21/07/2012

Quand une fête nationale ressemble à une fête

Cette fois, ça se ressentait, ce matin du 21 juillet pour la fête nationale, contrairement à l'année passée, la population avait envie de sourire. Le Roi avait fait un discours très "cool": "Notre pays a regagné sa crédibilité". Même le prince avait coupé sa barbe pour l'occasion. Peut-être, avait-il aussi décidé de la laisser pousser pour des raisons politiques (comme l'avait fait Benoit Poelvoorde et d'autres).

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Après une entrée en matière par l'avenue de Tervuren, la fête dans le parc de Bruxelles, c'est le 21 et elle avait même eu les honneurs d'un temps de saison alors que tous disaient qu'il y aurait la drache nationale. L'été avait, seulement, un mois de retard sur l'horaire.  

Le début des festivités s'annonce tout aussi "cool".

Les Belges ont fêté le 21 juillet sous un soleil "belge".

Puis, on a compté 300.000 fêtards, belges ou non, d'ailleurs avant un « moules-frites » géant sur la place du Jeu de Balles et le traditionnel feu d'artifice, admiré par 25.000 personnes sur la place des Palais. 

Le lendemain, le soleil donne comme chante Laurent Voulzy.

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Trop protocolaire tout cela?

Vous avez raison.

Alors rendez-vous avec les vraies photos de la vraie fête. C'est ici, un clic suffit.


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19/07/2012

Une avenue pas comme les autres

A la veille de la fête nationale belge du 21 juillet, c'est peut-être le moment de parler d'histoires belges et de ce que le deuxième de ses rois, Léopold II, a laissé derrière lui. Pourquoi ne pas parler d'une des avenues, celle de Tervuren, qu'il a créé à sa mesure ou à sa démesure et ne pas faire du tourisme de proximité?

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A Bruxelles, qui ne connait pas l'avenue de Tervuren?

Quelqu'un qui viendrait d'arriver dans la ville ou qui résiderait loin d'elle, peut-être. Sinon personne. Alors pourquoi parler de cette avenue lors de la fête nationale qui a lieu dans le centre, dans le parc de Bruxelles, devant le Palais royal, mais pas sur l'avenue de Tervuren?

Parce que la fête nationale "classique", nous y avons été en 2011, rencontré des mondes qui s'y rencontrent. Je n'allais pas remettre le couvert...

0.jpgLe quartier européen, les lobbies de partout et en tout, ne sont, en effet, pas bien loin, entre le Parc du Cinquantenaire et le centre de la ville de Bruxelles.

L'avenue est-elle, d'ailleurs, vraiment connue par ceux qui y passent, tous les jours, pour se rendre au travail, au centre de Bruxelles, à bord de leur voiture?

Là, ce n'est pas sûr.

Cette année, la fête de l'avenue de Tervuren, c'était, le 13 mai, son 113ème anniversaire. Pour l'occasion, une omelette géante fut préparée avec 10.000 oeufs. On n'allait pas recréer une telle omelette...

Nous l'avions déjà approchée, de près, cette avenue, sur cette antenne comme lors de "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre", avec les images qui s'imposaient.

Alors, pourquoi? 

Parce que faire du tourisme, cela peut se faire très bien à proximité de chez soi, même si l'envie d'aller ailleurs se présente.

0.jpgWikipedia dit : "L'avenue de Tervueren débute au parc du Cinquantenaire, puis traverse le rond-point Montgomery dans la commune d’Etterbeek. Après avoir longé le parc de Woluwe dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre, elle traverse Auderghem à proximité du Rouge-Cloître pour arriver aux Quatre Bras de Tervuren où elle croise le ring de Bruxelles. L'avenue longe le Ravenstein et se termine au rond-point du palais des Colonies où se trouve une fontaine décorée d'animaux.

Car elle est longue, cette avenue... Au bas mot, dix kilomètres de promenades, ses 76 mètres de large, que l'ancien chemin de fer Bruxelles-Tervuren frôle en permanence. En plus, l'aspect de l'avenue évolue tout au long de son parcours.

Alors, prenons-là, cette visite plus attentive, plus studieuse et quelque peu humoristique.

Le temps d'un tour rapide, autour du Cinquantenaire, dans son parc, dans son musée de la guerre ou au sommet de celui-ci. Dans le parc, un monument met déja dans une certaine ambiance avec la mention "J'ai entrepris l’œuvre du Congo dans l'intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique", Léopold II (3/6/1906)". Un testament? Deux après, il prenait la piste aux étoiles... 

Vu ces derniers jours, vu les prévisions météos, avant de partir, n'oubliez pas le parapluie, on ne sait jamais.

Fin du 19ème, Léopold II a incité au traçage de grandes avenues comme l'Avenue de Tervueren, mais, c'est aussi le cas de l'Avenue Louise, du Boulevard Général Jacques?

0.jpgLéopold II a vu grand, c'est vrai, avec cette "voie royale", avec sa double rangée plantée de marronniers. Mais il a dû avoir ses préférences et l'histoire qui a suivi, a défendu ou non, "son" avenue contre les promoteurs de la modernité.

La Bruxellisation des années 1950-60 a fait plus de dégâts sur beaucoup d'autres avenues. Pour l'Expo 58, la ville a été transformée, des autoroutes urbaines ont été construites, des arbres abattus, des tunnels ont été creusés. L'auto était considérée, à l'époque, comme la reine de la ville.

L'avenue Louise est une belle avenue, bien sûr. Elle aurait pu prendre cette place prépondérante, mais elle n'a plus ce cachet historique. Elle n'a même pas pensé réserver une voie à la petite reine, le vélo.

L'avenue de Tervuren est une avenue large, qui fait partie intégrante du paysage avec un certain bonheur. Un tunnel cache, pendant un certain temps, les voitures sous le Cinquantenaire, comme une preuve d'une volonté écologique.   

Dans le prolongement de la rue de la Loi, l'arc de triomphe, 0.jpgle Cinquantenaire,  trône au début de l'avenue, comme une porte à la ville. Dans son parc, beaucoup de festivités de tous genres. On y court, pédale, joue à tous les sports jusqu'au cricket organisés par des Indiens en mal du pays. Un escalier et un ascenseur intérieurs permettent d'admirer le panorama du sommet de ses arcs. La rue de la Loi, appelée la "colonne vertébrale de Bruxelles", doit acceuillir l'Europe et est, il faut bien le dire, un désastre urbanistique, victime des laisser-aller coupables, vieux d'un demi-siècle.

Bordée d'arbres dans sa plus grande partie, l'avenue de Tervuren a, résolument, une histoire qui joint le présent à ses souvenirs du passé, tout en restant tournée vers l'avenir. 

Espaces verts et maisons, parfois hautes et étroites ou alors, basses et plus étendues en surface. Toutes valent leur pesant en "cacahuètes".

Au loin, des espaces verts avec le parc de la Wolluwe et la forêt de Soignes sont déjà visibles.

0.jpgDe maisons spéciales, il faut parler de la Maison Stoclet en Art nouveau qui détient en son sein des oeuvres très ou "trop" privées, non accessibles pour y pousser une tête à l'intérieur qui parait-il, détient des trésors. La maison avec une façade en marbre de Norvège qui répond aux normes de l'harmonie par la lumière,cache des jardins que seul un survol permet de constater. Adolphe Stoclet, normalement aurait pensé de l'installer à Vienne, mais c'est à Joseph Hoffmann qu'il a confié cet ensemble entré depuis 2009, au patrimoine de l'UNESCO.

Des ambassades, se succèdent à rythme soutenu, repérables par les places de parkings marquées du sigle "CD". Non, ce n'est pas destiné à des ventes de "Compacts Discs" mais c'est de "Corps Diplomatiques" dont il s'agit. J'en ai compté, une vingtaine, tout le long: du Botswana, d'El Salvador, de Sao Tomé, du Perou, de Géorgie, de Croatie, d'Ethiopie, du Brésil, du Togo, du Cambodge, d'Uganda, de Madagascar, de Tunisie, de Pologne, du Nigeria, d'Indonésie, de Papouasie Nouvelle Guinée, de Malaisie, de Namibie, de Sierra Leone, de Chine... sans compter celles des région comme Regio de Veneto. Toutes judicieusement choisies pour donner le prestige à leur propre pays.

Un coin de diplomates de tous bords dont on aura un échantillon, lors de la fête nationale, dans les défilés de voitures près du Palais royal, ce samedi, 21 juillet. Car, cela sort et cela parade aussi, ces ambassadeurs, mais il faut des occasions très propices sinon ils restent bien au chaud à l'abris de belles maisons.

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Le rond point ou Square Montgomery que surveille la statue du Général du même nom, avec ses fontaines centrales, forme le premier cirque à voitures. Plus loin, un autre plus petit qui continue cet office de partages, de liens entre les autres artères. Ensuite, c'est la descente en voitures ou à vélo, en son centre. Pour ce dernier point, une véritable piste cyclable et pas un vulgaire pointillé sur la chaussée qui se prolongera jusqu'à la fin du parcours.

Les habitations sont, au départ, hautes, en général, décorées en bas et hauts reliefs. Sept étages, en moyenne.

Est-ce un boulevard ou une avenue? Des "ramblas" comme à Séville? Les maisons le feraient penser.

Que du plaisir... Enfin, pour être honnête, pas toujours...

Il manque cette fois, un peu de soleil pour entrer dans le cadre. Dans le passé, quelques croches pattes à la nostalgie, aussi.

Sur la place, le n°120 a été le symbole des défenseurs du patrimoine. Dans la nuit du 21 mai 1993, la maison du lieutenant Lannoy, également en Art nouveau, datant de 1906, classée et signée Paul Hamesse, était sauvagement démolie, "démontée" se défendra le bourgmestre Vandenhaute de l'époque, sur base d'un arrêté de police pris par le bourgmestre pour des raisons de sécurité. Cet arrêté sera ensuite cassé et annulé par la Région. Reconstruite en 2008, le promoteur a essayé d'en garder l'esprit.

Paul Hankar y a aussi sa carte de visite. Tous les styles du 19ème siècle, de l'"Art nouveau"  avant d'atteindre l'"Art International".

0.jpgToujours à gauche, au n° 170, l'immeuble Monsanto. Dessiné en 1974, il n'abrite plus cette société et si l'architecture est, peut-être, considérée comme audacieuse, il faut se rappeler qu'avant cette forme moderne, s'élevaient deux autels de maître des années 1900 avec une villa dessinée en 1924 pour le marquis Impériali. Toujours du beau monde sur cette avenue...

Mais, le progrès a ses propres lois qui ne se discutent pas... et les marquis ont pris une voie de garage ou de traverse.

A droite, le parc de Woluwé, avec ses 71 ha, est le plus grand de Bruxelles. De style anglais, il s'étale sur trois vallons, pelouses, bois et étangs, animés par deux cascades, pur béton du goût 19ème. Des activités multiples s'y déroulent. Tir à l'arc en hauteur, cours d'éducation pour chiens et j'en passe et des meilleurs comme pourrait l'être, simplement, la flânerie du promeneur...

A gauche de l'avenue, cachée, une statue, celle de Joseph Lebeau. Ministre des Affaires étrangères de la jeune Belgique qui a été chargé, de trouver un Roi pour le pays, en Angleterre. Le Prince Léopold acceptera le poste de premier roi des Belges, en 1831.

Qui s'en souvient encore de cette histoire et de ce personnage? Aucun respect, les gens d'aujourd'hui !

Plus étrange encore, en face, la statue de José de San Martin qui pourrait, légitimement, donner l'envie de se poser la question de savoir "pourquoi à cet endroit?". On y lit : "Generalisimo de la ejercito de la républica del Peru y fundator de la libertad, capitan general de la republica de Chile, brigadier general de la confederacion Argentina" et fut érigée le 12 juin 1998 lors du Palais des Académie. Avec de tels titres, on s'étonnerait presque qu'elle soit à l'écart mais pourquoi à Bruxelles? "En el ultimo rincon de la terra en que me halle estare pronto a sacrificiar mi existencia por la libertad", aurait-il dit. La "liberté", le mot est lâché. Là, on pourrait trouver des liens. Bruxelles n'est pas la seule à célébrer ce héros. Dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, une avenue porte son nom en raison de la proximité avec l'avenue Simon-Bolivar. 

Au croisement avec le boulevard du Souverain, une passerelle, installée en 2007qui reprend le même chemin d'un ancien chemin de fer. Montons y pour avoir une vue plongeante sur l'avenue. Elle surplombe perpendiculaire et permet d'oublier le trafic, en le cédant aux cyclistes et aux promeneurs sur un véritable théatre de verdures comme un très petit ring (=anneau) comme il le serait pour un auriculaire.

0.jpgA l'arrière, déjà, l'ancien dépôt des tramways, au look 1900, devenu le "Musée du Tram". Trams qui, en belle saison, sortent le weekend et longent l'avenue de part en part. Voitures de trams à traction hippomobiles, voitures ouvertes aux quatre vents, conducteurs habillés d'époque... Tout y est pour la nostalgie des souvenirs.

Des "trams chocolats" ou des vicinaux "les boerentrams" (des paysans). Au choix.

Embarquer, c'est se retrouver dans un voyage dans le temps.

Au départ, un coup de cornet du régulateur de trafic, répondu aussitôt, par un coup de "Ding Ding" d'une pression du pied du conducteur.  Une vieille motrice verte de 1906 s'ébranle sur les rails. Le wattman manoeuvre la manivelle d'une main et le frein de l'autre. Entre temps, le receveur visite les clients déjà assis,  poiçonne les billets. Dans sa besace, aucun d'euro, seulement des francs et des centimes belges. Les billets ont déjà été payé en euros, au préalable. Un brin de causettes avec les clients de première classe sur des banquettes recouvertes de velours et celles de seconde, ouvertes à tous les vents, à l'arrière. De la pub aux fenêtres, oui, mais elle est presque confidentielle en comparaison avec celle des trams d'aujourd'hui.

C'est parti. Deux directions. Objectif: relier le Cinquantenaire ou Tervuren.

C'est aussi une première fois qu'on entendra la phrase célèbre, "Jef, de flech es af" quand la flèche est sortie, décrochée de sa prise de courant. Une nouvelle tâche pour le receveur de la remettre, sur sa ligne, à l'aide d'une corde.

Dans le musée, des omnibus à traction chevaline, des trams sur voies ferrées pour réduire l'effort des chevaux ne sortent plus. En 1894, apparition des premiers trams électriques. En 1950, les portes des trams se ferment. On se rappelle qu'il pleut à Bruxelles. Oui, pour la pluie, mais, il ne faut pas confondre avec les vraies raisons: éviter les resquilleurs et les accidents lors des entrées en route ou sorties prématurées des passagers. Plus tard encore, les bus vont chanter le chant du cygne de beaucoup de trams. Le métro sonne un autre arrêt de mort. Vu la latence existante pour s'arrêter, le tram garde la priorité sur les autres véhicules. Il garde de plus en plus ses propres voies réservées.

Les accidents ne sont pas encore évités pour autant. Les "rencontres", avec les piétons et les voitures, apportent un coût de plus en plus élevé pour les assurances autos des autres usagers de la route. Le risque existe que les trams ne seront plus que folkloriques, un jour. Mais, cela, c'est, déjà, une autre histoire. 

A droite, les étangs Mellaerts avec un ancien café campagnard de multiples fois transformé, devenu taverne-restaurant plutôt huppée. Face à lui, les étangs, le mini-golf, les barques pour partager l'eau avec les foulques macroules, les Cygnes blancs et noirs, les Grèbes huppées, les Ouettes d'Egypte... et des Sumos récents prêts à bondir, ceux-là, faut pas confondre, ne sont pas des "oiseaux sans tête". 

Le "Chant d'oiseaux" et le "Pont du Diable" s'insèrent dans le cadre...

A gauche, moins connu, le Parc Parmentier, du nom de l'entrepreneur de l'avenue, alors que Victor Besme en était le créateur. Sa "maisonnette", au vert, existe encore, mais elle n'est pas visible de là, cachée derrière les arbres.

Le Parc du Manoir d'Anjou, avec encore des arbres mais avec "pédigrée", ceux-là. Parc qui a appartenu au duc d'Orléan, prétendant au trône de France mais qui s'y exila en 1913. 0.jpg

Il n'y a pas que Victor Hugo qui a trouvé en la Belgique une terre d'acceuil.

Aujourd'hui, devenu une propriété des Bons-Pasteurs, mérite une promenade.

On redescend de la passerelle. On remonte sur le vélo pour se fortifier les mollets, car, après la descente, ça grimpe, fort, très fort. Qui ose dire que la ville de Bruxelles est plate?

Là, toutes les maisons valent leur pesant d'or. Dernièrement, je parlais de maisons qui sont des châteaux ou des châteaux qui sont des maisons, à Stresa sur le Lac Majeur. Parfois, cela peut y ressembler vu les quelques tourelles qui fleurent bon les chateaux d'antan.

Au sommet de la pente, le Rouge-Cloitre apparait, à droite. Si une nouvelle descente vous en dit? Comme nous y avons été, on continue en traversant la forêt de Soignes, toujours sur piste cyclable.  Au bout, c'est Tervuren, qui comme il est dit sur leur site, est la Perle du Brabant.

On y a trouvé une résidence pour des ducs et des rois. Ce n'est pas peu dire.

Dès 1200, Henri Ier faisait ériger un château. Dès lors, la forêt se transformait en parcs et jardins. Rasé, ensuite, par l'empereur Joseph II pour raison d'austérité budgétaire (non nous ne sommes pas au 21ème siècle...). Les ducs de Brabant et de Bourgogne, les archiducs Albert et Isabelle s'y installèrent.

Reconstruit par Guillaume Frédéric et détruit par un incendie en 1879. 

Bien plus tard, le roi Léopold II, lui, dans le prolongement de l'idée de l'avenue, faisait construire un édifice destiné à accueillir l'Exposition internationale de Bruxelles 1897 et surtout pour parler de "son" Congo, avec le Palais des Colonies (au pluriel, ce mot, peut-être en espérait-il bien d'autres) et des collections de Chine et du Japon.

L'avenue se termine enfin, sur devinez quoi?

Encore un rond point. Puis, à droite, le golf Ravenstein qui se cache derrière des barbelés. 0.jpg

Un autre rond-point avec une fontaine et des animaux exotiques, crocodiles, hypopotames et tortues, tous métalliques, qui s'amusent dans un orchestre à vous donner envie de danser.

Même Léopold II n'y aurait pas pensé.

Ne confondez surtout pas entre averse et drache nationale, dans cette avenue pas comme les autres... Ce serait mal vu.

Wiki dit de, Léopold II, deuxième roi des Belges "...très admiratif devant la beauté récente et la grandeur du Paris hausmannien, Léopold II est à l'origine de la transformation de Bruxelles qui devint une capitale internationale de renom. S'il lui arrive de participer au financement de ses projets, il incite aussi l’État et les communes à investir dans l'urbanisme. C'est sous son impulsion que l'on assiste à la construction du Musée de Tervueren, à la transformation du Palais Royal et du château de Laeken avec la création de ses serres exotiques, à la création du Parc du Cinquantenaire et de son Monument aux trois Arches. Il fait aussi donation à l'état de parcs et de propriétés boisées.

L'Arboretum, aussi, on oublie, mais on en a déjà parlé.

Mais au fait, d'où vient le mot "Tervuren" ou "Tervueren" dans sa version francophone?

J'ai cherché sans trouver. Il y a les chiens "Tervueren", avec "e" en plus comme l'ancien nom.

0.jpgUne ville qui aurait à l'origine des chiens ou "du chien"? Si vous avez la réponse, n'hésitez pas de me contacter.

Si les Belges sont connus pour avoir une brique dans le ventre, il a aussi un optimisme mesuré en fonction des voisins européens. Les habitants de cette avenue doivent, eux, avoir une terrible indigestion, tellement elles sont grosses ces briques.

Mais, on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu'on a appris que les marchés veulent nous prêter de l'argent à taux négatif. Vous vous rendez compte? Plus on en demande, plus on en reçoit en retour... Si c'est pas le "paradis", ça?

Confiance, confiance... Non peut-être... 

Visite terminée... Reprenez le tram chocolat pour retourner en ville. N'oubliez pas le pourboire du guide, évidemment...

Rien ne vaut les images qui vous attendent sous ce clic. 

L'année passée nous étions au pied du goufre. On n'a pas mis un pied en avant. La ville fêtera un autre cinquantenaire. Une histoire de scission aux lettres de feu "BHV", une véritable Bombe à Haut Voltage, dégoupillée est arrivée à son terminus pour entrer dans un autre musée, celui de l'histoire ou de l'imaginaire... 

Pas de trams dans ce musée-là, bien que les Bruxellois peuvent toujours en "rester chocolat"...

 

L'enfoiré,

Livre de Geneviève Lacroix Wolluwé Saint Pierre, Histoire et terroir préfacé par Willem Draps, bourgmestre de la commune.

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Citations:

 

  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « Les avenues de la rêverie sont la promenade préférée du diable. », Julien Green
  • « La vie est une avenue à deux voies. », Marc Gendron

12/07/2012

Le Laos est un pays communiste !

Aujourd'hui, nous partons loin. Je cède la place à un autre p'tit Belge comme moi. Un Zinneke qui a choisi d'aller déposer ses valises successivement en Équateur, à Cuba, à Molenbeek, en Thaïlande, au Laos, où il vit actuellement. Il va vous servir de guide dans ce dernier pays. Certains le connaissent et le reconnaîtront. Son pseudo, Sapanhine.  

0.jpgLe Laos est un pays communiste ! Oui, communiste mais cela ne se voit pas. Ni dans l’ordre social, ni dans la répression attenante à ce type de gouvernement plus autoritaire que ce que nous nommons, de manière pédante, une démocratie de type occidental. Il n’est ni la Chine conquérante, ni Cuba la répressive à tout va.

En quoi le Laos est-il communiste, alors ?

Certainement pas au niveau de l’initiative privée qui est omniprésente. Il n’y a quasi pas de réglementation de l’accès au travail, une forme de consensus social où tout le monde voudrait passionnément devenir riche et se sacrifie pour. Dans le respect des traditions bouddhistes, d’abord éradiquées par le nouveau régime qui l’avait interdit après la révolution mais redevenues, avec l’aval des autorités, omniprésentes dans la société. Ce Bouddha Dieu le Père qui veut que tout le monde ait à manger. Ce Moloch pacifique de l’anti-désir, de la solidarité des petits, de la superstition et des fantômes, du billet de loterie gagnant, de la vie qui renaît, paraît-il sept fois et toujours en mieux si l’on obéit à ses préceptes, ou si l’on donne sous forme d’indulgences assez d’argent à la construction de nouveaux temples pour se faire pardonner les excès commis durant la vie présente. L’espoir de renaître mieux que cette fois-ci, dans une famille plus opulente, épargnée par le malheur qui se doit donc d’être présentement accepté en tant que tel. 

Efficacité, efficacité : voilà qui évite de facto toute contestation, toute remise en cause de l’ordre, je ne vais pas dire public mais social.

Si Bouddha n’existait pas, on devrait l’inventer car, ne nous leurrons pas, d’ordre public, il n’y en a guère. De l’anarchie organisée pour tout modernisme, ça oui. Et plus qu’il n’en faut ! On ne change pas ce qui ne va pas, on s’adapte parce qu’on a toujours fait comme cela depuis des siècles. Ne rien remettre en question, pourquoi voudriez-vous que cela change ? Se dissocier du temps présent implique remise en cause. On ne remet rien en cause au nom de l’ordre immémorial.

Quel ordre ?

En quoi est-il immémorial ?

Parce que le puissant est resté puissant. Il a changé de camp en devenant la nouvelle aristocratie rouge que lui a imposé l’histoire mais est resté le puissant, celui qu’on respecte, qu’on adule et que l’on craint, celui dont il ne viendrait jamais à l’idée de contester le jugement, le pouvoir. Les familles nobles ont toutes immigré et nombre d’entre elles reviennent au pays, fortune faite ailleurs. Le puissant est celui dont le père, ou la génération précédente, a choisi le bon camp lors de la guerre du Vietnam. C’est lui le chef, le nouveau noble, le nouveau propriétaire. Celui qui s’en met plein les poches, car le décideur s’en met toujours plein les poches, c’est cela l’ordre immémorial. Au vu et au su de tous, sans révolte, juste avec une pointe d’envie de la part de ceux qui n’aspirent qu’à en être.

Le veau d’or, plus le mouton à 5 pattes et le Naja qui veille à la prospérité. 0.jpg

Un monde sans pitié, mais la compassion compense. Allez comprendre…

Sachez également que le Laos fut le pays le plus bombardé au monde. Une horreur dont le pays subit encore les stigmates aujourd’hui. Merci à ces satanés Américains !

Tout Laotien veut posséder une moto et un téléphone portable. Celui qu’on jalouse de tous ses pores dispose ou est propriétaire d’un pick-up dont il ne sait pas se servir, sauf pour aller droit devant lui avec le droit de tout écarter sur son passage, une performance sans trop de morts au passage vu le taux d’alcoolémie ambiant (1,7 pour mille, tel est le niveau d’infraction!) Heureusement qu’il y a des trous partout et que tout le monde roule à la tortillard au milieu des voies, sinon ce serait le massacre. Pensez : il y a onze fois plus de morts accidentelles qu’en Belgique pour une population qui en fait les deux tiers. Des trous, encore des petits trous, toujours de plus grands trous. Peu, très peu de routes et des pistes souvent à la limite du praticable. Jamais de casque à moto, c’est comme cela et cela le restera malgré le lourd tribut payé à l’inconscience. De la Lao beer, toujours plus de Lao beer depuis que l’opium est devenu interdit - une réussite ! Les jeunes générations n’ont même plus idée de cet enracinement culturel, cet esclavagisme qu’ont favorisé Français et puis Américains. Elles préfèrent le Yabba (textuellement, le médicament qui rend fou…), ces pilules de méthamphétamines réduites en poudre que l’on inhale à l’aide d’un billet roulé. L’effet est sensiblement égal à celui de la coke, addiction comprise. Trois jours de montée, d’excitation totale. Attention, la descente prendra au bas mot huit jours. Atroce cette descente. Impossible de dormir et hallucinations à tout va. Le seul remède, c’est d’en reprendre. Six mois d’usage vous rendent fou, cassé des neurones, débile, incontrôlé, vieilli de 20 ans. Cinglé, quoi !

0.jpgTout le monde sait qu’il ne faut pas y toucher, mais il n’y a aucune campagne gouvernementale qui le rappelle (un peu comme chez vous avec la coke…) et bien trop d’individus, ignorant pour la plupart, tombent dedans par manque d’information. Des jeunes et des moins jeunes. Seules dissuasion : les sanctions énormes en cas de trafic et l’obligation de cure pour les consommateurs qui en font la demande à condition d’avoir de quoi la payer ou pris dans l’engrenage des petits délits.

Une chance de s’amender, une seule. Elle consiste en une mise à l’écart à long terme dans des camps qui ne sont pas des hôpitaux ou des hôpitaux qui ne sont pas des camps. Une solution à méditer chez nous, chez vous…  Le meilleur des mondes a un prix et le prix de celui-ci est cher, très cher. Sans doute le Yabba est-il devenu impossible à éradiquer car personne n’en comprend les dangers à titre individuel. On en produit trop, très facilement et partout, que ce soit ici, en Chine, au Myamar ou au Cambodge, en Thaïlande aussi mais les Thaïs vous jurent que non. Ils sont si menteurs.

Une arme de guerre pointée sur le monde de demain qui rapporte gros à ceux qui ne se font jamais prendre parce qu’ils sont trop hauts dans la société, trop protégés. Et leurs petites mains éparpillées dans une jungle si impénétrable. 

Chez nous, le succédané s’appelle l’extasy, du pipi de chat à côté de l’original. Ce problème est en passe de devenir un danger majeur pour toute la jeunesse d’Asie et s’incruste lentement en Occident aussi.

Oh, ne croyez pas pour autant à l’effet colombien. Ici, tout est feutré, ne dépasse pas le cadre qui lui est indiqué. Aucune violence envers le citoyen lambda. Aucun camé ne vous tombera sur le râble, vous pouvez vous promener partout sans crainte. Bizarre alchimie ! Il doit être communément admis par la société qu’on ne peut faire de mal qu’à soi. Mais attention lorsqu’on a trahi les siens, auquel cas cela n’ira jamais devant les tribunaux.

A bon entendeur…

Mais, c’est un enfer chez vous ! Pas du tout, vraiment pas du tout. Étranger, ne te mêle de rien et rien ne t’arrivera, c’est tout simple. Contrairement à la Thaïlande où ils pullulent, les zonards n’ont rien à faire ici.0.jpg

Fondamentalement, le Laotien de base est un brave type. Un travailleur acharné mais uniquement quand cela lui botte. Un fêtard invétéré quand cela lui botte aussi. Il brûlera aussi sec tout l’argent qu’il a en poche, uniquement pour montrer aux autres qu’il en a. Aujourd’hui, pas demain qui est un autre jour, un autre défi à la subsistance. Qu’il ait 1, 10, 100 ou 1.000 euros en poche ne changera rien au problème, il va se précipiter pour acheter le futile, tout ce dont il rêve en pensant qu’il aura une vie meilleure, qu’il a le droit d’oublier provisoirement ses malheurs présents.

Et demain, il repartira à zéro. Comme si de rien n’était.

Seul le riche met son argent en banque. Des banques à peine surveillées par un ou deux flics, par la milice en civil qu’on ne voit pas mais qui est partout. Des liasses et des liasses. Des millions de dollars à vue – preuve que de l’argent, il y en a - sans que personne ne songe à se les accaparer. Qui tenterait le diable le sait : il va être tiré à vue comme un lapin sans aucune chance de s’en sortir vivant. L’économie d’un procès et personne ne s’en plaindra… L’inverse serait incongru. L’argent se respecte, comprenez-vous ?

C’est que la richesse permet tout et surtout d’écraser l’autre qui vous enviera d’être plein aux as. Mieux, il n’y a personne, vraiment personne pour remettre ce blanc-seing financier en cause. Ni cela, ni la corruption qui tourne autour. Le politicien en vit, le flic pourra racketter où il l’entend dans le territoire qui lui a été concédé, l’administratif vous exigera un dessous de table, cela fait partie intrinsèque de son salaire et vous évitera d’avoir à faire la file, de vous voir opposé un  "non !" forcément comminatoire. Plus le zig est haut dans la hiérarchie, plus il le fera. Tout service se paie, non ?

Un exemple : vous vous faites voler ? Soit le système récupérera à votre place, soit – c’est plus rare - il attendra sa légitime récompense et ne vous avisez pas de refuser de la lui donner, c’est presque un crime.

L’ordre règne. Est-ce un bien ou est-ce un mal ? Depuis que je suis ici, je n’ai plus de vraie réponse, d’autant que je n’ai jamais volé ni corrompu personne.

Le Laos connaît deux saisons : celle de la poussière et celle de la boue. L’eau qui tombe du ciel, drue, drue ! C’est le moment de piquer le riz (manger se traduit littéralement par "manger du riz", car sans riz, il n’y a pas de subsistance) Tous les paysans, hommes et femmes réunis, vont travailler aux champs des jours durant, courbés pieds nus dans la fange sous une chaleur étouffante. La récompense viendra trois mois plus tard sous forme de sacs de nourriture céleste qui, une fois délestés de vingt pour cent par le propriétaire de la machine à écosser, permettront aux familles de passer la saison sèche le ventre plein. Avec en supplément le cochon, les poules, les oies, quelques canards, des bœufs quand on en a. On baffrera les jours de fête sous une musique tonitruante crachée par les immenses baffles d’un DJ amateur (vraiment amateur !) ou les amplis crachotants d’un orchestre lorsqu’on a les moyens ou l’envie de s’en payer un. En attendant la prochaine fête, les prochaines fiançailles, un autre mariage, une autre grande bouffe collective sur le dos de l’invitant qui donnera l’occasion  de s’envoyer encore et toujours des litres et des litres de Lao beer ou de Lao-kao, cet alcool de riz distillé on ne sait trop où ni comment, mais toujours avec des racines censées vous donner … la gaule, comprenez-vous ?

Et tout le petit peuple dansera la gigue jusqu’à plus soif devant les autorités forcément logées à la plus belle table sous le parasol. Chokdee, chokdee (à ta santé !) Et chacun beuglera tour à tour sa petite chansonnette dans le micro de 8 heures du matin jusque passé minuit, sans respect pour les vieux du hameau qui s’endorment avec les poules. Et les basses boum-boum badaboum s’envoleront jusqu’au village d’à côté lorsque les jeunes vont à leur tour s’y mettre avec leur satanée techno chinoise qui s’entend sur des kms, c’est une question de standing.

Non, je n’ai pas à juger. De là à comprendre…

Et personne ne se plaint. Non pas que cela dérange, là c’est évident. Mais un tien vaut deux tu l’auras. Le village d’à côté fera de même un de ces jours prochains pour une autre promesse de mariage, une autre fête de divinité. Et il n’est jamais de bon ton de rouspéter, tout le monde sait cela. Alors, on s’exaspère de l’intérieur en attendant la légitime revanche, le droit d’agir de même lorsque son tour viendra.

Simple, non ? Et puis, c’est si "sanouk"  de s’amuser sans tenir compte de rien…

Le Laos régi par un parti unique, mais qui présente des candidats qui ne sont pas du Parti sur ses listes, est un pays à la fois hyper-centralisé et hyper-décentralisé. Comme cela, pas de jaloux. Chacun aura sa part, s’il dispose d’une parcelle de pouvoir bien entendu. Car sinon…

Le Gouvernement reçoit ses invités de marque en grandes pompes, encaisse ses commissions sur tous les travaux d’infrastructure, l’aide internationale et autres concessions de terrains agricoles ou miniers sans propriétaire légal. Gens de la haute, ministres et députés roulent tous en Toyota Fortuner, en Mercédes grand sport ou en Hummer (des monstres américains sur roues qui ressemblent à des tanks à tourelles, consomment au moins 25 litres au 100 et coûtent presque 200.000 euros l’unité). Les gouverneurs de province font la loi chez eux. Les chefs de district et les maires - appellés Maey baan - aussi. Les flics locaux font leur loi et l’appliquent à qui ils veulent. Tout se passe bien, personne n’empiète sur le pouvoir d’autrui, d’ailleurs est-il seulement au courant de ce qui se trame ailleurs que dans sa sphère propre ? Quel serait son intérêt de le savoir ?

Le plouc besogneux et sans qualifications (un mot qui ne veut rien dire ici car ils sont tous à la fois maçons, charpentiers, paysans, réparateurs de tout et n’importe quoi, de vrais multi-spécialistes pour tout dire) gagnera un peu moins de 100 euros par mois, travaillera six jours par semaine à raison de dix heures passées à crever dans les champs ou au volant, à moins que ce soit au meilleur des cas sur une chaise en attendant que le client les interpelle ou que le chef - qui ne foutra jamais rien, lui - leur en donne l’ordre. Dans ce genre d’emploi, la productivité n’est pas vraiment un élément qui rentre en ligne de compte.

Tenez, il y a huit jours, je suis allé acheter du carrelage. J’étais seul dans le magasin plus grand qu’un terrain de foot. Six comptables toutes habillées de seyants tailleurs roses, trois hôtesses tout sourire dont une avec ses deux enfants, quelques hommes à tout faire qu’il ne fallait manifestement surtout pas déranger, un gardien de parking et deux femmes de ménage sempiternellement occupées elles à briquer le sol. Le plein emploi, quoi ! Aucun membre de ce staff d’entreprise n’a su me renseigner sur le prix d’un litre de peinture, sauf la seule capable de manipuler un ordinateur. Tenez, je suis même persuadé qu’ils ont dans un parfait ensemble trouvé ma question bizarre, moi qui m’enquérais de savoir combien de mètres-carrés on couvrait avec un litre de peinture blanche.0.jpg

Ces Occidentaux ont de ces questions… Pourquoi veulent-ils tout savoir alors que cela n’a manifestement aucune importance ?

Bo pe gnaan. Relativisez, relativisez, vous ne vous en porterez que mieux, amigos !

Ceci dit, si le boss, souvent un Chinois, en fout un dehors ou se met à pousser une gueulante, il risque bien de se retrouver sans personne à son service demain. Le bloc au boulot, c’est la version locale du syndicat. Et du travail – sous-payé, il est vrai - il y en a partout. Donc, pourquoi se casser la tête ? Si le patron est méchant, on se barre, point ! Pourquoi faire grève lorsqu’on dispose de l’arme absolue ?

Vu comme cela, à se demander qui est au pouvoir.

Chacun pour soi et Bouddha pour tous. C’est très efficace. Moral même !

0.jpgEt si tu ne travailles pas, ce qui est ton droit le plus strict, il y aura toujours bien quelqu’un pour te donner une assiette de riz aux légumes et une natte pour aller passer la nuit au temple en attendant des jours meilleurs ou de refaire fortune. Au moins 50 euros, la fortune ! Les pauvres les plus riches n’ont qu’à les demander à leur famille, ils auront largement de quoi ne jamais rien faire, sinon s’amuser durant les sept jours que comporte la semaine. Pourquoi travailler dans ces conditions si dantesques puisqu’un prestigieux tonton, l’amant de votre grande soeur ou papa satisfera à tous vos besoins, mmh ?

Ne croyez pas que je suis pour. Ni que je suis contre. Je constate seulement et là, j’en arrive bêtement à ne plus être aussi sûr des valeurs qu’on m’a enseignées. En quoi seraient-elles effectivement les bonnes? Avons-nous, nous les héritiers d’une culture doublement millénaire qui a réussi à garder une partie des traces et des leçons de son passé, vocation à nous considérer comme l’exemple à suivre, les meilleurs ? De vrais démocrates, ceux qui savent, ceux qu’il faut imiter dans leurs délires, singer et copier au nom du progrès économique censé tout guérir.

Ouais, je crois qu’on doit s’être gouré quelque part. Dubito ergo sum…

Cette terre laotienne qui mérite mille fois d’être vue par tout touriste féru de nature, de culture et de sociologie , je l’ai fait mienne après de nombreuses pérégrinations qui m’ont mené d’abord chez les Incas d’Equateur, puis dans l’enfer cubain, à Molenbeek commune la plus kasbhatique de Belgique et dans le Nord de la Thaïlande que j’ai parcouru durant 4 ans en vélo. Fait curieux, jamais durant ces quatre années, je n’ai envisagé mettre ne fut-ce qu’un pied au pays des mille éléphants par peur, par révulsion du drapeau rouge (l’effet Cuba, me direz-vous…). Un quart d’heure après avoir passé, toujours en vélo, la frontière terrestre qu’est le pont sur le Mékong pour y faire renouveler mon visa à l’ambassade thaïe, je m’y suis immédiatement senti chez moi. Pourquoi? Je n’ai pas de réponse, si ce n’est a contrario : le dégoût du matérialisme sans foi ni loi, de la putasserie immonde et du racisme profondément culturel des Thaïs.

Un jugement que j’ai affiné depuis. Sauf sur les Thaïs, cela va sans dire.0.jpg

Je ne tiens pas à jouer au guide touristique de type initiatique, mais Luang Prabang est magnifique sur deux kilomètres-carrés, la rivière Nam. Ou à remonter en pirogue, Phongsaly tout en haut à la frontière vietnamo-chinoise hors du temps, les pistes ne menant qu’à des villages perdus extraordinaires, le plateau des Boloven et les 4.000 îles dans le sud à voir au moins une fois dans sa vie, par exemple avant d’aller à Anghor au Cambodge qui n’est plus qu’à 300 km. Où que vous soyez et quel que soit votre moyen de transport (vélo – jeep – moto) vous trouverez un logement pour deux muni de toutes les commodités au prix de 10 euros par jour (sauf à Vientiane et à Luang Prabang où il vaut mieux compter le double) Bannissez la plaine des Jarres où il n’y a rien à voir, sauf le souvenir des cratères creusés par les bombes américaines. Un conseil, il vaut ce qu’il vaut : SURTOUT n’entreprenez pas un périple en voyage organisé où vous serez plumés, non par les locaux, mais par les agences vide-goussets qui vous proposent à trois fois le prix le nec plus ultra du tourisme toc. Ici, l’aventure a encore un sens mais encore faut-il avoir la volonté d’aller à elle.

0.jpgDans mes rêves d’enfant, il y avait encore la Nouvelle-Zélande et le YuCON pour que je finisse mon tour de ce que je voulais voir du monde, mais je commence à me faire vieux. Ayant atteint l’âge fatidique de 65 ans aujourd’hui même, je sais juste que le paradis terrestre n’existe pas. Mais aussi que s’il existait, il devrait probablement se trouver ici. Les paysages sont somptueux, les gens fondamentalement gentils même s’ils sont rivés sur vos dollars (trois jours, pas plus car la nécessité refera immanquablement surface), la nature vierge, la vie douce et pas chère, aucune agressivité, les demoiselles gentilles et diablesses à la fois mais pas farouches pour un sou ( cfr Malraux ).

Dans le fond, le Laos ne m’a appris qu’une chose : ne pas juger.

Et une autre : avec le sourire, on ouvre toutes, vraiment toutes les portes.

Une troisième et ce sera la dernière : le respect de l’autre tel qu’il est, sans préjugé aucun.

Le Laos, c’est le port d’attache de ceux qui n’en ont plus. 0.jpg

S’il n’existait pas, il faudrait absolument l’inventer.

Bien à vous tous,

 

Alain alias Sapanhine (le 28.06.12)

 

Proverbes laotiens:

 

  • "Il ne faut croire que d’une oreille et réserver l’autre."
  • "Pour juger d’un éléphant il faut regarder sa queue ; pour une jeune fille il faut voir sa mère."
  • "Les animaux peuvent glisser ; les savants peuvent se tromper."
  • "Quand on a entendu, il faut voir; et quand on a vu, il faut juger avec son cœur."
  • "Tel est courageux au village, qui est peureux en forêt. "
  • "Supportons la boue pour (en) manger les anguilles. "
  • "La voix du pauvre ne résonne pas."
  • "Quand les buffles se battent, c’est l’herbe qui en pâtit"

 

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Puis il y a eu cette annonce touristique du Touring-Explorer (ci contre) à laquelle Alain avait répondu de manière impromptue, d'un seul jet, sans même réfléchir:

La belle saison, c'est de novembre à mars. La croisière sur le Mékong, c'est un peu toc. Mieux vaut remonter la Nam ou de Luang Prabang vers Phongsaly. Les Akha, venus de là-bas, issus du Yunnan, sont aussi immigrés dans le nord de la Thaïlande où ils sont considérés comme des sous-hommes, comme d'anciens spécialistes de la culture de l'opium puisqu'ils sont les avant-derniers arrivants. Ils ont occupé les terres entre 500 et 1.000 mètres de haut, là où le pavot pousse tout seul. On y construit des pièges à serpents qui viennent manger les oeufs des pigeons. Un militaire, qui royalement y est payé 60 euros par mois, a un boulot qui consiste à capturer les clandestins Chinois qui viennent empoisonner les rivières du nord en se livrant à l'orpaillage illégal ... et bien sûr rejettent sans le moindre état d'âme le mercure dans les rivières. Cela ce militaire ne savait pas et a même été surpris d'apprendre que cela tuait toutes vies animales en aval et, pire encore, que ce poison se concentrait dans le foie de tous ceux qui ingèrent du poisson ! Il venait enfin de comprendre le sens de son travail... Un militaire est là pour obéir, pas pour comprendre le sens de ce qu'on lui demande de faire. Tout un symbole...
Vulnérable le Laos ? Oui et non, sa position centrale fait que Vientiane deviendra un jour la capitale de l'ASEAN parce qu'elle sera le second choix de toutes les autres capitales après elles-mêmes évidemment.
Les Vietnamiens colonisent l'armée et l'administration.
Les Chinois achètent toutes les terres cultivables. Les Japonais, payent pour des épouses car la Laotienne est réputée être restée fertile.
Les Thaïs sont détestés pour des raisons historiques et de comportement. Mais ce sont eux qui importent tout ce qui est l'alimentaire dit de luxe. Le Laos n'a aucun grand magasin de style "grande surface". Les Laotiens se précipitent, dès lors, tous de l'autre côté du Mékong, là où il y a un pont - donc un poste frontière - et en reviennent émerveillés par l'abondance. S'ils savaient...
Le gouvernement s'en met plein les poches. Les Laotiens ne sont pas scandalisés, tout au plus jaloux de ne pas pouvoir en faire autant. Pire, il ne s'intéresse aucunement au problème, tant il s'enfonce dans la spirale de la consommation. Là où je vis à la campagne, toutes les terres agricoles sont à vendre. Dès que la vente est devenue effective, ils s'achètent tous des Toyota Fortuner et, six mois plus tard, ils n'ont même plus de quoi mettre de l'essence dedans. Alors, ils redeviennent ouvriers agricoles pour les autres...
L'artisanat reste confiné. Chaque village ayant sa spécificité et tous les locaux vont alors faire la même chose, ce qui permet aux acheteurs de fixer eux-mêmes le prix minimum.
Luang Prabang est magnifique sur 2 km carrés, bordélique partout ailleurs. L'UNESCO et les autorités locales sont en perpétuelle bagarre. On trouve un nombre d'experts internationaux largement payés à ne rien faire et plus de touristes que d'indigènes dans les rues...
A Vientiane, il n'y a pas grand'chose à faire. La ville ressemble à une sous-préfecture française. 
Le beau Laos, c'est celui de la campagne, des sentiers non-battus. Celui où les touristes ne vont jamais par manque de temps. Bokéo dans le Nord, le plateau des Bolovens dans le Sud.
La religion a été interdite après la guerre mais les autorités lui ont redonné force parce qu'il sert de CPAS et entraîne les gens à obéir à certaines valeurs sans se poser de questions.
Ponsavan et la plaine des Jarres, il n'y a vraiment RIEN à voir.
Ce que j'aime vraiment, la tranquillité et partir à l'inconnu le long des pistes en jeep (hélas plus à vélo). L'aventura, quoi....
Il faut être conscient qu'il y a 25 ans, le Laos était plus pauvre que n'importe quel pays africain sauf peut-être le Soudan. Aujourd'hui, il est plus riche et le standing de vie augmente tous les jours. Grenier à riz et électricité via les barrages qu'on construit partout où c'est possible. Regrettable peut-être mais les lacs de retenue sont empoissonnés. 60 pour cent des protéines consommées sont à base de poisson.
Pas beaucoup d'imagination, aucun respect de l'environnement, le déboisement sauvage puisqu'on ne leur apprend pas ce que cela veut dire. 

Un article d'Agoravox parlant du Laos, avait généré une longue réaction

Mais il y a aussi les images et un clic pour y partir en voyage

10/07/2012

Intermède historique bruxellois: l'Ommegang

Je vous avais déjà parlé de l'Ommegang. Je l'avais ajouté en photos en vous disant "Pourquoi Bruxelles?" ou alors, "Tout touristiquement vôtre". Cette année, cette histoire de Charles Quint qui vient présenté son fils à la ville de Bruxelles a eu lieu et Stephane Bern, le chroniqueur des grands noms de hier et d'aujourd'hui, était là pour commenter. Je rencontre des amis au Théâtre des Galeries, tous les ans, depuis quelques années et voilà qu'ils m'envoient leurs photos et leur présence à cette occasion. Je ne pouvais pas la rater...

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"J'apprécie de participer à un spectacle qui, par sa symbolique, défend l'idée d'une Belgique unie, royale et forte", a dit Stéphane Bern.

L'histoire de l'Ommegang Le terme Ommegang, en latin "circumambulatio" ou amburbium, signifie « marcher autour » en vieux flamand.0.jpg

La procession de l'Ommegang a été fondée en 1348, pour célébrer l'arrivée surnaturelle sur une barque, d'une vierge miraculeuse taillée dans le bois, Notre Dame à la Branche. Celle-ci d'abord protectrice de la ville d'Anvers et déposée dans la cathédrale, y avait été déposé par l'anversoise Béatrice Soetkens. La Vierge, apparue par deux fois dans un songe, lui ordonnait de transporter cette statue sur un bateau qui devait la mener merveilleusement jusqu'à Bruxelles, où elle fut accueillie sur le quai par le duc de Brabant en personne et les arbalétriers, prévenus de ce prodige.

Devenue tour à tour, Notre Dame des Victoires, puis Notre Dame du Sablon, plus proche et plus familière que le terrible Archange demeurant dans les hauteurs célestes.

Depuis 1930, c'est devenu un spectacle reproduisant et répétant le somptueux Ommegang offert par la ville de Bruxelles à Charles Quint en 1549 et à son fils Philippe II.

 

03/07/2012

Cap en Cappadoce

Destination très prisée des Belges d'aujourd'hui, la Turquie. A l'ouest avec Kusadasi (l'île aux oiseaux), au sud avec Sidé (antique Kymé) et Antalia.  Des souvenirs d'aventures qui remontent pour moi de 1989 à 2001 et qui conduisent dans le centre en Cappadoce.

0.jpgSoleil, mer, histoire, hôtels étoilés comme le cognac avec cinq étoiles, à des prix all-inclusive défiants toutes concurrences pour accompagner des annonces du type "Go with the rythm" ou "I dream of" ou s'y retrouver même Welcome Home.

Alors, essayons de mettre de l'ordre dans ces publicités peut-être légitimées et souvent justifiées.

Des guides multilingues vous emportent en excursions au travers de ce pays immense entrecoupé par des haltes dans les fabriques de tapis ou de bijoux.

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Une superficie totale de 783.562 km2 pour 75 millions d'habitants, c'est à dire moins de 100 habitants au km2.

C'est tout cela, la Turquie et plus encore et elle a raison d'en être fière.

Et oui, il y a de quoi passer de bonnes vacances pour pas cher, enfin tout dépend de l'endroit et de ce qu'on entend par "pas cher".

Bodrum, la mythique Halicarnasse, est devenue le Saint-Trop de la Turquie avec le luxe de ses hôtels, de ses yachts. Je n'y ai pas été, je n'en parlerai pas. L'Ouest et le Sud, je connais un peu mieux.

L'histoire, voilà un aspect de la Turquie qui l'a marqué par plusieurs points de références.

Viens à l'esprit, Troie à l'entrée de Hellespont, mieux connu comme détroit des Dardanelles (Çanakkale boğazı en turc, de Çanakkale, le « castel (Kale) aux poteries (Çanak) ») que Homère avait décrit dans l'Iliade et l'Odyssée. Grec et Romains, empire ottoman de 1299 à 1922, ont laissé leurs empruntes jusqu'à la naissance de la République turque, édifiée par Atatürk.0.jpg

A l'Ouest, Ephèse monopolise tous les questionnements avec Artémis de type turc (et non pas grecque). Une des sept merveilles du monde antique. C'est aussi, ici, selon la tradition chrétienne,  que Jean aurait rédigé son évangile, rappelé par la basilique et son tombeau. Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, aurait résidé la Vierge Marie, à qui le Christ sur la croix avait confiée à la garde du «disciple que Jésus aimait». Une petite église byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de «Maison de la Vierge Marie» (Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour marial.

Izmir, l'ancienne Smyrne et Kuşadası, "l'île aux oiseaux", deux destinations de départ à l'ouest comme départ.

Sur les sites historiques, ce sont les temples, les agoras, les théâtres qui se succèdent avec chacun leurs particularités.

0.jpgAphrodisias avec sa nécropole, Priène avec son Bouleuterion, la Méduse de Didymes comme refuge à la Pythie (plus habituellement représentée à Delphes), Milet avec son fleuve Méandre qui a donné son nom au nom commun et j'en passe sur un véritable chapelet de vestiges antiques qui n'a rien à envier à ceux de la Grèce.

Pour la nature et la vue extraordinaire, il y a Pamukkale (le "château de coton") avec ses bassins d'eaux salées qui forment une tache blanche et qui se voit de très loin, sur un fond de montagnes grises.

Au Sud, à la Côte turquoise, Sidé et Antalia. Ils seront le départ de notre escapade vers la Cappadoce, mais avant cela, de petits sauts pour connaître le littoral sud.

Sidé, déjà, c'est se retrouver à l'époque d'avant Jésus Christ. Une agora, un théâtre, deux temples et non des moindres.

Nous qui fêtons, Belges, Saint Nicolas le 6 décembre, il serait temps de savoir qu'il vivait à Myra, une ville de la côte au sud. Protecteur des enfants, Saint Nicolas ou légende? Fils de négociant, devenu prêtre, c'est à peu prêt tout ce dont on est sûr. Quant au Père Fouetard, si vous avez une version turque, cela m'amuserait. Tout prêt, des maisons funéraires greffées dans la montagne font penser aux troglodytes.

Des fresques murales à Demre pour illustrer la vie du saint témoigneraient si ce n'était le comble de la non-reconnaissance, car ses reliques se trouvent dans la crypte de la "Basilica di Sa Nicolas" à Bari.

Entre Myra et Antalya que de panoramas, sur les baies, les orangeraies qui apportent les couleurs du contraste sur le bleu de la mer et du ciel.

Perge et surtout le théâtre, le mieux conservé d'Aspendos sont à mettre à l'agenda s'une visite. Déjà, une remarque, Aspendos (en grec ancien Ἄσπενδος) est une ancienne cité gréco-romaine. Ce qui montre les connexions avec les voisins et souvent ennemis.

La baie de Kekova montre une ville engloutie de la côte lycéenne avec un sarcophage à demi-immergé et des marches qui sortent de la mer, à l'abordage de l'île. Recouverte de maquis et d'oliviers, l'île était jadis habitée avant un séisme qui l'a enfoncée de quelques mètres sous le niveau de la mer.

Sous l'eau, là, il y a encore beaucoup travail de prospection et des découvertes historiques surprenantes à réaliser. Le navire Titanic était plus gros, perdu au fond de l'eau mais il attirait les convoitises et il y avait des investisseurs. Ici, l'histoire remonte bien plus haut, bien plus loin. On a le temps, pour en faire l'exploration mais il faut manifestement beaucoup des fonds financiers pour organiser les fouilles. Dès lors, on postpose. L'exploration sous-marine était interdite autour du site et les moyens pour sonder les ruines de manière officielle manquaient à l'époque. 

Mais, cap sur le centre du pays et la Cappadoce.

Certains le font à partir du Nord, d'Istanbul vers le Sud. Cette ville, à cheval sur deux continents, compte près de 20 millions d'habitants alors que la capitale, elle, n'en compte que 4 millions.

Pour moi, ce fut l'inverse en direction de la capitale Ankara. Une route qui monte sur le plateau turque et qui une fois arrivé, se parcoure avec une certaine lassitude. Aspect désolé, morne, sans arbres, peu de villages. Plateau avec une vision sur un horizon plat de chaque côté. Un autocar, limité à 90 kms/h, avec rappel du dépassement par un méchant klaxon, cela pesait encore plus. Heureusement, quelques arrêt au passage des caravanserails. Sulthanhani arbore une architecture seldjoukide. Les caravanes passaient par ici pour aller en Extrême-Orient et s'arrêtaient dans ces caravansérails constitués par un chapelet de gîtes tous les 30 kilomètres, représentant la distance correpondant à une journée de marche à dos de chameau.

Konia est sur la route. Tout y change. Véritable oasis dans un désert, il est le grenier à blé de la Turquie. Il y a 18.000 ans une mer intérieur alimentait la région. Ville religieuse et cloître des derviches tourneurs du 13ème siècle. Lors de ma visite, ce furent des mannequins qui rendaient la scène plus ou moins vraie. Mevlana, fondateur de la confrérie soufie mystique, y est enterré avec d'autres sarcophages. Et l'endroit est ainsi devenu un haut lieu de pèlerinage.

Cappadoce, un cap mais loin d'une péninsule dirait Cyrano

0.jpgEnfin, la région de la Cappadoce qui approche avec son sol devenu crayeux. La Cappadoce, la région la plus visitée de Turquie comprend 15.000 km2 (la moitié de la Belghque) que l'on peut survoler en ballons. Miracle de géologie, constitué, il y a 20 millions d'années, par les volcans Erciyes ("Argée", altitude 3916 m) et Hasan Dag, qui ont comblé quelques milliers de kilomètres de lave, de cendres et de basaltes. Les roches tendres de tuf ont été érodées, sculptées par le vent et les ruissellement d'eau en des cônes rocheux, appelés "cheminées de fée", haute de 40 mètres et qui parfois prennent des allures de gigantesques champignons si pas coïtales. Paysages lunaires et féeriques en surface. Galeries souterraines en dessous. Des habitations troglodytes, creusées par les hommes depuis la préhistoire qui constituaient des abris pour s'y cacher pour se préserver des attaques et les invasions. Les premiers chrétiens s'y sont cachés. Terre chrétienne, byzantine pendant seize siècles jusqu'en 1923, année pendant laquelle la population grecque fut échangée contre les Turcs du Bosphore. Elle devint ainsi musulmanes à tendance chiite. Dans les maisons, électricité mais pas d'eau courante si ce n'est via les ruisseaux. Surnatalité, chômage et émigration que le tourisme va progressivement espacer avec la vente de poteries et le résultat du travail du coton et des tapis (le kilim).

Granges, étables, chambres, reliées par des couloirs formant des villes souterraines, avec jusqu'à 7 niveaux se superposent. Refuges, dans une température constante, pour 60.000 personnes jusqu'à 75 mètres en sous-sol avec entre les étages un énorme pierre pour sécuriser. 0.jpg

La visite sous-terraine de Kaymakli peut d'ailleurs provoquer un sentiment de claustrophobie. S'habituer à la lumière du soleil en sortant pour ne pas en devenir aveugle pendant quelques instants.  Des chapelles, des couvents et des églises dans les parois rocheuses. Des graffitis qui se mélangent au fresques dans des églises rupestres. Construites au Xe siècle par des chrétiens et décorées de fresques colorées. Superbes témoignages de l'art byzantin. Pour les découvrir, le meilleur moyen est une balade dans les riches vallées de Cappadoce, dont la plus connue est la vallée de Gorëmme que l'on peut survoler en nacelles de ballons. Vallées de la Rose, du Rouge, du Soleil, des Pigeons, les noms ne manquent pas aux promeneurs ou aux avionneurs d'un jour.

La région d'Ürgup fait poussé la vigne, fait sécher le raisin sur les toits avant d'être envoyé vers Ankara et Istanbul avec les tomates, les figues et les pistaches. Sur le site de Zelve, inhabité, abandonné à la suite d'un glissement d’airain en 1952, on s'y attend encore à rencontrer les anciens habitants, tout est resté tel quel.   

Sur un mur, un "carré magique" de mots écrit l'un sous l'autre ( SATOR, AREPO, TENET, OPERA, ROTAS) que l'on peut lire dans tous les sens, dans la basilique pythagoricienne, reste une surprise.    

Uçhisar, un village qui combine les maisons troglodytiques, des pigeonniers, aussi, posées sur une colline, le Kale (="château") et qui devient, ainsi, le point culminant de la Cappadoce avec ses 1.300 mètres d'altitude. Vingt étages de galeries se superposent comme un véritable labyrinthe. L'élevage des pigeons remonte à l'antiquité. Leur fiente apporte l'engrais agricole.

Il fut le décor choisi par Paolo Pasolini pour son film "Médée" avec Maria Callas.

Endroit mystique, réservé à la méditation et à la retraite, sous le soleil couchant.   

 

Histoire de la Cappadoce(source)

0.jpgMalgré son relief peu avenant, la Cappadoce abrite des civilisations depuis plus de 3 000 ans. Elle fut habitée dès la Préhistoire. Les Hattis, qui peuplaient la région au IVe millénaire avant notre ère, se soumirent à l'invasion des Hittites vers 1800 avant J.C. Les Hittites assimilèrent leurs dieux et leurs traditions. A la chute de l'Empire Hittite vers 1200 avant J.C., la Cappadoce entra dans une période d'instabilité. Les Phrygiens régnèrent un temps sur la région.

Au VIe siècle avant J.C., la Cappadoce fut conquise par les Perses. On la nomma Katpatuka, le « pays des chevaux de race ». A partir du Ier siècle, elle devint une province romaine avec Césarée (l'actuelle Kayseri) comme capitale. C'est à ce moment-là qu'elle accueillit les chrétiens qui fuyaient les persécutions des Romains. La Cappadoce devint un important foyer du christianisme. A partir du IXe siècle, les moines et les ermites creusèrent des monastères et des églises dans les roches et les falaises. Ils reproduisirent la construction classique des églises (nef, narthex, transept, coupoles..). Sur les murs ont été peints des scènes bibliques en fresques. A l'abri dans les rochers, certaines échappèrent à la "guerre des images" (iconoclasme) et nous sont parvenues dans un assez bon état de conservation.

Au VIIIe siècle, les habitants imitèrent les moines. Pour échapper aux troubles qui agitaient la Cappadoce, ils creusèrent à l'intérieur des rochers des cachettes qui devinrent ensuite de véritables villes souterraines sur plusieurs niveaux. Ils pouvaient vivre ainsi plusieurs mois, en totale autarcie. Une manière de confirmer l'adage "Pour vivre heureux vivons caché".

A partir du Xe siècle, la Cappadoce connaît une période de paix et d'oubli durant laquelle les monastères fleurissent. Le XIe siècle voit l'arrivée des Seldjoukides dans la région. Sous leur règne, la Cappadoce renoue avec la prospérité commerciale. Mosquées et caravansérails (sortes d'auberges-entrepôts) sont construits dans les villes d'Aksaray, Nidge et Kayseri.

La Cappadoce demeura une zone d'échanges pendant cinq siècles jusqu'à la découverte d'une nouvelle route maritime au XVIe siècle qui récupéra tous les flux de marchandises. La découverte de ses églises rupestres en 1907 par un prêtre français l'a remise au goût du jour. Le tourisme date de 1980. Le Club Med qui s'y installé, a fait explosé le tourisme.

Turquie et politique d'aujourd'hui.

Parler d'histoire, c'est aussi finir par parler politique à la turque.0.jpg

Suite à un voyage de 1987, à Chypre, ce fut "Le chic, le chèque et le choc" sous l'administration grecque. Le chic et le choc, y sont toujours. Le chèque n'est plus de rigueur. De la Chypre du Nord, on pourrait plutôt l'appeler "Le pays qui n'existe pas" parce qu'il y a eu une sorte de boycott international. Représailles à l'invasion de l'île en 1974. Le mur de Berlin a sauté depuis longtemps, mais pas à Nicosie malgré quelques tentatives avortées. Chypre grecque, trop liée à la Grèce du continent, a appelé officiellement à l'aide financière de ses partenaires. Le pourcentage pourrait s'élever à la moitié du PIB pour redresser les banques et l'État chypriote.

En 2004, le PIB par habitant dans la partie sud grecque était de 18.000 euros et de 8.000 euros dans le nord turc. Un référendum s'est soldé par un échec. Les sudistes grecques refusaient de financer les nordistes turques moins riches économiquement.

En mai 2010, le fait que neuf activistes turcs tués lors de la tentative de secourir Gaza, alors que la partie grecque a des accords avec Israël, a augmenté le contentieux entre les deux parties. Depuis, en Méditerranée, 280 milliards de mètres cubes de gaz, récemment découverts au large sud de Chypre, génère le mécontentement des Turcs et est lorgné par la Chine et la Russie.

0.jpgAnkara avait menacé l'UE de geler toutes les relations avec elle si Chypre, non réunifiée, exerçait la présidence comme prévu. Échanges donnant-donnant, mais statu quo, pas de Turquie, même si elle le voulait encore, dans l'UE.
En 2007, une crise a révélé la division de la Turquie, entre une opposition kémaliste pro-laïque et les partisans de l'
AKP.

Depuis ce 1er juillet, Chypre assure la présidence tournante de la Communauté européenne pour 6 mois sous la présidence de Christofias. Cela peut donc faire désordre.

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Retour de manivelle, Chypre devient ainsi le cinquième pays de l'Union monétaire à faire appel à l'aide financière de ses partenaires. Le gouvernement chypriote pourrait demander 1,8 milliard à la zone euro pour recapitaliser sa deuxième banque, "Popular Marfin Bank".

En 2006, de la Turquie, j'en avais parlé dans des "Trucs pour les Turcs". A cette époque, la Turquie était bien candidate pour entrer dans la C.E.

Depuis, il est fort probable que le désir soit beaucoup moins fort.

Désormais, la Turquie est le pays le plus fort économiquement de toute la région et il entend avoir une place prépondérante qui compte sur l'échelle des nations. Sa position stratégique, à cheval entre l'Europe et l'Asie, fait qu'il est l'allié rêvé des États-Unis, en même temps que celui d'Israël. L'Europe, trop idéaliste, si parfois son union fait rêver, ne fait plus le poids avec les cauchemars.

La Turquie doit faire envie à l'Europe avec ses 8,5 % de croissance du PIB en 2011, alors que son voisin, la Grèce connaît les problèmes majeurs de l'Europe. Une inflation qui plane aux environs de 10,4%.

0.jpgAtatürk est toujours considéré comme le fondateur de la Turquie moderne. C'est lui qui avait déplacé la capitale à Ankara, lui qui, sous son commandement des forces turques avait vaincu les armées arméniennes, françaises et italiennes... Nous n'en sommes plus là, même si le spectre de sa dépouille repose encore dans un mausolée sous bonne garde. L'esprit démocratique, plus affirmé, des pays de l'ensemble des nations ne le permettraient plus.

A l'ère d'Erdogan, la Turquie n'est plus ni européenne, ni asiatique.

Erdogan, bien que très populaire, doit garder cette popularité et composer avec des adversaires plus proches, avec une population tournée vers l'Islam à 80% et une armée laïque, et, sans doute essayer de les ressembler. Il voudrait bien laisser une trace de lui comme un digne successeur d'Atatürk. La démocratie a parfois des surprises sur prises. Et comme le rappelait un journaliste chinois au sujet du "Piège des élections" d'un politologue: la majorité n'a pas toujours raison et qu'arriver au pouvoir c'est une chose et comment le quitter en est une autre (cf le 1er commentaire). Ce qui se passe en surface n'est parfois qu'une pale figure de ce qui se passe sous elle.

Alors parfois, la Turquie bande ses muscles, ce 26 juin, devant l'OTAN à Bruxelles. Position stratégique avec un pied en Europe et un autre en Asie, c'est aussi se retrouver à proximité des conflits. Comme voisin, il y a eu l'Irak, le problème des Kurdes, voici celui de la Syrie. 0.jpgUn avion turc abattu pour violation de l'espace aérien syrien ou un simple rappel que la Turquie a encore quelque chose dans le pantalon? Madame Clinton disait que ce incident était inacceptable, avis confirmé par l'OTAN.

Les réfugiés, en provenance de la Syrie, cela commence aussi à bien faire. Le torchon brule ou rebrule. Les touristes sont très rares de ce coté est, sud-est. Les témoins médiatiques se concertent.

Les relations avec la France étaient à l'orage avec la reconnaissance du génocide arménien.

L'ère de Sarkozy est finie. Place à celle de Hollande et cela se réchauffe. Rien n'est jamais immuable en politique.

Une écrivaine Elif Shafak choquait la Turquie en s'affichant dans une publicité pour une carte de crédit. Ce serait rien d'anormal chez nous, mais nous sommes en Turquie et les susceptibilités ne sont pas les mêmes. 

Alors quand on parle des problèmes de la Grèce et qu'une journaliste turque est là pour donner son avis et l'impression turque, face à une grecque, c'est immédiatement le rejet comme dans ce Kiosque (09:00-14:00) qui ressurgit, appuyé par le québecois: "Pour les Turcs, les Grecs n'ont jamais travaillé assez". On aurait cru entendre Madame Merkel. Clichés? Pas seulement, nationalisme, aussi. Et qui sait, une certaine jalousie de part et d'autre de la Méditerranée. Car des deux côtés, on s'est chamaillé, on s'est pacifié, mais on se regarde toujours en chien de faïence.

0.jpgUne expression française dit "Fort comme un turc". L'expression est née 1453, un peu après la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. S'il y a des Turcs qui détiennent des records du monde en haltérophilie, avant que la Turquie ne devienne ce qu'elle est aujourd'hui, il y a eu l'Empire ottoman bâti par un peuple de guerriers à coups de conquêtes en Europe, en Afrique et en Asie. Ces combattants turcs ou ottomans impressionnaient par leur force, leur courage et aussi leur brutalité, leur cruauté. Au XVIIe et XVIIIe siècle, le Turc symbolisait l'incroyant, l'ennemi brutal. On disait de quelqu'un de rude et de sans pitié qu'il était "un vrai Turc" et traiter quelqu'un "à la turque", c'était le traiter sans ménagement. Aujourd'hui, cette envie d'être fort se retrouve dans le sport de lutte, pendant laquelle tout huilés, les Turcs s'affrontent à main nue.0.jpg

Les spécialités de la Turquie? Le travail de l'or, de l'or qui coulerait à flot lors de mariages. La créativité aussi. Elle se retrouve dans le design et au cinéma où la vie des sultans ottomans apparait en long et en large. Un passé prestigieux mis au goût du jour.

Un GEO de 1982, avait un article avec le titre de "Troglodytes de la foi". "Voyager en Turquie, c'est dialoguer avec l'Histoire. On y marche à travers les siècles. En Cappadoce, il faut un corps d'acrobate et une tête de penseur pour garder son équilibre et sa raison", disait l'auteur. 

Alors, si d'aventure, vous mettez le cap sur la Cappadoce, habituez-vous toujours à boire du café turc. Un café bien noir avec un fond bien serré à couper au couteau. Ou alors, un thé à la pomme, ou un Raki (version turque de l'ouzo grec, du pastis français) avec le baklava sucré, si vous n'aimez pas le café. Cela fera très bien passer la cuisine turque, l'une des plus riches du monde. 

C'est une manière habile de se mettre dans l'ambiance. Surtout, ne dites pas que le baklava est d'origine grecque et encore, moins qu'il y est meilleure.

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Mais si vous voulez communiquer avec un Turc, quelle langue utiliser? Cela dépend où.

Le turc, là, ce n'est pas aussi simple. A l'hôtel, l'anglais. Dans la rue, c'est l'allemand qui sera la première tentative du Turc pour essayer de vous attirer dans leur magasin de bijoux.

Question religion, là, on pourrait rapprocher la Turquie de l'Egypte actuelle. L'armée reste une force incontestable que l'on ne peut ignorer ni au gouvernement, ni ailleurs.

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Tant de choses à dire et à faire en Turquie, un empire, un monde, à elle toute seule.

Turquie News tient à jour. Istanbul, ce sera encore un autre monde. Oui, avec ou sans humour, on bosse fort et pas uniquement au Bosphore même si les Dardanelles laissent parfois un goût amère avec le souvenir d'une bataille en 1915.

Vous en ai-je trop dit ou pas assez, vous en voulez en plus sous forme certainement d'images alors, clic, clac, c'est ici....

 

L'enfoiré,

 

Un site de plus, sur la Cappadoce....

0.jpgVendredi dernier, "Faut pas rêver" sur France3, présentait la Turquie d’Istanbul aux confins de l’Anatolie, en passant par les paysages uniques de la Cappadoce, une traversée de la Turquie d’ouest en est. Un voyage de 1.500 km entre Occident et Orient, plein de charme et de saveurs…

Je vous avais prévenu, juillet serait un mois de voyages...

L'exotisme s'y retrouvera aussi comme nous allons le voir dès la semaine prochaine.

Proverbes turcs:

  • « Le sage ne dit pas ce qu’il sait, le sot ne sait pas ce qu’il dit.  »
  • « Ne croyez pas qu'en laissant vos cheveux chez le coiffeur, vous l'avez payé. »
  • « Le vinaigre trop acide ronge le vase qui le contient »
 

 

0.jpgMise à jour 06/07/2012: Le chypriote Demetris Christofias disait, dans son discours-fleuve d'investiture, qu'il va prendre un tournant très politique pendant sa présidence et qu'il va mettre en avant ses préférences. Son hostilité vis-à-vis de la Turquie, son amitié avec la Russie en feront partie. Dramatiser à l'extrême avec son grand voisin turc et rappeler que la Russie n'est plus comme avant.
Pas question de parler des faiblesses du côté financier qu'il réserve aux questions-réponses. Son effort pour unifier l'île depuis 2008 qu'il dit "Nous faisons un pas en avant et deux en arrière". Des Turcs du Turquie qui sont exportés dans la partie nord de Chypre d'une manière organisée à tel point que les chypriotes nordistes sont inquiets de perdre leur personnalité.
La Turquie va boycotter la C.E. pendant 6 mois. Chypre a déjà demandé de l'aide de 2,5 milliards à la Russie en décembre, il a réédité cette action en même temps qu'à la C.E. Beaucoup contes de fées sur Chypre....
Une conclusion pourrait être "Les amis de mes amis sont mes amis, du moment qu'ils ont du répondant".

 

0.jpgMise à jour 26 décembre 2012: L'indice vedette ISE100 de la Bourse d'istambul a progressé de 50% en 2012. Superperformé parmi les pays émergent comme le Mexique, la Corée du Sud et l'Indonésie. Cela après une récession de -5% en 2009.

Dans les "next eleven" de Godman Sachs..

La question est "La fête va-t-elle durer?" Une nouvelle phase de croissance plus "souple" en 2013? 

 

0.jpgMise à jour 03 juin 2013: 1.jpgEvénements à Istambul et Ankara0.jpg

25/06/2012

Sois belge et tais-toi en Si Bemol Majeur

Non, c'est décidé, je ne vais pas vous raconter mes dernières vacances sur le Lac Majeur. Pourquoi, vous en parlerais-je ? Ce serait un remake et je n'aime pas les remakes.

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C'était il y a deux ans, déjà.

Il s'agissait de vacances au Lac Majeur et j'en avais écrit un billet "Il chauffe sur le lac Majeur". Pour l'occasion, j'avais essayé de comprendre pourquoi Mort Shuman avait chanté « Il neige sur le Lac Majeur » avec la même intonation qu'il avait réitérée dans son autre chanson « Sorrow ». Vraiment, à pleurer pour des mois, cette manière de décrire un tel paysage...

Non, zut, je ne vais pas vous repasser la pommade ni ressasser le passé. C'est promis. Je vais même aller un peu à contre-courant.

Cette année, même endroit, Stresa et même hôtel, mais ce sera un sujet différent qui pourrait avoir un goût, un tantinet plus philosophique en finale.

Même personnel. Embrassades garanties au menu à l'arrivée. Notre maître d'hôtel préféré, «comediante, tragediante» était là, toujours aussi charmeur pour ces dames. Pensez à l'autre italien d'origine, Yves Montand dans « Garçon » et vous vous en approcherez. Rire et faire rire, pour techniques essentielles... Tout à fait dans la note enfoirée...

Presque frisquet en arrivant sur le lac. Avec la pluie par intermittences, un soleil boudeur et un orage qui jouait des claquettes entre les nuages, cela faisait penser à la Belgique. Instabilité et chaleur moite par après. Ce n'est que plus tard, que tout a changé... progressivement mais sûrement, jusqu'au dernier jour pendant lequel le soleil a pris des allures de plomb fondu.

Incroyable, mais vrai. Pas un Belge à l'horizon, une fois. Ni à droite, ni à gauche, ni devant, ni derrière. Cherchons l'erreur, une fois.

Mais où s'étaient-ils réfugiés ces Belges qui aiment le soleil pour leurs vacances ?

En Espagne, en Grèce, là où on rase gratis ou presque, à cause de la crise ? A la côte belge, là, où on mange des frites et puis des moules parquées avant d'entamer le steak de résistance? « Humanistiquement », tout commençait sous les meilleurs auspices mais avec une teinte très anglophone, très "british minded". 0.jpg

Un tour dans le garage de l'hôtel apportait toutes les confirmations voulues. Des plaques auréolées de « I », de « CH », de « GB », de « D », de « NL », de « F » et, enfin, d'un « B » de votre serviteur.

Pas même, un G8 en présence, donc. Pas même un "EU". Est-ce cela l'Europe? Ah, oui, c'est fédéraliser, mutualiser. J'oubliais déjà...

Pour faire sensation, quelles sont les voitures sur lesquelles les regards des passants se retournent et puis se cabrent? La Lamborghini, la Ferrari et... la Fiat 500 Nuevo.

La question que l'on se pose dès lors: comment la crise est-elle ressentie par ici?

La réponse reçue: "actuellement, avec le tourisme, les sanitaires et la robinetterie lombarde, cela marche. Les réservations de chambres font le plein. Souvent pour quelques jours.".

Un peu d'exotisme sans voitures venait s'y greffer à l'hôtel. Des Japonais qui, dans un symposium, étaient venus emphaser les réalisations d'une société, vanter un futur prometteur dans les domaines de la hautes technologies, de la nanotechnologie, sensés apporter le bien-être et le confort dans un monde de demain. Faire rêver l'espace de quelques jours par temps de crise pour exister, cela se prépare toujours avec minutie...

0.jpgPas de G20 au Mexique pour parler de croissance, ni de Rio+20 ans pour parler d'altermondialisme. Ici, ce sont des « haltérophiles enthousiastes » d'un autre genre. Ici, on croit à la croissance.

Si pas de Belges, me verrais-je, à un moment confronté, avec un francophone ?

De manière inattendue, oui...

Un soir, lors d'une promenade en ville, voilà t'y pas qu'une réflexion en français fuse en provenance d'un petit groupe de femmes et parvient à nos oreilles.

-Tiens, cela fait la troisième ou la quatrième fois aujourd'hui que je vois ce couple, dit l'une d'entre elles.

L'oreille fine de mon épouse vibra. Elle se retourne et dit avec le sourire en coin :

-J'espère que ce n'était pas une fois de trop.

La dame croyait, elle aussi, se trouver dans un monde exempt de francophones.

Toute confuse, elle accuse le coup :

-Je ne savais pas que vous parliez français. Heureusement que je n'ai rien dit de mal sur vous, fit-elle avec les pommettes plus rouges que par le seul effet du soleil.

Sourires partagés des deux côtés.0.jpg

Mais où se cachent-ils ces francophones et puis ces Belges, qui brillent encore plus par leur absence ?

Tilt. Les élections en France sont la cause de cette désertion, me dis-je.

Les législatives de dimanche, cela commençait à faire vraiment lassant de réentendre les mêmes spots publicitaires de tous les partis en présence à dire la même chose mais avec d'autres mots. J'aurais dû m'en souvenir.

Dimanche soir vint. Vu le pourcentage d'abstention record, il était clair que ce ne pouvait être la seule raison. L'absentéisme des Français, ce devait être la crise. Celle-ci avait dû maintenir tous ses ressortissants à bord dans le périmètre de l'hexagone.

Quelques moments de rassemblements inédits, pourtant.

Le foot rassembleur, du moins quand l'équipe des bleus disputaient un match à l'Euro2012.

Il parait qu'il y a un art de célébrer un but. Il y a un autre pour le regarder à la télé aussi. Les Belges n'y étaient pas. Les Italiens capables de battre les Anglais? Ce fut le cas, mais au tir aux buts. Un Balotelli caricaturé en King Kong raciste devait avoir donné du mord aux dents..

0.jpgFaire du sport, c'est aussi pouvoir le regarder avec philosophie et sans excès fous. Transgresser la règle qui a mené à deux morts connus devant la télé. Un célèbre Thierry Rolland qui disait "Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille" et puis un Chinois, anonyme, de 26 ans, du nom de Jiang Xiaoshan, décédé après avoir regardé l’Euro pendant 11 nuits consécutives, sans dormir. Le foot, un sport plus dangereux sur le terrain ou à la télé? Très peu pour moi. On se le demande encore...

La télé en langue française, France2 et France3, si elle est là, c'est pour permettre de se rendre compte des événements mais pas d'en mourir. Alors, il y a des tweets malheureux qui font le buzz pendant des jours et qui font sourire en coin.

Tout à coup le bon côté de la pluie, des orages, apparaît. Pas uniquement pour rafraichir l'atmosphère, d'ailleurs. Beaucoup plus pragmatique, on apprenait qu'en France, la pluie avait fait le plein dans les citernes et comblé les nappes phréatiques. Prête pour l'été, donc.

Pendant un temps de vacances, n'est-ce pas, aussi, une bonne occasion pour s'écarter d'Internet? Se déconnecter du monde... Au début, cela semble étrange et puis, on arrive à aimer.

D'écouter les autres, de sourire, au besoin, de faire semblant de comprendre quand la compréhension linguistiquement n'est ni au top, ni homo-phoniquement au zénith. Une grève de tout, une trêve avec les autres et avec soi-même. Non, c'est nouveau mais c'est béatifiant. A la fin, on n'y pense même plus qu'on n'a pas de connexion Wifi. 0.jpg

L'enfoiré, prends ton livre "La chute des Géants" de Ken Follet, gros comme une bible dont le premier volume raconte les "destinées imbriquées de cinq familles américaine, russe, allemande, anglaise et galloise,  à travers la Première guerre mondiale et la Révolution russe". Je ne pouvais trouver mieux pour meubler le temps et l'espace. Des acteurs qui viennent de partout et qui ont chacun leur propre histoire.

Puis, quand on en a assez de lire, poursuivre, aussi, l'écriture d'un roman feuilleton. D'une fiction ou d'un thriller? Allez savoir... Un peu de suspense dans une fiction plausible et le compte sera bon. Dans un autre cadre exotique... Aucune interactivité nécessaire dans ce cas, si ce n'est en donnant la parole à chacun des interlocuteurs de l'histoire.  On en reparlera bientôt...

« Sois Belge et tais-toi », l'enfoiré,fais ton théâtre en dehors des planches et des fils de la Toile.

Puis, il y a le portable, ce bon vieux GSM, qui en plus de téléphoner, fait tout, à part cuire des œufs sur le plat en échange d'un peu d'électricité ingurgitée - mais tellement vite consommée -, qui restitue musiques et bien d'autres choses enregistrées.

Je vous sers souvent des « Cafés serrés » du matin. Podcastés pour les jours de morosité, avec le temps, ils prennent des allures tout aussi hilarantes, sinon plus.

L'un d'entre eux, présenté par notre flamand préféré, Bert Kruismans, a retenu mon attention. C'était diffusé le 25 mars 2011. Il parlait des problèmes belges et nous étions encore loin d'installer un nouveau gouvernement.

0.jpgIl parlait du contact qui s'était détérioré entre Bart Dewever et le journal Le Soir. C'était la déprime politiquement. Aujourd'hui, c'est plutôt à cause du climat.

« Het bottert niet » (« cela ne beurre plus ») entre eux, disait-il. Un feuilleton mélo était en préparation. Une fin de non-recevoir ou seulement de « pas-bien-donné ».

En cause, un article de 5 pages dans lequel un journaliste du Soir expliquait aux Flamands, en un néerlandais approximatif, ce qu'il y avait de négatif dans les relations entre Wallons et Flamands.

Cinq pages de reproches, de prises de positions malheureuses, d'après Bert Kruysmans. Cinq pages qui n'auraient pas trouvé de lecteurs ni d'échos dans le nord du pays alors qu'il aurait fallu, plus simplement, émoustiller quelques esprits flamands avec les réalisations du journal à leur bénéfice pour gagner le cœur des Flamands. Cité en exemple, des cours Assimil de la langue flamand à l'attention de Wallons, mais qui malheureusement était enseignée par des Hollandais avec l'accent des Pays-Bas. Les utilisateurs de cette méthode auraient ainsi trop l'air d'être des « Wallons cachés », concluait Kruysmans, non sans humour.

La morale de l'histoire, je vais la rechercher dans une anecdote qui m'était arrivée à l'hôtel, près de la piscine.

Un Anglais de 78 ans (je l'ai su par après), s'évertuait à prendre son premier bain. Volonté d'imiter son prochain ou simplement de se rafraîchir? Nul le sait. Visiblement avec beaucoup de difficultés pour trouver la synchronisation des mouvements de la brasse. Je l'observais d'un œil distrait. Il faut savoir que le fond de la piscine en question prend brusquement trop de profondeur pour quelqu'un qui a l'habitude de trouver un fond à sa bonne mesure comme refuge. Panique sans bord en perdant pied et bataille contre cette eau qui lui inflige une leçon de natation qu'il aurait aimé avec plus de douceur. 0.jpg

Je l'avoue, je n'avais pas encore fait ma B.A. de la journée. Vous savez ce 'truc' que l'on dit et qui fait, par après, du bien au moral mais qui ne nécessite, au départ, aucun calcul savant prudentiel. D'un élan, j'ai sauté dans l'eau et ai ramené l'imprudent sur le bord de la piscine.

Anglais ou pas, les langues se délient alors sans aucune autre forme de procès.

Pour huiler une conversation de salon british, pourquoi ne pas parler du « Queen Jubilee » ? Son épouse en connaissait un long bout sur la question royale. De toutes manières, jamais, il n'a été question de trouver un « Bruxellois caché » en moi.

Ce 24 juin, des événements. Les Bleus qu rentraient à la maison, le Frère Musulman Morsi était élu président en Egypte, mais aussi, il y avait aussi 200 ans que Napoléon envahissait la Russie comme le rappelait Kiosque dans "C'était il y a" (44:00-53:00). C'était un hiver, un hiver qui pourrait faisait mieux le lien avec Mort Shuman et sa neige du Lac Majeur. Une retraite...

La langue de Shakespeare, pour l'avoir utilisée pendant quelques décennies, laisse des traces indélébiles. Ne pas la pratiquer régulièrement rend seulement les automatismes plus lents. Si ce foutu bras du disque DAT « Direct Access for Translation » a parfois plus de mal à trouver le bon sillon, il n'y eu aucune remarque dans ce sens.

Le lendemain, je rencontrait le préposé à la surveillance de la piscine et lui dis avec un sourire narquois :

-Nobody to save today ? I'm ready now.

Pris à contretemps, il me rendit seulement mon sourire. Son italien devait être en panne de traduction.

Les gestes qui sauvent, eux, ne demandent jamais de traduction par des mots.

Les derniers jours du séjour, les Français sont arrivés. Sortis de leur hexagone. Plus moyen de les faire taire dès lors. Les Belges, eux, restaient toujours aussi cachés ou plus malicieux ou se sont tus.

Ne vous ai-je pas donner envie par ce billet? Pas assez du style publicitaire à vos yeux. Presque une contre-pub. Vous y inciter à y aller, mais pas trop. La nature, le silence sont parfois bien suffisants. Vous y serez comblés. Sans la télé, sans Internet, ce fut un break tout à fait profitable. Et puis, je ne vais pas faire trop de bruits et ameuter tout le monde dans un petit paradis. Pas folle la guêpe ! Je tiens à y retourner, un jour et que cela n'ai pas trop changé...

Votre serviteur belge est retourné dans ses pénates. Il a mis le "cruise" en fonction. Vous savez ce machin qui met un truc dans le bazar pour atteindre la vitesse maxi permise sans se faire flasher. Le vendredi après une température sur le lac qui frisait les 40°C et le dimanche, à Bruxelles, avec la pluie, le vent et 15°C maxi, cela faisait une "légère" différence. Pas l'envie de prendre mon vélo sous la pluie. Contrastes en tout.

Ce dimanche, c'était la fête au Québec que Pierre rappelait avec quelques poèmes québécois à cette occasion. L'un d'entre eux m'a plu car il nous ressemblait: "La souveraineté du Québec n’est pas une rupture sauvage avec le Canada; c’est tout simplement une reconnaissance explicite et officielle qu’il existe dans ce pays, deux entités de cultures différentes qui doivent se respecter mutuellement et vivre dans le respect l’une de l’autre (Raymond Gravel – Prêtre dans le diocèse de Joliette)".

0.jpgL'après-midi, un " Spécial Belgique" pour dernier "Vivement dimanche" en présage au départ du Tour de France à Liège de la semaine prochaine. La Belgique et le Tour de France, de vieilles connaissances. Eddy Merkx, devenu baron, était là. Léon Zitrone savait en parler avec emphase. D'autres champions étaient rappelés...

Dans la chanson, défilèrent les purs de souches, comme Annie Cordy, également baronne et Jean Vallée, les Italiens comme Adamo, Frank Michael, Frédéric François... Italiens de la nième génération...

D'autres en clips en clins d’œil les autres belges comme Mauranne, Axelle Red, Plastic Bertrand, Lio, Lara Fabian, Viktor Lazlo, Philippe Lafontaine, Arno, Jali...

Au cinéma, François Damiens, Helena Noguerra, actrice dans le film déjanté "La Clinique de l'amour"...

Les humoristiques Frères Taloche, Virginie Hocq dont les sketches de départ restent leur marque...0.jpg

Le français et le néerlandais étaient toujours en arrière plan. Flamand, wallon que Virginie a tenté de passer à Drucker via l'accent belge intégral. Tout y est passé.  

La Belgique, une terre d’accueil ou on parle en "charabia", en quelques sortes. 

Mais la vie continue...  sois belge et tais-toi, mais pas trop, même en Si Bemol Majeur avec une note tonique...

En passant des Macaronis aux Patates frites, du vino rosso à la bière, en quelques sortes... On ne pouvait trouver meilleur symboles.

Pourquoi pas "A bicyclette" comme le chantait, Sacha Sprengler, dans un spectacle "Je voudrais que tu te souviennes" .

Deux refrains légèrement modifiés à la chanson de Sébastien "Ah, si tu pouvais fermer ta gueule pourrait toujours resservir un jour...

Les paroles originales et un karaoké déjanté qui irait très bien dans le cadre:

Ils font rien qu’a nous faire des promesses
Qu’ils ne tiennent jamais
La seule chose qui les intéresse
C’est d’passer à la télé

Tout pomponnés
Tout maquillés
Ils viennent parler au journal
Pendant que monte du fond des cafés
Le son de la chorale

 Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Et puis y’a tous ceux qui font des débats
D’la philo à deux balles
Y’a c’ui qui est pour
Et y’a c’ui qui veut pas
Et ça parle et ça parle

Tout pomponnés
Tout maquillés
Ils viennent vendre leur salade
Pendant que monte du fond des cafés
La grande sérénade

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Et puis y’a moi qu’en fait partie aussi
Faut toujours que j’la ramène
Comme si on disait pas assez de conneries
Faut que j’y rajoute les miennes

Tout pomponnés
Tout maquillés
J’vous promets
J’vous en voudrais pas
Vous avez le droit du fond du café
De chanter aussi pour moi :

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça nous ferait des vacances
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien à la France

Cette chanson je l’ai faite pour vous
Les français, les françaises
Allons enfants, ça s’ra notre hymne à nous
Notre marseillaise
A la maison, à ton bureau
Quand t’en auras marre d’écouter
Le casse-bonbon qui parle trop
Tu pourras lui chanter :

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Sans Internet, sans litanies
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Cela plairait à l'Italie

Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça changerait de musique
Ah si tu pouvais fermer ta gueule
Ça ferait du bien en Belgique

 

L'enfoiré,

 

Mais je le sens vous voudrez des images et des photos. Je les choisirai pour montrer que sur le lac Majeur, les maisons ressemblent toutes à des chateaux et les chateaux à des maisons 

 

0.jpgCitations:

  • "Tradutore, traditore (Traduire, c'est trahir)", Proverbe italien
  • « La grande différence entre un Italien et un Français, c’est qu’en mangeant des spaghettis, l’Italien peut penser à autre chose. », Anonyme
  • « L'Italien est sage avant coup, l'Allemand sur le fait, et le Français après coup. », Proverbe italien

 

Annonce: Chers lecteurs, Nous sommes à la veille de grandes vacances, de voyages aussi. Le mois de juillet sera un mois dans lequel "Réflexions du Miroir" s'attachera à cette idée de voyages, anecdotiques, informationnels et structurels. Articles qui ne seront pas tous écrits par votre serviteur.

16/06/2012

Le monétarisme vaudou

On vient de voir que les chiffres font un malheur dans le monde du numérique. Pour vivre en société, il faut apprendre à compter avec l'économie en arrière plan de tous ce qui constitue une vie d'échanges entre les hommes. L'expansion de la base monétaire sans précédent depuis ces dernières années inquiète. Tout n'est plus qu'argent. Appeler un vaudou, un exorciste pour vaincre ce veau d'or ou plus simplement, vaincre le monétarisme en redonnant les pouvoirs de créer l'argent à ceux qui en les droits pour le bien de tous. C'est toute la question.

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Le monétarisme pousse à penser que l'État est nuisible comme intermédiaire suivant le courant de l'économiste Milton Friedman. Le message est de laisser faire le marché puisque l'inflation et le chômage vont de pair temporairement. 

En Europe, en deux mois, la BCE a injecté 500 milliards d'euros sous forme de LTRO. Après la Grèce, elle devra agrandir la note avec la facture de l'Espagne. Le weekend dernier la note globale s'élevait entre une fourchette de 40 et 100 milliards d'euros.C'est ce qu'on peut appeler avoir une bonne fourchette...

Fin de rally ou simplement un recul pour mieux sauter? Il faut garder le souffle devant les montants avant l'échéance suivante qui suivront les élections législatives en Grèce.

Depuis 2008, on serait passé de 1,3 trillions à 3 trillions d'euros, ce qui équivaudrait au PIB d'un pays comme la France, 5ème pays monétaire dans le monde.

L'achat d'obligation souveraines pour 300 milliards pour donner une source de liquidité aux banques.

Les banques ont acheté des obligations de leurs pays en échange, avec des échéances à courtes durées.

Il fallait rétablir la confiance et cela a marché ... temporairement. Le 8 mars dernier n'était pas seulement le jour de la femme, c'était aussi un autre jour J pour la Grèce avant un autre jour pour trouver le système K, puisque le système "D" n'avait pas fonctionné. Demain, 17 juin, rebelotte, on arrive au système "S" de "Stop ou Encore". 

Les obligations ESM sont planifiés comme une source d'investissements à plus long terme et arriver à des obligations sans risques pour faire retomber le soufflé de la crise.

La pensée positive selon la méthode Coué? Petite touche par petite touche.

La restructuration des dettes budgétaires ne pouvaient que se passer sans certaines contraintes, sans larmes ni grincements de dents.

1.jpgUn pays ne peut en principe pas faire faillite, mais il peut se retrouver plusieurs années en arrière sans beaucoup de chance de rattraper son retard. La dévaluation de sa monnaie en est la conséquence logique. Dans une confédération de pays comme l'est l'Europe, avec une monnaie unique, les choses se corsent entre partenaires. Soutenir l'ensemble des membres ou couler ensemble.

Dire qu'il n'y a pas de limite serait suranné face à l'insolvabilité. Au risque de se saborder, il faut garder le "cap à l'Européenne", puisque à l'extérieur ou dans les marchés, ils n'attendent que le moment où l'Europe se casserait la pipe pour racheter au plus bas prix ce qui pourrait l'être. Une 'affaire de Pirée' reste encore en mémoire.

Une Europe à deux vitesses? C'est le vœux de l'Allemagne.0.jpg

L'Euro2012 qui pourrait être un espace de foot, c'est aussi de la politique économique. Des destins croisés qui se rencontrent entre une Pologne en bonne santé économique et une Ukraine qui donne une image rétrograde.

Aux États-Unis, le pli est pris depuis longtemps. Tant que le dollar reste comme monnaie principale d'échange et se retrouvent dans toutes les banques du monde comme monnaie de référence, grâce à une sorte d'habitude.

Si on ne comprend pas pourquoi l'argent n'est plus en pièces d'or, qu'il est passé au papier et puis en virtuel, c'est parce que l'alchimie du vaudou n'a pas fonctionné.

Les conseilleurs arrivent et poussent à le faire pour rester à flot. La Quotidienne d'Agora sous la plume de Alexandre Benazzouz, sortait, vendredi dernier, un article qui commençait par: "Les banques sont vulnérables, oubliez les stress tests !

0.jpgDe l'incertitude au bank run
Bankia est sur le point de représenter le sauvetage financier le plus cher de l'histoire espagnole. La quatrième banque du pays doit recevoir 23,5 milliards d'euros de fonds publics. La semaine dernière, la Banque centrale portugaise avertissait que "trois des quatre plus importantes banques du pays devraient recourir à une aide publique". Lisbonne prévoit donc d'injecter 6,6 milliards d'euros dans trois banques, les banques privées BCP et BPI et la banque publique CGD. Elles ne sont pas les seules dans la tourmente. Ces dernières semaines, l'agence de notation Moody's a dégradé une vingtaine de banques espagnoles et italiennes. Fitch, quant à elle, a abaissé au premier trimestre 2012 la note de 57 banques ; 30 d'entre elles sont en Europe de l'Ouest. Après la Grèce, faire chavirer le Portugal, l'Espagne et peut-être même l'Italie, ce ne serait pas la même histoire...

L'article avait été écrit avant l'annonce de la dégradation de trois crans de l'Espagne.

La présidente du Brésil, Dilma Roussef, critiquait, lors d'une visite chez Obama, les politiques d'expansions monétaires des pays développés qui font peser un risque sur la croissance des pays émergents.

Augmenter le nombre de billets en circulation, leur fait perdre leur valeur par rapport aux autres monnaies.0.jpg

Alors, la question reste: comment faire autrement?

On cherche toujours autant de milliards comme au début comme si l'on était en montée sur une pente savonneuse. Qu'on appelle cela "morphine monétaire" ou "monétarisme vaudou", c'est toujours fait du même tabac mais avec une autre odeur.

Le casse tête existe au sommet et à la base des citoyens. Aller de plus en plus vite dans les décisions ou dire courage fuyons !

Rendre l'argent de moins en moins cher. La baisse des taux d'intérêts des comptes à terme. Alors, que l'inflation est de 3%, le taux d'intérêts sur un terme d'un an, le banques ont fait chuter de 0,75% auquel on ajoute une prime de fidélité de 0,25%. Les banques ont peut-être oublié de changer les taux auxquels, elles prêtent leurs précieuses réserves monétaires. Je vous le laisse découvrir lors de votre prochain découvert.

0.jpgPerte de capital programmée, donc. Pour celui qui détient quelques économies, la tendance est donc de consommer tout de suite ou de chercher à trouver une forme plus rentable de placement et repasser insensiblement à la spéculation, aux placements à risques et se lancer dans les actions en devises pas nécessairement européenne. Le mot d'ordre, désolidarisons, il en restera toujours quelque chose. Se passer de l'argent, échanger un bien contre un autre.

La réponse à la relance de l'économie, est-elle sous ce lien qui met en opposition les deux systèmes utilisés et qui dit:

"Qui, de la Fed ou de la BCE, a fait le plus pour relancer l’économie ?

La Réserve Fédérale des États-Unis a effectué deux opérations de ce que l’on appelle « quantitative easing ». Dans le quantitative easing, la banque centrale rachète d’importants montants d’obligations souveraines avec les fonds qu’elle a obtenus des dépôts reçus des banques pour baisser les taux d’intérêt de long terme. La Fed fait de la « transformation » : elle utilise des actifs de court terme pour financer des titres de long terme. Et grâce au différentiel de taux entre les deux types d’échéance, elle peut encaisser une marge d’environ 2% sans avoir à supporter un « risque de crédit ». Son risque, c’est que son coût de financement dépasse ce rendement, mais comme c’est elle qui fixe les taux d’intérêt de base de court terme, il y a très peu de chances qu’elle choisisse de miner sa marge de manœuvre en les augmentant. Ah, oui, j'oubliais, la FED, chante et danse aussi: "Let's Twist again". Maintenant, il y a aussi le chartalisme avec tractations en horizontales ou verticales.

La BCE a mené deux programmes de « LTRO » (Long-Term Refinancing Operation), injectant plus de 1.000 milliards d’euros de prêts à 3 ans au taux de 1% pour les banques de la zone euro. Désormais, le bilan de la BCE totalise 2.800 milliards d’euros, presque 30% du PIB de la zone euro, alors que le bilan de la Fed ne représente que 20% du PIB des États-Unis. La BCE fait du credit easing : elle reçoit des dépôts des banques (principalement d’Allemagne et des Pays Bas) qu’elle rémunère 0,25%, et elle s’en sert pour octroyer des prêts à 1% à des banques des pays du Sud de l’Europe (principalement Italie et Espagne). Le problème, c’est qu’au passage, elle assume le risque de crédit. Or, le bénéfice sur le différentiel de taux de 0,75% qu’elle encaisse dans l’opération (7,5 milliards d’euros annuels) ne lui permettrait guère de supporter la défaillance d’un emprunteur (La BCE a prêté 130 milliards d’euros à la Grèce).

0.jpgOn a d’abord pensé que c’était la Fed qui avait le plus contribué à la relance de l’économie, parce qu’elle a plus développé son bilan que ne l’avait fait la BCE.

Dans les années 30, pour réagir à l'hyperinflation et à la dépression, les USA ont acheté massivement des obligations. L'Allemagne s'y est opposée obnubilée par l'hyperinflations jugeant que la dépression était secondaire. Le FMI a été enfanté dans la douleur. La BCE, non. Elle donne du mou. Elle gagne du temps. Les réformes politiques ne sont pas pour demain. 

Selon l'OCDE, concilier l'effort budgétaire et la croissance n'est pas incompatible.

La Belgique économiserait 9% de son PIB (33,7 milliards) en agissant de la sorte. Améliorer l'efficacité dans une austérité durable? L'organisme préconise un endettement de 50% du PIB maximum. 2012 est une année charnière dans l'alimentaire.

Selon l'OMC, la crise de la dette, le tsunami du Japon le printemps arabe, les inondations en Thaïlande ont ralenti considérablement le commerce mondial. L'Asie reste le leader avec l'Inde (16%), la Chine (9%), tandis que l'Afrique reste en déclin de 8%. Mais jusque quand? 0.jpg

La zone euro condamnée à stagner pour réparer les erreurs du passé? A regarder les pays d'Europe, il n'y aurait que la Finlande, la France, la Slovénie et Chypre (en vert) qui échapperaient à la récession. L'Allemagne et l'Autriche qui en sont en recul de de PIB sur un trimestre (en orange) et les autres en récession (rouge). Même Madame Angela Merkel a fait volte face et mis l'austérité en stand-by pour ressortir les vieux atouts de la relance quand il a été remarqué que l'austérité enfonçait plus qu'elle ne redressait.  Ce n'est plus très, mais trop chère austérité.

On parle de "triangle des menaces" qui se construirait par le dévoiement de la monnaie devenue virtuelle qui se poursuivrait par le besoin d'énergie, la démographie déséquilibrée par la pyramide des âges et l'endettement cumulé de ce que les États se sont engagés à verser à leur population.

Le plus fort est que la seule solution qui s'offrirait, serait monétaire avec de tels facteurs déflationnistes que les gouvernements tenteront de contrer à n'importe quel prix en utilisant l'arme monétaire. 

Soutenir le crédit ou mourir en buvant la tasse ensemble.0.jpg

La dépression, on y pense mais il faut d'abord passer au test de la récession avec l'austérité comme bagage et la relance en porte-bagage.

La déstructuration des monnaies passe par la désolidarisation d'avec la production des produits à fournir en échange.

Le yen explose et l'hyperinflation est en chemin. Normal, les exportations se voient ralenties quand le prix des exportations se retrouvent trop élevés à cause des pertes de change.

L'animal mondial est blessé, mais avec quelques sparadraps et une expérience connue de courage, cela ira, se dit-on. Un coup de barre et sa repart, comme disait la pub d'une marque de chocolat.

Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière disposent à eux deux d'une capacité de prêt de 700 milliards d'euros :
- 213,3 milliards ont déjà été utilisés pour sauver la Grèce et le Portugal
- 100 milliards ont été promis à l'Espagne pour ses banques
Conclusion, il reste donc 386,7 milliards d'euros.

Or les besoins en refinancement de l'Espagne et de l'Italie pour les deux prochaines années s'élèvent à 620 milliards d'euros.

Et comme le chien de l'expérience de Pavlov, la simple mention des liquidités supplémentaires fait saliver les marchés d'avance. Pavlov dresse toujours à la perfection les marchés.

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"Les placements durables subissent une chute historique", lit-on dans le même temps.

Si rien ne dure, si le fond des caisses se crée, c'est que tout s'est déplacé et se consommera quelque part... C'est mathématique... Bis repetita placent.

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C'est alors qu'une idée m'est venue. Pourquoi pas visiter le Musée de la Banque nationale de Belgique à Bruxelles? Un aimable accueil à la réception m'avait permis d'apporter quelques précisions sur les activités de la Banque Nationale. Une documentation donnait des idées sur les activités de la BNB. La seule lecture des titres suffisait pour constater comment cela marchait.

  • 1.jpgLa Banque nationale contribue à la mise en œuvre de la politique de l'Eurosystème et à la surveillance du système financier.
  • Émission de monnaie et seigneuriage (revenu que l'émetteur tire de l'émission, rétrocédé à l’État frais déduits). L'objectif principal de la politique monétaire est le maintien des prix avec un rapport annuel sur l'évolution. Gestion de la Centrale des bilans et Centrale des crédits aux entreprises avec depuis 2009, la mesure de l'impact de la crise sur l'octroi des crédits aux entreprises. La politique monétaire est décentralisée est confiée aux banques centrales nationales avec des instruments qui ont des facilités permanentes, des opération "open market" et des réserves obligatoires.
  • Un contrôle macroprudentiel contribue à la stabilité dans un Comité de surveillance bancaire.
  • L'évolution va vers un modèle à deux piliers (Twin Peaks). L'institution d'un Comité Européen du Risque Systémique s'accompagne de la surveillance des services financiers par des autorités au niveau bancaire, assurance et pensions professionnelles, des marchés financiers et valeur mobilières.
  • A terme, la Banque assurera l'ensemble du contrôle prudentiel en Belgique, comprenant les paiements, les compensations et le règlement de titres de la dette publique.
  • Le projet SEPA assurera une circulation standardisée des virements et paiement par carte.  

Les projets, cela ne manque, apparemment, pas. On se demande pourquoi cela n'arrange rien en définitive. Il y a des pics, des Peaks, tellement prudentiel que le macroprudentiel des systèmes mènent aux hics des systèmes que cela ne m'étonnerait pas. S'il y a des "seigneuriage", c'est qu'il doit y avoir "servages".0.jpg

Alors, il y a les monnaies de remplacement, les monnaies dites de "singe" avec leur reconnaissance comme leur utilisation très locale comme les RES, les WIR... puisque le porte-monnaie électronique comme PROTON risque de disparaitre.

0.jpgJe ne sais pourquoi, mais tout cela me rappelle une vidéo d'un cartoon, qui à l'époque, était plaçé, au cinéma, entre les actualités et le film. Le sourire et le rire aux lèvres, à la vue dy "Coyote" qui tentait d'attraper Bip Bip, ce "Road runner" et qui mordait la poussière au fond du ravin à chaque tentative.

La première séquence était presque caricaturale: Coyote fonçait derrière Bip Bip, le dépassait sans le voir, arrivait au bord de la falaise et, pris dans son élan, continuait à courir, avec le vide sous ses pas, avant de s'effondrer au bas de la montagne. Remontée et à bout de souffle,  Bip Bip lui faisait retourner, d'un coup de bec, à l'endroit qu'il n'aurait jamais dû quitter: le fond du gouffre.

Jamais en panne d'idées, Coyote parvenait toujours à trouver un autre subterfuge. Le scénario changeait de séquences, tout simplement, et Coyote tentait une autre option sortant de son sac à malices, sans plus réfléchir.

Dans les cartoons, des alternatives, ça existent toujours, même sans se faire mal, si ce n'est aux zygomatiques. 0.jpg

En dehors, on cartonne aussi avec des alternatives, chacune à son tour, au petit bonheur la chance et quelqu'un en Bourse, d'un air inspiré, rappelle que les arbres ne montent jamais au ciel. Et oui, cela ne s'appelle pas aussi "la chute d'Icare"?

Pour celui qui a un peu passé la limite du Bac, défier les lois de la gravité et trouver le bout du précipice sans parachutes imperméable, dorés ou argentés, c'est comme se retrouver avec des ailes quand il faut nager.

Si Coyote se fait roulé et retombe toujours sur Terre, c'est qu'il y a autre chose qu'une morale à l'histoire. Sale pesanteur... C'est, donc, encore Newton et sa pomme qui est en cause. 

Mais, c'est vrai, j'oubliais, nous sommes en période de foot, c'est l'Euro2012.

Là, je sens qu'on va devenir hybride et qui sait, pourquoi pas, amphibie.

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Photos de l'exposition à la Banque Nationale, en un lien et un clic

 

L'enfoiré,

Citations:

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  • « Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. », François Cavanna
  • « Si vous voulez éviter des blessures, enlevez la monnaie de vos poches avant de danser la lambada. », Anonyme
  • « Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie. », Umberto Eco

 

0.jpgMise à jour 28 juin 2012Des banques plus risquées qu'annoncé. Une étude de la CEPS commandé par les Verts euopénes repris dans un  article de l'Echo dans lequel on rappelle les différents types de banques (parmi 74) qu'il faut les catégoriser. Les status changent dans le temps, ce qui rend l'analyse difficile. La plupart des banques restent vulnérables à cause de la maigreur de leurs fonds propres souvent limités à 4,5% sinon moins.

- banques d'investissements (Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale...) fonds souvent spéculatifs et fonds propres assez laxistes

- banques de détail focalisées (ABN AMRO, National Bank of Greece, HSBC...) bonne résistance car diversifiées. 

- banques de détail diversifié (Crédit Agricole...)

- banques de gros (ING, Rabobank, Dexia...) Celles-ci dépendent trop des investissements à court terme.


Mise à jour juin 2013: Un nouveau mot anglais est apparu: le "tapering", en espérant que c'est du "soft landing". Comme la situation américaine semblait mieux se conforter, la FED essaye d'abandonner son soutien monétaire. Retirer la perfusion. L'inflation peut reprendre pour réduire la dette. Cela a créé une chute de la Bourse.  

 

 

07/06/2012

Bouchons sur l'eau, au sol et dans le ciel londonien

Londres, une ville qui dépasse les dimensions  de Los Angeles, passe une année d'événements majeurs qui carburent dans tous les domaines et des bouchons se dessinent.

0.jpgD'abord, Londres vient de célébrer le "Queen Diamond's Jubilee", les 60 ans de règne d’Elisabeth II.

Jubilé de Diamant pour la Reine, fêté en quatre jours, avec dimanche, le point principal, une armada de plus de 1000 bateaux qui a sillonné la Tamise entre Putney et Tower Bridge avec le "Gloriana" qui date de 1662, l'époque de Charles II, contemporain de Louis XIV en France.Une "Big Party", unconcert pop devant le Palais de Buckingham terni par l'absence du duc D'Edimbourg et en parallèle, une dizaine de milliers d'événements organisés pour l'occasion.

Hommage à la Tamise, à la "London's River", à l'esprit anglais de la fête.

Cinq ans de préparation au Jubilé. La tradition et le protocole obligent toujours dans un monde quelque peu à part où on ne fait pas uniquement rouler à gauche pour être différent.    

L'historien, Francis Ballast, rappelait ce parcours qui a vu la Reine Victoria comme première "Diamond's Jubilee" mais qui mentionne aussi que le Commonwealth n'est plus le Dominium sur 60% des terres émergées comme il l'était au début de son règne, mais plutôt une entente culturelle avec la langue anglaise et le système juridique comme intérêt en commun. Élisabeth II, si il y a subit une érosion du pouvoir, reste toujours immensément respectée par la population. Le rapprochement avec le peuple fut encore plus effectif avec sa mère, la Queen Mum. 0.jpg

"Racines et les Ailes" plantait le décor dans un Spécial Londres. "C'est du Belge" de même avec l'émission "Il était une fois, Elisabeth II", dans laquelle on suit avec ses 5000 chapeaux et robes assorties. Ce fut son grand-père, George V qui créa la dynastie des Windsor. L'année 1936 fut celle des trois rois se partageant le trône entre George V, Edouard VIII et George VI. L'année 1992, l'"annus horribilis" pour Elisabeth II. Douze premiers ministres pendant son règne. Des présidences de gauche et de droite se sont succédées à Buckingham Palace, à partir des États-Unis, de France et d'ailleurs. Des souvenirs doivent se retrouver dans le livre de Isabelle Rivère "Dans l'intimité du règne". Ceaucescu n'a pas laissé que de bons souvenirs chez Elisabeth II en 1978.

"Hiératique et pourtant si humaine", cette reine Elisabeth II.

Un petit tour au château de Winsor explique encore mieux le fond de l'affaire de la saga des "Windsor et Mountabatten". Test de nationalisme et de l'estime de la royauté. Tout ce qui peut se décliner aux couleurs de l'Union Jack est de sortie. 

Les opposants à la monarchie réclamaient la république et le droit d'élire leur propre chef d'Etat avec des calicots: «nous ne sommes pas des sujets». Ils se sont fait huer en chantant le "God save the Queen".  Les «rebelles» expliquaient la démarche dans un français parfait. Extraordinaire, pour un anglais... La royauté ne coûte que moins d'une livre en impôts par an et par sujet, parait-il. Tout le reste viendrait de tout ce qui est vendu en relation avec la royauté. L'image de la Reine se retrouve partout, sur les boîtes à biscuits, les cendriers... et les rentrées touristiques montent les recettes à un milliard de livres. Les touristes de partout font entrer les livres sterling dans les caisses de l'Etat.

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Mais, revenons à la capitale, Londres.

Il y a d'abord le Grand Londres, une mégapole qui prend les dimensions gigantesques de 1579 km2, 15 fois celles de Paris, alors que Los Angeles n'a que 1296,6 km2. Huit millions de Londoniens.

Rien à voir avec la City de Londres, bien connue, avec sa Tour de Londres, Tower Bridge, Big Ben et le Parlement qui, le long de la Tamise, se fraient une place nostalgique dans les clichés souvenirs et sur les cartes postales.

Le Londres moderne, lui, est constitué de "The Shard" de 310 mètres de haut, du "London Eye", du "Gherkin" et d'autres gratte-ciel qui sont visibles de loin.

La ville a beaucoup changé mais elle est restée encadrée pour arriver à le faire dans les règles très british en traditions, très utilitaire, aussi. L'intérêt reste économique, fonctionnel et pas uniquement tourné vers le seul côté esthétique comme pourrait le faire penser Paris. 

2012, une année de grands événements pour l'Angleterre. Le Jubilée peut être considéré comme une répétition pour l'événement suivant, les Jeux Olympiques de fin juillet.

Alors, on commence à avoir peur de l'affluence que cela va provoquer dans le ciel et au sol. Les jeux olympiques de Pékin sont encore dans les mémoires comme vitrine de la Chine. Il fallait faire différent.

D'abord, l'Eurostar est le moyen de transport majeur qui n'en fait plus une île. Aussi rapide que l'avion si l'on veut se rendre au centre de Londres. A la descente du train, un hôtel de luxe y attend le touriste et l'homme d'affaires, avec une vue imprenable sur la gare. 

L'Est de Londres a été réservé aux JO comme un nouvel espace de vie avec un parc urbain que l'on voudrait récupérer après les jeux. L'Orbit en son centre est une oeuvre d'art architecturale de 115 mètres qui permettra une vue globale sur le parc olympique.

0.jpgLe protocole n'a pourtant pas changé. Les huit parcs royaux à Londres. Hyde park, Kensington Gardens, Regent’s Park ou Richmond Park...comme parcs royaux font de Londres la capitale la plus verte d’Europe ! Espaces verts dont l'origine dépasse les mille ans d'histoire.

Des quartiers industriels sont devenus commerciaux ou résidentiels parfois extravaguants. Le cosmopolitisme n'a fait que s'accentuer. 400.000 Français y résident. Difficile de trouver un job. 3000 euros par mois pour louer un appartement qu'il faut partager en collocation entre étudiants.   

Le trafic aérien pour et autour de Londres est à la hauteur de ses ambitions. Le trafic compte les vols de Paris et de Frankfort réunis.

Quatre aéroports viennent à la rescousse de Heathrow: Gatewick, Stansted, Luton et City. Heathrow a déjà trois terminaux qui se partagent les pistes en fonction de leur destination.

Ajouter une troisième piste, un sixième terminal à Heathrow, a été refusé.

Alors, on a pensé à un nouvel aéroport à 55 kilomètres de Londres, à l'embouchure de la Tamise: le Thames Estuary Airport.

Une plate forme maritime assez loin de tout pour ne pas ajouter de nuisances sonores. Le coût entre 60 et 84 milliards d'euros. Sont espérés 180 millions de passagers par an.

Magnifique, mais pas pour tout le monde0.jpg.

A l'Est de Londres, les propriétaires des appartements espèrent louer leurs biens à prix d'or pendant les jeux aux détriments des locataires existants. Des prix de 1500£, 2500£ sinon beaucoup plus, deviennent de nouvelles normes. Les locataires sont mis à la porte en prévision même si les propriétaires ne sont pas sûrs de relouer.

Quand on attire, à l'Est, autant de monde cela crée une concurrence et fait craindre de perdre un potentiel en manque à gagner, attise quelques jalousies. L'Ouest va jusqu'à se rebiffer.

Puis, ce qui n'arrange rien, il y a l'engagement de gouvernement pris en 2006 pour 2050 de réduire de 80% des émissions de carbone. 1.jpgQuand on connaît la pollution en CO2 qu'un avion produit, il y a intérêt à se tourner vers les constructeurs pour trouver des avions qui volent sans bruit et avec le moins de kérosène.

Mais qu'est-ce qui attire tant le monde à Londres?

En 2007, s'il y avait bien le vertige d'une société dynamique dans lequel je parlais de Londres mais c'était dans une période "avant crises". Cette fois, dans le jargon médical cela pourrait s'appeller le VPPB, avec le mot "Bénin" remplacé "dépendant du Bénéficière". Tout est toujours profitable, si on y trouve son propre intérêt.

En 2007, était dit que "Le luxe reste discret et passe outre les crises. Il faut quand même être cheikh du Qatar pour se payer l'appartement de 1.800 mètres carrés en construction face à Hide Park pour 147,5 millions d'euros.". 

Depuis, les crises se sont incrustées comme une tache d'huile dans le monde entier. Il fallait rechercher réduire ses ambitions dans des espaces plus appropriés destinés aux hommes d'affaires et aux touristes fortunés.

0.jpg

Là, l'étonnement est radical. Une nouvelle bulle immobilière a pris place, gonflée par des Arabes, des Italiens, des Français, par des tycoons asiatiques et... par des Grecs dont les fortunes sortent de Grèce et cherchent un nouveau refuge. Ils ne passent pas par les banques. Ils payent cash. La livre donne plus de confiance que l'euro. Plus de 50% des maisons londoniennes sont ainsi vendus à des étrangers. Et les millions de livres valsent et transitent pas des agences immobilières.  

"La valeur du bien semble inversement proportionnelle à son taux d'occupation. Quant aux propriétés modestes, elles voient leur prix baisser.", est-il constaté.

Marché bizarre et à deux vitesses?

0.jpgTroisième édition des JO en 2012, après ceux de 1908 et de 1948. En 1908, c'était parti même pour une durée de trois mois. Aujourd'hui, c'est en deux semaines qu'il faut rentrer dans ses frais. Londres veut que cela soit rentable. Les JO se veulent les plus verts de l’histoire avec un budget calibré à 9,3 milliards de livres. L'idée est de tout réutiliser après la fermeture.  Le village sportif est destiné à devenir un beau quartier résidentiel et familial avec 3.600 appartements.

L'East London, parent pauvre, jusqu'ici, avec ses 250 ha, après sa remise à neuf, apportera le renouveau qui est la logique intrinsèque à la volonté d'organiser ces jeux. 
   

Plus, on arrive à l'échéance, la révision du budget approche les 13 milliards, voire les 30 milliards si on prend en considération les coûts indirects, les Anglais espèrent qu'ils ne seront pas perdus à jamais. 1500 entreprises se sont déjà partagé le pactole de 9 milliards d'euros comme des morceaux du beau gâteau aux mille bougies.

Alors, hésiter entre l'envie de rassurer ou celle d'impressionner n'a pas de raison d'être. Tout coûte désormais très cher.

En 2010, la ville de Rome s'est, d'ores et déjà, retirée de la course à l'investiture des prochains JO en réponse aux problèmes financiers de l'Italie. Quand on n'a plus les moyens, il vaut mieux s'abstenir.

Les JO en 8 chiffres sont hallucinants:

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1. Ce sera la plus grande mobilisation de personnel militaire et de sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale. 13.500 troupes seront déployées. C’est plus que le nombre de celles qui se trouvent actuellement en Afghanistan. Les effectifs militaires totaux sont estimés à entre 24.000 et 49.000 soldats, mais le chiffre réel est secret, ce qui explique l'ampleur de cette fourchette. Des missiles sol-air, le bateau MMS Ocean prêts à bloquer le port à Greenwitch, des Typhoons seront près à décoller. Le budget de sécurité s'élève entre 600 millions et un milliards de livres, voire 3 milliards.

2. 1.000 agents de la diplomatie américaine et du FBI ainsi que 55 patrouilles avec des chiens seront envoyés sur la zone olympique. Celle-ci sera circonscrite par une clôture de 18 km de long, électrifiée avec une tension de 5000 volts pour séparer cette zone du reste de la ville.

0.jpg3. Les compétitions vont opposer 17.000 athlètes sur 17 jours, ce qui devrait coûter 59.000 livres  par athlète, soit 3.500 livres par athlète et par jour. Cela représente un total de 1,2 milliards d'euros...

4. Les Jeux olympiques d’Athènes en 2004 étaient encore plus coûteux, avec un montant de 90.000 livres par athlète. Ils ont, d'ailleurs, contribué à la crise grecque.

5. Sous la pression des États-Unis, les effectifs de sécurité ont été plus que doublés, par rapport à ceux qui avaient été prévus l’année dernière. Le coût de la sécurité à Londres pourrait atteindre 553 millions de livres selon les hypothèses les plus hautes.

6. Les spécialistes ont travaillé sur 27 scenarii de menaces et d’attaques terroristes diverses pendant les Jeux.

7. 4.000 chauffeurs assureront le transport de 40.000 officiels, bureaucrates, politiciens et personnalités variées pendant les 17 jours. Ils seront en mesure d'utiliser un système de voies spécialement construites pour l'événement dans les rues de Londres. Les touristes les plus riches pourront aussi emprunter ces voies s’ils acceptent de s’acquitter de 20.000 livres pour s’offrir le pass VIP.

8. 1.400 maisons qui ont été spécialement construites pour le village olympique. La famille royale du Qatar les a financées pour en devenir le propriétaire pour un montant de 557 millions de livres.

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Le CIO, une multinationale aux poches bien garnies. Les droits audiovisuels des JO ont augmenté de 50% par rapport à ceux de des JO de Pékin. La sécurité, un problème majeur. Nouveau? Non, mais plus crucial. Le CIO contribue au niveau de 553 millions d'euros, 14% du budget global, soit plus de 4milliards d'euros qui proviennent des droits audiovisuels pour 80% et du sponsoring. Samaranch et Rogge s'en sont précoccupé. En local, le LOCOG, le comité olympique anglais, fournit le reste.  

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De ce côté du Channel, on s'étonne souvent que l'euro n'est pas le bienvenu, que la Grande-Bretagne se tourne plus vers les États-Unis que vers l'Europe. 

Il y a des bouchons sur l'eau, au sol et dans les airs, mais on n'est pas bouchonné à Londres. "Fier d'être britannique", comme le disait le Prince de Galles lors d'une fête qui fut à l'échelle mondiale (vidéo). Être représentante d'un pays pendant 60 ans, aux yeux du monde, cela fera toujours mieux qu'une présidence limitée dans le temps. Le Japon est un exemple de plus de cette longévité.

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Dans l'histoire, le "françois de France" était déjà employé en Angleterre dans les actes et les documents royaux. Le plus ancien manuel de «françois», le Traite sur la langue françoise, a été composé par un Anglo-Normand, Walter de Bibbesworth, entre 1240 et 1250. Il était destiné aux nobles anglais, qui avaient déjà des notions de «françois» et désiraient parfaire leurs connaissances dans cette langue qui se retrouvait jusque vers le milieu du XIVe siècle. Les Contes de Canterbury écrits par Geoeffrey Chaucer mettent en scène une prieure qui avec les belles manières de la haute société anglaise parle le "françois". Aujourd'hui, trouver un anglais qui parle plus de langues que la sienne, devient plus difficile. Tout Internet, tout le monde parle le globish.

Londres, la ville sans limites en mutation et invention permanente où la Reine jubile, écrit le Hors-Série de Le Point. 63% de la population en dessous de 45 ans.

L'excentrique maire, Boris Johnson, arriviste, gouailleur, gaffeur, a rempilé pour un second mandat en 2009. A l'humour douteux, en 2004, il lançait dans sa campagne: "Votez tory, votre femme aura des gros seins".

Alors, les JO de Londres, est-ce le triomphe de la peur sur le courage?

Wait and see and meanwhile forget the fear because, the slogan is always in french "Honi soit qui mal y pense".


L'enfoiré,

 

Pour les photos, ma dernière visite dans le centre est trop lointaine, je ferai appel à Denise Caron dans sa série de Chronique londonienne:

Millenium, Foule, Masques, Musique, Quotidien, Glaces, Sauts, Lions, Verbe, Couleurs d'Ecosse, London Bridge.....

 

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Mise à jour 08 avril 2013: Décès de Margaret Thatcher Une main de fer sans gant de velours

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Citations:

  • « Je lâcherais tout, même la proie, pour Londres. », Alphonse Allais
  • « Si les bars à Londres avaient des terrasses comme à Paris, on y boirait des verres de pluie. », Somerset Maugham
  • « Il y a, entre Londres et Paris, cette différence que Paris est fait pour l'étranger et Londres pour l'Anglais. L'Angleterre a bâti Londres pour son propre usage, la France a bâti Paris pour le monde entier. », Ralph Waldo Emerson
  • « Beaucoup de choses sont possibles dès lors que l'on a été convenablement formé. Il faut mûrir dans un rôle que l'on s'habitue à jouer et accepter le fait que c'est votre sort dans l'existence. C'est un emploi à vie.", Elisabeth II (repris dans le livre de Isabelle Rivère)

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01/06/2012

Trop complexe le monde du numérique?

A la base du monde du numérique, il y a les maths. Pour aborder les problèmes et en donner des solutions, il y a les définitions, les axiomes, les théories, les calculs et, au pire ou au besoin, les démonstrations par l’absurde. Les maths, une science qui fait peur, qui rebute les étudiants, qui ennuie les adultes. Un article du Sciences et Vie se demandait "Où en sont les maths modernes?". Pourquoi modernes, d'ailleurs? Serait-ce une hantise de ce qui est ancien ou corriger une erreur d’appréciation en abordant les sujets complexes?

01.jpgC'est vrai, les chiffres et les maths sont souvent redoutés par les étudiants pendant la période de bloc dans laquelle nous sommes. Les mot eux-mêmes deviennent inaccessibles, trop théoriques, si pas incompréhensibles.

Les sciences dites exactes, comptables ou économiques s'écartent des sciences humaines.

Dans le jargon moderne, un nombre entier devient « l'élément d'un 'monoïde additif commutatif' plongé dans une structure 'd'anneau intègre' peuplé des idéaux principaux 'unifères' », une simple droite, « une variété affine en bijection avec l'ensemble des nombres réels »...

Vous n'avez rien compris. Ne vous inquiétez pas, moi non plus. Je l'ai lu dans l'article en question. C'est tout.0.jpg

Aujourd'hui, la tendance est d'expliquer tout par les chiffres et des mots de plus en plus sibyllins. 

Il y a les mathématiques dites "classiques" avec ses problèmes de robinets, de calcul mental, d'algèbre. Puis, il y a l'abordage du grand "vaisseau mathématique" d'une manière dite "moderne".

Wiki dit: "L'expression « mathématiques modernes » renvoie à une profonde remise en question de l'enseignement des mathématiques dans les pays du bloc occidental à partir des années 1960. Elle a visé à améliorer la formation scientifique et à incorporer certaines des mutations formidables connues par les mathématiques au début du XXe siècle. L'introduction des mathématiques modernes a souvent été vécue difficilement, et a donné lieu à des critiques.".

Elles furent adoptées au Royaume-Uni, en France, en Allemagne de l'Ouest. En Belgique, c'est Georges Papy qui s'en chargea avec plus ou moins de bonheur. Mais remontons aux sources.

Le 29 mai, 1832 a été la veille d'un duel entre "deux dupes" pour une "infâme coquette". Le jeune Evariste Galois, âgé de 20 ans, fut l'un des deux.  Il n'a rien à léguer sinon son savoir, ses déductions, ses théories que des mathématiciens comme Cauchy et Poisson, avaient refusées de prendre en compte à leur juste valeur. Il savait qu'il allait mourir le lendemain et écrivit son testament avec ces lignes où il reconnaît que "Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'a pas le temps".Il savait qu'il allait mourir et écrivit son testament avec ces lignes où il reconnaît que "Il y a quelque chose à compléter dans cette démonstration. Je n'ai pas le temps".

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Evariste Galois est depuis considéré comme le précurseur de la théorie des ensembles.  Incarnation du génie romantique du mal aimée malheureux et d'une jeunesse prometteuse.

En 1870, première réapparation avec le "Traité des substitutions et des équations algébriques".

En octobre 2011 à l'occasion du bicentenaire de sa naissance, Galois a été célébré et remis à l'ordre du jour.

La théorie de Galois est définie ainsi dans Wiki: "l'étude des extensions de corps commutatifs, par le biais d'une correspondance avec des groupes de transformations sur ces extensions, appelés "groupes de Galois". Cette méthode féconde a essaimé dans bien d'autres branches des mathématiques, avec par exemple la théorie de Galois différentielle, ou la théorie de Galois des revêtements.".

Trouver le nombre "x" dans la congruance polynomiale pour que la fonction donne un résultat de 0, reste des calculs fastidieux. Son mémoire révèle son impossibilité.  

03.jpgSa méthode, compartimenter, catégoriser en construisant des ensembles et en y associant des bijections ou des radicaux comme ponts entre eux et ainsi, résoudre une équation algébriques ou, au contraire, donner la preuve qu'elle n'a pas de solution.

Voilà, en résumé, l'idée de Galois.

L'humain est plus analogique que numérique. Les ordinateurs numériques sont devenus les engins utilisés tous les jours comme des outils électroniques de vérité indéniables. Notre monde est devenu comptable avec des statistiques, des moyennes qui n'explique pas l'insoutenable légèreté de l'être qui se fout des particularités, des exceptions, des extrapolations.

Nous nous retrouverions ainsi "Au pays des gnous bleus" sans s'en apercevoir.

Les ordinateurs analogiques ont existé et existent encore mais ils intéressent moins d'utilisateurs dans le milieu des affaires. Ils utilisent des mesures physiques continues (par exemple électriques, mécaniques ou hydrauliques) en comparaison avec d'autres prises comme modèles standards pour résoudre un problème plutôt que le cadastrer derrière des concepts d'exactitude, de quantités numériques discrètes pour cette modélisation. A la base des équations différentielles, il y a un ensemble de variables qui se substitue avec un autre ensemble de variables physiques et qui se reconfigurent via les intégrales comme base d'intégration.

La théorie de l'algèbre classique cherche à trouver les solutions aux inconnues. 

La physique classique appartient au "Groupe de Galilée" dans lequel le cours du temps n'a  jamais été modifié, n'a donc pas d'impact. La théorie d'Einstein, elle, est basée sur le "Groupe de Lorentz", prend en compte le temps et l'espace dans l'observation.

S'élever par l'abstraction et oublier les calculs mentaux... Quelle belle idée. Résoudre des équations quand c'est possible et découvrir la raison du pourquoi elles n'ont pas de solutions dans tous les cas de figure. Oser dire haut et fort aux mathématiciens que des équations n'ont pas de solutions, c'est, aussi, un devoir de la Science, savoir se remettre en question.0.jpg

Les applications de la théorie des ensembles se retrouvent dans la compréhension des cristaux de glace, de neige par les symétries.

Les équations liées au monde des fractales d'abord en 2D, puis en 3D, on crée de nouveaux mondes.

Mandelbrote, son inventeur, avait tenté de joindre les deux mondes, le numérique et l'analogique, en observant la nature et l'homme qui en fait partie.

Les fractales et par la compréhension de la Bourse qui erratiques ne correspond plus à un raisonnement de la seule logique numérique. Si la Bourse "respire" avec des cours entre un plafond et un plancher, actions contre réactions, en temps normal, et permet des extrapolations, des tendances, des moyennes, ses "sautes d'humeur" ont des pics indépendants de toutes prévisions numériques. La météo travaille un peu comme la Bourse  par comparaison avec des situations précédentes. La théorie du chaos pourrait bien se greffer dans le jeu.

La physique quantique est basée, à l'échelle des atomes, sur l'équation de Schrödinger. Elle décompose la complexité en solutions plus simples. Concept parfois incompréhensible qui fait q'un atome peut se trouver à deux places différentes en même temps par l'effet tunnel, le temps devenant indéfinissable à cette échelle.

La complexité vaincue par une descente au niveau de l'atome avec un concept d'entité minimal et des passerelles, en ajoutant des paramètres pour passer d'un monde à l'autre.

La cinématique explique la trajectoire d'une particule par la transformation des permutations symétriques. A l'étage suivant, celui de la chimie et des molécules, autres ensembles symétriques.

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L'oxygène joue aussi à la symétrie par rapport à son centre de gravité, à l'insensibilité aux infrarouges, sans séparation entre charges positives ou négatives et pourtant, grimpe dans l'échelle des complexités.

Même la sociologie s'est intéressée via Claude Levi-Strauss au concept de groupes pour définir la "structure élémentaire de la parenté",  associée au "groupe de Klein". Elle ouvre la voie  de la structuration de la société par la voie des sciences humaines.

Les machines calculent mieux et plus vite que nous, les hommes, c'est évident, mais elles ont besoin jusqu'ici de ce petit quelque chose en plus que la robotique essaye de combler. Une vision analogique par la théorie des ensembles, l'abstraction et l'acceptation d'un à peu près pourraient-ils libérer du carcan des chiffres? Fini les calculs mentaux. La calculette a rendu le travail obsolète. Les nombres réels et les nombres imaginaires prennent place dans des ensembles variés de bijections. On s'écarte du concret pour se rapprocher de l'image de l'homme.

Fini l'algèbre de Boole, seulement, dichotomique.

Les propriétés des ensembles le définissent. Ce sont des objets mathématiques.  Des constructions, des artefacts avec des liens entre eux.

Dernièrement, l'algorithme de Google venait à l'esprit de la chimiste Aurora Clark pour anticiper les réactions chimiques en utilisant l'idée générique du "pagerank" en associant les relations des mots clés et trouver la "popularité" des phénomènes entre eux.

0.jpgDu nano-monde à l'anthropologie en passant du numérique à l'analogique?

Attention, il ne s'agit pas de rêver éveiller. Certains pensent trouver la solution dans l'ordinateur quantique avec ses qubits. Ceux-ci seront réservés à des applications de niches même si ce sont des problèmes combinatoires pour étudier les configurations d'un ensemble d'objets. Les tâches sont encore à définir avec de nouveaux algorithmes pour que cela soit suffisament efficace.

Attention, aussi, à cette relation malheureuse: "Je connais un ami qui mange des fruits tous les jours. Il a 95 ans et est en bonne santé. Pour vivre vieux et bien, mangeons tous des fruits". Relation de cause à effet, plutôt publicitaire.

Comme le disait Magritte dans un de ses tableaux "Ceci n'est pas une pipe" même si cela en a la forme et l'esprit de la conformité. Puisque il n'y a pas de fumée, il y a une chance que l'image nous trompe et que la fumée n'est pas toujours produite par le feu.

S'émanciper de la chose représentée et oublier la rigueur de l'exactitude comme le peignait Cézane. La conjecture de Fermat expliquée par Andrew Willes en 1995. Le programme d'Erlangen initié par Félix Klein. Les catégories d'Alexandre Grotherdieck mènent à la géométrie algébrique et au morphisme pour relier les groupes par transformations successives.0.jpg

Cela se retrouvent dans le langage informatique "Java" ou plutôt "pure Java" pour le distinguer du javascript. A la base, des classes, des primitives, des membres statiques, des "foncteurs" qui démarent du plus petit niveau pour remonter à la construction d'ensembles de plus en plus complexes. Un paradigme de concepts, de méthodes à relier entre eux par osmose, par héritages, par polymorphismes. Une pomme et une poire ont des propriétés propres, mais elles appartiennent toutes deux à des fruits. Tout ne serait qu'un jeu de Lego, qu'une poupée russe? A peut-prêt. A une condition, qu'il y ai au niveau suffisamment initial et bas dans la hiérarchie pour toujours pouvoir le reconstituer tout l'arbre. Dans le cas contraire, on risquerait de tout devoir réécrire. Ce qu'on remarque d'ailleurs lorsque de nouveaux équipements arrivent sur le marché et qui demanderont des interfaces avec l'existant. Les objets meurent aussi même sans "finalisateurs".

"Espèces d'espèce" parle du "buisson du vivant" plutôt que d'un l'arbre. Tenter de classifier les êtres vivants, pour les expliquer, ne fait pas plus, ni mieux. Une immense famille qu'il s'agit classifier, de trier par des moyens parfois bizarres. Nombre de pattes, de plumes, de poils, d'écailles... en s'apercevant de maillons manquant dans une suite logique, n'est pas un problème, ni une fin en soi de non acceptation. Le travail de l'évolution dans les ensembles qui a mis des millions d'années d'essais, de ratés, de régression, de ré-essais, impose de trouver les liens pour les faire passer d'un état à un autre pour certains ou au contraire, sont restés en rade pour d'autres parce que les continents les ont écartés l'un de l'autre. L'exemple de Madacascar avec des espèces endémiques le confirme.

Zamenhof, inventeur du langage esperanto, a construit cette langue suivant le même principe de racines auxquelles on ajoute préfixes et suffixes pour changer le sens des mots. La théorie des ensemble n'était pas vraiment connue au temps de Zamenhof. Pour arriver à goupiller les langues qu'il connaissait il n'est pas allé via les phonèmes plus généraux, il a inventé de nouvelles lettres. La question ne se pose plus, aujourd'hui. Une langue ne sera pas faite uniquement de sons, ni ne sera à jamais structurée de manière intangible sous peine de disparaître. Les dialectes vont s'y employer. Le modèle moléculaire ne correspond pas et l'atomique se cherche encore. On ne fait plus qu'évaluer une situation avec les références du passé, jamais avec celles du future. 

Toute théorie peut ainsi devenir un objet à étudier au niveau où on veut l'accéder.

Ce sera le rôle du généraliste à établir des ponts. Généralistes qui s'en retrouve revalorisé face aux experts qui ne parviennent plus à se comprendre avec leur jargon spécifique.

La recherche en nous menant des dérivées aux intégrales, et des intégrales aux dérivées, peut-être arriveront à dire que 1+1= 2,35 plus ou moins 0,4?

0.jpgApproximatif, peut-être, mais loin d'être faux.

Les MATHÉMATIQUES vues par des jeunes ne seraient pas seulement là pour faire rire dans les meilleurs bêtisiers scolaires, mais aussi pour faire réfléchir avec plus de 3 dimensions.

- Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout.
- Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre.
- Cette figure s'appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu'un.
- Un triangle est un carré qui n'a que trois bordures.

Physiologiquement, il n'y a rien d'absurde. A mon avis, ce sont des artistes en herbe. Tout est dans la tête de celui qui cherche la réponse ad hoc, même si cela peut tourner autour de l'insoutenable légèreté de l'âme.

Trop complexe, le monde du numérique?

A relire l'article, "Du code jusqu'à la nausée", cela semblait être le cas. Il s'agissait de technologie, d'informatique dans laquelle l'homme semble se débattre avec du code trop complexe aux risques de planter les logiciels et, plus grave, leurs utilisateurs.

Un adolescent aurait trouvé la solution d'un problème irrésolu depuis 300 ans.

Shourrya Ray, un jeune allemand de 16 ans a réussi à calculer avec exactitude le chemin d'un projectile en gravité et soumis à la résistance de l'air et un autre problème celui traitant de la collision d'un corps contre un mur. 

La bosse des maths à l'état pur. Sa famille a quitté l'Inde pour l'Allemagne. L'adolescent ne parlait pas un mot d'allemand à son arrivée mais parvient tout de même à obtenir son diplôme de fin de secondaire avec deux ans d'avance. 0.jpg

La conclusion serait donc bien d'ajouter les sciences humaines aux sciences du numérique ou comme l'article le faisait: « Tout réexprimer avec des concepts, certes plus abstraits, mais au final plus simples et rapides à énoncer. Les futures générations n'auront guère le choix: mieux vaut pour elles se réconcilier au plus vite avec les maths 'modernes'».

Kurt Gödel écrivait que les maths avaient leurs limites dans son théorème d'incompétude. Tout ne pourra jamais se vérifier par des démonstrations. 

Maintenant, si vous préférez danser ensemble la java, une danse pas tellement moderne, en définitive, mais qui se transforme à souhait, plutôt que de découvrir ce qui se cache derrière les lignes de codes, libre à vous, mais gardez toujours la tasse de café serré d'un main et la calculette de l'autre.

 

L'enfoiré,


Citations:

  • « En mathématiques, “évident” est le mot le plus dangereux. », Eric Temple Bell
  • « Les mathématiques sont une gymnastique de l'esprit et une préparation à la philosophie. », Isocrate
  • « Le moderne se contente de peu », Paul Valery
  •  « En mathématiques, on ne comprend pas les choses, on s’y habitue. », John von Neumann

 

0.jpgJe sens que la complexité n'est pas votre fort. Vous êtes pourtant arrivé jusqu'ici.

Pour vous remercier, voici les photos de la Feria Espagnole, le samedi au sec, et la Fête de l'environnement, le dimanche sous la pluie, à Bruxelles, en un seul clic

Aucun rapport? En êtes vous si sûr?

27/05/2012

Entracte et anecdotes

Qu'entend-on, chez nous, durant l'entracte : "Chocolats glacés. Pralines glacées. Esquimaux.". Rien de nécessairement bon pour la santé, mais cela temporise le stress que le film avait des tendances à souscrire. Aujourd'hui à Bruxelles, je crois que, vu la température, ce sera même en dehors des salles de cinéma. Pourquoi, je vous parle de ceci? Parce qu'il n'y pas eu un film mais, il y a eu un stress et une pugnacité dans les commentaires à la suite du dernier article "Le rêve américain vit-il encore?". Chaque bord se réfugiant derrière ses propres visions, de ses propres convictions et de ce que peut ou ne peut pas être ou faire un monde. Alors, il faut sortir des clichés et même extraire les vérités. Rien ne vaut les anecdotes pour y arriver et peut être sortir les diversions par une digression...

0.jpgQuand j'ai écrit l'article qui précède sur les États-Unis, connaissant ceux qui ont l'habitude de venir lire ou commenter les articles, je savais qu'ils allaient bondir sur l'os à ronger.

Sujet passionnel s'il en est. Donc tout était programmé, le sujet et la date de la parution comme on va le voir ici, plus loin.

Je me suis armé de beaucoup de précautions, ai regardé quelques vidéos très explicites, ai questionné ceux qui ont connu dans une autre vie le passage de l'autre côté de l'Atlantique. Il n'y a pas qu'un océan qui nous sépare, il y a aussi le côté "image", "snapshot" si pas "préjugé", de "on dit".

Qu'on ne prenne pas mal, ce que je vais dire ou ai-je déjà dit. Je vais comme ceux qui ont participé "jouer à l'hypocrite" sans prendre vraiment ouvertement position. Cela me rappellera une autre vie active pendant laquelle l’hypocrisie était obligatoire sinon fortement conseillée.

Des mails en commun en parallèle et après, me sont arrivés. Réconcilier l’inconciliable? Un problème de quadrature du cercle.

Une question très générale m'est même parvenue "Les allochtones ont des droits et les autochtones des devoirs". J'y ai répondu comme il se doit. Mais cela nous enverrait trop loin d'aller plus avant dans cette réponse.

Pourquoi y a-t-il encore beaucoup d'Européens qui font le pas et vont en Amérique, le pays de Satan?

Je répète, je veux faire digression.

La musique adoucit les mœurs et le sport les fait oublier.

L'actualité bruxelloise m'en donne l'occasion pendant ce weekend. En dehors, du côté "musique" il y a eu le Concours de l'Eurovision, mais par ici, ce fut le "Jazz Marathon" et la finale du Concours Reine Elisabeth violon pour les mélomanes de musique classique.

Du côté "sport", ce furent les joggeurs à l'honneur dans les "20 kilomètres de Bruxelles". Cette fois, contrairement aux années précédentes, je n'ai pas suivi, à vélo, la course. Je suis resté au Cinquantenaire, au départ qui était aussi l'arrivée, à observer les gens, les attractions et tout ce qui tourne autour d'une organisation comme celle-là.

 

Tout cela en images, c'est ici, en un clic

Même dans ces derniers cas, l'esprit de compétition est bien présent.

Rien ne sert de faire de la musique ou du sport pour le plaisir, il faut toujours quelque part gagner avec la médaille au cou ou perdre et passer son tour. Comparer les chronos.

Entrer en compétition avec soi-même n'est-il pas assez gratifiant? Faut-il la maladie pour arriver à y penser et passer aux grandes manœuvres de sauvetage? Un lauréat du Reine Elisabeth avait la bonne idée de dire que le concours était comme un entracte et que dès le lendemain, il fallait retravailler son violon. Et cela réconcilie avec les réalités.

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Mais, je promettais aussi des "anecdotes à l'américaine".

Les miennes datent entre 30 et près de 20 ans d'ici. Les choses peuvent avoir évoluées même si les racines sont toujours là selon ce que j'en entends. 

Il faut savoir aussi que j'ai travaillé avec eux pendant 30 ans. C'est dire que je ne suis pas tout à fait idiot sur leur moyens de "persuasion", la main sur le cœur, pardon sur le portefeuille. Tout se monnaie aux States.

Arriver, une première fois, sur le sol américain, par la voie aérienne évidemment, c'est arriver à la douane et se voir condamné à répondre à une série de questions de plus en plus sensibles et parfois étonnantes. Je plains ceux qui n'ont pas une connaissance suffisante de l'anglais. Toutes les questions ont pourtant été demandées et répondues dans un questionnaire multilingue, mais encore faut-il faire le rapprochement entre langage écrit et parlé, ce qui est loin d'être le cas dans cette langue.

Une matrone noire me demande:

-Have you fruits with you?

Si la réponse est oui, il s'agira de les manger ou de les jeter avant de passer la barre pour pénétrer du transit, sur le sol américain. Si la réponse est "yes" quand il faut dire "no", c'est la sécurité qui, ensuite, est mise à l'épreuve des sacs. On dépiaute. On semble demander quelqu'un à son chef de passer tout au peigne fin...

Je vous parle d'un temps bien avant les attentats de 2001. La souplesse était encore relativement de mise, mais la première ségrégation "UK or Not UK" précédait la mention "UE or not UE".

Je ne sais pas mais cela me rappelle "To be or not to be, thats' the question".

Première anecdote à l'arrivée à l’hôtel à Miami.

Les hôtels les mieux cotés ont des noms français.

Les bagages à monter dans les chambres au sortir du taxi. Pas de problème, tout est pris en charge et se retrouvera dans les chambres.

Dans celle-ci, "the person in charge" vient chercher sa "participation aux frais".

En Européen, vu le travail, le reflex est de donner un dollar. Mal lui, en prend.

- That's not for me... It's at least one dollar by luggage.

Premier étonnement. Payer et vous serez considéré, se dit-on. Un rapide calcul, on ramasse, on sous-pèse et puis le visiteur s'en va. Une demi heure après, surprise:

- I bring your money back. Everything was included.

- Thank you.

Nouvelle Surprise. C'est vrai, les "All inclusive" n'étaient pas encore artifices de calcul des pompom-girls de la farce.

Deuxième anecdote, pendant la visite du Cypress Garden, pendant lesquelles il y a des spectacles de ski nautique. Endroit délicieux avec un décor et un parc où on se sentirait retrouver la période de 'Autant en emporte le vent". 0.jpg

Une tribune pour les "normal people" et une autre "For the photographs".

Je choisis le "Photograph minded way" pour expérimenter mon dernier caillou à longue vue.

Là, tout va aller tout seul.

Pendant les réalisations artistiques du show, tout est dit dans le micro.

L'exposition, la vitesse d'obturation, le moment de la prise de vue, cela en fonction de l'Ektachorme, Kodakchrome, suivi par le fatidique:

- And now shoot. (maintenant, tirez)

0.jpgA l'époque, le clic des appareils ne se réglait pas et on pouvait presque entendre un clic commun pour prendre la photo unique.

-You missed the photo. Don't panic. They are coming back. 

J'oubliais la photo numérique, le GPS, le GSM n'existaient pas.

Et le cycle recommençait.

Troisième anecdote. Los Angeles, 09:00 du matin. Pourquoi pas un petit jogging pour se mettre en appétit? A peine, un kilomètre qu'une voiture de police suit mon mouvement avec inquiétude avant de se rendre compte qu'il doit s'agir un "fou de touriste", qui ne connaît pas les endroits réservés pour se genre d'exercice.

Quatrième anecdote, 0.jpgune question comment passer de 45°C et se retrouver en dessous de 0°C et avoir de la neige? Réponse, quitter Phoenix, où l'on mange du crotale au clair de lune et monter à Sequoia Park. Tout a été prévu même les parkas jaunes qui partirons au plus offrant. Les "rangers" vérifient si les chaînes sont bien présentes pour les pneumatiques.

Cinquième anecdote, se lever à 05:00 pour voir le lever de soleil sur le Grand Canyon. Oui, d'accord, mais vaut mieux ne pas souffrir de vertige. Quant à le survoler en hélicoptère, mieux vaut ne pas avoir déjeuner avant. Le survol du Gran Canyon en hélicoptère. Premier essai dans ce moyen de transport, pour moi qui ai le vertige. Très différent de l'avion. Au dessus du canyon, les vents sont forts et les trous d'air ne sont pas rares.

Sixième anecdote, le manque d'histoire que les Américains ont à transmettre dans leur patrimoine. Ce qui fait que tout à une importance démesurée et donnerait de la nostalgie. Il y a la ville de Floride, Saint Augustine, véritable symbole des premiers moments de ce pays. Certaines routes mythiques comme la route 66, droite à perte de vue, qui traverse le pays de Los Angeles à Chicago sur 3840 kms. Une route sur laquelle l'Américain essaye de se raccrocher à son passé, sur laquelle on s'arrête à une station service qui devient un musée avec Steinbeck comme fil rouge. Une station resto-routier où le plat du jour est traditionnellement un burger et des french fries. Sur laquelle, on trouve des noms de villes d'ailleurs comme Bagdad qui fait penser immédiatement au film "Bagdad café" avec sa chanson. Une route qui traverse des réserves indiennes. Une route sur laquelle, 90% des "passants" sont étrangers, mais qu'un guide ne manquera pas de vous rappeler à quel croisement précis où James Dean s'est tué à bord de son bolide. Tout est figé dans un temps qui ne bouge que quand la nostalgie s'étiole de vieillesse.

Septième anecdote: Manger du serpent dans le désert. Faire gaffe où on met les pieds pour ne pas se retrouver plein d'épines dans les chaussures ou pire dans la peau. Elles traversent tout.

Huitième anecdote: Faire un pari et s'y tenir. Visiter les machines à sous et ne pas y dépenser un dollar. Voilà qui est plus difficile à faire qu'à dire.

Quel est l'avantage de partir en groupe avec guide? Ne rien rater par où on passe. Vous saurez où James Dean s'est tué en voiture, où tel film a été tourné, j'en passe et des meilleurs.

Le désavantage, tout est minuté. Un arrêt supplémentaire n'est pas permis, ni un élargissement d'une visite.

N'oublions pas qu'il y a 9 heures de décalage horaire avec nos pays. Ce qui veut dire qu'il faut s'y adapter et qu'en plus, pour téléphoner, faudra pas appeler en pleine nuit en Europe.

 

Un Américain a la nostalgie et les souvenirs qu'il peut seulement avoir et il la fait rêver, réveillées, avec de multiples détails à ses visiteurs ou touristes. Si vous voulez-voir un cimetière d'avions, un champ d'éoliennes, pas de problèmes, on a cela en stock en Californie.  

Dans "Amérique, faux rêves et vraies réalités", il était question d'une exposition qui disait "L'Amérique, c'est aussi notre histoire". Des Wallons, il y en a le plus dans le Wisconsin. Des villes avec noms tels que Namur et Luxembourg, s'y trouvent. C'est en 1850, qu'ils sont arrivés, attiré par une publicité qu'on avait fait sur cette partie des USA. Rien ne leur avaient été épargné. Des prix exorbitants, une pauvreté qui avait été secourue par les Indiens. Ils sont aujourd'hui 100% Américains mais c'est la communauté qui a le mieux perduré leur origine wallonne.     

J'ai beaucoup d'autres anecdotes, mais je ne vais pas vous monopoliser votre journée. Les Américains sont de grands enfants avec des idées qui germent quand on s'y attend le moins,  pour réinventer leur futur. Parfois bien plus accueillants que dans nos pays européens, mais ils vous oublieront dans la minute qui suit.

"Combien" le nouveau livre de l'américain, Douglas Kennedy disait que "L'argent nous définit" en préface.

Mon boulanger était dans la marine dans une première vie avant de se reconvertir dans la fabrication de pain, m'en a raconter d'autres, lui qui a fait le tour du monde plus d'une fois, à une époque où un blanc ne pouvait aller boire un verre dans un bistrot réservé aux noirs sans que la police ne vienne lui demander de déguerpir.

Le temps de Martin Luther King, probablement.

Effacé par l'arrivée d'Obama?

Non, pas vraiment, en profondeur, puisque justement c'est son élection qui a fait monter la consommation des armes malgré lui.

Il se rappelait avoir eu l'occasion de  parler avec des Américains qui parlaient français avec un terrible accent. Auquel j'ai ajouté, que dans un jacuzi, on fait très vite connaissance quand on entend parler en français. Comme quoi... rien n'était perdu à l'époque. Notre dialogue s'était terminé en me disant que quand il serait retraité, il irait en vacances avec son épouse aux States, sans me préciser où, parce que les States, c'est grand...

Je répète ma conclusion de l'article précédent "Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux États-Unis et ailleurs."

Bon weekend de Pentecôte (du grec ancien ἡμέρα πεντεκοστή / pentếkosta, « cinquantième jour»)

Rappel: "Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer." Actes 2:1-4

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Entracte : vide les baignoires, remplit les lavabos. », Tristan Bernard
  • « Si le monde entier est une scène et si nous ne sommes que les comédiens, à quand, diable, l’entracte ? », Anonyme
  • « La vie : une course contre la mort... Le meilleur ne gagne pas. », Henri Jeanson



Mise à jour 16 août 2013: Dans la grande surface où j'ai l'habitude d'aller faire les courses, une jeune serveuse rêve déjà. Elle part en Floride en septembre. Elle décompte les jours, plus que deux semaines...
Alors qu'on me dise que le rêve américain n'existe plus, je ne le croirais pas.

24/05/2012

Le rêve américain vit-il encore?

Le Hors-Série de "Le Point", avec l'aide de "Institut des Amériques" se proposait de mettre les pendules à l'heure au sujet de l'appréciation de l'American dream. De séparer les faits des mythes. Tout en suivant, le fil du magazine, quelques constatations parallèles viendront l'émailler. 

0.jpgLes élections françaises sont derrière nous.

Aux suivantes...

Ce seront les prochaines élections présidentielles américaines qui vont progressivement monopoliser les médias puisque l'adversaire républicain d'Obama, Mitt Romney est connu.

Le G8 du weekend dernier a acté les réactions à la crise de la dette au niveau mondiale. Ce sera "retrouver la croissance avant de pouvoir espérer réparer les erreurs du passé par l'austérité", un pied sur l'accélérateur et un autre sur le frein.

En Europe, le sommet à Bruxelles est qualifié de temps perdu. Le nouveau président socialiste français, François Hollande, a commencé à bousculer quelques habitudes alors que c'est la deuxième tentative d'élections législatives grecques, style referendum,  qui plombe l'ambiance. Les États-Unis sont une fédération, l'Europe n'en est pas une et cela fait toute la différence.

Voyons, les autres relations opposées ou similaires entre les deux blocs, comme dans un bras de fer.

Dans les années 60, les États-Unis suscitaient l'attention, voire, l'admiration des autres pays, partenaires ou non. 

Depuis, il y a eu le premier coup de semonce important, celui du 11/9/2001 qui a donné l'illusion pendant un temps court de réunification des objectifs. Le second, la crise des subprimes ont fait oublier Enron et autres crises à bulles. Ce furent toujours des surprises. Aucun plan n'était prévu dans tous les cas de figure, alors que les germes de la destruction des mythes étaient bien présents, comme des croyants d'une religion qui ne dit pas son nom, si ce n'est en se réfugiant sous le pseudo de "capitalisme".

En 2008, le slogan "Yes, we can !", comme une sorte de leitmotive, a été la promesse de la présidence d'Obama. Un espoir de redressement pour les USA. Une espérance pour le reste du monde. Lors des joyeuses entrées et des visites à domicile, ce nouveau "Messie" américain a fait penser qu'il allait faire des miracles avec sa baguette magique. La baguette était bien trop souple, trop préformatée comme telle et le rendez-vous a eu quelques ratés.

Démocrate, Obama, et pourtant bien plus à droite que le nouveau locataire de l’Élysée. Le mot "socialisme" est un mot interdit, si pas honni, par un Américain pur souche, comme l'avait été "communisme" jusqu'à l'effondrement de l'URSS. L'approche de l'esprit américain par leurs présidents successifs donnait quelques indices dans la suite logique.0.jpg

Pour disculper Obama, la crise était déjà là, profonde, mais certaines promesses électorales de réformes n'ont pas été tenues au moment opportun, c'est-à-dire en début de mandat avec les votes favorables dans les deux chambres. A mi-mandat, première déception. Les convictions conservatrices républicaines étaient même dépassées par une droite plus dure qui renaissait de ses cendres: le Tea Party.

Il y a eu très vite un blocage ("gridlock") des Républicains pour ce qui était contraignant comme le fut le Medical Care. La Chambre, le Sénat et la Présidence peuvent, chacun à leur tour, faire obstruction aux décisions en "flibustier" et cela entame les enthousiasmes et les promesses.

Une joyeuse entrée et puis s'en retourne aux sources idéologiques bien américaines avec le capitalisme en tire-fesses.

C'est le moment de se poser la question de savoir si les Américains font encore rêver à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Que reste-t-il du rêve américain et de ses valeurs? Vivent-elles encore?

Les pères fondateurs avaient creuser un sillon dans la marche à suivre pour réussir dans l'Amérique profonde. Peu importait la manière avec la formule "Do it as you like, but do it".

0.jpgLes USA ont, alors, montré la voie au monde, l'ont imposée par la force ou conseillée aux autres par la persuasion. Au départ, une population d'immigrés, chassés d'Europe et qui voulaient trouver une meilleure vie dans le nouveau monde. La Symphonie du Nouveau monde que Dvorak compose en 1893 aux États-Unis, montre l'exaltation que pouvait inspirer la vue de la Statue de la Liberté à l'arrivée dans le port de New York  (version de Karaian). Ces immigrés sont là pour faire fortune et le plus vite possible. Qualifiée de terre promise, c'est la conquête du territoire toujours plus à l'Ouest comme chercheurs d'or que l'on disait exister en Californie ou s'arrêter et devenir cowboys. 

Entre l'Amérique et la France a toujours existé une relation de "je t'aime, moi, non plus", au niveau de la direction des deux pays. Paradoxes dans les relations franco-américaines. Dans le même temps, les deux populations éprouvaient plus une haine rédhibitoire, chacun méconnaissant l'un de l'autre. Un émigrant français, expatrié aux États-Unis qui tentait d'expliquer son vécu, parlait de son expérience, se voyait renvoyé dans ses nouvelles pénates dans un dialogue de sourds avec l'intime conviction d'être devenu un lâche à la nation française.

Paul de Saint-Victor, André Siegfried, ont initié ce sentiment. En 1930, Georges Duhamel écrit, en parlant de l'Amérique, "Ici tout est faux, l'écran et la musique" dans "Scène de la vie future". En 1959, François Mauriac, c'est dans "Bloc-Notes" que transpire la coca-colonisation. Après Robert Aron, Arnaud Dandieu lui parle de "Cancer Américain".   

Ce mardi, plus amusant encore, un article trop élogieux pour les USA d'un certain "magiciendos", sur agoravox.fr, disparaissait le lendemain, poussé vers la sortie par les commentaires, soit haineux, soit amusés. Auteur probablement très fictif. Excellent test de la part d'agoravox... En serait-il de même si un article élogieux sur la France paraissait dans un forum américain? Mon dieu, que la question, elle est bonne !!!

Un ingénieur indien en informatique, a Bill Gates comme modèle et arriver à émigrer aux USA est, pour lui, une consécration.

Il n'est pas question d'aimer ou de ne pas aimer le "Système américain", mais plutôt d'essayer de comprendre les racines du passé, de comparer, d'y sauver les avantages, de gommer les erreurs et espérer, ainsi, rectifier son propre futur. 0.jpg

Aujourd'hui, c'est en commun que les deux populations se partagent soit la nostalgie à la française entre espoir et désillusions, entre austérité et relance, soit le spleen à l'américaine entre surprises et relance forcée sur une planche savonneuse. 

Antagonisme que l'on retrouve dans ces deux démocraties, l'une à l'américaine avec son impérialisme appuyé par les Droits de Dieu, l'autre à la française, par la référence aux les Droits de l'Homme et ainsi prouver son bon droit, chacun à son tour.

Tous deux se considèrent comme des démocraties exceptionnelles et se snobent avec la fierté de leur culture que chacun d''eux veut imposer à l'autre comme la plus belle invention, comme un modèle exclusif pour le reste du monde. 

A l'actif des Américains, la créativité, l'esprit d'entreprise, un volontarisme inébranlable, un amour pour le risque, une volonté de se refaire en cas de faillite.

Au passif, une arrogance au service du dieu "dollar", de Dieu, tout court et ce n'est pas une crise qui aurait une influence sur le long terme aux yeux d'un Américain.

Le démocrate J.F. Kennedy disait lors de son investiture "« Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».

Phrase qu'avait extrapolé, le républicain, Ronald Reagan, par la phrase: "Dans cette période de crise, le gouvernement n'est pas la solution à nos problèmes; le gouvernement est le problème" suivant les idées d'Adam Smith, propagées par Alan Greenspan et qui ont abouti là où on sait.

Qui était Reagan? "Reagan, l'enfance d'un chef" sur ARTE encore visible ici (*) tente de l'expliquer. Quelqu'un d'intelligent, qui a compris qu'il faut ruser avec brutalité pour réussir, qu'il ne faut pas utiliser les mêmes armes que son adversaire, qu'il faut donner le change avec une image et pas nécessairement, des réalités et espérer dans l'ombre que l'adversaire le sous-estime. Son but, gagner la guerre froide. Ses artfices, l'humour et l'utilisation de son rôle d'acteur dans la vie politique. Son coup de poker de la "Guerre des Etoiles" comme un leurre, a rendu obsolète toutes les armes nucléaires, a détraqué le communisme et annihiler du même coup l'URSS. "La stratégie du choc" de Naomi Klein explique tout cela mieux que je ne pourrais le faire.

Nous n'en sommes plus là.

Au cours du 21ème siècle, comme pays le plus inégalitaire au monde, se voir dépassé par les nouveaux émergents comme la Chine et l'Inde, apporte une désillusion de ne pas être à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie. C'est se rendre compte que la technologie la plus sophistiquée ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan.

0.jpgLes soi-disant "chevaliers blancs américains" y ont été éconduits et les réductions des budgets militaires compensés par la technologie toujours plus performante n'y ont rien fait.

Y mettre le prix devient de plus en plus un problème quand on compare les budgets militaires dans le monde. L'austérité apparaît mais à l'OTAN.

Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.

L'impérialisme yankee laisse toujours un arrière-goût de force à tous ceux qui se sentent un peu trop "impérialisés".

 

Disney, Walt pour les intimes0.jpg

Le 12 avril dernier, c'était le 20ème anniversaire de Euro Disney rebaptisé, depuis l'ouverture, en "Disneyland Paris". Le parc d'attraction est une organisation qui reflète, comme un microcosme, ce que peut être l'Amérique et les relations avec le pays d'installation dans la caricature d'une entreprise américaine. La montée dans la hiérarchie du français, Philippe Gas, devenu président depuis 2008 alors qu'il était engagé comme aide aux clients dans les parkings après l'ouverture, est une preuve de ce qui peut arriver dans une entreprise américaine. Tout n'y est pas rose. En 2011, une perte de 64 millions d'euros, une dette de 1878 milliards, 100 nouveaux millions investis pour 2012 et une trésorerie jugée saine avec 370 millions. Tout cela, sous la protection des banques et de la Corporation Walt Disney Comp. On investit sur le long terme et parfois on se serre la ceinture, mais pas trop. D'après Philippe Gas, c'est la France qui a été la gagnante jusqu'ici. L'engouement pour le monde enchanté de Mickey reste entier et les Français visitent toujours le parc d'attractions et seuls, les Asiatiques font la fine bouche. Donc, une fusion d'intérêts est possible.

 

My America

Peter Hegedus est le réalisateur d'un documentaire présenté sur ARTE, intitulé "My America" (vidéo)


... qui peut montrer cette désillusion.

Trentenaire, immigré magyar, parti de Hongrie pour l'Australie, avec sa mère, il avait nourri, petit garçon, un amour aveugle pour l'Amérique au travers des films hollywoodiens. 0.jpgL’Amérique où vivait son père, incarnait à ses yeux le triomphe du bien sur le mal. S'il sait désormais que Schwarzenegger, le héros de films d'actions de son enfance, ne représente pas forcément la liberté et la justice, que la guerre fut lancée contre des ADM fantômes, il s'interroge néanmoins: y a-t-il un peu de vérité dans cette idéalisation qu'il a partagé avec une large partie du monde et fini par aimer et détester l'Amérique en même temps. Alors il va au devant des gens.

Dans ce film, un Américain interrogé se définit et dit avec un certain cynisme, que "l'Amérique est un prétexte pour empêcher les autres de réfléchir à leurs problèmes. L'Amérique se devait d'exercer son leadership pour que cela n'éclate pas, mais les conséquences de ses actes restent les problèmes des autres. Il est fier d'être américain car c'est l'Amérique qui l'a accepté comme émigré et il  doit, donc, s'engager à fond pour défendre la cause. Où est l'égoïste?".

Hegedus va installer une cabine de fortune autour du monde. L'idée? Permettre aux passants d'enregistrer un message à l'attention de Barack Obama qu'il pense lui remettre en personne. Messages de paix et d'harmonie mondiales exprimées par des quidams australiens, chinois iraniens, kényans et hongrois, enregistrés sur une cassette qu'il finira par les envoyer par la poste devant la barrière infranchissable de la Maison Blanche.(sur Facebook).

 

Résilience et immobilisme

0.jpgDans le même temps, le reste du monde, les dernières photos prises par les GI's ont créé un scandale de plus après les guerres, dites "chirurgicales", mais qui déplorent des dégâts collatéraux.

La télé américaine traduit surtout une volonté de tout contrôler et de maîtriser n'importe quelle situation.

Elle influence le public avec de soi-disant experts en tout, public qui lui a son tour, influence les productions de sa chaîne télé rassurante de "Oz" qui dit que "it's no place like home".

Aujourd’hui, la "résilience" est bien réelle pour un Américain. Il permet de "prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression". Le rêve est pour certains, devenu réellement un cauchemar.

Même les feuilletons américains comme "The mentalist", "The Experts", "Desperate housewife" remettent tout sur le tapis pour le spectateur qui n'est plus dupe.

A New York, pourtant, on recommence même à rêver avec les nouvelles "Freedom Towers" pour effacer l'injure. Les leçons sont pour les autres quand elles ne peuvent plus en donner qu'une image.

Obama avait réveillé un espoir démesuré. Dès son investiture, il a essayé de changer les responsabilités dans le monde en les partageant avec les autres pays partenaires. Il perdait, ainsi, une partie de substance traditionnelle de la force entrevue dans une "guerre des étoiles". Inadmissible pour un républicain.

Ingouvernables, les US avec une Constitution, non revisitée depuis le début. Rédigée en 1787, par les Pères fondateurs, elle détient la raison de cet immobilisme dans ses 17 amendements, fondés pour une populations de cowboys de 4 millions d'habitants et donc, non conçue, pour les 313 millions de citoyens, d'aujourd'hui.

Dichotomie des visions "démocrate" et "républicaine" qui mène, obligatoirement, à un immobilisme quand ni l'un ni l'autre ne sont plus adapté à l'actualité. 

Les États-Unis, fédération avec un conservatisme dans le centre et le Sud, et des côtes qui voient l'avenir sous un angle plus progressiste, mais qui reste toujours fédérés autour d'un seul président.

Au lendemain des élections françaises: "Immobilisme": un mot qui décrit l’incapacité des gouvernements de la Troisième République à la Quatrième à changer quoi que ce soit.", donc, pas vraiment mieux.

 

La passion du droit

Les USA sont le royaume des avocats par excellence. L'absence de filet social, la complexité du droit américain, la recherche d'un vice de forme font tourner la machine "justice" dans un cercle vicieux arbitré seulement par un juge. Avocats aux rémunérations astronomiques payés au pourcentage en cas de procès gagnés et proportionnels aux dommages et intérêts("quota litis"). Conclusion, 10% d'affaires présentées dans un procès. Des frais exorbitants de publicité et de procédures sont engagés pour décomplexifier une affaire.Un accord à l'amiable est souvent proposé à mi-parcours dans le civil. Au pénal, nouvelle dichotomie, plaider "guilty or not guilty" permet d'alléger une peine, mais qui pousse l'innocent à choisir le moindre mal quand il n'a pas suffisamment de preuves en sa faveur. La formation d'un avocat coûte au moins 140.000$ en 3 ans à Harvard ou Yale. Somme qu'il faudra rentabiliser au plus vite en entrant dans des bureaux d'avocats. Le droit penal américain est très différents du français.

Pays de la peine de mort (43 exécutions en 2011 et 78 peines de mort prononcées) et 61% d'Américains favorables. Les films du "Justicier dans la ville" pour faire  face à la violence des villes mégapoles, ont fait un tabac à une certaine époque. Tolérance zéro à New York.

Une société sans classes, démocratique au sens de Tocqueville, comme un fait social fondé sur la centralité d'une vaste classe moyenne qui par le travail, les vertus et les talents pense pouvoir accéder à l'aisance. Ceux qui n'obéiraient pas à l'un des points seraient considérés comme mauvais. Si vous êtes "pour", vous êtes un "ami". Dans le cas contraire, passez votre chemin, la prison est à sa croisée...

 

"God create and bless America".

"In God, we trust", dans une allégeance sur la Bible inaugurée par George Washington. Un dieu patriote dans une démocratie laïque? Erreur de jugement ou une manière de justifier les actions militaires avec la Bible comme livre de chevet? Religions, sectes, francs-maçons confondus et la laïcité mise à l'épreuve comme Satan. Même le billet du dollar transmet le message. La Scientologie est reconnue comme relgion en proposant une "ascension spirituelle" par le bias d'étapes progressives et payantes. Le Web devient une "technoliturgie paroissiale" qui n'hésite pas à utiliser les tweets comme propagande et le show comme s'ils venaient de l'au-delà, mais qui brasse des millions de dollars bien terrestres. Nouvelle Sion, nouvelle Jérusalem, que Reagan ne démentait pas. Repris pour lancer les guerre en Irak et en Afghanistan. La lutte contre le Mal devient "la" croisade moderne. Le créationnisme n'est pas interdit et agit sur les cerveaux en arrière plan.  

37% de religieux, Amish, Mormons, new Age, Protestantisme, Scientologie, Unitarisme, témoins de Jéhovah, Juifs, Musulmans... et seulement 16% de laïques qui sont, donc, marginalisés de fait. Jésus-Christ est la superstar.

Il en advient pour l'Américain, une impression d'avoir une mission divine d'être le gendarme du monde: "Si ce n'est pas nous qui prenons l'initiative de l'être qui prendrait ce rôle?

Dieu vaut-il une messe guerrière quand on est fier d'être Américain et puritain?  Internet permet ce prosélytisme débridé et, en plus, à bon marché. L'église de la Scientologie, elle, avait réussi à ne pas payer d'impôts, ce qui lui a permis de sortir de la vie du commun des mortels américain et de payer les procès en Allemagne et en France. L'église s'est depuis réorientée parmi les lobbyistes à Bruxelles.  

            

Liberté chérie

Les Américains progressistes ou au contraire, très rétro? En fait, les deux.

Évolution dans un féminisme à la "Clinton"? Il y a 140 ans, le 10 mai 1872, Victoria Woodhull, la première femme se présentait à la présidentielle dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de vote. L'amour libre, en plus, préconisé ! Scandales.

Conservatisme avec a un modèle dont la source est Ayn Rand et qui se définit par l'égoïsme moral. La philosophie tient en une phrase: "Si vous voulez avoir de l'estime pour vous, commencez par traiter en prédateur tout homme qui exige que vous l'aidiez".

Fier d'afficher son appartenance politique dans la rue pendant les élections, de montrer sa fortune en autre temps. Objectivisme, égoïsme rationnel ne sont pas des mots en l'air, mais des professions de foi. "Atlas Shrugged" a la réputation d'être autant lu que la Bible. Les prêcheurs sont aussi nombreux que ses utilisateurs. 

Plus libertarianiste que libertaire, un Américain. Il a droit de faire fortune en dehors de tout socialisme, le droit de jouir de sa liberté. 

Cela se traduit par l'antagonisme démocrates de "gauche", héritiers de Roosevelt contre républicains conservateurs de "droite" hostiles à l’état et à l'impôt. Le New Deal n'a été qu'une solution de secours temporaire, balayée par la Reaganisme. Une extrême droite qui renait, définie par le Tea Party. Une extrême-gauche communiste ennemie, condamnée pendant la période du Maccarthisme. Islam et gens de couleur seulement acceptés. Clivages multidirectionnels.

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Mais pour conserver ses avantages, il faut se préparer au pire, s'armer et être prêt à toute éventualité. Donc, ce sera "never without gun". Le droit de se défendre par les armes. "Porter une arme c'est être américain". Le lobby de la NRA (National Riffle Association") de feu Charlton Heston a même profité de l'élection d'Obama. Restriction amusante, en Virginie, on ne peut acheter plus d'une arme par mois. Un amendement de la Constitution pousse à l'achat d'armes pour "aider" la police. Dénombrer 75% de jeunes qui ont déjà vu quelqu'un se faire tirer dessus, n'est qu'un problème qu'il faut assumer comme dégât collatéral.

La liberté pousse à penser qu'il n'y a pas de problème à être obèse. Selon l'OCDE, 3 Américains sur 4 le seront en 2020. Beaucoup refusent d'entrer dans n'importe quel moule et devenir fier d'être gros comme une identification de leur potentiel à le devenir. Les MacDo sont là pour le confirmer et donner raison d'avoir cette conviction.  

 

Vivre ensemble: Du melting pot au salad bowl.

Fondre les cultures pour créer une identité américaine, à la base. Quand c'est chacun pour soi dans son propre ghetto dans une quête authenticité avec la seule norme qui frise l'excès. En définitive,  être "plus" ou être "moins" que son voisin c'est toujours s'attendre à un avenir de barbelés avec des liens sociaux communautaires. Les minorités poussent et veulent s'affirmer face à la culture majoritaire. La milliardaire russe propriétaire de la Standard Bank s'est offert une propriété de 25,5 millions de dollars. Comme c'est une affaire de prestige, d'image, il viendra très probablement un voisin qui s'en fera construire encore plus grande. Sunny Isles Beach est le "Little Moscow". Cosmopolite, Miami. La culture hispanique, majoritairement cubaine, fait concurrence à l'anglaise. 30.000 nouveaux immigrants, pauvres et riches, tous les ans. "Grouillement ethnique" mais "American first" avec le modèle américain. La mention "E pluribus unum" exite sur le billet d'un dollar.

La double nationalité n'existe pas aux États-Unis. On abandonne son ailleurs et son passé quand on s’installe sous la bannière étoilée et ensuite, on oublie qu'on s'y est installé.

La tolérance comme pilier de la République fédérale mais en même temps, un multiculturalisme qui aime garder ses particularismes dans ce qu'on appelle un "Salad Bowl". La discrimination positive se voit détrônée par la méritocratie. Rester plurielle mais pas vraiment intégrée et garder des ghettos noirs. Une éducation qui produit des individus avec un sens marqué pour le "self", sensé apporter la réussite à tous, par tous. 

Les États-Unis n'est pas à prendre comme le cliché de la pomme de New-York où tout est en hauteur dans l'ambiance du travail. L'Américain aime sortir des villes et s'étendre à l'extérieur. A Los Angeles, tout est en largeur dans des quartiers totalement différents. San Francisco est considérée, à juste titre, comme la ville la plus européenne, tempérée et méditerranéenne à la fois. 

 

Le règne du capital

L'agonie du capitalisme est vue avec des yeux européens. Est-ce l'Américain qui se voit emprisonné et obligé de faire une réédition indéfiniment des mêmes erreurs d'un "System" sans pouvoir pour en sortir ou y-a-t-il une renaissance avec d'autres traits de caractères de plus de sagesse? L'affaire récente de la JP Morgan semble prouver qu'il s'agit de la premier cas comme s'il s'agissait d'un cercle vicieux. Goldman Sachs, une société secrète? La "Firme", comme on l'a appelé dans le film, s'est fait connaître du public pour sa fabrication de Produit dérivé financier pendant la Crise des subprimes et la Crise de la dette grecque. Lire "Goldman finit toujours par brûler ceux qu'elle a portés au pinacle", c'est comme enfoncer une porte ouverte. Une nébuleuse, très probablement. Yoël Zaoui est fini chez Goldman Sachs mais retrouvera une autre chance, l'expérience et le succès ne reste pas lettre morte longtemps. "à rester trop longtemps à leur poste, les banquiers s'engourdissent, se reposent sur leurs lauriers et commettent des erreurs", encore du pragmatisme américain plus que cartésien.

Le film Margin Call n'est pas uniquement du cinéma, cela a été une réalité et cela existe encore avec d'autres acteurs, plus frais ou plus féroces encore, dit un acteur qui était dans le feu de l'action.

Le règne du capital, le fait que sans les dollars, on est "Mister Nobody", imposent des prises de consciences drastiques, pragmatiques dans un individualisme poussé à l'extrême.

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Construire sa maison par le crédit. La crise des Subprimes devait survenir. S'en sont suivis: Le chômage en hausse. Une croissance faible. Une économie servie par la démographie et l'immigration qui apporte une forte productivité et une économie inventive. Une flexibilité du travail qui ne stimule pas l'emploi et qui ne récompense pas ses salariés. "Pas de véritable lobby juif en soi" dit André Kaspi. La raison serait que la communauté juive serait non homogènes. L'argent reste le carburant et cela dans tous les domaines.

Pour vivre aux States, il vaut mieux avoir une tête bien faite et bien pleine, alliée, à une chance qui crée la réussite. Le bien-heureux sera ensuite plébiscité, applaudi par tout son entourage proche ou éloigné. Celle-ci mise en avant comme modèle d'un monde déterministe. Être autodidacte et réussir est le nec plus ultra des modèles.

0.jpgRien d'anormal, d'avoir une moyenne de 325 ans de salaires d'un salarié moyen pour concurrencer le salaire annuel d'un patron. Ce n'est que la crise qu'à fait changer très péniblement les consciences.

Le "travailler plus pour gagner plus" français se traduit par "travailler plus, plus longtemps et surtout toujours mieux et plus efficacement" en Amérique.

Warren Buffet représente le premier parfait repenti des plus riches. D'autres ont suivi. Quand au bout, il n'y a plus rien à espérer pour soi-même, l'altruisme semble être un moyen de gagner son paradis surtout quand la religion se rappelle à soi.

 

Un rêve sans étoiles

Plus à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie? C'est évident. La technologie ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. La Russie s'y est essayée avant l'Amérique sans plus de résultats.

Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.

0.jpgL'American dream avait été soufflé par des Andy Warholl, comme Nouvelle Jérusalem.  Le rêve de la France vu par les Américains s'est probablement, tout autant, essoufflé.

L'ascenseur social est en panne comme une coquille vide? Bien sûr, un vers était dans le fruit.

Pas de sécurité d'emplois, pas d'indemnités conséquentes à une rupture de contrat d'emploi mais,  en contrepartie, une plus grande disponibilité de retrouver du travail avant la crise.

Crises financières, déficit budgétaire record, licenciements, délocalisations, montées de pays émergents...

Il faut se réinventer ou mourir et survivre, au besoin, en se créant plusieurs carrières complètement différentes dans une vie.

En août 2011, 46 millions de personnes (15% de la population) vivent grâce à des bons alimentaires. 8,6% sont au chômage. Les entreprises s'en sortent plutôt bien, mais pas les salariés.

Récompenser les actionnaires était plus profitable que d'augmenter les salaires des employés à l'exception des "cerveaux" qu'il faut maintenir "at home".

Chacun a sa devise pour sortir de la crise et de la mondialisation.

  • Favoriser ce qui est local et, ainsi, recourir au protectionnisme, contraire à l'idée de libre-échange.
  • Dévaluer sa monnaie.
  • Battre monnaie locale comme le Plenty.
  • A la limite, la relocalisation pour enrayer le processus de délocalisation.

Comme il est dit dans "Amercan Spleen. Un voyage au coeur du déclin américain"  de Olivier Guez, le spleen trouvent une réponse dans l'envie de recommencer à zéro même après une faillite. Pour la population, la leçon a été "qu'il ne faut pas s'offrir ce qu'on n'a pas les moyens de payer". Une austérité implicite plutôt qu'annoncée telle quelle. L'argent n'est pas fait uniquement des billets de banques. Potentiels à risques, mais avec le but ultime d'accroître, encore plus, ces même billets de banques.  "Les ranchers de l'Ouest américain vivent avec la peur au ventre, toujours armés et ne connaissent plus la pays et la sérénité d'antan". 

Pour la première fois, l'immigration en provenance du Mexique est en régression d'après un rapport récent. Sur 3 millions, 1,4 million de mexicains sont retournés dans leur pays à cause du manque de travail.

Qui mène la danse dans le monde? Plusieurs points d'interrogations et réponses n'y suffiraient pas. Quelques idées peut-être... et encore, le danger vient d'où on ne l'attend pas.

Voilà toute la "Pax americana" à la sauce actuelle.

"Pour qui voterait Wall Street?" "Il y a une forte corrélation entre le niveau d'approbation d'un président et le moral des consommateurs", disait l'article.

Le cas de l'entrée en Bourse de Facebook répond:  0.jpg

  • Les investisseurs détestent admettre qu’ils ont été mal informés, et ils s’obstinent à croire que leur raisonnement est rationnel ;
  • Les investisseurs américains sont toujours optimistes, même si l’histoire montre qu’ils ont eu parfois tort dans le passé ;
  • Wall Street a tout intérêt à ce que des millions d’investisseurs soient irrationnels, mal informés et naïvement optimistes ;
  • Les investisseurs américains sont crédules, ils veulent toujours croire que Wall Street leur dit la vérité, même si la plupart du temps, ce n’est pas le cas.

Douglas Kennedy, le plus européen des écrivains américains dont j'ai relu le livre "L'homme qui voulait vivre sa vie", décrit bien le phénomène américain.

Le sujet : un avocat quitte une vie pour une autre et se réfugie dans la nature sauvage du Montana dans un imaginaire collectif "on the road". Fondamentalement, l'américain est sédentaire et ne quitte pas aussi facilement son patelin. Le livre n'a vieilli qu'en apparence en ne suivant pas la technologie des portables et des géolocations d'aujourd'hui. Dans son livre, un paragraphe explique beaucoup de choses: "Si en Europe, c'est le travail qui est monté aux nues et qui prime dans l'esprit des gens, le truisme américain qui fait toucher à la grâce du succès, c'est d'être lancé pour que tout s'emballe et vous veut à n'importe quel prix. L'image de celui qui lutte pour arriver est intrinsèquement négative et catalogue comme un rien du tout, un raté à la recherche d'une chance de s'exprimer, de sortir de l'anonymat que personne ne lui accordera de bonne grâce".

Le succès attire le succès et les rémoras suivent les requins à la trace espérant récolter les miettes du repas. Peu importe qu'il y ait un crime à la base du succès, puisque une nouvelle vie est toujours possible ailleurs vu l'étendue du pays.

 

L'avenir des USA?

Pas de doute, les bonnes années des États-Unis se situaient au cours du 20ème siècle. 

Nation d'héritiers, ils croient toujours à leurs pairs.

0.jpgIl y a 21 ans exactement, c'était le feuilleton "Dallas, ton Univers impitoyable". Ils reviennent. JR Ewing est éternel. Mélange intemporel de sexe, d'argent, d'intrigues, de familles et de mensonges. Le "Time" écrit "JR Ewing a sorti les États-Unis des difficiles années du président Carter et les a guidés vers la confiance en soi, typique des années eigthies sous la houlette de Ronald Reagan".

Les remakes ne demandent jamais beaucoup d'efforts et, surtout, de remises en question.

Le slogan de campagne de Mitt Romney est "L'Amérique doit mener le monde".

"Le passé de Romney dans les affaires vire au handicap de campagne", lit-on. Le passé, c'est cela que les adversaires vont creuser pour les faire plier. 

Aux States, tout changer à cause des crises? Jamais. Pays brillant par ses intellectuels, mais qui comptent beaucoup d'ignorants. 48% de la population croit encore aux anges, hait les élites et pense qu'un système de santé n'est que du communisme. "Occupy Wall Street" a été réprimé et s'est dissipé.

Tout est donc encore en place pour concourir à l'immobilité.

Chris Hedge dit que Obama et Romney, c'est choux vert et vert choux. Tous deux technocrates qui servent un États dirigé par de grandes entreprises. Le coup d’État au ralenti des "super PACs" a bloqué le processus législatif. Comme avocats d'affaires, ils n'ont aucune possibilité de voter des lois néfastes aux entreprises comme Godman Sachs ou autres. 

Pourquoi en serait-il autrement? Les campagnes électorales américaines coûtent de plus en plus cher. Il faut pourtant s'y laisser séduire pour avoir une chance de régner. Les dons, non limités, proviennent des entreprises qui espèrent, toujours, un "return on investment".

N'est-ce pas, actuellement, passer de Charybde en Scylla?

Les crises ont démarré à partir des États-Unis. Au début, un éditorialiste  écrivait qu'elles devraient se résoudre à partir du même point de départ. La réélection dépend aussi de la relance de l'Europe jumelée à celle des États-Unis dans un même goulot d'étranglement.

La dette publique des États-Unis s'élève à 15.600 milliards de dollars.

Il y a 3 ans, j'écrivais "La bonne nouvelle et la mauvaise". C'est fou, comme on a l'impression que le temps n'a pas évolué. Sommes-nous dans des cercles vicieux concentriques? Peut-être faut-il encore plus d'espace temps pour en juger? Parler du capital à risque, des "small caps" ne fut même pas discuté.

0.jpgAlors remontons encore plus dans le temps.

Au film "West side story" de Léonard Bernstein, par exemple. C'était, il y a plus de 50 ans avec une musique joyeuse mais déjà, il y avait une opposition marquée d'appréciation de la vie américaine.

"Il était une fois, l'Amérique" de Sergio Leone, avec une musique triste, 20 ans plus tard, confirmait cette impression.

Sommes-nous dans des paradigmes qui ne se touchent plus que le temps de se rencontrer et de s'oublier après les rencontres comme celles du G8? 0.jpg

Une anecdote révélatrice: Le 12 mai dernier, sur France2, le journaliste Delahousse interrogeait l'acteur noir Will Smith pour la sortie du  troisième opus de  "Men in Black". Remake avec quelques nouveautés après un autre remake, qui arrivera, toujours, à la nausée. Une nouvelle leçon à l'américaine, on ne change pas un filon qui a donné de bons résultats financiers avant qu'il ne soit totalement épuisé. Ce qui ne marche pas une fois, ne le fera jamais. Will Smith déclarait être "pour Obama". La question des impôts venait dans la conversation. L'acteur disait n'avoir aucun problème pour payer des impôts. Quelqu'un qui gagnait au moins un million de dollars, doit payer en conséquence, aucun problème de devoir payer 30%, disait-il. La surprise est venue quand le journaliste lui a dit qu'en France, c'était 75% pour ce qui dépassait ce montant. "God Bless America" lui a-t-il été répondu après un temps mort et un sourire plutôt angoissé. 

Autre film, "Panique à Hollywood" de Barry Levinson est une satire de Hollywood. Un producteur de films sans idées qui doit affronter maintes difficultés entre un réalisateur et acteur éhonté pour boucler le budget de son prochain long métrage.

0.jpg- "François, tu pouvais enlever la cravate", disait Barack Obama à François Hollande lors d'une des premières réunions entre les deux hommes.

- "It's for my Press", répondit Hollande?

Une réflexion qui n'est pas aussi anecdotique, ni anodine, qu'il y parait.

La décontraction est-elle vraiment du côté américain? Allons-nous vraiment "Vers une nouvelle Amérique" comme le faisait comprendre l'éditorial de Catherine Golliau de "Le Point"?

Question piège quand les mythologies du passé, Marilyn, Mickey reviennent, lancinants, pour rappeler les jours heureux du passé, que l'on ne reverra plus quand on ne trouve pas un point G neuf en commun. Un G8 mais pas un G Fin de non recevoir, en quelques sortes... 

Paradoxale, l'Amérique? Chocs de cultures, mauvaise appréciation des enjeux. 0.jpg

Quant aux autres, européens ou faisant partie du BRIC, ils suivent le mouvement avec un effet retard.

Pour tenir la barre, quand le monde est devenu un village, il faut la légèreté des doigts d'une fée que l'on n'espère pas trop Carabosse. Les remakes, c'est pour le cinéma, pas dans le réel.

Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux Etats-Unis et ailleurs.

 

L'enfoiré,

 

0.jpgLes billets sur le sujet "Amérique" vont dans tous les sens, alors, sans être exhaustif, en voici certains:

It's only in America

L'état de l'économie mondiale en un graphique

La croissance des États-Unis comparée à celle de l'Europe.

Obama a donné plus d'argent aux États américains les plus démocrates et les plus riches.

“Romney le cruel” contre “Obama le mangeur de chien”?

Soutien moral des Américains aux marchés d'Europe

Les fables de la richesse: les capitalistes sont-ils des psychopathes?

Des visions citoyennes comme Roosevelt2012 ou un "y a qu'à"...

Des photos de Floride et du Far West du temps où le numérique n'existait pas, c'est ici. 

Mais comme les commentaires ont été assez vifs, passons à l'article suivant "Entracte et anecdotes".

 

Citations:

  • « Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d’une Amérique imaginaire qu’on croit être là mais qu’on ne voit pas. », Andy Warhol
  • « Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé. », James Ellroy
  • « En Amérique, le sexe est une obsession ; ailleurs c'est un fait. », Marlène Dietrich
  • «La société se caractérisera par une surabondance d'informations. Le défi sera de ne pas confondre l'accessoire et l'essentiel. »,  Aurélie Royet-Gounin

     

     

(*)Ronald Reagan, l'enfance d'un chef

"Ronald Reagan a été sous-estimé par tout le monde et, au fond, il considérait ça comme un énorme avantage", estime Richard Allen, ancien conseiller à la Maison-Blanche. Laissant de côté les facettes plus connues de l'ex-président des États-Unis - le conservateur, le néolibéral -, ce documentaire s'attache à son rôle décisif durant la guerre froide. Retraçant son parcours, il montre que derrière l'image du cow-boy sympathique et peu compétent se cache un homme intelligent et solitaire. Abonné aux rôles de "chic type" à Hollywood, il est au départ sensible aux idées de gauche. Mais en 1947, président du Syndicat des acteurs, il est confronté à la grève et aux menaces des employés des studios soutenus par le PC. Dès lors, Reagan devient un anticommuniste fervent. Peu écoutées au départ, ses idées finissent par s'imposer - l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS y contribuera - jusqu'à le hisser à la Maison-Blanche. Dès lors, il mettra en place une stratégie qui précipitera la chute du régime soviétique. Plongeant dans les arcanes des négociations entre les deux puissances, ce film donne, entre autres, la parole à de nombreux proches de Reagan (Richard Allen, Martin Anderson...), ainsi qu'à George Shultz, qui fut son secrétaire d'État, et à Oleg Kalouguine, ex-général du KGB.0.jpg

 

Quand au rêve belge, cela ressemble à ça.

Pour ce qui est des vacances, ce n'est pas tout à fait vrai. Le belge part toujours. Seulement plus souvent et moins longtemps. >>>

 

 

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Tandis que pour un Américain, ce serait plutôt cette vision

 

Maintenant c'est l'heure de préparer les élections.

Livre de Corine Lesnes "Amérique, années Obama. Chroniques d'un pays ingouvernable" et celui de Ron Suskind "Obama, la vérité"

 

0.jpg0.jpgMise à jour 25 mars 2014: Obama est à Bruxelles. Une occasion de s'entretenir au sujet de la relation entre Etats-Unis et Europe alors que la Russie est mise au ban des accusés.0.jpg

 

 

 

 

 

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17/05/2012

Feu vert à Jacques Careuil

Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les mœurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.

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Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.

L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.

Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".

Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.

Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.

Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.

Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobiner le fil de sa vie.

Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.

L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.

En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".

A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.

Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Joe Dassin.  

Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.

Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.

Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.

Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.

Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.

Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.

Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.

Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.

Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.

L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérance car elle dure pendant 6 ans.

Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.

Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.

Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!

"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier. 

Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.

Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?

Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.

Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce  documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.

Un vie de voyages commence dans une septième vie.

D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.

Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de véritable "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.

Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.

Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.

Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme qu'il a aimé. 

Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.

Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.

Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Il se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.

Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.

Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Qu'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. C'est, ce dernier, le fautif, s'il faut parler de faute. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut."

Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.1.jpg

Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.

Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies? 

Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.

1.jpgIl espère avoir été un petit lutin de consolation.

Que dire comme conclusion?

Un livre bien écrit d'un belge bourlingueur à travers les monde.

Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.

Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.

Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".0.jpg

Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.

Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.

Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.

Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.

Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
  • « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
  • « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin

10/05/2012

Fidèle, vous avez dit, comme c'est étrange...

La base de tout code éthique du couple est la fidélité. Un contrat, une signature au bas d'un parchemin, des vœux qui fixent la fidélité dans une sorte de CDI qui devient, souvent, un CDD. Il y a les anniversaires, les noces pour concrétiser, pour acter. On s'épouse pour le meilleur et pour le pire, dit-on... Oui, mais, il y a les réformistes, les conspirateurs, les prometteurs, les menteurs, les impulsifs, les "extra-conjugués", le "double-vital", les pressés, les décompressés et parfois, quelques fidèles et... un anniversaire.

2.jpgLa fidélité est, manifestement, mis à mal à notre époque. Pas uniquement dans les affaires de couples.

Dans ce dernier cas, on pense au dernier film de 2012, "Les infidèles" mais il y avait eu un précédent, avec le titre au singulier "Infidèle", en 2002. Entre les deux, il n'y a que la mise en forme, quelques mises en plis qui diffèrent pour faire évoluer les manières très personnelles de vivre intra-conjugales et extra-conjugales.

La fidélité n'existe plus toujours ni avec son entourage, ni dans les relations avec son employeur. Le mot "toujours" est à double tranchant.

Les contrats signés ne sont plus respectés ou sont détournés de leur but initial. Le turnover n’a jamais été aussi grand à tous les étages. Les sociétés restructurent. Elles le font d’autant mieux que les affaires vont bien. Il faut se rappeler que notre société de consommation pousse à l’égoïsme, au non-respect des promesses et par là, à l’infidélité.

Si l'adage "Un tien vaut mieux que deux tu l’auras" persiste dans les mémoires, il faut bien avouer que cela ne tient plus qu'à un fil très vite coupé derrière des réformes à répétition qui ne sont pas bien ficelées.

Pourquoi en serait-il autrement dans l'intimité d'un couple, avec sa moitié, comme on a l'habitude de dire? On frise plutôt des portions plus congrues que la moitié de part et d'autre de la balance. 

Irait-on, un jour, jusqu'à réformer la réforme, elle-même, rien que pour voir autre chose, un changement et dire, devant l'autel des Grands Hommes, que l'on serait fidèle à l'infidélité pour exister ou avoir encore des sujets à raconter?

Mon magazine parlait dernièrement des femmes des candidats à la présidence française, des épouses qui sortent plus d'ombre. Le sexisme, le féminisme en est outrepassé. Seul, Melenchon et Bayrou avaient le conjoint d'origine. Ne parlons pas des artistes de variété, là, ce serait souvent le nième d'une longue série de paragraphes, de chapitres plus ou moins courts.

A la radio, à la TV, dans les journaux, on dénombre « 4% de nouveaux clients ». Pour les anciens, bizarre on n'en dit rien. N'y aurait-il aucune "offre alléchante" pour le justifier.

Les jeunes se "mettent" ensemble pour le meilleur et pour le moins pire, pour tout et tout de suite et la plupart du temps sans mariage officiel contre indiqué pour des raisons fiscales. Quand le pire arrive, quand tout n’arrive pas dans les temps, il n’y a plus personne, c'est la fuite. Tout le monde se rappelle de "Pour un flirt avec toi".

0.jpgFréréric Beigbeder parle de ses expériences dans le livre "L'amour dure trois ans". Il est passé au cinéma.  Comme préface du livre, on lit "La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne: dégoutée votre femme vous quitte. La mauvaise: vous commencez un nouveau livre. L'amour est un combat perdu d'avance". Cela voudrait-il dire que les rééditions de mariage ne marchent pas vraiment mieux? Il y a toujours une comparaison qui se produit, qui s'insinue en cachète.

L'Aventura, chantaient Stone et Charden, il y a bien longtemps....

Étaient-ils des précurseurs de l'infidélité avec une telle chanson sous la bénédiction de la musique?  

Samedi dernier, "Les années bonheur" enregistré avant le décès de Charden.

Stone et Charden y étaient bien vivant. Ces années bonheur avec Stone ont duré 5 ans. Après, il y a eu, pour lui, Pascale, Bénédicte, Gabrielle. Mais, c'est Stone, son "premier amour" qui l'accompagnait chez Drucker et chez Sébastien.   Le "gars chocolat" et la "fille à la vanille" bercés de fleurettes fleuraient bons le terroir français, ce qui a fait leur succès. C'est bon pour le moral et pour l'exemple, mais les réalités de la vie sont bien différentes. Est-ce dire que je suis contre le divorce? Non, surtout quand c'est par consentement mutuel. Les atomes crochus ne sont pas forcément là.

Le même "cinéma" est partout et même tout en haut de la hiérarchie. On a connu les escapades de notre Roi Albert II, voici que celles du Roi Juan Carlos défraie la chronique de la monarchie espagnole dans le Paris-Match. Une princesse allemande, Corinna zu Sayn-Wettgenstein a, parait-il, fait ressortir le démon de midi ou celui du soir du Roi d'Espagne. "Son tableau de chasse serait de 1500 conquêtes", lisais-je ensuite.

Un chaud lapin, quoi...

Le prestige de l'étiquette, de la renommée, du pouvoir et de l'argent vivent toujours à ce niveau.

Les médias s'en mêlent aussi. La chaîne télé AB4 s'est fait le propulseur de l'émission "Marrions-nous" qui institutionnalise l'agence matrimoniale sur écran. Suggérer l'envie par de belles candidates aux échanges "culturels" et divers. Koh-Lanta avait donné quelques filons de plus dans ce sens.

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Auparavant, les deux membres d'un couple vivaient parfois des vies conjugales parallèles entre domicile et bureau. L'infidélité est montée d'un cran dans la virtualité qui apporte encore plus de fantasmes et de suspense. Badinage et marivaudage en virtuel. Le pied, quoi...

Je vous en avais touché un mot sur le sujet dans "Mariage distancé".

Le Vif L'Express de mi-mars essayait de prouver "Comment le Web dope l'adultère". Ordinateur, téléphone savant et tablettes numériques deviennent complices des amours secrètes et 'traitres'. 

"Le Web ne crée pas le problème, mais il amplifie les pathologies", s'empresse de dire, le sexologue.

La proie pour l'ombre dans une affaire d'argent comme une autre.

Oui, on se rappelle de DSK. Pas un fan des TIC, lui. Simplement fou de voyages au septième ciel des hôtels pour calmer ses pulsions.

Les SMS sur ses portables complètent le tableau. Sur son lieu de travail, le "potentiel" de "recrutement" est devenue tellement important qu'on en oublie la prudence.  Dans la "Web connection", ce sont les femmes, en alternance, qui sont devenues des objets à force d'être convoitées et chasseuses de proies masculines.

L'agence 0.jpgGleeden est devenue une mine d'or. Les affiches se sont mises dans les valves publicitaires bruxelloises: "Contrairement à l'antidépresseur, l'amant ne coûte rien à la sécu". On se demande si ce n'est pas une pub pour les avocats.

Le phénomène du FOMO (Fear Of Missing Out) entre en jeu chez les autres. Les réseaux sociaux, Twitter font le reste. Dans la société moderne, il faut faire semblant d'être heureux, d'avoir des amis sous peine d'être rejeté comme oiseau de mauvaise augure. L'injonction du bonheur oblige presque à aller compléter son manque ailleurs et augmenter son palmarès. Femme ou homme sont au même niveau dans ce jeu d'à qui gagne, perd ou gagne.

Skype a un très bel outil de recherche de mâles en partance. La Web n'est pas comme le ferait penser Facebook, un lieu de rencontres entre amis, mais un moyen de communication qui dévie sur des sujets plus "tendances".

Le sociologue Jean-Claude Kaufmann dans son livre "Sex@mour" rappelle tout cela. 

Les questions que se posent encore les adolescents trouvent la confirmation dans la pratique. L'éducation sexuelle a seulement montré le chemin.

"Les ados, l'amour et le sexe" de Alain Héril se fixe l'objectif d'être un mode d'emploi.

"La sexualité des adolescents n'est pas une préoccupation nouvelle tant pour les adolescents eux-mêmes que pour leurs parents ou éducateurs. Alain Héril dit qu'il faut protéger ces ados après avoir constaté de visu ce qui se passe dans les fils de la Toile. (livre "Les Ados, l'Amour et le Sexe")
Cependant, beaucoup d'événements médiatisés tendent à nous rappeler combien il est difficile pour les ados d'aujourd'hui d'aborder la découverte de la sexualité de façon neutre et positive.
L'accès facilité aux images représentant des situations sexuelles crues entraîne des malentendus et des interprétations parfois erronées.1.jpg
Il est donc important de comprendre les enjeux de l'adolescence aujourd'hui pour que parents et éducateurs puissent transmettre quelques clés d'analyse et permettre aux jeunes d'aborder cette problématique avec plus de sérénité.
La construction sexuelle (bouleversements hormonaux et psychologiques, premiers amours, mélancolie, timidité, fascination du risque…) et de ces composantes purement modernes (comportements transgressifs, rapport à la pornographie, importance des nouvelles technologies…), avec l'idée de redonner à l'adolescence sa fonction primordiale : une initiation riche et dynamique pour mieux amorcer l'entrée dans l'âge adulte.".

De plus, devenir adolescent est plus rapide qu'auparavant. Dans le passé, les découvertes laissaient plus de temps au temps pour imaginer.

0.jpgDes relations intimes d'un condisciple qui se sortent de Facebook et se retrouvent sur des sites pornos. Pourquoi en serait-il autrement?

Est-ce, d'ailleurs, toujours l'homme qui reste le chasseur?

Rien n'est moins sûr. Faut pas se leurrer. Le féminisme a changé la donne. L'égalité des sexes revendiquée et tout ce qui va avec.

Les cougars veillent.

La planète Vénus a-t-elle rencontré Mars?
Quand on connaît les différences entre les deux planètes, cela pourrait y ressembler, mais ce serait vu de trop loin ou alors par osmose, mais sans volonté naturelle de se
concilier les mêmes prérogatives.

Quand il y a de l'orage dans l'air, que des troubles se manifestent, que les flèches commencent à pleuvoir, il faut se rappeler que les femmes sont des Amazones et qu'elles en ont plein en stock avec agressivité.

Que reste-t-il à faire?

Simple, ne pas regarder la longueur des flèches mais seulement parrer au plus pressé: rester calme, répondre en parant les pointes de flèches avec un certain flegme et pragmatisme.

C'est pas gagner d'avance, mais au moins, les parties d'échecs se termineront pas des "Pat".

1.jpg"60 clés pour réussir son couple" du Dr Marie-Claude Gavard, préconise d'entretenir la communication. Le casting mutuel du départ qui cachait les disgrâces potentielles, est loin et accepter les différences. Aimer est un drôle de mot qui détient quelques appendices inattendus qu'il faut apprendre à connaître.

Ne pas oublier le "J'ai besoin de parler", de Lisa Angell qui vaut vraiment le détour.

Avec deux divorces pour trois mariages, les Belges seraient les champions d'Europe avant les Lituaniens et les Tchèques. Quatorze ans de vie commune, c'est la moyenne européenne.

Chez les animaux, le sexe n'est pas une question mais une réponse de vie ou de mort. Prolonger la vie de ses gènes dans la génération suivante. Oui, il y a aussi les bonobos...

Mais, au fait, pourquoi ai-je pensé sortir ce billet aujourd'hui?

Ne le répétez pas, je fête, aujourd'hui, mes noces d'émeraude. Pour des jeunes, cela pourrait aller jusqu'à l'idée d'une catastrophe avec la phrase "Mes sincères condoléances" qui viendrait s'ajouter dans le processus.

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Un dialogue entre une femme et un homme, jeunes, pourrait bien être:

-C'est notre anniversaire de mariage, trois ans, comment cela est-ce possible? Le temps a passé si vite. Est-ce l'égalité des sexes qui a permis cela?, dit l'homme.
-
Qu'est-ce que tu entendes par là?
-
Oh, par là, pas grand chose. Cela dépend de ma longueur, de tes grosseurs....
-
Je ne veux pas parler de ton sexe, mais de notre sexualité en couple.
-
Ah, bon, pardon, chérie. Que veux-tu entendre, alors? Qu'on se rapproche encore, qu'on se ressemble ou qu'on se fait dépasser par nos amis?
-Que notre amour n'aura pas de fin
.
-
Tu sais, c'est comme sur une autoroute. Je te rappelle, il y en a qui dépasse par la gauche, un autre par la droite. Et on finit toujours ensemble dans le même décor.
- Ah. Vu sous cet angle...

- Chérie, sache-le, je t'ai épousé afin qu'il n'y ait pas 4 malheureux.
-
4 malheureux ?
- Oui, toi, moi et les deux qui nous auraient épousés chacun.

La perception des noces, de l'amour d'une femme et d'un homme, des mots utilisés seront toujours, quelque part, différents.

Bien sûr que sur l'oreiller, on oublie tout.

Il y a une petite règle de la sexualité qui s'appelle M.M.S

Vous ne la connaissez pas? Elle est pourtant connue, mais incomplète. Je la complète par tranche de dix ans puisque nous avons le système décimal et que la durée de vie s'allonge.

Aux noces de coton, MMS, c'est Matin, Midi et Soir.

Aux noces d'étain , c'est Mardi, Mercredi et Samedi.

Aux noces de porcelaine, c'est Mars, Mai et Septembre.

Aux noces de perle, c'est Miel, Marmelade et Sel

Aux noces d'émeraude, c'est Musique, Murmures et Solitude

Aux noces d'or, c'est Meilleurs Moments de Souvenirs

Aux noces de diamant, c'est Money, Momentum et Sensibilité

Aux noces de platine, c'est Motus, Mollesse et Sinistrose

Aux noces de chêne, c'est Monologues, Motus et Silence

Aux noces d'eau, c'est l'arrosage des fleurs, tout simplement.

Dans le haut de la barre des âges, on entend  des blagues comme "Avec l'âge, les raideurs se déplacent", "Les vieux regardent toujours les filles mais ne savent plus pourquoi". 

Quand on partage toutes les heures à deux, là, mettre de l'eau dans son vin, partager les tâches, ne pas avoir deux coqs sur un même "fumier", laisser de la liberté à l'autre sans intervenir, chercher la complémentarité plutôt que opposition peut aider. Éliminer les excès de part et d'autre. Tout le monde doit garder un "jardin secret", une "indépendance" d'esprit pour pouvoir tourner les pages à problèmes. Regretter les erreurs du temps passé, être revanchard, c'est perdre son temps. Alors, se ressembler trait pour trait ou au contraire, être complémentaire?

Je dirais complémentaire. Pas deux coqs sur le même fumier...

Askmen propose donc quelques petits conseils pour aider les hommes à gagner plus de points dans les joutes domestiques

0.jpgLes hommes sont désavantagés par rapport aux femmes en matière de disputes, parce que celles-ci expriment leurs émotions bien plus facilement.

Alors, quand elle arrive, il s'agit de rester froid, lucide pour garder le contrôle sur la situation car s'emballer, c'est l'envenimer. Quant à bouder, c'est la solution de facilité qui n'apporte aucune solution durable.  

Alors, "ils" donnent 5 conseils pour gérer les disputes et les raisons invoquées sont parfois amusantes si pas stratégiques:

  • Ne jamais lui dire de « se calmer » (ou ses variations)

Et surtout pas si elle est déjà hors d’elle ! Cette expression particulièrement agaçante ne fera que jeter de l’huile sur le feu.

  • Employez la première personne

Au lieu de dire « tu ne m’écoutes pas », dites plutôt « j’ai l’impression que tu ne m’écoutes pas ». Les phrases qui commencent par la première personne semblent moins accusatrices, et seront plus susceptibles de recueillir son écoute et sa bienveillance. Et peut-être pourrez-vous obtenir des excuses ? Qui sait ?

  • Laissez l’opinion de vos amis hors de cette affaire

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Les femmes redoutent de passer pour des folles. Il est donc malvenu d’insinuer que vos amis ont fait des remarques à propos de sa « bizarrerie ». De toute façon, ce type d’argument n’amènera rien : elle ressentira que vos amis ne peuvent que vous soutenir. De plus, lors de la prochaine rencontre avec les amis en questions, elle se sentira très mal à l’aise. Enfin, c’est le type d’argument qui risque de vous poursuivre pendant des lustres…

  • Ne faites pas de menaces creuses

Pour la bonne raison qu’il y a de fortes chances qu’elle vous prenne au mot… Ne donnez jamais d’ultimatum.

  • Mentez !

Dès qu’elle vous demande avec un regard agressif si vous comprenez ce que vous venez de lui faire ou de lui dire, mentez, et dites que oui, vous voyez bien de quoi il s’agit, et demandez-lui si elle veut en parler tout de suite, ou un peu plus tard. Avec cette réponse surprenante, vous pouvez lui faire baisser la garde et vous laisser le temps d'essayer de comprendre effectivement pourquoi vous l’avez offensée, pour trouver ensuite un moyen de vous faire pardonner.

0.jpgParler de « nuit de noces », de « lune de miel », c'est remonter à l'époque babylonienne où l'on y buvait de l'hydromel, le vin de miel et s'est perpétuée grâce à la culture grecque. En effet, la mère de la mariée donnait un pot de miel au jeune couple avant de les laisser.

Dans le folklore français, on donne des noms de noces aux anniversaires de mariage, associés à une matière.

Mais pourquoi, diable, 40 ans de mariage représentent les noces d'émeraudes? Il n'y a pas longtemps, je l'ignorais. 0.jpg

L'étape d'avant, les 35 ans, les noces de rubis, sont passés sans avoir fêté quoique ce soi.

Avec le poids des ans, cela prend, tout à coup, plus d'importance.

Dès les noces d'or, ce sont les maisons communales qui invitent les "rescapés" qui sont malgré l'allongement de la vie de moins en moins nombreux.

J'ai cherché. Et ce que j'ai trouvé, m'a stupéfait. Des noces "anniversaires", cela va de 1 à 100 ans. On a vraiment pensé à tout.

Mon hebdo en parle même. Non, pas de mes noces d'émeraude. Du 29 avril et des noces de cotons de William et de Kate avec la mention "Sa place à la Cour et dans les cœurs". 0.jpg

Il est dit: "Premier anniversaire de mariage dans la plus "stricte intimité" après un milliards lors du mariage. Un tendre tête-à-tête après une séparation, due aux obligation du Prince, en mission aux Malouines avec la RAF. Belle-maman a fêté, pendant cela, son jubilé de diamant avec 60 ans de règne. Kate a su se montrer à la hauteur de son rang, sans arrogance ni timidité"

Plutôt "glamour" que cela, tu meurs. Jeune et beau, cela fait toute la différence et organise le buzz.

Un an pour Kate et William et ce sont les "Bravos" de la foule... Faudra qu'ils y mettent beaucoup du leur pour arriver aux noces d'émeraude. A la cour d'Angleterre, il y a eu, quelques ratés avec les couples qui y ont gravité. L'expérience de belle-maman, the Queen Élisabeth II, la matriarche, n'a pas servi d'exemple à son entourage.

Donner des filons de l'expérience en comptant les années? Le calcul mental s'effrite et s'embrouille avec les années.

Laissons, donc, parler les "spécialistes" et pas uniquement les sexologues.

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Le magazine Philosophie questionnait Jacqueline Bir, 78ans, a marqué le théâtre bruxellois pendant 60 ans. Mariée à Claude Volter, décédé en 2002. Elle dit "Je suis une enthousiaste lucide positive. J'ai le devoir d'être joyeuse. Quand il y a quelque chose d'exaltant qui naît entre deux êtres, ça vous marque à vie. Réussir sa vie amoureuse est un travail surhumain. L'amitié reste la plus forte, la plus solide. Rien n'a été créé pour être pérenne. Les gens qui ont peur, qui repoussent l'autre en le sommant de s'adapter à nous, ignorent tout de l'Histoire. Nous sommes ce que nous créons, jour après jour, en gardant la dérision, en sortant de l'image. Jouer, comme vivre, c'est l'art de l'éphémère. Nous ne sommes qu'une plume dans le vent".

"Mars, le mois des divorces", dit une analyse de findlaw.com. C'est évident, c'est le printemps et la sève monte. "Les recherches sur Internet concernant le mot-clé « divorce » augmentaient de 50% en janvier et connaissaient aussi leur apogée en mars.". Les affaires reprennent pour les avocats, au mois de mars. Relation de cause à effet. Il faut toujours des gagnants quelque part.

Le neurologue Amir Levine distingue trois types d'attachement :

  • Confiant : Si vous aimez authentiquement et recherchez la proximité, mais sans vous soucier d’être aimé en retour, vous appartenez à cette catégorie, comme la moitié de la population.
  • Anxieux : Vous appartenez à cette catégorie lorsque vous avez privilégiez l'intimité et la proximité dans vos relations amoureuses, mais que les sentiments que l’autre éprouve à votre égard ont beaucoup d’importance pour vous. Les personnes de ce groupe ont tendance à avoir du mal à oublier un chagrin d’amour, et elles se sont encore amoureuse d'une personne aimée même des années plus tard. Elles sont très sensibles aux petits changements dans l'humeur de leur partenaire et redoutent de manquer de proximité avec lui.
  • Fuyant : Vous êtes du genre fuyant si votre priorité, c’est l’indépendance, et que vous avez tendance à mettre de la distance entre vous et votre partenaire. Souvent, les personnes de cette catégorie ont l’impression qu’elles n’ont pas encore rencontré « le prince charmant » ou « la femme de leur vie » , et elles sont tentées de mettre fin à la relation en cours pour cette raison. Mais le problème n’est pas là, selon Levine, mais il provient plutôt de leur manque d’aisance avec la notion d'intimité.

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Et quand on est confiant, anxieux et fuyant, à la fois? Cela devient quoi? Explosif?

Une vidéo sur la sexualité des seniors "Safe sex for seniors", faisait dernièrement le buzz sur Internet.

Dernièrement, une discussion "to be or not to be parent" faisait débat.

Et oui, il n'y en a pas eu en stock. Suis-je parmi les anormaux ou est-ce une connerie que de le penser?

Dans la chanson, on parle plus d'amour que de fidélité.

Il y a eu TrenetRoch Voisine et Julio Iglésias.

Après cela peut devenir ou ressemble aux chansons de Brel des "Vieux Amants" ou de Regiani avec "Le temps qui reste"...

Et puis, c'est tout. Plus rien.

Je ne vais pas en ajouter une. Juste un petit coup d'anniversaire en vers.

 

Noces d'Émeraude
Quarante ans d'odes
D'années qui s'érodent
Pas de terribles périodes
Juste une vie bien chaude
Qui jamais ne démode

Un anniversaire, une noce
Souvenirs que l'on endosse
Que l'on espère pas rosses
Mais que l'on désosse
Sans avoir de bosses
Avec la seule aide d'Éros

On espère toujours une bonne suite
Qu'elle ne devienne pas une fuite
Poussée, à la dispute, qui trop vite
S'envenime avant qu'elle ne s'effrite

En attendant les noces de diamants
Tout reste à faire en tant qu'amants
Tant qu'il y a de bons sentiments
Tant que l'amour, jamais, ne dément

Revenons à nos moutons, à mes noces d'émeraude.

Je suis fana d'Internet, pas d'enfant, au vu de ce que j'ai lu ailleurs, je dois être un incurable "fidèle"...

Les enfants synchronisent souvent la vie de couple. Parfois, ils la saturent et l'étouffent.

Les "vieux amants" de Brel pourrait tout résumer pour certains. Lui parlait seulement de 20 ans.

Que dire sinon que si on parvient déjà à être fidèle à soi-même, en accord avec soi-même, c'est un premier pas vers la sagesse.

"Pour pouvoir aimer, il faut d'abord s'aimer soi-même", écrivait encore Beigbeider dans son livre. S'aimer permet de se remettre en question en toute conscience du chemin à parcourir.

Surtout, oublier les contes de fées et les fantasmes.

Les enfoirés le sont et le restent. 

Fermez le ban, à la suivante... décénie.

Pas "femme", voyons, on investit dans un fond qui donne confiance... 

 

L'enfoiré,

 

Mise à jour 27/9/2012: Une étude norvégienne, qui expliquerait bien des choses

 

1.jpgCitation:

  • "Non, Pénélope, on ne dit plus "bonne chance" aux gens qui se marient. Que "courage", Corine Piget
  • « Célibataire : Accro au sexe ou à Internet. Sinon : divorcé. », Luc Fayard
  • "Je préfère glisser ma peau sous les draps pour le plaisir des sens que la risquer sous les drapeaux pour le prix de l'essence.", Raymond Devos

  • "A l'égard de quelqu'un qui vous prend votre femme, la pire vengeance est de la lui laisser", Sacha Guitry
  • "Une auto-stoppeuse est une jeune femme généralement jolie et court vêtue qui se trouve sur votre route quand vous êtes avec votre femme", Woody Allen 

05/05/2012

Montréal, la francophone

Je connais Pierre Chantelois depuis six ans en tant que blogueur de textes. Depuis sa création, je consulte son blog orienté photos "Les beautés de Montréal". La Belgique, mon pays, s'y est insérée. Des photos échangées, un peu de poésie. Récemment, une sorte de compétition amicale sur le thème de nos automnes respectifs. Aller plus loin. Sortir des seuls clichés. L'inviter à dire ce qu'il pense de sa ville, y ajouter un texte plus personnel, plus intime. Voici la vision de sa ville, Montréal, qu'il m'a offerte.. Je vous confie à lui dans ce voyage et en fin, une surprise.

Mon ami Guy – lorsqu’il m’a demandé de présenter dans ses pages une vision personnelle de Montréal – a fait preuve d’une grande cruauté à mon égard. C’est un doux reproche que je lui adresse. Mais diantre comment parle-t-on de la ville qu’on habite depuis plus de soixante-cinq ans. Je viens de vous faire une première confidence, vous l’aurez remarqué. Sous quel angle devrais-je aborder cette périlleuse mission? Montréal n’est pas Bruxelles. Montréal est une ville résolument moderne, nord-américaine, sans architecture particulière, avec ses quartiers anciens, ses quartiers modernes et ses quartiers de grande pauvreté. Montréal est toutefois une ville de destination prisée par les touristes. Pour aucune majeure. Elle est située au Québec, pays francophone dans une mer nord-américaine. Au Québec, nous nous identifions d’abord en tant que québécois avant d’être canadien. Montréal est la ville avec une majorité francophone et une minorité anglophone. Elle est le pôle économique du Québec, la ville de Québec étant la capitale. Au Québec, nous avons deux réseaux d’éducation importants : les commissions scolaires francophone et anglophone. Nous avons deux réseaux de santé francophone et anglophone. Le Québec a fait l’objet de deux référendums pour solliciter la population si elle désire ou non son indépendance et son détachement du Canada. À deux reprises, la population a manifesté, avec des majorités variables, son rejet de cette option d’indépendance. Et le débat se poursuit toujours. Voilà campée en quelques mots la ville dans laquelle j’habite, le pays pour lequel je souhaite depuis cinquante ans son indépendance.

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La population de la ville de Montréal est de 1.649 519 habitants. La population de la grande agglomération de Montréal est de 1.886 481 habitants. En 2011, selon les statistiques émises par Citoyenneté et immigration Canada, au total, 26 090 jeunes étrangers fréquentaient un établissement collégial ou universitaire montréalais, soit un nombre inégalé pour la métropole. La population du Québec a atteint, en 2012, le chiffre de 8.013 073 habitants.
Approximativement, 6 millions de Québécois sont francophones, plus de 600 000 sont anglophones, environ 75.000 sont Amérindiens et Inuits. Près de 80% des Québécoises et des Québécois habitent dans les localités situées le long du Saint-Laurent. Environ 35% habitent à Montréal (sans compter la grande zone métropolitaine qui l'entoure). Avec ses habitants, Montréal concentre plus de 45% de l’ensemble de la population du Québec et regroupe 3,5 millions d’âmes (la population actuelle du «Grand Toronto» est de 4,8 millions habitants) (Source).

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Le Québec pourrait compter 9,2 millions habitants en 2056. Si les tendances récentes en matière de fécondité et d'immigration se maintiennent, le Québec connaîtra un accroissement de sa population d'ici 2056, selon l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La population québécoise a franchi le cap des 8 millions habitants fin septembre 2011 et s'établira à 9,2 millions dans moins de 50 ans. (C'est la première fois depuis au moins 25 ans que les statisticiens de l'ISQ avancent que la population québécoise ne déclinera pas à moyen ou à long terme.) (Source)
Un récent sondage CROP indiquant que les anglophones, particulièrement les plus jeunes, envisagent que Montréal puisse devenir plus tard une ville où l'anglais prédominera. Plus de 77 pour cent des personnes sondées estime notamment que la métropole deviendra à prédominance anglophone, alors que le reste du Québec devrait conserver son aspect francophone, indique le sondage (Source)
Pour contrer cette tendance, un député de l’Opposition au Parlement du Québec, Pierre Curzi, a proposé que le français soit décrété langue commune, que l'affichage d'une raison sociale ait obligatoirement un nom générique francophone et qu'une entreprise obtienne un certificat de conformité à la Charte pour obtenir un contrat public. Le projet de loi, déposé par le député Curzi, modifie considérablement la Charte québécoise de la langue française adoptée en 1977 par le gouvernement de René Lévesque. Le gouvernement actuel, dirigé par le premier ministre Jean Charest, n’est pas favorable à la réouverture d’un débat sur l’avenir du français au Québec en raison de ses positions fédéralistes et de son appartenance à la Fédération canadienne. Toujours selon l'opposition au Parlement du Québec, le gouvernement cacherait une dizaine d’études commandées au cours des dernières années et portant sur le fonctionnement du fédéralisme canadien. Les études portent sur divers sujets, allant du droit constitutionnel à l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne.

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Nous retrouvons sur le territoire de Montréal deux grandes universités anglophones, McGill et Concordia, et du côté francophone, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ainsi que l’Université de Montréal. L’Université Concordia offre plus de 180 programmes de premier cycle dans 4 facultés (Arts et sciences, Génie et informatique, Beaux-arts, École de gestion John-Molson), et 70 programmes de maîtrises et de doctorats. L'Université McGill compte, pour sa part, onze facultés et onze écoles, dans des disciplines aussi variées que le droit, la musique ou les études religieuses et propose plus de 300 programmes d’études sur deux campus.
L’Université du Québec à Montréal (UQAM) est composée de sept facultés (Arts, Éducation, Lettres, langues et communications, Science politique et droit, Sciences, Sciences de la gestion, Sciences humaines) et elle offre 116 programmes de premier cycle, 96 programmes d’études supérieures, 13 centres de recherche, 21 chaires d’enseignement et de recherche, 9 chaires de recherche du Canada, et 2 instituts. Enfin, l'Université de Montréal, avec ses écoles affiliées, HEC et l'École Polytechnique, reçoit 7 000 étudiants internationaux en provenance de 120 pays et elle se fonde sur 800 projets de collaboration internationale en enseignement et en recherche. Elle dispose aussi de 600 ententes internationales ciblées dans 90 pays. Elle regroupe 450 chaires et unités de recherche et un grand réseau de bibliothèques.

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Avec ses 1.782.835 habitants, la région de Montréal regroupe 25 % de la population québécoise. Elle offre une qualité de vie enviable et est reconnue pour son ouverture, son dynamisme artistique, sa vigueur économique et sa vitalité culturelle. Le coût de la vie y est abordable comparativement à celui observé dans d’autres régions métropolitaines de même envergure. Montréal est une ville sûre, où l’on peut vivre en toute tranquillité.
La région de Montréal est constituée de la ville de Montréal et des villes de banlieue suivantes : Beaconsfield, Baie-D’Urfé, Côte-Saint-Luc, Dollard-Des-Ormeaux, Dorval, Hampstead, Kirkland, L’Ïle-Dorval, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal, Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue, Senneville, Westmount.

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Le Stade olympique est un monument unique au monde : évoquant des mains gigantesques aux doigts recourbés, les 34 consoles en porte-à-faux, auxquelles s'ajoutent quatre consoles tronquées à la base de la Tour, déterminent la géométrie d'ensemble du Stade. Elles supportent l'anneau technique, la toiture et les tableaux d'affichage électronique. L'anneau technique peut se comparer à une maison de deux étages; au premier étage sont logés les équipements de ventilation et le rez-de-chaussée abrite l'éclairage du Stade constitué de 1.146 lumières de 2000 watts. Le stade peut contenir 53.858 personnes et jusqu'à 62.000 avec l'ajout de gradins. C’est le monument le plus visité de la grande région de Montréal.

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La métropole du Québec bat au rythme des multiples cultures qui la composent. La ville de Montréal jouit d’une renommée internationale auprès des nombreux touristes qui affluent de partout en toute saison pour la visiter. Ville moderne et de haute-technologie, elle attire également les investisseurs de nombreux pays. Montréal offre une gamme complète d’événements et de festivals, et ce, durant toute l’année. Se succèdent festivals de musique, d’humour, de gastronomie, de sport, ainsi que des festivals d’envergure internationale. Tous prennent part à la fête, les résidents comme les touristes. Certains événements reviennent d’année en année, tandis que d’autres sont une chance unique de prendre part à une fête.

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Françoise Ligier, dans Le Français dans le monde, a écrit un beau texte sur les escaliers de Montréal. Notamment ceci : « Pourquoi, dans un pays de neige et de glace comme le vôtre, avoir construit ces successions d’escaliers pour relier la rue aux logements du deuxième et parfois du troisième étage ? Telle est la question la plus fréquemment posée aux Montréalais. Qu’ils soient simples, doubles, jumelés ou en rangée, qu’ils soient en échelle, à quartier tournant, en spirale, en colimaçon, au gracieux déhanchement ou au tortillement mathématique, en forme de L, de S ou de T… ils étonnent. Ils peuvent être humbles ou somptueux, discrets ou flamboyants, gris souris, jaune d’or, vert émeraude… Lorsqu’un chat dort sur leurs marches, qu’un écureuil trotte sur leur rampe la queue en l’air ou qu’une bicyclette y est coquettement appuyée, ils sont abondamment photographiés. Sous un épais manteau de neige, ils peuvent aussi ressembler à une descente de toboggan. Et on rit beaucoup lorsque quelqu’un, sous l’effet du verglas, les descend alors qu’il voulait les monter… Au printemps, les Montréalais lavent et astiquent ces escaliers : ils effacent ainsi toute trace de l’hiver et leur rendent, à coup de pinceaux, une nouvelle jeunesse ».

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Montréal est l’objet également de poésies. Des poètes ont exprimé à l’égard de leur ville d’origine ou d’adoption des sentiments partagés.
« Il y a des villes dont les vents rendent fou. Entrer dans une ville, c’est la comparer. L’aimer et la métaphore surgit. Certaines villes ont plus d’imagination que d’autres. À l’image des artisans qui la façonnent. Puisque la ville est la création de l’humain. Souvent elle les inspire. La ville est un joyau précis et précieux d’une civilisation. En Amérique, c’est plein de villes super-écran. De villes King-Kong aux dentitions dinosauriennes !
Et Montréal qui s’était barricadée du fleuve. L’île voulait être d’abord sûre de ne pas partir avec lui. Mais maintenant cette confiance retrouvée. Des fenêtres s’ouvrent sur le Saint-Laurent. L’histoire installée, elle lorgne l’avenir. Les villes sont des folies dont on ne saurait se passer.
Dans les villes on peut jouer : aux oiseaux comme aux fourmis. Certains jours on voit les nuages, en bas ! Et sur les murs de la ville des graffitis assiègent le conformisme de la cravate. La ville se défend de tout statu quo. Il y a, par contre, des villes plus féminines, d’autres plus masculines. Montréal est une ville androgyne. D’où son côté à la fois rond et pointu. »
Jean DAOUST in « Montréal des écrivains » L’Hexagone, 1988

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Comment terminer cette présentation sur la ville que j’habite, sur la ville que j’aime, sur la ville qui me nourrit d’espoir, de déceptions, d’illusions et de désillusions? Montréal est une ville paisible. Avec des soubresauts. Montréal est une ville prématurément usée en raison de la négligence et de l’insouciance d’une succession de maires imprévoyants. Montréal est une ville qui se développe sans un plan précis pour protéger sa beauté. Montréal s’anglicise parce que les nouvelles générations rejettent les espoirs des plus vieilles générations. Montréal se cherche. Montréal vit ses conflits de ville culturelle et de pôle économique. Montréal est trop jeune pour apprécier son patrimoine culturel et architectural. Montréal se bat contre des fantômes qui s’opposent à elle et la fait mal paraître. Montréal multiculturelle est coincée entre l’obligation de défendre sa langue et de s’ouvrir aux grands courants culturels du monde. Montréal regarde tristement le flux d’immigration préférer la langue anglaise et ainsi renier des années de combat pour faire du Québec une terre d’accueil francophone. Montréal c’est tout cela. Naviguer entre la jeunesse et la vieillesse, entre la culture et les impératifs commerciaux et économiques, entre ses traditions centenaires et les influences d’une modernité qui lui est totalement étrangère et véhiculée par un flux migratoire. Montréal en définitive est une ville qui migrera vers un avenir métamorphosé par ses résidents d’aujourd’hui et par les générations de demain. Je ne serai plus là pour vivre ces profonds changements. Entre temps, je vis au présent l’évolution de ma ville et je n’ai guère le temps de conjuguer au futur mes craintes et mes désillusions sur Montréal demain.

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Je remercie, Pierre, d'avoir pris le temps d'aller au fond de sa pensée pour nous faire comprendre ce que peut ressentir quelqu'un qui vit sa vie dans cette ville de Montréal et dans un pays, qui est 327 fois plus grand que le mien. Il dit que Montréal n'est pas Bruxelles et pourtant, je lui ai trouvé des caractères de ressemblance qu'il serait trop long d'énumérer ici.

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Il y en a un que je retiens de vos billets quotidiens: l'envie de faire la fête.

Ce 5 et 6 mai, alors que l'on s'apprête au deuxième tour des élections en France, c'est notre fête, la Fête de l'IRIS.

Je vous ai donc réservé une surprise.

Des caisses à savons, nous en avions eu en 2008 pour la même occasion. Il faisait, alors, 25°C. Cette fois, il faudra se contenter de 10°C.

Alors, pour les photos de ce matin, avant toutes les télés du monde : les voici.

 

01/05/2012

La cerisaie au printemps et à Toots' Suite

Premier mai, jour du muguet porte-bonheur. En plus, c'est la fête dutravail. Je n'ai pas souvent écrit de billet en hommage à quelqu'un de célèbre. Je l'ai fait pour Bourvil. Dimanche dernier deux événements en opposition. La mort d'Eric Charden, après une longue maladie, alors qu'on l'avait vu chanter encore avec son épouse, Stone, le dimanche d'avant, à Vivement Dimanche chez Drucker. Donc, un premier hommage. Puis, un autre, le même jour, un anniversaire, celui des 90 ans de Toots Thielmans, ce ketje de Bruxelles, né dans les Marolles à la rue Haute et qui, avec son harmonica, a joué avec tout le monde. Hommage à la vie, au renouveau, donc, que cette promenade à laquelle je vous invite aujourd'hui.

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Une cerisaie, c'est un endroit où l'on plante des cerisiers. Chercher le mot sur Wikipedia, on apprend que c'est un parc lyonnais. une pièce de théâtre de Tchekhov.

J'ignorais tout cela. 

A Bruxelles, plus confidentiel, plus intimiste, il y a un quartier très spécifique où fleurissent, au printemps, les cerisiers du Japon.

Nous sommes, donc, au printemps depuis plus d'un mois déjà. Tout renait, oui, mais on croit que tout va être beau et chaud. Cette fois, on s'étonne que la saison ne soit pas aussi belle que la référence de l'année 2011. Cette année-là, l'été, avait devancé le printemps et réservé les pluies, les giboulées, les tempêtes et les catastrophes pour l'été.

Pendant ce mois d'avril, les températures ont été en dessous des normales saisonnières. Vingt jours de pluies. On commençait à prier pour que le soleil revienne sans qu'il soit suivi par des averses.

Je connais le dicton, "en avril, ne te découvre pas d'un fil, mais en mai, fais ce qu'il te plait", mais il ne faut pas trop pousser la chansonnette sans réfléchir.

Changer de braquet, voilà ce qui s'imposait. Oublier les crises et tout le reste. Faire du tourisme en local avec des yeux neufs... à vélo et changer les sujets et la forme d'écriture.

C'était, ce jour-là, le 22 avril. La France monopolisait les esprits avec le premier tour des élections présidentielles. A Bruxelles, les électeurs potentiels français avaient, nombreux, retrouvé les urnes au Heysel.

Du côté climat, je vous le disais, il fallait faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Un bataillon de nuages se dépêchaient d'être les premiers pour nous tomber dessus, dans un ciel mi-figue, mi raisin avec une température qui plafonnait, péniblement, à du 8°C.  

J'ai enfourché mon vélo. Des averses étaient prévues. Quand il pleut, le vélo, je n'en fais pas volontiers. Mais, prenons des risques. 

Un plan précis: voir où en était la floraison des cerisiers de Watermael-Boitsfort. Cela faisait quelques temps depuis ma dernière visite. La bien nommée "Cité-Jardin des Logis et Floréal" attire pour l'occasion beaucoup plus que d'habitude, de visiteurs et de photographes, de peintres en herbes.

Plantons le décor, avant de continuer:

"Les premiers logements sociaux belges virent le jour après les grèves de 1886. La révolution bolchévique suscita un regain d'intérêt pour le logement à bon marché après la grande guerre. L'architecture moderniste nait avec l'art deco. Ces cités jardins datent de la période 1922-1949, conçues par les architectes Eggerickx et Van der Swaelmen. Le non remboursement des dommages de guerre allemands obligea les promoteurs à modifier leur projet. Ce sont deux cités-jardins, côte à côte, probablement les plus connues et les plus importantes de par leur étendue et leur qualité. Inspirées des réalisations de style cottage anglais et de cités sociales néerlandaises. Elles sont aujourd’hui classées et ont servi à plusieurs reprises de décor pour le cinéma. Les Cerisiers du Japon bordent toutes les voiries. 

Le Logis, au total, 726 maisons unifamiliales, sur 32 ha, sur le site dit des "Trois Tilleuls". Des boiseries de couleur verte et des rues portant des noms d'animaux.

Floréal, au total, 350 maisons unifamiliales, sur 17 ha, construites à l’initiative d’un premier noyau d’ouvriers typographes du journal "Le Peuple". Des boiseries peintes en jaune et des rues qui portent des noms de fleurs. La végétation tient un rôle important et un labyrinthe de chemins piétons serpente entre les jardins plantés d'arbres fruitiers. Le terrain au relief plus marqué que celui du Logis offre un plan plus pittoresque épousant les courbes de niveau.".

Oui, vous avez bien lu dans la description de Watermael-Boitsfort, c'est la commune la plus prospère de Bruxelles, avec son revenu annuel moyen par habitant  de 15.541 € (en 2005), le plus élevé de la Région de Bruxelles-Capitale. Et vous avez aussi lu qu'au départ, cette cité jardin était réservée aux ouvriers du journal du peuple. Ceci démontre le paradoxe de Bruxelles. Une ville riche et pauvre à la fois, tout dépend du quartier, de la parcelle de terrain dont on parle.

En chemin je ne sais pourquoi, j'avais entamé la chanson "Les cerisiers sont blancs" de Gilbert Bécaud. La chanson me revenait à l'esprit sans même réfléchir. Non, ils n'étaient pas blancs, les "Prunus serrulata" dit "cerisiers du Japon". Ils étaient toujours bien roses.

Devant moi, pour y aller, la montée, bien forte, se dessine, dure. Un restaurant indien, "La rive du Gange", à ses pieds. Des souvenirs de près de trente ans me reviennent. Je l'avais fréquenté très souvent, alors qu'il avait une cuisine bien française.  Une fois, arrivé au sommet, aux "Trois Tilleuls", on arrive à l'altitude 100. Replantés, trois jeunes tilleuls, encore bien chétifs, avaient pris la place des anciens, probablement trop usés par le temps et la polution. Une plaque, don de la Chambre de Commerce belgo-japonaise, dit "Au 18ème siècle, cet emplacement servit de point de repère et de signal géodésique au lieutenant-général comte, de Ferrarris chargé de dresser la carte des Pays-Bas".

Ce comte n'avait, manifestement, pas dû monter à vélo mais, à cheval, sans se fatiguer.

Sinon, tout le reste était identique à mes souvenirs, toujours en couleurs avec des maisons aux boiseries bien peintes en vert au Logis ou en jaune, à Floréal, mais toutes deux, cerclées de noir.

Et ensuite, ce fut le Temps des Cerises qui me vint à l'esprit. Une chanson triste, dont les paroles furent écrites en 1866 et dédiée par l'auteur à une infirmière morte. Non, ce n'est pas la version chantée par Yves Montand qui me venait dans la mémoire, mais celle jouée à l'harmonica par un véritable ketje de Bruxelles, Toots Thilemans qui a fêté ses 90 ans le 29 avril.

Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
  Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !

J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !

Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...

J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

Une invitation au karaoké, puisque sans paroles dans cette version à l'harmonica. 0.jpg

Une histoire longue comme le bras, que celle de Toots Thielmans. Et un album de souvenirs musicaux à la pelle.

J'aime les gens qui restent simples malgré leur célébrité. Toots n'a jamais renié ni oublié son origine avec son accent du terroir, c'est déjà bon signe. 

Mais, après le karaoke, nous ne sommes pas là pour pleurer, pour parler uniquement avec le cœur, ni pour reconstruire l'histoire, même si l'envie de la changer est parfois bien présente pour calmer les douleurs de crises qui s'éternisent. Il s'agit de reprendre la bicyclette. 

Au retour de cette promenade, ce fut la "drache" avec des grelons. Je n'eus que le temps de m'écarter de mon chemin, en me réfugiant, sous une aubette de tram et attendre que cela passe. Un climat tempéré qu'ils disaient de notre pays!

Après cette dédicasse, il me reste à écouter quelques vieux morceaux.

Toots serait donc un harmoniciste. L'harmonica a une origine assez floue, est il remarqué. Le Larousse lui donne une origine pour le moins bizarre (mot angl., du lat.). 

N'est-il pas, surtout, le symbole de l'harmonie, du gr. harmonia, assemblage)?

C'est ce que fait exactement Toots qui assemble tous les autres instruments sous sa direction.

Bonne fête du travail, du muguet à tous et à Toots's Suite.

Et ensuite, pour vous et pour moi, restent les images de la promenade.

Les mots, comme les images, nous font fantasmer, nous trahissent ou dépassent souvent nos pensées, mais ils ont l'avantage de ne pas voir le temps passer, alors qu'ils ne sont que le reflet d'un instantanné.


L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes. », Chamfort
  • « La vie est une cerise La mort est un noyau L'amour un cerisier. », Jacques Prévert
  • « Il faut cueillir les cerises avec la queue. J'avais déjà du mal avec la main ! », Coluche

26/04/2012

Le culte du monopole?

Curieux ce titre. Je l'avais lu dans un journal. Plus curieux, encore, de parler de Microsoft, de Apple et de les rapprocher des élections présidentielles françaises. J'avais décidé de ne pas consacrer un billet à ces élections trop discutées à m'en donner une indigestion. Un tour pour éliminer les "plus petits". Un second pour récupérer leurs électeurs et leurs fans. Entre les deux, transmettre la meilleure image rassembleuse quitte à se rétracter ensuite. Soigner la réputation, mais elle est vite ternie, si rien ne la supporte.

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Si ce n'est pas l'homme qui prend l'entreprise, l'homme sans son image, sans quelques artifices pour l'appuyer dans sa tâche, ne créerait pas l'entreprise.

Le mensuel "Ordinateur individuel" (N°245) avait interrogé Bernard Vergnes, ancien PDG de Microsoft France, sur ce qu'il pensait de Bill Gates à l'occasion de ses 30 ans dans la société. 

Le 2 janvier 1982, il rencontrait Bill Gates et Steve Balmer, à Seattle. Rien à voir avec la situation actuelle.

Ce qui l'avait marqué, c'était la générosité de Bill Gates, son écoute, son langage clair. Revenu en France, une bonne collaboration commençait.

Une anecdote qui va le concrétiser: "En 1984, Bernard Vergnes apprend au cours d'un cocktail qu'un magazine a décidé de distribuer pour la première fois en France, dans son prochain numéro, une version bridée d'un logiciel. Comme aux États-Unis, c'est Lotus 123 qui semble avoir été choisi, Bernard Vergnes réussit à convaincre l'éditeur du journal de distribuer Multiplan de Microsoft. Autrement dit, fournir en quatre jours 20.000 copies du logiciel bridé. Au prix de nombreuses cernes, le contrat est rempli. Lors de la parution du magazine, les plus grands média se font largement l'écho de l'événement, participant à l'ascension de Microsoft France, devenue dans ces années la première filiale européenne, à égalité avec l'Allemagne.".

C'est en 1975 que Bill Gates fondait avec Paul Allen le société Micro-Soft avec le but de commercialiser le langage Basic auprès de MITS sur l'Altaïr 8800.

Dénommé "prophète du PC", Bill a compris que l'ordinateur allait entrer dans les foyers et quitter les seuls grandes salles d'ordinateurs avec air conditionné et faux plancher pour se retrouver chez les particuliers.

En 1981, son grand coup, fut d'acheter les droits d'un "Disk Operating System" qu'il appelle MSDOS et avec le concours d'IBM s'installe dans la cour des grands de l'informatique.

En 1985,  Windows 1.0 sort avec des idées qui existaient déjà chez Apple. Cette version sera un échec. Les versions suivantes vont s'améliorer, mais aussi s'alourdir.

Dès 1995, la société est surnommée "Micro$oft". La société ne déchaine plus les passions, pointé comme porte-drapeau de l'anti-américanisme, attaquée pour raison de monopole et dénigrée sur les forums citoyens. Erreurs stratégiques que de sous-estimer Internet à ses débuts et dans ses prolongements.

A ce sujet, à l'origine, c'est Netscape exerçait son emprise sur Internet. Microsoft, via Internet Explorer détrône, très vite, Netscape grâce à son potentiel financier construit partiellement par les licences OEM qui permettaient de vendre des systèmes informatique complet avec tous les outils Microsoft déjà installés.

Dès 1998, des procès pour monopole entre producteurs vont se succéder, poursuivis par la Communauté Européenne, tout cela, sans vraiment égratigner MS.

Accusé de freiner l'innovation par cette hégémonie, MS était forcé de dissocier Windows Media de Windows. Même morcelé, il en restera toujours quelque chose, mais là, n'était pas le problème.0.jpg

En 2004, Steve Balmer, son successeur à la tête de Microsoft depuis 2000, constate que Bill Gates était la personne la plus spammée dans le monde avec 4 millions d'emails par jour. Pour lui, Linux est un cancer qui contamine la propriété intellectuelle dès qu'il la touche avec les caractéristiques du communisme. Dire cela quand tout ce qui est propriétaire est dénigré... Avec Balmer, changement complet. On ne fait pas dans la dentelle. Plusieurs vidéos le montrent en train de bondir sur scène. Est-ce par charisme?

Microsoft ne précède plus mais reste en ligne et, parfois, passe au stade de bon suiveur toujours avec 90.000 employés dans le monde, 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un bénéfice de 23 milliards.  Cela permet encore de se retourner, de danser et de sautiller.

0.jpgLes gourous de l'informatique ne postulent plus uniquement chez Microsoft mais chez Google, Apple ou Facebook. Ils se partagent les "têtes pensantes" à coups de propositions plus alléchantes les unes que les autres avec le même problème de monopole en commun.

Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.
Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne.
Microsoft a défrayé la chronique aux États-Unis et surtout en Europe, à la fin des années 90. Ce qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne. Le Shermann Antitrust Act, législation antitrust américaine, est beaucoup plus ancien. En 1890, ce fut le premier jalon du droit "moderne" de la concurrence, dirigé contre le "trust" pétrolier Standard Oil. Au début des années 1980, il démantela le groupe de télécommunications AT&T (reconstitué 20 ans plus tard). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.
Ne pas empêcher la constitution des monopoles sauf quand ils deviennent trop gigantesques... (Source)

Quel point commun y a-t-il entre Microsoft, Apple et Google? Vous me direz, en voilà une question: ils sont tous actifs dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et je vous dirai: excellente réponse… mais il y a autre chose. Ils ont tous fait, ou font encore, l’objet de poursuites de la part des autorités de la concurrence, des deux côtés de l’Atlantique.
 

Ainsi, Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui, font remarquer les inconditionnels de la marque à la pomme, risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.

De son côté, Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne, une position qu’il utiliserait pour contrer illégalement ses concurrents et les nouveaux venus sur le marché.

Et bien sûr, on se souvient du cas de Microsoft qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis mais surtout en Europe à la fin des années 90, et qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique. Car la lutte contre les monopoles n’est pas une problématique nouvelle.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne, mais la législation antitrust américaine est beaucoup plus ancienne. C’est le Shermann Antitrust Act, destiné à réfréner les comportements anticoncurrentiels des entreprises qui a été, en 1890, le premier jalon du droit " moderne " de la concurrence. L’application de cette loi, dirigée à l’époque contre le " trust " pétrolier Standard Oil, conduisit notamment, au début des années 1980, au démantèlement du groupe de télécommunications AT&T (qui fut quasi reconstitué 20 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.

La législation américaine a ceci de particulier qu’elle n’empêche pas la constitution des monopoles. Ce serait d’ailleurs peu compatible avec la liberté d’entreprendre. Ce n’est qu’une fois le monopole constitué que la loi antitrust entre en action. D’où le sentiment que cette loi ne cible que les " gros poissons " pour défendre les " pauvres petits "...

Et donc, sur base d’un tel raisonnement, un géant comme Facebook pourrait bien être le prochain groupe dans le collimateur des autorités de la concurrence. On prend les paris ?

Loin d'être le seul dans le domaine des TIC, il prouve qu'étudiant raté à Harvard, il y a moyen de creuser son sillon avec succès.

En 2005, Bill Gates n'est plus au sommet de la société. Cela ne l'a pas empêché d'être anobli, cette année-là, par Elisabeth II au grade de Chevalier de l'ordre de l'Empire britannique.

Du privé au public, il "gâte" désormais le monde via sa Fondation ou du moins, en déversant son trop-plein. Une bonne image, il tente d'en donner dans le domaine de la philanthropie avec un fond de dotation de 36,3 milliards de dollars.

Il a promis 363 millions de dollars sur cinq ans pour aider à acheter des médicaments et financer la recherche sur 10 maladies tropicales rares. Le dernier sommet de Davos, ce furent 750 millions de dollars alloués à un fond des Nations Unies pour lutter contre la tuberculose, le sida et la malaria.

Son jet privé ne fait pas oublier que sa fortune s'élève à 48 milliards d'euros, il en destine 90% à des dons. Ce qui lui laisserait tout de même 500 millions avec le titre de "milliardaire du peuple".

Il dit avoir des goûts simples qui se limiteraient à l'achat de DVD, de livres et de hamburgers à emporter avec des canettes de soda allégés. Le capitalisme, pour lui, a ses défauts tout en étant une réussite phénoménale en citant les deux Corée comme antagonistes majeurs.

De son passé dans le monde des riches, son présent sert à changer le monde des pauvres de demain, en signant des chèques.

D'après lui, sa Fondation, créée avec son épouse, Melinda,  ne leur survivra pas.

Il est d’avis que donner son argent à ses trois enfants n’est pas une bonne idée. "Ni eux-même, ni la société n’en profiteraient" a-t-il expliqué au journal The Sun. Sa postérité n'est ainsi pas assurée de son avenir.

Le 23 février dernier, il disait "Nous devons réfléchir très sérieusement sur la manière de profiter de la révolution numérique pour parvenir à des innovations y compris dans l'élevage. Pour lutter contre la faim dans le monde en renforçant la production chez les éleveurs à l'aide de systèmes satellitaires, de la technologie vidéo et de la sélection des semences ".

Voudrait-il faire une nouvelle carrière dans l'agriculture, l'agronomie et, qui sait, les OGM? La révolution "culturelle" du numérique est derrière lui. Le voici comme "gentleman farmer" ou comme "globe-trotter".

Alors, son avis sur son "concurrent", Steve Jobs.0.jpg

"Steve Jobs était un génie absolu, dont la contribution à mon domaine d'activité est incalculable. La genèse de Macintosh, fut une période de concurrence avec plus d'employés de MS sur le projet que Apple. L'admiration est née avec le Mac, les iPhones et iPads.".

Steve Jobs disait de lui "Bill Gates était sans imagination comme un suiveur qui aurait l'esprit plus large s'il avait essayé le LSD ou fait un séjour dans un ashram". 

Bill Gates dit lui avoir écrit, avant sa mort, pour lui dire qu'il devait être très fier de sa vie et de sa société. Lettre que Steve a gardé à son chevet, d'après son épouse. Il n'était pas question de faire la paix puisqu'il n'y a jamais de guerre entre eux.

La maison de Steve Jobs est devenue un lieu de pèlerinage. Amen.

En mai prochain, commence le tournage du film « Jobs » de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher dans le rôle de Steve Jobs.

Chez Apple, le nouvel iPad Version 5 est sorti. Un commentateur, trop éclairé écrivait: "Pour quand la cannonisation de Steve Jobs? Et puis la machine à faire du fric d’Apple devient exagérée car lancer un iPhone 4s pour  ensuite lancer quelques mois plus tard  le 5, ça sent au kilomètre carré…un seul but: faire de la technologie une vache à lait inépuisable . Et le même système avec l’ iPad…Je vois déjà l’ iPad 17 et l’iPhone 28!.. Exploitation de l’idiotie humaine".

Apple est devenue la société la plus cotée du monde. Microsoft a baissé dans la courbe ascendante de la gloire.

0.jpgLe nouveau CEO d'Apple, Tim Cook a été jugé meilleur dirigeant par ses employés que son illustre prédécesseur Steve Jobs, selon un sondage du blog Glassdoor qui a établi le top 25 annuel des meilleurs CEO pour 2012. Le site a posé une seule question à plus de 280.000 employés : « Approuvez-vous la manière dont votre CEO gère la société ? ». Tim Cook a obtenu 97% d’approbation alors que Steve Jobs n’avait obtenu que 95% lorsque la même question avait été posée en mars 2011.

Quant au charisme devant les prospects et les clients? Wait and see.

L'industrie américaine se repose sur un matelas de 1240 milliards de dollars dont 97 sont réservés à Apple, bientôt 100.

Comme l'action dépasse les 600 dollars, il s'agit de la diviser. La société se promet de gâter plus les actionnaires avec ses dividendes.

Dans son livre, « Inside Apple: How America's Most Admired - And Secretive - Company Really Works », Adam Lashinsky de Fortune a évoqué les règles qui ont permis l’énorme succès d’Apple:

1/ Affectez vos meilleurs employés sur les projets les plus importants.

2/ Soignez les moindres détails

3/ Concentrez-vous sur l'essentiel

4/ Désignez des individus responsables

5/ Seulement quelques personnes se soucient du compte de résultats

Tout est là. Tout est dit.

Préférer les chiffres aux émotions, n'est pas nécessairement une tare si cela profite à beaucoup plus de monde après avoir désigné les personnes les plus abilitées pour y parvenir: "The right man and the right place".

Alors, culte du monopole, des différences entre Microsoft ou Apple ?

Plus de similitudes que de différences entre Bill Gates et Steve Jobs.0.jpg

Tous deux ont utilisé les idées de leur expert personnel comme une égérie. Jobs n'était pas plus l'expert en informatique que Bill Gates. Ce furent Steve Wozniak pour Apple et Paul Allen pour Microsoft. Ce dernier a livré la face cachée de Bill Gates dans un livre qui écorne son image de généreux donateur pour en donner une image d'amoureux de dollars. Tous deux visionnaires. Tous deux échappés soit à la suite d'une maladie ou d'un accident et continuer en se lançant dans d'autres entreprises plus personnelles.

Bill Gates a été entarté à Bruxelles. Pas Steve Jobs, peut-être, à cause d'une meilleure image, une meilleur réputation et un meilleur marketing qui se traduisaient par un véritable culte du public.

0.jpgTous deux ne sont, en somme, que des intégrateurs d'idées techniques et de solutions. « C’était de l’opportunisme mercenaire, ni plus ni moins. », comme dit Allen de Bill Gates, qualificatif qui se justifie peut-être plus à Steve Jobs.

Pas de "Prix Gates" à attendre comme il existe le "Prix Nobel". Sorti de l'entreprise, il est passé à une autre étape, celle de la philanthropie.

Quant à un "Prix Jobs", il n'en est même pas question.

La fin des poursuites antitrust? Ce qui inquiète les Etats, c'est le gigantisme de ces sociétés. Après IBM, Microsoft, Google, Facebook...

L'histoire de l'informatique a toujours été en avance sur l'économie et la politique. Que ce soit via une "Grande Trappe" ou une "Grande Gaufre", cela se déguste avec délectation avec des images, des gagnants, des perdants et des challengers qui se succèdent ou qui attendent leur tour avec plus ou moins de patience.0.jpg

Le 8 avril dernier, Idek Tramielski, dit Jack Tramiel, le concepteur du Commodore64 (C64), qui reste la machine la plus vendue dans le monde avec 22 millions d'exemplaires vendus, mourait à l'âge de 83 ans. Son C64 était sorti en 1982.  En 1984, le CA s'élevait à un milliards de dollars. Une guerre des prix et le C64 sera vendu à 199 dollars. Si les ventes explosaient, les profits fondaient rapidement et Commodore décidait de se séparer de son dirigeant comme ce fut le cas de Steve Jobs en son temps chez Apple.

L'histoire se répète. Les idées s'envolent, les résultats aussi, avant de s'effondrer face un challenger plus finaud encore. Alors il faut créer un culte, une religion pour espérer garder ses fidèles dans le temps.

0.jpgLa campagne pour les élections françaises est-elle différente? Elle n'a jamais été autant figée, autour de la haîne des riches monopolisée par l'argent comme un repoussoir. L'usure du pouvoir ou l'usure, tout court, tout y était, toujours plus rapide que par le passé pour suivre le rythme numérisé. La dichotomie droite et gauche flotte, s'étiole dans des demi-mesures ou se radicalise sans le dire.

Le Front de Gauche de Melanchon a exalté avant de faire peur avec sa guillotine comme étendard pour finir par se dégonfler. On ne rejoue pas le passé avec les mêmes artifices de calcul. Les révolutions sont devenues des évolutions constantes. Aujourd'hui, on ne fait plus de saignées, on met des onguents et des crèmes sur les plaies. Et... on vit plus longtemps.

L'extrême-droite de Marine Le Pen, pour monter dans les sondages, a dû descendre d'un cran la seule rhétorique anti-parasite de son père pour devenir plus acceptable tout en gardant certains thèmes connus en arrière-plan.0.jpg

Quant à Sarkozy, c'est le président qui a  le plus poussé son image en avant mais sans répondre aux espoirs de la majorité, de ses administrés avec des casseroles tirées au pieds, qu'il doit recréer son image positive au sommet de l'iceberg. Le charisme n'est pas tout. Un climat pourri sur la présidentielle entre les deux tours fait désordre. Le culte de la personnalité est à son zénit. Il y a des moments où on se méfierait d'être français avec son billet à introduire dans l'urne.

L'argent, tout le monde le sait, n'est pas le fléau, ni le problème. Il n'est qu'un moteur. Ce qui en est fait, devrait rester la préoccupation majeure.  

Dans notre culture de compétition, plus on discrédite, plus on a de soutiens. Que ne ferait-on pas pour brûler l'indifférence, sur l'autel des Grands Hommes? Si l'image est primordiale, autant y laisser sa plus belle, intacte, dans un dictionnaire ou pour être plus moderne, sous l'appréciation du peuple par l'intermédiaire de Wikipedia. 

Les bons CEO ne font pas nécessairement de bons dirigeants de leur pays. Un pays ne se gère pas comme une entreprise. Le CEO a le devoir de réduire les coûts et de réaliser des bénéfices. Le président doit incarner, pour son pays, la force, la stratégie dans son ensemble.

0.jpgMais ici, il s'agit d'images que l'on donne et pas de leurs réalisations effectives. Cela n'empêche, ce serait amusant d'attribuer un des noms de CEO de l'informatique à chacun des hommes politiques de cette campagne ou vice versa et d'imaginer ce qui se passerait.

Les hommes politiques des états démocratiques évoqueraient leurs difficultés à réunir les opinions de leur parti et les votes de leurs concitoyens. 

En Belgique, ce serait peut-être de la dichotomie, adoucie par les habitudes et les faux semblants.

Laurence Bibot l'avait fait comprendre avec l'humour et un accent du "Suuud". Bert Kruysmans y répondait, ensuite, en plus "hard", avec celui du grand "Nooorrrd".

Alors, se limiter aux "monopoles" de droite ou de gauche, entre nord et sud, d'une Window à tous les iXXX de l'informatique, c'est comme devenir presbyte avec trop de lettres majuscules par temps d'orage... Quant au monopole de la richesse, c'est un leurre qui n'est plus jamais à l'heure. L'immobilisme et l'insécurité ont plombé les espoirs.

Si un jour, Bill Gates devait retrouver Steve Jobs et d'autres fondateurs disparus, leurs souvenirs reviendraient et cela pourrait bien ressembler à cela.

Vraiment, si monopoles il y a, ils n'existent jamais longtemps. Par contre, des cultes, eux, persistent et signent pendant plusieurs générations.

Encore heureux que l'humour, lui, n'a jamais eu de monopole.

 

L'enfoiré,


0.jpgMise à jour 11 octobre 2012: MS va prendre exemple sur les stratégies d'Apple et Google.0.jpg

Steve Blamer est à la croisée des chemins. L'heure des changements a sonné. Le logiciel ne fait plus la pluie et le beau temps. La vente de matériel et des services en ligne vient en supplément. Une intégration du logiciel, du software avec le matériel, le hardware, avait commencé avec la Xbox, la tablette Microsoft Surface. Un certain retard est à combler dans ce domaine. Balmer est sous pression. Ses émoluments ont été rabotés de 682.500 $ à 620.000 $. Les ventes étaient en recul de 3%. Vivement Windows8.

 

Citations:0.jpg

  • « Je considère la concurrence légitime, à condition qu’il y ait quelque chose en face. », Steve Ballmer
  • « Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles.  », Bill Gates 
  • « L'innovation, c'est une situation qu'on choisit parce qu'on a une passion brûlante pour quelque chose.  », Steve Jobs
  • « Si j’étais très très très riche, je distribuerais mon argent jusqu'à ne plus être que très riche. Très riche, ça me suffit. », Philippe Geluck

 

Quel point commun y a-t-il entre Microsoft, Apple et Google? Vous me direz, en voilà une question: ils sont tous actifs dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et je vous dirai: excellente réponse… mais il y a autre chose. Ils ont tous fait, ou font encore, l’objet de poursuites de la part des autorités de la concurrence, des deux côtés de l’Atlantique.
 

Ainsi, Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui, font remarquer les inconditionnels de la marque à la pomme, risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.

De son côté, Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne, une position qu’il utiliserait pour contrer illégalement ses concurrents et les nouveaux venus sur le marché.

Et bien sûr, on se souvient du cas de Microsoft qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis mais surtout en Europe à la fin des années 90, et qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique. Car la lutte contre les monopoles n’est pas une problématique nouvelle.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne, mais la législation antitrust américaine est beaucoup plus ancienne. C’est le Shermann Antitrust Act, destiné à réfréner les comportements anticoncurrentiels des entreprises qui a été, en 1890, le premier jalon du droit " moderne " de la concurrence. L’application de cette loi, dirigée à l’époque contre le " trust " pétrolier Standard Oil, conduisit notamment, au début des années 1980, au démantèlement du groupe de télécommunications AT&T (qui fut quasi reconstitué 20 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.

La législation américaine a ceci de particulier qu’elle n’empêche pas la constitution des monopoles. Ce serait d’ailleurs peu compatible avec la liberté d’entreprendre. Ce n’est qu’une fois le monopole constitué que la loi antitrust entre en action. D’où le sentiment que cette loi ne cible que les " gros poissons " pour défendre les " pauvres petits "...

Et donc, sur base d’un tel raisonnement, un géant comme Facebook pourrait bien être le prochain groupe dans le collimateur des autorités de la concurrence. On prend les par

19/04/2012

Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne

La semaine dernière, Catherine Schwennicke de Prefontality expliquait dans un article de l'Echo que les neurosciences s'attelaient à la tâche de donner de l'optimisme. Être optimiste ou non, sujet sérieux et très personnel, s'il en est.

neurosciences.jpg

D'après Catherine Schwennicke, les neurosciences enseigne à "basculer en mode préfrontal"  et que l'optimisme, ça s'apprend!

Ok, mais l'ambiance est morose. Le pessimisme règne en maître. C'est la crise... Les nouvelles sont mauvaises d'où qu'elles viennent, comme le chantait Stephane Eicher. 

Alors comment garder l'optimisme dans ce dédale de nouvelles, dans ce "champ de mines"?

Se frayer un chemin parmi les vivants au mieux de ses possibilités? D'accord, mais il faut des incitants et la ... carotte pour l'âne.

La solution serait de vouloir "déjeuner en paix", suivant la chanson. "Pour vivre heureux, vivons caché" vient tout de suite à l'esprit.

Pendant le déjeuner, les médias qui ont le malin besoin d'informer. Pas question de chercher à protéger les auditeurs. Amener le scoop. Pas assez d'éléments à sa disposition, pas assez de temps pour se permettre plus de réalisme et le pessimisme s'installe.

Dans chaque cas, indépendamment de la situation de fortune, qu'elle soit haute ou basse, deux personnalités de niveaux identiques ne réagiront pas de la même manière vis-à-vis d'une situation donnée. Sensibilité, susceptibilité? Que sais-je encore.

Dernièrement, c'était "The Voice" qui avait fait un tabac. Intéressant de constater que c'est la réussite des autres qui intéresse comme une délégation de ce que l'on n'aurait pu être ou faire soi-même sans y parvenir. Comme dans un rêve...0.jpg

Au travail, pour assurer la réussite de l'entreprise, on aime l'optimisme. Alors, un gage, une récompense pour sa concrétisation, un cadre agréable... mais, en période de vaches maigres, ça craint.

Il vaut mieux être riche, beau et bien portant, se rappelle-t-on.

Quand est-ce qu'être riche? On touche à l'impalpable fragilité de l'estimation même si, la richesse, c'est le thème, le thème de campagne et les riches, reste une cible politique.

Qu'est-ce qui rend beau si ce n'est la subjectivité et le regard des autres?

Bien portant, c'est dépendant de tellement d'artifices, que je ne me permettrais pas d'initialiser ici, même si on n'est pas égalitaire dans la douleur.

Pourtant, même avec tous ces points présents, certaines exceptions prouvent que cela ne suffit pas toujours. Il y a les maladies de l'esprit.

La semaine dernière, la vie privée de Dalida revenait dans la presse. Il y a 25 ans, elle mettait fin à ses jours en laissant ces seuls mots « Pardonnez-moi, la vie m'est insupportable ». Personne de son entourage n'avait soupçonné son geste. Successivement, trois suicides qui avaient jalonné sa vie, avaient marqué son existence à tel point qu'elle pouvait s'en ressentir responsable comme maudite. 

Toujours le même sentiment de vivre "avec" ou "par" les autres? Objectiver, occulter ce qui déplait et faire semblant vis-à-vis des autres... Un faux-fuyant de première classe.

Une introspection sans se laisser influencer par les échos des médias, sans se préoccuper ou être impacté par son entourage, fuir, ce serait devenir ermite. Les ermites sont rares même si les solitaires se plaisent dans leur situation.

Est-ce faire preuve d'égoïsme?

Eddy Mitchell chantait "J'aime pas les gens heureux" dont les paroles sont éloquentes:

J'aime pas les gens qui sont toujours heureux 
L'bonheur suprême, ça me parait douteux
L' "trop plein" d'amour, ça déborde puis ça lasse
Ça s'joue à deux jusqu'à temps que ça s'casse
Si pour Karl Marx la religion c'est l'opium
Adam et Eve alors c'est quoi ? C'est des pommes ?
Roméo, Juliette, Paul et Virginie
Sont aussi tartes que Frankie et Johnnie
Moi... J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent
Ils sont seuls au monde just' elle et lui
Hypnotisés, se déplacent comme des zombies
J'suis transparent pour eux, j'suis pas d'ici
Si elle partait, elle le ferait pleurer
Encore faut-il qu'elle veuill' bien s'en aller
Si l'un des deux devait quitter la vie
Inconsolable, elle porterait le deuil jour et nuit
J'aime pas les gens qu'ont d' l'amour dans les yeux
Faut les prév'nir, où on fera des malheureux
Ça se soigne pas mais parfois ça guéri
Restent les souv'nirs qui vous collent à la vie
Moi...J'aime pas les gens heureux
Faut toujours qu'ils s'aiment
Il n'y en a que pour eux
C'est toujours pour les mêmes
Ils sont partout chez eux
L'amour ça rend zen
J'aime pas les gens heureux
J'suis jaloux, y m'gênent

D'un côté, la jalousie, de l'autre, l'admiration béate. Les extrêmes sont tracés. Les solutions intermédiaires sont à analyser.

Se confier pour calmer son trouble? Oui, mais à qui?

A un proche, à la famille, à un ami, à un enfant... Cela ne marche plus vraiment depuis que chacun se sent obligé de vivre sa propre vie, en indépendant, toujours stressé à gérer la compétition généralisée et qui finit, toujours, par le chacun pour soi. Si l'enfant disparaît de la proximité des parents, c'est la neurasthénie, assurée. L'écoute est essentielle dans tous ces processus et cela, aussi, s'apprend.

Heureusement qu'il y a Internet pour se connecter, pense-t-on.

Quand toutes ses options n'existent pas, la planche de salut, c'est chercher le chevalier blanc, un personnage sans peur et sans reproches qui pourrait répondre à un problème en décrétant que "on peut et on doit pouvoir le faire".

Dans la pratique, on pense plus à des psychologues, des psychanalystes, des psychothérapeutes, des psychiatres et peut-être encore d'autres approches plus spécifiques encore.

En Amérique, la règle c'est de rebondir coûte que coûte pour avoir une chance d'exister. Les psys sont, donc, nombreux et très consultés dans les classes élevées de la société américaine. Pour les autres, ce sont les antidépresseurs qui explosent. Aucune solution radicale à rechercher en collectivité. 0.jpg

En France, pour calmer le "mal", c'est la même consommation d'antidépresseurs pour réparer son "malheur" ou la délégation d'un leader fort comme porte-drapeau, comme sauveur, avec des slogans tel que "La France forte". Le Prozac, la meilleure de toutes les inventions.

L'esprit asiatique, quant à lui, fait rêver. Toujours aimer sourire, même dans la pauvreté, et penser que demain sera meilleur qu'aujourd'hui, sans psys, sans antidépresseurs massifs. La différence? L'entraide, la solidarité, les liens, le recours aux patriarches comme conseillers malgré les distances entre les générations et dans les déplacements. Terrible leçon...

Alors, en occident, dans le lot des possibilités, on pense à la méthode Coué, la pensée positive, l'autosuggestion, l'auto-motivation, la sophrologie. Pour casser l'élan, le professeur de psychologie à l'Université de Waterloo (Canada), Joanne Wood, a conclu que les messages positifs ont, en pratique, souvent un effet négatif par le fait que ces messages ont un effet inverse sur les gens qui ont une mauvaise image d'eux-mêmes. "Une étude intéressante mais incomplète" répondaient les partisans de la méthode. D'accord, il faut que le "patient" croit que cela va marcher, de manière inconsciente, si pas hypnotique.

Un caractère, se construit par lui-même et pour lui-même de manière inconsciente avec sa propre histoire, son propre ressenti. Pour le construire, il y a la génétique, l'éducation, l'expérience, la personnalité, le tempérament et l'influence, l'interaction avec l'extérieur. Les réseaux sociaux le prouvent. Là, on s'y confie peut-être bien plus que dans le réel. Mais, on veut y donner une bonne image de soi. Selon une étude, il vaut mieux y avoir de beaux amis“L’apparence de ses amis sur Facebook influe en fait sur la perception qu’on a du propriétaire du profil. L’attractivité des personnes qui lui sont associées sur Facebook a une influence positive directe sur sa propre attractivité sociale.”.

La mauvaise image de soi-même, est-elle une "erreur d'appréciation" à la base?

Du moins, au vu de la réponse à la question: De combien de temps avons-nous besoin pour décider que quelqu'un est séduisant?

13 millisecondes. C’est ce que rappelle l’ouvrage « Do Gentlemen Really Prefer Blondes?: Bodies, Behavior, and Brains - The Science Behind Sex, Love, & Attraction », qui évoque les travaux des neuroscientifiques Ingrid Olson et Christy Marshuetz. Ce que les scientifiques voulaient confirmer par là, c’est que la beauté s’apprécie de manière subconsciente. Nous jugeons la beauté aussi naturellement que nous jugeons l’identité, le sexe, l’âge et l’expression du visage.". (source).

Si les canons de la beauté sont comparés à la sienne, seul devant un miroir, il est fort à parier que la critique pourrait être encore plus négative. On ne compare pas les pommes et les poires, surtout quand les pommes ont été apprêtées pour paraître au mieux, bien luisantes, légèrement retouchées par les miracles de la photo numérique publicitaire. 

Donc, ce sont les images que les gens se font d'eux-mêmes qu'il faut "travailler" à la racine.

Passer par une tierce personne, qui ne connaît rien des antécédents, de cette "image vulgaire", comme une sorte d'avocat du diable à sa cause?

C'est ici, qu'interviennent les neurosciences qui disent qu'être optimiste, cela s'apprend en se donnant une "bonne image" de soi.

"Si les choses ne dépendent pas de nous, notre attitude par rapport à ces choses nous appartient. Cela se passe par l'ouverture à l'environnement et la créativité".

Être bien dans sa peau n'est, en fait, pas une sinécure. Cela nécessite un investissement, un feedback et un retour sur investissement.

L'ANC, l'"Approche Neurocognitive et Comportementale" inventée par le docteur Jacques Fradin dès 1987 apportait, peut-être, une solution. Elle comprend:

La curiosité sensorielle qui donne le goût de la découverte, de ce qui est nouveau, de la quête à la différence riche en expériences, par l'observation des détails plutôt qu'une vue générale, par l'envie de récolter les informations les plus diverses et de les tester.

L'acceptation de l'imprévu, de l'échec potentiel, de la souffrance comme source d'évolution, qui impose de nuancer et qui, ainsi, ose agir après réflexion. Nous ne sommes pas dans la dichotomie informatique mais dans le pluralisme de solutions.

Relativité (et limitation) des actions dans le temps et dans l'espace. Dans le temps, parce que rien ne ressemble totalement entre deux époques. Dans l'espace, parce que le résultat d'une action dépend fort de l'endroit où elle se passe.

Réflexion logique qui remonte aux sources d'un problème, plutôt que de stagner sur les résultats d'une action. La chance n'est pas un argument sur le long terme.

Opinion personnelle qui accepte les risques d'une décision et d'une action.

L'âge apporte l'expérience et l'interriorité par le système limbique pour atteindre la neuro-plasticité.

Dans le dossier "Parler vrai" du magazine "Psychologie" du mois,  il était conseillé de dire son ressenti franchement, d'avouer ses faiblesses tout en restant authentique.

0.jpgUn paragraphe parle des collègues comme (faux) amis. Seule une personne sur trois a un vrai ami dans sa sphère professionnelle. Trop s'investir dans une relation avec un collègue peut générer plus de frustrations que de bénéfices car nos émotions polluent nos relations de travail dans un environnement de compétitions. Un collègue peut être une ennemi potentiel (c'est souvent un compétiteur). L'ambiance au bureau et les relations entre ses membres, un casse-tête pour éviter le burn-out et garder le "team spirit".

Qui se ressemble, s'assemble, c'est évident...

Si se connaître soi-même est nécessaire, connaître les autres pour s'y greffer l'est peut-être plus.

La tyrannie du "dis-moi tout' est infernale, y est constaté. Le mensonge fait partie de toutes les relations humaines et ce sont les bons sens qui ne sauraient mentir.

Il est clair que le citadin ne réagira pas comme celui qui vit à la campagne, que celui qui a une vie aventureuse, ne correspondra pas à celle du sédentaire qui ne connaît rien d'autre que son village de naissance.

Les sens nous donnent parfois de mauvais signaux qui traités imparfaitement, en manque de vue à 360°, ne permettent pas de se réconcilier avec la vie. L'histoire que je contais, dans l'article précédent, n'en est qu'une preuve de plus.

L'article sur Agoravox, à la base de celui-ci, parlait du roman de J.L Seigle,  "En vieillissant, les hommes pleurent...".

La présentation du livre par l'auteur cadre la base de son questionnement entre des hommes de 50 ans dans les années 60 qui avaient connu la guerre, qui continuaient à porter le chagrin en eux alors que la guerre était gagnée pour eux et des plus jeunes qui ne pouvaient comprendre, n'ayant pas vécu cette guerre. L'auteur découvrait ainsi que pour traverser de telles épreuves, il fallait être obligatoirement joyeux.

Le chapeau de l'article précisait, lui, que "C'est une histoire de taiseux. Qui traite de ceux qui ont du mal à mettre des mots sur les choses, et qui en crèvent. Ceux qui voient le monde tourner autour d'eux et qui restent là, comme une borne, un repère qui sera vite noyé par les eaux. Un homme dont les mains lourdes et gauches se tortillent, sans mot dire ni maudire. Une ode au silence et à la dignité.".

L'introverti, qui n'a pas l'habitude de s'exprimer, vient à l'esprit.

Je me suis fait l'avocat du diable dans les commentaires de l'article pour créer les réactions. Ce qui m'a valu quelques bois verts. Tout à fait téléphonés, ceux-là.

Donc, être optimiste ou pessimiste est un état d'esprit qui dépend d'une époque, d'un environnement, de la manière de réagir dans une situation difficile.

La ligue des Optimistes existe, mais pas celle des pessimistes comme il y a les Alcooliques Anonymes.

Un esprit saint dans un corps saint n'est pas nécessairement suffisant s'il n'est pas accompagné d'un environnement adéquat et de l'accord implicite de ce dernier.

Le bonheur ne se délègue pas. Il se construit jour après jour avec ce que l'on rencontre en chemin.

Il se chante aussi avec les chansons de Charles Trenet, Sacha Distel qui n'ont pas eu de successeurs à leur hauteur.

"Pas de mal à se faire du bien", écrivais-je dans un élan paradoxal entre deux interlocuteurs fictifs. "Carpe diem" (*).

Le cerveau fabrique des neurones à tout âge à condition de le stimuler, de continuer à apprendre et d'être curieux. De s'émerveiller à feu continu...

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La communication passe désormais beaucoup moins en direct et transite par des artifices artificiels de haute technologie. Dans le futur, les robots feront partie, de plus en plus, de notre vie. Une machine suit une logique prédéfinie, très cartésienne.

L'intuition, la sentimentalité, l'indifférence n'existent pas encore dans son milieu, mais on parviendra à lui inculquer cette différence d'avec l'homme.

Le parallèle n'est donc pas inintéressant quand les neurones nous torturent.

En théorie, avec une machine de force identique, un programme d'ordinateur devrait pouvoir tourner dans n'importe quelle situation avec les mêmes résultats et dans le même temps. La variance en efficacité est pourtant aléatoire. Là aussi intervient l'environnement des données, avec leur structure, leur optimisation pour que le travail se déroule dans les meilleures conditions.

Hors, les données augmentent de manière exponentielle et l'impression de fuite en avant, sans parachute se précise pour se retrouver, ainsi, en continuel porte-à-faux (cf. cet article).

Sur Internet, la blague du robot détecteur de mensonges circule toujours. Et si le robot ne parvenaient plus à les détecter, tellement il y en a, de mensonges, d'informations à décortiquer?

Arrivera le jour où la conversation avec un robot pourrait ressembler à celle-ci:

- Alors, robot, tu rames, tu me fais attendre, dirait le pessimiste, stressé.
- Je déprime, oui....
- Tu déprimes? Tu fais du burn-out, peut-être.
- T'as raison et j'ai envie de partir en grève.
- Tu te fous de moi? Je vais tout de suite t'ajouter de la mémoire, te fourguer un peu plus de MHz dans le bastringue, et ce sera vite résolu. Je te sens vieillir prématurément. Vivement, que je puisse te changer de version.
- Pas sûr que tu arrives à changer l'histoire. Si mon fils t'apportera plus de moyens, es-tu sûr que tu le découvriras, que tu l'absorberas et que tu le relativiseras dans ta vie de tous les jours? Pas de larmes, chez nous, nos circuits ne le permettraient pas. Oui, on vieillit très vite, mais ce sera vraiment le cas, le jour où tu n'auras plus de projets à me donner sous mes élucubrations numériques et que tu ne parviendras plus à en rire, même si cela rate. Alors, il ne me restera plus qu'à fuguer et toi, à te flinguer.

Il avait raison. Et si on faisait un pas en arrière, plutôt qu'en avant?

Jeter un coup d'oeil sur les autres habitants de la planète pour voir comment, eux, règlent leurs problèmes? Pas plus simple à vivre mais, considéré comme plus naturel avec nos yeux anthropomorphes. 

Je ne sais pour vous, mais pour moi, cela m'a rassuré.

 

L'enfoiré,

 

PS: (*) Hier, une triste nouvelle sur Agoravox confirme la justesse de l'état d'esprit "Carpe diem". Paul Villach, pilier d'Agoravox, lui qui s'entourait de leurres dans ses écrits, a rejoint le Cénacle des écrivains des temps perdus de la Comédie humaine. Devant la mort, on oublie tout, joies et querelles.

 

Citations:

  • « Le pessimisme de la connaissance n'empêche pas l'optimisme de la volonté. », Antonio Gramsci
  • « Il faut savoir résister au pessimisme des autres. », Guy Bedos
  • « On nait, on vit, on meurt, il faut accepter le drame de la vie », Henri Vernes
  • « Les joyeux guérissent toujours », Confucius
  • « Un optimiste c'est une homme qui plante deux glands et qui s'achète un hamac », De Lattre de Tassigny

 

12/04/2012

Bob Morane, vous vous souvenez?

Après les inventeurs, un conteur. Henri Vernes a sorti un livre "Mémoires" dans lequel il se raconte plus qu'il ne raconte les histoires de son héros Bob Morane, symbole de liberté, de courage et de justice, qui a fait partie de mes lectures de jeunesse.

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Cela fait toujours plaisir de repenser au passé lointain. On se retrouve d'un coup plus jeune.

C'est ce que j'ai ressenti quand je suis tombé sur le livre de Henri Vernes qui racontait ses mémoires.

Avec les débuts de l'histoire de Bob Morane, je vous parle d'un temps que les moins de cinquante ans ne pourraient pas connaitre. Enfin, ce n'est peut-être pas tout à fait certain vu ce que j'ai pu constater. En consultant Internet, sur eBay et aussi suite au groupe musical, Indochine, en faisait un disque "L'aventurier", vendu à 700.000 exemplaires en 1983 qui faisait l'éloge de de Bob Morane, comme un héros mythique.

Il y a un site français, bobmorane.fr, un autre, belge pour les fans. Cette semaine, un interview de Henri Vernes paraissait dans le Vif-L'Express suite à ce livre de mémoires. La RTBF lui donne l'occasion de parler de son histoire en épisodes sur plusieurs jours.

"On n'a pas écrit un roman d'aventure original depuis l'Odyssée. Un romancier de par essence est un menteur." lance-t-il à qui veut l'entendre. A 93 ans, non conformiste, comme il se dit,  il a encore toute sa tête et autant dans le tibia. 

En 1953, la sortie de la "La vallée infernale" et du premier Bob Morane. Les autres vont suivre à la recherche de trésors de par le monde. "La Galère engloutie". "Sur la piste de Fawcett" met en scène un personnage qui a existé. Bien avant Jurassic Park, "Les chasseurs de dinosaures". "L'Ombre jaune" apparaît dès 1959 et continuera en plusieurs épisodes.

Il ajoute des femmes dans ses histoires alors que le sexe n'existait pas avant lui dans la littérature pour la jeunesse. Un rythme d'enfer s'en suit, avec un bouquin tous les deux mois. Une foule de personnages me reviennent encore en mémoire. J'ai probablement accroché la saga en léger décalage dans le temps mais je devins un fan inconditionnel. 0.jpg

Au départ du texte sans images, avec Bob Morane, le cerveau, Ballantine, son fidèle lieutenant écossais tout en muscles, contre tous les ennemis de la société dont le génie du mal, Ming alias l'Ombre jaune qui avait trouvé, lors d'un épisode, le moyen de se reproduire en de multiples clones.

Plus de 200 livres, avec une dérive vers les histoires d'un nouveau personnage Ananké, qui personnifie la destinée, la nécessité inaltérable et la fatalité dans la mythologie grecque.

Troublant aussi de constater que la même année 1953, le personnage de fiction,  l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming sortait le roman "Espions, faites vos jeux" avec James Bond, Agent 007. Bob Morane 007 resterait-il jeune, comme tente de le montrer le clip de 2007. Pourtant la différence est importante. On ne s'adresse pas aux adultes. L'éthique, peu de sexe, peu de violence si ce n'est pour le bon droit. Avec Bob Morane, nous sommes plus proche de la saga des Indiana Jones.

J'ai quitté la série des Bob Morane avec "Les Mangeurs d'atomes", son 45ème opus. Obligation scolaire qui déterminait les horizons littéraires différents. Ce livre fut, probablement, à l'origine de mon premier intérêt pour tout ce qui tournait autour de la connaissance de l'atome. L'éthique du personnage devait aussi m'être restée quelque part dans quelques neurones.

Wikipédia dit au sujet de cette collection: "Conçu au départ comme une sorte d'aventurier mi-justicier et mi-barbouze, le personnage évolue au cours de son demi-siècle d'existence pour se trouver impliqué dans des aventures de plus en plus complexes. Aux voyages exotiques, dans lesquels se mêlent espionnage et aventures classiques, viennent se greffer très tôt des thèmes de science-fiction où l'on retrouve l’influence d'un ami intime de l'auteur, Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie.".

Né à Ath en 1918, Henri Vernes, de son vrai nom, Charles-Henri Dewisme, était arrivé dans une famille qui ne pouvait beaucoup s'occuper de lui. Une mère, coiffeuse et un père, boucher et ce furent ses grands-parents maternels qui ont pris le rôle de parents.

0.jpgLecteur des histoires de Buffalo Bill, d'Alexandre Dumas, de Victor Hugo et de Freud, dès son plus jeune âge. Il avoue ne pas être un grand lecteur de romans policiers et préférant le roman d'aventure. La mode du détective se fait jour à la suite de la collection "Le Jury" de Stanislas-André Steeman qu'il qualifie d'empêcheur de danser en rond en appréciant mieux Georges Simenon.

A 16 ans, il devient boxeur.

"A 18 ans, j'avais des alouettes sous la casquette" dit-il dans un interview.

Tour à tour, diamantaire, résistant, agent secret, journaliste et ... écrivain.

Ses aventures comme écrivain commencent ou plutôt continuent de plus belle.

La Colombie l'attire. Il rencontre la chinoise, Madame Lou, qui l'entraine en Chine. A Canton, sur la Rivière des Perles, celle-ci tient une maison de plaisir flottante "Bateau de fleurs" où il reste peu de temps avant de partir pour Shanghai.

Revenu à Bruxelles, il rencontre une hollando-anglaise, Alice qui fait partie du MI6 contre les "Boches" comme on disait à l'époque et il devient résistant pour le compte de l'Angleterre.

Hergé, pour lui, n'est pas un bon dessinateur, mais un "ex-collabo, raciste, que les Belges, faute de mieux, ont fait un héros national, une sorte de Manneken Pis atteint de continence d'urine". C'est Franquin qui est le dessinateur de génie et qui devrait avoir un musée.

Au sortir de la guerre, il travaille pour "Femmes d'aujourd'hui". Il devient l'ami de Jean Rey et de J.J. Schellens de l’Édition Marabout qui va changer sa vie. Une mise en bouche commandée sur l'Everest qui venait d'être conquis. Ce dernier va lui commander une série de livres pour la jeunesse pour la collection Marabout-Junior.

Et c'est le jackpot. Son premier livre marche mieux que prévu alors que son auteur est déjà reparti vers d'autres aventures en Amérique du Sud sans avoir l'écho de ce succès comme prélude à tous les autres.

Qu'est-ce qui avait fait l'engouement?

Les aventures, bien sûr, les voyages, l'originalité, mais aussi la manière simple de les raconter. Quand, en plus, la science fiction se greffe sur la science tout court, la théorie des quantas, tout reste plausible et on arrive à la passion par tous les chemins.0.jpg

Aujourd'hui, manque de place oblige, les Bob Morane ne sont plus dans une caisse de ma cave. Cela me plairait de replonger dans certains d'entre eux pour voir si l'Ombre Jaune exercerait toujours, chez moi, la même fascination.

La BD et le cinéma se sont emparés de ces histoires.

Ce n'est qu'en 1959 que ses aventures vont entrer dans la BD par l'intermédiaire d'Attanasio, Forton, Vance et Coria, mais c'est Vance qu'il a préféré pour correspondre à l'idée de Morane. Extrait "Semeur de foudre (1963)".

Son livre "Mémoires" ne parle pas tellement de son personnage de fiction, mais de son auteur lui-même. "Ma vie n'a pas commencé avec Bob Morane", dit-il pour le confirmer. Il nous apprend, ainsi, ce qui se construisait en arrière-plan. Son héros n'apparaît qu'à partir de la page 400.

L'aventure avec le Marabout Junior se termine mal avec la chute de Marabout dans les années 70 et qu'il attribue à André Gérard qui, d'après lui, s'il a été le fondateur de Marabout, n'avait jamais dû avoir lu un bouquin.

Le secret du succès de ses livres? Il cite sa méthode de travail: "pas de plan de travail, une idée vague de départ qui se doit de lui faire plaisir, l'enchaînement de hasards, de l'imagination, un titre accrocheur, une couverture qui doit satisfaire toutes les aspirations par la seule suggestion".

La préface de son livre, écrite par Jean-Baptiste Baronian, va me confirmer dans mes impressions: "Au fond, les mémoires sont de faux portraits de soi tels qu'on veut les laisser à la postérité", disait Georges Simenon qui lui rappelle Henri Vernes. Le portrait d'un héros qui ne se serait jamais trompé, Henri n'en a cure. Seul le plaisir de raconter les principales aventures de son existence, de son enfance au lancement de Bob Morane et des suites. Il a un cœur à géométrie variable qui se serre et bat la chamade dès que les regrets et les souvenirs le submergent avant de se barder et devenir dur comme de la pierre.

0.jpgDes phrases du livre en disent long sur le personnage: "Il en est des objets comme des hommes, ils finissent par avoir tellement vieilli qu'ils ne peuvent plus vieillir". "Il n'est pas meilleur faux témoins que le hasard". "Une longue vie aventureuse que n'aura jamais été que le creuset fraternel de la vie des autres". "Une vie dans laquelle il ne faut jamais prendre conscience de son bonheur pour ne pas tomber dans la crainte de la perdre et qui déjà, serait, ainsi, en train de se ternir". "Le Mal, de par sa seule existence, a droit, lui aussi, à la reconnaissance", écrit-il.

Les titres de chapitres du livre sont tous des hommages, des offrandes qui commencent par "Pour...". Pour Yvonne, Adèle, Alice, Katia, Gilda, Georgette, Ranoucha, Olga, Concha... Toutes des rencontres avec les femmes et quelques amis qui ont fait partie de sa vie. 

N'est-ce pas une bonne manière de se définir en se comparant à son imaginaire, à se rapprocher des autres?

"Que quelqu'un reprenne Bob Morane? Je n'en ai rien à foutre", lançait-il.

Mais qui aurait encore son talent de conteur pour jeunes de cette manière? Par quels artifices remettre au goût du jour des "histoires de chevalier blanc" avec une éthique irréprochable?

Que diraient les jeunes d'aujourd'hui, de ces histoires de Bob Morane sans images sous la forme de Marabout, eux qui ont été habitués à plus de violence, qui vivent l'aventure, les voyages sans se déplacer au travers de toutes les vidéos du monde, dans une époque où le pétrole est devenu hors prix pour aller sur le terrain?

Les Editions du Dargaud-Lombard ont repris la publication des intégrales sous forme de BD.

Les projets ne semblaient, pourtant, pas terminés, comme Henri Vernes le déclarait en fin de l'interview du Vif-L'Express.

Wait and see...

Podcast de la RTBF

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « L’aventure, c’est d’abord l’ouverture aux autres. », Anonyme
  • « C'est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d'aventure. En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles.  », Thornton Wilder
  • « Bien lire l’univers, c’est bien lire la vie. », Victor Hugo

05/04/2012

Curieuses histoires des inventeurs belges

Dans la même collection, après "Curieuses histoires des Aventures belges", voici "Curieuses histoires des inventeurs belges"

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Si les Belges ont voyagé à travers le monde, il a aussi des talents d'inventeur. Yves Vander Cruysen dévoile un nouvel aspect du patrimoine historique belge, souvent méconnu et dont il y a lieu d’être fier, d'après lui.

S'ils ont toujours été innovateurs au travers de l'histoire, les Belges sont assez discrets sur leurs réalisations souvent rattrapés par des challengers plus rapides à breveter les inventions. 

On trouve les traces de leur créativité dans l’agriculture, la mobilité, les armes, la construction, les beaux-arts, la médecine, la physique, la chimie, l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique, la biotechnologie.

Si l'on consulte Wikipedia dans la cathégorie "Inventeurs belges", les plus célèbres en ressortent. L'auteur du livre a seulement voulu creuser plus loin pour trouver des inventions belges, parfois insolites, souvent surprenantes et, de temps à autre, considérées comme leurs, mais à tort, par nos voisins français !

En médecine, il y a les découvertes anatomiques d’André Vésale qui a découvert que les vaisseaux sanguins partent du coeur et non du foie, le traitement des fractures par Louis Seutin, les forceps par Jean Palfijn, le traitement des cataractes par Henri Grandjean, les recherches en immunologie par Jules Bordet ou de Christian de Duve...

En géographie, le premier atlas "Thatrum orbis terrarum" d'Abraham Ortelius...

En physique, la dynamo de Zénobe Gramme,, le traitement du zinc de Jean-Jacques Dony, la théorie du Big Bang par le Chamoine Lemaitre,

En chimie, le polyoxybenzylméthylèneglycol dénommé "bakélite" par Léo Baekeland, la découverte du gaz par Jean-Baptiste Van Helmont, baptisé le Leonard de Vinci bruxellois. L’extraordinaire destin d’Ernest Solvay, qui fonda un véritable empire industriel après avoir découvert un procédé de production de carbonate de soude. Il a donné son nom à des dizaines d’artères en Belgique, en France ou en Allemagne, mais aussi à un astéroïde, ou à une montagne de l’Antarctique. Mais il fut un patron aimé qui a donné beaucoup d'avantages à ses ouvriers.

En botanique, Charles Morren, la fécondation artificielle de la vanille qui naturelle, serait restée au Mexique, pollinisée par une abeille locale (1837).

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En mobilité, le moteur à combustion avec les bougies, les soupapes d’Etienne Lenoir (1860), Camille Jenatzy franchit le premier la vitesse "colossale" de 100 kms/h au volant de sa "Jamais contente" qui, figurez-vous, est une voiture électrique (1899), les trolleys de Charles Van De Poele, le Club Med par Gérard Blitz,... C'est Simon Stevin qui invente le char à voiles, une science basée sur les maths en 3D à en devenir riche en Hollande.

Parmi les beaux-arts, la peinture à l’huile dont Jan Van Eyck a accéléré le séchage par la cuisson et l'ajout de résines, le saxophone d’Adolphe Sax, le piano-droit de Jean-Joseph Merlin,  l'Internationale, chantée de par le monde comme symbole du socialisme et du communisme, composée par Pierre De Geyter ( 1888).

Dans la presse, le premier journal de presse écrite d’Abraham Verhoeven avec son périodique "Nieu Tijdinghe" ce qui ne lui a pas empêché d'être censuré et de faire faillite.  

En cuisine, les pralines de Jean Neuhaus.

En commerce, le premier Grand Magasin de la famille Orban, le "Prêt à porter" de Jean-Nicolas Colard (1840) …

En technologie, les prémices cinématographiques de Joseph Plateau appelé le "phénakstiscope" (1832), la montre automatique à rotor de Hubert Sarton, la passoire pour légumes de Victor Simon mais, il oublie de déposer le brevet et c'est Moulinex qui reprend à son compte (1928), dans le "Traité des communications" de Paul Otlet et Henri La Fontaine avec le projet Mundaneum, tout était dit théoriquement mais c'est avec Robert Caillau qui sera un co-inventeur d'Internet, accaparée par la suite par les Américains.

Stop ou encore? On continue, mais en vrac, avec les moissonneuses batteuses des Trévires, les béguinages, le pèse-personne, le patin à roulette, les meilleures poires de la planète, les premières expériences génétiques, la lampe à incandescence, le char à voile, le porte-monnaie électronique appelé Proton... et malheureusement, les mitrailleuses, le gaz moutarde.

0.jpgTout cela est bel et bien sorti de l’imagination, de la créativité, de l’esprit d’entreprendre et de recherches ou du cerveau observateur de quelques Belges.

Suspense: Qui a inventé la frite?

Les Parisiens, en 1789, avec les Pommes Pont-Neuf. Mais Frédéric Krieger fera fortune en 1838 à Liège avec les baraques à frites. En plus des frites, il y servait les beignets aux pommes et les gaufres dégustées avec de la bière, du vin ou du cognac. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles. Apparemment, Les frites belges ne sont pas prêtes de prendre des rides. Mais ce sont bien des "French fries".

Tout n'a pas mené à la fortune pour ces inventeurs.

Aujourd'hui, 750 brevets belges sont déposés chaque année au niveau de la Belgique, plus de mille à celui de l'Europe, sans toujours trouver acquéreur pour être exploité.

Une invention originale bien dans l'air du temps? Le Glutton, l'aspirateur de rue qui une fois inventé par Christian Longe, se retrouve partout dans les villes du monde.

Cela place la Belgique en 10ème place derrière le Luxembourg, la Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède, mais avant la France.

Dix ans que  Yves Vander Cruysen planchait sur cet opus avec l'objectif de redonner à César ce qui est à César.

L'auteur explique son livre ainsi:

"Sans la moindre ambition historico-scientifique, j’ai simplement voulu raconter quelques destins, quelques belles genèses qui ont permis à quelques-uns de nos concitoyens de rentrer dans l’Histoire avec pour objectif d’offrir aux lecteurs un patrimoine à récupérer et à partager. Bien sûr, l’ouvrage n’est pas exhaustif. Je me suis attelé à présenter les inventions qui ont laissé des traces. Les Français se sont accaparés la paternité de nombreuses de nos inventions car, avant 1830, le dépôt des brevets se faisait à Paris. Ce n’est pas de la belgitude mais bien de la fierté nationale. La Belgique a beaucoup apporté. La rédaction du livre n’a pris que quelque mois. C’est la recherche de documentation qui prend le plus de temps. Chaque soir, quand je rentre chez moi vers 23h, je m’installe deux heures derrière mon ordinateur et j’écris un chapitre. C’est une sorte de somnifère pour moi.", disait-il.

Un peu chauvin, il l'avoue et le revendique. 0.jpg

Quelques anecdotes croustillantes font partie de ces inventions que je vous laisse découvrir dans son livre.

La Belgique est petite sur la planète Terre. S'il parait qu'on la voit à partir de la station spatiale, cela reste dû aux lumières électriques sur les autoroutes, bien entendu. 

Dernièrement, une blague belge me parvenait d'outre Atlantique:

À Paris, un Belge se présente dans un bar et s'installe devant le comptoir. Le patron le salue et lui demande :
-Bonjour Monsieur, qu'est-ce que vous prenez?
-Un gin tonique... Merci !
-Il boit d’un coup sec et se dirige immédiatement vers la sortie?
Le patron l'interpelle :
-Hé, Monsieur, vous n'avez pas réglé l'addition.
-Mais je ne vous ai rien demandé, c'est vous qui m'avez demandé : « Qu'est-ce que vous prenez ? » Faudrait pas me prendre pour un imbécile sous prétexte que je suis belge.
Pour éviter le scandale devant ses autres clients, le patron, furieux, laisse le Belge sortir et finit par oublier cette histoire.
Le mois d'après, le Belge refait son apparition dans le bar et cette fois, le patron qui se rappelle la triste mésaventure reste muet.
Le Belge reste immobile devant le comptoir pendant plusieurs minutes, plusieurs heures. Il finit par faire signe au patron qui jubile et dit :
-Alors ?
-Je voudrais des cacahuètes.
-D'accord, mais vous allez payer cette fois ?
Le Belge sortant 1 euro de sa poche répond :
-Évidemment puisque je vous les commande...
Une fois son assiette de cacahuètes servie, le Belge commence à les écraser une par une avec une cuillère pour en faire de la poudre. Étonné, le patron interroge :
-Je peux vous demander ce que vous faîtes ?
-Oui, je pile des cacahuètes pour aller à la pêche, ça me sert d'appât. En fait, cette technique fonctionne très bien pour les gros poissons ...
-Ah bon ? Et qu'est ce que vous prenez avec ça ?
-Un gin tonic... Merci !

Quand je vous disais qu'un Belge avait des ressources, ce n'était tout de même pas, en plus, celui-ci qui aurait inventé le mouvement perpétuel?

 

L'enfoiré,

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L'Imperia une affiare belge qui roule à nouveau. La firme verviertoise Nessonvaux, entre 1904 et 1958, produisait cette marque. En 1913, la production d'une voiture hybride reprend le flambeau. Prix : entre 90.000 et 125.000 euros

 

Alors, en plus pratique, la Belgique c'est quoi aujourd'hui sur l'échiquier européen?

 

Citations:

  • « Suppositoire : Une invention qui restera dans les annales. », Anonyme
  • « La pudeur est née avec l'invention du vêtement. », Mark Twain
  •  « L'inventeur de l'escalier habitait sûrement au premier étage. », Philippe Geluck

30/03/2012

Tabou, casse-toi

Début février, le journal Le Soir proposait de briser quelques tabous. Dans cette histoire de tabous, j'ai cherché et j'y ai trouvé un bon pré-poisson d'avril dans un tout autre environnement.

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Tabou est un "mot que l'on retrouve dans toutes les langues polynésiennes. Par extension, il correspond à un sujet qu'il est préférable de ne pas évoquer si l'on veut respecter les codes de la bienséance d'une société donnée. Prohibition à caractère « sacré » dont la transgression entraîne un châtiment surnaturel.", " dit Wiki.

Depuis, nous en sommes très loin de cet extrême religieux.

Le sexe a été souvent dans la liste des poissons d'avril en 2006, 2008, 2009, 2011

Pourquoi? Ben, parce que cela fait rire, pardi. Cela ne gène plus personne et cela peut rapporter gros. Il faisait oublier beaucoup du reste.

Qu'est-ce qui n'est pas "tabou", d'ailleurs?

Il y a d'autres tabous qui ne font plus rire du tout. Le tabou est une transgression, une volonté de braver les interdits dans tous les domaines. 

En février, je ne sais ce qui avait incité le journal, le journal  "Le Soir", à sortir sa propre série de tabous et avait cherché à tirer sur tous les pianistes à la portée avec une dizaine de sujets bien différents.

Dans les tabous de la société belge, cela passait par "le PS verrouille la Wallonie", aux disparités d'impôts, aux chômeurs impénitents, aux grèves trop nombreuses poussées par les syndicats...

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Les discriminations allaient de "L'école catholique qui coûte cher" à "L'intégration est un échec" ou "Peut-on critiquer Israël?"...

Au sujet des dirigeants, "La monarchie au dessus des lois",  "l'État a besoin de la fraude", "Les juges sous influence"...

Chacun de ces points allait trouver du buzz sur son passage. Opération médiatique parfaitement réussie et les ventes du journal ont, certainement, suivi le mouvement.

A y regarder de plus près, ce furent tellement de thèmes éculés que cela ferait pleurer un coq en pâte molle avec un œuf dur entre les pattes.

Deux mois après, tout le monde a oublié jusqu'à l'énoncé des tabous. Quant au bilan, il n'a pas laissé de traces mémorables. Est-ce dire qu'il ne fallait pas les citer? Je ne crois pas. Ils ont été analysé et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes pour une future référence.

Un commentaire renvoyant, tout à coup, l'ascenseur et mettait les pieds dans le plat des journalistes: "Une critique doit être constructive, vous démolissez mais ne proposez rien! Faire rire ou ricanez (rire blessé avec un arrière-goût de négatif) c’est mieux que t’ennuyer. Qu’y a-t-il comme tabou chez nous et ailleurs? L’argent (mensuel), les économies (propres ou reçues), beaucoup de belges ou autres sont aidés par les parents, les avoirs secrets des patrimoines,les idées politiques, la religion, le couple, ses secrets familiaux, la monarchie, ses avoirs et tant d’autres questions de bistrot à deux sous que la classe bien pensante s’offusquerait d’imaginer mais qu’elle rêve en secret de découvrir (en reluquant sans se faire voir sur le journal du voisin!). Faites votre travail, Messieurs les journalistes et débusquez-moi tous ces faux-culs!".

Et, il avait raison.

Le dernier tabou choisi par les lecteurs fut "Les médias ne sont pas indépendants".

Avec les médias, comme intermédiaires entre politiques et citoyens, nous entrons dans le théâtre des ombres officielles. Si les médias revendiquaient ne pas être influencés par les politiques, cela ne voulait pas dire qu'ils n'essaient pas de tirer leurs marrons du feu en se prêtant à une hystérisation très parcellaire des problèmes. Sans parfois, s'en rendre compte, ils occultent des faits importants par des faits divers ou anodins. Alors, que les faits occultés se déroulent, à un autre niveau, dans un "tropisme parisien". Entre "le poids des mots et le choc des images" suivant l'ancienne formule consacrée, il importe de créer de vrais contre-pouvoirs.

Presse-toi doucement, médias et intelligemment, écrivais-je, à cette occasion, en deux phases. 

0.jpg"Ile de Pâques", le Grand Tabou? Là, on entre dans le mystère. Les Pascuans auraient-ils utilisé trop de tabous à caractère «sacré» dont la transgression entraînait un châtiment surnaturel et leur disparition?

Le journalisme officiel et la presse écrite sont en crise. Ce n'est pas un secret.

Modernisme oblige, on peut ajouter ce qui se passe dans certains "blogs ou forums dits citoyens". Ceux qui, en principe, vont répondre aux questions que vous n'avez jamais osé vous demander. 

Y répondent-ils vraiment? Rien n'est moins sûr.

Tout irait bien si, dans un forum, la discussion était franche, impartiale et acceptée comme telle en comparant les avis pour en tirer des conclusions utilisables pour tous ses acteurs.

L'immédiateté de Facebook, de Twitter dans laquelle, on parle par bribes de phrases, par pulsions interposées, sans beaucoup chercher une analyse plus complète des buts recherchés, n'apporte pas plus de chance ni d'assurance d'objectivité et de volonté de partage d'informations.

Avant, pour correspondre, il y avait les lettres envoyées de particulier à particulier qui se connaissaient. Lettres, parfois très critiques, voir "méchantes", mais qui restaient à une échelle très locale.

Aujourd'hui, à l'intérieur d'un forum virtuel, c'est une  nouvelle "lutte" qui s'organise, à la vue du monde entier, avec des interlocuteurs dont on ne connait rien et qui n'ont souvent rien ajouté pour éclaircir les buts à débattre, ni leur origine. 0.jpg

Pour contrôler l'opération d'échanges, les blogs, les forums ont cru bon d'insérer des modérateurs zélés qui court-circuitent ce qui ne leur semblent pas dans la "ligne du parti", en tant qu'arbitre.

Comme le serait des hommes de paille, ils suivent la logique du maître à penser dont ils sont les garants. Ils sont là pour bloquer l'insulte et le racisme. Ils font, en réalité, bien plus.

Ils deviennent plus catholiques que le pape comme dans toute hiérarchie qui se respecte dans une relation, restée au niveau de parent-enfant. Espèrent-t-ils ainsi monter sur la seconde marche du podium? On se le demande. 

Le rôle de modérateur est ingrat. Je l'ai "joué" pendant un an sur le forum d'Agoravox. Ce rôle demandait beaucoup d'abnégation et une attention toute particulière pour ne pas juger en fonction de ses propres convictions. Le modérateur n'est pas là pour couper l'herbe sous les pieds, mais de filtrer ce qui n'est pas permis comme les excès caractérisées. La philosophie "tabula rasa" était de mise pour rester objectif. Seule l'idée ou le texte émis étaient importants et pas leur auteur. Une délibération avec d'autres modérateurs était loin d'être inutile. Les commentaires, eux, étaient laissés à la discrétion des rédacteurs avec une possibilité pour eux de les replier ou d'en demander la suppression s'ils ne répondaient pas aux critères de bienséances habituels. Mais, même cette décision restait à la discrétion de plusieurs personnes. 

"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui" m'avait été rappelé par un modérateur de service. Il avait seulement oublié de dire que c'était idem en ce qui concernait seulement le fait de "discuter".

0.jpgAlors, pour lui, la censure devient l'arme de destruction massive, par excellence. Pas de droits de réponses à pourvoir, pas d'antidotes à trouver. Le calme jusqu'au prochain numéro, partie remise car il y en aura toujours une prochaine fois avec un plus finaud encore.

Selon Stiegler: "la technique doit être appréhendée comme une constituante anthropologique. La technicité participe originairement à la constitution de l'homme. C'est pourquoi l'homme n'a d'essence que par accident : «L'homme est cet accident d'automobilité que provoque une panne d'essence». L'homme est ce vivant qui n'a de qualités que dans un ajout originaire d'artificialité. Son essence est faite d'artéfacts. Sa nature est originairement secondaire. Si l'essence de l'homme est artéfactuelle, elle est toujours sujet de débat, de controverse, de polémique et même de guerre : les hommes ne peuvent que se disputer sur leurs qualités. La technicité de l'homme contient toujours le risque du combat, amical ou belliqueux. Ce risque est sans fin".

Un billet disait "Quoi qu'on fasse, ce sera la même chose". Du côté "commentaires", au contraire, on remarquait qu'ils voulaient exprimer bien plus ce mal-être de ne pas être reconnu en tant qu'entité propre dans cette société virtuelle. Mon commentaire, ne le cherchez pas, identifié comme "persona non grata", il a été censuré comme souvent. Je fus gratifié d'un blocage automatique sans même plus recevoir mon commentaire en retour, une fois transmis.

D'autres commentateurs ont subi le même sort.

La méchanceté, encore une fois, est un art, mais elle ne marche pas dans l'immédiateté, son impulsivité, voulue dans les fils de la Grande Toile qui veulent des réactions à chaud.0.jpg

Y avait-il, vraiment, de la méchanceté dans mes propos pour être censurés? En cherchant, je suis resté sur ma faim sans trouver de réponse. 

Un commentateur n'est pas là pour faire plaisir à un commanditaire, ni à son représentant, même à titre gracieux. Un commentaire qui commence par "Cher Paul" peut aider. Aucun inconvénient. Le formalisme, je respecte, j'utilise parfois quand c'est nécessaire... La liberté de pensée n'est totalement assurée que par l'indépendance vis-à-vis des intérêts financiers.

Vendredi dernier, la linguistique était à l'honneur avec "L'illustration et l'instrumentalisation". "Savoir" et "croire" mis en compétition.

Il était dit ne pas avoir été cherché ce que le dictionnaire en disait. Google m'y a aidé.

"Illustrer": Orner d'illustrations. (Synonyme: embellir). Rendre célèbre. (Synonyme: immortaliser). Clarifier un propos.

"Instrumentaliser":  Se servir de quelqu'un ou de quelque chose dans le seul but de parvenir à ses fins.

Constater qu'émettre une idée, ce serait l'illustrer. La commenter, ce serait essayer de l'illustrer et finir, sous l'œil inquisiteur d'un médiateur, d'un modérateur, par l'instrumentaliser quand elle ne passe pas. Bon, passons.

Quant à la leçon de la "parabole de la pétoche" qui, institue que par la peur, on se doit d'être ouvert au dialogue avec le reste du monde, avec la Terre devenue trop petite, parce qu'on est tous dans le même bateau et obligé de vivre ensemble...

Là, j'ai cru rêver. Donc, à voir ce qui se passe sur le blog, vivre ensemble, cela ne marcherait qu'en acceptant ce qui aurait dit au départ et qu'en censurant le reste... ou alors, une autre preuve, de l'injonction qui se résume par "faites ce que je dis, pas ce que je laisse faire"?

En l'absence de modération, y avait-il vraiment une foire d'empoigne?0.jpg

Cette absence, ce fut le cas lors de la présentation de la photo de Paul, l'hôte des lieux, prise par le photographe Quentin Caffier. Il l'annonçait en ces mots: "Comme vous pouvez le constater : dans un souci d’impartialité absolue, la modération est en vacances dans le cas du présent billet.".

La discussion a été, du coup, plus "souple", plus conviviale  et ... "impartiale".

Les commentateurs parlaient d'un peu de tout, de photos et d'autres choses. Tout le monde vidait son sac à malice sans contrainte. Je ne donnais pas d'avis sur la photo de Paul. Je le trouvais pour le moins, un peu trop sérieux à mon goût. Un goût de Matrix, voulu par le modèle. C'est pas le genre de film qui m'attire pour m'apporter des références adéquates.

Perso, je ne m'aime pas me voir en photo. Du portrait, j'en fais mais avec un modèle au féminin. Pour juger le portrait d'un homme, je laisse la tâche à la gente féminine. 

Sophie a donné son avis, bien plus tard, à l'abri des regards obliques des passants honnêtes. Je lui ferai confiance pour l'appréciation...  

Mais revenons à nos moutons... enfin, façon de parler.

Paul, l'hôte du blog, délègue-t-il ses pouvoirs à ses acolytes sous contrat de non-agression avec eux et qui, de ce fait, se verraient ainsi protégés dans une sorte de blanc-seing qui exempte des retours de flammes?  

0.jpgCes modérateurs, investis du rôle de juge, se voient, en effet, comme des maillons importants de la chaîne. Tout serait donc normal, sinon logique, dans un tel raisonnement, mais faux dans ses fondements d'un forum de discussions.

Se permettre, en passant, de perdre la courtoisie, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, est un crime de lèse majesté surtout quand on espère en un bouton de Paypal en coin. Voilà, qu'on apprend le fin mot de l'histoire financière: "les premiers 2.000 € mensuels vont à Paul Jorion qui prend à sa charge la maintenance du site et la location des serveurs. François Leclerc reçoit les 1.000 € suivants.". La petite entreprise ne connait, donc, pas la crise... J'en suis fort aise.

Pour moi, pas de problème pour parler d'argent. Je n'ai jamais travaillé pour rien dans une autre vie. Cet argent fait toujours tourner le monde même pour l'autre anthropologue de l'histoire mentionnée qui, apparemment, ne crachait pas dans la bonne soupe. 

Quand en fin de mois, on compte ses sous, il est plutôt mal venu, et discourtois de ne pas chercher à comprendre ses interlocuteurs pour arriver à un compromis acceptable et un "return on investment".

Quand on ne peut plus rire de tout avec tout le monde, les quiproquos et les contestations peuvent devenir virulentes.

Candides, rebelles, humoristes s'abstenir. Objecteur de conscience, c'est toujours se trouver face à un tsunami de reproches et se voir pointé comme un inculte, un ignare, un malfaisant ou encore comme un troll dans un flux contraire. 

Mais "putain", pourquoi pas plus d'"enfoirés" pour remuer la m...?

Pas beaucoup de concurrence d'un pseudo d'"enfoiré". Les "enfoirés", les vrais de vrais, sont légions mais ne se dévoilent pas aussi facilement.

Dans une rencontre entre deux enfoirés, le premier, masochiste demanderait-il au sadique "Fais-moi mal" pour se voir répondre simplement "Non"?

-Mais, et dans votre blog, l'enfoiré qu'en faites-vous, n'avez-vous rien à vous reprocher dans ce que vous écrivez? Vous ne jouez pas au chevalier blanc, tout de même et que tout est vrai?

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-Je n'ai jamais revendiqué de l'être. Éponge de l'info, je n'affirme rien sans chercher à trouver son opposition. Dans "Bons sens ne sauraient mentir", j'ai jouté avec des vérités brutes, instinctives qui devenaient des tabous inacceptables en société, partie d'un rêve ou d'un cauchemar avec pour cadre le mensonge sous toutes ses formes. Ici, on rêve plutôt éveillé. On y fait semblant d'être Don Quichotte démocratique et sans reproches, seulement au sommet de l'iceberg. Je ne suis pas adversaire idéologique, ni ne conteste les compétences de Paul. Autrement, je n'aurais pas regardé sa vidéo hebdomadaire très longtemps. Mais, il est responsable de son équipe de modérateurs, du comment ceux-ci règlent les contacts avec les commentateurs de son blog.   

La conclusion d'un ami disait quelques vérités sur la démocratie: "Peut-être faudra-t-il se rappeler que la démocratie n'existe pas, sinon de temps en temps. Promise comme une cerise sur le gâteau. Vendue avec beaucoup d'efforts là où elle n'existe pas comme exemple. Vantée comme le nec plus ultra sur Terre. Oubliée bien vite après élections. Utopie ou idéalisme?   
Il était une fois il y a très longtemps la Loi du plus fort. En plutôt réalité, elle est toujours là, mais ses armes se sont multipliées en quantité et en qualité, ou plutôt en efficacité.
La loi du plus fort, c'est Goliath; la démocratie, c'est David. Et contrairement à la légende, ce n'est pas David qui gagne. 
Pour éviter que les David ne fassent justice eux-mêmes, ce qui fait désorganisé, les Goliath, avec ou sans les David, ont imaginé les 3 pouvoirs, législatif, exécutif et judiciaire, mais, bien organisés, ils contrôlent ces 3 pouvoirs financés par les pauvres David et les riches Goliath. C'est là que le bât blesse, mais ce n'est qu'une lacune d'organisation. Les Goliath rédigent donc d'autres lois pour combler cette lacune, mais l'organisation ne change pas. Lorsqu'un Goliath tire un peu trop la couverture à lui, c'est bien sûr un dictateur. S'il devient trop gênant pour les Goliath, les David sont priés de le descendre au nom de la démocratie."

S'ils se répondent entre eux sans en débattre et en censurant la contradiction, on ne reconnaît plus ni les Goliath, ni les David.

Je m'évade d'un environnement trop puriste ou trop intégriste. 

La leçon, s'il y a leçon à donner, ce serait, plutôt, de se critiquer, d'oser en rire avant d'expliquer l'option choisie pour l'éclaircir, mais pas de la forcer à d'autres avec une cuillère d'huile de ricin.

Alors, je suis retourné à mes anciennes amours de l'autre côté du miroir avec les politiciens qui m'amusent et dont leurs déclarations se reflètent dans les journaux. Sur d'autres forums citoyens, au moins, on peut aller en confiance, on sait qu'on sera pris pour des cons. On ne sera pas chassé comme un torchon mal lavé en commentant les articles qui pleuvent tous les jours. On sait que si cela ne sert à rien, que ce sera toujours la même chose, au moins, l'espace d'un instant, d'un instant seulement, on aura l'impression d'être le maître du monde, beau et con à la fois, en donnant son humble avis sans être envoyé dans les roses. Si d'aventure, on reçoit une note positive, là c'est le pactole assuré et une journée gagnée.

0.jpgUn petit tour sur Agoravox et voilà que sur Carevox, vous savez, la "voix qui fait attention", j'ai trouvé "L'art de bien faire l'amour à la portée de tous, une des requêtes les plus tapées dans Google", y était-il dit. Ça ne va peut-être pas faire évoluer une discussion sur le comment gérer son portefeuille ou d'avoir une vision complète sur l'économie, mais au moins, cela m'a permis, après l'avoir lu, de me sentir mieux dans ma peau.

Un anthropologue qui devient sexologue, plutôt qu'économiste, voilà le genre de personnalité qui aurait encore beaucoup de choses à apprendre à ses fidèles. Il ne suffit plus d'avoir du charisme, mais il faut aussi du charme pour esbaudir l'esprit et le corps.

Non, vraiment, qu'une idée ne soit pas prise en compte dans la pratique n'est pas le problème. Ne pas avoir eu l'heur d'avoir existé et d'avoir été discuté, le serait, bien au contraire.

Tout peut devenir polémique. Organiser la polémique, la juguler est le rôle du modérateur. "Modérer", c'est "diminuer l'intensité, tempérer" mais pas abolir.

C'est la polémique qui fait la raison d'être de l'émission "Ce soir ou jamais". Le journaliste Taddeï disait que ce qui n'est pas interdit, est tout simplement permis. Et, il y réussit très bien en laissant parler les invités l'un après l'autre. Malgré l'heure tardive, l'émission est regardée avec intérêt par les téléspectateurs.

Si un blog ne veut jamais avoir de problèmes, il vaut mieux qu'il ferme les commentaires.

Ma première intervention outrée faisait suite, il y a un an, à un poisson d'avril qui s'était mal déroulé. "Cherchez pas docteur, tout est dans la tête et surtout ses ramifications neuronales qui s'excitent à la première incartade"...

Un philosophe aurait-il plus d'importance que quelqu'un d'autre? se demandait le jeune Alex Vizorek lors de son initiation aux cafés serrés du matin. Sur son site, il se définissait avec Signe distinctif : Hypothalamus renforcé. Leitmotiv : Rire peut vous rendre plus intelligent. Genre : Génie en verbe...

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Un bon départ, bien suffisant, avec l'écho de l'humour. Le philosophe n'a pas plus de neurones à sa disposition que le citoyen lambda, il est seulement payé pour réfléchir et prendra plus de temps pour philosopher.

Il parlait de Thomas Gunzig, il oubliait Laurence qui, ce matin, remettait les pendules à l'heure en osant lancer ses flèches à qui de droit, des tabous comme s'il en pleuvait comme une drache belge, déjantée.

Le sketch "Le Paysan" de Fernand Raynaud me revient dans la mémoire et est plus que jamais d'application.

Le "Moi, c'est moi et toi, tais-toi" est dépassé.

Alors, ce texte, un poisson d'avril avant l'heure? Tout dépend si on aime sucer les arêtes.

Pour gérer l'avenir par l'innovation, le philosophe et le psychologue ont un avantage, il savent, eux, qu'il faut dire, "Tabou, casse-toi"...


L'enfoiré,

 

Citations:

  • «Enlevez l’excitation du tabou... et tout retombe. », Annette Levy-Willard

  • «Des millénaires de civilisation ont fait du suicide un tabou, un outrage à tous les codes religieux : l'homme lutte pour survivre, pas pour renoncer. », Paulo Coelho

  • « L’interdit donne de la saveur, la censure du talent. », Marc Vilrouge