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12/01/2014

Souffle toujours, tu m'intéresses

Mais qu'est-ce qu'on entend? "Tout est fait pour favoriser les lobbies éolien", "Le décret éolien est reporté". Il n'y en a plus que pour les écologies qui ont besoin de faire du vent dans les voiles. Le vent souffle parfois par la poupe du navire, mais aussi par la proue pour le ralentir. Alors, parfois, c'est marche en arrière toute pour l'installation des éoliennes en Wallonie. Le ministre écolo, Philippe Henry répond "Non, la Wallonie ne renonce pas à l'éolien". Louvoie-t-il là où il ne voit pas la houle qui se précise à l'horizon avec ses nuages noirs? L'hiver a, jusqu'ici, été venteux et plutôt doux, produisant quelques Kwh mais...

0.jpgAprès avoir mené une enquête publique auprès des communes belges, les deux ministres wallons écolos, Jean-Marc Nollet (Énergie) et Philippe Henry (Aménagement du territoire), ont décidé de retirer la carte d’implantation des futures éoliennes.

« Mais l’éolien ne manque pas de souffle », a tout de suite précisé, Philippe Henry.

Il se prend pour Don Quichotte devant les moulins à vent, que cela ne m'étonnerait pas. Oui, les moulins à vent, c'est pittoresque et cela rappelle un passé nostalgique, mais il ne faudrait pas trop pousser. Les éoliennes modernes, c'est autre chose. Cela va plus haut et à l'arrière des maisons, cela gâche la vue et le paysage. D'ailleurs tout le monde est d'accord, des éoliennes, oui, mais pas dans mon environnement. Nimby.

En 2012, 59 permis d'environnement avaient été délivrés en Flandre pour des éoliennes. Cela portait le parc au nombre de 249. L'Europe pousse à leur utilisation et 500 seraient ce qu'elle voudrait voir implanté en 2020. La Wallonie devrait tripler sa capacité d'ici 2020.

Implanter des éoliennes en Belgique avec une densité de population aussi importante relève de la quadrature du cercle bien plus que du défi.

Il y a vingt ans déjà, je me souviens avoir vu des champs d'éoliennes à perte de vue dans un désert de Californie et ne gênait personne.1.jpg

L'utilisation des éoliennes en mer apporterait une rentabilité maximale et ne dérangerait que les bateaux et même les poissons y trouveraient leurs avantages quand on pense que les bateaux échoués dans le fond des océans ont généré des écosystèmes de vie.

En Wallonie, on pense à installer l'intégralité des éoliennes le long des autoroutes. Le plan prévoit la construction de l'ensemble du parc sur des terrains publiques en bordure des axes de circulation.

Mais c'est bien sûr, docteur Watson. 

Et bien non, dit l'autre, parce que tout cela génère des nuisances en dehors du fait que cela continue à détruire le paysage, les nerfs avec le bruit. Du bruit qui donne de l'irritation par son côté imprévisible, dépendant de la force du vent et qui est, en définitive, plus incommodant que le bruit de voitures pourtant plus élevé de 20 décibels.

Puis, il y a l'ombre portée que les éoliennes projettent sur les maisons qui incommode par l'effet de flashes comme si un néon commençait à clignoter devant sa chambre. Des études ont prouvé que 30 minutes par jour de clignotement devient insupportable indépendamment de la nébulosité et même si la distance égale à neuf fois la hauteur de l'éolienne.

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Cela s'appelle l'effet stroboscopique. Cet effet attaque les nerfs optiques, capables de les percevoir entre 120 à 200 Hz. Plus rapide, c'est moins perceptible mais à une fréquence entre 3 et 70 Hz, cela peut provoquer une crise d'épilepsie chez une personne sur quatre mille.

Le cinéma qui projette des images à 24 images secondes, permet de donner un mouvement fluide, en dessous il parait saccadé et non naturel. Le mouvement est détecté et interprété par le cerveau.   

0.jpgAlors, implanter les éoliennes le long des routes pour annuler les effets de l'un par l'autre? Cela craint... 

Je suis tombé sur une analyse avec le titre-question "L'ombre portée des éoliennes est-elle dangereuse pour la circulation?".

Tout comme les arbres qui se trouvent le long d'une route gênent en laissant passer alternativement les rayons du soleil par une fin de journée d'été, les éoliennes peuvent altérer la conduite en voiture.  

Si la courbe de lumière et sa profondeur de modulation entre lumière et obscurité, que sa fréquence n'atteint pas une fréquence suffisante, plus la gêne est important.

La fréquence et le cycle sont déterminants.

A 8-9 Hz, avec la lumière qui s'allume et s'éteint 8 et 9 fois par seconde, la gêne est maximale.

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En dessous de 2,5 Hz et au dessus de 16 Hz, la gêne disparaît.

Une éolienne bipale produirait une fréquence maximale de 1,5 Hz, une tripale, 2,25 Hz, donc cela semble marcher. D.A.Schreuder a étudié la question. Sa conclusion serait que le problème des éolienne serait un faux problème. En 1992, il arrivait avec une solution "les éoliennes sont placées si loin de la route que les véhicules qui sortent de la route ne peuvent pas l'atteindre". Mais tout dépend de la vitesse de la voiture qui croise ces éoliennes. 

Le risque d'impact, déjà très faible à cause des éoliennes, le serait moins s'il y avait un panneau d'avertissement. Étrange ce panneau n'existe dans aucun pays et puis même s'il existait, quelle est l'attitude corrective que prendrait le conducteur pour l'éviter?

L'effet stroboscopique est mieux connu sous forme de l'effet tunnel. Des tunnels qui se succèdent comme on le voit en Suisse, qui ne parviennent pas à maintenir une lumière constante avec l'extérieur et dont la luminosité est variable. Le conducteur pose ses lunettes sur le nez dans l'espace ouvert et les enlève dans l'espace confiné du tunnel pour garder une bonne visibilité de la route.

L'espacement entre les éclairages du tunnel prend toute son importance liés à la vitesse du véhicule. A 60 km/h, les réverbères installés à 13 mètres l'un de l'autre donnent une fréquence de 1,3 Hz. A 80 kms/h, on passe à 1,7 Hz. Cela reste bon.

0.jpgSi la distance augmente encore et que la vitesse du véhicule reste limitée aux mêmes vitesses, l'effet stroboscopique commence et augmente très vite.  

Cent personnes au monde auraient trouver la mort à cause d'une éolienne officiellement reconnues comme telle.

Allez, sauvé par le gong? Et non pas tout à fait. 

Le recyclage des éoliennes pose un autre problème.

Entre 15 et 20 ans est ce qu'il reste adapté si la maintenance n'est pas respectée. L'usure par la corrosion peuvent mener les éoliennes à se casser ou s'effondrer par grand vent.

La phase "économique" entre tout à coup par la grande porte de la discussion.

Que coûte une éolienne? Quel rendement électrique apporte-t-elle? Pourquoi ne pas les mettre ensembles dans un champ éloigné de tout, avec, cette fois, un écartement minimal entre chacune d'elles? A qui profite l'utilisation des éoliennes? Qui les produisent? Qui les maintiennent? Elles apporteraient des emplois, d'accord, mais à qui?

0.jpgA l'origine, les Régions et le Fédéral ont trouvé un accord sur le plan climat qui dit que "Le partage des objectifs belges figurant dans le « paquet énergie climat » européen adopté en 2007 est de diminuer de 15 % les émissions de gaz à effet de serre en 2020 dans les secteurs du logement, du transport, du tertiaire, etc., par rapport à 2005. Faire passer à 13 %, la part des renouvelables dans la consommation d’énergie en 2020".

Oui, mais comment y arriver? Même si les potentiels existent, comment réaliser les objectifs? Les fameux "Y-a-qu'à" sont là.

Luc Rivet, porte-parole de "Vent de Raison" disait que les éoliennes ne tournent que 6 jours par mois.

0.jpgIl confondait peut être avec le taux de charge et par la même pensait que le rendement devait pouvoir être constant proche des 100%. Ce qui n'est vrai que très rarement. Le lieu idéal pour installer une éolienne n'existe pas. Le vent n'est jamais constant. Pour qu'une éolienne commence à tourner, il faut une force de vent de 9 kms/heure minimum. Elle s'arrête de fonctionner quand le vent dépasse les 90 kms/heure.

C'est en mer du Nord qu'un rendement moyen de 40% est atteint. En Wallonie, il tombe à 25%. En 2012, la moyenne de rendement en Wallonie s'élevait à 24%. En Flandres, puisque les surfaces de terrains sont plus plates, il est plus facile d'augmenter les rendements, d'où la décision d'installer des éoliennes. 

1.jpgAprès le Danemark et la Grande-Bretagne, on trouve la Belgique dans les tops mondiaux pour l'éolien offshore.

Celui-ci injecte 1,5 TWh par an sur les réseaux électriques. L'objectif est d'atteindre 8 TWH/an, ce qui correspondra à 10% de la consommation électrique en Belgique. Cinq mille personnes sont impliquées directement ou indirectement dans le projet avec sociétés comme C-Power et Belwind.0.jpg

Cela se répercute sur le consommateur. Le supplément payé par les consommateurs est de 2,2 MWh pour une consommation moyenne de 7,7 MWh. 

0.jpgElectrawinds ne va pas bien et Tecteo est prêt d'injecter 50 millions d'euros dans l'affaire. Tecteo flairerait-elle la bonne affaire? 

En 2010, en France, certains disaient non sans humour qu'il fallait enterrer les éoliennes.

Puis, il y a le micro-éolien. L'éolien qui produit 50 kW/h. Plus cher au kW produit, mais qui ne fait pas de bruit, sans effet stroboscopique. Parfaitement destiné à l'éclairage. Cruelle vérité sur les micro-éoliens? C'est à voir par des yeux hybridés.  

Peut-être faudra-t-il éduquer le vent pour qu'il atteigne une vitesse constante dans les normes et qu'il ne gêne plus les oreilles.

Quelqu'un veut donner un coup de fil au dieu Eole?



 

L'enfoiré,

 

Sources: Touring Explorer de novembre 2013.

 

Citations: 

  • « Qui sème le vent récolte la tempête. », Osée
  • « N’écoute les conseils de personne, sinon du vent qui passe et nous raconte les histoires du monde.  », Claude Debussy
  • « Le vent souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va.  », Saint Jean

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Mise à jour 18 janvier 2014: Et puis un accord  sur tout au gouvernement wallon... en principe. En principe, car il y a des vents contraires qui ralentissent l'éolien wallon. 12 éolienne installées en 2013. Puissance 27 MW. Au total 602 MW installé qui fournissent 1300 GWh/an soit la consommation de 380.000 ménages.

 

0.jpgMise à jour 27 juin 2014: Nouvelle fronde contre le cadre éolien.

L'ASBL "Eolienne à tout prix?" a introduit un recours en annulation au Conseil d'Etat contre les conditions sectorielles relatives aux parcs des grands moulins à vent qui produisent plus de 0,5 MW.

Les normes de bruit de nuit qui seraient passés de 40 dBA (décibels pondérés) seraient revus à la huasse. Le développement durable, l'absence de concertations, l'évaluation des nuisances inexistante, les recommandations de la directive européenne, le plafond de 30 dBA de l'OMS sont invoqués. Les décisions prises viendraient en contradiction avec l'arrêté du 3/10/2013. 

 

Mise à jour 21 août 2014: Un éolienne qui ne fait pas de bruit


 

05/01/2014

Comment je suis devenu extraverti

Lundi, je tombais sur le livre de Laurie Hawkes "La force des introvertis" considérés comme des sages dans un monde survolté. Personne ne pourrait dire que je ne fais pas partie des extravertis, aujourd'hui. Cela n'a pas toujours été le cas. 

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Dans le livre de Laurie Hawkes, l'introverti se présente comme quelqu'un de réservé, d'isolé, de trop sérieux, de peu charismatique, de faible voire d'arrogant, d'hypersensible aux stimuli extérieures, voire d'arrogant, avec un besoin de solitude pour se protéger des autres et finir par se ressourcer.

Tout cela nuirait à son image sociale vu qu'il aurait des difficultés à nouer des liens spontanés et que cela ralentirait l'intégration dans un groupe.

L'introverti serait ainsi disqualifié quand il intervient avec une idée lorsque d'autres, plus prompts que lui s'arrogent une place en s'exprimant impulsivement.

L'introverti préfère les relations proches pour à une exclusivité du tête à tête du couple comme véritable refuge. 

Cela devient maladif quand l’anxiété sociale devient une phobie ou un trouble obsessionnel.

Les électeurs votent souvent pour des extravertis avec une belle gueule et un charisme de bon aloi et parfois prometteur de beaux jours. 

Obama était cité comme introverti dans le livre. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit resté effacé, bien au contraire, mais son bon sens et son bon droit lui imposait, en tant qu'introverti, un temps de réflexion pour assimiler ses discours, appris probablement presque par cœur dans un challenge avec lui-même. Son opposé est très certainement Bill Clinton qui riait pour un oui ou pour un non si l'on se rappelle du fou rire mémorable qu'il a eu avec Eltsin lorsque ce dernier qualifiait les journalistes de désastre.

Les dix caractéristiques des plus grands leaders:

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1. Ils mettent l'accent sur ​​les émotions et les relations.

2. La prise de décision en temps de crise. 

3. Ils savent ce qui retient les employés et ce qui les ferait quitter l’entreprise. 

4. Ils identifient bien les forces des autres. 

5. L’orgueil mal placé est la plus grande faiblesse. 

6. Ils s'identifient à l'entreprise. 

7. Ils connaissent la différence entre direction et gestion. 

8. Ils se connaissent eux-mêmes. 

9. Ils dégagent de l’autorité et de la chaleur. 

10. Ils inspirent les autres. 

Des points qui sont, en général, plus présents chez les extravertis ou qui devraient l'être si les leaders ne restent pas dans leur tour d'ivoire.

Le monde n'a pas besoin uniquement de leaders, il faut des introvertis, exécutants et des extravertis, plus meneurs.  

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La compétition entre deux extravertis peut être encore plus dure. Il y a un jeu de dominants et de dominés qui intervient comme dans la nature avec deux cerfs en période de rut.

Se voir détrôner par un extraverti est préjudiciable à la santé mentale de l'introverti mais encore plus de l'extraverti.

Pour un extraverti, l'introverti se voit comme un nez le nez au milieu de la figure et en profite instinctivement. Bien sûr. Il est lent à la détente, a peur de ce qui est tactile, est timide et vit dans son monde intérieur. Le manque de spontanéité et l'hypersensibilité avec un filtre émotionnel ou rationnel font sa manière d'être. Si l'introverti masque une richesse intérieure à la recherche d'une qualité de concentration et d'analyse, par une créativité féconde à la recherche de liens authentiques et une vie pleine, cela reste loin d'être apparent de prime à bord. 

Cultiver sa singularité, construite par une force à comprendre l'autre plutôt que de se transformer soi-même peut être plus facile pour l'extraverti.

Pour un introverti, l'extraverti est reconnu tout aussi facilement. Ce dernier veut être partout à la fois. Il est expansif et ne vit que dans son monde extérieur à vouloir casser la baraque. 

Dans une bataille passionnelle, pas de différence, celui qui reste froid, gagne. Sortir de la bulle sans peur de l'autre, c'est savoir que toutes connexions peuvent disparaître aussi vite qu'elles sont nées. Comme au tennis, pour s'améliorer, c'est jouer contre plus fort que soi.

Imaginer redoubler son enfance est une perte de temps.

Poelvoorde est-il un extraverti ou un introverti converti à cheval sur deux mondes?

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Une question qui n'est pas dénuée de sens.

D'esprit vif, il en est bien monté pour avoir fait le pas vers extraversion, mais est-ce du théâtre et un jeu de rôle forcé? 

La virtualité qu'offre Internet via les emails, les blogs et surtout les forums, apporte une école extraordinaire pour celui qui ose entrer dans la cage aux lions, même si celle-ci devient, très vite, une cage aux folles (Non, pas celles auxquelles vous pensez).

Toutes les interprétations d'une même vérité y sont permises vu que la liberté de parole y existe sous le couvert d'un pseudo. Le close combat y est même de mise.

Quand un moyen de plussages et de moinssages existe, on peut y remarquer les introvertis qui s'époumonent sans prendre de risques et sans commentaires dans leurs votes. Les Likes de Facebook leur permet d'exister et d'exprimer leurs sentiments. Le consommateur ne veut pas avoir l’impression que ses likes se perdent dans la masse, puisque c'est, à l'extrême, son seul moyen d'expression.

Il est clair que les introvertis sont plus nombreux que les extravertis comme les Likes, plus nombreux que les commentaires. L'introverti utilise souvent Internet comme un minitel un peu plus sophistiqué.

Quand j'ai écrit "L'envie dans le miroir", j'ai mis en parallèles deux époques. J'ai pu ainsi me rendre compte de l'évolution qui s'est creusée en moi. Une première partie comme introverti avec un chapitre qui avait pour titre "L'innocence aux mains videset une autre en tant qu'extraverti quand j'ai pris le surnom d'enfoiré. 

Alors la question reste "Comment suis-je passé d'introverti à extraverti?".

Très simple, en ayant des extravertis dans son entourage, en les étudiant et en les copiant.

La transformation peut être progressive par couches successives. Mais cela doit se remarquer dans ce même entourage pour en sentir les effets et réconforter sa mutation. 

Comprendre qu'être introverti, c'est souvent se faire leurrer par des extravertis peu scrupuleux, initie le moment du changement de cap et permet de se rendre compte que la meilleure défense, c'est l'attaque.

Peut-on être heureux introverti ou extraverti?

Je dirais qu'être extraverti peut certainement rendre plus heureux.

Etre extraverti, c'est se montrer joyeux et optimiste. Ne pas avoir peur d'élargir ses connaissances. Rester curieux de tout. Chercher à intéresser les autres après et au travers de soi-même.

C'est aussi inverser complètement la manière d'évaluer son entourage.

L'introverti n'accorde aucune confiance dès le départ.

L'extraverti procède de manière inverse. A risquer d'en foutre plein la vue en soutenant les conversations, il risque le dérapage. 

Dernièrement, on me posait la question d'où je sortais l'inspiration de mes billets. Ma réponse fut laconique, je mixe la tête et les jambes. Je fais du jogging et ne rien perdre comme spectateur de l'entourage et du spectacle qu'il donne. Le complément c'est lire ou survoler livres et magazines. 

Le tempérament dans un sens ou dans l'autre est-il inné ou construit?

Inné très souvent. Cet état dépend très souvent de l'enfance, renforcée par l'adolescence ou par les parents, eux-mêmes. Mon enfance ne correspond pas à celle des enfants d'aujourd'hui, hyper-sexualisée, hyper-médiatisée. Le reality-show était inconnu. 

0.jpgLa technique pour forcer le destin se résume à certaines règles de conduite. La cassure de la coquille, voire de la carapace, pour paraître plus fort, se construit souvent par une sorte de bluff au forcing. Comme la mutation doit être visible, il n'est pas question d'y aller par demi mesures. 

Aujourd'hui, plus de problème de répondre à un commentaire de manière intuitive, même si elle peut être considérée comme "hard" ou tendancieux.  

Quand il s'agit d'écrire un billet, il est écrit avec beaucoup de réflexions préliminaires, avec rigueur et discipline. Tout est donc refroidi avec le temps comme un journal. Commenter, c'est du sans filet, du chaud. Nous ne sommes pas dans le même registre. 

Le jeu de rôles théâtral se retrouve souvent en manque d'acteurs sur la grande scène du net. Beaucoup plus de lecteurs que de commentateurs. C'est évident.

Des clans se forment et ils se retrouvent pour ou contre certains idées toujours du même type et ne se posent plus la question de la personne qui les a apportées.

L'extraverti va oser tester et provoquer les autres en lançant des idées qu'il ne partage pas toujours lui-même mais, pour réveiller les introvertis. Il est impulsif, rappelons-le. Il n'est pas à la base de l'article qu'il commente, il ne fait qu'apporter une pierre à un édifice déjà construit.

Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas rester prudent et sur ses gardes pour s'accorder une porte de sortie pour ne pas s'épuiser dans un choc de Titans dans ce monde virtuel.

"Vieillir a du bon" au travers d'une toile est-il dit, dans le livre. L'expérience de la vieillesse apporte une auto-thérapie évidente et évite de se laisser piéger comme un sauvage.

Etre extraverti, c'est, quelque part, aimer les risques, être casse-cou et attirer l'autre là où il ne s'attend pas toujours par la provocation.

Tutoyer, je l'ai fait dans une première période de fréquentation du forum Agoravox. Pas pour chercher la connivence, ni pour dénigrer les interlocuteurs mais pour mettre les introvertis à l'aise et en confiance. Le tutoiement est quelque chose qui fait débat en France et je suis revenu au vouvoiement.

Sur Internet, on se trouve à armes égales. Plus de privilèges, plus de chefs, plus d'érudits ou de non-érudits. Le dernier qui parlera aura toujours, quelque part, raison. Jeter l'éponge, c'est perdre la partie dans une joute oratoire.

La virtualité est en fait, la manière la plus simple pour transformer un introverti en extraverti. En reprendre les fondements dans la vie réelle peut aider à faire le premier pas. 

Dans le monde réel, c'est oser parler en public, c'est jouer sa pièce de théâtre comme je l'ai fait en sortant de la vie active.

Imaginer l'autre comme nu permet de s'adresser à n'importe quel niveau de la hiérarchie.

Il ne faut pas croire que les extravertis se trouvent plus dans les villes. Citadin, je connais l'impersonnalité des gens qui habitent dans les villes. Souvent, ce sont des introvertis forcés. Ce n'est pas pour rien que les chiens sont devenus des animaux de compagnie et non plus des chiens de garde. 

0.jpgEntre nous, il faut "taquiner" les extravertis, les attaquer sur leur propre terrain, ils aiment. Si ce n'est pas le cas, c'est que ce sont de faux extravertis.

Comme d'habitude, j'ai cherché des citations pour étayer l'article. Sur Google, c'est marrant, pour le mot "extraverti", on trouve plus de références du côté des "femmes extraverties" que des hommes, comme si les femmes avaient dû plus gagner leurs gallons d'extraverties et devaient l'exprimer face au machisme des hommes.

Dans la même veine, "Introverti et heureux", un autre livre écrit par Marti Olsen Laney.

Amusant encore une fois de constater que son livre soit commenté par des femmes. L'introversion serait-elle une psychose féminine alors que l'on dit ce siècle comme celui de la femme?

Le dernier commentaire d'une commentatrice a répondu à la question de savoir s'il est mieux d'être extraverti: "Moi je suis restée enfermée dans ma bulle une bonne partie de ma vie. J'étais déjà de nature introvertie et par l'éducation que j'ai reçue à me montrer à être sage comme une image et bien je m'étais presque effacé de ma vie... Les forums m'ont bien aidé aussi à sortir de ma coquille, à m'exprimer, même à dire des choses qui n'étaient jamais sorti de mon corps car je gardais tout à l'intérieur... Et puis on y prend goût aussi à voir ce qui se passe à l'extérieur de la tente...". 

Une autre confession d'une introvertie:

Et maintenant, suis-je, totalement, devenu extraverti?

La tendance du solitaire est toujours là, mais ce n'est plus en tant qu'ermite.

0.jpgCe qu'en dit Olivier De Kersauson de la solitude dans Ocean's Song, me convient parfaitement, comme navigateur sur Terre: "La médiocrité de l'autre a pu me désarçonner plus d'une fois. Mais elle ne me surprend plus; je connais la mienne. Il est admis qu'on meurt seul. Mais pourquoi la solitude ne serait-elle que les deux extrémités de cette histoire? Je trouve que c'est bien de vivre seul, et tout le temps. J'ai compris que je mourrai seul. C'est un geste d'amour de tenir la main de celui qui se débat dans les affres de la mort. Je ne me fais pas d'illusion: je finirai seul. Je suis accroché à ma solitude. Cela ne signifie pas que je suis complètement fermé à l'amitié, mais c'est mon plaisir d'être seul comme c'est mon plaisir de naviguer. La solitude n'est pas forcément réconfortante mais elle me ramène à mes actes et me conduit à être en perpétuelle négociation avec moi-même. Je ne suis jamais fatigué de la solitude et c'est souvent une corvée d'en sortir. Être seul me permet des débordements avec moi-même et de me sentir grisé par le silence. Je peux rester assis sur un banc sous les châtaigniers trois heures en correspondance avec moi-même. Aucune fatigue et une jubilation intellectuelle au bout du compte. Seul, je brûle d'activités. J'évapore de la pensée en paroles. Un atelier de fumigation à moi tout seul. La solitude me permet de faire passer avec une vertigineuse rapidité images, idées, rêves fous, hypothèses cinglées, parfois fécondes. Et ainsi de remonter le film de ma vie. Je peux rester ainsi une demi-journée à la lisière de mes rêves et de mes souffrances. Je suis ramené à moi-même. Que vais-je entreprendre demain? Quel sera mon prochain rêve? Je suis seul avec ma conscience. Tous les deux, nous formons un vieux couple de jumeaux un peu acariâtres qui s'engueulent, boudent et prennent toute la couverture. Seul, je purge mon esprit. Ce n'est pas une satisfaction de soi-même ou un dédain pour les autres. Seul, je fais une copie au net de ma vie.".

Le jogging est une compétition avec moi-même, sans chercher à comparer la vitesse d'exécution avec d'autres. Je déteste de demander s'il est mieux d'emprunter le chemin de gauche ou celui de droite lors d'un embranchement sur ma route. Cela veut dire qu'il faut assumer ses erreurs de parcours et être prêt à rebrousser chemin. 

Mais seul, je m'adresse à tout le monde dans la rue et tente de faire vivre l'événement qui se déroule sous mes yeux, avec ceux que je rencontre. 

Si Facebook ne m'intéresse pas, j'écris à ceux dont je parle dans mes billets qu'ils soient couronnés de succès ou détrônés par l'adversité, pour qu'ils aient leur droit de réponse. 

0.jpgUne psychologue pourrait conclure que je n'ai fait que la moitié du chemin entre l'intro ou l'extra pourtant bien suffisant.

Que pourrais-je vous souhaiter en ce jour, sinon de découvrir la fève dans la galette des Rois.

Ma philosophie, je la définissais ainsi "Tout dire, tout écrire et puis en rire"

Passer par la science des introvertis pour arriver à l'idéal extraverti. Peut-être? 

L'hypothèse d'une orchidée? 

Je veux bien... 

Le développement de la personnalité, à mes yeux, c'est plutôt comme pour le papillon qui sort de sa chrysalide. Cela peut prendre du temps et demander du courage pour inverser une situation, mais, après, il ne suffit plus que d'aller butiner un peu partout. 

Mon challenge est gagné en tant que geek solitaire. J'ai tourné la page de l'introversion depuis longtemps.

Je suis moi, l'enfoiré.

Pas question de percer le mur du son, pour cela, il faut surtout être un sacré chauffeur de buzz. Trop communs, les buzz.

Si j'ai cassé quelques barrières, quelques frontières, c'est parce qu'elles deviennent, trop vite, des ceintures de chasteté.

J'ose, même si ce n'est pas comme le montre cette vidéo...



L'enfoiré, 

 

Citations:

  • "Du fait de vivre, on se barre le chemin. mais c'est de cet obstacle que l'on tire la preuve que l'on vit", anonyme.
  • "Ecrire des lettres, c'est se mettre à nu devant des fantômes", Franz Kafka 
  • "Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris", Oscar Wilde
  • "Il vaut mieux aller plus loin avec quelqu'un que nulle part avec tout le monde", Pierre Bourgault

 

Mise à jour 1 février 2014Dans cet article-ci, j'écrivais "Une psychologue pourrait conclure que je n'ai fait que la moitié du chemin entre l'intro ou l'extra pourtant bien suffisant.". L'auteur du livre, Laurie Hawkes, qui m'avait décidé à sortir ce billet ne m'a pas éclairé. Elle avait été prévenue et s'est gentiment extraite de la discussion, manque de temps.  

Je parlais aussi de Poelvoorde en me posant cette question " est-il un extraverti ou un introverti converti?". Je serais enclin de prendre la 2ème option.

Humoriste dépressif? Mort? Pas à dire, les médias aiment ce genre de personne.

Sa réaction vis-à-vis de Dieudonné a été vive.

Alors, je suis tombé sur son interview, avec le titre "le trublion se livre sans tabou".

La question n'a pas été posée, mais à lire ses réponse on peut déceler quelques indices.

On aime ou on n'aime pas. C'est écrit sur la carte d'identité en petits caractères.

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29/12/2013

2013, l'année de mutations ou de contradictions?

2013, année de réformes en Belgique, dit-on. Une année européenne qui se cherche une raison d'être.Une année plus économique que sociale... Un nouveau tour de manège en 2014? 

Rappelons-nous fin 2012, on disait que 2013 serait plus difficile que 2012 et qu'il fallait jouer la marmotte jusqu'en 2014...

Nous sommes à la veille de 2014.

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Parlons d'abord de 2013 et du moral ...

2013, en 10 photos. Des flashes de mémoire totalement différents de personne à personne.

Une année pendant laquelle, tout a été mal pour les uns et très bien pour d'autres. Des faits marquants en commun, il y en a bien sûr. Des illusions perdues aussi. Tout le monde fait son petit bilan dans son coin. 
  
0.jpgLes plus optimistes ont été les plus nombreux en Bourse. 
Enfin, Il ont pu le penser pendant le temps de 365 jours...
 
On sortait les meilleurs managers de l'année d'un chapeau devenu trop grand pour certains.
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Jeff Besos de Amazon se trouvait au sommet qui n'hésitait pas à dire qu'Amazon devait utiliser des drones pour ses livraisons.
Akio Toyoda, PDG de Toyota, le suivait.
 
Parmi les plus mauvais, Eike Batista qui avait perdu 99,4 milliards de dollars, Ron Johnson, viré de Penney et Steve Balmer, retraité en sursis, le suivaient de près.  
 
Des idées, rien que des idées qui seront appréciées avec envie ou dégoût. 

Les grands gagnants de la crise de la dette, car il y en a eu, ont été les cabinets de consultance avec leurs bouées de sauvetage comme intermédiaires, comme juges de situations inextricables. Bien sûr qu'il y en a eu d'autres. Ce serait trop long de les citer. 

1.jpgTout cela pour dire que le pognon n'a jamais été aussi présent pour s'assurer dans l'échelle sociale des valeurs, même s'il n'est pas ni le but, ni la raison de vivre. Il apporte souvent, une impression d'exister dans un champ de mines.
 
Le monde entier qui va dans tous les sens à la recherche d'un salut différent par des idéologies socialistes, capitalistes, religieuses avec la pensée que la démocratie va tout régler comme du papier à musique. 
 
Les saisons climatiques se sont mélangé les pinceaux avec un printemps qui ressemblait à l'hiver, un été pendant lequel, on se demandait si les climato-sceptiques reprenaient du gallon et une fin d'année au balcon mais secouée par Dirk et par Erich qui avaient décidé d'arroser copieusement de pluies et de vents par où ils passaient.  
 
L'Europe, un morceau à choix multiples dont on a parlé, dont on parlera encore beaucoup dans la presse ou ailleurs. 
Pour l'Europe, on lit successivement "La crise dans la zone euro pire que la Grande Dépression",  "L'Allemagne prospère et le reste souffre"... et j'en laisse des vertes et des pas mûres.

En 2014, à lire la presse et les nouvelles d'Internet, cela craint pour elle.

Une taxe sur la richesse de type soviétique avec huit autres prédilections "scandaleuses" qui disent par contre que l'Allemagne sera en récession et quelle ne perd rien pour attendre.

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Un peu d'espoir?

En Europe pas d'emplois créés, mais plus de pertes.

"Presque toute la zone euro voit la croissance reprendre", dit Herman Van Rompuy.

La construction européenne sans fin, dit un rédacteur qui conclut par "on sait jamais quand ça se termine car y’a toujours une page blanche à écrire et qu'on ne peut pas critiquer car c'est bien de construire des choses. Sauf que celui qui écrit là, c’est pas les gens alors, du coup, je trouve ça carrément gonflé qu'on parle à chaque fois de démocratie.".

Marrant de constater que ceux qui en font partie de cette "Europe de misère" veulent en sortir, alors que d'autres veulent y entrer comme l'Ukraine, récemment, la Lettonie qui va jouer avec l'euro..

Au sujet de la démocratie, 2014 sera l'année d'élections tout azimut.

Locales et européennes, même. Ça va saigner pour les uns et ruer ou rugir pour d'autres.

Une année d'insurrection populaire européenne. 

Les chimères d'une Europe de la finance? Un article tout de suite récupéré par les Sarkophobes. La phrase clé était "« la résolution d’une crise est impossible dans un monde à deux vitesses ». Plus désorienté, plus râleur qu'un Français aujourd'hui, est difficile à trouver, après avoir tâté en courant alternatif, la droite pour la gauche. 

0.jpgFin avril 2013, Martin Schulz lançait: "L'Union européenne est dans un état lamentable"

Pressenti comme candidat des socialistes à la succession de José Manuel Barros, le Président du Parlement européen, il espérait une vraie campagne politique pour les élections de mai 2014.

Il parlait du débat "austérité contre croissance".

La situation montrait une fatigue chronique entre deux tendances, celle de l'Allemagne avec l'austérité comme porte-drapeau et les autres pays qui, sous perfusion financière et une absence de croissance réelle, un chômage record, un euroscepticisme bien vivace envoyait l'Europe dans les cordes.

Les moyens de l'Europe sont très limités là, où il le faudrait. J'écrivais, en 2010, "Pour quelques milliards de plus" et c'est vrai qu'il faut avoir les moyens de sa politique que l'on veut stratégique.

C'est à la majorité qualifiée des membres du Conseil, soit 73,9% minimum et après une consultation du Parlement que le Conseil se construit un budget, des investissements et des règles de conduites. Etre candidat du Conseil se fait longtemps à l'avance parti par parti. Des coalitions majoritaires contre une minorité vont se construire ensuite. 

L'UE dans un état lamentable, avec la déception naturelle de la population de cette Europe qui n'a vu qu'un côté de la finance, en croyant que l'euro allait tout régler. 

L'Europe-Unie n'est pas du tout pour demain. Les nationalismes, les régionalismes ont pris une avance dans les points. C'est vient chez moi, mais ne va pas voir ce qui est dans ma caisse.

L'inefficacité, le manque de transparence dans les décisions, le côté social écarté, une troïka imposent une marche en avant trop peu ordonnée.

La BCE, le FMI n'ont rien de démocratique et se sont écartés de la compréhension de qui fait quoi et comment. Les élections européennes vont elles être déterminantes vu que les gens se sont désintéressés de ce qui se passe à l'échelle du continent?

0.jpgLes défis sont pourtant importants quand il s'agit de rester dans les blocs qui veulent conserver un mot à dire face aux pays émergents qui n'ont pas attendu.

L'UE avait alors un déficit en cours entre 11 et 16 milliards d'euros, soit de 9 à 12% du budget global puisque le budget a été dégonflé de 960 à 908 milliards.

L'Europe est-elle en voie de "japonisation"?

Le Japon des années 90 a, en effet, stagné par après, les gouvernements se sont succédé, mais les Japonais continuaient à freiner leurs consommations, réduisaient leurs prêts, la devise devenait trop forte, un manque d'inflation, une tendance déflationniste non contrée et des taux d'intérêts inférieurs à la réalité.  

Ce n'est que cette année, que le gouvernement avec l'abé_nomiea déprécié le yen de plus de 20% a, en peu de temps, stimulé la consommation et est parvenue à décourager l'épargne, a recommandé aux sociétés d'accorder de hausses de salaires substantielles et entrepris des réformes structurelles par des accords de libre-échanges dans l'énergie et l'agriculture en accordant 6000 milliards de yens d'allègements fiscaux. La BoJ, dans le même temps, avait acheté des obligations japonaises pour 58 milliards d'euros par mois. Le mot d'ordre: "A bas l'austérité". 

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Cela coûte évidemment très chère. Les dettes atteignent 230% du PIB, mais en cette fin d'année, l'abé Shinzo Abe semble avoir rendu sa force au Japon. Ce qui n'a pas manqué de  raviver les rancœurs de la Chine et de la Corée du Sud.

C'était écrit sur facture...

L'économiste, Sylviane Delcuve lançait "Le marché surestime la reprise en Europe. A qui le tour? Il n'y a pas de signes de reprise économique en Europe. Les marchés se contentent d'anticiper une nouvelle baisse des taux directeurs de la BCE. Une violence qui reviendra sur la table aux Etats-Unis et en Europe". 
 Alors que l'euphorie boursière semble être de mise,  que la morosité est galopante.... 

Les illusions des dirigeants des commissaires européens vont jusqu'à croire et faire croire que pour réussir, cela se ferait sans politique fiscale commune, en dévaluant ce qui réside au niveau interne pour se montrer meilleur que ses concurrents et garder une image positive aux yeux des agences de notation. 

Pour elle, face à la crise économique, deux seuls outils: les politiques monétaires et budgétaires. Cela avait, comme par hasard, affaibli la croissance et déteint sur l'Europe entière.

Suivre l'article 323 du traité des dettes, c'est dire qu'aucune dette souveraine ne peut être exercée pour sortir de l'impasse, qui'il n' y a aucun pouvoir de lever des taxes européennes pour des investissements stratégiques...  Point. 

Le côté lamentable est que la compétitivité allemande refuse à d'autres pays, ce qui a fait son succès. 

Aux dernières nouvelles, la BCE pour renflouer les crises et les dettes souveraines? D'accord, mais quand allons-nous commencer? 

"Il y a eu de l'hypocrisie pendant très longtemps au sein de l'UE", terminait Schulz.

Il ne suffit pas de faire des vœux de prospérité pour l'année nouvelle sans en avoir soupesé les effets.

Comme nul n'est prophète dans son pays, ni dans son continent, que ce passe-t-il ailleurs?

0.jpgPas de UER (Union Européenne Réunie), un tantinet peu plus cher, d'accord, mais quand le système dérape, il faut mettre les pieds dans le plat et trouver des solutions drastiques pour occuper une place dans le beau monde... Prendre ce qui subsiste dans ce monde fini, qui a mangé son pain blanc avant d'en avoir estimé les limites?

Manque-t-il de charisme politique unificateur au sommet de la Grande Maison? 

Alors, quand cela ne va pas dans la grande maison Europe, que nul n'est prophète sur son bout de terre, on regarde comment font les autres.

Aux Etats-Unis, en 2013, ce fut le gaz de schiste qui fut présenté comme source de changement. Perdre la dominance des pays producteurs de pétrole. Wall Street s'offrait de nouveaux records pour Noël. 

L'Europe a eu sa démocratie qui en a décidé autrement dans beaucoup de pays européen. Mais, jusque quand? Jusqu'à plus soif? 

Le Printemps arabe ressemble plutôt aux "Quatre saisons" de Vivaldi. Des conflits entre chïïtes et sunnites, entre religieux et modernistes, sont au programme tout au long de l'année et des précédentes depuis que quelqu'un a mis les feu aux poudres en se trompant d'endroit pour le faire. 

Les gouvernements et les hommes politiques ont été secoués ou chahuté en Egypteen Turquie, en Thaïlandeen France et on continue en Syrie, qu'on oublie presque...

 

Au niveau politique, passons d'abord, à petite échelle.

En Belgique, une sixième réforme de l'Etat vient de sortir des fonts baptismaux.

On va voir ce qu'on va voir dans cette Belgique, laboratoire de l'Europe...

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Une 6ème Réforme de l'Etat à l'arrachée, adoptée par le transferts de compétences, une nouvelle loi de financement, une réforme du Sénat qui apporterait un renouveau politique fédéral. Un nouveau Roi après l'abdication du précédent, Un Prix Nobel de Physique. Un chanteur Stromae qui fait un tabac... Quelques réfugiés afghans qui se sont mis au remake de la Marche pour espérer recevoir l'asile politique en Belgique par un moratoire d'exception.

On repousse à plus tard. Statu quo.

Rien décider, c'est aussi décider. 

Maggie De Block a fait sa renommée par la voie du "Niet" et en plus elle gagne des points dans les sondages. 

C'est vrai qu'au niveau économique, la Belgique subit une stagnation.

Le nouveau Roi n'est pas aimé des Flamands, malgré qu'il a sorti sa langue de coton pour faire son discours de Noël. On parle tout de même de modernité de son discours. Cela aurait été parfait avec la reine Mathilde qui, présente, aurait eu son mot à dire.

0.jpgLe 21ème siècle n'est-il pas quelque part le siècle de la femme?

La contradiction a commencé simplement entre l'homme et la femme, comme le rappelait Laurence Bibot, la seule femme des Cafés Serrés, parmi trois ou quatre hommes.

podcast

Une femme qui avec un peu de ruse peut obtenir ce qu'elle veut sans se faire agresser, comme elle l'avouait. 

En France, l'hétéro ne comprend pas les raisons de l'homo et le mariage pour tous a été voté à l'arraché dans une marée de contestations.

Fallait bien être barjo, pour ça. Bientôt, on va revoir de nouvelles manifestations comme en Espagne contre l'avortement.  

Cette barrière entre les sexes ne s'est toujours pas aplanie. 

Le mythe de la rencontre entre Adam et Ève fait encore recette au touche pipi. 

En politique belge, ce n'est pas un secret, entre Di Rupo et Bart de Wever, ne règne pas, non plus, une amitié sincère. 

Période pré-électorale oblige, il y aura des coups-bas et des bas coûts chez les partis amis d'hier risquent de s'opposer à couteau tiré.

L'un ferait les choses que l'autre a parfois envie de faire avant, mais sans le dire. Chacun a des idées politiciennes et parfois, à y réfléchir, tout aussi démagogique et populiste. 

Les élections de mai 2014 pourraient à nouveau tout bloquer comme ce fut le cas pendant 540 jours.

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Le PS tente de raboter les salaires des top managers du service publique, comme bpost, Belgacom, Banque Nationale...

Cela plaira ce genre d'initiative dans la population. Jean Pascal Labille veut renforcer la rôle du politique, de l'Etat. Louis XIV l'avait déjà fait. Allez, hop, quelques suffrages dans l'urne de socialistes.

L'action bpost avait bien compris ce changement, elle a plongé... Car tout est toujours lié avec un balancier entre ma Bourse des marchés ou la bourse dans la poche.

Le problème est à un autre niveau. Bien plus haut. Pas dans la rangée nivellement vers le bas, mais dans celles des mesures à prendre au niveau européen si pas mondial, pour être "normales" et "efficaces". Enfin, si il y a quelque chose de normal, là dedans...

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La petite Belgique jouerait-elle, à elle seule, au nouveau "Monsieur Loyal". Chez les clowns, c'est toujours ce Monsieur-là qui ramasse la mousse à la figure.    

Bart De Wever était interviewé par un journaliste dont je vais prendre la place. Imaginons que ce soit via les Chevaliers du Fiel.

- Nous avons appris en France, qu'Anvers s'est restructuré.

- Regardez ce qui a été réalisé. On a supprimé 1420 fonctionnaires pour la plupart par "départs naturels". J'ai coupé dans les dépenses sociales pour 450 millions d'euros

- Départs naturel? Vous les avez viré près de la retraite, vous les avez fait vieillir pour cela, vous les avez expulsés, la guillotine, peut-être. 

- Naturel, veut dire prépension.

- Vous avez bouché un trou pour en créer un autre. Vous connaissez les vases sont communicants. Réduire l'immigration, c'est votre truc, aussi.

0.jpg- Il faut une immigration organisée par le canal actif du travail, ne pas introduire d'impôts nouveaux, maintenir des investissements en l'état et réduire les dépenses sociale  sans toucher aux soins de santé.

- Vous avez raison. En plus, il faut parler flamand à Antwerpen.

Personne ne veut se mettre à table avec un cannibale

- Cela dépend si les convives ont toutes les armes pour lui ronger les ongles et les dents du cannibale. Mais vous parlez du travail. Y en a-t-il à Anvers? Le travail c'est aussi le faire aimer dans une ambiance sans peur, de le motiver à aimer. Le philosophe Charles Pépin en parlait dernièrement, à l'occasion de sa BD Platon La Gaffe "Survivre au travail avec les philosophes". Selon lui, il faut laisser de la place à l'irrationnel pour que le travail ne soit pas une contrainte par les voies de la reconnaissance, de l'intérêt dans le travail et de la socialisation, sans passer pour cela par l'oisiveté et revaloriser l'échec. A l'origine, le mot "travail" vient de "tripalium" désignait un instrument d'immobilisation ou de torture à trois pieux. Trouver des emplois quand le travail diminue, c'est faire prendre des vessies pour des lanternes. Aller raconter cela à ceux qui sont virés de Mittal, de Caterpilar, c'est recevoir une réplique cinglante, pour le moins.

- Ecoutez, donnons une chance à ce pays, la Belgique. Relançons les potentiels. Donnons du tonus autre que par le nivellement par le bas, cela demande toujours des qualifications et d'obéir à la loi de la compétitivité comme les deux mamelles de notre temps. 

- Par la voie confédérale, on a appris. D'ailleurs le travail de papa rapporte-t-il encore autant que par le passé ou n'est-ce pas les petites idées géniales qui le font? Comment faire patienter les exclus jusqu'à ce que la conjoncture devienne meilleure?

- J'arrête l'interview. Merci d'être venu.

Des questions, complètement hors circuit d'un politicien comme Bart. 

0.jpgDans le même temps, un fonctionnaire de la CAPAC qui paye les chômeur, voyait de plus en plus d'agressivité et de violence dans les files de chômeurs dont les allocations étaient dégraissées, mais Bart est bien loin des files.

Il remarquait aussi que les partis nationaux se sont scindés pour des raisons qui leur sont propres. Des raisons qu'il ne perdrait pas son temps à décrire. 

Alors que Bruxelles était la capitale de tout, dont l'unitarisme de la Belgique, de l'Europe faisait son succès, elle jouerait au séparatisme par sa volonté d'être une région à part entière? La ville est la moelle épinière du pays. Elle n'a, dans ces conditions d’apartheid, aucune raison de se voir intégrée ni en Flandre, ni en Wallonie, mangée par l'un ou par l'autre, ni plus, ni moins.

Le con-fédéralisme (que je laisse volontairement avec un trait d'union) ne mène-t-il pas naturellement à la création de nouveaux états?

Le confédéralisme existe déjà mais à l'échelle européenne.

Pas d'angélisme, pas de cadeaux. Tous les pays d'Europe sont commercialement concurrents. Ce que donne la cogestion est à constater à l'échelle des pays et non, au niveau de régions qui ne sont que des nains vis-à-vis des blocs étatiques et des multi-nationales. Mais le côté social s'effiloche, bien sûr.

Qu'est-ce qui a généré cette situation? Les frontières, pardi. Diviser pour mieux régner et multiplier les postes de management et de gestion avec leurs coûts associés en sus.

Combien de pays, combien de chefs s'il y avait encore plus que de régions d'Europe autour de la table des négociations pour parler d'une seule voie, face à des états comme les Etats-Unis ou la Chine?

Oui, c'est vrai, d'une manière interne, eux aussi n'ont d'unis que le nom, mais ces blocs parlent d'une seule voie vis-à-vis de l'extérieur. En interne, ils sont beaucoup plus discrets.

Pas à dire, notre époque est schizophrénique. 

Nous sommes tous sur un même bateau à tanguer, rouler à la recherche d'un équilibre avec une mer déchaînée. Chercher une solution, c'est friser la paranoïa à la recherche de drogues douces de baume sur une plaie béante. 

Bruxelles est un chantier perpétuel. C'est visible. 

Il faut donner l'image d'une logique urbanistique. 

Le secret serait caché derrière le design, l'architecture et la mode, qui d'après ce que montrait "C'est du belge" à Hong-Kong, sont en plein boom.

Moi, je veux bien, mais si tout le monde se lançait dans cette voie à sens unique, cela ne ferait pas énormément de monde à mettre sur le marché de l'emploi le jour où ils ne feraient plus recette. C'est conjoncturel...

La "belgitude" n'est pas nécessairement stupide comme le disait quelqu'un qui terminait l'analyse bilan 2013. En début d'année, j'en parlais avec l'auto-dérision comme posologie.

"L'europitude", une solution? Il suffirait peut-être de lui ajouter quelques artifices bien choisis pour que cela tienne mieux la route. La France se déchire entre droite et gauche avec des acteurs qui descendent dans les rues de la contestation dans une "valse à mille temps" ou "mille franc", d'oppositions en oppositions, de contradictions en contradictions.

Tellement de visions du monde, entre jeunes et vieux, entre citadins et campagnards, entre vous et moi...

Nous sommes condamnés à vivre dans des contradictions journalières, à trouver un chemin de compromis sans compromissions, avec passion et sourires, pour seulement avoir une chance d'exister dans le futur. Le chemin est miné. C'est dire qu'il faut marquer des pauses pour la réflexion à tenter de comprendre les autres bords du moment. Je dis "du moment", parce que demain, les adversaires seront encore différents ou plus nombreux avec d'autres idéologies.

Dans sa société Ryanair, le showman, Michael O'Leary, sait, lui, comment s'attirer les bonnes grâces de ses clients externes, tout en brûlant ce qui existe en interne, en réduisant les espoirs de ses concurrents.

Tout mène à tout à condition de pouvoir en sortir comme semble le dire un ex-premier Leterme, devenu dirigeant de l'OCDE

"Le monde comme il me parle" écrivait Olivier de Kersauson. Lui a fuit cette confrontation pour en trouver une autre: la mer qui ne pardonne pas les erreurs.  

Formidable, comme le chantait Stromae avec nostalgie sans donner de leçon, mais en trompant tout le monde en faisant le buzz. 

12.306 fermetures de commerces, dit le sérieux avec la tête sur les talons...

2013, une belge année, dit l'autre humoriste...


Pour des raisons personnelles que j'ai racontées en septembre, 2013 fut une année que j'ai espérée le plus rapidement passée. Passons...

Tout homme se doit d'analyser ses points positifs et négatifs avant de chercher à comprendre l'autre et s'y opposer de front.

Puisqu'il y a des statistiques pour tout, pourquoi pas un peu d'espionnage?

Comme Kroll a fait partie de mes billets, il avait aussi analysé ses dix caricatures les plus vues qui expriment implicitement certaines conclusions à tirer.

Tout est chiffré, comptabilisé, aujourd'hui. Il faudra s'y faire. 

0.jpgQuels sont d'après vous, les articles les plus lus de cette chaîne de "Réflexions du Miroir"? Il y en a deux qui reviennent: "Les mystères du monde" et "Le rêve américain vit-il encore?"... C'est fou, non?

Pas sûr que le premier article répondit parfaitement à ce que les lecteurs cherchaient, mais cela donne un indice de ce que les gens recherchent: un moyen de comprendre le monde.

Quant au deuxième, la fréquence expliquerait l'envie de changements réels, d'un ailleurs plus heureux qui si cela ne fait plus vraiment rêver, cela fait toujours vibrer...

S'habituer à s'incruster dans les failles est un art de la persuasion.

Une faille comme on pourrait le faire entre une religion, sûre d'elle-même et une science qui doute en permanence.
 
Cela m'a amusé de tenter le coup en commentant un rédacteur qui donnait la réponse à "Qu'est-ce que croire?". Une joute qui s'est terminée lorsque le rédacteur a jeté l'éponge.
Trop de juges et trop de parties? Une relation que j'ai bien connue auparavant, que l'on appelait "many to many" et qui était la plus difficile à traiter.

C'était donc risquer le bide.  

Son "A propos" disait "Écologiste libertaire de la première heure, convaincu que le web social sera l’instrument d’une révolution nécessaire, celle de la déconstruction de l’information et de la construction sociale de la réalité".
 
Il ne croit pas, il raconte son rêve tout haut.
 
Est-ce le résultat d'une antinomie ou d'un antidote, comme je me posais la question dans un billet? Peut-être...
 
Alors, j'ai cherché comment pouvoir réunir les deux au travers d'un voyage au travers des recherches scientifiques.

0.jpgLe magazine "La Recherche" m'en a donné l'occasion avec son album des cent plus belles images destinées à faire rêver.

Les avancées scientifiques se retrouvaient dans les images des neurones qui travaillent en circuits, des images mentales qui activent le cortex, des cellules cancéreuses qui arrivent à être vues en les rendant fluorescentes, de la photo d'un virus bactériophage qui résiste aux antibiotiques en injectant son ADN dans les bactéries.

Une phrase était assignée à ses virus dans le commentaire de l'image: "Pour gagner une guerre, il faut connaître ses ennemis". 

La danse des galaxies qui est orientée vers les zones à fortes densités de matière, alors que les plus faibles sont associées à de la matière noire.

Des Big Data font peur, mais ils ont stockés 2000 milliards de gigaoctets de données numériques, sans le vouloir, sans le prévoir, par bribes de données, qui, une fois mis en réseau, apportaient la promesse de nouveaux services à créer ou à maintenir.

Bien sûr, il faudra éviter les embouteillages, personnaliser les traitements, mettre l'énergie en osmose avec l'avenir, à différents échelles et, peut-être aussi, trouver un système artificiel qui imite la dynamique des écosystèmes pour créer un cycle de prédateurs-proies.

Aucun rapport, allez-vous dire?

Réfléchissez... Tout ça ne vous rappelle rien?

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Je dis cela, je ne dis rien. Même pas envie de boire une coupe de champagne pour fêter cette découverte... Les bulles donnent mal à la tête et obscurcissent l'horizon.

Avec mon esprit numérique, j'ai toujours recherché et aimer les contradictions. Quand il y a hémorragie, il faut chercher d'où vient le sang et pas chercher à mettre un emplâtre sur une jambe de bois.

Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas faire plaisir ou se faire plaisir ni à tout le monde ni artificiellement.

La phrase "les amis de mes amis sont mes amis" est de la fumisterie. L'autre phrase "ce qui se ressemble, s'assemble" ne vaut guère mieux. 

En physique, les courants du même signe s'écartent, tandis qu'opposés, ils s'attirent.

Une solidarité qui se rencontre au niveau de l'infiniment petit?

  • Ce serait oser affronter nos contradictions ou nos contradicteurs, point par point, sans en sauter un seul, même si c'est difficile.
  • Ce serait de motiver et de se motiver soi-même par une opération du type "Viva For life". 
  • Ce serait prendre ce qui est bon chez l'autre et laisser tomber ce qui l'est moins.
  • Ce serait d'établir un lien entre riches et pauvres, entre ceux qui ont la chance d'avoir quelques neurones plus entraînés et ceux qui n'ont fait que suivre une inaccessible étoile sans y parvenir... 

Cette philosophie est mienne, depuis toujours. 

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C'est revaloriser l'échec, parce que les échecs seront nombreux. 

Rien de plus difficile que de vivre pour vivre.

Hervé Hasquin, en libre-penseur, en parlait à mots couverts, ce vendredi. On ne devient ni tolérant ni démocratique par la force. Cela se construit sur l'expérience et les victimes. Les mettre sur un piedestal n'apporte rien dans le long terme.

Les Mandela qui a pu réaliser l'impossible de la conciliation entre blancs et noirs, ne courent pas les rues. 

Pitié pour les médias. Il faudra toujours leur laisser du grain à moudre. 

Etre bâtards, voire surréalistes, comme nous le sommes à Bruxelles et être heureux de l'être, cela devient plus facile pour en trouver les accommodements.

Envahis de toutes parts dans notre histoire, Français, Hollandais, Autrichiens, Espagnols, Allemand et les religions qui les accompagnent... cela laisse quelques souvenirs.




Nous sommes tous différents. Tout n'est qu'associations passagères...

La méthode Coué serait bilingue d'après un humoriste dans un sketch de la Revue de 2013 du Théâtre des Galeries avec en flamand "Koe", la vache "Ouais" en français bruxellisé. 

Trouver les accommodements les plus raisonnables, c'est le vœux que je me destine et que je vous souhaite, pas uniquement pendant l’euphorie des fêtes de fin d'année, mais pour être prêt à affronter toute l'année 2014... Une année pendant laquelle on verra et entendra de tout puisque la liberté d'expression est là dans l'ombre d'Internet.

Je ne crois en rien, mais ça je crois.

Le patriotisme passe, peut-être, par la joie d'être ensemble avec les Diables rouges pour ceux qui aiment le foot...

De Bruxelles, je ne peux que vous offrir quelques nouveautés en photos de ces "Plaisirs d'hiver" avec quelques commentaires qui ont aussi leur histoire.

Une année Vadot rassemblée en une image:

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Bonne année 2014

 

L'enfoiré, 

 

Citations: 

  • « La première année, on achète des meubles. La deuxième année, on déplace les meubles. La troisième année, on partage les meubles. », Frédéric Beigbeder
  • « Année de givre, année de fruits. », Dicton français
  • « Il faut rajouter de la vie aux années et non des années à la vie. », Proverbe chinois 

0.jpgMise à jour 3 janvier 2014
: Ce sont les soldes qui commencent...
 
Mise à jour au sujet de la France: La France à surtout un sentiment de déclin qui vient en écho avec la situation personnelle de chacun.
Un tiers des Français se dit "sentir devenir plus pauvre".
1.jpgMéfiante vis-à-vis des élites, des politiques, des médias et méfiance à l'horizontale, c'est la nostalgie qui naît par le "râler sur tout" qui transparaît. 
L'individualisme, l'identité chatouillent les esprits.
Identité floue que les Français retrouvent comme refuge, une bouée de sauvetage dans leur histoire, leurs paysages, leur gastronomie.
L'effet de mondialisation qui était jadis un modèle d'espoir, se retourne en une volonté de sécurité et de protection.
Alors on trouve ce genre d'article " 2014, Année des Frontières.
Le délitement de la communauté nationale, le ras-le-bol fiscal et du devoir de payer pour ceux auxquels ils ne se sentent plus liés, mène naturellement au racisme latent.
Rechercher les responsables ne corrige pas le phénomène de la crise morale.
 
0.jpgMise à jour 9 janvier 2014: Didier Bellens est remplacé à la tête de Belgacom par une femme, Dominique Leroy
 
Mise à jour 9 février 2014: La Suisse m'aime plus l'immigration.0.jpg

22/12/2013

Le poids du secret

Dans la vie courante de tous les jours, les petits secrets, les petites confidences se partagent ou s'interprètent de bouche en bouche. Puis, il y a les grands secrets. Début août, Le Vif parlait du "Vrai pouvoir des sociétés secrètes". Toujours assez sulfureux de parler de cela à moins qu'on le rende plus humoristique par la parodie puisque Noël est là...

0.jpgDepuis que le monde est monde, il y a toujours eu ceux qui savent et ceux qui espèrent pouvoir, un jour, entrer dans la confidence comme des "élus du secret des Dieux".

Etre membre d'un confrérie, c'est jouir d'une intimité occulte, d'un moyen de rester dans l'ombre pour au besoin faire peur aux autres. 

Tout membre se doit de jurer fidélité à la société secrète, de protéger son secret contre tout intrus, de porter la disgrâce aux sociétés parallèles, perçues comme une menace sourde et considérées comme païennes, impies ou même barbares

Dans ces "clubs", la parole commune est formatée, filtrée par un Grand Maître. Une cours d'élites de personnes autorisées organise un cérémonial traditionnel pour propager idéologies politiques, religions ou même athéismes.

Le secret utilisé comme appât, s'il n'est pas une rumeur, suit la même logique et s'en nourrit par sa valeur intrinsèque.   

Le comportement grégaire de l'homme apporte une explication. Le phénomène de grands nombres de personnes qui agissent de la même manière, au même moment sont expliqués par la psychologieL'hydre à plusieurs têtes ne réapparaît que quand la branche se casse et se disperse. 

Le Vif remontait dans l'histoire en différents chapitres.

Le règne des religions à mystères dans le monde gréco-romain. Le culte de Dyonysos, de Cybèle, d'Isis, de Mithra ont vu défiler les offrandes et les sacrifices sous forme de rites. L'oracle de Delphes était considéré comme un intouchable qui était en relation avec les esprits, tandis que la déesse Athéna était l'archétype de la Sagesse, mais aussi, étrangement, la déesse de la guerre.

Les questions existentielles, les visions du futur étaient posées dans une crypte entourée de mystères, un puits merveilleux dans lequel buvait l'Oracle pour répondre aux questions de la mythologie. 

La situation à l'extérieur, souvent troublée, justifiait l'investissement de payer l'Oracle qui en faisait métier. Avant eux, il y a eu scribes et prêtres d'Egypte. Pas ou peu de subversions, ni de séparations de la société, au départ. Le monde était ouvert en triangulation entre celui des Dieux et celui des vivants. Akhenaton fut un rebelle,  pour des raisons stratégiques encore mal connu, mais vraisemblablement en butte au conservatisme et à l'hostilité du clergé thébain. En tant que pharaon, abandonner le culte du dieu dynastique Amon, le « dieu caché » a été un sacrilège vite effacé par ses successeurs. En 186 AC, le 'scandale des Bacchanales fait partie des exceptions. 

Après eux, il y eu des druides, des chamanes, des guérisseurs de père en fils dans le partage des connaissances paranormales.   

La promesse d'un salut dans l'au-delà est comprise dans la bonne entente cordiale entre le pouvoir et les conseilleurs. Tous les grands noms ont trempé dans le mystère pour s'en étonner ou pour en tirer profit.

Dans l'ombre des Templiers. C'est sous des intentions vertueuses d'accorder l'asile aux malades, de s'engager à lutter par les armes contre les ennemis de la foi, que tout commença. Sous le nom de "L'ombre des Templiers", que l'ordre prend de plus en plus d'importance et de puissance. L'Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem, chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean à Rhodes transita par Chypre avant d'arriver aux Hospitaliers de l'Ordre de Malte.  Dès le XIIème siècle, les chevaliers de l'ordre Teutonique passèrent progressivement du charitable, à la militarisation qui marqua la rupture avec le fondateur Hugues de Payns et son nouvel ordre religieux qui prit forme avec la croix et les armes pour symboles. 

Au XIIIème siècle, les allemands fondèrent l'ordre des Frères du Christ de Livonie ou Porte-Glaive. En 1242, la bataille du lac de Peipous opposait l'ordre Teutonique au prince de Novgorod, Alexandre Nevski. La péninsule ibérique constitua la frontière entre Temple et Hôpital. Toujours avec le même but était de combattre les païens et de les convertir, les ordres devenus militaires, restèrent tous concurrents, qu'il fallait éliminer. 

Une hiérarchie bien construite restait la seule règle immuable, avec à la tête, des grands maîtres, qui permutaient leur rôle de leader qui parfois de langues différentes, étaient disposées en auberges. 

Les pouvoirs en place se rendaient compte qu'ils étaient dépassés en force et en pouvoir par ces ordres du Temple. Cette situation trouva son aboutissement dans le fameux procès de 1314 qui envoyait les Templiers sur le bûcher pour hérésie avec leurs biens confisqués par Philippe le Bel. Les Teutoniques seront aussi visés de 1339 jusqu'au XVème siècle.

S'adapter pour ne pas disparaître. A partir du XIVème siècle, à Rhodes et en Prusse, ils devinrent des Etats dans l'Etat. Des projets de confréries continuèrent au-delà du Moyen-Age. En Castille, au XVIème, ce furent les Hiéronymites, les Saint-Maurice en Savoie, les Santo Stefano, à Pise.

Le Temple ne dura que deux siècles mais des émules de puissances occultes existent encore. 

Secte chiite de Nizârites était spécialisée dans l'assassinat politique. Musulmans mangeant du porc, se vautrant dans la luxure et obéissant aveuglement à leur guide spirituel, appelé le "Vieux de la montagne" avec le hashish qui rendait les disciples très dociles. La légende des assassins "Hashashin" était née.  A la fin du XIème siècle, la communauté des "Nizârites" suivait la foi propagée par Hassan-i Sabbah. Ses successeurs s'étaient organisés en société initiatiques avec sept échelons. Ils ont fait trembler les puissants pendant cent cinquante ans en maître de l'infiltration et inventèrent, ainsi, le terrorisme.  

La Rose-Croix, un canular à l'idéal humaniste. Une légende qui est devenue réalité ou l'inverse? En 1614, le "Fama Fraternitatis" faisait sortir la "Fraternité de la Rose-Croix" du néant en voulant parler de l'alchimie au sens noble par la les lois de la nature. Avant cela, il n'y avait aucune trace. Le canular du Cercle de Tübingen fut considéré par Johann Valentin Andreae, comme un détour et une pitrerie. Mais, Rose-Croix fascinait avec la "Réformation universelle". Elle a influencé Francis Bacon dans l'écriture de "La Nouvelle Atlantide". En 1710, la fable devint réalité. Rose-Croix devint le trait d'union entre la franc-maçonnerie symbolique et moderne, avec  la naissance de "Rose-croix d'or" et en 1760, le grade de "chevalier Rose-Croix". Il fallait attirer les princes allemands, passionnés d'ésotérisme par une filiation qui remonterait à Adam lui-même dans la transmutation des métaux et la possibilité d'allonger la vie. Aujourd'hui, elle recherche et prouve toujours son authenticité via le New-Age par l'accès au divin par la méditation et la prière mais qui n'a plus rien à voir avec l'humanisme des débuts. Les déviations sont nombreuses et la secte du Temple solaire n'en est qu'une d'elles.

Les paradoxes de "l'Art royal" au siècle des Lumières. Dès le début du XVIIIème siècle,, l'idéal commun d'une République universelle et fraternelle se forma via des loges qui naissaient successivement à Londres, Lisbonne, Madrid, Paris, Rotterdam, Florence, Hambourg, Dresde, Prague, Vienne, Saint-Petersbourg, Stockholm et Copenhague... Le succès considérable fut porté par la théorie qui disait d'être tous unis autour du projet de rouvrir le chantier de Babel qui avait subit la chute originelle comme sanction du Grand Architecte de l'Univers en réponse à la désunion des ouvriers et à la démesure de leur orgueil. Une profession de foi de cosmopolitisme devait présider aux travaux des ouvriers réunis au sein de la loge. Celle-ci, comme école de vertu, de la tolérance, de la tempérance, portait ainsi le choix de la communauté dans l'élection d'officiers, pris parmi des commerciaux, des banquiers, des diplomates, des artistes qui, en fait, étaient les élites du siècle des Lumières. Pratiquement, cela passait par des réseaux de correspondances, de protocoles divers, entourés d'un véritable cérémonial. Le secret ne faisait pas partie du concept, puisqu'il essayait d'attirer le plus de monde possible. Ces loges étaient même mentionnées dans les guides de voyages. Une "Maçonnerie de société" était organisatrice d'une foule d'événements dans laquelle la population était conviée jusqu'à s'associer aux idées chrétiennes ou à être convié à dépasser ces mêmes idées. La franc-maçonnerie de l'Ancien régime, du renouveau de l'humanisme, n'a plus rien à voir avec l'élite en transition vers le matérialisme et l'égoïsme d'aujourd'hui avec trois niveaux: l'apprenti, le compagnon et la maîtrise.  

La stratégie de la dominationL'ordre des Illuminati a été fondé, en 1776, comme un "Cercle des Perfectibilis" par Adam Weishaupt dans lequel tout résidait dans l'art d'attirer de jeunes novices avec le but global de régner sur le peuple dans son ensemble, sans force visible, en semant le doute et la confusion, en exacerbant les faiblesses humaines et en proscrivant toutes volontés individuelles. L'ordre était géré de façon militaire, organisé en cercles imbriquées les uns dans les autres comme des poupées russes. Les douze grades de rangs inférieurs ne recevaient l'information que par l'intermédiaire de leur supérieur respectif. Le grand maître, au dernier échelon, était le seul à connaitre la stratégie qui avait but de miner l'Etat. Dissout en 1785, de guerre lasse, ils renonceront à leur pouvoir tout en entrant dans une théorie du complot ou en se reliant aux loges franc-maçonniques ou, encore, au travers des Skull and Bones aux USA.

Les réseaux de l'orthodoxie économique: Bilderbeg, Trilatérale, G30, Institut Aspen, Club de Rome... "Maîtres du monde" en capitalistes et financiers... Think thanks... Organismes désirant outrepasser les voies démocratiques? Peut-être, mais encore une fois, le secret les enrobent de mystères lors de meetings annuels entre membres triés sur le volet. En 1954, à la création du Groupe de Bilderberg, il s'agissait de réagir au communisme par le partage d'informations et d'influencer pour que l'Europe garde l'idéologie américaine du libre-échange. Les cercles se sont élargis au Japon, aux Tigres asiatiques, au Mexique et au Russes. Le secret revendiqué n'est, en principe, que pour raison de liberté d'expression avec les membres présents dont la liste évolue d'année en année et qu'oublier les conflits d'intérêts potentiels en enterrant la hache de guerre dans l'espace du meeting. Le business demeure le guide de la vision idéologique du monde par ses oligopoles.   

Les vidéos des Ouroboros, du Yellow-Book, remontent le temps avec beaucoup plus de détails avec chacun près de 50 minutes de lecture.

Le 9ème opus appelé l'âge de la raisonLe 14ème opus de l'âge d'or de l'IslamLe 15ème du Mystère des Templiers. Le 19ème de la Rose-Croix. Le 20ème du catholicisme occulte.  Le 21ème, de l'origine occulte de la scienceLe 23ème de l'origine occulte de la révolution française dans les sociétés secrètes qui l'ont précédées. 

A la fin du XVIIIème siècle, le plaisir de la nature avait laissé la place à de l'inquiétude qui engendra une grande crise spirituelle, qui avait été redoutée par les sociétés secrètes du XVIIème siècle. Ce qui est sûr c'est que si l'on essaye de déterminer la structure du monde ou la structure de l'expérience, les lois seront différentes. 

Opus Dei: entre réalité et fantasmes: A cause d'une volonté d'extrême discrétion, de pratiques strictes, cette organisation catholique se penchait irrémédiablement vers la société secrète. Son fondateur, Josemaria Escriva de Blaguer, voulait créer une organisation de laïcs avec le travail et la sainteté. Reconnue par le Vatican dès sa création à la fin des années 1920, son fondateur fut canonisé par Jean-Paul II. Cela n'a pas empêché l'Opus Dei de devenir une église dans l'église et les anticléricaux d'utiliser le mot "secte" vis-à-vis d'eux. Cette organisation devait respecter le silence au sujet des noms de ses membres. Les ennemis désignés ont été les communistes, puis la modernité considérée comme délétère. Le recrutement élitiste visait à remplir par cette voie les caisses de l'organisation. Son siège à New-York de 47 millions de dollars, ne put éviter les détournements de fonds par des "Brebis galeuses". En France, on estime entre 1500 ou 2000 adhérents par rapport aux 90.000 dans le monde avec l'Espagne et l'Italie comme principaux donateurs. Sous l'étiquette de société spirituelle, on a trouvé des objectifs plus politiques de lutte contre la déchristianisation et les déliquescences de nos sociétés. 

La Kabbale, encore une, présentée comme une "Loi orale et secrète" dans le judaïsme. 

Les Sages de Sion, avec leurs protocoles, ont, tout autant, établit un plan de conquête du monde....   

On me rappelait récemment que les Jésuites ont aussi eu une histoire guerrière.

"Qui mène la danse?", un vieil article, une question qui n'aura jamais toutes les réponses... 

Stop aux secrets. C'est la trêve de  Noël.

« Ni rire, ni pleurer, comprendre » disait Spinoza.

Qui trompe qui en détenant ces vrais ou faux secrets?

Celui qui détient le secret ou celui qui n'est pas dans la connivence et qui tente d'y entrer? Partageons les secrets et la connaissance avec humour.

Notre civilisation de l'information actuelle prouve que le secret est toujours porteur et très profitable.

0.jpgEn littérature, on se rappelle de la "tétralogie Robert Langdon" de Dan Brown qui s’enchaînent autour de sociétés secrètes: "Anges et Démons", "Da Vinci Code", "Le Symbole perdu" et "Inferno" ou encore le deuxième opus de Umberto Eco, le "Pendule de Foucault", qui racontait l'histoire d’un homme qui, par passion des mystères hermétiques, imaginait un "Plan mondial" pour diriger le monde. 

Le Pape jésuite, François a été nommé la personnalité de l'année pour le magazine Time. 

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Va-t-il changer l'Eglise puisqu'il crève l'écran qu'il a enfiévré la presse et fait couler l'encre à flot.

Le choc des civilisation, les schismes idéologiques ont eu lieu et c'est au Moyen-Orient qu'il fait le plus de dégâts par les diatribes de pouvoirs jusqu'à la terreur. Fini l'Inquisition et les Croisades, mais c'est souvent tout comme... Les guerres de religions se poursuivent par la seule référence aux différents prophètes qui apparurent dès le 1er millénaire avant J.-C.

Le premier Épître de la religion chrétienne respectait des usages et conservait les distances avec les sociétés qui, d'après elle, étaient perverties. Le deuxième, appelé Nouveau Testament, considère que le premier est une Ecriture, un corpus possédant une autorité qu'il faut exhorté par la foi. 

Aujourd'hui, ce sont les vertus théologiales de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, réglées par le catéchisme. La vertu peut-elle payer par des démonstrations d'humilité, de compassion, d'amour, de sensibilité sociale s'imposant par la bonhomie? Sauver les meubles quand ils sont en perdition, c'est ressortir la bonne vieille recette du "poids des images, du choc des mots".

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Conservateur, le Pape n'en demeure pas moins malin. 

Le "Poverello", aurait-il oublié la doctrine jésuite qu'il a appris et enseigné en dialoguant? 

Son secret serait-il la "révolution de la tendresse"?

"Adam et les pom-pom girls" répond l'un et "La faucille et le goupillon", parodie l'autre. 

Les Voix du Seigneur restent impénétrables.

Aujourd'hui, en Inde, les Nizârites dont il était question plus haut, sont devenus de pacifiques chïïtes ismaïlis d'Orient sous la direction de Karim Aga Khan. Celui-ci répondait, lors d'un interview, que le principal mot d'ordre d'Al-Qaeda était de normaliser l'islam selon une interprétation sunnite. Cette attitude d'exclusion est une forme de colonialisme théologique qui s'est répandue dans l'ensemble du monde islamique. Le fondamentalisme repose sur des facteurs historiques, sociaux, politiques qui affectent toutes les sociétés musulmane ou non. Nous travaillons dans le cadre d'un réseau complet, capable, théoriquement, d'apporter les réponses adéquates dans la plupart des situations. Dans l'islam, les liens entre foi et connaissance sont très forts et nous sommes encouragés en permanence à apprendre.

On croit rêver. Pourquoi n'y a-t-il pas plus de chïïtes ismailis dans nos villes et nos campagnes?

Puis, il y a l'inénarrable "Grand secret", décrit avec humour par un autre François.  

 
 
0.jpgL'homme de la rue donne l'impression qu'il a, en effet, besoin de croire, de partager des secrets pour vivre avec la certitude d'un être supérieur qui règle sur tout jusqu'à devenir surnaturel.
 
Puis, il y a la Science qui veut comprendre et qui met son grain de sel pour expliquer l'existentiel et la croyance... 
 
En 2004, Dean Hamer parlait VMAT2, du gène de la croyance, "The God Gene".  En 2003, la neurologue Jacqueline Borg, lançait la sérotonine, comme la molécule de la Foi. Chacun veut avoir sa petite idée sur la question. Alors que c'est le poids du secret qui touche le cerveau reptilien et qui à l'extrême, aime atteindre le paranormal et la transe.
Sa fascination est proportionnelle à son degré d'intrigues et de mystères avec le spiritisme et l'ésotérisme, jumelés pour les encadrer. 
L'ignorance mène toujours à la servitude. 
0.jpgSi la foi transporte les montagnes, rien ne vaut la réconciliation dont a fait preuve Mandela, lui qui ne voulait pas être un saint.
 
Le dossier du S&V allait, même, plus loin "La religion serait plutôt bonne pour la santé. Elle renforcerait la mémoire. L'idée de Dieu rendrait plus heureux mais uniquement à forte dose. La conception spirituelle en l’absence d'un cadre religieux, rendrait plus vulnérable aux troubles mentaux. Les croyants se suicideraient moins que les autres. La Foi pourrait accroître le risque de dépression mais protégerait contre les addictions. La méditation renforcerait les chromosomes. La concentration religieuses atténuerait la douleur"
 
Le dossier terminait par la constatation que "plus on est intelligent, moins on croit". 
Si c'est pas un choix cornélien, ça?
Croire et avoir une meilleure santé ou ...
ne pas croire et se retrouver moins en forme "ad patres", comme chantait Polnareff...

 
Alex Vizorek, avec son humour habituel, racontait le scandale de l'arbre de Noël ... tandis que le lendemain, Laurence donnait quelques recettes pour les fêtes de Noël de manière tout aussi amusante...

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Alors, pourquoi pas une nouvelle prière pour la Messe de Minuit?
Prière des sexagénaires
Notre kiné qui êtes osseux
Que nos articulations soient certifiées
Que notre squelette tienne
Que nos os emboîtés soient fermes
Sur la terre comme ossuaires
Donnez-nous aujourd'hui nos massages quotidiens
Pardonnez-nous nos exigences
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont chiropractés
Ne nous laissez pas succomber à la décalcification
Mais délivrez-nous du mal du dos
Maintenant et Alzheimer de notre mort
Abdomen
 

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Joyeux Noël 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • « Faire une organisation secrète, c'est très humain. La vraie question est de se demander à quoi elle sert », Renaud Thomazo
  • « Le secret excite la vénération. », Baltasar Gracian y Morales
  • « Un secret a toujours la forme d'une oreille. », Jean Cocteau
  • « L'esprit nous trompe, l'esprit complote, l'esprit nous ment, l'esprit triomphe », Hegel
Mise à jour 4 janvier 2014: ARTE présente 3 émissions sur le sujet des sociétés secrètes.

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0.jpgMise à jour 29 janvier 2014: Assiste-t-on à un retour du religieux dans la vie publique? (Interview de Guy Haarshcher)

L'influence de l'Eglise et l'Opus Dei reviennent en cette période qui donne le sentiment que tout fout le camp et que la modernité est amorale. Ce sentiment semble remettre certains droits acquis en question en revenant en arrière. La tendance conservatrice de l'Eglise est dépassée par l'évolution de la société depuis Vatican II. Ce qui est nouveau, c'est qu'il arrive au Parlement européen. par certains intermédiaires comme la Pologne et l'Espagne.

Le gouvernement Rajoy détricote ce qu'a construit Zapatero. L'IVG est limité dans ses possibilités.

En France, la "Marche pour la vie", les chrétiens radicaux, la droite conservatrice s'opposent au mariage pour tous, à l'IVG, à l'euthanasie et tombe dans les amalgame comme la mouvance de Dieudonné. 

0.jpgEn Belgique, la démocratie sous forme de coalition protège contre ce sentiment. Plus mûre, apaisée sur les plan éthiques et spirituels. L'annonce de la fille adultérine d'Albert II n'a pas fait de vague, sinon le reproche du manque de reconnaissance. En 1996, l'affiche du film de Larry Flint crucifié sur le pubis d'une femme, n'a pas généré de réaction alors qu'en France, des recours ont été entrepris.

Crise idéologique séculaire qui pousse au créationnisme chez les protestants des USA, aux populismes musulmans et catholiques.

Tout cela dans une grande confusion par des prises de position qui renient tout en bloc et sous-estiment la démocratie et le dynamisme des sociétés.

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L'individu devient plus autonome et ne désire pas renverser les tendance des droits acquis. Le poids du secret s'en retrouve bien réduit. La solidarité avec les femmes espagnoles ne tiennent pas compte des frontières.

Mise à jour 28 janvier 2014: La Tunisie a voté une nouvelle Constitution. Une vraie démocratie s'installe.

 

15/12/2013

Quand la passion devient une addiction ou vice-versa

A l'origine de ce billet, une conversation entre copains. Un mail de ma part pour qu'ils définissent leur point de vue sur la passion et l'addiction. Pour compenser les obligations, il y a les dérivatifs, les hobbys, les "marchandises à rêves". Est-ce une passion qui se réveille ou une addiction qui sommeille et prend le dessus? Pour y répondre, un billet d'un rédacteur, une réflexion, un poème et une fable.

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Le Nabum, rédacteur de billets au quotidien sur Agoravox, devenu copains dans l'écriture, m'a envoyé ce qui suit:

Double « JE »

De Moi à Vous.

Devant et derrière l'écran, ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, lui et l'autre jouent à un jeu de cache-cache où personne ne se trouve. L'écran impavide renvoie un reflet où nul ne se reconnaît, une Toile qui impose un voile, une voile qui se gonfle pour surfer sur la vague.

Mes doubles sont-ils moi-même, les pseudonymes en imposent à celui qui les a fait jaillir d'un cerveau qui se pensait unique. La schizophrénie menace l'auteur de ces billets qui se vengent en lui rendant la monnaie de sa détresse.

De BR, vous ne saurez rien, même si tous les autres font semblant de vous en dire tant. Le message est crypté, la ligne est brouillée : « Ici l'onde, les Français parlent aux Français ! ». Chacun se dissimule sous un nom codé, une référence quelconque que lui seul connaît.

« Le petit chat gratte le banc, …, le petit chat gratte le banc ! ». Des émotions, des secrets, des inventions, des sentiments traversent les mots qui naviguent à torts et à envie. La colère est meilleure conseillère que la tendresse, la révolte satisfait le lecteur quand la passion ennuie.

Alors l'auteur de mes billets se grime en un autre. Il se fait Fils de Carnutes pour envoûter, jouer de la magie Celte, des mots qui se font envoûtement, des incantations qui se veulent magiques, des bannissements qui ne sont que factices.

Il se gonfle d'importance pour devenir « Tribu Liger » chanter la Loire et ses mystères, la marine et ses chalands, notre pays et ses levées. Il pense se faire poète ou chanteur, n'est qu'écrivaillon-moussaillon sur la grande mare de ceux qui n'ont pas accès aux canards !

Il échoue en « C'est Nabum », décrypteur inutile d'une ville qui ne veut pas de lui. On le refuse dans la blogosphère locale, on l'ignore dans les cercles initiés. On se moque ou on le traque selon la position qu'on occupe.

Le schizophrène rencontre alors le paranoïaque, ils font bon ménage. Le lieu est propice à ce genre de mariage. Tous les sentiments explosent par le truchement de ces mots qu'on libère vers l'inconnu de tous nos maux. Ils vous reviennent parfois tissés d'une tendresse qu'on regrette de ne pouvoir cueillir. Ils se font plus souvent boomerangs agressifs chargés de tous les courroux accumulés par toutes nos frustrations.

L'épreuve ne laisse pas entier. Vers des ailleurs improbables nos doubles s'évadent. Il faut se faire à l'idée de cette cohabitation intime qui impose des concessions mutuelles avec soi-même. Ce « Je » qui pour singulier qu'il souhaite être (sinon pourquoi voudrait-il imposer aux autres ses réflexions ?), n'en fini plus de s'accorder « Pluriel » !

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Cette division de l'individu qui le multiplie à l'envi laisse pantois celui qui se croyait calculateur savant et maître de ses sentiments. L'opération n'est pas sans risque et demande beaucoup de retenue. Les problèmes arrivent souvent après la solution, la dissolution de soi est la preuve du triomphe de cet écritoire aléatoire .

Quand enfin, épuisé et fourbu, le sage consent à éteindre son ordinateur, il doit se tourner vers lui-même pour retrouver celui qu'il fut autrefois. Les avatars se dissolvent, le monde imaginaire s'évanouit et la vie reprend le cours de son chemin tranquille jusqu'à la prochaine connexion qui sera tout aussi bien, déconnexion de lui-même !

Polymorphement vôtre

 

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La plus grande bataille existentielle reste soi-même. Nous sommes chacun un tout confronté au monde des autres. Il faut juste le savoir et ne pas partir du postulat "je" pour déterminer le monde. J'ai plus à apprendre de toi que de moi-même. Moi, je sais. Mais l'image que je donne prend soin d'éviter de trop le montrer. cela nous est commun à tous.

Sapanhine,
 
 
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Mon écriture (poème publié en octobre dernier)

Mon inspiration est venue à disparaître,
Ma plume ne glisse plus sur le papier
Toutes mes pensées ont été déposées
Alors dois-je continuer à transmettre ?

Mais cette envie me hante :
Prendre un stylo et me dévoiler,
Sans avoir des mots,
Sans réfléchir à mes maux.

Hier, l'écriture était mon remède,
La plume était mon arme 
Et le papier était mon dépôt de larmes.

Aujourd'hui, l'écriture est une passion,
La plume est devenue ma raison
Et le papier est devenu le dépôt de mon expression.

Chaque mot écrit fut un récit de ma vie,
Chaque vers composé fut une confidence de mes pensées
Et ces recueils étaient et seront toujours une partie de ma vie.

Prends ton stylo, n'aies pas honte d'écrire,
Tu n'as pas besoin d'avoir un talent, 
Regarde-moi, je n'en ai pas, et alors ?

Mixou69 (que je ne suis pas parvenu à toucher)
 
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La fable des chiffres et des lettres
 

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Il y a bien longtemps, il y avait un comptable pour qui il n'y avait que les chiffres.

En apparence, du moins...

A longueur de journée, il additionnait les chiffres, les soustrayait pour ajuster les bilans, multipliait et divisait les nombres.

Tout devait être juste, équilibré, en fin de mois, au franc près, dans les facturiers et bilans qu'il établissait.

Tout le monde le connaissait pour son talent dans l'utilisation des chiffres. Ce n'était pas un secret, tous ses collègues l'appelaient Monsieur Chiffres.

C'était, ce qu'on appelle un Rond de Cuir comme on n'en trouve plus aujourd'hui.

Pourtant, ses collègues ne voyaient qu'une face de lui-même comme quelqu'un bardé de chiffres.

Une fois rentré chez lui, il avait une vie secrète meublée de lectures. Il lisait aussi vite qu'il ne comptait. En une nuit, il finissait un livre d'épaisseur moyenne sans aucun problème. C'était sa passion secrète depuis longtemps. Ce que les autres croyaient de lui comme une folie des chiffres, n'était en fait qu'une addiction construite. Mais, docile, il en avait pris le meilleur à son compte.

Personne ne savait, et il n'en laissait rien voir, qu'il était un peu le Mister Jeckill des chiffres et le Mister Hide des lettres.

Il n'écrivait pas mais il avait constitué un mémento de belles phrases en provenance de ses lectures.

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Arrivé en fin de carrière, les machines commencèrent à envahir les activités des entreprises et prirent une partie de son travail.

Un peu tard, pour se reconvertir en elles, se disait-il.

D'ailleurs, les patrons de la maison qui l'employait n'en avaient aucune intention. Des jeunes étaient arrivés avec les machines, bardés de nouveaux diplômes.

Le Rond de Cuir qu'il était, n'avait plus sa place et il s'en était fait une raison.

Le jour où l'informaticien était venu présenté la nouvelle machine, en voyant clignoter les loupiotes, il s'est écrié:

- On voit qu'il réfléchit.

L'informaticien n'a rien répondu mais il a souri.

Le comptable devint préretraité parmi d'autres. 

Qu'allait-il pouvoir faire avec ses connaissances de ses chiffres dans sa nouvelle vie?

Calculer son budget, ses fins de mois? Il aurait eu fini en moins de temps que pour le dire.

Alors, il ressassa son passé, pensa à son père, comptable comme lui, qui l'avait forcé à être une copie de lui-même, qui l'avait obligé à faire du calcul mental pour tout et pour rien. Il griffonna tout cela dans ses carnets, mixa le tout avec les notes de son mémento et en fit un livre qu'il présenta à un jury.

Il reçut le premier prix pour ce livre.

Les journalistes vinrent l'interviewer à la suite de son prix. 

- Qu'est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre?

- La passion, tout simplement. Le travail des chiffres, son addiction n'était que le résultat d'un complot fomenté par mon père, pas la mienne. 

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L'addiction n'est-elle pas la conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts pour s'y soustraire

Je fais tellement de choses, aujourd'hui, puisque j'en ai les moyens et que le temps ne compte plus. Ce n'est plus ni une routine, ni une obsession, ni un piège. On ne fait bien que ce qu'on aime bien ou qu'on se force à aimer. Non? Je n'étais pas un matheux, même si j'en donnais l'impression. 

J'avais inventé une formule que j'avais appelé: la schizophrénie positive. 

Le plus fort, c'est que cela a marché. Ce fut un miracle puisque vous êtes là à me questionner et que d'autres ont trouvé mon histoire intéressante...

Il continua à écrire plusieurs livres. 

Un jour, quand il quittera ce monde, là haut, on ne lui demandera jamais s'il exerçait sa passion ou son addiction dans les nuages. Il restera toujours un peu à l'écart des autres.

Qui aurait osé lui faire la moindre remarque à ce sujet?

On n'en était plus là... 

La morale de la fable: L'important n'est pas ce qui est, mais l'image qu'on en donne.

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Une fable pour adultes qui donne une façon plaisante de donner une leçon de vie. 

Qui sait, un jour, écrirai-je une fable pour enfants ou, qui sait encore, un nègre (mot non péjoratif) se présentera pour l'écrire en vrais héros...


L'enfoiré,

 

PS: Je remercie Nabum pour l'écriture du texte sur le sujet du jour. 

 

Citations:   

  • «  La raison tue la passion. » Didier Dubois
  • « La consommation, c’est l’addiction. », Luc Ferry
  • « Une fable est un pont qui conduit à la vérité. », Antoine-Isaac Sylvestre de Sacy

 

08/12/2013

Se nourrir autrement

Au mois d'août, on parlait du hamburger artificiel à grand fracas de publicité avec, en prime, une dégustations par quelques spécialistes du goût. A cette occasion était invité Bruno Parmentier par la Première. Son livre "Nourrir l'humanité", tentait d'expliquer que vu l'augmentation de population qu'il fallait changer les méthode de production agricole et nos habitudes pour se nourrir.

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Tout le monde se rappelle le film "L'aile ou la cuisse". Ce film n'aurait pas pu trouver meilleur public qu'en France pour dénigrer l'aile par rapport à la cuisse.

Ce que l'on prévoit pour demain ou après-demain n'est pas, tout à fait, dans la même note.

Le 19 août, ARTE diffusait un documentaire intitulé "L'adieu au steak (vidéo) qui prônait le végétarisme: 

"L’industrie agroalimentaire tente de nous persuader que consommer de la viande est bon pour la santé et que celle-ci est nécessaire à notre équilibre alimentaire. Or de nombreuses études prouvent que trop de viande rouge peut non seulement menacer la santé, mais même raccourcir l’espérance de vie. De manière générale, les élevages sont devenus des entreprises high-tech dans lesquelles on oublie totalement que les animaux sont des êtres vivants et non de simples produits. Sans parler des abattoirs. Et pour nourrir ces animaux qui fourniront les 40 millions de tonnes de viande produits chaque année, l’Europe doit importer du fourrage, par exemple du Paraguay, où quelques gros producteurs profitent de ces commandes tandis que la majorité de la population subit les conséquences, parfois dramatiques, de l’utilisation massive des pesticides. Grâce à cette exploitation des ressources mondiales, la production européenne est tellement bon marché que les pays émergents préfèrent importer la viande d’Europe plutôt que de soutenir les producteurs locaux. La contribution des élevages au réchauffement climatique, la pollution de notre environnement par les herbicides, insecticides et les nitrates, il est plus que temps de reconsidérer les habitudes de consommation de cette viande des riches qui affame les pauvres". 

Passer de la viande et devenir végétarien...

0.jpgOui, mais, ce n'est peut-être pas tout à fait obligatoire...

Le 8 octobre, rebelote, un autre documentaire: "La viande in vitro bientôt dans nos assiettes" (Vidéo 1) et (Vidéo 2) relançait le débat sous un autre angle

"D'ici à 2050, la consommation mondiale de viande devrait doubler. Une augmentation de 73% minimum. Or, jusqu'à quel point peut-on développer un élevage intensif, gourmand en eau et en énergie, producteur de gaz à effet de serre et sans égard pour la souffrance des animaux ? Dès 1932, Winston Churchill, pourtant fin gourmet, dénonçait ce gaspillage et rêvait d'un moyen de "fabriquer des ailes et des cuisses sans élever tout un poulet". Le 17 avril 2013, une équipe du chercheur hollandais Mark Post exauçait ce vœu à sa façon en créant le premier hamburger à base de viande in vitro. Prix de ce premier petit morceau de viande au goût plutôt satisfaisant : 300 000 euros. Ce coût pourrait évidemment baisser si l'on développait cette fabrication à l'échelle industrielle. 

0.jpgSteaks éprouvettes. Aux États-Unis, la start-up de Gabor Forgacs fabrique, elle aussi, un morceau de viande de synthèse en utilisant une imprimante 3D fonctionnant avec de l'encre biologique. Les deux équipes mènent leurs travaux grâce aux subsides de riches mécènes, mais la recherche publique s’y intéresse en parallèle, car elle espère ainsi trouver une solution pour nourrir l'ensemble de la planète. Le consommateur acceptera-t-il de troquer son filet mignon contre un équivalent artificiel? Quel serait l'impact sur l'environnement d'une viande de synthèse produite en masse? Menée aux quatre coins du globe auprès de scientifiques, d'ingénieurs, d'éleveurs, de responsables d'association de défense des animaux et de consommateurs, cette remarquable enquête offre un copieux tour d'horizon des recherches autour de la viande et de ses alternatives. La fabrication du steak in vitro, les risques d'une trop grande consommation de viande et, imaginer d'autres pistes d'alimentation comme celle des insectes, riches en protéines qui sont déjà appréciées dans certaines parties du monde.".

Apporter les plus et les moins dans chacune des options s'impose. 

L'envie de se régaler avec un vrai steak est un affaire de riches qui n'a rien à faire avec le besoin de se nourrir. L'effet de serre produit par le méthane du fumier et du lisier, apportés par 600 cochons par kilomètre carré, correspondant à 37% de l'élevage aux Pays-Bas, explique l'engouement pour la découverte de la piste viande in vitro à partir des Pays-Bas. L'élevage donne l'envie de dire qu'il asphyxie les sols. De plus, les cellules souches embryonnaires reproductibles sont bien des matières vivantes, au départ. La matrice de cette viande dite "artificielle" est constituée de cellules souches de muscles de vaches, du sel, de la chapelure, de l’œuf déshydraté, du jus de betteraves et de safran. Une économie d'énergie, d'eau et d'espace sont encore à pourvoir pour la viande de synthèse. 

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Mark Post a déjà six ans de recherches dans le domaine, mais nous sommes encore, au stade du prototype. Ce qui explique le prix de ces 140 grammes évalués à 290.000 euros. 

Le problème des antibiotiques qui est aussi à prendre en considération, en plus de la rentabilité et du maximum de surface à trouver dans un minimum de place pour les cultiver.

En Chine, manger de la viande est devenu un moyen de démontrer que sa classe moyenne s'est modernisée. Avant la réforme, les Chinois en mangeait une fois par mois. La consommation s'est accrue jusqu'à la même consommation de viande qu'aux Etats-Unis.

La viande de boucherie est une menace sous la forme des Mc Donnald et des "fast food" par la forme du diabète, des maladies cardio-vasculaires et du cancer. Les viandes non modifiées sont la cause de 13% de mortalité. Les viandes tel que le hot dog sont responsables de 20% de mortalité. Moins de 50 grammes de viandes de viande devraient suffire.

0.jpgDes phénomènes de risques qui disparaissent via la viande in vitro.

Dans le passé, il y eu les steaks de pétrole chez Avira qui n'ont pas résisté aux cartels du soja détenus par le monopole américain. La NASA en vue des voyages vers Mars s'est vue forcée de relancer les investigations.0.jpg

Après la nouvelle de l'hamburger in vitro, les premières retombées citoyennes ont été mitigées. La réaction à chaud de la Fédération Bovine se traduisait en France par: "Le pire est que ces apprentis sorciers de l’alimentation se parent de tous les bénéfices écologiques, en diffusant un tissu de contre-vérités sur le bilan environnemental de l’élevage pour mieux masquer la dérive insensée de leurs expérimentations.". 

La Fondation Thiel cherche à faire la différence entre une entreprise folle et une brillante. Les marques Tofurky  et Quorn ont déjà démarré sur la voie de la pratique.

Une utopie contre une autre? Pas du tout.         

La viande artificielle, en l'état, est, pour Bruno Parmentier, anecdotique. A ne pas rejeter car tout sera un jour nécessaire avant de devoir aller chercher sur une autre planète ce qui nous manquera pour vivre. 

Quant aux OGM, petit retour en arrière.

Les OGM vont-ils nous envahir?

Voilà qu'ils reviennent au devant l'Union, plus fort que jamais.

Le S&V de novembre en parlait puisqu'il y a 40 ans, en novembre 1973, que Herbert Boyer et Stanley Cohen avaient lancé cette idée d'améliorer le vivant pour nourrir et soigner l'humanité entière. Un espoir qui s'est révélé déçu puisque les OGM sont toujours repoussés des assiettes. Les problèmes de bio-médicaments, de travailler le vivant, de produire plus et mieux, de soigner les maladies génétiques, restent entiers. (archives)

Monsanto jouit d'une force commerciale de persuasion très importante. Pourtant, la liste des freins et des polémiques ne l'est pas moins. L'Office Européen des Brevets a décidé que le soja génétiquement modifié (EP301749) ne jouit plus de brevet en 1994. Le MON863 qui contribuerait à des perturbations du rein et du foie. La tomate FlavrSavr, le soja avec un gène de noix ont été retiré de la circulation pour cause d'allergie. Dès 1983, repoussés avec cohérence par l'Europe, les OGM entraient par la petite porte, en 2004, avec une dizaine d'entre eux, mais ils continuent de générer la polémique. Début avril 2006, l'Europe organisait une grande conférence à ce sujet. Les OGM ont été imposés à des pays moins développés. La Roumanie a dit 'oui' aux OGM et 100.000 ha sont déjà transgéniques. Les producteurs d'OGM sont ainsi entrés sur le sol européen pour 0,9% avec l'obligation d'indiquer que ces produits étaient destinés aux animaux. L'irréversibilité est opposée à l'innocuité.  

Pour se protéger et justifier leurs recherches, les sociétés productrices disent que les OGM sont utilisés depuis plus de 10 ans et que les Américains en consomment, tous les jours sans suites désastreuses apparentes, tout en ne pouvant prouver qu'il n'y a pas d'effets nocifs pour la santé. 

En Inde, la "Green revolution", basée sur le profit et l'avidité a souvent mené les petits agriculteurs à la ruine ou au suicide après les avoir poussé à utiliser ces semences manipulées, modifiés pour résister, en principe, aux attaques des insectes. Le résultat fut que la moitié des plants ont été infestés par les chenilles et les vers et ont refusé de germer. 

Greenpeace a obtenu de la justice que le rapport des études de danger soit publié. Il apparaît qu'ils ne sont pas tout à fait innocents d'après les tests sur les rats.

L'affaire Gerard-Eric Seralini a rebondi tout récemment. Par la force de "persuasion", Monsanto est parvenu faire retirer les résultats d'une étude qui ne leur était pas favorables et qui avait été publié dans la revue  "Food & chimical toxicilogy"

Avaaz.org signale qu'un partenariat trans-pacifique (PTP) avec un accord ultra-secret passé entre douze grands pays, pour donner aux entreprises un pouvoir qui leur permettrait de faire appel à de nouveaux tribunaux internationaux pour attaquer en justice les gouvernements qui adopteraient des lois qui auraient des répercussions sur l’étiquetage des aliments contenant des OGM.

La génétique et la biologie cellulaire seraient-elles à remiser aux recherches et inventions dangereuses?

En principe ou au départ, "non".

Faut-il rejeter jusqu'à l'idée de créer des Organismes Génétiquement Modifiées?

Absolument pas. La population mondiale qui augmente, va devoir repenser les solutions dites naturelles.

L'état alarmant de l'industrie alimentaire mondiale n'est pas à négliger. Bien entendu.

Apparemment, ce n'est pas uniquement un problème de viande. 

Manger reste une affaire de goût, de culture et de qualité.

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Le plus de végétariens se retrouvent en Inde pour raisons religieuses, la vache étant un animal sacré. Dans l'Islam, manger du porc est hâram et donc pas halal.

0.jpgLes insectes, sauterelles, criquets par l'anthropophagie est une autre approche tout aussi intéressante du côté vitamines. On appelle cela être "entomophage". 

Les plantes génétiquement modifié ne sont qu'un petit bout de ce qu'il est possible d'apporter par l'agro-alimentaire. Plus de vertus par l'apport de vitamines supplémentaires pourront certes élever le niveau de la santé. Pour le maïs, inscrit dans ses gènes, a une grand besoin d'eau pour vivre. Il est question de lui faire perdre cette envie de boire trop dans une futur en pénurie d'eau. 

0.jpgCette science pourrait apporter de l'avenir à notre santé et à notre économie. En gardant un œil sur sa finalité et l'éthique de la recherche du bien de l'homme, il ne devrait normalement pas y avoir de risques insurmontables. Les premiers brevets arrivent à échéance. Plus de sophistication sont à prévoir.

Le clonage d'embryons humains à des fins thérapeutiques sera l'équivalent de la fécondation in vitro qui a déjà 25 ans d'âge. Le développement des cellules souches vont avec succès se répandre dans toutes les branches médicales. La médecine dégénérative par la greffe compte une foule d'espoirs potentiels pour soigner le diabète, les maladies dégénératives du cerveau (Parkinson, Alzheimer). Le clonage destiné à la reproduction n'est pas la dérive obligatoire et le politique devrait raison garder. 

Ce qu'elle sont, ces cellules souches, ARTE avait le documentaire sur elle: la "Révolution des cellules souches? (vidéo)". Et comme il est dit, elles peuvent tout faire.

Laisser le choix aux consommateurs de manière claire par l'étiquetage appropriée restera un moyen de ne pas l'endormir. Deux soucis fondamentaux resteront les moteurs de ce choix de la modernité: le recherche du bénéfice global pour le genre humain et celui d'entreprises privées qui verseraient dans une catastrophe écologique. Le seul principe de nouveauté ne suffit pas face à celui de précaution.

0.jpgUne révolution pour booster les rendements du riz a été annoncé par des chercheurs japonais et de l'Irri, aux Philippines. Ils ont isolé un gène du riz indica, le Spike, extrait du riz tropical japonica, agissant comme un puissant engrais susceptible d'accroître les rendements des cultures de plus de 35%.

L'Institut international de Recherche sur le Riz est une ONG, chapeautée par l'ONU pour l'alimentation, l'agriculture et la Banque mondiale. Le "smart breeding" ne fait pas partie des OGM puisqu'il n'y a pas de manipulation du génome. Pour rappel, le riz est consommé comme principale céréale par la moitié des êtres humains. De plus, la surface de 155 millions d'hectares des rizières dans le monde n'évoluera plus et l'offre et la demande risque de faire flamber les prix quand la population mondiale continue à croître. 

La situation actuelle et future 

0.jpgRécemment, on entendait que l'obésité coûtait cher à l'Etat. 3,7 millions de Belges en surpoids. 3 kilos de moins représenteraient 200 millions d'euros par an d'économies.  L'attrait du jeune pour un menu "fast food" reste le fait d'être meilleur marché qu'un menu bio.    

Bruno Parmentier, dans son livre, tentait de mettre tout le monde d'accord. Un retour sur Internet et à une vidéo qui donne la suite de son credo, parait plus en rapport avec les réalités de notre monde.

Pour lui, la population mondiale ne devrait pas dépasser les 9 à 10 milliards dans les vingt ans, mais ce sont les moyens de productions qui s'ils ont contribué à sortir assez facilement du problème de l'augmentation de 4 à 7 milliards d'individus, pourrait devenir une impasse. Aujourd'hui, le superflu nécessaire serait beaucoup plus difficile à assumer et à réaliser. Ni la technique, ni la nature ne parviennent déjà plus à éradiquer la faim dans le monde.

Cultiver plus mais au prix fort et à coup d'efforts plus importants sont du lot de la production du futur proche.

La politique agricole commune a permis de multiplier par trois la productivité dans le passé mais en utilisant beaucoup de ressources naturelles. Il faudra à l'avenir produire encore plus mais avec moins de ressources.

Jusqu'ici, produire plus s'était traduit par un ponction des ressources en eau, en énergie et en chimie. 

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Cette dernière, la chimie, a réalisé le travail de multiplication par trois par les voies des engrais, des médicaments, des insecticides et des herbicides.

Mais, la chimie ne peut plus assumer l'accélération des besoins. Les villes se sont agrandies, devenues des mégapoles, et les terrains agricoles se sont réduits d'autant.   

Il faut renouveler les techniques de production de la nourriture et chercher des alternatives.

Comprendre comment la nature s'en sort avec ce qu'elle a à sa disposition, comme le fait la forêt vierge avec une force extraordinaire.

Comment mangions-nous avant 14-18?



 

Introduire l'agro-écologie avec la nature dans un processus écologique, c'est remarquer que certaines techniques humaines sautent quelques chances de découvrir bien plus de moyens. 

Sortir de la méthode de cultiver la terre en retournant celle-ci et casser ce que la nature a produit en sous-sol. La cinquantaine de centimètres de terre utilisés pour l'agriculture fait table rase de tout ce qui se passe plus profondément en sous-sol. Les racines des arbres vont beaucoup plus loin pour chercher leur nourriture. Un sol dénudé pour la culture est une aberration vu qu'elle empêche la photosynthèse de faire son travail.

Les vers de terre créent de l'humus et travaillent gratuitement pour donner sa consistance à la terre, tout comme le font les abeilles, en surface. Les champignons cherchent leurs substances nutritives en plus profond et Monsieur Pignon des Champs n'a pas dit son dernier mot.  

Pointer le gaspillage qui faute de stockage et de silos pour ce qui est produit, est une perte de rendement.

Plaindre la culture intensive qui ne fait pas suffisamment le lien entre besoins réels des consommateurs et ce qui est demandé en grandes surfaces.

Les déserts remplacent les surfaces dénudées avec des extrêmes dus au réchauffement climatique. Les cyclones, eux, ruinent les derniers espoirs de récoltes.

Empêcher les plantes de trop transpirer est une technique à envisager.

Le secret des plantes reste presque totalement à découvrir. L'arabette est  petite herbe folle, ignorée durant des siècles, mais qui est devenue en quelques années, un mécano génétique et une plante incontournable de la recherche en génétique (vidéo ARTE)

Constater que le sel des mer n'est pas apprécié par la majorités des plantes et pourtant les mangroves s'en accommodent très bien.

Dans la mer, les algues ne sont à considérer uniquement comme nuisibles.  

Les risques des technologies existent mais avant de verser dans la connaissance du naturel, peut-être faudrait-il étudier les versions de substitution. 

Les biotechnologies, les nanotechnologies, l'agronomie moderne, après les OGM, sont pointés du doigt comme des techniques d'apprentis sorciers.

Après avoir peur de créer avec polymères, des macromolécules, tout ce qui est petit a toujours fait peur.

Changer de cap... par une nourriture bionique et bioéthique?

Ce sont pourtant des parties non négligeables de solutions.

Une chose à rappeler, nous ne sommes pas uniquement carnivores, mais omnivores. Tout ce qui est comestible peut-être avalé et consommé. 

Des solutions hybrides ou qui correspondent à ce qui existe localement, sont à préconiser aux bénéfices des populations locales.

Tout est manipulation, modification, depuis que l'homme est devenu "homme qui pense s'adapter dans les meilleures condition" pour, à la rigueur, corriger les erreurs de la nature qui ne suit que le seul cycle de la vie et de la mort.  



L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Les joies du monde sont notre seule nourriture. La dernière petite goutte nous fait encore vivre. », Jean Giono
  • « Seul celui qui n’a pas faim est à même de juger de la qualité de la nourriture. », Alessandro Morandotti

 

0.jpgMise à jour 1er février 2014: La spiruline ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Spiruline ) est une algue bleue riche en protéine qui vit de carbonations de soude.
Elle vit dans les eaux chaudes peu profondes et saumâtres de la ceinture intertropicale. 
De nombreuses souches d'Arthrospira sont cultivées industriellement sous le terme de spiruline en raison de leur valeur nutritionnelle. C'est une des seules sources de protéines non animales avec le soja à contenir tous les acides aminés essentiels : elle a un aminogramme parfait. Son analyse révèle qu'elle contient aussi de nombreuses vitamines et des anti-oxydants comme le bêta-carotène.
C'est pourquoi l'Organisation des Nations unies a reconnu la pertinence de la spiruline dans son agenda de développement durable, et l'Institution Intergouvernementale pour l'Utilisation de la Micro-algue Spiruline contre la Malnutrition IIMSAM a obtenu un statut d'observateur auprès des Nations Unies au Conseil Economique et Social (ECOSOC).
Sa valeur nutritive a été découverte en 1966 par le biologiste belge Jean Leonard.

 

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Mise à jour 8 février 2014: Le Vif s'est construit un dossier sur nos super-produits contre la malbouffe.

La santé, les super-fruits, le novel food, la globalisation versus proximité... en espérant atteindre une qualité de vie.

Le trop gras, le trop sucré, le trop salé, le trop chimique...

 

0.jpgMise à jour 15 septembre 2014: Ces baguettes détecteraient des aliments dangereux.

En Chine, de la nourriture frelatée, "huile de caniveaux", des colorants excessifs et nocifs, de la viande avariée, des dates de fabrication falsifiées sont chose courantes. Des scandales alimentaires en résultent. Un prototype de la "Smart baguette", la "baguette intelligente" a été développé et présentée par Baidu, le géant d'Internet.  Une baguette capable d'analyser le déjeuner. Bourrée d'électronique, capteurs de la température de l'huile et de la composition, elles envoient une alerte via le Smartphone. "on va finir par mourir de faim avec ces baguettes", dit un consommateur chinois.   

02/12/2013

Elle est banale ma ville à moi

Ce billet (re)descente dans l'enfer bruxellois m'est arrivé avec le retard de la poste.... Et, oui, du Laos à la Belgique, cela fait du chemin en contrastes avant d'arriver sous le soleil gris de Bruxelles. 

 

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D'abord, merci pour ce billet mi-figue, mi-raisin, que j'attendais sans surprise quant à son contenu. 

Des constatations qu'un Bruxellois qui vaque à ses occupations quotidiennes, ne remarque pourtant plus, à force d'habitudes. D'où l'intérêt d'un tel billet.

Nous restons, toi, Sapanhine, et moi, des enfants insatisfaits chroniques, curieux de tout et qui remarquent, étonnés, que les choses changent à l'insu de notre plein gré, comme disait quelqu'un.

Dopés par nos rêves, nous voudrions que cela change en surface sans trop changer dans le fond.

La période des fêtes recommence.

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L'année passée, Saint Nicolas était furieuxSur la Grand Place, Il n'avait pas eu son arbre en bois d'arbre mais moderne tout en plastoche, sur lequel on pouvait monter, mais pas aux moments stratégiques des réveillons...

Un sacrilège, un simulacre, cet ersatz d'arbre...

C'est dire que la tradition veut encore dire quelque chose et que quand on la bouleverse les réactions ne tardent pas à sortir du chapeau.

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Cette année, ce fut le retour de l'arbre, du vrai, là où Brassens vivait heureux.

A l'ouverture des villages de Noël, rien de nouveau à "Plaisirs d'hiver". Aucune surprise à l'horizon. "Mesure d'économie", est-il dit.

Les mutations sont ailleurs. Des travaux, on n'en sort jamais. On passe de surprises en surprises dans le choix des chantiers.

Perdu par d'autres considérations très personnelles, le Bruxellois accepte souvent sans broncher, sans même chercher à le remarquer.

Il ne sait pas vraiment pour pourquoi un commerce, s'ouvre, marche un temps et referme ses volets un peu plus tard. La crise a bon dos. 

Moi, qui vit à Bruxelles, qui retourne, assez souvent, dans ce qu'on appelle le pentagone, cela en devient troublant. 
 

Ce qui est sûr, c'est que le visage de Bruxelles d'aujourd'hui, sera différent de celui de demain.

0.jpgLa phrase "la rue d’Aerschot qui connaît un autre type de transports" m'a fait sourire.

Le "Red light district" de la capitale qui transporte les âmes isolées.

"Il faut bien que le corps exulte", chantait Brel.

La pénalisation des clients des prostitués vient d'être voté en France. Ce sera donc voir mais plus toucher et faire un noeud quelque part...

Nos propres biens-penseurs, je n'ai pas dit libre-penseurs, se questionnent au grand dam des professionnelles du sexe.

 

J'espère qu'ils garderont l'humour qui nous caractérise comme Alex en a eu l'audace de rappeler ce qu'est une pipe devant le prince Laurent.0.jpg

 

Bien sûr que je connais tous les endroits que tu as mentionnés, Saphanhine.

Puis, il y a les transports en commun que tu as utilisés, que je ne pratique pas ou plus. Les transports en commun, devenus parfois, trop communs.

Le vrai métro, par exemple, je n'ai jamais emprunté. Le semi-métro avec le tram qui fait une partie du trajet à l'air libre et l'autre, sous-terre, cela m'est arrivé, mais ce sont les bus qui prennent le dessus.

 

Faut arrêter aussi de rêver à la voiture en ville comme moyen de transport de sauvetage.

La bagnole n'est plus là pour t'envoyer au septième ciel de la contemplation. La capitale absorbe 400.000 voitures chaque jour. Aller en ville, pendant les heures de pointes, c'est du cauchemar en boîte, du stress et énervements. En quelques mots, tu n'en revient pas indemne. Le système de la "City de Londres" devrait, un jour, trouver une réponse à cette situation. Mais, pour cela, il faudra une infrastructure suffisante de parking de délestage et des tarifs concurrentiels par rapport à la version tout-auto. 0.jpgQuant au co-voiturage, la solution à tous les maux vu que pour en profiter il faudrait avoir des horaires de travail de fonctionnaires, c'est pas gagné d'avance...

Les feux sont à tous les coins de rues. Ailleurs, les ronds-ponts organisent la valse à mille temps, dans lesquelles on a tout le temps de bâtir un roman.

La route, un risque de vie et de mort?0.jpg

Pour les piétons peut-être. Pour les moteurs avec des chevaux sous le capot, c'est difficile de respecter les 30kms/h préconisés. Le danger vient plutôt dans le jeu à l'influence dans les rond-points, et la roulette russe pour éviter le cinéma "blijf stoen"...

Le mot d'ordre est "Circulez, il n'y a rien à voir". Pas question de s'arrêter et encore moins de parquer le long des trottoirs. Folie que d'espérer arriver à un rendez-vous sans marge d'erreurs. Avant l'heure, si c'était pas l'heure, après l'heure, cela le restera.

Tu vas rire, les autorités des communes viennent de redessiner les territoires des communes en couleurs, en secteurs de parking. Rouge, tu payes le tarif plein au prix fort à l'horodateur. Orange, si t'as une carte de riverains, pas de problème. Les autres, à la caisse de l'horodateur. Vert: ta carte de riverain ou un parking à la mesure d'une demi-journée. Bleu, disque de stationnement pour deux heures. Gris, tous et tout est permis. Enfin, presque...

Daltoniens s'abstenir de rire.

 

Les trams et leurs fréquences, c'est pas la gloire. Toujours plus de trams de la STIB et De Lijn, c'est-à-dire plus de chantiers pour les aménager.

 

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Mais, à Liège, cette semaine, c'était pire.

En heure de pointe, c'est la cohue. Les zombies du travail retournent chez eux pour vaquer à leur passe-temps préféré et n'apprennent même plus à se connaitre pour "casser" ce temps de passage emprunt de lassitude.

Les navetteurs, rejoignent les gares du Midi, du Centre ou du Nord et les trains dont ils espèrent, un jour, le respect des horaires et un RER qui ne serait pas le monstre du Loch Ness. 

0.jpgBruxelles rassemble toutes les manifestations et des grèves de toutes sortes.

Mardi dernier, ce fut celle des taximen et le coup de gueule justifié de Martine Maelschalck dans ce billet "Un pouvoir de nuisance exorbitant".

 

Pourtant, je vais souvent en ville. A vélo et je deviens, ainsi, le roi sur ma petite reine. Le jogging comme autre solution de sauvetage quand le vent ou la pluie s'interposent. 

 

Comme tu aimes la BD et que tu parlais de la place Anneessens, sache qu'il y en a une BD géante de Thorgal depuis peu sur un mur haut de 5 étages comme le montre la photo que j'ai introduit dans ton billet. Associé Thorgal au héros patriotique de l'histoire, François Anneessens, à y réfléchir, cela tient la route.

 

0.jpgVisiter Bruxelles, de manière originale, c'est chercher à retrouver toutes ces BD sur les murs de Bruxelles comme je l'ai fait. Elles sont partout, même là où on pense le moins, les trouver. Il parait que des visites touristiques se sont organisées dans cette découverte d'un autre type.
  

Anderlecht, une commune que j'ai bien connu et que je tenais pour la fin.

Si je n'y suis pas né, j'y ai vécu pendant près de vingt ans.

D'abord à la rue Wayez et pendant la plupart des années.

Repassé par là, récemment. C'est ne plus rien trouvé qui ressemble à mes souvenirs. A part mon école primaire et là où j'habitais juste en face au troisième étage sans ascenseur, tout a changé.
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Dans la rue, le Metro et le Kursaal, des cinémas de quartier, tous deux sont disparus, depuis longtemps, remplacés par des magasins de bric-à-brac exotiques. 

Le quartier du canal et de Veeweyde, là, pas beaucoup de changements. L'inventeur de l'esperanto, Zamenhof, a toujours laissé son nom à l'avenue qui faisait le reflet quotidien de mes pénates pendant la période étudiante.

La place Lemmens devenue une zone de non-droit

Comme Molenbeek-Saint-Jean, Anderlecht possède sa partie de territoire pour pauvres et sa partie riche qui sort bien loin de son centre commercial. 

0.jpgBon d'accord, je comprends que tu aies eu froid à certains moments par ici.

Quand on a l'habitude des 30°C, cela doit geler et grincer entre les charnières. Ici, nous avons aussi 30°C, mais c'est réparti en 15°, le matin et 15°, l'après-midi. 

Ces derniers temps, nous sommes même au raz des pâquerettes, en dessous de la moyenne saisonnière et l'hiver a montré ses premiers flocons.

 

Les pays tropicaux, je connais. Je reconnais ce qu'ils sont, ce qu'ils peuvent donner de rêves et de surprises. Les pluies n'y ont rien des pluies fines de chez nous. Le déluge qui s'en suit n'est pas une vue de l'esprit. Quand Dame nature se venge et se fâche comme ce fut le cas aux Philippines récemment, cela craint seulement un peu plus. 

 

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Mais, tant qu'il reste pour les souvenirs, les photos cartes postales qui doivent correspondre aux meilleurs moments, tout devient beau.

 

Faudra s'y faire, le paradis n'existe, résolument, nulle part en tous temps, ni en touts lieux.

 

Au sujet des avions, on a appris l'arrivée de Ryanair à Zaventem. Je suis sur la trajectoire de la montée des avions.  Cela craint, donc, un peu plus, du côté fréquence des vols dans la plage horaire matinale réservée au low-cost entre 06:00 et 08:00. Toujours une question de pognon et du prix des slots.

 

Dans le vieux billet, "C'était au temps où Bruxelles brusselait", j'ai déjà dû répondre et faire front, de manière humoristique, tout en gardant la fermeté de mon inquisiteur. Amusant de retrouver ce billet, après coup.

Heureusement que Kroll m'avait aidé pour garder l'humour.

 

0.jpgBruxelles, un Zinneke District. Une ville de surréalismes tout azimut et de zwanzes à tous nouveaux. Cosmopolite, en plus. Qui dit mieux?

 

L'esprit "rue de Brabant", dont tu parles, est présent partout. Matonge, l'Afrique noire dans nos murs. Des quartiers ghettos se sont installés en goulots d'étranglement laissant l'intégration très superficielle

 

J'ai ressenti qu'il y avait, dans ton récit, comme une rencontre du rat des champs avec les rats des villes qui ne parviennent pas à frayer ensemble.

Pour moi, la solution c'est le pic à glace pour la casser.

 

Le citadin que je suis, n'a pas les mêmes envies qu'un campagnard, laotien ou autre.

Chacun a ses repères. Chacun ses problèmes et ses besoins...

Si je me réveille au bruit des avions qui décollent, des klaxons de la rue, des coups de freins des bus, il y a aussi les compensations qu'une ville peut apporter: la culture, la proximité avec tout ce qu'on a, en principe, besoin pour vivre, concentré dans une ville. 

 

Le campagnard que tu es, trop habitué au silence, à ton réveil, c'est au chant du coq et aux oiseaux que tu confieras cette tâche. Quelques défauts d'activité qu'il faudra combler ensuite.

 

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Faut pas se leurrer, tout est plus cher dans une ville. Manger, loger, se vêtir. Le confort de trouver tout à proximité sans devoir vraiment passer aux grands expéditions avec la perte de temps et la préparation que cela incombe. Comparer les prix avec ceux qui sont pratiqués au Laos, serait plus que casse-gueule, même si l'écart type entre une ville comme Vientiane et la campagne laotienne devrait être similaire.

 

Ce qu'on disait de Vientiane.... Des accidents de circulationsUne ville dont on dit qu'elle donne l'impression de petitesse, marquée par le style français des bâtiments anciens et par l'utilitarisme soviétique des bâtiments plus récents avec très peu de monuments historiques réellement anciens à visiter tout en restant un lieu de résidence charmant, lové dans un méandre du Mékong, destiné à ceux qui ne cherchent pas l'ivresse d'une grande ville active.  

Cela te correspond, c'est évident.

J'ai compris les raisons qui t'ont poussé à mettre les voiles. On ne s'expatrie pas sur coup de tête. Il y a les prémisses, l'envie, les rêves et la résolution de ceux-ci et puis, il y a dans l'autre plateau de la balance les mauvais coups du sort du passé.

Il faudra s'habituer à ce que les mots "culture", "langue" n'aient plus ni les mêmes consonances ni les mêmes couleurs. Il y a bien sûr Internet, les journaux, TV5 pour se raccrocher à l'avant, mais c'est souvent en différé que cela parvienne.

Le récit de ton aventure au Laos, m'est encore frais en mémoire.

Le communisme ne semblait pas t'émouvoir.

 

3.jpgJe me suis souvent demandé ce qui avait jeté ton dévolu sur le Laos et non pas d'autres destinations dans les parages comme le Cambodge, le Vietnam, la Thaïlande ...

et, pourquoi pas, puisque tu aimes la BD, la Nouvelle Zélande où il y a la mer, la montagne et Wellington avec le Hobbit land. L'expat belge qui en parlait, parvenait à reproduire la cuisine belge, mais il attendait le colis de chocolats par la poste avec impatience.

La bouffe, un sujet qui reste moteur dans l'esprit belge. Aux dernières nouvelles, on apprend que le fritkot, c'est beaucoup plus que manger des frites. Les exploitants de friteries veulent faire reconnaître leur art comme patrimoine immatériel. Absurde ? Loin de là. Car la frite est révélatrice de la culture et l’esprit de ce pays. 

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L'image, ci-contre, représente l'Ambassade du Laos à Bruxelles que, je suis sûr, tu reconnaîtras, Sapanhine.

Tu as dû y passer pour recevoir papiers et passeports.

 

Pas folichonne la vue de l'extérieur, pas de quoi attirer le regard et l'envie d'aller voir de l'autre côté du miroir.  

Mais, elle est située dans une avenue dont le nom est symptomatique: "avenue Brabançonne".  

Pensais-tu, ainsi, au départ, garder un lien nostalgique avec le passé? 

C'est évident, la vie trépidante bruxelloise a de quoi taper sur le système nerveux.

Mardi dernier, Thomas Gunzig disait que "Tout va trop vite" podcast

Des paroles qui font "clic" d'un claquer de doigt ou "pchit" tellement, elles étaient vraies.

 

"C'était mieux avant", encore une parole qui intime le déclic de la nostalgie.

Il constatait qu'il y avait pourtant un génie chez nous. je te le donne en mille: la SNCB. Les trais qui n'arrivaient pas à l'heure pour correspondre aux horaires. La SNCB qui a trouvé la réponse en faisant ralentir les trains pour qu'ils arrivent à l'heure. C'est presque enfoncer des portes ouvertes que moins ça va trop vite, plus ça va plus lentement et mieux on arrive à l'heure moins stressé à destination.

C'est la physique de l'espace-temps d'Einstein que notre esprit belge redécouvrait. Le surréalisme mis à l'épreuve par le réalisme et le " Back to the future... in 1935".

0.jpgC'est seulement quand ce surréalisme passe au stade de l'hyperréalisme, que tout change et que le risque passe la ligne rouge avec le langage fleuri de l''absurde.

 

D'après Lonely Planet, la Belgique serait dans le top 10 des pays à visiter.

 

Alors, il y en a qui se sont posés la question de savoir comment dynamiser le tourisme.

 

Quand on lit les commentaires, on se demande s'il faut dynamiser ou dynamiter le tourisme pour garder un peu de paix. 

Bruxelles reste une capitale de dangers. Elle n'est pas dans les 50 villes les plus dangereuses dans le monde mais avec ses 3,09 homicides pour 100.000 habitants, elle se classe cinquième en Europe, après Vilnius (7,90), Tallinn (6,03), Luxembourg (4,24) et Amsterdam (3,65).  

Non, je ne suis pas dupe, ni béat d'admiration sur ce que peut être la vie en ville... 
 
Chanter Bruxelles, c'est souvent fixer le temps en le sublimant de manière poétique...
La chanson de Brel... avec "C'était au temps ou Bruxelles, brusselait"
 

Celle de Dick Annegarn de 1974

La chanson d'Adamo, la ville qui lui a permis de faire son succès...


 

Benabar, avait son cadeau.


ou préférer, comme le citoyen de la ville, que je suis, la chanson de Marie Warnant, plus actuelle, plus réaliste ou trop optimiste, avec ce clip très bien réalisé par une classe de 3ème du Collège St Pierre : "Elle est banale ma ville à moi"

 

Bruxelles insolite? Sinon, une promenade à vélo, en photos, "Pourquoi Bruxelles",  d'ailleurs?

 

L'enfoiré,

 

 

Citations:

  • « La ville est arc-boutée sur le temps. », Paul Chemetov
  • « La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des mortels. », Charles Baudelaire 
  • « Pour connaître toute la mélancolie d'une ville, il faut y avoir été enfant.», Walter Benjamin

 

"Ils ont choisi Bruxelles", de Daniel-Charles Luytens, est un dictionnaire des personnalités de l'histoire qui y sont passés. 

 

0.jpg1.jpgMise à jour 13 décembre 2013Série de manifestations pour un vendredi 13, pompiers, avocats pas contents en grève

 

 

 

Mise à jour 1 février 2014: Le projet de piétonnier dans le centre de Bruxelles est en route. Quand Bruxelles bruxellera, le touriste viendra....

 

0.jpgMise à jour 19 mars 2014: Le bureau du Plan vient de donner les chiffres de la population belge pour 2060.

Nous seront 12,5 millions (1,5 million en plus) 

+14,3% dans la région de Bruxelles, +16,4% en Wallonie et +10,6% pour la Flandre. Un rapide calcul, cela fera 410 habitants au km2.

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Mise à jour 01 août 2014
: Après le plan Wathelet, quel plan pour les avions puisque l'Europe le refuse?

 

 

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Mise à jour 26 novembre 2014Bruxelles, projet du plus grand piétonnier. Plus grand que prévu...

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Ce qui a inspiré Thomas Gunzig
podcast

Mise à jour 20 mai 2015: Thomas remet cela sur le même sujet en plus  crash
podcast
  


 

01/12/2013

Bruxelles ma belle, ce sont des mots qui vont si bien ensemble

Un article de commande à un ancien bruxellois qui vit depuis quelques années au Laos et qui est revenu à Bruxelles par deux fois, cette année. Maintenant qu'il m'a beaucoup raconté du Laos, de là où il vit, une comparaison avec sa vie d'avant était intéressante. A Bruxelles, là, où je suis resté, j'essayerai ensuite de t'en ajouter plein les manches et les bottes, cher Sapanhine.

 

0.jpgC’était du temps où Bruxelles bronxellait…

C’était du temps du Belge muet.

Et y’a plus de tram 33.

Ni de gonzesses en crinoline.

Dommage ! Madeleine, elle aimait bien ça…

Qu’est-ce qu’il caille ici ! J’dois aller en ville acheter des bouquins au Pêle-mêle. Faut que je m’n trouve quelques-uns avant de rentrer chez moi, à 10.000 km de chez vous. D’ici qui fut mon chez moi.

Qu’est-il devenu mon Bruxelles à moi ?

J’cloche en périphérie depuis trois semaines. Buiten Bruxelles. En terre sacrée, même si 95% des gens y parle français. Quel monde de fous ! La minorité y commande tout… Faut zwijgen dans toute autre langue que la seule permise. Comme si parler un autre sabir faisait de nous des pestiférés.

J’profite de l’occasion pour demander à mon fils qui m’héberge de me déposer à une station de métro. Manquerait plus que ça, c’est moi qui ai payé sa bagnole et il doit aller à Anderlecht. Un métro, y’en a bien un sur le chemin, non ? Parce qu’ici, y’a que des bus pour Aalst et Liedekerke. Le matin et le soir, y’en a tout plein. Pendant la journée, un toutes les deux heures. Étonnant, non ?

Il me répond :

- C’est parce qu’ils partent tous travailler au Ministère où ils resteront assis à glander jusqu’au moment de rentrer. A Bronxelles. En terre promise, si l’on en croit Bartichon. Et quand ils seront pensionnés, ils recevront de l’argent pour ne plus jamais travailler. Et comme ils sont déjà en surnombre, on les remplacera pas. Entre-temps, ils nous abandonnent au "no future". Nous exploitent, nous traitent de glandeurs. C’est pour faire des économies, tu comprends ? Et en plus, ils disent que nous vivons sur leur dos. Ce qui fait que des bus, y’en tout plein pour eux lorsqu’ils partent turbiner dans leur colonie. Et le soir aussi, afin de retourner vivre là où ils se sentent chez eux. Qu’il pleuve ou qu’il vente. Quarante ans durant… Avec leurs tartines dans leur sacoche pour ne rien avoir à dépenser chez nous.

- Depuis le temps que ces mecs cherchent à vous monter en bateau. Comment supportez-vous ça ? que j’lui réponds.

-  Parce que si on fait la révolution, cela finira comme en Syrie. C’est trop tard, mieux vaut pas…

Une circulation de dingues. Des embouteillages partout, ils vont finir par se grimper les uns sur les autres. Des ronds-points, tellement de ronds-points qu’on se demande s’il existe encore une priorité de droite. C’est pour fluidifier qu’ils disent. Et quand on peut enfin passer, y’a un autre irresponsable qui traverse le passage clouté comme si c’était lui le train. Coup de frein désespéré pour l’éviter, encore un. Et une possibilité de passage perdue, encore une. Et la bagnole qui n’arrête pas de faire tûût-tûût. Pas en dehors, c’est interdit. Rien qu’à l’intérieur.

-  C’est quoi tout ce bruit ?

-  C’est la bagnole qui me signale que j’ai pas mis ma ceinture.

-  Tiens ! Moi bien, pourquoi que tu le fais pas alors ?

-  Rien à foutre…

-  Et ce tintamarre ne te dérange pas ? Pire encore, si un flic te voit, tu recevras une amende !

-  Pff, les flics ne contrôlent que les zones à parcmètres ! Là au moins, ils sont sûrs que cela rapporte. C’est pourquoi y’en a pas Place Lemmens, faut respecter les usages sociaux des gens du coin. Eux sont tous insolvables et de plus, y z’aiment pas qu’on vienne foutre le nez dans leurs affaires. Entre nous, on appelle ce coin le petit Marseille. On voit bien que t’es plus d’ici, toi !

Encore un rond-point. Station Veeweyde, on y est. Il s’arrête sur un coin. Mais y’a pas de coin, c’est un rond-point. Un mec klaxonne derrière. Comme un enragé, sûrement qu’il est à la bourre pour aller travailler. Ou alors, c’est un livreur bizarrement productiviste. Je m’engouffre dans la bouche de métro.


0.jpgC’est lugubre, sale, long comme un jour sans pain. Quatre jeunes oisifs occupés à discuter. Je ne crains rien, j’suis pas bien habillé. Avec un sac à dos pour mettre les futurs bouquins. J’ai l’air d’une cloche. P’t’être pas tout à fait car mes godasses ne sont pas éculées, mais manifestement j’donne pas l’air du gars plein aux as. Je passe comme si je ne les avais pas vus. Ils me regardent comme si je n’étais qu’une ombre. Absence manifeste de mauvaises intentions de ma part. Ils restent cois, encore une chance.

Cent cinquante mètres de cavale sous le regard vitrifié de briquettes blanc sale, uniformité garantie. J’arrive à une machine qui distribue les tickets. Enfin, qui les distribue à sa façon. Economies d’échelle. Y’a pas un contrôleur, pas un caissier, pas un poinçonneur des lilas. A se demander pourquoi le ticket est tous les jours un peu plus cher. C’est le modernisme sans âme. La foule et ses solitudes. La ville sous terre, terrée sous terre. Putain de machine, j’y comprends rien avec tous ces boutons. Sélection-bouton-sélection-piège à cons. Salope, elle s’est bloquée sur Nederlands et veut sûrement que je m’incline devant ses ordres.  Je cherche dans quelle fente je peux lui glisser mon billet de 5 euros, celui que je garde dans ma veste passe-partout pour ne pas montrer que j’en ai plus dans ma poche-revolver. Va te faire voir, consommateur inexpérimenté ! Faut des pièces. Moi, service public, je n’accepte pas les billets, semble t’elle me dire en ricanant.

Grosse pute, tes pièces, je les emmerde. J’en ai pas une sur moi. Et si j’en avais, je les transformerais en billets de par chez moi où y’a pas de pièces, cela ferait directement une petite fortune. Votre monnaie de singes, elle bourre les poches et le soir, t’en as collationné facile pour 20 euros. Du bête métal couleur or et couleur argent, comme si le fric en minuscule ne comptait pas. 20 euros ! Là où je vis, on achète de quoi bouffer 15 jours à ce prix-là ! Ici, elle bourre les poches jusqu’à faire des trous dedans et elle fout le camp comme si elle ne valait rien.

Mais qu’est-ce que je suis venu foutre dans ce Bruxelles-là ?

Et il fait froid. Si gris. Gris et aseptique à la fois.

Vivement le retour chez moi. Même la pluie y est chaude, c’est dire !

Nouvelle contrariété, y’a que des contrariétés dans cette capitale de tous les déchets, de toutes les affres. J’ai pas de pièces pour nourrir la bête électronique et y’a pas un magasin pour me dépanner. Rien que trois affiches de fond de couloir : local commercial à louer. Pas un fonctionnaire de service non plus. Rien. Le tout à l’automatique et schnoll pour le reste. Obligé de faire marche arrière. Les 4 jeunots me regardent plus méchamment. Si je commence à faire des aller-retour, c’est que je suis un flic. Que je surveille quelque chose, quelqu’un. Ils se méfient. Moi aussi, match nul. Je ressors de la bouche de métro. 40 marches en duralumin à escalader, l’escalator ne fonctionne pas. J’avise une pompe à essence avec un petit garage autour. Je rentre du côté de la caisse, y’a personne. Et si y’a personne, c’est qu’il n’y a pas de fric non plus, me dis-je. Pourtant avec tous ces chocolats, ces canettes de Coca, ces paquets de clopes qui traînent, y’a presque de quoi commettre le casse du siècle. J’me demande pourquoi mes 4 glandeurs discutent le bout de gras dans la bouche de métro, alors qu’il y a tant de travail potentiel à deux pas. Un paquet de pognon facile à faire, suffit de rentrer, de se servir fissa et puis de cavaler. Même pas besoin d’une arme, c’est dire ! Mais moi, j’suis d’un naturel honnête, cela ne se commande pas.

Deux minutes plus tard, arrive un mec en salopette :

-  Et pour Monsieur, ce sera ?

-  Un chocolat, j’ai pas de monnaie pour le métro.

-  D’où sortez-vous, vous ?

- Du métro, vous dis-je. J’dois aller en ville et j’ai pas de monnaie. J’me suis fait surprendre, je ne pensais pas qu’il n’était possible de ne payer qu’avec des pièces. Cela fait vingt ans que je ne vis plus en Belgik. A dire vrai, j’me sens un peu perdu chez vous.

-  Z’avez bien fait de partir. C’est devenu dingue ici, vous savez. On n’est plus chez nous, vous comprenez ?

Un peu. Mais je ne vais pas en rajouter, j’ai besoin de monnaie. Pas de m’entendre seriner des lieux communs.

- Un euro cinquante !

- Quoi, 60 francs pour un petit bâton de Côte d’Or ! Mais de mon temps, même du vrai or coûtait moins cher que cela. Quand je suis parti il y a 20 ans, je ne les ai plus depuis longtemps.

- Ouais, le bâton on aurait dû l’employer pour leur foutre sur la gueule et chocolat, c’est nous qui le sommes. Et ça s’arrangera pas demain, vous savez !

M’en fous. J’aime bien le chocolat et j’ai enfin 3 euros cinquante de monnaie. Le passe pour Bronxelles sous terre. Les jeunots me regardent à nouveau. Y’en a un qui dit «  eh vieux, tu cherches du shitt ? «  J’fais celui qui comprend pas, le balourd, le kouffar. Pratique pour le bizness au détail, le métro. Les rares fois où les flics y descendent pour voir ce qui se passe, on peut foutre le camp dans toutes les directions et bye-bye salut ! Au pire des cas, les juges te libéreront demain, tout le monde sait ça. Mais y’a jamais de flics, on les occupe à foutre des amendes là où on a trouvé rentable de planter des horodateurs. Un racket juteux ! Au moins, les automobilistes ont de quoi payer. Quant aux brigades d’intervention, elles ont autre chose à faire. Du boulot à tout casser, cela tombe sous le sens. Y’a même des jours où cela ressemble au Far-West, ils sont entraînés pour. L’adversaire aussi…

Retour à la machine qui poinçonne, vend, accueille, avale votre fric sans dire merci, renseigne. Y’a encore plus de boutons que tout à l’heure, dirait-on.  Un gros noir sous lunettes de soleil attend derrière moi. J’finis par lui demander comment cela fonctionne. Il ne parle qu’anglais mais lui, il a déjà appris à dompter le bazar. Un rigolo, il a l’air sympa. C’est pas tous les jours qu’il reçoit le droit de prendre l’autre pour un imbécile.  Je le lui précise. En anglais aussi. Il rigole, me dit

- Crazy. Here, they are all crazy, men ! 

Il a tout pigé le gros négro. C’est pas à lui qu’il manque une case…

Une petite vieille m’accoste :

- J’dois prendre le métro, Monsieur. J’ai peur toute seule dans ces couloirs. Vous voulez bien m’accompagner jusque là ?

- Bien sûr, Madame. Vous allez où ?

- A Erasme voir mon mari à l’hôpital. Vous y allez aussi ?

- Non, j’vais en ville. Mais j’attendrai sur le quai avec vous, j’suis pas pressé.

- Oh, vous êtes gentil, vous ! Y’en a plus beaucoup comme ça, vous savez !

Le métro à ma petite vieille arrive. Il est presque vide. Tant mieux, y’a plein de banquettes pour elle toute seule. Interdit de traverser les voies, y’a même pas besoin de panneaux pour le préciser. Re-escalator pour arriver de l’autre côté, celui-là ne fonctionne pas non plus. Encore une volée de marches à escalader. Retour direction ville. Là, l’escalator fonctionne. Dans le sens de la descente. Rien que la descente, c’est l’automatisme qui veut ça.

A nouveau dix minutes d’attente. Arrive une rame elle aussi presque vide. Veeweyde-Lemonnier, c’est pas vraiment ce qu’il y a de plus pratique. Y’en a pour un peu plus de deux kilomètres à vol d’oiseau, mais l’ennui, c’est qu’il faut changer trois fois de rame pour y arriver et c’est bien ce que me précise le panneau indicateur comme s’il avait, lui aussi, le droit de se foutre de ma gueule. Plein de griffures, le panneau. Serait-ce un nouveau support expressif à la culture populaire ? Y’a aussi trois «  fuck you «  écrits au magicolor, le dernier dans un espèce de demi encadrement sous forme de bite. Et pour couronner le tout un «  j’t’emmerde, connard ! « en lettres de feu. Encore un mec qui a tout compris mais j’trouve quand même qu’il aurait pu éviter de faire valoir ses états d’âme sur plexiglas. Surtout avec trois fautes d’orthographe !

Sur du mobilier public, vous vous rendez compte ?

Ceci dit, il a raison le philosophe. On est toujours le konar d’un autre, non ?

Tûût, c’est la rame qui redémarre. Y roule vite le métro. L’ennui, nouvel ennui, c’est qu’il ne va jamais en ligne droite. Paraît que la Stib sait ce qu’elle fait. Sinon, c’est le bus, la circulation de surface. Tous ces gens qui rentrent par l’arrière sans payer… Une heure, un peu moins si on a de la chance avec les feux rouges. Et les ronds-points. Encore et toujours des ronds-points pour encore et toujours ralentir le bazar, tout engluer. Des sites propres. Tellement propres qu’on supprime toutes les voiries qui empêchent de les créer. Et depuis, les automobilistes qui n’ont pas d’autre choix que d’aller travailler finissent parqués comme des moules-frites dans leurs files propres, dans l’attente impatiemment. Y’a pas plus rationnel pour dégoûter les gens de boulotter. Ils feraient mieux de se mettre au vélo. Pour qu’il n’y ait plus d’embouteillages, on devrait ne permettre qu’aux Ministres d’avoir une voiture. Avec chauffeur pour créer de l’emploi. Aux Ministres et à leurs ayant-droits… Comme en Chine avant la libération, pardon la libéralisation.

Beekant-Beekant annonce la présentatrice électronique dans les deux langues. Plus de la moitié de la foule descend en bon ordre que cela fait plaisir à voir. J’finis par comprendre que je dois suivre le mouvement et me diriger vers le quai juste en face, là où c’est marqué dans de grands ronds bleus M1 et M2. On dirait qu’on est à Cuba, les lézardes, la zwanze, les flics en civil et les vélos-taxis en moins. En regardant bien, j’ai vu que dans un coin il était discrètement inscrit direction Brouckère, Arts-Loi et puis Delta. A mon avis, les autres le savaient déjà. Je me suis donc contenté de suivre le mouvement. De faire comme tout le monde, ne rien demander à personne. Votre monde est si social que vous ne vous apercevez même plus que tout le monde l’ignore…

Dix minutes d’attente de plus. La rame s’obstine à rester portes fermées. C’est pour éviter les dégradations, vous comprenez ? «  Fuck you ! «  telle est votre devise.

Les portes s’ouvrent. Les masses populaires s’engouffrent. Tûût, c’est la chenille qui redémarre. Les pieds en équilibre au milieu du soufflet, y’a une jolie noire en équilibre avec un gosse dans un espèce de filet posé sur sa poitrine. Je lui souris, elle ne me le rend pas. Étangs Noirs, on dirait que l’invasion n’attendait que cela pour occuper le dernier carré d’espace vital. Un Roumain totalement identifiable monte en premier avec une boîte à rythme et un espèce d’harmonica à bouche. Crac Boum-hue !  il enclenche Dieu sait quelle rythmique du genre techno-tsigane et crachote dans son truc comme s’il était Luis Armstrong. Heureusement qu’il n’a pas de violon, il aurait fini par en éborgner quelques-uns ! Dans l’indifférence la plus totale. M’est avis qu’il devrait se recycler en apprenant à jouer la Brabançonne au Conservatoire, celui qui ne joue que du classique que plus personne n’écoute, sauf en smoking. Rentrent en force trois barbus en chasuble blanche aussi. Dont un avec un veston par-dessus. Pour faire chic ? Allez savoir… Avec la tronche qu’il se paye, il se pourrait bien qu’il transporte des grenades. Et plein de jeunes ensuite. Tous avec des falzars qui leur pendent aux fesses, un kioske à musique individualisé sur les oreilles et des casquettes de base-ball à l’envers. Des grosses têtes. J’croyais qu’à cette heure, ils devaient être à l’école.

Tûût, c’est encore la chenille qui… Ah béh non, elle démarre pas ! V’là que deux bonnes sœurs en soutane noire tentent à tout prix de rentrer en dernière seconde. Elles bloquent les portes, chacune avec une poussette. La plus grosse avec une double, on dirait un bus à deux étages. Vous verrez, bientôt elles réclameront une plateforme pour elles toutes seules. Et ces bonbonnes à l’air libre poussent comme des enragées pour se frayer une place, exigent qu’on se tire pour leur permettre de se frayer une place, traitent un pauvre type ratatiné sur son journal de raciste parce qu’il n’a pas bougé d’un pouce. J’fais un signe à la jolie noire et son gosse bien abrité dans son filet. Lui en bonnet rouge, elle toute de mauve vêtue. D’un geste des deux bras, je tente de lui faire comprendre que les deux bonnes sœurs devraient plutôt porter leur landau sur la poitrine. Cette fois, elle rigole …toujours ça de gagné !

Comte de Flandres, même topo. Alléluia, les deux poussettes à génération future descendent et les deux bonnes sœurs ont l’air vraiment vexées qu’on ne leur laisse pas l’entièreté du passage. D’autres poussettes toutes aussi encombrantes les remplacent tout aussi vite …avec d’autres bonnes sœurs en fichu autour. Toutes interchangeables. Toutes regard baissé. Toutes à s’être donné le mot d’être aussi indésirables les unes que les autres. Moins excitées cependant, comme si la foule avait déjà été matée. On dirait une invasion en coulée continue, la force de l’habitude, une usine à embouteillages sans les capsules qui vont par-dessus..

Sainte Catherine, pas d’incident. Y’a que des restos grand-luxe ici. Aucune raison de s’y arrêter. Seul le plouc ratatiné sur son journal descend. Il a l’air résigné sur son sort…

Brouckère. Tout le monde y descend pas. Mais avec ceux qui s’obstinent à vouloir monter en même temps, c’est tout comme. Les sardines en boite sans le Aldi qui va autour. Une autre négresse de passé cent kilos crie «  Au voleur ! «  Y’a un mec aux cheveux crollés qui fout le camp dans l’indifférence la plus totale. Sauf un type qui dit :

- Mais Madameke, quand tu prends le métro, tu dois garder ton sac serré contre toi !      

0.jpgSûrement un gars des brigades de prévention, il paraît que cela existe…

Reste l’ultime kilomètre sous le ventre de la ville. Troisième et dernier métro pour Lemonnier. Mais comme à Bronxelles on n’a rien pour rien, faut encore se farcir 200 mètres à pinces. Cette fois, il ne s’agit que d’un tram mais je lui pardonne, il est arrivé trois fois plus vite que les métros ultra-rapides. Retour à l’air libre. Me voilà sollicité par une pléthore de magasins qui vendent ce que, de mon temps, on ne trouvait que rue de Brabant. Plus un magasin de seconde main à l’enseigne Oxfam. Et des snacks hallal, encore et toujours hallal comme si on était en plein pays cathare. Pardon, au Qatar, le luxe et l’abondance en moins. Un tas d’autres barbus en toge mais plus vieux colonisent les bancs publics, tous les bancs publics. 0.jpgDes groupuscules de zigs dans la force de l’âge discutent au milieu de la place Anneessens. Tous à attendre qu’on veuille bien leur donner du travail, sans doute. Bizarres ces Muslims. C’est chez eux qu’on trouve à la fois le plus d’entrepreneurs et le plus de chômeurs. Allez comprendre…

J’y arrive enfin au Pêle-mêle. Juste à côté, devant une baraque à l’abandon, extérieurement à l’abandon, un zig crasseux fait la manche. J’réfléchis pas, j’lui donne de bon cœur les 50 centimes de monnaie qui me traînaient en poche. Y me mate de ses yeux chiasseux, me dit «  Tu pourrais au moins me donner un euro, j’ai pas de domicile ! 

J’y crois pas …ou alors c’est bien fait pour lui, y’a deux canettes de Cara-Pils 33cl étales à ses pieds. Un incroyant, cela ne souffre aucun doute. Comme je ne suis qu’un salaud de classe moyenne, je l’ai regardé d’un air méprisant. Le pauvre ! Il a dû croire que je travaillais dans une banque d’affaires, chez Dexia par exemple. Alors j’suis rentré me sécuriser dans mon monde de rêves à dormir debout et j’ai fouillassé le Pêle-mêle de fond en comble. Des heures durant, sans rien penser d’autre et j’en suis sorti avec une quarantaine de bouquins dans un sac que la nouvelle direction m’a fait payer 40 centimes, y’a pas de petit profit. Presque 100 euros les bouquins, une affaire. Une affaire ou la honte. Chez moi, à 10.000 km de ce Bruxelles que j’ai quitté il y a 20 ans, c’est ce qu’on gagne sur un mois. A raison de 6 jours de présence au boulot par semaine. Sans rouscailler, sans syndicats, sans rien sinon ne pas oublier de dire merci au patron d’en donner autant.

Me serais-je endurci à ce point pour être devenu indifférent à la misère humaine ? Non ! Pour m’être érigé en prophète en vous ayant donné une autre vision de ce qui se passe tout à côté de chez vous ? Non plus ! Pour vous affirmer que j’ai fait le bon choix de me tirer avant que votre quotidien n’ait pris le temps de devenir le mien ? Là, sûrement ! Tout ça pour être parti chercher des bouquins de seconde main qui causent de social, d’égalité illusoire, d’histoire de l’humanité, de politique-fiction, de cul puisque l’humain ne pense à rien d’autre. Les romans de la vie. Ceux qu’on feuillette page après page. Celle à côté de laquelle vous semblez à peu près tous être passés…


J’ai repris le métro jusqu’à la gare du Nord.

Dix sept heures. En sous-sol, du côté opposé à celui de la rue d’Aerschot qui connaît un autre type de transports, j’vois au moins huit bus en vitrine, tous en attente de partir pour Aalst ou Liedekerke.

L’air est irrespirable, huit moteurs vrombissent en chœur, polluent d’autant plus Bronxelles, ma ville à moi. Alors je dis à la madame chauffeur en exagérant mon accent francophone de manière encore plus pointue que Di Rupo :

- Das twintig jaren dat ik ben buitenland weg gegaan. Ik ben van hier niet meer en ik ben blij dat ik zal overmorgen bij me thuis terugkomen. Uw bus, hij stopt in Zellik ?

- Ja, Mijnheer. Natuurlijk !

Fin d’équipée touristique. Retour chez mon fils qui m’héberge. Une heure pour huit kilomètres. A cause des embouteillages sans les capsules qui vont autour.

C’était du temps où Bruxelles bronxellait…

M’en fous, j’suis de retour chez moi !



 

Alain Sapanhine

 

 

 

PS: La première photo fait partie d'un ensemble de photos de nuit à Bruxelles Elle provient de l'exposition "Bruxelles, Derniers Rêves" de Thomas Gunzig 

Les Beatles et Michel me paraissait le plus adapté pour terminer ce texte.  

Réponse, demain...

L'enfoiré,

25/11/2013

Les Réflexions du Miroir n'ont pas de nègres

Cette fois, pour le dernier billet de ce dimanche, un nègre aurait pu être utile. Ce qui suit va expliquer la tournure qu'il a prit volontairement ou involontairement.

0.jpgCe matin, j'écoutais Bert Kruysman qui avait un sacré "Café serré" du lundi. 

podcast

Il parlait de ceux qui font écrire leurs éditoriaux et billets par l'intermédiaire d'un nègre. Les Réflexions du Miroir que vous lisez ne sont jamais écrits par un nègre. Quand l'enfoiré est à l'écriture, c'est du "stand alone". Oui, parfois, il y a des prémisses qui viennent d'ailleurs qui font le flash pour qu'une idée devienne un billet hebdomadaire.

Oui, au départ, il y a bien eu cette émission d'ARTE qui parlait des indignés et que le philosophe Jean-François Mateï dénigrait dans l'efficacité de leurs actions de protestations.

Ce qui a suivi n'a été que la poursuite de cette même dénonciation de l'inutilité d'actions ponctuelles face aux problèmes du monde.

Ce qu'a fait ou écrit mon copain, Etienne, au lieu de renverser la vapeur, ce qu'il tentait d'ailleurs de faire, ne m'a poussé, au contraire, à enfoncer le bouchon plutôt que de le faire éclater.

Ceux qui connaissent mes écrits qui parfois peuvent être complètement inversés dans leur approche, auraient pu comprendre que quelque chose n'allait pas complètement comme d'habitude avec l'enfoiré. Qu'il n'était pas dans son état normal, en quelques sortes. Etienne, d'ailleurs, a dû être surpris de mes réactions qui comme il le disait étaient très négatives.

Chez moi, un billet se vit, se construit au fur et à mesure, se modifie, se transforme pour ne prendre sa forme finie et définitive qu'à la dernière minute avant de lancer le bouton "Envoyez".

Alors remontons dans le temps. Décelons les raisons de l'évolution et les risques du blogueur jusqu'au-boutiste qui tant qu'il n'a pas tout, ne donne pas le feu vert. 

L'article "A vos cathodes et à vos téléchargements qui devait sortir le 17 novembre, n'avait pas encore d'image qui accompagne le début de l'article.

Quelle meilleur image que celle de l'annonce de l'événement des 60 ans de la télé?

Aucun. Il me la fallait. Je devais aller la chercher et au besoin avec l'environnement de l'endroit où la fête s'était produite le vendredi soir.

Le samedi matin, ce fut le départ en jogging pour y aller. Un brouillard à couper au couteau et un froid de canard, n'allaient pas m'empêcher dans cette tâche et je suis parti. Tout alla bien... enfin en apparence, du moins. 

Le lendemain, l'article partait à l'heure dite. Au suivant...

Et bien, non... Le dimanche matin, quelque chose n'allait pas. Aucune envie de me relancer dans un nouveau jogging. Une sortie-promenade sans courir m'était suffisante et même surfaite. Le repas réduit de moité et une rentrée dans mes pénates dans un état général en déconfiture. 

La nuit qui suivit, fut la dernière pendant laquelle le marchand de sable eut une efficacité.

Insomnies dues à une toux tenace sans expectorer donnant la chance de voir des jours meilleurs ensuite. Des batailles de coussins et, au plafond, les minutes qui s’égrainent une à une à la lourdeur de sa morosité.

Une grippe? Je n'en sais rien. Je ne sais même pas ce qu'elle peut être. Je crois n'avoir jamais eu de grippe en rapport avec ce que ceux qui y sont passés, m'ont raconté.  

Proposition de me mettre en quarantaine dans le divan, refusée par ma moitié qui n'en dormait pas plus. Difficile de le faire d'ailleurs. Mes aboiements n'avaient que la surprise comme répondant à leur fréquence et leur hauteur sonore. La fatigue s'installait, chronique. Alors, avez-vous déjà vu un zombie bougon écrire? Oui, il a le temps de penser, mais de là à l'exprimer dans les formes adéquates, c'est pas sûr.

Pendant ce temps-là, l'article suivant sur les indignés prenait forme. Une forme qui correspondait à l'état d'âme de l'auteur et au grand dam de celui qui était sensé apporter sa contribution aux idées.

Un état d'âme ou plutôt, un caractère de cochon qui s'y cachait et dont les effets avaient été provoqués par la défense de sorties pendant toute la semaine, vu le froid hivernal qui s'était installé. Le loup, dans la cage, hurlait à la mort... 

Mon billet allait s'en ressentir. Je le présentais et je n'ai pas résisté pour qu'il en soit autrement.

Quelques jours avant sa sortie, un mail envoyé à Etienne, pour lui montrer ce que je comptais en faire et puis, salut, Etienne et les copains, suite à l'écran.

Le samedi et dimanche, ni jogging, ni sortie. Un petit coup de télé pour passer le temps. 

Le dimanche, au sujet du billet, tout fut bouclé, une demi-heure, à peine, avant la publication. Toutes les idées rassemblées et injectées par un presse-citron, cela faisait un billet qui comme celui de Hessel, pouvait prendre un certain poids de cacahuètes. Un rappel de ce que sont les pouvoirs et les contre-pouvoirs qui prennent des allures de poupées russes. Le résumé des idées d'Etienne et moi, qui lui sortait des contre-idées à la pelle. Le futur, selon Al Gorre, pour couronner le tout. 

Il ne vient pas dans mes intentions de changer les idées que j'ai émises.

Mais je dois avouer que j'ai été très mauvais formaliste et très mauvais avocat à décharges lors de cette semaine infernale.

Je n'ai pas tenté d'apporter des idées qui allaient radoucir celles qui étaient très hards et très négatives. Du sans-filets...

La réponse d'Etienne ne s'est pas fait attendre. Il se désolidarisait de l'article en ces mots:

-J'ai lu ton produit fini et cette lecture me rend quelque peu perplexe. Il me reste que tu sembles utiliser mes propos pour te permettre ou de les contrecarrer (et je suis très prudent et très amicale quant au mot que je choisis ici) et tenter de mettre en évidence que tu as tellement de références à partager (n'oublions pas que celui qui choisi ces références le fait en excluant celles qui ne correspondent pas à sa façon de voir les choses) qui tentent de démontrer que mes vues ou avis sont sympa mais tellement loin d'une réalité possible. Je l'avoue ceci est très caricatural mais mon intention est de mettre en évidence/en image une méthode qui me semble plus que sujet à caution Ta vue de la réalité je devrais dire. Je suis un profane par rapport à ce genre d'échange ou plutôt ta présentation d'un échange qui n'en était pas un à mon avis, mais je reste perplexe quant à cette méthodologie d'un soi-disant dialogue au but non déclaré de ce genre de questions/réponses qui ne sont pas le résultat d'un véritable dialogue. Toi tu développes à l'infini tes réponses, tes avis et humeurs par rapport à mes avis initiaux. Mes tes avis eux ne sont pas sujet à débat  et à d'autres références peut être aussi judicieuses. Et tout ceci avant publication bien entendu. Comprend ma grande surprise.Mais rassure toi, mon intention est de ne pas de répondre à tes avis tels que maintenant publiés. Je ne connais pas suffisamment tes "produits finis" pour me permettre d'affirmer ou non que tu appliques cette méthode systématiquement. Méthode désignant explicitement celui qui pose des jalons de réflexions sans lui permettre dans ce même texte de répondre ou commenter tes réponses ou autres affirmations et références. Tout ceci AVANT publication. Je ne me reconnais pas quant à cette façon d' appliquer ce genre de méthode. Ce n'est pas ma manière de faire les choses. Si je voulais caricaturer ce propos je me vois au milieu d'une piste de cirque (et ce n'est pas mon choix) entouré de gentils pourfendeurs d'idées et d'avis ou chacun a le droit de lancer ce qu'il a sous la main vers le milieu de la piste en ayant l'assurance que ce droit n'est pas accordé à celui se trouvant en pâture.".

Et, je l'avoue, Don Quichotte avait raison, peut-être.

Dans le doute, j'ai retirai le texte en le mettant en stand-by. 

Je lui réponds mais en donnant de fausses raisons à la raison de mon article et en lui demandant d'apporter les corrections qu'il désire.

Sa réponse suit assez vite:

- Evidemment que je ne demande pas que tu sois en accord avec mes avis. Et SVP ne retire pas du web ton produit fini qui finalement n'engage que toi par rapport à tes dires. Je ne suis et ne veux être un senseur. Je suis conscient que tu passes beaucoup de temps à t'informer avant de publier. Je dis chapeau l'artiste. Il n'y a pas photo. Mais tu sembles être un grand pessimiste ou peut-être réaliste comme certain se qualifierait. Je ne suis pas particulièrement optimiste mais je suis convaincu qu'il existe des portes de sortie humainement acceptables même si cela va être difficile et surtout que le combat est devenu très inégale. Un clan très solidaire pour défendre et augmenter ses privilèges contre un clan à qui on explique que la solidarité c'est du passé et que l'individualisme est la seule façon (pour certains) de s'en sortir. Je me dois de te dire que ton texte et d'autres vont dans le sens du défaitisme et du pessimisme. La conséquence majeure de ces  textes est qu'elle renforce la nécessité et l'utilité de la solidarité absolue du clan qui nous impose trop de ces absurdités. Et conforte le pessimisme du clan qui perd pieds devant tout cela. Cela ne correspond pas à mes lectures ni à ma pensée ni à mes messages. Peut-être est-il utile de préciser que le texte n'est pas le résultat d'un débat contradictoire. Bon rétablissement". 

0.jpgJe confirme, il y avait du défaitisme dans l'air de ma part.

A rester planté au premier degré sur certains articles lus de ci-delà dans la grande "forumade" virtuelle, comment en serait-il autrement?

Le "bon rétablissement" était bien nécessaire, physique et moral.

Ce billet prouve en effet que si le précédent n'est pas le résultat d'un débat contradictoire, il n'est pas plus le fruit et le reflet exact de ma manière de penser habituelle en "stand alone".

Le style que j'ai adopté dans les billets, s'il est parfois d'un humour sarcastique, n'atteint jamais le niveau du rejet nihiliste des projets qui apporteraient un futur meilleur.

Cet après-midi, je vais chez mon médecin. Il ne peut pas venir chez moi. Trop de patients.    

Si c'était le cas, ce serait complètement être en désaccord ne fut-ce qu'avec celui-ci qui me revient en mémoire. 

- Dans "Tabou, casse-toi", je terminais par "Pour gérer l'avenir par l'innovation, le philosophe et le psychologue ont un avantage, il savent, eux, qu'il faut dire. Alors, "Tabou, casse-toi" vraiment...

- Dans "Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", je conseillais de: "Jeter un coup d'oeil sur les autres habitants de la planète pour voir comment, eux, règlent leurs problèmes?

Pas plus simple à vivre mais, considéré comme plus naturel avec nos yeux anthropomorphes. Je ne sais pour vous, mais pour moi, cela m'a rassuré.

Je répète, il y a des moments dans l'existence pendant lesquels il vaudrait beaucoup mieux d'avoir un nègre qui prenne la relève.

Un porte-parole, j'en avais déjà recherché un, en urgence.

0.jpgMais, tous les candidats se cachent et ne veulent pas prendre les coups à ma place.

Ce soir, grande soirée de télé: "Les intouchables".

La psychologie des acteurs ou de ceux qu'ils représentent, je suis sûr qu'elle va me servir.

Vous savez quoi?

L'article du premier décembre qui suit, ne sera pas écrit par l'enfoiré.

Je céderai mon blog à quelqu'un d'autre, mais il ne sera pas nègre.

Il va parler de choses que je ne connais que trop bien, mais avec les yeux à lui...

Et ça, j'aime. 

 

L'enfoiré,

 

24/11/2013

Indigné, révolté? Tout et son contraire...

Un question-réponse présenté sur ARTE avec Jean-François Mattéi dans la catégorie 'philosophie'. A la base, son livre "L'homme indigné". Puis, mon copain Etienne qui me poussait à penser à un contre-pouvoir comme solution de vie. Répondre à ses propos et aux points les plus fondamentaux. On sait où cela commence mais jamais où cela se termine. Mais, allons-y...

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Le symbole: le masque de Guy Fawkes. Le film: "V pour Vendetta".

Au Royaume-Uni, le soir du 5 novembre, la "Guy Fawkes Night" (également "Bonfire Night" ou "Fireworks Night") est fêtée par des feux de joie et des tirs de feux d'artifice en mémoire de cette journée de 1605.

Il a fallu le petit livre "Indignez-vous" de Stéphane Hessel pour que ce mouvement dit citoyen reprenne de la vigueur. Un coup de génie financier et médiatique, ce petit livre. Hessel n'a pas eu le temps d'en profiter très longtemps puisqu'il a raccroché depuis. Ses successeurs par contre auront tout loisirs de fleurir sa tombe tous les jours de fleurs fraîches pour le remercier.

Vous l'avez compris, ce billet ira un peu à contre-sens, je préviens et sa longueur risque de friser la longueur de son opposant.

Quand j'avais photographié les indignés venus à Bruxelles, c'était le 16 octobre 2011. C'était le lendemain d'une parade dans les rues de Bruxelles. 

Les slogans allaient dans tous les sens: "Indignés par la dictature économique mondiale". "Stop à la mascarade". "Un autre monde est possible". "Ta parole, c'est ta liberté". "Yes, we camp" (là, c'était du concret, du vérifiable sur le terrain). 

Certains se présentaient sur leur propre site web pour étendre leur indignation, comme une solution aux problèmes du monde. 

Ce fut, surtout, une occasion de se réunir entre jeunes et de faire la fête. Depuis, on attend la suite de cette indignation fourre-tout qui espérait fédérer les mécontentements les plus variés. Même à New York, le mouvement "Occupy Wall Street" ne fait plus les unes. 

Cette mosaïque de ressentiments démontre que l'indignation est un sentiment qui a force d'être utilisé devient faux dans sa logique, avec une mise en scène qui, trop critique, dénie la réalité, l'ignore et la trompe.

Si tout devient marchandise dans un capitalisme intégré dans le système, il est normal que les laisser-pour-compte veulent le détruire dans un échange d'idées trop généralisés.

L'ouvrage "De l’indignation" de Jean-François Matteï montre comment l’'indignation, cette passion dont Descartes disait qu’elle est « une espèce de haine ou d’aversion qu’on a naturellement contre ceux qui font mal,  est souvent accompagnée d’admiration », se trouve à la racine du jugement moral que nous portons sur les personnes et les événements. Les recherches croisées portent ainsi sur la réconciliation possible de l’espace public, dans sa dimension éthique, politique et artistique, et du champ proprement ontologique. Elles doivent permettre à la pensée de l’être, inscrite dans la tradition constante de la métaphysique, d’Aristote à Heidegger, de retrouver la pensée du Bien portée, pour sa part, par la tradition éthique, de Platon à Lévinas".

La promenade-discussion qu'il avait entreprit avec un journaliste, commençait par une constatation banale: le masque qui servait pour s'indigner, était, lui aussi, à payer au prix fort. 

Il faut, désormais, investir pour se défendre, pour s'indigner et parfois, pour se révolter. En d'autres mots, il faut avoir les moyens de sa politique. 

Le "marchandising" des moyens de communications modernes, aucun jeune n'aimerait qu'il disparaisse totalement même s'il fait partie du système dont il s'indigne. 

Pour bien faire, il faudrait comprendre les mécanismes du capitalisme pour le contester, mais cela n'est pas à portée du premier porte-drapeau venu. 

L'indignation en devient une modalité de l'étonnement, une simple rupture avec le cours normal des choses et un refus de ce qu'on a l'habitude d'accepter et de vivre.

L'indignation est personnelle, singulière, sans colère et s'arrête à la révolte.

La réalité, une fois interprétée sous cet angle, devient un déni de sa reconnaissance. 

Elle ne s'accompagne pas de souffrance ressentie, mais se donne bonne conscience en refusant la révolte qu'elle sublime par la voie de la révolution.

L'indigné devient le spectateur de sa propre révolte dans lequel dort le consentement de son sacrifice. Il fait de la métaphysique spontanée, comme Monsieur Jourdain de la prose.

Se rebeller est autre chose. La révolte est là pour exister comme une garantie d'humanité. Elle est globale et fondée sur la démesure. Elle veut faire table-rase et être universelle. Détruire ce qui existait avant, quitte à devenir nihiliste, iconoclaste et finir comme réformateur pour remplacer par une nouvelle idéologie.

On ne sait pas vraiment ce que celle-ci pourrait être ou pourrait donner par ses résultats dans ses fonctionnalités ni si les bénéfices seraient destinés au plus grand nombre dont ils voudraient qu'ils en fassent partie. 

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Capitalisme contre communisme. Libertarianisme contre protectionnisme socialisant. Les bons et les méchants. "Le bon, la brute et le truand" du film bien connu.

Alors, on se retourne sur l'histoire comme références. 

Malheureusement, comme il y a l'histoire que l'on dit, celle que n'on ne dit pas ou plus, celle que l'on dira et qui, vue par d'autres, ne serait plus de l'histoire, il y a du souci à se faire.

Dans le processus de recherche, on en oublierait de comptabiliser les mauvais points pour ne retenir que les bons. Si l'histoire peut être une base, elle ne tient pas compte de la conjoncture du moment qui peut être totalement différent que la période de référence.

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En France, on aime les symboles de l'histoire. Ils deviennent un havre de paix et une preuve que l'on vivait mieux avant. Le Gaullisme est très souvent porté comme la référence à suivre, tandis que la période actuelle est chaotique. Mai 68, et le flop s'en est suivi. 

Dimanche dernier, "Les frondes et leurs symboles" sur le plateau de Kiosque. Le symbole des bérets rouges. Quand on écoute les journalistes des autres pays présents sur le plateau, c'est à se demander si l'indignation révoltée française n'avait pas passé la ligne rouge plutôt que le fil du béret.

Candide, étranger, pour comprendre cette fronde, j'ai lu l'article "Tout et son contraire". Il s'agissait donc d'une suspension de l'impôt royal du papier timbré en 1675 à rééditer, en 2013, pour la suspension d'une écotaxe. Une guerre de bonnet, quoi...

Aux Etats-Unis, le symbole du thé avait lancé le Tea Party dans le même soucis. Le mouvement initial est sorti de l'ombre après une révolte politique à Boston en 1773.

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Une phrase de l'article restait la question explicite de la pensée de l'auteur "Reste le citoyen… mais en a-t-il encore envie ou les capacités ?".

Parfois, un événement, quand on le rembobine, on oublie le principal... 

Puis, "la" nouvelle: la France du foot ira au Brésil. Tout n'est donc pas perdu. L'histoire, le patrimoine, la culture l'accompagneront, c'est sûr.

Laurence Bobot avait vendredi son Café serré qui rappelait, avec humour, ce que peut faire quelques buts dans un goal. Ce sera peut-être le seul moment d'humour du billet...

Du pain et des jeux, la recette miracle à toutes les indignations.

Tout cela prouve aussi l'esprit d'un peuple est plus déterminé par la psychologie et l'ontologie. Un manque de confiance et tout part en vrille. Un événement motivant et c'est la remontée aux cieux dans l'harmonie.

Il faut "réinventer l'avenir". Tout le monde le dit puisque nous semblons aller dans le mur si rien ne change. 

Première question: Pourquoi le pouvoir, en place, a tenu ou résisté à l'indignation et à la révolte? 

C'est qu'il n'était pas réellement mauvais, mais qu'il fallait mieux contrôler son système, le réguler. Mais, le problème, tout travaillait presque en automatique à la recherche de la rentabilité. 

A la base, il y avait les trois pouvoirs, le législatif, l'exécutif et le judiciaire.

Le 4ème, celui de la presse, était là pour contrôler la bonne exécution des premiers. Comme des liens incestueux entre eux, des collusions se sont créés, il fallait encore trouver autre chose. Collusion rien qu'à penser au président Hollande et à sa "girl-friend", journaliste.

Internet est arrivé et les citoyens se sont rués sur cet os à ronger.

Les blogs, les forums citoyens, tout était bon pour sortir de l'ombre.

Les citoyens qui s'impliquaient comme rédacteurs dans ce rôle de contrôle, se sont auto-proclamés comme faisant partie du "5ème pouvoir". 

En 2007, cela avait généré une "Grand messe" des rédacteurs Agoravoxiens. Période dont je me rappelle le patron Carlo Revelli qui avait lancé la boutade dans un commentaire "et si on faisait cela à Bruxelles". Je lui avais même proposé mes premiers services de repérage. Quant est-il aujourd'hui comme résidu? Des constats perpétuels de non-transparence, de modérations automatiques qui ne sont plus que notaires de propagandes politiques non-avouées.

Usure du temps et naissance de nouveaux acteurs peut-être.

0.jpgWikiLeaks s'est mis sur les rangs en utilisant les fuites dont on verra les "remontées d'acide" au travers du film à venir "Le cinquième pouvoir".

Aujourd'hui, comme hier, l'argent est un pouvoir en lui-même qui traverse toutes les couches des civilisations comme un électron libre.  

Revenons à ce que me disait mon copain, Etienne, au sujet du contre-pouvoir qui semble rester sa pomme de salut. Nous en avons discuté longuement et je rassemble les phrases ci-dessous.

"Comment fonctionne ce petit monde? 
Les années qui ont suivi m'ont conforté quant à ma compréhension du système et de ceux qui l'alimentent. Du pourquoi et qui, par tous les moyens, veulent profiter ou se positionner en rapport à ce système.
En fait tout est politique. Chaque mot, chaque opinion. Et ce dans la mesure ou l'audience va au delà d'une communication entre deux interlocuteurs! 
Les combats de type personnel sont pour la plupart voué à l'échec dans la mesure ou ils sont rendus publiques. 
Seuls les combats de sociétés sont destinés à être publiés parce qu'ils ont pour objectif principal d'éveiller les consciences et surtout l'esprit critique. 
Quel que soit le système économique ou politique en place si le contre-pouvoir n'est pas très puissant alors la dérive est inévitable. Elle est en route depuis 20 ans.
De toute façon, l'état garanti tout et n'importe quoi sur la poche des citoyens jusqu'à l'effondrement total. 
Donc en attendant, il faudra des outils efficaces pour tenter de "gérer" cet effondrement de nos sociétés. 
Les avis de Pierre ou de Paul sur l'état de leur conscience ou de celle de leur amis ou autres ne devraient intéressés que les personnes directement concernées. 
La plupart des forums sont une véritable plaie de notre société. Ces dernières décennies ont nous a affirmé que tout devenait très compliqués et qu'il était indispensable de faire appel aux "experts" qui sont par nature…..très impartiaux et donc s'en remettre à leurs conclusions et avis. Le peuple et le politique sont devenus incapables de comprendre toutes ces matières tellement complexes.  
Mon avis est à l'opposé de cela. Tout cela est très simple si l'approche est "top-down". 
Les experts en tout et en rien ne sont que la voix des intérêts qu'ils défendent.  
Qui défend les intérêts du plus grand nombre? Plus personne. Même les syndicats y perdent leurs âmes. Le réveil sera plutôt très secoué à mon avis.
J'insiste toujours sur l'inévitable décadence de la société basée sur des idéologies qui ne font pas ou peu de place à un contre-pouvoir parce qu'elles sont LA vérité (qu'il soit communiste, néo-capitaliste, communautariste, nationaliste... ).
S'agit-il de politique politicienne ou tout simplement de réalité philosophique? 
Les textes que tu publies répondent au critère de la critique, mais, j'ai constaté depuis longtemps que tu évites autant que possible d'émettre une opinion politique (ce qui est ton droit le plus stricte) alors que mes commentaires sont largement politiques.  
Je ne me définis ni de droite ni de gauche car pour moi ces qualificatifs sont tellement caricaturaux qu'ils ne représentent plus aucun intérêt. 
Mon opinion est (je l'espère) toujours basée sur le partage juste et éthique des richesses, toutes les richesses. Y compris culturelles. 
La fiscalité est l'outil par excellence qui permet ce travail. Malheureusement son utilisation est galvaudée par le monde politique. 
Dans la plupart de nos pays, les nouveaux (depuis les années 80/90) perdants sont les PME's et les travailleurs. 
Ils n'ont pas la possibilité de "optimaliser" les impôts et taxes à payer qui permettent ce "partage juste et éthique des richesses".  
En me relisant je me demande pourquoi mes propos seraient à qualifier de politiques car il devrait simplement s'agir de discours citoyens qui concernent la survie de tout un chacun."
 

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Beaucoup de sujets à débattre dans cette citation-tirade. Beaucoup de questions, aussi. Beaucoup de souvenirs qui s'éparpillent dans le temps ou dans les oubliettes de l'histoire.
 
Moi qui fraie depuis quelques années sur les forums citoyens, je confirme que tout n'y est ni clair vu que tout le monde veut donner son avis sur tout sans beaucoup de médiation ni vérifiable du premier coup d’œil.
Manque de transparence quand le patron dont j'ai cité le nom est devenu le fantôme de l'Opéra.
 
Mais, tout invite toujours à donner son avis.
La pub, de plus en plus envahissante, payera au nombre de clics, pas un euro de plus pour l'information pertinente, ni pour la solution géniale qu'elle pourrait contenir. 

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A la radio belge "Vivacité", tous les jours de la semaine, des problématiques ou polémiques sont mises en chantier dans "C'est vous qui le dites". On y attend vos commentaires et vos avis "judicieux" sur le ou les sujets de société, proposés. 
 
Parler de "Top-down", comme solution, Etienne, je me suis demandé qui allait se trouver au "top"? L'élite et le peuple dans le "down"?
 
Il s'avère qu'avec ce terme, pour toi, il s'agissait "de se référer aux idées et concepts fondamentaux de la vie en société et non pas à identifier un mage ou autre personnage qui deviendrait un autre dieu sectaire!
Et trouver à partir de quelques droits fondamentaux, il y a lieu de définir le comment.
Non pas en partant de zéro, mais en identifiant les déviants actuelles qui accentuent les pertes et manquements à ces droits, et en les corrigeant, comme pour:
- le droit à l'alimentation 
- le droit à l'éducation 
- le droit au logement 
- le droit à un revenu décent qui serait le fruit d'un travail ou d'une participation à la réalisation des besoins fondamentaux des sociétés. 
- le droit sanitaire (le lien entre l'écologie et la santé)
- le devoir de participer d'une manière équilibrée au financement du fonctionnement des états. Donc toutes les activités humaines (donc plus principalement le travail) seront fiscalement imposées équitablement et fin des paradis fiscaux. 
- le devoir de payer une dette JUSTE et ÉQUITABLE. Donc certainement pas la soi-disant dette que nous sommes tous censé rembourser. 
- En Europe il est prioritaire de créer un espace fiscale et sociale unique - donc fin de la concurrence fiscale et sociale. 
- Créer un espace solidaire. La minorité qui nous impose toutes ces réformes est elle très solidaire!    
 
Dont acte. Le problème, c'est que tout cela demande des moyens financiers et que l'argent, on le trouvera de moins en moins sous les sabots d'un cheval.
En fonction de quels critères seront-ils choisis pour qu'ils soient les plus efficaces dans leurs positions?
Dans la pratique, un nivellement par le bas est souvent celui qui a été choisi.
Alors, je me dis qu'il faut faire preuve d'opportunisme pour se donner plus de chance de réussite. Jouer au clown "Monsieur Loyal" ne lui donne aucune chance.
 
Tu as parlé des impôts. Les impôts sont solidaires mais jamais démocratiques. Ce n'est jusqu'ici pas au contribuable à se poser la question de ce qu'on fera de ses impôts. Il verse à un pot commun et espère que la distribution se passera le mieux possible. 
 
Tu semblant parler d'un contre-pouvoir qui serait là uniquement pour guérir celui en place.
Les contre-pouvoirs ont presque toujours existé dans le passé et prouvent que cela ne marche pas dans la longueur. 
Le contre-pouvoir ne s'éclipse pas après sa médication, il prend sa place.
 
Le roman historique "Un monde sans fin" de Ken Follet que j'ai lu à sa sortie sortait son dernier épisode dimanche dernier dans un feuilleton télévisé. La période correspondait à l’ascension sur le trône d'Angleterre par Edouard III. Il règnait pendant une période charnière, dans une Europe en crise économique et sociale qui basculera dans la guerre de Cent Ans et subira les ravages de la peste noire. 
J'en parle parce que, dimanche, dans le dernier épisode du feuilleton, il se voyait condamner de tuer son père qui lui fait ombrage. C'est dire que le titre du livre de Ken Follet avait été bien choisi.
 
0.jpgUn contre-pouvoir, d'accord, mais organisé par qui?
Une ONG ou par l'un de ces mages, de ces prophètes sur les rangs à l'abri de la grande Toile pour créer de nouveaux mouvements sous leur direction ou conseils? 
Ah, oui, tu les rejettes. Mais ils s'en foutent. Souvent des "has been" sortent des rangs et tentent d'utiliser leur expériences passées et bien rémunérées par leurs employeurs, à leur propre profit.
 
Pour ce faire, ils s'intègrent dans toutes les interviews médiatisés, participent à tous les meetings, colloques  et débats. Et en définitive, font la pub de leur fond de commerce affiché.
La sincérité se perd, vite, en conjectures sous cette forme.
Il ne suffit plus que d'éliminer ceux qui ne seraient pas de leur avis, pour que la volte-face se produise ou de fermer les robinets du débats.
 
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Même si je n'ai pas l'habitude de l'attaque ad hominem, j'ai parlé de l'un d'eux dans "Syndrome de l'araignée blogueuse". Les cas sont nombreux, mais je t'ai cité celui-là, puisque j'en ai pris part.
Ta réaction a été de dire "son discours peut-être utile".
 
Je ne le conteste pas et encore aujourd'hui, il l'est.
Je n'ai pas l'habitude de tirer sur les ambulances, cher Etienne.
Cela me sert à ajouter une expérience de plus, une nouvelle pièce à mettre au dossier des problèmes éventuels.
Le reproche est ailleurs.
 
Quand on vit et tire profit de ses sorties médiatisées, il reste des questions importantes à se poser et il s'agit de comprendre toutes les thèses en présence avant de jeter l'autre dans les orties. Cela peut importe s'il apporte ou non, une tune dans le bastringue.
 
0.jpgLa réponse du berger à la bergère ne s'est pas faite attendre dans une opposition plus ou moins violente et ce n'est pas moi qui l'ai initialisé. 
 
Ce qu'il faut se rappeler, c'est que ces mages de la "bonne parole" ont tous des lieutenants et des disciples qui gardent précieusement la foi de leur leader en deviennent plus catholique que le Pape. 
Si cela n'est pas vraiment une nouvelle religion, cela y ressemble furieusement dans ses fondements.
 
Quant à sauver la démocratie par la loterie ou la "méthode Chouard" qui a aussi ses détracteurs parfois extrémistes, pensons aussi, ou avant tout, au système parlementaire suisse qui me semble être le mieux adapté pour répondre aux projets de société via les référendums à la demande. Un "top-down", suivi de "down-top", en quelques sortes. Un concept qui peut détenir aussi quelques points négatifs que j'ignore puisque je ne pratique pas.
Ce qui le fait saliver c'est à l'idée de ce pays neutre au milieu de tous les pays de la CE, qui en profite, sans en être jamais pris pour responsable de le faire, car il n'y a pas que l'UBS à pointer.
Si je n'avais pas été belge, comme opportuniste, être suisse ne m'aurait pas déplu.
Si vous ne le savez pas, les étrangers qui ne passeront que deux fois par le "Saint Gogo", pour leurs vacances en Italie, vont voir, dès l'année prochaine, le prix de leur vignette doubler. N'est-ce pas merveilleux?
 
Quand à la Belgique, pour rappel, pas de vignette. Tout est gratuit pour tout le monde, même si on ne fait que passer.
 
Jeudi matin, l'économiste, Pierre Pestieau, était interrogé sur l'Etat Providence à la belge comme modèle social (interview). Dans le viseur, le 20ème Congrès des économistes francophones. D'après Pestieau, le modèle social belge devrait ni disparaître, ni être érodé mais devrait muter. Je me demande s'il n'y a pas un "t" en trop dans ce dernier mot. 
 
Etienne, tu disais: "j'ai constaté depuis longtemps que tu évites autant que possible d'émettre une opinion politique (ce qui est ton droit le plus stricte) alors que mes commentaires sont largement politiques.".
 
Je pense que lancer des commentaires politiques, c'est aussi espérer un retour sur investissement comme tout bon professeur. Et chercher à influencer par son enseignement.
 
Si c'est le cas, dans ce vieil article, j'écrivais que cela ne vient pas dans mes intentions, ni attributions: "Je décline l'opportunité, la responsabilité d'influencer, si, tant est, qu'elles aient existées un jour. Vouloir changer le monde alors que souvent, ces promoteurs-prometteurs ne sont pas prêts d'en changer eux-même, c'est risquer de propager des folies et en subir les effets par les autres. Il vaut mieux entrer en émulation qu'en compétition. La compétition en deviendrait stérile.".
 
Une anecdote au sujet d'une manifestation et de la relation avec la gente policière guerrière est à la base d'un billet que j'avais intitulé "Pourquoi je ne crois plus au Reality-Show".
- Regardez la télé ce soir, pour voir qui aura gagné, avait -il été répondu à ma question de savoir quelle était la raison de la manifestation en me montrant ostensiblement sa matraque.
 
Je persiste à penser qu'on intéresse l'autre que si on est intéressé soi-même à le faire et que si l'on entre en partie, en deuxième phase, dans le propre jeu de l'autre en lui laissant sa part du gâteau.
Je suis pessimiste, m'as-tu dit.
Oui, mais, je m'en soigne par le rire de tout et de rien.
Comme tu as lu ma biographie, je peux espérer que tu en as compris la finalité.
 

0.jpgLe nouveau livre de Al Gore, "Le Futur"fait fort à la recherche du futur.  

Son futur n'est pas une suite au rapport de Stiglitz et que j'avais appelé le Bonheur Intérieur Brut, le BIB

Sans le dire, ce serait plutôt une sorte de 6ème pouvoir. Un pouvoir accordé à la technologie pour qu'elle réponde aux problèmes par la voie numérique, plus pragmatique, mieux raisonné et moins émotionnelle.

Al Gore voit en la mondialisation la possibilité d'améliorer le quotidien des hommes à l'échelle globale, notamment par le recours au "robosourcing" pour gagner en autonomie.

La postface dit: 

Et si le monde fonctionnait comme un gigantesque ordinateur?

Et si l'on pouvait reprogrammer notre avenir?

Six logiciels, six moteurs de changement:

- Globalisation économique en constante évolution.

- Révolution de monde numérique.

- Nouvel équilibre des pouvoirs politiques et économiques.

- Fin d'un monde basé uniquement sur la croissance. 

- Avènement des techniques scientifiques innovantes.

- Relation inédite entre l'homme et son écosystème.

Des titres de chapitres, comme "Earth Inc"  avec un cerveau mondial en Big Data pour minimiser les coûts et compléter par des robots. Repenser les ressources. Vers un capitalisme durable après crise. Un pouvoir globalisé déclinant partiellement ou totalement. Une mutation des Etats Nations. La grande mutation par l'extension des villes. Réduire le choc entre faim et obésité sous le mot générique de "excroissance" et qui éviterait la surconsommation. Le marketing de masse dans un programme de type "féminin" dans une structure familiale différente. Une augmentation de la durée de vie dans le bien-être. L'absorption des réfugiés. Réduire la menace sur l'eau et les tempêtes de poussières. Réinventer la vie et la mort avec la génomique, les biotechnologies et les neurosciences. La santé par pièces de rechange. Un risque: l'effet génome en tenant compte que cela pourrait mener à l'eugénisme et une vie artificielle. Un transhumanisme et une singularité, sur le fil entre fièvre, réduction ou adaptation. Veiller à arrêter l'extinction des espèces. Revoir les conclusions d'un avenir inconnu, alors que le futur a déjà commencé.

Je ne sais s'il avait l'intention d'implanter un ordinateur mondial pour diriger le monde. Ce n'est peut-être pas un problème en-soi. Cela se passe d'ailleurs probablement déjà à plus petites échelles. Il faut plus voir un problème, au niveau conceptuel des programmes et de qui les ferait fonctionner. "Apple n'est qu'une pomme dont on a déjà mordu un gros morceau" écrit-il. Mais était-ce particulièrement éthiquement vôtre, pour autant?

La vision d'Al Gore en reste très influencée par son expérience de scientifique et par sa vision écologique. 

De sa vision, il en parle dans le langage de l'informatique. La numérisation de l'activité humaine est en marche et pourrait être aussi mener à la décomposition dichotomique du système. 

Bien américaine, la manière de penser d'Al Gorre, dirait-on...

Pas sûr que cette vision soit suivie par toutes les idéologies planétaires, intellectuelles et religieuses. Du moins dans les générations en cours.

Si cela marchait pour un esprit très cartésien, il y a fort à parier que cela ferait un flop magistral pour d'autres.

Ancien informaticien, le "top", pour moi, ce sont les données disponibles. Le "down", les résultats à atteindre à sa seule période d'installation. Au milieu, une foule de "si" et d'aiguillages n'y changeront rien si ce n'est dans la longueur du processus.
 
J'utilisais la logique de Gorre quand une crise, un problème, un bug ou un virus se présentait dans ma vie active. Service pompier, ce fut souvent le cas.
 
Ma check-list contenait entre autres:
- identifier le problème et déterminer s'il était vrai ou faux
- lui donner une priorité déterminée par l'urgent ou l'importance
- geler le processus incriminé
- rechercher un patch ou un dérivatif temporaire
- comprendre et remonter aux sources du problème et qui sait, y trouver des bénéficiaires au gel de la situation.
 
Allégorie professionnelle non transposable dans la vie politique? Pas sûr...
 
Indigné, je l'ai toujours été pour tout ce qui ne me semblait pas naturel à l'efficacité. Jamais beaucoup cherché à cacher mon indignation immédiate, d'ailleurs.
Pas eu besoin d'activisme suranné.
 
Quant au contre-pouvoir je pasticherai Sacha Guitry: "Le contre-pouvoir, d'accord, mais alors, tout contre". 
 
Une sorte de "Change the world without taking power" à la manière douce. 
Selon l'âge, on ne peut réagir avec la même virulence, sans parler de conservatisme pour autant. La seule raison est physiologique.
 
En lisant cela, pas à dire, cela rend opportuniste dans certains cas de figures.

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J'oubliais, tu n'as jamais spéculé (donc, tu peux être fan de l'araignée blogueuse :-)) 
Je l'ai presque toujours fait. Spéculer pour que le lendemain du jour, ne soit pas une répétition morbide de la veille.
 
Je n'ai jamais spéculé pour faire tomber une entreprise. C'est plutôt pour supporter sa bonne marche. La société qui m'employait faisait partie de ma mise de fonds. Rien de faramineux dans tous les cas, pourtant. 
C'est ce que j'ai appelé, il y a longtemps, "spéculer en paix".
Même pas à considérer comme un jeu. Je ne suis pas un fan de jeux.
 
Puisque tu aimes savoir (comme moi), je dirais que dans les années 80, le but initiale était seulement de rentabiliser le gros compatible Amstrad 8086, qui coûtait bombons et qui n'avait aucune connexion téléphonique vers l'extérieur. Internet était dans les limbes. Une occasion de comprendre les rouages de la Bourse, à la lecture de multiples livres et écrire un programme qui m'intimer l'introduction manuelle des cours journaliers de plusieurs actions.
En finale, cet épisode m'a permis de ne pas être surpris de ce qui pouvait survenir, le jour où, il n'y aurait plus de frein quand le PE atteignait des sommets. Mais, c'est le mot "subprime", je ne connaissais pas. 
 
Alors, après tout cela, que prenons-nous?
Thé ou café ?
Mais avec la liberté d'expression comme sucre, sel et poivre, bien entendu.

 
 

L'enfoiré,

 

0.jpgNoteJe me dois de donner une explication pour le retrait du texte de l'article ce dimanche 24 entre 14:00 et 16:30. Une manque d'habitude de partager un article avec une autre personne, peut en être la cause. Une première version qui était extraite d'un dialogue, avait été présentée à Eyµtienne alias Don Quichotte. Accord en commun. Je savais que le temps lui manquait comme c'est toujours le cas. Sa réaction à la version publiée, plus complète et plus argumentée en ce qui concerne, aurait pu mieux l'être de son côté. J'ajoute son nouveau paragraphe qui est important et qui n'est pas du tout en contradiction avec l'ensemble: "Je ne suis pas particulièrement optimiste mais je suis convaincu qu'il existe des portes de sortie humainement acceptables même si cela va être difficile et surtout que le combat est devenu très inégale. Un clan très solidaire pour défendre et augmenter ses privilèges contre un clan à qui on explique que la solidarité c'est du passé et que l'individualisme est la seule façon (pour certains) de s'en sortir. Je me dois de te dire que ton texte et d'autres vont dans le sens du défaitisme et du pessimisme. La conséquence majeure de ces textes est qu'elle renforce la nécessité et l'utilité de la solidarité absolue du clan qui nous impose trop de ces absurdités.Et conforte le pessimisme du clan qui perd pieds devant tout celaJe suis convaincu qu'il existe des portes de sortie humainement acceptables même si cela va être difficile et surtout que le combat est devenu très inégale. ".

Mon à propos confirme. N'ai-je pas écrit "Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne"? Donc Ok de chaque côté. A charge, si du temps est disponible d'y ajouter de nouveaux commentaires.

 

0.jpgCitations:

  • « Comment se tue en nous l'amour : trois degrés : souffrance, indignation, puis indifférence. La souffrance use l'amour, l'indignation le brise, et on arrive ainsi à l'indifférence finale. », Charles-Augustin Sainte-Beuve 
  • « L'indignation est le déplaisir que nous cause l'idée du succès de celui que nous en jugeons indigne. », Stendhal
  •  « Il n'y a que deux attitudes : se résigner ou se révolter. Toutes deux exigent la même liberté et la même lucidité. Malheureusement, nos révoltés sont encore et toujours beaucoup trop résignés, et nos résignés beaucoup trop révoltés. », Julien Torma 

 

Mise à jour 25 novembre 2013: Une explication plus complète de cette note est présente dans le billet qui suit celui-ci.

0.jpgMise à jour 5 décembre 2013Décès de Nelson Mandela: «Une grande lumière s’est éteinte». L’Afrique du Sud pleure son ancien président, décédé « paisiblement » jeudi à son domicile à l’âge de 95 ans. Le président Zuma a déclaré «  Nelson Mandela s’est éteint paisiblement, entouré de sa famille . L’ex-président Nelson Mandela nous a quittés il est maintenant en paix. La Nation a perdu son fils le plus illustre .  

0.jpgExprimons la profonde gratitude pour une vie vécue au service des gens de ce pays et de la cause de l’humanité. C’est un moment de profond chagrin. Nous t’aimerons toujours Madiba .  Comportons-nous avec la dignité et le respect que Madiba personnifiait », un nom utilisé familièrement par tous les Sud-Africains pour désigner leur idole,  héros de la lutte contre l’apartheid.

Il n'a jamais joué aux indignés et aux révoltés et pourtant il a réussi à faire comprendre une vérité universelle de comment vivre entre les hommes par la réconciliation tout en conservant l'humour dans la confrontation. Mandela, l'homme qui ne voulait pas être un saint.

Le film de Justin Chadwick "Mandela, un long chemin vers la liberté", qui sort prochainement, est, parait-il le plus proche de la vérité.

 

 

 


0.jpg1.jpgMise à jour 10 novembre
: Pour accompagner l'humour aux hommages de ce jour, un Thomas en forme pourrait faire l'affaire. Trop d'hommages tue l'hommage.

 

Mise à jour 16/12/2014: La Belgique avait été le laboratoire du compromis de la discussion entre gauche et droite. Ce n'est plus le cas. Les grèves tournantes ont commencé comme une répétition à la grève nationale parfois au forcing.

Thomas Gunzig répondait à cela ce matin: 
podcastMais comme le FMI est d'accord sur la marche à suivre...

 

17/11/2013

A vos cathodes et à vos téléchargements

Il y a sept ans, j'écrivais "A vos galènes ou à vos podcasts". Le Journal parlé, fêtait, alors, ses 80 ans. Un billet tout en douceur. Le 31 octobre 1953, c'était le tour de la télévision publique belge à fêter ses propres 60 ans d'existence. Son histoire a été divisée en trois volets dans "C'est du Belge". Vendredi, dernier et une grande réception les clôturait.  Revisitons cette histoire,  avec l'aide de "Vos années télé" de Sonuma. Le but avoué: s'intéresser aux dessous des cartes, de ces images en cartes postales, s'intéresser à ce qu'en disent les journalistes et résumer les résumés qui étaient gracieusement offerts.

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Ce 31 octobre 1953, à 19:30, l'aventure humaine de la télé commençait par ces mots:

"Bonsoir Mesdames et Messieurs, Voici la première émission. Nous avons le trac et nous abordons notre nouveau métier avec autant de modestie, croyez-le bien, que d'enthousiasme". Des mots prononcés par la première speakerine, Jeanine Lambotte, à partir du Studio 5 de l'Institut National de Radiodiffusion à la place Flagey.  

La télé était dite "expérimentale". Elle comptait deux heures par jour, six jours par semaine avec deux soirées hebdomadaires, typiquement belges. Le reste venait de France. L'antenne au dessus de Palais de Justice, a ainsi permis à quelques 6000 privilégiés, dans un rayon de 40 km autour du Palais de Justice, d'assister aux programmes de l'INR. Ce qui a généré le sentiment que la télé était trop bruxelloise. 

Le programme de variété "Boom" avec Eddie Constantine et Juliette Greco enchaînait un Journal télévisé en provenance de la RTF, localisée à Lille.

Répétition de la première du 29 juin 1949 en France avec Jacqueline Joubert comme speakerine et Pierre Sabbagh comme présentateur. Les émissions françaises parvenaient grâce à la Tour Eiffel à atteindre 10% de l'Hexagone.

Quatre petites années de décalage ou de retard pour la Belgique.

Trop d'événements devenus trop spécifiquement "belge" comme le drame du Bois du Cazier à Marcinelle et il devenait nécessaire d'avoir des émissions propres. 

Ce fut fait en 1956 avec un JT, à la "mode belge", avec Robert Stéphane, premier présentateur, toujours bien vivant, qui a pris, ainsi, le nom de l'inusable précurseur

Un JT, lu, sans prompteur, sans oreillettes, avec des consonances qui ressemblaient comme deux gouttes d'eau à ce qui se disait à la radio. Du direct sur toute la ligne.

0.jpgDes speakerines, pour faire la transition entre les émissions. Des "rustines" entre les émissions pour meubler les blancs et les ruptures de connexions, avec, parfois, une participation et un humour décalé à partager par le public téléspectateur. 

Des "femmes tronc" comme on les appelait puisque c'était uniquement ce que l'on voyait d'elles: Sylvie, Arlette Vincent, Monique DelannoyeMonique Moinet, Micheline, Bérangère, Danielle, Sylvie Rigot, Claudine Brasseur et même un homme, Yves Boulanger.

Toutes ont été chargées d'émissions complètes par la suite, une fois que la publicité les aura fait disparaître de l'antenne en 1993. 

L'Expo 58, comme "grand" coup de pouce, lançait la télévision à l'échelle du pays avec des émetteurs supplémentaires.

Les parents ou grands-parents, s'ils avaient la chance de posséder une télé, se mettaient sur leur 31 pour inviter les enfants et amis, en toute convivialité, en rangs serrés, devant la petite lucarne.

La mire de l'Eurovision permettait de faire les derniers réglages de l'antenne avant la musique caractéristique. Entendre chanter et voir gagner sept chanteurs français dès le début de la compétition, cela donnait du baume au cœur. Baume qui a pris beaucoup de rides, par la suite.

En dehors des foyers, la télé avait surtout généré des forêts d'antennes inesthétiques. Une jungle de ferrailles qui s'est vue arrondie en paraboles, tout aussi inconvenantes, sur les terrasses ou fixées aux façades. Orientées vers les satellites, elles permettaient surtout aux étrangers de garder une antenne vers leur pays d'origine. Pour changer cela, la Belgique est devenue le pays le plus câblé. Un budget à additionner à la redevance. 

Ressortir les images des archives dans "Vos années télé" pendant ces trois fois deux heures d'antenne, ce la a été les petits plats dans les grands et un retour nostalgique en marche arrière rapide. 

En douce, le paysage audiovisuel changeait, accentuait la belgitude... 

60 ans de politiques, de sciences, de drames, des moments tragico-comiques ont été de la partie pour que la grande histoire commence.

 

Mon histoire commune avec la télé.

Une histoire résumée ainsi par le site de la Sonuma

A partir de 1953, des balbutiements aux Golden Sixties, la grande aventure commence. Premières émissions, premiers JT, premières speakerines, la télévision prend son envol. Les Sasson, Danblon, Mordant et autres Lambotte deviennent de véritables stars nationales. Ce petit appareil carré sur lequel on ne misait pas bien cher va littéralement changer nos vies.

A partir de 1973, couleurs, paillettes et chansons : la télé rythme désormais notre quotidien. La RTBF reçoit les plus grands chez elle, mais explore aussi les quatre coins du globe. Les grands rendez-vous télé rassemblent des centaines de milliers de téléspectateurs. On danse devant "Chanson à la carte", on rit avec "Zygomaticorama" et on écoute Luc Beyer religieusement nous délivrer les infos quotidiennes. Sport, culture, divertissement, information, la télé peut tout faire et tout montrer.

A partir de 1993, premiers doutes, premiers questionnements, angoisse de l’an 2000, la télé s’inquiète de l’arrivée de nouveaux médias. Ce qui la rend plus créative encore. La RTBF reste cependant fidèle à ce qu’elle fait le mieux : grands magazines, actualité qui dérange, divertissements nouveaux et humour décalé. La grande saga de la télé se poursuit et regarde vers l’avenir.

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En 1953, j'avais six ans et je ne me souviens pas avoir été devant les vitrines des magasins qui retransmettaient l'événement et encore moins d'avoir entendu chez mes parents l'envie d'acheter cet énormes meubles qui pesaient une tonne avec un petit écran au milieu de 50 centimètres en diagonale, à peine. Les images, les actualités en images, c'était via le cinéma une à deux fois par semaine que je me servais. Le prix de la place 0,50 euros. Aucune priorité donnée à cette télé, avant la fin des années 60. Une première télé noir et blanc avec un petit écran bien bombée, tout de même, entrait dans un coin sombre de la pièce. C'est dire que les débuts je n'ai pas connus.

Je ne reprendrai que les émissions qui ont fait partie de mon quotidien en séparant la télé des événements marquants.

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Au Journal Télévisé, des noms comme René Thierry, David LachtermanPierre DelrockJean-Jacques JespersLuc BeyerHenry-François Van Aal, Jacques Bredael  et bien d'autres que j'oublie, avant d'arriver au présentateur actuel, François De Brigode.

Parmi les reporters dans le monde, souvent correspondants de guerres, Frédéric FrançoisRaoul GoulardJosy Dubié  avec leur volonté d'informer et d'aider à comprendre le monde. 

Certains journalistes, ce sont servis de leur popularité comme tremplin en politique avec plus ou moins de bonheur. Mais n'anticipons pas et toutes les spécialités recevaient leurs propres présentateurs.

Le sport avec Théo MathyArsène VaillantRoger LaboureurLuc Varenne...

Pour les enfants, les jeux et l'humour, avec André Rémy et Jacques Careuil.

L'humour et le rire avec  Stéphane Steeman  et Marion.

Paul Danblon, "Monsieur Science". Harroun Tazieff sur ses volcans. Cousteau dans son monde du silence sous-marin. La conquête de l'espace.

Selim Sasson, "Monsieur Cinéma" (autant que Pierre Tchernia), avec "Carrousel aux images". 
Henri Mordant pour la politique qui parlait déjà de crises de l'époque. 
Georges Konen, "Monsieur généraliste". 

Luc Varenne, "Monsieur vélo" et le "cannibale", Eddy Merkx.

Des émissions me reviennent, en vrac, en mémoire.

Les jeux: "Visa pour le Monde" avec Georges DésirPaule Herreman. Les voyages, une vieille connaissance pour moi, mais pas aussi lointaines et pas autour du monde. Des dimanches pluvieux qui devenaient tout à coup ensoleillés.

Le "Francophonissime" et Maître Capelelovici, l'homme qui avait une réponse à tout et Paule Herman qui tentait le coup dans un match entre francophiles poussée par Georges Konen.

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"A vos marques". 

La nature et les bêtes sauvages qui entrent dans le salon, documentées par Edgar Kesteloot et Paul Galand: Le "Jardin extraordinaire", la doyenne des émissions cultes qui existe encore aujourd'hui, avec près de 50 ans d'âge. 

Le 20 mai 1973, la dernière émission télé noir et blanc et la couleur apparaît.

"Strip-tease", l'émission qui déshabille les idées reçues et "C'est à voir" qui les construit. 
Il suffit de "Plein cadre", de "Double 7", de "Génie en herbe" et se rendre compte, ébahi, qu'il peut y avoir de "Grands travaux inutiles" dans le pays.

Restons "Supercool" au "Cargo de nuit" avec les "Copains d'alors" même si on n'est pas en "Tête d'affiche", pourrait-in dire.. 

"L'Ecran témoin", précédée par un film, une autre émission dont j'ai été fidèle. Elle aura plus de trente ans à son actif avec des animateurs divers qui se tâtèrent aux problèmes de société. 

Non, vraiment, il ne faudra pas de "Jeu des dictionnaires" pour sortir le film "C'est arrivé près de chez nous" qui imprima une première fois, un style très personnel. 
 
Monsieur Méteo ne peux-tu pas trouver un nouveau dicton, vu de la haut?
La révolution c'est surtout, le numérique et Internet qui arrivent. L'interactivité qui manquait à la télé. Le PC perd son isolement avec les communications.
Le flux de l'information s'accélère. 
 
"Autant savoir", "Les Carnets du Bourlingueur", "Tour de chance" ,"Les pieds dans le plat", "Contre pied",  "Pour la Gloire", "Fort en tête", "Tout ça ne nous ramènera pas le Congo", "Seul contre tous", "C'est du Belge", "La semaine Infernale", "Melting-pot Café", ... "Bon weekend" avec Madame GertrudeMonsieur Zygo, Momo apportent le rire des zygomatiques et parfois tristesse. Même chose avec Manu Thoreau et son "Faux Contact"
"Question à la une" qui a déjà 8 ans d'âge. 
... une sélection personnelle, rien qu'une sélection...

Quant à "The voice", peut-être faudra-t-il en faire "The Mondial voice" pour que cela devienne original...
 
Au début du 21ème siècle, les écrans devenaient numériques et s'élargissaient. Les premiers en plasma coûtaient une fortune.

Pas une seule mention à l'émission "Matière grise", alors qu'elle a remporté des prix. 
 

Les conclusions et le futur 

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Que dire après ces épisodes sinon que cette histoire de la télé fait revivre notre propre histoire.

Dans nos pays démocratique, rien ne ressemble plus à un JT qu'un autre JT. Des sujets locaux et internationaux. Ce n'est qu'au niveau des émissions que l'on voit poindre une différence notoire. En Belgique, une certaine belgitude avec un humour particulier. 

Difficile d'imaginer les débuts de la télé pour un jeune d'aujourd'hui et pourtant, même le "vieux", que je suis, n'en a pas vu toutes les étapes.  

La radio, c'était bien, mais le 20ème siècle fut dans ses derniers tours de manivelle, résolument, celui de l'image.

La radio reprend du poil de la bête ces derniers temps mais sur des plages horaires différentes. 

L'écrit sombre dans la mélancolie par voie de presse. Désolé, j'aime encore lire.

Le cinéma muet à dû céder la place au parlant avec des cadavres dans le placard, comme le montrait le film "The Artist".

Alors, les questions sont: la télé peut-elle encore tenir la distance dans l'avenir comme par le passé? Quels ont été, ses propres cadavres dans le placard?

L'administrateur délégué en parlait et voyait deux tendances:

- Toutes les plateformes ayant un écran sont utilisés pour regarder des émissions de télé quand on veut et où on veut.

- Des écrans plats de plus en plus qualitatifs avec la Super HD en 3D ou non. Des émissions à voir en famille ou non. Des chaînes thématiques, personnalisées, à la demande, pour chacun de la famille, à voir séparément ou à plusieurs. Internet apporte une différenciation de contenus. Une opportunité mais aussi une contrainte d'être réactif. L'interactivité force à s'adapter en fonctions des réactions des téléspectateurs qui réagissent via Tweet ou Facebook. Le spectateur est devenu l'acteur de ses émissions. Un des plus beaux défis". 

L'inventaire est-il complet avec quatre chaînes publiques francophones avec "ARTE Belgique" et vingt chaînes privées commerciales

Faire de la prospective, c'est remarquer que la télé est à un tournant de son histoire. C'est peut-être cela, le remake de la première émission "Boom", dont il ne reste aucune image. Le "boom numérique", tout azimut, il faudra en filtrer la masse et séparer le bon grain de ivraie dans l'océan des infos. 

Les bonnes émissions sont, désormais, archivées sur Internet et disponibles pendant une semaine par les stations de télé, avant d'être sauvées par des particuliers quand elles sont considérées comme intéressantes.

Le Paris-Match en parlait cette semaine en ajoutant le résultat d'un sondage qui classifiait les présentateurs vedettes.

« Le poids des mots, le choc des photos », la devise de Paris-Match passe, aujourd'hui, à moins de mots quand une image ou une caricature traduit l'idée générale en un coup d’œil.

"Restons curieux", la maxime de la Première.

"Soyons responsable de l'information diffusée et reçue" n'a pas encore atteint tous les niveaux de la société pour lancer cette autre maxime. 

0.jpgA la télé belge, pas de dinosaures à bord comme on peut les trouver sur la télé publique française. Pas de Michel Drucker, pas de Philippe Bouvard. Quand je vois la liste des présentateurs français, on peut parler d'inflation de présences.

Est-ce dire que l'on ne fait pas de vieux os à la RTBF? Que le jeunisme est de la partie?

Pas vraiment. Les vedettes persistent et signent avec nostalgie mais sortent du petit écran pour monter dans la hiérarchie avant de quitter le bateau par l'âge, mais tout en partageant des connexions avec le passé nostalgique et les anciens collègues.

Les contenus sont-ils pertinents?

On l'espère et si ce ne l'est pas le cas, il reste la zapette pour changer de programme vu les 100 chaînes disponibles sur le câble. La mondialisation est aussi passée par là. 

Parler de la forme des informations reste important, mais s'assurer du fond l'est bien plus.

Les émissions finiront toujours par être jugées sur les forums citoyens, ou ailleurs.

L'audimat est secondé par les tweets, les fameux "J'aime" de Facebook et les outils de de calcul des fréquentations comme "Google Analytics". Il est évident que des événements sportifs font partie des hausses significatives.

L'humour a-t-il ajouté une touche particulière pour en devenir plus relax?

Bien sûr. La raideur a disparu. Soyons cool, décontracté et restons le...

Remuons les consciences endormies par un peu de provoc.

Etre trop cool, trop gnangnan ou trop complaisant, c'est s'endormir quelque part.

Les droits de partager l'information se sont étendus dans les deux sens, entre télé et téléspectateur. La provoc ne fait pas exception. 

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Plus de "prime-time", est-il dit, puisqu'il n'y a plus de "time" pour regarder les images.

Aujourd'hui, tout doit aller plus vite via les différents médias disponibles, mais au moment le plus opportun. 

Dans le monde virtuel d'Internet, filtrer l'information est considéré comme une censure.

En 2005, j'écrivais "Concurrence bloguée" en réponse à François de Brigode qui prenait un ton vengeur vis-à-vis des blogueurs. A l'époque, je prenais un ton doux pour y répondre en disant que les blogs étaient complémentaires à l'info officielle. Cela semble déjà très lointain. Je me suis partiellement trompé.

Certains se sont mis à croire qu'ils pouvaient faire du journalisme, voire diffuser de la propagande, via leur nouveau jouet.

Ils en a même qui en tirent un intérêt financier non négligeable dans la bagarre médiatique. Pas de nom, mais j'en ai déjà parlé dans un article précédent.

Entre concurrence, propagande, finance ou simples sorties de répliques, la frontière est mince.

0.jpgA lire, les sites citoyens de France, il existe un "certain rejet" de tout ce qui tourne autour de la télé publique.

Cirer les pompes des puissants, une des raisons. Traiter avec emphase des sujets de moindre importance et lésiner sur les sujets de sociétés des citoyens, sont les reproches habituellement avancés dans cette période de crises multiples. La télé commercial ne fait pas mieux.

La politique, un sujet qui fait bien plus fureur en France qu'en Belgique.

Un billet sur le sujet en donnait les différences marquantes entre la presse médiatisée française et belge. 

Se demander si l'information doit être diffusée comme un scoop pour être la première ou attendre la confirmation et l'analyse, reste un dilemme très médiatique. Dépendre des agences de presse et des correspondants locaux, c'est retrouvé de l'émotion comme on l'a fortement ressentie dans le cas du journaliste qui parlait de Fukushima après l'explosion de la centrale nucléaire. Là, on dépassait peut-être les limites du journalisme d'investigation qui doit informer de manière impartiale. 

Faire partie du 4ème pouvoir n'est pas une mince affaire.

L'avocat Marc Uytendael s'insurgeait de l'impunité des journalistes dans le cas du battage médiatique qui entourait l'affaire récente de Wesphael-Piroton. C'est dire que tout n'est pas rose entre les différents pouvoirs. 

La télé doit s'associer avec le presse écrite puisque celle-ci ne va pas bien. Elle s'est vu poussée à faire sa propre promotion, via Internet, mais trop "gracieusement".

0.jpgDu côté "technologies", c'est aussi s'apercevoir de l'arrivée de la 4G. Les grands écrans télés restent au salon, mais pas uniquement dans cette pièce. La 3D reste boudée, actuellement, à cause de la mauvaise interprétation de ce qui doit rester en 2D ou passer à la 3D. Quant à ces foutus lunettes qu'il faut s'appliquer sur le nez, n'en parlons pas trop... En photos ou à la télé avec les films anciens, le noir et blanc reste encore intéressant en apportant une ambiance particulière.

Tablettes en folie et solutions hybrides comme en tout.

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"Le Belge regarde toujours plus la télévision", est-il dit suite à l'étude de "TV Key Facts". 

Peut-être, mais pas de la même façon. Le téléspectateur regarde plus d'écrans différents, subalternes. 

Pour Europe, la consommation de la télé est passée en moyenne à 242 minutes par jour (en Belgique, 231 minutes). Plus que la moyenne mondiale, mais moins que celle des Etats-Unis qui s'élève à 292 minutes par jour. 40% des revenus publicitaires proviennent de la télé.
 
Plus d'offres, des écrans de meilleure qualité, des émissions en différés sont les causes principales de cet engouement.  

Personnellement, la télé, c'est le soir avec le JT comme premier plat et le dimanche après midi en supplément pour les journées pluvieuses ou peu engageantes.

Je n'atteint donc la moyenne des 231 minutes par jour. Ce qui n'est pas vrai pour l'autre écran, celui du PC.

Dans la virtualité d'Internet, j'y ai baigné comme un geek avant l'heure, sans en devenir fastoche pour autant en finissant par valser du producteur au consommateur à la retraite.

La télé, c'est surtout la population des aînés qui en sont restés des fans inconditionnels. La mutation Internet, la rupture du numérique, ne les ont pas encore totalement touchés. Pour ces "récalcitrants", le PC est resté un "engin du diable".

Pour les jeunes, l'interactivité d'Internet n'est que la continuation de ce qu'ils utilisent à l'école depuis leur plus tendre enfance. 

Oui, la communication est cannibalisée par le web. C'est dire qu'il faut "produire différent" que la concurrence, en gardant de l'eau de Jouvence en réserve et toujours investir dans l'innovation. C'est dire qu'il faut garder une touche d'ego dans les communications pour que les téléspectateurs puissent dire "Presse-nous, mais, intelligemment". Mais elle doit être consistante avec elle-même, du moins dans le même journal. (article Echo à l'Echo)

La télé à cathodes pouvait imploser techniquement à cause du vide. 

La télé numérique n'a plus de cathodes. Plate, bien rectangulaire, large, elle peut aussi imploser mais pour cause d'un autre vide. Le vide de substances propres à la seule recherche de feuilletons trop américanisés. La télé publique n'est pas la télé commerciale de RTL même suffixée de TVI.

Pour la télé, être acclamée, critiquée ou même conspuée, vaut toujours mieux que de rester dans l'ombre, ignorée. "Partager", le mot d'ordre par excellence.

Parlons de la pub. Pas de gros problèmes avec elle, mais les émissions trop entrecoupées par elle, peuvent tuer la poule aux œufs d'or. "Trop is te veel", comme on dit chez nous. "We are not in the States"... 

"Prolonger le plaisir sur le site de la Sonuma, qui regorge de trésors". Je l'ai fait.

Le livre "Vos années télé, la belle histoire de la télévision belge", signé Elodie de Sélys, le coffret DVD de "Vos années télé" ou le jeu de société familial conçu sur le format de Timeline... Des cadeaux pour fin d'année.

La télé de A@Z, d'accord, mais c'est, parfois, aussi jongler avec plus de chiffres que de lettres.

Jacques Bredael disait que Henri Mordant avait tout inventé. Je crois que ce sont des gens comme lui qu'il faudra aujourd'hui, car l'inflation des médias va secouer dans les chaumières.

Comme dit la pub, "Tous unis contre la vie chère" dans la convergence des médias ne peut être que profitable.

Le livre biographique de Jacques Careuil m'avait inspiré des réflexions et a pu faire apercevoir que tout n'était pas toujours aussi rose ou aussi cool qu'on le montrait à l'écran.

D'autres ont écrit ou écrirons leur biographie et ajouteront leur vécu, leur propre ressenti de la télé et des médias.

Michel Drucker a déjà montré le chemin de la mémoire vivace avec son livre "Les 500 émissions mythiques de la télévision française".

Qui lancera les "500 émissions de la télé belges"?

Quant à dire qu'elles soient mythiques, ce serait trop tôt pour le dire. Soixante ans, une jeunesse qui aura encore beaucoup de péripéties à mettre à son actif. 

0.jpgBeaucoup d'acteurs n'auront seulement pu être présents. La vie, encore une fois, reste muette sur ses choix aléatoires.

Le pionnier, Robert Stephane, disait que "Le JT, ça doit être la pédagogie des enjeux par le spectacle".

En fait, à y réfléchir, vu le nombre de rescapés qui diminuent, j'ajouterais que pour les présentateurs, tout comme pour les téléspectateurs, la télé mène à tout à condition de pouvoir prendre le temps d'en sortir à un moment ou un autre...

 

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L'enfoiré,


Citations:

  • « Il y a deux catégories de télévision : la télévision intelligente qui fait des citoyens difficiles à gouverner et la télévision imbécile qui fait des citoyens faciles à gouverner. », Jean Guéhenno
  • « Le mal de la télévision, ce n'est pas dans la télévision qu'il est, c'est dans le monde. », Christian Bobin
  • « La violence à la télévision, ça donne envie de tout casser. Sauf, hélas, la télévision. », Philippe Geluck 

10/11/2013

Au cœur de la tourmente

En 2014, c'est le centième anniversaire de la première guerre mondiale. Alors les musées et les médias préparent le terrain du souvenirL'exposition "Au cœur de la tourmente" au Musée de la Guerre de Bruxelles amalgame les deux guerres mondiales.

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Cette semaine a vu le départ de cette année souvenir à Charleroi-Marcinelle.  

Demain, un 11 novembre d'armistice plus spécial que d'habitude. Le film documentaire colorisé "Apocalypse 14-18" se prépare pour réveiller le souvenir.

Un travail de mémoire multiforme pour ce centenaire de la Grande guerre...

Devoir de mémoire d'un lourd passé comme celui-là qui rejaillit sur les générations suivantes. Enfants et petits-enfants devront probablement encore le porter sur leurs épaules encore longtemps. Je ne dis pas qu'il faille tourner la page définitivement même s'il y a longtemps prescription. Tellement de choses sont encore non-dites ou tenues sous silence.

Déjà en mars, l'hebdomadaire en parlait: "Climat de guerre froide en vue du centenaire de 1914-1918: la montée en puissance du pouvoir fédéral agace la Flandre. Son ministre-président, Kris Peeters (CD&V), ignore la main tendue: la commémoration se fera aux conditions flamandes. Imbuvables pour la communauté internationale".

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Le Vif L'Express, début novembre, présentait un aspect inattendu: les budgets octroyés pour la récupération des événements par régime linguistique, par communauté.

En France, quand ce n'est ainsi, c'est autrement comme cette nouvelle "Illusion tranquille de la ligne Maginot". Amalgame de citer l'Etat qui peut tout? Pas vraiment, quand on pense que le Ministère de la Guerre est à ce niveau et que le ministère de l'amour reste au niveau du citoyen. Récupération aussi de la part du Président Hollande tenté par l'union sacré face à la démobilisation générale.

Les nationalismes étatiques, régionaux, communautaires se réveillent un à un en Europe.

Nouveau titre, "Les non-dits flamands du Centenaire" du Vif L'Express.

Il est dit que "l'histoire est manipulée. La Flandre politique ose biffer le rôle de la Belgique de ses commémorations de la Grande Guerre". L'Yser et Ypres pris comme centre de ralliement. Les historiens n'étaient pas conviés pour le "100 ans de Grande Guerre en Flandre". "Yser, the place to be". Le mot d'ordre, "Pas d'empêcheurs de flamandiser en rond. Eviter les sujets et les dates qui fâchent. Pas de le "Raad van Vlaanderen", ni de "Flamenpolitik" qui ambitionnait de faire sortir le 'peuple fier de l'ère de la francisation'.".

Le mythe du brave soldat flamand sacrifié sur l'autel de la francophonie ne tient pas puisqu'il y eut autant de morts wallons - pas francophones car ils ne parlaient que wallon et non français - que de flamands et ceux qui ont payé le prix, ce sont les Anglais dont 70% sont morts pour la défense de l'Yser.

Hier, ARTE avait un documentaire "La Grande Guerre, les tunnels de la mort". Des fouilles dans un gigantesque réseau de galeries souterraines à Messines.

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En mars 1917, la scission des ministères et à Bruxelles proclamée capitale de la Flandre. Le 28 mai 1918, "l'Unionsakte" est signé. Le 22 décembre 1917, le "Raad van Vlaanderen". Le mythe du soldat flamand sous les ordres incompréhensibles donnés par des francophones. Geert Bourgeois, ministre du tourisme, veut effacer le mot "Belgique" par les "Flanders Fields"

Aucun patriotisme "à la belge", une fois... 

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1914, une année de grandes batailles, d'élections, aussi, programmées pour le 25 mai, alors que la Belgique allait être envahie au mois d'août...

Une erreur d'appréciation qui pourrait s'expliquer par l'absurde ou par simple surréalisme? 

Aujourd'hui, la récupération de l'histoire ancienne est là pour meubler l'histoire du présent.

En Belgique, elle devient une occasion de sortir du cocon noir-jaune-rouge pour la Flandre en support aux dernières idées de confédéralisme.

"Plus jamais de guerre", "Nooit meer oorlog", d'accord à 100%.

Mais, ce n'est pas en plaçant de nouvelles frontières plus que linguistiques que cela se concrétisera.

Joseph II, en despote éclairé, avait déjà eu l'idée de créer une Belgique confédérée en 1789 ans dans une éphémère république des "Etats Belgique unis". Mal, lui en a pris, un an après, c'était la révolution.

En 1914-18, rebelote, même tentative de diviser pour régner avec les Allemands à la manœuvre.

La Belgique était au tapis et l'occupant allemand s'est retrouvé à pédaler dans la semoule à Ypres, alors qu'il espérait un ticket de passage pour en découdre rapidement avec la France. 

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Le centenaire de 1418 s'égare dans les mémoires, se disperse dans la presse en fusionnant les effets avec avec ceux de la deuxième guerre 40-45.

Celle-ci n'était qu'une suite logique de la première, même si chacune a ses spécificités.

Dans l'Expo actuelle au Cinquantenaire de Bruxelles, "Au cœur de la tourmente", le centenaire de 14-18 était presque confidentiel et à peine mis à l'avant-plan.

La deuxième guerre de 40-45, avec la Shoah, Hitler, les uniformes de cette époque, le débarquement et tout le reste prenait bien plus d'espace.

A tout mélanger, c'est se tromper d'époque et fêter la fin de la 2ème Guerre 40-45, sans s'en rendre compte.

0.jpgMais l'anniversaire de cet autre événement viendra en temps voulu.

On apprenait que "Tempora" organisera quelque chose pour l'événement du centenaire, mais c'est, en dehors du Gouvernement Fédéral qui, lui, n'a octroyé qu'un budget d'à peine un million d'euros, tandis qu'en Flandre, les médias qui parlent du centenaire, se précipitent.

Ce dimanche, à Ploegsteert Warmeton-Commine (ou Plugstreert), s'ouvre  une exposition qui devrait être exemplaire.  

"On utilise la mémoire avec un regard d'aujourd'hui et si tout s'était déroulé comme prévu, il n'y aurait pas eu de Soldat inconnu". est-il écrit dans le journal du weekend. C'était le le 11 novembre 1922, un souvenir récent.

La Wallonie et le tourisme de la mémoire semble plus s'intéresser au bicentenaire de 1815, de Waterloo avec la route Napoléon comme colonne vertébrale de l'événement. Demain, 11 novembre, au soldat inconnu, plus de poilus de cette première guerre.

Au cœur de la tourmente d'accord, mais de quel tourmente s'agit-il?

Alors, je me suis replongé dans ma documentation, dans les livres qui m'ont été légués de génération en génération comme des reliques de guerres. Bien rangés dans ma bibliothèque, je les ai ressortis au moment opportun.

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D'abord le récent "Chronique de Belgique" avec un titre...

"La guerre a été un frein pour le mouvement flamand" qui dit qu'une petite minorité de Flamands ont voulu collaborer avec les Allemands. Ils pensaient obtenir ainsi une Flandre autonome. Après la guerre, le mouvement flamand a été discrédité par cette minorité. La Seconde Guerre ne sera pas une répétition de la Première, mais des Flamands travailleront avec l'occupant. L'opinion publique de droite, en Flandre, pense que les Flamands ont été punis trop sévèrement par les francophones. Ce qui est faux puisqu'il y a eu plus d'exécutions en Wallonie. 

Le 29 juillet, à la maison du peuple de Bruxelles, puis au Cirque Royal, devant 8000 personnes, Jean Jaures prononçait son grand discours pour la paix. Charles de Broqueville croit encore que le territoire ne subira aucun dommage, mais qu'il faut accomplir les devoirs imposés par la neutralité. Ultimatum de Karl-Konrad von Below Saleske d'octroyer le droit de passage est refusé par Albert Ier.

Résistance héroïque des forts de Liège. Repli sur Anvers. Les Allemands entrent dans Bruxelles sans rencontrer de résistance. De violents combats à Namur pendant 20 jours. Un Zeppelin bombarde Anvers. Le 22 avril 1915, les gaz toxiques sont utilisés, pour la première fois, dans les tranchées sur le front de l'Yser. Le pessimisme n'empêche pas d'élever le Roi chevalier au niveau d'un mythe. A partir du 28 septembre 1918, c'est le retournement de situation par les alliés. L'armistice sera signé le 11 novembre à 11:00 à Rethondes. Le bilan de cette guerre en Belgique: 26.338 décès des suites de blessures, 14.029 des suites de maladies ou disparus, 44.000 blessés, 62.000 civils morts et 30.000 avec la grippe espagnole à cause de famines et du froid. L'infirmière britannique, Edith Cavell fut fusillée pour haute trahison, le 12 octobre 1915.  Gabrielle Petit, elle, était exécutée, le 1er avril 1916, à Schaerbeek, alors qu'elle était chargée de faire passer des soldats aux Pays-Bas. Devant le peloton d'exécution, celle-ci s'est écrié "Vous allez voir comment meurt une femme belge".



Dans ma bibliothèque, une histoire de la guerre 14-18 qui explique les tenants et les aboutissants de cette première guerre mondiale. Quatre volumes bien brochés, un legs à titre posthume de mon grand-père. 

1.jpg"La Belgique et la guerre" publié en 1924 avec une préface de Henry Carton de Wiart qui date du 31 janvier 1920. Le résumer n'est pas possible. Je n'en reprendrai que les titres qui y sont traités. Cela démontre quel a été l'état d'esprit juste après la première guerre, alors qu'il ne pouvait se rendre compte qu'il y en aurait eu une seconde.

1. La vie matérielle de la Belgique durant la Guerre mondiale.

L'attentat de Sarajevo. Juillet 1914. Les procès Caillaux et Wilmart. L'assassinat de Jaures. Une réunion ironique pir la réconciliation à Paris. Mobilisation. Réquisitions. Optimisme et pessimisme. Un 1er ultimatum allemand. Agitation et inquiétude. Enrôlement de volontaires. Des drapeaux sur toutes les façades. Panique financière dû à la pénurie de monnaie en pièces. La panique alimentaire. La physionomie spéciale de Bruxelles. Réfugiés liégeois. Les blessés. Les derniers trains. Le Bourgmestre Max. Les rumeurs. La terreur. Les procès. L'héroïsme. Les loisirs. Les déportations. L'activisme. Les traîtres. La Presse muselée. La charité. Le rapprochement social des classes. Les ravitaillements. Le "Comité national". Les accords internationaux. Le département "Secours". Les vêtements et le chauffage. Les œuvres de l'enfant, des soldats. Les magasins Communaux. La solidarité sociale. Le Comité Hispano-Néerlandais. L'offensive. La fuite de civiles allemands. L'évacuation. La délivrance du 22 novembre 1918. Le Gouvernement d'Union Nationale. Les Syndicats. Les Fonctionnaires. La vie chère. Les bénéfices de Guerre et la restauration. Les leçons de la guerre (annexées aux photographies).    

2. L'invasion allemande.

Etat d'esprit en Belgique et en Allemagne avant la guerre: on n'y croyait plus après 3/4 de siècle d'une paix ininterrompue, à part une petite alerte en 1870. Les Francs-Tireurs. Les Province de Liège, de Luxembourg, de Namur, de Brabant et d'Anvers. 

3. Les opérations militaires.

Situation militaire de la Belgique à l'aube du conflit mondial. Les fortifications. La résistance des Forts. Les combats de Haelen et de Hautem-Sainte-Marguerite. L'alerte. L'attaque. Anvers, le pivot de manœuvre. La jonction de l'armée belge avec les armées franco-britanniques sur l'Yser. La guerre d'attente sur le front retranché. Dans les airs: Guynemer, Thieffry, De Meulemeester. Organiser les arrières. La Campagne d'Afrique. L'offensive de la victoire: la bataille de la Crète des Flandres. Les prisonniers. La rentrée triomphale à Bruxelles.    

4. Histoires diplomatiques 1914-1918. 

Belgique, Prusse, France et Angleterre de 1830 à 1914. Le Traité secret des Forteresses. Les causes de la Guerre. La gloire. Jeu des Alliances et les Neutralités. La violation de la neutralisé belge. Le second ultimatum allemand. La guerre au Congo. L'offensive calomniatrice. Le Pacte de Londres et la Déclaration de Sainte-Adresse. L'entrée en guerre de l'Italie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Grèce et du Portugal. Les propositions de paix de 1916. L'intervention des Etats-Unis. Les Paix séparées. L'intervention Pontificale. L'armistice.    

0.jpgLa guerre 14-18 est aujourd'hui, numérisée.

Le but est de témoigner du quotidien des soldats dans les tranchées avec l'horreur des attaques et de l'ennui de l'attente. 

Douze militaires ont été fusillés pour abandon de poste, insubordination ou autres raisons: 7 en 1914, 3 en 1915, et 2 en 1918. Après plus de peine capitale. En France, ce sont 600 poilus qui ont été passés par les armes.

Des films sur ces épisodes ont été nombreux. "Le pantalon" est peut-être le plus ridicule. 

1.jpgFin 1919, 23 inculpés pour trahison s'ajoutaient en Belgique.

"Au cœur de la tourmente", un titre sinistre vu sous cet angle.

Pourtant, la guerre 14-18 n'est pas totalement "soldée". 

Il a suffit récemment d'un livre d'histoire, écrit par Max Gallo, qui déviait de la version communément acceptée pour que reviennent les contestations et les polémiques.

0.jpgOn apprend aussi qu'à l'occasion du centenaire sortira une nouvelle bière belgo-russe. Une bonne initiative qui arrive bien à propos pour leur permettre de sortir de leur guindage à la vérité unique. C'est blindé. On ne rigole pas avec l'histoire. Il faut savoir, quand un colonel le dit et qu'en plus, cette fois, il a raison de le dire, faudrait pas un historien français qui biaise l'histoire en parlant d'un événement qui s'est déroulé sur notre territoire belge. Se réfugier en France? Pour quoi y faire puisque les Allemands voulaient justement y aller?

Ensuite, ce fut la parade inutile, la ligne Maginot ou ligne Siegfried.  

Les enfants et petit-enfants des "exécutés belges pour l'exemple" de 14-18, demandent aujourd'hui, justice et réhabilitation. En visitant le Musée, j'ai pu m'apercevoir q'il y avait plus de visiteurs que d'habitude, que les enfants, toujours attentifs, recevaient toujours les leçons d'histoire de leurs aînés. 

Le film "Joyeux Noël" donne un peu d'espoir et d'émotions lors d'un Noël.

Jeudi, il y a eu le "jeune Alex Vizorek", 32 ans, qui est bien loin de tout cela avec sa vision très particulière que j'aime, avec son café serré sur le sujet.

0.jpgIl se définit, avec humour comme "une oeuvre d'art" et comme un "vulgarisateur des temps modernes", car il ne peut pas l'être "des temps anciens". Un petit droit de réponse s'impose.

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Cher Alex,

Si votre grand-père n'a pas pu vous raconter des histoires de la guerre 14-18, ma grand-mère, née en février 1900, a pu le faire avec beaucoup de détails. Mon grand-père, lui, est mort en 1926, des suites de l'inhalation de gaz moutarde. "Effets retards", comme on dit. Quant à mon arrière-grand-mère, elle a eu encore son mot à dire dans ma prime jeunesse avant de céder face à la vieillesse.


Vous dites: "Pétain plus drôle à boire de la bière à Verdun que de l'eau à Vichy. Le flair des Américains qui arrivent quand les choses se terminent".

Ça se tient. D'ailleurs, aucune patriotisme dans les propos qui précèdent. De simples réflexions. Tournons la page. 

Allons-y, une dernière fois, avec la chanson du style "humour noir" de Brassens "Mais mon Colon, la guerre que je préfère, c'est la guerre de 14-18" et écoutons-là en entier...

"La Der des Ders" en inspire toujours en Belgique... 

Le livre "La Chute des Géants" de Ken Follet est à lire pour se remettre dans l'époque du début du 20ème siècel.

0.jpgLes chansons "La Madelon", "Rosalie", "On ne passe pas" pourraient encore le faire croire.

En France, "Le Der des Ders" a cédé le manche à 110 ans en 2008.

Des photos du Musée de la Guerre au Cinquantenaire et des caricatures de l'époque.

 


 

L'enfoiré,

 

Articles annexés: La guerre des cicatricesLes amalgames de l'histoireLes jouets de la guerreChienne de guerre

A lire sur le sujet dans un roman de Ken Follet "La chute des Géants

Romancée, en trois chapitres:

  • Le ciel se couvre
  • La guerre des Géants
  • Un monde nouveau

 

Citations (plus que d'habitude):

  • « La guerre, c’est la guerre des hommes; la paix, c’est la guerre des idées.», Victor Hugo 
  • « Chaque guerre est la toute dernière. », Jean Giraudoux
  • « On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. », Jean Jaurès 
  • « Après la guerre, beaucoup de héros se présentent. », Proverbe roumain
  • « La guerre est la multiplication du crime parfait. », Robert Sabatier
  • « La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires. », Georges Clemenceau
  • « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat. », Sun Tzu 
  • « C'est avec les pauvres que les riches se font la guerre. », Louis Blanc
  • « La première victime d'une guerre, c'est la vérité. », Rudyard Kipling 
  • « Lorsqu'un gouvernement se prépare à la guerre, il décrit ses adversaires comme des monstres. », Carl Sagan 

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Mise à jour 27 décembre 2013: Le Vif reprend les 100 ans pour en définir le "comment la Belgique a changé".

0.jpgMise à jour février 2014: Le Musée du Cinquantenaire a ouvert une exposition sur 14-18 du 7-2 au 26-4-2015. Dommage un peu tard, au moment de la publication de ce billet. Ça va faire un peu réchauffé. 

 

 

 

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03/11/2013

L'information des nuages

L'affaire Snowden révélatrice de l'espionnage a effrayé les chefs d'Etat, les entreprises et le citoyens.  L’œil de Washington... Les entreprises ont tout ou partie de leur système informatique sur le "cloud". Nuages dont les le propriétaires sont les géants de l'internet américain. Le "cloud computing" donnait tellement d'avantages, de facilités d'emploi occultant quelques défauts à la cuirasse. Les nuages voyagent. Ils amènent la pluie. Où va-t-elle tomber pour humidifier les sols et les esprits?

0.jpg"L'espionnage américain, une menace pour les entreprises". 

Dans le désert de l'Utah, quatre gigantesques entrepôts dans les montagnes de Wassatch, l'Utah Data Center de la NSA à Bluffdale est, lui, ultra-sécurisés. Photos interdites même de loin. Ouverture en octobre. Mission: dupliquer les data du net. No more comment. Même le Président semble innocent des agissements qui se déroulent sur le territoire en réponse aux questions offusquées des chefs d’États européens.

Prism a révélé la faille du système. Pourtant il y avait l'ancêtre le réseau Echelon qui dans les années 90 s'était déjà transformé en programme de renseignement industriel. "Ce n'est pas très bon pour le futur de la population européenne", disait, alors, Neelie Kroes.

Après l'espionnage sur le plancher des vaches. Tout le monde espionne tout le monde mais cela ne se dit pas.

Paranoïa? La question principale reste à qui profite le "crime" et qu'en fait-il?
 
0.jpgLe message général est qu'il faut prendre des précautions.
 
Relativiser comme répondait Obama à Hollande qui lui parlait de scandale.
  
 
 
Kiosque en parlait encore la semaine dernière.
 
0.jpgQuand la technologie est presque étudiée pour espionner, comment en serait-il autrement? Celui qui n'en jouirait pas, n'aurait rien compris à la manœuvre.
L'organe crée la fonction. Point.
 
L'espionnage, ça nous connait à Bruxelles, la ville qui est devenue la plaque tournante de beaucoup de lobbies et, donc, de taupes. Des organisations tout azimut fleurissent à bord dans un nid d'espions. 159 ambassades qui poussent comme des champignons et qui s'informe comme des perroquets.
Le centre de décision de Swift se trouve à La Hulpe, à proximité de Bruxelles.
Puis il y a la "fausse" nouvelle qui pourrait troubler les esprits: "La Belgique, partenaire privilégié de la NSA dans ses opérations de partage de réseaux informatiques" dans une "coopération globale" et une "coopération ciblée".
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Une opportunité pour renforcer les réseaux et rééquilibrer Internet. 
 
L'efficacité de la sécurité a un prix que l'esprit de compétition a érodé plus qu'elle n'a pu l'assumer.
 
Être vassalisés aux États-Unis n'est pas vraiment une nouveauté, ni un problème à première vue.
Il s'agit d'espionner les terroristes, les candidats terroristes et détecter toutes tentatives non désirées. Les citoyens américains comprennent plus facilement quand c'est pour leur éviter des accès illicites plus méchants encore, qu'ils soient espionnés que les Européens. Une différence de plus de conception des deux côtés de l'Atlantique.
Conscients et informés du risque de dérapage majeur du système, les politiques le savent, mais ils jouent les poules effarouchées sur un "tas de fumier". D'où l'hypocrisie. C'est presque comme une bombe qui est tombée sur la tête. Une répétition de la "Guerre des mondes" à l'horizon. Les extra-terrestres reviennent pour nous écouter...
 
Mais voyons plus loin, le pourquoi ou les "pourquoi" et les "comment".
 
Pour raisons de réductions des coûts, de rationalisation, personne ne voulait voir le danger.
 
Qui va s'occuper de toutes ses communications dites secrètes?
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Les données sont dites "sécurisées" par une infrastructure sophistiquée par le stockage des informations. Oui, mais, c'est dans les nuages, que de court-circuits, que d'arcs électriques peuvent exister pour les faire dévier de leurs objectifs.

La "Cloud Security Alliance" cherche à rassurer les 40.000 noms d'entreprises sur le "cloud". 10% ont annulé leur projet avec ce genre de fournisseur de service. Le vol de données des nuages fait peur. La crainte de l’œil intrusif de Google. Internet est "a-géographique" par excellence.    

La propagande est, elle-même, un moyen de communication préformaté, un sondage presque gratuit pour s'apercevoir jusqu'où une population est prête à accepter certaines décisions ou idéologies.  

L'information quelle qu'elle puisse être à une valeur marchande indéniable, qu'elle soit citoyenne ou privée. 

Les entreprises commerciale privées entrent même en compétition avec les entreprises publiques.

0.jpgEn Belgique, l’espionnage des communications téléphoniques internationales de Belgacom soulevait plusieurs questions. 

Martine Maesckaelk, rédactrice en chef de l'Echo écrivait: "D’abord, en ce qui concerne les auteurs supposés du hacking. S’il s’agit bel et bien de la NSA, l’agence nationale de sécurité américaine, se pose évidemment la question de l’espionnage d’un État par les services secrets d’un autre État. Et cela, indépendamment du fait que la NSA est effectivement un service d’une rare efficacité, qui a déjà déjoué ou révélé de nombreuses menaces terroristes, comme ce fut le cas encore récemment avec un soupçon d’attaque contre les trains à grande vitesse en Europe.  

Pouvons-nous réellement nous passer d’un tel "gendarme"?

La réponse est non. Mais faut-il vraiment que cela se passe à l’insu des gouvernements espionnés? La réponse est tout aussi négative. Nous ne sommes pas chez les cow-boys, et la diplomatie est là, en principe, pour éviter que les partenaires de l’Otan ne soient victimes de ce genre de coups tordus.

 

L’autre question posée par le piratage des infrastructures de Belgacom est au moins aussi fondamentale. Comment se fait-il que les entreprises belges, et singulièrement les entreprises publiques, soient aussi vulnérables face à la sécurité informatique?

Manifestement, la protection des systèmes et la gestion des risques informatiques ne font pas suffisamment partie de leurs priorités. Pas assez en tout cas pour faire remonter ces questions au plus haut niveau. Et pourtant, les entreprises qui gèrent les télécommunications, les transports ou les réseaux énergétiques figurent parmi les premières cibles de l’espionnage industriel - sans même parler du terrorisme. 

 

0.jpgLa plupart des grands groupes privés consacreraient, désormais, d’importants moyens humains et financiers aux questions d’intelligence économique.

 

Dans les plus petites entreprises, en revanche, c’est toujours l’inconscience ou l’indifférence qui prédominent.

 

Le coût de l’espionnage économique dans le monde reste difficilement chiffrable et l'objet de nombreux fantasmes. Il se calcule pourtant en centaines de milliards de dollars par an. Il est plus que temps que le gouvernement prenne la mesure du problème et mette en place des mesures pour protéger nos entreprises".  

 

Belgacom admettait que les données privées de ses clients étaient piratées.

 

Donc, tout le monde pouvait subir des préjudices même si Belgacom affirme qu'il n'y a pas eu de fuites massives et que 124 ordinateurs sur 26.600 systèmes informatiques ont été touchés par le "malware". Données qui ont été redirigées vers des serveurs extérieurs.0.jpg

 

Le service Général de Renseignements et de Sécurité est parvenu à cracker la première couche du hacking, mais les détails sur leurs utilisations restent masqués. 

Plus ce genre d'affaire apparaît dans la presse, plus les clients vont demander des solutions plus sécurisées. Des "data centres" au niveau européen, d'abord, encore plus locaux, ensuite. 
 
Tout est une question d'investissements, de rapports entre ce que coûterait un projet local par rapport à un autre décentralisé. Une fois dans les nuages, toutes les informations sont bonnes à prendre même pour des pirates.
 
0.jpgFacebook, Google reçoit une foule d'informations citoyennes ou non, données par ses utilisateurs qui ne s'en rendent même pas compte qu'elles peuvent être stratégiques pour ceux qui savent s'en servir en les revendant avant qu'elle ne rentrent dans le domaine publique.
 
Agoravox est un site forum citoyen dans lequel des rédacteurs bénévoles s'inscrivent pour écrire leurs articles. Cette société est partenaire de Cybion qui d'après les statuts, a pour but de "Mettre l’intelligence humaine au cœur du dispositif de Veille. Analyser des dizaines de milliers de sources formelles et informelles (sites, commentaires blogs, forums, réseaux sociaux) pour permettre d’appréhender précisément l'environnement des utilisateurs et de répondre aux attentes de façon adaptée par analyse concurrentielle, analyse du marché, observation des opinions, identification des leaders et traitement des risques de crise." . 
Une Fondation est là pour ancrer l'aspect financier.
 
Pas de paranoïa, mais...

0.jpgLes fuites, les "leaks" ne se produisent pas uniquement via les machines quand on pense à Snowden ou Julian Assange.

Sont-ils toujours des "Chevaliers blancs"? 

Snowden, un inconnu devenu célèbre en un mois de juillet. Un transfuge, un exilé volontaire. Aux dernières nouvelles, son expertise dans les méthodes d'espionnage peut intéresser l'Allemagne... si on lui donne l'asile. Puisque Genève s'est rappé.

Cette "affaire" est loin d'avoir trouvé le mot "Fin".

Elle a même servi de tremplin à son déclencheur, Glenn Grrenwald, la 47ème fortune dans le monde et qui va créer son propre média pour se faire encore mieux connaître du grand public par effet ricochet. La renommée n'a pas de prix.

Comment en sommes-nous arrivés là?

Une des réponses: la compétition, les diminutions des coûts d'exploitation et les restructurations qui en découlent. 

Les chevaux de Troie du "système" ont d'ailleurs connu plusieurs étapes à plusieurs étages. 

Au niveau "entreprise", à y réfléchir, pas tellement de différences.

0.jpgComme l'informatique a beaucoup coûté aux entreprises, aujourd'hui, c'est surtout en main d'oeuvre et l'exploitation des données que subsistent encore les coûts puisque les machines ont des prix d'achat qui se sont effondrés. 

Alors, maintenir les données par le Traitement de l'Informations, cela s'est passé en les centralisant, les concaténant, les sauvant sur des serveurs de plus en plus gros pour garder l'historique et remonter aux sources si nécessaire. Cela impliquait de standardiser les données, pour que chacun puisse en prendre connaissance sans se tromper et ainsi rendre les traitements plus rapides et plus fiables. 

Comme le "clé sur porte" des applications a presque disparu, des logiciels "tout-fait" de plus en plus lourds, paramétrables à souhaits, ont résolu le premier volet.

Mais il fallait encore payer des licences pour les logiciels... 

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Pour les PME, l'idée géniale, ce fut le "cloud computing", le traitement dans les nuages.

Il a semblé donner la solution miracle puisque la plupart des fonctionnalités des softwares propriétaires, avaient été annexées presque gratuitement. La confiance devait seulement régner pour que les nuages ne se dissipent pas au premier coup de vent. Une liste de clients n'est pas à mettre sous les yeux de n'importe qui dans ce monde ou la concurrence est forte. Mais, passons...

Les multinationales ne sont pas plus à l'abri, même si elles utilisent moins le "cloud computing".

Les Communications ont permis de partager les informations, de les diffuser pour que toutes les filiales puissent consolider leurs propres chiffres au niveau global vers la maison mère.

0.jpgOpération de restructuration a continué son chemin par l'externalisation, l'outsourcing des applications comptables avec des accords écrits entre firmes pour gardes-fous

Une fois déléguées, c'est que le "know how" de l'entreprise qui se dissipe au moment où les applications n'ont plus été ni créées, ni maintenues par l'entreprise. Celle-ci se retrouve pieds et poings liés à des fournisseurs de services qui, souvent, ne se trouve plus ni sous contrôle, ni sous la même juridiction. 

Diminuer le personnel qui traitait les données et les secrets de fabrications et la boucle est bouclée... Le fournisseur, désolidarisé devient sous-traitant comme "Outside help".

Les actionnaires vont féliciter le CEO qui pourra ainsi réduire les coûts importants du nombre d'employés et de l'infrastructure en machines. 

Tout le monde est content... enfin, tout dépend, parce qu'on ne fait que râler en dehors d'eux. 
Mais revenons à nos moutons, à nos nuages... 

0.jpg'Le problème, c'est que toutes les avancées technologiques vont cent fois plus vite que les législations", dit, très justement, Nicolas Hermanz, chercheur au "Center for European Policy Studies".

L'informatique des nuages se retrouve comme "le" point sensible de toutes les communications via Internet.  

"The real privacy problem", un texte qui vaut le déplacement.

 

Giulietto Chiesa tentait de l'expliquer pourquoi la NSA a espionné, espionne et espionnera les alliés des USA.

 

Le contenu n'est pas nécessairement le plus informatif. Le flux d'information pour établir des statistiques comparatives d'utilisations, l'est autant. Quand quelque chose dépasse la normalité, il est alors judicieux de redescendre jusqu'à trouver les raisons et les sources. 

 

Le contenant plutôt qu'au contenu. 

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Que peuvent savoir de nous les cyber-espions?

Envoyer au chômage les services secrets qui cherchent à tout savoir sur tout, tout le temps, serait faire preuve de naïveté.

 

Les "métadonnées" sur réseau mondial qui transitent par les nuages ne sont qu'une extension. Elles s'attaquent plus aux échanges entre qui et qui, d'où et quand, qu'aux contenus.

Du stockage sur des serveurs capables d'accueillir des yottaoctets (10 exp24), des mises en statistiques réunies par mots clés. Établir un profile qui pourra peut-être, servir pour sortir de l’anonymat du citoyen lambda.

Génial...

 

En fait, chacun espionne au milieu de poupées russes, chacun à leur niveau.

"Les bienfaits de la réciprocité", comme dit le psychologue Pascal de Sutter.

 

0.jpgQu'est-ce qu'un secret? 

Ce que l'on ne veut pas divulguer sur la place publique, pardi...

En fait, ce que l'on veut vendre par la suite, au meilleur prix et, donc, rentabiliser.

Le secret existe à toute petite échelle. Un secret parfois entré dans le domaine des délits d'initiés par les bruits de couloir et les secrets de radio corridor.

Etre dans le "secret des dieux" donne de la valeur à celui qui les connait et est reconnu par eux.

 

Pas content de cette constatation?

Vite les bouées de sauvetage...

Coder les informations. Des mots de passe "maison". Utiliser des logiciels de chiffrements. Transformer des pixels noyés au sein d'une image anodine. Utiliser un réseau privé virtuel. 

Mais qui peuvent être décryptés par des logiciels, avec du temps et des moyens financiers...

Le moyen drastique pour sortir des nuages, serait d'en sortir, de couper le cordon ombilicale des communications.
Plus possible, trop impliqué...
 
Obtenir un contre-pouvoir crédible, alors?
 
Faut pas trop rêver. Quel que soit le système économique ou politique en place si le contre-pouvoir n'est pas, lui-même, puissant ou transparent alors la dérive est inévitable.
Souvent considéré comme contre-pouvoir, Mediapart par ses scoops "fumeux" qui décoiffent, peut passer alternativement de l'ombre à la lumière, avec son seul modèle payant de la presse en ligne. En déséquilibre, entre gagner son indépendance financière ou perdre la tête...
 
Les crises financières sont nécessaires puisqu'elles font office de régulateurs.
 
Pas à dire, dans notre monde mondialisé, l'outil indispensable pour subsister est devenu l'espionnage tout azimut à combler les mauvaises compréhensions de la vie nationale et internationale.  
Espionner, c'est s'informer et informer pour prévenir les autres avant de subir les mauvais coups que l'on n'aurait même pas pu imaginer sur le compte des autres et sur le sien.
 
Si un réseau est relié aux réseaux mondiaux par Facebook ou Google pour des raisons d'efficience par la recherche automatique du seul meilleur chemin pour le transport de l'information sans tenir compte de la vulnérabilité de l'option prise, le problème subsistera. Le cash-flow viendra ensuite pour consolider.
 
La Chine a son propre Facebook, son propre Google et son propre réseau.
 
Pour cracker leurs réseaux, cela demandera des connaissances nouvelles, d'apprendre les langues, de recourir à des investissements bien plus importants et, peut-être, de suivre des cours de contre-espionnage pour déterminer le vrai du faux.

 

Plus simple encore, retourner à la bonne vieille lettre papier que vous irez porter en main propre ou par l'intermédiaire de pigeons voyageurs comme le fait encore l'armée chinoise.

 

Gérard de Villiers, l'homme qui en savait trop dans le domaine de l'espionnage, s'en est allé raconter ses histoires de SAS Malko Linge aux nuages et terminer son 198ème livre.

 

Mais qu'écrirait encore John Le Carré sans de nouvelles idées de romans sur le sujet et que ferait le grand maître virtuel sans les nuages?

Un comble, le voilà condamné à parler d'une "Vérité si délicate" dans son dernier livre dans un affrontement entre chrétienté et islam.

 

Nous sommes comme un livre, la plupart des gens ne connaissent que notre couverture... Au mieux, ils lisent le résumé, regardent plus le niveau de dépréciation... Très peu de connaissances dans son entier.    

 

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Tous coupables d'indiscrétions à épier son prochain?

 

Le mot d'ordre qu'on chante sur tous les toits "Soyez curieux". Pour la fine bouche, alors?0.jpg

 

Les mots sont des armes. Ils peuvent encourager, trahir et faire maudire en tuant ses adversaires.

 

Trop sérieux de dire cela et une envie de faire peur?

Relativisons, alors.

 

Halloween est derrière. Mieux vaut, donc, prendre ses distances avec humour avec un café bien fumant ou, encore, parler, en langage codé.

 

La question de Barack à frites, dans lesquelles il faut ajouter du sel pouvait continuer par la fine fleur avec un soupçon de Sel.

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Si vous ne vous souvenez pas de "Fenêtre sur cour", cette vidéo en trois minutes, va vous rafraîchir la mémoire.


 

L'enfoiré,

 

Citations:

 

  • « J'aurais voulu être espion, mais il fallait avaler des microfilms et mon médecin me l'a interdit. », Woody Allen
  • « Il est rare qu’un nuage prenne la forme d’un nuage. », Ylipe
  • « Que serait un Dieu sans le nuage qui le protège et le recouvre. », Rainer Maria Rilke

Kroll défait la censure

Le Kroll nouveau est arrivé dans toutes librairies ce matin et « C’est clair, cette année-là (2013), on s’en souviendra ! », sans nuages, sans Halloween.
 
1983 La Puce et les géants de Eric Laurent0.jpg

0.jpgMise à jour 6 novembre 2013: L'Echo du jour rappelle quelques vérités du "Big Data". 
Au départ, l'idée de rendre disponible d'avantage d'informations de manière transparente et instantanée. Mais la démultiplication d'Internet, des réseaux sociaux et de toutes les informations captées par nos objets interconnectés, fait franchir une frontière: le "data mining" est devenu un énorme "big data".
Et c'est à la protection de la vie privée d'entrer en scène ... 'à petits pas'..
 
Mise à jour 6 février 2014: Un article du Vif présentait un interview de Percy Kemp (auteur de Le Prince) avec le titre "La technologie aveugle le renseignement".
Professionnel du renseignement et écrivain de romans d'espionnage, il parle de la faillite du renseignement moderne.
Toujours à la recherche du risque zéro, on est arrivé à la dérive dévoilée par Snowden.  Naïveté face à au cybercrime et au cyverguerre.
L'enrôlement des Etats-nations s'est créé par la mondialisation, par l'externalisation par les sociétés. 
Il vaut mieux les bonnes questions et les solutions s'imposent d'elles-mêmes.
Le film "L'espion qui m'aimait" serait donc plus qu'un film? 

27/10/2013

Monsieur Pignon des Champs

Fin du mois d'octobre. L'automne, que j'aime. Un moment pour prendre ses distances avec la politique et le reste. Si on mettait en application l'écologie de la semaine dernière. Une promenade dans la forêt ou dans les champs. Hors des chemins. Dans le petit ou l'infiniment petit. Les yeux fixés au raz du sol.  Avec un microscope, ce serait encore mieux. Oui, vous y êtes, parlons de champignons, de ce Monsieur Pignon des Champs. 

0.jpgL'automne, une saison pendant laquelle la nature a décidé de se reposer avant l'hiver.

Les couleurs des arbres prennent des allures de fêtes.

En général, en cette période de l'année, on découvre des promeneurs qui profitent des derniers moments de beau temps sur les chemins de forêts.

Mais il y a aussi, hors des chemins, dans le hors-pistes, des gens qui cherchent et qui remplissent leur sac en plastic.

Les marrons, les faines ne sont comestibles que pour ceux qui s'y connaissent.

C'est encore plus nécessaire quand il s'agit de les champignons.

Les mycologues s'y connaissent en champignons et se risquent à les cueillir pour en faire un délicieux repas.

Ne vous en faites pas, je ne vais pas en manger, ni vous donnez l'envie de le faire.

Personnellement, je me contente de manger des champignons que l'on trouve dans les magasins.

L'inventaire y est vite fait: Champignons de couche, des Pleurotes, des Chanterelles, des Girolles, des Pilzes, des Bruns ou des Trompes la Mort et c'est à peu près tout ce qu'on trouve dans les magasins de grandes surfaces.

J'aime les observer et de très près sur le terrain sans pour cela en connaître leur nom.

Les champignons sont partout, encore faut-il savoir comment les trouver.

0.jpgS'il faut aller plus loin dans cette découverte, ce très beau site pourrait convenir.

Mais cette fois, je n'ai pas besoin de conseilleurs mycologues.

ARTE rediffusait, ce samedi, un documentaire bien plus passionnant avec un titre très encourageant: 

"Les Champignons pourront-ils sauver le monde?" (vidéo).

0.jpg"Ni plantes, ni animaux, les champignons ont survécu aux grandes glaciations, aux vagues massives d'extinctions des espèces et à l'arrivée des premiers humains en développant une forme d'intelligence unique qui leur a permis de s'adapter aux conditions les plus extrêmes et de coloniser la plupart des milieux. 

Les champignons déploient aujourd'hui leurs filaments dans les laboratoires du monde entier où leurs talents prodigieux de bâtisseurs, ingénieurs réseaux, chimistes surdoués, inspirent les chercheurs. Certains rêvent déjà de détourner les étonnantes propriétés de ces organismes primitifs si sophistiqués qui pourraient apporter des solutions à des problèmes aussi brûlants que la pollution des sols, l'avancée des déserts ou encore la fragilité des réseaux de télécommunication. De la décontamination à la lutte contre le changement climatique, les champignons nous dévoilent, petit à petit, leurs incroyables facultés".

Le champignon fait partie du règne fongique. Ce sont des organismes eucaryotes pluricellulaires ou unicellulaires. Le terme champignon est devenu ambigu car il désigne un taxon obsolète. Ce terme englobe à la fois les Fungi, les Oomycota, les Chytridiomycota et les Mycetozoa.

Des noms qui impressionneraient rien qu'à les prononcer.

Pourtant, fragiles, ils jouent un rôle de Monsieur Pignon, mais un Monsieur qui n'est ridicule qu'en apparence. 

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Ce sont les champignons microscopiques qui sont à l'honneur. Si les moisissures nous dégouttent en tant que parasites, elles interviennent dans la fabrication de la bière, du roquefort, des cosmétiques, des produits de lessives, des bio-plastiques...

Le but avoué du documentaire est de remplacer les engrais phosphatés chimiques par des engrais biologiques.0.jpg

Les ennemis de hier pourraient devenir les alliés de demain vu que les scientifiques veulent aller jusqu'à guérir la planète des pollutions par l’intermédiaire de ces champignons et le compost du mycélium.

A leur base, il y a le mycélium, l'humus, le terreau qui va permettre aux champignons de décomposer ou de dégrader les déchets toxiques par la mycorémédiation.

Digérer les hydrocarbures, les produits chimiques et assainir, ainsi, l'environnement devenu toxique.

0.jpgLes fameux enzymes gloutons transforment la matière et ce sont les vers de terre qui prendront la relève.

Mais, on crée aussi des enzymes chimères en greffant des protéines pour dégrader les lipides.

Agissant en réseaux, ils forment des arbuscules qui ont, étrangement, les mêmes ramifications que, l'homme a représenté artificiellement par les fractales.

Ils font communiquer les plantes entre elles par un système ingénieux de transfert à la recherche de nourriture pour proliférer. 

Choisir le chemin le plus court pour arriver dans un temps minimum avant de mourir.0.jpg

Dans les déserts, les spores dormants se réveillent dès les premières pluies. Sachant cela, il s'agit de trouver le champignon le plus efficient pour ces spores et tenter de faire reculer les déserts par le reboisement.  

0.jpgLa logique "champignon" n'utilise qu'une partie du réseau existant. Pour transporter les nutriments des ressources en réseau, celui-ci se construit en permanence avec une logique qui ne se limite pas à des compromis mais garde des alternatives dont on ne comprend pas encore toutes les raisons.

Le champignon s'installe dans la plante en se ramifiant avec l'assentiment de celle-ci. Échange de bons procédés entre la plante et le champignon.

U8n autre échange de bons procédés pourrait un jour se faire avec l'homme qui n'estime connaitre encore que 15% des champignons existants.  

Chasser le naturel, s'il revient une nouvelle fois, ce ne sera plus au galop mais au petit trot. 

En photos, un clic et une rencontre avec "Monsieur Pignon des champs et des forets"

et, qui sait, en écoutant la comptine "J'ai ramassé des champignons"


L'enfoiré,

 

Photos prises au même endroit

 

Citations:

  • « Tous les champignons sont comestibles. Certains ne le sont qu'une fois. », Anonyme
  • « Les champignons ressemblent aux péchés : pour les déguster, il faut prendre des risques. », Hervé Bazin
  • « A l'automne les arbres font des stripteases pour faire pousser les champignons. », Patrick Sébastien
  • « Les champignons poussent dans les endroits humides. C'est pourquoi ils ont la forme de parapluie », Alphonse Allais

20/10/2013

Une vie plus haute que mes rêves

Un livre explicatif sur le changement de vie de Nicolas Hulot. Une préface qui explique son virage vers la politique alors que beaucoup lui ont demandé ce qu'il était aller faire dans cette galère. Il revient sur ses mésaventures.

0.jpgLa post-face de son livre dit"Qu’es-tu venu faire dans cette galère ? Mes amis n’ont cessé de me poser la question quand je me suis porté candidat à l’investiture d’Europe Écologie-Les Verts pour la Présidentielle 2012. Pourquoi entrer dans cette ronde du pouvoir après avoir passé tant d’années avec la nature, sa simplicité, sa puissance et le message d’humilité qu’elle ne cesse de nous prodiguer ? C’est justement par amour pour elle que je suis entré dans ce costume improbable. C’est Ushuaïa qui m’a mené vers ce combat. Qu’es-tu venu faire dans cette galère ? La réponse est dans l’itinéraire d’une vie. Une vie plus haute que mes rêves. Ces vingt-cinq années à travers les contrées les plus éblouissantes de la planète m’ont fait tisser un lien indéfectible et charnel avec la nature. Et j’ai compris que c’est aux hommes de sauver la beauté du monde qui donne un sens à leur existence. Aux hommes de préserver la terre, notre avenir. Ces pages sont l’écho de ce chemin qui part du cœur de la Terre vers le cœur des hommes pour la Vie.".

Alors, j'ai lu ou plutôt survolé quelques chapitres de son nouveau livre dans lequel il s'est fourvoyé: la politique française. En dehors de celui qui a été médiatisé lors des émissions d'Ushuaïa qui n'ont pas connu de frontières, j'ai découvert l'homme, encore plus.

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Quand j'étais tout jeune rédacteur, j'ai déjà eu quelques lignes dans lequel il apparaissait en première place dans un article de 2005 "Faites-nous rêver".

Je suis sûr qu'il a dû en faire rêver plus d'un avec sa vie reflétée par ses émissions de Ushuaïa ou Okavango.

Le 18 avril 1989, il écrivait dans un Newlook hors série: "Définir l'aventure, c'est la restreindre. C'est cloisonner un espace de liberté, un mode d'expression. L'aventure, c'est une nature, un tempérament, un mode d'expression. Une quête de l'ailleurs et de l'autrement qui s'exprime sous mille facettes. Ushuaïa est un simple reflet de cet élan de l'esprit et du corps. Le magazine de l'extrême se veut aussi être un espace de rêve, malheureusement trop fugitif puisque sur la rétine, le temps de l'émission."

Tout un programme de voyages et d'expériences pour ses deux premières années relatée en beaucoup d'épisodes... 

Sur la couverture du Newlook, Nicolas avait le doigt pointé sur la tempe pour montrer qu'il était fou.

Ne devait-il pas plutôt le faire au moment de s'inscrire en politique?

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Écologiste de terrain qui a vu la planète de près. Bien plus écologiste que ceux qui se revendiquent de l'être derrière un parti écologiste. 

Des écologistes de salon, pratiquants mais sans jamais avoir connu les caractéristiques de l'écologie, il en existe des tonnes.

Pas de nom, pas de procès d'intention.

Greenpeace est reconnue comme un organisme écologiste qui va jusqu'à l'absolutisme, au piratage et aux yeux de certains, pour finir par du terrorisme.

José Bové a dépassé les bornes de l'entendement dans la même virulence en détruisant les champs qui ne correspondaient pas à l'idée que l'on s'en fait.

On peut comprendre la finalité qui justifie les moyens, mais n'est-ce pas aller trop loin, d'arriver au niveau "guerrier" pour être entendu?

"Vu du ciel" de Yann Arthurs-Bertrand, une autre approche, plus pacifique, toute aussi intéressante.

Le Syndrome du Titanic, un film patronné par Nicolas Hulot en disait long et avait même dépassé le nombre d'entrées du film "Home" de Yann Arthus-Bertrand. 

Il était assez surprenant que Nicolas Hulot tourne les pages de cette époque d'aventures pour se lancer dans une bataille politique et se retrouver dans la cage aux lions, alors que, ceux-ci, il les avait vu en liberté. 

L'écologie est, à mes yeux, un parti au dessus de la mêlée et qui se doit de montrer les points de non-retour des autres partis. C'est tenter de trouver un compromis entre écologie et économie. 

C'est rester charismatique sans penser ni à la plénitude ni à l'amplitude de son action.

Revenons au livre. Relevons des phrases de "Plus haut que mes rêves".

Six chapitres. Je ne reprendrai que le premier explicatif de son choix "En regardant la marée" et le dernier qui ne retient que "L'essentiel".

Le reste du livre sera à vous de décider d'aller plus profond dans la lecture du texte. 

"Esprit casanier et instinct voyageur", se dit de lui, Nicolas Hulot.

Son rendez-vous avec l'histoire en 2012, est passé de l'indifférence à la constatation de l'impuissance.

Il a, à la fois, énerver, intriguer et exaspéré ses adversaires.

Son but était de rester neutre et de ne pas prendre parti. Faire des clins d’œil à tous sans devenir un ami de politiciens. Rester fréquentable, lucide et dire "oui" et "non" quand il le faut et rester sceptique le reste du temps pour garder l'indépendance de paroles et son autonomie.

Avoir une Fondation à son nom n'est déjà pas une sinécure. Une Fondation est mal vue puisqu'elle reçoit le mécénat de grandes sociétés industrielles. Le comble du comble, c'est peut-être être un aventurier de la chaîne commerciale TF1.

C'est constater, souvent, de devoir assumer un grand pourcentage de non-lieux et quelques moments intéressants.

Dialoguer ou se taire en comptant les points en silence. Etre avec tout le monde et personne et rester méfiant. C'est chercher de bonnes idées chez "l'ennemi" et, parfois, découvrir des opposants dans sa propre "famille" politique. Jouer au brise-glace.
Plaire et oser déplaire.
Tenir à la vie par la politique après avoir jonglé avec vie, n'est pas plus de tout repos car il faut délivrer des certificats d'honorabilité et de conformité devant des préjugés tenaces.  
La Grenelle de l'environnement, "une grenaille de coquille vide".
Le développement durable, le nucléaire, le réchauffement climatique, des sujets typiquement écologistes mais des approches différentes d'aborder les problèmes de la population et de la planète. 

Les questions du choix pour entrer en politique, des dilemmes à plusieurs couches:

  • devenir candidat à l'investiture d'Europe Ecologie-Les Verts ou 
  • soutenir le parti écologiste ou 
  • créer un nouveau parti pour soi-même ou 
  • abandonner la politique en suivant une décision qu'il avait de guerre lasse, signée.

A part, Mitterand qui la snobé, tous se sont approchés de Nicolas Hulot.

Difficile d'intercaler l'écologie entre le socialisme et le libéralisme. 

Le libéralisme est, bien sûr, l'ennemi de l'écologie puisqu'il utilise les ressources en perdition de la Terre.

Le socialisme vise le côté social, humain et ne cherche pas naturellement à sauver la nature que si celle-ci apporte un plus à l'homme et à sa vie. L'Etat Providence est aussi à la croisée des chemins. Les investissements sociaux ne font qu'augmenter et risquent de devenir insupportables.

Claude Allègre, négationniste du réchauffement climatique: pas fréquentable. Jacques Chirac, dans l'opposition, mais resté le plus proche "copain" qui avec l'humour, permettait de comparer avec d'autres qui ne partageaient pas cette manière de contourner les problèmes. Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy le politicien des multinationales, Jean-Luc Mélanchon, Daniel Cohn Bendit, Noël Mamère accusateur de Nicolas pour ne pas s'être assez engagé, Cécile Duflot, Dominique Voynet, DSK, Michel Barnier, Albert de Monaco et même Joseph Stiglitz sont des noms qui ont jalonné sa quête, son parcours de questions, partagé entre sympathie et haine des autres. A Eva Joly au profil de justicier, il envoie, dépité "L'écologie de combat, Eva, ce n'est pas l'écologie des coups bas".

Ecologie punitive, reprise par Stephane Lhomme dans un relais de critiques et de diatribes. "L'incapacité de l'homme à se fixer des limites", toujours elle. Exciter la population, il en restera toujours quelque chose.

Un stand qui a pour affiche "Fuckushuaïa", dans le rayon "douche froide"... 

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Rire de ses divergences et faire des échanges de bons procédés dans un langage de vérité, c'est remarquer que souvent, derrière la "grande chapelle verte", il y en a beaucoup de petites qui se cachent et ne voient que leur propre intérêt.

La soutenabilité financière du système, les nouveaux risques sociaux perturbent tous les idéaux et les idéologies et fait arriver à la constatation que l'humanisme ne parvient plus à réduire la pauvreté, que les rendements ne suivent plus. Le pragmatisme se résume à se rendre compte que l'argent garde une odeur et qu'il faut avoir des discussions houleuses même avec des sponsors quitte à en perdre quelques uns comme ce fut le cas avec Henri Proglio. L'écologie n'est pas un kit complet dont il faut cocher toutes les cases et les mots sont des armes.

0.jpgLa politique en balancier "gauche-droite" a vécu. Perdue entre antagonismes, paradoxes et contradictions.

Investir dans le futur, c'est aussi, parfois, désinvestir dans le présent, faire des choix difficiles, assumer succès et échecs.

La question reste, n'était-il pas plus efficace sur le terrain que dans l'antichambre de la politique? On aime bien que ce qu'on connait bien et fait bien.

La campagne électorale lui a permis de faire l'inventaire des reproches et se rendre compte que l'on change imperceptiblement son opinion de départ.

Pour la plupart des gens, les vacances se sont les voyages, en passant par un moyen de se ressourcer, de l'ambiance du travail et, à l'extrême, une recherche d'exotisme en s'intéressant aux gens rencontrés sur place à l'autre bout du monde.
 
Pour Nicolas Hulot, le voyage fut son fond de commerce et c'est là qu'il était le plus efficace en vendant sa passion. 

Aujourd'hui, l'essentiel pour lui, c'est la maison comme vacances, tout simplement. La maison avec une épouse et ses trois enfants, une priorité et une inquiétude alors qu'il a vécu comme un marin perpétuel avec une sœur comme seul lien avec la famille. 

'La grandeur et la beauté des moments sont anecdotiques.', écrivait-il.

Le tribut à payer pour mesurer la beauté de la planète, c'est le risque. Imprimer son charisme par une couche de poésie comme il l'a fait en loup solitaire à chaque émission. 

La philosophie de son histoire c'est "Rester lucide, responsable et heureux"... et, ensuite, passer le flambeau avec le sésame de la simplicité et de l'empathie.

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Entre ce qu'on rêve et ce qu'on peut réaliser, il y a souvent un fossé qui se trouve du côté des fonds de tiroirs.

En parallèle, je lisais que la Terre est un trésor très convoité par les investisseurs fortunés aux Etats-Unis. Ceux-ci possèdent déjà 2% de la Terre. Dans le trio de tête, on voyait John Malone, Ted Turner et Red Emmerson...

Des transfuges comme d'autres riches qui sont devenus de généreux donateurs pour des causes humanitaires.

Il ne faut pas négliger ceux qui ont des potentiels financiers.

Tout dépend de leurs actions sur le terrain et constater que le message est passé, que ces riches savent aussi, sans être écolos, que la Terre est un bien précieux. C'est déjà un pas dans la bonne direction.

Peut-on s'approprier la Terre pour la protéger? Question délicate qui mériterait bien plus qu'un mot pour y répondre. 

Trop d'écologie, de clientélisme  à se mettre sous la dent?

"L'éolien fait gagner un milliard d'euros à la Walloniedit le premier. 

"Le parc d'éoliennes ne fait que gonfler dans une course folle à la hauteur pour raison de rentabilité et le coût des certificats verts va gréver les caisses de l'Etat", dit le second.

Hier, samedi, ce fut les élections chez les Verts de Belgique pour savoir qui sera tête de liste aux élections de 2014. Isabelle Durand annonçait d'emblée que si elle ne l'était pas, elle se retirait de la course tout en affirmant que "Ce n'est pas du chantagemais c'est avant tout pour des raisons d'efficacité". Ce ne fut pas son jour de chance.

Un vieux souvenir me revient en mémoire. "Soleil vert", un titre presque à contre-emploi, un film prophétique, aussi, dont l'action se déroulerait en 2022 avec cette scène finale, tragique, très Pastorale.

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Parlons de l'écologie avec le nouveau livre "Là où croit le péril... croit aussi ce qui se sauve" du cosmologue, Hubert Reeves.

Avec ce titre, on a envie de pousser un ouf de soulagement et puis on lit à l'arrière du livre: "Une crise planétaire est une sorte d'examen de passage pour toute planète sur laquelle la croissance de la complexité cosmique a permis l'éclosion de l'intelligence. La cosmo-éthique d'Aldo Leopold serait disposer à une gestion de la situation et de montrer les chemins vers le succès de l'examen et la sortie de crise". 

Les chapitres du livres parlent de "Biodiversité", de "Dame Nature" et de "Sweet Technologies". Tous les problèmes d'aujourd'hui.

Comme conclusion, on pourrait dire que l'écologie mène à tout à condition de pouvoir en sortir quelques fois.

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Je me suis amusé à faire une analogie avec ce que j'ai, un jour, bien connu: l'informatique.

Java, pas uniquement une danse, un langage informatique qui correspondrait, à y réfléchir, parfaitement à cette philosophie.

Dans ses fondations, il s'agit de manipuler des objets parmi différentes classes polymorphes, par l'héritage de ce qui peut l'être, par la conversion de valeurs ou idées irréconciliables (par "casting"), par le "switch" de solutions "à la carte", via des interfaces, que l'on pourrait appeler "ombusmen".

Troublante, cette association, non?

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Cela ne veut pas dire, qu'il n'y aura pas de ratés, de "bugs", mais en tenant compte de tous les paramètres, on ne peut que se rapprocher de solutions plus durables en mettant tout le monde d'accord.

Il nous faudra le sacré humour de Alex Vizorek pour s'en remettre de ces querelles intestines de boutiquiers. 

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Il avait prévenu que c'était exagéré le premier jeudi du mois d'octobre que c'était trop de se farcir trop d'écolos au petit déjeuner.

Il partait en grève, le jeudi suivant mais remettait son tablier et les horloges à l'heure avec des idées d'union qui fait la force.

Je lui offrirai, à cette occasion, un p'tit Java, bien fumant, bien serré.

Quant à la force de l'union, elle ne gagne pas uniquement par ce qu'elle donne, mais aussi, par le fait, qu'elle permet, en interne, plus de contrôles entre partis en opposition constructive en plus des médias qui eux, devraient agir en externe.

Nicolas Hulot a dépassé ses rêves d'après le titre de son livre.

Il n'aurait pas manqué d'en rire de l'autre côté du monde alors que les politiciens français ou belges, bien assis, le verraient plutôt en chien de faïence sur une cheminée poussiéreuse.

Peut-on réinventer sa vie? dans les "Grandes question".0.jpg

Oui, absolument et pas qu'une fois, mais cela demande seulement de faire attention à ceux qui sont déjà en place et risquer de marcher sur des œufs.

Daniel Cohn-Bendit, co-fondateur d'Europe-Ecologie, écrit "Un parti, c'est un blindage, une structure fermée, presque génétiquement hermétique à la société".

Au diable, les partis !

La question reste "L'éconologie, un rêve ou une réalité?" en reliant l'économie à l'écologie ou doit-on vraiment, sans trop se poser de questions "passer de la réalité au rêve?".




 

L'enfoiré,

 

Citations du livre:

  • « Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard. », Aragon
  • « Le mot progrès n'aura aucun sens tant qu'il y aura des enfants malheureux. », Einstein
  • « Une action est juste, quand elle a pour but de préserver l'intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est répréhensible quand elle a un autre but. », Aldo Léopold

13/10/2013

Nouvelle révolution de la physique

"Une nouvelle physique va naître", un article du S&V de septembre. Le modèle standard semble être arrivé dans une impasse. Il y a un siècle, déjà, la révolution. Des signes d'un bouleversement de la physique s'accumulent aujourd'hui.

0.jpgLe modèle standard bien connu des scientifiques parle de la physique des particules et celui de la cosmologie. 

La relativité restreinte de la matière d'Einstein et la mécanique quantique de la relativité généralisée, évolutive temporelle de l'Univers depuis le Big Bang.

Mais, les modèles ne disent pas comment est né l'Univers, la matière et son miroir, l'antimatière, la matière dite noire et l'énergie dite sombre...

Le Nobel de physique de cette année vient d'être attribué mardi au belge, François Englert, au Britannique Peter Higgs pour leurs travaux théoriques et Brout, à titre posthume puisque cette découverte remonte à 1964. Cinquante ans, pour sortir des limbes...

Découverte d'abstractions qui n'est pas le fait du hasard, mais pour répondre à un problème fondamental. Le boson de Brout-Englert-Higgs, a été aussi appelé boson scalaire et plus prosaïquement appelé "Particule de Dieu" suite à un livre.

La vidéo de sa présentation était, plus ou moins, explicite.0.jpg

Une belle belle cérémonie... Une journée historique pour la recherche belge... et des commentaires qui allaient dans tous les sens.

"Ne boudons pas notre plaisir", disait tout le monde avec le sérieux de l'emploi. Vu la gouaille et l'esprit de cet ancien de l'ULB, cela n'aurait pas été sa préférence avec les "Fleurs du Mâle" comme petit livre rouge avec la penne sur la tête.

De ce Boson, j'en avais parlé, une première fois en 2008, avec un peu d'humour dans "Ne bosons pas, mais si...". Combien d'autres articles n'y ont pas fait allusion en y ajoutant une touche de plus en plus précise?

La Science se découvre, de plus en plus, de manière théorique. Comme François Englert le disait, il faut comprendre les lois des phénomènes par la logique, par l'intelligibilité rationnelle.

Pas question de remettre le tablier pour expliquer ce qu'est le "boson". D'autres s'y sont risqués.

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Quant au terme de bosonau nom à la particule. il proviendrait du nom du physicien indien, Satyendranath Bose.  Le mot aurait été utilisé pour la première fois par Paul Dirac.

Des journaux en ont expliqué les principes de nombreuses fois, sans faire "tilt" dans la tête du commun des mortels.

François Englert a dit la théorie se comprend à la suite de connaissances apprises et extrapolées par des recherches personnelles de longues haleines.

Dans une conversation, vous vous contenterez des seuls mots: "Il y avait, une fois, (cela met dans l'ambiance puisque c'est un Belge) les "bosons" et les "fermions". Ce ne sera déjà pas trop mauvais comme début.

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Aujourd'hui, la Science souffre toujours de "bottle necks" comme dirait les anglophones.

Quelques petites choses qu'on ne comprend pas, qui restent très "noires" ou du moins "très sombres". Ce n'est pas par manque d'expertises, mais peut-être à cause de leurs trop plein. 

2.jpgTrop de théories qui essayent de se goupiller ensemble sans y parvenir vraiment. Rien n'est standard, rien n'est vraiment consolidé. "Tout n'est pas dans tout" au niveau de la conscience et de la science. Accorder les violons, chers scientifiques, enseignants et décideurs. Les outils existent et Google s'y emploie.

Les théories de l'infiniment petit et de l'infiniment grand sont défaillantes ou ne parviennent pas à s'unifier dans leurs formules. Les neutrinos semblent bizarrement sans masse, alors qu'il doit y en avoir puisqu'il y a de l'énergie.

Le modèle standard ne répond qu'à 4,9% de l'Univers, la matière reste inconnue à 26,9% et l'énergie à 68,8%. 

Manque de cohérence entre les différentes voies. Retourner aux sources en changeant de perspective sans gigantisme et par de modestes expériences de laboratoires sont envisagées.

Neuf voies sont citées dans le S&V (ou la communion de toutes):

1. Considérer le temps comme un objet physique réel: Une donnée évanescente relative à l'observateur. Le temps lié à l'espace. La mécanique quantique rend l'idée même du temps, floue. Les lois de la physique ne font aucune distinctions entre passé et futur. La flèche du temps a seulement une probabilité plus forte. Hartley écrit dans "The Go Between" que "Le passé est une contrée étrangère. Ils font les choses autrement là-bas. Mais pourquoi le passé est-il si différent du futur? Pourquoi nous souvenons-nous du passé mais pas du futur?". Selon la thermodynamique, le désordre entropique augmente toujours avec le temps. Du coup, les "choses s'aggravent" avec la loi de Murphy. La Relativité Générale prédit que l'Univers a débuté par la singularité de la courbure de l'espace-temps infinie et en prédit la chute. Avec l'élargissement, la gravité quantique s'amplifie dans toutes les trajectoires possibles. A la frontière de l'Univers, si bord il y a, il est dit qu'il en irait autrement sans troubler le principe d'Incertitude de la Mécanique Quantique. L'Univers sans frontière impliquerait une phase de contraction dans autant de désordre pour s'effondrer dans un trou noir et l'Univers mourrait avant de naître. (vidéo)
Le +: cela devient plus cohérent. Le -: tout reste à prouver.
      
2. La gravitation n'est qu'une illusion: à l'échelle microscopique. La déformation de l'espace-temps est à jumeler avec l'attraction des corps entre eux via leur masse. Théorie de la relativité générale, de la thermodynamique, de l'holographie qui décrit les frontières seules. L'information à introduire dans le modèle gravitationnel (vidéo).
Le +: Les mystères de matière noire et énergie sombre disparaissent. Le -: La gravitation devient inutile.

3. La piste des axions: La théories des quarks et des axions à relier à la théorie des cordes qui met en vibration une minuscule corde.
Le +: Relancer une théorie unificatrice.  Le -: Les axions sont difficiles à détecter.
 
4. Intégrer l'observateur à la théorie quantique: Changer de perspective et sortir du concept de composants pour étudier ce qu'ils font et comment ils s'installent (vidéo)
Le +: Réinterpréter les équations quantiques. Le -: L'information doit pouvoir le décrire. 
 
5. Traquer les neutrinos fantomatiques: Tellement discrets et fantomatiques, qu'on les dit sans charge, ni masse alors que le modèle standard dit le contraire/
Le +: Dissiper les mystères de l'antimatière. Le -: Expériences délicates.
 
6. Travailler en basse énergie lors de petites expériences: Atteindre le raffinement par l'expérience. Parler de muons plus massifs en place des électrons en rétrécissant l'espace entre eux et les protons à 0,84 femtomètres pour entrer en résonance.
Le +: Les particules de hautes énergies dévoilées par la basse énergie. Le -: La précision des mesures.
 
7. Chercher les Univers parallèles: L'accélérateur de particules LHC plaide en faveur de d'univers parallèles. Une bulle notre Univers au sein d'un méta-univers.  (vidéo)
Le +: Justifier les paramètre singuliers.  Le -: Chercher les traces dans le cosmos.
 
8. Déterminer si l'antimatière gravite comme la matière: Déterminer si l'antimatière tombe à la même vitesse que son miroir, la matière. Corriger la théorie d'Einstein en conséquence.
Le +: rendre inutile la matière noire. Le -: Difficultés de mesures entre matière et antimatière. 
 
9. L'idée de quatrième dimension: Donner à l'espace, une 4ème dimension, pour répondre aux fluctuations du vide en jouant sur la géométrie de celui-ci à l'échelle micrométrique.
Le +: Résoudre l'énergie sombre et 2/3 du contenu de l'Univers. Le -: Détection par expériences de gravitation à petite échelle difficile. 

10. Une seule approche ou plusieurs à la fois? Oser faire varier ce qui est considéré comme "constant" et "dogmatique".

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Vive le désordre... puisque notre cosmos est en expansion et que l'ordre est déjà bien loin dans le passé du Big Bang.

"Courage fuyons" serait le cri du cœur général...

Comprendre l'Univers se fait par étapes avec des théories partielles, concoctées par des experts.

Hors, la théorie du tout est affaire de généralistes...

La Science a beaucoup d'avenir et de besoins de budgets mais il faudra l'obliger à s'expliquer dans ses buts et les raisons de ses rêves.

"Si nous prenons un jour à établir une théorie unifiée, elle devra devenir, en temps voulu, compréhensible par tous, et non seulement par quelques scientifiques. Nous serons alors tous capables de prendre part à la discussion sur la question de savoir pourquoi l'Univers existe. Trouver la réponse à cette question représenterait le triomphe ultime de la pensée humaine puisqu'elle nous permettrait d'accéder à l'esprit de Dieu.", écrivait Stephen W. Hawking dans les derniers mots de son livre "Petite histoire de l'Univers".

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La théorie, initiée par l'analogie, l'imagination, l'intuition et la synthèse, dont l'efficacité est prouvée par l'expérience bien longtemps après, c'est peut-être ça, le rôle et le Karma du "chercheur fondamentaliste". 

D'autres exemples dans l'histoire:

En 1887, Edouard Morley et Abraham Michilson ont jeté un froid dans l'hémicycle des scientifiques de l'époque en démontrant l'absence de l'éther.

L'éther n'était plus...

Vive l'éther, vive les nouveaux noms dans un jargon plus épicé. 

0.jpgBizarre qu'aujourd'hui, les lois scientifiques qui parlent d'inflation, d'expansion utilisent les mêmes mots que dans les lois régissant la Finance.

Une révolution vue avec emphase par les médias?

Plutôt une série d'évolutions. 

La citation latine "Fiat lux" (et la lumière fut) ou la grecque, "Eureka" seront encore souvent prononcés un jour ou l'autre...

Je n'allais pas vous laisser sur votre faim sans humour de tradition.
La Science comme je l'écrivais, peut s'apprendre dans la bonne humeur et même en s'amusant.
 
1.jpgIl y a l'humour de Thomas qui en parlait, à sa manière, de cet infiniment petit et de cet infiniment grand, intimement liés, ce dont je le remercie, en ouvrant, ainsi, de nouveaux horizons. Son père, Edgar Gunzig, cosmologue et auteur de la théorie du bootstrap pourrait peut-être nous vulgariser toutes ces notions complexes.
 
Mais, j'aurai ma propre version.
Oh, pas ontologique, pas récente. Je dirais même ancienne. 

Pas une seconde révolution quantique dans une approche ontologique, non plus, à moins qu'elle puisse faire comprendre ce qu'est réellement la Science avec un grand "S".

Dans le S&V, il est dit qu'on a besoin d'un nouvel Einstein après le boson. Ok.

Alors, pourquoi pas l'humour sous forme d'antimatière, en verlan d'Einstein par l'intermédiaire d'une vieille chanson qui aurait des paroles adaptées pour la circonstance avec le titre:

"Et alors, Nietsnie est arrivé"

Sur l'écran de mon PC, je regardais

Un docu sur l'Univers
Un type nommé Jojo le Bouffi
Poursuivait le physique de Suzy
Il la coinça près du laser
Et très méchamment lui dit :
"Si tu m´donnes pas ton idée,

en moins de temps qu'un big bang
Je vais t´couper en deux"
Puis il l'empoigna
- Et alors?
Ben, il la ficela
- Et alors?
Il la mit sous la scie
- Et alors? Et alors?
---
{Refrain:}

Eh, eh, Nietsnie est arrivé
Sans s´presser
Le grand Nietsnie, le beau Nietsnie
Avec son axion et son grand gravito

---
Mais bientôt j'ai pris la deuxième chaîne
Car un vieux schnock parlait
Charmante soirée, sur la deuxième chaîne
Ils passaient le même sonnet
Près d'un labo, Jo le Bouffi
Coinçait la scientifique Suzy
Et il lui disait :
"Si tu m´donnes pas ta chanson!
J'te réduis ton espace-temps en boson"
Puis il l´empoigna
- Et alors?
Ben, ce fut pas un cantique
- Et alors?
Il mit le feu au quantique
- Et alors? Et alors?
---
{Refrain}
---
Mais moi, j'en avais tellement marre
J'ai repris la première chaîne
Et devant mes yeux, mes yeux hagards
Se déroulait la même scène
Et Jojo, Jojo le Bouffi
Dans une éprouvette fourrait Suzy
Disant :
"Si tu m'donnes pas ton idée, eh, boudin!
J'vais t'balancer sous l'neutrino"
Puis il l´empoigna
- Et alors?
Ben il la ficela
- Et alors?
Sur les rails il la fit rouler
- Et alors?
Ben l'électron arrivait, presto!
- Et alors? Et alors?
---
Eh, eh, Nietsnie est arrivé
Sans s'presser
Le grand Nietsnie, le beau Nietsnie
Avec son antimato et son grand gravito
Avec son quanto et son grand neutrino
Avec son cosmos et son vieux, en parano
---
Ah! Ah! Sacré Nietsnie, va!
Ah ah ah ah!

---

Avec la version originale, bien entendu: 


 

Moi, avec mon esprit que l'on dit scientifique, je veux bien, mais le citoyen lambda risque de perdre son latin et d'en ressortir bien fatigué. "L'évolution avantage les petits", nous apprend le S&V de novembre.

Nos "Diables Rouges", eux, partiront, donc, pour le Brésil.

Je me demande comment expliquer à ces footballeurs que quand ils enverront une balle dans le goal brésilien, celle-ci risque de leur revenir dans les pieds en fonction de la anti-théorie de la flèche du temps, alors que la belle balle soit parfaitement arrivée à destination sans y entrer.

 

L'enfoiré,

 

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Une question: Pourquoi la Belgique n'a que très peu de lauréats au Prix Nobel?

 

Citations: 

  • « Parce que la science nous balance sa science, science sans conscience égale science de l’inconscience. », MC Solaar
  • « Peut-on penser la science ? Une science de la science est-elle possible?», Antoine Spire
  • « Il est très difficile de faire des prévisions, en particulier lorsqu'elles concernent l'avenir », Niels Bohr 
  • « Je crois que Dieu, ce sont les hommes et qu'ils ne le savent pas.  », Jacques Brel
 
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Quant au Nobel de la Paix, là on touche au sublime, à l'invincible fragilité de l'âme.
 
 
0.jpgLe S&V de novembre revenait sur le Cosmos car cette histoire n'est jamais finie.
 
 

07/10/2013

Wallingants: sus aux "flamandiants"

"Non, mais quoi?", dirait Nabila. Quand, la semaine dernière, j'avais lu cet article paru dans le Vif L'Express, qui avait pour titre "La face obscure des Nationalistes wallingants", mon sang n'a fait qu'un tour. Les "gentils" ne seraient plus aussi gentils et les "méchants" devraient se méfier des gentils.

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Dernièrement,le Premier wallon, Rudy Demotte, parlait de sa version, un "nationalisme positif". Il avait mis le feu aux poudres de la polémique.

Voulait-il ainsi passer la rampe de l'Histoire? Son "gentil" nationalisme wallon se retrouvait face au nationalisme flamand "belliqueux". Le droit du sol flamand face aux droits des gens, revendiqué par les Wallons et les Bruxellois.

Un bon cholestérol et un mauvais cholestérol.

L'Europe est encore pointée du doigt par une série de nationalismes vu les succès des partis populistes et extrémistes. Pas besoin d'en rajouter une couche.

Un nationalisme wallon, ce rêve, politiquement incorrect, avait été tué dans l’œuf, heureusement. 

L'élite politique francophone a dégrisé le ministre-président wallon. Un refus du nationalisme qui même vertueux n'ouvre plus les portes mais fermerait celles-ci "tout contre" comme on dit chez nous.

Les risques de l'identitaire existeraient donc, pour certains, de chaque côté de la frontière linguistique. 

Alors, il y a eu la presse, par l'intermédiaire du Vif-L'Express qui faisait ressortir l'histoire du chapeau.

D'après l'article en question, il existe deux symboles wallons.

Le premier sur le champ de bataille de Waterloo: un monument de l'Aigle blessé qui serait un lieu de rassemblement wallingant pendant le pèlerinage flamand de l'Yser.

Le second, un obélisque surmonté du Coq hardi à Jemappes, comme théâtre de la victoire de la France révolutionnaire. 

Si l'on remonte dans l'histoire, en 1626, le wallon Tournaisien, Pierre Minuit, avait acheté l'île de Manhattan aux Amérindiens pour en devenir gouverneur de "Nova Belgica" ou "Nieuw Nederland". Une transaction d'à peine 60 florins, comprenant des tissus, des haches et des ustensiles de cuisine. Le maître-mot, "rentabilité". Il refit la même opération en fondant "Fort Christine" au service du roi de Suède.

Pas un nationalisme, mais une fierté potentielle dans l'histoire des Wallons. Une indifférence par rapport à la valeur d'un sol pour les Indiens qu'ils ne se l'appropriaient pas et ne voyaient de l'intérêt que du côté pratique de la vie.  

Alors, quel est le message subliminal caché derrière l'article sur la Wallingants?

Philippe Raxhon parle de "L'opposition entre une Flandre fermée et une Wallonie ouverte est loin d'être aussi absolue. Le séparatisme désiré en Flandre est né après les années de guerres", disait l'auteur de l'article. "Le fétichisme du territoire n'est pas un monopole flamand".

Entre les deux guerres, "Wallonie libre" allait encore plus loin dans ses déclarations tapageuses. En Wallonie, tout allait encore bien du côté de la sidérurgie et du charbonnage. Ces deux "miracles" avaient construit sa fortune du sud du pays. 

François Bovesse, René Brancart, des noms qui ne disent plus rien aujourd'hui mais qui exaltaient, enflammaient les esprits de cette époque avec le slogan "Touche pas à mon pré carré wallon". Il n'en demeurait, pas moins, relié à des principes ethniques. L'excuse présentée, il s'agit de "régionalisme". Nationalisme ou régionalisme, où se trouve la différence, si ce n'est sur la superficie du territoire?

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Dans l'histoire, il y a eu des phrases malheureuses qu'on finit par regretter mais qui ressortent quand les choses se corsent et que les élections approchent quand la politique conjoncturelle se met à déconner.

Jules Destrée exaltait sa terre wallonne natale, avec sa "race française".

En 1912, comme socialiste carolo, il envoyait une lettre ouverte au roi Albert: "Sire, il n'y a pas de Belges, mais des Wallons et des FlamandsJe n'ai, pour la solution de cet inquiétant problème, qu'un espoir limité dans notre monde politique. Tout y est fâcheusement tranché selon l'intérêt de parti. Cette démarcation rigoureuse de catégories politiques peut avoir des avantages, mais elle a bien aussi des inconvénients. La presse quotidienne, qui forme l'opinion de tant de gens incapables de réfléchir par eux-mêmes, adopte ou repousse ainsi, selon l'intérêt du parti aux affaires duquel elle est associée, toute idée nouvelle. Cette population de la capitale n'est point un peuple: c'est un agglomérat de métis".

Rien de changé. Si Bruxelles est un "agglomérat de métis", elle est devenue, aussi, la moelle épinière de la Belgique. La diversité des cultures est une forme qui a en son sein, un potentiel de progrès rapides.

Dans les années 60, le nationalisme belgo-wallon préconisait le recrutement des travailleurs italiens, comme latins fidèles. Italiens qui restaient néanmoins cantonnés dans l'exploitations des mines.   

Les patois reviennent à l'avant-plan et renaissent de leurs cendres. Très bonnes idées. 
 
Mais qui sont les Wallingants? Qui sont les Flamingants?
Jack Brel chantait les "Flamingants", sans parler des "Flamands".
Sont-ce vraiment les citoyens lambda?
Pas vraiment. Eux ne s'intéressent à la politique qu'à des moments creux ou lors des élections.
Ce sont les leaders ou ceux qui veulent sortir de l'ombre et se chargent de soulever les consciences. Alors, il faut des symboles, des drapeaux, du nationalisme, des vagues pour réveiller les eaux qui dorment.
Le Bruxellois se dit être Zinneke, ("bâtard" comme traduction) et  fier de l'être.
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Vous connaissez le Wanglais?

Non, et bien, le président wallon de Tecteo, André Gilles s'y est risqué devant une assemblée hilare. D'après lui, on se devait de parler anglais aujourd'hui. Alors, on a entendu du "binding offer", assaisonné à du "closing" et mixé à du wallon.

S'il savait qu'un ancien informaticien bruxellois faisait cela depuis de nombreuses années sans plus s'en apercevoir en anglo-flamando-francophone, sans purisme.  

Le 27 septembre, c'était la fête à Bruxelles pour célébrer la fédération Wallonie-Bruxelles, de la Communauté française. Chanteurs exclusivement "belge".

La Grand-Place trop petite pour Stromae. Trois fois plus de candidats pour venir y assister.

Stromae lançait son "In Brussel, we spreken frans en vlaams".

J'avais parlé de la fête de 2011 pendant laquelle chanteurs français et belges se présentaient sur le podium. 

Si par hypothèse, on supprimait cette fédération« Le fait régional est certes une évidence. Mais opposer Régions et Communauté n’est pas un débat pertinent. » , était-il répondu.

0.jpgLe même jour, le séparatiste, Bart De Wever recevait le couple royal à Anvers, "sans faute", avait-il dit. Mais ce fut sans sourires, sans rires.

Des symboles à la pelle, pourtant.

Le flamand, Bert Kruysman, exprimait sa déception lundi passé de ce que fut la "Joyeuse Entrée" à Antwerpen.

La Joyeuse Entrée à Namur a été une promenade de santé.

Le couple royal recevait un poème sur l’identité wallonneécrit par la société namuroise dialectale wallonne des Rêlis Namurois, à l'occasion de la joyeuse entrée du roi Albert Ier et de la reine Elizabeth à Namur, le 1er août 1914, mais qui avait dû être annulée en raison du déclenchement de la guerre. 

Espérons que ce poème ne soit pas trop identitaire...

0.jpgQue coûterait une scission d'une Belgique imbriquée dans des affaires flamando-wallonne à bord d'un vaisseau bruxellois qui tangue entre une Flandre libérale et une Wallonie socialiste, serait-elle de bons augures? 

Si l'identitaire peut planer dans le cœur, l'économie a toujours le dernier mot du côté "cerveau".

Faire fi de son pragmatisme, c'est passé de Charybde en Scylla et s'attendre à des lendemains qui déchantent.

La Belgique, issue du divorce d'avec les Pays-Bas en 1830, diverge ou converge en fonction de paramètres tellement différents.

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Les nationalismes exacerbés, c'est comme un mouvement perpétuel, ça s'en va et ça revient avec des échos qui sortent par la grande porte, pour rentrer par la petite.

Du mouvement wallon qui surgit à la fin du XIXème siècle pour contrer les aspirations flamandes contre la francisation des provinces flamandes avec le français, décrété alors comme unique langue officielle fut considéré comme quasi naturelle au sens biologique du terme. On en est loin des réalités d'aujourd'hui.

Une supériorité intellectuelle par l'intermédiaire de la langue de Voltaire, cela devient tangent quand on constate la situation économique du nord de la France et les besoins de devoir parler plusieurs langues pour trouver le moindre job.

0.jpgQu'avons-nous à gagner, à diaboliser l'autre et une fois séparés? Même séparés, il faudra recomposer avec ses "ennemis d'avant" pour vendre sa camelote en voisins et en échange acheter les merveilles de la production des autres.

Ce sont là les questions à se poser avant toutes réactions épidermiques.

Un des commentaires apporté à l'article me semblait le plus approprié "Lors de la création de la Belgique, le français a très logiquement été choisi, car il s'agissait alors de la langue diplomatique, utilisée internationalement. Les Wallons peu ou pas scolarisés ne la comprenaient pas plus que les Flamands qui ne faisaient pas partie de l'élite. La langue wallonne avait sa culture et sa littérature propres, délaissés par pragmatisme. La Wallonie était riche et industrieuse alors et les responsables belges voulaient un projet d'envergure pour leur pays. Une seule langue, parlée par les élites de tous pays était un choix cohérent. Et il lésait autant les "petits" Wallons que le "peuple" flamand. Les Wallons, vivant alors dans une contrée en plein essor l'ont accepté sans trop rechigner. Les Flamands qui, dans leur région pauvre à l'époque, se ressentaient comme "citoyens de seconde zone", ont dès lors revendiqué, en priorité, le respect de leur "langue et de leur culture". Le nazisme a exacerbé cette revendication. 0.jpgEt, maintenant que la roue économique a tourné (et elle tournera encore), la Flandre est la région de Belgique la plus riche (grâce aux investissements wallons de l'époque - ce qui n'enlève absolument rien à l'efficacité évidente des entrepreneurs flamands). Se sentant dès lors les plus forts (en nombre, en postes clés à l'Etat et dans toutes les entreprises publiques ou semi-publiques, et en richesse), les Flamands veulent faire subir aux francophones les brimades dont ils ont été victimes (ou leurs parents, ou leurs grands-parents, arrière-grands-parents...) et ne veulent plus "payer pour les pauvres francophones qui se complaisent dans leur situation". Et si les riches Wallons de l'époque avaient réagi de la même façon à l'époque, que serait devenu la Flandre sans, par exemple, le port de Zeebrugge, celui d'Antwerpen, Sidmar ? La mémoire des faits désagréables, mais pas celles des bienfaits ? Un peu court. 0.jpgFatigants ces "Caliméro" qui ont désormais toutes les cartes en main. A part l'actuel, les Premiers ministres ont toujours été flamands, voire flamingants, depuis des dizaines d'années et les politiques suivies leur auraient toujours été "imposées" ? Allons donc! Des compromis certainement, mais c'est normal, non, en démocratie ? Evidemment il reste aux francophones à montrer enfin de quoi ils sont capables... à notre époque!".

"Le renouveau industriel passera par d'économie mixte: un écosystème partenarial qui associe l'Etat, le secteur privé et le monde syndical sur un mode de concertation allemand", lançait l'économiste Bruno Colmant.    

0.jpgA la base de l'article du Vif, "Régionalisme wallon et nationalisme flamand. D'autres projets ou simplement un autre nom?", de Chantal Kesteloot, renchéri par Maarten van Ginderachter dans "L'introuvable opposition entre régionalisme citoyen wallon et nationalisme flamand".

Deux historiens qui veillent au passé. Rien de plus. Une polémique en prime?

L'Histoire est une base, construite en suivant l'évolution des mentalités des populations. Faire le procès des Wallons n'est pas un principe avouable. Placer tous les Flamands dans le même sac non plus. 

Bruxelles, maître chez toi?

Absolument pas, répondait, avec ferveur, l'historienne Chantal Kesteloot. "Ses militants sont nombreux à venir s'y installer mais continuent de s'y sentir étrangers avec un profond mépris pour tout ce qui est 'bruxellois'".

Thomas Gunzig disait dans un café serré humoristique, ignorer beaucoup de choses sur la Wallonie. Je me promène quelques fois en Wallonie pour en découvrir les avantages et les inconvénients. Citadin dans l'âme, j'ai besoin de l'animation qui m'entoure dans une ville à dimensions humaines comme l'est encore ma ville natale.

A se promener alternativement dans les rues des villes flamandes et wallonnes, il est assez facile à constater que l'activité économique reste toujours prépondérante dans le nord.  

Bruxelles est à la frontière de deux cultures et un carrefour de langues. Bilingue, trilingue ou plutôt multilingue quand on prend conscience que la ville n'est plus ce qu'elle était avec plus d'une centaine de langues et, aussi, un melting pot de cultures qui parfois se mélangent les pinceaux. Il faut aimer le tourisme à domicile qui peut avoir un aspect de bordel. 

0.jpg

"La N-Va ne peut rien apporter de plus à Bruxelles" disait l'un, tandis qu'un deuxième ne manque pas une occasion de lancer de petites phrases assassines pour rester au dessus de la mêlée, tandis qu'un dernier relance l'idée d'une septième réforme de l'Etat, pour se retrouver sur les plates bandes du précédent, alors que la sixième réforme de l'Etat n'est pas encore digérée. 

0.jpg"Tous les sondages montrent qu'une grande majorité de belges souhaitent vivre dans une Belgique fédérée et unie", était-il commenté, mais un politicien ne suit pas la population, il la précède, chère Madame.

Va-t-on se reposer la bonne question "stratégique" lors des élection de 2014?

Plus on s'approche de la date, plus le réveil des instincts sont de retour.

Un nouveau coq hardi, différent du gaulois, face à un lion flamand sur fond jaune?

Zaventem-Charleroi, c'est la guerre, avec des titres comme cela, on n'est pas encore sorti de l'auberge, même s'il est question de problèmes d'aéroports. Concurrence déloyale, mais voyons....

0.jpgMais tant que Herman publie ses haïkus, que Di Rupo gère, rien n'est perdu. Ce dernier se dit "lent" qui prend les choses en douceur.

Les rattachistes à la France, eux, se foutent royalement de ce que pense la capitale et veulent créer un nouveau département français à la "Ch'tis", plus ou moins déshérités.

Michel De Coster ans "La culture wallonne" démontre qu'il y a une culture spécifique wallonne. 

0.jpgLes Français apprendraient-ils ce qu'est l'humour et l'histoire belge pour enfin comprendre ce que veut dire "septante" et "nonante"?

C'est presque marrant de pouvoir espérer que la Belgique fasse des étincelles au foot au Brésil pour que l'esprit national aux trois couleurs du drapeau, reprennent de la vigueur.

Plus de Jean-Marie Pfaff dans le but.

Une fête nationale fédérale, le 21 juillet. Une fête communautaire flamande, le 11 juillet. Une communautaire francophone, le 27 septembre. Une communautaire germanophone, le 15 novembre. Une régionale bruxelloise, le 8 mai.

Que demande le peuple de plus que d'avoir beaucoup de fêtes? 


0.jpgUn symbole qui disparaissait ce jour de fête de la fédération Wallonie-Bruxelles, François Perrin

La Belgique de papa et de grand-papa n'est plus, vive la Belgique de demain.

Les commentaires à la suite de l'annonce sont d'ailleurs très partagés.

Je reviens, une nouvelle fois, au livre de Philippe Geluck, "Peut-on rire de tout".

A la question, de rire des Belges, il se demandait si c'était la peine puisqu'on le fait si bien de nous-mêmes, tout en remarquant un certain pincement, quand on réalise ses manques et ses contradictions.

Un pays et pas un peuple?

Bien sûr, et alors?

La solution qu'il propose: "Éradiquer les Belges de Belgique pour qu'ils deviennent gouvernables. A la tête d'une grande secte, un gourou qui persuaderait que la vie serait meilleure sur Sirus ou Andromède après avoir bu un breuvage hallucinogène". 

Bert Kruysman, reprenait le flambeau, ce lundi, dans un autre café serré en "badigeonnant" de critiques alternativement les esprits chagrins flamands et francophones au sujet des indemnités parlementaires et avait de ce fait sa place, une nouvelle fois, dans ce billet. 

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Nicolas Vadot, lui, a une triple nationalité française, britannique et australienne et balade son "ironie suprême". Il écrivait "J'ai beau ne pas être belge, je trouve que ce pays est quand même, malgré sa complexité politique et les trottoirs défoncés de sa capitale, nettement plus moderne que beaucoup d'autres, notamment en France, à bien des égards. Vingt années que je l'observe sous toutes ses coutures, ou presque.".

0.jpgSouvent, il me permet de piocher dans son panel de caricatures bien dessinées et très suggestives. Il fête son vingtième anniversaire au Vif-L'Express. Je ne manquerai pas de lui envoyer mes félicitations. Sur 4000 dessins, 200 ont été sélectionnés et réunis dans un livre. Une récapitulation de toutes ses années.

Santé et prospérité à son auteur.     

 


 

L'enfoiré,

 


0.jpg"Bruxelles est une fête". Une exposition aux Halles Saint-Gery avec des photos de "Quand Bruxelles, brusselait". 
Lîle Saint-Géry nommée en souvenir de Saint Géry, évêque de Cambrai qui y aurait bâti une chapelle vers l’an 580. La tradition situe l’emplacement du premier castrum des ducs de Lotharingie, marque, au Xe siècle, la naissance de la ville. Aucun vestige n’a pas été retrouvé. Des Halles ont été construites en 1881. Elles abritaient quatre rangées de doubles étals et un comptoir de vente.

En grattant un peu plus que Wikipedia, on lit: "L’île Saint-Géry était déjà fréquentée à l’époque romaine ainsi que l’attestent les trouvailles archéologiques. Selon la légende, c’est en cette zone marécageuse où les méandres de la Senne dessinaient plusieurs îles que Géry, évêque de Cambrai venu évangéliser le pays, se fixa et édifia une petite chapelle autour de laquelle un hameau se développa. Saint Géry aurait du reste débarrassé la région d’un redoutable dragon. Trois siècles plus tard, vers 980, Charles, duc de Basse Lotharingie et frère de Lothaire, roi de France, aurait choisi la plus grande des îles de la Senne pour y faire bâtir un palais dont quelques restes auraient même subsisté jusqu’au début du XIXe siècle, dans la maison du Ballot d’Or. La tradition –aussi tenace que fragile- considère en tout cas la « grande île » comme le berceau de Bruxelles. Et certains affirment même à ce sujet que le pont qui orne les premières monnaies frappées par la ville au XIIIe siècle, permettait le passage de la Senne en cet endroit"…

Dimanche, après une nuit blanche, Bruxelles avait un marathon et un semi-marathon.
And the winner is in 2:15:49...

Place aux photos de l'expo en un clic

 

Proverbes des trois régions:

  • "On' vike nin 'co si må po dès p'tits ovrîs", on ne vit pas encore si mal pour de petits ouvriers.
  • "C'èst' on "dji vou, dji n'pou", Je veux je ne peux. De grands projets, mais sans réalisation 
  • "Ledigheid is des duivels oorkussen.", La paresse est l'oreiller du diable.
  • "Alle blafende honden byten niet.", Aboyer n'est pas mordre.
  • "
    Nen ondt van wa da ge de bïen pakt, kennt gïen kameroede", 
    Le chien dont on prend l'os, ne connait pas d'amis.
  • "Den èreme kontennt ess ni èrem, de raïeke ni kontennt ess ni raïek.", Le pauvre content n'est pas pauvre, le riche mécontent n'est pas riche.
  • « La Belgique, c'est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n'existent pas.  », Jacques Brel
  • « La nationalisme est une maladie infantile, c'est la rougeole  de l'humanité", Mark Eyskens 
 
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Mise à jour 10 octobre 2013
: Wilfried Maertens est décédé. Flamingant dans les années 60. Une longévité politique pendant neuf gouvernements entre 1979 et 1992 pendant lesquelles il a été le pionnier d'une Belgique fédérale.
Une page de la Belgique s'est tournée par un Européen convaincu. 
 
 
 

0.jpgMise à jour 30 octobre 2013
:
- Marius, as-tu du coeur de me donner Bruxelles?, dit Bartje.
- Pas le jour d'Halloween tout de même.
 
Dans la Belgique confédérale de la N-VA, il n’aurait plus de région bruxelloise. Les habitants de la capitale devraient se déclarer flamand ou wallon. Les deux régions se partageant la quasi-totalité des pouvoirs. Une division déguisée du pays où l’état fédéral ne jouerait plus qu’un rôle très secondaire. Voilà la vision du parti de Bart De Wever. Les nationalistes flamands présentaient cet après-midi leur nouveau programme communautaire. Ils ont enfin précisé ce qu’ils entendaient par 'confédéralisme".

La sécurité sociale ou encore perception de l’impôt sur les personnes physiques feraient partie des matières régionalisées. Le Bruxellois, avant de déclarer son "identité linguistique", serait bien inspiré réfléchir à la couverture sociale qu’il veut avoir et au niveau d’impôt qu’il veut payer. Sera-t-il associé au sort des wallons ou à celui des flamands? De Wever, lui, promet que sa politique conduira à des baisses d’impôts en Flandre. Il dit aussi que les Bruxellois pourront changer d’avis après trois ans. Le parlement fédéral ne comptera plus d’élus directs. La chambre ne compterait que 50 députés. La moitié, désigné par le parlement wallon, l’autre moitié envoyée par le parlement flamand. Quant au Sénat, il passerait à la trappe. Le gouvernement fédéral serait restreint. 6 ministres, 3 flamands, 3 wallons, tous bilingues mais plus de Premier ministre.Quant aux 19 communes bruxelloises, elles fusionneraient avec l’actuelle région pour former une entité administrative dotée d’un gouvernement aux compétences limitées. Il ne resterait plus guère parmi les matières fédérales que l’armée ou l’immigration, par exemple. L’état belge conserverait la gestion de la TVA et des accises. Des ressources destinées à apurer sa dette. Le Roi se réduit à exercer un rôle purement protocolaire. 

0.jpgMise à jour 5 novembre : Dernière "Joyeuse entrée" du Roi et de la Reine à Bruxelles. La seule pendant laquelle il a plu

29/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (4-4)

Conclusions multiples souvent à têtes chercheuses

0.jpgJe l'avais annoncé, c'était un journal et un journal parle de tant de choses, de tant d'événements agréables ou désagréables quand on ne veut rien oublier.

Reflet de circonstances parallèles, de l'environnement, il se veut, par définition, le plus long possible comme un mini-livre intimiste de vies peut l'être, avec comme point central, le cancer.

Plus de neuf mois, avec cet intermédiaire embarrassant qui s'est invité comme passager clandestin...

Et, neuf mois, c'est court et c'est long à la fois. J'ai parfois espéré que le temps aille plus vite. Ce journal a été écrit, presque au jour le jour, avec pragmatisme, un peu d'humour et j'espère lucidité.

Sortons du journal. Tentons d'aller plus loin, de donner des bons et des mauvais points sur son chemin sans pour autant juger qui que ce soit, sinon, Lui.

Ce cancer, cette maladie insidieuse, qui prend en traître et qu'il faut "chatouiller" avec une médication qui démolit plus qu'elle ne guérit jusquà maltraiter le corps et l'esprit.

La mutilation ne suffisait pas. Il a fallu ce calvaire de la médication, dites, ciblée, alors qu'elle faisait plutôt penser à l'introduction d'un éléphant dans un magasin de porcelaines.

C'est avoir la foi comme on l'aurait pour une religion. Vous vous rendez compte parler de religion alors qu'il s'agit de science... Une science qui se cache derrière des statistiques et des pourcentages de réussites... 

Revenons par la pensée au début du traitement. Quel a été l'épisode, le plus efficace? La chimio ou la radiothérapie ? Qui va répondre à cette simple question?

La pharmacopée de la maladie est un marché très juteux et un malade chronique est un client excellent. Cela ne veut pas dire qu'il faille rogner les budgets de la recherche pharmaceutique dans le traitement de ce genre de maladies qui ont des arguments massues des opposants aux thérapies du cancer, des maladies vasculaires, de la dégénérescence du cerveau comme l'Alzheimer.

Les maladies dites orphelines sont moins profitables. Moins prisées, elles intéressent moins l'industrie de la pharmacie.

Le cancer a la cote dans la chanson chez les plus jeunes. Récemment, "Quand c'est" de Stromae et "Trop sensible" de Zaz. Mais il doit y en avoir d'autres.

- Mais qu'est-ce qu'il est venu faire dans cette galère, ce putain de cancer? Pourquoi s'acharne-t-il à réduire les chances de vie de son hôte et en définitive de lui-même? 

Une réponse pourrait être plus philosophique que médicale.  

Les virus sont les agents secrets de Dame nature qui apporte la force motrice de l'évolution en modifiant activement la génétique d'autres espèces. Des parasites, des aliens, mais un dieu du progrès pour l'athée. Le cancer, lui, une sorte de dieu, mais qui vise l'immortalité en refusant l'apostose. Tous deux parasitent et causent immanquablement des dommages à son "logeur". Sans contamination virale, jamais les mammifères placentaires n'auraient vu le jour. Le cancer, on ignore encore sa raison d'être.

Je me rappelle certains articles de forum qui allaient à contre-courant et que je m'en voudrais de ne pas citer. Ils frisent souvent le créationnisme ou le défaitisme en faisant intervenir le hasard sans l'expliquer.

"Cancer: toute la vérité", article qui m'avait fait bondir et n'était pas à mettre sous les yeux de ceux qui sont passés par les traitements précités.  Un autre se glissait sur la même vague du scepticisme par quelqu'un qui se dit scientifique et philosophe.

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"Le cancer, un processus ancestral.

"La chimio est-elle indispensable?" avec une conclusion qui semblait racheter ce qui précèdait: "Le cancer ne sera pas guéri par la science mais il ne faut pas forcément désespérer car les forces de l’esprit restent une option crédible, sous réserve que l’on parvienne à s’en rendre maître pour réaliser des choses que la science ne peut pas faire. Dommage que les gens et les institutions ne croient plus dans ces « options » qui ont donné, rarement certes, mais de manière étonnante, des résultats tangibles. Je ne parle pas évidemment du « tourisme paralytique » à Lourdes mais d’authentiques pratiques spirituelles. Qui évidemment ne sont pas ancrées dans l’époque du clic instantané parce que la marche de l’esprit possède ses propres règles et une temporalité qui se moque de l’agitation du monde avec ses horloges numériques.".

Remettre un peu d'ordre dans ce désordre spirituel... Quand un Dieu entre dans le jeu, c'est une discussion sans fin qui frise l'insulte entre Foi ou maladie de foie. 

Remonter à l'abiogénèse...

Si la religion peut aider à mieux appréhender les vicissitudes de la vie, pourquoi pas? 

"Les gens qui ont expérimenté l’abstention thérapeutique ne sont plus là pour en parler. De ceux qui se sont soignés, c’est vrai il y a eu des échec et des inconvénients, mais il a aussi une majorité significative qui sont toujours là", répondait mon médecin traitant. "On lit tellement de conneries sur Internet", avait répondu, en écho, l'oncologue à la même question.

Chacun sa chapelle et chacun reste sur ses positions en fonction de son expérience et de son éducation.

De mon côté, je crois que je n'ai rien à ajouter à "La vérité très indésirable de la chimiothérapie" et que, comme il est dit dans ce billet, j'ai aussi eu mes propres coups de gueule en tant que citoyen lambda, candide pour ce qui tourne autour de la médecine.

Lire les forums reste intéressant pour tâter le pouls d'une population, mais pas pour en faire un dogme et une ligne de conduite. 

C'est dans ces moments de douleur que l'on reconnait ceux qui tiennent à vous. Que des connexions familiales ou extra-familiales se  font, se refont une santé ou se défont. Cela permet de tester les résistances de chacun face à un événement malheureux et difficile à supporter.

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Quand j'écrivais en préambule de ce journal qu'une bonne entrée en matière était de revoir "Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus" (lien pour ceux qui n'y accèdent pas), ce n'était pas pour rien. La femme a une sensibilité exacerbée dans le sang que les hommes n'auront jamais totalement de la même manière. La féminité n'est pas une vue de l'esprit. Vivre ces différences dans des moments de confrontations sont à prendre en fonction du goût du moment de chacun des interlocuteurs. Je me demande ce que penserais un homme s'il devait porter des seins pour exprimer sa virilité.

La Bruyère écrivait "Les femmes sont extrêmes. Elles sont meilleures ou pires que les hommes".

Parler de son épouse comme son alter ego, avec les années, fait plutôt ringard. Il vaut mieux parler de son alter tout court. Les besoins sont différents selon l'un ou l'autre, même si l'on reste handicapé et donc, incomplet dans ses actions et réactions. Tout cela entraîne le déséquilibre des manières de penser mais aussi, l'envie de devenir complice, peut aboutir à s'enrichir soi-même. Le courage doit être pris en commun dans un couple qui se retrouve face à la maladie avec le secret espoir de gagner la bataille du cancer. 

0.jpgJe ne sais, si j'ai été à la hauteur de la tâche à faire le contre-poids de mon épouse, à chercher à donner des envies et parfois, de les forcer. Quand deux personnalités fortes se rencontrent, les étincelles sont toujours derrière le coin, avec les mauvaises humeurs. Une mauvaise compréhension de la situation peut construire un drame puisque les filtres ont été supplantés.

Pas question de faire le technocratie de l'intime ou du coaching, comme je le lisais. 

Un contrôle social qui viserait à conformer les existences et à anéantir la capacité d'esprit et la critique entre les éléments du couple, ni de répondre à la dame qui dirait:

- Je pense, mon chéri, que tu désires t'investir dans le ménage mais que tu refoules cette pulsion par peur d'un épanouissement domestique. Alors, fais-toi plaisir. Fais briller notre beau logis". 

Chacun a ses prérogatives là où il excelle et là où il échoue à coup sûr dans un jeu de quilles.

Il y a-t-il des conseils à donner à l'époux de la malade?

Accorder deux tiers du temps à votre moitié que vous voulez protéger. Etre psychologue. Comprendre mieux que, pour une femme, les sentiments ont plus d'importance que pour l'homme. Faire le forcing du rire. Profiter de l'instant présent. Repousser un futur potentiellement dangereux. Continuer comme si de rien n'était à construire des projets. Oublier l'épée de Damoclès, toujours pendue au dessus de la tête.

Un commentaire m'avait été envoyé par Karin, une amie : « Elle a vraiment beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme toi. De plus, avec ton journal, tu feras progresser la compréhension de la maladie, cela aidera encore plus de personnes. C’est formidable. ».

Tiens, "Formidable", une chanson à la mode, qui rappelle que l'on peut aussi être "minable". De la chance, une contre-partie à la malchance ? 

La vie est ce qu'elle est. Il faut la déguster telle qu'elle est, telle qu'elle vient. "C'est ma vie", chantait Adamo dans une version réactualisée.

C'est aussi se rendre compte de la connerie qui se cache derrière le titre "Pourquoi la silhouette féminine 'idéale' imposée par les médias et la haute-couture est un mirage ou pourquoi les hommes aiment le porno" qui avait attiré mon attention, et m'avait fait sourire.

On y lisait: "Les hommes qui regardent des courbes féminines très marquées éprouvent le même plaisir que lorsqu’ils consomment de l'alcool ou des drogues puisque ce sont des indicateurs de la santé et de la fertilité des femmes. Ironiquement, les médias occidentaux ont mis l’accent sur des femmes beaucoup moins galbées, faisant croire aux femmes que les hommes sont attirés par des femmes à la silhouette plus longiligne.".

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Je n'ai pas, ou plus, la Berlus_connie... 

Ni consommateur d'alcool ni de drogues, non plus.

"L'amour, c'est quoi?", lisais-je dans un article qui tournait autour de la "World Congress of Love" venu au devant de la scène très récemment.

"Plus important que le sexe", était-il conclu. "Un état émotionnel puissant, universel et qui traverse tous les siècles au travers d'affinités".

"Les objets du désirs et de l'amour. C'est ce qu'on n'a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque", écrivait Platon.

Scientifiquement parlant, ce serait une histoire d'hormones, de dopamine et d'ocytocine. 

Le cancer du sein, un cancer typiquement féminin.

"Rien d'exceptionnel, c'est la chimio, les rayons", lisais-je, ailleurs encore.

Pour celle qui doit le subir, le "rien" se transforme en "tout".

Pour l'homme, le cancer, c'est celui de la prostate, qui, en général, "joue" à la contrepartie. Les "bijoux de famille", il faut les garder à l’œil.

Pourtant, il y en a d'autres, beaucoup d'autres, de plus fâcheux, de plus expéditifs aussi.

Des articles dans la presse parlaient récemment de Michael Douglas et de son cancer de la langue, de la gorge qui l'a déboulonné pendant deux ans. Une force de caractère, un instinct de survie, de l'humour, de la modestie, du charme, lui ont permis d'en sortir à l'âge 69 ans, tout en subissant la bipolarité de sa femme, Catherine Zeta-Jones et un fils incarcéré pour faits de drogue.

Il avait des mots pour définir cette période qui font réfléchir "Si je savais comment j'ai eu mon cancer, j'aurais eu le prix Nobel de la médecine. Je suis guéri à 95%. Vaincre mon cancer m'a libéré à jouer dans "Ma vie avec Liberace" de Steven Soderbergh à jouer une icône gay. Jouer un rôle d'homosexuel dans un pays presque homophobe. Aucun studio n'en voulait. Ma carrière passait avant tout, avec un trac fou mais mon père, Kirk, était toujours à mes côtés en esprit et comme mon inspirateur. J'ai, depuis, une envie de vivre tous les instants."

Si ce journal a servi à quelques suivants et suivantes, j'en serais heureux, mais il ne restera qu'un exemple parmi d'autres en fonction des caractères de chacun. Nous sommes tous des empruntes digitales ambulantes...

En définitive, le cancer est un roman policier, une sorte de thriller permanent avec un assassin relativement bien connu mais dont on ne soupçonne pas ses actions et réactions. Le coupable est désigné.

Un "flic" de service travaille par déduction, derrière ses intimes convictions, soutenues par des chiffres et des lettres qu'il a lu sur un écran d'ordinateur ou appris par ses collaborateurs, ses "taupes". Le crime est presque parfait. 

Pendant que j'attendais dans la salle d'attente alors que mon épouse était traitée par la radiothérapie, je relisais un livre que j'avais déjà lu, mais qui, dans sa première lecture, ne m'avait pas imposé autant de réflexions.

Dans l'histoire, un flic qui veut comprendre la tentative de suicide de son ami.

Comme c'est souvent le cas pour les meilleurs thrillers, on ne connaît toute l'histoire qu'une fois arrivé à la conclusion dans le ou les derniers chapitres lors des "Cinq dernières minutes".

0.jpgJ'ai repris quelques phrases du livre en détournant le sens de certains mots en fonction de ce journal. Une confirmation à mon histoire sur des chemins parallèles allégoriques.

Deux phrases leitmotiv, « Là où tout a commencé, La loi est ce que nous faisons », écrite sur les murs. Une clé de l'énigme à trouver dans un combat entre Dieu et Diable. Vaincre le mal intrusif, insidieux, sans jamais être sûr de réussir. Vivre des moments furtifs de joies. Avoir des questions à choix multiples, entouré de pèlerins, d'apôtres et de soldats, tour à tour adversaires ou alliés sur le chemin de l'apesanteur par le tabernanthe-iboga noire qui provoque l'asphyxie. En finale, se retrouver comme un spéléologue au fond d'un trou à la recherche d'indices, avec le risque d'y passer soi-même. Repousser ses appréhensions sans vraiment où mettre les pieds vers l'ultime affrontement. Retourner aux sources du mystère comme un égyptologue au fond du tombeau de Toutankhamon, quitte à y laisser sa peau. Au fond, trouver une salle de bal, une cathédrale maudite, une rencontre qui ne serait pas celle du cancer, mais de son ombre portée. Un combat eschatologique, dans le théâtre d'une conversion et une expérience indicible qui donne naissance à un être nouveau grâce au seul élan vital d'un messager. Finir par s'incliner devant le mystère de la vie et découvrir que le monde n'est pas un visage de dieu, mais un mensonge du démon. Un combat avec des leurres, des « Sans lumière », des Asservis. Puis continuer, simplement continuer, pour être plus fort tout en écoutant ses ennemis jusqu'au bout sans illusion ni compassionSur le chemin de la quête, beaucoup de dossiers, de cadavres, de médicaments, d'impressions d'avoir laisser passer une case vide sur un puzzle à cause de faux-semblant, de fausses pistes qui auraient fait dévier le diagnostic et risquer les récidives.

A l'arrière de ce livre, on peut lire: "Quand on traque le diable en personne, jusqu'où faut-il aller?".

Le mot "diable" était, en l'occurrence, à remplacer par celui de "cancer".

Pour le reste, tout collait. Tout y était. Un livre à tiroirs.

Le titre du livre: "Le Serment des Limbes" de Jean-Christophe Grangé où L'auteur abordait le thème EMI, des Expériences de Mort Imminente, tout en découvrant qu'il ne s'agissait peut-être que d'un subterfuge, d'une escroquerie, d'une "maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée".

La mort imminente n'est pas la mort, tout comme le cancer ne donne pas d'office ce genre de fin sans rémission avec les moyens thérapeutiques pour pouvoir y résister.

C'est une période pendant laquelle on peut départager les amis, les transparents et les ennemis de souche, comme on pourrait le faire avec les cellules souches familiales ou extra-familiales. Border-line de nature, je connais cela.

C'était fou de tenter ainsi de casser le miroir de "notre" histoire. Je me suis rendu compte que mon épouse était devenue mon sujet d'observation et de mes expériences avec ma logique pragmatique et souvent trop dichotomique.

La médecine, elle, a encore beaucoup à faire dans le futur. Si elle a permis d'allonger la durée de vie, elle se doit de garder le projet essentiel d'améliorer les méthodologies pour que cette durée de vie puisse être la meilleure possible et comme le disait un S&V récent, on stagne ou on régresse dans cette optique.

Le but, garder le moral, fonctionner avec lui, c'est gagner une bataille.

La chimiothérapie a son histoire, ses pionniers, ses succès et ses échecs. 

Paul Ehrlich est considéré comme son père spirituel, mais que d'étapes avant de prendre la direction qui nous intéresse. Penser acquis plutôt qu'inné dicté par les gènes. Le vécu et l'environnment sont aussi capables de modifier l'ADN. Nouvel AD qui sera transmis ensuite à la descendance. 

Puis, il y a l'inattendu. Les moyens à la portée de tout le monde dans lesquels on peut trouver des solutions miracles pour mieux supporter la chimiothérapie par la réduction de ses effets secondaires et parfois, arriver à éradiquer le cancer lui-même.

Ce documentaire, repassé, ma semaine dernière sur ARTE et parlait du jeûne thérapeutique, de la sanogénèse qui tout en mettant les cellules normales en mode "protection" suite aux millions d'années de l'évolution, plaçait les cellules cancéreuses, neuves dans une situation de manque jusqu'à en mourir.

Manque de budgets pour creuser ce filon.

Le chat, Philippe Geluck, disait, tour à tour,

  • "Les gens qui n'ont pas de projets sont des amnésiques du futur", 
  • "Le papillon sait qu'il ne vit qu'un jour, mais il le vit pleinement".
Avez-vous déjà vu un papillon amnésique avoir d'autres projets que de butiner?
 
Dans son dernier livre "Peut-on rire de tout", il avait un alinéa sur la chimio. Il disait :
- Bon je suis d'accord que les séances doivent couper tes journées, mais d'un autre côté, vois ce que tu regagnes en séances d'épilation...
Comme l'épilation de mon épouse ne fait pas partie de ses problème, j'ajouterai:
- ... et de temps, de salive épargnés chez le coiffeur.
Mais difficile d'apprendre à ma moitié ce genre de principes avec moi qui signe.... 
 
L'enfoiré,
 
Alors, pourquoi pas un peu d'humour?

 
 

 

0.jpgRemerciements :

  • aux médecins oncologues (F.Mazzeo et P.Scalliet), 
  • aux sénologue (K.Van de Merckt), (M.Berlière)
  • au gynécologue (E.Camacho), 
  • à notre généraliste (J-P Thomée)
  • aux infirmières (dont S.Winston, Natasha), 
  • au kiné (E.Folque), 
  • à la pharmacienne, 
  • à ma "sauveuse" (L.Mertens)
  • à Christelle qui a connu la même expérience
  • à l'aide ménagère (M.P. Lot) 
  • à ceux qui ont été solidaires..

 

Des images de mon épouse avant, pendant (perruque et foulard) et après.

4.jpg

Mise à jour 30 septembre 2013: D'après le S&V de septembre, le cancer tue d'avantage les plus défavorisés. Une exception, le cancer du sein qui se conforme à la règle de l'inégalité sociale.

Les études épidémiologiques montrent que les femmes les plus aisées ont 1,6 fois plus de risques de contracter une tumeur à cause de grossesses plus tardives et un nombre moins élevé d'enfants. Par contre, elles présentent le meilleur taux de survie à la maladie.

Mise à jour 28 août 2014: Il y a d'abord la Fondation Mimi. Le Vif sort un dossier sur le cancer pour dire que la Belgique est à la pointe de l'oncologie via l'immunothérapie, les cellules souches et à cause des recherches sur les souris du Pr Pierre Sonveaux de l'UCL qui a réussi à stopper les métastases, la cause de 90% du décès de patients atteint du cancer. Les Mitochondries produiraient des radicaux libres appelés "ions suroxydes"  

http://www.arte.tv/guide/fr/plus7/?em=044340-000
 

23/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (3-4)

Acte 2: La " Taxo chimio" commence

19-20 mars: Presque une habitude, la préparation pour la 4ème chimio. Au programme, la prise de sang et la visite médicale. Pourtant, cela sera différent.

La chimio Taxo avait été "taxée" de « différente » et peut-être de « plus méchante »...

Elle est censée empêcher la mitose des cellules cancéreuses. "Divide ut imperes" dirait-on dans un autre domaine plus philosophique.

Le Taxotere est pourtant ce qu'on peut qualifier de « saloperie curative ».

Deux nouvelles précautions : du Medrolla veille et les trois jours suivants pour, en principe, mieux supporter la chimio.

Sur la flasque à injecter la mention, je lis "Docetaxel 143 mg".

L'action du Medrol achevée, les problèmes commencent. Des malaises sans origine précise.

Et puis, il y a les gants "style frigo-box" portatifs pour refroidir mains et pieds pour donner une chance aux ongles. En fait, cela n'évitera pas vraiment qu'ils jaunissent et qu'ils deviennent friables en dépit des vernissages-dé vernissages à répéter tous les trois jours préconisés.

24 mars : Ce matin-là, première au levé du lit, mon épouse fait quelques pas, titube quelques mètres avant de s'étaler de tout son long sur le sol. Moi, encore sous les plumes et les rêves de la nuit qui saute, au jugé, en manquant l'écraser au passage. Troubles de la vue, chute de tension? Appel à un médecin de garde et ce sera garder le lit, pour le reste de la semaine. La température avoisine les 38°C mais, heureusement, ne l'atteint pas. En cas de dépassement, ce serait le retour d'urgence à la clinique comme il a été prévu. Il n'y a pas que le physique qui est au plancher, le moral aussi...

31 mars : La température est tombée... Première sortie du lit pendant cinq à dix minutes. Amélioration progressive mais... des saignements de nez avec résidus grisâtres qui font penser que la cervelle suive le même chemin. Des constipations se régularisent. Les chevilles enflent. Non, la cours des miracles n'est pas loin. Je sens que la décision de continuer à sourire, à garder l'humour, ne va pas être de la tarte.

5 avril: Visite exploratoire ou plutôt expiatoire chez le radiothérapeute-oncologiste. Le calme de celui-ci fait bonne impression et rassure d'après les échos que j'en apprends ensuite.

Un prospectus, transmis et qui dit "Traitement efficace, localisé qui utilise des rayonnement ionisants pour détruire les cellules cancéreuses dans la zone irradiée".

9 avril: La tension remonte au fur à la veille de la 5ème chimio. Peur de se retrouver au lit comme la précédente. Le jour avant, un nouveau, un jeune médecin probablement stagiaire prend note de toutes les doléances en confirmant que tout est toujours normal. Mais, normal, pour qui? Une question qui restera sans réponse puisqu'elle n'a pas été posée.

10 avril: 5ème symphonie en ut majeur... Oubli de placer les mains et les pieds dans les frigo-boxes portatifs. Retrouvailles avec l'occupante de l'autre lit. Une mère malade avec sa fille à son chevet. Le père, lui, est sorti de la chambre. Comparaison des expériences avant la visite de notre oncologue. Celle-ci arrive et ferme le rideau de séparation. Elle s'occupe de cette voisine et nous laisse, en sortant, un seul sourire. Elle reviendra, se dit-on. Le fait qu'elle ne le fit pas, engendre une petite déception de mon épouse qu'elle ne manque pas de me faire remarquer. La sensibilité et le besoin de réconfort oublient les réalités des urgences.

Après, ce sera le retour de l'infirmière "Bien être" avec qui quelques confidences avaient été échangées dès la première chimio. Elle nous apprend que ce sera sa dernière intervention. Il a été virée. Les raisons invoquées, une incompatibilité d'humeur et de manières avec sa hiérarchie. Deux ans de services, un peu lent comme réaction...

30 avrilLa 6ème et dernière chimio... Une sixième symphonie de Tchaïkovski, la "Pathétique", alors...

Parler de routine, alors que les infirmières sont différentes à chaque fois n'est pas conforme à la réalité. Faire des comparaisons entre elles, c'est remarquer que la piqûre dans le porte-à-cat se fait avec plus ou moins de facilité.

Une cote sur dix est attribuée. Rappel, de mettre les extrémités des mains et des pieds au froid est donnée. Pas question de rater "l'opération frigo-box" pour la "der des der". On veut le service complet même sans champagne. L'esthéticienne remplaçante, neuf ans de services, obtient la cote de six sur dix. de commun accord. 

Le Medrol est pris à dose suralimentée. Les rougeurs des joues font penser à une entrée du clown dans sa représentation. Pas de honte à avoir. Des problèmes d'eau dans les jambes, des chevilles enflées et c'est le sacrifice d'une paire de chaussure élargie.

Mais à part cela Madame la Marquise, si la maison n'a pas brûlé ou sauté, il faudra attendre la fin du mois suivant pour voir la suite des événements, en espérant qu'ils soient à la hauteur de l'investissement.

Même scénario, au quatrième jour après la chimio, tout redevient difficile pour quitter le lit. Les raideurs dans le bras et les doigts, le bout des doigts qui saignent et les crevasses, surtout la fatigue, sont du parcours.

Le Dafalgan a été remplacé par le Tradonal Odis, plus efficace.

Les quinze jours qui suivent, un nouveau calvaire. Le lit, le sauveur de dernier ressort. Le sommeil et une fatigue chronique s'installent. 

"J'en ai marre", une phrase qui revient en leitmotiv.

0.jpg29 mai: Simulation en vue de préparer à la radiothérapie pour localiser les zones à irradier. Le planning des séances est déjà fixé à l'arrivée. Pas question d'apporter de corrections. Tout est chronométré. Dates et heures fixées. Au patient de s'arranger.

10 juin: La radiothérapie commence. Tous les jours sauf les weekend. 26 séances. Six semaines dans la vue. En principes moins de 10 minutes par séance. A la sortie, les séquelles, les petites croix qu'il ne faudra pas effacer. Tracées au Fuchsine pour marquer le champ d'irradiation.... Faut donc porter sa croix pour l'occasion. Une des croix fait penser à un crucifix qui, au cou, tiendrait tout seul, sans chaîne. Le but de la radiothérapie, stériliser la tumeur, détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier tout en épargnant les tissus sains périphériques. Il est dit, dans Wiki, qu'une dose de 45 à 50 Gy (Gray) est délivrée à la cible par fraction de 2 Gy/jour, délivrée par des faisceaux de photons ou d'électrons d'énergie. Lire le reste n'est, une nouvelle fois, ne semble pas trop engageant pour en faire écho.

Le planning des séances n'est pas totalement respecté et le timing est adapté plusieurs fois. A chaque fois, c'est le poncho bleu, sous l’aisselle, qu'entre mon épouse dans la cabine d'essayage avant de se retrouver nue en judoka avec la ficelle-ceinture d'une Dan bleu et c'est parti. Cela me fait penser au personnel.

Lui, il a le badge qui balance sur la poitrine avec la ceinture de couleur différente. Seraient-ils des 1ère, 2ème Dan au judo, comme tenue de protection? Vert, j'espère. Blanc, j'ai le temps. Enfin, cela m'a amusé de le penser.

Des Gammas de contrôle vont allonger le traitement. Ça se précise et les petites croix deviennent de petits points entourés d'un cercle. Des points d'ancrages, quoi. J'espère que ce n'est pas des cibles pour un expert tireur à l'arc. Mon épouse sort, toujours, les joues bien rosées avec la raideur dans le bras qu'elle a dû maintenir levé pendant un heure. Le temps n'a plus d'importance. Un parking est offert désormais près de l'entrée pour la bagnole qui connaît le chemin en pilotage automatique. Plus besoin de chercher une place à des centaines de mètres dans le parking payant.

0.jpgLe cas Angela Jolie est venu au devant de la scène comme un exemple préventif à suivre. La médecine n'est toujours que curative en Europe et non préventive comme cela pourrait l'être aux Etats-Unis. Héroïque, disait d'elle sa moitié. Était-ce du courage ou de l'abnégation fataliste? Un choix qui reste très personnel.

14 juin: Une première semaine écoulée. Entrée par la petite porte et en ressortir avec les joues rouges. Les crèmes pour la peau, comme si on revenait d'une séance de bronzage me rappellent le lait d'après-soleil.

21 juin: Deuxième semaine. Une semaine d'événements. Les raideurs dues à la longue, étendue les bras levés sur une planche de plus en plus dure. Un manque de forces. Des courbatures. Un pouce qui a décidé de ne plus s'émouvoir pour la préhension. Comme statistiquement après toutes maintenances, cela a été une panne de machine et un retour, le soir, à espérer que cela remarche. Des stagiaires qui remplacent les départs en vacances. Des bénévoles qui passent mon temps, et qui racontent leurs propres histoires d'anciennes infirmières. Cette habitude des lieux et des procédures ne peut être utilisée par le patient. Remarquer que cela ne se déroule pas de la même manière, n'est pas permis. La réponse des stagiaires est simple et brutale "Je connais mon métier". Même pas moyen de regarder les stagiaires dans les yeux pour remarquer qu'il y a forfaiture ou non quelque part. Les erreurs ne sont pas humaines. Point.

Au besoin, on relance les radiographies quand elles ne sont pas concluantes. En avant, les Roentgen, en espérant que le soir, on ne devienne pas trop lumineux dans le noir comme le faisait le réveil d'antan avec ses points horaires radioactifs. Entre les paramètres 85 ou 90, il faut savoir lequel choisir et décider. Rien qu'un paramètre avec quelque dixième de différence.

Confiance et courage font plus que haine et que rage. Le dernier jour de la semaine, prévu 13:10 et sortie à 15:00, il doit y avoir eu une erreur quelque part vu que la séance était prévue d'une durée d'une vingtaine de minutes. Comme c'était la même heure partout, les deux iso-centres ne devaient pas être aussi iso que prévu.

28 juin: Troisième semaine. On reçoit un carte magnétique avec code-barre pour s'annoncer. Une en plus de celle du parking dans le portefeuille. Non, pas encore de puce à installer dans le bras. Cela ferait mauvais genre. Les deux premiers jours de la semaine, pas de radiothérapie. Une récupération pour les bras endoloris par la position élevée pendant trop de temps et la dureté de la planche.

Les nuits deviennent plus courtes. Mon épouse ne dort plus assez et la fatigue reprend son office de sape. Le Dafalgan Forte ne parvient plus à l'endormir.

-Je voudrais vivre encore un peu, dit-elle. Des paroles qui me font sourire. Bien sûr que tout le monde le veut. Est-ce que les antidépresseurs ne consolent plus?

Visite chez l'oncologue pour donner la suite de la thérapie. L'espoir vain pour recevoir un bilan de mi-parcours. On récapitule seulement les problèmes du passé à partir d'une petite liste noire sur blanc. Notes prises comme si le patient reste un cobaye que l'on questionne pour apporter de nouvelles expériences ou des confirmations.

Les brûlures sur la poitrine, à prendre comme des coups de soleil.

L'hormonothérapie à prévoir dans le menu de la guérison commencera le premier août. Un comprimé de Novaldex par jour pendant cinq ans. Le problème avec ce médicament, c'est que, hormonal, il diminue l'activité hormonale, peut faire augmenter le poids et accentue l'effet de ménopause, de chaleurs pour celle qui en souffre.

Une remarque à mentionner, un examen gynécologique si une phlébite venait à se présenter. Pas si transparent que cela, donc...

Pour les bouffées de chaleur de la ménopause, le Serelys prescrit et devrait apporter une aide. Aide partielle comme produit de substitution aux pilules hormonales du passé mais qui ne sont manifestement pas aussi efficaces pour "ventiler" mon épouse.

Une consultation, le 23 octobre planifiée avec prise de sang et radio du thorax. Côté positif, les cheveux ont repoussé en duvets. Agréable de caresser comme une toison de fourrure, je ne manque pas de le faire. Ils ne cachent plus l'âge sans la teinture mais qu'importe.

Contrairement à l'annonce, le port-à-cat proéminent ne devrait pas être nettoyer dans les six mois, mais côté négatif, il devrait être conserver pendant deux ans dans la poitrine. Supplice à endurer qui n'est pas là pour la rassurer.

Question "bronzettes" du haut du corps, par le soleil, c'est fini. Le reste du corps, cela peut se concevoir encore.

Une autre victime du cancer du sein, la ministre de l'éducation, Marie-Dominique Simonet, qui atteinte de la même maladie se doit de lâcher la politique. C'est clair, on ne peut assumer de telles fonctions avec ce que j'ai pu remarquer depuis tous ces mois passés. La maladie ne fait pas dans l'exclusivité et atteint n'importe qui comme une aveugle.

12 juillet: Visite chez le gynéco dans la semaine. L'histoire racontée par le menu à re-défiler. Frotis & Co. Le conseil d'ami s'évader en idée, les vacances avec tee-shirt, l'hypnose comme baume sur le cœur.

La vidéo du préambule de ce journal qui faisait rire au éclat, les deux amies avec un moral d'acier à la courte échelle, pour savoir qui tenait le meilleur bout, c'était donc bidon.

La semaine prochaine, c'est la dernière et l'information selon laquelle les rayons seront plus forts, n'est pas là pour rassurer.

La peau est déjà bien rouge le soir. Le "coup de soleil radio" commence à chatouiller. La sensation de chaleur au niveau des zones irradiées ne sont pas une figure de style. Cela enraille sans avoir la moindre chance de donner un air hâlé.

La moindre marche fatigue. Une source supplémentaire de problème dont il faut passer outre. Nous sommes juillet et tout s'y prête.

19 juillet: Dernière semaine de radiothérapie. La plus lourde à supporter. Les deux premiers jours, une heure de retard eu égard du planning. L'explication? Pas au niveau du nombre de personnes qui précèdent mais en fonction du fait qu'elles ont été intercalées et doivent commencer des séries préliminaires plus longues.

La chaleur, les canicules s'en mêlent pour ajouter à la fatigue qui arrive à son paroxysme. Il est temps que cela s'arrête ce banc solaire qui brûle mais ne bronze pas.

Un rendez-vous avec le médecin chef est prévu le dernier jour. Enfin, je le croyais.

En l'attendant, je me suis mis à regarder la télé au mur pour patienter. Elle projetait des photos de natures en alternance avec des conseils de l'UCL.

Le WiFi gratuit existe partout dans la clinique UCL, était-il dit. Sauf à l'étage -4, le Wifi est resté aussi muet qu'une carpe. Faut pas croire tout ce que l'on dit et écrit. Les ondes ont leur propres lois.

"A Saint-Luc, on prend soin de vos urgences". Un sourire avec une envie d'ajouter "...et de nos lenteurs calculées".

Je suis méchant. Enfin, si au moins, on apprenait quand il y a un retard pour une cause donnée, ce ne serait pas un luxe. Ce n'est pas comme à l'aéroport où aucune raison n'est donnée aux retards de l'avion. Les six "cabines d'essayage du poncho bleu" étaient, ce jour-là, presque toutes vides puisque le rouge n'y était pas mis, alors que rien ne bougeait. D'après la secrétaire à la réception, l'été n'était pas que chaud à cause de la température extérieure. Ce serait difficile à cet étage de sous-sol. Mais, qu'elle avait difficile à caser tout le monde sur son agenda. Une raison comme une autre.

Rester patient pour un "patient de la médecine" n'est ce pas le mot qui convient?

Puis, à la réception, des infos intéressantes. Des échos d'une patiente qui se plaint assez ouvertement. En cause, l'obtention des pilules hormonales refusées par la mutuelle. Papier de demande incomplet. Des contraintes économiques ont imposés des contrôles supplémentaires et plus strictes. Cherchez pas docteur, c'est dans la tête que tout se passe.

En rade, depuis deux semaines, notre demande. Un coup de fil à la mutuelle nous informe qu'il ne faut pas s'inquiéter. La visite de l'oncologue, c'est pour quand?

Le "Dieu" du service est en vacances et une demi-heure après, un jeune médecin nous reçoit.

Sympa. A la question de mon épouse "Suis-je considérée comme guérie". Ostensiblement répondu de la tête et en paroles : "Oui, vous êtes guérie".

Quelques contrôles de la guérison seront seulement nécessaires. Au sujet des pilules hormonales à prendre, pas de problèmes, si ce n'est qu'elles feraient grossir. Rendez-vous dans trois semaines.

Au retour, une envie de boire un verre de champagne comme je l'avais vu pour Cécile et Sophie. Puisqu'il faisait chaud, cela aurait fait du bien. De l'eau sera suffisant.

Ce vendredi-là, étais-je dans une certaine euphorie des "grandes manœuvres" finies? Une arithmétique "à la César"? Ecrire un cocktail avec un tiers scientifique, un tiers humoristique, un tiers râleur, un tiers de "je ne savais pas encore".

Aujourd'hui, je le sais. Ce sera un grand tiers de patience.

Un cocktail qui pouvait être explosif...

26 juillet: Deux jours après, l'abdication d'Albert II et l'intronisation de Philippe monopolisaient l'actualité. Pour mon épouse, ce sera une date encore plus marquée à vif, moins institutionnalisée dans aucun livre d'histoire mais qui méritait un verre de l'amitié avec le ouf de soulagement : la radiothérapie est terminée.

La semaine qui allait suivre allait être tout le contraire.

La canicule, vraiment la "canne au cul", reprenait de plus belle avec en plus, des brûlures semblait saper les idées de bien-être et ressemblait plus à une descente aux enfers pour accentuer la fatigue de mon épouse. Le rythme s'est ralenti à croire qu'elle se déplace avec des boulets aux pieds alors que quelques mois avant, on la reconnaissait, à distance, à son pas rapide. Le kiné fait son possible pour que l'ensemble reprenne une certaine élasticité à raison de deux fois par semaine. 

Pour moi-même, ce n'étaient qu'un problème pour trouver le sommeil avec les fenêtres ouvertes obligatoires avec les avions qui se mettent à gémir dès 06:00 du matin.

Des périodes de moral à zéro en manque d'énergie succèdent à des sursauts d'humeur plus sereines. Une impression de faire du sur-place.

Appellerait-on cela les retombées radioactives ou l'effet ricochet?

Si j'avais à commenter "La liste de mes envies", le livre à Grégoire Delacourt, je résumerais en tellement peu de choses, mais pas assez pour en faire un livre.

En premier, je nous verrais sortir de cette période d'incertitude avec le renouveau du "Charme discrets de la vie conjugale". En second, sortir de l'ambiance de morosité commune qui stagne parfois un peu trop.

2 août: Aujourd'hui, la journée la plus chaude de l'année. Encore une semaine de chaleur torride qui n'est pas appréciée du tout, mais alors pas du tout, par mon épouse. Elle croyait que la fin des traitements chimio et radio allaient mettre un terme à cette anxiété régnante, à cette peur viscérale.

Je dirais presque que cela a l'air d'être une rechute. Le manque de force pour faire la moindre chose, de se lever d'un fauteuil, de dé-serrer quoi que ce soit vu la raideur dans les doigts, me donnent l'occasion de montrer ma force "herculéenne".

Un film qui montre un peu de sexe, un "beau" sein qui apparaît... et ce sont les larmes qui jaillissent imperceptibles dans les yeux de mon épouse.

Le duvet des cheveux naissants réconfortent. Toujours soyeux, ils ne permettent pas encore de redonner leurs élans du passé.

Un article de journal m'a fait sourire. Son titre "Une vie sexuelle active permet de rester en meilleur santé, plus longtemps". Comme c'est touchant...

9 août: Novaldex accepté par la mutuelle. La posologie mentionne des chevilles gonflées, des bouffées de chaleur, des pertes de sang au niveau vagin, des crampes dans les jambes. Cela rassure presque de savoir que ce n'est pas une exception.

Une prescription du médecin mélangeant certains médicaments fait réagir la pharmacienne. Trop de médicaments pour garder le moral qui risquent l'accoutumance. Enfin, voilà que j'avais une alliée. Elle travaille contre son propre business. Ça c'est top.

Comme il est de coutume, l'entourage, ceux qui savent, me questionnent avec cette phrase à cent euros:  « Comment cela va ?». Que devais-je répondre pour correspondre à l'attente de ceux qui n'attendent que « Oui, cela va mieux »?

Le dire, ce n'est qu'une partie de la vérité. Cela progresse, mais moins vite que chacun pourrait l'espérer.

Cette période est à considérer comme une convalescence, comme un contre-coup d'un affaiblissement provoqué par les médications, pas par la maladie elle-même. Je rappelle, elle, à l'origine, ne s'était pas déclarée de manière sensible.

16 août: Mardi dernier, pas eu d'aide ménagère hebdomadaire. Malade, elle aussi. Branle bas de combat pour trouver une remplaçante qui ne viendra pas. Test de validité pour la remplacer in situ. Ma proposition d'aider n'a pas été prise en considération. Je soupçonne un certain "job protection", mais je n'en dis rien. Et puis, c'est un test jusqu'où aller trop loin comme pour le sportif qui veut dépasser son potentiel par une convalescence à la recherche de son point limite, de son point de rupture. Vouloir tout faire comme avant et ne plus pouvoir, devient la pire des injustices.

Les larmes sont revenues. "Je ne serai plus jamais comme avant".

Que devais-je répondre alors que pour moi, c'est parfois aussi le cas?

Avoir une épée de Damoclès au dessus de la tête, n'engage pas une conversation stratégique pleine d'assurance. La période de chaleur de cet été a perduré. Elle n'aura épargné personne et elle tombait très mal à propos pour les plus fragiles.

21 août: Visite médicale chez l'oncologue en radiothérapie. Une récapitulation des faits et des questions. Une réponse de Sage tibétain: "Ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent". Il avait traduit de mémoire de manière personnelle sous la forme de faire des projets. Un "Carpe diem tibétain ou médical"? Mon épouse est dans la phase de reconstruction d'elle-même. La ménopause qu'elle n'a pas eu à endurer pendant quinze ans, se produit, maintenant, avec seulement un effet retard. Il s'agirait de dépasser tous les jours un peu plus ses limites sans sauter les étapes et sans les forcer avec la fin qui justifie vraiment les moyens. Les conseils de protection se limitaient à l'essentiel: protéger la partie irradiée du soleil, une teinture de cheveux pour redonner le tonus esthétique. Vingt minutes de consultation qui ont eu l'effet immédiat d'un sourire, d'un rire, une fois sortie. Rendez-vous dans un an.

Dès le jeudi suivant, la teinture des cheveux de 2 centimètres de long avait été effectuée.

"J'ai un peu retrouvé une partie de mon avant" m'a-t-elle dit. Tellement peu de choses peuvent redonner un semblant de confiance sur le futur pour une femme. 

La convalescence avait commencé. Une renaissance après neuf mois? Préparer les valises puisque les vacances programmées de longues dates approchent.

6 septembreUn nouveau décès dans la presse qui touche par son côté similaire qu'il faut tenir à distance pour éviter que la peur ne refasse surface. Celui de la comédienne française, Valérie Benguigui. Sournoise que peut être le cancer du sein. Le cas, le plus facile à traiter mais toujours mortel. Le cancer attaque au hasard, comme une ombre diabolique. La comédienne pensait que les choses devaient s'arranger. Les soutiens moraux de l'entourage devaient être conséquents dans son cas. 

Patrick Bruel disait de son épouse "Elle s’est tellement battueÇa fait trois ans qu’elle se bat contre cette saleté et là elle est allée au bout de ce qu’elle pouvait faire. On a appris sa maladie pendant qu’on jouait Le Prénom déjà. On l’avait attendue pour le film. Elle avait fait deux rémissions et puis récemment ça s’est totalement dégradé. C’est terriblement triste. Dans ces moments-là... ". 


Garder une pensée positive jusqu'au bout, garder l'humour résistent "presque" à tout. Les médias ne racontent ni la situation qu'elle a vécue, ni les raisons potentielles qui ont engendré sa maladie. L'habitude est de raconter ce qui fait du bien au lecteur, au spectateur mais pas ce qui se passe quand ce bien échappe.

Apprendre cela a fait tiquer mon épouse, bien sûr. Chat échaudé craint l'eau froide et la peur du lendemain demeure.

Comparer les situations ne donne jamais raison, ni tort à celui qui écoute, ni de raisons à celui qui ne le fait pas.

Pendant les longues séances d'attentes en chimio et radiothérapie, j'ai jeté un coup d’œil dans un magazine qui traînait sur une étagère de la clinique. 

Un titre qui disait "Ce sein que je ne saurais voir" dans lequel il était question de reconstruction mammaire. Nous n'en étions pas encore là, mais j'ai lu avec intérêt. 

Le sein, le symbole de la féminité, l'attirance pour certains yeux des hommes suffisent-ils?

Ces fameux décolletés plongeant qui fascinent l’œil et l'esprit de l'homme, dans les magazines, à la télé ou en vrai, sont aussi efficaces aux regards des comparaisons féminines.

"Le secret des belles courbes" comme vantait la pub des soutiens-gorges Triumph. 

Si la tumorectomie s'adressait à les deux tiers des cas, le tiers restant, c'est par la mastectomie, l'ablation totale que la maladie est contrecarrée. 

La reconstruction du sein se fait par implant ou par autologue.

Ne nous égarons pas en fantasmes mal appropriés qui ne seraient pas de circonstance.

Cette reconstruction, ce sont six mois pénibles de plus, alors que le côté érogène est à oublier par l'opérée. Rappé.... un ersatz, rien de plus.

Y ajouter l'humour, ce serait dire que comme en tout, il y a le gros oeuvre et la finition avec le rééquilibrage des jantes, pardon des seins...

Mais il y a celles qui refusent et disent non merci.

Ça peut se compliquer car les risques opératoires ne sont pas nuls. Des complications peuvent survenir.

Les "Desperate housewives" risquent, donc, une nouvelle fois d'être déçues.

Quand j'ai reposé le magazine, ma moitié sortait de sa cabine de "suppliciées" et je pensais déjà à autre chose. Nous en étions très loin de ce ravalement de façade physique.

Je ne l'empêcherai pas si cela venait dans ses projets. Je ne la pousserai pas à repasser sur la table d'opération, non plus. Avoir une Amazone, ce n'est pas, pour moi, un problème.

8 septembre: Dix jours de vacances sous d'autres cieux qu'il ne fallait pas rater.  Boucler les valises et partir au calme, sans excès pour oublier et meubler l'esprit quand c'était possible. Marcher et prendre l'air du temps et de l'espace. Opération sauvetage, apparemment réussie.

Fin octobre: A prévoir une nouvelle révision de la "machine" qui comprend radiographie du thorax, prise de sang. 

Si d'aventure, tout s'oubliait. Le port-à-cat dans la poitrine serait là pendant deux ans pour rappeler le "petit" problème rémanent.

La semaine prochaine les conclusions, les parallèles et les remarques....

19 décembre: Visite de contrôle à l'UCL n°1, chez la sénélogue, bilan avec radiographie et échographie. Tout va bien. On continue...

19 février 2014: Visite de contrôle n°2, chez l'oncologue. Tout va toujours bien. Un inventaire des points en suspend: doigts raides, picotements aux aisselles dus à la chirurgie, une nouvelle prothèse à commander. 

La question posée qui demandait quand on pourra extraire le port-à-cat de la poitrine: deux ou trois ans, rend la question de savoir si cela n'aurait pas été ps simple et plus facile à supporter sans lui. L'avantage est-il pour le patient ou pour le traitement lui-même? Si le bras où l'opération a eu lieu, fragilise et peut faire mal, le port-à-cat fragilise l'autre bras et fait mal.

Les pages du thriller s'écrivent en temps voulu. Des rappels en rappels successifs.

C'est écrit, c'est prescrit. 

Pas de citations comme j'en ai l'habitude. Il paraît qu'utiliser des citations est une façon sournoise de se hisser au niveau du penseur.

Ce serait, dans ce cas, rivaliser avec la nature. Je ne me le permettrais pas...

 

La semaine prochaine, les conclusions...

 

Mise à jour 23 octobre 2013: 1er bilan: Tout va bien. 

Mise à jour 19 février 2014: 2ème bilan. Idem. 

Mise à jour 21 mai 2014: 3ème bilan. Idem

Mise à jour 27 août 2014: 4ème bilan. Deux semaines avant, un terrible coup de bluzz au moral précède. Un passage à vide. Cela dure trop longtemps. Vouloir être comme avant, un désir qui ne s'efface plus. Le matin, au levé, est toujours la période la plus difficile pour trouver l'allure de croisière et l'immobilité de la nuit apporte des raideurs dans le bras. Premier anniversaire de la fin de traitement et je sors un billet qui cherche a remonter le niveau de stress et de peur. Continuer, persévérer et espérer que l'autre tienne le coup. Mais le 4ème bilan est bon. Au suivant...

Mise à jour 17 décembre 2014: 5ème bilan. Une amélioration de l'esprit inespérée. Oui, il y a toujours la fatigue et le mal sous les aisselles qui persiste et signe. La prise de sang est bonne. Plus de séquelles ou de rétro-activité. On parle d'extraire le port-à-cath dans six mois et de plus on s'informe de l'éventualité de la reconstruction du sein.   


Suivi de la maladie par l'analyse sanguine:
podcast

Mise à jour 22 avril 2015: 6ème bilan. Toujours Ok. L'extraction du port-a-cath reportée. La fatigue due au Nolvadex continue.

Mise à jour 13 août 2015:Les cancers du sein mieux décryptés grâce à des chercheurs de l'ULB l'équipe du professeur Cédric Blanpain à l'Université Libre de Bruxelles a réussi à identifier les cellules à l'origine des cancers du sein. C'est le résultat de 8 années de recherche. Elles paraissent d'ailleurs dans la célèbre revue scientifique Nature.
Deux gènes PIK3CA et p53 sont les plus fréquemment mutés dans les cancers du sein.podcast



 

16/09/2013

Journal d'un cancer du sein vu par l'autre bout (2-4)

Acte 1: 2012: une fin d'année de tous les dangers?

2012, on le disait sur tous les tons, une année à risques.

Certains annonçaient la fin du monde le 22 décembre de cette année. Il n'en fut rien.

Une année que les médias estimaient être de transition. Je l'avais reflété à l'époque.

La transition, elle eut lieu de manière plus insolite, plus inattendue, plus intime pour mon épouse et par ricochet, pour moi-même.

Ce ne furent ni les 65 ans que l'on fêtait cette année, ni les 40 ans de mariage qui avaient donné l'illusion de calme et de recueillement pour stigmatiser l'événement des souvenirs. Rien ne présageait notre fin de cette année.

Mardi 20 novembre : A la base, une visite de routine chez le gynécologue pour fixer la date de la mammographie suivante pour mon épouse. Son sein gauche, toujours surveillé de près. Des kystes calcaires y apportaient parfois un peu de douleur mais cela n'avait occasionné aucun danger potentiel. Des "masses spiculées" comme on dit dans le jargon médicale.

Un gynécologue, tout neuf. Le précédent avait pris sa retraite. Il découvre une grosseur dans le sein droit. Un rendez-vous est pris, immédiatement, chez une sénologue. Lors d'un de ses interviews, celle-ci parlait du dépistage qu'il fallait prévoir avant cinquante ans. Mais le dépistage est remis en question. Un conseil qui avait été observé depuis cette époque. Trois jours d'attente, trois jours d'inquiétude. Le suspense commençait...

La ménopause de mon épouse avait été contrée par divers médicaments hormonaux, depuis près de 15 ans. Ceux-ci étaient sensés agir pour éviter les effets primaires de sudations de la ménopause et secondairement pour mieux appréhender la vie. A y réfléchir, ces médicaments la shootaient, la dopaient. Comme pour le coureur cycliste en danseuse sur son vélo, ce dopage lui permettrait d'atteindre la dernière ligne droite du Mont Ventoux avec un minimum de fatigue apparente, mais, quelque part, toujours en porte-à-faux... Quatre ou cinq heures de sommeil lui suffisaient.

Le dernier médicament en date de la sorte : le Climen.

Vendredi 23, 08:00: Chez la sénologue, dans la salle d'attente, l'hystéroscopie du sein, une ponction en vue d'établir une biopsie. L'occasion pour moi, de voir un véritable défilé de dames jeunes ou plus âgées dans la salle d'attente. J'espère secrètement que toutes n'ont que des visites planifiées normalement pour se rassurer et rien de plus.

La sénologue m'appelle dans son bureau, enfin, pour dire ces mots tragiques "Ce n'est pas bon". Sa voix est douce mais ses paroles ne sont pas tendres. Elle poursuit par "Il faudra extraire cette grosseur. Il faut attendre les analyses de la biopsie pour déterminer quelles suites à donner".

Le choc. Mon épouse est en pleurs. Moi qui n'en mène pas beaucoup plus large avec une boule dans la gorge tout en tentant de minimiser maladroitement cette annonce.

Un weekend à attendre dans l'angoisse pour obtenir les résultats de l'analyse.

0.jpg

Lundi 26, 16:00 : Coup de fil du gynéco. Une discussion entre médecins a déjà eu lieu. Une extraction de la tumeur cancéreuse devrait intervenir après une chimio pour réduire les effets de la grosseur. Pour plus d'assurance, il propose de passer à l'examen IRM.

La nuit, on pleure une première fois, ensemble. La peur s'insinue dans nos habitudes. La chimio, on ignore un peu tout d'elle. Les mots de "traitement dévastateur" me viennent à l'esprit. Prononcés devant notre médecin traitant, ils n'ont pas l'air de lui plaire lors d'une visite. Rien n'est encore clair, bien établi. L'IRM devait clarifier ou noircir, encore plus, le tableau.

Vendredi 30, 16:30 : IRM, à l'Institut Bordet de Bruxelles, spécialisé dans les tumeurs cancéreuses. L'examen est pratiqué par les opérateurs. Ils ne donnent aucun commentaire. Sont-ils capables ou non de donner un diagnostic préliminaire ? Probablement, mais trop partiel.

Un nouveau weekend à passer dans l'angoisse totale.

Il me faut trouver un coach. Quelqu'un qui connaît, qui est passé par là... Une voisine me vient à l'esprit. Elle a connu cette épreuve, il y a trois ans. Je l'appelle pour un quart d'heure. Ce quart d'heure se poursuivra pendant deux heures à tenter de rassurer la nouvelle victime du cancer.

Mardi 4 décembre, 15:30 : Nouvelle visite chez le gynéco. Catastrophe, un deuxième nodule cancéreux a été découvert par l'IRM. La mammographie ne l'avait pas détecté. Nouveau rendez-vous fixé chez la sénologue.

"En réunissant la théorie et la pratique, rien ne fonctionne et personne ne sait pourquoi", constatait Einstein dans un autre espace-temps et sur un autre sujet..

Vendredi 7, 08:00 : Il neige. Pour être sûr d'arriver à temps, départ bien avant l'heure. Attente dans le hall d'entrée de l'hôtel tout proche. Deuxième ponction douloureuse à l'aide du pistolet à pression pour viser le point névralgique. J'y assiste. Echographie Pour déterminer comment orienter ce pistolet. Des sourires pour dédramatiser l'atmosphère.

Nouvelle biopsie et nouvelle attente anxieuse pendant un autre weekend.

Mardi 10: Les mauvaises nouvelles continuent. Le pire empire. L'examen est dit positif. Drôle de mot "positif" en l'occurrence. Le cancer du sein est dit « invasif » puisque quatre ganglions sont atteints.

Mon épouse est effondrée. Je ne m'y habitue pas, mais j'assume.

Le scénario, envisagé au départ, change complètement. L'ablation du sein, la mastectomie est préconisée. Un nom barbare dont j'ignorais jusqu'au nom.

Une entrée à la clinique d'Ixelles est fixée.

La question nous hante. Quelle peut être la cause ? Une cause, il y en a toujours une. Est-ce un problème de génétique, de transmission de cette maladie par les parents?

Non, pas d'antécédents. Le début d'une nouvelle chaîne? Le chaînon manquant que l'imprimante 3D de la nature va reproduire, en test, bêtement, sans se poser la question si c'est bien ou mal?

Les médicaments hormonaux pour la contrer la ménopause reviennent à l'esprit. Miracle comme l'eau de Jouvence, dernières merveilles de la pharmacopée... Là, on entre en "terra incognita" que personne n'aime remettre sur la sellette.

"Non, les médicaments hormonaux contre la ménopause ne sont pas forcément en cause" est-il répondu à ma question par les médecins. Mes soupçons restent pourtant entiers. Ces médicaments ne vont-ils pas contrer la nature, en agissant contre la dégénérescence sexuelle avec le pouvoir d’effacer les bouffées de chaleurs. A l'actif, les effets positifs plus importants que les risques à mettre au passif. Une affaire de comptables que personne ne semble vouloir pointer comme coupable potentiel. Les statistiques sont là pour leur donner raison et la confirmation du choix d'une telle médication. Pas question de rester sur ce point d'interrogation litigieux. « Notre vie actuelle recouvre sans pouvoir l'effacer notre vie passée, qui lui sert de soutien et de secrète assise », écrivait dans une lointain passé, Jean-Marie Guyau. Remonter en arrière ne se fait pas quand la flèche du temps l'a décidé ainsi.

Comme Quino, je resterai un tantinet humoristique en reprenant ses paroles "J'ai décidé d'affronter la réalité. Alors dès qu'elle se présente bien, prévenez-moi".

Désormais, il faut parer au plus pressé, au côté pratique: Beaucoup de temps depuis la découverte. Il faut aller dans le détail, l'hospitalisation et préparer l'opération. Apprendre comment tout se passe à la maison, l'intendance, la lessive et le reste qui m'était resté très « parallèle ». Prendre notes des renseignements donnés par l'experte. Enregistrer les explications en vidéo si nécessaire. Pour les repas, il y a le resto à proximité.

Jeudi 13: La veille de l'opération, l'admission à la clinique. Hôtel "trois étoiles", en théorie, vu le prix de la chambre. En soirée, visite du chirurgien et du gynécologue pour rassurer la "victime" du lendemain. Tout pour essayer de montrer l'opération sous les meilleurs auspices. Le soir, il me faut quitter après des embrassades qui ne se terminent que difficilement.

Vendredi 14, 08:30: L'ablation du sein doit avoir commencé pendant que je m'organise à la maison. Sans les habitudes d'usage, c'est le jeu de l'apprenti sorcier. Le resto de la grande surface, ce sera chaque midi. Passer à la clinique le reste de la journée. Le soir, visite dans le frigo, puisque tout y a été stocké avant l'opération.

Le weekend, rien ne se passe à part, un kiné qui a fait très mal à mon épouse. Cela ne frise pas l'euphorie dans la chaumière aux murs blancs. Les drains font affreusement souffrir. Se laver, seule, avec l'armada de fils à tirer comme le boulet au pied du condamné, c'est pas coton.

Les jours suivants ne se départiront pas de cette impression négative. La télé pour faire passer le temps quand tout est dit avec les feuilletons qui meublent les heures de l'après-midi, c'est déjà mieux que de parler toujours de la même chose.

Mardi 18: Le matin, surprise. Le retour dans les pénates est planifié pour l'après-midi. Toutes les instructions pour "at home" sont écrites sur des feuilles pré-imprimées. C'est dire que le scénario est rodé et qu'il n'est pas question de commencer des entourloupes de mauvais aloi. On ne parle pas de l'amour en boîte qu'il faudra fournir pour soulager le patient. Faire appel à un autre kiné pour continuer la remise en forme et articuler le bras endolori, je sens que cela ne va pas être de la tarte vu les essais infructueux.

Lundi 31: Pour le dernier jour de l'année, visite chez l'oncologue. On aurait pu s'attendre à autre chose de plus festif pour le dernier jour de l'année. Une visite pendant laquelle tout est expliqué dans les règles de l'art "chimio-éthique", étiqueté comme le nec plus ultra. Le scénario est tellement connu qu'il est écrit sur une feuille, étape après étape, mais à la main pour faire plus vrai, plus particulier. Chaque cas est différent et chaque patiente est différente, est-il rappelé. Cela rassure presque. Nous ne sommes pas des numéros, mais des humains en détresse. L'oncologue, aidée par l'infirmière de contact, tentent de rassurer en affirmant en chœur "nous sommes un cas unique". Mon vocabulaire et mes connaissances risquent de s'étendre, de s'imprégner dans ce terreau.

Le programme est pourtant variable en intensité.

Il contient 3 FEC et 3 TAXO. Des noms que je vais m'empresser de chercher sur Internet en rentrant. Six séances successives, distancées chacune de trois semaines.

0.jpgEffets secondaires garantis ou seulement potentiels: perte de cheveux (l'alopécie), fatigue, aphtes et nausées, au programme. Un avertissement, si la fièvre vient à monter au dessus de 38°C, ce n'est pas les pompiers qu'il faudra appeler, mais c'est se rendre d'urgence à la clinique pour enrayer une infection potentielle. Pour la chimio, deux versions proposées: par intraveineuses ou par l'intermédiaire d'un port-à-cathéter dont le nom plus intime de Port-à-cath devient la norme. Quand je vois "par voie orale" sur le site, j'ai des soupçons de masochisme. C'est la version « porte-à-cath » qui est choisie. Moins de risques du côté « thrombose ». Les produits cytotoxiques sont à prendre au sérieux. Le but de la chimio ? Attaquer l'ADN pour qu'il perde sa faculté de se reproduire sous former de cellules cancéreuses. Une autre source, la Fondation Mimi informe sur la manière.

0.jpgLundi 7 janvier 2013: Ventriculographie. Le cœur a ses raisons que la raison n'est pas sûre de connaître. Une séance d'attente pour moi et peu d'explications fournies par mon épouse si ce n'est du produit injecté.

Mardi 8: Comme les cheveux se feront la malle, il est question de passer au choix difficile d'une perruque. Peut-être une erreur de le faire avec les cheveux en place. Les cheveux naturels prennent encore de la place.

Jeudi 10, 08:00: Placement du port-à-cath en une matinée. Protubérance dans la poitrine du côté opposé bien visible. Il aurait mieux valu être bien en chair pour ne pas trop en apercevoir l’excroissance alors qu'il était dit être plus réduit dans les versions récentes. Plus qu'apparent, son exiguïté n'a pas été très flagrante. Douleurs, au réveil, après son installation. Les Dafalgan Forte  ne permettent de supporter la douleur que de quatre heures en quatre heures. Opération à répéter même la nuit.

Lundi 14: Jour de la réception de la perruque choisie. Décision de raser le crane prise en échange standard avec elle. Premières impressions, premières constatations. Ça baille, un peu. La couleur avait été choisie approchante. Ce qui veut dire pas "identique". Je sens que les foulards vont, dès lors, être plus souvent utilisés.

Mercredi 16, 08:30. Première chimio FEC après prise de sang de contrôle. Visites successives. Quatre flasques de produits à injecter, une à une au travers du fameux porte-à-cath avec la petite sonnette pour avertir. Les précautions sont de mises. Bal masqué & Co pour le donneur et le receveur.

Ces produits ont été découverts en 1943, donc, cela devrait être bien connu. Le produit rouge est le fossoyeur des cheveux, mais comme le travail a déjà été réglé et que le bonnet de sécurité est en place...

Du côté, médication supplémentaire, il faudra s'accrocher. Pas à dire, désormais, le patient devient un très bon client du pharmacien. Les assurances pour frais de soins ambulatoires vont jouer, mais il ne faudra pas oublier la petite souche de récépissés.

Contrairement à ce qui était annoncé, pas de nausées. Les aphtes dans la bouche sont bien là, elles. Elles empêchent de parler et quelques fois de manger. Deux flacons de prescription de Lidocaîne à cet effet: un pour la préemption et un autre curatif. Cela ne marche qu'un temps. La Lidocaïne perd de plus en plus d'effets curatifs. Cet empêchement de parler clairement engendre une incompréhension de l'interlocuteur à l'autre bout, moi-même. Pas contente de devoir répéter.

- T'es toujours aussi sourd, l'artiste...

(T'es toujours en cycle "mono", avais-je envie de répondre avant de renoncer de justesse).

Dimanche 20: La voisine, que j’appellerai, pour la cause, la "sauveuse", vient prendre des nouvelles. Elle confirme les symptômes et ce que mon épouse ressent. Tout est normal, quant à dire "under control", là, il ne faudra pas pousser trop sur ce champignon-là. Pas sûr qu'elle puisse rassurer à chaque coups. Parfois, elle parvient à effrayer sans le vouloir. Mais, tout le monde est content de sa visite comme pour les notaires de situations rocambolesques. Je lui ai laissé voir la l'histoire en vidéo de Césile et Sophie que je mentionnais en préambule dans le billet précédent. Sa réaction fut, à peu près, la même que la mienne: "ce n'est pas ça". C'est ça au sujet de la vidéo montrant toutes les phases du traitement d'un cancer du sein, mais beaucoup moins pour la manière de l'assumer pour toutes les victimes. Bien plus dure à supporter que ces belles images de nature, la musique douce qui s’immisçaient dans la vidéo pour adoucir ces moments de tourments. Mais c'est leur histoire et chacun à la sienne.

Lundi 21: Dans ces moments d'exceptions, je m'aperçois que l'agressivité monte très vite. Paré à ce genre d'éventualité, garder son calme, restreindre encore d'un cran, mes répliques font partie de la solution aux problèmes. Constater qu'il n'est toujours pas question de remplacer, aussi facilement, une femme de maison qui a des habitudes entérinées depuis des années par un "vulgaire" ex-homme de bureau. Mais cela va s'arranger dès le lendemain et j'y crois.

Mardi 22: Nouvelle épreuve pour l'épouse : céder le terrain des opérations de l'entretien, la maintenance abandonnée par la fée du logis "en congé de maladie". Une visite préliminaire de l'aide extérieure vient prendre note de l'inventaire des tâches à accomplir.. Elle viendra, désormais, faire le ménage tous les mardi après-midi qui suivent. Je redoute quelques confrontations, mais je n'en laisse rien voir. Moi, qui ai fait été "outside help" (aide externe) dans certaines phases de ma vie active, je peux aisément me rendre compte du choc des caractères dans toutes délégations et des manières tellement différentes d'exécuter les mêmes tâches.

Dimanche 27: Les aphtes dans la bouche commencent à faire cruellement souffrir. La fatigue engendre un sommeil massif avec ronflements fréquents. Moi qui était censé être le seul responsable de ces bruits incongrus, je les assume à mon tour sans broncher. "Ronfle en douceur, mon amour", écrivais-je, il y a longtemps. Dans le lit, les coussins se juxtaposent pour garder une position presque verticale.

Mardi 29: Première de l'aide ménagère. Le soir, le rapport est là avec sa conclusion "elle n'est pas habituée à faire cela" ou encore "elle utilise beaucoup de produits". Ce qui me fait beaucoup sourire.

Chocs de cultures, de techniques, d'organisation et de processus, comme je m'y attendais. J'ai cru entendre les critiques d'un ancien chef. Critiques qu'aurait pu ressentir certaines personnes dont j'avais la charge à mon tour.

Mardi 5 février: Préparation de la 2ème chimio FEC. Arrivé à la réception, on nous y envoie à la prise de sang. Prévue à 11:30. Problème connu, pas de veine à trouver pour la prise de sang. Les globules blancs en question. Ils tiennent le coup. La chimio peut avoir lieu. L'incompréhension de l'agenda de la journée crée un problème. Après, nous sommes rentrés à la maison. Une jeune oncologue-bis espérait que l'on revienne pour une visite médicale. L'après-midi, elle nous téléphone, de mauvaise humeur. Sa consultation se fera 'en ligne' dans un style questions-réponses. Pas le temps de tergiverser. On sent qu'elle a autre chose à faire que de rester pendue au bout du fil.

Mercredi 6 , 08:00: 2ème chimio. Drillée, cette fois. Plus de quiproquo, cette fois. Tout est fait dans les règles du planning. Dans le lit voisin de mon épouse, un italien qui relance son discours mêlé de questions répétitives dans un cycle sans fin, et empêche l'oncologue-bis de s'échapper. Cette « comedia del arte » me fait sourire. Sourire mêlé de revanche, je l'avoue. Notre propre oncologue vient pour nous réconforter. A la narration de l'événement de sa jeune collègue, sa réponse est dite en chuchotant "Elle doit encore un peu vieillir". Est-ce vraiment une question d'âge ou d'expérience ?

Jeudi 7: La fatigue de mon épouse s'épaissit. Elle devient quotidienne. Quitter le lit, de s'échapper de rêves circonstanciés, devient pénible. Le calvaire s'endurcit à se retrouver avec le crane nu face au miroir de la salle de bain. Nouveaux pleurs qu'il faut minimiser, assécher. Une tâche dont je prends l'habitude.

Nouvelle visite chez le gynéco. Il trouve que tout va bien, à part un petit soucis à "l'étage sous-sol" mais qui ne devrait être qu'un détail. Temporiser, ne pas mélanger les problèmes, sa technique.

-Pourquoi ne pas partir en vacances en septembre?, nous lance-t-il.

Échange d'idées, de destinations, de périodes à envisager. Colombien, il connaît bien les vicissitudes des voyages collectifs en avion.

Le lendemain, la décision de partir dix jours en vacances est prise, presque à l'arraché. Décision qui génère une dispute : « je ne suis pas bien et tu me pousses à partir ». Passons, le voyage est enregistré pour bien plus tard... Patience et longueur de temps... Vous connaissez la suite. Les habitudes ont trop l'habitude de s'accrocher à elles-mêmes. Quant aux futilités et aux lubies aberrantes, elles ne font partie que du tableau final.

Lundi 11: Au matin, la prothèse définitive, la "siliconée", est apportée par une dame. Valable pour un an avant d'en recevoir une autre l'année suivante. Elle raconte sa propre histoire. Presque plus tragique. Ablation double des seins. Refus de traitements car elle se donnait pour tâche de continuer à travailler pour son fils puisque son mari l'avait quitté. Plus tard, prise à contre pied, une certaine Laure restera, dans le forum Agoravox, sans répondre à ceux qui lui jetaient des commentaires comme "que gagne Laure à venir raconter son histoire, choquante à souhait?". Comme s'il fallait gagner quelque chose pour apporter un témoignage.

L'après-midi, première sortie en ville. Il fait beau, ce ne sera pas pour en profiter. La perruque, choisie, avec les cheveux naturels, ne tient pas vraiment. Une erreur de départ qui se manifeste ? La resserrer, une solution partielle au problème. La vraie raison est plus générale. Elle ne plaît pas à mon épouse, qui ne se sent pas sur la note adéquate avec elle. Une chevelure en Do... n'équivaut pas à celle en Ré. La couleur, rêvée, celle d'avant n'existait pas au rayon des perruquiers. La taille de la perruque ne s'ajustait pas au crane. Deux heures de plus, chez un autre perruquier. Peine perdue à chercher le modèle impossible. Les modèles sont pourtant nombreux et les catalogues sont multiples. Mais, de là à accorder couleur et taille pour rappeler la coiffure du passé... faut pas rêver. Retour bredouille après un nouvel achat bidon d'un couvre-tête, style turban, qui ne sera utile qu'avec l'arrivée des beaux jours. Il faut prévoir, voyons.. .

Lundi 18: Dernière séance de la première série de 18 du kiné. Celui-ci part en vacances pour trois semaines. Les jours qui suivent vont se faire avec mon aide en attendant. Massages et mouvements d'assouplissements ne correspondent pas totalement à son travail de professionnel. Je lance un "Help" dans sa boîte de mail pour qu'il recommence ses séances, dès son retour.

Lundi 25: J'en ai déjà parlé, à cause de la maladie, l'agressivité gonfle très vite en intensité et cela demande une certaine remise à niveau de part et d'autres des conjoints pour en sortir indemne. Disputes initiées par des problèmes tellement banals qu'ils feraient rire ou pleurer à posteriori. Alors, quand on arrive presqu'au paroxysme sans s'en rendre compte, il n'y a plus qu' un pardon, un "Ave et un Pater" pour que tout rentre dans l'ordre. C'est ce qu'on appelle compatir à la souffrance sans pouvoir prendre une part à la maltraitance de la vie. Péter un plomb, quand on connaît le prix du plomb, ce n'est pas à recommencer trop souvent.

0.jpgMardi 26: Nouvelle prise de sang, bien planifié, celle-là. Troisième et dernière FEC. Nouvelle consultation pendant laquelle, est annoncé la phase suivante, les 3 taxotères. Autre produit "miracle", autre attaque contre le cancer.

Les lendemains se suivent mais ne se ressemblent plus. Ils sont de plus en plus difficiles à supporter. La fatigue et les tremblements de froids et de chauds ne sont pas rares. Le moral dans les tallons et le caractère irascible passe en montagnes russes. Les aphtes sont toujours là et quelques symptômes de nausées se présentent, subreptices, mais sans excès.

Samedi 2 mars: Une tasse cassée par mon épouse. Jetée à la poubelle par mes soins. Poubelle qui elle-même, casse et c'est une nouvelle dispute qui nécessite une remise au point sur les rôles de chacun. Espérer me transformer en une fée du logis. C'est nenni...Pas un naufrage du cœur. Juste une mise au point de l'esprit pour retrouver son calme. L'indulgence vient au secours de la mauvaise humeur comme une pierre plate que l'on jetterait sur la surface lisse d'un lac.

Dimanche 3: Visite providentielle, pendant mon absence de la "sauveuse". Elle va tenir mon épouse, une nouvelle fois, par la main. Les pleurs, je n'ai pas eu à y assister. Ma séance de jogging dominicale sauve parfois les meubles.

Lundi 4: Rappel hargneux de l'épisode de la poubelle. La poubelle a tenu le coup après quelques rafistolages. Paix et reconnaissance à sa détermination de garder sa fonction.

Un appel téléphonique va remettre le feu aux poudres. Un papier de garantie à retrouver. Éclats de voix qui se transforme en engueulade.

- Pourquoi n'as-tu pas tenu ce papier parmi les tiens?

Pris dans l'ambiance délétère, je pète un câble sans le vouloir. Marre de faire semblant de supporter l'insupportable. Un coup de poings dans mon bureau pour conclure. Non, il faut que les vérités se disent parfois. Heureusement, mon bureau n'a pas souffert, même si mon poing a un peu changé de couleur pendant quelques temps. Une aspirine suffit pour remettre les choses sur les rails.

Apprendre à écouter son corps et son esprit ne sont que les conclusions de cette première série de traitements de chocs. Oublier les moments difficiles. La vie continuerait-elle, sinon?

La pharmacienne connaît bien les notes de musique de la deuxième série de chimio. Trois jours avant et après. Manger léger puisque, c'est le foie qui devrait encaisser. Des légumes et des fruits. Une heure de promenade à l'extérieur ne ferait pas de tort. Vrai ou faux? De toutes manières, rien n'est à rejeter, rien n'est catastrophique à respecter. Pas eu de nutritionnistes comme c'était le cas pour les deux copines du préambule. Les promenades n'ont pas été de la partie quotidienne.

0.jpgOn lit sur le net, "TAXOTERE en association à la doxorubicine et au cyclophosphamide est indiqué dans le traitement adjuvant du cancer du sein opérable, chez des patients présentant un envahissement ganglionnaire. En association à la doxorubicine est indiqué dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique chez les patientes n'ayant pas reçu de chimiothérapie cytotoxique antérieure dans cette affection. En monothérapie dans le traitement des patientes atteintes d'un cancer du sein localement avancé ou métastatique après échec d'une chimiothérapie cytotoxique, ayant comporté une anthracycline ou un agent alkylant. En association au trastuzumab est indiqué dans le traitement du cancer du sein métastatique avec sur-expression tumorale de HER2, chez les patients non pré-traités par chimiothérapie pour leur maladie métastatique. En association à la capécitabine est indiqué dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique après échec d'une chimiothérapie cytotoxique ayant comporté une anthracycline".

Pas très engageant, tout cela. Enfin, cela dépend si on comprend le jargon de l'emploi. Plutôt à une posologie mayas, à mes yeux.

- Comment apprenait-on ce jargon quand Internet n'existait pas ? Les Mayas avaient tellement d'avance... On commence à comprendre leur vanité à fixer la finalité du monde.

On inventerait bien une nouvelle chanson qui commencerait par les mots "Taxo, Taxo, Taxes à terre".

Vendredi 08: Premières nausées. Les problèmes se corsent. Cette troisième chimio FEC est la moins bien supportée... jusqu'ici, du moins. Les problèmes de températures se creusent entre des chauds et des froids, portés et pas supportés par des fatigues excessives.

17 mars: France2 programme "Les bruits des glaçons", une comédie noire sur le thème du cancer. Un homme rencontre son cancer du cerveau. Une femme, son cancer du sein.

"Bonjour, je suis votre cancer. Je me suis dit que se serait peut-être pas mal de faire un peu connaissance".

Des paroles d’outre tombe, quelque peu sinistres.

Heureusement, mon épouse est endormie pendant le film. Je suppose qu'elle aurait pu dire, que cette visite, elle l'avait déjà reçu et cela lui suffisait.

« J'en ai marre », des paroles qui sortent le plus souvent de la bouche de mon épouse.

- The show must go on. Even when it's not a good show, aurais-je répondu si l'anglais avait été sa langue maternelle.

Quant aux prédictions mayas, on sait maintenant qu'il y avait quelques erreurs sur leurs tablettes rondes de pierres ou du moins, une mauvaise appréciation de ce qu'on en a compris avec nos moyens ultra-modernes d'aujourd'hui.

La semaine prochaine, la suite de ces aventures "médico/sénales".