15/10/2012

Tijl Uilenspiegel et Brabo ne sont pas morts

Nous venons de terminer des élections communales en Belgique. A écouter les chefs de partis francophones, tous ont gagné en sièges. On arriverait à dépasser les 100% de la population à écouter les pourcentages de réussite de chacun.

Les médi0.jpgas disent "Bart De Wever est bourgmestre d'Anvers avec 37% et il se croit empereur". Il parle déjà de l'étape suivante de confédérer la Belgique, son but de séparatisme ultime, lors des élections fédérales de 2014.

"Le succès n'explique rien, mais justifie tout. Je suis contre la pensée molle. On peut être un écrivain maudit, mais pas un acteur maudit." dit successivement, Fabrice Luccini.

Or, un homme politique est un acteur par essence et par obligation.

De Anvers, ou plutôt de Antwerpen, j'en avais déjà parlé dans une histoire de main coupée

0.jpgJe rappelais, alors, l'histoire de Silvius Brabo qui trancha la main du géant Druon Antigone qui exigeait un droit de passage sur l'Escaut. Cela en représailles aux sévices qu'Antigone faisait subir aux mauvais payeurs. 

Une autre histoire de David contre Goliath.

Avant les élections, le Vif-L'Express publiait une vision théorique de ce qu'est un électeur, de ce qu'il le fait pencher pour un homme politique plutôt qu'un autre.

Le politicien doit parler à votre coeur et pas à votre psyché. L'émotion est cruciale. Il doit être plus séducteur que convainquant. Le cerveau émotionnel ne calcule pas.0.jpg

Facebook recherche les amitiés. L'esprit latin les plébiscite.

La culture flamand, c'est plutôt chez Hugo Claus qu'il faut la comprendre. Son "Chagrin des Belges" explique la différence d'approche. La rudesse assez germanique s'y retrouvera. Juger un Flamand avec un esprit Wallon, c'est comme parler de "french fries" sans ajouter les ingrédients qui vont avec. 

Vivement quelques pickles, un peu de mayonnaise, de moutarde pour compléter le cornet de frites.

Un autre article du même Vif-Express expliquait "Comment mettre la Flandre à ses pieds?" en allant dans l'autre sens.

Atypique, Bart De Wever l'est pour le moins.

Contraire à la théorie qui se trouvait dans le dossier ci-dessus.0.jpg

  • La provocation par les images fortes
  • la pipolisation (hyper personnalisé) 
  • la victimisation d'être repoussé dans les cordes de l'opposition par tous les autres. 
  • le syndrome de l'Arlésienne (faire parler de lui comme une référence insurmontable). 
  • être bon orateur en communication qui utilise des petites phrases assassines que personne n'ira vérifier comme le latiniste qui dit à qui veut l'entendre sans le comprendre "Nil volentibus arduum".  
  • rejeter les débats quand il n'est pas sûr d'être gagnant.
  • Se faire maigrir de 60 kilos en 9 mois, juste le temps d'enfanter un autre homme, qui donnera une marque de ténacité, de volontarisme. 
  • se payer une nouvelle garde-robe avec une cravate en prime. 
  • être calculateur
  • avoir le sens de l'histoire. BDW est historien de formation. 

0.jpgPourtant il n'est pas sympathique, pas sociable, pas jovial et pas séduisant, (ou ne fait aucun effort pour l'être), si ce n'est entre amis flamands et après les élections. 

Pourtant, on ne dit plus Bart de Wever, on ne donne plus que les initiales BDW et tout le monde sait de qui il s'agit. Si pas l'amour, plutôt la haîne que l'indifférence.

La théorie est dépassée par la réalité de la compétition. Nous nous trouvons en plein dans l'analogique, en perdition avec la réalité des chiffres que le comptable se doit de mettre en parallèle avec les budgets.

Comme je suis assez calculateur de par mon expérience en informatique, une solution trop évidente, c'est louche et je dirais "méfiance". Trop de médiatisation, trop programmé.

Il y a longtemps, j'écrivais "Au diable les partis". Un homme politique se doit de mentir pour convaincre. A jouer à pas vu, pas pris. Il se doit de vendre la même salade en y ajoutant la mayonnaise. Le Belge ajouterait à la salade, des frites avec des pickels et de la moutarde.

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Avant les élections, Kroll était refusé par "Le Standard".

S'il fallait remettre BDW à sa place, d'après lui, il imaginait des scénarii:

1er scénario: le faire re-grossir. S’il reprend spectaculairement du poids, ses électeurs se diront qu’il ne sait pas tenir ses engagements et ses résolutions, qu’il n’a pas la volonté qu’il prétend et s’en détourneront. Pour le faire re-grossir, il faut le faire re-manger. Alors c’est sadique mais il faut le tenter: lui envoyer tous les jours, dans des enveloppes à entête de tous les groupes nationalistes du monde pour être sûr qu’il les ouvre, des tablettes de chocolat, mettre dans sa boîte aux lettres tous les matins une gaufre chaude et fumante, lui glisser dans les poches des cervelas et des fricandelles, diffuser par la climatisation de son bureau des odeurs de frites andalouse et de choucroute, mettre de la gueuze et du coca dans sa machine à café, coller sur son pare-brise des rondelles de saucisson et des tranches de mortadelle... C’est sûr : il va craquer. L’ennui c’est qu’il reste 15 jours. Il faut qu’il reprenne trois kilos par jour ! (à faire pour la prochaine fois)

2eme scénario: le faire tomber sur un scandale de moeurs. Je propose une invitation au Sofitel de Bruxelles. Le matin, on envoie pour faire le ménage une fausse femme de chambre, bien en chair, potelée, aux joues roses avec des cuisses comme des jambons, déguisée en Bavaroise avec une jupe de cuir à bretelles et des couettes. Elle iodelera en passant l'aspirateur, Bart sortira de la salle de bain, nu ... il ne résistera pas à la tentation, la gretchen courra le dénoncer et hop : il quitte la politique pour s‘occuper de sa défense0.jpg

3éme scénario: on prétend l‘aider. On se cotise ou on vend l’un ou l’autre joueur de foot en prenant une commission au passage et on engage ... Clint Eastwood ! Dans le Sportpaleis d’Anvers plein a craquer, Clint Eastwood monte sur scène pour soutenir la candidature de Bart De Wever. Il joue un numéro dans lequel il s’adresse à une chaise vide, sensée représenter Elio Di Rupo ou Patrick Janssens qu’il accuse de ne pas avoir tenu ses promesses, lui enjoint de partir et de laisser la place, mais il cherche ses mots, il perd le fil de son texte, il est ridicule, pathétique, la foule s’en va, c’est le flop total.

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4ème scénario: le plus compliqué mais le plus malin. On lui coupe l’herbe sous le pied. C’est à dire qu’on lui enlève toute raison de revendiquer ou promettre quelque chose. On commence par scinder BHV, c’est fait. On régionalise 100% des compétences de l’État, on scinde le pays en deux, on déclare la Flandre indépendante, on incorpore Bruxelles à la Flandre, la Wallonie accepte de rembourser sur 50 ans tous les transferts dont elle a bénéficié.... Je vois mal sur quoi Bart De Wever pourrait encore faire campagne.

Scénarii provocateurs?

0.jpgDes jeunes interviewés dans les rues d'Anvers, choisis "au hasard", disaient qu'ils n'ont pas voté pour BDW et que ceux qui l'avaient fait, n'avaient pas lu le programme du parti ou étaient seulement des aigris.

Après les élections communales, en 2014, retour aux urnes pour l'étage supérieur du fédéral. Aucune relation? Deux ans, c'est long.
Les francophones moins pessimistes que les Flamands? Ce serait nouveau et quelque part, un retournement de la situation.

0.jpgCyrano avait un problème: un nez immense.

La chirurgie esthétique n'existait pas. A-t-il aimé en parler tel qu'il était, ce nez? Non, il l'a "embaumé" avec emphase dans une tirade avec un opportunisme de bon aloi, un savoir-faire et une verve hors du commun. A la fin de l'envoi, il devait toucher. Il n'avait pas non plus de "point de non-retour".

La vérité n'est jamais bonne à entendre. Ne jamais brusquer ceux qui ont un nez rouge quand on a intérêt à entrer ou à rester dans leur jeu, surtout, si, en plus, c'est dans un cirque.

"De wever" veut dire "le tisserand" en flamand.

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Vous avez pu suivre ce tisserand dans tellement d'articles, dans une "Bombe à Haut Voltage"... 

J'aurais pu l'appeler Oliver Hardy transformé en Stan Laurel par le physique et le moral. Cela n'aurait pas correspondu.

Tijl Uylenspiegel, lui, c'était un maître. L'expression "ul'n spiegelveut dire « je t'emm... ».

L'Art de la guerre de Sun Tzu vous en boucherait un coin pour moins que ça.

Cela n'empêche aucunement de retrouver le sourire tout au long de la semaine d'après élections.

Thomas s'est surpassé cette semaine avec ses Cafés serrés:

1.BDW a parlé d'un point de non-retour pour la Belgique

2. Il y avait l'effet papillon et bien en Belgique nous avons une expertise dans l'effet domino.

3. Le parti écolo, un parti comme les autres? 

 

Le 19 octobre, Thomas a été rejoint par un invité surprise

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Mise à jour du 8 décembre 2012:

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L'enfoiré,

 

Citations:

  •  « Jeu de main, jeu de vilain. », Proverbe français
  • 0.jpg« La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains ! », Arthur Rimbaud
  • « On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. », Georges Clemenceau 
  • « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ce serait interdit  », Coluche

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0.jpgMise à jour 29 octobre 2013: La NVa fait son show de Toussaint. Cinq milliards d'allègement fiscaux. 

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0.jpg1er février 2014: Weekend de colloque à la NVA pour se profiler comme le pivot de la prochaine coalition fédérale. 

11/10/2012

La spéculation sur le banc des accusés?

Ces dernières années, nous connaissons des crises à répétitions. Enfin, crises? Peut-être, vaudrait-il mieux parler de suites logiques à une situation qui ne pouvait que se dégrader vu la tournure que la spéculation avait prise. Commençons par les médias qui aiment en rappeler les raisons. Ensuite, allons plus loin. 

0.jpgLe 4 septembre, sur ARTE, ce fut "Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde".

Le 2 octobre, encore sur ARTE, "La Grande pompe à phynance", suivi de "Le bal des vautours".0.jpg

Le 8 octobre, sur France3, le débat "Le monde d'après avait pour question: "Les banques nous ruinent-elles?" et en présence, les "pours" et les "contres" du système bancaire. L'invité d'honneur était Jean-Claude Trichet qui a connu toute la tourmente de près vu sa position de président de la BCE.

On en arriverait, naturellement, à penser à l'extrêmité inverse, exprimée par l'article et l'idée: "Pour un monde sans profit". Il y a bien sûr le secteur non-marchandmais ce serait mal connaître la psychologie des hommes que de penser que tout devrait passer par là.

Il est vrai que tout ce qui tourne autour de la Bourse, de l'argent en général, n'a plus bonne presse. Nombreux sont ceux qui maudissent la crise financière et le monde bancaire. 

0.jpgL'émission "Gagner des millions" reste une des préférées à la télé. Étrange... Il sera intéressant de suivre L'Audimat après la diffusion du remake de "Dallas". 

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Depuis le 13 juin 2012, soit vingt ans après la fin de la première session, la chaîne câblée américaine TNT a lancé la suite de la série Dallas qui remet en scène JR, Bobby et Sue Ellen ainsi que la nouvelle génération de la famille Ewing. En France, la nouvelle série devrait être diffusée à l'automne 2012 sur TF1.

Ce 23 novembre 2012: Larry Hagman n'est plus, alors que la RTBF présente la nouvelle série. 

Ce serait, aussi, faire preuve d'un certain populisme que d'aller ajouter un article à la longue liste d'articles médiatiques qui pointent du doigt ce qui s'est passé.

Sans verser dans du "peopolisme", non plus, je vais tenter de prendre le contre-poids de l'"Affaire". "Il faut faire preuve de résilience et d'originalité, que diable", répondrait le psy très collet monté.

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Ne comptez pas que je ne vienne jouer au conseilleur, non plus. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs. 

0.jpgCe sera plutôt aller à contre-courant avec humour, même si j'ai déjà joué à la parodie dans des articles comme "Futur du Capitali$me" ou ce que j'avais appelé le Spéculte.

Il est amusant de relire ce qui était écrit à l'époque et de constater que rien n'a vraiment changé fondamentalement sur certains points malgré les années qui se sont écoulées.

En 2005, avant l'hécatombe de crises, j'écrivais "Spéculons en paix".

J'y rappelais quelques principes de base, en donnant les aléas et l'utilité de la Bourse: "Quand nous investissons et faisons l’achat d’actions par son intermédiaire, nous entrons dans la participation du succès d’une entreprise dont nous partageons avec confiance, les idées, la stratégie et les réalisations suites à ses procédures.".

Que de belles paroles angéliques !

0.jpgDéjà, on apercevait-on poindre quelques erreurs de conceptions: "La plupart des actionnaires ne cherchent plus vraiment à savoir ce qui se cache derrière leurs transactions. Le plus souvent, un conseil d’achat ou de vente par un ami boursicoteur ou par une banque, où, l’argent change de main sans aucune forme de procès. On n'en désire pas plus à cet argent, qu'il rapporte, vite et bien. Pas le temps, d'essayer d'en apprendre plus. Au spécialistes, les mains pleines. Aux innocents, les vides.".

Imaginons que vous deviez créer de l'argent avec de l'argent des autres sans trop vous fatiguer.

Rien de plus simple, en somme. Ce serait:0.jpg

  • Ouvrir une banque comme un casino opaque avec des secrets impénétrables.

  • Réserver à ses collaborateurs une culture religieuse d'entreprise.

  • Trouver des gogos en masses comme l'avait fait Madoff , l'oracle maudit avec sa pyramide Ponzi.

  • Engager des matheux arrogants. 
  • Spéculer en utilisant les faiblesses de clients privés en noyant les poissons avec des HedgesFunds, des Junk Bonds et espérer, ainsi, des profits miracles.
  • Passer la ligne jaune sans jamais recevoir de carte rouge.

  • Faire payer les faillites aux autres.

  • .....

Conserver d'anciens collaborateurs dans tous les plus hauts postes de management des organisations mondiales.

0.jpgLes crises ont tout changé. Tout les chats échaudés, blancs ou noirs, craignent, désormais, l'eau froide.

Vous ne vous souvenez peut-être pas du film "La Banquière", du "Sucre". On se croirait à des années lumières. Nous étions, en effet, dans les années 80, la période que Reagan-Thatcher voulait installer de manière durable.

Aujourd'hui, c'est plutôt "Wall Street", "Margin Call", "Trader", "Les initiés", "Krash"... jusqu'au documentaire de Michael Moore "Capitalisme, a love story" qui font recettes.

Depuis, certains s'inquiètent de la situation et lancent des rappels à l'utilité de la Bourse et comment s'en prémunir contre ses vices hérités d'un système financier devenu véreux. L'expérience boursière ne s'apprend pas sur les bancs de l'école et elle le devrait être un cours dont les rudiments seraient enseignés comme pour la gymnastique ou l'éducation sexuelle. 

Les banques ont réagi aussi. Elles ne prêtent pl0.jpgus qu'aux riches après avoir poussé à la consommation des dettes à qui le pensait sans même le demander. Surréalisme à la belge avec Fortis?

0.jpgL'utilité de la Bourse? La Bourse est un moyen de soutenir une entreprise. Elle apporte des liquidités aux entreprises et répartit les risques dans le public, qui lui, aussi, en récolte en récolte quelques fruits, et ainsi maintenir un équilibre entre les différents acteurs de l'entrepreprise. Risques qu'un entrepreneur avait commencé avec ses propres déniers, faut-il le rappeler.

Des articles sortent et disent "Il faut sauver la Bourse", "Perdra-t-on encore longtemps de l'argent sur les comptes d'épargnes", ce qui est encore plus vrai en période de stagflation. Les pubs pour les banques n'ont jamais été aussi belles pour reconstruire leur image.

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Promouvoir la Bourse est devenu une obligation pour relancer l'économie et sortir de la crise de confiance qui s'est installée.

Alors, on cherche le client et les remèdes.

Les investissements socialement responsables (ISR).

Les taux d'intérêts touchent le fond. Pourtant les comptes d'épargnes sont plein?

Il ne s'agit plus dans la pensée des investisseurs lambda, de faire de l'argent sans se soucier de la manière comme c'était le cas à l'époque, il y sept ans d'ici. Les choses auraient-elles évolué? Fini d'être les dindons de la farce?

0.jpgBeaucoup de retraités recherchaient un complément à leur pension dans les intérêts sans oser bouger à leur capital.

Avoir épargné pendant une vie et espérer de récupérer l'usufruit de leur épargne pour ne pas dépendre de la génération suivante et pour lui réserver une succession. Génération suivante, qui, il faut le dire, est un peu en panne, perdue et sans ressources. Altruisme confondu avec bien être personnel, en quelques sortes.

Les papy-boomers voient, cette fois, leur capital fondre sur les comptes en banque pris entre les "deux feux de l'amour", pourrait-on dire. 

Du coup, les comptes d'épargnes explosent. Contradictoire? Non, réaction suite à un attentisme régi par la frilosité quand on ne peut plus "se refaire".

Spéculer sur le futur se produit dans tous les plans des activités humaines.

Spéculer commence avec l'espoir que la saison suivante sera bonne ou mauvaise pour acheter à meilleur prix en prévisions d'une hausse de prix. Des règles éthiques de bonne gestion. Ce qui se poursuit au niveau de la haute finance qui devrait être contrôlée par des organismes indépendants, qui serait non juge et parti, comme le seraient les Agences de notations.0.jpg

Acheter et vendre avec du profit, encaisser des plus-values n'est pas le problème.

Le problème vient des excès, des dérives, du détournement des objectifs, en jouant à qui perd, gagne, en s'assurant par exemple sur des pertes et en gagnant quand cela s'écroule comme l'ont fait les CDS au niveau supérieur.

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78.000 milliards de dollars transitent quotidiennement dans le monde par des transactions de tous types. Elles ne sont pas toutes véreuses, heureusement et la transparence ne leur est pas indifférente.

Il est à espérer que les investisseurs se préoccupent plus de la destination de leur argent. Ils ne veulent pas (ou plus) qu'il serve à spéculer sur les prix des aliments. Ils veulent investir responsable en respectant l'environnement et les droits sociaux dans le "durable", "l'éthique", le "solidaire". Ce dernier qualificatif nécessiterait bien plus qu'un coup de ballais en Bourse, mais n'anticipons pas. Scander le mot "solidarité" fait bien comme slogan dans les campagnes électorales, mais dans les réalités de la Bourse... Laissons-la vivre sa vie à cette "solidarité" et voyons les résultats, après coup.

En 2011, la chute des investissements a été sensiblement de 15%.

En Belgique, dans le même temps, quinze milliards d'euros ont transité par la voie des ISR, les "Investissements Socialement Responsables". Sensés avoir une gestion saine qui tient compte du social, de l'environnement comme 0.jpgdans des Forums Ethibel...

La rentabilité n'en serait pas différente des produits financiers classiques pour avoir une chance pérenne.

Choisir des critères d'exclusion, avoir des exigences précises dans le choix de ses placements et garder une rentabilité, serait le pied.

Une plus-value sociale dans des sites étudiés pour comme par exemple financite.be, un moteur de recherches comme beama.be. Là, on frise la bénédicité.

Les banques vont-elles se ruer sur ces outils modernes pour conseiller leurs clients?

Faut pas rêver... Il faudra, aussi, définir les limites des ISR et ce qui est dans le "lot" ou non.0.jpg

Une proposition de loi serait sur la table en Commission des Finances.

Le Réseau des Financements Alternatifs (RFA) s'inquiète du manque de diligence à déterminer par un article de loi, comment définir un fond ISR.

Pour une fois, la Commission a fait référence à l'ISR, dit François Passant d'Eurosif avec le "Key Information Document" (KID).

Les petits épargnants feront-ils le poids face aux institutionnels, avec ceux qui sont derrière leurs écrans d'ordinateurs?

0.jpgPeu d'offres éthiques sur le marché belge.

Seules trois banques en proposeraient (Trodos, BNP et VDK).

La demande existe mais aucun organisme indépendant n'existe pour vérifier l'éthique de ses offres.

Les comptes ISR s'élevaient à un peu plus de 1 milliard d'euros, soit 0,5% de l'en cours des 218 milliards.

Une hausse nette de 152% a été enregistrée en 2008.

Comble de malheur, les fonds éthiques sont aussi en crise.

0.jpgLes fonds ISR ont été en baisse de 15,6%, alors que la baisse s'élèvait à 14% pour l'ensemble des fonds. Ils ont perdu un tiers de leur valeur quand ils étaient gérés de manière patrimoniale privées.

2011 fut une mauvaise année en général.

Le nombre de fonds ISR a fondu. L'offre est devenue déficitaire. Dexia a disparu et a fermé cinq fonds ISR.

La qualité des fonds est en cause. La liste noire progresse par manque de transparence.

"Trodos Sustainable Pioneer Fund" est celui qui est le mieux coté à 60/100, alors que la moyenne est 6,4/100.

0.jpgC'est pourquoi les pistes pour développer des placements ISR dépendent aussi des initiatives des pouvoirs publiques.

Existant depuis les années 80, les ISR avaient bien progressé jusqu'en 2009 pour atteindre 4,1 % des placements.

En 2010, ils avaient commencé à stagner avant de chuter, en 2011, de 15% et tomber à 3,4%.

0.jpgObliger les banques à en créer par voie législative serait quelque chose à envisager.

L'esprit d'entreprise n'est pas mieux évalué en France à la bonne mesure d'après les sondages. C'est plutôt l'inverse qui se passe.

Alors, il y a des riches qui entraînent les moins riches dans leur sillage et d'autres qui ne font qu'y passer en meublant leurs fantasmes.

En Belgique, le fait qu'il n'y a pas de taxes sur les plus-values, a fait qu'ils ont eu des envies voyageuses pour s'installer en Belgique.  Les riches se rebellent.

Tandis que chez les particuliers, il y a, donc, des fortunes qui sommeillent en attendant mieux.

0.jpgSi les fonds qui privilégient les armes, des bombes au phosphore sont déjà interdites, il y aurait aussi d'autres fonds qui ne sont pas profitables à la société qui fonctionnent avec la spéculation des matières premières alimentaires et qui seraient aussi à mettre dans le collimateur de la justice "sociale".

Les métaux rares, le pétrole pourraient aussi voir, un jour, la spéculation mise à l'index.

Quatre alternatives proposées: les actions de rendement, l'immobilier, l'or et les obligations d'entreprises.

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Ramener la confiance dans la Bourse et redynamiser le consommateur aux risques, est une entreprise de longue haleine.

Responsabiliser les investisseurs est aussi la riposte à la crise qui suit la sauvegarde à court terme et les mesures de régulations à moyen terme.

Changer le climat négatif qui culpabilise les personnes qui investissent, est tout autant, une simple raisonnement du bon sens.

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L'argent est maudit, surtout quand on n'en a pas.

Sur le point des salaires, ce n'est pas à l'embouchure qu'il faut les revendiquer, mais à la source.

Les dettes que les gens ont contractées, ne sont que des suites logiques de la stagnation des salaires.

Car, 'le monde ne se limite pas aux prix des actions à la Bourse, il y a aussi les prix sur les listes de courses des ménagères'.

0.jpgIl ne s'agit pas d'influencer et de relancer sa propre vision du futur, mais de l'adapter aux nouvelles normes. Remonter les bretelles quand le pantalon pendouille. L'austérité, rien que le mot indispose.

Quand on pense au succès des Fonds Monory-De Clercq pour l'épargne-pension, c'est dire que l'engouement se fabrique à coups d'avantages fiscaux et d'incitations judicieuses. "On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Par contre, on peut attraper des aigreurs à l'estomac", disait Philippe Geluck.

0.jpgIl n'y a rien qui dérange plus en Bourse que l'immobilisme et l'opacité du futur.

La différence entre un placement en Bourse et un autre placement, c'est qu'il faut surveiller son évolution, que son rendement n'est pas garanti et  que l'échéance est inconnue.

Si on considère que les investisseurs n'ont pas été le problème des crises, ils peuvent être les acteurs des changements nécessaires pour y remédier.

0.jpgC'est, un peu, le message du livre, ouvrage collectif, "Crise financière et modèles bancaires", véhiculé par le "Réseau financements alternatifs". Les pouvoirs publics ont mené aussi à déréguler. Est préconnisé d'aller au delà du ratio des fonds propres, limités à 7% prévu par Bâle III et ainsi limiter l'effet de levier.

Dernièrement, on apprenait que la Bourse de Bruxelles, le Bel20, était en tête dans le peloton boursier avec 13,4% alors que la moyenne mondiale se limitait à 12%.

Une relation de cause à effet?

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Avec le Livret Vert ou B, on espèrerait ne plus cauchemarder, mais cela c'est, peut-être, Farcebourse avec les pourcentages en dessous de l'inflation...

L'excès inverse, c'est espérer décrocher le gros lot avec des pourcentages qui dépassent les normes du marché, du temps et de l'endroit.

L'Etat rêve de récupérer et de mobiliser l'épargne des Belges. Quand on se rappelle la flambée inespérée des achats des Emprunts d'Etat belges de fin 2011... Il suffit toujours de solliciter quelques cordes sensibles.

L'Etat n'est pas la seule, d'ailleurs.

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Quand on entend que les comptes d'épargnes belges croupissent avec 229 milliards d'euros, cela suscite les convoitises. Les banques Internet viennent à la rescousse. La poste avec son nouveau surnom BPost fait de même.

0.jpgFortuneo, Rabobank essayaient de casser les barrières. Sur Internet, après NIBC, voici le hollandais Mon@You qui fait son entrée en Belgique, en offrant un rendement global de 2,65% (prime de fidélité comprise). De plus, il n'y a pas que les actions.

Le programme d'émissions d'obligations gouvernementales est, après l'Autriche, le plus avancé dans la zone euro avec près de 35 milliards d'euros, cette année, bien que les taux à dix ans sont tombés à 2,42%.

Mais, je ne suis pas ici pour faire de la pub, ni conseiller des organismes financiers.  

Il paraît que le risque pimente l'existence, que la fortune sourit aux audacieux. Mais savoir prendre des risques sans tenter le diable, n'est pas toujours facile.

La Bourse est un domaine dans lequel on ne s'embarque jamais sans biscuits.

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Pour boucler le tout, je me devais de rappeler que les fonds islamiques se tournent vers des formules respectant les préceptes du Coran pour promouvoir le développement économique et social de la communauté musulmane. Ce marché était en plein essor en 2004 mais faisait alors seulement acte de présence, sur celui que nous reconnaissons comme plus «traditionnel», car, ici, on parle d'un autre monde avec d'autres coutumes parfois plus solidaires sans être nécessairement qualifiées de ISR.

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"Ce qui compte en finance islamique, c'est la finalité de l'investissement, l'habillage est secondaire. Même si les montages financiers sont très différents (du fait, notamment que tout intérêt est interdit), le résultat économique est souvent le même que dans le finance conventionnelle", avouait M. Boulif.

Tout n'y est donc pas plus rose. Les sanctions financières des Occidentaux ont, en fait aidé, le régime iranien à mater la classe moyenne par une hyperinflation en Iran.

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Frainer la spéculation et le trading par les taxes comme récemment la taxe Tobin qui renait de ses cendres?  

En général, les taxes découragent les particuliers, pas les spéculateurs. En Belgique, la TOB, la Taxe sur les Opérations Boursières, est une histoire ancienne (remontée à 0,25% cetter année). 

Aujourd'hui, la compétition dépasse les coopérations dans tellement de domaines en suivant la logique néo-darwiniste que croire que le profit, le besoin d'accumuler n'existe plus, serait mal comprendre. Ce ne serait pas uniquement pour soi, mais pour seulement subsister face aux concurrents intérieurs et, même, extérieurs comme l'est devenue la Chine qui a pris la relève dans ce néo-libéralisme.

0.jpg"Slalomer dans le champ de mines des marchés émergents" cela se fait avec un milliards d'euros par semaine jusqu'à donner un risque de surchauffe avec un PER qui dépasse les 20ème échelon et des risques politiques. 

Je n'irai pas jusqu'à lancer un coup de gueule ironique comme l'avait fait un des Cafés serrés de Thomas de mardi même en verlan.

"Rien ne peut continuer à rester durer", comme on dit chez nous.

Confiance rime avec transparence. Réconcilier la finance avec l'économie réelle, reste une affaire à long terme.

L'"Homo-economicus" est loin d'avoir pris ses quartiers d'hivers mais il est devenu, seulement, très "divers", très circonspect, presque très studieux et, aux dernières nouvelles, il tente le respect.

Puis, se rappeler de cette chanson disait tout.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • 0.jpg"Jadis ce sont les basketteurs à qui on demandait de tracer des envolées de l'économie. Ensuite, les êtres de petite taille ont pu s'en charger. Aujourd'hui, les égoutiers sont prêts", Philippe Geluck

  • "L'argent est pareil au fumier, il ne sert à rien s'il n'est pas répandu", Francis Bacon

  • "Les comptes annuels sont comme un bikini: ce qu'ils montrent est intéressant, mais l'essentiel est ce qu'il cache", Burton Malkiel
  • "La banque est un endroit où on vous prête de l'argent si vous réussissez à prouver que vous n'en avez pas besoin"


 

 

0.jpgMise à jour 24 novembre 2012: Un fond vautour:  Le Fond spéculatif NMI Capital, l'un des créanciers de l'Argentine, a fait saisir saisir et bloquer certains comptes belges de l'Ambassade d'Argentine. C'est en justice au niveau de la Cour d'Appel. Un juge américain vient de condamner l'Argentine de verser 1,33 

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milliards de dollars à des fonds.

Le capital à risque? Oui. En connaissance de cause. En sachant à qui profite le "crime" ou la "BA". Seule les investissements des entreprises peuvent relancer l'économie. Le capital a risque offre plus de sécurité que le financement par la dette, car l'entreprise n'est pas obligée de rembourser à un moment donné, ni de payer des dividendes si elle n'engrange pas de bénéfices. Alors pousser les entreprises à s'endetter d'avantage...

Mise à jour  08 janvier 2013:

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Projets sérieux ou humoristique, faut choisir.

Il faut revenir aux années de 1996-97 pour retrouver une période aussi propice à la Bourse. Le moment de rappeler que les arbres ne montent jamais jusqu'où ciel. 0.jpg0.jpg

 

 

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04/10/2012

D'un vendredi à l'autre

Vous vous souvenez de Robinson Crusoé, échoué sur une île déserte. Un "sauvage" est devenu son ami et il l'a appelé 'Vendredi'. D'un vendredi à l'autre, on trouve ainsi quelques constatations plus amusantes les unes que les autres.

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Le vendredi, au boulot, c'était le dernier jour de la semaine, le moment où le travailleur commençait à penser à son week-end. A table, cela fait penser à manger du poisson pour certains. 

Vendredi dernier, c'était le premier anniversaire de la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Appelée, fête de la "Communauté française", le nom d'avant, juste un an. Tout devait changer avec ce nouveau nom. Moins communautaire, appelation plus régional pour aller avec son temps. Une autre manière d'être identitaire.

La Grand-Place accueillait, une nouvelle fois, des artistes français et belges. Le Grand Jojo (rien à voir avec Johnny Halliday) terminait la soirée avec l'histoire de Jules César qui faisait toujours chanter et danser les Bruxellois, jeunes et vieux et de toutes les cultures. 

Comme le dit Patrick Roegiers dans son dernier livre "Le bonheur des Belges", c'est "le Bruxellois vit entre deux mondes, veut toujours apprendre à désobéir. Une situation où tout le monde a l'air de rien, mais n'est pas rien et cela permet tout.".

Pour décrire la France, où il vit depuis près de 30 ans, il cite en vrac "Patrie du beau langage, mère des arts, pays d’Épinal, du béret basque et de la baguette, du litron de rouge, des bals populaires, de l'huile d'olive et des espadrilles...(j'écourte la liste) ... de La Fontaine et de Bécassine, du roi Dagobert qui prie pour ne pas avoir la diarrhée à cause de sa culotte à l'envers".     

0.jpgPourtant, ce vendredi m'a fait penser à encore autre chose: à quelques Français qui, à y réfléchir, avaient un talent de Robinson manqué. 

Vendredi dernier, il y a d'abord eu Laurence Bibot. Vous ne vous souvenez peut-être pas d'elle et de son café serré et poivré du vendredi 20 avril que je me repasse en boucle en période de mouron pour seulement me dérider.

(Mise à jour 23 novembre: Laurence relance)

Son dernier café serré, toujours du vendredi, avait été annoncé avec du sucre. Humoristiquement vôtre, toujours, elle était aux antipodes de ce que l'invité du jour devait raconter. Laurence s'était lancée dans une diatribe, en se référant à ses collègues humoristes de la semaine, à tel point qu'à un moment, elle dut demander à l'invité français, s'il suivait toujours. Lui avait, dès le début, perdu pied en se demandant ce qu'il était venu faire, ce matin-là, dans cette galère "à la belge".

Vous vous rendez compte, l'invité de la matinale était Henri Sterdyniak, économiste français, directeur du Département Économie de la Mondialisation de l'OFCE, expert de la situation de l'Europe et de la différence entre ses habitants du nord et ceux du sud. Excusez-là, cher expert, d'avoir trollé votre matinée. On est comme ça, chez nous. Dans la sébille de l'austérité, on a déjà donné.

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Comme depuis la nouvelle saison, les cafés serrés sont présentés juste avant l'invité du jour, le contraste était encore plus flagrant. 

Les 3% annoncés font aussi des vagues de protestations chez nous. Je vois déjà, d'ici, les patrons bientôt rejoindre les rangs des indignés. 

L'invité annonçait en douceur, que dans la même journée, après le sarkozisme, c'était le hollandisme qui passait à l'austérité et que tous les Français allaient boire dans la même tasse avec une dose de cheval, après avoir passé de la droite à la gauche. Certains disent même "Sarko, tu nous manques". 

0.jpgComment pouvait-on rire de cela? "Là, en bas de ça", dit avec notre accent local. Faire rire, c'est dans le contrat de Laurence.

Oui, c'est évident, notre humour belge n'est pas toujours compris d'un Français alors que dans l'autre sens, cela passe, en général, relativement bien. 

Cela fait un temps, sept ans, que je suis en chasse sur les "terres dangereuses d'un forum français" assez représentatives comme Agoravox.fr. J'y ai souvent joué à l'avocat du diable parce qu'on y baigne souvent dans un bol de pensées uniques dans une morosité ambianteMoi, qui ose parler de mes billets, serais-je devenu le "sauvage" qui ne sait pas ce qu'il dit?

La France rappelle, en permanence, qu'elle est la patrie des "Droits de l'Homme", mais quand ces droits ne correspondent pas aux idées acceptées en France, c'est l'habitude de se voir rejeté dans le bac à sable. Ce n'est plus un "débat" mais une "exécution". S'il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas débat. Alors, face à de la mauvaise foi, devenir l'avocat du diable, on le deviendrait pour moins que ça, avec les arguments contraires tout aussi valables, si pas convainquants. Mon pseudo me permettait quelques latitudes, si pas prérogatives... mais sans jamais sous-estimer mon adversaire...

"Mieux s'informer pour mieux lutter" comme l'écrivait un des rédacteurs dans son "A propos" alors qu'au contraire, il fermait les portes de l'information et du débat.

La Fontaine l'avait pourtant écrit dans "L'Ours et l'amateur des Jardins": "la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés : Il est bon de parler et meilleur de se taire, Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.". 

Par acquis de conscience, je suis allé voir ce qui se tramait sur la version belge de ce forum français. Elle ne brûlait pas les planches avec la Toile de ses préjugés. Un coup d'oeil sur la version italienne, là où en principe, on devrait avoir le sang chaud, vu la situation délicate qu'on y vit. Rien de tout cela, non plus. Quelques commentaires, quelques lecteurs au balcon et puis basta. Pas d'antagonistes repoussés dans les cordes du ring, pas de moinssages idiots sans donner l'avis contraire pour l'expliquer. En Italie, il faut le remarquer, seulement, des appréciations positives sont possibles. Comme disait Cocteau , "Le Français est un Italien de mauvaise humeur".0.jpg

Le monde est un village, entend-on parfois. Village, dans lequel tout le monde se connaîtrait, facilité par des moyens de communications identiques: la langue et la culture. Et bien, non, pas toujours ou pas vraiment. On ne se connaît pas dans ce "village" et, pire, on ne cherche pas à le faire. Les situations sont spécifiques dans chaque environnement et s'apprécient différemment .

Internet avec ses réseaux sociaux est même resté fermé comme s'il s'agissait du vieux Minitel. On trouve des cercles d'influences, dans lesquels les vases communicants sont clôturés avant de s'ouvrir. 

J'avais déjà parlé du bluzz qui se créait parmi les philosophes et les scientologues. Rapprocher ces deux groupes dans une union allégorique, aussi. 

Je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser à l'histoire de Robinson Crusoé. Pour rappel: 

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Un marin vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, suite à un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même. Il fut délivré d'une manière tout aussi étrange, par des pirates. Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée 'Désespoir' reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon Vendredi, du jour de la semaine où il est apparu. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre.

La "robinsonnade" a encore beaucoup à nous apprendre. Si on la remettait à l'ordre du jour?

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Supposons que l'île dont on parlait dans l'histoire de Robinson, soit un "peu" plus grande. De la taille de l'Europe, par exemple. Chacun serait perdu sur cette grande île avec des tendances à vouloir recréer son propre environnement dans un cocon protecteur en terres inconnues. Ce n'est pas un secret, on n'aime pas l'Europe en France, surtout quand elle n'est pas française.

Avec la peur de l'environnement, oserait-on brusquer ses hôtes en le prenant pour un sauvage?

La peur, aujourd'hui, c'est se réfugier dans son absolutisme, son négativisme, pendant qu'à l'extérieur, la grande embardée a déjà commencé pour ramasser à bas prix ce qui reste après la bataille.

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Pendant ce retrait, des mondes antagonistes se croisent, s'envient, se pointent du doigt comme responsables de tout. 

Robinson ne pouvait mieux s'assurer qu'avec ce qu'il trouvait. Les produits dérivés, il n'en avait pas, même s'il connaissait ce que veut dire "dériver" dans son aventure. Les impôts, il n'en payait pas puisqu'il devait, lui-même, s'imposer des règles strictes sans intermédiaires. Spéculer pour lui, c'était toujours à très court terme, au lendemain ou à la saison qui suivait. 

Bien loin de la collision entre riches et pauvres, entre idéologies adversaires. Il devait trouver la meilleure solution à ses problèmes par l'expérience. Il devait compter sur les risques des pirates, des corsaires et des flibustiers et se préparer pour les contrer.

Ils existent toujours avec les mêmes subtilités.

Tout cela pour dire que nous sommes, aujourd'hui, en période de questionnements, de transitions. Nul ne le conteste, mais de là à rejeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas la solution pour le long terme. Nous avons une histoire en plus de la situation de Robinson. Nous progressons à coup de réussites et d'échecs.

Etre anarchiste, peut-être, mais pas nihiliste ou négativiste sans réfléchir.   

Dernièrement, je lisais un billet de Simone Wapler, qui prévenait "Attention : ce rapport peut heurter les lecteurs sensibles. A lire avec prudence". Elle affirmait: "Pourquoi la France va quand même faire faillite. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencéNul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.".

Avec un peu d'humour, on dirait: "Hier déjà la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais est-elle encore grave vu le secours providentiel que je suis venu vous apporter?"

L'article continuait avec des titres dignes de l'Apocalypse: "La réalité dépasse la fiction aujourd'hui", "La fuite en avant", "Dernier budget en équilibre en 1973", "La sécurité sociale a emprunté en France la même somme que le Portugal et l'Autriche réunis", "L'effet domino, l'effet boule de neige de l'Europe", "Le chaos"... 

Elle arrivait à la conclusion: "choisir entre l'exode urbaine et les émeutes de la faimCeux qui étaient à la campagne, s'en tiraient mieux que les autres. Si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé".  

Elle avait raison, mais à lire, tout cela, on a l'impression de s'empêtrer dans les fils de la Toile, d'essayer de se rattraper pour finir par tomber face au mur des lamentations. 

Revenons, j'oserais dire, à du "terre à terre" sur le "plancher des vaches" puisqu'il était question du monde agricole.

Donc, il y aurait, en France, toujours de la terre et des vaches.

Et s'il n'y avait plus de vache?, pourrait demander l'innocent du village?

Robinson, lui, en effet, sur son île déserte, n'avait que des palmiers, des noix de coco et la mer à perte de vue.

Aujourd'hui, on aimerait vivre sur une île déserte. Ce serait même un paradis que l'on se paierait cher, mais ce serait après y avoir installé toutes les commodités modernes.

Robinson, lui, n'en avait pas. Il ne lui restait que la vie et à se démerder tout seul pour reconstituer un univers pour tout réinventer en fonction de sa nouvelle situation. Pas de plan B, juste du système D avec, seulement, quelques tuyaux connus dans une vie antérieure. Pas question de maudire le capitaine qui avait fait chavirer le navire. Ce serait du temps perdu.

0.jpgProcéder dans l'ordre, ce serait: Sauver les "meubles", trouvés à la dérive. Se construire un toit avec des morceaux de bois. Se sécuriser contre les pirates éventuels. Épargner ses forces avec des économies de moyens. Prévoir les jours mauvais lors d'un beau temps providentiel. 

Pour garder le moral, avoir des moments de franches rigolades pour constater le rendement de ses actions (non, pas celles en Bourse...). Constater qu'avec un bout de ficelle, on peut réaliser quelques petites choses bien utiles. L'argent, chez lui, n'aurait servi à rien. Il vous aurait ri au nez avec votre million de dollars en monnaies de l'époque. Il vous aurait dit que s'il n'avait pas réussi à créer un vrais matelas, il avait été un maître pour le coussin destiner à poser sa tête. 

Aujourd'hui, beaucoup de tuyaux sont percés de toutes parts, d'accord. On se sent prêt à dire qu'il n'y a plus rien à inventer, que les machines ont ruiné ce qui reste d'espoir et que la mondialisation a brûlé les dernières cartouches à prix bradés.

La journaliste britannique Sophie Pedder, vivant en France, écrivait, dans son livre "Le déni français" que quelque chose était en trop dans la corbeille française. Elle sentait planer quelques déficits chroniques comme on les retrouve chez des enfants gâtés. On semblait avoir pris des assurances, mis des protections anti-tout, des capotes à tous les étages et les malheurs sont restés plânés. 

Ce même vendredi dernier, chez nous, ce fut aussi la nuit des chercheurs en sciences dans le seul but de relancer les jeunes sur cette voie de salut en Europe. Sur le forum français, la science est souvent décriée, rejetée comme responsable des malheurs avec un concert de plaintes pour le faire remarquer à qui veut l'entendre. L'énergie reste, ainsi, au stade de potentiel, sans passer au niveau cinétique.

Un économiste disait même que ce n'est pas une récession que nous vivions, mais une stagflation générale. Une stagflation, c'est-à-dire "une souffrance simultanée de croissance faible ou nulle et d'une forte inflation avec une croissance rapide des prix et un taux de chômage élevé". Et il avait raison.

"Moi, entrepreneur" criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de "Merci patron" qui deviendrait plutôt, "Merci, partons" . 

Il est clair que certains auront plus de potentiels que d'autres, qu'il faudra des leaders et des exécutants. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si tout le monde avait les mêmes envies et prérogatives, rêvait aux mêmes objectifs et à un paradis dans lequel, il faut le dire, on s'emmerderait très vite.

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Nous sommes dans la même galère, c'est évident, mais il y a tellement de nuances dans l'approche pour aborder cette dite-galère.  

N'auraient-on plus trouvé la bonne personne qui, un jour, aurait su raconter de belles histoires extraordinaires pour distraire, mais aussi pour faire espérer concrétiser les envies? Le rêve motive  parfois avec plus d'efficacité que son aboutissement.

Mais, on baigne dans la m..., leurré par d'autres, plus malins, qui ont déjà trouvé leur Vendredi sans chercher de "dieux" providentiels. Auto-immune, vous ai-je dit.

La concurrence est rude et trouver le chaînon manquant, le créneau qui sort de l'ornière, prendre le risque, ensuite, de le développer et aller à contre-courant, n'est pas une sinécure.

"Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", écrivais-je. Article, capté et publié par Carevox.fr, sans ma permission. C'est dire qu'en France, avoir un esprit positif ne court pas les rues en dur ou en virtuel.

Connaître cette réflexion, c'est aussi de la "Mindfulness". C'est savoir se définir dans le grand jeu dans lequel tous ont un rôle à jouer ou à (re)découvrir. 

Réussir, rester jeune et beau comme on le voudrait, demande un état d'esprit sans artifices de calcul, sans pommade, sans botox ou idoles comme références.

Franco Dragone, dans "C'est du belge" du vendredi, parlait de  sa ville d'adoption, La Louvière. Il ne l'a pas oubliée sa "Cité qui a décroché la Lune" comme un Robinson aurait pu le faire pour oublier ses mauvais souvenirs. Son prochain projet est déjà en  Chine, à Wuhan.

Oser l'utopie, rêver à l'impossible, garder des projets en réserve et les tester... une philosophie...

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Attention, pour finir, je préviens "y a du lourd" comme dirait Patrice Luchini.

Je tombais vendredi sur cette déclaration époustouflante: Bill Clinton pourrait devenir président dans deux pays, l'Irlande et la France. Pour le prétendre, il déclarait au sujet de la France: «  Comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux États-Unis, englobant l’Arkansas], si toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France,  emménage en France, qu’elle y réside pendant 6 mois et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française. En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. ».  

Bill Clinton, l'Américain, là, c'est trop drôle. Bill, le Vendredi du Robinson français ? 

Quand Obama avait été élu, la presse française avait recherché un homme politique providentiel, de la trempe d'un Messie pour la France.  

0.jpgEn Belgique, on se shout avec quelques bonnes nouvelles. On rigole avec le reste comme ici. Ce jour-là, Thomas faisait la différence avec le bon vieux temps. Le lendemain, le jour d'une grève des trains, il jouait avec la liste déprimante de ce qu'il n'aimait pas. Du déprimant, il y a des jours où on en trouve plus que d'autres, puis, d'autres, pendant lesquels tout change et on oublie tout.

A vendredi, j'attends votre réponse, chers amis français et agoravoxiens. (*)

 

L'enfoiré,

 

(*) Attention, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Tous ne font pas partie de la forumisation des discussions où l'on se déchire plutôt que de se reconstuire. 

 

Citations:

  • "Quand on voit, on ne voit pas tout ce qu'on voit, pris par notre vision intérieure et immédiate des choses", Frank Pirobon
  • "Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids.", Philippe Geluck
  • "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous", Philippe Geluck 

27/09/2012

Capri, Amalfi, reveni, revidi, anacyclismi

Sorrente, Capri et Amalfi sous forme d'un pélerinage après 32 ans. Qu'en est-il advenu depuis ma dernière visite, comme le dirait César, revenu, revu, recyclé 

Je n'ai pas l'envie de jouer au guide touristique. Pour cela, n'importe quel guide ou lien sur Internet parle de la région et permettrait de le faire. De plus, à part, les retraités dont je suis, pour le plus grand nombre d'entre nous, les vacances sont finies et cela ne rapporterait plus rien à personne de faire envie d'y retourner. Je préfèrerai, donc, donner une atmosphère de la région, des impressions en écrivant sur le terrain des opérations de ce sud italien.

N'oublions pas que l'Italie est sur la liste noire des pays européens en crise et que même le nord du pays, malgré le fait qu'il jouissait de plus de 30% de PIB par habitants que le sud, subit, depuis récemment, quelques retours de flamme. Il est vrai qu'avant que le vent ne tourne, il y a toujours plus d'investissements et de dettes qui s'allongent. Rien n'est perdu apparemment. Le prix du diesel à la pompe atteint des sommets avec deux euros le litre et pourtant, on ne voit aucune diminution du trafic. La discrimination doit être ailleurs.

D'emblée, je dirai que la région est très belle, trop belle et elle est victime de son succès. Fertile, humide avec un soleil généreux qui fait pousser n'importe quoi là où on veut le planter. Humidité, il faut bien le dire, très appréciée des mouches et des moustiques.

Mais retournons dans l'histoire pour l'expliquer. Ce n'est pas pour rien que les Romains faisaient de la région leur endroit de prédilection, que beaucoup d'artistes et mondanités se sont retrouvés par là ensuite. 

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En 1980, mon voyage dans la même région était plus complet avec l'aide d'une voiture de location. Il comprenait toute la baie de Naples jusque Paestum, avec le Vésuve, les solfatares, Pompéi, Herculanum, Capri et la côte amalphitaine. Cette fois, ce sera se limiter dans un espace plus réduit au départ de Sorrente. Plus pénardement aussi comme tous les touristes lambda, guidés de l'intérieur de cars climatisés. Prendre une voiture de location ou pire la sienne, ce serait devoir prendre une bonne assurance omnium comme nous allons le voir. 

Que retenir de Sorrente ?

  • Torquato Tasso? Ce poète qui au 16ème siècle, avait décrit la première croisade d'une manière très imaginative dans son poème "Jérusalem délivrée". Tasso, lui qui, tout en souffrant de troubles mentaux resta jusqu'à la fin du 18ème, le poète le plus lu en Europe ? Sa statue reste en bonne place comme natif de la ville. D'après moi, pas une référence suffisante.
  • Qu'en 1876, Friedrich Nietszche y fit son premier voyage dans le sud de l'Europe. Une découverte de la ville qui va lui faire voir la vie et la philosophie sous un angle plus humaniste, plus sudiste en abandonnant le wagnerisme. Il y entreprend l'écriture de "Choses humaines", oeuvre aphorique qui décrit un néo-humanisme. Il avait écrit  auparavant « Pour que l'art puisse se développer sur un terrain fertile, vaste et profond, l'immense majorité doit être soumise à l'esclavage et à une vie de contrainte au service de la minorité et bien au-delà des besoins limités de sa propre existence. Elle doit à ses dépens et par son sur-travail dispenser cette classe privilégiée de la lutte pour l'existence afin que cette dernière puisse alors produire et satisfaire un nouveau monde de besoins. ». Friedrich qui deviendrait gauchiste avec trop de lettres dans son nom?
  • Au film de Vittorio de Sica qui en 1953, y joua dans les films "Pane, Amor e Fantaisia" suivi de "Pane, Amor e Jelosia" avec Gina Lollobrigida avec le port de Marina Grande comme cadre ? Vittorio a probablement trop "usé" Gina, que dans la 3ème version, "Peccato che sia una canaglia", c'est Sofia Loren, la Napolitaine qui a pris la relève. Les trois films montrent l'évolution à l'époque. Vittorio savait au moins, trouver les partenaires aux courbes sans silicone !!!  
  • Sorrente fait surtout penser à ses falaises sur lesquelles les panoramas se bousculent en faisant face à la baie de Naples et au Vésuve. Vésuve qui n'a pas fini de narguer les habitants de Naples, avec Pompéi et Herculanum qui a gardé l'éruption volcanique de 79 comme symbole économique plutôt que comme un frémissement à l'idée d'une réédition avec ses trois millions d'habitants à ses pieds. 0.jpg
  • Sorrente est, aussi, un point de rencontre de tous les bateaux géants où débarquent des milliers de touristes au quotidien comme un épisode du scénario de « La croisière s'amuse ». La ville double sa population en été.
  • Son kilomètre carré de superficie sur lequel cent hôtels se classent de la pension de famille à l'hôtel de luxe cinq étoiles comme le "Excelsior Vittoria" dans lequel Caruso avait dû, un jour, chanter des airs d'opéras en prenant sa douche.
  • Sa vingtaine d'églises rivalisent d'ex-votos, de tableaux jusqu'au plafond et de décorations baroques avec le marbre comme matériau assurant une intemporalité inconditionnelle.
  • Son art de la marqueterie et sa liqueur « limoncello » à base de citrons. Il est vrai les citrons prennent parfois des tailles démesurées, inconnues chez nous.
  • Son concert de klaxons avec les mobylettes reines du bal, les voitures qui tiennent à s'infiltrer, les cars qui s'imposent par leur masse. Heureusement, tout ce trafic fou s'effacera, peut-être, des mémoires quand il ne restera que les bons souvenirs à raconter.
  • Son musée qui étale sur plusieurs étages, tableaux, porcelaines, marquetteries anciennes et vestiges antiques.
  • La ville de Sant Agnello, tout à côté, un peu considérée comme le dortoir de Sorrente avec le monastère Cocumella, recyclé aussi en hôtel de luxe "Five stars". Je parle anglais, parce que c'est devenu la langue de la transition dans ces lieux mythiques. Le français reste assez marginal par ici.  

Que dirais-je encore? Que le Sorrentais a perdu l'habitude de se confier à des touristes dont il ne recevra en retour de ses hôtes que des paroles mi-figues, mi-raisins, alors que, lui, est expansif, avec l'envie de chanter "O sole mio" à tout moment et de manger des figues fraîches et des raisins bien entiers. Dans les brumes du nord, Les visiteurs ont perdu la chaleur de tout cela. Des contacts intimes, il ne reste souvent que des sourires commerciaux avec l'économique qui transite de la tangente à la diagonale.

La ville de Sorrente reste un bon départ pour aller ressentir l'ambiance de cette Italie du sud, pour marquer de souvenirs de vacances à un tourisme de masse. Le lever du jour restera encore le meilleur moment tandis que la meute de touristes est encore au lit ou à table pour déjeuner calfeutrés dans leurs hôtels. Attention, cela veut dire se lever tôt, bien avant que le soleil ne sorte de derrière des montagnes qui cachent l'arrière-pays. Alors, peut-être, comprendrez-vous et entendrez-vous les chants enchanteurs des sirènes, Ligéa, Leucosia et Partenope qui s'étaient suicidées parce qu'elles n'avaient eu aucun succès avec leur séduction au passage d'Ulysse. Les trois îles "Li Galli" en sont nées et elles ont attiré les fortunes de notre monde moderne, devenues un hôtel 6 étoiles. Ne comptez pas que je vais finir par devenir votre Circée et ainsi vous prévenir de ce danger d'être attiré par des sirènes... Je vous laisse libre de le découvrir si ce n'est déjà fait. 

La côte amalfitaine, elle, n'aurait pu normalement offrir que très peu d'espaces pour l'habitat humain vu les contreforts en pentes raides des Apennins qui se jettent de manière abrupte dans la mer. Des villages se sont pourtant greffés sur ses pentes avec des habitations qui ont l'air de se chevaucher l'une sur l'autre.

Bonne nouvelle, on y vit, parait-il, très vieux. Forcer de grimper, d'escalader lors du moindre déplacement fait garder la forme physique à ses habitants.

Jusqu'à la fin du 18ème siècle, les contacts se limitaient très localement dans un isolement volontaire, tout en se tournant vers la mer pour le commerce maritime avec l'Orient. La république d'Amalfi, ainsi créée, a pu rivaliser avec des cités comme Venise, Gênes et Pise. Les personnages illustres qui y sont passés  sont, entre autres, Flavio Gioia  qui améliora la boussole, Ibsen qu'un resto rappelle encore et Wagner, inspiré pour l'écriture de "Parsifal"...

Depuis, que la côte s'est ouverte au tourisme, plus rien n'est resté pareil. La région comporte deux corniches avec 800 virages en épingle à cheveux, sur lesquels pour circuler, il vaut mieux avoir de la patience et garder le doigt sur le klaxon pour éviter le maximum d'incidents qui laissent des traces sur les carrosseries.

Le Dôme d'Amalfi, très caractéristique, avec des mosaïques de marbres rivalise avec la mode très chic de Positano dans un festival de couleurs. Le Dôme de Ravello, lui, dédié à San Pantaleon, rivalise avec celui de Naples, dédié à San Gennaro, avec le même miracle de la liquéfaction du sang. Quand cela marche pour un saint, pourquoi cela ne le ferait pas pour un autre?  

Positano, Amalfi, Ravello, Minori, Maiori, des noms qui laisseront rêveurs par leurs beautés sur à peine 55 kilomètres.

 

L'île de Capri est connue partout dans le monde depuis les empereurs Auguste et Tibère... Tous les grands de ce monde y sont passés dans les Golden Sixties. Pourtant, dès qu'on parle de Capri, la chanson d'Hervé Villard "Capri c'est fini" revient à l'esprit. Curieux? Enfin, pas tellement, en définitive...

Récemment, dans le cadre "Une des plages des sixties",  l'île Capri, était reprise dans un film de ARTE, diffusé avant mon départ (donc plus disponible) et disait en résumé:

"Selon le magazine Life, Capri avait la plus forte densité de stars au kilomètre carré. C'est Tibère qui a donné à ce petit rocher sa griffe jet-set... il y a de cela 2000 ans. Depuis, il flotte sur les villas de l'île, un parfum de luxe, de scandale et de snobisme. Oasis de beauté, coin de paradis, summum de la villégiature, parfum magique, charme unique... les qualificatifs ne manquent pas des "Happy few" des Golden Sixties qui s'y sont retrouvés. Sur à peine 11 km2, en face de Sorrente, aristocrates privilégiés, artistes, acteurs de cinéma, américains fortunés, tous se réunissaient sur cette île. Le chanteur Peppino di Capri susurrait une atmosphère de luxe au "Cansone del mare". Le ski nautique était le seul sport De Marina Grande jusque la Grotte bleue. Pas de plage. La Fiat 500 était le véhicule pour snob. Les villas comme celle de Valentino qui organisait des fêtes séléctives. La Piazetta qui n'avait aucune vue panoramique sur la mer, existait, seulement, pour être vu comme dans un petit théâtre de la Comedia del Arte. Une époque où il fallait être excentrique pour seulement exister. La mode colorée de Pucci sur bikini qui cachait les talons hauts. Le Chianti pour donner le goût et la saveur italienne. En 1963, le film "Le Mépris" de Goddard y était tourné avec Bardot et Piccoli. Extraire la foule du film à tous prix dans ce film. La foule qui viendra progressivement envahir par le tourisme de masse d'aujourd'hui. Un tourisme qui, au départ, ne venait pas uniquement pour l'île mais pour voir ses idoles en vrai, en dur. Pendant un temps, les "people" remplaceront la jet-set, plus intéressés, eux, par les paparazzi plutôt que par le silence de la solitude. En 1965, la chanson "Capri c'est fini" exprimait déjà la lassitude qui se pointait.  En 1967, la jet-set de Capri allait vivre son chant du cygne, son dernier baroud d'honneur, lors d'un défilé de modes pendant lequel tous se retrouvèrent une dernière fois. Comme conclusion au documentaire, il était dit que le mystère de Capri existe encore aujourd'hui, mais il faut désormais y être invité pour le découvrir.".

« Il faut être invité », des paroles qui apportent tout le secret de l'île de Capri d'aujourd'hui.

Ce ne fut pas mon cas. J'ai seulement eu l'honneur d'y être baptisé sous une pluie battante et quasiment continue comme  un signe de la césure entre l'été et l'automne.

S'il y a eu un jour que je n'aurais pas dû programmer pour y aller, ce fut celui-là.

Dès le matin, sous les coups de butoir du tonnerre, les éclairs tombaient d’aplomb sans avoir à compter les secondes entre l'éclair et son écho acoustique. Pour ceux qui avaient trop pris l'habitude de s'habiller léger, trempés, la fin de l'attente du bateau fut considérée comme la fin d'un calvaire que même Saint Antoine Abate, patron de la ville, de faction sur sa place principale, n'avait pas prévu sous sa soutane de pierre.

Seuls les vendeurs de poncho ont eu le bonheur de faire des affaires en or.

Une demi-heure de navigation pour arriver à Capri et débarquer à Marina Grande sous la pluie, avec des couleurs délavées, c'est d'un morne à casser l'ambiance.

Une montée à Anacapri sur une route en lacet à peine plus large qu'un minibus, sur laquelle tous les véhicules se croisent, se fraient un chemin en évitant les inévitables éraflures, c'est ce qu'on doit appeler de la haute voltige.

Jusqu'en 1949, l'écrivain suédois, Axel Munthe y vivait et, à sa mort, a légué son nid d'aigle avec jardins, appelé la Villa San Michèle. Depuis, elle est devenue un défilé incessant de touristes accrochés aux basques d'un guide qui explique tout ce que ses suiveurs se dépêcheront d'oublier dans la minute qui suit. Mais, comme a dit quelqu'un, la culture générale c'est ce qui reste quand on a tout oublié... L'honneur est donc sauf.

En vacances, le touriste n'est pas là pour garder la mémoire, il n'a pas pris de petit carnet pour noter. Il est là pour passer du bon temps, pour faire semblant d'être super intéressé et charger son nouvel appareil digital de photos qu'il montrera aux connaissances pour les faire baver d'envie. Pour prouver qu'il y était, il n'oubliera pas de se mettre devant tous les monuments avant de faire le clic qui s'impose.

Ensuite, redescendre, à Capri-ville pour s'esbaudir devant les échoppes de luxe sous les regards intéressés des épouses. Se relaxer à la Piazetta sur laquelle, il n'est même plus intéressant d'y être vu comme par le passé. Faire le tour de l'île, aller admirer les Faraglioni, avec son rocher percé sous lequel passent fièrement les barques à moteur pour réaliser la photo unique à « x » millions d'exemplaires par an et passer dans la grotte bleue, pressés par la barque qui suit. Tout cela, c'est Capri dans l'urgence d'une journée bien remplie.

En 1963, donc, du temps de la Jet-Set, Jean-Luc Goddard avait réalisé sur l'île,  son film « Le mépris » avec Bardot et Piccoli. Qu'est-ce qui a bien pu donner l'idée de mépris en cet endroit ? Déjà, il avait écarté le trop plein de visiteurs pour ne retenir que l'intimisme des situations. Était-ce un présage à un futur plus lointain, d'une inspiration qui obligerait le visiteur futur à garder ses distances du Jet sans le Set qui l'accompagne ?

C'est sûr que Capri d'antant, celui pendant lequel tout était étudié pour attirer la Jet-Set, c'est fini. Mais on est peut-être allé trop loin dans la direction inverse. 

"Même à Capri, il est possible d'éviter le bain de foule. Le secret pour piquer une tête en toute tranquillité ? Emprunter l'un des innombrables chemins à pic qui débouchent sur les "cale", les petites baies. Dans le creux de ces criques, l'eau est turquoise." dit Wikipédia qui a très certainement raison mais qui ne faisait pas partie de cette escapade bien mouillée ou trop "touristiquement vôtre". Nous en sommes loin de l'Italie profonde.

Quand Hervé Villard chantait, en 1965, "Capri, c'est fini", il ne devait pas uniquement penser à une personne aimée, mais à un style de vie, à une époque révolue qu'il avait connu, un jour, passé par là comme tellement d'autres?


 

Alors, si je changeais les paroles avec ma propre vision?

Nous ne pensions plus jamais,

Revoir Capri qu'on aimait,

Nous ne pensions plus jamais,

Qu'un jour, on y retournerait,

Nous ne pensions plus jamais,

Que Capri serait la même,

A rêver du temps de la bohême

Non, vraiment ce n'est plus la peine

Capri, c'est dit, c'est fini,

Qu'il faille être invité

Au moins tu as le mérite de le dire,

Capri, je te le redis,

Je ne croyais pas

Que je te reverrais un jour.

Ce n'était qu'un pélérinage,

A te dire recommençons,

Sans perdre le courage,

J'ai essayé et tu as dit non.

Tu m'as servi toute la pluie

Comme deuxième rendez-vous,

Trop de tout, dont je me souviendrai,

Tu as oublié de me donner,

Ce soleil un peu fou,

Alors, là, Capri, c'est fini,

Et dire que c'était la ville

Dont je me souvenais

En qui, je ne crois plus

Te revoir, quand il a plu. 

Les vacances de masse ont, malheureusement, tout balayé et la pluie, tout lavé. Avoir visité cette île tout comme la région, il y a 32 ans, m'a permis de voir ce qui avait évolué et ce n'est pas nécessairement vers un mieux.

Il parait que Peppino di Capri, lui, y vit toujours dans une retraite dorée qui ne peut être que chantante avec Roberta dont il chantait les charmes à l'époque.

Quand, à Bruxelles, j'ai réatterri sur le plancher des vaches, qu'allais-je retrouver à la mère patrie? Euronews, là-bas, ne m'avait rien montré d'autre que des bribes anciennes ou récentes, toutes écrèmées... Il me fallait de l'humoristique après un pélerinage.

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Laurence Bibot avec son café serré disait qu'elle était lâche et vilaine, face aux événements de l'actualité et tout cela m'a remis en mémoire le pays d'où je viens avec ses problèmes rikikis, sa pluie, sa fête de la Communauté française de ce 26 septembre, avec le Premier Ministre qui vantait la législation belge devant l'ONU... Tout va bien, quoi...

0.jpgJe remarque que j'ai été aussi lâche. Lâche, de vous avoir lachés sans rien vous dire tout en faisant comme si j'étais là.

Pendant quinze jours, j'ai eu un autre présent. 

Comme pour me faire pardonnerplus explicite que des textes, voici une sélection de mes 400 photos, cliquez ici.

Pendant ma visite italienne, recyclée, aucun paparazzi n'avait été à l'horizon. Je suis resté incognito dans ma routine comme un bienheureux. Fort aise de n'avoir eu personne qui m'aie demandé un autographe à signer... 

 

L'enfoiré, 

 

Citations:

 

  • « Être marginal, c’est proposer une alternative à la masse. », Benoît Gagnon 
  • « Le tourisme est l'industrie qui consiste à transporter des gens qui seraient mieux chez eux, dans des endroits qui seraient mieux sans eux. », Jean Mistler
  • « Le jour du jugement dernier, pour les Amalfitains qui iront au paradis, ce sera un jour comme les autres", dicton amalfitain

20/09/2012

Le vague à l'âme des mégaprojets en informatique

"Le fait d'intituler "Projet informatique" à des mégaprojets destinés à transformer un métier est déjà en soi, un symptôme de la mauvaise gestion qui entraîne l'échec de telles initiatives", disait le professeur de l'IT, Georges Ataya.

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J'avais déjà parlé des problèmes de code des programmes informatiques qui donnaient la nausée. Ici, Georges Ataya, professeur de l'IT remonte le problème plus haut dans la chaîne de développement.

Ce qui est sur la sellette, cette fois, c'est la totalité du processus de développement d'un projet trop important que pour être limité à un seul projet même "mégastore".

Datanews mettait déjà en garde en avril dernier de la possibilité d'arriver à un fiasco pour un projet eHR (Human Ressource électonique).

Cette fois encore c'est l'Inspection des Finances qui confirme. On relance ou non, eHR?

Le SPF Fedic n'aurait pas demandé suffisamment à la partie "SPF Personnel et Organisation". Solliciter tous les utilisateurs de la base jusqu'au sommet avant d'écrire la moindre ligne de code.

Analyse des besoins réels et imaginer un concept généralisé et fonctionnel devrait prendre le plus de temps dans la totalité d'un projet.

Limiter cette analyse à sa seul entreprise, en sortir la conjonction des besoins dans un mégaprojet c'est dépasser de loin un problème informatique. Sur réalité du terrain, c'est d'ailleurs rarement le cas, perdu derrière tellement de tentacules de sociétés et de sous-ensembles. Estimer le coût global d'une telle entreprise est seulement devenu une chimère.

SPF Justice, que l'on pourrait appelé eJustice, avait déjà eu du plomb dans l'aile dès son départ. Échecs successifs, d'ailleurs. Projet repris comme une course relais mais dont on ne voit pas la ligne d'arrivée.On se rappelle de Madame Onkelinkx alors Ministre de la Justice qui a mis un point final au projet Phenix avec un procès en Justice sans programmes informatiques, et céder le bâton de coursier de relais, en 2007,  à un autre groupe privé qui n'a pas fait mieux. D'après Datanews, le projet serait même empoussièré avec des coupables des deux côtés. Cinq projets avaient été mis en chantier vu que le budget de la Justice était en forte hausse. Projets dont les noms Cheops, Prisma et d'autres sous-projets... Il s'agit d'un consortium de projets dans lequel chacun a ses prérogatives, ses plate-formes personnels ce qui augmente l'overhead pour s'assurer de la compatibilité entre elles. La sous-traitance en offshore n'y est pas absente, ce qui allonge le temps au niveau des contacts et des cultures.   

Depuis fin 2001, date de la première signature, rien n'a encore vu le jour. Echéance du deuxième contrat est pronostiquée en 2014, c'est à dire sept ans de plus avant, qui sait de redéfinir un nouveau délai. Ce qui pourrait prouver que la complexité n'était pas un vain mot. En cause différents paramètres entrent en jeu:  politiques, décideurs qui ne sont la que pendant un terme court, le défilé des ministres en charge, leur changement d'optique et de desiderata, l'évolution du temps, des besoins et des potentiels matériels.

Le secteur public est, peut-être, plus transparent en étalant, au grand jour, les problèmes que le secteur privé, quand la justification des décisions de rupture de contrat s'impose pour des raisons électorales.

En cas d'échec, les dirigeants d'entreprises ont l'habitude de montrer du doigt la partie informatique d'un projet, alors que celle-ci, logiquement, ne devrait être que le maillon déterminant du développement général. Les gestionnaires du projet ne font que répondre à un cahier des charges au mieux de leurs possibilités et parfois en essayant de rattraper un retard. 

Le coût, la qualité, les délais demandés sont des points qui sont traités lors de la prospection de candidatures. Les projets sont alors encore dans les limbes. On pense savoir ce que l'on veut obtenir mais il faut y mettre des notes à la partition. Qui établit les devis de la commande? Qui en fixe les limites? Qui décide de l'acceptation d'un candidat plutôt qu'un autre au moment des choix? Les benchmarks, l'expérience, le prototype, s'ils ont eu parfois la chance d'exister, mais ont-ils été suffisamment concluants?

Des réponses aux questions qui restent très vagues. 

Les décideurs ont des impératifs différents à remplir. Les vendeurs d'un projet sont-ils à mène d'établir un temps théorique nécessaire pour un développement qui n'a pas encore de précédents? Les coûts et les décisions sont pris du côté "client" et évidemment estimés au plus juste prix, c'est-à-dire à une niveau qui tient la corde. S'en suit, un rattrapage par le secteur de l'informatique pour corriger l'estimation trop parcellaire, au départ, simplement pour rester dans la course et obtenir le contrat des premiers.

Dans l'estimation, le prix du hardware, en chute libre, fausse souvent le poids global du prix du software dans l'estimation globale d'un projet informatique, alors qu'ils se sont dissociés depuis longtemps. 

D'après les statistiques, il y a seulement 32% de chance pour qu'un projet arrive à temps avec une réussite finale.

Un projet sur vingt quatre est complètement raté et à recommencer à zéro, "from scratch", comme on dit dans le milieu.

Changer un métier représente un changement organisationnel plus que complexe, presque un modèle de société différent à intégrer dans des habitudes ancestrales, un modèle stratégique qui changent l'architecture d'un département et de son entourage, qui modifie les méthodes de travail avec des fonctions relativement inédites, difficiles à digérer par les "users".

Cela implique la présence de ceux-ci, dès le début, au premier chef puisque c'est eux-même qui vont devoir chevaucher la "nouvelle cavalerie". Entendre après l'implémentation d'un projet "c'était mieux avant" est une preuve que les utilisateurs n'ont pas été questionnés et que le fonctionnel n'a pas fait son travail de recherche des responsables.

Le reste, l'informatique, elle-même, n'est qu'un maillon faible, de cuisine intérieur, d'exécutant, bien moins important.  

Alors, il y a les grosses "usines à gaz", celles qui sont étudiées pour et habilitées à répondre aux désiderata géneraux et qu'il faudra adapter aux besoins spécifiques. Je ne vais pas citer de noms, ils sont connus.

Il y a les systèmes rigides, les "frigides", qui ne permettent pas de customisation ou peu. Dans ce cas, la clé n'est pas fournie. Les autres systèmes, maléables à souhait s'écartent de la version standard, originale. Cet écart, salutaire au début, nécessitera une réinstallation complète à chaque nouvelle version ou release, que le software standard ne comprend pas. Réinstallation qui nécessitera une recherche de compatibilités.

Parmi eux, d'un côté les CRM (Customer Relational Management) et les ERP (Enterprise ressource Planning), de l'autre.

Packages "généraux" et "généreux", s'il en est.

"Généraux" parce qu'il sont appelés à être utilisés tels quels dans leurs généralités sans frais supplémentaires. "Généreux" parce que, dans le cas contraire, le coût de la mise à niveau n'est pas compris dans la localisation, coût qu'il faudra assumer et répercuter pour garder une chance de rester supporté par le fournisseur en cas de déraillements majeurs.

Le syndrome du mégaprojet restera une plaie toujours ouverte pendant toute la durée de l'exploitation puisque ce n'est plus du "clé sur porte". De plus, quand le doigt est mis dans l'engrenage, difficile de changer de système, de plate-forme par la suite.

Dès le départ, un calcul de risques de tous les étages, fait par un gestionnaire de ceux-ci, doit prendre une place essentielle dans un projet de cette envergure.

Il n'est pas rare qu'il y ait des points cachés ou plus politiques derrière toutes décisions. L'aspect protection de l'emploi qui entre en jeu n'est pas illusoire. Restructurer n'importe quel système sous-entend des diminutions de personnels, d'où cette résistance vis-à-vis d'un processus informatique qui est quelque part, un fossoyeur de travailleurs. Qu'on ne disent pas que l'informatique n'a pas contribué à réduire les personnels dans son histoire. Ce serait faux, même s'il a créé d'autres jobs avec plus de parcimonie.

Lors de l'installation, le nouveau système est vendu avec ses avantages, ses améliorations, qu'ils travailleront mieux et plus vite, alors qu'en fait, il s'agit d'une vente forcée. Cela tente aussi de faire oublier que son étude préliminaire se passe en parallèle avec la maintenance de l'ancien avec la même cadence. Certains se complaisent dans un système parce qu'il s'y trouvent bien et ont peur de tous les changements même en mieux. On ne fait toujours bien que ce qu'on connaît bien. 

Évitons le mot corruption qui ferait mauvais genre, ici. 

Les risques peuvent être structurels, passagers, ponctuels entraînant un développement inadéquat ou obsolète bien avant l'implémentation. Le temps très long entre la signature d'un contrat et l'implémentation va vite trouver des développements concurrents sur son chemin et rendre obsolètes les siens.

Le bon chef de projet peut être comparé avec un chef de chantier. Le grutier est capable de creuser une tranchée au milimètre près avec de bons plans. Mais il n'est qu'un maillon. Les erreurs, les ratés se retrouvent dans les effets collatéraux qui feront sauter une canalisation, que l'on retrouve par analogie dans les bugs informatiques. Ce "project manager" fait aussi ce qu'il peut avec les collaborateurs qu'il est loin d'avoir choisi lui-même.0.jpg

D'après l'auteur de l'article initial, l'optimisme exagéré, l'absence de gestionnaire de risques se partagent les fleurs ou les pots. Les responsabilités des deux, elles, sont partagés.

C'est peut-être, aussi, oublier que les intérêts ne sont pas les mêmes au sommet et à la base. Au sommet, les dirigeants se sentent forcés de lancer la "sauce" le plus rapidement possible, comme un bulldozer, pour résister et contrer la concurrence. Alors, parfois les projets dérapent en porte-à-faux pris par le temps et sont mort-nés.

Chiffrer le prix de ceux-ci est difficile, mais Gartner a évalué les fiascos de tels genres de mégaprojets à plusieurs centaines de milliards de dollars dans le monde.

Vous avez dit "fiasco"?

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Avril 2013: Les développeurs belges d'applications ne courent pas que pour le plaisir. Les hackatons rassemblent les developpeurs à certaines occasions. 200 déveoppeurs se réunissaient dans un superhachaton pendant 18 heures d'affilé.

Ces développeurs et designers, des "devigners" connaissent, lors de ces marathons, toutes les couleurs d'une applic...

En Belgique, on compte 35.000 professionnels et 50.000 non-professionnels ou étudiants. Sur des plateformes aussi différentes que Windows8, IOS ou Android sous Java.

Définir le cahier des charges, les différentes petites fonctions à rassembler bien avant de s'intéresser à l'inrterface utilisateur. On passerait ainsi de 4-5 mois à quelques semaines de développement. La facture s'élève de 600 à 1500 euros par jour pour ce genre de 'magicien" du bit. 

 

L'enfoiré,


Citations:

 

  • « Une petite impatience ruine un grand projet.  », Confucius 
  • « Le chemin est long du projet à la chose. », Molière
  • « Mon projet préféré ? C'est le prochain. » Frank Lloyd Wright 

13/09/2012

Le bluzz du philosophe et du scientologue

L'article précédent tentait de donner le cheminement de l'information. Avant l'information, il y a la formation. Les "Hautes Études", souvent poussées en avant comme l'apanage de la réussite dans la vie. Sur une autre antenne, un scientifique expliquait, par le détail, sa déconvenue avec ses propres réalités. Si pour confondre les Sciences du Numérique cartésiennes et les Sciences Humaines se retrouvaient dans un même bocal sociologique et si j'essayais d'en faire une allégorie, qui commencerait par "Il était une fois"?

0.jpgLa conclusion pratique en dehors de toutes considérations personnelles de "Êtes-vous auto-immune ou polythéiste?" serait de dire qu'ouvrir un blog, intervenir sur un forum, c'est aimer la confrontation des idées et prendre des risques. C'est aller de haut en bas et de gauche à droite et cela, sans vergogne.

Quand il y a conflit, en trouver les raisons, une issue sans déshonneur ni pour l'un ni pour l'autre. Puis chercher à rectifier ses préjugés, sans considérer les autres comme des trolls, est une opération qui demande de l'abnégation. Se tromper n'est pas le problème. S'excuser fait aussi partie du processus. Seul la récidive peut donner des soupçons de propagande. Oser répondre avec ses propres convictions demande de l'expérience pour être convainquant.

"L'ordre libertaire", un nouvel essai de Michel Onfray détermine une marche à suivre, mais qui sont, en fait, des règles implicites de vie naturelle en société.

Les conseils, pour se comporter après une erreur de jugement, relève de la psychologie des acteurs en présence. Avoir raison, tout comme avoir tort, ne veut rien dire. Une vérité est trop à la merci d'une découverte qui bousculera les préjugés. Penser la même chose au même moment est plus simple et plus on avance dans le temps, plus on croit les caractères s'affirmer tout en restant dépendants des idées reçues. Des clans de partisans se forment, ainsi, en osmose, mais sans détenir toutes les cartes en main que l'on l'appelle "expertise".

Un article écrit par une rédactice, expliquait ce qu'elle avait aimé en Facebook avec un titre oxymore "Facebook, c'est de la merde". Des commentaires, comme pugilat, se terminaient par un jeté d'éponge en manque d'arguments, poussés par des insultes déversées en parallèles sur l'antenne Facebook défendue. L'empathie, préconisée par l'idéologie de Facebook, faisait place à un égocentrisme qui n'osait plus dire son nom.

Ne pas aimer les oppositions, les rejeter sans les écouter, ce serait seulement appuyer l'idée que seuls, les amis apportent la preuve que notre vérité est la seule vraie.

Régis Debray remarquait que l'on dit "je" en "nous", que l'on continue à dire "nous" en "je". Dans "Moment de fraternité", Debray exhortait à partager quelque chose de plus grand qu'eux sous une forme de nation, d'idéal, de mythe et... de dieu.

D'aller au plus difficile, au moins évident, quitte à faire rigoler ou grincer. Lui, le désespérément agnostique, comme il se nomme, avec son matérialisme bien connu, se retrouvait, tout à coup, dans une fraternité humaniste et républicaine avec seulement le "concret littéraire" comme allié. Effet de l'âge qui ne faisait plus que se promener dans le communautaire dans une génération de Série B.

Rechercher le pluralisme d'idées, relié à l'humanisme universel, s'il faut en connaître les filières et les aboutissements du monde et en se nommant du tellement galvaudé surnom de "citoyen du monde" mais en n'ayant fait que les premiers pas de la reconnaissance sur celui-ci, ne tient pas la route très longtemps.

Internet, pourtant préparé pour casser les frontières, ne fait souvent pas mieux que d'offrir le monde à portée de clics dans un conflit générationnel du coeur, contre un concept plus rationnel sans écoute de l’altéralité, limitée aux préjugés culturels et des convictions sans preuves.

Seuls les voyages et les rencontres fortuites, non préparées, permettent parfois d'atteindre le bon fond du filet en étant plus brutes, moins apprétées, plus sociables.

La forme restée dans la mémoire collective scolaire reste entravée à la ou les langue(s) apprise(s) et Internet ne devient qu'une grande toile de minitels. Il est dit que le fait "communautaire" captivait Debray. Le côté communautaire, identitaire hérédité en supplément peut avoir plus que des aspects négatifs.

Le clivage démocrate et républicain, gauche et droite plait à Debray et il reconnait la fierté d'appartenance à la "Manifest Destiny", le "One nation under God" qui construit l'américanité, s'il ne voit pas le côté sectaire de l'affaire, par quoi lui donnerait-on la cuillère salvatrice? Dans notre monde, le goût du terroir arrive très vite à celui du "tiroir" (caisse s'entend). Debray se reconstruit comme un nouveau Liszt dans une "Jeunesse du sacré".dans le crépuscule de sa vie.

0.jpgAux portes de l'emploi, le jeune et le moins jeune se retrouvent trop peu ou trop qualifiés. Opposé au vieux. Ce n'est pas récent. Génération contre génération.
Alors, si on cherchait à expliquer cette inadéquation avec les besoins réels de l'époque et des entreprises.
On demande de la flexibilité en tout, dans le temps et dans l'espace.
Une question de QI? Ce quotient immature, véritable imposture? Pas du tout. Une belle gueule, bien faite, une belle présentation? Cela peut aider mais ce n'est pas déterminant.
Ne plus être dans le coup, une autre cause? On est très vite obsolète surtout quand on reste sur le carreau trop longtremps.
Question de mauvais choix des études? De mauvaise planification? Manque de motivation? Là, on se rapproche.
De toutes manières, si on a besoin de vous, de votre compétence, on saura vous trouver après votre pub perso.
 
Quelle voie choisir? Université ou école supérieure ? Choix cornélien. Certaines filières sont réputées plus que d'autres pour déboucher sur un emploi mais le diplôme miracle n'existe pas.
Orientation Ingénieur, pharmacien, vétérinaire, informaticien… autant de filières universitaires qui brassent chaque année de plus en plus d'étudiants en Belgique. Et pour cause : en septembre 2011, l'UCL constatait une hausse des inscriptions en sciences de l'ingénieur (spécialité gestion, civile ou agronomie toutes confondues), en sciences de la santé ainsi que dans les professions de médecin, dentiste et vétérinaire. Des cursus à tendance scientifique où le profil des étudiants est parfois très recherché par les recruteurs.
Des filières qui cartonnent:
Ingénieur: civile, de gestion, agronomie ou biomédicale.
Informatique. Diplômés, les pros de l'informatique connaissent très peu le chômage.
Mathématiques/statistiques. Banques, assurances, industrie, informatique, enseignement, recherche. 
Education physique. Actuellement en pénurie, les psychomotriciens et ergothérapeutes.
Pharmacie. Exercer en officine, dans l'industrie, un hôpital ou le secteur public.
Vétérinaire. A la ville ou à la campagne, dans le public ou le privé.
Enseignement. Toutes disciplines sont souvent très demandés.
 
0.jpgDécrocher un travail n'est pas seulement une question de diplômes mais aussi de personnalités, de motivations et de qualifications. L'orientation doit reposer principalement sur le goût pour la profession qu'on se destine à exercer à l'avenir.
«  La motivation, la capacité à s'investir et à se projeter ne seront pas les mêmes selon que l'on choisit une profession par sécurité ou par engouement ».
 
Les filières des sciences humaines sont-elles devenues le parent pauvre de l'accès à l'emploi ? Pas du tout.
« Les romanistes, sociologues, historiens ou anthropologues ont reçu une bonne formation générale et conviennent pour de nombreux postes dans le secteur public ou privé. De par leurs capacités d'analyse, de synthèse et de rédaction, ils peuvent prétendre à de nombreux postes dans des domaines insoupçonnés et très variés comme la grande distribution ou le développement durable. Encore faut-il qu'ils en soient conscients ! ».0.jpg
 
C'est alors que derrière un bureau, se cache ce qu'on peut appelé une "grosse tête", mais qui semble avoir raté le coche et la montre en or dans la pratique sans le reconnaitre.
Il écrit avoir "Une vie de chercheur avortée" (1), (2), (3), (4), (5), (6) bien épicée, mais, peut-être, trop poivré.  Manque de chance de pouvoir prouver sa valeur avec des gens qui savent découvrir la cerise sur le gâteau, semble être le cas.
Romancée, sa vie, telle que l'a raconté, Bernard? Pas vraiment, Une romance est en principe, belle. Sans intention de les donner, il laissait toujours quelques détails de lui dès les premières lignes. Hors, ces lignes ici, ont été nombreuses et pas que dans ces seules circonstances. Les précédents ont existé.
 
La technologie est un levier pour la Science. Cette dernière vire parfois au scientisme, se gargarise de ses découvertes en publiant pour gagner une chance d'exister. Alors, on publie, oui. Le plus grave, le public s’en fout de la procédure. Il ne voit que le résultat pratique qui lui facilitera la vie. Partie prenante, il veut en profiter sur tous les fronts sans en subir les inconvénients.
0.jpgAlors, sous-qualifié, sur-qualifié, numérotés, que les hommes s'évaluent, se surnomment, se surclassent et se déclassent, croyant tout savoir, mais en oubliant que n'importe quelle étiquette se décolle toujours avec le temps.
Nous sommes dans une ère de gagnants.
Alors, je me suis risqué et aussi amusé à relier le science avec la sociologie à la recherche de l'impact du social sur leurs représentations et comportements humains.
Paragraphe essayiste, s'il en est, donc. Indulgence nécessaire:
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Il était une fois une formule magique:  E=MC².
"Nous sommes tous des poussières d'étoiles", disait Hubert Reeves.
Pas à dire, elle était belle, cette formule. Compacte, concise, facile à retenir, elle avait tout pour plaire.
Que disait-elle, en fait? 
Que sans masse, c'est rester sans énergie en finale, Idem sans idées, sans philosophie.
Que sans vitesse, ce serait, également, sans énergie, en bout de course, ou sans interactivité, sans communications entre les hommes. Le vide intersidéral., quoi...
 
Avec seulement quelques particules de matière en présence, les atomes, les ions et les électrons libres ou en gravitation, cela devient des ensembles qui s'entrechoquent, qui se superposent ou s'écartent en fonction d'une polarité..
Les atomes ont une hiérarchie liée à leur poids atomique, à traduire par leur poids philosophique familial. En Science, on parlerait de "Table de Mendeleïev" tandis qu'en  sociologie, on pourrait l'appeler la "Table des Sociétés Humaines". J'ai dit "Sociétés" et non pas "Ressources", car on les confond aujourd'hui.
Autarciques, certains atomes pourraient se suffire à eux-mêmes, du moins, jusqu'à une certaine densité. Mais ils vivent en système binaire avec des charges opposées, négatives et positives. Vu de l'extérieur, ces particules chargées s'attirent comme l'aimant entre "amants", en général, pour le meilleur et pour le pire, mais à une distance qui reste respectable tout de même dans leur cas.
Quand il y a déséquilibre, la tendance est de s'associer avec leurs semblables quitte à grossir.
Trop gros, trop lourds, ils en arrivent à devoir éliminer leur trop-plein de forces électriques, pour vivre plus heureux ensemble. On n'aime pas les gêneurs dans le système atomique. Ils en deviennent actifs et parfois, radio-actifs. La nature a communiqué sa matière, son essence. Pour se faire, elle envoie des ondes plus ou moins bénéfiques ou néfastes dans son environnement immédiat.
Plus les atomes grossissent, plus ils se rassemblent, plus ils se ressemblent, plus ils se sentent instables empêtrés dans des relations trop équivoques. L'embonpoint guette. La vitesse diminue. L'énergie, avec elle.
L'instabilité devient vraiment chronique. La masse critique atteinte, la "démocratie atomique" n'a plus toute sa raison et... toute sa tête. 
En déséquilibre électrique, les atomes s'excitent. Devenus ions avec leur trop plein de charges, il vont s'atteler à éjecter leurs électrons pour ne pas mourir. Raison invoquée par le philosophe de service: "Trop de disparités d'opinions".
Toujours est-il qu'ils sont prêts à toutes éventualités. Attentif à tout ce qui passe à proximité pour évacuer et pour "éliminer".
Un autre atome s'avance. Merveilleux, se dit le visiteur et le visité, on va pouvoir dialoguer, mesurer nos convictions, nos différents et... échanger nos opinions d'électrons.
Une chance, le visiteur est très philosophie. Il construit pour combler son propre déficit avec la charge du visité. Ils causent, se confondent en émotions, du bout des lèvres. Ils se marient et eurent beaucoup de beaux atomes bien stables chimiquement. Une histoire de Roméo et Juliette qui poussent un ouf de soulagement dans un "happy end".
Mais, sans le savoir, ils ont changé de famille par la même occasion. Pas vraiment de culture, ne vous en faites pas. Ils ont toujours la même langue.
Ils ont seulement comblé leur dernière couche, celle que l'on appelle la "valence", dans le jargon local, de "valeurs", dans l'autre. Les autres couches n'ont pas été inquiétées et gravitent en silence autour du noyau sans bruit. L'intégrité est toujours entières et respectée à bord. 
Un électron libre à grande vitesse passe comme un météorite dans le vide sidéral. On ne sait d'où il vient. Il n'a presque pas de masse parmi ces "monstres", mais il est rapide comme l'éclair et son énergie potentielle compense son manque de poids. S'il ne brûle pas toute son énergie avant l'impact, le choc est programmé, inévitable et il sera terrible.
Il va "fissionner" et transformer les plus gros de ce monde de "grands-petits" en "petits de grands". Quelle catastrophe! C'est le chaos. Toute la famille est fâchée. Les assiettes volent, les élypses se cassent. Comble de malheur, la famille se divise, se disloque. Ce faisant, la dispute a produit une épidémie avec une énergie cynétique qu'on ne contrôle plus. Les "morts-vivants" conducteurs revivent dans une réaction en chaîne.
L'astuce pour y échapper, on cherche un refroidisseur. En refroidissant au zéro absolu, ils en deviendraient supraconducteurs. Immobiles, à froid, les "monstres" deviennent invisibles aux électrons libres. Le froid les a entubé en nanotubes de Carbone. Là, on risque de chanter un cantique avec du quantique dans un autre monde avec des lois encore plus folles comme des aliens peuvent le faire. De la gravité, ils s'en foutent allègrement à cette échelle.
Les grandes malins s'évertuent de rassembler les "petites" de manière artificielle en troublant les règles de la nature. D'alchimistes, les chimistes, vont gagner leur galon à l'échelle nanométrique. 
A l'origine, on cherchait de l'or, on a créé des molécules inconnues et complexes pour arriver à construire la matière, atome par atome. On n'avait jamais vu cela... Tout devient possible. On fait du sur-mesure.
Si, par chance, les molécules avaient seulement un goût aminé et non plus animé, elles vivraient en se construisant en longues chaînes d'ADN, comme les "Avancées Des Nodules" et le monde du vivant ne serait plus très loin. Mais on n'en est pas encore là.
Véritable miracle de la conception, le monde du vivant a un défaut: il existe dans un espace temps donné, limité et très variable. Plutôt gênante, cette situation dans l'éphémère. 0.jpgDans ce monde des particules, il faut dire qu'elles se paient une intrication quantique. Je n'ai pas dit, un choeur cantique. Ou alors, les chanteurs ne seraient jamais là où on le pense. Difficile pour un chef d'orchestre de diriger des chanteurs qui auraient la bougeotte à la recherche du chaos. Le chef Einstein était contredit par l'autre chef, Niels Bohr.
Philosophes, ces particules? Non. Pourtant, une action fantôme les reliait. Pas par un filtre d'amour, mais par un besoin de l'une  de faire de exactement l'opposé de ce que l'autre ne pouvait pas faire comme les gants de deux mains. Même les Qbits ne répondent plus comme les bits 0 et 1. Voilà que l'on se rapproche des humains et qu'une porte n'est plus uniquement ouverte ou fermée: elle peut être entrouverte!
Là, cela se corsait vraiment. Les possibilités analogiques qui rejoignent les numériques.  
Alors, il y a eu les super-malins. Eux voudraient aller encore plus loin en les domestiquant. Apporter les énergies nécessaires pour casser les répulsions électriques d’intégrité qui tiennent à distance les ultra-petits. Ces super-malins se rencontrent dans le soleil. C'est légitime de les penser possibles, même sur Terre.
Aspect négatif, l'énergie nécessaire pour casser leurs répulsions naturelles, est phénomènale. C'est qu'ils ont leurs préjugés culturels, ces bougres! Ce sont des disputes entre eux, à n'en plus finir. On aime rester "petit" puisque tout petit est gentil, c'est bien connu. Surprise, aux premiers essais, fusionnés, ils fournissent encore plus d'énergie en fusionnant qu'en se fractionnant. 0.jpg
Comment arriver à les faire enrager et les faire aller dans leurs derniers retranchements? Tout est là. Des années, une vie, plusieurs, on ignore. à rechercher l'inaccessible étoile. Les plus récalcitrants ont leurs bijoux de famille, et ce n'est que par la force des baïonnettes, des machines à leur échelle, dans une véritable bataille dont on ne connaît pas l'issue, mais on y travaille. Les irréconciliables restent, encore, à l'échelle atomique et pas industrielle.
Puis, il y a ceux qui ne s'y retrouveront jamais qui continueront à se bouffer le nez sans laisser de trace en disparaissant dans des trous noirs. Matière contre anti-matière dans une fuite en avant, irrésistible. Mais il y a encore une erreur dans les calculs, une question de poids, de masse. On ne cerne pas trop bien le problème. Qu'est-ce qui fait que des propriétés aussi intéressantes disparaissent dans le monde des grands et qu'Einstein puisse redorer ses théories?
0.jpgSi cela ne clope pas dans les calculs mathématiques, c'est qu'il doit bien y avoir un chaînon manquant quelque part, est-il dit dans les couloirs. Originelle, une "particule de dieu"? "Ne bosons pas, mais si...", bosons, bien au contraire. Un surnom pour une particule, non, une simple boutade, comme il y en a tant, lancée par un scientifique qui était d'humeur passagère...
Cela ne remuait pas les foules bien que toutes les familles scientifiques s'en retrouvaient mal prises, mal à l'aise. Même les sociologues en était pour leurs frais, si la physique s'en retrouve rajeunie lors de la découverte de cette particule.
Et dieu dans tout ça? se demandait l'un d'eux. "La création, cette putain", répondait l'autre en mal d'imagination. On a l'air de ne plus réfléchir qu'avec son rétroviseur avec une dose de fétichisme, d'égocentrisme dans une course dont on ne verrait jamais le poteau d'arrivée. On se retrouverait à 90% dans un réseau asocial.
 
Qu'avons-nous observer dans cette allégorie? Tout est resté standard, trop normalisé. Une espérance que cela reste ainsi jusqu'à la prochaine fois ou jusqu'à la fin des temps comme une sorte de CQFD  "C'est Quelqu'un qui Fait Dire".
Qu'ils n'y croient toujours pas, encore, une fois, chacun est resté sur ses positions. 
La Science, elle, doit se remettre en question, garder le besoin de chercher, de chercher en anticipant mathématiquement avant de trouver de visu et rechercher à nouveau sans fin même quand tout le monde s'en fout. 
La philosophie et la psychologie resteraient-elles, à la traîne avec un cerveau à découper en rondelles sans une remise en question.
Seul l'avenir répondra mais progressivement.
Mais, avant que le rideau ne tombe, prenons du champ, de l'espace par l'autre bout, en apprenant que...
1. Un bébé, avant de le plonger dans un bain, il faut vérifier la température de l'eau
2. Quand le bébé crie, il faut vérifier sa nourriture, sa couche, son sommeil pour espérer, ainsi, le rassurer
3. Et finalement, fixer les limites de ses jeux dans son environnement.
 
Ne sommes-nous pas tous des bébés qui ont un peu grandi en taille? 
Reste l'espoir que l'allégorie ne s'écrive pas sous la forme "allez gorille", cette fois.
 
Si la pensée, la Science ou la Philosophie ne restaient pas curieuses qui le pourrait?
C'est un peu ce que les jeux paralympique voulaient prouver par une ode à la science.

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L'enfoiré,
 
 
 
 
 
Citations:
  • "Je n'ai jamais compris comment le risque d'avoir un biographe n'a jamais dissuadé personne d'avoir une vie", Emil Ciroran
  • "Il y a des temps où l'on ne doit dispenser le mépris qu'avec économie à cause d'u grand nombre de nécessiteux",  François-Rene de Chateaubriand
  • "Toute discussion se réduit à donner à l'adversaire la couleur d'un sot ou la figure d'une canaille", Paul Valery
  • "J'ai cherché de grands hommes et je n'ai trouvé que des singes de leur idéal", Friedrich Nietzche

 Mise à jour 14/12/2012: Sur ARTE: "Le mystère de la matière noire"

Dans nos modèles physiques, le poids de toute la matière observable (étoiles, galaxies...) ne représente que 4 % de l'univers, alors qu'une matière inconnue, invisible, qu'aucun outil n'a jamais permis de détecter, peuplerait massivement le cosmos. Aujourd'hui, astrophysiciens et cosmologistes, chercheurs dans les champs de l'infiniment grand et de l'infiniment petit, unissent leurs forces pour résoudre cette grande énigme : quelle est la nature de cette fameuse "matière noire" ? 
 

06/09/2012

Etes-vous auto-immune ou polythéiste?

C'est la rentrée. On aurait pu croire que ces deux mois de vacances passés auraient été une trêve de l'information. Il n'en fut rien.  Les polémiques ont été de la partie. Année électorale oblige, chaque parti est occupé à fourbir ses armes. Détecter les populismes est loin d'être aisé. Rester informé est nécessaire mais cela nécessite d'être encore plus vigilant vu l'abondance des informations. Alors, entre croire à tout ou être imperméable, il y a une marge que l'on pourrait franchir...

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Ce matin-là, un copain me disait à la lecture de "Eurek@ Google": "Intéressant, ton article et surtout ça m'épargne l'achat du S&V. De temps en temps, il traînait un Reader's Digest chez mes parents. De la lecture facile, pour passer le temps, l'impression d'apprendre quelque chose, de devenir plus intelligent sans peine, de savoir des choses que les autres ne savent pas. Ça occupe les neurones, mais ne les fait pas travailler. Toute la différence entre le sportif et le gars qui regarde le sport à la TV".

Incontestable.

Au même moment, il me parlait d'un problème de l'immunologie en médecine. Immunologie que l'on peut diminuer, mais pas augmenter. Aucun rapport, me direz-vous.

Pour le citoyen, c'est consommer de l'information à toutes les sources, bonnes à prendre et, souvent, à laisser.

Les idéologies se construisent suite à des impulsions et à des informations reçues par des "gens qui nous veulent du bien pour les appuyer". 

Les informations, ce n'est vraiment pas ça qui manque dans notre monde relié par les médias. Les consommateurs ont beaucoup à faire avec le tri de ce trop-plein en prenant en compte  l'insoutenable légèreté de l'âme ou de seulement l'être.

C'était donc la rentrée. Pour commencer la semaine, une nouvelle rubrique avait attiré mon attention à la radio de Matin Première. Une séquence appelée "Fact-checking". Cela existe aux États-Unis depuis une dizaine d'années. Chez nous, c'était dans l'air depuis le mois de mai. Principalement dirigée à l'encontre des politiques et pour les empêcher de dire n'importe quoi pour appuyer leurs thèses. Une preuve de plus  que personne n'a plus les moyens de vérifier les statistiques "arrangées" que le citoyen doit accepter comme telles.

Qu'on se le dise, les informations ne coulent pas de source. Elles ne s'inventent pas même si on pourrait le croire.

Il n'y a pas que les politiques qu'il faudrait remettre à leur place. Il y a aussi leurs subalternes, leurs subordonnés et les "croyants" que j’appellerais "polythéistes".

Déjà, les médias officiels recourent souvent à leurs propres filières, déjà "prémâchée" par des agences de presse. 

Des informations malaxées, comparées, avec des conclusions pour résumer les informations élaguées seraient les bienvenues, s'il n'y avait jamais de messages subliminaux cachés derrière l'information donnée.

Arrivée chez le consommateur-citoyen, l'information n'a pas fini son cheminement caillouteux. Ceux-ci les font circuler à leur tour avec un intérêt personnel qui brise tout autant la confiance. 

Ils suivent le même circuit que les futurologues en goguette.0.jpg

N'avez-vous jamais remarqué qu'ils ont une seule vérité? La leur. 

Parmi eux, aussi, des suiveurs qui le font avec toute la foi de l'innocence, mais de là à être plus catholiques que le Pape, il y a aussi une marge...

Leur "prestige" se compte via leur nombre des clients qui, à leur tour, croient bien faire en leur âme et conscience en répercutant les affaires lancées par les antécédents. Pour le client, une fois ferré, l'information vérolée ou non, ne crée dès lors, pas ou plus trop de soucis. Se forment des clans avec de chaque côté, une devise "je sais rien mais je dirai tout". Alors, la polémique se met en branle. "Pol et Mieke" oserais-je dire avec la consonance du terroir pour détendre l'atmosphère. On va y découvrir la confirmation de ses propres pensées. Mais, c'est vrai, une vérité peut en cacher une autre tout aussi stratégique.   

"Impostures intellectuelles" écrivaient Alain Sokal et Jean Bricmont d'une manière plus générale.

A cette allure, il faut quelques personnes qui remettent les compteurs à zéro. En général, on les appelle les "non croyants".

0.jpgActuellement, un livre émousse les idées reçues en Allemagne. Titre "La Marraine". Sujet: Angela Merkel. Auteur: Gertrüd Höhler, une ancienne conseillère d'Helmut Kohl qui s'était vue regardée de haut par Schoeder et qui dit que sa "plus grande chance, c'est d'avoir toujours été sous-estimée". Merkel, la femme considérée comme la plus puissante selon Forbes, ancienne chercheuse de l'Académie des Sciences de RDA, est pour Höhler, une personne dévorée par l'ambition marquée pendant 35 ans derrière le rideau de ferQualifiée de "gamine", de "cheffe de meutes", de "pilote d'essais dans le parc d'attraction de la CDU", selon Höhler, elle voudrait restaurer la dictature par la destruction de la démocratie.  Un pavé dans la mare ou, au minimum, un pamphlet sanglant, ce livre.

Aujourd'hui, le chimiste, Antoine Lavoisier dirait de l'information qu'elle peut tout créer, tout déplacer et tout transformer dans le domaine de l'interprétation.

En dégressif, il y a les profiteurs, les passionnés, les réactifs, les curieux et les passifs. L'intérêt se calcule en Beaufort sur une échelle des vents d'influences diverses. Comme pour un marin, il s'agira d'utiliser ces vents pour pousser le bateau dans la direction choisie sans jamais chercher à s'y opposer de front pour ne pas créer de tempête dans les esprits et se voir accuser de clown à la barre.0.jpg Les passifs indécis sont heureusement nombreux et ne se font pas arnaquer au premier discours.

Lors des élections, ils resteront indécis jusqu'à la dernière minute. Même le charisme de l'orateur dans l'immédiateté de paroles, trop bien étudiées à l'avance, recevra un degré d'écoute très variable.

Tout reste bon pour entraîner les foules. Le populisme est de rigueur sans en dire le nom à haute voix que pour le dénoncer chez l'adversaire. 

A l'écrit, sur les forums de discussions, on y laisse plus de traces. On peut comparer promesses avec réalisations. Analyser, "assimiler" de manière plus "studieuse", mieux "confronter" avec des réalités vécues en fonction de paramètres très personnels. Le temps, la péremption des infos effacent parfois trop vite ce contrôle après coup. 

Entre les deux, les confidences, les secrets, les radios "corridor" refilés de bouche à oreille, entre autorisés, avec le "délit d'initié" à la clé, vont confirmer un soupçon préalable. Et ça marche, même pour les infos fausses.

A la question "Pouvez-vous garder un secret", "60% des gens confesseraient qu'ils ne peuvent s’empêcher de partager avec un tiers les secrets de leurs meilleurs amis." est-il répondu. Le savoir est une force utilisable dans l'intermède et la rumeur peut, dès lors, se mettre en marche.

Tout tient dans le jeu entre deux parties où il y a le détenteur d'une information qu'il veut faire passer gratuitement et celui qui devrait en profiter à son tour, prêt à la répéter sans même le demander.

Mais, évidemment, tout va bien, on ne veut que le "bien" du citoyen... Voyons! Qui oserait penser le contraire?

Comme on devait s'y attendre, même là, les allergies de toutes sortes peuvent croître au milieu d'un tel fatras d'informations, de résultats et de spectacles.

L'immunité en médecine, rappelons-le, diminue sans jamais augmenter. Parvenir à résister aux "organismes pathogènes" de tous ordres devient un jeu d'équilibriste.

0.jpgL'homme est, avant tout, un "animal sensible et influençable", réactif à la moindre poussée de fièvre et elles sont d'origines multiples. Il a ses préférés et ses détestés. Seule sa raison peut encore le réhabiliter en dernière extrémité, sinon il se laisserait aller à toutes les distractions qui se présentent.

Souvent, à force de voir certains se faire "descendre" en flamme par les commentaires, une sorte de syndrome de Stockholm se produit.

Alors, si on faisait un pas de recul, si on faisait une pause.

Si on cherchait à devenir auto-immunisé vis-à-vis de notre entourage, de ses ambitions et de sa force de frappe

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Récemment, l'affaire Michèle Martin n'en a été qu'une preuve de plus que "l'émotion a malmené la raison" et que la population était prête à prendre les armes. Un déni de justice ou de compréhension du problème posé? Affaire récupérée, comme il se doit, par les politiques. L'avocat Bruno Dayez avait, heureusement, essayé de remettre les pendules à l'heure. Que lui conseiller à Michèle Martin pour indemniser les victimes sinon d'écrire un bouquin à gros tirage?

0.jpgL'affaire des fissures dans deux centrales nucléaires en Belgique, des autres épisodes épiques. Épisodes à répétition qui y trouveraient une raison du "bien-fondé" surtout pour celui qui en est étranger. Mais, parait-il, il y a même des fables. C'est évident, le nucléaire comme il existe aujourd'hui, ne peut continuer de la sorte et doit trouver une autre issue qui peut être sous une autre forme plus sécurisée. Qui oserait dire le contraire vu le grand âge de nos centrales? Mais il ne faut pas mélanger. Il y a nucléaire et nucléaire...

Je me limiterai à ces seuls exemples, car en période de crises, cela devient une véritable crise de foie et de Foi.

La nouvelle du jour, le parti écolo veut imposer un Livret Vert à toutes les banques avec un intérêt de 2,5%.

Je parlais de Foi. J'oubliais qu'il y a, heureusement, celui que l'on appelle le guide suprême, Dieu et qui exercerait ses bons offices au-dessus de nos têtes.

N'oublions pas, c'est un Dieu constitué de trois Paroles, deux Prophètes et d'un Messie car, là-haut, aussi, il y a de la concurrence. Si on ne se dispute plus sur le mont Olympe, c'est sur le Mont des Oliviers que l'on se crêpe le chignon et du haut des minarets, qu'on se chatouille la barbichette en criant qu'Il est toujours plus grand que tous ses concurrents. On ne cherche pas à savoir qui "IL" est, mais on sait qu'il "assure" ou même "rassure". Il est payé pour, non?

Des messagers qui prétendent détenir chacun la vérité absolue en vendant la parole divine au plus offrant.

Quand cela ne va pas trop bien sur le plancher des vaches, on assiste à une recrudescence de l'idée de Dieu comme un sauveur de la dernière chance. Les médias de la presse écrite ne font pas défaut dans une nouvelle sorte de populisme de bon aloi dans l'air du temps. 

On remonte "Aux origines de Dieu", en "mono" ou en "poly"-théistes dit les Cahiers de S&V.

Ensuite, ce fut "Dieu, 10 raisons d'y croire" au menu avec, bizarrement, un article "Haro sur les journalistes" en pousse-café.

Alors accrochez-vous, car cela va "swinguer" à les lire, ces 10 raisons.

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D'abord, s'il y a une horloge, c'est qu'il y a un horloger, était-il écrit. Donc, ne jetez pas le réveil parce qu'il vous réveille et vous fout les boules mais c'est l'horloger qu'il faut incriminer.

J'aurais dû m'en douter...

Si Aristote voyait l'interaction entre les hommes dans un monde fini, Jésus, lui, se voulait plus circonspect en porte-parole du créateur, comme centralisateur dans un monde fini peut-être mais sans oublier les hiérarchies préétablies.

Un athée dirait que c'est un créateur de tout et de rien, sans plan bien défini, ni précis et soutenu par une "mécanique" douteuse. Un créateur de crises mais qui en aurait oublié d'inventer les antidotes pour en sortir.  

L'époque des Lumières, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'a pas plus apporté de lumières éclairantes.

Continuons à sourire en se promenant parmi ces "dix raisons".

Le "big-bang" comme point de départ comme cheval de bataille. On se demande si ce n'est pas plutôt un cheval de Troie.

Darwin avait pourtant dit que cela ne servirait à rien de remonter à la source du fleuve si on ne connaît pas l'évolution pour arriver à son embouchure. Descendre du buisson de la vie est bien plus facile que d'y remonter.

Dans le style "boutade", il y a la "particule de Dieu"lancée par Léon Lederman. La Science s'est engouffrée à pieds joints dans cet imaginaire suite à une intuition, pour combler un trou dans les calculs de la physique. Le Boson de Higgs, de Robert Brout et de François Englert, vient d'être découvert. Devenue une véritable "idole", cette particule, mais qui, tout de suite, a été minimisée par la pensée qu'une autre "particule" encore plus cachée, plus originelle encore. On n'en aura jamais assez de chercher la petite bête qui grimpe. 

Puis il y a les gnostiques qui se posent la question de savoir si Dieu a-t-il lui-même un dieu. Bithéisme de bon aloi qui a été combattu par Origène et qui a ses dérivés par les agnostiques.

0.jpgLe "God-Bang" a repris du service. Le Big-Bounce, reste moins connu. Ce big-là n'en aurait jamais fini de respirer dans une suite de cycles expansifs ou concentriques, sans début ni fin. Le chanoine Georges Lemaitre semblait le confirmer, d'ailleurs, en parlant d'un commencement, mais pas de création. Nuance...

Sauvé par le gong? Pas encore. 

Tant que la réflexion reste fertile, rien de perdu et tous les espoirs restent permis à l'homme d'esprit féru de philosophies à réseaux multiples.

Frédéric Lenoir parlait d'évolution des vertus avec l'empathie comme remède réconciliateur. L'éthique, les valeurs, les vertus en reprendraient du galon par cette entremise. Les valeurs, les lois des hommes sont là comme guides pour une vie en communauté, considérée comme la meilleure possible pour éviter les conflits idéologiques.

Alors, ce serait le juste contre l'injuste, le diable, ce mal personnifié, dans une dichotomie numérique, gauche-droite, qui n'a rien à voir avec le monde analogique du vivant, bien plus complexe et plus échelonné. En dehors de la sphère humaniste, cela risquerait de rester sans valeur.

Le bonobo, je le vois d'ici, doit en rire de toutes ses belles dents blanches. 

Mais, 0.jpgquand Dieu dit la bonne parole, l'homme se tait et se doit de passer le message de la bonne bouche à la bonne oreille.

Une autre preuve loufoque et qui faisait planer. Tout le monde ne peut pas se tromper en même temps, puisque même l'incroyant parle de Dieu, après tant d'années, c'est donc une preuve de dire qu'il devrait y avoir quelque chose de vrai dans le processus de croyance. 

Un château de cartes se construit sous l'ombre d'une Tour de Babel inachevée, grâce au seul instinct grégaire des hommes et du partage d'informations. 

Michel Onfray, avec son "Traité d'athéologie", dont la lecture a déplu parce que, sous le couvert des on-dits, il disait que les Évangiles avaient été écrits bien plus tard, en dehors du terrain des opérations, elles-mêmes. Mais comme il écrit mal, comment lui donner sa confiance... 

Un raisonnement par l'absurde et un miracle qui serait d'y croire? 

Démontrer que Dieu n'existe pas, ne serait compris que par l'athée. Ce n'est pas une raison pour en arriver à l'autre extrême dans ce film "Paradis:Foi" dont le propos est tantôt sarcastique, voire carrément drôle, tant les deux protagonistes se livrent à un combat puéril, tantôt sordide et tragique.

Paul Claudel, athée convaincu, à Noël mangeait plus que d'habitude en n'y associant rien d'autre et en profitant de tous les jours de congés annexés. Car on veut les garder ces jours-là.

La Foi n'a pas de besoin de se justifier, est-il dit. Pas de problème avec ce concept.

Elle déplace les montagnes et elle s'en contente. Ok, une nouvelle fois..

Le Cardinal Martini qui vient de mourir, disait tout de même "l'église à 200 ans de retard".

Pas bête, ce Cardinal...

Et s'il en était de même avec toutes les croyances vivantes ou mortes? 

L'immunité ne fait que décroître et n'augmente jamais même en dehors du côté physiologique. Bombardé de partout, il faudra plus qu'un parapluie aux utilisateurs des messages d'informations et des "bonnes paroles".

Une lecture plus fine des méthodes utilisées, apporterait-elle la bouée de sauvetage? 

Lire entre les lignes d'un message en n'omettant pas tout ce qu'il entraîne de contraintes et d'"overheads" comme on dirait dans la langue de Shakespeare, pour éviter guerres et conflits? Pas si simple.

Un enfant qui vivrait sa jeunesse sans attaches avec le monde extérieur recommencerait, peut-être, par le paganisme, puisqu'il n'a pas encore reçu le "beau message" qui, en finale, se résume à "Faites ce que je dis et pas ce que je fais". Cet enfant sauvage compléterait ses doutes par du fétichisme, du vaudouisme comme réponse à tout ce qu'il ne comprend pas sans capote immunitaire suffisante.

Une rencontre avec des dieux imaginaires et pas un Einstein, un soir, au coin du feu qui, lui, aurait l'intelligence d'apporter du concret pour justifier ses thèses. 

Je lisais récemment les réponses du sociologue, Michel Maffesoli, lors d'un interview. Son prochain livre aura pour titre "Homo eroticus". "Il n'y a pas de pensée comme d'amour que lorsqu'il y a risque", disait-il d'emblée. Non consensuel, il dénonçait ceux qui ne pense que le "droit" avec le politiquement correct comme porte-drapeau. Pour lui, la "modernité" se voit au travers d'une cécité collective, dans un conformisme et un esprit tribal autour d'un goût partagé. Une  peur de subjectivité confrontée face à une obligation d'objectivité dans une normopathie qui finit par être un processus de rétraction. Cette époque vitaliste est, pour lui, omniprésente dans la musique, le sport, la culture, la religion, excluant les réalités du terrain plus économiques que sociales. L'humeur se cache derrière des paravents de solidarité et de générosité qui une fois mis à jour ne sont que des leurres et du buzz. Le "Je pense donc je suis" de Descartes se voit dans l'individualisme affublé d'un sobriquet "Et je m'éclate avec". L'individu est devenu une personne morale, une entité avec une valeur fonctionnelle, une ressource avec son potentiel, cataloguée, cadastrée par une seule imitation des autres dans un design plus cyclique que réellement postmoderne. (discussions)

Cet été, il y a eu, en surplus, l'"entracte" des JO. Sans impacts immédiats, ils constituaient une trêve idéale. Avec les spectacles à l'ouverture et à la fermeture, comme agents liants, on pouvait combler les envies, les rêves et les "sensations fortes" par des événements exceptionnels. Le jeu, dit "opium du peuple", met le citoyen dans une sorte d'extase dans un monde parallèle du presque impossible qu'il ne connaît pas dans son quotidien.  

Divertir les foules, c'est par là que tout a commencé pour diriger les autres dans toutes les histoires du monde.0.jpg

Au début du 20ème siècle, Pierre de Coubertin avait fait revivre les JO antiques comme JO modernes. Génial. Olympiques ou paralympiques, même.

La radio y a apporté le son et le cinéma, l'image.  

La télévision reprendra quelques spectateurs au cinéma, avant d'être elle-même "enfilée" dans la Toile d'Internet. Alors, si on commençait à regarder à deux fois à se laisser avoir par toutes les informations qui surgissent d'on ne sait où. Une trêve des balivernes, en somme. Moderato cantabile...

Au temps de l'Angleterre victorienne, il y a eu la "belle" histoire appelée "Oliver Twist". Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force. Orphelin, survie au milieu de compagnons d'infortune, mal nourri, exploité, il endurait tout, jusqu'au jour où une provocation d'un apprenti le pousse à se battre et à s'enfuir. 

Depuis, à lire certains, on se demande si on ne revit pas ces moments du passé anglais. Les populations virtualisées perdent, quelques fois, le nord, mais restent instrumentalisées comme le seraient des larbins avec des objectifs définis par d'autres, en contestant sans chercher de solutions définitives, optimales et satisfaisantes pour tout le monde.

Il y a, parait-il, 4 milliards de monothéistes dans le monde. A y réfléchir, ne serait-ce pas plutôt 7 milliards de polythéistes, influençables, à la recherche d'idoles, impliqués dans des "affaires" dont ils ne voient que le sommet de l'iceberg à la recherche d'une immunité qui ne sera jamais autre chose que passagère et décroissante?

Oublier de croire en soi, oublier de définir ses propres objectifs de ce qu'on veut réaliser dans ce "jeu de quilles", c'est toujours arriver à un crash personnel.

Pour sortir de l'info qui casse le moral, il n'y a plus que l'humour, chaud ou glacial, pour percer le mur de l'opinion publique.

La transgression, la provocation s'opposeraient ainsi à toutes les musiques dites religieuses, y compris celle de Bach.

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Rester dubitatif, sceptique en tout pour ne pas avoir de déception, c'est aussi une raison de la longueur de mes billets  qui  sans parti pris, évoqueront toutes les opinions en ligne pour compter les points après coup.

Tout est dans tout et inversement, ma devise.

S'occuper des TIC, s'en acquitter, je m'en occupe, en cherchant le vaccin et ainsi, en devenir auto-immune.

Le retour de vacances de Thomas Gunzig lui donnait l'occasion de faire l'inventaire des événements avec son humour caustique, à la mode de "Pol et Mieke" ou "polémique". Un sketch qui lui a valu un commentaire amusant de fraîcheur "Souvent je ris et j'aime le café serré de Thomas Gunzig mais franchement aujourd'hui il a dépassé les bornes, il y a des choses dont on ne rit pas".

Il faut savoir, cher Thomas, qu'on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui.

Hors, à la radio, comme sur Internet, on rencontre n'importe qui. Des gens qui vous veulent du bien avec la solidarité sans faille en bandoulière. Mais, le "papa de ma couille" du sketch a reconnu, depuis, son erreur. Affaire comprise et classée.

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Le lendemain, toujours à la radio, Thomas parlait de la "chance" qu'on avait de pouvoir aller voter, d'être, pour l'occasion, considéré comme important, l'espace d'un matin, dans l'isoloir avec le crayon magique, mécanique ou électronique à la main pour sanctionner ou pour soutenir un candidat ou un parti.

Sur Internet, heureusement, ce "n'importe qui" va pouvoir "plusser" ou "moinsser" un billet ou ses commentaires, en cliquant sans avoir à se justifier pour suivre la masse avec la seule envie de se "payer" la tête de celui qui osait exprimer une idée (pas) suffisamment dans le vent à ses yeux. Cool. On a rien inventé, Néron faisait cela avec son pouce. Les autres sur le sable de l'arène criaient "Avē Caesar, moritūrī tē salūtant!"

En extrapolant, avec l'humour en plus, la genèse pourrait se jouer ainsi. 

Encore une fois, en riant ou en votant, on peut s'extraire, à loisir, de l'affabulation des autres et parfois de la sienne avec l'autodérision tant qu'elle existe. Une fois sorti de l'isoloir, on retrouve les mêmes leaders qui imposent une autre ligne de conduite. Et dire que je me posais la question, il y a longtemps, s'il y avait un Monk en nous!!!

Oh, toi information, qu'est-ce que tu ne parviendras pas à nous faire faire quand tu sors de ta boîte à musique?

Mais, putain, qu'est-ce qu'on s'amuse avec les Voix célestes du Peuple sur l'Agora...

Alors, comme Nougaro, je chante...

 

L'enfoiré, 


0.jpgMise à jour du 24 septembre:

Aritlce qui vient naturellement à l'esprit après les suites du film américain et des caricatures de Charlie Hebdo.1.jpg

Trois quart de la planète glissent sur la pente de l'intolérance religieuse.

Un graphique sorti suite à la situation de 2009 avec en abscisse le Gouvernement Restriction Index et en ordonné le Social Hostility Index montre bien que les extrémismes ont pris du poil de la bête. Comme 75% de la population mondiale en est touché (pays les plus peuplés). 63% des pays ont renforcé la politique de discrimination et 25% l'ont assouplie. Le Nigéria, le Yemen, le Pakistan, l'Iran, les territoires palestiniens, l'Egypte, la Turquie et la Russie entrent dans la catégorie.  

 

Citations:

  • "Faut pas croire: en comptant tous les dieux, demi-dieux, quarts de dieux, etc., il y a déjà eu 62 millions de dieux depuis les débuts de l'humanité. Alors, les mecs qui pensent que le leur est le seul bon. Ça craint un max!", Coluche
  • "Dieu a créé l’homme à son image. Ensuite, l’homme a évolué. Dieu, lui, on ne sait pas"…Philippe Geluck
  • "Je suis tout prêt à croire en Dieu. Mais je pense que Dieu n’est pas tout-à-fait prêt à croire en moi.", Philippe Geluck
  • "Je représente à moi seul 0,000000033 million d'amis", Philippe Geluck

30/08/2012

Chez les yé-yé, avoir vingt ans, ce 30 août 1967

Une expo à Liège sur les "Golden Sixties", quatre copains, un anniversaire et un premier acte d'une pièce de théâtre.

0.jpgRésumé des Golden-Sixties. L'économie tourne à plein régime même si la vie n'est pas rose pour tout le monde. Le chômage s'élève à peine à 2%. Ce sont les entreprises qui cherchent leurs collaborateurs et y mettent le prix. La carte de crédit commence à sortir des portefeuilles. Un dollar fixé à 50FB.  Une dette publique belge, bien en dessous du PIB. L'industrie manque de bras. Les supermarchés ouvrent leurs portes à la consommation. Et si on donnait du travail aux femmes? Les hommes sceptiques sur les goûts de leur femmes à se retrouver au bureau. Pourtant, cela va donner, aux femmes, la liberté financière. La liberté sexuelle viendra grâce à la pilule. La conscience professionnelle n'est pas encore altérée. On rétribue en fonction des aptitudes. La mode se veut subversive avec la mini-jupe. Le lave-vaisselle devient un cadeau du mari pour sa femme. Dans la salle à manger, la télé N/B fait découvrir le monde extérieur. L'espace fait rêver. Les idoles sont nombreuses. Les Rolling-Stones font peur aux vieux avec leurs chansons de sexe et de violence mis en compétition avec les Beatles, Adamo, Dutronc dans une "Rock attitude", insouciante, provocatrice. Le monde s'élargit.

Le décès récent de Neil Armstrong rappelait que le 21 juillet 1969, il avait marché sur la lune pour la première fois. Mais, ici, notre pièce de théâtre s'arrête le 30 août 1967.

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Scénario:

Quatre copains, étudiants du même âge, Jean-Pierre, Christian, Alain et Guy, se retrouvent dans un café. C'est le tour de Jean-Pierre à avoir 20 ans, ce 30 août 1967. L'actualité défile avec la musique du juke-box avant de partir à une boum.

Jean-Pierre entre sur scène avec des fleurs dans les longs cheveux, style hippie. La lumière s'allume.

-Tous ensemble: "Happy birthday to you. From good friends and true. From old friends and new. May good luck go with you. And happiness too".

-Jean-Pierre: Merci les gars. On voit que vous avez pris de la graine en anglais en écoutant les chansons. Pour égaler les Rolling Stones, faudra y mettre un plus grand coup.

-Guy: Excuse ma jalousie. Je suis sûr que Mary a dû t'aider un peu, non? T'as vraiment un look d'enfer avec tes cheveux longs et les fleurs dans les cheveux. T'es pas un peu rétro avec eux?

-Jean-Pierre: Et oui, mon Guy, avec Mary, j'ai fait des études en émulsion, en immersion même. Bien intégré. Des études sur le terrain avec un kid de survie minimum pour en jouir sans entraves. Toujours se rappeler de quelques phrases type dans ces cas-là, comme "I love you", "I need you", "I want you". Je t'assure, ces paroles miracles marchent toujours. Rien de rétro.

-Guy: Avec la fleur dans les cheveux et le "Faites l'amour, pas la guerre", en prime, sans doute.

-Jean-Pierre: C'est ça, t'as tout compris et ça aide. Les gonzesses ont plus de coeur que nous. Tu veux que je te donne des techniques d'approches?

-Guy: Tu me fous les boules avec tes techniques. Là, tu intègres ou tu dérives? Tu ne va pas me les faire exploser, non? Tes affaires de coeur, garde-les pour tes soirées avec ta girl-friend. Dans le monde, il n'y a pas que l'amour. La guerre est partout. T'as oublié la Guerre des Six jours? Le Vietnam, le napalm et le reste? Tu as oublié l'incendie de l'Innovation, tellement récente dans toutes les mémoires? C'est pas la joie.

-Jean-Pierre: Là, tu joues au prude, au défaitiste, d'après moi, avec tes maths à la con. C'est qu'il nous fouterait du mouron et l'humeur dans les talons, le Guy! Mais, tu l'as dit "Fais l'amour, pas la guerre".

-Guy: T'as entendu, ce qui s'est passé avec Janes Mansfield, le sexe symbole, décapitée. Enfin, à condition qu'elle ait eu une tête au dessus de sa poitrine, avant. Moi, je préfère le style Twiggy. Un peu garçonne, ça, je sens être de ma génération.

-Jean-Pierre: Là, tu y vas fort. Mansfield me faisait fantasmer, comme Marilyne, d'ailleurs. Je dois avoir un poster dans ma chambre que je devrai remplacer. Mais par quoi vais-je la remplacer? Twiggy, c'est pas vraiment mon style. J'espère que tu n'es pas puceau, tout de même et que tu aimes les formes.  

-Guy: Essaye Gina Lolobrigida, Sophia Loren ou Brigitte Bardot. Tu n'as que l'embarras du choix. Peut-être même en monokini. Puceau, ça ne te regarde pas. Tiens, une question "politique", t'as pas entendu De Gaulle au Québec? Pour foutre la merde, il est le premier avec son "Vive le Québec libre". Giscard d'Estaing n'a pas manqué de le moucher en lui pointant dans son collimateur comme "l'exercice solitaire du pouvoir". Ces vieux, ce qu'ils peuvent être cons de s'accrocher à leur petite vie bien au chaud...

-Jean-Pierre: Pas d'accord. Giscard en a déjà envoyé beaucoup de "Oui, mais", mais, au moins, De Gaulle parle de liberté. Chacun a droit d'avoir la sienne comme il le désire, non?

-Guy: Ouais, mais, il aurait peut-être pu penser dire "Vive les Français, libres", "Vive l'Algérie libre" de son temps. Je sais pas moi, ce genre de conneries que l'on déssert pour attirer les foules. Quand tu envoies n'importe quel Schramme à bord, comme au Congo, tu crois qu'on peut encore parler de liberté avec les armes à la main? Heureusement, il vient de déposer les armes, mais... 

-Alain: Parler de liberté, les armes à la main ? C'est un truc de révolutionnaire et de baroudeur, ça ! Aucune révolution les armes à la main n'a amené la moindre liberté. Des militaires aux commandes pour organiser la paix, non mais, tu rigoles ? La liberté, cela se vit mais ne s'organise pas. Elle doit être acceptée, surtout celle des autres, c'est la plus importante. La tienne vient tout seul par après. Organisation et liberté sont des mots antinomiques. Méfie-toi de la vraie liberté, elle est un culte ou un rêve, cela ne relève d'aucun culte.

-Christian: Même celui de soi ?

-Alain: Surtout, celui-là ! Tu devrais changer de seringue, je crois que t'es dopé grave, mec ! A partir de ta campagne, sans rien connaître de la ville, avec des champs sur les bras, tu finiras au mieux comme Simpson sur le Ventoux. Mort en jaune pour se faire plus de fric, gagner plus de renommée. Voilà à quoi, elle mène ta liberté au "moi-je". Note bien que je ne peux pas te donner tout à fait tort: n'est libre que celui qui a du fric, cela me paraît évident.

-Christian: Campagnard, je suis et resterai, libre. Toi, à la ville, tu ne connais pas la terre. Encore quelques années et tu ne sauras plus d'où sort le lait avant d'entrer dans ta glacière. Et les Indiens d'Amazonie, les Touaregs du désert, les abominables Tibétains des neiges, y sont pas libres, eux ? Le fric, ils ne connaissent pas et vivent apparement bien.

-Alain: Si, mais, il s'agit là d'une liberté à ne pas savoir qu'en faire. C'est plutôt du règne de l'imbécile heureux. Ce serait bien trop rétrograde d'en arriver là. Faisons confiance à l'organisation du monde moderne, c'est lui l'avenir. Des machines agricoles vont t'aider si t'as le pognon de les payer. Et puis, réfléchis un peu : cela fait bien longtemps qu'il n'y a plus de place sur cette boule pour qu'on aie chacun son Amazonie à soi. Le monde rétrécit, il commence à se faire tout petit. Près de la moitié des humains n'a déjà plus de jardin et ces cons continuent à vouloir vivre empilés les uns sur les autres. Aucune liberté n'existe plus depuis qu'elle empiète sur celle de l'autre. C'est embêtant mais c'est comme ça! Regarde, on a même coupé le dernier arbre et tu regardes la télé béatement avec papa et maman en mangeant ta soupe. 

-Jean-Pierre: Et moi qui croyais que le jour de mon anniversaire, tu allais me foutre la paix avec ta nature, cher Rousseau alias Christian, et toi, Alain, avec ta ville qui sent mauvais. M'avez-vous amené un cadeau au moins !

-Alain: Je pouvais pas. J'ai été en ville à vélo, y'avait aucune place de parking de libre... Ah, si j'avais eu un porte-avions, j'aurais pu faire place nette ...et même fermer le caquet aux flics révolutionnaires ! Putain, la victime, c'est encore une fois, moi ! (rires)

-Christian: Pas de déclarations, Alain. On s'en serait douté... J'ai apporté le fromage de la ferme et le gateau pour l'anniversaire dans la paix des coeurs. Je suis un pacifiste, moi. 

-Guy: Comme au Tonkin, peut-être ?

-Alain: Comme au ton qui, quoi ?

-Guy: C'est fou ce que tu manques de culture, toi. Il n'y a que les références historiques pour justifier ton présent. Encore quelques anniversaires et tu seras tout à fait borné à force de te rappeler le bon vieux temps. Tiens, tu mériterais que je t'envoie par le fond, ne fut-ce que pour t'empêcher de nous mener en galère... Dis-toi bien que seul l'exil peut te sauver. Et le fait est qu'il n'y a plus d'exil nulle part depuis qu'on a inventé la bombe. Mais j'ai foi au progrès, demain on possèdera bien tous la bombe individuelle. Chacun la sienne. Il ne pourront jamais en faire exploser qu'une après autre. La légitime défense, tu comprends?

-Jean-Pierre: Mais ce serait l'extermination garantie de l'espèce humaine, docteur Folamour ! Que vous êtes en train de me fomenter comme avenir. La marée noire du "Torrey Canyon", c'est pas du cinoche. 

-Guy: C'est idiot de voir ce cinoche ainsi. Je commencerai par toi, tiens! Où est ce que tu te sentirais le mieux, t'es vraiment un socialiste à la manque. Moi, ce qui m'a plu au cinoche dernièrement c'est "Blow up". Tu sais cette histoire de photographe qui part en reportage, prend une photo et qui découvre un meurtre. Alain, n'est-ce pas que c'est dans tes cordes?

-Alain: Mais, mon beau salaud, dis, ça c'est jouer le jeu des Ricains et des Englishs. JFK est toujours dans ta tête, à mon avis. T'es l'extrémiste inverse. T'es cent pour cent en faute et tu fais semblant d'avoir été agressé pour mieux faire admettre que c'est toi la victime. "Up to you", as-tu déjà écouté ce morceau des Stones ? C'est la face B de Satisfaction, il est passé inaperçu avec ce Mike Jagger qui a toujours voulu être au devant de la scène. Dommage! Moi, j'irais voir si avec le socialisme ou même le communisme, on va pas pouvoir mieux s'en sortir qu'avec ces jeunes en pantalon en pattes d'éléphant.

-Guy: Des éléphants, maintenant. Tout cela ne nous ramènera pas le Congo. (rires) Mais, t'as raison, Elvis devait en avoir à son mariage, des pattes d'éléphants. 

-Jean-Pierre: Le Congo, c'est râpé, Guy. Faudra te faire une raison. Les colonies, c'est de l'histoire ancienne. Un peu de Commonwealth du bout des ongles, mais rien d'autre. Quant au King, il a ses fans incontestables...

-Christian: (il chante) "Et j'entends siffler le train. J'entendrai siffler ce train toute ma vie". Alors, on va le couper, ce gâteau? J'attrape faim, moi. Alain, vas nous chercher la bouteille dans le frigidaire. Ça s'arrose un anniv de 20 ans. Tu te souviens de cette bête chanson des vieux "On n'a pas tous les jours vingt ans".

-Alain: Bien sûr. C'est d'un niaiserie à chier. Tu me fais déraper ici. Tu ne sais pas, Christian, Jean-Pierre, voudrait partir à Katmandou.

-Guy: Katmandou, c'est pas trop ma tasse de thé. T'as pas entendu ce qui se passe dans la Silicone Valley? La Californie, le Grand Canyon, les grands espaces, j'ai vu des films de là-bas. Cela donne envie de partir, rien qu'à les voir.

-Jean-Pierre: Je crois que t'as vu trop souvent "West Side Story", c'est sorti de l'affiche, je t'informe. T'as pas peur de partir pour le Vietnam comme tu disais, cela canarde ferme là-bas. Si tu pars là-bas, tu devras te faire naturaliser et alors, c'est chez le Viets qu tu devras trouver tes assurances tous risques.

-Guy: J'ai pas dit que je veux prendre la nationalité américaine.

-Christian: Mais t'auras pas le choix, mon gars. C'est compris dans le prix du voyage. Dès que tu vois la Statue de la Liberté, t'es déjà embrigadé. Adieu la liberté et les petites anglaises. Moi, c'est Londres qui m'attire un peu. C'est de là que toute la mode vient, ces derniers temps.

-Guy: T'as peut-être raison. Je vais me renseigner sur les States. Peut-être, qu'astronaute me plairait. S'envoyer en l'air dans la lune ou s'envoyer en l'air, au lit, où est la différence? Dans, le 5ème Luna Orbiter est un peu à l'étroit, mais je suis sûr qu'on y arrivera à lui mettre une fusée dans l'oeil dans notre lune comme Tintin nous le montrait

-Christian: Ne rêve pas trop éveiller. La lune, c'est pas encore gagné. Le match entre Sovétiques et Américains est loin d'être terminé. Faudra peut-être attendre des années encore pour mettre un pieds sur le sol lunaire comme le voulait Kennedy pour cette décennie. Tu ne te souviens pas de ce qui est arrivé à Komarov à bord de son Soyouz? T'auras peut-être une famille avec des enfants à t'occuper, avant de t'envoyer en l'air dans les étoiles. Moi, je me vois très bien avec une famille nombreuse. D'ailleurs, il y a anguille sous roche.

-Guy: Toi aussi. Tu veux une famille, des enfants. Je veux bien une épouse, mais des enfants, c'est beaucoup de responsabilités. Je n'envisage pas cela, du moins actuellement. Pour cela, il faut assurer ses arrières, avoir un job longue durée. Si je ne suis pas du tout sûr que les mouvements féministes sont très favorables à cette expansion qui pousse les femmes à rester à la maison, une femme au bureau, c'est pas sûr que cela plaise à toutes non plus

-Alain: Mais, t'es un terrible machiste, Guy. Tout évolue. On n'arrête pas le progrès. Personnellement, j'aimerais avoir deux enfants mes pas plus. En espérant, qu'ils soient aussi beaux que l'épouse que je choisirai.

-Jean-Pierre: Vous êtes tous des fanas de la famille à ce que j'entends. J'ai dit faire l'amour pas la guerre, cela ne veut pas dire que je veux me farcir toujours la même, ni toutes en parallèles. Je suis un serial-man. Des enfants? Vous êtes fous ou quoi? On a la pilule, maintenant.  Tu veux un joint pour te remettre à niveau?

-Alain: Non, merci, je suis assez dingue comme ça. Mais qu'ai-je entendu? Cela est passé sans tinter à mes oreilles. Christian a des choses à nous révéler. Y a-t-il un polichinelle dans le tiroir avec sa dulcinée? Sa boniche a dû oublier sa pilule. Alors, raconte. Comment, c'est arrivé.

-Christian: Ça, c'est un secret. Nous sommes sortis. Nous avons dansé lors d'une rencontre dans une surprise party, et...

-Guy: Ça a tourné, a tourné, mais cela n'a pas continué à tourner. Et, ça s'est arrêté.. comme la chanson de Bécaud, peut-être (rires)

-Jean-Pierre: Laissez Christian, tranquille. N'oubliez pas, c'est un futur philosophe et il va vous en foutre plein la vue avec sa philosophie des grands mariages. Je crois que vous ne connaissez pas la philosophie asiatique. Là, on n'oublie tout. On y baise. On y pense et puis on oublie, comme dirait Claude François.

-Guy: Ah, oui? Mais, c'est aussi très exotique, ton expérience. Cela m'intéresse. Puis, Alain, avec ses études de journalisme, il pourrait en faire de beaux papiers de tout cela. Lui qui aime les voyages.

-Alain: Bel exercice et beaux voyages, en effet. Même si je n'ai pas les mêmes préoccupations. Et si on parlait de sport. Le sport, un truc qui m'intéresse. J'aimerais me spécialiser dans le journalisme de sport. Pour m'amuser, j'ai fait un article quand, le 9 juillet, Billie Jean King a gagné Wimbledon. J'ai eu un certain succès dans un petit journal local. Quant à Roger Pingeon, j'ai essayé de l'approcher quand il avait remporté le Tour de France. J'aurais bien aimé aussi avec Eddy Merckx qui vient de devenir le champion du monde. Oui, reporter sportif, cela me botterait, mais, j'hésite, encore. Correspondant de guerre, aussi, d'ailleurs. Suivre les Six de la guerre du Sinaï pour Paris Match, cela doit être palpitant. Photographier Moshe Dayan dans les tranchées... 

-Guy: Six jours, d'accord. Mais tu ne voudrais pas partir au Vietnam, on n'en voit pas la fin de cette guerre-là. T'es pas sûr de revenir, sinon les pieds devant.

-Alain: C'est ce qui construit la gloire, non? (sourire)

-Guy: Quelle ambition! Là, tu me fais planer. Et des projets de famille heureuse, tes deux beaux enfants, t'en fait quoi? Ce sont tes parents qui t'ont appris ce genre de raisonnement à la con avec des héros avec des honneurs à titre posthume à la clé?

-Alain: Mes vieux laissent-les là où ils sont, si tu veux bien. Je ne mange pas de ce pain-là. Ils ne sont pas d'accords avec mes projets. Je sais. Ils me font ch... Tu sais quelque chose qui les mettrait à roter encore plus après une heure de silence. Un bon Rolling Stone par exemple. "I can get now, satisfaction". C'est pas très socialo, mais je m'en contenterai. Pourquoi pas aussi, le negro? Mes vieux sont racistes. Comment s'appelle-t-il encore? Celui qui est guitariste et qui a osé jouer de la guitare avec ses dents, allongé parterre en faisant le grand écart....

-Christian: Tu veux parler de Jimi Hendrix? Je préfère les Beatles ou les "Shocking Blue" avec Venus, ça fait danser au moins. "Salut les copains", cela commence à m'épuiser. Jean-Pierre ne va pas me contredire, lui qui entonne à tout bout de champs comme une litanie "All you need is love". La guerre entre les Beatles et les Stones, c'est du pipo. Crois-moi sur parole. C'est comme avec les Demoiselles de Rochefort et les Parapluies de Cherbourg. T'as pas pleuré, tout de même? 

-Alain: Oui, Jimi Hendrix. Une véritable star en Angleterre. Il ira loin, ce gars, c'est sûr. Il doit déjà être dans le hit parade. Au sujet des Beatles, j'aurais dû m'en douter. Pleurer? Tu rigoles? C'était d'un rose bonbon. Pleurer serait manquer vraiment de punch. Mais t'as pas tout à fait tort, il y en a beaucoup qui l'ont fait dans la salle quand je les ai vue. T'as pas encore entendu le petit nouveau, David Bowie?

-Jean-Pierre: David Bowie? Connais pas. Mais, j'en ai rien à cirer de votre punch, de vos idées d'avenir. Vous n'avez pas remarqué que tout coûte plus cher? Avec ce que me donne mes parents, je ne parviens même plus qu'à m'acheter mes sèches. C'est mon anniversaire. Si vous voulez des fleurs dans les cheveux, je peux vous en prêter. Ca vous empêchera d'avoir des idées courtes et d'écouter vos idées folles...

-Christian: T'as raison, Jean-Pierre. T'as toujours raison, d'ailleurs. Toi, au moins, t'as pas besoin de te déguiser pour ce soir à la surboum costumée. Un peu de cheveux dans les cheveux bien longs, un froque qui sent à cinq mètres à la ronde et une chemise ouverte sur ton poitrail velu et t'es costumé. Moi, je vais prendre le costume de Néron. Je ne sais pas si cela me sied, mais c'est le nom que j'aime bien. Quant à toi, Alain, sors ton appareil photo et ton carnet de notes, avec la casquette et le crayon de l'emploi, je sens que tu vas faire sensation. Reviens avec des photos des toiles de Magritte. Tu vas voir comme elles vont prendre de la valeur depuis qu'il vient juste de mourir. Guy, je le vois bien bardé d'une chemise avec des étoiles et des bretelles pour tenir le pantalon. Tous le monde à la permission de minuit? Alors, on y va.

Un silence est tombé, presque lourd. Le juke box s'était arrêté à court de piècettes. Les 45 tours se sont succédés sans interrompre la bande des quatre.

Le patron du café, qui a tout entendu, ajoute une tune dans son juke-box. La platine va s'installer sous l'aiguille et une voix nasillarde entonne "On n'a pas tous les jours 20 ans".

Les quatre se regardent, étonnés.

-Tous ensembles: Mais qui a programmé cette putain de chanson? C'est d'un ringard...

Jean-Pierre pousse une nouvelle tune dans le bastringue et entonne en attendant: "If you're going to San Francisco. Be sure to Wear Flowers in your Hair".

Le rideau tombe...


Sapanhine et l'enfoiré,


...qui ont joué, chacun, un rôle dans l'histoire, même si les prénoms des personnages n'ont peut-être pas existé tel quel...

Mais si jamais, certains s'y reconnaitraient, ce ne serait pas totalement un hasard.0.jpg

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Aujourd'hui, les jeunes de l'époque font partie du"Papy boom". Un monde qui tourne encore souvent avec des arrières-goûts du passé en s'uniformisant avec la mondialisation.

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Alors, que dire?

Que c'était une autre époque, meilleure ou pire ou que tout n'est qu'un éternel recommencement? Que les jeunes sont toujours aussi batailleurs? Qu'à toutes les époques, les jeunes ont resenti la concurrence des "anciens"?

Que les anciens "jeunes" écoutent plus souvent Radio Nostalgie?

"Hier encore" comme le chantait Aznavour, un rappel, une ombre de nous...

Philippe Geluck alias Le Chat, disait, avec humour, que "Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant." et que "Les jeunes, c'est tous des bons-à-rien. Et ça devient pire avec l'âge".

Il n'avait pas tout à fait tort.


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23/08/2012

Wépion, la fraise dans le nez

La grande saison des fraises s'achèvent. Vous aimiez les fraises. Alors, pourquoi pas une visite aux portes de Namur avec la promenade le long de la Meuse comme complément indispensable pour tout connaître sur elles?

0.jpgNous étions le 24 juillet. Ce jour-là, c'était une première vaguellette de chaleur perdue au milieu de journées de pluies, mais encore bien loin des dernières canicules que l'on vient de connaître.

Ce fut un retour à Wépion. 

Wépion, même pas une ville, même plus une commune de Namur, mais une cité résidentielle.

Wiki en dit: "Une section de la ville belge de Namur située en Région wallonne dans la province de Namur. Commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. D'une commune rurale avant la Seconde Guerre mondiale, Wépion est devenue une cité résidentielle. Wépion est célèbre pour la qualité des fraises qui sont mises en vente durant la saison de ce fruit. Le marché de la Fraise de Wépion s'est surtout développé dans l'entre deux guerres et fut à son apogée dans les années 1960, quasiment chaque famille cultivait de la fraise. À cette époque, la criée de Wépion expédiait des fraises jusqu'à Rungis en France. De nos jours, l'activité s'est fortement professionalisée et l'on y commercialise, par la criée, des fraises de mai à août. Justine Henin vécut un temps à Wépion, en bord de Meuse, avant de s'installer dans la principauté de Monaco.".

Wépion mérite le détour après la visite de Namur. Après quelques kilomètres, c'est à pieds ou à vélo que le spectacle commence. Un chemin de halage, sur le côté ouest de la Meuse, des promeneurs et des bicyclettes s'y croisent. Une île. Des tours de prestige jouxtent beaucoup de maisons de résidences secondaires d'une époque révolue mais que l'on essaye de conserver avec l'atmosphère de l'époque.  

Habitées, à la belle époque, par des concierges, qui attendaient les nouveaux riches de Namur et des environs, elles sont devenues des résidences de propriétaires permanents. Parfois des chercheurs de bonnes affaires à réaliser se cherchent leur avenir sur les affiches "A vendre" ou "A louer" que l'on peut encore y rencontrer. 

Comme la Meuse déborde régulièrement, ces villas mosanes étaient surélevées pour se prémunir au mieux contre les inondations. 

Puis, caché derrière un chemin étroit, il y a le "Musée de la Fraise" qui m'était toujours passé inaperçu et qui raconte l'histoire de la fraise.

0.jpgAu départ, Wépion était une sorte de  Confrérie de Renards, dont on fêtait le vingtième anniversaire le 31 aout 1995.

Catholiques, les habitants se virent envahis par des protestants et ils ne trouvèrent pas cela d'un très bon oeil.

Le sol est limoneux et riche en fer. L'humus de la forêt primaire en provenance de "La Marlogne" est le théâtre de la Légende de l'Aumonière. Le sol est aussi propice au houblon et ... à la fraise.

Celle-ci demande du soleil et de l'eau sur les coteaux exposés à l'est et une altitude entre 85 et 225 mètres pour ne pas être inquiétée par les eaux tumultueuses de la Meuse en crue.

Les petites gens cultivaient des fraises des bois en petites quantités. Mais des commerçants voulèrent en faire un commerce plus lucratif avec une taxe à la production.

En 1709, une certaine Marie Werotte refuse de payer la dîme des fraises cultivées dans son jardin entre les fosses de houblons. 

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Cinq ans plus tard, 1714, un espion anglais ou français, on ne sait plus très bien, le Capitaine Frazer ou "Frezier", qui ramène, à Marseille, quelques plants de fraises, les "Blanches du Chili". Il espère pouvoir exploiter le filon de fraises.

Il rate son coup, car il n'a rapporté que des plants mâles. Les abeilles ne vont pas pouvoir féconder les générations suivantes sans quelques plants femelles.

Son histoire racontée sur Wiki vaut le coup d'oeil: "Débarqué le 17 août 1714 à Marseille du navire marchand à bord duquel il avait fait le voyage de retour, en pestant contre les marchands malouins qui avaient abandonné le bateau marseillais près du Horn parce qu'il avait cassé une vergue et ne pouvait aller aussi vite qu'eux. Pour les remercier de la ration d'eau supplémentaire qui lui avait été accordée quotidiennement, Frézier fit cadeau de deux plants de fraisier chilien aux frères Bruny, les armateurs (ou offerts à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé des réserves en eau), puis il en offrit un à Lepelletier de Souzy, remit un pied entre les mains d' Antoine de Jussieu, au Jardin Royal à Paris, avant de transiter à Brest. Il garda le dernier pied planté dans son jardin de Plougastel et qui se multiplia par croisement spontané avec l'aide du botaniste Antoine Duchesne et une espèce rapportée en Europe: Fragaria virginiana. Moins parfumée que les fraises des bois européennes, il écrit : « On y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. Ses fruits sont ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un œuf de poule. Ils sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que nos fraises des bois »Le nom de Frézier, une coïncidence extraordinaire par sa déformation du mot fraise? Cela s'expliquerait par le fait que Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le Simple à la fin d'un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l'anoblissant, lui donna le nom de 'Fraise', qui fut déformé en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que la famille fut revenue faire souche en Savoie".

0.jpgPour la fraise et Wépion, tout resta en l'état jusqu'à la compréhension du problème.   

C'est en 1880, les premiers plans bisexués, les "Marguerite Lebreton"' y sont plantés.

Et c'est le boum. 

La crise de 1929 va perpétrer la disette et il faut trouver des débouchés pour s'en sortir. La culture de la fraise vient à l'esprit.

En 1933, premier marché de fraises organisés en coopératives.3.jpg

Mais, dès 1970, c'est la chute. Les ventes stagnent. 

Cela restera artisanal jusque dans les années 1980 vaille que vaille.

Heureusement, la culture de la fraise remonte tout doucement la pente dans les années 1990, en changeant la cadence. Puisque de 300 ha, on tombe à 30 ha, ce ne sera plus la quantité mais la qualité qui va sauver l'exploitation des fraises. Il faut devenir plus professionnel et, surtout, donner ses lettres de noblesses à ces fraises, la faire reconnaitre partout en Belgique et ailleurs, pour contrer les rivaux des Pays-Bas.

Le label "Fraise de Wépion" est créé. 

Les règles à respecter se résument dans la localisation géographique, la culture en pleine terre, la cueillette limitée à la période de maturité et le respect du côté écologique en limitant l'utilisation de pesticides après que la fleur soit apparue.

La fraise est très fragile. Cachée derrière des plastiques, elle doit être arrosée, se cueillir à la main, une par une. La maturité s'étend de juillet à août. Donc, une période relativement courte.

De plus, la crillée se déroule à l'endroit de la production dans des circuits courts. La fraise doit être consommée le plus rapidement possible, pour être parfaite et garder toute sa fraîcheur. Des points qui expliquent son prix. 

Une devinette, qui m'avait été posée?

Qu'est ce qui est en haut, vert en bas et a des milliers d'yeux?

La fraise diététique, pardi. Je n'étais pas sûr d'avoir compris la finte au départ.

0.jpgAprès la visite du musée de la fraise, il restait à se promener le long de la Meuse. Deux à trois kilomètres, jusqu'au barrage sur la Meuse. Les villas, les jeux sur l'eau allaient aussi faire partie du spectacle wépionnais avec les bateaux de plaisances, le ski nautique. En face, les escalades sur les rochers attirent les regards. 

Alors, si, un jour, vous passez par là. N'hésitez pas à visiter le Musée, étudiez, un peu avant, ce qu'on en dit des fraises que le guide complètera et vous découvrirez peut-être, aussi, que s'il a des fraises dans le nez, il n'en a surtout pas sur le nez.  Comme la saison de la cueillette s'achève, il restera les tartes à la fraise,  la glace à la fraise, les confitures à la fraise et comme dernier baroud d'honneur, la liqueur à la fraise.fraise.gif

La Belgique, 10ème producteur de fraises dans le monde, avec 1%. Les États-Unis se taillent la part du lion.

Une première visite virtuelle au site du guide du Musée de la Fraise.

Quant à Plougastel, il faudra un jour que j'aille voir l'autre musée de la fraise.

Mais, comme tout se termine par des images.

Allons-y, pour les photos... 

 

L'enfoiré, 

  

Citations:

 

  • « Je ne puis pas plus te montrer un papillon dans une chenille, qu’une fraise dans sa fleur : il faut que le soleil ait mûri l’un et l’autre. », Bernardin de Saint-Pierre 
  • « A la Pentecôte, fraises on goûte. A la Trinité, fraises au panier. », Dicton français
  • « On ne peut pas manger des fraises à l’année. », Proverbe québécois
  • « Fraise: fruit que l'on souhaite sucrer le plus tard possible  », Laurent Baffie

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J'espère qu'il y a des fraises au dessert.

16/08/2012

Eurek@ Google

Le Science et Vie de juillet avait sa page de garde avec un titre provocateur: "GOOGLE, le nouvel Einstein" et un sous-titre "Et si la science se passait du génie humain?". Mais à qui profite ce nouvel Einstein?

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L'avant-propos de ce S&V posait la question: "Peut-on tout demander à son moteur de recherches?"

Avant de répondre, je me poserais les questions suivantes: "qu'est-ce qu'il y a dans le moteur et de quel genre de recherche s'agit-il?".

La réponse du magazine fut: "Si Google existait du temps d'Archimède, la recherche initiée sur la poussée d'Archimède serait simplement mise en parallèle avec une pub sur la balnéothérapie. Archimède, lui, à son époque, aurait répondu avec la loi qu'il aurait inventée en sortant de son bain avec une phrase presque mythique de 'Tout corps plongé dans un fluide subit une poussée verticale dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé'".

La pub, il ne connaissait pas, le "pauvre" Archimède!

L'histoire ne dit rien de ce qui a suivi et de qui a ramassé l'eau du bain public après avoir lancé son Eureka... et, de plus, personne n'en aurait rien su, si la loi n'avait été édictée, écrite avec conviction et passée, ensuite, de bouche à oreille jusqu'à notre époque. 

Newton fit une autre découverte fortuite, ressortie par la force de gravité exercée sur une pomme Un hasard ou une réflexion plus structurée qui conclut que la Terre attire la pomme avec une intensité inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Le carré de la distance demandait déjà plus qu'une déduction.

C'est, peut-être cela, le vrai "miracle" de Google de faire de la pub de l'information. Mais quelle information? 

Aujourd'hui, on s'y référence et on se fait connaître via des moteurs de recherches. Attention pas de turbines en vue, tout est sous contrôle, caché derrière des réseaux complexes et des logiciels secrets qui arrivent comme la "septième merveille du monde" sur l'écran des ordinateurs des utilisateurs en moins de temps qu'il faut pour le dire.

Dès lors, au bord de son clavier, ces utilisateurs croient tout savoir, comme maitres du monde de l'information. Ils ne cherchent plus, ils ne déduisent plus beaucoup, ils se racrochent aux sources entre elles, récupérées, uniquement, par l'association de un ou plusieurs mots clés, organisée par un seul fournisseur et sortie du chapeau des millions de réponses.

Informations filtrées, vraies ou fausses, tendancieuses ou informatives, mais malaxées dans un même melting pot. On ne sait pas...

Presque trop merveilleux pour ne pas cacher quelques tares dans le processus. Des algorithmes logiques de Google sont là pour explorer les informations que d'autres ont installées sur le net. Le véritable génie de la science se limiterait, ainsi, dans un "big data" qui connaît tout et qui répond à tout.

Multidisciplinaire, généraliste et expert, ce Google!

L'informaticien chevronné, un peu équilibré, dirait "Shit in, shit out".

Connaitre la discipline, la méthodologie pour collationner ses "billes" en sortie, serait plus que nécessaire. Et là, on tombe dans le secret de fabrication le plus total.

Il fut un temps où il y avait même une équipe de "moteurs de recherches" qui puisait les infos à tous les râteliers disponibles. Preuve que l'on ne faisait pas totalement confiance à un seul fournisseur de moteurs de recherches. Les métamoteurs" allaient piocher chez tous les candidats moteurs de recherces. Petits logiciels gratuits, proposés en interfaces, ils rassemblaient les "grands", les "pros du pot", avec les bonnes intentions de chacun d'entre eux rassemblées.

Gênant pour ces "gros". Il ne fallait pas que d'autres encaissent ce qu'ils avaient construit patiemment, à payer ou à se faire payer par des artifices publicitaires. Ces empêcheurs de tourner en rond ont progressivement disparu ou ne sont plus proposés.

Internet, c'est gratuit et s'est payant en même temps, en arrière plan.

C'est alors que je suis tombé sur un article qui m'a projeté le cul entre deux chaises. Enfin, "deux", c'est une façon de parler. Plutôt entre des continents du savoir. 

Les "chaises", elles, étaient bien plus nombreuses. Chercher ce mot "chaise" et vous verrez que vous allez recevoir, en retour, pas moins de 80 millions de résultats. Même si elles peuvent être belles, les chaises, cela fait vraiment beaucoup de pattes que l'on reçoit sous le poids de celui qui s'y repose.

Chronologiquement, j'avais lu l'article qui suit avant d'acheter le S&V. "En publicité, internet absorbe un euro sur cinq en Europe".

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Ensuite: "La moitié de la pub en ligne en Europe enrichit les Américains."

Voilà le dessous des cartes...

"Les investissements américains ont augmenté de 14,5% avec 20,9 milliards d'euros en 2011.Google se taille la part du lion, avec Amazon, eBay, Facebook, Flickr. La Belgique, c'est 365 millions de pub avec Google, presque 'only'.", ajoutait-on dans l'article.

Pour expliquer, l'article risquait: "Problème d'économie d'échelle manquante? L'Europe ne serait-elle plus qu'une économie de consommation et pas de production.".

Là, cette question m'obsède. On mange, on ingurgite même, parfois, mais on ne sait plus quoi, comment a été préparée la "pitance" de l'esprit puisqu'on n'a personne au fourneau dans ce resto du coeur. La pitance est produite par tous dans le monde, en toutes les langues, mais avec les bénéfices qui atterrissent toujours chez le même chef étoilé.

Le S&V, une fois acheté, j'ai continué à lire ce qu'il en disait de Google. Là, on y semble même plongé jusqu'au coup dans l'emphase dithyrambique et on se livre sans contestation, du moins au début, dans une déclaration d'amour avec un brin de raisons.

"Des logiciels qui, depuis, quelques années, sont auréolés d'un nombre croissant de découvertes en se parant de vertus scientifiques telles que d'aucuns voient en lui la meilleure chance qu'ait la science de défricher de nouveaux territoires.".

Apparemment, les patates sont cuites pour l'homme.  Tout peut marcher sans lui.

Et, on embraie... "Le génie d'Einstein est relayé par des algorithmes qui analysent, triturent des océans de données. Les machines qui font les découvertes, là où les expériences, les théories ou les géniales intuitions semblent ne plus suffire pour aller plus loin".

0.jpgQuand j'ai écrit "Trop complexe, le monde du numérique?", je ne pensais pas si bien dire. On est là, mais, seulement, pour exécuter un rôle de figuration dans une représentation avec des "jouets", made in USA, qui dirait ironiquement "Tout est dit. Passe ton chemin et ne perd pas le mien à te donner des idées subversives, puisque on te donne toutes les réponses à tes questions".

-Ne fais pas faire la fine bouche, l'enfoiré. Tu fais semblant de ne pas utiliser. Te rends-tu compte du temps que tu gagnes?.

-Oui, cela prenait du temps, avant Google... Oui, cela coûtait beaucoup d'efforts et d'argent, ces recherches, mais, comme cela faisait du bien aux neurones. Aujourd'hui, on a oublié ce que c'était de "chercher". Buvard de l'info, je rassemble les informations comme le ferait Google, mais j'élague au fur et à mesure avec un esprit critique que n'a aucun moteur de recherche.

Google est arrivé comme le ferait Zorro, avec un grand chapeau, un grand lasso, masqué, et il signe son oeuvre d'un grand "G". Pour y arriver, il a sorti la grosse artillerie, à la vitesse de la lumière informatique à partir de 20 pétaoctects de données, traitées chaque jour, ce qui représente 20 fois le volume total des données stockées par la Bibliothèque nationale de France et il se fait  le champion des liens entre eux. Il donnerait presque des résultats aux questions sans même qu'on les lui demande, mais simplement après les avoir imaginées comme vraies. De ce magma de données, nous en recevrions la chaleur infuse au travers de serveurs d'un réseau de serveurs dont on n'a pas l'obligation d'en connaître les tenants et les aboutissants.

C'est le pied, mais les pieds de la chaise comme on vient de le voir! On parle, dès lors, en pétas bits (10exp 15) après l'avoir fait le ménage des mégas, des gigas et des téras. Quelle famille, d'"-as" à tout faire!!!

Le patron de Google va plus loin encore. Il parle déjà de 5 octas soit 5000 pétas pour se permettre de manipuler 30 millards de documents chaque mois sur Facebook, 140 millions de messages quotidiens sur Twitter ou 20 millions de SMS échangés par minute.

La NSA passe le mur du "son" et parle de yottas (10 exp 24), soit le contenu de mille milliards de disques durs actuels alors que les pauvres humains parlent toujours de iotas.0.jpg

Pour quoi faire cette armada? Question à ne pas poser, surtout.

L'info, c'est l'info. Elle informe. On ne va pas commencer à tergiverser, à dénigrer et à faire le malin...

0.jpgLa presse a dû s'accomoder aux nouvelles technologies et trouver un language commun à tel point qu'ils ne peuvent plus se passer l'un de l'autre.

Le rebelle se demande si ce ne serait pas uniquement pour vendre du produit non fini pour faire plaisir au seul marketing.  

En fait, nous sommes dans un rêve, dans un déluge d'informations dans lequel on est censé retrouver ses jeunes... On appelle cela travailler dans les nuages, dans le "cloud computing" avec Google qui y ajoute quelques doses "imagées"pour appuyer le texte parfois dépassé. 

Regarder les big data au travers du kaléidoscope ou du périscope comme espion.

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On se retrouve les pieds sur Terre a un moment inattendu, photographié dans la rue, dans un endroit où on n'avait aucune raison de se trouver et qu'on devra pouvoir expliquer à qui de droit. Là, ce n'est parfois plus du rêve mais du cauchemar.

Dans le monde réel, le miroir du virtuel reste la victoire du virtuel et on arrive à les confondre.

De Wikipedia, je disais "Wiki je t'aime, Wikipédia je t'adore". Une encyclopédie citoyenne, sans laquelle, Google serait un concentrateur de bits avec un moteur qui tournerait en mal d'amour, sans plus. Sur cette plate-forme du know-how, on met à jour en permanence et les citoyens gèrent ce que Google ne fait pas. La "bête" n'est même pas capable de donner la pertinence de ce quelle fournit si ce n'est avec une arrière pensée financière. Mais, parait-il, pour rester le plus près du citoyen, Google va même puiser les mots clés au travers de Facebook et de ses "fidèles citoyens".

Elle le fait avec une granularité sans précédent et une mémoire d'éléphant. On peut y zoomer et y dézoomer. « On ne sait pas ce qu’on y cherche, mais on trouve ce qu’on ne cherche pas », déclarait Anne Roumanoff avec humour.

Il y a l'info, ce qu'on en fait ou parvient à en faire. Il ne faut pas croire que travailler sur Internet avec les outils à disposition réduisent de manière drastique le temps de présence derrière l'écran. Parfois, elle pourrait l'accentuer quand le lecteur joue le jeu de la recherche "imbriquée" en s'écartant du sujet recherché au départ. Le chercheur s'éparpille en cherchant la "petite bête".

Passer de l'échelle microscopique à celle du macroscopique comme le rêvait Pierre-Simon de Laplace pour transiter du passé au présent et ainsi prévoir l'évolution du monde, n'est pas une  mince affaire. Une phrase lancée lors d'un meeting de promotion par le co-fondateur de Google, fait rêver: "Seul un logiciel comme Google peut le faire".

Qui sait, un jour, à Stockholm, un serveur représentant de tous les autres, recevra le Prix Nobel en place des savants devenus obsolètes et dira d'une voix mécanique:

- I'm proud to be here representing all of us, as a server for you all.

Le syndrome de Stockholm, quoi. On y aimerait ce qu'on a haï précédemment.

Un étudiant viendrait, un jour, à l'examen avec son robot et son moteur de recherches pour décrocher son diplôme.

Si les astronomes n'ont plus besoin de téléscopes puisqu'ils consultent Google et que cette façon de faire va s'accélérer parce que les données vont se générer l'une par l'autre presque en vase clos, il y a du souci à se faire ou au moins ou au moins, des questions à se poser. Si vous ne vous souvenez pas du fiasco dans le domaine financier qui s'est produit en laissant tourner en "stand alone", le "Système économique"...

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L'espionnage, les droits d'auteur, les brevets, l'anonymat, fini de signer même F.L., comme l'article, sans laisser de traces, ni d'adresse. Un pseudo, des initiales se retrouvent. On n'oublie plus rien, une fois, sur un serveur, hors ce serait étonnant que les informations soient mise à jour en temps voulus. N'oublions pas que les informations les plus stratégiques se trouvent cachées derrière des mots de passe avec accès véritablement payants.

"Cette mécanique imparable tire en fait sa force d'une approche qui se rit du contenu avec comme seuls paramètres, les proximités entre donnéesLa Science ne risque-t-elle pas de se réduire à la mise en relief de multiples corrélations sans que ces résultats ne soient intégrés grâce à un modèle dans un discours qui fasse sens?" concluait Claude-Henri Mélédo. "Un retour en force de l'empirisme comme démarche expérimentale", continuait Jean Veronis.

Le désordre du monde, l'originel et le créé ne sont pas liés par des lois uniques ni des algorithmes surtout s'ils se ressemblent en aveugle. Les équations, leur intégration demande déjà plus qu'une vérification s'il y a une solution ou non. On est parti d'un déluge, on y retourne très souvent mais via d'autres artifices.

J'aurais pu terminer mon article ici mais cela aurait été malhonnête et incomplet car il y avait des exemples de réussites et des projets qui y gravitent avec succès et qui se trouvaient dans l'article.

  • Dans les troubles du cerveau par des pistes de guérison en dessinant une carte de proximité statistiques et un générateur semi-automatique d'hypothèses (projet brainSCANr)
  • Dans le couvert végétal par le fait d'avoir traqué les déforestations (projet PlanetarySkin)
  • Par l'observation spatiale en direct et le classement des informations (projet LSST)
  • Les micro-organismes dévoilé par leur évolution  et la découverte de la diversité des communautés microbiennes(projet GOS)
  • L'apprentissage du langage par le contexte des mots et de leur redondance (projet Deb Roy)
  • Les substances chimiques mélangées qui viennent à bout de la maladie  (projet BSrC)
  • Le cancer du foie découvert par l'étude de l'ADN et finir par dévoiler 4 gènes (pojet ICGC)
  • Les épidémies apparues en temps réel pendant le tremblement de Terre d'Haïti (projet Healthmap)
  • Les équations physiques qui naissent toutes seules et qui donnent des lois (projet Eureqa)

Alors, remplacer le génie humain? La question principale du dossier?

Non, modifier son rythme brutal de recherche et de trouvailles. L'accélérer en lui donnant un effet de levier comme un outil peut le faire, là, d'accord.

0.jpgQuant à croiser les données à l'aveugle?

Peut-on dire, à coup sûr, qu'ensuite, les infos croisées donneraient des résultats et de là, jaillirait la lumière sans réflexions? L'intuition, les déductions ne sont pas encore incorporées dans le processus de recherches.

Mais cela viendra, peut-être. Nous sommes à la version 2.0. Les suivantes se feront aider par des questions plus pertinentes pour affiner les recherches. Les millions de réponses plus judicieuses, plus utiles, élaguées et  réduites  au strict nécessaire est un des buts à atteindre, mais non atteint jusqu'ici.

Google Earth, autre miracle, avait même servi pour essayer de retrouver Steve Fosset, tombé avec son avion, perdu on ne savait où. C'est sur le terrain, suite au hasard, qu'un passant l'y a retrouvé.

A l'ère des déluges de l'information, il ne s'agit pas d'oublier que trop d'infos nuit et tue parfois l'info.

Qu'éliminer tout ce qui est publicitaire permettrait déjà de réduire considérablement ce fatras de données et diminuerait le temps de recherche. Contraire à la politique de la maison "G".

0.jpgGoogle vient de payer une amende de 22,5 millions de dollars à la FTC pour solder le compte de la confidentialité et de la surveillance de ses utilisateurs. Pour se permettre la publicité ciblée, les cookies, ce n'est pas cher payer face aux milliards de bénéfices.

Parfois, Google arrive même à y échapper.  

Le "cloud computing", avec 100 milliards de dollars de potentiels historiques et 8,8 milliards de bénéfices, prévus en 2012, ne sont pas dans les nuages.

Que des moyens automatiques encore bien plus sophistiqués seront nécessaires pour élaguer les données nuisibles, brutes et  les rendre plus "nettes".

Je suis un utilisateur comme les autres et ce que Google fait, je l'avoue, il le fait relativement bien. Ce que Microsoft apportait avec un logiciel "Encarta", Google le fait avec la gratuité en plus.

Mais, comme Microsoft, Google est devenu envahissant et d'autres cherchent, déjà, un "Petit guide de survie sans Google".

Puis est arrivé le S&V du mois suivant qui disait "Le spectre ne répond plus". Les mobiles qui exploitent les bandes passantes de radiofréquences, spectres hertziens arrivent à saturation avec des débits entre 1,8mB et 42 Mb en 3G. La 4G arrive en France après les USA, la Corée, le Japon et l'Allemagne, avec ses grands moyens entre 800Mhz et 2,6 Ghz. Les télécoms satellitaires se bousculent et doivent prendre leurs distances pour ne pas être brouillées. On imagine des solutions comme partager les bandes, monter en fréquence, multiplier les antennes, multiplier les signaux...  mais toutes ont toutes des problèmes. C'est peut-être de là que viendra le coup de Jarnac pour tout ce qui touche aux communications par les ondes.

Le nombre des neurones d'un cerveau s'élève à 100 milliards, sans compter les synapses. Atrophiés car non utilisés, ils en deviendraient négligeables.

Google resterait avec un potentiel énorme mais utilisé avec un faible pourcentage et qui souffrirait de dirigisme lié à la publicité.

Certains pensent leur ajouter des Google-Glass0.jpg

On se surprend à lire qu'avec les lunettes interactives apprendre une langue étrangère ne sera bientôt plus nécessaire, que San Francisco au travers des lunettes, change-t-il la vie de ceux qui voient la ville de près, hors des nuages?

"Amazing", le mot décidément à la mode, le plus utilisé aux States dans ce genre de conférences de presse. Un mot qui quelque part, manque à un esprit européen trop cartésien moins embrumé par les contraintes d'épater avant de réaliser.

Au sommet, il y a une lutte sans merci qui se déroule en coulisse. 

La CE pourrait élargir son enquête contre Google?

"La Commission lui reproche notamment de mettre en avant dans ses liens ses propres moteurs de recherche verticale, au détriment des autres moteurs de recherche spécialisés, par exemple dans les voyages. Elle s’inquiète aussi de la manière dont Google copie du contenu de moteurs de recherche verticale concurrents et les utilise dans ses propres offres, et lui reproche d’imposer des clauses d’exclusivité à ses partenaires publicitaires.".

0.jpgTiens, un nouveau monopole. J'ai déjà entendu cela quelque part mais avec un autre acteur: Microsoft. 

Dans cette lutte, Microsoft et son monopole vacillerait-elle sur les mêmes bases face à Google? Quand le gâteau devient plus petit, le moindre levier s'impose.

On vient d'apprendre qu'après 8 ans de silence de côté de Hotmail, Microsoft est irrité par Google et donne un coup de jeune à sa messagerie avec OUTLOOK, son nouveau nom mais qui existait depuis des lunes mais dans la "rangée professionnelle".

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Plus qu'un lifting, est-il dit.

Avec 324 millions d'utilisateurs, c'est à dire 36% du marché des courriers électronique, MS voit GMAIL qui annonce 450 millions, qui se fait aider par le système econologique Android.

Outlook.com nouveau va contenir Skype, la possibilité de partage d'image, la gestion de fichiers et d'autres gadgets.

Et, pourquoi pas intégrer toute la concurrence? Facebook, Twitter, Viber... On n'invente plus rien. On intègre ses concurrents.

Attention, tout de même, quand on se rappelle les risques de piratage de ces systèmes annexes, cela devra s'accommoder pour ne pas les ramasser au passage les puces des autres. 

Google, réveille-toi. Cool. Il y a encore des hommes qui se cachent derrière la toile. Reste curieux de tout.

Le hasard fait parfois aussi bien les choses. L'émission de "Tout s'explique", de la semaine dernière, arrivait avec la même conclusion. L'observation, le goût du risque allait mener Jenner à l'invention du vaccin, de la variolisation et de l'inoculation. 

Le point commun entre le post-it, le velcro, la pénicilline, le laser, le popsicle ou la télévision, ce sont des "inventions avec le fruit du hasard" (les auteurs étant respectivement, Spencer Silver, Georges de Mestral, Alexandre Fleming, Alfred Kastler, Frank Epperson, Philo Farnworth). Pour couronner le tout, il y a aussi les fausses manipulations à la base, suivies d'un éclair de génie, de l'oeuf de Colomb, qui surgissent comme cela l'a été pour le frisbee (W.F.Morrison), le stéthoscope (René Laennec) ou les Bêtises de Cambrai (Despinoy).  

C'est dire que le savoir, sous forme de données, n'est pas tout. Il faut l'extrapoler, le tester et pouvoir lire entre les lignes d'une constatation ou d'un rapport. Assimiler plutôt qu'étudier en aveugle sans brûler les étapes.

Rendre les besoins synchro avec les désirs de développements. Le marché évolue de plus en plus vite, d'accord, mais inventer est souvent une partie d'échec dans laquelle les pièces se mettraient à bouger, qui sans interventions, aboutissent à l'inertie des joueurs.

0.jpgLe grand secret marketing de Apple, l'autre géant, serait-il comme le dit cet article: "Nous ne dépensons aucun dollar sur la publicité".

Apple s'émancipe de Google en tuant YouTube sur son iPhone qui tournera en iOS6, sans dire par quoi il serait remplacé.

Aujourd'hui, dans une jungle d'informations, il faut investir, publier pour exister et pour faire parler la Science, parfois, à perte, avant de décrocher un brevet, bien avant que la preuve de son adéquation ne devienne incontestable.

Parfois, il faut aussi se séparer de ses collaborateurs.

Aux dernières nouvelles, 4000 emplois à la trappe, dont deux tiers en dehors des Etats-Unis, chez Motorola, firme rachetée, il y a juste un an, par Google.

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Happy birthday, Motorola...

Bizarre de lire, le même jour, l'annonce qui dit que Google continue de payer ses salariés pendant 10 ans après leur décès encore faut-il entrer dans la firme et y rester salarié.

On se bat par tous les moyens pour éliminer la concurrence.

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Il y a cinquante ans, personne n'aurait parlé de Science avec cette déviance. Prise par le temps, elle veut garder son sérieux, une responsabilité qu'elle ne semble plus devoir assumer dans l'à peu près et s'étonne ensuite que la jeunesse s'en écarte.

Certains parlent de Science, avec un nouveau mot le "scientisme", à cause du fait qu'elle prend des allures commerciales, tout en faussement, s'opposer aux religions et en devenant une nouvelle.

La Science, le savoir aiment que l'on parle d'eux, voyez-vous et le faire avec le maximum de noms en communs, pas toujours compréhensibles ou seulement par les initiés.0.jpg

"Le prix que vous allez payer? Il dépend de vos données de navigation".

Alors, si, en 2015, vous commandez une pizza, ne vous étonnez pas que cela devienne ceci, je vous aurai prévenu. 

 

L'enfoiré, 

 

Thema de ARTE sur Le livre selon Google

Les droits d'auteurs en jeu. La question du domaine public arrive même dans l'esprit de le rendre payant.

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Citations:

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  • « Le gain de la recherche, c’est la recherche elle-même. », Saint Grégoire de Nysse
  • « Si Google ne trouve pas la réponse à une question, c'est que la question est mal posée», Anonyme
  • « Qui recherche la lune, ne voit pas les étoiles. », Proverbe français
  • « L'écran remplace l'immersion par le picorage, l'exprience spirituelle par la quête utilitaire », Régis Debray
  • « Pour que Microsoft gagne des parts de marché, il faut que les autres en perdent", Anan Srinivasan
 
Mise à jour novembre 2013: Bloquer 100.000 types de recherches consacrées à la pédopornographie.
 
Mise à jour 28 janvier 2014: L'Europe vu par Google0.jpg

08/08/2012

Une rue pas si neuve que ça

Qui ne connait pas la rue Neuve de Bruxelles? C'est la rue que l'on visite après la Grand-Place avec des envies de remporter quelques souvenirs vestimentaires. Elle part du boulevard du Nord et redescend jusqu'à La Monnaie. C'est ainsi que dans la rue, les immeubles, les surfaces de magasins sont devenus les plus chers de la ville. La location annuelle peut s'élever jusqu'à à 1800 euros le mètre carré. Hier, le 7 août dernier, un incendie s'est déclaré  sans faire de victimes rappelant un autre plus catastrophique en 1967.

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Wiki dit: "Lors de sa création en 1617, cette rue s'appelait rue Neuve Notre-Dame, par référence à l'église Notre-Dame du Finistère qui s'y trouve. Un spéculateur foncier, Jérôme De Meester, ayant racheté des terrains entre le fossé aux Loups et les remparts de la ville, perça la nouvelle artère en ligne droite jusqu'à la rue de la Blanchisserie, où elle obliquait vers la Porte de Namur. Ce dernier tronçon est actuellement connu sous le nom de rue de Malines. À l'origine, il s'agit d'une rue résidentielle.

En 1839, elle fut prolongée en ligne droite de la rue de la Blanchisserie jusqu'au boulevard du Jardin Botanique, de manière à établir une liaison avec la nouvelle Gare du Nord. La proximité de la gare entraîna la construction d'hôtels pour voyageurs. Après la création de la Gare du Midi et le percement de la rue du Midi, la rue Neuve constitua un élément du principal axe nord-sud de Bruxelles. Sa vocation commerciale date du milieu du XIXe siècle. Parmi les plus célèbres magasins de la rue figurent les «Grands Magasions Leonhard Tietz» et surtout «À l'Innovation», construit par Victor Horta en 1901. Ce dernier fut détruit par un terrible incendie le 22 mai 1967.

Au XXe siècle, l'avénement du cinématographe entraîne la multiplication des salles et la rue Neuve devient «la» rue du cinéma de Bruxelles. On y construit en 1932 le plus grand cinéma de Bruxelles, le «Métropole», une œuvre de l'architecte Adrien Blomme. La salle est décorée d'un bas-relief géant d'Ossip Zadkine. Le déclin du cinéma dans les années 1980 consacre le triomphe du commerce.".

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La rue Neuve, comme artère commerciale la plus ancienne de la ville de Bruxelles, apporte un succès qui se paye cher et se vend au plus offrant après 150 ans de développement commercial.

Depuis le 19ème siècle, la rue a connu trois phases de développement.

D'abord résidentielle, elle a vu s'installer de petits magasins, des grands magasins, des boutiques, un cinéma, pour ne devenir qu'un ensemble de magasins aux enseignes internationales et voient leur aboutissement dans le City2. 

Aujourd'hui, avec humour on peut dire, que la rue voit passer en moyenne 50.000 paires de jambes par jour.

En 1860, ce fut le lancement du "Au Bon Marché". L'Innovation qui a remplacé la Maison Hirsh, s'est construite sous la direction de  Victor Horta en 1901 en Art Nouveau. L'innovation était un magasin de prestige comme les Galeries Lafayette de Paris. Véritable cheminée avec un grand escalier central et une verrière qui surmontait un vaste espace central avec les étages visibles de partout. Une cheminée parfaite pour le feu.

Ce qui devait arriver arriva donc en mai 1967. Un incendie sans coupe feu, sans snorkels qui fit 325 morts. Toute l'histoire est sur ce beau site.

Le cinéma Métropole avec sa façade de prestige spectaculaire rappelle aussi la période où les places de cinéma se payaient en fonction de l'écartement vis-à-vis de l'écran. Les catégories comme fauteuils, réservés, corbeilles, mézanine et balcons voulaient dire quelque chose. Il est devenu un vaste magasin de vêtement d'une chaîne mondiale. L'hôtel Métropole subsiste, lui, mais il se trouve de l'autre côté et est toujours la propriété de la famille Wielemans.

L'Atrium, l'agence de développement de Bruxelles Capitale, veille.

Ce n'est plus le qualitatif, mais le quantitatif qui est préconnisé, aussi bien dans le contenant, l'immobilier que le contenu, la marchandise.

Mais, c'est en fin d'année, que la rue s'anime de tous ses feux.

Puis, au milieu de la rue, il y a le "Passage du Nord" qui date de 1890 et qui est classé par la ville et est en passe de subir une cure de jouvence tout en restant dans les idées de l'époque. Il est la possession en 5ème génération de la famille Straeten avec 4 familles d'administrateurs descendant de Léon Fontaine. Quand on touche des subsides de la ville après être considéré comme "classé", il faut accepter les règles du jeu.

Les propriétaires des bâtiments sont multiples.

Il y a Redevco qui possède le nouvel Innovation et le C&A.

AG Real Estate, le complexe de magasins City2.

Le Crédit Suisse, le siège de BNPP au nord de la rue.

La Fabrique d'Eglise de Notre Dame du Finistère qui en plus des lieux du culte possède Häagen Dasz et Exki.

L'Université Libre de Bruxelles (ULB) possède, elle, le bâtiment au sud de la rue et sur la place de la Monnaie. Anciennement "Aux Neufs Provinces", il est devenu "WE". L'université ne peut même pas vendre le bien à cause du bail emphytéotique.

Puis il y a les propriétaires surprises.

Rocco Marotta a compris qu'il y avait plus à gagner dans l'immobilier que dans la confection Faks. Le complexe de la Gaité, anciennement théâtre, qu'il possédait, n'est plus qu'un reflet de la production. Esprit, Celio et H&M sont les seuls qu'il ait encore sous son contrôle.

Hier, le 7 août, une odeur de brûlé, de la fumée qui planait sur toute la ville.

C'est du septième étage du magasin H&M qu'est parti le feu à 20 heure.

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Quand je vous disais que cette rue n'est pas si neuve que ça... Elle n'a pas fini de connaitre des transformations. Et, parfois, ce sont des incendies qui font dévier l'histoire.

Beaucoup d'images suivantes ont été trouvées sur le site "C'était au temps où Bruxelles brusselait".

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Mais si vous voulez des photos personnelles, c'est ici. Comme il est dit la rue Neuve se poursuit et traverse toute la ville du Nord au Sud, mais avec d'autres noms.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • « L'aventure est-elle au coin de la rue ? », Jacques Dutronc
  • « Un homme à la maison en vaut deux dans la rue. », Mae West 
  • « Il n'y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue. », Coco Chanel

 

06/08/2012

Troublé par la personnalité?

Dans l'article précédent, je parlais de "psychopathes" avec un peu d'humour. Un documentaire sur ARTE et toujours accessible (1ère partie et 2ème partie) allait plus loin et présentait un certain Sam Vaknin qui disait de lui "Je suis un psychopathe". Un documentaire nous apprenait qu'il y a 1 % de la population, si l'on en croit certains experts tels que le neurobiologiste allemand Niels Birbaumer. Celui-ci estime que l'on n'étudie pas assez les ravages causés par ces patients qui s'ignorent. Le professeur Robert D. Hare doute que quiconque ayant des capacités normales de ressentir et d'agir puisse se protéger entièrement du pouvoir subtilement destructeur des psychopathes. Un psychopathe est antinomique à l'empathique.

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Sam voulait se définir en tant que psychopathe. Un véritable feuilleton analysé par un cinéaste commençait, se poursuivait chez les médecins pour être sûr en passant par le psychologique et le neurologique.

En voici la liste des différents points dont il ressentait dans sa personnalité:

  • il s'affiche comme narcissique destructeur
  • il se dit intelligent, surdoué avec un QI de 180
  • il se reconnaît comme sincère
  • il est mégalomane 
  • il est contradictoire
  • il est imprévisible
  • il est homophobe
  • il est sans scrupules 
  • il n'est pas sentimental
  • il est sans gêne sans remords
  • il dénie la réalité de l'autre. 
  • il est charmeur en restant non influençable 
  • il est menteur porté par le seul but personnel
  • il a un ego surdimensionné
  • il est manipulateur pour suivre son instinct
  • il est un créatif
  • il jouit d'une excellente mémoire
  • il est capable de détruire la vie de quelqu'un autant que la sienne sans pouvoir s'en empêcher
  • il manifeste une violence verbale mais jamais physique
  • il peut être drôle surtout quand il en tire avantage de sa drôlerie
  • il cherche un avantage social en tout
  • il est harceleur par l'intermédiaire d'un poison lent
  • il rassemble échecs et réussites sans s'émouvoir pour autant. L'argent n'est qu'un outil, comme les autres pour arriver à ses fins
  • il n'a pas de vie affective stable
  • il donne une image cachée de lui-même avec une fausse modestie
  • il ne respecte que ses propres règles
  • il aime les personnages importants pour s'élever avec eux
  • il n'aime pas être contredit
  • il a la simulation comme étendard
  • il reconnaît ne pas être facile à vivre
  • il aime les musculations mentales comme un tordu
  • il insulte en permanence mais hors caméra
  • il est tortionnaire volontaire ou involontaire
  • il a parfois des pulsions morbides tout en se disant qu'il ne peut faire autrement
  • il ne se sent pas comme unique, mais qui fait des choses uniques
  • il alterne l'hypotension et l'hypertension pour augmenter le stress de sa victime
  • il a souvent une double vie, mais pas nécessairement sexuelle. Plutôt une attitude schizophrénique 
  • il regrette les talents qu'il n'a pas pu utiliser dans sa vie
  • il aime tester et programmer les autres 
  • il fait semblant de vouloir être corrigé
  • il sait que ses victimes font preuve d'empathie nées par la peur
  • il a des émotions "froides" qui ne le contracte pas après avoir eu une douleur (insula plat)
  •  pour lui "aimer" n'est qu'une assurance loin de l'amour qu'il ressent comme fondée sur la pitié
  • il ne connaît pas d'ange gardien pour lui rappeler d'une quelconque morale
  • il se sent parfaitement adapté dans son environnement du chacun pour soi en s'intégrant dans les comportements dit "normaux"
  • il se sait intéressant pour tout dirigeant d'entreprise
  • il représente le prédateur social type
  • il a des affinités avec un dictateur
  • il est performant quand il parvient à faire faire ce qu'il pense à d'autres mais sans en prendre la responsabilité
  • il est considéré comme antipathique par son entourage tout en restant intéressant si pas attachant
  • il manque de (fou) rires, de sourires vrais

Coïncidence de l'actualité, la Belgique vient de perdre son opposé complet en la personne de Michel Daerden. Un homme politique que la population appelait "Papa", dans sa ville et sa commune d'Ans avec l'empathie comme pouvoir sur les gens. Je l'avais décrit en 2006 comme "Notre Gainsbarde à nous". Homme de foire par son côté pitre, mais avec un QI qu'il n'a jamais essayé à connaître et qui pourtant atteignait un point du même ordre. Lui ne se proposait pas pour écrire un livre sur la Daerdenmania. On le lui demandait.

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Caricatural tout cela? Deux énigmes de la personnalité? Deux extrêmes. Rares sont ceux qui comme Sam Vaknin tentent d'aller au fond d'eux-mêmes pour essayer d'analyser leurs pulsions et s'y reconnaître ou non. Il en vit des droits d'auteur de ses livres. C'est donc son fond de commerce, mais personne ne lui a demandé d'aller aussi loin dans sa recherche surtout avec son épouse, son antithèse, son égérie. Coupable repenti? Pas vraiment.

Intéressant de comparer les deux manières d'appréhender la vie.

Le cinéaste disait de Sam à la fin du reportage qu'il ne désirait plus jamais le voir dans le futur. Preuve de l'échec de son opération.

Un des points positifs de Sam, c'est qu'il ne joue pas à la violence physique comme ceux qui ne pourraient assumer leurs différences qu'en montrant leur force physique.

Décrit sur Wikipedia. C'est alors, que m'est venue l'idée d'aller sur Facebook et de le retrouver là. Là, où on trouve, peut-être, des murs mais, en principe, des amis. On l'y retrouve, en effet, comme sur tous les autres forums sociaux. Total: 1523 amis. (Michel en a 404) Étonnant. Avons-nous affaire à des amis mazochistes dans le cas de Sam? Sont-ils dans les 1% de psychopathes de la population?

Je crois que ce serait mal comprendre le problème. "On a tous quelque chose en nous de Tennessee", chantait Hallyday.    

La complexité du cerveau reste entière. On ne connaît presque rien de lui. Ceux qui sont opposés à Sam, ne sont pas sauvés pour autant, même pas par le gong... Ceux qui aimaient Michel  se retrouveront orphelins. Ceux qui détestent Sam, peut-être plus heureux. 

Aucun test psychologique ne détermine de manière précise et définitive, sa manière d'être, mais il donne quelques indices. 

0.jpgAlors, si on jouait à s'évaluer soi-même ou par l'intermédiaire de son conjoint? Cochez les phrases qui vous (ou, si vous êtes le conjoint, qui le) concerne. Puis additionnez. Cela peut être amusant ou révélateur.  

Combien de points obtenez-vous? Attention! Avoir zéro, n'est pas nécessairement normal, tout comme le maximum, d'ailleurs....

Que veut dire la "normalité"? Existe-t-elle vraiment? Ce serait donner un autre cliché ou une caricature que de la définir.

L'enfer est pavé de tellement bonnes intentions.

Si vous voulez en apprendre plus, en connaître les raisons, c'est peut-être par la Science.

Quant à Kroll qui a tellement caricaturé Michel Daerden, il en parle.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Jamais la psychologie ne pourra dire sur la folie, la vérité, puisque c'est la folie qui détient la vérité de la psychologie.  », Michel Foucault 
  • « Ne fais pas de psychologie dans la colère, tu verrais trop juste. », Jean Rostand 
  • « La psychologie, c'est l'art de faire croire aux autres que nous les comprenons. », Benoît Gagnon
  • « Pour changer d'altitude, il faut lâcher du lest et explorer pour aller au-delà des évidences", Bertand Picard
 
Mise à jour du 21 aout 2012: Un autre homme politique belge vient de mourir: Guy Spitaels 
Kroll l'a aussi carcaturé, preuve qu'il a lais0.jpgsé son emprunte.
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02/08/2012

Le rituel est bien moins étendu dans le virtuel

Un jour, devant une œuvre d'art, cette maxime "Le visuel est bien plus étendu que le visible" m'avait intrigué. Ce n'était pas un ophtalmologue devenu artiste qui l'avait écrite. Une phrase dont je ne savais que faire et que j'avais notée pour un futur imprécis. Aujourd'hui, dans cet article inhabituel pour le site, je la fais ressortir en droit de réponse avec un titre transposé dans le virtuel.

0.jpgSi le visuel présente des objets perçus essentiellement par l'œil, c'est par l'interprétation qu'il en fait. Les paramètres du vécu apporte l'idée de l'art que le cerveau s'en construit.

Sans éclats, sans émotions, sans surprise, le rituel prendrait le relais et, on l'espère, l'endormirait. Nous sommes dans le monde du réel, de l'animé, déjà, il faut secouer les consciences pour attirer les "clients".

Dans le virtuel, l'inanimé, ce besoin est encore plus évident pour  animer et espérer une fréquentation de nouveaux "prospects", parfois acheteurs, parfois critiques.

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La maxime sur le visuel, je l'avais trouvée écrite près des chevaliers sur les deux photos, ci-contre.  

Un message subliminal, pour le moins.

C'est alors que, il y a déjà un mois d'ici, après un échanges de courriers sans tambours ni trompettes qu'arriva celui-ci:

"Désolé je n'aime pas les caresses. Mais je n'apprécie guère plus la provocation pour la provocation. Je ne m'ennuie pas. Donc je n'ai pas un besoin effréné d'ennuyer les gens qui m'entourent.
a) je ne reçois de directives de personnes
b) je gouverne ma vie comme je l'entends
c) j'accepte la pluralité d'opinions mais non le dirigisme d'opinion
Il ne me viendrait pas à l'idée de me présenter chez mes amis et de provoquer pour le seul plaisir les invités présents. La provocation engendre le mépris.
Il faut savoir faire preuve de jugement lorsque nous décidons de provoquer et d'insulter. Or de jugement tu n'en as aucun. Désolé de te le dire. Mais il faut que quelqu'un, un jour, te le dise. Et je le fais par amitié et après une montagne de patience. Or de patience je n'en ai plus. ".

0.jpgLire cela, après 6 ans d'enjoués "Mon cher Guy" en préambule, c'est comme ressentir, tout à coup, un durillon qui perce la semelle de sa chaussure.

Cacher que cela m'avait surpris et choqué, serait mentir, mais, j'ai pris l'habitude d'accepter toutes les appréciations positives ou négatives comme une critique constructive et sans garder rancune.

Il y fut répondu brièvement, courtoisement, me réservant une réponse plus circonstanciée, après analyse et en temporisant pour que les esprits échauffés se refroidissent.  

A froid, comme droit de réponse et après analyse de la situation, je qualifierai la conclusion de 'fausse', d'inappropriée' et de 'surannée" comme nous allons le voir.

Alors, enquête. 

Je ne peux évidemment, passer tout en revue ici. Il est vrai qu'une marmite, sous pression et sans exutoire, peut toujours exploser, au plus mauvais moment, à cause d'un couvercle maintenu mal arrimé sur le dessus.

Une semaine avant, une phrase  disait pourtant "Je saisis bien les propos de Guy. L'art est d'en saisir la quintessence et de rejeter les aspérités. Guy est entier. Je l'accepte ainsi. Passionné il ne laisse personne indifférent.". 

A l'origine du "trouble", si je ne me trompe pas, une présentation d’une œuvre d'art, présentée sous forme photographique, qui m'avait, immédiatement, inspiré une question "Est-ce un fond d'écran pour le futur Windows 8?". 

Cette question n'aurait jamais dû générer, au pire, autre chose qu'un sourire mais elle avait mis le feu aux poudres. Banalité qui avait éveillé des susceptibilités plus caractérielles. Dans mon "visuel", à moi, un fond d'écran peut très bien être vu comme une œuvre d'art. 

Dans ce cas, aucun croche-pied, aucun outrage, ni impertinence, il s'agit seulement de garder un tantinet d'originalité. 

Une réaction vive suivit derrière laquelle se cachaient un rituel, une habitude de bienséance qui espérait une appréciation qui frisait l'admiration, voire la flatterie. 

Le rituel, c'est comme un dogme, une sorte de boulet que l'on tire avec soi sans plus réfléchir.

Aujourd'hui, moins que hier, les dogmes ne font plus recette. Croire au Père Noël, c'est s'apercevoir que le naturel de la pugnacité resurgit au galop. Le parfum de scandale quoi que l'on dise pour s'en protéger soi-même, attire comme l'aimant. Probablement, parce que le scandale des autres permet de minimiser, voire de camoufler ses propres tares.

Internet ne fait pas défaut, il le précède même. 

Là, le rituel n'a plus sa place et lasse même plus vite que par le passé vu la profusion des informations, des images qui transitent via ce média moderne et interactif.

La maxime "pour vivre heureux, vivons caché" n'est plus de mise. Dès qu'on sort le bout du nez dehors, le risque existe, même ou surtout dans une bonne démocratie "vertueuse" qui se respecte. Brel chantait dans les "Vieux amants" , le "pire piège, c'est de vivre en paix pour des amants" et il avait raison, même en dehors des amants. La paix des braves ne se conçoit plus de la même manière et tout doit se renouveler plus vite.

Mais, voyons les mots utilisés.

La "provocation" engendre la curiosité. L'"insulte", elle, l'intrigue et l'étonnement, parfois amusées des spectateurs. Deux "techniques" de style qui augmentent la fréquentation et s'extraient des poncifs. Parler avec les tripes et un peu moins avec le coeur ou la tête, est devenu presque un "must" car ce ne sont plus deux interlocuteurs qui se rencontrent mais une armada qui va réagir en fonction de sa propre susceptibilité ou sensibilité.

0.jpgPour étayer cette thèse, je vais devoir rappeler et épingler, en post-it, quelques anciens articles dans celui-ci.

Il y a eu d'abord "Tout dire, tout écrire, tout caricaturer et puis en rire".

"Tabou casse-toi", un poisson d'avril à deux têtes chercheuses.

"La méchanceté, tout un art" qui démontrait que, dans le passé, déjà, pour garder une ambiance "consultée" par ses concitoyens, il fallait la garder "chaude", l'émailler de nouveautés et de quelques "piques" humoristiques, bien choisies, voire sarcastiques.

Connais l’homme pour mieux te connaître, un principe pour chercher à évaluer son "moi" au travers d'un jeu de quilles qui évolue plus vite que soi-même. 

Un rappel que le monde change et qu'étudier ne suffit pas pour réussir.

Choisir son réseau en demandant si l'interlocuteur voulait en faire partie sinon l'éjecter sans autre forme de procès.

La technique est pourtant bien simple pour s'attirer les bienfaits de ses interlocuteurs. Il suffit d'applaudir, de les "béatifier", en quelques mots bien choisis pour caresser dans le sens du poil. Le problème, cela intéresse qui?

Une forme "rebelle" serait d'éviter la monotonie, c'est oser aller à contre-courant des idées préconçues, même si c'est parfois difficile à entreprendre ou pénible à comprendre. Se rendre compte qu'une union se consomme et se consume dans la passivité l'est tout autant.

La controverse attire le regard et l'intrigue dans une "grande marre du virtuel et du réel".

"Et, je le fais par amitié et après une montagne de patience."

Pourquoi attendre que la montagne atteigne des sommets avant de faire tinter la clochette d'alarme? L'amitié, c'est aussi d'être vrai dans un choc de personnalités diverses et parfois totalement opposées. 

En résumé, les relations humaines virtuelles peuvent avoir un début fulgurant, une augmentation d'intensité et arrivées à maturité, s'éroder en revenant à la case "départ" sans remise en question.

Le "mépris" parle de ce "sentiment par lequel on juge la conduite de quelqu'un moralement condamnable, indigne d'estime car en dehors des conventions".

Les "conventions", le mot est lâché. Dans ce cas, ce serait  plus la métaphore du mot "mépris" qui en sortirait.  

Malheureux d'arriver à cette conclusion, me direz-vous et vous aurez probablement raison. 

0.jpgNous voilà donc chez "Cendrillon au Far West", en coulisse, avec Batman qui défraie la chronique au plein jour.

Sous Internet, les grands se font la guerre des mots, les moyens  jouent à la guérilla par paraphrases et les petits se croient déjà dans celui des éponymes mais sans filets. A un moment donné, il faut se rendre compte que l'on gène quand on est trop extraverti, que l'on pompe l'air des introvertis qui restent dans l'ombre des palmiers en fleurs, que l'on contredit même sans s'en apercevoir.   

Un consensus global crée un soupçon de collusion. La critique reste profitable, souhaitable. Pour rester crédible, elle doit seulement s'adapter aux circonstances et au bon niveau pour rester constructive et se résoudre à perdre quelques rituels en chemin.

Dans l'ombre, certains se croient à l'abri et continuent à avoir une petite vie pépère, indépendante, tout en la mettant à nu à la vue de tous. Attitude à hauts risques et se débiner ne marche pas mieux. 

Aujourd'hui, pour exister, il faut jouer le rôle du "Hurricanes Hunter", du chasseur de tornades dans la virtualité. Et comme il est dit sur le site de ces chasseurs "La question n'est pas de savoir s'il y aura des Cyclones, la question est de savoir quand...".

Lors d'un entretien récent, l'acteur, humoriste, chroniqueur, François Morel disait: "En étant prétentieux, même quand j'insulte, j'essaye de le faire avec style".

Il précisait en même temps "J'aime bien être d'accord avec moi. Les coups de gueule, c'est surprendre et parfois décevoir"A la base, c'est en débattre sur un sujet, trouver les failles de raisonnement de l'autre qu'on ne partage pas. Un risque de vulgarité, des réactions épidermiques, mais qui, du côté productif, mettent en survol stationnaire, les mouches du coche

Contrairement à ce que certains pourraient encore penser, Internet n'est pas un Minitel français. Celui-ci vient de fermer ses "robinets", ce 30 juin, après trente ans de loyaux services dans le strictement "local" lu par la concierge du coin.

Censurer de tels propos? Pourquoi le ferait-on, tant qu'il y a un droit de réponse disponible sur Internet, rien n'est jamais perdu.

Mathieu Madenian, un autre exemple qui fait mourir de rire ou mourir de haine. Pourquoi regarderais-je, si je n'aimais pas?

Du punch et encore du punch. Insulte ou insolence? Allez savoir.

Chacun a ses prétentions, parfois abusives, d'être rebelle ou non. La seule chose à se rappeler pour qu'elle soit percutante c'est qu'elle ne peut ressembler à ce qui a précédé. C'est dans cette différence que l'on détermine qui est dans la catégorie des vrais progressistes. Quant à la dichotomie "gauche - droite", elle n'est qu'un précepte qui ne se justifie plus qu'ainsi.

Comme le montre cette vidéo, pour les femmes, c'est parfois bien pire dans la rue, dans le réel, sans faire la mijaurée.

Dans le monde virtuel, aucun risque de recevoir le coup de poing en pleine g... ou le duel au chant du coq. Les distances entre interlocuteurs, les différences culturelles et de juridictions, les pseudonymes et tous les autres murs de cette impuissance, existent comme interfaces sans protéger réellement ses interlocuteurs. 

Les relations virtuelles ont perdu leur rituel, de fait. Les principes appris avec l'éducation puritaine qui disait "Tiens toi droit", "Mange ta soupe", "Obéis", "Sois sage avec ta famille, tes copains et amis"... ne passent plus la rampe.

C'est plutôt, sérieux s'abstenir... On veut s'éclater. Il faut qu'on slach, comme chante l'autre. Se payer, parfois, une tranche avec une tête de pique. Oser dire tout haut, avec franchise, ce que d'autres pensent tout bas, sans s'apercevoir du subterfuge.

Une série d'attitudes ont pris de l'âge derrière des révolutions culturelles comme celle de 68 et de bien d'autres. Désormais, il s'agit d'épater la "galerie" par son "toupet", parce que toutes les logiques de la sagesse, raisonnées ou non, ne collationnent plus tous les points de vue dans des conflits qui dépassent ceux des générations. 

Chez les People, Les Enfoirés sont passés, par la chanson, à la postérité, mais au pluriel et en majuscules. Quelques humoristes, quelques caricaturistes, sans le dire tout haut, mériteraient  la  même étiquette avec quelques pincées d'adrénaline, de sérotonine ou de dopamine pour arroser le tout.

Parler de "rupture numérique", c'est sauter une barrière. S'y inscrire en tant qu'enfoiré, ce n'est pas nécessairement pour y jouer le joli-cœur. C'est se mouiller la chemise. Avec cette optique, il faut s'attendre à ce que ça passe ou ça casse, pour éviter la désolation sans sourires, sans humour, sans rebonds avec un électroencéphalogramme plat. On est tous prisonnier du rôle que l'on s'est donné un jour.

Parler de consensus pour mettre l'église au milieu du village, c'est, souvent, passer le mur du son et laisser tout le monde sur sa propre idée préconçue. Il n'y a plus souvent que la remise en question, le nettoyage de printemps, la proactivité, l'inédit pour quérir l'originalité, devenue tellement chère qu'elle n'arrive qu'à des moments sublimes.

0.jpgMozart, présenté dernièrement  comme une Super Star dans un film documentaire (extraits qui parlent d'eux mêmes) répondait déjà à cette aspect de provocation pour étayer son génie musical. Première Pop-Star, il y était mis correspondance avec les Pop Stars de notre époque comme Madona, Michael Jackson, Jimmy Hendrix et de ceux qui entrent dans la légende des génies qui ont une vie courte mais intense.

"Plus on est mauvais, peste, corrosif et amoral, plus on est admiré" est-il dit dans le Vif. Badboys et Badgirls occupent la place publique, font du buzz pour répondre à l'attraction de leurs fans sur le Web ou ailleurs. Il n'y a pas seulement les "badxxx" qui ont quelque chose dans le pantalon, mais au moins, ils le montrent avec sincérité même si parfois, il faut le logiciel Photoshop pour rajeunir le portrait.

C'est peut-être avec la pièce "Hernani" de Hugo qui sort en 1830 et qui déclenche le tohu-bohu que sonne le glas du romantisme pour se ruer vers le scandale présent dans le néoclassique.

Le monde reste-t-il toujours à nous dans ce cas? Je l'ignore. Le dire serait chercher les ficelles qui maintiennent les "marionnettes".

Ainsi va le monde des rencontres d'opinions, de la pensée et des religions qui ont toutes, raisons et toutes, tort, à la fois.

Être d'un bloc comme un diamant brut n'est pas un problème, s'il est organisé avec de multiples facettes même s'il raie toujours un peu dans au fond de la casserole.

Parfois incisifs, ces "Réflexions du Miroir" et cet enfoiré, c'est évident. Il a pour but de ne pas être "trop sage", de creuser l'incommensurabilité légèreté de l'âme avec un miroir comme rétroviseur mais qui perd son tain, avec le temps, à force d'être utilisé.

C'est constater qu'il faut garder "Le prestige d'être simplement conen mélangeant le sucre, le sel et le poivre. 

0.jpgAlors, résumer les idées, d'accord. Les tronquer ou, pire, les sauter, jamais. 

Oser, aujourd'hui, comme hier, c'est aussi le faire avant les autres. Les remakes n'ont jamais qu'une odeur de roussi. 

Logorrhément vôtre était un coup de gueule dans l'histoire de ce site. Ce billet-ci en est, donc, un autre. 

Je ne suis pas Janus avec deux visages, l'un qui dit blanc et l'autre, noir.

Non, je ne vais pas remettre le couvert des cordes sensibles. Je laisse toujours passer les orages, le temps que la caravane passe.

Sur la Toile ou ailleurs, nous avons tous un rôle à jouer, à respecter. J'aime le compromis. Je hais la compromission et le faire semblant pour, seulement, faire bien en bout de course.

Charismatique

Un article donnait les habitudes des 10 personnes les plus charismatiques 

  1. Elles écoutent plus qu'elles ne parlent
  2. Elles ne sont pas sélectives dans ce qu'elles entendent
  3. Elles vous consacrent toute leur attention
  4. Elles donnent avant de recevoir et souvent ne reçoivent jamais rien
  5. Elles ne sont pas imbues d’elles-mêmes…
  6. Parce qu'elles se rendent compte que d'autres personnes sont plus importantes
  7. Elles attirent l'attention sur les autres
  8. Elles choisissent leurs mots avec soin
  9. Elles n’évoquent pas les échecs des autres….
  10. Mais elles n’ont pas de scrupules à évoquer leurs propres échecs

Un autre, la recherche d'excellence avec les 6 règles pour devenir excellent dans n'importe quel domaine:

  1. Choisissez un domaine qui vous passionne.
  2. Commencez par le travail le plus difficile
  3. Pratiquez intensément
  4. Recherchez de temps en temps les retours d’un expert
  5. Faites régulièrement des pauses pour recharger vos batteries
  6. Ritualisez votre pratique

Dans une volonté de perfectionnisme?

Alors question, Le perfectionnisme est-il bénéfique ou néfaste?  "Le perfectionnisme consiste à rechercher l’excellence, en soumettant les autres aux mêmes normes, en planifiant, et en ayant de bonnes compétences en organisation. En revanche, le perfectionnisme malsain provient d’influences extérieures. Ces influences peuvent provenir de pression parentale, d’un besoin de reconnaissance, d’une tendance à ruminer les événements passés, ou d’une inquiétude intense à l’idée de faire des erreurs. Les perfectionnistes « sains » sont peu perméables à ces facteurs externes.". 

Un dernier, ce qu'est être créatif et se demander si Y a-t-il plus de personnes avec des désordres mentaux parmi les créatifs?

La réponse des analystes était "Oui".

La question subsidiaire était "Les créatifs sont-ils pour autant psychopathes? Là la réponse était "Non", les psychopathes sont même moins fréquents dans les milieux artistiques qu’en entreprise.

Ouf, sauvé par le gong...

Mais, qu'est-ce qui fait qu'un article, une vidéo ou un document devient viral sur la toile

Je vous le laisse le découvrir mais la réponse, en résumé, est « Le plus puissant prédicateur de vitalité est l’intensité de colère que l’article évoque.... A l'ère des images et des divertissements, à l'ère de la gratification émotionnelle immédiate, nous ne recherchons ni ne voulons l’honnêteté ou la réalité. La réalité est compliquée. La réalité est ennuyeuse. Nous sommes incapables, ou ne voulons pas nous confronter à sa confusion ».0.jpg

Pour revenir aux reproches initiaux, la provocation n'y était nullement contestée. Le mot "insulte" outrepasserait seulement l'objectif de l'enfoiré. L'insulte peut être offensante, intentionnelle ou accidentelle. Encore faut-il pouvoir y déceler la finesse pour pouvoir découvrir l'intérêt, y répliquer et ne pas s'y empêtrer à pieds joints.

Le livre d'humour de l'insulte répondrait-il mieux à la question? Je ne l'ai pas ouvert. 

Nous sommes fait de zigzags disait François Weyergans. Il faisait seulement l'éloge de la curiosité et de ce qui pouvait survenir et jouir de l'existence en essayant d'épargner les gens autour de soi. Si cela, par malheur, ratait et n'avait pas de sens, préconisait de chercher autre chose.

Il y a ce café serré qui me paraissait le mieux adapté, avec du marc au fond comme agent réconciliant. L'écouter, c'est pouffer de rire.

Mais, une dernière question: entre amis, la provocation, est-elle de mise et même permise?

Encore une question qui demande réflexion. Je suis tenté de  répondre, plus qu'ailleurs car, en principe, on se connaît depuis longtemps et que l'on doit s'être testé depuis le début de la relation amicale. L'amitié, jusqu'où peut-elle mener? Jusqu'au compromis ou la compromission qui arrive très vite à la servitude de la parole donnée implicitement ou explicitement?

"L'amitié, échange de bons procédés", en omettant de dire "... et de mauvais", c'est essayer d'oublier ce qui est dit dans la célèbre chanson de Luc de Larochellière "Cash city" qui dit en substance:

 Tout l'monde veut être une star mais personne veut être une planète
Tout l'monde traîne dans les bars où personne n'est honnête
Tout l'monde veut tout l'monde l'aime mais personne n'aime tout l'monde
Tout l'monde veut qu'tout l'monde l'aime
Oui mais personne personne personne n'aime tout l'monde

Dans l'histoire, il y a eu ce romancier essayiste, Léon Bloy, qui allait encore plus loin. Il faisait les délices de la polémique. Un entêté de l'« Absolu ». Tout l'irritait. Ses ennemis et même ses amis. Sans arriver à cette extrémité, le film qui l'évoquerait le mieux n'était-ce pas le "Vol au dessus d'un nid de coucou"?

"Un éléphant, cela trompe énormément" mettait en scène, quatre amis, qui s'adoraient, mais qui ne rataient aucune occasion pour s'envoyer des vertes et des pas mûres en fonction de leurs différences d'approche. "La vérité si je mens", suivait le même canevas, mais avec, cette fois, des cultures aux antipodes...

0.jpgLe "Happy end" dans un film n'existe que si le producteur, le réalisateur, le metteur en scène et le régisseur le veulent ensembles. Pourquoi feraient-ils le contraire de ce que les spectateurs en attendent si ce n'est pour exister, être reconnus différents par leurs pairs, ne fut-ce que partiellement ou de manière temporaire? 

La sagesse, c'est "Apprendre à être soi-même" comme disait Nietzsche et à vouloir garder sa liberté de parole en "se foutant du regard oblique des passants honnêtes" (Brassens). Quand à la critique, elle a souvent le privilège de servir à deux interlocuteurs récalcitrants.

Comme suite et fin de ce quiproquo, de cette polémique, j'ajouterai que si le visuel est bien plus étendu que le visible, l'humour, lui, doit devenir bien plus étendu que le risible. 

Alors, que dire à ceux qui suivent ce blog, sinon déchaînez-vous, déchargez-vous de votre électricité statique, si vous le désirez. C'est fait pour cela.

Vous serez, vous existerez... 

Quant au reproche final sur la patience, je répondrai, une fois encore, par une autre chanson, celle de Jean Ferrat à qui je laisse le dernier mot :

Faut-il pleurer, faut-il en rire
Fait-elle envie ou bien pitié
Je n'ai pas le cœur à le dire
On ne voit pas le temps passer

 

 L'enfoiré,

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Citations:

  • « Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine. Elle est mortelle », Paulo Coelho
  • « Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper », Léon Bloy
  • « Tous les voyages aujourd'hui sont polémiques, et se déplacer, c'est avant tout se démarquer. », Alain Finkielkraut

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26/07/2012

Anatomie des photos de vacances

Ce weekend, les juilletistes vont aller à la rencontre des aoûtiens. Pour les premiers, c'est le moment de revoir et de penser à classer les photos de vacances. Travail qui consiste à supprimer les ratés, les bougées, les floues, les mal exposés... et j'en passe. Puis de les classer.

0.jpgN'ayez crainte, je ne vais pas vous faire un cours de photos, même si j'avais appris tout sur la photo et son traitement avant de pouvoir écrire. Un survol suffira. En rire et en faire quelques démonstrations par l'absurde, avec humour, plutôt.

Alors, commençons dans le vif du sujet, sur le terrain des opérations en vacances.

- Tu vois, chérie, comme la campagne est belle, comme cette ville a un côté rustique, magique même.

-Tu as raison. C'est merveilleux. J'ai presque envie d'habiter par ici. Sors ton appareil et fais nous des photos souvenirs. On ne sait jamais.

Le "chéri" va obéir avec plaisir. Il va sortir le bel appareil de son sac. Il est neuf, acheté juste avant les vacances et va mettre tout ces belles images dans la boîte prévue pour. 

-Chérie, te rappelles-tu la fonction du bouton à gauche de l'objectif?

-T'occupe pas. Mets tout en automatique. C'est la molette sur le haut. Tous ces gadgets, c'est pour les prosIl s'agit de montrer aux amis, une fois de retour chez nous, les paysages, pas de passer une heure dans le bouquin. 

Le "chéri" obtempère mais il reste sur sa faim. Il se demande pourquoi, ils ont tellement poussé, ensemble, à choisir ces gadgets lors de l'achat de l'appareil.

Le coeur doit avoir ses raisons que le raison ne connaît pas mais il y a de ces subtilités qui resteront parfois suspectes.

Supposons, l'arrivée à Pise.

Photogénique, Madame, devant la Tour de Pise, tente de redresser la tour du bout des doigts. Classique ou unique, on ne sait plus très bien. Et clic, une photo pour la postérité. On verra bien l'effet dans le petit truc rectangulaire de l'appareil ou alors, au retour, dans le grand écran.

Le chéri hésite à la prendre sans elle. "Sans elle"? Mais, voyons, il veut dire sans la tour de Pise. 

Sans la présence de sa "chérie" sur la photo, ce serait peut-être, un sacrilège et, à coup sûr, une scène de ménage, plus tard, au retour.

Un conseil pour le photographe d'occasion, surtout ne pas "couper" les jambes de la "chérie". Ce serait un nouveau "casus belli". La prendre avec les pieds compris et le sourire de circonstance de la crèmière puisque l'argent a été dépensé. Ils prouveront aux collègues qu'elle était heureuse, souriante sous un soleil radieux, au moins, l'espace d'un clic.

Les collègues sont tellement suspicieuses qu'il faut prouver qu'elle était bien à Pise, entière et pas ailleurs.

C'est le b.a-ba du photographe heureux en couple.

Caricatural? A peine.

Non, vraiment, le photographe futé prendrait au moins deux photos, dans ce cas-là. C'est pas plus cher et ça peut rapporter gros.

Mitrailler, oui, bien sûr, un minimum, pour le moins mais pas pour le plus. 

Attention, il ne faut pas confondre la présentation de photos aux copains avec un film qui passe à 25 images secondes. Il faudra choisir les meilleurs photos pour ne pas lasser les spectateurs qui, eux, feront, parfois, un effort pour vous être agréable devant vos photos, même s'ils semblent, à d'autres moments, vous envier d'avoir vécu cette aventure photographique.

Changer de focale quand on mitraille. Ouais... mais n'importe comment.

Si c'est l'île en face qu'il faut prendre, vaut mieux prendre un télé puissant pour éliminer le trop plein de mer sur les bords. J'oublie, on peut toujours recadrer, mais garder trop de pixels inutiles, c'est du gâchi.

Voilà que cela me reprend, je commence déjà à faire le prof d'occasion !  Ok, fermons ce ban-là.

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Essayez de donner un avis objectif sur les photos de quelqu'un d'autre, c'est  se payer un bide magistral. L'objectivité est à plusieurs facettes et la subjectivité règne en maître dans l'arène. On n'aime pas... Point.

Certains magazines de photos se risquent à donner un avis mais c'est quand les lecteurs se prêtent à l'exercise. Sinon, c'est considéré comme arbitraire et qualifier comme une erreur d'appréciation pour un travail qui était considéré "cinq étoiles", à l'origine, par son géniteur. 

Pourtant, des règles se cachent derrière l'évaluation de la qualité d'une photo. Règles nécessaires si l'on veut présenter les résultats en dehors de la famille, s'entend. Les "autres" ne sont pas à leur coup d'essais. Ils connaissent la musique et sont de plus en plus exigents, les "salauds". En dehors du professionnalisme des médias, pour eux, cela risque d'être du pipo, vos photos.

A la base, l'habitude adoptée par les peintres a migré dans l'esprit des photographes. Le cadrage du sujet principal est un exemple parmi d'autres.

La règle des tiers est pourtant facilement oubliée. Pas grave, elle peut se récupérer après, à la découpe. Encore une fois, d'accord. Le sujet principal au milieu et les subalternes sur les côtés, ce sont de vieux souvenirs périmés de papa ou de grand-papa. 

La profondeur de champ, un vieux truc, a été remplacée par des programmes dédicacés aux portraits,  aux paysages et aux sujets en mouvements.

La photo est un art de la lumière diffuse. Le soleil apporte trop de dureté et fait grincer les yeux du supplicié photographié. En basse lumière, avec le numérique, on ne parle plus de grains, mais de bruits. On change les mots, mais les problèmes restent les mêmes.

Elargir au panoramique, en numérique, devient un jeu d'enfant. Pas besoin d'un appareil dit panoramique, ni d'un fish-eye. Concaténer des photos entre elles, à l'aide de logiciels qui "stitch en panorama", existe, pourquoi s'en priver. 

Des angles de vue insolites, donner du relief en introduisant un plan rapproché et un autre éloigné, encore des trucs de cuisine pour restituer l'ambiance et la profondeur de champ, avant que n'arrive la photo en relief sans ses lunettes d'appoint. 

Jouer avec les ombres, les arrières-plans, les positions en plongée en contre-plongées, les contre-jours n'ont plus de secret pour le néophite. Enfin, on peut l'espérer...

Mais, l'originalité sort, souvent, de la bouche des relativement "grands-enfants", de ceux qui n'ont aucune technique préalable qui cassent toutes les règles en mettant les défauts en exergue. C'est incontestable, ce cas existe, mais, ce n'est pas l'exception qui fait loi.

Avec des retouches, de copier-coller, de morphismes, cela demandent un doigté qui n'est pas à la portée du premier venu, à condition que quelqu'un sache de quoi il s'agit et comment faire.

Au retour, retoucher doit rester un plaisir, une passion, aussi, surtout depuis l'avénement des logiciels qui poussent comme des champignons sans bourse déliée, même si les champignons, eux, prennent des altitudes inespérées par leurs prix. 

Supposons que le premier travail de dégrossissement est achevé. Après le gros oeuvre, c'est celui du classement qui commence. Avant, avec les diapositives ou même les négatifs, c'était la boîte de lumière sur laquelle on étalait les photos agrandies par en dessous et  une loupe par dessus. Ordonner les photos était relativement facile et seulement dépendant de la grandeur de cet outil essentiel à l'organisation.

En numérique, il en va tout autre. La boite à lumière, c'est sur l'écran d'un PC que cela se passe. Cette fois, on peut, zoomer agrandir ou diminuer le nombre de photos sur l'écran, c'est déjà ça. Si déplacer les images n'est pas difficile, garder le nouvel ordre choisi l'est beaucoup moins. Il existe des logiciels reséquenseurs mais ils attribuent une séquence de manière automatique à partir de la chronologie des prises de vues. Aucun, à ma connaissance, ne permet de créer un ordre en fonction de la position des photos, choisie après permutation et substitution sur un écran. Classer dans un ordre plus logique que celui de la chronologie, peut éviter de retrouver une duplication, une photo mal placée et donc, toujours malvenue. L'opération de séquencer se résume à une opération, en manuel intégral qui peut être jumélée à l'identification par un titre des photos. Si quelqu'un connaît la solution qu'il lève le voile, cela m'arrangerait. 

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Surtout ne pas trop attendre pour cette opération pour les intituler. La mémoire humaine est défaillante dans le temps. 

Mais, vous savez tout cela j'en suis sûr.

Mon Touring Explorer va-t-il en dire plus? 

Une préface n'est pas très engageante, même si c'est bien dit.

"Décontraction ne rime pas forcément avec photogénie. A travers les images, c'est notre histoire que nous écrivons", est-il dit en préface.

Les chapitres suivent et ne vont pas démentir la première impression.

Aider à réaliser une anatomie des photos de vacances qui comme chacun sait, doivent être à la hauteur de la tâche, très dépendante de la scène ou du sujet à photographier.

Mais, pas de panique, car à la base, photographier, c'est du...

1. Plaisir, sourire, plage

L'histoire du "smile", du fameux "chees", au moment de la photo est l'habitude aujourd'hui, mais n'existait pas sur les photos des grands-parents. Étrange? Serions-nous plus heureux aujourd'hui que hier? Non, il faut en donner l'illusion. Montrer qu'on a été content en vacances, elles qui ont été si chèrement payées et ont nécessité tellement de sueurs.IMG_0001.jpg

A l'époque, pour les portraits, il valait mieux montrer son ego dans la sollennité sous le costume du dimanche. Les dents bien serrées, quand il en restait, n'étaient pas là pour sourire, mais à la rigueur, pour manger. On faisait la pose, comme on le fait aujourd'hui, pour la photo d'identité de son passeport.

George Eastman de Kodak a changé les faces et la donne. Ni au profit du dentiste, ni de celui du prothésiste, mais bien pour raison de marketing du producteur de tout ce qui construit une photo. Avoir un gueule qui rase les murs, ne fait pas vendre des films. Ce fondateur de Kodak a, dès lors, investi et légué une partie de sa fortune dans les cliniques dentaires.

C'est évident, le bonheur fait vendre. La "Kodak Girl" était là pour faire photographier ce que l'on n'avait pas encore penser ou oser faire: les petits-enfants, la famille lors des promenades et des sorties sous le soleil. En 1900, le Brownie, vendu à un dollar, devait fonctionner et consommer de la pélicule. Un max de pélicules. La stratégie marketing s'est retrouvée dans les imprimantes à jets d'encre qui ne coûtent pas chère à l'achat mais dont le manque à gagner se retrouve dans les consommables. 

A l'époque, les pick-niques étaient une occasion rêvée pour sortir les appareils sous le soleil arrière, exactement. Je dis "exactement", parce que le photographe devait l'avoir, à l'époque, dans le dos, pour avoir le maximum de chance et de luminosité. Relax, cool, les mots d'ordres du plaisir, des sourires et des clic-clac, font tout oublier.

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Tout a changé sauf les fondements de la photographie. Comment faire de bonnes photographies s'apprend toujours et la technique ne varie pas qu'elles soient faites avec un "ancien" appareil analogique ou un "nouveau" numérique.

Première constatation, on n'a jamais pris autant de photos que depuis l'avénement du numérique. Les avantages sont énormes par rapport aux films photos en 24-36 d'antan. L'immédiateté du résultat et le prix nul ne sont que les principaux.

Le numérique est aussi le nirvana du perfectionniste.

La déconfiture de Kodak n'est qu'un résultat de cette révolution dans le domaine de la photo. Tous les fournisseurs de matériel, de films ont dû s'adapter s'ils ne voulaient pas mourir.

C'est décidé, on va faire des photos uniques, prises sous un angle unique, avec un appareil unique... et un photographe unique. 

"Mieux photographier", que de bouquins traitent de ces techniques créatives qui ajoutent un plus.

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Mieux photographier est surtout affaire de circonstances climatiques, de l'heure des prises de vue et du sujet à photographier.

Le portrait à lui seul, mérite une foule de subterfuges pour effacer, les rigidités d'une pose, les imperfections des traits. Les remplacer par une impression d'être unique et belles sans rigidité demande des prises multiples, sans apprêt.

Le paysage, la macrophotographie, la nature morte, les animaux, les monuments demandent chacun, une approche différente et souvent plus facile que pour le portrait.

2. Surprise

Restons pragmatique et raisonnable. Rater une photo avec toutes la documentation des appareils, les livres, les magazines mensuels qui vous expliquent en long et en large, serait peut-être une gageure, mais n'a rien d'extraordinaire. Même les experts font des erreurs et ont des surprises. Il y a les surprises heureuses et malheureuses. Car, même les flous  apportent des surprises heureuses.  L'heure de matin et de soir pour la prise de vue, bien sûr, mais cela ne tient pas compte de certaines réalités du voyage. On fait une photo quand on le peut, pas nécessairement quand on le veut. Si c'est lors d'une visite organisée, pas question de dire au gentil guide de revenir un peu plus tard. Arrêter son temps pour la photo alors qu'il faut encore visiter énormément de choses dans la journée, vous abuseriez de son temps. Quand à prendre la photo exclusive, celle que personne n'a pu prendre, qui surprend même le photographe, là, on arrive dans le domaine de l'imaginaire, de la surprise sur prise. Henri-Cartier Bresson n'a jamais raconté le temps qu'il lui a fallu pour tirer le portrait dans un moment incisif ou plutôt "décisif" comme il l'appelait.  

3. Espace de stockage

Le retour des vacances, c'est la période du grand nettoyage, de la grande lessive du linge et des mégas de photos. Il faut bien mettre de l'ordre dans cet amas de photos prises au vol dans le feu de l'action, pris parfois à la vas-vite et à répétition, avec le doigt trop longtemps sur le déclancheur. Il faut pouvoir espérer les montrer à qui de droit. Vite un petit programme qui va régler tout cela.

3,5 milliards d'appareils photo numériques dans le monde. Mille milliards de photos prises, 30.000 photos par secondes. Cela fait du monde au balcon et en dessous du balcon! Partager et vous serez considéré. Picasa pour la technique, Flockr, Facebook pour l'étalage vous attendent "à oeil raccourcix" dirait le GauloisLa postérité est assurée dans les nuages, pardon, le "cloud". Et comme chacun sait le ciel a un espace infini pour consigner les vies, mais pour en garantir la pérénité sans bourse déliée.

4. Amateurs

Voilà, le hic. Être amateur et pas professionnel. "Je voudrais bien, mais je peux point", chantait la Bonne du Curé. Faire de l'art ou faire du lard, cela se prononce de la même façon, mais c'est pas la même chose. "Exposition", "composition" et "passion" ne sont pas nécessairement aux mêmes "positions" dans le dictionnaire. Ce n'est pas pour rien que Ducros s'est décarcassé dans des cours avec examens et diplômes de sortie en porte-clé. Le professionnel prend son temps. Du respect pour lui et sa patience. Devant un objet ou un personnage avant de photographier, il a analysé ce qu'il a devant les yeux. Il va sortir ses filtres. Un filtre polarisant, un UV pour saturer les images? Cela devient presque impossible avec les petits portables qui ont la chance ou la malchance de montrer leur objectif qu'au moment stratégique et qui rentre au bercail ensuite. Le reflex garde ses lettres de noblesse dans ce cas. "Reflex", un mot bien choisi pour le définir. Un photographe, il faut le savoir, a appris à faire mentir ses images, à les bonifier ou au contraire les rendre choquantes pour répondrer au but à atteindre. Autant savoir.

5. NostalgieIMG_0002.jpg

Numérique contre analogique. Le fossé du numérique est bien là. Oui, il y a le 3D qui arrive à grands pas. Le rétro, lui c'est à pas feutré qu'il revient.

Aurait-on la nostalgie quelque part? Les magazines reparlent du noir et blanc, les antidotes de la perfection reprennent du galons comme les microsillons et les 78 tours d'antan. Le livre "Prestige des réflex 24x36" de Paul Montiel sortait en 1981. On parlait déjà de double automatisme et de programmes en "multimodes". Que de produits depuis, penser à la focale, à l'ouverture, à la vitesse, à la sensibilité des films, de filtres, de mesures au posemètre, jumelées avec le flash TTL (Through The Lens) qui y pensent encore?

Retourner aux photographies d'art ancien que l'on trouve dans les livres de l'époque pour en apprendre les fillons du métier. Une époque pendant laquelle n'existait pas tous ces gadgets et qui demandait une préparation au petits soins. Dans un bouquin "La photographie d'art vers 1900", on parlait de l'histoire des origines à nos jours (en 1982), "la qualité exceptionnelle, le choix judicieux avait valu, alors, une exposition. C'est presque émouvant de voir ces photos, je préviens.

Des poses longues de nuit, des filés dans les courses et devant la chute d'eau. Figé le mouvement au 4000ème de seconde n'est plus requis pour faire ressortir l'originalité en nous. La lomographie artistique pour calmer le jeu de la technologie galopante, mais que l'idée, elle est bonne. Tout à coup ce n'est le matos qui prend la main, mais l'esprit nostalgique, le côté "ludique" aussi. Le matériel de deuxième main, analogique, est bon marché. Un "bon cul de bouteille" fait parfois des miracles d'imperfections, tout aussi intéressantes. Les bons vieux films ont des sursauts de génie. Ils ont un seul problème, ils dépendent toujours des consommables, des films qui doivent encore être assez rentables à la production. Encore une fois, le premier mouvement est aisé, la suite pourrait l'être moins.

6. Public

Les photos ne sont plus familiales, elles deviennent publiques. Photos publiques, photos historiques ou cyniques, idylliques ou, encore, panoramiques, distribuées en virtuels pour représenter le réel de l'instant en les transitant d'un iPod à un iPad, d'un iPad à un iMac pour arriver enfin à la iClaque ou la iPlaque ferait désordre sur Facebook.  Alors, il faut aller plus loin. Éliminez, dit la pub. Il devrait toujours en rester quelque chose.

7. Couper, coller et retoucher

Là, commence le travail et le véritable "sport". On va à l'emphase et peut-être mélanger le réel avec l'irréel. On risque de trahir, de transiger avec les réalités pris dans cette emphase porté par l'enthousiame des vacances. La tentation est grande d'enjoliver. "Il y a le ciel, le soleil et la mer" comme dans la chanson et on veut oublier le reste.

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Dis, chérie, est-ce que je garde la photo où tu es à côté de ce type mal fagoté qui t'as pompé du fric?

- Fais comme tu veux. Si je suis jolie sur la photo, tu peux essayer de couper ce qui dérangerait d'être vu par les copains. Il faut les inciter à y venir l'année prochaine et pas les repousser.

C'est peut-être cela le problème de celui qui croit faire la photo du siècle. Il a coupé ce qui ne faisait pas beau, ce qui donnait l'insolite de la situation d'un pays qu'il a seulement frôlé plutôt qu'assimilé. Il fait du tourisme, de la prospection pour les agences de voyages.

Ne pas s'offusquer si celui qui se met devant votre appareil, tend la main pour obtenir le rendu de sa pièce. Il a joué sa piècette comme vous au bureau.

Aujourd'hui, c'est moins derrière l'objectif que la photo se crée mais derrière l'écran. Plus sur le théâtre de l'action elle-même. Ecran que l'on désire le plus large possible, mais que l'on restreint sur certains plans. Qui demande des heures de recueillements.

To be or not to be? Deux photos, côté à côté, vont pouvoir devenir des panoramiques dont on ne détectera même plus la concaténation. Chouette.

Des effets spéciaux, des mises en page, des retouches, des filtres, vont réapparaître comme par magie. Miracle de la technique. On pourra même donner deux ambiances différentes avec le même cliché. Le sépia, le noir et blanc et quoi d'autre encore dans cette panoplie en éventail...

La technique, les logiciels qui font tout et n'importe quoi, ont relevé le défit et le niveau de l'image à un tel point que pour trouver la photo extraordinaire, il faudra plus qu'un clic et plus qu'un déclic pour découvrir "la" photo de rêve.

Se souvenir aussi de la photo qui gagne des prix et qui ne montre pas des cieux bleus et une mer verte. Les concours photos professionnelles ou grands publics permettent seulement un recentrage sur des optiques différentes.

Si voir ses photos sur l'écran de son ordinateur, de sa tablette ne coûte rien, il n'en est rien si le tirage sur papier est diésiré. Imprimer ses photos sur l'imprimante à jet d'encre, c'est cette dernière et le papier qui entrera en compétition. Tirage par lots de photos ne rencontre pas les mêmes prix que les livres-photo, plus chers et plus présentables.

Que dire comme conclusion?

Que l'on ne se baptise pas "photographe". Que seul le métier, l'expérience de nombreuses années permettent de faire sortir le bijou ciselé de l'orfèvre. La masse de photographies n'y changerait rien sans l'un des deux. Que photographier, c'est aussi respecter, ceux qui entreront sur les photos, conjugaux ou locaux.

Détecter l'insolite demande une acuité visuelle qui fait appel à un flash instinctif. Si on n'a pas le flash intégré sur la tête, ces images vont passer comme un pet sur une toile cirée, c'est-à-dire aura simplement glissé sur la bosse de son indifférence.

J'en reviens encore une fois à ce livre de Douglas Kennedy "L'homme qui voulait vivre sa vie". Je retiendrai l'aspect de cette passion dévorante de son héros pour la photo, riche par sa profession d'avocat qu'il n'aime pas, qui ne parle que de photos. Il faudra un "cataclysme" dans sa vie de couple pour qu'il fasse un tabac de sa passion. Un commentaire dit "En plus d’être un roman captivant, c’est un des meilleurs livres sur la photographie et les photographes que j’ai pu lire" 

La photographie, c'est comme l'écriture, on y laisse toujours un peu de soi entre les lignes ou entre les couleurs et les ombres.

Tout passera dans le geste de l'artiste. Le génie ne sera jamais dans le matos. La photo sera toujours le souvenir d'un instant troublant qui restera dans les mémoires. Un souvenir qui ne se reproduira plus jamais avec la même lumière, la même pensée, le même rêve ou le même cauchemar. 

Et, là, on regretterait de ne pas l'avoir fait, ce clic magistral et artistique à souhait.

Le "Chasseur d'image" du mois d'août, qui a été longtemps ma source d'inspiration, donnait sa leçon de photo. Il donnait à nouveau tous les principes auxquels il fallait penser (mais pas toujours observer):

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  • Choisir son grand-angle
  • Réussir sa composition
  • Valoriser le premier plan
  • Gérer la profondeur de champ
  • Déterminer l'exposition
  • Oser les poses longues
  • S'adonner aux joies du fish-eye
  • Renforcer l'atmosphère
  • Tirer parti des filtres
  • Soigner la post-production

0.jpgLe magazine Photoschool, parlait lui de maitriser les masques, les calques, d'agir sur les couleurs en opposition pour augmenter les contrastes, de sortir le crayon et la pipette...

En vacances, il y a aussi la pluie. Comment rendre la pluie intéressante?  Bien, des choses, en somme. 

La pluie est un sujet en elle-même. On croit qu'il faut remiser son matos dans ces cas-là. Pas du tout. Le protéger de la pluie, lui, ça c'est sûr. Il est rarement waterproof. L'objectif du mini qui fait coucou en sortant de sa coquille, s'enrhume assez vite. Quand la "bête" éternue, seul son remplacement, permettra de retrouver la sérénité. J'ai expérimenté cet inconvénient, je sais de quoi je parle.0.jpg

Denise remarquait hier ce qu'est la pluie quand elle tombe en cordes et donnait en conclusion:

"Après la pluie, ce n'est pas toujours le beau temps.".

Je ne pouvais trouver meilleure conclusion.

Bon retour aux juilletistes et bonnes photos.

 

L'enfoiré,


Parler de photos et ne pas en présenter? Mais non, en voici, dans une "Guiguette rouge"

 

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Citations:

  • « Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier. », Man Ray
  • « Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. », Henri Cartier-Bresson
  • « Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture. », Emile Genest
  • « Photographier, c'est une attitude, une façon d'être, une manière de vivre. », Henri Cartier-Bresson
  • « Peu à peu, par l'éducation de son oeil et de sa pensée, le photographe a deviné que le 'sujet' n'était pas tout entier dans la Nature, mais aussi en lui-même et que le travail ne devait pas tout entier être fait par sa machine, mais aussi par son cerveau et par ses mains  », Robert De La Sizeranne (1900) 

21/07/2012

Quand une fête nationale ressemble à une fête

Cette fois, ça se ressentait, ce matin du 21 juillet pour la fête nationale, contrairement à l'année passée, la population avait envie de sourire. Le Roi avait fait un discours très "cool": "Notre pays a regagné sa crédibilité". Même le prince avait coupé sa barbe pour l'occasion. Peut-être, avait-il aussi décidé de la laisser pousser pour des raisons politiques (comme l'avait fait Benoit Poelvoorde et d'autres).

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Après une entrée en matière par l'avenue de Tervuren, la fête dans le parc de Bruxelles, c'est le 21 et elle avait même eu les honneurs d'un temps de saison alors que tous disaient qu'il y aurait la drache nationale. L'été avait, seulement, un mois de retard sur l'horaire.  

Le début des festivités s'annonce tout aussi "cool".

Les Belges ont fêté le 21 juillet sous un soleil "belge".

Puis, on a compté 300.000 fêtards, belges ou non, d'ailleurs avant un « moules-frites » géant sur la place du Jeu de Balles et le traditionnel feu d'artifice, admiré par 25.000 personnes sur la place des Palais. 

Le lendemain, le soleil donne comme chante Laurent Voulzy.

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Trop protocolaire tout cela?

Vous avez raison.

Alors rendez-vous avec les vraies photos de la vraie fête. C'est ici, un clic suffit.


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19/07/2012

Une avenue pas comme les autres

A la veille de la fête nationale belge du 21 juillet, c'est peut-être le moment de parler d'histoires belges et de ce que le deuxième de ses rois, Léopold II, a laissé derrière lui. Pourquoi ne pas parler d'une des avenues, celle de Tervuren, qu'il a créé à sa mesure ou à sa démesure et ne pas faire du tourisme de proximité?

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A Bruxelles, qui ne connait pas l'avenue de Tervuren?

Quelqu'un qui viendrait d'arriver dans la ville ou qui résiderait loin d'elle, peut-être. Sinon personne. Alors pourquoi parler de cette avenue lors de la fête nationale qui a lieu dans le centre, dans le parc de Bruxelles, devant le Palais royal, mais pas sur l'avenue de Tervuren?

Parce que la fête nationale "classique", nous y avons été en 2011, rencontré des mondes qui s'y rencontrent. Je n'allais pas remettre le couvert...

0.jpgLe quartier européen, les lobbies de partout et en tout, ne sont, en effet, pas bien loin, entre le Parc du Cinquantenaire et le centre de la ville de Bruxelles.

L'avenue est-elle, d'ailleurs, vraiment connue par ceux qui y passent, tous les jours, pour se rendre au travail, au centre de Bruxelles, à bord de leur voiture?

Là, ce n'est pas sûr.

Cette année, la fête de l'avenue de Tervuren, c'était, le 13 mai, son 113ème anniversaire. Pour l'occasion, une omelette géante fut préparée avec 10.000 oeufs. On n'allait pas recréer une telle omelette...

Nous l'avions déjà approchée, de près, cette avenue, sur cette antenne comme lors de "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre", avec les images qui s'imposaient.

Alors, pourquoi? 

Parce que faire du tourisme, cela peut se faire très bien à proximité de chez soi, même si l'envie d'aller ailleurs se présente.

0.jpgWikipedia dit : "L'avenue de Tervueren débute au parc du Cinquantenaire, puis traverse le rond-point Montgomery dans la commune d’Etterbeek. Après avoir longé le parc de Woluwe dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre, elle traverse Auderghem à proximité du Rouge-Cloître pour arriver aux Quatre Bras de Tervuren où elle croise le ring de Bruxelles. L'avenue longe le Ravenstein et se termine au rond-point du palais des Colonies où se trouve une fontaine décorée d'animaux.

Car elle est longue, cette avenue... Au bas mot, dix kilomètres de promenades, ses 76 mètres de large, que l'ancien chemin de fer Bruxelles-Tervuren frôle en permanence. En plus, l'aspect de l'avenue évolue tout au long de son parcours.

Alors, prenons-là, cette visite plus attentive, plus studieuse et quelque peu humoristique.

Le temps d'un tour rapide, autour du Cinquantenaire, dans son parc, dans son musée de la guerre ou au sommet de celui-ci. Dans le parc, un monument met déja dans une certaine ambiance avec la mention "J'ai entrepris l’œuvre du Congo dans l'intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique", Léopold II (3/6/1906)". Un testament? Deux après, il prenait la piste aux étoiles... 

Vu ces derniers jours, vu les prévisions météos, avant de partir, n'oubliez pas le parapluie, on ne sait jamais.

Fin du 19ème, Léopold II a incité au traçage de grandes avenues comme l'Avenue de Tervueren, mais, c'est aussi le cas de l'Avenue Louise, du Boulevard Général Jacques?

0.jpgLéopold II a vu grand, c'est vrai, avec cette "voie royale", avec sa double rangée plantée de marronniers. Mais il a dû avoir ses préférences et l'histoire qui a suivi, a défendu ou non, "son" avenue contre les promoteurs de la modernité.

La Bruxellisation des années 1950-60 a fait plus de dégâts sur beaucoup d'autres avenues. Pour l'Expo 58, la ville a été transformée, des autoroutes urbaines ont été construites, des arbres abattus, des tunnels ont été creusés. L'auto était considérée, à l'époque, comme la reine de la ville.

L'avenue Louise est une belle avenue, bien sûr. Elle aurait pu prendre cette place prépondérante, mais elle n'a plus ce cachet historique. Elle n'a même pas pensé réserver une voie à la petite reine, le vélo.

L'avenue de Tervuren est une avenue large, qui fait partie intégrante du paysage avec un certain bonheur. Un tunnel cache, pendant un certain temps, les voitures sous le Cinquantenaire, comme une preuve d'une volonté écologique.   

Dans le prolongement de la rue de la Loi, l'arc de triomphe, 0.jpgle Cinquantenaire,  trône au début de l'avenue, comme une porte à la ville. Dans son parc, beaucoup de festivités de tous genres. On y court, pédale, joue à tous les sports jusqu'au cricket organisés par des Indiens en mal du pays. Un escalier et un ascenseur intérieurs permettent d'admirer le panorama du sommet de ses arcs. La rue de la Loi, appelée la "colonne vertébrale de Bruxelles", doit acceuillir l'Europe et est, il faut bien le dire, un désastre urbanistique, victime des laisser-aller coupables, vieux d'un demi-siècle.

Bordée d'arbres dans sa plus grande partie, l'avenue de Tervuren a, résolument, une histoire qui joint le présent à ses souvenirs du passé, tout en restant tournée vers l'avenir. 

Espaces verts et maisons, parfois hautes et étroites ou alors, basses et plus étendues en surface. Toutes valent leur pesant en "cacahuètes".

Au loin, des espaces verts avec le parc de la Wolluwe et la forêt de Soignes sont déjà visibles.

0.jpgDe maisons spéciales, il faut parler de la Maison Stoclet en Art nouveau qui détient en son sein des oeuvres très ou "trop" privées, non accessibles pour y pousser une tête à l'intérieur qui parait-il, détient des trésors. La maison avec une façade en marbre de Norvège qui répond aux normes de l'harmonie par la lumière,cache des jardins que seul un survol permet de constater. Adolphe Stoclet, normalement aurait pensé de l'installer à Vienne, mais c'est à Joseph Hoffmann qu'il a confié cet ensemble entré depuis 2009, au patrimoine de l'UNESCO.

Des ambassades, se succèdent à rythme soutenu, repérables par les places de parkings marquées du sigle "CD". Non, ce n'est pas destiné à des ventes de "Compacts Discs" mais c'est de "Corps Diplomatiques" dont il s'agit. J'en ai compté, une vingtaine, tout le long: du Botswana, d'El Salvador, de Sao Tomé, du Perou, de Géorgie, de Croatie, d'Ethiopie, du Brésil, du Togo, du Cambodge, d'Uganda, de Madagascar, de Tunisie, de Pologne, du Nigeria, d'Indonésie, de Papouasie Nouvelle Guinée, de Malaisie, de Namibie, de Sierra Leone, de Chine... sans compter celles des région comme Regio de Veneto. Toutes judicieusement choisies pour donner le prestige à leur propre pays.

Un coin de diplomates de tous bords dont on aura un échantillon, lors de la fête nationale, dans les défilés de voitures près du Palais royal, ce samedi, 21 juillet. Car, cela sort et cela parade aussi, ces ambassadeurs, mais il faut des occasions très propices sinon ils restent bien au chaud à l'abris de belles maisons.

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Le rond point ou Square Montgomery que surveille la statue du Général du même nom, avec ses fontaines centrales, forme le premier cirque à voitures. Plus loin, un autre plus petit qui continue cet office de partages, de liens entre les autres artères. Ensuite, c'est la descente en voitures ou à vélo, en son centre. Pour ce dernier point, une véritable piste cyclable et pas un vulgaire pointillé sur la chaussée qui se prolongera jusqu'à la fin du parcours.

Les habitations sont, au départ, hautes, en général, décorées en bas et hauts reliefs. Sept étages, en moyenne.

Est-ce un boulevard ou une avenue? Des "ramblas" comme à Séville? Les maisons le feraient penser.

Que du plaisir... Enfin, pour être honnête, pas toujours...

Il manque cette fois, un peu de soleil pour entrer dans le cadre. Dans le passé, quelques croches pattes à la nostalgie, aussi.

Sur la place, le n°120 a été le symbole des défenseurs du patrimoine. Dans la nuit du 21 mai 1993, la maison du lieutenant Lannoy, également en Art nouveau, datant de 1906, classée et signée Paul Hamesse, était sauvagement démolie, "démontée" se défendra le bourgmestre Vandenhaute de l'époque, sur base d'un arrêté de police pris par le bourgmestre pour des raisons de sécurité. Cet arrêté sera ensuite cassé et annulé par la Région. Reconstruite en 2008, le promoteur a essayé d'en garder l'esprit.

Paul Hankar y a aussi sa carte de visite. Tous les styles du 19ème siècle, de l'"Art nouveau"  avant d'atteindre l'"Art International".

0.jpgToujours à gauche, au n° 170, l'immeuble Monsanto. Dessiné en 1974, il n'abrite plus cette société et si l'architecture est, peut-être, considérée comme audacieuse, il faut se rappeler qu'avant cette forme moderne, s'élevaient deux autels de maître des années 1900 avec une villa dessinée en 1924 pour le marquis Impériali. Toujours du beau monde sur cette avenue...

Mais, le progrès a ses propres lois qui ne se discutent pas... et les marquis ont pris une voie de garage ou de traverse.

A droite, le parc de Woluwé, avec ses 71 ha, est le plus grand de Bruxelles. De style anglais, il s'étale sur trois vallons, pelouses, bois et étangs, animés par deux cascades, pur béton du goût 19ème. Des activités multiples s'y déroulent. Tir à l'arc en hauteur, cours d'éducation pour chiens et j'en passe et des meilleurs comme pourrait l'être, simplement, la flânerie du promeneur...

A gauche de l'avenue, cachée, une statue, celle de Joseph Lebeau. Ministre des Affaires étrangères de la jeune Belgique qui a été chargé, de trouver un Roi pour le pays, en Angleterre. Le Prince Léopold acceptera le poste de premier roi des Belges, en 1831.

Qui s'en souvient encore de cette histoire et de ce personnage? Aucun respect, les gens d'aujourd'hui !

Plus étrange encore, en face, la statue de José de San Martin qui pourrait, légitimement, donner l'envie de se poser la question de savoir "pourquoi à cet endroit?". On y lit : "Generalisimo de la ejercito de la républica del Peru y fundator de la libertad, capitan general de la republica de Chile, brigadier general de la confederacion Argentina" et fut érigée le 12 juin 1998 lors du Palais des Académie. Avec de tels titres, on s'étonnerait presque qu'elle soit à l'écart mais pourquoi à Bruxelles? "En el ultimo rincon de la terra en que me halle estare pronto a sacrificiar mi existencia por la libertad", aurait-il dit. La "liberté", le mot est lâché. Là, on pourrait trouver des liens. Bruxelles n'est pas la seule à célébrer ce héros. Dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, une avenue porte son nom en raison de la proximité avec l'avenue Simon-Bolivar. 

Au croisement avec le boulevard du Souverain, une passerelle, installée en 2007qui reprend le même chemin d'un ancien chemin de fer. Montons y pour avoir une vue plongeante sur l'avenue. Elle surplombe perpendiculaire et permet d'oublier le trafic, en le cédant aux cyclistes et aux promeneurs sur un véritable théatre de verdures comme un très petit ring (=anneau) comme il le serait pour un auriculaire.

0.jpgA l'arrière, déjà, l'ancien dépôt des tramways, au look 1900, devenu le "Musée du Tram". Trams qui, en belle saison, sortent le weekend et longent l'avenue de part en part. Voitures de trams à traction hippomobiles, voitures ouvertes aux quatre vents, conducteurs habillés d'époque... Tout y est pour la nostalgie des souvenirs.

Des "trams chocolats" ou des vicinaux "les boerentrams" (des paysans). Au choix.

Embarquer, c'est se retrouver dans un voyage dans le temps.

Au départ, un coup de cornet du régulateur de trafic, répondu aussitôt, par un coup de "Ding Ding" d'une pression du pied du conducteur.  Une vieille motrice verte de 1906 s'ébranle sur les rails. Le wattman manoeuvre la manivelle d'une main et le frein de l'autre. Entre temps, le receveur visite les clients déjà assis,  poiçonne les billets. Dans sa besace, aucun d'euro, seulement des francs et des centimes belges. Les billets ont déjà été payé en euros, au préalable. Un brin de causettes avec les clients de première classe sur des banquettes recouvertes de velours et celles de seconde, ouvertes à tous les vents, à l'arrière. De la pub aux fenêtres, oui, mais elle est presque confidentielle en comparaison avec celle des trams d'aujourd'hui.

C'est parti. Deux directions. Objectif: relier le Cinquantenaire ou Tervuren.

C'est aussi une première fois qu'on entendra la phrase célèbre, "Jef, de flech es af" quand la flèche est sortie, décrochée de sa prise de courant. Une nouvelle tâche pour le receveur de la remettre, sur sa ligne, à l'aide d'une corde.

Dans le musée, des omnibus à traction chevaline, des trams sur voies ferrées pour réduire l'effort des chevaux ne sortent plus. En 1894, apparition des premiers trams électriques. En 1950, les portes des trams se ferment. On se rappelle qu'il pleut à Bruxelles. Oui, pour la pluie, mais, il ne faut pas confondre avec les vraies raisons: éviter les resquilleurs et les accidents lors des entrées en route ou sorties prématurées des passagers. Plus tard encore, les bus vont chanter le chant du cygne de beaucoup de trams. Le métro sonne un autre arrêt de mort. Vu la latence existante pour s'arrêter, le tram garde la priorité sur les autres véhicules. Il garde de plus en plus ses propres voies réservées.

Les accidents ne sont pas encore évités pour autant. Les "rencontres", avec les piétons et les voitures, apportent un coût de plus en plus élevé pour les assurances autos des autres usagers de la route. Le risque existe que les trams ne seront plus que folkloriques, un jour. Mais, cela, c'est, déjà, une autre histoire. 

A droite, les étangs Mellaerts avec un ancien café campagnard de multiples fois transformé, devenu taverne-restaurant plutôt huppée. Face à lui, les étangs, le mini-golf, les barques pour partager l'eau avec les foulques macroules, les Cygnes blancs et noirs, les Grèbes huppées, les Ouettes d'Egypte... et des Sumos récents prêts à bondir, ceux-là, faut pas confondre, ne sont pas des "oiseaux sans tête". 

Le "Chant d'oiseaux" et le "Pont du Diable" s'insèrent dans le cadre...

A gauche, moins connu, le Parc Parmentier, du nom de l'entrepreneur de l'avenue, alors que Victor Besme en était le créateur. Sa "maisonnette", au vert, existe encore, mais elle n'est pas visible de là, cachée derrière les arbres.

Le Parc du Manoir d'Anjou, avec encore des arbres mais avec "pédigrée", ceux-là. Parc qui a appartenu au duc d'Orléan, prétendant au trône de France mais qui s'y exila en 1913. 0.jpg

Il n'y a pas que Victor Hugo qui a trouvé en la Belgique une terre d'acceuil.

Aujourd'hui, devenu une propriété des Bons-Pasteurs, mérite une promenade.

On redescend de la passerelle. On remonte sur le vélo pour se fortifier les mollets, car, après la descente, ça grimpe, fort, très fort. Qui ose dire que la ville de Bruxelles est plate?

Là, toutes les maisons valent leur pesant d'or. Dernièrement, je parlais de maisons qui sont des châteaux ou des châteaux qui sont des maisons, à Stresa sur le Lac Majeur. Parfois, cela peut y ressembler vu les quelques tourelles qui fleurent bon les chateaux d'antan.

Au sommet de la pente, le Rouge-Cloitre apparait, à droite. Si une nouvelle descente vous en dit? Comme nous y avons été, on continue en traversant la forêt de Soignes, toujours sur piste cyclable.  Au bout, c'est Tervuren, qui comme il est dit sur leur site, est la Perle du Brabant.

On y a trouvé une résidence pour des ducs et des rois. Ce n'est pas peu dire.

Dès 1200, Henri Ier faisait ériger un château. Dès lors, la forêt se transformait en parcs et jardins. Rasé, ensuite, par l'empereur Joseph II pour raison d'austérité budgétaire (non nous ne sommes pas au 21ème siècle...). Les ducs de Brabant et de Bourgogne, les archiducs Albert et Isabelle s'y installèrent.

Reconstruit par Guillaume Frédéric et détruit par un incendie en 1879. 

Bien plus tard, le roi Léopold II, lui, dans le prolongement de l'idée de l'avenue, faisait construire un édifice destiné à accueillir l'Exposition internationale de Bruxelles 1897 et surtout pour parler de "son" Congo, avec le Palais des Colonies (au pluriel, ce mot, peut-être en espérait-il bien d'autres) et des collections de Chine et du Japon.

L'avenue se termine enfin, sur devinez quoi?

Encore un rond point. Puis, à droite, le golf Ravenstein qui se cache derrière des barbelés. 0.jpg

Un autre rond-point avec une fontaine et des animaux exotiques, crocodiles, hypopotames et tortues, tous métalliques, qui s'amusent dans un orchestre à vous donner envie de danser.

Même Léopold II n'y aurait pas pensé.

Ne confondez surtout pas entre averse et drache nationale, dans cette avenue pas comme les autres... Ce serait mal vu.

Wiki dit de, Léopold II, deuxième roi des Belges "...très admiratif devant la beauté récente et la grandeur du Paris hausmannien, Léopold II est à l'origine de la transformation de Bruxelles qui devint une capitale internationale de renom. S'il lui arrive de participer au financement de ses projets, il incite aussi l’État et les communes à investir dans l'urbanisme. C'est sous son impulsion que l'on assiste à la construction du Musée de Tervueren, à la transformation du Palais Royal et du château de Laeken avec la création de ses serres exotiques, à la création du Parc du Cinquantenaire et de son Monument aux trois Arches. Il fait aussi donation à l'état de parcs et de propriétés boisées.

L'Arboretum, aussi, on oublie, mais on en a déjà parlé.

Mais au fait, d'où vient le mot "Tervuren" ou "Tervueren" dans sa version francophone?

J'ai cherché sans trouver. Il y a les chiens "Tervueren", avec "e" en plus comme l'ancien nom.

0.jpgUne ville qui aurait à l'origine des chiens ou "du chien"? Si vous avez la réponse, n'hésitez pas de me contacter.

Si les Belges sont connus pour avoir une brique dans le ventre, il a aussi un optimisme mesuré en fonction des voisins européens. Les habitants de cette avenue doivent, eux, avoir une terrible indigestion, tellement elles sont grosses ces briques.

Mais, on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu'on a appris que les marchés veulent nous prêter de l'argent à taux négatif. Vous vous rendez compte? Plus on en demande, plus on en reçoit en retour... Si c'est pas le "paradis", ça?

Confiance, confiance... Non peut-être... 

Visite terminée... Reprenez le tram chocolat pour retourner en ville. N'oubliez pas le pourboire du guide, évidemment...

Rien ne vaut les images qui vous attendent sous ce clic. 

L'année passée nous étions au pied du goufre. On n'a pas mis un pied en avant. La ville fêtera un autre cinquantenaire. Une histoire de scission aux lettres de feu "BHV", une véritable Bombe à Haut Voltage, dégoupillée est arrivée à son terminus pour entrer dans un autre musée, celui de l'histoire ou de l'imaginaire... 

Pas de trams dans ce musée-là, bien que les Bruxellois peuvent toujours en "rester chocolat"...

 

L'enfoiré,

Livre de Geneviève Lacroix Wolluwé Saint Pierre, Histoire et terroir préfacé par Willem Draps, bourgmestre de la commune.

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Citations:

 

  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « Les avenues de la rêverie sont la promenade préférée du diable. », Julien Green
  • « La vie est une avenue à deux voies. », Marc Gendron

12/07/2012

Le Laos est un pays communiste !

Aujourd'hui, nous partons loin. Je cède la place à un autre p'tit Belge comme moi. Un Zinneke qui a choisi d'aller déposer ses valises successivement en Équateur, à Cuba, à Molenbeek, en Thaïlande, au Laos, où il vit actuellement. Il va vous servir de guide dans ce dernier pays. Certains le connaissent et le reconnaîtront. Son pseudo, Sapanhine.  

0.jpgLe Laos est un pays communiste ! Oui, communiste mais cela ne se voit pas. Ni dans l’ordre social, ni dans la répression attenante à ce type de gouvernement plus autoritaire que ce que nous nommons, de manière pédante, une démocratie de type occidental. Il n’est ni la Chine conquérante, ni Cuba la répressive à tout va.

En quoi le Laos est-il communiste, alors ?

Certainement pas au niveau de l’initiative privée qui est omniprésente. Il n’y a quasi pas de réglementation de l’accès au travail, une forme de consensus social où tout le monde voudrait passionnément devenir riche et se sacrifie pour. Dans le respect des traditions bouddhistes, d’abord éradiquées par le nouveau régime qui l’avait interdit après la révolution mais redevenues, avec l’aval des autorités, omniprésentes dans la société. Ce Bouddha Dieu le Père qui veut que tout le monde ait à manger. Ce Moloch pacifique de l’anti-désir, de la solidarité des petits, de la superstition et des fantômes, du billet de loterie gagnant, de la vie qui renaît, paraît-il sept fois et toujours en mieux si l’on obéit à ses préceptes, ou si l’on donne sous forme d’indulgences assez d’argent à la construction de nouveaux temples pour se faire pardonner les excès commis durant la vie présente. L’espoir de renaître mieux que cette fois-ci, dans une famille plus opulente, épargnée par le malheur qui se doit donc d’être présentement accepté en tant que tel. 

Efficacité, efficacité : voilà qui évite de facto toute contestation, toute remise en cause de l’ordre, je ne vais pas dire public mais social.

Si Bouddha n’existait pas, on devrait l’inventer car, ne nous leurrons pas, d’ordre public, il n’y en a guère. De l’anarchie organisée pour tout modernisme, ça oui. Et plus qu’il n’en faut ! On ne change pas ce qui ne va pas, on s’adapte parce qu’on a toujours fait comme cela depuis des siècles. Ne rien remettre en question, pourquoi voudriez-vous que cela change ? Se dissocier du temps présent implique remise en cause. On ne remet rien en cause au nom de l’ordre immémorial.

Quel ordre ?

En quoi est-il immémorial ?

Parce que le puissant est resté puissant. Il a changé de camp en devenant la nouvelle aristocratie rouge que lui a imposé l’histoire mais est resté le puissant, celui qu’on respecte, qu’on adule et que l’on craint, celui dont il ne viendrait jamais à l’idée de contester le jugement, le pouvoir. Les familles nobles ont toutes immigré et nombre d’entre elles reviennent au pays, fortune faite ailleurs. Le puissant est celui dont le père, ou la génération précédente, a choisi le bon camp lors de la guerre du Vietnam. C’est lui le chef, le nouveau noble, le nouveau propriétaire. Celui qui s’en met plein les poches, car le décideur s’en met toujours plein les poches, c’est cela l’ordre immémorial. Au vu et au su de tous, sans révolte, juste avec une pointe d’envie de la part de ceux qui n’aspirent qu’à en être.

Le veau d’or, plus le mouton à 5 pattes et le Naja qui veille à la prospérité. 0.jpg

Un monde sans pitié, mais la compassion compense. Allez comprendre…

Sachez également que le Laos fut le pays le plus bombardé au monde. Une horreur dont le pays subit encore les stigmates aujourd’hui. Merci à ces satanés Américains !

Tout Laotien veut posséder une moto et un téléphone portable. Celui qu’on jalouse de tous ses pores dispose ou est propriétaire d’un pick-up dont il ne sait pas se servir, sauf pour aller droit devant lui avec le droit de tout écarter sur son passage, une performance sans trop de morts au passage vu le taux d’alcoolémie ambiant (1,7 pour mille, tel est le niveau d’infraction!) Heureusement qu’il y a des trous partout et que tout le monde roule à la tortillard au milieu des voies, sinon ce serait le massacre. Pensez : il y a onze fois plus de morts accidentelles qu’en Belgique pour une population qui en fait les deux tiers. Des trous, encore des petits trous, toujours de plus grands trous. Peu, très peu de routes et des pistes souvent à la limite du praticable. Jamais de casque à moto, c’est comme cela et cela le restera malgré le lourd tribut payé à l’inconscience. De la Lao beer, toujours plus de Lao beer depuis que l’opium est devenu interdit - une réussite ! Les jeunes générations n’ont même plus idée de cet enracinement culturel, cet esclavagisme qu’ont favorisé Français et puis Américains. Elles préfèrent le Yabba (textuellement, le médicament qui rend fou…), ces pilules de méthamphétamines réduites en poudre que l’on inhale à l’aide d’un billet roulé. L’effet est sensiblement égal à celui de la coke, addiction comprise. Trois jours de montée, d’excitation totale. Attention, la descente prendra au bas mot huit jours. Atroce cette descente. Impossible de dormir et hallucinations à tout va. Le seul remède, c’est d’en reprendre. Six mois d’usage vous rendent fou, cassé des neurones, débile, incontrôlé, vieilli de 20 ans. Cinglé, quoi !

0.jpgTout le monde sait qu’il ne faut pas y toucher, mais il n’y a aucune campagne gouvernementale qui le rappelle (un peu comme chez vous avec la coke…) et bien trop d’individus, ignorant pour la plupart, tombent dedans par manque d’information. Des jeunes et des moins jeunes. Seules dissuasion : les sanctions énormes en cas de trafic et l’obligation de cure pour les consommateurs qui en font la demande à condition d’avoir de quoi la payer ou pris dans l’engrenage des petits délits.

Une chance de s’amender, une seule. Elle consiste en une mise à l’écart à long terme dans des camps qui ne sont pas des hôpitaux ou des hôpitaux qui ne sont pas des camps. Une solution à méditer chez nous, chez vous…  Le meilleur des mondes a un prix et le prix de celui-ci est cher, très cher. Sans doute le Yabba est-il devenu impossible à éradiquer car personne n’en comprend les dangers à titre individuel. On en produit trop, très facilement et partout, que ce soit ici, en Chine, au Myamar ou au Cambodge, en Thaïlande aussi mais les Thaïs vous jurent que non. Ils sont si menteurs.

Une arme de guerre pointée sur le monde de demain qui rapporte gros à ceux qui ne se font jamais prendre parce qu’ils sont trop hauts dans la société, trop protégés. Et leurs petites mains éparpillées dans une jungle si impénétrable. 

Chez nous, le succédané s’appelle l’extasy, du pipi de chat à côté de l’original. Ce problème est en passe de devenir un danger majeur pour toute la jeunesse d’Asie et s’incruste lentement en Occident aussi.

Oh, ne croyez pas pour autant à l’effet colombien. Ici, tout est feutré, ne dépasse pas le cadre qui lui est indiqué. Aucune violence envers le citoyen lambda. Aucun camé ne vous tombera sur le râble, vous pouvez vous promener partout sans crainte. Bizarre alchimie ! Il doit être communément admis par la société qu’on ne peut faire de mal qu’à soi. Mais attention lorsqu’on a trahi les siens, auquel cas cela n’ira jamais devant les tribunaux.

A bon entendeur…

Mais, c’est un enfer chez vous ! Pas du tout, vraiment pas du tout. Étranger, ne te mêle de rien et rien ne t’arrivera, c’est tout simple. Contrairement à la Thaïlande où ils pullulent, les zonards n’ont rien à faire ici.0.jpg

Fondamentalement, le Laotien de base est un brave type. Un travailleur acharné mais uniquement quand cela lui botte. Un fêtard invétéré quand cela lui botte aussi. Il brûlera aussi sec tout l’argent qu’il a en poche, uniquement pour montrer aux autres qu’il en a. Aujourd’hui, pas demain qui est un autre jour, un autre défi à la subsistance. Qu’il ait 1, 10, 100 ou 1.000 euros en poche ne changera rien au problème, il va se précipiter pour acheter le futile, tout ce dont il rêve en pensant qu’il aura une vie meilleure, qu’il a le droit d’oublier provisoirement ses malheurs présents.

Et demain, il repartira à zéro. Comme si de rien n’était.

Seul le riche met son argent en banque. Des banques à peine surveillées par un ou deux flics, par la milice en civil qu’on ne voit pas mais qui est partout. Des liasses et des liasses. Des millions de dollars à vue – preuve que de l’argent, il y en a - sans que personne ne songe à se les accaparer. Qui tenterait le diable le sait : il va être tiré à vue comme un lapin sans aucune chance de s’en sortir vivant. L’économie d’un procès et personne ne s’en plaindra… L’inverse serait incongru. L’argent se respecte, comprenez-vous ?

C’est que la richesse permet tout et surtout d’écraser l’autre qui vous enviera d’être plein aux as. Mieux, il n’y a personne, vraiment personne pour remettre ce blanc-seing financier en cause. Ni cela, ni la corruption qui tourne autour. Le politicien en vit, le flic pourra racketter où il l’entend dans le territoire qui lui a été concédé, l’administratif vous exigera un dessous de table, cela fait partie intrinsèque de son salaire et vous évitera d’avoir à faire la file, de vous voir opposé un  "non !" forcément comminatoire. Plus le zig est haut dans la hiérarchie, plus il le fera. Tout service se paie, non ?

Un exemple : vous vous faites voler ? Soit le système récupérera à votre place, soit – c’est plus rare - il attendra sa légitime récompense et ne vous avisez pas de refuser de la lui donner, c’est presque un crime.

L’ordre règne. Est-ce un bien ou est-ce un mal ? Depuis que je suis ici, je n’ai plus de vraie réponse, d’autant que je n’ai jamais volé ni corrompu personne.

Le Laos connaît deux saisons : celle de la poussière et celle de la boue. L’eau qui tombe du ciel, drue, drue ! C’est le moment de piquer le riz (manger se traduit littéralement par "manger du riz", car sans riz, il n’y a pas de subsistance) Tous les paysans, hommes et femmes réunis, vont travailler aux champs des jours durant, courbés pieds nus dans la fange sous une chaleur étouffante. La récompense viendra trois mois plus tard sous forme de sacs de nourriture céleste qui, une fois délestés de vingt pour cent par le propriétaire de la machine à écosser, permettront aux familles de passer la saison sèche le ventre plein. Avec en supplément le cochon, les poules, les oies, quelques canards, des bœufs quand on en a. On baffrera les jours de fête sous une musique tonitruante crachée par les immenses baffles d’un DJ amateur (vraiment amateur !) ou les amplis crachotants d’un orchestre lorsqu’on a les moyens ou l’envie de s’en payer un. En attendant la prochaine fête, les prochaines fiançailles, un autre mariage, une autre grande bouffe collective sur le dos de l’invitant qui donnera l’occasion  de s’envoyer encore et toujours des litres et des litres de Lao beer ou de Lao-kao, cet alcool de riz distillé on ne sait trop où ni comment, mais toujours avec des racines censées vous donner … la gaule, comprenez-vous ?

Et tout le petit peuple dansera la gigue jusqu’à plus soif devant les autorités forcément logées à la plus belle table sous le parasol. Chokdee, chokdee (à ta santé !) Et chacun beuglera tour à tour sa petite chansonnette dans le micro de 8 heures du matin jusque passé minuit, sans respect pour les vieux du hameau qui s’endorment avec les poules. Et les basses boum-boum badaboum s’envoleront jusqu’au village d’à côté lorsque les jeunes vont à leur tour s’y mettre avec leur satanée techno chinoise qui s’entend sur des kms, c’est une question de standing.

Non, je n’ai pas à juger. De là à comprendre…

Et personne ne se plaint. Non pas que cela dérange, là c’est évident. Mais un tien vaut deux tu l’auras. Le village d’à côté fera de même un de ces jours prochains pour une autre promesse de mariage, une autre fête de divinité. Et il n’est jamais de bon ton de rouspéter, tout le monde sait cela. Alors, on s’exaspère de l’intérieur en attendant la légitime revanche, le droit d’agir de même lorsque son tour viendra.

Simple, non ? Et puis, c’est si "sanouk"  de s’amuser sans tenir compte de rien…

Le Laos régi par un parti unique, mais qui présente des candidats qui ne sont pas du Parti sur ses listes, est un pays à la fois hyper-centralisé et hyper-décentralisé. Comme cela, pas de jaloux. Chacun aura sa part, s’il dispose d’une parcelle de pouvoir bien entendu. Car sinon…

Le Gouvernement reçoit ses invités de marque en grandes pompes, encaisse ses commissions sur tous les travaux d’infrastructure, l’aide internationale et autres concessions de terrains agricoles ou miniers sans propriétaire légal. Gens de la haute, ministres et députés roulent tous en Toyota Fortuner, en Mercédes grand sport ou en Hummer (des monstres américains sur roues qui ressemblent à des tanks à tourelles, consomment au moins 25 litres au 100 et coûtent presque 200.000 euros l’unité). Les gouverneurs de province font la loi chez eux. Les chefs de district et les maires - appellés Maey baan - aussi. Les flics locaux font leur loi et l’appliquent à qui ils veulent. Tout se passe bien, personne n’empiète sur le pouvoir d’autrui, d’ailleurs est-il seulement au courant de ce qui se trame ailleurs que dans sa sphère propre ? Quel serait son intérêt de le savoir ?

Le plouc besogneux et sans qualifications (un mot qui ne veut rien dire ici car ils sont tous à la fois maçons, charpentiers, paysans, réparateurs de tout et n’importe quoi, de vrais multi-spécialistes pour tout dire) gagnera un peu moins de 100 euros par mois, travaillera six jours par semaine à raison de dix heures passées à crever dans les champs ou au volant, à moins que ce soit au meilleur des cas sur une chaise en attendant que le client les interpelle ou que le chef - qui ne foutra jamais rien, lui - leur en donne l’ordre. Dans ce genre d’emploi, la productivité n’est pas vraiment un élément qui rentre en ligne de compte.

Tenez, il y a huit jours, je suis allé acheter du carrelage. J’étais seul dans le magasin plus grand qu’un terrain de foot. Six comptables toutes habillées de seyants tailleurs roses, trois hôtesses tout sourire dont une avec ses deux enfants, quelques hommes à tout faire qu’il ne fallait manifestement surtout pas déranger, un gardien de parking et deux femmes de ménage sempiternellement occupées elles à briquer le sol. Le plein emploi, quoi ! Aucun membre de ce staff d’entreprise n’a su me renseigner sur le prix d’un litre de peinture, sauf la seule capable de manipuler un ordinateur. Tenez, je suis même persuadé qu’ils ont dans un parfait ensemble trouvé ma question bizarre, moi qui m’enquérais de savoir combien de mètres-carrés on couvrait avec un litre de peinture blanche.0.jpg

Ces Occidentaux ont de ces questions… Pourquoi veulent-ils tout savoir alors que cela n’a manifestement aucune importance ?

Bo pe gnaan. Relativisez, relativisez, vous ne vous en porterez que mieux, amigos !

Ceci dit, si le boss, souvent un Chinois, en fout un dehors ou se met à pousser une gueulante, il risque bien de se retrouver sans personne à son service demain. Le bloc au boulot, c’est la version locale du syndicat. Et du travail – sous-payé, il est vrai - il y en a partout. Donc, pourquoi se casser la tête ? Si le patron est méchant, on se barre, point ! Pourquoi faire grève lorsqu’on dispose de l’arme absolue ?

Vu comme cela, à se demander qui est au pouvoir.

Chacun pour soi et Bouddha pour tous. C’est très efficace. Moral même !

0.jpgEt si tu ne travailles pas, ce qui est ton droit le plus strict, il y aura toujours bien quelqu’un pour te donner une assiette de riz aux légumes et une natte pour aller passer la nuit au temple en attendant des jours meilleurs ou de refaire fortune. Au moins 50 euros, la fortune ! Les pauvres les plus riches n’ont qu’à les demander à leur famille, ils auront largement de quoi ne jamais rien faire, sinon s’amuser durant les sept jours que comporte la semaine. Pourquoi travailler dans ces conditions si dantesques puisqu’un prestigieux tonton, l’amant de votre grande soeur ou papa satisfera à tous vos besoins, mmh ?

Ne croyez pas que je suis pour. Ni que je suis contre. Je constate seulement et là, j’en arrive bêtement à ne plus être aussi sûr des valeurs qu’on m’a enseignées. En quoi seraient-elles effectivement les bonnes? Avons-nous, nous les héritiers d’une culture doublement millénaire qui a réussi à garder une partie des traces et des leçons de son passé, vocation à nous considérer comme l’exemple à suivre, les meilleurs ? De vrais démocrates, ceux qui savent, ceux qu’il faut imiter dans leurs délires, singer et copier au nom du progrès économique censé tout guérir.

Ouais, je crois qu’on doit s’être gouré quelque part. Dubito ergo sum…

Cette terre laotienne qui mérite mille fois d’être vue par tout touriste féru de nature, de culture et de sociologie , je l’ai fait mienne après de nombreuses pérégrinations qui m’ont mené d’abord chez les Incas d’Equateur, puis dans l’enfer cubain, à Molenbeek commune la plus kasbhatique de Belgique et dans le Nord de la Thaïlande que j’ai parcouru durant 4 ans en vélo. Fait curieux, jamais durant ces quatre années, je n’ai envisagé mettre ne fut-ce qu’un pied au pays des mille éléphants par peur, par révulsion du drapeau rouge (l’effet Cuba, me direz-vous…). Un quart d’heure après avoir passé, toujours en vélo, la frontière terrestre qu’est le pont sur le Mékong pour y faire renouveler mon visa à l’ambassade thaïe, je m’y suis immédiatement senti chez moi. Pourquoi? Je n’ai pas de réponse, si ce n’est a contrario : le dégoût du matérialisme sans foi ni loi, de la putasserie immonde et du racisme profondément culturel des Thaïs.

Un jugement que j’ai affiné depuis. Sauf sur les Thaïs, cela va sans dire.0.jpg

Je ne tiens pas à jouer au guide touristique de type initiatique, mais Luang Prabang est magnifique sur deux kilomètres-carrés, la rivière Nam. Ou à remonter en pirogue, Phongsaly tout en haut à la frontière vietnamo-chinoise hors du temps, les pistes ne menant qu’à des villages perdus extraordinaires, le plateau des Boloven et les 4.000 îles dans le sud à voir au moins une fois dans sa vie, par exemple avant d’aller à Anghor au Cambodge qui n’est plus qu’à 300 km. Où que vous soyez et quel que soit votre moyen de transport (vélo – jeep – moto) vous trouverez un logement pour deux muni de toutes les commodités au prix de 10 euros par jour (sauf à Vientiane et à Luang Prabang où il vaut mieux compter le double) Bannissez la plaine des Jarres où il n’y a rien à voir, sauf le souvenir des cratères creusés par les bombes américaines. Un conseil, il vaut ce qu’il vaut : SURTOUT n’entreprenez pas un périple en voyage organisé où vous serez plumés, non par les locaux, mais par les agences vide-goussets qui vous proposent à trois fois le prix le nec plus ultra du tourisme toc. Ici, l’aventure a encore un sens mais encore faut-il avoir la volonté d’aller à elle.

0.jpgDans mes rêves d’enfant, il y avait encore la Nouvelle-Zélande et le YuCON pour que je finisse mon tour de ce que je voulais voir du monde, mais je commence à me faire vieux. Ayant atteint l’âge fatidique de 65 ans aujourd’hui même, je sais juste que le paradis terrestre n’existe pas. Mais aussi que s’il existait, il devrait probablement se trouver ici. Les paysages sont somptueux, les gens fondamentalement gentils même s’ils sont rivés sur vos dollars (trois jours, pas plus car la nécessité refera immanquablement surface), la nature vierge, la vie douce et pas chère, aucune agressivité, les demoiselles gentilles et diablesses à la fois mais pas farouches pour un sou ( cfr Malraux ).

Dans le fond, le Laos ne m’a appris qu’une chose : ne pas juger.

Et une autre : avec le sourire, on ouvre toutes, vraiment toutes les portes.

Une troisième et ce sera la dernière : le respect de l’autre tel qu’il est, sans préjugé aucun.

Le Laos, c’est le port d’attache de ceux qui n’en ont plus. 0.jpg

S’il n’existait pas, il faudrait absolument l’inventer.

Bien à vous tous,

 

Alain alias Sapanhine (le 28.06.12)

 

Proverbes laotiens:

 

  • "Il ne faut croire que d’une oreille et réserver l’autre."
  • "Pour juger d’un éléphant il faut regarder sa queue ; pour une jeune fille il faut voir sa mère."
  • "Les animaux peuvent glisser ; les savants peuvent se tromper."
  • "Quand on a entendu, il faut voir; et quand on a vu, il faut juger avec son cœur."
  • "Tel est courageux au village, qui est peureux en forêt. "
  • "Supportons la boue pour (en) manger les anguilles. "
  • "La voix du pauvre ne résonne pas."
  • "Quand les buffles se battent, c’est l’herbe qui en pâtit"

 

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Puis il y a eu cette annonce touristique du Touring-Explorer (ci contre) à laquelle Alain avait répondu de manière impromptue, d'un seul jet, sans même réfléchir:

La belle saison, c'est de novembre à mars. La croisière sur le Mékong, c'est un peu toc. Mieux vaut remonter la Nam ou de Luang Prabang vers Phongsaly. Les Akha, venus de là-bas, issus du Yunnan, sont aussi immigrés dans le nord de la Thaïlande où ils sont considérés comme des sous-hommes, comme d'anciens spécialistes de la culture de l'opium puisqu'ils sont les avant-derniers arrivants. Ils ont occupé les terres entre 500 et 1.000 mètres de haut, là où le pavot pousse tout seul. On y construit des pièges à serpents qui viennent manger les oeufs des pigeons. Un militaire, qui royalement y est payé 60 euros par mois, a un boulot qui consiste à capturer les clandestins Chinois qui viennent empoisonner les rivières du nord en se livrant à l'orpaillage illégal ... et bien sûr rejettent sans le moindre état d'âme le mercure dans les rivières. Cela ce militaire ne savait pas et a même été surpris d'apprendre que cela tuait toutes vies animales en aval et, pire encore, que ce poison se concentrait dans le foie de tous ceux qui ingèrent du poisson ! Il venait enfin de comprendre le sens de son travail... Un militaire est là pour obéir, pas pour comprendre le sens de ce qu'on lui demande de faire. Tout un symbole...
Vulnérable le Laos ? Oui et non, sa position centrale fait que Vientiane deviendra un jour la capitale de l'ASEAN parce qu'elle sera le second choix de toutes les autres capitales après elles-mêmes évidemment.
Les Vietnamiens colonisent l'armée et l'administration.
Les Chinois achètent toutes les terres cultivables. Les Japonais, payent pour des épouses car la Laotienne est réputée être restée fertile.
Les Thaïs sont détestés pour des raisons historiques et de comportement. Mais ce sont eux qui importent tout ce qui est l'alimentaire dit de luxe. Le Laos n'a aucun grand magasin de style "grande surface". Les Laotiens se précipitent, dès lors, tous de l'autre côté du Mékong, là où il y a un pont - donc un poste frontière - et en reviennent émerveillés par l'abondance. S'ils savaient...
Le gouvernement s'en met plein les poches. Les Laotiens ne sont pas scandalisés, tout au plus jaloux de ne pas pouvoir en faire autant. Pire, il ne s'intéresse aucunement au problème, tant il s'enfonce dans la spirale de la consommation. Là où je vis à la campagne, toutes les terres agricoles sont à vendre. Dès que la vente est devenue effective, ils s'achètent tous des Toyota Fortuner et, six mois plus tard, ils n'ont même plus de quoi mettre de l'essence dedans. Alors, ils redeviennent ouvriers agricoles pour les autres...
L'artisanat reste confiné. Chaque village ayant sa spécificité et tous les locaux vont alors faire la même chose, ce qui permet aux acheteurs de fixer eux-mêmes le prix minimum.
Luang Prabang est magnifique sur 2 km carrés, bordélique partout ailleurs. L'UNESCO et les autorités locales sont en perpétuelle bagarre. On trouve un nombre d'experts internationaux largement payés à ne rien faire et plus de touristes que d'indigènes dans les rues...
A Vientiane, il n'y a pas grand'chose à faire. La ville ressemble à une sous-préfecture française. 
Le beau Laos, c'est celui de la campagne, des sentiers non-battus. Celui où les touristes ne vont jamais par manque de temps. Bokéo dans le Nord, le plateau des Bolovens dans le Sud.
La religion a été interdite après la guerre mais les autorités lui ont redonné force parce qu'il sert de CPAS et entraîne les gens à obéir à certaines valeurs sans se poser de questions.
Ponsavan et la plaine des Jarres, il n'y a vraiment RIEN à voir.
Ce que j'aime vraiment, la tranquillité et partir à l'inconnu le long des pistes en jeep (hélas plus à vélo). L'aventura, quoi....
Il faut être conscient qu'il y a 25 ans, le Laos était plus pauvre que n'importe quel pays africain sauf peut-être le Soudan. Aujourd'hui, il est plus riche et le standing de vie augmente tous les jours. Grenier à riz et électricité via les barrages qu'on construit partout où c'est possible. Regrettable peut-être mais les lacs de retenue sont empoissonnés. 60 pour cent des protéines consommées sont à base de poisson.
Pas beaucoup d'imagination, aucun respect de l'environnement, le déboisement sauvage puisqu'on ne leur apprend pas ce que cela veut dire. 

Un article d'Agoravox parlant du Laos, avait généré une longue réaction

Mais il y a aussi les images et un clic pour y partir en voyage

10/07/2012

Intermède historique bruxellois: l'Ommegang

Je vous avais déjà parlé de l'Ommegang. Je l'avais ajouté en photos en vous disant "Pourquoi Bruxelles?" ou alors, "Tout touristiquement vôtre". Cette année, cette histoire de Charles Quint qui vient présenté son fils à la ville de Bruxelles a eu lieu et Stephane Bern, le chroniqueur des grands noms de hier et d'aujourd'hui, était là pour commenter. Je rencontre des amis au Théâtre des Galeries, tous les ans, depuis quelques années et voilà qu'ils m'envoient leurs photos et leur présence à cette occasion. Je ne pouvais pas la rater...

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"J'apprécie de participer à un spectacle qui, par sa symbolique, défend l'idée d'une Belgique unie, royale et forte", a dit Stéphane Bern.

L'histoire de l'Ommegang Le terme Ommegang, en latin "circumambulatio" ou amburbium, signifie « marcher autour » en vieux flamand.0.jpg

La procession de l'Ommegang a été fondée en 1348, pour célébrer l'arrivée surnaturelle sur une barque, d'une vierge miraculeuse taillée dans le bois, Notre Dame à la Branche. Celle-ci d'abord protectrice de la ville d'Anvers et déposée dans la cathédrale, y avait été déposé par l'anversoise Béatrice Soetkens. La Vierge, apparue par deux fois dans un songe, lui ordonnait de transporter cette statue sur un bateau qui devait la mener merveilleusement jusqu'à Bruxelles, où elle fut accueillie sur le quai par le duc de Brabant en personne et les arbalétriers, prévenus de ce prodige.

Devenue tour à tour, Notre Dame des Victoires, puis Notre Dame du Sablon, plus proche et plus familière que le terrible Archange demeurant dans les hauteurs célestes.

Depuis 1930, c'est devenu un spectacle reproduisant et répétant le somptueux Ommegang offert par la ville de Bruxelles à Charles Quint en 1549 et à son fils Philippe II.

 

03/07/2012

Cap en Cappadoce

Destination très prisée des Belges d'aujourd'hui, la Turquie. A l'ouest avec Kusadasi (l'île aux oiseaux), au sud avec Sidé (antique Kymé) et Antalia.  Des souvenirs d'aventures qui remontent pour moi de 1989 à 2001 et qui conduisent dans le centre en Cappadoce.

0.jpgSoleil, mer, histoire, hôtels étoilés comme le cognac avec cinq étoiles, à des prix all-inclusive défiants toutes concurrences pour accompagner des annonces du type "Go with the rythm" ou "I dream of" ou s'y retrouver même Welcome Home.

Alors, essayons de mettre de l'ordre dans ces publicités peut-être légitimées et souvent justifiées.

Des guides multilingues vous emportent en excursions au travers de ce pays immense entrecoupé par des haltes dans les fabriques de tapis ou de bijoux.

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Une superficie totale de 783.562 km2 pour 75 millions d'habitants, c'est à dire moins de 100 habitants au km2.

C'est tout cela, la Turquie et plus encore et elle a raison d'en être fière.

Et oui, il y a de quoi passer de bonnes vacances pour pas cher, enfin tout dépend de l'endroit et de ce qu'on entend par "pas cher".

Bodrum, la mythique Halicarnasse, est devenue le Saint-Trop de la Turquie avec le luxe de ses hôtels, de ses yachts. Je n'y ai pas été, je n'en parlerai pas. L'Ouest et le Sud, je connais un peu mieux.

L'histoire, voilà un aspect de la Turquie qui l'a marqué par plusieurs points de références.

Viens à l'esprit, Troie à l'entrée de Hellespont, mieux connu comme détroit des Dardanelles (Çanakkale boğazı en turc, de Çanakkale, le « castel (Kale) aux poteries (Çanak) ») que Homère avait décrit dans l'Iliade et l'Odyssée. Grec et Romains, empire ottoman de 1299 à 1922, ont laissé leurs empruntes jusqu'à la naissance de la République turque, édifiée par Atatürk.0.jpg

A l'Ouest, Ephèse monopolise tous les questionnements avec Artémis de type turc (et non pas grecque). Une des sept merveilles du monde antique. C'est aussi, ici, selon la tradition chrétienne,  que Jean aurait rédigé son évangile, rappelé par la basilique et son tombeau. Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, aurait résidé la Vierge Marie, à qui le Christ sur la croix avait confiée à la garde du «disciple que Jésus aimait». Une petite église byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de «Maison de la Vierge Marie» (Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour marial.

Izmir, l'ancienne Smyrne et Kuşadası, "l'île aux oiseaux", deux destinations de départ à l'ouest comme départ.

Sur les sites historiques, ce sont les temples, les agoras, les théâtres qui se succèdent avec chacun leurs particularités.

0.jpgAphrodisias avec sa nécropole, Priène avec son Bouleuterion, la Méduse de Didymes comme refuge à la Pythie (plus habituellement représentée à Delphes), Milet avec son fleuve Méandre qui a donné son nom au nom commun et j'en passe sur un véritable chapelet de vestiges antiques qui n'a rien à envier à ceux de la Grèce.

Pour la nature et la vue extraordinaire, il y a Pamukkale (le "château de coton") avec ses bassins d'eaux salées qui forment une tache blanche et qui se voit de très loin, sur un fond de montagnes grises.

Au Sud, à la Côte turquoise, Sidé et Antalia. Ils seront le départ de notre escapade vers la Cappadoce, mais avant cela, de petits sauts pour connaître le littoral sud.

Sidé, déjà, c'est se retrouver à l'époque d'avant Jésus Christ. Une agora, un théâtre, deux temples et non des moindres.

Nous qui fêtons, Belges, Saint Nicolas le 6 décembre, il serait temps de savoir qu'il vivait à Myra, une ville de la côte au sud. Protecteur des enfants, Saint Nicolas ou légende? Fils de négociant, devenu prêtre, c'est à peu prêt tout ce dont on est sûr. Quant au Père Fouetard, si vous avez une version turque, cela m'amuserait. Tout prêt, des maisons funéraires greffées dans la montagne font penser aux troglodytes.

Des fresques murales à Demre pour illustrer la vie du saint témoigneraient si ce n'était le comble de la non-reconnaissance, car ses reliques se trouvent dans la crypte de la "Basilica di Sa Nicolas" à Bari.

Entre Myra et Antalya que de panoramas, sur les baies, les orangeraies qui apportent les couleurs du contraste sur le bleu de la mer et du ciel.

Perge et surtout le théâtre, le mieux conservé d'Aspendos sont à mettre à l'agenda s'une visite. Déjà, une remarque, Aspendos (en grec ancien Ἄσπενδος) est une ancienne cité gréco-romaine. Ce qui montre les connexions avec les voisins et souvent ennemis.

La baie de Kekova montre une ville engloutie de la côte lycéenne avec un sarcophage à demi-immergé et des marches qui sortent de la mer, à l'abordage de l'île. Recouverte de maquis et d'oliviers, l'île était jadis habitée avant un séisme qui l'a enfoncée de quelques mètres sous le niveau de la mer.

Sous l'eau, là, il y a encore beaucoup travail de prospection et des découvertes historiques surprenantes à réaliser. Le navire Titanic était plus gros, perdu au fond de l'eau mais il attirait les convoitises et il y avait des investisseurs. Ici, l'histoire remonte bien plus haut, bien plus loin. On a le temps, pour en faire l'exploration mais il faut manifestement beaucoup des fonds financiers pour organiser les fouilles. Dès lors, on postpose. L'exploration sous-marine était interdite autour du site et les moyens pour sonder les ruines de manière officielle manquaient à l'époque. 

Mais, cap sur le centre du pays et la Cappadoce.

Certains le font à partir du Nord, d'Istanbul vers le Sud. Cette ville, à cheval sur deux continents, compte près de 20 millions d'habitants alors que la capitale, elle, n'en compte que 4 millions.

Pour moi, ce fut l'inverse en direction de la capitale Ankara. Une route qui monte sur le plateau turque et qui une fois arrivé, se parcoure avec une certaine lassitude. Aspect désolé, morne, sans arbres, peu de villages. Plateau avec une vision sur un horizon plat de chaque côté. Un autocar, limité à 90 kms/h, avec rappel du dépassement par un méchant klaxon, cela pesait encore plus. Heureusement, quelques arrêt au passage des caravanserails. Sulthanhani arbore une architecture seldjoukide. Les caravanes passaient par ici pour aller en Extrême-Orient et s'arrêtaient dans ces caravansérails constitués par un chapelet de gîtes tous les 30 kilomètres, représentant la distance correpondant à une journée de marche à dos de chameau.

Konia est sur la route. Tout y change. Véritable oasis dans un désert, il est le grenier à blé de la Turquie. Il y a 18.000 ans une mer intérieur alimentait la région. Ville religieuse et cloître des derviches tourneurs du 13ème siècle. Lors de ma visite, ce furent des mannequins qui rendaient la scène plus ou moins vraie. Mevlana, fondateur de la confrérie soufie mystique, y est enterré avec d'autres sarcophages. Et l'endroit est ainsi devenu un haut lieu de pèlerinage.

Cappadoce, un cap mais loin d'une péninsule dirait Cyrano

0.jpgEnfin, la région de la Cappadoce qui approche avec son sol devenu crayeux. La Cappadoce, la région la plus visitée de Turquie comprend 15.000 km2 (la moitié de la Belghque) que l'on peut survoler en ballons. Miracle de géologie, constitué, il y a 20 millions d'années, par les volcans Erciyes ("Argée", altitude 3916 m) et Hasan Dag, qui ont comblé quelques milliers de kilomètres de lave, de cendres et de basaltes. Les roches tendres de tuf ont été érodées, sculptées par le vent et les ruissellement d'eau en des cônes rocheux, appelés "cheminées de fée", haute de 40 mètres et qui parfois prennent des allures de gigantesques champignons si pas coïtales. Paysages lunaires et féeriques en surface. Galeries souterraines en dessous. Des habitations troglodytes, creusées par les hommes depuis la préhistoire qui constituaient des abris pour s'y cacher pour se préserver des attaques et les invasions. Les premiers chrétiens s'y sont cachés. Terre chrétienne, byzantine pendant seize siècles jusqu'en 1923, année pendant laquelle la population grecque fut échangée contre les Turcs du Bosphore. Elle devint ainsi musulmanes à tendance chiite. Dans les maisons, électricité mais pas d'eau courante si ce n'est via les ruisseaux. Surnatalité, chômage et émigration que le tourisme va progressivement espacer avec la vente de poteries et le résultat du travail du coton et des tapis (le kilim).

Granges, étables, chambres, reliées par des couloirs formant des villes souterraines, avec jusqu'à 7 niveaux se superposent. Refuges, dans une température constante, pour 60.000 personnes jusqu'à 75 mètres en sous-sol avec entre les étages un énorme pierre pour sécuriser. 0.jpg

La visite sous-terraine de Kaymakli peut d'ailleurs provoquer un sentiment de claustrophobie. S'habituer à la lumière du soleil en sortant pour ne pas en devenir aveugle pendant quelques instants.  Des chapelles, des couvents et des églises dans les parois rocheuses. Des graffitis qui se mélangent au fresques dans des églises rupestres. Construites au Xe siècle par des chrétiens et décorées de fresques colorées. Superbes témoignages de l'art byzantin. Pour les découvrir, le meilleur moyen est une balade dans les riches vallées de Cappadoce, dont la plus connue est la vallée de Gorëmme que l'on peut survoler en nacelles de ballons. Vallées de la Rose, du Rouge, du Soleil, des Pigeons, les noms ne manquent pas aux promeneurs ou aux avionneurs d'un jour.

La région d'Ürgup fait poussé la vigne, fait sécher le raisin sur les toits avant d'être envoyé vers Ankara et Istanbul avec les tomates, les figues et les pistaches. Sur le site de Zelve, inhabité, abandonné à la suite d'un glissement d’airain en 1952, on s'y attend encore à rencontrer les anciens habitants, tout est resté tel quel.   

Sur un mur, un "carré magique" de mots écrit l'un sous l'autre ( SATOR, AREPO, TENET, OPERA, ROTAS) que l'on peut lire dans tous les sens, dans la basilique pythagoricienne, reste une surprise.    

Uçhisar, un village qui combine les maisons troglodytiques, des pigeonniers, aussi, posées sur une colline, le Kale (="château") et qui devient, ainsi, le point culminant de la Cappadoce avec ses 1.300 mètres d'altitude. Vingt étages de galeries se superposent comme un véritable labyrinthe. L'élevage des pigeons remonte à l'antiquité. Leur fiente apporte l'engrais agricole.

Il fut le décor choisi par Paolo Pasolini pour son film "Médée" avec Maria Callas.

Endroit mystique, réservé à la méditation et à la retraite, sous le soleil couchant.   

 

Histoire de la Cappadoce(source)

0.jpgMalgré son relief peu avenant, la Cappadoce abrite des civilisations depuis plus de 3 000 ans. Elle fut habitée dès la Préhistoire. Les Hattis, qui peuplaient la région au IVe millénaire avant notre ère, se soumirent à l'invasion des Hittites vers 1800 avant J.C. Les Hittites assimilèrent leurs dieux et leurs traditions. A la chute de l'Empire Hittite vers 1200 avant J.C., la Cappadoce entra dans une période d'instabilité. Les Phrygiens régnèrent un temps sur la région.

Au VIe siècle avant J.C., la Cappadoce fut conquise par les Perses. On la nomma Katpatuka, le « pays des chevaux de race ». A partir du Ier siècle, elle devint une province romaine avec Césarée (l'actuelle Kayseri) comme capitale. C'est à ce moment-là qu'elle accueillit les chrétiens qui fuyaient les persécutions des Romains. La Cappadoce devint un important foyer du christianisme. A partir du IXe siècle, les moines et les ermites creusèrent des monastères et des églises dans les roches et les falaises. Ils reproduisirent la construction classique des églises (nef, narthex, transept, coupoles..). Sur les murs ont été peints des scènes bibliques en fresques. A l'abri dans les rochers, certaines échappèrent à la "guerre des images" (iconoclasme) et nous sont parvenues dans un assez bon état de conservation.

Au VIIIe siècle, les habitants imitèrent les moines. Pour échapper aux troubles qui agitaient la Cappadoce, ils creusèrent à l'intérieur des rochers des cachettes qui devinrent ensuite de véritables villes souterraines sur plusieurs niveaux. Ils pouvaient vivre ainsi plusieurs mois, en totale autarcie. Une manière de confirmer l'adage "Pour vivre heureux vivons caché".

A partir du Xe siècle, la Cappadoce connaît une période de paix et d'oubli durant laquelle les monastères fleurissent. Le XIe siècle voit l'arrivée des Seldjoukides dans la région. Sous leur règne, la Cappadoce renoue avec la prospérité commerciale. Mosquées et caravansérails (sortes d'auberges-entrepôts) sont construits dans les villes d'Aksaray, Nidge et Kayseri.

La Cappadoce demeura une zone d'échanges pendant cinq siècles jusqu'à la découverte d'une nouvelle route maritime au XVIe siècle qui récupéra tous les flux de marchandises. La découverte de ses églises rupestres en 1907 par un prêtre français l'a remise au goût du jour. Le tourisme date de 1980. Le Club Med qui s'y installé, a fait explosé le tourisme.

Turquie et politique d'aujourd'hui.

Parler d'histoire, c'est aussi finir par parler politique à la turque.0.jpg

Suite à un voyage de 1987, à Chypre, ce fut "Le chic, le chèque et le choc" sous l'administration grecque. Le chic et le choc, y sont toujours. Le chèque n'est plus de rigueur. De la Chypre du Nord, on pourrait plutôt l'appeler "Le pays qui n'existe pas" parce qu'il y a eu une sorte de boycott international. Représailles à l'invasion de l'île en 1974. Le mur de Berlin a sauté depuis longtemps, mais pas à Nicosie malgré quelques tentatives avortées. Chypre grecque, trop liée à la Grèce du continent, a appelé officiellement à l'aide financière de ses partenaires. Le pourcentage pourrait s'élever à la moitié du PIB pour redresser les banques et l'État chypriote.

En 2004, le PIB par habitant dans la partie sud grecque était de 18.000 euros et de 8.000 euros dans le nord turc. Un référendum s'est soldé par un échec. Les sudistes grecques refusaient de financer les nordistes turques moins riches économiquement.

En mai 2010, le fait que neuf activistes turcs tués lors de la tentative de secourir Gaza, alors que la partie grecque a des accords avec Israël, a augmenté le contentieux entre les deux parties. Depuis, en Méditerranée, 280 milliards de mètres cubes de gaz, récemment découverts au large sud de Chypre, génère le mécontentement des Turcs et est lorgné par la Chine et la Russie.

0.jpgAnkara avait menacé l'UE de geler toutes les relations avec elle si Chypre, non réunifiée, exerçait la présidence comme prévu. Échanges donnant-donnant, mais statu quo, pas de Turquie, même si elle le voulait encore, dans l'UE.
En 2007, une crise a révélé la division de la Turquie, entre une opposition kémaliste pro-laïque et les partisans de l'
AKP.

Depuis ce 1er juillet, Chypre assure la présidence tournante de la Communauté européenne pour 6 mois sous la présidence de Christofias. Cela peut donc faire désordre.

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Retour de manivelle, Chypre devient ainsi le cinquième pays de l'Union monétaire à faire appel à l'aide financière de ses partenaires. Le gouvernement chypriote pourrait demander 1,8 milliard à la zone euro pour recapitaliser sa deuxième banque, "Popular Marfin Bank".

En 2006, de la Turquie, j'en avais parlé dans des "Trucs pour les Turcs". A cette époque, la Turquie était bien candidate pour entrer dans la C.E.

Depuis, il est fort probable que le désir soit beaucoup moins fort.

Désormais, la Turquie est le pays le plus fort économiquement de toute la région et il entend avoir une place prépondérante qui compte sur l'échelle des nations. Sa position stratégique, à cheval entre l'Europe et l'Asie, fait qu'il est l'allié rêvé des États-Unis, en même temps que celui d'Israël. L'Europe, trop idéaliste, si parfois son union fait rêver, ne fait plus le poids avec les cauchemars.

La Turquie doit faire envie à l'Europe avec ses 8,5 % de croissance du PIB en 2011, alors que son voisin, la Grèce connaît les problèmes majeurs de l'Europe. Une inflation qui plane aux environs de 10,4%.

0.jpgAtatürk est toujours considéré comme le fondateur de la Turquie moderne. C'est lui qui avait déplacé la capitale à Ankara, lui qui, sous son commandement des forces turques avait vaincu les armées arméniennes, françaises et italiennes... Nous n'en sommes plus là, même si le spectre de sa dépouille repose encore dans un mausolée sous bonne garde. L'esprit démocratique, plus affirmé, des pays de l'ensemble des nations ne le permettraient plus.

A l'ère d'Erdogan, la Turquie n'est plus ni européenne, ni asiatique.

Erdogan, bien que très populaire, doit garder cette popularité et composer avec des adversaires plus proches, avec une population tournée vers l'Islam à 80% et une armée laïque, et, sans doute essayer de les ressembler. Il voudrait bien laisser une trace de lui comme un digne successeur d'Atatürk. La démocratie a parfois des surprises sur prises. Et comme le rappelait un journaliste chinois au sujet du "Piège des élections" d'un politologue: la majorité n'a pas toujours raison et qu'arriver au pouvoir c'est une chose et comment le quitter en est une autre (cf le 1er commentaire). Ce qui se passe en surface n'est parfois qu'une pale figure de ce qui se passe sous elle.

Alors parfois, la Turquie bande ses muscles, ce 26 juin, devant l'OTAN à Bruxelles. Position stratégique avec un pied en Europe et un autre en Asie, c'est aussi se retrouver à proximité des conflits. Comme voisin, il y a eu l'Irak, le problème des Kurdes, voici celui de la Syrie. 0.jpgUn avion turc abattu pour violation de l'espace aérien syrien ou un simple rappel que la Turquie a encore quelque chose dans le pantalon? Madame Clinton disait que ce incident était inacceptable, avis confirmé par l'OTAN.

Les réfugiés, en provenance de la Syrie, cela commence aussi à bien faire. Le torchon brule ou rebrule. Les touristes sont très rares de ce coté est, sud-est. Les témoins médiatiques se concertent.

Les relations avec la France étaient à l'orage avec la reconnaissance du génocide arménien.

L'ère de Sarkozy est finie. Place à celle de Hollande et cela se réchauffe. Rien n'est jamais immuable en politique.

Une écrivaine Elif Shafak choquait la Turquie en s'affichant dans une publicité pour une carte de crédit. Ce serait rien d'anormal chez nous, mais nous sommes en Turquie et les susceptibilités ne sont pas les mêmes. 

Alors quand on parle des problèmes de la Grèce et qu'une journaliste turque est là pour donner son avis et l'impression turque, face à une grecque, c'est immédiatement le rejet comme dans ce Kiosque (09:00-14:00) qui ressurgit, appuyé par le québecois: "Pour les Turcs, les Grecs n'ont jamais travaillé assez". On aurait cru entendre Madame Merkel. Clichés? Pas seulement, nationalisme, aussi. Et qui sait, une certaine jalousie de part et d'autre de la Méditerranée. Car des deux côtés, on s'est chamaillé, on s'est pacifié, mais on se regarde toujours en chien de faïence.

0.jpgUne expression française dit "Fort comme un turc". L'expression est née 1453, un peu après la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. S'il y a des Turcs qui détiennent des records du monde en haltérophilie, avant que la Turquie ne devienne ce qu'elle est aujourd'hui, il y a eu l'Empire ottoman bâti par un peuple de guerriers à coups de conquêtes en Europe, en Afrique et en Asie. Ces combattants turcs ou ottomans impressionnaient par leur force, leur courage et aussi leur brutalité, leur cruauté. Au XVIIe et XVIIIe siècle, le Turc symbolisait l'incroyant, l'ennemi brutal. On disait de quelqu'un de rude et de sans pitié qu'il était "un vrai Turc" et traiter quelqu'un "à la turque", c'était le traiter sans ménagement. Aujourd'hui, cette envie d'être fort se retrouve dans le sport de lutte, pendant laquelle tout huilés, les Turcs s'affrontent à main nue.0.jpg

Les spécialités de la Turquie? Le travail de l'or, de l'or qui coulerait à flot lors de mariages. La créativité aussi. Elle se retrouve dans le design et au cinéma où la vie des sultans ottomans apparait en long et en large. Un passé prestigieux mis au goût du jour.

Un GEO de 1982, avait un article avec le titre de "Troglodytes de la foi". "Voyager en Turquie, c'est dialoguer avec l'Histoire. On y marche à travers les siècles. En Cappadoce, il faut un corps d'acrobate et une tête de penseur pour garder son équilibre et sa raison", disait l'auteur. 

Alors, si d'aventure, vous mettez le cap sur la Cappadoce, habituez-vous toujours à boire du café turc. Un café bien noir avec un fond bien serré à couper au couteau. Ou alors, un thé à la pomme, ou un Raki (version turque de l'ouzo grec, du pastis français) avec le baklava sucré, si vous n'aimez pas le café. Cela fera très bien passer la cuisine turque, l'une des plus riches du monde. 

C'est une manière habile de se mettre dans l'ambiance. Surtout, ne dites pas que le baklava est d'origine grecque et encore, moins qu'il y est meilleure.

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Mais si vous voulez communiquer avec un Turc, quelle langue utiliser? Cela dépend où.

Le turc, là, ce n'est pas aussi simple. A l'hôtel, l'anglais. Dans la rue, c'est l'allemand qui sera la première tentative du Turc pour essayer de vous attirer dans leur magasin de bijoux.

Question religion, là, on pourrait rapprocher la Turquie de l'Egypte actuelle. L'armée reste une force incontestable que l'on ne peut ignorer ni au gouvernement, ni ailleurs.

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Tant de choses à dire et à faire en Turquie, un empire, un monde, à elle toute seule.

Turquie News tient à jour. Istanbul, ce sera encore un autre monde. Oui, avec ou sans humour, on bosse fort et pas uniquement au Bosphore même si les Dardanelles laissent parfois un goût amère avec le souvenir d'une bataille en 1915.

Vous en ai-je trop dit ou pas assez, vous en voulez en plus sous forme certainement d'images alors, clic, clac, c'est ici....

 

L'enfoiré,

 

Un site de plus, sur la Cappadoce....

0.jpgVendredi dernier, "Faut pas rêver" sur France3, présentait la Turquie d’Istanbul aux confins de l’Anatolie, en passant par les paysages uniques de la Cappadoce, une traversée de la Turquie d’ouest en est. Un voyage de 1.500 km entre Occident et Orient, plein de charme et de saveurs…

Je vous avais prévenu, juillet serait un mois de voyages...

L'exotisme s'y retrouvera aussi comme nous allons le voir dès la semaine prochaine.

Proverbes turcs:

  • « Le sage ne dit pas ce qu’il sait, le sot ne sait pas ce qu’il dit.  »
  • « Ne croyez pas qu'en laissant vos cheveux chez le coiffeur, vous l'avez payé. »
  • « Le vinaigre trop acide ronge le vase qui le contient »
 

 

0.jpgMise à jour 06/07/2012: Le chypriote Demetris Christofias disait, dans son discours-fleuve d'investiture, qu'il va prendre un tournant très politique pendant sa présidence et qu'il va mettre en avant ses préférences. Son hostilité vis-à-vis de la Turquie, son amitié avec la Russie en feront partie. Dramatiser à l'extrême avec son grand voisin turc et rappeler que la Russie n'est plus comme avant.
Pas question de parler des faiblesses du côté financier qu'il réserve aux questions-réponses. Son effort pour unifier l'île depuis 2008 qu'il dit "Nous faisons un pas en avant et deux en arrière". Des Turcs du Turquie qui sont exportés dans la partie nord de Chypre d'une manière organisée à tel point que les chypriotes nordistes sont inquiets de perdre leur personnalité.
La Turquie va boycotter la C.E. pendant 6 mois. Chypre a déjà demandé de l'aide de 2,5 milliards à la Russie en décembre, il a réédité cette action en même temps qu'à la C.E. Beaucoup contes de fées sur Chypre....
Une conclusion pourrait être "Les amis de mes amis sont mes amis, du moment qu'ils ont du répondant".

 

0.jpgMise à jour 26 décembre 2012: L'indice vedette ISE100 de la Bourse d'istambul a progressé de 50% en 2012. Superperformé parmi les pays émergent comme le Mexique, la Corée du Sud et l'Indonésie. Cela après une récession de -5% en 2009.

Dans les "next eleven" de Godman Sachs..

La question est "La fête va-t-elle durer?" Une nouvelle phase de croissance plus "souple" en 2013? 

 

0.jpgMise à jour 03 juin 2013: 1.jpgEvénements à Istambul et Ankara0.jpg

25/06/2012

Sois belge et tais-toi en Si Bemol Majeur

Non, c'est décidé, je ne vais pas vous raconter mes dernières vacances sur le Lac Majeur. Pourquoi, vous en parlerais-je ? Ce serait un remake et je n'aime pas les remakes.

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C'était il y a deux ans, déjà.

Il s'agissait de vacances au Lac Majeur et j'en avais écrit un billet "Il chauffe sur le lac Majeur". Pour l'occasion, j'avais essayé de comprendre pourquoi Mort Shuman avait chanté « Il neige sur le Lac Majeur » avec la même intonation qu'il avait réitérée dans son autre chanson « Sorrow ». Vraiment, à pleurer pour des mois, cette manière de décrire un tel paysage...

Non, zut, je ne vais pas vous repasser la pommade ni ressasser le passé. C'est promis. Je vais même aller un peu à contre-courant.

Cette année, même endroit, Stresa et même hôtel, mais ce sera un sujet différent qui pourrait avoir un goût, un tantinet plus philosophique en finale.

Même personnel. Embrassades garanties au menu à l'arrivée. Notre maître d'hôtel préféré, «comediante, tragediante» était là, toujours aussi charmeur pour ces dames. Pensez à l'autre italien d'origine, Yves Montand dans « Garçon » et vous vous en approcherez. Rire et faire rire, pour techniques essentielles... Tout à fait dans la note enfoirée...

Presque frisquet en arrivant sur le lac. Avec la pluie par intermittences, un soleil boudeur et un orage qui jouait des claquettes entre les nuages, cela faisait penser à la Belgique. Instabilité et chaleur moite par après. Ce n'est que plus tard, que tout a changé... progressivement mais sûrement, jusqu'au dernier jour pendant lequel le soleil a pris des allures de plomb fondu.

Incroyable, mais vrai. Pas un Belge à l'horizon, une fois. Ni à droite, ni à gauche, ni devant, ni derrière. Cherchons l'erreur, une fois.

Mais où s'étaient-ils réfugiés ces Belges qui aiment le soleil pour leurs vacances ?

En Espagne, en Grèce, là où on rase gratis ou presque, à cause de la crise ? A la côte belge, là, où on mange des frites et puis des moules parquées avant d'entamer le steak de résistance? « Humanistiquement », tout commençait sous les meilleurs auspices mais avec une teinte très anglophone, très "british minded". 0.jpg

Un tour dans le garage de l'hôtel apportait toutes les confirmations voulues. Des plaques auréolées de « I », de « CH », de « GB », de « D », de « NL », de « F » et, enfin, d'un « B » de votre serviteur.

Pas même, un G8 en présence, donc. Pas même un "EU". Est-ce cela l'Europe? Ah, oui, c'est fédéraliser, mutualiser. J'oubliais déjà...

Pour faire sensation, quelles sont les voitures sur lesquelles les regards des passants se retournent et puis se cabrent? La Lamborghini, la Ferrari et... la Fiat 500 Nuevo.

La question que l'on se pose dès lors: comment la crise est-elle ressentie par ici?

La réponse reçue: "actuellement, avec le tourisme, les sanitaires et la robinetterie lombarde, cela marche. Les réservations de chambres font le plein. Souvent pour quelques jours.".

Un peu d'exotisme sans voitures venait s'y greffer à l'hôtel. Des Japonais qui, dans un symposium, étaient venus emphaser les réalisations d'une société, vanter un futur prometteur dans les domaines de la hautes technologies, de la nanotechnologie, sensés apporter le bien-être et le confort dans un monde de demain. Faire rêver l'espace de quelques jours par temps de crise pour exister, cela se prépare toujours avec minutie...

0.jpgPas de G20 au Mexique pour parler de croissance, ni de Rio+20 ans pour parler d'altermondialisme. Ici, ce sont des « haltérophiles enthousiastes » d'un autre genre. Ici, on croit à la croissance.

Si pas de Belges, me verrais-je, à un moment confronté, avec un francophone ?

De manière inattendue, oui...

Un soir, lors d'une promenade en ville, voilà t'y pas qu'une réflexion en français fuse en provenance d'un petit groupe de femmes et parvient à nos oreilles.

-Tiens, cela fait la troisième ou la quatrième fois aujourd'hui que je vois ce couple, dit l'une d'entre elles.

L'oreille fine de mon épouse vibra. Elle se retourne et dit avec le sourire en coin :

-J'espère que ce n'était pas une fois de trop.

La dame croyait, elle aussi, se trouver dans un monde exempt de francophones.

Toute confuse, elle accuse le coup :

-Je ne savais pas que vous parliez français. Heureusement que je n'ai rien dit de mal sur vous, fit-elle avec les pommettes plus rouges que par le seul effet du soleil.

Sourires partagés des deux côtés.0.jpg

Mais où se cachent-ils ces francophones et puis ces Belges, qui brillent encore plus par leur absence ?

Tilt. Les élections en France sont la cause de cette désertion, me dis-je.

Les législatives de dimanche, cela commençait à faire vraiment lassant de réentendre les mêmes spots publicitaires de tous les partis en présence à dire la même chose mais avec d'autres mots. J'aurais dû m'en souvenir.

Dimanche soir vint. Vu le pourcentage d'abstention record, il était clair que ce ne pouvait être la seule raison. L'absentéisme des Français, ce devait être la crise. Celle-ci avait dû maintenir tous ses ressortissants à bord dans le périmètre de l'hexagone.

Quelques moments de rassemblements inédits, pourtant.

Le foot rassembleur, du moins quand l'équipe des bleus disputaient un match à l'Euro2012.

Il parait qu'il y a un art de célébrer un but. Il y a un autre pour le regarder à la télé aussi. Les Belges n'y étaient pas. Les Italiens capables de battre les Anglais? Ce fut le cas, mais au tir aux buts. Un Balotelli caricaturé en King Kong raciste devait avoir donné du mord aux dents..

0.jpgFaire du sport, c'est aussi pouvoir le regarder avec philosophie et sans excès fous. Transgresser la règle qui a mené à deux morts connus devant la télé. Un célèbre Thierry Rolland qui disait "Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille" et puis un Chinois, anonyme, de 26 ans, du nom de Jiang Xiaoshan, décédé après avoir regardé l’Euro pendant 11 nuits consécutives, sans dormir. Le foot, un sport plus dangereux sur le terrain ou à la télé? Très peu pour moi. On se le demande encore...

La télé en langue française, France2 et France3, si elle est là, c'est pour permettre de se rendre compte des événements mais pas d'en mourir. Alors, il y a des tweets malheureux qui font le buzz pendant des jours et qui font sourire en coin.

Tout à coup le bon côté de la pluie, des orages, apparaît. Pas uniquement pour rafraichir l'atmosphère, d'ailleurs. Beaucoup plus pragmatique, on apprenait qu'en France, la pluie avait fait le plein dans les citernes et comblé les nappes phréatiques. Prête pour l'été, donc.

Pendant un temps de vacances, n'est-ce pas, aussi, une bonne occasion pour s'écarter d'Internet? Se déconnecter du monde... Au début, cela semble étrange et puis, on arrive à aimer.

D'écouter les autres, de sourire, au besoin, de faire semblant de comprendre quand la compréhension linguistiquement n'est ni au top, ni homo-phoniquement au zénith. Une grève de tout, une trêve avec les autres et avec soi-même. Non, c'est nouveau mais c'est béatifiant. A la fin, on n'y pense même plus qu'on n'a pas de connexion Wifi. 0.jpg

L'enfoiré, prends ton livre "La chute des Géants" de Ken Follet, gros comme une bible dont le premier volume raconte les "destinées imbriquées de cinq familles américaine, russe, allemande, anglaise et galloise,  à travers la Première guerre mondiale et la Révolution russe". Je ne pouvais trouver mieux pour meubler le temps et l'espace. Des acteurs qui viennent de partout et qui ont chacun leur propre histoire.

Puis, quand on en a assez de lire, poursuivre, aussi, l'écriture d'un roman feuilleton. D'une fiction ou d'un thriller? Allez savoir... Un peu de suspense dans une fiction plausible et le compte sera bon. Dans un autre cadre exotique... Aucune interactivité nécessaire dans ce cas, si ce n'est en donnant la parole à chacun des interlocuteurs de l'histoire.  On en reparlera bientôt...

« Sois Belge et tais-toi », l'enfoiré,fais ton théâtre en dehors des planches et des fils de la Toile.

Puis, il y a le portable, ce bon vieux GSM, qui en plus de téléphoner, fait tout, à part cuire des œufs sur le plat en échange d'un peu d'électricité ingurgitée - mais tellement vite consommée -, qui restitue musiques et bien d'autres choses enregistrées.

Je vous sers souvent des « Cafés serrés » du matin. Podcastés pour les jours de morosité, avec le temps, ils prennent des allures tout aussi hilarantes, sinon plus.

L'un d'entre eux, présenté par notre flamand préféré, Bert Kruismans, a retenu mon attention. C'était diffusé le 25 mars 2011. Il parlait des problèmes belges et nous étions encore loin d'installer un nouveau gouvernement.

0.jpgIl parlait du contact qui s'était détérioré entre Bart Dewever et le journal Le Soir. C'était la déprime politiquement. Aujourd'hui, c'est plutôt à cause du climat.

« Het bottert niet » (« cela ne beurre plus ») entre eux, disait-il. Un feuilleton mélo était en préparation. Une fin de non-recevoir ou seulement de « pas-bien-donné ».

En cause, un article de 5 pages dans lequel un journaliste du Soir expliquait aux Flamands, en un néerlandais approximatif, ce qu'il y avait de négatif dans les relations entre Wallons et Flamands.

Cinq pages de reproches, de prises de positions malheureuses, d'après Bert Kruysmans. Cinq pages qui n'auraient pas trouvé de lecteurs ni d'échos dans le nord du pays alors qu'il aurait fallu, plus simplement, émoustiller quelques esprits flamands avec les réalisations du journal à leur bénéfice pour gagner le cœur des Flamands. Cité en exemple, des cours Assimil de la langue flamand à l'attention de Wallons, mais qui malheureusement était enseignée par des Hollandais avec l'accent des Pays-Bas. Les utilisateurs de cette méthode auraient ainsi trop l'air d'être des « Wallons cachés », concluait Kruysmans, non sans humour.

La morale de l'histoire, je vais la rechercher dans une anecdote qui m'était arrivée à l'hôtel, près de la piscine.

Un Anglais de 78 ans (je l'ai su par après), s'évertuait à prendre son premier bain. Volonté d'imiter son prochain ou simplement de se rafraîchir? Nul le sait. Visiblement avec beaucoup de difficultés pour trouver la synchronisation des mouvements de la brasse. Je l'observais d'un œil distrait. Il faut savoir que le fond de la piscine en question prend brusquement trop de profondeur pour quelqu'un qui a l'habitude de trouver un fond à sa bonne mesure comme refuge. Panique sans bord en perdant pied et bataille contre cette eau qui lui inflige une leçon de natation qu'il aurait aimé avec plus de douceur. 0.jpg

Je l'avoue, je n'avais pas encore fait ma B.A. de la journée. Vous savez ce 'truc' que l'on dit et qui fait, par après, du bien au moral mais qui ne nécessite, au départ, aucun calcul savant prudentiel. D'un élan, j'ai sauté dans l'eau et ai ramené l'imprudent sur le bord de la piscine.

Anglais ou pas, les langues se délient alors sans aucune autre forme de procès.

Pour huiler une conversation de salon british, pourquoi ne pas parler du « Queen Jubilee » ? Son épouse en connaissait un long bout sur la question royale. De toutes manières, jamais, il n'a été question de trouver un « Bruxellois caché » en moi.

Ce 24 juin, des événements. Les Bleus qu rentraient à la maison, le Frère Musulman Morsi était élu président en Egypte, mais aussi, il y avait aussi 200 ans que Napoléon envahissait la Russie comme le rappelait Kiosque dans "C'était il y a" (44:00-53:00). C'était un hiver, un hiver qui pourrait faisait mieux le lien avec Mort Shuman et sa neige du Lac Majeur. Une retraite...

La langue de Shakespeare, pour l'avoir utilisée pendant quelques décennies, laisse des traces indélébiles. Ne pas la pratiquer régulièrement rend seulement les automatismes plus lents. Si ce foutu bras du disque DAT « Direct Access for Translation » a parfois plus de mal à trouver le bon sillon, il n'y eu aucune remarque dans ce sens.

Le lendemain, je rencontrait le préposé à la surveillance de la piscine et lui dis avec un sourire narquois :

-Nobody to save today ? I'm ready now.

Pris à contretemps, il me rendit seulement mon sourire. Son italien devait être en panne de traduction.

Les gestes qui sauvent, eux, ne demandent jamais de traduction par des mots.

Les derniers jours du séjour, les Français sont arrivés. Sortis de leur hexagone. Plus moyen de les faire taire dès lors. Les Belges, eux, restaient toujours aussi cachés ou plus malicieux ou se sont tus.

Ne vous ai-je pas donner envie par ce billet? Pas assez du style publicitaire à vos yeux. Presque une contre-pub. Vous y inciter à y aller, mais pas trop. La nature, le silence sont parfois bien suffisants. Vous y serez comblés. Sans la télé, sans Internet, ce fut un break tout à fait profitable. Et puis, je ne vais pas faire trop de bruits et ameuter tout le monde dans un petit paradis. Pas folle la guêpe ! Je tiens à y retourner, un jour et que cela n'ai pas trop changé...

Votre serviteur belge est retourné dans ses pénates. Il a mis le "cruise" en fonction. Vous savez ce machin qui met un truc dans le bazar pour atteindre la vitesse maxi permise sans se faire flasher. Le vendredi après une température sur le lac qui frisait les 40°C et le dimanche, à Bruxelles, avec la pluie, le vent et 15°C maxi, cela faisait une "légère" différence. Pas l'envie de prendre mon vélo sous la pluie. Contrastes en tout.

Ce dimanche, c'était la fête au Québec que Pierre rappelait avec quelques poèmes québécois à cette occasion. L'un d'entre eux m'a plu car il nous ressemblait: "La souveraineté du Québec n’est pas une rupture sauvage avec le Canada; c’est tout simplement une reconnaissance explicite et officielle qu’il existe dans ce pays, deux entités de cultures différentes qui doivent se respecter mutuellement et vivre dans le respect l’une de l’autre (Raymond Gravel – Prêtre dans le diocèse de Joliette)".

0.jpgL'après-midi, un " Spécial Belgique" pour dernier "Vivement dimanche" en présage au départ du Tour de France à Liège de la semaine prochaine. La Belgique et le Tour de France, de vieilles connaissances. Eddy Merkx, devenu baron, était là. Léon Zitrone savait en parler avec emphase. D'autres champions étaient rappelés...

Dans la chanson, défilèrent les purs de souches, comme Annie Cordy, également baronne et Jean Vallée, les Italiens comme Adamo, Frank Michael, Frédéric François... Italiens de la nième génération...

D'autres en clips en clins d’œil les autres belges comme Mauranne, Axelle Red, Plastic Bertrand, Lio, Lara Fabian, Viktor Lazlo, Philippe Lafontaine, Arno, Jali...

Au cinéma, François Damiens, Helena Noguerra, actrice dans le film déjanté "La Clinique de l'amour"...

Les humoristiques Frères Taloche, Virginie Hocq dont les sketches de départ restent leur marque...0.jpg

Le français et le néerlandais étaient toujours en arrière plan. Flamand, wallon que Virginie a tenté de passer à Drucker via l'accent belge intégral. Tout y est passé.  

La Belgique, une terre d’accueil ou on parle en "charabia", en quelques sortes. 

Mais la vie continue...  sois belge et tais-toi, mais pas trop, même en Si Bemol Majeur avec une note tonique...

En passant des Macaronis aux Patates frites, du vino rosso à la bière, en quelques sortes... On ne pouvait trouver meilleur symboles.

Pourquoi pas "A bicyclette" comme le chantait, Sacha Sprengler, dans un spectacle "Je voudrais que tu te souviennes" .

Deux refrains légèrement modifiés à la chanson de Sébastien "Ah, si tu pouvais fermer ta gueule pourrait toujours resservir un jour...

Les paroles originales et un karaoké déjanté qui irait très bien dans le cadre:

Ils font rien qu’a nous faire des promesses
Qu’ils ne tiennent jamais
La seule chose qui les intéresse
C’est d’passer à la télé

Tout pomponnés
Tout maquillés
Ils viennent parler au journal
Pendant que monte du fond des cafés
Le son de la chorale

 Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Et puis y’a tous ceux qui font des débats
D’la philo à deux balles
Y’a c’ui qui est pour
Et y’a c’ui qui veut pas
Et ça parle et ça parle

Tout pomponnés
Tout maquillés
Ils viennent vendre leur salade
Pendant que monte du fond des cafés
La grande sérénade

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Et puis y’a moi qu’en fait partie aussi
Faut toujours que j’la ramène
Comme si on disait pas assez de conneries
Faut que j’y rajoute les miennes

Tout pomponnés
Tout maquillés
J’vous promets
J’vous en voudrais pas
Vous avez le droit du fond du café
De chanter aussi pour moi :

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Cette chanson je l’ai faite pour vous
Les français, les françaises
Allons enfants, ça s’ra notre hymne à nous
Notre marseillaise
A la maison, à ton bureau
Quand t’en auras marre d’écouter
Le casse-bonbon qui parle trop
Tu pourras lui chanter :

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Sans Internet, sans litanies
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Cela plairait à l'Italie

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça changerait de musique
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien en Belgique

 

L'enfoiré,

 

Mais je le sens vous voudrez des images et des photos. Je les choisirai pour montrer que sur le lac Majeur, les maisons ressemblent toutes à des chateaux et les chateaux à des maisons 

 

0.jpgCitations:

  • "Tradutore, traditore (Traduire, c'est trahir)", Proverbe italien
  • « La grande différence entre un Italien et un Français, c’est qu’en mangeant des spaghettis, l’Italien peut penser à autre chose. », Anonyme
  • « L'Italien est sage avant coup, l'Allemand sur le fait, et le Français après coup. », Proverbe italien

 

Annonce: Chers lecteurs, Nous sommes à la veille de grandes vacances, de voyages aussi. Le mois de juillet sera un mois dans lequel "Réflexions du Miroir" s'attachera à cette idée de voyages, anecdotiques, informationnels et structurels. Articles qui ne seront pas tous écrits par votre serviteur.