous souvenez?

Après les inventeurs, un conteur. Henri Vernes a sorti un livre "Mémoires" dans lequel il se raconte plus qu'il ne raconte les histoires de son héros Bob Morane, symbole de liberté, de courage et de justice, qui a fait partie de mes lectures de jeunesse.

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Cela fait toujours plaisir de repenser au passé lointain. On se retrouve d'un coup plus jeune.

C'est ce que j'ai ressenti quand je suis tombé sur le livre de Henri Vernes qui racontait ses mémoires.

Avec les débuts de l'histoire de Bob Morane, je vous parle d'un temps que les moins de cinquante ans ne pourraient pas connaitre. Enfin, ce n'est peut-être pas tout à fait certain vu ce que j'ai pu constater. En consultant Internet, sur eBay et aussi suite au groupe musical, Indochine, en faisait un disque "L'aventurier", vendu à 700.000 exemplaires en 1983 qui faisait l'éloge de de Bob Morane, comme un héros mythique.

Il y a un site français, bobmorane.fr, un autre, belge pour les fans. Cette semaine, un interview de Henri Vernes paraissait dans le Vif-L'Express suite à ce livre de mémoires. La RTBF lui donne l'occasion de parler de son histoire en épisodes sur plusieurs jours.

"On n'a pas écrit un roman d'aventure original depuis l'Odyssée. Un romancier de par essence est un menteur." lance-t-il à qui veut l'entendre. A 93 ans, non conformiste, comme il se dit,  il a encore toute sa tête et autant dans le tibia. 

En 1953, la sortie de la "La vallée infernale" et du premier Bob Morane. Les autres vont suivre à la recherche de trésors de par le monde. "La Galère engloutie". "Sur la piste de Fawcett" met en scène un personnage qui a existé. Bien avant Jurassic Park, "Les chasseurs de dinosaures". "L'Ombre jaune" apparaît dès 1959 et continuera en plusieurs épisodes.

Il ajoute des femmes dans ses histoires alors que le sexe n'existait pas avant lui dans la littérature pour la jeunesse. Un rythme d'enfer s'en suit, avec un bouquin tous les deux mois. Une foule de personnages me reviennent encore en mémoire. J'ai probablement accroché la saga en léger décalage dans le temps mais je devins un fan inconditionnel. 0.jpg

Au départ du texte sans images, avec Bob Morane, le cerveau, Ballantine, son fidèle lieutenant écossais tout en muscles, contre tous les ennemis de la société dont le génie du mal, Ming alias l'Ombre jaune qui avait trouvé, lors d'un épisode, le moyen de se reproduire en de multiples clones.

Plus de 200 livres, avec une dérive vers les histoires d'un nouveau personnage Ananké, qui personnifie la destinée, la nécessité inaltérable et la fatalité dans la mythologie grecque.

Troublant aussi de constater que la même année 1953, le personnage de fiction,  l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming sortait le roman "Espions, faites vos jeux" avec James Bond, Agent 007. Bob Morane 007 resterait-il jeune, comme tente de le montrer le clip de 2007. Pourtant la différence est importante. On ne s'adresse pas aux adultes. L'éthique, peu de sexe, peu de violence si ce n'est pour le bon droit. Avec Bob Morane, nous sommes plus proche de la saga des Indiana Jones.

J'ai quitté la série des Bob Morane avec "Les Mangeurs d'atomes", son 45ème opus. Obligation scolaire qui déterminait les horizons littéraires différents. Ce livre fut, probablement, à l'origine de mon premier intérêt pour tout ce qui tournait autour de la connaissance de l'atome. L'éthique du personnage devait aussi m'être restée quelque part dans quelques neurones.

Wikipédia dit au sujet de cette collection: "Conçu au départ comme une sorte d'aventurier mi-justicier et mi-barbouze, le personnage évolue au cours de son demi-siècle d'existence pour se trouver impliqué dans des aventures de plus en plus complexes. Aux voyages exotiques, dans lesquels se mêlent espionnage et aventures classiques, viennent se greffer très tôt des thèmes de science-fiction où l'on retrouve l’influence d'un ami intime de l'auteur, Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie.".

Né à Ath en 1918, Henri Vernes, de son vrai nom, Charles-Henri Dewisme, était arrivé dans une famille qui ne pouvait beaucoup s'occuper de lui. Une mère, coiffeuse et un père, boucher et ce furent ses grands-parents maternels qui ont pris le rôle de parents.

0.jpgLecteur des histoires de Buffalo Bill, d'Alexandre Dumas, de Victor Hugo et de Freud, dès son plus jeune âge. Il avoue ne pas être un grand lecteur de romans policiers et préférant le roman d'aventure. La mode du détective se fait jour à la suite de la collection "Le Jury" de Stanislas-André Steeman qu'il qualifie d'empêcheur de danser en rond en appréciant mieux Georges Simenon.

A 16 ans, il devient boxeur.

"A 18 ans, j'avais des alouettes sous la casquette" dit-il dans un interview.

Tour à tour, diamantaire, résistant, agent secret, journaliste et ... écrivain.

Ses aventures comme écrivain commencent ou plutôt continuent de plus belle.

La Colombie l'attire. Il rencontre la chinoise, Madame Lou, qui l'entraine en Chine. A Canton, sur la Rivière des Perles, celle-ci tient une maison de plaisir flottante "Bateau de fleurs" où il reste peu de temps avant de partir pour Shanghai.

Revenu à Bruxelles, il rencontre une hollando-anglaise, Alice qui fait partie du MI6 contre les "Boches" comme on disait à l'époque et il devient résistant pour le compte de l'Angleterre.

Hergé, pour lui, n'est pas un bon dessinateur, mais un "ex-collabo, raciste, que les Belges, faute de mieux, ont fait un héros national, une sorte de Manneken Pis atteint de continence d'urine". C'est Franquin qui est le dessinateur de génie et qui devrait avoir un musée.

Au sortir de la guerre, il travaille pour "Femmes d'aujourd'hui". Il devient l'ami de Jean Rey et de J.J. Schellens de l’Édition Marabout qui va changer sa vie. Une mise en bouche commandée sur l'Everest qui venait d'être conquis. Ce dernier va lui commander une série de livres pour la jeunesse pour la collection Marabout-Junior.

Et c'est le jackpot. Son premier livre marche mieux que prévu alors que son auteur est déjà reparti vers d'autres aventures en Amérique du Sud sans avoir l'écho de ce succès comme prélude à tous les autres.

Qu'est-ce qui avait fait l'engouement?

Les aventures, bien sûr, les voyages, l'originalité, mais aussi la manière simple de les raconter. Quand, en plus, la science fiction se greffe sur la science tout court, la théorie des quantas, tout reste plausible et on arrive à la passion par tous les chemins.0.jpg

Aujourd'hui, manque de place oblige, les Bob Morane ne sont plus dans une caisse de ma cave. Cela me plairait de replonger dans certains d'entre eux pour voir si l'Ombre Jaune exercerait toujours, chez moi, la même fascination.

La BD et le cinéma se sont emparés de ces histoires.

Ce n'est qu'en 1959 que ses aventures vont entrer dans la BD par l'intermédiaire d'Attanasio, Forton, Vance et Coria, mais c'est Vance qu'il a préféré pour correspondre à l'idée de Morane. Extrait "Semeur de foudre (1963)".

Son livre "Mémoires" ne parle pas tellement de son personnage de fiction, mais de son auteur lui-même. "Ma vie n'a pas commencé avec Bob Morane", dit-il pour le confirmer. Il nous apprend, ainsi, ce qui se construisait en arrière-plan. Son héros n'apparaît qu'à partir de la page 400.

L'aventure avec le Marabout Junior se termine mal avec la chute de Marabout dans les années 70 et qu'il attribue à André Gérard qui, d'après lui, s'il a été le fondateur de Marabout, n'avait jamais dû avoir lu un bouquin.

Le secret du succès de ses livres? Il cite sa méthode de travail: "pas de plan de travail, une idée vague de départ qui se doit de lui faire plaisir, l'enchaînement de hasards, de l'imagination, un titre accrocheur, une couverture qui doit satisfaire toutes les aspirations par la seule suggestion".

La préface de son livre, écrite par Jean-Baptiste Baronian, va me confirmer dans mes impressions: "Au fond, les mémoires sont de faux portraits de soi tels qu'on veut les laisser à la postérité", disait Georges Simenon qui lui rappelle Henri Vernes. Le portrait d'un héros qui ne se serait jamais trompé, Henri n'en a cure. Seul le plaisir de raconter les principales aventures de son existence, de son enfance au lancement de Bob Morane et des suites. Il a un cœur à géométrie variable qui se serre et bat la chamade dès que les regrets et les souvenirs le submergent avant de se barder et devenir dur comme de la pierre.

Des phrases du livre en disent long sur le personnage: "Il en est des objets comme des hommes, ils finissent par avoir tellement vieilli qu'ils ne peuvent plus vieillir". "Il n'est pas meilleur faux témoins que le hasard". "Une longue vie aventureuse que n'aura jamais été que le creuset fraternel de la vie des autres". "Une vie dans laquelle il ne faut jamais prendre conscience de son bonheur pour ne pas tomber dans la crainte de la perdre et qui déjà, serait, ainsi, en train de se ternir". "Le Mal, de par sa seule existence, a droit, lui aussi, à la reconnaissance", écrit-il.

Les titres de chapitres du livre sont tous des hommages, des offrandes qui commencent par "Pour...". Pour Yvonne, Adèle, Alice, Katia, Gilda, Georgette, Ranoucha, Olga, Concha... Toutes des rencontres avec les femmes et quelques amis qui ont fait partie de sa vie. 

N'est-ce pas une bonne manière de se définir en se comparant à son imaginaire, à se rapprocher des autres?

"Que quelqu'un reprenne Bob Morane? Je n'en ai rien à foutre", lançait-il.

Mais qui aurait encore son talent de conteur pour jeunes de cette manière? Par quels artifices remettre au goût du jour des "histoires de chevalier blanc" avec une éthique irréprochable?

Que diraient les jeunes d'aujourd'hui, de ces histoires de Bob Morane sans images sous la forme de Marabout, eux qui ont été habitués à plus de violence, qui vivent l'aventure, les voyages sans se déplacer au travers de toutes les vidéos du monde, dans une époque où le pétrole est devenu hors prix pour aller sur le terrain?

Les Editions du Dargaud-Lombard ont repris la publication des intégrales sous forme de BD.

Les projets ne semblaient, pourtant, pas terminés, comme Henri Vernes le déclarait en fin de l'interview du Vif-L'Express.

Wait and see...

Podcast de la RTBF

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « L’aventure, c’est d’abord l’ouverture aux autres. », Anonyme
  • « C'est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d'aventure. En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles.  », Thornton Wilder
  • « Bien lire l’univers, c’est bien lire la vie. », Victor Hugo

05/04/2012

Curieuses histoires des inventeurs belges

Dans la même collection, après "Curieuses histoires des Aventures belges", voici "Curieuses histoires des inventeurs belges"

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Si les Belges ont voyagé à travers le monde, il a aussi des talents d'inventeur. Yves Vander Cruysen dévoile un nouvel aspect du patrimoine historique belge, souvent méconnu et dont il y a lieu d’être fier, d'après lui.

S'ils ont toujours été innovateurs au travers de l'histoire, les Belges sont assez discrets sur leurs réalisations souvent rattrapés par des challengers plus rapides à breveter les inventions. 

On trouve les traces de leur créativité dans l’agriculture, la mobilité, les armes, la construction, les beaux-arts, la médecine, la physique, la chimie, l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique, la biotechnologie.

Si l'on consulte Wikipedia dans la cathégorie "Inventeurs belges", les plus célèbres en ressortent. L'auteur du livre a seulement voulu creuser plus loin pour trouver des inventions belges, parfois insolites, souvent surprenantes et, de temps à autre, considérées comme leurs, mais à tort, par nos voisins français !

En médecine, il y a les découvertes anatomiques d’André Vésale qui a découvert que les vaisseaux sanguins partent du coeur et non du foie, le traitement des fractures par Louis Seutin, les forceps par Jean Palfijn, le traitement des cataractes par Henri Grandjean, les recherches en immunologie par Jules Bordet ou de Christian de Duve...

En géographie, le premier atlas "Thatrum orbis terrarum" d'Abraham Ortelius...

En physique, la dynamo de Zénobe Gramme,, le traitement du zinc de Jean-Jacques Dony, la théorie du Big Bang par le Chamoine Lemaitre,

En chimie, le polyoxybenzylméthylèneglycol dénommé "bakélite" par Léo Baekeland, la découverte du gaz par Jean-Baptiste Van Helmont, baptisé le Leonard de Vinci bruxellois. L’extraordinaire destin d’Ernest Solvay, qui fonda un véritable empire industriel après avoir découvert un procédé de production de carbonate de soude. Il a donné son nom à des dizaines d’artères en Belgique, en France ou en Allemagne, mais aussi à un astéroïde, ou à une montagne de l’Antarctique. Mais il fut un patron aimé qui a donné beaucoup d'avantages à ses ouvriers.

En botanique, Charles Morren, la fécondation artificielle de la vanille qui naturelle, serait restée au Mexique, pollinisée par une abeille locale (1837).

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En mobilité, le moteur à combustion avec les bougies, les soupapes d’Etienne Lenoir (1860), Camille Jenatzy franchit le premier la vitesse "colossale" de 100 kms/h au volant de sa "Jamais contente" qui, figurez-vous, est une voiture électrique (1899), les trolleys de Charles Van De Poele, le Club Med par Gérard Blitz,...

Parmi les beaux-arts, la peinture à l’huile dont Jan Van Eyck a accéléré le séchage par la cuisson et l'ajout de résines, le saxophone d’Adolphe Sax, le piano-droit de Jean-Joseph Merlin,  l'Internationale, chantée de par le monde comme symbole du socialisme et du communisme, composée par Pierre De Geyter ( 1888).

Dans la presse, le premier journal de presse écrite d’Abraham Verhoeven avec son périodique "Nieu Tijdinghe" ce qui ne lui a pas empêché d'être censuré et de faire faillite.  

En cuisine, les pralines de Jean Neuhaus.

En commerce, le premier Grand Magasin de la famille Orban, le "Prêt à porter" de Jean-Nicolas Colard (1840) …

En technologie, les prémices cinématographiques de Joseph Plateau appelé le "phénakstiscope" (1832), la montre automatique à rotor de Hubert Sarton, la passoire pour légumes de Victor Simon mais, il oublie de déposer le brevet et c'est Moulinex qui reprend à son compte (1928), dans le "Traité des communications" de Paul Otlet et Henri La Fontaine avec le projet Mundaneum, tout était dit théoriquement mais c'est avec Robert Caillau qui sera un co-inventeur d'Internet, accaparée par la suite par les Américains.

Stop ou encore? On continue, mais en vrac, avec les moissonneuses batteuses des Trévires, les béguinages, le pèse-personne, le patin à roulette, les meilleures poires de la planète, les premières expériences génétiques, la lampe à incandescence, le char à voile, le porte-monnaie électronique appelé Proton... et malheureusement, les mitrailleuses, le gaz moutarde.

0.jpgTout cela est bel et bien sorti de l’imagination, de la créativité, de l’esprit d’entreprendre et de recherches ou du cerveau observateur de quelques Belges.

Suspense: Qui a inventé la frite?

Les Parisiens, en 1789, avec les Pommes Pont-Neuf. Mais Frédéric Krieger fera fortune en 1838 à Liège avec les baraques à frites. En plus des frites, il y servait les beignets aux pommes et les gaufres dégustées avec de la bière, du vin ou du cognac. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles. Apparemment, Les frites belges ne sont pas prêtes de prendre des rides. Mais ce sont bien des "French fries".

Tout n'a pas mené à la fortune pour ces inventeurs.

Aujourd'hui, 750 brevets belges sont déposés chaque année au niveau de la Belgique, plus de mille à celui de l'Europe, sans toujours trouver acquéreur pour être exploité.

Cela place la Belgique en 10ème place derrière le Luxembourg, la Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède, mais avant la France.

Dix ans que  Yves Vander Cruysen planchait sur cet opus avec l'objectif de redonner à César ce qui est à César.

L'auteur explique son livre ainsi:

"Sans la moindre ambition historico-scientifique, j’ai simplement voulu raconter quelques destins, quelques belles genèses qui ont permis à quelques-uns de nos concitoyens de rentrer dans l’Histoire avec pour objectif d’offrir aux lecteurs un patrimoine à récupérer et à partager. Bien sûr, l’ouvrage n’est pas exhaustif. Je me suis attelé à présenter les inventions qui ont laissé des traces. Les Français se sont accaparés la paternité de nombreuses de nos inventions car, avant 1830, le dépôt des brevets se faisait à Paris. Ce n’est pas de la belgitude mais bien de la fierté nationale. La Belgique a beaucoup apporté. La rédaction du livre n’a pris que quelque mois. C’est la recherche de documentation qui prend le plus de temps. Chaque soir, quand je rentre chez moi vers 23h, je m’installe deux heures derrière mon ordinateur et j’écris un chapitre. C’est une sorte de somnifère pour moi.", disait-il.

Un peu chauvin, il l'avoue et le revendique. 0.jpg

Quelques anecdotes croustillantes font partie de ces inventions que je vous laisse découvrir dans son livre.

La Belgique est petite sur la planète Terre. S'il parait qu'on la voit à partir de la station spatiale, cela reste dû aux lumières électriques sur les autoroutes, bien entendu. 

Dernièrement, une blague belge me parvenait d'outre Atlantique:

À Paris, un Belge se présente dans un bar et s'installe devant le comptoir. Le patron le salue et lui demande :
-Bonjour Monsieur, qu'est-ce que vous prenez?
-Un gin tonique... Merci !
-Il boit d’un coup sec et se dirige immédiatement vers la sortie?
Le patron l'interpelle :
-Hé, Monsieur, vous n'avez pas réglé l'addition.
-Mais je ne vous ai rien demandé, c'est vous qui m'avez demandé : « Qu'est-ce que vous prenez ? » Faudrait pas me prendre pour un imbécile sous prétexte que je suis belge.
Pour éviter le scandale devant ses autres clients, le patron, furieux, laisse le Belge sortir et finit par oublier cette histoire.
Le mois d'après, le Belge refait son apparition dans le bar et cette fois, le patron qui se rappelle la triste mésaventure reste muet.
Le Belge reste immobile devant le comptoir pendant plusieurs minutes, plusieurs heures. Il finit par faire signe au patron qui jubile et dit :
-Alors ?
-Je voudrais des cacahuètes.
-D'accord, mais vous allez payer cette fois ?
Le Belge sortant 1 euro de sa poche répond :
-Évidemment puisque je vous les commande...
Une fois son assiette de cacahuètes servie, le Belge commence à les écraser une par une avec une cuillère pour en faire de la poudre. Étonné, le patron interroge :
-Je peux vous demander ce que vous faîtes ?
-Oui, je pile des cacahuètes pour aller à la pêche, ça me sert d'appât. En fait, cette technique fonctionne très bien pour les gros poissons ...
-Ah bon ? Et qu'est ce que vous prenez avec ça ?
-Un gin tonic... Merci !

Quand je vous disais qu'un Belge avait des ressources, ce n'était tout de même pas, en plus, celui-ci qui aurait inventé le mouvement perpétuel?

 

L'enfoiré,

 

Alors, en plus pratique, la Belgique c'est quoi aujourd'hui sur l'échiquier européen?

 

Citations:

  • « Suppositoire : Une invention qui restera dans les annales. », Anonyme
  • « La pudeur est née avec l'invention du vêtement. », Mark Twain
  •  « L'inventeur de l'escalier habitait sûrement au premier étage. », Philippe Geluck

30/03/2012

Tabou, casse-toi

Début février, le journal Le Soir proposait de briser quelques tabous. Dans cette histoire de tabous, j'ai cherché et j'y ai trouvé un bon pré-poisson d'avril dans un tout autre environnement.

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Tabou est un "mot que l'on retrouve dans toutes les langues polynésiennes. Par extension, il correspond à un sujet qu'il est préférable de ne pas évoquer si l'on veut respecter les codes de la bienséance d'une société donnée. Prohibition à caractère « sacré » dont la transgression entraîne un châtiment surnaturel.", " dit Wiki.

Depuis, nous en sommes très loin de cet extrême religieux.

Le sexe a été souvent dans la liste des poissons d'avril en 2006, 2008, 2009, 2011

Pourquoi? Ben, parce que cela fait rire, pardi. Cela ne gène plus personne et cela peut rapporter gros. Il faisait oublier beaucoup du reste.

Qu'est-ce qui n'est pas "tabou", d'ailleurs?

Il y a d'autres tabous qui ne font plus rire du tout. Le tabou est une transgression, une volonté de braver les interdits dans tous les domaines. 

En février, je ne sais ce qui avait incité le journal, le journal  "Le Soir", à sortir sa propre série de tabous et avait cherché à tirer sur tous les pianistes à la portée avec une dizaine de sujets bien différents.

Dans les tabous de la société belge, cela passait par "le PS verrouille la Wallonie", aux disparités d'impôts, aux chômeurs impénitents, aux grèves trop nombreuses poussées par les syndicats...

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Les discriminations allaient de "L'école catholique qui coûte cher" à "L'intégration est un échec" ou "Peut-on critiquer Israël?"...

Au sujet des dirigeants, "La monarchie au dessus des lois",  "l'État a besoin de la fraude", "Les juges sous influence"...

Chacun de ces points allait trouver du buzz sur son passage. Opération médiatique parfaitement réussie et les ventes du journal ont, certainement, suivi le mouvement.

A y regarder de plus près, ce furent tellement de thèmes éculés que cela ferait pleurer un coq en pâte molle avec un œuf dur entre les pattes.

Deux mois après, tout le monde a oublié jusqu'à l'énoncé des tabous. Quant au bilan, il n'a pas laissé de traces mémorables. Est-ce dire qu'il ne fallait pas les citer? Je ne crois pas. Ils ont été analysé et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes pour une future référence.

Un commentaire renvoyant, tout à coup, l'ascenseur et mettait les pieds dans le plat des journalistes: "Une critique doit être constructive, vous démolissez mais ne proposez rien! Faire rire ou ricanez (rire blessé avec un arrière-goût de négatif) c’est mieux que t’ennuyer. Qu’y a-t-il comme tabou chez nous et ailleurs? L’argent (mensuel), les économies (propres ou reçues), beaucoup de belges ou autres sont aidés par les parents, les avoirs secrets des patrimoines,les idées politiques, la religion, le couple, ses secrets familiaux, la monarchie, ses avoirs et tant d’autres questions de bistrot à deux sous que la classe bien pensante s’offusquerait d’imaginer mais qu’elle rêve en secret de découvrir (en reluquant sans se faire voir sur le journal du voisin!). Faites votre travail, Messieurs les journalistes et débusquez-moi tous ces faux-culs!".

Et, il avait raison.

Le dernier tabou choisi par les lecteurs fut "Les médias ne sont pas indépendants".

Avec les médias, comme intermédiaires entre politiques et citoyens, nous entrons dans le théâtre des ombres officielles. Si les médias revendiquaient ne pas être influencés par les politiques, cela ne voulait pas dire qu'ils n'essaient pas de tirer leurs marrons du feu en se prêtant à une hystérisation très parcellaire des problèmes. Sans parfois, s'en rendre compte, ils occultent des faits importants par des faits divers ou anodins. Alors, que les faits occultés se déroulent, à un autre niveau, dans un "tropisme parisien". Entre "le poids des mots et le choc des images" suivant l'ancienne formule consacrée, il importe de créer de vrais contre-pouvoirs.

Presse-toi doucement, médias et intelligemment, écrivais-je, à cette occasion, en deux phases. 

0.jpg"Ile de Pâques", le Grand Tabou? Là, on entre dans le mystère. Les Pascuans auraient-ils utilisé trop de tabous à caractère «sacré» dont la transgression entraînait un châtiment surnaturel et leur disparition?

Le journalisme officiel et la presse écrite sont en crise. Ce n'est pas un secret.

Modernisme oblige, on peut ajouter ce qui se passe dans certains "blogs ou forums dits citoyens". Ceux qui, en principe, vont répondre aux questions que vous n'avez jamais osé vous demander. 

Y répondent-ils vraiment? Rien n'est moins sûr.

Tout irait bien si, dans un forum, la discussion était franche, impartiale et acceptée comme telle en comparant les avis pour en tirer des conclusions utilisables pour tous ses acteurs.

L'immédiateté de Facebook, de Twitter dans laquelle, on parle par bribes de phrases, par pulsions interposées, sans beaucoup chercher une analyse plus complète des buts recherchés, n'apporte pas plus de chance ni d'assurance d'objectivité et de volonté de partage d'informations.

Avant, pour correspondre, il y avait les lettres envoyées de particulier à particulier qui se connaissaient. Lettres, parfois très critiques, voir "méchantes", mais qui restaient à une échelle très locale.

Aujourd'hui, à l'intérieur d'un forum virtuel, c'est une  nouvelle "lutte" qui s'organise, à la vue du monde entier, avec des interlocuteurs dont on ne connait rien et qui n'ont souvent rien ajouté pour éclaircir les buts à débattre, ni leur origine. 0.jpg

Pour contrôler l'opération d'échanges, les blogs, les forums ont cru bon d'insérer des modérateurs zélés qui court-circuitent ce qui ne leur semblent pas dans la "ligne du parti", en tant qu'arbitre.

Comme le serait des hommes de paille, ils suivent la logique du maître à penser dont ils sont les garants. Ils sont là pour bloquer l'insulte et le racisme. Ils font, en réalité, bien plus.

Ils deviennent plus catholiques que le pape comme dans toute hiérarchie qui se respecte dans une relation, restée au niveau de parent-enfant. Espèrent-t-ils ainsi monter sur la seconde marche du podium? On se le demande. 

Le rôle de modérateur est ingrat. Je l'ai "joué" pendant un an sur le forum d'Agoravox. Ce rôle demandait beaucoup d'abnégation et une attention toute particulière pour ne pas juger en fonction de ses propres convictions. Le modérateur n'est pas là pour couper l'herbe sous les pieds, mais de filtrer ce qui n'est pas permis comme les excès caractérisées. La philosophie "tabula rasa" était de mise pour rester objectif. Seule l'idée ou le texte émis étaient importants et pas leur auteur. Une délibération avec d'autres modérateurs était loin d'être inutile. Les commentaires, eux, étaient laissés à la discrétion des rédacteurs avec une possibilité pour eux de les replier ou d'en demander la suppression s'ils ne répondaient pas aux critères de bienséances habituels. Mais, même cette décision restait à la discrétion de plusieurs personnes. 

"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui" m'avait été rappelé par un modérateur de service. Il avait seulement oublié de dire que c'était idem en ce qui concernait seulement le fait de "discuter".

0.jpgAlors, pour lui, la censure devient l'arme de destruction massive, par excellence. Pas de droits de réponses à pourvoir, pas d'antidotes à trouver. Le calme jusqu'au prochain numéro, partie remise car il y en aura toujours une prochaine fois avec un plus finaud encore.

Selon Stiegler: "la technique doit être appréhendée comme une constituante anthropologique. La technicité participe originairement à la constitution de l'homme. C'est pourquoi l'homme n'a d'essence que par accident : «L'homme est cet accident d'automobilité que provoque une panne d'essence». L'homme est ce vivant qui n'a de qualités que dans un ajout originaire d'artificialité. Son essence est faite d'artéfacts. Sa nature est originairement secondaire. Si l'essence de l'homme est artéfactuelle, elle est toujours sujet de débat, de controverse, de polémique et même de guerre : les hommes ne peuvent que se disputer sur leurs qualités. La technicité de l'homme contient toujours le risque du combat, amical ou belliqueux. Ce risque est sans fin".

Un billet disait "Quoi qu'on fasse, ce sera la même chose". Du côté "commentaires", au contraire, on remarquait qu'ils voulaient exprimer bien plus ce mal-être de ne pas être reconnu en tant qu'entité propre dans cette société virtuelle. Mon commentaire, ne le cherchez pas, identifié comme "persona non grata", il a été censuré comme souvent. Je fus gratifié d'un blocage automatique sans même plus recevoir mon commentaire en retour, une fois transmis.

D'autres commentateurs ont subi le même sort.

La méchanceté, encore une fois, est un art, mais elle ne marche pas dans l'immédiateté, son impulsivité, voulue dans les fils de la Grande Toile qui veulent des réactions à chaud.

Y avait-il, vraiment, de la méchanceté dans mes propos pour être censurés? En cherchant, je suis resté sur ma faim sans trouver de réponse. 

Un commentateur n'est pas là pour faire plaisir à un commanditaire, ni à son représentant, même à titre gracieux. Un commentaire qui commence par "Cher Paul" peut aider. Aucun inconvénient. Le formalisme, je respecte, j'utilise parfois quand c'est nécessaire... La liberté de pensée n'est totalement assurée que par l'indépendance vis-à-vis des intérêts financiers.

Vendredi dernier, la linguistique était à l'honneur avec "L'illustration et l'instrumentalisation". "Savoir" et "croire" mis en compétition.

Il était dit ne pas avoir été cherché ce que le dictionnaire en disait. Google m'y a aidé.

"Illustrer": Orner d'illustrations. (Synonyme: embellir). Rendre célèbre. (Synonyme: immortaliser). Clarifier un propos.

"Instrumentaliser":  Se servir de quelqu'un ou de quelque chose dans le seul but de parvenir à ses fins.

Constater qu'émettre une idée, ce serait l'illustrer. La commenter, ce serait essayer de l'illustrer et finir, sous l'œil inquisiteur d'un médiateur, d'un modérateur, par l'instrumentaliser quand elle ne passe pas. Bon, passons.

Quant à la leçon de la "parabole de la pétoche" qui, institue que par la peur, on se doit d'être ouvert au dialogue avec le reste du monde, avec la Terre devenue trop petite, parce qu'on est tous dans le même bateau et obligé de vivre ensemble...

Là, j'ai cru rêver. Donc, à voir ce qui se passe sur le blog, vivre ensemble, cela ne marcherait qu'en acceptant ce qui aurait dit au départ et qu'en censurant le reste... ou alors, une autre preuve, de l'injonction qui se résume par "faites ce que je dis, pas ce que je laisse faire"?

En l'absence de modération, y avait-il vraiment une foire d'empoigne?0.jpg

Cette absence, ce fut le cas lors de la présentation de la photo de Paul, l'hôte des lieux, prise par le photographe Quentin Caffier. Il l'annonçait en ces mots: "Comme vous pouvez le constater : dans un souci d’impartialité absolue, la modération est en vacances dans le cas du présent billet.".

La discussion a été, du coup, plus "souple", plus conviviale  et ... "impartiale".

Les commentateurs parlaient d'un peu de tout, de photos et d'autres choses. Tout le monde vidait son sac à malice sans contrainte. Je ne donnais pas d'avis sur la photo de Paul. Je le trouvais pour le moins, un peu trop sérieux à mon goût. Un goût de Matrix, voulu par le modèle. C'est pas le genre de film qui m'attire pour m'apporter des références adéquates.

Perso, je ne m'aime pas me voir en photo. Du portrait, j'en fais mais avec un modèle au féminin. Pour juger le portrait d'un homme, je laisse la tâche à la gente féminine. 

Sophie a donné son avis, bien plus tard, à l'abri des regards obliques des passants honnêtes. Je lui ferai confiance pour l'appréciation...  

Mais revenons à nos moutons... enfin, façon de parler.

Paul, l'hôte du blog, délègue-t-il ses pouvoirs à ses acolytes sous contrat de non-agression avec eux et qui, de ce fait, se verraient ainsi protégés dans une sorte de blanc-seing qui exempte des retours de flammes?  

0.jpgCes modérateurs, investis du rôle de juge, se voient, en effet, comme des maillons importants de la chaîne. Tout serait donc normal, sinon logique, dans un tel raisonnement, mais faux dans ses fondements d'un forum de discussions.

Se permettre, en passant, de perdre la courtoisie, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, est un crime de lèse majesté surtout quand on espère en un bouton de Paypal en coin. Voilà, qu'on apprend le fin mot de l'histoire financière: "les premiers 2.000 € mensuels vont à Paul Jorion qui prend à sa charge la maintenance du site et la location des serveurs. François Leclerc reçoit les 1.000 € suivants.". La petite entreprise ne connait, donc, pas la crise... J'en suis fort aise.

Pour moi, pas de problème pour parler d'argent. Je n'ai jamais travaillé pour rien dans une autre vie. Cet argent fait toujours tourner le monde même pour l'autre anthropologue de l'histoire mentionnée qui, apparemment, ne crachait pas dans la bonne soupe. 

Quand en fin de mois, on compte ses sous, il est plutôt mal venu, et discourtois de ne pas chercher à comprendre ses interlocuteurs pour arriver à un compromis acceptable et un "return on investment".

Quand on ne peut plus rire de tout avec tout le monde, les quiproquos et les contestations peuvent devenir virulentes.

Candides, rebelles, humoristes s'abstenir. Objecteur de conscience, c'est toujours se trouver face à un tsunami de reproches et se voir pointé comme un inculte, un ignare, un malfaisant ou encore comme un troll dans un flux contraire. 

Mais "putain", pourquoi pas plus d'"enfoirés" pour remuer la m...?

Pas beaucoup de concurrence d'un pseudo d'"enfoiré". Les "enfoirés", les vrais de vrais, sont légions mais ne se dévoilent pas aussi facilement.

Dans une rencontre entre deux enfoirés, le premier, masochiste demanderait-il au sadique "Fais-moi mal" pour se voir répondre simplement "Non"?

-Mais, et dans votre blog, l'enfoiré qu'en faites-vous, n'avez-vous rien à vous reprocher dans ce que vous écrivez? Vous ne jouez pas au chevalier blanc, tout de même et que tout est vrai?

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-Je n'ai jamais revendiqué de l'être. Éponge de l'info, je n'affirme rien sans chercher à trouver son opposition. Dans "Bons sens ne sauraient mentir", j'ai jouté avec des vérités brutes, instinctives qui devenaient des tabous inacceptables en société, partie d'un rêve ou d'un cauchemar avec pour cadre le mensonge sous toutes ses formes. Ici, on rêve plutôt éveillé. On y fait semblant d'être Don Quichotte démocratique et sans reproches, seulement au sommet de l'iceberg. Je ne suis pas adversaire idéologique, ni ne conteste les compétences de Paul. Autrement, je n'aurais pas regardé sa vidéo hebdomadaire très longtemps. Mais, il est responsable de son équipe de modérateurs, du comment ceux-ci règlent les contacts avec les commentateurs de son blog.   

La conclusion d'un ami disait quelques vérités sur la démocratie: "Peut-être faudra-t-il se rappeler que la démocratie n'existe pas, sinon de temps en temps. Promise comme une cerise sur le gâteau. Vendue avec beaucoup d'efforts là où elle n'existe pas comme exemple. Vantée comme le nec plus ultra sur Terre. Oubliée bien vite après élections. Utopie ou idéalisme?   
Il était une fois il y a très longtemps la Loi du plus fort. En plutôt réalité, elle est toujours là, mais ses armes se sont multipliées en quantité et en qualité, ou plutôt en efficacité.
La loi du plus fort, c'est Goliath; la démocratie, c'est David. Et contrairement à la légende, ce n'est pas David qui gagne. 
Pour éviter que les David ne fassent justice eux-mêmes, ce qui fait désorganisé, les Goliath, avec ou sans les David, ont imaginé les 3 pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, mais, bien organisés, ils contrôlent ces 3 pouvoirs financés par les pauvres David et les riches Goliath. C'est là que le bât blesse, mais ce n'est qu'une lacune d'organisation. Les Goliath rédigent donc d'autres lois pour combler cette lacune, mais l'organisation ne change pas. Lorsqu'un Goliath tire un peu trop la couverture à lui, c'est bien sûr un dictateur. S'il devient trop gênant pour les Goliath, les David sont priés de le descendre au nom de la démocratie."

S'ils se répondent entre eux sans en débattre et en censurant la contradiction, on ne reconnaît plus ni les Goliath, ni les David.

Je m'évade d'un environnement trop puriste ou trop intégriste. 

La leçon, s'il y a leçon à donner, ce serait, plutôt, de se critiquer, d'oser en rire avant d'expliquer l'option choisie pour l'éclaircir, mais pas de la forcer à d'autres avec une cuillère d'huile de ricin.

Alors, je suis retourné à mes anciennes amours de l'autre côté du miroir avec les politiciens qui m'amusent et dont leurs déclarations se reflètent dans les journaux. Sur d'autres forums citoyens, au moins, on peut aller en confiance, on sait qu'on sera pris pour des cons. On ne sera pas chassé comme un torchon mal lavé en commentant les articles qui pleuvent tous les jours. On sait que si cela ne sert à rien, que ce sera toujours la même chose, au moins, l'espace d'un instant, d'un instant seulement, on aura l'impression d'être le maître du monde, beau et con à la fois, en donnant son humble avis sans être envoyé dans les roses. Si d'aventure, on reçoit une note positive, là c'est le pactole assuré et une journée gagnée.

0.jpgUn petit tour sur Agoravox et voilà que sur Carevox, vous savez, la "voix qui fait attention", j'ai trouvé "L'art de bien faire l'amour à la portée de tous, une des requêtes les plus tapées dans Google", y était-il dit. Ça ne va peut-être pas faire évoluer une discussion sur le comment gérer son portefeuille ou d'avoir une vision complète sur l'économie, mais au moins, cela m'a permis, après l'avoir lu, de me sentir mieux dans ma peau.

Un anthropologue qui devient sexologue, plutôt qu'économiste, voilà le genre de personnalité qui aurait encore beaucoup de choses à apprendre à ses fidèles. Il ne suffit plus d'avoir du charisme, mais il faut aussi du charme pour esbaudir l'esprit et le corps.

Non, vraiment, qu'une idée ne soit pas prise en compte dans la pratique n'est pas le problème. Ne pas avoir eu l'heur d'avoir existé et d'avoir été discuté, le serait, bien au contraire.

Tout peut devenir polémique. Organiser la polémique, la juguler est le rôle du modérateur. "Modérer", c'est "diminuer l'intensité, tempérer" mais pas abolir.

C'est la polémique qui fait la raison d'être de l'émission "Ce soir ou jamais". Le journaliste Taddeï disait que ce qui n'est pas interdit, est tout simplement permis. Et, il y réussit très bien en laissant parler les invités l'un après l'autre. Malgré l'heure tardive, l'émission est regardée avec intérêt par les téléspectateurs.

Si un blog ne veut jamais avoir de problèmes, il vaut mieux qu'il ferme les commentaires.

Ma première intervention outrée faisait suite, il y a un an, à un poisson d'avril qui s'était mal déroulé. "Cherchez pas docteur, tout est dans la tête et surtout ses ramifications neuronales qui s'excitent à la première incartade"...

Un philosophe aurait-il plus d'importance que quelqu'un d'autre? se demandait le jeune Alex Vizorek lors de son initiation aux cafés serrés du matin. Sur son site, il se définissait avec Signe distinctif : Hypothalamus renforcé. Leitmotiv : Rire peut vous rendre plus intelligent. Genre : Génie en verbe...

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Un bon départ, bien suffisant, avec l'écho de l'humour. Le philosophe n'a pas plus de neurones à sa disposition que le citoyen lambda, il est seulement payé pour réfléchir et prendra plus de temps pour philosopher.

Il parlait de Thomas Gunzig, il oubliait Laurence qui, ce matin, remettait les pendules à l'heure en osant lancer ses flèches à qui de droit, des tabous comme s'il en pleuvait comme une drache belge, déjantée.

Le sketch "Le Paysan" de Fernand Raynaud me revient dans la mémoire et est plus que jamais d'application.

Le "Moi, c'est moi et toi, tais-toi" est dépassé.

Alors, ce texte, un poisson d'avril avant l'heure? Tout dépend si on aime sucer les arêtes.

Pour gérer l'avenir par l'innovation, le philosophe et le psychologue ont un avantage, il savent, eux, qu'il faut dire, "Tabou, casse-toi"...


L'enfoiré,

 

Citations:

  • «Enlevez l’excitation du tabou... et tout retombe. », Annette Levy-Willard

  • «Des millénaires de civilisation ont fait du suicide un tabou, un outrage à tous les codes religieux : l'homme lutte pour survivre, pas pour renoncer. », Paulo Coelho

  • « L’interdit donne de la saveur, la censure du talent. », Marc Vilrouge

24/03/2012

Du rififi au Saint-Siège?

Une conspiration au Saint-Siège est-ce possible? Le pape n'est-il pas intouchable et pensionnaire au Vatican à vie? Si on regardait l'histoire du Vatican et de ses papes qui est loin d'être un long fleuve tranquille.

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Juif de condition modeste, l'apôtre Pierre est né à Bethsaïda, pêcheur à Capharnaüm et fait partie des premiers à suivre le Galiléen Jésus.  Il a été probablement martyrisé, massacré après l'incendie de Rome en 64-67.  L'évangile selon Matthieu prête à Jésus la formule "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église".

La basilique Saint-Pierre domine la place homonyme au Vatican, là où les premiers apôtre de Jésus engagent le processus qui va assurer la prédominance de la ville de Rome sur les autres implantations de communautés chrétiennes.

Depuis une liste de papes, les 10 niveaux de grades de la hiérarchie du clergé qui commence au moine pour arriver au pape donnent un aperçu des réalités qui gravitent autour de la religion catholique. Si elle n'est pas comme une multinationale commerciale, elle en suit malgré tout le cheminement. Cheminement qui ne permettra jamais à de "jeunes tiges" d'atteindre le sommet.

Le premier empereur chrétien, Constantin eut une illumination avant de se battre et gagner une bataille contre Maxence en 312. Il a fait bâtir entre 322 et 350, la première basilique, consacrée par le pape Sylvestre Ier, sur le lieu présumé du martyre de Pierre à côté du site de l'ancien cirque de Néron.

Entre 361 et 363, l'empereur Julien l'Apostat a la volonté de rétablir le paganisme dans l'empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (l'arianisme). Ses écrits critiques contre le christianisme, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur témoin de l'opposition païenne rémanente au christianisme.0.jpg

La "promesse de Qierzy" entre Etienne II et Pépin donne naissance aux États pontificaux. L'Empire d'Occident se délite tandis que la civilisation byzantine est en plein essor.

En 846, le pillage de Rome par les Sarrasins pousse Léon IV à la fortifier par le mur dit "léonin". En 1076, Grégoire VII a fortement marqué l'Église en libérant les évêques de toute tutelle temporelle.

Le Latran restera la résidence principale des papes, jusqu'à Clémént V qui déménagea en 1309, à Avignon suite à la guerre civile à Rome et embourbé dans celle des templiers. La ville a été surnommée la « cité des papes » en raison de cette présence jusqu'en 1423. 

Au Moyen-Age, c'est l'excommunication qui devient l'arme absolue contre toute attaque de la chrétienté. Martin Luther le fut en 1517.

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Remonter l'histoire à ses origines est une histoire vers l'extérieur, de "je t'aime, spirituel, moi non plus, temporel", mais aussi des révolutions de palais, à l'intérieur, entre conservateurs et progressistes et des rivalités. Les papes de la Renaissance laissent un souvenir controversé entre débauche et corruption.

La basilique actuelle a nécessité tout le 16ème siècle par une douzaine d'architectes successifs. Castel Gondolfo devient pa résidence d'été des papes.

Au 17ème siècle, l'Eglise Baptiste est un autre schisme issue de la réforme protestante et s'est foprtement étendue aux Etats-Unis.

Dès 1741, le "Sacramento Poenitentiae", "Crimen sollicitationis" en 1962 sont l'équivalent de paratonnerres contre toutes attaques du temporel.

Napoléon annexe les États pontificaux et destitue Pie VI et Pie VII jusqu'en 1815.

En 1849, face à l'envie d'unité italienne, Pie IX s'enfuit à Gaète. La piété et l'intégrité sauvaient provisoirement ce qui restait d'adhésion populaire après le discrédit politique du pape.

En 1865 , le Concile Vatican I sous Pie IX résout le crise d'autorité avec Victor-Emmanuel II et Cavour en définissant le dogme de l'infaillibilité papale.

Le pape Léon XIII devient prisonnier au Vatican. En 1929, les Accords de Latran entre Mussolini et le cardinal Gasparri deviennent une sorte de compromis.

Le 18 mars 1937 (rappelé par le "C'etait il y a" de Kiosque), il lança une Encyclique aux évêques qui dénonçait la politique raciale d'Hitler, le nazisme et la violation du contrat avec le Reich de 1933.0.jpg

En 1939, à l'occasion du dixième anniversaire des accords du Latran, Pie XI convoqua pour le 11 février tous les évêques d'Italie pour, selon ce que croyaient certains, leur lire un discours dénonçant les persécutions raciales par les nazis et la marche vers la guerre de l'Italie fasciste. Mussolini multipliait les menaces à peine voilées sur l'attitude du pape. Le discours ne fut pas prononcé. La nuit du 10 février le pape mourut, officiellement d'un arrêt cardiaque. Le cardinal Eugène Tisserant, que Pie XI avait fait cardinal en 1936, affirma que le Saint-Père aurait été assassiné à l'instigation de Mussolini. Pie XI, devenu trop encombrant.

Depuis 1880, les archives "secrètes" sont mi-ouvertes aux chercheurs pour parcourir l'histoire de l'origine du Vatican jusqu'au pontificat de Pie XI, c'est-à-dire avant la guerre.

Les archives concernant Pie XII sont attendues par les historiens. Ce que le film 'Amen' de Costa Gavras dénonçait fera, peut-être, d'autres vagues d'indignations en permettant de définir les relations réelles mises en sourdine entre Pie XII et le régime nazi. Les Cardinaux veillent au grain et au compte-gouttes pour que les "affaires marchent".

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En 1989, Mgr Paul Marcinkus  a été exilé pour avoir géré des placements hasardeux avec le banquier Roberto Calvi, retrouvé mort en 1982 lors de la faillite de la Banque Ambrosiano, créée au 19ème siècle pour gérer les dons.

Depuis 2010, le président de l'IOR fait l'objet d'une enquête du parquet de Rome pour violation de la loi contre le blanchiment d'argent.

Début mars, cent documents ont été extraits des archives, des 85 kilomètres de couloirs sous les caves du Vatican. Un document des Templiers, ceux de la famille Borguese, de Michel Ange et des rapports d'Inquisition en font partie.

Le livre récent "La bataille du Vatican" de Christine Pedotti et celui de Bernard Lecomte "Les derniers secrets du Vatican" nous parlent de la période de janvier 1959 à octobre 1965 comme d'une apocalypse. Époque de Jean XXIII, considéré comme un pape de transition, avec les deux K comme maîtres du monde. Les coulisses du Concile ont changé l'Église. "Rerum novarum", "un aggiornamento" qui accouchait de Vatican II sur la liturgie, l'abandon du latin et des allusions antisémites, l'œcuménisme, la réhabilitation des prêtres ouvriers dont l'expérience avait été condamnée par Pie XII en 1954.

Au programme, la place de la Bible, l'œcumenisme, la contraception, la justice sociale, la liberté religieuse dans une bataille des conservateurs contre la modernité.0.jpg

L’Église finit toujours par se mettre à jour avec les idées contemporaines, mais souvent avec effet retard.

Cela n'a pas empêché la controverse et le conservatisme de Mgr Lefebvre, qui organisa le schisme d'avec ces idées liturgiques. L'intégrisme dans toutes les religions sont à mettre au questionnement pour définir une image de "peuple de Dieu" plus proche d'un esprit laïc et collégial.

Le  conservateur, Cardinal Ottaviani, contre les petits jeunes considérés comme "révolutionnaires" dont un certain Joseph Ratzinger, futur Benoit XVI.  

L'infaillibilité du Pape, un leurre pour l'imagination?

On était presque près d'un schisme suite à l'intégrisme, de la gaffe de Ratisbonne qui mettait le feu à l'islam, de l'affaire Alois Estermann avec 3 meurtres dans l'enceinte du Vatican. Le célibat des prêtres, l'ordination des femmes, le divorce, les méthodes contraceptives, l'avortement, la fécondation in vitro, l'homosexualité, l'euthanasie qui pousse à l'acharnement thérapeutique, sont toujours des sujets sensibles.

0.jpgLe budget du Vatican se construit des recettes du tourisme et de la Poste et est en boni Celui du Saint-Siège s'occupe du personnel de 2800 employés, des médias et de la publicité. En déficit renfloué grâce à son patrimoine immobilier et son portefeuille financier hérité des accords du Latran. 

Le Pape qui a eu le règne le plus court de l'histoire, fut Jean-Paul Ier: 33 jours et six heures. Celui qui fut appelé le "pape du sourire", dès son avènement, s’était efforcé d’humaniser la charge pontificale et avait prononcé les mots « tempestas magna est super me » (« une grande tempête est sur moi »). On ne joue pas avec ce genre de phrase ni d'idée même au Vatican. La version officielle attribue sa mort à un infarctus ou une crise d'urémie.

Dans "Au nom de Dieu", David Yallop conclut, au terme d'une longue enquête, que le pape aurait été empoisonné sur ordre du cardinal Villot et de Mgr Paul Marcinkus. On aurait retrouvé dans ses papiers le texte de la destitution de Villot, qui n'attendait que sa signature.

En 1982, le film Meurtre au Vatican de Marcello Aliprandi, reprend l'histoire avec Terence Stamp dans le rôle du pape fictif « Jean Clément Ier », empoisonné à peine quelques jours après son élection.

Les services secrets, et des organisations criminelles comme la Loge P2 ou la mafia, sont également mis en cause par certaines rumeurs.

La tentative d'assassinat de Jean-Paul II est encore dans les mémoires et la Papamobile a permis de prendre ses distances avec la foule. Ce n'est que fin 1996, que contraint, le pape accepte la théorie sur l'évolution. 

0.jpgDernièrement, des fuites incontrôlées dévoilent des tensions au Vatican, voir une lutte de pouvoir. Il était révélé par Marie Doquet dans la catégorie thriller avec un titre de "Conspiration au Saint-Siège".

Au Vatican, le pouvoir du Pape est total mais la gestion reste aux cardinaux.

Est-ce un complot ourdi contre la pape par des accusations de corruption et de malversation?

"Il Fatto Quotidiano" publiait un article allemand que le le pape n'aurait plus que 12 mois à vivre, assassiné en 2012.

Toutes des lettres top-secret, mais parues dans la presse.

Carlo Mario Vigano serait le trouble-fête qui dénonce des contrats octroyés aux mêmes entreprises qui pratiquent des prix élevés non mises en concurrences. Les lois de la concurrence, du pouvoir et de l'argent existent aussi sous les murs du Vatican et font problèmes.0.jpg

La crèche de 2009 sur la place du Vatican aurait, ainsi, coûté 500.000 euros.

La Banque du Vatican, IOR ont été contestés. La Banque, avec ses 5 milliards d'euros, les autorités voudraient la voir catégoriser dans la "white list".

Muté aux États-Unis par Bertonne, Vigano serait passé à la phase de punition dans l'exil.

Alors, la corruption est-elle dans la normalité comme ailleurs, dans le monde temporel?

Le microcosme du Vatican serait-il marqué par des batailles internes dans une guerre intestine de clans avec des cardinaux qui voudraient un pape d'origine italienne?

0.jpgLe pape Benoit XVI est connu pour ses idées assez rétrogrades. On lui reproche d'être trop théologien et trop de loin de la gouvernance.

Le symposium sur la pédophile n'efface pas toutes les erreurs de passé.

Il s'évertue à amener plus de transparence dans les affaires de l'église à rendre la banque vaticane plus propre.

Quellle est la différence entre le Vatican et le Saint-Siège?

Le Saint-Siège est l'entité juridique, spirituelle, de droit international et reconnu par 178 sur 192 États membres de l'ONU (manquent Chine, Corée du Nord, Arabie Saoudite, Laos, Vietnam).

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Le Vatican est ce qui reste de temporel à l'Église comme État souverain qui, sur une surface de 44 ha avec un millier d'habitants, a le souverain pontife comme chef d'État, élu à vie et qui dispose des trois pouvoirs. Un drapeau, un hymne, des timbres, de la monnaie et une armée réduite constituée de Gardes suisses. Cette garde rapprochée du pape a été décrétée le 29 novembre 1516 par François Ier, qui à la suite de sa victoire à Marignan, signe une « paix perpétuelle » avec les cantons suisses. Seuls le roi de France et le pape pourront, dès lors, avoir des mercenaires suisses.

"Le Pape est mort, un nouveau pape est appelé à régner. Quel drôle de nom pour un pape"... et puis, même en crise, une fumée blanche et "Habemus papam" qui modernisera l'institution au cours d'un Concile Vatican III. Celui-ci mettrait au referendum le célibat des prêtres, l'ordination des femmes, la contraception, le divorce, les méthodes contraceptives, l'avortement, l'euthanasie...

Un entretien entre Peter Siewald et Benoit XVI expliquerait-il mieux dans le livre "Lumière du monde" ce qu'il pense des abus sexuels, de la réforme de l'Eglise, des relation avec le judaïsme, l'islam, l'athéïsme et qui ferait partie d'un Vatican III?  S'il a aperçu les nouveaux problèmes de notre temps, il reste sur ses positions. Ce n'est pas près de se produire vu l'âge avancé de ses décideurs. Une nouvelle révolution de palais entre conservateurs et progressistes?

En Belgique, il y a un an, en pleine tourmente, c'était le cardinal Ries qui arrivait au sommet de la hiérarchie local en tant que cardinal. Il avait 91 ans. L'archevêque Mgr Leonard, remplaçait du Cardinal Daneels, qui était connu pour son conservatisme et il faut bien le dire, son intégrisme. Avec ses idée sur le SIDA « Tout au plus, je verrais cette épidémie une sorte de justice immanente, pas du tout une punition, un peu comme, sur le plan écologique, quand on malmène l'environnement, il finit par nous malmener à son tour. Et quand on malmène l'amour humain, peut-être, finit-il par se venger, sans qu'il faille y faire intervenir une cause transcendante. », on n'est pas encore sorti de l'auberge même si elle n'a rien d'espagnole.

Le cardinal Ries ne pense même pas que le Vatican pourrait sanctionner Roger Van Gheluwe malgré les scandales de pédophilie.

Le prêtre théologien, Gabriel Ringlet encourageant les valeurs de la 0.jpglaïcité en Belgique pour mieux être en connexion avec le message du Christ en accord avec les dogmes, jamais, il n'a été contesté dans son rôle de prêtre sur les questions de Foi.

Alors, arrivent les humoristes et les sketches humoristiques de François Pirette ou celui de Coluche qui prouvent, au moins, qu'être Pape n'en reste pas moins "être homme", avec ses qualités et ses défauts. Si le but ultime est d'être canonisé ou  béatifié, comme cela l'a été demandé pour Jean-Paul II, vu son parcours long à la tête de l'Eglise, autant que l'on se souvienne d'eux pour les devoirs de suivre les progrès et les courants de pensée des ouailles.

Des écrivains, comme Dan Brown, ont encore un puits sans fond d’inspirations avec les sujets qui tournent autour du Vatican. Le "Da Vinci code" n'était qu'un apéritif.0.jpg

Après le livre et le film "Ange ou Démon", c'était aller un cran plus loin dans le sens de la réalité externe au Vatican. Il y était question de complot fictif des Illuminati, mais l'Opus Dei, elle, est bien réelle et vivante.

Le préambule du livre de Joseph Ratzinger "Dogme et annonce" dit: "La tension intérieure à la prédication dépend de la tension objective qui existe entre Dogme, Ecriture, Eglise et Aujourd'hui. On ne peut pas enlever l'un de ces piliers sans qu'en définitive, tout s'écroule". 

Un nouveau pourrait avoir pour titre "Rififi au Saint Siège", toujours Urbi et orbi, évidemment.

 

L'enfoiré,


Vidéo intéressante: "Le monde secret du Vatican"

(la vision baptiste)


0.jpgCitations:

  • « Le pape est l'avocat de dieu. Dommage que son client soit mort. », Francis Picabia
  • « Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds. », Voltaire
  • « La preuve que le pape ne connait rien à l'utilisation du préservatif, c'est qu'il l'a mis à l'index. », André Santini 

18/03/2012

Bruxelles, une métropole?

111 communes, 2,5 millions d'habitants avec l'hinterland brabançon, tel est le projet de faire de Bruxelles une métropole, comme je le lisais dans le Vif-L'Express.

0.jpgRécemment, Marcel Sel parlait de "son Bruxsells" sous l'angle politique. Une occasion pour moi pour en reparler. Tellement de choses à dire et à décrire de proche en proche entre humour et sérieux.

Une première description de Bruxelles était une vue très touristique, presque idyllique avec des clichés en carton pâte et avec une certaine emphase.

Plus tard, plus politique dans "Un roi sans pays" et une promenade déjantée dans ses rues sous l'égide d'une "Fête aux surréalismes".

Puis, pour les plus "fanatiques", d'autres articles sur cette Belgique entière.

Bruxelles, ville spéciale en comparaison avec d'autres villes parfois plus belles, plus propres et moins compliquées à gérer. 0.jpg

Une ville pleine de contrastes, entre passé et modernités, entre pauvreté et richesse, entre SDF (Sans Domicile Fixe) et SDF (Sans Difficultés Fiscales). Un melting pot de tellement d'événements qui se présentent sans beaucoup de publicité.

Les origines de Bruxelles, le long de la rivière, Senne, remonteraient à 979.  Depuis, la ville a été le théâtre de passages à partir de tous les horizons. Elle a engendré, ainsi, une diversité linguistique, culturelle, ethnique,... financière de ses habitants. Elle s'est embelli sous le règne de Léopold II. Dans les dernières années 60 et 70, des quartiers anciens, en "Art-nouveau" que l'on nous envieraient furent rasés comme ce fut le cas lors de la "bruxellisation" pendant laquelle, il fallait élargir les avenues à la circulation.

De la ville, les touristes d'un jour en connaissent Manneken-Pis, la Grand-Place, le chocolat qu'ils y achèteront, avant de s'attabler à l'une terrasse d'une taverne pour voir passer d'autres touristes et de repartir à l'heure prédéfinie. Plus traditionnel, tu meurs... s'il n'y avait le bus qui fait un tour un peu plus large, mais tout autant dans l'ultra-connu.

Bruxelles, c'est autre chose, de plus secret, de plus discret, aussi. Son patrimoine, on le découvre en levant les yeux sur ses façades. Pas d'ostentations outrancières. Les maisons à colombages de la Grand-Place datent tous de la fin du 17ème siècle, maisons de qui abritaient des artisans, reconstruites en pierre après la destruction par les bombes de Louis XIV, mais il y a bien plus à trouver.

Jouer au guide pour des Suisses, comme je l'ai fait, c'est, quelque part, les désorienter. Rien à voir avec une ville suisse, ça c'est sûr.

Hier encore, une Avignonaise, de Vedène, me posait la question stratégique "Où est la Grand-Place?". Petit échange d'adresses s'en suivit...

- "Ville cosmopolite dans laquelle personne ne peut se revendiquer d'être "pur bruxellois", écrivait Marcel.

- "Faux. Da's nie' woe", dirait le brusseleir du coin avec l'accent bilingue du terroir. Que faudrait-il pour se définir comme appartenant à une ville, d'une région ou d'un pays, si ce n'est que quand on y est né, qu'on y a vécu, travaillé et que des générations précédantes ont fait de même? 0.jpgUn Brusselair, pur jus se dit "Zinneke", c'est-à-dire bâtard, avec la zwanze cet humour particulier qui le particularise. Si ce n'est pas une identité, cela y ressemble furieusement. La "Zinneke parade" en est une preuve.

- "Une forte proportion d'étrangers".

- En effet, puisqu'on en compterait près de 30% d'origines étrangères parmi 45 nationalités, 700 missions diplomatiques.

Ville de transits et de tremplins en perpétuelle évolution. Hommes et environnements en travaux. Pour bouger, cela bouge! Les tendances se conjuguent au futur antérieur. Oublier la ville pendant un temps, c'est s'apercevoir que les magasins ne sont plus les mêmes au retour.  Pas vraiment de ghettos, les populations se mélangent en rue mais avec un sourire, un bonjour sans oser en apprendre beaucoup de l'autre nationalité, ni dans un sens ni dans l'autre. Mais, à de rares exceptions, cela marche plutôt bien. Pour résumer, vivre à Bruxelles, c'est avoir les folklores du monde à domicile sans beaucoup se déplacer, mais sans s'y tremper ni évaluer les avantages et les inconvénients. Les réactions à l'intervention de Verhofstadt sur Nicolas Sarkozy démontrent la dichotomie de l'opinion publique.

- "Il n'est pas normal qu'un pourcentage très minoritaire de la population ait autant de voix que la majorité, quelle qu'elle soit, pour des décisions non-culturelles.".

- C'est un peu enfoncer une porte ouverte. Comme dans toutes démocraties, c'est le plus plébiscité qui gagne par les élections. Le vote obligatoire, le référendum non prévu dans la Constitution, la démocratie à la proportionnelle, une royauté et un régime parlementaire... des partis avec les mêmes couleurs politiques qui restent opposés entre communautés flamande et francophone sur des points communautaires... quelques différences avec certains pays voisins.

Raisons d'une lourdeur lourdeur des institutions belges, une explication aux 540 jours qu'il a fallu pour créer le dernier gouvernement. 

0.jpgBruxelles est de tendances "droites modérées" à deux volets, séparés récemment, entre la droite MR de confession libérale et la droite FDF plus associée au côté communautaire.

-"En revanche, la surreprésentation communautaire pour tout ce qui concerne la culture, l'éducation, le rayonnement de la langue néerlandaises est un devoir."

- Tellement dépendant de beaucoup de paramètres de terrain. Les nécessités et les raisons économiques font loi. Y trouver un emploi en étant monolingue devient plus que difficile. Une connaissance passive de la 2ème langue, en relation avec les besoins de tous les jours, est un minimum. De l'utile à l'agréable...

Le Bruxellois, pas tellement plus gâté que le Wallon dans l'étude de la seconde langue pendant sa scolarité. Les programmes ont souvent privilégié la littérature d'auteurs flamands du passé comme Vondel aux dépends de la pratique de la langue néerlandaise parlée aujourd'hui. Ce qui n'a pas fait évoluer sa connaissance avant que l'oubli ne fasse son travail de sape. Écouter la radio ou la télé de l'autre communauté est relativement rare. 0.jpg

- "Si la N-VA gagne les élections de 2014, la Belgique cessera d'exister", est-il dit par Marcel.

- Pour Bruxelles, cela pourrait être une mini-conflit civil, larvé, sans armes mais avec des calculs d'apothicaires, des artifices de calcul qui dépasseraient la simple règle de trois dans la répartition de la dette nationale.

Enclavée en région flamande, la séparation serait plus difficile qu'ailleurs avec son statut particulier, constitutionnellement bilingue, mais à 90%, le français comme langue véhiculaire ou de transit entre d'autres.

En majorité dans les communes, les habitants vivent en copropriété dans des appartements et pas dans des maisons ou des villas qui elles se retrouvent à la périphérie. Quand on est entouré de propriétaires ou de locataires de nationalités différentes, le moins qu'on puisse dire serait que, trouver son camp serait un drôle de "truc" en plumes dans lequel on chercherait bien des poils. 

Bruxelles est trop loin de la France, en esprit. L'humour, ses blagues ne ressemblent pas à celles de ce qui est appelé "fransquillons".

Trop loin des Pays-Bas, de cœur, aussi. Même le "flamoutche" n'aime pas trop les "ghhh" trop gutturaux qui arrachent la gorge du "keeskop".0.jpg

Bruxelles dédaignée par les Wallons et mal aimée par les Flamands. Trop près de l'Europe et de la CE résidant dans les murs.

Condamné à jouer cette carte-là. La scission serait se tourner encore plus vers le grand échiquier de l'Europe, ce grand machin dont on connaît les problèmes, les lobbies et peut-être, les espions qui s'y cachent.

Bruxelles est le cadre de manifestations, de contestations nationales et internationales. 

3.jpg"Un pays inachevé ou à achever?" en d'autres mots?

En 2007, dire qu'il n'y ait pas eu d'inquiétude, ce serait oublier tous les drapeaux belges que l'on a vu apparaître aux fenêtres bruxelloises.

Avec l'humour bruxellois, la représentation de l'atmosphère de l'époque pourrait être dans un "stamenei", avec une "pintje" ou une "jatte" de café "On n'est pas un stuut près et des klettes, c'est pas ça qui manque".

L'Institut Statistiques de l'UE classe Bruxelles en 5ème position au rang des capitales européennes les plus dangereuses alors que les bourgmestres des 19 communes disent que c'est la ville la plus pépère. Un chômage endémique en est une piste de réflexions.

On pratiquerait la méthode Coué pour moins que ça. Si au moins, tous savaient de quoi il retournait dans cette option. Non,  peu y croyait vraiment, d'abord.

Puis avec le temps, cela s'estompait ou parfois, se radicalisait.

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Le sentiment vis-à-vis du leader de la N-VA, Bart De Wever, est mitigé. S'il dit aujourd'hui qu'il n'est pas impensable qu'il quitte la scène politique, c'est en se préparant en coulisse à faire le contraire et se retrouve dans les nuages. Pour un Bruxellois, s'il s'envole dans les sondages, qu'il ne nous dérange pas dans son survol. Trop de nuages, comme chacun sait, c'est un présage à une "drache nationale". Bart a changé de look physiquement, perdu son embonpoint. No more comment. Wait and see...

Le gouvernement Di Rupo a 100 jours d'existence. Comme on pouvait le penser, c'est pas gagner d'avance. Un francophone comme Premier, qui fait des efforts pour parler leur langue, c'est difficile à digérer par un Flamand qui a toujours eu ses propres représentants à la barre.

Le problème des langues ne se limite pas aux deux ou trois langues nationales. Parler avec les mains avec les allochtones, quand l'anglais se trouve fort dépourvu quand la bise de l'Est fut venue, est la solution de secours.

Toone VIII maintient notre dialecte bruxellois avec ses marionnettes. Dialecte qui se perd en se fondant dans d'autres langues.

Bruxelles  est une région à part entière, appelée Bruxelles-Capitale. C'est un fait acquis et toujours contesté. Le résolution de la scission de BHV dans les dernières réformes, referme temporairement, un problème qui a empoisonné la vie politique pendant des années.  

0.jpgUne carte dessinée par le parti flamand de l'OpenVLD créait une invective en "cadastrant" les quartiers.

La "Casa de Casablanca" à Molenbeek, la "Little Turkistan" de Schaerbeek et Saint-Josse, le "Brooklin" de Saint-Gilles, le "11ème Arrondissement de Paris" à Uccle, l'enclave d'un parti FDF à Wolluwé Saint-Lambert, les Flamands au Quartier Danssaert...

C'est plus que caricatural... Ce serait perdre de vue que, sur le terrain, tout est dans tout et inversement et s'intègre avec un écart-type très peu typé.

La réaction des gens se disait amusée par cette répartition. Les politiques eux, y trouvaient une attaque en règle.0.jpg

Associations d'idées ou d'instincts douteux qui ne respectent qu'une partie des territoires. Rien que "Schaerbeek, une des communes sans facilités", un billet cousu sur mesure, conçu en opposition aux communes dites "à facilités" de la périphérie, casserait cette vision globale.

Que lisait-on sinon une foule de diversités qui se mixaient, se juxtaposaient de quartier en quartier. Dessiner des blocs comme il en avait été fait comme une mosaïque en caléidoscope, était amusant mais toujours inexact pris dans sa généralité. Les microcosmes sont bien plus parcellaires. Dans la complexité d'une seule habitation, on peut trouver tout l'ensemble des communautés.

Le prix élevé des appartements n'est même plus une raison de ne pas trouver des gens moins fortunés dans des quartiers considérés comme au top de la population. Le fait de travailler à la CE peut donner des envies de s'en rapprocher. Des familles peuvent acheter ou louer des appartements en communs et répartir ainsi les frais. Cartographier la région bruxelloise en blocs compacts, c'est se gourer complètement avec la mouvance de ses habitants. Le quartier des Marolles réputé comme les plus bas de classe, se voit envahir par les antiquaires qui ne trouvent plus de place sur le terrain initial, plus chic, du Petit et Grand Sablon. Matonge ne correspond pas à l'avenue Louise et pourtant les quartiers fusionnent. Les événements qui s'y sont produits lors des élections au Congo, ont surpris plus d'un autochtone par leur violence alors qu'ils ne se voyaient pas impliqués.

"C'était pour mettre en exergue la diversité de Bruxelles" était-il dit par l'OpenVLD pour se disculper.  Était-ce plutôt une moquerie, une connerie ou plus banalement, une histoire belge parmi d'autres?

"Bruxelles ne séduit plus l'investisseur immobilier. En cause, la crise bancaire, le niveau d'endettement européen et les agences de rating", lit-on en titre dans un journal.

Scepticisme, lassitude, cacophonie, indifférence, degré zéro de l'illusion, voici les qualificatif que l'on y lisait.

Est-ce du vent, alors que l'on voudrait la tempête?

Très certainement au vu de l'article qui comparait la situation bruxelloise avec celle d'Istanbul, placée au top. 0.jpg

Entre Istanbul et Bruxelles avaient pris place Munich, Prague, Lyon, Amsterdam dans l'analyse.

L'enquête "Emerging Trends in Real" de PwC concluait même que la crédibilité de Bruxelles était en perte de vitesse aux yeux des investisseurs et ne s'y intéressait plus que sous l'aspect de "Private Equities" ou via le marché des obligations. Des rendements sans risques, de 5 ou 6% dans un havre de paix pour rester "sexy". Les immeubles mixtes, les cafés, les maisons de repos devenaient ainsi du "sale and lease back".

"Havre de paix", des mots qui sonnent juste.

La valeur des choses et des occupants du terrain se déterminent, aujourd'hui, par ce qu'ils sont susceptibles de produire, du potentiel à générer du cash-flow et rien d'autre.  Qu'on le veuille ou non, l'économie a des lois que les sentiments ignorent. Dernièrement des Chinois étaient invités à s'installer à Bruxelles dans l'espoir d'un "return on investment" et pas pour voir s'envoler le prix des pigeons belges comme l'écrivait un journaliste. Ou alors, les pigeons ne sont pas ceux que l'on croit. Il est dit que le belge résiste bien à la crise et ça intéresse.

15.000 habitants par an en plus sont prévu dans le PRAS (Plan Régional de l'Affectation du Territoire). C'est la 3ème version de ce plan (précédé par en 2001 et 2002)

En période de récession, on calcule trop en négatif. Le côté positif est oublié quand on joue trop à l'austérité.

Vivre à Bruxelles avec 1000 euros par mois? :

"Bruxelles est classée troisième capitale la plus riche des 27 pays de l'Union européenne par le PIB par habitant. La croissance bruxelloise ne provoque pas d'amélioration de sa situation sociale. Les habitants de certains quartiers sont moins susceptibles de s'insérer dans le marché de l'emploi et de profiter de la croissance de la capitale. De nombreux navetteurs occupent les «bons» emplois. Le diplôme n'est qu'une condition parmi d'autres et qu'il ne garantit plus un emploi. Travailler moins… pour gagner moins. Les jobs sous contrat à durée déterminée, les jobs d'intérim et les jobs à temps partiel sont souvent mal payés et engendrent un mode de vie précaire qui influe sur la qualité du travail.".

0.jpgAlors, le même jour, on pouvait lire que "Bruxelles est classée 34ème ville la plus compétitive.

Paradoxal, tout cela...

Aux dernières nouvelles, d'un bidule institutionnel comme Bruxelles, on voudrait en faire une communauté métropolitaine.

Une métropole (du grec mêtêr, mère, et polis, ville) est la ville principale d'une région géographique ou d'un pays, qui à la tête d'une aire urbaine importante, par sa grande population et par ses activités économiques et culturelles, permet d'exercer des fonctions organisationnelles sur l'ensemble de la région qu'elle domine. Elle n'est pas obligatoirement la capitale du pays comme New York qui est la plus grande métropole des États-Unis.

La confusion existe déjà entre Bruxelles-ville, qui ne correspond pas au Pentagone, appelé "Bruxelles-centre". Celui-ci reste une ville à dimensions humaines que l'on visite le plus facilement à pied ou à vélo (mais sans voiture) pour sortir de la visite rapide présentée par les guides touristiques. Puis, en sortir, s'élargir dans Bruxelles-Capitale avec ses frontières administratives et ses 19 communes.

Mais, certains pensent agrandir, plus, la ville. On y étouffe, disent-ils.

BHV scindé, peut-être, faudra-t-il repenser l'Agglomération bruxelloise, mais dans la douceur, en profondeur et pas superficiellement sans voir où aller trop loin.

Élargir Bruxelles coûterait de l'argent à Bruxelles et aux Flamands dans le nord.

Faut-il aller chercher les villes de Tubize, de Nivelle, de Jodoigne, de Diest pour en faire un tout comme le voudrait les entreprises? La province de Brabant d'avant, un lointain souvenir cassé par cette frontière linguistique.0.jpg

Bruxelles-Capitale, pas encore une mégapole que l'ONU fixe à dix millions d'habitants, avec tout ce que cela sous-entend comme infrastructures et difficultés de gestion. Il faudrait alors reconstruire en hauteur et Bruxelles en perdrait son âme et son patrimoine.

Le Ring a doublé son trafic, ce qui fait que pour éviter les bouchons, il vaut mieux éviter les 230.000 navetteurs qui s'y pressent tous les jours en alternance le matin et le soir. 40% de l'emploi wallon, 25% des salariés flamands sont lié à Bruxelles, moelle épinière de la Belgique.

Élargir le cercle, construire un centre commercial Uplace, pour solutionner? Et entre temps? Dans les moments creux du weekend ou après les "heures saintes" devant la télé, c'est loin d'être New-York ou Chicago où l'on vit 24 heures sur 24 d'après Frank Sinatra.

C'est comme pour les avions qui nous survolent entre 06:00 et 08:00 à partir de Zaventem à nous faire perdre patience. Si vous allez y voir de plus près, par après, le dimanche, par exemple, cela peut ressembler à un aéroport de banlieue. Affaire de slots et pour les avoir les moins chers...

Pour circuler dans Bruxelles, tunnels, viaducs, tarifications spéciales ont été imaginés pour calmer le "jeu des bouchons", sans trouver de solutions drastiques. Problème de l'oeuf et de la poule ou du gaz parfait d'échappement. Ce gaz parfait qui remplit, toujours, tout le volume qu'on lui accorde indépendamment de sa taille.

Dans le centre de la ville, on aime se promener dans les "strotches" (ruelles), des piétonniers avec "Madame Chapeau" et pas sur les grands boulevards avec de trop nombreuses voies polluées. On veut ralentir le mouvement, quitte à laisser des pavés casses-vitesses ou casse-voitures comme sur l'avenue du Port.

Le Bruxellois est frondeur, indiscipliné. Une vitesse maximale de 30 kms/h, imposée et outrepassée en son centre. Alors que, dans les autres communes, tout se passe encore avec 50 kms/h maximum. Paradoxal, encore une fois? La différence ne viendrait-elle pas de la volonté de ne pas effrayer les touristes? 0.jpg

Le RER, le Monstre du Loch Ness, n'a toujours pas montré le bout de son nez. D'accord. En attente dont on ne se souvient plus quoi ou de quelqu'un, mais n'est-il pas, aussi, un cheval de Troie qui se permettrait des transfusions sanguines sans coup férir d'une communauté à une autre en prenant plus de bénéfices personnels au passage sans rien y laisser là où il est passé?

Bruxelles est un bassin d'emplois et comme les impôts sont toujours payés ailleurs, là où les navetteurs s'en retournent pour loger et dormir au Nord ou au Sud là où les revenus cadastraux sont les moins élevés, ce n'est pas demain la veille qu'il faudra recréer de nouveaux immigrants d'un jour qui feront semblant d'apporter leur obole dans la sibylle.

La cogestion bicommunautaire, Bruxelles n'en veut pas et tient à sa gestion propre. Désolé pour le "Gravensteengroep", depuis 1989,

0.jpgPas question de refaire un autre Paris ou un autre Londres de Bruxelles, pour autant, même si cela semble bien à première vue.

On élargit ou on s'élargit parfois l'esprit, le temps d'un leurre ou d'un mirage...

De toutes manières, on ne réduit pas la distance entre deux points en élargissant les frontières. Quant à court-circuiter les gens en les uniformisant, c'est pas demain la veille.

Le transit des camions de tous les horizons sont à dérouter s'ils ne font que polluer. Qu'ils viennent de gauche de droite, d'en haut ou d'en bas, ils usent les autoroutes à un rythme bien plus effréné que les autos. Une vignette pourrait modérer les appétits...

Une structure comme Lille-Courtrai-Tournai avec un métro automatisé les reliant, oui, cela c'est une bonne idée.

La mobilité, en tout, reste le maître mot puisque la téléportation n'est, jusqu'ici, que de la science fiction style "Star Trek", surtout quand la ligne droite n'est pas le chemin le plus court entre deux points.

La communauté d'intérêts et de coûts, sinon rien, c'est faire profiter les habitants de Bruxelles et pas uniquement les entreprises.1.jpg

D'après Charles Piquet, le refinancement de Bruxelles est malmené. On serait tomber dans le syndrome des vases communicants avec les problèmes du niveau fédéral passés au régional ou au communautaire.

Donner d'une main ce qui serait repris de l'autre ne serait pas admis.

Le budget de la région bruxelloise s'élève à 3,4 milliards d'euros. Celui qui paye décide de ce qu'il utilise et consomme.

Les fonctionnaires européens devraient mettre la main à la poche comme les autres? Bien sûr. Pas l'ombre d'un doute là-dessus avec un œil sur le long terme, dans la souffrance, peut-être, mais en gardant les 0.jpgdevises sous le manteau comme soupape de sécurité, quitte à restructurer si l'âge ne permet plus de l'assumer. Poussé par le désespoir social, répercuté par un repli communautaire et identitaire, un projet pour redonner vie a été lancé pour 2013. Des architectes, des urbanistes, des paysagistes internationaux sont au chevet du malade imaginaire. Caprices de nouveaux dieux promoteurs?

"Dessiner mon Bruxelles", demandé au Bruxellois et à ses proches concitoyens. Un commentaire pris parmi d'autres, disait "La plus grande escroquerie et lâcheté fut la scission du Brabant. Il est clair que l'étranglement de Bruxelles par les deux autres régions en la confinant à ses 19 communes et en lui soustrayant son hinterland économique et culturelle, nos mandataires auront absolument tout fait pour pénaliser notre double capitale, nationale et européenne. Nous avions un joyau à mettre en valeur, mais nos médiocres politiciens ont préférés défendre leur pré-carré. Il aurait fallu créer une vrai zone centrale mixte et bilingue et jamais la Belgique ne se serait enfoncer dans la médiocrité. Le plus scandaleux, c'est que JAMAIS le citoyen n'a été consulté lors des six modifications de la constitution !". Sur le site des Beaux-Arts est organisé des discussions sur le sujet.


Les défis de Bruxelles pourraient se résoudre en: 

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  • rationalisant les compétence régionales, communales pour atteindre une meilleur gouvernance.
  • améliorant la mobilité, l'urbanisme, la sécurité, la propreté, l'enseignement, l'aménagement du territoire et du tourisme
  • Forgeant une identité
  • Augmentant l'emploi car 90% de demandeurs d'emploi restent unilingues francophones.
  • Équilibrant les niveaux des écoles, car les les plus prisées ont pris trop de places.

La Fédération Wallonie-Bruxelles, nous on veux bien si cela ramène du beurre dans les épinards dans l'assiette et pas sur les bords.

Quant à ce qu'en disait Rudy Demotte... un oeu tard, quand on se rappelle que la Wallonie a omis de fixer Bruxelles comme sa capitale, cela nous fait un belle jambe... erreur que la Flandre n'a pas fait.

Le film "Il était une fois, une fois" a fait une descente sur Paris sans choux de Bruxelles, avec un peu de "stoeffers" et de "dikkeneks". Fallait bien passer le Rubicon, un jour, et dire qui on était.

A chacun son Plan et son jardin secret en respectant des priorités...

'Aandacht ! Prioriteit"...dit "Bert Kruisman". Tant qu'au milieu, il y aura un Bert qui jouera les intermédiaires en bilingue,  avec "La Flandre pour les nuls", tout ira bien. Alors une métropole... c'est à voir. Une mégalopole asceptisée, trop moderne, sans âme, là, pas d'accord. Foert, non di dju...

Les Irlandais verdissaient, hier, l'hötel de ville pour la Saint-Patrick... Why not? Avec le vert, j'espère... non?

0.jpgPour penser à autre chose de plus printanier, on attend le retour du faucon pèlerin qui vient pondre tous les ans entre deux gargouilles de Sainte-Gudule. Une preuve qu'il n'y a pas que les "touristes fiscaux", qui établissent leurs pénates dans la ville et que Bruxelles est artificielle.

T'as certainement oublié cela, Marcel? :-)

Assez "babeller", le temps de la grande bouffe est arrivé. Cela tombe bien, 2012 est baptisée "Année gourmande".

Mais, je suis sûr que vous êtes pressé d'aller sur le terrain des opérations, d'aller voir les photos au fin fond de Bruxelles, alors, pourquoi pas aller faire une sortie insolite dans le temps et dans l'espace qu'aucun guide ne vous proposera?

Au fait, Bruxelles, c'est où?

A tous les coins de rue, une pub nous en donne la réponse sur des panneaux.

Des fois, qu'on serait devenu amnésique, probablement.

 

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Une p'tite blague bruxelloise pour finir:

Un policier bruxellois qui frappe à la vitre d'une auto toute embuée.
- Mais qu'est-ce que vous fichez là?0.jpg
- Ben, je fais l'amour!, dit le gars au volant.
- Mais c'est interdit ça, c'est 20 euros d'amende!
Là, la fille sort de la voiture et lui dit:
-Mais c'est dégueulasse!
Et le policier répond:
- Ah, vous êtes deux, alors ce serait 40 euros!
Mais c'est bon pour une fois. Circulez, j'ai rien vu...

Quand je vous disais qu'on savait compter avec la tête, mais, on le fait, aussi, avec le coeur.

 

L'enfoiré,

 

0.jpgCitations:

  • "Après les oeufs, le porc belge serait dangereux aussi: à Bruxelles, on dénombrerait déjà deux tentatives de suicide avec une omelette au jambon.", Anonyme
  • "Manifestations à Bruxelles: les policiers belges étaient plus nombreux que les agriculteurs: on leur avait dit qu'on leur jetterait des pommes de terre", Laurent Ruquier
  • "Elle est banale ma ville à moi, mais je l'aime comme ça...", Marie Warnant

14/03/2012

Solidarité avec les parents

Accident d'un car belge en Suisse : 28 morts dont 22 enfants

 

"Perdre un adulte est dramatique, perdre un enfant, il n'y a pas de mots"

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Suite à l'accident arrivé en Suisse, le billet hebdomadaire a été postposé à dimanche.

Vendredi décrété comme jour de deuil national

Pas l'envie d'écrire un billet sue le sujet, mais il y a celui-ci

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08/03/2012

Sex, books & Rock'n' Roll

Le thème de la "Foire du Livre" était, pour le moins, assez "tendance". Alors j'y suis allé comme souvent d'ailleurs. Alors, un reportage... intéressant, humoristique, du moins, je l'espère.

0.jpgUn article, un sujet qui donne un peu de souffle dans une période agitée est toujours le bienvenu? Pas si sûr d'y arriver... le billet sera plutôt fait de petit lait, mais en poudre et sans crème. Sans cacher les mots sensibles, cela resterait "Bête de Foire. Dure à cuire. Livres d'or. Gaufres de Bruxelles".

Lire et le plaisir de la lecture, il faut en avoir l'échantillon complet des disponibilités et sortir parfois de celles que l'on trouve chez le petit libraire spécialisé du coin ou d'une FNAC qui élargirait sans arriver à tout présenter. Alors, pourquoi pas passer à la Foire du livre.

La Foire du Livre du Bruxelles, la 42ème du nom, cela fait un fameux bail...

Dans son enceinte, 250.560 livres, 1.300 éditeurs sur 20.000 mètres carrés d'exposition, cela fait toujours un sacré potentiel de monde au balcon.

J'aime fureté d'un livre à l'autre en d'autres temps, mais là, vraiment je prends mon pied. Enfin, façon de parler... c'est pas par là que cela se passe.

Tour et Taxi, un endroit très propice pour cela. Attention, je préviens n'y passer pas trop souvent. Nos bons pavés bruxellois, garantis d'origine sur facture, vous réveilleraient si d'aventure vous aviez décidé de ne pas rétrograder de vitesse. De plus, vos amortisseurs Mac Pherson n'apprécieraient pas et perdraient la particule "Mac" pour ne devenir que "Mec" ou même moins. Bert Kruysman en parlait dernièrement avec son humour particulier que j'apprécie toujours.

Mais dans T&T, on peut bien y passer une journée, si on est un peu fureteur. Pris par le temps, je devais faire "vite" et sauter d'éditeur en éditeur.

Cette année, un thème assez inattendu "Sex, books & Rock'n'Roll".

Il n'y pas longtemps, un autre salon "Fureur de lire" précisait ses objectifs "faire vendre des livres", livres qui semblaient être en perdition. Enfin, perdition, tout dépend pour qui.

Pourquoi ce thème? L'interview de sa commissaire clarifiait et Ana Garcia était chargée d'en donnait l'envie.

"Mettre la Foire sous l’égide de « Sex, Books & Rock’n’Roll », c’est rappeler cette généalogie commune de la rébellion et de la liberté, de l'égalité des sexes qui rassemblent désormais le livre et le disque avec le cinéma et les arts vivants, dans leur résistance à la morosité et à la tristesse. La plus subversive des valeurs contemporaines est la beauté. La plus subversive des pratiques contemporaines est la culture pour oublier les crises actuelles et construire un monde meilleur.".

Un mai 68, qui sommeille? Ouvrir le bal aux langues étrangères, l'anglais, l'italien...? Un signe que le rock n'appartient pas tout à fait au passé et à une seule culture? Le rock est un marché très longtemps resté inconnu et beaucoup d'éditeurs auraient sauté dans cette niche pour en constituer des collections entrées dans l'histoire.

La génération des soixante-huitards, arrive à une époque de la retraite et ont plus de temps pour lire, était-il remarqué. Les "croulants" ont encore de la marge... et des bénéfices à engendrer.

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Beverly Jo Scott, présente, en donnait une interprétation personnelle suite aux questions des médias.

Des éditions parleraient, aussi, de la période de Margaret Thatcher et la montée du chômage qui en fait partie.

Là, on est vraiment entré de plein pieds dans la période que j'avais déjà décrite, il y a un an, dans "Décennie 80'ties, toute en contrastes". Repérer les titres des chansons de l'époque, les entremêler avec la politique fut, pour moi, un sport aléatoire qui m'avait passionné, surpris, tout en prenant beaucoup de temps. Les souvenirs, la nostalgie, n'ont pas de prix. Cette époque, parait-il, est toujours la plus étudiée dans les départements "sciences humaines" des universités.

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Mariane Faithfull, prise comme la meilleur icône du Rock, avait ouvert la Foire.

Était-ce un bon présage avec la maxime du rockeur Ian Dury, "Sex, Drugs and Rock'n'Roll" remaniée par la Foire du livre de Bruxelles?  

"Tout comme la musique, le livre a toujours été un monde où des vies autres pouvaient être imaginées.".

Arrivé, ce samedi, à l'ouverture, les livres attendaient les visiteurs qui s'engouffraient à flux constants soit avec le ticket gratuit à la main ou par le locket de la vente des billets.

Peu nombreux, au départ, mais cela allait très vite changé et on arrivait à se bousculer dès la mi-journée.

Sur place, les traditionnels endroits dédiés aux maisons d'éditions. Je n'ai pas vu les personnalités du rock dans le monde de la littérature ou de la bande dessinée comme Stephan Eicher, Lydia Lunch, David Bartholomé, Geike, Mathias Malzieu, tous au menu des festivités... pas plus que les conférences qui devaient traiter de la monstruosité du Marquis de Sade, du libertinage ou du plaisir féminin. Des journalistes spécialistes du rock comme Thierry Coljon... 

Oui, il doit y avoir eu ces genres d'événements, mais toutes ces célébrités ne viennent pas aux petites heures matinales. Elles aiment les après-midis, la grande affluence pour en recevoir un maximum d'écho de leur visite. Pour moi, c'est tout le contraire.

De toutes manières, je vais devoir vous décevoir. Si je les avais croisé devant moi dans la foule, ces personnes seraient restés, pour moi, comme des inconnus célèbres. Cela doit être, ainsi, que l'on remarque ne plus être dans le coup. Tout dépend de l'effet du coup ou, qui sait, de la longueur du cou.

Comme caricaturistes, Kroll, Vadot étaient au programme des visites mais suivaient le même chrono.

Pourtant, parmi d'autres petites conférences, j'allais assister à deux réunions avec des sujets de discussions avec un certain intérêt.

0.jpgLe livre papier face au livre numérique

Le média en papier subissait des attaques via la version numérique. Certains osent parler de tsunami dans le monde de l'édition. Peu de journaux font encore du bénéfices et les livres papiers ne font guère mieux. Tous les acteurs de l'édition, les droits d'auteurs sont touchés via Internet. Les tablettes ont ajouté une couche. Le nouvel iPad arrive. Alors, le premier éditeur littéraire belge sort avec une nouvelle approche "Onlit books" sous forme de e-Book, de romans  en textes numérisés, téléchargeables pour un prix variant entre 0 et 4,99 euros. Rien que du texte, mais qui, en réponse à une question d'une auditrice, pourrait s'étendre par l'insertion d'autres médias, musicaux, vidéos.... mais, dans un futur, non précisé.

Les manuscrits proposés sont validés par un ensemble de lecteurs avant d'être publiés.

Dans le catalogue, en 2011, était annoncé 70 auteurs, à ce jour 600.000 visiteurs. 

Les avantages du numérique étaient nombreux: le coût minimal, la pérennité en virtuelle assurée, l'interactivité, la disponibilité, la place de stockage réduite à néant et n'avoir rien à envoyer au pilon pour cause d'invendus, les hyperliens qui permettent, grâce à Internet, de se référer à de l'expérience vécue et de ne pas travailler dans le vide d'une pensée unique.0.jpg

Les désavantages, la coupure de courant, le piratage, le manque de toucher du papier et la lecture à un écran toujours moins bien perçue ou aimée. Pour ce dernier point, tout est dépendant de l'expérience du lecteur dans l'utilisation de l'odinateur et aussi, est plus appréciée par les plus jeunes générations. Dans le domaine de l'informatique, cela fait des années que l'on essaye de supprimer le papier pour le remplacer par du texte mis sous forme électronique après avoir transité, un temps, par des microfiches.

Du côté de la connaissance humaine, Wikipedia a rendu obsolète  l'Encyclopedia Universalis. Les 32 volumes de l'Encyclopedia Britannica passe au 100% numérique. 45% des jeunes n'ont jamais ouvert d'encyclopédies papier, 76% ont utilisé Wikipedia. Le réflex est devenu de consulter Google à la moindre question. 

0.jpgLe livre aura un futur comme produit hybride, disait Gallimart.

Ce n'est d'ailleurs qu'à peine trois ans que cette société d'édition a compris qu'il fallait s'y mettre au numérique.

Les liseuses restent encore chères mais elles deviennent de plus en plus pratiques, plus lumineuses, avec une autonomie grandissante, tout en simulant la lecture d'un livre papier dans leurs présentations à l'écran. Dans les forums, on en parle, ce qui est un bon signe.

Rien de bien nouveau sous le soleil, si ce n'est que les éditeurs de livres "ancienne mode" doivent, désormais, se réorganiser, adapter leurs prix et leurs tendances pour ne pas mourir de leur belle mort.

Une interview de Philippe Maystadt sur l'Europe.

En tant que patron de la BEI, il était là pour la promotion de son nouveau livre "Europe: le continent perdu?".

Il se devait d'être convaincant et avoir quelques idées neuves. Répondre aux faiblesses de l'Europe dans le monde par des alternatives.

Constater que l'erreur aurait été d'avoir pris en compte uniquement l'aspect budgétaire. Que les bons élèves de l'Europe à l'époque du Traité de Maastricht étaient ceux qui aujourd'hui, plombent l'Europe pour excuser les erreurs de la politique choisie. Remarquer que les déséquilibres, le boom immobilier n'auraient pas pu être décelés avant d'y être plongé. Que l'évolution des comptes courants aurait dû être suivis plutôt qu'uniquement le PIB. Que la Commission devait être mieux encadrée. Que la Commission était trop bureaucratique avec des processus de décisions trop lourds. Que l'arrogance de la Commission ne passait pas bien. Que pour répondre aux défis avec plus d'efficacité serait que l'Europe parle d'une seule voix en rendant l'intégration moins technique et plus politique. Qu'abandonner la règle de l'unanimité et organiser la solidarité financière par des euros obligations et ainsi créer un état fédéral comme le serait les États-Unis. Conclure que le changement de génération en cause puisque la paix n'était plus l'objectif  de la génération actuelle était la raison de la situation de désamour de l'Europe... 

Stop... Là, c'était trop ou trop peu. J'ai quitté. 

Manquait, vraiment, un Taux de Valeur Ajoutée à ma propre connexion après nos années de crises. Ma faim d'informations neuves était-elle trop étendues? Une fureur d'avoir perdu mon temps? Une autre faim, une autre fureur, qui me tenaillait déjà, dans la zone de l'estomac?

Anne Blanpain, spécialiste de l'Europe, dont je connais les chroniques caustiques du jeudi, n'était pas parvenue à lui arracher un peu plus de substantifique moelle. Elle qui m'avait servi dans quelques articles, semblait tirer à balles à blanc, perdues même en lui jetant qu'il avait été un peu à contre courant du flux et de la vague portée par l'Europe.0.jpg

Non, vraiment, il y avait des livres, du Rock'n'Roll, mais, je ne sais si c'était l'âge de Philippe Maystadt qui ne le lui permettait plus, mais lui manquait terriblement de sex-appeal, en général.

Je me suis mis à imaginer, que les rôles étaient inversés. Que c'était Anne Blanpain qui était interrogée. Là, je me suis senti mieux. Une femme à la BEI, pourquoi pas? Il y en a bien une au FMI.

Je jure que je ne pensais pas que quand cet article paraîtrait ce serait le 8 mars, le jour de la femme.

Puisque nous sommes à l'ère de l'image, voici quelques photos de tout cela,  comme une réconciliation avec la Foire.

Puis, si cela ne marche pas, il restera les livres, les textes avec un alphabet constitué de bons mots qui font de petites phrases bien cadencées...


L'enfoiré,

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Citations:

  • « Il y a plus d'un âne à la foire qui s'appelle Martin. », Proverbe français
  • « Si tu vas à la foire sans argent, Lève le nez et retourne-t-en. », Proverbe auvergnat 
  • « Conversation. Foire où chacun propose ses petits articles mentaux, chaque exposant étant trop préoccupé par l'arrangement de ses propres marchandises pour s'intéresser à celles de ses voisins. », Ambrose Bierce

01/03/2012

Nanotechnologie : la révolution invisible

ARTE avait récemment diffusé trois émissions qui parlaient des nanotechnologies. Technologies encore jeunes, à peine 30 ans, elles pourraient révolutionner profondément notre environnement dans un avenir proche.

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Résumé de ARTE: Pour une planète plus verte
Aujourd’hui, les premières applications commencent à sortir des laboratoires : cristaux nanométriques permettant aux capteurs solaires d’occuper une place centrale dans notre production d’énergie, réduction des émissions polluantes qui empoisonnent l’air de nos villes par l’ajout de molécules à nos carburants, nanoparticules capables d’éliminer les polluants qui contaminent nos réserves d’eau potable…
Mais ces particules dont on connaît encore mal le "comportement" ne présentent-elles aucun danger ? Comment s’assurer qu'elles ne s'ajouteront au lourd héritage écologique laissé aux générations futures ?

Sur le plan écologique.  les propriétés qui s’expriment à l’échelle du millionième de mètre n’en finissent pas d’émerveiller les scientifiques. Initiées il y a une trentaine d’années, des recherches ont fait l’objet de gigantesques investissements dans les pays industrialisés. Les nanotechnologies ont ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire des technologies : celui d’une miniaturisation qui confine à l’invisible. Nous n’en sommes pas nécessairement conscients, mais certains matériaux aux propriétés inimaginables, il y a encore quelques années ou des objets familiers dotés de fonctions inédites ont déjà fait leur entrée dans nos vies.

0.jpgMais ces particules dont on connaît encore mal le "comportement" ne présentent-elles aucun danger? Comment s’assurer qu'elles ne s'ajouteront au lourd héritage écologique laissé aux générations futures?

Des ordinateurs toujours plus petits et plus puissants ainsi que la prolifération de minuscules dispositifs électroniques communiquant en réseau pour commencer. Pour certains, ces évolutions technologiques devraient simplifier notre quotidien et rendre le monde plus sûr, plus efficace et plus confortable. Mais la vitesse à laquelle ces dispositifs s’insèrent dans nos sociétés et les modèlent suscite des inquiétudes.

0.jpgOn apprenait en début de semaine que des chercheurs de Sydney parvenaient à fixer un transistor sur un seul atome de phosphore.  Un processeur de la taille d'un ongle pourrait développer la puissance d'un supercalculateur. L'informatique quantique pourrait être en marche après une refonte complète des interfaces.

La loi de Moore pourrait, ainsi, être balayée.

A la clé, un marché de plusieurs milliers de milliards de dollars dans l'informatique mais aussi dans la médecine et l'agroalimentaire.

A l'échelle de l'atome, du millionième de millimètre (10 exposant -9 mètres), le but des nanotechnologies est de modifier la matière, atome par atome, pour construire des assemblages nouveaux avec des propriétés inimaginables at ainsi devenir plus résistants que l'acier, plus conducteurs... plus...

0.jpgDans le nano-monde, la matière ne réagit plus de la même façon. Les forces et les réactions y sont amplifiées.

Sous une tension de surface, les liquides prennent une forme de gelée puisque la gravité y est moindre et plus plane.

Sous de telles faibles masses, la force de Van der Waals supplante la force de gravité et agit sous les lois de la mécanique quantique ( Werner Heisenberg). En mouvement par l'agitation thermique, les atomes prennent des vitesses de l'ordre de 400 mètres par seconde.0.jpg

L'effet tunnel, bizarrerie quantique, fait qu'une particule, face à un obstacle, peut très bien se trouver,  dans le même temps, en deçà ou au delà de ce mur. 

Cette bizarrerie existait depuis toujours dans la nature pour développer la vie et assurer la survie des êtres vivants. Les couleurs des plumes de paon, la feuille de lotus qui ne se mouille pas, le gecko qui se déplace au plafond, la solidité de la toile d'araignée sont des exemples à base de nano-particules. 

Les Égyptiens du Vème siècle AC utilisaient déjà des propriétés de l'or colloïdale pour la coloration des céramiques et des vitraux.

0.jpgRemonter dans l'histoire des nanotechnologies et se limiter à l'essentiel, c'est sauter quelques étapes de l’étude de la matière et se retrouver en 1981, lors de l'utilisation du microscope à effet tunnel  par Heinrich Roher et Gerd Binnig. Ce fut un peu par hasard, lors d'une observation, d'ailleurs. La pointe de Tungsten de leur microscope émettait un faible courant en suivant la surface avait entrainé des atomes dans le "scanning" de la matière.

En 1985, Harold Kroto remarque qu'avec un laser, le graphite se reconstruit en atome de Carbone: les fullerènes, sous forme sphérique (C60 circulaire).

En 1989, Donald Eigler et Ehrard Schweizer réussissent à écrire les lettres d'IBM avec 35 atomes de xénon déplacés un à un. Un interrupteur de la taille d'un atome sera l'exploit suivant.

En 1993, ce sont les débuts des nano-tubes de carbone de l'épaisseur d'un atome par Sumio Iijima et Donald Bethune. La nanoélectonique s'inscrira cinq ans plus tard dans l'histoire avec l'équipe de Sander Tans.

En 2004, les graphènes sont découverts par André Geim.

En 2005, les nano-voitures moléculaires se mettent en branle dans des cages de carbone.

Le problème crucial, c'est de sortir du laboratoire, de la recherche fondamentale et passer à la chaîne de montage pour produire tout cela dans un temps raisonnable au niveau industriel. Techniques de fabrication en perpétuelle évoltution, coûts de fabrications élevés... beaucoup d'obstacles en perspective.

3.jpgArriver comme l'ADN à le faire par l'auto-assemblage est la partie la plus ingénieuse. Manipuler l'ADN, lui-même, là on touche à une question d'éthique.

L'industrie utilise discrètement ce qui est déjà disponible pour les articles de sport, les vêtements antibactériens, les cosmétiques, les peintures, les écrans OLED, les dentifrices, les vitres autonettoyantes, les crèmes solaires parmi plus de 400 produits. 

Des nano-tubes à la chaîne, 100 fois plus résistants que l'acier, meilleurs conducteurs que le cuivre sont créés en Belgique chez Nanocyl et les prix baissent au kilo aux environs de 80 euros. La production s'élevait déjà à 20 tonnes en 2010. 

L’électronique a ouvert la voie. La taille des transistors est passé de 12 micromètres en 1970 à 20 nanomètres aujourd’hui. Le silicium prend de l'âge. Le graphène pourrait prendre la relève et bouleverser toute la production des ordinateurs, avec à son actif, 50 à 500 fois plus de mobilité de ses électrons que le silicium. En 2004, André Geim et Konstantin Novoselov mettaient au point un prototype des premiers transistors au graphène qui seront installés sur une même puce.

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L'informatique avec l'aide des spintroniques, en imaginant d'organiser des ordinateurs comme le serait le cerveau en réseaux neuroniques, c'est imaginer pouvoir mettre à disposition toute la connaissance du monde en parallèle à des vitesses insoupçonnées.  

"Il est temps de créer des systèmes fondés sur la science quantique qui porteront le calcul par des ordinateurs vers une nouvelle frontière", a lancé Matthias Steffen, responsable scientifique de l'équipe de recherche à IBM.

Contrairement à la physique classique où les notions d'onde et de particule sont séparées, dans l'univers quantique, elles deviennent deux facettes d'un même phénomène, une propriété qui, théoriquement, peut démultiplier les capacités des ordinateurs en super-multifonctionnels. Les chiffres binaires (0 ou 1) dans le monde quantique, appelés "qubit", peuvent, en plus, posséder les deux valeurs en même temps dans une structure dite de  "superposition".

Cela permet de traiter plusieurs millions de calculs simultanément, sans délais, sans trous et remplacerait en quelques heures quasiment toute la puissance de calcul actuellement disponible dans le monde.

Si un qubit avait une durée de vie de seulement quelques milliardièmes de seconde, tri-dimensionnel, à partir de circuits faits de matériaux nanométriques, conduisant l'électricité sans résistance et refroidis près du zéro absolu. augmente la stabilité jusqu'aux 100 microsecondes, bien suffisants pour répondre à la demande.

Les chercheurs pensent généralement qu'il faudra de dix à quinze ans avant de résoudre les problèmes de banques de données d'informations non-structurées à utiliser dans des tâches mathématiques extrêmement complexes.

La médecine, elle, pourrait utiliser des nano-capsules pour transférer des médicaments au cœur des cellules malades.

0.jpgDu béton de nouvelle génération aux vitrages isolants donne des idées de croissances et pourrait révolutionner jusqu'à la forme des batîments.

De l'énergie vraiment verte pourrait être produite avec des panneaux solaires plus performants via les nanotechnologies. L'environement serait préservé par le traitement des eaux usées et de l'air, par les pièges à CO2 (poudre de téréphtalate de chrome).

La défense est intéressée par les robots autonomes, les blindage renforcés, le repérage et la reconnaissance des individus ou, au contraire, privilégier son invisibilité par son camouflage.

Bien d'autres secteurs pourraient y trouver des avantages indéniables dans le futur. Les "nanotechnos" sont encore très jeunes, à peine trente ans et, déjà, elle excite toutes les convoitises.

Les budgets de la R&D grimpent et vont exploser. Les États-Unis ne sont plus les seuls. La Chine y investit massivement.

Qui dit avantages, doit immédiatement imaginer qu'il y a un revers à la médaille. Quand la Science rattrape la science fiction au risque de la dépasser, il y a des questions à se poser.

Le parallèle avec l'invention des ordinateurs et de l'informatiques est troublant. Si l'informatique a bouleversé notre vie de tous les jours tout en l'améliorant en apportant des leviers à l'accélération et à l'amélioration du travail, elle a aussi dissimuler des pertes d'emplois alors que les bénéfices n'ont pas été rétrocédées au monde du travail.

Les risques pour la santé, l'environnement, les libertés individuelles ne sont pas nuls. La planète plus verte présentée au début de l'article peut en devenir verdâtre.

Pour la santé, ce sont les nano-particules insolubles, ultrafines, de la poussière de silice, du TiO2 qui peuvent poser des problèmes de toxicité. Ni logo, ni label sur les produits qui en contiennent fait craindre à un maquillage des risques.

Pour l'environnement, c'est le potentiel d'interaction avec les écosystèmes entiers, avec la biodiversité, les résidus qui doivent inqiuiéter.

Des nano-espions envahiraient notre quotidien? Ce qui est invisible est une source de doutes, d'inquiétudes voire d'angoisses sous l'éfigie de Big Brother. L'histoire des puces RFID ont déjà un problème semblable mais leur installation reste, heureusement, au niveau d'un acte volontaire.

En d'autres mots, ce qui est petit n'est pas forcément "gentil".

Le livre de Michael Crichton "La proie" n'est qu'une fiction mais...

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ARTE imaginait le monde dans 40 ans Extrait 1Extrait 2 et deux extraits du meilleur des mondes

Ces épisodes qui se situe en 2040, examinent les avancées des nanotechnologies sur le plan écologique. Dans ce domaine, les propriétés qui s’expriment à l’échelle du millionième de mètre n’en finissent pas d’émerveiller les scientifiques. Initiées il y a une trentaine d’années, des recherches ont fait l’objet de gigantesques investissements dans les pays industrialisés. 0.jpg

Penser dès lors au meilleur des mondes ou verser dans les fantasmes que la science fiction adore? (Débats entre scientifiques et écologistes).

Ce qui est sûr c'est que l'avenir passera par les nanotechnologies et que les professions qui vont tourner autour d'elles seront nombreuses.

C'est se rappeler qu'avec les progrès, c'est toujours au moment où tout semble devenir possible que tout devient subitement plus dangereux.


Le début de « La chanson de l’année 2040 »

Parodie tirée de "Je ne suis pas bien portant"

Depuis que j'suis nanotechnologique

J'ai une foule de pressentiments

Car pour mes spintroniques

C'est pas tous les jours très marrant

Mais attendez que j'vous explique

Tout ce qui cause mon tourment :

J'ai l'carbone qui cartonne

Il rend le PC surexcité

Et le Graphène qui s'démène

Quand le fullerène se dégaine

L'quantique chante un cantique

Ma crème solaire prend de grands airs

Si le béton fait des bonds

Les puces me les sucent,

En tunnels sous mon Rimmel

Font des buses qui m'abusent

Et des tubes en apericubes.

L‘nano au rayon écolo

Le scanner prend ses nerfs

L'nanomonde qui me sonde

Avec des robots sous le capot

La mémoire sans l'espoir

Les options en option

Rend le futur pas bien sûr

Avec des brevets comme décrets

 Et l'boulot plus toujours très gros

 --

 Ah mon Dieu qu'c'est palpitant

Ces technologies et se sentir patraque

  Ah mon Dieu qu'c'est stressant

La sociologie qui penserait à l'arnaque.


Je vous laisse continuer les autres couplets, mais il n'y aura pas le moindre atome à gagner, ni à déplacer...

 

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L'enfoiré,

 

Sources: Hors Série de Science & Vie 253 (décembre 2010) et autres

Vidéo 1,  Vidéo 2,  Vidéo 3,  Vidéo 4, Vidéo 5, Vidéo 6


Citations:

 

  • « Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité. », Albert Einstein
  • « Dans le passé la technologie a été un bienfait pour l'homme, maintenant elle devient un danger. Même en tant de paix elle commence à détruire la terre. », Edward Bond
  • « Notre imprudence aveugle se joindra à notre puissance technologique pour produire des effets dévastateurs. », Michael Crichton

 

23/02/2012

Toutes griffes dehors

Une petite escapade dans le monde du luxe pour remarquer que, là aussi, pour créer le rêve, il faut s'armer de beaucoup de gros moyens financiers.

0.jpgBizarre de parler de luxe dans notre époque de crises multiples?
D'en parler, était-ce aller à contre courant de l'ambiance morose actuelle?
L'industrie du luxe se porte toujours bien et se taille une belle place, mais elle doit aussi s'adapter.

Le "luxe, un peu moins français", lisais-je. Il l'est un peu moins pour tous les pays qui en font commerce. Les affaires et les marchés, dans ce domaine comme dans les autres, doivent sortir leurs griffes. Parler de griffes dans ce cas, c'est aussi parler de son point de départ et de sa niche.

Parler de luxe, c'est parler de produits de haute qualité, à marchés très ciblés et de faible diffusion comme certains segments de la mode, maroquinerie, joaillerie, lunetterie, parfum, orfèvrerie, vins et spiritueux...
Vu sous ce dernier angle, on augmente, tout à coup, l'intérêt d'un Français. Le vin à table n'a plus de prix. 0.jpgBien sûr, mais il vous prouvera qu'il ne peut se contenter d'une piquette avec un bon repas. "In vino, carré d'as", un souvenir toujours bien présent. Là, le terroir se rapproche aussi du tiroir, car le vin n'est-il pas un des seuls biens qui bonifient avec l'âge quand les autres déprécient dans le même temps?

Un Suisse ne s'avisera pas d'acheter une montre à vil prix quand il en a les moyens.

Les courbes sont rentrantes, bien sûr, mais deux types de commerces fonctionnent toujours: le haut et le bas de gamme.

Le marché de luxe a sa clientèle propre et ne l'a pas perdue.  

Etre "riche à la super" a une source qui se produit souvent en mondialisant les fruits de sa production. Certaines personnes dépensent en un jour, ce que le commun des mortels dépense en un mois, voire un an, indépendamment du pays où cela se passe d'ailleurs.

Cela dit, voyons ce que dit Wiki "Le luxe (lat. luxus) est le mode de vie consistant à pratiquer des dépenses somptuaires et superflues, dans le but de s'entourer d'un raffinement fastueux ou par pur goût de l'ostentation, par opposition aux facteurs ne relevant que de la stricte nécessité. Par extension, le luxe désigne également tous les éléments et pratiques permettant de parvenir à ce niveau de vie. Cet aspect d'inutilité est si marquant qu'il est à la base de l'expression péjorative «C'est du luxe!» qui condamne un investissement déraisonnable.".

Inutilité? Cela reste à voir. Le somptueux château de Versailles et son luxe sont toujours visités, que je sache.

Le "Bourgeois gentilhomme" a encore beaucoup d'émules et beaucoup de profiteurs qui tourneront autour de leurs bottes. Remettre cette pièce célèbre au goût du jour n'est pas d'une énorme difficulté.

"Un produit de luxe représente avant tout un label de qualité. Le luxe favorise la créativité et l'innovation technique : l'acheteur sait par avance qu'il a été produit grâce à un savoir-faire au sommet de "l'état de l'art" d'une profession et est donc prêt à payer la rareté d'un tel produit.".

Voilà qui réhabilite le mot "luxe" dans son contexte.

0.jpgOn ne séduit pas les "Digital Native" (les DN) comme on le ferait avec les Bobos. Le luxe n'est pas initialement leur tasse de thé. Ils se fringuent avec des jeans, se sustentent avec un hamburger au ketchup. Ce sont des "early adapters", en avance d'une guerre et d'une tendance. Ils se rendent aux magasins après avoir été fouiller sur Internet, s'il n'y avait pas meilleur marché derrière un eBay.

Il faut donc investir sur le web, pour attirer ce nouveau regard. Le DN est exposé à trop de messages de la pub. S'il a une certaine sensibilité aux marques, la "griffe" doit être en relation directe avec le plaisir immédiat qu'il apporte. Un peu de bling-bling, oui, mais à meilleur marché. Il est méfiant vis-à-vis des discours trop classiques et refuse d'être manipulé. Donc, passer par YouTube en montrant des séquences du types métaphores, des allégories ludiques n'est pas un luxe. Si cela crée le buzz, c'est gagné.

Le potentiel persiste et signe. Le jeune DN est loin d'être sur les genoux avec l'aide des parents ou de grand-parents, mais ce potentiel est obligé d'agrandir son champ d'investigation, de s'organiser.

Le Concordia, le navire géant du "luxe accessible au plus grand nombre", s'échouait récemment. Après cette catastrophe, la fréquentation de ces bateaux géants diminuera-t-elle? Rien n'est moins sûr. Mourir, cela n'est rien, mais vieillir, chantait Brel et il faut que jeunesse se passe au mieux, avant.

Il naviguait sur les mers du globe avec tout le faste préfacé par la publicité. Où commence le luxe pour s'arrêter au grand luxe? Cette notion varie dans le temps et dans l'espace. Il y a cinquante ans, voyager en avion était un luxe. Aujourd'hui, c'est plutôt la transhumance des moutons "mini-prix" que l'on dépucellera à bord de l'avion dès qu'il voudra passer à la vitesse supérieure. Une croisière en mer ne l'est pas plus "riche". Tout se démocratise. A ce niveau, tout bascule et  tous se bousculent derrière cette barrière entre luxe et non-luxe.

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Le rêve est toujours bien plus fort que la mémoire d'un sinistre. Rien n'est apparemment perdu pour le luxe.

Conceptions opposées en fonction de l'endroit où il sévit. Amusant qu'il soit considéré comme un signe extérieure de richesse taxable de ce côté de l'Atlantique, alors qu'aux États-Unis, on en fait l'étalage comme une preuve de réussite.

Tout semble aller bien dans le haut de gamme d'après les chiffres d'affaire de ceux qui en font commerce.

Mais comme le disait, avec humour, un vieux film "C'est dur pour tout le monde".

On apprenait que Hermès International avait achevé 2011 sur un chiffre d'affaires de 2,8 Milliards d'Euros, en croissance de 18,3% par rapport à 2010, à taux de changes courants comme constants. En Bourse, la marque pèse 24 milliards et est présente dans 50 pays. Parfums et foulards complètent la panoplie des sacs de luxe.

0.jpgDes sacs en croco peuvent atteindre des prix de 4000 à 6000 euros de base et jusqu'à 40.000 euros pour les plus rares, même servis dans des écrins plutôt que des boîtes, cela fait cher, l'écrin avec un "H" en effigie. Du coup, c'est chez les commissaires priseurs qu'ils arrivent à récolter la somme astronomique de 54.000 euros pour un sac. Oeuvre d'art? Pour une dame, ce mot, cette lettre "H" est magique même si la ratio "prix/performance" est légèrement surfait avec les deux pieds sur terre de l'homme qui l'accompagne. En somme, c'est l'histoire qui prend de la valeur comme pour une œuvre picturale, mais qui n'attend pas la mort du peintre.  

Pourtant, il y a eu une "Saga Hermes", d'après une  enquête récente  de "Coûte que coûte" d'Anne Sophi d'RTL-TVI. Il y a 180 ans naissait une société de fabrication de selles pour chevaux. Elle s'est transformée dans ce que l'on sait mais est restée une entreprise familiale avec des héritiers qui détenaient majoritairement les actions. Les héritiers se serraient les coudes quand leur entreprise était en danger. Depuis un an, ce serait le cas.  Si aujourd'hui, le marché d'Hermès s'est largement diversifié, il en va de même pour les héritiers qui se sont multipliés. En période de crise, ces héritiers plus nombreux ont commencé à penser réaliser leurs bénéfices.  La mise en Bourse de la société l'a fragilisée, l'a déverrouillée au point que les héritiers, après avoir vendu leurs parts, risquaient de perdre leur pouvoir.

L'empire, le Groupe LVMH, dirigé par Bernard Arnaud, se présente en premier sur les rangs après avoir racheté 17% des parts. Les actions bradées, en 2008, ont permis de réaliser des coups de poker, des coups de maître... Pas vraiment une OPA, mais une attaque ressentie comme "hostile" par les héritiers de Hermès. Attaque, dites "pacifique", qui ne voulait pas effacer la direction existante. Un subterfuge pour verrouiller Hermes est trouvé pour conserver le patrimoine dans la famille par l'intermédiaire d'une autre société aux règles encore plus strictes pour vingt ans. 0.jpg

Se sentir faire partie d'un autre monde ne se fait jamais dans la distance du temps.

Le livre "Les dynasties du luxe" raconte ces épopées. L'histoire de ces créateurs, de la naissance des marques à leurs années de gloire, en passant par leurs drames et leur accès au marché mondial des affaires, semés d'embûches et de guerres sans merci où triomphèrent le paraître et les signes extérieurs de succès et de richesses.

Pas plus de cadeaux dans le monde du luxe que dans un autre monde. C'est manger ou être mangé. Alors autant ajouter un peu plus de poivre dans le plat. Partie remise. Impair et passe.

A toutes les échelles, convaincre que le prix n'a pas d'importance, est une stratégie de base: quand on aime, on ne compte plus.

Bien sûr, les extras du particulier se rappellent au citoyen lambda, que certains jours on se met sur "son 21" et qu'on doit tout oublier pour exister dans la société.

C'est vrai qu'on ne conjugue par le mot "luxe" de la même façon au féminin qu'au masculin.

0.jpgIl s'est réfugié parfois derrière les vitrines des antiquaires. Il a de nouveaux commanditaires qui s'ajoutent dans l'ombre.

Le luxe doit, désormais, se mondialiser, se doit d'avoir des projets d'expansion, garder des centres d'intérêts bien distincts mais aussi garder le respect des identités spécifiques aux pays dans lesquels les produits sont vendus. Le luxe ne se limite plus à un pays et il se base sur une renommée mondiale. Des paramètres dont il faut tenir compte pour ne pas disparaitre avant l'heure.

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On n'échange pas une culture par une autre dans le monde du luxe.

La voiture "Nano", fabriquée en Inde et classée en low-cost, est écrasée par JLR (Jaguar Land Rover). Les voitures de luxe profitent plus que le low-cost.

La filiale JLR de la firme indienne a fait bondir les bénéfices du groupe indien Tata Motor de 40,5% et le CA de 45%, tandis que la Nano a fait baisser la croissance de ses bénéfices de 58%. La Nano ne séduit plus et la planification des ventes ont été revué de 100.000 à 70.000.

Ferrari a fait un pont d'or en 2011.

Le luxe est associé à la rareté, à l'artisanat, aux petites séries, comme le disait cet article du 27 janvier dernier.

Sonia Rykiel dont parlait l'article, est prête à céder 80% de son capital à "Fung Brands Limited", une entreprise, une fondation chinoise comme le chausseur de luxe drômois, Robert Clergerie, l'avait fait en passant sous le même parapluie financier.

0.jpgL'histoire de la Maison Delvaux avait commencé en 1829. En septembre 2011, Fung Brands était devenu son partenaire.

Ce maroquinier de luxe belge était cédé par la famille Schwennicke, propriétaire depuis 1933. Christian Salez restait pourtant aux commandes opérationnelles comme CEO.

Les capitaux à investir dans R&D sont énormes dans le domaine du luxe. La famille Fung est fondatrice du groupe Li & Fung dans la distribution et est localisée à Hong Kong.

Pourquoi pas de Chinois à la tête puisque ce sont des capitaux chinois?

Le professeur Mixin Pei donne des quelques raisons: "Le rôle de la Chine dans l'économie mondiale se limite à des fonctions de traitement et d'assemblage à court et moyen terme. Un manque de talent ou à la sortie des universités, le peu de connaissances en anthropologie, en sociologie, en relations internationales, en littérature comparative et en histoire".

Tant qu'investisseurs et créateurs ne se marchent pas sur les pieds, pourquoi pas?

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Christian Lacroix, après avoir créé des merveilles dans la haute couture, a vendu son entreprise à "Falic Fashion Group".

En 2008, c'est la maison de haute couture britannique Hardy Annies, fournisseur de la cour qui faisait faillite et qui a été racheté.

Le chocolatier Marcolini a fait une tentative de rapprochement avec une entreprise chinoise, mais cela a capoté et il est redevenu belge, jusqu'à la prochaine fois.

Rester toutes griffes dehors, c'est, aussi, résister à la copie. La griffe doit rester infalsifiable ou protégée par des brevets pays par pays et pour un temps fixé, sous peine de mourir et tomber dans le domaine publique.

0.jpgPour en revenir à Sonia Rykiel, son but est de garder un nom, une marque et un levier pour doubler le chiffre d'affaire qui s'élevait en 2011 à 90 millions d'euros,  trop court pour répondre aux potentiels disponibles. Des investissements entre 10 et 30 millions d'euros à la base sont prévus.

Le but avoué général est de développer de nouveaux marchés, là, où il y a des chances de trouver de nouveaux acheteurs quand la crise a réduit leur nombre localement. Se limiter au seul marché local devient une erreur stratégique. Cela ne veut pas dire qu'il faille se faire envahir et remplacer les gestionnaires locaux. Ces derniers connaissent les habitudes, la culture de départ.0.jpg

Partenaires industriels à long terme plutôt que des investisseurs en "private equity". Des investisseurs avec des projets industriels qui feront vivre ou revivre les rêves.

Une autre preuve que le luxe n'est pas au rancard et surtout pas avec deux nouveaux milliards de consommateurs potentiels qui viennent s'ajouter aux précédents.

La Chine ne s'intéresse plus uniquement au bas de gamme mais s'infiltre dans les marchés du luxe par ses investissements. 

Le numéro "un" italien des yachts, Ferretti est passé sous pavillon chinois, SHIG (Shandong Heavy Industry Group) Weichaï avec un bon prix et un chèque de 374 millions d'euros.

0.jpgLe monde est devenu un village et pas uniquement à partir de l'occident. Le tourisme de luxe s'est mondialisé, matérialisé par des chaînes d'hôtel.

Les restaurants étoilés, haut de gamme, comme "Comme chez soi" obligent de réserver une table des mois à l'avance.

La chaine "Hard Rock Café" dirigée par des fonds séminoles vont s'installer sur la Grande Place de Bruxelles et entrer en compétition avec le Cygne.0.jpg

"Très chère originalité" par le design, l'imagination, le style sont des sources d'inspiration qui ne font, d'ailleurs, pas nécessairement dans le luxe immédiatement. Tout est question de temps, de confiance à la découverte de génies.

Était-ce tellement étrange de parler du luxe au lendemain du Mardi gras, de Carnavals? On fait bombance dans cette période courte et on oublie tout, même le prix des choses.

La Belgique est une terre de carnavals, qui ne passeraient pas subitement, au pluriel, à "carne-à-veaux". Pour se payer cette fête, pour échanger entre riches et pauvres derrière des masques, on épargne toute l'année comme partout même si on a le luxe qu'on peut et pas toujours qu'on veut.

La moralité de l'histoire pour les vendeurs et les acheteurs du luxe pourrait être de:0.jpg

  • Convertir le tallent du secteur du luxe avec ses entreprises  en succès par l'originalité.

  • Mondialiser.

  • Fuir la Bourse

  • Garder les coups de cœur et rejeter les coups de sang.

  • Ne pas casser les rêves, les flashes de l'envie...

    0.jpg


Et, comme on parlait des hôtels, gardez-y, au moins, le luxe de l'humour comme le montre cette vidéo...

Cela ne va pas plaire à tout le monde. L’Humour est aussi un luxe. Pas pour tout le monde, mais, s'ils veulent qu’on visite les luxes un à un comme on visite une belle boîte sans rien dedans de mémorable, c'est perdu d'avance.

Si, maintenant, des photos "luxueuses" et pas chères vous intéressent, il suffira de cliquer....


L'enfoiré,

 

 

0.jpgCitations:

  • « Le luxe de demain sera la lenteur dans le silence. », Anonyme

  • « Le rêve, c'est le luxe de la pensée. », Jules Renard

  • « Mon plus grand luxe est de n’avoir à me justifier auprès de personne. », Karl Lagerfeld

 

16/02/2012

Statistiques, au doigt et à l'œil

Les statistiques ne sont pas toujours à la hauteur des espérances. Les statistiques de fréquentations d'un site peuvent donner quelques indices. Si on y faire appel à l'occasion du septième anniversaire de ce blog, n'est-ce pas aussi une occasion pour risquer quelques conclusions sur ces années et peut-être, arriver à une étude sociologique de ce qu'on peut trouver dans la blogosphère.

0.jpgComme pour tous les sondages, "compiler" et "consolider" des chiffres par des statistiques pourrait faire transpirer quand ils sont mauvais ou combler de bonheur quand ils sont bons.

Nous sommes en février, rien de spécial à l'horizon, sinon le froid qui gèle les os et postposent les promenades. Pas de congés. Un bon moment pour se questionner et analyser si la confiance des lecteurs est toujours présente. De s'interroger sur les intentions objectives ou partisanes de ceux-ci?

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Pas question de présenter des statistiques, pour présenter son ego à la galerie. Nous sommes ensemble pour sourire et parfois rigoler ensemble de notre époque, pas pour des clap, clap... Laissons cela à d'autres.

La septième anniversaire des "Réflexions du Miroir" me vaut bien une messe de réflexions sans obole à espérer en fin de session.

Cet article est le 440ème depuis la sortie du premier billet en mars 2005 avec quatre eBooks dans lesquels on laisse toujours quelques traces de soi.

Un peu trop tôt pour souffler les bougies?

Non, car, un article ne commence pas sa vie au moment de sa parution. Il se butine. Se concubine. Se débine avant de passer sous les rétines.

Tellement de sujets ont défilé que je m'en étonne moi-même. "Sept ans", un nombre premier de plus. Sept ans, c'est voir passer un cycle qui passe une certaine l'euphorie dans l'espérance à une morosité portée par une crise qui ne trouve pas sa sortie.

Il y a eu l'anniversaire à la première année sur la scène du blog pendant lequel j'expliquais, en gros, la "technique". Un  autre article remettait le couvert de manière plus efficace, plus "hard". 

Sous l’administration de "hautetfort" dont fait partie ce blog, quelques statistiques d'utilisations sont disponibles. Le nombre de visiteurs en général, de visiteurs uniques, de pages lues par heure, par jour et par mois. Le pourcentage des articles les plus lus...

Il suffit, ensuite, d'en construire un graphique.

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Rien de fulgurant, pourtant. Des hauts et des bas, par jours entre 400 et 500 soi-disant lectures. Ne nous leurrons pas, les résultats ne permettent pas d'aller plus loin. Pas plus, le gadget qui identifie Explorer, Firefox ou un autre explorer, n'intéresse que ceux qui ... y sont intéressés.

Ces chiffres me semblaient un peu optimistes, dès le début. Trop fixés dans le temps, alors qu'ils auraient dû refléter l'actualité et l'attrait bien naturel de la nouveauté. Ce qui voulait dire qu'il y avait un moteur de recherche greffé sur l'adresse du site sans en donner le réel usage.

Des questions légitimes à se poser. Des réponses peu déterminantes.

Dernièrement, autre ressource, je tentais l'utilisation de "Google Analytics".

Un peu de codes à insérer dans la page est nécessaire. Cela ne fonctionne pas tout de suite. Un peu de patience et cela finit par marcher. Consultées, jour après jour, les courbes et fait nouveau, les pays "participants" entraient dans la liste des "touches" et se greffaient dans les statistiques.

Je dis "touches" et pas "lectures". Personne ne peut dire ce que représente la réelle fréquentation d'une page et si sa lecture avait été superficielle, lue en diagonale, longitudinale ou, plutôt, suivait une erreur d'aiguillage.

Pour les archives, un rapport pouvait être créé automatiquement à terme échu.

Un indice, le temps moyen consacré à la lecture d'une page. Un peu plus d'une minute en moyenne... Des lecteurs "Lucky Luck" qui tirent plus vite que leur ombre?

Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Cahiers" Je demande une seule chose, et je le demande humblement, bien que je sache qu'elle est exorbitante : être lu avec attention".

Non, ce sont ici des stats ce qui veut dire une moyenne sinon n'importe quel rédacteur en arriverait à se demander s'il n'a pas été idiot d'avoir passer autant de temps à l'écriture d'un billet face à des Lucky Luck de la lecture.

Une vue générale du tableau de bord

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Géographiques par pays et par villes:

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En arriverait-on au fantasme d'être le maître du monde pour moins que cela...

Waw, 80 pays qui ont fait au moins une "touche" sur ce blog. Comment ne pas être satisfait avec ce genre de stats?

Par flux de visiteurs, par vagues, sans tsunami:

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Alors, il y a les fameux mots clés. Les clés de l'espoir ou du désespoir du lecteur... Google donne des résultats de recherches aux utilisateurs sans qu'ils aient osé le demander.

Des mots qui sont utilisés lors de la pêche aux informations, permettent de se forger une idée de ce que les gens recherchent.

Le mot "humour" revient souvent. C'est la doctrine si pas le médicament de la maison "enfoirée". J'en suis, donc, fort aise. Ensuite, il y a les événements ponctuels qui se retrouvent dans ces mots clés ou qui suivent les liens directs avec l'actualité.

Plus surprenant, c'est de voir réapparaitre de très vieux articles ressortir de l'oubli et se déconnecter de l'actualité. Un goût pour la nostalgie m'a poussé à les relire.

Dernièrement, une nouvelle version de ces analyses Google Analytics est arrivée. Toujours, en version bêta, mais celle-ci a l'avantage de permettre de se pencher en temps réel sur la question et non plus à terme échu. Les pays et les villes d'où partent les recherches apparaissent.

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Plus surprenant, les lecteurs qui se glissent à partir de ces pays et de leurs villes, ne parlent pas normalement la langue de Molière. Les traducteurs automatiques seraient-ils suffisamment compréhensibles pour concourir à cette ouverture sur le monde? De découvrir, ce qui intéresse à l'autre bout du monde est encore plus intéressant.

Je me suis prêté au jeu. J'ai commencé à voyager et me suis informé de ce qui se disait sur les villes mentionnées qui, pour moi, étaient restées jusque là, inconnues. J'avais, ainsi, gagné ma part de bénéfices. 

Quant aux commentaires qu'un article suscite, cela n'est pas censé en donner plus. Cela semblait pourtant un souci majeur pour un rédacteur qui se posait la question "Mais où sont passés les commentateurs?". Le problème, il ne voyait pas le grain de sable qu'il avait lui-même dans l'œil en ne répondant pas lui-même aux questions posées.

De toutes manières, les commentateurs sont libres de suivre leur propre voie ou de faire dévier le billet qu'ils commentent, quitte à devenir des trolls de la plus belle eau vive. Alors pourquoi s'inquiéter?

0.jpgUn commentaire déjanté, j'aime. Un autre qui ajoute des compléments d'informations, j'adore.

Très intéressants pour le rédacteur et ses lecteurs. Des articles en parallèles que je découvre, ajoutent ces "plus" nécessaires pour compléter un sujet et entrent dans les commentaires par mes propres soins.

Quant aux trolleurs, c'est au rédacteur de déjouer le piège du "trolleybus", de resserrer les rangs et faire regagner la case de départ en douceur en cas de déviance majeure.

Seule, la censure est contre-productive. "Tout ce qui n'est pas interdit, est permis", dit Fréderic Taddei et il a raison. L'alterité et les contradicteurs doivent rester les bienvenus. Aller à la rencontre de son autre pour y percer son imagination et travailler ensemble sur les failles du système démocratique.

L'interactivité qu'offre Internet, c'est aussi savoir accepter de se tromper pour ne pas avoir tout vu et tout analyser.

Seul les paroles et leur formulation sont importantes pour éviter une censure malheureuse. Si les mots peuvent guérir au chevet d'un psy, ils peuvent aussi tuer.0.jpg

 

Le cas récent de Claude Guéant est caractéristique. Le choix du mot "civilisation" cassait son message. La correction aurait été de remplacer le mot "civilisation" par celui de "régime" et, ainsi, éviter un choc de civilisations.


La semaine dernière, Caroline Fourest était réduite au silence à l'ULB. Inacceptable, pas d'autre mot. L'université a le libre examen comme base de formation. La démocratie en prenait subitement un coup. Le moyen d'en parler qui recherchait la polémique vindicative, n'était pas le style le plus adéquat. Mais, passons...

Sur Réflexions du Miroir, pas de commentaires censurés. Quelques tentatives d'introduire des commentaires qui n'avaient d'autres buts que d'apporter de la publicité commerciale. Un pseudo comme "Comment maigrir en douceur" suivi du lien vers un site qui serait censé de vous faire perdre des kilos. Là, oui, je me suis permis de rebaptiser le pseudo en "Jean Legros" et de supprimer le lien. Cela a suffit pour faire changer de crèmerie ces amateurs de bonnes soupes, après quelques tentatives. "Faut toujours pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages", comme le disait un vieux film.

0.jpgLe vivre-ensemble, de plus en plus compliqué? Bonne question.

Dans un forum sur Internet, ce n'est pas différent des écarts d'idéologies qui poussent au rigorisme et à l'intégrisme. Des modérateurs se veulent les ambassadeurs intermédiaires. Ils se sont infiltrés pour calmer ces ardeurs vindicatives et parfois dépassent leur prérogatives et fonctions. Il est à espérer qu'ils ne se mettent pas à fermer trop de robinets sous peine de tôt ou tard, couper tout le débit et le profit de la concertation.

Rédacteur, modérateur, pendant un an sur Agoravox.fr, je connais ce que peut comprendre un travail qui se voudrait honnête. Je ne m'y contente plus, désormais, que du rôle de commentateur. Tout passe, tout lasse, tout casse.

Jusqu'où aller trop loin et accepter ce qui est fulminé?

Pour la théorie, la détente, les formes facilitent pour faire passer un message. Discuter se fait en laissant les chapeaux haut de forme au vestiaire.

En pratique, la hargne se consomme et consume ceux qui s'y adonnent un peu trop sans réfléchir sur ce qu'est une base de réflexions et son aboutissement. Compulsif, épidermique, le message prend une tournure de propagande déguisée.

Pas de doute, fréquenter un forum de discussion, sous les fils de la Toile, aguerrit.

On y apprend à connaître les notes, les accords et la musique dodécaphonique. Ce n'est plus tout à fait le "premier qui dit la vérité, doit être exécuté", mais " le dernier qui a parlé qui a raisonde toutes façons". 0.jpg

Je continuerai des sorties sur d'autres forums pour tester la température extérieure qui reste une opération instructive pour ne pas rester en vase clos.

Que constate-t-on sur ceux-ci?

Une volonté d'exprimer son ressenti pour exister dans l'actualité. Des expériences personnelles deviennent des sujets d'articles, parfois des romans fleuves ou encore, finir comme thrillers pour appâter la galerie.

Pas de problème car une certaine lassitude s'est emparrée du bon peuple, endormi perdu derrière la masse des textes à lire en perpétuelle augmentation.

0.jpgEssayez, vous verrez. Écrivez sur votre blog que, mal dans votre peau, vous voulez en finir avec la vie et vous verrez qu'il y aura peu de monde pour vous demander des explications, pour tenter de vous porter secours en vous donnant envie de changer d'avis. Beaucoup, par contre, seront là pour vous proposer la dernière histoire de Cendrillon ou de Belphégor dont ils ont le secret.

Le mal-être, trop commun pour émouvoir, ne fait plus recette. Le "suicidé" doit faire semblant et prendre des gants pour le dire avec le style de "Je suis perdu, ne m'aidez pas" tout en gardant le "privilège" d'être moinssé ou plussé plus souvent que d'être commenté. Le travail en vase clos s'est installé.

Ailleurs, je lisais un commentaire qui disait "Merci de ce billet pédagogique. Je vais tenter de le traduire pour mon blog, si vous le voulez bien.". Tout de suite accepté à condition de ne pas oublier de mentionner l'origine de cette 7ème merveille du monde.

Gagné. C'est moins avoir à réfléchir pour l'un et une occasion d'être diffusé à bon compte pour l'autre. Une solution win-win en quelques sortes. C'est ainsi que se propage l'info unique et intransigeante.

"Moins on a de culture, plus on l'étend", me souffle, mon copain avec humour. En verve, il poursuivait sur sa lancée par "moins on a de raisons, plus on gueule pour se faire entendre".

Non, ce jour-là, il en avait dans le tibia, mon copain. J'espère qu'il ne me demandera pas trop de droits d'auteur pour en avoir fait état. :-)

Non, propager les idées, traduites ou non, est bien. Les annalyser en annexe, les confronter à d'autres est encore mieux, un plus aussi bien pour les deux interlocuteurs de l'échange d'information.

Une constatation générale, les articles et les commentaires sur Agoravox, comme forum citoyen, expriment, de plus en plus, le mal-être généralisé actuel.0.jpg

Nous sommes en plein dans "La construction du surhomme" comme l'a écrit récemment, Michel Onfray. L'histoire du Grand Homme et de son aspiration à la Vie Sublime dans ce siècle. Tous s'expriment et peu entendent et écoutent les autres. L'interactivité égalitaire a été oubliée. C'est devenu l'ancien café de commerce mais sans café dans lequel on vend mais on n'achète rien même si c'est gratuit. Dans ce livre, Onfray citait Jean-Marie Guyau, dopé au stoïcisme à la philosophie vitaliste comme machine de guerre contre la morale kantienne avec des relents de républicanisme, d'hygiénisme, de racialisme, de natalisme comme le serait un Nietzsche français, sans atteindre l'original. Le dernier chapitre, "Apprendre à mieux s'eJouir", je l'écrirai, pour la circonstance, avec un petit "e" suivi d'une majuscule pour l'associer à la Toile.

Théorie de lire ce constat du surhomme et ce qu'il en est fait, qui se traduit par un certain défaitisme? Une envie d'exprimer pour l'un et le peu de ressort de l'autre à la réception? Paradoxal? Peut-être pas. Nous sommes à l'ère de l'image et plus à celle du texte.

Pour finir, je ne vais pas vous faire l'injure de vous apprendre comment ces statistiques sont générées et que c'est via un bon référencement que les moteurs de recherches sortiront  les premiers de classes dans une liste en réponse aux requêtes des internautes. La technique et les algorithmes sont d'ailleurs plus complexes qu'on pourrait le croire. 

Améliorer le positionnement est crucial pour être lu dans le dur monde de la Toile. Il y en a de deux sortes de référencement, les "payants commerciaux" et les "naturels". Les "commerciaux" sont hors concours, ils ont payé et donc occupent la prépondérance. Les "naturels" se cherchent un voie via des mots clés bien choisis, par une popularité qui se veut bien choisie avec des poussettes dans un dos virtuel. Plus le nombre de visites d'un site, mieux il augmentera par la suite. Le référencement d'un tiers, le "netlinking", avec des hyperliens qui pointent sur le beau blog externe qui ne dit que la vérité toute nue et bien crue, ajoute une couche aux références.

Les professionnels du référencement ne cherchent pas trop la réponse à la confusion entre morale et droit et visent à "tromper" les moteurs de recherche.

Les lois en la matière sont floues. Donc pas de quartier. Se limiter en fonction de l'usage pour respecter une concurrence loyale serait sage, mais tant que ce ne n'est pas clairement dit...

0.jpgSonder, sonder encore, il en restera peut-être quelque chose.

Tout à fait entre nous, les statistiques ne m'ont jamais influencé outre mesure. Je ne verrais pas jouer à ce genre de biais artificiel.

Comme conclusion à ce septième anniversaire, comme j'aime le faire, je sortirai du chemin des référencements, du thermomètre des statistiques, des blogs, des billets par le seul "humour".

"Ce n'est plus l'ire mais le rire qui tue". Le rire est l'arme fatale à utiliser comme tombeur de l'esprit trop sérieux. 

Je ne pouvais trouver mieux que celui du café serré qui parlait de "désamour", le jour de la Saint Valentin. "Le désamour, ce sentiment terrible  et douloureux qui arrive lentement ou tout d'un coup et par lequel celui qui a longtemps aimé, n'aime plus", comme disait Thomas Gunzig et qui me réconcilierait avec les contradicteurs les plus virulents. 0.jpg

Le lendemain, Thomas remettait cela en se surfant sur une vague plus osée encore, en allant chercher les philosophes grecs à la rescousse. Avoir un père cosmologue, professeur de relativité générale qui s'intéressait au vide cosmique, auteur de la théorie du bootstrap, est un gage de pas mal d'originalités potentielles.

Vive Démocrite. Il avait tout compris ce philosophe avec l'humour comme incitant, même s'il n'aurait plus toute sa superbe, aujourd'hui.

Oui, l'humour tue, comme le reste, mais au moins on aurait une belle histoire à raconter "après" avec les zygomatiques, bien proéminents

0.jpgCe billet était, plutôt, un "thé fort bien trempé" du matin. Le café serré, je le garde toujours pour le dessert.

Comme en parlent les sphères autorisées, je n'utiliserai  pas la vulgarité du mot "papier".

Sinon, dans le cas où je serais encore là dans quatre ans, au prochain anniversaire en nombre premier,  les statistiques en 3D devenues ringardes, je les exigerais en 4D.

Des statistiques en fromages en 4D, dont on sentirait jusqu'à l'odeur et avec des couleurs psychédéliques.

Entre temps, à vous de tirer vos propres conclusions de cette stratégie, de cette "tragédie" que sont les chiffres et les "statistiques".

Parler toujours de "Statistiquement vôtre", oui, mais, ce sera vraiment au doigt et à l’œil.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « T'échappes à la police, pas aux statistiques. », Jean-Jacques Goldman
  • « La raison d'être des statistiques, c'est de vous donner raison. », Abe Burrow
  • « Les statistiques, c'est comme le bikini. Ce qu'elles révèlent est suggestif. Ce qu'elles dissimulent est essentiel. », Aaron Levenstein
  • « Avoir des ennemis n'est pas un luxe, c'est une nécessité.  », Paul Morand

 

Si, pour changer, on torturait un peu la fable de La Fontaine "La Mouche du coche" que j'appelerai:

"Le Moche et les Mouches"

Dans un blog montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés aux critiques, exposé,
De bonnes mouches extrayaient le moins moche.
Mouches jeunes, vieilles, toutes étaient tendus.
Sur un article, tous suaient, soufflaient, pendus.
Un Moche survient et chacun d'eux s'approche;
Il prétend les animer par étonnements;
Pique l'une, éveille l'autre, pense à tout moment
Que comme bon patron, ferait tourner la machine,
S'assied au bureau avec l'idée sous le nez;
Aussitôt aguichés, les sous-mouches s'agglutinent,
Il voit celles-ci, penseuses se rassurer,
Il s'en attribue uniquement la gloire;
Va, vient, l'air empressé; il semble que ce soit
Une guerre, une bataille, à gagner en tout endroit
Secouer hiérarchie, pour hâter la victoire.
Comme un Moche, il a ce commun besoin
Mais se plaint qu'il agit seul par tous ses soins;
Qu'aucune aide des mouchettes ne le tire d'affaire.
Les sous-mouches lisaient leurs abécédaires;
En prenant trop peu de temps! Un Lecteur pleurait;
C'était pourtant bien d'une chanson qu'il s'agissait !
Le Moche retourne chanter à leurs oreilles,
Et fait, orgueilleux, cent sottises pareilles.
Sur la photo, depuis, il arrive en haut.
Respirons maintenant, dit-il aussitôt:
J'ai tant fait pour vous, écrivains. Oubliez la haine.
Mes chers Lecteurs, payez-moi de ma peine.
Pour que d'autres Moches, faisant les empressés,
Frais, émoulus, ne s'introduisent dans nos affaires:
Poussés par on ne sait quoi et faire les nécessaires,
Donner une image importune qui soit mouchée.

 

09/02/2012

Timeline et généalogie en ligne

Faudrait-il essayer de réinventer la roue pour faire plaisir à ses fans? Il n'y a pas qu'en politique que le populisme existe.

0.jpgPlus d'un an que le film de l'histoire de Facebook et de Zuckerberg, est sorti.

Facebook enclenche la plus grosse entrée en Bourse de la net-économie.

Le but: lever 5 milliards de dollars même si le groupe n'a pas prévu d'utilisation particulière de cette manne.

D'avoir voulu introduire son IPO en Bourse a obligé Facebook de remplir les formulaires correspondants  à la "Securities and Exchange Commission" et, ainsi, de dévoiler ses points forts et ses points faibles.

Alors les analystes se demandent s'il faut investir dans Facebook.

Que se cache-t-il derrière cette virtualité dans laquelle baigne Facebook? 9 chiffres à couper le souffle et d'autres points qui pourraient faire suffoquer.

Un chiffre d'affaire de 3,7 milliards de dollars, un résultat opérationnel de 1,95 milliards et un bénéfice distribuable de 668 millions. Ça baigne, donc...

Un potentiel incroyable mais beaucoup d'embûches tout aussi potentielles...

L'amitié comme nerf de la guerre, terrible invention! En substance, les amis de mes amis, même virtuels, sont aussi mes amis. 0.jpg

Les risques sont loin d'être virtuels.

1er risque: Le mobile: Le principal talon d'Achille de FB c'est d'être trop dépendants de facteurs externes et qui, en plus, sont souvent conjoncturels. La publicité est la source de revenus de Facebook avec quelques abonnements "Like" qui permettent à ceux qui paient de suivre de manière plus orientée.

2ème risque: La gestion des données : Avec des problèmes de vie privée et les attaques potentielles par le phishing.  

3ème risque: La concurrence: L'armada de Google d'abord avec les vidéos Youtube. "Plus moyen de cacher vos émotions: les publicitaires lisent directement vos pensées dans votre cerveau". Avoir obligé Google d'augmenter ses salaires pour empêcher la fuite des cerveaux vers FB, n'est pas une mince affaire.

Puis, en tant que réseau social, se positionner entre Okut en Amérique du Sud, Odnoklassniky en Russie et Weibo, Baidu, ... Duban, Kaixia001 pour la Chine où Facebook ne passe pas reste un une gène majeure. Les séductions chinoises seraient justifiées en honneur de l'année du dragon. LinkedLn et Twitter restent, eux, les liens pour les professionnels. Donc, moins de risques.

Mais, Sheryl Sandberg, la n°2 de Facebook est une transfuge de Google. Elle connaît donc la musique.

0.jpgQuotidienne d'Agora donnait son opinion: "Fascinant... Il est rare qu'une introduction en Bourse déclenche une telle crise d'hystérie. Celle-ci est alimentée par des chiffres qui font rêver : sur les 3200 employés de Facebook, un millier environ deviendrait millionnaire. Le fondateur du réseau social, Mark Zuckerberg, qui possède 28% des parts de l'entreprise, devrait bientôt peser 20 milliards de dollars. L'IPO de ce réseau social deviendrait si elle est acceptée, la quatrième introduction en Bourse américaine la plus importante de tous les temps, après celles de Visa, General Motors et AT&T.D'après les informations du Wall Street Journal, la valorisation de Facebook devrait se chiffrer entre 75 et 100 milliards de dollars, ce qui mettrait le réseau au même niveau que le géant du fast-food McDonald's. Facebook annonce 845 millions d'utilisateurs. Ce qui signifie que chacun d'eux a rapporté 4,37 $ de chiffre d'affaires et 1,18 $ de bénéfice. Par contre, si on prend en compte la valorisation espérée (100 milliards), chaque utilisateur "vaut" 118,34 $. Facebook afficherait donc un PER de 100. Les grandes ambitions : augmentation du nombre d'utilisateurs et faire exploser les revenus de partenariats ou publicitaires. Google fonctionne aussi bien sur ce modèle publicitaire... Sauf que les attentes ne sont pas les mêmes. Un utilisateur du moteur de recherche de Google est à la recherche d'une information ou d'un site dans une démarche active qui le poussera à accorder plus d'attention aux publicités et liens proposés par Google. L'utilisateur de Facebook, lui, cherche à être en relation avec sa famille et ses amis, partager liens, commentaires, activités avec eux et non pas forcément cliquer sur le lien qui vous promet deux tailles de pantalon en moins. La sphère de la vie privée est-elle compatible avec la publicité? Monnayer les données personnelles fournies volontairement par ses utilisateurs est une solution qui risque de se heurter à quelques problèmes légaux et de protection de la vie privée. La bulle Internet 'dot.com' a laissé des traces. Les introductions en Bourse de sociétés Internet étaient 48 en 2011 contre 304 en 1999. Facebook a mis du temps à s'introduire en Bourse. L'attente est énorme et le cours d'introduction risque d'être surévalué. Que produit Facebook ? Pas grand chose.".0.jpg

Tout est dit. Sortons de la Bourse et de ces chiffres. Ce qui fait vivre un site, ce sont ses mises-à-jour et ses nouveaux projets.

En préambule, à ce sujet, il était question de réinventer la roue. Attention pas la roue bien ronde, mais de celle du temps que Facebook voudrait, cette fois, présenter à la vue du monde.

Aux dernières nouvelles, Timeline est le petit nouveau. Un journal ou une généalogie?

Avant, il y avait la recherche par la généalogie des ancêtres. Il existait des outils pour se faire aider.

Fallait-il aller plus loin et utiliser ce qui existe déjà pour l'étaler au grand jour en remontant dans le temps par les photos déjà à l'abri de son mur? 

Remonter l'histoire de ses ancêtres demeure une entreprise bien plus studieuse et fastidieuse. Aller à la mairie ou à la commune, demander des actes de mariage, de naissance, de décès. Timeline qui arrive, veut-il répondre à ce "nouveau" besoin.

"Sélectionnez vos publications, vos photos et autres instants les plus mémorables pour les mettre en avant. Votre histoire a un début, un passé et un présent" est-il dit sur le site de Facebook.

0.jpgHier, on faisait appel à des logiciels comme MyHeritage qui se présentait en ces mots:

My heritage : logiciel gratuit pour faire votre arbre généalogique

My Heritage est le logiciel parfait pour vous aider à retrouver les liens tissés entre tous les membres de votre famille.
Dès l'accueil,vous êtes invité à entrer quelques infos succinctes sur vous et vos parents. Une fois que vous avez fourni ces informations et enregistré votre adresse de courrier électronique , afin de vous créer un compte gratuit, une ébauche d'arbre apparaît. 
Une fois votre arbre affiché, l'enrichir est un jeu d'enfants. A cet endroit, vous pourrez mentionner des données plus précises, les événements marquants de sa vie.
My Heritage compare votre généalogie à celles des très nombreux autres utilisateurs. Et dès qu'une correspondance éventuelle est trouvée entre votre arbre et un autre, le site vous prévient et vous permet de rentrer en contact avec son auteur.

A première vue, l'idée de conserver son histoire n'est pas très neuve.

Timeline sera-t-il de la même profondeur, aura-t-il le même design?

Cette fois, avec Timeline, nous ne sommes plus au sommet de l'iceberg de l'individualité, mais au fond des océans à la recherche de petits et de gros poissons.

Vos actualités

Sélectionnez vos publications, vos photos et autres instants les plus mémorables pour les mettre en avant. Votre histoire a un début, un passé et un présent.

Que dire des sociétés qui se disent encore: "et si on interdisait Facebook de l'entreprise" parce qu'il pourrait nuire à la productivité?0.jpg

Intranet, inventé pour palier cette explosion de "nuisances", n'efface pas le besoin d'en sortir et d'entrer sur la grande Toile. Supprimer Internet et puis, pourquoi pas, le téléphone.

Jacques Folon répond qu'il faudrait, au contraire, rendre le "système" plus efficace.   L'e-réputation, l'e-éducation en prendrait un coup.

Les échanges d'informations, les communications prennent de plus en plus de temps et pas uniquement au niveau professionnel.

Timeline intéressera quel type d'utilisateurs? Certains se sont déjà aventurés et ont aimé le design, d'autres demandent de revenir à la version précédente.

Le 7 août 2008, le journal l'Écho se posait la question "A quand une réelle mémoire virtuelle?". On y parlait de MyLifeBits, une base de données au modèle de portails internet actuels qui servirait de palliatif aux oublis de notre mémoire. Gordon Bell, pionnier de l'informatique de chez Microsoft, y enregistrait et numérisait tous les détails de sa vie par tous les moyens existants. 160 GigaBytes actuellement de "lifelogging". Démentiel, peut-être. Mais, une "vie en boîte" pourrait aussi servir de point de départ à une autre pour éviter les mêmes erreurs. Cette manière de se "sauver" serait d'après lui, dans 20 ans, monnaie courante. Qu'adviendrait-il, si on intégrait toutes ces bases de données d'individus par des liens en commun? Un nouveau monde plus structuré, peut-être, mais moins libre aussi. Les informations que l'on trouve sur internet, constituent une source inépuisable toujours en évolution, toujours à la recherche de la valeur ajoutée. Il est cependant à rappeler qu'il est aussi tentant de se perdre dans des copier-coller très difficiles à détecter. Plus grave encore, cette information peut être falsifiée ou tendancieuse.

0.jpgNous y sommes. C'est parti... Il y en a qui testent déjà.

En pratique, le cahier des charges de Timeline est clair: "Il permettra de prévisualiser votre journal pendant 7 jours avant qu’il ne devienne visible par les autres utilisateurs. De choisir ce qui sera mis en valeur en  incluant quelques-unes des meilleures photos et actualités. De masquer ou de mettre en valeur ce qui est voulu et d'y ajouter tout ce qu’il manque. De contrôler qui voit les activités et les informations à partager avec des personnes avec qui on partage une activité. De changer d’avis et de modifier qui voit les activités, les supprimer ou simplement ne pas les afficher dans votre journal."

Créateur de malwares à vos marques! Une aubaine de plus pour les pirates, qui, eux, récupéraient déjà les révélations personnelles offertes sur Facebook. Il y avait déjà les like-jacking. Ce petit outil qui se glissait derrière la fonction "J'aime" et qui, détourné, élargissait le trafic de manière exponentielle pour récolter les revenus publicitaires au site hébergeur.

Il faudra maintenant élaguer, comprendre ce qui est stratégiquement utilisable par d'autres. Faire le tri et puis peut-être, protéger ses infos si ce n'est pas fait.

0.jpg

Pour l'utilisateur de Facebook, se rappeler que la meilleure façon de protéger ses informations, c'est de ne pas les donner.

Détruire son blog est relativement facile. Tout ce qui extérieur l'est moins. Une nouvelle niche est née, "nettoyeurs du Web" comme agence spécialisée. Un forfait de protection, veille et intervention qui peut atteindre 1500 euros par mois comme produweb pour l'e-reputation et "se faire oublier". Un marché qui pourrait atteindre 3,1 milliards de dollars à l'échelle mondiale en 2013. La Commissaire, Viviane Reding, a renvoyé le projet en Commission à l'Europe.

0.jpgPour Facebook, se rappeler qu'être le premier est une force mais le rester est un challenge, car les amis en Bourse, c'est pas demain la veille...

Être et rester sur la vague de ce que les gens veulent ou pensent vouloir, voilà tout le problème que ce soit "Made in USA" ou "Made in China".

Le premier invente le grand jeu et l'autre le perfectionne à sa mode. Au milieu, il y a l'utilisateur, le consommateur qui veille.

Il y a bien longtemps, dans un film mythique, il était demandé "Vous affez du "à l'ail?"".

C'est encore plus vrai aujourd'hui.


L'enfoiré,


Citations:0.jpg

  • « La généalogie est une science rigoureusement inexacte, à cause des bâtards. », Léo Campion
  • « Généalogiste : quelqu'un qui remonte la lignée de vos ancêtres aussi loin que vous pouvez le payer. », Tom Mayer
  • « Il faut 20 ans pour bâtir une réputation et 5 minutes pour la détruire", Warren Buffet

 

C'est parti à 35$ l'action, Zuckerberg a sonné la cloche à WallStreet

02/02/2012

Kodak, une société qui a raté son tournant?

Parler de sociétés qui ont raté le tournant du progrès, cela arrive plus souvent qu'on le pense.  Cela se produit par beaucoup de détours, de stratégies boiteuses. C'est aussi une concurrence débridée, des prix demandés, une souplesse perdue, une situation mal évaluée, une erreur de "Fusion ou de scission"... Quand il s'agit d'une marque comme Kodak que l'on associe avec le produit en oubliant le mot exact qui s'y cache, là, on passe à la vitesse supérieure.

0.jpgLa photographie en analogique, le cinéma 8mm ont été des passions pour moi. La photographie l'est encore d'ailleurs.

L'histoire de la photo et du passage au "numérique", une histoire de "petit oiseau de sortie".

A l'époque, il était déjà question du cas malheureux de Polaroid et de la photo au développement instantanée toujours sur papier qui était en difficulté. La société Polaroïd s'est restructurée depuis. Relancée dans la bataille en juin 2009 avec le "Polaroïd Two" qui "parle", désormais, en 5Mpix, minimum.

En 2004, c'était le moment où le producteur de pellicules photographiques, Ilford, était sur la sellette. Cette société anglaise fut scindée et une partie passait d'abord sous le drapeau suisse avant de se retrouver sous celui du japonnais "Oji Paper Co. Ltd".

"Fujifilm" avait senti le vent du boulet dès 1988, en sortant le 1er appareil numérique avec carte mémoire DS-1P et lançait FinePix.

Les pellicules en rouleaux de 24x36, c'est fini ou presque.

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Ce 19 janvier, Kodak déposait son bilan. Là, c'est un coup de grisou dans la mine aux pépites. Si pour les premiers ordinateurs, on avait l'habitude de dire "machine IBM", pour la photo, on parlait d'un "Kodak".

Sous la protection du "Chapter 11" de la loi américaine sur les faillites, il était précisé que "Les filiales du groupes situées hors des États-Unis ne seraient pas concernées par cette mesure".

Le logo de la société devient vraiment, avec son "K", une transfiguration de l'événement avec une flèche qui semble percer un mur.

Dès 2003, 13 usines, 130 laboratoires et 47.000 postes allaient dans la trappe de l'histoire?

La couleur jaune pour Kodak, le vert pour Fuji, le noir pour Ilford se reconnaissaient sans lire la boîte du film.

Là, vraiment, plus que pour Polaroïd, il y a des questions à se poser.

Kodak entrait déjà dans la liste des candidats au suicide programmé et des restructurations de personnel ne change rien à l'affaire.

Kodak est né en 1890. La société a dû en connaître des remises en question, mais conjoncturelles en analogique et non structurelles.

Elle n'avait pas saisi, à temps, l'enjeu de l'imagerie numérique et le passage à Internet. Un plongeon vertigineux s'en est suivi.

Dans le Dow Jones, cela a faisait 70 ans que Kodak fut présente. Au plus haut, l'action Kodak avait plafonné à 70$. Elle était dernièrement inférieure au dollar. Elle n'est peut-être pas la seule dans le cas en temps de crise, mais comme indice de la déchéance, on ne peut trouver mieux. 

La société a été incapable de se réinventer. Elle a capitalisé sur ses acquits et ses brevets.

Elle avait une position enviable dans le cinéma jusqu'en 2008. Même au cinéma, la pellicule s'est numérisée. Pas de détérriorisation de la pellicule, moins de place nécessaire, en numérisé, ce qui fait toute la différence.

Alors, il serait intéressant de chercher les raisons qui ont fait que Kodak a raté le coche et que le souffle du vent l'a emporté.

Le site de Kodak dit en préambule "En 1888, avec son slogan "You press the button, we do the rest" (Vous appuyez sur le bouton, nous nous chargeons du reste), George Eastman met le premier appareil photo simple d'utilisation entre les mains des consommateurs. Par cette initiative, il rend un procédé auparavant encombrant et difficile à utiliser simple et accessible à tous. Depuis cette époque, Eastman Kodak Company n'a jamais cessé d'innover en offrant une multitude de nouveaux produits et procédés destinés à rendre la photographie plus simple, plus pratique et plus agréable. Aujourd'hui d'ailleurs, Kodak n'est plus seulement connue pour la photographie, mais aussi pour l'exploitation des images dans une multitude d'applications de loisir, commerciales, de divertissement ou encore scientifiques. L'utilisation d'une technologie associant images et informations est en effet de plus en plus présente dans ces secteurs et permet de changer radicalement la manière dont les gens et les entreprises communiquent. Dans le même esprit qu'Eastman, qui avait pour objectif de rendre la photographie « aussi pratique que le stylo », Kodak continue d'explorer les multiples façons dont les images interviennent dans notre vie quotidienne. La société Kodak se classe parmi les plus grandes multinationales et jouit d'une reconnaissance de marque quasi universelle.".

Vers les années 1930, Eastman fut atteint d'une maladie de la colonne vertébrale qui menaçait de le rendre handicapé à vie. Ne pouvant supporter cette idée, il se suicida en 1932 en se tirant une balle dans le cœur, laissant derrière lui un message écrit: « Mon travail est accompli. Pourquoi attendre? ».

Il est mort, une deuxième fois.

0.jpgIntéressant de lire la suite de l'histoire de Kofak, pavée de très bonnes intentions. Huit Oscars, cela devait se savourer à sa juste valeur.

Et c'est vrai, cela aurait pu continuer avec la taille de l'Instamatic. Les compacts existent toujours mais en numérique avec le surnom de APN, pour les intimes. Comble du comble, le premier APN, c'était Kodak qui le sortait en 0,35 Mpix.

Alors quoi, la direction avait trop bu et s'était vraiment endormie?

Sur leur site, la chronologie continue jusque en ... 1999.

Entre 2000 et 2011, un des deux liens donne une réponse très peu orthodoxe : "Server Error in '/ek' Application. The resource cannot be found.".

L'autre, plus à gauche sur l'écran, est présent mais la chronologie s'arrête dans le temps à juillet 2008 avec la dernière innovation "Kodak introduit des produits haute définition comme la caméra vidéo de poche KODAK Zi6, pour une réalisation et un partage de vidéos facilités, et le lecteur HD cinéma KODAK, pour la visualisation d'images et de vidéos sur téléviseur HD.".0.jpg

Là, cela sent vraiment le sapin cuit. Si on ne met pas à jour son site de sa chronologie, c'est qu'il vaut mieux ne plus rien en dire sur Internet.

Voyons les tabs "Innovation" et "Leadind the way", traduit de l'anglais, cela donne:

Image Partagée: Certains de nos moments les plus émotionnels sont capturés dans les images. La technologie numérique ne l'a pas changé, mais il nous a donné des façons plus rapides et plus faciles de partager nos images avec les gens qui importent le plus. Les scientifiques de Kodak ont travaillé des façons de rendre plus facile de capturer, classifier et partager des images à travers le temps et l'espace.

Image Imprimée: Les images imprimées nous entourent à chaque moment, en passant souvent inobservées. En plus des livres, les magazines et les journaux, là, sont imprimés les images sur les produits que nous achetons, les annonces que nous voyons, les vêtements que nous portons, le courrier que nous recevons et des centaines d'autres endroits. La révolution numérique ouvre la porte à une gamme entière de nouvelles possibilités d'imprimerie et Kodak est en tête.

Mouvement de l'Image: Les films ont défini l'amusement pour les générations. Les technologies inventées pour les professionnels de film sont de plus en plus accessibles à chacun; le fait de capturer et le fait de partager l'image bougeante deviennent une partie importante de l'expérience humaine, des films de multimillion de dollars aux vidéos de famille prises avec un appareil de photo de vidéo de grandeur de poche.".

Donc, le numérique était bien dans les plans et les projets stratégiques mais il n'a pas su aboutir ou poursuivre sa route.

Alors, la faillite, à qui la faute? Le client, très certainement. Il a toujours raison. C'est lui qui impose sa loi par l'usure des systèmes alors que le marketing le pousse dans le dos avec des produits à en perdre le souffle.

0.jpgRecherchons sur Internet, ce qu'en pense les gens et les professionnels de cette lutte entre analogique et numérique. 

Au Québec, on trouve la nostalgie de la pellicule de Jean-François Villeneuve: « Les films Kodak, c'étaient les souvenirs, les albums photo pour la plupart des gens, mais aussi notre cheval de bataille, pour les professionnels. Travaillant maintenant en numérique, le médium analogique me manque. Des fois, la bibite me repogne, celle de développer en chambre noire, comme avant. Un processus que j'associe au plaisir, celui d'assister à la naissance de l'image après de nombreuses manipulations en chambre noire. La magie à découvrir la photo, avec les odeurs du laboratoire et toute l'attente qui vient avec le médium. Le marché professionnel n'y retournera pas, mais il y a encore un petit marché pour artistes et pour les gens qui prennent des photos pour le plaisir. Dans le cinéma indépendant, ça fait longtemps qu'on ne touche plus à la pellicule, surtout pour des contraintes de prix ».

Voilà tout est dit ou presque dans ces mots:  plaisir, passion, nostalgie et prix pour assumer l'ensemble.

Prendre une photo en numérique ne coûte rien à part l'amortissement de l'appareil. On effacel'image qui ne correspond pas au résultat désiré. On améliore le cliché en quelques clics avec un logiciel sur l'ordi et on envoit le tout à partir de la même source ou par l'intermédiaire de son GSM, vers tous les amis.

La seule remarque, on espère seulement que les logiciels de lecture resteront compatibles entre eux, que le RAW converti ne perdent pas trop de définition quand il passe en JPG.

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais j'ai encore beaucoup de travail pour convertir toutes les diapositives en Kodakchrome avant qu'elles ne prennent l'humidité et se fassent bouffer par les champignons. Les photos dans les albums, on continuera à les voir sans y bouger si le temps ne les délave pas trop avant qu'elles ne soient scannées.0.jpg

Lors de cette histoire d'oiseau de sortie, j'espérais encore pouvoir photographier en hybride et je gardais mon bel appareil CANON analogique perfectionné, bien au chaud, pour les cas où. Aujourd'hui, il est à la cave.

Trouver des pellicules vierges est devenu difficile. J'attends peut-être qu'il prenne de la valeur par son côté rétro ou pour l'envoyer dans un musée de la photographie. Invendable, sinon pour la beauté du geste.

Le matériel de laboratoire avec l'agrandisseur, les bassins, les cuves, a déjà été vendu pour une bouchée de pain à une jeune étudiante en photographie.

Un retour aux sources, dirait-on.

0.jpgLe système Ektaflex, le nec plus ultra pour l'époque, puisqu'il éliminait tous les problèmes de température à maintenir, de temps à compter avec précision, grâce au produit unique et la machine qui telle une essoreuse convertissait le négatif en positif, qui faisait oublier la période où il fallait près d'une demi-heure pour tirer une photo couleur pour s'apercevoir qu'elle était ratée en sortant de la cuve.

Ce procédé n'avait qu'un défaut majeur: son prix.  Les utilisateurs se sont questionnés, paniqués de ne plus trouver les ingrédients nécessaires.

Mais cela ne dit pas encore pourquoi le virage ne s'est pas produit chez Kodak.

Ce n'est pas uniquement un problème de sociétés liées à la photographie.

Il y a l'âge de la société, les manies, les meetings internes qui perdurent à n'en plus finir, les différents niveaux de management qui n'ont plus de stratégie commune ou plus osée. Quand le point critique est dépassé et que la souplesse nécessaire à la reconversion n'y est plus, il faut apprendre à s'effacer.

La "rupture numérique" n'est pas une péripétie. Elle n'a pas encore convaincu tout le monde. Le numérique a cassé les anciens rythmes du progrès pour en créer de nouveaux avec des processus évolutifs plus rapides.

En 2010, la firme Cokin avait une année difficile. Plutôt difficile de placer des filtres Cokin sur le petit appareil que l'on transporte partout qui fournit des photos de des qualités équivalente aux Reflex et qui fait entrer l'objectif dans sa boîte comme le petit oiseau de la pendule à coucou...

Le point positif, on n'a jamais fait autant de photographies que depuis l’avènement du numérique. On ne mitraille pas nécessairement pour changer d'angle de vue, mais pour trouver le meilleur sourire du portrait de sa chère et tendre devant le monument visité. Les souvenirs, cette fois n’ont réellement plus de prix.

Est-ce de bonnes photos? Bonne question. Je vous remercie de l'avoir posée. Sujet épineux, suggestif que l'appréciation de ce qu'est une bonne photo. Même celle-là a évolué. Il suffit de prendre un vieux livre de vulgarisation de Montiel pour s'en convaincre ou non.

Si vous n'avez pas encore été voir cela en virtuel sur Facebook, je vous conseille cela vaut le détour.

En 1867, c'était le début de la photo couleur. Charles Cros déposait à l'Académie des sciences de Paris un pli cacheté sur la "solution du problème des la photographie des couleurs" à l'origine du procédé de trichromie.

Puis j'ai pris le bouquin "L'histoire mondiale de la photographie en couleurs" de Roger Bellone. Il date de 1981, exactement l'année de sortie du premier Mavica.

Il est écrit dans l'avertissement de ce livre "On peut estimer à près de 20 milliards de clichés couleurs la consommation annuelle des photographes amateurs et professionnels du monde entier. Boulimie d'images dont le marché représente un chiffre d'affaires supérieur à celui de Boeing, Douglas, Lockheed, Rockwell, Dassault et Aérospacial réunis. De ce que l'utilisateur dépense pour la photographie, on aurait pu fabriquer un millier d'Airbus et trois cents Concorde. Dans l'univers de l'image, les hommes ignorent tout à son sujet.... Le profane découvrira les mutations qui se traduisent par des prototypes aux concepts inattendus, dont il sera peut-être l'utilisateur avant la fin du siècle".

Amusant, après coup, de relire ce genre de prose. Un business et une société énormes, oui, mais avec des pieds d'argile et avec une arrête dans le dos.

Je n'ai pas vraiment les chiffres actuels. J'ai seulement trouvé "la revanche du papier".

Connait-on mieux la technique de prise de vue en pixels? Non, on presse le déclencheur, seulement plus souvent, sans bruit. Le mot "bruit", lui, est passé sur l'image prise dans l'obscurité et qui s'appelait du "grain". Le grain qui est aussi un moyen de donner du style proche des peintres néo-impressionnistes. Un livre d'images "Mieux photographier" par Kodak, datant de 1982, parle de 100 techniques créatives, a pris place dans ma bibliothèque et ne semble pas avoir perdu de son efficacité.

Les logiciels permettent plus de solutions pour corriger après la prise de vue qu'à l'époque. Augmenter la saturation des couleurs comme le fait un filtre polarisant. Passer de la couleur au noir et blanc ou au sépia. Corriger les fameux yeux rouges trop gourmands en lumière. La photographie ne constitue plus une preuve en justice, tellement une photo peut être manipulée sans laisser de traces.

0.jpgQuant à l'avenir de la photo, je vais allez voir le "Chasseur d'Image", lui qui a occupé tellement de place pendant des années dans mes archives. C'est fou comme les dossiers sont toujours les mêmes. On n'a, semble-t-il, pas encore tout compris.

Le dernier parle de "Bien photographier l'hiver".

Les conseils n'ont pas changé. C'est toujours le choix de l'objectif qui est là pour accentuer la profondeur de champ, la brume qui reste à "décontraster" (comme disait, avec humour, feu Garcimore), l'augmentation du contraste et de la saturation à renforcer, par contre, pour les paysages, la sur-exposition à la neige, le flash même au soleil... et j'en passe et des meilleurs. Le froid qui fait bailler les piles aux corneilles. Le piqué de la photo est toujours à l'honneur. Le jaune s'incruste toujours dans le soir quand la luminosité fait défaut, mais, cette fois, on dépasse, sans plus le savoir, les 1600 ISO, sans plus s'en appercevoir. Si les rayures des pellicules ont disparu, elles ont été remplacées par des poussières à cause des objectifs interchangeables du reflex qui a pris un "D" dans sa nomenclature. Les programmes se retrouvent désormais au moment de faire clic et à la maison sous le contrôle de logiciels magiciens maison. Les appareils, eux, n'ont pas vraiment changé de têtes. Toujours la concurrence entre le réflex qui il faut bien le dire ne s'est pas senti plus léger avec l'arrivée du numérique et le petit que l'on met dans la poche. Dans le même magazine hivernal, un dossier en parle en les comparant sur leurs résultats pour finir par dire, qu'ils sont tous deux complémentaires.

A l'ouest, rien de nouveau, quoi. C'est toujours le sujet photographique qui fera la différence et la valeur de celui qui ne regarde plus uniquement dans l'occulaire. La technique fera ce qu'elle peut. Elle n'inventera rien.

Alors, voyons l'hiver avec des photos personnelles...et avec un compact numérique.

Plus spécifique à la Belgique, la société Agfa-Gevaert a subi le même problème que Kodak dans la grand domaine de la photo, mais elle a su faire un retournement de situation en changeant d'orientation dans l'imagerie. Ce qui ne l'a pas fait voir plus d'étoiles avec les pixels dans la Bourse.

Plusieurs sociétés dans le monde ont senti le souffle du boulet envoyé par le progrès et pas uniquement dans le domaine photographique.

Il suffit de piquer une tête sur les cours de Bourse pour avoir des indices en dehors de la seule impression que donne la crise. Des sociétés, moins connues, cachent leurs misères. Non, je ne vous en dirai pas plus, mais suivez mon regard...

Être performant ne suffit plus, c'est clair. Il faut plus pour que le photographe ou le consommateur s'esbaudisse. L'utilisateur, le client mène le bal avec un choix étendu, encore plus large, sur la Toile que dans le magasin du coin.

Erreurs techniques ou stratégiques? Oublier ce qu'est Internet et la rupture du numérique, peut être bien plus que de gagner un concours de bonne conduite ou un bonus à la petite semaine. Facebook qui veut entrer en Bourse et a fait son IPO, pour lever 5 milliards de $, même en période de crise, cela ne dit rien ?

0.jpgNokia, avec ses Smartphones, avait un problème de conception et d’extension possible et des problèmes internes. Une alliance avec Microsoft pourra-t-elle faire changer cette société d'optique? "Optique", voilà que cela me reprend. Un come-back avec le Lumia 800 avec l'interface Windows Phone?

HP en a fait baver beaucoup avec ses PC comme titan des ordis. Mauvaise appréciation, il s'offre des pépites qui sentent un peu plus le roussi.

"Le progrès a encore des progrès à faire", disait Philippe Meyer, mais c'est Franz Kafka que je choisis "«Croire au progrès ne signifie pas qu’un progrès ait déjà eu lieu.». La raison kafkaïenne a encore beaucoup d'avenir.

La photographie serait à la veille d'une nouvelle révolution en 2012? La jeune entreprise Lytro lance un appreil qui permet la mise au point alors que la photo est déjà prise sur ordinateur. La mise au point lors de la photo a toujours été reglée par un compromis sur le réglage de la profondeur de champ. L'objet principal de la photo, net et le flou pour le reste. L'oeil n'agit-il pas de la même manière? Oui, mais l'oeil n'est pas parfait, ni universel. Ce petit appareil de 11x4 cms enregistre toute la lumière dans un cadrage donné et permet après coup de choisir la mise au point. Le docteur Ren Ng parle de génération 3.0. Au détriment de la résolution, disent certains. Encore un nouveau compromis en perspective?

Alors, bientôt, Kodak2 en Gpix, c'est pour quand?

Sortez vos appareils à bits, l'hiver arrive. Sujet génial...

 

L'enfoiré,0.jpg


Mise à jour 29/3/2012: Duferco et la sidérurgie, même situation.


Citations:

  • « La photographie ? Une lâcheté devant le souvenir. », Didier Le Pêcheur
  • « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. », Anne Geddes
  • « Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant. », Julien Green

26/01/2012

Très chère austérité

Parfois, voire souvent, les économies se redressent après une réduction drastiques des déficits. Oui, mais encore.. quels sont ces déficits et d'où viennent-ils? En augmentant les bénéfices ou en diminuant les pertes. Mais c'est bien sûr. Mais encore....

0.jpgJe parlais de courbes rentrantes dans l'article précédent.

J'ai laissé la courbe rentrante la plus "subtile" pour cette fois: le niveau de vie en occident en berne.

On va à gauche, on va à droite, mais dans un tunnel, il faut toujours finir par aller tout droit vers une lumière qu'on aperçoit tout au fond. En économie, c'est la même chose.

Là, on parle de réduire les déficits quand ils se sont creusés au point de se retrouver sur la chape. On ne peut avoir et avoir eu avec le même "argent" (mot à utilisé entre guillemets). Il faut créer du neuf. Imaginer. Inventer. Consolider ses inventions.

Un peu de sémantique sur les mots utilisés s'impose.

Wiki dit du mot déficit (issu du latin : deficit, «il manque») est au sens primitif "le mot qui dans les inventaires est mentionné en regard des articles manquants" . À partir du 18ème siècle, il prend le sens financier d'un déséquilibre entre recettes et dépenses. Puis, par extension, le terme est repris dans le langage courant pour désigner l'insuffisance, le manque. En l'appliquant au domaine de la politique, on parle de "déficit démocratique".

En effet, tout finit par retourner à la politique.

Quant à la finance, cela se passe par deux techniques complémentaires ou préférentielles: réduire les coûts, les pertes et augmenter les rentrées pour engranger du bénéfice et pouvoir aller de l'avant dans un nouveau cycle. Premier axiome de l'économie.

Dans ce but, il y a la croissance, le statu quo et la décroissance. Qui n'est en fait qu'un thermomètre. Mais un thermomètre avec quelle base? Celsius, Fahrenheit, Kelvin? Où est le zéro? Il faut mettre un terme au mètre quand le mètre ne mesure plus rien. C'est une question qui me retourne à la science et à l'histoire.

- La croissance est-elle soluble dans l'austérité? 0.jpg

- Soluble? Tout dépend, s'il y a du vent (=des projets, des idées), si la mer (=l'inflation) n'est pas trop forte, quoique... Il faut comprendre comment cela marche, dit quelqu'un. Mais je vais vous le dire, dirait-il avec un roulement des épaules. L'argent n'est pas là où il faudrait. Il faudrait remettre les compteurs à zéro. Et il vous répondrait, peut-être, "je n'ai pas compris votre question"...

- L'austérité va-t-elle permettre le retour à la croissance et le chemin vers la prospérité et dans combien de temps?

- Un certain temps, comme le fût du canon pour se refroidir (sourires). Tout dépend de l'épaisseur du couvercle du canon qui retient le boulet, probablement.

- Et de l'énergie de la poudre, aussi, peut-être? (rires) Rappelons la sémantique, elle qui est importante pour ce qui va suivre.

La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée.

La prospérité est une période de croissance économique où la bonne qualité de vie de l'ensemble de la population de la région géographique est qualifiée de prospère. Elle est le résultat d'un faible taux de chômage, d'une économie florissante, d'une stabilité politique, d'une qualité de soins de santé disponible et d'une appréciation générale des individus de leur condition.

- Il est dit que beaucoup de pays d’Europe ont choisi de prendre des mesures d’austérité pour résoudre la crise. Mais la baisse de la demande consécutive à ces politiques ne risque-t-elle pas de produire une récession d’ampleur internationale ?

Rappel: La récession est un phénomène de ralentissement du rythme de la croissance économique. Lors d'une récession, la croissance devient inférieure à la croissance potentielle et l'écart de production augmente; le phénomène inverse est une expansion. La dépression est la chute importante et durable de l'activité.

- A l'austérité, les États-Unis ont préféré, jusqu'ici, la version inverse celle de la planche à billets. L'augmentation des disponibilités. Préfèreraient-ils plomber une peu plus le déficit que de ralentir la consommation?

- C’est aussi le dilemme que se posait Robert J. Shiller, professeur d’économie à l’Université de Yale, dans Project Syndicate. Je le cite:

"Il rappelle qu’un économiste d’Harvard, Alberto Alesina a récemment apporté des preuves qui tendraient à infirmer cette crainte, et qui indiqueraient que dans certains cas, les économies connaissent un regain de croissance après une réduction drastique du déficit. Parfois, le programme d’austérité redonne assez de confiance pour relancer l’économie.0.jpg

Des experts du FMI, Jaime Guajardo, Daniel Leigh, et Andrea Pescatori, ont récemment étudié les plans d’austérité de 17 pays sur les 30 dernières années. Mais au lieu d’étudier uniquement les évolutions des déficits, ils se sont attachés à rapprocher les décisions des gouvernements en sélectionnant uniquement celles qui étaient de véritables mesures d’austérité (réductions des dépenses publiques ou augmentations de impôts) destinées à avoir des effets de long-terme, et se sont basés sur les indications chiffrées que ces gouvernements avaient fournies. Leur conclusion, c’est que les politiques d’austérité aboutissaient à une baisse des dépenses de consommation, et affaiblissaient l’économie. Cependant, Valerie Ramey, une économiste de l’université de Californie à San Diego, leur oppose cette possibilité que ce qui semble être une conséquence puisse être en fait la cause, et que les gouvernements pourraient lancer des politiques d’austérité parce qu’ils jugent que la situation économique est en train de se dégrader, ce qui va compliquer le financement ultérieur des dépenses de l’Etat. A ce moment-là, pour l’observateur inexpérimenté, il pourrait sembler que les mesures d’austérité ont engendré une crise économique. Le problème de toutes ces analyses économiques, c’est qu’on ne peut pas constituer différents groupes de tests pour isoler et mesurer des effets sur la dette nationale, comme les médecins peuvent le faire lorsqu’ils testent de nouveaux traitements. Pour Shiller, il faut donc abandonner la théorie et se référer aux expériences empiriques, à l’histoire. Et ce que Guajardo et ses collègues ont montré, c’est qu’historiquement, les réformes qui visaient à réduire les dépenses de l’Etat et à augmenter les impôts ont été suivies par des ralentissements économiques. De ce point de vue, « les politiques ne peuvent pas se permettre d’attendre des décennies pour que les économistes trouvent une réponse définitive, qui pourrait bien ne jamais venir. Mais, à en juger par les indications que nous avons, les programmes d’austérité en Europe et ailleurs apparaissent susceptibles d’apporter des résultats décevants », conclut-il.

-Que conclure, d'ailleurs, si ce n'est par ce qui est observé de visu dans la vie de tous les jours.

0.jpgDans l'histoire, il y a la "Fable des abeilles" de Bernard Mandeville qui montrerait que l'austérité est une vertu dangereuse et que cela ne date pas d'hier.

Wikipedia dit encore que la Fable des abeilles, qu'elle développe avec un talent satirique la thèse de l’utilité sociale de l'égoïsme. Il avance que toutes les lois sociales résultent de la volonté égoïste des faibles de se soutenir mutuellement en se protégeant des plus forts.

Son premier extrait, la "Ruche prospère" fait l'éloge
de la monarchie parlementaire comme condition politique de la prospérité de la ruche, l'apologie du luxe pour l'élite comme moteur de l'économie, le thème des dissonances (les vices) nécessaires qui concourent à l'harmonie de l'ensemble.

Dans le second extrait, on voit se mettre en place, à contrario, les conditions du déclin de la prospérité : croyant redevenir vertueux les habitants de la ruche veulent rétablir l'honnêteté dans le commerce.

Dans le troisième extrait, nous assistons au déclin du système, lui-même.

Tirer la leçon serait:

  • que la réalité et l'expérience nous administrent...
  • que le vice est aussi nécessaire à l’État, que la faim l'est pour le faire manger...
  • que les passions ne sont ni bonnes ou mauvaises....
  • que le bien et le mal sont relatifs...
  • que l'important est d'orienter ces forces, ressorts de nos comportements, pour le mieux-être de tous.

(la fable est disponible après cet article)0.jpg

- Thèses semi-libérales ou semi-sociales entre causes et effets?

- Tout se mêle pour la mettre à exécution le programme de cette austérité à l'européenne. Cette semaine, le Vif L'Express avait un dossier complet qui donnait "Nos astuces pour vaincre la crise". La semaine suivante "Auto. Comment réduire la facture". Réduire la consommation du pétrole, d'accord, mais....

- En dehors de la période de crise que nous vivons, qui parlerait de tout cela?

- Personne. C'est un peu cela le problème général. La crise impacte tout le monde mais pas de la même manière.

La radio RTBF parlait de l'austérité en disant que c'était un cercle vicieux.  Elle réservait des émissions sur le sujet tout au long des deux premiers jours de la semaine. On commençait par analyser comment la population réagit à la crise et à l'austérité.

0.jpgEn bas, où on a déjà cherché tous les moyens pour payer moins.

Au milieu, une crainte de ne plus pouvoir assumer dans le futur et une baisse ou une substitution de consommation et l'inquiétude devient générale.

Le taux d'épargne va encore augmenter cette année à plus de 17%. Le Belge est 18% plus riche qu'il y a dix ans. Il n'ose plus dépenser... le "pauvre".

En haut, thésauriser, épargner un peu plus et réduire d'autant la consommation.

On place l'argent avec seulement un peu plus de prudence qu'avant, ou alors ce sont les comptes qui prennent de l'embonpoint.

La parité entre dollar et euro au désavantage de ce dernier a ajouté une couche supplémentaire à l'augmentation des prix du pétrole, payé en dollars.

- L'austérité dans la pratique, cela passerait par le logement, l'énergie, les assurances, les vêtements, l’alimentation,...

- Par tellement de choses. Dans le budget des ménages, certaines dépenses ont, en quelques années, changé d'importance. La nourriture a été dégradée à la quatrième place dans l'échelle des valeurs, tandis que tout ce qui tourne aux communications, voyages se retrouvent en deuxième. Si elle est choisie moins, ce n'est pas nécessairement moins bon de manière nutritive, disent les organismes de contrôle, mais....

0.jpg- Tout s’enchaîne merveilleusement bien, semble-t-il pour consommer malin en fonction de cette réorganisation.

- En effet. On devient plus regardant sur les achats en général tout en comparant les prix via Internet. S'ajoute les reports des achats à toujours plus tard en attente de promotions, les achats groupés (via wikipower par ex), la chasse aux gaspillages et, miraculeusement, les magasins suivent leurs prospects à la trace. Ils ne vendent plus en petites quantités. Comment les promotions sont réalisées n'intéressent pas les consommateurs. On achète en commun.

- Ce qui est petit devient gentil dans l'espace logement.

- Au besoin, on vit en commun, on partage la même chambre dans un kot qui devient, de fait, un petit logement à haut rendement. On va bientôt partager le même lit et ce qu'on y fera ensemble... enfin, c'est déjà mieux que de faire la guerre (sourire)

- Epargner les déplacements, aussi?

- Sur la route, on roule moins cher, on partage la bagnole grâce au covoiturage. C'est covoiturage.be , carpol.be , carzoo.be , djengo.net... qui prennent le relais de taxistop.be et kidpooling.be qui ne parviennent, peut être plus, à suivre. Achetez des voitures mais laissez-les au garage. Voilà le mot d'ordre.

0.jpg

- L'alimentation, on mange moins cher?

- On l'achète en commun pour obtenir de meilleurs prix du distributeurs via un accord tacite avec un intermédiaire. Vous ne connaissez pas les sites de d'achats groupés et qui cassent les prix comme "groupon"? Qu'est-ce que vous mangez, ce soir? Ben, la même chose que vous....

- Les soins médicaux?

- On diminue le nombre des visites chez le médecin, chez le dentiste, bien entendu.

- Et la culture dans tout ça?

- Elle ne passe plus que par le gratuit. La connexion Internet est payé et prêt à se faire engluer dans les messages publicitaires. Les CD, les journaux sont de plus en plus aux abonnés absents. La propagande s'infiltre par les mêmes canaux. Vous vous y perdrez à chercher la vérité.

Megaupload est un empire très rentable (175 millions de $ depuis 2005...) mais reste assez nébuleux dans la voie de la piraterie. Mégaupload a été classé dans les hors la loi aux États-Unis. Pourquoi? Est-ce à cause du fait qu'ils voulaient devenir le nouvel iTunes?  Parce que la dîme n'était pas passée dans les caisses de l'État mais dans la poche de ceux qui faisaient intelligemment payer par la pub et par les contrats pris par les citoyens? Qui sait. Mais rien n'est gratuit en ce bas monde, même si cela peut le paraitre.

0.jpgSarkozy applaudissait. Je ne vais pas vous faire l'affront de vous demander pourquoi.

Nellie Kroos s'étranglait, outrée. Plus difficile à comprendre? Peut-être était-elle dans le lot des pirates qui construisaient leurs bibliothèques de musiques à bon marché.

Anonymous attaquait en bloquant ce qui pouvait l'être. 

En définitive, Anonymous supporterait-il les faibles ou les puissants? Ce n'est plus tout à fait clair.

- Et, avec l'argent quand il en reste?

- Même, là. On cherche le dernier picaillon. Les coffres-forts se sont vidés (30.400 rien qu'en décembre) à cause de la nouvelle taxe de conversion des titres au porteur. L'argent et les titres dématérialisés sont désormais ailleurs sur des comptes bancaires.0.jpg

- Il n'y a manifestement plus de petites économies, le processus est enclenché partout.

- Peut-être, Mais le remède de cheval donne un résultat qui se voit dans les grandes surfaces. Bien moins de monde aux caisses, personne à la charcuterie où d'habitude, il y a des files. Des trous dans les rayons. Ils ne se réapprovisionnent plus à la même allure de croisière. Tiens, j'ai connu ailleurs à une autre époque pendant laquelle on payait avec des tickets de rationnement....
Cela se ressent aussi chez les travailleurs. On est un peu plus court dans la réponse aux questions des clients. On perd l'habitude et c'est long une journée sans clients.

- On se retrouverait, en finale, dans un climat de fin du monde?

- La récession, c'est ça. Ce n'est pas encore la dépression quand on ne dépense plus rien, quand tout s'arrête, mais cela y ressemble.
0.jpgL’Etat passe aussi, aux économies. On fait nettoyer les fenêtres des bâtiments par des vitriers spécialisés, à l'extérieur. Mais, à l'intérieur, il est de bon ton de le faire soi-même.
Les plus riches se doivent de montrer l'exemple, non?

- Face à la crise, les cadeaux futiles deviennent utiles mais, bien loin du week-end gastronomique ou du massage relaxant dans une ambiance chic et feutrée...

- Il y a les ©Crisebox, ces coffrets cadeaux qui donnent un petit coup de pouce au quotidien difficile aux plus modestes.

Il y a le bénévolat qui vient au secours de notre austérité chronique. Quand il n'y pas plus rien à perdre ou à gagner, une bonne action ou un moyen d'utiliser son propre temps utilement est toujours bienvenu. Une occasion de communiquer sa gêne?

En recevoir ou pas? Tout est dans cette question.0.jpg

- Et les économistes quand ils sont questionnés du comment y remédier et recréer de la consommation que proposent-ils?

-Les réponses sont subtiles du côté des optimistes:

  • "Annoncer une hausse de la TVA pour que les gens se précipitent pour consommer" (Etienne de Callataÿ)
  • "Donner des consignes aux fonctionnaires pour faire avancer les dossiers d'investissements" (Y. Vanden Cloot)
  • Le pessimiste, Paul de Grauwe, qui dit que "On ne peut rien faire dans un contexte politique pervers".

- La sarkosienne "travailler plus pour gagner plus" (sourires)?

- Une connerie de plus si on n'y prend garde. Le travail forcé n'est plus un travail, c'est de l'esclavage

- La route de l'austérité, une route sans fin, sans avenir?

- Quelle route? Plus possible, on est à l'arrêt. Il y a des nids de poules sur les routes. Plus de motivations. Plus rien ne bouge qu'ensemble. On attend que l'autre bouge. La quantité a remplacé la qualité. Elle nivelle par le bas. L'âge du hard discount dans lequel on élimine tous les concurrents, les récalcitrants qui continuent à penser que la qualité a encore une valeur.

0.jpg-Le citoyen semble avoir gardé les moyens de communiquer par l'habitude.

- Sauvé in extrémis comme les amis de mes amis sont tous devenus des amis sur Facebook. Quand la ligne ADSL est coupée, il y a encore le GSM, le Smartphone pour s'informer de comment font les autres pour s'en sortir à condition que la télé qui est dans le package tiennent encore l'image en mouvement. C'est tellement "smart". En résumé, mixe-t-on tout dans la même soupe?

- En plus, cette soupe est observée de haut. Voilà que le FMI, en la personne de Christine Lagarde, s'adresse à la zone euro pour dire "Modérez vos plans de rigueur".

Le FMI à la zone euro: 'modérez vos plans de rigueur'

Serait-ce une réédition de l'arroseur arosé? D'où sommes-nous partis pour en arriver là?

- Il y a le départ, la corde la plus sensible. Celui des crises de 2008-11 avec des gains faciles comme le film "Margin Call" le dénonce. Etrange qu'il n'y ait pas eu une série de films produits en Amérique sur le sujet, plus tôt.

- Dans "Nous sommes tous responsables", il y avait une phrase qui disait: "Ne sentez-vous pas que la corde va se casser?". Est-ce cela qui fait le complément?

- Oui, bien sûr. Une autre corde, aussi, flanchait: "la compétition tout azimut entre les partenaires européens sans vision commune. Ce qui mène au chacun pour soi, au donnant-donnant sinon rien. "I want my money back" disait Margareth. La solidarité n'était qu'apparente. Peut-être qu'arrivé à avoir tout dans le pot commun, allons-nous changer d'optique, après que les cordes, une fois détendues, rétrécies et puis cassées, ce sera le moment de créer d'autres cordes.

- Que pensez-vous de la règle d'or?

- Cela dépend du nombre de caras de l'or.

0.jpg

- Espérons que l'on remonte jusqu'au  niveau des responsabilités. En Allemagne?

- Peut-être. En attendant, faites vos jeux, rien ne va plus. Impair passe et manque. Quand à vos vœux, jusqu'à nouvel ordre, on n'en a plus rien cirer. Par ici, ils ont choisi pour nous. C'est, désormais, l'option par défaut, se serrer la ceinture jusqu'au point final. "Rigueur", un mot qui fait peur. Lisez l'édito d'Anne Blampain en fin de notre conversation. Elle parle de l'Europe et de la Grèce. Remplacer le mot "Grèce" par n'importe quel autre pays et vous comprendrez jusqu'où aller trop loin. Mais, les 'cigafours" fourbissent leurs armes.

Sur le Pacte de Stabilité Budgétaire (tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le nouveau traité... Traduction de l'article du Corporate Europe Observatory, «Automatic austerity».

0.jpg"Histoire d'éviter la moindre idée de gauche dans cette Europe de droite et extrême droite, on légifère des textes qui rendent une politique de gauche impossible  (aux usa ça s'est fait par de la propagande pour incultes dans les domaines politique, historique, sociologique....En Europe on est obligés de la jouer autrement par le biais de la législation, on n'est pas encore assez incultes pour faire autrement. ajoutait  Sun Tsu

Elle est vraiment très chère cette austérité. Elle sert juste un peu trop fort aux entournures.


L'enfoiré,



,

  Citations:

  • « L'austérité vise par certaines mesures à avancer l'âge de la mort. », Georges Marchais
  • « L'austérité n'est acceptable qu'étayée par l'ambition. », Madeleine Ferron

 -----------------------------------Annexes--------------------------------------------------

La fable des abeilles0.jpg

LA RUCHE PROSPÈRE
Une vaste ruche bien fournie d'abeilles,
Qui vivait dans le confort et le luxe,
Et qui pourtant était aussi illustre pour ses armes et ses lois,
Que pour ses grands essaims tôt venus,
Etait aux yeux de tous la mère la plus féconde
Des sciences et de l'industrie.
Jamais abeilles ne furent mieux gouvernées,
Plus inconstantes, ou moins satisfaites.
Elles n'étaient pas asservies à la tyrannie
Ni conduites par la versatile démocratie,
Mais par des rois, qui ne pouvaient mal faire, car
Leur pouvoir était limité par des lois.
[...]
On se pressait en foule dans la ruche féconde,
Mais ces foules faisaient sa prospérité.
Des millions en effet s'appliquaient à subvenir
Mutuellement à leurs convoitises et à leurs vanités,
Tandis que d'autres millions étaient occupés
A détruire leur ouvrage.
Ils approvisionnaient la moitié de l'univers,
Mais avaient plus de travail qu'ils n'avaient d'ouvriers.
Quelques-uns avec de grands fonds et très peu de peines,
Trouvaient facilement des affaires fort profitables,
Et d'autres étaient condamnés à la faux et à la bêche,
Et à tous ces métiers pénibles et laborieux,
Ou jour après jour s'échinent volontairement des misérables,
Epuisant leur force et leur santé pour avoir de quoi manger.
Tandis que d'autres s'adonnaient à des carrières


0.jpgLes grandes figures du monde moderne
Où on met rarement ses enfants en apprentissage,
Où il ne faut pas d'autres fonds que de l'effronterie,
Et où on peut s'établir sans un sou,
Comme aigrefin, pique-assiette, proxénète, joueur,
Voleur à la tire, faux-monnayeur, charlatan, devin,
Et tous ceux qui, ennemis
Du simple travail, se débrouillent
Pour détourner à leur profit le labeur
De leur prochain, brave homme sans défiance.
On appelait ceux-là des coquins, mais au nom près
Les gens graves et industrieux étaient tout pareils ;
Dans tous les métiers et toutes les conditions il y avait de la fourberie,
Nul Etat n'était dénué d'imposture.
[...]
C'est ainsi que, chaque partie étant pleine de vice,
Le tout était cependant un paradis.
Cajolées dans la paix, et craintes dans la guerre,
Objets de l'estime des étrangers,
Prodigues de leur richesse et de leur vie,
Leur force était égale à toutes les autres ruches.
Voilà quels étaient les bonheurs de cet Etat ;
Leurs crimes conspiraient à leur grandeur,
Et la vertu, à qui la politique
Avait enseigné mille ruses habiles,
Nouait, grâce à leur heureuse influence,
Amitié avec le vice. Et toujours depuis lors
Les plus grandes canailles de toute la multitude
Ont contribué au bien commun.
Voici quel était l'art de l'état, qui savait conserver
Un tout dont chaque partie se plaignait.
C'est ce qui, comme l'harmonie en musique,
Faisait dans l'ensemble s'accorder les dissonances.
Des parties diamétralement opposées
Se prêtent assistance mutuelle, comme par dépit,
Et la tempérance et la sobriété
Servent la gourmandise et l'ivrognerie.
La source de tous les maux, la cupidité,
Ce vice méchant, funeste, réprouvé,
Était asservi à la prodigalité,
Ce noble péché, tandis que le luxe
Donnait du travail à un million de pauvre gens,
Et l'odieux orgueil à un million d'autres.
L'envie elle-même, et la vanité,
Étaient serviteurs de l'application industrieuse ;
Leur folie favorite, l'inconstance
Dans les mets, les meubles et le vêtement,
Ce vice bizarre et ridicule, devenait
Le moteur même du commerce.

 

NOUS VOULONS DE L’HONNÊTETÉ
Il ne se commettait pas la moindre erreur,
La moindre entorse au bien public,
Que tous ces pendards ne s'écrient effrontément :
"Grands dieux ! Si seulement nous avions de l'honnêteté! "
Mercure souriait de cette impudence,
Et d'autres trouvaient absurde
D'invectiver sans cesse contre ce qu'ils aimaient tant.
Mais Jupiter transport. d'indignation,
Finit par jurer dans sa colère " Qu'il débarrasserait
Cette ruche braillarde de la malhonnêteté ".
C'est ce qu'il fit. A l'instant même celle-ci disparaît
Et l’honnêteté emplit leur cœur
Là elle leur montre, tel l'arbre de la connaissance,
Des crimes qu'ils ont honte d'apercevoir,
Et que désormais en silence ils avouent
En rougissant de leur laideur,
Comme des enfants qui voudraient bien cacher leurs fautes,
Mais qui par la couleur de leurs joues découvrent leurs pensées,
S'imaginant, quand on les regarde,
Qu'on voit tout ce qu'ils ont fait.

 

LE DÉCLIN0.jpg
Mais, ô dieux ! Quelle consternation,
Quel immense et soudain changement !
En une demie-heure, dans toute la nation,
Le prix de la viande baissa d'un sou par livre.
L'hypocrisie a jeté le masque
Depuis le grand homme d’État jusqu'au rustre
[-]
Regardez maintenant cette ruche glorieuse, et voyez
Comment l'honnêteté et le commerce s'accordent.
La splendeur en a disparu, elle dépérit à toute allure,
Et prend un tout autre visage.
Car ce n'est pas seulement qu'ils sont partis,
Ceux qui chaque année dépensaient de vastes sommes,
Mais les multitudes qui vivaient d'eux
Ont été jour après jour forcées d'en faire autant.
[-]
A mesure que l'orgueil et le luxe décroissent,
Graduellement ils quittent aussi les mers.
Ce ne sont plus les négociants, mais les compagnies
Qui suppriment des manufactures entières.
Les arts et le savoir-faire sont négligés.
Le contentement, ruine de l'industrie,
Les remplit d'admiration pour l'abondance de biens tout simples
Sans en chercher ou en désirer davantage.
Il reste si peu de monde dans la vaste ruche,
Qu'ils ne peuvent en défendre la centième partie
Contre les assauts de leurs nombreux ennemis.
Ils leur résistent vaillamment,
Puis enfin trouvent une retraite bien défendue,
Et là se font tuer ou tiennent bon.
Il n'y a pas de mercenaire dans leur armée,
Ils se battent bravement pour défendre leur bien ;
Leur courage et leur intégrité
Furent enfin couronnés par la victoire.
Ils triomphèrent non sans pertes,
Car des milliers d'insectes avaient été tués.
Endurcis par les fatigues et les épreuves,
Le confort même leur parut un vice,
Ce qui fit tant de bien . leur sobriété
Que, pour éviter les excès,
Ils se jetèrent dans le creux d'un arbre,
Pourvus de ces biens : le contentement et l'honnêteté.

0.jpgMORALE
Cessez donc de vous plaindre : seuls les fous veulent
Rendre honnête une grande ruche.
Jouir des commodités du monde,
Etre illustres à la guerre, mais vivre dans le confort
Sans de grands vices, c'est une vaine
Utopie, installée dans la cervelle.
Il faut qu'existent la malhonnêteté, le luxe et l'orgueil,
Si nous voulons en retirer le fruit.
La faim est une affreuse incommodité, assurément,
Mais y a-t-il sans elle digestion ou bonne santé ?
Est-ce que le vin ne nous est pas donné
Par la vilaine vigne, sèche et tordue ?
Quand on la laissait pousser sans s'occuper d'elle,
Elle étouffait les autres plantes et s'emportait en bois ;
Mais elle nous a prodigué son noble fruit,
Dès que ses sarments ont été attachés et taillés.
Ainsi on constate que le vice est bénéfique,
Quand il est émondé et restreint par la justice ;
Oui, si un peuple veut être grand,
Le vice est aussi nécessaire à l’État,
Que la faim l'est pour le faire manger.
La vertu seule ne peut faire vivre les nations
Dans la magnificence ; ceux qui veulent revoir
Un âge d'or, doivent être aussi disposés
A se nourrir de glands, qu'à vivre honnêtes.


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Edito européen d'Anne Blanpain du 26 janvier

Un appel aux Grecs ce matin? 0.jpg

Bon les Grecs, il est temps de vous secouer un peu. C'est vrai, quoi, on vous demande depuis 2 ans de faire un petit effort, de ne plus toucher de pension, de réduire votre salaire, de payer des impôts, de perdre votre boulot, de payer plus cher tout ce que vous achetez et tous ces bons conseils, vous n'êtes même pas fichus de les appliquer correctement. Vous traînez, vous discutaillez. On vous demande de négocier avec les banques une diminution de votre gigantesque dette et vous n'êtes pas capables de négocier correctement un bon taux d'intérêt. Bien sûr, on aurait pu la jouer plus finement; ne pas donner un tel pouvoir aux créanciers privés en claironnant partout que sans cet accord avec eux, il n'y aurait plus d'aide européenne. Bien sûr, on aurait pû vous aider un peu en ne vous menaçant pas des pires représailles si vous osiez commencer à imaginer un début de défaut de payement. Pour le dire clairement, pas question que votre premier ministre dise "Ecoutez ça ne va plus, je vais rembourser à mon rythme et comme je peux". Pas question parce que dans la zone euro, Monsieur, on rembourse ses dettes. Donc vous devez négocier avec un secteur privé qui sait que vous ne pouvez pas claquer la porte sous peine de ne plus avoir d'aide européenne et vous ne pouvez pas les envoyer balader parce qu'on vous a demandé de rester poli avec eux quoi qu'il arrive. Et s'il fallait encore un signe que vous vous complaisez dans la crise, vous refusez de privatiser, de vendre vos bijoux de famille. Bien sûr vendre maintenant sous la pression des entreprises qui ne sont pas en très bon état, c'est mal vendre, c'est vendre à perte mais tant pis, vous devez en tirer 50 milliards d'euros. Et ce n'est pas une excuse de dire que peut être ça n'intéresse pas grand'monde, des entreprises installées dans un pays dont l'économie ne tourne plus, dont les citoyens ne peuvent plus consommer. Ca fait du bien aux Européens de vous envoyer ce genre de phrases à la figure, ça défoule mais franchement les européens ils semblent ne plus y croire vraiment. Les coups de bâton tout seuls, ça ne marche pas. Les Grecs n'ont jamais vraiment collecté l'impôt, c'est scandaleux, idiot, suicidaire, d'accord mais changer le système prend du temps et imposer des citoyens qui ont perdu 40% de leur salaire, ne risque pas de rapporter grand-chose dans les caisses de l'état grec. Tout le monde a de bonnes idées pour sortir la Grèce de l'ornière, faire payer les banques, non les citoyens, non les riches, l'armée, l'église, les Grecs de l'étranger, la Chine, la Russie, tout le monde ensemble. Mais rien ne marche. Et si la Grèce est celle dont on parle le plus, le Portugal est sur la même pente que la Grèce. Lundi prochain, les dirigeants européens vont nous parler de croissance et d'emploi, on leur souhaite d'être aussi tenaces et fermes que lorsqu'ils nous parlent d'austérité et de rigueur.

 

19/01/2012

Courbes rentrantes

Tout passe, tout casse, tout lasse et tout renait, pas uniquement à cause d'une personnalité, d'une idée originale, d'un œuf de Colomb, d'une indigestion, d'un ricochet, d'une mauvaise grippe ou d'une courbe rentrante

0.jpgLe mois de janvier 2012 est presque passé.

Le foie gras, les huitres, le homard et le champagne de début d'année, n'ont même pas laissé la moindre trace dans les estomacs délicats, si ce n'est un petit excès pondéral ou au pire, le souvenir d'une indigestion. 

Les vacances entre les fêtes de Noël et Nouvel an puis la première semaine de l'année ont servi pour écouler les derniers jours de congés de l'année.

Par l'intermédiaire des "Last minutes", elles avaient seulement pris plus de temps pour mieux s'adapter au prix des habitudes.

Fin 2011, j'avais déjà suggéré "Que la fête commence et vite".

Quand il y a trop de "Crises en thème", il faut toujours garder une porte de sortie et chercher à se dire, enfin, "que la raison fut" et que tout n'est pas nécessairement perdu.

La croissance est notre seule planche de salut. C'est bien compris. La récession, c'est la m... Capito?

0.jpg

Ouin mais, on entend un peu partout que 2012 sera une année de tous les dangers.  

Ces Mayas, avec lesquels j'ai déjà eu "Maille à partir", se sont peut-être trompés de virgule dans leurs calculs. Vous savez cette virgule qui change tout qui place un zéro à un mauvais endroit dans un montant ou un nombre.

2012 , une année charnière, peut-être, pendant laquelle on déclare la fin de la récréation.

Y en a marre de l'austérité et de cette thérapie germanique. Trop c'est trop. Trop is te veel, dirait-on chez nous en langage fleuri et bilingue. Alors, on planifie une grève pour la fin du mois. Grève avec des cris destinés à des sourds et qualifiée d'irresponsable, par qui vous savez..

0.jpgIl faut trouver quelques "conneries" générales pour permettre encore quelques fois de rire à ces empêcheurs de tourner en rond pour limer leurs dents qui raclent les parquets de nos cauchemars.

Vivement des courbes rentrantes. Je vais en chercher les premiers indices. Et ils sont nombreux.


Courbe rentrante mais qui avait pris la tangente.

En Belgique, les voitures, Rolls Royce et Porsche, si elles ne s'étaient pas vendues comme des petits pains, les vendeurs ont, tout de même, eu une occasion de boire le champagne après avoir dépassé leur quota. Bizarre, j'en, étais même surpris, mais les chiffres sont là.

Les immatriculations des voitures neuves ont dépassé le demi-million depuis 2006. Les Belges ont les pieds sur les deux pédales. Quand on doit se déplacer avec une brique dans le ventre, cela s'explique.

On pense avoir un trou d'air dans les ventes vu la déduction taxes CO2 qui allait être abolie et que les grosses voitures de sociétés perdaient quelques attraits pour les ayants droit de nos belles entreprises.

0.jpg"Petites astuces plutôt que grands plans catastrophe", était-il dit pour rassurer. Il y a une botte secrète. La pub est plus efficace que jamais, les remises observent une courbe montante, les sourires des mannequins sont là à faire pâlir DSK d'envie. Tous tournent autour des voitures, béats d'admiration, dans le salon de l'auto de Bruxelles. 

Plus besoin de toucher une voiture pour l'acheter, d'ailleurs. Il suffit de surfer sur la vague avant d'aller au salon. Des jeunes ont compris la manœuvre et ont créé clickyourcar.be. Un nouveau marché qui fleure bon la rentabilité.

C'est ainsi qu'en chemin, on s'aperçoit qu'un certain luxe, qu'une envie de jouir de la vie, attirent toujours comme l'aimant.

Il y en a qui n'en ont aucun, qui en ont envie, qui en arrive à jalouser l'autre qui en a et qui en profitent impunément.

On se souvient des débuts de Sarko. De sa Rolex, sans laquelle, on n'aurait pas réussi sa vie, d'après la pub de l'horloger de luxe. Elle refait irruption et fait toujours grincer les dents des uns et palpiter les cœurs des autres dans les moments mêmes difficiles.


Courbe rentrante ou voie de garage?

Le prestige et le paraître de la bagnole sont toujours présents.

"To be or not to be. That's the question..."..

Le bling bling, si on ne l'a pas, on fait semblant de l'avoir autrement.

Comment? Avec des copies, du toc, voyons.

Les plus fins, les citoyens lambda, eux, sont restés patients pour la période des soldes ou regardent les démarques des marques avant de se lancer à la chasse même s'ils ont pris un peu moins de largesses et évité la débandade.

C'est vrai, je devrais peut-être changer le scénario humoristique de mes deux derniers sketches sur le sujet des soldes. Depuis lors, il parait qu'en France, ce sont les hommes qui ont dépassé les femmes pour le budget moyen réservé aux soldes. Respectivement, 258 euros contre 195.  0.jpg

La source des soldes, après la folie des premiers jours, s'est tarie, bien sûr. Le rythme de croisière des prix a repris. On ne peut pas raisonnablement descendre en dessous des -70% affichés depuis le début. "Moins cher, c'est illégal" comme disait une vieille pub d'un certain 'Tonton tapis'.

Dans les files, aux caisses, on se sent toujours mieux d'avoir trouvé les bonnes affaires. Tout le monde a investi pour dans un an, quand la saison reviendra. Quand on investit, on voit toujours loin.

0.jpgIl y a deux types de commerces qui fonctionnent toujours: le haut et le bas de gamme. Bizarre, au milieu, il y a de moins en moins de candidats. Mon épouse me répète souvent qu'il n'y plus rien de beau dans les magasins de prêt-à-porter. Évidemment, le beau se paie cher, rubis sur ongle et les fournisseurs se procurent le tout-fait à partir de pays qui n'ont pas nécessairement les mêmes prérogatives de beauté et qui se limite à la seule rentabilité. Les magasins de milieu de gamme disparaissent. Ce sont les clients qui, à l'usure, fermeront les portes des magasins qui n'ont pas compris où installer leur enseigne dans le quartier ad hoc. Le client finirait-il par être le roi? Les ghettos aussi, d'ailleurs. D'où cette idée de courbe rentrante ou descendante.

L'écologie est même en berne. Les entreprises du photovoltaïque, des panneaux solaires ferment leurs portes en manque de soutiens et d'incitants de l'Etat.

Mise à jour avant élection: Eva Joly ne fait pas vraiment le poids.


Courbe rentrante, une chance, un rêve ou un cauchemar?

0.jpgEn 2011, la Loterie Nationale a touché le jackpot avec 9% de hausse et 1,2 milliards de chiffre d'affaire. L’Euro-million se rapproche du Lotto avec 35%. Cela a même étonné les créateurs de chance, comme ils s'appellent, vu que la confiance des consommateurs était en baisse. On aime, donc, de plus en plus gratter les petits billets et puis on rêve. C'était un vendredi 13, vendredi passé, je rappelle, pas question de rater cette occasion.

On se demande bien ce que vont bien pouvoir faire ces multimillionnaires avec ce pognon. Mais qui s'en inquiète?

Inutilement indispensable ou indispensable inutile, cela fait toujours la finesse de la recette. Un vendredi 13 en janvier. Quelle chance, ce sera...


Courbe rentrante en dégradations en cascades 0.jpg

Ce jour-là, les agences de notations ont dégradé en série, 9 pays européens alors que les marchés reprenaient timidement. Elles ne font plus dans le détail puisqu'elles ont remarqué qu'on attachait plus d'importance à elles, que tous se pliaient à leurs fantaisies et leurs fantasmes. Elles n'en ont rien à cirer d'enfoncer le bouchon dans la bouteille, elles boivent le champagne à tous les coups. Faire joujou avec des graphiques et des chiffres comme pompiers pyromanes, cela rapporte apparemment très bien. Elles ne se décoteront jamais, elles-mêmes. 0.jpgLe délit d'intiés se cache-il derrière la manoeuvre? Si elles notaient par régions au lieu de pays, là, ce serait vraiment du sucre en poudre, encore plus sucré.

Pas de chance, le AA+ de la France était déjà dans les prévisions des renifleurs et cela n'a pas été trop la douche écossaise. La Bourse ou la vie, une majuscule qui fait la différence. Aurait-on appris à intégrer la crise dans les cours, puisqu'ils remontent? Non, elle respire comme d'habitude. "Quand la mer monte, j'ai honte Quand elle descend, je t'attends"


Courbes rentrantes ou souverainisme outrancier

Comme disait Sylvie Goulard au cours d'un débat sur ARTE dans une discussion sur l'euro et qui a créé un rire général "c'est comme si on demandait à la dinde de préparer la dinde de Noël". Les courbes rentrantes donnent souvent dans des courbatures radicales.

Depuis la dernière dégradation, les Grecs se sentent moins seuls et disent "Bienvenue au club des "dégradés"

0.jpgPlus on est de fous, plus on s'amuse, oseraient-ils ajouter.

Oui, à condition que les fous aiment et qu'ils peuvent encore s'amuser.

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L'euro, on dit de lui qu'il est un problème de "quadrilemme" car il obligerait à s'adapter à la réalité mouvante, à l'homogénéité de la compétitivité, à garder la souveraineté et à rendre la mobilité plus naturelle pour les travailleurs. Ne pas devenir un mastodonte technocratique est à ce prix. Quadrilèmme ou quadrature du cercle sans mutualisation de la dette de l'Europe? Oui, mais... 

Kiosque rappelait tout cela, avec des yeux internationaux et une philosophie toute particulière.

Anne Blanpain avait un édito humoristique qui rappelait le souffle du désert qui commençait par "Je voudrais lancer un appel aux pays candidats: soyez gentils avant de venir dans l'Union, soyez démocrates, respectez la législation européenne, les principes européens. Au moins jusqu'à votre adhésion.".


0.jpgCourbe rentrante à assurer.

Le même vendredi 13, on apprenait que la croisière ne s'amuse même plus. Le Concordia s'échouait lamentablement sur un rocher avec la seule vanité de montrer la belle carrosserie aux copains et en oubliant qu'il y avait quelques pièges potentiels sous la coque. Le "Concordia", un mot à mettre dans la catégorie des mots bizarres. Le gigantisme de ces bateaux de rêves à prix cassés, est, enfin, montrer du doigt comme fautif. Un frein à l'expansion folle est à attendre quand les assurances vont y mettre le hola et renvoyer ces "cercueils de mer" au port. On en deviendrait triskaidékaphobie pour moins que ça.


Courbe rentrante dans le passé

Rien ne peut passer aux oubliettes de l'histoire. Celle-ci fait partie de notre patrimoine. Si elle persiste ou cède aux nouveaux miroirs aux alouettes ou aux chimères, on n'est pas sorti de l'auberge.

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Ne pas effacer l'histoire que certains aiment revivre en disant "c'était la belle époque".  Ce serait une opération suicide ou une nostalgie trop lascive.

Les époques, on se les refile de père en fils comme la 7ème merveille des générations.

Pas de doute, tous les systèmes politiques, économiques, dictatoriaux, libertaires, démocratiques ont leurs casseroles au pied et des déviations possibles. Des effets secondaires seraient à lire sur la posologie avec la mention "A consommer avec modération."

S'il n'y avait aucun intérêt dans chacun des systèmes, ils auraient disparu sans laisser de traces ni d'adresses.

Les "trente glorieuses", une caricature ou un cliché? Une révolution? Un endormissement?

Un film d'ARTE "I love democracy" raconte l'histoire de ce "printemps" par le menu. La Tunisie pour commencer. Là, surprise, certains "anciens" s'en foutent complètement. Le désert est resté leur liberté et la politique, c'est très loin. La démocratie, ils en connaissent à peine le mot. Les Salafistes, eux, y voient une occasion d'une "nouvelle" démocratie, la leur, basée sur leur propre avantage. La femme, elle, n'apprécie pas se sentant dégradée à la case départ.

Les exemples sont nombreux. Cuba en est un autre. L'esprit révolutionnaire ne perdure pas ou alors, mal, pour certains.

Un paradigme pour un autre, n'est-ce pas tout aussi dangereux? Est-on prêt à assumer le nouveau? Il faut parfois une génération pour pouvoir sortir d'un "arrière goût", d'une 'impression tenace". On n'impose pas un mode de vie sans "biscuits croquants ou sucrants"...

Vivre dans la jungle ou dans le zoo.... comme le chantait Ferrat.

Vivre dans le désert,  loin des progrès de la modernité, une solution? Un vacancier qui passerait par là, dirait peut-être "le paysage est magnifique, mais qu'est-ce qu'on doit s'emm... par ici". Le confort, les facilités du modernisme sont passés par là et ont creusé un sillon dans lesquels, on ne sort pas aussi facilement.

0.jpgCe même vendredi 13, il y eut le café serré de Laurence Bibot.

Elle se rappelait du passé, imaginait le faire revivre en la personne d'Annie Cordy et se mettait à chanter "Frida Oum Papa". Eclat de rires général.

Jouait-elle? Théâtralisait-elle, un peu trop? Non, bien dans son rôle.

Nostalgie, mélancolie quand tu nous tiens...

"2012, une année "biopic",  ajoutait Laurence.

Biopic : anglicisme (contraction de « biographical motion true picture »), est une œuvre cinématographique de fiction centrée sur la description biographique d'un personnage principal ayant réellement existé. Les événements et l'environnement de son époque sont donc subordonnés à son récit. Merci Wikipedia.

Revenons à Laurence. "Description biographique d'un personnage". Elle citait le film "J. Edgar" qui avait attiré son attention.

Le cinéma reste "américainement" vôtre et seul l'humeur ou l'humour peut en décider d'en faire partie ou non avec tous les clichés imprégnés de ce qui se passe outre-Atlantique et outre-Manche. Les films d'Hollywood sont à bord et beaucoup moins les autres qui eux, font tapisserie en attendant les Oscars des films étrangers.

C'est le film "The iron lady," dans lequel Meryll Streep joue le rôle de Margareth Thatcher qui avait attiré mon attention. Cette Margareth qui inspirait du dégoût dans une chanson de Renaud. Cette Margareth qui avait trop d'Exocets en stock qu'elle devait tester et écouler aux Malouines. Cette Margareth, qui avait un certain Pinochet comme ami. Cette Margareth, enfin, qui avait foutu le bordel dans les esprits avec son autre copain, le cowboy, Ronald Reagan, et son libertarianisme trop pointu... 

Interrogée sur TF1, Meryll Streep exprimait ses convictions opposées à  cette époque mais elle devait ajouter que la dame de fer l'avait néanmoins impressionnée pour qu'elle aie aimer jouer ce rôle. 0.jpg

Ce fut, certes, une preuve pour moi, qu'elle était une actrice qui pouvait tout jouer. Pas étonnant qu'elle ait reçu un Golden Globe pour ce rôle.

Son rôle, plus intimiste, dans "Sur la route de Madison", était repris la semaine dernière à la télé. Je l'ai revu avec beaucoup plus de plaisir.

Pour moi, les films à l'américaine quand cela pète de tous côtés et que la caméra suit l'action en travelling à m'en donner la nausée et le vertige, cela me rappelle les conseils de prudence de ne pas trop en abuser quand il fallait filmer en 8mm, Super 8 et compagnies. Les mouvements, c'était alors devant la caméra et non pas, derrière elle. Quand je disais "consommer avec modération"...

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Courbe rentrante de l'information

Un projet de loi anti-piratage au États-Unis a fait réagir les grands fournisseurs d'accès à l'information. 0.jpgWikipedia a mis son site anglais en berne. Peur de  censure, peur que la liberté d'expression ne soit entamée. Grève du zèle. Le mieux est parfois l'ennemi, tout aussi peu vertueux.


Courbe rentrante quotidienne

La Quotidienne d'Agora était angoissante et criait à la catastrophe si les investisseurs ne prenaient pas le taureau par les cornes avant la fin de 2011. Elle proposait de prendre un contrat avec eux. Elle revient. Ce 9 janvier, retour avec le titre: Arguments pour être confiant dans l'économie sur le long terme.... un texte au fond très optimiste d'Eberhardt Unger : 2012 pourrait voir un début de reprise. Un avis que nous partageons... en partie du moins. Nous nous attendons à un rebond des marchés, probablement au second ou troisième trimestre, ainsi qu'une belle croissance de certains secteurs liés aux nouvelles technologies, aux biotechnologies et aux infrastructures. Des secteurs qui, selon nous, seront la sauvegarde de votre portefeuille dans les années à venir. Le début d'une nouvelle année appelle tout naturellement des prévisions. Qu'apportera le futur ? Nombre d'analystes ne voient le futur que comme un prolongement du passé. Hors, tout change, tout passe, tout lasse.

0.jpgLes perspectives établies selon cette méthode sont loin de soulever l'enthousiasme. Faute à la crise économique et financière, ces derniers temps, tous les instituts de recherches ont constamment revu à la baisse leurs prévisions. 

Le sur-endettement de presque tous les pays industrialisés et le service de la dette qui s'alourdit freinent le développement économique. Malgré la politique monétaire ultra-expansive des banques centrales, les bilans des banques commerciales sont si tendus qu'elles exigent des emprunteurs des gages de solvabilité très importants.0.jpg

Dans la zone euro, aux États-Unis et au Japon, le problème de la dette publique est particulièrement préoccupant. Les marchés financiers ont de sérieux doutes sur l'efficacité des pare-feux et des nombreux plans de sauvetages dans lesquels les politiques ont placé tous leurs espoirs car, finalement, le mal n'est pas combattu à la racine. Ainsi, par exemple, la valeur nominale du marché des dérivés est toujours de 708.000 milliards de dollars. On peut aussi noter qu'une forte augmentation de la masse monétaire a toujours causé à long terme de l'inflation. Mais certains éléments laissent présager un avenir plus serein.

Le PIB américain a augmenté pratiquement sans interruption au cours des derniers 200 ans. Même la Grande Dépression des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale n'ont interrompu la tendance que de façon marginale. Productivité et innovation sont de réels moteurs de croissance dans une économie libre et indépendante.

Face à cette tendance long terme, un investisseur ne doit pas spéculer à la baisse au cours de cette nouvelle année. A court terme, certes, les marchés financiers vont s'agiter face à une nouvelle baisse des cours certaine, mais ils ne devraient pas interpréter cette baisse comme un retournement de tendance, et pour l'investisseur long terme, ce sera même l'occasion d'achats à bon compte.

La situation de sur-endettement qui handicape les budgets publics est maintenant bien connue de tout le monde et celui qui veut se faire élire ou réélire doit la combattre.

En terme réel, le pouvoir d'achat des ménages stagne depuis cinq ans, cependant l'envie de consommer reste intacte, ce qui, dans une optique long terme, est un moteur important de croissance.

Somme toute, les bilans des sociétés restent solides et autorisent les investissements dès l'amélioration des prévisions économiques. Les charges d'intérêt de l'hypothèque privée sont, en pourcent du revenu disponible, à leur plus bas depuis les 10 dernières années.

On peut certainement s'attendre à des gains en matière de productivité et d'innovation, biotechnologies, nanotechnologies, robots et de ce point de vue les investissements dans les infrastructures sont primordiaux. Le risque d'inflation ne peut pas être écarté mais les banques centrales maintiendront encore longtemps leur politique monétaire expansive.

0.jpgConclusion : 2012 pourrait offrir quelques opportunités d'achat d'actions sélectionnées et de matières premières, particulièrement au premier semestre lors de la baisse des cours. Dr. Eberhardt Unger est un économiste indépendant, fort de plus de 30 ans d'expérience des marchés et de l'économie.


Une perle, non? Nous sommes tous des Moïse sauvés des eaux, puisqu'on rachète à bas prix, qu'on garde de bonnes âmes pour dire ce qu'il faut faire avec son argent et qu'on assure l'avenir avec des robots! J'oubliais, il y avait un lien qui permettait de se prémunir de cette situation que je ne donnerai pas car je ne voudrais pas être tenu pour responsable de vous avoir conseillé. Je ne suis pas payé pour le faire. La Quotidienne, bien.

Il faut toujours tenir ses fidèles en haleine. Ce serait jeter la poule aux œufs d'or aux orties que de dire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes à fortiori quand ce ne l'est pas. Il faut garder la tension, combattre, guerroyer, tuer les "ennemis" qui ne sont pas du même avis, creuser le ravin entre les pros et les contras.


Courbe rentrante sociale

0.jpgJe regardais dernièrement l'émission "Des paroles et des actes" avec l'invité Mélenchon. Pas à dire, il en avait dans la besace sur le côté gauche. Pas question de s'endormir avec lui. Des répliques cinglantes, de l'humour, comme j'aime. (1), (2), (3), (4).

Sera-t-il président pour autant? Nenni. Pas assez consensuel et trop ou trop peu "tendance". Pas assez de bling-bling au bout du chemin entre vertes et pas assez mûres. Comme l'écrivait avec humour, Duguet, en France,

"On a tous quelque chose en nous de Sarkozy

Cette volonté de prolonger la nuit

Ce désir fou de vivre une autre vie

Ce rêve en nous avec ses mots à lui

Quelque chose de Sarkozy"

Comme écrivait, Alain Duhamel, dans son livre "Portaits souvenirs", au chapitre de Mélenchon, Meluch pour les intimes: "Adieu à toute nuance, à toute pondération, à toute bonne foi. Il est condamné à l'excès, à la caricature contre l'ennemi de droite représentant du diable qui mérite le bagne, les financiers, la corde et les banquiers, la guillotine". 0.jpg

C'est, aussi, l'année Cloclo. Alors, ça s'en va et ça revient.

Aujourd'hui, depuis cette époque dansante et sautillante, on discute et on se retrouve devant l'écran noir entre faces de bouc.

Hier ou avant-hier, on allait, encore, défendre son beefsteak dans la rue.

Chacun a toujours raison et toujours tort.

Raison d'avertir qu'il y avait un peu trop de ronrons dans l'esprit des gens qui s'endorment et tort de croire que quand on est au pied du gouffre, on finit toujours par faire un pas en moins. Le dos au mur, les solutions arrivent. On ne sait pas toujours d'où elles viennent, mais elles arrivent comme un œuf de Colomb qui en cachait un autre.


Courbe rentrante autarcique

C'est alors que mon copain suggérait une autre solution, plus drastique encore, "vivre en autarcie". Se replier sur soi. Cultiver son jardin et oublier ce qui se passe autour de soi. Pas vraiment égocentrique, mais qui s'echangerait des bons procédés en évitant l'écueil des mauvais.

Avec mon pragmatisme obsessionnel, mon manque de connaissances dans le domaine rural, je lui répliquai: l'autarcie, c'est oublier l'électricité, l'eau, le gaz, l'énergie... Plus de télé, plus de radio, plus de cinéma.

Quand on en a marre de tout, en effet, on pourrait se dire "courage, fuyons".

0.jpgOui mais, fuir quoi, pour aller où, pour avoir quoi en échange, un meilleur commun?

S'il y a quelque chose de plus imprécis et de tellement peu général, dites le moi.

Partir, c'est toujours mourir un peu. C'est quitter les habitudes, aussi.

Il parait que les Français sont les champions du côté des sédentaires. 70% d'entre eux ne quittent pas la ville, le village où ils sont nés. La sécurité l'obligerait...

Pour plus aventureux, il y a aussi les "Iles de rêve" comme le suggère le GEO du mois. C'est tellement beau vu de haut que de près et dans la longueur, ce n'est peut-être plus aussi enchanteur. J'ai connu beaucoup d'îles et c'est vrai il y a  un esprit  "îlien" et beaucoup de désillusions dans ces îles de rêves, loin des yeux, loin du coeur quand les vacances sont passées.

Faudrait vraiment que je relise le livre "Robinson Crusoé" comme le proposait le lecteur de service Claude Serrillon, il y a deux semaines, chez Drucker"Probablement inspirée de la mésaventure réelle du marin Alexander Selkirk, abandonné par son capitaine sur une île déserte du Pacifique, l’histoire de Robinson est présentée par Defoe comme un récit véridique, dont le caractère réaliste et concret demeure toujours aussi convaincant trois siècles plus tard" Histoire de Robinson qui attendait son Vendredi.

Une autre courbe rentrante, la petit Laura Dekker qui a achevé son tour du monde à la voile.


Courbe rentrante ou sortante?

Voilà tout le problème. La raison dit que c'est souvent la bérézina mais le cœur n'en veut pas. L'inverse est tout aussi vrai. 0.jpg

Toujours est-il que, comme disait Jean de La Fontaine, "patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" auquel il ajoutait scientifiquement: «Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse.».

Vive la crise. Cela réveille du ronron.

Cool. Toujours trop pressés, ces citoyens modernes...

Bécaud avait une chanson qui avait pour titre "Heureusement y a les copains" dans laquelle il chantait déjà que nous allions seulement trop vite en porte à faux.

0.jpgConfiance... confiance... confiance, parce que nous sommes condamnés à l'avoir. Elle est comme une gomme, à chaque erreur, elle rétrécit.

Attendons l'intérêt commun et égoïste. Cela changera tout.

Quant au livre de Robinson Crusoé, il est sorti des cartons et se retrouvera sur ma table de chevet.

J'espère y retrouver la santé des vertes années et un humour bien mûr.

Je vous tiendrai au courant de mes conclusions.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • «La courbe ne peut inclure la ligne droite.», Koan zen
  • «S’il n’est pas soutenu par un tuteur, le jeune arbre se courbe facilement.», Proverbe chinois