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13/10/2013

Nouvelle révolution de la physique

"Une nouvelle physique va naître", un article du S&V de septembre. Le modèle standard semble être arrivé dans une impasse. Il y a un siècle, déjà, la révolution. Des signes d'un bouleversement de la physique s'accumulent aujourd'hui.

0.jpgLe modèle standard bien connu des scientifiques parle de la physique des particules et celui de la cosmologie. 

La relativité restreinte de la matière d'Einstein et la mécanique quantique de la relativité généralisée, évolutive temporelle de l'Univers depuis le Big Bang.

Mais, les modèles ne disent pas comment est né l'Univers, la matière et son miroir, l'antimatière, la matière dite noire et l'énergie dite sombre...

Le Nobel de physique de cette année vient d'être attribué mardi au belge, François Englert, au Britannique Peter Higgs pour leurs travaux théoriques et Brout, à titre posthume puisque cette découverte remonte à 1964. Cinquante ans, pour sortir des limbes...

Découverte d'abstractions qui n'est pas le fait du hasard, mais pour répondre à un problème fondamental. Le boson de Brout-Englert-Higgs, a été aussi appelé boson scalaire et plus prosaïquement appelé "Particule de Dieu" suite à un livre.

La vidéo de sa présentation était, plus ou moins, explicite.0.jpg

Une belle belle cérémonie... Une journée historique pour la recherche belge... et des commentaires qui allaient dans tous les sens.

"Ne boudons pas notre plaisir", disait tout le monde avec le sérieux de l'emploi. Vu la gouaille et l'esprit de cet ancien de l'ULB, cela n'aurait pas été sa préférence avec les "Fleurs du Mâle" comme petit livre rouge avec la penne sur la tête.

De ce Boson, j'en avais parlé, une première fois en 2008, avec un peu d'humour dans "Ne bosons pas, mais si...". Combien d'autres articles n'y ont pas fait allusion en y ajoutant une touche de plus en plus précise?

La Science se découvre, de plus en plus, de manière théorique. Comme François Englert le disait, il faut comprendre les lois des phénomènes par la logique, par l'intelligibilité rationnelle.

Pas question de remettre le tablier pour expliquer ce qu'est le "boson". D'autres s'y sont risqués.

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Quant au terme de bosonau nom à la particule. il proviendrait du nom du physicien indien, Satyendranath Bose.  Le mot aurait été utilisé pour la première fois par Paul Dirac.

Des journaux en ont expliqué les principes de nombreuses fois, sans faire "tilt" dans la tête du commun des mortels.

François Englert a dit la théorie se comprend à la suite de connaissances apprises et extrapolées par des recherches personnelles de longues haleines.

Dans une conversation, vous vous contenterez des seuls mots: "Il y avait, une fois, (cela met dans l'ambiance puisque c'est un Belge) les "bosons" et les "fermions". Ce ne sera déjà pas trop mauvais comme début.

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Aujourd'hui, la Science souffre toujours de "bottle necks" comme dirait les anglophones.

Quelques petites choses qu'on ne comprend pas, qui restent très "noires" ou du moins "très sombres". Ce n'est pas par manque d'expertises, mais peut-être à cause de leurs trop plein. 

2.jpgTrop de théories qui essayent de se goupiller ensemble sans y parvenir vraiment. Rien n'est standard, rien n'est vraiment consolidé. "Tout n'est pas dans tout" au niveau de la conscience et de la science. Accorder les violons, chers scientifiques, enseignants et décideurs. Les outils existent et Google s'y emploie.

Les théories de l'infiniment petit et de l'infiniment grand sont défaillantes ou ne parviennent pas à s'unifier dans leurs formules. Les neutrinos semblent bizarrement sans masse, alors qu'il doit y en avoir puisqu'il y a de l'énergie.

Le modèle standard ne répond qu'à 4,9% de l'Univers, la matière reste inconnue à 26,9% et l'énergie à 68,8%. 

Manque de cohérence entre les différentes voies. Retourner aux sources en changeant de perspective sans gigantisme et par de modestes expériences de laboratoires sont envisagées.

Neuf voies sont citées dans le S&V (ou la communion de toutes):

1. Considérer le temps comme un objet physique réel: Une donnée évanescente relative à l'observateur. Le temps lié à l'espace. La mécanique quantique rend l'idée même du temps, floue. Les lois de la physique ne font aucune distinctions entre passé et futur. La flèche du temps a seulement une probabilité plus forte. Hartley écrit dans "The Go Between" que "Le passé est une contrée étrangère. Ils font les choses autrement là-bas. Mais pourquoi le passé est-il si différent du futur? Pourquoi nous souvenons-nous du passé mais pas du futur?". Selon la thermodynamique, le désordre entropique augmente toujours avec le temps. Du coup, les "choses s'aggravent" avec la loi de Murphy. La Relativité Générale prédit que l'Univers a débuté par la singularité de la courbure de l'espace-temps infinie et en prédit la chute. Avec l'élargissement, la gravité quantique s'amplifie dans toutes les trajectoires possibles. A la frontière de l'Univers, si bord il y a, il est dit qu'il en irait autrement sans troubler le principe d'Incertitude de la Mécanique Quantique. L'Univers sans frontière impliquerait une phase de contraction dans autant de désordre pour s'effondrer dans un trou noir et l'Univers mourrait avant de naître. (vidéo)
Le +: cela devient plus cohérent. Le -: tout reste à prouver.
      
2. La gravitation n'est qu'une illusion: à l'échelle microscopique. La déformation de l'espace-temps est à jumeler avec l'attraction des corps entre eux via leur masse. Théorie de la relativité générale, de la thermodynamique, de l'holographie qui décrit les frontières seules. L'information à introduire dans le modèle gravitationnel (vidéo).
Le +: Les mystères de matière noire et énergie sombre disparaissent. Le -: La gravitation devient inutile.

3. La piste des axions: La théories des quarks et des axions à relier à la théorie des cordes qui met en vibration une minuscule corde.
Le +: Relancer une théorie unificatrice.  Le -: Les axions sont difficiles à détecter.
 
4. Intégrer l'observateur à la théorie quantique: Changer de perspective et sortir du concept de composants pour étudier ce qu'ils font et comment ils s'installent (vidéo)
Le +: Réinterpréter les équations quantiques. Le -: L'information doit pouvoir le décrire. 
 
5. Traquer les neutrinos fantomatiques: Tellement discrets et fantomatiques, qu'on les dit sans charge, ni masse alors que le modèle standard dit le contraire/
Le +: Dissiper les mystères de l'antimatière. Le -: Expériences délicates.
 
6. Travailler en basse énergie lors de petites expériences: Atteindre le raffinement par l'expérience. Parler de muons plus massifs en place des électrons en rétrécissant l'espace entre eux et les protons à 0,84 femtomètres pour entrer en résonance.
Le +: Les particules de hautes énergies dévoilées par la basse énergie. Le -: La précision des mesures.
 
7. Chercher les Univers parallèles: L'accélérateur de particules LHC plaide en faveur de d'univers parallèles. Une bulle notre Univers au sein d'un méta-univers.  (vidéo)
Le +: Justifier les paramètre singuliers.  Le -: Chercher les traces dans le cosmos.
 
8. Déterminer si l'antimatière gravite comme la matière: Déterminer si l'antimatière tombe à la même vitesse que son miroir, la matière. Corriger la théorie d'Einstein en conséquence.
Le +: rendre inutile la matière noire. Le -: Difficultés de mesures entre matière et antimatière. 
 
9. L'idée de quatrième dimension: Donner à l'espace, une 4ème dimension, pour répondre aux fluctuations du vide en jouant sur la géométrie de celui-ci à l'échelle micrométrique.
Le +: Résoudre l'énergie sombre et 2/3 du contenu de l'Univers. Le -: Détection par expériences de gravitation à petite échelle difficile. 

10. Une seule approche ou plusieurs à la fois? Oser faire varier ce qui est considéré comme "constant" et "dogmatique".

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Vive le désordre... puisque notre cosmos est en expansion et que l'ordre est déjà bien loin dans le passé du Big Bang.

"Courage fuyons" serait le cri du cœur général...

Comprendre l'Univers se fait par étapes avec des théories partielles, concoctées par des experts.

Hors, la théorie du tout est affaire de généralistes...

La Science a beaucoup d'avenir et de besoins de budgets mais il faudra l'obliger à s'expliquer dans ses buts et les raisons de ses rêves.

"Si nous prenons un jour à établir une théorie unifiée, elle devra devenir, en temps voulu, compréhensible par tous, et non seulement par quelques scientifiques. Nous serons alors tous capables de prendre part à la discussion sur la question de savoir pourquoi l'Univers existe. Trouver la réponse à cette question représenterait le triomphe ultime de la pensée humaine puisqu'elle nous permettrait d'accéder à l'esprit de Dieu.", écrivait Stephen W. Hawking dans les derniers mots de son livre "Petite histoire de l'Univers".

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La théorie, initiée par l'analogie, l'imagination, l'intuition et la synthèse, dont l'efficacité est prouvée par l'expérience bien longtemps après, c'est peut-être ça, le rôle et le Karma du "chercheur fondamentaliste". 

D'autres exemples dans l'histoire:

En 1887, Edouard Morley et Abraham Michilson ont jeté un froid dans l'hémicycle des scientifiques de l'époque en démontrant l'absence de l'éther.

L'éther n'était plus...

Vive l'éther, vive les nouveaux noms dans un jargon plus épicé. 

0.jpgBizarre qu'aujourd'hui, les lois scientifiques qui parlent d'inflation, d'expansion utilisent les mêmes mots que dans les lois régissant la Finance.

Une révolution vue avec emphase par les médias?

Plutôt une série d'évolutions. 

La citation latine "Fiat lux" (et la lumière fut) ou la grecque, "Eureka" seront encore souvent prononcés un jour ou l'autre...

Je n'allais pas vous laisser sur votre faim sans humour de tradition.
La Science comme je l'écrivais, peut s'apprendre dans la bonne humeur et même en s'amusant.
 
1.jpgIl y a l'humour de Thomas qui en parlait, à sa manière, de cet infiniment petit et de cet infiniment grand, intimement liés, ce dont je le remercie, en ouvrant, ainsi, de nouveaux horizons. Son père, Edgar Gunzig, cosmologue et auteur de la théorie du bootstrap pourrait peut-être nous vulgariser toutes ces notions complexes.
 
Mais, j'aurai ma propre version.
Oh, pas ontologique, pas récente. Je dirais même ancienne. 

Pas une seconde révolution quantique dans une approche ontologique, non plus, à moins qu'elle puisse faire comprendre ce qu'est réellement la Science avec un grand "S".

Dans le S&V, il est dit qu'on a besoin d'un nouvel Einstein après le boson. Ok.

Alors, pourquoi pas l'humour sous forme d'antimatière, en verlan d'Einstein par l'intermédiaire d'une vieille chanson qui aurait des paroles adaptées pour la circonstance avec le titre:

"Et alors, Nietsnie est arrivé"

Sur l'écran de mon PC, je regardais

Un docu sur l'Univers
Un type nommé Jojo le Bouffi
Poursuivait le physique de Suzy
Il la coinça près du laser
Et très méchamment lui dit :
"Si tu m´donnes pas ton idée,

en moins de temps qu'un big bang
Je vais t´couper en deux"
Puis il l'empoigna
- Et alors?
Ben, il la ficela
- Et alors?
Il la mit sous la scie
- Et alors? Et alors?
---
{Refrain:}

Eh, eh, Nietsnie est arrivé
Sans s´presser
Le grand Nietsnie, le beau Nietsnie
Avec son axion et son grand gravito

---
Mais bientôt j'ai pris la deuxième chaîne
Car un vieux schnock parlait
Charmante soirée, sur la deuxième chaîne
Ils passaient le même sonnet
Près d'un labo, Jo le Bouffi
Coinçait la scientifique Suzy
Et il lui disait :
"Si tu m´donnes pas ta chanson!
J'te réduis ton espace-temps en boson"
Puis il l´empoigna
- Et alors?
Ben, ce fut pas un cantique
- Et alors?
Il mit le feu au quantique
- Et alors? Et alors?
---
{Refrain}
---
Mais moi, j'en avais tellement marre
J'ai repris la première chaîne
Et devant mes yeux, mes yeux hagards
Se déroulait la même scène
Et Jojo, Jojo le Bouffi
Dans une éprouvette fourrait Suzy
Disant :
"Si tu m'donnes pas ton idée, eh, boudin!
J'vais t'balancer sous l'neutrino"
Puis il l´empoigna
- Et alors?
Ben il la ficela
- Et alors?
Sur les rails il la fit rouler
- Et alors?
Ben l'électron arrivait, presto!
- Et alors? Et alors?
---
Eh, eh, Nietsnie est arrivé
Sans s'presser
Le grand Nietsnie, le beau Nietsnie
Avec son antimato et son grand gravito
Avec son quanto et son grand neutrino
Avec son cosmos et son vieux, en parano
---
Ah! Ah! Sacré Nietsnie, va!
Ah ah ah ah!

---

Avec la version originale, bien entendu: 


 

Moi, avec mon esprit que l'on dit scientifique, je veux bien, mais le citoyen lambda risque de perdre son latin et d'en ressortir bien fatigué. "L'évolution avantage les petits", nous apprend le S&V de novembre.

Nos "Diables Rouges", eux, partiront, donc, pour le Brésil.

Je me demande comment expliquer à ces footballeurs que quand ils enverront une balle dans le goal brésilien, celle-ci risque de leur revenir dans les pieds en fonction de la anti-théorie de la flèche du temps, alors que la belle balle soit parfaitement arrivée à destination sans y entrer.

 

L'enfoiré,

 

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Une question: Pourquoi la Belgique n'a que très peu de lauréats au Prix Nobel?

 

Citations: 

  • « Parce que la science nous balance sa science, science sans conscience égale science de l’inconscience. », MC Solaar
  • « Peut-on penser la science ? Une science de la science est-elle possible?», Antoine Spire
  • « Il est très difficile de faire des prévisions, en particulier lorsqu'elles concernent l'avenir », Niels Bohr 
  • « Je crois que Dieu, ce sont les hommes et qu'ils ne le savent pas.  », Jacques Brel
 
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Quant au Nobel de la Paix, là on touche au sublime, à l'invincible fragilité de l'âme.
 
 
0.jpgLe S&V de novembre revenait sur le Cosmos car cette histoire n'est jamais finie.
 
 

07/10/2013

Wallingants: sus aux "flamandiants"

"Non, mais quoi?", dirait Nabila. Quand, la semaine dernière, j'avais lu cet article paru dans le Vif L'Express, qui avait pour titre "La face obscure des Nationalistes wallingants", mon sang n'a fait qu'un tour. Les "gentils" ne seraient plus aussi gentils et les "méchants" devraient se méfier des gentils.

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Dernièrement,le Premier wallon, Rudy Demotte, parlait de sa version, un "nationalisme positif". Il avait mis le feu aux poudres de la polémique.

Voulait-il ainsi passer la rampe de l'Histoire? Son "gentil" nationalisme wallon se retrouvait face au nationalisme flamand "belliqueux". Le droit du sol flamand face aux droits des gens, revendiqué par les Wallons et les Bruxellois.

Un bon cholestérol et un mauvais cholestérol.

L'Europe est encore pointée du doigt par une série de nationalismes vu les succès des partis populistes et extrémistes. Pas besoin d'en rajouter une couche.

Un nationalisme wallon, ce rêve, politiquement incorrect, avait été tué dans l’œuf, heureusement. 

L'élite politique francophone a dégrisé le ministre-président wallon. Un refus du nationalisme qui même vertueux n'ouvre plus les portes mais fermerait celles-ci "tout contre" comme on dit chez nous.

Les risques de l'identitaire existeraient donc, pour certains, de chaque côté de la frontière linguistique. 

Alors, il y a eu la presse, par l'intermédiaire du Vif-L'Express qui faisait ressortir l'histoire du chapeau.

D'après l'article en question, il existe deux symboles wallons.

Le premier sur le champ de bataille de Waterloo: un monument de l'Aigle blessé qui serait un lieu de rassemblement wallingant pendant le pèlerinage flamand de l'Yser.

Le second, un obélisque surmonté du Coq hardi à Jemappes, comme théâtre de la victoire de la France révolutionnaire. 

Si l'on remonte dans l'histoire, en 1626, le wallon Tournaisien, Pierre Minuit, avait acheté l'île de Manhattan aux Amérindiens pour en devenir gouverneur de "Nova Belgica" ou "Nieuw Nederland". Une transaction d'à peine 60 florins, comprenant des tissus, des haches et des ustensiles de cuisine. Le maître-mot, "rentabilité". Il refit la même opération en fondant "Fort Christine" au service du roi de Suède.

Pas un nationalisme, mais une fierté potentielle dans l'histoire des Wallons. Une indifférence par rapport à la valeur d'un sol pour les Indiens qu'ils ne se l'appropriaient pas et ne voyaient de l'intérêt que du côté pratique de la vie.  

Alors, quel est le message subliminal caché derrière l'article sur la Wallingants?

Philippe Raxhon parle de "L'opposition entre une Flandre fermée et une Wallonie ouverte est loin d'être aussi absolue. Le séparatisme désiré en Flandre est né après les années de guerres", disait l'auteur de l'article. "Le fétichisme du territoire n'est pas un monopole flamand".

Entre les deux guerres, "Wallonie libre" allait encore plus loin dans ses déclarations tapageuses. En Wallonie, tout allait encore bien du côté de la sidérurgie et du charbonnage. Ces deux "miracles" avaient construit sa fortune du sud du pays. 

François Bovesse, René Brancart, des noms qui ne disent plus rien aujourd'hui mais qui exaltaient, enflammaient les esprits de cette époque avec le slogan "Touche pas à mon pré carré wallon". Il n'en demeurait, pas moins, relié à des principes ethniques. L'excuse présentée, il s'agit de "régionalisme". Nationalisme ou régionalisme, où se trouve la différence, si ce n'est sur la superficie du territoire?

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Dans l'histoire, il y a eu des phrases malheureuses qu'on finit par regretter mais qui ressortent quand les choses se corsent et que les élections approchent quand la politique conjoncturelle se met à déconner.

Jules Destrée exaltait sa terre wallonne natale, avec sa "race française".

En 1912, comme socialiste carolo, il envoyait une lettre ouverte au roi Albert: "Sire, il n'y a pas de Belges, mais des Wallons et des FlamandsJe n'ai, pour la solution de cet inquiétant problème, qu'un espoir limité dans notre monde politique. Tout y est fâcheusement tranché selon l'intérêt de parti. Cette démarcation rigoureuse de catégories politiques peut avoir des avantages, mais elle a bien aussi des inconvénients. La presse quotidienne, qui forme l'opinion de tant de gens incapables de réfléchir par eux-mêmes, adopte ou repousse ainsi, selon l'intérêt du parti aux affaires duquel elle est associée, toute idée nouvelle. Cette population de la capitale n'est point un peuple: c'est un agglomérat de métis".

Rien de changé. Si Bruxelles est un "agglomérat de métis", elle est devenue, aussi, la moelle épinière de la Belgique. La diversité des cultures est une forme qui a en son sein, un potentiel de progrès rapides.

Dans les années 60, le nationalisme belgo-wallon préconisait le recrutement des travailleurs italiens, comme latins fidèles. Italiens qui restaient néanmoins cantonnés dans l'exploitations des mines.   

Les patois reviennent à l'avant-plan et renaissent de leurs cendres. Très bonnes idées. 

Mais qui sont les Wallingants? Qui sont les Flamingants?
Jack Brel chantait les "Flamingants", sans parler des "Flamands".
Sont-ce vraiment les citoyens lambda?
Pas vraiment. Eux ne s'intéressent à la politique qu'à des moments creux ou lors des élections.
Ce sont les leaders ou ceux qui veulent sortir de l'ombre et se chargent de soulever les consciences. Alors, il faut des symboles, des drapeaux, du nationalisme, des vagues pour réveiller les eaux qui dorment.
Le Bruxellois se dit être Zinneke, ("bâtard" comme traduction) et  fier de l'être.
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Vous connaissez le Wanglais?

Non, et bien, le président wallon de Tecteo, André Gilles s'y est risqué devant une assemblée hilare. D'après lui, on se devait de parler anglais aujourd'hui. Alors, on a entendu du "binding offer", assaisonné à du "closing" et mixé à du wallon.

S'il savait qu'un ancien informaticien bruxellois faisait cela depuis de nombreuses années sans plus s'en apercevoir en anglo-flamando-francophone, sans purisme.  

Le 27 septembre, c'était la fête à Bruxelles pour célébrer la fédération Wallonie-Bruxelles, de la Communauté française. Chanteurs exclusivement "belge".

La Grand-Place trop petite pour Stromae. Trois fois plus de candidats pour venir y assister.

Stromae lançait son "In Brussel, we spreken frans en vlaams".

J'avais parlé de la fête de 2011 pendant laquelle chanteurs français et belges se présentaient sur le podium. 

Si par hypothèse, on supprimait cette fédération« Le fait régional est certes une évidence. Mais opposer Régions et Communauté n’est pas un débat pertinent. » , était-il répondu.

0.jpgLe même jour, le séparatiste, Bart De Wever recevait le couple royal à Anvers, "sans faute", avait-il dit. Mais ce fut sans sourires, sans rires.

Des symboles à la pelle, pourtant.

Le flamand, Bert Kruysman, exprimait sa déception lundi passé de ce que fut la "Joyeuse Entrée" à Antwerpen.

La Joyeuse Entrée à Namur a été une promenade de santé.

Le couple royal recevait un poème sur l’identité wallonneécrit par la société namuroise dialectale wallonne des Rêlis Namurois, à l'occasion de la joyeuse entrée du roi Albert Ier et de la reine Elizabeth à Namur, le 1er août 1914, mais qui avait dû être annulée en raison du déclenchement de la guerre. 

Espérons que ce poème ne soit pas trop identitaire...

0.jpgQue coûterait une scission d'une Belgique imbriquée dans des affaires flamando-wallonne à bord d'un vaisseau bruxellois qui tangue entre une Flandre libérale et une Wallonie socialiste, serait-elle de bons augures? 

Si l'identitaire peut planer dans le cœur, l'économie a toujours le dernier mot du côté "cerveau".

Faire fi de son pragmatisme, c'est passé de Charybde en Scylla et s'attendre à des lendemains qui déchantent.

La Belgique, issue du divorce d'avec les Pays-Bas en 1830, diverge ou converge en fonction de paramètres tellement différents.

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Les nationalismes exacerbés, c'est comme un mouvement perpétuel, ça s'en va et ça revient avec des échos qui sortent par la grande porte, pour rentrer par la petite.

Du mouvement wallon qui surgit à la fin du XIXème siècle pour contrer les aspirations flamandes contre la francisation des provinces flamandes avec le français, décrété alors comme unique langue officielle fut considéré comme quasi naturelle au sens biologique du terme. On en est loin des réalités d'aujourd'hui.

Une supériorité intellectuelle par l'intermédiaire de la langue de Voltaire, cela devient tangent quand on constate la situation économique du nord de la France et les besoins de devoir parler plusieurs langues pour trouver le moindre job.

0.jpgQu'avons-nous à gagner, à diaboliser l'autre et une fois séparés? Même séparés, il faudra recomposer avec ses "ennemis d'avant" pour vendre sa camelote en voisins et en échange acheter les merveilles de la production des autres.

Ce sont là les questions à se poser avant toutes réactions épidermiques.

Un des commentaires apporté à l'article me semblait le plus approprié "Lors de la création de la Belgique, le français a très logiquement été choisi, car il s'agissait alors de la langue diplomatique, utilisée internationalement. Les Wallons peu ou pas scolarisés ne la comprenaient pas plus que les Flamands qui ne faisaient pas partie de l'élite. La langue wallonne avait sa culture et sa littérature propres, délaissés par pragmatisme. La Wallonie était riche et industrieuse alors et les responsables belges voulaient un projet d'envergure pour leur pays. Une seule langue, parlée par les élites de tous pays était un choix cohérent. Et il lésait autant les "petits" Wallons que le "peuple" flamand. Les Wallons, vivant alors dans une contrée en plein essor l'ont accepté sans trop rechigner. Les Flamands qui, dans leur région pauvre à l'époque, se ressentaient comme "citoyens de seconde zone", ont dès lors revendiqué, en priorité, le respect de leur "langue et de leur culture". Le nazisme a exacerbé cette revendication. 0.jpgEt, maintenant que la roue économique a tourné (et elle tournera encore), la Flandre est la région de Belgique la plus riche (grâce aux investissements wallons de l'époque - ce qui n'enlève absolument rien à l'efficacité évidente des entrepreneurs flamands). Se sentant dès lors les plus forts (en nombre, en postes clés à l'Etat et dans toutes les entreprises publiques ou semi-publiques, et en richesse), les Flamands veulent faire subir aux francophones les brimades dont ils ont été victimes (ou leurs parents, ou leurs grands-parents, arrière-grands-parents...) et ne veulent plus "payer pour les pauvres francophones qui se complaisent dans leur situation". Et si les riches Wallons de l'époque avaient réagi de la même façon à l'époque, que serait devenu la Flandre sans, par exemple, le port de Zeebrugge, celui d'Antwerpen, Sidmar ? La mémoire des faits désagréables, mais pas celles des bienfaits ? Un peu court. 0.jpgFatigants ces "Caliméro" qui ont désormais toutes les cartes en main. A part l'actuel, les Premiers ministres ont toujours été flamands, voire flamingants, depuis des dizaines d'années et les politiques suivies leur auraient toujours été "imposées" ? Allons donc! Des compromis certainement, mais c'est normal, non, en démocratie ? Evidemment il reste aux francophones à montrer enfin de quoi ils sont capables... à notre époque!".

"Le renouveau industriel passera par d'économie mixte: un écosystème partenarial qui associe l'Etat, le secteur privé et le monde syndical sur un mode de concertation allemand", lançait l'économiste Bruno Colmant.    

0.jpgA la base de l'article du Vif, "Régionalisme wallon et nationalisme flamand. D'autres projets ou simplement un autre nom?", de Chantal Kesteloot, renchéri par Maarten van Ginderachter dans "L'introuvable opposition entre régionalisme citoyen wallon et nationalisme flamand".

Deux historiens qui veillent au passé. Rien de plus. Une polémique en prime?

L'Histoire est une base, construite en suivant l'évolution des mentalités des populations. Faire le procès des Wallons n'est pas un principe avouable. Placer tous les Flamands dans le même sac non plus. 

Bruxelles, maître chez toi?

Absolument pas, répondait, avec ferveur, l'historienne Chantal Kesteloot. "Ses militants sont nombreux à venir s'y installer mais continuent de s'y sentir étrangers avec un profond mépris pour tout ce qui est 'bruxellois'".

Thomas Gunzig disait dans un café serré humoristique, ignorer beaucoup de choses sur la Wallonie. Je me promène quelques fois en Wallonie pour en découvrir les avantages et les inconvénients. Citadin dans l'âme, j'ai besoin de l'animation qui m'entoure dans une ville à dimensions humaines comme l'est encore ma ville natale.

A se promener alternativement dans les rues des villes flamandes et wallonnes, il est assez facile à constater que l'activité économique reste toujours prépondérante dans le nord.  

Bruxelles est à la frontière de deux cultures et un carrefour de langues. Bilingue, trilingue ou plutôt multilingue quand on prend conscience que la ville n'est plus ce qu'elle était avec plus d'une centaine de langues et, aussi, un melting pot de cultures qui parfois se mélangent les pinceaux. Il faut aimer le tourisme à domicile qui peut avoir un aspect de bordel. 

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"La N-Va ne peut rien apporter de plus à Bruxelles" disait l'un, tandis qu'un deuxième ne manque pas une occasion de lancer de petites phrases assassines pour rester au dessus de la mêlée, tandis qu'un dernier relance l'idée d'une septième réforme de l'Etat, pour se retrouver sur les plates bandes du précédent, alors que la sixième réforme de l'Etat n'est pas encore digérée. 

0.jpg"Tous les sondages montrent qu'une grande majorité de belges souhaitent vivre dans une Belgique fédérée et unie", était-il commenté, mais un politicien ne suit pas la population, il la précède, chère Madame.

Va-t-on se reposer la bonne question "stratégique" lors des élection de 2014?

Plus on s'approche de la date, plus le réveil des instincts sont de retour.

Un nouveau coq hardi, différent du gaulois, face à un lion flamand sur fond jaune?

Zaventem-Charleroi, c'est la guerre, avec des titres comme cela, on n'est pas encore sorti de l'auberge, même s'il est question de problèmes d'aéroports. Concurrence déloyale, mais voyons....

0.jpgMais tant que Herman publie ses haïkus, que Di Rupo gère, rien n'est perdu. Ce dernier se dit "lent" qui prend les choses en douceur.

Les rattachistes à la France, eux, se foutent royalement de ce que pense la capitale et veulent créer un nouveau département français à la "Ch'tis", plus ou moins déshérités.

Michel De Coster ans "La culture wallonne" démontre qu'il y a une culture spécifique wallonne. 

0.jpgLes Français apprendraient-ils ce qu'est l'humour et l'histoire belge pour enfin comprendre ce que veut dire "septante" et "nonante"?

C'est presque marrant de pouvoir espérer que la Belgique fasse des étincelles au foot au Brésil pour que l'esprit national aux trois couleurs du drapeau, reprennent de la vigueur.

Plus de Jean-Marie Pfaff dans le but.

Une fête nationale fédérale, le 21 juillet. Une fête communautaire flamande, le 11 juillet. Une communautaire francophone, le 27 septembre. Une communautaire germanophone, le 15 novembre. Une régionale bruxelloise, le 8 mai.

Que demande le peuple de plus que d'avoir beaucoup de fêtes? 


0.jpgUn symbole qui disparaissait ce jour de fête de la fédération Wallonie-Bruxelles, François Perrin

La Belgique de papa et de grand-papa n'est plus, vive la Belgique de demain.

Les commentaires à la suite de l'annonce sont d'ailleurs très partagés.

Je reviens, une nouvelle fois, au livre de Philippe Geluck, "Peut-on rire de tout".

A la question, de rire des Belges, il se demandait si c'était la peine puisqu'on le fait si bien de nous-mêmes, tout en remarquant un certain pincement, quand on réalise ses manques et ses contradictions.

Un pays et pas un peuple?

Bien sûr, et alors?

La solution qu'il propose: "Éradiquer les Belges de Belgique pour qu'ils deviennent gouvernables. A la tête d'une grande secte, un gourou qui persuaderait que la vie serait meilleure sur Sirus ou Andromède après avoir bu un breuvage hallucinogène". 

Bert Kruysman, reprenait le flambeau, ce lundi, dans un autre café serré en "badigeonnant" de critiques alternativement les esprits chagrins flamands et francophones au sujet des indemnités parlementaires et avait de ce fait sa place, une nouvelle fois, dans ce billet. 

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Nicolas Vadot, lui, a une triple nationalité française, britannique et australienne et balade son "ironie suprême". Il écrivait "J'ai beau ne pas être belge, je trouve que ce pays est quand même, malgré sa complexité politique et les trottoirs défoncés de sa capitale, nettement plus moderne que beaucoup d'autres, notamment en France, à bien des égards. Vingt années que je l'observe sous toutes ses coutures, ou presque.".

0.jpgSouvent, il me permet de piocher dans son panel de caricatures bien dessinées et très suggestives. Il fête son vingtième anniversaire au Vif-L'Express. Je ne manquerai pas de lui envoyer mes félicitations. Sur 4000 dessins, 200 ont été sélectionnés et réunis dans un livre. Une récapitulation de toutes ses années.

Santé et prospérité à son auteur.     


L'enfoiré,



0.jpg"Bruxelles est une fête"
. Une exposition aux Halles Saint-Gery avec des photos de "Quand Bruxelles, brusselait". 
Lîle Saint-Géry nommée en souvenir de Saint Géry, évêque de Cambrai qui y aurait bâti une chapelle vers l’an 580. La tradition situe l’emplacement du premier castrum des ducs de Lotharingie, marque, au Xe siècle, la naissance de la ville. Aucun vestige n’a pas été retrouvé. Des Halles ont été construites en 1881. Elles abritaient quatre rangées de doubles étals et un comptoir de vente.

En grattant un peu plus que Wikipedia, on lit: "L’île Saint-Géry était déjà fréquentée à l’époque romaine ainsi que l’attestent les trouvailles archéologiques. Selon la légende, c’est en cette zone marécageuse où les méandres de la Senne dessinaient plusieurs îles que Géry, évêque de Cambrai venu évangéliser le pays, se fixa et édifia une petite chapelle autour de laquelle un hameau se développa. Saint Géry aurait du reste débarrassé la région d’un redoutable dragon. Trois siècles plus tard, vers 980, Charles, duc de Basse Lotharingie et frère de Lothaire, roi de France, aurait choisi la plus grande des îles de la Senne pour y faire bâtir un palais dont quelques restes auraient même subsisté jusqu’au début du XIXe siècle, dans la maison du Ballot d’Or. La tradition –aussi tenace que fragile- considère en tout cas la « grande île » comme le berceau de Bruxelles. Et certains affirment même à ce sujet que le pont qui orne les premières monnaies frappées par la ville au XIIIe siècle, permettait le passage de la Senne en cet endroit"…

Dimanche, après une nuit blanche, Bruxelles avait un marathon et un semi-marathon.
And the winner is in 2:15:49...

Place aux photos de l'expo en un clic


Proverbes des trois régions:

  • "On' vike nin 'co si må po dès p'tits ovrîs", on ne vit pas encore si mal pour de petits ouvriers.
  • "C'èst' on "dji vou, dji n'pou", Je veux je ne peux. De grands projets, mais sans réalisation 
  • "Ledigheid is des duivels oorkussen.", La paresse est l'oreiller du diable.
  • "Alle blafende honden byten niet.", Aboyer n'est pas mordre.
  • "
    Nen ondt van wa da ge de bïen pakt, kennt gïen kameroede", 
    Le chien dont on prend l'os, ne connait pas d'amis.
  • "Den èreme kontennt ess ni èrem, de raïeke ni kontennt ess ni raïek.", Le pauvre content n'est pas pauvre, le riche mécontent n'est pas riche.
  • « La Belgique, c'est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n'existent pas.  », Jacques Brel
  • « La nationalisme est une maladie infantile, c'est la rougeole  de l'humanité", Mark Eyskens 

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Mise à jour 10 octobre 2013
: Wilfried Maertens est décédé. Flamingant dans les années 60. Une longévité politique pendant neuf gouvernements entre 1979 et 1992 pendant lesquelles il a été le pionnier d'une Belgique fédérale.
Une page de la Belgique s'est tournée par un Européen convaincu. 


 

0.jpgMise à jour 30 octobre 2013
:
- Marius, as-tu du coeur de me donner Bruxelles?, dit Bartje.
- Pas le jour d'Halloween tout de même.

Dans la Belgique confédérale de la N-VA, il n’aurait plus de région bruxelloise. Les habitants de la capitale devraient se déclarer flamand ou wallon. Les deux régions se partageant la quasi-totalité des pouvoirs. Une division déguisée du pays où l’état fédéral ne jouerait plus qu’un rôle très secondaire. Voilà la vision du parti de Bart De Wever. Les nationalistes flamands présentaient cet après-midi leur nouveau programme communautaire. Ils ont enfin précisé ce qu’ils entendaient par 'confédéralisme".

La sécurité sociale ou encore perception de l’impôt sur les personnes physiques feraient partie des matières régionalisées. Le Bruxellois, avant de déclarer son "identité linguistique", serait bien inspiré réfléchir à la couverture sociale qu’il veut avoir et au niveau d’impôt qu’il veut payer. Sera-t-il associé au sort des wallons ou à celui des flamands? De Wever, lui, promet que sa politique conduira à des baisses d’impôts en Flandre. Il dit aussi que les Bruxellois pourront changer d’avis après trois ans. Le parlement fédéral ne comptera plus d’élus directs. La chambre ne compterait que 50 députés. La moitié, désigné par le parlement wallon, l’autre moitié envoyée par le parlement flamand. Quant au Sénat, il passerait à la trappe. Le gouvernement fédéral serait restreint. 6 ministres, 3 flamands, 3 wallons, tous bilingues mais plus de Premier ministre.Quant aux 19 communes bruxelloises, elles fusionneraient avec l’actuelle région pour former une entité administrative dotée d’un gouvernement aux compétences limitées. Il ne resterait plus guère parmi les matières fédérales que l’armée ou l’immigration, par exemple. L’état belge conserverait la gestion de la TVA et des accises. Des ressources destinées à apurer sa dette. Le Roi se réduit à exercer un rôle purement protocolaire. 

0.jpgMise à jour 5 novembre : Dernière "Joyeuse entrée" du Roi et de la Reine à Bruxelles. La seule pendant laquelle il a plu

29/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (4-4)

Conclusions multiples souvent à têtes chercheuses

0.jpgJe l'avais annoncé, c'était un journal et un journal parle de tant de choses, de tant d'événements agréables ou désagréables quand on ne veut rien oublier.

Reflet de circonstances parallèles, de l'environnement, il se veut, par définition, le plus long possible comme un mini-livre intimiste de vies peut l'être, avec comme point central, le cancer.

Plus de neuf mois, avec cet intermédiaire embarrassant qui s'est invité comme passager clandestin...

Et, neuf mois, c'est court et c'est long à la fois. J'ai parfois espéré que le temps aille plus vite. Ce journal a été écrit, presque au jour le jour, avec pragmatisme, un peu d'humour et j'espère lucidité.

Sortons du journal. Tentons d'aller plus loin, de donner des bons et des mauvais points sur son chemin sans pour autant juger qui que ce soit, sinon, Lui.

Ce cancer, cette maladie insidieuse, qui prend en traître et qu'il faut "chatouiller" avec une médication qui démolit plus qu'elle ne guérit jusquà maltraiter le corps et l'esprit.

La mutilation ne suffisait pas. Il a fallu ce calvaire de la médication, dites, ciblée, alors qu'elle faisait plutôt penser à l'introduction d'un éléphant dans un magasin de porcelaines.

C'est avoir la foi comme on l'aurait pour une religion. Vous vous rendez compte parler de religion alors qu'il s'agit de science... Une science qui se cache derrière des statistiques et des pourcentages de réussites... 

Revenons par la pensée au début du traitement. Quel a été l'épisode, le plus efficace? La chimio ou la radiothérapie ? Qui va répondre à cette simple question?

La pharmacopée de la maladie est un marché très juteux et un malade chronique est un client excellent. Cela ne veut pas dire qu'il faille rogner les budgets de la recherche pharmaceutique dans le traitement de ce genre de maladies qui ont des arguments massues des opposants aux thérapies du cancer, des maladies vasculaires, de la dégénérescence du cerveau comme l'Alzheimer.

Les maladies dites orphelines sont moins profitables. Moins prisées, elles intéressent moins l'industrie de la pharmacie.

Le cancer a la cote dans la chanson chez les plus jeunes. Récemment, "Quand c'est" de Stromae et "Trop sensible" de Zaz. Mais il doit y en avoir d'autres.

- Mais qu'est-ce qu'il est venu faire dans cette galère, ce putain de cancer? Pourquoi s'acharne-t-il à réduire les chances de vie de son hôte et en définitive de lui-même? 

Une réponse pourrait être plus philosophique que médicale.  

Les virus sont les agents secrets de Dame nature qui apporte la force motrice de l'évolution en modifiant activement la génétique d'autres espèces. Des parasites, des aliens, mais un dieu du progrès pour l'athée. Le cancer, lui, une sorte de dieu, mais qui vise l'immortalité en refusant l'apostose. Tous deux parasitent et causent immanquablement des dommages à son "logeur". Sans contamination virale, jamais les mammifères placentaires n'auraient vu le jour. Le cancer, on ignore encore sa raison d'être.

Je me rappelle certains articles de forum qui allaient à contre-courant et que je m'en voudrais de ne pas citer. Ils frisent souvent le créationnisme ou le défaitisme en faisant intervenir le hasard sans l'expliquer.

"Cancer: toute la vérité", article qui m'avait fait bondir et n'était pas à mettre sous les yeux de ceux qui sont passés par les traitements précités.  Un autre se glissait sur la même vague du scepticisme par quelqu'un qui se dit scientifique et philosophe.

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"Le cancer, un processus ancestral.

"La chimio est-elle indispensable?" avec une conclusion qui semblait racheter ce qui précèdait: "Le cancer ne sera pas guéri par la science mais il ne faut pas forcément désespérer car les forces de l’esprit restent une option crédible, sous réserve que l’on parvienne à s’en rendre maître pour réaliser des choses que la science ne peut pas faire. Dommage que les gens et les institutions ne croient plus dans ces « options » qui ont donné, rarement certes, mais de manière étonnante, des résultats tangibles. Je ne parle pas évidemment du « tourisme paralytique » à Lourdes mais d’authentiques pratiques spirituelles. Qui évidemment ne sont pas ancrées dans l’époque du clic instantané parce que la marche de l’esprit possède ses propres règles et une temporalité qui se moque de l’agitation du monde avec ses horloges numériques.".

Remettre un peu d'ordre dans ce désordre spirituel... Quand un Dieu entre dans le jeu, c'est une discussion sans fin qui frise l'insulte entre Foi ou maladie de foie. 

Remonter à l'abiogénèse...

Si la religion peut aider à mieux appréhender les vicissitudes de la vie, pourquoi pas? 

"Les gens qui ont expérimenté l’abstention thérapeutique ne sont plus là pour en parler. De ceux qui se sont soignés, c’est vrai il y a eu des échec et des inconvénients, mais il a aussi une majorité significative qui sont toujours là", répondait mon médecin traitant. "On lit tellement de conneries sur Internet", avait répondu, en écho, l'oncologue à la même question.

Chacun sa chapelle et chacun reste sur ses positions en fonction de son expérience et de son éducation.

De mon côté, je crois que je n'ai rien à ajouter à "La vérité très indésirable de la chimiothérapie" et que, comme il est dit dans ce billet, j'ai aussi eu mes propres coups de gueule en tant que citoyen lambda, candide pour ce qui tourne autour de la médecine.

Lire les forums reste intéressant pour tâter le pouls d'une population, mais pas pour en faire un dogme et une ligne de conduite. 

C'est dans ces moments de douleur que l'on reconnait ceux qui tiennent à vous. Que des connexions familiales ou extra-familiales se  font, se refont une santé ou se défont. Cela permet de tester les résistances de chacun face à un événement malheureux et difficile à supporter.

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Quand j'écrivais en préambule de ce journal qu'une bonne entrée en matière était de revoir "Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus" (lien pour ceux qui n'y accèdent pas), ce n'était pas pour rien. La femme a une sensibilité exacerbée dans le sang que les hommes n'auront jamais totalement de la même manière. La féminité n'est pas une vue de l'esprit. Vivre ces différences dans des moments de confrontations sont à prendre en fonction du goût du moment de chacun des interlocuteurs. Je me demande ce que penserais un homme s'il devait porter des seins pour exprimer sa virilité.

La Bruyère écrivait "Les femmes sont extrêmes. Elles sont meilleures ou pires que les hommes".

Parler de son épouse comme son alter ego, avec les années, fait plutôt ringard. Il vaut mieux parler de son alter tout court. Les besoins sont différents selon l'un ou l'autre, même si l'on reste handicapé et donc, incomplet dans ses actions et réactions. Tout cela entraîne le déséquilibre des manières de penser mais aussi, l'envie de devenir complice, peut aboutir à s'enrichir soi-même. Le courage doit être pris en commun dans un couple qui se retrouve face à la maladie avec le secret espoir de gagner la bataille du cancer. 

0.jpgJe ne sais, si j'ai été à la hauteur de la tâche à faire le contre-poids de mon épouse, à chercher à donner des envies et parfois, de les forcer. Quand deux personnalités fortes se rencontrent, les étincelles sont toujours derrière le coin, avec les mauvaises humeurs. Une mauvaise compréhension de la situation peut construire un drame puisque les filtres ont été supplantés.

Pas question de faire le technocratie de l'intime ou du coaching, comme je le lisais. 

Un contrôle social qui viserait à conformer les existences et à anéantir la capacité d'esprit et la critique entre les éléments du couple, ni de répondre à la dame qui dirait:

- Je pense, mon chéri, que tu désires t'investir dans le ménage mais que tu refoules cette pulsion par peur d'un épanouissement domestique. Alors, fais-toi plaisir. Fais briller notre beau logis". 

Chacun a ses prérogatives là où il excelle et là où il échoue à coup sûr dans un jeu de quilles.

Il y a-t-il des conseils à donner à l'époux de la malade?

Accorder deux tiers du temps à votre moitié que vous voulez protéger. Etre psychologue. Comprendre mieux que, pour une femme, les sentiments ont plus d'importance que pour l'homme. Faire le forcing du rire. Profiter de l'instant présent. Repousser un futur potentiellement dangereux. Continuer comme si de rien n'était à construire des projets. Oublier l'épée de Damoclès, toujours pendue au dessus de la tête.

Un commentaire m'avait été envoyé par Karin, une amie : « Elle a vraiment beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme toi. De plus, avec ton journal, tu feras progresser la compréhension de la maladie, cela aidera encore plus de personnes. C’est formidable. ».

Tiens, "Formidable", une chanson à la mode, qui rappelle que l'on peut aussi être "minable". De la chance, une contre-partie à la malchance ? 

La vie est ce qu'elle est. Il faut la déguster telle qu'elle est, telle qu'elle vient. "C'est ma vie", chantait Adamo dans une version réactualisée.

C'est aussi se rendre compte de la connerie qui se cache derrière le titre "Pourquoi la silhouette féminine 'idéale' imposée par les médias et la haute-couture est un mirage ou pourquoi les hommes aiment le porno" qui avait attiré mon attention, et m'avait fait sourire.

On y lisait: "Les hommes qui regardent des courbes féminines très marquées éprouvent le même plaisir que lorsqu’ils consomment de l'alcool ou des drogues puisque ce sont des indicateurs de la santé et de la fertilité des femmes. Ironiquement, les médias occidentaux ont mis l’accent sur des femmes beaucoup moins galbées, faisant croire aux femmes que les hommes sont attirés par des femmes à la silhouette plus longiligne.".

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Je n'ai pas, ou plus, la Berlus_connie... 

Ni consommateur d'alcool ni de drogues, non plus.

"L'amour, c'est quoi?", lisais-je dans un article qui tournait autour de la "World Congress of Love" venu au devant de la scène très récemment.

"Plus important que le sexe", était-il conclu. "Un état émotionnel puissant, universel et qui traverse tous les siècles au travers d'affinités".

"Les objets du désirs et de l'amour. C'est ce qu'on n'a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque", écrivait Platon.

Scientifiquement parlant, ce serait une histoire d'hormones, de dopamine et d'ocytocine. 

Le cancer du sein, un cancer typiquement féminin.

"Rien d'exceptionnel, c'est la chimio, les rayons", lisais-je, ailleurs encore.

Pour celle qui doit le subir, le "rien" se transforme en "tout".

Pour l'homme, le cancer, c'est celui de la prostate, qui, en général, "joue" à la contrepartie. Les "bijoux de famille", il faut les garder à l’œil.

Pourtant, il y en a d'autres, beaucoup d'autres, de plus fâcheux, de plus expéditifs aussi.

Des articles dans la presse parlaient récemment de Michael Douglas et de son cancer de la langue, de la gorge qui l'a déboulonné pendant deux ans. Une force de caractère, un instinct de survie, de l'humour, de la modestie, du charme, lui ont permis d'en sortir à l'âge 69 ans, tout en subissant la bipolarité de sa femme, Catherine Zeta-Jones et un fils incarcéré pour faits de drogue.

Il avait des mots pour définir cette période qui font réfléchir "Si je savais comment j'ai eu mon cancer, j'aurais eu le prix Nobel de la médecine. Je suis guéri à 95%. Vaincre mon cancer m'a libéré à jouer dans "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh à jouer une icône gay. Jouer un rôle d'homosexuel dans un pays presque homophobe. Aucun studio n'en voulait. Ma carrière passait avant tout, avec un trac fou mais mon père, Kirk, était toujours à mes côtés en esprit et comme mon inspirateur. J'ai, depuis, une envie de vivre tous les instants."

Si ce journal a servi à quelques suivants et suivantes, j'en serais heureux, mais il ne restera qu'un exemple parmi d'autres en fonction des caractères de chacun. Nous sommes tous des empruntes digitales ambulantes...

En définitive, le cancer est un roman policier, une sorte de thriller permanent avec un assassin relativement bien connu mais dont on ne soupçonne pas ses actions et réactions. Le coupable est désigné.

Un "flic" de service travaille par déduction, derrière ses intimes convictions, soutenues par des chiffres et des lettres qu'il a lu sur un écran d'ordinateur ou appris par ses collaborateurs, ses "taupes". Le crime est presque parfait. 

Pendant que j'attendais dans la salle d'attente alors que mon épouse était traitée par la radiothérapie, je relisais un livre que j'avais déjà lu, mais qui, dans sa première lecture, ne m'avait pas imposé autant de réflexions.

Dans l'histoire, un flic qui veut comprendre la tentative de suicide de son ami.

Comme c'est souvent le cas pour les meilleurs thrillers, on ne connaît toute l'histoire qu'une fois arrivé à la conclusion dans le ou les derniers chapitres lors des "Cinq dernières minutes".

0.jpgJ'ai repris quelques phrases du livre en détournant le sens de certains mots en fonction de ce journal. Une confirmation à mon histoire sur des chemins parallèles allégoriques.

Deux phrases leitmotiv, « Là où tout a commencé, La loi est ce que nous faisons », écrite sur les murs. Une clé de l'énigme à trouver dans un combat entre Dieu et Diable. Vaincre le mal intrusif, insidieux, sans jamais être sûr de réussir. Vivre des moments furtifs de joies. Avoir des questions à choix multiples, entouré de pèlerins, d'apôtres et de soldats, tour à tour adversaires ou alliés sur le chemin de l'apesanteur par le tabernanthe-iboga noire qui provoque l'asphyxie. En finale, se retrouver comme un spéléologue au fond d'un trou à la recherche d'indices, avec le risque d'y passer soi-même. Repousser ses appréhensions sans vraiment où mettre les pieds vers l'ultime affrontement. Retourner aux sources du mystère comme un égyptologue au fond du tombeau de Toutankhamon, quitte à y laisser sa peau. Au fond, trouver une salle de bal, une cathédrale maudite, une rencontre qui ne serait pas celle du cancer, mais de son ombre portée. Un combat eschatologique, dans le théâtre d'une conversion et une expérience indicible qui donne naissance à un être nouveau grâce au seul élan vital d'un messager. Finir par s'incliner devant le mystère de la vie et découvrir que le monde n'est pas un visage de dieu, mais un mensonge du démon. Un combat avec des leurres, des « Sans lumière », des Asservis. Puis continuer, simplement continuer, pour être plus fort tout en écoutant ses ennemis jusqu'au bout sans illusion ni compassionSur le chemin de la quête, beaucoup de dossiers, de cadavres, de médicaments, d'impressions d'avoir laisser passer une case vide sur un puzzle à cause de faux-semblant, de fausses pistes qui auraient fait dévier le diagnostic et risquer les récidives.

A l'arrière de ce livre, on peut lire: "Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller?".

Le mot "diable" était, en l'occurrence, à remplacer par celui de "cancer".

Pour le reste, tout collait. Tout y était. Un livre à tiroirs.

Le titre du livre: "Le Serment des Limbes" de Jean-Christophe Grangé où L'auteur abordait le thème EMI, des Expériences de Mort Imminente, tout en découvrant qu'il ne s'agissait peut-être que d'un subterfuge, d'une escroquerie, d'une "maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée".

La mort imminente n'est pas la mort, tout comme le cancer ne donne pas d'office ce genre de fin sans rémission avec les moyens thérapeutiques pour pouvoir y résister.

C'est une période pendant laquelle on peut départager les amis, les transparents et les ennemis de souche, comme on pourrait le faire avec les cellules souches familiales ou extra-familiales. Border-line de nature, je connais cela.

C'était fou de tenter ainsi de casser le miroir de "notre" histoire. Je me suis rendu compte que mon épouse était devenue mon sujet d'observation et de mes expériences avec ma logique pragmatique et souvent trop dichotomique.

La médecine, elle, a encore beaucoup à faire dans le futur. Si elle a permis d'allonger la durée de vie, elle se doit de garder le projet essentiel d'améliorer les méthodologies pour que cette durée de vie puisse être la meilleure possible et comme le disait un S&V récent, on stagne ou on régresse dans cette optique.

Le but, garder le moral, fonctionner avec lui, c'est gagner une bataille.

La chimiothérapie a son histoire, ses pionniers, ses succès et ses échecs. 

Paul Ehrlich est considéré comme son père spirituel, mais que d'étapes avant de prendre la direction qui nous intéresse. Penser acquis plutôt qu'inné dicté par les gènes. Le vécu et l'environnment sont aussi capables de modifier l'ADN. Nouvel AD qui sera transmis ensuite à la descendance. 

Puis, il y a l'inattendu. Les moyens à la portée de tout le monde dans lesquels on peut trouver des solutions miracles pour mieux supporter la chimiothérapie par la réduction de ses effets secondaires et parfois, arriver à éradiquer le cancer lui-même.

Ce documentaire, repassé, ma semaine dernière sur ARTE et parlait du jeûne thérapeutique, de la sanogénèse qui tout en mettant les cellules normales en mode "protection" suite aux millions d'années de l'évolution, plaçait les cellules cancéreuses, neuves dans une situation de manque jusqu'à en mourir.

Manque de budgets pour creuser ce filon.

Le chat, Philippe Geluck, disait, tour à tour,

  • "Les gens qui n'ont pas de projets sont des amnésiques du futur", 
  • "Le papillon sait qu'il ne vit qu'un jour, mais il le vit pleinement".
Avez-vous déjà vu un papillon amnésique avoir d'autres projets que de butiner?
 
Dans son dernier livre "Peut-on rire de tout", il avait un alinéa sur la chimio. Il disait :
- Bon je suis d'accord que les séances doivent couper tes journées, mais d'un autre côté, vois ce que tu regagnes en séances d'épilation...
Comme l'épilation de mon épouse ne fait pas partie de ses problème, j'ajouterai:
- ... et de temps, de salive épargnés chez le coiffeur.
Mais difficile d'apprendre à ma moitié ce genre de principes avec moi qui signe.... 
 
L'enfoiré,
 
Alors, pourquoi pas un peu d'humour?

 
 

 

0.jpgRemerciements :

  • aux médecins oncologues (F.Mazzeo et P.Scalliet), 
  • aux sénologue (K.Van de Merckt), (M.Berlière)
  • au gynécologue (E.Camacho), 
  • à notre généraliste (J-P Thomée)
  • aux infirmières (dont S.Winston, Natasha), 
  • au kiné (E.Folque), 
  • à la pharmacienne, 
  • à ma "sauveuse" (L.Mertens)
  • à Christelle qui a connu la même expérience
  • à l'aide ménagère (M.P. Lot) 
  • à ceux qui ont été solidaires..

 

Des images de mon épouse avant, pendant (perruque et foulard) et après.

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Mise à jour 30 septembre 2013: D'après le S&V de septembre, le cancer tue d'avantage les plus défavorisés. Une exception, le cancer du sein qui se conforme à la règle de l'inégalité sociale.

Les études épidémiologiques montrent que les femmes les plus aisées ont 1,6 fois plus de risques de contracter une tumeur à cause de grossesses plus tardives et un nombre moins élevé d'enfants. Par contre, elles présentent le meilleur taux de survie à la maladie.

Mise à jour 28 août 2014: Il y a d'abord la Fondation Mimi. Le Vif sort un dossier sur le cancer pour dire que la Belgique est à la pointe de l'oncologie via l'immunothérapie, les cellules souches et à cause des recherches sur les souris du Pr Pierre Sonveaux de l'UCL qui a réussi à stopper les métastases, la cause de 90% du décès de patients atteint du cancer. Les Mitochondries produiraient des radicaux libres appelés "ions suroxydes"  

http://www.arte.tv/guide/fr/plus7/?em=044340-000
 

23/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (3-4)

Acte 2: La " Taxo chimio" commence

19-20 mars: Presque une habitude, la préparation pour la 4ème chimio. Au programme, la prise de sang et la visite médicale. Pourtant, cela sera différent.

La chimio Taxo avait été "taxée" de « différente » et peut-être de « plus méchante »...

Elle est censée empêcher la mitose des cellules cancéreuses. "Divide ut imperes" dirait-on dans un autre domaine plus philosophique.

Le Taxotere est pourtant ce qu'on peut qualifier de « saloperie curative ».

Deux nouvelles précautions : du Medrolla veille et les trois jours suivants pour, en principe, mieux supporter la chimio.

Sur la flasque à injecter la mention, je lis "Docetaxel 143 mg".

L'action du Medrol achevée, les problèmes commencent. Des malaises sans origine précise.

Et puis, il y a les gants "style frigo-box" portatifs pour refroidir mains et pieds pour donner une chance aux ongles. En fait, cela n'évitera pas vraiment qu'ils jaunissent et qu'ils deviennent friables en dépit des vernissages-dé vernissages à répéter tous les trois jours préconisés.

24 mars : Ce matin-là, première au levé du lit, mon épouse fait quelques pas, titube quelques mètres avant de s'étaler de tout son long sur le sol. Moi, encore sous les plumes et les rêves de la nuit qui saute, au jugé, en manquant l'écraser au passage. Troubles de la vue, chute de tension? Appel à un médecin de garde et ce sera garder le lit, pour le reste de la semaine. La température avoisine les 38°C mais, heureusement, ne l'atteint pas. En cas de dépassement, ce serait le retour d'urgence à la clinique comme il a été prévu. Il n'y a pas que le physique qui est au plancher, le moral aussi...

31 mars : La température est tombée... Première sortie du lit pendant cinq à dix minutes. Amélioration progressive mais... des saignements de nez avec résidus grisâtres qui font penser que la cervelle suive le même chemin. Des constipations se régularisent. Les chevilles enflent. Non, la cours des miracles n'est pas loin. Je sens que la décision de continuer à sourire, à garder l'humour, ne va pas être de la tarte.

5 avril: Visite exploratoire ou plutôt expiatoire chez le radiothérapeute-oncologiste. Le calme de celui-ci fait bonne impression et rassure d'après les échos que j'en apprends ensuite.

Un prospectus, transmis et qui dit "Traitement efficace, localisé qui utilise des rayonnement ionisants pour détruire les cellules cancéreuses dans la zone irradiée".

9 avril: La tension remonte au fur à la veille de la 5ème chimio. Peur de se retrouver au lit comme la précédente. Le jour avant, un nouveau, un jeune médecin probablement stagiaire prend note de toutes les doléances en confirmant que tout est toujours normal. Mais, normal, pour qui? Une question qui restera sans réponse puisqu'elle n'a pas été posée.

10 avril: 5ème symphonie en ut majeur... Oubli de placer les mains et les pieds dans les frigo-boxes portatifs. Retrouvailles avec l'occupante de l'autre lit. Une mère malade avec sa fille à son chevet. Le père, lui, est sorti de la chambre. Comparaison des expériences avant la visite de notre oncologue. Celle-ci arrive et ferme le rideau de séparation. Elle s'occupe de cette voisine et nous laisse, en sortant, un seul sourire. Elle reviendra, se dit-on. Le fait qu'elle ne le fit pas, engendre une petite déception de mon épouse qu'elle ne manque pas de me faire remarquer. La sensibilité et le besoin de réconfort oublient les réalités des urgences.

Après, ce sera le retour de l'infirmière "Bien être" avec qui quelques confidences avaient été échangées dès la première chimio. Elle nous apprend que ce sera sa dernière intervention. Il a été virée. Les raisons invoquées, une incompatibilité d'humeur et de manières avec sa hiérarchie. Deux ans de services, un peu lent comme réaction...

30 avrilLa 6ème et dernière chimio... Une sixième symphonie de Tchaïkovski, la "Pathétique", alors...

Parler de routine, alors que les infirmières sont différentes à chaque fois n'est pas conforme à la réalité. Faire des comparaisons entre elles, c'est remarquer que la piqûre dans le porte-à-cat se fait avec plus ou moins de facilité.

Une cote sur dix est attribuée. Rappel, de mettre les extrémités des mains et des pieds au froid est donnée. Pas question de rater "l'opération frigo-box" pour la "der des der". On veut le service complet même sans champagne. L'esthéticienne remplaçante, neuf ans de services, obtient la cote de six sur dix. de commun accord. 

Le Medrol est pris à dose suralimentée. Les rougeurs des joues font penser à une entrée du clown dans sa représentation. Pas de honte à avoir. Des problèmes d'eau dans les jambes, des chevilles enflées et c'est le sacrifice d'une paire de chaussure élargie.

Mais à part cela Madame la Marquise, si la maison n'a pas brûlé ou sauté, il faudra attendre la fin du mois suivant pour voir la suite des événements, en espérant qu'ils soient à la hauteur de l'investissement.

Même scénario, au quatrième jour après la chimio, tout redevient difficile pour quitter le lit. Les raideurs dans le bras et les doigts, le bout des doigts qui saignent et les crevasses, surtout la fatigue, sont du parcours.

Le Dafalgan a été remplacé par le Tradonal Odis, plus efficace.

Les quinze jours qui suivent, un nouveau calvaire. Le lit, le sauveur de dernier ressort. Le sommeil et une fatigue chronique s'installent. 

"J'en ai marre", une phrase qui revient en leitmotiv.

0.jpg29 mai: Simulation en vue de préparer à la radiothérapie pour localiser les zones à irradier. Le planning des séances est déjà fixé à l'arrivée. Pas question d'apporter de corrections. Tout est chronométré. Dates et heures fixées. Au patient de s'arranger.

10 juin: La radiothérapie commence. Tous les jours sauf les weekend. 26 séances. Six semaines dans la vue. En principes moins de 10 minutes par séance. A la sortie, les séquelles, les petites croix qu'il ne faudra pas effacer. Tracées au Fuchsine pour marquer le champ d'irradiation.... Faut donc porter sa croix pour l'occasion. Une des croix fait penser à un crucifix qui, au cou, tiendrait tout seul, sans chaîne. Le but de la radiothérapie, stériliser la tumeur, détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier tout en épargnant les tissus sains périphériques. Il est dit, dans Wiki, qu'une dose de 45 à 50 Gy (Gray) est délivrée à la cible par fraction de 2 Gy/jour, délivrée par des faisceaux de photons ou d'électrons d'énergie. Lire le reste n'est, une nouvelle fois, ne semble pas trop engageant pour en faire écho.

Le planning des séances n'est pas totalement respecté et le timing est adapté plusieurs fois. A chaque fois, c'est le poncho bleu, sous l’aisselle, qu'entre mon épouse dans la cabine d'essayage avant de se retrouver nue en judoka avec la ficelle-ceinture d'une Dan bleu et c'est parti. Cela me fait penser au personnel.

Lui, il a le badge qui balance sur la poitrine avec la ceinture de couleur différente. Seraient-ils des 1ère, 2ème Dan au judo, comme tenue de protection? Vert, j'espère. Blanc, j'ai le temps. Enfin, cela m'a amusé de le penser.

Des Gammas de contrôle vont allonger le traitement. Ça se précise et les petites croix deviennent de petits points entourés d'un cercle. Des points d'ancrages, quoi. J'espère que ce n'est pas des cibles pour un expert tireur à l'arc. Mon épouse sort, toujours, les joues bien rosées avec la raideur dans le bras qu'elle a dû maintenir levé pendant un heure. Le temps n'a plus d'importance. Un parking est offert désormais près de l'entrée pour la bagnole qui connaît le chemin en pilotage automatique. Plus besoin de chercher une place à des centaines de mètres dans le parking payant.

0.jpgLe cas Angela Jolie est venu au devant de la scène comme un exemple préventif à suivre. La médecine n'est toujours que curative en Europe et non préventive comme cela pourrait l'être aux Etats-Unis. Héroïque, disait d'elle sa moitié. Était-ce du courage ou de l'abnégation fataliste? Un choix qui reste très personnel.

14 juin: Une première semaine écoulée. Entrée par la petite porte et en ressortir avec les joues rouges. Les crèmes pour la peau, comme si on revenait d'une séance de bronzage me rappellent le lait d'après-soleil.

21 juin: Deuxième semaine. Une semaine d'événements. Les raideurs dues à la longue, étendue les bras levés sur une planche de plus en plus dure. Un manque de forces. Des courbatures. Un pouce qui a décidé de ne plus s'émouvoir pour la préhension. Comme statistiquement après toutes maintenances, cela a été une panne de machine et un retour, le soir, à espérer que cela remarche. Des stagiaires qui remplacent les départs en vacances. Des bénévoles qui passent mon temps, et qui racontent leurs propres histoires d'anciennes infirmières. Cette habitude des lieux et des procédures ne peut être utilisée par le patient. Remarquer que cela ne se déroule pas de la même manière, n'est pas permis. La réponse des stagiaires est simple et brutale "Je connais mon métier". Même pas moyen de regarder les stagiaires dans les yeux pour remarquer qu'il y a forfaiture ou non quelque part. Les erreurs ne sont pas humaines. Point.

Au besoin, on relance les radiographies quand elles ne sont pas concluantes. En avant, les Roentgen, en espérant que le soir, on ne devienne pas trop lumineux dans le noir comme le faisait le réveil d'antan avec ses points horaires radioactifs. Entre les paramètres 85 ou 90, il faut savoir lequel choisir et décider. Rien qu'un paramètre avec quelque dixième de différence.

Confiance et courage font plus que haine et que rage. Le dernier jour de la semaine, prévu 13:10 et sortie à 15:00, il doit y avoir eu une erreur quelque part vu que la séance était prévue d'une durée d'une vingtaine de minutes. Comme c'était la même heure partout, les deux iso-centres ne devaient pas être aussi iso que prévu.

28 juin: Troisième semaine. On reçoit un carte magnétique avec code-barre pour s'annoncer. Une en plus de celle du parking dans le portefeuille. Non, pas encore de puce à installer dans le bras. Cela ferait mauvais genre. Les deux premiers jours de la semaine, pas de radiothérapie. Une récupération pour les bras endoloris par la position élevée pendant trop de temps et la dureté de la planche.

Les nuits deviennent plus courtes. Mon épouse ne dort plus assez et la fatigue reprend son office de sape. Le Dafalgan Forte ne parvient plus à l'endormir.

-Je voudrais vivre encore un peu, dit-elle. Des paroles qui me font sourire. Bien sûr que tout le monde le veut. Est-ce que les antidépresseurs ne consolent plus?

Visite chez l'oncologue pour donner la suite de la thérapie. L'espoir vain pour recevoir un bilan de mi-parcours. On récapitule seulement les problèmes du passé à partir d'une petite liste noire sur blanc. Notes prises comme si le patient reste un cobaye que l'on questionne pour apporter de nouvelles expériences ou des confirmations.

Les brûlures sur la poitrine, à prendre comme des coups de soleil.

L'hormonothérapie à prévoir dans le menu de la guérison commencera le premier août. Un comprimé de Novaldex par jour pendant cinq ans. Le problème avec ce médicament, c'est que, hormonal, il diminue l'activité hormonale, peut faire augmenter le poids et accentue l'effet de ménopause, de chaleurs pour celle qui en souffre.

Une remarque à mentionner, un examen gynécologique si une phlébite venait à se présenter. Pas si transparent que cela, donc...

Pour les bouffées de chaleur de la ménopause, le Serelys prescrit et devrait apporter une aide. Aide partielle comme produit de substitution aux pilules hormonales du passé mais qui ne sont manifestement pas aussi efficaces pour "ventiler" mon épouse.

Une consultation, le 23 octobre planifiée avec prise de sang et radio du thorax. Côté positif, les cheveux ont repoussé en duvets. Agréable de caresser comme une toison de fourrure, je ne manque pas de le faire. Ils ne cachent plus l'âge sans la teinture mais qu'importe.

Contrairement à l'annonce, le port-à-cat proéminent ne devrait pas être nettoyer dans les six mois, mais côté négatif, il devrait être conserver pendant deux ans dans la poitrine. Supplice à endurer qui n'est pas là pour la rassurer.

Question "bronzettes" du haut du corps, par le soleil, c'est fini. Le reste du corps, cela peut se concevoir encore.

Une autre victime du cancer du sein, la ministre de l'éducation, Marie-Dominique Simonet, qui atteinte de la même maladie se doit de lâcher la politique. C'est clair, on ne peut assumer de telles fonctions avec ce que j'ai pu remarquer depuis tous ces mois passés. La maladie ne fait pas dans l'exclusivité et atteint n'importe qui comme une aveugle.

12 juillet: Visite chez le gynéco dans la semaine. L'histoire racontée par le menu à re-défiler. Frotis & Co. Le conseil d'ami s'évader en idée, les vacances avec tee-shirt, l'hypnose comme baume sur le cœur.

La vidéo du préambule de ce journal qui faisait rire au éclat, les deux amies avec un moral d'acier à la courte échelle, pour savoir qui tenait le meilleur bout, c'était donc bidon.

La semaine prochaine, c'est la dernière et l'information selon laquelle les rayons seront plus forts, n'est pas là pour rassurer.

La peau est déjà bien rouge le soir. Le "coup de soleil radio" commence à chatouiller. La sensation de chaleur au niveau des zones irradiées ne sont pas une figure de style. Cela enraille sans avoir la moindre chance de donner un air hâlé.

La moindre marche fatigue. Une source supplémentaire de problème dont il faut passer outre. Nous sommes juillet et tout s'y prête.

19 juillet: Dernière semaine de radiothérapie. La plus lourde à supporter. Les deux premiers jours, une heure de retard eu égard du planning. L'explication? Pas au niveau du nombre de personnes qui précèdent mais en fonction du fait qu'elles ont été intercalées et doivent commencer des séries préliminaires plus longues.

La chaleur, les canicules s'en mêlent pour ajouter à la fatigue qui arrive à son paroxysme. Il est temps que cela s'arrête ce banc solaire qui brûle mais ne bronze pas.

Un rendez-vous avec le médecin chef est prévu le dernier jour. Enfin, je le croyais.

En l'attendant, je me suis mis à regarder la télé au mur pour patienter. Elle projetait des photos de natures en alternance avec des conseils de l'UCL.

Le WiFi gratuit existe partout dans la clinique UCL, était-il dit. Sauf à l'étage -4, le Wifi est resté aussi muet qu'une carpe. Faut pas croire tout ce que l'on dit et écrit. Les ondes ont leur propres lois.

"A Saint-Luc, on prend soin de vos urgences". Un sourire avec une envie d'ajouter "...et de nos lenteurs calculées".

Je suis méchant. Enfin, si au moins, on apprenait quand il y a un retard pour une cause donnée, ce ne serait pas un luxe. Ce n'est pas comme à l'aéroport où aucune raison n'est donnée aux retards de l'avion. Les six "cabines d'essayage du poncho bleu" étaient, ce jour-là, presque toutes vides puisque le rouge n'y était pas mis, alors que rien ne bougeait. D'après la secrétaire à la réception, l'été n'était pas que chaud à cause de la température extérieure. Ce serait difficile à cet étage de sous-sol. Mais, qu'elle avait difficile à caser tout le monde sur son agenda. Une raison comme une autre.

Rester patient pour un "patient de la médecine" n'est ce pas le mot qui convient?

Puis, à la réception, des infos intéressantes. Des échos d'une patiente qui se plaint assez ouvertement. En cause, l'obtention des pilules hormonales refusées par la mutuelle. Papier de demande incomplet. Des contraintes économiques ont imposés des contrôles supplémentaires et plus strictes. Cherchez pas docteur, c'est dans la tête que tout se passe.

En rade, depuis deux semaines, notre demande. Un coup de fil à la mutuelle nous informe qu'il ne faut pas s'inquiéter. La visite de l'oncologue, c'est pour quand?

Le "Dieu" du service est en vacances et une demi-heure après, un jeune médecin nous reçoit.

Sympa. A la question de mon épouse "Suis-je considérée comme guérie". Ostensiblement répondu de la tête et en paroles : "Oui, vous êtes guérie".

Quelques contrôles de la guérison seront seulement nécessaires. Au sujet des pilules hormonales à prendre, pas de problèmes, si ce n'est qu'elles feraient grossir. Rendez-vous dans trois semaines.

Au retour, une envie de boire un verre de champagne comme je l'avais vu pour Cécile et Sophie. Puisqu'il faisait chaud, cela aurait fait du bien. De l'eau sera suffisant.

Ce vendredi-là, étais-je dans une certaine euphorie des "grandes manœuvres" finies? Une arithmétique "à la César"? Ecrire un cocktail avec un tiers scientifique, un tiers humoristique, un tiers râleur, un tiers de "je ne savais pas encore".

Aujourd'hui, je le sais. Ce sera un grand tiers de patience.

Un cocktail qui pouvait être explosif...

26 juillet: Deux jours après, l'abdication d'Albert II et l'intronisation de Philippe monopolisaient l'actualité. Pour mon épouse, ce sera une date encore plus marquée à vif, moins institutionnalisée dans aucun livre d'histoire mais qui méritait un verre de l'amitié avec le ouf de soulagement : la radiothérapie est terminée.

La semaine qui allait suivre allait être tout le contraire.

La canicule, vraiment la "canne au cul", reprenait de plus belle avec en plus, des brûlures semblait saper les idées de bien-être et ressemblait plus à une descente aux enfers pour accentuer la fatigue de mon épouse. Le rythme s'est ralenti à croire qu'elle se déplace avec des boulets aux pieds alors que quelques mois avant, on la reconnaissait, à distance, à son pas rapide. Le kiné fait son possible pour que l'ensemble reprenne une certaine élasticité à raison de deux fois par semaine. 

Pour moi-même, ce n'étaient qu'un problème pour trouver le sommeil avec les fenêtres ouvertes obligatoires avec les avions qui se mettent à gémir dès 06:00 du matin.

Des périodes de moral à zéro en manque d'énergie succèdent à des sursauts d'humeur plus sereines. Une impression de faire du sur-place.

Appellerait-on cela les retombées radioactives ou l'effet ricochet?

Si j'avais à commenter "La liste de mes envies", le livre à Grégoire Delacourt, je résumerais en tellement peu de choses, mais pas assez pour en faire un livre.

En premier, je nous verrais sortir de cette période d'incertitude avec le renouveau du "Charme discrets de la vie conjugale". En second, sortir de l'ambiance de morosité commune qui stagne parfois un peu trop.

2 août: Aujourd'hui, la journée la plus chaude de l'année. Encore une semaine de chaleur torride qui n'est pas appréciée du tout, mais alors pas du tout, par mon épouse. Elle croyait que la fin des traitements chimio et radio allaient mettre un terme à cette anxiété régnante, à cette peur viscérale.

Je dirais presque que cela a l'air d'être une rechute. Le manque de force pour faire la moindre chose, de se lever d'un fauteuil, de dé-serrer quoi que ce soit vu la raideur dans les doigts, me donnent l'occasion de montrer ma force "herculéenne".

Un film qui montre un peu de sexe, un "beau" sein qui apparaît... et ce sont les larmes qui jaillissent imperceptibles dans les yeux de mon épouse.

Le duvet des cheveux naissants réconfortent. Toujours soyeux, ils ne permettent pas encore de redonner leurs élans du passé.

Un article de journal m'a fait sourire. Son titre "Une vie sexuelle active permet de rester en meilleur santé, plus longtemps". Comme c'est touchant...

9 août: Novaldex accepté par la mutuelle. La posologie mentionne des chevilles gonflées, des bouffées de chaleur, des pertes de sang au niveau vagin, des crampes dans les jambes. Cela rassure presque de savoir que ce n'est pas une exception.

Une prescription du médecin mélangeant certains médicaments fait réagir la pharmacienne. Trop de médicaments pour garder le moral qui risquent l'accoutumance. Enfin, voilà que j'avais une alliée. Elle travaille contre son propre business. Ça c'est top.

Comme il est de coutume, l'entourage, ceux qui savent, me questionnent avec cette phrase à cent euros:  « Comment cela va ?». Que devais-je répondre pour correspondre à l'attente de ceux qui n'attendent que « Oui, cela va mieux »?

Le dire, ce n'est qu'une partie de la vérité. Cela progresse, mais moins vite que chacun pourrait l'espérer.

Cette période est à considérer comme une convalescence, comme un contre-coup d'un affaiblissement provoqué par les médications, pas par la maladie elle-même. Je rappelle, elle, à l'origine, ne s'était pas déclarée de manière sensible.

16 août: Mardi dernier, pas eu d'aide ménagère hebdomadaire. Malade, elle aussi. Branle bas de combat pour trouver une remplaçante qui ne viendra pas. Test de validité pour la remplacer in situ. Ma proposition d'aider n'a pas été prise en considération. Je soupçonne un certain "job protection", mais je n'en dis rien. Et puis, c'est un test jusqu'où aller trop loin comme pour le sportif qui veut dépasser son potentiel par une convalescence à la recherche de son point limite, de son point de rupture. Vouloir tout faire comme avant et ne plus pouvoir, devient la pire des injustices.

Les larmes sont revenues. "Je ne serai plus jamais comme avant".

Que devais-je répondre alors que pour moi, c'est parfois aussi le cas?

Avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête, n'engage pas une conversation stratégique pleine d'assurance. La période de chaleur de cet été a perduré. Elle n'aura épargné personne et elle tombait très mal à propos pour les plus fragiles.

21 août: Visite médicale chez l'oncologue en radiothérapie. Une récapitulation des faits et des questions. Une réponse de Sage tibétain: "Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent". Il avait traduit de mémoire de manière personnelle sous la forme de faire des projets. Un "Carpe diem tibétain ou médical"? Mon épouse est dans la phase de reconstruction d'elle-même. La ménopause qu'elle n'a pas eu à endurer pendant quinze ans, se produit, maintenant, avec seulement un effet retard. Il s'agirait de dépasser tous les jours un peu plus ses limites sans sauter les étapes et sans les forcer avec la fin qui justifie vraiment les moyens. Les conseils de protection se limitaient à l'essentiel: protéger la partie irradiée du soleil, une teinture de cheveux pour redonner le tonus esthétique. Vingt minutes de consultation qui ont eu l'effet immédiat d'un sourire, d'un rire, une fois sortie. Rendez-vous dans un an.

Dès le jeudi suivant, la teinture des cheveux de 2 centimètres de long avait été effectuée.

"J'ai un peu retrouvé une partie de mon avant" m'a-t-elle dit. Tellement peu de choses peuvent redonner un semblant de confiance sur le futur pour une femme. 

La convalescence avait commencé. Une renaissance après neuf mois? Préparer les valises puisque les vacances programmées de longues dates approchent.

6 septembreUn nouveau décès dans la presse qui touche par son côté similaire qu'il faut tenir à distance pour éviter que la peur ne refasse surface. Celui de la comédienne française, Valérie Benguigui. Sournoise que peut être le cancer du sein. Le cas, le plus facile à traiter mais toujours mortel. Le cancer attaque au hasard, comme une ombre diabolique. La comédienne pensait que les choses devaient s'arranger. Les soutiens moraux de l'entourage devaient être conséquents dans son cas. 

Patrick Bruel disait de son épouse "Elle s’est tellement battueÇa fait trois ans qu’elle se bat contre cette saleté et là elle est allée au bout de ce qu’elle pouvait faire. On a appris sa maladie pendant qu’on jouait Le Prénom déjà. On l’avait attendue pour le film. Elle avait fait deux rémissions et puis récemment ça s’est totalement dégradé. C’est terriblement triste. Dans ces moments-là... ". 


Garder une pensée positive jusqu'au bout, garder l'humour résistent "presque" à tout. Les médias ne racontent ni la situation qu'elle a vécue, ni les raisons potentielles qui ont engendré sa maladie. L'habitude est de raconter ce qui fait du bien au lecteur, au spectateur mais pas ce qui se passe quand ce bien échappe.

Apprendre cela a fait tiquer mon épouse, bien sûr. Chat échaudé craint l'eau froide et la peur du lendemain demeure.

Comparer les situations ne donne jamais raison, ni tort à celui qui écoute, ni de raisons à celui qui ne le fait pas.

Pendant les longues séances d'attentes en chimio et radiothérapie, j'ai jeté un coup d’œil dans un magazine qui traînait sur une étagère de la clinique. 

Un titre qui disait "Ce sein que je ne saurais voir" dans lequel il était question de reconstruction mammaire. Nous n'en étions pas encore là, mais j'ai lu avec intérêt. 

Le sein, le symbole de la féminité, l'attirance pour certains yeux des hommes suffisent-ils?

Ces fameux décolletés plongeant qui fascinent l’œil et l'esprit de l'homme, dans les magazines, à la télé ou en vrai, sont aussi efficaces aux regards des comparaisons féminines.

"Le secret des belles courbes" comme vantait la pub des soutiens-gorges Triumph. 

Si la tumorectomie s'adressait à les deux tiers des cas, le tiers restant, c'est par la mastectomie, l'ablation totale que la maladie est contrecarrée. 

La reconstruction du sein se fait par implant ou par autologue.

Ne nous égarons pas en fantasmes mal appropriés qui ne seraient pas de circonstance.

Cette reconstruction, ce sont six mois pénibles de plus, alors que le côté érogène est à oublier par l'opérée. Rappé.... un ersatz, rien de plus.

Y ajouter l'humour, ce serait dire que comme en tout, il y a le gros oeuvre et la finition avec le rééquilibrage des jantes, pardon des seins...

Mais il y a celles qui refusent et disent non merci.

Ça peut se compliquer car les risques opératoires ne sont pas nuls. Des complications peuvent survenir.

Les "Desperate housewives" risquent, donc, une nouvelle fois d'être déçues.

Quand j'ai reposé le magazine, ma moitié sortait de sa cabine de "suppliciées" et je pensais déjà à autre chose. Nous en étions très loin de ce ravalement de façade physique.

Je ne l'empêcherai pas si cela venait dans ses projets. Je ne la pousserai pas à repasser sur la table d'opération, non plus. Avoir une Amazone, ce n'est pas, pour moi, un problème.

8 septembre: Dix jours de vacances sous d'autres cieux qu'il ne fallait pas rater.  Boucler les valises et partir au calme, sans excès pour oublier et meubler l'esprit quand c'était possible. Marcher et prendre l'air du temps et de l'espace. Opération sauvetage, apparemment réussie.

Fin octobre: A prévoir une nouvelle révision de la "machine" qui comprend radiographie du thorax, prise de sang. 

Si d'aventure, tout s'oubliait. Le port-à-cat dans la poitrine serait là pendant deux ans pour rappeler le "petit" problème rémanent.

La semaine prochaine les conclusions, les parallèles et les remarques....

19 décembre: Visite de contrôle à l'UCL n°1, chez la sénélogue, bilan avec radiographie et échographie. Tout va bien. On continue...

19 février 2014: Visite de contrôle n°2, chez l'oncologue. Tout va toujours bien. Un inventaire des points en suspend: doigts raides, picotements aux aisselles dus à la chirurgie, une nouvelle prothèse à commander. 

La question posée qui demandait quand on pourra extraire le port-à-cat de la poitrine: deux ou trois ans, rend la question de savoir si cela n'aurait pas été ps simple et plus facile à supporter sans lui. L'avantage est-il pour le patient ou pour le traitement lui-même? Si le bras où l'opération a eu lieu, fragilise et peut faire mal, le port-à-cat fragilise l'autre bras et fait mal.

Les pages du thriller s'écrivent en temps voulu. Des rappels en rappels successifs.

C'est écrit, c'est prescrit. 

Pas de citations comme j'en ai l'habitude. Il paraît qu'utiliser des citations est une façon sournoise de se hisser au niveau du penseur.

Ce serait, dans ce cas, rivaliser avec la nature. Je ne me le permettrais pas...

 

La semaine prochaine, les conclusions...

 

Mise à jour 23 octobre 2013: 1er bilan: Tout va bien. 

Mise à jour 19 février 2014: 2ème bilan. Idem. 

Mise à jour 21 mai 2014: 3ème bilan. Idem

Mise à jour 27 août 2014: 4ème bilan. Deux semaines avant, un terrible coup de bluzz au moral précède. Un passage à vide. Cela dure trop longtemps. Vouloir être comme avant, un désir qui ne s'efface plus. Le matin, au levé, est toujours la période la plus difficile pour trouver l'allure de croisière et l'immobilité de la nuit apporte des raideurs dans le bras. Premier anniversaire de la fin de traitement et je sors un billet qui cherche a remonter le niveau de stress et de peur. Continuer, persévérer et espérer que l'autre tienne le coup. Mais le 4ème bilan est bon. Au suivant...

Mise à jour 17 décembre 2014: 5ème bilan. Une amélioration de l'esprit inespérée. Oui, il y a toujours la fatigue et le mal sous les aisselles qui persiste et signe. La prise de sang est bonne. Plus de séquelles ou de rétro-activité. On parle d'extraire le port-à-cath dans six mois et de plus on s'informe de l'éventualité de la reconstruction du sein.   


Suivi de la maladie par l'analyse sanguine:
podcast

Mise à jour 22 avril 2015: 6ème bilan. Toujours Ok. L'extraction du port-a-cath reportée. La fatigue due au Nolvadex continue.

 

16/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (2-4)

Acte 1: 2012: une fin d'année de tous les dangers?

2012, on le disait sur tous les tons, une année à risques.

Certains annonçaient la fin du monde le 22 décembre de cette année. Il n'en fut rien.

Une année que les médias estimaient être de transition. Je l'avais reflété à l'époque.

La transition, elle eut lieu de manière plus insolite, plus inattendue, plus intime pour mon épouse et par ricochet, pour moi-même.

Ce ne furent ni les 65 ans que l'on fêtait cette année, ni les 40 ans de mariage qui avaient donné l'illusion de calme et de recueillement pour stigmatiser l'événement des souvenirs. Rien ne présageait notre fin de cette année.

Mardi 20 novembre : A la base, une visite de routine chez le gynécologue pour fixer la date de la mammographie suivante pour mon épouse. Son sein gauche, toujours surveillé de près. Des kystes calcaires y apportaient parfois un peu de douleur mais cela n'avait occasionné aucun danger potentiel. Des "masses spiculées" comme on dit dans le jargon médicale.

Un gynécologue, tout neuf. Le précédent avait pris sa retraite. Il découvre une grosseur dans le sein droit. Un rendez-vous est pris, immédiatement, chez une sénologue. Lors d'un de ses interviews, celle-ci parlait du dépistage qu'il fallait prévoir avant cinquante ans. Mais le dépistage est remis en question. Un conseil qui avait été observé depuis cette époque. Trois jours d'attente, trois jours d'inquiétude. Le suspense commençait...

La ménopause de mon épouse avait été contrée par divers médicaments hormonaux, depuis près de 15 ans. Ceux-ci étaient sensés agir pour éviter les effets primaires de sudations de la ménopause et secondairement pour mieux appréhender la vie. A y réfléchir, ces médicaments la shootaient, la dopaient. Comme pour le coureur cycliste en danseuse sur son vélo, ce dopage lui permettrait d'atteindre la dernière ligne droite du Mont Ventoux avec un minimum de fatigue apparente, mais, quelque part, toujours en porte-à-faux... Quatre ou cinq heures de sommeil lui suffisaient.

Le dernier médicament en date de la sorte : le Climen.

Vendredi 23, 08:00: Chez la sénologue, dans la salle d'attente, l'hystéroscopie du sein, une ponction en vue d'établir une biopsie. L'occasion pour moi, de voir un véritable défilé de dames jeunes ou plus âgées dans la salle d'attente. J'espère secrètement que toutes n'ont que des visites planifiées normalement pour se rassurer et rien de plus.

La sénologue m'appelle dans son bureau, enfin, pour dire ces mots tragiques "Ce n'est pas bon". Sa voix est douce mais ses paroles ne sont pas tendres. Elle poursuit par "Il faudra extraire cette grosseur. Il faut attendre les analyses de la biopsie pour déterminer quelles suites à donner".

Le choc. Mon épouse est en pleurs. Moi qui n'en mène pas beaucoup plus large avec une boule dans la gorge tout en tentant de minimiser maladroitement cette annonce.

Un weekend à attendre dans l'angoisse pour obtenir les résultats de l'analyse.

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Lundi 26, 16:00 : Coup de fil du gynéco. Une discussion entre médecins a déjà eu lieu. Une extraction de la tumeur cancéreuse devrait intervenir après une chimio pour réduire les effets de la grosseur. Pour plus d'assurance, il propose de passer à l'examen IRM.

La nuit, on pleure une première fois, ensemble. La peur s'insinue dans nos habitudes. La chimio, on ignore un peu tout d'elle. Les mots de "traitement dévastateur" me viennent à l'esprit. Prononcés devant notre médecin traitant, ils n'ont pas l'air de lui plaire lors d'une visite. Rien n'est encore clair, bien établi. L'IRM devait clarifier ou noircir, encore plus, le tableau.

Vendredi 30, 16:30 : IRM, à l'Institut Bordet de Bruxelles, spécialisé dans les tumeurs cancéreuses. L'examen est pratiqué par les opérateurs. Ils ne donnent aucun commentaire. Sont-ils capables ou non de donner un diagnostic préliminaire ? Probablement, mais trop partiel.

Un nouveau weekend à passer dans l'angoisse totale.

Il me faut trouver un coach. Quelqu'un qui connaît, qui est passé par là... Une voisine me vient à l'esprit. Elle a connu cette épreuve, il y a trois ans. Je l'appelle pour un quart d'heure. Ce quart d'heure se poursuivra pendant deux heures à tenter de rassurer la nouvelle victime du cancer.

Mardi 4 décembre, 15:30 : Nouvelle visite chez le gynéco. Catastrophe, un deuxième nodule cancéreux a été découvert par l'IRM. La mammographie ne l'avait pas détecté. Nouveau rendez-vous fixé chez la sénologue.

"En réunissant la théorie et la pratique, rien ne fonctionne et personne ne sait pourquoi", constatait Einstein dans un autre espace-temps et sur un autre sujet..

Vendredi 7, 08:00 : Il neige. Pour être sûr d'arriver à temps, départ bien avant l'heure. Attente dans le hall d'entrée de l'hôtel tout proche. Deuxième ponction douloureuse à l'aide du pistolet à pression pour viser le point névralgique. J'y assiste. Echographie Pour déterminer comment orienter ce pistolet. Des sourires pour dédramatiser l'atmosphère.

Nouvelle biopsie et nouvelle attente anxieuse pendant un autre weekend.

Mardi 10: Les mauvaises nouvelles continuent. Le pire empire. L'examen est dit positif. Drôle de mot "positif" en l'occurrence. Le cancer du sein est dit « invasif » puisque quatre ganglions sont atteints.

Mon épouse est effondrée. Je ne m'y habitue pas, mais j'assume.

Le scénario, envisagé au départ, change complètement. L'ablation du sein, la mastectomie est préconisée. Un nom barbare dont j'ignorais jusqu'au nom.

Une entrée à la clinique d'Ixelles est fixée.

La question nous hante. Quelle peut être la cause ? Une cause, il y en a toujours une. Est-ce un problème de génétique, de transmission de cette maladie par les parents?

Non, pas d'antécédents. Le début d'une nouvelle chaîne? Le chaînon manquant que l'imprimante 3D de la nature va reproduire, en test, bêtement, sans se poser la question si c'est bien ou mal?

Les médicaments hormonaux pour la contrer la ménopause reviennent à l'esprit. Miracle comme l'eau de Jouvence, dernières merveilles de la pharmacopée... Là, on entre en "terra incognita" que personne n'aime remettre sur la sellette.

"Non, les médicaments hormonaux contre la ménopause ne sont pas forcément en cause" est-il répondu à ma question par les médecins. Mes soupçons restent pourtant entiers. Ces médicaments ne vont-ils pas contrer la nature, en agissant contre la dégénérescence sexuelle avec le pouvoir d’effacer les bouffées de chaleurs. A l'actif, les effets positifs plus importants que les risques à mettre au passif. Une affaire de comptables que personne ne semble vouloir pointer comme coupable potentiel. Les statistiques sont là pour leur donner raison et la confirmation du choix d'une telle médication. Pas question de rester sur ce point d'interrogation litigieux. « Notre vie actuelle recouvre sans pouvoir l'effacer notre vie passée, qui lui sert de soutien et de secrète assise », écrivait dans une lointain passé, Jean-Marie Guyau. Remonter en arrière ne se fait pas quand la flèche du temps l'a décidé ainsi.

Comme Quino, je resterai un tantinet humoristique en reprenant ses paroles "J'ai décidé d'affronter la réalité. Alors dès qu'elle se présente bien, prévenez-moi".

Désormais, il faut parer au plus pressé, au côté pratique: Beaucoup de temps depuis la découverte. Il faut aller dans le détail, l'hospitalisation et préparer l'opération. Apprendre comment tout se passe à la maison, l'intendance, la lessive et le reste qui m'était resté très « parallèle ». Prendre notes des renseignements donnés par l'experte. Enregistrer les explications en vidéo si nécessaire. Pour les repas, il y a le resto à proximité.

Jeudi 13: La veille de l'opération, l'admission à la clinique. Hôtel "trois étoiles", en théorie, vu le prix de la chambre. En soirée, visite du chirurgien et du gynécologue pour rassurer la "victime" du lendemain. Tout pour essayer de montrer l'opération sous les meilleurs auspices. Le soir, il me faut quitter après des embrassades qui ne se terminent que difficilement.

Vendredi 14, 08:30: L'ablation du sein doit avoir commencé pendant que je m'organise à la maison. Sans les habitudes d'usage, c'est le jeu de l'apprenti sorcier. Le resto de la grande surface, ce sera chaque midi. Passer à la clinique le reste de la journée. Le soir, visite dans le frigo, puisque tout y a été stocké avant l'opération.

Le weekend, rien ne se passe à part, un kiné qui a fait très mal à mon épouse. Cela ne frise pas l'euphorie dans la chaumière aux murs blancs. Les drains font affreusement souffrir. Se laver, seule, avec l'armada de fils à tirer comme le boulet au pied du condamné, c'est pas coton.

Les jours suivants ne se départiront pas de cette impression négative. La télé pour faire passer le temps quand tout est dit avec les feuilletons qui meublent les heures de l'après-midi, c'est déjà mieux que de parler toujours de la même chose.

Mardi 18: Le matin, surprise. Le retour dans les pénates est planifié pour l'après-midi. Toutes les instructions pour "at home" sont écrites sur des feuilles pré-imprimées. C'est dire que le scénario est rodé et qu'il n'est pas question de commencer des entourloupes de mauvais aloi. On ne parle pas de l'amour en boîte qu'il faudra fournir pour soulager le patient. Faire appel à un autre kiné pour continuer la remise en forme et articuler le bras endolori, je sens que cela ne va pas être de la tarte vu les essais infructueux.

Lundi 31: Pour le dernier jour de l'année, visite chez l'oncologue. On aurait pu s'attendre à autre chose de plus festif pour le dernier jour de l'année. Une visite pendant laquelle tout est expliqué dans les règles de l'art "chimio-éthique", étiqueté comme le nec plus ultra. Le scénario est tellement connu qu'il est écrit sur une feuille, étape après étape, mais à la main pour faire plus vrai, plus particulier. Chaque cas est différent et chaque patiente est différente, est-il rappelé. Cela rassure presque. Nous ne sommes pas des numéros, mais des humains en détresse. L'oncologue, aidée par l'infirmière de contact, tentent de rassurer en affirmant en chœur "nous sommes un cas unique". Mon vocabulaire et mes connaissances risquent de s'étendre, de s'imprégner dans ce terreau.

Le programme est pourtant variable en intensité.

Il contient 3 FEC et 3 TAXO. Des noms que je vais m'empresser de chercher sur Internet en rentrant. Six séances successives, distancées chacune de trois semaines.

0.jpgEffets secondaires garantis ou seulement potentiels: perte de cheveux (l'alopécie), fatigue, aphtes et nausées, au programme. Un avertissement, si la fièvre vient à monter au dessus de 38°C, ce n'est pas les pompiers qu'il faudra appeler, mais c'est se rendre d'urgence à la clinique pour enrayer une infection potentielle. Pour la chimio, deux versions proposées: par intraveineuses ou par l'intermédiaire d'un port-à-cathéter dont le nom plus intime de Port-à-cath devient la norme. Quand je vois "par voie orale" sur le site, j'ai des soupçons de masochisme. C'est la version « porte-à-cath » qui est choisie. Moins de risques du côté « thrombose ». Les produits cytotoxiques sont à prendre au sérieux. Le but de la chimio ? Attaquer l'ADN pour qu'il perde sa faculté de se reproduire sous former de cellules cancéreuses. Une autre source, la Fondation Mimi informe sur la manière.

0.jpgLundi 7 janvier 2013: Ventriculographie. Le cœur a ses raisons que la raison n'est pas sûre de connaître. Une séance d'attente pour moi et peu d'explications fournies par mon épouse si ce n'est du produit injecté.

Mardi 8: Comme les cheveux se feront la malle, il est question de passer au choix difficile d'une perruque. Peut-être une erreur de le faire avec les cheveux en place. Les cheveux naturels prennent encore de la place.

Jeudi 10, 08:00: Placement du port-à-cath en une matinée. Protubérance dans la poitrine du côté opposé bien visible. Il aurait mieux valu être bien en chair pour ne pas trop en apercevoir l’excroissance alors qu'il était dit être plus réduit dans les versions récentes. Plus qu'apparent, son exiguïté n'a pas été très flagrante. Douleurs, au réveil, après son installation. Les Dafalgan Forte  ne permettent de supporter la douleur que de quatre heures en quatre heures. Opération à répéter même la nuit.

Lundi 14: Jour de la réception de la perruque choisie. Décision de raser le crane prise en échange standard avec elle. Premières impressions, premières constatations. Ça baille, un peu. La couleur avait été choisie approchante. Ce qui veut dire pas "identique". Je sens que les foulards vont, dès lors, être plus souvent utilisés.

Mercredi 16, 08:30. Première chimio FEC après prise de sang de contrôle. Visites successives. Quatre flasques de produits à injecter, une à une au travers du fameux porte-à-cath avec la petite sonnette pour avertir. Les précautions sont de mises. Bal masqué & Co pour le donneur et le receveur.

Ces produits ont été découverts en 1943, donc, cela devrait être bien connu. Le produit rouge est le fossoyeur des cheveux, mais comme le travail a déjà été réglé et que le bonnet de sécurité est en place...

Du côté, médication supplémentaire, il faudra s'accrocher. Pas à dire, désormais, le patient devient un très bon client du pharmacien. Les assurances pour frais de soins ambulatoires vont jouer, mais il ne faudra pas oublier la petite souche de récépissés.

Contrairement à ce qui était annoncé, pas de nausées. Les aphtes dans la bouche sont bien là, elles. Elles empêchent de parler et quelques fois de manger. Deux flacons de prescription de Lidocaîne à cet effet: un pour la préemption et un autre curatif. Cela ne marche qu'un temps. La Lidocaïne perd de plus en plus d'effets curatifs. Cet empêchement de parler clairement engendre une incompréhension de l'interlocuteur à l'autre bout, moi-même. Pas contente de devoir répéter.

- T'es toujours aussi sourd, l'artiste...

(T'es toujours en cycle "mono", avais-je envie de répondre avant de renoncer de justesse).

Dimanche 20: La voisine, que j’appellerai, pour la cause, la "sauveuse", vient prendre des nouvelles. Elle confirme les symptômes et ce que mon épouse ressent. Tout est normal, quant à dire "under control", là, il ne faudra pas pousser trop sur ce champignon-là. Pas sûr qu'elle puisse rassurer à chaque coups. Parfois, elle parvient à effrayer sans le vouloir. Mais, tout le monde est content de sa visite comme pour les notaires de situations rocambolesques. Je lui ai laissé voir la l'histoire en vidéo de Césile et Sophie que je mentionnais en préambule dans le billet précédent. Sa réaction fut, à peu près, la même que la mienne: "ce n'est pas ça". C'est ça au sujet de la vidéo montrant toutes les phases du traitement d'un cancer du sein, mais beaucoup moins pour la manière de l'assumer pour toutes les victimes. Bien plus dure à supporter que ces belles images de nature, la musique douce qui s’immisçaient dans la vidéo pour adoucir ces moments de tourments. Mais c'est leur histoire et chacun à la sienne.

Lundi 21: Dans ces moments d'exceptions, je m'aperçois que l'agressivité monte très vite. Paré à ce genre d'éventualité, garder son calme, restreindre encore d'un cran, mes répliques font partie de la solution aux problèmes. Constater qu'il n'est toujours pas question de remplacer, aussi facilement, une femme de maison qui a des habitudes entérinées depuis des années par un "vulgaire" ex-homme de bureau. Mais cela va s'arranger dès le lendemain et j'y crois.

Mardi 22: Nouvelle épreuve pour l'épouse : céder le terrain des opérations de l'entretien, la maintenance abandonnée par la fée du logis "en congé de maladie". Une visite préliminaire de l'aide extérieure vient prendre note de l'inventaire des tâches à accomplir.. Elle viendra, désormais, faire le ménage tous les mardi après-midi qui suivent. Je redoute quelques confrontations, mais je n'en laisse rien voir. Moi, qui ai fait été "outside help" (aide externe) dans certaines phases de ma vie active, je peux aisément me rendre compte du choc des caractères dans toutes délégations et des manières tellement différentes d'exécuter les mêmes tâches.

Dimanche 27: Les aphtes dans la bouche commencent à faire cruellement souffrir. La fatigue engendre un sommeil massif avec ronflements fréquents. Moi qui était censé être le seul responsable de ces bruits incongrus, je les assume à mon tour sans broncher. "Ronfle en douceur, mon amour", écrivais-je, il y a longtemps. Dans le lit, les coussins se juxtaposent pour garder une position presque verticale.

Mardi 29: Première de l'aide ménagère. Le soir, le rapport est là avec sa conclusion "elle n'est pas habituée à faire cela" ou encore "elle utilise beaucoup de produits". Ce qui me fait beaucoup sourire.

Chocs de cultures, de techniques, d'organisation et de processus, comme je m'y attendais. J'ai cru entendre les critiques d'un ancien chef. Critiques qu'aurait pu ressentir certaines personnes dont j'avais la charge à mon tour.

Mardi 5 février: Préparation de la 2ème chimio FEC. Arrivé à la réception, on nous y envoie à la prise de sang. Prévue à 11:30. Problème connu, pas de veine à trouver pour la prise de sang. Les globules blancs en question. Ils tiennent le coup. La chimio peut avoir lieu. L'incompréhension de l'agenda de la journée crée un problème. Après, nous sommes rentrés à la maison. Une jeune oncologue-bis espérait que l'on revienne pour une visite médicale. L'après-midi, elle nous téléphone, de mauvaise humeur. Sa consultation se fera 'en ligne' dans un style questions-réponses. Pas le temps de tergiverser. On sent qu'elle a autre chose à faire que de rester pendue au bout du fil.

Mercredi 6 , 08:00: 2ème chimio. Drillée, cette fois. Plus de quiproquo, cette fois. Tout est fait dans les règles du planning. Dans le lit voisin de mon épouse, un italien qui relance son discours mêlé de questions répétitives dans un cycle sans fin, et empêche l'oncologue-bis de s'échapper. Cette « comedia del arte » me fait sourire. Sourire mêlé de revanche, je l'avoue. Notre propre oncologue vient pour nous réconforter. A la narration de l'événement de sa jeune collègue, sa réponse est dite en chuchotant "Elle doit encore un peu vieillir". Est-ce vraiment une question d'âge ou d'expérience ?

Jeudi 7: La fatigue de mon épouse s'épaissit. Elle devient quotidienne. Quitter le lit, de s'échapper de rêves circonstanciés, devient pénible. Le calvaire s'endurcit à se retrouver avec le crane nu face au miroir de la salle de bain. Nouveaux pleurs qu'il faut minimiser, assécher. Une tâche dont je prends l'habitude.

Nouvelle visite chez le gynéco. Il trouve que tout va bien, à part un petit soucis à "l'étage sous-sol" mais qui ne devrait être qu'un détail. Temporiser, ne pas mélanger les problèmes, sa technique.

-Pourquoi ne pas partir en vacances en septembre?, nous lance-t-il.

Échange d'idées, de destinations, de périodes à envisager. Colombien, il connaît bien les vicissitudes des voyages collectifs en avion.

Le lendemain, la décision de partir dix jours en vacances est prise, presque à l'arraché. Décision qui génère une dispute : « je ne suis pas bien et tu me pousses à partir ». Passons, le voyage est enregistré pour bien plus tard... Patience et longueur de temps... Vous connaissez la suite. Les habitudes ont trop l'habitude de s'accrocher à elles-mêmes. Quant aux futilités et aux lubies aberrantes, elles ne font partie que du tableau final.

Lundi 11: Au matin, la prothèse définitive, la "siliconée", est apportée par une dame. Valable pour un an avant d'en recevoir une autre l'année suivante. Elle raconte sa propre histoire. Presque plus tragique. Ablation double des seins. Refus de traitements car elle se donnait pour tâche de continuer à travailler pour son fils puisque son mari l'avait quitté. Plus tard, prise à contre pied, une certaine Laure restera, dans le forum Agoravox, sans répondre à ceux qui lui jetaient des commentaires comme "que gagne Laure à venir raconter son histoire, choquante à souhait?". Comme s'il fallait gagner quelque chose pour apporter un témoignage.

L'après-midi, première sortie en ville. Il fait beau, ce ne sera pas pour en profiter. La perruque, choisie, avec les cheveux naturels, ne tient pas vraiment. Une erreur de départ qui se manifeste ? La resserrer, une solution partielle au problème. La vraie raison est plus générale. Elle ne plaît pas à mon épouse, qui ne se sent pas sur la note adéquate avec elle. Une chevelure en Do... n'équivaut pas à celle en Ré. La couleur, rêvée, celle d'avant n'existait pas au rayon des perruquiers. La taille de la perruque ne s'ajustait pas au crane. Deux heures de plus, chez un autre perruquier. Peine perdue à chercher le modèle impossible. Les modèles sont pourtant nombreux et les catalogues sont multiples. Mais, de là à accorder couleur et taille pour rappeler la coiffure du passé... faut pas rêver. Retour bredouille après un nouvel achat bidon d'un couvre-tête, style turban, qui ne sera utile qu'avec l'arrivée des beaux jours. Il faut prévoir, voyons.. .

Lundi 18: Dernière séance de la première série de 18 du kiné. Celui-ci part en vacances pour trois semaines. Les jours qui suivent vont se faire avec mon aide en attendant. Massages et mouvements d'assouplissements ne correspondent pas totalement à son travail de professionnel. Je lance un "Help" dans sa boîte de mail pour qu'il recommence ses séances, dès son retour.

Lundi 25: J'en ai déjà parlé, à cause de la maladie, l'agressivité gonfle très vite en intensité et cela demande une certaine remise à niveau de part et d'autres des conjoints pour en sortir indemne. Disputes initiées par des problèmes tellement banals qu'ils feraient rire ou pleurer à posteriori. Alors, quand on arrive presqu'au paroxysme sans s'en rendre compte, il n'y a plus qu' un pardon, un "Ave et un Pater" pour que tout rentre dans l'ordre. C'est ce qu'on appelle compatir à la souffrance sans pouvoir prendre une part à la maltraitance de la vie. Péter un plomb, quand on connaît le prix du plomb, ce n'est pas à recommencer trop souvent.

0.jpgMardi 26: Nouvelle prise de sang, bien planifié, celle-là. Troisième et dernière FEC. Nouvelle consultation pendant laquelle, est annoncé la phase suivante, les 3 taxotères. Autre produit "miracle", autre attaque contre le cancer.

Les lendemains se suivent mais ne se ressemblent plus. Ils sont de plus en plus difficiles à supporter. La fatigue et les tremblements de froids et de chauds ne sont pas rares. Le moral dans les tallons et le caractère irascible passe en montagnes russes. Les aphtes sont toujours là et quelques symptômes de nausées se présentent, subreptices, mais sans excès.

Samedi 2 mars: Une tasse cassée par mon épouse. Jetée à la poubelle par mes soins. Poubelle qui elle-même, casse et c'est une nouvelle dispute qui nécessite une remise au point sur les rôles de chacun. Espérer me transformer en une fée du logis. C'est nenni...Pas un naufrage du cœur. Juste une mise au point de l'esprit pour retrouver son calme. L'indulgence vient au secours de la mauvaise humeur comme une pierre plate que l'on jetterait sur la surface lisse d'un lac.

Dimanche 3: Visite providentielle, pendant mon absence de la "sauveuse". Elle va tenir mon épouse, une nouvelle fois, par la main. Les pleurs, je n'ai pas eu à y assister. Ma séance de jogging dominicale sauve parfois les meubles.

Lundi 4: Rappel hargneux de l'épisode de la poubelle. La poubelle a tenu le coup après quelques rafistolages. Paix et reconnaissance à sa détermination de garder sa fonction.

Un appel téléphonique va remettre le feu aux poudres. Un papier de garantie à retrouver. Éclats de voix qui se transforme en engueulade.

- Pourquoi n'as-tu pas tenu ce papier parmi les tiens?

Pris dans l'ambiance délétère, je pète un câble sans le vouloir. Marre de faire semblant de supporter l'insupportable. Un coup de poings dans mon bureau pour conclure. Non, il faut que les vérités se disent parfois. Heureusement, mon bureau n'a pas souffert, même si mon poing a un peu changé de couleur pendant quelques temps. Une aspirine suffit pour remettre les choses sur les rails.

Apprendre à écouter son corps et son esprit ne sont que les conclusions de cette première série de traitements de chocs. Oublier les moments difficiles. La vie continuerait-elle, sinon?

La pharmacienne connaît bien les notes de musique de la deuxième série de chimio. Trois jours avant et après. Manger léger puisque, c'est le foie qui devrait encaisser. Des légumes et des fruits. Une heure de promenade à l'extérieur ne ferait pas de tort. Vrai ou faux? De toutes manières, rien n'est à rejeter, rien n'est catastrophique à respecter. Pas eu de nutritionnistes comme c'était le cas pour les deux copines du préambule. Les promenades n'ont pas été de la partie quotidienne.

0.jpgOn lit sur le net, "TAXOTERE en association à la doxorubicine et au cyclophosphamide est indiqué dans le traitement adjuvant du cancer du sein opérable, chez des patients présentant un envahissement ganglionnaire. En association à la doxorubicine est indiqué dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique chez les patientes n'ayant pas reçu de chimiothérapie cytotoxique antérieure dans cette affection. En monothérapie dans le traitement des patientes atteintes d'un cancer du sein localement avancé ou métastatique après échec d'une chimiothérapie cytotoxique, ayant comporté une anthracycline ou un agent alkylant. En association au trastuzumab est indiqué dans le traitement du cancer du sein métastatique avec sur-expression tumorale de HER2, chez les patients non pré-traités par chimiothérapie pour leur maladie métastatique. En association à la capécitabine est indiqué dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique après échec d'une chimiothérapie cytotoxique ayant comporté une anthracycline".

Pas très engageant, tout cela. Enfin, cela dépend si on comprend le jargon de l'emploi. Plutôt à une posologie mayas, à mes yeux.

- Comment apprenait-on ce jargon quand Internet n'existait pas ? Les Mayas avaient tellement d'avance... On commence à comprendre leur vanité à fixer la finalité du monde.

On inventerait bien une nouvelle chanson qui commencerait par les mots "Taxo, Taxo, Taxes à terre".

Vendredi 08: Premières nausées. Les problèmes se corsent. Cette troisième chimio FEC est la moins bien supportée... jusqu'ici, du moins. Les problèmes de températures se creusent entre des chauds et des froids, portés et pas supportés par des fatigues excessives.

17 mars: France2 programme "Les bruits des glaçons", une comédie noire sur le thème du cancer. Un homme rencontre son cancer du cerveau. Une femme, son cancer du sein.

"Bonjour, je suis votre cancer. Je me suis dit que se serait peut-être pas mal de faire un peu connaissance".

Des paroles d’outre tombe, quelque peu sinistres.

Heureusement, mon épouse est endormie pendant le film. Je suppose qu'elle aurait pu dire, que cette visite, elle l'avait déjà reçu et cela lui suffisait.

« J'en ai marre », des paroles qui sortent le plus souvent de la bouche de mon épouse.

- The show must go on. Even when it's not a good show, aurais-je répondu si l'anglais avait été sa langue maternelle.

Quant aux prédictions mayas, on sait maintenant qu'il y avait quelques erreurs sur leurs tablettes rondes de pierres ou du moins, une mauvaise appréciation de ce qu'on en a compris avec nos moyens ultra-modernes d'aujourd'hui.

La semaine prochaine, la suite de ces aventures "médico/sénales".


09/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (1-4)

Préambule

0.jpgUne surprise et un pourquoi

Je préviens, jusqu'à la fin du mois, quatre articles inhabituels sur cette antenne. Une nouvelle interlocutrice va s'insérer dans l'ombre de mes billets: mon épouse.

Je sais, j'avais déjà introduit quatre femmes dans un numéro spécial avec tchat d'enfer qui mettait déjà l'actualité en sourdine.

Cette fois, ce sera le journal d'une relation intimiste entre mon épouse et moi-même, avec un intermédiaire qui aurait mieux fait de ne pas exister ou de se faire oublier à la suite de son traitement: le cancer. 

Titrer ce journal avec humour, "Un sein, une sainte et un saint" ou encore "La bonne, la brute et le truand" aurait été trop empreint de religiosité ou de filmographie de mauvais aloi.

Je l'ai donc appelé "Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout" sans manquer un humour décalé. 

L'autre bout, dans ce cas-ci, c'était moi-même, l'époux.

Nous étions dans la nuit du dimanche 20 janvier 2013 et nous nous réveillions presque ensemble, mon épouse et moi-même.

0.jpg

Pour elle, c'était la veille de passer à la tonde comme un mouton et de porter une perruque. L'opération de mastectomie était déjà passée, tout en restant présente en mémoire à répétition rapprochées. La première chimiothérapie datait déjà d'une semaine et il était dit qu'après 12 jours, les cheveux tomberaient par touffes à cause d'elle.

Dans le lit, mon épouse me disait "J'ai peur. Pourquoi moi?Quelqu'un m'a jeté un sort?".

Cette nuit-là, j'ai décidé d'écrire cette histoire, dès le lendemain. Oser l'écrire comme je l'ai fait tellement avec des yeux légèrement biaisés comme un enfoiré peut le faire. L'histoire, notre histoire, avait commencé, il y avait moins de deux mois: la découverte d'un cancer du sein de mon épouse. 

Tout s'était enchaîné avec une impression d'une descente dans un trou sans fond à une vitesse constante. Un agenda serré, cadenassé en dehors de nos propres décisions. S'accommoder à tout ce qui était prescrit sans discussions. Rejeter tout ce qui aurait pu être "normal" ou "comme avant". Surtout pas jouer l'autruche avec la tête dans le bac à sable, là où dans des discussions hardies, certains avaient osés m'envoyer.
Il fallait se plier à la situation et faire un trait sur un passé glorieux ou non. Point.

Tout avait commencé début décembre de 2012. Une mammographie prise dans les temps prescrits et l'annonce d'un cancer du sein dont chacun ne connaissait pas encore l'ampleur et ce qui allait justifier une intervention chirurgicale.

Sur la défensive, je n'y avais pas cru. Non, cela ne pouvait être possible, les mammographies se sont déroulées en temps voulu sans exception, sans perdre la moindre chance de prévenir un tel drame de manière pragmatique. 

Le ciel était tombé sur la tête de mon épouse. Des retombées pour l'envoyé spécial, votre serviteur, qui, pris sous le poids de l'émotion, tentait de rendre quelques nuages gris ou noirs, plus blanc. L'ablation du sein, la "mastectomie", un mot dont j'ignorais l'orthographe et le sens. Rien que le prononcer me paraissait faire preuve d'un côté scientifique mal approprié. 

J'avais pris la décision de soutenir mon épouse depuis le début, de l'accompagner.

J'étais loin d'être sûr de pouvoir assumer dans l'immédiateté.

Si tout avait changé pour l'un, tout devait s'adapter au même titre pour l'autre. Les rôles s'inversaient.  

Oui, mais comment faire? 

Serais-je un soutien, un accompagnateur, un donneur de confiance ou de leçons à la petite semaine? Serais-je digne de donner confiance?

"Captain Igloo" devait aider, trouver le chemin sur la "terra incognita". Toute aide d'un psychologue de profession avait été refusée. 

J'avoue, je suis partisan ou ai une tendance de jouer le "Concerto pour la main gauche" plutôt que le "Concerto en Sol". Plutôt technicien derrière son clavier que de surface, qu'à la cuisine au service d'intendance et de nettoyage.

Chacun se connaît. Plus de 40 ans de vie commune et chacun a aimé les dissemblances et les complémentarités, dans une sorte de "job protection". Ce n'était pas gagné d'avance au moment de changer de partition et de notes... Prendre conscience de ce que nous vivons sans s'épuiser à vouloir bien faire et rater l'objectif comme la mouche du coche, c'est observer, sentir sans juger ni interpréter. Communiquer pour donner un sens global aux actions, aux transactions. Eviter la peur et la honte de mal faire. Fini les pensées binaires qui ont toujours été mon guide. Tout un programme à changer de manière drastique sans prérogatives en cumulant les fonctions attribuées de concert depuis tellement de temps... Organiser le choc de personnalités complémentaires et de cultures en cherchant les connexions dans l'étonnement, la négociation et la conciliation. Tout cela sans perdre sa propre identité... 

Je le sentais, déjà, ce coup du sort ne serait pas là, sans laisser de traces ni pour elle, ni pour moi.

Le mot à la mode, le plus entendu à la ronde comme un leitmotiv: "Courage".

J'écrivais un jour "Je suis, peut-être, pessimiste, mais je me soigne". 

Faudra, cette fois, le prouver pour de vrai. Et toi, Coué, faudra que tu y mettes un grand coup de ton côté.

Quelle attitude prendre? La déprime ou le contre-pied de la déprime?

J'ai pris l'option de rester fort, de contrer la déprime.

Les autres cas à la ronde? 

Une rédactrice qui en parle de cette période douloureuse sur Internet. le fait sur un ton presque "amusant", si l'on peut le définir ainsi. Deux ans d’intervalles, mais le même timing.

Deux autres histoires, celles de deux amies, Cécile et Sophie

Pourquoi pas? Tous les exemples sont bons à prendre en considération. Mais là, c'était peut-être poussé le bouchon un peu loin. Presqu'une pub qui dirait "ne vous en faites pas, cela n'est rien, rien qu'un mauvais moment à passer" dans leur histoire en vidéo

Leurs cas sont très différents. Les situations de famille, l'environnement et cette rencontre de deux mêmes cas qui se soutiennent l'un l'autre en trépied avec l'entourage.

Le cas de récidive après quatre ans, chez Sophie, c'était donc qu'il n'y avait pas eu de mastectomie totale au départ. Une reconstruction immédiate et provisoire.

Le cas de Cécile, une mastectomie qui laissait une cicatrice béante, était le cas le plus approchante de celui de mon épouse.

Non, confidence à part, le rire n'est pas de mise, même si un simili-sourire peut prendre le contre-pied à une situation scabreuse.

"En voyage, un gai compagnon est une chaise roulante", écrivait Goethe.

Mais quand on ne peut plus entreprendre de voyage, est-ce encore une tête souriante qui aime tourner en dérision qui pourrait l'être? 

Alors est-ce une "road movie to nowhere"? On pourrait le penser. Mais ici, c'est surtout sur une route avec des entrechats indéfinis d'avance. Optimiser les chances de la patiente.

Les soutiens étaient familiaux chez Cécile. Ce qui n'était, à priori, pas notre cas.

Redouter d'annoncer cela à ses proches, n'a pas été vraiment notre cas non plus. Les proches, il faut en avoir. L'info n'a été diffusée qu'avec parcimonie dans l'entourage. 

Il n'y aura pas à imposer cette épreuve à personne en dehors d'un entourage immédiat très restreint. 

Un film va sortir bientôt "Le cancer du sein ou le temps suspendu". Un autre exemple, qui pousserait à croire que "tout va bien Madame La Marquise", "Everything is under control" dirait l'Américain. 

Du côté de mon épouse, un frère aîné de quinze ans mais qui subissait, au même moment, une autre épreuve, tout aussi invalidante qui se terminera mal: la maladie d'Alzheimer de sa propre épouse. 

De mon côté, pas de famille. Quelques copains qui en surf intermittent, racontaient ce qu'ils en connaissaient de cette situation. De cas similaires, en direct ou en différés. Mais toujours en indirect, sujet à interprétations.

Pas tellement d'hommes, et pour cause, comme faire-part de l’événement.

"Les ennuis, c'est comme le papier de toilette. On en tire un, il en vient dix", disait Woody Allen.

A deux, c'est tenter le diable ensemble en le tirant par la queue en suivant les étapes au même rythme, avec en ricochet, sur ma pomme.

La littérature sur le sujet, les déclarations de médecins sur les progrès de la médecine existent. Bonne nouvelle: "le cancer du sein est le cancer qui se maîtrise le mieux".

Un livre d'André Giordan et Alain Golay "Bien vivre avec sa maladie" pourrait-il aider?

Le parcourir en diagonale m'a évité de devoir l'acheter. Il me semblait qu'il était plein de clichés, trop généraliste pour satisfaire tous les cas particuliers.

On y parle de pathologie de longue durée. De se surveiller en permanence. De vivre mieux en évitant les complications en assurant une qualité de vie.

Cela semble un peu comme du Canada Dry, de l'alcool mais sans en être. 

La chanson "Je suis malade, complètement malade" me revient à l'esprit comme une gageure avec ses paroles et n'aident pas plus. 

Le conseil final: il faut accepter la maladie, comprendre son origine et apprendre sur soi-même pour prendre soin de soi. L'immunité aurait été fragilisée par on ne sait quoi.

"Vite un coup de potion magique" dirait Asterix.

Internet inonde d'informations mais est-ce pour rassurer ou au contraire pour enfoncer le clou?

Nous sommes en plein vaudou à continuer dans cette voie.

Prendre une partie du mal de l'autre pour le soulager? C'est pas demain la veille que les maux se transfèrent comme pour un organe entre donneur et receveur.

"Changer l'image du cancer, c'est mieux y faire face", une belle phrase que je lis dans un article d'un journal.

0.jpg0.jpgRien que le mot "cancer" effraie.

Le cas du cancer de mon épouse, un problème hormonal et non héréditaire. 

Le cancer est un dérèglement des cellules qui refusent d'obtempérer au message d'apostose. 

L'apostose, une programmation d'autodestruction des cellules quand ce "suicide" est nécessaire à l'existence. La forme de la main pour sortir de la phase "poisson" pour exemple. L'autodestruction permet de se régénérer. Dans le corps humain, toutes les cellules sont constamment en train de demander au cerveau quelle est leur utilité et leur mission pour évoluer, sinon de mourir. Or, ces cellules cancéreuses continuent à croître malgré les signaux de demande d'autodestruction à la recherche de l'immortalité par prolifération qui entraîne l'ensemble du corps dans la mort.

Qu'est-ce qui génère cette "mauvaise conduite"?

On ignore. Il y a des recommandations pour ne pas se faire prendre par le cancer, mais cela n'assure aucunement de rester vivre sans cancer. Avoir des antécédents familiaux qui ont souffert du cancer n'est pas un bon signe. La génétique peut donc expliquer une partie des cancers. On hésite entre une immunité fragilisée, des événements malheureux, des contrariétés qui ne passent pas et qui s'insinuent dans l'organisme. L'alcool, la cigarette, l'obésité, le manque d'activités physiques... d'autres encore...

Rien de tout cela à mettre dans l'addition au sujet de mon épouse.

Processus thérapeutiques

La chimiothérapie, la radiothérapie sont les outils les mieux connus pour éradiquer cet empêcheur de tourner en rond qu'est le cancer. Dommage que leurs effets secondaires ne sont pas négligeables ni à minimiser.

Les nanotechnologies permettront, un jour, de mieux cibler les médicaments de la chimiothérapie qui l'attaqueront en évitant, au maximum, les effets secondaires. Oui, mais au mieux, c'est prévu dans une décennie après une thérapie particulière.

Du côté "préemption", la génothérapie, l'étude du génome va devenir progressivement à la portée du patient en ne plus coûter qu'un millier d'euros. Une thérapie préemptée donne le plus d'espoir, sans passer sous le contrôle d'un Docteur Knock nouvelle vague ni d'un apprenti sorcier. 

Tout est économique et dépendant des budgets alloués à la recherche.

La maladie apporte fièvres, douleurs, malaises, fatigue et psychisme négatif, est-il rappelé en résumé. Même si un cas peut constituer un exemple, il ne sera qu'un exemple mais jamais un copier-coller d'un autre cas. Tout dépend de l'âge, de la corpulence et de la résistance du patient à tous les traitements habituels.

Entre 65 et 66 années au compteur. Question poids, disons que mon épouse ne parvient même pas à renverser totalement l'équilibre d'un sac de 50 kilos de contrepoids sur la balance.

Elle, la "Desperate Housewhife", était restée à la maison, toute une vie. 

J'avais donc décidé de suivre l'affaire sous forme de journal intime presque au quotidien. L'enthousiasme de médecins devant le "beau projet" m'a confirmé dans l'envie de l'écrire avec un brin d'humour à la limite du possible et de le diffuser sur cette antenne. 

Il faut croire les médecins aux oreilles recluses de théories restent sans cloisonner par la théorie de leur jargon scientifique face à la pratique du terrain. Déverser les bénéfices d'un traitement dit 'sur mesure' par l'expérience des patients.

Le sujet de la radiothérapie touche la chimie et la radioactivité. De vieilles connaissances pour moi.

A mes questions, j'ai reçu des réponses réactualisées. La radiothérapie ne se fait plus avec du Cobalt60, parce que si l’appareillage coûte moins cher à l'achat, les frais gonflent à l'usage par le prix du Cobalt, par le danger de son transport et de son degré de pollution potentiel dans l'environnement.

Les rayons gamma équivalent aux rayons X. Les premiers étant naturels et en basse énergie, tandis que les seconds sont artificiels et à haute énergie et se contrôlent par le seul switch on ou off.

Un article de Paris Match récent présentait le Pr Frédérique Renault-Lorca.

D'après elle, il y a 55.000 nouveaux cas de cancers du sein par an en France. Une femme sur dix en est atteinte pendant sa vie et on en guérit le plus souvent en fonction du type de cancer du sein.

De 60 à 70% d'entre eux, sont des cancers hormono-sensibles suite à des anomalies des cellules malignes. Ils se soignent via la chimiothérapie, la radiothérapie et des médicaments hormonaux en pilules.

Environ de 15% pour les deux autre formes: les HER2 et les triples négatifs qui sont atteint par une anomalie des gènes et sont souvent héréditaires.

Les HER1 et HER2 se traiteraient par Trastuzumab et anticorps pour réduire les risques de récidives de moitié avec 90% de réponse. Les effets secondaires des boutons inesthétiques dans le visage. Le Panitumumab un autre médicament.

Les triples négatifs se soignent aux Anthracyclines et Taxanes

Ok... Après la théorie, passons à la...

La pratique et les conseils.

Donner un sens à sa vie. Garder l'humour est loin d'être évident. Donner du goût à l'autre pour qu'il reste à se demander pourquoi on peut et on veut vivre encore un peu en propriétaire de son corps et gérer les problèmes du quotidien, trouver le bon coach et en parler avec son entourage qui s'apercevra très vite des changements.  

Dans un effort suprême, par après, envisager la vie autrement en interprétant les signaux du corps et en évitant les rechutes. Le psychisme et le moral interviennent dans la guérison, est-il rappeler.

Pour moi, continuer à écrire des articles, continuer à prendre la clé des champs en joggant ou en prenant la bicyclette, comme si de rien n'était, un secours qui permet de s'évader en esprit. Apprendre à mieux se connaitre pour savoir que faire en cas de litige. Répondre à l'entourage qui n'en a pas la moindre idée de l'épreuve.

Accorder les violons des personnes en présence, surtout quand elles ne sont pas au même niveau du baromètre, au diapason.

Les caractères sensibles ne s'accordent pas aux batteries du pragmatisme trop raisonné comme je pourrais avoir eu à la suite d'une carrière active.

Dans un graphique avec hauts et des bas qui fait penser au déclencheur de pensées négatives, passe par les émotions, arrive aux comportements, avec pour conséquences le retour à la case départ en finale.

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'une fois enrôlé dans le jeu médical et pharmaceutique, on ne le quitte plus ou pas facilement. L'antalgique, pour soutenir le patient, a ses propres lois.

Demander au médecin si certains symptômes gênants posent problèmes, c'est recevoir souvent une réponse du type "c'est normal".

Nous vivons dans un pays où dire les vérités crues n'est pas le bienvenu contrairement aux pays anglicans.

Tout a un coût, même la vie et ce coût mérite de la conserver.

La mutuelle intervient pour beaucoup dans les frais. Cela ne veut pas dire qu'une bonne assurance complémentaire ou que, mieux encore, mais plus cher, l'assurance hospitalisation avec frais déambulatoires, soient superflue... 

Plus de pronostiques sur la comète. Vivre au présent, en se basant sur le passé et sans penser à l'avenir, une psychologie nouvelle à adopter.

Internet pour ne pas rester idiot face au médecin mais pas pour changer de métier et faire de l'automédication. Le pharmacien a plusieurs flèches à son arc et peut conseiller de choisir entre les posologies différentes prescrites par deux médecins.

Sexuel?

Puisqu'on parle de triples négatifs, pourquoi ne pas évoquer la libido?

Et bien, elle s'écrit, désormais, en trois mots : "Au Lit, le Bide et Dodo"

Cibler pour éviter les effets secondaires, qu'ils disaient. 

Mais magnifique, la libido reviendra quand on ne l'attendra plus... Il faut donner le temps au temps. Ce putain de temps qui va vite. Le temps, une année, c'est court dans la plupart des cas, c'est très long quand les choses ne sont pas au top.

Think-pink, ("penser en rose" pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais) disait dans un article qui parlait du conjoint "Face à la maladie, la femme veut partager les émotions, tandis que l'homme résoudre les problèmes sans sous-estimer la partenaire". Comprendre la différence de sexe, c'est comprendre d'où viennent les chocs de conceptions de ce que peut être la communication. Émotions contre pragmatisme...

Qui va gagner quand cet intrus, ce cruel intermédiaire, est entré dans le couple?

La réponse est peut-être dans l'épisode théâtrale des hommes viennent de Mars et des femmes de Venus qui prend plus d’acuité que d'habitude, qui en devient délirant de justesses. La différence d'approche entre l'homme et la femme s'amplifie sans les filtres de la convenance et dans l'énervement de l'incompréhension réciproque. La différence entre deux personnes de sexe opposé en devient plus brute. Pour l'homme, cela se détermine par la seule compétence, par les actions prises en séquentiel, par une résolution solitaire des problèmes avec le rationnel et la confiance de l'appréciation d'une situation sans ajouter le côté émotionnel et sans nécessairement tout comprendre dès le départ. Chez l'épouse complémentaire, cela se confirme de manière plus évidente.

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Une maladie, comme celle-là, ne fait qu'ajouter à la sauce piquante comme le dauphin de l'histoire, qui se retrouve perdu dans le jardin secret de son épouse. Mais, n'anticipons pas...

Ce weekend, il y a une manifestation en réaction au cancer, "Relais pour la vie" que je mentionne tout particulièrement.

La cancer est un relais de la vie qu'il faut apprendre à vivre et à survivre. Rester positif et vivre au jour le jour.

La formule de ce journal, tenu sur le vif, va peut être plaire à certains, paraître long pour d'autres ou être sautée parce qu'elle ne vient à l'esprit qu'en ayant été dans le cas.

A la semaine prochaine pour le début du journal...


 

Citations:

  • « Si on te pelote le sein droit, tends le gauche. », Jacques Sternberg
  • « Moi, j’ai pas de cancer, j’en n’aurai jamais, je suis contre. », Pierre Desproges
  • « La recherche a besoin d’argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête. », Pierre Desproges

02/09/2013

Une avenue très diplomate

L'année passé, je parlais d'une avenue pas comme les autres. Cette fois, je parlerai d'une autre avenue dans laquelle des oiseaux exotiques se bousculent aux croisements des rues: l'Avenue Franklin Roosevelt.

0.jpgLa Place d'Arezzo est le cadre du dernier roman de Eric- Emmanuel Schmitt, "Les Perroquets de la Place d'Arezzo"

Je la connais très bien cette place. Dans une rue adjacente, pratique mon dentiste et que de fois, n'ai-je pas tourné autour d'elle en attendant mon tour de passer sur son "fauteuil de torture". Un endroit de torture, c'est dire que je connais l'endroit et que l'on sent souvient.

Une place bien ronde et une vraie saga exotique de perruches à collier qui se font entendre de loin, suspendues aux arbres dans d'énormes nids avec déjections qui s'éparpillent sous elles.

"Arezzo", une ville de Toscane, dans laquelle, il y a un Festival, mais pas de concerts comme celui de cette place de Bruxelles.

Quartier très huppé, pourtant.

Le livre de Schmitt est écrit comme une métaphore des relations humaines et sexuelles. 

Cet endroit m'a donné l'envie d'en faire un oxymore, de parler d'une autre avenue qui mérite tout autant, le qualificatif de "huppé", qui, n'est pas très loin et qui  cache, aussi, ces volatils exotiques mais qui répartit des "nids" plus douillets à d'autres perroquets encore plus spéciaux. 

Une avenue avec villas, maisons qui voit défiler des voitures avec un chauffeur au volant et des personnages, bien planqués sur la banquette arrière. Beaucoup plus discrets que leurs correspondants ailés, ceux-là. Enfin, tant que leur pays d'origine ne se retrouve pas subitement en ébullition. On les appelle des ambassadeurs, des consuls.  

Une avenue de "Corps Diplomatiques" dans laquelle les diplomates se bousculent, traficotent comme des perroquets de leurs pays respectifs. 

Dans cette avenue, je n'y jouerai pas au Guide du Routard mais à celui du Roublard. 

Elle n'a rien à voir avec celle du même nom dans le 8ème arrondissement de Paris.

Son nom: avenue Franklin Roosevelt. 

La diplomatie est, dit-on, la conduite de négociations entre les personnes, les groupes ou les nations en réglant un problème sans violence.

Tous les mots ont leur importance...

En route... 

0.jpgAu sortir de Bruxelles centre, cela commence mal par l'entrée de l'avenue Louise: des travaux et des encombrements. Les voitures ne passent plus, les rails sont sortis de leur gaîne et il ne me reste plus qu'à me faufiler entre eux à bicyclette, jusqu'à la place Stéphanie avec le risque qu'un camion vienne me chatouiller l'arrière train. Les magasins de luxe tirent une grise mine. 

Après la place, c'est l'avenue Louise, devenue une autoroute sans âme avec les tunnels routiers qui s'enfilent en montagnes russes.

Sans âmes... enfin, quelques-unes bien nées et bien fortunées, tout de même. Une avenue avec une histoire bien chargées d'événements joyeux et tragiques pendant la guerre.

"Louise", en hommage de l’aînée des filles de Léopold II et "Stéphanie" en l'honneur de sa sœur. 

C'est dire qu'à l'origine, l'avenue Louise était voulue comme la plus belle avenue de la capitale. Les réaménagements dus à la bruxellisation lors de l'expo 58, l'ont transformé en autoroute urbaine et ce n'est pas le monument moderne représentant des défenses d'éléphants sur l'un de ses côtés qui remédiera cette situation pour faire penser au cher Congo de Léopold II.   

0.jpg

Au bout de l'avenue, le Square du Bois, appelé, à juste titre, "square des milliardaires". Il constitue les prémisses de ce qu'on découvrira dans l'avenue Roosevelt  toute proche. Ce square, caché derrière des barrières, avait été repris avec humour lors du dernier poisson d'avril. Période pendant laquelle, les émules de Depardieu pouvaient remonter jusqu'à Nicolas Sarkozy qui y trouverait sa résidence.

Un crochet par l'Abbaye de la Cambre, un endroit de calme, de plénitude, enfoncé dans l'étage du dessous, fait oublier que nous sommes en ville sur ses bancs et ses étangs en chapelet. Son histoire commence au XIIème siècle. Fondée par des moniales cisterciennes, Saint Boniface, évêque de Lausanne, y vint pour mourir en 1265. Les troubles suivirent avec les guerres de religions. Les religieuses chassées et le cloître incendié en 1578 par les Espagnols qui avaient peur que l'abbaye ne devienne un gîte pour protestants. Successivement, le cadre devint résidence de campagne, dépôt de mendicité, siège de l'école militaire et, enfin, école artistique de La Cambre.  

Le Bois de la Cambre, lui, mérite une visite à lui seul.

J'en avais déjà parlé via son "Robinson cambré cherche Vendredi".

Etre établi dans la Foret de Soignes et être dessiné par l'Allemand, Edouard Keilig en 1862, à la suite d'un concours et, en plus, être aménagé à l'anglaise, a de quoi surprendre vu ce qui a suivi en 1914.   

0.jpg 

Enfin, l'avenue Franklin Roosevelt s'ouvre et s'étend jusqu'à la Chaussée de La Hulpe pour contourner la ville tout en s'en éloignant en arc de cercle. 

L'avenue Franklin Roosevelt longe le bois de la Cambre. Partant du carrefour, elle s'étend jusqu'à l'hippodrome de Boitsfort après 2.650 mètres et sur une largeur d'une quarantaine de mètres. Une pelouse centrale, sépare les deux voies de circulation, sur laquelle sont érigées plusieurs sculptures monumentales: une destinée aux aviateurs et aérostiers tombés pendant la Première Guerre mondiale de Pierre de Soetecelle de Francisco Ferrer et enfin, celle de Simón Bolívar.

Ce n'est pas sous le règne de Léopold II, mort en 1909, que l'avenue fut tracée mais en fonction de ses vœux. Elle a traversé le site de l'Exposition universelle de 1910, comme la "Perle de la capitale". L'exposition de 1910 s'est dramatiquement interrompue suite à un terrible incendie qui a éclaté dans la nuit du 14 au 15 août. Ne subsiste de l'Exposition que la Maison DeluneEn 1922, elle prit le nom d'Avenue des Nations. Ce n'est qu'après la guerre, l'avenue des Nations changea de nom pour honorer le 32ème président des Etats-Unis dont on a seulement perdu la particule "Delano" dans la précipitation.

Luxueuse, l'avenue est bordée de riches propriétés dont une partie croissante est, aujourd'hui, occupée par des bureaux de prestige et des missions diplomatiques. Le côté bois est majoritairement constitué de villas isolées ou jumelées, bénéficiant d'un intervalle suffisant pour maintenir une vue sur le bois de la Cambre. Le côté opposé est constitué d'habitations mitoyennes, de maisons bourgeoises, d'hôtels de maître ainsi que quelques immeubles à appartements ne pouvant excéder 16 mètres de haut. Une grande diversité de styles architecturaux appliqués à un habitat bourgeois sous l'Art déco, les Beaux-Arts, l'éclectisme, le modernisme, etc. Un décorum de façades, des aménagements intérieurs des habitations avec des pièces destinées aux domestiques des années 20. 

Le décor est ainsi planté par Wikipedia. Les bâtiments d'époque, dont la liste est longue, ont tous été classés.

0.jpgLa plupart des bâtiments ne permettent pas de visites, à part la Villa Empain qui a une histoire longue en rebondissements. 

Edouard Empain, la première génération de la famille, avait construit la fortune familiale. Un de ses fils, Louis, l'a consolidée en restructurant l'entreprise et a fait construire cette Villa en 1930. En 1937, il y renonça et la céda à l'Etat pour en faire un musée d'art décoratif. De multiples péripéties vont suivre. Novembre 1943, elle est réquisitionnée par la Gestapo. Après la guerre, le fait d'être louée comme ambassade de l'URSS, ne plait pas à Louis qui la récupère en 1960. En 1973, elle est, tout à tour, vendue à Tcherkezian, louée à la radio-télévision RTL, tombée en désuétude, vandalisée avant d'être restaurée complètement dans l'état actuel par la Fondation Boghossian en 2008. Des expositions d'art s'y déroulent depuis selon les vœux de Louis Empain.

La troisième génération, avec le Baron Edouard-Jean Empain, a défrayé la chronique en 1978 dans une affaire qui a inspiré le film "Rapt". Mais c'est déjà une toute autre histoire... 

En face du Bois, l'Université Libre de Bruxelles, édifié sur le campus du Solbosch, avec la statue de son fondateur Théodore Verhaegen qui a sa Saint V, tous les ans, sous l'égide des Fleurs du Mâle.

L'université, un endroit de l'éducation supérieure, répétée, d'année en année, en perroquet par des professeurs de différentes disciplines aux élèves mais aussi une histoire de contestations estudiantines.

Le mois d'août, la période de deuxième session et les étudiants révisent.

Je me suis adressé à l'un d'eux, assis sur le bord d'un trottoir avec l'ordi sur les genoux. Ce 10 août, il avait déjà passé son premier examen de deuxième session m'a-t-il dit. Le premier avant trois autres.

- Pas assez préparé ma première sess, m'avoue-t-il.

Pas assez répété ses cours...

"Mauvais perroquet, quoi...", me dis-je en mémoire interne, sans le lui répéter.

0.jpgDerrière lui, le bâtiment moderne, tranchant comme un couteau, que je ne connaissais pas, la bibliothèque de l'université et qui a, vu sa forme, été surnommé le "Toblerone". 

Sur l'avenue, un autre bâtiment, tout aussi moderne, est destiné à l’amphithéâtre Solvay. Sa statue, en face... Un anniversaire en octobre: 150 ans d'existence.

Une spéciale de "C'est du Belge" lui était consacrée.

Hormis ces deux nouveautés, je reconnais tout le reste. Rien de changé depuis plus de 40 ans, en apparence du moins. Seul les professeurs d'antan ne sont plus là pour me rappeler mes lointains souvenirs. Dernièrement, on apprenait le classement annuel des universités établi à Shanghai. Harvard, Stanford, Berkeley font donc toujours partie des tops trois des universités mondiales. Leurs budgets financiers, dix fois supérieur à celui de l'ULB, expliquent très certainement l'écart. 

Remonter sur le vélo et poursuivre mon "chemin des diplomates" en suivant les drapeaux sur les façades. 

Les ambassades se suivent, mais ne se ressemblent pas. Ce n'est pas nécessairement le prestige du PIB du pays qui soit directement proportionnel à celui de leur ambassade. 

La liste des ambassades est longue: Egypte, Iran, Venezuela, Congo, Uruguay, Brésil, Japon, Danemark, Koweit, Arabie Saoudite, Autriche, San Marino, Somalie, Guinée Bissao, Tanzanie, Niger, Mexique, Colombie, Barbades, Jordanie, Yemen, Soudan, Moldavie, Emirats arabes, Qatar, Singapour, Algérie, Ouzbekistan, Sénégal, Surinam, Djibouti, Kurdistan, Côte d'Ivoire, Sultanat d'Oman, Brunei, Chypre... Cela, sans compter celles qui se trouvent dans les rues adjacentes.

C'est rare qu'on puisse voir ces diplomates. Il y a une occasion qu'ils ne manquent pas le 21 juillet, le jour de la fête nationale. Alors, ce sont les défilés des voitures avec plaques "CD" qui convergent vers le palais du Roi.

Vu le nom des rues qui croisent l'avenue, c'est aussi l'exotisme assuré.

'Viva America del Sud'...

Cela passe de l'Avenue du Brésil, à celle du Venezuela, du Chili, de l'Uruguay, de la Colombie... Pour couronner le tout, la statue  de son plus grand personnage trône au milieu de l'avenue: celle de Simon Bolivar

Cette promenade à vélo est plus un "épi-end" qu'un "happy end" quand on sait que toutes ces ambassades sont exemptes de tracas nationaux comme le précompte mobilier et bien d'autres exclusivités d'intouchabilité.

Avec un passeport diplomatique, ils bénéficient d’une immunité diplomatique qui dit qu'ils ne peuvent être poursuivis devant les juridictions pour aucune infraction, qu'ils commettent sur le territoire du pays dans lequel ils exercent quelle qu'en soit la nature.

Un privilège qu'ils ne manquent pas d'utiliser. 

Mais la crise est aussi présente dans leurs rangs et des rappels à l'ordre s'imposent.

Un article de jeudi lançait "Ça nous emmerde, mais c'est comme ça." des paroles prononcées par un ambassadeur français en égratignant le langage diplomatique sous les lambris dorés des salons de l'Elysée. L'objet de son irritation portait sur "l'évolution du réseau diplomatique et des antennes diplomatiques dans les pays où les intérêts sont inexistants.".

0.jpgEn France, quatorze ambassadeurs sont visés dont la Jamaïque, le Népal, le Malawi, la Gambie, la Sierra Leone et le Sao Tomé qui devront quitter leur résidence, mise en vente par l'Etat français avec leur ambassade rayée de la carte au nom de ce principe d'économie. La logique économique prend le pas sur celle de l'universalité.

On lit dans le même article que "le réseau diplomatique français est encore le 3ème au monde (163 ambassades bilatérales et 16 représentations multilatérales) derrière les Etats-Unis et la Chine." 

J'ai consulté les informations au sujet des ambassades en Belgique.

0.jpg

J'ai dénombré 209 représentants de pays étrangers en Belgique. Près de 40 se trouvaient sur cette avenue très diplomate.

Dans l'autre sens, 200 représentants belges se trouvaient à l'étranger.

Représentants qui peuvent être des ambassades, des consulats ou de simples contacts voir moins comme "potentiel de représentants". Comme la Syrie est dans l'actualité, j'ai pu constater qu'en Belgique, aucune ambassade ne se retrouvait dans la liste.

De plus, en Syrie, l’ambassade de Belgique est temporairement fermée avec la mention "En cas de besoin, veuillez vous adresser à l’Ambassade de Belgique à Amman (Jordanie)".

C'est-à-dire que que les ressortissants belges devront s'y référer puisque les intermédiaires, les porte-paroles, ont levé le camp.

Le ballet diplomatique se trouve ailleurs. A un autre étage, bien plus élevé...

La postface du livre de Schmitt correspondrait, ainsi, encore plus:

"une ronde effrénée qui devient une encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs qui se retrouvaient dans les comportements amoureux de notre temps.

La moralité simple du livre comme celle de ma promenade, s'il y en a une, serait "le désir qui nous tient debout, mais c’est aussi le désir qui nous ravage".

En 1985, Georges Moustaki chantait "L'AMBASSADEUR

Je suis l'ambassadeur du temps et de l'espace
Mon pays c'est un peu toute la galaxie
Je ne suis pas d'ailleurs je ne suis pas d'ici
Je suis contemporain de chaque instant qui passe


Je viens de l'infini et de l'intemporel
Je hante les bas-fonds et fréquente les cours
Mes lettres de créance sont des mots d'amour
Dans toutes les langues de la Tour de Babel

J'ai les clefs du futur et de la nostalgie
Ma carte de visite est une mappemonde
Exilé de partout mes chemins vagabondent
À travers tous les signes de l'astrologie

Demain lorsque le vent effacera mes traces
Demain lorsque l'hiver étouffera ma voix
Demain lorsque la mort aura raison de moi
Lorsque viendra le temps de rejoindre l'espace
Le ciel d'Alexandrie sera mon dernier toit.


0.jpgSi ce n'est pas Alexandrie, ce qu'il en disait me correspondait dans son idée de liberté comme citoyen du monde. Insatiable à le connaître ce monde.

Mais pour l'instant, rien que d'avoir relié ornithologie, diplomatie et histoire, en descendant et remontant alternativement en selle sur mon vélo, m'avait épuisé et je devais encore retourné dans mon propre nid et pas celui des perroquets.

Pas de "CD" devant ma porte comme lien de reconnaissance ou comme cri de ralliement. 

Là, on ne parle plus d'oxymore, de situation décrite de manière inattendue, mais de perroquets oxydés, de peroxydes qui comportent plus d'oxygène qu'un oxyde normal. 

Non, vraiment, cette avenue pourrait faire le cadre d'un nouveau livre d'Eric-Emanuel-Schmitt, avec des secrets qui sortent des cheminées. 

Passons, dès lors, aux photographies prises au cours de cette promenade.

 

L'enfoiré, 

 

Citations:

  • « La diplomatie est la police en grand costume. », Napoléon Bonaparte 
  • « Diplomatie. L'art patriotique de mentir pour son pays. », Ambrose Bierce
  • « La diplomatie est l’art de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés ! », Charles de Gaulle 
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Mise à jour 2 septembre 2013: Les Belges font leur rentrée en France. A la télé et à la radio, difficile de passer à côté des Belges qui percent en France. Chaque émission veut "son Belge".
"Je ne gomme pas le côté belge, surtout pas la bonhomie et l'humilité" dit Alex Vizorek
Gageons qu'il n'a pas envoyé trop de perroquets à Paris.

26/08/2013

Conversation à actualité rompue

Pour la plupart, les vacances, c'est fini. Dans la buvette de l'aéroport, Guilaine, la journaliste, attend ses trois copines d'enfance en lisant un journal. Yvette, la scientifique, Martine, la rêveuse écolo et Aline, la voyageuse impénitente que tous vont recevoir à la descente d'avion en provenance d'Afrique. Elles sont toutes quatre célibataires dans la cinquantaine. En attendant les copines, Guilaine lit son journal et un article banal la fait sursauter. Elle a l'intention d'en parler. Cela génère un échange parfois surprenant. Voici,  la photo de Guilaine, Martine et Yvette en promenade au cours d'une autre occasion. Les couleurs différentes ne sont pas prises au hasard...

(Guilaine attend. Martine et Yvette arrivent, enfin. Après les bonjours d'usage, la conversation qui prend une tournure à géométrie variable...) 


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Guilaine: Bonjour Martine et Yvette. Cela fait des lunes que nous ne nous sommes pas revues. En attendant Aline, racontez-moi tout, vos dernières vacances, par exemple.  

Yvette: Je suis allé à Poitiers. Comment voyez-vous le futur? Avec optimisme, pessimisme ou les deux? Etes-vous pour ou contre les robots et la conquête des étoiles? Préférez vous le refuge dans une grotte sans plus aucun confort ni moyen de chasse, pêche, cueillette si ce n'est qu'avec des instruments rudimentaires? Des question que je me suis posées pendant mes vacances.

Guilaine: Là, ça va fort, Saint-Yorre. La science, toute la science, rien que la science. C'est toute ta vie, en somme. Comme laborantine, ton labo et tes éprouvettes, tu as dû être comblée à Poitiers. Tu nous emmènes dans les étoiles, donc. Tu quittes le plancher des vaches. Je croyais que tu aimais les voyages sur des îles comme Gauguin, Brel ... Ils ont tous acheté une île pour leurs "derniers" jours ... Pourquoi pas un retour à la nature sur Terre avant d'aller voir ailleurs?

YvettePour moi coloniser les astéroïdes, ce serait très intéressant.

Martine: Tu as raison Yvette. Ce serait chouette de pouvoir voir la Terre bleue, de là haut. Cela me plairait bien.

GuilaineJe me doutais que tu allais réagir ainsi, Martine, mais a-t-on encore les moyens de réaliser de tels rêves? A l'heure actuelle, ce n'est plus possible que par des spéculations chanceuses et des artifices alambiqués. Avoir les pieds sur Terre, au moins, on sait où on va. 

Martine: Peut-être bien. Nous voilà partis sur des sentiers glissants à nous contredire. Pour toi, Yvette, t'envoyer en l'air pour coloniser les astéroïdes, c'est spéculer avec le bon argent de Guilaine. Vous me faites, toutes deux, bien rire. Pourquoi les hommes sont si intéressés à trouver de la vie sur Mars? Donne moi une bonne réponse qui ne soit pas trop idiote, Yvette.

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Guilaine: Pour trouver encore plus de low-cost chez les Martiens qui ne connaissent ni la valeur de l'argent ni même qu'il existe. (sourire)  Je sais, tu aimes le durable, Martine. Agronome, passionnée d'écologie, c'est tout naturel pour toi. Je te soutiens. Le malheur, c'est que rien n'est durable vraiment. Tout se déprécie, tout vieillit. Etre écologiste, pour toi, c'est peut-être y chercher des petits hommes verts, où je me trompe? (rires)

Martine: Ah, c'est malin. Oui, je suis écolo et contente de l'être. J'aime ma campagne, loin de la ville. Tu lis le journal, Guilaine, tu as besoin d'informations pour vivre. Pour moi, trop d'infos tue souvent l'infos. Je n'achète plus de journaux en papier depuis longtemps. Le papier pollue. Internet me satisfait. Sur Facebook, je partage et je tweete et c'est fou ce que j'apprends sur ce qu'on va manger, boire, s'habiller, sans ouvrir le moindre journal. Toi, tu aimes les idées d'où qu'elles viennent. Tu ne peux pas t'empêcher de suivre la marche du monde. C'est un besoin physique, une addiction de savoir pour informer ton public. Tu es journaliste et pour toi, c'est un réflexe conditionné. 

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Guilaine: C'est vrai, mais tu as compris que trop peu d'infos peut te tuer tout autant. Tu parles d'Internet. Que fais-tu sur le Toile? Facebook, tu dis, et pour toi, cela s'arrête là. Je lis l'info. Je la crée aussi. Sur Facebook, il y a quelques trucs intéressants, mais il ne faut pas être trop exigeant. L'actualité est une rampe de lancement vers ton analyse. Prendre le temps d'écrire et sortir des conneries que l'on raconte sur Internet, y penses-tu? Dans les informations, il y en a des vraies et des fausses. Il faut les départager. Je t'assure, ce n'est pas si simple. Une anecdote? Si tu veux être sûr qu'une information soit bien diffusée, même si elle est fausse, dis simplement à ta voisine que c'est un secret. Dis-lui, qu'elle est privilégiée de faire partie de ta confidence. Tu verras comme ton secret va s'étendre comme la tache d'huile de la rumeur. Pour les gens bon pied, bon œil, et souvent, pour nous les femmes, connaître l'information, cela peut servir à enrichir d'autres qui ne la possèdent pas. C'est ça la libération de la femme. Sinon, que dire de quoi parler? De la pluie, du beau temps, du prix des carottes? Maigre consolation. Trop connu pour tout le monde. Quant aux Martiens, faut pas croire qu'ils te raconteront tout, Martine. Ils savent eux qu'ils ont une richesse dans leur yeux verts. (sourire) 

Yvette: Mais où veux-tu en venir, Guilaine? Martine ne t'avait pas tendu un piège. Elle aime rêver. C'est son droit, non? 

GuilaineDe ce journal, j'avais l'intention de vous en parler, d'ailleurs. Lisez, toutes deux, cet article.

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(Yvette et Martine se penchent sur l'article pour le lire)

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Yvette: Si je comprends bien, tu veux nous faire croire que les informations ne profitent qu'à certains et pas aux autres ou, pire, plus tu en sais, moins bien tu te portes?

Guilaine: Bravo, Yvette. Tout compris. Tout ne dépend pas du nombre de personnes qui lisent mais de l'endroit où un événement tragique s'est produit. Proche, tu t'en préoccupes. Éloignée, cela glisse sur la bosse de ton indifférence.

Yvette: Eh, bien, le monde tourne presque toujours comme ça. La connaissance, le savoir apportent les connexions entre les gens. Il faut réveiller la vie, chère Guilaine, mais pas n'importe comment. Martine va te le confirmer en te racontant ses vacances.

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Martine: (prise de cours) Ben ... Je suis restée chez moi. Il a fait chaud, parfois trop. Pourquoi serais-je allé chercher ailleurs, alors que j'avais tout sur place ou presque? J'ai invité quelques voisins et voisines et on a fait la fête. J'ai, aussi, passé des vacances super à Bruxelles les Bains à dix kilomètres de chez moi. Hier encore, c'était la Fiesta latino au Bois de la Cambre. Pas eu le temps de m'ennuyer. Si tu veux des photos, je les ai apportées. C'est comme si j'avais été aux Antilles espagnoles. Sur les photos, j'espère que tu me reconnaîtras.

Yvette: Et tu as suivi toutes les informations locales pendant ces deux mois... Bien sûr.

0.jpgMartine: Yvette, quand je vois ce que cela m'a rapporté de suivre les infos d'ailleurs, je ne suis pas sûr que j'ai eu toujours raison à en prendre connaissance. L'article de Guilaine est presque écrit pour moi. Si je n'ai pas lu beaucoup de journaux, installée dans un transat, j'ai lu des romans par contre. Quelqu'un m'avait conseillé "L'ombre du vent". Les critiques étaient bonnes. Une belle histoire. Ceux qui sont partis sur les routes ou qui sont allés en pèlerinages, n'ont pas été sûr de revenir à la maison d'après ce que j'ai entendu. Ceux qui étaient en Egypte, non plus d'ailleurs. Si, c'est pas des "hot dogs", ça, dont ce journal parlait qu'est ce que c'est? Je n'en ai jamais vendu, moi. J'en ai mangé lors de séances barbecues et je peux te dire qu'il y en a eu quelques-uns. Dans mon jardin secret, pas d'infos, pas beaucoup de pognon nécessaire pour partir loin, en esprit ou en dur, pas de nouvelles à la con. Je suis pour la simplicité, moi.

Guilaine: (en chantant Brassens) Auprès de mon arbre, je vivais heureux, j'aurais jamais dû le quitter des yeux.

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Yvette: Guilaine, cesse de chanter. Tu vas faire pleuvoir. Perso, je n'ai pas été qu'à Poitiers et au Futuroscope. J'ai parcouru toute la région.

Guilaine: Bien, Yvette. Je connais ton goût pour l'étoile rousse. Pour répondre à Martine, je lis aussi des romans en attendant mon avion. Je suis tombé sur un thriller d'un nouvel auteur, "Le jugement dernier". Ce fut un coup de maître, car il se trouvait parmi les best-sellers dès sa sortie. Le fait qu'il y avait un journaliste comme personnage principal, m'avait attiré. Il se pose la question de savoir si l'humanité a un avenir à la suite d'attentats de nihilistes... Tu parles d'une question existentielle majeure... L'histoire va de rebondissement en rebondissement.

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Yvette: Et comment il s'en sort de cette humanité en péril?

Guilaine: Comme par hasard, il se sont rapprochés de tes goûts, Yvette. Enfin, ils se sont fait aidés par le Codex Lucis des Cathares. L'humanité, elle, s'est retrouvée le nez planté dans les étoiles à rêver à son expansion et elle a fini par quitter la Terre et par se mettre en route vers la planète orange comme de véritables Universonautes. Je n'ai ni dit cosmonautes ou astronautes, si tu vois la nuance. De plus, c'est en pleine actualité. Mars One propose des aventures sur Mars sans retour possible et il y a des milliers de candidats.

Yvette: Bon sujet, en effet. Je me disais bien qu'on ne terminerait pas sur cette Terre et que les astres devaient être une échappatoire.    

Guilaine: Mais en attendant, chère Yvette, (en chantant Becaud) raconte-nous. Ce qui t'est arrivé. Comment, ça c'est passé, pendant qu'on t'attendait-là. comme disait la chanson. Pas eu d'aventures à nous raconter?

Yvette: Non, je n'ai pas rencontré l'âme sœur, comme dans ta chanson. Je n'ai pas mangé de hot dogs, non plus, d'ailleurs. Je n'aime pas les hot dogs. Je hais les hot dogs et tous ces machins de la mal bouffe. C'est de la m... Et, toi qu'est-ce que t'as fait, t'as suivi l'actualité ou elle t'as suivi? Tu en as fait les choux gras dans tes conversations lors de tes vacances?

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Guilaine: Je vais t'étonner. Je n'ai pas eu de vacances. Enfin, pas vraiment comme tu l'entends. Cela a été du travail en vacances. J'ai suivi le Pape au Brésil. J'ai écrit un reportage sur son voyage en suivant les JMJ. Envoyée en Afrique du Sud, quelques jours, avec la mort annoncée de Mandela. Comme il s'est remis mieux que prévu, j'ai réorienté l'affaire en parlant de ce qui subsiste de l'Apartheid. Aux dernières nouvelles, je pensais aller en Egypte pour me faire une idée de ce qui se passait réellement là-bas dans cette révolution à répétition. A ton avis, c'était des vacances? 

Martine: Horreur. Et tu aimes cela? Tu aimes communiquer du sensationnel, de l'émotion en tube dentifrice, de la m...quoi. Ça n'a plus rien à voir avec de l'information. Du côté du Pape, il est bien gentil avec sa visite au Brésil, mais qu'a-t-il apporté de plus à nous les femmes?

0.jpgToutes les presses du monde se rassasient de ces flonflons du bal ou de la terreur avec les mêmes sources dans le collimateur. Pas une ne se mouille à raconter sa propre histoire qui mène à la déconfiture que la presse connait actuellement. Toujours en déficit dans les caisses des journaux. Il doit y avoir une raison. Ce n'est pas ou plus de la presse d'opinion. Elle est servie sur un plat chaud ou brûlant, sans permettre au lecteur de s'assurer de leurs sources. Au moins, quand je n'écoute pas la presse, je ne serai pas influencée par elle. Parce que tu ne dis pas tout, Guilaine, tu aimerais bien qu'on en bave devant ton information avec ta signature au bas du parchemin. Pardon de ton "papier" comme on dit dans le jargon de métier. Est-ce seulement, pour identifier l'auteur du lavage de cerveau? J'en doute. Pour te faire un nom, oui, un nom qui te donnera la preuve de ta bonne conscience. Tu nous vends de la propagande, Guilaine, de la salade avec du ketchup au lieu de mayonnaise et cela sans t'en rendre compte, puisque tu ne remontes pas aux sources des problèmes planétaires. Tu te prends pour Christiane Amanpur? Surtout, n'oublie pas de prendre tes jeux vidéos en partant...

(Martine d'habitude bien calme. Yvette et Guilaine en étaient soufflées. Guilaine aurait voulu répondre. Les réponses restèrent coincée dans sa gorge. Aline était arrivée, chargée jusqu'au cou de bagages, de paquets et de valises)

Aline: Alors, vous ne me reconnaissez pas? J'ai pris des couleurs, non? Du sable dans les yeux, aussi. Dans le désert, je n'ai vu que cela... Qu'est-ce qui s'est passé pendant mon absence? Racontez-moi tout de l'actualité. Je veux tout savoir.

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Yvette, Martine et Guilaine se regardèrent alternativement. Puis, toutes trois explosèrent de rire.)

Aline: Mais qu'est-ce que vous avez toutes les trois? J'ai dit une connerie, une plaisanterie? J'ai apporté du sable mais pourtant pas de la poudre pour vous faire rigoler.

(Yvette, Martine et Guilaine, ont repris leurs fou-rires)

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Guilaine: Tu ne peux pas comprendre Aline. Merci, d'être arrivée, on allait s'embrocher. C'est une affaire entre nous. Tu sais nous avons un nouveau Roi, un nouveau JMJ, un nouveau... e ne sais plus, moi, Marine m'a fait perdre le fil. Mais prends ton temps pour te remettre dans le bain, doucement. L'actualité, c'est pas nécessairement le bac à sable de tes copines. Je l'ai compris, un peu tard. Tu veux manger un hot dog, peut-être?

(Yvette et Martine se remirent à rire de plus belle, tandis qu'Aline était la seule à ne plus rien comprendre)

0.jpgYvette: Laisse-nous rire, Aline. Guilaine nous a fourgué sur une mauvaise piste. Tu nous raconteras ton voyage dans la voiture au retour. Je repose ma question: Est-ce qu'un hot dog te plairait?

(Les rires reprirent encore une fois). 

(Les voilà, toutes quatre, en route, pour rejoindre leurs pénates, tandis qu'Aline raconte et raconte encore, ses aventures à dos de chameaux avec les Berbères, le désert avec son coucher de soleil et ses nuits étoilées... les roses des sable. Les autres font semblant d'écouter. Encore heureux, aucune autre actualité n'est venue entraver la marche dans le désert...)

Moralité: on ne parle ni d'actualité, ni de hot dog quand on revient du désert. Entre copines, on réveille la vie... Le problème, c'est qu'on ne réveille pas la même vie, tout simplement.


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « L'Actualité, ça n'existe pas, ça ne veut rien dire. L'actualité, ce sont des gens. Des milliards de gens qui rient, qui pleurent, qui souffrent et qui tombent amoureux. », Anna Gavalda
  • « Les actualités d'aujourd'hui, c'est l'histoire de demain. », Raymond Queneau 
  • « On ne peut pas faire les hot-dogs et servir le client. », Proverbe québécois 

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19/08/2013

Une brique dans le ventre

L'argent sur les livrets d'épargne ne rapporte plus rien au particulier. Celui-ci se voit obligé de chercher des alternatives pour ne pas en perdre face à l'inflation. Il y avait le conseil: "N'épargnez plus dépensez ou spéculez". Une autre alternative: la brique. Plus sécurisée, en principe, puisque c'est du tangible. Les professionnelles, les "Immobilières", règlent tous les problèmes de ventes et de locations des biens immobiliers... Mais, voyons...

 

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L'immobilier a-t-il fait ses derniers pas avant de tomber?

Puis, on découvre que le risque de pénurie guette à Bruxelles.

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Suivre l'immobilier, c'est comme se retrouver sur une montagne russe, mais à petites vitesses.

En 1986, les taux avaient baissé et ce fut une période d'achat.

En 1992, courant inverse, les taux remontaient et dépassaient les 10%, et ce fut le repli.

Depuis 2006, les permis de bâtir sont en chute libre. La crise financière s'invitait dès 2007 en plat de résistance.

2010, une année qu'il fallait oublier au plus vite pour les surfaces de bureaux dont les locations restaient stagner vu les annonces de Jones Lang qui fleurissaient un peu partout depuis 2005. Mais ce fut, néanmoins, une années de bonnes affaires, disait-on.

Bonnes affaires, pour qui? Vendeurs, acheteurs ou intermédiaires? 

Les intermédiaires se bousculent même au portillon. Notaires, agents immobiliers, banquiers, cadastres, Etat et re-Etat, ... Tous intéressés par vos envies de mettre un toit au dessus de votre tête. 

Coup d’arrêt de 2009, un nouveau coup de semonce.

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Surtout, ne pas perdre courage et espoir... En 2012, on apprenait que le patrimoine immobilier des Belges avait plus que doublé en 10 ans et atteint 1,066 milliard d’euros. 

A écouter propriétaires et locataires, le choix se dissocie entre la brique dans le ventre qui tourne à l'indigestion ou à la maladie contagieuse sous le coup de hauts et de bas dans la construction avec des informations contradictoires ou paradoxales...

"Les prix de l'immobilier ont reculé de 0,7% depuis janvier".

Une raison pour se mettre dans les rangs des acheteurs?

Les "Immo junkies" et les "Immo addict" épient toutes ces annonces et visitent tous les appartements et les maisons comme si c'étaient des musées pour trouver "le" bien idéal. 

Le Belge a une brique dans le ventre. C'est connu et c'est presque trop évident. Cela peut donner des crampes, rien que d'y penser à chercher comment y remédier

Phénomène psychologique plus que drastiquement choisi. Cette brique se nourrit d'un optimisme sans faille quant à sa valeur présente et future. Bien que les prix aient gagné 115% depuis 2000, plus d’un sondé sur deux estiment que la valeur de leur habitation va encore progresser de 4% par an ou davantage au cours de la prochaine décennie (enquête menée par le site Immoweb.be). 

Serait-ce la solution pour grappiller les derniers jetons de présence sur les marchés?

Une confiance aveugle en termes de croissance patrimoniale pourrait tourner à l'aigre suite à un ralentissement de la demande. Tout comme en Bourse, investir dans l'immobilier peut apporter stress et angoisses, dans des fluctuations conjoncturelles. 

Pour le vendeur potentiel, la plus-value ou la moins-value prend de l'importance au moment où il aura un besoin urgent de réaliser pour raison professionnelle ou privée.

Avant la crise des subprimes, l'immobilier fut le moteur de l'économie américaine et de la consommation pendant de nombreuses années. Le même phénomène s'est reproduit en Espagne et dans une certaine mesure, en Chine.

La question reste: vaut-il mieux louer ou acheter un bien immobilier? 

0.jpgLes droits belges d'enregistrements s'installent entre une fourchette de 10% et 12,5% en fonction de la région. Ils sont récupérables sur un second achat s'il y a plus de 2 ans depuis le précédent.

Les frais de notaires se calculent avec les "faux frais" en fonction de la localisation. Pour 100.000 euros, à Bruxelles, cela fait 8.300 euros. Le RC (Revenu Cadastral) y est aussi à prendre avec plus de considération dans les calculs

Comme le roulement reste faible entre 35 à 40 ans, la qualité est requise pour garantir le moins de dégradation dû au temps.

Un peu plus de la moitié des ménages belges disposent de leur propre logement et indiquent pouvoir encore économiser.(d'après l'Echo et De Tijd).  

En Wallonie, la population de propriétaires grimpe à 68% et en Flandre, à 73%.

A Bruxelles, 40% de la population est propriétaire de son bien. La recherche de mobilité est peut-être une des raisons en plus à ajouter aux frais engendrés par la vie d'une capitale. Les 'faux' Bruxellois, les navetteurs, viennent grossir la fréquentation de la capitale tout en résidant à la périphérie.

Parmi les résidents, 60% louent leur habitation avec une prédilection pour un appartement à une ou deux chambres.

0.jpgLa location d'un bien immobilier devrait progressé de 3 à 4% de concert avec les prix d'achats. Entre 2000 et 2010, la hausse du prix des loyers a progressé de 45%. 

Louer un appartement va de 8,6 euros par m2 dans des communes comme Molenbeek à 11,4 euros pas m2 à Woluwé Saint Pierre. Une variation entre 693 et 1.250 euros en moyenne pour un appartement conforme à la norme moyenne. Le quartier Fond'Roy à Uccle n'est pas mal non plus comme les revenus net imposables y atteignent les 60.000 euros par an. A Saint-Josse-Ten-Noode, ces mêmes revenus plafonnent à 13.000 euros.

Pour le propriétaire, les rendements moyens d'une location tournent autour de 4,2% brut. Brut parce qu'il faut penser à la maintenance du bien, au temps de recherches d'un acquéreur ou au pourcentage à accorder à l'agence immobilière qui s'en charge. Un mois de location qu'il faudra défalquer dans ce cas.

Mais, comme la population bruxelloise augmente et la pénurie de logements s'amorce, achetez et vous serez considéré. "Investissez zen" est destiné aux derniers récalcitrants. 

Faut-il renforcer l'offre immobilière? En considérant que l'on construit 4000 nouveaux logements par an à Bruxelles, en 2020, cela correspondrait à une pénurie et un manque de 100.000 habitations. 

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S'il parait que la Belgique fait partie des pays qui présentent une bulle immobilièrequand on sait que depuis 1998, les prix ont augmenté de 243%, ce n'est peut-être plus une bulle, mais un ballon de foot que l'on shooterait au loin.0.jpg

Les chiffres des notaires bruxellois montrent que, sous des apparences prospères, le marché du logement dans la capitale connaît une véritable mutation.


Sur la base d'un indice d'activité immobilière fixé à 100 en 2007, les notaires bruxellois sont bien contraints d'admettre qu'avec l'indice 95,6 pour l'année passée, le marché n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise même si les prix des unifamiliales sont à nouveau en forte hausse avec plus de 11,8 %. 

L'espace vital est-il encore assuré?

Pénurie de logements, cela veut dire que tout est bon pour en obtenir plus. On utilise les terrains à bâtir, on ré-alloue les surfaces de bureaux en habitations, on démolit ce qui ne tient plus la distance du temps ou on le rénove pour le mettre au goût du jour quand le prix de la rénovation est inférieur à la reconstruction. 

Puisque Bruxelles, ne peut pas s'étendre en superficie, il faut construire en hauteur et supprimer les interdictions de construire avec des hauteurs démesurées comme cela avait été décrété dans le passé.  

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Près du canal, une nouvelle tour pour habitations de 140 m et 42 étages est en train d'être achevée. La pub pour cet "Upside" en est une preuve de ce besoin de construire des habitations. Dans l'urgence, quelques problèmes de salubrité comme la connexion avec les égouts ont été oubliées et les eaux usées sont jetées dans la Senne. Mais on y remédie, dit-on...

Ce n'est contradictoire qu'en apparence. Tout indique que les Bruxellois ont changé de comportement. La superficie moyenne des appartements neufs a baissé de 10 à 20 % en un quart de siècle et il y a fort à parier que le même phénomène existe pour les unifamiliales sur le marché secondaire.

0.jpgLes gens achètent des biens de plus petite taille. Certains ménages ne peuvent plus se payer ce que leurs parents se sont payés. Il faut adapter l'offre aux comportements. Les jeunes achètent un petit appartement, le revendent, en achètent un autre plus grand et, si plus tard, ils en ont les moyens, revendent une fois encore pour acheter une unifamiliale.

Ceux qui ont adopté cette attitude il y a dix ans ont bien fait: les prix ont doublé.
Ce type de comportement alimente la hausse.

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D'autres facteurs jouent :

  • l'inflation, dont les acheteurs ont craint la résurgence. Or l'immobilier est réputé offrir un rempart contre l'inflation.
  • la démographie, qui ne présente pas forcément le profil que l'on croit. 
  • une immigration à haut pouvoir d'achat dans le croissant d'or du marché, allant d'Uccle à Woluwé Saint-Lambert, où les prix sont les plus élevés là où sont situées les institutions internationales. 
  • Les taux d'intérêt permettent toujours de faire jouer l'effet de levier, c'est-à-dire d'emprunter à taux inférieur au rendement et plus-value d'un logement mis en location qui explique que les investisseurs préfèrent la pierre au compte d'épargne et aux obligations. 
  • La fiscalité par l'abattement régional sur les droits d'enregistrement et la déductibilité des intérêts hypothécaires.

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Puis, il y a les autorités publiques qui constituent, à elles seules, une des grandes agences immobilières. Des milliers de biens sont achetés et vendus chaque année. Le patrimoine, les "bijoux de famille" de l'Etat, entrent ainsi aux enchères. Si l'ancienne tour des Finances est dans un état délabré et ne trouve pas d'acheteurs, en 2012, ce sont 170 millions d'euros qui ont été récoltés, avec un débours de 263 dans des "entreprises amiables".

Enfin, il y a les résidences secondaires. A la côte, les prix sont à la traîne, sans parler de Knokke qui, par contre, entre dans un tout un autre programme car rien ne vaut la richesse de Knokke-Heist.

 

Et en France?

La pierre est-elle chère ? Une réponse circonstanciée de la Quotidienne d'Agora:

"La France, les prix ont augmenté de 263% depuis 1998. 

Là où tout est encore plus cher au mètre carré. 8000 euros le m2 à Paris, selon le dernier chiffre des notaires. 

La pierre est une des rares "valeurs sûres" ce qui fait qu'elle est rare, utile et convoité et donc cher. Normal... 

Plus d'acheteurs que de biens. Ce qui manque, des vendeurs. Un peu moins normal quand on sait qu'un jeune sorti d'une filière d'excellence de l'enseignement supérieur français est content de signer un contrat de travail six mois après avoir eu son diplôme. Avec son premier salaire, il doit se contenter d'une colocation dans Paris.

Vendre à 20.000 euros le m2 plusieurs lots dans des endroits prestigieux de Paris à des Arabes, des Russes, des Américains. Les Américains du nord aiment la rive gauche, les Américains du sud veulent la rive droite.  Un peu moins normal...

Un marché sans base, qui ne vit que tiré par le haut, n'est pas un marché sain. C'est même le début d'une véritable bulle, cette fois.

Aujourd'hui, à Paris et en France, la pierre, les actions, les obligations sont toutes devenues malsaines. Ce sont des marchés qui ont plus de chance de baisser que de monter. L'immobilier n'est plus un marché d'investisseurs.

A Paris, entre le rendement locatif d'une boutique, d'un appartement loué à usage professionnel ou d'un logement loué à usage d'habitation, le seul qui atteigne un niveau à peu près décent est la boutique.

Reproduction du schéma de la décennie 1970-1980. Même si l'immobilier monte, son prix en or va baisser. Une des principales raisons de cette hausse, le recyclage d'abondantes liquidités. Avec une différence dans le cas de la pierre parisienne par rapport aux actions ou aux obligations : la recherche de la sécurité et d'une protection contre l'inflation.

Le programme du parti socialiste prévoit le blocage des loyers ce qui, en cas de victoire électorale, ferait fuir les acheteurs investisseurs. Si des mesures d'austérité imposées par des marchés soucieux du surendettement public déclenchent des émeutes comme en Grèce, les acheteurs étrangers fuiront à la suite."

Mais pourquoi en est-il ainsi en France?

Renseignement pris, il faut rechercher des raisons dans le fait que les locataires sont mieux défendus que le propriétaire en justice. Celui-ci se doit de prendre des sécurités financières accrues, des garanties efficaces pour ne pas être lessivé dans l'opération de l'achat ou de la location d'un bien immobilier.

L'APL, l'Aide Personnalisée au Logement "L'aide personnalisée au logement (APL) est une aide financière versée à certaines personnes, pour réduire le montant de leur loyer ou de leur mensualité d'emprunt immobilier. Elle est attribuée selon la nature du logement et la composition de la familleElle permet aussi d'accéder à la propriété et de recevoir de l'aide en cas d'impossibilité du payement du loyer".

Le solde qui dépasse l'aide, est acquitté en ligne directe du locataire au propriétaire. Si ce solde n'est pas payé endéans les trois mois, le propriétaire a l'obligation d'en informer l'APL. Comme l'APL suspendra d'office le droit au locataire dans sa totalité, le propriétaire n'a donc aucun intérêt à le faire. Cela se corse, vraiment, quand le propriétaire est dénoncé par son locataire. Celui-ci devra rembourser les montants perçus depuis le début du "contrat" avec l'APL et perdre la totalité des transactions en renvoyant les deux interlocuteurs dos à dos devant un tribunal. Comble du comble, si le locataire est insolvable, considéré comme "pauvre", il pourrait se voir condamné à verser 50€ par mois au propriétaire tout en restant locataire du logement. L'APL devient un piège à plusieurs facettes pour le propriétaire. Si celui-ci doit, lui-même, encore payer des traites pour le bien qu'il loue, cela peut se traduire par la descente aux enfers avec ces 50. Ces APL sont calculées en fonction de revenus. S'ils baissent, il y a tout intérêt à profiter du nivellement vers le bas prévu par la société. Cela équivaut à de l'assistanat institutionnalisé pour le locataire, tandis que la solvabilité n'est jamais considéré en défaut pour le propriétaire. 

En consultant les articles citoyens français récents, on trouve "La réforme des plus-value immobilières serait un cadeau aux riches" qui parle des allègement d'impôts sur les résidences secondaires, dans le but de relancer l'économie... 

Le Monde, lui, écrit que le pouvoir d'achat immobilier progresse.

Que ne ferait-on pas pour pousser en avant le schmilblick de cette manne financière?

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Retour en Belgique. 

"La brique moins solide"le titre d'une séquence du JT présentée le 28 juillet dernier. Demain, serait-ce une courbe rentrante? Les notaires reconnaissent que l'absence de mesures budgétaires en 2011 a soutenu le marché du logement. Comme la Région est en déficit, elle a besoin de fonds et si elle devait augmenter les droits d'enregistrement, cela pèserait sur le marché et tuerait la poule aux œufs d'or. Ses rentrées fiscales de 473,75 millions d'euros, ont encore progressé de plus de 15 %. En revanche, la TVA de 21 % sur les honoraires des notaires, n'a quasiment pas eu d'impact. Une étude demandée par ING tentait de démontrer que les prix de l'immobilier pourraient s'effondrer avec le risque d'une hausse des taux d'intérêts et une correction, en 2015.

La chute des prix de l'immobilier est à envisager si le scénario du pouvoir d'achat reste en baisse, alliée à l'augmentation des taux d'intérêts, de l'endettement des ménages belges et des changements de fiscalité, survenaient. Une baisse des prix de l'immobilier de 15% en 2017 sont relativisés par les notaires et qu'une uniformisation sur plusieurs régions pourrait assouplir les besoins de logements dans une grande ville comme Bruxelles. 

0.jpgUn agent immobilier avec une centaine de biens à vendre disait que tout se passait encore bien en constatant seulement un certain ralentissement, pas dans les prix, mais dans la durée d'une transaction qui s'allonge.

Le secteur immobilier est considéré comme stable en Belgique. La progression démographique aura donc des obligations d'élargissement en surface plutôt qu'en concentration.

La profession d'agent immobilier est régulièrement critiquée par service public fédéral des Affaires économiques. 

Depuis plusieurs années, l'inspection économique s'intéresse de près aux pratiques du secteur. Les enquêtes n'ont pas été très favorables aux agents immobiliers...

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En 2012, 75% de ceux qui avaient été contrôlés n'étaient pas en ordre avec leurs contrats.
Leur qualification pose problème. Pour les agents immobiliers, omettre le nom de la rue où le contrat a été signé n'est pas une faute professionnelle, ni même une faute grave puisqu'elle n'a aucun impact sur le consommateur. Selon l'IPI, la manière dont l'inspection économique qualifie ces faits entretient l'idée d'une profession pas nette... Tout ne baigne pas dans la profession. Des agents immobiliers sans scrupules existent, sans oublier ceux qui exercent illégalement la profession et qui ne tiennent pas compte des pratiques et des règles légales... Concrètement un contrat d'exclusivité signifie qu'on ne peut pas vendre soi-même son bien même si on constate que l'agent immobilier ne fait pas grand-chose...  

Sur les commissions, il est conseillé de négocier un maximum de 3 à 4% sur le prix de vente et une durée de l'exclusivité limitée à 6 mois en tenant à l’œil, l'éventuelle reconduction tacite de l'accord pourtant interdite par la loi. En finale, c'est aussi surveiller le compromis de vente et éviter de signer sous la pression parfois forte du vendeur...

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Le titre original de ce billet consistait en  un jeu de mots, "Maison, mais son immopour donner écho à tous les acteurs extérieurs qui prennent leur profit dans les transactions immobilières.

La situation semble s'être améliorée puisque le nombre des infractions avait diminué 30%. Plus aucune agence immobilière ne donne d'argent au vendeur d'un bien à la signature du contrat, comme ce fut le cas, il y a bien longtemps pour une agence qui a aujourd'hui disparu de la circulation.

Où vous mènera l'immobilier? A l'aile ou à la cuisse? 

A cet article de la croissance et de l'extravagance, qui parodique vous apprend ce qu'est l'équivalent français du NINJA, c'est le PAPAPAPAPAPAPAPA: "Pas d'Activité. Pas d'Appartement. Pas d'Avenir. Pas d'Amis. Pas d'Automobile. Pas d'Autonomie. Pas d'Argent. Pas d’Allant".

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En Belgique, cela pourrait se terminer par un "PABU" "Pas de Bulle", puisqu'il n'y a pas d'avantages fiscaux à l'horizon et que les banques ne sont pas préteuses sans répondant initial.

Avoir un bien pour se loger, pour y vivre soi-même, c'est d'accord, c'est un réel plus. Etre propriétaire de son propre logement et unique profite de la déduction fiscale, capital et intérêts de ses revenus professionnels.

Louer un bien immobilier, c'est souvent dire bonjour aux surprises des dégâts et aux tracasseries administratives dans le recouvrement des loyers. Un sujet-là qui mériterait plus qu'un article. 

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Pour terminer en beauté, pourquoi pas une maison à la montagne sur le toit d'un immeuble en ville comme l'a pensé un excentrique de Pékin? 

Six ans pour construire sa maison au dessus d'un immeuble résidentiel de 26 étages. Construit dans la roche montagneuse, ornée de gravats et d'arbres. "Originale comme idée, il ne lui manquerait plus que la mer avec les pieds dans l'eau", pourrait-on se dire à première vue.

Le malheur, c'est qu'il a déjà fait fuir quelques autres résidents qui ont eu à souffrir quelques fissures dans leur appartement.

Vraiment, il y a des gens qui ne sont jamais contents...0.jpg

Bruxelles, une métropole dans la boule de cristal sans devenir mégalopole comme un nouveau New-York à l'échelle du pays?

Ce ne serait plus un brique dans le ventre, mais uniquement du béton et une fameuse tuile à digérer  dans ce cas.

Un clic et un coup d’œil, sur les constructions bruxelloises toutes en hauteur...  

 

L'enfoiré,


 

 

 

Après leurs confrères du Brabant wallon - et avant ceux de Liège, du Hainaut et de Namur -, les chiffres que viennent de publier les notaires bruxellois montrent que, sous des apparences prospères, le marché du logement de la capitale connaît une véritable mutation.

Sur la base d'un indice d'activité immobilière fixé à 100 en 2007, les notaires bruxellois sont bien contraints d'admettre qu'avec 95,6 pour l'année passée "le marché n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise". Pourtant, les prix des unifamiliales, le bien le plus recherché à Bruxelles, sont à nouveau en hausse, en forte hausse même : + 11,8 % l'an passé.

Ce n'est contradictoire qu'en apparence. Tout indique que les Bruxellois - et tous ceux qui ont l'intention de le devenir - ont changé de comportement. La superficie moyenne des appartements neufs a baissé de 10 à 20 % en un quart de siècle et il y a fort à parier que le même phénomène vaut pour les unifamiliales sur le marché secondaire.

Explications

"Je constate dans mon étude que les gens achètent des biens de plus petite taille. Certains ménages ne peuvent plus se payer ce que leurs parents se sont payé. Ils ont donc adapté leur comportement", dit le notaire Gaétan Bleeckx. Ils achètent relativement jeunes un petit appartement, le revendent, en achètent un autre plus grand et, s'ils en ont les moyens, revendent une fois encore pour acheter une unifamiliale. "Ceux qui ont adopté cette attitude il y a dix ans ont bien fait: les prix ont doublé".

Ce type de comportement, qui ne fonctionne que lorsque les prix montent, mais qui alimente leur hausse, peut expliquer celle-ci alors que l'activité immobilière n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise. Mais d'autres facteurs jouent :

l'inflation, dont les acheteurs ont craint la résurgence. Or l'immobilier est réputé offrir un rempart contre l'inflation (c'est surtout vrai pour les investisseurs).

la démographie, qui ne présente pas forcément le profil que l'on croit. L'Institut bruxellois de statistique et d'analyse table sur 200.000 nouveaux habitants à Bruxelles d'ici 2020, soit 25.000 par an. Les nouveaux venus n'étaient que 19.000 en 2011, essentiellement sur les communes du centre et de l'ouest (Ixelles, Bruxelles Ville, Schaerbeek, Molenbeek, Anderlecht). Mais "attention aux apparences, dit le notaire Bleeckx: il y a aussi une immigration à haut pouvoir d'achat sur les communes de l'est de Bruxelles". C'est dans le croissant d'or du marché, allant d'Uccle à Woluwé Saint-Lambert, que les prix sont les plus élevés "et ce n'est sûrement pas un hasard: c'est là que sont situées les institutions internationales".

les taux d'intérêt, dont l'emprunteur moyen a cru qu'ils allaient monter (comme l'inflation). Il n'en a rien été, ce qui a permis et permet toujours de faire jouer l'effet de levier, c'est-à-dire d'emprunter à taux inférieur au return (rendement et plus-value) d'un logement mis en location. C'est aussi la modestie des taux d'intérêt qui explique que les investisseurs préfèrent la pierre au compte d'épargne et aux obligations ;

la fiscalité, c'est-à-dire l'abattement régional sur les droits d'enregistrement (sur les biens vendus sous le prix moyen du marché surtout) et la déductibilité des intérêts hypothécaires.

Courbe rentrante?

Et demain? Les notaires reconnaissent que l'absence de mesures budgétaires en 2011 a soutenu le marché du logement, mais, disent-ils, si la Région devait augmenter les droits d'enregistrement, elle pèserait sur le marché et tuerait la poule aux oeufs d'or puisque ses rentrées (473,75 millions EUR) ont encore progressé de plus de 15 %.

En revanche, la TVA de 21 % sur les honoraires des notaires n'a quasiment pas eu d'impact .

Mais l'activité s'est tassée au quatrième trimestre de 2011.

"L'avenir dira s'il s'agit à nouveau d'un début de courbe rentrante pour 2012". 

Citations:

  • « Le mur est plus important que la brique. », Dicton français
  •  « Le maître doit faire honneur à sa maison, et non la maison au maître. », Cicéron 
  • « On croit souvent qu'un appartement est bas de plafond, alors qu'il est tout simplement haut de plancher. », Pierre Dac
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0.jpgMise à jour 22 août 2013La hausse des prix de l’immobilier en Belgique se poursuit (+,2,2 %), même si elle est un peu moins forte que l’année dernière, selon les chiffres du SPF Economie pour le premier semestre 2013. Le prix des terrains s’envole.
 
 
 
Mise à jour 31 août 2013: Nouveau dossier dans l'Echo

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0.jpgMise à jour 14 septembre 2013
: Sur leboncoin.fr qui crée le buzz. Trop de candidats pour la location d'un studio à Paris? Jusqu'à 40 email ou demande de visites par heure. 

Un droit de visite de 5 euros, à payer par PayPal, est demandé par un propriétaire qui dit avoir trop de fantaisistes. Un commentaire était : "1 euro pour visiter mes chiottes".... :-)

 

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Mise à jour 11 décembre 2013:


1. Le bonheur des uns fait le malheur des autres....  
La colère monte contre les sociétés high-tech à San Francisco. L'afflux de ces employés aux salaires souvent élevés, a entraîné une inflation rapide des prix de l'immobilier. Le bus-Google a été bloqué, le 9 décembre à 9h, dans le quartier de Mission à San Francisco. Les calicots disaient "Stop aux expulsions", "San Francisco n'est pas à vendre".La spéculation immobilière y va bon train. Le loyer pour un appartement à 2 chambres s'élève à 330 $. L'achat s'élève à un million de dollars. Tout devient plus cher qu'à New York. La réaction des autorités, c'est d'augmenter les appartements sociaux.

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2. "Pourquoi les villes sont en première ligne du combat pour le développement durable?".
0.jpgLa proportion de citadins dans le monde est passée de 10% au début de la révolution industrielle à 53% aujourd'hui. Pour 2050, on attend 67%.
Les villes deviennent intelligente. Le principe de subsidiarité et l'économie d'échelle sont devenus les points principaux. L'Objectif Développement Durable Urbain est devenu primordial.
 
 
 

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Mise à jour 03 juin 2014: Fin du chantier Up-Site, la plus haute tour de logements du pays.

0.jpgMise à jour 20 août 2014: Le prix des maisons se stabilise, celui des appartements continue à grimper.

 

Après leurs confrères du Brabant wallon - et avant ceux de Liège, du Hainaut et de Namur -, les chiffres que viennent de publier les notaires bruxellois montrent que, sous des apparences prospères, le marché du logement de la capitale connaît une véritable mutation.

Sur la base d'un indice d'activité immobilière fixé à 100 en 2007, les notaires bruxellois sont bien contraints d'admettre qu'avec 95,6 pour l'année passée "le marché n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise". Pourtant, les prix des unifamiliales, le bien le plus recherché à Bruxelles, sont à nouveau en hausse, en forte hausse même : + 11,8 % l'an passé.

Ce n'est contradictoire qu'en apparence. Tout indique que les Bruxellois - et tous ceux qui ont l'intention de le devenir - ont changé de comportement. La superficie moyenne des appartements neufs a baissé de 10 à 20 % en un quart de siècle et il y a fort à parier que le même phénomène vaut pour les unifamiliales sur le marché secondaire.

Explications

"Je constate dans mon étude que les gens achètent des biens de plus petite taille. Certains ménages ne peuvent plus se payer ce que leurs parents se sont payé. Ils ont donc adapté leur comportement", dit le notaire Gaétan Bleeckx. Ils achètent relativement jeunes un petit appartement, le revendent, en achètent un autre plus grand et, s'ils en ont les moyens, revendent une fois encore pour acheter une unifamiliale. "Ceux qui ont adopté cette attitude il y a dix ans ont bien fait: les prix ont doublé".

Ce type de comportement, qui ne fonctionne que lorsque les prix montent, mais qui alimente leur hausse, peut expliquer celle-ci alors que l'activité immobilière n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise. Mais d'autres facteurs jouent :

l'inflation, dont les acheteurs ont craint la résurgence. Or l'immobilier est réputé offrir un rempart contre l'inflation (c'est surtout vrai pour les investisseurs).

la démographie, qui ne présente pas forcément le profil que l'on croit. L'Institut bruxellois de statistique et d'analyse table sur 200.000 nouveaux habitants à Bruxelles d'ici 2020, soit 25.000 par an. Les nouveaux venus n'étaient que 19.000 en 2011, essentiellement sur les communes du centre et de l'ouest (Ixelles, Bruxelles Ville, Schaerbeek, Molenbeek, Anderlecht). Mais "attention aux apparences, dit le notaire Bleeckx: il y a aussi une immigration à haut pouvoir d'achat sur les communes de l'est de Bruxelles". C'est dans le croissant d'or du marché, allant d'Uccle à Woluwé Saint-Lambert, que les prix sont les plus élevés "et ce n'est sûrement pas un hasard: c'est là que sont situées les institutions internationales".

les taux d'intérêt, dont l'emprunteur moyen a cru qu'ils allaient monter (comme l'inflation). Il n'en a rien été, ce qui a permis et permet toujours de faire jouer l'effet de levier, c'est-à-dire d'emprunter à taux inférieur au return (rendement et plus-value) d'un logement mis en location. C'est aussi la modestie des taux d'intérêt qui explique que les investisseurs préfèrent la pierre au compte d'épargne et aux obligations ;

la fiscalité, c'est-à-dire l'abattement régional sur les droits d'enregistrement (sur les biens vendus sous le prix moyen du marché surtout) et la déductibilité des intérêts hypothécaires.

Courbe rentrante?

Et demain? Les notaires reconnaissent que l'absence de mesures budgétaires en 2011 a soutenu le marché du logement, mais, disent-ils, si la Région devait augmenter les droits d'enregistrement, elle pèserait sur le marché et tuerait la poule aux oeufs d'or puisque ses rentrées (473,75 millions EUR) ont encore progressé de plus de 15 %.

En revanche, la TVA de 21 % sur les honoraires des notaires n'a quasiment pas eu d'impact .

Mais l'activité s'est tassée au quatrième trimestre de 2011.

"L'avenir dira s'il s'agit à nouveau d'un début de courbe rentrante pour 2012".

 
Les Belges nourrissent un optimisme sans faille quant à la valeur présente et future de la brique, d'après l'enquête immoweb.be/Mon Argent. Le ralentissement de la demande et des prix depuis le début de l'année ne devrait-il pas les inciter à davantage de prudence?

On savait le Belge très attaché à la brique. On peut désormais affirmer qu’il place en elle une confiance aveugle en termes de croissance patrimoniale. Selon l’enquête menée par le site Immoweb.be et Mon Argent (résultats complets ce samedi 3 septembre dans notre supplément Mon Argent), près de 9 Belges interrogés sur 10 pensent que leur habitation va prendre de la valeur dans les 10 années à venir. Et deux tiers des sondés parient sur des prix immobiliers en hausse dans le futur.

12/08/2013

Gran Canaria, l'île continent

Une partie du monde que je connais bien, ce sont les Canaries. On les a appelé les îles au printemps éternel. Entre 1975 et 2009, pas moins de quinze voyages à destination des Canaries, dont dix à Gran Canaria, quatre à Tenerife et un à Lanzarote.

0.jpgLes Canaries sont constituées de sept îles très différentes, mais toutes ont un point commun: un climat plus humide et plus nuageux dans le nord de chacune d'elles, et un sud, plus aride et plus ensoleillé.

Cet ensoleillement attire, évidemment, plus les touristes pour des îles qui sont à la même latitude que le Sahara Espagnol au sud du Maroc. 

Gran Canaria est la troisième île en superficie. Pourtant, c'est l'île qui cumule le plus de superlatifs. C'est elle qui accueille le plus de vol internationaux par l'intermédiaire de l'aéroport de Las Palmas, elle qui jouit du plus de diversités de ses paysages et de climats à tel point qu'elle est comparée à un continent en miniature. De forme circulaire, chaque point de l'île n'est pas à plus de 25 kms des côtes à vol d'oiseau. 

La douceur de climat oscille entre 18 et 25°C, grâce aux alizés humides de l'anticyclone des Açores. Cela ne veut pas dire que l'île ne subit pas de pointes du sirocco (calima), en provenance du Sahara tout proche. Ce vent chaud peut faire grimper la température à 40°C, même en dehors du milieu de l'été. 

Le climat reste printanier toute l'année, ce qui fait que la saison touristique se caractérise par une montée spectaculaire en hiver, considérée comme haute saison. L'île voit apparaître les Scandinaves, les Belges, les Allemands et d'autres en provenance de pays moins cléments. Les Allemands y trouvent leur "konditorei" et leurs salons de thé comme chez eux. "Hier, sprechen wir duitsch", la mention la plus fréquente sur les devantures...

Trois millions de touristes séjournent chaque année dans cette île alors qu'il y a moins d'un million de résidents.

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On apprennait récemment que les Allemands sont devenus indésirables à Majorque, pas encore à Gran Canaria. On ne la peut-être pas remarqué où le bénéfice de l'opération "tourisme" dépasse les inconvénients.

Sur ses 1.560 km2, Gran Canaria réunit toutes les richesses naturelles. Deux parcs naturels. 236 kilomètres de côtes dont 60 kms de plages de sables blancs. Les plantations bananières se répartissent dans le nord-ouest. C'est le sud avec ses plages de sable blanc et les dunes de Maspalomas qui impressionnent par son côté de mini Sahara et qui attirent le plus les touristes. Puis, ce qu'on nomme la petite Venise, Puerto de Mogan, qui suit plus le modèle de Marina que l'originale ville italienne.

La vie extra-touristique se déroule beaucoup plus dans le Nord de l'île. 

L'intérieur montagneux a son point culminant à 1949 mètres au Pozo de las Nieves et des sommets volcaniques comme les rochers Roque Nublo et Bentayga, massifs rocheux de 2000 mètres d'altitude entourés de vallées profondes qui feraient penser aux canyons américains. D'anciennes coulées de lave de toutes les couleurs rappellent que toutes ces îles sont d'anciens volcans.

Les villes et villages du nord comme Arucas, Teror, Galdar, Telde, Tejeda... ont tous gardé les noms d'origine des premiers habitants: les Guanches qui descendaient de Berbères d'Afrique du Nord au nombre de 30.000.

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Dans l'histoire, les sept îles Canaries (Tenerife, Fuerteventura, Gran Canaria, Lanzarote, Palma, Gomera et Hierro) ont été affublées de noms divers comme fabuleux jardin des Hespérides, filles du roi Atlas, de Champs Elysées d'Homère, les "Islas Afortunadas" (îles fortunées) de Pindare, l'Atlantide de Platon, "Nivaria et Canaria" de Plinio... . 

Les Guanches ont laissé beaucoup de vestiges dans les grottes et des batailles terribles ont été menés par eux, tour à tour contre des envahisseurs génois, maures, portugais et catalans.

Le normand Jean de Béthencourt vint à bout de leurs résistance sans parvenir à vaincre totalement ceux de Gran Canaria. Entre 1461 et 1483, les Espagnols terminèrent le travail de conquête grâce à Pedro de Vera Les Guanches sont tués, se suicident ou seront réduits à l'esclavage et convertis au christianisme. 

Ces épisodes historiques se retrouvent dans "Le Canarien".

Selon ce que rapporte Boccace« les îles Canaries  sont des terres rocailleuses sans aucun type de cultures agricoles, mais riches en chèvres et autres animaux et remplies d'hommes et de femmes dénudés s'apparentant à des sauvages. Certains de ces hommes semblent avoir du pouvoir sur les autres et s'habillent de peaux de chèvres teintes à l'aide de safran et de colorants rouges. Ces peaux ont l'air fines et sont cousues avec soin grâce à des fils faits en tripes d'animaux. Leur langage est très doux, et leur façon de parler très vive et rapide». 

Devenue tête de pont pour Christophe Colomb pour y trouver épouse et poursuivre sa traversée de l'Atlantique.

L'archipel fut attribué à l'Espagne en 1479 par le traité d’Alcáçovas.

De nombreuses attaques se poursuivirent. En 1599, par les Hollandais. En 1797, par les Anglais et Nelson, à l'assaut de Santa Cruz de Tenerife, y perdit un bras.

Las Palmas est devenu un port franc, comme porte d'entrée au Nouveau Monde, jusqu'en 1898 qui entraîne la mobilisation pour l'indépendance des Canaries sous forme de deux provinces, ratifiée en 1927. Les Isleños, les descendants des Canariens, se retrouvent à Cuba, au Vénézuela, à Porto Rico, en République Dominicaine, jusqu'en Louisiane, pays dans lesquels ils y ont installé un peu de leur culture.    

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Las Palmas, la capitale au nord-est de l'île, longue de plus de onze kilomètres, peut être vue avec avantage à partir de la forteresse militaire, Castillo de la Luz, construite au XVIème siècle pour résister aux attaques des pirates. La cathédrale, les maisons de style colonial, les musées canariens et des beaux arts "Casa de Colon", les plages, les rues et places apportent les compléments au pittoresque de sa situation.

Le folklore est encore vivace. Maintenu par le tourisme, bien entendu. Les danses et les chansons "isas" et "folias" en font partie, accompagnées par la guitare "timple", un instrument qui ressemble au charango des Incas et qui s'accorde en "sol do mi la ré" mais qui ont un mélange de racines guanches et espagnoles.

La gastronomie passe par le gofio, le puchero canario, le sacocho et autres. Le dessert s'accompagne de l'alcool de banane  ou de rhum. 

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Dans le Nord, les côtes abruptes. A Puerto de las Neves, "el Dedo del Dio" (le doigt de dieu), un rocher en forme de doigt, s'est effondré dans les flots depuis quelques années. Une anecdote à ce sujet? Pour le photographier, une belle baignade avec appareils photos, après une glissade sur les rochers érodés par la mer.

Autres intérêts, le mini volcan à côté d'Arucas et, surtout le cratère éteint de la Caldera de Bandama rappellent que c'est une île volcanique comme toutes les îles consoeurs. Le passé aborigène de la Grotte de Los Frailesdans la commune de Santa Brigida, est creusé dans la pente du volcan de la Caldereta dans un gisement formé par 37 grottes naturelles, découvertes en 1933. 

Rien à voir avec la vision du volcan Teide, visible de partout du haut de ses 3718 mètres, sur l'île de Tenerife en face. Rien à voir non plus comparativement au volcanisme toujours en activité sur l'île de Lanzarotte, qui a subi des éruptions pendant cinq ans dans son histoire. Quant à l'île de Hierro, elle a vu apparaître, plus récemment, la naissance d'un volcan sous-marin qui a fait penser à la sortie d'une huitième île.

Retour dans la partie de l'île la plus "sacrifiée" au tourisme, le sud de l'île avec Playa del Ingles et Maspalomas. Là, ce sont les hôtels, les locations de maisons, d'appartements qui leurs sont destinés, octroyés pour quelques dollars ou euros. Tous défilent et défient l'aridité du paysage aux alentours. 

Playa del Ingles, la "Plage des Anglais", s'étale sur 2000 hectares et étire une plage de sable de 17 kilomètres tout en longeant des dunes à perte de vue en largeur et en hauteur devenues patrimoine national. Se retrouver entre deux dunes qui peuvent atteindre les 20 mètres de haut, c'est se retrouver au coeur du Sahara. 

A part cela, qu'y a-t-il à voir dans ce sud? Des habitations qui peuvent être originales et des centres de shopping qui rassemblent les desiderata de touristes en restaurants et lieux d'amusements. Les excursions dans l'île sont escortées par des guides qui s'épuisent à répéter, jour après jour, les faits historiques, très vite oubliés par ses hôtes. Ceux-ci garderont peut-être plus de souvenirs amusés à la dégustation de boissons aux liqueurs de bananes.  

Gran Canaria, je l'ai parcourue de part en part. En car ou en voiture. Localement, à partir du point de départ, à courir, à chercher comment on y vivait vraiment en dehors du tourisme, sans vraiment le trouver car l'île reste secrète.  Le touriste s'il le veut, en cherchant, y trouvera aussi son bonheur... 

Tous les matins, une sortie aux aurores. A courir, toujours un peu plus loin. A suivre la montée du soleil sur l'horizon. Le point d'observation, pas vraiment une digue, mais un promontoire qui surplombe les dunes, permet de suivre la côte vue de haut. Le soleil qui se lève sur la mer ou seul dans les dunes avant que les touristes ne se lèvent ou quand ils dégustent leur petit déjeuner, c'est ça, le pied.

Si on aime le sport, Gran Canaria est une destination idéale.

La crise économique n'était qu'à ses balbutiements lors de ma dernière visite. L'Espagne ne sortait pas encore du chapeau des pays à risques. Depuis, elle y a fait mouche ou tache. A l'époque, les côtes du Sud marocain et du Sahara espagnol distants de 200 kilomètres, faisaient que Les passeurs délaissent les îles Canaries pour la Méditerranée. Ils changeaient de route, à bord de bateaux rapides, avec l'objectif des îles de Lampedusa et de Malte, moins risquées que par l'Atlantique. 

Les Canaries sont bien loin des côtes espagnoles, mais cela ne doit être resté insensible pour autant, pensais-je. 

Un territoire d'outre mer de l'Espagne à quatre heures de vol au départ de Bruxelles. 

Des voisins y sont allés récemment, je me suis informé de ce côté. La crise n'est pas sensible pour le touriste. Tout serait donc toujours "blue sky".

Des appartements, si c'est la même chose qu'en Espagne continentale, doivent avoir chuté de prix. Les soldes forcées, cela devient très contagieux. Pour ce qui est du travail et de l'ambiance plutôt morose qui sévit en Espagne, pas un mot.

La grand fougue du Time-sharing est passée. Cela ne crée plus la folie d'achat vu les arnaques qui se sont déroulées dans le passé.

Consulter Internet pour y trouver des événements spécifiques et plus précis, plus caractéristiques, sur la vie de tous les jours, ne m'a pas permis d'en connaitre plus.

S'il n'y a pas de saisons marquées aux Canaries, le temps s'y passe sans se rendre compte des changements.

Un printemps éternel et cela se sait. Un peu trop peut-être. Les touristes arrivent par flots continus dans des cars bondés de valises de janvier à décembre à partir de l'aéroport de Las Palmas.

Un souvenir de 1977, en provenance de Gran Canaria? Lors d'une escale à Ténérife, la vision de la catastrophe aérienne la plus importante, une semaine après l'accident. Une piste roussie à l'endroit du drame. L'aéroport dans le sud de l'île était encore en construction. Le 27 mars 1977, sur l'aéroport de Los Rodeos au nord de l'île de Ténérife aux Canaries, un Boeing 747 de la compagnie néerlandaise KLM qui entamait son décollage, avait percuté à plus de 250 km/h un autre Boeing 747, de la compagnie américaine Pan American qui roulait sur la piste. La catastrophe avait fait 583 morts. A l'origine, un attentat à Las Palmas et un Boeing 747 qui avait été dérouté sur le seul aéroport de l'époque, Los Rodeos alors dans un brouillard intermittent.

Les îles Canaries, les "îles aux chiens" d'après l'éthymologie, sont autonomes dans l'archipel de la Macronésie. Aucun lien avec la mère patrie espagnole, si ce n'est historique et géopolitique.

A 1300 kilomètres à vol d'oiseau, comment en serait-il autrement même si le raffinage du pétrole et l'agroalimentaire sont d'autres ressources de l'île?

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Une différence d'approche entre le vacancier et le résident dans l'appréciation de la situation économique? 

Ce qui est positif aux yeux des "temporaires", peut devenir négatif à la sortie de cet espace-temps. Le point négatif pour un jeune, c'est comme pour tout les insulaires: l'éloignement de tout. 

Gran Canaria, perdue au milieu de l'océan, ne fait pas défaut.  Certains s'en suffiront, d'autres auront des envies de s'évader même si c'est un paradis.

"Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient?", se demandait Jacques Brel. 

Rien à voir avec l'autre destination de vacances, Madère, autre île de cette Macronésie, avec Funchal et le fun de chaleur, humide partout et dans laquelle, il n'y aucune surface plane et où les fleurs et les plantes poussent sans leur ajouter de l'eau grâce à l'humidité de l'air. 

Rien à voir, non plus, avec les lagons des Antilles. Nous sommes dans l'Atlantique, ne l'oublions pas.

Les oiseaux migrateurs survolent Gran Canaria, haut dans le ciel.

Le Chevalier Aboyeur, égaré, pose ses pattes sur le sable mouillé.

Le touriste migrateur aboie tout autant "Vamos à la playa" et y pose ses jolies jambes de Super Star.  

Dès qu'il n'a plus d'euros en poche, ce vacancier retourne chez lui pour refaire une santé à son porte-monnaie et fait de la place au suivant à midi pile.

Elle n'est pas belle, la vie canarienne? 

Un continent, Gran Canaria?

A l'échelle des îles Canaries, très certainement...

Et si on se payait "un cafe negro de España" pour se mettre dans l'ambiance?

podcast



Mieux encore, la chanson de Jacques Brel dans "Itinéraire d'un enfant gâté", même si ce n'est pas Papeete, aurait quelques vers qui pourraient faire penser à Gran Canaria, bien plus que ses Marquises...

 

Une île au large de l'espoir

Où les hommes n'auraient pas peur

Et douce et calme comme ton miroir...

Offrant l'océane langueur

D'une sirène à chaque vague...

Une île chaude comme la tendresse

Espérante comme un désert

Qu'un nuage de pluie caresse...

Qui nous cachent les longues plages ...

 Car c'est là-bas que tout commence

Je crois à la dernière chance...

 

Les photos de là-bas vous attendent

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • «  Chercher son bonheur, c'est chercher une île déserte et minuscule dans une petite barque inconfortable munie d'une seule rame. Le malheur, c'est perdre la rame. La sagesse, c'est comprendre que l'île n'existe pas... », Romain Werlen 
  • « La parenthèse est l'île du discours. », Victor Hugo
  • « J'ai d'excellent vin de Malaga et de Canaries; mais je vous réponds que je ne l'enverrai pas à mon évêque», Voltaire

05/08/2013

Travail et égalité: la matrice libérale

Mais qu'est-ce qui fait courir le monde vers le libéralisme, le travail, la volonté de pouvoir, d'argent? Corentin de Salle donnait quelques incitants, quelques données historique de ce qui, pour lui, constitue le libéralisme (interview). L'histoire de l'économie, avec l'aide d'Alternatives Économiques, cela devient une opération à plusieurs volets. Les commentaires sur Internet semble parfois perdre quelques réalités de notre monde qui ne danse pas uniquement sur le pied gauche ou droit, social ou libéral, prêt à en perdre l'équilibre. 

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Les questions du journaliste tournaient autour du mot libéralisme. 

D'abord, la définition de Wikipedia: "Le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir du souverain".  
- Le libéralisme devrait-il être assimilé à un ensemble de recettes minimalistes destinées à assurer la vitalité de cette force sauvage qu’est le marché? 
- Non, répondait Corentin de Salle, juriste, philosophe et chercheur au Centre Jean Gol, fondateur de l'Institut Hayek. La tradition libérale est bien plus complexe et plus riche. Il développait ses idées dans un ouvrage qui retrace l’histoire de la pensée libérale en deux tomes "La tradition de la liberté". L'idée que le libéralisme est l’idéologie dominante est erronée parce que le libéralisme n’est pas une idéologie mais une doctrine. Une idéologie est un système théorique, dogmatique, fermé et figé tandis qu'une doctrine est empirique, argumentée, ouverte et évolutive dont la souplesse explique sa pérennité. Dans le champ intellectuel actuel, le libéralisme est probablement la doctrine la plus contestée et la moins défendue. Le libéralisme est souvent accusé de générer des inégalités sociales.".
En cherchant plus loin, on découvre que Corentin de la Salle  voit le capitalisme comme premier bienfait de l'humanité, comme un libéralisme chimiquement pur, mais c'était en 2004. Cela fait déjà un temps et la crise est passée depuis. Tout évolue, même les idéologies se transforment en fonction des événements.

Une petite remontée dans l'histoire s'impose jusqu'aux fondateurs ou à ceux qui en ont le nom. Et "Alternatives Economiques" va m'y aider. 

Adam Smith et Friedrich von Hayek sont souvent pris comme les précurseurs.

Adam Smith est considéré comme le symbole de ce libéralisme économique radical alors qu'il se définissait bien plus comme moraliste et philosophe. 

Malgré les similitudes frappantes entre son monde et celui d’aujourd’hui, il devrait se retourner dans sa tombe de se voir étiqueté comme on le fait aujourd'hui. 

En tant que fils de douanier, Adam Smith baignait dans une culture de service public. Il affirmait qu’il ne fallait pas confondre les rôles entre public et privé. Il dénoncait les collusions entre le monde économique et le monde politique. 

Au XVIIIe siècle, le commerce colonial était aux mains d’entreprises dominantes, de "compagnies exclusives" qui bénéficiaient de monopoles sur les flux de marchandises entre les colonies et la métropole.  

Pour lui, l’État doit, avant tout, remplir, une fonction régulatrice.

Fondateur de la discipline économique comme on le voit dans son livre "Recherches sur la nature et les causes de la richesses des nations", il s'est vu associé, par les néolibéralistes, à la parabole de la main invisible et ce qu'il en est advenu, alors que toute sa vie, Adam Smith a œuvré à la réduction des inégalités.

"Théorie des sentiments moraux" reste son livre de prédilection. "Considérations sur la formation des langues" associe l'évolution de la pensée et du savoir à la transmission par les langues dans le but de progrès. 

Ce n'est que sa "Théorie des sentiments moraux" qui exprime le désir de sympathie pour adoucir les actions guidées par l'intérêt personnel qui fait croire à un libéralisme plus dur, alors que sa pensée innocente est subordonnée de manière implicite à celle que l'homme est naturellement altruiste et vertueux. Deux Adam Smith opposés et complémentaires pour que cela puisse fonctionner.

Comme professeur de philosophie morale, il voulait prouver que le désir d’enrichissement illimité est socialement bénéfique parce qu'il part du principe qu’une personne qui acquiert une richesse illimitée, ne peut en consommer qu’une partie au cours de sa vie. Ce qui donne comme conséquence que cette personne finira par réinjecter le reste dans l’économie, générant ainsi de l’emploi et de la richesse pour tous les autres.

Son idée de libéralisme aurait ainsi créé la classe moyenne.

Dans le concept globalisé de sympathie, d'altruisme et d'intérêt personnel, réside le paradoxe d'Adam Smith.

La contradiction se retrouve dans "Richesses des nations" qui analyse le fonctionnement capitaliste. La trilogie du capital, de l'accumulation et de la croissance par le travail orchestrée par la monnaie comme valeur d'usage et d'échange.

Pour lui, le travail est divisé en ce qui est productif ou stérile. Chaque travailleur étant à la base d'une petite partie simple et répétitive du produit fini dans lequel il n'aura aucune chance de développer son intelligence. Les dépenses devraient être financées par un impôt équitable, progressif et sans fiscalité excessive.

La différence entre libéralisme et capitalisme reste sensible, même si les deux entités se juxtaposent à certains moments.

La parabole de la main invisible, définie par les stoïciens, dépasse les bonnes intentions en suivant la liberté naturelle et l'évolution naturelle, découverte par Darwin. 

Adam Smith a fourni ainsi toutes les armes à ses futurs adorateurs et détracteurs.   

Au XVIIIe siècle, la France comptait pourtant bon nombre de penseurs authentiquement libéraux. La logique jacobiniste l’a emporté sur toutes les autres tendances en France. Napoléon créa les grandes écoles et les cadres de l’État français, parmi les élites oligarchiques qui ont placé l’intérêt de l’État avant tout le reste. À cela s’ajoute, la nostalgie du gaullisme qui n’avait jamais été très ouvert à la mondialisation.

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La contradiction vient par l'autoritarisme de l'argent comme but final.

Ce qu'il a habilement mis sous silence, c'est l'esclavagisme sur lequel était construit cette effervescence que pouvait apporter le capitalisme flamboyant de l'époque.

Un autre penseur dit libéral, Friedrich von Hayek s’inspire des "Lumières écossaises". C’est un courant de pensée qui se base sur l’évaluation normative du libéralisme, structuré par des normes et des institutions ayant pour thèse que, lorsqu’un comportement est économiquement utile, il finit toujours par se généraliser. Le Parlement finit ensuite par l’adopter sous la forme d’une loi. C'est quand le comportement devient automatique  avec des règles qui ne viennent que du sommet et non de la base que les problèmes se posent. Mais, Hayek a toujours cultivé une grande modestie par rapport à la complexité des phénomènes sociaux.

Il est également auréolé par des contradictions. Non conformiste libéral, ami de Keynes, il s'est opposé à lui jusqu'à la mort de ce dernier. Son interventionnisme l'a fait accuser de totalitarisme. Ce n'est qu'en 1974, que son prix Nobel le fera ressortir réellement de l'ombre.

Par après, il se radicalise comme principal théoricien du néolibéralisme tout en restant dissident des libéraux. D'après lui, l'économie ne peut être autonome sinon elle devient un danger pour la société sous la seule emprise des mathématiques.

0.jpg"L'ordre sensoriel" et le "Scientisme et science sociale" sont deux livres clé de sa pensée. La société est trop complexe pour permettre à la seule raison de comprendre ce qui la dépasse.

Il a l'idée de compartimenter la connaissance en disciplines distinctes pour parvenir à plus d'expertise tout en perdant, ainsi, la vision globale des processus.

Le prix des choses reste un des signaux de la santé d'une entreprise humaine.

Dans "La présomption finale", il attribue l'erreur du socialisme à une volonté de régression sous la forme d'une société tribale dans laquelle le plus fort est seul gagnant.

Pour lui, un taux d'intérêt trop bas est un autre signal qui fait augmenter la production par rapport aux biens de consommation et stimule artificiellement la production. Ces "ordres spontanés" lui font penser à la progression de la stabilité vers le chaos.

Méfiant vis-à-vis de la démocratie tyrannique de la majorité sur la minorité, il préfère une gouvernance autoritaire et une économie libre.

On se retrouva ainsi, avec Adam Smith, moins libéral qu'il n'y parait et Friedrich Haeck, comme porte-drapeau du néo-libéralisme, alors qu'il est resté un philosophe hétérodoxe de cette doctrine. 

Deux situations paradoxales...

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Le libertarianisme, lui, dépasse l'objectif du libéralisme et se retrouve dans le idées du "Tea Party", anti-étatique, prôné par Milton Friedman, prix Nobel de l'économie 1976.

Celui-ci a été le véritable ennemi de la conception de Keynes et le véritable moteur idéologique de Margaret Tatcher et Ronald Reagan dans les années 80.

Cette doctrine-là a été génératrice des crises dont on subit encore les effets secondaires aujourd'hui par le creusement du grand écart entre riches et pauvres en laissant l'automatisme des marchés autorégulés.  

Pour lui, la liberté économique ne pouvait se réaliser qu'avec la liberté politique totale des marchés... Son néoliberalisme radical ne préconise pas de salaire minimum. La sécurité sociale est un impôt négatif sur le revenu et une entrave pour le travail. Ses écrits comme "Méthodologie de l'économie positive et naturelle" prônent le côté positif des choses. L'inflation est l'ennemi numéro un. Il peut détrôner ses avoirs et ruiner la consommation reliée aux revenus permanents.

Friedman était donc complètement dans l'ère des automatismes, du numérique, des robots. Faire tourner la machine avec des programmes en binaire. Fini le cousu en fil blanc de la sentimentalité, de l'humanisme... 
La machine est un bienfait mais doit rester un outil et pas un chef d'orchestre. 

Progresser, rester positif et ne pas dégraisser le revenu. Défalquer des frais généraux mais y ajouter les frais particuliers, via le monétarisme, l'écartement entre le marché tout puissant et le normatif liée à l'individu.

Le chômage est considéré par lui, comme secondaire et inhérent aux processus naturels qui doit pouvoir s'équilibrer par les lois du marché par son pouvoir discrétionnaire et flexible. L'équilibre est à trouver entre le PIB d'un pays et le jeu des taux d'intérêts monétaires. Rester souple et léger, jeune et beau. Chômer, c'est perdre cette élasticité accordée aux articulations qui sans cela s’ankyloseraient. 

On parle toujours de PIB et pas de "Bonheur Intérieur Brut", eu égard au rapport de Stiglitz.

0.jpgFut-il un lampiste, un lanceur d'alertes, comme Snowden, mais plus officiellement désigné pour le faire? 

Ce ne sont pas ceux qui crient au scandale contre le libéralisme qui sont des anti-libéraux par leurs actes. 

Alors, il y a ce qu'on en dit aujourd'hui sur le forum citoyen d'Agoravox...

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Des articles qui mènent à la confusion dans une danse d'Echternacht entre commentateurs, pro ou contre liberaux comme dans "Au secours, Keynes revient" alors que "Keynes, étudié par Gilles Dostaler dans le contexte de l’époque après une biographie de Roy Harrod en tant qu’ami et collaborateur dit Keynes se définit en 1938 comme un immoraliste qui, donc, ne veut imposer aucune norme morale, mais en fonction d’une éthique personnelle. 

En 1920, l’économie n’arrive qu’en dernière place après les questions sexuelles qu’il considérait comme moyenâgeuses et finir à la chambre des lords, riche, fasciné par les statistiques sans pouvoir pour autant prédire l’avenir et croire au progrès dont les capacités ne sont réservées qu’à une élite technocratique capable de retourner les rapports de force politiques. Il a été l’ami de von Hayek. Il a construit sa légende avec plusieurs livres destinés à la postérité.". 

0.jpgDes BRICS vaguement patraques? L'Inde a reçu son big bang, avec la libéralisation poussée de l'économie. Le Brésil tente de freiner l'inflation. La Chine ralentit sa course à la croissance pour contrer les créances douteuses. La Russie peine avec la bureaucratie et son interventionisme d'Etat. 

Quant à la chute de Détroit, le Motown, elle serait due à la prépondérance des subvention pour les gros poissons et un manque de respect pour les PME et les TPE. 

Une valse à mille temps, de paradoxe en paradoxe, de décisions mal appropriées en rapport avec le réel des situations?

Pas vraiment si l'on se met dans l'environnement ad hoc et l'époque idoine.

Être libéral, au sens américain du terme, c'est équivalent à être de gauche et progressiste, au sens européen.

De là, vient, peut-être, toutes les confusions dues à l'interprétation des mots que l'on donne aujourd'hui sur Internet.  

"La fable de l'assistanat qui vise l'Etat providence"...

"Pourquoi devez-vous toujours payer plus d'impôts et que la pauvreté continue d'augmenter?

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Est-il libéral, anti-social, de pousser les constatations suivantes? "A long terme, les transferts d’argent d’un secteur efficace et productif vers un secteur moins efficace seraient vouées à l’échec. Le bureaucrate dépenserait l’argent des autres et ignorerait qu’il y a une limite, ce qui le conduit à abuser des dépenses. Les États-providence promettent un système de santé généreux dans lequel la hausse du salaire minimum, l’argent apparaît de façon magique avec la contrepartie que cela ne peut être financé que par de l’emprunt ou une augmentation des impôts. L’interventionnisme dans un cercle vicieux ne peut pas conduire à un système d’organisation sociale permanent qui restreint la production et n’améliore pas la situation des plus pauvres en absorbant les surplus économiques pour tenter de résoudre les problèmes toujours grandissants. Surenchère des mesures qui aboutit à l’effondrement du système global pour devenir des économies centralisées avec une police d’Etat, et des privations de libertés. Les gens sont-ils assez intelligents pour comprendre les avantages du marché libre? Une nation qui est devenue accro aux rêves va presque infailliblement élire des politiciens qui lui promettent des avantages gratuits, même si ces avantages n'apparaissent jamais.".

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Constatation ou interprétation? 

Pendant cela, les déficits des gouvernements sont colossaux. Ce n'est pas une question d'austérité, mais d'attribution des moyens pour qu'ils deviennent plus efficaces et les plus profitables pour tous.

Les bénéfices des entreprises privées, sont pointés du doigt comme la pire des attitudes. Réaliser une marge positive est devenu une obligation vitale puisqu'elle n''est pas subsidiée par l'Etat. Les bénéfices constituent le "cash flow" d'une entreprise après avoir rétribué investisseurs et actionnaires. Les pertes, les déficits trop répétées et c'est la faillite qui se retrouve en bout de course quand aucun organisme pretteur ne se présente plus pour renflouer. Les concepts de bénéfices et de profits ne sont pas totalement identiques. Le 2ème étant plus proche de l'idée du capitalisme. 

0.jpgEn attendant, voilà qu'en Belgique, on devrait trouver 3,5 milliards de plus sous le sabot d'un cheval. Alors, les plus pessimistes préparent leur nouvelle arche de Noé, au cas où. Les optimistes se congratulent d'avoir touché quelques picaillons pour la prime de vacances avec la rappe à fromage. Les réalistes se creusent la cervelle devant l'absurdité des décisions politiques.

Plaider pour des pensions de base de 1000 euros pour tous... La dernière du jour... Définir un plancher sans positionner le plafond... mais l'idée ne convainc pas vraiment. 

Les économistes-conseilleurs ont joué et jouent aux pythies et soufflent à l'oreille d'un cheval qui ne la tend pas du bon côté.

Le "système" plane au dessus d'un nid de coucous qui tentent de se refaire une virginité "Le jour d'après" dans lequel tout à coup, il est dit que "L'effondrement économique imminent est incompatible avec les théories libérales fondées sur la notion d'équilibre macroéconomique. Les connaissances récentes dans le domaine de la théorie du chaos font craindre un cataclysme financier qui pourrait bien signifier la fin de notre civilisation.".

0.jpgLa "fin de notre civilisation", rien que ça! Comme si plus rien n'était à changer, à renouveler ou à rénover. Les nouveaux acteurs de l'économie qui ne sont pas encore arrivés, seraient-ils exclus d'une telle tentative? Pour le commun des mortels, perdu dans ses pensées, ces aspects-là lui passent par dessus la tête. 

Les gains économiques d’un grand «accord de libre-échange» seraient faibles, voire insignifiants avec un objectif réel simplement géopolitique… 

"Le monde n'a pas besoin de superman", une phrase qui était prononcée dans le film "Superman returns" apparu récemment sur nos télés. Parfois, un bon père de famille pourrait mieux faire office d'économiste. Mais c'est le genre de film "Rambo" qui a la cote.

Quand tout le monde mange la même tarte à la crème dont les quartiers deviennent de plus en plus petits, c'est toujours finir par constater que, comme dans la nature, ce sont les plus gros qui mangent en premier et les suivants qui grignotent ce qui reste. Réagir, c'est rogner leurs ongles, mais c'est bien sûr. Le scénario est tellement connu qu'il faudrait le passer en boucle que cela ne changerait rien.

L'argent, la bouffe et le sexe mènent le monde. Pas sûr que pour tous, ce soit dans le même ordre de préséance. Pas sûr de la marche à suivre pour y remédier autrement qu'avec une vision universelle.

Alors de chaque côté du ring, on parle de fiscalité, d'impôts, de solidarité, de manières pour éviter les impôts, mais pas de manière d'éviter la solidarité.

La solidarité, c'est évidemment très bien, très chic et très généreux. C'est ce qui distingue les hommes des animaux. La question reste: Est-ce dans un instinct de survie ou suite au syndrome de l'iceberg ou du Titanic? Ces fameux reperts perdus et le "Jugement dernier" qui tarabustent. Dernier pour qui et pourquoi serait-il "le dernier"?

0.jpgRéformer la Sécu et l'impôt des sociétés, des idées lancées par le professeur Autienne qui se résument par de la parafiscalité. Du donnant-donnant avec un système de bonus-malus qui récompense les bons élèves entrepreneurs et pénaliser les mauvais par l'intermédiaire des cotisations variables prélevées sur les salaires pour financer la Sécu. L’œuf de Colomb à la sauce économique.

Daniel Cohen, lui, disait "Nous avons surestimé la capacité d'adaptation des institutions et celle des êtres humains à corriger leurs erreurs". 

Ah, oui, j'oubliais, il y a les institutions, le gadget du contre-pouvoir. Qui dit mieux? Qui va miser?

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Trop d'impôts en Belgique? Cette année, le Belge travaille jusqu’au 8 août pour ses impôts et la Belgique est une championne de la taxation sur le travail. De ce fait, elle est aussi championne des dépenses sociales des états providences avec 30,7% du PIB à la troisième place après la France. Le socialiste Vande Lanotte déclarait, à la presse, que le Belge ne travaille que deux mois par an pour l'Etat, ce qui lui convenait parfaitement. 

Qui a raison, qui a tort dans ce cirque de déclarations?

Lanternes rouges, la Bulgarie et la Roumanie seraient les pays qui paient le moins d'impôts.... Normal, pays dit "pauvres".

0.jpgLa semaine dernière, la Belgique était condamnée pour non-respect des droits sociaux des adultes handicapéspar le Comité européen des droits sociaux, l'organe quasi-judiciaire du Conseil de l'Europe.  On disait l'Europe libérale, pourtant. "L'impôt des sociétés doit baisser fortement, pour arriver aux alentour de 20%", dit De Gucht, commissaire européen au commerce. 
Faire toujours mieux, en tout, et même dans le social? Clichés ou réalités?
 
Et les chiffres que disent-ils?

Les impôts des personnes physiques s'élèvent à 113 milliards et ceux des société à 57 milliards d'euros. Au total, cela fait 197 milliards d'impôts. Le patrimoine moyen d'un ménage belge dépasse 400.000 euros, moitié-moitié en immobilier et en financier, mais avec 11% de dettes. La fortune belge globale atteint 1.916 milliards d'euros. Ce qui fait qu'elle arrive à la cinquième place des classes moyennes les plus riches du monde. après l'Australie, le Luxembourg, le Japon et l'Italie. 
0.jpgPopulation riche et Etat pauvre, alors?

Les dépenses publiques atteindront 53,6 % du PIB en 2013 en tenant compte des suite de la crise bancaire. L'enseignement, la sécurité sociale, les infrastructures sont à ce prix vu que les standards de vie et de confort sont parmi les plus élevés. Tacler les sociétés qui ne paient pas (ou presque) d'impôts et relâcher la bride de l'austérité, font parties des prérogatives. Élémentaire, mon cher Einstein...

Ondes sismiques entre deux plaques  systémiques, tectoniques, avec subductions qui confrontent les exigences des marchés et le modèle d'endettements collectifs dans une étatisation accrue? Favoriser l'entrepreneuriat tout en reconnaissant le rôle de l'Etat pour répartir les effets de l'ajustement économique au travers de filets de sécurité sociale qu'il crée lui-même?

Équilibres fragiles et toujours temporaires entre être compétitif par rapport à la concurrence et en conservant, une ponction fiscale équitable. 

Existe-t-il un juste profit? Les "Green blooded capitalists" (capitalistes au sang vert) est une réponse par la responsabilité sociale des entreprises et le but de passer le cap du profit pour le profit dans l'intérêt général.

La révolution digitale donne ce pouvoir aux citoyens de sortir de la seule révolution industrielle. C'est par le goût du risque sécurisé et par les moyens d'investir qui devrait sortir les mains de privilégiées. 

Que reste-t-il de Karl Marx? Dans le monde, rien ou pas grand chose... Le travail en 2020?,  pas une sinécure.

Des question fusent sur le forum. Peut-on entreprendre quand on est de gauche?  Qui sont les assistés? 

Une lutte d'influence n'a pas besoin de justificatifs pour exister. Sur les forums, des articles et des articles partisans pour le dire et le répéter sans compromis alors que l'un dépend du bon vouloir de l'autre avec la grogne qui se retrouve de chaque côté du ring. Poser la question de liens permettrait de se faire une idée plus précise et non-partisane, mais cela reste sans réponse. 

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"Les allocation n'ont jamais sorti quelqu'un de la pauvreté. En revanche, un job décroché avec une bonne formation, oui", disait Peter De Keyser pour soutenir son livre "Parlons croissance, parlons bonheur". Plaidoyer pour : "plus d'optimisme, plus de risque, plus d'individualisme et moins de collectivisme. Sans responsabilité, cela équivaut à être antimoral dans ses effets. L'Etat doit être le régulateur, garant d'une justice efficace. Réduire les inégalités par l'instruction et redistribuer les richesses par une allocation universelle distribuée chez les travailleurs et les sans-emploi. La croissance est un moyen pas un but.". 

Un vrai. un pur de l'économie libérale. Peter De Keyser. Pas de problème. Mais, il faudrait ajouter quelques différences d'approche, du moins quand les neurones n'ont pas pu s'affirmer comme cela a été le cas pour lui.

Ce qui distingue le vrai entrepreneur des autres est pourtant facile à décrire. La compétence n'est pas nécessairement la seule, il lui faut comprendre ce que veut dire déléguer pour motiver ses "collaborateurs" et non ses "employés".

La semaine dernière, le Vif-Express publiait une interview de Bruno Colmant, l'ancien grand manitou de la Bourse. Il sortait des poèmes sous le titre de "La mélancolie d'une charmille" comme pour reposer les armes.

- L'économie est un Rubik's sans solution finale et la poésie, un exutoire. La monnaie n'existe que par l'adhésion collective comme une divinité qui n'existe que le temps d'avoir des adeptes. Keynes, un rêveur sous le thème général d'une lancinante chanson de geste. Aujourd'hui, le futur s'est rétréci dans l'anticipation, enrobée d'histoires en burn-out-civilisationnel.

Rétréci, comme le salaire, comme les dividendes, comme les émoluments, comme les dotations... Cela me rappelle une anticipation que j'avais appelé "Tous à un dollar?".

Mais, dans le même temps, la taxe boursière de 88 millions d'euros rapporte 30% de plus ce dernier semestre. 

Si tu donnes un coup de froid à un homme mélancolique, il se réveillera une fois. Si tu lui apprends à nager et à se réchauffer en sortant de l'eau, il apprendra à surnager et aura chaud toute sa vie.

0.jpgJe ne sais pas pourquoi, mais cette citation transformée m'a sauvé du coup de gong. 

 

L'enfoiré,

 

"Histoire de l'économie physique"

 

Fin de l’histoire et légitimité du droit dans l’œuvre de F. A. Von Hayek... Une réponse?

Citations: 

  • « Être libéral, c’est non seulement accepter les opinions divergentes, mais admettre que ce sont peut-être nos adversaires qui ont raison ! », Irving Berlin
  • « Il est toujours plus facile de sortir un euro d'un million de concitoyens que de sortir un million d'euro d'un seul », Anonyme
  • « Les libéraux peuvent comprendre tout sauf les gens qui ne les comprennent pas », Lenny Bruce
  • « Le libéralisme est du socialisme sans l'assistanat qui va autour.", Sapanhine
 

0.jpgMise à jour 08 août 2013
: Le top dix des métiers les plus dangereux.
Le BLS (Bureau des Statistiques des Professions) vient d'établir ce rapport.
  1. Policier au Mexique
  2. Chauffeur en Afrique
  3. Bucheron
  4. Pêcheur
  5. Démineur
  6. Journaliste en Syrie
  7. Officier de sécurité en Irak
  8. Mineur en Chine
  9. Pilote de ligne en Russie
  10. Conducteur de bus à Guatemal City 
 
0.jpgMise à jour 16 août 2013: Au niveau politique, en moyenne, un élu belge cumule plus de six mandats. Les élus provinciaux sont les plus gourmands. Les champions du cumul atteignent 56, voir 59 mandats.
Un total de 51.613 mandats sont répartis entre 6781 mandataires élus.  
 
1.jpgMise à jour 20 août 2013: Qu'est-ce qu'on va faire en France en 2025? Une réponse que Vadot caricature.
 
Aux Etats-Unis, un graphique
 
 
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29/07/2013

Gand n'a rien d'un gant de velours

Retour en arrière. Pour leurs "joyeuses sorties", la semaine qui a précédé son abdication, Albert II et Paola sont allés en premier à Gand (Gent ou Ghent) et on se demandait, ce jour-là, la raison de ce choix et de quelle manière, ils allaient être accueilli. Pourquoi la Flandre n'est pas royaliste?

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Gand ne fait pas exception. La Flandre n'est pas royaliste et le néerlandais est la langue de la région. Un lieu commun, dirait-on dans ce cas.

Pourtant, en creusant un peu, on trouve une communauté francophone, reliée par un réseau d'expatriés français dans la ville par l'intermédiaire de son université.

Lors de la visite d'Albert II, concours de circonstances, les "Gentse Feesten" annuelles allaient réinventer l'été pour dix jours et un ou deux millions de personnes étaient attendues pour se promener, boire, parler et faire des "petits trucs" comme disaient les invités à cet interview matinal de La Première.

Effervescence, mais pas de sentiment royaliste ou nationaliste belge qui s’y affichait. 

Cette fois, ce n'était pas, Flanders Expo qui était à l'honneur comme vitrine de la Flandre.

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Les drapeaux belges, flamands et gantois étaient plantés sur les bâtiments officiels comme à l’hôtel de ville, mais, sans ostentation.

Dire que la ville de Gand a une tradition rebelle contre tout ce qui est riche, tout ce qui est grand, est une des raisons.

Au Moyen Âge, c'était déjà le cas. Depuis le 19ème siècle, c’est devenu une ville d’ouvriers qui ont toujours associé la richesse à l’oppression. Esprit renforcé par le fait que c'est la première ville étudiante du pays, statut qui en ajoute en virulence anti-monarchique. 

Pourquoi, la visite des souverains ne s'est pas faites à Anvers, première ville de Flandre?

La réponse "amusante" fut "dans l’esprit chauvin des Gantois, ce sont les charmes de leur ville qui ont attirés"

La vraie raison est presque comme enfoncer une porte ouverte que de dire que le bourgmestre républicain, indépendantiste d'Anvers, Bart De Wever, ne voit ni la famille royale ni même la Belgique dans son horizon d'une Flandre indépendante. De plus, Anvers n’est pas politiquement très qualifiée ou adaptée avec sa tradition de contre-manifestation, était-il dit. 

0.jpgLe Roi a déjà visité Gand et les Gantois se rappelle des rires de Di Rupo, en tant que premier ministre,

Comme "joyeuse sortie à la flamande", il fallait marquer l'événement en tirant à pile ou face.

Entre 1945 et 1950, c’était la Flandre, qui était plus pro-Léopold III que le côté francophone. Le Roi obtenait alors 42% du côté francophone et presque 70% du côté néerlandophone. Léopold III était, seulement, hors contexte. Son court règne avait très bien commencé, mais mal fini puisqu'il avait généré la "Question royale" qui l'avait forcé, en finale; à abdiquer.0.jpg

A la fin du 19ème siècle, les relations de la Flandre vis-à-vis de la Belgique avaient déjà été problématiques.

La Flandre avait eu plus de difficultés avec la fonction royale qui personnalisait l’unité du pays. La collaboration politique flamande était plus grande que du côté francophone rendant Léopold III, loin de la résistance et loin des alliés.

En Flandre, la relation vis-à-vis de la monarchie s'est ternie, imbibée d’une  certaine méfiance sans que la bienveillance soit absente mais sans être passionnelle. Après guerre, l'inversion des rôles des Flamands monarchistes et les Wallons républicains est un cliché plus ou moins vrai, pas toujours rationnel mais teinté de beaucoup d’émotions.

Les souverains belges sont devenus, en quelques sortes, des "étrangers" qui parlent plus le français, sont riches, sont nobles qui représentent des qualificatifs de la classe opprimante qui rend la Flandre indifférente à la monarchie en lui attribuant une fonction symbolique, utilitaire mais non-politique comme le dernier rempart au séparatisme. Gand veut vivre en démocratie libre.

Voilà ce qui était dit ce matin-là en résumé dans l'interview.  

Pas facile à comprendre comme le disait notre Flamand de service, Bert Kruysmans dans son dernier café serré.

Gand est une ville en forme de surprise glacée. Dès le Moyen-Age, ses habitants étaient à l'avant-garde du combat pour l'autonomie communale.

Si elle a vu naître un gamin, nommé Horta, ce n'est pas pas une raison que celui-ci y ai trouvé l'inspiration de l'Art nouveau.

Tout est historique dans cette ville et son histoire fait bien plus penser à un drame shakespearien.

Des batailles qui succèdent aux batailles. Des combats d'influence, des traitrises, des rebelions et des prises de pouvoir par la force s'y entrechoquent.

Si vous vous souvenez du feuilleton de télé des "Rois maudits", ici nous sommes en présence des "Comtes maudits" qui se déroule dans le "Monde sans fin" de Ken Follet mais limité comme une "Ville sans fin"..

S'il existe des traces d'occupations qui remontent au paléolithique, c'est entre l'âge du bronze et celui du fer, que des urnes funéraires sont sorties de terre.

Ville romaine, au nom de 'Ganda', ("confluent" en celte), elle naît de la fusion de la Lys et de l'Escaut.

Entourée d'eau, au milieu d'anciennes terres inondables et proche du Meetjesland, constitués de polders, ce sont seulement deux abbayes, celles de Saint Pierre et de Saint Bavon, la présence d'un port et d'un castrum qui confirment sa fondation en tant que ville.

Charlemagne y fixe, bien, sa flotte pour lutter contre les Vikings, mais pour de maigres succès.

Les comtes de Flandres, eux, y édifient une forteresse carolingienne entre France et Flandre.

0.jpgA l'époque, l'industrie drapière rend la ville prospère et, même, la plus peuplée après Paris.

Comtes de Flandre, patriciens et tisserands en tirent toutes les ficelles sous le Conseil des Trente-Neuf.

Tourner les autres corporations en dérision et prendre le parti de l'Angleterre contre la France sont les options prise dès le départ.

Les Leliaerts, pro-français se retrouvent ainsi contre les Clauwaerts pro-flamand.

La Bataille des Eperons d'Or de 10 juillet 1302  avec le comte Dampierre est une victoire contre Philippe le Bel. Mais cette victoire est de courte durée, à peine un mois, Situation renversée à la suite d'une autre bataille tout aussi sanguinaire. Aujourd'hui, cette bataille des Eperons d'Or reste encore comme le symbole de victoire pour toute la Flandre lors de la fête flamande du 10 juillet. 

En 1337, la guerre de Cent Ans casse l'élan de la ville. La laine anglaise, destinée au tissage, ne parvient plus à destination. La crise économique force à se liguer dans une certaine neutralité entre Pays-Bas et Angleterre. Des milices, les "Hooftmannen" entrent en scène sous le commandement de Jacques van Artevelde, comme peut être un homme providentiel. 

Regrouper Brabant, Zélande, Hainaut, Hollande, Liège, Limbourg,Luxembourg et comté de Flandre pour diminuer les taxes douanières et unifier la monnaie est son idée et fait penser à la création d'une mini-Europe avant l'heure ou, au moins, aux Benelux.

Mais, entre les tisserands  de "Weverij" et les foulons, sous-prolétaires, nait la dissidence qui s'envenime au "Qwaeden Maendagh" (Lundi faché). Les choses se détériorent progressivement pour Jacques van Artevelde, qui accusé de corruption, tombe sous la hache de Geraard Denijs.

De nouvelles révoltes s'enchainent avec Jan Yoens et Philippe van Artevelde, le fils du précédent malgré le modernisme du centralisateur, Louis Maele. Une résistance de cinq ans enflamme les esprits poussés par la famine. Elle se termine, le 27 novembre 1382, par la défaite de West Roesebeke.

Philippe le Hardi tente une politique centralisatrice, mais ne parvient pas à isoler Gand, la "rebelle".

Charles le Téméraire n'aime pas plus cette ville. Sa jeune fille, Marie de Bourgogne qui lui succède, est même prise en otage, obligée de concéder le "Grand Privilège" qui réinstaure les anciennes chartes et d'épouser Maximilien de Habsbourg avec la complicité de Louis XI qui récupère la Flandre par la paix d'Arras.

Charles Quint, né à Gand, ne parvient pas à ponctionner la ville par des impôts pour payer ses batailles. Il "concède" la suppression de leurs privilèges avec sa "Concession Caroline" qui modifie la structure de la ville et qui muselle son corporatisme.

Son fils, Philippe II, bigot notoire, met le feu aux poudres avec l'Inquisition contre tout ce qui n'est pas catholique et envoie son Duc d'Albe pour y mettre bon ordre. L'action de celui-ci sonne temporairement le glas de la prospérité flamande. Elle se réveille par la razzia appelée "Furie espagnole" qui précède ce qu'on appelle la "Pacification de Gand".

Cela n'empêche pas Gand de rester une république municipale calviniste, enchevêtrée dans une guerre de religions pour plus de 20 ans avec des Saint Barthélémy à la belge.0.jpg

Louis XIII et Louis XIV n'ont de cesse de garder annexée, la Flandre occupée.

L'âge d'or revient avec la machine à filer le coton, la Mule-Jenny, rapportée en secret d'Angleterre par Lievin Bauwens, un espion économique.

Le Traité de Gand met un terme à la guerre de 1812 entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Pendant les Cent-jours, Louis XVIII de France se réfugie à Gand dans l'Hôtel d'Hane-Steenhuyse, ce qui le fait surnommer par les satiristes en "Notre Père de Gand".

L'indépendance de la Belgique de 1830 n'arrange pas Gand, orangiste et favorable à Guillaume d'Orange des Pays-Bas. Protestants, donc...

Sans plus d'accès à la mer, Gand rechute, une nouvelle fois.

En 1857, elle devient le centre du combat syndical du "Broederlijke Wevers" et un fief socialiste pendant un siècle et demi.

Nous revoilà, au départ de ce billet.

Si l'histoire explique, bien mieux, une ville comme Gand, passer à la visite sur place apporte d'autres confirmations.

Le musée de la ville, le STAM, dans les anciens bâtiments de l'abbaye du Bijloke en donne la première leçon tandis que le Designmuseum  suit l'actualité derrière une façade 18ème siècle.

La visite de Gand, à bord de l'un des Bootjes van Gent est peut-être la meilleure formule de prise de conscience, bien avant la promenade en calèche mais après la visite de quelques édifices. La cathédrale Saint-Bavon détient le retable de l'Agneau mystique. La halle aux draps entre dans le Guiness Book pour la durée de sa construction de 1426 à 1903 en mélangeant ainsi tous les styles. Le beffroi domine la ville de ses 95 mètres et servait de tour de guet et de coffre-fort des chartes. L'hôtel de ville et la maison des Parchons... puis en bootje...

0.jpgAu Korenlei, ce sera une autre occasion de passer au Graslei, du Château des Comtes au Kraanlei par la Maison d'Alijn, celle de "De Werken van Barmhartigheid" avec ses "neuzekes" (cuberdons), du Predikherenlei au Patershol (Trou des Pères) à la taverne de "Bij den Wijzen en de Zot", du couvent des Augustins Sint-Stefanus avec sa bière au Vrijdagmarkt avec son "Bond Moyson" socialiste en "style Macaroni" et arriver au Vlasmakt où se déroulent, ces Fêtes Gantoises dont on parlait au début...

Gand est une ville de lumières. Depuis 2010, les façades sont dotées d'éclairage tard dans la nuit et, en été, les terrasses du Graslei sont encore pleines à craquer.

La culture et l'histoire se disputent  la préséance de cette ville. Manger et boire en donnent les moyens vitaux.

A la brasserie Gruut, Blondes, Ambrées, Brunes ou Blanches sont brassées selon une recette médiévale à partir d'épices (gruut) et non de houblon entrecoupée de balades culinaires.

Les boutiques sont légions dans la Mageleinstraat, la Voderstraat,, la Koestraat, le Brabantdam. L'apéritif à la terrasse du théâtre NTG. Les gaufres de Bruxelles ont un rendez-vous avec le visteur chez Max.

La course cycliste Gand-Wevelgem, une occasion de rêver à une excurstion à vélo dans les environs.  

La boucle serait-elle ainsi bouclée? Aurions-nous tout expliqué de l'état d'esprit flamand?

Si je vous ai promené dans l'histoire et en puisant un peu dans les guides que l'on dit touristiques, c'est pour en extrapoler quelque chose de plus essentiel.

A y réfléchir, on peut facilement comprendre la différence importante avec une ville comme Bruxelles dont j'ai parlé récemment de l'histoire via sa Grand-Place.

La Flandre a toujours espéré être gouvernée par des Comtes locaux, "fait maison" et faire du commerce, au besoin, pour les excédents, avec l'Angleterre et les Pays-Bas, tandis que les populations de Bruxelles attendaient tous genres de visiteurs pour commercer avec eux en espérant qu'ils n'exagèrent pas, ensuite, leurs ponctions par les taxes.  

Expliquer les mentalités des deux avec un Roi, tout neuf, et une Belgique coupée entre deux cultures, avec un rôle de faiseur de compromis sur mesure. entre Belges riches et un Etat pauvre avec un pouvoir de plus en plus éparpillé est quelque part jouer à l'équilibriste par grand vent...1.jpg

Une Belgique est-elle le dernier des pays du nord ou le premier pays du sud?

Une question que se posait Le Soir et qui pousse à tenter une réponse citoyenne en expliquant les différences par un jeu de nordistes contre sudistes à l'Américaine avec une guerre de Sécession qui a fait des morts en pure perte sans aboutir.

C'est aussi, dans le cas belge, constater avoir une Flandre qui a dépassé son apogée en phase descendante face à une Wallonie, en phase montante, échelon par échelon pour atteindre l'apogée par une autre voie et par un labyrinthe aux mille recoins, dans une incompréhension mutuelle derrière le sandwich au poulet andalouse...

Bravo, pour les formules...

Quand on se rappelle du film "Bienvenu chez les Chtis", c'était aussi une méconnaissance des habitants du sud vis-à-vis de ceux du nord. Rien d'exceptionnel, donc.

Les problèmes sont donc plus généraux avec des différences d'approche et de résolutions aux problèmes qui sont en définitive bien plus particuliers. 

Et si on ressortait le goedendag?

"C'est du belge", dit le béat d'admiration dans son coin.

Ay Marieke Marieke je t'aimais tant
Entre les tours de Bruges et Gand
Ay Marieke Marieke il y a longtemps
Entre les tours de Bruges et Gand

En photos, tout cela donnerait peut-être ceci.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • «Gand n’est pas juste une ville qui va vous allumer et ensuite vous quitter l'esprit tranquille. Non Gand, telle une jolie femme qui sait jouer de ses charmes, vous séduira par son exubérance et sa fougue. Quand vous la quittez, vous restez au trente-sixième dessous, rongé par les regrets.», Le Guide Routard
  • «Gand est une des plus belles villes historiques d'Europe», François Mitterrand
  • «Trafic, nuisances sonores, pollution, saturation urbaine? Gand est une de ces villes qui, grâce à leur caractère rebelle persistant, sont sorties victorieuses de leur lutte contre les faiblesses des villes modernes. Au lieu de vieillir, elles en sont sorties plus jeunes.», José Luis Invierno
Mise à jour 5 septembre 2013: Le Vif publie un article sur Gand. Ville du futur. Une ville où il fait bon vivre. La 1ère ville où le VB (Vlaamse Block) a reculé et où la NVA se fait toute petite. Son bourgmestre Daniel Termond a battu largement Siegfried Bracke de la NVA. Tant pis pour les flamingants. A mille lieu de la mesquinerie des autres communes flamandes. Un "meldpunt" (point de contact) entre francophones et néerlandophones. Contrer les discriminations.
La futur gare Gand-Saint-Pierre,, la bibliothèque "Waalse Krook" sont dans les projets. 

21/07/2013

Une fête nationale très spéciale

Une année 2013 d'abdications successives. Après le Pape, Beatrix des Pays-Bas, l'émir du Qatar, voici, Albert II en Belgique. Le 21 juillet, le jour de la fête nationale fut choisi pour la passation de pouvoirs.

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Les rumeurs allaient bon train et Le Soir semblait tenir le bon bout en poussant Albert II vers la sortie pour le 21 juillet, alors que les autres persistaient à trouver l'information prématurée ou même préjudiciable. Les tweets de l'opinion publique n'en ont été que plus redoutables.

Le secret était bien gardé jusqu'à cette après-midi du 3 juillet quand, à 18 heures, heure historique, Albert II annonçait qu'il laissait son trône à son fils Philippe.

Une retraite pour raison de fatigue et de santé comme raison officielle. Pour éviter de se retrouver dans la même situation de crise d'il y a deux ans, en réalité.

Le lendemain, la Chambre, sous l'impulsion de la NVA, examinait déjà l'idée de réduire les pouvoirs du Roi. Repérer les articles de la Constitution à amender, ne se fait pas dans l'excitation, répondaient les  sceptiques et les plus royalistes. Que son rôle devienne protocolaire ? Pas sûr que si cela avait été le cas pour Albert II que la Belgique aurait pu sortir de la dernière crise avec un gouvernement à cette époque de crise aiguë.

Mieux en rire ou en sourire.

Bruno Coppens, dans son rôle de joueur de mots, se lançait dans un café au lait et bien sucré:

podcastSujet repris, par deux fois, l'autre humoriste, Frédéric Dubus qui dans une brise légère et avec allégresse imaginait être invité par la famille royale ou qui fermait le bal de la saison en se confondant en remerciements.

Beaucoup d'encre et de salive, dépensées dès l'annonce de l'abdication. Des tonnes, pour et après le 21 juillet.

Des journaux et des livres. Des émissions spéciales d'une longueur exagérée et répétitives à souhait qui éclipsaient tellement de choses. L'histoire d'Albert, avec des photos familiales "inédites" pour montrer une famille unie, une famille comme tout le monde, mais en parlant de Philippe, le successeur, à mots couverts. 

Albert II, considéré comme Roi de transition, a régné pendant 20 ans. Il a su se faire aimer par la population par sa communication tour à tour joviale, consensuelle et ferme à la veille d'une fête nationale quand l'absence de gouvernement entrait dans le Guiness book des records de longueur.

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Une certaine clairvoyance alors qu'il disait, lors de son avant-dernière allocution, que la fonction royale devait se moderniser à l'avenir. 

Pour les tout-jeunes d'aujourd'hui, le Roi Albert a toujours été ce vieux Monsieur comme tout bon-papa.

Se rappeler du règne d'Albert, c'est se rappeler de quelques casseroles comme celle de l'affaire Dutroux, la tentative d'exonérer une partie de la fortune de Fabiola via une fondation, la fille naturelle, Delphine Boël, une affaire qui traîne s'en va et puis revient et que certains renvoient à la cour de de Louis XIV. 

"T’as le bonjour d’Albert!"... Des créateurs belges réagissent à l’annonce de l’abdication d’Albert II. Avec bien plus de respect qu’on ne l’imagine.

Tellement vintage et consensuel, que cela ?

Un retour sur les deux dernières fêtes nationales? Le 21 juillet 2011 fut "Une (dé)fête nationale" et un électrochoc. L'année suivante, ce fut un ouf de soulagement "Quand une fête nationale ressemble à une fête". La 6ème réforme de l’État est entérinée,  je ne dis pas enterrée et la scission de BHV, sortie du frigo et mise à plat, pourra être dégusté à loisir.

Cette année, sont arrivées les consécrations presque euphoriques: une 6ème réforme de l'Etat signée qui entrera en vigueur dès juillet 2014.

Vingt milliards d'euros de transfert de compétences, douze milliards d'autonomies fiscales. 

En sus, un compromis historique, à la belge, sur le statut ouvriers et employés, était emballé dans le même paquet.

0.jpgDécidément, on a bien fait de placer la fête nationale le 21 juillet.

L'été est enfin arrivé. De quoi, le bon peuple pourrait-il encore se plaindre puisque il était dit qu'une "nouvelle Belgique" était née dans les fonds baptismaux et sous les draps de la Chambre et tout "under the control" par le Sénat.

La semaine dernière royale donna lieu à un agenda serré: des dîners successifs, les "joyeuses sorties" à Gand, Eupen et Liège. Trois villes, trois appréciations différentes de ce que peut-être la royauté. A Gand, la journée à risque avec l'esprit confédéraliste. A Eupen, chez le prince carnaval, ce fut le top du country, du kitsch et du whisky. A Liège, une promenade de santé. Tous deux fédéralistes. Tandis que Bruxelles est unitariste.

Du fédéral, les problèmes sont repoussés vers les régions et ensuite les communes à tel point qu'une 7ème réforme ne serait même plus nécessaire si ce n'est qu'il faudrait encore déterminer se qu'on fait ensemble à inscrire dans l'article 35 de la Constitution, dit Bart De Wever

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Après avoir perdu des kilos lors des négociations, faut pas dire qu'il dise qu'il a été, en plus, tondu dans la foulée puisqu'il n'y assistait plus.

Habitué aux réformes institutionnelles qui se présentent, en moyenne, tous les dix ans, le Belge est blindé. "Chaque réforme est enceinte de celle qui la suit" disait Jean-Luc Dehaene. La Wallonie qui parvenait à résoudre la quadrature du cercle.

L’apaisement était de rigueur au cours de la fête de la Communauté flamande du 10 juillet "la plus belle depuis la Bataille des Éperons d'Or".

Bruxelles dansait même des airs des fifties sous le soleil. Tous les partis, contents de la réforme, sauf Bart qui tirait la gueule et s'endormait sous les discours. 

La réforme a répondu aux attentes d'indépendance des régions. Les tâches ont été déplacées rendant chaque entité responsable de son autorité, de son austérité, de son libertinage et de son galvaudage.

Le budget de la Communauté flamande dépasse, désormais, celui du fédéral dont la coquille à la coque avec uniquement de l'albumine et sans jaune, se durcit. 

Mais, 2013 est considéré comme une année de transition, en attendant des élections de 2014 avec la totale: le fédéral, le régional et les Européennes à chercher les poux de celui qui sera le plus solide sans écraser la taille en dessous.

Pour l'abdication, les médias hésitent entre deux formules, "passer la main" ou "passer le flambeau". Même si l'expression française est utilisée dans le même sens, un flambeau reste plus solennel qu'un jeu de mains. Bien différente, cette abdication d'Albert de celle de Beatrix. Pas d'invités de tous les pays, pas de fastes qui remontent dans la nuit des temps. La sobriété et les festivités habituelles.

Depuis l'été 1996, il avait lancé qu'il voulait être roi. 

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Alors, tout le monde s'interroge sur ce nouveau CDI. Quel monarque sera Philippe après tant d'années de préparation? Tous les journaux allaient de leur évocation, de leur interprétation de la situation. 

Interrogé, Philippe, lors d'une visite programmée à Anvers après l'annonce, a dit, "Je suis bien conscient des responsabilités qui reposent sur moi. Je continuerai à m'investir avec tout mon cœur. Au 21 juillet".

A la suite d'un article, on lisait le commentaire: "Comme souvent entendu ces derniers jours, la fonction fait l'homme. Notre futur roi saura prendre ses responsabilités le moment venu, ayant été formé depuis bien longtemps à la fonction. De grâce laissons le faire ces preuves. Il sera un bon souverain. Vive Philippe , vive la Belgique !"

0.jpgCe sentiment est assez partagé par la population qui sans être royaliste pour autant, se rend compte que pour tenir l'église au milieu du village, il vaut mieux ne pas jeter la pierre en touche dans la marre aux canards pour commencer. Wait and see...

"Un Président de la République belge ? Pour avoir toujours un Flamand, non merci ! Tant que le pays existe, il faut crier vive le Roi !", m'était-il dit en aparté. Même pour l'ancien premier ministre Wilfried Martens affirmait qu'il était pour la république, mais pas pour la Belgique. "Le Roi n'est pas mort. Vive le Roi".

Il ne faut pas être royaliste pour cela, il suffit simplement de savoir compter et de raisonner avec les chiffres.

Dans le même temps, alors que pour Le Vif de la semaine d'avant qui n'avait pu se préparer à l'annonce de l'abdication, sortait un article avec un titre "Pourquoi la Belgique ne se scindera pas".

0.jpgLes raisons invoquées, toujours les mêmes: 

Bruxelles, le lien absolu. La dette à scinder suicidaire et demanderait des calculs d'apothicaires avec des alchimistes dans une spéculation qui porterait préjudice à la Flandre. L'économie, qui dans un pays mixé avec des activités intégrées, demanderait des années de négociations pour mettre en branle une scission. Un libre-échange, rouillé, avec des barrières si pas douanières, mais intellectuelles. L'Europe qui ne donnerait pas son blanc-seing de reconnaissances internationales aux nouvelles parties. Catalogne, Pays basques, Écosse sur les chapeaux de roue, à faire sécession. La non-volonté des Flamands qui à 85 % ne sont pas pour la scission. 

La confédération, un fédéralisme de cons, quoi... 

Le fameux "Plan B" est donc remis au frigo. L'en sortir mériterait plus qu'une petite idée lancée en l'air pendant une période de déprime et encore plus quand cela semble aller bien. 

Qu'en disent les analystes politologues?

Philippe van Parijs disait même que "la 0.jpgfédération belge nous survivra à tous". Il préconisait que la monarchie soit moins guindée, moins opulente, plus néerlandophone avec comme principe, une circonspection fédérale reprise par be4democracy.be avec une répartition des compétences pour devenir plus efficace. Un Bruxelles, tri-lingue au minimum. 

0.jpgVincent Laborderie avoue que "les francophones se sont monté la tête avec le spectre de la scission du pays. Les partis traditionnels flamands n'ont plus confiance en De WeverLa Belgique est plutôt régionalisme que communautaire avec Bruxelles comme vitrine pour l'étranger. Avec sa situation géographique entre d'anciens empires, elle reste ainsi agréable à vivre.".

Incompréhensible pour un Français qui ne voit qu'un pays comme une nation et très loin de la Catalogne et du Québec, chez qui, de 30 à 40% de la population sont indépendantistes. 

Puis, il y a les ratachistes comme Jules Gheude qui ne voit d'avenir pour la Wallonie possible qu'en France. Si c'était aussi simple que cela...

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Quel serait l'intérêt de la France d'avoir un département de plus? La France qui ne s'y retrouve pas économiquement, qui ne connait rien de la Belgique et qui, en plus, ne veut rien en savoir d'autre que ce qui passe dans l'hexagone avec noms bien français. Cela plus de 180 années de différences de coutumes et d'esprit baignées dans la bière plutôt que le vin, que de ne plus prononcer "soixante-dix", "quatre-vingt-dix", prononciation qui, à la belge, s'écriaient en quatre chiffres plutôt que deux... Jules Gheude n'a pas compris le surréalisme que le Belge ne manque pas de faire éclater par son bilinguisme même imparfait, "half en half".

Des affaires typiques de cousins plutôt qu'entre frères, quoi...  

J'avais écrit qu'un "Roi qui ne s'use que si l'on s'en sert" lors de l'abdication de Beatrix. Article dans lequel je faisais la comparaison entre le nouveau roi Willem-Alexander et le prince Philippe de Belgique, tous deux successeurs au trône dans lequel j'exprimais quelques doutes.

Le Vif de la semaine n'hésite pas à écrire en page de garde, "L'ombre écrasante de Baudouinqui plane derrière Philippe.

Baudouin, icône belgicaine qui lave plus blanc que blanc, fort de ses convictions religieuses a servi de tuteur à Philippe.

Comment Philippe va réagir, devra réagir? Là, réside toute la question et toutes les supputations que cela entraîne. 

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Rester le symbole de la solidarité nationale avec son métier de représentation de la nation entière.

Puis, il y a le pognon, les rétributions, les dotations...

Pour 2013, l'enveloppe globale des dotations royales qui est ce qu'on appelle la liste civile, s'élève à 11,5 millions d'euros. Ils viennent d'entrer dans les revenus taxables, TVA et accises. Le Roi est devenu un personnage presque comme les autres.

Pour le Belge, Philippe, le Belge reste méconnu. Très réservé, dans l'ombre de son père et peut-être plus de son oncle, la fonction princière de Philippe a toujours été une fonction de public à l'étranger. 

"C'est du belge" de la RTBF et "Les images d'une vie" chez RTL, ont cru bon d'éclaircir la situation de Philippe, ce samedi et dimanche.

Le couple le plus glamour du gotha, en 1959, Albert et Paola lors du mairage a raté le coche, avec le bonheur n'était plus que de façade. La crise conjugale va tourner Philippe vers Baudouin et Fabiola, qui ne peuvent pas avoir d'enfant. Philippe a trouvé en eux des parents de substitution. Il prend ceux-ci comme guide intellectuel et spirituel. Mais tout cela est oublié aujourd'hui. 

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Ce sont les hommes d'affaires accompagnant les délégations belges qui devraient en savoir un peu plus long sur qui est Philippe. Sa dernière représentation à Los Angeles a été presqu'une révélation, une surprise de part et d'autre. 

A-t-il été un ambassadeur de charme? Un galop d'essais pour chasser son naturel en recul? Les entreprises ont signés des contrats, c'est, donc dire que sa présence représentative a été efficace à l'étranger. "Philippe: 'Roi triste', marionnette ou réformateur d'une monarchie archaïque?".

Des questions succèdent aux questions.

0.jpgPréparé à la fonction, avec plus de 30 ans d'école de fonction royale, il l'est, c'est certain. L'ambition, la compétence, la passion riment avec la timidité, les maladresses, les rancunes passagères. Le Renouveau Charismatique qui correspondrait à la Communauté de l'Emmanuel?

Que doit-il faire pour séduire les Flamands, les plus réticents?

Rester dans les clous des communautés, tout en arrondissant les clous. Continuer le changement en modernisant la fonction et les limites du pouvoir. Tout dépend de savoir où elles se trouvent entre des cultures différentes qui ne sont d'ailleurs plus, ni deux ni trois, mais d'origines tellement différentes.

Willem-Alexander des Pays-Bas n'avait pas à se farcir cette situation et la population hollandaise est royaliste à 90%.

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Oublier sa jeunesse passée par l'éducation de son oncle. Moderniser la "com", avec son temps. Tout se dit ou s'écrit plus dans le virtualité d'Internet que dans le réalité de la rue.

Être à l'aise devant les questions de journalistes. Prendre de l'assurance et oser aborder les félicitations et les reproches des gens.

Changer de staff. Remplacer l'éminence grise de Van Yperzele. Les proposés Frans Van DaelePierre Cartuyvels... Oui, du moment qu'ils savent murmurer à l'oreille des chevaux, car si les ruades viendront de l'extérieur, il vaudra mieux savoir comment y répliquer. 

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Mathilde, puisque t'es là, comme chante Brel, devient sa meilleur ambassadrice glamour, son coach en privé comme première Reine totalement belge.

Où Albert et Paola vont aller s'installer pour dépenser leur 923.000 euros de dotation taxés par 200.000 euros? Une question tellement vibrante?

Dans un presbytère à Villers-sur-Lesse ou au château rose du hameau de Fenffe? 

Plus tranquille, de toutes manières, que le château de Laeken même si tantine Fabiola y a trouvé un chez soi à sa convenance et à sa mesure.

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Pour le "business royal", les "marchands du temple" se sont mis au travail et ont fait des heures sup. Les affaires sont les affaires.

La société belge, Wollux prévoit de vendre 60.000 drapeaux dont un traditionnel aux trois couleurs et un spécial événement. Les biscuits Delacre, pris de court, attendent Noël pour sortir la nouvelle boîte avec les nouvelles têtes des "nouveaux souverains", pour contenir leurs biscuits. 

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Les fournisseurs de la Cour après avoir remis offre de bons et loyaux services au Palais, ont remis les petits plats dans les grands.

Le commerce ne peut pas perdre ses droits et ses devoirs.

Au Poker, à la Cour, on dirait que ce serait une partie gagnante puisqu'on se retrouve avec un full de Reines par les Rois.

 

La Brabançonne  est déjà à sa 4ème version depuis l'indépendance de 1830.

Réactualisée une nouvelle fois sous le nom de "FederalSong", cela donnerait:

Après des mois de bavardages,
Le gouvernement sort avec son plumeau,
Pour balayer de son courage,
Son nom, ses droits et son drapeau.
Dans sa main souveraine et fière,
Désormais en maître, il a dompté,
Et gravé de sur sa vieille bannière:
Le Roi, la Loi, la Fébrilité!

Di Rupo de son pas énergique,
A marché de progrès en progrès.
Il se dit "je protège la Belgique",
Il sourit à ses mâles succès.
De son travail de soirées donne
Des champs aux villes, la fécondité!
Que sa splendeur aux arts couronne
Le Roi, la Loi, la Fierté!

Il parle flamand, comme un frère,
Une langue trop longtemps honnie;
Wallon, Flamand, Zinneke, de guerres,
Devenues communautés amies.
À jamais resserre l'ensemble
Par des boulons de fraternité
Qu'avec un même écho rassemble :
Le Roi, la Loi, la Société!

Ô Belgique, ô mère, chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras!
À toi nos humeurs, ô Patrie!
Nous le jurons tous, tu vivras!
Tu vivras toujours grande et belle
Et sur le trône, en invincible fermeté
Aura pour devise immortelle:
L'union, la Force et la Liberté!
 


Sire, que votre cire reste bonne. Qu'elle puisse lustrer votre pays qui sent bon la bière, les frites, les gaufres et le chocolat.
 
L’acteur flamand Walter Baele chante en votre nom, Filip: 
Ik ben formidable.
Papa was zeer aimable,
Hij was adorable.
Maar il word responsable.
Ik ben raisonable
maar niet discutable.  
Want ik ben zeer valable.
Ik ben convenable
Ook tolerable.
Ib ben zelfs taxable.
Ik ben acceptable.
Voel me confortable.
Ja, il word memorable. 
 
Soyez, Philippe ou Filip ou Philipp, un Janus à deux têtes qui passerait de l'introverti à l'extraverti...
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Que réponderiez, vous, Philippe à ce questionnaire

Il faudrait éliminer les cas qui sont pour vous, impossibles.

Pour moi, le résultat du test donnait "Plutôt extraverti" avec quelques annexes qui n'étaient pas totalement fausses.

Et vous, Lecteurs, les réponses au questionnaire vous apportent quoi? 

Si répondre aux questions ne vous rapporte rien, cela permettrait seulement d'avoir quelques indices sur ce que diraient les gens de vous, si vous aviez une place de successeur au trône.

 

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Il était dit que les Belges se préparaient à une fête royale à l'économie

Mais il y a eu des surprises.

Non pas qu'Albert reste sur le trône.

Une surprise de Philippe au Palais des Beaux-Arts. Il se lève dans le balcon royal et s’adresse à son père: « Sire, Papa, c’est avec une grande émotion que nous fêtons la fin de votre règne. Il y a deux choses qui colorent votre personnalité : votre humour et votre amour de la musique. La musique est un monde merveilleux qui crée la convivialité pour ceux qui l’écoutent. 

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L’humour le vrai, est lié à l’intelligence du cœur car il permet de dédramatiser, de relativiser  La cerise sur le gâteau sera une framboise. Une framboise frivole »: Le duo de la "Framboise Frivole", en tenue d’orchestre, parodie des classiques de la musique où l’on entend en français et puis en néerlandais des notes entrecoupées de paroles « Maes Pils » et « Christal Alken », « Chimay, « La Chouffe» et autres « Orval », pour se terminer par un « I’m a Brusseleer in New York ».

Ensuite, ce fut le bain de foule dans les Marolles, sur la place du Jeu de Balles. 2500 moules et frites distribués.0.jpg

Là, plus qu'un sourire de Joconde, mais un fou-rire.

Le lendemain, le parc était bondé, dès le matin, 30°C au thermomètre.

Albert II abdique dans les temps. Tout chronométré.

Philippe, à 12:12, prête serment et prend ses fonctions de Roi....

Retour chez moi. La télé comme source d'information pour la suite.

Toute l'après-midi, un soleil de plomb lors du défilé militaire avec 700.000 personnes.

Puis, ce fut un retour à la fête dans le parc, un nouveau bain de foule et la rue Royale toujours réservée à la promenade.

0.jpgA 23:00, après une dernière sortie au balcon de Philippe et Mathilde, le feu d'artifice, plutôt spectacle de sons et lumières fait de tradition mêlée d'exceptions dans un mélange de musiques, de poésies, d'images de synthèse et de pyrothechnies pour recharger les batteries des Belges.

 

 

Et que le spectacle continue...

Quand on sait que Elisabeth II ne veut pas abdiquer, le spectacle n'est pas pour demain de l'autre côté de La Manche.

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L'enfoiré,

 

0.jpg0.jpgCitations:

  • « Mouche du roi est roi. », Proverbe africain

  • « Les trésoriers sont les éponges du roi. », Proverbe français

  • « Un homme sans passion est un roi sans sujet. », Vauvenargues

 

Livres: "Philippe, prince héritier" (le livre dit "de la vérité")

"Albert II, Le roi et l'homme" de Patrick Weber 

puis pour ceux qui n'ont pas encore compris "La Belgique pour les nuls"

 

Et maintenant, aux "event" suivant...

 

0.jpgLe président zimbabwéen Robert Mugabe a conseillé lundi à ceux qui contestent devant la justice sa large victoire aux élections du 31 juillet d’« aller se faire pendre », dans son premier discours depuis sa réélection.

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15/07/2013

La Croatie est européenne. Vous êtes sûr?

Nous sommes à deux semaines depuis l'introduction de la Croatie dans l'Union Européenne. Les flonflons du bal se sont éteints. Une question revient: la scission de l'ancienne Yougoslavie en plusieurs républiques indépendantes était ce "la" solution? Est-ce l’épilogue d'un long chemin de croix de la Croatie en "stand alone" ?

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Parler de la Croatie avec un accent touristique, cela pourrait commencer par ça.

Un Croasie de rêve. Bleue, avec 5800 kilomètres de côtes, de criques, de rochers, de plages généralement de galets au bord d'une mer turquoise transparente, un millier d'îles et deux villes côtières, Split et Dubrovnik. Une Coatie verte, intérieure, moins connue avec la capitale, Zagreb et des châteaux  comme celui de Veliki Tabor que l'on insèrerait volontié dans un "Pays de contes de fées".

Que la Croatie entre dans la Communauté Européenne, c'est se poser la question pour qui est le plus, pour elle ou pour l'Europe?

Pour la Communauté Européenne, une sorte de réveil d'un premier élargissement depuis cinq ans.

A Zagreb, dans la nuit du 1er juillet, des feux d’artifice et des dizaines de milliers de Croates à travers le pays qui ont acclamé l’adhésion de la Croasie dans l’Union européenne.

« Bienvenue dans l’Union européenne. Cest une nuit historique. Vous avez fait revenir la Croatie à sa juste place au cœur de l’Europe »  » lançait José Manuel Barroso avant que « L’ode à la joie » de Beethoven ne consacre l’intégration de la Croatie comme 28ème membre du bloc européen avec une émotion forte et partagée dans l'instant. 

0.jpgDans son discours, le président croate Ivo Josipovic a invité ses compatriotes à l’optimisme: « Ne laissons pas le nuage de la crise économique assombrir notre optimisme. La crise est un défi, une invitation à faire demain un jour meilleur qu’aujourd’hui ».

Plus de 700 artistes, chanteurs, musiciens et danseurs se sont produits devant une foule enchantée. Des festivités similaires se sont déroulées dans les villes de Split et Dubrovnik, de même qu’à Varazdin et Rijeka.

Le panneau de signalisation frappé de l’inscription « Douane » a été symboliquement retiré du passage frontalier avec la Slovénie, la seule ex-république yougoslave qui avait déjà rejoint l’UE en 2004, depuis le démantèlement de l’ancienne fédération communiste. Les droits de douane de 20% qui frappent les produits seront supprimés, ce qui devrait apporter une compétitivité nouvelle sur le marché croate de 4,4 millions de consommateurs.

L’événement se devait d'être historique pour cette région des Balkans occidentaux, ravagée par la guerre yougoslave dans les années 90. Seule la nouvelle génération n'a pas connu cette guerre fratricide.

Depuis cette nuit solennelle, l’enthousiasme sur place, a probablement eu le temps de s’émousser quelque peu alors que la crise économique frappe durement le pays.

0.jpgLa Croatie rejoint, donc, le club des pays occidentaux, dits "riches", ce que certains ne manquent pas d'appeller le "Titanic de l'Europe" avec une impression de jouer à qui perd gagne.

"L'union fait la force", dit l'optimiste.

Et c'est vrai, plus un pays est petit, plus il a envie de retrouver des alliés.

"Plus on est de fous, mieux on s'amuse", réplique le comique.

"Divisons pour mieux régner", glousse le malin.

Trop tôt pour avoir rejoint l'UE, constate Ruza Tomasic.

"A qui profite le "crime", penserait Sherlock Holmes.

La Croatie, vue par l'Europe des 27 et d'après le Washington Times, c'est la prochaine Grèce,  motivée par la volonté de la classe politique de Zagreb de s’emparer des subsides européennes.

Profondément en crise, elle nécessitera de constants plans de sauvetage, qui coûteront une fortune aux contribuables européens. 

Cela pourrait rappeller le rapprochement de l'Allemagne de l'Est à celle de l'Ouest.

Il n'y a plus qu'un régime qui semble vivre en autarcie, la Corée du Nord. Je dis bien "semble", car ce n'est peut-être qu'en apparence. 

Qu'attend la Croatie de l'UE? Sortir du marasme économique dans lequel elle est plongée depuis 2008-2009 avec un PIB inférieure de 39% en dessous de la moyenne européenne.

Les pessimistes restent sceptiques quant à leur augmentation du niveau de vie par cet intermédiaire. Une crainte que la situation ne profite qu'à l'élite. Une peur que les investisseurs ne soient là qu'à la seule recherche d'une production toujours moins chère, menant à un appauvrissement des travailleurs, avant de trouver encore moins chère et plus qualifiée qui pousserait la Communauté Européenne, une nouvelle fois, à délocaliser. Les médias, les banques ont déjà été rachetées par des pays étrangers et l'arrière pensée subsiste que l'Union Européenne devienne une nouvelle Yougoslavie qui briserait leur indépendance. Le rêve intime des jeunes seraient plus tourné vers un nouveau siècle des Lumières. La pleine souveraineté ne date que de 1998. Elle n'a été qu'une histoire idéale dans une longue marche vers cette indépendance depuis que le roi Tomislav avait fondé le royaume croate en 925. Jusqu'à l'écriture glagolitique a servi dans ce but.

Le taux de chômage s’établit autour de 20% et 40% pour celui des jeunes de moins de 25 ans. Les travailleurs hautement qualifiés partent pour trouver du travail ailleurs dans une fuite des cerveaux qui ne profite pas au pays. L’intégration européenne pourrait provoquer la disparition d’entreprises croates qui ne parviendraient jamais à s’aligner sur la compétitivité des autres pays européens liée au niveau élevé des salaires.

Passer à la monnaie euro n'est prévue que pour 2015 au plus tôt.

La monnaie, toujours utilisée, le Kuna veut dire, en croate, "martre" en souvenir d'une époque pendant laquelle on payait avec leur peau, restera à des niveaux bas.

0.jpgLa corruption est largement répandue et la classe politique défend ses avantages. Avant la guerre, la Croatie était la région la plus riche en Yougoslavie après la Slovénie. La gestion désastreuse de la politique de privatisation de l'époque Tudman et son clientèlisme, ont détérioré ce qui faisait sa réputation en chimie, en exploitation du pétrole, de alulinium et dans la construction navale.   

La Croatie, le 28ème pays à rejoindre l’Union Européenne, un plus pour le secteur public et pas nécessairement pour le secteur privé. Pour le particulier, c'est un espoir imprécis et une lame de fond libérale qu'il ne peut contrer.

Deux agences de notations ont déjà dégradé les obligations croates au statut de pacotille vu la dette du pays. De nombreuses terres ne sont pas cultivées. 

Depuis 2007, l’UE a déjà versé 998 millions d’euros à la Croatie à titre d’aide de pré-adhésionCette année, ce sont 655 millions d’euros qui ont été ajoutés, soit environ 1,5% du PIB croate. Entre 2014 et 2020, Zagreb devrait recevoir encore 13,7 milliards d’euros pour des mesures d’ajustement.  

Cette fusion serait-elle, une victoire à la Pyrrhus dans laquelle chacun est perdant, au mieux, un peu, en moyenne, beaucoup, au pire, à la folie?

Un petit détour par un connaisseur avec des liens familiaux serbes dans la Yougoslavie de papa me disait...

0.jpgJe dis papa parce que pour lui, il y a aussi vingt ans et que la Yougoslavie s'est disloquée depuis.

"La Croatie, je connaissais jusqu'au début de la guerre en 1991. Depuis, j'ai décidé que je n'y passerais jamais plus de vacances pour des raisons politiques! Par contre, je m'y intéresse toujours régulièrement, de même qu'à l'ensemble des Balkans, au travers de mes lectures et de sites Internet. Je termine la lecture d'un livre de récit de voyage au travers de l'ex-Yougoslavie (entre 1930 et 1940) écrit pas Rebecca West "Agneau Noir et Faucon Gris". Un livre très éducatif sur l'histoire et les peuples qui composent cette ex-Yougoslavie. Un livre édifiant quant aux comportements de ces peuples constamment bousculés et saignés par les intérêts étrangers. Y compris ceux des religions. En parallèle,  je lis 'Histoire du capitalisme 1500 - 2010" de Michel Beaud. Une lecture qui devrait être obligatoire pour tous nos enfants entre 16 et 18 ans. Que de points communs entre ces deux récits! De la géopolitique à 100%. Mon discours sur la "balkanisation" du monde est en marche et un de ces points de départ est certainement la guerre en ex-Yougoslavie. De même que l'éclatement de URSS. Je te rassure, je ne suis en rien un supporter du communisme. Et, dans la même vaine, je ne me retrouve en rien avec ce néo-capitalisme qui est le contraire et la mise à mort de la démocratie. Comme le disait la ministre écolo française, il y a quelques jours, suite à son C4 signé par François Hollande, les partis traditionnels font le lit de l'extrême droite. Convaincu depuis 30 ans, chaque jour qui passe, me conforte dans cette pensée. La communauté européenne est le bras droit de ce néo-capitalisme qui négocie, qui impose la capitulation social et étatique, sans conditions, aux pays des Balkans. Croatie y compris. Après avoir détruit socialement et économiquement tous les pays africains, c'est le tour de l"Europe. La Belgique y compris. La Croatie, de même que la Serbie et la Slovénie, est exsangue. Tout a été ouvert au "marché libre" (c'est-à-dire celui qui a de l'argent, paye le prix qu'il impose à celui qui n'en n'a pas). La Croatie comme la Slovénie a tout vendu ou plutôt cédé pour presque rien. Le taux de chômage explose. Les pays y compris la Serbie sont en faillite virtuelle. Je remplacerais, seulement, le terme "démocratie moderne" par "hypocrisie" absolue.".

Une confirmation de plus à cet article, plus explicite et moins concensuelle que cet autre. Je me doutais de ce que j'allais apprendre, mais j'en ai, ainsi, le coeur net.

Globalement, à l'origine, c'était la Serbie fédéraliste qui, par une persuasion de force, tentait de maintenir les autres républiques autonomistes ou indépendantistes sous son propre giron.

Qu'aurait été la Yougoslavie restée unie, aujourd'hui?

Difficile de répondre si ce n'est de manière très générale.

Dans tous régimes démocratiques, plus il y a de votants, plus il y aura de l'importance pour ceux qui font partie de la majorité. C'est aussi moins de redondances au niveau des postes de commande gouvernementaux.

La situation en Belgique, si elle n'est pas identique, a aussi ce genre de problème communautaire qui sans sonnette d'alarme ne tiendrait pas compte des minorités démographiques.

En contre partie, vivre en communauté, c'est accepter le conformisme de l'unité générale d'opinion. Ce n'est pas pour rien, que l'Europe qui est, ce qu'on peut appelér, confédérale, fait penser à une nouvelle Yougoslavie pour un Croate.

Comme pour les habitants d'Europe de l'est qui avait "l'ostalgie", il y aura aussi de la "sudalgie" ou de la "balcanalgie" car on ne se fait pas facilement à la seule loi du marché, capitalisant les avoirs quand on n'y est pas né et qu'on n'y baigne pas par l'habitude.

0.jpgPersonnellement, j'ai connu la Croatie par deux fois. La première en 1983, dans la Damatie du sud avec Dubrovnik. La seconde, en 1988, plus au nord avec Split dans la Dalmatie centrale.

Des localités plus petites comme bases de retranchement hôtelière et lieux de tourisme comme Cavtat (Mostar, Kotor, Budva, Sveti Stephan, Perast, visités à l'époque, qui sont dans le Monténégro d'aujourd'hui) pour le sud et Trogir, Primosten, Sibenik, le parc national de Krka, l'île de Hvar plus au nord.

La ville de Split est un peu mondaine, avec son labyrinthe de ruelles qui s'imbrique dans l'ancien palais de l'empereur romain de Dioclétien alors que Dubrovnik, l'ancienne Raguse, partagée entre vénitienne et turque, conserve une devise prédestinée « La liberté ne se vend pas même pour tout l'or du monde ».

Six régions: l'Istrie, le Quarner, la Dalmatie du nord, la Dalmatie centrale, la Dalmatie du sud, et la Croatie continentale.

Pour le touriste lambda des années 80, rien ne laissait entrevoir la guerre des années 90 et comment elle allait se dérouler. Tout était camouflé pour l'étranger et encore plus, au vacancier qui devait garder un bon souvenir de son voyage.

D'après cette vidéo, il existe un "Balkan spirit" entre amour et haine dont la présentation dit "Saviez-vous que manger du yaourt bulgare permet de faire l'amour jusqu'à cent ans ? Le Serbe Emir Kusturica, réalisateur emblématique du Temps des gitans et de Chat noir, chat blanc, le philosophe slovène Slavoj Žižek, l'artiste serbe Marina Abramovicz, le musicien Goran Bregovicz, la star hollywoodienne Angelina Jolie, réalisatrice d'Au pays du sang et du miel, et bien d'autres créateurs croates, grecs, roumains ou bulgares s'interrogent sur l'identité balkanique devant la caméra d'Hermann Vaske. De savoureuses anecdotes personnelles en analyses historiques, ils peignent par petites touches une région traumatisée par la guerre et hantée par le racisme, mais également avide de vivre et débordante d'imagination. Avec humour, ils s'interrogent sur l'ambivalence grecque entre Occident et Constantinople, sur Dracula, sur le tabou de l'érotisme - et sur le sens de leur travail.".0.jpg

"Dans le pays du sang et du miel", un film qui traduit du mot Balkan. Des Balkans qui survivent grâce à l'humour noir, le sexe, la musique endiablée du violon tzigane et de la danse opposés à la violence dans lequel doivent nécessairement exister des Roméo et Juliette à la mode balkanaise...

Curieux cette collusion d'amour et de haîne.

Je suis remonté dans l'histoire de la partie croate de cette guerre et de ses prémices qui, parfois me paraissent banales ou futiles mais qui s'emballent très vite en guerre civile et fratricide. 

Février 1990, le nationalisme du Kosovo, dont les Albanais n'ont jamais accepté l'idée de faire partie de la Yougoslavie (depuis l'indépendance accordée en 1974), se rebelle déjà, à tel point que le chef de l'Etat, Janez Drnovsek, s'est rendu sur place tandis que le PC slovène se sépare du PC yougoslave. En avril, les Croates votent pour la première fois librement et désignent les membres du parlement croate. En mai, un affrontement sur le stade de Zagreb oppose la Dinamo de Zagreb à l'Etoile rouge de Belgrade et met le feu aux poudres. Le Serbe, Boris Jovic devient le chef de l'Etat dans une rotation entre Serbes et Croates.

En 1991, le gouvernement fédéral lance un ultimatum à la région croate insoumise de dissoudre leurs unitées armées. Dans la ville symbolique de Sarajevo, l'hésitation commence  pour les 6 présidents des républiques yougoslaves: un divorce à l'amiable ou un divorce brutal. Une guerre civile est déjà en route sous la houlette de Slobodan Milosevic. Le rattachement à la Serbie des Serbes de Croatie (13% de la population) est soumis au référendum. Le 20 mai, "contre-référendum" pendant lequel, les Croates se prononcent pour une Croatie indépendante dans une confédération. Le 22 juin, la Slovénie se sépare déjà de la Croatie. La Yougoslavie n'existe presque plus. Les affrontements ethniques continuent et les observateurs européens ne pourront pas faire respecter les cessez-le-feu successifs. Le 20 septembre commence l'offensive de l'armée fédérale. Franjo Tudman échappe à un bombardement serve. Dubrovnik est encerclée et soumise à un blocus entraînant, tout en résistant, l'évacuation de 3000 civils. Des Casques bleus de l'ONU s'interposent sans beaucoup de succès.

En 1992, la CEE enterre, définitivement, la Yougoslavie en reconnaissant la Croatie et la guerre va, dès lors, se déplacer en Bosnie, dans la ville symbolique et martyre de Sarajevo.  

Un documentaire de "Echappée belle" du 6 juillet sur France5 montrait ce qui restait comme stigmates de la guerre toujours visibles par les impacts de mortiers sur les monuments de Dubrovnik, mais, il est vrai que la vie semble avoir eu le temps de reprendre son cours. Dans le Montenegro, l'ancien pont de Mostar, détruit par la guerre, a été reconstruit à l'identique. Tout est prétexte aux fêtes traditionnelles. A 86% la population est catholique. 

En attendant, il reste les informations publicitaires qui sont là pour attirer le plus de visiteurs et des images classiques de la Croatie, comme "belle ensoleillée" qui font oublier le passé... Une fierté d'avoir des noms connus dans le monde comme Ivan Illich, John Marcovitch, Josiane Balasko et bien d'autres, apporte cet esprit identitaire croate.  

L'espoir fait donc vivre, même si l'attente fait souvent mourir. 

C'est la saison des vacances et la fréquentation touristique peut donner des indices.

Mes photos des années 80 qui montrent la Croatie encore pacifique, n'étaient pas encore numériques (ici en un clic).

Numérisées, elles ont, seulement, un peu perdu de leur tempérament et de leurs forces. Peut-être, tout à fait comme l'esprit croate.

Bonne chance à la Croatie européenne...

 

L'enfoiré, 

 

Citations serbo-croates:

  • « Des frères qui s'entendent bien construisent de nouvelles maisons. Ceux qui ne s'entendent pas vendent les vieilles. »
  • « A quoi sert l'étendue du monde quand nos souliers sont trop étroits ? »
  • « Avant de mordre vois si c'est pain ou pierre. » 
 
Mise à jour 15 août 2013Les Etats DésUnis d'Europe en 2 graphiques
  • par Audrey Duperron

Différents signes convergent vers une reprise économique et tout le monde espère que les élections allemandes qui auront lieu en septembre vont apporter de la stabilité dans la zone euro. Toutefois, tous les les problèmes structurels de l'UE n’ont pas été résolus, et quelques graphiques de Bloomberg Brief se sont attachés à nous le rappeler :

1. La croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2007 à aujourd'hui:

L'Allemagne est la seule grande économie de la zone euro qui a rattrapé son niveau de PIB de 2008, tandis que l'Allemagne, la Belgique et la Slovaquie sont les trois seuls pays qui ont enregistré une croissance au cours du premier trimestre 2013. En revanche, depuis 2008, l’économie grecque s’est réduite de 25%. 

2. Le taux de chômage dans l'UE:

 

La récession a généré 1,1 million de chômeurs supplémentaires dans la zone euro, ce qui porte le total de la zone euro à 19,3 millions de chômeurs, un nombre comparable à la population totale combinée de la Suède, du Danemark et de la Norvège. En Grèce et en Espagne, le taux de chômage des jeunes a atteint les niveaux records de 58,7 et 56,1%, respectivement, à comparer au taux de 7,5% de l’Allemagne. Toute une génération de jeunes est exclue du marché du travail et leur manque d’expérience risque d’handicaper la croissance future.

L'Europe dans l'hsitoire

09/07/2013

Le triomphe des gentils?

Le rédacteur en chef adjoint de mon journal télé, disait dans son éditorial "Faut-il montrer les dents pour se faire une place au soleil? Faut-il écraser l'autre pour séduire les foules? Faut-il devenir le chantre de l'individualisme pour écraser la concurrence malgré les trop nombreux exemples assénés par la réalité?" "Non, heureusement, non", concluait-il. 

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Rappelons qu'être gentil, c'est être bienveillant d'après la définition du Larousse et de Wikipedia. 

Plus naturelle, plus immédiate, l'empathie cognitive serait bien plus profitable que la gentillesse qui ne veut rien dire à priori et qui ne se mesure qu'à la longue.

'Méfiez-vous quand un politicien emploie le mot "juste"'. "Il explique que les politiciens répètent à l’envi le mot « juste » parce qu’il implique qu’ils font de leur mieux pour tous et que personne ne sera victime de discrimination.", était-il dit sous le lien. 

Tout comme le mot "juste", le mot "gentil" ne vaut guère plus dans l'échelle des mots fourre-tout.

Pour étayer la couverture 'Le triomphe des 'gentils"', dans un article, étaient cités  Christophe Maé et Zaz qui chantent le bonheur qui mène au succès.

Le secret: 'Une vie personnelle et médiatique, saine mais qui ne suffit pas à constituer un gage de longévité, mais qui y contribue et un été ludique, garanti sans égoïsme ni violence", était-il déclaré.

A lire les commentaires du billet, cela ne semblait pas être en faveur de Nabilla qualifiée de "Pauvre Nabilla. Pauvre cruche...". Constater que: "elle dit tout haut ce que l'écrasante majorité de la population murmure honteusement tout bas.", apportait une conclusion ou peut-être une constatation à double sens.

La rédactrice en chef du même journal s'indignait dans un autre édito parce que Nabilla était malmenée sur un plateau de télé, ne comprenant rien à l'humour de Stéphane De Groodt. Un petit mail, de ma part à la rédactrice, envoyé pour dire, qu'être béate d'admiration,  n'était pas vraiment de circonstance. Mon droit de réponse est resté sans réponse, bien entendu.  

Dans le choc Nabilla-DeGroodt, nous étions spectateur d'une rencontre du troisième type dans un surréalisme en 4D qui ne pouvait plus se comprendre.

Un esprit saint dans un corps avec deux seins.   

Récemment, Stéphane De Groodt joutait le rôle principal dans la pièce "Le Prénom" aux Galeries. Il était parfaitement dans son rôle et fut applaudi comme il se doit.

De l'humour incisif dont il faisait preuve, j'en redemande.

"Tout le monde est beau, tout le monde est gentil", une réflexion contradictoire me revenait à l'esprit.

A relire "Non, mais allô quoi, Fakebook", cela semblait aller aussi dans le même sens, avec des amis, sinon rien. 

Oh le monde est beau,
Ils font partie du même réseau
Oh le monde est beau,
Chaque jour on est plus nombreux
A être seul dans le bateau

Le match de la compétition de notre société serait-il dans les oubliettes? Match dans lequel, en fonction de l'éducation, des "juges d'occasion" désignent un gagnant et un perdant. Dans un monde où chacun se trouve dans une lutte d'influence, faudra s'accrocher quand la tempête souffle.

Pendant, les vacances essayons de colmater la brèche entre rêve "aimez-vous les uns les autres" et le "choc des réalités".

Pour en revenir à Zaz, à lire ce qui s'est passé lors de "Couleur Café" à son sujet, le rêve éveillé ne semblait pas être garanti sur facture. La description de l'événement était plutôt très négative "En musique, comme en tennis, il y a des jours sans, des concerts se transformant en cataclysmes parce que les cieux en ont décidé ainsi. ZAZ, samedi soir, a livré une prestation qu’elle voudra oublier au plus tôt. Tout a commencé par un trou de mémoire comme on en souhaite à aucun artiste. Car ce n’était pas un petit trou – un mot ou une phrase oubliée vite remplacée par nanana – mais un cratère. Car c’est quasiment toute la chanson qu’a perdue la chanteuse française. Elle l’aurait écrite elle-même, ceci dit (et non pas Mickaël Furnon qui lui a fait un joli cadeau), ce ne serait peut-être pas arrivé. Mais bon, sans se départir de son sourire, s’excusant, elle s’en est allée pour revenir et terminer tant bien que mal la chanson. ZAZ se concentre, transpire beaucoup, le rire est de plus en plus crispé et les bonds, nerveux mais les minutes suivantes se passent pas trop mal jusqu’à “Je veux” qui fait très plaisir au public. Et puis, vlan, voilà la technique qui la lâche. ZAZ tente de remplir le vide en demandant au public de chanter mais le divise approximativement en quatre. “Allez, jouez le jeu“, tente-t-elle encore désespérément pour sauver ce qui pouvait l’être. Elle n’abandonnera, vaincue, qu’une fois le problème résolu. Les chansons jazzy, davantage faites pour de petites salles, passent difficilement, tout comme les finesses instrumentales d’un groupe solide.".

Ne pas faire d'erreurs est un mythe mais le risque s'accroit quand on croit que tout est gagné d'avance et qu'on ne s'assure pas des préparatifs à tous les étages. 

0.jpgRevendiquer le droit à l'erreur mais plaindre la récidive, plus lourde de conséquences. 

"Je voudrais bien, mais je peux point" comme le chantait, justement, la Bonne du curé.

Cela ne suffit pas de chanter "Je veux" si on ne le pense pas comme un leitmotiv et qu'on n'ait pas mis toutes les chances de son côté pour y arriver. Que la composition de la chanson vienne par une personne interposée et soit interprétée, n'est pas un problème. 

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Johnny Halliday ne fait qu'interpréter des chansons de paroliers, mais c'est par l'intremise d'un certain brio qui plait à des générations différentes. Son show lors de ses 70 ans était une preuve que tout était minutieusement organisé pour s'en assurer. Ce n'était pas, du tout, le chanteur-interprète que je critiquais dans cet article.   

"J'aime rêver" dit Zaz. Mais la scène n'est pas du rêve en boîte, c'est un travail comme un autre qui doit être ficelé comme du papier à musique. 

Avoir écoulé 1,8 millions de disques, trois ans plus tard, n'est que la confirmation du succès. Après il faut tenir le cap et le gouvernail.

Zaz, de son vrai nom, Isabelle Geffroy, a vécu des années de galère. Sa chanson fétiche l'a propulsé aux nues avec la Victoire de la musique en 2011. Était-ce le trop plein de succès d'un coup et trop dur à assumer dans la longueur?

Pour que "Recto verso", le dernier album fonctionne avec des hymnes à la vie, à la fraternité, des chansons naïves bourrées d'émotions, teintées d'antimorosité, il faut pouvoir sortir du microsillon dans lequel on échoue tôt ou tard sans se renouveler.

Les gens se lassent vite, très vite, peut-être trop. La vie n'est pas une routine ni dans le succès, ni dans la galère.

Être soi, c'est aussi, apprendre à jouer à quelqu'un d'autre, à l'interpréter comme dans une pièce de théâtre avec des rôles multiples. Avoir des paroliers comme Goldman, Aznavour, Grand Corps Malade, et d'autres, ce sont de bons départs.  

"D'autres chanteurs ont joué les grillons champêtresLa rue, les pianos-bars, les métros, les restos comme Piaf, Renaud, Souchon, Winston, Brillant, Ségara, Maurane.. pour déverser une mélancolie, à raconter sa vie avec humilité". Puis, miracle, une chance, que quelqu'un repère la "perle rare". "Je me voyais déjà" chantait Aznavour. Rêver d'être "Le chanteur" pour Balavoine.

Galérer est une bonne manière de commencer et monter sur le train du succès grise mais ne rassure pas pour la suite pour le commun des mortels et encore moins dans le showbiz.

"Très chère originalité" ai-je écrit, il y a longtemps. Le showbiz y était mentionné. Les découvreurs de talents aussi. La gentillesse, non.

La chanson "Si je perds" que chante Zaz, traite d'une femme atteinte d'Alzheimer, est un risque à courir mais qui sera comprise si l'interprétation va de pair.  

Produire, c'est risquer et considérer, du moins dans sa tête, que ce qui vient après devra toujours être meilleur que ce qui précédait. Les bides existent et doivent exister. 

"Les joyeux guérissent toujours" lançait Rabelais.

Et il avait raison, c'est exactement ma manière de fonctionner en jouant à "l'enfoiré".

La phrase de Rabelais a été reprise comme titre d'un livre de Patrick Sebastien qui en a fait "sa maxime de vie pour faire face aux chagrins, aux blessures, aux deuils, aux défaites et aux trahisons que nous inflige la vie", comme il le disait.

Là, je suis d'accord à 100% et j'ai survolé son livre.

Il écrivait: "Être drôle, c'est être regardé dans l’œil dédaigneux comme un clone regarde un clown. Le stress tue des milliers de personnes chaque jour d'une manière comme une autre. Le sourire comme seule vie passe par le parasitisme, la tromperie, la fuite, le faux-semblant et la séduction.". 

Auditeur fidèle des "Cafés serrés" avec, ce qu'il faut bien appeler, sa bande d'enfoirés, j'adore.

Pas de "best of" pour la dernière de Gunzig, mais l’angoisse de ne pas revenir:
podcast

Une crise d'angoisse en pensant aux risques qu'apporterait l'avenir et ce fut la bonne idée d'imaginer les événements du futurs à l'avance. Dans les relations humaines, les échanges de bons ou de mauvais procédés se passent mieux en riant un bon coup.

La nature est amorale, sans cruauté, sans bonté. Ok.

L'homme s'adapte aux circonstances et à son environnement dans une compétition de la survie.

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Au travers d'une coopération organisée, les choses changent pour lui, sous le couvert de la démocratie et de la loi du nombre,  comme des dominos, les uns entraînant les autres, transformant l'évolution en révolution. 

Comment pouvait-on penser que la situation économique allait s'améliorer après avoir instauré un régime plus religieux, moins laïc quand 11,3% du PIB du pays se greffe sur le tourisme? Il vaut mieux s'attirer des relations emblématiques générales que des gentillesses symboliques et religieuses trop particulières. Louxor en devient une ville fantôme, une conclusion logique. 

"La seconde révolution égyptienne en 10 phases et une plaisanterie" : « Nasser, el-Sadate et Moubarak ont tous essayé de se débarrasser des Frères musulmans, mais seul Morsi y est parvenu ».

Quant au Pape François il fustige l'indifférence face aux migrants à Lampedusa, offre une messe par gentillesse. Est-ce une manière d'inviter au Saint-Siège? 

Les gentils ne sont peut-être pas ceux que l'on croit, en définitive. Etre gentil est, tout autant, un jeu d'influence de meneurs. Rappelons que dans le discours biblique, le terme Gentils désigne les non-Juifs. Tout se mélange, s'imbrique.

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Un gentil serait-il celui qui reste dans l'ombre?

Pierre Dac disait, avec raison, « Dans le monde affairiste du show business, il n’est pas nécessaire d’être bon musicien pour bien connaître la musique. ».

Si regarder dans la même direction que les autres, c'est être considéré gentil, cela ne veut pas dire qu'il faille toujours se conformer sans être pleinement conscient de ce qu'il en adviendra ensuite dans la pratique. Un esprit grégaire le prendrait sans réfléchir quitte à se retrouver en porte-à-faux et rechercher un répondant, un porte-parole dans tous les cas de déchirures de l'image de départ. 

A garder le sourire, c'est, au moins, une personne qui peut se considérer comme heureuse: son image dans le miroir. Mais, ce n'est pas un triomphe à l'y rechercher indéfiniment...

Dans le "Bûcher des vaniteux 2", le polémiqueur, Eric Zemmour reprenait les événements de 2012. (j'en avais parlé dans l'article précédent mais pour la version de 2011)

0.jpgAu dos du livre, il écrivait "Ils ont gagné. Ils sont le bien, le juste, le bon. La victoire du progrès sur la réaction de la lumière sur l'obscurité, du peuple sur la bourgeoisie, ni s'ils sont les nouveaux bourgeois, que le peuple a abandonné depuis longtemps. Ils on gagné et la réalité n'a qu'à bien se tenir. les nations, les frontières, les sexes n'existent plus, seules les impôts existent. Ils ont gagné et les méchants peuvent trembler et les bons se rassurer, les méchants se taire et les bons sans terre, sans voix, sans visage, parler, si ce n'est celui de la haine de tous les mots qui se terminent par "-phobes". Toujours la même histoire folle plein de bruits, de fureurs, contée par un idiot. Mais l'idiot, c'est moi".

Il y a l'art d'être méchant comme il y a la déchéance à être trop gentil.

Je ne partage pas toutes les idées de celui qui se dit "idiot" mais il est vrai que, pour la plupart, l'homme n'existe plus en tant qu'entité simple.

Il s'est vu obliger de s'harmoniser sous le seau de la démocratie qui fera tout bien à sa place, alors que, parfois, cette démocratie devient l'alibi de toutes les démagogies, de toutes les régressions et de tous les renoncements.

0.jpgLa démocratie lisse tout sur son passage et se fout royalement des minorités. La charria est, pour certains, une autre démocratie, qui déiste ne fait guère mieux en s'attirant les bonnes grâces spirituelles. 

Alors, l'homme choisit son clan, son parti et se dit content, conscient d'avoir ainsi fait son devoir. Être interlocuteur observateur, critique qui ne prend pas parti, ne suffit plus à ce genre de concitoyens. Il doit se sentir épaulé pour prendre une décision.

0.jpg"Ce n'est pas parce que tout le monde est dans l'erreur que tout devient vrai", une phrase qui me revient bien à propos.

L'égocentrisme est considéré comme mauvais. La solidarité et le social sont parmi les bons, car tout doit rester gratuit en "All inclusive" et en gardant, en plus, le "Team spirit".

Cela ne sert, peut-être, à rien pour celui qui est le plus intéressé mais cela peut rapporter gros en dehors de lui.

Cesser d'être gentil, commencer par être vrai dans le corps et en esprit, une sagesse qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui, au moins, n'a pas besoin de souffrir de l'opinion démocratiquement vôtre.

La nature est paradoxale, pourquoi l'homme ne le serait-il pas? Mais il y a un art de ne pas être gentil.

L'empathie cognitive ne tient pas compte des dichotomies du diable contre le saint, du bien contre le mal, de la gauche contre la droite, mais demande une remontée aux sources pour éviter les écueils et les effets secondaires.

Alors, pour finir, une vieille chanson, un spectacle permanent...


L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Sagesse, beauté et gentillesse ne font bouillir aucun chaudron. », Proverbe français
  • « La gentillesse s’improvise et l’agressivité se prépare. », Philippe Bouvard
  • « L'empathie est une vertu publique obligée alors que l'indifférence est un vice privé. », Jean Dion
  • « Il faut avoir le plaisir de l'autre mais pas le besoin », De Kersauson

02/07/2013

Une Grand-Place comme un théâtre baroque

Pour débuter nos promenades de vacances, pourquoi ne pas commencer par la Grand-Place de Bruxelles? Que dire à son sujet qui n'a pas encore été dit? Son histoire voit loin et vaut d'être approfondie pour en comprendre son déroulement. Ce 2 et 4 juillet, c'est la parade de l'Ommegang, une occasion de plus. 

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"La Grand-Place, le plus beau théâtre du monde", comme disait Cocteau..

Moi, qui la connaît depuis toujours, je ne sais pourquoi la Grand-Place m'attire encore.

Est-ce l'ambiance, l'envie de m'apercevoir que les touristes y viennent de partout avec une certaine fierté? L'ambiance bon-enfant qu'on y trouve avec les jeunes étudiants qui y viennent chanter pour se faire entendre?

C'est chez moi, ma place, quoi... Et plus je regarde, plus j'ai envie de regarder...

La place, un rectangle parfait de 110 mètres de long sur 68 mètres de large, bordée de 31 maisons corporatives.  

En permanence, des guides se font suivre le bras levé avec le parapluie ou ce qu'il en reste, mais surmonté d'un signe distinctif. Dernièrement, des touristes chinois m'avaient intéressé par leurs mimiques, leur besoin d'apprendre un passé qu'ils ignoraient par leur guide.

Guide, je l'ai été moi-même, l'espace d'une matinée avec une famille de Suisses. Je me rappelle encore, j'avais dû me documenter, entre autres, au sujet de la Grand Place. 

Ce 22 juillet, je me trouvais sur la place, un Ivoirien, émerveillé, m'avait adressé la parole pour me questionner. C'était la première fois qu'il venait à Bruxelles.

Est-ce le Palais Royal? Me demanda-t-il en pointant du doigt, la Maison du Roi. Comme j'avais préparé ce billet, je lui ai donné toutes les informations encore fraîches en mémoire. J'avais rendu apparemment, cet Ivoirien, heureux d'être là.

Un jour, au même endroit, de jeunes étudiantes m'avaient demandé si je savais s'il y avait des symboles maçonniques sur les façades de la Grand-Place. Ma réponse fut "oui", sans chercher à les désigner. Avoir eu un premier roi, Léopold Ier, qui était franc-maçon, cela ne pouvait pas être une surprise. 

On dénombre sept entrées pour se rendre sur la place. La rue au Beurre et la rue de la Colline sont les principales rues qui déversent leurs flots incessants de touristes.

La Grand-Place a vu accueillir, avec chaleur, tous les grands de l'histoire comme visiteurs par la population bruxelloise dans un intérêt partagé.  

Historique

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Au départ de l'histoire, une éminence sablonneuse, un ancien banc de sable au milieu de marécages, entre deux ruisseaux, le Spiegelbeek et le Smaelbeek. Rien qui puisse prédisposer le terrain à devenir une capitale.

Mais qu'est-ce qui a pu attirer des marchands pour y tenir un marché vers 979, date qu'on attribue à la naissance de Bruxelles? Charles de France, duc de Basse Lotharingie, qui vient se reposer en son château de l'île Saint-Géry de Bruocsella et qu'il a fait fortifier comme un nouveau castrum? Il ne se doute pas qu'il vient de fonder une future capitale. Les ducs de Brabant en font une étape marchande sur la route entre la Germanie et l'Angleterre. Dès le XIIème siècle, des échevins constituant la classe riche qui détenait le pouvoir législatif, font naître l'essor commercial et s'installent dans les rares maisons en pierres avec une tour d'Horloge à l'emplacement de l'Hôtel de ville. En 1390, les gens du peuple se groupent en corporations dans des boutiques en bois.

Au XIème siècle, la place prend le nom de Nedermarkt (le "marché bas") en recevant les premières pierres sur un espace assez irrégullier, bordé de cabarets et de maisons particulières et protégée par un donjon carré, considéré comme une tour ducale avant de devenir un beffroi comme halle de boulangers et de bouchers. Un rappel de cette histoire par le nom de la rue Chair-et-Pain.   

Les premières rues ne deviennent pavées qu'au XIVème. 

En 1401, s'ouvre la première chambre rhétorique, la "Den Boek" (le Livre) qui a pour devise "Om beters wille" (pour vouloir mieux). Le but s'exercer à la déclamation, de cultiver la poésie et de mettre en scène "mistères", "esbattements" et autres facéties.

En 1421, l'activité bruxellois est intense et très différente des campagnes. Les métiers sont spécialisés et 49 corporations sont regroupées en 9 Nations avec chacune un Saint patron. Les draps et les tapisseries sont des emblèmes de Bruxelles par leur finesse. 

Le 8 octobre 1430, Philippe le Bon fait sa "joyeuse entrée" à Bruxelles s'installe au Palais du Coudenberg. Bruxelles devient la capitale des Etats bourguignons. Les États du Brabant lui jurent fidélité en échange de concessions sur leurs privilèges et jurent de ne jamais engager de guerre contre la principauté de Liège ou contre l'Angleterre. Aux dépens de Louvain, elle devient capitale du duché de Brabant, grâce à la qualité de son drap dont les cours de Navarre, de France et d'Aragon raffolent. Les ducs de Bourgogne s'installent avec un noyau francophone qui investit la bourgeoisie commerçante qui fait sourire les Flamands "le pouvoir parler français". Ce n'est que Charles le Téméraire qui jette son dévolu sur Malines. Marie de Bourgogne signe la charte du Grand Privilège en 1477.

0.jpgLe 5 janvier 1515, Charles Quint, presque âgé de 15 ans, est intronisé prince des Pays-Bas devant les états généraux réunis à Bruxelles. Né à Gand, il parle le flamand. La Grand-Place est prête pour l'accueillir et l'honorer une première fois comme "prince naturel".  

Dès 1530, Bruxelles devient une première fois, capitale de l'Europe qu'il voulait créer, puisque les institutions du "Conseil d'Etat" (conseil pour le politique), du Conseil privé ((le législatif) et du Conseil des finances (la fiscalité et les monnaies) y sont transférées, tandis que le "Grand Conseil" (justice) reste à Malines. 

Le 2 juillet 1549, c'est la Joyeuse entrée dans la ville. Elle sera fêtée tous les ans lors de la fête de l'Ommegang. Bruxelles devient, ainsi, le centre politique et administratif de son empire "où le soleil ne se couche jamais" comme "une capitale européenne agréable à voir et à habiter". La noblesse obtient des postes clés. Ultra-catholique, la cité ouvre ses portes aux exilés de l'histoire.

Côté plus noir, Charles Quint crée l'Inquisition d'Etat et la terreur religieuse règne. Deux augustins réformés, Henri Voes et Jean Van Essen,  sont brûlés vifs.  

Quand, en son Palais de Coudenberg, il abdique, le 25 octobre 1555, son fils, Philippe II, perçu comme un étranger espagnol, prend le pouvoir et fait gronder la révolte des gueux contre la domination espagnole.

Le 5 juin 1568, envoyé par lui à Bruxelles, le duc d'Albe fait décapiter les Comtes d'Hegmont et de Hornes, fidèles au roi d'Espagne, mais qui sont soupçonnés d'hérésie et de crime d'Etat. Tyran sanguinaire ou obéissance aveugle à Philippe II, ce duc d'Albe?

0.jpgLe XVIIème siècle se caractérisent en confortant l'indépendance des Provinces-Unies avec à sa tête, l'archiduc Albert d'Autriche et l'infante Isabelle d'Espagne. Une période de prospérité qui n'empêche pas les tribunaux d'exceptions pour hérésie et sodomie. Le médecin Van Helmont, du sculpteur Jerôme Duquesnoy, du philosophe René Descartes en font les frais...

En 1648, la Paix de Westphalie est signée.

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En 1667, le États bruxellois votent la levée du gigot, l'impôt sur la bière. Fait cocasse, si ce n'est que la même révolte des bourgeois reprendra vingt ans plus tard. 

La même année, les troupes du marquis de Castel Rodrio, gouverneur de Bruxelles sont impuissantes face à la déferlante française.

Pour contrer l'invasion, les Provinces-Unies, l'Angleterre et la Suède s'allient contre la France dans une Triple Alliance. Le gouverneur de Bruxelles, Monterey, déclare la guerre à la France, le 16 octobre 1673.   

Du 13 au 15 août 1695, le Maréchal de Villeroy, envoyé par Louis XIV, choisit de bombarder Bruxelles, pour faire un exemple et surtout redorer son blason auprès du Roi. De son quartier général à l'abbaye de Dielegem, 25 mortiers et 18 canons à boulets rouges détruisent 16 églises et 3.800 maisons de la ville, dont celles de la Grand-Place. Un gigantesque incendie s'en suivit. L'hôtel de ville et la Maisons du Roi sont touchés. Mais la ville ne se rend pas, malgré l'affront.

0.jpgAprès le traumatisme, une fièvre de reconstruction réunit plusieurs centaines de milliers de florins. L'inauguration des travaux aura lieu dès mars 1696. En 1699, presque toutes les maisons sont reconstruites. Les maîtres d'oeuvre sont Gian Paolo Bombarda, Guillaume de BruynAntoine PastoranaJean Van Delen, Jean Cosyn...

Dès le XVIIIème siècle, les Pays-Bas deviennent autrichiens. En 1718, les doyens des Neuf-Nations se soulèvent et refusent de voter des impôts et réclament le retour des privilèges. Rebelle, François Anneessens est condamné à mort. Français et flamand sont déjà des langues concurrentes. Le prince de Lorraine entre à Bruxelles le 26 mars 1744 et les hostilités contre l'Angleterre et l'Autriche commencent.  Assiégée, Bruxelles retombe.

En 1742, deux loges maçonniques "Union" et "Equité" s'ouvrent à Bruxelles.

Le 4 mai 1746, Louis XV y fait sont entrée. Compter sur la Prusse et Frédéric II semble être la solution. 

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Le XVIIIème, le siècle des Lumières, est une période d'envol économique avec le soutien de l'esprit démocratique. Les pénuries, les grèves et d'autres émeutes populaires sous Joseph II, despote éclairé, qui entend soumettre les trois loges maçonniques, vont l'entraver. La Belgique redevient la zone tampon entre la France et ses ennemis. La République française anticléricale supprime les neuf départements belges de l'ancien régime. La ville réalise qu'elle est l'otage d'une culture qui n'est pas totalement la sienne.

En 1793, les Sans-culotte, iconoclastes, s'en prennent aux symboles des pouvoirs royaux et corporatifs..

Le 16 février 1798, Bonaparte entre dans Bruxelles. 

0.jpgAprès 1815, la maison d'Orange-Nasau est appelée à diriger la Belgique, comme nouvelle barrière contre la France. Elle tente d'imposer la langue "Neerlande". C'est l'échec, cela ne plaît pas à la partie méridionale et l'anarchisme se développe pour déteindre en volonté d'indépendance qui aboutira à la création de la royauté "Belgique" en 1830. Une suite à un opéra patriotique, sans grande valeur artistique, joué à la Monnaie.

La ville arbore le français comme un label de prestige tandis que les Flamands, organisés en corporation, s'en insurgent par voie de presse.    

L'industrialisation rapide, les importations de matières premières et les exportations des productions concrétisent l'option libre-échangiste avec le modèle de la puissante Angleterre, alors que les milieux agraires restent favorables au protectionnisme.

Entre 1860 et 1870, Bruxelles s'embellit. L'eau, le gaz, du rail à l'électricité et le voutement de la Senne insalubre font partie des améliorations...

0.jpgLa Belle époque a commencé pour la ville qui devient la capitale européenne de la science.     

En 1880, le Bourgmestre, Charles Buls, désire conserver l'éclat des maisons de la place et taxe leurs propriétaires en conséquence. L'idée de la valeur patrimoniale de la place prend, ainsi, son essort.
Les dernières invasions seront allemandes lors de deux guerres mondiales malgré la neutralité de la Belgique. Hitler passera cinq fois à Bruxelles mais ne visitera jamais la Grand-Place, trop attiré par la grandiloquence du Palais de Justice.
 
En 1975, le millième anniversaire de la ville est fêté en grand pompe. Depuis ces années-là, le néerlandais perd son image de langue de pauvres paysans pour être remplacé par celle parlée par le Flamand cossu. Le bilinguisme s'est installé par la force de l'obligation de trouver un emploi.
 
Le 2 décembre 1998, la place s'inscrit au Patrimoine mondiale de l'UNESCO et des restaurations successives de l'Hotel de ville et de différentes façades sont entreprises.
 
Visite des guildes de la Grand-Place
 
L'Hotel de Ville D'abord, l'aile gauche, entre 1402 et 1421, faisant le grand chambardement des expropriations d'une quinzaine de maisons.
En 1444, l'aile droite, dont Charles le Téméraire posa la première pierre et de la tour. Charles le Téméraire aimait Bruxelles et était, pour raison d'Etat, sans pitié pour Liège et Dinant.
Sous le patronage du l'architecte, Jan Van Ruysbroeck, l'aile droite de l'Hôtel de Ville fut construite plus courte, parce qu'il ne restait pas suffisamment de place pour la construire en équilibre en largeur. Contrairement à la légende, l'architecte ne se suicida donc pas pour n'avoir pas respecté l'équilibre des dimensions de sa construction. Il mourut, quarante ans plus tard, de vieillesse.
Sur le porche, les statues des saints patrons des Serments, milices qui étaient chargés de défendre la ville, avaient pris place, mais furent remplacés en 1850 lors d'une restauration.
Trois cents statues de personnages importants se partagent la façade (Charles Martel, Pépin Le Bref, Charlemagne, Philippe le Bel...). 
(L'Hotel de ville de Louvain (Leuven), plus petit, suit la même logique avec le même succès).  
Dans la cour intérieure, les statues de l'Escaut et de la Meuse. 

Martin Van Rode fit élever au sommet de la tour de 96 mètres, la girouette de Saint Michel terrassant le dragon en 1454. Girouette dorée de 4,5 mètres qui a été descendue sept fois, pour être restaurée dont la dernière fois en 1996.

Les autres maisons s'ornèrent suivant l'inspiration de la Renaissance italienne du XVIème derrière leurs fiers pignons rutilant d'or, avec leur bannières comme symboles de leurs privilèges. 

A droite, sous le chapiteau, les Moines buveurs et l'Empilement des chaises (skupstoel). A l'intérieur, le vestibule, la galerie des Souverains, la salle du Conseil. Une salle avec plafond qui montre l'assemblée des dieux. La vie de Clovis dans la salle Maximilien et les corporations bruxelloises, les statues des souverains qui règnèrent sur les Pays-Bas dans la salle Gothique.

Avec le dos à l'Hôtel de ville, en regardant de gauche à droite, on trouve successivement les maisons:

Le Renard, la Corporation des merciers (1382) avec le goupil doré, assis qui attend, en façade et saint Nicolas, au sommet de la maison.

Le Cornet, la maison des bateliers (1697) en forme de poupe de vaisseau sur l'un de ses pignons.

La Louve, la guilde des archers, protecteurs de la ville, constitués en milices, avec les statues de la Vérité, du Mensonge, de la Discorde et de la Paix. Les statues de Romulus et de Rémus en façade.

Le Sac, la maison des Ébénistes des Tonneliers (1444) avec un personnage qui tient un sac ouvert entre des vignes.

La Brouette, la maison des graissiers, sanctifiée par saint Gilles avec sa biche à ses côtés.

Le Roi d'Espagne, avec le buste de Charles II d'Espagne et deux esclaves enchaînés, devenu un grand café bien connu des étudiants et de leurs guindailles.

Avant la rue au Beurre...

Les maisons de l'Ane, de la Sainte-Barbe, du Chêne dédiée aux tisserands, du Petit Renard, du Paon, de l'Heaume sont de les toutes premières maisons de Bruxelles, petites. 

La Maison du Roi, la Broodhuis, édifiée comme Halle au pain sur ordre de le jeune roi des Espagnes, Charles Ier, futur Charles Quint. Le but, installer le percepteur des impôts impériaux pour payer les frais occasionnés par les guerres avec la FranceÉdifiée entre la rue Chair et Pain et la rue des Harengs. Elle est devenue un musée après sa reconstruction de 1873. Baudelaire y donna des conférences sans succès. Aujourd'hui, elle abrite les costumes de Manneken-Pis qui plus que le "Cortège de noce" de Pierre Breughel, attirent les touristes.  

Le quartier de maisons suivant a été restauré en 2012. 

0.jpgLa chambrette de l'Amman, l'Ammanskmerke, permettait au représentant du duc de Brabant de donner une meilleure vue pour assister à l'exécutions des sentences.

Le Pigeon, la Corporation des Peintres dès 1510. C'est Victor Hugo, exilé de France, qui en 1852, y trouva refuge et y écrivit son pamphlet "Le Petit Caporal".

La Chaloupe d'Or, maison des tailleurs, avec sur le fronton Saint Boniface, leur patron.

L'Ange, maison connue pour ses dentelles de Bruxelles.

La Maison Anne et Joseph occupée par les chocolats Godiva qui n'ont rien d'une légende.

Le Cerf, étroite avant la rue de la Colline.

La Maison des Ducs de Brabant, restauré en 1990; présente une rangée de bustes brabançons. Ensemble de sept maisons corporatives: la Bourse, La Colline, le Pot d'Etain, le Moulin à vent, la Fortune, l'Ermitage et la Renommée

Le Mont Thabor aux 3 Couleurs.

La maison de la Rose.

0.jpgL'Arbre d'Or qui a changé plusieurs fois de nom et de fonction. Elle est la maison des Brasseurs, mais qui a appartenu successivement aux tanneurs, aux tapissiers et aux cervoisiers, ce qui explique ses caves et son musée de la Brasserie.  Restaurée en 2010, Charles de Lorraine, lui qui a été l'instigateur du style "Grand Siècle", a retrouvé l'or de ses débuts à son sommet. 

La maison du Cygnemaison des bouchers en 1720. Lieu de divertissements, tour à tour cabaret, académie de musique et théâtre, elle devient un restaurant de prestige. Elle a été habitée par Karl Marx en 1845 et a vu la fondation du Parti Ouvrier Belge, le 15 avril 1885.

La maison de l'Etoile, la plus petite maison, reconstruite en 1895 sur une colonnade pour faciliter le passage, détient sous son arche, le monument à Everard 't Serclaes qui chassa les troupes du Comte de Flandre en 1256, ce qui ne l'empêcha pas d'être assassiné et de tomber sous les coups du Sire de Gaasbeek. Il est devenu porte-bonheur pour les passants qui le caressent. Ce qui, à la longue, a envoyé le monument en restauration depuis un certain temps.

Pas de tapis de fleur, cette année. Il a lieu toutes les années paires et le dernier, ce fut en 2012

0.jpgL'Ommegang, j'en ai parlé l'année passée. Elle a lieu, cette année, aujourd'hui ce 2 et le 4 juillet. Pas question de trouver la moindre place. Cette année, Jacques Weber a pris le rôle du personnage "Heraut", avec Bert Kruisman et Jo Lemaire comme première entrée sur la scène de l'Ommegang. L'année passée, c'était le chroniqueur, Stephane Bern qui jouait au commentateur.0.jpg

Conclusions ou constatations

La semaine dernière, Eric Zemmour était de passage à Bruxelles, interviewé à l'occasion de la sortie de son livre "Le bûcher des vaniteux 2" (interview complet).

L'interview se termine par: 

-La vanité est-elle un mal typiquement français?

-Oui. Quand on a été si grand et qu’on ne l’est plus, il ne nous reste que la vanité du passé qu’on a eu. En plus, c’est un mal qui a été aggravé par notre système de cour. À partir du XVIe siècle, on a imité les cours italiennes, en le faisant en grand, et on a développé la vanité. Défaut encore accru aujourd’hui parce qu’il n’y a plus la puissance qui existait auparavant. C’est tout ce qu’il nous reste, la vanité.

- Et en même temps, il y a un gros courant en France de "France bashing"…

- Absolument. Et, je ne dis pas France bashing, je dis haine de soi. Mais c’est un courant qui date. Déjà au XVIIIe siècle, Voltaire tape sur la France en permanence, mais ça a pris des proportions énormes depuis la défaite de 1940 et surtout à partir des années 70. Toutes les élites bien-pensantes passent leur temps à vomir la France. Si on les écoute, on a du retard sur tout. Le fond de tout ça a pris corps au XIXe avec la domination de l’Angleterre, c’est "ah qu’est-ce que c’est dommage que la France soit un pays catholique et non pas protestant", on aurait été un pays de commerçants et non pas d’agriculteurs. Après, ça a été "qu’est-ce que ça aurait été bien si on avait été Américains". D’où l’introduction du modèle multiculturaliste alors qu’on avait à mon sens, avec le modèle assimilationniste, le meilleur modèle d’intégration des étrangers au monde, et je pèse mes mots. On a abandonné tout ça pour un mythe anglo-saxon. Après, on a voulu être Suédois, maintenant on veut être Allemand car "ils font tout mieux que nous".

0.jpg- En Belgique, le mariage gay est passé comme une couque. Est-ce que ça vous interpelle?

- Les Belges n’ont peut-être pas la culture du débat idéologique qu’on a en France. Et cette histoire de mariage homosexuel n’est effectivement pas une question qui concerne beaucoup de monde, mais une question idéologique majeure. Je pense que les Belges n’ont pas ce goût des querelles purement théoriques. Ce n’est ni une qualité, ni un défaut à mes yeux, c’est comme ça. J’aime les querelles idéologiques et je pense qu’elles sont importantes car ce sont les idées qui font avancer le monde. Donc, en clair, les Belges sont passés à côté du sujet.

Avec quelques mots, il a compris ce qui nous différencie, Belges et Français. La France est un pays d'agriculteurs, plus tourné vers la terre que vers la mer. Tout ce qui est anglo-saxon est antagoniste pour un Français. 

Bruxelles s'est souvent laissée envahir avec une sorte d'enthousiasmes intéressés. Entrer dans les bonnes grâces de ses envahisseurs avec l'intention de faire des affaires avec eux a généré une tradition d'hospitalité peut-être forcée. L'Ommegang, fêtée tous les ans, n'en est qu'une preuve historique. Tant que la ville profitait de cette collusion, elle n'y voyait aucun inconvénient. Quand les régents exagéraient la ponction des taxes, la révolte finissait par gronder. Le Bruxellois est frondeur, rebelle mais surtout un marchand bourgeois et opportuniste à ses heures. 

Tellement de visiteurs étrangers se sont installés à Bruxelles, temporairement ou à demeure, que la ville est devenue la capitale du commerce libre-échangiste, tounée vers la mer pour les importations et les exportations via Anvers-Antwerpen. Les noms des autres rues qui jouxtent la Grand-Place démontrent l'option marchande: rue des Harengs, du Marché-au-Charbon, du Marché-aux-Herbes...

La ville est devenue la reine de l'assimilationnisme, du multiculturalisme, du cosmopolitisme et n'a pas eu la culture du débat idéologique que revandique Eric Zemmour. Ce qui, aujourd'hui, oblige à s'exprimer, parfois, bien plus qu'en globish pour se sortir de situations inextricables interculturelles dans des affaires relatives au commerce.

L'épisode du bombardement de Villeroy n'a pas été un phénomène banal. Il a été une terrible leçon pour Bruxelles. Se sentant vulnérable sans pouvoir lever une armée, la ville a appris à louvoyer, à composer avec ses ennemis. Profile bas, elle faisait seulement appel à des résistants ou des mercenaires quand ceux-ci la rançonnaient. 

Rien d'anormal à ce qu'en 1831, Léopold 1er débarque d'Angleterre et reçoive une "standing ovation" par la population belge et bruxelloise pour devenir le premier roi de la Belgique indépendante.

Ce fut un espoir de faire table rase des invasions du troisième type même s'il transitait par l'Angleterre.

Bruxelles n'a jamais eu la vanité et le chauvinisme qui dépasse parfois l'entendement d'un Français qui, sans le savoir, ne peut le reconnaitre.

L'esprit bruxellois se distingue par un côté très libéral avec une couche zinneke (batarde) qui s'exprime lors de la Zinneke Parade (prochaine en mai 2014). 

Dans les années 1970, on parlait de la Grand-Place comme du plus beau parking de voitures du monde. Etre envahi de voitures quand c'était commode, même si ce n'était pas très esthétique, le Bruxellois n'y voyait pas de drame en la demeure. Aujourd'hui, les voitures n'y sont admises que pour la célébration des mariages du samedi, ce qui ajoute une attraction à la place avec les voitures aux mètres. Weekends pendant lesquels, les vendeurs d'oiseaux venaient vendre leur volière. Remplacés par des vendeurs de plantes et de fleurs, aujourd'hui.

0.jpgC'est peut-être le moment de ressortir un article du journaliste français Quatermer. 

"Bruxelles, une ville sale", comme il le disait... 

Non, peut-être... 

Je ne vais pas aller par quatre chemins et j'avoue que c'est exactement ce que j'ai dit à mes hôtes suisses dont je parlais au début de l'article, en préambule à leur visite. Difficile de faire autrement dans une ville qui véhicule toutes les cultures.

"Une ville qui ne sait pas, suffisamment, mettre son patrimoine en valeur", ajoutais-je, immédiatement après. Il suffit d'aller voir une ville comme Barcelone qui a les mêmes objectifs de représentation de l'art nouveau, pour reconnaitre les différences d'approche.

Une ville pour laquelle il faut lever les yeux sur ses façades et non pas de les laisser rivés au sol pour ne pas glisser.

Le Guardian remettait le couvert, en disant que la Gare Centrale était une gare hideuse. Oeuvre de Horta, elle cache beaucoup de passages souterrains qui valent bien plus qu'un coup général.

La ville n'est pas, uniquement, une Grand-Place.

Se prendre au sérieux avec cela, c'est quoi ça, une fois?

Alors, une question me vient à l'esprit: un Bruxellois, pourrait-il vivre dans une ville trop aseptisée dans laquelle tout est "clean" et "soft"? Je n'en suis sûr.

Qu'entend-on par Bruxellois, d'ailleurs?

Le Bruxellois, s'il a besoin d'être étonné et, qu'entre deux visites, que tout ait changé ou presque, il a dû le constater sans pouvoir donner son avis. Avec une ville est en travaux perpétuels, le voilà comblé, si pas saturé.

La bruxellisation l'avait déjà beaucoup entamée en vue de l'Expo 58. Elle n'est pas terminée.  Elle s'est seulement réveillée à vouloir devenir une "métropole" quitte à risquer de perdre son âme en perdant les dimensions humaines d'une ville.

Ce n'est plus le temps où Bruxelles brusselait. Ok. "Au suivant" comme chantait le Grand Jacques, à condition qu'il reste maître du choix de ce "suivant".0.jpg

Etre patriote, chez nous, c'est quoi? Je me la suis posée. Une question, très personnelle, en définitive.

Le "Bruxelles, je t'aime", un peu trop PS, était-il dit. Il faut s'y faire, tout n'est que politique par un des bouts.

La visite est terminée... éN'oubliez pas le guideé, dirait-on dans ce cas...

Cette visite historico-touristique, une fin en soi? Pas du tout. Les hommes passent, les batiments et les pierres restent comme patrimoine ou non.

Beaucoup de mystères demeurent encore, sur la présence de certaines statues et décorations qui ornent la Grand-Place, ce qui fait que des légendes circulent.

Il y a les fêtes pour rappeler tout cela.

Beaucoup de livres et de photos touristiques sur Bruxelles, moins sur la Grand-Place.

En annexe quelques photos qui suivent l'ordre de la visite, ou celles de l'Ommegang de 2011.


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Une place pour les rêves Mais les rêves à leur place. », Robert Desnos 
  • « Une tête sans mémoire est une place sans garnison.  », Napoléon Bonaparte 

Source: "Sociologie de la Bruxellitude" de Louise-Marie Libert 

 

0.jpgMes sources: Entre autres, le "Guide "Belgique" de la Renaissance du livre, le GEO n°86 d'avril 1986.

 

Mise à jour 15 août 2013: Du 14 au 18 août Floralie sur la Grand-Place. Quelques photos sont ici

 

Je m'en voudrais de ne pas citer ce nouveau livre au sujet de la "Grand-Place", le plus documenté que je connaisse (son site). Je n'ai pas 35.000 clichés, mais j'en ai quelques centaines tout de même.

Je me réserve le livre comme cadeau d'anniversaire...

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25/06/2013

Juilletistes, à vos marques

"Merci patron", la chanson fétiche des Charlots, me servirait-elle pour une entrée en matière? Nous aurions besoin de leur humour, aujourd'hui. Après la fête de la musique, l'été est là, place aux vacances avec des articles qui se mettent au vert dans la suite...  

0.jpgLes congés payés, le pécule de vacances, une habitude depuis 77 ans qu'il faut utiliser quand on peut, pas nécessairement, quand on veut.

Une pensée émue pour les Américains?

Les États-Unis, pays où tout est possible mais où il n'existe aucune obligation légale pour les employeurs d'octroyer des congés payés à leurs salariés. Un quart des salariés n'en bénéficient pas. Ce qui ne signifie pas qu'ils ne prennent pas de congés. 

Dans les Corporations, deux semaines de congés payés sont règle courante et peuvent être complétées parfois de congés non rémunérées. Les quatre à six "sick days" (jours de maladie tolérés) peuvent être cumulés aux congés payés si le salarié n'a pas été malade. 

Bel oxymore, les paroles de la chanson des Charlots...0.jpg

La fête de la musique n'est pas parvenue à renverser la morosité ambiante.

Désynchronisé, de la fête, je n'en ai pas vu grand chose. Exceptionnellement,  pour cause de travaux, la fête de la musique avait lieu au Cinquantenaire. Le temps pour la fête n'y était pas.

Mais, l'homme est programmé aux événements, malgré lui,  en fonction des saisons. L'été est là, dit le calendrier, et il faut sortir ses habits de fêtes.

0.jpgSouvent, ce sont les Belges qui ouvrent le bal sur les routes des vacances. En août, les Français  prennent la relève dans un croisement qui devient rouge ou noir sur l'échelle de Richter de risques d'embouteillages.

Alors, zen, prenons ces vacances comme un message positif pendant lesquelles, il faut se ressourcer, faire un break et oublier les aléas de la vie active. 

Les derniers moments avant le départ, seront un peu stressants. C'est programmé toutes les années ainsi. Les souvenirs de stress sont incrustés au fond du cortex...

La chek list demande de jeter un coup d'oeil aux bagages, à l'administration, à la santé, au moyen de transport, aux payements et à la technologie de voyage.

Comme l'hiver a été long, que le printemps a laissé un goût de trop peu, donc, c'est encore plus crucial de changer tout cela.

Dans l'agitation, les cols blancs se sont conseillés pour la direction à prendre. Les problèmes sont toujours là, souvent en-dessous de la vérité, mais le message du patron est "On verra ça, à la rentrée". La phrase de dernière minute, la phrase qui oublie tout... Le patron, lui aussi, veut entrer dans la danse.

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Les ouvriers se sont bataillés pour obtenir les mêmes conditions sociales que les employés. Cela a fait trembler les patrons de sociétés avec les frais que cela pourrait engendrer. "On verra ça à la rentrée", répète-t-il.... 

Le fin mot de l'histoire serait-il dans ce texte de Audrey Duperon"Pourquoi votre patron se comporte comme un singe".

C'est l'effervescence du côté des caristes. Ceux qui vont retrouver leur famille dans le grand sud s'affairent avec des bagages et des cadeaux à faire péter les coffres et les remorques. Le Ramadan débutera vers le 9 juillet 2013, in cha’a-Llah.

0.jpgCette année, il y a eu quelques problèmes du côté du choix de la destination de ces vacances. Les manifestations en Grèce, l'austérité en Espagne, en Italie et au Portugal, ça la foutait mal... Les relents de religiosité en Egypte et en Tunisie, ne sont pas encore effacés. Depuis, la Turquie pète les plombs pour obtenir plus de démocratie...

Intolérable tout cela pour la paix des coeurs des touristes qui veulent passer des vacances!

Cela craint vraiment. Si cela va chauffer, ce n'est pas nécessairement dû à un coup de soleil. Au Brésil, même topo, il prend la relève, mais là-bas, c'est l'hiver qui commence alors que les médias parlent, désynchronisés, de "Printemps brésilien".

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Récemment, à deux doigts de cette période, je lisais un titre qui utilisait les mots de circonstances, en décalage "Il faut améliorer l'attractivité du climat d'investissement".

L'attractivité du climat d'investissement en vacances? Mais c'est bien sûr.  

On se rappelle, trop bien, ces beaux principes et préceptes qui s'appelaient « high-performing team, en low-cost »

Alors, fallait-il se plier à cette règle pour les vacances?

Plus question de réfléchir avec un esprit trop étroit. Fini le travailler "plus" pour gagner plus, cela va chauffer du côté budget "vacances".0.jpg

Il y a la crise et qui dit "crise" dit que ce sont des tunes à mettre dans le jackpot en prévoyance pour le budgetiser. Au diable, l'avarice et les dix commandements du management, à la con...

Les vacances et le plaisir sont les deux mamelles qui restent destinées aux membres de l'organisation de l'homme moderne.

Il y a un an, même période, Bruno Coppens puisait dans son marre de café.

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Marrant de revoir cela, après un an. Le cycle n'a pas vraiment changé. Le marre est resté le même. "Tout s'explique" toujours, comme il est dit dans une émission télé. 

A Bercy, Johnny chantait "Je te promets", lors de l'anniversaire de ses 70 ans.


A lire les paroles, je ne me doutais qu'il devait y avoir un lien aussi étroit avec les vacances. 

Je te promets le sel au baiser de ma bouche
Je te promets le miel à ma main qui te touche
Je te promets le ciel au-dessus de ta couche
Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces

Je te promets la clés des secrets de mon âme
Je te promets la vie de mes rires à mes larmes
Je te promets le feu à la place des armes
Plus jamais des adieux rien que des au-revoir 

J'y crois comme à la terre, j'y crois comme au soleil
J'y crois comme un enfant,comme on peut croire au ciel
J'y crois comme à ta peau, à tes bras qui mes serrent
J'te promets une histoire différente des autres
J'ai tant besoin d'y croire encore

 

Je te promets des jours tout bleu comme tes veines
Je te promets des nuits rouges comme tes rêves
Des heures incandescentes et des minutes blanches
Des secondes insouciantes au rythme de tes hanches

Je te promets mes bras pour porter tes angoisses
Je te promets mes mains pour que tu les embrasses
Je te promets mes yeux si tu ne peux plus voir
J'te promets d'être heureux si tu n'a plus d'espoir
 
 
 
J'y crois comme à la terre, j'y crois comme au soleil
J'y crois comme un enfant, comme on peut croire au ciel
J'y crois comme à ta peau, à tes bras qui me serrent
J'te promets une histoire différente des autres
Si tu m'aides à y croire encore

Et même si c'est pas vrai, si on te l'a trop fait
Si les mots sont usés comme écrit à la craie
On fait bien des grands feux en frottant des cailloux
Peut être avec le temps à la force d'y croire
On peut juste essayer pour voir
 

Et même si c'est pas vrai, même si je mens
Si les mots sont usés, légers comme du vent
Et même si notre histoire se termine au matin
J'te promets un moment de fièvre et de douceur
Pas toute la nuit mais quelques heures

Je te promets le sel au baiser de ma bouche
Je te promets le miel à ma main qui te touche
Je te promets le ciel au-dessus de ta couche
Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces

0.jpgUne preuve de plus? "Je te promets" est aussi, un film dramatique américain inspiré de l'histoire vraie qui raconte les suites d'un accident en automobile dans lequel une jeune femme perd la mémoire de son histoire récente. Son mari tente de lui faire retrouver ses souvenirs. Elle va découvrir, progressivement, le pourquoi, elle avait tourné le dos à sa vie antérieure. Cela me rappelle quelque chose, aussi... 

0.jpgPerdre la mémoire de ce qu'il y avait avant les vacances et progressivement et redécouvrir le pourquoi pour avoir tourné le dos au travail est tout un programme de circonstance.

Une trêve, suite à un rêve et pas de cauchemars, pendant laquelle faire appel au subconscient, oblige à croire que tout se passera toujours bien pendant les vacances. 

Le programme complet est résolument ailleurs, il se dessine longtemps à l'avance ou en catastrophe, en "Last minute".  

"Pourquoi voyager?" Quelle question? Si ce n'est d'être inscrit dans nos gènes comme les animaux. 

0.jpgPas les animaux de compagnie, comme le chien, le chat,  la tortue ou le perroquet, bien sûr... Les emmener avec soi, c'est possible mais, souvent, pas à l'hôtel. Les laisser à la maison ou pire les rejeter sur la voie publique, ce serait faire preuve d'une ingratitude innommable.

La transhumance, c'est pour les autres animaux. Les oiseaux migrateurs, les gnous, les saumons, le papillon Monarque qui se permet de lancer son fameux "effet papillon" à des milliers de kilomètres de distance, en se laissant guider par les conditions climatiques. Tous ces oiseaux vivent la mondialisation, bien avant nous, en suivant la nourriture ou une température sur mesure, quitte à en devenir des réfugiés climatiques avant la lettre.

Les pigeons voyageurs ont appris à s'orienter avec l'aide du magnétisme terrestre.

Le mal du pays, ces voyageurs ne peuvent pas l'avoir, leurs gènes le leur permettraient pas. 

0.jpgObjectiver. Drôle d'idée de parler d'objectiver un voyage, diront certains. L'aventure est-elle au bout de l'objectif? Peut-on programmer un voyage pour éviter ses aléas? Oui, pour 50%. Peut-être moins...

Choisir un thème, culturel, sportif ou simplement rester à  la piscine de l'hôtel pour lézarder.

Un trekking sous forme de pelèrinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, c'est se gaver de légendes et s'habituer à souffrir en silence avec des pieds en sang en pénitence, pour imiter le pêcheur, Saint-Jacques dans une découverte de soi. Comme dit Jean-Christophe Rufin en postafe de "Immortelle randonnée" "Compostelle malgré lui, c'est pour expliquer à ceux qui ne l'on pas vécu que le Chemin a pour effet, sinon pour vertu, de faire oublier les raisons qui ont ammené à s'y engager".

Lhassa et la Mecque, d'autres destinations lointaines, trop lointaines... Lourdes, plus proche qui fascine mais, cette année, elle avait des liens étranges avec Moïse, "sauvée des eaux".

0.jpgUn thème culturel, ce serait suivre les concerts de musique de Mozart, de fado, de flamenco ou alors, suivre à la trace, les vedettes préférées. Ces vedettes se mettent au vert sur les lieux de vacances, d'autres naviguent sur les mers à bords de paquebots géants et exercent leurs talents dans des soirées endiablées. 

Le photographe amateur, lui, recherche l'insolite avec l'aventure au bout de l'objectif et les photos souvenirs sous un angle, une exposition originale, à tout vouloir photographier quitte à risquer de perdre "l'esprit du Saint dans le corps sain" de son modèle. Tout cela pour regarder, simplement, les résultats dans l'ordre, bien plus tard, lors des soirées pluvieuses d'hiver avec dans la voix chevrotantes et fière:

- Tu te souviens de celle-là? Pas mal, non? C'était le pied...

Le pied de quoi? Du trépied qui stabilisait l'appareil numérique?

L'amateur de safaris, du vert écolo, pense à un voyage de Darwin, en remake...

Sportif, en plus, il sera prêt à déchirer son maillot parce qu'il est arrivé deuxième sur son point de chute.0.jpg

Suivre les modes, c'est le rôle des touttouristes... ou des touttourisques, pas vraiment méchants, pas vraiment idiots.

Puis, il y a le sédentaire, l'alergique aux déplacements, celui qui veut bien partir s'il peut retrouver son chez soi, avec, à table, le même steak-frites, la même bière, quitte à retourner, tous les ans, au même endroit, pour être sûr de retrouver les mêmes têtes ou pour montrer la nouvelle raquette de tennis en parlant de foot pendant les pauses cafés:

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Ah, s'il n'y avait le foot, comme la vie serait triste, condamné à parler du temps qui fait. 

Il ne l'avouera pas mais c'est aussi les raisons essentielles de sa réticence à partir en vacances, trop accroché au fauteuil, aux pantoufles et à la télé. Pour voyager, il a des cassettes de la "Croisière s'amuse". Auprès de mon arbre, je vivais heureux...

0.jpgMonsieur Hulot et le Simenon de service s'en vont écrire un roman pour  retrouver les auteurs sur les lieux de son crime.

L'écriture mène à tout... et Monsieur Hulot a sa statue dans le village Saint-Marc-sur Mer où s'est déroulé le tournage. Sa pipe volée doit se trouver quelque part, chez un collectionneur avisé.

Le choix de vacances est aussi vaste que les caractères de ses fans.

Elles ne sont pas gratuites. Les taxes routières, Monsieur Hulot ne devait pas les connaitre. Péages, vignettes & Co...

0.jpgLire les cartes pour rêver, c'est avant le départ, en repérage. En chemin, c'est faire confiance partielle au GPS et aux satellites.

Prendre des cartes, oui, mais lesquelles, à quelle réduction, à quelle échelle? Madame est, de toutes manières, considérée comme la plus malhabile pour les manipuler avec "sémiotique". Manque d'esprit d'orientation? Un vieux truc, aussi, inscrit dans les gènes qui n'auraient pas évolué assez vite?

Une injection de testostérone, c'est comme un coup de barre et çà repart pour permettre déjà à Madame, de tenir la carte dans le bon sens avec le Nord au dessus.

Pauvre de moi, j'entends d'ici, les réactions et les reproches à l'avoir écrit... Faudra que j'en parle avec Olivier de Benoist.

J'écris, ici, avec une âme parodisiaque et non, paradisiaque.

Il faut se représenter ce qu'on veut voir, avant de le voir et alors cela va tout seul. Le GPS ne sera jamais fiable à 100% puisqu'il n'est pas tenu à jour pendant les travaux sur les routes. Les choix qu'ils permettent, se limitent au "plus court" ou "au plus rapide", mais jamais au meilleur compromis. Un compromis, en fonction de quels desiderata, d'ailleurs? Par voies lentes, par les itinéraires bis ne sont pas de son ressort.

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Si, au bout d'un moment, vous constatez que vous tourner, à droite et à gauche, aux mêmes moments que la voiture qui vous précède, vous verrez qu'il a le même GPS que vous, à bord. Si vous tournez en rond, il ne faudra pas imputer la faute à Bison futé pour vous avoir détourné de vos objectifs. Le Bison est têtu, mais pas au point de vous imposer votre route. 

Faire un détour plutôt qu'un chemin direct? Cela dépend du temps imparti, du convoyeur plus que du conducteur. Au revoir, hasard, au revoir, voyage insolite. 

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Prévoir la densité de circulation, là, c'est recueillir les informations avant et pendant le trajet. Le RDC/TMC est, en principe, fait pour vous détourner d'une route encombrée. N'en tenez pas toujours compte. Faites le test. Arrivé au point dénommé "névralgique", c'est bizarre, il n'a plus de névralgique que le nom. Le bouchon a sauté depuis un moment.

Une pluie, après une période sèche, entrave tous les calculs prévisionnels. La signalisation codifiée, un autre sujet de préoccupation, inconsciemment social mais tellement dépendant du pays à traverser.      

Il n'en reste pas moins vrai que le temps passe plus vite quand on reste dans une ambiance festive à bord. 

Arrivé à destination, se tenir informé depuis l'ombre d'un palmier, informer de sa présence ne sont plus des problèmes que l'on essayait d'exprimer sur l'espace réduit d'une carte postale. C'est en ligne, sur Internet, sous l'oeil de la vidéo que cela se passe. C'est le pied, ai-je envie de dire.

0.jpgCela passe ou a passé par l'organisation des vacances avec TripLine, par la recherche de son chemin avec TripTraker, par l'établissement d'un itinéraire avec TrackMyTour et en finale, par l'explication de son aventure avec TravelPod. Un voyage à la carte? Mais n'oubliez pas que Big Brother vous suit à la trace... Snowden, "the public ennemi number one" vous la dit à partir de son refuge touristique.  

Au retour, tout sera à refaire dans l'autre sens. En fait, seulement presque, parce que le retour semble toujours plus court que l'aller. Plus d'excitation et plus rien n'est considéré comme exceptionnel. La perception du temps s'est faussée. Le "Home, Sweet home" rassure quelque part. Les repères pour atteindre la destination sont connus, détaillés dans les souvenirs. 

Pour des raisons privées et pour ne pas perdre la face, on ne peut pas tout raconter ce qu'on a fait entre le départ et le retour. Il faut avoir réussi ses vacances. C'est un must, vu qu'elles n'arrivent pas assez souvent, qu'elles coûtent cher et qu'en plus, apportent un plus au niveau social grâce au bronzage adéquat.

Tout a une fin, même les doigts de pieds en éventail, les brûlures baignées au miel de coco ou de palme. Ce putain de soleil tapait vraiment trop fort. Plus léger... Moins riche dans la poche, plus riche dans la tête.

0.jpgAlors, quand arrive le retour, après deux semaines, quand un collègue vous raconte, que tout nu, tout bronzé, ses aventures supers de vacances de manière trop enthousiaste, c'est que, peut-être, un peu honteux de le raconter, il aura oublié quelques petites péripéties au passage.0.jpg

Sans émotions, c'est que tout s'est passé, à la maison, sous la lampe cathodique à bronzer.

Et puis, qui sait, ce serait, peut-être, la lanterne rouge d'un des cyclistes qui dans les rues de Bruxelles jouait au femen ou au homen. Mais on ne boude pas quand c'est l'avenir... Tous à poil...

Il a eu trop de frais pour la maison, trop de factures en relation avec toutes les autres fantaisies de la vie moderne qui arrivent toujours au mauvais moment.

Partie remise...

L'idée des vacances qui vient au même moment par trop de monde pendant la belle saison, en juillet et en août, n'est pas la meilleure. C'est évident...

Pour justifier ce choix, les vacances scolaires, la construction du bâtiment qui s'arrête, trouveront d'autres obligations.

Il aura l'esprit grégaire, le goût de l'ambiance surchauffée, des habitudes prises quand les enfants étaient là, sont parfois nécessaires à oublier pour garder la paix des ménages. Plus on est de fous, plus on s'amuse...   

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Armes et bagages dans le coffre, le conducteur au volant, les enfants sur la banquette arrière et le conjoint à la place du mort pour suivre la caravane. Tout bien arrimé à sa place, dans chaque coin de l'espace réduit de la p'tite auto...

Si vous vous souvenez de l'escapade humoristique de ces vacances familiales... On va revivre ça, en puissance quatre.

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La bouffe, tous les jours, dénommée avec des noms exotiques, le lit du voisin, tout feu, tout flamme, qui empêchait de dormir avec ses bruits grincants trop caractéristiques et les voisins qui avaient envie de fêter trop souvent à des heures trop matinales et trop arrosées... Met de l'huile de Regglys et pas uniquement pour le lendemain au soleil.

Tous les chemins mènent à Rome, mais pas à la même vitesse et avec la même sueur.

En cette période, on hésite entre le temps de l'expansion et celui de la récession. A coup de mystifications, on en deviendrait chasseur de bulles.

Depardieu ne dira jamais qu'il est juilletiste. Il se targue seulement d'être "citoyen du monde".

En plus de la nationalité russe, de son passage subreptice, en Belgique, il va demander son septième passeport en Algérie. «Ça m’évitera de demander des visas pour revendiquer mon «droit aux excès» comme un de rebelle, qui bouscule les choses et qui est parfois ivre". "Une vie libre" comme l'a écrit Elsa Zimmerman. Une vie passionnée, géniale, gargantuesque avec superlatifs très tendance, dans une "France profonde", mais loin de la bien-pensance dans un jeu de l'échec et du hasard.

"Oui, assurément", dirait-il. 

"Non, peut être", me dis-je. 

"Dans la vie, faut pas s'en faire", une très vieille chanson qui reste possible, mais, surtout, sans humeur trop changeante, au retour. 

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Restez zen, cool, avant, pendant et même, après les vacances. 

Voyager, c'est remarquer que, malgré le livre de Alessandro Scafi "Mapping Paradise", le meilleur des mondes et le paradis n'existent nulle part et que le bonheur est affaire personnelle. Si le paradis existait, on s'y ennuierait très vite...

Quant à la promiscuité subie en juillet et en août, si vous y êtes obligé, fermez  les volets de vos paupières, mettez une musique douce dans vos oreilles et évadez-vous en esprit. Se retrouver seul au monde, avec des centaines, des milliers de touristes autour de soi, c'est géant.

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Donc, racontez vos expériences, inventez vos aventures malheureuses, sans honte. Vos débordements heureux, cela pourrait donner des soupçons de parti pris trop vite détectés... Les vrais bonheurs se tiennent en secret, pour soi car, en définitive, tous vos interlocuteurs s'en foutent de vos histoires, de vos photos ... 

Que recherchent les touristes? Et, le Belge? Serait-ce ça? --->>>

Juillet n'a jamais été mon mois de prédilection pour ce qu'on appelle les "grandes vacances".

En manque d'exotisme, je m'en vais par la rue de Brabant pour rejoindre le centre de Bruxelles. Vacances garanties sur facture, à petits prix. Mais, encore faut-il aimer les souks, la couleur café au lait et au sucre de canne... 

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Et puis, pour madame, les soldes de juillet, cela veut peut-être dire quelque chose, pour partir après, en fin de saison.

En attendant, bonnes vacances et merci patron pour les conseils et la temporisation...

Revenez-nous tous en forme.

En forme de quoi? Là, je vous laisse la réponse à votre bonne conscience...  

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Pour les autres, en avant, l'exploration proche ou plus lointaine, sous forme de billets... dès la semaine prochaine...

 

L'enfoiré,

 


Citations :

 

  • « Les vacances : des loisirs qui se répètent. », Jean Adrian 
  • « Je pensais que les vacances me videraient la tête. Mais non, les vacances, ça ne vide qu’une chose : le porte-monnaie. », Jean-Philippe Blondel
  •  « Rien n'use plus promptement que les vacances, quand elles se prolongent. », Extrait du Rouge Brésil 
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Mise à jour 24 juillet: Saint Jacques-de-Compostelle, c'est le drame. Un train fou... Pour les uns, il est le chauffeur imprudent qui a précipité son train dans une courbe dangereuse, entraînant la mort de 78 personnes. Mais d'autres, parmi ses amis et voisins, gardent de Francisco Jose Garzon Amo l'image d'un "excellent professionnel", à la longue expérience.

 

 

 
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Mise à jour 28 juillet: En Egypte, le Ramadan se termine en bain de sang. Au moins 65 personnes ont péri samedi au Caire dans des heurts entre forces de l'ordre et partisans du président déchu Mohamed Morsi, les plus meurtriers depuis sa chute, le nouveau pouvoir annonçant sa volonté d'en finir avec la contestation des islamistes.
 
 
 
 
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Mise à jour 29 juilletImmense défi de rendre les Parisiens aimables. "Do you speak touriste" cherche à y répondre. Paris, une belle ville, mais qui perdrait en efficacité à cause du manque amabilité de ses habitants. Autant savoir ce que chacun de ses hôtes demande.
 
Le Belge, une ambiance authentique, des suggestions.
L'Italien est sensible aux attention accordés à leurs enfants.
Le Japonais a un terrible besoin d'être rassuré.
Le Brésilien aime les contacts chaleureux.
Le Chinois aime les sourires.
Le Parisien devrait déjà apprendre à être aimable avec les autres Français.
 
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Les ministres se questionnent de pays à pays... 

Bientôt les aoutiens qui prennent la relève.
 
Avant cela des conclusions, un mois chaud, chaud
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Le mois de juillet 2013 figure dans le top 5 des mois de juillet les plus chauds depuis 1833. Et pendant la première quinzaine d’août, le mercure ne devrait pas passer sous la barre des 20ºC.

 

20/06/2013

La guerre de cicatrices

Le 2 avril à l'ONU fut une date historique. A une impressionnante majorité de 154 'Oui', 3 'Non' (l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie) et 23 'Abstentions' (les USA, la Russie, la Chine,... les principaux marchands d'armes), le traité qui régule le commerce des armes de guerre a été adopté dans une résolution qui empêcherait de massacrer des gens. Chaque pays devra s'assurer que les armes,  du pistolet jusqu'aux avions de guerre, n'iront pas à l'encontre des Droits de l'Homme et qu'il ne sera pas détourné à des fins de terrorisme. Le marché des armes dans le monde représente 100 milliards de dollars par an.  

0.jpgAu musée de la guerre de Bruxelles, l'exposition "Scars war", rien à voir avec "Star war", montrait les dégâts des armes sournoises que l'on appelle "mines terrestres" ou "mines antipersonnelles"

Chaque conflit militaires entraînent des victimes militaires et civiles. Chaque conflit militaire trace ses marques dans le paysage.

L'héritage cruel, ce sont les mines enterrées qui peuvent, sans limite de temps, en période de paix, faire beaucoup de victimes et de dégâts collatéraux avec effet retard.

Leur but, blesser plutôt que tuer comme des représailles à destination, le plus souvent, de civils. 

Elles constituent la menace la plus sournoise qui, à peu de frais et sans beaucoup d'efforts pour leur déplacement, ne visent personne en particulier mais tous ceux qui passeraient par là.

En 1998, le Traité d'Ottawa était signé pour tenter d'éradiquer le problème avec l'interdiction des mines antipersonnelles.

A l'époque, 161 pays ratifiaient le traité. Des programmes de conscientisation, des traitements de réhabilitation furent mis en place.

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On se rappelle des images de Lady D, qui un peu avant son accident, s'était promené dans un champ de mines.

L'UNMAS, Handicap International, le PNUD et d'autres encore, se sont chargés de cette "guerre d'après coup". 

L'Afghanistan est considéré comme le pays le plus touché par ces "Scars war". La manoeuvre de déminage s'organise avec l'aide de 15.000 Afghans sur plus de 6000 zones, qui sont reconnues comme dangereuses sur 600 kilomètres carrés, Pour l'année 2011, c'était encore 33 personnes par mois, souvent de jeunes enfants, qui en étaient victimes. Mais ces chiffres baissent d'année en année, preuve de l'efficacité.

Au Cambodge, ce sont 700 km2 qui ont été traités. Plus de 63.900 morts ou blessés dans la dernière décennie pour redescendre le nombre de victimes, en 2011, à 211.   

Dans le monde, 48.000 mines antipersonnelles et un million d'engins explosifs ont été détruits. Les actions ne sont pas inutiles et le monde est devenu plus conscient des risques encourus dans l'agriculture. 

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La Belgique a été le premier pays au monde qui, dès le 9 mars 1995, avait signé une législation interdisant ces mines. En juin 1997, à Bruxelles, fut lancée l'idée d'interdire l'emploi, le stockage, la production et le transfert d'armes non conventionnelles sous le nom de "Déclaration de Bruxelles".

Depuis 2005, des ONG sont financées pour assister les victimes et pour des opérations de déminages en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.  

Dans le cadre du centenaire de début de la Grande guerre de 1914, d'autres expositions avaient déjà été présentées.  

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"Les jouets de la guerre" ne présentait pas cet aspect après un conflit. 

"Aux armes ou aux larmes citoyens", un article écrit, quand G.W. Bush était encore président des États-Unis.

Monumentum, une expo qui montrait comment on tente de se souvenir des guerres en les fixant dans la pierre mais qui se perdent dans "Les amalgames de l'histoire". 

Le massacre des enfants aux États-Unis a été un nouveau détonnateur pour prendre conscience que les armes ne sont pas des jouets.

Obama, dans son deuxième mandat, tente le coup avec de nouvelles initiatives pour corriger la situation en signant 23 mesures pour règlementer les armes.

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Et c'est la réponse du berger à la bergère, en plein débat sur le port d'armes aux États-Unis, la NRA publiait une vidéo qui qualifiait Obama « d’élitiste hypocrite » qui protège ses enfants avec plus d'armes.

Plus de guerres en Europe... en fait, c'est ailleurs que cela se passe. 

Au Mali, les Français ont été un secours pour repousser les Salafistes qui progressaient dangereusement.

Deux articles Pourquoi la guerre au Mali? et Honni soit qui mal y pense.

La réponse, toujours la même, le pognon et une sorte d'investissement sur l'avenir. Il ne faut pas chercher trop loin. 

La guerre civile en Syrie n'a jamais été aussi meurtrière. Le véto de deux pays qui y ont des intérêts et c'est le statu quo. Même l'utilisation des gaz ne fait rien à l'affaire. G8 : accord sur l’échange automatique de données et projet minimal sur la Syrie.

Une idéologie contre une autre. Dieu contre dieu.  Dollar contre dollar.

Les occidentaux redoutent un lourd bilan. Les guerres sont plus larvées, plus communautaires, plus régionales. Ce ne sont plus des guerres qui mettent en présence des pays, mais des régions suite à des conceptions diamétralement opposées de comment vivre en communauté.

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"Envoyé spécial" du 17 janvier, nous montrait "Tunisie: sous la menace salafiste". 

Deux ans après la Révolution de jasmin, l’euphorie a fait place au désenchantement en Tunisie.

L’économie est en berne, la transition politique bloquée et les extrémistes religieux réclament l’application de la charria et l’instauration d’un État islamique. En Turquie, on fait du commerce sous la surveillance de, par et pour l'islam.

Les plus radicaux de ces islamistes se revendiquent "salafistes jihadistes" et recrutent parmi la jeunesse.

Au travers de son histoire, nous découvrons qu’à l’université, les extrémistes radicaux veulent imposer le port du niqab, jusqu’ici interdit, dans les salles de cours. Partout dans le pays, ils organisent des rassemblements spectaculaires au cours desquels ils stigmatisent l’Occident.

Les risques de la guerre, on oublie aussi les mines personnelles, les cicatrices morales qui laissent des séquelles.  

Au salon du Bourget, les avions civiles cohabitent "pacifiquement" avec les militaires. Le marché des jets privés stagnent, la relève est assurée et ils deviennent des avions de surveillance dans les conflits. Le journaliste qui présentait le salon ce mardi, tirait la conclusion "La guerre, finalement, fait rêver". Et c'est peut-être cela qui crée une attirance qui ne permet pas de voir la finalité de l'opération.    

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Il y a longtemps, les plus jeunes aimaient se diviser entre cow-boys et indiens avec des revolvers à eau ou des arcs et flèches.

Les arcs et les revolvers sont devenus plus virtuels. Plus efficaces aussi... 

Ce sera donc bientôt, l'anniversaire de l'armistice du 11 novembre. Les poilus seront de sortie. Le patriotisme sera de la partie.

Le documentaire en 6 épisodes, "Apocalype, La deuxième guerre mondiale", revient sur nos écrans de la télé belge. 

Nous sommes en temps de paix en Europe, pourtant tout rappelle la guerre et il existe toujours une bonne raison de la faire quelque part dans le monde. 

Guerre économique, guerre de religion, guerre des mots... Cette dernière forme fait moins de dégâts collatéraux, sans être exempt d'effets secondaires. Les mots, les figures de style esquivent les problèmes, plus qu'elles ne les mouchent.

Une guerre n'est jamais gratuite

Même si elle reste difficile à prévoir

On ne l'empêche pas d'être induite

Alors essayer de la surseoir?

Bien qu'on la dise fortuite

C'est oublier l'envie de pouvoir.

Mais quand les patates sont cuites

Gagnants ou perdants, c'est toujours choir

Sans plus penser prendre la fuite

Comme pour une vraie fausse victoire

Qui ne restera jamais sans cuites

Au casse pipe du champ de tir de la foire

Et les mines dans le sol comme suites. 

Jeu de mots sans humour?

Pour trouver une touche d'humour à la suite d'un tel billet, j'avoue, j'ai dû puiser dans mes derniers retranchements.

0.jpgUn vieux café serré de Thomas, peut-être,

podcast
qui tentait, après la nouvelle de confier les casernes à des firmes privées, de nous apprendre ce qu'est un militaire et ce que sont les casernes.

Oui, c'est le cinéma qui fait les gorges chaudes aux guerres et à ses héros.

Les réalités sont ailleurs.

L'exposition "Scars War" qui se termine dans une semaine, n'a rien de gai. C'est un rappel des risques. 

Autant reconnaitre, de l'exposition, vous ne verrez aucune image prise à l'intérieur du musée. Vu l'interdiction, dont je ne m'étais pas aperçu, elles ont été détruites, après un mini incident diplomatique avec le personnel et le directeur du musée. Mon principal soucis résidait dans la manière de ne pas tout effacer, de ne pas supprimer les photos qui avaient été prises précédemment et pas de supprimer ces quelques photos de l'endroit. 

0.jpgSur Internet, les photos, pour étayer le sujet, ne manquent pas, alors pourquoi remuer ciel et terre? Dans un musée de l'armée, ce serait tenter le diable. Un souvenir de l'épisode, un crayon qui se trouve sur mon bureau avec l'adresse.

On n'allait pas en faire une cicatrice de plus en tirant sur l'ambulance avec les risques de dérapage. J'avais gardé le sourire et n'avais pourtant pas de mine patibulaire.

Les photos de l'extérieur du musée, c'est en cliquant, ici.

 

L'enfoiré,

 


0.jpgCitations:
 

  • « La guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées. », Victor Hugo 
  • « Le troisième empereur de la vingt et unième dynastie, à qui on apporta des pierres précieuses trouvées dans une mine, la fit fermer, ne voulant pas fatiguer son peuple à travailler pour une chose qui ne pouvait ni le nourrir ni le vêtir. », Montesquieu 

12/06/2013

Opération Dan Brown

C'est le titre d'un article du Vif L'Express paru récemment au sujet du 6ème livre de Dan Brown, "Inferno" qui fait un démarrage d'enfer. Une action de commando que l'hebdomadaire poussait un peu à dénigrer, vis-à-vis des règles de sécurité qui ont entouré la période avant publication.

0.jpgEn 2011, je sortais l'article "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves" dans lequel, je parlais des best-sellers de l'époque et des techniques pour arriver à le devenir. 

Dan Brown y apparaissait déjà.

Petite visite dans une librairie, c'est remarquer que, dès la sortie de "Inferno", le bouquin se trouve en bonne place parmi ceux qui feront l'été comme bestseller sur les plages.

Deux concurrents romanciers français dans le trio de tête...

"Un sentiment plus fort que la peur" de Marc Levy qui parle d'un document retrouvé et qui va changer une vie par après et son alter ego, Guillaume Musso, qui avait déjà sorti "Demain", le roman d'un rendez-vous manqué mais qui va rendre un de ses interlocuteurs victime d'une réalité qui le dépasse.

Guillaume Musso et Marc Levy ne se sont, parait-il, jamais lus en chassé croisé. Une peur de l'autre, de ce qu'il pourrait en dire, une volonté de rester original?

Une nouveauté, la sortie mondiale de "Inferno" de Dan Brown a été entourée d'une foule de précautions dignes d'un secret d'état jusqu'à sa parution. Préparé dans le plus grand secret, entouré de mesures de sécurités drastiques, quasi militaires, il est donc sorti avec le buzz qui l'accompagne.

Qu'est-ce qui justifie ce succès? Pourquoi un tel engouement dès sa sortie?

Un contrat avec une amende de plusieurs millions de dollars pour ceux qui dénonceraient le secret de l'histoire. 

Secret défense oblige un accès limité dans un réseau Intranet via clé USB, sans accès à Internet. Traduit  en italien, français, allemand, portugais, espagnol par deux ou trois traducteurs dans chaque langue. Traduction qui s'est déroulée en sous-sol du siège de Mondari, un bunker coupé du monde avec des contraintes qui frisaient la paranoïa. Sept jours sur sept de 10 à 23 heures, ils se sont partagés le travail et déplacés avec des gardes du corps. Envoyé vers une cinquantaine de pays. Un chèque à six zéros à payer par un éditeur pour obtenir les droits de publication. Le succès en librairie est en marche avec quelques ingrédients miracles sous forme de textes mystérieux ajoutés au suspense. Les gros sous, en perspective. 

0.jpgLe premier ouvrage sorti, le "Da Vinci Code", a été un succès mondial en bousculant les consciences. Le lecteur, pris dans des révélations romanesques, avait tout pris pour argent comptant. Mais ce n'était pas le Léonard de Vinci, homo et bisexuel, chouchouté par les grands de son monde. La vie de Léonard pourrait ressortir dans un tout autre cadre. Rien à voir, non plus, avec le carton pâte de Disney Land.

C'est un thriller dont l'efficacité de ses méthodes imaginatives se retrouverait dans une BD sans images.

50 millions d'exemplaires vendus jusqu'ici et c'est loin d'être fini. 

Des livres d'autres auteurs sont sortis à sa suite pour en dire plus et départager ce qui était vrai de ce qui l'était un peu moins. Des analyses ont suivi l'étoile filante du succès de Brown. En "Monsieur Religion", Frédéric Lenoir, dans un christianisme cool, s'est inséré avec "Code Da Vinci: l'enquête". Essai monastique?  

Véritable saga à rebondissements toujours avec le même personnage central, le Pr Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard, plutôt herméneutique pour l'occasion. 

Les ingrédients ont une odeur d'Indiana Jones de l'Arche perdue, un goût de Harry Potter et l'esprit vif de James Bond sans tomber dans la voie de l'agent secret.

Pas de fausse modestie, Dan Brown est devenu un des auteurs de romans à suspense, le plus lu sur la planète.

La critique d'une journaliste est prévisible mais intéressante puisqu'elle compare le livre avec les précédents: "La même eau que ses quatre romans précédents avec Robert Langdon. Pourtant, ceux qui ont «embarqué» dans les courses folles de l'éminent professeur de symbologie à Rome (Anges & Démons), à Paris (Da Vinci Code) et à Washington, D.C. (Le symbole perdu) pour le suspense et malgré les coins ronds, pour le mystère au-delà des grosses ficelles, pour les incursions dans les arcanes de l'art, de la religion, de l'histoire et de la science assez passionnantes pour ne pas (trop) s'attarder aux libertés prises par le romancier, Inferno, bien que sorti du même moule, risque de décevoir. Peut-être parce qu'après quatre fois du même-plat-ou-presque, la surprise n'est plus au rendez-vous et, du coup, les défauts apparaissent plus. Probablement parce que l'intrigue est contemporaine au lieu d'avoir des racines plantées dans la nuit des temps par l'intermédiaire d'une mystérieuse organisation (les Illuminati, l'Opus Dei ou les francs-maçons). Certainement parce que le récit est plus faible que les précédents, avançant à coups de monumentales coïncidences et débouchant sur une conclusion certes dramatique, mais d'une envergure tellement moindre que l'enfer «promis» pendant les 500 pages précédentes que, d'une certaine manière, elle déçoit. D'autant qu'elle s'accompagne de revirements échevelés ayant pour origine l'amnésie de Robert Langdon. Comme lecteur, on se sent floué et (malhonnêtement) manipulé. Pourtant, et c'est la magie de Dan Brown, il est impossible de lâcher Inferno dès qu'on y a mis un pied - et un œil".

L'histoire? Robert Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, sans aucun souvenir de ce qui s'est passé au cours des derniers jours. Il ne sait même pas ce qu'il fait en Italie. Là-dessus, une tueuse «aux cheveux pointus» et, comme il se doit, au physique et à la psyché particuliers (ils sont toujours ainsi, les méchants aux trousses du professeur) débarque et lui tire dessus. Il s'échappe en compagnie d'une jolie médecin dont les yeux, «quoique marron, recelaient une profondeur inhabituelle». Et, dans sa veste en tweed - il découvre un pointeur qui «projette» une photo de La Carte de l'Enfer de Botticelli, inspirée au grand maître par L'Enfer de Dante.

Commence ainsi un genre de chasse au trésor avec codes et énigmes. Menée sur 24 heures à Florence, Venise et Istanbul.

Sur les talons de Langdon, l'habituel policier tenace.

Sur son chemin, une puissante organisation secrète.

Enfin, en trame de fond, le danger que la surpopulation fait peser sur l'espèce humaine.

On retrouve ici la manière Brown de découper son film... oups, son récit en chapitres courts, passant d'un protagoniste à un autre, d'où l'efficacité du montage et l'étourdissant effet «page turner».

La façon qu'il a d'«interrompre» une scène d'action pour se transformer en guide touristique ou en professeur afin de décrire ou d'expliquer un lieu, une oeuvre d'art, un concept scientifique, agace certains, mais qu'on lui pardonne tant lesdites explications et descriptions sont, en général, passionnantes.

On trouvera par contre que Robert Langdon est moins vif d'esprit qu'à l'accoutumée (prendre des pages et des pages pour se rendre compte que les lettres CATROVACER doivent être ré-agencées pour signifier quelque chose!) et que sa route vers l'enfer est pavée de trop nombreux hasards et coïncidences et déboucher sur un pétard pas mouillé, mais quand même, un peu humide.

La critique acerbe qui se termine par un pétard tout aussi humide?

A la librairie, à voir les clients acheter le roman sans même le consulter, ce n'est pas l'impression qu'on imaginerait. 

Aucune preuve de mépris de la part du public de lecteurs.

Le moment est aussi stratégique. Les vacances approchent et l'envie de lire se fait sentir avec les pieds en éventail. 

On ne change pas un scénario qui gagne et qui fait vendre deux cents millions de livres... "Dan Brown est Dan Brown et le succès de sa recette est tel qu'il n'a aucune raison d'en changer à moins qu'il ne soit atrocement blessé par les critiques, qui n'ont jamais été tendres envers son oeuvre.", disait encore une autre critique en préambule.

Un premier tirage à 600.000 exemplaires sous sa forme originale sera certainement suivi d'une édition dans la collection Poche pour faire exploser les compteurs. Puis, ce sera sous la forme du livre de Poche.

Avec le support de Al Dente, les 14.000 vers de la "Divine Comédie" ont dû nécessiter une étude poussée pour être extrapolés en une mystérieuse organisation avec des interlocuteurs au QI qui plane dans les nuages.

L'histoire  se tient proche de la bénédiction de Malthus, dont le thème tourne autour de la surpopulation, de l'eugénisme, de la mondialisation diabolisée et des hommes sans frontières. Le risque de la pandémie rode alors que l'OMS tente d'amoindrir les effets dévastateurs.

Sauver le monde, un objectif qui frise l'absolutisme.

La morale et le spirituel sont orchestrés par une nature darwinienne mais sous des cadres enchanteurs. L'art pictural de Giorgio Vassari au Palazzio Vechio rend l'oeuvre de Dante prémonitoire. 

L'affolement des chiffres mystérieux est là pour étourdir. 

Des fausses pistes, des rebondissements, de l'humour, des dialogues, un cours d'architecture, un guide touristique et une histoire rocambolesque avec la mémoire eidétique de son guide.

C'est tout cela Dan Brown et il faudra s'y faire. 

0.jpgInferno est dit mieux traduit que le "Da Vinci Code" et moins indigeste que "Symbole perdu".

Pourquoi pas? 

Une brique de 564 pages, divisée en 105 chapitres. Cinq pages par chapitre pour donner le temps nécessaire pour temporiser, pour souffler avant d'entamer le suivant avec une envie inextinguible de connaître la suite.

Avant le prologue, il est dit: "Les faits iconographiques, textes, références historiques sont réels".

Une touche de plus pour enfoncer le clou de la vérité.

Un prologue et un épilogue classiques. Une organisation privée, "Consortium", présente dans sept pays,  affublée du pseudonyme "Le Mendacium" pour ne pas troubler l'original...

0.jpgLe "Da Vinci Code" est passé au cinéma tout comme "Anges et démons" qui, refusé par le Vatican, aiguise l'appétit des médias par le goût du scandale et l'envie de voir ce que l'Eglise voudrait nous cacher. 

Toutes les couvertures rappellent que l'auteur est celui du "Da Vinci code" comme une référence indélébile.

Le passage à l'écran de "Inferno" est, peut-être, déjà programmé, en préparation avec Tom Hanks comme vedette principale.

Je possède les cinq premiers en format livre de poche, plus facile à manipuler et à transporter. J'attendrai, une nouvelle fois, la version Poche comme d'habitude.

Ma préférence jusqu'ici? J'ignore. Les sujets sont actuels.

Si les livres de Dan Brown n'auront jamais de prix de littérature, ce sont les lecteurs qui apporteront le prix de l'excellence ou non. 

Dante Aligheri n'aurait peut-être pas imaginé décrire un enfer aussi structuré et complexe.

"Les endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crises morales", une phrase du livre qui a tout son poids.

Retour à la source à "La Divine Comédie".

Un poème de Dante Aligher écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale.

"Virgile, mandé par Béatrice, qui vient chercher le poète, va le mener par l’Enfer, seule sortie de la forêt. Dante et Virgile vont descendre à travers neuf cercles concentriques, une série d'anneaux numérotés, dans chacun desquels sont logés, par ordre de vice, les occupants de l’Enfer. Dans la géographie dantesque, l'enfer se présente comme un abîme en forme d'entonnoir".

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Pas besoin de relater toutes les péripéties.

Il est aussi mentionné qu'il faut:  « Laissez toute espérance, vous qui entrez » dans ce lieu hors du temps et privé de lumière, dans l'Ante-enfer errent pour toujours les indolents, ceux qui, dans la vie, n'ont pas voulu prendre position et sont maintenant considérés comme indignes.".

La philosophie de Dante serait donc, peut-être, bien plus qu'une simple histoire biblique sous les traits d'une résistance pour rester digne.

Dans le livre de Dan Brown, l'énigme du mot CATROVACER, une fois réorganisé dans les deux mots "cerca trova" tourne au fantasme, au qui "cherche et trouve" digne de l'apocryphe chrétien de l'évangile selon Thomas: « Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et quand il aura trouvé, il sera troublé; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il régnera sur le Tout. » qui ferait revenir de lointains souvenirs presque fantasmagoriques.

"Fantasmagoriques", parce qu'il n'y a aucune vérité reconnue dans les concepts que l'homme se fait de son "après".

Il baigne dans une foule de représentations personnelles qui n'ont plus rien à voir avec une quelconque vérité.

Nous ne sommes même plus du mythe allégorique de Platon qui parlait de prisonniers dans une grotte et qui ne voyaient que des ombres sur les parois pour imaginer ce qu'il y avait au dehors.

Aujourd'hui, on construit des modèles de vie pour simplifier l'existence, quitte à en devenir caricatural. L'utilité du processus n'est même pas garanti puisque les faux-semblants nous entourent.     

Je sais ce que pouvait chercher le lecteur dans ce livre et j'aperçois, sans difficulté, ce que l'écrivain y a trouvé.

Dan Brown dit qu'il a actuellement des ébauches pour au moins douze futurs livres, dont un qui implique l’association d'un compositeur célèbre avec une société secrète.

Orienter les soupçons vers Mozart qui était également un franc-maçon, serait par pure spéculation

Après "Inferno", pourquoi pas une suite dans le "Purgatorio"  puisque la Bible a oublié d'en parler, et une autre dans le "Paradiso"?

Faudrait s'y habituer très progressivement, bien avant le Jugement dernier.

Neuf cercles concentriques en forme d'entonnoir était-il dit dans "Inferno" version Dante.

En sortant de la sphère biblique, est-ce que ce serait:

  • "naître", "vivre", "apprendre", "travailler", "enfanter", "épargner", "consommer", "chômer" et "mourir"

ou

  • "venir au monde par hasard", "respirer", "s'étonner", "évoluer", "spéculer", "être", "paraître", "chômer" et "s'en aller"
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Dans ce cas, chacun pourrait choisir sa manière de voir son existence, à mériter ou à démériter son enfer ou son paradis, à sa propre mesure sans Pr. Langdon et ses symboles.

Mais, si, alors, Roubini alias Mister Doom, le Cassandre de service, nous prédit, déjà, la catastrophe avant trois ans et que, dans cent ans, on sera tous morts... là, ce ne serait plus du jeu, on brûlerait vraiment trop d'étapes.

Florence et la vision de la porte du paradis, n'est ce pas le meilleur des présages. ---->>>

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Un thriller est un voyage. », Jean-Christophe Grangé
  • « Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et d’introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu’on peut appeler échec. », Soichiro Honda
  • « Le mérite envie le succès, et le succès se prend pour le mérite. », Jean Rostand

05/06/2013

Antinomie ou antidote ?

Il y a longtemps, j'écrivais "Les langues, un sacré jeu de langue". C'est aussi un terrible jeu de mots que ne renierait pas Raymond Devos. La richesse de la langue française semble passer par les dictionnaires de synonymes, d'analogies. Le vocabulaire, la pierre d'achoppement des langues et les us et coutumes des "alter" qui effraient d'après un sondage sur les perceptions de l'immigration (*).   

0.jpgJeu de mots:

Le titre d'abord, Antinomiela contradiction entre deux lois, deux principes de philosophie et  l'Antidote, le remède contre un mal moral.

En choisissant les suffixes grecs, « logie » qui veut dire science et « nomie »,  loi, on découvre quelques subtilités dans la liste de mots suivants :

•L'Astrologie, l'art de prédire les événements d’après l’inspection qui relie les astres et la vie sur Terre et l'Astronomie,  la science qui étudie la position, les mouvements et la constitution des corps célestes.

Pour Johannes Kepler, les deux sont identiques, comme des synonymes, ce qui en ferait plutôt un astrologue puisque pour lui, le ciel est divin. Copernic tente de simplifier le système grecque tandis que Galilée dans "Dialogue" fait sauter le lien. Newton utilise le tout pour établir la gravitation universelle.

Véritable melting pot d'interprétations, pourrait-on conclure. Mais continuons dans cette voie.

•L'Ecologie, la défense du milieu naturel par protection de l’environnement et l'Economiel'activité d’une collectivité humaine, relative à la production et à la consommation des richesses.

•La Gastrologie, la science de l'estomac et la Gastronomie, l'art de faire bonne chair.

•L'Ergologie, la modalités de transmission et d'élaboration des savoirs sur le travail et plus généralement sur l'ensemble des activités humaines et l'Ergonomie, l'étude de l’organisation rationnelle du travail.

La Physionomie, l'ensemble des traits du visage et la Physiologie, la science qui traite du fonctionnement des êtres vivants.

Quand aura-t-on dans la langue française la radionomie, la psychonomie,..?

La langue française a de ses surprises avec les mots quand ils dévient de leur origine. Les mots sont modulaires et leurs racines sont détournées complètement de leur objectif par les particules qui leur sont annexées.

A Bruxelles, le problème des langues est considéré comme s'il s'agissait du monstre du Loch Ness. Il réapparaît quand on n'y pense plus à des moments stratégiques que la politique utilise à son profit. En communauté flamande, la ville est, à plus de 90%, francophone. Comme capitale de l'Europe, elle fait aussi son va-tout avec plus de 100 langues européennes ou extra-européennes. Marcher dans ses rues, c'est faire du tourisme à bon marché. Cela ne va pas sans troubles. La peur de l'autre se manifeste quand on ne se comprend pas. Perdue entre intégration et ségrégation.

0.jpgSi le 27 mai dernier, la ministre de l'enseignement disait que si nous avions dépassé la moyenne en éducation, du côté de l'étude des langues nous avions peu de concurrents dans le peloton de tête. Oui, mais... un sondage démontre que cela ne suffit même pas à intégrer les populations allochtones. Intégrer ce n'est pas placer dans des ghettos. Puis, ce fut la réponse de la berger à la bergère du côtté flamand. 

En France, la plupart du temps, l'antagonisme si pas l'ostracisme vis-à-vis de l'anglais est plus que récurrent. La peur viscérale de perdre l'identité de la culture française a mené le pays à rétrograder parmi les monolingues, tout comme les anglophones, d'ailleurs. Le jargon informatique, anglophone, a été traduit par décret, rendant la compréhension difficile pour les non-Français.

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Si l'anglais est passée au globish dans le monde, pour le français, il ne faut pas penser que la langue n'a pas été "perturbée" par le québécois, le belge et l'usage des Africains qui ont pris la tangente de la rigidité linguistique française par des expressions propres et  typiques.

En Belgique, la belgitude est aussi revendiquée et se retrouve dans la vieille pièce de théâtre qui réapparaîtra la saison prochaine au Théâtre des Galeries: "Le mariage de Mademoiselle Beulemans". Le mot savant d'"ostracisme" y était, alors, prononcé par le prétendant français qui travaillait à la comptabilité d'une entreprise de bières d'une famille bourgeoise bruxelloise. Mot complètement en dehors de la compréhension de son hôte et patron.   

L'article "Ma langue" sentait bon le béret français et l'antidote à l'anglais

Le commentaire de volt exprimait le problème, tout haut et se faisant moinsser par la smala forumoise, tandis que le commentaire de hunter, resté dans les cordes, se voyait plussé au départ comme si la raison du bon-sens d'après le chapeau de l'article entrait comme raison suffisante dans les réalités de l'actualité.  

Deux ministres français proposaient, donc, de créer un enseignement supérieur en anglais. 

Deux raisons invoquées pour conspuer cet enseignement par la voie anglophone: 

  • attirer les étudiants étrangers. Argument jugé mince par l'auteur à juste titre puisque l'enseignement est d'abord à orienter vers les Français. Nous sommes d'accord.
  • veiller à la diversité des langues et des cultures et éviter l'uniformisation. Encore d'accord.

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Les technologies de traducteurs automatiques pourront, un jour, s'interposer entre deux langues, mais cela restera toujours artificiel. Les langues parlées par les humains resteront l'outil principal des moyens de communications oraux et écrits. 

La conclusion de l'auteur de l'article: "Vivant, en ce début de vingt-et-unième siècle, une situation quelque peu similaire en notre pays. De l’intérieur, il est étonnant de constater que ce n’est pas une mesure seule, mais, comme en aviation, une succession d’erreurs qui conduit au crash."

Peut-être, mais cette conclusion peut très bien être retournée à son désavantage sur le terrain des opérations.

0.jpgL'Oncle Sam est bien vieux pour imposer une quelconque autorité linguistique dans une Tour de Babel particulière. Il serait bien malhabile de vouloir asseoir sa suprématie culturelle sans filtres. Comprendre ses