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16/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (2-4)

Acte 1: 2012: une fin d'année de tous les dangers?

2012, on le disait sur tous les tons, une année à risques.

Certains annonçaient la fin du monde le 22 décembre de cette année. Il n'en fut rien.

Une année que les médias estimaient être de transition. Je l'avais reflété à l'époque.

La transition, elle eut lieu de manière plus insolite, plus inattendue, plus intime pour mon épouse et par ricochet, pour moi-même.

Ce ne furent ni les 65 ans que l'on fêtait cette année, ni les 40 ans de mariage qui avaient donné l'illusion de calme et de recueillement pour stigmatiser l'événement des souvenirs. Rien ne présageait notre fin de cette année.

Mardi 20 novembre : A la base, une visite de routine chez le gynécologue pour fixer la date de la mammographie suivante pour mon épouse. Son sein gauche, toujours surveillé de près. Des kystes calcaires y apportaient parfois un peu de douleur mais cela n'avait occasionné aucun danger potentiel. Des "masses spiculées" comme on dit dans le jargon médicale.

Un gynécologue, tout neuf. Le précédent avait pris sa retraite. Il découvre une grosseur dans le sein droit. Un rendez-vous est pris, immédiatement, chez une sénologue. Lors d'un de ses interviews, celle-ci parlait du dépistage qu'il fallait prévoir avant cinquante ans. Mais le dépistage est remis en question. Un conseil qui avait été observé depuis cette époque. Trois jours d'attente, trois jours d'inquiétude. Le suspense commençait...

La ménopause de mon épouse avait été contrée par divers médicaments hormonaux, depuis près de 15 ans. Ceux-ci étaient sensés agir pour éviter les effets primaires de sudations de la ménopause et secondairement pour mieux appréhender la vie. A y réfléchir, ces médicaments la shootaient, la dopaient. Comme pour le coureur cycliste en danseuse sur son vélo, ce dopage lui permettrait d'atteindre la dernière ligne droite du Mont Ventoux avec un minimum de fatigue apparente, mais, quelque part, toujours en porte-à-faux... Quatre ou cinq heures de sommeil lui suffisaient.

Le dernier médicament en date de la sorte : le Climen.

Vendredi 23, 08:00: Chez la sénologue, dans la salle d'attente, l'hystéroscopie du sein, une ponction en vue d'établir une biopsie. L'occasion pour moi, de voir un véritable défilé de dames jeunes ou plus âgées dans la salle d'attente. J'espère secrètement que toutes n'ont que des visites planifiées normalement pour se rassurer et rien de plus.

La sénologue m'appelle dans son bureau, enfin, pour dire ces mots tragiques "Ce n'est pas bon". Sa voix est douce mais ses paroles ne sont pas tendres. Elle poursuit par "Il faudra extraire cette grosseur. Il faut attendre les analyses de la biopsie pour déterminer quelles suites à donner".

Le choc. Mon épouse est en pleurs. Moi qui n'en mène pas beaucoup plus large avec une boule dans la gorge tout en tentant de minimiser maladroitement cette annonce.

Un weekend à attendre dans l'angoisse pour obtenir les résultats de l'analyse.

0.jpg

Lundi 26, 16:00 : Coup de fil du gynéco. Une discussion entre médecins a déjà eu lieu. Une extraction de la tumeur cancéreuse devrait intervenir après une chimio pour réduire les effets de la grosseur. Pour plus d'assurance, il propose de passer à l'examen IRM.

La nuit, on pleure une première fois, ensemble. La peur s'insinue dans nos habitudes. La chimio, on ignore un peu tout d'elle. Les mots de "traitement dévastateur" me viennent à l'esprit. Prononcés devant notre médecin traitant, ils n'ont pas l'air de lui plaire lors d'une visite. Rien n'est encore clair, bien établi. L'IRM devait clarifier ou noircir, encore plus, le tableau.

Vendredi 30, 16:30 : IRM, à l'Institut Bordet de Bruxelles, spécialisé dans les tumeurs cancéreuses. L'examen est pratiqué par les opérateurs. Ils ne donnent aucun commentaire. Sont-ils capables ou non de donner un diagnostic préliminaire ? Probablement, mais trop partiel.

Un nouveau weekend à passer dans l'angoisse totale.

Il me faut trouver un coach. Quelqu'un qui connaît, qui est passé par là... Une voisine me vient à l'esprit. Elle a connu cette épreuve, il y a trois ans. Je l'appelle pour un quart d'heure. Ce quart d'heure se poursuivra pendant deux heures à tenter de rassurer la nouvelle victime du cancer.

Mardi 4 décembre, 15:30 : Nouvelle visite chez le gynéco. Catastrophe, un deuxième nodule cancéreux a été découvert par l'IRM. La mammographie ne l'avait pas détecté. Nouveau rendez-vous fixé chez la sénologue.

"En réunissant la théorie et la pratique, rien ne fonctionne et personne ne sait pourquoi", constatait Einstein dans un autre espace-temps et sur un autre sujet..

Vendredi 7, 08:00 : Il neige. Pour être sûr d'arriver à temps, départ bien avant l'heure. Attente dans le hall d'entrée de l'hôtel tout proche. Deuxième ponction douloureuse à l'aide du pistolet à pression pour viser le point névralgique. J'y assiste. Echographie Pour déterminer comment orienter ce pistolet. Des sourires pour dédramatiser l'atmosphère.

Nouvelle biopsie et nouvelle attente anxieuse pendant un autre weekend.

Mardi 10: Les mauvaises nouvelles continuent. Le pire empire. L'examen est dit positif. Drôle de mot "positif" en l'occurrence. Le cancer du sein est dit « invasif » puisque quatre ganglions sont atteints.

Mon épouse est effondrée. Je ne m'y habitue pas, mais j'assume.

Le scénario, envisagé au départ, change complètement. L'ablation du sein, la mastectomie est préconisée. Un nom barbare dont j'ignorais jusqu'au nom.

Une entrée à la clinique d'Ixelles est fixée.

La question nous hante. Quelle peut être la cause ? Une cause, il y en a toujours une. Est-ce un problème de génétique, de transmission de cette maladie par les parents?

Non, pas d'antécédents. Le début d'une nouvelle chaîne? Le chaînon manquant que l'imprimante 3D de la nature va reproduire, en test, bêtement, sans se poser la question si c'est bien ou mal?

Les médicaments hormonaux pour la contrer la ménopause reviennent à l'esprit. Miracle comme l'eau de Jouvence, dernières merveilles de la pharmacopée... Là, on entre en "terra incognita" que personne n'aime remettre sur la sellette.

"Non, les médicaments hormonaux contre la ménopause ne sont pas forcément en cause" est-il répondu à ma question par les médecins. Mes soupçons restent pourtant entiers. Ces médicaments ne vont-ils pas contrer la nature, en agissant contre la dégénérescence sexuelle avec le pouvoir d’effacer les bouffées de chaleurs. A l'actif, les effets positifs plus importants que les risques à mettre au passif. Une affaire de comptables que personne ne semble vouloir pointer comme coupable potentiel. Les statistiques sont là pour leur donner raison et la confirmation du choix d'une telle médication. Pas question de rester sur ce point d'interrogation litigieux. « Notre vie actuelle recouvre sans pouvoir l'effacer notre vie passée, qui lui sert de soutien et de secrète assise », écrivait dans une lointain passé, Jean-Marie Guyau. Remonter en arrière ne se fait pas quand la flèche du temps l'a décidé ainsi.

Comme Quino, je resterai un tantinet humoristique en reprenant ses paroles "J'ai décidé d'affronter la réalité. Alors dès qu'elle se présente bien, prévenez-moi".

Désormais, il faut parer au plus pressé, au côté pratique: Beaucoup de temps depuis la découverte. Il faut aller dans le détail, l'hospitalisation et préparer l'opération. Apprendre comment tout se passe à la maison, l'intendance, la lessive et le reste qui m'était resté très « parallèle ». Prendre notes des renseignements donnés par l'experte. Enregistrer les explications en vidéo si nécessaire. Pour les repas, il y a le resto à proximité.

Jeudi 13: La veille de l'opération, l'admission à la clinique. Hôtel "trois étoiles", en théorie, vu le prix de la chambre. En soirée, visite du chirurgien et du gynécologue pour rassurer la "victime" du lendemain. Tout pour essayer de montrer l'opération sous les meilleurs auspices. Le soir, il me faut quitter après des embrassades qui ne se terminent que difficilement.

Vendredi 14, 08:30: L'ablation du sein doit avoir commencé pendant que je m'organise à la maison. Sans les habitudes d'usage, c'est le jeu de l'apprenti sorcier. Le resto de la grande surface, ce sera chaque midi. Passer à la clinique le reste de la journée. Le soir, visite dans le frigo, puisque tout y a été stocké avant l'opération.

Le weekend, rien ne se passe à part, un kiné qui a fait très mal à mon épouse. Cela ne frise pas l'euphorie dans la chaumière aux murs blancs. Les drains font affreusement souffrir. Se laver, seule, avec l'armada de fils à tirer comme le boulet au pied du condamné, c'est pas coton.

Les jours suivants ne se départiront pas de cette impression négative. La télé pour faire passer le temps quand tout est dit avec les feuilletons qui meublent les heures de l'après-midi, c'est déjà mieux que de parler toujours de la même chose.

Mardi 18: Le matin, surprise. Le retour dans les pénates est planifié pour l'après-midi. Toutes les instructions pour "at home" sont écrites sur des feuilles pré-imprimées. C'est dire que le scénario est rodé et qu'il n'est pas question de commencer des entourloupes de mauvais aloi. On ne parle pas de l'amour en boîte qu'il faudra fournir pour soulager le patient. Faire appel à un autre kiné pour continuer la remise en forme et articuler le bras endolori, je sens que cela ne va pas être de la tarte vu les essais infructueux.

Lundi 31: Pour le dernier jour de l'année, visite chez l'oncologue. On aurait pu s'attendre à autre chose de plus festif pour le dernier jour de l'année. Une visite pendant laquelle tout est expliqué dans les règles de l'art "chimio-éthique", étiqueté comme le nec plus ultra. Le scénario est tellement connu qu'il est écrit sur une feuille, étape après étape, mais à la main pour faire plus vrai, plus particulier. Chaque cas est différent et chaque patiente est différente, est-il rappelé. Cela rassure presque. Nous ne sommes pas des numéros, mais des humains en détresse. L'oncologue, aidée par l'infirmière de contact, tentent de rassurer en affirmant en chœur "nous sommes un cas unique". Mon vocabulaire et mes connaissances risquent de s'étendre, de s'imprégner dans ce terreau.

Le programme est pourtant variable en intensité.

Il contient 3 FEC et 3 TAXO. Des noms que je vais m'empresser de chercher sur Internet en rentrant. Six séances successives, distancées chacune de trois semaines.

0.jpgEffets secondaires garantis ou seulement potentiels: perte de cheveux (l'alopécie), fatigue, aphtes et nausées, au programme. Un avertissement, si la fièvre vient à monter au dessus de 38°C, ce n'est pas les pompiers qu'il faudra appeler, mais c'est se rendre d'urgence à la clinique pour enrayer une infection potentielle. Pour la chimio, deux versions proposées: par intraveineuses ou par l'intermédiaire d'un port-à-cathéter dont le nom plus intime de Port-à-cath devient la norme. Quand je vois "par voie orale" sur le site, j'ai des soupçons de masochisme. C'est la version « porte-à-cath » qui est choisie. Moins de risques du côté « thrombose ». Les produits cytotoxiques sont à prendre au sérieux. Le but de la chimio ? Attaquer l'ADN pour qu'il perde sa faculté de se reproduire sous former de cellules cancéreuses. Une autre source, la Fondation Mimi informe sur la manière.

0.jpgLundi 7 janvier 2013: Ventriculographie. Le cœur a ses raisons que la raison n'est pas sûre de connaître. Une séance d'attente pour moi et peu d'explications fournies par mon épouse si ce n'est du produit injecté.

Mardi 8: Comme les cheveux se feront la malle, il est question de passer au choix difficile d'une perruque. Peut-être une erreur de le faire avec les cheveux en place. Les cheveux naturels prennent encore de la place.

Jeudi 10, 08:00: Placement du port-à-cath en une matinée. Protubérance dans la poitrine du côté opposé bien visible. Il aurait mieux valu être bien en chair pour ne pas trop en apercevoir l’excroissance alors qu'il était dit être plus réduit dans les versions récentes. Plus qu'apparent, son exiguïté n'a pas été très flagrante. Douleurs, au réveil, après son installation. Les Dafalgan Forte  ne permettent de supporter la douleur que de quatre heures en quatre heures. Opération à répéter même la nuit.

Lundi 14: Jour de la réception de la perruque choisie. Décision de raser le crane prise en échange standard avec elle. Premières impressions, premières constatations. Ça baille, un peu. La couleur avait été choisie approchante. Ce qui veut dire pas "identique". Je sens que les foulards vont, dès lors, être plus souvent utilisés.

Mercredi 16, 08:30. Première chimio FEC après prise de sang de contrôle. Visites successives. Quatre flasques de produits à injecter, une à une au travers du fameux porte-à-cath avec la petite sonnette pour avertir. Les précautions sont de mises. Bal masqué & Co pour le donneur et le receveur.

Ces produits ont été découverts en 1943, donc, cela devrait être bien connu. Le produit rouge est le fossoyeur des cheveux, mais comme le travail a déjà été réglé et que le bonnet de sécurité est en place...

Du côté, médication supplémentaire, il faudra s'accrocher. Pas à dire, désormais, le patient devient un très bon client du pharmacien. Les assurances pour frais de soins ambulatoires vont jouer, mais il ne faudra pas oublier la petite souche de récépissés.

Contrairement à ce qui était annoncé, pas de nausées. Les aphtes dans la bouche sont bien là, elles. Elles empêchent de parler et quelques fois de manger. Deux flacons de prescription de Lidocaîne à cet effet: un pour la préemption et un autre curatif. Cela ne marche qu'un temps. La Lidocaïne perd de plus en plus d'effets curatifs. Cet empêchement de parler clairement engendre une incompréhension de l'interlocuteur à l'autre bout, moi-même. Pas contente de devoir répéter.

- T'es toujours aussi sourd, l'artiste...

(T'es toujours en cycle "mono", avais-je envie de répondre avant de renoncer de justesse).

Dimanche 20: La voisine, que j’appellerai, pour la cause, la "sauveuse", vient prendre des nouvelles. Elle confirme les symptômes et ce que mon épouse ressent. Tout est normal, quant à dire "under control", là, il ne faudra pas pousser trop sur ce champignon-là. Pas sûr qu'elle puisse rassurer à chaque coups. Parfois, elle parvient à effrayer sans le vouloir. Mais, tout le monde est content de sa visite comme pour les notaires de situations rocambolesques. Je lui ai laissé voir la l'histoire en vidéo de Césile et Sophie que je mentionnais en préambule dans le billet précédent. Sa réaction fut, à peu près, la même que la mienne: "ce n'est pas ça". C'est ça au sujet de la vidéo montrant toutes les phases du traitement d'un cancer du sein, mais beaucoup moins pour la manière de l'assumer pour toutes les victimes. Bien plus dure à supporter que ces belles images de nature, la musique douce qui s’immisçaient dans la vidéo pour adoucir ces moments de tourments. Mais c'est leur histoire et chacun à la sienne.

Lundi 21: Dans ces moments d'exceptions, je m'aperçois que l'agressivité monte très vite. Paré à ce genre d'éventualité, garder son calme, restreindre encore d'un cran, mes répliques font partie de la solution aux problèmes. Constater qu'il n'est toujours pas question de remplacer, aussi facilement, une femme de maison qui a des habitudes entérinées depuis des années par un "vulgaire" ex-homme de bureau. Mais cela va s'arranger dès le lendemain et j'y crois.

Mardi 22: Nouvelle épreuve pour l'épouse : céder le terrain des opérations de l'entretien, la maintenance abandonnée par la fée du logis "en congé de maladie". Une visite préliminaire de l'aide extérieure vient prendre note de l'inventaire des tâches à accomplir.. Elle viendra, désormais, faire le ménage tous les mardi après-midi qui suivent. Je redoute quelques confrontations, mais je n'en laisse rien voir. Moi, qui ai fait été "outside help" (aide externe) dans certaines phases de ma vie active, je peux aisément me rendre compte du choc des caractères dans toutes délégations et des manières tellement différentes d'exécuter les mêmes tâches.

Dimanche 27: Les aphtes dans la bouche commencent à faire cruellement souffrir. La fatigue engendre un sommeil massif avec ronflements fréquents. Moi qui était censé être le seul responsable de ces bruits incongrus, je les assume à mon tour sans broncher. "Ronfle en douceur, mon amour", écrivais-je, il y a longtemps. Dans le lit, les coussins se juxtaposent pour garder une position presque verticale.

Mardi 29: Première de l'aide ménagère. Le soir, le rapport est là avec sa conclusion "elle n'est pas habituée à faire cela" ou encore "elle utilise beaucoup de produits". Ce qui me fait beaucoup sourire.

Chocs de cultures, de techniques, d'organisation et de processus, comme je m'y attendais. J'ai cru entendre les critiques d'un ancien chef. Critiques qu'aurait pu ressentir certaines personnes dont j'avais la charge à mon tour.

Mardi 5 février: Préparation de la 2ème chimio FEC. Arrivé à la réception, on nous y envoie à la prise de sang. Prévue à 11:30. Problème connu, pas de veine à trouver pour la prise de sang. Les globules blancs en question. Ils tiennent le coup. La chimio peut avoir lieu. L'incompréhension de l'agenda de la journée crée un problème. Après, nous sommes rentrés à la maison. Une jeune oncologue-bis espérait que l'on revienne pour une visite médicale. L'après-midi, elle nous téléphone, de mauvaise humeur. Sa consultation se fera 'en ligne' dans un style questions-réponses. Pas le temps de tergiverser. On sent qu'elle a autre chose à faire que de rester pendue au bout du fil.

Mercredi 6 , 08:00: 2ème chimio. Drillée, cette fois. Plus de quiproquo, cette fois. Tout est fait dans les règles du planning. Dans le lit voisin de mon épouse, un italien qui relance son discours mêlé de questions répétitives dans un cycle sans fin, et empêche l'oncologue-bis de s'échapper. Cette « comedia del arte » me fait sourire. Sourire mêlé de revanche, je l'avoue. Notre propre oncologue vient pour nous réconforter. A la narration de l'événement de sa jeune collègue, sa réponse est dite en chuchotant "Elle doit encore un peu vieillir". Est-ce vraiment une question d'âge ou d'expérience ?

Jeudi 7: La fatigue de mon épouse s'épaissit. Elle devient quotidienne. Quitter le lit, de s'échapper de rêves circonstanciés, devient pénible. Le calvaire s'endurcit à se retrouver avec le crane nu face au miroir de la salle de bain. Nouveaux pleurs qu'il faut minimiser, assécher. Une tâche dont je prends l'habitude.

Nouvelle visite chez le gynéco. Il trouve que tout va bien, à part un petit soucis à "l'étage sous-sol" mais qui ne devrait être qu'un détail. Temporiser, ne pas mélanger les problèmes, sa technique.

-Pourquoi ne pas partir en vacances en septembre?, nous lance-t-il.

Échange d'idées, de destinations, de périodes à envisager. Colombien, il connaît bien les vicissitudes des voyages collectifs en avion.

Le lendemain, la décision de partir dix jours en vacances est prise, presque à l'arraché. Décision qui génère une dispute : « je ne suis pas bien et tu me pousses à partir ». Passons, le voyage est enregistré pour bien plus tard... Patience et longueur de temps... Vous connaissez la suite. Les habitudes ont trop l'habitude de s'accrocher à elles-mêmes. Quant aux futilités et aux lubies aberrantes, elles ne font partie que du tableau final.

Lundi 11: Au matin, la prothèse définitive, la "siliconée", est apportée par une dame. Valable pour un an avant d'en recevoir une autre l'année suivante. Elle raconte sa propre histoire. Presque plus tragique. Ablation double des seins. Refus de traitements car elle se donnait pour tâche de continuer à travailler pour son fils puisque son mari l'avait quitté. Plus tard, prise à contre pied, une certaine Laure restera, dans le forum Agoravox, sans répondre à ceux qui lui jetaient des commentaires comme "que gagne Laure à venir raconter son histoire, choquante à souhait?". Comme s'il fallait gagner quelque chose pour apporter un témoignage.

L'après-midi, première sortie en ville. Il fait beau, ce ne sera pas pour en profiter. La perruque, choisie, avec les cheveux naturels, ne tient pas vraiment. Une erreur de départ qui se manifeste ? La resserrer, une solution partielle au problème. La vraie raison est plus générale. Elle ne plaît pas à mon épouse, qui ne se sent pas sur la note adéquate avec elle. Une chevelure en Do... n'équivaut pas à celle en Ré. La couleur, rêvée, celle d'avant n'existait pas au rayon des perruquiers. La taille de la perruque ne s'ajustait pas au crane. Deux heures de plus, chez un autre perruquier. Peine perdue à chercher le modèle impossible. Les modèles sont pourtant nombreux et les catalogues sont multiples. Mais, de là à accorder couleur et taille pour rappeler la coiffure du passé... faut pas rêver. Retour bredouille après un nouvel achat bidon d'un couvre-tête, style turban, qui ne sera utile qu'avec l'arrivée des beaux jours. Il faut prévoir, voyons.. .

Lundi 18: Dernière séance de la première série de 18 du kiné. Celui-ci part en vacances pour trois semaines. Les jours qui suivent vont se faire avec mon aide en attendant. Massages et mouvements d'assouplissements ne correspondent pas totalement à son travail de professionnel. Je lance un "Help" dans sa boîte de mail pour qu'il recommence ses séances, dès son retour.

Lundi 25: J'en ai déjà parlé, à cause de la maladie, l'agressivité gonfle très vite en intensité et cela demande une certaine remise à niveau de part et d'autres des conjoints pour en sortir indemne. Disputes initiées par des problèmes tellement banals qu'ils feraient rire ou pleurer à posteriori. Alors, quand on arrive presqu'au paroxysme sans s'en rendre compte, il n'y a plus qu' un pardon, un "Ave et un Pater" pour que tout rentre dans l'ordre. C'est ce qu'on appelle compatir à la souffrance sans pouvoir prendre une part à la maltraitance de la vie. Péter un plomb, quand on connaît le prix du plomb, ce n'est pas à recommencer trop souvent.

0.jpgMardi 26: Nouvelle prise de sang, bien planifié, celle-là. Troisième et dernière FEC. Nouvelle consultation pendant laquelle, est annoncé la phase suivante, les 3 taxotères. Autre produit "miracle", autre attaque contre le cancer.

Les lendemains se suivent mais ne se ressemblent plus. Ils sont de plus en plus difficiles à supporter. La fatigue et les tremblements de froids et de chauds ne sont pas rares. Le moral dans les tallons et le caractère irascible passe en montagnes russes. Les aphtes sont toujours là et quelques symptômes de nausées se présentent, subreptices, mais sans excès.

Samedi 2 mars: Une tasse cassée par mon épouse. Jetée à la poubelle par mes soins. Poubelle qui elle-même, casse et c'est une nouvelle dispute qui nécessite une remise au point sur les rôles de chacun. Espérer me transformer en une fée du logis. C'est nenni...Pas un naufrage du cœur. Juste une mise au point de l'esprit pour retrouver son calme. L'indulgence vient au secours de la mauvaise humeur comme une pierre plate que l'on jetterait sur la surface lisse d'un lac.

Dimanche 3: Visite providentielle, pendant mon absence de la "sauveuse". Elle va tenir mon épouse, une nouvelle fois, par la main. Les pleurs, je n'ai pas eu à y assister. Ma séance de jogging dominicale sauve parfois les meubles.

Lundi 4: Rappel hargneux de l'épisode de la poubelle. La poubelle a tenu le coup après quelques rafistolages. Paix et reconnaissance à sa détermination de garder sa fonction.

Un appel téléphonique va remettre le feu aux poudres. Un papier de garantie à retrouver. Éclats de voix qui se transforme en engueulade.

- Pourquoi n'as-tu pas tenu ce papier parmi les tiens?

Pris dans l'ambiance délétère, je pète un câble sans le vouloir. Marre de faire semblant de supporter l'insupportable. Un coup de poings dans mon bureau pour conclure. Non, il faut que les vérités se disent parfois. Heureusement, mon bureau n'a pas souffert, même si mon poing a un peu changé de couleur pendant quelques temps. Une aspirine suffit pour remettre les choses sur les rails.

Apprendre à écouter son corps et son esprit ne sont que les conclusions de cette première série de traitements de chocs. Oublier les moments difficiles. La vie continuerait-elle, sinon?

La pharmacienne connaît bien les notes de musique de la deuxième série de chimio. Trois jours avant et après. Manger léger puisque, c'est le foie qui devrait encaisser. Des légumes et des fruits. Une heure de promenade à l'extérieur ne ferait pas de tort. Vrai ou faux? De toutes manières, rien n'est à rejeter, rien n'est catastrophique à respecter. Pas eu de nutritionnistes comme c'était le cas pour les deux copines du préambule. Les promenades n'ont pas été de la partie quotidienne.

0.jpgOn lit sur le net, "TAXOTERE en association à la doxorubicine et au cyclophosphamide est indiqué dans le traitement adjuvant du cancer du sein opérable, chez des patients présentant un envahissement ganglionnaire. En association à la doxorubicine est indiqué dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique chez les patientes n'ayant pas reçu de chimiothérapie cytotoxique antérieure dans cette affection. En monothérapie dans le traitement des patientes atteintes d'un cancer du sein localement avancé ou métastatique après échec d'une chimiothérapie cytotoxique, ayant comporté une anthracycline ou un agent alkylant. En association au trastuzumab est indiqué dans le traitement du cancer du sein métastatique avec sur-expression tumorale de HER2, chez les patients non pré-traités par chimiothérapie pour leur maladie métastatique. En association à la capécitabine est indiqué dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique après échec d'une chimiothérapie cytotoxique ayant comporté une anthracycline".

Pas très engageant, tout cela. Enfin, cela dépend si on comprend le jargon de l'emploi. Plutôt à une posologie mayas, à mes yeux.

- Comment apprenait-on ce jargon quand Internet n'existait pas ? Les Mayas avaient tellement d'avance... On commence à comprendre leur vanité à fixer la finalité du monde.

On inventerait bien une nouvelle chanson qui commencerait par les mots "Taxo, Taxo, Taxes à terre".

Vendredi 08: Premières nausées. Les problèmes se corsent. Cette troisième chimio FEC est la moins bien supportée... jusqu'ici, du moins. Les problèmes de températures se creusent entre des chauds et des froids, portés et pas supportés par des fatigues excessives.

17 mars: France2 programme "Les bruits des glaçons", une comédie noire sur le thème du cancer. Un homme rencontre son cancer du cerveau. Une femme, son cancer du sein.

"Bonjour, je suis votre cancer. Je me suis dit que se serait peut-être pas mal de faire un peu connaissance".

Des paroles d’outre tombe, quelque peu sinistres.

Heureusement, mon épouse est endormie pendant le film. Je suppose qu'elle aurait pu dire, que cette visite, elle l'avait déjà reçu et cela lui suffisait.

« J'en ai marre », des paroles qui sortent le plus souvent de la bouche de mon épouse.

- The show must go on. Even when it's not a good show, aurais-je répondu si l'anglais avait été sa langue maternelle.

Quant aux prédictions mayas, on sait maintenant qu'il y avait quelques erreurs sur leurs tablettes rondes de pierres ou du moins, une mauvaise appréciation de ce qu'on en a compris avec nos moyens ultra-modernes d'aujourd'hui.

La semaine prochaine, la suite de ces aventures "médico/sénales".


09/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (1-4)

Préambule

0.jpgUne surprise et un pourquoi

Je préviens, jusqu'à la fin du mois, quatre articles inhabituels sur cette antenne. Une nouvelle interlocutrice va s'insérer dans l'ombre de mes billets: mon épouse.

Je sais, j'avais déjà introduit quatre femmes dans un numéro spécial avec tchat d'enfer qui mettait déjà l'actualité en sourdine.

Cette fois, ce sera le journal d'une relation intimiste entre mon épouse et moi-même, avec un intermédiaire qui aurait mieux fait de ne pas exister ou de se faire oublier à la suite de son traitement: le cancer. 

Titrer ce journal avec humour, "Un sein, une sainte et un saint" ou encore "La bonne, la brute et le truand" aurait été trop empreint de religiosité ou de filmographie de mauvais aloi.

Je l'ai donc appelé "Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout" sans manquer un humour décalé. 

L'autre bout, dans ce cas-ci, c'était moi-même, l'époux.

Nous étions dans la nuit du dimanche 20 janvier 2013 et nous nous réveillions presque ensemble, mon épouse et moi-même.

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Pour elle, c'était la veille de passer à la tonde comme un mouton et de porter une perruque. L'opération de mastectomie était déjà passée, tout en restant présente en mémoire à répétition rapprochées. La première chimiothérapie datait déjà d'une semaine et il était dit qu'après 12 jours, les cheveux tomberaient par touffes à cause d'elle.

Dans le lit, mon épouse me disait "J'ai peur. Pourquoi moi?Quelqu'un m'a jeté un sort?".

Cette nuit-là, j'ai décidé d'écrire cette histoire, dès le lendemain. Oser l'écrire comme je l'ai fait tellement avec des yeux légèrement biaisés comme un enfoiré peut le faire. L'histoire, notre histoire, avait commencé, il y avait moins de deux mois: la découverte d'un cancer du sein de mon épouse. 

Tout s'était enchaîné avec une impression d'une descente dans un trou sans fond à une vitesse constante. Un agenda serré, cadenassé en dehors de nos propres décisions. S'accommoder à tout ce qui était prescrit sans discussions. Rejeter tout ce qui aurait pu être "normal" ou "comme avant". Surtout pas jouer l'autruche avec la tête dans le bac à sable, là où dans des discussions hardies, certains avaient osés m'envoyer.
Il fallait se plier à la situation et faire un trait sur un passé glorieux ou non. Point.

Tout avait commencé début décembre de 2012. Une mammographie prise dans les temps prescrits et l'annonce d'un cancer du sein dont chacun ne connaissait pas encore l'ampleur et ce qui allait justifier une intervention chirurgicale.

Sur la défensive, je n'y avais pas cru. Non, cela ne pouvait être possible, les mammographies se sont déroulées en temps voulu sans exception, sans perdre la moindre chance de prévenir un tel drame de manière pragmatique. 

Le ciel était tombé sur la tête de mon épouse. Des retombées pour l'envoyé spécial, votre serviteur, qui, pris sous le poids de l'émotion, tentait de rendre quelques nuages gris ou noirs, plus blanc. L'ablation du sein, la "mastectomie", un mot dont j'ignorais l'orthographe et le sens. Rien que le prononcer me paraissait faire preuve d'un côté scientifique mal approprié. 

J'avais pris la décision de soutenir mon épouse depuis le début, de l'accompagner.

J'étais loin d'être sûr de pouvoir assumer dans l'immédiateté.

Si tout avait changé pour l'un, tout devait s'adapter au même titre pour l'autre. Les rôles s'inversaient.  

Oui, mais comment faire? 

Serais-je un soutien, un accompagnateur, un donneur de confiance ou de leçons à la petite semaine? Serais-je digne de donner confiance?

"Captain Igloo" devait aider, trouver le chemin sur la "terra incognita". Toute aide d'un psychologue de profession avait été refusée. 

J'avoue, je suis partisan ou ai une tendance de jouer le "Concerto pour la main gauche" plutôt que le "Concerto en Sol". Plutôt technicien derrière son clavier que de surface, qu'à la cuisine au service d'intendance et de nettoyage.

Chacun se connaît. Plus de 40 ans de vie commune et chacun a aimé les dissemblances et les complémentarités, dans une sorte de "job protection". Ce n'était pas gagné d'avance au moment de changer de partition et de notes... Prendre conscience de ce que nous vivons sans s'épuiser à vouloir bien faire et rater l'objectif comme la mouche du coche, c'est observer, sentir sans juger ni interpréter. Communiquer pour donner un sens global aux actions, aux transactions. Eviter la peur et la honte de mal faire. Fini les pensées binaires qui ont toujours été mon guide. Tout un programme à changer de manière drastique sans prérogatives en cumulant les fonctions attribuées de concert depuis tellement de temps... Organiser le choc de personnalités complémentaires et de cultures en cherchant les connexions dans l'étonnement, la négociation et la conciliation. Tout cela sans perdre sa propre identité... 

Je le sentais, déjà, ce coup du sort ne serait pas là, sans laisser de traces ni pour elle, ni pour moi.

Le mot à la mode, le plus entendu à la ronde comme un leitmotiv: "Courage".

J'écrivais un jour "Je suis, peut-être, pessimiste, mais je me soigne". 

Faudra, cette fois, le prouver pour de vrai. Et toi, Coué, faudra que tu y mettes un grand coup de ton côté.

Quelle attitude prendre? La déprime ou le contre-pied de la déprime?

J'ai pris l'option de rester fort, de contrer la déprime.

Les autres cas à la ronde? 

Une rédactrice qui en parle de cette période douloureuse sur Internet. le fait sur un ton presque "amusant", si l'on peut le définir ainsi. Deux ans d’intervalles, mais le même timing.

Deux autres histoires, celles de deux amies, Cécile et Sophie

Pourquoi pas? Tous les exemples sont bons à prendre en considération. Mais là, c'était peut-être poussé le bouchon un peu loin. Presqu'une pub qui dirait "ne vous en faites pas, cela n'est rien, rien qu'un mauvais moment à passer" dans leur histoire en vidéo

Leurs cas sont très différents. Les situations de famille, l'environnement et cette rencontre de deux mêmes cas qui se soutiennent l'un l'autre en trépied avec l'entourage.

Le cas de récidive après quatre ans, chez Sophie, c'était donc qu'il n'y avait pas eu de mastectomie totale au départ. Une reconstruction immédiate et provisoire.

Le cas de Cécile, une mastectomie qui laissait une cicatrice béante, était le cas le plus approchante de celui de mon épouse.

Non, confidence à part, le rire n'est pas de mise, même si un simili-sourire peut prendre le contre-pied à une situation scabreuse.

"En voyage, un gai compagnon est une chaise roulante", écrivait Goethe.

Mais quand on ne peut plus entreprendre de voyage, est-ce encore une tête souriante qui aime tourner en dérision qui pourrait l'être? 

Alors est-ce une "road movie to nowhere"? On pourrait le penser. Mais ici, c'est surtout sur une route avec des entrechats indéfinis d'avance. Optimiser les chances de la patiente.

Les soutiens étaient familiaux chez Cécile. Ce qui n'était, à priori, pas notre cas.

Redouter d'annoncer cela à ses proches, n'a pas été vraiment notre cas non plus. Les proches, il faut en avoir. L'info n'a été diffusée qu'avec parcimonie dans l'entourage. 

Il n'y aura pas à imposer cette épreuve à personne en dehors d'un entourage immédiat très restreint. 

Un film va sortir bientôt "Le cancer du sein ou le temps suspendu". Un autre exemple, qui pousserait à croire que "tout va bien Madame La Marquise", "Everything is under control" dirait l'Américain. 

Du côté de mon épouse, un frère aîné de quinze ans mais qui subissait, au même moment, une autre épreuve, tout aussi invalidante qui se terminera mal: la maladie d'Alzheimer de sa propre épouse. 

De mon côté, pas de famille. Quelques copains qui en surf intermittent, racontaient ce qu'ils en connaissaient de cette situation. De cas similaires, en direct ou en différés. Mais toujours en indirect, sujet à interprétations.

Pas tellement d'hommes, et pour cause, comme faire-part de l’événement.

"Les ennuis, c'est comme le papier de toilette. On en tire un, il en vient dix", disait Woody Allen.

A deux, c'est tenter le diable ensemble en le tirant par la queue en suivant les étapes au même rythme, avec en ricochet, sur ma pomme.

La littérature sur le sujet, les déclarations de médecins sur les progrès de la médecine existent. Bonne nouvelle: "le cancer du sein est le cancer qui se maîtrise le mieux".

Un livre d'André Giordan et Alain Golay "Bien vivre avec sa maladie" pourrait-il aider?

Le parcourir en diagonale m'a évité de devoir l'acheter. Il me semblait qu'il était plein de clichés, trop généraliste pour satisfaire tous les cas particuliers.

On y parle de pathologie de longue durée. De se surveiller en permanence. De vivre mieux en évitant les complications en assurant une qualité de vie.

Cela semble un peu comme du Canada Dry, de l'alcool mais sans en être. 

La chanson "Je suis malade, complètement malade" me revient à l'esprit comme une gageure avec ses paroles et n'aident pas plus. 

Le conseil final: il faut accepter la maladie, comprendre son origine et apprendre sur soi-même pour prendre soin de soi. L'immunité aurait été fragilisée par on ne sait quoi.

"Vite un coup de potion magique" dirait Asterix.

Internet inonde d'informations mais est-ce pour rassurer ou au contraire pour enfoncer le clou?

Nous sommes en plein vaudou à continuer dans cette voie.

Prendre une partie du mal de l'autre pour le soulager? C'est pas demain la veille que les maux se transfèrent comme pour un organe entre donneur et receveur.

"Changer l'image du cancer, c'est mieux y faire face", une belle phrase que je lis dans un article d'un journal.

0.jpg0.jpgRien que le mot "cancer" effraie.

Le cas du cancer de mon épouse, un problème hormonal et non héréditaire. 

Le cancer est un dérèglement des cellules qui refusent d'obtempérer au message d'apostose. 

L'apostose, une programmation d'autodestruction des cellules quand ce "suicide" est nécessaire à l'existence. La forme de la main pour sortir de la phase "poisson" pour exemple. L'autodestruction permet de se régénérer. Dans le corps humain, toutes les cellules sont constamment en train de demander au cerveau quelle est leur utilité et leur mission pour évoluer, sinon de mourir. Or, ces cellules cancéreuses continuent à croître malgré les signaux de demande d'autodestruction à la recherche de l'immortalité par prolifération qui entraîne l'ensemble du corps dans la mort.

Qu'est-ce qui génère cette "mauvaise conduite"?

On ignore. Il y a des recommandations pour ne pas se faire prendre par le cancer, mais cela n'assure aucunement de rester vivre sans cancer. Avoir des antécédents familiaux qui ont souffert du cancer n'est pas un bon signe. La génétique peut donc expliquer une partie des cancers. On hésite entre une immunité fragilisée, des événements malheureux, des contrariétés qui ne passent pas et qui s'insinuent dans l'organisme. L'alcool, la cigarette, l'obésité, le manque d'activités physiques... d'autres encore...

Rien de tout cela à mettre dans l'addition au sujet de mon épouse.

Processus thérapeutiques

La chimiothérapie, la radiothérapie sont les outils les mieux connus pour éradiquer cet empêcheur de tourner en rond qu'est le cancer. Dommage que leurs effets secondaires ne sont pas négligeables ni à minimiser.

Les nanotechnologies permettront, un jour, de mieux cibler les médicaments de la chimiothérapie qui l'attaqueront en évitant, au maximum, les effets secondaires. Oui, mais au mieux, c'est prévu dans une décennie après une thérapie particulière.

Du côté "préemption", la génothérapie, l'étude du génome va devenir progressivement à la portée du patient en ne plus coûter qu'un millier d'euros. Une thérapie préemptée donne le plus d'espoir, sans passer sous le contrôle d'un Docteur Knock nouvelle vague ni d'un apprenti sorcier. 

Tout est économique et dépendant des budgets alloués à la recherche.

La maladie apporte fièvres, douleurs, malaises, fatigue et psychisme négatif, est-il rappelé en résumé. Même si un cas peut constituer un exemple, il ne sera qu'un exemple mais jamais un copier-coller d'un autre cas. Tout dépend de l'âge, de la corpulence et de la résistance du patient à tous les traitements habituels.

Entre 65 et 66 années au compteur. Question poids, disons que mon épouse ne parvient même pas à renverser totalement l'équilibre d'un sac de 50 kilos de contrepoids sur la balance.

Elle, la "Desperate Housewhife", était restée à la maison, toute une vie. 

J'avais donc décidé de suivre l'affaire sous forme de journal intime presque au quotidien. L'enthousiasme de médecins devant le "beau projet" m'a confirmé dans l'envie de l'écrire avec un brin d'humour à la limite du possible et de le diffuser sur cette antenne. 

Il faut croire les médecins aux oreilles recluses de théories restent sans cloisonner par la théorie de leur jargon scientifique face à la pratique du terrain. Déverser les bénéfices d'un traitement dit 'sur mesure' par l'expérience des patients.

Le sujet de la radiothérapie touche la chimie et la radioactivité. De vieilles connaissances pour moi.

A mes questions, j'ai reçu des réponses réactualisées. La radiothérapie ne se fait plus avec du Cobalt60, parce que si l’appareillage coûte moins cher à l'achat, les frais gonflent à l'usage par le prix du Cobalt, par le danger de son transport et de son degré de pollution potentiel dans l'environnement.

Les rayons gamma équivalent aux rayons X. Les premiers étant naturels et en basse énergie, tandis que les seconds sont artificiels et à haute énergie et se contrôlent par le seul switch on ou off.

Un article de Paris Match récent présentait le Pr Frédérique Renault-Lorca.

D'après elle, il y a 55.000 nouveaux cas de cancers du sein par an en France. Une femme sur dix en est atteinte pendant sa vie et on en guérit le plus souvent en fonction du type de cancer du sein.

De 60 à 70% d'entre eux, sont des cancers hormono-sensibles suite à des anomalies des cellules malignes. Ils se soignent via la chimiothérapie, la radiothérapie et des médicaments hormonaux en pilules.

Environ de 15% pour les deux autre formes: les HER2 et les triples négatifs qui sont atteint par une anomalie des gènes et sont souvent héréditaires.

Les HER1 et HER2 se traiteraient par Trastuzumab et anticorps pour réduire les risques de récidives de moitié avec 90% de réponse. Les effets secondaires des boutons inesthétiques dans le visage. Le Panitumumab un autre médicament.

Les triples négatifs se soignent aux Anthracyclines et Taxanes

Ok... Après la théorie, passons à la...

La pratique et les conseils.

Donner un sens à sa vie. Garder l'humour est loin d'être évident. Donner du goût à l'autre pour qu'il reste à se demander pourquoi on peut et on veut vivre encore un peu en propriétaire de son corps et gérer les problèmes du quotidien, trouver le bon coach et en parler avec son entourage qui s'apercevra très vite des changements.  

Dans un effort suprême, par après, envisager la vie autrement en interprétant les signaux du corps et en évitant les rechutes. Le psychisme et le moral interviennent dans la guérison, est-il rappeler.

Pour moi, continuer à écrire des articles, continuer à prendre la clé des champs en joggant ou en prenant la bicyclette, comme si de rien n'était, un secours qui permet de s'évader en esprit. Apprendre à mieux se connaitre pour savoir que faire en cas de litige. Répondre à l'entourage qui n'en a pas la moindre idée de l'épreuve.

Accorder les violons des personnes en présence, surtout quand elles ne sont pas au même niveau du baromètre, au diapason.

Les caractères sensibles ne s'accordent pas aux batteries du pragmatisme trop raisonné comme je pourrais avoir eu à la suite d'une carrière active.

Dans un graphique avec hauts et des bas qui fait penser au déclencheur de pensées négatives, passe par les émotions, arrive aux comportements, avec pour conséquences le retour à la case départ en finale.

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'une fois enrôlé dans le jeu médical et pharmaceutique, on ne le quitte plus ou pas facilement. L'antalgique, pour soutenir le patient, a ses propres lois.

Demander au médecin si certains symptômes gênants posent problèmes, c'est recevoir souvent une réponse du type "c'est normal".

Nous vivons dans un pays où dire les vérités crues n'est pas le bienvenu contrairement aux pays anglicans.

Tout a un coût, même la vie et ce coût mérite de la conserver.

La mutuelle intervient pour beaucoup dans les frais. Cela ne veut pas dire qu'une bonne assurance complémentaire ou que, mieux encore, mais plus cher, l'assurance hospitalisation avec frais déambulatoires, soient superflue... 

Plus de pronostiques sur la comète. Vivre au présent, en se basant sur le passé et sans penser à l'avenir, une psychologie nouvelle à adopter.

Internet pour ne pas rester idiot face au médecin mais pas pour changer de métier et faire de l'automédication. Le pharmacien a plusieurs flèches à son arc et peut conseiller de choisir entre les posologies différentes prescrites par deux médecins.

Sexuel?

Puisqu'on parle de triples négatifs, pourquoi ne pas évoquer la libido?

Et bien, elle s'écrit, désormais, en trois mots : "Au Lit, le Bide et Dodo"

Cibler pour éviter les effets secondaires, qu'ils disaient. 

Mais magnifique, la libido reviendra quand on ne l'attendra plus... Il faut donner le temps au temps. Ce putain de temps qui va vite. Le temps, une année, c'est court dans la plupart des cas, c'est très long quand les choses ne sont pas au top.

Think-pink, ("penser en rose" pour ceux qui ne comprennent pas l'anglais) disait dans un article qui parlait du conjoint "Face à la maladie, la femme veut partager les émotions, tandis que l'homme résoudre les problèmes sans sous-estimer la partenaire". Comprendre la différence de sexe, c'est comprendre d'où viennent les chocs de conceptions de ce que peut être la communication. Émotions contre pragmatisme...

Qui va gagner quand cet intrus, ce cruel intermédiaire, est entré dans le couple?

La réponse est peut-être dans l'épisode théâtrale des hommes viennent de Mars et des femmes de Venus qui prend plus d’acuité que d'habitude, qui en devient délirant de justesses. La différence d'approche entre l'homme et la femme s'amplifie sans les filtres de la convenance et dans l'énervement de l'incompréhension réciproque. La différence entre deux personnes de sexe opposé en devient plus brute. Pour l'homme, cela se détermine par la seule compétence, par les actions prises en séquentiel, par une résolution solitaire des problèmes avec le rationnel et la confiance de l'appréciation d'une situation sans ajouter le côté émotionnel et sans nécessairement tout comprendre dès le départ. Chez l'épouse complémentaire, cela se confirme de manière plus évidente.

0.jpg

Une maladie, comme celle-là, ne fait qu'ajouter à la sauce piquante comme le dauphin de l'histoire, qui se retrouve perdu dans le jardin secret de son épouse. Mais, n'anticipons pas...

Ce weekend, il y a une manifestation en réaction au cancer, "Relais pour la vie" que je mentionne tout particulièrement.

La cancer est un relais de la vie qu'il faut apprendre à vivre et à survivre. Rester positif et vivre au jour le jour.

La formule de ce journal, tenu sur le vif, va peut être plaire à certains, paraître long pour d'autres ou être sautée parce qu'elle ne vient à l'esprit qu'en ayant été dans le cas.

A la semaine prochaine pour le début du journal...


 

Citations:

  • « Si on te pelote le sein droit, tends le gauche. », Jacques Sternberg
  • « Moi, j’ai pas de cancer, j’en n’aurai jamais, je suis contre. », Pierre Desproges
  • « La recherche a besoin d’argent dans deux domaines prioritaires : le cancer et les missiles antimissiles. Pour les missiles antimissiles, il y a les impôts. Pour le cancer, on fait la quête. », Pierre Desproges

02/09/2013

Une avenue très diplomate

L'année passé, je parlais d'une avenue pas comme les autres. Cette fois, je parlerai d'une autre avenue dans laquelle des oiseaux exotiques se bousculent aux croisements des rues: l'Avenue Franklin Roosevelt.

0.jpgLa Place d'Arezzo est le cadre du dernier roman de Eric- Emmanuel Schmitt, "Les Perroquets de la Place d'Arezzo"

Je la connais très bien cette place. Dans une rue adjacente, pratique mon dentiste et que de fois, n'ai-je pas tourné autour d'elle en attendant mon tour de passer sur son "fauteuil de torture". Un endroit de torture, c'est dire que je connais l'endroit et que l'on sent souvient.

Une place bien ronde et une vraie saga exotique de perruches à collier qui se font entendre de loin, suspendues aux arbres dans d'énormes nids avec déjections qui s'éparpillent sous elles.

"Arezzo", une ville de Toscane, dans laquelle, il y a un Festival, mais pas de concerts comme celui de cette place de Bruxelles.

Quartier très huppé, pourtant.

Le livre de Schmitt est écrit comme une métaphore des relations humaines et sexuelles. 

Cet endroit m'a donné l'envie d'en faire un oxymore, de parler d'une autre avenue qui mérite tout autant, le qualificatif de "huppé", qui, n'est pas très loin et qui  cache, aussi, ces volatils exotiques mais qui répartit des "nids" plus douillets à d'autres perroquets encore plus spéciaux. 

Une avenue avec villas, maisons qui voit défiler des voitures avec un chauffeur au volant et des personnages, bien planqués sur la banquette arrière. Beaucoup plus discrets que leurs correspondants ailés, ceux-là. Enfin, tant que leur pays d'origine ne se retrouve pas subitement en ébullition. On les appelle des ambassadeurs, des consuls.  

Une avenue de "Corps Diplomatiques" dans laquelle les diplomates se bousculent, traficotent comme des perroquets de leurs pays respectifs. 

Dans cette avenue, je n'y jouerai pas au Guide du Routard mais à celui du Roublard. 

Elle n'a rien à voir avec celle du même nom dans le 8ème arrondissement de Paris.

Son nom: avenue Franklin Roosevelt. 

La diplomatie est, dit-on, la conduite de négociations entre les personnes, les groupes ou les nations en réglant un problème sans violence.

Tous les mots ont leur importance...

En route... 

0.jpgAu sortir de Bruxelles centre, cela commence mal par l'entrée de l'avenue Louise: des travaux et des encombrements. Les voitures ne passent plus, les rails sont sortis de leur gaîne et il ne me reste plus qu'à me faufiler entre eux à bicyclette, jusqu'à la place Stéphanie avec le risque qu'un camion vienne me chatouiller l'arrière train. Les magasins de luxe tirent une grise mine. 

Après la place, c'est l'avenue Louise, devenue une autoroute sans âme avec les tunnels routiers qui s'enfilent en montagnes russes.

Sans âmes... enfin, quelques-unes bien nées et bien fortunées, tout de même. Une avenue avec une histoire bien chargées d'événements joyeux et tragiques pendant la guerre.

"Louise", en hommage de l’aînée des filles de Léopold II et "Stéphanie" en l'honneur de sa sœur. 

C'est dire qu'à l'origine, l'avenue Louise était voulue comme la plus belle avenue de la capitale. Les réaménagements dus à la bruxellisation lors de l'expo 58, l'ont transformé en autoroute urbaine et ce n'est pas le monument moderne représentant des défenses d'éléphants sur l'un de ses côtés qui remédiera cette situation pour faire penser au cher Congo de Léopold II.   

0.jpg

Au bout de l'avenue, le Square du Bois, appelé, à juste titre, "square des milliardaires". Il constitue les prémisses de ce qu'on découvrira dans l'avenue Roosevelt  toute proche. Ce square, caché derrière des barrières, avait été repris avec humour lors du dernier poisson d'avril. Période pendant laquelle, les émules de Depardieu pouvaient remonter jusqu'à Nicolas Sarkozy qui y trouverait sa résidence.

Un crochet par l'Abbaye de la Cambre, un endroit de calme, de plénitude, enfoncé dans l'étage du dessous, fait oublier que nous sommes en ville sur ses bancs et ses étangs en chapelet. Son histoire commence au XIIème siècle. Fondée par des moniales cisterciennes, Saint Boniface, évêque de Lausanne, y vint pour mourir en 1265. Les troubles suivirent avec les guerres de religions. Les religieuses chassées et le cloître incendié en 1578 par les Espagnols qui avaient peur que l'abbaye ne devienne un gîte pour protestants. Successivement, le cadre devint résidence de campagne, dépôt de mendicité, siège de l'école militaire et, enfin, école artistique de La Cambre.  

Le Bois de la Cambre, lui, mérite une visite à lui seul.

J'en avais déjà parlé via son "Robinson cambré cherche Vendredi".

Etre établi dans la Foret de Soignes et être dessiné par l'Allemand, Edouard Keilig en 1862, à la suite d'un concours et, en plus, être aménagé à l'anglaise, a de quoi surprendre vu ce qui a suivi en 1914.   

0.jpg 

Enfin, l'avenue Franklin Roosevelt s'ouvre et s'étend jusqu'à la Chaussée de La Hulpe pour contourner la ville tout en s'en éloignant en arc de cercle. 

L'avenue Franklin Roosevelt longe le bois de la Cambre. Partant du carrefour, elle s'étend jusqu'à l'hippodrome de Boitsfort après 2.650 mètres et sur une largeur d'une quarantaine de mètres. Une pelouse centrale, sépare les deux voies de circulation, sur laquelle sont érigées plusieurs sculptures monumentales: une destinée aux aviateurs et aérostiers tombés pendant la Première Guerre mondiale de Pierre de Soetecelle de Francisco Ferrer et enfin, celle de Simón Bolívar.

Ce n'est pas sous le règne de Léopold II, mort en 1909, que l'avenue fut tracée mais en fonction de ses vœux. Elle a traversé le site de l'Exposition universelle de 1910, comme la "Perle de la capitale". L'exposition de 1910 s'est dramatiquement interrompue suite à un terrible incendie qui a éclaté dans la nuit du 14 au 15 août. Ne subsiste de l'Exposition que la Maison DeluneEn 1922, elle prit le nom d'Avenue des Nations. Ce n'est qu'après la guerre, l'avenue des Nations changea de nom pour honorer le 32ème président des Etats-Unis dont on a seulement perdu la particule "Delano" dans la précipitation.

Luxueuse, l'avenue est bordée de riches propriétés dont une partie croissante est, aujourd'hui, occupée par des bureaux de prestige et des missions diplomatiques. Le côté bois est majoritairement constitué de villas isolées ou jumelées, bénéficiant d'un intervalle suffisant pour maintenir une vue sur le bois de la Cambre. Le côté opposé est constitué d'habitations mitoyennes, de maisons bourgeoises, d'hôtels de maître ainsi que quelques immeubles à appartements ne pouvant excéder 16 mètres de haut. Une grande diversité de styles architecturaux appliqués à un habitat bourgeois sous l'Art déco, les Beaux-Arts, l'éclectisme, le modernisme, etc. Un décorum de façades, des aménagements intérieurs des habitations avec des pièces destinées aux domestiques des années 20. 

Le décor est ainsi planté par Wikipedia. Les bâtiments d'époque, dont la liste est longue, ont tous été classés.

0.jpgLa plupart des bâtiments ne permettent pas de visites, à part la Villa Empain qui a une histoire longue en rebondissements. 

Edouard Empain, la première génération de la famille, avait construit la fortune familiale. Un de ses fils, Louis, l'a consolidée en restructurant l'entreprise et a fait construire cette Villa en 1930. En 1937, il y renonça et la céda à l'Etat pour en faire un musée d'art décoratif. De multiples péripéties vont suivre. Novembre 1943, elle est réquisitionnée par la Gestapo. Après la guerre, le fait d'être louée comme ambassade de l'URSS, ne plait pas à Louis qui la récupère en 1960. En 1973, elle est, tout à tour, vendue à Tcherkezian, louée à la radio-télévision RTL, tombée en désuétude, vandalisée avant d'être restaurée complètement dans l'état actuel par la Fondation Boghossian en 2008. Des expositions d'art s'y déroulent depuis selon les vœux de Louis Empain.

La troisième génération, avec le Baron Edouard-Jean Empain, a défrayé la chronique en 1978 dans une affaire qui a inspiré le film "Rapt". Mais c'est déjà une toute autre histoire... 

En face du Bois, l'Université Libre de Bruxelles, édifié sur le campus du Solbosch, avec la statue de son fondateur Théodore Verhaegen qui a sa Saint V, tous les ans, sous l'égide des Fleurs du Mâle.

L'université, un endroit de l'éducation supérieure, répétée, d'année en année, en perroquet par des professeurs de différentes disciplines aux élèves mais aussi une histoire de contestations estudiantines.

Le mois d'août, la période de deuxième session et les étudiants révisent.

Je me suis adressé à l'un d'eux, assis sur le bord d'un trottoir avec l'ordi sur les genoux. Ce 10 août, il avait déjà passé son premier examen de deuxième session m'a-t-il dit. Le premier avant trois autres.

- Pas assez préparé ma première sess, m'avoue-t-il.

Pas assez répété ses cours...

"Mauvais perroquet, quoi...", me dis-je en mémoire interne, sans le lui répéter.

0.jpgDerrière lui, le bâtiment moderne, tranchant comme un couteau, que je ne connaissais pas, la bibliothèque de l'université et qui a, vu sa forme, été surnommé le "Toblerone". 

Sur l'avenue, un autre bâtiment, tout aussi moderne, est destiné à l’amphithéâtre Solvay. Sa statue, en face... Un anniversaire en octobre: 150 ans d'existence.

Une spéciale de "C'est du Belge" lui était consacrée.

Hormis ces deux nouveautés, je reconnais tout le reste. Rien de changé depuis plus de 40 ans, en apparence du moins. Seul les professeurs d'antan ne sont plus là pour me rappeler mes lointains souvenirs. Dernièrement, on apprenait le classement annuel des universités établi à Shanghai. Harvard, Stanford, Berkeley font donc toujours partie des tops trois des universités mondiales. Leurs budgets financiers, dix fois supérieur à celui de l'ULB, expliquent très certainement l'écart. 

Remonter sur le vélo et poursuivre mon "chemin des diplomates" en suivant les drapeaux sur les façades. 

Les ambassades se suivent, mais ne se ressemblent pas. Ce n'est pas nécessairement le prestige du PIB du pays qui soit directement proportionnel à celui de leur ambassade. 

La liste des ambassades est longue: Egypte, Iran, Venezuela, Congo, Uruguay, Brésil, Japon, Danemark, Koweit, Arabie Saoudite, Autriche, San Marino, Somalie, Guinée Bissao, Tanzanie, Niger, Mexique, Colombie, Barbades, Jordanie, Yemen, Soudan, Moldavie, Emirats arabes, Qatar, Singapour, Algérie, Ouzbekistan, Sénégal, Surinam, Djibouti, Kurdistan, Côte d'Ivoire, Sultanat d'Oman, Brunei, Chypre... Cela, sans compter celles qui se trouvent dans les rues adjacentes.

C'est rare qu'on puisse voir ces diplomates. Il y a une occasion qu'ils ne manquent pas le 21 juillet, le jour de la fête nationale. Alors, ce sont les défilés des voitures avec plaques "CD" qui convergent vers le palais du Roi.

Vu le nom des rues qui croisent l'avenue, c'est aussi l'exotisme assuré.

'Viva America del Sud'...

Cela passe de l'Avenue du Brésil, à celle du Venezuela, du Chili, de l'Uruguay, de la Colombie... Pour couronner le tout, la statue  de son plus grand personnage trône au milieu de l'avenue: celle de Simon Bolivar

Cette promenade à vélo est plus un "épi-end" qu'un "happy end" quand on sait que toutes ces ambassades sont exemptes de tracas nationaux comme le précompte mobilier et bien d'autres exclusivités d'intouchabilité.

Avec un passeport diplomatique, ils bénéficient d’une immunité diplomatique qui dit qu'ils ne peuvent être poursuivis devant les juridictions pour aucune infraction, qu'ils commettent sur le territoire du pays dans lequel ils exercent quelle qu'en soit la nature.

Un privilège qu'ils ne manquent pas d'utiliser. 

Mais la crise est aussi présente dans leurs rangs et des rappels à l'ordre s'imposent.

Un article de jeudi lançait "Ça nous emmerde, mais c'est comme ça." des paroles prononcées par un ambassadeur français en égratignant le langage diplomatique sous les lambris dorés des salons de l'Elysée. L'objet de son irritation portait sur "l'évolution du réseau diplomatique et des antennes diplomatiques dans les pays où les intérêts sont inexistants.".

0.jpgEn France, quatorze ambassadeurs sont visés dont la Jamaïque, le Népal, le Malawi, la Gambie, la Sierra Leone et le Sao Tomé qui devront quitter leur résidence, mise en vente par l'Etat français avec leur ambassade rayée de la carte au nom de ce principe d'économie. La logique économique prend le pas sur celle de l'universalité.

On lit dans le même article que "le réseau diplomatique français est encore le 3ème au monde (163 ambassades bilatérales et 16 représentations multilatérales) derrière les Etats-Unis et la Chine." 

J'ai consulté les informations au sujet des ambassades en Belgique.

0.jpg

J'ai dénombré 209 représentants de pays étrangers en Belgique. Près de 40 se trouvaient sur cette avenue très diplomate.

Dans l'autre sens, 200 représentants belges se trouvaient à l'étranger.

Représentants qui peuvent être des ambassades, des consulats ou de simples contacts voir moins comme "potentiel de représentants". Comme la Syrie est dans l'actualité, j'ai pu constater qu'en Belgique, aucune ambassade ne se retrouvait dans la liste.

De plus, en Syrie, l’ambassade de Belgique est temporairement fermée avec la mention "En cas de besoin, veuillez vous adresser à l’Ambassade de Belgique à Amman (Jordanie)".

C'est-à-dire que que les ressortissants belges devront s'y référer puisque les intermédiaires, les porte-paroles, ont levé le camp.

Le ballet diplomatique se trouve ailleurs. A un autre étage, bien plus élevé...

La postface du livre de Schmitt correspondrait, ainsi, encore plus:

"une ronde effrénée qui devient une encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs qui se retrouvaient dans les comportements amoureux de notre temps.

La moralité simple du livre comme celle de ma promenade, s'il y en a une, serait "le désir qui nous tient debout, mais c’est aussi le désir qui nous ravage".

En 1985, Georges Moustaki chantait "L'AMBASSADEUR

Je suis l'ambassadeur du temps et de l'espace
Mon pays c'est un peu toute la galaxie
Je ne suis pas d'ailleurs je ne suis pas d'ici
Je suis contemporain de chaque instant qui passe


Je viens de l'infini et de l'intemporel
Je hante les bas-fonds et fréquente les cours
Mes lettres de créance sont des mots d'amour
Dans toutes les langues de la Tour de Babel

J'ai les clefs du futur et de la nostalgie
Ma carte de visite est une mappemonde
Exilé de partout mes chemins vagabondent
À travers tous les signes de l'astrologie

Demain lorsque le vent effacera mes traces
Demain lorsque l'hiver étouffera ma voix
Demain lorsque la mort aura raison de moi
Lorsque viendra le temps de rejoindre l'espace
Le ciel d'Alexandrie sera mon dernier toit.


0.jpgSi ce n'est pas Alexandrie, ce qu'il en disait me correspondait dans son idée de liberté comme citoyen du monde. Insatiable à le connaître ce monde.

Mais pour l'instant, rien que d'avoir relié ornithologie, diplomatie et histoire, en descendant et remontant alternativement en selle sur mon vélo, m'avait épuisé et je devais encore retourné dans mon propre nid et pas celui des perroquets.

Pas de "CD" devant ma porte comme lien de reconnaissance ou comme cri de ralliement. 

Là, on ne parle plus d'oxymore, de situation décrite de manière inattendue, mais de perroquets oxydés, de peroxydes qui comportent plus d'oxygène qu'un oxyde normal. 

Non, vraiment, cette avenue pourrait faire le cadre d'un nouveau livre d'Eric-Emanuel-Schmitt, avec des secrets qui sortent des cheminées. 

Passons, dès lors, aux photographies prises au cours de cette promenade.

 

L'enfoiré, 

 

Citations:

  • « La diplomatie est la police en grand costume. », Napoléon Bonaparte 
  • « Diplomatie. L'art patriotique de mentir pour son pays. », Ambrose Bierce
  • « La diplomatie est l’art de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés ! », Charles de Gaulle 
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Mise à jour 2 septembre 2013: Les Belges font leur rentrée en France. A la télé et à la radio, difficile de passer à côté des Belges qui percent en France. Chaque émission veut "son Belge".
"Je ne gomme pas le côté belge, surtout pas la bonhomie et l'humilité" dit Alex Vizorek
Gageons qu'il n'a pas envoyé trop de perroquets à Paris.

26/08/2013

Conversation à actualité rompue

Pour la plupart, les vacances, c'est fini. Dans la buvette de l'aéroport, Guilaine, la journaliste, attend ses trois copines d'enfance en lisant un journal. Yvette, la scientifique, Martine, la rêveuse écolo et Aline, la voyageuse impénitente que tous vont recevoir à la descente d'avion en provenance d'Afrique. Elles sont toutes quatre célibataires dans la cinquantaine. En attendant les copines, Guilaine lit son journal et un article banal la fait sursauter. Elle a l'intention d'en parler. Cela génère un échange parfois surprenant. Voici,  la photo de Guilaine, Martine et Yvette en promenade au cours d'une autre occasion. Les couleurs différentes ne sont pas prises au hasard...

(Guilaine attend. Martine et Yvette arrivent, enfin. Après les bonjours d'usage, la conversation qui prend une tournure à géométrie variable...) 


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Guilaine: Bonjour Martine et Yvette. Cela fait des lunes que nous ne nous sommes pas revues. En attendant Aline, racontez-moi tout, vos dernières vacances, par exemple.  

Yvette: Je suis allé à Poitiers. Comment voyez-vous le futur? Avec optimisme, pessimisme ou les deux? Etes-vous pour ou contre les robots et la conquête des étoiles? Préférez vous le refuge dans une grotte sans plus aucun confort ni moyen de chasse, pêche, cueillette si ce n'est qu'avec des instruments rudimentaires? Des question que je me suis posées pendant mes vacances.

Guilaine: Là, ça va fort, Saint-Yorre. La science, toute la science, rien que la science. C'est toute ta vie, en somme. Comme laborantine, ton labo et tes éprouvettes, tu as dû être comblée à Poitiers. Tu nous emmènes dans les étoiles, donc. Tu quittes le plancher des vaches. Je croyais que tu aimais les voyages sur des îles comme Gauguin, Brel ... Ils ont tous acheté une île pour leurs "derniers" jours ... Pourquoi pas un retour à la nature sur Terre avant d'aller voir ailleurs?

YvettePour moi coloniser les astéroïdes, ce serait très intéressant.

Martine: Tu as raison Yvette. Ce serait chouette de pouvoir voir la Terre bleue, de là haut. Cela me plairait bien.

GuilaineJe me doutais que tu allais réagir ainsi, Martine, mais a-t-on encore les moyens de réaliser de tels rêves? A l'heure actuelle, ce n'est plus possible que par des spéculations chanceuses et des artifices alambiqués. Avoir les pieds sur Terre, au moins, on sait où on va. 

Martine: Peut-être bien. Nous voilà partis sur des sentiers glissants à nous contredire. Pour toi, Yvette, t'envoyer en l'air pour coloniser les astéroïdes, c'est spéculer avec le bon argent de Guilaine. Vous me faites, toutes deux, bien rire. Pourquoi les hommes sont si intéressés à trouver de la vie sur Mars? Donne moi une bonne réponse qui ne soit pas trop idiote, Yvette.

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Guilaine: Pour trouver encore plus de low-cost chez les Martiens qui ne connaissent ni la valeur de l'argent ni même qu'il existe. (sourire)  Je sais, tu aimes le durable, Martine. Agronome, passionnée d'écologie, c'est tout naturel pour toi. Je te soutiens. Le malheur, c'est que rien n'est durable vraiment. Tout se déprécie, tout vieillit. Etre écologiste, pour toi, c'est peut-être y chercher des petits hommes verts, où je me trompe? (rires)

Martine: Ah, c'est malin. Oui, je suis écolo et contente de l'être. J'aime ma campagne, loin de la ville. Tu lis le journal, Guilaine, tu as besoin d'informations pour vivre. Pour moi, trop d'infos tue souvent l'infos. Je n'achète plus de journaux en papier depuis longtemps. Le papier pollue. Internet me satisfait. Sur Facebook, je partage et je tweete et c'est fou ce que j'apprends sur ce qu'on va manger, boire, s'habiller, sans ouvrir le moindre journal. Toi, tu aimes les idées d'où qu'elles viennent. Tu ne peux pas t'empêcher de suivre la marche du monde. C'est un besoin physique, une addiction de savoir pour informer ton public. Tu es journaliste et pour toi, c'est un réflexe conditionné. 

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Guilaine: C'est vrai, mais tu as compris que trop peu d'infos peut te tuer tout autant. Tu parles d'Internet. Que fais-tu sur le Toile? Facebook, tu dis, et pour toi, cela s'arrête là. Je lis l'info. Je la crée aussi. Sur Facebook, il y a quelques trucs intéressants, mais il ne faut pas être trop exigeant. L'actualité est une rampe de lancement vers ton analyse. Prendre le temps d'écrire et sortir des conneries que l'on raconte sur Internet, y penses-tu? Dans les informations, il y en a des vraies et des fausses. Il faut les départager. Je t'assure, ce n'est pas si simple. Une anecdote? Si tu veux être sûr qu'une information soit bien diffusée, même si elle est fausse, dis simplement à ta voisine que c'est un secret. Dis-lui, qu'elle est privilégiée de faire partie de ta confidence. Tu verras comme ton secret va s'étendre comme la tache d'huile de la rumeur. Pour les gens bon pied, bon œil, et souvent, pour nous les femmes, connaître l'information, cela peut servir à enrichir d'autres qui ne la possèdent pas. C'est ça la libération de la femme. Sinon, que dire de quoi parler? De la pluie, du beau temps, du prix des carottes? Maigre consolation. Trop connu pour tout le monde. Quant aux Martiens, faut pas croire qu'ils te raconteront tout, Martine. Ils savent eux qu'ils ont une richesse dans leur yeux verts. (sourire) 

Yvette: Mais où veux-tu en venir, Guilaine? Martine ne t'avait pas tendu un piège. Elle aime rêver. C'est son droit, non? 

GuilaineDe ce journal, j'avais l'intention de vous en parler, d'ailleurs. Lisez, toutes deux, cet article.

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(Yvette et Martine se penchent sur l'article pour le lire)

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Yvette: Si je comprends bien, tu veux nous faire croire que les informations ne profitent qu'à certains et pas aux autres ou, pire, plus tu en sais, moins bien tu te portes?

Guilaine: Bravo, Yvette. Tout compris. Tout ne dépend pas du nombre de personnes qui lisent mais de l'endroit où un événement tragique s'est produit. Proche, tu t'en préoccupes. Éloignée, cela glisse sur la bosse de ton indifférence.

Yvette: Eh, bien, le monde tourne presque toujours comme ça. La connaissance, le savoir apportent les connexions entre les gens. Il faut réveiller la vie, chère Guilaine, mais pas n'importe comment. Martine va te le confirmer en te racontant ses vacances.

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Martine: (prise de cours) Ben ... Je suis restée chez moi. Il a fait chaud, parfois trop. Pourquoi serais-je allé chercher ailleurs, alors que j'avais tout sur place ou presque? J'ai invité quelques voisins et voisines et on a fait la fête. J'ai, aussi, passé des vacances super à Bruxelles les Bains à dix kilomètres de chez moi. Hier encore, c'était la Fiesta latino au Bois de la Cambre. Pas eu le temps de m'ennuyer. Si tu veux des photos, je les ai apportées. C'est comme si j'avais été aux Antilles espagnoles. Sur les photos, j'espère que tu me reconnaîtras.

Yvette: Et tu as suivi toutes les informations locales pendant ces deux mois... Bien sûr.

0.jpgMartine: Yvette, quand je vois ce que cela m'a rapporté de suivre les infos d'ailleurs, je ne suis pas sûr que j'ai eu toujours raison à en prendre connaissance. L'article de Guilaine est presque écrit pour moi. Si je n'ai pas lu beaucoup de journaux, installée dans un transat, j'ai lu des romans par contre. Quelqu'un m'avait conseillé "L'ombre du vent". Les critiques étaient bonnes. Une belle histoire. Ceux qui sont partis sur les routes ou qui sont allés en pèlerinages, n'ont pas été sûr de revenir à la maison d'après ce que j'ai entendu. Ceux qui étaient en Egypte, non plus d'ailleurs. Si, c'est pas des "hot dogs", ça, dont ce journal parlait qu'est ce que c'est? Je n'en ai jamais vendu, moi. J'en ai mangé lors de séances barbecues et je peux te dire qu'il y en a eu quelques-uns. Dans mon jardin secret, pas d'infos, pas beaucoup de pognon nécessaire pour partir loin, en esprit ou en dur, pas de nouvelles à la con. Je suis pour la simplicité, moi.

Guilaine: (en chantant Brassens) Auprès de mon arbre, je vivais heureux, j'aurais jamais dû le quitter des yeux.

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Yvette: Guilaine, cesse de chanter. Tu vas faire pleuvoir. Perso, je n'ai pas été qu'à Poitiers et au Futuroscope. J'ai parcouru toute la région.

Guilaine: Bien, Yvette. Je connais ton goût pour l'étoile rousse. Pour répondre à Martine, je lis aussi des romans en attendant mon avion. Je suis tombé sur un thriller d'un nouvel auteur, "Le jugement dernier". Ce fut un coup de maître, car il se trouvait parmi les best-sellers dès sa sortie. Le fait qu'il y avait un journaliste comme personnage principal, m'avait attiré. Il se pose la question de savoir si l'humanité a un avenir à la suite d'attentats de nihilistes... Tu parles d'une question existentielle majeure... L'histoire va de rebondissement en rebondissement.

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Yvette: Et comment il s'en sort de cette humanité en péril?

Guilaine: Comme par hasard, il se sont rapprochés de tes goûts, Yvette. Enfin, ils se sont fait aidés par le Codex Lucis des Cathares. L'humanité, elle, s'est retrouvée le nez planté dans les étoiles à rêver à son expansion et elle a fini par quitter la Terre et par se mettre en route vers la planète orange comme de véritables Universonautes. Je n'ai ni dit cosmonautes ou astronautes, si tu vois la nuance. De plus, c'est en pleine actualité. Mars One propose des aventures sur Mars sans retour possible et il y a des milliers de candidats.

Yvette: Bon sujet, en effet. Je me disais bien qu'on ne terminerait pas sur cette Terre et que les astres devaient être une échappatoire.    

Guilaine: Mais en attendant, chère Yvette, (en chantant Becaud) raconte-nous. Ce qui t'est arrivé. Comment, ça c'est passé, pendant qu'on t'attendait-là. comme disait la chanson. Pas eu d'aventures à nous raconter?

Yvette: Non, je n'ai pas rencontré l'âme sœur, comme dans ta chanson. Je n'ai pas mangé de hot dogs, non plus, d'ailleurs. Je n'aime pas les hot dogs. Je hais les hot dogs et tous ces machins de la mal bouffe. C'est de la m... Et, toi qu'est-ce que t'as fait, t'as suivi l'actualité ou elle t'as suivi? Tu en as fait les choux gras dans tes conversations lors de tes vacances?

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Guilaine: Je vais t'étonner. Je n'ai pas eu de vacances. Enfin, pas vraiment comme tu l'entends. Cela a été du travail en vacances. J'ai suivi le Pape au Brésil. J'ai écrit un reportage sur son voyage en suivant les JMJ. Envoyée en Afrique du Sud, quelques jours, avec la mort annoncée de Mandela. Comme il s'est remis mieux que prévu, j'ai réorienté l'affaire en parlant de ce qui subsiste de l'Apartheid. Aux dernières nouvelles, je pensais aller en Egypte pour me faire une idée de ce qui se passait réellement là-bas dans cette révolution à répétition. A ton avis, c'était des vacances? 

Martine: Horreur. Et tu aimes cela? Tu aimes communiquer du sensationnel, de l'émotion en tube dentifrice, de la m...quoi. Ça n'a plus rien à voir avec de l'information. Du côté du Pape, il est bien gentil avec sa visite au Brésil, mais qu'a-t-il apporté de plus à nous les femmes?

0.jpgToutes les presses du monde se rassasient de ces flonflons du bal ou de la terreur avec les mêmes sources dans le collimateur. Pas une ne se mouille à raconter sa propre histoire qui mène à la déconfiture que la presse connait actuellement. Toujours en déficit dans les caisses des journaux. Il doit y avoir une raison. Ce n'est pas ou plus de la presse d'opinion. Elle est servie sur un plat chaud ou brûlant, sans permettre au lecteur de s'assurer de leurs sources. Au moins, quand je n'écoute pas la presse, je ne serai pas influencée par elle. Parce que tu ne dis pas tout, Guilaine, tu aimerais bien qu'on en bave devant ton information avec ta signature au bas du parchemin. Pardon de ton "papier" comme on dit dans le jargon de métier. Est-ce seulement, pour identifier l'auteur du lavage de cerveau? J'en doute. Pour te faire un nom, oui, un nom qui te donnera la preuve de ta bonne conscience. Tu nous vends de la propagande, Guilaine, de la salade avec du ketchup au lieu de mayonnaise et cela sans t'en rendre compte, puisque tu ne remontes pas aux sources des problèmes planétaires. Tu te prends pour Christiane Amanpur? Surtout, n'oublie pas de prendre tes jeux vidéos en partant...

(Martine d'habitude bien calme. Yvette et Guilaine en étaient soufflées. Guilaine aurait voulu répondre. Les réponses restèrent coincée dans sa gorge. Aline était arrivée, chargée jusqu'au cou de bagages, de paquets et de valises)

Aline: Alors, vous ne me reconnaissez pas? J'ai pris des couleurs, non? Du sable dans les yeux, aussi. Dans le désert, je n'ai vu que cela... Qu'est-ce qui s'est passé pendant mon absence? Racontez-moi tout de l'actualité. Je veux tout savoir.

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Yvette, Martine et Guilaine se regardèrent alternativement. Puis, toutes trois explosèrent de rire.)

Aline: Mais qu'est-ce que vous avez toutes les trois? J'ai dit une connerie, une plaisanterie? J'ai apporté du sable mais pourtant pas de la poudre pour vous faire rigoler.

(Yvette, Martine et Guilaine, ont repris leurs fou-rires)

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Guilaine: Tu ne peux pas comprendre Aline. Merci, d'être arrivée, on allait s'embrocher. C'est une affaire entre nous. Tu sais nous avons un nouveau Roi, un nouveau JMJ, un nouveau... e ne sais plus, moi, Marine m'a fait perdre le fil. Mais prends ton temps pour te remettre dans le bain, doucement. L'actualité, c'est pas nécessairement le bac à sable de tes copines. Je l'ai compris, un peu tard. Tu veux manger un hot dog, peut-être?

(Yvette et Martine se remirent à rire de plus belle, tandis qu'Aline était la seule à ne plus rien comprendre)

0.jpgYvette: Laisse-nous rire, Aline. Guilaine nous a fourgué sur une mauvaise piste. Tu nous raconteras ton voyage dans la voiture au retour. Je repose ma question: Est-ce qu'un hot dog te plairait?

(Les rires reprirent encore une fois). 

(Les voilà, toutes quatre, en route, pour rejoindre leurs pénates, tandis qu'Aline raconte et raconte encore, ses aventures à dos de chameaux avec les Berbères, le désert avec son coucher de soleil et ses nuits étoilées... les roses des sable. Les autres font semblant d'écouter. Encore heureux, aucune autre actualité n'est venue entraver la marche dans le désert...)

Moralité: on ne parle ni d'actualité, ni de hot dog quand on revient du désert. Entre copines, on réveille la vie... Le problème, c'est qu'on ne réveille pas la même vie, tout simplement.


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « L'Actualité, ça n'existe pas, ça ne veut rien dire. L'actualité, ce sont des gens. Des milliards de gens qui rient, qui pleurent, qui souffrent et qui tombent amoureux. », Anna Gavalda
  • « Les actualités d'aujourd'hui, c'est l'histoire de demain. », Raymond Queneau 
  • « On ne peut pas faire les hot-dogs et servir le client. », Proverbe québécois 

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19/08/2013

Une brique dans le ventre

L'argent sur les livrets d'épargne ne rapporte plus rien au particulier. Celui-ci se voit obligé de chercher des alternatives pour ne pas en perdre face à l'inflation. Il y avait le conseil: "N'épargnez plus dépensez ou spéculez". Une autre alternative: la brique. Plus sécurisée, en principe, puisque c'est du tangible. Les professionnelles, les "Immobilières", règlent tous les problèmes de ventes et de locations des biens immobiliers... Mais, voyons...

 

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L'immobilier a-t-il fait ses derniers pas avant de tomber?

Puis, on découvre que le risque de pénurie guette à Bruxelles.

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Suivre l'immobilier, c'est comme se retrouver sur une montagne russe, mais à petites vitesses.

En 1986, les taux avaient baissé et ce fut une période d'achat.

En 1992, courant inverse, les taux remontaient et dépassaient les 10%, et ce fut le repli.

Depuis 2006, les permis de bâtir sont en chute libre. La crise financière s'invitait dès 2007 en plat de résistance.

2010, une année qu'il fallait oublier au plus vite pour les surfaces de bureaux dont les locations restaient stagner vu les annonces de Jones Lang qui fleurissaient un peu partout depuis 2005. Mais ce fut, néanmoins, une années de bonnes affaires, disait-on.

Bonnes affaires, pour qui? Vendeurs, acheteurs ou intermédiaires? 

Les intermédiaires se bousculent même au portillon. Notaires, agents immobiliers, banquiers, cadastres, Etat et re-Etat, ... Tous intéressés par vos envies de mettre un toit au dessus de votre tête. 

Coup d’arrêt de 2009, un nouveau coup de semonce.

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Surtout, ne pas perdre courage et espoir... En 2012, on apprenait que le patrimoine immobilier des Belges avait plus que doublé en 10 ans et atteint 1,066 milliard d’euros. 

A écouter propriétaires et locataires, le choix se dissocie entre la brique dans le ventre qui tourne à l'indigestion ou à la maladie contagieuse sous le coup de hauts et de bas dans la construction avec des informations contradictoires ou paradoxales...

"Les prix de l'immobilier ont reculé de 0,7% depuis janvier".

Une raison pour se mettre dans les rangs des acheteurs?

Les "Immo junkies" et les "Immo addict" épient toutes ces annonces et visitent tous les appartements et les maisons comme si c'étaient des musées pour trouver "le" bien idéal. 

Le Belge a une brique dans le ventre. C'est connu et c'est presque trop évident. Cela peut donner des crampes, rien que d'y penser à chercher comment y remédier

Phénomène psychologique plus que drastiquement choisi. Cette brique se nourrit d'un optimisme sans faille quant à sa valeur présente et future. Bien que les prix aient gagné 115% depuis 2000, plus d’un sondé sur deux estiment que la valeur de leur habitation va encore progresser de 4% par an ou davantage au cours de la prochaine décennie (enquête menée par le site Immoweb.be). 

Serait-ce la solution pour grappiller les derniers jetons de présence sur les marchés?

Une confiance aveugle en termes de croissance patrimoniale pourrait tourner à l'aigre suite à un ralentissement de la demande. Tout comme en Bourse, investir dans l'immobilier peut apporter stress et angoisses, dans des fluctuations conjoncturelles. 

Pour le vendeur potentiel, la plus-value ou la moins-value prend de l'importance au moment où il aura un besoin urgent de réaliser pour raison professionnelle ou privée.

Avant la crise des subprimes, l'immobilier fut le moteur de l'économie américaine et de la consommation pendant de nombreuses années. Le même phénomène s'est reproduit en Espagne et dans une certaine mesure, en Chine.

La question reste: vaut-il mieux louer ou acheter un bien immobilier? 

0.jpgLes droits belges d'enregistrements s'installent entre une fourchette de 10% et 12,5% en fonction de la région. Ils sont récupérables sur un second achat s'il y a plus de 2 ans depuis le précédent.

Les frais de notaires se calculent avec les "faux frais" en fonction de la localisation. Pour 100.000 euros, à Bruxelles, cela fait 8.300 euros. Le RC (Revenu Cadastral) y est aussi à prendre avec plus de considération dans les calculs

Comme le roulement reste faible entre 35 à 40 ans, la qualité est requise pour garantir le moins de dégradation dû au temps.

Un peu plus de la moitié des ménages belges disposent de leur propre logement et indiquent pouvoir encore économiser.(d'après l'Echo et De Tijd).  

En Wallonie, la population de propriétaires grimpe à 68% et en Flandre, à 73%.

A Bruxelles, 40% de la population est propriétaire de son bien. La recherche de mobilité est peut-être une des raisons en plus à ajouter aux frais engendrés par la vie d'une capitale. Les 'faux' Bruxellois, les navetteurs, viennent grossir la fréquentation de la capitale tout en résidant à la périphérie.

Parmi les résidents, 60% louent leur habitation avec une prédilection pour un appartement à une ou deux chambres.

0.jpgLa location d'un bien immobilier devrait progressé de 3 à 4% de concert avec les prix d'achats. Entre 2000 et 2010, la hausse du prix des loyers a progressé de 45%. 

Louer un appartement va de 8,6 euros par m2 dans des communes comme Molenbeek à 11,4 euros pas m2 à Woluwé Saint Pierre. Une variation entre 693 et 1.250 euros en moyenne pour un appartement conforme à la norme moyenne. Le quartier Fond'Roy à Uccle n'est pas mal non plus comme les revenus net imposables y atteignent les 60.000 euros par an. A Saint-Josse-Ten-Noode, ces mêmes revenus plafonnent à 13.000 euros.

Pour le propriétaire, les rendements moyens d'une location tournent autour de 4,2% brut. Brut parce qu'il faut penser à la maintenance du bien, au temps de recherches d'un acquéreur ou au pourcentage à accorder à l'agence immobilière qui s'en charge. Un mois de location qu'il faudra défalquer dans ce cas.

Mais, comme la population bruxelloise augmente et la pénurie de logements s'amorce, achetez et vous serez considéré. "Investissez zen" est destiné aux derniers récalcitrants. 

Faut-il renforcer l'offre immobilière? En considérant que l'on construit 4000 nouveaux logements par an à Bruxelles, en 2020, cela correspondrait à une pénurie et un manque de 100.000 habitations. 

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S'il parait que la Belgique fait partie des pays qui présentent une bulle immobilièrequand on sait que depuis 1998, les prix ont augmenté de 243%, ce n'est peut-être plus une bulle, mais un ballon de foot que l'on shooterait au loin.0.jpg

Les chiffres des notaires bruxellois montrent que, sous des apparences prospères, le marché du logement dans la capitale connaît une véritable mutation.


Sur la base d'un indice d'activité immobilière fixé à 100 en 2007, les notaires bruxellois sont bien contraints d'admettre qu'avec l'indice 95,6 pour l'année passée, le marché n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise même si les prix des unifamiliales sont à nouveau en forte hausse avec plus de 11,8 %. 

L'espace vital est-il encore assuré?

Pénurie de logements, cela veut dire que tout est bon pour en obtenir plus. On utilise les terrains à bâtir, on ré-alloue les surfaces de bureaux en habitations, on démolit ce qui ne tient plus la distance du temps ou on le rénove pour le mettre au goût du jour quand le prix de la rénovation est inférieur à la reconstruction. 

Puisque Bruxelles, ne peut pas s'étendre en superficie, il faut construire en hauteur et supprimer les interdictions de construire avec des hauteurs démesurées comme cela avait été décrété dans le passé.  

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Près du canal, une nouvelle tour pour habitations de 140 m et 42 étages est en train d'être achevée. La pub pour cet "Upside" en est une preuve de ce besoin de construire des habitations. Dans l'urgence, quelques problèmes de salubrité comme la connexion avec les égouts ont été oubliées et les eaux usées sont jetées dans la Senne. Mais on y remédie, dit-on...

Ce n'est contradictoire qu'en apparence. Tout indique que les Bruxellois ont changé de comportement. La superficie moyenne des appartements neufs a baissé de 10 à 20 % en un quart de siècle et il y a fort à parier que le même phénomène existe pour les unifamiliales sur le marché secondaire.

0.jpgLes gens achètent des biens de plus petite taille. Certains ménages ne peuvent plus se payer ce que leurs parents se sont payés. Il faut adapter l'offre aux comportements. Les jeunes achètent un petit appartement, le revendent, en achètent un autre plus grand et, si plus tard, ils en ont les moyens, revendent une fois encore pour acheter une unifamiliale.

Ceux qui ont adopté cette attitude il y a dix ans ont bien fait: les prix ont doublé.
Ce type de comportement alimente la hausse.

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D'autres facteurs jouent :

  • l'inflation, dont les acheteurs ont craint la résurgence. Or l'immobilier est réputé offrir un rempart contre l'inflation.
  • la démographie, qui ne présente pas forcément le profil que l'on croit. 
  • une immigration à haut pouvoir d'achat dans le croissant d'or du marché, allant d'Uccle à Woluwé Saint-Lambert, où les prix sont les plus élevés là où sont situées les institutions internationales. 
  • Les taux d'intérêt permettent toujours de faire jouer l'effet de levier, c'est-à-dire d'emprunter à taux inférieur au rendement et plus-value d'un logement mis en location qui explique que les investisseurs préfèrent la pierre au compte d'épargne et aux obligations. 
  • La fiscalité par l'abattement régional sur les droits d'enregistrement et la déductibilité des intérêts hypothécaires.

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Puis, il y a les autorités publiques qui constituent, à elles seules, une des grandes agences immobilières. Des milliers de biens sont achetés et vendus chaque année. Le patrimoine, les "bijoux de famille" de l'Etat, entrent ainsi aux enchères. Si l'ancienne tour des Finances est dans un état délabré et ne trouve pas d'acheteurs, en 2012, ce sont 170 millions d'euros qui ont été récoltés, avec un débours de 263 dans des "entreprises amiables".

Enfin, il y a les résidences secondaires. A la côte, les prix sont à la traîne, sans parler de Knokke qui, par contre, entre dans un tout un autre programme car rien ne vaut la richesse de Knokke-Heist.

 

Et en France?

La pierre est-elle chère ? Une réponse circonstanciée de la Quotidienne d'Agora:

"La France, les prix ont augmenté de 263% depuis 1998. 

Là où tout est encore plus cher au mètre carré. 8000 euros le m2 à Paris, selon le dernier chiffre des notaires. 

La pierre est une des rares "valeurs sûres" ce qui fait qu'elle est rare, utile et convoité et donc cher. Normal... 

Plus d'acheteurs que de biens. Ce qui manque, des vendeurs. Un peu moins normal quand on sait qu'un jeune sorti d'une filière d'excellence de l'enseignement supérieur français est content de signer un contrat de travail six mois après avoir eu son diplôme. Avec son premier salaire, il doit se contenter d'une colocation dans Paris.

Vendre à 20.000 euros le m2 plusieurs lots dans des endroits prestigieux de Paris à des Arabes, des Russes, des Américains. Les Américains du nord aiment la rive gauche, les Américains du sud veulent la rive droite.  Un peu moins normal...

Un marché sans base, qui ne vit que tiré par le haut, n'est pas un marché sain. C'est même le début d'une véritable bulle, cette fois.

Aujourd'hui, à Paris et en France, la pierre, les actions, les obligations sont toutes devenues malsaines. Ce sont des marchés qui ont plus de chance de baisser que de monter. L'immobilier n'est plus un marché d'investisseurs.

A Paris, entre le rendement locatif d'une boutique, d'un appartement loué à usage professionnel ou d'un logement loué à usage d'habitation, le seul qui atteigne un niveau à peu près décent est la boutique.

Reproduction du schéma de la décennie 1970-1980. Même si l'immobilier monte, son prix en or va baisser. Une des principales raisons de cette hausse, le recyclage d'abondantes liquidités. Avec une différence dans le cas de la pierre parisienne par rapport aux actions ou aux obligations : la recherche de la sécurité et d'une protection contre l'inflation.

Le programme du parti socialiste prévoit le blocage des loyers ce qui, en cas de victoire électorale, ferait fuir les acheteurs investisseurs. Si des mesures d'austérité imposées par des marchés soucieux du surendettement public déclenchent des émeutes comme en Grèce, les acheteurs étrangers fuiront à la suite."

Mais pourquoi en est-il ainsi en France?

Renseignement pris, il faut rechercher des raisons dans le fait que les locataires sont mieux défendus que le propriétaire en justice. Celui-ci se doit de prendre des sécurités financières accrues, des garanties efficaces pour ne pas être lessivé dans l'opération de l'achat ou de la location d'un bien immobilier.

L'APL, l'Aide Personnalisée au Logement "L'aide personnalisée au logement (APL) est une aide financière versée à certaines personnes, pour réduire le montant de leur loyer ou de leur mensualité d'emprunt immobilier. Elle est attribuée selon la nature du logement et la composition de la familleElle permet aussi d'accéder à la propriété et de recevoir de l'aide en cas d'impossibilité du payement du loyer".

Le solde qui dépasse l'aide, est acquitté en ligne directe du locataire au propriétaire. Si ce solde n'est pas payé endéans les trois mois, le propriétaire a l'obligation d'en informer l'APL. Comme l'APL suspendra d'office le droit au locataire dans sa totalité, le propriétaire n'a donc aucun intérêt à le faire. Cela se corse, vraiment, quand le propriétaire est dénoncé par son locataire. Celui-ci devra rembourser les montants perçus depuis le début du "contrat" avec l'APL et perdre la totalité des transactions en renvoyant les deux interlocuteurs dos à dos devant un tribunal. Comble du comble, si le locataire est insolvable, considéré comme "pauvre", il pourrait se voir condamné à verser 50€ par mois au propriétaire tout en restant locataire du logement. L'APL devient un piège à plusieurs facettes pour le propriétaire. Si celui-ci doit, lui-même, encore payer des traites pour le bien qu'il loue, cela peut se traduire par la descente aux enfers avec ces 50. Ces APL sont calculées en fonction de revenus. S'ils baissent, il y a tout intérêt à profiter du nivellement vers le bas prévu par la société. Cela équivaut à de l'assistanat institutionnalisé pour le locataire, tandis que la solvabilité n'est jamais considéré en défaut pour le propriétaire. 

En consultant les articles citoyens français récents, on trouve "La réforme des plus-value immobilières serait un cadeau aux riches" qui parle des allègement d'impôts sur les résidences secondaires, dans le but de relancer l'économie... 

Le Monde, lui, écrit que le pouvoir d'achat immobilier progresse.

Que ne ferait-on pas pour pousser en avant le schmilblick de cette manne financière?

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Retour en Belgique. 

"La brique moins solide"le titre d'une séquence du JT présentée le 28 juillet dernier. Demain, serait-ce une courbe rentrante? Les notaires reconnaissent que l'absence de mesures budgétaires en 2011 a soutenu le marché du logement. Comme la Région est en déficit, elle a besoin de fonds et si elle devait augmenter les droits d'enregistrement, cela pèserait sur le marché et tuerait la poule aux œufs d'or. Ses rentrées fiscales de 473,75 millions d'euros, ont encore progressé de plus de 15 %. En revanche, la TVA de 21 % sur les honoraires des notaires, n'a quasiment pas eu d'impact. Une étude demandée par ING tentait de démontrer que les prix de l'immobilier pourraient s'effondrer avec le risque d'une hausse des taux d'intérêts et une correction, en 2015.

La chute des prix de l'immobilier est à envisager si le scénario du pouvoir d'achat reste en baisse, alliée à l'augmentation des taux d'intérêts, de l'endettement des ménages belges et des changements de fiscalité, survenaient. Une baisse des prix de l'immobilier de 15% en 2017 sont relativisés par les notaires et qu'une uniformisation sur plusieurs régions pourrait assouplir les besoins de logements dans une grande ville comme Bruxelles. 

0.jpgUn agent immobilier avec une centaine de biens à vendre disait que tout se passait encore bien en constatant seulement un certain ralentissement, pas dans les prix, mais dans la durée d'une transaction qui s'allonge.

Le secteur immobilier est considéré comme stable en Belgique. La progression démographique aura donc des obligations d'élargissement en surface plutôt qu'en concentration.

La profession d'agent immobilier est régulièrement critiquée par service public fédéral des Affaires économiques. 

Depuis plusieurs années, l'inspection économique s'intéresse de près aux pratiques du secteur. Les enquêtes n'ont pas été très favorables aux agents immobiliers...

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En 2012, 75% de ceux qui avaient été contrôlés n'étaient pas en ordre avec leurs contrats.
Leur qualification pose problème. Pour les agents immobiliers, omettre le nom de la rue où le contrat a été signé n'est pas une faute professionnelle, ni même une faute grave puisqu'elle n'a aucun impact sur le consommateur. Selon l'IPI, la manière dont l'inspection économique qualifie ces faits entretient l'idée d'une profession pas nette... Tout ne baigne pas dans la profession. Des agents immobiliers sans scrupules existent, sans oublier ceux qui exercent illégalement la profession et qui ne tiennent pas compte des pratiques et des règles légales... Concrètement un contrat d'exclusivité signifie qu'on ne peut pas vendre soi-même son bien même si on constate que l'agent immobilier ne fait pas grand-chose...  

Sur les commissions, il est conseillé de négocier un maximum de 3 à 4% sur le prix de vente et une durée de l'exclusivité limitée à 6 mois en tenant à l’œil, l'éventuelle reconduction tacite de l'accord pourtant interdite par la loi. En finale, c'est aussi surveiller le compromis de vente et éviter de signer sous la pression parfois forte du vendeur...

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Le titre original de ce billet consistait en  un jeu de mots, "Maison, mais son immopour donner écho à tous les acteurs extérieurs qui prennent leur profit dans les transactions immobilières.

La situation semble s'être améliorée puisque le nombre des infractions avait diminué 30%. Plus aucune agence immobilière ne donne d'argent au vendeur d'un bien à la signature du contrat, comme ce fut le cas, il y a bien longtemps pour une agence qui a aujourd'hui disparu de la circulation.

Où vous mènera l'immobilier? A l'aile ou à la cuisse? 

A cet article de la croissance et de l'extravagance, qui parodique vous apprend ce qu'est l'équivalent français du NINJA, c'est le PAPAPAPAPAPAPAPA: "Pas d'Activité. Pas d'Appartement. Pas d'Avenir. Pas d'Amis. Pas d'Automobile. Pas d'Autonomie. Pas d'Argent. Pas d’Allant".

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En Belgique, cela pourrait se terminer par un "PABU" "Pas de Bulle", puisqu'il n'y a pas d'avantages fiscaux à l'horizon et que les banques ne sont pas préteuses sans répondant initial.

Avoir un bien pour se loger, pour y vivre soi-même, c'est d'accord, c'est un réel plus. Etre propriétaire de son propre logement et unique profite de la déduction fiscale, capital et intérêts de ses revenus professionnels.

Louer un bien immobilier, c'est souvent dire bonjour aux surprises des dégâts et aux tracasseries administratives dans le recouvrement des loyers. Un sujet-là qui mériterait plus qu'un article. 

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Pour terminer en beauté, pourquoi pas une maison à la montagne sur le toit d'un immeuble en ville comme l'a pensé un excentrique de Pékin? 

Six ans pour construire sa maison au dessus d'un immeuble résidentiel de 26 étages. Construit dans la roche montagneuse, ornée de gravats et d'arbres. "Originale comme idée, il ne lui manquerait plus que la mer avec les pieds dans l'eau", pourrait-on se dire à première vue.

Le malheur, c'est qu'il a déjà fait fuir quelques autres résidents qui ont eu à souffrir quelques fissures dans leur appartement.

Vraiment, il y a des gens qui ne sont jamais contents...0.jpg

Bruxelles, une métropole dans la boule de cristal sans devenir mégalopole comme un nouveau New-York à l'échelle du pays?

Ce ne serait plus un brique dans le ventre, mais uniquement du béton et une fameuse tuile à digérer  dans ce cas.

Un clic et un coup d’œil, sur les constructions bruxelloises toutes en hauteur...  

 

L'enfoiré,


 

 

 

Après leurs confrères du Brabant wallon - et avant ceux de Liège, du Hainaut et de Namur -, les chiffres que viennent de publier les notaires bruxellois montrent que, sous des apparences prospères, le marché du logement de la capitale connaît une véritable mutation.

Sur la base d'un indice d'activité immobilière fixé à 100 en 2007, les notaires bruxellois sont bien contraints d'admettre qu'avec 95,6 pour l'année passée "le marché n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise". Pourtant, les prix des unifamiliales, le bien le plus recherché à Bruxelles, sont à nouveau en hausse, en forte hausse même : + 11,8 % l'an passé.

Ce n'est contradictoire qu'en apparence. Tout indique que les Bruxellois - et tous ceux qui ont l'intention de le devenir - ont changé de comportement. La superficie moyenne des appartements neufs a baissé de 10 à 20 % en un quart de siècle et il y a fort à parier que le même phénomène vaut pour les unifamiliales sur le marché secondaire.

Explications

"Je constate dans mon étude que les gens achètent des biens de plus petite taille. Certains ménages ne peuvent plus se payer ce que leurs parents se sont payé. Ils ont donc adapté leur comportement", dit le notaire Gaétan Bleeckx. Ils achètent relativement jeunes un petit appartement, le revendent, en achètent un autre plus grand et, s'ils en ont les moyens, revendent une fois encore pour acheter une unifamiliale. "Ceux qui ont adopté cette attitude il y a dix ans ont bien fait: les prix ont doublé".

Ce type de comportement, qui ne fonctionne que lorsque les prix montent, mais qui alimente leur hausse, peut expliquer celle-ci alors que l'activité immobilière n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise. Mais d'autres facteurs jouent :

l'inflation, dont les acheteurs ont craint la résurgence. Or l'immobilier est réputé offrir un rempart contre l'inflation (c'est surtout vrai pour les investisseurs).

la démographie, qui ne présente pas forcément le profil que l'on croit. L'Institut bruxellois de statistique et d'analyse table sur 200.000 nouveaux habitants à Bruxelles d'ici 2020, soit 25.000 par an. Les nouveaux venus n'étaient que 19.000 en 2011, essentiellement sur les communes du centre et de l'ouest (Ixelles, Bruxelles Ville, Schaerbeek, Molenbeek, Anderlecht). Mais "attention aux apparences, dit le notaire Bleeckx: il y a aussi une immigration à haut pouvoir d'achat sur les communes de l'est de Bruxelles". C'est dans le croissant d'or du marché, allant d'Uccle à Woluwé Saint-Lambert, que les prix sont les plus élevés "et ce n'est sûrement pas un hasard: c'est là que sont situées les institutions internationales".

les taux d'intérêt, dont l'emprunteur moyen a cru qu'ils allaient monter (comme l'inflation). Il n'en a rien été, ce qui a permis et permet toujours de faire jouer l'effet de levier, c'est-à-dire d'emprunter à taux inférieur au return (rendement et plus-value) d'un logement mis en location. C'est aussi la modestie des taux d'intérêt qui explique que les investisseurs préfèrent la pierre au compte d'épargne et aux obligations ;

la fiscalité, c'est-à-dire l'abattement régional sur les droits d'enregistrement (sur les biens vendus sous le prix moyen du marché surtout) et la déductibilité des intérêts hypothécaires.

Courbe rentrante?

Et demain? Les notaires reconnaissent que l'absence de mesures budgétaires en 2011 a soutenu le marché du logement, mais, disent-ils, si la Région devait augmenter les droits d'enregistrement, elle pèserait sur le marché et tuerait la poule aux oeufs d'or puisque ses rentrées (473,75 millions EUR) ont encore progressé de plus de 15 %.

En revanche, la TVA de 21 % sur les honoraires des notaires n'a quasiment pas eu d'impact .

Mais l'activité s'est tassée au quatrième trimestre de 2011.

"L'avenir dira s'il s'agit à nouveau d'un début de courbe rentrante pour 2012". 

Citations:

  • « Le mur est plus important que la brique. », Dicton français
  •  « Le maître doit faire honneur à sa maison, et non la maison au maître. », Cicéron 
  • « On croit souvent qu'un appartement est bas de plafond, alors qu'il est tout simplement haut de plancher. », Pierre Dac
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0.jpgMise à jour 22 août 2013La hausse des prix de l’immobilier en Belgique se poursuit (+,2,2 %), même si elle est un peu moins forte que l’année dernière, selon les chiffres du SPF Economie pour le premier semestre 2013. Le prix des terrains s’envole.
 
 
 
Mise à jour 31 août 2013: Nouveau dossier dans l'Echo

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0.jpgMise à jour 14 septembre 2013
: Sur leboncoin.fr qui crée le buzz. Trop de candidats pour la location d'un studio à Paris? Jusqu'à 40 email ou demande de visites par heure. 

Un droit de visite de 5 euros, à payer par PayPal, est demandé par un propriétaire qui dit avoir trop de fantaisistes. Un commentaire était : "1 euro pour visiter mes chiottes".... :-)

 

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Mise à jour 11 décembre 2013:


1. Le bonheur des uns fait le malheur des autres....  
La colère monte contre les sociétés high-tech à San Francisco. L'afflux de ces employés aux salaires souvent élevés, a entraîné une inflation rapide des prix de l'immobilier. Le bus-Google a été bloqué, le 9 décembre à 9h, dans le quartier de Mission à San Francisco. Les calicots disaient "Stop aux expulsions", "San Francisco n'est pas à vendre".La spéculation immobilière y va bon train. Le loyer pour un appartement à 2 chambres s'élève à 330 $. L'achat s'élève à un million de dollars. Tout devient plus cher qu'à New York. La réaction des autorités, c'est d'augmenter les appartements sociaux.

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2. "Pourquoi les villes sont en première ligne du combat pour le développement durable?".
0.jpgLa proportion de citadins dans le monde est passée de 10% au début de la révolution industrielle à 53% aujourd'hui. Pour 2050, on attend 67%.
Les villes deviennent intelligente. Le principe de subsidiarité et l'économie d'échelle sont devenus les points principaux. L'Objectif Développement Durable Urbain est devenu primordial.
 
 
 

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Mise à jour 03 juin 2014: Fin du chantier Up-Site, la plus haute tour de logements du pays.

0.jpgMise à jour 20 août 2014: Le prix des maisons se stabilise, celui des appartements continue à grimper.

 

Après leurs confrères du Brabant wallon - et avant ceux de Liège, du Hainaut et de Namur -, les chiffres que viennent de publier les notaires bruxellois montrent que, sous des apparences prospères, le marché du logement de la capitale connaît une véritable mutation.

Sur la base d'un indice d'activité immobilière fixé à 100 en 2007, les notaires bruxellois sont bien contraints d'admettre qu'avec 95,6 pour l'année passée "le marché n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise". Pourtant, les prix des unifamiliales, le bien le plus recherché à Bruxelles, sont à nouveau en hausse, en forte hausse même : + 11,8 % l'an passé.

Ce n'est contradictoire qu'en apparence. Tout indique que les Bruxellois - et tous ceux qui ont l'intention de le devenir - ont changé de comportement. La superficie moyenne des appartements neufs a baissé de 10 à 20 % en un quart de siècle et il y a fort à parier que le même phénomène vaut pour les unifamiliales sur le marché secondaire.

Explications

"Je constate dans mon étude que les gens achètent des biens de plus petite taille. Certains ménages ne peuvent plus se payer ce que leurs parents se sont payé. Ils ont donc adapté leur comportement", dit le notaire Gaétan Bleeckx. Ils achètent relativement jeunes un petit appartement, le revendent, en achètent un autre plus grand et, s'ils en ont les moyens, revendent une fois encore pour acheter une unifamiliale. "Ceux qui ont adopté cette attitude il y a dix ans ont bien fait: les prix ont doublé".

Ce type de comportement, qui ne fonctionne que lorsque les prix montent, mais qui alimente leur hausse, peut expliquer celle-ci alors que l'activité immobilière n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la crise. Mais d'autres facteurs jouent :

l'inflation, dont les acheteurs ont craint la résurgence. Or l'immobilier est réputé offrir un rempart contre l'inflation (c'est surtout vrai pour les investisseurs).

la démographie, qui ne présente pas forcément le profil que l'on croit. L'Institut bruxellois de statistique et d'analyse table sur 200.000 nouveaux habitants à Bruxelles d'ici 2020, soit 25.000 par an. Les nouveaux venus n'étaient que 19.000 en 2011, essentiellement sur les communes du centre et de l'ouest (Ixelles, Bruxelles Ville, Schaerbeek, Molenbeek, Anderlecht). Mais "attention aux apparences, dit le notaire Bleeckx: il y a aussi une immigration à haut pouvoir d'achat sur les communes de l'est de Bruxelles". C'est dans le croissant d'or du marché, allant d'Uccle à Woluwé Saint-Lambert, que les prix sont les plus élevés "et ce n'est sûrement pas un hasard: c'est là que sont situées les institutions internationales".

les taux d'intérêt, dont l'emprunteur moyen a cru qu'ils allaient monter (comme l'inflation). Il n'en a rien été, ce qui a permis et permet toujours de faire jouer l'effet de levier, c'est-à-dire d'emprunter à taux inférieur au return (rendement et plus-value) d'un logement mis en location. C'est aussi la modestie des taux d'intérêt qui explique que les investisseurs préfèrent la pierre au compte d'épargne et aux obligations ;

la fiscalité, c'est-à-dire l'abattement régional sur les droits d'enregistrement (sur les biens vendus sous le prix moyen du marché surtout) et la déductibilité des intérêts hypothécaires.

Courbe rentrante?

Et demain? Les notaires reconnaissent que l'absence de mesures budgétaires en 2011 a soutenu le marché du logement, mais, disent-ils, si la Région devait augmenter les droits d'enregistrement, elle pèserait sur le marché et tuerait la poule aux oeufs d'or puisque ses rentrées (473,75 millions EUR) ont encore progressé de plus de 15 %.

En revanche, la TVA de 21 % sur les honoraires des notaires n'a quasiment pas eu d'impact .

Mais l'activité s'est tassée au quatrième trimestre de 2011.

"L'avenir dira s'il s'agit à nouveau d'un début de courbe rentrante pour 2012".

 
Les Belges nourrissent un optimisme sans faille quant à la valeur présente et future de la brique, d'après l'enquête immoweb.be/Mon Argent. Le ralentissement de la demande et des prix depuis le début de l'année ne devrait-il pas les inciter à davantage de prudence?

On savait le Belge très attaché à la brique. On peut désormais affirmer qu’il place en elle une confiance aveugle en termes de croissance patrimoniale. Selon l’enquête menée par le site Immoweb.be et Mon Argent (résultats complets ce samedi 3 septembre dans notre supplément Mon Argent), près de 9 Belges interrogés sur 10 pensent que leur habitation va prendre de la valeur dans les 10 années à venir. Et deux tiers des sondés parient sur des prix immobiliers en hausse dans le futur.

12/08/2013

Gran Canaria, l'île continent

Une partie du monde que je connais bien, ce sont les Canaries. On les a appelé les îles au printemps éternel. Entre 1975 et 2009, pas moins de quinze voyages à destination des Canaries, dont dix à Gran Canaria, quatre à Tenerife et un à Lanzarote.

0.jpgLes Canaries sont constituées de sept îles très différentes, mais toutes ont un point commun: un climat plus humide et plus nuageux dans le nord de chacune d'elles, et un sud, plus aride et plus ensoleillé.

Cet ensoleillement attire, évidemment, plus les touristes pour des îles qui sont à la même latitude que le Sahara Espagnol au sud du Maroc. 

Gran Canaria est la troisième île en superficie. Pourtant, c'est l'île qui cumule le plus de superlatifs. C'est elle qui accueille le plus de vol internationaux par l'intermédiaire de l'aéroport de Las Palmas, elle qui jouit du plus de diversités de ses paysages et de climats à tel point qu'elle est comparée à un continent en miniature. De forme circulaire, chaque point de l'île n'est pas à plus de 25 kms des côtes à vol d'oiseau. 

La douceur de climat oscille entre 18 et 25°C, grâce aux alizés humides de l'anticyclone des Açores. Cela ne veut pas dire que l'île ne subit pas de pointes du sirocco (calima), en provenance du Sahara tout proche. Ce vent chaud peut faire grimper la température à 40°C, même en dehors du milieu de l'été. 

Le climat reste printanier toute l'année, ce qui fait que la saison touristique se caractérise par une montée spectaculaire en hiver, considérée comme haute saison. L'île voit apparaître les Scandinaves, les Belges, les Allemands et d'autres en provenance de pays moins cléments. Les Allemands y trouvent leur "konditorei" et leurs salons de thé comme chez eux. "Hier, sprechen wir duitsch", la mention la plus fréquente sur les devantures...

Trois millions de touristes séjournent chaque année dans cette île alors qu'il y a moins d'un million de résidents.

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On apprennait récemment que les Allemands sont devenus indésirables à Majorque, pas encore à Gran Canaria. On ne la peut-être pas remarqué où le bénéfice de l'opération "tourisme" dépasse les inconvénients.

Sur ses 1.560 km2, Gran Canaria réunit toutes les richesses naturelles. Deux parcs naturels. 236 kilomètres de côtes dont 60 kms de plages de sables blancs. Les plantations bananières se répartissent dans le nord-ouest. C'est le sud avec ses plages de sable blanc et les dunes de Maspalomas qui impressionnent par son côté de mini Sahara et qui attirent le plus les touristes. Puis, ce qu'on nomme la petite Venise, Puerto de Mogan, qui suit plus le modèle de Marina que l'originale ville italienne.

La vie extra-touristique se déroule beaucoup plus dans le Nord de l'île. 

L'intérieur montagneux a son point culminant à 1949 mètres au Pozo de las Nieves et des sommets volcaniques comme les rochers Roque Nublo et Bentayga, massifs rocheux de 2000 mètres d'altitude entourés de vallées profondes qui feraient penser aux canyons américains. D'anciennes coulées de lave de toutes les couleurs rappellent que toutes ces îles sont d'anciens volcans.

Les villes et villages du nord comme Arucas, Teror, Galdar, Telde, Tejeda... ont tous gardé les noms d'origine des premiers habitants: les Guanches qui descendaient de Berbères d'Afrique du Nord au nombre de 30.000.

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Dans l'histoire, les sept îles Canaries (Tenerife, Fuerteventura, Gran Canaria, Lanzarote, Palma, Gomera et Hierro) ont été affublées de noms divers comme fabuleux jardin des Hespérides, filles du roi Atlas, de Champs Elysées d'Homère, les "Islas Afortunadas" (îles fortunées) de Pindare, l'Atlantide de Platon, "Nivaria et Canaria" de Plinio... . 

Les Guanches ont laissé beaucoup de vestiges dans les grottes et des batailles terribles ont été menés par eux, tour à tour contre des envahisseurs génois, maures, portugais et catalans.

Le normand Jean de Béthencourt vint à bout de leurs résistance sans parvenir à vaincre totalement ceux de Gran Canaria. Entre 1461 et 1483, les Espagnols terminèrent le travail de conquête grâce à Pedro de Vera Les Guanches sont tués, se suicident ou seront réduits à l'esclavage et convertis au christianisme. 

Ces épisodes historiques se retrouvent dans "Le Canarien".

Selon ce que rapporte Boccace« les îles Canaries sont des terres rocailleuses sans aucun type de cultures agricoles, mais riches en chèvres et autres animaux et remplies d'hommes et de femmes dénudés s'apparentant à des sauvages. Certains de ces hommes semblent avoir du pouvoir sur les autres et s'habillent de peaux de chèvres teintes à l'aide de safran et de colorants rouges. Ces peaux ont l'air fines et sont cousues avec soin grâce à des fils faits en tripes d'animaux. Leur langage est très doux, et leur façon de parler très vive et rapide». Devenue tête de pont pour Christophe Colomb pour y trouver épouse et poursuivre sa traversée de l'Atlantique.

L'archipel fut attribué à l'Espagne en 1479 par le traité d’Alcáçovas.

De nombreuses attaques se poursuivirent. En 1599, par les Hollandais. En 1797, par les Anglais et Nelson, à l'assaut de Santa Cruz de Tenerife, y perdit un bras.

Las Palmas est devenu un port franc, comme porte d'entrée au Nouveau Monde, jusqu'en 1898 qui entraîne la mobilisation pour l'indépendance des Canaries sous forme de deux provinces, ratifiée en 1927. Les Isleños, les descendants des Canariens, se retrouvent à Cuba, au Vénézuela, à Porto Rico, en République Dominicaine, jusqu'en Louisiane, pays dans lesquels ils y ont installé un peu de leur culture.    

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Las Palmas, la capitale au nord-est de l'île, longue de plus de onze kilomètres, peut être vue avec avantage à partir de la forteresse militaire, Castillo de la Luz, construite au XVIème siècle pour résister aux attaques des pirates. La cathédrale, les maisons de style colonial, les musées canariens et des beaux arts "Casa de Colon", les plages, les rues et places apportent les compléments au pittoresque de sa situation.

Le folklore est encore vivace. Maintenu par le tourisme, bien entendu. Les danses et les chansons "isas" et "folias" en font partie, accompagnées par la guitare "timple", un instrument qui ressemble au charango des Incas et qui s'accorde en "sol do mi la ré" mais qui ont un mélange de racines guanches et espagnoles.

La gastronomie passe par le gofio, le puchero canario, le sacocho et autres. Le dessert s'accompagne de l'alcool de banane  ou de rhum. 

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Dans le Nord, les côtes abruptes. A Puerto de las Neves, "el Dedo del Dio" (le doigt de dieu), un rocher en forme de doigt, s'est effondré dans les flots depuis quelques années. Une anecdote à ce sujet? Pour le photographier, une belle baignade avec appareils photos, après une glissade sur les rochers érodés par la mer.

Autres intérêts, le mini volcan à côté d'Arucas et, surtout le cratère éteint de la Caldera de Bandama rappellent que c'est une île volcanique comme toutes les îles consoeurs. Le passé aborigène de la Grotte de Los Frailesdans la commune de Santa Brigida, est creusé dans la pente du volcan de la Caldereta dans un gisement formé par 37 grottes naturelles, découvertes en 1933. 

Rien à voir avec la vision du volcan Teide, visible de partout du haut de ses 3718 mètres, sur l'île de Tenerife en face. Rien à voir non plus comparativement au volcanisme toujours en activité sur l'île de Lanzarotte, qui a subi des éruptions pendant cinq ans dans son histoire. Quant à l'île de Hierro, elle a vu apparaître, plus récemment, la naissance d'un volcan sous-marin qui a fait penser à la sortie d'une huitième île.

Retour dans la partie de l'île la plus "sacrifiée" au tourisme, le sud de l'île avec Playa del Ingles et Maspalomas. Là, ce sont les hôtels, les locations de maisons, d'appartements qui leurs sont destinés, octroyés pour quelques dollars ou euros. Tous défilent et défient l'aridité du paysage aux alentours. 

Playa del Ingles, la "Plage des Anglais", s'étale sur 2000 hectares et étire une plage de sable de 17 kilomètres tout en longeant des dunes à perte de vue en largeur et en hauteur devenues patrimoine national. Se retrouver entre deux dunes qui peuvent atteindre les 20 mètres de haut, c'est se retrouver au coeur du Sahara. 

A part cela, qu'y a-t-il à voir dans ce sud? Des habitations qui peuvent être originales et des centres de shopping qui rassemblent les desiderata de touristes en restaurants et lieux d'amusements. Les excursions dans l'île sont escortées par des guides qui s'épuisent à répéter, jour après jour, les faits historiques, très vite oubliés par ses hôtes. Ceux-ci garderont peut-être plus de souvenirs amusés à la dégustation de boissons aux liqueurs de bananes.  

Gran Canaria, je l'ai parcourue de part en part. En car ou en voiture. Localement, à partir du point de départ, à courir, à chercher comment on y vivait vraiment en dehors du tourisme, sans vraiment le trouver car l'île reste secrète.  Le touriste s'il le veut, en cherchant, y trouvera aussi son bonheur... 

Tous les matins, une sortie aux aurores. A courir, toujours un peu plus loin. A suivre la montée du soleil sur l'horizon. Le point d'observation, pas vraiment une digue, mais un promontoire qui surplombe les dunes, permet de suivre la côte vue de haut. Le soleil qui se lève sur la mer ou seul dans les dunes avant que les touristes ne se lèvent ou quand ils dégustent leur petit déjeuner, c'est ça, le pied.

Si on aime le sport, Gran Canaria est une destination idéale.

La crise économique n'était qu'à ses balbutiements lors de ma dernière visite. L'Espagne ne sortait pas encore du chapeau des pays à risques. Depuis, elle y a fait mouche ou tache. A l'époque, les côtes du Sud marocain et du Sahara espagnol distants de 200 kilomètres, faisaient que les passeurs délaissaient les Canaries pour la Méditerranée. Ils changeaient de route, à bord de bateaux rapides, avec l'objectif des îles de Lampedusa et de Malte, moins risquées que par l'Atlantique. 

Les Canaries sont bien loin des côtes espagnoles, mais cela ne doit être resté insensible pour autant, pensais-je. 

Un territoire d'outre mer de l'Espagne à quatre heures de vol au départ de Bruxelles. 

Des voisins y sont allés récemment, je me suis informé de ce côté. La crise n'est pas sensible pour le touriste. Tout serait donc toujours "blue sky".

Des appartements, si c'est la même chose qu'en Espagne continentale, doivent avoir chuté de prix. Les soldes forcées, cela devient très contagieux. Pour ce qui est du travail et de l'ambiance plutôt morose qui sévit en Espagne, pas un mot.

La grand fougue du Time-sharing est passée. Cela ne crée plus la folie d'achat vu les arnaques qui se sont déroulées dans le passé.

Consulter Internet pour y trouver des événements spécifiques et plus précis, plus caractéristiques, sur la vie de tous les jours, ne m'a pas permis d'en connaitre plus.

S'il n'y a pas de saisons marquées aux Canaries, le temps s'y passe sans se rendre compte des changements.

Un printemps éternel et cela se sait. Un peu trop peut-être. Les touristes arrivent par flots continus dans des cars bondés de valises de janvier à décembre à partir de l'aéroport de Las Palmas.

Un souvenir de 1977, en provenance de Gran Canaria? Lors d'une escale à Ténérife, la vision de la catastrophe aérienne la plus importante, une semaine après l'accident. Une piste roussie à l'endroit du drame. L'aéroport dans le sud de l'île était encore en construction. Le 27 mars 1977, sur l'aéroport de Los Rodeos au nord de l'île de Ténérife aux Canaries, un Boeing 747 de la compagnie néerlandaise KLM qui entamait son décollage, avait percuté à plus de 250 km/h un autre Boeing 747, de la compagnie américaine Pan American qui roulait sur la piste. La catastrophe avait fait 583 morts. A l'origine, un attentat à Las Palmas et un Boeing 747 qui avait été dérouté sur le seul aéroport de l'époque, Los Rodeos alors dans un brouillard intermittent.

Les îles Canaries, les "îles aux chiens" d'après l'éthymologie, sont autonomes dans l'archipel de la Macronésie. Aucun lien avec la mère patrie espagnole, si ce n'est historique et géopolitique.

A 1300 kilomètres à vol d'oiseau, comment en serait-il autrement même si le raffinage du pétrole et l'agroalimentaire sont d'autres ressources de l'île?

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Une différence d'approche entre le vacancier et le résident dans l'appréciation de la situation économique? 

Ce qui est positif aux yeux des "temporaires", peut devenir négatif à la sortie de cet espace-temps. Le point négatif pour un jeune, c'est comme pour tout les insulaires: l'éloignement de tout. 

Gran Canaria, perdue au milieu de l'océan, ne fait pas défaut.  Certains s'en suffiront, d'autres auront des envies de s'évader même si c'est un paradis.

"Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient?", se demandait Jacques Brel. 

Rien à voir avec l'autre destination de vacances, Madère, autre île de cette Macronésie, avec Funchal et le fun de chaleur, humide partout et dans laquelle, il n'y aucune surface plane et où les fleurs et les plantes poussent sans leur ajouter de l'eau grâce à l'humidité de l'air. 

Rien à voir, non plus, avec les lagons des Antilles. Nous sommes dans l'Atlantique, ne l'oublions pas.

Les oiseaux migrateurs survolent Gran Canaria, haut dans le ciel.

Le Chevalier Aboyeur, égaré, pose ses pattes sur le sable mouillé.

Le touriste migrateur aboye tout autant "Vamos à la playa" et y pose ses jolies jambes de Super Star.  

Dès qu'il n'a plus d'euros en poche, ce vacancier retourne chez lui pour refaire une santé à son porte-monnaie et fait de la place au suivant à midi pile.

Elle n'est pas belle, la vie canarienne? 

Un continent, Gran Canaria?

A l'échelle des îles Canaries, très certainement...

Et si on se payait "un cafe negro de Españapour se mettre dans l'ambiance?

podcast

Mieux encore, la chanson de Jacques Brel dans "Itinéraire d'un enfant gâté", même si ce n'est pas Papeete, aurait quelques vers qui pourraient faire penser à Gran Canaria, bien plus que ses Marquises...

 

Une île au large de l'espoir

Où les hommes n'auraient pas peur

Et douce et calme comme ton miroir...

Offrant l'océane langueur

D'une sirène à chaque vague...

Une île chaude comme la tendresse

Espérante comme un désert

Qu'un nuage de pluie caresse...

Qui nous cachent les longues plages...

Car c'est là-bas que tout commence

Je crois à la dernière chance...

 

Les photos de là-bas vous attendent

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Chercher son bonheur, c'est chercher une île déserte et minuscule dans une petite barque inconfortable munie d'une seule rame. Le malheur, c'est perdre la rame. La sagesse, c'est comprendre que l'île n'existe pas... », Romain Werlen 
  • « La parenthèse est l'île du discours. », Victor Hugo
  • « J'ai d'excellent vin de Malaga et de Canaries; mais je vous réponds que je ne l'enverrai pas à mon évêque», Voltaire

05/08/2013

Travail et égalité: la matrice libérale

Mais qu'est-ce qui fait courir le monde vers le libéralisme, le travail, la volonté de pouvoir, d'argent? Corentin de Salle donnait quelques incitants, quelques données historique de ce qui, pour lui, constitue le libéralisme (interview). L'histoire de l'économie, avec l'aide d'Alternatives Économiques, cela devient une opération à plusieurs volets. Les commentaires sur Internet semble parfois perdre quelques réalités de notre monde qui ne danse pas uniquement sur le pied gauche ou droit, social ou libéral, prêt à en perdre l'équilibre. 

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Les questions du journaliste tournaient autour du mot libéralisme. 

D'abord, la définition de Wikipedia: "Le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir du souverain".  
- Le libéralisme devrait-il être assimilé à un ensemble de recettes minimalistes destinées à assurer la vitalité de cette force sauvage qu’est le marché? 
- Non, répondait Corentin de Salle, juriste, philosophe et chercheur au Centre Jean Gol, fondateur de l'Institut Hayek. La tradition libérale est bien plus complexe et plus riche. Il développait ses idées dans un ouvrage qui retrace l’histoire de la pensée libérale en deux tomes "La tradition de la liberté". L'idée que le libéralisme est l’idéologie dominante est erronée parce que le libéralisme n’est pas une idéologie mais une doctrine. Une idéologie est un système théorique, dogmatique, fermé et figé tandis qu'une doctrine est empirique, argumentée, ouverte et évolutive dont la souplesse explique sa pérennité. Dans le champ intellectuel actuel, le libéralisme est probablement la doctrine la plus contestée et la moins défendue. Le libéralisme est souvent accusé de générer des inégalités sociales.".
En cherchant plus loin, on découvre que Corentin de la Salle  voit le capitalisme comme premier bienfait de l'humanité, comme un libéralisme chimiquement pur, mais c'était en 2004. Cela fait déjà un temps et la crise est passée depuis. Tout évolue, même les idéologies se transforment en fonction des événements.

Une petite remontée dans l'histoire s'impose jusqu'aux fondateurs ou à ceux qui en ont le nom. Et "Alternatives Economiques" va m'y aider. 

Adam Smith et Friedrich von Hayek sont souvent pris comme les précurseurs.

Adam Smith est considéré comme le symbole de ce libéralisme économique radical alors qu'il se définissait bien plus comme moraliste et philosophe. 

Malgré les similitudes frappantes entre son monde et celui d’aujourd’hui, il devrait se retourner dans sa tombe de se voir étiqueté comme on le fait aujourd'hui. 

En tant que fils de douanier, Adam Smith baignait dans une culture de service public. Il affirmait qu’il ne fallait pas confondre les rôles entre public et privé. Il dénoncait les collusions entre le monde économique et le monde politique. 

Au XVIIIe siècle, le commerce colonial était aux mains d’entreprises dominantes, de "compagnies exclusives" qui bénéficiaient de monopoles sur les flux de marchandises entre les colonies et la métropole.  

Pour lui, l’État doit, avant tout, remplir, une fonction régulatrice.

Fondateur de la discipline économique comme on le voit dans son livre "Recherches sur la nature et les causes de la richesses des nations", il s'est vu associé, par les néolibéralistes, à la parabole de la main invisible et ce qu'il en est advenu, alors que toute sa vie, Adam Smith a œuvré à la réduction des inégalités.

"Théorie des sentiments moraux" reste son livre de prédilection. "Considérations sur la formation des langues" associe l'évolution de la pensée et du savoir à la transmission par les langues dans le but de progrès. 

Ce n'est que sa "Théorie des sentiments moraux" qui exprime le désir de sympathie pour adoucir les actions guidées par l'intérêt personnel qui fait croire à un libéralisme plus dur, alors que sa pensée innocente est subordonnée de manière implicite à celle que l'homme est naturellement altruiste et vertueux. Deux Adam Smith opposés et complémentaires pour que cela puisse fonctionner.

Comme professeur de philosophie morale, il voulait prouver que le désir d’enrichissement illimité est socialement bénéfique parce qu'il part du principe qu’une personne qui acquiert une richesse illimitée, ne peut en consommer qu’une partie au cours de sa vie. Ce qui donne comme conséquence que cette personne finira par réinjecter le reste dans l’économie, générant ainsi de l’emploi et de la richesse pour tous les autres.

Son idée de libéralisme aurait ainsi créé la classe moyenne.

Dans le concept globalisé de sympathie, d'altruisme et d'intérêt personnel, réside le paradoxe d'Adam Smith.

La contradiction se retrouve dans "Richesses des nations" qui analyse le fonctionnement capitaliste. La trilogie du capital, de l'accumulation et de la croissance par le travail orchestrée par la monnaie comme valeur d'usage et d'échange.

Pour lui, le travail est divisé en ce qui est productif ou stérile. Chaque travailleur étant à la base d'une petite partie simple et répétitive du produit fini dans lequel il n'aura aucune chance de développer son intelligence. Les dépenses devraient être financées par un impôt équitable, progressif et sans fiscalité excessive.

La différence entre libéralisme et capitalisme reste sensible, même si les deux entités se juxtaposent à certains moments.

La parabole de la main invisible, définie par les stoïciens, dépasse les bonnes intentions en suivant la liberté naturelle et l'évolution naturelle, découverte par Darwin. 

Adam Smith a fourni ainsi toutes les armes à ses futurs adorateurs et détracteurs.   

Au XVIIIe siècle, la France comptait pourtant bon nombre de penseurs authentiquement libéraux. La logique jacobiniste l’a emporté sur toutes les autres tendances en France. Napoléon créa les grandes écoles et les cadres de l’État français, parmi les élites oligarchiques qui ont placé l’intérêt de l’État avant tout le reste. À cela s’ajoute, la nostalgie du gaullisme qui n’avait jamais été très ouvert à la mondialisation.

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La contradiction vient par l'autoritarisme de l'argent comme but final.

Ce qu'il a habilement mis sous silence, c'est l'esclavagisme sur lequel était construit cette effervescence que pouvait apporter le capitalisme flamboyant de l'époque.

Un autre penseur dit libéral, Friedrich von Hayek s’inspire des "Lumières écossaises". C’est un courant de pensée qui se base sur l’évaluation normative du libéralisme, structuré par des normes et des institutions ayant pour thèse que, lorsqu’un comportement est économiquement utile, il finit toujours par se généraliser. Le Parlement finit ensuite par l’adopter sous la forme d’une loi. C'est quand le comportement devient automatique  avec des règles qui ne viennent que du sommet et non de la base que les problèmes se posent. Mais, Hayek a toujours cultivé une grande modestie par rapport à la complexité des phénomènes sociaux.

Il est également auréolé par des contradictions. Non conformiste libéral, ami de Keynes, il s'est opposé à lui jusqu'à la mort de ce dernier. Son interventionnisme l'a fait accuser de totalitarisme. Ce n'est qu'en 1974, que son prix Nobel le fera ressortir réellement de l'ombre.

Par après, il se radicalise comme principal théoricien du néolibéralisme tout en restant dissident des libéraux. D'après lui, l'économie ne peut être autonome sinon elle devient un danger pour la société sous la seule emprise des mathématiques.

0.jpg"L'ordre sensoriel" et le "Scientisme et science sociale" sont deux livres clé de sa pensée. La société est trop complexe pour permettre à la seule raison de comprendre ce qui la dépasse.

Il a l'idée de compartimenter la connaissance en disciplines distinctes pour parvenir à plus d'expertise tout en perdant, ainsi, la vision globale des processus.

Le prix des choses reste un des signaux de la santé d'une entreprise humaine.

Dans "La présomption finale", il attribue l'erreur du socialisme à une volonté de régression sous la forme d'une société tribale dans laquelle le plus fort est seul gagnant.

Pour lui, un taux d'intérêt trop bas est un autre signal qui fait augmenter la production par rapport aux biens de consommation et stimule artificiellement la production. Ces "ordres spontanés" lui font penser à la progression de la stabilité vers le chaos.

Méfiant vis-à-vis de la démocratie tyrannique de la majorité sur la minorité, il préfère une gouvernance autoritaire et une économie libre.

On se retrouva ainsi, avec Adam Smith, moins libéral qu'il n'y parait et Friedrich Haeck, comme porte-drapeau du néo-libéralisme, alors qu'il est resté un philosophe hétérodoxe de cette doctrine. 

Deux situations paradoxales...

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Le libertarianisme, lui, dépasse l'objectif du libéralisme et se retrouve dans le idées du "Tea Party", anti-étatique, prôné par Milton Friedman, prix Nobel de l'économie 1976.

Celui-ci a été le véritable ennemi de la conception de Keynes et le véritable moteur idéologique de Margaret Tatcher et Ronald Reagan dans les années 80.

Cette doctrine-là a été génératrice des crises dont on subit encore les effets secondaires aujourd'hui par le creusement du grand écart entre riches et pauvres en laissant l'automatisme des marchés autorégulés.  

Pour lui, la liberté économique ne pouvait se réaliser qu'avec la liberté politique totale des marchés... Son néoliberalisme radical ne préconise pas de salaire minimum. La sécurité sociale est un impôt négatif sur le revenu et une entrave pour le travail. Ses écrits comme "Méthodologie de l'économie positive et naturelle" prônent le côté positif des choses. L'inflation est l'ennemi numéro un. Il peut détrôner ses avoirs et ruiner la consommation reliée aux revenus permanents.

Friedman était donc complètement dans l'ère des automatismes, du numérique, des robots. Faire tourner la machine avec des programmes en binaire. Fini le cousu en fil blanc de la sentimentalité, de l'humanisme... 
La machine est un bienfait mais doit rester un outil et pas un chef d'orchestre. 

Progresser, rester positif et ne pas dégraisser le revenu. Défalquer des frais généraux mais y ajouter les frais particuliers, via le monétarisme, l'écartement entre le marché tout puissant et le normatif liée à l'individu.

Le chômage est considéré par lui, comme secondaire et inhérent aux processus naturels qui doit pouvoir s'équilibrer par les lois du marché par son pouvoir discrétionnaire et flexible. L'équilibre est à trouver entre le PIB d'un pays et le jeu des taux d'intérêts monétaires. Rester souple et léger, jeune et beau. Chômer, c'est perdre cette élasticité accordée aux articulations qui sans cela s’ankyloseraient. 

On parle toujours de PIB et pas de "Bonheur Intérieur Brut", eu égard au rapport de Stiglitz.

0.jpgFut-il un lampiste, un lanceur d'alertes, comme Snowden, mais plus officiellement désigné pour le faire? 

Ce ne sont pas ceux qui crient au scandale contre le libéralisme qui sont des anti-libéraux par leurs actes. 

Alors, il y a ce qu'on en dit aujourd'hui sur le forum citoyen d'Agoravox...

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Des articles qui mènent à la confusion dans une danse d'Echternacht entre commentateurs, pro ou contre liberaux comme dans "Au secours, Keynes revient" alors que "Keynes, étudié par Gilles Dostaler dans le contexte de l’époque après une biographie de Roy Harrod en tant qu’ami et collaborateur dit Keynes se définit en 1938 comme un immoraliste qui, donc, ne veut imposer aucune norme morale, mais en fonction d’une éthique personnelle. 

En 1920, l’économie n’arrive qu’en dernière place après les questions sexuelles qu’il considérait comme moyenâgeuses et finir à la chambre des lords, riche, fasciné par les statistiques sans pouvoir pour autant prédire l’avenir et croire au progrès dont les capacités ne sont réservées qu’à une élite technocratique capable de retourner les rapports de force politiques. Il a été l’ami de von Hayek. Il a construit sa légende avec plusieurs livres destinés à la postérité.". 

0.jpgDes BRICS vaguement patraques? L'Inde a reçu son big bang, avec la libéralisation poussée de l'économie. Le Brésil tente de freiner l'inflation. La Chine ralentit sa course à la croissance pour contrer les créances douteuses. La Russie peine avec la bureaucratie et son interventionisme d'Etat. 

Quant à la chute de Détroit, le Motown, elle serait due à la prépondérance des subvention pour les gros poissons et un manque de respect pour les PME et les TPE. 

Une valse à mille temps, de paradoxe en paradoxe, de décisions mal appropriées en rapport avec le réel des situations?

Pas vraiment si l'on se met dans l'environnement ad hoc et l'époque idoine.

Être libéral, au sens américain du terme, c'est équivalent à être de gauche et progressiste, au sens européen.

De là, vient, peut-être, toutes les confusions dues à l'interprétation des mots que l'on donne aujourd'hui sur Internet.  

"La fable de l'assistanat qui vise l'Etat providence"...

"Pourquoi devez-vous toujours payer plus d'impôts et que la pauvreté continue d'augmenter?

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Est-il libéral, anti-social, de pousser les constatations suivantes? "A long terme, les transferts d’argent d’un secteur efficace et productif vers un secteur moins efficace seraient vouées à l’échec. Le bureaucrate dépenserait l’argent des autres et ignorerait qu’il y a une limite, ce qui le conduit à abuser des dépenses. Les États-providence promettent un système de santé généreux dans lequel la hausse du salaire minimum, l’argent apparaît de façon magique avec la contrepartie que cela ne peut être financé que par de l’emprunt ou une augmentation des impôts. L’interventionnisme dans un cercle vicieux ne peut pas conduire à un système d’organisation sociale permanent qui restreint la production et n’améliore pas la situation des plus pauvres en absorbant les surplus économiques pour tenter de résoudre les problèmes toujours grandissants. Surenchère des mesures qui aboutit à l’effondrement du système global pour devenir des économies centralisées avec une police d’Etat, et des privations de libertés. Les gens sont-ils assez intelligents pour comprendre les avantages du marché libre? Une nation qui est devenue accro aux rêves va presque infailliblement élire des politiciens qui lui promettent des avantages gratuits, même si ces avantages n'apparaissent jamais.".

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Constatation ou interprétation? 

Pendant cela, les déficits des gouvernements sont colossaux. Ce n'est pas une question d'austérité, mais d'attribution des moyens pour qu'ils deviennent plus efficaces et les plus profitables pour tous.

Les bénéfices des entreprises privées, sont pointés du doigt comme la pire des attitudes. Réaliser une marge positive est devenu une obligation vitale puisqu'elle n''est pas subsidiée par l'Etat. Les bénéfices constituent le "cash flow" d'une entreprise après avoir rétribué investisseurs et actionnaires. Les pertes, les déficits trop répétées et c'est la faillite qui se retrouve en bout de course quand aucun organisme pretteur ne se présente plus pour renflouer. Les concepts de bénéfices et de profits ne sont pas totalement identiques. Le 2ème étant plus proche de l'idée du capitalisme. 

0.jpgEn attendant, voilà qu'en Belgique, on devrait trouver 3,5 milliards de plus sous le sabot d'un cheval. Alors, les plus pessimistes préparent leur nouvelle arche de Noé, au cas où. Les optimistes se congratulent d'avoir touché quelques picaillons pour la prime de vacances avec la rappe à fromage. Les réalistes se creusent la cervelle devant l'absurdité des décisions politiques.

Plaider pour des pensions de base de 1000 euros pour tous... La dernière du jour... Définir un plancher sans positionner le plafond... mais l'idée ne convainc pas vraiment. 

Les économistes-conseilleurs ont joué et jouent aux pythies et soufflent à l'oreille d'un cheval qui ne la tend pas du bon côté.

Le "système" plane au dessus d'un nid de coucous qui tentent de se refaire une virginité "Le jour d'après" dans lequel tout à coup, il est dit que "L'effondrement économique imminent est incompatible avec les théories libérales fondées sur la notion d'équilibre macroéconomique. Les connaissances récentes dans le domaine de la théorie du chaos font craindre un cataclysme financier qui pourrait bien signifier la fin de notre civilisation.".

0.jpgLa "fin de notre civilisation", rien que ça! Comme si plus rien n'était à changer, à renouveler ou à rénover. Les nouveaux acteurs de l'économie qui ne sont pas encore arrivés, seraient-ils exclus d'une telle tentative? Pour le commun des mortels, perdu dans ses pensées, ces aspects-là lui passent par dessus la tête. 

Les gains économiques d’un grand «accord de libre-échange» seraient faibles, voire insignifiants avec un objectif réel simplement géopolitique… 

"Le monde n'a pas besoin de superman", une phrase qui était prononcée dans le film "Superman returns" apparu récemment sur nos télés. Parfois, un bon père de famille pourrait mieux faire office d'économiste. Mais c'est le genre de film "Rambo" qui a la cote.

Quand tout le monde mange la même tarte à la crème dont les quartiers deviennent de plus en plus petits, c'est toujours finir par constater que, comme dans la nature, ce sont les plus gros qui mangent en premier et les suivants qui grignotent ce qui reste. Réagir, c'est rogner leurs ongles, mais c'est bien sûr. Le scénario est tellement connu qu'il faudrait le passer en boucle que cela ne changerait rien.

L'argent, la bouffe et le sexe mènent le monde. Pas sûr que pour tous, ce soit dans le même ordre de préséance. Pas sûr de la marche à suivre pour y remédier autrement qu'avec une vision universelle.

Alors de chaque côté du ring, on parle de fiscalité, d'impôts, de solidarité, de manières pour éviter les impôts, mais pas de manière d'éviter la solidarité.

La solidarité, c'est évidemment très bien, très chic et très généreux. C'est ce qui distingue les hommes des animaux. La question reste: Est-ce dans un instinct de survie ou suite au syndrome de l'iceberg ou du Titanic? Ces fameux reperts perdus et le "Jugement dernier" qui tarabustent. Dernier pour qui et pourquoi serait-il "le dernier"?

0.jpgRéformer la Sécu et l'impôt des sociétés, des idées lancées par le professeur Autienne qui se résument par de la parafiscalité. Du donnant-donnant avec un système de bonus-malus qui récompense les bons élèves entrepreneurs et pénaliser les mauvais par l'intermédiaire des cotisations variables prélevées sur les salaires pour financer la Sécu. L’œuf de Colomb à la sauce économique.

Daniel Cohen, lui, disait "Nous avons surestimé la capacité d'adaptation des institutions et celle des êtres humains à corriger leurs erreurs". 

Ah, oui, j'oubliais, il y a les institutions, le gadget du contre-pouvoir. Qui dit mieux? Qui va miser?

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Trop d'impôts en Belgique? Cette année, le Belge travaille jusqu’au 8 août pour ses impôts et la Belgique est une championne de la taxation sur le travail. De ce fait, elle est aussi championne des dépenses sociales des états providences avec 30,7% du PIB à la troisième place après la France. Le socialiste Vande Lanotte déclarait, à la presse, que le Belge ne travaille que deux mois par an pour l'Etat, ce qui lui convenait parfaitement. 

Qui a raison, qui a tort dans ce cirque de déclarations?

Lanternes rouges, la Bulgarie et la Roumanie seraient les pays qui paient le moins d'impôts.... Normal, pays dit "pauvres".

0.jpgLa semaine dernière, la Belgique était condamnée pour non-respect des droits sociaux des adultes handicapéspar le Comité européen des droits sociaux, l'organe quasi-judiciaire du Conseil de l'Europe.  On disait l'Europe libérale, pourtant. "L'impôt des sociétés doit baisser fortement, pour arriver aux alentour de 20%", dit De Gucht, commissaire européen au commerce. 
Faire toujours mieux, en tout, et même dans le social? Clichés ou réalités?
 
Et les chiffres que disent-ils?

Les impôts des personnes physiques s'élèvent à 113 milliards et ceux des société à 57 milliards d'euros. Au total, cela fait 197 milliards d'impôts. Le patrimoine moyen d'un ménage belge dépasse 400.000 euros, moitié-moitié en immobilier et en financier, mais avec 11% de dettes. La fortune belge globale atteint 1.916 milliards d'euros. Ce qui fait qu'elle arrive à la cinquième place des classes moyennes les plus riches du monde. après l'Australie, le Luxembourg, le Japon et l'Italie. 
0.jpgPopulation riche et Etat pauvre, alors?

Les dépenses publiques atteindront 53,6 % du PIB en 2013 en tenant compte des suite de la crise bancaire. L'enseignement, la sécurité sociale, les infrastructures sont à ce prix vu que les standards de vie et de confort sont parmi les plus élevés. Tacler les sociétés qui ne paient pas (ou presque) d'impôts et relâcher la bride de l'austérité, font parties des prérogatives. Élémentaire, mon cher Einstein...

Ondes sismiques entre deux plaques  systémiques, tectoniques, avec subductions qui confrontent les exigences des marchés et le modèle d'endettements collectifs dans une étatisation accrue? Favoriser l'entrepreneuriat tout en reconnaissant le rôle de l'Etat pour répartir les effets de l'ajustement économique au travers de filets de sécurité sociale qu'il crée lui-même?

Équilibres fragiles et toujours temporaires entre être compétitif par rapport à la concurrence et en conservant, une ponction fiscale équitable. 

Existe-t-il un juste profit? Les "Green blooded capitalists" (capitalistes au sang vert) est une réponse par la responsabilité sociale des entreprises et le but de passer le cap du profit pour le profit dans l'intérêt général.

La révolution digitale donne ce pouvoir aux citoyens de sortir de la seule révolution industrielle. C'est par le goût du risque sécurisé et par les moyens d'investir qui devrait sortir les mains de privilégiées. 

Que reste-t-il de Karl Marx? Dans le monde, rien ou pas grand chose... Le travail en 2020?,  pas une sinécure.

Des question fusent sur le forum. Peut-on entreprendre quand on est de gauche?  Qui sont les assistés? 

Une lutte d'influence n'a pas besoin de justificatifs pour exister. Sur les forums, des articles et des articles partisans pour le dire et le répéter sans compromis alors que l'un dépend du bon vouloir de l'autre avec la grogne qui se retrouve de chaque côté du ring. Poser la question de liens permettrait de se faire une idée plus précise et non-partisane, mais cela reste sans réponse. 

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"Les allocation n'ont jamais sorti quelqu'un de la pauvreté. En revanche, un job décroché avec une bonne formation, oui", disait Peter De Keyser pour soutenir son livre "Parlons croissance, parlons bonheur". Plaidoyer pour : "plus d'optimisme, plus de risque, plus d'individualisme et moins de collectivisme. Sans responsabilité, cela équivaut à être antimoral dans ses effets. L'Etat doit être le régulateur, garant d'une justice efficace. Réduire les inégalités par l'instruction et redistribuer les richesses par une allocation universelle distribuée chez les travailleurs et les sans-emploi. La croissance est un moyen pas un but.". 

Un vrai. un pur de l'économie libérale. Peter De Keyser. Pas de problème. Mais, il faudrait ajouter quelques différences d'approche, du moins quand les neurones n'ont pas pu s'affirmer comme cela a été le cas pour lui.

Ce qui distingue le vrai entrepreneur des autres est pourtant facile à décrire. La compétence n'est pas nécessairement la seule, il lui faut comprendre ce que veut dire déléguer pour motiver ses "collaborateurs" et non ses "employés".

La semaine dernière, le Vif-Express publiait une interview de Bruno Colmant, l'ancien grand manitou de la Bourse. Il sortait des poèmes sous le titre de "La mélancolie d'une charmille" comme pour reposer les armes.

- L'économie est un Rubik's sans solution finale et la poésie, un exutoire. La monnaie n'existe que par l'adhésion collective comme une divinité qui n'existe que le temps d'avoir des adeptes. Keynes, un rêveur sous le thème général d'une lancinante chanson de geste. Aujourd'hui, le futur s'est rétréci dans l'anticipation, enrobée d'histoires en burn-out-civilisationnel.

Rétréci, comme le salaire, comme les dividendes, comme les émoluments, comme les dotations... Cela me rappelle une anticipation que j'avais appelé "Tous à un dollar?".

Mais, dans le même temps, la taxe boursière de 88 millions d'euros rapporte 30% de plus ce dernier semestre. 

Si tu donnes un coup de froid à un homme mélancolique, il se réveillera une fois. Si tu lui apprends à nager et à se réchauffer en sortant de l'eau, il apprendra à surnager et aura chaud toute sa vie.

0.jpgJe ne sais pas pourquoi, mais cette citation transformée m'a sauvé du coup de gong. 

 

L'enfoiré,

 

"Histoire de l'économie physique"

 

Fin de l’histoire et légitimité du droit dans l’œuvre de F. A. Von Hayek... Une réponse?

Citations: 

  • « Être libéral, c’est non seulement accepter les opinions divergentes, mais admettre que ce sont peut-être nos adversaires qui ont raison ! », Irving Berlin
  • « Il est toujours plus facile de sortir un euro d'un million de concitoyens que de sortir un million d'euro d'un seul », Anonyme
  • « Les libéraux peuvent comprendre tout sauf les gens qui ne les comprennent pas », Lenny Bruce
  • « Le libéralisme est du socialisme sans l'assistanat qui va autour.", Sapanhine
 

0.jpgMise à jour 08 août 2013
: Le top dix des métiers les plus dangereux.
Le BLS (Bureau des Statistiques des Professions) vient d'établir ce rapport.
  1. Policier au Mexique
  2. Chauffeur en Afrique
  3. Bucheron
  4. Pêcheur
  5. Démineur
  6. Journaliste en Syrie
  7. Officier de sécurité en Irak
  8. Mineur en Chine
  9. Pilote de ligne en Russie
  10. Conducteur de bus à Guatemal City 
 
0.jpgMise à jour 16 août 2013: Au niveau politique, en moyenne, un élu belge cumule plus de six mandats. Les élus provinciaux sont les plus gourmands. Les champions du cumul atteignent 56, voir 59 mandats.
Un total de 51.613 mandats sont répartis entre 6781 mandataires élus.  
 
1.jpgMise à jour 20 août 2013: Qu'est-ce qu'on va faire en France en 2025? Une réponse que Vadot caricature.
 
Aux Etats-Unis, un graphique
 
 
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29/07/2013

Gand n'a rien d'un gant de velours

Retour en arrière. Pour leurs "joyeuses sorties", la semaine qui a précédé son abdication, Albert II et Paola sont allés en premier à Gand (Gent ou Ghent) et on se demandait, ce jour-là, la raison de ce choix et de quelle manière, ils allaient être accueilli. Pourquoi la Flandre n'est pas royaliste?

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Gand ne fait pas exception. La Flandre n'est pas royaliste et le néerlandais est la langue de la région. Un lieu commun, dirait-on dans ce cas.

Pourtant, en creusant un peu, on trouve une communauté francophone, reliée par un réseau d'expatriés français dans la ville par l'intermédiaire de son université.

Lors de la visite d'Albert II, concours de circonstances, les "Gentse Feesten" annuelles allaient réinventer l'été pour dix jours et un ou deux millions de personnes étaient attendues pour se promener, boire, parler et faire des "petits trucs" comme disaient les invités à cet interview matinal de La Première.

Effervescence, mais pas de sentiment royaliste ou nationaliste belge qui s’y affichait. 

Cette fois, ce n'était pas, Flanders Expo qui était à l'honneur comme vitrine de la Flandre.

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Les drapeaux belges, flamands et gantois étaient plantés sur les bâtiments officiels comme à l’hôtel de ville, mais, sans ostentation.

Dire que la ville de Gand a une tradition rebelle contre tout ce qui est riche, tout ce qui est grand, est une des raisons.

Au Moyen Âge, c'était déjà le cas. Depuis le 19ème siècle, c’est devenu une ville d’ouvriers qui ont toujours associé la richesse à l’oppression. Esprit renforcé par le fait que c'est la première ville étudiante du pays, statut qui en ajoute en virulence anti-monarchique. 

Pourquoi, la visite des souverains ne s'est pas faites à Anvers, première ville de Flandre?

La réponse "amusante" fut "dans l’esprit chauvin des Gantois, ce sont les charmes de leur ville qui ont attirés"

La vraie raison est presque comme enfoncer une porte ouverte que de dire que le bourgmestre républicain, indépendantiste d'Anvers, Bart De Wever, ne voit ni la famille royale ni même la Belgique dans son horizon d'une Flandre indépendante. De plus, Anvers n’est pas politiquement très qualifiée ou adaptée avec sa tradition de contre-manifestation, était-il dit. 

0.jpgLe Roi a déjà visité Gand et les Gantois se rappelle des rires de Di Rupo, en tant que premier ministre,

Comme "joyeuse sortie à la flamande", il fallait marquer l'événement en tirant à pile ou face.

Entre 1945 et 1950, c’était la Flandre, qui était plus pro-Léopold III que le côté francophone. Le Roi obtenait alors 42% du côté francophone et presque 70% du côté néerlandophone. Léopold III était, seulement, hors contexte. Son court règne avait très bien commencé, mais mal fini puisqu'il avait généré la "Question royale" qui l'avait forcé, en finale; à abdiquer.0.jpg

A la fin du 19ème siècle, les relations de la Flandre vis-à-vis de la Belgique avaient déjà été problématiques.

La Flandre avait eu plus de difficultés avec la fonction royale qui personnalisait l’unité du pays. La collaboration politique flamande était plus grande que du côté francophone rendant Léopold III, loin de la résistance et loin des alliés.

En Flandre, la relation vis-à-vis de la monarchie s'est ternie, imbibée d’une  certaine méfiance sans que la bienveillance soit absente mais sans être passionnelle. Après guerre, l'inversion des rôles des Flamands monarchistes et les Wallons républicains est un cliché plus ou moins vrai, pas toujours rationnel mais teinté de beaucoup d’émotions.

Les souverains belges sont devenus, en quelques sortes, des "étrangers" qui parlent plus le français, sont riches, sont nobles qui représentent des qualificatifs de la classe opprimante qui rend la Flandre indifférente à la monarchie en lui attribuant une fonction symbolique, utilitaire mais non-politique comme le dernier rempart au séparatisme. Gand veut vivre en démocratie libre.

Voilà ce qui était dit ce matin-là en résumé dans l'interview.  

Pas facile à comprendre comme le disait notre Flamand de service, Bert Kruysmans dans son dernier café serré.

Gand est une ville en forme de surprise glacée. Dès le Moyen-Age, ses habitants étaient à l'avant-garde du combat pour l'autonomie communale.

Si elle a vu naître un gamin, nommé Horta, ce n'est pas pas une raison que celui-ci y ai trouvé l'inspiration de l'Art nouveau.

Tout est historique dans cette ville et son histoire fait bien plus penser à un drame shakespearien.

Des batailles qui succèdent aux batailles. Des combats d'influence, des traitrises, des rebelions et des prises de pouvoir par la force s'y entrechoquent.

Si vous vous souvenez du feuilleton de télé des "Rois maudits", ici nous sommes en présence des "Comtes maudits" qui se déroule dans le "Monde sans fin" de Ken Follet mais limité comme une "Ville sans fin"..

S'il existe des traces d'occupations qui remontent au paléolithique, c'est entre l'âge du bronze et celui du fer, que des urnes funéraires sont sorties de terre.

Ville romaine, au nom de 'Ganda', ("confluent" en celte), elle naît de la fusion de la Lys et de l'Escaut.

Entourée d'eau, au milieu d'anciennes terres inondables et proche du Meetjesland, constitués de polders, ce sont seulement deux abbayes, celles de Saint Pierre et de Saint Bavon, la présence d'un port et d'un castrum qui confirment sa fondation en tant que ville.

Charlemagne y fixe, bien, sa flotte pour lutter contre les Vikings, mais pour de maigres succès.

Les comtes de Flandres, eux, y édifient une forteresse carolingienne entre France et Flandre.

0.jpgA l'époque, l'industrie drapière rend la ville prospère et, même, la plus peuplée après Paris.

Comtes de Flandre, patriciens et tisserands en tirent toutes les ficelles sous le Conseil des Trente-Neuf.

Tourner les autres corporations en dérision et prendre le parti de l'Angleterre contre la France sont les options prise dès le départ.

Les Leliaerts, pro-français se retrouvent ainsi contre les Clauwaerts pro-flamand.

La Bataille des Eperons d'Or de 10 juillet 1302  avec le comte Dampierre est une victoire contre Philippe le Bel. Mais cette victoire est de courte durée, à peine un mois, Situation renversée à la suite d'une autre bataille tout aussi sanguinaire. Aujourd'hui, cette bataille des Eperons d'Or reste encore comme le symbole de victoire pour toute la Flandre lors de la fête flamande du 10 juillet. 

En 1337, la guerre de Cent Ans casse l'élan de la ville. La laine anglaise, destinée au tissage, ne parvient plus à destination. La crise économique force à se liguer dans une certaine neutralité entre Pays-Bas et Angleterre. Des milices, les "Hooftmannen" entrent en scène sous le commandement de Jacques van Artevelde, comme peut être un homme providentiel. 

Regrouper Brabant, Zélande, Hainaut, Hollande, Liège, Limbourg,Luxembourg et comté de Flandre pour diminuer les taxes douanières et unifier la monnaie est son idée et fait penser à la création d'une mini-Europe avant l'heure ou, au moins, aux Benelux.

Mais, entre les tisserands  de "Weverij" et les foulons, sous-prolétaires, nait la dissidence qui s'envenime au "Qwaeden Maendagh" (Lundi faché). Les choses se détériorent progressivement pour Jacques van Artevelde, qui accusé de corruption, tombe sous la hache de Geraard Denijs.

De nouvelles révoltes s'enchainent avec Jan Yoens et Philippe van Artevelde, le fils du précédent malgré le modernisme du centralisateur, Louis Maele. Une résistance de cinq ans enflamme les esprits poussés par la famine. Elle se termine, le 27 novembre 1382, par la défaite de West Roesebeke.

Philippe le Hardi tente une politique centralisatrice, mais ne parvient pas à isoler Gand, la "rebelle".

Charles le Téméraire n'aime pas plus cette ville. Sa jeune fille, Marie de Bourgogne qui lui succède, est même prise en otage, obligée de concéder le "Grand Privilège" qui réinstaure les anciennes chartes et d'épouser Maximilien de Habsbourg avec la complicité de Louis XI qui récupère la Flandre par la paix d'Arras.

Charles Quint, né à Gand, ne parvient pas à ponctionner la ville par des impôts pour payer ses batailles. Il "concède" la suppression de leurs privilèges avec sa "Concession Caroline" qui modifie la structure de la ville et qui muselle son corporatisme.

Son fils, Philippe II, bigot notoire, met le feu aux poudres avec l'Inquisition contre tout ce qui n'est pas catholique et envoie son Duc d'Albe pour y mettre bon ordre. L'action de celui-ci sonne temporairement le glas de la prospérité flamande. Elle se réveille par la razzia appelée "Furie espagnole" qui précède ce qu'on appelle la "Pacification de Gand".

Cela n'empêche pas Gand de rester une république municipale calviniste, enchevêtrée dans une guerre de religions pour plus de 20 ans avec des Saint Barthélémy à la belge.0.jpg

Louis XIII et Louis XIV n'ont de cesse de garder annexée, la Flandre occupée.

L'âge d'or revient avec la machine à filer le coton, la Mule-Jenny, rapportée en secret d'Angleterre par Lievin Bauwens, un espion économique.

Le Traité de Gand met un terme à la guerre de 1812 entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Pendant les Cent-jours, Louis XVIII de France se réfugie à Gand dans l'Hôtel d'Hane-Steenhuyse, ce qui le fait surnommer par les satiristes en "Notre Père de Gand".

L'indépendance de la Belgique de 1830 n'arrange pas Gand, orangiste et favorable à Guillaume d'Orange des Pays-Bas. Protestants, donc...

Sans plus d'accès à la mer, Gand rechute, une nouvelle fois.

En 1857, elle devient le centre du combat syndical du "Broederlijke Wevers" et un fief socialiste pendant un siècle et demi.

Nous revoilà, au départ de ce billet.

Si l'histoire explique, bien mieux, une ville comme Gand, passer à la visite sur place apporte d'autres confirmations.

Le musée de la ville, le STAM, dans les anciens bâtiments de l'abbaye du Bijloke en donne la première leçon tandis que le Designmuseum  suit l'actualité derrière une façade 18ème siècle.

La visite de Gand, à bord de l'un des Bootjes van Gent est peut-être la meilleure formule de prise de conscience, bien avant la promenade en calèche mais après la visite de quelques édifices. La cathédrale Saint-Bavon détient le retable de l'Agneau mystique. La halle aux draps entre dans le Guiness Book pour la durée de sa construction de 1426 à 1903 en mélangeant ainsi tous les styles. Le beffroi domine la ville de ses 95 mètres et servait de tour de guet et de coffre-fort des chartes. L'hôtel de ville et la maison des Parchons... puis en bootje...

0.jpgAu Korenlei, ce sera une autre occasion de passer au Graslei, du Château des Comtes au Kraanlei par la Maison d'Alijn, celle de "De Werken van Barmhartigheid" avec ses "neuzekes" (cuberdons), du Predikherenlei au Patershol (Trou des Pères) à la taverne de "Bij den Wijzen en de Zot", du couvent des Augustins Sint-Stefanus avec sa bière au Vrijdagmarkt avec son "Bond Moyson" socialiste en "style Macaroni" et arriver au Vlasmakt où se déroulent, ces Fêtes Gantoises dont on parlait au début...

Gand est une ville de lumières. Depuis 2010, les façades sont dotées d'éclairage tard dans la nuit et, en été, les terrasses du Graslei sont encore pleines à craquer.

La culture et l'histoire se disputent  la préséance de cette ville. Manger et boire en donnent les moyens vitaux.

A la brasserie Gruut, Blondes, Ambrées, Brunes ou Blanches sont brassées selon une recette médiévale à partir d'épices (gruut) et non de houblon entrecoupée de balades culinaires.

Les boutiques sont légions dans la Mageleinstraat, la Voderstraat,, la Koestraat, le Brabantdam. L'apéritif à la terrasse du théâtre NTG. Les gaufres de Bruxelles ont un rendez-vous avec le visteur chez Max.

La course cycliste Gand-Wevelgem, une occasion de rêver à une excurstion à vélo dans les environs.  

La boucle serait-elle ainsi bouclée? Aurions-nous tout expliqué de l'état d'esprit flamand?

Si je vous ai promené dans l'histoire et en puisant un peu dans les guides que l'on dit touristiques, c'est pour en extrapoler quelque chose de plus essentiel.

A y réfléchir, on peut facilement comprendre la différence importante avec une ville comme Bruxelles dont j'ai parlé récemment de l'histoire via sa Grand-Place.

La Flandre a toujours espéré être gouvernée par des Comtes locaux, "fait maison" et faire du commerce, au besoin, pour les excédents, avec l'Angleterre et les Pays-Bas, tandis que les populations de Bruxelles attendaient tous genres de visiteurs pour commercer avec eux en espérant qu'ils n'exagèrent pas, ensuite, leurs ponctions par les taxes.  

Expliquer les mentalités des deux avec un Roi, tout neuf, et une Belgique coupée entre deux cultures, avec un rôle de faiseur de compromis sur mesure. entre Belges riches et un Etat pauvre avec un pouvoir de plus en plus éparpillé est quelque part jouer à l'équilibriste par grand vent...1.jpg

Une Belgique est-elle le dernier des pays du nord ou le premier pays du sud?

Une question que se posait Le Soir et qui pousse à tenter une réponse citoyenne en expliquant les différences par un jeu de nordistes contre sudistes à l'Américaine avec une guerre de Sécession qui a fait des morts en pure perte sans aboutir.

C'est aussi, dans le cas belge, constater avoir une Flandre qui a dépassé son apogée en phase descendante face à une Wallonie, en phase montante, échelon par échelon pour atteindre l'apogée par une autre voie et par un labyrinthe aux mille recoins, dans une incompréhension mutuelle derrière le sandwich au poulet andalouse...

Bravo, pour les formules...

Quand on se rappelle du film "Bienvenu chez les Chtis", c'était aussi une méconnaissance des habitants du sud vis-à-vis de ceux du nord. Rien d'exceptionnel, donc.

Les problèmes sont donc plus généraux avec des différences d'approche et de résolutions aux problèmes qui sont en définitive bien plus particuliers. 

Et si on ressortait le goedendag?

"C'est du belge", dit le béat d'admiration dans son coin.

Ay Marieke Marieke je t'aimais tant
Entre les tours de Bruges et Gand
Ay Marieke Marieke il y a longtemps
Entre les tours de Bruges et Gand

En photos, tout cela donnerait peut-être ceci.

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • «Gand n’est pas juste une ville qui va vous allumer et ensuite vous quitter l'esprit tranquille. Non Gand, telle une jolie femme qui sait jouer de ses charmes, vous séduira par son exubérance et sa fougue. Quand vous la quittez, vous restez au trente-sixième dessous, rongé par les regrets.», Le Guide Routard
  • «Gand est une des plus belles villes historiques d'Europe», François Mitterrand
  • «Trafic, nuisances sonores, pollution, saturation urbaine? Gand est une de ces villes qui, grâce à leur caractère rebelle persistant, sont sorties victorieuses de leur lutte contre les faiblesses des villes modernes. Au lieu de vieillir, elles en sont sorties plus jeunes.», José Luis Invierno
Mise à jour 5 septembre 2013: Le Vif publie un article sur Gand. Ville du futur. Une ville où il fait bon vivre. La 1ère ville où le VB (Vlaamse Block) a reculé et où la NVA se fait toute petite. Son bourgmestre Daniel Termond a battu largement Siegfried Bracke de la NVA. Tant pis pour les flamingants. A mille lieu de la mesquinerie des autres communes flamandes. Un "meldpunt" (point de contact) entre francophones et néerlandophones. Contrer les discriminations.
La futur gare Gand-Saint-Pierre,, la bibliothèque "Waalse Krook" sont dans les projets. 

21/07/2013

Une fête nationale très spéciale

Une année 2013 d'abdications successives. Après le Pape, Beatrix des Pays-Bas, l'émir du Qatar, voici, Albert II en Belgique. Le 21 juillet, le jour de la fête nationale fut choisi pour la passation de pouvoirs.

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Les rumeurs allaient bon train et Le Soir semblait tenir le bon bout en poussant Albert II vers la sortie pour le 21 juillet, alors que les autres persistaient à trouver l'information prématurée ou même préjudiciable. Les tweets de l'opinion publique n'en ont été que plus redoutables.

Le secret était bien gardé jusqu'à cette après-midi du 3 juillet quand, à 18 heures, heure historique, Albert II annonçait qu'il laissait son trône à son fils Philippe.

Une retraite pour raison de fatigue et de santé comme raison officielle. Pour éviter de se retrouver dans la même situation de crise d'il y a deux ans, en réalité.

Le lendemain, la Chambre, sous l'impulsion de la NVA, examinait déjà l'idée de réduire les pouvoirs du Roi. Repérer les articles de la Constitution à amender, ne se fait pas dans l'excitation, répondaient les  sceptiques et les plus royalistes. Que son rôle devienne protocolaire ? Pas sûr que si cela avait été le cas pour Albert II que la Belgique aurait pu sortir de la dernière crise avec un gouvernement à cette époque de crise aiguë.

Mieux en rire ou en sourire.

Bruno Coppens, dans son rôle de joueur de mots, se lançait dans un café au lait et bien sucré:

podcastSujet repris, par deux fois, l'autre humoriste, Frédéric Dubus qui dans une brise légère et avec allégresse imaginait être invité par la famille royale ou qui fermait le bal de la saison en se confondant en remerciements.

Beaucoup d'encre et de salive, dépensées dès l'annonce de l'abdication. Des tonnes, pour et après le 21 juillet.

Des journaux et des livres. Des émissions spéciales d'une longueur exagérée et répétitives à souhait qui éclipsaient tellement de choses. L'histoire d'Albert, avec des photos familiales "inédites" pour montrer une famille unie, une famille comme tout le monde, mais en parlant de Philippe, le successeur, à mots couverts. 

Albert II, considéré comme Roi de transition, a régné pendant 20 ans. Il a su se faire aimer par la population par sa communication tour à tour joviale, consensuelle et ferme à la veille d'une fête nationale quand l'absence de gouvernement entrait dans le Guiness book des records de longueur.

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Une certaine clairvoyance alors qu'il disait, lors de son avant-dernière allocution, que la fonction royale devait se moderniser à l'avenir. 

Pour les tout-jeunes d'aujourd'hui, le Roi Albert a toujours été ce vieux Monsieur comme tout bon-papa.

Se rappeler du règne d'Albert, c'est se rappeler de quelques casseroles comme celle de l'affaire Dutroux, la tentative d'exonérer une partie de la fortune de Fabiola via une fondation, la fille naturelle, Delphine Boël, une affaire qui traîne s'en va et puis revient et que certains renvoient à la cour de de Louis XIV. 

"T’as le bonjour d’Albert!"... Des créateurs belges réagissent à l’annonce de l’abdication d’Albert II. Avec bien plus de respect qu’on ne l’imagine.

Tellement vintage et consensuel, que cela ?

Un retour sur les deux dernières fêtes nationales? Le 21 juillet 2011 fut "Une (dé)fête nationale" et un électrochoc. L'année suivante, ce fut un ouf de soulagement "Quand une fête nationale ressemble à une fête". La 6ème réforme de l’État est entérinée,  je ne dis pas enterrée et la scission de BHV, sortie du frigo et mise à plat, pourra être dégusté à loisir.

Cette année, sont arrivées les consécrations presque euphoriques: une 6ème réforme de l'Etat signée qui entrera en vigueur dès juillet 2014.

Vingt milliards d'euros de transfert de compétences, douze milliards d'autonomies fiscales. 

En sus, un compromis historique, à la belge, sur le statut ouvriers et employés, était emballé dans le même paquet.

0.jpgDécidément, on a bien fait de placer la fête nationale le 21 juillet.

L'été est enfin arrivé. De quoi, le bon peuple pourrait-il encore se plaindre puisque il était dit qu'une "nouvelle Belgique" était née dans les fonds baptismaux et sous les draps de la Chambre et tout "under the control" par le Sénat.

La semaine dernière royale donna lieu à un agenda serré: des dîners successifs, les "joyeuses sorties" à Gand, Eupen et Liège. Trois villes, trois appréciations différentes de ce que peut-être la royauté. A Gand, la journée à risque avec l'esprit confédéraliste. A Eupen, chez le prince carnaval, ce fut le top du country, du kitsch et du whisky. A Liège, une promenade de santé. Tous deux fédéralistes. Tandis que Bruxelles est unitariste.

Du fédéral, les problèmes sont repoussés vers les régions et ensuite les communes à tel point qu'une 7ème réforme ne serait même plus nécessaire si ce n'est qu'il faudrait encore déterminer se qu'on fait ensemble à inscrire dans l'article 35 de la Constitution, dit Bart De Wever

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Après avoir perdu des kilos lors des négociations, faut pas dire qu'il dise qu'il a été, en plus, tondu dans la foulée puisqu'il n'y assistait plus.

Habitué aux réformes institutionnelles qui se présentent, en moyenne, tous les dix ans, le Belge est blindé. "Chaque réforme est enceinte de celle qui la suit" disait Jean-Luc Dehaene. La Wallonie qui parvenait à résoudre la quadrature du cercle.

L’apaisement était de rigueur au cours de la fête de la Communauté flamande du 10 juillet "la plus belle depuis la Bataille des Éperons d'Or".

Bruxelles dansait même des airs des fifties sous le soleil. Tous les partis, contents de la réforme, sauf Bart qui tirait la gueule et s'endormait sous les discours. 

La réforme a répondu aux attentes d'indépendance des régions. Les tâches ont été déplacées rendant chaque entité responsable de son autorité, de son austérité, de son libertinage et de son galvaudage.

Le budget de la Communauté flamande dépasse, désormais, celui du fédéral dont la coquille à la coque avec uniquement de l'albumine et sans jaune, se durcit. 

Mais, 2013 est considéré comme une année de transition, en attendant des élections de 2014 avec la totale: le fédéral, le régional et les Européennes à chercher les poux de celui qui sera le plus solide sans écraser la taille en dessous.

Pour l'abdication, les médias hésitent entre deux formules, "passer la main" ou "passer le flambeau". Même si l'expression française est utilisée dans le même sens, un flambeau reste plus solennel qu'un jeu de mains. Bien différente, cette abdication d'Albert de celle de Beatrix. Pas d'invités de tous les pays, pas de fastes qui remontent dans la nuit des temps. La sobriété et les festivités habituelles.

Depuis l'été 1996, il avait lancé qu'il voulait être roi. 

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Alors, tout le monde s'interroge sur ce nouveau CDI. Quel monarque sera Philippe après tant d'années de préparation? Tous les journaux allaient de leur évocation, de leur interprétation de la situation. 

Interrogé, Philippe, lors d'une visite programmée à Anvers après l'annonce, a dit, "Je suis bien conscient des responsabilités qui reposent sur moi. Je continuerai à m'investir avec tout mon cœur. Au 21 juillet".

A la suite d'un article, on lisait le commentaire: "Comme souvent entendu ces derniers jours, la fonction fait l'homme. Notre futur roi saura prendre ses responsabilités le moment venu, ayant été formé depuis bien longtemps à la fonction. De grâce laissons le faire ces preuves. Il sera un bon souverain. Vive Philippe , vive la Belgique !"

0.jpgCe sentiment est assez partagé par la population qui sans être royaliste pour autant, se rend compte que pour tenir l'église au milieu du village, il vaut mieux ne pas jeter la pierre en touche dans la marre aux canards pour commencer. Wait and see...

"Un Président de la République belge ? Pour avoir toujours un Flamand, non merci ! Tant que le pays existe, il faut crier vive le Roi !", m'était-il dit en aparté. Même pour l'ancien premier ministre Wilfried Martens affirmait qu'il était pour la république, mais pas pour la Belgique. "Le Roi n'est pas mort. Vive le Roi".

Il ne faut pas être royaliste pour cela, il suffit simplement de savoir compter et de raisonner avec les chiffres.

Dans le même temps, alors que pour Le Vif de la semaine d'avant qui n'avait pu se préparer à l'annonce de l'abdication, sortait un article avec un titre "Pourquoi la Belgique ne se scindera pas".

0.jpgLes raisons invoquées, toujours les mêmes: 

Bruxelles, le lien absolu. La dette à scinder suicidaire et demanderait des calculs d'apothicaires avec des alchimistes dans une spéculation qui porterait préjudice à la Flandre. L'économie, qui dans un pays mixé avec des activités intégrées, demanderait des années de négociations pour mettre en branle une scission. Un libre-échange, rouillé, avec des barrières si pas douanières, mais intellectuelles. L'Europe qui ne donnerait pas son blanc-seing de reconnaissances internationales aux nouvelles parties. Catalogne, Pays basques, Écosse sur les chapeaux de roue, à faire sécession. La non-volonté des Flamands qui à 85 % ne sont pas pour la scission. 

La confédération, un fédéralisme de cons, quoi... 

Le fameux "Plan B" est donc remis au frigo. L'en sortir mériterait plus qu'une petite idée lancée en l'air pendant une période de déprime et encore plus quand cela semble aller bien. 

Qu'en disent les analystes politologues?

Philippe van Parijs disait même que "la 0.jpgfédération belge nous survivra à tous". Il préconisait que la monarchie soit moins guindée, moins opulente, plus néerlandophone avec comme principe, une circonspection fédérale reprise par be4democracy.be avec une répartition des compétences pour devenir plus efficace. Un Bruxelles, tri-lingue au minimum. 

0.jpgVincent Laborderie avoue que "les francophones se sont monté la tête avec le spectre de la scission du pays. Les partis traditionnels flamands n'ont plus confiance en De WeverLa Belgique est plutôt régionalisme que communautaire avec Bruxelles comme vitrine pour l'étranger. Avec sa situation géographique entre d'anciens empires, elle reste ainsi agréable à vivre.".

Incompréhensible pour un Français qui ne voit qu'un pays comme une nation et très loin de la Catalogne et du Québec, chez qui, de 30 à 40% de la population sont indépendantistes. 

Puis, il y a les ratachistes comme Jules Gheude qui ne voit d'avenir pour la Wallonie possible qu'en France. Si c'était aussi simple que cela...

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Quel serait l'intérêt de la France d'avoir un département de plus? La France qui ne s'y retrouve pas économiquement, qui ne connait rien de la Belgique et qui, en plus, ne veut rien en savoir d'autre que ce qui passe dans l'hexagone avec noms bien français. Cela plus de 180 années de différences de coutumes et d'esprit baignées dans la bière plutôt que le vin, que de ne plus prononcer "soixante-dix", "quatre-vingt-dix", prononciation qui, à la belge, s'écriaient en quatre chiffres plutôt que deux... Jules Gheude n'a pas compris le surréalisme que le Belge ne manque pas de faire éclater par son bilinguisme même imparfait, "half en half".

Des affaires typiques de cousins plutôt qu'entre frères, quoi...  

J'avais écrit qu'un "Roi qui ne s'use que si l'on s'en sert" lors de l'abdication de Beatrix. Article dans lequel je faisais la comparaison entre le nouveau roi Willem-Alexander et le prince Philippe de Belgique, tous deux successeurs au trône dans lequel j'exprimais quelques doutes.

Le Vif de la semaine n'hésite pas à écrire en page de garde, "L'ombre écrasante de Baudouinqui plane derrière Philippe.

Baudouin, icône belgicaine qui lave plus blanc que blanc, fort de ses convictions religieuses a servi de tuteur à Philippe.

Comment Philippe va réagir, devra réagir? Là, réside toute la question et toutes les supputations que cela entraîne. 

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Rester le symbole de la solidarité nationale avec son métier de représentation de la nation entière.

Puis, il y a le pognon, les rétributions, les dotations...

Pour 2013, l'enveloppe globale des dotations royales qui est ce qu'on appelle la liste civile, s'élève à 11,5 millions d'euros. Ils viennent d'entrer dans les revenus taxables, TVA et accises. Le Roi est devenu un personnage presque comme les autres.

Pour le Belge, Philippe, le Belge reste méconnu. Très réservé, dans l'ombre de son père et peut-être plus de son oncle, la fonction princière de Philippe a toujours été une fonction de public à l'étranger. 

"C'est du belge" de la RTBF et "Les images d'une vie" chez RTL, ont cru bon d'éclaircir la situation de Philippe, ce samedi et dimanche.

Le couple le plus glamour du gotha, en 1959, Albert et Paola lors du mairage a raté le coche, avec le bonheur n'était plus que de façade. La crise conjugale va tourner Philippe vers Baudouin et Fabiola, qui ne peuvent pas avoir d'enfant. Philippe a trouvé en eux des parents de substitution. Il prend ceux-ci comme guide intellectuel et spirituel. Mais tout cela est oublié aujourd'hui. 

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Ce sont les hommes d'affaires accompagnant les délégations belges qui devraient en savoir un peu plus long sur qui est Philippe. Sa dernière représentation à Los Angeles a été presqu'une révélation, une surprise de part et d'autre. 

A-t-il été un ambassadeur de charme? Un galop d'essais pour chasser son naturel en recul? Les entreprises ont signés des contrats, c'est, donc dire que sa présence représentative a été efficace à l'étranger. "Philippe: 'Roi triste', marionnette ou réformateur d'une monarchie archaïque?".

Des questions succèdent aux questions.

0.jpgPréparé à la fonction, avec plus de 30 ans d'école de fonction royale, il l'est, c'est certain. L'ambition, la compétence, la passion riment avec la timidité, les maladresses, les rancunes passagères. Le Renouveau Charismatique qui correspondrait à la Communauté de l'Emmanuel?

Que doit-il faire pour séduire les Flamands, les plus réticents?

Rester dans les clous des communautés, tout en arrondissant les clous. Continuer le changement en modernisant la fonction et les limites du pouvoir. Tout dépend de savoir où elles se trouvent entre des cultures différentes qui ne sont d'ailleurs plus, ni deux ni trois, mais d'origines tellement différentes.

Willem-Alexander des Pays-Bas n'avait pas à se farcir cette situation et la population hollandaise est royaliste à 90%.

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Oublier sa jeunesse passée par l'éducation de son oncle. Moderniser la "com", avec son temps. Tout se dit ou s'écrit plus dans le virtualité d'Internet que dans le réalité de la rue.

Être à l'aise devant les questions de journalistes. Prendre de l'assurance et oser aborder les félicitations et les reproches des gens.

Changer de staff. Remplacer l'éminence grise de Van Yperzele. Les proposés Frans Van DaelePierre Cartuyvels... Oui, du moment qu'ils savent murmurer à l'oreille des chevaux, car si les ruades viendront de l'extérieur, il vaudra mieux savoir comment y répliquer. 

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Mathilde, puisque t'es là, comme chante Brel, devient sa meilleur ambassadrice glamour, son coach en privé comme première Reine totalement belge.

Où Albert et Paola vont aller s'installer pour dépenser leur 923.000 euros de dotation taxés par 200.000 euros? Une question tellement vibrante?

Dans un presbytère à Villers-sur-Lesse ou au château rose du hameau de Fenffe? 

Plus tranquille, de toutes manières, que le château de Laeken même si tantine Fabiola y a trouvé un chez soi à sa convenance et à sa mesure.

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Pour le "business royal", les "marchands du temple" se sont mis au travail et ont fait des heures sup. Les affaires sont les affaires.

La société belge, Wollux prévoit de vendre 60.000 drapeaux dont un traditionnel aux trois couleurs et un spécial événement. Les biscuits Delacre, pris de court, attendent Noël pour sortir la nouvelle boîte avec les nouvelles têtes des "nouveaux souverains", pour contenir leurs biscuits. 

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Les fournisseurs de la Cour après avoir remis offre de bons et loyaux services au Palais, ont remis les petits plats dans les grands.

Le commerce ne peut pas perdre ses droits et ses devoirs.

Au Poker, à la Cour, on dirait que ce serait une partie gagnante puisqu'on se retrouve avec un full de Reines par les Rois.

 

La Brabançonne  est déjà à sa 4ème version depuis l'indépendance de 1830.

Réactualisée une nouvelle fois sous le nom de "FederalSong", cela donnerait:

Après des mois de bavardages,
Le gouvernement sort avec son plumeau,
Pour balayer de son courage,
Son nom, ses droits et son drapeau.
Dans sa main souveraine et fière,
Désormais en maître, il a dompté,
Et gravé de sur sa vieille bannière:
Le Roi, la Loi, la Fébrilité!

Di Rupo de son pas énergique,
A marché de progrès en progrès.
Il se dit "je protège la Belgique",
Il sourit à ses mâles succès.
De son travail de soirées donne
Des champs aux villes, la fécondité!
Que sa splendeur aux arts couronne
Le Roi, la Loi, la Fierté!

Il parle flamand, comme un frère,
Une langue trop longtemps honnie;
Wallon, Flamand, Zinneke, de guerres,
Devenues communautés amies.
À jamais resserre l'ensemble
Par des boulons de fraternité
Qu'avec un même écho rassemble :
Le Roi, la Loi, la Société!

Ô Belgique, ô mère, chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras!
À toi nos humeurs, ô Patrie!
Nous le jurons tous, tu vivras!
Tu vivras toujours grande et belle
Et sur le trône, en invincible fermeté
Aura pour devise immortelle:
L'union, la Force et la Liberté!
 


Sire, que votre cire reste bonne. Qu'elle puisse lustrer votre pays qui sent bon la bière, les frites, les gaufres et le chocolat.
 
L’acteur flamand Walter Baele chante en votre nom, Filip: 
Ik ben formidable.
Papa was zeer aimable,
Hij was adorable.
Maar il word responsable.
Ik ben raisonable
maar niet discutable.  
Want ik ben zeer valable.
Ik ben convenable
Ook tolerable.
Ib ben zelfs taxable.
Ik ben acceptable.
Voel me confortable.
Ja, il word memorable. 
 
Soyez, Philippe ou Filip ou Philipp, un Janus à deux têtes qui passerait de l'introverti à l'extraverti...
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Que réponderiez, vous, Philippe à ce questionnaire

Il faudrait éliminer les cas qui sont pour vous, impossibles.

Pour moi, le résultat du test donnait "Plutôt extraverti" avec quelques annexes qui n'étaient pas totalement fausses.

Et vous, Lecteurs, les réponses au questionnaire vous apportent quoi? 

Si répondre aux questions ne vous rapporte rien, cela permettrait seulement d'avoir quelques indices sur ce que diraient les gens de vous, si vous aviez une place de successeur au trône.

 

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Il était dit que les Belges se préparaient à une fête royale à l'économie

Mais il y a eu des surprises.

Non pas qu'Albert reste sur le trône.

Une surprise de Philippe au Palais des Beaux-Arts. Il se lève dans le balcon royal et s’adresse à son père: « Sire, Papa, c’est avec une grande émotion que nous fêtons la fin de votre règne. Il y a deux choses qui colorent votre personnalité : votre humour et votre amour de la musique. La musique est un monde merveilleux qui crée la convivialité pour ceux qui l’écoutent. 

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L’humour le vrai, est lié à l’intelligence du cœur car il permet de dédramatiser, de relativiser  La cerise sur le gâteau sera une framboise. Une framboise frivole »: Le duo de la "Framboise Frivole", en tenue d’orchestre, parodie des classiques de la musique où l’on entend en français et puis en néerlandais des notes entrecoupées de paroles « Maes Pils » et « Christal Alken », « Chimay, « La Chouffe» et autres « Orval », pour se terminer par un « I’m a Brusseleer in New York ».

Ensuite, ce fut le bain de foule dans les Marolles, sur la place du Jeu de Balles. 2500 moules et frites distribués.0.jpg

Là, plus qu'un sourire de Joconde, mais un fou-rire.

Le lendemain, le parc était bondé, dès le matin, 30°C au thermomètre.

Albert II abdique dans les temps. Tout chronométré.

Philippe, à 12:12, prête serment et prend ses fonctions de Roi....

Retour chez moi. La télé comme source d'information pour la suite.

Toute l'après-midi, un soleil de plomb lors du défilé militaire avec 700.000 personnes.

Puis, ce fut un retour à la fête dans le parc, un nouveau bain de foule et la rue Royale toujours réservée à la promenade.

0.jpgA 23:00, après une dernière sortie au balcon de Philippe et Mathilde, le feu d'artifice, plutôt spectacle de sons et lumières fait de tradition mêlée d'exceptions dans un mélange de musiques, de poésies, d'images de synthèse et de pyrothechnies pour recharger les batteries des Belges.

 

 

Et que le spectacle continue...

Quand on sait que Elisabeth II ne veut pas abdiquer, le spectacle n'est pas pour demain de l'autre côté de La Manche.

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L'enfoiré,

 

0.jpg0.jpgCitations:

  • « Mouche du roi est roi. », Proverbe africain

  • « Les trésoriers sont les éponges du roi. », Proverbe français

  • « Un homme sans passion est un roi sans sujet. », Vauvenargues

 

Livres: "Philippe, prince héritier" (le livre dit "de la vérité")

"Albert II, Le roi et l'homme" de Patrick Weber 

puis pour ceux qui n'ont pas encore compris "La Belgique pour les nuls"

 

Et maintenant, aux "event" suivant...

 

0.jpgLe président zimbabwéen Robert Mugabe a conseillé lundi à ceux qui contestent devant la justice sa large victoire aux élections du 31 juillet d’« aller se faire pendre », dans son premier discours depuis sa réélection.

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15/07/2013

La Croatie est européenne. Vous êtes sûr?

Nous sommes à deux semaines depuis l'introduction de la Croatie dans l'Union Européenne. Les flonflons du bal se sont éteints. Une question revient: la scission de l'ancienne Yougoslavie en plusieurs républiques indépendantes était ce "la" solution? Est-ce l’épilogue d'un long chemin de croix de la Croatie en "stand alone" ?

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Parler de la Croatie avec un accent touristique, cela pourrait commencer par ça.

Un Croasie de rêve. Bleue, avec 5800 kilomètres de côtes, de criques, de rochers, de plages généralement de galets au bord d'une mer turquoise transparente, un millier d'îles et deux villes côtières, Split et Dubrovnik. Une Coatie verte, intérieure, moins connue avec la capitale, Zagreb et des châteaux  comme celui de Veliki Tabor que l'on insèrerait volontié dans un "Pays de contes de fées".

Que la Croatie entre dans la Communauté Européenne, c'est se poser la question pour qui est le plus, pour elle ou pour l'Europe?

Pour la Communauté Européenne, une sorte de réveil d'un premier élargissement depuis cinq ans.

A Zagreb, dans la nuit du 1er juillet, des feux d’artifice et des dizaines de milliers de Croates à travers le pays qui ont acclamé l’adhésion de la Croasie dans l’Union européenne.

« Bienvenue dans l’Union européenne. Cest une nuit historique. Vous avez fait revenir la Croatie à sa juste place au cœur de l’Europe »  » lançait José Manuel Barroso avant que « L’ode à la joie » de Beethoven ne consacre l’intégration de la Croatie comme 28ème membre du bloc européen avec une émotion forte et partagée dans l'instant. 

0.jpgDans son discours, le président croate Ivo Josipovic a invité ses compatriotes à l’optimisme: « Ne laissons pas le nuage de la crise économique assombrir notre optimisme. La crise est un défi, une invitation à faire demain un jour meilleur qu’aujourd’hui ».

Plus de 700 artistes, chanteurs, musiciens et danseurs se sont produits devant une foule enchantée. Des festivités similaires se sont déroulées dans les villes de Split et Dubrovnik, de même qu’à Varazdin et Rijeka.

Le panneau de signalisation frappé de l’inscription « Douane » a été symboliquement retiré du passage frontalier avec la Slovénie, la seule ex-république yougoslave qui avait déjà rejoint l’UE en 2004, depuis le démantèlement de l’ancienne fédération communiste. Les droits de douane de 20% qui frappent les produits seront supprimés, ce qui devrait apporter une compétitivité nouvelle sur le marché croate de 4,4 millions de consommateurs.

L’événement se devait d'être historique pour cette région des Balkans occidentaux, ravagée par la guerre yougoslave dans les années 90. Seule la nouvelle génération n'a pas connu cette guerre fratricide.

Depuis cette nuit solennelle, l’enthousiasme sur place, a probablement eu le temps de s’émousser quelque peu alors que la crise économique frappe durement le pays.

0.jpgLa Croatie rejoint, donc, le club des pays occidentaux, dits "riches", ce que certains ne manquent pas d'appeller le "Titanic de l'Europe" avec une impression de jouer à qui perd gagne.

"L'union fait la force", dit l'optimiste.

Et c'est vrai, plus un pays est petit, plus il a envie de retrouver des alliés.

"Plus on est de fous, mieux on s'amuse", réplique le comique.

"Divisons pour mieux régner", glousse le malin.

Trop tôt pour avoir rejoint l'UE, constate Ruza Tomasic.

"A qui profite le "crime", penserait Sherlock Holmes.

La Croatie, vue par l'Europe des 27 et d'après le Washington Times, c'est la prochaine Grèce,  motivée par la volonté de la classe politique de Zagreb de s’emparer des subsides européennes.

Profondément en crise, elle nécessitera de constants plans de sauvetage, qui coûteront une fortune aux contribuables européens. 

Cela pourrait rappeller le rapprochement de l'Allemagne de l'Est à celle de l'Ouest.

Il n'y a plus qu'un régime qui semble vivre en autarcie, la Corée du Nord. Je dis bien "semble", car ce n'est peut-être qu'en apparence. 

Qu'attend la Croatie de l'UE? Sortir du marasme économique dans lequel elle est plongée depuis 2008-2009 avec un PIB inférieure de 39% en dessous de la moyenne européenne.

Les pessimistes restent sceptiques quant à leur augmentation du niveau de vie par cet intermédiaire. Une crainte que la situation ne profite qu'à l'élite. Une peur que les investisseurs ne soient là qu'à la seule recherche d'une production toujours moins chère, menant à un appauvrissement des travailleurs, avant de trouver encore moins chère et plus qualifiée qui pousserait la Communauté Européenne, une nouvelle fois, à délocaliser. Les médias, les banques ont déjà été rachetées par des pays étrangers et l'arrière pensée subsiste que l'Union Européenne devienne une nouvelle Yougoslavie qui briserait leur indépendance. Le rêve intime des jeunes seraient plus tourné vers un nouveau siècle des Lumières. La pleine souveraineté ne date que de 1998. Elle n'a été qu'une histoire idéale dans une longue marche vers cette indépendance depuis que le roi Tomislav avait fondé le royaume croate en 925. Jusqu'à l'écriture glagolitique a servi dans ce but.

Le taux de chômage s’établit autour de 20% et 40% pour celui des jeunes de moins de 25 ans. Les travailleurs hautement qualifiés partent pour trouver du travail ailleurs dans une fuite des cerveaux qui ne profite pas au pays. L’intégration européenne pourrait provoquer la disparition d’entreprises croates qui ne parviendraient jamais à s’aligner sur la compétitivité des autres pays européens liée au niveau élevé des salaires.

Passer à la monnaie euro n'est prévue que pour 2015 au plus tôt.

La monnaie, toujours utilisée, le Kuna veut dire, en croate, "martre" en souvenir d'une époque pendant laquelle on payait avec leur peau, restera à des niveaux bas.

0.jpgLa corruption est largement répandue et la classe politique défend ses avantages. Avant la guerre, la Croatie était la région la plus riche en Yougoslavie après la Slovénie. La gestion désastreuse de la politique de privatisation de l'époque Tudman et son clientèlisme, ont détérioré ce qui faisait sa réputation en chimie, en exploitation du pétrole, de alulinium et dans la construction navale.   

La Croatie, le 28ème pays à rejoindre l’Union Européenne, un plus pour le secteur public et pas nécessairement pour le secteur privé. Pour le particulier, c'est un espoir imprécis et une lame de fond libérale qu'il ne peut contrer.

Deux agences de notations ont déjà dégradé les obligations croates au statut de pacotille vu la dette du pays. De nombreuses terres ne sont pas cultivées. 

Depuis 2007, l’UE a déjà versé 998 millions d’euros à la Croatie à titre d’aide de pré-adhésionCette année, ce sont 655 millions d’euros qui ont été ajoutés, soit environ 1,5% du PIB croate. Entre 2014 et 2020, Zagreb devrait recevoir encore 13,7 milliards d’euros pour des mesures d’ajustement.  

Cette fusion serait-elle, une victoire à la Pyrrhus dans laquelle chacun est perdant, au mieux, un peu, en moyenne, beaucoup, au pire, à la folie?

Un petit détour par un connaisseur avec des liens familiaux serbes dans la Yougoslavie de papa me disait...

0.jpgJe dis papa parce que pour lui, il y a aussi vingt ans et que la Yougoslavie s'est disloquée depuis.

"La Croatie, je connaissais jusqu'au début de la guerre en 1991. Depuis, j'ai décidé que je n'y passerais jamais plus de vacances pour des raisons politiques! Par contre, je m'y intéresse toujours régulièrement, de même qu'à l'ensemble des Balkans, au travers de mes lectures et de sites Internet. Je termine la lecture d'un livre de récit de voyage au travers de l'ex-Yougoslavie (entre 1930 et 1940) écrit pas Rebecca West "Agneau Noir et Faucon Gris". Un livre très éducatif sur l'histoire et les peuples qui composent cette ex-Yougoslavie. Un livre édifiant quant aux comportements de ces peuples constamment bousculés et saignés par les intérêts étrangers. Y compris ceux des religions. En parallèle,  je lis 'Histoire du capitalisme 1500 - 2010" de Michel Beaud. Une lecture qui devrait être obligatoire pour tous nos enfants entre 16 et 18 ans. Que de points communs entre ces deux récits! De la géopolitique à 100%. Mon discours sur la "balkanisation" du monde est en marche et un de ces points de départ est certainement la guerre en ex-Yougoslavie. De même que l'éclatement de URSS. Je te rassure, je ne suis en rien un supporter du communisme. Et, dans la même vaine, je ne me retrouve en rien avec ce néo-capitalisme qui est le contraire et la mise à mort de la démocratie. Comme le disait la ministre écolo française, il y a quelques jours, suite à son C4 signé par François Hollande, les partis traditionnels font le lit de l'extrême droite. Convaincu depuis 30 ans, chaque jour qui passe, me conforte dans cette pensée. La communauté européenne est le bras droit de ce néo-capitalisme qui négocie, qui impose la capitulation social et étatique, sans conditions, aux pays des Balkans. Croatie y compris. Après avoir détruit socialement et économiquement tous les pays africains, c'est le tour de l"Europe. La Belgique y compris. La Croatie, de même que la Serbie et la Slovénie, est exsangue. Tout a été ouvert au "marché libre" (c'est-à-dire celui qui a de l'argent, paye le prix qu'il impose à celui qui n'en n'a pas). La Croatie comme la Slovénie a tout vendu ou plutôt cédé pour presque rien. Le taux de chômage explose. Les pays y compris la Serbie sont en faillite virtuelle. Je remplacerais, seulement, le terme "démocratie moderne" par "hypocrisie" absolue.".

Une confirmation de plus à cet article, plus explicite et moins concensuelle que cet autre. Je me doutais de ce que j'allais apprendre, mais j'en ai, ainsi, le coeur net.

Globalement, à l'origine, c'était la Serbie fédéraliste qui, par une persuasion de force, tentait de maintenir les autres républiques autonomistes ou indépendantistes sous son propre giron.

Qu'aurait été la Yougoslavie restée unie, aujourd'hui?

Difficile de répondre si ce n'est de manière très générale.

Dans tous régimes démocratiques, plus il y a de votants, plus il y aura de l'importance pour ceux qui font partie de la majorité. C'est aussi moins de redondances au niveau des postes de commande gouvernementaux.

La situation en Belgique, si elle n'est pas identique, a aussi ce genre de problème communautaire qui sans sonnette d'alarme ne tiendrait pas compte des minorités démographiques.

En contre partie, vivre en communauté, c'est accepter le conformisme de l'unité générale d'opinion. Ce n'est pas pour rien, que l'Europe qui est, ce qu'on peut appelér, confédérale, fait penser à une nouvelle Yougoslavie pour un Croate.

Comme pour les habitants d'Europe de l'est qui avait "l'ostalgie", il y aura aussi de la "sudalgie" ou de la "balcanalgie" car on ne se fait pas facilement à la seule loi du marché, capitalisant les avoirs quand on n'y est pas né et qu'on n'y baigne pas par l'habitude.

0.jpgPersonnellement, j'ai connu la Croatie par deux fois. La première en 1983, dans la Damatie du sud avec Dubrovnik. La seconde, en 1988, plus au nord avec Split dans la Dalmatie centrale.

Des localités plus petites comme bases de retranchement hôtelière et lieux de tourisme comme Cavtat (Mostar, Kotor, Budva, Sveti Stephan, Perast, visités à l'époque, qui sont dans le Monténégro d'aujourd'hui) pour le sud et Trogir, Primosten, Sibenik, le parc national de Krka, l'île de Hvar plus au nord.

La ville de Split est un peu mondaine, avec son labyrinthe de ruelles qui s'imbrique dans l'ancien palais de l'empereur romain de Dioclétien alors que Dubrovnik, l'ancienne Raguse, partagée entre vénitienne et turque, conserve une devise prédestinée « La liberté ne se vend pas même pour tout l'or du monde ».

Six régions: l'Istrie, le Quarner, la Dalmatie du nord, la Dalmatie centrale, la Dalmatie du sud, et la Croatie continentale.

Pour le touriste lambda des années 80, rien ne laissait entrevoir la guerre des années 90 et comment elle allait se dérouler. Tout était camouflé pour l'étranger et encore plus, au vacancier qui devait garder un bon souvenir de son voyage.

D'après cette vidéo, il existe un "Balkan spirit" entre amour et haine dont la présentation dit "Saviez-vous que manger du yaourt bulgare permet de faire l'amour jusqu'à cent ans ? Le Serbe Emir Kusturica, réalisateur emblématique du Temps des gitans et de Chat noir, chat blanc, le philosophe slovène Slavoj Žižek, l'artiste serbe Marina Abramovicz, le musicien Goran Bregovicz, la star hollywoodienne Angelina Jolie, réalisatrice d'Au pays du sang et du miel, et bien d'autres créateurs croates, grecs, roumains ou bulgares s'interrogent sur l'identité balkanique devant la caméra d'Hermann Vaske. De savoureuses anecdotes personnelles en analyses historiques, ils peignent par petites touches une région traumatisée par la guerre et hantée par le racisme, mais également avide de vivre et débordante d'imagination. Avec humour, ils s'interrogent sur l'ambivalence grecque entre Occident et Constantinople, sur Dracula, sur le tabou de l'érotisme - et sur le sens de leur travail.".0.jpg

"Dans le pays du sang et du miel", un film qui traduit du mot Balkan. Des Balkans qui survivent grâce à l'humour noir, le sexe, la musique endiablée du violon tzigane et de la danse opposés à la violence dans lequel doivent nécessairement exister des Roméo et Juliette à la mode balkanaise...

Curieux cette collusion d'amour et de haîne.

Je suis remonté dans l'histoire de la partie croate de cette guerre et de ses prémices qui, parfois me paraissent banales ou futiles mais qui s'emballent très vite en guerre civile et fratricide. 

Février 1990, le nationalisme du Kosovo, dont les Albanais n'ont jamais accepté l'idée de faire partie de la Yougoslavie (depuis l'indépendance accordée en 1974), se rebelle déjà, à tel point que le chef de l'Etat, Janez Drnovsek, s'est rendu sur place tandis que le PC slovène se sépare du PC yougoslave. En avril, les Croates votent pour la première fois librement et désignent les membres du parlement croate. En mai, un affrontement sur le stade de Zagreb oppose la Dinamo de Zagreb à l'Etoile rouge de Belgrade et met le feu aux poudres. Le Serbe, Boris Jovic devient le chef de l'Etat dans une rotation entre Serbes et Croates.

En 1991, le gouvernement fédéral lance un ultimatum à la région croate insoumise de dissoudre leurs unitées armées. Dans la ville symbolique de Sarajevo, l'hésitation commence  pour les 6 présidents des républiques yougoslaves: un divorce à l'amiable ou un divorce brutal. Une guerre civile est déjà en route sous la houlette de Slobodan Milosevic. Le rattachement à la Serbie des Serbes de Croatie (13% de la population) est soumis au référendum. Le 20 mai, "contre-référendum" pendant lequel, les Croates se prononcent pour une Croatie indépendante dans une confédération. Le 22 juin, la Slovénie se sépare déjà de la Croatie. La Yougoslavie n'existe presque plus. Les affrontements ethniques continuent et les observateurs européens ne pourront pas faire respecter les cessez-le-feu successifs. Le 20 septembre commence l'offensive de l'armée fédérale. Franjo Tudman échappe à un bombardement serve. Dubrovnik est encerclée et soumise à un blocus entraînant, tout en résistant, l'évacuation de 3000 civils. Des Casques bleus de l'ONU s'interposent sans beaucoup de succès.

En 1992, la CEE enterre, définitivement, la Yougoslavie en reconnaissant la Croatie et la guerre va, dès lors, se déplacer en Bosnie, dans la ville symbolique et martyre de Sarajevo.  

Un documentaire de "Echappée belle" du 6 juillet sur France5 montrait ce qui restait comme stigmates de la guerre toujours visibles par les impacts de mortiers sur les monuments de Dubrovnik, mais, il est vrai que la vie semble avoir eu le temps de reprendre son cours. Dans le Montenegro, l'ancien pont de Mostar, détruit par la guerre, a été reconstruit à l'identique. Tout est prétexte aux fêtes traditionnelles. A 86% la population est catholique. 

En attendant, il reste les informations publicitaires qui sont là pour attirer le plus de visiteurs et des images classiques de la Croatie, comme "belle ensoleillée" qui font oublier le passé... Une fierté d'avoir des noms connus dans le monde comme Ivan Illich, John Marcovitch, Josiane Balasko et bien d'autres, apporte cet esprit identitaire croate.  

L'espoir fait donc vivre, même si l'attente fait souvent mourir. 

C'est la saison des vacances et la fréquentation touristique peut donner des indices.

Mes photos des années 80 qui montrent la Croatie encore pacifique, n'étaient pas encore numériques (ici en un clic).

Numérisées, elles ont, seulement, un peu perdu de leur tempérament et de leurs forces. Peut-être, tout à fait comme l'esprit croate.

Bonne chance à la Croatie européenne...

 

L'enfoiré, 

 

Citations serbo-croates:

  • « Des frères qui s'entendent bien construisent de nouvelles maisons. Ceux qui ne s'entendent pas vendent les vieilles. »
  • « A quoi sert l'étendue du monde quand nos souliers sont trop étroits ? »
  • « Avant de mordre vois si c'est pain ou pierre. » 
 
Mise à jour 15 août 2013Les Etats DésUnis d'Europe en 2 graphiques
  • par Audrey Duperron

Différents signes convergent vers une reprise économique et tout le monde espère que les élections allemandes qui auront lieu en septembre vont apporter de la stabilité dans la zone euro. Toutefois, tous les les problèmes structurels de l'UE n’ont pas été résolus, et quelques graphiques de Bloomberg Brief se sont attachés à nous le rappeler :

1. La croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2007 à aujourd'hui:

L'Allemagne est la seule grande économie de la zone euro qui a rattrapé son niveau de PIB de 2008, tandis que l'Allemagne, la Belgique et la Slovaquie sont les trois seuls pays qui ont enregistré une croissance au cours du premier trimestre 2013. En revanche, depuis 2008, l’économie grecque s’est réduite de 25%. 

2. Le taux de chômage dans l'UE:

 

La récession a généré 1,1 million de chômeurs supplémentaires dans la zone euro, ce qui porte le total de la zone euro à 19,3 millions de chômeurs, un nombre comparable à la population totale combinée de la Suède, du Danemark et de la Norvège. En Grèce et en Espagne, le taux de chômage des jeunes a atteint les niveaux records de 58,7 et 56,1%, respectivement, à comparer au taux de 7,5% de l’Allemagne. Toute une génération de jeunes est exclue du marché du travail et leur manque d’expérience risque d’handicaper la croissance future.

L'Europe dans l'hsitoire

09/07/2013

Le triomphe des gentils?

Le rédacteur en chef adjoint de mon journal télé, disait dans son éditorial "Faut-il montrer les dents pour se faire une place au soleil? Faut-il écraser l'autre pour séduire les foules? Faut-il devenir le chantre de l'individualisme pour écraser la concurrence malgré les trop nombreux exemples assénés par la réalité?" "Non, heureusement, non", concluait-il. 

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Rappelons qu'être gentil, c'est être bienveillant d'après la définition du Larousse et de Wikipedia. 

Plus naturelle, plus immédiate, l'empathie cognitive serait bien plus profitable que la gentillesse qui ne veut rien dire à priori et qui ne se mesure qu'à la longue.

'Méfiez-vous quand un politicien emploie le mot "juste"'. "Il explique que les politiciens répètent à l’envi le mot « juste » parce qu’il implique qu’ils font de leur mieux pour tous et que personne ne sera victime de discrimination.", était-il dit sous le lien. 

Tout comme le mot "juste", le mot "gentil" ne vaut guère plus dans l'échelle des mots fourre-tout.

Pour étayer la couverture 'Le triomphe des 'gentils"', dans un article, étaient cités  Christophe Maé et Zaz qui chantent le bonheur qui mène au succès.

Le secret: 'Une vie personnelle et médiatique, saine mais qui ne suffit pas à constituer un gage de longévité, mais qui y contribue et un été ludique, garanti sans égoïsme ni violence", était-il déclaré.

A lire les commentaires du billet, cela ne semblait pas être en faveur de Nabilla qualifiée de "Pauvre Nabilla. Pauvre cruche...". Constater que: "elle dit tout haut ce que l'écrasante majorité de la population murmure honteusement tout bas.", apportait une conclusion ou peut-être une constatation à double sens.

La rédactrice en chef du même journal s'indignait dans un autre édito parce que Nabilla était malmenée sur un plateau de télé, ne comprenant rien à l'humour de Stéphane De Groodt. Un petit mail, de ma part à la rédactrice, envoyé pour dire, qu'être béate d'admiration,  n'était pas vraiment de circonstance. Mon droit de réponse est resté sans réponse, bien entendu.  

Dans le choc Nabilla-DeGroodt, nous étions spectateur d'une rencontre du troisième type dans un surréalisme en 4D qui ne pouvait plus se comprendre.

Un esprit saint dans un corps avec deux seins.   

Récemment, Stéphane De Groodt joutait le rôle principal dans la pièce "Le Prénom" aux Galeries. Il était parfaitement dans son rôle et fut applaudi comme il se doit.

De l'humour incisif dont il faisait preuve, j'en redemande.

"Tout le monde est beau, tout le monde est gentil", une réflexion contradictoire me revenait à l'esprit.

A relire "Non, mais allô quoi, Fakebook", cela semblait aller aussi dans le même sens, avec des amis, sinon rien. 

Oh le monde est beau,
Ils font partie du même réseau
Oh le monde est beau,
Chaque jour on est plus nombreux
A être seul dans le bateau

Le match de la compétition de notre société serait-il dans les oubliettes? Match dans lequel, en fonction de l'éducation, des "juges d'occasion" désignent un gagnant et un perdant. Dans un monde où chacun se trouve dans une lutte d'influence, faudra s'accrocher quand la tempête souffle.

Pendant, les vacances essayons de colmater la brèche entre rêve "aimez-vous les uns les autres" et le "choc des réalités".

Pour en revenir à Zaz, à lire ce qui s'est passé lors de "Couleur Café" à son sujet, le rêve éveillé ne semblait pas être garanti sur facture. La description de l'événement était plutôt très négative "En musique, comme en tennis, il y a des jours sans, des concerts se transformant en cataclysmes parce que les cieux en ont décidé ainsi. ZAZ, samedi soir, a livré une prestation qu’elle voudra oublier au plus tôt. Tout a commencé par un trou de mémoire comme on en souhaite à aucun artiste. Car ce n’était pas un petit trou – un mot ou une phrase oubliée vite remplacée par nanana – mais un cratère. Car c’est quasiment toute la chanson qu’a perdue la chanteuse française. Elle l’aurait écrite elle-même, ceci dit (et non pas Mickaël Furnon qui lui a fait un joli cadeau), ce ne serait peut-être pas arrivé. Mais bon, sans se départir de son sourire, s’excusant, elle s’en est allée pour revenir et terminer tant bien que mal la chanson. ZAZ se concentre, transpire beaucoup, le rire est de plus en plus crispé et les bonds, nerveux mais les minutes suivantes se passent pas trop mal jusqu’à “Je veux” qui fait très plaisir au public. Et puis, vlan, voilà la technique qui la lâche. ZAZ tente de remplir le vide en demandant au public de chanter mais le divise approximativement en quatre. “Allez, jouez le jeu“, tente-t-elle encore désespérément pour sauver ce qui pouvait l’être. Elle n’abandonnera, vaincue, qu’une fois le problème résolu. Les chansons jazzy, davantage faites pour de petites salles, passent difficilement, tout comme les finesses instrumentales d’un groupe solide.".

Ne pas faire d'erreurs est un mythe mais le risque s'accroit quand on croit que tout est gagné d'avance et qu'on ne s'assure pas des préparatifs à tous les étages. 

0.jpgRevendiquer le droit à l'erreur mais plaindre la récidive, plus lourde de conséquences. 

"Je voudrais bien, mais je peux point" comme le chantait, justement, la Bonne du curé.

Cela ne suffit pas de chanter "Je veux" si on ne le pense pas comme un leitmotiv et qu'on n'ait pas mis toutes les chances de son côté pour y arriver. Que la composition de la chanson vienne par une personne interposée et soit interprétée, n'est pas un problème. 

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Johnny Halliday ne fait qu'interpréter des chansons de paroliers, mais c'est par l'intremise d'un certain brio qui plait à des générations différentes. Son show lors de ses 70 ans était une preuve que tout était minutieusement organisé pour s'en assurer. Ce n'était pas, du tout, le chanteur-interprète que je critiquais dans cet article.   

"J'aime rêver" dit Zaz. Mais la scène n'est pas du rêve en boîte, c'est un travail comme un autre qui doit être ficelé comme du papier à musique. 

Avoir écoulé 1,8 millions de disques, trois ans plus tard, n'est que la confirmation du succès. Après il faut tenir le cap et le gouvernail.

Zaz, de son vrai nom, Isabelle Geffroy, a vécu des années de galère. Sa chanson fétiche l'a propulsé aux nues avec la Victoire de la musique en 2011. Était-ce le trop plein de succès d'un coup et trop dur à assumer dans la longueur?

Pour que "Recto verso", le dernier album fonctionne avec des hymnes à la vie, à la fraternité, des chansons naïves bourrées d'émotions, teintées d'antimorosité, il faut pouvoir sortir du microsillon dans lequel on échoue tôt ou tard sans se renouveler.

Les gens se lassent vite, très vite, peut-être trop. La vie n'est pas une routine ni dans le succès, ni dans la galère.

Être soi, c'est aussi, apprendre à jouer à quelqu'un d'autre, à l'interpréter comme dans une pièce de théâtre avec des rôles multiples. Avoir des paroliers comme Goldman, Aznavour, Grand Corps Malade, et d'autres, ce sont de bons départs.  

"D'autres chanteurs ont joué les grillons champêtresLa rue, les pianos-bars, les métros, les restos comme Piaf, Renaud, Souchon, Winston, Brillant, Ségara, Maurane.. pour déverser une mélancolie, à raconter sa vie avec humilité". Puis, miracle, une chance, que quelqu'un repère la "perle rare". "Je me voyais déjà" chantait Aznavour. Rêver d'être "Le chanteur" pour Balavoine.

Galérer est une bonne manière de commencer et monter sur le train du succès grise mais ne rassure pas pour la suite pour le commun des mortels et encore moins dans le showbiz.

"Très chère originalité" ai-je écrit, il y a longtemps. Le showbiz y était mentionné. Les découvreurs de talents aussi. La gentillesse, non.

La chanson "Si je perds" que chante Zaz, traite d'une femme atteinte d'Alzheimer, est un risque à courir mais qui sera comprise si l'interprétation va de pair.  

Produire, c'est risquer et considérer, du moins dans sa tête, que ce qui vient après devra toujours être meilleur que ce qui précédait. Les bides existent et doivent exister. 

"Les joyeux guérissent toujours" lançait Rabelais.

Et il avait raison, c'est exactement ma manière de fonctionner en jouant à "l'enfoiré".

La phrase de Rabelais a été reprise comme titre d'un livre de Patrick Sebastien qui en a fait "sa maxime de vie pour faire face aux chagrins, aux blessures, aux deuils, aux défaites et aux trahisons que nous inflige la vie", comme il le disait.

Là, je suis d'accord à 100% et j'ai survolé son livre.

Il écrivait: "Être drôle, c'est être regardé dans l’œil dédaigneux comme un clone regarde un clown. Le stress tue des milliers de personnes chaque jour d'une manière comme une autre. Le sourire comme seule vie passe par le parasitisme, la tromperie, la fuite, le faux-semblant et la séduction.". 

Auditeur fidèle des "Cafés serrés" avec, ce qu'il faut bien appeler, sa bande d'enfoirés, j'adore.

Pas de "best of" pour la dernière de Gunzig, mais l’angoisse de ne pas revenir:
podcast

Une crise d'angoisse en pensant aux risques qu'apporterait l'avenir et ce fut la bonne idée d'imaginer les événements du futurs à l'avance. Dans les relations humaines, les échanges de bons ou de mauvais procédés se passent mieux en riant un bon coup.

La nature est amorale, sans cruauté, sans bonté. Ok.

L'homme s'adapte aux circonstances et à son environnement dans une compétition de la survie.

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Au travers d'une coopération organisée, les choses changent pour lui, sous le couvert de la démocratie et de la loi du nombre,  comme des dominos, les uns entraînant les autres, transformant l'évolution en révolution. 

Comment pouvait-on penser que la situation économique allait s'améliorer après avoir instauré un régime plus religieux, moins laïc quand 11,3% du PIB du pays se greffe sur le tourisme? Il vaut mieux s'attirer des relations emblématiques générales que des gentillesses symboliques et religieuses trop particulières. Louxor en devient une ville fantôme, une conclusion logique. 

"La seconde révolution égyptienne en 10 phases et une plaisanterie" : « Nasser, el-Sadate et Moubarak ont tous essayé de se débarrasser des Frères musulmans, mais seul Morsi y est parvenu ».

Quant au Pape François il fustige l'indifférence face aux migrants à Lampedusa, offre une messe par gentillesse. Est-ce une manière d'inviter au Saint-Siège? 

Les gentils ne sont peut-être pas ceux que l'on croit, en définitive. Etre gentil est, tout autant, un jeu d'influence de meneurs. Rappelons que dans le discours biblique, le terme Gentils désigne les non-Juifs. Tout se mélange, s'imbrique.

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Un gentil serait-il celui qui reste dans l'ombre?

Pierre Dac disait, avec raison, « Dans le monde affairiste du show business, il n’est pas nécessaire d’être bon musicien pour bien connaître la musique. ».

Si regarder dans la même direction que les autres, c'est être considéré gentil, cela ne veut pas dire qu'il faille toujours se conformer sans être pleinement conscient de ce qu'il en adviendra ensuite dans la pratique. Un esprit grégaire le prendrait sans réfléchir quitte à se retrouver en porte-à-faux et rechercher un répondant, un porte-parole dans tous les cas de déchirures de l'image de départ. 

A garder le sourire, c'est, au moins, une personne qui peut se considérer comme heureuse: son image dans le miroir. Mais, ce n'est pas un triomphe à l'y rechercher indéfiniment...

Dans le "Bûcher des vaniteux 2", le polémiqueur, Eric Zemmour reprenait les événements de 2012. (j'en avais parlé dans l'article précédent mais pour la version de 2011)

0.jpgAu dos du livre, il écrivait "Ils ont gagné. Ils sont le bien, le juste, le bon. La victoire du progrès sur la réaction de la lumière sur l'obscurité, du peuple sur la bourgeoisie, ni s'ils sont les nouveaux bourgeois, que le peuple a abandonné depuis longtemps. Ils on gagné et la réalité n'a qu'à bien se tenir. les nations, les frontières, les sexes n'existent plus, seules les impôts existent. Ils ont gagné et les méchants peuvent trembler et les bons se rassurer, les méchants se taire et les bons sans terre, sans voix, sans visage, parler, si ce n'est celui de la haine de tous les mots qui se terminent par "-phobes". Toujours la même histoire folle plein de bruits, de fureurs, contée par un idiot. Mais l'idiot, c'est moi".

Il y a l'art d'être méchant comme il y a la déchéance à être trop gentil.

Je ne partage pas toutes les idées de celui qui se dit "idiot" mais il est vrai que, pour la plupart, l'homme n'existe plus en tant qu'entité simple.

Il s'est vu obliger de s'harmoniser sous le seau de la démocratie qui fera tout bien à sa place, alors que, parfois, cette démocratie devient l'alibi de toutes les démagogies, de toutes les régressions et de tous les renoncements.

0.jpgLa démocratie lisse tout sur son passage et se fout royalement des minorités. La charria est, pour certains, une autre démocratie, qui déiste ne fait guère mieux en s'attirant les bonnes grâces spirituelles. 

Alors, l'homme choisit son clan, son parti et se dit content, conscient d'avoir ainsi fait son devoir. Être interlocuteur observateur, critique qui ne prend pas parti, ne suffit plus à ce genre de concitoyens. Il doit se sentir épaulé pour prendre une décision.

0.jpg"Ce n'est pas parce que tout le monde est dans l'erreur que tout devient vrai", une phrase qui me revient bien à propos.

L'égocentrisme est considéré comme mauvais. La solidarité et le social sont parmi les bons, car tout doit rester gratuit en "All inclusive" et en gardant, en plus, le "Team spirit".

Cela ne sert, peut-être, à rien pour celui qui est le plus intéressé mais cela peut rapporter gros en dehors de lui.

Cesser d'être gentil, commencer par être vrai dans le corps et en esprit, une sagesse qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui, au moins, n'a pas besoin de souffrir de l'opinion démocratiquement vôtre.

La nature est paradoxale, pourquoi l'homme ne le serait-il pas? Mais il y a un art de ne pas être gentil.

L'empathie cognitive ne tient pas compte des dichotomies du diable contre le saint, du bien contre le mal, de la gauche contre la droite, mais demande une remontée aux sources pour éviter les écueils et les effets secondaires.

Alors, pour finir, une vieille chanson, un spectacle permanent...


L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Sagesse, beauté et gentillesse ne font bouillir aucun chaudron. », Proverbe français
  • « La gentillesse s’improvise et l’agressivité se prépare. », Philippe Bouvard
  • « L'empathie est une vertu publique obligée alors que l'indifférence est un vice privé. », Jean Dion
  • « Il faut avoir le plaisir de l'autre mais pas le besoin », De Kersauson

02/07/2013

Une Grand-Place comme un théâtre baroque

Pour débuter nos promenades de vacances, pourquoi ne pas commencer par la Grand-Place de Bruxelles? Que dire à son sujet qui n'a pas encore été dit? Son histoire voit loin et vaut d'être approfondie pour en comprendre son déroulement. Ce 2 et 4 juillet, c'est la parade de l'Ommegang, une occasion de plus. 

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"La Grand-Place, le plus beau théâtre du monde", comme disait Cocteau..

Moi, qui la connaît depuis toujours, je ne sais pourquoi la Grand-Place m'attire encore.

Est-ce l'ambiance, l'envie de m'apercevoir que les touristes y viennent de partout avec une certaine fierté? L'ambiance bon-enfant qu'on y trouve avec les jeunes étudiants qui y viennent chanter pour se faire entendre?

C'est chez moi, ma place, quoi... Et plus je regarde, plus j'ai envie de regarder...

La place, un rectangle parfait de 110 mètres de long sur 68 mètres de large, bordée de 31 maisons corporatives.  

En permanence, des guides se font suivre le bras levé avec le parapluie ou ce qu'il en reste, mais surmonté d'un signe distinctif. Dernièrement, des touristes chinois m'avaient intéressé par leurs mimiques, leur besoin d'apprendre un passé qu'ils ignoraient par leur guide.

Guide, je l'ai été moi-même, l'espace d'une matinée avec une famille de Suisses. Je me rappelle encore, j'avais dû me documenter, entre autres, au sujet de la Grand Place. 

Ce 22 juillet, je me trouvais sur la place, un Ivoirien, émerveillé, m'avait adressé la parole pour me questionner. C'était la première fois qu'il venait à Bruxelles.

Est-ce le Palais Royal? Me demanda-t-il en pointant du doigt, la Maison du Roi. Comme j'avais préparé ce billet, je lui ai donné toutes les informations encore fraîches en mémoire. J'avais rendu apparemment, cet Ivoirien, heureux d'être là.

Un jour, au même endroit, de jeunes étudiantes m'avaient demandé si je savais s'il y avait des symboles maçonniques sur les façades de la Grand-Place. Ma réponse fut "oui", sans chercher à les désigner. Avoir eu un premier roi, Léopold Ier, qui était franc-maçon, cela ne pouvait pas être une surprise. 

On dénombre sept entrées pour se rendre sur la place. La rue au Beurre et la rue de la Colline sont les principales rues qui déversent leurs flots incessants de touristes.

La Grand-Place a vu accueillir, avec chaleur, tous les grands de l'histoire comme visiteurs par la population bruxelloise dans un intérêt partagé.  

Historique

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Au départ de l'histoire, une éminence sablonneuse, un ancien banc de sable au milieu de marécages, entre deux ruisseaux, le Spiegelbeek et le Smaelbeek. Rien qui puisse prédisposer le terrain à devenir une capitale.

Mais qu'est-ce qui a pu attirer des marchands pour y tenir un marché vers 979, date qu'on attribue à la naissance de Bruxelles? Charles de France, duc de Basse Lotharingie, qui vient se reposer en son château de l'île Saint-Géry de Bruocsella et qu'il a fait fortifier comme un nouveau castrum? Il ne se doute pas qu'il vient de fonder une future capitale. Les ducs de Brabant en font une étape marchande sur la route entre la Germanie et l'Angleterre. Dès le XIIème siècle, des échevins constituant la classe riche qui détenait le pouvoir législatif, font naître l'essor commercial et s'installent dans les rares maisons en pierres avec une tour d'Horloge à l'emplacement de l'Hôtel de ville. En 1390, les gens du peuple se groupent en corporations dans des boutiques en bois.

Au XIème siècle, la place prend le nom de Nedermarkt (le "marché bas") en recevant les premières pierres sur un espace assez irrégullier, bordé de cabarets et de maisons particulières et protégée par un donjon carré, considéré comme une tour ducale avant de devenir un beffroi comme halle de boulangers et de bouchers. Un rappel de cette histoire par le nom de la rue Chair-et-Pain.   

Les premières rues ne deviennent pavées qu'au XIVème. 

En 1401, s'ouvre la première chambre rhétorique, la "Den Boek" (le Livre) qui a pour devise "Om beters wille" (pour vouloir mieux). Le but s'exercer à la déclamation, de cultiver la poésie et de mettre en scène "mistères", "esbattements" et autres facéties.

En 1421, l'activité bruxellois est intense et très différente des campagnes. Les métiers sont spécialisés et 49 corporations sont regroupées en 9 Nations avec chacune un Saint patron. Les draps et les tapisseries sont des emblèmes de Bruxelles par leur finesse. 

Le 8 octobre 1430, Philippe le Bon fait sa "joyeuse entrée" à Bruxelles s'installe au Palais du Coudenberg. Bruxelles devient la capitale des Etats bourguignons. Les États du Brabant lui jurent fidélité en échange de concessions sur leurs privilèges et jurent de ne jamais engager de guerre contre la principauté de Liège ou contre l'Angleterre. Aux dépens de Louvain, elle devient capitale du duché de Brabant, grâce à la qualité de son drap dont les cours de Navarre, de France et d'Aragon raffolent. Les ducs de Bourgogne s'installent avec un noyau francophone qui investit la bourgeoisie commerçante qui fait sourire les Flamands "le pouvoir parler français". Ce n'est que Charles le Téméraire qui jette son dévolu sur Malines. Marie de Bourgogne signe la charte du Grand Privilège en 1477.

0.jpgLe 5 janvier 1515, Charles Quint, presque âgé de 15 ans, est intronisé prince des Pays-Bas devant les états généraux réunis à Bruxelles. Né à Gand, il parle le flamand. La Grand-Place est prête pour l'accueillir et l'honorer une première fois comme "prince naturel".  

Dès 1530, Bruxelles devient une première fois, capitale de l'Europe qu'il voulait créer, puisque les institutions du "Conseil d'Etat" (conseil pour le politique), du Conseil privé ((le législatif) et du Conseil des finances (la fiscalité et les monnaies) y sont transférées, tandis que le "Grand Conseil" (justice) reste à Malines. 

Le 2 juillet 1549, c'est la Joyeuse entrée dans la ville. Elle sera fêtée tous les ans lors de la fête de l'Ommegang. Bruxelles devient, ainsi, le centre politique et administratif de son empire "où le soleil ne se couche jamais" comme "une capitale européenne agréable à voir et à habiter". La noblesse obtient des postes clés. Ultra-catholique, la cité ouvre ses portes aux exilés de l'histoire.

Côté plus noir, Charles Quint crée l'Inquisition d'Etat et la terreur religieuse règne. Deux augustins réformés, Henri Voes et Jean Van Essen,  sont brûlés vifs.  

Quand, en son Palais de Coudenberg, il abdique, le 25 octobre 1555, son fils, Philippe II, perçu comme un étranger espagnol, prend le pouvoir et fait gronder la révolte des gueux contre la domination espagnole.

Le 5 juin 1568, envoyé par lui à Bruxelles, le duc d'Albe fait décapiter les Comtes d'Hegmont et de Hornes, fidèles au roi d'Espagne, mais qui sont soupçonnés d'hérésie et de crime d'Etat. Tyran sanguinaire ou obéissance aveugle à Philippe II, ce duc d'Albe?

0.jpgLe XVIIème siècle se caractérisent en confortant l'indépendance des Provinces-Unies avec à sa tête, l'archiduc Albert d'Autriche et l'infante Isabelle d'Espagne. Une période de prospérité qui n'empêche pas les tribunaux d'exceptions pour hérésie et sodomie. Le médecin Van Helmont, du sculpteur Jerôme Duquesnoy, du philosophe René Descartes en font les frais...

En 1648, la Paix de Westphalie est signée.

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En 1667, le États bruxellois votent la levée du gigot, l'impôt sur la bière. Fait cocasse, si ce n'est que la même révolte des bourgeois reprendra vingt ans plus tard. 

La même année, les troupes du marquis de Castel Rodrio, gouverneur de Bruxelles sont impuissantes face à la déferlante française.

Pour contrer l'invasion, les Provinces-Unies, l'Angleterre et la Suède s'allient contre la France dans une Triple Alliance. Le gouverneur de Bruxelles, Monterey, déclare la guerre à la France, le 16 octobre 1673.   

Du 13 au 15 août 1695, le Maréchal de Villeroy, envoyé par Louis XIV, choisit de bombarder Bruxelles, pour faire un exemple et surtout redorer son blason auprès du Roi. De son quartier général à l'abbaye de Dielegem, 25 mortiers et 18 canons à boulets rouges détruisent 16 églises et 3.800 maisons de la ville, dont celles de la Grand-Place. Un gigantesque incendie s'en suivit. L'hôtel de ville et la Maisons du Roi sont touchés. Mais la ville ne se rend pas, malgré l'affront.

0.jpgAprès le traumatisme, une fièvre de reconstruction réunit plusieurs centaines de milliers de florins. L'inauguration des travaux aura lieu dès mars 1696. En 1699, presque toutes les maisons sont reconstruites. Les maîtres d'oeuvre sont Gian Paolo Bombarda, Guillaume de BruynAntoine PastoranaJean Van Delen, Jean Cosyn...

Dès le XVIIIème siècle, les Pays-Bas deviennent autrichiens. En 1718, les doyens des Neuf-Nations se soulèvent et refusent de voter des impôts et réclament le retour des privilèges. Rebelle, François Anneessens est condamné à mort. Français et flamand sont déjà des langues concurrentes. Le prince de Lorraine entre à Bruxelles le 26 mars 1744 et les hostilités contre l'Angleterre et l'Autriche commencent.  Assiégée, Bruxelles retombe.

En 1742, deux loges maçonniques "Union" et "Equité" s'ouvrent à Bruxelles.

Le 4 mai 1746, Louis XV y fait sont entrée. Compter sur la Prusse et Frédéric II semble être la solution. 

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Le XVIIIème, le siècle des Lumières, est une période d'envol économique avec le soutien de l'esprit démocratique. Les pénuries, les grèves et d'autres émeutes populaires sous Joseph II, despote éclairé, qui entend soumettre les trois loges maçonniques, vont l'entraver. La Belgique redevient la zone tampon entre la France et ses ennemis. La République française anticléricale supprime les neuf départements belges de l'ancien régime. La ville réalise qu'elle est l'otage d'une culture qui n'est pas totalement la sienne.

En 1793, les Sans-culotte, iconoclastes, s'en prennent aux symboles des pouvoirs royaux et corporatifs..

Le 16 février 1798, Bonaparte entre dans Bruxelles. 

0.jpgAprès 1815, la maison d'Orange-Nasau est appelée à diriger la Belgique, comme nouvelle barrière contre la France. Elle tente d'imposer la langue "Neerlande". C'est l'échec, cela ne plaît pas à la partie méridionale et l'anarchisme se développe pour déteindre en volonté d'indépendance qui aboutira à la création de la royauté "Belgique" en 1830. Une suite à un opéra patriotique, sans grande valeur artistique, joué à la Monnaie.

La ville arbore le français comme un label de prestige tandis que les Flamands, organisés en corporation, s'en insurgent par voie de presse.    

L'industrialisation rapide, les importations de matières premières et les exportations des productions concrétisent l'option libre-échangiste avec le modèle de la puissante Angleterre, alors que les milieux agraires restent favorables au protectionnisme.

Entre 1860 et 1870, Bruxelles s'embellit. L'eau, le gaz, du rail à l'électricité et le voutement de la Senne insalubre font partie des améliorations...

0.jpgLa Belle époque a commencé pour la ville qui devient la capitale européenne de la science.     

En 1880, le Bourgmestre, Charles Buls, désire conserver l'éclat des maisons de la place et taxe leurs propriétaires en conséquence. L'idée de la valeur patrimoniale de la place prend, ainsi, son essort.
Les dernières invasions seront allemandes lors de deux guerres mondiales malgré la neutralité de la Belgique. Hitler passera cinq fois à Bruxelles mais ne visitera jamais la Grand-Place, trop attiré par la grandiloquence du Palais de Justice.
 
En 1975, le millième anniversaire de la ville est fêté en grand pompe. Depuis ces années-là, le néerlandais perd son image de langue de pauvres paysans pour être remplacé par celle parlée par le Flamand cossu. Le bilinguisme s'est installé par la force de l'obligation de trouver un emploi.
 
Le 2 décembre 1998, la place s'inscrit au Patrimoine mondiale de l'UNESCO et des restaurations successives de l'Hotel de ville et de différentes façades sont entreprises.
 
Visite des guildes de la Grand-Place
 
L'Hotel de Ville D'abord, l'aile gauche, entre 1402 et 1421, faisant le grand chambardement des expropriations d'une quinzaine de maisons.
En 1444, l'aile droite, dont Charles le Téméraire posa la première pierre et de la tour. Charles le Téméraire aimait Bruxelles et était, pour raison d'Etat, sans pitié pour Liège et Dinant.
Sous le patronage du l'architecte, Jan Van Ruysbroeck, l'aile droite de l'Hôtel de Ville fut construite plus courte, parce qu'il ne restait pas suffisamment de place pour la construire en équilibre en largeur. Contrairement à la légende, l'architecte ne se suicida donc pas pour n'avoir pas respecté l'équilibre des dimensions de sa construction. Il mourut, quarante ans plus tard, de vieillesse.
Sur le porche, les statues des saints patrons des Serments, milices qui étaient chargés de défendre la ville, avaient pris place, mais furent remplacés en 1850 lors d'une restauration.
Trois cents statues de personnages importants se partagent la façade (Charles Martel, Pépin Le Bref, Charlemagne, Philippe le Bel...). 
(L'Hotel de ville de Louvain (Leuven), plus petit, suit la même logique avec le même succès).  
Dans la cour intérieure, les statues de l'Escaut et de la Meuse. 

Martin Van Rode fit élever au sommet de la tour de 96 mètres, la girouette de Saint Michel terrassant le dragon en 1454. Girouette dorée de 4,5 mètres qui a été descendue sept fois, pour être restaurée dont la dernière fois en 1996.

Les autres maisons s'ornèrent suivant l'inspiration de la Renaissance italienne du XVIème derrière leurs fiers pignons rutilant d'or, avec leur bannières comme symboles de leurs privilèges. 

A droite, sous le chapiteau, les Moines buveurs et l'Empilement des chaises (skupstoel). A l'intérieur, le vestibule, la galerie des Souverains, la salle du Conseil. Une salle avec plafond qui montre l'assemblée des dieux. La vie de Clovis dans la salle Maximilien et les corporations bruxelloises, les statues des souverains qui règnèrent sur les Pays-Bas dans la salle Gothique.

Avec le dos à l'Hôtel de ville, en regardant de gauche à droite, on trouve successivement les maisons:

Le Renard, la Corporation des merciers (1382) avec le goupil doré, assis qui attend, en façade et saint Nicolas, au sommet de la maison.

Le Cornet, la maison des bateliers (1697) en forme de poupe de vaisseau sur l'un de ses pignons.

La Louve, la guilde des archers, protecteurs de la ville, constitués en milices, avec les statues de la Vérité, du Mensonge, de la Discorde et de la Paix. Les statues de Romulus et de Rémus en façade.

Le Sac, la maison des Ébénistes des Tonneliers (1444) avec un personnage qui tient un sac ouvert entre des vignes.

La Brouette, la maison des graissiers, sanctifiée par saint Gilles avec sa biche à ses côtés.

Le Roi d'Espagne, avec le buste de Charles II d'Espagne et deux esclaves enchaînés, devenu un grand café bien connu des étudiants et de leurs guindailles.

Avant la rue au Beurre...

Les maisons de l'Ane, de la Sainte-Barbe, du Chêne dédiée aux tisserands, du Petit Renard, du Paon, de l'Heaume sont de les toutes premières maisons de Bruxelles, petites. 

La Maison du Roi, la Broodhuis, édifiée comme Halle au pain sur ordre de le jeune roi des Espagnes, Charles Ier, futur Charles Quint. Le but, installer le percepteur des impôts impériaux pour payer les frais occasionnés par les guerres avec la FranceÉdifiée entre la rue Chair et Pain et la rue des Harengs. Elle est devenue un musée après sa reconstruction de 1873. Baudelaire y donna des conférences sans succès. Aujourd'hui, elle abrite les costumes de Manneken-Pis qui plus que le "Cortège de noce" de Pierre Breughel, attirent les touristes.  

Le quartier de maisons suivant a été restauré en 2012. 

0.jpgLa chambrette de l'Amman, l'Ammanskmerke, permettait au représentant du duc de Brabant de donner une meilleure vue pour assister à l'exécutions des sentences.

Le Pigeon, la Corporation des Peintres dès 1510. C'est Victor Hugo, exilé de France, qui en 1852, y trouva refuge et y écrivit son pamphlet "Le Petit Caporal".

La Chaloupe d'Or, maison des tailleurs, avec sur le fronton Saint Boniface, leur patron.

L'Ange, maison connue pour ses dentelles de Bruxelles.

La Maison Anne et Joseph occupée par les chocolats Godiva qui n'ont rien d'une légende.

Le Cerf, étroite avant la rue de la Colline.

La Maison des Ducs de Brabant, restauré en 1990; présente une rangée de bustes brabançons. Ensemble de sept maisons corporatives: la Bourse, La Colline, le Pot d'Etain, le Moulin à vent, la Fortune, l'Ermitage et la Renommée

Le Mont Thabor aux 3 Couleurs.

La maison de la Rose.

0.jpgL'Arbre d'Or qui a changé plusieurs fois de nom et de fonction. Elle est la maison des Brasseurs, mais qui a appartenu successivement aux tanneurs, aux tapissiers et aux cervoisiers, ce qui explique ses caves et son musée de la Brasserie.  Restaurée en 2010, Charles de Lorraine, lui qui a été l'instigateur du style "Grand Siècle", a retrouvé l'or de ses débuts à son sommet. 

La maison du Cygnemaison des bouchers en 1720. Lieu de divertissements, tour à tour cabaret, académie de musique et théâtre, elle devient un restaurant de prestige. Elle a été habitée par Karl Marx en 1845 et a vu la fondation du Parti Ouvrier Belge, le 15 avril 1885.

La maison de l'Etoile, la plus petite maison, reconstruite en 1895 sur une colonnade pour faciliter le passage, détient sous son arche, le monument à Everard 't Serclaes qui chassa les troupes du Comte de Flandre en 1256, ce qui ne l'empêcha pas d'être assassiné et de tomber sous les coups du Sire de Gaasbeek. Il est devenu porte-bonheur pour les passants qui le caressent. Ce qui, à la longue, a envoyé le monument en restauration depuis un certain temps.

Pas de tapis de fleur, cette année. Il a lieu toutes les années paires et le dernier, ce fut en 2012

0.jpgL'Ommegang, j'en ai parlé l'année passée. Elle a lieu, cette année, aujourd'hui ce 2 et le 4 juillet. Pas question de trouver la moindre place. Cette année, Jacques Weber a pris le rôle du personnage "Heraut", avec Bert Kruisman et Jo Lemaire comme première entrée sur la scène de l'Ommegang. L'année passée, c'était le chroniqueur, Stephane Bern qui jouait au commentateur.0.jpg

Conclusions ou constatations

La semaine dernière, Eric Zemmour était de passage à Bruxelles, interviewé à l'occasion de la sortie de son livre "Le bûcher des vaniteux 2" (interview complet).

L'interview se termine par: 

-La vanité est-elle un mal typiquement français?

-Oui. Quand on a été si grand et qu’on ne l’est plus, il ne nous reste que la vanité du passé qu’on a eu. En plus, c’est un mal qui a été aggravé par notre système de cour. À partir du XVIe siècle, on a imité les cours italiennes, en le faisant en grand, et on a développé la vanité. Défaut encore accru aujourd’hui parce qu’il n’y a plus la puissance qui existait auparavant. C’est tout ce qu’il nous reste, la vanité.

- Et en même temps, il y a un gros courant en France de "France bashing"…

- Absolument. Et, je ne dis pas France bashing, je dis haine de soi. Mais c’est un courant qui date. Déjà au XVIIIe siècle, Voltaire tape sur la France en permanence, mais ça a pris des proportions énormes depuis la défaite de 1940 et surtout à partir des années 70. Toutes les élites bien-pensantes passent leur temps à vomir la France. Si on les écoute, on a du retard sur tout. Le fond de tout ça a pris corps au XIXe avec la domination de l’Angleterre, c’est "ah qu’est-ce que c’est dommage que la France soit un pays catholique et non pas protestant", on aurait été un pays de commerçants et non pas d’agriculteurs. Après, ça a été "qu’est-ce que ça aurait été bien si on avait été Américains". D’où l’introduction du modèle multiculturaliste alors qu’on avait à mon sens, avec le modèle assimilationniste, le meilleur modèle d’intégration des étrangers au monde, et je pèse mes mots. On a abandonné tout ça pour un mythe anglo-saxon. Après, on a voulu être Suédois, maintenant on veut être Allemand car "ils font tout mieux que nous".

0.jpg- En Belgique, le mariage gay est passé comme une couque. Est-ce que ça vous interpelle?

- Les Belges n’ont peut-être pas la culture du débat idéologique qu’on a en France. Et cette histoire de mariage homosexuel n’est effectivement pas une question qui concerne beaucoup de monde, mais une question idéologique majeure. Je pense que les Belges n’ont pas ce goût des querelles purement théoriques. Ce n’est ni une qualité, ni un défaut à mes yeux, c’est comme ça. J’aime les querelles idéologiques et je pense qu’elles sont importantes car ce sont les idées qui font avancer le monde. Donc, en clair, les Belges sont passés à côté du sujet.

Avec quelques mots, il a compris ce qui nous différencie, Belges et Français. La France est un pays d'agriculteurs, plus tourné vers la terre que vers la mer. Tout ce qui est anglo-saxon est antagoniste pour un Français. 

Bruxelles s'est souvent laissée envahir avec une sorte d'enthousiasmes intéressés. Entrer dans les bonnes grâces de ses envahisseurs avec l'intention de faire des affaires avec eux a généré une tradition d'hospitalité peut-être forcée. L'Ommegang, fêtée tous les ans, n'en est qu'une preuve historique. Tant que la ville profitait de cette collusion, elle n'y voyait aucun inconvénient. Quand les régents exagéraient la ponction des taxes, la révolte finissait par gronder. Le Bruxellois est frondeur, rebelle mais surtout un marchand bourgeois et opportuniste à ses heures. 

Tellement de visiteurs étrangers se sont installés à Bruxelles, temporairement ou à demeure, que la ville est devenue la capitale du commerce libre-échangiste, tounée vers la mer pour les importations et les exportations via Anvers-Antwerpen. Les noms des autres rues qui jouxtent la Grand-Place démontrent l'option marchande: rue des Harengs, du Marché-au-Charbon, du Marché-aux-Herbes...

La ville est devenue la reine de l'assimilationnisme, du multiculturalisme, du cosmopolitisme et n'a pas eu la culture du débat idéologique que revandique Eric Zemmour. Ce qui, aujourd'hui, oblige à s'exprimer, parfois, bien plus qu'en globish pour se sortir de situations inextricables interculturelles dans des affaires relatives au commerce.

L'épisode du bombardement de Villeroy n'a pas été un phénomène banal. Il a été une terrible leçon pour Bruxelles. Se sentant vulnérable sans pouvoir lever une armée, la ville a appris à louvoyer, à composer avec ses ennemis. Profile bas, elle faisait seulement appel à des résistants ou des mercenaires quand ceux-ci la rançonnaient. 

Rien d'anormal à ce qu'en 1831, Léopold 1er débarque d'Angleterre et reçoive une "standing ovation" par la population belge et bruxelloise pour devenir le premier roi de la Belgique indépendante.

Ce fut un espoir de faire table rase des invasions du troisième type même s'il transitait par l'Angleterre.

Bruxelles n'a jamais eu la vanité et le chauvinisme qui dépasse parfois l'entendement d'un Français qui, sans le savoir, ne peut le reconnaitre.

L'esprit bruxellois se distingue par un côté très libéral avec une couche zinneke (batarde) qui s'exprime lors de la Zinneke Parade (prochaine en mai 2014). 

Dans les années 1970, on parlait de la Grand-Place comme du plus beau parking de voitures du monde. Etre envahi de voitures quand c'était commode, même si ce n'était pas très esthétique, le Bruxellois n'y voyait pas de drame en la demeure. Aujourd'hui, les voitures n'y sont admises que pour la célébration des mariages du samedi, ce qui ajoute une attraction à la place avec les voitures aux mètres. Weekends pendant lesquels, les vendeurs d'oiseaux venaient vendre leur volière. Remplacés par des vendeurs de plantes et de fleurs, aujourd'hui.

0.jpgC'est peut-être le moment de ressortir un article du journaliste français Quatermer. 

"Bruxelles, une ville sale", comme il le disait... 

Non, peut-être... 

Je ne vais pas aller par quatre chemins et j'avoue que c'est exactement ce que j'ai dit à mes hôtes suisses dont je parlais au début de l'article, en préambule à leur visite. Difficile de faire autrement dans une ville qui véhicule toutes les cultures.

"Une ville qui ne sait pas, suffisamment, mettre son patrimoine en valeur", ajoutais-je, immédiatement après. Il suffit d'aller voir une ville comme Barcelone qui a les mêmes objectifs de représentation de l'art nouveau, pour reconnaitre les différences d'approche.

Une ville pour laquelle il faut lever les yeux sur ses façades et non pas de les laisser rivés au sol pour ne pas glisser.

Le Guardian remettait le couvert, en disant que la Gare Centrale était une gare hideuse. Oeuvre de Horta, elle cache beaucoup de passages souterrains qui valent bien plus qu'un coup général.

La ville n'est pas, uniquement, une Grand-Place.

Se prendre au sérieux avec cela, c'est quoi ça, une fois?

Alors, une question me vient à l'esprit: un Bruxellois, pourrait-il vivre dans une ville trop aseptisée dans laquelle tout est "clean" et "soft"? Je n'en suis sûr.

Qu'entend-on par Bruxellois, d'ailleurs?

Le Bruxellois, s'il a besoin d'être étonné et, qu'entre deux visites, que tout ait changé ou presque, il a dû le constater sans pouvoir donner son avis. Avec une ville est en travaux perpétuels, le voilà comblé, si pas saturé.

La bruxellisation l'avait déjà beaucoup entamée en vue de l'Expo 58. Elle n'est pas terminée.  Elle s'est seulement réveillée à vouloir devenir une "métropole" quitte à risquer de perdre son âme en perdant les dimensions humaines d'une ville.

Ce n'est plus le temps où Bruxelles brusselait. Ok. "Au suivant" comme chantait le Grand Jacques, à condition qu'il reste maître du choix de ce "suivant".0.jpg

Etre patriote, chez nous, c'est quoi? Je me la suis posée. Une question, très personnelle, en définitive.

Le "Bruxelles, je t'aime", un peu trop PS, était-il dit. Il faut s'y faire, tout n'est que politique par un des bouts.

La visite est terminée... éN'oubliez pas le guideé, dirait-on dans ce cas...

Cette visite historico-touristique, une fin en soi? Pas du tout. Les hommes passent, les batiments et les pierres restent comme patrimoine ou non.

Beaucoup de mystères demeurent encore, sur la présence de certaines statues et décorations qui ornent la Grand-Place, ce qui fait que des légendes circulent.

Il y a les fêtes pour rappeler tout cela.

Beaucoup de livres et de photos touristiques sur Bruxelles, moins sur la Grand-Place.

En annexe quelques photos qui suivent l'ordre de la visite, ou celles de l'Ommegang de 2011.


 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Une place pour les rêves Mais les rêves à leur place. », Robert Desnos 
  • « Une tête sans mémoire est une place sans garnison.  », Napoléon Bonaparte 

Source: "Sociologie de la Bruxellitude" de Louise-Marie Libert 

 

0.jpgMes sources: Entre autres, le "Guide "Belgique" de la Renaissance du livre, le GEO n°86 d'avril 1986.

 

Mise à jour 15 août 2013: Du 14 au 18 août Floralie sur la Grand-Place. Quelques photos sont ici

 

Je m'en voudrais de ne pas citer ce nouveau livre au sujet de la "Grand-Place", le plus documenté que je connaisse (son site). Je n'ai pas 35.000 clichés, mais j'en ai quelques centaines tout de même.

Je me réserve le livre comme cadeau d'anniversaire...

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25/06/2013

Juilletistes, à vos marques

"Merci patron", la chanson fétiche des Charlots, me servirait-elle pour une entrée en matière? Nous aurions besoin de leur humour, aujourd'hui. Après la fête de la musique, l'été est là, place aux vacances avec des articles qui se mettent au vert dans la suite...  

0.jpgLes congés payés, le pécule de vacances, une habitude depuis 77 ans qu'il faut utiliser quand on peut, pas nécessairement, quand on veut.

Une pensée émue pour les Américains?

Les États-Unis, pays où tout est possible mais où il n'existe aucune obligation légale pour les employeurs d'octroyer des congés payés à leurs salariés. Un quart des salariés n'en bénéficient pas. Ce qui ne signifie pas qu'ils ne prennent pas de congés. 

Dans les Corporations, deux semaines de congés payés sont règle courante et peuvent être complétées parfois de congés non rémunérées. Les quatre à six "sick days" (jours de maladie tolérés) peuvent être cumulés aux congés payés si le salarié n'a pas été malade. 

Bel oxymore, les paroles de la chanson des Charlots...0.jpg

La fête de la musique n'est pas parvenue à renverser la morosité ambiante.

Désynchronisé, de la fête, je n'en ai pas vu grand chose. Exceptionnellement,  pour cause de travaux, la fête de la musique avait lieu au Cinquantenaire. Le temps pour la fête n'y était pas.

Mais, l'homme est programmé aux événements, malgré lui,  en fonction des saisons. L'été est là, dit le calendrier, et il faut sortir ses habits de fêtes.

0.jpgSouvent, ce sont les Belges qui ouvrent le bal sur les routes des vacances. En août, les Français  prennent la relève dans un croisement qui devient rouge ou noir sur l'échelle de Richter de risques d'embouteillages.

Alors, zen, prenons ces vacances comme un message positif pendant lesquelles, il faut se ressourcer, faire un break et oublier les aléas de la vie active. 

Les derniers moments avant le départ, seront un peu stressants. C'est programmé toutes les années ainsi. Les souvenirs de stress sont incrustés au fond du cortex...

La chek list demande de jeter un coup d'oeil aux bagages, à l'administration, à la santé, au moyen de transport, aux payements et à la technologie de voyage.

Comme l'hiver a été long, que le printemps a laissé un goût de trop peu, donc, c'est encore plus crucial de changer tout cela.

Dans l'agitation, les cols blancs se sont conseillés pour la direction à prendre. Les problèmes sont toujours là, souvent en-dessous de la vérité, mais le message du patron est "On verra ça, à la rentrée". La phrase de dernière minute, la phrase qui oublie tout... Le patron, lui aussi, veut entrer dans la danse.

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Les ouvriers se sont bataillés pour obtenir les mêmes conditions sociales que les employés. Cela a fait trembler les patrons de sociétés avec les frais que cela pourrait engendrer. "On verra ça à la rentrée", répète-t-il.... 

Le fin mot de l'histoire serait-il dans ce texte de Audrey Duperon"Pourquoi votre patron se comporte comme un singe".

C'est l'effervescence du côté des caristes. Ceux qui vont retrouver leur famille dans le grand sud s'affairent avec des bagages et des cadeaux à faire péter les coffres et les remorques. Le Ramadan débutera vers le 9 juillet 2013, in cha’a-Llah.

0.jpgCette année, il y a eu quelques problèmes du côté du choix de la destination de ces vacances. Les manifestations en Grèce, l'austérité en Espagne, en Italie et au Portugal, ça la foutait mal... Les relents de religiosité en Egypte et en Tunisie, ne sont pas encore effacés. Depuis, la Turquie pète les plombs pour obtenir plus de démocratie...

Intolérable tout cela pour la paix des coeurs des touristes qui veulent passer des vacances!

Cela craint vraiment. Si cela va chauffer, ce n'est pas nécessairement dû à un coup de soleil. Au Brésil, même topo, il prend la relève, mais là-bas, c'est l'hiver qui commence alors que les médias parlent, désynchronisés, de "Printemps brésilien".

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Récemment, à deux doigts de cette période, je lisais un titre qui utilisait les mots de circonstances, en décalage "Il faut améliorer l'attractivité du climat d'investissement".

L'attractivité du climat d'investissement en vacances? Mais c'est bien sûr.  

On se rappelle, trop bien, ces beaux principes et préceptes qui s'appelaient « high-performing team, en low-cost »

Alors, fallait-il se plier à cette règle pour les vacances?

Plus question de réfléchir avec un esprit trop étroit. Fini le travailler "plus" pour gagner plus, cela va chauffer du côté budget "vacances".0.jpg

Il y a la crise et qui dit "crise" dit que ce sont des tunes à mettre dans le jackpot en prévoyance pour le budgetiser. Au diable, l'avarice et les dix commandements du management, à la con...

Les vacances et le plaisir sont les deux mamelles qui restent destinées aux membres de l'organisation de l'homme moderne.

Il y a un an, même période, Bruno Coppens puisait dans son marre de café.

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Marrant de revoir cela, après un an. Le cycle n'a pas vraiment changé. Le marre est resté le même. "Tout s'explique" toujours, comme il est dit dans une émission télé. 

A Bercy, Johnny chantait "Je te promets", lors de l'anniversaire de ses 70 ans.


A lire les paroles, je ne me doutais qu'il devait y avoir un lien aussi étroit avec les vacances. 

Je te promets le sel au baiser de ma bouche
Je te promets le miel à ma main qui te touche
Je te promets le ciel au-dessus de ta couche
Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces

Je te promets la clés des secrets de mon âme
Je te promets la vie de mes rires à mes larmes
Je te promets le feu à la place des armes
Plus jamais des adieux rien que des au-revoir 

J'y crois comme à la terre, j'y crois comme au soleil
J'y crois comme un enfant,comme on peut croire au ciel
J'y crois comme à ta peau, à tes bras qui mes serrent
J'te promets une histoire différente des autres
J'ai tant besoin d'y croire encore

 

Je te promets des jours tout bleu comme tes veines
Je te promets des nuits rouges comme tes rêves
Des heures incandescentes et des minutes blanches
Des secondes insouciantes au rythme de tes hanches

Je te promets mes bras pour porter tes angoisses
Je te promets mes mains pour que tu les embrasses
Je te promets mes yeux si tu ne peux plus voir
J'te promets d'être heureux si tu n'a plus d'espoir
 
 
 
J'y crois comme à la terre, j'y crois comme au soleil
J'y crois comme un enfant, comme on peut croire au ciel
J'y crois comme à ta peau, à tes bras qui me serrent
J'te promets une histoire différente des autres
Si tu m'aides à y croire encore

Et même si c'est pas vrai, si on te l'a trop fait
Si les mots sont usés comme écrit à la craie
On fait bien des grands feux en frottant des cailloux
Peut être avec le temps à la force d'y croire
On peut juste essayer pour voir
 

Et même si c'est pas vrai, même si je mens
Si les mots sont usés, légers comme du vent
Et même si notre histoire se termine au matin
J'te promets un moment de fièvre et de douceur
Pas toute la nuit mais quelques heures

Je te promets le sel au baiser de ma bouche
Je te promets le miel à ma main qui te touche
Je te promets le ciel au-dessus de ta couche
Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces

0.jpgUne preuve de plus? "Je te promets" est aussi, un film dramatique américain inspiré de l'histoire vraie qui raconte les suites d'un accident en automobile dans lequel une jeune femme perd la mémoire de son histoire récente. Son mari tente de lui faire retrouver ses souvenirs. Elle va découvrir, progressivement, le pourquoi, elle avait tourné le dos à sa vie antérieure. Cela me rappelle quelque chose, aussi... 

0.jpgPerdre la mémoire de ce qu'il y avait avant les vacances et progressivement et redécouvrir le pourquoi pour avoir tourné le dos au travail est tout un programme de circonstance.

Une trêve, suite à un rêve et pas de cauchemars, pendant laquelle faire appel au subconscient, oblige à croire que tout se passera toujours bien pendant les vacances. 

Le programme complet est résolument ailleurs, il se dessine longtemps à l'avance ou en catastrophe, en "Last minute".  

"Pourquoi voyager?" Quelle question? Si ce n'est d'être inscrit dans nos gènes comme les animaux. 

0.jpgPas les animaux de compagnie, comme le chien, le chat,  la tortue ou le perroquet, bien sûr... Les emmener avec soi, c'est possible mais, souvent, pas à l'hôtel. Les laisser à la maison ou pire les rejeter sur la voie publique, ce serait faire preuve d'une ingratitude innommable.

La transhumance, c'est pour les autres animaux. Les oiseaux migrateurs, les gnous, les saumons, le papillon Monarque qui se permet de lancer son fameux "effet papillon" à des milliers de kilomètres de distance, en se laissant guider par les conditions climatiques. Tous ces oiseaux vivent la mondialisation, bien avant nous, en suivant la nourriture ou une température sur mesure, quitte à en devenir des réfugiés climatiques avant la lettre.

Les pigeons voyageurs ont appris à s'orienter avec l'aide du magnétisme terrestre.

Le mal du pays, ces voyageurs ne peuvent pas l'avoir, leurs gènes le leur permettraient pas. 

0.jpgObjectiver. Drôle d'idée de parler d'objectiver un voyage, diront certains. L'aventure est-elle au bout de l'objectif? Peut-on programmer un voyage pour éviter ses aléas? Oui, pour 50%. Peut-être moins...

Choisir un thème, culturel, sportif ou simplement rester à  la piscine de l'hôtel pour lézarder.

Un trekking sous forme de pelèrinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, c'est se gaver de légendes et s'habituer à souffrir en silence avec des pieds en sang en pénitence, pour imiter le pêcheur, Saint-Jacques dans une découverte de soi. Comme dit Jean-Christophe Rufin en postafe de "Immortelle randonnée" "Compostelle malgré lui, c'est pour expliquer à ceux qui ne l'on pas vécu que le Chemin a pour effet, sinon pour vertu, de faire oublier les raisons qui ont ammené à s'y engager".

Lhassa et la Mecque, d'autres destinations lointaines, trop lointaines... Lourdes, plus proche qui fascine mais, cette année, elle avait des liens étranges avec Moïse, "sauvée des eaux".

0.jpgUn thème culturel, ce serait suivre les concerts de musique de Mozart, de fado, de flamenco ou alors, suivre à la trace, les vedettes préférées. Ces vedettes se mettent au vert sur les lieux de vacances, d'autres naviguent sur les mers à bords de paquebots géants et exercent leurs talents dans des soirées endiablées. 

Le photographe amateur, lui, recherche l'insolite avec l'aventure au bout de l'objectif et les photos souvenirs sous un angle, une exposition originale, à tout vouloir photographier quitte à risquer de perdre "l'esprit du Saint dans le corps sain" de son modèle. Tout cela pour regarder, simplement, les résultats dans l'ordre, bien plus tard, lors des soirées pluvieuses d'hiver avec dans la voix chevrotantes et fière:

- Tu te souviens de celle-là? Pas mal, non? C'était le pied...

Le pied de quoi? Du trépied qui stabilisait l'appareil numérique?

L'amateur de safaris, du vert écolo, pense à un voyage de Darwin, en remake...

Sportif, en plus, il sera prêt à déchirer son maillot parce qu'il est arrivé deuxième sur son point de chute.0.jpg

Suivre les modes, c'est le rôle des touttouristes... ou des touttourisques, pas vraiment méchants, pas vraiment idiots.

Puis, il y a le sédentaire, l'alergique aux déplacements, celui qui veut bien partir s'il peut retrouver son chez soi, avec, à table, le même steak-frites, la même bière, quitte à retourner, tous les ans, au même endroit, pour être sûr de retrouver les mêmes têtes ou pour montrer la nouvelle raquette de tennis en parlant de foot pendant les pauses cafés:

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Ah, s'il n'y avait le foot, comme la vie serait triste, condamné à parler du temps qui fait. 

Il ne l'avouera pas mais c'est aussi les raisons essentielles de sa réticence à partir en vacances, trop accroché au fauteuil, aux pantoufles et à la télé. Pour voyager, il a des cassettes de la "Croisière s'amuse". Auprès de mon arbre, je vivais heureux...

0.jpgMonsieur Hulot et le Simenon de service s'en vont écrire un roman pour  retrouver les auteurs sur les lieux de son crime.

L'écriture mène à tout... et Monsieur Hulot a sa statue dans le village Saint-Marc-sur Mer où s'est déroulé le tournage. Sa pipe volée doit se trouver quelque part, chez un collectionneur avisé.

Le choix de vacances est aussi vaste que les caractères de ses fans.

Elles ne sont pas gratuites. Les taxes routières, Monsieur Hulot ne devait pas les connaitre. Péages, vignettes & Co...

0.jpgLire les cartes pour rêver, c'est avant le départ, en repérage. En chemin, c'est faire confiance partielle au GPS et aux satellites.

Prendre des cartes, oui, mais lesquelles, à quelle réduction, à quelle échelle? Madame est, de toutes manières, considérée comme la plus malhabile pour les manipuler avec "sémiotique". Manque d'esprit d'orientation? Un vieux truc, aussi, inscrit dans les gènes qui n'auraient pas évolué assez vite?

Une injection de testostérone, c'est comme un coup de barre et çà repart pour permettre déjà à Madame, de tenir la carte dans le bon sens avec le Nord au dessus.

Pauvre de moi, j'entends d'ici, les réactions et les reproches à l'avoir écrit... Faudra que j'en parle avec Olivier de Benoist.

J'écris, ici, avec une âme parodisiaque et non, paradisiaque.

Il faut se représenter ce qu'on veut voir, avant de le voir et alors cela va tout seul. Le GPS ne sera jamais fiable à 100% puisqu'il n'est pas tenu à jour pendant les travaux sur les routes. Les choix qu'ils permettent, se limitent au "plus court" ou "au plus rapide", mais jamais au meilleur compromis. Un compromis, en fonction de quels desiderata, d'ailleurs? Par voies lentes, par les itinéraires bis ne sont pas de son ressort.

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Si, au bout d'un moment, vous constatez que vous tourner, à droite et à gauche, aux mêmes moments que la voiture qui vous précède, vous verrez qu'il a le même GPS que vous, à bord. Si vous tournez en rond, il ne faudra pas imputer la faute à Bison futé pour vous avoir détourné de vos objectifs. Le Bison est têtu, mais pas au point de vous imposer votre route. 

Faire un détour plutôt qu'un chemin direct? Cela dépend du temps imparti, du convoyeur plus que du conducteur. Au revoir, hasard, au revoir, voyage insolite. 

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Prévoir la densité de circulation, là, c'est recueillir les informations avant et pendant le trajet. Le RDC/TMC est, en principe, fait pour vous détourner d'une route encombrée. N'en tenez pas toujours compte. Faites le test. Arrivé au point dénommé "névralgique", c'est bizarre, il n'a plus de névralgique que le nom. Le bouchon a sauté depuis un moment.

Une pluie, après une période sèche, entrave tous les calculs prévisionnels. La signalisation codifiée, un autre sujet de préoccupation, inconsciemment social mais tellement dépendant du pays à traverser.      

Il n'en reste pas moins vrai que le temps passe plus vite quand on reste dans une ambiance festive à bord. 

Arrivé à destination, se tenir informé depuis l'ombre d'un palmier, informer de sa présence ne sont plus des problèmes que l'on essayait d'exprimer sur l'espace réduit d'une carte postale. C'est en ligne, sur Internet, sous l'oeil de la vidéo que cela se passe. C'est le pied, ai-je envie de dire.

0.jpgCela passe ou a passé par l'organisation des vacances avec TripLine, par la recherche de son chemin avec TripTraker, par l'établissement d'un itinéraire avec TrackMyTour et en finale, par l'explication de son aventure avec TravelPod. Un voyage à la carte? Mais n'oubliez pas que Big Brother vous suit à la trace... Snowden, "the public ennemi number one" vous la dit à partir de son refuge touristique.  

Au retour, tout sera à refaire dans l'autre sens. En fait, seulement presque, parce que le retour semble toujours plus court que l'aller. Plus d'excitation et plus rien n'est considéré comme exceptionnel. La perception du temps s'est faussée. Le "Home, Sweet home" rassure quelque part. Les repères pour atteindre la destination sont connus, détaillés dans les souvenirs. 

Pour des raisons privées et pour ne pas perdre la face, on ne peut pas tout raconter ce qu'on a fait entre le départ et le retour. Il faut avoir réussi ses vacances. C'est un must, vu qu'elles n'arrivent pas assez souvent, qu'elles coûtent cher et qu'en plus, apportent un plus au niveau social grâce au bronzage adéquat.

Tout a une fin, même les doigts de pieds en éventail, les brûlures baignées au miel de coco ou de palme. Ce putain de soleil tapait vraiment trop fort. Plus léger... Moins riche dans la poche, plus riche dans la tête.

0.jpgAlors, quand arrive le retour, après deux semaines, quand un collègue vous raconte, que tout nu, tout bronzé, ses aventures supers de vacances de manière trop enthousiaste, c'est que, peut-être, un peu honteux de le raconter, il aura oublié quelques petites péripéties au passage.0.jpg

Sans émotions, c'est que tout s'est passé, à la maison, sous la lampe cathodique à bronzer.

Et puis, qui sait, ce serait, peut-être, la lanterne rouge d'un des cyclistes qui dans les rues de Bruxelles jouait au femen ou au homen. Mais on ne boude pas quand c'est l'avenir... Tous à poil...

Il a eu trop de frais pour la maison, trop de factures en relation avec toutes les autres fantaisies de la vie moderne qui arrivent toujours au mauvais moment.

Partie remise...

L'idée des vacances qui vient au même moment par trop de monde pendant la belle saison, en juillet et en août, n'est pas la meilleure. C'est évident...

Pour justifier ce choix, les vacances scolaires, la construction du bâtiment qui s'arrête, trouveront d'autres obligations.

Il aura l'esprit grégaire, le goût de l'ambiance surchauffée, des habitudes prises quand les enfants étaient là, sont parfois nécessaires à oublier pour garder la paix des ménages. Plus on est de fous, plus on s'amuse...   

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Armes et bagages dans le coffre, le conducteur au volant, les enfants sur la banquette arrière et le conjoint à la place du mort pour suivre la caravane. Tout bien arrimé à sa place, dans chaque coin de l'espace réduit de la p'tite auto...

Si vous vous souvenez de l'escapade humoristique de ces vacances familiales... On va revivre ça, en puissance quatre.

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La bouffe, tous les jours, dénommée avec des noms exotiques, le lit du voisin, tout feu, tout flamme, qui empêchait de dormir avec ses bruits grincants trop caractéristiques et les voisins qui avaient envie de fêter trop souvent à des heures trop matinales et trop arrosées... Met de l'huile de Regglys et pas uniquement pour le lendemain au soleil.

Tous les chemins mènent à Rome, mais pas à la même vitesse et avec la même sueur.

En cette période, on hésite entre le temps de l'expansion et celui de la récession. A coup de mystifications, on en deviendrait chasseur de bulles.

Depardieu ne dira jamais qu'il est juilletiste. Il se targue seulement d'être "citoyen du monde".

En plus de la nationalité russe, de son passage subreptice, en Belgique, il va demander son septième passeport en Algérie. «Ça m’évitera de demander des visas pour revendiquer mon «droit aux excès» comme un de rebelle, qui bouscule les choses et qui est parfois ivre". "Une vie libre" comme l'a écrit Elsa Zimmerman. Une vie passionnée, géniale, gargantuesque avec superlatifs très tendance, dans une "France profonde", mais loin de la bien-pensance dans un jeu de l'échec et du hasard.

"Oui, assurément", dirait-il. 

"Non, peut être", me dis-je. 

"Dans la vie, faut pas s'en faire", une très vieille chanson qui reste possible, mais, surtout, sans humeur trop changeante, au retour. 

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Restez zen, cool, avant, pendant et même, après les vacances. 

Voyager, c'est remarquer que, malgré le livre de Alessandro Scafi "Mapping Paradise", le meilleur des mondes et le paradis n'existent nulle part et que le bonheur est affaire personnelle. Si le paradis existait, on s'y ennuierait très vite...

Quant à la promiscuité subie en juillet et en août, si vous y êtes obligé, fermez  les volets de vos paupières, mettez une musique douce dans vos oreilles et évadez-vous en esprit. Se retrouver seul au monde, avec des centaines, des milliers de touristes autour de soi, c'est géant.

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Donc, racontez vos expériences, inventez vos aventures malheureuses, sans honte. Vos débordements heureux, cela pourrait donner des soupçons de parti pris trop vite détectés... Les vrais bonheurs se tiennent en secret, pour soi car, en définitive, tous vos interlocuteurs s'en foutent de vos histoires, de vos photos ... 

Que recherchent les touristes? Et, le Belge? Serait-ce ça? --->>>

Juillet n'a jamais été mon mois de prédilection pour ce qu'on appelle les "grandes vacances".

En manque d'exotisme, je m'en vais par la rue de Brabant pour rejoindre le centre de Bruxelles. Vacances garanties sur facture, à petits prix. Mais, encore faut-il aimer les souks, la couleur café au lait et au sucre de canne... 

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Et puis, pour madame, les soldes de juillet, cela veut peut-être dire quelque chose, pour partir après, en fin de saison.

En attendant, bonnes vacances et merci patron pour les conseils et la temporisation...

Revenez-nous tous en forme.

En forme de quoi? Là, je vous laisse la réponse à votre bonne conscience...  

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Pour les autres, en avant, l'exploration proche ou plus lointaine, sous forme de billets... dès la semaine prochaine...

 

L'enfoiré,

 


Citations :

 

  • « Les vacances : des loisirs qui se répètent. », Jean Adrian 
  • « Je pensais que les vacances me videraient la tête. Mais non, les vacances, ça ne vide qu’une chose : le porte-monnaie. », Jean-Philippe Blondel
  •  « Rien n'use plus promptement que les vacances, quand elles se prolongent. », Extrait du Rouge Brésil 
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Mise à jour 24 juillet: Saint Jacques-de-Compostelle, c'est le drame. Un train fou... Pour les uns, il est le chauffeur imprudent qui a précipité son train dans une courbe dangereuse, entraînant la mort de 78 personnes. Mais d'autres, parmi ses amis et voisins, gardent de Francisco Jose Garzon Amo l'image d'un "excellent professionnel", à la longue expérience.

 

 

 
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Mise à jour 28 juillet: En Egypte, le Ramadan se termine en bain de sang. Au moins 65 personnes ont péri samedi au Caire dans des heurts entre forces de l'ordre et partisans du président déchu Mohamed Morsi, les plus meurtriers depuis sa chute, le nouveau pouvoir annonçant sa volonté d'en finir avec la contestation des islamistes.
 
 
 
 
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Mise à jour 29 juilletImmense défi de rendre les Parisiens aimables. "Do you speak touriste" cherche à y répondre. Paris, une belle ville, mais qui perdrait en efficacité à cause du manque amabilité de ses habitants. Autant savoir ce que chacun de ses hôtes demande.
 
Le Belge, une ambiance authentique, des suggestions.
L'Italien est sensible aux attention accordés à leurs enfants.
Le Japonais a un terrible besoin d'être rassuré.
Le Brésilien aime les contacts chaleureux.
Le Chinois aime les sourires.
Le Parisien devrait déjà apprendre à être aimable avec les autres Français.
 
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Les ministres se questionnent de pays à pays... 

Bientôt les aoutiens qui prennent la relève.
 
Avant cela des conclusions, un mois chaud, chaud
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Le mois de juillet 2013 figure dans le top 5 des mois de juillet les plus chauds depuis 1833. Et pendant la première quinzaine d’août, le mercure ne devrait pas passer sous la barre des 20ºC.

 

20/06/2013

La guerre de cicatrices

Le 2 avril à l'ONU fut une date historique. A une impressionnante majorité de 154 'Oui', 3 'Non' (l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie) et 23 'Abstentions' (les USA, la Russie, la Chine,... les principaux marchands d'armes), le traité qui régule le commerce des armes de guerre a été adopté dans une résolution qui empêcherait de massacrer des gens. Chaque pays devra s'assurer que les armes, du pistolet jusqu'aux avions de guerre, n'iront pas à l'encontre des Droits de l'Homme et qu'il ne sera pas détourné à des fins de terrorisme. Le marché des armes dans le monde représente 100 milliards de dollars par an.  

0.jpgAu musée de la guerre de Bruxelles, l'exposition "Scars war", rien à voir avec "Star war", montrait les dégâts des armes sournoises que l'on appelle "mines terrestres" ou "mines antipersonnelles

Chaque conflit militaires entraînent des victimes militaires et civiles. Chaque conflit militaire trace ses marques dans le paysage.

L'héritage cruel, ce sont les mines enterrées qui peuvent, sans limite de temps, en période de paix, faire beaucoup de victimes et de dégâts collatéraux avec effet retard.

Leur but, blesser plutôt que tuer comme des représailles à destination, le plus souvent, de civils. 

Elles constituent la menace la plus sournoise qui, à peu de frais et sans beaucoup d'efforts pour leur déplacement, ne visent personne en particulier mais tous ceux qui passeraient par là.

En 1998, le Traité d'Ottawa était signé pour tenter d'éradiquer le problème avec l'interdiction des mines antipersonnelles.

A l'époque, 161 pays ratifiaient le traité. Des programmes de conscientisation, des traitements de réhabilitation furent mis en place.

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On se rappelle des images de Lady D, qui un peu avant son accident, s'était promené dans un champ de mines.

L'UNMAS, Handicap International, le PNUD et d'autres encore, se sont chargés de cette "guerre d'après coup". 

L'Afghanistan est considéré comme le pays le plus touché par ces "Scars war". La manoeuvre de déminage s'organise avec l'aide de 15.000 Afghans sur plus de 6000 zones, qui sont reconnues comme dangereuses sur 600 kilomètres carrés, Pour l'année 2011, c'était encore 33 personnes par mois, souvent de jeunes enfants, qui en étaient victimes. Mais ces chiffres baissent d'année en année, preuve de l'efficacité.

Au Cambodge, ce sont 700 km2 qui ont été traités. Plus de 63.900 morts ou blessés dans la dernière décennie pour redescendre le nombre de victimes, en 2011, à 211.   

Dans le monde, 48.000 mines antipersonnelles et un million d'engins explosifs ont été détruits. Les actions ne sont pas inutiles et le monde est devenu plus conscient des risques encourus dans l'agriculture. 

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La Belgique a été le premier pays au monde qui, dès le 9 mars 1995, avait signé une législation interdisant ces mines. En juin 1997, à Bruxelles, fut lancée l'idée d'interdire l'emploi, le stockage, la production et le transfert d'armes non conventionnelles sous le nom de "Déclaration de Bruxelles".

Depuis 2005, des ONG sont financées pour assister les victimes et pour des opérations de déminages en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient.  

Dans le cadre du centenaire de début de la Grande guerre de 1914, d'autres expositions avaient déjà été présentées.  

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"Les jouets de la guerre" ne présentait pas cet aspect après un conflit. 

"Aux armes ou aux larmes citoyens", un article écrit, quand G.W. Bush était encore président des États-Unis.

Monumentum, une expo qui montrait comment on tente de se souvenir des guerres en les fixant dans la pierre mais qui se perdent dans "Les amalgames de l'histoire". 

Le massacre des enfants aux États-Unis a été un nouveau détonnateur pour prendre conscience que les armes ne sont pas des jouets.

Obama, dans son deuxième mandat, tente le coup avec de nouvelles initiatives pour corriger la situation en signant 23 mesures pour règlementer les armes.

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Et c'est la réponse du berger à la bergère, en plein débat sur le port d'armes aux États-Unis, la NRA publiait une vidéo qui qualifiait Obama « d’élitiste hypocrite » qui protège ses enfants avec plus d'armes.

Plus de guerres en Europe... en fait, c'est ailleurs que cela se passe. 

Au Mali, les Français ont été un secours pour repousser les Salafistes qui progressaient dangereusement.

Deux articles Pourquoi la guerre au Mali? et Honni soit qui mal y pense.

La réponse, toujours la même, le pognon et une sorte d'investissement sur l'avenir. Il ne faut pas chercher trop loin. 

La guerre civile en Syrie n'a jamais été aussi meurtrière. Le véto de deux pays qui y ont des intérêts et c'est le statu quo. Même l'utilisation des gaz ne fait rien à l'affaire. G8 : accord sur l’échange automatique de données et projet minimal sur la Syrie.

Une idéologie contre une autre. Dieu contre dieu.  Dollar contre dollar.

Les occidentaux redoutent un lourd bilan. Les guerres sont plus larvées, plus communautaires, plus régionales. Ce ne sont plus des guerres qui mettent en présence des pays, mais des régions suite à des conceptions diamétralement opposées de comment vivre en communauté.

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"Envoyé spécial" du 17 janvier, nous montrait "Tunisie: sous la menace salafiste". 

Deux ans après la Révolution de jasmin, l’euphorie a fait place au désenchantement en Tunisie.

L’économie est en berne, la transition politique bloquée et les extrémistes religieux réclament l’application de la charria et l’instauration d’un État islamique. En Turquie, on fait du commerce sous la surveillance de, par et pour l'islam.

Les plus radicaux de ces islamistes se revendiquent "salafistes jihadistes" et recrutent parmi la jeunesse.

Au travers de son histoire, nous découvrons qu’à l’université, les extrémistes radicaux veulent imposer le port du niqab, jusqu’ici interdit, dans les salles de cours. Partout dans le pays, ils organisent des rassemblements spectaculaires au cours desquels ils stigmatisent l’Occident.

Les risques de la guerre, on oublie aussi les mines personnelles, les cicatrices morales qui laissent des séquelles.  

Au salon du Bourget, les avions civiles cohabitent "pacifiquement" avec les militaires. Le marché des jets privés stagnent, la relève est assurée et ils deviennent des avions de surveillance dans les conflits. Le journaliste qui présentait le salon ce mardi, tirait la conclusion "La guerre, finalement, fait rêver". Et c'est peut-être cela qui crée une attirance qui ne permet pas de voir la finalité de l'opération.    

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Il y a longtemps, les plus jeunes aimaient se diviser entre cow-boys et indiens avec des revolvers à eau ou des arcs et flèches.

Les arcs et les revolvers sont devenus plus virtuels. Plus efficaces aussi... 

Ce sera donc bientôt, l'anniversaire de l'armistice du 11 novembre. Les poilus seront de sortie. Le patriotisme sera de la partie.

Le documentaire en 6 épisodes, "Apocalype, La deuxième guerre mondiale", revient sur nos écrans de la télé belge. 

Nous sommes en temps de paix en Europe, pourtant tout rappelle la guerre et il existe toujours une bonne raison de la faire quelque part dans le monde. 

Guerre économique, guerre de religion, guerre des mots... Cette dernière forme fait moins de dégâts collatéraux, sans être exempt d'effets secondaires. Les mots, les figures de style esquivent les problèmes, plus qu'elles ne les mouchent.

Une guerre n'est jamais gratuite

Même si elle reste difficile à prévoir

On ne l'empêche pas d'être induite

Alors essayer de la surseoir?

Bien qu'on la dise fortuite

C'est oublier l'envie de pouvoir.

Mais quand les patates sont cuites

Gagnants ou perdants, c'est toujours choir

Sans plus penser prendre la fuite

Comme pour une vraie fausse victoire

Qui ne restera jamais sans cuites

Au casse pipe du champ de tir de la foire

Et les mines dans le sol comme suites. 

Jeu de mots sans humour?

Pour trouver une touche d'humour à la suite d'un tel billet, j'avoue, j'ai dû puiser dans mes derniers retranchements.

0.jpgUn vieux café serré de Thomas, peut-être,

podcast
qui tentait, 
après la nouvelle de confier les casernes à des firmes privées, de nous apprendre ce qu'est un militaire et ce que sont les casernes.

Oui, c'est le cinéma qui fait les gorges chaudes aux guerres et à ses héros.

Les réalités sont ailleurs.

L'exposition "Scars War" qui se termine dans une semaine, n'a rien de gai. C'est un rappel des risques. 

Autant reconnaitre, de l'exposition, vous ne verrez aucune image prise à l'intérieur du musée. Vu l'interdiction, dont je ne m'étais pas aperçu, elles ont été détruites, après un mini incident diplomatique avec le personnel et le directeur du musée. Mon principal soucis résidait dans la manière de ne pas tout effacer, de ne pas supprimer les photos qui avaient été prises précédemment et pas de supprimer ces quelques photos de l'endroit. 

0.jpgSur Internet, les photos, pour étayer le sujet, ne manquent pas, alors pourquoi remuer ciel et terre? Dans un musée de l'armée, ce serait tenter le diable. Un souvenir de l'épisode, un crayon qui se trouve sur mon bureau avec l'adresse.

On n'allait pas en faire une cicatrice de plus en tirant sur l'ambulance avec les risques de dérapage. J'avais gardé le sourire et n'avais pourtant pas de mine patibulaire.

Les photos de l'extérieur du musée, c'est en cliquant, ici.

 

L'enfoiré,

 


0.jpgCitations:

 

  • « La guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées. », Victor Hugo 
  • « Le troisième empereur de la vingt et unième dynastie, à qui on apporta des pierres précieuses trouvées dans une mine, la fit fermer, ne voulant pas fatiguer son peuple à travailler pour une chose qui ne pouvait ni le nourrir ni le vêtir. », Montesquieu 

12/06/2013

Opération Dan Brown

C'est le titre d'un article du Vif L'Express paru récemment au sujet du 6ème livre de Dan Brown, "Inferno" qui fait un démarage d'enfer. Une action de commando que l'hebdomadaire poussait un peu à dénigrer, vis-à-vis des règles de sécurité qui ont entouré la période avant publication.

0.jpgEn 2011, je sortais l'article "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves" dans lequel, je parlais des bestsellers de l'époque et des techniques pour arriver à le devenir. Dan Brown y apparaissait déjà.

Petite visite dans une librairie, c'est remarquer que, dès la sortie de "Inferno", le bouquin se trouve en bonne place parmi ceux qui feront l'été comme bestseller sur les plages.

Deux concurrents romanciers français dans le trio de tête...

"Un sentiment plus fort que la peur" de Marc Levy qui parle d'un document retrouvé et qui va changer une vie par après et son alter ego, Guillaume Musso, déjà sorti "Demain", le roman d'un rendez-vous manqué mais qui va rendre un de ses interlocuteurs victime d'une réalité qui le dépasse.

Guillaume Russo et Marc Levy ne se sont, parait-il, jamais lus en chassé croisé. Une peur de l'autre, de ce qu'il pourrait en dire, une volonté de rester original?

Une nouveauté, la sortie mondiale de "Inferno" de Dan Brown a été entourée d'une foule de précautions dignes d'un secret d'état jusqu'à sa parution. Préparé dans le plus grand secret, entouré de mesures de sécurités drastiques, quasi militaires, il est donc là, "Inferno" et avec le buzz qui l'accompagne.

A côté du nouveau Dan Brown, on retrouve ses cinq premiers ouvrages dans les librairies.

Qu'est-ce qui justifie ce succès? Pourquoi un tel engouement dès sa sortie?

Les gros sous. Un contrat avec une amende de plusieurs millions de dollars pour ceux qui dénonceraient le secret de l'histoire. 

Secret défense oblige un accès limité dans un réseau Intranet via clé USB, sans accès à Internet. Traduit  en italien, français, allemand, portugais, espagnol par deux ou trois traducteurs dans chaque langue. Traduction qui s'est déroulée en sous-sol du siège de Mondari, un bunker coupé du monde avec des contraintes qui frisaient la paranoïa. Sept jours sur sept de 10 à 23 heures, ils se sont partagés le travail et déplacés avec des gardes du corps. Envoyé vers une cinquantaine de pays. Un chèque à six zéros à payer par un éditeur pour obtenir les droits de publication. Le succès en librairie est en marche avec quelques ingrédients miracles sous forme de textes mystérieux ajoutés au suspense.

0.jpgLe premier ouvrage sorti, le "Da Vinci Code", a été un succès mondial en bousculant les consciences. Le lecteur, pris dans des révélations romanesques, avait tout pris pour argent comptant. Mais ce n'était pas le Léonard de Vinci, homo et bisexuel, chouchouté par les grands de son monde. La vie de Léonard pourrait ressortir dans un tout autre cadre. Rien à voir, non plus, avec le carton pâte de Dysney Land. C'est un thriller dont l'efficacité de ses méthodes imaginatives se retrouverait dans une BD sans images.

50 millions d'exemplaires vendus jusqu'ici et c'est loin d'être fini. 

Des livres d'autres auteurs sont sortis à sa suite pour en dire plus et départager ce qui était vrai de ce qui l'était un peu moins. Des analyses ont suivi l'étoile filante du succès de Brown. En "Monsieur Religion", Frédéric Lenoir, dans un christianisme cool, s'est inséré avec "Code Da Vinci: l'enquête". Essai monastique?  

Véritable saga à rebondissements qui a continué avec le même personnage central, le Pr Robert Langdon, professeur de symbologie à Harvard de son état. Plutôt herméneutique pour l'occasion. C'est, peut-être, donner une idée sur le temps qui lui reste en dehors de sa profession pour l'exercer !!!

Des ingrédients qui ont une odeur d'Indiana Jones de l'Arche perdue, un goût de Harry Potter et l'esprit vif de James Bond sans être agent secret.

Pas de fausse modestie, Dan Brown est devenu l'auteur de romans à suspense, le plus lu sur la planète, comme il est dit de lui.

La critique d'une journaliste est prévisible mais intéressante puisqu'elle compare le livre avec les précédents: 

"La même eau que ses quatre romans précédents avec Robert Langdon. Pourtant, ceux qui ont «embarqué» dans les courses folles de l'éminent professeur de symbologie à Rome (Anges & Démons), à Paris (Da Vinci Code) et à Washington, D.C. (Le symbole perdu) pour le suspense et malgré les coins ronds, pour le mystère au-delà des grosses ficelles, pour les incursions dans les arcanes de l'art, de la religion, de l'histoire et de la science assez passionnantes pour ne pas (trop) s'attarder aux libertés prises par le romancier, Inferno, bien que sorti du même moule, risque de décevoir. Peut-être parce qu'après quatre fois du même-plat-ou-presque, la surprise n'est plus au rendez-vous et, du coup, les défauts apparaissent plus. Probablement parce que l'intrigue est contemporaine au lieu d'avoir des racines plantées dans la nuit des temps par l'intermédiaire d'une mystérieuse organisation (les Illuminati, l'Opus Dei ou les francs-maçons). Certainement parce que le récit est plus faible que les précédents, avançant à coups de monumentales coïncidences et débouchant sur une conclusion certes dramatique, mais d'une envergure tellement moindre que l'enfer «promis» pendant les 500 pages précédentes que, d'une certaine manière, elle déçoit. D'autant qu'elle s'accompagne de revirements échevelés ayant pour origine l'amnésie de Robert Langdon. Comme lecteur, on se sent floué et (malhonnêtement) manipulé. Pourtant, et c'est la magie de Dan Brown, il est impossible de lâcher Inferno dès qu'on y a mis un pied - et un oeil.

L'histoire? Robert Langdon se réveille dans un hôpital de Florence, sans aucun souvenir de ce qui s'est passé au cours des derniers jours. Il ne sait même pas ce qu'il fait en Italie. Là-dessus, une tueuse «aux cheveux pointus» (?) et, comme il se doit, au physique et à la psyché particuliers (ils sont toujours ainsi, les méchants aux trousses du professeur) débarque et lui tire dessus. Il s'échappe en compagnie d'une jolie médecin dont les yeux, «quoique marron, recelaient une profondeur inhabituelle» (??). Et, dans sa veste en tweed - il découvre un pointeur qui «projette» une photo de La Carte de l'Enfer de Botticelli, inspirée au grand maître par L'Enfer de Dante. Commence ainsi un genre de chasse au trésor avec codes et énigmes. Menée sur 24 heures à Florence, Venise et Istanbul. Avec, sur les talons de Langdon, l'habituel policier tenace. Et, en travers de son chemin, une puissante organisation secrète. Enfin, en trame de fond, le danger que la surpopulation fait peser sur l'espèce humaine. On retrouve ici la manière Brown de découper son film... oups, son récit en chapitres courts, passant d'un protagoniste à un autre, d'où l'efficacité du montage et l'étourdissant effet «page turner»; sa façon aussi d'«interrompre» une scène d'action pour se transformer en guide touristique ou en professeur afin de décrire ou d'expliquer un lieu, une oeuvre d'art, un concept scientifique. Chose qui agace certains, mais qu'on lui pardonne tant lesdites explications et descriptions sont, en général, passionnantes. On trouvera par contre que Robert Langdon est moins vif d'esprit qu'à l'accoutumée (prendre des pages et des pages pour se rendre compte que les lettres CATROVACER doivent être ré-agencées pour signifier quelque chose!) et que sa route vers l'enfer est pavée de trop nombreux hasards et coïncidences. Pour déboucher sur un pétard pas mouillé quand même, mais un peu humide.

Une critique acerbe et un pétard humide?

A la librairie, à voir les clients acheter le roman sans même le consulter, ce n'est pas l'impression qu'on imaginerait. Aucune preuve de mépris de la part du public de lecteurs.

Le moment est aussi stratégique. Les vacances approchent et l'envie de lire se fait sentir avec les pieds en éventail. 

On ne change pas un scénario qui gagne et qui fait vendre deux cents millions de livres... "Dan Brown est Dan Brown et le succès de sa recette est tel qu'il n'a aucune raison d'en changer à moins qu'il ne soit atrocement blessé par les critiques, qui n'ont jamais été tendres envers son oeuvre.", disait, encore, la critique en préambule.

Un premier tirage à 600.000 exemplaires sous sa forme originale sera certainement suivi d'une édition dans la collection Poche pour faire exploser les compteurs. 

Avec le support de Al Dente, les 14.000 vers de la "Divine Comédie" ont dû nécessiter une étude poussée pour être extrapolés en une mystérieuse organisation avec des interlocuteurs au QI qui plane dans les nuages.

L'histoire sous la bénédiction de Malthus, dont le thème tourne autour de la surpopulation, de l'eugénisme, de la mondialisation diabolisée et des hommes sans frontières. Le risque de la pandémie rode alors que l'OMS tente d'amoindrir les effets dévastateurs. Sauver le monde, rien que cela comme objectif.

La morale et le spirituel sont orchestrés par une nature darwinienne mais sous des cadres enchanteurs. L'art pictural de Giorgio Vassari au Palazzio Vechio rend l'oeuvre de Dante prémonitoire. L'affolement des chiffres mystérieux est là pour étourdir. 

Des fausses pistes, des rebondissements, de l'humour, des dialogues, un cours d'architecture, un guide touristique et une histoire rocambolesque avec la mémoire éidétique de son guide.

C'est tout cela Dan Brown et il faudra s'y faire. 

0.jpgInferno est dit mieux traduit que le "Da Vinci Code" et moins indigeste que "Symbole perdu". Pourquoi pas? 

Une brique de 564 pages, divisée en 105 chapitres. Cinq pages par chapitre pour donner le temps nécessaire pour temporiser, pour souffler avant d'entamer le suivant.

Avant le prologue, il est dit: "Les faits iconographiques, textes, références historiques sont réels". Une touche de plus pour enfoncer le clou de la vérité.

Un prologue et un épilogue classiques. Une organisation privée, "Consortium", présente dans sept pays,  affublée du pseudonyme "Le Mendacium" pour ne pas troubler l'original...

0.jpgLe "Da Vinci Code" est passé au cinéma tout comme "Anges et démons". Ce dernier, refusé par le Vatican, donc par le principal intéressé, aiguise l'appétit des médias par le goût du scandale et l'envie de voir ce que l'Eglise voulait nous cacher. 

Toutes les couvertures rappellent que l'auteur est celui du "Da Vinci code" comme une référence indélébile.

Le passage à l'écran de "Inferno" est, peut-être, déjà programmé, en préparation avec Tom Hanks comme vedette principale.

Je possède les cinq premiers en format livre de poche, plus facile à manipuler et à transporter. J'attendrai, une nouvelle fois, la version Poche comme d'habitude. Ma préférence jusqu'ici? L' "Anges et démons" peut-être.

Si les livres de Dan Brown n'auront jamais de prix de littérature, ce sont les lecteurs qui apporteront le prix de l'excellence ou non. Le sujet est actuel.

Dante Aligheri n'aurait peut-être pas imaginé décrire un enfer aussi structuré et complexe. "Les endroits les plus sombres de l'enfer sont réservés aux indécis qui restent neutres en temps de crises morales", une phrase du livre qui a tout son poids.

Retour à la source (avec l'aide de Wikipedia), à "La Divine Comédie", le poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale.

"Virgile, mandé par Béatrice, qui vient chercher le poète, va le mener par l’Enfer, seule sortie de la forêt. Dante et Virgile vont descendre à travers neuf cercles concentriques, une série d'anneaux numérotés, dans chacun desquels sont logés, par ordre de vice, les occupants de l’Enfer. Dans la géographie dantesque, l'enfer se présente comme un abîme en forme d'entonnoir".

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Pas besoin de relater toutes les péripéties. Il est aussi mentionné qu'il faut:  « Laissez toute espérance, vous qui entrez » dans ce lieu hors du temps et privé de lumière, dans l'Ante-enfer errent pour toujours les indolents, ceux qui, dans la vie, n'ont pas voulu prendre position et sont maintenant considérés comme indignes.".

La philosophie de Dante serait donc, peut-être, bien plus qu'une simple histoire biblique sous les traits d'une résistance pour rester digne.

Dans le livre de Dan Brown, l'énigme du mot CATROVACER, une fois réorganisé dans les deux mots "cerca trova" tourne au fantasme, au qui "cherche et trouve" digne de l'apocryphe chrétien de l'évangile selon Thomas« Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. Et quand il aura trouvé, il sera troublé; quand il sera troublé, il sera émerveillé, et il règnera sur le Tout. » qui ferait revenir de lointains souvenirs presque fantasmagoriques.

Je dis "fantasmagoriques", parce qu'il n'y a aucune vérité reconnue dans les concepts que l'homme se fait de son "après". Il baigne dans une foule de représentations personnelles qui n'ont plus rien à voir avec une quelconque vérité. Nous ne sommes même plus du mythe allégorique de Platon qui parlait de prisonniers dans une grotte et qui ne voyaient que des ombres sur les parois pour imaginer ce qu'il y avait au dehors.

Aujourd'hui, on construit des modèles de vie pour simplifier l'existence, quitte à en devenir caricatural. L'utilité du processus n'est même pas garanti puisque les faux-semblants nous entourent.     

Je sais ce que pouvait chercher le lecteur dans ce livre et j'aperçois, sans difficulté, ce que l'écrivain y a trouvé.

Dan Brown dit qu'il a actuellement des ébauches pour au moins douze futurs livres, dont un qui implique l’association d'un compositeur célèbre avec une société secrète. Orienter les soupçons vers Mozart qui était également un franc-maçon, serait par pure spéculation

Après "Inferno", pourquoi pas une suite dans le "Purgatorio"  puisque la Bible a oublié d'en parler, et une autre dans le "Paradiso", puisque d'après Polnareff, on y ira tous, il vaut mieux en avoir une idée?

Faudrait s'y habituer très progressivement, bien avant le Jugement dernier.

Neuf cercles concentriques en forme d'entonnoir était-il dit dans "Inferno" version Dante.

En sortant de la sphère biblique, est-ce que ce serait:

  • "naitre", "vivre", "apprendre", "travailler", "enfanter", "épargner", "consommer", "chômer" et "mourir".
ou
  • "venir au monde par hasard", "respirer", "s'étonner", "évoluer", "spéculer", "être", "paraître", "chômer" et "s'en aller"?

Dans ce cas, chacun pourrait choisir sa manière de voir son existence, à mériter ou à démériter son enfer ou son paradis, à sa propre mesure sans Pr. Langdon et ses symboles.

Mais, si, alors, Roubini alias Mister Doom, le Cassandre de service, nous prédit, déjà, la catastrophe avant trois ans et que, dans cent ans, on sera tous morts dans une sorte de "cata en strophes", quoi... 0.jpg

là, ce ne serait plus du jeu, on brûlerait vraiment trop d'étapes.

 

L'enfoiré,


PS: S'offrir une visite à Florence et la vision de la porte du paradis, n'est ce pas le meilleur des présages. ---->>>

 

Citations:

  •  « Un thriller est un voyage. », Jean-Christophe Grangé 
  • « Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et d’introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu’on peut appeler échec. », Soichiro Honda
  • « Le mérite envie le succès, et le succès se prend pour le mérite. », Jean Rostand

05/06/2013

Antinomie ou antidote ?

Il y a longtemps, j'écrivais "Les langues, un sacré jeu de langue". C'est aussi un terrible jeu de mots que ne renierait pas Raymond Devos. La richesse de la langue française semble passer par les dictionnaires de synonymes, d'analogies. Le vocabulaire, la pierre d'achoppement des langues et les us et coutumes des "alter" qui effraient d'après un sondage sur les perceptions de l'immigration (*).   

0.jpgJeu de mots:

Le titre d'abord, Antinomiela contradiction entre deux lois, deux principes de philosophie et  l'Antidote, le remède contre un mal moral.

En choisissant les suffixes grecs, « logie » qui veut dire science et « nomie »,  loi, on découvre quelques subtilités dans la liste de mots suivants :

•L'Astrologie, l'art de prédire les événements d’après l’inspection qui relie les astres et la vie sur Terre et l'Astronomie,  la science qui étudie la position, les mouvements et la constitution des corps célestes.

Pour Johannes Kepler, les deux sont identiques, comme des synonymes, ce qui en ferait plutôt un astrologue puisque pour lui, le ciel est divin. Copernic tente de simplifier le système grecque tandis que Galilée dans "Dialogue" fait sauter le lien. Newton utilise le tout pour établir la gravitation universelle.

Véritable melting pot d'interprétations, pourrait-on conclure. Mais continuons dans cette voie.

•L'Ecologie, la défense du milieu naturel par protection de l’environnement et l'Economiel'activité d’une collectivité humaine, relative à la production et à la consommation des richesses.

•La Gastrologie, la science de l'estomac et la Gastronomie, l'art de faire bonne chair.

•L'Ergologie, la modalités de transmission et d'élaboration des savoirs sur le travail et plus généralement sur l'ensemble des activités humaines et l'Ergonomie, l'étude de l’organisation rationnelle du travail.

La Physionomie, l'ensemble des traits du visage et la Physiologie, la science qui traite du fonctionnement des êtres vivants.

Quand aura-t-on dans la langue française la radionomie, la psychonomie,..?

La langue française a de ses surprises avec les mots quand ils dévient de leur origine. Les mots sont modulaires et leurs racines sont détournées complètement de leur objectif par les particules qui leur sont annexées.

A Bruxelles, le problème des langues est considéré comme s'il s'agissait du monstre du Loch Ness. Il réapparaît quand on n'y pense plus à des moments stratégiques que la politique utilise à son profit. En communauté flamande, la ville est, à plus de 90%, francophone. Comme capitale de l'Europe, elle fait aussi son va-tout avec plus de 100 langues européennes ou extra-européennes. Marcher dans ses rues, c'est faire du tourisme à bon marché. Cela ne va pas sans troubles. La peur de l'autre se manifeste quand on ne se comprend pas. Perdue entre intégration et ségrégation.

0.jpgSi le 27 mai dernier, la ministre de l'enseignement disait que si nous avions dépassé la moyenne en éducation, du côté de l'étude des langues nous avions peu de concurrents dans le peloton de tête. Oui, mais... un sondage démontre que cela ne suffit même pas à intégrer les populations allochtones. Intégrer ce n'est pas placer dans des ghettos. Puis, ce fut la réponse de la berger à la bergère du côtté flamand. 

En France, la plupart du temps, l'antagonisme si pas l'ostracisme vis-à-vis de l'anglais est plus que récurrent. La peur viscérale de perdre l'identité de la culture française a mené le pays à rétrograder parmi les monolingues, tout comme les anglophones, d'ailleurs. Le jargon informatique, anglophone, a été traduit par décret, rendant la compréhension difficile pour les non-Français.

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Si l'anglais est passée au globish dans le monde, pour le français, il ne faut pas penser que la langue n'a pas été "perturbée" par le québécois, le belge et l'usage des Africains qui ont pris la tangente de la rigidité linguistique française par des expressions propres et  typiques.

En Belgique, la belgitude est aussi revendiquée et se retrouve dans la vieille pièce de théâtre qui réapparaîtra la saison prochaine au Théâtre des Galeries: "Le mariage de Mademoiselle Beulemans". Le mot savant d'"ostracisme" y était, alors, prononcé par le prétendant français qui travaillait à la comptabilité d'une entreprise de bières d'une famille bourgeoise bruxelloise. Mot complètement en dehors de la compréhension de son hôte et patron.   

L'article "Ma langue" sentait bon le béret français et l'antidote à l'anglais

Le commentaire de volt exprimait le problème, tout haut et se faisant moinsser par la smala forumoise, tandis que le commentaire de hunter, resté dans les cordes, se voyait plussé au départ comme si la raison du bon-sens d'après le chapeau de l'article entrait comme raison suffisante dans les réalités de l'actualité.  

Deux ministres français proposaient, donc, de créer un enseignement supérieur en anglais. 

Deux raisons invoquées pour conspuer cet enseignement par la voie anglophone: 

  • attirer les étudiants étrangers. Argument jugé mince par l'auteur à juste titre puisque l'enseignement est d'abord à orienter vers les Français. Nous sommes d'accord.
  • veiller à la diversité des langues et des cultures et éviter l'uniformisation. Encore d'accord.

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Les technologies de traducteurs automatiques pourront, un jour, s'interposer entre deux langues, mais cela restera toujours artificiel. Les langues parlées par les humains resteront l'outil principal des moyens de communications oraux et écrits. 

La conclusion de l'auteur de l'article: "Vivant, en ce début de vingt-et-unième siècle, une situation quelque peu similaire en notre pays. De l’intérieur, il est étonnant de constater que ce n’est pas une mesure seule, mais, comme en aviation, une succession d’erreurs qui conduit au crash."

Peut-être, mais cette conclusion peut très bien être retournée à son désavantage sur le terrain des opérations.

0.jpgL'Oncle Sam est bien vieux pour imposer une quelconque autorité linguistique dans une Tour de Babel particulière. Il serait bien malhabile de vouloir asseoir sa suprématie culturelle sans filtres. Comprendre ses "amis" et ses "ennemis" est un avantage incontestable dans un monde mondialisé. Bien sûr, un enseignant qui donnerait un cours supérieur, se devrait d'être excellent dans la langue avec laquelle il enseigne pour ne pas donner son cours au rabais.

Donc, je ne dis absolument pas qu'il faut remplacer une langue par une autre, mais au contraire en connaître plusieurs. Un peu de toutes, comme les fromages belges...

En dehors de ce cas de figure, apprendre une autre langue se décide par le seul besoin de l'environnement et de son activité. A la CE, à Bruxelles, dans les bâtiments, les traducteurs sont bien présents lors des réunions, mais dans les couloirs en quelle langue parle-t-on?  

L'histoire, prise comme soutien par l'auteur, ne tient pas la route dans l'actualité. On ne vit plus en autarcie. Rien n'empêche de bien connaitre et conserver sa langue maternelle. En apprendre une ou plusieurs autres quand le besoin s'en fait sentir, c'est assurer un peu plus son avenir. Demain, ce sera peut-être le mandarin.

Samedi, j'étais sur la Grand-Place de Bruxelles. Un groupe de touristes chinois y était. J'ai essayé de poser la question "Where are you from?". Il n'y a que les plus jeunes qui sont arrivés à me comprendre. Mais, l'appareil numérique (photographique ou tablette), lui, n'avait aucun secret pour eux du plus jeune au plus vieux.

L'exception de ce jeune étudiant français qui est capable de s'exprimer en 15 langues différentes, est souvent pris en exemple. Je serais intéressé de savoir comment il les entretient en dehors des livres et de sa passion s'il n'a pas une immersion dans un environnement multilingue adéquat.  

Sans le vocabulaire, aucun dialogue n'est possible sinon par gestes. Les mots et la manière de les construire sont bien plus importants que ne le sont la grammaire et la syntaxe. 

"La France, mère patrie", un autre article, écrit par un Québécois, cette fois, m'avait fait autant sourire et à rechercher des expressions de ce pays pour le commenter.

0.jpgLa rigidité du langage est peut-être son cheval de Troie.

Des mots du nouveau Robert": "Brol", "fricadelle", "plan-cul",  "bombasse", "chelou", "low-cost",... 

Le dico comme reflet du temps? Evidemment, même si les dicos ne sont pas un jeu. 

Un forum ouvert sur le sujet avait donné quelques surprises sur prises.

Un premier commentaire déjà: "Voici les prémisses de la novlangue néo-libérale".

Pour info, novlangue vient du livre d'anticipation d'Orwell, 1984 : 'C'est une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l’État.' Dany-Robert Dufour en parle également dans son essai le Divin Marché comme étant un des nouveaux commandant de la nouvelle religion à venir : 'Tu ignoreras la grammaire et tu barbariseras le vocabulaire ! (Ce qui aboutit à la création d’une novlangue).' En d'autres termes une mise en esclavage, surnoise, à travers le langage! .. Intéressant également de voir à quel groupe appartient le petit robert ..".

CQFD. Ambiance..

Excusez les "fôtes d'ortografs". Faites ce que je dis, pas ce que je fais, voyons...

- Que dire, en bas de ça (comme on dit chez nous)?

- Tout s'en va, tout évolue, Monsieur. Tout revient en force à un moment ou à un autre comme des gestes du muet dont il faudra un jour convertir les gestes en mots parce que rien n'est immuable. Tous ont le droit de dire ce qu'ils pensent. C'est démocratique. Le malheur, c'est que tout a une durée de péremption, même la pensée. Une langue qui n'évolue pas, est une langue en sursis.

- Quel est l'intérêt de cette discussion? répondait un autre commentaire.

0.jpgS'il y a des nouveaux mots, il faudra aussi penser en faire disparaître aussi pour éviter le trop plein.

Que les mots "boson de Higgs" se retrouvent ensembles parmi les noms propres n'est pas un problème et "boson" dans noms communs, mais pas ensemble, parmi les noms communs.

Le combat perdure entre proactifs qui cherchent dans le dédale des nouveautés et rétros qui accusent, étourdis par des mots coups de poing, à posteriori, mais qui ne sont pourtant plus nouveau mais qui ont échappé au moment opportun.

Le français trouvent, en partie, ses mots dans les langues latines et grecques et créent des macro-molécules organiques. Dans son histoire, se sont ajoutés de multiples autres langues. 

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Fédérer les régions est à la mode. Fédérer les langues ne l'est pas. Chaque langue veut sa part du gâteau et rester chaste et pure, croyant du même coup pouvoir exister dans le temps et l'espace. 

Le grec ancien s'est modernisé pour devenir une langue vivante. Le dernier bastion du latin se retrouvait dans la religion catholique de l'utilisation. Il s'est éteint sous Vatican II comme langue morte.

Le franglais est partout. Il s'intercale dans une conversation sans plus se faire remarquer. Des traductions en français en deviennent incompréhensibles.

L'anglais a gagné une bataille mais n'a pas gagné la guerre. L'influence du français sur l'anglais existe aussi, mais il est plus ancien. La langue officielle des JO est toujours le français. Ce n'est pas peu dire.

Si les puristes du français prennent les difficultés du langage comme une sorte de richesses. Ils rendent leur langue plus hermétique par des règles alambiquées dont on oublie jusqu'à l'origine.

L'espéranto

Comme toujours, dès qu'on parle de l'antagonisme anglo-français, les partisans de l'esperanto rappliquent et reprennent en coeur leur volonté de l'effacer par l'étude de l'esperanto comme si son étude allait bouleverser ou faire exploser le compteur de ses utilisateurs.

Disons d'emblée que ce qui est mis en avant comme avantage pour l'utilisation de cette langue, c'est sa facilité d'apprentissage, sa structure et sa grammaire.

0.jpgL’espéranto, comme dit Wikipedia, est "une langue construite conçue à la fin du xixe siècle par Ludwik Lejzer Zamenhof dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes. Zamenhof publia son projet en 1887 sous le nom de Lingvo Internacia (Langue Internationale), sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (Docteur qui espère), d’où le nom sous lequel la langue s’est popularisée par la suite. Basé sur une grammaire régulière (sans exception), l'espéranto est une langue globalement agglutinante où les mots se forment à partir d'un nombre limité de racines lexicales et d’affixes. L'espéranto est la seule langue construite qui a dépassé le stade de projet pour devenir une langue vivante, avec des locuteurs actifs répartis dans la plupart des pays du monde.".

Il y a quelques années, j'avais appris les rudiments de l'esperanto pour pouvoir en parler et parfois critiquer la langue si besoin était. Depuis, je ne l'ai plus jamais utilisée et j'ai dû me rafraîchir la mémoire pour écrire ce qui suit. 

Je suis donc resté sur ma faim comme si mon travail d'apprentissage était resté en rade sans arriver à destination. 

Une langue équitable pour la communication internationale, un beau rêve qui germa en 1870 dans la tête d'un enfant juif polonais de 11 ans dont la langue paternelle était le russe et maternelle, le yeddish. Dans la diversité de nationalités, de religions, de langues et de mœurs, Białystok, sa ville natale, est le théâtre permanent de tensions et de graves incidents. Son ouvrage "Langue Internationale" sortit à ses 28 ans. Il parle assez bien onze langues différentes. Donc, bien armé pour entreprendre une éventuelle fusion de langues.

Mais, le nombre d'espérantophones est difficile à évaluer. Entre deux et trois millions est la fourchette la plus couramment reprise.

Au départ de langues indo-européennes, sa langue construite consiste en monèmes invariables qui se combinent sans restriction. Sa tendance à accumuler des morphèmes sans pourtant arriver aux phonèmes 

Un scientifique pourrait en avoir une impression modulaire des mots. Lui a l'habitude d'atteindre l'infiniment petit des particules. Il y verrait des molécules, plus ou moins grosses, sans atteindre le niveau des atomes qui les composent. Les atomes seraient les sons, les phonèmes. En donnant la prononciation des sons, ils pourraient avoir l'avantage de se retrouver à l'intersection de toutes les langues vraiment indépendante de toutes. 

De nouvelles lettres se sont ajoutées à l'alphabet dans ce langage appelé "eo". Une mise à jour des caractères sous forme d'un logiciel est donc indispensable et disponible pour pouvoir l'utiliser sur un clavier d'ordinateur.

0.jpgTous les mots s'y prononcent comme ils s'écrivent et vice-versa. Bravo.

Mais ce sont les affixes que l'on ajoute à une racine de mot qui constituent la substantifique moëlle de la langue. 

La langue espéranto se construit, en effet, comme une sorte de poupée russe, un jeu de Lego, dont les couches font appel à un mot central (la racine, le coeur) et d' "affixes".  

Une leçon rapide de la construction des mots par l''espérance avec une pointe d'espoir comme synonyme?

Pourquoi tant de synonymes d'analogies linguistiques dans la langue française?

Parce que cette langue est celle qui convient le plus à la diplomatie qui doit chercher le plus de nuances possibles. Chaque langue a donc sa profession de foi et une destination particulière en fonction de son utilisation.

Les racines des mots existent seuls ou coexistent, ajustées par des dérivations comme les "préfixes" et des "suffixes" qui s'intègrent avant les lettres finales. 
Facile? Enfin, presque... 
Cette technique permet, en principe, de créer des néologismes à l'infini à l'écrit. 
Elle explique, aussi, une difficultépar la gymnastique intellectuelle nécessaire en temps réel dans une conversation orale.    
 
La dernière lettre des mots détermine le genre de mot : un "-o" pour les noms communs, un "-a" pour les adjectifs. un "-e" pour les adverbes, auquel s'ajoute un "-j" pour le pluriel ou "-n" pour l'accusatif.

Le temps des verbes se distingue par la terminaison: "-i" à l'infinitif, "-as" au présent, "-is" pour le passé, "-os" pour le futur, "-us" pour le conditionnel et "-u" pour l'impératif. 

Les corrélatifs sont mis en matrice en fonction de leur état (objet, personne, lieu, temps, raison, qualité, manière, quantité, propriété) et de l'expression que l'on veut leur donner.
Exemples de terminaisons parmi tant d'autres:
an (membre) urbo: ville urbano: un citadin
-estr (chef, patron) urbo: ville urbestro: maire
-ist (profession) pano: pain panisto: boulanger  
 
-ar (ensemble) arbo: arbre arbaro: forêt
-ej (local, lieu, boutique) pano: pain panejo: boulangerie
-ec (qualité) bela: beau beleco: beauté
-ism (système) nacio: nation naciismo: nationalisme 
-et (diminutif) domo: maison dometo: maisonnette
-eg (augmentatif) domo: maison domego: palais
 
Si l'esperanto se bâtit en un jeu de Lego, le français s'est construit au hasard du temps comme un jeu de dominos aux risques et périls d'un transfert complet d'identification.

Trop européen, l'esperanto, disait la commentatrice chinoise du premier article et en a abandonné l'étude pour cette raison.

L'esperanto se retrouve, il est vrai, restreint, même au niveau mondial, à un club d'esperantistes. Le club est devenu un autre groupement élitiste.

Belle idée que de vouloir rassembler les gens par la langue, mais c'est aussi perdre leur diversité, pourrait se dire le candide néophite. On ne peut pas penser de la même manière dans deux langues. Les langues latines ne se construisent pas de la même manière avec les langues germaniques. Les verbes n'occupent pas la même place dans une phrase.

Et là, réside l'anagonisme: comment garder, à la fois, la diversité et l'uniformisation. Très belle initiative de l'esperanto, très belle initiative humaniste de la part de Zamenhof de les rassembler. 

Son manque de mises à jour dues à la modernité, est peut-être aussi son plus grand péché malgré les quelques ressorts préexistants dans sa structure volontariste.

0.jpgCroire que l'on réunira un melting pot de cultures dans le même goulot d'étranglement de la langue, serait illusoire.
 
L'allemand joue parfois au mot le plus long avec 83 lettres en concaténant les mots. 
 

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Le festival du mot à la charité sur Loire, a choisi "Mensonge" et "transparence" comme les mots de l'année 2013. Ce choix est influencé par l'actualité, sans plus. 

Dans une confrontation des populations d'horizons multiples, dans un esprit de compétition perpétuel sans faire le premier pas pour essayer de comprendre les autres, que ce soit par une langue vivante ou une langue construite, dite "facile à apprendre", ce sont des dérapages incontrôlés qui se produisent.

Conclusions:

Si la langue est imposée par le plus fort, alors qu'en même temps, on parle de diversité, de liberté d'expression, il est impossible de ne pas trouver les mots d'antinomie et d'antagonisme sur son chemin.

0.jpgLe cinéma français prône l'exception culturelle.

Il a raison de la faire, cette exception.

Les synonymes et les doubles-sens du français autorisent des nuances utiles et habiles qui servent en diplomatie et déterminent les mentalités.

Le japonais, c'est par l'intonation des mots qu'il détermine le sens des mots et le niveau social et de politesse. Tout cela prouve que l'on difficilement fusionner plusieurs langues en une seule, n'en déplaise à Zamenhof et son élan de générosité et d'humanisme.  

Pour avoir fait du data mapping entre deux modèles de données, penser que l'on peut y arriver en donnant des correspondances à chaque concept en présence dans une relation "one to one", est un leurre. La relation "many to many" perturbe le plus souvent le processus. L'Office québécois de la langue français explique la difficulté de la tâche.  

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L'universalité des choses

Vendredi dernier, c'était la fête des voisinsDes millions de voisins dans toute l'Europe s'invitaient à partager un moment de convivialité. Dans notre société où l'indifférence et l'individualisme est souvent de mise, la fête agit en tant que catalyseur pour créer des liens entre citoyens.

C'est dire que le besoin d'intégration, de fusion, se fait sentir.

0.jpgDimanche, la fête de l'environnement à Bruxelles se la jouait anti-crise et mettait en avant les alternatives concrètes avec un double objectif: penser durable et faire du bien à son portefeuille.

"Faire du bien à son portefeuille", le fin mot de l'histoire. Nous sommes en plein dans l'écologie économique. La seule manière de faire tourner la machine humaine.

"La laideur se vend mal", disait Raymond Loewy, donc il faut rendre le monde plus beau, plus responsable de ses actes.

Dans ce cas, c'était aussi la biodiversité qui était à l'honneur. Dans son livre "L'Esthétisme du monde- Vivre à l'age du Capitalisme artiste", Gilles Lipovetsky exprime bien ce trop plein qui veut que le moindre objet se doit d'être stylisé, convivial. Design oblige avec au besoin l'art pour l'art dans un esprit de masse par l'esthétisme transversal.  

Deux fêtes qui, en cherchant bien, s'opposeraient dans leurs objectifs.

Quelle langue a été pratiquée par la majorité des fêtards du voisinage?

Un nouveau melting-pot, probablement. Avec des antinomies et des antidotes pour tenter d'éradiquer la lame de fond?

Non, peut-être... Une langue universelle est à l'opposé de la volonté de la diversité.

Un point de rassemblement qui m'a pourtant sauté aux yeux: la bouffe. Bizarre, là, tout le monde voulait tester l'inconnu.

La musique avait, aussi, ce don de tenter de réunir tout cela, sans frontières, avec le support d'une partition musicale.

Ce samedi, le concours Reine Elisabeth a départagé les douze finalistes.

Le côté antinomique du gagnant n'était pas les notes mais résidait dans son originalité pour interpréter le Concerto n°3 de Rachmaninov.

"Ce pianiste israélien présente une personnalité hors du commun qui fascine ou irrite", était-il dit.

L'originalité passe par l'improvisation et aime autant les antidotes que les antinomies.

La musique se construit avec seulement 8 notes et quelques accords. C'est le compositeur qui mettra ces notes en musique pour en faire quelque chose de miraculeux, de transcendant et l'interprète qui l'exprimera par sa personnalité et ses sentiments comme dans un "Tableau d'une exposition" de Moussorgsky.

Le temps est volatile. Il serait mal venu de le cadastrer avec des concepts trop rigides.

L'antidote du mot français "compatir" n'existe pas.

Si on essayait "conjouir" comme le proposait, récemment, Maxime Le Forestier? 

Peut-être pensait-il au phoque en Alaska..

Mais, avoir trouver cela, n'est-ce pas le meilleur mot de "Fin"? 

 

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L’enfoiré,

 

La fête de l'environnement en quelques photos et un seul clic.

 

Citations : 

  • « Les mots sont nos esclaves. », Robert Desnos
  • « Les mots manquent aux émotions. », Victor Hugo
  • « L'amour ? Des grands mots avant, des petits mots pendant, et de gros mots après. », Edouard Pailleron 

28/05/2013

Le climat par l'intérieur ou par l'extérieur

Marre d'entendre qu'après la pluie vient la pluie. Marre d'entendre parler du temps qu'il fait à toutes les sauces comme si c'était la seule discussion disponible. Non, ça ne me fait plus marrer... Prendre l'air, de l'altitude... voilà la solution.

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Du climat, on ne parle plus que de ça à la télé, avant, pendant et après le journal du jour. 

Fin mars, on disait qu'on était encore trop près de hiver et qu'il fallait attendre un peu pour que tout change avec le printemps. L'hiver avait pris un peu trop de racines. Ok.

A un mois de l'été, la neige est retombée avec deux à 10 centimètres en Ardennes. On passe de record en record du froid avec le printemps. Le Guiness Book ne risque pas de se refermer. Certains se souhaitent déjà joyeux Noël avec un certain humour garanti sur facture.

Le vent et la pluie agissent de concert pour donner cette impression.

Les Belges en ont plein les bottes et la tête qui rayerait les murs sans gel fixant pour cheveux.

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Qui se souvient encore de "Jules MetzMonsieur météo"Lui, tous les joursavait sa petite citation après la météo. Innocente, ponctuée d'un dicton comme « À la Saint Jules, mauvais temps n'est pas installé pour longtemps"

Ce serait plutôt, aujourd'hui: "A la Sainte Glace, mets toi à la masse".

Un de ses collègues suiveurs a eu à répliquer aux insultes et s'est vu mis à pied avec le motif cinglant d'une "liberté d'expression incomprise".

On peut lire ailleurs "Brève apologie du froid de canard et du temps de chienPrintemps pourri, printemps béni. Songez seulement à ces corvées rituellement printanières dont la pluie – Allah est grand! – vous exonère.".

0.jpgPourquoi pas, "Allah, akbar"?

Boston est encore dans toutes les mémoires pour les 20 Kms de Bruxelles de dimanche dernier.

Il s'agit de réchauffer l'atmosphère, pas de la refroidir mais pas de la réchauffer avec le syndrome de Stockholm, nouvelle formule.

Les gagnants du climat morose, car il y en a, ce sont les agriculteurs qui n'auront plus de problèmes avec la nappe phréatique, les marchands de parapluies en fanatiques du déclic de l'ouverture automatique, les livreurs de mazout qui ne savent pourtant plus où donner de la tête, à coup de trop petites livraisons, les marchands de rêves de soleil garanti adressés aux prospecteurs missionnaires de pays exotiques. 

0.jpgLes autres, les "exclus" restent à l'intérieur en attendant rageusement que cela passe.

Ce qu'on prévoit fait froid dans le dos: "Ce printemps restera dans les annales comme l’un des plus froids pour l’Europe de l’Ouest.  Le printemps météorologique se termine le 31 mai, et le 1er juin marque le début de l'été pour les météorologues. Et l’été ne s’annonce guère mieux. Sur leur carte de prévisions météo, les météorologues annoncent que la Belgique et une partie de la France seront dans la zone bleue, qui se caractérise par des températures inférieures à la normale, pour les mois de Juin, Juillet et Août"Aujourd'hui, on assure tout, on syndicalise tout, on  harmonise tout, alors pourquoi pas le climat?

0.jpgLe bâton mais avec moins de carottes, écrivais-je, il y a longtemps. Avoir imaginer qu'à l'époque, on aurait, dans une avenir plus ou moins proche, des pensées de rotir au soleil dès le printemps suite au réchauffement climatique. J'ai presque honte de le rappeler. Je parlais, alors, des côtes au sud de l'Angleterre, avec de plus en plus de palmiers qui avaient remplacé les platanes et les chênes. Le  Gulfstream, il n'est plus ce qu'il était. Il a perdu la boussole dans le fond des océans, lui qui était chargé de nous adoucir un climat dit "tempéré". Depuis, les catastrophes naturelles s'emballent. A l'échelle mondiale, leurs coûts sont évaluées à 16,2 milliards de dollars par heure. Cela se traduit par des pertes économiques dans les pays riches et des pertes humaines dans les plus pauvres. Si les moyennes de température n'ont pas changé, c'est dans les extrêmes que tout chavire. Récemment, une tornade à Sainte-Maxime. Bien sûr, rien à voir avec la dernière aux États-Unis, mais cela apporte du grain à moudre pour un prochain film catastrophe. 

0.jpgLe 31 mars dernier, le film documentaire « Une vérité qui dérange » de Al Gore était rediffusé  sur Club RTL. Ce film datait de 2006, juste après l'ouragan Katrina. 

Ce film reliait le réchauffement climatique à l'augmentation du CO2, avec l'arrière goût de l’industrialisation des hommes.

Les scientifiques révèlent qu'au pôle Nord, les glaces continuent à fondre à raison de 250 Mégatonnes par an. Dégelées, les eaux douces s'écoulent dans l'océan sans se mélanger aux eaux salées. Arrivée au pole Sud, cette eau douce regèle et élargit l'espace de l'Antarctique de glace et renvoie la chaleur reflétée par cette nouvelle surface blanche.

En fait, de savoir cela, cela nous rend, peut-être, la jambe plus belle, mais pas l'envie de sortir dehors avec elle. 

Dernièrement, on apprenait que le taux de CO2 dans l'air est au plus haut depuis 3 millions d'années, au pliocène. Le seuil des 400 parties par million de particules de dioxyde de carbone avait été franchi. Pourtant la température moyenne mondiale semble stagner. 
Serait-ce un signe que le réchauffement climatique devient de plus en plus inquiétant ou le contraire?

1.jpgUn article de "The Economist" répondait en substance par le fait que le climat serait dépendant de plus de complexités que la seule augmentation du CO2. 

Le réchauffement ferait-il une pause? Remplacé par un refroidissement local dans notre Europe occidentale?

Les océans accusent l'augmentation de chaleur sans apparemment, beaucoup broncher à rendre tous les films catastrophes déjà réalisés, plutôt caducs.  

0.jpg"La chaleur, cette soi-disant, augmentation de la chaleur de l'océan et fait probablement d'un artefact dû aux immenses erreurs de mesures". Kevin Trenberth  doit être heureux que l'on reparle de lui.

Les climato-sceptiques sourient dans leur barbe, raillent avec le beau rôle de l'actualité. L'homme, impliqué, responsable de l'augmentation de CO2 et donc du réchauffement climatique, est pour eux une blague de mauvais goût. 

1.jpgSi climatologues et climato-sceptiques cumulent les bons et les mauvais points, les citoyens lambda fulminent, se disent de qui se moque-t-on et pensent que plus rien ne va plus, impair et passe. Ils n'en ont rien à cirer de savoir ce qui se passera après demain, c'est aujourd'hui et demain qui les intéressent plus. Le climat en 2085, tel qu'il est présenté, c'est loin même si c'est pour faire peur pour moins que ça.  

Pour appuyer leur thèse, les sceptiques disent "L’establishment climatique ne travaille que sur des moyennes et des indices qui n'expliquent rien. Une telle approche, réductrice et statique, ne permet pas d'appréhender la dynamique des échanges d'air et d'énergie".

Se poser la question de savoir de "Quel réchauffement?" s'agit-il, n'est ni innocent pour le GIEC, ni pour ses adversaires. Lobby contre lobby.

L'écologie traditionnelle doit avoir quelques soucis à se faire, envoyés dans les cordes dans deux documentaires présentés sur ARTE. 

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La fausse promesse d'une énergie propreD'ici à 2050, les fournisseurs d'électricité devront produire de l'énergie sans émettre de dioxyde de carbone (CO2). L'éolien et le solaire font naître des espoirs, alors qu'ils ne couvrent que 1 % de l'approvisionnement en énergie en Europe. En revanche, l'industrie du biogaz se développe. Seul souci: pour alimenter cette filière, il faut de la biomasse, matière organique, qui, après transformation, produira de l'énergie. À l'origine, celle-ci devait provenir des déchets agricoles. Mais, au final, les exploitants préfèrent cultiver du maïs, et utilisent pour cela... du fioul. L'essence consommée par les 7.500 centrales de biogaz allemandes génère ainsi 2,5 millions de tonnes de CO2 par an, des données qui n'entrent pas dans le bilan carbone de l'Union européenne. Cette céréale sert aussi de base aux biocarburants. En Europe, l'extension de la production se fait au détriment des parcelles en fourrage ou des tourbières qui constituent d'importantes réserves de CO2. Au Brésil, elle provoque la destruction de pans entiers de la forêt amazonienne, libérant au passage des tonnes de gaz à effets de serre. En Europe, les centrales thermiques sont censées remplacer le charbon par du bois, mais les résultats ne sont guère probants. Partout, des multinationales régissent le marché de l'énergie.0.jpg 

De l'argent propre avec de l'air polluéSuite au protocole de Kyoto, signé en 1997, les pays qui émettent peu de CO2 peuvent vendre des certificats aux pays qui en produisent d'importantes quantités.

Génial, si ce n'est que des dérives sont vite apparues. Au lieu de réduire les émissions de CO2, le dispositif les a favorisées. Depuis 2005, les certificats se négocient en bourse comme d'autres valeurs soumises aux lois du marché. L'Union européenne a accordé aux entreprises polluantes des droits de polluer pour 200 milliards d'euros. En contrepartie, elles devaient investir dans des technologies plus avares en CO2. Or, dans nombre de cas, elles ont tout simplement délocalisé leurs nocives activités vers des pays moins regardants. Par ailleurs, le cours du droit à polluer avec une tonne CO2 est fluctuant, pouvant passer de 30 à 7,5 €. Bonnes affaires en vue pour les brokers, ce plan soi-disant miracle de l'ONU: le Clean Development Mechanism !".
 

Un site entier est réservé aux articles sur le climat avec des polémiques bon chic, bon genre et du scepticisme de bon aloi.

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Ce qui est sûr, c'est que dans certaines parties du monde, le climat est trop complexe pour être prévisible à long terme. L'atmosphère est trop mouvante. Un jet stream, dévié, suffit pour influencer complètement le climat.

Construire un modèle général semble quasiment impossible. Les prévisions du temps diminuent de fiabilité plus on s'écarte du jour où on les fait. Des prévisions à sept jours au grand maximum, malgré les espoirs...

Le S&V de juin pousse une nouvelle alarme: le trou de la couche d'ozone qui avait disparu aux pôles en 1984, se serait comblé. Il y aurait même trop d'ozone et que cela posait des problèmes. A l'époque, comme on craignait une augmentation des cancers de la peau à cause des UV moins filtrés par l'ozone, les CFC avaient été bannis. Aujourd'hui, la stratosphère se refroidirait avec un trop plein d'ozone. Les UV seraient plus forts aux tropiques et diminueraient en intensité au fur et à mesure que l'on se rapproche des Pôles (étude de Richard Mc Kenzy). Moins d'UV, moins d'ensoleillement entre les deux, ce qui veut dire une pénurie de vitamine D en perspective pour les hommes. Un manque que certains pensent combler par des ampoules de vitamines D, par une luminothérapie artificielle et pour les plus fortunés, par des voyages aux environs de l'Equateur. Pas question de revenir en arrière et ressortir les CFC, évidemment. Quand on n'a pas d"idées gratuites, il faut avoir du pognon.    

0.jpgIl faut, résolument, chercher autre chose, d'autres arguments pour maintenir la confiance. Ce sera avec le S&V d'avril que des articles poussaient le traditionnel Eureka avec cette question: "Le réchauffement climatique ne se serait-il pas présenté sur une autre planète du système solaire sans la présence de l'homme?". 

Est-ce que se baser sur des équations universelles, permettrait d'établir un modèle plus générique, en observant les similitudes sur d'autres planètes? Comprendre les tempérances et les extrêmes climatologiques de la planète bleue et chercher des situations correspondantes sur d'autres planètes du système solaire, avec l'objectif d'atteindre des prévisions sur une longue durée, plutôt que de donner le temps qu'il fera la semaine suivante. Un nouvel espoir et une manière de contourner le problème par le credo des "astro-climatologues".

Une fois, fusionnés, on ne sait, d'ailleurs, plus très bien s'ils sont plus astronomes que climatologues.

0.jpgS'intégrer dans un modèle cosmique, plutôt que dans l'épiphénomène de la Terre, serait-ce un nouveau programme de convictions, de prêches et qui sait, de nouvelles suspicions?

Et, bien, non, dit-on, du côté scientifique, cela commence à marcher. Il n'y aurait plus qu'à extrapoler les phénomènes.

Troublant comme les "vues extra-terrestres" ont de l'imagination...

Sur Mars, la planète que l'homme espère très bientôt coloniser, de petites tornades de poussières expliquent la formation de nuages. Ces mouvements de poussières, de bas en haut, appelés "convections", sont produits par un air sec et froid alors que le sol est chauffé par le Soleil.  Depuis 1978, les sondes envoyées par Viking Orbiter ont pu observer le phénomène.

Sur Vénus, les conditions climatiques sont extrêmes. Avec 93 bars de pression, 470°C en surface, pas question de pouvoir visiter. Des nuages d'acide sulfurique, poussés par des vents du plusieurs centaines de kilomètres par heure, peuvent faire comprendre certains "défauts terrestres". La stratification de l'atmosphère devient une petite cause aux grands effets bien plus fameux que l'"effet papillon" terrestre.

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Sur Saturne, c'est le gigantisme qui permet de modéliser la circulation de l'atmosphère lors de cyclones. Le 27 novembre dernier, la sonde Cassini a permis d'observer l’œil du cyclone saturnien qui couvrait 9 millions de kilomètres carrés avec des vents de 700 kms/h. Véritable vortex que l'on observe sur Terre, en plus petit, au dessus du pôle Sud, mais qui détermine les échanges de chaleur entre le pôle et le reste de la Terre. Le climat globalisé est dans le point de mire du laboratoire de météorologie dynamique, Aymeric Spiga!    

Le satellite Titan de Saturne permet de confirmer que le méthane a, tout comme l'eau, un cycle pour se régénérer. Sur Titan, il existe aussi des fleuves, des lacs, de la pluie, des nuages... mais constitués de méthane. Bien qu'avec des schémas différents, ce satellite est considéré comme une jumelle de la Terre.  

Le satellite Triton de Neptune préfigure l'avenir de la Terre et les effets de réchauffement par l'évaporation de sa calotte polaire. Elle possède une atmosphère et une calotte d'azote gelée qui ne fait que s'accentuer à mesure que la quantité de CO2 augmente. 

Autour du pôle de Jupiter, c'est à partir de son minuscule satellite IO et ses volcans en éruption et des particules chargées électriquement que sont à l'origine de gigantesques aurores boréales. L'interaction entre les deux astres proches est, donc, bien réelle. C'est remarquer que la chaleur modifie le climat à distance en perturbant les courants atmosphériques en colonnes d'air chaud plus hautes qu'elles ne le pourraient.

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En hiver, sur Terre, c'est peut-être une infime chance d'obtenir de 0,5 à 1°C en plus pour les pays continentaux comme la Russie, mais une baisse des températures en Europe de l'Ouest, alors que la moyenne du globe ne grimperait que de 0,01°C.

Il y a 126.000 années, le Groenland aurait mieux résisté que prévu au réchauffement, alors que la température était supérieure de 4 à 10°C à celle de notre époque. La fonte des glaces avait été limitée malgré une élévation du niveau des mers de deux mètres.

Un coup d'oeil dans les nuages et là, surprise, il y a de la vie dans leurs panaches blancs. De la biodiversité de vie, même. Des micro-organismes qui font aussi la pluie et le beau temps. Aux services de "noyaux de condensation", selon leur structure, ils entraînent alternativement le refroidissement et le réchauffement. 

Sur le plancher des vaches ou sous lui, les lombrics ont leur part de responsabilité sur le climat en diffusant les gaz à effets de serre, piégés dans le sous-sol, sous forme de CO2 et de NO2. Sous l'eau, le plancton joue, à 50%, le rôle d'un "enzyme glouton" du CO2 et malheureusement aussi, du plastique.

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Alors, enfoncer le clou des climatologues, des climato-sceptiques ou... dans la glace?

C'est du pareil au même.

Aller comme le Captain Cook à la découverte du Jardin d'Eden, en Syrie? Trop chaud, tout cela...

Ce weekend, deux journées portes ouvertes à l'Observatoire d'Uccle, à l'occasion du centième anniversaire de l'IRM. J'ignorais, mais cela va sans dire que cela tombait à pic pour leur dire ce qu'on pensait du climat et de leurs prévisions. Toutes les activités qui tournent autour de la climatologie, étaient représentées. 0.jpgEspace, soleil, planètes, évaporation, ballons-sondes, séismes, mesures des gaz à effet de serre... Tous pour un modèle, tous à la recherche d'une globalisation du climat en intégrant les données de centaines de points du globe dans des formules mathématiques. A la question pratique, "parviendra-t-on un jour obtenir des prévisions à longue échéance", la réponse fut "non, mais" ou quelque chose d'approchant. Pas de martingale en météorologie. Plus difficile encore que d'établir des statistiques de gestion, que d'extrapoler le seul passé dans l'avenir des entreprises. 

Au dehors, une éclaircie de quelques heures et c'était comme une fête. Les visiteurs souriaient avec le soleil revenu. Personne n'avait envie de les mettre au pied du mur.

Comme toujours, l'avenir radieux, il faut le rechercher dans les astres et temporiser sur Terre...

Une invention du para_sol_pluie_tonnerre, pour finir?

Et bien non. La spécialiste de la météo, Laurence, sous les traits de Nabilette, a inventé un truc génial: le banc solaire géant au dessus de Bruxelles.

podcast

Sa conclusion judicieuse était: "C'est pas parce qu'il pleut qu'il ne faut pas vous déshydrater.".

A un conseil comme celui-là, difficile de résister...

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0.jpgPour dimanche, un autre événement et un conseil amusant: "20km de Bruxelles: habillez-vous «le plus léger possible»Vêtements légers et courts, c’est ce que conseille Catherine Lallemand, triple vainqueur des 20kms de Bruxelles.

Dimanche, on s'attendait aux 20.000 mètres nage libre,  le ciel plombé mais pas une goutte. En coureur solitaire, j'ai fait partie de la claque à regarder la caravane passer.  Une nouvelle poule aux œufs d'or quand on pense aux retombées économiques pour le secteur de l'Horeca en plus des 20 euros de droit d'inscription. Un nouveau record, moins d'une heure pour le premier Kénian. Le prince Philippe, brassard 37.395

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 était là et a fait le parcours en 01:50La fête fut malheureusement endeuillée. 20 kms reste une épreuve. Une BA à mon actif: avoir prêté mon ciré jaune, à une dame qui, attendait et grelottait de froid. A suivre...

 

Les 100 ans de l'IRM et les 20 kms en photos, c'est ici, en un clic...

 


 

L'enfoiré,

 

0.jpgMise à jour 31 mai 2013: Ce matin-là, Laurence Bibot avait besoin d'un café serré (trop d'irish coffee) pour rencontrer un écolo. 

podcast

La carte de Belgique, sus-mentionnée, était là pour référencer les bières belges, pas pour toutes les tester en même temps. The buzz. Formidable, aussi, ce Stromae qui en a fait un autre de buzz.

 

Article annexeL'exploration de Mars. puisque certains ont envie d'y aller sans espoir de retour.

 

Citations:

  • « Le monde est fait avec des astres et des hommes.  », Emile Verhaeren
  • « Un peu de honte réchauffe et donne de belles couleurs. », Proverbe néerlandais
  • « La météo c’est ce à quoi on s’attend, le climat c’est ce que nous obtenons. », Robert Heinlein 

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    Mise à jour 23 juillet 2013: C'est la canne au cul, pardon les canicules. 35°C et des orages qui arrivent.

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    Canicule ou vague de chaleur?

    C’est l’IRM qui détermine une alerte canicule. Il y a de nombreux critères pour déterminer le degré d’alerte allant de jaune à rouge. « Il faut déjà faire la différence entre une vague de chaleur est une mesure de l’intensité d’un épisode chaud sur plusieurs jours consécutifs et une canicule. Il y a canicule quand nous suspectons que les conditions de chaleur peuvent nuire à la santé publique »explique M. Debal. L’IRM tient également compte des minima de températures quand il s’agit de déterminer une situation de canicule. Si les minima sont suffisamment faibles pendant la nuit, le corps peut récupérer. Il n’y a donc pas de risque pour la santé publique. Concrètement, l’alerte jaune canicule est déclenchée jusqu’à demain parce que les minima dépassaient 16 degrés et les maxima, 28 degrés, et ce pendant trois jours consécutifs. La situation repassera au vert demain, les orages ayant refroidi l’atmosphère.

     

    Mise à jour septembre 2013: Nouveau rappel, nouveau rapport du GIEC1.jpg0.jpg

     

22/05/2013

Pseudos, modération et censure

Un pseudo peut en cacher un autre. La modération peut entraîner une suspicion après sa circonspection. La censure, se révéler comme une méthode simpliste, lâche et individualiste. En tous cas, trois concepts qui entretiennent une relation du style "je t'aime, moi non plus"La liberté d'expression, elle, en devient un mythe ou un mirage. Comme préambule, un retour sur l'article "Connais l'homme pour mieux te connaître", viendrait bien à propos.

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Pseudos

Le pseudo(nyme)du grec ancien ψευδής, pseudês («faux, erroné») est un nom d'emprunt, choisi par une personne, afin d'exercer une activité sous une identité autre qu'officielle pour garder l'anonymat.

Il est recherché dans les milieux artistiques, considéré, parfois, comme un nom de guerre et peut se retrouver côte à côte avec le nom officiel.

Quelques noms célèbres de la chanson, d'écrivains, correspondent à des pseudonymes. La liste des pseudonymes est longue

L'écrivain Romain Gary, par exemple, de son vrai nom Romain Kacew obtint le prix Goncourt en 1956, puis sous le pseudonyme d'Émile Ajar en 1975, alors qu'un auteur n'est pas autorisé à recevoir ce prix plus d'une fois.  

Ce genre de subterfuge, s'il s'accompagne de fraude à l'identité, pourrait faire aujourd'hui, l'objet d'une attention croissante des Services de la police criminelle. Un Eurobaromètre de la CE précise que 3% d'internautes ont été victimes d'une usurpation du nom officiel, sous forme de l'arnaque du fishing de l'information stratégique. En Belgique, fin 2011, ce fut la première condamnation pour usurpation d'identité par un faux profil Facebook dans le but de dénigrer. Le premier ministre a eu sa boiîte email a été piratée et la cybersécurité ne fait que réagir à ce genre d'attaques sans parvenir à la prévoir.   

Manifestement, sur Internet, plus qu'ailleurs, on n'aime pas trop se montrer au grand jour.

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Garder l'anonymat est la raison principale. Parmi les autres raisons invoquées, la peur du Big Brother, la crainte d'être reconnu par un tiers, de subir une arnaque potentielle et l'envie de pouvoir dire ce qu'on a envie de dire. Un nom de baptême trop long, inexpressif, difficile à retenir, pousse, aussi, à utiliser un nom d'emprunt. 

"Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien? Pas si sûr...", écrivait le rédacteur, Charles Cuvelliez.

L'anonymat n'existe, en effet, jamais totalement.

La virtualité reste fidèle à son origine et une situation peut se retourner contre son auteur, figé sur cette origine.

0.jpgDéterminer qui lit une page, connaître la ville d'où elle est lue et la persévérance qui indique l'intérêt du lecteur, est déjà de la routine pour Google quand on possède un blog dont on est administrateur.

Premiers outils de surf installés sur l'ordinateur, les cookies ont été créés pour le confort de l'utilisateur. La reconnaissance par le système numérique ne nécessitant plus le sacrifice de la réintroduction de données utiles, elle se fait au prix d'une perte de sécurité et du contrôle. Ces cookies peuvent servir à des raisons commerciales sur la fréquentation des pages et pour d'éventuelles malversations comme un cheval de Troie. Profiler reste toujours la préoccupation du marketing via Internet et contribue à garder la gratuité des outils d'Internet. CQFD comme en tout il faut avoir une balance devant soi avec d'un côté les "avantages", de l'autre "les inconvénients". 

Faudra s'y faire, être ciblés par le marketing est devenu presque nature.

Via les SmartPhones, cette "facilité" risque de devenir la cible préférée des hackers

0.jpgPour contrer le hacking, il existe la norme W3C qui permet l'option "don't track" ou les anonymizers par plugins. Plus difficile à identifier, à remonter à la source, à l'IP comme identifiant, bien que mémorisée, l'identité reste accessible. 

Tout est conservé dans le monde du numérique. Le droit à l'oubli demande parfois plus d'efforts pour faire disparaître les traces stockées sur des serveurs qu'à les créer. 

A cet aspect  de confidentialité, tout à fait respectable, s'ajoute parfois une volonté de nuire plus que d'exprimer une opinion et une conviction personnelle, sous le couvert d'un pseudo.

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Ce n'est pas sous les masques que les consciences se lavent des outrecuidances et de tous remords. 

Accompagné d'un "A propos" ("About" en anglais), clair même humoristique, vaut mieux que rien. Un pseudo en devient moins banal. Dans ce cas, l'intention n'est plus de voiler son identité sous un voile de soie. 

Il y a deux ans, j'étais invité sur un forum des échecs en tant que candide sans aucune envie de me mesurer sur l'échiquier. 

Avec le pseudo d'enfoiré, comme d'habitude? Cela m'avait déjà donné quelques soucis de manière assez loufoque. (Anecdote relatée dans "Blanche neige et le huitième nain".).

L'enfoiré, un mot qui fait peur, entendu de tellement nombreuses fois, pour traduire un rejet. La définition de Laurent Baffie dans son dictionnaire humoristique est "Anciennement, enculé, salaud, fils de pute. Depuis Coluche, personne généreuse, altruiste et solidaire".    

En verlan, cela devient "eriofne". Adopté. Cela sonnait, peut-être mieux, en définitive... 

Ce furent deux challenges gagnés après une semaine: 100ème commentaire et 1000ème consultations. 

Le pseudo "Findus" d'un des interlocuteurs m'intriguait et m'a incité à lui poser la question de son origine. Sa réponse fut: "Un jeu d'aventures appelé Goblins avec deux personnages: Fingus, le sage et Winkel, l'arsouille. Un moment de distraction... et le "g"  est devenu "d". Rien à voir avec les produits surgelés. Désolé de mettre un terme à cette légende.".

Ni un produit surgelé, ni un hoax, mais le choix d'un pseudo par l'intermédiaire d'un raté, d'un lapsus et d'un mot que l'on trouve, ensuite, amusant, sans plus... 

L'interprète d'un pseudo peut être, donc, très peu représentatif de son modèle.  

Des pseudo makers automatiques existent pour tous ceux qui n'ont pas d'idées. Alors on tombe sur des pseudos générés artificiellement comme peut l'être "YEG033".

Dans ce cas, inspirer confiance, sans aucun accompagnement, restera alors une question de goût.

C'est un peu comme au resto où on donne la liste de noms de plats avec des noms ronflants ou incompréhensibles, mais sans dire ce qu'il y a en cuisine pour les préparer.

 

Modération:

Dans un forum, tout est dans la modération... Enfin, tout pourrait ou devrait l'être...

Par l'intermédiaire, d'un billet, plus récent, le même forum essayait de radicaliser sa modération en obligeant d'introduire un nom et un prénom à l'inscription ou de l'ajouter si cela n'avait pas été déjà fait, sachant que ces noms et prénoms ne seraient connus que  des administrateurs.

Rien de nouveau sous le soleil ou sous l'ombre de la Toile. 

Tout en comprenant parfaitement où la modération voulait en venir, ce fut une occasion de sourire et de poser d'autres questions:

  • Ce texte n'aurait-il pas dû exister dans les statuts à la création du site?
  • Qui vérifiera si le nom et le prénom correspondent à ceux de la carte d'identité de l'inscrit?
  • Le modérateur s'est-il renseigné sur ce qu'impliqueraient les démarches longues et souvent inefficaces, de réparation des préjudices en justice? 
  • Modérer, n'est-ce pas, une tâche destinée à un ombusman indépendant? Joueur aux échecs et administrateur du site, ne se retrouverait-il pas considéré comme juge et partie?
  • 'Être relatif à la pratique ou à la théorie du jeu d'échecs'" était demandé. Ce sont les trolls qui sont visés. Où commence et où finit un troll? Où commence-t-on à compter les pertes de temps en justifications ou en dénonciations, toutes deux  inutiles?
  • Où commenceraient les insultes et les incivilités précisées comme à bannir?
  • Ne faudrait-il pas légalement forcer le modérateur à justifier son refus? La plupart des journaux en profitent pour manipuler l'opinion publique? 

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Une réplique m'avait amusé "Dans quel flacon dois je faire pipi pour ne pas être banni du forum?" et résumait bien qu'un commentateur n'est pas prêt à se laisser conter fleurette.

De plus en plus de forums, profitent d'une modération préliminaire à la publication d'un commentaire, d'un article, pour les faire sauter et tomber dans l'oubli.

La meilleur modération d'un article, c'est respecter un cahier des charges bien réfléchi et garder l'idée de "psychologiquement vôtre". C'est dire, qu'il faut sortir de ses propres idées et revenir au besoin ensuite en le commentant.

Entrer sur la Toile, c'est aux risques et périls de son utilisateur dans un champ de mines potentielles où seuls les plus perspicaces vaincront ou survivront à l'usure des critiques. Une critique objective, même négative, peut apporter une chance d'amélioration. 

Chocs de cultures, de générations, démographique, de sexes du rédacteur ou du commentateur entrent en jeu. Sans être sexiste, il est presque certain qu'un forum s'adresse plus aux hommes et un réseau social comme Facebook, plus aux femmes.

Le journaliste Taddeî me parait donner le meilleur exemple de la modération réussie en respectant la parole de ses invités tout en limitant celle-ci par ce qui est prescrit par loi. 

Sa dernière émission de "Ce soir ou jamais" entrait vraiment dans le sujet qui nous occupe, en traitant celui de la jeunesse, la révolution, la démocratie et la culture.

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La société se construit fondamentalement de manière inégalitaire. Le plus âgé des internautes n'avait pas l'habitude du numérique. Avec son seul vécu pour bagage, il s'y est conformé en utilisant les mêmes subterfuges que le jeune féru de technologies modernes. Désoeuvré, il s'est senti coincé par le jeunisme qui l'entoure.

Le jeune, en "casseur du passé", voudrait refaire le monde, sortir du cocon dans lequel on tente de l'enserrer, alors que dans le fond, il se conforme à ce passé, sans l'avouer. 

Sur les forums, se retrouvent, mixés, des étudiants en attente de trouver un job, des retraités, des chômeurs et quelques fanatiques dans des polémiques qui ne veulent pas en avoir le nom... 

"Le syndrôme d'Erostrate" n'a pas vieilli. Il est toujours présent. Dans les forums virtuels, les joutes oratoires du café de commerce avec le partage des émotions ne sont, seulement, plus de rigueur. Des discussions, parfois virulentes, y gardent une volonté d'imposer des vues sans éclairer sur leurs motifs intrinsèques. 

Que reste-t-il, sinon de laisser le bénéfice du doute et puis, de tester les résistances de l'électricité de l'air? 

Il y aura toujours les "pseudo-histoires". Des études présentées comme des travaux d'historiens, de scientifiques sans respecter aucune méthodologie de recherches historiques ou scientifiques, présentes seulement pour valider abusivement une thèse préconçue à traiter avec doigté. On entre, ici, dans le domaine du mirage, du mythe de la pseudoscience.

0.jpgSeuls les articles sans risques, sont plussés à 100%. Pour les moinssages, aucune (dés)illusion à avoir. Ils ne veulent rien dire, non accompagnés d'une note explicative permettant d'apporter un droit de réponse adéquat. Espérons qu'ainsi les auteurs donneront une preuve de leur bonne santé tout en roulant les mécaniques.

Justifier par un argumentaire incontestable est bien plus difficile.  

Coter articles et commentaires et cela devient plus piquant. J'ai participé à des concours de moinssages, à se faire traiter de con, tout en couvrant l'absurde de la situation dans des répliques digne du spectacle "Peur de rien".

Tout est dans l'art de l'esquive et l'utilisation de la force de l'adversaire pour répondre aux flèches empoisonnées. Autant se rappeler que Guillaume Tell n'est plus de ce monde et que la pomme de sa cible a eu le temps de tomber.

Un commentaire peut très bien être plus complet, plus argumenté que ne l'est l'article qui le précède. Mais c'est relativement rare quand on voit ce qui se passe dans les forums citoyens.

Le nec plus ultra pour certains rédacteurs, c'est de recevoir des commentaires à gogo ou à gugus, rien que pour se sentir à l'aise, pour avoir une confirmation d'être lu et s'entendre exister. Commentaires qui se croisent, parfois, entre les pros-mielleux et contras-râleurs.  

Commenter ne veut pas dire nécessairement chercher un consensus pour se retrouver ensemble à l'embouchure, mais, tout au contraire, rester vrai. S'exprimer, c'est remonter le courant trop unitaire et par là, ne rechercher que le "démocratique vôtre". Trop de démocratie tue la démocratie et avoir l'unanimité relève de la chimère. Plutôt secouer le prunier pour que les prunes tombent, voilà ce qui se passe dans un forum normalement conçu tout comme ailleurs en politique. "Ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison", dit le candide de service.

Dans l'orage verbal, l'humour peut encore vaincre la morosité d'une discussion houleuse ou trop académique.  

 

Censure:

L'article 25 de la Constitution belge dit que "La censure ne pourra jamais être établie". 

La censure rode ou frise l'atteinte à la vie privée et s'insère dans toutes les relations politisées. Journalistes et internautes s'y retrouvent avec les mêmes tendances et les mêmes défauts.

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La censure est ressentie comme une frustration, comme un viol de la liberté d'expression.
 

ARTE lançait un documentaire "Contre-histoire de l'Internet" qui disait en substance qu'Internet a été créé par des hippies tout en étant financé par des militaires. Cet improbable choc des cultures a donné naissance à un espace de libertés impossible à censurer ou à contrôler. C'est pourtant ce que cherchent à faire un certain nombre de responsables politiques, poussant hackers et défenseurs des libertés à entrer dans l'arène politique. Au début, pas de mot de passe. Du "peer to peer", sans plus. A la limite, devenu réseau de mafieux, de terroristes. En premier, le facteur qui envoie la lettre fut considéré comme responsable. Ensuite, celui qui a écrit la lettre. Enfin, celui qui la lit. La répression a commencé en France. HADOPI, censé veiller aux droits d'auteur. L'interdit ne sera jamais porteur d'intelligence. Seule la création de code Internet plutôt que seulement l'utiliser peut garder l'esprit démocratique. La période actuelle n'est qu'une phase intermédiaire.".

 
Réhabiliter les hackers... Internet dans un état "intermédiaire", un mot qui peut faire peur dans ce cas.

Le caricaturiste Pierre Kroll dont je vous abreuve de caricatures, était interrogé dans un tchat au sujet de la censure des dessins caricaturaux politiques, religieux, économiques, historique... L'autocensure existe, disait-il.

La censure peut prendre toutes les formes. Elle peut être élitiste, fondamentaliste, politique, linguistique...

La censure linguistique, Thomas Gunzig dans son café serré humoristique ce mardi, la prenait à revers, à rebrousse poil.  
podcast

ARTE en avait fait un autre documentaire "Fini de rire". Interrogés durant l'introduction, les dessinateurs disaient que "Dessiner c'est voir des choses que les autres ne voient pas. Dépasser les limites par le dessin est comme une récompenseSi on n'est pas dans l'actualité, on ne peut le comprendre". 

La Tunisienne du documentaire est sortie du carcan du dictateur Ben Ali pour retomber dans celui de la religion...

"Internet est la seule fenêtre entre l'Iran et le monde" ajoutait le dessinateur iranien.

C'est s'exposer et aussi savoir "la contre" comme on dit chez nous. C'est à dire avoir du répondant.

Les libertés, et pas uniquement d'expression, sont loin d'être respectées dans le monde.

1.jpgTous les médias officiels restent un peu piégés par la modération du journal pour lequel ils travaillent, par un supérieur qui a peur d'être dégommé par son propre supérieur. 

Le blogueur garde une autonomie plus grande, tout en devant se plier à une éthique de respect de son lecteur et, quelque part, une obligation de se protéger contre lui-même.

Est-il influent?

Marcel Sel (que j'ai appelé "mon sel de bain"), utilise aussi un pseudo et se voyait "redresseur de torts" ou "Zorro" dans cet interview

Non-journaliste, je garde à l'idée qu'influencer les autres reste plutôt du domaine de l'équilibriste. Influencer l'autre, faut pas trop rêver... 

Les autres ont leur vie, leurs amours, leurs soucis, leurs espérances et leurs désillusions. Je décline l'opportunité, la responsabilité d'influencer, si elles existaient. Changer le monde alors que souvent, ces promoteurs-prometteurs ne sont pas prêts d'en changer eux-même?

Risquer ses propres folies est aussi moins dangereux que de les subir par les autres.  

Il vaut mieux entrer en émulation qu'en compétition, ce qui deviendrait stérile.

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Informer, c'est d'abord s'être informé soi-même.

Sortir de l'intox et de "l'infaux".

Parfois, s'instruire par et pour les autres en remontant aux sources comme arguments.

Espérer que par la magie de l'osmose, certaines idées, un vécu parviennent à véhiculer, partager quelques émotions, c'est déjà atteindre le sommet de la jouissance. Sans idées en commun, sans petites connivences, c'est plus vite mal parti que bien.

La langue de bois doit être combattue même si les fondements de la société humaine poussent à la bienveillance, à se taire comme une solution de facilité ou un échappatoire de sécurité.

Tant que subsiste l'humour comme remède, rien de perdu, même s'il ne fait plus sourire, fait grincer les dents, c'est tant mieux. 

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"L'humour est un art d'exister... l'impolitesse du désespoir" disaient, tour à tour, Robert Escarpit et Dominique Noguez.

Philippe Geluck prépare un nouveau livre autour de la question "Peut-on rire de tout?". Par la parodie, le pastiche... "Rire du physique, du malheur, des pauvres, des riches, des vieux, des jeunes, des politiques, des religions et ... des mauvaises critiques, cela peut être méchant et jouissif", affirmait-il.  

Censurer le rire, c'est, simplement, annuler tout espoir d'exister.

Pour apprécier l'humour à sa juste valeur, tout est une question d'éducation, de formation, d'idéologies qui s'entrechoquent dans un monde devenu un peu trop 'village' avec des règles de vie trop différentes.

Toucher quelqu'un qui vit de l'autre côté de la planète, à la vitesse d'une connexion, ne coûte plus rien. Seuls, les préjugés se construisent derrière des tabous qui font office de casseroles au pied.

0.jpgA l'époque des caricatures de Mahomet, je sortais  "Le ciel pour horizon", un triptyque d'articles avec pour thème la religion. Je me suis autocensuré en postposant la publication des deux derniers épisodes alors qu'ils n'étaient nullement question d'Islam. Décaler dans le temps, c'est comme apporter le chocolat glacé à l'entracte...

Dans une telle ambiance, tout est toucher l'intégrité des autres ... Intégrité, un mot qui se rapproche trop du mot "intégrisme".

Les dessinateurs caricaturistes ont de plus en plus de 'pression', disent-ils.

Pas sûr que cela s'arrête à eux et que l'on ne retombe pas dans un formalisme prêché par un modérateur d'occasion.

A l'ère du visuel, on veut de l'image qui se déguste (ou se déglutit) à l'instant. Tout son art, partagé par les autres médias, consistera à reprogrammer les cerveaux an limitant la faculté de concentration pour rendre le cerveau incapable d’absorber des informations plus longues que le Tweet de 140 caractères maximum.

L'incapacité de dessiner, une lacune que j'assume. Je profite de l'occasion de remercier Kroll et Vadot de me permettre de reprendre leurs caricatures. (Expo à l'Espace Wallonie-Bruxelles).

Les salons du livre font encore salle comble, ce qui donne encore une chance à l'écriture et aux livres. 

 

Conclusions:

Info ou intox?

Nous sommes à l'ère de l'hyper-communication avec les médias disponibles. A l'ère où on dit tout et n'importe quoi. Le Buzz se crée sans même interférer sur son potentiel. La démocratie est devenue, une tarte à la crème dans laquelle on n'y trouve plus ni ses ingrédients, ni ses gènes. Internet a créé "La démocratie des crédules" selon Gérald Bronner.

Les Femen d'arroseuses passent par l'arrosage.1.jpg

Le meilleur modérateur doit faire abstraction de ses propres convictions.

A mettre trop d'eau dans son vin, on s'y noie.

Une annonce: Agoravox, la Fondation reconnue d'utilité publique, recrute un "community manager" comme ce forum se définissait, écrivait: "Il devra entre autres animer et structurer la communauté des lecteurs, des rédacteurs et des modérateurs d'Agoravox, qui constituent la vraie source d’information d’AgoraVox et en renforcer leur cohésion". 

Je ne sais pourquoi, mais cette annonce m'a fait sourire. De vieux souvenirs me sont revenus en mémoire qui ne semblaient pas être des preuves pour confirmer l'annonce.

Modérateur sur ce forum Agoravox pendant un an et parfaitement déclaré en tant que tel, je l'ai été. En plus, je continuais à passer par la même modération pour faire publier mes propres articles. Cela m'a valu beaucoup de contacts et de me retrouver, du même coup, entre le marteau et l'enclume en "Moderato cantabile".

Sera-t-on, un jour, complètement libre de tout dire, de tout écrire?

Peut-être, jamais. Tant mieux ou tant pis...

0.jpgCe serait possible, mais alors, tout le monde laisserait tomber les masques et les préjugés scolaires, parentaux inculqués à la petite cuillère dès le plus jeune âge. Un indien dans la ville, nu comme un vers, exempt de sortilèges et d'incantations vaudou?

L'espoir d'un Bouddhiste dans une de ses sept vies, d'un Musulman entouré de ses sept vierges, d'un Chrétien qui aurait, tout à coup, la folie d'énoncer les sept péchés capitaux tout haut derrière le confessionnal?

Non, impossible, je rêve...

En République française, un billet récent parle même de publicité qui remplace la liberté d'expression.

Puisqu'on parle de la France, on la croyait laïque. Les événements controverses récents du "mariage pour tous" prouvent le contraire. La philosophie y serait morte et l'Esprit Saint  reprendrait du galon chez ceux qui se disent scientifiques et philosophes. 

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Dans une civilisation hyper-sexuée, on trouve face à face, un "mai 68 à l'envers" qui pense au mariage pour tous comme une aberration et un "mai 68 renforcé" qui explose sous toutes ses formes lors de la Gay Pride.

La Belgique, 2ème pays le plus "gay-friendly" d'Europe après la Grande-Bretagne à tel point qu'elle a été surnommée la "Belgian Pride". En Belgique, c'est dix ans depuis le mariage homosexuel...

Cette manifestation, il faut la comprendre comme un réflexe contre l'absolutisme, bien plus sexuelle.

Oui, "Tabous, casse-toi".

Vas-y, "du tag au tact", au risque de te retrouver face au regard oblique des passants honnêtes. 

La censure est toujours idiote quand elle est partisane.

"Pour vivre heureux, vivons caché" est une maxime dépassée de nos jours par la maxime "restons curieux". Déconner est parfois plus important que de rester innocent.

En 1981, une pub disait déjà "Aujourd'hui, j'enlève le haut. La prochaine dois, j'enlève le bas".  Maître mot au parfum de scandale mélangé de suspense, on était encore loin du Web. Le PC arrivait seulement dans les foyers à des prix qui frisaient la paye de l'ouvrier...

La tendance ne serait-elle pas cette fois de "montrer les bas", exclusivement?

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Le film la "Grande Bouffe" date de 40 ans. Un film qui avait été très très controversé à sa sortie. 

Chez les dessinateurs, il y a comme une volonté, une envie d'artisanat.

Les gros producteurs de buzz vaquent dans un autre secteur, celui des gros sous. 

Tandis que, pour les premiers, la censure peut "tuer", elle faire gagner le jack-pot aux seconds. 

Le clip sulfureux de David Bowie a été censuré par YouTube.

Ce fut un beau coup médiatique. Buzz contre buzz en espérant qu'il en restera quelque chose de positif.

D'après le rapport de "Reporters sans frontières", la Belgique occupe la 21ème place dans le respect de la liberté de la presse.

Parmi les meilleurs, on cite la Finlande, les Pays-Bas et la Norvège. Parmi les lanternes rouges, la Corée du Nord, l'Iran, la Chine et Cuba.

Sans carte de presse pour exprimer ces choses, les internautes n'ont pas de classements, aucune statistique n'étant disponible.

"Quid tacet concentirevidetur" (qui ne dit rien concent)

Faudrait-il inventer un organisme "Les internautes sans frontières"? 

Avec quel modérateur?

Y aurait-il quelque chose de changé dans la sphère virtuelle, sous l'ombre des palmiers en fleurs, dans la torpeur et devant l'écran noir de nos nuits blanches là où on se fait du cinéma?


 

L'enfoiré,

 

PS: Je parlais de la Gay Pride, elle avait lieu, ce samedi de Pentecôte, à Bruxelles. On annonçait une Pride sous tension. Digne d'une côte en pente à remonter, en quelques sortes... Le mot "gay" a même disparu. 

Elle se passa très bien avec 80.000 spectateurs fiers d'être là avec le mot d'ordre "la famille".

Un clic, et voici quelques photos intimistes d'avant la parade. Elles ont été prises le samedi matin, lors de la préparation de la parade. 

La parade, elle même, ce sont les journalistes qui se sont chargés de vider leur chargeur de photos. Choqueront-elles les âmes biens nées? 

 

Citations:

  • « Qu'est-ce qui pousse certains auteurs à se cacher derrière un pseudonyme ; est-ce qu'un écrivain, finalement, possède une existence réelle ? », Paul Auster
  • « Le poisson est un animal susceptible: en présence du pêcheur, il prend facilement la mouche. », Noctuel
  • « Internet: un grand théâtre dans lequel les acteurs se croient au bal masqué.», L'enfoiré 
  • « Dur de faire confiance à l'être humain. même les aveugles préfèrent se faire guider par les chiens », anonyme
  • « Tolérance: c'est quand on connait des cons et qu'on ne dit pas les noms"
 
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Mise à jour 20 mai 2013: Yahoo vient d'acheter Tumblr, un petit acteur nommé "désir".
 
 
 
0.jpgMise à jour 12 juin 2013: coup de théatre. La radio et la télé publique est coupée par le gouvernement grec. 
 
Mise à jour 20 juin 2013: L'écrivain anglais Martin Amis était interviewé dans le Vif à la suite de son livre "Lionel Asbo, l'état de l'Angleterre". L'histoire d'un gars qui gagne au loto et qui révèle l'obsession actuelle de l'argent et de la célébrité. L"Anti-Social Behavior Orders" constitue le déclin de l'Angleterre.
Ecrire pour lui est répondre à une voie intérieure alors que la plupart des gens sont cloisonnés et la mettent de côté. Ecrire c'est demeurer enfant avec un sens de l'humour qui va jusqu'à la provoc pour estimer la force de l'autre dans un comique de situation, face aux travers de la société contemporaine. Le manque de communication silencieuse avec un livre va rétrécir l'avenir, dans une tyrannie du look, selon lui. Ecrire pour se faire plaisir, sinon rien... 
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16/05/2013

N'épargnez plus, spéculez ou consommez

Tour à tour, deux nouvelles: "Détourner les Belges de leur carnet" et "Supprimer les paiements en cash porterait un coup sévère à l'économie souterraine".

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Le Belge aime faire des économies pour se donner une chance d'avoir un petit plus dans le futur. Il a deux voies pour le faire la brique et le compte d'épargne s'il veut se mettre à l'abri des déconvenues. La sécurité a un prix qui vaut de l'or. Qui oserait le contester? L'Etat? Il devrait s'en rappeler.

L'argent papier n'a plus la cote. La carte bancaire ou de crédit est tellement pratique. Souvent devenue gratuite, elle ne l'est pas pour le commerçant qui doit payer un léger pourcentage sur les transactions. De plus, on oublie ainsi de compter les frais avant de recevoir l'addition en fin de mois. 

 

La taxe sur les livrets d'épargnes:

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Koen Geens, le Ministre des Finances, vient de lancer une idée de réactiver l'épargne, surprenante, quand on se souvient des raisons historiques pour lesquelles elle a été voulue.

Un "non" catégorique du Fédéral

Devant le tollé général qu'il a généré, Koen Geens dément le projet sans le rejeter.

Les comptes en banques déborderaient avec 240 milliards d'euros. Un pactole... 

A l'origine, en 1962, la première tranche d'intérêt de 1.500 FB de taxe sur les intérêts était exonérée d'impôt.

L'idée était de stimuler l'épargne et ainsi encourager l'achat de biens de consommation par des investissement productifs avec effet retard.

Le précompte mobilier effrayait déjà les contribuables et une baisse de l''épargne s'en est suivie. En 1966, pour limiter cette baisse, la limite était portée à 4.000 FB.

Les banques étaient alors plus proche de l'Etat avec la CGER.0.jpg

Les livrets d'épargnes sont déjà taxés, mais à partir de la somme d'intérêts qui dépassent 1.880 euros d'intérêts par an.  

Aujourd'hui, il est donc question de supprimer l'avantage fiscal dès le premier euro d'intérêt.

Sur 10.000 euros d'investissement avec le pourcentage de 1%, jusqu'à récemment, cela ne ferait plus 100 euros d'intérêt mais 85 euros, mais comme ce pourcentage est tombé à 0,55%; il ne reste que 46,75 euros. 

Une émission de radio sur Vivacité lançait un débat parmi les auditeurs. Les réactions étaient très "hard": "c'est une méthode de mafia".

La confiance devrait-elle, aujourd'hui, avoir une nième vie? Une entreprise n'a pas seulement le devoir de produire, mais aussi de vendre sa production pour être rentable et faire du bénéfice et ainsi payer ses collaborateurs et ses créanciers.

Dans une époque de récession, passe encore, mais dans une période de stagflation, cela craint vraiment.

Les placements, sous toutes les formes qui sont proposés, ne sont pas garantis par l'Etat. Les risques augmentent en virant des obligations aux actions, sans jamais être nuls.

A quel pourcentage sont récompensés les comptes d'épargnes?

Une peau de chagrin. Aucun incitant tangible pour attirer les investissements.

La baisse du rendement n'avait en rien changé les habitudes des épargnants belges.  L'épargnant avait dû seulement s'organiser autrement pour complémenter leurs retraites futures ou advenues.

La semaine dernière, les taux chutaient à nouveau, au niveau de 0,5% pour soutenir la croissance. On imagine déjà qu'ils tombent en dessous de 0%. Cela équivaudrait alors à payer pour prêter son argent. 

0.jpgL'argent des comptes dormirait en n'entrant pas dans l'économie?

Faux, lançait un auditeur, banquier, l'argent est recyclé dans l'économie par l'intermédiaire des banques. Les banques doivent seulement garder en caisse un back-up suffisant fixé par la loi. L'argent est de moins en moins liquide et de plus en plus virtuel sous forme de dettes.

Taxer le livret d'épargne pour pousser les gens à investir.

Quels sont les mieux placés pour le faire?

Les banques avec leurs ordinateurs, leurs consoles avec les situations de chaque investissement qui défilent dans une vision globale?

Ce serait donc le boulot des banques d'investir dans le circuit financier.

Un idée géniale ou un fiasco en préparation de taxer les livrets d'épargne?0.jpg

Il faut dépenser ou investir ou ... sortir l'argent des banques et aller le renvoyer dans un autre pays plus favorable dans un placement dit "plus intelligent", disait un auditeur...

Exactement, l'inverse du but à atteindre.  

Si on a une politique sociale, il faut en avoir les moyens pour pouvoir l'exercer.

L'argent en compte reste disponible. Bloqué sous forme d'obligations ou d'actions, n'est absolument pas pour garantir l'économie du particulier. Pendant la crise, les comptes étaient garantis à raison de 100.000 euros. La confiance a, ainsi, été, temporairement,  soutenue.

La bulle spéculative a été évitée grâce à la sécurité comme alibi. 

0.jpgIl y a déjà des lunes, le Fond Monory De Clerck avait été lancé pour les investisseurs dans le but d'effacer les problèmes de l'Epargne-Pension qui prenait l'eau. Les cotisants investisseurs en ont profité car la conjoncture était haussière lors de son lancement.

La différence avec la proposition d'investissement d'aujourd'hui, c'est que l'investisseur n'avait, alors, pas un fusil dans le dos. Il n'était pas encore "pigeon". Il pouvait décider de ne pas y souscrire, de prendre un chemin de traverse et choisir le moment le plus opportun. De plus, la Bourse avait encore bonne presse, malgré ses quelques soubresauts. Pour finir, il faut se rappeler qu'il existait des incitants comme les titres AFV avec précompte réduit, des exonérations sur les droits de succession, des réductions IPP pour attirer le "client".

Est-ce encore le cas? Pas vraiment, ou peu sensibles.

La question est, depuis, "Les Bourses sont elles sous-évaluées ou sur-évaluées?".

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Très probablement sur-évaluées à voir les cours qui grimpent. Les PE atteignent des sommets.

L'écart entre la vie du citoyen de la rue et la vie de la Bourse ne fait que s'accroître. 

Dans l'opération "taxe sur l'épargne", seraient visés le Livret vert, le Livret B...

En échange, ce qui est proposé, des Emprunts populaires, des Emprunts d'Etat, des actions de sociétés cotées en Belgique...

L’exonération du compte d’épargne est menacée par la Cour européenne de justice.

On devait s'en douter, qu'il y avait une idée qui venait du cortex européen. Geens n'a fait que sauter sur l'occasion pour dire que ce problème se trouvait ne se trouvait plus à son niveau.

En 2010, déjà, le département de la justice de l'UE, intimait la Belgique de se mettre en ordre et de respecter la libre circulation des capitaux au travers de l'Europe.

Il fallait donc penser à étendre le régime des avantages fiscaux à tous les capitaux même étrangers ou supprimer ces avantages. 

0.jpgCela faisait un certain temps que l'on incitait le particulier à investir et à prendre le large dans le domaine du risque.

J'en parlais dans "La spéculation sur le banc des accusés".

Les ISR, les "Investissements  Socialement Responsables" y étaient mentionnés.

Un beau geste, en somme, comme si on investissait dans le Télévie. On oublie que même le Télévie a subi quelques soucis dans le passé avec des détournements d'argent. 

Accrochez-vous à la lecture de la publication de BNP au sujet de l'ISR comme préambule:

"Investir utile au travers des ISR. Concilier l'engagement citoyen et les performances financières. Donner un sens aux investissements en sélectionnant les entreprises et les projets qui ont fait le choix de la durabilité, les mieux adaptés à l'environnement économique de demain. La pauvreté, l'inégalité, l'exclusion, la pollution, le changement climatique, la disparition des ressources naturelles sont autant d'enjeux majeurs sur lesquels l'investisseur a le pouvoir d'agir. Investir est une responsabilité et un formidable moyen de répondre à ces grands défis et d'orienter le modèle de société de l'avenir en choisissant d'utiliser le patrimoine pour développer un monde plus responsable, plus équitable et plus durable.".

- Mais, c'est bien sûr, dirait l'Inspecteur Bourrel dans les Cinq dernières minutes de son enquête. Où, faut-il signer devrait être sa réponse...

0.jpgRelisez mon billet dont je faisais mention ci-dessus, vous avez manqué quelque chose qui pourrait être l'essentiel.

Geler votre argent et vous êtes devenu incivique...

Faux... Entre 2007 et 2012, si les montants déposés sur les livrets d'épargne ont atteint 87 milliards d'euros, ils ont été crédités pour 19,6 milliards aux entreprises, aux hypothèques pour 43,9 milliards et aux prêts du pouvoir public à raison de 24 milliards.

Les livrets d'épargne dédicacés, les bons de caisse, les comptes à terme à 2,2% même précomptés privilégiés à 15%, seraient bloqués pour un minimum de 5 ans et n’allégeraient pas les comptes. 

3.jpgSupprimer les payements cash

Il parait que 16,4% du PIB échappe au pouvoir public à cause de la monnaie sonnante et trébuchante.

L'Europe veut supprimer les centimes.

On avait déjà allégé avec des billets en papier.

Le nouveau billet de cinq euros vient d'être lancé. On avait seulement oublié de vérifier que les lecteurs automatiques de billets allaient pouvoir accepter sa nouvelle mouture.

Une histoire belge de plus...

L'argent papier est inodore, insipide, mais il est surtout trop palpable.

Dès 2014, tous les titres papier, dém