26/08/2011
Histoires d'eaux et de rencontres
Encore une fois, les vacances sont finies pour la plupart d'entre nous. C'est le moment de faire le bilan. Le bilan est mauvais dans beaucoup de domaines et parfois surprenant.
Mois des vacances, mois de rencontres? Mois fait pour sortir de ses habitudes, du boulot-métro-dodo et se ressourcer dans l'ordre des choses.
Ce 21 août, les festivités rangeaient leurs derniers artifices. On fermait beaucoup de chose, ce jour-là.
Des fêtes en plein air prévues. Tous les organisateurs de fêtes ont eu beaucoup à faire pour maintenir un peu d'humeur joyeuse. Les jours d'ensoleillement et les événements heureux ont été rares.
On se rappelle encore du Tarata en folie devant le Palais Royal de Bruxelles, mas c'était en juin. Plus de 50.000 personnes s'étaient rassemblés. La police avait été prise de court.
Un mois de juillet avec 20 jours de précipitations et 16°C en moyenne. Un mois d'août qui ne vaut guère mieux jusqu'à présent. Ce 26 août, c'est reparti. Précipitations intenses comme si on se trouvait sous les tropiques. Et le moral en prend un coup.
Rappelez-vous, comptez, peu de verres sur la terrasse, de barbecues dans le jardin, cet été. Les rencontres ne se sont pas vraiment organisées. Un printemps à la sauce "été", suivait par un été automnal. Averses, grêle, bourrasques de vent, orages violents, éclairs, la nuit en plein jour et ... catastrophes, synonymes de caves inondées, d'écoulements de boues, de coupures de courant, d'incendies...
Les "Last Minutes" du mois d'août ont vu leur chiffre d'affaire en augmentation de 8 à 25%.
Sur place, on tire la gueule et la langue.
Et, ça craint jusqu'à créer une peur viscérale.
En juillet, Brussels les Bains avait aussi avoué un flop, contrairement à l'année passée. On était vraiment dans le bain mais un bain, sans soleil.
Ce 21 août, la Foire du Midi fermait et accusait un succès plus que mitigé.
Le Brussels Summer Festival était organisé depuis dix jours. Bien sûr, il avait fait fuir ceux qui habitent dans les parages et qui ne supportent pas le bruit de rassemblement des jeunes. Mais, une fête, un rassemblement avec de la bonne humeur et de la musique, cela ne se refuse pas.
Un autre à Hasselt, il y a une semaine et ce fut le drame. Le giga-rassemblement du Pukkelpop s'était terminé par un déluge. Une tempête d'une force inouîe avait décidé de briser le destin de cinq jeunes. Pour rendre hommage aux victimes, la population des environs se réunissait dans la douleur, encore hier soir. Aura-t-on tiré les leçons et les risques d'un tel rassemblement de foule? L'imprévisible devenait, tout à coup, prévisible.
L'organisateur des Francofolies prenait Pukkepop comme modèle. 
C'est la désolation dans le village de Orp-le-Grand. Les inondations et les boues en ont fait le symbole du désespoir pour une 4ème fois. Ce qui avait fait dire à une fillette qu'elle détestait l'été.
Sur les routes, on imaginerait bien passer aux véhicules amphibies.
Le grand rassemblement des jeunes catholiques, le JMJ, à Madrid, avait été contrarié par un orage magistral, mais, côté positif, un million de jeunes se rassemblait.
En France, ce n'est pas mieux.
De l'autre côté de l'Atlantique, on redoute l'arrivée d'Irène.
Que d'eau, que d'eau! On se noie, un peu partout.
En Belgique, on se dit que cela commence vraiment "à bien faire". On ne sait plus s'il faut sortir son "non peut-être" ou son "oui, sans doute", perdus dans notre inconscient.
Les musées ont eu plus de visiteurs que d'habitude. Ça, c'est sûr.
Le malheur des uns fait ... vous connaissez la suite du dicton. Cette fois, il prenait des allures surprenantes.
Alors, comble de malheur, quelque chose qui disparaissait progressivement dans la passivité, réapparaissait dans le malheur: la solidarité, contrainte et forcée pour résister aux éléments déchaînés. Dans l'adversité, les "étiquettes" se décollent. Un entraide pour nettoyer ou en hommage aux victimes. 
Après une trêve de trois semaines, l'autre déluge dans la politique belge reprenait. J'en ai assez parlé pour en rajouter une couche.
Ce 21 août, donc, la météo avait prévenu: alerte orange en perspective. Tôt le matin, un coup de tonnerre pour correspondre aux prédictions. Du jogging vers le centre de la ville comme je le fais souvent. Une chaleur moite à ne pas mettre un coureur dehors. 26°C au compteur. Le soleil entre les nuages en avant-plan et l'humidité en arrière-goût. Un mois avant, je me rappelle encore du dernier 21 juillet, c'était alors la drache nationale.
Cette fois, la rue de la Loi, d'habitude encombrée d'un trafic intense, était déserte avec des poteaux de séparation en son milieu. Exception pour quelle raison? Un cycliste l'affichait sur le dos: promenade cycliste de Cyclovia. Photo de son teeshirt. Nous habitons dans la même commune. Un peu de parlote, cela entretient le moral. Une rencontre du hasard qui, comme chacun sait, fait bien les choses.
Un autre type de rencontre avec mon passé dans mon journal.
Le web fête ses 20 ans et rendait le Net d'application publique. J'apprenais qu'un des co-créateurs était belge: l'ingénieur civil belge tongrois, Robert Cailliau.
En 1989, il avait rencontré Tim Berners-Lee. Ensemble, ils imaginaient de créer une bibliothèque électronique. Relier les documents académiques des ordinateurs. Le concept "Internet" existait depuis les années 60. Entre 1984 et 1988, seules les universités étaient reliées par Internet. Mais créer un réseau mondial nécessitait des techniques puissantes qui n'existaient pas encore. Le prix de la création n'était pas à la bonne hauteur de l'ambition. Le Web demandait un autre stade d'évolution pour gérer le trafic de l'information même avec des normes et des protocoles d'Internet bien connus. Il fallait y donner accès avec d'autres outils pour éveiller l'attention, comme un explorer, les emails, les chats et bien d'autres choses. Le partage du savoir allait de pair.
Il faisait le bilan de cette entreprise mondiale. Son bilan ne correspondait manifestement pas à ce que l'on pourrait imaginer. Il regrettait que l'usage du Web se restreigne souvent à discuter avec ces mots: "Il y a d'autres utilités et finalités".
Il ne ménage pas ses mots: "Jadis, il y avait la carte postale pour les banalités. Le café de commerce permettait les discussions. Internet n'est devenu qu'une sorte de Maxitel avec lequel les gens ne se passionnent pas pour le concept mais se focalisent sur l'opportunité de bavarder avec les autres. Aujourd'hui, c'est l’aberration de Facebook. Le monolithe Facebook attrape-mouches. Les mouches vendent leur âme au diable en espérant que celui-ci ne soit pas trop méchant. On crée une page web en quelques clics et on espère avoir des commentaires en retour, commentaires qui ne dépassent, souvent, qu'une appréciation banale dans la rapidité de l'instant. Le Diable, ce sont les virus, les hackers et les utilisations frauduleuses. Du temps du monde académique, Internet avait une éthique très homogène. Personne ne cherchait à s'infiltrer chez son voisin. Pas d'utilisations vénales. La néthique, la "net éthique" inventée pour la forme. Les réseaux sociaux, Google dans ses nuages, incitent à les utiliser puisque cela ne coûte rien, mais gardent leurs lois sous le manteau, cachées en petits caractères dans les règles d'utilisation que plus personne ne lit. "Hors-la-loi", manipulateurs potentiels utilisent les informations à leur propre profit. Un cadre juridique mondial serait nécessaire mais les blocs idéologiques s'y opposent. L’utilisateur ne s'intéresse pas aux adaptations technologiques et psychologiques que cela impose. Pas de cours de conduite comme on pourrait l'obliger pour la conduite d'une voiture. Apprendre un minimum sur ce qu'l y a sous le capot. Alors, ça passe et si ça casse, on remplace quitte à tout perdre.".
Son site parlait plus de l'aspect technique du web avec ses standards W3C qui n'étaient pas respectés par... Microsoft. Quant aux nouveaux gadgets que l'on trouve sur smartphones, ses revendications ne s'adoucissaient pas plus. Il déclarait: "C'est comme la commutation de stations de radio dans ma nouvelle voiture. Des fondus enchainés à l'entrée à à la sortie, prenant environ 5 secondes, chacun. Sur mon vieux poste de radio, le changement était instantané. Presque tout est maintenant lent, en raison des effets de transition. Comme le cerveau est plus rapide que les applications d'aujourd'hui, comment bénéficier d'une exemption de la nécessité d'attendre pour les transitions et des animations? S'il y a des paramètres pour ralentir les choses pour certaines personnes, pourrait-on avoir des paramètres pour les autres, de l'autre côté du spectre?".
J'étais près de l'approuver sur la majorité de ses points de vues. Mais, quand il n'y a plus qu'à se rencontrer par l'intérieur, sur Internet que peut-on encore ajouter? C'est vrai Internet a réduit les contacts d'homme à homme pour passer par l'ntermédiaire d'une machine, d'un traiement dans les nuages.
Bilan pour bilan, que se serait-il passé, pour moi, sans Internet?
A y réfléchir, je serais, peut-être toujours actif au boulot. Sans connexions, le transfert des informations n'aurait pas été aussi facile. Mais, bon, cela a permis d'autres choses positives même si le traitement de celles-ci reste, à distance, perdu dans des incompréhensions culturelles. Je ne serais, probablement, pas ici à vous casser les pieds en adressant un caractère à base de bits, à demi-mots, restreint aux mots et, pire, à tenter d'écrire en double-mots pou traduire des doubles sens.
Comme tous les ans, à date fixe, dans quelques jours, je tournerai une page de plus dans mon grand livre qui a pour titre "To be or not to be".
Que se passait-il, ce 1er septembre 1947, le jour de ma naissance?
Aujourd'hui, c'est Google qui va faire ressortir, en long et en large, les événements du jour. Il n'en a pas tellement. Google doit avoir des lacunes ou des pertes de mémoire!
C'était un lundi. Encore heureux. Je n'aime pas réveiller le dimanche.
Aux États-Unis, je trouve ces informations. Pas vraiment folichon tout ça...
En France, on ouvrait le 2ème Festival de Cannes. Deux films français se présentaient à la biennale de Venise: "La Rose et le Réséda" d'après un poème de Louis Aragon, appel à la Résistance par-delà les clivages politiques et religieux, et "Le Diable au corps" de Claude Autant-Lara avec Gérard Philippe, critiqué pour avoir incité à l'exaltation de l'adultère et prôner l'antimilitarisme dont 15 minutes ont été censurées. Terribles entrées en matière évoquées par des vidéos en noir et blanc. Ni l'un ni l'autre ne se trouvent au palmarès. La même année, Bruxelles se donnait des allures cannoises en organisant une festival international du cinéma cette année-là.
Autre époque, autre monde... Amusant, il est dit 1947, une année de tous les dangers.
L'été a été très chaud. (vidéo). Incroyable canicule. Un millésime exceptionnel pour le vin. Un smartphone qui ne dit pas son nom, mais, seulement imaginé.
Si Google, avec son moteur de recherche, permet des recherches très efficaces, en 1958, lors de l'Expo 58 de Bruxelles, l'attraction "informatique" provenait du pavillon d'IBM. Cette société présentait sa dernière née, sa belle machine "magique". Le visiteur était invité à donner une date et recevait en retour, les événements qui avaient eu lieu à cette date de l'imprimante qui crachait les résultats de ses investigations diaboliques dans le temps. On comptait encore en gain dans le domaine du calcul pur avec la seule vue sur la comptabilité. Le progrès de la puissance du calcul était censé donner le tournis aux visiteurs. On gagnait sa confiance dans un futur enchanté. Dans le même temps, la machine faisait peur au management des premiers utilisateurs, au point d'être rejetée dans la plus grande panique de ne plus pouvoir assumer le travail de rond de cuir d'antan.
Mais, retour, une dernière fois à cet été pourri de 2011.
Les marchés ont disjoncté. Tout a disjoncté, en définitive. Ce fut un "été meurtrier", sur les marchés, mais aussi en général.
La Libye de Kadhafi a vécu son été arabe dans un dernier baroud d'honneur de ses derniers martyrs en plein Ramadan, en général, fête du rassemblement familial.
La démocratie n'aurait-elle vraiment pas de prix?
DSK, lui, était renvoyé chez lui. Ce fut une épreuve terrible et injuste, disait-il. Trop pesante, pour la mémoire, surtout.
Comme je le remarquais, cet été, on a visité des lieux inhabituels. Pour moi, je suis retourné au Palais Royal de Bruxelles. Cela faisait bien longtemps. Ouvert d'habitude à tous les visiteurs sans bourse déliée. On pouvait y jouer son rôle de touriste et y faire des photos jusqu'à plus soif. Le quartiers pauvre des Marolles m'avait, aussi, attiré, rien que pour le contraste. J'aime les contrastes du hasard. Le quartier des Marolles reste populaire, tout en étant le plus ancien de la capitale. Frondeurs et conviviaux par tradition, ce quartier se voit menacé dans son identité par la spéculation immobilière et l'arrivée des boutiques de luxe.
Alors, dans un dernier effort, tous les dimanches matins, il dispute ses prix dans une brocante monstre sur la Place du Jeu de Balle avec détermination et conviction de posséder la pièce unique. Tout évolue même avec le dépit en prime.
En photos, tout cela, qui sait, cela passera mieux et fera oublié le pire.
Demain, ce sera la City Parade dans les rue de Bruxelles.
Il faut bien que la "Croisière s'amuse".
En vacances, on oublie tout. On se met au vert, quand c'est possible. On va à la rencontre des autres, l'espace de quelques jours ou de semaines, quand les moyens le permettent.
Choc des mondes, comme on le lit souvent dans les romans ou comme on le vit dans les réalités des vacances. Bruxelles, ville de rencontres du x-ième type. Alors pourquoi pas?
Cet été est à oublier le plus rapidement possible, à mon avis. "Vivement la rentrée", disaient ceux qui rentrent. "Vivement l'automne" écrivais-je l'année passée.
Si on ne peut même plus compter sur l'été pour se ressourcer, où va-t-on?
Alors, à posteriori, on réfléchit. On pense aux autres dans une solidarité retrouvée, coincée.
Il ne faut pas aller trop loin et lancer des idées subversives, bien entendu, car il y a des retours de flammes des instances bien pensantes et qui n'apprécient pas le trop plein de vérités. 
Le chanteur Stomae prêtait sa chanson « Alors, on danse » et son image en soutien à la campagne de sensibilisation de l’ASBL Access-It, afin de faciliter, durant tout l’été, l’accès aux festivals destinés aux personnes souffrant d'un handicap moteur. Là, oui.
Nous sommes à l'embouchure des histoires, même pas à leurs charnières. Qui va remonter leur cours jusqu'à leurs sources?
Dans le déluge, on cherche la fée chez nous dont Zaz fait la promo... En attendant, si j'allais au bassin de natation, là, il n'y aura pas de pénurie et ce serait encore un autre endroit de rencontre en dehors d'Internet...
Allo, Moïse... Ici, c'est....
L'enfoiré,
Citations:
- "Bilan : document qui interdit de se raconter des histoires un mois sur douze.", Philippe Bouvard
- "Nous avons hésité un moment entre un divorce ou des vacances. Nous avons pensé que des vacances aux Bermudes, c'est fini en deux semaines alors qu'un divorce, ça dure toute la vie.", Woody Allen
- "On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux.", David Foenkinos
09:35 Publié dans Actualité, Belgique, Loisirs, Voyage | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
19/08/2011
Bis repetita placent
Une première semaine folle qui s'achevait en apothéose. Nous sommes quinze jours après ce toboggan fou sur les Bourses. C'est reparti. Les problèmes se suivent et se ressemblent. Les solutions trouvées par les maîtres du monde sont plus discrètes. Pourtant, les citoyens sont souvent surpris de l'ampleur des conséquences quand personne ne contrôle plus l'ensemble des processus. Les problèmes financiers ne font pas exceptions. Les choses répétées plaisent, décidément.
Rien n'est totalement identique dans l'histoire humaine. Les crises en cycles disent le contraire quant aux causes, mais pas dans leurs résolutions. Les marchés s'adaptent, testent les résistances. Les crises sont prévisibles. Les mêmes causes, bonnes ou mauvaises, génèrent les mêmes effets dans la nuance de la couleur locale d'une époque.
Mêmes causes, mêmes risques de catastrophes, disait Bruno Colman.
Mais comme dans le cas de maladies infectieuses, les antibiotiques se doivent d'être toujours plus puissants pour être efficaces.
Les sciences économiques ne sont pas une science exacte. Un pré-capitalisme remonte déjà à la Mésopotamie. Chacun se penche sur le passé, sur les antécédents pour essayer de rééditer les mêmes succès ou tenter d'écarter les mêmes échecs. Adapter en fonction de nouvelles donnes, c'est l'aggiornamento, comme disent les Italiens.
Les études d'économiste ne prévoient pas tous les "gags" des marchés. Pas assez originales, pas assez inventives? Le "What if?" pas assez utilisé.
La crise de 1929, j'en avais parlé quand on pensait sortir du chapeau un nouvel ordre mondial.
J'écrivais " Le jeudi 24 octobre 1929 ce fut la plus grande crise de tous les temps. Elle allait durer 43 mois. 8000 banques en faillites. Le Dow Jones, -90%, le PNB -30%. Ce n'était pas gris, ce krach prenait les noms de jeudi noir. La plus grande chute, avec -22,6% sur une journée, reste le 19 octobre 1987. Qui a-t-il de différent? Comme le constatait Laurent Arthur du Plessis, il n'y a plus grand chose à "stimuler". A l'époque, la balance des payements des USA, en créanciers du monde, était positive. Les ménages et les entreprises étaient pourtant, peu endettés.".
Le 10 juillet 1935, la Libre Belgique publiait un article qui disait ceci:
Titre: "Une commission pour réguler les banques".
"Les banques ont, en Belgique, mauvaise presse. Par leurs fautes et leurs imprudences, par leur mégalomanie et leurs ambitions démesurées, elles ont assuré, en effet, une large responsabilité dans la crise financière qui a abouti à une dévaluation monétaire. Depuis 1934, les banques font face à des difficultés nécessitant l'intervention de l’État".
L'Arrêté Royal du 22 août 1934 obligeait les institutions financières à faire une croix sur les banques mixtes qui offraient en même temps, la mise en dépôts et géraient des portefeuilles d'actifs financiers.
Certains se rappellent, tout à coup, du Glass-Steagal Act, qui gêneur, est tombé en désuétude, depuis 1970 et a été perdu dans la bagarre, en 1999, remplacé par le Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act, plus prometteur pour les banques.
C'était pourtant le même combat, en 1935, quand le gouvernement Van Zeeland renforçait sa politique interventionniste.
Non, je dis bien, c'est en 1934-1935, pas en 2008-2011.
Le 9 octobre 1944, le franc belge ne valait plus rien. L'opération Gutt obligeait la population belge à rendre leurs vieux billets pour en recevoir des neufs en échange. Enfin, presque... L'occupation avait entrainé une pénurie de matière et une explosion de moyens de payements (63 milliards en 1939 à 186 en 1944), hyperinflation d'où "stérilisation monétaire". Le franc belge nouveau fut libéré au compte gouttes. 2000 francs d'abord et puis, progressivement jusqu'à 40%. Le reste, tranformé en "emprunt forcé' avec un taux inférieur au marché.
Il faudrait un "terrible" événement, une révolution, pour revivre une telle mesure dont les anciens se souviennent encore. Chat échaudé craint l'eau froide!
La fluctuation erratique des monnaies entre les monnaies européennes devait disparaitre, mais elle il fallait la mondialiser. Les taux choisis: 50 francs belges pour un dollar. 140 pour une livre sterling.
La "Valse à mille temps", de Jacques Brel, ce n'est plus uniquement en Belgique que cela se passe. Ce n'est plus Paris qui bat la mesure, comme dit la chanson. Paris ne mesure plus notre émoi, depuis longtemps. Quant à bâtir un roman, il n'aurait alors jamais de fin. Si vous préférez la version humoristique de Poiret : "La vache à mille francs"... c'est en Francs Suisses, bien entendu, qu'il faudra le compter car eux ont pris de plus en plus de vigueur. Les capitaux de la finance n'ont plus de frontières.
Sommes-nous en récession? La réponse dépend de l'économiste interrogé. Cela va du "probabilité limitée qui augmente" à la "catastrophe du Titanic". Les gérants de grands fonds ne croient pas à la récession, tout comme le président de la CE, Van Rompuy. On s'en serait douté.
L'inflation, elle, elle va bien pour le consommateur lambda. Tout augmente dans les magasins, ça, c'est une réalité. Sinon, la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique) ne penserait pas à réduire l'indexation automatique des salaires de pays qui en jouissent encore. Vieux monstre du Loch Ness que cette indexation automatique qui a pourtant permis de garder une croissance pendant l'absence d'un gouvernement en plein exercice. Autrement, il aurait été forcé de continuer la contagion de l'austérité préconisée par l'UE.
La Belgique a une croissance plus forte que les voisins, reconnaît-on. Rien de miraculeux. Oui, 346 milliards de dettes publique, c'est un lourd fardeau. Les Belges sont les champions de l'épargne des ménages. Garder le souffle et un potentiel de pouvoir les payer, amenuise les risques. Les OLO sont en baisse. Il est passé de 4,5% à 3,90% et la Belgique a de meilleurs conditions pour emprunter, mais qui reste encore cher par rapport à l'Allemagne et ses 2,18%. On ne prête aux meilleurs comptes qu'aux riches ou à ceux qui le font croire. Aucun pays ne saurait pourtant fonctionner avec des excédents chroniques sans l'existence de déficits d'autres. L'ampleur des dettes n'est pas seule pour déterminer le taux d'intérêts. Le Japon a la plus haute dette publique et garde un taux tout à fait raisonnable grâce à la forte détention de titres publics par les intermédiaires financiers.
L’Allemagne a, seulement, oublié ce qu'a coûté sa réunification.
De toutes manières, mieux vaut une bonne dette, que de mauvais excédents qui auraient laissé dormir des projets de croissance.
Le prix et la valeur intrinsèque des biens de consommation se dissocient comme la distinction entre riches et pauvres dans les pays qui n'ont pas ce parachute. A quand, le point de rupture, de non-retour où plus personne ne pourra plus payer sinon le haut du panier?
D'où vient cet écart, ce "gap" pour parler anglo-saxon, et qui fait perdre le nord?
Plusieurs raisons. Au moins une, généraliste, mondialisée.
En 1971, Nixon a brisé l'harmonie. Il a voulu abandonner les Accords de Bretton Woods et suspendait, du même coup, la convertibilité de l'or en dollars. L'agent virtuel a depuis pris la relève. Il a été le levier armé de beaucoup de crises. Les échanges commerciaux se sont vus déstabilisés. Il a fallu augmenter les prix pour combler la prime de risque de change quand les produits n'étaient pas vendus avec la monnaie locale.
En 1976, ce furent les Accords de la Jamaïque qui renforçèrent le système monétaire international dans l'ère des changes flottants. William Simon disait à la signature que "tout est bien qui finit bien". La parité fixe, mais ajustable, car la production d'or s'essouflait. Entre 1973 et 1979, le dolard perdait de sa valeur avec l'inflation. Inflation qui trouvait une réponse par la hausse des taux. C'est alors, que le gag d'une loi s'est produit. Un pays ne peut plus faire appel à sa banque centrale qui elle peut sortir l'argent sans exigé un intérêt puisqu'elle peut être considérée comme une grande SPRL publique régie par une Constitution qui devrait être écrite par les citoyens. Les SA sont-elles, espèrent des intérêts puisque le profit est sa raison d'être. La démocratie qui devient, ainsi, une ploutocratie dans laquelle il y a, d'office, un conflit d'intérêts potentiel. Pour les dirigeants des pays, pris dans des engrenages qui les dépassent, leurrer les citoyens avec des promesses qu'ils ne peuvent assurer, devient presqu'une obligation.
Tout est vases communicants dans l'OMC. Le franc suisse et le yen se payent un embonpoint actuellement qui ne leur convient pas. Exportations ralenties, touristes qui désertent. La Suisse pense tout à coup à s'insérer dans la zone euro et que la parité avec lui évite le pire.
Le 22 févier 1982, après un weekend, électrochoc en Belgique.
Dévaluation du FB de 8,5%. Pour obtenir 10%, le pays en demande 12%.
Coup de théâtre, qui faisait suite à la situation économique. Il fallait doper la compétitivité défaillante. Colère des Luxembourgeois qui n'étaient pas au parfum. A Poupehan, un groupe de 4 personnes décident cette dévaluation pour contrer l'inflation. Ce qui va permettre d'arrimer le FB au DM quelques temps après.
Dans le même esprit, Monory inspire Cooreman et De Clerq pour pousser les épargnants à entrer en Bourse par le fond qui porte leurs noms. La procédure est l'exonératon fiscale à raison de l'équivalent de 1000 euros par an.
On n'attire jamais les mouches avec du vinaigre.
Aujourd'hui, on en reparle d'un nouveau Bretton Woods avec des New Deal à la pelle, en différentes étapes.
En fait, pour tout dire, on ne sait pas où on va, mais on y va.
Espérons que l'année passée, si nous étions au bord du gouffre, qu'il n'y aura pas quelqu’un qui lancera "en avant toute" ou "au suivant".
Tant que c'est frôler le krach, ce n'est pas encore y plonger.
Nouriel Roubini, toujours comme pessimiste de service, dit: "Éviter une nouvelle récession sévère est désormais une mission impossible".
Dans le Financial Time, il suggérait à la BCE de ramener son taux directeur à zéro. La BCE a obéit, elle prolonge les taux au plancher pendant plusieurs mois. Il se posait la question "le capitalisme est-il condamné?"
Jacques Delors, européaniste convaincu, craint pour l'Europe. Dans son rapport de l'époque, il parlait de "Pacte de coordination". Il n'osait pas parler de "gouvernement économique au niveau Europe" de peur de vexer les Allemands. Cette fois, l'idée est lancée par Angela Merkel, elle même.
Les optimistes répliquent: "Selon HSBC, un rally est en vue au 3ème trimestre grâce à une accélération de la croissance. Le rapport cours/bénéfice n'a plus été aussi bon marché depuis 1988 en excluant la période de septembre 2008 à février 2009. Serions-nous en milieu de cycle, dans un creux de vague? Avec la clarté aperçue au fond du tunnel?".
Faut pas rêver. Un réaliste penserait que la fin du QE2 et la poussée inflationniste, atténueraient la crise. Ce n'est pas un hasard si le cours de l'or est le baromètre instantané des craintes monétaires. La parité or-dollar jusqu'en 1971 avait discipliné l'endettement des États. Après, ce fut la ruée sur l'endettement public qui grimpa tellement qu'elle a hypothéqué la croissance sur le palier de la chute libre. 
Sont préconisés comme solutions (reprisent dans le Vif-L'Express):
- "Les euro-obligations, les emprunts européens, les eurobonds, c'est la seule solution", George Soros, Stiglitz. Ils ont parfaitement raison. Y compris un taux d'intérêt unique. Le problème, l'Allemagne a favorisé ses exportations en limitant sa consommation interne. Ils entreraient en concurrence avec Bundesbonds, donc, Angela Merkel dit non. Les pays d'Europe se font tous concurrence entre eux... et s'attirent chacun dans le même trou.
- "Le potentiel de croissance est plus important que les dettes publiques".
- "Plus d'Europe économique et politique. Fédéraliser l'Europe. Responsabiliser les États, sans culpabiliser".
- "Redonner ses lettres de noblesse à l'économie réelle et payer celle-ci en adaptant la croissance aux services et au bénéfice du renouvelable.", mais c'est la pub virtuelle qui propage les nouvelles.
- "Casser la spéculation", Paul Jorion, anthropologue. Casser la "mauvaise" spéculation surtout, celle qui est prête à casser les projets en misant sur leurs chutes avec une fausse raison de s'assurer. S'assurer, on le fait pour sa maison, pas celle du voisin.
- "Protéger le marché européen", Jean Luc Gréaux. Et surtout coopérer entre Européens. Le protectionnisme devient nécessaire quand les vases communicants deviennent tsunamis.
- "Augmenter les salaires", Jacques Attali. Sans pouvoir d'achat, pas de commerce. L'endettement s'est substitué aux revenus. Il faut seulement que les clients se rendent compte qu'ils sont responsables de leurs recherches du prix le plus bas et qu'on n'a rien pour rien.
- "Accepter l'inflation", David Thesmar. Tout évolue, tout se déprécie dans le temps. Normal que l'inflation prenne un place.
- "Certains pays décident d'interdire les ventes à découvert". Quand on n'a pas les moyens de sa politique, on la ferme et on attend.
- "L'âge des sur-liquidités ex-nihilo devrait s'effacer par une inflation monétaire entre 3 et 6%", Kenneth Rogoff. La contraction des transferts sociaux pourra ainsi être combinée avec une inflation de bon aloi.
- Privatiser comme en Grèce, c'est appauvrir l’État.
Dans la semaine, c'était le mini sommet pour la galerie de Sarkozy et Merkel. Ils sortaient les vieux projets des tiroirs comme si c'était des élixirs de jouvence. 
- Créer un réel gouvernement européen? Il n'y a pas assez avec les deux niveaux permanents et un temporaire, en parallèle de management pour l'Europe? Ouf, on pense tout de même à prendre, Van Rompuy, un des trois présidents déjà en exercice. Trop de pilotes dans l'avion? Mais alors, limiter déjà à deux réunions par an, c'est pondre un œuf et oublier de le couver.
- Une règle d'or? Veulent-ils dire qu'il faut encore plus investir en or comme valeur refuge? Non, c'est faire entrer dans l'orthodoxie et l'austérité générale. C'est à dire, la chute de la croissance et l'asphyxie. Les marchés veulent de la croissance partout et pas des États qui n'auront plus que l'importation de pays à hautes croissances pour écouler leurs excédents de production et des agitations sociales qui fragiliseraient encore plus. Ah, oui, l'Europe sera vraiment vieille. Un musée du monde avec des antiquités que les Chinois ont déjà commencé à visiter car eux n'ont plus que les gratte-ciels du style de Pékin, de Shanghai à se mettre sous la dent. Désolé pour les anti-croissances, mais c'est l'innovation qui crée de l'emploi et le géniteur de la vie ne fait pas dans le rétro. Produire plus, c'est con si on ne sait pas écouler la production. Produire mieux, plus léger et plus utile, c'est plus subtil s'il suit une étude de marché.
Une taxe sur les transactions financières? Tobin a reçu le prix Nobel, en 1972 pour l'idée. Une taxe sur les opérations bancaires (TOB) existe, du moins en Belgique, fixée à 0,50%. Bonne idée qui aurait dû être mise en place au niveau mondial depuis longtemps. Ajustement à faire, traçabilité à surveiller. Tout cela prend du temps à mettre en place, donc solution à long terme.- Plus de solidarité? On a pensé à l'euro en croyant que la solidarité allait suivre la monnaie.
Toujours, "bis repetita placent". On se fout de qui?
Stagnation économique et paralysie politique.
La BCE a toujours trouvé des solutions intermédiaires, avec le chalumeau à la main pour colmater les fuites et toujours limitées au mandat donné par les pays membres. Ces derniers se coltinent avec des souverainistes d'arrière-garde.
Le manque d'homogénéité avec ses charnières, les marchés aiment tester. Il y a une part de jeu dans cette discipline, ne l'oublions pas. 
Pas de doute, pour projeter son présent dans l'avenir, il faut des moyens financiers. Le passé n'est plus qu'une vague consolation pour expliquer ce qui n'a pas marché.
Pragmatiques, les US avaient déprécié leur monnaie pour donner de l'air à leurs exportations. Chine refusait justement d'apprécier leur monnaie, au grand dam des Américains.
«Les gens agissent dans l’émotion au lieu de regarder la situation de manière rationnelle. C’est une panique générale», disait Chris Weston, de chez IG Markets à Melbourne. La première semaine, des sueurs froides au menu.
Dans la même journée, on lisait "Les Bourses reprenaient des couleurs". Couleurs pastel par après. "L’Europe boursière est en mode "espoir". Les Bourses étaient en hausse modérée, profitant de la bonne tenue des marchés asiatiques et des chiffres de la croissance de l'économie japonaise". On regarde ailleurs pour se comparer, envieux et de moins en moins vers l’intérieur, là où cela devrait se passer.
Aux dernières nouvelles de jeudi, on lisait: "Les cotes s'enfoncent. Les marchés européens pointaient en nette baisse ce jeudi en milieu de journée, dans un marché rattrapé par les inquiétudes pour la crise de la dette en zone euro et sur une possible récession mondiale. La perspective de la publication d'une série de stats US renforçait ces inquiétudes. Les valeurs financières sont une nouvelle fois dans la tourmente.". Le rouge est mis. Et comme tout est imbriqué, on ne fait pas dans le détail de jeter le coup d'oeil là où il faut, où il fait bon vivre. Ce que les marchés redoutent le plus, c'est le brouillard.
Dans le même temps, à l'ombre, le spéculte s'installe de plus belle. Pas oublier, la spéculation bénéficie de la volatilité. Elle s'en nourrit. Des cours qui végètent et c'est moins de courtages, prélevés par les acteurs intermédiaires et moins de chances de faire des gros coups. Même les Taxes sur les Opérations Boursières (TOB) n'en seraient affectées dans ces brassages de milliards.
"Une Bourse bientôt transformée en musée", lisais-je. Attention, c'est le bâtiment de la Bourse de Bruxelles, pas l'institution "Bourse". La "Bourse à la criée" ne fait plus recette. Les transactions ne se font plus autour de la corbeille depuis longtemps.
Les pertes pour les uns et les bénéfices pour les autres se suivent et se ressemblent.
Money Week, comme d'autres experts-conseils, proposent toujours des gains mirobolants si l'éthique ne chatouille pas trop ses consommateurs-lecteurs et s'ils pressent le bouton pour s'inscrire en laissant un petit pourcentage de gains dans la sébile (pas des pertes, bien sûr) en s'accordant une cotisation. La Bourse, le capitalisme sont ils indispensables?
On y parle, dès lors, de la "stratégie de l'onde de choc comme une période de forte volatilité, parfaite pour la mettre à profit et ainsi jouer la baisse des marchés pour viser des gains conséquents, au lieu de subir des pertes sur les marchés actions.".
Je n'invente rien. On parie sur les pertes et pas sur les gains des entreprises dans le réel pur et dur. Les sentiments sont au vestiaire. On s'assure le maximum de gains ou le minimum de pertes, c'est tout.
Et, oui, je ne vous ai pas dit, même à Melbourne, dans le pays des Bushmen, on n'est pas à l'abri.
Le lendemain, rechute, une rumeur à l'origine. Le surlendemain, nouveau coup de pédalier de l'avion à hélices. Jouer au yoyo en attendant mieux avec des machines qui réagissent au quart de tour en opposition à des hommes qui n'ont qu'un mandat limité, tributaire d'accords à l'arraché.
Le citoyen, lui, dindon de la farce, n'espère rien de plus qu'une pause, mais quand la danse de saint Guy suivie par celle d'Echternach a commencé... allez l'arrêter sinon par la recherche de points de convergence comme point principal, quand tout est fait pour faire du bénéfice dans le système mondial actuel.
Les Bushmen en Australie dessinaient des peintures rupestres.
Qu'allons-nous dessiner sur nos murs rupestres pour nos futurs découvreurs?
Pas de girafes, pas d'éléphants, pas d'animaux de toutes sortes, que nous aurions dans notre champ de vision. Le signe "$"? Lui, il serait représentatif.
Ok. C'est compris. Roulez, money, money. Le rôle initial de la Bourse était de donner des ailes aux projets, pas pour les détruire. Elle s'est aussi engouffrée dans ce créneau de la déperdition en kamikaze. En cela, elle a perdu la confiance de beaucoup d'investisseurs qui poussent l'éthique. Comme disait Didier Reynders, ministre des finances "«Si l’on veut mettre un terme à la spéculation sur les marchés, il faut prouver qu’on a les poches assez profondes». Relancer la croissance avec les artifices budgétaires et monétaires ne fonctionne plus. Chômage et milliards de dettes d'un côté gouvernements piégés, agences de notations pour coter les points de l'autre.
Je vais me payer, aussi, un "bis": "Et il fait toujours tourner et courir le monde" où tout est permis, actuellement.
Alors, des "destinées de paumés", comme le caricaturaient Nix et Max Tilgenkamp (qui remplacent Kroll), c'est moins compatible avec l'esprit du modernisme, du mieux vivre que recherchent, justement, les pays en voie de développement.
Mais, c'est vrai, quand on regarde à la loupe, il y a encore le passéisme de nos partis belges qui ne comprendra jamais que le passé est le passé et qu'il faut voir de l'avant. En cause, la scission de BHV, bien sûr, dont il faut crever l'abcès avant de parler économie. Mais c'est vrai, ce n'est pas un diamant mais le Yu-Kun-Kun et, comme chacun sait, un diamant ne se griffe que par lui-même.
L'enjeu, c'est le droit de la terre, du territoire, contre le droit des gens, une autre valse à mille temps. Qu'en penseraient, encore une fois, nos Bushmen?
La nature des choses, elle, évolue avec son époque, à la vitesse de l’électronique, avec le vent en poupe en se foutant de la politique des États trop préoccupée par la proue, dans le rétro... Les économistes croient en leur enseignements, croient y retrouver les ressources pour déterminer l'avenir. Erreur... En fait, il y a des cycles de prospérité et du plombage des esprits qui se soumettent aux règles des voisins, car sans eux, vivre en autarcie, à l'heure d'Internet, cela n'est plus possible. La compétition surgit, alors, de ces mouvements erratiques.
Quant à regarder à tribord ou à bâbord, je ne penserais pas y regarder de trop prêt. Autre histoire que celle-là et que j'entamerai le sujet dans quinze jours...
J'avais prévenu que j'avais un "thriller de l'été", avec des suspenses en stock. Je ne pensais pas que ce serait un été aussi meurtrier.
A vos CDS, à vos "Comptes à Déboires et Sacrifices" et pas à vos "Credit Default Swap", eux, ils ne sont pas à votre portée.
L'enfoiré,
Citations:
- "Le retour à la bestialité est possible dans une société comme la nôtre. En raison de la désorganisation des mentalités, des crises d'hystéries généralisées, tout cela aggravé par les crises économiques.", René-Victor Pilhes
- "L'historien est comme un mineur de fond. Il va chercher les données au fond du sol et les ramène à la surface pour qu'un autre spécialiste - économiste, climatologiste, sociologue - les exploite.", Emmanuel Le Roy-Ladurie
- "On ne peut résoudre un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré", Albert Einstein
09:20 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Monde des affaires, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
12/08/2011
L'égo de la communication
J'aurais pu appeler ce billet "Le sexe mène le monde". L'amour, et les fantasmes des dirigeants les plus divers intéressent toujours. Font-ils rêver? Est-ce le meilleur moyen de communiquer? L'affaire DSK monopolise les médias par séquences successives. Les médias le feraient-ils, s'ils n'y trouvaient pas un avantage. L'égo des CEO en remettent une couche, mais là, cela ne marche pas vraiment. En cause, un autre public.
Arnaud Lagardère" en s'exhibant au bras de sa nouvelle dulcinée, Jade Foret a créé un buzz du tonnerre, mais un buzz contre productif. Les humoristes de tous bords ont ajouté, le ridicule à ce fil providentiel pour eux.
Une conclusion? Dans la cour de la grande finance, il ne faut plus pousser le vice jusqu'à parler de sa vie privée en ces temps de crises. C'est dépassé.
Les midinettes ne sont plus présentes et on risque, dès lors, très gros. Internet est passé par là. La hargne et la haine de tout ce qui vient d'en haut, face à la situation de précarité vécue, aussi. Il ne faut pas confondre avec le showbiz.
La France aime les belles Premières Dames quand tout va bien. Cela aurait pu marcher, de ce côté dans d'autres hautes sphères. Mais, nous ne sommes pas ni chez les Premières Dames et tellement de choses mettent des bâtons dans les roues pour conter fleurette. Sarkozy, au départ avait réconforté Lagardaire. Voyant que Lagardère se faisait "chahuter" sur les forums, il changeait de cap en disant "Arnaud est vraiment idiot de s'être livré à cette mise-en-scène".
Que communiquer et comment le faire, quand on est à la tête dans les étoiles et que la situation n'est plus au top de ce qu'on pourrait espérer?
Présenter son égo? Faire rêver, c'est dur. Laver plus blanc que blanc dans une lessive de chiffres?
"L'égo des CEO?", était le titre de l'article qui en parlait, ce jour-là.
L'ère "people", "bling-bling" avait plu dans toutes les lignes de l'égo. C'est un peu râpé. L'intérêt dépend toujours de l'auditoire, des spectateurs et des lecteurs. Les "fleurs bleues" nagent aussi dans les "petits chiffres" et en suffoquent d'indignation.
L'économie ne pousse pas dans les magazines "Nous deux", "France dimanche", "Closer", "Oops" qui présentaient Amy Winehouse dans leurs dernières couvertures, si ce n'est que pour faire une pause et penser à autre chose. Attention, aux suites car, même, alors, c'est encore le pognon qui en ressort.
L'émotion se heurte à la raison, en dur. Rester cohérent, responsable, partie prenante, participative, c'est autre chose. Dans une société privée, on partage son affaire avec ses actionnaires, ses clients ou fournisseurs et son personnel, en fait, tous ses créditeurs. Le bonheur du patron n'est pas transposable dans un esprit d'équipe. 
Pour les marchés, les CEO se doivent de connaître une stratégie de la communication plus raide. S'empêcher de mentir. Dissocier sa vie privée de sa vie publique pour correspondre à ce pourquoi, il est payé, sans biaiser ses messages.
Si le sexe mène le monde, c'était probablement pour une raison physiologique et parce qu'on est le plus proche parent du bonobo. Amusant, on vient d'en découvrir le plus intelligent du monde, par chez nous.
On se rappelle des frasques de Bill Clinton-Monica. Les dernières confidences que Jackie Kenedy a conconcté pour après sa mort, vont nous donner quelques idées supplémentaires en automne, puisque la publication a été autorisée par la fille.
L'affaire DSK continue, aussi, à montrer les deux courants de pensée. Et on trouve des fans de l'un ou de l'autre. Cela meuble le temps et remplit les journaux. Les lecteurs aiment les choses croustillantes.
Dans la semaine, l'émission de télé, "Secrets d'Histoires" présentait le séducteur François 1er qui a éveillé la Renaissance par son côté artiste. Sa séduction a été son arme de communication. Il aurait été en ligne ou en décalage avec ces flux aujourd'hui.
Communiquer, c'est toujours chercher à séduire. Frimer avec ses seuls frasques et des symboles qui ne touchent plus, devient le point de surchauffe.
Les religions n'ont jamais fait bon ménage avec le sexe. Elles parlent d'amour mais pas de sexe. Celui-ci est un concurrent qui ne dit pas son nom.
Dans d'autres milieux, cela dépend de la culture. De toutes manières, la séduction par la voie du sexe, ne rassure plus face aux chiffres et aux lettres de la communication. Plus d'improvisation dans la communication. Il s'agit de séduire par des appâts vérifiables.
Les anglo-saxons ont l'habitude de donner le panel complet de leurs richesses comme référence. Les "aventures" de leur gestion entrent dans le spectre de la communication et choquent les plus latins.
Si le "système"' anglo-saxon est et reste superficiel. Il a le mérite de se vouloir exhaustif, intransigeant. Son pragmatisme va jusqu'à introduire des "profits warning", des avertissements sur les résultats, bons ou mauvais, avant la parution des résultats comptables, quitte à faire chuter le cours d'une action. L'esprit latin essayerait de cacher ce "sein que l'on ne pourrait voir". Le côté noir, c'est qu'il est tellement préparé, trituré, moulé, qu'il prend des relents de propagande dans un "package" avec un nœud coulant qui entoure le tout sans pouvoir rien y ajouter.
En Italie, le "Berlusconisme" s'est maintenu parce que les femmes ne se sont rebellées que très récemment. Intelligemment, Berlusconi mettait en scène sur ses plateaux de télé, les gens de le rue pour leur permettre d'exprimer leurs fantasmes. Rien n'est anodin (ou devrait ne pas l'être) dans les faits et gestes de n'importe quel dirigeant pour garder la confiance de son public.
Dans la communication, des phrases lancées sans réfléchir, réactives collent aux basques pour plus que les mandats politiques ou commerciaux. Alors, ça passe ou ça casse.
Quand cela casse, la population entre en scène et fait ressentir ses effets.
Les présidents français ont, tous, eu leurs petites phrases caractéristiques. Sarkozy avec son "casse toi, pauv'con" est sorti du politiquement correct, il est descendu dans les sondages. Chirac avec son histoire abracadabrantesque a fait sourire. Chez les Rois, un protocole existe et la réserve reste de mise, obligée dans notre monde qui s'est vu obligé de parler en politiquement correct. Pas d'improvisation dans le monde des "Hauts de Hurlevent". La communication officielle se doit d'être préparée et parfois, humoristique.
Dans le bas, déraper, commettre une erreur de jugement est naturel et quelquefois, souhaitable. Le reconnaître et corriger le dérapage est une bonne attitude ou une bonne latitude.
Alors, filtrer l'information? Se taire?
Absolument pas. Se taire serait plus grave et laisser la place à la rumeur. Ce serait donc rater le coche. Une phrase m'est toujours restée en mémoire dans un vieux film qui relatait une situation de guerre "Je préférerais dire une connerie, plutôt que regretter d'être pris pour un con en n'ayant pas réagi".
Formater l'information pour qu'elle soit intelligible, claire et la plus complète possible avec les connaissances du moment. La répercuter sans complaisance. Présenter ses convictions, même si elles ne correspondent pas à la majorité du fil porteur, incitateur aux applaudissements, demande un certain courage dans notre monde du "diplomatiquement acceptable". 
Avoir une bonne image, c'est être naturel, avoir un peu de charisme sans verser dans l'égocentrisme. Mettre l'émotionnel dans un tiroir ouvert sur demande et pas sur commande.
Les attitudes, les gestes seront analysés. Ratés, cela devient le business des imitateurs. Il y en a de politiquement corrects et il y en a d'autres qui se mettent vraiment dans la peau de ceux qu'ils imitent, travers compris. Le but est de faire rire, mais pas de corriger le passage de l'information.
Le formalisme de l'information, son "contenant" est important, le contenu l'est encore plus.
De plus en plus, aujourd'hui, quand on n'est pas bon orateur, on passe la main (pardon la parole... quoique...) à des professionnels et on fait appel à des porte-paroles. Tout est, alors, cadenassé ou huilé en fonction du besoin. C'est étudié et payé "pour". Pas question de corriger le discours, il est fermé. Le porte-parole n'est pas "le" responsable du message. Il n'en est plus que son paravent, son intermédiaire, son drapeau. Les critiques seront ainsi déviées dans les arcanes des informations perdues, usées par l'esprit.
De manière humoristique, j'avais expérimenté le "phénomène" de la recherche d'un porte-parole dans un article. Un bon moment de rigolade lors de son écriture.
La communication est tout azimut. Internet s'est aussi intercalé dans la communication et a bouleversé les habitudes en ouvrant les opinions en plus dur. Les journaux ont dû s'y adapter. "La Tribune" vient d'annoncer que le journal abandonne sa version papier. La communication doit s’accélérer et devenir interactive. Facebook passe par tous les moyens techniques disponibles.
Le contenu reste sous caution en fonction de son diffuseur. Et il y a des spécialistes, des intellectuels de la chose.
Pascal Boniface parle d'une autre vérité dans son livre "Les intellectuels faussaires". "En France, il y a l'impunité du mensonge. C'est une république du copinage. La connivence alimente le populisme". BHV, Fourest et d'autres sont pris comme l'archétype. "Les intellectuels n'ont pas l'influence dont ils se targuent". Plusieurs éditeurs avaient refusé de publier son livre. Trop sensible.
Le monde politique, social, économique, académique et associatif allait-il prendre la mouche ou le miel de l'abeille? Le monde d'en bas a aimé. C'est déjà ça.
Dernièrement, je cherchais une fable de La Fontaine. La Fontaine n'a jamais écrit ses fables sans une arrière-pensée philosophique en mêlant les animaux aux hommes. Si ce grand homme a choisi les allégories et le monde animal pour définir les travers de notre monde d'humains, c'est dans le but de ne pas offusquer les oreilles chastes et pouvoir se retrancher derrière le monde des animaux dans ses attaques.
Dans "Les Frelons et les Mouches à Miel", il mettait en scène une discorde dans la famille des hyménoptères. Elle allait lui servir de prétexte pour donner son avis sur la justice de son époque, de ses soucis, de ses longueurs et de ses traverses. En apanage, on trouvait les procès attachés qui exprimait la supériorité du bon sens sur le formalisme.
Comment conclure?
Le talent n'est pas une chose innée dans la communication. Être bon technicien ou bon patron n'est pas être, nécessairement, bon vendeur.
Rupert Murdoch a vécu les pires moments de sa vie quand il a été interrogé sur l'affaire du "Watergate sur Tamise", disait-il.
Dire une vérité fait toujours peur. Cette vérité peut évoluer, se transformer et devenir complètement fausse dans le temps et revenir en boomerang. Donc, prudence.
A part l'ermite, chacun, suivant son éducation et son expérience, devient, à un moment donné, soit dictateur, soit intégriste dans l'opinion de quelqu'un d'autre. Dès lors, il vaudrait mieux que le message transmis de l'un à l'autre, soit le plus "vraisemblable" possible dans l'intérêt des deux. Il y avait parler avec sa tête ou son cœur. Il y a aussi parler avec ses tripes. Risquer d'aller à contre courant. Cela n'est pas gagné d'avance et n'est pas toujours rentable. Mais ce sera l'image de soi-même.
Quant à l'image de la communication, elle ne sera rien si elle ne sera pas accompagnée d'une confirmation dans la gestion d'un véritable contenu.
Une collègue disait de l'enfoiré, du rebelle "Il a toujours la pièce pour mettre au trou.". C'est toujours le même trou mais jamais la même pièce.
On apprend que les meilleurs employés sont toujours un peu ... excentriques. Ouf..
L'art d'avoir toujours raison, comme le disait un rédacteur en rappelant Schopenhauer? La langue de Léon Bloy, le plus féroce des écrivains français qui disait "Je suis forcé de vociférer jusqu'à la fin, étant missionné pour le Témoignage. Nul moyen d'échapper".
Non. Se mettre à la place de l'autre permet un recul sur soi-même pour réduire n'importe quel sectarisme et commencer un débat de fond, même si chacun reste sur ses positions en finale. Un message n'est jamais à prendre ou à laisser, mais toujours à analyser. Poser une question est aussi intervenir de manière judicieuse.
L'abandonner en route, ce serait, quelque part, une lâcheté sans nom.
Dixit:
L'enfoiré,
Citations:
- "L’ultime question … L’intelligence a besoin de la Bêtise pour s’affirmer, La Beauté a besoin de la Laideur pour resplendir, Le Courage naît dans la Peur, Les Forts impressionnent au milieu des Faibles, Mais au final,…Qui a donc besoin d’autant de connards ?"
- "La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.", Philippe Geluck
- "Une cour sans femmes est un jardin sans fleurs", François 1er.
et toutes celles de Léon Bloy
08:10 Publié dans Actualité, Monde des affaires, Politique, Presse et media, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
05/08/2011
Les jouets de la guerre
L'été n'était pas au rendez-vous ce mois de juillet. Les Musées ont augmenté leur nombre d'entrées. Le Parc du Cinquantenaire de Bruxelles rassemble trois musées tournés vers l'histoire en général ou en plus particulier. Les Musées Royaux d'Art et d'Histoires, le Musée de l'automobile Autoworld et le Musée Royal de l'Armée. Ce dernier a des petites extentions temporaires qui préparent le centenaire de la guerre 14-18, sous le nom global de "Reflet(s) de la Grande Guerre". Cette fois, dans une nouvelle exposition, ce sont les enfants qui jouent à la guerre et apportent les réflexions avec le titre "War & Game(s)".
En 2009, j'avais déjà parlé du Musée de l'armée et de l'exposition intitulée "Chienne de guerre" qui racontait l'importance des animaux pendant la guerre 14-18.
Virginie Cornet, née en 1973, n'a pas connu la dernière guerre et encore moins, celle de 14-18. En 2010, elle présentait "Guerre en face(s)" avec les horreurs de cette même guerre 14-18, la Der des ders.
« En 2007, en chinant dans de vieilles publications, mon regard s’est arrêté sur le visage de militaires de la guerre 14-18. En lisant les textes du tableau d’honneur, je fus submergée par l’horreur et la souffrance engendrée par la guerre. Spontanément, j’ai décidé de traiter ces images en laissant libres mes sentiments. J’avais, déjà par le passé, été attirée par le Musée de l’Armée et possédais dans ma photothèque une série de photos de masques à gaz. Le rapport entre l’objet «sauveteur» et le militaire devint une évidence. Un jeu subtil, sans procédé numérique, débuta entre le visage, l’objet et la souffrance. Ce dialogue me permit de créer des images chargées d’émotions et d’exprimer ma vision de l’horreur de la guerre » disait-elle, alors.
Cette fois, elle remet cela sous un nouvel angle dont elle explique les prémices. Un jour, elle acheta de vieilles douilles. Les douilles de canons de 14-18 sont souvent gravés par des soldats de l'époque et devenaient ainsi des souvenirs de guerre. Personnellement, j'en ai eu, devant les yeux, exposés sur un meuble pendant ma jeunesse. Mais, si cela faisait joli, je n'y avais pas jeté un attention particulière.
Le fils de la photographe Virginie Cornet, alors âgé de 8 ans, y a vu autre chose que des tubes en cuivre. Il y avait exprimé son intérêt, son désir d'en faire des jouets. Cela avait intrigué la photographe. L'envie de créer celle exposition "War & Game(s)" lui est ainsi apparue pour exprimer l'attirance des enfants pour ces engins de guerre.
La guerre et les armes ne sont pas qu'une affaire d'adultes. Cette fascination commence bien plus tôt. Fascination pour l'univers guerrier, pour la pratique des armes dans le but d se défendre, pour s’exercer sur les champs de tir et pour la chasse. Une arme n'est pas un jouet et pourtant, elle s'y substitue dans l'esprit. L'imaginaire s'y retrouve sans volonté de tuer, au départ. Quand cela passe à la vitesse supérieure, on en arrive à ce que les Norvégiens viennent de découvrir avec horreur.
L'exposition ne répondra pas à toutes ces questions, bien sûr. Elle passera le flambeau de la réflexion à celui qui voudra en prendre le relais par l'intermédiaire de l'enfance.
Le jouet de guerre, manufacturé en tant que jouet, date du milieu du 19ème siècle. Dès le début du 20ème siècle, intentionnellement pour l'armée et inconsciemment pour les parents, ces jouets vont devenir une sorte de propagande pour l'armée allemande. Les alliés vont s'y incruster dans ce nouveau marché, dès la guerre 14-18. Il fallait devenir patriote et cela se construit dès le plus jeune âge. Pour le garçon, ce sera la reproduction de l'uniforme de papa parti sur le front. Pour la fille, celui de la poupée avec le costume d'infirmière.
Une correspondance avec dessins servent de liens familiaux dans les familles écartelées par la guerre. Combler l'absence devient le besoin principal. Les enfants, instrumentalisés, s'en viennent à rêver de devenir des héros à leur tour dès que l'âge le permettra. Question d'honneur. L'ennemi est présenté comme le mal personnifié dans les manuels scolaires qui cultivent la haine de l'autre dont on ne connaît rien. Jouer à la guerre est s'y préparer, c'est participer à la défense de la nation. Le jeu d'enfant est devenu la pré-guerre.
Appartenir à une nation, suivre un drapeau, marcher au pas devenaient des automatismes. Mobiliser par l'école appuyé par l'étude de l'histoire se produit dès le plus jeune âge, indifféremment du sexe chez les élèves consentants par essence.
Cela passe par le prestige de l'uniforme, au jeu de fléchettes proposant d'abattre un ennemi. Par la récompense et la fierté d'arborer des décorations sur la poitrine, pour couronner le tout. Pas question de devenir pacifiste, mais une prise de conscience s'impose.
En temps de guerre, le fer en temps de guerre est trop cher. Le jouet en bois va le remplacer le jouet en fer. Dès lors, le jouet se construit par les enfants eux-même. Le plastic ne viendra que plus tard. La question se pose aussi et fait débat.
Au retour du héros, il faudra cotiser à l'emprunt national, pour que les enfants ne connaissent plus la guerre, alors que toute l'infrastructure de la construction de jouet est restée bien en place.
Pendant cette "der des ders", les armes deviennent l'enjeu du conflit et sa résolution. Les "wargames" prenaient le relais en y insérant stratégie et ruse.
Après, si l'on y prête garde, ils deviendront vraiment des enfants soldats dans certains pays. Le film de Spielberg "L'empire du soleil", chronique de guerre était programmé dans la semaine. Il reprenait le thème avec intelligence.
Dans le monde des adultes, la guerre est une forme d'assurance, de protection pour défendre sa famille, son pays. L’extension de ce besoin naturel se porte très vite à la patrie qui l'a vu naître. La bravoure et l'héroïsme sont des besoins de reconnaissance dans une population en émoi. Représentation que l'on veut donner pour soi-même et encore plus à la vue des enfants.
Aux États-Unis, posséder une arme fait parte du 5ème amendement comme une liberté.
Prospérer dans un pays en paix, est le but final. C'est évident.
Plus question de rêver, de s'instruire, de cultiver son moi, tout est tourné vers la réalité de l'éventualité d'un conflit local ou plus important.
Les budgets de la Défense dans le monde restent éloquents et ressortent surtout quand on racle les fonds de tiroirs.
Les États-Unis resteront-ils encore longtemps les gendarmes du monde, vu les dettes colossales qui ont été revues à la hausse?
Rien n'est moins sûr. Ils se retirent d’Afghanistan, ne participent pas vraiment dans le conflit en Libye.
Les enfants américains, eux, joueront probablement encore longtemps avec les "allumettes suédoises". Le marché des armes plus est prospère que jamais. C'est une affaire qui marche.
Pas étonnant, que parfois, sort du lot l'un d'eux qui sort ses vrais flingues et qui n'a plus envie de jouer.
Le Costa Rica, lui, a choisi de ne pas jouer à la guerre. Pas d'armée. Il ne s'en trouve pas plus mal.
En Norvège, pays qui délivre le Prix Nobel de la Paix, cela a bouleversé la population.
"Il n'y a que l'impossible arrive toujours", comme disait Alain Bombard.
Il y a peut-être d'autres moyens de faire la guerre.
Le Printemps arabe a rappelé ce qu'était des guerres civiles entre partisans des gouvernements et anti-gouvernement. L'après-guerre, la liberté retrouvée, reste avec un dénouement toujours douteux. La guerre en Libye n'a toujours pas trouvé sa fin.
Chez les citoyens en paix militairemant, les jeux vidéos ont pris le relais sur les écrans et font recettes. Tant que cela reste virtuel, pas de problème. Mais c'est, aussi, un départ glissant vers des extrapolations plus dangereuses.
La Somalie vit des moments douloureux dans une sècheresse, en quête d'un pourcentage tellement minime des coûts militaires.
La guerre des robots est annoncée. Il n'y a qu'à fixer un "terrain de jeu" réservé, bien à l'écart du vivant.
Il y a tellement d'occasions de mesurer ses forces en techno, d'entretenir une agressivité trop marquée...
Pour rappel, le Parc du Cinquantenaire fut contruit en 1880 comme parc d'exposition en commémoration du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la Belgique. Léopold II voyait tout en grand. Les Arcades sont surmontés d'un char en bronze tiré par quatre chevaux, qui représente la province du Brabant. Les huit autres provinces sont représentés sous l'arcade principale. Les autres musées sont destinés à l'histoire des hommes et des voitures.
Autoworld présente des modèles de presque toutes les marques automobiles belges. Souvent d'avant la Première Guerre mondiale. Pionière dans le domaine des chemins de fer, la Belgique regorgait alors d'entreprises qui fabriquaient des vélos, des armes, enfouffrées dans l'engouement pour les carosses motorisés. La Vyncke, fabriquée en 1894, puis, la Minerva, l'Imperia, Nagant, Miesse, Germain, Belga-Rise, Hermes, l'Excelsior qui a participé à la course d'Indianapolis en 1914. Souvent, devant les arches, les possesseurs de ces machines viennent parader à leur bord avant de partir sur les routes.
Mes photos de l'exposition vous en rendront-elles compte, seulement, par une petite lucarne de l'histoire?
A vous de me le dire.
L'enfoiré,
Citations:
- "Les systèmes, comme les constitutions, sont les jouets avec lesquels s'amusent les personnes graves.", Jacques Bainville
- "La mort est le jouet sérieux de Dieu.", Léon-Paul Fargue
- "L'enfance est une main perdue dans les vieux coffres à jouets.", Jean Royer
09:40 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
29/07/2011
Un nouvel ordre mondial?
Un dossier de l'Echo énumérait les enjeux d'une révolution appelée "Le nouvel Ordre mondial". Chaque joueur y tente de conquérir le monde. L'Oncle Sam n'est plus seul à décider du monde. Il doit s'arranger avec des concurrents tout aussi peu conciliants. Dans cette partie d'échecs, trois parties: la technologie, l'énergie et l'économie. La technologie dans les domaines militaires, le spatial et l'Internet. L'énergie par la conquête des ressources naturelles, fossiles ou durables. L'économie, comme moelle épinière, avec ses propres règles spécifiques, souvent non standardisés, non solidaires qui se cachent derrière les sourires coincés, affichés lors des G8 ou G20.
La technologie (Entre la bêche et le semi-conducteur):
La technologie a influencé tous les domaines de l'ordre mondial, lisais-je. C'est peu dire.
Une anecdote raconte que, le 28 mars 2011, une femme géorgienne âgée avait sectionné, par inadvertance, un câble de fibre optique avec sa bêche. On l'appellera la "hackeuse à la bêche". Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie étaient privées partiellement de connexion internet.
Le virtuel s'est substitué au réel. Intimement lié, le Web a imité la rue qui renvoyait, à son tour, l'ombre du Web. La guerre du réel se retrouve dans une cyberguerre. Les pirates du virtuels se sont cachés derrière des pseudonymes d'Anonymous et prennent une nouvelle forme de guerre dans laquelle tous les coups sont permis. Le "business model" du piratage reste lucratif comme dans le monde du réel en Somalie. La sécurité des données du Web est un mythe dans lequel le citoyen espère qu'il sera ne sera pas impliqué. Pas de paranoïa, tous comme les logiciels, les circuits intégrés peuvent très bien être des "kill switches" insérés par ceux qui les construisent.
La sécurité absolue, c'est se retirer d'Internet, tirer la prise de l'électricité du PC, ensuite. Tout est susceptible d'être piraté sur la Toile. Plus, il y a de consommateurs, plus il y aura de chance d'attirer les pirates.
Le "hackisme" est plus qu'un sport de jeunes. Le vol de données est un business de groupes organisés car les données ont une valeur intrinsèque revendable.
Wikileaks attaqué et ce sont les réseaux qui se retrouvent bloqués par des envois concentrés vers leurs sites en provenance de commandos anonymes. 
Personne ne connait le nombre de PC infectés par des virus et qui deviennent des zombies, des "botnets", à l'insu de ses utilisateurs. Les antivirus agissent rétroactivement.
Si, en réel, le réseau Facebook correspondait à un pays avec 500 millions d'utilisateurs qui devenaient des habitants de ce pays, il représenterait 7,2% de la population mondiale, l'équivalent de l'Union européenne, 4,5% pour les Etats-Unis, 17,5% pour l'Inde et 19,27% pour la Chine. Est-ce grave? La force réside dans son audience qui le rend presque invincible et, en même temps, indispensable pour la stratégie commerciale et privée de la population. La frontière entre privé et public, en est devenue ténue. Pourtant, Facebook a ses propres règles d'utilisation, décrites dans leurs propres règles, qui ne respectent pas totalement les règles démocratiques. Jouer au dictateur devient, ainsi, tout à fait possible par rapport à une législation nationale. A quand le drapeau Facebook?
Un bug de l'informatique à l'école? La « fracture numérique » se situe moins au niveau de l'accès aux TIC (technologies de l'information et de la communication) que dans l'usage qui en est fait » était-il constaté.
Au niveau militaire, la technologie a pris des allures en dents de scie, réactive comme le sont des pompiers à la suite de drames.
L'Angleterre était la reine sur les mers du monde. Pour des raisons de rationalisation, d'austérité, elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Le porte-avion "Ark Royal" sur lequel décollaient les Harriers en décollage vertical, a été mis au rancart. Cette tendance s'est propagée en Europe qui compte sur l'OTAN pour sa sécurité.
La Chine est en expansion dans le monde mais aussi, dans le domaine militaire "Made in China", comme symbole de puissance et surtout pour restreindre le déploiement des forces étrangères. Le budget militaire de la Chine ne dépasse pas le 5ème des dépenses militaires américaines, mais elle se perfectionne.
La course à l'espace est en panne de rêves aux États-Unis. Les navettes prennent place dans les Musées. L'aventure s'est révélée trop coûteuse. Le déficit budgétaire a atteint la limite autorisée des 1.400 milliards de dollars. Les Républicains s'opposent à augmenter les plafonds de la dette américaine.
Dans ce tourbillon de nouvelles "pompiers", les grands projets futurs se décident sans enthousiasme.
Dans Communauté européenne, l'ESA devra donner un meilleur rapport qualité-prix que la NASA si elle veut continuer. Pas d'ambitions exagérées. Galileo et GMES comme programmes essentiels. Un lien artificiel entre le public et le privé est devenu la seule collaboration pour continuer encore.
La Russie a décidé de travailler en collaboration entre partenaires. Attentiste.
L'Inde n'a pas ce souci de fierté nationale et poursuit des objectifs utiles d'observations de la Terre.
On joue pourtant au stratego spatial en Chine qui reste cavalier seul, fierté nationale oblige, dans un processus de rattrapage avec le projet de sa propre station orbitale. Jusque quand?
"The Carlyle Group" est un réseau politique qui investit dans les technologies à finalité militaire. Il s'est vu détrôné par la crise au profit de Goldman Sachs.
Yassou (traduction "salut") disait Zorba le Grec, en dansant, le sourire aux lèvres. Il est vrai que, ces derniers temps, on ne danse plus, en Grèce. On ne fait plus que compter et on rit jaune. Et ce n'est pas à cause de Michael Cacoyannis, son réalisateur, qui vient de mourir et dont on ne se souvenait même plus du nom.
Non, vraiment, pas d'OVNI sous le soleil. Objets Vivifiants Non Identifiés, s'entend.
L'énergie (Métaux rares et courbettes diplomatiques):
Une autre anecdote: Juillet 2009, l'Australien Stern Hu est accusé d'espionnage et de pots-de-vin en Chine. Dans ce pays, on ne rigole pas du tout avec cela. On "liquide" les fautifs. Orage diplomatique entre les deux pays. Il s'agit d'un échange de "bons procédés". Rio Tinto a mis des bâtons dans les roues du "numéro un chinois" de l'aluminium, Chinalco. Pas question d'entrer dans le conseil d'administration en augmentant son actionnariat. Le comble: le chinois "Minmetals", avec ses mines de cuivre et d'or et "Lynas Corp", actif dans les métaux rares, sont repoussés vers la sortie. C'est décidé, on ne vendra pas de steaks de kangourou en Chine, cette année-là... L'année suivante, le Premier australien faisait une visite en Chine: "Notre relation avec la Chine est en bonne forme", disait-il ensuite, sans rire, devant les journalistes. Pensait-il à la même chose?
L'énergie des hommes est confrontée aux matières premières et à la fuite de leurs politiques.
Désormais, les matières premières dessinent le monde en permanence en fonction de leurs disponibilités.
L'histoire du pétrole, Eric Laurent en avait parlé en détail dans la "Face cachée du pétrole". C'est presque de l'histoire ancienne comme des fossiles vivants dans les mains de paléontologues.
Le directeur général adjoint de GDF Suez, Dirk Beuwsart affirmait "Le passage à l'énergie durable est une illusion. Les prévisions de la demande énergétique devrait doubler d'ici 2050. Tout dépend toujours des quantités disponibles et du coût d'exploitation. L'Europe n'a pas développé une politique d'approvisionnement énergétique avec une petite chance par le gaz. Une grande partie des ressources sont concentrés dans un nombre limité de régions". Ce qui devait avoir fait sortir les écologistes de leurs gongs. Mais cela pourrait faire frémir les consciencieux de l'avenir .
Le Groenland, un eldorado inexploité? S'il n'y avait les conditions extrêmes de ce continent glacé et donc le prix pour l'exploiter. L'Islande avec ses volcans, un autre eldorado. "Le réchauffement climatique met à jour de nouvelles opportunités", dit "Hudson Resources". Mais, est-on prêt à tout sacrifier, joyeux des désastres de nos méfaits? Entre temps, le réchauffement climatique n'a pas encore dit son dernier mot. Heureusement, jusqu'à présent, l'Antarctique a réussi à se préserver de trop de perversions des États.
La fameuse "révolution des gaz de schistes" fait beaucoup parler d'elle. Des gaz emprisonnés dans des roches schisteuses mieux répartis que les autres hydrocarbures. Entre 2.400 et 11.000 milliards de m3 présents, rien que dans le sous-sol néerlandais. Le problème, c'est la technique pour aller le pomper entre 1000 à 2000 mètres, puis à l'horizontale au travers d'argile et la pollution qui apporte une menace pour l'environnement. Le film "Gasland" l'explique. La Pologne, l'Estonie seraient pourtant, les plus pressées pour se lancer dans l'aventure. C'est devenu une nouvelle histoire d'eau dans le gaz, qui passerait du figuré au réel, via la politique.
L'alimentation a généré la ruée vers des terres fertiles entraînant une pénurie latente. La flambée des prix en 2008 a semé la panique. On spéculait dans des bulles artificielles. La crise était là, on s'est écrasé. On croit s'en sortir et on repart. La pénurie est devenue structurelle avec toujours plus de demandes. Pénurie d'eau potable et épuisement des réserves alimentaires. Des entreprises étrangers s'approprient de terres en usurpant les paysans locaux qui, dindons de la farce, n'ont pas les moyens de revendiquer leurs droits sans titres de propriété officiels. "China-Afrika Development Funds" est doté de 5 milliards de dollars pour établir des contrats à bas prix. La solution, enrayer la famine en surface avec une location mais payée en monnaie de singe. Lester Brown parle d'émeutes de la faim dans le futur suite à de mauvaises récoltes. Un autre coup d'épingle dans la "bulle alimentaire". Le pétrole contre nourriture n'est même plus d'actualité. Le principe a seulement évolué, shifté vers d'autres ressources naturelles, comme l'eau.
Sans le Nil, l’Égypte n'existerait pas, dit-on et c'est vrai. L’Égypte s'est toujours octroyé un droit de regard sur tout son court, alors qu'elle est en aval et à l'embouchure. Pour ses besoins énergétiques, elle a été jusqu'à déplacer sa propre population pour construire le barrage d'Assouan. Le Burundi, l'Éthiope en amont veulent leur part. Le Kenya, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie avaient déjà paraphé un traité de partage des eaux du Nil. Le Nil Bleu fournit le plus de débit et à sa source au Lac Tana, en Éthiopie, pays qui n'en exploite que 0,3%.
Le problème de l'eau devient crucial partout. Il resurgit près des fleuves du Colorado, du Jourdain, du Gange, du Danube...
Une Terre bien plate où tout le même serait servi de la même façon, en eau, en nourriture, en soleil, en énergie aurait pu éviter cela. Cela aurait-il été une évolution sans contestations, sans vases trop ou trop peu communicants?
Faut pas rêver, surtout éveillé.
L'économie (Vol d'oiseaux et mauvaises augures):
Vol au dessus d'un nid de coucous ou vol d'oiseaux de mauvaise augure? De toutes manières, des oiseaux de toutes les couleurs. Le nouveau jeu, "Angry Birds" est un oiseau qui tire à lui, tout ce qui vient à sa portée. Time is money. "Atos Origine" vient de supprimer les comptes d'email pour ses salariés. C'est Facebook qui devient la base de partage des informations. Plus de formules de politesse. Du concis, précis et visible par tous et pour tous.
L’espionnage industriel, c'est pour les autres. L'affaire Renault était un mirage. Le vieux routier de l'économie George Soros a un théorie qui d'après lui, fonctionne, la réflexibilité. Le "Hedge Fund Quantum" qu'il a créé, a fait un carton. Le 16 septembre 1992, lors du "Black Wednesday", il pariait sur la baisse de la Livre Sterling et il empochait 1 milliards de dollars dans l'opération. Le serpent monétaire perdait la Livre. Intuition ou expérience? A 81 ans, Soros va rendre son tablier. Il vient de fermer Quantum aux investisseurs externes et rend les avoirs de ses clients.
La "voiture économique" est partie depuis dans une dérapage incontrôlé sur glace. A bord, on contre, instinctivement, le volant dans l'autre sens, avant de remettre la voiture, par à coup, sur la ligne droite de la route. Faire cohabiter marchés et pouvoirs publics, c'est faire travailler le frein et l'accélérateur avec, en plus, la sophistication du GPS et du limiteur de vitesse.
Le Consensus de Washington de la libre-circulation des capitaux est quasiment mort. La Chine utilise le dollar à l'extérieur et le yuan à l’intérieur. A y réfléchir, les dirigeants chinois ont raté une occasion de laisser leur monnaie s'apprécier pour contenir la hausse actuelle de ses prix. La BCE, elle, a pour seul objectif, de combattre l'inflation. La FED, c'est l'emploi et la stabilité financière qui la préoccupe. Le crash des crises systémiques étaient à l'horizon du possible des banques. Le jeu de la réciprocité n'a pas joué pour les banques chinoises. La concurrence n'existait pas sur un pied d'égalité: désir de démocratie contre parti unique. 
Nokia, qui était "number one" jusqu'en 2007 dans le marché des portables, s'est vu récemment déclassé, dépassé. La société se retrouve en 3ème place. Fin mai dernier, Nokia plongeait de 17% en Bourse. En cause, la prolifération de managers, une mauvaise compréhension des désirs des consommateurs qui a entrainé des erreurs de stratégie. Passer leur temps à créer des présentations Powerpoint sur tout et rien, par "slide makers" et plus veiller à sa sécurité qu'à l'évolution des marchés. Une réduction des coûts et mauvais choix des priorités. Milliards d'euros dans la R&D, structure bureaucratique et projets hors besoins des consommateurs comme clous dans les chaussures. L'iPhone est arrivé et le dérapage a commencé. Les consommateurs semblent préférer se tourner vers les modèles utilisant le système Android de Google ou vers les smartphones Apple. Depuis, la rumeur encercle Nokia et voient Samsung comme un repreneur potentiel du géant finlandais.
Les entreprises actives dans les hautes technologies sont à terme visées et rachetées par des investisseurs étrangers.
L'intelligence économique passe par la course à l'informatisation et à sa protection. Oui, mais rien ne sert de courir dans la cour des miracles, il faut aussi se donner de bonnes directions pour que les miracles restent efficaces. 
"Stop lost". Il faut réduire les dettes. Le triple AAA en dépend. Il faut cependant orienter la manœuvre de réduction. Déterminer où sont les plus grosses fuites et les meilleurs moyens de les colmater. Les 14.000 milliards de dollars de plafond des Américains, servent surtout de garde-fous, pas de scénario catastrophe. Le dollar plongerait. Il a déjà commencé. Les plus grands bailleurs de fonds en dollars chinois dévalueraient probablement leur yuan pour rectifier la disparité, mais entreraient néanmoins dans le panier des contentieux en communs.
Quels sont les pays les plus endettés? Tout dépend par quel bord on les prends. La dette publique en % du PIB, les tops cinq sont le Japon, la Grèce, le Liban, le Zimbabwe, l'Islande. Pour les dettes extérieures, en $, ce sont les USA, UK, Allemagne, la France, le Japon qui se taillent les premières places. Mais en $ par habtants, surprise, c'est le Luxembourg qui a le pompom.
Ni les dons, ni les contributions ne font plus recettes. Tout est cédé avec des élastiques par des mouvements ultra-libéraux comme les Tea Party. Faux rêves et vraies réalités, disais-je...
La dette des States est colossale. Le libéralisme pur et dur ne veut pas lâcher le moindre lest. Pas de taxes sans compensations par le plafonnement des dépenses publiques et des dettes et les marchés s'excitent. Le match des Titans est ouvert. Faites vos jeux, impair et passe. 
Désormais, en Europe, c'est l'austérité qui se retrouve dans la nouvelle bouteille à la mer. Le social a maintenu, vaille que vaille, le bateau en perdition, hors de l'eau. Jusque quand? Quand les risques augmentent, les prix pour emprunter, aussi. Les agences de notations, c'étaient bien pour les sociétés privées pour des Etats, ce n'est pas le même impact.
Jacques Halpérin s'interroge de savoir si pour un État, les notations étaient bien sensées? Le rating des USA serait insignifiant, constate quelqu'un. Cette constatation rendrait caduque, les cotations de l'entité "Europe" en ne rendant qu'une perception de solvabilité manquant de pertinence. Pour un État, la faillite, la comptabilité, le bilan ne sont que des éléments aléatoires manquant de précisions. Ce qui mériterait, au moins, le bénéfice du doute. On n'augmente pas la punition de celui qui est déjà en prison dans un jugement à répétition. On le laisse purger sa peine. S&P a pris le risque de descendre le niveau de cotation des USA de AAA à AA+. Son patron, Devon Sherma, a été "dégradé" de son pied d'estalle. 
"Grey is beautiful". Une carrière d'un travailleur se partage entre démarrage, croissance, consolidation et détachement. C'est dans les deux dernières phases qu'il y a le plus d'engagement à prévoir. D'où l'importance d'offrir des formations à tout âge. Le dispositif de de retraite progressive a suscité beaucoup d'intérêt. Mais encore faut-il y ajouter la volonté politique.
Le jeudi 24 octobre 1929 ce fut la plus grande crise de tous les temps. Elle allait durer 43 mois. 8000 banques en faillites. Le Dow Jones, -90%, le PNB -30%. Ce n'était pas gris, ce krach prenait les noms de jeudi noir.
La plus grande chute, avec -22,6% sur une journée, reste le 19 octobre 1987. Qui a-t-il de différent? Comme le constate Laurent Arthur du Plessis, il n'y a plus grand chose à "stimuler". A l'époque, la balance des payements des USA, en créanciers du monde, était positive. Les ménages et les entreprises étaient peu endettés.
Le travailleur, aujourd'hui, est infiniment moins réactif et rigoureux. L'économie sociale ne voit qu'en terme de groupes dans un démagogie de l'Etat-providence, qui parle de complot des "riches". Les propositions reposent sur une suite de réformes alors que l'environnement est hostile. Au changement du siècle, le système de crédit échappe à tout contrôle. L'occident se "paye" des bulles à répétitions avec de plus en plus de dégâts quand elles crèvent. Ce ne sont plus les petites manoeuvres faciles des taux d'intérêts des manuels d'économie qui sauveront. Une hausse des taux, c'est diminuer les liquidités et accentuer la dépression. On "démine", plutôt qu'on corrige, dans une déflation dont on oublie les risques. La notion d'équilibre n'existe, tout simplement, pas. Grande découverte. L'économie est en milieu naturel. Tout à besoin de tout dans son environnement proche ou lointain, pour rester en vie et la porter. Ce n'est pas seul contre tous ou groupe contre groupe comme dans une croyance éperdue dans la compétition. L'économie doit respirer par petits coups. Exansions et contractions et retour. On a des "riches-pauvres" qui ont plus de biens et moins de cash-flow pour s'assurer contre la moindre crise. Le capital est là pour créer encore plus de capital, comme le ferait une graine, pas pour être gaspiller et être réservé à une partie minime de graines, les plus grosses.
Conclusions et idées:
Fukushima a sonné le glas de l'énergie nucléaire conventionnelle. Le printemps arabes a montré qu'une révolution peut en entraîner une autre comme dans une partie de dominos, soutenue sous la virtualité boudeuse d'Internet, de Facebook et de Twitter.
Ces événements ont créé des tsunamis de réflexions dans le monde. Les vagues suiveuses continuent à déferler.
Les acteurs du monde se regardent toujours en chien de faïence en se demandant quel sera la prochaine victime sur la liste. Ce qui était important, hier, l'est beaucoup moins, aujourd'hui et le sera, probablement, encore moins, demain. Les journaux nous apprendront la suite s'ils le veulent bien. Les risques se déplacent. De conjoncturels, ils deviennent structurels voir systémiques.
C'est un peu ce que disait en résumé, Jeremy Rifkin. 
Au 19ème siècle, les révolutions industrielles ont transité par la machine à vapeur dans l'ère du charbon. Au 20ème, le moteur à combustion s'est appuyé sur le pétrole. Les énergies durables, Internet, les TIC se présentent au 21ème.
Une 3ème révolution semble être en marche. Dans cette bataille, on voit l'évolution des prix. L'inflation a freiné la croissance économique. Pourtant, un peu d'inflation est naturelle et même souhaitable. L'argent vit sa propre vie. Il a ses propres filières. Les produits qui viennent d'ailleurs, moins chers, tentent de juguler, de réguler les marchés. Le consommateur, lui, ignore, désormais, la provenance de ce qu'il consomme. Il a perdu l'habitude de penser que les biens qu'il achète, auront encore une durée de vie de décennies.
Il ne pense plus qu'à faire la meilleure affaire en tentant d'atteindre le meilleur prix-performance, quitte à hypothéquer son propre avenir. Il paye. L'empreinte écologique est entrée dans les consciences comme un trouble-fête, comme un manque à gagner.
En Europe, la peur du lendemain a pris place au côté des populismes, des extrêmes-droites de tous bords, des plus grossiers aux plus inattendus et meurtriers, comme on vient de le constater, groggy, en Norvège.
Depuis lors, on cherche qui peut avoir fait quoi. Des bouc-émissaires...
Les réactions face à cette surprise ne se sont pas fait attendre, à postériori, pour tenter de rectifier ce trop plein de liberté via Internet: "faut-il mieux contrôler la toile?", "fermer les frontières?". Question à faces multiples et à réponses parfois très partiales. N'est-ce pas un peu trop tard, face à une lame de fond, du tsunami dont on n'a pas évalué l'ampleur quand on sait que des logiciels permettent de crypter les informations bravant l'interdit?
On analyse aussi son manifeste "2083" pour découvrir qu'il y a beaucoup de plagiats insérés.
Combat d'arrière-garde, surtout quand tout est intégré, mondialisé, "dettisé"... ?
L'islamophobie, les immigrés, un nouveau mal du siècle? Un multiculturalisme raté, quelque part dans son processus d'intégration est une des pistes. Il y en a d'autres.
Suite à ce manque de projet, c'est la perte d'identités qui pousse l'idée de la responsabilité de tous les maux, à l'Europe. Elle a sa part, bien sûr. Mais il y a aussi, les régionalismes, les nationalismes, les souverainismes qui se bousculent pour réintroduire cette peur viscérale, ancestrale de l'inconnu, de l'étranger.
Lui, aussi, navigue à vue dans son propre marasme, parfois bien plus difficile encore, alors qu'il ne cherche qu'un peu d'herbe plus verte ailleurs. On en arrive à se haïr de chaque côté d'une frontière naturelle ou imaginaire. Ce qui fait viré la victime dans le champ des coupables.
Un drame humanitaire se produit actuellement pour 6 millions de personnes. Il suffisait d'un climat économique déplorable, une sècheresse anormale dans l'État fantôme de la Somalie que des pirates hantaient en rançonnant les bateaux pour empêcher l'aide des ONG.
"Si les politiciens sont incapable de nous proposer un projet exaltant, des fous s'en chargeront". Là, on brûle.
Ce qu'on tente de masquer, c'est que la compétitivité et la mobilité sont devenues les seules idées maîtresses pour les naufragés des entreprises, dont les buts du jeu les dépassent. 
Comment se fait-il que je me sens un peu comme sœur Anne, je ne vois plus rien venir de positif dans ces marchés de dupes?
On parle de nouvel ordre mondial mais pour qui et comment? On a l'impression de caler sur des points d'achoppements connus de tous...
Le futur, est-ce le détruire en permanence, avec un goût de trop peu à chaque fois?
Les multinationales ne s'en préoccupent pas trop. Elles surfent sur les frontières. En touches-à-tout, elles installent "leurs billes" là où elles prospèrent le mieux et éliminent ce qui leur fait ombrage.
La CNUCED indique que la hausse des Investissements Directs à l’Étranger, au plus bas en 2007, reprennent du poil de la bête. La Belgique passe, ainsi, à la 4ème place en IDE avec 43 milliards grâce à la déduction des intérêts notionnels. Bien, mais est-ce typiquement un profit "belge" ou simplement des délocalisations pour éluder les impôts locaux?
"Mille milliards de dollars", un film prémonitoire ou simplement très perspicace. C'est toujours bien de penser à l'extérieur, mais il faudrait ne pas oublier ce qui se passe à l'intérieur, sur place.
Cela doit changer, disent quelques prêcheurs, mais oublient, souvent, de donner les processus et les recettes du changement dans l'intermède, tout en laissant leurs auditeurs trouver leurs solutions dans une sorte de panique suicidaire. Le progrès collectif, s'est autre chose.
Alors, qui repenserait au Glass-Steagal Act perdu dans la bagarre en 1999?
Une solution serait, peut-être, de faire évoluer les potentiels de chacun, de chercher les opportunités là où elles se trouvent, sans chercher à les copier pour la seule raison de faire du bénéfice. Partager les morceaux de la tarte ou mordre celle-ci en se l'arrachant. C'était le cas, il y a bien longtemps. Le commerce était un échange de marchandises. La facilité, la rapidité des transports, ont changé la donne.
Une autre manière de dire "The right man at right place" serait "the right job at the rigth place to get a global goal".
Sortir des globalités. Généraliser un processus en fonction de moyennes, de statistiques, c'est raté la proie dans l'ombre des particularités. En chacune des entités, il y a des ressources cachées à faire ressortir et amplifier en n'oubliant pas de les harmoniser avec les disponibilités de l'époque et dans l'espace imparti.
Un jour, peut-être, faudra-t-il attribuer à chaque partie du monde une certaine exclusivité de produire avec ce qu'elles disposent en propre comme opportunité, parce qu'elle aurait des facilités naturelles que n'auront pas les voisins. C'est déjà le cas pour certaines activités spécialisées. Cela éviterait les redondances et les voyages inutiles des marchandises. Vouloir tout faire, n'importe où, et entrer dans une concurrence exacerbée, c'est finir par se vendre à bas prix, comme suiveurs pas assez rentables. La concurrence est bonne tant qu'elle ne tue pas ceux qu'elle devrait protéger.
Que nous a rappelé, Internet? La vie en réseaux. Ces réseaux n'ont qu'un problème: la fragilité par leur complexité, par la nébuleuse de leurs opérateurs avec le risque de ne plus avoir de contrôles suffisants, perdus dans des strates multiples ou des concentrations extrêmes dans des nœuds, sans marge de sécurité suffisante. Quand ces risques de pénurie deviennent vitaux comme le sont l'eau, l'électricité, le gaz, les transports, les télécoms, le moindre problème local peut générer une catastrophe globale. (cf. Le dossier de Science et Vie n°1126).
Internet reproduit à grande échelle, ce que chaque être humain produit dans son propre réseau de neurones de son cerveau. On se trompait au sujet des neurones: ils sont bien plus complexes qu'on le croyait.
Les neurones communiquent entre eux et pas uniquement par l'intermédiaire des synapses. Ils le font en WiFi, sans connexions, par des champs magnétiques pour synchroniser les activités et ainsi augmenter la mémoire et la cognition de son réseau interne. Via la formation de myéline autour des axones, des cellules "progéniteurs" ralentissent jusqu'à 40 fois les communications pour améliorer la communication entre les deux hémisphère et mieux la consolider. Les signaux transportés se transforment au fil des voyages par l'entremise d'Interneurones de l'hyppocampe et cela dans tous les sens sans interventions du corps cellulaire. La transmission des signaux électriques renforcent les réactions réceptrices à l'aide des glutamates. Les transmetteurs s'accélèrent en renforçant les messages en impliquant la dopamine et la sérotonine.
Tout cela se passe en très local sur quelques millièmes de millimètres, très spécialisé et donc, très centralisé par spécialité. Pas de "cloud computing" au royaume des neurones. Un travail de concert en réseau, prêt à réagir automatiquement à toutes intrusions ennemies. Ils commandent seulement, de loin, les muscles sans s'y substituer. Pas de compétitions destructrices. Le seul ennemi potentiel, l'AVC, l'accident vasculaire cérébral.
C'est beau la nature, d'avoir penser à tout cela, avant nous. Le micro-monde naturel nous indique une voie de la rentabilité économique et une leçon de low-cost à haut rendement mais à gros investissements au départ.
Quant à la fable du cerveau qui ne serait utilisé qu'à 10% de ses possibilités, il y a donc à parier qu'il y a des baffes neuroniques qui se perdent... mais, pas pour tous le monde.
Mais, cela n'est, aussi, rien de nouveau et ne contribue en rien à un nouvel ordre mondial.
L'enfoiré,
Citations:
- "Le monde n'a pas besoin qu'on y mette de l'ordre ; le monde est ordre, incarné. C'est à nous de nous harmoniser avec cet ordre.", Henry Miller
- "Le courage, c'est-à-dire le doute dans l'ordre théorique et l'action dans l'ordre pratique.", Jean Lacroix
- "La vie crée l'ordre, mais l'ordre ne crée pas la vie.", Saint Exupéry
10:40 Publié dans Actualité, Amérique, Europe, Histoire, Informatique, Monde des affaires, Politique, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
22/07/2011
Une (dé)fête nationale spéciale
La fête nationale belge est passée. Un 21 juillet vraiment très spécial. Un suspense tout azimut, aussi.
Trois jours avant, lundi, on comptait 400 jours sans gouvernement élu en réponse aux dernières élections. Le formateur Di Rupo avait sorti sa note, refusée sur toute la ligne par la NVA. Il avait ce lundi soixante bougies au compteur personnel. Bougies qui coulaient sur les mains. Une note qui avait l'heur de plaire à 7 partis, c'était pourtant rare. Mais, comme chacun sait, pour avoir une chance de réformer l’État, il fallait un quorum des 2/3 des voix.
Le jeune parti de NVA jouait la tête brûlée. Donc "Out".
Le vieux parti chrétien CD&V, en perte de vitesse, jouait son baroud d'honneur comme accompagnateur en cartel de la la NVA. BHV sorti du frigo mais avec quelques compensations pour les francophones. Mais, pas d'accord. On jouait avec les nerfs des négociateurs.
On commençait à décompter les jours jusqu'à la fête nationale dans l'excitation. A une autre échelle, c'était l'Europe qui marquait des jours de faiblesses avec la main dans les fonds de tiroirs.
Alleï, encore un petit effort. Il restait encore le slip et le nœud pap, non?
Le formateur lançait un ultimatum de la dernière chance pour "seulement" pouvoir négocier.
Le Roi dit qu'il n'assistera pas à autre chose qu'au défilé militaire. Cette année, il n'a anobli personne. Le Prince Laurent était même interdit de défilé pour raison d'infidélité à la famille.
L'humoriste Bruno Coppens remplaçait les habituels pourfendeurs de la politique par l'humour, alors ce fut de un et de deux. Des cafés serrés restent toujours les derniers recours dans ces cas-là. Tous ont eu peur de ne pas être désigné comme formateur écumeur.
Au matin, on se questionnait, si c'était encore une fête.
Ce jour de fête, Herman Van Rompuy, un autre belge, président à la CE, avait cru bon d'ouvrir un sommet européen à Bruxelles. Sommet, dit de la dernière chance, pour régler le problème de la Grèce. Preuve que les problèmes de l'Europe et de la Belgique se ressemblent. Nationalismes contre régionalismes.
La Belgique est une Europe en miniature comme le démontre notre parc d'attraction "Mini-Europe". Tous deux, des laboratoires d'un futur.
L'Europe a-t-elle l'étoffe des héros ou sera ce le repos des guerriers? Bonne question.
Merkel ne s'attendait pas, d'avance, un résultat "spectaculaire" pour ce sommet.
Devant une roulette russe, on a envie de dire, "Rien ne va plus. Faites vos jeux".
Les leaderships européens et belges sont en crise. Les populismes, les nationalismes, les agences de notations coupent l'herbe sous les pieds. 
Briser les intérêts particuliers pour viser des buts plus généraux devient l'entreprise de longue haleine.
En Belgique, on se questionne, depuis septembre, en aparté, entre quatre yeux sans négocier ensemble.
Mais qu'est-ce qu'allait raconter le Roi dans son discours?
Il y a eu, bien sûr, le faux discours, drôle et sérieux, à la fois.
Pour le vrai, le suspense n'avait jamais été aussi grand. L'audimat allait monter en flèche.
La musique de la Brabançonne pour l'annoncer, comme d'habitude. Bon signe?
Non, le Roi se dit "affligé" par la crise politique.
Mercredi 20 juillet 2011, 12:59
C’est un discours fort, quasi exclusivement consacré à la crise politique. Le souverain déplore que la crise crée « l’inquiétude » et « l’incompréhension ».
« Mesdames et Messieurs, chers compatriotes,
En cette Fête Nationale, j’aurais aimé me réjouir avec vous de la prestation de serment d’un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice. Nous n’en sommes hélas pas là, et je le déplore.
Entre-temps, pendant cette longue négociation, le gouvernement en affaires courantes a su prendre efficacement les mesures nécessaires pour préserver dans l’avenir proche le bien-être des citoyens.
Toutefois, cela ne diminue en rien l’urgence et la nécessité de former un gouvernement investi de pleines responsabilités et qui devra réaliser les réformes structurelles nécessaires dans les domaines institutionnel et socioéconomique. De là mon nouvel appel à tous les citoyens et en premier lieu aux responsables politiques.
Un célèbre constitutionaliste anglais, Walter Bagehot, précisait les prérogatives de la monarchie constitutionnelle comme suit : le droit d’être informé, le droit d’encourager et le droit de mettre en garde.
Ces derniers mois, dans mes audiences, j’ai beaucoup utilisé les deux premières prérogatives : être informé et encourager. Avec vous, je voudrais à présent faire usage publiquement, en toute transparence, de la troisième prérogative : le droit de mettre en garde.
Je le fais fortement et avec conviction pour les raisons suivantes :
Premièrement. Comme un très grand nombre de Belges, je suis affligé par la plus longue durée, de mémoire d’homme, de formation d’un gouvernement. Cela crée chez beaucoup d’entre vous un sentiment d’inquiétude quant à l’avenir. J’ai pu m’en rendre compte lors de mes visites dans les différentes régions.
Deuxièmement. La durée de cette crise suscite aussi, dans une grande partie de la population, de l’incompréhension vis-à-vis du monde politique qui n’apporte pas de solution aux problèmes. Cela risque de développer une forme de poujadisme qui est dangereuse et néfaste pour la démocratie.
Troisièmement. Si cette situation perdure longtemps encore elle pourrait affecter de façon négative et très concrète le bien-être économique et social de tous les Belges. Il faut en être bien conscient.
Quatrièmement. Un des atouts importants de la Belgique, depuis la seconde guerre mondiale, est son rôle au sein de l’Europe. Cela nous a valu de devenir de fait, comme pays, la capitale de l’Europe et de jouer un rôle moteur dans cette formidable aventure qu’est la construction européenne. Notre pays, avec sa diversité culturelle, était considéré d’une certaine manière comme un modèle pour l’Union européenne. Notre situation actuelle crée de l’inquiétude auprès de nos partenaires, et pourrait endommager notre position au sein de l’Europe, voire l’élan même de la construction européenne déjà mis à mal par les eurosceptiques et les populistes.
Je ne serais donc pas fidèle à mon rôle, si je ne rappelais pas solennellement les risques qu’une longue crise fait courir à tous les Belges, et si je n’exhortais pas à nouveau tous les hommes et toutes les femmes politiques, et ceux qui peuvent les aider, à se montrer constructifs et à trouver rapidement une solution équilibrée à nos problèmes.
Comme je le rappelais à l’occasion de la Noël, et je cite : « Dans la recherche de cet accord raisonnable il est évident que chaque partie devra faire des concessions. Chacun aura donc l’obligation de prendre ses responsabilités. Le moment est venu où le vrai courage consiste à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions. Si un tel accord se réalise, un nouveau gouvernement fédéral pourrait être constitué. Avec les entités fédérées, il sera à même de prendre des mesures nécessaires pour sauvegarder le bien- être de la population, et pour rétablir la confiance au sein du pays. C’est cela que tous nos concitoyens attendent ». Fin de citation.
Mais les citoyens ne doivent pas seulement exhorter leurs représentants à prendre les décisions courageuses qui s’imposent. Ils doivent aussi s’efforcer de favoriser une meilleure entente entre nos communautés en faisant des pas concrets vers l’autre, en parlant sa langue, en s’intéressant à sa culture, en essayant de mieux le comprendre. C’est là une forme importante de la citoyenneté moderne.
Par ailleurs, nos problèmes internes ne doivent pas nous conduire vers un repli égoïste sur nous-mêmes et nous faire oublier le monde qui nous entoure. A ce propos, je voudrais partager avec vous l’émotion que j’ai ressentie lors de la remise du prix Roi Baudouin pour le développement au médecin congolais Denis Mukwege. Dans des conditions très difficiles, il soigne et vient en aide aux femmes qui sont victimes de terribles violences dans l’Est du Congo. J’appelle notre pays, l’Union européenne et les Nations Unies à travailler efficacement avec les autorités du Congo, et des pays voisins, pour mettre fin à ce drame. Nous ne pouvons pas rester indifférents à de telles situations.
Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, C’est avec le ferme espoir de voir bientôt prendre fin cette trop longue période d’instabilité politique que la Reine et moi, et notre famille, nous vous adressons nos meilleurs vœux pour une vraie Fête Nationale qui rapproche tous les citoyens. "
Alors, ça, c'était pas habituel. Musclé, électrochoc, son discours. Vraiment fâché, le Roi...
Il n'avait vraiment pas l'air de sourire le "patron"... un "Indignez-vous", comme paroles à la mode, mais venu du haut du panier.
A 19:30, coup de théâtre, le CD&V accepte de négocier sur BHV mais, remisait aux calendes grecques (un mot à ne pas citer en l'espèce), ce qui ne l'intéressait pas.
Le CD&V se met définitivement à plat ventre, dit la NVA.
Nenni, ce sont les électeurs flamands qui en ont marre.
Ensuite, ce fut le soir du 20 juillet. Là, c'était la vraie fête, celle des Marolles, sur la place du Jeu de Balle. Le Grand Jojo était annoncé, comme d'autres Bruxellois de derrière les frites et les moules. Le Prince Laurent y était venu danser avec les Bruxellois tandis que le reste de la famille se trouvait au concert au "Bozar" avec la Valse de Ravel pour conclure le concert. Pas de surprise de ce côté.
On sait encore danser, rire et se rappeler des habitudes. La musique adoucit toujours les mœurs. Ouf.
Le fric, aussi, est toujours de la partie. On apprennait que les Belges possèdaient 931,3 milliards d'euros. Le patrimoine augmentait de 10 milliards.
On a encore une valeur marchande, quoi... Rien n'est donc perdu. Pas étonnant que Bleu Marine nous faisait les yeux doux.
En France, une semaine avant, c'était un 14 juillet sans Carla (elle n'aime pas trop être photographiée quand elle n'est pas au mieux de sa forme...) et sans quelques soldats, tombés au champ d'honneur de la France.
L'année passée, tous les Belges s'en souviennent encore des inondations catastrophiques avec les nuages en provenance de la France lors de ce 14 juillet.
Mon "Vivement l'automne", presque prémonitoire, lançait: "Comme un malheur n'arrive jamais seul, voilà qu'on nous apprend que le cornet de frites va augmenter. Faudra vraiment qu'on passe à autre chose et qu'on goûte ces churros, par exemple. Les frituristes vont avoir des soucis à se faire, c'est sûr. On se souviendra de la fête nationale française, de sa manière, disons, assez "chahutée". Du défilé, on n'a pas vu grand chose. Quand l'antenne et la parabole suivent le même trajet que les tuiles et le toit, cela devient difficile...
Français, soyez plus sage l'année prochaine avec les feux d'artifice. Cela a dû gêner quelqu'un la haut. Cela l'a foutait mal, ensuite, avec l'annonce que les assurances risquaient d'augmenter leurs prix. Pas uniquement, de ce qui s'est passé, bien sûr, lors de la fête nationale française, mais par la récurrence des intempéries et aussi, mondialisation oblige, du pétrole qui s'échappe dans le Golfe du Mexique."
Du feuilleton de l'été 2010, l'affaire Bettencourt, nous sommes passé en 2011 à l'affaire DSK ou au scandale des écoutes à Londres.
Les
feuilletons des autres, on aime à la télé entre les petits plats et les grands. On les aime moins en politique. Malaise imprécis qui se perd dans la nuit des temps, en queue de liste des préoccupations belgo-belges d'après les derniers sondages.
Puis, le 21 juillet arriva. On allait voir ce qu'on allait voir. Les images sont toujours plus explicites que nos petites lettres de l'alphabet bien placées dans un ordre conventionnel ou constitutionnel. L'ordre se bat toujours avec le chaos comme on venait de le voir à la télé dans "V Vendetta".
Quant à notre drache nationale, elle se devait d'être au rendez-vous. Heureusement, pas tout le temps.
Le matin, le ciel était clair, le soleil était là.
Un coup d’œil sur "Que faire ce 21 juillet?". Malgré la morosité, il restait quelques points d'attraction pour un Bruxellois, pas trop fatigué.
Mon vélo et mon mini photomaton numérique, c'était parti, en service commandé. Les photos pour l'ambiance.
En chemin, quelques drapeaux tricolores. Rien de commun avec 2007. Autour de l'enceinte du quartier de l'Europe, calme plat du côté Berlaymont, mais, du côté Juste Lipse, les voitures de polices et des cars de télés qui pointent leurs paraboles vers le ciel. La rue de la Loi et, puis, le Parlement, déjà assailli de visiteurs en file en attendant 11:00.
Le Parc bat déjà toutes les activités. Je repère ce qui sort des habitudes. Un clown distribue des ballons triturés aux couleurs du jour aux enfants. Radio Nostalgie attend les plus vieux mais ce sont les jeux d'enfants qui ont la vedette. 
A Sainte-Gudulle, c'est l'heure de la sortie du "Te Deum". Les drapeaux tricolores volent. Applaudissements au Roi, à Di Rupo et à Leterme, et cris à la sortie de la cathédrale. Qui aurait cru cet enthousiasme, il y a un an? Des calicots "Dank U, Sire", c'est nouveau.Le Roi avait susciter l'admiration par son discours.
De fiers cavaliers escortent sous leur coiffe enfoncée jusqu'aux oreilles, et n'ont rien à envier à une escorte anglaise.
Suivons les guides. Remontons vers la rue Royale. La foule est déjà là. Se faufiler au travers. Des sons lointains, des tambours, une troupe de Congolais dansent, à corps perdu. Des musiques de fanfares qui entonnent des airs bien connus. Un défilé de Chinois en jaune et bleu. Le palais de Justice approche. La police y présente ses derniers gadgets.
L'après-midi sera encore plus grouillante de monde. A 16:00, ce sera le défilé militaire. Une pluie battante, ponctuée de coups de tonnerre, commençait au même moment et n'allait finir qu'après la dernière de la Brabançonne de la fin du défilé militaire. Je n'y étais pas. Un résumé des moments forts me suffisait devant la télé. Dans les airs, l'ambiance "mouillée" a rendu les couleurs bien vite dissipées. Les Alpha Jets ont été à la limite de la sécurité perdu dans la brume. Je n'ose penser au travail de sèchage des uniformes et du matériel au sol.
Le feu d'artifice du soir, je le verrai de loin. Accompagnait la musique générique du film "Star Wars", première version. Une analogie avec les étoiles du drapeau de l'Europe?
Dans la journée, la zone euro avait réussi à réduire le montant de la dette grecque. Quand je vous disais, qu'il y a toujours des fonds de tiroir quand les marrons sont cuits...
La fête nationale devra peut-être trouver une version adaptée de "Et maintenant, que va-t-on faire" en fond musical?
Stop ou encore? La météo avait montré le chemin. "Tous à l'eau". Fini les pokers menteurs.
C'est donc "encore" pour les deux. Le tournant dans les crises? Un effet levier?
En Belgique, après une première consultation, on fait une pause "vacancière" jusqu'au 15 août. Di Rupo remis en selle.
En Europe, cela sera toujours les agences de notations qui diront si cela suffit.
Quant aux États-Unis, ils apprécient aussi cette date du "21 juillet".
Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong alunissaient à bord de Eagle avec ces mots "« That's one small step for [a] man, one giant leap for mankind ».
Le 21 juillet 2011, la navette Atlantis se posait en Floride en mettant fin à l'aventure spatiale américaine, trente ans après le premier vol d'un orbiteur.
Ce matin, il y avait un ouf de part et d'autres des sept partis belges. "Mes enfants, mes enfants, l'émotion est trop forte", comme disait Luc Varenne dans un très vieux Tour de France.
La fête, c'est bien, pour faire oublier la vie de tous les jours. Mais, à chaque fête suffit sa peine. Pourquoi les crises? Allez expliquer cela à un martien.
Quand une fête ressemble trop à tous les autres jours, ça ressemble trop à une défaite...
Rendez-vous dans trois semaines. Il faut toujours se reposer après une crise ou un fête de foie ou de foi, non?
Des photos officielles et alors, plus officieuses, plus personnelles...
L'enfoiré,
Citations:
- "Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage.", Francis Blanche
- "La vie n'est ni un spectacle ni une fête ; c'est une situation difficile.", George Santyana
- "Le "tendre penchant" peut se manifester à tout moment et en tout lieu, au bal, à la fête foraine, dans l'autobus, plus rarement au cours d'une mêlée ouverte dans le Tournoi des cinq nations.", Pierre Desproges
08:25 Publié dans Belgique, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
19/07/2011
Et il fait toujours tourner et courir le monde
L'argent, nerf de la guerre, a toujours été de toutes les préoccupations, mais avec un certains brouillard dans les manières de le conserver. L'idée du bonheur était dans les prés, très probablement. L'un n'empêche pourtant pas l'autre quand on constate que cela intéresse fortement des spécialistes de ce qu'on en fait de ce nerf de la guerre.Cet article avait été écrit pour parler de l'argent, en général. Il a pris une autre connotation. Il est devenu un billet en droit de réponse à une polémique.
L'anglaise, Gillian Tett, a une formation d'anthropologue. En 2005, elle se tournait vers les affaires de Wall Street.
Curieux, se dirait-on. L'anthropologie mènerait-elle à l'argent?
Cela semble vu qu'elle n'est pas unique à être passée d'une science humaine à une science qui approcherait plus les chiffres et le monde numérique.
Si vous me suivez couramment, vous avez pu constater que cette évolution existait, au moins, dans un autre cas: celui de Paul Jorion. J'en parlerai en fin de ce billet pour faire suite à ce qui créait une polémique.
Gillian Tett était passée, d'abord, par la case "journalisme" en devenant la directrice en chef de "Financial Time". Elle a tout comme Jorion, sentit le risque de la faillite du système financier avant la crise de 2007.
"Les banquiers sont déconnectés et trop arrogants", disait-elle. Tous deux se sont félicités d'avoir alerté l'opinion et s'en sont retrouvés au devant de la scène.
La complexité des produits des marchés, toujours en croissance, CD, CDS, le manque de transparence, avait mis la puce à l'oreille de Gillian Tett que cela ne pouvait durer. Il était devenu trop facile de rouler les innocents qui ne sont pas intégrés dans le processus que par les intermédiaires, en juges et parties, infiltrés dans le processus de décision. Elle écrivait "Fool's Gold". Les tours de passe-passe financiers de la J.P.Morgan n'y étaient pas étrangers.
"Comprendre le monde, c'est comprendre l'argent", avait Gillian comme slogan.
Je ne peux qu'applaudir cette déclaration. L'étude des bases économiques devrait faire partie de toutes les branches d'études comme si elle était une langue, un langage particulier auquel il faut se résoudre pour vivre en harmonie dans notre monde cruel. Le culturel sans voir la circulation de l'argent, c'est penser prendre des vessies pour des lanternes. L'argent est un sujet "chiant" mais un sujet avec un certain "intérêt". Alors, la plupart des gens s'en remettent aux bons soins de leurs conseilleurs sans en comprendre les fins mots.
Rien ne sert de gagner sa vie, parfois très durement, si c'est la perdre, sans comprendre l'utilisation de ses revenus par la suite. L'argent a un but unique d'être un outil qui donne un potentiel pour aujourd'hui et demain. Il n'est pas une fin en soi. Veiller à contrer son effritement par l'inflation n'est pas une question, c'est une saine décision.
Le citoyen lambda a des tendances à rêver. Les chiffres lui donnent mal à la tête quand il y a trop de zéros dans les montants. Savoir lire un bilan d'une société n'est que le premier pas. Alors, qu'il ait des gogos aux passages n'est pas une surprise.
Sans l'argent, ce serait revenir au troc pour se procurer ce dont on avait besoin pour vivre, manger, s'habiller et se loger. Dans le troc, l’État, le social, la solidarité n'auraient pas leur part du gâteau sous forme de taxe. Un bien ou un mal? Question qui trouve réponse dans la lutte entre libertarianisme et socialisme. Des mots en "-isme" ont toujours un lourd passé.
Qui est le dindon de la 'farce' dans ce jeu de donnant-donnant?
Il a fallu inventer une monnaie d'échange qui permette des échanges pour rendre le commerce plus facile et surtout de percevoir la dîme du chef. Les chefs se sont succédés avec des noms divers : empereur, seigneur, roi et finalement État et gouvernement représentatif.
Tout allait pouvoir s'acheter avec les billets, la monnaie ou l'argent électronique. L'homme moderne allait connaître une fuite en avant pour gagner toujours plus d'argent aux attraits infinis. La virtualité de l'argent et les dettes ont radicalement effacé le travail de production qui s'y cachait. Pour l'avoir, cet homme allait devoir pour la plupart du temps, travailler plus et travailler, de plus en plus, jusqu'à accepter toutes les compromissions, tous les sacrifices et à vendre son bien être. Travailler mieux, plus efficace, c'est encore toujours des plans sur la comète. 
Le travail, devenu de plus en plus prenant, monopolise temps et entourage. Point.
Allégorie pour allégorie dans un couple?
Les conjoints d'un ménage courent le plus souvent dans la même direction pour engranger le matelas nécessaire pour satisfaire les moindres envies. D'abord aux États-Unis, suite à la concurrence de compétitivité que nous connaissions, les entreprises se sont mis à exiger, par contrat, plus de flexibilité dans le temps des prestations et dans la mobilité, l'éloignement vis-à-vis du domicile des employés. Si l'employé veut faire carrière ou simplement garder sa place, c'est l'acceptation de ces contraintes, de ces exceptions qui sont devenues souvent généralités. Être appelé à partir pendant une semaine à des centaines de kilomètres devient monnaie courante. Être "carriériste" ou être "famille", un choix très difficile dans un concerto imposé à main levée.
Les États-Unis ont du mal à se faire à l'idée de ce que représentent les pays européens, eux qui ont souvent choisi l'esprit conservateur républicain.
La dimension d'un pays comme la Belgique, pourtant appelé cœur de l'Europe, n'est qu'un conté, une bourgade à l'échelle américaine, quand on a l'habitude d'aller d’État en État sans quitter le sol de la patrie! De part et d'autre du couple, loin des yeux loin du cœur, les époux cherchent à meubler le temps.
L'engrenage vicieux a commencé. Est-on à l'aube d'un bouleversement ou d'une évolution prise dans la douleur? Le mot "révolution" est trop sanguinaire, mais l'évolution des mentalités est inévitable.
Les essais libres d'infidélité comblent les temps libres. Je ne dis pas qu'il faille prendre des allures de "pigeons" (l'expression "être le pigeon" proviendrait-elle de cet état de dépendance) qui n'ont qu'un partenaire dans une vie. Mais, la découverte de ces "déraillements" est suivie non seulement par la dislocation des membres du couple et du divorce avec tous les autres acteurs de la maisonnée. Je crois que ce ne serait pas une mauvaise idée pour les entreprises modernes de faire des réserves pour leurs employés pour de futurs émoluments d'avocats. Les divorces augmentent et dépassent les unions en nombre.
Les stress tests imposés aux banques témoignent de ce besoin pour un contrat de mariage. Mais, ils n'apportent pas la preuve de leur solidité, de leur transparence et ne rassurent pas.
Les enfants, au milieu du jeu de quilles, se retrouvent déséquilibrés. Sans guide, ils se retrouvent bien souvent à la rue, mêlés à ce que l'on a l'habitude d'y rencontrer: bandes et paumés. A la dérive, leurs études s'en ressentent. Le divorce les projette dans le ballottage et commence à ne plus reconnaître les vraies valeurs. Pour sauver les apparences (les meubles, diront les habitués de l'image), chacun des partis va s'efforcer de combler le vide par des cadeaux de toutes sortes pour faire semblant que la visite du jour est la plus importante. Drogues, mauvaises fréquentations sont souvent le tribut de ce manque de cohésion des parents. Sans plus de repère, la boucle est bouclée, car, après cette constatation faussée de la vie de couple, ils seront prêts à entamer le même rythme dans leur vie propre d'un futur mal agencé.
L'argent a gagné la bataille, il fait toujours tourner le monde même si c'est un monde qui n'est plus très responsable. Je suis malheureux de vous l'apprendre. Je ne suis aucunement prude ou bigot, à vous raconter la belle histoire de Cendrillon, chez Disney, et lancer l'anathème sur des pratiques libertaires modernes. Ce modèle de vie apporte des aspects négatifs, sans moralités intrinsèques, une fois entrés dans la normalité.
Faut-il tout lâcher, oublier toute morale et toute "hygiène" de vie au bénéfice de ce 'dieu dollar'? Le jeu en vaut-il la chandelle? Les mœurs évoluent, c'est un fait. Elles le doivent surtout quand l'incendie est passée toute proche et que le feu n'est pas totalement éteint. Rester lucide des tenants et aboutissants est une contrainte de l'humanité adulte. La chanson d'aujourd'hui, à plus de 90% des cas, rappelle ce besoin d'amour, ces déchirements perpétuels à répétition. On l'entend d'une oreille distraite, mais est-on prêt à l'écouter?
De notre temps, s'assurer du maximum d'argent dans le minimum de temps est devenu un jeu. Les tombolas font rêver. On est prêt à risquer, à sacrifier le plus gros, son "ego", pour les gains faciles. Le dernier gain de 130 millions d'euros à l'Euromillion a montré que se présenter avec le chèque sur la photo, a encore de beaux jours dans l'esprit des gens. Qu'en feront-ils de cet argent? Si on se rappelle de certaines familles comme la famille Empain, rien n'est assuré. Une génération pour construire la fortune, une autre pour tenter de la faire fructifier et la suivante, pour la dilapider. Qui aura gagné aux fonds des filets? Le capitalisme, bien sûr.
La proie pour l'ombre aussi. La publicité comme initiatrice pour combler tous nos désirs les plus cachés, les plus inexistants dès le départ. Habemus Papam: le marketing.
Dans le "sport", tous les coups sont permis pour prendre place sur le podium du gagnant avec la "petite" récompense financière. A ce point de vue, il est même passé à la vitesse supérieure. Le brassage de ce dieu "money" est devenu énorme. Les magouilles, de toutes sortes, par le dopage, les "velléités" du vrai sport mises en sourdine pour emmagasiner les retours sonnants et trébuchants. Tous les pays sont touchés tour à tour. Course folle vers l'inaccessible étoile.
Pour les entreprises, abattre son concurrent en le féodalisant, en l'englobant par la fusion et le rachat, c'est augmenter son propre pouvoir. Le fric est toujours prêt à tout écraser sur son passage.
L'argent est devenu plus difficile à acquérir qu’auparavant. Sous forme réelle ou virtuelle. C'est un fait. Pas grave, on lui ajoute une couche de protection, c'est gratuit.... temporairement. Alors se l'approprier par tous les moyens est un choix de société qui se prend dans la douleur. Car peu d'élus à l'arrivée. Les mailles du filet sont serrées. Vive le veau d'or.
Un recul est nécessaire sans philosophie mais avec une simple clairvoyance. Il ne faudra pas crier haro sur la mondialisation si l'on n'est pas prêt à faire l'exercice de lecture en soi.
Michel de Kemmeter parlait de l'argent comme d'un miroir de nos peurs. Les problèmes sont liés à la rapidité, la complexité et le risque de l'utiliser. Il ne croyait pas à la décroissance mais à une croissance de la valeur ajoutée. J'en étais fort aise et j'applaudissais.
Zong Quinghou est le plus riche de Chine avec une fortune estimée à 12 milliards de dollars. Patron de Wahaha ("Enfant content" en mandarin). Ni alcool, ni golf, ni bling bling. Il vit avec 20$ par jour. Il travaille jusqu'à 23h à son quartier général de Hangzhou. Son seul luxe est d'avoir un lit au bureau. Sa technique maintenir ses coûts au plus bas pour ses boissons.
Des appels du pieds de Bill Gates et Warren Buffet sont restés sans réponses.
"Quand on donne aux bonnes œuvres, on ne sait pas où l'agent atterrit. Le dilapider, c'est du gâchis. Aider les pauvres à devenir riches. Leur apprendre à pêcher plutôt que leur donner du poisson", voilà son crédo.
L'argent pour le commun des mortels reste son seul pouvoir. Les différences d'approche de ce qu'il est l'argent et du comment le préserver ou l'utiliser, reste donc nécessaire.
La polémique avec Paul Jorion:
Paul Jorion a eu la même filière que Gillian Tett, dans une phase antérieure.
Le premier avril, je le "bousculais" une première fois. Il remettait le couvert, il y a deux semaines avec l'aide de son fidèle lieutenant, Julien Alexandre, mon dernier commentaire n'était jamais arrivé à destination. Il se retrouve désormais sur Postjorion.
Dois-je le répéter encore une fois? "Sur mon blog, on vient ou on ne vient pas. Je m’en fous complètement". On ne peut être plus clair, non?
Mon blog est écrit par moi et pour moi, comme des "snapshots", des références à une époque. Il est construit sans lieutenant, comme le serait un journal personnel. Je donne accès sous forme de blog, comme beaucoup le font dans la modernité, sans y insérer une mention "Paypal". Comme je me fais fort de répondre à tous ceux qui me prêtent une attention particulière en apportant un commentaire et qu'ainsi, je m'efforce de répondre à tous, je n'en veux pas des masses que je ne pourrais assumer. Alors, parler de pub pour mon blog quand je donne un lien.... faut pas charrier! Sortir un texte de son contexte, c'est aussi traduire et parfois trahir.
Je commente, au besoin, d'autres blogs ou forums. C'est peut-être par solidarité ou pour exprimer une idée personnelle qui peut être parfois en opposition. Si je n'ai qu'à ajouter un seul "Bravo", je me tais.
Paul, vous n'êtes pas le seul à réfléchir aux problèmes de notre temps. Et ceci justifie cela.
Vous avez été invité lors d'un "Ce soir ou jamais" chez Frédéric Taddei. Dans notre "Vif-L'Express" de la semaine, celui-ci répète, à qui veut l’entendre, qu'il ne coupe jamais la parole à qui que ce soit, que tout est permis, sauf ce qui est interdit. Vous y aviez raison d'élever la voix et de reprocher aux banques ce qu'elles avaient fait subir à ses épargnants. Partiellement raison de plébisciter Cantona qui voulait retirer ses fonds des banques. L'a-t-il vraiment fait? Farce ou attrape en coup de pub?
Alors, je me tourne vers vous, Paul.
Avez-vous été vindicatif, en direct, sur le terrain, quand vous étiez employé d'une grande banque américaine ou étiez-vous aux abonnés absents en attendant un moment plus opportun après avoir été "déclassé" par la crise?
Les victimes du "système", elles, sont restés sur le tapis, groggys.
Nous avons à peu près le même âge. Je comprends votre message mais il ne correspond pas à la vague de fond. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs et l'enfer est souvent pavé de très bonnes intentions.
La semaine dernière, à la suite de votre "C'est vendredi du 15 juillet 2011, rebelote, le chemin de la croisade et ... de la non-observance de tous les avis contraire à l'esprit de votre blog. J'étais étonné de voir passer ma boutade "si vous avez de l'argent en trop, faites en dons à ce blog" sans réaction. Puis j'ai continué à suivre les débats.
Le pseudo nommé "Nobel", se trouvait sous le feu nourri des contestataires dès son commentaire, parce qu'il a eu l'innocence ou l'impudence de demander au départ:
«Face à la possible érosion de l’euro et à la très probable accélération de notre baisse du notre pouvoir d’achat, quels conseils, que faire du peu que nous avons ? Faut-il vendre notre maison, notre appartement et transformer les euros acquis en francs suisses par exemple? Faut-il convertir les quelques euros que nous avons en banque»
Cela montrait, pour le moins, son désarrois. Non, le blog n'est pas un lieu qui se prête aux conseils financiers. C'est évident puisqu'il préconnise l'agonie du capitalisme.
Il était répondu avec ironie: "Symbole dérisoire et pathologique! Dérisoire car nous ne sommes que de passage et nous n’emporterons rien, pathologique car confondre les verbes être et avoir c’est la conséquence d’une angoisse pathologique, une peur du lendemain qui pousse à l’accumulation et à la cupidité. Le capitalisme est en train de vaciller, c’est une opportunité formidable pour changer de paradigme; saurons-nous la saisir?".
En attendant, qu'est-ce qu'on fait? On fait semblant qu'on n'a pas compris?
Mais, Julien, le lieutenant a une idée: "Vous semblez résolus à profiter du spectacle de la crise plutôt que de l’empêcher, je vous conseille d’acheter : du pop-corn, des lunettes et un écran 3 d, un maxi coca 1l. Dans le cas contraire, il existe (encore) plusieurs moyens de prévenir la chute finale ou tout du moins d’en limiter les dégâts : faites la promotion autour de vous de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, du bancor, d’une chambre internationale de compensation… et du blog où vous avez découvert ses idées, afin de les rendre incontournables."
Nous y voilà. Voilà pourquoi mon premier commentaire n'a pas été censuré.
Ensuite le débat allait s'envenimer dès le 15ème commentaire. Si cela intéresse le lecteur, je l'invite à allez-y voir.
Mon commentaire allait tenter de remettre au bon étage, c'est à dire, de replacer à la source du problème. Une nouvelle fois censuré. Le voici, donc, sans rêve, sans émotion, sans trémolo, pragmatique :
@Nobel et @Julien,
Le blog de Paul a le privilège de réunir les avis qui sont parfois antagonistes sinon totalement antinomiques. Ils expriment, parfois, un désarroi général par deux bouts différents.
Mon premier commentaire, à sa vidéo, était volontairement tragico-comique: "Trop de sous, placez les en dons chez Paul."
Personne n'a relevé "la grossièreté" du processus.
En fait, ce raisonnement est celui que l'on rencontre chez les gourous des sectes.
Dans cette filière-là, ce n'est pas un enfoiré qu'on attrapera.
Je ne manque pourtant pas d'assister à son "C'est vendredi". Très peu, les autres jours.
Ne vous inquiétez pas, pensez à vos enfants, vos petits-enfants, une chanson bien connue.
Encore faut-il en avoir. Soyez généreux, pensez aux suivants.
Je dirais que pour penser aux suivants, il ne faut pas aussi se tirer des balles dans le pied, ni oublier son propre passé.
Il faut survivre si ce n'est pas vivre.
Ici, ce n'est pas le Temple du Soleil où on est prêt à se suicider que je sache.
Nobel, s'il exprime son désarroi, je le comprends. Le travail est parfois très dur. Il a mérité un retour sur investissements (admirez les mots que j'utilise), il ne s'agit pas de le dilapider.
L'argent est un outil, pas une raison en soi. C'est ma théorie et ma pratique.
Le capitalisme, une histoire récente qui date du 19ème siècle?
Ben non, déjà en Mésopotamie, il a existé dans des formes préliminaires.
Tout n'est qu'équilibres subtils entre inflation et récession.
Tout foutre à l'eau, alors? Le bébé et l'eau du bain?
Amusez-vous avec le bassin qui vous reste dans les mains.
Il est clair que celui qui n'a rien, n'a pas de soucis à se faire sinon de tendre la main pour qu'on la lui remplisse avec un peu de pain et l'autre qui a fait des réserves pour des jours "sans" possibilités a aussi du soucis à se refaire. L'argent ne se trouve pas sous le sabot d'unc cheval.
Suis-je de droite ou de gauche avec ces paroles?
Je n'en sais rien. J'agis en courant alternatif.
Sans une responsabilité d'une grande famille, je peux tout me permettre.
Demandez à Paul ce qu'il faisait, dans sa première vie, avec ses gains, puisqu'il faisait partie d'une grande institution financière.
Sommes-nous une grande famille dans le genre humain?
Bonne question, je vous remercie de l'avoir posée, tellement elle m'amuse."
Nobel, on ne le reverra, probablement, plus. L'enfoiré, prendra du champ. Ouf. Vous direz-vous... Le "blog de Paul Jorion" en gagnera-t-il ?
L'argent ne fait pas le bonheur, disent ceux qui n'en ont pas. Y contribue-t-il? C'est très variable. Chercher la raison de l'argent dans la philosophique, c'est ne pas la chercher au bon endroit. C'est plus une question de psychologie, du passé et du présent de son intervenant, pas de la philosophie.
Le commentaire de Lady Marwina remettait les choses à leur place en fonction de la vidéo précédente qui parlait de prendre un peu de distance à l'aide de l'humour: "Après avoir visionné la vidéo d’aujourd’hui, qui m’a fait rire à plusieurs reprises (jaune, certes, mais rire) j’en suis arrivée, pour la ixième fois, à la conclusion que ce qu’il y avait de positif dans le présent c’est que nous n’avions pas perdu le sens de l’humour.".
La suite du commentaire valait le détour.
L'humour n'est résolument pas la principale préoccupation de beaucoup de forums ou de blogs.
La part d'anthropologue qui est en vous, c'est ce qui m'intéressait dans le blog. L'économie, le comment le "système" marche, de cela, j'en avais de bonnes notions.
Bruxelles a beaucoup d'avantages, constatait Michel de Kemmeter lors de la fin de son interview. "Le belge est humble, pragmatique, créatif, industrieux et adaptable", disait-il.
Non, rien ne lui échappait à ce "Mister Money"...
Ce qu'il aurait fallu répondre c'était peut-être ceci. Chat échaudé craint l'eau froide. Sans minauder.
Paul, vous auriez pu vous en rappeler puisque vous y êtes né, un 22 juillet. Déjà, un bon anniversaire, pour vendredi, donc.
J'espère que la "peoplerisation" n'aura pas changé le professeur d'anthropologie, de sociologie, intéressé dans les sciences cognitives des débuts.
Il y a déjà 20 ans déjà, au sujet de l'argent, sortait la chanson Cash City du québecois, Luc De La Rochellière. Cette chanson restera probablement d'actualité, très longtemps.
Mais, ne vous inquiétez pas, Paul, j'adore aussi la chanson de Zaz, "Je veux", mais ça, c'était "dans mon jeune temps", comme le chantait Lynda Lemay.
L'enfoiré,
Citations :
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"Le plus grand luxe n'est pas l'argent ou le pouvoir, ce ne sont que des moyens qui permettent de s'offrir l'innocence.", Martin Page
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"Il n'y a pas que l'argent dans la vie, il y a aussi les fourrures et les bijoux", Elisabeth Taylor
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"- Mais pourquoi courent-ils si vite ?
- Pour gagner du temps ! Comme le temps, c'est de l'argent... plus ils courent vite, plus ils en gagnent !" Raymond Devos -
"Jésus disait: si on te frappe sur la joue, tends l'autre joue. Crésus disait: si on te met mille balle dans la main, tends l'autre main", Philippe Geluck
12:00 Publié dans Asie, Economie, Justice, Monde des affaires, Organisation, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : argent, homme
15/07/2011
Schaerbeek, une des communes sans facilités
En ces temps de politique troublée en Belgique, Bruxelles reste souvent le point central de beaucoup de conflits. Pour utiliser un mot à la mode : c'est un paradigme. On y parle très souvent des six communes à facilités, qui se trouvent, dans le sud, à la frontière de la région de Bruxelles Capitale et qui revendiquent un statut spécial. Les autres communes sont assimilées comme bilingues et n'ont pas à revendiquer de telles facilités. De Bruxelles, j'avais déjà amené le surréalisme jusquà sa forme hyperréaliste. Je me devais de pousser plus à fond par l'intermédiaire d'une de ses communes: Schaerbeek.
Bruxelles, une capitale en "poupée russe".
Capitale de la Flandre, déclarée, ainsi, unilatéralement par la Flandre. Enclavée dans le territoire flamand, alors que Bruxelles Capitale est une région à plus de 90% francophone. (Certains ont d'ailleurs peur d'un nouveau recensement).
Capitale du pays "Belgique".
Capitale de l'Europe.
Multi-culturelle, multi-ethnique, considérée souvent comme un laboratoire par les observateurs étrangers, Bruxelles est la mal aimée, la mal comprise, l'adulée par le monde économique en tant que moelle épinière du pays et deuxième ville dans le monde, après Washington, pour détenir le plus de lobbies dans les domaines les plus divers...
Que n'a-t-on pas encore dit ces derniers temps sur cette ville? Cela pourrait être un rêve fou pour un ethnologue en quête d'exotisme humain avec sa population rassemblée dans un espace relativement réduit de 161 km2.
En principe, Bruxelles est bilingue, français et néerlandais, mais, en plus, elle se fraie avec une bonne vingtaines de langues qui s'y côtoient dans les rues et qu'il faut assimiler dans ses rudiments pour "garder l'église au milieu du village", suivant l'expression consacrée.
En ces temps troublés de la politique du pays, de Bruxelles-Capitale, on entend souvent parler des six communes à facilités comme d'un enjeu maximal, il faut se rappeler qu'il en a 19 autres communes que comprend la région et qui n'ont pas de facilités, qui doivent trouver leur chemin dans un dédale de communautés avec un potentiel financier manquant de forces car il ne prend jamais forme sous forme de taxe, là, où le potentiel existe. La minorité flamande impose, à Bruxelles, la connaissance de la langue néerlandaise et souvent, anglaise, dans toutes les entreprises publiques et des communes... Si vous connaissez une langue "exotique", c'est un plus.
Faudra payer pour ce droit à l'imposition et pas marcher en terrain conquis, car on a les petons fragiles à Bruxelles. Si ce n'était d'ailleurs que ce seul problème... Les problèmes, on les impose au forceps dans un territoire que l'on impose à des dimensions incongrues...
De l'air...on étouffe? Un peu de promiscuité, ça va, mais faudrait pas trop pousser.
La commune de Bruxelles-ville est la plus grande et la plus connue par les touristes. Schaerbeek prend la 2ème place en superficie et, aussi, au niveau de sa concentration de population dans la région de Bruxelles-Capitale. Elle est la septième commune de Belgique, tout en étant divisée en 16 quartiers très spécifiques, très distincts.
Depuis fin 2010, cette commune compte 126.763 habitants pour une superficie de 8,14 km², ce qui fait 15.573 habitants au km2.
Commune qui a pour symbole, un âne. La Cité des ânes. Ce site explique l'histoire, à la base, une polémique: "En 1163, Godefroid 1er, Duc de Brabant, autorisa les meuniers de Schaerbeek à pénétrer dans la ville de Bruxelles avec des ânes chargés de farine mais aussi de fruits et de légumes. Ils suivaient l'Ezelweg (le Chemin des ânes) actuellement, rue Josaphat. Plus tard, au 18ème siècle, l'âne était surtout utilisé pour le transport des cerises nécessaires à l'élaboration de la kriek (boisson alcoolisée typiquement belge). En 1786, Schaerbeek fut surnommée "la cité des ânes". Elle dénombrait, alors, 389 hommes et 982 ânes. Jusqu'en 1830, on les célèbraient dans une kermesse des ânes. Cité rurale jusqu'au 18ème siècle, Schaerbeek a été bouleversé par la construction du chemin de fer. La masquotteest le Pogge, diminutf de Poechenelle, de "petit homme". Pogge, de son vri nom Perre De Cruyver, était un modeste travailleur qui aimait la divine bouteille en disant "Alles is just". Du coup, en septembre, une kermesse a lieu sur la place Pogge. Le tir national, sur le plateau de Linthout, répondait à l'envie de l'exercice de tir. Il a disparut en 1963 pour laisser la place à la RTBF-BRT.
Aujourd'hui, Schaerbeek est composée de nombreux quartiers souvent très populaires et cosmopolites.
Quelques sites remarquables comme le parc Josaphat, l'hôtel communal construit en 1887 par Jules-Jacques Van Ysendijck, l'église royale Sainte-Marie, les Halles, la Maison des Arts, ainsi que de nombreuses maisons de style art nouveau et art déco comme la Maison Autrique.
Jacques Brel est né dans l'avenue du Diamant, à Schaerbeek. Autre célébrité, Paul Deschanel qui est devenu président de la république française.
Deux gares se retrouvent sur son territoire, celle du nord et celle de Schaerbeek, elle-même.
Politiquement, l'histoire de la commune se rappelle du Bourgmestre FDF Roger Nols, à l'initiative de la mise sur pied du Conseil communal consultatif des immigrés en 1973, évolua vers des positions de plus en plus xénophobes. Dans les années 1980, ce Bourgmestre arriva à interdire les enseignes de magasin en d'autres langues que le français ou le néerlandais, à interdire les rassemblements vespéraux de plus de trois personnes sur la voie publique, à interdire les cours de religion musulmane dans les écoles communales, à bloquer l'inscription d'étrangers auprès de l'administration communale. L'afflux des populations immigrée n'était pourtant qu'en progression et il faut pouvoir assumer et au besoin étendre les potentiels.
Bernard Clerfayt (MR-FDF) revêtit l'écharpe mayorale pour la mandature 2001-2006. La vice-première ministre socialiste Laurette Onkelinx annonçait, alors, son débarquement dans la cité des Ânes. La campagne électorale schaerbeekoise devenait, du coup, un enjeu national. Le 20 mars 2008, Bernard Clerfayt quittait, forcé, son poste de Bourgmestre pour devenir Secrétaire d'État au Gouvernement fédéral belge. La loi belge interdit de cumuler un poste de Bourgmestre et un poste de Secrétaire d'État. Cécile Jodogne (MR) devenait Bourgmestre en 2008. Beaucoup de Schaerbeekois pensent encore que Clerfayt est toujours à la barre.
La politique de la communauté est loin d'être un long fleuve tranquille.
Schaerbeek, jumelée avec 8 villes dans le monde.
Le quartier Bertrand, du nom d'un de ses bourgmestres (maires), a primé les plus belles maisons des années 1900 de la capitale. Large avenue bordée de maisons de maîtres avec des volutes de fer forgé de l'Art nouveau ou "néo" ou "déco"qui rivalisent d'originalité.
Le quartier des Fleurs montre son standing. Celui du Diamant est bien nommé. Mais on aime tous les genres de noms de rues. De bijoux, avec celui du Saphir, de la Topaze, de l'Opale et de l'Emeraude. Les noms de l'histoire, comme Victor Hugo, Charles-Quint, Calvin, Luther... Pas content, il y a la rue de la Branbançonne.
Les quartiers autour de la Chaussée de Haecht et d'Helmet cachent plus difficilement leur pauvreté. Le carré de la gare du Nord s'affiche discrètement avec quelques relents de prostitution.
Au milieu de tout cela, intégrés, imbriqués, la maison Autrique, le musée de la Bière, le musée de l'Horloge en Faïence (Clockarium) et sept théâtres. Un site Internet qui se dit en construction permanente, à l'instar de la commune, elle-même.
Surplombant le tout, la Résidence Brusilia. Elle fut construite de 1970 à 1974, par l'architecte belge Jacques Cuisinier, à l’endroit où se trouvait auparavant le Palais des Sports. Avec ses 35 étages et ses 100 mètres de hauteur, il constitue la plus haute tour d'habitation du pays. Il faut dire que cet architecte voyait très haut dans le ciel en ayant déjà construit la "Tour Martini", souvenir d'un autre temps.
La vallée Josaphat, le Kattepoel" (mare des chats) et ses étangs sont alimentés par le Roodebeek avant de se jeter dans le Maelbeek. En 1578, le mot Josaphat vient d'un pèlerin qui revenait de Terre sainte et qui avait trouvé une ressemblance avec un vallée près de Jérusalem.
Des places "carrefour" qui vibrent sous un trafic incessant comme la place Meiser, la place Dailly qui se partagent la chaussée de Louvain à la croisée des chemins. La place de la Reine pour faire référence à la 1ère reine de Belgique et dont, on ne sait pourquoi, la numérotation des maisons va de 8 à 50 dans le sens des aiguilles d'une montre. Une place qui s'appelle "Cage aux ours" et qui ne serait plus ce qu'elle était.
La Radio Télévision Belge Francophone (RTBF) et la BRT (Belgische Radio en Televisie) terminent une visite chargée d'une commune chargé en émotion de tout acabit.
Non, on ne fait pas tout à fait comme toutes les autres communes de Bruxelles avec ses quartiers riches et d'autres plus pauvres. C'est un choc de cultures en permanence.
Il y a près de 40 ans, je me mariais dans sa belle maison communale de style italo-flamand. L'ingénieur français, Henri Villard, expérimenta son autogire, ancêtre de l'hélicoptère, dans la cour intérieur. Je me devais, donc, de lui accrocher une valeur particulière même si je ne sais s'il est parvenu à décoler.
Quant à Bruxelles, j'y suis né, j'y vis dans une autre commune limitrophe de Schaerbeek.
Que n'entend-on pas comme clichés sur les francophones qui mangent le "pain des flamands".
Si, c'est de l'histoire que l'on veut, une anecdote? Partons de 1918.
Après guerre, la Belgique est un "géant" exsangue. Le 4 décembre 1918, Frans Van Cauwelaert, Alfons Van de Perre et Arnold Hendrix, du mouvement flamand créent le quotidien "De Standaard". Le slogan est "Alles voor Vlaanderen. Vlaanderen voor Christus". Dans les années 70, le journal est au bord de la faillite. André Leysen d'Alfa-Gevaert réunit les patrons flamands pour sauver le titre. La société "Vlaamse UitgeversMaatschappij" est ainsi créée. En 2006, la société devient, ensuite, Corelio, après le rachat du journal francophone"Vers l'Avenir". "De Standaard" reste, aujourd'hui, un des seuls journaux avec des ventes en augmentation.
Pour la nostalgie, le site "C'était au temps où Bruxelles brusselait" rappelle beaucoup d'anecdotes, des historiettes du passé de Schaerbeek et, aussi, de la petite commune de Saint-Josse-ten-Noode. Celle-ci accentue le problème d'exiguïté et par sa concentration de population. Elle n'a que 1,12 km2 avec une population de près de 25.000 habitants au km2. Elle est devenue la commune la plus allochtone de Belgique avec ses communautés turques (18%), marocaines (17,5%), italienne (3,6%), espagnole (2,1%)... Cette commune-là, comme par hasard, est souvent considérée comme la plus pauvre de Belgique. Un fourre tout concentré...
"Une population multiculturelle avec des problèmes d’intégration sociale insuffisante. Le cœur de la ville contient les pauvres. Les autres qui gagnent bien leur vie, s'installent dans la périphérie. Les frais d'infrastructure, en matière de sécurité, est plus ardu qu'ailleurs. Les 200.000 flamands et les 100.000 wallons qui viennent travailler à Bruxelles amis et n'y payent pas d’impôts créent des besoins financiers non couverts de près de 600 millions d'euros.", dit Mark Eyskens, ancien 1er Ministre, devenu un vieux crocodile pour la relève, mais toujours au CD&V.
A la périphérie de Bruxelles, il y a les communes à facilités, les plus riches, avec de belles villas, avec, en supplément, des problèmes communautaires et d'intégration vers un centre plus pauvre. Les problèmes se croisent et, définitivement, ne se ressemblent pas. Allez comprendre...
Ce 11 juillet, à Schaerbeek, "Bruxelles faisait son cinéma". Au programme, une film canadien de Ruba Nadda, CAIRO TIME. Le sujet: "Juliette part rejoindre Mark, son mari travailleur à l’ONU, au Caire. Retenu dans la bande de Gaza, Mark a envoyé son ami égyptien Tareq accueillir sa femme à l’aéroport et la conduire à son hôtel pour l’attendre. Juliette décide de partir à la découverte de la ville. Un peu perdue et déstabilisée, elle demande à Tareq de l’escorter. Au fil des jours, une complicité amoureuse se tisse entre eux...".
Film prémonitoire? Gaza ne serait-ce pas le nouveau statut de la Région de Bruxelles-Capitale, avec tous ses acteurs de toutes nationalités? Est-ce cela la Révolution Copernicienne, voulue par la Flandre? Copernic serait surpris.
Le 11 juillet, c'était, aussi, la fête de la Communauté flamande.
A l'hôtel de ville de la Grand Place, le complicité "amoureuse" affichée entre communautés n'était que de façade, dans ces moments très chauds de notre politique communautaire belge. Des sourires avec des discours et les contre-discours, riches pour des pongistes. Les notes sont de sortie, mais ne se retrouvent pas dans les partitions avec un style de musique dodécaphonique. 
Alors on aime ou on déteste. "Les déclarations de Kris Peeters menacent l'avenir de Bruxelles comme région à part entière", dit Maingain. C'est évident. Que "l'idole, De Wever inquiète" comme dit Luc Van Der Kelen, rédacteur en chef du journal "Het Laatste Nieuws", ne l'est pas moins.
Le fédéralisme, peut-être. Le confédéralisme, voulu par la NVA, est, en Droit, un système politique où des états souverains mettent en commun certaines compétences qu'ils désirent partager. Il n'existe, aujourd'hui, sur terre, aucun exemple d'état confédéral au sens strict (les États-Unis sont devenus un état fédéral, tout comme la Suisse qui porte d'ailleurs mal son nom de "Confédération helvétique"). Par définition, le confédéralisme ne peut donc stricto sensu pas s’appliquer au cas belge. Seule une séparation "technique" préalable de ses entités fédérées actuelles permettrait de signer ensuite un nouveau traité qui établirait entre elles une confédération. Tout le débat réside, naturellement, dans le sens que les uns et les autres donnent au mot confédéralisme: il s'agit d'un "fédéralisme" avancé pour les uns (par exemple les "anciens" du CD&V) mais bien d'une véritable souveraineté nationale pour les autres (par exemple à la NVA).
Une confédération comme le Benelux ou l'Union Européenne, en quelque sorte. Décider qui, chaque année, sera le premier ministre de la Belgique dans une tournante à la Suisse, ce ne le serait pas.
Elle est banale ma ville à moi, chantait Marie Warnant. Plus on s'en écarte, plus on la trouve attachante aux dires de Jan Peutmans de la NVA. Pas si banale que ça, donc... Création d'un mouvement bruxellois? Pourquoi pas?
Et si, en attendant, on relançait Jef Kazak sur Radio Bodink, Virgile (Léon Crabbé, 1891-1970) dans de beaux "Dialogues de la Semaine", il y aurait de quoi dire. Qui se souvient encore de ces rubriques légendaires, de ces sketches, de "Pourquoi Pas?" écrits en Bruxellois populaire, qui se déroulaient souvent dans un tram à l'heure de pointe, dans l'administration, dans un tribunal ... Tout le monde y recevait "son paquet" tout en mettant en vedette une population zwanzeuse aux prises avec des fonctionnaires bornés et tatillons. Aujourd'hui, ce ne serait plus des "paquets" mais un camion remorque.
Mais, c'est du passé. La Belgique de Papa n'existe plus, tout le monde le dit, l'a écrit, l'a chanté sur tous les toits.
La Flandre est une nation, comme dit Bart De Wever... Nationaliste, Bart. Son "NON", sur toute la ligne, en réponse à la note de Di Rupo, a rendu le CD&V inerte, scotché à la NVA, et joue une survie aléatoire puisqu'il faut 2/3 des voix pour pousser la porte des réformes.
Aux dernières nouvelles, ce parti est invité à la table des négociations pour éclaircir sa position, il accepte ce vendredi. La NVA confond le mot "compromis" (betrokken onder verdenking) et "compromission" (schipperen), ce qui n'est pas net en néerandais, donc pas besoin de l'inviter.
Une nation dans un espèce de jeu à qui perd, gagne, avec deux partenaires qui se regardent en chiens de faïence, en pleine concurrence sur tous les domaines quitte à faire sauter l'adversaire. 
Qui sait, avec des ânes, puisque nous sommes, cette fois, au départ de Schaerbeek, et des zèbres dans le ring, au royaume des chicons, ce serait plus qu'écrire une note après une autre.
Qu'en disent nos habitants, collaborateurs étrangers qui ont choisi leur point de chute en Belgique, reconnue comme un pays où il fait bon vivre? Ils ont peut-être une version très personnelle.
Bruxelles n'est plus ce qu'elle était. C'est évident.
Demain, elle ne ressemblera plus comme aujourd'hui. C'est programmé comme dans beaucoup de grandes villes en pleine mutation.
Bart prendre un rendez-vous chez l'analyste? Mais, c'est bien sûr. Solution donnée par Laurence Bibot. Fallait y penser. Merci, Laurence... Maintenant, si vous préférez Bert Kruysman, le Flamand qui explique comment il faut passer ses vacances à la Côte belge.
Bart explique peut-être aux Flamands que la Flandre va devenir un nouveau Disneyland. La Belgique est malade. Les conséquences de ce genre de rêve ne sont pas présentes dans les notes.
Comme Bart aime bien le latin, si je lui envoyais cette maxime "Abusus non tollit usume" (maxime de l'ancien droit qui dit: "L'abus que l'on peut faire d'une chose ne doit pas forcer nécessairement de s'en abstenir").
Quid s'il y avait un divorce, une scission?
Pour le moins, pour tous les analystes, elle serait complexe et couteuse.
1. Les salaires qui se trouveraient coincés entre brut et net. Le travail des seniors seraient avantagé en Flandre, tandis que ce serait pour les jeunes en Wallonie. Certains avantages extra-légaux seraient repensés.
2. La santé et la securité sociale trouverait-elle le même appui de solidarité? Les moyens seraient plus faibles puisque les privatisations et les prix suivraient les stratégies.
3. Les moyens de placements et les investissements en obligations seraient "ajustées" par les agences de notation comme entités plus petites. Les taux à long termes pourraient augmenter.
4. Les impôts retrouveraient des modifications dans les traités et les conventons. Les entreprises ayant un pied dans chaque tomberaient de fait dna sle domaine international et non plus au niveau "région".Les citoyens seraint taxés en fonction de leur lieu de résidence.
5. Les pensions et leur évolution dépendrait de la croissance des nouveaux pays.
Les ânes ont-ils de l'humour?
Question idiote que je me pose.
Cela dépendrait si y a du vent, si le foin est bon, quI ne s'envollerait pas.
Mais, comme les images valent toujours mieux qu'un long discours, cliquez pour faire place aux photos du Schaerbeek, d'aujourd'hui et "Alea jacta est"...
L'enfoiré,
Citations:
- "Si un âne te donne un coup de pied, ne lui rends pas.", Socrate
- "Comment se fait-il que le sage soit devant nous sur son âne, et nous loin derrière sur nos pur-sang ?", Felix Leclerc
- "Si l'on ouvre toute grande la gueule à un âne, et qu'on lui dise : 'Maintenant, toi aussi tu as droit à la parole' , que peut faire le pauvre animal, sinon braire ?", Jan Jacob Slauerhoff
- "La popularité est le seuil de l'oubli", Gaston Eyskens comme le rappelle son fils, Mark, au sujet de Bart De Wever
08:20 Publié dans Actualité, Belgique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
08/07/2011
Tout touristiquement vôtre
Ça y est. Les vacances sont là et la réalisation des rêves de la plupart d'entre nous. Nous allons voir ressortir les "toutouristes" de leurs cocons. L'anatomie de nos envies de vacances" s'accompagne d'une offre importante.
"Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage", chantait Brassens. Reynaldo Hahn ne serait pas connu sans l'opérette Ciboulette et l'air célèbre "Nous avons fait un beau voyage".
"Voyage", du latin "viaticum", l'argent pour le voyage. Le mot "touriste" est d’origine anglaise «tourist», contraction anglaise du terme «tour-ist», signifiant étymologiquement «Voyage circulaire».
C'est clair, cela représente quelques choses, ces vacances en boucle. Dépaysement, aventures, exotisme, tout est bon pour sortir des habitudes de ses "pratiquants", de faire un break, de se ressourcer, d'oublier les problèmes.
"Pourquoi partons-nous en voyage?", j'en avais parlé. Qu'en est-il des offres et du choix de ses "fans" parmi elles?
Il y a bien les petites vacances de Noël ou de Pâques, mais ce sont les grandes vacances estivales qui correspondent aux vacances scolaires et à la fermeture des entreprises du bâtiment qui imposent leurs lois. Le vacancier grégaire y trouve son compte avec ses semblables sur son lieu de vacances. Tout se rentabilise mieux en "tirs groupés". Mais, quand on aime, on ne compte pas.
Oublier les soucis, le stress, le travail et tout le reste et, qui sait, faire ressentir son absence à ceux qui restent, ce n'est pas aussi simple. Sur les routes, dans les aéroports, vu les embouteillages monstres, ce n'est plus, du tout, le même tabac. On ne fait d'omelettes sans casser d’œufs. Qui fournit les œufs? Qui mange les omelettes?
La course folle vers un idéal imaginaire, c'est pas gagné d'avance. Le Salon des Vacances, en janvier, l'agence de voyage, n'ont pas tout dit.
Le voyageur en charter et en low-cost, vont se résoudre à devenir un voyageur de masse, parfois encore plus stressé que dans la vie normale. Fini les salamalecs avant la signature des contrats que l'on rencontrait encore entre les années 50 et 70, lors des premiers voyages en avion. Se conformer aux règles de sécurité, absorber ces flux de voyageurs entre autres, vont énerver tout le monde. S'en suivent crises de nerfs, mécontentements, plaintes, expéditions risquées et ratées. L'aventure, ce n'est plus de l'aventure. C'est devenu du masochisme.
Le choix des vacances se fait encore souvent sur un coup de tête après une visite sur Internet, en fonction, d'une impression, d'une envie, de rééditer la bonne expérience de l'année précédente... 
En début d'année, l’Égypte, la Tunisie ont été portés sur la liste noire, suite aux troubles politiques. Flute, je pensais justement y aller... Sur quoi se rabattre en échange? Si on retournait à ce petit hôtel de l'année passée?
Depuis, cela semble se calmer, les prix sont au plancher pour faire revenir le "troupeau" et la manne financière. Flute, j'aurais pas dû les écouter....
ll y a le ciel, le soleil et la mer...
Avoir les doigts de pieds en éventail et, à la limite, une occasion de repousser ses limites dans une aventure qui, on l'espère, aura un lendemain. Si, en plus, on revient avec quelques couleurs de bonne mine, cela prouvera à chacun que l'idée était bonne.
La couleur de la peau, le bronzage, en dit long sur le besoin de vie en plein air. Il y a bien longtemps que la peau blanche, blafarde, était un symbole de classe. La couleur café n'est plus le symbole du va-nu-pieds qui travaille la terre sous le soleil. Ouvriers et employés travaillent désormais à l'intérieur et veulent avoir une peau hâlée comme témoignage de "luxe" et partisan du farniente. En plus, vivre à l'extérieur diminue le déficit en vitamine D. Si la santé s'y met aussi... Alors, tout nu, tout bronzé, comme le chantait Carlos? Peut-être, si la protection solaire le permet, elle, qui a des indices avec des tendances à grimper arithmétiquement alors que le prix, lui, monte exponentiellement.
Jean-Jacques Rousseau prouvait sa foi en la nature, face à l'humain. Franz Shubert écrivait des lieders, dédiées à la promenade. Faire entrer la nature extérieure à l'intérieur, est devenu une préoccupation pour se sentir bien chez soi. La vie spirituelle de Henry-David Thoreau au milieu des bois du Massachussetts demeure une source d'inspiration pour se concentrer sur des choses simples, sans artifices. La recherche du mythe d'un paradis à sa porte, c'est par elle que l'écologie est née.
Kevin Rushby dans son livre "Le paradis" avait trouvé des adeptes du mouvement hippie, dans certaines sectes, appelées adamites, jusqu'à partir à Katmandou.
Les offres, destinées aux touristes, comprennent le patrimoine culturel du pays visité, les vestiges historiques, les musées et ses paysages naturels.
Tout est catégorisé, étoilé dans les guides touristiques en fonction de ces visons avec des endroits dignes d'intérêts ou endroits de villégiatures, départs vers les premiers. Les spectacles, les activités sportives, les fêtes s'ajoutent à l'attraction. La place Tahrir au Caire a pris, tout à coup, une valeur touristique dans les menus. "Dégourdir" ou "secouer" les esprits.
Le "tourisme du chagrin" doit pouvoir aider à se sentir plus heureux sur le chemin de retour. La visite des camps de concentration s'accompagne d'une volonté didactique. Le réalisme apporte les réflexions en direct.
Les vestiges historiques, plus statiques, demandent plus de volontés à s'impliquer. Les vieilles pierres de l'histoire, n'intéressent pas tout le monde.
Robert Lamoureux, dans un de ses très vieux sketchs, disait: "J'ai vu Rome, c'est fort abimé.". Il a raison et tort, selon l'angle avec lequel on s'attache.
Le touriste s'est mis entre parenthèses dans des dérivatifs. L'émotion reste plus simple à digérer hors des habitudes de la vie de tous les jours. Il visite pour s'informer, pour rentabiliser son voyage, naturellement, culturellement ou pour se donner une meilleure conscience, avec le sensationnalisme comme incitant.
Fabricants de souvenirs, les guides suivent les programmes rituels et font passer un mélange de réalités et d'images, sans y réussir dans la durée. Mais, tout le monde se doit d'être content. Ils se doivent de créer l'envie de faire revenir à cette manne financière. Besoin de rencontres, de contacts privilégiés, concrétiser des rencontres fortuites? Pas sûr. C'est les vacances.
Je lisais récemment: "Nos vacances doivent changer. Crise comprise, on n’a jamais pris autant de vacances que cette décennie. Ça ne devrait pas changer. Le «produit» vacances n’est pas comme les autres. Il relève du droit des consommateurs mais il comprend une grande part de services. Car le vacancier est aussi, souvent, en plus, un passager aérien et un «déplacé» soumis aux droits internationaux.". Clarifier les responsabilités de chaque acteur de l'opération de voyager fait partie des obligations de chacun.
Plus d'égalités dans les compensations en cas de non respect contractuel du voyagiste, tout cela est bien beau, mais on oublie qu'il y a un 3ème élément qui n'est pas tenu compte: les hôtes dans les pays visités. Ils n'ont pas souvent eu droit à la parole, face aux besoins économiques impératifs dans les pays hôtes.
"Vacances autrement", oui, mais...
Jouer les anthropologues, les découvreurs, les chercheurs de vérités, les amateurs d'exotismes dans des endroits arides, parfois lointains, reste, vu certains risques, l'exception. Cette approche de redécouverte de la "Terra incognita" ne fait pas oublier les réalités, les risques. Devenir otage dans une région à risque n'est pas réservé qu'aux seuls journalistes.
Cacher les problèmes litigieux locaux est devenu la manière d'échapper à des vérités moins enchanteresses pour certains pays qui ont le tourisme comme sources principales de revenus. Les confinements dans des ghettos touristiques se sont, dès lors, organisés. Parqués dans des zones qui leur sont attribuées, ne permettra aucun contact avec la vie réelle vécue sur place. La solution "save" est réservée à celui qui reste à son hôtel, dans le calme et la volupté, sans embrouilles. Il n'aura rien à raconter, rien à montrer d'autres que les photos de famille devant la piscine. Le paradis ou l'enfer, il n'en a rien à cirer. Il pourra dire RAS au retour. A y réfléchir, ne vaut-il pas mieux admirer la mer, le ciel, la campagne, car, là, au moins il n'y laissera aucune responsabilité, ni contre indication? Et, clic, et, claque pour le reste.
Les formules "all-inclusive" ont confirmé cette vision. 
C'est un désir de partir, peut-être, sans peur, sans reproches, et recréer, ailleurs, son propre mode de vie. Partir en voyage, tout en se croyant à domicile, c'est le "pied". Cela veut dire que ces voyageurs n'espèrent pas trop en l'exotisme et qu'ils veulent, au contraire, le confort et la sécurité avec, au pire, quelques écarts de langage ou de gestes.
Les pays, dit touristiques, vont s'y atteler. Les plats servis ignoreront des plats traditionaux et deviendront internationaux pour la bonne cause. Services maximaux dans l'enceinte de l’hôtel et contacts minimaux avec l'extérieur et la population locale. Les aménagements hôteliers au bord de la plage sont clôturés et ne permettent l’accès de la plage qu’aux seuls clients de l’hôtel avec des clôtures pour cadenasser le tout. Retrouver une forme physique et mentale et revenir en forme pour affronter à nouveau le travail quotidien.
Puis, il y a les autres, ceux qui ont la bougeotte, qui ne sont pas forcément lié aux moyens financiers, même si cela peut y contribuer. Etat d'esprit totalement aux antipodes.
Cette vision reste néanmoins l'apanage des gens qui ont des envies relayées par une instruction plus développée. Ils ont une volonté de faire renaitre les voyages de reconnaissances exploratoires de territoires, missionnaire comme avant le tourisme moderne.
Le tourisme de loisir est apparu au 19ème siècle comme activité réservée à une classe sociale «privilégiées». Elle se référait à une mise en valeur de leur richesse personnelle avec un certain colonialisme sous-jacent. Voyages à caractère pédagogique imposés aux jeunes aristocrates anglais, pour les amener à faire le grand tour pour découvrir le monde pour des vues économiques.
Attention, au retour, cela peut devenir une occasion de se gargariser la gorge auprès des collègues, en disant à ceux qui veulent l'entendre: "J'ai été en Chine, j'ai vu la Grande Muraille, ensuite, j'ai pris l'avion pour Hong-Kong pour les achats. Pays magnifique. Venez voir mes photos. Celle-ci c'est moi devant la Grande Muraille". Pas mieux, quoi...
La nature des clients impose aussi ses lois. Si le touriste se rend compte qu'Antoine dans ses voyages, a loupé quelques scènes au passage dans ses films de voyages trop merveilleux pour être vrai, il aura fait un pas de plus et gagné un peu plus d'expériences.
On vient de fêter le 75ème anniversaire du début des congés payés.
Depuis, les jeunes ont une envie pour eux-mêmes, plus avide encore de connaître le monde que par le passé.
Acquis social, les vacances restent très variable en nombres de jours de pays à pays. Pour le Japonais, ce sont, en moyenne, 8 jours par an, 14 jours pour un Américain, tandis qu'un Français se prélassera en vacances, pendant 34 jours en ne comptant même pas les récupérations, les ponts, les jours de RTT. La croissance de la classe moyenne, la force du socialisme et des syndicats se reflètent souvent dans ce nombre de jours de vacances.
Pour les Japonais, le tourisme était une occasion de sortir les nouveaux appareils photos numériques. Les Chinois commencent leur programme de relaxation. Une semaine de congé au nouvel an et une autre pour la fête nationale. Pour les plus fortunés, ce sera Hainan et Yalong Bay, pour les autres une promenade en groupe et en car.
"Et clic à gauche, et reclic à droite..." à la sortie du car, pour ramener du souvenir en boîte de conserve.
Aujourd’hui, le tourisme est un fait social global. Celui qui en a les moyens, part en vacances et celui qui reste chez lui, est quelque part, victime d’une certaine forme d’exclusion sociale.
La société de consommation et des loisirs permet, avec son nouvel essor, de consommer du "voyage" et d'écouler le trop plein de production. Tout avait été conçu pour que le tourisme de masse devienne une véritable industrie.
Les chocs de civilisations, les rencontres de mondes à plusieurs vitesses vont ainsi créer des envies et des conflits avec ceux qui ne pourront jamais s'offrir les voyages de leurs hôtes catégorisés comme "capitalistes". 
L’Organisation Mondiale du Tourisme définit le tourisme comme « l’ensemble des activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans des lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non liés à une activité rémunérée dans le lieu visité ».
Cette définition ne montre pas l’importance de la rencontre des personnes entre le voyageur et le touriste.
Selon Boris Martin, le voyageur se distingue du touriste par l’hospitalité gratuite dans les lieux visités sans réciprocité affichée dans l’immédiat.
Pour l’autochtone, la volonté est (ou était) ailleurs. Le voyageur est une occasion d'approcher ceux qui viennent d'ailleurs et qu'ils retrouvaient sur leurs écrans de télévision, relayés par les chaines de télés.
Pour les pays en voie de développement, le tourisme reste une activité hors de portée et illusoire. Leurs résidents n’ont d’autres rôles que d’accueillir les visiteurs. Résidents, ils se voient exclus de l’accès à leurs propres ressources touristiques.
Le tourisme est un secteur fort de l’économie étant donné sa capacité à résister aux crises. Des périodes de flottement ont eu lieu. L'après 2001 a été une période creuse. En 2010, le tourisme international voulait reprendre sa vitesse de croisière avec la croissance après crise économique de 2008/2009. Ce fut le volcan islandais qui en décida autrement et a enrayé la belle machine du tourisme. En 2011, la croissance devrait atteindre 3,2%.
Sur les dix dernières années, le secteur du tourisme a cru de 4,4 % en moyenne par an et représente 9,2 % des emplois de la planète.
La France, l'Espagne, la Grèce, la Turquie, le Portugal attirent toujours le plus de touristes belges. Véritable exode Nord-Sud.
La croissance du tourisme reste forte, même si les salaires des classes moyennes ne suivent pas et que les vacances coûtent plus chers.
Le tourisme est un phénomène ambigu. Facteur de développement et de maintien dans le sous-développement et moteur générateur d’emplois et de richesse, c’est un catalyseur des dynamiques économiques mondiales comme organisateur des territoires et comme source de financement pour la conservation de la biodiversité et des patrimoines culturels et immatériels. Élément essentiel pour la conservation des monuments historiques, des sites archéologiques, des bâtiments anciens et des monuments à valeur religieuse ou culturelle dont les fonds peuvent servir à la rénovation des bâtiments, à encore plus d'infrastructures touristiques et hôtelières.
Sensibiliser les visiteurs sur sa situation réelle vis-à-vis de ses hôtes. Contribuer à l’éducation du touriste qui apprend les modes de vie et lui permettre de mieux comprendre ce qu'il est par rapport à ses hôtes grâce à l’ouverture du dialogue, c'est une manière positive de parler "tourisme".
Occuper les emplois à plein temps n'est pas garanti toute l'année. Apercevoir la discrimination professionnelle aboutissant à des postes généralement peu qualifiés et rémunérés, tandis que les salaires les plus élevés sont réservés aux managers étrangers. Voir l’augmentation des prix des produits locaux qui subissent la pression de la demande étrangère avec un pouvoir d’achat élevé les rendant inaccessibles pour les habitants locaux. Voilà les parts négatives, plus grises, plus responsable du processus.
Comme toutes activités humaines, le tourisme émet sa part de pollution sur terre, dans les airs et sur l’eau par ses nuisances sonores, ses déchets, ses produits pétroliers et résidus chimiques, sa pollution esthétique ou architecturale par tonnes de détritus omniprésents et l'invasion des côtes par les hôtels. Quand c'est concentré sur une période courte de l'année, le problème devient plus ardu.
Les milieux les plus attractifs pour le tourisme, sont aussi les milieux très riches en biodiversité et les plus sensibles à ces impacts. Les effets du tourisme sur l’environnement naturel, les effets socioculturels du tourisme, livré à lui-même, sont tenaces.
La folklorisation des rituels traditionnels ethniques ou religieux, des cérémonies coutumières et des festivals occasionnent des pertes d’authenticité des peuples et l'incompréhension, voir les intolérances, qui dégradent les échanges.
On essaye de définir ce qu'est un tourisme dit éthique pour éviter les nouveaux «sauvages» et les «ennemis potentiels».
Les touristes partis chantait Jean Ferrat, dépité par ces touristes qu'il n'appréciait pas.
En concurrence, deux formes de tourisme:
Le tourisme social prône un tourisme pour tous en évitant toute discrimination. Son objectif est de développer l’accès aux vacances d’un plus grand nombre de personnes en ne s’inquiétant pas trop des dégâts collatéraux, dus à la sècheresse environnante. L’eau douce est la ressource naturelle la plus critique dans l’activité touristique. Consommée en abondance par les hôtels pour les piscines, les pelouses, les terrains de golf et l’usage des clients en période estivale. L'exemple de Benidorm, sacrifiée au tourisme, suit cette débauche de moyens pour tous les groupes de la population, jeunes, familles et retraités, aux revenus modestes et aux personnes à capacité physique restreinte. Les opérateurs recherchent l’augmentation du volume de touristes pour se permettre de baisser les coûts de revient et offrir des voyages bon marché. Les invendus se retrouvent dans les "last minutes" avec des rabais proposés. Combler les trous, à tous prix, quitte à éroder les ressources. L'été reste, dans ces conditions, meurtrier pour la nature.
La voie du moindre impact, le tourisme alternatif tient compte que tous ces revers du tourisme de masse. Long processus qui ne trouve comme frein que son prix plus élevé. Il repose sur une logique des produits touristiques destinés à de petits groupes. L’implication des populations locales, encadrée mais aussi rémunérée doit assurer équitablement les retombées financières.
Tourisme communautaire, intégré, participatif, solidaire, équitable, écotourisme avec un développement durable sont d'autres manières de l'appeler.
Dans le rapport de Brundtland, le développement durable est défini comme celui qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
La formation des communautés locales est indispensable pour assurer une offre du tourisme alternatif de qualité. Cette formation va de l’accueil, à la gestion en passant par la planification et le marketing.
Un désir d’introspection, de libération grâce à une certaine forme de connaissance, peut déboucher sur une transformation intérieure parfois inspiratrice d’un activisme social.
Alors, le tourisme de masse, un échec?
Il a, surtout, entraîné une perte de confiance et une incompréhension, généralisées. Il subit les inconvénients de ses avantages. Il est le seul qu'une majorité de "faux capitalistes", pourra s'offrir. Il n'apporte que la suite logique à croire que tout est gratuit comme le concept Internet semble le donner.
Rien n'est gratuit et surtout pas la gestion du tourisme et des voyages. C'est là, le problème.
La standardisation a dû réaliser des économies d’échelle et, pour cela, aboutir à une offre de produits très similaires sur tous les établissements à travers le monde. Le Club Med sort progressivement de cette optique de "camps de vacances" pour se tourner vers plus de luxe. Nouvelle stratégie qu'il faudra contrôler...
On s'adaptera partout et toujours, au client. Le tourisme de masse s’adresse aux touristes qui ont envie de s’éclater et de se défouler, ce sont les plus nombreux et les plus rentables, mais les moins lucides.
Transports, hébergements, restaurations, animations, offerts à des prix compétitifs, forfaitaires, imposent des coûts de production moindres à tous les niveaux de la chaîne, mais entrainent des victimes dans leur sillage chez les prestataires de ces services qui doivent se conformer aux exigences des opérateurs à moins de se voir évincés par la concurrence.
Le "low-cost" comme Ryanair est passé maitre dans le consommé rapide qui ne trouve son répondant que dans la réduction des coûts, mais c'est aux dépends des conditions de travail des employés et des compagnies, censés produire les services plus réguliers. 
Il ne faut pas rêver, il n'y a pas de solutions miracles, idéales, générales ni en matière touristique, ni culturelle.
Bruxelles me donne souvent l'impression de voyager sans me déplacer. Alors, il faut "choser", essayer de trouver les liens, les avantages des différences rencontrer. Seule une pensée systémique et complexe peuvent s'apprécier au cas par cas, lieu par lieu de part et d'autres.
Les règles du tourisme ne sont alors plus tellement différentes de la vie que l'on voudrait chez soi.
Insolite Home, est-ce pour ne pas mourir touriste idiot?
Julien Blanc-Gras vient de sortir un livre qui met tout le monde d'accord dans un absolutisme "Touristique". Un fou du voyage, donc?
"On est toujours le touriste de quelqu'un".
"Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe.
Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes."
Un commentateur répondait par : "On compte environ 200 états souverains. On vit à peu près 30000 jours. Si l’on considère l’existence sous un angle mathématico-géographique, on devrait passer 150 jours dans chaque pays. Il faut se rendre à l’évidence. Je dois aller dans tous les pays du monde. Je ne trouverai pas le repos dans l’immobilité. Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des sœurs jumelles. Je veux juste aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Certains veulent faire de leur vie une œuvre d’art, je compte en faire un long voyage. Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur.". 
La question reste. Comment être sûr d'avoir trouvé son paradis pour y vivre sans avoir approché, et goûté aux limites de notre monde?
Le jour où l'on constate que l'on est content de partir et content de revenir? Peut-être.
Dur dur, une conversation entre un vacancier et un autre en gestation? Cela pourrait même donner un dialogue de sourds quand le monde continue à tourner. Les vacances restent un moment privilégié. Un moment où l'humour doit être de la partie au moins par un bout du fil. Sinon, pourquoi feu Ducros se décarcasserait-il après son grand voyage?
Mais, c'est vrai, il lui faudra, vraiment, un grand café, très serré, pour l'arrêter ce monde-là qui travaille toujours en alternatif.
L'enfoiré,
PS: Je parlais de spectacles pour touristes. Il y en a un cette semaine à Bruxelles: l'Ommegang. L'Ommegang ("marcher autour" en vieux flamand), est la plus ancienne évocation historique de Bruxelles. Elle remonte au XIVème siècle et était, à l'origine, une procession de reconnaissance à Notre-Dame du Sablon.
Plus de 1400 figurants. Les places son réservées, un an en avance. L'acteur, Castaldi en était, cette fois, le commentateur.
En photos, petite représentation de l'événement au Sablon,.
Citations:
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"Touriste - Terme employé avec une nuance de dédain, parfois d'agacement, par le touriste pour désigner d'autres touristes.", Pierre Daninos
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"Tourisme: Activité consistant à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux."
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"Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture.", Emile Genest
09:25 Publié dans Actualité, Film, Loisirs, Nature et Ecologie, Politique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
01/07/2011
2011, année de la Chimie
2011 année internationale de la chimie. ARTE en mai, proposait 3 émissions avec pour titre "Les secrets de la matière" pour remonter le temps des pionniers de la Chimie (*).
Parlons-en de la chimie comme se le propose le CNRS.
Son histoire est très vieille et jeune, à la fois. En fait, de la chimie, on en fait comme Monsieur Jourdain parlait en prose, sans le savoir. Tout ce qui nous entoure, nous même, sont constitués d'éléments chimiques.
Égypte, Chine, Inde, Grèce, Rome ont fait partie de la préhistoire de la Chimie dans l'histoire des éléments chimiques. L'or était la peau des Dieux pour les Égyptiens, la sueur du soleil pour les Incas.
Les Grecs connaissaient le Plomb (Pb 82), l'Argent (Ag 47), l'Or (Au 79), le Mercure (Hg 80), l'Etain (Sn 50) comme "métaux".
L'alchimie, née à Alexandrie, transite dans les textes arabes, pour être traduite en Europe au Moyen-Age. Convertir le plomb en or avec une pierre philosophale, a toujours été un rêve. Les alchimistes y ajoutent le mystère, le secret dans un langage voulu ésotérique. L'or était un élément spirituel, magique, médicinal. Les métaux trouvent une communion avec les astres (Soleil - l'or, Mercure - le mercure, Vénus - le cuivre, la Lune - l'argent, Mars - le fer, Jupiter - l'étain, Saturne - le plomb).
L'évolution de la science chimique entre en sommeil pendant plus de mille ans jusqu'au début du 18ème siècle.
Georg Bauer dit Agricola, fonde la chimie métallurgique en définissant les alliages de métaux et en écrivant en 1546, "De natura fossilium". Avant cela, on ne connaissait rien du comment le monde est fait si ce n'est que l'eau, l'air, le feu et la terre étaient les éléments constitutifs de l'Univers.
En 1669, Georg Brandt a eu une idée. Comme l'urine est jaune, que le corps humain contient toutes les substances comme un microcosme de l'Univers, il se pourrait qu'il y ai de l'or dans l'urine. Au lieu d'extraire de l'or, c'est du Phosphore (P 15) qu'il obtient. Élément qui fume au contact de l'air mais qui ne brille pas sous les feux de la lumière mais reste visible dans l’obscurité. Il le baptise "Noctiluca", "lumière nocturne". Le feu est considéré comme un principe de la phlogistique qui dit que le bois brûle par la force de la chaleur en dégageant des phlogistons. Ce dérapage de la science va perdurer longtemps.
En 1675, Nicolas Lémery définit dans un traité, les vitriols, les bases et les sels dans une nature divisée entre minéraux, végétaux et animaux.
En 1677, Robert Boyle crée la véritable "science chimique". Avec du Phosphore (P 15) et du Soufre (S 16), il constate pouvoir obtenir le feu sur commande. Les allumettes sont nées t avec elles, la possibilité de reproduire à loisir. Boyle écrit le premier livre de chimie "Le chimiste sceptique" avec, en toile de fond, les réactions rationnelles et scientifiques.
Le riche érudit, Henry Cavendish, trouve un gaz inflammable, explosif, en plongant du zinc dans de l'acide: l'Hydrogène (H 1), Le gaz le plus léger et l'élément le plus abondant dans l'Univers. Composant de l'eau, car, enflammé, il donne de l'humidité. Pourtant il ne s'en rend pas compte.
Pour l'heure, cela fait déjà 19 éléments connus.
Le pasteur Joseph Pristley s'intéresse à un autre gaz, le CO2. Gaz de brasserie, non visible, qui en sortant des cuves prend la tangente en s'affaissant, plus lourd que l'air. En 1774, l'oxyde de Mercure permet de découvrir l'autre atome le plus répandu, l'Oxygène (O 8). Une rencontre de Pristley avec le riche, Antoine Lavoisier va permettre de démystifier cette phlogistique. L'Oxygène, le 3ème élément le plus répandu faisant partie de l'air ambiant, il permet de déphlogistifié les connaissances car l'oxygène de l'air est nécessaire à toutes combustions des matériaux inflammables.
Les gaz, les non métaux, les métaux et les terres qui ne peuvent être décomposés par une réaction chimique sont reconnus comme des éléments.
Désormais, on passe à 33 éléments connus, avec quelques erreurs, mais le progrès est notable par l'approche empirique.
Humphry Davy a l'idée d'introduire l'électricité, en plus du feu, comme outil pour dissocier la potasse. Il découvre le Potassium (K 19), autre explosif. La réaction chimique engendre du Potassium et, en plus, restitue de l'électricité. Le Potassium s'enflamme au contact de l'eau. Un nouveau cap, 55 éléments, connus à sa mort.
John Dalton découvre que les éléments se combinent dans les mêmes proportions avec des atomes différents qui ont tous un poids atomique propre. Peser la matière, c'est Jon Jacob Berzelius qui s'y intéresse.
La triade des éléments de Lithium (Li 3), du Sodium (Na 11), du Potassium (K 19) ont des similitudes en dégageant de l'hydrogène. On leur associe une même famille.
Calizaro essaye de trouver un moyen fiable de percer les secrets des atomes.
En 1796, Smithson Tennant brûle le diamant, que l'on sait contenir du Carbone comme le graphite. Il va comprendre le secret de leurs différences. Les diamants ne sont, de fait, plus éternels!
John Newland associe les éléments par huit comme dans des octaves musicales.
En 1869, Dmitri Mendeleev a l'idée de les réunir poids et propriétés des éléments, par famille, pour les 63 éléments déjà connus dans une table qui porte son nom. Les alcalins à gauche et les halogènes à droite, les métaux au centre.
Si des espaces restent vides, il a confiance de les combler dans l'avenir.
Robert Bunzen et Kirshov remarquent les couleurs uniques de chaque élément sous la flamme.
En 1875, le Gallium (Ga 31) est ainsi découvert par Paul_Emile_Lecoq_de_Boisbaudran.
Qu'est-ce qui rend une réaction lente ou rapide? Pourquoi certains sont volatiles? Les questions restent entières.
En 1909, Ernest Rutherford y répond en donnant la structure de l'atome. Protons dans le noyau et électrons qui gravitent autout de lui.
Niels Bohr perfectionne l'idée et découvre que les électrons gravitent sur des orbites différentes avec un maximum d'électrons qui augmentent, au fur et à mesure de leur éloignement du noyau (2, 8, 18, ...). Les dernières orbites cherchent à rendre l'élément plus stable et tentent ainsi de s'associer. L'union fait la force, en quelques sortes, mais sans exagérer le processus.
Henry Mozeley associe le spectre d'énergie aux éléments. Le nombre de protons donne son numéro atomique, non son poids total, à l'élément de l'Hydrogène à l'Uranium.
L'échantillon complet des éléments naturels de la matière sont au nombre de 92. L'étape suivante est d'en créer, artificiellement à partir d'un existant.
Justus von Lidish et Fredrich Vöeler vont croiser le fer avec leurs expériences.
L'Argent, le Carbone, l'Azote et l'Oxygène réunis ne peuvent qu'être explosifs pour le premier. Pas pour le second. Tous les deux avaient raison. Car, explosifs, ils ne le sont pas toujours. La découverte des isomères va l'expliquer. Les réactions sont dépendantes de la manière dont on assemble les éléments. La valence explique la fusion des atomes. c'est le nombre maximal d'atomes d'un élément univalent avec lesquels un atome de cet élément peut s'associer pour devenir plus stable électriquement.
La valence d'un atome dans le cadre d'une molécule ou d'un ion est le nombre de liaisons covalentes que cet atome a formé. La valence d'un ion monoatomique en solution, est sa charge, on parle alors d'électrovalence. Tout est donc un problème de stabilité recherchée par les atomes par l'intermédiaire de leurs potentiels électriques.
Archibald Scott Couper comprend comment les atomes sont reliés entre eux par des liaisons chimiques en chaînes continues. Dans le même temps, Friedrich Kekulé arrive aux mêmes conclusions et prend de vitesse, son "alter ego" et récolte les honneurs de la découverte. La désillusion de Couper l'entrainera dans la déchéance.
La chimie industrielle est née avec le Carbone (C 6) comme point positif. On l'appelle, chimie organique. Elle s'attache à la tâche de construire des molécules de plus en plus grosses avec du Carbone associé à d'autres atomes.
Les plastics, la bakélite, les fibres en nylon vont révolutionner l'industrie. Wallace Carothers, invente les bas de nylon qui vont faire fureur. Mais il souffre de dépression. Après avoir déposé le brevet du nylon, il se suicide, en avalant du Cyanure de Potassium.
Les chercheurs vont progressivement s'intéresser aux éléments radioactifs. La physique entre en communion avec la chimie.
En 1896, Henri Beckerel découvre la radioactivité naturelle.
Ernest Rutherford remarque que si les atomes changent ses propriétés par désintégration en éjectant des particules nommées alpha. Les atomes ne sont pas immuables comme on le pensait jusque là. Les protons (+), et les électrons (-) qui tournent autour, devient la représentation reconnue. L'identité d'un atome change par ses pertes de particules alpha, par transmutation. La mutation de l’Azote (N 7) en Oxygène se produit par cet intermédiaire.
En 1932, James Chadwick découvre que si les atomes comportent des protons de charge positive, il existe aussi des neutrons qui ne sont pas chargés électriquement dans le noyau de l'atome.
En 1934, Enrico Fermi se rend compte qu'en bombardant les atomes lourds avec des neutrons qui ne génèrent aucune répulsion électrique, il peut créer d'autres éléments plus lourds que l'Uranium (U 92).
En 1938, Otto Hahn, Lise Meitner et Otto Frish parviennent au stade de la fission nucléaire artificielle en créant une énergie colossale par une chaine de réactions instantanées.
Cette découverte intéresse les militaires et nous sommes en temps de guerre. Le projet Manhattan est à l'origine de la bombe. Bombarder un Uranium avec un neutron qui éjecte d'autres neutrons dans une réaction en chaîne. Perte de masse contraire à la loi de Lavoisier mais qui s'explique par la célèbre formule d'Einstein, E=MC2. La masse disparue est transformée en énergie dans une parfaite équivalence.
En 1940, Mc Millan crée l'élément 93, le Neptunium (Np 93).
En 1941, c'est au tour du tristement célèbre Plutonium (Pu 94).
Un des derniers éléments, le 112ème, le Copernicium (Cn 112) est créé à partir de Zinc (Zn 30), lancé sur une cible de Plomb. Dépassé, à son tour, pour arriver, plus récemment, à la synthèse de 3 atomes de Ununoctium (Uuo 118) de l'isotope 294.
Aucun élément chimique de numéro atomique supérieur à 82 (Plomb) ne possède plus d'isotope stable30. Tous les éléments de numéro atomique supérieur à 101 (Mendélévium) ont, en plus, une période radioactive inférieure à la journée.
Le cyclotron, inventé par Ernest Lawrence, en 1931, à Berkeley, est une machine à bombarder la matière pour aller toujours plus loin. Elle atteignait la puissance de 80keV.
Le synchrotron arrive en 1946. Le LHC atteint 35TeV, aujourd'hui et le SV de juillet s'inquiète d'avoir atteint une limite avec lui. Les chances de fusions des atomes encore plus lourds, deviennent pourtant de plus en plus minces. L'instabilité des éléments ne donne plus qu'une durée de vie de quelques secondes. Les nouveaux nés ne sont plus décelés que par leurs traces.
Revenir à l'atome d'Hydrogène, le plus simple, le plus abondant, pourrait devenir de plus en plus nécessaire pour recréer l'énergie du Soleil sur Terre. Autre histoire, qui a débuté et qui démontre une difficulté d'une autre ampleur. La nanotechnologie est un autre moyen d'aborder la matière. On en parle, cette fois, du bout des lèvres. J'y reviendrai certainement.
Les éléments, une histoire de familles avec des hauts et des bas, des chaines de gauches et de droites, actives ou radioactives.
Un vent d'optimisme souffle sur la chimie. L'histoire de l'Univers est en marche. La saga continue, parfois en pénurie de rêves.
Je ne sais si vous êtes comme moi, j'aime garder le mystère dans la Science. De voir de la magie, les miracles de la Chimie, avec de nouvelles couleurs éclatantes qui apparaissent en mélangeant les éléments entre eux, c'est ce qui a dû m'attirer dans ma jeunesse.
Je commence à comprendre que les alchimistes effrayaient, tout en gardant une certaine aura parmi les foules. Les chimistes d'aujourd'hui ont perdu cet aspect "merveilleux" du magicien. Voir cette magie, longtemps, et pas uniquement, l'espace de quelques secondes, n'est-ce pas la meilleure manière d'en profiter? Sans ce délais, ça perd un peu de son charme, à mon avis.
Comme le CNRS l'écrivait: "La chimie se trouve tantôt conspuée et rendue responsable de tous les maux, tantôt portée aux nues comme l’alliée bienfaitrice de notre quotidien. Santé, alimentation, loisirs, mais aussi pollution, accidents industriels ou domestiques… Le chimiste n’en est pas moins épargné, qu’il soit chercheur ou industriel. Responsable oui, coupable non, le chimiste, ce véritable artisan de la matière est sans doute le plus interdisciplinaire des scientifiques. Qu’il se pique d’éthique, de philosophie ou de pédagogie, il redoublera toujours d’astuces pour redorer l’image sans cesse écornée de cette discipline séculaire ! Et il le fera d’autant mieux qu’il s’accompagnera de ses collègues scientifiques dans un élan d’interdisciplinarité pour apporter des éléments de réponse aux questionnements sociétaux.
A la base, un savoir faire. Bien sûr.
Qui ou quoi arrêterait le chimiste, sinon l'abandon de poste des éléments?
Je ne parle pas uniquement des éléments de matière.
L'enfoiré,
(*) Les éléments sont cités dans l'article, suivis de leur symbole et de leur numéro atomique.
Citations:
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« Il est bien difficile de croire que tant de merveilles, tant d'ingéniosité dans le monde soient l'effet du hasard et de la chimie seulement»., René Barjavel
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« Les merveilleuses découvertes de la chimie sont surpassées peut-être par la confiserie. Jadis toute drogue avait un goût particulier ; aujourd'hui, c'est le contraire. », Alexandre Pothey
08:50 Publié dans Actualité, Histoire, Science | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
24/06/2011
Ça va, les mecs?
25ème anniversaire de la disparition de Coluche. Le 19 juin 1986, sa moto heurte ce «putain de camion». Le 19 juin, France2 présentait "Coluche, l'histoire d'un mec", après plusieurs autres émissions qui avaient déjà rassemblé les anciens "mecs" de l'époque pour parler de lui. Qu'est-ce qui a changé? Que serait-il devenu s'il avait vécu?
Que n'a-t-on pas tout dit sur lui? Le pire et le meilleur. Un clown qui faisait rire. Un homme désespéré qui s'était laissé prendre à son propre jeu. Fasciné par le motard rebelle incarné par Marlon Brando.
Il conserve, aujourd'hui, une popularité perpétué par les «Restos du Cœur», dont il n'est pas, vraiment, l'inventeur de l'idée mais son réel fondateur. Le grand show médiatique, aussi, qui rassemble tous les ans chanteurs et artistes dans une entreprise qui dépasse peut-être l'ampleur de ce qu'il aurait peut-être voulu.
Ses sketchs qui restent dans les mémoires: le schmilblick, les sketchs qui parlaient des Belges avec un humour sarcastique.
Le 30 octobre 1980, poussé par la population, il se présente aux élections présidentielle. Pas de programme, le parti d'en rire.
A l’époque, il rentrait de Guadeloupe et revenait de loin : depuis la fin de la campagne présidentielle, exilé dans son paradis caraïbes, il en avait croisé d’autres très artificiels.« J’ai tout essayé : le hasch, l’héroïne… j’ai même goûté au Martini » au temps de campagne électorale accro à la cocaïne.
Au sommet de sa gloire en 1980 sur scène, il lançait "Si tous les cons se présentent, moi, aussi, j'y vais".
C'est ce Coluche en campagne de l'automne 1980, qui a été choisi par Antoine de Caunes pour «Coluche, l’histoire d’un mec», avec François-Xavier Demaison dans le rôle de Coluche.
Celui qui a dit « La complexité du personnage, sa finesse, son intelligence et sa capacité à catalyser une certaine connerie à la française », méritait un acteur d'exception.
Dans un de ses sketches intitulé "Le blouson noir", il annonçait "La crise! C'est con! Vous auriez dû v'nir". Il ne pouvait pas mieux dire tellement elle est pérenne.
Un sondage montrait qu'il avait obtenu jusqu’à 16 % d’intentions de vote, avant de renoncer en avril 1981, sous une autre pression du monde réel de la politique, par les intimidations et critiques ("Un chieur qui se prend la tête"), suite, aussi, à l'assassinat de son régisseur, René Gordin.
"Populisme", c'est-à-dire la position politique qui prend le parti du peuple contre les élites, est le mot que les politologues utiliseraient, aujourd'hui, pour définir cette situation.
Il a tout connu, tout tenté, pendant sa courte existence de 41 ans. Aujourd’hui, une statue de lui en salopette en bronze grandeur nature dont il manque la tête, trône à Montrouge, ville de son enfance. Plusieurs centaines de badauds se souvenaient de lui à cette occasion.
En 1984, Jacques Attali lui permet de rencontrer François Mitterrand. Rencontre pleine de quiproquos, de provocations, de malaises maitrisés avec bienveillance par le président.
Le film "Tchao Pantin" de Claude Berri, pour lequel il remporta l'Oscar du meilleur acteur, est celui dans lequel il mettait en scène son mal de vivre. Car le côté pile de Coluche cachait un terrible névrosé en guerre contre la société et lui-même.
En 1985, le mal d’amour et de tendresse, Coluche revenait pour se faire aimer.
Le clown triste sombre dans la dépression, l'alcoolisme et la drogue depuis que sa femme Véronique Kantor l'a quitté. L'exode en Guadeloupe lui a permis de le relier avec une passion: fabriquer des chaussures. Il y a invité la femme de Patrick Dewaere. Celui-ci se suicida le 16 juillet 1982 avec une carabine offerte par Coluche.
Bref, Coluche attire, décidément, les drames par ses angoisses de puriste, par son approche vers le perfectionnisme de l'infini. "Le film pornographique le moins cher du monde" est le livre, écrit par une jeune marginale, Fred Romano, qui décrit son drame.
En 1986, lors de sa dernière émission, Maryse, dans « Dimanche chez vous », lui pose une dernière question : « Comment voudrais-tu mourir ? »
«Le plus tard possible et avec mon ukulélé» répond-il.
L’émission fut diffusée début juillet et l’ukulélé enterré avec Coluche.![]()
«Je suis capable du pire comme du meilleur. Mais dans le pire, c’est moi le meilleur », avouait-il en direct pendant "Y’en aura pour tout le monde".
Vulgaire dans ces paroles?
Plutôt, un culte de l'incorrection politique et de l'humanisme dans sa pureté extême. Apprendre à oser dire merde aux cons et à la connerie sans avoir peur de passer pour grossier ni vulgaire. C'est souvent nécessaire.
Le risque que cela "déborde" avait toujours été présent.
La décennie des 80'ties était toute en contrastes en événements politiques et musicaux. Le capitalisme avait pris ses quartiers avec force. Le socialisme de Mitterrand n'a pu faire illusion au changement que pendant une bonne année.
De nouveaux humoristes essayent de rester dans le créneau du politiquement correct pour ne pas se faire virer de l'antenne. La fesse et le sexe ont été remis à l'index.
La situation politique est-elle tellement différente pour avoir viré de la sorte?
Le mondialisme s'est accentué. L'Europe a réalisé le "spread" des problèmes et de son influence.
Les crises successives de ce 21ème siècle se succèdent et se ressemblent dans leurs conclusions. Les Indignés le restent dans beaucoup de pays du monde occidental.
Depuis, on fait la grève même avec humour avec un Café serré. L'espoir a pris les voiles vers des horizons lointains.
Que serait-il devenu aujourd'hui s'il avait vécu?
Il aurait 65 ans. Il se ferait virer d'émission en émission. Il aurait continué à écrire ses sketchs alors que les humoristes actuels se font souvent aider. Les Restos du Cœur n'auraient pas pris cette voie "people". Adversaire de la politique, à jamais. Anti bling-bling, notoire. Gauchiste, pur et dur, rebelle, alors que le clivage droite-gauche, n'est plus ce qu'il était. Sur Internet, il deviendrait agressif quand on constate que certains tentatives du même type, sont contestées avec le nom de "Gauche Caviar".
"Un Coluche vous manque et tout est dépeuplé"?
Un des commentaires qui suivait cet article, était significatif: "Arrêtons un peu de fantasmer sur Coluche. A la fin ça me fait penser aux documentaires à répétition sur les Kennedy. Si Coluche n'avait pas créé les Restos du Cœur, il ne serait jamais resté dans les mémoires que comme un comique troupier, et aurait à l'heure actuelle autant d'aura que Le Luron ou Fernand Raynaud. 25 ans après son décès, ce devrait être surtout l'évolution de la précarité en un quart de siècle que l'on devrait examiner au travers de Coluche, le reste n'est que roupilles de sansonnet."
Les cimetières sont pleins d'indispensables. Les hommages sont toujours un peu nostalgiques et rétros.
Quant à moi, cela faisait plus de 6 ans que je signais mes billets hebdomadaires avec le pseudo d'enfoiré. Je me devais de lui rendre un hommage particulier.
Michel Colucci, dit Coluche, avait pris le Belge pour cible dans ses sketches. L'auto-dérision dont il fait preuve, pourrait être plus confondue à celle de l'esprit belge. Pour gouverne, nos frites belges sont toujours là, comme bon sujet de conversation, une fois ... mais pas plus. Mais, les blagues belges ne font plus, tout à fait, recette d'après les derniers questions posés aux Français. Faudra, peut-être, changer de registre.
En 1986, il écrivait, aussi "Comme disait ma mère ça nous empêchera pas d'aller au paradis! Ça m'étonnerait que saint Pierre soit inébranlable" dans un extrait d'un sketch suggestif, au titre évocateur, "La Pute".
Coluche, névrosé dans l'intimité à force de vouloir un lendemain meilleur. Chalenge bien dure pour celui qui veut rendre la vie toujours meilleure quand les cartes sont distribuées au hasard.
Qu'on y tende, mais que l'on accepte aussi de se tromper quelques fois.
Et si on fabriquait des chaussures et pas uniquement en Guadeloupe?
Pas d'accord? Élargissons, encore.
L'écrivain, Bernard Werber, avait 25 ans en 1986. Cinq ans après, il écrivait son premier livre "Les fourmis" avec le succès que l'on sait.
Plus récemment, il lui a pris la douce envie d'imaginer les passés et les futurs dans ses "Paradis sur mesure". Un monde où il est interdit de se souvenir du passé, où un humoriste partirait à la recherche du lieu où naissent les blagues anonymes...
Si cela ne donne pas le vertige, ces deux mondes-là, qu'est ce qui le donnerait?
Le scénario de ce dernier aurait pu plaire à Coluche: "Un comique en pleine gloire décide de tout cesser afin de trouver l'origine des blagues. Ils remontent le fil jusqu'à découvrir une société secrète, la Grande Ligue de l'Humour, terrée sous un phare au large de Carnac. Il suit ainsi la formation de ceux qui créent les boutades, découvrant l'histoire de l'humour et la biologie du rire, parvenant à devenir membre de la GLH. Pour son avenir, il s'interroge sur la Blague Ultime, celle qui serait capable de faire mourir n'importe qui de rire.".
@+ Michel, dirais-je, aujourd'hui.
Salut ma Poule, comme tu le disais à tes copains...
A quand ton prochain œuf, vu de la haut?
Ah, oui, j'oubliais, tu le chantais déjà dans Misere en citant, mystérieusement, l'année 2012 dans ta chanson.
Une prémonition? Qui sait ?
L'enfoiré,
Citations de Coluche
-
"Avoir l'air con peut être utile, mais l'être vraiment serait plus facile."
-
"Quand on s'endort avec le cul qui gratte, on se réveille avec les doigts qui puent."
-
"Certains ont l'air honnête, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts"
04:07 Publié dans Actualité, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
18/06/2011
Un feuilleton pour l'été
Ceci n'est pas un billet comme les autres.
C'est une annonce de la publication d'un feuilleton que j'ai commencé à écrire, il y a un an.
Comme tout le monde sait, écrire un roman, un thriller psychologique dans ce cas, demande du temps et des idées originales.
Nous sommes à la veille de l'été.
La fête de la musique va commencer un peu partout dans les villes du monde. Le temps, par ici, à oublier l'événement. Le calendrier est en décalage et ne suit plus la marche du temps.
Pourtant, à la télé, tout s'arrête pour les vacances.
Les feuilletons, les rediffusions vont combler les trous.
Dernièrement, Le Soir parlait de Woody Allen qui cherchait un scénario à Bruxelles.
Non, je ne vais pas concourir. Mais cela m'amusait de lancer mon eBook dans le même temps.
L'écriture de mon feuilleton n'est même pas terminé, même si j'en connais le scénario au complet.
Le fait de le lancer dans cet état, me motivera à l'achever.
Essais, donc. Essais que je vous propose au rythme "hebdomadaire" en décalage avec les billets habituels.
Alors, allons-y.
Le premier chapitre est, comme toujours, un préambule.
Si cela vous amuse, vous pouvez commenter comme d'habitude et même faire dévier le scénario par une de vos idées.
Il aura pour nom "Du rififi aux forums " et se trouve en cliquant sur ce lien.
Bonne lecture, bonnes vacances.
L'enfoiré,
09:31 Publié dans Blog, Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17/06/2011
La voiture est un actif paresseux
On connaît les problèmes des transports en commun: des horaires et des destinations qui ne sont pas nécessairement conformes à celles qui sont désirées avec des détours qui font parfois perdre énormément de temps et des grèves qui ne sont pas des exceptions. Les transports individuels sont chers et polluants. Et si on cherchait une solution intermédiaire, plus efficace avec eux?
La voiture reste une liberté incontestable, enfin presque...
Les vacances vont mettre tous les véhicules en branle. Très contrôlée, coûteuse, polluante... la bagnole.
Alors, on doit s'organiser.
Pour travailler, le home working le permet sans se déplacer quand c'est possible. Oui, mais les chefs d'entreprises ne sont pas encore fans du procédé même quand la fonction le permet.
Dans le cas où il faut, vraiment, aller voir sur place, il y a le carsharing, le carpooling, partager pour réduire la charge des routes vers le boulot. Oui, mais il faut avoir des heures en commun.
Ces deux dernières ne changent pas de manière drastique la donne. Les véhicules ne sont pas mieux utilisés en dehors de leur période d'utilisation c'est à dire pendant 90% du temps où ils se retrouvent au parking ou encombrent rues et parkings.
Un véhicule est là pour véhiculer, pour circuler, pas pour faire du sur place.
Circulez, y a rien à voir....
Amortir un véhicule dans un minimum de temps et diminuer les voitures, leurs pollutions par l'utilisation optimalisée restent à inventer. L'utiliser, c'est le rentabiliser.
Le partage des véhicules de transport à disposition, est "la" solution. Il y a bien sûr les transports en commun. Mais, ils sont ce qu'ils sont: ils demandent du temps dans les correspondances sans assurer l'arrivée à destination désirée. Puis, il y a les grèves... les impondérables... les obligations qui ne sont pas nécessairement communes ou à prendre en même temps.
Doubler les capacités de transport public dans le monde, doubler leur fréquence, ne répondent pas à toutes les préoccupations. Il faut toujours rationaliser...
Il y a les Villos ou Velibes, pour les déplacements à vélo à courtes distances. Un nouveau "plan vélo" devrait d'ailleurs faire exploser la consommation de "triceps du mollet".
Pour partager une voiture, les voitures Cambio s'approchent de la solution.
Et si on allait plus loin en adaptant le moyen de locomotion en fonction du besoin réel?
C'est ce que le concept "My Love" tente de répondre: réunir tout les moyens de transport disponibles en fonction du besoin de l'utilisateur.
Avec ce concept, les moyens se veulent nombreux et adaptés. Voitures électriques ou non, vélos en communs... ils sont tous combinés pour assurer un service optimum dans un système de mobilité multimodalité.
Dans un ménage moderne, Monsieur va en train au bureau et Madame s'occupe des enfants pour les mener à l'école, pour les courses en voiture.
Les carburants, parkings, assurances, amortissements grèvent le budget, le mieux étudié d'une famille. On peut compter 650 euros par mois en moyenne pour les déplacements de cette seule voiture.
"My Love" se propose de descendre le montant de la dépense à 300 euros.
La gestion informatisée du parc de tous ces véhicules hétéroclites pourra apporter ce nouveau concept communautaire relativement récent. C'est dans la bonne organisation que l'on verra le gain réel.
Pourquoi ne pas revoir l'histoire résumée de notre mobilité?
Les véhicules ont été nombreux dans l'histoire des véhicules. (Sources)
L'individualisme voulu pour se véhiculer, ne date pas d'hier.
Aux alentours de 4500 AC, ce fut le cheval qui permis de se déplacer plus rapidement.
La roue fut inventée 500 ans plus tard. Depuis, on a perfectionné le mode de transport mais pas fondamentalement. Peaufiner de détail en détail s'est avéré le besoin de vitesse et de confort.
Au 17ème siècle, on y ajoute un toit. Il devient un coche couvert ou un carrosse.
Ceux-ci s'adaptent aux besoins familiaux pour parader, par couples, pour célibataires ou pour les marchandises sous forme de Sedan, de cabriolet, de berline...
Ce fut donc, d'abord tirés par des chevaux, puis avec l'aide d'un moteur qui a continué à exprimer sa puissance en "chevaux".
Sans cheval, sans moteur, c'est la version "vélo" qui a sa propre histoire.
En 1920, le vélo horizontal fut inventé par Charles Mochet. Le vélo couché est plus rapide que pédaler à la verticale. Un vélo de course vertical a un record de vitesse de 49,7 km/h. Couché, le record passe à 90,598 km/h. Le réseau routier reste cependant mal adapté à la conduite couchée dans les virages serrés.
Le velomobile ou velocar avec un vélo couché et une cabine est aussi une invention de Charles Mochet. Le succès ne sera présent que dans la version pour les enfants. Une sorte de Cuisse-tax.
Des motos avec toit furent imaginer par BMW, la C1. Ce fut un échec commercial. Pas assez protégée contre les intempéries du froid et de l'humidité.
Le Free Duck électrique avec quatre petites roues est expérimenté à La Poste. La sécurité risque de ne pas être satisfaisante.
Les quads, motos à quatre roues sortent dès 1970 des usines de Honda. Ils entrent dans les 4X4 et les tous terrains. Le bruit est leur point faible et est non conforme à un véhicule de ville.
En 1980, Ligier sortait une version mieux adaptée à la ville.
Citadine, elle permettaient le parking dans un mouchoir de poche.
Plus lente, moins bruyante, avec un volant de voiture, limitée à 45 kms/h, sans permis, voilà une version qui devait plaire.
Quand l'économie, le potentiel de rapidité et la sportivité pratique rimeront, on pourrait avoir fait le tour du véhicule du citoyen de demain.
Cela pourrait ressembler aux Jetsons sur un tapis volant.
Comme on se dépasse, on se croise sur les routes, il faudra aussi résoudre le problème du croisement pour éviter les collisions.
Les carrefours sont des lieux où l'on doit opérer des choix, de prendre des décisions. Qui dit décisions, dit risques.
Points névralgiques, de doutes, dans lesquels les priorités de droite, le tribord d'abord, jouent en général si aucune mention contraire n'est présente. Les sémaphores pour canaliser le flux ralentissent la circulation. Pas grave, si on leur ajoute une panoplie de panneaux, pourrait-on se dire. On y ajoute des informations touristiques, des directions, des interdictions ou des obligations.
Oui, il y a bien la "gentille dame du GPS" qui prévient que c'est la énième sortie qu'il faudra emprunter pour continuer la route.
Trop d'informations, tue l'information.
Alors, on continue à inventer de "nouveaux gadgets".
Un carrefour où tout le monde est obligé de prendre la même direction de droite par le rond-point.
Là, cela se corse.
Il faut y oublier les priorités de droites. Les priorités sont inversées. Le calvaire continue...
Le Royaume-Uni a été longtemps le champion des ronds-points. Le premier date de 1909 dans la ville de Letchworth. Le rond-point autour de l'Arc de Triomphe de Paris, fut lancé par Eugène Hénard, architecte et spécialiste de la circulation urbaine.
Le Columbus Circle de New-York par William Phelps Eno, date de l'année suivante.
La fluidité, par le sens giratoire, fut ainsi, assuré, dès 1906. Jusqu'à quand?
Quand plusieurs voies et que pour des raisons d'utilisation rationnelles, on se retrouve dans le tourniquet sur la voie la plus centrale, que fait-on pour sortir de ce maudit de carrefour?
Les clignoteurs sont là, bien sûr. Associés à une nouvelle panoplie de règles, de règlements, pour éviter les accidents.
Pour "assouplir" leur utilisation, la législation a changé. Le clignoteur ne doit plus être utilisé pour pénétrer sur le rond-point, mais seulement, en le quittant. Décision qui a, souvent, entrainé la perte totale de son utilisation pour les conducteurs et un jeu de roulette russe pour les autres usagers ds ronds-points, en attente de pouvoir tourner manège à leur tour.
Si les carrefours restent le lieu de rencontre des routes, les rond-points ont évolué pour devenir des casses-vitesses, ils servent de plus en plus de moyens de localisation et d'orientation. Ce ne sont plus des éléments clés du paysage, mais un quadrillage du terrain avec leurs latitudes et longitudes. On les numérote comme les routes elles-mêmes.
Éviter les carrefours par les échangeurs, les tunnels ou les ponts, sont des solutions de rechange qui ont été inventées par Arthur Hale en 1916 et mises en application, en 1929, dans le New Jersey. L'Europe adoptera cette solution, dès 1938, à Leipzig.
Le "High Five Interchange" de Dallas, terminé en 2006, compte cinq niveaux, 37 ponts et voit 500.000 voitures par jour. Les plus grands carrefours se trouvent, désormais, à Shanghai, comme ville nouvelle.
Que ne ferait-on pas pour se croiser? Des intersections, des repères pour l'orientation. Une troisième dimention? Mais, c'est bien sûr. La quatrième, le temps, n'est pas encore dans les tablettes.
Tout cela ne résout rien dans l'augmentation des véhicules en circulation.
What now "My Love"? Diminuer les déplacements, ce serait une réussite à coup sûr. Ce serait vraiment une histoire d'amour avec ses déplacements actifs, si pas proactifs.
D'après Tom Tom, Bruxelles serait la ville européenne, la plus congestionnée avec son taux de congestion de 38,9% pour un réseau routier d'un peu plus de 400 km. Mais, tout le monde sait que nous aimons par ici les records insolites.
Donc, entre temps, sur nos routes, ce sera :
-After you, Sir.
Sorry, my car is still lazy...
L'enfoiré,
Citations:
- "S'il y a tant d'accidents sur les routes, c'est parce que nous avons des voitures de demain, conduites par des hommes d'aujourd'hui sur des routes d'hier.",Pierre-Jean Vaillard
- "Chaque cycliste, même débutant, sait qu'à un moment ou un autre de sa vie il aura rendez-vous avec une portière de voiture.", Paul Fournel
- "L'autobus est un véhicule dans lequel il y a toujours de la place quand il va dans la direction opposée.", Alphonse Allais
08:10 Publié dans Actualité, Organisation, Voyage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
10/06/2011
Innover, oui, mais comment?
Début mai, un dossier paraissait sur l'innovation et ce que l'on entend par elle.
Innover, c'est un changement dans le processus de pensée visant à exécuter une action nouvelle. Elle se distingue d'une invention ou d'une découverte dans la mesure où elle s'inscrit dans une perspective applicative.
Tout est dit dans la théorie, mais dans la pratique, ce que l'on fait aujourd'hui correspond-il vraiment à de l'innovation?
La Wikinomie est face à une grande stagnation dit Tyler Cowen.
Selon lui, les progrès technologiques pourraient être de la poudre aux yeux et être bien moins impressionnants que ceux qui ont existé entre 1880 et 1940.
Sans contester, Tyler Cowen ajoutait que si la technologie a ajouté quelques avantages dans la vie de tous les jours, ses potentiels ont été rabotés à cause de son caractère ouvert et gratuit. Sur le plan matériel, on se retrouverait au même niveau qu'en 1953. Les moteurs, l'électricité et Internet pour relier les gens entre eux, sont arrivés mais le manque de capitaux et le côté lucratif de l'économie, ont été oublié dans l'opération. 
L'emploi a dégringolé dans le processus de radicalisation. Apporté par Google, Facebook et Twitter, il n'entre plus en comparaison avec l'emploi que nécessitait l'automobile de Detroit au début du 20ème siècle. La virtualité a, décidément, brisé l'emploi dans l’œuf.
En conclusion, par ce phénomène de restriction des moyens, on se trouvait plus matérialiste à l'époque qu'aujourd'hui.
Étonnant de conclure ainsi, alors qu'on aurait l'impression du contraire dans cette période agitée, fébrile, dans laquelle chacun a l'impression d'avoir fait avancé le schmilblick du progrès avec la machine à produire.
Dans ma "Grande Gaufre" qui parle de l'informatique, j'exprimais déjà une idée du même type. Seule l'image qu'on donne à cette pseudo innovation, semble donner une fausse impression de nouveauté. Nous ne sommes plus dans une période de révolutions mais d'évolutions successives, soit positives, soit négatives, mais qui se font sentir très faiblement du côté "innovations" mais plus, du côté des ratés, des déconvenues.
Sans rire, on peut ajouter qu'il y a eu des reculs dans le progrès du bien-être des gens. Rétrograder, débrayer sont des réponses à une erreur d'orientation. Dans un processus normal, un produit qui, tout à coup, se montre plus cher ou moins rentable à l'exploitation, engendre le retour sur la marche du dessous.
Le "buisson de la vie" que l'on trouve dans l'évolution naturelle prend beaucoup plus de temps qu'à l'échelle humaine plus encline à la rentabilité immédiate. Les chainons manquants sont en quelques sortes, des ratés de l'évolution naturelle. L'homme, d'aujourd'hui, améliore (du moins, il le tente et l'espère), on n'invente pas vraiment, il évolue par à coups voulus rapides mais sans réelles révolutions. Tout a un prix et on n'a plus les moyens de notre politique.
Il reste à espérer qu'il existera des bénévoles géniaux.
Si on remonte avant l'époque de la révolution industrielle, la plupart des inventions étaient chinoises, indiennes ou arabes. Ce sera grâce la force de l'économie occidentale de transformer et de valoriser les inventions des autres. Ils ne feront qu'améliorer les techniques connues en remarquant que chaque petit progrès pouvait générer de la productivité et du profit. Pour cela, il a surtout bénéficié de l'énergie bon marchée du pétrole.
L'accès bon marché aux matières premières permettra de rentabiliser plus vite la recherche. La libéralisation du commerce, la régulation transnationales, la mondialisation se partageront enfin les quotas à atteindre et les synergies pour les atteindre.
Les entreprises qui innoveront de nos jours, ne se retrouveront plus dans les sociétés les plus énormes, mais dans les startups et les spins-offs plus agiles. Plus légères, plus rapides dans leurs réactions aux succès et aux échecs, elles se débrouilleront mieux face aux crises.
Internet incite à la connaissance, à l'éducation, à la portée du plus grand nombre d'utilisateurs. Sortir de l'élitisme par le bon marché de l'information, est une bonne chose en soi. Sans validation, sans médiation, sans orientation, cela resterait plus douteux. Cela ne veut pas dire "contrôle", mais simplement, par une volonté de ne pas dérailler du convoi de la connaissance de base.
Don Tapscott et Anthony D. Williams y voient une opportunité par la transparence, par le partage, la collaboration, l'intégrité, la sensibilité d'une population sans frontières, ultra-connectée et mondialisée. Travailler en réseaux en espérant qu'il y aura un chef d'orchestre qui sélectionnera le meilleur, est pourtant un rêve dans l'état actuel de l'utilisation d'Internet.
La société devient poreuse, avec les conseils d'experts ou d'expériences et la sous-traitance toujours pour rechercher le meilleur prix-performance. La société se raccroche à tout ce qui lui parait stabiliser le flux en prenant le plus d'accents de vérités et se retrouve parfois très éloignés de la vérité elle-même.
Inventer et placer un brevet n'assure plus rien. Tout n'est d'ailleurs pas "brevetable". Les brevets sont limités dans l'espace et dans le temps. Ils se payent dans chaque pays où ils sont censés apporter leurs effets de protection. Ils sont loin d'être gratuits. Rien qu'au niveau des taxes, on peut compter 1.033 euros par an en moyenne au niveau européen et 90.000 euros pour le brevet lui-même pour 6 ans. Au niveau international, on arrive facilement à 45.000 euros.
Un brevet, pourquoi faire si c'est être galvaudé ou piratés dans les mois qui suivent leur déposition? Dans un monde interconnecté, le piratage devient un deuxième nature et se plaît à annihiler les effets.
Entre le "tout donné", l'"open source" et le produit propriétaire, il y a heureusement plusieurs degrés. Le shareware présentait une solution de test aux utilisateurs, candidats acheteurs de solutions. Il a été détourné. Des processus de limitation dans le temps de l'efficacité du software, ont été trouvé comme palliatif. Le "freeware" est une manière d'espérer une introduction dans le monde de la finance comme carte de visite. 
Vendre de l'IT comme de l'électricité, ne résout pas tout dans la nouvelle mode du "cloud computing". Les processus "clé sur porte" resteront fort peu compatibles avec le "tout fait". Pas de solutions intégrées qui reprennent un processus général qui commencerait au début d'une exploitation et se terminerait en fin de cycle. Une série d'interfaces devront se développer pour construire un ensemble cohérent. Des "fichiers plats", comme interfaces, risquent de perdre quelques bribes de raffinements au passage.
Le "Pay as you go" n'offre-t-elle pas l'innovation et pas l'assurance du prix minimum? Sommes-nous à la fin des coûts fixes? Le blog de CloudPlaza rappellerait les limitations du processus. Mais, cela dépend du cas.
Steve Jobs semble montrer le chemin de l'innovation technologique et a vu l'avantage et le désavantage de ce "cloud computing", dans un "nuage de raisonnements". Il lance "iCloud" pour suivre la concentration de toutes ses inventions de moyens de communiquer en utilisant la nomenclature précédée par le "i" magique. Cela permettra aux utilisateurs d’iTunes d’écouter leur musique en streaming sur leur iDevice mais également depuis un ordinateur qui il l'espère sera un Apple ou iApple. Prix 25$ par an. Systémisation du concept intégré dans une congrégation presque religieuse.
L'Open Source, faut-il le rappeler, fait souvent appel aux idées déjà sur le marché depuis un certain temps. Copier le design coûte moins cher que prendre les risques de la création.
La valeur ajoutée par le partage existe car l'idée du bénévolat, de laisser une trace "inventive" à bon marché existe. 
Les financements des projets restent trop concentrés sur un croissance rapide. Il faut que cela rapporte beaucoup et tout de suite. Le besoin de changer s'impose par la volonté du marketing, sans pour cela apporter une innovation. Il suffit de consulter un catalogue de portables pour dénombrer une série de variantes, à des prix concurrentiels, mais qui à l'analyse ne diffèrent que très peu de choses, souvent de gadgets, entre le haut et le bas de gamme. La consolidation de leurs utilisations réelles, n'a plus droit de cité. Aucune statistique n'existe qui démontrerait que les "plus" sont réellement des plus. Le matériau pour construire ces engins de hautes technologies n'entrent plus dans les plans d'une bonne compréhension des finalités du mieux vivre, du mieux utilisé.
Une batterie d'un portable qui n'apporte plus son électricité dans un temps suffisamment long et c'est le remplacement de l'appareil tout entier qui s'impose. Si le GSM fonctionne encore, il sera réutilisé en 2ème main dans un pays moins technologique. Les métaux précieux qui les composent seront récupérés à bas prix. Si ce n'est plus le cas, il sera décomposé, désossés, en pièces détachées où remis en circulation au niveau de la matière inerte qu'il est toujours resté sans sa technologie. Certains pays comme l'Inde ont compris que la matière première reste "première".
Les goûts des consommateurs sont versatiles, c'est vrai. Mais, il faut garder en mémoire que l'on n'a jamais tout à fait raison d'avoir raison trop tôt. Se retrouver dans le "just in time" relève de la chance et de la perspicacité. De cette gabegie de versions intermédiaires que l'on nomme d'un indice de sous-versions, peut-être faudra-t-il un jour faire patienter les consommateurs, un peu plus, sous peine de se voir écraser par une production non achevée. Inachevée mais tout autant consommatrice de matières premières, non renouvelables.
Un principe de base dit qu'innover, c'est inventer un créneau auquel personne n'y a jeté un coup d’œil auparavant.
Trouver des sponsors n'est pas encore garanti sur facture. Le capital à risque en période de restriction est une denrée rare. Faire une étude de marché.
Les innovations, toujours en porte-à-faux, en avance sur les besoins de ses consommateurs font partie des erreurs des décisions.
Quand seul des spécialistes parviennent encore à les comprendre et à suivre le rythme des évolutions, il y a danger.
Le recyclage est devenu un cycle que l'on observe pour le papier journal qui ne transfère que de l'information. Le plastic a jusqu'ici été le matériau noble prêt à toutes nos fantaisies. Un GSM contient beaucoup d'autres matériaux comme le précieux coltan.
Être seulement respectueux de l'environnement est déjà en soi, une innovation.
Peut-être faudra-t-il réinventer le recyclage pour qu'il coûte encore moins cher et qu'il rapporte plus.
Consolider les acquis ne semble plus la panacée.
Les sciences ancestrales ont, souvent, été reléguées au statut de superstitions, mais pourraient relancer les moteurs de l'innovation.
La technologie est venue s'ajouter, mais, elle n'est qu'un outil, pas une fin en soi.
Si la science accumule les connaissances, s'est pour, en définitive, s'apercevoir de la mesure de notre ignorance avec plus de précision. Le monde se fond en un gigantesque enchevêtrement d'informations, de nouvelles technologies qui deviennent, chaque jour, de plus en plus complexes et inextricables.
Dire je sais qu'on se sait jamais comme Gabin le chantait, c'est surtout se donner de la motivation pour toujours aller plus loin et de se dire qu'il y aura un autre siècle des Lumières.
Pas question de penser à la décroissance pour croire que tout va s'arranger. On ne revient jamais complètement aux sources. On les complète toujours.
Plutôt que de transbahuter nos rébus, nos déchets, nos ratés, nos nouveautés inachevées, propres à toutes civilisations du progrès qui ne rend plus le temps au temps, pour les retrouver ensuite. Et si on les téléportait?
Ça, au moins, en période de grandes tranhumances, ce serait génial. Oui, il y a la méthode originale.
Mais, il y en a d'autres, comme celle-ci ou comme celle-là...
La Tour de Babel que l'on atteindrait par la téléportation?
Un rêve, un cauchemar?
Non, cette fois, une innovation pure et dure, tout simplement.
L'enfoiré,
Citations:
- "Les innovations sont presque toujours le fait d'explorateurs individuels ou de petits groupes, et presque jamais celui de bureaucraties importantes et hautement structurées.", Harold J. Leavitt
- "L'innovation, c'est une situation qu'on choisit parce qu'on a une passion brûlante pour quelque chose.", Steve Jobs
- "Innover, ce n'est pas avoir une nouvelle idée mais arrêter d'avoir une vieille idée.", Edwin Herbert Land
Mise à jour du 06/06/2012: Internet déjà trop petit, entame sa révolution aujourd'hui.
Le réseau a atteint la limite théorique des adresses IP disponibles, il y a déjà un an.
Un nouveau système règlera, tout en finançant l'ICANN, discret gestionnaire du WEB.
08:35 Publié dans Actualité, Economie, Informatique, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
03/06/2011
Astrologie chinoise par la pratique
Il était une fois, Bouddha qui appela à lui les animaux de la création en leur promettant une récompense à condition qu'ils daignent se déranger.
Dans l'ordre, arrivèrent le rat, le buffle, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon. Pour les remercier, Bouddha leur offrit, à chacun, une année à leur nom.
Une année lunaire comprend 12 lunes. Une de plus, tous les 12 ans. Ce supplément décale le Nouvel An asiatique qui ne se retrouve jamais à la même date.
Chaque année, l'animal qui le représente, est sensé exercer une influence sur la destinée et le caractère des humains, nés pendant l'année. Le Yin ou le Yang de chaque signe et son élément correspondant, le bois, le feu, la terre, le métal ou eau font ainsi références à l'année de la naissance.
La Chine compte 4000 ans d'histoire classique, empruntée à d'autres civilisations mongoles, tibétaines, ouïgours, zhung, pour arriver au final à l'occidentalisme, fondé, lui, sur l'individualisme, le capitalisme et le colonialisme. A la fois, Empire et État nation, la diaspora chinoise se retrouve en nombre chez les Thaïs, les Malais et dans tous les Chinatowns dans le monde. La Chine est restée derrière une aire culturelle impériale, l'Empire du Milieu, repliée sur elle-même jusqu'à, il y a, à peine, 30 ans. Après une révolution culturelle, ce fut la réouverture sans restriction vers une civilisation mondialisée conquérante, voulue pacifique, harmonieuse, immortelle, étayée par une éducation au rythme forcé avec le principe de base « si vis pacem, para bellum ».
Tout cela est pour la théorie. Passons à la pratique dans l'espace et dans le temps en ajustant les événements à leur animal respectif.
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2010, c'était l'année du « Tigre »,
Le Tigre est courageux, impulsif, solidaire et solitaire. Le Tigre s'illustre souvent par son talent graphique qui l'amène à s'exprimer en contant des histoires qui passionnent. Son tempérament galvanise les autres et il reste toujours maître de lui. Le Tigre est intelligent et curieux. Il reconnaît ce qu'est l'amitié et va au-delà du simple coup de main quand on fait appel à lui. Il a une sensibilité d'observateur avant de s'investir, préférant la solitude au bruits des villes. Il aime associer son travail et sa vie sans se déplacer pour l'un ou pour l'autre. Il se retrouve souvent dans les mouvements de masse. Il a de l'humour. Il traite de façon loyale ses amis en les protégeant et en étant généreux avec eux.
En 2010, la Chine s'est beaucoup déplacée. L'Europe se cherchait un moyen de survivre à la crise grecque et irlandaise. La Chine s'est présentée en sauveur, intéressée comme nouveau "grand" parmi les "grands" quand l'Europe se mettait aux abonnés absents dans l'aide de ses partenaires.
Philanthropique, la Chine? Il ne faut pas rêver.
La Chine va où il y a du business à faire sans état d'âme.
La cagnotte chinoise a été jusqu'ici, croissante, exponentielle et a suivi la stratégie, dite "de l'araignée". En l'espace de cinq ans, de 2006 à 2010, ce sont des millions de nouvelles entreprises qui sont passées sous influence chinoise.
La Chine est le champion des exportations avec 1.578 milliards de dollars, devant les États-Unis, l'Allemagne et le Japon.
La sous-évaluation du yuan, la monnaie chinoise est restée chronique et est pointée du doigt comme responsable. Mais dans l'arsenal des concurrences, il fallait ajouter une autre arme utilisée par Pékin: les grandes entreprises publiques, étatiques, chinoises. Contrairement à une image qui doit trop à notre occidental-centrisme, le capitalisme chinois est moins "libéralisé" qu'on ne le croit. L'une de ses forces de frappe réside dans ses entreprises étatiques au nom du plan de relance annoncé en 2008.
Le capitalisme d'État ne joue pas à armes égales avec le capitalisme "privé" et déforce l'action de l'Organisation Mondiale du Commerce.
Si comme annoncé, "les entreprises chinoises sortaient gagnantes de la crise 2008-2009", c'est dans les secteurs BTP, énergie, pétrochimie, téléphonie, aéronautique, que l'État chinois avait favorisé la création de grands groupes publics. Ceux-ci ont empoché l'essentiel des gargantuesques commandes. Avec des appels d'offres "formels", les banques chinoises étaient sommées de leur accorder des prêts supprimant le problème de financement. Les firmes privées étaient, elles, priées d'aller voir ailleurs pour éviter une concurrence indue. Sans actionnaires à rémunérer, l'État chinois restait donc le Grand Tigre !
Par contre, à l'étranger, ICBC s'installe pour soutenir les entreprises chinoises dans leurs rachats d sociétés. 
La porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinoises, Jiang Yu, disait, en décembre 2010: "A l'avenir, l'Europe sera un de nos principaux marchés pour investir nos réserves de change".
Alors, l'échange de bons procédés en coopérants actifs plutôt qu'en conquérants, dépendra de la solidité et de l'unité de l'Europe pour négocier à armes égales. Une solidarité à l'arraché ou une discordance dans les propos et les contrats?
En Grèce, les enfants du Pirée parlent de plus en plus chinois, sous le contrôle de China Ocean. Shipping Company COSCO y a reçu une concession d'exploitation pour 35 ans. Deux des trois terminaux leurs sont alloués pour un prix de 3,3 milliards d'euros. Ce sont les bateaux chinois qui en profitent en premier. L'amitié greco-chinoise n'est plus vraiment perçue comme telle par les dockers grecques, pas habitués aux méthodes chinoises. Résister à la stratégie du "collier de perles", mais comment? La privatisation se poursuit en Grèce et la Chine pourrait se porter acquéreur de ce qui passerait à portée d'euros.
Le Portugal était aussi mûr pour suivre le même goulot d'étranglement.
L'Espagne, c'était 12% de dettes qui ont été couvertes par la Chine.
En Irlande, on trouve Athone. En Italie, HNA Group et COSCO. En Angleterre, Rover est devenu Nanjing depuis 2005. En Suède, Volvo est sous le drapeau de Geely, Pang Da et Yougman. Barclays est grignotée par China Development.
En France, dans le Bordelais, le Château Latour-Laguens a été racheté pour 2 millions d'euros. Le Chinois a découvert que le vin allait mieux que l'alcool de riz comme complément du repas.
A Manchester, on aime fêter le nouvel an chinois en communiant avec les anglais même si le K2, la boîte branché, est plutôt réservée aux karaokés de chansons chinoises.
Les investissements restaient pourtant relativement limités en Europe.
En Afrique, les richesses en réserves pétrolières et minérales avaient attiré comme l'aimant. En Europe, ce sera par l'intermédiaire par le commerce.
Aux États-Unis, Obama, lors d'une visite, voulait tacler la Chine en Amérique latine. En 2009, la Chine était devenue le premier partenaire commercial du Brésil qui leur vendait du pétrole, du fer et du soja en échange.
Avec une croissance de 8 à 10% comme quotas, le ralentissement, de fin 2010, comme le voulait le pouvoir central, restait à prouver.
En 2008, la crise des subprime avait porté un coup rude au marché de l'art contemporain. L'art n'intéresse pas nécessairement le "passager de la pluie" mais il donne un signe.
Mais depuis un an, c'est de nouveau l'effervescence. Les Chinois sont de grands amateurs et acheteurs d'art et les artistes chinois voient leur cote s'envoler. Quatre Chinois appartenaient au cercle des 10 artistes qui ont été les plus rémunérés en 2010. En quatre ans environ, la Chine est passée de la quatrième à la première place dans le classement des plus importants acteurs du marché devant les Etats-Unis et le Japon.
Selon le livre de Vikram Mansharamani, "Boombustology", il est fait le lien entre la flambée du prix des œuvres d'art et les krachs dit : "cette bulle spéculative est un symptôme de la trop grande confiance et de l'hybris d'une société".
Dans le même temps, les relations politiques avec le Japon et la Russie se sont ternies. Les îles Senkaku et les îles Kourilles sont des points de terre qui reviennent comme un sucre d'orge dans une assiette qui veut s'élargir.
L'année du Tigre se devait d'être très agressive aux yeux effarouchés mais pas nécessairement des yeux tigrés étatiques.
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Le Lapin est décrit comme étant calme, raffiné, narcissique, éloquent et persuasif. Diplomate et cultivé, il s'entend bien avec tout le monde, mais préfère souvent à la société le recueillement de la lecture et des travaux intellectuels. Il est considéré comme un symbole de sagesse.
Avec celle-ci, il aurait le don de comprendre les autres à demi-mot de manière intuitive. Il aime son confort et ne supporte pas que l'on dérange chez lui.
Alors, la question était: ce Lapin-là, allait-il se tourner vers son "chez soi" et y rester un peu plus longtemps qu'en 2010?
Aux États-Unis, alors que l'IATA revoit ses profits à la baisse de 40% des compagnies aériennes à cause de la flambée du prix du pétrole, CAIGA rachètait Cirrus Industries. Pour la Chine, CAIGA représente une étape importante pour l'extension mondiale par l'entrée sur le marché américain des avionneurs dans les vols à basses altitudes des petits avions.
Le 26 février, le Magazine "Avenue de l'Europe" de France3 se penchait sur ces problèmes en se donnant comme principe "L'Europe ne doit pas craindre la Chine". La manne financière chinoise laissera-t-elle encore des alternatives pour d'autres entrepreneurs? Le "vieux continent" ne veut pas devenir un conservateur de musées et pas que son patrimoine se transforme en des tours comme on le voit à Shanghai ou à Pékin.
Fin avril, c'était Saab qui rêvait d'un avenir chinois "à la Volvo". Son patron, Vctor Muller poussait un ouf de soulagement à la suite d'un accord de partenariat avec Zhang Xiugen de Hawtai Motor. 150 millions d'euros investit par ce dernier alors que Saab ne parvenait plus à payer ses sous-traitants.
La Chine est devenu, depuis peu, la 2ème économie mondiale avec son PIB dépassant le Japon. Celui-ci déjà en mauvaise posture en économie, mais se croyant en sécurité, a subit un véritable coup de Jarnac avec le récent tremblement de Terre suivi du tsunami, entraînant les désastres naturels et nucléaires toujours en cours.
La Chine, c'est, aussi, le 2ème pays que l'on situe sous le seuil de pauvreté. Les revenus restent, en moyenne, égaux à 10% de celui du Japon. Riche par la grandeur du pays, par sa population, par son passage de l'économie agricole à celle de l'industrie, mais qui, par là, paye le changement au prix fort par son rythme trop rapide.
L'article "Un marché potentiellement fort ou fortement potentiel?" qui vient de là-bas, confirmait cette vision.
Les marchés occidentaux attendaient un excédent commercial de 4,9 milliards de dollars. C'est un déficit de 7,3 milliards de dollars qui s'est produit. Les consommateurs occidentaux de la Chine sont en train de caler. Une hausse des prix de 10% du pétrole coûte 0,5% de PIB mondial. Nous en sommes à 17% de hausse. Ce qui représente une réduction potentielle de la croissance mondiale de 0,85%.
La Chine se réoriente vers sa consommation intérieure, penserait-on. Ce serait oublier que la croissance chinoise ralentit elle aussi! La mondialisation et l'imbrication qui en découle, agissent dans les deux sens et font tout aussi mal.
La surproduction immobilière est prête à exploser car la demande ne suit pas.
On construit à la chaîne dans le seul but de faire croître le PIB. 60 millions de logements, appartements, hôtels, bureaux restent vides. La ville de Zhenghzou est devenue une ville fantôme. 150 millions de Chinois pourraient y habiter mais pas si les salaires moyens restent aux environs de 250 euros et que les appartements trouvent acquéreurs aux environs de 100.000 euros. Hors de portée, les appartements. Le centre commercial de Donguyan comporte 600.000 m2 avec 1% de la surface commerciale est occupé.
Prendre des mesures drastiques pour refroidir le marché de l'immobilier? Désormais dans une grande ville, pour acheter un premier appartement, il faut apporter un apport personnel de plus de 50% du coût, un certificat de résidence, une feuille d'impôt bien complète et pas sous-évaluée vu que le prix au mètre carré a augmenté par la bulle immobilière.
Le premier ministre, Hu Jintao, comparait, récemment, l'inflation à un tigre qui dès qu'il sort de sa cage, y retourne très difficilement. Elle a atteint 5,4% en mars.
Retour à l'année du Tigre? Mais, un Tigre aux ongles limés? Les prix alimentaires en République populaire ont augmenté de 10,3%, de 15,1% pour le blé, et de 34,8% pour les fruits.
La Chine a ajusté la composition du panier de l'IPC. Le poids des produits alimentaires a ainsi baissé de 2,21 points alors que celui des logements est en hausse de 4,22 points. Méthode douteuse du calcul des coûts qui substituer dans le panier de référence des produits devenus trop chers face à des produits similaires mais moins chers.
Les banques chinoises seraient même menacées pas une dette "cachée" de 1.134 milliards d'euros, souscrite par les autorités locales chinoises pour financer des investissements qui pourraient ne pas être remboursés selon le parlementaire, Yin Zhongging. Les autorités locales, faute de pouvoir emprunter directement des fonds, ont échafaudé des subterfuges d'investissements pour les obtenir en s'appuyant sur des terrains en garantie publique, hors du budget fédéral centralisé. Crédits douteux élevés à 3,5% du portefeuille de crédit.
Il est reconnu que le self-made-man ne fonctionne pas bien en Chine, les milliardaires deviennent le symbole de l'injustice comme en occident. Le nombre de milliardaires a doublé. La ploutocratie pourrait être son talon d'Achille.
La politique sociale pourrait s'en ressentir.
En avril, une grève inédite a stoppé tout le traffic du plus grand port du monde, celui de Shanghai. Les tensions sociales se multiplient et les autorités en prennent compte. La baisse du pouvoir d'achat suit l'envolée du prix des carburants. La priorité du nouveau plan quinquennal, le 12ème, tranche avec les précédents. Une consommation prospère.
Un développement durable avec comme priorités: réduire des émissions du CO2, stimuler les énergies renouvelables, niveau social en réduisant les écarts entre les hauts et les bas salaires, entre les villes et les campagnes. Réduire la vitesse de la croissance pour la garder sous contrôle. Ne plus dépasser les 8% pour réduire les tensions sociales.
Réduction de la voilure va de pair avec les cadences pour ne pas épuiser les ressources et tenter que toute la population y trouve son compte. 
Cela pourrait arriver plus vite que prévu. Le dernier recensement de la population donne un signal d'alarme. Elle vieillit plus vite que prévu. La contraction aurait même commencé. On dénombre 1,37 milliards de Chinois. Plus de 9% a plus de 65 ans et seulement 16,6% a un âge en dessous de 14 ans. En cause, la politique de l'enfant unique. Celle-ci a été assouplie dans les campagnes, mais les contrecoups se font toujours sentir. La Chine sera vieille avant d'être riche. Les préjugés occidentaux sont nombreux.
Outre les menaces qui pèsent sur le crédit souverain, celles qui pèsent sur la croissance chinoise nous semblent tout aussi sérieuses.
Comme la Chine reste un des principaux moteurs de la croissance économique, personne n'a intérêt à voir la Chine se prendre les pieds dans le tapis.
La Chine doit lutter contre l'inflation sans mettre en péril sa croissance. La BPC n'est pas plus douée que la FED ou la BCE.
La lutte contre l'inflation par la politique de resserrement des taux sans mettre encore plus en péril sa croissance est affaire d'équilibristes.
Quel est le "bon taux" quand les effets se font ressentir à long terme?
Des taux trop bas, c'est la spéculation, la création de bulles et l'inflation en restreignant le crédit et donc les investissements.
Mise à jour du 1 juillet: 90ème anniversaire di Parti Communiste Chinois. Inauguration du TGV Pékin-Shanghai. 4.500 kms de voies. Investissement de 300 milliards d'euros jusqu'en 2015. 1.300 kms avalés en 5h30 à 300 km/h. Il était prévu 380 km/h. Mais en définitve, 250 seront adoptés pour raison de sécurité. Oeuvre pharaonique lancé à très grande vitesse dans un goufre financier. Un scandale du ministre des transports Lhi Zhijin qui a détourné 150 millions de dollars. On attend 37 millions de passagers par an dans le futur (actuellement 4 millions). Raisons prix: 55 euros pour un aller simple. Le mal du prestige efface l'idée de rentabilité.
Il y a toujours un énorme potentiel de l'empire du Milieu à long terme. Mais à court terme?
Des détenus obligés à jouer à "World of Warcraft"? Et les autres?
Sera-ce une pause violente dans la croissance?
Les préjugés "à l'occidental" vont bon train:
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La Chine va nous arnaquer
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La "joint-venture" est un passage obligé
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On y va pour les bas salaires
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On peut y diriger une entreprise à partir de la Belgique
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Il faut s'établir sur la côte est
Aux yeux d'Occidentaux, le lapin reste un animal sautillant. Sautillant au gré de ce qu'il découvre en chemin. Cette fois, pour durer, les bonds devront être, seulement, moins longs que par le passé.
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2012, ce sera l'année du Dragon.
Considérés comme idéalistes, perfectionnistes, nés avec l'idée de la perfection et de l'inflexibilité, les dragons sont également agressifs et déterminés. Faire ce qu'ils veulent est une seconde nature chez eux.
N'anticipons qu'avec beaucoup de prudence. Dans 'Verso Chine après les J.O", j'imaginais déjà...
Dans ce cas, avec un peu de prévisions charismatique, on pourrait dire que cela risque de se corser. Les "barons" du gouvernement chinois seront bientôt remplacés par le parti chinois.
Ce sera un salut pour ce que la Chine a accompli en trente ou quarante ans. Un pays émergent joue ponctuellement de ses avantages. La Chine tire toujours l'économie mondiale. La confiance en demain grandit. Mais, les pays émergents fatiguent un peu dans cette entreprise titanesque. Cela doit finir par se tasser quelque peu. Moment de vérité en Chine : les prix de l'immobilier ont chuté. La bulle immobilière chinoise a crevé.On annonçait que la reprise devrait ralentir dans le monde émergent en 2011 pour enrailler la surchauffe. Cela l'a vraiment été, dès 2012, avec un léger effet retard.
Les jeunes diplômés n'arrivaient pas à trouver un emploi qui correspondrait à l'investissement par leurs études. 1,5 million d'ingénieurs et scientifiques sortent tous les ans des universités. Les jeunes délaissaient les métiers manuels, alors qu'on manquait toujours de bras dans les usines. 300.000 nouveaux entrés sur le marché du travail sortant des universités alors que les salaires restaient souvent moins élevés que les ouvriers qui ont vu les leurs, doubler. "Les jeunes ne doivent pas seulement rester dans les grandes villes. Ils doivent être plus mobiles.", disait Sun Xiaobing du Ministère de l’Éducation. La sécurité d'emploi, des CDI, des postes de fonctionnaires étaient surtout recherchés par les jeunes.
Le fossé entre Chine de l'Ouest et de l'Est restait énorme. Rééquilibrer restait la tâche principale de crainte d'une explosion sociale. Le chômage officiel s’élevait à 4%. Officieusement, certains osaient l'élever à à 22%. Zhou Xiaochuan, président de la banque centrale, avait déclaré que les réserves en devises de son pays "dépassent le raisonnable" et que le gouvernement devrait, pour gérer au mieux ces excédents, faire évoluer sa gestion vers plus de diversification.
Dans la cour des "grands", il a toujours fallu jouer selon les règles très serrées ou s'attendre à des représailles protectionnistes, à des "jobs protection". Le protectionnisme reste à double tranchant - tel le sabre chinois.
Les Chinois sont trop libéraux pour laisser un monopole se créer, comme l'ont fait les occidentaux.
Le modèle de Chongqing s'est ajouté à Pékin et Shanghai. La plus grande municipalité du monde avec 34 millions d'habitants. Trois fois la Belgique. Bo Xilai fut à sa tête avant d'être expulsé pour diverses raisons privées ou publiques. Une croissance de 17% en 2011 sous le contrôle pu pouvoir central. Quartier de gratte-ciel de Yuzhong avec des entreprises étrangères avec des taxes limitées à 15% mais des profits à rétrocéder pour payer les investissement énormes pour les infrastructures. 35 milliards de dettes. 219.000 logements sociaux construit mais grangrenés par les Triades.
Une nouvelle politique monétaire se met en place. Elle fait réduire les exportations et laisse la monnaie yuan s'apprécier.
Un Louis XIV qui dirait que l'"État c'est moi", n'est pas à l’ordre du jour. Alors, un gigantesque château de cartes? Tout dépend de l'angle par rapport on le voit.
L'indépendance technologique reste la "grande cause nationale".
Point positif, la Chine a fait sa révolution numérique! Pékin a bien compris que l'avenir se joue dans les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Le nombre d'internautes est monté en flèche et les achats en ligne explosent. Depuis, 2006, le gouvernement mettait le paquet sur les technologies de l'information (investissement de 600 milliards de dollars sur 5 ans). De grands groupes, comme Huawei, sont sortis de la virtualité. Le gouvernement aurait encore l'intention d'investir 600 milliards de dollars sur 5 ans !
La Chine est potentiellement le plus grand marché du monde de l'Internet. Un Chinois sur trois est internaute. Les trois dragons chinois du web l'ont réussi en copiant les fleurons de la Silicon Valley, mais en y ajoutant une touche plus asiatique. 400 millions de clients chez Baidu, Alibaba et Tencent. Taobao atteint les 60 milliards de dollars de biens échangés. Alibaba s'est allié à Microsoft. Baidu s'est associé au japonais Rakunen.
Le YouTube chinois, Youku, a bondi de 161% le premier jour de son introduction. Avec 203 millions de visiteurs par mois, le site attire déjà deux fois plus de visiteurs qu'eBay !
Les Occidentaux ont profité, jusqu'en 2010, du marché de l'Internet chinois. Sera-ce encore le cas?
Les hackers chinois attaquent toutes les failles des systèmes occidentaux qui se croient sécurisés. Gmail attaqué, Google outragé, la Chine offusquée. Hotmail et Yahoo sur le grill des espions. Péripéties ou affaires bien plus stratégiques? La cyberguerre attirerait la Chine mais dans quel but? Une cyberguerre froide à bon marché?
La journaliste, Anne Blampain cherchait un lien entre stratégie européenne et tactique chinoise et disait "La retraite n'est pas honteuse si la bataille doit être évitée, vous gagnez ainsi l'opportunité d'une victoire demain. Les européens auraient tout intérêt à bien se souvenir de ce principe de guerre chinois". Elle ajoutait, non sans un certain humour "La Chine est le seul pays à avoir appliqué la stratégie de Lisbonne".
Les Lapins pourraient, donc, être de jeunes loups qui se presseront sur les rangs pour remplacer l'ancienne garde du parti. Serait-ce la fin des fonds émergents, comme un éditorialiste le pensait?

Mise à jour 8 novembre 2012: Les nouveaux patrons pour dix ans. Le 18ème congrès du Parti communiste s'ouvre ce jeudi. Le but, officialiser la passassion des pouvoirs entre Hu Jintao et Xi Jinping.
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En 2015, une année de la Chèvre ou du Mouton.
Le Mouton est décrit comme étant libre, créatif, émancipé. Il est artiste dans l'âme, rétif à l'autorité et souvent dépensier. Il s'entend bien avec le Lapin et le Porc, et très mal avec le Bœuf, décrit comme étant dictatorial, déterminé et insoumis.
Dommage qu'il faille attendre 2015, pourrait-on penser.
Est-ce un tout nouveau programme à réinventer?
Avant cette année-là, la Chine espérait arriver à 20% de HLM dans l'immobilier urbain.
Yu Xiaoning, le plus grand importateur de produits belges en Chine, donne sa solution.
Il y avait 6 ans qu'il a commencé l'importation de biscuits, de bières et de chocolats. L'Expo de Shanghai a produit un effet de levier et le volume des ventes a doublé. Il propose un deal avec un Belge en difficulté de gestion en lui disant "Les différences culturelles avec la Chine sont énormes. Si on a beaucoup d'argent à perdre, oui... on peut s'amuser". Aujourd'hui, l'entreprise emploie 200 personnes entre Pékin et Shanghai. Xianoning est actif ans le "Business to Business" et s'élargit dans le "Business to Consumer". Il compte ouvrir une succursale en Belgique pour importer des produits chinois en rompant l'image négative du "Made in China".
Cela n'aurait pas été vrai si les échanges étaient restés trop invasifs et mal compris. La nouvelle vague se targue d'être celle qui comprend le mieux la manière de penser occidentale, et qui peut être la clé de sa réussite.
C'est alors que je suis tombé sur cet article :"L'Asie confrontée aux zombies".
Un titre adressé à toutes les parties, par Stephen S.Roach censé arracher les tripes.
"L'Asie et en particulier la Chine, a besoin d'un nouveau type de consommateur qu'il trouvera sur son marché intérieur de 3,5 milliards de consommateurs. L'exportation n'est plus de mise car "les autres" sont tétanisés par la crise et sont morts-vivants. Les États-Unis ne se sont pas relevés des ravages de la Grande Récession. Le Japon a été le premier a se perdre dans les années 90 dans le "zaibatsu" qui a provoqué l'effondrement après l'éclatement de la bulle spéculative. L'Europe a suivi. Les États ont apporté de l'aide aux géants industriels qui sans cela seraient tombés en faillite avec le principe de "Trop gros pour faire faillite. Des crédits d'hypothèques qui dépassent la valeur de leur bien, des endettements successifs, une épargne inférieure à la moyenne, sont les tares qui ne trouve pas de répondant dans la "Destruction créative". Réduire les effets de levier, rétablir les bilans sont des tâches prioritaires. La Chine devra rééquilibrer son commerce en faveur de ses consommateurs intérieurs vu qu'il a chuté à 35% du PIB. Le 12ème Plan Quinquénal comprend l'emploi, les salaires et la réduction des épargnes préventives dans ses objectifs."
Se retourner vers l'intérieur du pays, plonger son regard sur son propre nombril avec une priorité à la stabilité, évitera aussi la prolongation des contrefaçons tournées vers l'exportation et réorienter Shenzhen Most vers un autre business.
Après l'Argent du beurre, il restait à y trouver le beurre de l'argent et surtout, le sourire de toutes les crémières impliquées. 
Pas démocratique la Chine? La démocratie, c'est aussi prendre bonne note de la contestation sans imposer sa propre solution sans discussion et partager équitablement sans contrainte aveugle.
C'est entendu: le pays ne peut probablement pas se permettre de tergiverser avec un régime trop faible qui prendrait trop de temps pour intervenir en cas de désastres naturels.
L'approvisionnement en énergie reste le point faible. De nouvelles centrales nucléaires sont programmées malgré ce qui s'est passé à Fukushima. L'énergie verte demeurent sur les plans. Tout est bon pour ne pas dépendre des autres pays, de ce que la Chine ne possède ou ne peut fournir en propre.
Éviter l'ingérence et la dépendance dans les affaires des autres est la politique d’État.
Bouddha ouvre, du coup, mieux les yeux avec un sourire un peu moins jaune, assis en regardant le monde. Mais, il peut se le permettre, c'est Bouddha.
Installez-vous, alors. Restez Zen.
Qui sait ? Grâce à l'astrologie, pourra-t-on chanter dans une version douce "Nuits de Chine, nuits câlines, nuits d'amour, nuits d'ivresses, de tendresses. Où l'on croit rêver jusqu'au lever du jour."
Rien que pour éviter que les belles ombres chinoises, avec quelques maîtres du genre, ne deviennent des ombrures malvenues...
Les Chinois sont des hommes comme les autres comme l'écrivait Zheng Ruolin.
La Chine s'expose dans le Midi de la France avec le regard de femmes
Mise à jour 16 mars 2012:La chute de Bo Xilai, le Monsieur Propre, qui pensait arriver au sommet de la hiérarchie. Il a été victime d'une affaire digne d'un roman d'espionage par son bras droit Wang Lijung lors d'un Congrès du PC.
Trop atypique Bo Xilai ?
Plus que cela, la preuve est donnée par Paul Jorion, ce 13 avril 2012 .
Le nom de Gu Kailai devrait vous en donner un peu plus.
Les raisons ne sont pas toujours celles que l'on croit, même en Chine, sinon plus qu'en Chine.
Mise à jour 17 janvier 2013: Air-pocalypse à Pékin.
Le taux de pollution de l'air a dépassé de 40 fois celui préconisé par l'OMS. La population s'inquiète et demande quelles sont les usines qui polluent le plus. Le premier ministre Li Kekionq qui prendra ses fonctions en mars, dit qu'il faudra du temps. Pour les 20 millions d'habitants, il y a 240.000 nouvelles voitures par an à ajouter aux 5 millions existants. 3,8% du PIB est alloué à la lute pour la dé-pollution. On y réchigne toujours a utilisé des pots catalytiques.
Proverbes chinois:
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"On ne rassasie pas un chameau en le nourrissant à la cuillère"
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"Les trente premières années se passent à ne pas pouvoir se réveiller, les trente suivantes à ne pas pouvoir s'endormir."
- "Quand on ne fait pas de bruit, on n'obtient rien. Un peu de bruit, on en obtient un peu. Avec beaucoup de bruit, on obtient beaucoup".
- "Chnois: Terrien surnuméraire", Laurent Baffi
Articles précédents sur le sujet "Chine":
"Programme de relaxation chinois "
"Verso Chine après JO", "Verso Chine avant JO", "Rétro Chine"
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27/05/2011
"Un Roi sans pays", un thriller de l'été?
Un livre sorti récemment a fait réagir , dès sa sortie, le Palais du Roi en Belgique. Il s'agissait de celui qui a été écrit par deux journalistes, Martin Buxant, francophone, et Steven Samyn, flamand: "Belgique, un Roi sans pays". Martin Buxant, 32ans, est journaliste politique au quotidien francophone La Libre Belgique depuis 2007. Steven Samyn, 38 ans, est chef de la section politique du quotidien flamand De Morgen.
En préambule du livre, on peut lire: "C’est un thriller, c’est parfois une comédie, c’est souvent un drame. Mais ce n’est pas une fiction. Au cœur, de l’Europe, les belges se déchirent, un royaume se disloque. Flamands et francophones s’éloignent chaque jour davantage. Au milieu de cette lutte politique sans merci : un homme, le roi Albert II, et une institution, la monarchie belge. Tant bien que mal, le souverain des Belges tente de sauver les meubles, de maintenir ensemble les morceaux d’une façade qui se lézarde. Peut-il garantir la survie de son pays ? Et que se passera-t-il lorsque le prince héritier, le très controversé prince Philippe, succédera à son père ?".
Tout est dit, une comédie burlesque en Absurdie, un drame avec des chanteurs d'opéra, des porte-paroles d'opérette et, en finale, un thriller de l'été dans lequel nous allons découvrir quelques aspects du passé qui se refléteront sur le futur.
Pas question de faire de la promotion du livre. Il servira, ici, de fil rouge avec quelques idées énoncées. Pas étonnant que le livre n'ait pas été aimé par le Palais.
Je ne sais si vous êtes comme moi, mais avant de commencer la lecture d'un livre pareil, je regarde les titres des chapitres pour m'orienter.
Qu'ils flashent ou non, les paragraphes mènent le "bal" du moment qu'ils incitent le lecteur à retourner à la lecture de ce qui s'intercale entre eux. Ici, je n'ai eu aucun problème à le faire avec un peu d'humour inséré.
Très loin de la "Théorie du tout" que l'on pourrait lire sur les titres de livres scientifiques à la mode.
Oui, la "Théorie des cordes", à y réfléchir, là, on s'en rapprocherait. Vous savez, cette théorie suit ces vibrations infinitésimales de la matière...
Cela aurait pu commencer par un film comme "La Conquête" qui, en France, existe avec des regards de droite et de gauche. Ici, en plus, il y a l'avant, l'arrière, le haut, le bas et les diagonales communautaires. Pour ne pas s'y perdre, on a l'habitude de donner des couleurs et des initiales à tout cela. Les coalitions fleurissent avec des parfums aux arômes délicats. Dans l'histoire, cela va jusqu'à prendre des tons de l'arc-en-ciel comme modèle.
1. Yves Leterme. Le 16 vous appartient.
(Rappel pour les non-connaisseurs, le 16, c'est le n° de l'entrée au Parlement par lequel le Premier Ministre entre pour y élire domicile.)
"Sauver les meubles avec la façade qui se lézarde", un projet plus facile à dire qu'à réaliser. C'est avec tous les corps de métier qu'il faut prévenir l'Assurance tout risque dans un même élan.
Au départ, il y eu la méfiance du Roi Albert vis-à-vis de l'homme aux 800.000 voix de préférence, Yves Leterme. Les événements précédents expliquent cela. Il y a eu la Brabançonne avec des accents de Marseillaise, bien sûr, mais passons.
Le roi avait, surtout, en mémoire le "séparatisme anachronique et désastreux" qui engluait ses cauchemars. En 1993, son frère, Baudouin, avait mis un doigt dans l'encrier pour faire du pays une fédération, avant de passer l'arme à gauche. Le libéral, Didier Reynders, a dû calmer les craintes ou l'aversion du Roi à son égard.
Dès le départ, dans l'espace de 3 heures, les forts en poids, Jean-Marie De Decker (LDD), Bart De Wever (NVA) et Geert Lambert (Spirit) passaient en défilé séquentiel au Palais. 400 kilogrammes de séparatisme, c'est beaucoup pour un seul homme dans ce laps de temps, même pour un Roi.
La survie de la Belgique, le royalisme, c'était pas leur tasse de thé à ces trois "missionnaires" sortis des urnes.
Arrivé à Laeken, Bart a bien tenté de tendre une main au Roi. Il se l'a vu refusée pour raison de... protocole royal. C'est au Roi de tendre la main en premier et pas l'inverse. Un coup dans l'eau.
Pas de cravate, pas de chauffeur pour Bart. Du jamais vu. Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages...
Sommes-nous dans un Vaudeville, où se disperse protocole et "Pros du pot" mais sans "cole" avec des Robins des Bois qui s'exercent en fond d'écran?
Puis, il y a eu le rappel du copain, Geert Bourgeois pour Bart. Il fallait parler au Roi du prestigieux mobilier Empire, prêté au Palais et qu'il faudrait, un jour, récupérer, pour éviter un procès.
Cela commençait fort...
Réjouissons-nous. L'effet retour de la main tendue, Bart la recevait à la sortie. Ouf. L'honneur était sauf.
Pendant longtemps, le courant continuait à ne pas passer avec Leterme. Problème de voltage, probablement. Le triphasé d'un côté, le multiphasé de l'autre. Les tournées manèges commençaient.
- Vous êtes le sauveur du pays, dira, plus tard, le Roi à Leterme. Il ne croyait pas si bien dire. Le sauveur court toujours.
Le casse-tête gouvernemental devait devenir du casse-pipe. C'était écrit. Mais où est le temps de Guy Verhofstadt? Lui, au moins, savait "choser". Il le faisait dans des négociations, par l'épuisement des stocks de bons vouloirs et de présents autour de la table des négociations dans les petites heures du matin. Une envie de prendre ses cliques et ses claques indicible, pour se retrouver dans des rêves plus intimes. Chacun, sa technique.
Le Roi, à Noël, s'énervait.
Madame "Non", elle, agaçait avec son:
-"Il faut une négociation. Mais, il faut que chaque parti prenne ses responsabilités. Puis, il faut que la négociation reste équilibrée".
-"Solidarité, so-li-da-ri-té", répétait, dans le même temps, Ségolène Royal, Outre-Quiévrain. Avec son nom, elle aurait été parfaite de ce côté-ci.
La tentative de l'orange bleue avait été un échec. La salade de fruit aurait-elle plus de succès, comme elle a un joli nom?
On n'associe pas l'eau et le feu, aussi facilement.
Puis, il y a eu le Sphynx, Herman Van Rompuy, (bien prononcer, hein... C'est pas une sorte de "puit") pour endormir ce qui restait encore trop éveillé. La réforme de l’État commençait à donner des boutons en coulisse. En surface, ce fut le calme plat pendant un an.
Mais comme chacun sait, il y a toujours un imprévu à l'horizon. Ce sera l'Europe qui allait jouer, une première fois, les trouble-fêtes. L'Europe avait aussi, justement, besoin d'un peu de calme. Certains disaient qu'Herman, c'était une serpillière humide. Ça tombait bien, l'eau débordait. La posologie miracle européenne, ce fut donc lui, Herman. Il sera, en plus, préconisé par Sarkozy, himself.
Alors, on cherche un remplaçant, quelqu'un avec une compétence ancestrale, un Monsieur fort en gueule et en muscles serait à mène de débroussailler.
Pourquoi pas un taureau? Un buffle? Ce sera Jean-Luc Dehaene lui qui a tout connu en politique belge...
Il jettera l'époque en très peu de temps, saboté par on ne dira pas qui. Je vous le disais encore un problème d'eau. Il y en a trop. L'éponge ne peut plus suivre même si elle était naturelle et pas synthétique.
Mission impossible? Tout de suite, on se rappelle du feuilleton de l'époque, de sa musique du générique, de l'étincelle fournie pas l'allumette providentielle. Mais les allumettes ne sont plus de rigueur aujourd'hui.
Vous vous rendez-compte, un match avec, en présence, le "droit du sol" contre le "droit des gens".
Il y a de quoi perdre son latin... Et bien non. Le latin va être remis à l'honneur.
Bart va en faire sa boîte à malice. Réciter des citations remonte les bretelles et les souvenirs de latinistes. La culture générale n'est ce pas ce qui reste quand on a tout oublié? Pour les autres, ce sera un retour dans les pages centrales dictionnaire. Vous savez les pages roses. Les baffes, elles se distribuent sous le couvert des sources et elles se perdent souvent. Alors les valses vers le Palais se suivent et se ressemblent.
Quelques rapports que seuls les initiés pouvaient comprendre la substantifique moelle.
Sept partis en piste mais pas devant une table ronde.
Nous sommes dans un régime parlementaire. La démocratie apporte l'assurance d'une bonne conduite... en général. Pas nécessairement en Belgique. Cela dépend des forces en présence. Deux communautés opposées, mais avec l'une d'entre elle légèrement déforcée en nombre d'électeurs. Pas question de parler de minorités, qu'il faudrait protéger au point de faire intervenir le Ministère de l’Égalité des chances. Quoique...
Plus de Flamands que de Wallons en Belgique. Cela donne en pratique, 88 députés flamands pour 62 francophones.
Pas assez d'enfants en Wallonie? Trop de vieux en Flandre? Trop peu de travail en Wallonie? Trop de constructeurs de voitures en Flandre? On y remédie, mais cela prendra du temps.
Du côté francophone, le mot d'ordre a été au départ "Demandeurs de rien". Après cela se changera sous la forme de "Quémandeurs du reste".
La région Bruxelloise emmerde tout le monde. Capitale de l'Europe, de Belgique et d'un des adversaires en présence, la Flandre. Explosif, cette réaction chimique?
-"Brussel, het is in Vlaanderen" (1).
-"En ga geluuft dat!" (2), répliquent les Bruxellois qui veulent être chez eux....
Une Fédération Wallonie-Bruxelles?
- "Het is nog te veel?" (3).
Faut dire que ce n'est pas nécessairement la bonne manière pour faire de Bruxelles, une région à part entière comme le remarquait Lambertz de la région germanophone.
Une réaction en fission nucléaire, "Het is B.H.V, die op tafel zit. Niets anders" (4).
Je ne vais pas devoir vous rappeler la signification à ces lettres, tout de même!
- "Foert, di dju", (6) comme disent Kroll et Bert Kruisman...
Nenni, m'fé, la City bruxelloise reste à dimension humaine. Mais, ce serait "tof" si la région s'élargissait en surface pour compenser cette scission.
Toujours une histoire d'eau. Elio va nager sous les flashs et les projecteurs.
N'allez surtout pas imaginer une nouvelle "Histoire d'O". Nous sommes dans le monde du "sérieux" et pas celui des "galipettes".
Un lien avec le nucléaire, alors? La fusion nucléaire prend plus de temps que la fission. C'est connu. Elle produit plus d'énergie, mais c'est plus difficile à réussir.
A Bruxelles, le melting pot y est la règle de partage. Pas de racisme, pas question de couleurs de peau, mais, peut-être, une simple compréhension, une assimilation des mœurs de chacun par la pratique: quelques odeurs de cuisines exotiques, quelques heures de prestations qui ne correspondent pas aux habitudes ancestrales autochtones face aux allochtones.
Rien de vraiment insoluble, donc.
Le Roi espérait, l'année passée, céder sa place à son successeur. N'avait-on pas dit qu'il serait un Roi de transition?
Et bien, non, la nouvelle crise en a décidé autrement.
- "Nil volentibus Arduum", rappelle Bart.
- "Aut Caesar aut nihil", entendait-on en écho.
Car, le 13 juin 2010, "Alea jacta est", pensait tout le monde quand le pot aux épines ressortait des urnes et que les roses restaient au fond.
"L'emmerdant, c'est la rose", chantait Thierry Leluron.
Un Plan B avec la NVA hors jeu?
"Le pétaradant, c'est le citron", d'un chanteur inconnu.
2. Les nationalistes flamands sont en place.
-"Je n'ai pas attrapé le sida" répétait Bart. Peut-être l'avait-il déjà à la naissance, mais personne n'oserait le dire.
Une évolution lente vers le séparatisme. Pas d'urgence. Conservateur, le Bart. Il n'y a que les cons qui anticipent et extrapolent.
Le Roi, le garant de l'unité du pays, n'en a rien à cirer qu'elle soit lente ou rapide, il a des objectifs de succession et des pièces maîtresses à placer sur le Grand Échiquier belge.
Bart va-t-il informer ou pré-informer? Il hésite quand l'inquisition se dessine à l'arrivée.
Le libéral flamand Alexandre de Croo, lui qui a mis l'émoi dans le pays en tirant la prise du gouvernement, n'est pas en odeur de sainteté au Palais. Son homologue "familial", Didier Reynders en subira quelques retours de flammes, mais hors du ring, autour d'une table plus richement achalandée.
Albert a plus de stratégie dans son jeu qu'on le penserait. L'empathie a toujours des relents de réussite entre les cordes de ce ring. Il en rit d'avance derrière ses lunettes et se frappent les mains sur les cuisses quand une bonne blague à l'heur de se présenter.
Le lion de la Peugeot de Bart lui donne l'occasion.
Avec son doigt pointé sur la voiture de Bart, voilà que le Roi lui lance le sourire aux lèvres.
- "Ça, c'est un lion français et pas flamand".
Crime de lèse-majestés à l'envers.
En revenant du Congo, le Roi aurait dit qu'il n'y a pas attrapé le sida. Trop vieux pour cela et vu que sa femme accompagnait...
L'humour reste le lien le plus indélébile à qui en fait partie.
7 juillet 2010, réunion de crise. Le PS et la NVA, vainqueurs des élections, sont là. Non, nous ne sommes pas en Côte d'Ivoire avec deux présidents comme coqs en pâte, assis sur un même fumier. Quoique...
Les convergences sont parfois plus des vergences, qui suivant leur définition servent à caractériser les propriétés de focalisation d'un système.
Alors, stop ou encore? Quand le "stop" coûte plus cher que le "encore", la mission de bienfaisance de Di Rupo au nœud papillon, n'est pas un luxe... A vot' bon cœur, M'sieur Dame. N'oubliez pas le service en sortant...
-"Passons à la technique", dit le Roi.
Il aime les beaux chantiers, le Roi. Des constructions qui avancent en hauteur et pas en diagonale.
Les libéraux mis à l'écart, demandaient de retirer la courte paille. Alexandre restera en boucle en attendant le "gentil" Reynders.
Le note remarquée de Johan Vande Lanotte va brouiller les pistes.
D'autres vieux crocodiles Wilfried Martens, Marc Eyskens, en feront ressortir les idées subversives des consciences.
"De Gucht fustige les pom-pom girls de la NVA", il n'est plus sur la même longueur d'onde.
Et si on prenait un jeune?
Walter Beke, patron du CD&V, aura des idées neuves, inédites. Il n'osera pas casser la baraque.
Le "Serial Killer" n'est pas encore sur place.
Et, si on relançait une petite affaire belge dans le domaine du "sexe" pour détourner l'attention?
La France nous en a donné l'idée. Cela comble les journaux pendant des semaines. C'est de l'ambiance assurée.
Des parties fines, on a déjà donné du côté "spirituel". Pourquoi pas, du côté "temporel"?
Il faut renouveler les cadres. Entre au "Front des Malades Innocents" ou aux "Fidèles Mobilisés Inédits"? On hésite...
Les affaires courantes, en arrière plan, galopent. Plus moyen de les arrêter, de sanctionner un cheval fou quand il est déjà en dehors de la piste aux étoiles et qu'il trottine dans l'ombre. Pas besoin, d'ailleurs. Les affaires marchent.
Oublier le passé? Ça, c'est pas bête comme idée à replacer à des moments opportuns. On sait que l’amnésie frise les neurones de certains, mais, bordel, il y a quelques retors...
Di Rupo retourne en tant que "formateur"... dans la cage aux fauves. On ne sait pas où on va, mais on y va, car il faut penser et passer à la caisse.
Pour la première fois, le silence radio est rompu par la transparence. La population, avec un stéthoscope sur le ventre du malade, elle va tout savoir... dans le domaine du Sport.
3. La vie à Laeken. "Ici, vous trouvez difficilement des immigrés".
Depuis 1986, il y a un "Joker", un "Mazarin", un Vice Roi, une éminence grise au Palais:Jacques van Ypersele de Strihou, directeur du cabinet du Roi.
Avec un nom pareil, on est indéboulonnable.
Pas de peau bronzée à Laeken, remarquent les auteurs du bouquin.
Les comtes, eux, sont faits. Ils sont indexés. La vie est dure pour tout le monde et son coût ne fait qu'augmenter.
La liste civile du Roi représente, officiellement, 6 millions d'euros. En 2011, elle atteignait 10,7 millions. Tout augmente. Deux tiers pour frais personnels. Le yacht Alpa acheté pendant la crise a fait une tempête dans un verre d'eau. Que d'eau, que d'eau, encore une fois...
Comparons les Royautés d'Europe. Les dotations royales sont en millons d'euros: SP:8,4; UK:45,6; GDL:8,7; NO:25,1; SW:13,4; NL:39,1; DE:13,9; BE:13,6. 
Je n'aime pas les affaires de chiffres. Si vous en voulez plus, le détail de tout cela dans le livre des deux journalistes.
Les membres de la famille ne sont pas propriétaires des bâtiments, mais seulement locataires à titre gratuit. Quant aux charges, c'est secret d'état.
4. Les Rois catholiques.
Membres du "Renouveau Charismatique", mouvement né en 1967 aux États-Unis. Béatification et canonisation seraient lancées dans une phase exploratrice pour Baudouin.
Le vote du 29 mars 1990 de la loi Lallemand qui légalisait l'avortement, a eu un effet de bombe atomique. Vendredi noir qu'il a fallu résoudre par une entourloupe: une impossibilité de régner temporaire, qui permettait de ne pas signer cette loi.
La loi qui légalise l'euthanasie, fut une autre étape qu'Albert, son frère et successeur, ne pouvait plus faire passer par la même échappatoire. Nous étions en plein gouvernement arc-en-ciel avec Guy Verhostadt et des partis laïques. La loi fut votée en mai 2002, presque de guerre lasse.
L’homosexualité n'est plus un tabou. Aujourd'hui, Bruxelles est devenu une capitale "gay" avec sa "Gay Pride". On aime la souplesse en tout.
ll faut toujours aller avec son temps.
Le souverain octroie les titres nobiliaires (chevalier, baron, comte, vicomte...). Il vaut mieux être reconnu de confession catholique. Astronautes, Nobel, chanteurs ont toutes leurs chances.
- "Voulez-vous que je cède la place à votre ami Léon?
J'avais apporté des bonbons, chantait Brel à une autre époque.
5. Philippe
En 1993, à la mort de Baudouin, Philippe 1er était appelé à régner. Tout avait été préparé pour cela. Baudouin en avait fait son dauphin, son protégé.
Ce n'était pas son tour. Trop d'émotions. Philippe a été nommé Sénateur ou plutôt a été confirmé en tant que tel.
En 1999, Mathilde a été la perle du logis. Une véritable Cendrillon qui s'est présentée comme l'épouse providentielle. Une mémoire de Reine Astrid qui revient...
Les relations entre Philippe et "Van Yp" ont toujours été hypothermiques. Frigorifiques?
Vite, une fonction, un job, une occupation pour Philippe.
A l'intérieur, c'est le calme plat du côté des jobs.
Public relation en extérieur, comme l'a été Albert en tant que Prince Albert. Comme l'idée, elle est bonne. Pendant les crises, chercher de nouveaux marchés pour les industriels, il est nommé à la tête de missions économiques.
C'est le pied, ça marche.
Intelligence et humilité de papa? A juger au coup par coup.
Le Prince Laurent jalouse un peu. Il aime les animaux, mais tout de même, il veut prendre plus d'initiatives du même type chez ses semblables.
Au diable, les frasques... Quand le permis de conduire est troué, il vaut mieux oublier les cylindres sous le capot.
6. Conclusion: le train est lancé
Gestion des affaires publiques? Finies?
Une monarchie moderne, honorifique, protocolaire, symbolique pour le Roi de la Belgique comme dans les pays scandinaves?
La crise profonde de régime impose des règlements différents, des réformes, encore... on n'a plus que ce mot à la bouche.
Une baisse de la dotation est sur les tablettes.
Les Belges sont pro-monarchiques à 54% en Flandre et à 74% en Wallonie d'après un sondage.
La succession pourrait être difficile sans la neutralité.
Le livre terminait par ses phrases:
"Jusqu'ici, ce pays à un roi. Jusqu'ici".
Alors quelles sont les racines du mal wallon?
Elles remontent à 1945.
Le 21 octobre de cette année-là, le premier ministre Joseph Merlot faisait sortir dans le moniteur une tentative de définir l'unité wallonne libéré. Le vote sentimental se tournait à 46% pour le rattachement avec la France et 1,6% pour l'unité belge. Les compatriotes flamands se réclamaient déjà de la mère Flandre pour profiter d'une flagrante iniquité. C'tait la naissance de la sécu moderne. Le but de l'activité économique est d'améliorer, sans cesse, les conditions d'existence de la population. Acte social avec assurance chômage et assurance maladie. Les indépendants avaient été oublié. Cette situation perdura jusque dans l'année 1975 en suivant la croissance économique.
Mais, tout va très bien, Madame la Marquise.
On garde l'humour. Les agences n'ont qu'à bien se tenir. Les Belges se retrouvent dans tous les coups comme le prouve un café serré sur les frères Dardenne.
Aujourd'hui, en réponse à cette version française, chantait Bert Kruisman, "Ik ben zo eenzaam zonder jouw" ... (5).
L'enfoiré,
(1) Bruxelles est en Flandres.
(2) Et vous croyez ça?
(3) Encore trop?
(4) C'est la scission de BHV qui est sur table. Rien d'autre
(5) Je suis très seul sans toi
(6) Zut, nom de d...
Je remercie, tout particulièrement, Kroll pour ses contributions caricaturales dans ce billet. Sans lui cela n'aurait pas été possible avec autant d'humour.
Citations:
-
"Le sage guérit de l'ambition par l'ambition même.", Jean de La Bruyère
-
"En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous.", Philippe Geluck
-
"La Belgique, c'est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n'existent pas.", Jacques Brel
09:10 Publié dans Actualité, Belgique, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
20/05/2011
Du tag au tact
Dernièrement, une invitation me fut ainsi lancée de ressortir nos tags bruxellois. Ceux que l'on rencontre le long des rues, sur les volets baissés, sur les bords d'un quai de gare ou dans des endroits plus inattendus encore. En espérant que cet ailleurs, disponible, existe toujours et soit autorisé pour cette fonction.
Les tags, c'est un média comme un autre. Un moyen de diffusion que l'on peut traouver sous tellement de formes.
La semaine dernière, les médias se présentaient par l'approche technique comme la radio, la télé et internet.
Destinée à la vue d'un inconnu, d'un passant, sa diffusion se produit comme une bouteille à la mer. Elle ne sait pas où elle arrivera, comment elle sera acceptée. Elle choquera ou émouvra, pourvu qu'elle arrive à destination quelque part.
L'art urbain a désormais sa place dans les galmeries, les musées, les salles de ventes. Il est gratuit sur des façades monumentales au point d'oublier sa nature rebelle. Le "Street art" peut-être considéré comme vandale, comme iconoclaste et pourtant...
Je prends la relève par ces dessins, ces tags que l'on trouve sur les murs d'une ville comme Bruxelles ou ailleurs.
Les tags, dessins et graphitis ont toujours représenté la détresse du monde tout en apportant un art de la rue que l'on aime ou que l'on déteste, mais qui ne laisse jamais indifférent.
Wikipedia dit "Le mot italien graffiti dérive du latin graphium (éraflure) qui tire son étymologie du grec graphein (γράφειν) qui signifie indifféremment écrire, dessiner ou peindre.Les graffiti existent depuis des époques reculées, dont certains exemples remontent à la Grèce antique ainsi qu'à l'Empire romain et peut aller de simple marques de griffures à des peintures de murs élaborées. Dans les temps modernes, la peinture aérosol et les marqueurs sont devenus les outils les plus utilisés. Dans la plupart des pays, dégrader une propriété avec un graffiti sans le consentement de son propriétaire est considéré comme du vandalisme, lequel est punissable par la loi. Parfois, le graffiti est employé pour communiquer un message politique et social. Il existe de nombreux caractères et styles de graffiti, cette forme d'art évoluant rapidement".
Installé à un endroit auquel il n'était pas destiné et c'est le le rejet, le drame. Une signature seule n'a rien d'artistique. Une surface unie, blanche qui vient d'être restaurée, un volet de devanture, ne sont pas plus adaptés si ce n'est pas autorisé. Il ne faut pas le considéré comme un sport car le nettoyage des édifices publics coûte des millions chaque année à la communauté. On parle alors plus du "tag" de manière péjorative que de "graffiti" avec un accent artistique.
Taguer n'est pas jouer. Oui, le tag exprime le mal-être d'un jeune, qui passe du rêve au cauchemar mal digéré. Malheureusement, les cauchemars des autres n'ont jamais bonne presse. Dans les extrêmes, cela devient une pathologie, une drogue, portée par le stress et le goût du risque. Si le tag à l'arraché offre, aux jeunes, l'adrénaline de l'exploit, la routine ne l'apporte plus. Le goût des hauts risques ira jusqu'à trouver la mort au bout du chemin pour simplement se donner une impression d'être, un jour, "maître du monde".
Là, on touche au point de non retour.
"La bande dessine sur les murs" écrivais-je, au sujet de la Bande Dessinée qui s’étale, à la vue de tous. Sur les murs de Bruxelles, on les retrouve au détour d'une façade, d'un coin de mur nu qui resterait sans joie, inexpressif sans cette bande dessinée.
Dans le cas des tags, même volonté. Mais, si l'esprit de bande est seul présent, cela manquerait de personnalité, d'individualité.
Les Égyptiens, aussi, griffonnaient sur les murs de leurs temples, sous les formes figuratives ou en hiéroglyphes.
Taguer notre présent, imposer notre marque comme une emprise contre l'évolution du temps, nous le faisons tous sans même le savoir.
Un tag peut être un dessin sur le sol. Un dessin que tout le monde regardera créé en passant et foulera du pied, dès que le dessinateur aura quitté les lieux. Comment s'exprimer sans nuire à celui qui n'aura pas les mêmes options, les mêmes choix et qui voudra ajouter l'emphase ses propres convictions? L'astuce s'est de créer des espaces autorités.
Taguer, pour le jeune, c'est ridiculiser la société ou ses membres.
Taguer donne une impression de liberté, c'est évident. Liberté qui comme chacun sait s'arrête toujours quelque part, avec la vision d'un autre interlocuteur encore plus rusé.
Le tag se prépare avec minutie comme toute œuvre. Il ne s'improvise pas.
Iconoclastes, ils agressent. Artistiques, ils étonnent. Il y a tellement de lieux, d'endroits pour sortir de l'anonymat, de lieux parfois trop communs ou trop chics.
Un tag peut être, très beau, bien plus qu'une publicité officielle ne le sera jamais.
Ici, on n'est plus dans le vernissage d'un musée ou d'une galerie branchée comme le montrait mon ami québécois dans sa première approche. Ici, nous sommes sur la voie publique et elle a ses propres règles.
Certaines fresques murales comme j'en ai vues, m'ont impressionnée. Je me suis retrouvé dans un Musée en plein air. Un musée de la vie et de notre modernité. L'imagination, l'originalité restent, pour moi, les "reines" du jeu.
A mon avis, là, on arrive à de l'art pur sans suivre le seul dessein du vandalisme. La déprédation, la malversation ne sont pas les meilleures méthodes de l'art. Un graphiste peut rester, seulement, un gaffeur.
Le tag est l'art de dessiner tout haut ce que d'autres disent tout bas. Avec le rythme et le pastiche d'une chanson de notre époque, cela deviendrait dans une ode aux tagueurs:
"Alors on tague":
Qui dit société dit erreurs
Qui dit erreurs dit terreurs
Qui dit terreurs dit images
Qui dit image dit humeur
Qui dit humeur dit rage
Qui dit rage dit murs
Qui dit murs dit souillures
Qui dit souillures dit moisissures
Alors on tague(9x)
Qui dit tag dit mise à sac
Qui dit sac dit ressacs
Qui dit ressacs dit matraque
Qui dit matraque dit mauvais sort
Qui dit mauvais sort serait la mort
Et là tu te dis que c'est fini
Non c'est pas fini, il y a graffiti
Un graffiti qui aide et qui unit
Mais si ton dessin, c’est pas du miel
Alors tu te bouches plus les oreilles
Et là tu tagues encore plus fort et ça punit
Alors on tague
Lalalalalala, Lalalalalala
Alors on tague
Lalalalalala, Lalalalalala
Et puis seulement quand c’est fini
Alors on tague ... (8x)
Et des graffitis y en a encore... (5x)
Rompt ton anonymat
Saute tous les entrechats
Fais tout ressortir avec éclat
Mais te trompes pas de proie
Pour que ton image restera
Sans erreur que tu regretteras
Ton tag, alors, on photographiera
Et entre amis, on se partagera
Alors on danse(9x)
A Vous, Tagueurs, de "taguer" mon article.
C'est avec le plus grand plaisir que je remettrai une sur-couche blanche pour vous permettre de vous exprimer à nouveau.
Pour ma chambre, c'est déjà fait. Pas besoin de sur-couche...
En attendant, je vous invite dans une "Tag Party bruxelloise" en images.
L'enfoiré,
Citations:
-
"L'imagination sous sa forme la plus pure, c'est l'art de donner vie à ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment là", Paul Auster
-
"L'imagination est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images" Gaston Bachelard
-
"Le tact dans l'audace c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin", Jean Cocteau
08:05 Publié dans Art, Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14/05/2011
Média, presse-toi doucement et surtout intelligemment (2)
Après les généralités, si on parlait du cas plus précis de la "Radio Télévision Belge Francophone", la RTBF. Sa stratégie correspond-elle avec le contrat de transfert de l'information?
En 2006, j'écrivais "A vos galènes ou à vos podcasts".
Le JT fêtait, alors, ses 80 ans. Depuis, je continue à écouter tous les matins, Matin Première. Depuis, l'interviewer attitré de nos hommes politiques, Jean-Pierre Jacqmin, a cédé sa place et est devenu patron de l'information.
Bertrand Henne a repris son flambeau avec son petit effet personnel et n'a pas son pareil de "rosir" sur le grill son interlocuteur pour lui tirer les vers du nez. Georges Lauwereys, lui, joue, au chef d'orchestre avec un sourire et une rose bien serrée dans les dents pour ne pas la lâcher. Un véritable pote, quoi! 
Paul Hermant et son "Bonne journée et puis bonne chance" ont pris leurs pénates dans la soirée. Plus de place dans Matin Première, il se retrouve dans Soir Première.
Une comparaison avec la France dans les relations entre médias et politique, permettait de pointer quelques différences bien sensibles avc notre version belge.
Dernièrement, en septembre 2010, la presse écrite lançait une attaque en justice contre la presse télévisée. Motif, concurrence déloyale. Comme si l'information pouvait être loyale ou déloyale ! 
Le faux JT, présenté par François de Brigode, avait fait sensation à l'époque. Il a eu ses détracteurs et ses admirateurs. Bousculer les consciences, n'est-ce pas le rôle du journaliste? On sait ce qu'il en est, aujourd'hui.
Le "politiquement correct" pour faire correspondre l'information aux gens qui veulent lire ou entendre avec l'accent de la vérité, la leur, ne permettra pas toujours tout aux les comités de rédaction du journal. La liberté, il faudrait toujours la défendre et la répercuter dans les écrits et les paroles en homme responsable.
Une anecdote? Je me rappelle l'expérience qu'a eu une de mes connaissances pour un reportage de la télé. Il s'agissait de présenter la production de la bière artisanale dans notre pays. Une équipe se présenta pour l'enregistrement d'une émission. Les prises se succédèrent aux prises. Le producteur de la bière voulait faire passer son message, message qui ne correspondait pas à ce que le présentateur espérait. De guerre lasse, pour la prise finale, le brasseur a dû lâcher prise et tourner la prise calquée au désidérata du présentateur pour motif de rester dans un timing "raisonnable" accordé à ce genre d'information. Manipulation? Certainement quant au fond, un peu moins pour la forme. L'obligation de compresser l'information pour s'incruster dans un timing étroit est aussi une raison.
Pour la première journée de printemps, la RTBF présentait, à grand renfort de publicité, l'arrivée d'un nouveau créneau horaire du JT.
Deux JT sinon rien. On avait mis les petits plats dans les grands.
Nettoyage de printemps patronné par l'obligation de concurrencer l'inoxydable JT de "19 heures" de la chaîne privé RTL-TVi. Un tout nouveau studio de diffusion épaule, depuis, l'envie de se remettre en question.
Un mini Journal Télévisé s'ajoute de 19:00 à 19:15 sur la Deux. Un concentré d'informations pour doper son "access prime time". Le « 15 minutes » arrive sur la Deux à 19 h : « Dynamique, impertinent » mais pas « décalé » annonçait la RTBF.
Un bug pour commencer, un départ en trompe-l'oeil?
Le JT de 19:30 de la Une, retransmis en différé sur la Trois restait inchangé.
Un mini JT à 18:30 et un condensé de 12 minutes à 22:30. Tout était emballé dans du papier à musique. Oui, mais...
"Solution hybride" ou "pétard mouillé", était-il dit. Hybride pour qui? Pour le consommateur? Allait-il chevaucher l'information ou la survoler? Il est vrai que le gros des publicités (20%) s'intéresse à cette heure d'info.
A force de couper, de réduire, de morceler en resterait-il quelque chose?
Les 'info-maniaques', les 'infophiles' allaient-ils trouver leur compte avec en plus, l'envie de se greffer sur TF1 ou France2 à 20:00?
L'attrait de la nouveauté n'est affaire que d'un espace temps de rodage très court.
Le trafic a appris aux téléspectateurs que la vie de bureau impose d'autres contraintes de temps à régimes variables. Le 19:30, c'était parfois tout juste le temps pour y assister après les bouchons sur la route, la préparation du souper et tout le reste. A 19:00, Madame prépare encore les sandwiches pour les enfants. Elle a déjà pris l'habitude de ne pas aller voir la télé avant 19:30, voir 20:00. Son mari, médecin, est encore en consultation. La vie intime de chacun a ses propres informations à construire.
La surconsommation, l'indigestion de n'importe quoi, nuit toujours à l'ensemble.
Oui, il y a les retraités. Ils commençaient par RTL à 19:00, shiftaient sur la RTBF et zappaient, en finale, sur une chaîne française avant de voir le film de la soirée. Il serait intéressant de connaître leur adaptation vis-à-vis de cette pléthore de données répétitives. Les téléspectateurs sont loin d'être fidèles.
Le potentiel d'audience passerait de 1,2 à 1,8 millions de personnes de 19:00 à 19:30. Ouf...
Cartonner dans les sondages ou dans les ménages, cela ne veut plus dire la même chose.
La suppression des publicités sur France2 avait, en son temps, déréglé le timing des téléspectateurs français. Réorganiser les habitudes est toujours une entreprise délicate. Voilà que le radio-télévision publique dépasse la privée.
La guerre entre les télévisions s'amplifie aussi chez les hommes qui les composent. Le départ de Thomas Van Hamme de la RTBF vers la chaine commerciale RTL-TVI n'est qu'un nouvel épisode. Il avait ses mots à dire tous les jours à la radio de Vivacité.
Le 6 mai, dernier, c'était le grand départ de Media Rives et de son nouveau bâtiment de la RTBF Liège. Une infrastructure immobilière futuriste, un cadre de la modernité, un.... Les qualificatifs apportent toujours leur pesant d'efficacité et de cacahuètes.
Mais, ce sont toujours les hommes qui y travaillent qui feront la différence. Faut pas confondre contenant et contenu.
Les habitués de l'émission "C'est du Belge", qui occupait la tranche horaire, remarquèrent l'absence d'un des deux présentateurs vedettes. Le couple avait subit le divorce de Thomas. Peu importe les raisons. Au cours du "12 minutes" du soir, le présentateur de service faisait une allusion sur le sujet en montrant du doigt, le "lâcheur". Oui, il y a une certaine cohésion dans la grande maison. On n'aime pas les échappés du peloton. 
Le "C'est du Belge" de hier, est le dernier de la saison. Ce sera un "best of" des événements d'anthologie de l'année. Crazy Horse, Paris, Amsterdam, lac de Come... Oui, je viens de l'écrire, le Belge est partout, mais tout de même, on espère qu'il en reste "intra muros".
Mais, par là, on a effacé du même coup, l'absence par cette révision du passé. Une manière de dire "Thomas, t'es toujours là"?
"Audace et impertinence. Changer, c'est s'exposer aux risques", disait l'Administrateur Délégué de la RTBF, J-P Philippot, à l'inauguration de Media Rives.
Le Palais du Congrès avait, pendant 50 ans, assuré, le long de la Meuse sa mission d'information. Des émissions comme "Télé Tourisme", "Minute Papillon", "Cœur et Piques", "Écran Témoin", "Faits divers"... y ont fait leurs passages remarqués.
Que dire moi-même de cet événement?
Je m'apprêtais dans la semaine à construire une opinion circonstanciée, quand j'ai eu la version toute faite de Laurence Bibot autour du sujet de Media Rives. Elle valait tous les détours. Bien serrée, avec toute l'équipe qui s'esclaffait chacun à son tour.
Oui, c'était du "concentré en boîte de glamour" qu'un Festival de Cannes pourrait envier. Je conseille à Liège de se jumeler à la ville de Cannes avec de tels invités prestigieux...
Les sourires y étaient mais forcés. Sourire un peu mais pas trop et au moment choisi.
C'est "Soyons sérieux avec le chic, le chèque et le choc" (comme le disait Alice Sapritch), plutôt que "Soyez curieux", comme on peut toujours le lire sur les murs des locaux de la Première.
Chers Journalistes, réservez-nous quelques moments de sourires, de rires. Des moments qui se retrouveront en fin d'années dans le bêtisier. Un Roi qui est opéré des suites d'une fracture du col de l'utérus, restera dans mes propres anales.
Les Cafés Serrés de la Première m'apportent en radio, le rire et la réflexion à l'information.
Voilà, qu'il me vient des idées saugrenues.
Et si pour changer, "C'est du Belge" devenait un autre match à deux ou à quatre?
Oui, je sais, il y a des transfuges dans le sens RTL-RTBF. Anne Quevrin se proposerait pour la place vacante. Pasionarias de Palais, s'abstenir. On a déjà donné dans le genre. En d'autres mots, l'émission pourrait sortir un peu plus des Grands Palais "trop" Royaux pour correspondre à la vie belge.
Ce serait, j'y tiens, quatre "bons et/ou beaux" (pas sûr de l'orthographe)... Avec une Blonde signée par deux Taloches, orchestrée par un Stellla, Mister Jean-Luc Foncke, himself, dans un One man Chose? Et puis, non, il faut la parité linguistique dans notre pays. Pourquoi pas Bert Kruysman qui n'en rate pas une, le vendredi matin?
Dans un match pareil, l’audience serait au rendez-vous. Pas question de sortir les grands mots comme Arno l'avait fait en parlant de la politique.
Une séance d'humour déjanté, garanti sur facture! Quand on aime, on compte pas, mais quand on rit, on ne pense plus au pognon. C'est déjà ça. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais comme tout finit toujours par les sentiments du côté de la poche, cela devrait l'être un peu tout de même.
En effet, par le seul fait de casser l'envie de sortir tous les éléments de la garde-robe de nos Blondes. Une Barbara, cela va, mais si on multiplie les candidates, avec l'inflation actuelle, on risque d'avoir des trous dans les caisses.
Je vous le dis, avec de la sauce aigre-douce "à la chinoise", du suc', du sel et du poiv', cela passera bien. Cela piquera un peu, mais n'est-ce pas fait pour réveiller l'information?
Le rire fait passer beaucoup mieux la "pilule" de l'information.
Ce qui serait loin de me déplaire.
L'enfoiré,
Mise à jour 13 février 2013: Journée mondiale de la radio. Hommage aux anciens.
01/11/1926: Théo Fleishman et la première Journal Parlé.
1957: Jean-Claude Ménessier et l'opération 48.81.00
1973: Luc Varenne et le sport
1973: Armand Bachelier, correspondant à Paris
Citatons:
- "Autant la radio, dont le matériau est la parole, est dans la continuité des moyens d'information de la presse, autant la télévision, dont le matériau est l'image en mouvement, constitue une mutation dans notre rapport à la réalité aussi inquiétante que les mutations de notre patrimoine génétique.", Albert Jacquard
- "Le savant le plus grand est celui qui connaît les limites de son savoir, c'est-à-dire l'infini de son ignorance. Voilà pourquoi vous voyez si peu de savants à la télévision alors que cette dernière convient si bien aux experts.", Serge Bouchard
08:25 Publié dans Actualité, Organisation, Presse et media | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
11/05/2011
Média, presse-toi doucement et surtout intelligemment (1)
A la croisée des chemins entre l'information et son consommateur: les médias de la radio et de la télévision. Voyons, tout d'abord, la "partie", en général.
Tout passe, tout change, tout lasse, tout se déplace, dirait l'arrière-arrière-arrière petit fils de Lavoisier. Changer, c'est s'améliorer ou disparaître. Les journalistes se doivent de construire et parfois de reconstruire les relations avec ses consommateurs en rajeunissant les méthodes et les acteurs. Ce n'est pas une question de jeunisme, mais une seule volonté de continuer à rester durer, comme on le dirait en langage local.
Le spectateur de la radio, de la télé, lui, veut être informé au mieux. Par bribes, progressivement, avec une nécessité de recevoir la meilleure vérité et sans détours.
Quel contrat difficile mais fabuleux !
Au milieu de ce contrat entre médias et consommateurs, on trouve le problème de la liberté de la presse, de la liberté d’expression, comme piliers fondamentaux de la démocratie. Celle-ci est symbolisée par le fameux 1er amendement de sa Constitution américaine... mais, c'est en Amérique.
En Amérique, on se rappelle le relais médiatique de la propagande mensongère à propos des armes de destruction massive ou des liens entre le régime de Saddam Hussein et le terrorisme. L’ancien doyen de l’école de journalisme de l’université de Columbia, Michael Massing faisait alors remarquer que cette évolution n’est pourtant pas récente. La presse qui avait acquis un rôle de contre-expertise à l’époque du Vietnam et de Nixon avait commencé son retrait sous Reagan, notait-il. Question de relation entre la presse et le pouvoir. Lorsqu’on a affaire à un président fort, il est toujours plus difficile d’agir comme contre-pouvoir. Véritable pouvoir et pas seulement d'information, les médias influencent ses lecteurs, auditeurs et téléspectateurs et va parfois à l'encontre de la capacité cognitive des gens qui les constituent. Outrepassent-t-ils volontairement ou involontairement leurs droits de diffusion de l'information? Poser cette question est y répondre en fonction de son intime conviction de ce qu'elle doit représenter.
Il faut espérer que le poids des médias restera déterminant face à la politique et à la propagande. 
L'information est très vite obsolète. Elle n'intéresse que dans un état de fraîcheur. La vitesse de la transmission est primordiale.
Les agences d'information apportent l'interface de premier niveau. La vérification, dans cette course au scoop, a du mal à se réaliser. Des erreurs non volontaires d'interprétation ou de compréhension peuvent survenir. Il n'est pas rare d'apprendre son décès prématuré dans les journaux.
Il faut décorer l'information pour qu'elle passe mieux. La télé de Berlusconi l'a bien compris. Sur ses chaînes à lui, c'est un décolleté plongeant, un cul ou une fesse qui donnent les ressorts aux nouvelles trop monotones. L'avillissement de la femme mérite-t-elle cette vision? Je ne crois pas. Des femmes commencent enfin à se rendre compte de la dérive.
Oui, la communication cherche toujours le contenu de fond qui pourrait plaire, mais pas à n'importe quel prix.
La guerre inter-médias redouble d'intensité entre le privé, commercial et le service publique. Elle est inévitable. Les objectifs ne sont pas identiques. Les moyens non plus.
Mais, c'est l’audience qui a toujours raison. La médiamétrie se charge de donner des résultats scientifiques sur la fréquentation visuelle de la chaîne, mais pas de son réel acquiescement ou rejet.
A ce stade, il ne faut pas perdre de vue l'utilité primordiale de la presse. Elle fait partie de nous tous, spectateurs.
La liberté de la presse est plutôt en régression dans le monde.
Il y a eu, en 3 ans, trois fois plus de morts chez les journalistes à Bagdad que pendant toute la durée de la guerre au Vietnam. Plus nombreux sur le terrain, les journalistes étaient évidemment plus exposés. Les otages de journalistes en provenance de différents existent. Les 500 jours de détentions forcées des deux journalistes français le rappelle.
Pour être chroniqueur d'un conflit, il faudrait avoir le même genre de motivation que celui qui est médecin dans des régions déshéritées, où la maladie contagieuse règne.
Les derniers événements en Afrique du Nord ont montré que la démocratie restait dans les limbes. Le chanteur Pierre Perret, est sorti de ses chansons gentillettes et pleines d'humour avec une de ses dernière chanson "Liberté zéro" qui est consacrée à la presse.
La journaliste, Florence Aubenas a beaucoup écrit sur la question de la presse. Son "La fabrication de l'information" ne laisse aucun doute.
Ces débats sur les concentrations de la presse, qu'elles soient privées ou publiques existent aussi au Canada. Faut-il privatiser les télévisions d'Etat? Le débat sur la consommation de la télévision et sur sa pipolarisation est fort intéressant. Il en va de même sur la commercialisation des JT. Objectivité et originalité quand tu nous tiens!
L'interactivité est née avec le trouble-fête, Internet. Ce qui veut dire qu'il faut de chaque côté de la barre se plier aux "plaisirs" et aux "inconvénients" de se mettre en avant.
Les blogs, les forums citoyens, d'aujourd'hui, tentent d'apporter une approche différente du bas vers le haut de l'échelle. Ils n'ont pas les mêmes obligations de validation, de modération. Sans cette validation, les fausses nouvelles, les rumeurs, la propagande, fleurissent de pls belle. La confrontation ne sera plus jamais tendre. Plus enrichissante si l'acceptation de chaque bord, se fait avec l'harmonie de la complémentarité parallèle. Pour les consommateurs de l'info, la tâche de recouper l'information par plusieurs sources comme en 40, s'est complexifiée. On n'achète plus tous les journaux du jour, il s'agit de "scanner" et de "zapper" de site en site.
Les réponses aux problèmes de recherche devront toujours se trouver dans un apprentissage scolaire et parental de comment "déguster" cet afflux d'informations, calmement avec pondération et recueillement.
Certains internautes vous mettent sur la sellette, chers journalistes. Ok, acceptez la concurrence citoyenne du style auquel je faisais allusion dans "Concurrence bloguée". Mais ne vous laissez pas influencer pour en perdre votre âme d'intermédiaire, je dirais même de lobby officiel. Certains abusent et jette le bébé avec l'eau du bain. Y voit des leurres derrière chaque coin de phrase pour vous détrôner et prendre votre place (Un exemple). Attention, ce n'est pas uniquement en France que l'on prend des vessies pour des lanternes.
Au moment du bilan de l'année 2008, un article de l’Écho titrait "Médias et marchés, entre amour et haine". Sous-titre "Journalistes: super-menteurs? Diseurs de bonne aventure? Ou Cassandre?". La transmission de l'information de la presse économique et du monde de la finance étaient sur la sellette". La chute de la Northern Rock après la diffusion de la BBC restait dans certaines gorges échaudées. Des critiques fusèrent: "Les journalistes n'ont pas exercé leur rôle de chien de garde. Ils se contaient de répercuter les informations venant des entreprises et des banques". La question est "est-ce qu'il faut être original à tout prix pour qu'une information soit intéressante?".
L'évolution de la presse officielle ou citoyenne n'est peut-être qu'une marche parmi bien d'autres.
Esther Benbassa nous posait cette question essentielle : « Serons-nous capables, médias, politiques, intellectuels, leaders communautaires, simples citoyens de concevoir enfin et de nous imposer une éthique de la réaction qui ferait fi des pressions et des soupçons injustifiés ? Pour sortir de la confusion et de l’hystérie, en veillant, sans cesser d’être ferme sur les principes, à la sobriété des images et à la retenue des propos, en ne sacrifiant pas l’analyse sur l’autel de l’émotion.»
L’information est, parfois, manipulée pour simplement entrer dans un moule, fixé par le spectateur-consommateur, lui-même. Par ses désirs dirigistes, ses humeurs, son vécu et sa participation aux frais, il peut influencer l'information.
Les journaux se doivent d'expliquer l'information en intermédiaire objectif, de la comprendre et de l'analyser, de replacer les événements dans leur contexte, de la vérifier et peut-être, de l'extrapoler en signalant où réside la frontière. Le scoop pour le scoop n'est absolument pas la technique adéquate dans la durée. Travail d'investigation sur le plus long terme implique plus de temps et de moyens financiers. Chacun à sa place dans ce jeu de quilles. L'éthique et les responsabilités sont en jeu. Un journaliste est et reste l'interface entre les pouvoirs et les citoyens.
Oui, Médias, presse-nous de toutes les informations objectives dont vous disposez. Agissez avec discernement et conscience des dégâts qui se cacheraient derrière la fausse info ou la propagation de la rumeur. Gardez notre confiance. Notre susceptibilité vis-à-vis de ce que vous nous forcez à digérer ne sera peut-être pas à notre goût, mais ce n'est qu'un moindre mal vis-à-vis d'une information qui ne serait pas transmise. Question de démocratie bien comprise, bien entendu.
Hugues Le Paige, journaliste de la RTBF, de longue date, nous donnait son interprétation de son métier d'information et de l'information avec ce texte, vieux de 5 ans:
"L'image ment. En fallait-il une démonstration supplémentaire ? La voici donc, tragique et dérisoire. L’image ment. Elle nous abuse, elle nous aveugle. L’image des caméras de surveillance et celle de la télévision. Celle qui est véhiculée par les téléphones portables, celle qui est reproduite à l’infini par Internet. Nous vivons dans un monde du « tout à l’image », de la domination de l’apparence. En fait, plus on montre, moins on sait. Dans ce monde de la représentation spectaculaire, le réel s’échappe, le sens fuit ou est enfoui. Aubaine pour les médias qui pour exister ont besoin d’image comme de pain. Mais le précepte « pas d’image, pas d’info », devient, en vérité, «des images, pas d’info» ! Voilà ce que dit la révélation de l’identité et de l’origine des meurtriers de la Gare Centrale. L’image répétée, matraquée, indiscutable seulement parce que indiscutée devait nous faire accéder à au moins une part de la vérité immédiate. L’origine des meurtriers, donc, ne faisait aucun doute et ceux qui appelaient à la prudence étaient taxés de « politiquement corrects », au mieux. L’image ne faisait finalement que renforcer nos stéréotypes implicites ou explicites. Les phantasmes pouvaient irriguer l’inconscient, nourrissant par ailleurs les rodomontades sécuritaires qui esquivent les fondements de la violence et de l’insécurité. En quelque sorte l’image provoque l’automanipulation. Loin d’être réalité, elle n’est jamais que construction partielle et partiale du réel. Il nous faut apprendre encore et toujours à la décoder, à la décrypter, à la décadrer. Il nous faut apprendre simplement à nous tenir à distance."
Les images, Hugues Le Paige, en connaît les dangers. Il s'est vu cloturé son entretien avec François Mitterand comme un couperet : "Si j’avais su qu’on allait tomber dans ces bas-fonds, je n’aurais pas accepté l’interview. (…) Je ne répondrai pas à cette question que rien ne vous autorise à me poser. Notre conversation est terminée, Monsieur.". Surpris, il en a sorti un film. Comment cibler l'actualité? Quelle est la bonne distance pour filmer, interviewer quelqu'un sans le froisser mais en gardant l'objectivité et l'éveil du spectateur? Comment briser le blackout actuel qui s'est installé comme une chappe de plomb du côté de la politique belge?
Des questions qui restent ouvertes...
La suite, ce sera, donc, au tour de la RTBF d'être sur la sellette de mon analyse.
Cela ne vous dit peut-être rien, et pourtant...
L'enfoiré,
Citations:
-
"Dans la presse, seules les publicités disent la vérité.", Thomas Jefferson
-
"La presse est une école d'abrutissement parce qu'elle dispense de penser", Gustave Flaubert
-
"Moins un journal a d'abonnés, plus il est libre", Guy Hocquenghem
11:00 Publié dans Actualité, Presse et media, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06/05/2011
Curieuses histoires des Aventures belges
Le livre de Yves Vander Cruysen "Curieuses histoires des Aventures belges" explique les différentes péripéties de l'histoire du belge découvreur.
La Belgique est un tout petit pays. A peine 30.528 kilomètres carrés et pourtant, une densité de plus de 360 habitants au km2. Une histoire courte, aussi, 180 ans. D'après la Constitution, du moins. Ce serait pourtant peu compatible avec des réalités plus anciennes de compter ainsi. Ma "petite histoire pour autre chose", l'exprimait.
La Belgique pour le nuls remontait l'histoire bien plus haut, encore, dans des temps plus anciens et en bien plus détaillé (vidéo).
Cela n'a rien du bonne blague. L'histoire du territoire "Belgique" a vu passer énormément de batailles sur son sol, de conquérants, de dominateurs de toutes les nationalités. Les "gentils voisins" en ont eu souvent des envies d'aller voir si l'herbe y était plus verte que chez eux.
Alors, quand on resserre les rangs, que l'on s'approche plus près de la petite histoire que de la grande, cela prend tout de suite encore plus de plombs dans l'aile. Ailes qui ont servi à s'échapper de cette étroitesse de territoire.
Les Belges sortent, en effet, très vite en dehors de leurs frontières. Aujourd'hui, c'est du tourisme. Le Flamand est, peut-être, aujourd'hui, plus audible, plus visible que le Wallon, dans l'aéroport national de Zaventem. Le Wallon se retrouve, souvent, dans les autres aéroports du pays.
Dans le passé, ce fut encore plus vrai avec d'autres impératifs que le tourisme, d'autres "sponsors", aussi.
Les Flamands, les Wallons, les Lotharingiens ont toujours voyagé, disait-on en préambule dans ce livre. Pas de tourisme, mais une volonté de s'étendre, de faire du commerce comme collons ou comme missionnaires.
Dès le Moyen-Age l’exiguïté du territoire, le surpeuplement avaient poussés à sortir des frontières. Ce serait une erreur de limiter à l'ère du roi Léopold II, l'envie de tentatives d’expansionnisme, heureuses ou malheureuses.
Beaucoup de villes belges retrouvent leur nom partout dans le monde. Des dizaines de Brussels, de Liège, de Charleroi. Gent, Waterloo, Namur, des Floreffe et Philippeville. En Pennsylvanie, Walhain dans le Wisconsin ont peut-être un peu oublié le Wallon. Quant à Waterloo, il n'a pas été nécessairement une morne plaine dans 126 endroits dans le monde. Le mot "Brabant", aussi, flaire l'eau de source du pays de par le monde.
Frank Sinatra est né à Hoboken. Nenni, m'fé, pas en Belgique, ni près d'Anvers, ni près d'Antwerpen, mais à Hoboken, près de New York. Ville fondée par des émigrants belges, évidemment.
La Winchester s'appelait, jadis, "Ventus Belgarum" et c'était pas par l'intermédiaire de la FN d'Herstal. New York, "Nova Belgica". Les îles Falklands, "Belgica Australis".
Godefroy de Bouillon, avant sa première croisade, a eu des prédécesseurs en Terre Sainte vers l'an 1000, avec les chevaliers tournaisiens, Poppon de Stavelot, Robert le Frison et les frères Lethalde et Engelbert.
Avant Marco Polo, Guillaume de Rubroek s'est retrouvé à la cour du Grand Khan à Karakorum pendant la 5ème croisade, pour étudier les peuplades de Cathay (la Chine actuelle). Il y découvre l'usage du papier-monnaie et y restera jusqu'en juillet 1254.
Les Açores ont été flamandes. En 1451, Jacob van Brugge fonde la colonie de Vila da Praia. Diego le Flamand et Willem van der Haegen poursuivront l’œuvre. La famille Groenenberg, Van de Walle et Van Dalle occuperont, aux Canaries, 60% de leurs affaires de négoces.
Le Cap Horn a une histoire empruntée à un marin tournaisien, Isaac Lemaire. En 1550, à Tournais, c'est râpé, l'intolérance religieuse pousse à aller voir ailleurs si les bénitiers ont une autre couleur moins radicale. Pas question de commercer avec les Indes par la voie normale, il faut tenter le passage par le Sud. En 1616, le bateau Hoorn sombre en mer, l'autre bateau, le Eendracht, poursuit sa route dans le Détroit de Magellan. Lemaire donnera, en hommage, le nom de son bateau naufragé, au passage du Cap Horn.
Les jardins de Versailles ne seraient pas ce qu'ils sont sans la contribution du charpentier Rennequin et Paulus Sulem, maîtres d’œuvre de la machine de Marly.
Peter Minuit n'est pas né à Ohain dans le Brabant wallon, même si sa légende qui dit de lui qu'il a acheté l'île de Manhattan aux Indiens, reste pourtant tenace.
Antoine-Louis Hennepin, fils d'un boucher de Ath n'aurait jamais descendu le Mississippi, mais il a découvert les chutes du Niagara. Celles-ci n'entraient vraiment pas dans ses rêves en écrivant "Les eaux qui tombent de cet affreux saut écument et bouillonnent de la manière du monde la plus épouvantable.Elles font un bruit terrible, plus fort que le tonnerre. On entend cet effroyable mugissement à plus de quinze lieues.". Louis XIV, intrigué, l'invita à Versailles pour lui raconter son aventure.
Jusqu'au 16ème siècle, en Hongrie, la présence wallonne dans la région de Eger ont accueilli des Liégeois en autarcie qui avait le don des techniques agricoles.
En 1845, Louis de Geer peut témoigner de l'émigration de la sidérurgie wallonne en Suède.
Saint Barthélemy, l'île des riches d'aujourd'hui, aurait pu être belge quand la Suède décida de la vendre. La Belgique se fit, seulement, coiffer sur le poteau par les Français.
Des missionnaires, des pionniers wallons sont toujours nombreux en Louisiane.
Le père Pierre-Jean De Smet joua un rôle tellement pacificateur entre Indiens et colons qu'on donna son nom à trois villes américaines.
Le prêtre Ferdinand Verbiest fut le mandarin de l'Empereur Kangxi.
Le Père Damien, de son nom Joseph de Veuster de Tremelo, récemment canonisé, ce fut avec les lépreux à Molokai.
Le Père Dominique Pire réunit toutes les îles dans la paix.
Un véritable Robinson Crusoé belge? Ce fut, certainement, Pierre Fardé. Histoires de naufrage et de pirates à rebondissements digne du roman de Daniel Defoe.
En 1613, la Compagnie d'Ostende permit à Guillaume de Brouwer de rapprocher l'Inde par le commerce. Ostende était aussi devenue une plaque tournante de la vente des esclaves.
L'anversois, Charles de Proli, rendit des grâces à la Compagnie asiatique.
Le Pierre-Herman Dosquet laissa plus que des traces au Québec.
Le Baron Charles-Philippe-Hippolyte de Thierry présenta comme roi de Nuhuheiva en Nouvelle Zélande comme état souverain.
Jacques-Antoine Moerenhout devint le plus belge des Tahitiens.
Léopold 1er rechercha, bien avant son père, à étendre ses possessions dans les îles. Au large du Guatemala, les îles y furent un enfer pour les Belges. La famille namuroise "Berger" y tira, pourtant, son épingle du jeu. Un de leurs descendants devint Président du Guatemala, entre 2004 et 2008.
En Argentine, subsiste une communauté belge importante. L’empereur Pedro II du Brésil, trouva en Charles Van Lede de Bruges, une occasion d'augmenter son prestige et lui fit don d'une concession de 900 km2, en droit de sol, le long de la rivière Itajai. Ce belge était intéressé par l'exploitation du sous-sol pour le compte de la Société Commerciale de Bruges. Il veilla, seulement un peu trop, à l'exploitation de ses propres intérêts, créant, ainsi, la polémique.
Au Wisconsin, on "speak toudi l'wallon" avec les Luquin et Degodt qui s'y installèrent en 1852. L'émigration brabançonne continua jusqu'en 1857 pour y faire fortune, jusqu'à ce qu'en Hesbaye, on trouva que cela avait assez durer, ne trouvant plus de main d’œuvre. Les descendants fêtent encore le "bon vieux temps", à Brussels dans les quadrilles, avec des Belgian Pies et du boudin.
En 1844, en pleine période du Far West, Jean Nicolas Perlot exploita une mine d'or en Californie. Son autobiographie a comme titre "Gold Seeker Adventures of a Belgian Argonaut during the Gold Rush years". Il écrit en parlant des Indiens "Des sauvages? Nous aurions tort de mépriser des hommes qui n'ont ni jougs, ni gendarmes, ni prêtres, ni ministres, ni législateurs et qui s'en passent fort bien".
- Oufti, à méditer, une fois...
En 1845, Georges Nagelmackers lance des liaisons ferroviaires et la 1ère voiture restaurant en 1882. Par l'opération, il élimine son concurrent, Pullman.
En 1861, Jules-Achille fut chargé de mission dans les îles Fitgi.
Le bruxellois Xavier de Merode faillit devenir pape.
- Ça, alors...
En 1875, les boers d'Afrique du Sud firent appel aux Belges pour leur permettre d'acquérir le Transval, pour confirmer l'intérêt de la langue flamande dans l'émigration.
Léopold II écrit pas moins que ces mots "Il faut qu'un jour le drapeau belge flotte dans les cinq parties du monde pour devenir la capitale de l'Empire belge".
John Howlands, dit Stanley va lui offrir le Congo sur un plateau. Le marché du caoutchouc, lié à l'industrie naissante de l'automobile, va lui apporter la richesse. Ce n'est qu'en novembre 1908, qu'il offrira son Congo. Si vous en voulez plus, c'est ici.
En 1882, Villaguay, en Argentine, sera la dernière colonie de la Belgique, 1600 ha, apportés par le scientifique Eugeen Schepers.
En 1902, les révolte des Boxers chinois est matée. La Belgique reçoit une indemnité de 8 millions de taels (30 millions de FB) en compensation des dégâts au chemin de fer entre Pékin et Hankow dont elle avait la concession. Elle en profite pour lancer une banque sino-belge à Shanghai pour les encaissements. Succès rapide, elle s'étend sur les autres continent sous le nom de "Banque Belge pour l'Etranger".
A Porquerolle, François Joseph Fournier de Clabecq n'est pas un inconnu. De condition modeste, c'est au Mexique qu'il découvre un filon qui produit 4 tonnes d'or et 35 tonnes d'argent. Il se retrouve, ainsi, avec une fortune, estimé à un milliard d'euros d'aujourd'hui. Un révolution mexicaine l'empêchera d'en profiter sur place. ll s'achète, entre autres, l'île de Porquerolle. Vendue par ses enfants, il reste une maison sur l'île pour les souvenirs.
L’Antarctique, ce fut, d'abord, Adrien de Gerlach son passionné. Alain Hubert a repris le flambeau de l'exploration dans les grands froids polaires de l'Antarctique.
Le rêve d'Edouard Empain l'entraina au Caire pour y construire, sa ville, son Heliopolis.
A Bruxelles, une villa de la famille vient de rouvrir pour faire ressortir sa magnificence. Mais elle a changé de propriétaire. Comme souvent, après Edouard, ce fut une génération pour faire fructifier la fortune et la suivante, pour la dilapider.
Emile Francqui et Jadot laissent leurs empruntes en Chine.
Hector Defoër devint un beys en Égypte.
Il n'y avait que l'espace qui n'avait pas encore attiré les Belges.
Ce fut rectifié par deux fois, avec Dirk Frimout, notre "Professeur Tournesol" et Frank De Winne, notre "Homme bionique".
Quand je vous disais qu'il y avait une histoire commune belge, pleine de belgitudes qui ne sont pas des fictions.
Yves Vander Cruysen, l'auteur du livre, était choqué de l'image qu'avait de la Belgique, les médias étrangers. Pas wallon, pas flamand, mais belge, il ne se disait pas belgicain. Par ce livre, il voulait relater les faits historiques de son pays et de leurs hommes.
A notre époque, certains Belges ont aussi réussi et se retrouvent tout autour du monde.
Si les "Belges du bout du monde" se retrouvent partout, c'est que les Belges s'exportent bien. La formule "C'est du belge" n'est pas un leurre pour nostalgiques.
Comme Londres était à l'honneur, le mois passé, un magazine reprenait quelques personnalités dans des domaines très divers.
Il y était écrit: "Le baron Peter Piot, ancien patron de l'Onusida et directeur de l'Institute of Global Health de l'Imperial College. Le désigner Christopher Devos, les footbaleurs Thomas Vermaelen et Moussa Dembélé, préservés des excès de la presse people par une discrétion assumée et voulue. Sont apprécié par la City leur aptitude au travail, leur discrétion et leur sens de l'autodérision. Vertu belge, certainement. On les retrouve au restaurant "Café Luc" que la fille du chef étoilé Luc Van Ostende a ouvert, il y a un an à Marylebone et qui ne désemplit pas."
Puis, il y a la Communauté Européenne, dans laquelle, le boss, Van Rompuy, fait des allers et retours entre Luxembourg, Strasbourg et Bruxelles.
Ces belges n'en sortiront jamais d'autres, de ces histoires belges qui ne font plus rire personne. Toujours prêts à casser la baraque à l'extérieur et garder des histoires de politique, incompréhensibles pour le commun des mortels à l'intérieur, rien que pour meubler une année sans gouvernement.
Un 1er mai gardait de sa saveur dans les déclarations et les slogans et on le retrouve dans un café bien serré par un Wallon ou un autre par un Flamand.
La politique occupe, dès lors, une partie des discussions dans le monde pour garder son terroir ouvert avec le tiroir fermé. Il faut dire que l'on ne fait pas trop de publicité dans notre petite Belgique.
- Quel stuut, d'être belge... avoir un "Roi sans pays"...
Des baraques à frites, on en trouve avec des moules parquées ou, plus snob, des pralines en balotins. On se les partage, autant qu'on en mange mais ça passe beaucoup mieux après une jatte de café.
Peu importe, où il est en rue, on sait pas du chemin avec lui. Le Belge est tiestu, parfois, bitu. Il sait là contre. Quand il a une douf et qu'il essaye de vous raconter la dernière de son chicon ou de son cervelas, c'est qu'il a besoin de que'que chose.
Mais, n'ayez crainte, il tirera toujours son plan.
L'enfoiré,
Citations:
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"Tu sais à quoi on reconnait un belge dans un sous-marin ? Ben, c'est le seul qui a un parachute.", Luc Besson
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"Que celui qui n'est pas content de son voisin recule sa maison.", Proverbe belge
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"Il vaut mieux péter en société que crever tout seul.", Proverbe belge
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