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22/06/2014

La productivité, un vilain mot?

La semaine dernière, on parlait du progrès. Le progrès apporte-t-il plus de productivité? Un article de l'Echo, m'avait interpellé. A la base, une enquête avec Mathieu Pleyers qui répondait à un journaliste. En cause, un potentiel de 40% de productivité des entreprises qui serait loin d'être atteint.

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S'il n'est pas atteint, c'est que l'optimaliser la production n'est pas dans de bonnes mains de la gestion.

Productivité, rentabilité, compétitivité, des mots qui résonnent et agacent les uns et turlupinent les autres comme un leitmotiv. La récente annonce de licenciement de 2500 postes de travail dans la société Delhaize remet le couteau dans la plaie.

L'article disait: "La plupart des gens associent la productivité aux Temps Modernes de Charlot. Mais utiliser la productivité pour mettre la pression sur les gens n'est pas la bonne méthode. Il faut l'envisager comme un indicateur de problèmes cachés dans l'entreprise". 

Comme tout est devenu plus imbriqué, dépendant l'un de l'autre et qu'en plus on produit plus que ce qu'on produit localement, la productivité s'est vue externalisée. "Les entreprises ne crée pas l'emploi" comme le constatait le "Monde diplomatique" de mars. Le pacte de responsabilité n'a jamais vu le jour.0.jpg

Le salariat, pris en otage, et l'obéissance vis-à-vis du système vont de pair. C'est marche ou crève. Les entreprises sont dépendantes du bon vouloir de dépenser de leurs clients, particuliers ou entreprises qui seront intérieures ou extérieures et alors confrontées avec des cultures différentes et des règles qui ne le sont pas moins. Le serpent se mort la queue avec sa politique macroéconomique. Pour les Etats, pour attirer les investisseurs, il ne reste que leur donnant de meilleurs intérêts parfois notionnels en échange de création d'emplois. Les entreprises opèrent donc l'emploi et pour se faire, le dissèquent en rejetant l'inutilisable.     

Les différents points de l'enquête furent (en gras dans le texte):

0.jpg"Le manager est isolé et vit dans une bulle". 

Cela pouvait être le cas pour pas mal d'entre eux. En fonction du niveau du management. 

J'ai connu deux phases si pas trois: employé, manager sur la première marche avec quelques personnes sous mon contrôle et à nouveau employé sans personne sous moi, tout en gardant un statut de management.

Pendant la 2ème phase, je disposais d'un bureau que je n'occupais que quand il le fallait vraiment sinon je le désertais. Une manière de procéder qui est loin d'être courante au niveau mangement.

"Un logiciel pour effectuer la sélection des CEO pour rectifier les erreurs du passé".

Enfin, pas uniquement CEO mais pour tous les postulants à un job un peu structuré. Zidcard a imaginé un logiciel qui ferait une pré-sélection des candidats à l'investiture d'un emploi en trouvant ceux qui les plus pertinents pour une fonction donnée. Un profiler pour employeurs et chasseurs de têtes dans le recrutement qui passerait par le benchmarking via l'inscription de ses candidats qui resteraient anonymes. Un marchand de compétences qui permettrait de sortir de la Toile ceux qui y resteraient sans en tomber au travers de ses mailles. Le problème sera peut-être d'équilibrer qualité et quantité de compétences en fonction de l'expérience qui ne s'apprend qu'à l'usure et pas sur les bancs de l'école.  

"La productivité est mal vue parce qu'elle fait penser à une réduction des coûts. Elle impose de faire plus avec moins de moyens et sans donner les outils".

Tout dépend de la motivation. La motivation est une opération de séduction qui ne se crée pas d'elle-même. Elle doit se retrouver dans ce que l'on fait, dans les projets intéressants, sans pour cela avoir des "milestones" dont on ne peut changer les échéances ni les limites. Sans cela, le stress doit ralentir les projets. Stress qui se transport jusque dans le foyer. Établir un planning est toujours risqué et dépendant de paramètres qui se trouve en dehors du contrôle du niveau mais qui remonte au sommet de la hiérarchie. 

0.jpgLa confiance des entreprises face au marché du travail à baissé de 11% en 2013. Cela a entraîné des coupures dans les budgets et des licenciements. Les exigences ont progressé. Dans le même temps, les employés reconnaissaient pour 27% d'entre eux que les relations avec les dirigeants des entreprises se sont tendues.

La crise, tenue pour responsable, paralyse 42% des acteurs des employés tandis que 33% des employeurs craignent que leurs employés ne quittent après la crise. Peur du changement dans les deux sens.

Le manque d'innovation, de volonté de remise en question, existe de part et d'autre.

0.jpgDéjà en 1987, Robert Solow disait "L'ère de l'informatique se retrouve partout sauf dans les statistiques de la productivité".

L'innovation est souvent complice des crises. Le PIB d'un pays ne suit pas l'innovation qui "dégraisse" les entreprises plutôt qu'elle ne les engraissent en main d'oeuvre.

L'amélioration du niveau de vie en est réduit d'autant. La rentabilité de l'innovation est difficilement mesurable. Un site Web bien conçu peut rafler tous les clients potentiels alors qu'il n'est qu'une image virtuelle d'une société. L'image qu'une société donne d'elle-même à l'extérieur est une bonne chose en soi, mais ce qui se passe à l'intérieur d'une société ne l'est pas moins. Si le personnel ne se sent pas bien dans leur peau en effectuant les tâches, cela fera tache d'huile vers l'extérieur.

"L'amalgame existe entre rentabilité et compétitivité

Là, il faut creuser et remonter à la source des mots.

"La rentabilité est le rapport entre un revenu obtenu ou prévu et les ressources employées pour l'obtenir en associant l'idée d'investissement initial. La productivité mesure l'efficacité d'un processus à transformer un ou des facteurs entrants en un résultat en lien avec la notion la plus élémentaire du rendement. La compétitivité désigne la capacité d'une entreprise, d'un secteur économique, d'un territoire à vendre et fournir durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un marché donné en situation de concurrence le secteur économique, d'un territoire à vendre et fournir durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un marché donné en situation de concurrence", dit Wikipedia.

0.jpgLa productivité est une considération en interne et en exclusivité dans les mains de l'entreprise. 

La compétitivité, elle, est dépendante de l'extérieur, du contexte de temps et du lieu dans lequel, ils s'inscrivent.

Le rendement est lié aux facteurs de production. La productivité se calcule en mettant en corrélation les besoins des acheteurs potentiels et la production. En d'autres mots, ils faut des prospects qui deviennent des clients pour que cela fonctionne.

C'est revoir ce qui reste invendu pour ne pas produire plus, avant de chercher des possibilités à l'étranger via l'exportation. 

Le meilleur marché est celui qui est équilibré entre l'offre et la demande comme l'écrivait Josph Stiglitz dans la préface de son livre "Le prix de l'inégalité".

0.jpgCela nécessite des études de marché préalables qui souvent ne sont faites qu'au feeling suivant une conjoncture à un moment précis.

Quand la production fait sortir le résultat sur les marchés, sera-t-elle encore compétitive et en correspondance avec les besoins de clients potentiels?

Le marketing entre en jeu et doit se charger de 'fourguer' la marchandise avec l'aide de la publicité, d'accord, mais elle aussi prend sa part du gâteau et devrait faire partie du budget alloué au projet et quelque part des "Profits & Losses".

Faire le plus de bénéfice, quand la concurrence n'existe pas ou peu.

La technique passe par "cash flow" pour réinvestir et puis, lâcher du lest dans les prix pour ne pas rester avec trop d'invendus au sujet des productions plus anciennes. Les soldes sont souvent utilisées pour répondre à ce problème d'invendus mais pas dans tous les secteurs.

Alors, où vont-ils? A la casse ou ils sont reconditionnés si la possibilité existe dans d'autres pays moins à la pointe des nouveautés.

0.jpg"La productivité est la somme des produits, des machines et des ressources humaines"

C'est peut-être là que cela coince: la perte d'identité de la personne. Le fait que les travailleurs ne sont considérés que comme un complément aux machines. Le service du personnel qui est devenu une ressource humaine dans des catalogues de compétences. L'employé n'est plus "un nom", mais jouit de "x" compétences. Nous en arrivons à une identité plurielle que des personnes centralisatrices sont chargées d'orienter selon la compétence demandée pour exécuter un travail. Elles ne s'intéressent plus ni à leur tête, ni à ce qu'ils représentent dans la société. Elles n'ont jamais ni recruté elles-mêmes, ni rencontré les personnes à placer. Souvent, elles centralisent cette supervision, à l'aveugle, au besoin sur plusieurs sites et pays. Pour Pour elles, il s'agit d'organiser et réunir les différents compétences nécessaires pour en faire un package emballé et réaliser normalement une tâche globale. Le paternalisme d'avant est devenu une rencontre de fonctions à remplir et, en finale, la dépersonnalisation des individus.

Cela passe ainsi, cela marchera ainsi ou cela cassera peut-être aussi ainsi. Quand le remarque-t-on ? Bien plus tard, quand le projet aurait dû arriver à maturité et qu'il est resté installable dans le rayon du "tout-fait".

Le "clé sur porte" n'est pourtant pas au rendez-vous. Beaucoup de contractuels, beaucoup de deuxième-mains, puisque ils sont considérés comme moins chers. S'ils n'ont pas la culture de l'entreprise, cela ne résiste pas longtemps à l'analyse du prix-performance. Rien d'anormal que ces contractuels soient moins chers par rapport à un personnel local. Les surprises d'un mauvais choix de sélection, d'absences sont déplacés en dehors de la société productrice. 

0.jpg"Le flou se retrouve dans la vision à long terme, la gestion du changement, la responsabilisation mal définie ou simplement assumée" 

En effet, on croit plutôt que l'on pense. L'ouverture des travailleurs aux changements est capitale. Le cadre n'a pas touts les cartes en main pour en déterminer le bien-fondé. 

"Une organisation sur six est mal agencée et inefficace";

Conclusion logique.  Je me souviens d'une époque pendant laquelle on se baladait avec une petite broche en forme de  un trépied que l'on greffait sur le veston comme moyen de reconnaissance.

Chaque patte du trépied était destinée à représenter les différents moyens de la stratégie de l'entreprise qui m'occupait. Il y avait les clients pour une patte, les employés pour la seconde et la réputation pour la dernière. 

Des notions qui se sont érodées très rapidement. Devenues obsolètes avec la conjoncture ou la structure, elles avaient évolué avec les crises.

1.jpg"Les managers et leurs collaborateurs sont conscients de leurs erreurs, de leurs incapacité d'arriver à destination sans stress"

Les problèmes de terrain n'arrivent pas jusqu'au sommet de la hiérarchie.

Les mauvaises nouvelles ne sont pas aimées par l'échelon supérieur. C'est mauvais pour l'avancement. 

Dans les étages intermédiaires, il n'est plus question de perdre une place dans ce jeu de L'Oie. Les cases de "prisons" sont plus nombreuses dans le privé que dans le secteur public.

Dans ce dernier, ceux qui y sont, même sans aucune compétence s'accrochent sans vergogne et démotivent les nouveaux qui ont suivi quelques compétences plus actuelles pour rester en place.  

"L'efficacité doit se construire avec les bons outils et avec la connaissance de la culture d'entreprise". 

Comme je l'écris plus haut, cela entre en conflit avec le meilleur prix-performance. L'overhead de ce manque d'associativité, de cette méconnaissance n'est jamais prise en compte. Les gens de terrains avec expériences en interne n'arrivent pas à entrer en compétition avec les externes qui sont sous contrats dans une autre firme. Il n'en est nullement tenu compte dans le calcul du temps que pourrait prendre un projet.

0.jpgLes échelons intermédiaires de la hiérarchie sont devenus des porte-paroles de haut en bas. Ils n'ont en général aucune connaissance de la stratégie dans son ensemble et sur le long-terme. Ils sont désorientés à la première fausse note avec le stress qui l'accompagne.

En plus des cours de management, il existe des cours pour eux comme "Priority Management", destinés à gérer et à réduire le stress. Les méthodes se résument à la construction d'un agenda qui détermine la différence entre ce qui est urgent et de ce qui est important avec une matrice carré comme boîte à malice. Organiser le travail sans perdre de temps par le stress en tentant de catégoriser les problèmes. 

A ce que j'ai pu constater, bien loin d'être le cas chez les grand pontes qui sont sensés de mener la stratégie de l'entreprise et qui venaient y assister. Bien entendu, je ne suis pas ici pour faire la publicité de telle entreprise de rattrapage des âmes perdues du management. 

0.jpg"Si on apprend la technique technicienne, on n'apprend pas à manager du personnel dans les écoles officielles"

Tout à fait, L'article le plus significatif à ce sujet, serait "La technicité n'est plus seule", bien qu'il y eut quelques autres dans la rubrique "Monde des affaires".  

L'informatique fut un catalyseur incontestable dans la voie de la productivité et souvent, aussi, au détriment de la force de travail humaine.

Manager, c'est savoir comment déléguer, en premier. C'est à dire se décharger de travail que l'on sait être plus rapidement par le niveau supérieur de management. C'est avoir confiance dès l'abord, en espérant ne pas se tromper, mais en prenant la coresponsabilité d'un projet, sans le laisser en totalité dans les mains du collaborateur (un mot qui devrait être utilisé plus souvent à la place d'employé) en charge. C'est partager les bénéfices de l'action parmis tous les collaborateurs.

histoire

Des centaines de cadres disparaissent. Les plus anciens sont remplacés par des jeunes qui s'ils sont bardés de diplômes, n'ont pas encore acquis une expérience suffisante des relations inter-professionnelles. 

"Le degré de confiance des entrepreneurs est à son plus haut".

Les suites des restructurations des entreprises se sont organisées jusqu'au Vatican qui n'avait pas de Ministère de l'Economie, pour optimiser l'utilisation de ses ressources.

Tout de suite après, les cadres ont été touchés comme les ouvriers et les employés.  

C'est le moment de se rappeler ce qu'est un cadre.

Etre cadre, c'est d'abord se retrouver seul à assumer en communs les bons et les mauvais coups.

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Tenter d'introduire un esprit d'équipe, quitte à le forcer mais, bien que la compétitivité entre les membres soit souvent poussé en avant, doit rester transparent. Coter les résultats ou lancer l'idée de le faire porterait à préjudice.

Gérer une équipe n'est pas gérer la technique. Le manager doit pouvoir s'effacer même si son expérience, plus longue, pourrait effectuer une tâche plus rapidement ou mieux. 

0.jpg"Le compte d'exploitation doit pouvoir évaluer un projet après coup"

Oui, mettre en balance ce qui est budgétisé en début d'un projet et l'actuel du réalisé en fin.

Mais cela ne suffit pas. Il y a l'initiateur d'un projet, le vendeur au client qui a imposé un rythme dont il ne connaissait pas l'impact dans l'exploitation. Les buts des différents acteurs sont différents. Le vendeur veut vendre, entre en compétition avec d'autres fournisseurs de services et peut-être après avec les exécutants du projet, eux-mêmes. 

Les retards de la signature du contrat ne sont, malheureusement, pas imputés dans le projet. 

0.jpg"Les meetings trop serrés pour un projet, avec trop peu d'acteurs ou mal sélectionnés" 

Je dirais qu'il ne faut pas plus d'informations mais les acteurs devraient être mieux ciblées. Toucher ceux pour qui le bébé-projet se mourrait s'il n'en faisait pas partie. Ce qui n'empêche pas les gens qui aiment faire partie d'une entreprise, d'en connaitre la stratégie, le progrès des projets en parallèles mais pas des idées qui ne font pas recettes.

D'autres moyens de favoriser l'esprit d'équipe, de réunir les différents services pour mieux se connaître, avaient été préconisés. Il y a quelques années, de petits déjeuners informatifs donnaient le statut des projets, étaient organisés dans la société qui m'employait. 

Des employés interdits de mails en dehors des heures de bureauLes entreprises Total et Siemens négocient actuellement un accord avec les syndicats afin d’empêcher la totalité de leurs employés d’accéder à leur messagerie électronique professionnelle en dehors de leurs heures de travail. 

Fausse solution ou encore mauvaise cible?

"Mettre la pression sur les exécutant n'est pas la bonne méthode" 

0.jpgAbsolument. C'est une méthode de tortionnaires.

Le temps a été sous-estimé. S'il faut le réajuster, il faudra diluer le retard, même si cela représente un échec global du projet.

Il peut y avoir eu une mauvaise compréhension du but à atteindre et de sa finalité comptable.

Dans ce cas, le "nice to have" est à proscrire en premier. S'il reste du temps après l'essentiel, passer à perfectionner sera toujours apprécié.

Le multitasking engendre la guerre contre la technologie alors qu'elle devrait rester une aide. La créativité qui seule reste à disposition de l'homme face aux machines, n'a plus le temps de pratiquer, de s'épanouir par la pensée entre SMS, emails et téléphones. Les travailleurs sont devenus des homo-interruptus.

Etre interrompu pour rêver d'accord. Il faut pouvoir se réserver des moment à rêver pour travailler plus efficacement et plus inventif. 

0.jpg"L'activité n'est pas la productivité. "

En d'autres mots, prester n'est pas produire.

C'est la même constatation au sommet de la hiérarchie: prester et produire, deux activités qui parfois s'opposent. La prestation ne serait seulement qu'une représentation, qu'une image de ce que l'on veut donner et par là, un risque de contre-productive.

L'image peut tout faire gagner ou tout perdre.

La productivité et son potentiel est affaire d'expériences, d’opiniâtreté et de rigueur dans le partage des compétences et des responsabilités. Encore faut-il en connaître les finesses dans le détail, les limites et chercher les sources des problèmes potentiels avant qu'ils ne se présentent..

Le Monde diplomatique avait récemment un article avec le titre "L'affreux doute des libéraux". Il était dit que l'enrichissement des minorités stimulait la croissance et réduisait la chômage. Lawrence Summers fut le défenseur de la déréglementation bancaire jusqu'à l'onde de choc avec le FMI en novembre 2013 pendant lequel le capitalisme s'était pris en défaut sur son propre champ de bataille dans une "stagnation séculaire".

La croissance est restée faible après l'assainissement de la finance.

Pourquoi?

Parce que les investissements et les salaires ont en général stagné et le goût du risque a pris la clé des champs. L'argent s'amasse sur les comptes en banques devenus des trappes à la liquidité. Ces "trappes" sont plutôt des garde-fous, des rappels à l'ordre contre le nice-to-have. Il en faut pas confondre prévisions et recommandations. Si les bulles sont des béquilles nécessaires à la croissance, contrairement elles ne sont pas des impasses à condition de s'organiser une porte de sortie.

Avoir peur de faire des dettes, pour ne pas en laisser nos enfants comme on entend souvent, n'est qu'une manière de se figer et de leur laisser un désert d'opportunités. Assumer avec sagesse ses réussites comme ses échecs, sans gloire, sans crainte, devrait revenir dans les esprits.  

"Pourquoi les entreprises ne veulent plus investir, et nous condamnent à la 'japonisation' de nos économies". Un article fait penser à chercher ailleurs les raisons de ses propres échecs et donnerait peur d'en être les auteurs:

  • L’incertitude concernant l’évolution de la situation économique. 
  • L’inquiétude suscitée par la bulle de crédit chinoise, et son système bancaire souterrain, qui menacent l’économie mondiale.
  • Dans cet environnement incertain, les entreprises perdent la capacité à élaborer des études de marché de long terme fiables et exhaustives sur lesquelles elles peuvent se reposer pour prendre des décisions d’investissement.
  • L’innovation ne rapporte plus comme elle le faisait par le passé : dans de plus en plus de cas, elle ne profite plus qu’à un seul acteur qui rafle l’intégralité des parts de marchés. Ce dernier point met en cause le marketing qui impose de sortir des produits qui n'ont pas atteint le moment de la maturité avant d'être vendu. Le client devient le testeur à la place du fournisseur.   

"Tous les pays ne se trouvent pas à la même enseigne"

0.jpgSujet qui n'était pas dans le résumé de l'étude. Il y a la culture et les habitudes qui restent tenaces et entravent le commerce.

Dans cet article, "¡Silencio, se duerme! Comment la siesta anesthésie la productivité espagnole", on parle de la vieille habitude de la sieste dans un pays de chaleur. La traditionnelle sieste mis à l'index parce qu'elle les heures de travail espagnoles ne concordent pas avec celles de l'Europe de l'Ouest. Les Espagnols travaillent plus tard le soir. Le tout est de savoir qui est le meilleur partenaire, qui donne le meilleur prix-performance. Produire aux heures chaudes de la journée, sera-ce plus rentable?

La Belgique: rien de nouveau suivant le rapport de la Commission (info Echo). Notre pays continue de connaître des déséquilibres macroéconomiques (la compétitivité et le coûts élevés de main-d'œuvre). Craintes quant à l'érosion des marges des producteurs et à la destruction d'emplois. Le rapport insiste sur une réforme de la fiscalité sur le travail et mentionne le niveau élevé de la dette publique. Les points positifs sont la stabilisation du ratio de la dette, l'objectif de déficit atteint en 2013.

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"L'Allemagne ou la preuve qu'austérité peut rimer avec prospérité". Salaires en hausse pour les anciens salariés de l'Allemagne de l'Est. Chômage fortement en baisse dans l'industrie automobile...

Le but serait-il atteint?

Tout dépend du but à atteindre, mais il y a des cultures plus lointaines encore, qui s’insinuent et s'intègrent vaille que vaille dans les secteurs perméables, comme ce fut le cas par l'Empire du Milieu, la Chine ou via la Symphonie indienne.

C'est beau l'exotisme, mais surtout, en vacances.

Quant au futur, car c'est vers lui que l'on va, cela risque de changer terriblement la donne. Une première phase, les CDI à la trappe et les CDD, une phase qui s'éternise. Une deuxième pendant laquelle Le travailleur devra chercher "ses" employeurs comme des fournisseurs temporaires de services.

"La rentabilité des seniors".

Dès la cinquantaine, le travailleur coûte trop cher aux entreprises d'après l'Institut de l'IRES. mais il est essentiel de maintenir au travail.

Toujours "agile" parfois trop "fragile", ce travailleur pour ce qu'il doit produire? Un jeune inexpérimenté peut-il se targuer de ne pas faire d'erreurs qui coûtent très cher à l'entreprise? Qui passera le flambeau du "know how" dans la course relais?

Tout s'est accéléré. L'obsolescence du matériel est programmée comme l'est celle des travailleurs. La survie d'une entreprise n'est pas seulement la productivité mais la préparation de l'avenir et donc, toujours, un investissement.

Renforcer la formation continue, améliorer l'ergonomie au travail, des solutions du côté de la direction, le lissage des augmentations de salaires liés à l'ancienneté pour les rendre concurrentiels, du côté travailleurs et abaisser les charges et des soutiens à l'emploi par des organismes comme le FOREM.

Sinon, c'est le chômage assuré pour ces seniors. Sans l'aide d'une étude d'un organisme agréé.

"A la casse", écrivais-je il y a longtemps, alors que j'étais encore en service. Je n'y reviendrai donc plus. J'ai l'impression que l'on brasse du vent à le répéter. 

0.jpgPlus de 40 ans? Vous êtes concerné par la prochaine catastrophe sociale: trop vieux pour travailler, trop jeune pour la retraite ...

Plus de 40 ans? Vous êtes concerné par la prochaine catastrophe sociale: trop vieux pour travailler, trop jeune pour la retraite ...

Pour l’éviter, les politiciens européens devraient : 

  • Développer la formation continue pour tous
  • Développer des partenariats entre les secteurs privé et public
  • Permettre que les salaires puissent baisser avec l’âge du travailleur pour tenir compte de l’obsolescence croissante de ses qualifications, et développer son attractivité
  • Redéfinir le contrat social de l’Europe, pour promouvoir la solidarité intergénérationnelle et créer un système capable de fusionner la créativité des jeunes avec la sagesse des personnes d’âge mûr.

Les différences entre ceux qui réussissent et les autres:

  • Quelqu'un qui réussit accepte le changement et s'adapte. Un individu moyen en a peur.
  • Quelqu'un qui réussit parle d'idées. Un individu moyen parle des personnes.
  • Une personne qui réussit assume ses erreurs. Un individu moyen n'endosse pas la responsabilité.
  • Quelqu'un qui réussit reconnaît toujours ce que les autres lui apportent. Un individu moyen veut recevoir tous les honneurs.
  • Une personne qui réussit se réjouit du succès des autres. Un individu moyen espère en secret que les autres échouent.

1.jpgEt dans ce cas, la productivité, la compétitivité et la rentabilité risquent d'aller de paire comme si c'était une obligation pour réussir.

Des habitudes de personnes très productives:

  • Elles déjeunent loin de leur bureau
  • Elles établissent des « poches de productivité » quotidiennement
  • Elles se lèvent de leur chaise et sortent

En fait, être productif, c'est associer les racines et les ailes. Les racines par la forme de la mémoire, de la littérature, de l'histoire. Les ailes pour l'innovation et entreprendre sans avoir l'impression de travailler. 

(Les graphiques de l'innovation comparative

Le malheur, c'est que celui qui peut réussir, n'est pas nécessairement, celui qui est chargé de décider pour réussir à produire.  


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Il ne peut y avoir croissance soutenue à long terme sans nouvelle mutation technique et donc, sans investissement dans des innovations susceptibles de faire gagner en productivité. », Michel Aglietta 
  • « La réussite d’une production repose sur l’attention prêtée aux détails. », David O. Selznick
  • « La possession de merveilleux moyens de production n’a pas apporté la liberté, mais le souci et la famine. », Albert Einstein 

 

0.jpgMise à jour 10 juillet 2014: Le mot "stress" apparaît de nombreuses fois dans cet article.

Ce qui le génère, c'est souvent le trop plein, un sentiment que même en allant plus vite, ce sera toujours être en retard.

Alors, il y a le "lean management", littéralement "management maigre".

"Le lean est une méthode de management qui vise l’amélioration des performances de l’entreprise par le développement de tous les employés. La méthode permet de rechercher les conditions idéales de fonctionnement en faisant travailler ensemble personnel, équipements et sites de manière à ajouter de la valeur avec le moins de gaspillage possible."

Encore mal connu et quand il est connu, mal compris dans la manière de le pratiquer et de l'installer.

Rationaliser le travail, fait peur car il sous-entend réduction de personnel. Cela peut être vrai quand il n'y a pas assez de tâches à accomplir, mais cela peut aussi apaiser ceux qui le pratiquent en bonne connaissance de cause.

Supprimer les "overheads" (les surcharges), les "pitfalls" (les pièges), les gaspillages de temps, les failles des processus, le "nice to have" mais qui n'apportent que du temps perdu. Établir des "workflows" raisonnables.

Rester efficace, c'est faire passer le message de haut en bas de la hiérarchie et en faire comprendre l'intérêt sans imposer.  

Donner la parole aux gens qui sont le plus proche du terrain et qui connaissent par l'expérience ce qui ne va pas. Rationner les déplacements.

Les budgets ne suivent plus, alors il faut convaincre les cadres et réinventer l’œuf de Colomb;

Certaines entreprises le pratiquent mais n'ont pas eu de concertations avec la base comme BPost et ses différents plans du logiciel Georoute. Cela a générer des grèves à répétitions. Les incidents peuvent exister. Sauter la hiérarchie, pour aller plus vite et remonter au sommet, doit être accepté.

Les dysfonctionnements sont seulement à proscrire sans délais. 

 

Mise à jour 5 août 2014: On apprenait dans la semaine que le chômage des jeunes était en chute libre. 7% par rapport à l'an dernier. En cause, une amélioration du climat économique.

Aurait-on amorcé le virage? D'après les commentaires, ce ne semble pas totalement le cas. L'élastique s'est retendu dans l'autre sens chez les travailleurs de plus de 50 ans.

Une autre article au sujet de Aldi pose question. Révélateur d'un phénomène de semi-esclavage, il suit le slogan "Tous unis contre la vie chère" d'un concurrent, diffusé sur les antennes radios.

Le discours "biblique de la société: "Vous souhaitez montrer ce que vous avez dans le ventre ? Vous voulez faire bouger les choses ? Développer vos propres idées tout en ‘pensant entreprise’ et mettre efficacement vos idées en application ? Vous êtes fait pour être responsable régional des ventes à Aldi Sud.”.

On semble avoir oublié que "rêver pour travailler" peut aussi apporter des idées géniales.

Dans les magasins, les caméras mobiles y sont installées dans les espaces de vente et dans les lieux où il n’y a aucun contact avec les clients sans aucun panneau d’avertissement.

Les caméras de surveillance ont envahi les rues et ont rendu la vie privé illusoire. 

La productivité quand elle est poussée dans des extrêmes, elle passe la ligne rouge. Le prix des choses donne du souffle mais est aussi une barrière.

 

Les premiers responsables restent les clients-consommateurs.

 

15/06/2014

Le progrès, c'était mieux avant?

Le vendredi 28 février, c'était le titre et la question posée lors de l'émission de Taddei "Ce soir ou jamais". Aujourd'hui, le progrès, un mieux ou moins bien que par le passé. Un sujet qui a plusieurs facettes, vu et revus par des invités de partisans et de contradicteurs. En faire un résumé et en tirer les déductions s'imposent.

0.jpgDéfinition: Le terme de progrès (issu du latin progressus) est une notion quantitative, l'action d'avancer et qualitative, l'amélioration de quelque chose.

La question: Le progrès a-t-il été plus efficace avant?

Au début du 20ème siècle, de multiplies inventions ont révolutionné notre manière de vivre: la mobilité de l'information et des gens par les voitures, les communications radios ou télévisées, les soins par la médecine...

Oui, je me souviens j'avais réagi à quelqu'un de manière assez vertement en 2010: L'absence de progrès peut nuire gravement à la vie et il m'en avait voulu, à fond la caisse du fond de sa campagne en Chine..

Aujourd'hui, ce ne sont plus que des moyens de communications qui manquent. Les portables permettent même de communiquer par les ondes téléphoniques, numérisées par internet. La médecine évolue toujours aidée par les technologies.

Lors de l'émission, quelqu'un disait qu'il n'y a plus d'innovations majeures depuis 1950 quand est sorti les ordinateurs du champ de l'originalité.

Innover, oui, mais comment? un article et une question qui garde son pesant de cacahuètes.

"L'absence de progrès peut nuire gravement à la vie", un article prometteur d'un contact dur avec celui qui ne voit que les aspects négatifs aux progrès.

Y aurait-il un déséquilibre entre les plus et les moins du progrès?

Un progrès qui devenu trop linéaire, oublierait sa résilience et sa dynamique?

L'énergie fossile a pu, très longtemps, organiser les progrès. Si elle n'avait pas existé, ce serait le bois des arbres qui auraient pu plus en souffrir. Les plastics qui ont la même origine, ont apporté leurs bienfaits tandis que leurs déconvenues ont suivi quand ils se sont retrouvés dans la nourriture que nous consommons à partir de la chaîne alimentaire. 

Cette énergie fossile arrive en phase de déclin. L'alternative du nucléaire de fission a eu aussi d'énormes déboires à son compte. Fukushima a été au paroxysme de ces derniers. 

La chimie est arrivé à ses limites. Les nanotechnologies ont dépassé le cap des molécules et des atomes. 

La longévité de la vie n'a fait que s'affirmer alors que la qualité de vie en bonne santé a commencé à stagner.

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Les OGM ont fait des dégâts sur les abeilles et on s'attend à ce qu'il aient une phase de restructuration pour espérer une remédiation.

Un milliards de personnes en mangent pas bien dans le monde. La recherche qui repose sur des techniques simples, a pris du recul.

Ce qui freine le progrès, est devenu ce qu'on appelle le "principe de précaution".

En 2012, dans le domaine de la vaccination, ce principe de précaution aurait fait baisser l'espérance de vie des femmes enceintes.

Quand l'espérance de vie augmente de six heures par jour, l'idée de progrès reste quantitative et pas toujours qualitative. L'allongement de la vie a bien fait son travail, mais il est évident, que la qualité de vie n'a pas suivi dans les mêmes proportions et que cette qualité est en passe de stagner.

En résumé, nous vivons plus longtemps, mais pas nécessairement mieux. Les maladies de la dégénérescence sont toujours bien présentes comme la maladie d’Alzheimer et d'autres maladies qui partent du cerveau. Le cancer qui n'a pas encore trouvé de répondants curatifs dans toutes ses formes.

L'humanisme aurait-il perdu une chance par ses dérives polluantes?

Faire mieux, améliorer la vie, avec ce qu'on a et au besoin même avec moins, est devenu une méthode rationnelle qui se base sur le rationnement quand les ressources diminuent. Mais que faire avec ceux qui n'auraient pas eu la chance d'être amélioré à temps, avant le coup de frein?

L'avancée du progrès doit-il, d'office, s'accompagner d'un recul?

 

L'eugénisme, à proscrire ou à encourager?

Le progrès a réduit les contraintes et augmenté les conforts.

Certains ont une tendance à idéaliser le passé ou au contraire, le misérabiliser.

"Tout dépend de la personnalité de celui qu'on force ou qu'on incite à aimer le progrès. Quel progrès et pour qui? Difficile de généraliser cette notion. Contrôler sa propre vie n'est pas facile, pourquoi évaluer le progrès le serait-il? Ce serait un choix qui serait de monter sur sa vague ou de se laisser emporter par elle.". 

Des phrases et questions se mélangeaient les pinceaux. 

Nous sommes dans une époque pendant laquelle les ingénieurs sont les plus prisés. La technologie écarte la guerre, mais la prépare aussi. Le Ying et le Yang, une nouvelle fois?

La biologie arrive à manipuler le vivant pour le corriger dans ses erreurs. L'eugénisme en serait l'extrapolation non désirée.

Tant que la recherche reste désintéressée et même, à la limite, "irresponsable", pas trop de problèmes.

Mais, rien n'est neutre.

"Garder à l'idée de ne pas laisser de dettes aux générations suivantes."

Faut-il mettre le luxe en veilleuse ou laisser les enfants découvrir par eux-mêmes ce qui sera leur présent et leur futur par leur propre évolution comme les générations précédentes ont dû le faire dans la course relais précédente?

"Vivre plus longtemps rend plus intelligent?", lisais-je.

Il est vrai que prendre le temps de réfléchir à soi et sa manière de vivre a permis aux travailleurs d'en avoir plus, de chercher du plaisir et du bon temps. Mais le temps, cette flèche du temps, suit le mouvement et le stress accompagne une vie qui se veut active et trépidante.

"Rencontrerons-nous des problèmes insolubles? Aurons-nous de limites au progrès?"

Pas beaucoup.

La science s'occupe de tous les coins perdus de la connaissance. Les expertises se retrouvent là où on ne les imaginent pas.

 

La machine a créé peu d'emplois 

0.jpg45% des activités pourraient être déjà remplacé par des robots. Ce qui crée une psychose, une organisation de la peur des machines qui pousse à aller vers l'étrangeté comme si les hommes restaient sur place sans progresser eux-mêmes.

Le progrès donnent toujours des alternatives.

Créer du chômage est presque naturel. Toutes les professions peuvent être obsolètes un jour. On ne revient pas dans le passé et celui-ci n'est pas une référence pour tout.

Les robots rendent le prix du travail à près de zéro. Mais le prix de la matière première augmente puisqu'elle se raréfie et que les idées se complexifient en se rationalisant pour rendre les actions plus efficaces.

0.jpgNon, nous ne sommes pas esclaves des moyens pour atteindre une fin non définie.

Si la technologie améliore tellement notre vie, pourquoi travaillons-nous encore aussi dur?une question qui n'est pas dénué de sens.

La réponse donnée, la diminution du temps de travail n'est pas applicable dans tous les cas de figure. Écourter le temps de travail demande des aménagements et de donner un remplacement et des alternatives. Les employeurs ne raccourciront pas le temps de travail de leur propre chef si les travailleurs n'ont pas la possibilité ou la volonté de restreindre leurs activités professionnelles. 

D'autre part, une fonction manuelle n'a rien de comparable avec celle d'un intellectuel.   

0.jpgOn achète des comportements par l'image qu'ils donnent, pas par leur valeur intrinsèque qu'ils fournissent.

Les entreprises qui roulent sur la vague internet et du virtuel, ont dépassé en valeur boursière, celles de l'industrie lourde.

"La conscience est perdue par le productivisme?"

Pas si la Terre ou la nature jouent l'intermédiaire et en décide autrement.

Avoir l'esprit numérique, c'est disposer de données, de matières, et d'espérer atteindre un but défini dès le départs d'une série de processus.

Pas de panique ou peut-être ayons une certaine peur car il y a tellement de moyens de détourner les processus pour atteindre ce but. Celui-ci peut aussi évoluer avant d'arriver in fine en fonction de paramètres qui n'ont pas été compris au départ. Quant aux algorithmes du processus, il reste dépendant des ressources disponibles.

"Le progrès donne plus d'intelligence? "

L'intellectuel aurait moins de problème pour réaliser le remplissage des trous de liberté. Les manuels auraient plus souvent une allergie aux changements et en deviendraient critique pour moins que ça. 

"Changer de paradigme ou de paradis?"

Chercher sa parade au progrès peut tendre vers cette extrémité mais pas sans biscuits. Des amalgames? Non, les concepts sont liés comme peuvent l'être les erreurs d'évaluation des besoins.

"Vite la décroissance?"

Il parait qu'on l'a déjà vécue dans le passé, la civilisation de la décroissance. Avant les années 1600, les Indiens d'Amérique ont eu à subir des envahisseurs qui, comble de malheur, ont emporté avec eux leurs microbes. Les Indiens ont été décimés. De 20 millions, la population est tombée à 9 millions à cause de l'immunité perdue.

"Alors, il y a eu la Renaissance, les Années lumière. Et l'avenir qui s'écrivait pour l'améliorer."

...qui ont abouti à ce que les jeunes regardent des jeux vidéos pendant des heures, des écrans abrutissants. Ce qui aurait, d'après les analyses, un impact minime. Oui, mais...

"Le progrès, tout le monde y gagne, sauf les perdants."

La Chine a inventé la poudre, mais pourquoi n'ont-ils pas compris qu'on pouvait faire autre chose avec elle que des feux d'artifices. Il y a-t-il vraiment des baffes qui se perdent?

"Le virtuel est plus important que le réel?"

Les rapports entre les hommes sont devenus inédits. Ils ne se font plus face à face mais par écrans interposés.

Internet est une utopie à cause de, ou grâce à l'interactivité, qui a été à l'origine de la désocialisation de la population et de sa gratuité. Son côté marchant est occulté. La pub est là, elle nous bichonne la besogne à nous dire ce qu'il faut acheter ou non. La liberté du choix ne serait plus accordée face aux déluges de bourre-crânes qu'elle offre?

 

0.jpg"Internet rend plus intelligent" 

Si on le veut bien ou si on le vaut bien.

La capacité existe, mais demande un effort d'analyses et de concentration pour rester maître de son destin.  

Sam Pitrodaphysicien de formation, homme aux 100 brevets, a consacré sa vie aux télécommunications, inventant l'agenda électronique et le portefeuille virtuel, révélait qu'il voulait faire de l'innovation le moteur de la croissance indienne.

Il disait lors d'un interview : "Internet a bouleversé nos vies par la socialisation, le commerce, l'éducation, la santé et ... gouverner. Le Web contraint à faire de l'innovation une priorité. Partout dans le monde, la pauvreté économique est liée à la pauvreté de l'information. Celle-ci est un moyen de reconstruire le monde qui est obsolète, d'après lui. Les enfants grandissent dans un éco-système différent. Une éco-système qui permettra de d'avoir plusieurs vies dans une seule. Plus besoin de mémoriser l'information mais de l'utiliser au mieux. La technologie n'est que l'outil. Il nous manque à tous, le comment apprendre à travailler sur nous-mêmes. Dans l'éducation, ce serait plus un mentor qui accompagne, qu'un professeur qui serait nécessaire pour apprendre grâce à la motivation, le temps et les contenus. Il faut changer de perspective pour que les meilleurs cerveaux travaillent à résoudre aussi les problèmes des riches et des pauvres. Le modèle américain de cycle de consommation court n'est pas tenable pour toute la Terre. La gouvernance de demain sera décentralisé et participative. Le drame des 'business schools', c'est d'apprendre à extraire la valeur et pas de la créer par vous-même.".

L'Inde, un continent à lui-seul, presqu'un autre paradigme.

Le modèle présenté par Pitroda serait fondé sur la simplicité, l'accessibilité, la satisfaction des besoins essentiels, la confiance et la non-violence pour sortir de la pensée antagonique du socialisme et du capitalisme. Et quelque part, on y trouverait un nivellement par le bas que l'on aimera ou détestera en Occident.

Tout dépend de l'endroit où est fixée la ligne de départ. La ligne d'arrivée n'en sera que plus ou moins lointaine.  

"Les savants sauraient tout, mais ne comprendraient rien? L'amour, les sentiments seraient ce qui reste à l'homme comme dans un jackpot?"

C'est vrai que vivre d'amour et d'eau fraîche, on s'en fatigue très vite, aujourd'hui.

Dans le fond, en occident, on aime les problèmes. On aime ce qui est complexe et la diversité qui apporte ce trop plein d'entités et d'unicités dans un flux incessant.

Investir dans les échecs, c'est exactement ce que fait la nature et l'évolution, ce qui explique pourquoi il y a des chaînons manquants. Assumer ses échecs, c'est souvent une question très peu personnelle.

"Platon a donné une parabole au progrès en parlant de l'écriture qui serait le remède aux trous de mémoire. Ce qui aurait fait perdre l'envie de retenir par cœur."

Exactement, ce que préconisait Pitroda.

"Mais comme les écrits ou les livres traversent les temps, il est certain que ce progrès-là n'a pas été une erreur de parcours."

Le commentateur "Referendamus" écrivait à la suite d'un débat sur Google: "On a connu l'âge de la pierre, l'âge du feu, l'âge du fer. Chaque fois, l'Humanité a progressé, enfin, disons que chaque fois, elle s'est éloignée un peu plus du règne animal; cela, personne ne le contestera. Est-elle devenue plus "humaine" pour autant ? C'est un autre débat. Une chose est sûre, ceux qui maîtrisaient le feu et le fer pouvaient se forger des armes en acier, et disposaient donc d'une immense supériorité sur les autres. Aujourd'hui, en quelques années seulement, nous sommes entrés dans l'ère de l'information de plain pied. Avec Gutenberg et l'imprimerie, nous y étions déjà, mais la capacité de transmission de l'Internet donne à l'information une toute autre dimension. L'information est le troisième composant de l'Univers avec la masse et l'énergie; contrairement aux deux autres, elle se garde et se réplique sans effort. Ceux qui maîtriseront l'information auront aussi une immense supériorité sur les autres.".

Google, un progrès? Absolument. Mais comme pour tous les progrès, comme en tout, il y a toujours un aspect moins positif. On veut faire le bien, mais pas toujours pour tous et avec la même intensité. Y aurait-il une entreprise humaine qui serait destinée aux bénéfices de chacun? Non, l'entreprise profite à ceux qui sont, avant tout, à l'intérieur de l'entreprise. 

 

0.jpgL'usine à rêves de Google

Chez Google, le moteur de recherche est bien loin des projets de demain.

Mais parler de Google comme d'un moteur de recherche, c'est comme parler des hommes de la préhistoire.

Google a des projets dans tellement de directions...

La division "Google X" sous la direction de Astro Teller a un budget presque illimité pour inventer le progrès. Page dit "Nos investissement en R&D (7 milliards de $) sont trop modestes comparés aux bénéfices (13 milliards de $)". Alors, on lance des idées farfelues de science-fiction et puis on calcule les chances d'aboutir.

Connecter la population mondiale hors internet? Le "Project Loon" va y répondre avec des montgolfières stationnées dans la stratosphères. Le Wifi se charge du reste. 'Multiplier la capacité des batteries par dix, on les avions électriques pourraient prendre vol".  

Ces rêves sont-ils des progrès?

"Un projet ne réussit que s'il améliore la vie. L'objectif est de supprimer la technologie, pour la remplacer par une autre qui ne perturbe pas la vie en suivant la philosophie des voitures autonomes", dit Teller, quasi anti-technologiquement vôtre.

0.jpgOn apprenait en même temps, que les ventes de tablettes s'essoufflaient à cause de la concurrence des smartphones et du fait, que les possesseurs de tablettes ne voyaient pas l'intérêt d'en changer. 

La révolution digitale est en marche mais avec une certaine logique. Si tous les secteurs sont impactés, elle réussira vraiment quand elle combinera l'offline avec l'online. Le facteur humain a été oublié alors qu'il reste complémentaire. 

Le dilemme qui existait de rendre les appareils de plus en plus petits et qui ne permettait plus d'être actionné efficacité par les doigts humains, est en passe de se résoudre par l'agrandissement des écrans et l'abandon de la recherche de la miniaturisation à tout prix.

 

La conclusion du débat de l'émission "Ce soir ou jamais" se divisait en trois parties:

  • Le progrès permet de vivre mais ne dit pas comment vivre.
  • Il libère mais ne dit pas que faire de la liberté.
  • Il rend la vie confortable mais ne rend pas nécessairement heureux.

 En fait, la question de départ était mal posée.

Le progrès n'a jamais été mieux ou pire qu'avant. Tout a toujours dépendu de celui qui y a trouvé ses propres avantages au travers des déconvenues du progrès de son époque.

Les nouveaux y ont trouvé toujours plus d'avantages que les anciens qui ont eu la nostalgie d'une époque dont ils ne se souviennent que des bons côtés de leur jeunesse.

"Nous devons réfléchir au prix du progrès", disait Luc Ferry dans le Vif en parlant de son livre "L'innovation destructrice";

Innover n'est pas un progrès à coup sûr, même si améliorer via l'innovation est vital.

Dynamiser l'invention sans créer des désastres économiques et politiques, n'est pas une équation à deux inconnues.

L'innovation rend de toutes manières obsolètes tous ce qui a précédé dans un domaine donné.

Dès lors, trouver des innovations utiles et non futiles qui viendraient au détriment des libertés de choisir son mode de vie, sont à proscrire.

Rendre les bénéfices durables, c'est apprendre à discerner ce qui apportera des bénéfices à toutes entreprises humaines. Le principe de précaution, sacralisé en Europe, n'a jamais apporté pas le risque zéro. 

La logique keynésienne est dépassée par sa droite et s'est vue rectifiée par Joseph Shumpeter.

Les valeurs traditionnelles s'effacent devant différents tsunamis du soi-disant "progrès".

Combien de fois, n'avez-vous pas eu des gadgets vendus à grands renforts de publicités et avec l'aide du marketing comme des révolutions et qui, à l'usage, se sont révélés des marches arrières? La poudre aux yeux se transforme, ainsi, en poudre au ventre avec des coliques en prime. Une balance carrée entre progrès estimés et bénéfices globaux est à faire.

Le voiture a été une révolution. Les 4 roues l'ont stabilisé pour la sécuriser. Ceux qui y ont apporté des vitesses qui ne peuvent l'exercer en temps normal, sont entrés dans l'erreur par le goût de la frime, si on ne parvient pas à sécuriser la route en conséquence. La voiture sans chauffeur pourrait apporter la révolution si elle sera capable d'éviter les collisions.  

Le 2 juin dernier, Apple, considéré comme une société innovatrice, proposait des innovations de IOS 8 mobile. Quels sont les réels progrès qui devraient changer le monde et ce qui ne sont que des gadgets?

  • Healthkit, avec des fonctionnalités liées à la santé en donnant un aperçu de vos conditions physiques. 
  • L’application Plans avec des fonctions pour améliorer la productivité des entreprises 
  • le stockage de iCloud plus pratique
  • Possibilité de multi-fenêtre sur iPad avec un clavier intelligent et interactif
  • le partage des applications au sein d'une même famille
  • Nouvelle Apple TV

Un commentaire répondait "Comme toujours, Apple mise sur son excellente communication pour faire passer des choses existantes pour de l'innovation".

Apple a beaucoup de cashflow. Récemment, la société a racheté Beats, la société de musique en ligne par streaming, pour 3 milliards de dollars.

L'annonce de 800 millions d'appareils mobiles vendus avec 130 millions de nouveaux clients dans l'année, une preuve que les progrès potentiels ne font pas peur aux utilisateurs.  

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Moralité: Rester toujours au milieu du gué à se demander s'il vaut mieux continuer vers l'avant ou se préparer à faire demi-tour, est un faux problème. Ce serait une perte de temps que de le penser. Qui n'avance pas, finit toujours par reculer. La physique ne démontre pas que la flèche du temps ne peut pas revenir à son point d'origine, mais tant que le temps ne va que dans le sens de la marche avant... il vaut mieux avoir de l'avance à l'allumage.

Avec humour de Laurence Bibot, aimer le progrès cela sera parfaitement sous cette forme:

podcast

Et en chanson, avec Alain Souchon 




 

L'enfoiré,

 

Citations: 

  • « La tradition, c'est le progrès dans le passé; le progrès, dans l'avenir, ce sera la tradition.  », Edouard Herriot 
  • « Pour que la loi du progrès existât, il faudrait que chacun voulût la créer ; c'est-à-dire que, quand tous les individus s'appliqueront à progresser, alors, l'humanité sera en progrès.  », Charles Baudelaire 
  • « Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale.  », John Fitzgerald Kennedy 

 

0.jpgMise à jour 8 juillet 2014: Deux articles de l'Echo. s'entrechoquaient. Celui d'un économiste qui déterminait selon son point de vue "Les véritables sources de prospérité" et l'edito de Martine Maesckalck, rédactrice en chef de l'Echo, qui titrait son billet "Quand la création devient destructrice" et dans lequel est faisait allusion au livre de Ferri dont j'ai parlé.  

Tous les deux ont raison et tort à la fois. Tout dépend de la formation.

Pour l'économiste la crise financière semble très complexe mais en fin de compte, la misère découle d'une gigantesque chaîne d'argent.

Les sources de la prospérité sont dans un jeu de casino. La croissance de la prospérité ne vient pas de paris toujours plus grands, mais de progrès technologiques. La Chine doit encore y faire ses preuves. Elle qui a injecté des centaines de millions d'ouvriers dans l'économie globales comme des fourmis dans une ruche dont ils ne connaissent pas les finalités.

Près de 3 milliards de mains d'oeuvre, d'actifs avec des rendements marginaux qui atterrissent par la décroissance obligatoire sans l'évolution dite "moderne".

Nous évoluons avec la science économique tel qu'il y a cinquante ans. Les progrès sont passés par le pétrole, l'électricité, l'électronique, le nucléaire, la biologie.

Les années 80 reprenaient le flambeau avec l'intelligence, les connaissances, les services en éliminant progressivement l'industrie lourde. Cela permet d'aborder la compétition et les concurrences sans monopole.

Les connaissances sont d'abord propres, brevetées mais elles trouvent un levier avec lesquelles elles s'intègrent dans une connaissance internationale. Le coût de la R&D en est diminué puisque partagé.

La création est destructrices d'emplois obsolètes par nécessité, par obligation pour exister. 

08/06/2014

L'esprit de famille

Avoir une petite ou une grande famille... Avec le mot, "famille" s'associent d'autres mots et des événements qui, à des moments de réflexions, excluent tout le reste.

0.jpgLe 8 avril dernier, le billet de Thomas Gunzig parlait de familles et de l'esprit qui en découle.

podcast

"Beau et ample sujet que celui-là", me dis-je.

Il commençait par rappeler que Douglas Coupland disait que "toutes les familles sont psychotiques". Pour rappel, l'œuvre de Coupland aborde les difficultés de la vie portée par la saturation des médias, l'absence de valeurs religieuses et l'instabilité économique.

Thomas continuait par dire que "vu de l'extérieur, les familles avaient l'air d'un truc plutôt chouette en théorie, quand on en fait partie mais quand on prend un peu de recul,  on ne peut dire que sa famille, dans le fond, la famille est un truc super bizarre. Les jalousies des uns et des autres, les rancœurs, les non-dits, les têtes de Turcs, les affreux petits secrets qui sentent la crotte, les manipulateurs, les manipulés, les dominants, les dominés, les maîtres-chanteurs, les colériques, les sadiques, les apathiques, ceux qui se plaignent, ceux qui se vantent, les jamais contents, les idiots... C'est comme-çà, chez les Gunzig, chez tout le monde. Mais, rares sont ceux qui en parlent.".

Mon dernier eBook, lui, "Le fauteuil blanc" était une histoire de famille. Je ne vais pas la résumer pour la déflorer. Vous n'avez qu'à lire.  

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La famille m'avait inspiré une autre histoire humoristique intitulée "Les voyages qui forment la jeunesse mais aussi le jeûne". Il y était question de la difficulté des contacts intergénérationnels entre grands-parents papy-boomers, enfants et petits-enfants. 

En d'autres mots, il est bien pratique de voir le monde au travers du prisme déformant de la famille, mais parfois bien difficile à le digérer.

Dans les familles, les liens familiaux se ternissent parfois même sans le vouloir lors de retrouvailles planifiées "à dates fixes" comme des anniversaires,  Noël ou "à dates aléatoires" comme les naissances et les enterrements. Ces retrouvailles seraient-elles des "maladies chroniques"? 

Ne pas parler des points négatifs, des choses qui irritent, est la solution de facilité pour que ces retrouvailles soient une réussite "solidaire" avec, au menu, le temps qu'il fait, les dernières vacances, les rencontres... Enfin, tout cela en les survolant, mais jamais à quatre pattes et sans creuser trop profondément. 

Thomas soufflait encore que "dans les familles tordues, bizarres, mieux valait pour ses membres, partager ses souffrances quand elles existent, c'est déjà mieux que de les souffrir seul et en silence. La famille 'bizarre', si elle osait parler à une l'autre famille "bizarre", elle se sentirait aussi moins seule à être bizarre et par là, plus normale.".

Oui, Thomas, t'as peut-être raison, mais là encore, faut pas exagérer et espérer que l'on trouve des solutions à la quadrature du cercle.

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La Question Royale

Dans ces propos de base, Thomas voulait illustrer la "grande et belle famille royale belge", comme modèle, mais calait en fond de cale du yacht de Papa, Albert.

Dans ce genre de famille haut de gamme, il est une obligation à être ce que le fils hérite de papa, parce que le grand-père l'a transmis ainsi à son propre fils. Ce n'est même pas du népotisme qu'il faut mettre en avant.

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En vacances, papa Albert en second du nom, croupissait, en "has been", sur son bateau et n'avait pas jugé bon de venir, trop vite, au chevet de son fils, Laurent.

N'avait-il pas marre des problèmes de sa grande famille, même si celle-ci est sacrée?

Ou alors, se disait-il "apprenez, maintenant que je suis loin et que vous m'abandonnez, que ma présence avait plus importance que mon absence".  

0.jpgPuis, il y a eu la lettre de Mama Paola qui elle voulait expliquer son amour pour son fils Laurent.

Son autre fils, Philippe, devenu Roi, n'a pas aimé et a viré celui qui avait mis en musique, les paroles de Mama.

Sans le dire, Papa Albert, avait gardé le personnage sous ses aisselles.

Faudra, entre les deux Rois, un R.O.I., un Règlement d'Ordre Intérieur" et un ombudsman que l'on appellerait pour l'occasion "RoiBusMan". 

Cerise sur le gâteau, voila que Papa et Mama décident de parler de confidences, à la chaîne privée RTL-TVI.

"Le roi doit toujours être retenu", bien sûr.

0.jpgVendredi, Papa fêtait ses 80 ans et il a peur que sa mémoire flanche, peur de ne plus savoir très bien où vont les affaires de famille. Il essayait seulement de s'en rappeler avec un journaliste même si cela faisait remonter des souvenirs pas trop à la bonne hauteur de l'événement. Ces putains de journalistes grattent vraiment toujours là où ça fait mal avec leurs questions idiotes. Celle de la parenté avec Delphine Boël n'a pu être évoquée par le fait que l'affaire était en justice.

Jeudi, Laurence Bibot remettait cela au jour avec l'accent de l'emploi.

Et si les deux Rois se donnaient rendez-vous pour le prochain 20 kms de Bruxelles comme Philippe l'avait fait dernièrement? 

0.jpg"Un Roi ne s'use que si on s'en sert", écrivais-je. Avec l'âge, il faut garder les neurones en éveil pour faire un bilan d'une vie. Sire, qu'attendez-vous pour écrire un bouquin avec le titre "Mémoires" comme l'avait fait Jean-Luc Dehaene?

Quand la retraite sonne, pour ne pas se faire trop de mourrons, il faut préparer sa sortie avec un certain challenge en choisissant la bonne porte. C'est-à-dire que si on ne se sent plus dans le coup, il faut chercher d'autres arguments, d'autres artifices pour exister avec son passé.  

0.jpgSi "On ne lave pas son linge sale en famille", ce n'est pas non plus chercher à le laver plus blanc que blanc avec la 'lessive au schmilblick' de Coluche. Le problème, c'est que souvent le linge sale, on le maintient au placard jusqu'au moment où le placard déborde avec des odeurs nauséabondes. Et là, on se retrouve mal pris à l'ouverture dudit placard.

La famille, un sacré problème à devoir l'assumer quand elle atteint des dimensions inattendues et qu'il faille remonter le fil, bout à bout, jusqu'à la source.

Après Béatrix des Pays-Bas, Albert II de Belgique, Juan Carlos vient d'abdiquer, des bouts qui se ressemblent.

 

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Parler de familles, c'est aussi parler de la démographie belge et mondiale

En Belgique, il y a en moyenne 1,8 enfants par couple. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, les couples ont des partenaires divers et que la multiplication des rencontres fait que les familles s'agrandissent et ne font plus partie des statistiques par entités. Les mœurs ont changé avec la modernité.

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Au dernier recensement, la population belge s'élève à 11.190.649 habitants avec une légère majorité de femmes. Plus de célibataires, moins de mariages et plus de divorces. 

Dans le même temps, on apprenait que nulle part ailleurs dans le monde, on ne divorce plus qu'en ... Belgique. Le pays serait champion du monde en matière de divorces avec 71 divorces pour 100 mariages, d'après Wikipedia. Cuba serait le premier pays non-européen à figurer en haut de ce palmarès, alors que, le Chili ronronne avec un taux de séparation de 3%.

Début avril, Monsieur Météo de la VRT, avait osé pousser un message qui disait que deux enfants par famille était mieux pour l'environnement. Il s'était vu remis à sa place avec les mots explicites "qu'on ne s’immisce pas dans la chambre à coucher des autres". 

L'idée de limiter le nombre de naissances reste tabou.

Pas touche en dessous de la ceinture.

Pourtant, assumer une nombreuse famille n'est pas une sinécure en période de basse conjoncture, indépendamment des allocations familiales ou des réductions pour familles nombreuses si l'on veut que la qualité de l'enseignement prime à la quantité. Il y a toujours quelqu'un qui paie plus que l'autre. Etre solidaire et avoir un "air solide" demandent de fameuses bonbonnes d'oxygène pour être maintenues en état. 

Quant à penser à devoir donner quelque chose aux plus jeunes, de se le refuser pour soi-même, de se voir reprocher par eux le fait qu'ils n'ont pas eu les mêmes avantages que la génération précédente a eu, çà commence vraiment à bien faire. Y en a marre. 

- "Allez dans votre chambre, les enfants, et ne me dérangez plus. Pour une fois que j'ai du temps libre, vous n'allez pas me le voler", une phrase qui existe aussi dans cette modernité forcée. 

Qui garde la charge réelle et se retrouve en porte-à-faux? Répondre à cela frise l'indécence sans même s'en rendre compte.

0.jpgC'est évident qu''on devient plus individualiste dans une famille sans enfants. On vit "sa" vie. Dans le cas contraire, il faut tenir la galère sur des flots tumultueux.    

Ne pas avoir de famille ou en avoir une rikiki, peut soulager un peu et, il est vrai permet de se regarder plus en version unique dans le miroir. Sans organisation, dans une grande famille, cela peut devenir la bérézina assurée.

Vendredi était un jour de commémorations des événements de la deuxième guerre, le D-Day. Le message principal serait de recréer le monde en mieux après l'avoir analysé.

Les jeunes ont ce devoir comme chaque génération se doit de le faire. C'est alors que j'ai lu le billet d'un jeune français de 24 ans qui n'avait pas compris mon intervention à sa juste mesure, qui faisait des extrapolations du passé sur le futur fixé par une destinée funeste. Un conflit de générations a été évité.    

Pour trouver le pourquoi de la destinée, il faut remonter plus haut qu'à la source première, aussi bien dans le cas de "sans famille" et de "cent familles".

0.jpgAux États-Unis, le jour du Thanksgiving est considéré comme le repas de l’Action de grâce. Cette fête est célébrée en famille autour de grands dîners, traditionnellement composés d’une dinde, animal tout juste découvert par les premiers Européens dans le Nouveau Monde. Le nom de « Thanksgiving » évoque des cuisines odorantes et de grands placards à provisions pleins de bonnes choses, mais est aussi une fête religieuse avec messes et prières dans des Etats-Unis, croyants à 80%. La veille de ce jour, les associations distribuent des repas aux personnes "sans domicile fixe" dans les grandes villes.

La religion distingue et favorise, le plus, le besoin de créer une grande famille plutôt qu'une maigrichonne comme la Genèse en donne la preuve

Chez les "sans famille", à Noël, il n'est plus question de penser à réunir toute la famille. Les traditions sont ailleurs. Dans leur cas, la cuisse de poulet est dégustée dans l'intimité, cuisse après cuisse, blanc de poulet, au mieux avec des amis choisis pour Noël. Les "sans domicile fixe" se retrouvent dans des foyers d'accueil.

La différence entre les amis et la famille, c'est que les amis peuvent être éjectés sans aucune autre forme de procès et sans de risque de les retrouver lors des héritages.

Chez les hommes, la natalité suit les règles de la nature mais, pas à dates fixes, au printemps, comme pour les autres. 

0.jpgQuant à la population mondiale, certains pensent qu'elle croît à un tel point qu'on ne pourrait plus la nourrir.

Parler des sept milliards d'humains, grâce à la médecine qui a prolongé la vie, allongé l'espérance de fertilité, penser à l'insémination artificielle, il y a un problème majeur de surpopulation sans parler des magiciens qui pensent même arriver à la vie éternelle avec les molécules miracles, comme la metformine qui apporterait de l'oxygène aux mitochondries.

Dans le monde, la progression des populations continue, galopante

Le bébé qui fera franchir à l'humanité le seuil symbolique suivant, a plus d'une chance sur deux de naître en Asie. selon le démographe, responsable de la communication scientifique à l'Ined, Gilles Pison.

"Chaque jour, il y a 365.000 nouveaux-nés, dont 57% en Asie, 26% en Afrique, 9% en Amérique latine, 5% en Europe, 3% en Amérique du Nord, et moins d'un pour cent en Océanie", a-t-il détaillé.

Le cap des six milliards d'individus avait été franchi il y a six ans, en octobre 1999.

A l'époque, les Nations unies avaient organisé l'événement en choisissant un enfant bosniaque. La Bosnie sortait alors d'un conflit de trois ans (1992-1995) qui avait fait près de 250.000 morts.

Qu'il s'agisse de l'endroit ou de la date, les démographes et politiques jouaient avec les symboles: "Le nombre des êtres humains est connu à quelques pourcents près, il est donc possible que le seuil de 7 milliards ait déjà été franchi il y a un ou deux ans, ou qu’il le soit dans un ou deux ansIl n’empêche, les tendances démographiques mondiales sont bien connues et permettent d’annoncer de 8 à 10 milliards en 2050", ajoutait l'Ined.

"Malthusianisme exagéré que tout cela", diraient ceux qui ont une nombreuse famille. 

0.jpgConstatation contredite par les Cassandre "Si tout le monde avait de grandes familles, la Terre deviendrait invivable. Il faut des familles plus réduites. Des familles qui réduisent volontairement ou involontairement leur voilure pour retrouver un équilibre. Pas trop, mais un peu et pas partout.".

La Chine, le pays connu pour ne pas être démocratique et pratiquer une politique malthusienne avec l'enfant unique par couple, a réduit sa population à 1,34 milliards d'individus dès 1990. Sans elle, ce serait 2,5 milliards de Chinois, qui seraient resté assez illettrés et sans ressources. La révolte, précédent le chaos, aurait peut-être déjà éclaté et elle ne serait pas devenue la première puissance économique mondiale. Elle a enrayé la démographie galopante avec une réserve de 2400 $ par tête alors que, de l'autre côté, la Grèce a une dette de 3000 $. Aujourd'hui, la loi sur 'l'enfant unique'  s'est assouplie. La raison principale a été l'effet pervers que la loi avait engendré. Les garçons ont été privilégiés au détriment des filles et, aujourd'hui, les garçons ne trouvent plus de partenaires féminins à marier puisque ce sont les filles qui ont été les premières victimes de cette loi inique.

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Le gouvernement allemand a choisi de payer ses travailleurs au minimum acceptable. Le pays attend des travailleurs carriéristes et espère trouver la main d'oeuvre au meilleur coût par l'immigration. Jamais les crèches et les facilités accordées aux femmes avec enfants n'ont été aussi mal loties, peu nombreuses et mal synchronisées avec les besoins.

L'emploi et le niveau de vie comme porte drapeau avec l'Etat qui n'est pas indépendant de cet état d'esprit. 

Les gouvernements allemands successifs, plus enclins à développer un esprit progressiste d'entreprise puissante, ont mis simplement l'assurance du futur des générations en veilleuse. Les enfants sont devenus un mal nécessaire avec une immigration de plus en plus nombreuse, créatrice d'un futur différent pour faire tourner la machine et remplir le manque à gagner dans les rangs de la jeunesse. Moins matérialiste à la base, plus familial, les immigrés se tournent comme leurs prédécesseurs vers le pouvoir de l'argent en conformité avec leurs hôtes, mais avec moins de vigueur destructrice.

0.jpgLes dégâts en sont de moins en moins transparents. Des statistiques prémonitoires préviennent de l'extinction de la souche allemande dès 2050. Un reportage reliait cette nouvelle conception d'une démographie trottinante, à une réaction opposée avec le régime hitlérien très désireux d'obtenir des progénitures très fournies.

Qu'on n'aille pas gratifier de racisme à bas étage en pensant garder une uniformité raciale du "bon allemand bien blond". La souche allemande fait, elle aussi, partie de la diversité. 

C'est enfoncer des portes ouvertes que de dire que c'est dans les pays les moins développés que l'accroissement des populations est la plus forte et que, dans les pays les plus avancés où elle régresse. La quantité a permis pendant tellement de temps de conserver une augmentation soutenue de populations face aux désastres, aux guerres et aux épidémies.

Il y a toujours la politique d'un pays qui entre en jeu dans le destin voulu au travers des familles et des pays.

Quand la population d'un pays augmente trop, il y a des problèmes surnuméraires qui se posent. Ce n'est pas une question de Malthusianisme, mais un problème de survie, de possibilité d'assumer un avenir prospère aux enfants, qui se posera tôt ou tard.

Les robots sont là pour la relève et le seront encore plus dans l'avenir, pour assumer les pensions des précédents. 

Une politique d'assouplissement de la possibilité d'adopter des enfants devraient se mettre en place pour que les familles qui désireraient vraiment avoir des enfants, puissent combler leurs désirs.   

0.jpgNous nous trouvions sur une route à double sens, sur deux bandes de roulage. Chacun sur la sienne. Une bande très chargée dans un sens pour l'un, une bande plus légère dans le sens contraire. Aucune contravention n'était à dresser dans les deux cas s'il n'existe pas une seule obligation à respecter de ne pas dépasser la bande blanche du milieu et à se serrer sur sa propre bande. Le malheur, c'est que plus on est sur une bande, plus cela devient difficile de serrer sur celle-ci. Pour ceux qui ne roulent pas, il faudra consentir à se laisser véhiculer, sans se laisser "rouler". 

L'instruction et l'éducation pendant l'enfance et l'adolescence forment un homme et les expériences peuvent les déformer. 

Il faudra que je me trouve un livre sur une grande famille. Je crois que je l'ai trouvé. Une compatriote qui a écrit "Une famille belge au fil du temps" (Rue Fontaine d'amour). Je vous dirai ce que j'en pense en commentaire.

 

La littérature et les films

Cela me rappelle presque cette histoire du livre "Sans famille" d'Hector Malot.

Une histoire bien belle qui ferait pleurer au premier sensible venu et qui parlait de "Rémi, l’enfant trouvé, vendu à un vieux musicien ambulant. Tous deux se retrouvent sur les routes. Rémi à la recherche de sa vraie famille. Il rencontre des personnages terrifiants, voleurs ou bourreaux d’enfants. Pour se consoler, il s’attache à des animaux, à un petit singe prénommé Joli-Cœur et Capi, un chien savant. Et, surtout, il se fait des amis.".

Puis, l'association de Jean-Luc Lahaye "Cent famille" qui ne raconte rien et qui rassemble les idées géniales à vivre ensemble dans un esprit de famille mais sans l'être avec un ADN identique. 

Chacun arrive toujours en fin de chaîne, quelque part. C'est un choix qui n'a rien à voir avec un choix de société et qui, au contraire, ne vise qu'à vivre sa propre vie, son particularisme, sans devoir la vivre par l'intermédiaire d'une autre mais sans, pour autant, penser naturellement au film "Seul au monde". Dans ce cas, le naufragé de l'espace pensait retrouver quelqu'un qu'il avait connu dans son passé, famille ou non. 

La morale de l'histoire pourrait être: "Chacun a un destin et une manière de le faire évoluer indépendante ou non".

L'esprit de famille, un thème infini dans les films qui sont passés récemment en télé à "Pièce montée" ,"Un heureux événement", "Ça va passer, mais quand?", "Les fées du logis"... et j'en passe et des meilleurs.

Une promenade écologique et naturaliste en photos, c'est fou, comme cela peut calmer l'esprit de famille...


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Nous ne discutons pas la famille. Quand la famille se défait, la maison tombe en ruine.  », Antonio de Oliveira Salazar
  • « Une femme qu’on aime est toute une famille.  »,  Victor Hugo
  • « Les repas de famille ne consistent pas à se manger entre parents.  », Jules Jouy
  • « On appelle cercle de famille un endroit où l'enfant est encerclé.  », George Bernard Shaw 

01/06/2014

OTAN suspend ton vol

"Un titre, une peu téléphoné, non? Derrière ce titre, il y a une histoire et une actualité avec des reflets dans le monde, mais aussi un déménagement du siège de l'OTAN à Bruxelles, une occasion d'en reparler, rien que pour remettre les pendules à l'heure et un dialogue entre deux interlocuteurs, un Français et un Belge...

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- Pourquoi l'OTAN est-elle venue dans mon galère communautaire belge?  demanda le Français.

- A l'origine, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord avait son siège, situé à Londres. Ensuite, ce fut à Paris, en raison surtout de sa position centrale et de ses moyens de communications. Initialement au Palais de Chaillot et ensuite, au 'Palais de l'OTAN", devenu l'Université Paris-Dauphine.  

- En France, nous sommes plutôt anti-OTAN. 

- C'est pour cela  que l'organisation s'est installée à Bruxelles tandis que son commandement militaire, le SHAPE, a déménagé de Rocquencourt à Casteau, près de Mons. A cause (ou grâce aux, c'est selon) des suites d'un concours de circonstances et de tractations qui ont dû être sévères. En 1967, la tension entre les Etats-Unis et Paris était palpable. De Gaule ne supportait pas le rôle des USA dans l'OTAN. Alors, l'OTAN pensa déménager de Paris à Bruxelles.

- Pour caser les bâtiments et les forces armées de l'OTAN?

- De Versailles, ce fut le SHAPE à Casteaux près de Mons pour la partie militaire. Quant aux bureaux de l'Alliance Atlantique, c'était plus problématique.

- Rome ne se trouvait pas parmi les candidats?

- Oui, mais vu la pénurie chronique des logements à Rome, cette alternative fut très vite abandonnée.

- Les Pays-Bas, alors?

- Pas assez de maisons et d'appartements pour le personnel, non plus. Donc, à oublier.

Pourquoi ne pas retourner à Londres comme entre 1949 et 1952?

Londres n'est pas dans la CE et puis, l'Angleterre était trop pro-américain...

- Bruxelles, est sortie de la liste comme prioritaire puisque la ville était la capitale de l'Europe?

- En effet. La logique internationale a de ses contours très particuliers. Il y avait un problème. Mais, en 1967, Bruxelles faisait pauvre figure. 

Pauvre figure? 

- Oui, Bruxelles était une région en constante construction. Mais, la ville avait un côté positif qui donnait des possibilités d'extension. Puis, une ville où le compromis est la règle de calcul, elle avait quelques plus.  

- Pas de rouspéteurs chez les anciens locataires au moment du transfert?

- Si. Une partie des fonctionnaires refusèrent l'exil. Pas grave, quelques indemnités en compensation allaient tout arranger...

- Décidé à Bruxelles. Mais où?

- D'abord, le Heysel avait été imaginé en souvenir de l'Expo 58.

- Bonne idée.

Oui, mais non. Il fallait beaucoup trop de temps pour installer un complexe aussi important et le temps, c'est ce qui manquait.

- Sortir à la périphérie de Bruxelles? 

- Tout à fait. Ce fut entre l'aéroport de Zaventem et la ville.  

Sans doute, encore une idée géniale de quelqu'un...

- L'OTAN est née le 4 avril 1949 à la suite de négociations lancées par la Belgique, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, le Canada, les États-Unis signataires du traité de Bruxelles. Le Danemark, l'Italie, l'Islande, la Norvège et le Portugal sont invités à participer.

- Par la suite, d'autres pays occidentaux ont rejoint l'OTAN.

- Oui. Après la Seconde Guerre mondiale, cette Alliance atlantique avait pour vocation initiale d'assurer la sécurité du continent européen, en prévenant d'éventuels soubresauts d'impérialisme allemand et en s'opposant à toute tentative expansionniste de l'Union soviétique. Après la guerre, les pays étaient exsangues. Il fallait rationaliser pour diminuer les coûts.

- Les adversaires ont dû se réveiller.

- Entre 1955 et 1991, l'opposition prend la forme du Pacte de Varsovie, une organisation de sécurité collective sous obédience soviétique, créée à la suite de l'intégration militaire de la RFA au bloc de l'Ouest. Ce pacte se présente comme politiquement et militairement symétrique à l'alliance atlantique. Les années de guerre froide ont commencé et chacun a dû trouver son camp. Pour l'Europe, il s'agissait de « garder les Russes à l'extérieur, les Américains à l'intérieur et les Allemands sous tutelle ». Depuis 2001, chez les non-alignés, ce fut l'Organisation de Coopération de Shanghai qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Ce qui prouve qu'il y a des regroupements qui se recoupent, pour faciliter les coopérations économiques.

- Qu'y a-t-il eu de changé à la chute du Mur de Berlin et de l'URSS? Les contacts ont-ils été assouplis?

- Depuis l'implosion de l'URSS en 1991, les revendications nationalistes dans l'ancien bloc communiste et l'essor du terrorisme international sont devenus d'autres objectifs avec la stabilisation. Depuis 1994, on assiste à un « partenariat pour la paix » entre la Russie et les pays de sa zone d'influence et avec les pays occidentaux. Les accords « Berlin plus » de 1999 prévoyaient le transfert des moyens de l'OTAN à l'Union européenne pour certaines opérations.

- C'est cool, quoi?

- Non, peut-êtreAujourd'hui, au SHAPE, l'OTAN assure, en, partie, la protection des réseaux informatiques entre autres contre le terrorisme, le hacking et les cyberattaques dont je viens de parler. Depuis, le conflit en Ukraine monopolise les esprits des Européens et de l'OTAN. Puis, tri-lingue avec l'anglais, cela aide. La commune de Haeren fut désignée comme siège provisoire à côté d'Evere dont elle pourra se servir comme base. Tout allait être quasiment prêt à recevoir l'organisation. Les accords précisaient qu'il y avait des moyens pour lancer l'inauguration en 29 semaines après l'installation de la première pierre même s'il manquait de peinture dans certains locaux.

Putain. Les routes pour atteindre l'OTAN étaient-elles goudronnées? 

- Non. Mais quand faut y aller, faut y allerc'est dans l'esprit du Zinneke. Ce n'est pas les fignolages de dernière minute, qui allaient tout arrêter.  

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Pour certains, l'emplacement était temporaire, le matériau ne devait pas être trop définitif. J'entends souvent, on parle d'Evere pour la résidence de l'OTAN et c'est Haeren dont il s'agit.

- Exact. C'est en 1961, que se produisit la fusion des communes de Belgique. Le bouillon de cultures se rationalisait. La commune d'EVERE héritait de Haeren. Elle-même, intégrée dans Bruxelles-Ville. L'union fait la force, pardi... C'est la raison que j'avais associé l'OTAN quand j'ai parlé de la commune d'EVERE. 

- Ça, je ne savais pas. Et l'OTAN, alors? Toujours là?  

- Depuis, le temporaire est devenu permanent. Les "locaux jetables" se sont même régulièrement agrandis.  

- Tout finit, donc, bien?

0.jpg- Pas toujours. En 2003, un cheveu dans la soupe: un mouvement de dégagement se présenta et hérissa les poils des Américains. La Loi de Compétence Universelle accusait des dirigeants américains.

- Sont idiots, les Belges? Ce n'est plus de la compétence, mais de la con-pétance". La question de déménager l'OTAN de Belgique, ne se retrouva dans les esprits et les paroles fumeuses des Yankees?

- Oui, bien sûr. L'OTAN de Bruxelles fut sauvée de justesse. Les compromis, c'est notre science infuse. Un amendement à la loi a été trouvé et l'idée du déménagement a été oubliée.  

- Et le temps a passé, comme toujours...

- Et les installations sont devenues vétustes avec le temps, surtout trop consommatrices d'énergie.

- Là, c'était trop. La crise a dû tourner les têtes. Quand le temps et les crises s'en mêlent pour mettre des bâtons dans les roue, on perd la tête... 

- Normal, quand cela coûte trop cher, il faut penser à déménager. Mettre la charrette après les bœufs et pas avec des roulettes, un fois. En décembre 2010, la décision fut prise. Ce ne fut pas loin. Juste en face des lieux actuels, un ancien aérogare du vieil aéroport avait été détruit et venaient à se libérer. Une aubaine, quoi... Il suffisait de traverser le Léopold III pour suivre les travaux. Le pied, comme vous dites... 

0.jpg- Le renouveau de l'histoire de l'OTAN avait commencé. Mais l'achèvement est prévu pour quand?

- Au départ, l'ouverture et le transfert sont prévue en 2016. 

- Cela tient toujours?

- En novembre 2013, la presse a été invitée pour s'apercevoir des infrastructures qui étaient déjà en place.

- Et, tout se poursuivait bien?

- Non, au contraire, ce fut la tuile... enfin le béton et le métal, je ne sais pas... Le gros-oeuvre a dû prévoir plus de sécurité que d'habitude. Dans ses 250.000 mètres carrés, à l'isolation thermique s'est ajoutée l'isolation du bâtiment mais, vis-à-vis de l'extérieur, pour éviter les intrusions humaines, informatiques et par les nuages, il fallait que la sécurité soit hors-normes.

- Maudite sécurité, elle coûte de plus en plus chère.  

- Si pour le système de stockage de la chaleur de l'été, a été installé pour la récupérer en hiver, la cyberprotection fut une nouvelle obligation à tenir compte par le contrôle du personnel et des matériaux. Cela n'existait pas lors de la signature du contrat.

- Donc, cela a dû créer des problèmes à quelqu'un?

- En janvier 2014, le ministre de la Défense belge, Pieter De Crem, candidat officieux au poste de Secrétaire Général de l'OTAN, était mal pris. L'explosion des coûts de la construction fut déclarée. Il assumait le management du chantier high-tech de l'OTAN. 

- Là, cela pouvait faire mal à l'entre-jambe. 

- Comme tu dis. Les sociétés BAM (des Pays-Bas) et Interbuild (Belge) réclamaient une rallonge de budget de 245 millions d'euros et un nouveau délais de neuf mois pour terminer les travaux. Cela menait à l'automne 2016.

- Qui allait payer?

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- L'essentiel des coûts est payé par les 28 pays membres de l'OTAN. Le but principal de l'OTAN était initialement de tenir l'URSS en respect, après la deuxième guerre mondiale pour s'y opposer pendant la guerre froide. Celle-ci était considérée comme finie.

- Voilà, l'Ukraine indépendante, cerise sur le gâteau,  voulait entrer dans la CE et a connu des péripéties à Kiev. Mais qu'est-ce qui leur a pris à vouloir entrer dans la Communauté européenne?

- Bonne question. L'Europe, cela ne doit pas être si mal que ça. Ceux qui y en font partie, veulent en sortir et les autres veulent y entrer. Même, en pleine déconfiture, la confiture peut être encore bonne. 

- Ce fut le scandale. La Crimée ré-annexée par la Russie et les rebondissements des russophones à l'Est de l'Ukraine ont remis la Russie dans l'actualité de la guerre froide. 

- Si la Russie est devenue un pays à la mode économique comme chez nous, mais c'est avec des variantes très politiciennes et très gazières. Donc, faut pas trop charrier avec les Russes. Aux dernières nouvelles, la Russie appelle les Occidentaux à empêcher une "catastrophe".

0.jpg- Ben voyons...

- Dans l'histoire de l'OTAN, il y a eu un Secrétaire Général de l'OTAN belge, Willy ClaesLe 7 mars dernier, lors des premiers problèmes posés par l'Ukraine, bien avant les développements des événements actuels, il avait été invité pour en discuter. (Transcription dans le 1er commentaire).

En résumé, il disait que :

  • Vladimir Poutine rêve de reconstruire l’Union Soviétique
  • Une nouvelle période de "paix froide" commence. 
  • Une crainte de la contagion de la Crimée
  • Les Européens paieront la crise et les dettes de l'Ukraine
  • La population de Kiev ne va pas rigoler.
  • L'OTAN n'interviendrait pas.

- Que pourrait-on dire à la suite de cet entretien sinon : "Sauvez Willy". S'il ne fait pas partie des orques, comme musicien, qu'il joue aux grandes orgues.

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Comment ne pas se faire manipuler? disait Michel Collon. 

- Certains y penseraient?

- La défense a changé. Les rôles ont été distribués dans chacune des pays. Cette semaine, RTL-TVI présentait dans son 'Tout s'explique', le sujet "L'armée d'hier à aujourd'hui". L'armée s'est rationalisée et s'est transformée de plus en plus via la technologie. La Belgique est pionnière en matière de drones. Les forces spéciales se sont constituées dans une unité d'élite au moral d'acier et au physique hyper-performant, disait l'émission.

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- On va construire un nouveau mur entre la Russie et l'Europe? Encore une histoire de pognon? 

- Les dépenses militaires dans le monde s'élève à 1750 milliards de dollars - 600 fois le budget des Nations Unies, entre parenthèses. En moyenne, il est en baisse mais, tellement les différences de budgets par pays sont importantes, ce sont ces plus gros budgets militaires qui ont fait baisser la moyenne de 2% par rapport à 2012. Tu ne te rappelles pas des tests de l'arsenal nucléaire français dans le Pacifique? Cela n'a pas coûté que le prix des bombons et des sucettes. 

0.jpg- Et les Etats-Unis que payent-ils? Ils sont les gendarmes du monde, non?

- Les USA ont baissé leur budget militaire de 8% et comblent les augmentations de budgets des autres pays. La crise en Occident avec les mesures d'austérité et la baisse des opérations militaires sont les causes principales de cette diminution. Après les USA, ce sont la Chine (avec une augmentation de 8%) tandit que la Russie remontent sur les marches de cette course aux armements. Se positionner comme un acteur régional majeur apporte une volonté de prestige à ces pays. La France se maintient à la 5ème place des pays qui revendiquent ce statut et se distingue ainsi dans le concert des nations européennes. Le financement de l'OTAN n'est pas un secret. En gros, il sert à mutualiser les dépenses. Mais tu as raison, les States sont souvent là pour calmer le jeu dans la partie d'échec du monde.

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- Et maintenant que vais je faire? dit la chanson.

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- Le nouveau patron de l'OTAN, le norvégien Jens Stoltenberg a été nommé pour remplacer le danois Anders Rasmussens. Si tu veux suivre tout cela, le site de l'OTAN donne les dernières évolutions et la photo de Google une vue du ciel. 

- Une question me reste à l'esprit: qu'est-ce que la Belgique a à y gagner, à avoir l'OTAN sur son sol?

- La notoriété, l'attraction du tourisme et l'assurance plus affirmée d'avoir la capitale de l'Europe en son centre, Bruxelles. Très certainement.

0.jpg- Mais, en cas de conflit, ne seriez-vous pas exposés en premier sur la liste des actions ennemies? La Belgique doit-elle se défaire des armes nucléaires de Kleine-Brogel? 

- Il y a deux réponses opposéesQuand on pense à l'opinion française, il y a la vieille réflexion gaullienne et la France devrait quitter l'OTAN. "Non à l'OTAN" est leur cri de ralliement. Mais, la légitimité des uns ne se construit sur la légitimité des autres et vice-versa.

- Il n'y a pas que l'OTAN qui suspend son vol, le gouvernement français le fait aussi actuellement. On sait ce que représente un référendum dans ces cas-là. Les sièges deviennent éjectables et surtout, ces derniers temps d'après élections. Quant aux anciens bâtiments à l'emplacement actuel, que vont-ils devenir?

- En fait, il y a seulement des rumeurs de les utiliser pour en faire une prison. mais tout peut encore évoluer avec le temps.

- Bizarre, c'est pas écrit sur la facture, ça. 

0.jpg- J'ai travaillé pendant une vingtaine d'année dans une société voisine de l'OTAN. Deux visites du belliqueux, George W. Bush, avaient généré pas mal de réactions d'hostilité: la première en 2001, la deuxième en 2004 (carte).

Depuis, Obama dit l'inverse de son prédécesseur: "La diplomatie prime sur l'armée qui ne peut être la seule ou même la première des composantes de notre leadership. Je ne veux plus m'engager aveuglement dans la guerre. Ce n'est pas parce qu'on a le meilleur marteau que tout le problème doit être vu comme un clou". 

- Pas de "oui, mais non", cette fois. Il n'a plus de clous et ce sont les autres qui devront se charger du marteau. Alors, on espère qu'ils ne piquent pas trop dans un esprit trop noir en préjugés. 

- Comme tu peux l'imaginer, l'OTAN est le cadre de beaucoup de manifestations hostiles. 

Ce fut le cas ce 4 avril 2009, lors du soixantième anniversaire de l'OTAN.

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A cette occasion, j'avais écrit un billet dont le titre était: "Pourquoi je ne crois pas au reality-show".

Ce matin-là, j'avais enfourché ma bicyclette en charge d'une mission "secrète" de ma moitié: aller fleurir la tombe de sa mère au cimetière. Cet endroit, c'est pas trop mon terrain de prédilection, mais bon, il faut faire contre mauvaise fortune, bon cœur.

Surprise: arrivé aux abords de celui-ci, une foule de gendarmes qui s'y trouvaient déjà concentrés. Les forces de l'ordre ne faisaient que grossir dans le parking. Après ma mission d'envoyé spécial, je n'ai pu m'empêcher de m'enquérir de la raison de leur présence insolite auprès de l'un de ces groupes. Je précise pour que tu comprennes, l'OTAN est voisin du cimetière d'Evere.

La réponse semblait difficile et tardait à venir.

J'ai changé de registre en y ajoutant l'humour.

- Êtes-vous là pour surveiller les morts?, dis-je.

Là, la situation s'était réchauffée et un sourire précéda une réponse plus aisée.

- Oui, les morts n'ont pas beaucoup de chance de sortir (... ou quelque chose d'approchant), dit un CRS.

Je n'insistai pas mais sans sortir de son champ d'horizon et de questionnements.

Il ajouta:

- Il y en a qui veulent briser les grilles en face.

Sans dire de qui il parlait, il continua par:

- C'est un jeu. Allez voir à la télé ce soir pour voir qui a gagné.

- Ok, merci et bonne journée.

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J'avais compris que je n'en saurais pas plus. En savait-il plus lui-même d'ailleurs sur l'origine de ce déploiement de force?

Le soir, pragmatique, j'ai suivi le conseil du premier gendarme à la télévision. On parlait, en effet, des activistes contre l'OTAN et du déploiement de force que j'avais enrayés bien malgré moi par mon passage incongru à bicyclette.

L'anniversaire des soixante ans de l'OTAN, avec les bougies et les flonflons, cela se fêtait à l'intérieur mais pas à l'extérieur.

Avais-je fait partie du jeu « A qui perd gagne »? 

Etre fâché pour cela? N'avons-nous pas, depuis, de nouveaux arguments de poids en la personne les femens ?

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Je n'osais plus trop le penser.

Quant aux morts du cimetière, j'espère qu'au moins eux, se sont payés une bonne partie de plaisir dans ce casse-pipe.

Le jeu en valait-il la chandelle? N'y avait-il pas erreur sur les personnes à viser?

- Parler à des CRS, tu oses. Ce ne sera pas demain la veille que je le ferais, répondit, le Français qui essayait de faire le joint avec l'anecdote.

- C'est vrai, que quand on aime, on ne compte plus avec les mêmes doigts et on suspend son vol. Je ne sais si ces anecdotes apparaissaient en tant que paraboles. Si tu veux sortir de l'OTAN, je n'y vois pas d'inconvénients, mais quand j'ai vu ce que j'ai vu, assembler les mots "sécurité" et "défense", c'est comme parler d'oxymore. 

Ça, moi je dis.

Un petit tour en photos sur l'avant, le pendant et le futur de l'OTAN et de son environnement bien plus parlant que du texte.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « La morale est une défense contre les crimes qui déjà ont été commis. », Helge Krog
  • « L'existence des voisins est la seule défense des nations contre une perpétuelle guerre civile. », Paul Valéry
  • « La sécurité est la plus grande ennemie des mortels. », William Shakespeare
  • « La tâche à laquelle nous devons nous atteler, ce n’est pas de parvenir à la sécurité, c’est d’arriver à tolérer l’insécurité. », Erich Fromm

 

0.jpg0.jpgMise à jour 04 juin 2014: Le G7 se déroule à Bruxelles sans la Russie qui a continué à fêter à Sotchi. Obama est présent. Les sujets de discussions sont nombreux. Rien que l'Ukraine fait déjà chavirer les esprits.

 

25/05/2014

Soyons concret avec le discret

Fin mars, le forum Sarkostique envoyait un mail à ses membres. "Notre forum a fait l'objet d'une attaque de grosse envergure qui cible les sites au langage de programmation PHP". Nous sommes en fin de période électorale. Peu de réflexions à ce danger de la modernité qui se retrouve à plusieurs niveaux. 

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Les déboires de Sarkostique

Le site disait : "Le forum utilise un code Open Source était plutôt un avantage habituellement, car nous recevons les mises à jour et les parades rapidement. Cette fois, quelqu'un a utilisé une faille d'abord pour introduire des codes publicitaires, une autre personne a lancé une attaque de grande envergure. Une affreuse page rouge nous qualifiant de malveillant"

Ce n'est que mi-avril que le site était à nouveau disponible. Le cybermonde, le monde virtuel est sans distances géographiques, sans frontières.

Mais comme toujours, ayant été proche de ce genre de problème, je suis sûr que cela a généré des sueurs froides. Je les ai contactés pour les soutenir dans leur besogne de redressement.

 

ARTE présentait, le 15 avril, un documentaire "La guerre sur le net (vidéo)".

Les Etats ont enfin compris tout le potentiel militaire et stratégique du cyberespace. La cybercourse aux armements a bel et bien commencé.

En préambule au documentaire, on pouvait lire:

Plongée dans arcanes de cette guerre invisible demande une préparation et pas une réaction après coups.

Aujourd’hui, un individu muni d’un ordinateur portable peut causer plus de dégâts qu’une bombe ou une autre arme conventionnelle : c’est l’inquiétant constat que dresse Ian West, directeur du centre technique de la capacité de réaction aux incidents informatiques de l’Otan. Si de telles manœuvres restent méconnues du grand public, les États ont compris tout le potentiel militaire et stratégique du cyberespace, et la cybercourse aux armements a bel et bien commencé. Plusieurs pays ont déjà été victimes de cyberattaques, à des degrés d’intensité et de dommages plus ou moins importants.

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Ce documentaire nous plonge dans les arcanes de cette guerre invisible, nous emmenant aux États-Unis, à la plus grande conférence de hackers au monde, où le chef de la NSA Keith Alexander a fait sensation ; en Israël aussi, chez des cyberarmuriers, ou même en Chine, à la rencontre des "hackers rouges", nationalistes qui déploient leur expertise contre les puissances occidentales. Si le combat est virtuel, quel risque courent les citoyens ? Les pires scénarios catastrophe en la matière relèvent-ils de la science-fiction ou ont-ils une chance de devenir réalité ? Certains hackers de génie sont capables de mener à bien ou déjouer des attaques avec une facilité inquiétante… Pour les grandes puissances, il s’agit de les avoir dans son camp. Ce documentaire fouillé dresse un état des lieux de la sécurité des réseaux informatiques, à l’échelle des États, et des solutions envisagées, dans une optique aussi bien offensive que défensive. Mais avec la militarisation croissante.

 

Le Science & Vie d'avril

Ce journal scientifique relançait la même idée avec le titre "Cyberguerre: Et si elle avait déjà commencé...".

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En résumé: "La cyberguerre ne fait pas de morts si ce n'est par des dégâts collatéraux et des effets retours. Dans le théâtre des opérations, on ne connait ni les acteurs, ni la stratégie, ni les buts, si ce n'est par l'intermédiaire de sabotages ou d'espionnages. S'il y a guerre, les règles n'en sont pas définies. Inventer une riposte proportionnelle à l'attaque ne peut s'imaginer qu'après en avoir évalué l'ampleur sur une échelle de Richter de risques et la détermination de qui est l'ennemi, qui proviendrait d'un étudiant ou d'une armée.  

Les attaques de forum deviennent monnaie courante et leurs noms exotiques tels que Stuxnet, Flame, DuQu, Shanoon ne sont pas près de rassurer...

 

L'actualité récente

0.jpgPendant, le weekend du 10 mai, le logiciel Snake attaquait les affaires étrangères belges et bloquait toutes les opérations de délivrance de passeport.

La Russie était suspecté.

Dix millions d'euros, toujours en suspend, ont été débloqués en Belgique pour le renforcement de la sécurité.

Une bagatelle. En plus, ces dix millions ont été saupoudré dans plusieurs services policiers et pas uniquement dans celui qui est appelé à contrer la cyberguerre.

Quand on se targue d'avoir le siège de la capitale de l'Europe dans ce pays que l'on joue aux rétorsions sans biscuits. Une nouvelle histoire belge... 

Une autre fois, c'était eBay qui avait été hacké.

Avaaz.org, de même. Un mail m'est parvenu, il y a trois jours, qui disait "Les pressions sur quelques membres de l'équipe d'Avaaz atteignent des sommets: ils ont reçu des menaces de mort, leurs ordinateurs et leurs emails ont été piratés, ils ont été menacés à la télévision et à la radio et la voiture de l'un d'entre eux a même été trafiquée! Alors qu'il remettait notre appel à stopper une des plus grandes exécutions de masse en Egypte, Wissam a été détenu à l'aéroport du Caire, emmené dans une pièce sans fenêtres et interrogé pendant plusieurs heures, avec des questions terriblement inquiétantes et bien renseignées sur sa vie privée, ses voyages et son travail au sein d'Avaaz! Les menaces se feront de plus en plus virulentes à mesure que nous gagnerons en visibilité et en efficacité dans notre lutte contre certaines des personnalités les mieux établies et les plus puissantes de la planète. C’est pourquoi Avaaz a besoin non pas de doubler, mais de tripler ses systèmes de sécurité. Cela implique une équipe de juristes prête à la moindre urgence, des spécialistes des médias pour sonner l'alarme en cas de menaces, un meilleur cryptage de nos données et des ressources pour mettre en lieu sûr les membres de notre équipe lorsque la pression devient insupportable.".

Les ONG, les secteurs privés et publiques sont dans la ligne de mire. 

Avec son humour traditionnel, Thomas avait parlé d'un nouveau parfum de guerre froide. Beaucoup d'idées concrètes lui revenait en mémoire... Nathalie, la place Rouge. Ce qu'il préconisait pour contrer ce parfum de "wargame" était évidemment lié à la campagne électorale en pleine effervescence.

Pendant la plus grande partie de la guerre froide, Le Web n'existait pas chez les gens de la rue. Internet était à disposition de gens très avisés. Cette fois, il faudrait mettre de l'eau fraude et même glacée, pour éteindre la cyberguerre qui ne fait, depuis, que continuer son petit jeu de sape.

Un site important se doit d'avoir un antivirus et un firewall pour se sécuriser.

Le plus grand problème quand un virus s'insinue, il faut un certain temps pour donner un nom de "piratage" à l'événement.

Comprendre ce qui se passe est le problème le plus ardu avant d'aller plus loin.

Une faille a-t-elle permis à un hacker de craquer les pare-feux d'un site dit protégé?

La seule constatation évidente, c'est que le système ne marche plus comme il le faisait d'habitude.

La première question est "Est-ce une erreur personnelle intérieure ou extérieure? Un logiciel installé est-il le fautif?"

Déterminer l'ampleur des dégâts. Est-ce un virus qu'il faut éradiquer, mais avec quoi? Car, il y a les bugs du système, lui-même, pour couronner le tout.

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Dans la presse, on parlait récemment de OpenSSL et de Heartbleed.

Heartbleed, un bug système. Une faille sérieuse dans la bibliothèque logicielle de cryptographie OpenSSL. Cette faiblesse permet de dérober des informations protégées. Le SSL/TLS fournit une sécurité et une confidentialité des communications sur Internet pour des applications comme le web, le mail, la messagerie instantanée et le VPN.

Pourquoi ne l'a-t-on pas encore décelé plus tôt? Question réflexes superfétatoires.

Pourquoi? 

Parce qu'aucun logiciel d'antivirus n'aurait pu atteindre cette faille du système qui se trouve plus haut dans la hiérarchie, mais qui reste modifiable par un pirate zélé.

Étrange? Pas vraiment... le code utilisé donnerait la nausée pour moins que ça.

0.jpgPas de panique, une mise à jour, une mise à niveau, comme on dit, permettra d'éradiquer la faille le plus rapidement, mais après coup.

Les hackers garderont toujours une longueur d'avance par la surprise.

Proactivité pour eux et rétroactivité pour les utilisateurs.

Ce qu'il faut être conscient, c'est qu'il y a plusieurs couches susceptibles d'être vérolées.

Les "Operating Systems" sont, en général, mis à jour contre les failles du code.

Récemment, Microsoft avait averti qu'ils cessaient de fournir des mises à jour de sécurité de  Windows XP.

Non, mais, on se fout de qui? Les raisons de marketing peuvent-elles effacer le passé et forcer les utilisateurs à changer de versions? 

La question se posait alors de savoir s'il fallait abandonner cette version de Microsoft. Les commentaires revenaient comme en 40 avec l'idée de passer aux logiciels libre d'Ubuntu et d'oublier Windows et Microsoft. Il est vrai que les hackers ont toujours plus d'intérêts à toucher et empoisonner la vie des OS les plus utilisés. Celui de Microsoft avec ses logiciels propriétaires, est parmi eux.

Android, Apple apportent d'autres solutions et entreront comme cible, une autre fois.

Cela me rappelle ma fiction, écrite, il y a six ans, qui avait pour titre "Le Grand Maître virtuel". Mais, c'était une fiction et comme chacun sait et les réalités dépassent souvent les fictions.

0.jpgTout est en place pour casser un réseau. Instructions et manque de personnalisation des casseurs.

Il leur suffit d'en connaitre les clés de réseaux. 

Celles-ci, une fois connues, tout devient possible. Les instructions existent pour lire et écrire sur les pages d'un ordinateur ciblé et à distance.

La maxime "Pour vivre heureux, vivons caché", n'a jamais été aussi vraie. Ne pas utiliser les télécommunications est la solution drastique, mais c'est remonter au 20ème siècle avec l'ordinateur en "stand alone". Celui d'aujourd'hui, ne se conçoit même plus sans communications.

L'ordinateur, le serveur, est devenu une valeur sur laquelle le particulier compte et cela le fragilise à tel point que sans son outil de travail, il se retrouve au chômage technique.

Hacké, l'utilisatuer a l'impression d'être violé avec le stress qui l'accompagne puisqu'il ignore jusqu'aux limites du viol et si, le virus, une fois éradiqué, n'a pas laissé de traces.  

Le succès de Stuxnet a prouvé que cela marche à tous les niveaux de sécurité et que tout peut être vérolé jusqu'aux centres vitaux de la politique et de l'approvisionnement en biens comme l'eau et l'énergie.

0.jpgCréer un "bouclier digital" inviolable est le but.

Dans le documentaire de la vidéo, Israël se vantait de l'avoir construit et d'être le mieux armé pour résister.

Pour tester les systèmes en place et en plus à la vitesse de la lumière, la meilleure défense est l'attaque.

S'infiltrer dans les réseaux des ennemis potentiels avant qu'ils prennent eux-mêmes l'avantage. 

L'Affaire Snowden, révélée par le Washington Post et le Gardian, ont eu au moins un point positif qui méritait d'avoir le Prix Pulitzer: réveiller les consciences des risques encourus par les moyens modernes de télécommunications au travers des nuages. Mais la sécurité coûte de plus en plus cher. 

Dégager des moyens n'est pas à la portée de tous.

Personne n'en a dit un mot dans la campagne européenne.

S'il y a un niveau de surveillance et de protection, le plus adéquat, ce serait celui de l'Europe et pas nécessairement de celui de chaque membre qui ne pourrait pas résister à de telles attaques mondialisées. Cela donnerait des ailes aux secrets de ces Etats membres et à la vie privée de ses concitoyens.  

Dans les années 80, Ronald Reagan avait voulu lancer sa Guerre des Etoiles, alors qu'il ne fallait pas aller aussi loin. Aller dans les nuages, suffisait sur le net et les étoiles, pour certains, sont bien sur Terre.

0.jpgL'avion MH370 de la Malaysia Airlines qui a disparu, était-ce un coup de cyberattaque?

Rien ne permet de le dire et pourtant... qui sait?

Le dernier message du MH370 était "Tout va bien. Bonne nuit". 

Ce n'était pas la première fois qu'un Boeing disparaissait. Le vol 844AA n'avait déjà pas laissé d'adresse.

Les ingénieurs de haut vol qui étaient à bord du MH370, auraient pu avoir intéressé d'une manière ou d'une autre sur une autre "planète de l'espionnage" en toute discrétion.

Supposition tout à fait gratuite et peut-être sans fondement, mais...

A ce sujet, un article d'Olivier Cabanel titrait "Vol au-dessus d'un mystère".

J'aurais, plus justement, titré "Vol au dessus d'un nid de coucous". Pas la peine de chercher une quelconque théorie du complot.

Il suffirait de rectifier le tir dans l'avenir avec et après cette nouvelle expérience. 

Lundi dernier, France3 présentait un magazine "Tout peut changer" avec le sous-titre "Comment échapper aux nouvelles arnaques?".

En France, huit français sur dix sont connectés à Internet, 26 millions sont sur Facebook et la quasi-totalité ont un portable. Les thèmes abordés: la méfiance vis-à-vis des amis, le piratage de la carte bancaire, les espions parfois, très proches. Alors vie privée, jusqu'où?

Des conseils prodigués pour se protéger en ligne: 

  • Utilisez un navigateur qui respecte la vie privée de l’utilisateur. Oubliez Google et utilisez un moteur de recherche alternatif.
  • Utilisez un service de chiffrement du courrier électronique.
  • Chiffrez votre navigation.
  • Changez vos mots de passe régulièrement et sécurisez vos différents comptes.
  • Bloquez la publicité et évitez de vous faire tracer.
  • Chiffrez vos dossiers.

0.jpgBien sûr, ce sont des conseils de précautions pour internautes, mais qui pourraient être extrapoler dans la vie, plus concrète.

Internet a mis fin à la vie privée. 

Mark Zuckerberg, patron de Facebook, a d'ailleurs dit qu'il faudrait supprimer le concept de vie privée pour augmenter la transparence. Il aime les informations. Elle lui rapporte et il est prêt à envoyer des ballons stratosphériques pour atteindre les zones inaccessibles à Internet.

Les biens financiers, les informations stratégiques des consommateurs et des citoyens lambda sont tout aussi bien dans le collimateur des pirates que dans celui des Etats qui doivent concrétiser ce qui est discret.

Quand il y a des règles et des lois bien connues, le discret peut devenir, à son tour, "piratage" et là, il faut le démasquer. C'était le message de "L'information des nuages", même s'il a pu être mal compris de prime abord dans ses conclusions.

L'argent, le nerf de la guerre, est devenu de plus en plus virtuel tout en se concrétisant au moment de payer la note en fin de mois. On dé-titrise, pour les mêmes raisons. 

"Et si l'on supprimait l'argent liquide", un article à double-tranchant à la suite duquel j'ai joué l'avocat du diable. On sentait la fraude, à plein nez, dans les commentaires. Si les petits poissons aiment garder l'argent liquide, les gros sont encore plus friands de cette liquidité implicite.   

Le net n'a pas été créé pour sécuriser mais pour partager des informations qui, sans s'en rendre compte, conservent une valeur et un prix non négligeables. 

Les machines font tout pour nous, même nous espionner.

Désolé de vous le répéter, la guerre asymétrique du net a commencé.

Asymétrique parce que cette guerre peut provenir de partout et de n'importe quel niveau. Sans verrous, il n'y a rien de plus transparent qu'un réseau électrique ou électronique. 

Les données sont là, l'intelligence sécuritaire est encore à inventer ou à s'affirmer. 

Dès lors, il faudra apprendre le Kung-Fu informatique et le judo des interconnexions.

Celui qui en douterait encore, qui ne se met pas à l'abris des cyberattaques verra que son innocence sera prise en considération sur la grande Toile. Les mailles se rétrécissent pour attraper le maximum de poissons de toutes les couleurs.

Soyons "Smart" comme disait Frédéric Martel dans son dernier livre, c'est à dire dans la traduction littérale "Intelligent" du mot "smart".

Les Voies du Saigneur virtuel sont impénétrables. 

 

La résistance s'organise.

0.jpgIl existe un petit village en Belarix dans lequel, on ne connait pas Internet.

Aucune connexions ni réelles ni virtuelles avec l'extérieur ou alors à des moments stratégiques.

Le virtuel, ils ne connaissent pas autrement que dans leur rêves.

Ils se veulent concrets, à l'abri des regards du monde. La sécurité absolue est leur règle absolue.

Parfois, un petit coup de potion magique aphrodisiaque, préparé par le druide, est distribué à la communauté du village, si jamais ils sentent la déprime.

Le maire, Informix, organise des jeux, quand il sent l'oisiveté naître. "Panem et circenses", comme leur ont dit leurs voisins, les visiteurs du soir.  

De ce fait, ils ne font la guerre que quand on les attaque.

Tout les trimestres, Informix rassemble ses administrés et fait un discours qui fait état de ce qui se passe derrière les frontières du village. Il sait que les villageois s'en foutent, puisqu'ils y nagent exclusivement et naturellement dans la sauce concrète de la fameuse potion magique euphorisante, mais il sait que cela lui donne de l'importance. 

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Ce jour-là, Informix prit la parole.

J'ai appris qu'il y a des gens de Russix qui communiquent dans les nuages. Ils parlent avec les étrangers mais ils doivent s'assurer contre des "biscuits croquants" qu'Ils appellent "cookix". Je n'ai pas tout compris. Ils parlaient dans un jargon étranger dont je ne connais que des rudiments.

- Dans les nuages? Et quand il pleut, ces informations leur tombent dessus? demande Préfix en faisant rire les copains.

- Je suppose qu'ils appellent cela "grelix".

- Mais non, t'as rien compris. Ils te donnent des pubix pour en recevoir des informations en échange, ajoute Suffix.

- LOL. Tu n'as pas compris, non plus, il y a des informations intéressantes, dit le jeune, Netix.

Rien à cirer de ce qui se passe derrière les frontières du village. Si vous continuez à nous dire des sornettes pareilles, je ne vote plus pour vous, lance Sornix d'un ton rageur.

- Et toi, Netix, va rejoindre ton frère Numerix, lui au moins, il étudie bien à l'école, il ne fume pas du hachix comme toi, dit Carolix

- Mais, vous ne comprenez rien. Si vous voulez que nos récoltes aillent mieux, il faudra les vendre, et cela obligera à ouvrir les frontières au mondialix, dit Economix dans une déduction habile.

- Oui, t'as raison, mes poules produisent trop d’œufs. J'ai le foie malade et je ne parviens plus à les consommer ni à les vendre, ajoute Grossix avec une bouche encore pleine.

- T'as qu'à en faire des œufs durs pour quand les Russix attaquent, dit Obeliix.

- Je vous laisse. J'ai du travail. Ma femme, Sifflix, m'a chargé de tellement de choses à faire que je ne sais plus où donner de la tête. Alors, le mondialix, très peu pour moi... Je vais traire ma vache et chercher des biscuits mous, au village, s'insurge Asterix dans une indifférence totale.

C'est alors, qu'on entend la jeune Gallix qui se met à chanter.




Après cette réunion, tous se séparèrent jusqu'au trimestre suivant.

Informix avait repéré d'où provenaient les meilleures idées. 

Charlemagne n'a pas inventé l'école mais il a contribué au développement de l'école supérieure d'administration. Ce n'était pas un saint et il ne connaissait que la guerre concrète. 

  

Conclusion

Le préfixe "cyber" est tiré du mot grec Kubernêtikê signifiant « gouvernail ». Utilisé dans le mot "cyberpunk", il a été popularisé par William Gibson et de nombreux autres auteurs de science-fiction. Nous y sommes en plein et les gagnants peuvent facilement devenir des perdants. 

 

Moralité:

Chacun a le malheur qu'il mériterait puisqu'il est éduqué pour le comprendre.

  

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Le moyen d'être sauf, c'est de ne pas se croire en sécurité.  », Thomas Fuller
  • « La tâche à laquelle nous devons nous atteler, ce n’est pas de parvenir à la sécurité, c’est d’arriver à tolérer l’insécurité.  », Erich Fromm
  • « Il est moins pénible d'attacher sa ceinture de sécurité que de circuler en fauteuil roulant.  », Anonyme

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Mise à jour 18 juillet 2014: Malaysian Airlines a nouveau dans le questionnement avec le crash de son autre avion. Une nouvelle enquête...

 

3.jpgMise à jour 9 avril 2015: TV5Monde piraté par Daesh. Internet, la voie royale vers le djihad. En plus, les djihadistes recrutent via Facebook et Twitter.

podcast

Mise à jour 13 avril 2015: Le Soir a subit une cyber-attaque

18/05/2014

Démocratie à l'européenne

En France, lors des Municipales, la FN avait suscité de nombreuses réactions sur des forums de discussion. "La démocratie est en crise". Son bien-fondé, sa compatibilité avec le développement durable... Un weekend chargé, aussi. Après la fête des voisins, la journée portes ouvertes de l'Europe, la Belgian Pride, la fête du portles 20Kms de Bruxelles... parler de l'Europe se fera ainsi avec plus de calme et d'espérance.

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Le constat d'une situation européenne alarmante:

Dimanche soir, 25 mai, ce sera la fin des élections européennes pour 400 millions d'Européens des 28 pays membres.

En principe, tout devrait avoir été montré avant aux électeurs, tout démontré. Si ceux-ci se trouvent encore souvent indécis, dans l'expectative pour élire au niveau national, pour l'Europe, c'est vraiment le flou artistique.

"Les droits de l'homme traverse une crise sans précédent en Europe depuis la fin  de la guerre froide" disait un rapport du Conseil de l'Europe.

Thorbjorn Jagland s’alarmait "d’une  montée des cas graves de violations des droits de l’homme (corruption, immunité contre les poursuites, impunité, traite des êtres humains, racisme, discours de haine et discrimination) dans l’ensemble du continent. 0.jpgLes droits de la personne humaine sont également menacés par les répercussions de la crise économique et par les inégalités grandissantes. L’absence d’un pouvoir judiciaire indépendant ces dernières années a créé un terrain propice à la corruption et aux abus de pouvoir qui a finalement conduit à une révolution. Parmi les problèmes identifiés les plus récurrents, le rapport cite les discriminations envers les minorités ethniques ou nationales dans 39 des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe. Ou encore, les conditions de détention, y compris la surpopulation carcérale, dans 30 Etats, et la corruption dans 26 Etats. Une vingtaine d’Etats souffrent encore de lacunes dans les droits reconnus aux demandeurs d’asile et aux migrants, tandis que huit ne respectent pas la liberté d’expression et des médias. La liste des Etats concernés n’est pas rendue publique. Elle fait l’objet d’une transmission confidentielle à chaque Etat concerné afin d’améliorer la situation de manière constructive (rapporté par Daniel Höltgen, le porte-parole de M. Jagland).

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En réponse, les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe ont été appelés à « agir au plus vite pour juguler cette érosion des droits fondamentaux ».

La CE est-elle anti-démocratique face à la souveraineté de ses Etats membres?

Peut-être, pas eu égard aux arguments déversés par Frédéric Lordon, mais parce que les Etats membres ont un poids de décisions qui dépend trop de la taille des Etats membres. Les plus grands, les majoritaires, écrasent les petits Etats, minoritaires.

Quand la France et l'Allemagne pèsent, de tout leur poids,  par leur taille, les décisions à prendre au niveau européen, en deviennent dictatoriaux.

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La Belgique a été préférée pour installer, à la tête de l'Europe, des hommes sans grandes envergures apparentes. Tout a été étudié dans ce sens. Tout le monde se souvient de la 'serpillière humide" lancée par Farage à la tête de Van Rompuy, dénommé le Sphinx du temps où il faisait partie de la politique belge. Mais, il avait un goût plus silencieux, caché derrière la recherche du consensus sans le fameux charisme de l'emploi. 

L’attrait qu’exerce Nigel Farage, anti-européen et eurosceptique notoire, est basé sur un truc: "se présenter comme le politicien qui n’en est pas un, à parader comme le représentant de l’homme ordinaire contre l’establishment élitiste dans laquelle la classe politique recrute ses membres". 

0.jpgIl y a un an, Martin Shulz, pressenti comme candidat des socialistes à la succession de José Manuel Barros, lançait: "L'Union européenne est dans un état lamentable". 

Il espérait une vraie campagne politique pour les élections de mai 2014. Il craignait le débat "austérité contre croissance". La situation de fatigue chronique entre la tendance "austérité allemande" et les autres, "sudistes" qui, sous perfusion, avaient une absence de croissance, un chômage record.

On se serait cru dans une nouvelle guerre de Sécession à l'américaine.

Dans un tel contexte de crises internes, sanctionné par le populisme, la démocratie à l'européenne a pris un fameux coup de vieux à l'envoyer dans les cordes.  . 

Pour le 1er avril, un billet électoraliste humoristique "Zo dom & Go more" plaçait la barre à une altitude "locale" adaptée à la circonstance. En substance: "ce 25 mai sera choisir des têtes de pont, des têtes de pic et des réservistes qui restent en cap et des chœurs, de gauche et de droite mais toujours sans chichis pour des "people" avec en fond sonore au style de "The Voice". 

0.jpgUn tableau en triptyque d'élections, enfin presque...

A l'échelon européen, il n'y a pas eu vraiment de campagne électorale ou alors bien fades. Les réseaux sociaux et les forums sortiront quelques épines ou épingles du jeu étoilé alors que les membres de la Communauté européenne nagent entre deux eaux: récession ou déflation, austérité ou l'ouverture des robinets de la finance.

Les "candidats présidents" se retrouvaient à Florence dans la semaine, avant de continuer à manger des kilomètres au travers de l'Europe

Martin Shultz, comme combatif social-démocrate, Jean-Claude Juncker, comme vieux routier chrétien-démocrate, Guy Verhofstadt, comme libéral, José Bové, comme Ecolo et AlexisTsipras, à l'extrême gauche, sont ces candidats. Et puis, il y a 750 députés à élire. Un melting pot hétéroclite se chevauchent chez les socialistes, au centre PPE, et les libéraux

Martin Shultz aimerait, plutôt, remplacer le peu charismatique Van Rompuy, souvent considéré comme le notaire de l'Europe, au Parlement européen, mais ce sera pour plus tard. 

L'Europe attend encore d'exister politiquement pour pouvoir agir, perdue entre nationalismes et séparatismes portés par des extrêmes-droites dans plusieurs pays.

"Ni la France, ni l'Allemagne n'est encore capable d'assumer la solitude. Il ne peut y avoir de crise systémique dans un pays où l'épargne équivaut à la moitié du PIB et où il n'y a ni endettements extérieurs, ni dettes élevées des ménages. L'Etat central peut mobiliser des réserves de change ou transférer l'épargne privée par l'impôt. Il ne peut y avoir croissance soutenue à long terme sans nouvelle mutation technique et donc sans investissements dans des innovations susceptibles de faire gagner en productivité. Il faut quitter la vision linéaire de la chaîne de valeur pour embrasser une vision circulaire de l'économie", disait l'économiste Michel Aglietta.

La BCE est la seule à avoir résisté, vaille que vaille et au coup par coup, mais elle n'a pas encore les outils pour acheter de la dette publique. Les Emprunts d'Etat reprenant la zone euro entières sont toujours aux abonnés absents.

La concurrence entre les Etats européens n'a pas faibli et cet acharnement ne profite qu'aux concurrents extérieurs.

Abandonner l'euro et retrouver les monnaies nationales comme solution?

Certains disent qu'il faudrait autant de temps pour le détruire que que pour le construire. Trois ans minimum de marasme, de réajustements à tous niveaux, en perspective pour retrouver une confiance ébranlée au niveau mondial.    

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La Belgique, laboratoire:

Dans notre pays, le vote électoral est obligatoire comme si c'était un procès d'intention de la démocratie. Certains voudraient abolir cette obligation existante en Grèce, au Luxembourg et en Belgique qui se crée un gouvernement, à la proportionnelle. Plus démocratique que de rejeter 49% des voies dans l'opposition et plus difficile à gouverner sans compromis.  

0.jpgLa situation y est-elle "clean" pour autant?

Dans le pays, un enfant qui naît, est déjà redevable de 32.000 euros de dettes publiques de premier niveau. Dans sa globalité, ce serait l'estimer à 50.000 euros en comptant les soins de santé, les pensions de la génération précédente, sans même penser à ce qu'il devra produire ou faire produire aux robots pour assumer sa propre retraite. 

Jeudi, l'ancien Premier ministre belge entre 1992 et 1999, vice-président de la Convention européenne, Jean-Luc Dehaene est décédé.

0.jpgFlamand ou plutôt flamingant, il a fait partie de la construction de l'Europe puisqu'il a négocié le Traité constitutionnel européen avec Valery Giscard d'Estaing sans réussir à l'imposer. 

Pour le caractériser, un style très particulier, un humour caustique envers les journalistes.

Surnommé "bulldozer de la politique", "taureau de Vilvoorde" à cause de sa manière d'exercer la politique. Connu pour ses compromis sur le fil du rasoir, en tant que "démineur", que "plombier" dans les situations les plus tarabiscotées. Amateur de foot. Du mandat dans le secteur public, il s'est fait connaitre, ensuite, dans une série de Conseils d'Administration privés. 

0.jpgSon livre "Mémoires" devrait éclairer la méthode Dehaene qui était adaptée à la fin du 20ème siècle mais qui l'a été beaucoup moins au 21ème. Erreur de casting, très certainement dans l'affaire Dexia. Ses déclarations préférées sont très explicites:

"Il faut savoir jusqu'où ne pas aller trop loin, mais ne pas résoudre un problème avant qu'il ne se pose".  

0.jpgIl lançait lors de son dernier interview, un message à titre posthume : "Ne gâchez pas les cinq que vous avez devant vous".

Sa mort a eu un impact sur son parti CD&V pendant cette campagne électorale. Pour les autres, il y a eu un mix d'idées, d'approbations et de désapprobations. 

  

Les pays européens en ordre dispersé

En France, on peut parler d'une monarchie républicaine avec le Parlement qui entérine ce qui est décrété au sommet de l'Etat. 

Le déballage médiatique du mariage de Sarkozy avait été mis en parallèle avec le Traité de Lisbonne, signé après 4 jours de négociations. La campagne actuelle ne fait pas mieux avec le halal et les problèmes de l'immigration qui reconstruisent immanquablement le racisme. Un article expliquait et soutenait la cause européenne et s'est fait jeté comme un malpropre.

En Allemagne, la croissance économique allemande serait à l'arrêt d'après Steen Jakobsen, économiste en chef de Saxo Bank qui allonge ces arguments:

  • Les réformes économiques en Chine vont rogner le volume des exportations allemandes.
  • L’Allemagne a adopté la stratégie de l'énergie la plus chère d'Europe – le pays a échangé sa dépendance à l'énergie nucléaire contre une dépendance au gaz russe.
  • La crise en Ukraine. Selon l'Association allemande des grossistes, du Commerce extérieur et des Services (BGA) quelque 6.200 entreprises allemandes font du commerce avec la Russie.
  • La dévaluation à venir du yuan chinois va considérablement augmenter les importations en provenance de la Chine.

La démocratie est considérée comme un tabou. Elle apporte une liberté d'élire un candidat, mais oblige d'accepter toutes les conséquences jusqu'à la fin du mandat même si des écarts par rapport aux promesses, ne font pas défaut.   

Au début, le citoyen, patient, a appris à faire semblant d'avoir tout compris, à prendre en compte ce qui le touche de près et élaguer le reste. Il n'a d'ailleurs que peu de temps dans la journée pour analyser l'information proposée par la presse, pour la contester et préparer son droit de réponse sans tomber dans des raccourcis. 

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Lors des campagnes, le citoyen lambda a aimé l'image du réformiste sans se poser la question de savoir si ce n'était pas par simple populisme du vote sanction. Des déclarations fausses, non vérifiées, ne manquent pas d'être citées. Gauche et droite donnent l'impression de se copier et les dernières illusions s'estompent fatalement, après coup.

L'Europe est critiquée pour son opacité, son absence de responsabilité devant l'électeur. 

Les fémens manifestaient contre l'extrême-droite ne sont que le "reflet dénudé" d'une situation à l'européenne.

 

La CE, démocratique ou anti-démocratique?

Cela me rappelle des échanges musclés qui avaient pris place lors des municipales en France. Parler de démocratie et des extrêmes droite et gauche, serait-ce une répétition avant le grand spectacle du jour fatidique des élections européennes dans une semaine?   

En extrayant la substantifique moelle cela pourrait être cette opposition:  

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"Dans une démocratie, la légitimité, c'est la 'légalité'. Le vote des citoyens. Un critère de légitimité est par conséquent, subjectif, et donc toujours susceptible d'évoluer vers l'arbitraire et sort du cadre démocratique. L'erreur consiste à vouloir défendre la démocratie avec des moyens anti-démocratiques. 

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Cela n'empêche pas de présenter des opinions et des arguments contre l'extrême-droite au sein du débat ou mieux encore, d'amener les tenants de ces thèses à dévoiler leur propre anti-démocratisme. En dehors du contexte socio-politique, une partie du succès de la FN tient au fait qu'il est effectivement 'victime' d'une censure et se trouve conforté dans son rôle de bouc émissaire.". 

Tout dépend du contexte, de la période, comme il en était fait état dans ce billet.

Qu'on retienne que la démocratie contient les germes de sa propre destruction.

 

L'Europe est-elle une confédération ou une fédération?

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La confédération, c'est être unis quand il y a des intérêts communs à partager, sinon, c'est la bagarre économique entre les confédérés.

La fédération, c'est partager et rester solidaire en tous temps dans un intérêt vu en commun. 

Pour parler de l'Europe, plusieurs manières ont été adoptées.

"Les élections européennes expliquées aux enfants" avec l'aide d'une vidéo mais qui en définitive, se révélait être une promo pour l'UPR qui poussait à sortir de l'Europe. Trop partisan... 

Un dessin animé pour inciter les jeunes Danois à aller voter aux élections européennes a été retiré des sites où il avait été publié. Trop hard...

Peut-être faudrait-il des philosophes à la place de financiers ou de juristes à la tête d'entités qui ont des hommes à gérer, comme le proposait, ce jour-là, Paul Jorion. Pas assez concrète... 

Attali pensait, lui, à une Europe avec une "économie positive" avec un capitalisme patient au service de la démocratie. Pas assez précis. "Patient"? Quand tout va de plus en plus vite?  

En 2010, le billet "Pour quelques milliards de plus" traitait de projets européens et explicitait le besoin d'investir dans des domaines de pointes et d'avenir. Des projets pour lesquels l'Europe est toujours plus ou moins en position attentiste avec des moyens financiers au raz des pâquerettes.

La très chère austérité a rongé tous les échelons de la société occidentale. 

La question reste: Le rebond se produira-t-il après ces élections?

Plus d'Europe ou moins d'Europe?

 

Les concurrents de l'Europe:

A quoi sert les institutions européennes?

A première vue, de rempart contre les autres blocs d'influences extérieurs, privés et publics, et de législateurs vers l'intérieur mais sans mandats exécutifs.

Si l'Europe semble avoir atterri en "soft landing", les Etats-Unis, plus pragmatiques, sont montés au niveau du "soft increase". 

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Les pays émergents du BRIC sont en ralentissement obligatoire. Ils ont aussi leurs propres challengers. L'Indonésie, le Bangladesh, la Birmanie se pointent à l'horizon. L'Ethiopie veut devenir le nouvel eldorado du textile avec ses 40 euros mensuel de moyenne salariale.

La Chine, le mauvais élève de la démocratie, assume une consommation plus sobre, plus efficiente qui a apporté le complément pour équilibrer la balance courante.

Du coup, on part aussi en grève et on délocalise aussi à partir de Chine.

Liu He, considéré comme l'architecte moderniste de la Chine, est convaincu de la nécessité de changer le modèle chinois pour mieux le sauver avec son Plan 383. 

Le ralentissement chinois inquiète le reste du monde avec ces questions

  • est-ce que nous avons choisi la bonne voie avec la démocratie?
  • est-ce que même sans démocratie, le ralentissement est inévitable?
  • est-ce que nous vivons au dessus de nos moyens par rapport aux autres parties du monde? 

L'Inde, la plus grande démocratie, semble tenir la route mais à quel prix de la non-intégration de sa population. Le nouvel élu, premier ministre de l'Inde, a du pain sur la planche à faire oublier son nationalisme hindou, moins apprécié par les musulmans.

Des slogans tel que "Tous unis contre la vie chère" prouvent que chacun est prêt à lâcher du lest vers le nivellement vers le bas, en dépit de la volonté intime du bien-être.

 

Conclusions 

Sommes-nous plus encore en manque d'europlanisme?

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Le livre "Circus politicusrappelle la neutralisation du suffrage universel par une super-classe invisible, une monopolisation des pouvoirs experts, une multiplication des réseaux d'influence souterrains dont les membres se cooptent entre eux. Ce groupe social est devenu une super-classe comprenant des patrons de multinationales et de banques d'affaires.

Le plus comique, c'est qu'on ne peut même pas parler de complot. Les clubs secrets croient de bonne foi, que leur action vient au secours de l'intérêt commun avec la pensée idéologique de "Tout, mais pas rompre le libre-échange". Libre-échange des marchandises qui ne va pas sans libre-échange des hommes.

La démocratie est-elle compatible avec le développement durable? 

Ne pas associer la finance dont un pays peut disposer au côté social et durable, serait utopique. Budgétiser la durabilité des choses est bien plus difficile qu'il n'y parait.

"Etre durable veut dire qu'il faut satisfaire les besoins d'aujourd'hui sans entraver le développement des générations suivantes, éviter les tendances égoïstes et ne pas espérer se reproduire à loisir sans réfléchir aux conséquences". Mais, pour que les générations suivantes trouvent leur pied, il faudrait que les actuelles ne soient pas trop coincées.

Seule l'Allemagne est revenue, avec son soi-disant "miracle", à la case départ après 1945.  La mondialisation a permis de mettre le monde en réseaux, mais les Etats membres sont restés décentralisés. L'Europe des régions n'a pas arrangé la construction d'une unanimité des décisions. Alors, on cherche à aller plus loin avec un pacte trans-atlantique.

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Les droits acquis comme postulat social et faire payer les riches n'a pas rendu le monde plus égalitaire.

Faut-il plus ou moins de populisme? Le populisme qui prend en grippe les élites en recourant au peuple, suppose l'existence d'une démocratie représentative qu’il critique.

L'abstentionnisme des électeurs, la désertion des militants, ont encore progressé en France lors des Municipales au niveau de 38%.. 

A une semaine du scrutin, la question reste "un quart d'électeurs belges se disent indécis devant la difficulté à se situer dans les partis".

David Van Reybroeck dans son livre "Contre les élections", parle du vote par tirage au sort pour éviter le "syndrome de la fatigue démocratique". Rien de vraiment nouveau, cette manière d'exercer la démocratie, a existé dans l'histoire. 

En France, c'était Etienne Chouard qui voulait "Réapprendre la démocratie" de cette manière.

"Démocratie: Histoire d'un malentendu" disait Francis Dupuis-Dery.

Le changement serait de remplacer le droit de vote par le droit à la parole, avec le processus du vote par le tirage au sort pour éviter l'oligarchie. 

Ils placent surtout cette "Lottocratie" au niveau du législatif (Sénat) mais moins à celui de l'exécutif (Chambres). 

Au 19ème siècle, pour remplacer les pouvoirs de l'aristocratie, le socialisme avait défendu le droit de vote. Autocratie par les Grandes écoles et les élites. La démocratie représentative, aujourd'hui est, il est vrai, dans une impasse à cause de sa légitimité vacillante et des hommes politiques qui adaptent de plus en plus leur stratégie en fonction des échéances électorales. 

Ce serait chouette, pourrait-on se dire. Cela déchargerait tout le monde de certaines responsabilités. Si de mauvais numéros avaient été tirés du chapeau lors d'une élections, il n'y aurait qu'à dire "la fatalité s'est acharnée contre nous"Une campagne électorale ne coûterait rien puisque le hasard serait seul gérant des élections.

Il est vrai qu'à l'apogée de l'antique Athènes, entre -462 et -322 AC, un Conseil des Cinq Cents était élu par tirage avec des billes colorées sur le kleroterion, pour des mandats pris avec une rotation annuelle. Dans notre époque du "cours terme", cela pourrait tout à fait entrer dans l'air du temps à condition que le court-terme soit la solution.

Ce système électoral n'a-t-il pas précipité la fin d'Athènes avec la mort d'Alexandre alors que les Spartes, plus spartiates, n'avaient pas suivi ce mode de scrutin par tirage au sort? Le calcul des risques, des évaluations, des compétences et des motivations, serait-il réglé par le hasard en temps de crise? Est-ce que des coups de dés, mènerait à plus de sécurité? Des questions qui restent à chercher dans une analyse combinatoire mathématique plutôt que reliée à l'humanisme toujours conjoncturel.    

Le processus démocratique par le vote par Internet est préconisé par 25% des électeurs d'Estoniens si la sécurité assurée par un logiciel qui permet de localiser les traces de la signature numérique.  

Le modèle suisse de votations tous les trois mois répond mieux aux projets de société et à l'évolution de plus en plus rapide des populations. Plus efficace, plus synchronisée avec les événements qu'une élection tous les 4 ou 5 ans. Dernièrement, la Suisse votait pour augmenter ou non, le nombre de jours de congé. La réponse fut "non". Troublante réponse, à première vue, pour un esprit français. Moins de risques pourtant, le sujet voté pourra très bien se reposer plus tard et se recadrer avec de nouvelles normes. Pas de gloires nationales lors de ces votations, un simple référendum par affichage dans une démocratie directe et permanente. Les 26 cantons ont chacun leur constitution, parlement et tribunaux.  La taille du pays n'impose pas de grands rassemblements et cela fait la différence majeure. L'indépendance suisse vis-à-vis de l'Europe, une autre.

0.jpgUn web-document se proposait une plongée au cœur de la démocratie directe sous la forme suisse. Les Suisses ne veulent pas céder leur souveraineté parce qu'ils ont peur du dumping social, des DRH qui n'hésite pas à embaucher des candidats étrangers payés 30% moins chers et pour leur secret bancaire. Leur système de votation, leur renommée et leur technicité leur permettent de vivre en laissant le peuple souverain. Les imitations ne pourraient se produire qu'après des réformes bien analysées et de longues haleine.

Un autre démocratie à la mode "finlandaise"...

L'association du G1000 s'est constituée dans certains pays, mais n'a pas été suivi d'amendements notoires dans la Constitution pour qu'elle définisse les projets futurs et qu'elle vérifie les résultats à termes échus. 

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Donner des points aux projets et non plus aux partis. Peu importe la source des projets. 

Le poids économique des Etats éclairent le débat.

Avant la crise de 2008, la croissance s'élevait à 7%. En 2013, elle s'élevait à 4,3%.

Un choix qui passe alternativement de Charybde en Scylla, en passant par un recul de l'innovation, de l'investissement pour remonter la pente des dettes.

Aujourd'hui, dans le tiercé de tête des pays, il y a les Etats-Unis avec leurs 17.990 milliards de $. La Chine avec 6.109 milliards et l'Allemagne 4.002 milliards (France= 1.438 et Belgique= 420).

Parmi les marques privées, le tiercé s'établit avec Apple avec 104,7 milliards de $, Google avec 68,6 milliards, Microsoft avec 62,8 milliards.

 

Vers un monde plus égalitaire? 

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Une espérance plus théorique que pratique. Un leurre de l'esprit avec le social comme clé du succès qui serait commun, alors que, depuis toujours, tout est différent sur la planète Terre et dans la tête de ses populations.

2014 est une "année anniversaire" à plus d'un titre en plus du centième de la première guerre.

L'idée de la démocratie est déjà ancienne. Elle peut prendre des formes totalement différentes. Croire que la démocratie athénienne de l'antiquité, peut être reproduite telle quelle, serait une erreur.  

1989, il y avait 25 ans, c'était la réunification de l'Allemagne.

2004, il y avait 10 ans, le plus grand élargissement en Europe s'était produit avec 10 nouveaux pays qui rejoignaient la Communauté européenne.

Aujourd'hui, le bilan est dit globalement positif, même si la "réunification" des pays a aussi contribué à une certaine paralysie sans véritables réformes des institutions. 

L'éducation des gens a changé la donne.

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Si l'on votait en direct pour des projets de société et pas pour des hommes ou des partis, le vote ne demanderait plus à fonctionner ni par tirage au sort, ni par sélections des partis.

Répondre par "oui" ou par "non" aux questions posées, aux projets de société, devrait être plus performant pour les citoyens de la rue que de tirer à la fléchette sur des personnages cibles dont il ne connait presque rien.

Dans les conclusions de son livre, David Van Reybroeck constatait qu'"il y avait urgence de réformer la démocratie qui était en train de s'auto-détruire. L'initiative citoyenne se montre comme quelqu'un qui dépose les besoins du peuple sur le seuil des législateurs comme s'il s'agissait d'une bouteille de lait". 

Même s'il disait que "le référendum est un projet de loi du rayon 'tout fait' qui est tendu par la fenêtre aux citoyens", les modérateurs se montreraient comme des jardiniers du pouvoir publique et donc, son entretien se déroulerait au jardin, mais moins loin d'un processus démocratique barricadé.   

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Personne dans les hémicycles européens n'a envie de répondre à des questions de comment dynamiser la croissance, retrouver une démocratie qui tienne la route dans la longueur, comment résister ou continuer à exister avec l'obligation de garder une alliance américaine ou autre.  

Retrouver son béaba en "stand alone" pour affronter les enjeux du monde avec la preuve du passé et de l'histoire, c'est oublier que fondamentalement, le monde n'est plus ce qu'il était que des blocs d'influences se sont ajoutés, que d'autres ont disparu et essayent de se refaire une santé.

0.jpgLe monde est devenu un village. Les échanges se sont accrus dans ce "gros" village qui communique sans vraiment se connaître. 

Si les dictateurs gardaient une bonne conscience du bien général et pas particulier, on pourrait parler de la dictature comme d'un "paquet bonux" puisque tout y va plus vite. Mais, le pouvoir grise très vite ceux qui en détiennent les clés et le général devient très vite particulier comme on a pu le constater dans toutes les dictatures. 

L'Europe est sauvée pour l'instant, mais elle reste en convalescence.

Jeudi, France2 présentait "Le roman de l'euro". 

L'Euro(pe), entre rêve ou réalité?

Seulement, un grand dessein que cette volonté de mettre fin à toutes les guerres? 

L'argent est comme toujours, le nerf de la guerre. La mutualisation en Europe s'élève à une prévision de 60 milliards d'euros pour 2020. 

Le FMI prévoit un rebond de 3,6 % en 2014. Les prévisions font toujours rêver...

Les pays dit "faibles" ne peuvent plus dévaluer pour relancer leur économie puisque c'est une monnaie unique. Apprendre la compétitivité autrement, demande une révision complète des circuits de production. Le monétarisme n'est jamais totalement vaudou, même s'il y ressemble.

Si nous avons haï l'inflation, nous aimerions encore moins la récession par la déflation si elle devait sortir des urnes. Tout le monde y perdrait. La toux deviendrait chronique à la recherche du coût minimum dans un futur qui n'arrive jamais.

En 1990, le Japon en avait fait les frais pendant des années. Le premier ministre Abe a inversé la tendance dans un pari risqué sur l'avenir en répondant par la dépréciation, en donnant l'envie de consommer et ainsi éviter que la machine ne s'enraille.

Les Etats-Unis ont une monnaie unique, le dollar reconnu partout. Ils se portent mieux, même dévalué par rapport à l'euro. 

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Si l'Europe a été créée pour peser plus sur la scène internationale à 28 sans avoir d'accord global ni les mécaniques pour le réaliser, resterait bancale. 

Si les nationalismes et l'arme de "patriotisme économique" reprenaient le flambeau, on n'est pas sûr de sortir de l'auberge espagnole. 

Quant au morcellement par les régionalismes, ce serait encore plus difficile de trouver des compromis à la table des négociations, devenue géante.

Réformer les institutions pour faire face aux crises, cela aurait dû être envisagée.   

Pas de panique pour les européistes, "Les partis eurosceptiques pourraient obtenir 31% des voix, mais ironiquement, cela aboutirait à encore plus d'Europe".

Pas les mêmes ambitions et objectifsIls incarnent toute une gamme d’opinions et de visions allant de celles de partis de gouvernement traditionnels à celles d’authentiques partis néo-fascistes, selon Open Europe.

L'Europe est encore jeune. Elle avait cinquante ans en 2008.

Tout comme en Belgique, le séparatisme, désiré par la NVA, a vu les partis se liguer contre eux.

 

Pour qui voter? 

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Répondre à une telle question est faire preuve d'équilibriste ou à faire un plat mijoté à feux doux en y ajoutant toutes les épices.

Il y a les moyens proposés par Le Soir ou par la RTBF sous forme de test. Un citoyen lambda français qui donnait sa petite idée, n'y change rien fondamentalement. Puis, il y a les humoristes, André Lamy et Olivier Leborgne, qui croquent nos politiques et disent "Voter pour moi". C'est vrai, voter pour soi, permet de voir l'avenir autrement.0.jpg

Si dans les pays membres de la CE, il y a eu des campagnes électorales, ces campagnes ont brillé par leur absence au niveau de l'Europe. Pas facile de savoir qui faisait quoi et où dans les partis.  

Pas facile ainsi de déceler entre des gens qui se disent "normaux" et des turbulents de la pincette qui frisent la révolution dès leur réveil.

Ce 25 mai, le "Jour de la Mère de toutes les élections et de tous les dangers" comme le disait Asterix. 

0.jpgLes élections du 25 mai, la grande transition?

Le schéma idéal serait que la Commission (Exécutif) soit responsable de ses actes devant le Conseil (Sénat) et devant la chambre des peuples (Parlement), mais cela nécessiterait une révision des traités.


Récemment, le poil à gratter du Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit a pris sa retraite. Il s'est dit fatigué mais prêche toujours pour plus d'Europe pour que les nations ne soient pas “balayées par la mondialisation”.  

Son discours de sortie, loin de l'électoralisme, serait une bonne fin à cette histoire.

Les photos des événements du weekend, face à l'histoire, en un clic.  

Si on faisait tourner les drapeaux en entonnant l'Hymne à la Joie de Beethoven (vidéo), à voir les musiciens de l'orchestre, il semblerait que l'hymne européen est plus asiatique qu'européen:


 

 

L'enfoiré,

 

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Citations: 

  • « Tout ce que tu fais pour moi sans moi, tu le fais contre moi  », Gandhi
  • « L'Europe est un Etat composé de plusieurs provinces.  », Montesquieu
  • « Pourquoi l’Europe est-elle si économiquement nécessaire et si profondément ennuyeuse ?  », Valérie Accary 
  • «  L'Europe ne se fera qu'au bord du tombeau" », F. Nietsche
  • «La démocratie n’est pas seulement le droit à l’égalité, mais c’est aussi le droit à la différence. », Shimon Peres

 

 

Mise à jour 10/9/2014: L'équipe est formée. L'importance de l'Europe est bien plus importante que les politiques des pays.

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Mise à jour 26/1/2015Grèce: Alexis Tsipras sera officiellement nommé Premier ministre cet après-midi. Fin de l'austérité?podcast

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11/05/2014

Pas de quartiers dans mon quartier à Evere

C'est le moment choisi pour décrire où vit le citadin dans une des 19 communes de Bruxelles: Evere.

0.jpgPréambule

En 2013, je présentais "Le printemps, chez moi, c'est quoi". Mars 2013 avait affiché une température moyenne de 3 degrés, la valeur la plus basse enregistrée depuis 1981. 

Mars 2014, ce fut le record inverse, avec une moyenne de 14,1°C. Le 9 mars, une température supérieure à 20°C, avait été atteinte et jamais mesurée depuis 1833.

Ce samedi 10 mai, ce ne fut pas une journée à ajouter aux anales des températures extraordinaires. 

La région bruxelloise à 25 ans et cela se fête.

Après  la Zinneke Parade avec pour thème "La tentation" en transitant au Food Truck Festival qui proposait des mets sans frontières, du hamburger bio aux insectes, on arrivait, au dimanche, à la fête de l'Iris avaient lieu dans le centre de Bruxelles.

De Bruxelles centre, récemment encore, j'en avais parlé.  

En parallèle, il y avait eu la Fête des Quartiers à Evere,

Faire un tour dans ma commune, de la décrire à une nouvelle occasion, quitte à s'en évader à une autre quand le trop plein de l'une était atteint.

La commune d'Evere

Evere est une commune très excentrée, par rapport à Bruxelles-Ville. Citée la première fois dans un texte datant de 1120, sous le nom d'Everna. La commune se développe dans la vallée de la Senne sur la route de de Cologne. Les tailleurs de pierres s'installent près du cimetière de Bruxelles.0.jpg

24% de la population est d'origines étrangères (France, Italie, Pologne...)  

Le Bas-Evere regroupait de petites fermes mais, en 1943, beaucoup d'entre elles ont disparu en raison des bombardements visant l'aérodrome et la gare.

Le Haut-Evere, constitué d'un plateau, exploitait à l'origine des briqueteries.

C'est en 1954 que cette commune a rejoint la capitale bruxelloise.

Essentiellement rurale (carottes, navets, pommes de terre, puis cultures maraîchères) jusqu'à la fin de la 2ème guerre mondiale, cette ruralité s'est considérablement transformée ensuite avec l'augmentation de la population. Aujourd'hui, la surface bâtie atteint plus de 86% du territoire et moins de 10% de surface agricole.

La commune n'a pas de curiosités touristiques qui feront courir les foules. C'est évident.

Peu de chose à dire, donc.

Tout à sentir et à ressentir sur place car, en cherchant bien, il y a des choses qui sont à découvrir comme partout.

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C'est la seule commune de la région bruxelloise qui a reçu le certificat de Cittaslown qui la mettrait dans un réseau de villes du bien vivre.

Evere compte 38.102 habitants sur une superficie de 5,02 km2, ce qui revient à dire qu'il y a 7.590 habitants par km2. L'architecte Willy Van Der Meeren s'y est distingué en concevant une construction en kit pour abaisser les coûts en conservant la liberté de moduler le plan au gré de la fantaisie des habitants à l'aide de panneaux libres. 

En 1954, le Bourgmestre Franz Guillaume avait initié le projet "Ieder Zijn Huis" ("chacun sa maison") sous forme d'un immeuble sur pilotis, inspiré de l'Unité d'Habitation dessinée par le Corbusier pour Marseille. Willy Van Der Meeren en sera l'artisan architecte.

A la tête, Rudi Vervoort, Bourgmestre depuis 1998, Ministre Président de la Région Bruxelles-Capitale, depuis 2013.   

Son statut de village a accueilli d'abord, le siège de l'OTAN (nous en reparlerons très bientôt). Le boulevard Léopold III et un train passe en parallèle à lui sont les colonnes vertébrales qui traversent la commune de part en part. Ce qu'on appelle le vieil Evere à l'ouest et le nouveau à l'est. "Vieil Evere" est à prendre chronologiquement. Le terme est loin d'être pris péjorativement.

 

0.jpgUn parcours à pied, en jogging ou à vélo s'impose.

Notre visite commence à l'ouest, dans la partie la plus basse, à l'église Saint Vincent. Saint Vincent, le saint-patron de la commune et c'est là, où tout a commencé en 1120.

L'église ne démentira pas cette impression de village. Il s'agit plus d'une chapelle que d'une église. Elle rassemble une tour romane massive et avec à l'intérieur une nef classique, un mobilier baroque et des vitraux de Pierre Majerus.

En 1889, le couvent du Bon Pasteur y avait remplacé un ancienne propriété du XVIème siècle. 

Le Parc du Bon-Pasteur, devant elle, coincé entre la gare de Schaerbeek et la zone industrielle jouxte la réserve naturelle du Moeraske (dont j'ai déjà parlé), traversée par le ruisseau, le Kerkebeek et qui longe la voie ferrée. 

En remontant vers l'est, bien caché, un petit bâtiment en pierre du pays, appelé 't Hoevekede, date de 1630. Il a appartenu à la métairie De Vleugel, est actuellement réservé aux expositions des artistes ou à des fêtes.

Ce petit bâtiment historique est mixé sur la chaussée de Hacht aux maisons et buildings anciens ou modernes. 

Plus loin, un vieux moulin à vent a été construit en 1841, par Charles Van Assche, pour moudre les céréales. Les pales de 22 mètres d'envergure n'existent plus depuis 1886, la force du vent remplacée avantageusement par la machine. Les fonctions vont se succéder. Meunerie, jusqu'en 1911, fabrique de thermosiphons pour le forçage des chicons, tannerie, scierie, fabrique de boyaux pour la charcuterie, fabrique d'épice Oscar Tausig, jusqu'en 1983. Il a été restauré en 2008 pour devenir un musée du moulin et de l'alimentation. Amusant de s'apercevoir des choix des expositions. Passer de l'exposition qui parle du cannibalisme au "marché des saveurs", organisé le 18 mai prochain, si ce n'est pas par goût d'éclectisme et pour l'humour, qu'est ce que cela pourrait être?  

Le quartier Notre-Dame, entre 1920 et 1930, accueille le personnel affecté à l'aérodrome. Le style Paquebot a été choisi comme architecture avec des rêves de voyage.

En 1939, la Maison Communale s'y installait à la lisière avec ce style. Une grande fontaine, bien plus récente, très "moderne style" plastronne au centre de la place alors que, dans le jardin en face, de petites fontaines en technicolor jaillissent du sol pour le plaisir des enfants. 

Derrière la Maison Communale, comme Evere est la pionnière de la culture des witloof ou chicons, un petit musée du chicon avait pris place dans une ferme de 1891 au lieu dit "Geuzenberg", mais, il a été remplacé par un restaurant qui on l'espère à du chicon au menu.

Le Chicon a une vieille histoire.

Le chicon, connu comme "endives" en France, "witloof" en flamand occidental ("feuillage blanc"). 

Au début, les trois communes connexes de Schaerbeek, Evere et Haren, se partageaient l'essentiel de la production de chicons. Mais, l'urbanisation rapide des deux premières communes et la disparition des terres agricoles au bénéfice des habitations, ont rapidement fait de Haren, l'épicentre de la production des witloof. A tel point qu'une gare a été consacrée à l'embarquement de ce précieux légume à destination de toute l'Europe. Aujourd'hui, le chicon est moins amère que dans le temps. Je ne l'aimais pas dans ma jeunesse, aujourd'hui, j'adore.

Traversons ce grand boulevard Léopold III qui fait la jonction avec le nord de Bruxelles.

Passons à l'est, dans le "Haut-Evere", le "Evere nouveau".

La Communauté Européenne y a installé ses bureaux de traductions dans le quartier dit "Genève". C'est dire que cela a attiré une population en provenance de plusieurs pays d'Europe.

En face, les premières habitations sociales, classées, du Tuinbouw datent de 1922 dans le quartier Astrid qui l'entoure.

Un peu plus haut encore, entre 1934 et la fin des années 70, un vaste solarium avait permis de passer les dimanches au soleil par journées de beaux temps à la piscine. Une piscine communale existe encore, mais couverte, cette fois, dénommée piscine du Triton et sise au côté du parc du "White Star", où l'on joue au tennis, au hockey et du football.   

En 2012, dans la commune, il y avait 3900 habitations unifamiliales et 12.400 appartements faisant partie de 954 immeubles.  

Des bureaux, considérés comme trop nombreux alors qu'il y avait un besoin criant de logements, ont été, de plus en plus, transformés en habitations.

0.jpgLe building de bureaux dit "Le Genève", par exemple, a été complètement désossé et attend ses transformations. Cet endroit a été désigné, je vous le donne en mille, pour créer un clip de Stromae "La fête". Je m'en souviens encore, non averti, de loin, on entendait les cris sans en comprendre la signification, avec une moue presque fâchée, dénotant le désaveux du bruit anormal que cela engendrait. 

Le Tuinbouw, dénommé quartier "Genève", fait partie d'un mini-espace de maisons unifamiliales entrecoupés de bâtiments à étages multiples. Les noms de rues et de clos passent par toutes les variantes géographiques comme Kent, Algarve, Frioul, Petite Suisse, Péloponnèse, Andalousie, Frise...

S'y promener c'est faire du tourisme de proximité.

Les promoteurs de ces buildings gratte-ciel, ont des noms devenus inconnus, comme Etrimo, Amelincks, Iboc. Tous disparu après faillites. 

Mais on construit toujours ou on rénove avec d'autres noms de promoteurs comme, par exemple, Bouygue-Immobilier.

Ce n'est pas uniquement là que de nouveaux quartiers continuent la mutation d'ailleurs.

Les cimetières de Bruxelles, de Schaerbeek et de Evere prennent une grande partie de superficie de la commune.

Nous sommes sur un plateau en légère pente. L'Avenue des Anciens Combattants mène à une autre église, dédiée, elle, à Saint Joseph, sur la place Paduwa et la Chaussée de Louvain. Quartier commerçant oblige, qui partage un essor commercial avec la chaussée de Haecht.

Nous approchons aux limites de la commune avec l'autoroute qui la ceinture. 

La langue et la région

Francophone et flamande.

Vendredi, Laurence Bibot nous apprenait comment elle avait approché la langue flamande, avec humour, au travers d'injures qui étaient très bruxelloises et très peu néerlandophones. Elle ajoutait "Le flamand, c'est comme le chicon au gratin, petit, on aime que le jambon, mais en grandissant on apprécie toute l'amertume". Elle ne savait pas si bien dire, sans même sous-entendre la commune d'Evere.

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Pas question de revenir aux problèmes communautaires, trop associés à la période actuelle, trop englués dans la campagne électorale.

Quant à moi, citadin depuis toujours, éverois depuis 42 ans, je me trouve à moins d'un kilomètre, des champs et de la région flamande. 

Avoir un parc, un jardin devant moi rien que pour la beauté des yeux, sans jamais avoir à trifouiller dans la terre, voilà ce qui me plait.

Cela ne veut pas dire, qu'il n'y ait pas de moyens de s'y intéresser à cette terre. De petits lopins de terre s'insèrent entre les habitations et un jardin écologique permet de se familiariser avec les techniques du compostage, de la culture de fleurs et de légumes. 

Etre citadin, c'est, évidemment, prendre des habitudes de confort, de jouir des animations et de pouvoir trouver tout ce qu'on cherche à proximité dans les magasins de grandes et petites surfaces.

Vendredi encore, à l'occasion de la fête de l'Iris, la RTBF se posait la question de savoir s'il y avait une identité bruxelloise. A en croire les réactions, cela allait en sens divers. Pourquoi en serait-il autrement? Bruxelles est un 'multing pot', rassemblé dans la Zinneke Parade de hier. 

Entre la Wallonie et la Flandre, certains bruxellois ne choisissent pas. Une assise entre deux chaises. On entend parfois dire qu’ils ne se sentent ni attaché à l’une, ni à l’autre, et qu’en cas de division du pays, ils préféreraient que leur ville devienne une sorte de district européen, "kiekefretters", urbains, riches de leurs différences, tant que cette ville-région garde une dimension humaine sans devenir une mégalopole.

Proche de la région flamande et la provenance de près de 20 nationalités différentes dans les immeubles complexes, si on ne peut avoir un esprit cosmopolite, comment l'aurait-on?

Le passif   

Réaliser un équilibre entre ce qu'on veut et on peut faire, reste une obligation délicate dans ces cas de cultures multiples.

Le calme absolue, c'est une question de goût, on aime ou on n'aime pas.

Questionnés, les gens de l'environnement ressentent les mêmes plaisirs d'y vivre, malgré le bruit de la ville et les avions qui ont la malheureuse habitude de survoler la ville dès les premières heures de la journée.

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Quand on dit qu'il n'y a pas eu de danger selon Belgocontrol, lors d'un passage d'un avion à basse altitude, on se demande seulement s'il faut dire "Merci, pour l'info".

Les nuisances des avions ressortent des tiroirs au moments opportuns des élections. Par ici, à moins de 8 kilomètres de l'aéroport de Zaventem, on n'a pas attendu les élections pour en recevoir les échos.

Cette semaine, un coup de fil.

Une nouvelle enquête, tout à fait détaillée, celle-là, sur le sujet des nuisances du Léopold III et du bruit occasionné par les avions.

Quant aux suites à y donner, ne vous inquiétez pas, tout va rentrer dans l'ordre après les élections. Enfin, tout dépend s'il y a du vent, s'il y a des pilotes qui n'aiment pas trop se faire remarquer.

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Ce n'est pas encore demain, que l'on aura des avions à décollage vertical dans l'aviation civile.

La mobilité, un sujet qui reste préoccupant quand une commune se trouve excentrée.

Le projet de métro vient seulement de trouver son tracé définitif. Le choix s’est finalement porté sur la variante qui passe, à Schaerbeek et Evere par les places Liedts, et Collignon, sous la rue de Waelhem, le square Riga, la rue du Tilleul, la place de la Paix et Bordet.

Pas de quartiers dans mon quartier, disait le titre. J'explique.

Bien sûr qu'il y a des quartiers différents dans la commune.

J'ai récemment décrit Molenbeek qui donnait une impression de ghettoïsation des populations. En 2011, je parlais de Schaerbeek, commune qui jouxte Evere et fait partie de la même zone de police.

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Ici, avec les 18% de populations étrangères, tout s'imbrique sans véritables problèmes entre riches et pauvres, autochtones et allochtones, habitants de maisons particulières et habitants de tours de plusieurs étages.

La commune est une entité à part entière.

Faut pas rêver, tout n'est pas luxe, calme et volupté ni à Evere, ni à Bruxelles.

Vivre en ville, c'est apprendre à vivre au mieux entre des communautés diverses. Pour cela, il y a différentes manières d'y arriver.

La ville de Bruxelles est à un carrefour de tout ce qui peut s'imaginer, de tout ce qui peut arriver. Une plaque tournante, quoi.

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Par le ring, une des autoroutes belges non payantes, servent de transit aux camions pour toutes les destinations.

Les problèmes de Bruxelles sont clairs: mobilité, enseignement et chômage. Philippe Delstanche tentait de répondre aux auditeurs.

Après Bruxelles, pas belle en 2013, ce fut  Bruxelles, bruyante et embouteillée, comme l'écrivait Jean Quatremer

Oui, je sais, à la campagne, tout est plus vert, plus silencieux, plus... On y nagerait dans un grand bassin de l'écologie avec l'odeur du purin qui remplace celui du bitume. Un "délice pour citadins" avertis.

Cette semaine, le téléfilm "Ma vie au grand air" sur France3, exprimait cette opposition entre les rats des villes et les rats des champs. Le choc des citadins qui entrent en "séminaire" dans la vie de campagne et reçoit, en prime, le chants des petits oiseaux.

Les cancans, les rumeurs, le bouche à oreille des villages, font partie des premières constatations.

Si vivre en ville s'apprend, il en est de même à la campagne.

Ce qui m'inquiète le plus à Evere, ce n'est pas le prix au mètre carré qui, même cher, est encore sous-évalué par rapport à d'autres grandes capitales comme Paris, mais le nombre de maisons de repos, de homes pour vieillards, de séniories. On en dénombre huit (dont un en construction) sur ce territoire de 5 km2, cela pour un peu plus de 17% de populations au dessus de 65 ans (site internet). En sus, pour compléter quatre cimetières.

Faudrait-il avoir peur que la commune devienne la Floride de Bruxelles?

0.jpgLe véritable secret d'une réussite à la recherche de son lieu de résidence, c'est d'avoir la campagne intégrée dans la ville rien que pour la beauté des yeux.

C'est aussi garder un coin d'esprit et de rêves qui le font penser tout en conservant la valise à proximité quand l'envie vient d'aller voir ailleurs si l'herbe y est plus verte.

Samedi, il drachait, pardon, il pleuvait des cordes.

Ce fut exactement, le même jour et le même temps pourri qu'il y avait 42 ans plus tôt, quand l'enfoiré mettait la bague au doigt de l'enfoirée. 

Hier soir, une autre coïncidence, le théâtre.

Le "Mariage de Mademoiselle Beulemans" au Théâtre des Galeries. Un triomphe. Les répliques sont tellement connues que les spectateurs semblaient répéter les rôles avant les acteurs.

Parmi les spectateurs, une standing ovation avait été lancée à un couple qui venait de se marier dans la journée. 

La pièce fut une occasion de retrouver l'accent du terroir et, qui sait, peut-être aussi, celui du tiroir d'un patron de la gueuze "La mort subite".

La soi-disant duel de la semaine dernière aurait pu avoir le même titre énigmatique que le livre "Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" à une nuance près, que ce n'était pas des patates, mais des chicons, de la chicorée. 

"La fête de l'Iris, c'est entre discours de fête et paroles de campagne", Rudi Vervoort ne croyait pas si bien dire. C'était la fête, c'était ma fête. 

Allez, une fois, mettez-vous.

Placez vos lorgnons sur votre blafture.

Regardez les vieilles photos et mes photos de mes promenades à Evere.

Pas sûr que ces photos rappelleraient la ville à Daniel Balavoine quand il arrivait en ville...



 

L'enfoiré,

 

Citation:

  • « Je n'aimerais guère vivre dans la Lune. Ça m'embêterait de changer de quartier, tous les neuf jours.  », Francis Blanche
  • « La mer isole de tout et dispense des sensations qui n'ont rien à voir avec les tics nerveux citadins. », Jacques Sternberg 

04/05/2014

La foire d'empoigne aux idées

La période électorale veut que les foires aux idées germent en foires d'empoigne. Ce matin-là, un duel entre L'enfoiré du PVV et Cowboy du PCC était modéré par Tartempion. Une suite aux "débats interactifs ou radioactifs", en technicolor et en parodie

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- Tartempion: Bonjour Cowboy du Parti des Campagnes Combattantes et bonjour L'enfoiré du Parti des Villes Victorieuses. Il y a quatre ans, j'ai eu l'occasion d'interviewer l'enfoiré  à l'occasion de ses cinq ans de présence sur la Grande Toile. En résumé, je dirais que l'enfoiré est un citadin, qui se veut éclectique dans le choix de ses sujets en ajoutant l'ironie. Un penseur essayiste qui veut faire rire et choquer tout à la fois pour comprendre ces contemporains sur Internet. Il disait, je cite, "La peur du lendemain obscurcit l'horizon". Très réaliste, il opposait l'art et le progrès scientifique. Vous, Cowboy, à l'opposé, vous êtes campagnard et joueur d'échecs. Comment définiriez-vous, aujourd'hui, l'enfoiré? 

- Cowboy: Un enfoiré aime les débats comme le boxeur aime le combat de boxe. Les uppercuts ne lui font pas peur, au contraire. Recevoir et distribuer les coups, c'est magique. Savoir relever le défi avant un KO, quand l'autre se croit déjà vainqueur, c'est divin. Le nombre de rounds n'a pas d'importance, pourvu qu'il ait l'ivresse de rencontrer un adversaire coriace. Abandonner, jamais ! Et de discuter avec l'arbitre, les soigneurs, les spectateurs, il en raffole. Il ne recherche ni les prix, ni les titres, ni les honneurs, juste le plaisir de se battre. Un enfoiré ne tient pas à avoir raison, c''est le cadet de ses soucis, il adore voir les arguments de son adversaire se déliter. Il y consacrera tout le temps qu'il a et qu'il faut. Un enfoiré peut débattre de tout, puisque, comme il le souligne souvent, il a déjà écrit sur tout. Il est d'ailleurs à l'affût de tout nouveau sujet, son calepin et son crayon toujours dans sa poche. Cette analogie avec la boxe sera, n'en doutez pas, l'un de ses prochains sujets. Un enfoiré est un philosophe, oui, déconnecté du réel, mais connecté à internet.

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- L'enfoiré: Belle définition, merci, Cowboy. Je n'y vois pas beaucoup à y ajouter. Vous me dites déconnecté du réel, mais connecté à internet. N'êtes-vous pas déconnecté du réel des villes? Qu'à partir de vos campagnes, vous ne voyagez pas assez pour découvrir ce qui se passe sur d'autres parties du monde. Avec la tête et les jambes comme je le suis, on devient voyageur dans la virtualité et dans le réel et on y rencontre de tout. Mais c'est vrai la campagne, m'est beaucoup moins connue que vous. C'est pour cela que je suis éclectique dans mes sujets. Je veux continuer à apprendre avec toutes les sources imaginables.  Dans une lutte d'influence, il est normal de chercher des opposants à sa taille. Vous le faites en consultant le nombre de points ELO qu'a votre adversaire avant de commencer une partie.

- Tartempion (réjoui d'avoir un beau débat.): Dernièrement vous vous êtes opposés sur un sujet.

- L'enfoiré: Cowboy, j'ai pensé à vous quand j'ai vu le documentaire "Le peuple miniature" sur Internet et à la télévision. Quelque chose de très banal, pour vous, je présume.

- Cowboy:  Un exemple de votre éclectisme ? Voir des fourmis dans mon jardin est mieux qu'à la télé ou au cinéma.

- L'enfoiré: D'accord, Cowboy. Le commentaire du journaliste disait d'ailleurs "des scènes ont été entièrement inventées, voire, n'ont jamais eu lieu. Un montage qui pose des questions sur la frontière entre documentaire, fiction et télé-réalité". Si c'était une autre façon d'observer les animaux, à grand spectacle, elle tentait d'humaniser avec un anthropomorphisme de bon aloi. Suivant la maxime de 'ce qui est petit est gentil' cela devrait faire un véritable tabac chez les grands et créer des envies de posséder quelques exemplaires de ces 'petits choses' chez les jeunes enfants. 

- Cowboy: Avez-vous assisté à la naissance d'un poulain?

- L'enfoiré: Non. Devrais-je? En ville, ce beau poulain risque de déboucher dans l'assiette de quelqu'un. L'homme est un prédateur, savez-vous.

Cowboy: Vous avez raison. Vous avez toujours raison..  

- L'enfoiré: Raison? C'est la nature qui a toujours raison. Elle peut tout casser. La véritable trouble-fête qui seule détermine et décide ce qui se passera ou non, c'est elle. Vous devriez savoir que la nature ne se laisse pas domestiquer facilement. 'On ne peut la vaincre qu'en l'obéissant', disait Francis Bacon. Si on la contrarie un temps, elle reprend ses droits dès que l'homme a tourné le dos. S'en faire une alliée est bien plus productif que de la combattre puisque les humains sont de "petites natures pour la Grande nature". La vie se déroule dans une chaîne de prédateurs, et de proies au menu des premiers. Parfois même des déprédateurs. Qu'on appelle cela, vie, nature ou dieu, avec majuscules ou minuscules, cela n'a pas une réelle une importance. 

- Cowboy: Je vous reconnais bien là. Puisque vous me parlez d'Internet. Voici une vidéo que tout les citadins devraient voir. 

Quelques minutes après:

- L'enfoiré: Là, vous me rassurez. Vous regardez aussi des vidéos. En ville, nous pensons différemment qu'en campagne, évidemment. Nous n'avons pas le temps. Il faut aller vite. Une vie trépidante, qu'il faut aimer. C'est marche ou crève. Il n'est pas une question d'imposer des lois et des règles de l'un ou de l'autre. On voit les choses sur nos écrans, d'accord. Pour répondre à vos fourmis dans le jardin, c'est, évidemment, plus réel. Quant au poulain, c'est une forme de renaissance. Si la nature a quelques gènes à transférer de générations en générations, elle met le temps. Des millions d'années pour avoir le temps d'installer ses "(r)évolutions".  

- Cowboy: Vous vous amusez à provoquer. Vous me vexez sans vous rendre compte.

- L'enfoiré: Vous vexer? C'est vrai, la provocation fait partie du jeu, c'est évident sur Internet

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- Cowboy: Vous n'avez aucune conviction. Vous vous amusez à casser celles des autres. La Vie avec un "V" n'est pas un jeu.

- L'enfoiré: Ce n'est pas un jeu, encore une fois, d'accord. Mais, permettez-moi de rendre une minuscule au mot "vie". L'humour me permet cela. A la radio, les Cafés serrés du matin me font entendre la vie sous un autre angle. Ils sont là pour faire comprendre avec humour jusqu'où on peut aller trop loin dans nos villes.  

- Cowboy: Ce sont des émissions pour divertir. L'humour, c'est autre chose que des traits d'esprit, des situations cocasses.  

- L'enfoiré: Bien sûr. L'homme a apporté son humanisme, sa sensibilité pour cela. Mais, avec un complexe d'infériorité, je précise. Les lois humaines sont temporaires, amendées en fonction de paramètres de circonstances, faites d'appréciations très souvent, rétroactives. Vous ne lisez pas ce genre de magazines, mais le S&V du mois d'avril contient un article qui démontre qu'il y avait une irrésistible extension de la théorie de l'évolution. Celle-ci va de l'anthropologie jusqu'à l'informatique en passant par les particules de la physique quantique, les comportement sociaux, les trous cosmiques et les cellules vivantes. Les algorithmes évolutionnaires sont imprévisibles, ce qui en fait leurs forces. Les seuls atouts des humains seraient de faire la paix avec la nature, de trouver les compromis adéquat pour l'utiliserNous sommes tous enclin à divertir, mais certains le font avec art, d'autres moins.  

- Cowboy: Divertir ceux qui s'emmerdent...

- L'enfoiré: Votre façon de voir m'amuse. Elle m'amuse parce que le citadin de souche que je suis, a la même impression en passant au travers des villages de campagne. Lui, il a besoin d'un peu de bruit mais pas trop, d'animations, et au matin, pas au chant du cog, le matin, même s'il a parfois marre des survols d'avions. La rencontre du rat des villes et du rat des champs, ne trouvera pas de réponses définitives entre nous.

En support du film «Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu», Christian Clavier apportait son point de vue qui vient bien à propos. Il avait écrit le scénario  de ce film dans le décor de la Révolution française et dans la peau d’un Français pure souche, tendance réac. Une comédie pour se défouler est un choix de goût, de vie, de plaisir, disait-il. En résumé, il répondait au journaliste qu'il ne se plaçait pas dans le genre de problématique du Bon Dieux. Conçu pour faire rire, ce n’est pas un film à message politique ou moral mais un défouloir comme l’était 'Le Père Noël est une ordure'. Le personnage passe son temps à dire des choses qu’il ne faut pas dire ou ne pas penser sans épargner personne. La jubilation ce sont les personnages qui agissent en donnant une distance par rapport à certains préjugés. La comédie est, pour lui, le meilleur moyen de rencontrer le public. Il dit des énormités qui font rire et défoulent dans le monde actuel et son mélange de générations et de cultures. De la génération 68, très en révolte par rapport aux milieux familiaux, il n'a pas souffert d’ostracisme. Dans la France de cette époque-là, c’était le plein-emploi. Le seul endroit où il y avait du chômage, c’était dans le milieu artistique. Il avait fait science-po par facilité, pour ne pas avoir ses vivres coupés. Quand il est à l’aise, il invente et laisse une grande liberté sur le plateau. La comédie est le genre que le public préfère, or c’est le plus difficile à faire. Mais la proportion entre les comédies réussies et ratées reste la même. Faire rire, ce n’est pas une question de talent mais de nature. Le sens du ridicule sur soi ou l’envie de la dérision ne s’apprend pas. Savoir faire rire est un privilège. Il se dit passeur face à la nouvelle génération à vouloir déconner non-stop pour se défouler et évacuer le trac en regardant les qualités et les défauts de chacun.

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- Cowboy: Vous considérez-vous comme lui?
 
- L'enfoiré: Presque trait pour trait, mais sans me considérer comme un artiste, comme lui, pour autant. La comédie et le théâtre sont des métaphores du conflit.  
- Cowboy: Vous êtes dans une foire, comme un enfoiré en cherchant à vous amuser, à trouver votre chemin sur les montagnes russes pour se donner de l'adrénaline tout en cherchant des garde-fous.
- L'enfoiré: En effet. Comme sur les toboggans, dans les relations humaines où le risque zéro n'existe pas plus. Je jette des pavés dans la marre en m'éclaboussant souvent moi-même.
 Tartempion: Sachant cela, n'était-il pas con d'être un mec, comme L'enfoiré? 
- L'enfoiré: C'est justement ce que je cherchais, le prestige d'être simplement 'con' avec l'aide de mon auto-dérision comme je l'ai écrit. 
- Cowboy: Vous n'avez qu'à vous en prendre à vous-même et assumer de vouloir tenter le diable à réunir l'eau et le feu, à vouloir chercher une raison, là où il n'y en a pas... Vous n'avez même pas de convictions et vous ne cherchez pas à adoucir vos propos. 
- L'enfoiré: Pas d'église dans mon village, en effet. Sur Internet, le subset de la vie, il faut oser, oui. Ce n'est pas écrit en petites lettres dans la posologie, mais on l'apprend très vite. 'A vaincre sans péril, c'est triompher sans gloire', disait quelqu'un. Je n'ai aucune autre conviction que d'oser, aucune autre prétention que de tourner en dérision la sinistrose même quand elle se présente à moi-même. Si c'est être philosophe comme vous dites, alors, oui, je le suis.   

- Tartempion: Qu'êtes-vous vraiment pour vous permettre ça? De l'arrogance?

- L'enfoiré: Ce n'est pas pas de l'arrogance, pas comme pourrait l'être un juge ou un auditeur. Si vous vous souvenez la rencontre du huitième nain avec Blanche neige. S'il faut tester un moteur, je pousserai sur l'accélérateur, plus loin que ne le permet le constructeur, pour voir s'il tiendra la route dans la longueur et en profondeur. Qui peut le plus, peut toujours le moins, Non? 

0.jpg- Cowboy: Sans conviction. Donc, sans foi, ni loi, je suppose.

- L'enfoiré: Réfractaire aux convictions trop doctrinaires, ça c'est sûr. Pas très docile, non plus. D'après moi, on ne pourrait simplement pas avoir de convictions préalables. Ce serait être corrompu quelque part par quelqu'un. On ne peut justifier et accepter la résolution de problèmes existentiels et des événements qui en découlent, que par des arguments, par une analyse personnelle après coup du pour et du contre

- Cowboy: Quand il y a le dilemme entre deux convictions, que faites-vous?

- L'enfoiré: Je tiendrai à modérer pour éviter le clash et atténuer l'antagonisme existant, comme vous, probablement, Tartempion. 

- Tartempion: Le processus est-ce le "stress-test" ou le "crash test", à la mode en temps de campagne électoral que vous utilisez?

- L'enfoiré: Le stress-test. J'opère ainsi depuis longtemps. Trop facile de s'accrocher à des convictions comme une bouée de secours quand cela ne marche pas vraiment. Je suis un scientifique dans l'âme. Je teste tout. Je n'ai pas besoin d'une tierce personne pour trouver mon chemin dans le champ de mines. Encore moins un prophète ou un Messie. Quand je me brûle, je m'empresse de faire couler de l'eau sur mes blessures. 

- Tartempion: Vous n'êtes jamais blessé de ce qu'on vous enverrait comme banane pour vous faire tomber? 

0.jpg- L'enfoiré: Cela peut arriver. Des bides, aussi. Mais alors j'essaye d'utiliser la force de mon adversaire. Une vieille technique du judo. Je cherche toujours à expliquer l'inexplicable. L'impossible, pour moi, n'existe que dans les fictions au cinéma. Parfois, je suis obligé de constater que les réalités dépassent les fictions. Je débats avec des arguments et des contre-arguments confondants, sans peur et sans reproche avec réalisme dans le concret et le tangible. Tant qu'il reste des rêves et des projets, je sais qu'il y a encore une chance de trouver une porte de sortie à ce champ de mines. J'investis dans l'avenir. Je ne perds pas mon temps à regretter le passé. Toujours curieux, je remonte aux sources puisque tout est dans tout et inversement. Pas présomptueux de chercher la vérité puisqu'on ne la connait que par le bout de lorgnette. Éternel nomade, je cherche à savoir comment on vit de l'autre côté de cette planète que je foule à pieds, à vélo, en voiture ou en avion entre théories livresques et pratique du terrain. Quant à avoir raison, j'ignore ce que cela peut être. 

- Cowboy: Pas présomptueux cette façon de voir?  L'origine des choses n'est-elle pas cachée derrière des idées libérales voir libertines?

0.jpg- L'enfoiré: Cela peut y ressembler. Pour atteindre l'origine des choses, il faut creuser jusqu'au plancher des vaches ou mieux, au sous-sol, mais ne jamais rester à l'entre-sol. Très numérique, on peut m'expliquer que la fin justifie les moyens et qu'avec des données valables et un bon cahier des charges, il est possible d'arriver au but désiré. Comme il y a tellement de chemins de traverses, cela a été à moi de chercher le meilleur algorithme pendant la vie active. 

- Cowboy: Chassez le naturel, il revient au galop.

- L'enfoiré: Je suis border-line, c'est évident. Je provoque pour toucher le fond. J'ai appris à résister contre toutes les idées positives et négatives. Cela me rappelle la pépite d'une candidate du MR, Alexia Bertrand qui avait pour slogan "Avec moi, on va toucher le fond". A première vue un slogan suicidaire, mais à y réfléchir, si c'était pour aller au fond des choses en traitant les dossiers en profondeur... Pourquoi pas?

- Tartempion: Vous recherchez une sorte de bonheur bien à vous?

- L'enfoiré: Christophe André était interrogé à la suite de son nouveau livre "Et n'oublie pas d'être heureux". L'auteur tentait de trouver un sens à ce que nous vivons, par une thérapie comportementale avec le but d'avoir des résultats concrets pour éclairer le ciel de la sinistrose. Il disait que le bonheur est devenu une idée fixe démocratisée, comme obligatoire, mais qui devient démoralisante si on ne fait pas partie du groupe des élus de cette providence. Ce qui pousse à rester à quai, attentiste, à se morfondre sans réagir et sans oser dénoncer ce qui ne tourne pas rond dans le monde. Le libéralisme a dû apprendre à se vendre, n'importe où, n'importe comment et n'importe quand. Avant, il y avait le travail de proximité qui ne générait pas beaucoup d'anxiété. Internet a montré qu'il n'en était rien. Mondialisé, il faut se greffer en terrain parfois hostile dans sa virtualité. L'environnement a totalement muté. La révolution de soi est à prendre comme un ingrédient et pas toujours pris comme une thérapie à chercher ce qui se cache derrière les cartes à jouer et qui sont pourtant clairement visibles. Dans le présent, on est, d'une certaine manière, déjà dans l'éternité. On ne vit pas pour être heureux, mais grâce au bonheur. Est-ce que vous, Cowboy, me lisez quelques fois?

- Cowboy: Je lis beaucoup de sources en diagonales.

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- L'enfoiré: C'est en raison de tout ce qui précède, que lire en diagonale ne suffit plus. L'homme a trop de facettes. Il faut, parfois, lire plusieurs fois le même texte pour en découvrir sa substantifique moelle et son côté subliminal. Lire entre les lignes plutôt que sur les lignes est un sport de l'esprit. Un texte bien construit aura demandé beaucoup de temps et de réflexions avant sa parution. Pourquoi, devrait-il être lu en diagonale sans plus? Il n'en va pas de même avec un livre. Un survol général peut précéder une relecture plus fine.

- Cowboy: Je connais vos idées. Elle sont claires. 

- L'enfoiré: Le monde est loin d'être bipolaire. La bipolarité est une nouvelle maladie humaine, dans l'air du temps qui suit l'alternance entre exaltation et abattement. Par l'éclectisme des sujets, par le fait d'être généraliste et multipolaire, on se permet de donner du mou dans une conversation. C'est une respiration nécessaire avec un interlocuteur en lui apportant une alternance à ses propres avis. La politique, cela va un temps, mais on s'en fatigue vite. Je ne pourrais pas me fixer. J'ai une maladie que l'on pourrait appeler 'bougeotte aiguë'. 

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- Tartempion: La politique, nous y sommes en pleine campagne. Qu'en faites-vous?

- L'enfoiré: Vous avez pu le constater dans mon billet "poisson d'avril". J'étudie mes semblables sans chercher obligatoirement à les ressembler? Cela demande de la flexibilité et de l'opportunité de la découverte. Ce serait faire fausse route avec le panier percé de l'altruisme avec des maux qui se mélange les pinceaux et des mots sans finesse. La méchanceté est tout un art, dans lequel on ne s'y risque pas sans biscuits sucrés-salés. Dans le film "Le Bon, la Brute et le Truand", l'enfoiré jouerait, probablement, le rôle de la Brute. "A la fin de l'envoi, je touche", disait Cyrano. Mais, pas avant avoir évaluer l'adversaire. Au sujet des citations choisies, trouvées en fin de billets, elles ne sont pas une manière de dire tout et n'importe quoi, mais une preuve que d'autres sont passés par les mêmes raisonnements et les problèmes existentiels dans leur propre expérience.

- Tartempion: Comme dans un duel?

- L'enfoiré: Dans un vrai duel, une lutte intestine d'influence se prépare toujours avant et se manifeste en cours de discussion. Pour qu'elle fonctionne correctement, il y a des conditions à respecter: écouter l'autre, lui donner une réponse à son questionnement sans chercher à le caresser dans le sens du poil, sans éliminer les questions quand elles dérangent ou fâchent. Un billet uniquement pour porter un débat, sans participation de son auteur, sans son support, manquerait son but et aurait le goût d'une certaine lâcheté. Les échecs dans un duel sont autant salutaires sinon plus, que les réussites. Qu'il faille raccrocher à un moment donné, est tout à fait naturel et logique. Tout passe, tout lasse et tout finit par casser, un jour. Ce qui n'empêche pas que d'autres tentatives de rapprochements, peuvent s'inventer.

0.jpg- Cowboy: Comme je le disais vous n'avez aucune conviction du bien et du mal.

- L'enfoiré: Quel est l'individu qui a défini ce qui était "bon" et qui a pointé du doigt ce qui était "mauvais"? Il aurait mieux fait de la fermer si ce n'était que pour son propre avantage. Si Adam avait été chinois, nous serions toujours au paradis. Il aurait mangé le serpent au lieu de croquer la pomme. 

- Tartempion: Et vous écrivez tout cela, je suppose?

- L'enfoiré: Ecrire est un moyen efficace d'élaguer ses points noirs sur la figure. Plus c'est inutile, plus cela pourrait sembler beau à son auteur.

C'est ainsi que si l'on en croit cet article, il s'agirait de prendre l'autoroute de l'expertise: 

  • Aimer les gens
  • Rechercher la difficulté
  • Arrêter de lire et commencer à agir.
  • Attaquer une difficulté avec une chance de réussir de 60 à 80%.
  • Pensez à long terme
  • Trouver un modèle social.
  • Faire de petits sommes pour comptabiliser.
  • Prendre des notes

- L'enfoiré: Donc, Cowboy, vous aimez jouer aux échecs.

- Cowboy: Oui, le jeu d'échecs est ma passion.

- L'enfoiré: Entre deux compétiteurs qui aiment à se rencontrer à forces égales sur un échiquier de 64 cases. Sur Internet, c'est un peu ça aussi, mais avec un nombre de cases, de règles quasiment illimité, sur lesquelles les pièces de toutes les couleurs s'y déplacent et dont on ne connait rien des pièces au départ.

0.jpgChocs de stratégies, de gagnants et de perdants, à assumer avec le sourire en coin. 

Vouloir avoir raison, disiez-vous. Une addiction qui passe par quatre phases:

  • Le combat
  • La fuite
  • Le blocage
  • L’apaisement 

Tandis que les lois du pouvoir selon Robert Green, l'auteur de "The 48 Laws of Power" s'énumèrent ainsi:

  • Ne brillez jamais plus que le maître.
  • Ne marchez jamais dans les pas d’un grand homme.
  • Obtenez des autres qu’ils fassent le travail pour vous, mais prenez-en toujours le crédit.
  • Veillez à toujours attirer l'attention.
  • Jouez sur le désir des gens de croire en quelque chose. 

De toute manière, ce serait une erreur de considérer que celui qui n'a pas les mêmes idées, a tort ou pire, qu'il devient un ennemi.

- Tartempion: Ausujet de la dernière pub de la Loterie Nationale est "Tout est possible, grâce à vous", j'ai constaté que vous, L'enfoiré ne jouez pas à la loterie. Que vous acquiescez quand vous le pouvez et rejeté quand vous ne pouvez plus mais restez ouvert à toutes discussions et critiques. Vous dites,qu'il n'y a pas de querelles idéologiques si ce n'est sur le ton de la comédie et que vous riez de tout. Vous êtes donc parmi les optimistes?

- L'enfoiré: Croyez-vous que savoir si on est optimiste ou pessimiste soit important? Cela me rappelle le billet du "temps qu'il fait" de Paul Jorion de ce vendredi . Il en parlait justement...

- Cowboy: Moi, à chaque fois que je l'ai écouté, je me suis dit que j'aurais mieux fait de m'occuper de mon jardin. C'est du temps perdu d'écouter ce personnage.

- L'enfoiré: Vous n'êtes pas sans savoir que Paul Jorion n'a pas été en odeur de sainteté à mes yeux quand je l'ai décrit comme une araignée blogueuse. Cela ne veut pas dire que je ne l'écoute pas le vendredi et ne regarde pas sa vidéo. Il faut rester critique et sur ses gardes. On peut apprendre beaucoup plus à ne pas s'arrêter à ses propres convictions.  

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- Tartempion: Le temps de ce duel est écoulé. De toutes manières, je tiens à vous remercier Cowboy et L'enfoiré. Le duel que vous avez eu entre vous s'est très bien déroulé.

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- L'enfoiré: What did you expect? A struggle for life? 

Cowboy le disait, au départ "Cette analogie avec la boxe sera, n'en doutez pas, l'un de ses prochains sujets.". Ce billet a été écrit ainsi avec des éléments qui ont vraiment eu lieu et d'autres plus construits. Ce genre de contact a le privilège de remuer le sang et de mettre les choses à plat en réfléchissant pendant et après coup. 

What else?

Encore un Café serré?

Non?

Alors, peut-être, comme pour cette vidéo, des râteaux, sous toutes leurs formes avec les images en plus:


 

Et une vieille fable de La Fontaine

 

Cowboy, L'enfoiré et Tartempion,   

 

Citations:

  • «Si on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d'attente», Jules Renard
  • « Le bonheur n'est pas le but, mais le moyen de la vie », Paul Claudel 
  • « Anciennement, enculé, salaud, fils de pute. Depuis Coluche, personne généreuse, altruiste et solidaire » Laurent Baffie 

 

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Mise à jour 25 août 2014: Nouvelle crise en France: Rien ne va plus dans la République française. Problème de casting? Un gouvernement de clarté ou de mensonges?

Un gouvernement de choix après une démission de l’ensemble du gouvernement, plutôt que d’un remaniement limité, "visait à assurer que le nouveau s'inscrirait dans la cohérence de la ligne fixée par le chef de l'Etat". Sur fond de marasme économique persistant: une croissance à l’arrêt au premier semestre et un chômage au plus haut...

Non, peut-être, dirait le comique belge....

27/04/2014

Pourvu que ça dure

Le ‘développement durable’, deux mots s'assemblent en théorie et s’opposent tout autant sur le terrain. L'écologie verte, le cheval de bataille. 

2.jpgLes villes n'ont pourtant rien de durable même si l'écologie reste au centre des préoccupations. Tout dépend des villes. Une ville qui a un patrimoine ancien a supporter ne se trouve pas sur la même marche qu'une ville récente qui se doit d'être moderniste. Le projet de Vivapolis dans la banlieue de Wuhan est le nouvel atout français à l'exportation vers la Chine, d'une ville durable. Une offre globale, clés sur portes.

Le développement durable peut être défini, d'une manière simple, en parlant d'une meilleure qualité de vie pour chacun à l'arrivée, aujourd'hui et pour les générations à venir.

0.jpgSa définition: "une vision du progrès qui associe le développement économique, la protection de l'environnement et la justice sociale. 

Concrètement, il signifie une préoccupation qui vise à garantir :

  1. Un développement économique équilibré et équitable.
  2. De hauts niveaux d’emploi, de cohésion sociale et d'intégration.
  3. Un niveau élevé de protection de l'environnement et une utilisation responsable des ressources naturelles.
  4. Des décisions cohérentes dans un système politique ouvert, transparent et responsable.
  5. Une coopération internationale efficace afin de promouvoir un développement durable au niveau mondial.

Le Développement durable, en tant qu'idée, avait reçu une véritable impulsion politique en 1987, dans le rapport de la Commission Brundtland des Nations-Unies ("Notre avenir commun").

La Conférence des Nations-Unies sur l'Environnement et le Développement, qui s'est tenue en 1992 à Rio de Janeiro ("Sommet de la Terre"), avait été une réunion d'innovations. La "Déclaration de Rio" sur l'environnement et le développement avaient été adoptés, ainsi que le Programme d'actions de l'Agenda 21.
0.jpgUne perspective du développement durable tendait à mettre en évidence le fait que nombre de politiques actuelles tiennent plus compte des effets à long terme, ou de l'interaction entre plusieurs domaines politiques tels que l'énergie et l'environnement.

L'accomplissement d'un développement durable signifie aussi une amélioration dans la qualité de la prise de décision. C'est pourquoi, il est étroitement lié à la Gouvernance, à une meilleure réglementation et à l'analyse d'impact.

Après coup, il était essentiel de disposer d'indicateurs afin de mesurer les progrès accomplis.

Si ce développement durable est à la mode en théorie, il est plus difficile à réaliser en pratique. Une prise de conscience, une recherche du bien-être de l’Homme n'est déjà pas garanti sur facture. Quand l'écologie va à l'encontre de la population, de ses propres intérêts de en tant que vendeurs-acheteurs, cela devient vraiment problématique.
Une confusion s'est même crée entre les mots "décroissance", "croissance", "développement" et "durable".

Affirmer à tort et à travers que l'on fait du "durable" est devenu la tarte à la crème comme un concept mou avec, pour emblème, un pavillon de complaisance.

Croissance et bonheur sont des concepts qui divergent de plus en plus depuis les années 70, pendant lesquelles le progrès pour l'humain se retrouvait, en finale, avec un indice de satisfaction tout à fait partial et suranné.

Intégrer le PIB, l'accès à l'éducation et l'augmentation de l'espérance de vie dans la même durabilité est un objectif plus efficace, plus tangible. Comprendre les processus de fabrication, ce qu'il implique, encore plus vital.

Dans la réflexion, face aux projets, tout le monde devrait être mis à contribution sans créer un besoin qui n'existe que sur papier.

Ce sont les clients des produits achetés qui devraient avoir le dernier mot sur ce qui peut ou non, être produit par après.

L’Humanité y chercherait, ainsi, son salut dans l’intégration de son développement et de sa durabilité.

0.jpg"Développement durable et rentabilité vont de pair", disent les écologistes.

C'est vite dit.

"Les instances internationales ne sont pas seules à s'intéresser à la question. Les jeunes entrepreneurs et travailleurs accordent eux aussi une attention croissante au développement durable. La notion est de plus en plus ancrée dans les stratégies des entreprises.".

Comme tout ce qui est nouveau, l'écologie est un paradigme qui peut s'imposer plus facilement en période de haute conjoncture qu'en basse.

La crise a freiné considérablement cet élan qui a pour objectif de sauver la planète.

L'entrepreneuriat durable tient moins la route alors que tout s'effrite, que le paternalisme est devenu une histoire ancienne dont les anciens pourraient avoir la nostalgie du passé de haute conjoncture.

Retour en décembre 2008, encore au début de la crise.

Retour au billet intitulé "L'éconologie, rêve ou réalité?" qui parlait déjà d'un écart entre l'économie et l'écologie. Mais à cette époque, on espérait encore unir les principes écologiques et économiques. 

Le concret restait-il conciliant face à l'abstraction écologique et futuriste?  

Des films portaient des envies d'écologie sur écrans larges, au vu des dégâts apparents que la vie moderne avaient engendré. L'aspect du "doux sauvage" était encore une perspective très attrayante. 

C'est peut-être le moment d'en parler avec plus de réalisme des mots phares de l'écologie: "développement" et "durable".

L'économique est-il durable? Non.

Les développements, poussés par le marketing qui incite à produire toujours plus, plus de gadgets au besoin, plus de perfectionnements, pour assurer la pérennité de l'économie libérale et qui se basent sur toujours mieux et toujours plus efficace pour vendre, sont-ils durables? Non.

Les nouveautés et les gadgets sont-ils délaissés par les consommateurs? Non.

Ils font aussi partie de leurs engouements même si les révolutions de la production ne se comptent que sur les doigts d'une ou deux mains dans un siècle. L'image que l'on en donne par la pub est, à la fois, le catalyseur et le moteur.

Les consommateurs de portables n'arrivent ni à suivre le rythme des nouveautés du marché ni à consolider leurs achats par l'habitude d'utilisation. 

Avec réflexion, la question ne devrait plus être: « Peut-on faire mieux ? » mais « Pourquoi le ferait-on? Avec quel but, pour quel progrès tangible, quels bénéfices et avec quels risques pour la société en général? ».

0.jpgLe progrès technique est irréversible, mais il ne peut être fatal. Il devrait suivre le rythme humain et non celui de la machine à produire. 

Passer d'une technique à une autre devrait rester un choix entre plusieurs solutions, plusieurs facteurs dont une ou deux seraient seules valables dans une version durable pour passer à l'achat.  

Les écologistes ne sont pas parvenus à imposer ces visions.

Au contraire, ils ont imposé des contraintes et des écotaxes.

Tout le monde se rappelle du rébellion, du mouvement des Bonnets rouges.

Il fallait créer des emplois pour inverser la tendance et créer une véritable économie verte et combattre les contraintes, s'atteler à libérer l'homme des tâches répétitives, tout ce que l'homme considère comme des progrès.

La réussite économique des sociétés occidentales est parfois trop encline à se réconforter avec des progrès fictifs dans le travail de tous les jours.  

Le problème, c'est que les progrès technologiques s'ils ne riment pas avec le progrès écologique, s'imposent seulement pour rester dans le coup vis-à-vis de son entourage et de la concurrence.

"L'Olivier a échoué" lisais-je, récemment.

S'il y avait une intention que l'on peut imaginer "pré-électorale" dans cette phrase, certains points n'ont pas fonctionné comme prévu. 

Période de campagne électorale oblige, ce jeudi, ce fut le duel entre Jean-Luc Crucke du MR libéral et Philippe Henry du parti Ecolo.

Le duel prouvait que les idéologies étaient plus éloignées l'une de l'autre que jamais. Des perceptions différentes de la société. Un coût disproportionné, demandé par le développement durable et qu'il aurait fallu évaluer et maîtriser alors que les moyens pour le faire manquaient.

Les projets de mieux isoler les maisons, d'utiliser les circuits courts pour réduire les coûts, demandaient un réajustement des habitudes de consommateurs qui n'avaient pas été préparés. Le reproche principal était de ne pas avoir calculé son coup pour que cela profite réellement à la génération d'emplois. L'épisode malheureux du photovoltaïque semblait être l'épine dans le pied écolo qu'il fallait occulter depuis qu'il avait périclité avec les prix des panneaux photovoltaïques, hors concurrences, en provenance de Chine. 60 ans depuis la première "pile solaire" (les laboratoires Bell, le 25 avril 1954) qui promettait, dans l'avenir, une énergie propre et sûre. Les certificats verts ont été accordés pour promouvoir cette énergie et les coûts de cette énergie verte se retrouvent désormais sur la facture de tous les consommateurs d'électricité.

Le même jour au soir, le crash test, effectué entre Emily Hoyos et un citoyen lambda n'avait visiblement pas convaincu ce dernier qui demandait plus de concret. Écolo s'était planté avec l'implantation des éoliennes en Wallonie sans se poser la question si les habitants proches auraient accepté les nuisances. Les circuits courts de distribution en diminuant les intermédiaires, c'est bien, mais cela ne veut pas dire que les paysans n'exportaient pas. Les voitures électriques ne peuvent fonctionner que si elles trouveront des bornes de chargement électrique suffisamment nombreuses le long des routes pour accélérer la production et ainsi diminuer les prix de vente.      

L'ambition et le point nouveau résultant: l'économie verte par la voie participative des consommateurs. Tout est dit dans ces mots, la "participation de la population".

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À New York, la reine Mathilde avait évoqué Magritte pour le respect du développement durable.

Les mots "développement" et "durable" que l'on utilise pour caractériser l'économie verte et que notre nouvelle reine est allé prêcher à New-York, auraient-ils des privilèges d'apporter plus d'enthousiasme à l'extérieur qu'une solution à tous nos maux à l'intérieur?

Magritte le meilleur représentant du surréalisme...

Une impression règne qu'avant tous les produits duraient plus longtemps. Matériaux plus fragiles?

Y a-t-il une obsolescence programmée des produits vendus, un mythe ou une réalité?

Les produits seraient programmés pour tomber en panne après la garantie. Durée de vie écourtée pour raison économique essentielle pour l'économie. 

Il y a plus fin que cela.

L'achat du nouveau modèle semble obligatoire au consommateur puisque les réparations coûtent plus chères que d'acheter du nouveau et que, de plus, les pièces pour les réparations disparaissent. 

Les matériels informatiques arrivent à obsolescence encore parfaitement utilisables car les nouveaux softwares demandent plus de puissance et que les anciens ne sont plus maintenus par les fabricants de logiciels.

Puis, il y a les imprimantes à jets d'encre qui arrivent à des prix planché mais dont les consommables en encre coûtent le même prix qu'une imprimante neuve, encres comprises. 

Qui dit "durable" pense immédiatement "renouvelable".

0.jpgAlors, vient le problème suivant, savoir ce que coûte le fait de se renouveler.

Nivellement vers le bas? Qualité remplacée par la quantité, avec la pub qui lance "Tous unis contre la vie chère"? 

Il est à constater que les entreprises qui veillaient à la qualité de leurs produits, ce sont vues laminées par le low-cost. 

Trouver le moyen de gamme avec le meilleur compromis entre prix et qualité, devrait devenir la base saine du consommateur. Mais, même cela, cela reste coûter cher pour certains.

Tout doucement, les consommateurs se mettent à retarder leurs achats. La récession s'est installée. Les investissements se sont taris. L'économie et l'emploi se sont ralentis. Tout se tient quelque part par des effets en cascades.

Les mouvements  jeunes, eux, se sont adaptés en fonctions de leurs moyens financiers et en ont pris leur parti de manque. Considérés et payés avec des ronds de carottes, les jeunes sont prêts à toutes le aventures écologiques. Ils n'ont rien à perdre.

Les jeunes ne louent plus uniquement leur logis, leurs kots, mais aussi tout ce qui entoure ceux-ci.

Ils louent appareils ménagers, mobilier, PC, tablette... A espérer que cela n'aille pas jusqu'à la brosse à dent.

Ils ont compris que le temps fuit et amortir les biens de consommations vu l'évolution plus rapide fait qu'acheter un bien de consommation, une fois acheté est déjà obsolète.

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Pour rappel, l'écologie est la science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux. Ce n'est donc pas un parti comme les autres. Il touche à la planète et aux êtres qui y vivent. Les projets ne manquent pas.

Marquons les dans le désordre:

Le stockage du CO2 avec le modèle espagnol avec une sobriété en carbone. L'après nucléaire de fission avec une électricité plus chère et la relance du charbon. Les biocarburants avec un bilan carbone pire que le gazole. Le respect de l'environnement et des mers. La pollution de l'air qui frise l'airpocalypse en Chine. Les perturbateurs endocriniens. Les pesticides. Les poissons d'élevage et la pêche profonde. La nourriture de demain. La biodiversité. La déforestation. La ville durable et l'urbanisme écologique. L'eau potable. Les matières premières. Le traitement des déchets. La mobilité. Le climat avec un accord en 2015?

Il est prouvé grâce à deux modèles informatiques, que la pollution dope les cyclones par l'excès de chaleur dû aux particules polluantes. Les aérosols initient le processus en agissant sur la forme des nuages. La pollution ne déclanche pas les cyclones, elle interagit avec eux.

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Les pays en développement seront, dans les dix années qui viennent, les plus vulnérables au dérèglement climatique et les moins susceptibles de s'y adapter. 

Comment la planète Terre est traitée est important à plus d'un titre. Elle est unique et on sait qu'elle n'est pas infinie au niveau des ressources...

Dans notre système solaire, du moins.

La NASA pense à Mars et vient de découvrir une autre planète habitable, une exo-planète, la Kepler 186-F... mais à 490 années-lumière. Avec les moyens actuels, cela voudrait dire 183 millions d'années de voyage et 10 millions de générations avant de "akaplerir".

L'écologie est plus à prendre au niveau mondial et beaucoup moins à l'échelle d'un pays. Aucune tentative à un bas niveau ne pourra s'imposer si l'ensemble ne suit pas la transformation.

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"Une plus-value indéniable selon le rapport développement durable"?

Tout dépend pour qui.   

"Le renouvelable intermittent a toute sa place dans le mix énergétique équilibré pourrait arriver à être viable. Seulement, il faut le laisser se développer en fonction du marché libre. La concurrence améliore l'inventivité et l'innovation. Pas les subsides.", lisait-on dans la presse

0.jpgPas de subsides, si partout les moyens de production en hommes et en matières étaient identiques. Sinon, il est très probable d'avoir raté quelque chose.

La crise a existé. S'il y a un mieux, on en subit encore ses effets de traîne.

L'écologie politisée d'aujourd'hui est arrivée très loin des rêves que Nicolas Hulot parvenait à véhiculer au travers de ses films d'Ushuaia. Conflits d'intérêts?

Il a été très surpris quand il a tenté de s'insérer dans l'écologie politicienne et il l'a écrit dans "Une vie plus haute que mes rêves". 

On peut dire qu'on a aimé ses discours de fin des films "Ushuaia Nature"  

Les rêves ont aussi un prix. Depuis il y a eu les comptables qui ont évalué les mots "plus haute".

Le citoyen lambda réalise ses rêves en période de vacances pour se "ressourcer"' en les payant.

Nicolas a été en vacances pendant toute une partie de sa vie, tous frais payés.

Il faut des crises, dit-on.

Elles sont parfois nécessaires pour changer de paradigme.

L'écologie tant qu'elle fera rêver, gardera un avenir.

Et là, garder des rêves même quelque peu utopiques, ce sera, vraiment, pourvu que ça dure.



 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « La gloire est éphémère, seule la renommée est durable. », Pierre-François-Pascal Guerlain
  • « Il n'est d'industrie durable que celle qui vend de la bonne qualité. », Auguste Detoeuf 
  • « Le but de la vie est le développement personnel. Parvenir à une parfaite réalisation de sa nature, c'est pour cela que nous sommes tous ici. », Oscar Wilde

20/04/2014

Molenbeek-St-Jean, le ruisseau du moulin

"Petit village à l'activité essentiellement agricole, Molenbeek, blotti autour de son église Saint-Jean, qui a vu son village se modifier lors du creusement du canal de Willebroek au XVIème siècle. Mais, c'est au XIXème siècle avec le percement du canal Bruxelles-Charleroi que la localité allait complètement changer et devenir une commune industrielle. Aujourd'hui, l'endroit comporte une très forte population immigrée et la désaffection des lieux industriels ne concourt pas à lui donner une image riante". Voilà comment un guide pourrait présenter cette commune. Alors, examinons de plus près.   

0.jpgUn nouveau recensement indiquait qu'au 1er janvier 2014, la commune comptait 94.800 Molenbeekois, alors que le 1er mai 2010, il y avait 90.490  toujours sur une superficie de 5,89 km2.

Dire que la commune est densément peuplée est un euphémisme. Avec plus de 16.000 hab/km2, elle dépasse le double de la moyenne bruxelloise.

La Fédération Wallonie-Bruxelles conjointement cette année avec la Cocof (Commission communautaire française), Molenbeek a décerné le titre de Métropole de la Culture de 2014 pour mettre à l’honneur la vitalité culturelle de la commune. Le "Meulebeik" comme on l'appelle avec l'accent bruxellois, le mérite sans aucun doute, pour ses différentes culturelles en provenance du monde entier avec une prédominance nord-affricaine. 

Pour planter le décor historique, Wikipédia en dit: "Dès les années 1800, la commune de Molenbeek-Saint-Jean accueille ses premiers migrants: des Belges flamands et francophones, mais aussi des personnes considérées comme des agitateurs politiques français, qui viennent s'y établir. Au siècle suivant viennent s'installer des communautés d'Italiens, d'Espagnols, de Portugais, suivies plus tard par des Arméniens, Marocains, Turcs, Pakistanais, Africains, des populations des pays de l'Est (Pologne, Roumanie, Serbie)".

Personnellement, je connaissais cette commune dans un passé assez lointain, par suite de relations familiales qui y avaient habité, mais il s'agissait du quartier du Karreveld. 

Alors, plus récemment, je m'y suis rendu par deux fois à vélo, des dimanches au matin, pour m'imprégner de l'ambiance actuelle.

Un jeune immigré de nom de Ben Ali, dont les parents étaient arrivés en 1954, en parlait dans un guide-promenade au travers des rues de la commune, guide qu'il avait construit sous forme d'enregistrement mp3. Faire connaitre sa commune, son "Molen", dans laquelle il fallait se perdre et oublier les clichés classiques, comme il le disait avec un certain enthousiasme et une vitalité, partagés par des interlocuteurs qui le croisaient et faisaient partie de sa balade sonore. 

0.jpgPremière remarque, il y a deux sortes de vitalités et donc de vérités, dans cette commune, comme nous allons le voir. Il ne parlait que du carré entre le Léopold II, la chaussée de Gand et le canal de Charleroi. L'autre Molenbeek, il n'en parle pas comme s'il n'existait pas. 

Pas à dire, dans le premier, il faut avoir une certaine dose et de goût de l'exotisme, de la multi-culturalité, sinon, il vaut mieux passer son chemin. 

Une autre chose qui m'a étonné, c'est de constater que la chaussée de Gand, la plus longue artère qui traverse la commune de part en part, et où passaient des diligences dans l'ancien temps, n'est que vaguement évoquée. Peut-être est-ce parce qu'elle traverse justement les deux parties de la commune et s'évade dans l'autre partie dont il ne voulait pas parler.

Comme j'aime l'exotisme et que je ne suis pas adversaire à priori, mon sentiment de la découverte se devait de rester éveillée et de perdre mes préjugés passagers.

Quand j'ai parlé de mon projet à un ancien habitant de la commune, un grand globe-trotter, il m'a tout de suite mis au parfum: "Jamais nulle part personne n'a voulu me voler mon vélo ...sauf deux fois à Molenbeek où des camarades m'ont sauté dessus pour se l'accaparer. Une commune par essence duale. Le bas, devenu ingérable parce qu'occupé par une seule communauté qui a décidé, avec la complicité du PS, d'en faire son territoire. Le haut, sociologiquement très différent avec le Bd Edmond Machtens et les grands immeubles du Bd Mettewie. Je me suis souvent demandé pourquoi le tout petit Koekelberg et l'immense Molenbeek n'ont jamais fusionné. Cela donne des bizarreries du genre un stade de foot pour chacun.". 

1.jpgA lire cela, cela commençait mal. C'est vrai, cela me rappelait qu'il avait écrit quelques lignes assez "rouges" ou "vertes" de rage, au sujet du bourgmestre socialiste de la commune indéboulonnable de trop nombreuses années. J'avais dû à l'époque lui mettre une muselière, c'est tout dire.

Mais bon... parlons-en de ce ruisseau et de ce moulin.

Mais parler de cela ferait partie d'un passé révolu selon Ben Ali et, s'il y a, parfois, ébullition entre cultures différentes, ce n'est que la répétition de ce qu'on voit ailleurs. D'accord, mais, ici, peut-être, c'est en plus accentué. Ben Ali nous invite à une promenade:
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Belle entrée en matière qu'il faut écouter en 6 épisodes, pour parler du centre historique de Molenbeek, une commune-village avec une origine plus ancienne que Bruxelles-Ville.

Une remarque tout de même qui ne se veut aucunement raciste: pourquoi quelqu'un qui vient manifestement d'une communauté étrangère en parle et pas des Molenbeekois qui le sont depuis plus longtemps?

La réponse est dans la question ou presque. Ces anciens se sont vus repoussés pour la plupart dans la périphérie de la commune. Problème de mixe de cultures parfois très ou trop différentes. Les populations marocaines qui y habitent, sont pour la plupart orientées vers le commerce de biens de consommation avec une belle devanture mais où il vaut mieux ne pas élever les yeux au dessus de leurs magasins. Les anciennes maisons qui avaient encore un cachet historique n'ont pas été entretenues. Le patrimoine et l'humour bon-enfant bruxellois y ont disparu. 

Pour moi, la situation molenbeekoise était-ce une répétition de l'histoire de Bruxelles-ville?

Pas vraiment.

Une répétition de Schaarbeek, la ville sans facilité que je décrivais une autre fois, alors?

Un peu plus, mais pas complètement.

Plutôt un moyen d'ouvrir un bal des gens biens ou de gens que l'on veut voir comme tel d'un côté et de gens qui ont d'autres attraits et de visions de la vie de l'autre.

Aucune contestation au sujet de la qualité de cet enregistrement de l'itinéraire décrit par Ben Ali.

0.jpgLe départ de son itinéraire est fixé près de la Place Saintelette, dans la rue de l'Atelier, à ce qu'il appelle "le Foyer" pour jeunes où il rendait ses bons offices.

Déambuler dans des rues donne toujours l'esprit du village et de cet esprit de temps anciens par son côté industriel, dès la rue Courtois, appelé la "petite Manchester" du début du 20ème siècle.

L'église Saint Jean Baptiste, une rareté de l'Art déco du pays, construite en 1931 manque une affectation culturelle. 

La rue du Ruisseau (Beekstraat) où passait le ruisseau du moulin qui rejoignait Dilbeek à la Senne, se trouvait au milieu de marécages aujourd'hui disparus.

La rue du Pèlerinage et celle des Chœurs organiseraient-elles le mélange des races pour en faire une richesse, même si cela friserait l'absolutisme qui ne laisse plus de place à ceux qui de majorité deviennent des minorités?

Le melting-pot de Marocains, d'Asiatiques, de gens de l'est de l'Europe, comme il le disait, se retrouve dans la marmite comme un bouillon de cultures. Le tout, c'est de reconnaître si la marmite fournit un bon bouillon. 

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Accolée à l'Académie de dessin et de modelage, la "Maison des Cultures et de la Cohésion sociale", des mots qui expriment le but de la manœuvre.  

La rue de Ribaucourt serait donc à comparer à la rue Neuve de Bruxelles-ville mais en plus dangereuse. Elle ferait toujours penser à un village à la rue Jardinière et avec ses métiers, de la rue Mommarts, s'il n'y avait la rue de Presbytère en droite ligne avec le Parvis de Saint Baptiste où les marchés marocains du jeudi et du dimanche se découvrent avec un impression de se retrouver à Rabbat, comme il était dit dans le commentaire. 

Pas à dire, j'avais l'impression d'être un touriste, perdu comme un étranger qui prend des photos d'une place de marché, loin de chez moi, alors que je n'avais pas, pour autant, les yeux bleus et les cheveux nordiques.

Je faisais tache avec mon ciré jaune de cycliste.

La rue de l'Ecole, le Parc de Bonnevie, la rue du Facteur avec son bureau de Police qui ne serait plus que des planqués avec une délinquance remisée au passé, si l'on en croit Ben Ali, n'est pas nécessairement une manière d'effacer le passé et certaines vérités.

0.jpgLa rue du Comte de Flandre n'y retrouverait pas ses jeunes à la place Communale, avec son Hôtel de ville néoclassique qui, un peu incongru, se retrouve face à une grande place en plein travaux avec pavés rassemblés en son centre.

La kermesse héroïque de ce parking a, de ce seul fait, été vidée de ses voitures.

Traversée, de là, on arrive à la rue piétonnière du Prado, à ses magasins qui permettraient toujours  de marchander.

Moi qui aime les prix fixes, je ne risquerais pas. Courte, elle s'efface vite en tombant dans la longue chaussée de Gand. Celle-ci, à l'origine, comptait beaucoup de cinémas, de marchands de chaussures. Aujourd'hui, elle retrouve plus de magasins de Djellabas, de bijoux ou de boutiques à un euro au petit bonheur la chance.

Pas à dire, pourtant, on y aime ce qui est doré, ce qui brille mais qui n'est peut-être pas de l'or et, ce n'est pas parce qu'on porte du noir de la tête au pied qu'on n'aime pas la modernité. Le téléphone main-libre n'a, peut-être pas, été inventé par les bonnes personnes. Ici, le voile sur la tête en fait parfaitement office.

Les logements sociaux de la rue Brunfaut avec sa brasserie Allemans ne font plus recette avec les paraboles, toutes dirigées vers le sud, sur la plupart des balcons.  A la rue Fin, comme son nom prématuré l'indique, il ne reste que les souvenirs de temps périmés.

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Rue Ransfort, à l'ancienne fonderie de la Compagnie des Bronzes, installée dès 1859, envoyait ses œuvres d'art et de statues jusqu'à New York. Suite à la faillite en 1977, la fonderie est devenue un musée dédié au seul patrimoine. 

Dans la rue de Manchester, la raffinerie Graeffe, a approvisionné la population en sucre et en cassonade, pendant 50 ans. Désormais, à l'abandon avec une esthétique des paquebots avec des poutres en fer soutenues par des colonnes en fonte et renforcées de poutrelles métalliques, seule la nostalgie peut subsister.

L'impasse 'Cail et Halot' mène à la rue de l’Éléphant au travers d'un parc désert à mon arrivée.

La mosquée Al Khalil, je ne l'ai pas vu malgré mes recherches. Une mosquée, ce n'est pas aussi apparent qu'une église chrétienne.

De retour sur la chaussée de Gand, le restaurant "Les uns et les autres" mélange stoemp et couscous et on y mange bien, est-il dit. Qui en douterait? 

0.jpgPuis, il y a les quais du canal qui mérite un nouveau retour dans l'histoire.  

En 1832, le canal de Charleroi était inauguré par Barthelemy Théodore, comte de Theux de Meyland. Avec sa jonction à la place Sainctelette, il constituait le chaînon manquant qui apporta le prolongement au canal de Willebroek vers le sud. Dès l'inauguration, on comptait déjà septante tonnes de charbon en provenance de Charnoy, la futur Charleroi. Il devait, en principe, éviter les barrières douanières, mais qui en retrouvait d'autres naturelles par ses 55 écluses à cause du dénivelé.

D'après la balade sonore de Ben Ali, le creusement du métro n'aurait pas rendu les meilleurs offices et aurait plus bénéficié à l'autre rive. 

Sur le canal, une autre Brasserie, celle de Bellevue produisait de la bière avec une fermentation naturelle sans levure, mais dans l'air du temps, elle n'est plus qu'un reflet de l'histoire.

Le long du canal, les petites éoliennes en plastics de couleurs ne devaient rester qu'une courte période. Considérées comme un plus dans le décor, elles n'ont pas quitté en ajoutant au "Chien Vert", avec tissus de toutes les couleurs, le charme que la caserne du Petit Château n'a plus. Depuis 1986, celui-ci ne sert plus à la sélection de futures miliciens, mais accueille les émigrants qui sur le trottoirs font tapisserie en attente d'une embauche éventuelle. En face, une maison du Pasteur Pandy de sinistre réputation.

0.jpgAu retour à la case départ, on rencontre d'autres rues en espérant que celle de L'Avenir et celle de la Prospérité fassent bon ménage. 

Que dire en conclusion, sinon que ce qui est convivial, solidaire, cosmopolite rime avec respect et exclusion de la vulgarité et d'autres communautés.

C'est souvent le cas. Mais, une impression de quartier sinistré, déshérité qui ne colle pas à l'image sonore (et qui sera expliquée dans une des photos qui suivront). 

Même le RDWM, le club de foot qui en a avalé 6 autres à Bruxelles, est appelé à disparaître.

Non, aucun risque de trouver la commune dans les candidats pour entrer dans le "Patrimoine de l'Humanité" comme le permet l'UNESCO. Pas d"Art Déco" ou "Art Nouveau" comme il existe à Schaerbeek pour en faire sa fierté.

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Mais je disais d’emblée qu'il manquait des parties de la commune dans le périple de Ben Ali. Des parties dont il ne parle pas et qu'il occulte volontairement parce que pour lui, Molenbeek s'arrête à ce qu'il a décrit.

Sa visite du centre historique ne parlait pourtant que du dixième de sa superficie. La commune est une des communes les plus importantes en superficie de la région bruxelloise.

Ne pas en parler dans cette visite est symptomatique de la ghettoïsation de la commune. 

Alors allons-y dans ce reste. Là, nous sommes sur une autre planète. 

Vers le Scheutbos, (le "bois de pousses"), un coin de rêve de six hectares en friche, au milieu des "cages à poules" du Boulevard Mettewie, tout en hauteur, avec à son sommet le panorama sur la ville mais qui a permis au Maréchal de Villeroy de pilonner Bruxelles-ville avec ses canons.

Classé pour sa grande biodiversité, le parc pourrait vraiment représenter la commune puisqu'il accueille la "Maison de la Culture" et qu'un centre gériatrique y a trouvé refuge.

0.jpgLa ferme-château du Karreveld, entourée de son parc, existe aussi dans la commune et semble faire partie d'un autre monde. Elle remonte au XIIIème siècle et le mot "Karreveld" tire son nom d'une briqueterie que la famille Villegas exploitait sous le label "Laiterie du Vélodrome". Vendue à la commune en 1930, la ferme ne sera restaurée que 25 ans après, avec une architecture brabançonne construite de briques rouges et de pierres blanches. Ce fut sous la forme de château qu'il se mire désormais dans un étang et abrite des manifestations culturelles. 

Le 5 avril, "Radio Modern" avait eu lieu au château du Karreveld. 

Le quartier de Koekelberg est imbriqué à se demander quel est le magicien qui a eu l'idée de fixer les limites de la commune. Le contraste face à la Communauté française et son environnement est total. Tous les plans visent à rénover l'avenue du Port dont les terrains lui appartiennent pour en faire une future zone d'immeubles de bureaux et de logements grand luxe à l'exemple des anciens docks de Londres. 

Associer les mots "Molenbeek" et "Saint-Jean", sous le même nom ferait imaginer à un lieu de sainteté d'obédience catholique. Il n'en est rien ou plus vraiment grand chose, du moins dans le centre dont on a fait la visite avec Ben Ali. Avoir la plus grande mosquée de Bruxelles, ce serait peut-être aller trop loin dans l'amalgame. Saint-Jean n'y retrouverait pas ses jeunes, tout comme les anciens habitants s'y perdent un peu.

Nous sommes passés, sans transition, du Meulebeek près du ruisseau du moulin, au Moulin du Ruisseau, toujours en lettres majuscules pour refléter les différences de hauteurs des immeubles à habitation. 

Trêve d'idéalisme de n'importe quel endroit, il provienne. C'est le contraste qui interpelle.

Toute la région bruxelloise est en continuelle mutation. Allochtones devraient se confondre aux autochtones pour réaliser une intégration parfaite. Mais, nous n'y sommes pas arrivés.

Où se trouve les différences? Est-ce la couleur de peau qui creuse un fossé entre les communautés? 

Pas vraiment. Si c'était cela, les "echte brusseleers" de retour de vacances se confondraient. 

Cela se ressent au niveau du choc de cultures, des odeurs étrangères de nourriture, des fêtes à des dates qui ne correspondent pas, des heures de veilles, du mois de Ramadan, des événements qui peuvent créer des oppositions culturelles.

- Salâm Aaleykoum.

- Aaleykoum salâm.

- Bonjour...

Je l'ai dit, j'aime l'exotisme, je ne suis pas contraire à l'immigration et aux mélanges de couleurs cafés crèmes ou cafés noirs. Je ne suis ni adversaire à la diversité, ni à la mixité. J'aime faire du tourisme à proximité de chez moi. Mais, je n'y habite pas en permanence.  

Les habitants, des commerçants qui ont le sens de l'hospitalité mais qui ne sont pas des conservateurs de patrimoine. Entretenir des immeubles anciens coûte très cher et sans l'intervention de la gérance de la ville, nous entrons vraiment dans un autre monde. 

Parmi les anecdotes amusantes, c'était d'apercevoir une voiture qui, arrêtée au milieu d'un carrefour, déchargeait son coffre sans s'inquiéter de la circulation. Plus loin, un garage qui avait la mention écrite "Ceci est un garage" et d'y voir une voiture stationner devant lui, sans aucune autre forme de procès. Des événements qui ne semblaient pas avoir effrayé personne comme faisant partie de la vie banal de tous les jours.

Cool, on se veut cool comme règle de conduite. Ben Ali le présentait et le souhaitait et il avait raison, cela marchait.

Construire, rénover et restaurer sont les évolutions les plus visibles dans toute la ville de Bruxelles. Molenbeek ne fait pas exception, mais, en dehors de cette enceinte d'un temps révolu. 

Croire que luxe et volupté se passent comme un pet sur une toile cirée, comme sur des roulettes bien huilée, même avec des séquences orales choisies qui le prouvent, ne serait pas tout à fait exact, cher Ben Ali. 

Dans le Vif-Express de début avril, le psychologue, Pascal de Sutter, sans penser à Molenbeek, avait écrit une "Pensée incorrecte": "Quand une petite minorité de gens immigrent quelque part, tout se passe bien. Par contre, quand les nouveaux venus se multiplient à grande échelle, les autochtones se sentent en danger d'extinction. Ce n'est pas du racisme, c'est de l'instinct de survie. L'immigration est une excellente chose et contribue à la vitalité du pays, mais il semble urgent de l'aborder d'une façon proactive et sans tabou, en multipliant les services d'accueil pour immigrés. Dès le début, clairement et sans détour, il faudrait leur exprimer qu'en Belgique, on vit à la belge et développer des mesures incitatives à l'intégration. Oser établir des quotas d'immigration par nationalité et par religion. Les regroupements massifs de même culture forment des ghettos".

Le lien à faire était, certainement, avec Molenbeek. 

La Belgique, le pays où l'immigration est la plus mal perçue?

Sans blague, une fois...

Fermer les portes à l'immigration : un bon calcul économique ?

Un débat sur antenne de La Première se posait la question.

Rien à voir, donc, avec cet Anglais, Paul Weston qui se disait raciste. Seulement, une impression de trop plein à certains endroits qui n'aide pas à l'intégration. De plus, le nivellement par le bas se faisait sentir chez les anciens propriétaires qui voyaient leurs biens se dévaloriser et l'abandonnaient.

Le sujet est sensible quand on voit les débats sur le communautarisme qui se présentent en France ou ailleurs en défiant l'ordre établi.

Sur Facebook, on pouvait sentir un besoin de remettre "l'église de la propreté au milieu du village" au sujet de Molenbeek:

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Le site Internet de la commune est éloquent à plus d'un titre.

  

0.jpgMolenbeek vit, c'est évident. Le multiculturalisme est bien présent. Peut-être trop pour certains anciens. Sur une maison, je lisais "Le silence tue".

 

Pas d'angélisme. Les événements dépassent parfois la fiction comme ce fut le cas le weekend dernier avec des tirs à la kalachnikov dans les beaux quartiers, ce qui prouve encore que la confrontation entre deux mondes existe bel et bien.

 

Le PS était depuis 1939 à la tête de Molenbeek. Une seule exception pendant 6 ans.

La nouvelle bourgmestre, Françoise Schepmans (MR), qui veut remettre de l'ordre est probablement moins appréciée par la population allochtone que Philippe Moureaux (PS). Depuis plus d'un an, installée sur son fauteuil de maïeure, elle lançait dans un journal : "Fini le laxisme" 

Du laxisme et des délires de son prophète qui avait avant voulu faire planter des séquoias et des cèdres du Liban en son château du Karreveld contre l'avis des jardiniers et autres architectes paysagistes desquels " il " n'a évidemment pas voulu tenir compte et qui ont fini par crever pour rien, vraiment pour rien... 

Françoise Schepmans a toujours habité Molenbeek. Elle occupait un poste comme échevine sous le majorat de Philippe Moureaux.

 

Elle énumère ses reproches de l'administration précédente: 

  • les compétences compartimentées
  • pas de projets collectifs
  • pas de chef d'orchestre
  • clientélisme

Elle voulait changer: 

  • ajouter la transparence dans la concertation consensuelle
  • perdre la vision en solo
  • éradiquer le laxisme
  • sensibiliser la population
  • faire de la prévention
  • supprimer l'angélisme
  • supprimer l'autoritarisme
  • et implémenter son modèle

J'aurais aimé avoir à réaliser une autre visite guidée de Molenbeek. Une visite qui présenterait l'autre Molenbeek, le plus riche ou, je ne sais pas... le "plus belge". Nous n'aurions peut-être pas eu les mêmes conclusions ni un langage aussi élogieux ou même dithyrambique de la situation que ceux qu'exposait Ben Ali.0.jpg

Ce samedi 19, de 13:00 à 18:00, Pâque oblige, la commune était en fête: "La danse et Molenbeek, une histoire d'amour". Une danse de "macédoine de fruits" qui fonctionne quand tout le monde est prêt à y participer, anciens et nouveaux. 

Au XVIème siècle, une procession dansée, immortalisée par Breughel, s'y produisait.

Oui, encore une fois, on a dansé au centre de Molenbeek, uniquement, avec toutes les musiques. Pas sûr que Breughel y trouverait ses jeunes avec la zwanse de la zinneke parade.

Danser est à prendre au propre comme au figuré.

Danser, c'est exprimer la nostalgie du passé et espérer que le futur soit encore meilleur. 

Visiter un endroit, ne peut se terminer que par des images des deux parties distinctes de la commune, alors les voici en un clic.

Quant à la chanson qui correspondrait le mieux au vieux Meulebeik, aux ancêtres, ce serait plutôt celle-ci:


 

L'enfoiré,

 

0.jpgCitations:

  • « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert.  », André Malraux
  • « La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale.  », Françoise Sagan
  • « Quand j'entends le mot culture, je sors mon carnet de chèques.  », Jean-Luc Godard  

Les photos du 19 avril sur Facebook de "I like Molenbeek" >>> (une remarque d'un des commentateurs: "Très belle initiative, dommage de ne pas avoir fait une percée dans le "Haut Molenbeek""

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Mise à jour 16 novembre 2015: 

Les attentats à Paris éclairent la situation:
podcast

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13/04/2014

Chef, une p'tite bière, on a soif...

Un dimanche matin, j'entendais à la radio qu'une brasserie organisait des visites. Quinze jours après, le 29 mars, il faisait un temps superbe, j'ai enfourché ma bicyclette et j'y suis allé. Je vous raconte...

 

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Wikipédia dit: "Les bières belges comptent parmi les plus variées et les plus nombreuses collections de bières dans le monde. Elles varient de la très populaire « pils » aux appellations plus exotiques de « lambic » ou « vieille brune »Si les brasseries fleurissaient dans le passé par centaines en Belgique, aujourd'hui, avec la crise, elles reprennent force de concert avec de nouveaux brasseurs qui se risquent dans l'exploitation de petites entreprises locales. En 2012, la Belgique produisait 18.751.008 hectolitres dont 62,32 % étaient exportés. La consommation intérieure était alors de 8.227.841 hl, soit environ 74 litres par habitant.

La visite:

La brasserie Cantillon à Anderlecht m'a ouvert ses portes. 

Parler de la bière, c'est distinguer le type de production: soit industrielle, soit artisanale.

Ici, nous sommes dans l'artisanal.

C'est aussi remonter dans son histoire. 

Le site de la brasserie, déjà, donnait beaucoup d'informations sur ce qu'elle produisait et comment, elle le faisait. Je vais en citer les points principaux. 

Cette brasserie est familiale et l'on y brasse le LAMBIC, la GUEUZE, le FARO et la KRIEK. Rien n'a changé depuis 1900, année de sa création.

Des cuves en cuivre rouge, des tonneaux parfois plus que centenaires et des remparts de bouteilles plantent le décor.  

Sont au menu de la découverte:

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  • La Lambic, grosse dévoreuse de froment et d'orge produite par la fermentation spontanée.
  • La Gueuze Lambique à partir de céréales biologiques.  
  • La Krieg Lambique à base de fruits de cerises.
  • Le Rosé de Gambrinus avec des framboises sucrées et aromatisées appelée souvent "Framboise". 
  • Le Grand Cru Bruocsella. considéré comme la Pétrus, le Mouton-Rotschild ou la Roumané-Conti, unique au monde. 
  • L'Iris 2000 à l'effigie de Bruxelles avec le malt pale-ale qui contient 50% de houblon et 50% de surranés.
  • La Vigneronne, "druivenlambic", avec des raisins seuls.
  • La Saint Lamvinus aux raisins, merlots et cabernet-francs
  • La Fou'Foune aux abricots
  • La cuvée Lou Pepe aux liqueurs sucrées, produite par la levure.
  • La Mamouche, macérée à froid avec des fleurs de  Sureau fraîches dans un Lambic.
  • La cuvée Saint-Gilloise, macérée à froid de houblon Hallertau dans un Lambic élaborée pour soutenir le foot de la Royale Union Saint-Gilloise 

Tout cela pour dire que les variétés de bières sont bien là. De plus, une confiture et du fromage viennent se combiner admirablement à la Gueuze.

Rien à voir, donc, avec les grandes brasseries industrielle. Si la rougeur du cuivre des cuves ne sautait pas aux yeux, les cuves étaient bien là, au repos, pendant la visite et bien à l'air libre. 

0.jpgLe mot clé de toute cette exploitation est "Lambic". Tout part de lui. Un grand "L" était bien visible inscrit sur les tonneaux. 

Boisson fermentée la plus consommée au monde, mais qui n'est plus produite que dans de petites brasseries artisanales et souvent familiales. La production est limitée en moyenne de 1700 HL par an, alors que la production belge de bières s'élève à 18 millions de HL.

L'âge de la fermentation est très importante dans la fabrication artisanale de la bière.

Les matières premières sont l'orge malté (65%), le froment (35%) broyés dans un concasseur et du houblon. Une mouture résultante contenant des amidons auquel on ajoute du sucre pour obtenir un produit plus alcoolisé avec la fermentation de maltose et de glucose.

Cette mouture est mélangée avec de l'eau chaude brassée qui fait monter la température jusqu'à 72°C pendant la saccharification. Ensuite, l'extraction des sucres du malt et du froment pour former le moût, consomme plus de 10.000 litres d'eau.

La drêche qui reste au fond, sert comme aliment pour le bétail, tandis que le houblon va continuer le processus. La levure se transforme en alcool et en CO2 dans un volume de 5% dans une cuve d'ébullition.

Puis, il n'y a plus qu'à attendre la longueur du temps et atteindre un houblon suranné après 3 ans, une fois filtré. "Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui", la maxime de la maison.

Dans les brasseries de Lambic, la fleur du houblon, grâce à son arôme et son amertume, devient un conservateur. Les tanins sont deux à trois fois plus utilisés que dans les brasseries conventionnelles. Suite au contact avec l'air, la bière descend jusqu'à la température idéale de 18 à 20°C. Ce qui veut dire, qu'il faut attendre la saison froide, de novembre à mars pour fabriquer la bière. Nous en étions sorti de cette période pour pouvoir entamer les visites touristiques. 

Une centaine de souches de bactéries acétiques et 38 souches de bactéries lactiques entrent en jeu dans un seul type de Lambic à fermentation spontanée, fruit de la réaction des levures sauvages et des sucres du moût. De violente, pendant quatre jours, elle perd son CO2, après trois semaines, ce qui permet la fermentation lente dans des fûts hermétiquement fermés pendant deux ou trois ans avant d'arriver sur une table du consommateur.  

Pour les bières à fruits, deux cents grammes de fruits frais sont ajoutés par litre. 

Bonne pour la corps et l'esprit; la bière contient de la vitamine D. Un bénéfice pour la santé, du début jusqu'à sa dernière fonction laxative. 

Depuis 1900, les brasseurs Cantillon sont arrivés à la quatrième génération. 

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Une légende raconte que ce travail de fermentation n'est possible que dans la région bruxelloise et dans la vallée la Senne. Il faut savoir qu'on est un peu "stoefer" dans notre région bruxelloise.   

Si l'histoire de la bière remonte à Ninive, vers 3600 ans AC, elle était consommée sous la forme de "Sikaru". La technique restait empirique. Les céréales, l'orge liquide, la levure sauvage et l'air ambiant étaient là pour ensemencer le moût et lancer la fermentation alcoolique. Rien n'assurait le résultat final de saison en saison.

Le 19ème siècle apporta son lot de découvertes pour mieux standardiser la production. La machine à vapeur, le froid artificiel, l'identification et la reproduction des levures furent les progrès nécessaires pour sortir de cet empirisme.

S'il n'y a plus rien qui soit accorder au hasard par la fermentation engendrée par le brasseur d'aujourd'hui, les goûts changent, pourtant, mais, seulement, avec les besoins des consommateurs et par l'inventivité des brasseurs pour différentier les différentes brasseries artisanales d'aujourd'hui. Dans les années 50, les brasseurs Lambic se comptaient par dizaine à Bruxelles. Cela s'était dégonflé un temps avant de remonter quelque peu aujourd'hui.

A l'entrée de la brasserie, deux billets pour les dégustations attendaient les visiteurs. 

Un guide m'avait été attribué pour moi seul. Quelques explications en plus de la brochure, des réponses à mes questions comme préliminaires. Ma visite continua en rejoignant un autre groupe de touristes multilingues, arrivés en car, qui précédait. Cela m'a permis de recevoir d'autres explications avec une touche de "moût" et d'humour que ne dénigrerait pas l'orge malté, le froment et le houblon. 

Ne le répétez pas, avec le groupe, j'avais reçu un nouveau billet de dégustation. Ce qui m'a permis d'en déguster une troisième rasade de produits finis, de Gueuze et de Framboise après la visite.

A choisir, j'ai préféré la Framboise. Mais je vous laisse faire votre choix par vous-même. 

Parmi les bières à fruits, il y a donc les framboises, les cerises, les abricots et les raisins. Toutes se constitueront par une macération dans la bière pendant trois mois.

Vous ne devrez pas attendre autant de temps. Des packages tout fait échantillonnent toutes les bières à façon en fin de visite.

Ne pas parler des autres manières de produire de la bière, ne serait pas complet.

Je l'ai dit, il y a un monde de différence entre une brasserie artisanale et une brasserie industrielle. Ne fut ce que par la taille de la brasserie. 

Industrielles, les bières sont à fermentation basse ou haute. Le moût fermente à une température de 15 à 20°C et les levures remontent avec les mousses. Après quelques jours ou semaines, ces bières seront mises sur le marché. Les Pils font partie des basses fermentations et les Trapppistes, Blanches dans les hautes. 

Le 22 mars dernier, un article témoignait au sujet des basses avec le titre: Un super-concentré de bière.

0.jpgLes bières Lagers ne sont pas brassées de façon naturelle, mais d'une manière accélérée artificielle.     

"Beaucoup de pils blondes belges, telles que Jupiler et Stella, ont un goût artificiel et chimique", a déclaré un technicien de laboratoire à AB Inbev. La fermentation de la bière prend normalement des semaines. La durée est rétrécie à un jour via des matières plastiques, des produits chimiques et des processus de brassages personnalisés pour fournir un concentré en bouteilles avec un contenu parfois trop élevé en alcool additionné d'eau et de colorants.  En Belgique, il n'existe pas de contrôle indépendant pour analyser la qualité de la bière. Cela se traduit par le seul respect des normes générales de l'Agence alimentaire (AFSCA) et via les contrôles imposés par la brasserie elle-même. Ces règles se rapportent principalement à l'hygiène et au processus de brassage. Les Allemands ont essayé récemment de garantir l'exigence de bière «naturelle» à partir de quatre ingrédients: orge, houblon, eau et levure".   

Le prix des bières artisanales et industrielles n'est évidemment pas le même. Aucune grande surface ne vendra la forme artisanale, m'avait-il été dit. Pourtant, cette bière artisanale est distribuée dans le monde entier vu le chart que j'ai pu voir. 

Pour la bière, il y a le goût, le plaisir, l'artisanat, les sentiments et... il y a ce qui rapporte le plus.

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Dans ce dernier cas, pas d'énigme, c'est AB Inbev qui tient le haut du pavé.

Plus brésilien que belge, le businessman, Carlos Brito à sa tête s'est s'octroyé une rémunération en hausse de 19,8% en 2013, rémunération variable qui s'élève à près de 4,7 millions d'euros. Il se retrouvait, une nouvelle fois, au top de tous les CEO. Comme Ab InBev est dans le Bel20, autant en profiter. 

0.jpgInBev est une filiale du groupe brassicole belgo-brésilien Anheuser-Busch InBev. Le siège social est situé à Louvain (Belgique), au même endroit que celui d'Interbrew. Le siège d'exploitation américain se trouve à São Paulo, au Brésil. Premier brasseur mondial avec 18,3 % du volume en 2011.

InBev produit plusieurs marques de bière : Stella,Artois, Beck's, Brahma, Jupiler, Hoegaarden , Staropramen, Leffe, Bass, Tennents ou Labatt.. 

Pas à dire, de ce côté, il n'y a pas que la bière, que la levure fait monter. Quand on aime, on ne compte pas, mais occulter le côté financier de l'affaire aurait été incomplet. 

 

Anecdotes:

0.jpgA une certaine époque, je faisais des allers et retours aux Pays-Bas.

Le pays, dans lequel pour accompagner les repas on a souvent le choix entre le "volle melk" (lait entier), le "karne melk" (lait babeurre ou lait battu") et la Heineken, sans mousse, comme choix.

Lors de ma dernière visite, j'ai apporté un échantillon de différentes bières belges. Cela fit leurs plaisirs et leur bonheur de nos voisins hollandais et généré des souvenirs inoubliables.

Bien plus tard, ce fut un collègue qui apportait des bières de la composition de son frère: la Youp, la Brice en provenance de Hombourg, "Grain d'orge". Elles ne figurent même pas dans la liste des bières belges de Wikipedia, pourtant longue.  

Une compétition existe entre le Français, consommateur de vin et le Belge qui boit plus de bières.

Tout comme pour le vin, il ne me viendrait pas à l'idée de boire une brune ou une blanche avec n'importe quel met. 

En plus, le choix d'une bière s'associe avec l'age de son consommateur.

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Les bières de table restent les plus consommées, même si les vrais connaisseurs ne consomment ni Jupiler, ni Maes, ni Stella.

On se rappelle de la pub "Les hommes savent pourquoi".

Il y a erreur, les femmes savent, aussi, pourquoi

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Moins chères, le Belge moyen s'accommode à cette bière Pils qu'il commande communément par "un "demi" ou une "pintje".

Dans quelles conditions et pourquoi aimons-nous déguster de la bière en Belgique?

La chaîne de publicité Taylor Walker avait demandé au consultant MindLab de trouver une formule pour pouvoir identifier les circonstances idéales pour consommer un verre de bière. Les recommandations ont été basées sur les réponses de 1.000 buveurs de bière.  

  • Un verre de bière idéal est bu en compagnie de 2 ou 3 personnes.
  • Il est aussi indispensable d'avoir une quantité suffisante de bonnes petites choses à grignoter.
  • Un fond de musique calme et de la bonne humeur sont également les bienvenus
  • Le verre idéal est consommé à une température ambiante de 17,8 degrés Celsius, deux jours avant que le buveur de bière ne doive retourner au travail
  • Les hommes vident en général plus vite leur verre et apprécient la bière, à l’intérieur, surtout lorsqu'ils regardent une activité sportive, ce qui par contre, selon une grande partie des femmes, gâche le plaisir de la consommation.
  • Les jeunes buveurs de bière admettent en effet atténuer régulièrement leur chagrin grâce à l'alcool. Chez les plus de 65 ans, cette tendance a par contre complètement disparu.
  • Les consommateurs plus âgés aiment boire leur verre dans une atmosphère détendue. Ce groupe n'aime pas du tout les cafés animés.
  • Dans la catégorie d'âge entre 55 et 64 ans, 24% de personnes admettent qu'elles ont au moins besoin de 3 jours pour pouvoir récupérer totalement après une consommation assez importante d'alcool et à nouveau être en état de retourner au travail dans des conditions optimales.
  • Chez les plus de 65 ans, ce chiffre monte à 26%. Les enquêteurs sont également arrivés à la conclusion que la durée de la consommation augmente avec l'élévation du niveau socio-culturel.
  • Les hauts responsables mettent plus de 30 minutes pour boire une bière.
  • Des travailleurs manuels ont souvent besoin de moins de 5 minutes pour vider leur verre.
  • Une situation sociale plus élevée incite aussi plus vite à se débarrasser de problèmes liés à l'alcool.

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"La bière belge vise le titre de patrimoine mondial"

Un article de Sven Gatz, directeur des Brasseurs allait confirmer ce qui précède.

A la fin du mois de mars, un dossier qui en faisait la demande, a été déposé au siège de l'UNESCO à Paris avec l'espoir qu'il soit approuvé en fin 2015. 

Le dossier a été construit au nom de la Communauté germanophone puisque celle-ci n'avait jamais déposé une telle demande.

Le Carnaval de Binche, la Ducasse de Mons, le Meyboom de Bruxelles, la pêche à la crevette d'Oosdenkerke font déjà partie du "Patrimoine Culturel de l'Humanité".

Ce qui a été mis en avant dans le dossier, ce n'est pas la question de production, mais plutôt la diversité et du millier de bières différentes en Belgique et, en définitive, un plus pour la pays entier. Etre proposé en chef d'oeuvre de la culture veut dire qu'il n'est pas question de récupération commerciale.

Les bières artisanales ne pourraient pas, facilement, augmenter leur production et assumer une explosion de leur production. Le bénéfice est ailleurs. Il se positionne au niveau de l'éducation, de la formation, de la gastronomie et de la littérature. 

Ajouter du moût à la pâte, c'est faire parler les dégustateurs en zythologues.

Je ne sais pas si j'en suis devenu un, à la fin de la visite de la brasserie.

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Je suis remonté sur mon vélo et apparemment, je n'ai pas eu de problème pour revenir chez mois. La police ne fait pas encore souffler dans le petit ballon. Ne leur racontez pas ce qui précède, cela pourrait leur donner des idées.

0.jpgAu sujet de l'exploitation concurrente du vin, je me rappelle avoir écrit un article sur le vin intitulé "In vino, carré d'as". J'écrivais que j'aimais l'eau sous toutes ses formes. Je n'ai pas changé d'avis. Honteux, je ne bois ni le vin, ni la bière tous les jours. Plutôt, une sorte de tri-phasé entre eaux, bières et vins.

Un copain me disait: "La bière et moi... La dernière que j'en ai bue, ce fut au Moulin de Linkedemaele, je crois. Avec un convive que je venais de rencontrer physiquement pour la première fois.".

Cet événement datait d'un an déjà. Une raison pour laquelle, il avait oublié que c'était à la brasserie Kwak.

Si j'avais une conclusion, une prière à formuler, cela pourrait commencer par "ne buvez qu'avec modération et ne vous mettez pas en bière en prenant le volant. Ce serait con de se retrouver parmi les nouvelles anecdotes de la Mort Subite ou de la visite au Musée de la Bière.".

Soyez zytologue et vitologue, puisque les femmes savent aussi pourquoi.... 

En un clic, les photos de cette expédition dans la Brasserie

Du côté "prières", il y a aussi: 

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De toutes manières, le Grand Jojo vous le chanterait encore bien mieux que moi:



  

L'enfoiré,

 

0.jpgCitations:

  • « Le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression.  », Alphonse Allais 
  • « La soif du cœur ne s'apaise pas avec une seule bière.  », Professeur Choron

 

Mise à jour 6/11/2015: Le "Brussels bier challenge" est organisé à Anvers pendant lequel 800 bières dans le monde sont jugées par 60 spécialistes podcast

0.jpgMise à jour 12/11/2015: ABInbev rachète SABMiller

06/04/2014

Débat interactif ou radioactif?

Le 1er avril dernier, ce fut le temps des poissons d'avril.  Retour dans la vie de tous les jours et de ses débats. 

0.jpgDébat politique

Jeudi, nous avons eu le débat idéologique et culturel entre deux ténors opposés de la politique: Bart De Wever (NVA) et Paul Magnette (PS).

Chacun avait été drillé à l'américaine pour la rencontre. La publicité de l'événement avait pris place des semaines à l'avance.

Le public aime ce genre de rencontre frontale et les médias s'en font l'écho.

Allait-on trouver la solution à la quadrature du cercle, la réponse au théorème à plusieurs inconnues? 

Pas du tout. Les analystes ont conclu qu'il s'agissait d'un grand écart entre deux monologues.

0.jpgBart De Wever se gaussait "Votre programme de 498 pages accorde plus de place au bien-être des animaux qu'au budget ou aux coûts salariaux. Votre programme me rend dépressif".

Paul Magnette parait le coup "Le vôtre m'a fait rire. Il contient 50 petites pages et beaucoup de photos".

Les salves reprenaient, dogmatiques à souhait. Un match de boxe avec des partisans qui applaudissaient leur poulain pour se conforter dans leurs idées.

Qui a gagné? Qui a perdu? Personne. Ce sont ces deux visions, deux choix de société complémentaires au niveau économique et idéologique qui se percutaient.

Alors, pourquoi débattre?

Pour défendre ses ides, bien sûr. Comme nous sommes différents, nous pouvons être d'accord sur un point et être complètement opposé sur d'autres. 

Dans le Vif, l'écrivain Umberto Eco était interrogé au sujet de son livre "Construire l'ennemi". 

Il disait que "Le besoin de se dessiner un ennemi est fondamental. L'ennemi sert à définir sa propre identité. Chacun a une terra incognita à inventer. L''écrivain n'est, en plus, là ni comme poète ni comme un Heideger à creuser 'une' vérité. Ce n'est pas parce qu'on ne peut pas la démontrer que l'on ne peut pas la raconter. La narrativité se situe de l'autre côté de la moralité et de la psychologie. Il se contente de la particularité comme Proust l'avait fait dans  'A la recherche du temps perdu'. 

Perdu pour qui? Pour quoi?

Depuis, Internet aplatit le présent par son flot d'informations et empêche le filtrage. La Toile est confrontée à un accroissement de mensonges apolitiques qui risquent d'anesthésier le public. Si nous ne pensions pas que nos semblables nous disent le vrai ou le faux, toute la vie serait impossible.".

"Un débat est une discussion ou un ensemble de discussions sur un sujet, précis ou de fond, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions, opinions plus ou moins divergents", comme le définit Wikipedia. 

Comment débattre?

Sur les plateaux de télévision, on assiste en permanence à des débats.

L'émission de Taddei "Ce soir ou jamais" est une occasion particulière, puisqu'elle permet de rassembler des gens d'horizons différents qui auraient pensé aux sujets proposés lors des débats. Le journaliste le fait d'ailleurs très bien comme modérateur puisqu'il ne prend pas parti.

Combats d'élites, de philosophes, d'écrivains et j'en passe et des meilleurs. Un point commun, ils ont tous écrit un livre qui justifie leur présence sur le plateau.

Alors ils débitent leur sermon sur les chaires de vérité télévisées.

Chez eux, pas question de pseudo. Ils disent qui ils sont, d'où ils viennent et quels bouquins, ils ont écrit. Ils ont leurs thèses à défendre pour la promotion de leurs livres et pour devenir, qui sait, le leader d'idées dont ils s'autoproclament les dépositaires.   

Seraient-ils devenus les seuls guides qui font danser ceux qui n'ont ni le temps ni le courage d'analyser ce qu'ils ont écouté avec tant d'amour, juste avant de faire dodo?

 

Chez les citoyens lambda, lors d'un débat en va-t-il tout autrement?

Pas à dire, si ce qui est visible avec des personnages concrets, n'est déjà pas nécessairement implicite et quand il devient invisible sur la Toile, cela devient vraiment, un véritable jeu de fléchettes. 

Le café de commerce n'existe plus que dans certains cafés spécialisés qui réservent des tables de discussions pour de vieux bougres retraités qui tapent les cartons et sirotent une bière ou un vin pour passer le temps.

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Le sauveur, Internet?

Son interactivité potentielle devrait tout arranger avec les réseaux sociaux et la presse citoyenne pour trouver les liens entre les hommes de bonne volonté.

Il y a les réseaux sociaux. C'est bien sûr, c'est étudier pour. Et en effet, cela semble fonctionner dans ce milieu virtuel à condition que ce ne soit en rien conflictuel.

Quoiqu'on en dise, la fréquentation  de Facebook, si elle a perdu quelques membres du côté des très jeunes, qui ne se sentaient pas assez seuls face aux adultes, Facebook regagne, encore, d'autres membres moins jeunes pour entretenir les petites idées et conversations, vite dites, vite faites. 

La presse citoyenne, elle, se dit plus lourdes d'idées et de réflexions. Elle demande plus de temps à se concevoir et...  à se consommer. 

Comme en tout, l'engouement des débuts a fait place à une certaine lassitude sans renouvellements. L'originalité se perd dans la confusion et les répétitions. 

Cette presse citoyenne, n'est-elle pas aussi dans la même situation de décrépitude avancée après la fougue des débuts des blogs et des forums quand on pense à ce que Internet était capable d'apporter à l'échelle mondiale?

Victime de son succès, le soufflé pourrait retomber.

La question est de savoir si l'internaute peut encore parler d'autre chose que ce qui est très locale, ce qui ne le touche pas en particulier avec le sourire nécessaire pour "humidifier" l'atmosphère? Débattre, c'est surtout trouver des réponses médianes, des compromis sans tomber dans les compromissions. Le dernier qui a parlé a toujours quelque part raison.

Si la solidarité est recherchée à corps et à cris, dans le domaine des idées, il faut bien avouer que ce n'est pas au beau fixe.

Pour éviter les étincelles, Google+ a essayé de recentrer les idées en organisant des discussions dans des ensembles homogènes d'internautes.

"Veux-tu être dans mon réseau?" Une question bête et méchante que je posais à l'époque.

Le plus souvent, ce sont idées subversives ou polémiques qui se font accompagner d'éclats, de peurs et de grincements de dents. Les autres informations, celles qui ne touchent que de trop loin, font recette mais sans "casser la baraque". 

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S'engager se fait, alors, sur les chemins glissants des actions organisées à la pointe du fleuret, des chemins sur lesquels on frise la propagande, sans s'en rendre compte.

Sans être bégueule pour autant, il serait dommage que les sites citoyens et qu'Internet soient désertés par quelques manipulateurs qui agissent en toute impunité et qui éjecteraient les âmes sensibles de la Toile.  

L'analyse d'un forum citoyens comme Agoravox.fr est éloquente à ce sujet.

0.jpgMembre depuis 2006, j'ai vu constater l'évolution se construire de plus en plus dans un environnement d'hostilité à peine masqué.

J'y commente encore pour m'en amuser, mais je ne participe plus aux autres formes participatives rédactionnelles comme je l'ai été en tant que rédacteur ou de modérateur.

Les membres, car il faut être membre pour y déposer sa pensée "stratégique", il faut savoir, ne sont pas tous prêts à dialoguer et à débattre des sujets proposés.

Certains rédacteurs ne soutiennent même plus leur article, l'envoient par procuration et puis s'en dessaisissent une fois publié.

Quant aux commentateurs, le plus souvent sous le couvert de pseudos, ce sont des réactions épidermiques qui frisent l'insulte et utilisent l'agressivité comme moyen de persuasion.

Dans l'ombre, sans vraiment commenter, il y a quelques plussages ou moinssages qui passent à tour de bras, à tour de neurones. Nous ne sommes pas encore sur Facebook avec le bouton "J'aime" mais ça y ressemblerait furieusement s'il y avait un autre bouton qui dirait "Je n'aime pas". La démocratie des voix a bon dos avec sa majorité factice. 

Répondre avec des arguments qui tiennent la route, demande plus que quelques secondes de réflexion. 

Pourtant, je persiste et signe.

Parfois, une perle cachée derrière un texte. L’huîtrière atterrit, parfois, sur le plancher des vaches.  

Je ne manque pas de suivre certains débats très chauds et de m'amuser en m'y associant avec des commentaires, qui paraîtront parfois loufoques, uniquement pour détendre l'atmosphère ou en applaudissant devant un échange vif d'oppositions de conceptions. 

Je m'en sers de ce site comme rampe de lancement, je l'avoue.   

Dans ce genre de situation, il faut assurer ses arrières et connaître le point jusqu'où aller trop loin. Mais, ne s'écarte-t-on pas du but et des règles du jeu d'un forum de discussions?

Il y a plusieurs solutions pour débattre dans ce milieu de forum français.

  • Rester sur la vague grégaire de l'indignation. Elle est généralement, la solution de facilité pour ne pas se faire chahuter.

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  • "Je ne sais rien, mais je dirai tout". Une autre stratégie mais qui n'apporte rien sur le long-terme.
  • Rester candide. Et être d'office, rejeté.
  • Dévier la conversation et l'interactivité passe à la radioactivité des contacts. Dévier de l'objectif primaire d'un article, est-ce grave, Docteur? Je ne suis ni docteur ni avocat pour répondre à cette question, mais en tant que béotien, je dirais non. Encore faut-il le faire intelligemment.
  • Imposer une vérité par le raisonnement par l'absurde. Une manière d'éliminer le "Courage, fuyons". 

  • Créer le buzz. L'idée qui secoue les esprits et qui attire les mouches sur une m... tombée on ne sait d'où.
  • Le dénigrement total de l'autre et de ce qu'il peut raconter. La panacée suprême! 

Qu'on se le disent, j'aime l'humour. Pour forcer les réactions, je prends des risques en introduisant la provocation, quitte à jeter ce fameux pavé dans la marre aux canards même si "Les enfants du bon dieu ne sont pas des canards sauvages" comme le rappelait un vieux film. Répondre au coup par coup, au besoin, sans éliminer ce qui gène dans son propre raisonnement est une question d'honnêteté intellectuelle.

Une vérité peut très bien être vraie à un moment, à un endroit donnés et fausse à un autre moment ou endroit. 

Quand cette démocratie rigole quand elle se brûle, j'ai pris l'habitude de sortir du jeu. 

Qui respecte toujours ce qu'il écrit, d'ailleurs?

 

Qui ne change pas d'avis dans la vie?

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A ce propos, Bruno Colmantmajor de promotion de l'Ecole de Commerce Solvay, intervenait dans un autre Vif-Express.

Je lisais qu'il avait été bouleversé par la pièce de théâtre "Trotsky Business" d'Albert Maizel, camarade de Solvay, avec la création de Nathalie Uffner.

Il avait donc été mouillé par la vague sur laquelle il croyait surfer en sécurité.

Les acteurs de la pièce: "Hervé, patron de l'école de commerce de Solvay. Jacques y est professeur de philosophie. Hervé rêve de fusionner son bébé avec Harvard, pour le prestige. Ils ont tous un passé, très à gauche politiquement et très triangulaire sexuellement, qui va renaître tel un boomerang en provenance des années septante...

Hasta luego amigo guerillero. Les rois du capital, d'anciens trotskistes? Une véritable révolution au TTO

Le sujet de la pièce, vous pouvez l'imaginer: une douche écossaise. 

0.jpgBruno Colmant reconnaissait qu'il en avait été profondément troublé et regrettait ses rêves de jeunesse. Il disait qu'on n'apprend pas à rêver à Solvay, qu'il y a seulement le prestige du diplôme comme sésame, qui donne des désillusions en fabriquant des "Cicéron" fonctionnels loin de l'humanisme, tout en oubliant les utopies, la créativité et de parcourir le monde pour apprendre à mieux le connaître. S'il a lu "Le Capital" de Marx en entier, il l'avait trouvé barbant mais lui avait pourtant permis de comprendre que l'ordre politique ne parviendrait plus à résorber les inégalités. L'empathie sociale, pour remède au progrès économique, peut se concevoir dans l'introspection puisque l'Etat a toujours un rôle qui intervient pour 50% du PIB. 

Il rappelait que José Manuel Barroso, lui-même en charge de la gestion du monde, a fait partie des maoïstes. Il disait que "Celui qui à 20 ans n'a pas été anarchiste est un salaud, mais à 40, c'est un imbécile".   

C'est peut-être cela, le passage de l'adolescent à l'âge adulte.

L'âge où l'on se rend compte que, même les rêves, ont un prix.  

Vendredi dernier, le film "L'âge de raison" de Yann Samuel passait à la télé. Il tentait de déterminer si cet âge de raison survient quand on entre dans la vie active ou quand on la quitte.  


 

  

0.jpgVenons-en à la raison de la présence de ce billet.

En parallèle de mon blog, j'avais pris l'habitude d'envoyer des sujets de discussions à un petit groupe de copains, d'internautes, pour parler de sujets qui pouvaient, en principe, initier un débat entre chacun d'eux.

Jusqu'ici, ce genre de relations n'avait généré aucun succès fulgurant au niveau du groupe au complet. 

Le retour de "flammes", s'il y en avait un, se déroulait en aparté et le retour à l'envoyeur était seul utilisé quand le sujet passionnait.

J'imagine des raisons comme des sujets pas assez proche des problèmes du quotidien de chacun, un trop plein d'informations que l'on ne parvient plus à analyser et à maîtriser, une peur de se "déshabiller" devant tout le monde en dehors de deux paires d'yeux virtuellement disponibles. Comme on se connait un peu plus que dans la virtualité absolue, pas question de sortir la hache de guerre.  

0.jpgNous nous ne sommes ni femens, ni malemens. 

La fameuse phrase qui dit "pour vivre heureux, vivons caché", est toujours de rigueur.

Le citoyen lambda a pris l'habitude de décharger son énergie statique sur des têtes de pipe, des représentants de médias et des élites.

Lors de débats télévisés, le citoyen lambda se concentre sur des mages, des guides spirituels, écoutés avec une oreille "religieusement vôtre", pendant un premier temps, et les dénigre, ensuite, avec un certain dédain, dans des discussions, à la première occasion.

Tout pour ne pas en faire partie aux yeux des autres.  

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Lors de l'une de ces conversations virtuelles en aparté, j'apportais quelques vieux écrits de ma boîte à réflexions du miroir bien placées dans des tiroirs du temps.

A un moment donné, j'ai senti que rien de positif ne pouvait rien en ressortir.

Si, je supporte parfaitement l'opposition d'idées, à la limite injurieuse, je ne supportais plus de ne pas en sortir sans compromis valables à cette opposition caractérielle d'opinions.

J'ai sorti les lapins du chapeau pour les représenter à la vue du reste du groupe de départ.

Pour situer le contexte, il était question de l'évolution de l'Europe, de la géostratégie, de la Crimée et des suites de l'austérité.

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En aparté, la phrase finale fut "Pour que le petit peuple comprenne "bien" ce qui se passe il est important de savoir qui est le méchant et qui est le brave et le bon. Le binaire règle nos vies au propre comme au figuré.". 

Dans les grandes lignes, un échange assez musclé se poursuivit sans que les autres interlocuteurs ne réagissent. Je commençais par dire:

- J'aime étudier les gens et leur psychologie. Mon dernier roman en est un exemple. Nous ne sommes pas à classer entre "les bons, les brutes et les truands". Il n'y a pas de bons ou de mauvais, ce sont des concepts que je ne reconnais pas. Ce rôle de "psy en herbe" est devenu pour moi une habitude, si pas un vice, sur les forums. La provoc fait partie du jeu pour gratter jusqu'au fond de l'ego. Sur Internet, beaucoup mettent un masque, ne se découvrent pas, n'apporte pas leur "A propos" sur ce qu'ils sont, de peur d'en dire trop... un trop qui pourrait être utilisé contre eux. L'intimisme, ils ne connaissent pas.

- Qu'est ce que cela pour un discours et avis aussi tranché! Comment est-il possible de classifier quelqu'un simplement parce qu'il ne veut pas être assigné à SA boite originale. Ou plus simplement la boite que quelqu'un lui assignerait? Je t'invite à changer d'approche car tu n'es pas qualifié pour juger tes interlocuteurs de cette manière. Cela est absurde. 

- Je ne vois pas où mon avis est tranché. Le "Tu n'es pas qualifié pour juger les interlocuteurs", je dois l'avouer, cela m'a beaucoup amusé. Crois-tu vraiment que j'ai fait appel à un véritable psy, quand j'ai dû engager quelqu'un dans mon équipe après une pré-sélection. La partie "humaine", le potentiel de se greffer dans un groupe, c'était mon devoir de le découvrir et à moi, de remplir ce rôle. Je me devais d'ouvrir les huîtres bien fermées. Il n'était absolument pas question de changer d'attitude ou d'approche. J'étais seul à décider. L'absurdité aurait été de faire semblant de comprendre au premier coup d’œil. L'article "Comment je suis devenu extraverti", crois-tu que je l'ai toujours été? Absolument pas. Cela s'apprend. Les bides sont du parcours, mais est-ce important? Je ne le crois pas. 

0.jpg- Cela est ton problème. Si cette approche te convient alors parfait pour toi. Ne tente pas de l'imposer aux autres. Je ne sais à quel dictionnaire, tu te réfères lorsque tu définis dans quelle boite, ton interlocuteur se situe. Quelle est la définition du terme "Introvertis"? Celui qui ne s'intéresse pas au monde dans lequel il vit. Qui ne communique pas. Donc, le contraire de ma personnalité. Je ne lis nulle part que ce mot signifierait "celui qui ne partage pas son pedigree avec ces interlocuteurs".
- Nous sommes classifier partout. Même à notre insu. Nous arrivons toujours sur des listes qui deviennent de plus en plus noires avec l'âge. Maîtriser, c'est cela qu'on nous demande quand on fait du management de personnes. Cela veut dire tellement de choses, mais dès que tu marches sur une marche de la hiérarchie, tu es seul et tu dois maîtriser.
- Ta vision du monde et des choses est tellement négative et "caricaturée" parfois à l'extrême que ces lectures me sont parfois pénibles, je l'avoue. Les clés du monde sont contrôlées par une minorité au détriment de la majorité. Il s'agit donc de reprendre le contrôle des clés qui nous ont été volée.
Reprendre les clés qui nous ont été volées? Nous ont-elles jamais été données? Pourquoi est-ce ainsi?  Deux questions à se poser, avant d'aller plus loin.
Chacun choisit les thérapies qu'il pense être les meilleurs. Je n'ai pas choisi de me soumettre à ta manière d'envisager ces thérapies.
-  Ok. Va pour l'autosuggestion. Perso, je prends tous les contraires avant d'exprimer un peu d'opinions personnelles en conclusion. 
- Tu ne réussis en rien, à te cacher en répétant tous les jours que tu ne dévoiles pas tes opinions ou si peu. Tes opinions sont claires comme de l'eau de roche. Et cela est ton droit absolu. Donc, ne répète pas tout le temps le contraire de la réalité. Ce n'est pas sérieux.  
Ouf. Je n'ai pas écrit pour rien. Merci, pour cela et merci de m'en donner le droit. Quant au sérieux. Je n'insisterai pas pour dire que cela dépend de vérités qui ne sont jamais communes et qui dépendent de tellement de paramètres.
L'homme est un puzzle très complexe et changeant. Pour cette raison, je ne partage pas/jamais MON histoire parce que automatiquement, une boite me sera allouée et ça je déteste.  
Nous sommes tous dans des boîtes encastrées derrière des préjugés que tu le veuilles ou non. Que tu le détestes n'y change rien. Tous, derrière des frontières, petites ou grandes. Je peux te donner des exemples à la pelle. Ça l'enfoiré aime remettre sur la table et qu'importe s'il n'est pas aimé pour cela.  
 
Le dialogue s'était arrêté là.
 
0.jpg"Marrons glacés, pralines glacées" pourrait-on dire au moment de l'entracte au cinéma.
Je me souviens d'un billet qui parlait du rêve américain. Il avait généré la même échauffourée de bois pas trop mûrs que j'appellerais "anti-américanisme primaire" sans y avoir été dans ce "rêve américain" pour essayer d'en comprendre les processus de visu, sur place. Et, j'avais dû, aussi, écrire un article rapide d'anecdotes à sa suite pour chercher l'entracte par des expériences vécues. 
 
Défendre ses idées est normal. Nous sommes tous différents, ce qui veut dire pléthore d'idées.
La Belgique est reconnue pour ses compromis et pas pour écraser l'autre par ses propres manières de vivre.
 
Est-ce que mon interlocuteur croyait que je venais de naître dans les filets de la Toile française, alors j'en connais quelques filières et arcanes? Un bail de neuf ans avec des locataires très particuliers de la Toile.
Occulter les arguments de l'autre et en présenter d'autres plus personnels en échange qui "normalement" sont plus vrais. Je connais le procédé.  
La technique, de dire que "Tu ne comprends rien. Tu mélanges tout", je connais.
L'intimisme entre en jeu dès qu'on écrit la première ligne dans son "A propos".
Ma devise est "Tout est dans tout et inversement", y avais-je écrit.
 
Pour répondre à la critique formulée sur ma "vision du monde", la réponse s'y trouve aussi: "Réaliste, pragmatique, plus qu'idéaliste".
 
"... je ne partage pas/jamais MON histoire parce que automatiquement, une boite me sera allouée et ça je déteste".
Une autre phrase qui m'avait interpellée dans une autre lecture.

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"Je n'ai rien à cacher. Mais je ne vais pas me mettre tout nu pour autant", une phrase qui m'avait intrigué dans un autre journal écrite par Patrick Henry, avocat à la Cour à Liège.

Le sous-titre disait: "La transparence a-t-elle définitivement pris le pas sur la confidence? Avons-nous perdu le droit à tout secret. Facebook, YouTube et les selfies induisent une curieuse culture de l'exhibitionnisme. Souhaitons-nous pour autant renoncer à toute intimité?". 

L'article, pour commencer, parlait d'une caricature de Kroll qui avait été refusée par IBookStore au nom des bonnes mœurs et du respect de la vie privée. Dans le même temps, nous devrions vivre dans une maison de verre dans laquelle la transparence serait totale et sans confidences. 

Facebook était pointé comme responsable, avec le secret qui serait violé volontairement par ses membres à titre gratuit. 

Le but de l'article: la "protection du secret professionnel des avocats qui avait été demandé à la Cour Constitutionnelle. Les secrets des sources de leurs clients, des médias, des médecins pour raison de sécurité. Là, il n'y aucune contestation, au moins, de ma part. 

J'approuvais les mots forts de sa conclusion: "Nous vivons dans un monde étrange dans lequel Kafka est pour demain". 

Conclusions:

C'est dire que je suis paré à toutes éventualités, que j'accepte la controverse et que je n'ai jamais refuser de prendre part à un débat avec d'autres approches des réalités.

Mais, je disais que j'avais un autre projet sur mes tablettes.
Un vieux projet d'écriture d'une pièce de théâtre. 
Sans le savoir, cet échange avait construit une pièce du style de Pagnol, plus vrai que nature, entre deux interlocuteurs qui parlaient avec les mêmes mots, des idées semblables, mais qui n'invitait pas l'autre à trouver la porte de sortie en le caractérisant d'ignorant des choses de la vie.
 
Pagnol observait ses contemporains tout en s'analysant lui-même.

Je remercie, donc, mon interlocuteur pour m'y avoir fait repenser.

Cet échange va me servir dans mon nouveau projet. 

Le café de commerce avait du bon car il avait le mérite de ne pas dépasser certaines limites de la conversation au sujet de dures réalités mais sans passer aux armes de l'incompréhension stratégique. On aurait pu croire qu'entre citoyens lambda, les débats auraient été plus constructifs à la recherche de problèmes qui apportent le "tilt" salvateur.

Cela n'a pas été le cas. Désolé de l'apprendre et de le raconter.

Rester curieux de nature. Remonter aux sources d'un éventuel "mal" de société. Consulter ce que mes contemporains en disent au milieu du guet, avec des idées mêmes contradictoires. Avant de donner quelques conclusions plus personnelles sur ce que cela pourrait donner à l'embouchure de ce long fleuve qui n'est jamais tranquille.

0.jpgApprendre à être soi dans le jeu de quilles.

Défendre ses opinions, ce qui je le répète, est normal et nécessaire. On apprend bien plus de ses adversaires que de ses collatéraux identitaires.

Mercredi, Thomas avait, encore une fois, imaginé un "bête billet" comme il le disait, une situation "abracadabrantesque"dont il avait le secretComment fait-il pour m'ajouter des arguments et du grain à moudre? 

Une question revient : Débattre à quoi cela sert-il en définitive?

Peut-être, pour certains à rien. Proactif, je dirais que cela permet d'orienter l'avenir.  

Une autre question reste à poser entre vieux, bobos et has-been: "To be or not to be".

Alors, je propose ce petit fichier de "Papy chez Carrefour" que quelqu'un m'avait envoyé tout récemment, quelqu'un qui était loin d'imaginer que son fichier allait me servir aussi rapidement.

Le monde change en accéléré. Rien d'immuable même sans prophète. J'étais en accord avec Paul Jorion, dans cette vidéo et pas dans d'autres.

"La société est devenue beaucoup plus violente" comme disait Jean-Marc Meilleur, procureur du Roi à Bruxelles.

Bientôt les élections et les débats électoraux vont foisonner et les champions vont s'affronter.

Marius, répète-moi, encore une fois, cela me faisait tellement plaisir: "tu me fends le cœur"...




 

L'enfoiré,

 

Citation:

  • « Il y a interaction entre langage et pensée. Un langage organisé agit sur l'organisation de la pensée, et une pensée organisée agit sur l'organisation du langage.  », Ahmad Amin 
  • « Jamais les mots ne manquent aux idées; ce sont les idées qui manquent aux mots.  », Joseph Joubert
  • « L’art n’est pas d’arriver avec des idées neuves mais d’interpréter ces idées qui nous entourent depuis toujours.  », George Lucas 
  • « Il est important d'avoir des rêves suffisamment grand pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit  », Oscar Wilde 

 

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Mise à jour 7 avril 2014: On célébrait l'anniversaire du génocide au Rwanda. Bien éloigné de l'objet et du sujet de ce billet, et pourtant... Il y a ceux qui débattent et ceux qui sont sur place et qui le vivent. Colette Braekman a eu une vision de très près des événements.

 

0.jpgMise à jour 8 avril 2014: Paul Magnette répliquait après le débat qu'il avait eu avec Bart De Wever.

"Le modèle scandinave de la NVA, le leurre de bart de Wever".

Quel comble d'entendre Bart De Wever, comme chantre du modèle scandinave, à se réclamer des pays scandinaves alors qu'il dénonce à la fois les prélèvements trop élevés et les prestations sociales trop généreuses en Belgique.

La Concertation sociale en Allemagne.

L'innovation et l'éducation en pays scandinaves.

Etre fier du modèle belge reconnu, comme tel, dans le monde.

Les pays scandinaves ne sont pas un modèle, mais une leçon comme la Finlande qui fait de la remédiation, cherche la meilleure alimentation et remédie au décrochage scolaire et éviter de reproduire les inégalités à l'école. Quand aux "vieux", il s'agit de les reformer".

 

01/04/2014

Zo dom & Go more

Le 23 mars, les trois partis principaux se lançaient en campagne dans leur Congrès. Le même jour, en France, ce furent les élections municipales avec un vote sanction. En ce premier jour du mois, c'est entre les politiques qu'il faudra chercher les poisons et poissons dans une vieux film de 1922 "Sodome et Gomorrhe".

0.jpgEn Belgique, le 15 avril, le gouvernement se mettra au régime "affaires courantes". La campagne électorale sera officiellement ouverte, le 22 avril, alors qu'elle battait déjà son plein depuis quelques mois d'excitations.

Faire l'inventaire des programmes, des slogans dans un pot-pourri parodique, en ce début avril, n'est-ce pas le meilleur moment? 

Le 25 mai est décrété "Jour de la Mère de toutes les élections". 

Une élection tout azimut sur les fronts de notre petite Belgique et celui de l'Europe. 

Trois cases à cocher pour le Belge: la régionale, la fédérale et l'européenne. 

Jouerait-on à qui perd gagne quand tous les coups sont permis et que les provocations vont bon train chez les affreux de service qui sont, toujours, les autres? 

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Il y a eu des indices d'activités gouvernementales au forcing, persistantes jusqu'à la dernière minute comme si on ne pensait pas être en phase pré-élections.

Puisque tout est enregistré par nos médias, il faudra tourner sept fois sa langue dans sa bouche, sinon cela fait des grumots dans les partis.

Les slogans volent bas. Les agendas cachés sont de retour.  

Tout d'abord, le PS, le parti socialiste.

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Au sommet, le Premier ministre, pardi. La meilleure position d'équilibriste entre Flamandofolies et Francofolies.

Il y a le "beau", le challenger du parti par intérim, Paul Magnette, pour qui devenir président, c'est magnétiser les enfants de Carolos avec de petits plats chauds mijotés à la cantine scolaire.podcast

Et puis, il y a la Cendrillon de la politique, Laurette Onkelinks qui avec 22 ans au compteur est la plus ancienne à bord qui même quand le bateau coule restera à bord avec lui, pas comme le capitaine du Concordia même si les releveurs de compteurs ne seront pas les mêmes à passer de la justice à la santé, en usant quatre gouvernements de ses atteintes légiférées et sanatorisées. Une pensée pour "Chez Laurette", très old-style avec une belles-gueules d'amour, bien sous tous rapports de forme.

0.jpgParler d'un Wallon socialiste et monolingue, c'est un pléonasme, disait Alex.

Faudra tester, après coup, ce que veut dire solidarité comme maître mot avec le mètre ruban... 

Oui, la campagne, c'était bien parti, comme le disait Thomas, ce jour-là.podcast

Le prix à payer et qui l'assume restent souvent dans un flou artistique, pour chacun des partis. 

Il s'agit de guillotiner l'adversaire, de mordre au bon moment comme le cobra, d'empêcher l'alternance, d'éviter d'entrer dans l'opposition et la liquidation totale dans des connivences ou des convergences aléatoire. L'autosatisfaction se retrouve en opposition aux dénigrements. Les programmes ont la fâcheuse habitude de sortir des artifices qui ne sont que légèrement différents.  

Le MR, Mouvement Réformateur libéral, le challenger. Didier Reynders a déménagé, depuis peu, dans un beau quartier de Uccle, rien que pour satisfaire ses futurs électeurs. Stimuler la mixité sociale. Garantir la sécurité. Lutter contre toutes les discriminations.

Son livre, "Bruxelles pour tous", avait germé dans son esprit. Il voulait dynamiser la mobilité interne en construisant des tunnels pour les voitures. 

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Le MR insistait en marchand de vérités, "nous sommes le bouclier de la classe moyenne, de ceux qui bossent à l'aide de réforme fiscale pour réduire les dépenses publiques".

On se doutait bien qu'il y ait des boucliers quelque part, mais que les classes moyennes soient dans le collimateur, c'est osé. Les flèches, si elles sont très "classe", ne seront pas trop tirées en dessous de la ceinture.

Déclarer pas de "Mister cash" pour l'Etat puisqu'on est progressiste, et qu'il est devenu "American express".

Sus au fisc et aux impôts tout azimut.

Les affaires de gros sous resurgissent quand, après le divorce entre MR et FDF, il a fallu décidé de la dotation publique sous forme de pension alimentaire du FDF évaluée à 669.312,45 euros.    

"On ne fait pas d'omelettes sans casser d’œufs", nous rappelle le petit comique.

Oui, mais lui, il n'y aura pas que du jaune et du blanc dans l'omelette. Il y a ceux qui se disent de gauche, de droite, d'en haut et d'en bas avec des couleurs de l'arc-en-ciel.

Le FDF, la Fédération Démocratique Francophone qui a été l'ancien allié du MR, disait "La relation entre MR et la NVA est ambiguë".

Au milieu du gué, le CDH, réagit à Reynders. 0.jpg

Joëlle Milquet lui répondait: "Didier s'improvise une identité bruxeloise: il se lance dans des tunnels à creuser dans la capitale avec une politique de taupes".

Pour punir les taupes, ne faut-il pas les enterrer vivantes?

La mobilité à Bruxelles, un point noir, au milieu du front, archi-connu comme disait Thomas avec humour

Il avait, ensuite, bousculé la frénésie néo-baroque de sa créativité, avec son projet pour la capitale de se se lancer dans une nouvelle ère décomplexée et responsabilisée via un pacte d'excellence.

Oufti. Un projet vieux de dix ans. Qui dit mieux? 

Quant au projet du nouveau patron de "Louviere La Neuve ou La Veuve" de Benoit Lutgen, il vaut mieux ne pas trop insister. Quand on a l'anagramme de Gluten, vaut mieux se serrer les fesses. 

A l'extrême gauche, le PTB gagne des centièmes de points additionnels et devient le baromètre du socialisme. Quand le mur de gauche est atteint, qu'est-ce qu'on fera? N'est-ce pas un nouveau ruban de Möbius?  Faudra-t-il le détruire pour aller encore plus loin et grimper sur les murs de Facebook pour le savoir? 

C'est évident, un baromètre, c'est pour dire le temps qu'il fera partout. Non? 

La NVA, car, au Nord, il n'y a pas que les corons

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Tijl n'est plus ce qu'il était, il a maigri d'accord (enfin on le croit de ce côté de la frontière linguistique).

Plus de potion magique. Parfois malade, après son dégrossissement stratégique, il se relève amoindri, mais faut faire gaffe... 

La maladie d'amour/haine de la NVA serait-elle contagieuse avec la chimère de la peur de la démobilisation? 

Ouais, une fois (peut-être, même deux).

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Quand il y en a un qui, dans l'orchestre, tient la grosse caisse pour faire le plus de bruit, comme l'expert, Bert, faut s'attendre à tout. Quant à lui mettre une sourdine avec de l'ouate autour de ses baguettes, faudra repasser. C'est vrai qu'ils sont séparatistes, les NVAtistes. 

La NVA serait-elle seule au monde? 

Un calcul  de l'indépendance de la Flandre existe. Il coûterait 203 milliards d'euros à la Flandre, avec une "rawette" de 34 milliards de "perfusions dégressives" à ses guêtres si l'on en croit l'étude de Remi Vermeiren qui avait, déjà, écrit un manifeste de la Warrande. Ce qu'il oublie dans le calcul, c'est la confiance perdue des agences de notations et qui ferait grimper les taux d'intérêts à de nouveaux sommets. 

Bruxelles, l'auteur la voit comme ville-état. Il ignore seulement où on va pouvoir placer le reste des tunes autre part qu'aux pieds de Manneken Pis.

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La ville est un champ de bataille géopolitique. Le Vif plaça le PS dans les quartiers les plus pauvres au centre et à l'ouest, le FDF et le MR au sud et à l'est, Écolo chez les bobos de St Gilles et le CDH autour de l'avenue de Tervuren.    

Le dieu "carnaval" n'a pas encore cédé la place, car la charge du vieillissement et des retraites a seulement un peu pris le large dans les esprits.  

Solitaires, peut-être, mais pas solidaires, la warande-mania...

0.jpgLe petit village bruxellois d'Asterix et d'Obélix résiste encore et toujours aux invasions avec la potion magique des sesterces. Mais, on ne sait pas qui détient la recette de la potion magique. Seul Panoramix connait la recette de la potion magique et pas Paranormix. 

Le parti Écolo se dit vouloir être de son temps et changer la marche du siècle en équilibrant les budgets de l'école, de l'économie, de l'énergie avec une production locale'. 

Allez, Bert, dis-nous ce que t'en pense de tous ces slogans.

Est-ce "Impair et passe, rien ne va plus", comme dirait le croupier devant sa table de jeuLa ligne "Mage-Inno-Vacation" est encore loin d'être franchie. 

La nouvelle équipe gouvernementale se construira comme d'habitude au deuxième tour. Pas question de détruire le mikado.

Les apparentements, à la proportionnelle, cela nous connait. Cela prend, même, quelques temps, pour obtenir le niveau du "commerce équitable".

En 2011, on a cherché pendant des lunes, une introuvable orange-bleue, on a dansé une jamaïcaine endiablée et puis, plus rien ne fut comme avant.  

Il en faut du temps pour dire: "Si tu veux jouer avec moi? Je te donnerai la justice et tu me donneras l'intérieur".

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Construisons-nous de nouveaux châteaux de sables en couleurs? 

Pas du tout. Nous mettons le sable dans la bon moule pour qu'il soit le plus présentable.

C'est ça, le deuxième tour "à la belge". Non, nous ne sommes pas "à la Française des Jeux". Les idylle naissent et parfois les conspirations s'en suivent. 

De l'intérieur à la justice, qui s'occupera de l'effondrement du commerce urbain en Wallonie et des centre-villes qui se vident au profit des zones commerciales de la périphérie? 

Si New York est l'Apple, Bruxelles est une "Pomme frites" de l'Europe avec ses 45 nationalités résidentes avec plus du tiers de la population étrangère.

Alors, on polyglougloute en parlant des "brols" qui viennent sur le marché, comme l'écrivait Elisabeth Clavos dans "Une vie de pintade à Bruxelles".

Qui voudra encore jouer au pintadeau et apporter dans la corbeille aux idées des programmes du rayon tout-fait et bien faits? C'est bizarre, personne ne pense à breveter les idées géniales et innovantes. 

0.jpgSortir sa petite idée révolutionnaire avant les élections reste le complexe avec le monstre du Loch Ness au bout du tunnel. C'est comme si on voulait tester les électeurs en dernière minute.

Un dernier baroud d'honneur (ou de déshonneur) selon l'approche religieuse ou laïque et ce fut la légalisation de l’euthanasie des mineurs.

Quant à remettre le couvert du référendum comme chez les Helvètes? Certains y pensent toujours.

On a vu ce que peut-être un référendum en Crimée.

0.jpgQuel thème "à la belge" choisir pour un référendum qui serait profitable au nord et au sud du pays en même temps? Le référendum, une bombe à retardement? Non, peut-être.

C'est vrai, nous ne sommes pas à une réforme de l'Etat, près, mais tout de même. 

Tous à la chasse à la réforme fiscale.

A la Chambre, les minorités francophones, font déjà tinter la sonnette d'alarme quand cela ne va plus. Mais, quelle sonnette faudra-t-il faire tinter, quand le fisc rasera de trop près? 

Sonder les opinions et pas les faire tinter trop fort... Mais c'est bien sûr, dirait le commissaire Bourrel dans les "Cinq dernières minutes" sans Souplex. 

Les idées:

Si les idées ne passent pas la rampe avant les élections, elles auront l'avantage d'exister et pourront revenir plus tard, lors d'une autre occasion, une autre conjoncture avec la mention: "je vous l'avais bien dit".

Si la justice rend des non-lieux, c'est qu'elle a peur de créer des cas de jurisprudences, utilisés par un avocat malicieux. En politique c'est pareil mais avec la communication du divertissement en plus.

La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, vient d'avoir eu une idée géniale. 

Pour donner plus de valeur à la femme dans un couple, le choix du nom du bébé pourrait passer du père à la mère ou en combinant les deux dans un ordre préférentiel.
0.jpgCela pourrait donner des noms à rallonge, des filiations difficiles pour généalogistes et des noms qui deviendraient très amusants, mais qu'importe.

Je me rappelle d'un couple qui habitait chez moi mais avant moi. Lui s'appelait 'Legros" et elle, "Esvelt". Non, vous ne vous rendez pas compte de la vie qu'aurait le gosse à l'école avec un nom bi-chloré comme celui-là?

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Puis, comme s'il y avait un certain retour de flamme à l'allumage, la tension renaissait et il a fallu appeler les pompiers pour obtenir un compromis.

Je vous dis, plus on est de fous, plus les idées germent, plus on s'amuse au Royaume.

Pour stimuler l'appétit sexuel, il faut toujours de bonnes recettes câlinaires.

Si au pôle Nord, faire du tapin à glace, cela se peut se faire, chez nous, à cette latitude, quand en plus, on n'a pas eu d'hiver et que tout se retrouve dans la rubrique "divers", il ne faut plus qu'occulter les conflits d'intérêts, la corruption, les placements trop judicieux en période pré-natale. Pour le bébé, ces petits trucs, le parent les trouve magiques, mais comme électeur, ça craint. 

Rangez, donc, les casseroles et les habits vieillots dans les placards pour que les autres ne les trouvent pas. 

Et puis, il y a la petite dernière des décisions: la suppression du permis de conduire si la pension alimentaires n'est pas payée au conjoint. Là, on passe à la vitesse supérieur dans l'incommensurable légèreté de l'âme. Que l'on fasse travailler de manière gratuite après ses heures de travail celui qui ne respecterait pas ses engagements, mais ça... Je sais que l'option prise pousserait le contrevenant à prendre les transports en commun, mais avons-nous déjà vu un représentant de commerce dans les trams ou les trains, à la recherche de clients pour fourguer sa camelote? Et, puis, procéder de la sorte, ce serait considérer que tout le monde possède une voiture, ce qui serait une anomalie du raisonnement à ranger dans la catégorie "hasard". 

Parlons argent. Depuis le 25 février, il est dit que les partis ne peuvent dépenser plus de 54 millions d'euros pour les élections. Dépasser ce montant autorisé, ferait perdre leur droits au financement publique, soit plus de 80% de recettes. Quel est le parti qui ferait des économies pour que le trop plein soit utilisé à meilleurs escient?  Qui sera le contrôleur aux comptes? La cour des miracles?  

Du côté "transferts de candidats d'un parti à l'autre", c'est une partie de la valse à mille temps.

D'anciens bourgmestres, toujours en salle d'attente pour être nommés dans des communes à facilités et des permutations se transforment en sauteurs à la perche, en échange de sauteurs en longueur avec un score nul.  Match à remettre puisqu'il y a encore du temps. 

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Puis, il y a les dégoûtés de la politique, comme Anne Delvaux du CDHIsabelle Durant chez Ecolo et de la petite dernière, Véronique De Keyser du PS. Toutes trois déroutées, pas pointées à la bonne hauteur, au bon étage.

Lessivées, les pauvres. Leur slogan "Vivre mieux, c'est possible". Tout dépend pour qui, pour quoi et pour quel horizon.

Une année creuse du côté des "goûteux"?

Non. Un nouveau qui passe du journalisme à la politique comme Olivier Maroy et Anne Quiévrin. Le foot a livré son quota de nouveaux politiciens avec Nzolo.

Relation incestueuse entre médias, sports et politique? Non. Une simple relation de "je t'aime moi non plus" suffit

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Mieux vaut être journaliste que "fils de", puisque Nicolas Janssen, le fils de l'ancien patron de Solvay se voyait glisser de places sur la liste du MR. Le népotisme, cela marchait tellement bien.

Le pouvoir a ses raisons que la raison ne connait manifestement pas dans les détails. 

Non, Thomas, faudrait pas être jaloux comme ça.

0.jpgÇa me rappelle une partie à la pétanque et la question stratégique que je me posais:

- Je tire ou je pointe ma boule.

Je ne sais pourquoi, j'avais tiré. La boule était arrivée en plein sur le cochonnet. Le malheur, c'est qu'elle a continué son chemin, qu'elle ne s'est pas rapproché du cochonnet et qu'en même temps, les boules des adversaires s'en étaient rapprochées, elles, tout à fait à l'insu de mon plein gré.  Pas besoin de vous faire un dessin sur la perception des copains vis-à-vis de mon choix. Furieux, qu'ils étaient.0.jpg

Le 21 février, une autre enquête avait été lancée pour obtenir les intentions de votes.

Caracolaient en tête, dans le nord, la NVA avec 32,4% dans les Flandres, le MR à Bruxelles avec 21,8% et dans le sud, le PS avec 28%. Tandis que les petits partis progressaient.

D'après les réponses aux questions plus intimes, le PS serait le plus à l'écoute des gens, le MR, le plus dur-à-cuire et Écolo, le plus sincère.

Les pourcentages d'abstentions ou de "non" au sujet des partis était le plus troublant encore. Sont-ils unis dans un parti: 49%. Sont-ils à l'écoute des gens: 49%. Ne se laissent-ils pas faire: 39%. Ont-ils une vision à long terme: 46%. Les partis sont-ils sincères: 57%.    

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Pour voter "Belgique", il y a donc deux votes. D'abord, pour le Fédéral, ce "vieux truc" que l'on dégraisse progressivement à l'avantage des régions. Certains veulent que le Fédéral corresponde à la coquille d’œuf qui, vide, casse comme du verre. Bart l'a dit, il veut geler les dépenses fédérales0.jpg

Au dessus de sa tête, dans le ciel, cela vole aussi bas à Bruxelles. Le nouveau survol par un Air qui devient trop Ryan, fait peur de ne plus avoir d'air du tout et plus que du son à Bruxelles. 

Rappel: la Belgique est le pays de la "Kermesse Héroïque". 

Non, vraiment, il faut que "l'auto-dérision soit un produit de la belgitude" pour que cela marche.

0.jpgSi ce n'est pas obligatoire d'avoir un tel produit, ça aide.. 

Resterait-on dans la tradition de la famille traditionnelle, une fois sur le pied gauche, une fois sur le pied droite, comme en France? 

Une élection à deux tours de scrutin, c'est une histoire de famille traditionnelle, une histoire de genres, de beaux genres évidemment, comme on les aime, en France. 
C
'était si simple... 

Enfin, simple dans une République monarchique qui travaille en courant alternatif. 

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Tout le monde y gagne, sauf les perdants, bien entendu. Ces derniers n'auront qu'à prendre leur ticket dans la file pour le coup suivant comme à la boucherie sans os.

Municipales ce 23 mars: le FN rafle la mise, le PS en déroute dans un "vote sanction". 

Sanction ou "punition à la française"? 

0.jpgHollande aurait, dit-on, besoin d'hormones de croissance en économie.

Les abstentionnistes ont été les gagnants principaux. L'extrême-droite banalisée a pris quelques poste de contrôle municipaux.

Du temps de Sarkozy, on cherchait déjà qui était à l'extrême droite ou à l'extrême gauche.

Pas sûr qu'on ait trouvé la réponse, aujourd'hui.

Peut-être faudra-t-il y ajouter une quatrième dimension: le temps de réflexion.

Une ré-attribution, d'un nouveau Premier ministre?

0.jpgBravo. Ce sera une Vals(e), pour mener le bal avec le Manuel d'emploi, en plus, par le prénom.

Les "Droits de l'Homme" pourront toujours se confirmer en "Droits de l'Ohm", vous savez cette unité de la résistance énergétique, comme on connait si bien en France. 

On dit la politique belge difficile à comprendre. A y regarder de plus près, les municipales françaises qui ont eu lieu dimanche, cela demandait une fameuse dose d'attention en 4 points pour en saisir les différentes règles et exceptions

Si les Français sont quelques fois chauvins, les Belges sont parfois fiers de la complexité de leur bout de terrain à bord de leur 4X4. 

0.jpgSi en Italie, après Berlu, Bunga Bunga, c'est Renzi qui veut jouer à Mr Doum Doum, comme du Sarkoberluconnisme de bon aloi, mais sans filet. 

Dans notre petit pays, la Belgique, rien n'est écrit d'avance ni sur parchemin ni dans la partition... Tout est toujours en chantier en point d'orgue. 

Le malheur, c'est que cela donnerait ni un son ni un son d'orgue du genre de la 3ème symphonie de Saint-Saëns, mais un ensemble dodécaphonique. Les petits instruments, on ne les entend à peine à la sortie du disque qui devient rayé à force d'être compulsé dans tous les sens.

Qu'on se le dise, le cocon familial en politique, beaucoup de Belges s'en foutent. Ce n'est pas sans famille, mais cent familles d'origines différentes qui vivent sur un minuscule territoire.

Quelle famille d'ailleurs? De riches, de pauvres, de citadins ou de gens de la campagne? 

0.jpgEn rase campagne, il parait qu'on y rase moins cher, avec une nature champêtre et des petits oiseaux qui chantent dans les arbres. Là, cela devient moins subjectif et plus objectif lune.

Avant les élections, les spécialistes, les politologues sont interrogés comme on consultait l'Oracle de Delphes. 

Mais, Thomas, en trouble-fête, avait toujours le mot pour rire. Il disait aimer aller voter, les petites balades dominicales et qu'en plus, putain, qu'il n'avait pas d'exclusives.

Pas d'exclusives, mais il est fou de dire cela quand des invités sont tous dans l'inclusif.

Le Maestro "DesText" n'avait pas été content de sa la description, par trop précise qu'il avait faite alors que son livre cassait l'image dichotomique de Bruxelles entre croissance et déclin. 

"DesText", allait-il tout changer ou tout casser?

Si oui, avec quoi, avec qui? D'autres terrassiers? N'en aurait-on pas assez dans notre capitale de ce genre de candidats u_taupistes? 

Qu'on se le dise, les prétendants aux trônes veulent réformer, changer les choses. Ils bougent pour nous. Ils se cassent le cul dans leur jacuzzi en criant 'Eurêka' en sortant de l'eau. 

- Soyez prudent, dehors, il y a les libéraux, dit l'homme au papillon aux pandas.

Ah, les pandas!!! Bart a eu l'audace de se moquer de cette pandamania.

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Accueillir deux pandas en Wallonie pour garder des relations "red sky" avec la Chine.

Le flamand Bert Kruysman était là pour parler du populisme. Étaient-ils socialistes ou capitalistes?

La politique est une affaire de pros? Le problème, c'est que les pros du pot sortent du pot dans lequel ils ont baigné. On trouve des médecins, des avocats, et j'en passe, se refilent les tâches pour qu'en définitive, les lobbys correspondants reprennent le flambeau en conseils appuyés. 

Mais, j'ai oublié de vous dire qu'à Bruxelles, on polyglougloute.

Ce matin-là, Thomas avait enlevé le haut, avant d'enlever le bas, le lendemainLa réplique d'Alex, le surlendemain lui rendait l'appareil.  

Nous, on remue, on frémit, on frétille, on s'amuse, enfin, pas trop, tout de même, pour ne pas payer trop de taxe au kilomètre et passer à la caisse avec le petit appareil installé en test sur les voitures "cobaye"

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Coluche disait "La moitié des hommes politiques sont des bons à rien. L'autre moitié sont prêts à tout".

C'est trop, ça ferait chavirer trop de neurones à réfléchir de la sorte.

En Belgique, il faudrait ajouter une demi de bière, un quart de vin, un quart de "curasot", un quartier de citron et un quart de mousse au sommet ...

Faut dire que définir les élections au 25 mai, serait de remettre Napoléon en piste dans une nouvelle campagne de Russie. C'est déjà les vacances pour beaucoup de Belges sur les routes européennes du sud.

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A ce sujet, une carte de l'Europe avait fait le buzz et la polémique sur le net.

Une carte de Belgique ferait-elle choux-blanc, ou choux-rouge, avec des râleurs au Nord et des branleurs au Sud?

La Belgologique, faudra s'y faire, si elle est surréaliste quand elle n'est pas "zyperréaliste".

Elle s'apparente et s'associe avec des Diables qui sont toujours rouge, mais au foot et si nécessaire. 

La politique, elle, visite et revisite pour toucher les gens de plus près. 

Une animation de soirée, un concours de Miss Cameroun-Belgium

Si c'est pas génial, ça?

"Horum omnium divitissimus erant sunt Belgae", répondrait, à peu près, Bart De Wever, qui, lui, a l'habitude de traduire ses pensées dans la langue de Néron et pas celle de Vondel, si on oublie son essais dans un moment d'égarement sur les pas de Luther.

C'est vrai, Bart, rien ne sert de Luther, il faudra toujours partir aux points.

En plus des 200 milliards de dollars déjà engrangés, on apprenait que la Chine a vendu massivement son stock de dettes US et que dans le lot des acheteurs, on comptait les Belges, à raison de 50 milliards de dollars d'obligations du Trésor américain en un mois.

Pas à dire, on en a dans les chaussettes et cela n'est pas un scoop. 

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Notre Madoff belge, lui, l'a bien compris, mais il a été arrêté.

Devinez où?

Pas sous les tropiques, comme on le croyait, mais à Anvers, (pardon Antwerpen), chez un ami. 

Au zoo, à attendre l'arrivée des pandas? Mais non. Un ami diamantaire, alors?

Non, encore, chez l'ami Bruno. Pas celui du resto, BCBG, mais celui qui travaillait aux Editions Romaines...

Faut pas rêver. Ce "Madoff, moule et frites" prouve que la richesse ne rend pas plus intelligent et que croire au Père Noël arrive à tout âge. 

Le "ruling fiscal" favorable à la banque KBC créera aussi de vives tensions communautaires. Evidemment, puisque ça roule.   

0.jpg"Il serait temps de commencer à faire quelque chose, on ne sait pas vraiment quoi, mais quelque chose est mieux que rien. Et on le sait, si on ne fait rien, on n'a rien et si on fait quelque chose plutôt que rien, on peut, peut-être, recevoir quelque chose et même, si c'est pas grand chose et bien même pas grand chose, c'est mieux que rien", disait, un jour, Thomas.

Et bien, on fait quelque chose puisqu'on le veau bien dans notre Royaume qu'on qualifie de "Plaque tournante" avec la cartomancienne qui fait tourner les tables.

Mais, aujourd'hui, la question revient lancinante: "Pour qui vais-je voter et comment?".

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Ce 25 mai, ce sera choisir des têtes de pont, des têtes de pic et des réservistes qui restent en cap et des chœurs, de gauche et de droite mais toujours sans chichis, comme un people avec en fond sonore du style "The Voice".

En Belgique, on peut déjà voter en panachant ses votes sur une même liste de scrutin.

Cette année, on pourra voter, avec plus de panache encore.

On pourra panacher les votes sur plusieurs listes.

Ainsi, on fera partie de la claque générale et en plus, on pourra vraiment dire qu'on aime un peu de tout comme les fromages belges.0.jpg

Reste la question de savoir comment, avec quoi, voter? 

Oui, il y a le vote électronique dans certains bureaux, mais les machines sont vieilles. 

Ressorties des placards pour l'occasion, même dépoussiérées, testées après une longue inactivité, cela risque de sentir la naphtaline. Quant aux avantages et inconvénient, un auteur s'en était chargé d'en établir une liste.

Alors, la nouveauté, ce sera le vote par SMS, justement comme au télé-crochet "The Voice".

On le faisait déjà en réservant sa place de parking aux park-meters, alors, pourquoi pas un ou quelques "clics in the box" du portable, pour voter?

Sur la plage, sous le soleil exactement, ce sera chouette en fin du mois de mai, non?  Le mois de mai, pendant lequel on fait ce qui nous plait. En plus, cela rapporterait énormément de centimes additionnels dans certains caisses à résonance.

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Soyons moderne, voyons.

La vérité, si je mens... bien sûr.

"Voting, that's always entertainement".

En globish, on répondrait "indeed" et non pas en flamand "indien", qui se prononce de la même façon et qui se traduit par "si tant est que". 

Le Wallon, Julos Baucarne, nous le chantait déjà, il y a bien longtemps, "Elle Me l'Avait Toudis Promis Une Belle Petite Gayole".

Deux derniers cafés serrés pour la route? 

0.jpgLes rêves de Thomas, un an après les élections  par exemple?

podcast

Voter à votre place, je ne le ferai pas, je ne prendrai pas la responsabilité de vous influencer. 

Il faut toujours être soie avant de se demander d'où on est tissu. 

En tant que Ducros, je me décarcasserai tout seul dans l'isoloir, ce 25 mai, à noircir quelques petites cases sur écran. 

Je dirai "j'apprend à relativiser les choses, je suis mon einstein à unir matière et énergie". 

Quand il s'agit de guérir les maux, penser le faire avec des mots, ne marche que quand on en comprend le sens.  

0.jpgAu sujet de l'Europe, un journal titrait un article avec "Les chemins vers l'Europe ne mènent, en réalité, nulle part!".

C'est tout à fait idiot. Les chemins mènent, toujours, tous à Rome, mais pas, nécessairement, à la même adresse. C'est que c'est grand, Rome.

A y réfléchir, nous sommes à l'ère de la communication décontractée, dans la forme et castrée, dans le fond. 

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Dans ce cadre-là, négociez, c'est danser dans un tempo du tango au flirt endiablé avec des gens qui ne demande qu'à faire tapisserie.

Les buts des danseurs sont, seulement, bien cachés à l'abri de casques incassables.

Les nationalismes vont faire exploser les casques de déshumanisation solidaire de la société "Europe" tandis que les têtes de listes sont unanimes, il faut plus d'Europe.

Pour restez "agile", quand on est devenu plus "fragile" avec l'âge, demande un sérieux nettoyage de printemps sur la piste aux étoiles.  

Faut pas chercher, Docteur Knock, c'est toujours dans la tête qu'il faudra chercher chiffres, nombres et montants et au besoin, quand ça chatouille ou ça grattouille, ce sera trouver un contre-pouvoir au Docteur.

Lui-même chercherait à apaiser les maux de tête par la neurostimulation des électrons alors qu'il aurait fallu chercher la cause des migraines. 

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En Belgique, on n'a pas de pétrole, pas beaucoup d'entreprises belges, mais des idées larges.  

Alors, il faut "choser" et pomper les talents avec humour là où ils se trouvent, comme disait Laurence. 

Un autre vendredi-là, elle invitait Madame Mercadet Reblochon, une amie française, qui râlait encore plus et demandait l'asile à la Belgique. Une preuve que nos crolles frisent toujours de toutes parts, mais se retrouvent en finale, sur une raie à gauche ou à droite au sommet du crane, du plus bel effet.

0.jpgDe toutes manières, comment faire plus quand on a moins ou, pire, quand moins n'est plus qu'une manière de faire plus? 

Tant qu'on est en campagne au Brésil et pas en campagne de Russie, pas de problème.

La Belgique pour les nuls, par les Chinois, expliquait encore le flamand, Bert Kruysman. 

Le 25 mai, quelqu'un a eu l'idée de le fêter comme "IndéPanda Day".

Mais, je remarque que je n'ai pas traduit le titre bilingue de cet article "Zo_Dom & Go_More"Au mieux, cela voudrait dire "Si sot et Toujours plus". 

S'il y aura quelques poissons à ressortir de l'eau, ils auront toujours un plaisir fou à danser un dernier Moonwalk...


 

L'enfoiré, 

 

PS: A l'occasion de ce billet, je remercie les caricaturistes Kroll et Vadot pour avoir pu m'apporter l'humour nécessaire dans ce genre de controverses. Quant aux auteurs des Cafés serrés, je le leur dis par mes commentateurs en y ajoutant une pincée de sucre de canne ou de betteraves.

  

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Citations:

  • « L'adulte ne croit pas au père Noël. Il vote. », Pierre Desproges
  • « Donnez aux femmes le droit de vote et dans cinq ans, vous aurez un impôt sur les célibataires. », George Bernard Shaw 
  • « C’est pas compliqué, en politique, il suffit d’avoir une bonne conscience, et pour ça il faut avoir une mauvaise mémoire !  », Coluche 
  • « Électeur: Citoyen masochste qui se donne pour maîtres des gens dont il sait qu'ils l'accableront d'impôts et le submergent de contrainte », Bouvard 

 

 


 

Mise à jour 22 avril 2014: Après le duel PS-NVA, c'est parti pour les autres duels entre personnalités politiques commencent. 

Accords sur les articles de la Constitution à réviser priorités en Belgique: le socio-économique et l’application de la sixième réforme de l’Etat.

Tout est en place pour le grand déballage 

Les programmes et les hommes qui iront-ils de pair?

Le Votomaton est en route.  

Le crash test, une nouveauté, pour déterminer jusqu'où aller trop loin

Ouvrons une rubrique politique avec l'humour:

Après le duel PS-NVA, c'est parti pour les autres duels entre personnalités politiques commencent

Ouvrons une rubrique politique revue et corrigée avec l'humour en plus:

1. MR contre CDH

2. PS contre FDF

3. MR contre Ecolo

4. CDH contre FDF

5. MR contre FDF

6. CDH contre Ecolo

7. Ecolo contre FDF

8. PS contre MR

 

 

 

0.jpg0.jpgMise à jour 21 mai 2014: Bart De Wever aux franophones. Une découverte des réseaux sociaux par BDW. Deux annonces: les francophones sont des amis et il est candidat à la place de Premier ministre. Francophones, aie confiance... 

 

 

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Mise à jour 26 mai 2014: Ça y est, les élections 0.jpgont eu lieu. Tout (re)commence...

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28/03/2014

Cent ans et toutes ses dents

Le 28 mars 2014, un anniversaire prestigieux: le centenaire de la radio en Belgique.

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"A vos galènes ou à vos podcasts" annonçait l'exposition "Vu à la radio" qui s'ouvrait, alors, à Tour et Taxi.

L'histoire du télégraphie sans fil, la TSF, la seconde révolution industrielle commençait en 1820. Le rôle de la fée électricité, apportée par la lampe à incandescence, était primordiale. 

La radio était un moyen de transmission avant d'être un moyen d'information.

Les expériences de Nicolas Tesla qui expérimenta la première communication radio en 1893, avaient été occultées et ne seront reconnues que bien plus tard.

Pour citer tous les pionniers de la radio, il faut nommer Samuel Morse, Thomas Edison, Rudolf Hertz, Nicolas Tesla, Edouard Branly, Alexandre Popov, Gugliemo Marconi.  

Dès 1900, le Roi Léopold II demandait à Marconi, représenté comme l'inventeur de la TSF, de faire une démonstration de sa "radio sans fil". 

En 1913, il eut l'idée d'installer des relais radiotélégraphiques et un émetteur à Laeken pour envoyer des messages vers Congo.

A la fin de la même année, les premiers essais commençaient avec de la musique enregistrée en plaçant le phonographe face du microphone.

Le projet sera, plus tard, repris par Albert Ier qui le confia à Robert-Benedict Goldschmidt

Le premier concert fut diffusé le 28 mars 1914 à 17:00 et rejoué à 20:30 devant la famille royale en hommage à la Reine Elisabeth.

La Brabançonne et la Marseillaise s'intégraient aux opéras (dont la Tosca), aux opérettes et aux musiques à la mode de l'époque.

"Un ténor de la Monnaie, chantant à Laeken, est entendu à la Tour Eiffel" écrivit la presse en ignorant la filière complète de l'émission. 

Au début des années 1980, les radios locales, privées, associatives, publiques, plurielles et parfois pirates, allaient exploser.

La FM fit entrer la qualité de la stéréo, tout en restant limitée dans son rayon d'action. La publicité entra, en même temps, dans ce monde sonore via ses accents propres.

Il n'y avait plus qu'à choisir sa station préférée, mais de préférence en fréquences modulée avec un rayon d'action limité. Les longues ondes, les moyennes et les courtes perdront progressivement de leur attrait et ne seront plus sélectionnées que dans les cas de distances importantes avec les émetteurs.

Outil de persuasion, d'information et, parfois, de la propagande, la radio est devenue le média incontournable.

Le 13 février dernier était le jour de la radio au niveau mondial.

Les radios ont cherché une place sur le spectre des ondes.

Aujourd'hui, c'est la radio numérique qui va révolutionner nos ondes.

L'exposition représente les ondes radios qui évoluent dans l'espace par une représentation de cordes vibrants au son des voix. 

Un mur de photos des animateurs radio et ce sont les souvenirs qui reviennent chez les auditeurs.

Aujourd'hui, j’enserre la fiche de mes oreillettes dans le petit trou de mon portable, je ferme les yeux et je suis parti dans un autre monde.

L'électricité et la radio font causes communes, disais-je, plus haut.

L'ère de l'électricité sans fil est aussi arrivée. L'électricité en WiFi, présentée par WiTricity.  La technique se résume à une énergie créée par un champ magnétique comme «résonateur source », par une bobine électrique, branchée sur le secteur. La charge électrique rend le câblage électrique superflu grâce à une seconde bobine sans risque d'électrocution. La question de distance entre l'émetteur et le récepteur reste un problème d'ajustement des bobines pour atteindre l'efficacité requise. Les appareils électriques à la maison sont les premiers visés. Le chargeur pour la voiture électrique est en test et d'autres applications se préparent.

On n’arrête décidément pas le progrès surtout quand il travaille en commun. 

Un clic pour revivre les images souvenirs de l'exposition "Vu à la radio".

"Radio kill the radio star". 


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « La radio et la télévision fabriquent des grands hommes pour de petites gens. », Gilbert Cesbron
  • « Dans les années cinquante, on se réunissait en famille pour regarder la radio. Aujourd’hui, l’image est tellement banalisée qu’on écoute la télé. », Pierre Bouteiller
  • « La supériorité de la télévision sur la radio : vous n’entendez pas seulement les parasites, vous les voyez.»Anonyme

 

2017: année de la radio numérique En Norvège, le numérique a déjà tué la FM. Il y a trois semaines, le pays scandinave a en effet annoncé la fin de la radiodiffusion par modulation de fréquence (née en 1933) pour 2017. La diffusion en DAB + a débuté en 1995, 55 % des foyers norvégiens sont d’ores et déjà équipés d’un récepteur compatible et 56 % des auditeurs écoutent la radio numérique tous les jours. La transition définitive débutera dès janvier 2017 et se poursuivra région par région jusqu’à la fin de l’année.

24/03/2014

The White Armchair

Traduction automatique de "Le Fauteuil Blanc"

Chapter 00: Preamble

-. Good Morning "The White Armchair," a strange title, enigmatic as in your previous book. What can a armchair inspire for you?

- (Smiles) Little priori and so much so That white flesh contains a secret. If my novel is pure fiction and fictional characters, the names, the environment and the house in question, are less so. A house in the Charleroi area in Jumet . Purpose again, the roles That my characters are playing, do not correspond to the names nor real life. They are Mentioned for ease of writing my own and have been warned in this direction. Their situations-have nothing to do with my story. They Will laugh When They read it.

- This is a fiction or a kind of story?

- A fiction, due to my imagination, an extrapolation from a Few Words I Learned about this house Where I Was, and That made ​​me think about Creating a plausible scenario selon the venerable age of ict walls. A mansion, as we say, once inhabited by masters and servants. A House That Had to own history-have ict, ict secrets. Transformed, restored, It Will end up in another life, you purchased --other by owners.

- A historical novel, Then?

- A romance with a wealthy family and Its members Sometimes tear 'em. I will not dwell on the subject, Because When I answer you, I myself am not out of my writing. In fiction, a series of events to discover the past, the life of a mother Who has died of a hemorrhage Overwhelming That nobody knows the origin. That Youth latent memories come back to the bottom of everyone's memory.

- You're still not getting out of writing? The story is written yet?

-. Absolutely . The writing is not complete There is no issue of publishing this story in a paper book. This is a test published on the Internet. I do not-have a literary education. The chosen publishing formula Will leave the story chapter by chapter (sometimes more than one, DEPENDING on the length) at the Sami usual weekly rate. One day a friend Told me, "You write like you Was programming in the past." missteps. Even I wrote a post at the time Entitled "Write analog digital gold. "

- A digital related story?

. - Not at all . I am telling you this Because in my business Then, There Were Known two things in advance in a project: the data processed To Be and the goal In the middle, a series of Processes to imagine to accomplish achieve this goal by using a structured skeleton attached to a creative process. Here we are Humans That HAS nothing to do what s'intitule "digital". The characters Will Find Themselves in a battle in search of Their Own benefits. The greatest existential battle Remains himself, as Said Douglas Kennedy.

- As for your weekly tickets, you stop publication?

-. Partially, but not completely Call usual These Notes Will Be inserted with this fiction, selon the news qui must not come off.

- Could you add a little more about your fiction?

- Basically, a banal story inheritance Into a wealthy family. Because death is Trivial share of life. In all families with children, There Are Often small as to redistribute The Following in the relay race of life. A relay race That I can not talk Because, now, I'm sour of one thing. The End of history in the last Yew book of Douglas Kennedy, There Were only "five days" to change life in mine, it is more historical impact unknowns That Will spring to the figure of thesis and children s' spread over more than five days with surprises along the way.

- You are walking us in time, In Some Ways?

I understand that my decisions may shock you, but it has been carefully considered. Manu is, in my view, whole part of the family and this house deserves since lived there with me much longer than both of you, my son, who are each went to live with your own respective families.

This does not result in blurred ground you. That would be the worst thing for me six feet under.

I implore you to stay happy as I was raising you.

Your mother, Julie Swenne widow Raymond Borre ".

His signature followed these words.

The drawl notary, who punctuated his sentences had stopped and his eyes flashed alternately on each side of his interlocutors and the paper he was reading.

Not a word came out. No reaction or playful or vengeful.

Silence, as if everyone was waiting for the result.

Both son looked, seriously. They wondered what they were going to argue or respond to this letter of wishes.

Manu had remained insensitive to the event. Impassive, his eyes said more along malice and the smile of Mona Lisa that she had imposed since the beginning does not come from his face. She was waiting for a result, but not that of his mother, that of his co-heirs.

She had always been more or less rejected by his half-brothers not always understand the reason, but in fact was a reason. This time, she triumphed in silence, standing out of convenience hat she had never left vis-à-vis them.

The notary went on.

- I see that you are not disputing the wishes of your mother. The decision of your mother seems entirely justified. As your mother, and his decision I was asked, I will make an inventory of assets. I presume that Manu has the keys of the house of Jumet. I have another bunch that I will keep for the moment with the file. Meanwhile, Manu will continue to maintain the house in good condition so that it does not remain uninhabited. Would you give me your respective bank accounts that I can turn you your due as soon as I completed the estate?

Everyone enrolled in the wake of a document requested references. The brothers rose together, Manu remaining seated as if she did not seem to have understood the scope of the post-mortem last gesture of his mother, he first offered his hand to help her up and hugged tour turn that of each son.

- With my condolences, "he hastened to add it.

The session was over for the notary.

At five, they then found themselves in the corridor of the study.

Antoine turned sharply to Manu and launched:

- I hope you're happy. Mom tried to reunite the family. You've seen his last moments and the house, you know all the latest corners. So the house is yours, "he said dismissively.

Manu felt the reproach full nose. She decided to feint.

- Do you not happy with this solution, you, Antoine ?, she replied, smiling

- Yes, yes ...

These words felt a little heated and bitterness. Manu did not know what they were hiding or what she could answer.

A smile for one answer. Michel remained in the back with his wife without words or other distinctive signs.

Behind Antoine, his wife showed more negative feelings footprint head, but did not dare to speak after her husband, who had always felt déforcée vis-à-vis Antoine, always on guard as Poodle in front of the large dog who had just sniffing her ass.

Manu felt it. It was this time won a victory over Antony, but was not it a Pyrrhic victory? When we fall horse should be back as soon as possible and Antoine could. In the hallway, out of a notary, she felt an electric animosity.

Michel, for cons, closer in age and in spirit Manu really seemed in keeping with the will of his mother. It had lasted enough, this latent animosity between the two brothers and their half-sister, was he thinking.

Everyone went back to his car and that was it, because everything was said. Flashback could occur after the consultations between spouses, but no one had come to this extremity, nor hoped at first.

Manu did not think that Anthony could have challenged the wishes of his mother.

How this could have heard, happened in the car of Antoine. It could have been scared.

A dialogue with his wife at his side:

- Did you see that bitch? She could not even take anything other than jeans come with the notary. Papa destined me this house and now my mother bequeathed to my half-sister. The right of first refusal for the elder does not exist ... I was furious.

- You're right. This house was sure she would return and our children could bequeath to our grandchildren. You only have to challenge the legacy.

The scene was set.

 

Chapter 1: At the notary

"Notary: Often the last act. "Tristan Bernard

Charleroi, Monday, July 2, 2001, 10:00 am.

Before the family notary heirs.

The notary is far from young. White hair on the temples when he left.

Office follows the style of its host. Heavy dusty curtains with tiebacks windows let light pass only very partially. Filter daylight seemed to be the major concern of the house. Everything had to be hushed up carpet.

In early July, the heat was moist. Almost stifling heat.

A large mahogany desk completed the impression of solemnity due to age.

The five people who go before him. In order, there was the eldest, Antoine, 54, and Michael, 34, and half-sister, Manu, 27 years.

After the handshakes, once seated, the notary began with a welcome speech.

The two were married son and their wives accompanied them on chairs back slightly. Manu, the first to arrive in the notary, unmarried.

The massive stature of the encircled Antoine in his chair with arms. Standing up, he had to brush the ninety meter. Sternly, tie adds a twist to its aspect of family patriarch that he had always assumed to have to take.

Antoine, in general, was unwavering firmness that did not like the opposition. A habit he had with the staff of the plant.

Michel was less imposing. His detachment was already reflected in his dress look more modern but still very stylish compared to Manu. Second knife, he remained very often between a rock and a hard place, like a weather vane between his brother and Manu.He also kept the softer and more affable with her.

The two brothers had blond hair and glasses on the nose and it gave a definite family resemblance.

No apparent complicity between brothers. They knew each other better, but nothing more. Go to the notary was obviously something solemn to the brothers and seriousness was required.

Right, Manu, the least participating in the event, remained the most cheerful, most social. Troublemaker, she seemed embarrassed to have been invited and be part of this legacy.

Five feet five, at first glance. Black hair.

She gesticulated in his chair, too big for her. As she had to wait in the waiting room, she already forced not to yawn.

If the stiffness of the interview seemed to give the general idea, she created the cons-weight.

The notary had noticed that there was clearly a physical separation between the two brothers and their wives on one side and their half-sister who was still a bit away. As none of the children are allowed to answer, he continued, after a smile.

- Again, hello, thank you all for three came to my study. As a Notary ministering in Charleroi, fire your mother that I have known has asked me to welcome you to execute his will. Died at the age of 63 when she was still in full possession of his intellectual, his death saddens me. A death quite startling that I learned from Manu, which does not give him much luck apparently. A few days ago, after coming to the hospital from what I understand. Manu was the first in the waiting room and she put me know. Two weeks have passed since the funeral, so I made ​​fast because I'm going on holiday soon. Also, will I read his will that I had for a few years in my study, no other document was delivered me from amending his personal decisions.

After these words, the notary paused and looked up, used to this kind of situation.

Be aware of the effects of a legacy heirs, he liked. Never enough of reactions can manifest the "happy few", there is always so much fun. Mimicry, their nerves were part of the good times of his profession. This time, he knew that the estate would not be limited to a few peanuts, but a small residual fortune. The main succession had already occurred once, after the death of the father of the two brothers. In this case, it was the estate of their mother at all.

- Your father, Anthony and Michael, I remember perfectly that he died in April 1973, when he was just 54 years old. After studying at the University of Ghent, I knew him when he arrived from Flanders to Wallonia fortune with the idea of an original manufacturing process of glass he installed in Jumet. The chemistry was his hobby and the least we can say is that we should not orient on this subject without reserving an exit door. He did well after starting his business he called "Verrochim" using the residues of coal processed by chemical processes which he had the secret. His clients, he sought to Sunday mass. Before that, during the war, he was strong and the knowledge of chemistry he had used to develop explosives. After the war, it was a time of prosperity in glassware for your father. Completely bygone era glory today. The father of Manu, I have however never met.

Another pause waiting for a response that never came. He continued.

- You, the son, so you have already received your part of legacy to his death. But your mother kept his share by marriage contract and usufruct of certain property and that's why you're here today. Antoine, how is the case that your father bequeathed you, since coal mining is not what it was?

- The company is not doing too badly. I switched to other more promising sectors, more modern. Thank you.

- As for you, Michel, I hope your doctor's office following a good lineage.

- In fact, the customer does not decrease and new customers come again.

- And you, Manu, I guess you're still a little young to have done career.

- I still have my anthropology and sociology studies in the head. I have not had time to practice my profession. I think that one day I will have to leave the country to exercise fully. In general, an orientation of this type of market is that in developing countries. As I like to travel, it is good.

- Very well. I'm glad to hear it. Your mother to all three held that, you Manu, are in the list of goods of his own estate. You all know that your mother had not remarried his second life companion. It disappeared shortly before your birth, Manu. I'll open the sealed envelope left by your mother and we discover the content.

The discovery of the inheritance, a word she used in other circumstances related to sociology. One would think that the notary liked that name "Manu", so that repeat each sentence.

The history of the family, the brothers knew by heart. The moods of their father. How often, in their youth, had they not received the "my time, it would not have spent so" when they derived their ways of thinking. Their father was what might be called a severe and charismatic nature, with the middle of Antoine and interpersonal skills better structured Michel. Manu was totally different. Finer, more slender with messy hair. More pink blue ...

In the room, plus a sound came to disturb the silence.

No obvious joy of both sides of the desk. That's something, says the lawyer.

He took a paper cutter on his desk and opened the letter while watching the three children before him. The award ceremony could begin ...

He caught a small accomplice glance between the two brothers, but he did not let see anything and began to read the handwritten letter.

My dear children,

Anthony and Michael, son of Raymond Borre

Manuella Swenne who took my name

Please find the time that must be painful for you, the decisions I have taken a long time about the legacy I will destine you after my death. These decisions were taken in full knowledge of the facts, as our lawyer will tell you.

My two dear son, you've already been able to grow the estate and your father's property at his death, bequeathed to Antoine a chemical plant which he had launched the activity and ensured the survival of his lifetime. Life being what it is, he passed away in the prime of life, a consequence of the so-called "following a long illness." Anthony, you've taken the lead. As for you Michael, the part he bequeathed thee allowed you to mount your medical practice. Manu arrived well after. That is why I asked that this time, it is part full of succession, even if it bears my name, the name I gave it willingly.

As I had a pretty simple life, I feel that there must be there still enough supplies on my bank accounts which our notary, again, has the list.

So I decided that you, my two son will receive a third of financial assets inventoried, while another third Manu will in addition to the house we occupied so many years together in Jumet before it will go into a student kot in Brussels. She was successful and currently has an acting role in a research laboratory.

I trust our notary. It will inventory that I have been able to make myself.

I understand that my decisions may shock you, but it has been carefully considered. Manu is, in my view, whole part of the family and this house deserves since lived there with me much longer than both of you, my son, who are each went to live with your own respective families.

This does not result in blurred ground you. That would be the worst thing for me six feet under.

I implore you to stay happy as I was raising you.

Your mother, Julie Swenne widow Raymond Borre ".

His signature followed these words.

The drawl notary, who punctuated his sentences had stopped and his eyes flashed alternately on each side of his interlocutors and the paper he was reading.

Not a word came out. No reaction or playful or vengeful.

Silence, as if everyone was waiting for the result.

Both son looked, seriously. They wondered what they were going to argue or respond to this letter of wishes.

Manu had remained insensitive to the event. Impassive, his eyes said more along malice and the smile of Mona Lisa that she had imposed since the beginning does not come from his face. She was waiting for a result, but not that of his mother, that of his co-heirs.

She had always been more or less rejected by his half-brothers not always understand the reason, but in fact was a reason. This time, she triumphed in silence, standing out of convenience hat she had never left vis-à-vis them.

The notary went on.

- I see that you are not disputing the wishes of your mother. The decision of your mother seems entirely justified. As your mother, and his decision I was asked, I will make an inventory of assets. I presume that Manu has the keys of the house of Jumet. I have another bunch that I will keep for the moment with the file. Meanwhile, Manu will continue to maintain the house in good condition so that it does not remain uninhabited. Would you give me your respective bank accounts that I can turn you your due as soon as I completed the estate?

Everyone enrolled in the wake of a document requested references. The brothers rose together, Manu remaining seated as if she did not seem to have understood the scope of the post-mortem last gesture of his mother, he first offered his hand to help her up and hugged tour turn that of each son.

- With my condolences, "he hastened to add it.

The session was over for the notary.

At five, they then found themselves in the corridor of the study.

Antoine turned sharply to Manu and launched:

- I hope you're happy. Mom tried to reunite the family. You've seen his last moments and the house, you know all the latest corners. So the house is yours, "he said dismissively.

Manu felt the reproach full nose. She decided to feint.

- Do you not happy with this solution, you, Antoine ?, she replied, smiling

- Yes, yes ...

These words felt a little heated and bitterness. Manu did not know what they were hiding or what she could answer.

A smile for one answer. Michel remained in the back with his wife without words or other distinctive signs.

Behind Antoine, his wife showed more negative feelings footprint head, but did not dare to speak after her husband, who had always felt déforcée vis-à-vis Antoine, always on guard as Poodle in front of the large dog who had just sniffing her ass.

Manu felt it. It was this time won a victory over Antony, but was not it a Pyrrhic victory? When we fall horse should be back as soon as possible and Antoine could. In the hallway, out of a notary, she felt an electric animosity.

Michel, for cons, closer in age and in spirit Manu really seemed in keeping with the will of his mother. It had lasted enough, this latent animosity between the two brothers and their half-sister, was he thinking.

Everyone went back to his car and that was it, because everything was said. Flashback could occur after the consultations between spouses, but no one had come to this extremity, nor hoped at first.

Manu did not think that Anthony could have challenged the wishes of his mother.

How this could have heard, happened in the car of Antoine. It could have been scared.

A dialogue with his wife at his side:

- Did you see that bitch? She could not even take anything other than jeans come with the notary. Papa destined me this house and now my mother bequeathed to my half-sister. The right of first refusal for the elder does not exist ... I was furious.

- You're right. This house was sure she would return and our children could bequeath to our grandchildren. You only have to challenge the legacy.

The scene was set.

Chapter 02: The Return

"Autopsy: it allows others to see what we could never see yourself," Maurice Ferrand

In the car, Manu seemed to drive controller. All the memories came back in random sequence. His mother was before his eyes, but she kept bickering in the past with his half-brothers.

Antoine, had been, in most cases, the shot knife relations. Not on the price of potatoes, of course. In a family of wealthy, it would not pass the ramp. They were conflicts of authority. Machismo against feminism. The tendency to play Antoine householder, to Michael, his spokesman and his half-sister's scapegoat the godfather who prints his older brother's personality.

Each time, Manu rebelled rise as she relaxed on a spring to the first prank.

His mother had played the buffer between them. Come, we must "keep the church in the village", as he fished in a very religious instruction.

In that moment, Manu remembered especially the last moments of her mother. Her little thin hand in his in his last sigh.

Died of internal bleeding, okay, that was the official version. That's what the doctor had told him coming out of the recovery room.

But still, bleeding caused by what? Her mother had never had health problems before. It was built in stone as everyone was amused to repeat it.

Despite attempts to Manu, the doctor did not say anything more. He was only identified the shoulders only.

No autopsy obviously, since if it was necessary, it was exactly where it was necessary to do so. The explanation she had read in the dictionary for bleeding was bleeding outside its natural circuit formed between the heart and blood vessels. Apart from the natural circuit? There, it was the ink bottle that had its neck fart. The age of the mother, barely 63, was not of those who were in the middle of female mortality in 2001.

A premature exit runway when the active life? Anything else? A little thin anyway to Manu eyes.

That her mother would not return, nothing foreshadowed an hour to call the ambulance to Manu and who knows, her mother herself. Call an ambulance, it was a first for Manu. Feverish, she strums the figures of 900 on the phone to call for help.

With the stress and fear that the ambulance did not arrive too late, she had accompanied him into the recovery room. His mother had only time to take a last look at her glassy.

Decidedly, Manu, his death remain a mystery unanswered. For his half-brothers when they arrived in the evening in the hospital, it was simply a shorter life than others as a conclusion of an active life. First, Manu did not understand their composure. She was crying, but the tears had not yet touched. Later perhaps, she thought.

June, a hollow month, she had come to live in the house of Jumet and she had no feeling that fatigue was starting period for his mother.

Concern of the moment, go home quickly.

Already, she wondered what she was going to make this big house. Too big for her alone. Bourlingueuse at heart, this house was in conflict with his desire not to settle. With his anthropologist profession, sociologist in her luggage, she saw run the world.

- Okay, we'll see what I do, she thought.

Manu had lived so far no real love life. Meetings with one or two students but suites. Absorbed in his studies, his dreams about the world and do not have to ask anyone's permission to go where it wanted.

Already very young, she felt different from his half-brothers and sometimes his own girlfriends classes who thought only fall into the arms of an older student she more willing to have a degree under the arm. Manu was the love of ideas, but no physical love.

Its flexible dress side was marrying his way of being. Feminine, delicate, yet she often dressed like a boy. The messy hair completed the picture she had wanted to create his own image.

At a crossroads, caught in his reveries, Manu had to brake in disaster as the anguished but vindictive horn of a truck. She had forgotten to observe the priority of the intersection.

She stopped at the curb, frightened by his mistakes and lack of clarity in traffic. She rubbed her eyes instinctively regain consciousness.

It had to happen to follow the entire greeting his mother. Subsided, she resumed the road, even more slowly, taking more care to the demands of traffic.

After the road leading to the house, it was the streets of Jumet to get there. His car could remember, given the number of times she had borrowed them, but she was not in its normal state.

After the last roundabout, the house finally appeared.

She had left, there were these few days but she seemed strangely different to him.

Different because it was she who, this time, had the sesame as the owner. Nobody that would meet its double bell rang for the password when her mother had the task.

The metal gate was a sinister creaking noise on the floor slabs after turning the key in the lock. Nothing has changed and yet a sense of "new" that she had never had before.

Behind her, a neighbor, Mrs. Sornin, who had to watch the scene behind her window, ran.

- Hello, Manu. I learned that your mother had died in hospital. I came to the church the day of the funeral. There were many people and stayed in the shadows.

- Yes, ma'am Sornin.

Imperceptibly, a tear rolled down her face without being able to retain, at the same time.

- My dear Manu. I'm so sorry. My condolences. I'm so well known your mother. You, for that matter ..

It was the first time that the neighboring Manu familiar terms.

- She Suffered? When I saw her go in the ambulance, I had goosebumps. I feared the worst. And he happened.

- Yes, she has not had much time to suffer. At first, during the crisis; certainly. Then we should have to give him morphine for the pain. She stayed two days in intensive care. Starting today, you'll see me more often. I moved here, not necessarily permanently, but for a while. The house is too big for me alone. My little apartment in Brussels will become a home from home, the time that I put some order in the house. My mother bequeathed me his estate and I have to maintain it.

- Very good news, for cons. I've known you for so long. You were not more than that. In recent years, you've always been to your mother, even when you lived Brussels. She told me that you phone him often to give him news of your studies. She was very proud that you went out thee well. Voluntary knowing you, I trust in your success.

- Thank you for your trust and wishes to see me as neighbor.

The lady turned around after a wave of the hand.

- Do not hesitate to come and get me if you need anything. I leave you, I expect my husband. He will be surprised to learn that you have made ​​you here as a neighbor. You've always been more inclined to attend the big cities.

This remark surprised Manu. Fun feel that we give to people, she thought. Attend major cities, because it was taking courses and working in Brussels, his neighbor was not inclined to understand and to contradict it.

Manu climbed the few steps and entered the house she had not had time to close all the key doors.

Before it, the grand staircase leading upstairs. We were in the summer and the sun could warm the house. Moisture was nevertheless crept in troubled party. Last summer storm was punctuated with small heat waves.

The sun high in the sky, no longer had conceded its rays on the high ceilings of the house, but the light was there in every corner.

She turned and opened the hall on the left.

It was the room she knew best out of the small room upstairs which had been her home when younger, she was in the house.

A room divided into two parts with the dining room centered by a long table surrounded by high chairs.

Rich fireplaces in both rooms. Made of white marble with inlaid marble other colors and two horses in high relief, in the center.

In one corner, a grand piano on which she had the pleasure of hearing his mother play and learn music theory, without going as far as it.

Often Chopin, Rachmaninov, and some other favorite composers, his mother adored.

This piano was part of the furniture as if it were a wardrobe. He completed harmoniously all that her mother in store for art.

Then it had faded. When Manu asked her to play, she shyly replied:

- I am too old. My fingers are no longer following notes as I would like.

Manu never insisted. The keys always kept the same brightness without dust. His mother should continue to play in secret, without spectators.

Chapter 03: Getting into memories

"It is not enough to have good ideas, we must act. If you have need of milk, do not install on a stool in the middle of a field in the hope that spends cow. "Curtis Grant

Manu pretended to rediscover the scene. A tour of the property while she knew almost every corner of the house. A mansion built to match the ideal of the first husband of his mother ... Great, too much ...

She had to tell his mother, one day, while she was living alone most of the time even if there was someone who had to do maintenance every week.

This time, the house she became the owner, was different. She felt it and knew why.

She went upstairs, put a little since the order had left in a hurry. She smoothed the sheets and comforter, remained a mess on the bed

This time Manu was alone in charge. It had to make its mark without receiving advice.

It is true that the order had not been a priority for her mother for some time. Manu contrived to do behind it, when present, she could not be blamed him.

Allow the atmosphere, slightly bohemian, had definitely taken his mother did not displease him completely elsewhere.

When she wanted to do more, she had been answered by his mother.

-Manu, Please you, let the house in the state. I like it as it is and someone comes every week for this. If things are not like before, me neither, I am no more. My memory recalls only the place where I left things. If you leave it too much order, I will no longer find them.

Manu had not insisted and never again, she had offered to help too effective, too orderly.

The chairs on the table, it was the floor cleaning with water. This was to give a facelift to the whole.

It took two hours to restore a semblance of order, just for the ground floor.

Happy, she sat in the place took his mother in the white chair near the fireplace. She watched the great and beautiful fireplace, all dressed in rare marble.

As she noticed that the leather chair was worn, cracked in several places, she rose with the intention to return the part of the chair that had suffered much under the buttocks of his mother.

Surprise, then this is a sealed letter, stuck to the back of the cushion, appeared. Besides a large agenda.

What she could do that?

She had been forgotten and not sent to the recipient?

On the envelope, only these handwritten words:

To my dear daughter, Manu. To be opened after my death.

Moved, Manu held the letter in both hands.

This situation lasted well wait a minute, if not two, to read the header and return. The time was no longer valid and it would have been worthwhile to evaluate seconds.

Finally, she went for a paper cutter in the office next door.

With a slight degree of excitement, she cut the portion of the letter and began to read.

May 20, 2001.

Dear Manu,

This letter follows my will that the notary had to make you share, as well as your half brothers, Anthony and Michael.

I had to add an annex that was meant more to you personally. I knew you would discover the since you became the owner of the house at that time. I sat mostly in the chair so that you do not discover this letter in my lifetime.

You were the last to join me in our home. I have always appreciated your presence, your blows almost daily over during your studies. They put balm on my heart and strengthened my pride to yourself. I've never told you, I liked you better although I have never been felt to Anthony and Michael.

I would not have been a good mother if it had been otherwise, and if I left feeling too strong. You were, all three of my children.

My son still my son and I would have done anything to protect them.

You remained unmarried and I took the opportunity, I admit. I hope you do not make me responsible. I never forced you to accompany me in my old age. But you did better than you think. In the end, you took the lead in my pleasure. So I had more time to appreciate you.

I feel my strength fails me. Some stomach cramps coming back. I did not say anything to you, but lately, I do not feel well.

That's why I wrote that letter.

I can now confess some things of my own history and that I never tell anyone.

There was a large age difference between the father of Anthony and Michael and myself.

Nineteen years old, it does not feel at first, but with age it seems to grow.

Their father was often become cantankerous and authoritarian towards the end of his relatively short life. By agreeing to marry me, I gave up an international career as a pianist could have been beautiful. He would not have accepted. For him, a woman had to stay home and educate children. Early marriage went well with him. But after the birth of Anthony, our intimate relationships became scarce, this, perhaps, because it made ​​me feel more and more that it was he who brought the finances at home. The plant and especially the money she brought was his whole life. He never beaten but his words were worth sometimes slaps intensity.Psychological violence to belittle me to my furnace since the arts including myself, do nothing reported. He came home late. The time he spent was becoming restricted and I thought he was cheating on me. I manage to expect. I had become dry, cloistered in the house, I had always wanted to laugh at everything and nothing. Michel has been more the result of rape as a common desire to have a brother Antoine.

He smoked a lot. Then there was a lung cancer. I nursed him as best I could, but the passion was gone.

When he died, I was lovesick for a long time and somehow released from his sarcasm.

In his will he bequeathed his business to Anthony, some financial support to Michael and the rest was mine.

I was still young and ready to change my life as a woman. This was the case when your father came almost by accident.Coincidence that makes things so well. I appeal to society to restore some things in the house and it was loaded.

This dates back to the end of 1973. He was Portuguese. A man from the south and had warm blood. He told me a few scattered elements of his life.

He had Expatriate because before the Carnation Revolution, the political situation had scared him, he told me. In no time, it was love at first sight between him and me. He loved life, Was as handsome as a god, idealistic and always laughing. It Looked Like You With His jet black hair. The money Was not His purpose and we loved like crazy.

I wanted Him to come live with me in the house. I glimpsed a new life and great was my Enthusiasm.

This love Does not please your Stepbrothers. Mainly Antoine Was MOST negative in this union. As for Michael as he did Followed His Brother His shadow ... My sister, your aunt saw fit to reading. I returned in the Garden of Eden, the place it shoulds never-have left and I cut ties with her ​​for Some Time. Your father and I did HAD nothing to do With Their judgment.

Then it Was a natural consequence, You Were Conceived. Your arrival Was scheduled for August. This event, I Held secret to your father. I do not really know why, Either. Perhaps embarrassed That it happens so late, or the fact que la Seemed too good future and That Could your arrival tarnish our love.

One day, Carlos, your father left and never returned, without showing anything of what HAD beens Decided. This Was to hide something. A sudden love, unaware That You Were in preparation. Gone forever. I searched. Was he returned to Portugal? When he wrote in Portugal, I Noted the address written on one de son letters. Sagres in the Algarve, from whence he cam. I have written several times. I never received a response. Perhaps a language problem HAD LED mine in a trash can. Perhaps, Was It the address of a relative. I do not know why.

Your Father Had aussi Evaporated to His use, Who Was in the Sami expectation hast All That HAD Neither he nor received Sought His Last salary.

Then Passed time. I Resigned. You were going to get seven months after. I lacked nothing viable financially. You est devenu a child of love in absentia, the one You Were going to replace all my thoughts.

Your father, unknown to you, remain in my intimate memories and you, Who est devenu my favorite, my tender Manu.

I am very sorry That You About did not know your father. So I thing Easier solution by speaking of Him as if he Were Dead-have THUS Abebooks web sites and to interpret His death in the Same Way I Michel and Anthony.

Larger, you left for your studies. Someone Had to tell you a little truth about your father. I know, too, That share of the story.

When you-have Chosen to follow the sociology of education, I did not know what That entailed. I Went to inform me in the dictionary and when to I Realized That this profession try trying to Understand human social relations, I Never Told You, how great was my pride qui you-have bestowed on me.

If you read this letter, is que la notary HAS icts job done. To me, It Was That You return home normal.

Attached to this letter, the agenda That I used to remember your phone calls, I Had to tell you, your Successes and reciprocal penalties not to see more of. You'll find a small personal composition That I-have scribbled.

If You Had one day want to find your father is still alive, the address I Had used in my research at the time. Your father's Name Was Carlos Da Silva. The address I used to find Him, Was estrada Cabo de San Vicente, 5 at Sagres.

It Will take you back in time and die if you wish to find Him, His past and the Reasons For His flight.

- In fact, we stayed around mom in the living room. A talk about the rain, snow and children. Never, how would the business and what they understand.

Since you left home to marry, there must be things that had to change out the order that I have brought.

- I'm sure it will amuse me to follow you.

Manu, in good guide, followed by Michael, went out into the other rooms that do not lacked. She was playing like crazy to play this role as hostess as if she was going to sell it to a prospective buyer. It showed the molded ceilings that room rehearsing room and that it was a little cool but betrayed a time of splendor, rich time of all those moments which indicated a certain snobbery.

- To my right is the kitchen. Before you, the first bedroom for guests. If you want you could ever go through it. I still have the garden to clear brush. You could arrive at a significant help, she made a great smile.

- Stop. You take me for a garden? Maintaining a garden is not my thing. Do not you remember? I was pretty little book and I missed when I was trying everything.

- Ok I get it.. Forget it. It was a joke. I do not force you. I always love the roses in the garden. This does not mean that you could one day occupy the room. A detail if it is outside of the summer, it will add an extra heater in the bedroom. A quilt would not suffice. Remember, Mom accustomed us to rough it in this big house. To warm up, we had to settle near the fireplace in the living room. The other rooms remained icy.

- That's right. I remember. Mom was a bit stingy, right?

- A little, yes. I have seen multiple times. From what I learned about your father, she was in good hands. He who ....

- Papa was, even more, you are quite right. Still riding on its finances. It was almost a disease of love he had deflected the contemplation of its banknotes. But continue. I see you like playing guide. I spot and compares, along with my memories. I will report to you all the news that do not fit them.

- Do you remember the game room?

- Where there is a pool table? At the front of the house?

- Yes I Am. There, where there was a pool table. Billiards disappeared shortly after you left. Mom felt that it was not a game for a girl.

The word "Albufeira" she remembered it. It was the name of the town she had passed on the way from Faro. Back to square one.

She even tried to speak English.

She did not know how to say "thank you" in Portuguese. The word "Obrigado" was unknown.

- "Gracias," she said with a wide smile and a wave of the hand to the temple in the form of salvation.

She picked up the taxi and asked the driver to take her to the nearest train station.

There was no question that she returned with the same taxi. This has lead too far in the evening and she wanted to arrive before dark.

The train that would bring in Albufeira leaving in fifteen minutes. A ticket at the counter and then wait, baggage foot.

The adventure of the day was not over yet, only the sun had forfeited in a glowing sunset.

It was that of fado give the atmosphere.

This fado so interpreted by Amalia Rodriguez who left this earth there 2 years, that voice that all the Portuguese wanted to keep forever in their heart.

Chapter 04: The against-coup

You say you love flowers and you cut their tail, you say you love dogs and you put them on a leash, you say you love birds and you put them in a cage, you say you love me, then, I'm afraid, "Jean Cocteau

Manu gasped.

Deeply disturbed, she learned everything, like a hammer blow and tears softly beaded cheeks.

She read the letter from his mother.

Too much information combined in this page of life.

To be the preferred and not be able to shout from the rooftops not to offend.

The father of his half-brothers, become tyrannical.

Michel, conceived in the violence of a disguised rape.

The virtuoso pianist gifts her mother enjoyed and which she had to give.

No, there were too many black dots in this letter.

Her mother had written on May 20, few days before his death, as if she had felt his end was near.

A Death Foretold, due to fatigue? It was a bit lighter.

Positives, yet ...

His father, handsome as a god, had humor and like him. The news did him good and evil at the same time, despite the flight of his father for some reason always remained unknown by his mother.

This letter was written to reveal the truth. The death of his father, Manu knew knew it was not what was told him. Young, she had never dared to start a conversation on this topic annoying with his mother until the day she tried to learn more from Michael. This story was, however, not entirely clear.

The agenda accompanying the letter corresponded to 2000. Written in the way of a diary, it included some notes on every day of the year. Sometimes a poem, written very quickly, not free of erasures. Inserted into the agenda, a score written on music paper.Folded on itself, it had to have been visited by an eraser several times.

She had an irresistible urge to play it on the piano.

She had no trouble deciphering the notes. At the piano, she obviously does not have the dexterity of his mother. Gently, she read the score and a few false notes out in. She began a first, a second and as the music took shape, the sounds of the past in memory came back to him in a whisper as sung by his mother without her noticing.

She traveled back in time and memories to insert his own at least those which it was aware.

Manu was born in July 1974. His father had to appear in the life of his mother, a year before, after the death of the father of Anthony and Michael.

This famous 1974 Carnation Revolution in Portugal, she had visited Belgium, as a haven of peace, an emigrant? She plunged into encyclopaedia which advocated the library.

The 70s, a troubled time in Portugal, during which the policy had taken aspects of revolution.

It read: "President of the Council, Marcelo Caetano, refused the proposal of António de Spinola, to find a political solution to the war in Guinea, a colonial war he considered lost saw the huge losses and very affected morale the troops. He no longer accepting to wear the hat of errors of the regime and its African policy.

Spinola fails the first time to overthrow the President of the Republic in order to influence government decisions. The malaise of the Army is obvious. In March 1974 Spínola resigns noting that the positions taken on during the Portuguese colonial policy became unbearable face the ultras of the regime. A group of military officers decided to intervene immediately. The opposition was controlled by militias of power. ".

His father had felt insecure and had been obliged to emigrate before the takeover of the military. Which camp, was his father during the dictatorship for fleeing Portugal in 1973, before the revolution? An unanswered question.

The phone rang.

Michael was on the line.

- Hi Manu. I hope you commend you mom's death. I have not said before smala family, but I'm very happy for you Mom making.The house is yours by right. You've occupied with it for so many years and its end of life passed, usually in your company. My brother and I are married, we will have a little sacrifice to the task.

- Have you known my own father?

A question that burned Manu's lips.

- I was very young, but know that I loved your father. He was a nice guy. There was Antoine who, immediately, was contrary to the union with her ​​mom and above all, that it integrates the family and come live with her.

- Thank you for your comforting words, Michel. They go straight to my heart. I always regretted not having known my father. I still do not know completely what happened to him. You told me that he was not dead like Mom had told me. If you want one day we could meet again to discuss it.

- I'd be very happy too. This has gone on long enough animosity between us, created from scratch by Antoine. So we phone a little later?

- Good idea. See you later.

Manu had hung up. She had not mentioned the letter from her mother she had just discovered. This was to remain in broad terms, a secret between her and her mother.

Later, if the need arose, it would be time to use it and release some flanges of the letter of what she had learned.

She had not many illusions to be on family reconciliations. This kind of family opposition encrusted like a bone cancer, if not in the genes.

The next day it was the turn of the first floor. There, there were only of the order to recover. It was necessary to cool the walls, ceilings and wood floors that old crackled underfoot or were cracking in places.

All this had so far not touched the spirit of Manu. Even if she could realize it, it could have rush the tranquility of his mother.

But this time, she was only master on board with a captain's soul to the short length.

The cupboards were full, too full. This was necessary to inventory and get rid of everything that was no reason to exist. The center of the room became a shambles of waste before being transferred to the old container garden.

At other times of the week was devoted to it.

In a box, she found old photos.

One of them, represented his mother, father and two son seated. Others were of the same story.

In the lot, she found none of his father.

Unbelievable. Hard to believe that there is never any photos of this couple who loved the words of his mother. It is as if she had eliminated or she had not wanted to trace the passage of his father.

Manu began to look as if this task was becoming an obsession. His research remained fruitless. In the attic, even finding.

Tired from the heat that reigned there, she stopped her research and threw a glance by the statement skylight.

In the foreground, the large walled garden and neighboring houses all all with a certain nostalgia that poverty that the region could not hide.

The best years of Walloon glory were already far away, lost in the throes of unemployment that racked by massive blow to heavy industry.

Everything Manu saw on the horizon was a general gray tone.

The sun, accomplice, was hidden behind the clouds and accented printing.

In the distance, Manu let his eyes wander from tips of the region, to rest as vestiges of a bygone era. The collieries were silent. They had nothing to do, though. They could still provide this beautiful black coal, but the operation was not profitable enough, too clean or too dangerous. The gas blast of the month August 1956 the mine Bois du Casier, had put a stop to this exploitation often done by Italian immigrants. In an even more remote past, children had worked fifteen hours a day in these mines.

Since 1977, following the merger of Commons, Jumet came to swell the territory of the city of Charleroi, making it the most populous of Wallonia. The 1973 oil crisis had put Belgium knees hitting the brunt of the aging structures of Wallonia now ready to sink into the dark years of the recession, strikes and demonstrations. In the late 1970s, the second oil crisis caused an acute crisis that exploded debt, precipitating the collapse of the steel industry, which added even austerity in the years of lead. Bloodless, Hainault had fortunately received for seven years, until 1999, the European subsidies.

Now, thirty glorious years of euphoria really part of the past. A glorious past that Manu had not lived, but his mother had spoken with many details. She had known that the slow decline of Wallonia with the desire to establish federalism in the country.

With these moments of reverie met the silence and gave a strange feeling of fullness and loneliness that did not displease Manu.

She smiled imperceptibly, remembering his youth and the culture shock and consciences she had known since his youth.

When his mother came to settle in Flanders and Wallonia had married his stepfather, everything was different. The Flemish language, often rocky, had gradually faded even at the family table. Forgotten, even become taboo to respond to a winning policy.The Walloon were used, they had tried as Italian gibbering with immigrants.

A different time, which was about one day a turnaround.

Output dreams of the past, but mostly annoyed not to have found pictures of her father, she said it was the first information to ask Michel to break this riddle around him and find out who had been his father. She went down on the ground floor.

Less than an hour later, the phone rang again.

- Hello, here the Versaillet notary.

- Hello Master.

- I got a phone call from your brother Antoine. He asked if there was a way to challenge the decisions related to the will of your mother.

- He dared. He seemed not to have had the urge when we parted.

- I guess the idea had come to him afterwards. When I told him that your mother decided it perfectly healthy and sane, that will was perfectly legal, as the birthright which he boasted, was not playing, he pointed.

- What does he want? I vacate my rights, my legacy?

- I told him that if he wanted the home, he only had to redeem you. There, he's downright angry stating "buy what comes to me, you do not think." I had good reason with him, he stayed his ground and threatened to put the estate in the hands of a lawyer.

The conversation was interrupted for a few seconds before Manu catch her ​​breath.

- But just in case, I decide to sell, you gave an estimate of the house and made ​​an offer to buy, just to put him in his place, I suppose.

- In fact, I spoke to an amount between eight and ten million Belgian francs, minimum.

- Dear Master, could I ask you to give him my answer, if he ever changed his mind?

- Of course.

- Tell him that I am not currently saleswoman and can go to court if it wants to.

- I understand your reaction. He has no chance. Sorry to have disturbed you. I continue my lawyer working in search of your mother assets on different accounts. I will give you news as soon as soon as I come to conclusions, but it will take some time, vacation time oblige. Good day and goodbye.

The conversation stopped and Manu hung up the phone flip keeping the horn in his hands.

She stayed motionless for long minutes, taken aback by that new smoker. Antoine wanted the house, even forcing of justice. Why such insistence?

In the evening, she called Michael.

- I come back to your suggestion to visit me. Can we see next week here at home. I do not know enough about your wife.Moreover, I have already given some order. I am looking for pictures of my father. Do you know if there somewhere?

- I know your mother loved your father Carlos.Tu still know the name of your father, at least? She spun the great love with him.Pictures, there should be some, but I have no idea where you could find. The house is huge and full of nooks and crannies. Search again before I came. I can free myself Tuesday afternoon, it suits you?

- This is perfect for me.

- I will pick with you if you have not found it. I will not speak of my visit to Anthony. Not sure he is delighted.

- Of that I'm sure. I do not care because that Anthony does not like me, especially as married, he had already left home when I was born. I'll teach you something about her that will either make you smile or surprise you. This is perfect for Tuesday from 14 hours. We can remember the good times we spent together. I should also plant some flowers in the garden. It is more than time. I had neglected and dad did not push me to maintain it. I leave you. I am delighted to see you next week.

- I, too, Manu. I'm curious. At Tuesday.

She hung up and continued cleaning of all parts of the attic.

Who knows, maybe there she found memories of his father where it was not passed as was the case of the letter from his mother under the white chair.

Chapter 05: The visit .

"Sometimes I wonder if men and women are made to live together. Maybe they should just be neighbors and go visit time to time. "Katharine Hepburn

Tuesday, Manu had early lift to get Michael.

She began to make out the latest dust, ensuring that few cobwebs do not hang in the corner. In a big house, many angles, preferably inaccessible, are still the haunt of small nasty beasts.

Once finished the first floor. she had cleared everything that could hinder the harmony of the ground floor.

The attic had remained as it was with his trunks and old cabinets.

They had not revealed more photos of his father.

On the ground floor, the living room table was prepared. On a white tablecloth, a basket of flowers, another fruit and sweet or savory appetizers prominently.

Michel arrived on time. She greeted with much more heat than the notary jumping to her neck.

- So, you found ?, he launched immediately.

No hesitation in what he had to find.

- No, nothing. It's absolutely bizarre, it's as if my father had never existed. You know that Mom had told me at the start he was dead. I learned from a letter she left me never attended a place in the house that my father could still live somewhere in Portugal.

Do not stay there on the porch, we'll talk about it inside. It's too hot and the house still has a bit of freshness. You will not recognize the house and I can tell you that making the order was not cotton. Mom kept all of his past. Besides, pictures of that time who prepared my pregnancy as I could see.

- Well, another question. Since the visit to the notary, have you heard from Antoine ?, questioned Manu.

- No, why? You good?

- Yes, through the notary.

- Oh! And what did he say?

- Antoine tried to challenge the mom will and thought to the matter in the hands of justice.

- Here is the top. It really is inflated.

- As the notary discouraged him. He even offered to buy the house.

- What do you think? Are you interested?

- No, not this time. I'm not a salesperson. I do not know why, but this great little place, I still care. And he apparently just as much. Let's make the tour of the owner together.

- Okay. I'm you. Strange nonetheless. It is as if there was a secret behind these walls.

This remark, Manu sometimes felt but she kept printing and interpretation for it.

They entered the large room on the ground floor.

Inside, Michel continued to think out loud.

- About the photos, really weird that you say. Your mother obviously, loved Carlos, why did she not keep pictures of their love.

- If you give me the answer, I will set to square the circle in which I wade past few days.

- Let me back into the atmosphere of the house. It will remind me of good memories with you than my own brother. There is a generation between him and me. It was my guardian before I reach my majority. When we were young, I've seen much more as a sister. Seven years between you and me. I remember as boy, proud, baby I held you in my arms.

- I was not too inconvenient?

- On the contrary, you always laughing. Turbulent, yes, but so much fun. Always smiling. We lost a few years no longer patronize us. We see at Christmas with Mom, did not help. Stun evenings banalities, ultimately. Without telling truths to clarify unspoken.

- In fact, we stayed around mom in the living room. A talk about the rain, snow and children. Never, how would the business and what they understand.

Since you left home to marry, there must be things that had to change out the order that I have brought.

- I'm sure it will amuse me to follow you.

Manu, in good guide, followed by Michael, went out into the other rooms that do not lacked. She was playing like crazy to play this role as hostess as if she was going to sell it to a prospective buyer. It showed the molded ceilings that room rehearsing room and that it was a little cool but betrayed a time of splendor, rich time of all those moments which indicated a certain snobbery.

- To my right is the kitchen. Before you, the first bedroom for guests. If you want you could ever go through it.