14/03/2013
Abus de faiblesse
Des "Abus de faiblesse et autres manipulations". Marie-France Hirigoyen en avait fait un livre. Marie Andersen, son cheval de bataille dans d'autres livres. Psychiatres, psychanalystes, elles ont consacré leurs carrières aux victimes pour combattre les violences psychologiques et en démonter patiemment les rouages et les techniques.
Les violences peuvent prendre tellement de forme et envers, tellement de victimes différentes. Les faiblesses se découvrent tout au long de la vie. Mais, il y a des franges de la société plus enclines à se laisser prendre.
Définir ce qui génère les fragilités serait la première étape à prendre en considération. Une prédation s'établit par le fort sur le plus faibleinternt.
Il y a d'abord l'âge tendre, les enfants. On sait qu'ils sont les premières victimes des adultes dans les mains de pédophiles.
Il y a les femmes victimes du machisme des hommes. Comme les deux psys sont des femmes, c'est à la base ce qui les a fait écrire leurs livres.
La manipulation devient le cheval de Troie dans les relations humaines entre adultes.
Le livre de Marie Andersen, "Les 10 façons de la manipulation" suivait d'autres comme la "Manipulation ordinaire". Ordinaire, parce que courante, mais pas parce qu'elle devrait être ordinairement acceptée. Les précautions contre la manipulation s'apprennent.
La famille, le couple, le travail, la vie sociale, Internet ne sont que certains cadres dans lesquels se rencontrent les manipulations de tous genres. Les personnages nuisibles agissent dans l'ombre. Ils se nourrissent de conflits. Les personnalités qui attirent un manipulateur sont celles qui lui donnent l'impression de posséder des qualités qui lui manquent et des faiblesses qui l'arrangent. Dix chapitres du livre décrivent la disqualification, l'imposition, l'isolement, l'intrusion le refus de dialogue, la chosification qui rend une personne "objet", l'inversion, le déni, le décervelage et l'emprise.
Marie Andersen donnait sa méthode qu'elle appelait "Méthode 0-1-2" pour mieux communiquer. Une relation entre A, l'émetteur et B, le récepteur d'une information.
Le niveau 0 avec A qui parle comme il vomit et B qui n'est pas réceptif et n'entend rien.
Le niveau 1 avec A qui se veut informatif, attentif à lui-même pour clarifier ses idées et B passif car il n'a pas d'intérêt.
Le niveau 2 avec A et B intéressés par besoin commun dans une solution win-win. La solution du nec plus ultra.
Elle ne connaissait manifestement pas l'algèbre booléenne, qui dit que si et seulement si a ET b est VRAI que le courant passe.
Dans son livre, elle préconise de ne pas perdre son temps, de tirer les leçons du passé, d'être le meilleur ami de soi-même en se conseillant.
Marie-France Hirigoyen, elle, a suivi le fil rouge par sa propre expérience dès l'enfance pour guider ses écrits et sa pratique clinique.
Enfant déjà, elle traquait les injustices.
Elle écrit:
"J'ai toujours voulu être psychiatre. J'attribue cette vocation au fait que ma mère était une petite chose fragile, toujours dans la plainte. Peut-être, voulais-je lui venir en aide...
J'ai le souvenir qu'un jour à l'âge de 14 ans, ma mère m'a expliqué qu'aucun médecin n'avait pu la soulager. Je lui ai répondu qu'elle n'avait pas vu un psychiatre. J'ai toujours eu un intérêt aussi pour ce qui est juste et injuste.
Je me souviens qu'au lycée on avait mis des garçons dans notre classe de filles option maths, car nous étions très peu nombreuses. Nous, les filles, avions des cours de couture. Eux, les garçons avaient le droit de fumer et de sortir entre les cours. Je n'avais pas conscience d'être féministe, mais cette différence entre les sexes me choquait. Je me souviens que, durant mes études de médecine, un patron, chef de service, prenait un malin plaisir à malmener les étudiantes. Un jour, nous étions dans la chambre d'un patient, et le patron m'a demandé de faire l'examen clinique devant le staff. Alors que je terminais, il s'est mis à hurler: "Les couilles, Mademoiselle, palpez-lui les testicules! J'ai rougi, je me suis sentie humiliée.
Très clairement, j'ai écrit Le Harcèlement moral, en 1998, en réaction à cette hypothèse. Je considère que, dans certains cas, les personnes se font piéger.".
Avec ce livre, elle a veillé à faire découvrir au grand public le concept de "pervers narcissique". Concept que l'on découvre après avoir été asservi et qui permet de détruire moralement quelqu'un juste avec des mots.
Le concept de "pervers narcissique" se présente sous forme de vexations, de petites injustices, et l'a poussée à se tourner vers la victimologie et à l'étudier aux États-Unis, en 1994, puisque cette discipline n'existait pas en France.
Elle inspire la loi sur le harcèlement moral au travail en 2002.
"Après la parution de cet ouvrage, j'ai reçu des milliers de lettres qui décrivaient des situations stéréotypées. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la violence physique et directe, mais le glissement d'une situation normale à une situation abusive, les agressions insidieuses dont on ne prend conscience que quand il est trop tard", explique la thérapeute.
Elle considère que les femmes subissent plus de petites humiliations que les hommes. "Je pense que, si je n'avais pas été une femme, je n'aurais sans doute pas été sensible à ces violences invisibles", conclut-elle.
De petites injustices de la vie quotidienne, "trop" souvent la norme, contre lesquelles elle a eu envie de se battre en tant que femme.
Les psychanalystes parlaient du masochisme des victimes, et les thérapeutes systémiciens considéraient que s'il y avait des agresseurs, c'était parce qu'il y avait des victimes potentielles.
Pas de manichéisme, ni d'angélisme. Les notions de "bien" et de "mal" ne sont que des vues de l'esprit, poussées à l'extrême par des idéologies partisanes.
Parler des psychopathes et comment les détecter, une autre tentative d'approcher les prédateurs qui s'éclatent toujours à un moment, suite à l'innocence de leurs victimes.
La vieillesse en est une des formes plus catégorisées dans le rayon "faiblesses". La maladie, le complément de la vieillesse.
Retombé en enfance, plus crédules, les plus âgés deviennent des proies faciles des plus jeunes.
Dans l'article précédent, je parlais des "Démons de l'âge", des vieux qui cherchent encore à exister, mais qui sont pris de cours par la perte de connaissances des nouvelles vérités qui les dépassent.
Attention, cela ne veut pas dire que les démons de l'âge "jeune" ne soit pas maléable à suivre n'importe quel esprit révolutionnaire.
Mais, c'est vrai que les personnes âgés se laissent, plus facilement, arnaquer, sans même s'en rendre compte.
Se faire agresser en rue, n'est que la forme la plus visible. On les retrouve, alors, perdus, dans la rubrique des "chiens écrasés" de la presse locale.
Ils deviennent aussi les victimes favorites à la maison. C'est plus subtile. Un coup de sonnette à l'aveuglette, à tous les étages d'un immeuble à appartements et c'est toute la sécurité établie à grands frais qui est chambardée. Il a mal compris, n'a pas réfléchi à la véracité des dires d'un visiteur, d'un faux facteur ou policier ripoux.
La faiblesse des vieux qui espèrent encore faire illusion, se retrouve, aussi, confrontée à des femmes beaucoup plus jeunes. L'argent a seulement apporté un palliatif au vieillissement inéluctable, un complément aux illusions des victimes de la solitude dans de derniers élans de sexualité.
Les jeunes-vieux d'aujourd'hui font de la résistance et veulent du gras de la vie en s'aidant d'une dose de Viagra. Avec l'âge, les raideurs se déplacent, pourrait-on dire avec humour.
Le privilège de la jeunesse apporte des tentations de pouvoir sur les aînés pour en profiter par quelques avantages qu'il faut appeler abus de faiblesses.
"L'enfer du décor", un livre écrit par la compagne, plus jeune de Raymond Devos. Elle a été dépassée par d'autres et a cru bon de se justifier et de se disculper devant une opinion publique dans ce livre. En 2009, le tribunal l'a relaxée du chef d'administration de substances nuisibles mais pas d'avoir usurpé la qualité de médecin.
Dernièrement, on apprenait que Bebel se séparait de sa chère et tendre.
Coïncidence, le même jour, sortait le film "Les invités de mon père" sur nos ondes belges, diffusé ensuite, le 7 octobre dernier, sur France2, avec le même paradigme.
Bébel (79 ans), un cas parmi tant d'autres.
Ce fut donc la fin d'une "belle" histoire avec Barbara Galdolfi (37 ans), ex-top-modèle, impliquée dans des affaires judiciaires et dont il avait fait la connaissance en juin 2008 dans un restaurant de Cannes.
Une histoire d'amour qui avait déjà fait couler beaucoup d'encre bien avant la rupture. Les policiers belges soupçonnaient Barbara, aujourd'hui animatrice à Star TV, d'avoir utilisé Bébel, et son état de faiblesse depuis son AVC, pour lui soutirer de l'argent.
L'avocat de l'acteur disait lors de la rupture "Je sais ce qui s'est passé et j'ai donné raison à Jean-Paul de mettre fin à cette aventure. Il y a des procédés qu'on ne peut accepter" ("Secret de stars").
A l'occasion de la journée de la femme du 8 mars, sortaient quelques articles sur le féminisme et ses égéries.
Je ne vais pas ressortir "Le Martien et la Vénusienne" pour le prouver. La femme est peut-être l'avenir de l'homme, par ses intuitions et quelques forces de persuasions.
Profiter du sexe pour arriver à ses fins, n'est pas nécessaire être féministe.
La gente féminine n'est plus ce qu'elle était. Qu'on ne vienne pas dire ce que je n'ai pas dit. J'adore quand les femmes sont compétentes et qu'elles se rebèlent quand on ne les respectent pas.
"Comment le 8 mars devint une journée fun?", un texte que j'ai aimé lire.
Au début de la semaine, on parlait de Sherill Sandberg comme de la nouvelle "Reine de la Silicon Valley", une égérie du féminisme, numéro 2 de Facebook, qui avait pour modèle Betty Friedan.
Dans son livre "Lean In" ("Femmes, ayez plus d'ambition"), elle invite les femmes à se bouger, à croire en leurs rêves, à les dépasser avec l'aide des hommes, pour, ainsi, effacer l'ordre social actuel dicté par la hiérarchie des sexes. Les rôles seraient-ils inversés? Machisme au féminin?
Le sexe ne pourrait-il pas devenir une rampe de lancement à ses idées, même s'il peut en donner l'illusion?
L'Express affichait sa première page avec "L'arme du sexe".
Si l'argent est le nerf de la guerre, le sexe, lui, est souvent son point sensible.
Les "Mariages distancés" par l'âge existent et peuvent se concevoir tant que l'argent n'intervient pas trop pour fausser les règles du jeu de l'amour.
Dans le film, "Vingt ans d'écart", cela passe encore... Plus, c'est bonjour les dégâts potentiels. En fin de course, cela parait plus un mélange à risques divers, que ce soit du côté "couguar" ou "léopard", d'ailleurs.
On apprenait, dans la foulée, que les membres d'un couple sur cinq vivent ensemble sans se parler pour de seules raisons économiques.
Il est certain que vieillir rend moins suspicieux. Les personnes âgées sont les premières victimes d'arnaques et les moins aptes à déceler les signaux de danger. Pour l'expliquer scientifiquement, des chercheurs de l'université de Los Angeles ont montré que le cortex insulaire antérieur, associé aux sentiments instinctifs, sont moins actifs.
Mais, où est la limite? Les femmes qui prennent des postes de direction ne prennent-elles pas le même chemin pour établir leur supprématie que les hommes?
Les manipulations font partie de la vie, ce qui fait la différence, c'est l'intentionnalité.
Où commence l'influence normale et saine, où commence la manipulation?
Comment repérer les premiers signes d'un abus de faiblesse?
Le Monde du 16 août 2012 (Martine Laronche) relayait les titres de chapitres les plus évocateurs.
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CHAPITRE 1. ABUS DE FAIBLESSE ET MANIPULATION
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1. Du consentement et de la liberté
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2. De l'influence à la manipulation
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3. Les textes juridiques
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CHAPITRE II. LES PERSONNES VISÉES
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1. Les personnes vulnérables, âgées ou handicapées
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2. Abus de faiblesse sur mineurs
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3. Vers la sujétion psychologique
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4. La sujétion amoureuse ou sexuelle
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5. L'emprise des sectes
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CHAPITRE III. LES MANIPULATEURS ET IMPOSTEURS
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1. Qui sont les manipulateurs ?
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2. Les mythomanes
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3. Les escrocs
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4. Les pervers narcissiques
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5. Les paranoïaques
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Enfants, personnes âgées, retombant en enfance, sont comme les adultes en état de sujétion psychologique, parfois en perte de repères.
Comment ne pas parler d'Internet, là où les relations non protégées tournent, parfois, en une véritable confrontation de forces, en un pugilat. La Toile aurait pu se révéler un lien entre les hommes contemporains, entre les générations, dans un partage de connaissances. On est parfois très loin des liens d'amitiés préconisés par Facebook sur les forums de discussions.
Se définir avec un "à propos" détaillé et sans honte est loin d'être une généralité. C'est alors qu'échapper ou contrer une propagande demande doigté et retenue de la part de ses utilisateurs.
Une première forme de manipulation, c'est d'envoyer par procuration une information, sans partage, sans répondre à ses commentateurs en se désintéressant de ce que le lecteur en pense. Une autre technique, c'est de rejeter toutes contestations en pointant les autres comme de vils menteurs, perturbateurs, trolleurs.
Les plus dangereux sont peut-être les manipulateurs qui s'ignorent, qui le font avec conviction de leur bon droit comme porte-drapeau d'une cause.
Depuis 2006, je hante les forums, en m'intéressant à ce qui se dit sur Internet. Les coups fourrés, les insultes à mots couverts ne sont pas rares. Un jour, il y a déjà longtemps, un jeune avait lancé son pavé de textes dans la marre aux canards. Se voyant chahuté de toutes parts, il se souhaitait de ne plus avoir l'envie d'y revenir de sitôt. Aujourd'hui, il ne se trouverait plus dans la marre aux canards, mais dans un déluge de faux canards qui ne respectent plus rien.
Alors, dernièrement de guerre lasse, comme j'aime taquiner le diable par la queue, j'ai joué au manipulateur, intentionnellement dans un article sur Daniel Cohn-Bendit qui déviait dangereusement sur la pente de la pédophilie. Jouer au "méchant" en remontant le flux et en finissant par le dire pour enlever les quiproquos. Ma conclusion sera de dire que cela demande une certaine persévérance, de courage pour dire parfois le contraire de ce que les autres pensent, de mélanger le vrai au faux.
Une autre fois, j'avais rappelé ce phénomène d'ignorance de l'autre dans un commentaire. Il est resté lettre morte tout en disant que l'auteur au pseudo "Le moine du côté obscur" (qui le méritait bien), idéalisait les idées et pas les humains alors qu'il n'avait, d'après ses dires, pas besoin de leaders pour personnifier ses (propres) valeurs.
Les valeurs ne sont pas universelles.
Alors que reste-t-il à la victime contestataire, dissidente?
Le pluralisme des idées à jeter aux orties?
Je sais que l'homme est complexe et plein de contradictions, cela veut dire qu'il faut parfois, aussi, "choser" pour en comprendre les sources de la "chose".
Un commentateur est face au dilemme de reculer et c'est l'autre qui avance. Ne pas oublier qu'à la base, il y a un test de résistance exercé sur la victime par le manipulateur.
Je ne sais qui a utilisé le mot "surfer" en parlant d'Internet comme on le ferait sur des vagues. L'image est excellente. Surfer, c'est voir où on arrive sur le rivage, mais aussi regarder dans son dos de sa planche à voile ou sans voile.
Pour cela, avant tout, il faudra se respecter soi-même, sa planche de salut pour avoir une chance de résister aux manipulateurs et aux vagues qui cherchent la faille pour s'insinuer et mettre ses victimes le dos au mur. Avoir le courage de tirer la prise. Sinon, c'est le plongeon.
Un commentaire désagréable peut modifier notre manière de penser, en polarisant l'attention des lecteurs et engendrer un effet néfaste sur l'objectivité de l'interprétation.
Vouloir avoir raison devient, alors, une addiction qui engage le combat, la fuite, le blocage ou la meilleure solution, l'apaisement.
Utiliser la force de l'adversaire, une manière habile de se "dévulnérabiliser". Les préjugés sont bien présents dès l'entrée de jeu dans toutes discussions. Ne jamais s'énerver. Donner du lest aux deux côtés. Trouver l'alternance entre provocations humoristiques et acquiescements de replis pour temporiser. Dévier ce qui est insupportable pour sortir d'un chapeau trop concentré, trop serré, ... trop amer, aussi.
La démagogie qui prétend mener le peuple se contente souvent de suivre la foule.
Oui, il y a des cerveaux malades, c'est dire qu'il faut y être préparé comme Taddeï tente de le faire dans une bataille d'opinions.
Une quête aussi précise qu'inspirée, qui révèle que le statut de victime n'est pas irréversible, ni irrésistible.
L'enfoiré,
Mise à jour 15 mars 2013: Le journal de La1 belge présentait les maisons de repos qui ont dû aussi introduire Internet.
Certaines vont jusqu'à enseigner son utilisation en aidant l'utilisation du clavier et de la souris en n'oubliant pas d'avertir sur les danger de la Toile. Surfer sur le web pour les pensionnaires en allant retrouver l'endroit de leur résidence, de voir des clips. passer par la télé, mieux connue.
Mise à jour 22 mars 2013: Affaire Bettencourt: Sarkozy mis en examen pour «abus de faiblesse»
Mise à jour 14 mars 2013: Jean-Pauml Belmondo chez Drucker pour ses 80 ans.
Citations:
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« La faiblesse est le courage des autres. », André Brochu
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« L'alibi est la faiblesse des innocents. », Dominique Muller
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« La morale est la faiblesse de la cervelle. », Arthur Rimbaud
08:25 Publié dans Economie, Livres, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21/02/2013
Dans mes yeux, dixit Johnny
Encore une autobiographie d'une personnalité. Nous allons tout savoir sur la vie de Johnny sans même oser le demander. Vite l'interprétation humoristique faite par son imitateur préféré, Laurent Gerra, lui, qui a su le décrire avec humour dans cette vidéo. Je ne suis pas spécialiste, seulement, un enfoiré qui constate...
On ne sait plus toujours pourquoi mais il y a un "mythe Hallyday" qui s'est installé en parallèle avec la longueur de sa vie d'artiste. Il est passé par tous les styles de la chanson comme le rappelle encore une fois Gerra.
Des biographies de Johnny, Sagan, Duras, Labro, Rondeau se sont penchés sur son cas.
A l'âge de 70 ans, il veut règler ses comptes dans un livre autobiographique avec pour titre "Dans mes yeux".
Solder ses comptes, faire le grand déballage et se livrer sans fard, c'est révéler plus que des "secrets de fabrications".
Le bouquin fait un carton, parait-il. Cartonné, son bouquin.
Coup de pub médiatique.
Ce dont il est question, chacun en a reçu quelques échos sur Internet.
Le but, écrire sa vérité et corriger les absurdités que l'on dit sur lui.
Allait-on tout savoir sur ses galipètes dans sa résidence d'été à Saint Barth? L'île de la tentation, là, où il faut montrer pattes blanches pour y poser ses pénates.
Et bien, non, raté, le livre choc dans lequel il allait se livrer est, en fait, des réflexions du miroir qui livrent les autres sans fards.
Plus facile de regarder avec ses yeux qu'avec ceux des autres.
Voilà, qu'il a été, en plus, flinguée, dès sa sortie.
Entendre dire par la journaliste de service que "c'est mieux quand il chante que quand il écrit", ce n'est même pas exact.
C'est à la romancière, l'ex-femme de Patrick Bruel, Amanda Sthers qui s'y est mise à la tâche d'écrire la biographie de Johnny.
Elle dit que son modèle agace, qu'il passionne, qu'il galvanise, mais que jamais, il ne laisse indifférent. Que Johnny n'est pas qu'un "phénomène", mais un "paysage".
Une vision des choses très personnelle.
Johnny, lui, l'a choisie pour scruter ses souvenirs enfouis, car elle serait un bon psychiatre d'après lui.
Son livre autobiographie a, donc, été rédigé avec sa participation et son assentiment. Ce ne seront pas avec ses propres mots, ni avec leur construction dans les phrases. Il l'a contresigné.
Je ne sais s'il faut donner son avis sur le chanteur, sur l'homme ou sur l'écriture de son autobiographie.
Essayons le chanteur pour commencer. Une voix, caractéristique, forte pour la forme et le sujet principal de l'amour et, souvent, le mal-être pour le fond. Rien à dire d'autre. Aimer ou ne pas aimer n'est pas la question.
Toucher beaucoup de monde par ses shows monstres, orchestrés et inondés de lumières pour appuyer un messie qui descend sur terre.
C'est à croire que la vision d'un extraterrestre est à la base de l'étourdissement qui baigne chez ses admirateurs.
Un de mes lecteurs est un fan de Johnny Halliday. Quand je dis fan, c'est fan. Il suit "son Johnny" lors de toutes ses représentations.
Je l'ai questionné et ce qu'il en disait, est assez significatif. Il ne m'en voudra pas si je reprends ses réponses puisque pour Johnny, ce serait une pub de plus: "si les gens vont le voir en concert, c'est qu'il y a l'ambiance que l'on ne peut pas obtenir avec un simple CD ou DVD. Aux concerts les fans sont les mêmes, souvent se reconnaissent, et donc, il y a des échanges. Ils discutent entres eux, boivent un pot ensemble, etc... De plus je ne connais aucun poste de télévision qui crache 120 décibels à 50 mètres, et même si j'en avais un, je ne pourrais pas utiliser sa puissance sous peine d'avoir des problèmes avec mes voisins, sur un rayon 100 mètres à la ronde! Bien sûr, souvent proche de la sono, avec, en plus, 6 gros caissons de basses et 4 satellites d'aigus au bas de la scène, j'ai commencé de souffrir d'acouphène. Une volonté de ressembler à son idole, se sentir misérable face a elle? Il y a, peut-être, un peu de ça, car lorsqu'on admire une star, notre rêve est de lui ressembler ce qui peut s'expliquer. Parce que l'on se sent misérable?... Je ne sais pas...".
Je ne vais pas dire que moi je sais.
Ce que je sais c'est que cela ne me vaut pas des problèmes auditifs.
Nous vivons dans un monde d'indifférences. Un monde dans lequel les gens se rencontrent, se racontent et puis s'oublient aussi vite.
Est-ce cela que mon fan voulait y trouver dans ces rassemblements de foule?
Il n'y a plus que le battage médiatique qui l'entoure, qui ait encore de l'intérêt dans certains yeux.
"Dans mes yeux", une autobiographie, un livre qu'il aurait mieux fait de composer lui-même comme seule raison d'être à ses propres yeux...
Quand on sait que Johnny est un interprète de chansons dont la plupart ont été écrites par des paroliers de profession, la question de son succès n'est pas anodine, ni contradictoire.
"Connais l'homme pour mieux te connaître" écrivais-je, un jour.
Les questions que cette interprète écrivaine a pu ou su poser pour l'écriture du livre, ne l'ont-elles pas, quelque part, influencé ou trop orienté? Elle doit avoir sa propre envie de provoquer le lecteur, d'en ressortir un peu grandie, elle-même, par son jeu de mots d'écrivaine.
La recherche de la polémique semble en être l'orientation.
S'attaquer à d'anciens amis,
- comme Michel Sardou qui a descendu les rapides du Colorado avec lui mais qui est devenu un "mec trouillard", un "vieux con réac", parce qu'il a osé surnommé sa fille adoptive Jade, de "Viët-cong". La réponse du berger a été : "Je veux bien que l'on fasse des commentaires sur les Mémoires de La Rochefoucault, mais celles de Johnny, je m'en tape". Le Muppet Show est de sortie...
- comme Claude François qui serait le "Poulidor de la chanson française qui récupérait toutes ses ex" dans une rivalité sans nom. C'est le fils
- comme Adeline Blondieau, la "sainte nitouche", "le serpent hystérique". Adeline Blondieau qu'il a épousé pas une, mais deux fois, en 1990 et 1994, avant de rompre en 1995. Quand on est artiste, peut-on se permettre de telles récidives? Il y en a qui mettent vraiment du temps à comprendre avant de se dire trompés sur la marchandise... Alors, Adeline se rebelle.
- comme Henri Salvador qui a reçu, à titre posthume, sa part d'égratignures. En 1960, celui-ci aurait dit de lui "Sortez-le ! Il est indigne de la chanson française". Le rocker ne l'a pas digéré et qualifie de "vieux con" l'interprète de "Jardin d'hiver".
- comme Edith Piaf qui aurait été attiré par son charme de jeunesse.
-
comme Depardieu qui serait le seul type plus épuisant que lui dans une surenchère ou une escalade amusée du désespoir.
- comme "Les Enfoirés", devenu une kermesse qui n'aurait plus l'esprit du départ. Pourquoi ne s'y investit-il pas pour le faire revenir avec son influence?
Que cela vole bas, tout cela.
La vengeance est un plat qui se mange froid... trop froid.
Est-ce que son interprète avait l'envie de remonter aux sources du mal ou du mâle?
Une autobiographie est-elle un endroit pour laver son linge sale en famille?
Il faut se rappeler que les hommes évoluent dans des temps et des voies parallèles. Les réunir ne semble jamais apporter l'assurance d'un grand réconfort.
Heureusement, "il y a les copains et les copains des copains et on se sent bien", comme le chantait Gilbert Bécaud.
Eddy Mitchel, le "pote de toujours", bien sûr. Lui qui chante "J'aime pas les gens heureux".
Avoir des défauts et des qualités, Johnny dit en avoir. Le fait d'avoir eu de la chance avec les mères de ses enfants et réussir ses divorces, il les assume. Jamais seul, si l'on en croit le titre d'un de ses albums.
Côté positif, il parle de ses enfants, Laura et David qu'il partage avec deux enfants adoptés. Sa dernière femme Laeticia arrivée au bon moment quand il avait perdu sa voix et qui devait trouver le bon chirurgien parmi cinq d'entre eux. Un cauchemar de dilemmes...
Les fous rires semblaient avoir manqué terriblement dans la vie de Johnny.
"Les gens ont été beaucoup plus méchants avec moi que je ne le suis avec eux", précise-t-il.
Avait-il tout rassemblé pour pouvoir le confirmer?
S'il était passé uniquement de déceptions en déceptions, pourquoi ne serait-il pas passé à autre chose?
Il dit qu'il voulait être acteur avant d'être chanteur. Il est passé sur les planches, devant la caméra et rêve de passer derrière elle.
Quand, dernièrement, il a été hospitalisé, après trois semaines dans le coma, suivi d'une grave dépression, il s'est senti devenu comme une ombre, un vieillard, un type qu'il n'aimait pas.
Il a appelé son père, Léon Smet, décédé depuis le 8 novembre 1989.
A l’enterrement de celui-ci, Johnny était seul à suivre son cercueil, tout étonné. Pourquoi en serait-il autrement? Les enterrements ne sont-ils pas, quelques fois, des réunions de faux-culs, mieux élevés, peut-être, mais qui se préoccupent plus du côté commercial et de l'intérêt sous-jacent?
Dans le showbiz, c'est un endroit où il faut être, mais il ne faut pas croire que cette situation soit différente.
"S'il ne nous avait pas abandonnés, ma mère et moi, alors que je n'étais qu'un bébé, je ne serais jamais devenu Johnny Hallyday", avoue-t-il.
L'enfance détient, souvent, toutes les sources et les secrets de ce qui la suit.
Ses excès, il ne les cache pas. L'alcool a aidé à vaincre sa timidité maladive. Sa franchise maladive, ce sera pour le livre suivant.
En politique, il dit avoir une sensibilité de droite parce que la gauche pousse à la médiocrité et qu'il n'aime pas les sociétés d'assistés.
Mais, qu'est-il venu lui aussi, faire dans cette galère?
La France ne semblait pas pour lui, puisqu'on l'y traite de voleur, qu'on l'a trahi, accusé à tort et sali.
Erreur de casting, comme on dit dans le jargon.
Ce dimanche, Pascal Obispo était l'invité de Vivement dimanche. Johnny y était son invité.
A sa sortie, le ventriloque Jeff Panacloc remettait les horloges à l'heure avec sa poupée, Jean-Marc. Perdre le controle, être le meilleur imitateur des hôtes du Père Lachaise. Non, Jeff t'est pas tout seul. Une poupée permet de dire tellement de choses en peu de temps. De faire rire sur les vicissitudes du monde. On peut dire qu'Obispo a ri et bien ri même si la poupée, Jean-Marc l'introduisait dans le lot.
Le soir, Johnny était accompagné de son égérie qui avait passé dix jours avec lui, à Los Angeles, pour écrire son histoire.
Comme c'est étrange, la pudeur de Johnny l'a empêché d'y penser par lui-même.
Dernièrement, je posais une question à un rédacteur dont j'aime l'écriture sur ce qu'il pensait du film "Dans la maison", lui qui est dans l'enseignement. Simple. Sa réponse a été détournée par un subterfuge, la vision par d'autres personnes. Amusant. Alors, quand la question est complexe, cela devient du grand art.
L'interview de dimanche complétait et confirmait mes impressions.
Pas eu de père, une mère timide et maladroite.
Heureusement, après son départ, je comprenais enfin le rapprochement qui pouvait exister entre Johnny et la France.
La présentation du film déjanté, plein d'humour, "Vive la France" qui caricaturait les Français qui utilisent, parait-il, le plus d'antidépresseurs en Europe.
Le nouveau livre de Philippe Bouvard "Je crois me souvenir" montre qu'il y a moyen de le faire en ne se prenant pas trop au sérieux. Quelques phrases choisies de son livre: "Cancre parmi les cancres. Nul ou presque en tout, présentant un maigre destin, je m'intéresse très tôt aux affaires des autres dans l'espoir que ma curiosité me mènera au journalisme. Ayant considéré très tôt que la vie était une énorme bouffonnerie, je n'ai jamais tenté d'être complètement sérieux. Mieux, je suis un farceur-né. Aujourd'hui, où j'ai passé l'âge des plaisanteries de mauvais goût, je tiens comme une forme abâtardie de l'art du canular, qui exige toujours une idée, parfois une complicité et souvent des investissements en temps voire en argent".
Une autre vision sur soi.
Je ne peux que conseiller à tout le monde de se mettre à table pour écrire sa biographie.
A mon avis, l'écriture d'une autobiographie n'est pas une opération que l'on cède à un intermédiaire ou un interprète. Ce n'est pas une chanson généraliste. Cela doit venir du coeur, de l'esprit et, au besoin, des tripes et, cela, sans porte-paroles.
Une vérification par un écrivain peut se justifier, après l'écriture personnelle, mais, pas pendant.
Internet permet des adaptations progressives et des ajoutes ce que le livre ne fait pas en entérinant sans suites.
Une autobiographie, j'en ai écrite une. Quelques similitudes en ressortent, sans arriver aux mêmes aboutissements. Cela me ferait râler de ne pas sortir mes propres formules avec l'humour et l'ironie de circonstance. Pas folle, la guêpe.
Rétablir la vérité dans un jeu d'équilibriste, dans une romance?
Quelle vérité? Y en a-t-il, seulement, une?
Une sorte d'exorcisme, une thérapie personnelle, rien de plus.
Des paroles, parfois totalement anodines, sont parfois à l'origine de catastrophes émotives avec des retours de flammes dont on ne soupçonne pas, tout de suite, les conséquences.
La mémoire est sélective. Avec l'âge, elle ne retient, souvent, que ce qui est le plus loin dans le temps.
C'est peut-être ça, avoir "l'envie d'avoir l'envie" que l'on a en soi ou non.
Non, je ne vais pas rappeler les Vamps qui seraient bien intéressées pour en faire un sketch du style "Si on disait du mal".
Je vais plutôt m'intéresser à ces 7 règles de vie (*).
L'écrivain Paul Auster était interrogé au sujet de son livre "Chronique d'hiver".
"Pour écrire, il faut tout donner de soi, comme une musique au corps. Le corps et l'esprit sont liés. La façon de s'exprimer est ce qui signifie être vivant. Prendre la plume est un challenge difficile qui oblige à se réinventer. Même vieilli, il s'agit de rester connecter à l'enfance quand on est héritier d'histoires. Son livre n'est pas une autobiographie ni des mémoires", disait-il.
Comme je n'ai pas beaucoup d'années de moins que Johnny, je ne vais pas pasticher sa chanson "Allumez le feu" en "Allumez le vieux", même si j'en ai eu l'intention.
Quand "le temps tourne à l'orage, revenir à l'état sauvage, forcer les portes, les barrages et sortir le loup de sa cage", je ne suis jamais loin.
L'enfoiré,
- Faites la paix avec votre passé pour qu’il ne vienne pas gâcher votre présent.
- Ce que les autres pensent de vous, ne vous regarde pas.
- Le temps soigne presque toutes les blessures, laissez-lui du temps.
- Ne comparez pas votre vie à celle des autres et ne les jugez pas. Vous n’avez aucune idée de ce dont sont faites leurs journées.
- Cessez de trop réfléchir, il n’est pas nécessaire de connaître toutes les réponses. Elles viendront à vous lorsque vous vous y attendrez le moins.
- Personne n’est responsable de votre bonheur, à part vous-même.
- Souriez. Tous les problèmes du monde ne sont pas vôtres.
Citations:
- « L'autobiographie est maintenant aussi répandue que l'adultère, et nettement moins répréhensible. », Lord Altrincham
- « L'autobiographie est encore le meilleur moyen qu'on ait trouvé pour dire toute la vérité à propos des autres. », Pierre Daninos
- « L'espèce de gens qui n'étaient pas heureux quand ils étaient enfants est l'espèce qui croit à l'intelligence, au progrès et à l'entendement. », Gertrude Stein
08:10 Publié dans Actualité, Livres, Loisirs, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17/01/2013
La philosophie, l'outil du sens
Sophie Chassat avait écrit un livret "Découvrez avec Kant les vertus de l'hypocrisie" dans lequel, elle parlait de 50 paradoxes loufoques de philosophes.
Parler des différences facettes de la philosophie de manière exhaustive et chronologique passe par l'art de vivre au travers des philosophes de l'histoire (1) et (2). L'erreur serait de penser que l'histoire se répète et que le passé serait plus que des références.
Ici, l'auteur mélange les vertus de l'hypocrisie, la profondeur du superficiel, le caractère ordonné du désordre, le sens de l'absurde, l'aspect savant de l'ignorance, le côté positif du négatif, du potentiel philosophique de la gym.
L'hypocrisie est l'attitude morale par laquelle on exprime des sentiments, des opinions que l'on n'a pas ou que l'on n'approuve pas. En fait, sans parfois s'en rendre compte, elle suit une stratégie secrète bien personnelle.
Le Tartuffe de Molière en serait le symbole par la voie du mensonge. L'utilitarisme et la stratégie sociale, son pardon. 
En cette période troublée par des crises multiples, en perte de valeurs, les philosophes sont plus écoutés pour tenter d'expliquer aux autres, ce que peut être l'art de vivre en société.
Les philosophies du passé, s'ils servent de bases et de garde-fous, doivent subir quelques adaptations pour être transposées dans notre modernité de technologies et de compétitions multiples.
Ces idées, réunies, mélangées, choisies indépendamment de leurs auteurs, elles sont misent en exergue:
- Faire le procès de l'hypocrisie, ce serait la même chose que de considérer que les spectateurs d'une pièce ne savent pas qu'ils sont au théâtre. De la contrainte extérieure émerge l'obligation intérieure à faire des salamalecs qui cachent des tartuferies. La douceur est le tempérament qui caractérise au mieux la sensibilité démocratique, mais, pervers, il conduit à l'amollissement des âmes.
- Le ballet social n'aime pas les danseurs qui se prennent les pieds dans la robe de leur partenaire et en rire est une affaire très sérieuse qui sanctionne un comportement social inadéquat sans pour cela franchir la limite qui sépare le compromis de la compromission.
- L'orgueil, le luxe, la dépravation, la malhonnêteté sont le ressort de l'opulence générale et du bien public.
- Entre la valeur et la réalité, il y a toute la distance qui sépare ce qui doit être de ce qui est. Le désaccord, l'objection, la contestation, le conflit, la discordance comme figures de l'opposition sont nécessaires pour la formulation d'une idée valable.
- Des gens qui énumèrent des vérités peuvent être d'une bêtise crasse: il suffit qu'ils y adhèrent sans les interroger. L'antidote est l'humilité avec une force d'étonnement iconoclaste. Aucune affirmation pour si solidement étayée qu'elles se présente, n'a une force irrésistible.
- A côté de la pensée savante, domestiquée, la pensée sauvage est tout aussi légitime et logique. Le plus insignifiant, le plus littéralement ignoble, rebut ou résidu prend un sens. Si votre interlocuteur n'a pas droit à la vérité, vous n'avez aucun devoir de vérité à son égard.
- Dans toute attirance, il y a le sujet, l'objet et le modèle. L'autre n'est jamais aimé pour lui-même, mais pour ce qu'il apporte comme plaisir ou utilité, comme un prétexte à une forme sublimée de narcissisme. Quand les agréments ou les intérêts disparaissent, la belle amitié peut s'évanouir.
- Le langage est inapte à exprimer la subtilité d'une idée en caricaturant le réel dans le conventionnel et l'utilitaire.
- Le désordre est simplement l'ordre que nous ne cherchons pas. Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les opinions qu'ils en ont.
- L'inquiétude est l'aiguillon qui maintient notre désir en état d'éveil. Ce qui est faux pour l'entendement peut être vrai sous des aspects perceptifs, symboliques.
- Ne pas vouloir la vérité contre la vie et être soi-même, l'artisan de la forme que l'on veut donner au monde est une révolte qui est, en même temps, un refus et une proposition. Décider de quelque chose, c'est toujours trancher sans pouvoir savoir si l'on a bien choisi. Défendre l'idée que le travail est une nécessité mais refuser qu'il soit une valeur.
- Le don n'est jamais réductible à un geste unilatéral. Derrière l'apparente générosité du présent, c'est en fait toujours une lutte de prestige qui se joue.
- Au creux du vide nourricier qu'est l'ennui, c'est l'exigence de donner un sens libre à notre existence qui nous est révélée. Pour réellement changer les choses, la solution n'est pas de prendre le contre-pied du problème, mais changer sa manière de penser le changement en sortant de son cadre.
- Il ne suffit pas de dire que la liberté s'éprouve pour la prouver. L'homme n'amasse pas plus mousse que pierre qui roule. La philosophie existentialiste nous apprend à ne pas distribuer de bons ou de mauvais points au nom de la liberté. Une action peut avoir des effets imprévus et non voulus par les intentions premières. Il ne suffit pas de dire que la liberté s'éprouve pour la prouver.
- La résistance est locale et ponctuelle dans des actions singulières plus que dans des groupements organisés. N'obéir à un chef qu'en ayant opiné aupravant de son propre chef.
- L'écriture produira l'oubli dans l'âme de ceux qui l'auront appris, parce qu'ils cesseront d'exercer leur mémoire.
- A trop valoriser la mémoire, on en oublie son côté mortifère. L'oubli dégage de nouveaux horizons et accorde d'écrire de nouvelles histoires.
- Se garder de tout esprit de sérieux, c'est comment écrire et lire de la philosophie. Son parfum est autre chose qu'une odeur de sainteté. L'avantage avec la philosophie, c'est qu'elle donne parfois à penser des problèmes que la vie se charge de résoudre.
Les auteurs de ces idées: Kant, Bergson, Camus, Socrate, Alain, Hegel, Deleuze, Barthes, Lafargue, Leibniz, Nietzsche, Weber ... et de les avoir réuni autout du thème de l'hypocrisie prouve qu'elle existe à tous les étages du temps et de l'espace. Si Laurent Baffy parle de la vie comme "une période aléatoire entre le néant à le néant", il s'agit de s'inquiéter du processus à remplir entre les deux.
On est tenté de catégoriser les gens pour les insérer, au besoin, dans des statistiques pour les modèliser.
Cela aboutit, souvent, dans le caricatural et les clichés.
Avec l'allongement de la vie en ces temps bénis par la médecine, elle arrive à se diviser en quatre phases que l'on appelle pudiquement et, parfois, artificiellement "âges".
Le premier âge suivrait, selon une formulation générale, une formation intellectuelle ou manuelle pendant laquelle on sent que vu les difficultés, le jeune boit, progressivement, la "tasse".
Au cours du second âge, l'adulte se devrait de justifier la rentabilité apprise dans sa jeunesse, actif, parfois radio-actif, en creusant un sillon dans une carrière entre collègues où règnerait l'esprit d'équipe, assurer une suite par sa lignée et rester, en définitive, "à la masse".
Au troisième age, lors d'une retraite (semi-assurée), l'adulte senior s'impatienterait d'y récupérer ses acquis, tout en étant poussé "à la casse".
Plus personne ne se reconnait dans le jeu de quilles. L'Alzheimer, réel ou fictif, devient général de la part des deux premiers âges.
Le dernier âge, lui, préparerait au repos éternel en laissant les dernières traces et en "vidant la tasse".
La boucle serait, ainsi, bouclée avec des cycles parallèles dans une sorte de course relais sans fin.
La vie active se perdait dans des convenances et des relations d'affaires.
Dès le troisième âge, c'est devenir un "has been" pour l'un, un "éléphant" pour l'autre. Ce ne serait pas un vrai problème s'il s'intégrait dans l'intérêt général et le respect des particuliers en restant aimé par ses contemporains, en gardant la santé pour ne pas tomber trop vite dans la dépendance.
Ce sont des voeux pieux et, parfois, terminer en espoir déçu dans l'ignorance de ses semblables de nos civilisations dites modernes, fonctionnelles qui, hypocritement, égoïstement, ne s'intéressent qu'au chacun pour soi.
L'argent et le pouvoir, restent, dans cette modernité, les seuls dérivatifs chez les "nominés" pour se payer une virginité. "A cash city", tout reste possible.
Pourtant, à tous les âges, il s'agit toujours d'exister, d'une envie d'exercer une activité, d'utiliser les expériences, de partager son vécu et sa vision dans l'actualité avec ses contemporains.
Pour l'individu, préparer sa sortie par la porte de service ou par celle des artistes, rend la retraite parfois difficile. Les anciens liens s'étiolent puisque les attaches professionnels n'existent plus
.
Plus la perception du temps s'allonge, plus l'espace se réduit, c'est une règle de la physique.
S'instruire mutuellement devient le moyen de reconnaissance et le cri de ralliement.
L'écrivaine, Yasmina Reza met en scène des personnages contemporains, dont elles reflètent les défauts et le ridicule. La semaine dernière, questionnée au sujet de son dernier livre "Heureux les heureux", elle répondait: "J'aimerais toujours me sentir en devenir. La méditation mélancolique, la mort, les réflexions cocasses sur le couple font partie de mes livres. Le sentiment de ratage m'attire. La défaite m'intéresse surtout avec l'habit de la victoire, même, mêlé de secrets et de mensonges, dans une ontologie entre la naissance et la mort. Je déments être cruelle ou ironique avec mes personnages. Ils sont en totale symbiose, en totale empathie avec moi. Aucune émotion forte n'est d'une seule couleur. Douloureusement heureux, on a toujours quelque chose qui rappelle sa place et son prix dans le cours du temps. La brise qui disperse nos cendres n'est-elle pas le détail le plus important de notre destin?".
Internet a permis un transfert d'informations de génération en génération. Les contacts inter-générationnels se croisent, s'entrechoquent et les masques y tombent sous le couvert de pseudos.
Aucune recherche à fidéliser ces rencontres virtuelles, à priori.
Une fois sur la Toile, les vrais et les faux amis se cotoient alors que, souvent, seul des interlocuteurs plus ou moins valables avec des idées originales suffiraient.
La virtualité d'Internet au travers des réseaux sociaux est un "subset" de la vie réelle. Les philosophes étudient, depuis, ce milieu avec beaucoup d'intérêt.
Et pour cause, dans un tel environnement, pas question de jouer au Monsieur Loyal et de croire que les autres sont des clowns, à vouloir faire rire les enfants.
Monsieur Loyal ressemblerait-il à Manuel?
"Ne joues pas avec les autres. La roue tourne... Aujourd'hui, tu joues. Demain, tu seras le jouet".
C'est clair, l'homme est un être grégaire qui aime se sentir "normal" dans une virilité sociale.
La grande manifestation de dimanche en France posait la question du pluralisme et de la diversité en pointant les "autres d'anormaux" par les "dits-normaux". Excès de pruderie, de bigoterie, de religiosité, de soi-disant normalité?
Un philosophe répondait: "La famille est, à l'évidence, une cellule importante de la vie en société: simplement il n'y a plus, aujourd'hui, un seul modèle familial, mais une pluralité. Le vrai problème est donc ailleurs: il est dans la difficulté d'imaginer que lorsque, l'on ajoute des droits à des droits existants, une telle levée de bouclier soit possible. Ceci s'explique en grande partie par le fait que la France a, en matière de pluralité, une difficulté historique. Dans ce pays, domine une culture politique très homogène, qui estime que, lorsqu'un principe est édicté, lorsqu'un choix public est effectué, il doit nécessairement concerner la majorité, voire la totalité du corps social. C'est regrettable, car cela a pour effet de tendre très fortement le débat.".
Qu'est-ce que la normalité? Où se situe-t-elle?
Jeune, à boire la tasse? Adulte, à travailler en se mêlant à la masse? Et, en finale, se retrouver à la casse?
Ou plutôt se rendre compte qu'il y a des bons et des mauvais élèves, comme le faisait, avec beaucoup d'humour, ce matin, à la radio, Thomas Gunzig dans un café serré dont il a le secret?
On le rappelait hier encore, il y aura toujours des mafieux qu'il faudra contrôler et limiter dans leurs actions. Jouer aux gendarmes et aux voleurs à tous les âges et parfois trouver des ripoux.
Pas de saints sur cette planète. "Nous irons tous au paradis".
Le tout est de s’aguerrir, d'apprendre à reconnaître 'qui est qui' dans ce grand jeu de quilles et de réagir en conséquence.
Alain Baschung qui a eu des débuts très difficiles, son oeuvre s'est retrouvée à titre posthume.
Il chantait sur cet homme-là: "Il voyage en solitaire", sur des paroles de Gérard Manset.
Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire.
Il chante la terre.
Il chante la terre
Et c'est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaires.
Pendant des journées entières,
Il chante la terre.
Mais il est seul.
Un jour,
L'amour
L'a quitté, s'en est allé
Faire un tour de l'autre côté
D'une ville où y'avait pas de place
Pour se garer.
Il voyage en solitaire
Et nul ne l'oblige à se taire.
Il sait ce qu'il a à faire.
Il chante la terre.
Il reste le seul volontaire
Et, puisqu'il n'a plus rien à faire,
Plus fort qu'une armée entière,
Il chante la terre
Mais il est seul.
Un jour,
L'amour
L'a quitté, s'en est allé
Faire un tour de l'autre côté
D'une ville où y'avait pas de place
Pour se garer
Et voilà le miracle en somme,
C'est lorsque sa chanson est bonne,
Car c'est pour la joie qu'elle lui donne
Qu'il chante la terre.
Alors, restons philosophes et respectueux de la vie dans toutes ses formes.
L'enfoiré,
- « Une philosophie meurt nécessairement avec son philosophe... Une philosophie qui reste devient une religion. », Pierre Michel Duffieux
- « L’hypocrisie est seulement un hommage à l’intérêt. », Eduard Douwes Dekke
- « Mourir puis revenir, ce n'est pas une bonne expérience », Jean Bourgeois
- « Oh, quelle inextricable toile nous tissons, lorsque nous commençons à nous exercer au mensonge. », Sir Walter Scott
09:50 Publié dans Blog, Livres, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01/11/2012
Vengeance au futur antérieur
Interview au sujet d'un nouvel eBook.
- Bonjour l'enfoiré. "Vengeance au futur antérieur", titre assez bizarre. Non? Le temps a-t-il une telle importance dans votre histoire? Le premier chapitre ne reflète pas une hypothèse futur à propos d'un évènement déjà passé?
- (Rires) Je vois que vous avez revu votre conjugaison française et ce qu'est le futur antérieur. Pourtant, c'est exactement cela. Si mon roman est une pure fiction dans le futur, avec des personnages fictifs, ce qui va se passer dans mon histoire pourrait être une suite logique à une extrapolation faite dans le passé et qui n'a pas porté ses fruits dans le cadre de la recherche scientifique. Mon histoire se greffe dans l'actualité comme intermédiaire pour lui donner plus d'impact et aussi parce que la situation actuelle est propice à des déviances. Comme l'écrivait récemment Bernard Weber dans l'avertissement de son nouveau roman "Troisième humanité", "cette histoire se déroule dans un temps relatif et non absolu. Elle se passerait dix ans, jour pour jour, après l'instant où vous ouvrirez ce roman et commencerez à lire" écrit-il.
- L'actualité ne serait qu'un atout, une facilité pour le lecteur et un jeu de relativité pour vous?
- Exactement. Vous avez raison. De la perception du temps, j'en avais déjà parlé. Le temps est une variable assez bizarre. Actuellement sortent des documentaires sur la "Magie du Cosmos" qui vous en boucherait plus qu'un coin. Dans cette histoire, Nous nous trouvons, ici, dans le secteur de la pharmacie mais cela pourrait se produire dans n'importe quelle activité humaine qui a une influence au niveau mondial. Bernard Weber, pour en revenir à lui, continuait son livre en se posant des questions plus philosophiques. "Il a un projet à céder à quelques personnes imaginatives et pas trop craintives, mais il s'inquiète. Même nombreuses, elles pourraient être maladroites avec une capacité de nuisance sans même s'en rendre compte. D'où la question: Les humains peuvent-ils évoluer?". Cette question cruciale vient à l'esprit dans cette période charnière qui est la nôtre. Un projet du passé installe des obligations dans le futur. Or, il s'avère que l'on arrive vite à constater une incapacité d'atteindre les objectifs fixés. Ce qui peut tourner au drame dans le présent.
- Vous nous baladez dans le temps, en quelques sortes? Vous faites de l'anticipation, de la prospection?
- Pas vraiment. De l'anticipation imaginative, peut-être. Dans mon cas précis, la déviance, dont je parle, commencerait dès qu'une entreprise se doit de guérir ses contemporains, qui n'y arriverait pas et qui se continuerait par des extrapolations plus que douteuses.
- Nous sommes, donc, dans le domaine médical?
- En partie, oui. Le médical joue un rôle comme partie intéressée, mais ce n'est pas ce milieu-là qui sera évoqué, lui qui est lié par le serment d'Hippocrate.
- Pourriez-vous nous en donner quelques bribes de l'histoire sans la dévoiler? Vous m'inquiétez.
- Je vais essayer. Cela se passe à San Francisco....
- Tiens, pourquoi à San Francisco et pas dans nos pays européens, dans votre pays? Il y a ces derniers temps beaucoup d'histoires traduites de l'américain qui s'y passent et qui ont du succès comme thriller. Est-ce pour suivre la même voie?
- C'est un choix plus partial. Beaucoup de choses ont pour origine les États-Unis où tout, en principe, est possible. Pour sa "maison bleue" de Maxime Le Forestier. Pour le fait que j'y ai été. Mais même là-bas tout n'est pas rose actuellement. D'où mon envie de casser les préjugés que l'on peut avoir sur les Américains. Qui dit États-Unis, fait penser à des gens qui sont connus pour aimer l'argent. Mon histoire précédente avait pour cadre l'Europe, en grande partie dans le midi de la France. Un thriller. Nous y sommes à nouveau dans une intrigue avec un quidam pas vraiment riche, pas vraiment pauvre qui ne pensait pas avoir à se mêler d'affaires qui le dépassaient. Il va s'y sentir contraint de proche en proche. Cette ville ressemble, si vous ne le savez pas, le plus, à l'Europe. San Francisco est en Californie mais cette ville ne ressemble pas du tout à Los Angeles, par exemple.
- L'argent ne joue pas un jeu dans votre histoire?
- Bien sûr, qu'il joue un rôle, même à tous les niveaux. Mais mon histoire n'a pas l'argent comme sujet principal.
- J'ai survolé le premier chapitre. Votre héros est inquiet. Vous vouliez parler de ce problème, de la crise?
- Un peu. Il a ce qu'on appelle pudiquement un peu de bouteille, au milieu de carrière, mais vous verrez que ce qui en découlera, va se retrouver ailleurs. Ses prévisions ses craintes vis-à-vis de la crise, ne seront pas celles que l'on pense.
- Votre héros se sent stressé à cause de cela?
- Très certainement. Une autre référence, le livre-fiction de Marc Lévy, "Si c'était à refaire", le personnage principal de son livre est soudainement agressé, blessé et tué. Il reprend connaissance deux mois plus tôt, avant son agression. À compter de cette minute, il a soixante jours pour découvrir son assassin, soixante jours pour déjouer le destin. Ce canevas, je l'ai suivi en partie. Mais, il s'agit, ici, d'une malversation. Mon héros est, un délégué-médical, mal dans sa peau depuis quelques temps. Son couple bas de l'aile et il va lui arriver quelques bricoles qui vont changer sa vie. Chargé de missions banales et coutumières, ce qui le torturait va le changer en intermédiaire, en justicier. Question légitime "pour quelle raison?" se transforme-t-il ainsi. Un instinct de faire partie de ce monde dangereux? Une vengeance qui va l'obliger à découvrir ses "liquidateurs" pour les confondre. Cela va tourner à l'obsession. Les problèmes de sa société qui l'emploit, il les connaît à peine, mais il les devine. Voilà ce que je peux déjà vous dire. Je ne vais pas vous mettre complètement au parfum.
- Donc, c'est une histoire sur la recherche pharmaceutique?
- Oui. L'histoire aurait pu s'appeler "l'automne de l'éléphant", comme j'ai pensé l'appelée au départ, car les éléphants comme chacun sait, cela trompe énormément (sourires). Ce qui se rapproche le plus a déjà été évoqué dans le film "Le fugitif". Mais, je ne vous en dis pas plus. Je vous demande de passer au premier épisode. Les autres chapitres vont suivre à un rythme soutenu tous les quatre jours. Juste ce qu'il faut pour que vous ne perdiez pas la mémoire et le fil de l'histoire et pas trop long pour ne pas vous endormir à cause du temps que l'on partage dans le présent et le futur. (rires)
Vengeance au futur antérieur (en un click pour le 1er chapitre et les suivants)
L'enfoiré,
Citations:
- « Une vengeance trop prompte n'est plus une vengeance ; c'est une riposte. », Henry de Montherlant
- « La justice, cette forme endimanchée de la vengeance. », Stephen Hecquet
08:10 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24/05/2012
Le rêve américain vit-il encore?
Le Hors-Série de "Le Point", avec l'aide de "Institut des Amériques" se proposait de mettre les pendules à l'heure au sujet de l'appréciation de l'American dream. De séparer les faits des mythes. Tout en suivant, le fil du magazine, quelques constatations parallèles viendront l'émailler.
Les élections françaises sont derrière nous.
Aux suivantes...
Ce seront les prochaines élections présidentielles américaines qui vont progressivement monopoliser les médias puisque l'adversaire républicain d'Obama, Mitt Romney est connu.
Le G8 du weekend dernier a acté les réactions à la crise de la dette au niveau mondiale. Ce sera "retrouver la croissance avant de pouvoir espérer réparer les erreurs du passé par l'austérité", un pied sur l'accélérateur et un autre sur le frein.
En Europe, le sommet à Bruxelles est qualifié de temps perdu. Le nouveau président socialiste français, François Hollande, a commencé à bousculer quelques habitudes alors que c'est la deuxième tentative d'élections législatives grecques, style referendum, qui plombe l'ambiance. Les États-Unis sont une fédération, l'Europe n'en est pas une et cela fait toute la différence.
Voyons, les autres relations opposées ou similaires entre les deux blocs, comme dans un bras de fer.
Dans les années 60, les États-Unis suscitaient l'attention, voire, l'admiration des autres pays, partenaires ou non.
Depuis, il y a eu le premier coup de semonce important, celui du 11/9/2001 qui a donné l'illusion pendant un temps court de réunification des objectifs. Le second, la crise des subprimes ont fait oublier Enron et autres crises à bulles. Ce furent toujours des surprises. Aucun plan n'était prévu dans tous les cas de figure, alors que les germes de la destruction des mythes étaient bien présents, comme des croyants d'une religion qui ne dit pas son nom, si ce n'est en se réfugiant sous le pseudo de "capitalisme".
En 2008, le slogan "Yes, we can !", comme une sorte de leitmotive, a été la promesse de la présidence d'Obama. Un espoir de redressement pour les USA. Une espérance pour le reste du monde. Lors des joyeuses entrées et des visites à domicile, ce nouveau "Messie" américain a fait penser qu'il allait faire des miracles avec sa baguette magique. La baguette était bien trop souple, trop préformatée comme telle et le rendez-vous a eu quelques ratés.
Démocrate, Obama, et pourtant bien plus à droite que le nouveau locataire de l’Élysée. Le mot "socialisme" est un mot interdit, si pas honni, par un Américain pur souche, comme l'avait été "communisme" jusqu'à l'effondrement de l'URSS. L'approche de l'esprit américain par leurs présidents successifs donnait quelques indices dans la suite logique.
Pour disculper Obama, la crise était déjà là, profonde, mais certaines promesses électorales de réformes n'ont pas été tenues au moment opportun, c'est-à-dire en début de mandat avec les votes favorables dans les deux chambres. A mi-mandat, première déception. Les convictions conservatrices républicaines étaient même dépassées par une droite plus dure qui renaissait de ses cendres: le Tea Party.
Il y a eu très vite un blocage ("gridlock") des Républicains pour ce qui était contraignant comme le fut le Medical Care. La Chambre, le Sénat et la Présidence peuvent, chacun à leur tour, faire obstruction aux décisions en "flibustier" et cela entame les enthousiasmes et les promesses.
Une joyeuse entrée et puis s'en retourne aux sources idéologiques bien américaines avec le capitalisme en tire-fesses.
C'est le moment de se poser la question de savoir si les Américains font encore rêver à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Que reste-t-il du rêve américain et de ses valeurs? Vivent-elles encore?
Les pères fondateurs avaient creuser un sillon dans la marche à suivre pour réussir dans l'Amérique profonde. Peu importait la manière avec la formule "Do it as you like, but do it".
Les USA ont, alors, montré la voie au monde, l'ont imposée par la force ou conseillée aux autres par la persuasion. Au départ, une population d'immigrés, chassés d'Europe et qui voulaient trouver une meilleure vie dans le nouveau monde. La Symphonie du Nouveau monde que Dvorak compose en 1893 aux États-Unis, montre l'exaltation que pouvait inspirer la vue de la Statue de la Liberté à l'arrivée dans le port de New York (version de Karaian). Ces immigrés sont là pour faire fortune et le plus vite possible. Qualifiée de terre promise, c'est la conquête du territoire toujours plus à l'Ouest comme chercheurs d'or que l'on disait exister en Californie ou s'arrêter et devenir cowboys.
Entre l'Amérique et la France a toujours existé une relation de "je t'aime, moi, non plus", au niveau de la direction des deux pays. Paradoxes dans les relations franco-américaines. Dans le même temps, les deux populations éprouvaient plus une haine rédhibitoire, chacun méconnaissant l'un de l'autre. Un émigrant français, expatrié aux États-Unis qui tentait d'expliquer son vécu, parlait de son expérience, se voyait renvoyé dans ses nouvelles pénates dans un dialogue de sourds avec l'intime conviction d'être devenu un lâche à la nation française.
Paul de Saint-Victor, André Siegfried, ont initié ce sentiment. En 1930, Georges Duhamel écrit, en parlant de l'Amérique, "Ici tout est faux, l'écran et la musique" dans "Scène de la vie future". En 1959, François Mauriac, c'est dans "Bloc-Notes" que transpire la coca-colonisation. Après Robert Aron, Arnaud Dandieu lui parle de "Cancer Américain".
Ce mardi, plus amusant encore, un article trop élogieux pour les USA d'un certain "magiciendos", sur agoravox.fr, disparaissait le lendemain, poussé vers la sortie par les commentaires, soit haineux, soit amusés. Auteur probablement très fictif. Excellent test de la part d'agoravox... En serait-il de même si un article élogieux sur la France paraissait dans un forum américain? Mon dieu, que la question, elle est bonne !!!
Un ingénieur indien en informatique, a Bill Gates comme modèle et arriver à émigrer aux USA est, pour lui, une consécration.
Il n'est pas question d'aimer ou de ne pas aimer le "Système américain", mais plutôt d'essayer de comprendre les racines du passé, de comparer, d'y sauver les avantages, de gommer les erreurs et espérer, ainsi, rectifier son propre futur. 
Aujourd'hui, c'est en commun que les deux populations se partagent soit la nostalgie à la française entre espoir et désillusions, entre austérité et relance, soit le spleen à l'américaine entre surprises et relance forcée sur une planche savonneuse.
Antagonisme que l'on retrouve dans ces deux démocraties, l'une à l'américaine avec son impérialisme appuyé par les Droits de Dieu, l'autre à la française, par la référence aux les Droits de l'Homme et ainsi prouver son bon droit, chacun à son tour.
Tous deux se considèrent comme des démocraties exceptionnelles et se snobent avec la fierté de leur culture que chacun d''eux veut imposer à l'autre comme la plus belle invention, comme un modèle exclusif pour le reste du monde.
A l'actif des Américains, la créativité, l'esprit d'entreprise, un volontarisme inébranlable, un amour pour le risque, une volonté de se refaire en cas de faillite.
Au passif, une arrogance au service du dieu "dollar", de Dieu, tout court et ce n'est pas une crise qui aurait une influence sur le long terme aux yeux d'un Américain.
Le démocrate J.F. Kennedy disait lors de son investiture "« Vous qui, comme moi, êtes Américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. Vous qui, comme moi, êtes citoyens du monde, ne vous demandez pas ce que les États-Unis peuvent faire pour le monde, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour le monde. ».
Phrase qu'avait extrapolé, le républicain, Ronald Reagan, par la phrase: "Dans cette période de crise, le gouvernement n'est pas la solution à nos problèmes; le gouvernement est le problème" suivant les idées d'Adam Smith, propagées par Alan Greenspan et qui ont abouti là où on sait.
Qui était Reagan? "Reagan, l'enfance d'un chef" sur ARTE encore visible ici (*) tente de l'expliquer. Quelqu'un d'intelligent, qui a compris qu'il faut ruser avec brutalité pour réussir, qu'il ne faut pas utiliser les mêmes armes que son adversaire, qu'il faut donner le change avec une image et pas nécessairement, des réalités et espérer dans l'ombre que l'adversaire le sous-estime. Son but, gagner la guerre froide. Ses artfices, l'humour et l'utilisation de son rôle d'acteur dans la vie politique. Son coup de poker de la "Guerre des Etoiles" comme un leurre, a rendu obsolète toutes les armes nucléaires, a détraqué le communisme et annihiler du même coup l'URSS. "La stratégie du choc" de Naomi Klein explique tout cela mieux que je ne pourrais le faire.
Nous n'en sommes plus là.
Au cours du 21ème siècle, comme pays le plus inégalitaire au monde, se voir dépassé par les nouveaux émergents comme la Chine et l'Inde, apporte une désillusion de ne pas être à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie. C'est se rendre compte que la technologie la plus sophistiquée ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan.
Les soi-disant "chevaliers blancs américains" y ont été éconduits et les réductions des budgets militaires compensés par la technologie toujours plus performante n'y ont rien fait.
Y mettre le prix devient de plus en plus un problème quand on compare les budgets militaires dans le monde. L'austérité apparaît mais à l'OTAN.
Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.
L'impérialisme yankee laisse toujours un arrière-goût de force à tous ceux qui se sentent un peu trop "impérialisés".
Le 12 avril dernier, c'était le 20ème anniversaire de Euro Disney rebaptisé, depuis l'ouverture, en "Disneyland Paris". Le parc d'attraction est une organisation qui reflète, comme un microcosme, ce que peut être l'Amérique et les relations avec le pays d'installation dans la caricature d'une entreprise américaine. La montée dans la hiérarchie du français, Philippe Gas, devenu président depuis 2008 alors qu'il était engagé comme aide aux clients dans les parkings après l'ouverture, est une preuve de ce qui peut arriver dans une entreprise américaine. Tout n'y est pas rose. En 2011, une perte de 64 millions d'euros, une dette de 1878 milliards, 100 nouveaux millions investis pour 2012 et une trésorerie jugée saine avec 370 millions. Tout cela, sous la protection des banques et de la Corporation Walt Disney Comp. On investit sur le long terme et parfois on se serre la ceinture, mais pas trop. D'après Philippe Gas, c'est la France qui a été la gagnante jusqu'ici. L'engouement pour le monde enchanté de Mickey reste entier et les Français visitent toujours le parc d'attractions et seuls, les Asiatiques font la fine bouche. Donc, une fusion d'intérêts est possible.
My America
Peter Hegedus, réalisateur d'un documentaire présenté sur ARTE, intitulé "My America" (vidéo temporaire) peut montrer cette désillusion (il n'est plus disponible). Trentenaire, immigré magyar, parti de Hongrie pour l'Australie, avec sa mère, il avait nourri, petit garçon, un amour aveugle pour l'Amérique au travers des films hollywoodiens.
L’Amérique où vivait son père, incarnait à ses yeux le triomphe du bien sur le mal. S'il sait désormais que Schwarzenegger, le héros de films d'actions de son enfance, ne représente pas forcément la liberté et la justice, que la guerre fut lancée contre des ADM fantômes, il s'interroge néanmoins: y a-t-il un peu de vérité dans cette idéalisation qu'il a partagé avec une large partie du monde et fini par aimer et détester l'Amérique en même temps. Alors il va au devant des gens.
Dans ce film, un Américain interrogé se définit et dit avec un certain cynisme, que "l'Amérique est un prétexte pour empêcher les autres de réfléchir à leurs problèmes. L'Amérique se devait d'exercer son leadership pour que cela n'éclate pas, mais les conséquences de ses actes restent les problèmes des autres. Il est fier d'être américain car c'est l'Amérique qui l'a accepté comme émigré et il doit, donc, s'engager à fond pour défendre la cause. Où est l'égoïste?".
Hegedus va installer une cabine de fortune autour du monde. L'idée? Permettre aux passants d'enregistrer un message à l'attention de Barack Obama qu'il pense lui remettre en personne. Messages de paix et d'harmonie mondiales exprimées par des quidams australiens, chinois iraniens, kényans et hongrois, enregistrés sur une cassette qu'il finira par les envoyer par la poste devant la barrière infranchissable de la Maison Blanche.(sur Facebook).
Résillience et immobilisme
Dans le même temps, le reste du monde, les dernières photos prises par les GI's ont créé un scandale de plus après les guerres, dites "chirurgicales", mais qui déplorent des dégâts collatéraux.
La télé américaine traduit surtout une volonté de tout contrôler et de maîtriser n'importe quelle situation.
Elle influence le public avec de soi-disant experts en tout, public qui lui a son tour, influence les productions de sa chaîne télé rassurante de "Oz" qui dit que "it's no place like home".
Aujourd’hui, la "résilience" est bien réelle pour un Américain. Il permet de "prendre acte de l'événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression". Le rêve est pour certains, devenu réellement un cauchemar.
Même les feuilletons américains comme "The mentalist", "The Experts", "Desperate housewife" remettent tout sur le tapis pour le spectateur qui n'est plus dupe.
A New York, pourtant, on recommence même à rêver avec les nouvelles "Freedom Towers" pour effacer l'injure. Les leçons sont pour les autres quand elles ne peuvent plus en donner qu'une image.
Obama avait réveillé un espoir démesuré. Dès son investiture, il a essayé de changer les responsabilités dans le monde en les partageant avec les autres pays partenaires. Il perdait, ainsi, une partie de substance traditionnelle de la force entrevue dans une "guerre des étoiles". Inadmissible pour un républicain.
Ingouvernables, les US avec une Constitution, non revisitée depuis le début. Rédigée en 1787, par les Pères fondateurs, elle détient la raison de cet immobilisme dans ses 17 amendements, fondés pour une populations de cowboys de 4 millions d'habitants et donc, non conçue, pour les 313 millions de citoyens, d'aujourd'hui.
Dichotomie des visions "démocrate" et "républicaine" qui mène, obligatoirement, à un immobilisme quand ni l'un ni l'autre ne sont plus adapté à l'actualité.
Les États-Unis, fédération avec un conservatisme dans le centre et le Sud, et des côtes qui voient l'avenir sous un angle plus progressiste, mais qui reste toujours fédérés autour d'un seul président.
Au lendemain des élections françaises: "Immobilisme": un mot qui décrit l’incapacité des gouvernements de la Troisième République à la Quatrième à changer quoi que ce soit.", donc, pas vraiment mieux.
La passion du droit
Les USA sont le royaume des avocats par excellence. L'absence de filet social, la complexité du droit américain, la recherche d'un vice de forme font tourner la machine "justice" dans un cercle vicieux arbitré seulement par un juge. Avocats aux rémunérations astronomiques payés au pourcentage en cas de procès gagnés et proportionnels aux dommages et intérêts("quota litis"). Conclusion, 10% d'affaires présentées dans un procès. Des frais exorbitants de publicité et de procédures sont engagés pour décomplexifier une affaire.Un accord à l'amiable est souvent proposé à mi-parcours dans le civil. Au pénal, nouvelle dichotomie, plaider "guilty or not guilty" permet d'alléger une peine, mais qui pousse l'innocent à choisir le moindre mal quand il n'a pas suffisamment de preuves en sa faveur. La formation d'un avocat coûte au moins 140.000$ en 3 ans à Harvard ou Yale. Somme qu'il faudra rentabiliser au plus vite en entrant dans des bureaux d'avocats. Le droit penal américain est très différents du français.
Pays de la peine de mort (43 exécutions en 2011 et 78 peines de mort prononcées) et 61% d'Américains favorables. Les films du "Justicier dans la ville" pour faire face à la violence des villes mégapoles, ont fait un tabac à une certaine époque. Tolérance zéro à New York.
Une société sans classes, démocratique au sens de Tocqueville, comme un fait social fondé sur la centralité d'une vaste classe moyenne qui par le travail, les vertus et les talents pense pouvoir accéder à l'aisance. Ceux qui n'obéiraient pas à l'un des points seraient considérés comme mauvais. Si vous êtes "pour", vous êtes un "ami". Dans le cas contraire, passez votre chemin, la prison est à sa croisée...
"God create and bless America".
"In God, we trust", dans une allégeance sur la Bible inaugurée par George Washington. Un dieu patriote dans une démocratie laïque? Erreur de jugement ou une manière de justifier les actions militaires avec la Bible comme livre de chevet? Religions, sectes, francs-maçons confondus et la laïcité mise à l'épreuve comme Satan. Même le billet du dollar transmet le message. La Scientologie est reconnue comme relgion en proposant une "ascension spirituelle" par le bias d'étapes progressives et payantes. Le Web devient une "technoliturgie paroissiale" qui n'hésite pas à utiliser les tweets comme propagande et le show comme s'ils venaient de l'au-delà, mais qui brasse des millions de dollars bien terrestres. Nouvelle Sion, nouvelle Jérusalem, que Reagan ne démentait pas. Repris pour lancer les guerre en Irak et en Afghanistan. La lutte contre le Mal devient "la" croisade moderne. Le créationnisme n'est pas interdit et agit sur les cerveaux en arrière plan.
37% de religieux, Amish, Mormons, new Age, Protestantisme, Scientologie, Unitarisme, témoins de Jéhovah, Juifs, Musulmans... et seulement 16% de laïques qui sont, donc, marginalisés de fait. Jésus-Christ est la superstar.
Dieu vaut-il une messe guerrière quand on est fier d'être Américain et puritain? Internet permet ce prosélytisme débridé et, en plus, à bon marché. L'église de la Scientologie, elle, avait réussi à ne pas payer d'impôts, ce qui lui a permis de sortir de la vie du commun des mortels américain et de payer les procès en Allemagne et en France. L'église s'est depuis réorientée parmi les lobbyistes à Bruxelles.
Liberté chérie
Les Américains progressistes ou au contraire, très rétro? En fait, les deux.
Évolution dans un féminisme à la "Clinton"? Il y a 140 ans, le 10 mai 1872, Victoria Woodhull, la première femme se présentait à la présidentielle dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de vote. L'amour libre, en plus, préconisé ! Scandales.
Conservatisme avec a un modèle dont la source est Ayn Rand et qui se définit par l'égoïsme moral. La philosophie tient en une phrase: "Si vous voulez avoir de l'estime pour vous, commencez par traiter en prédateur tout homme qui exige que vous l'aidiez".
Fier d'afficher son appartenance politique dans la rue pendant les élections, de montrer sa fortune en autre temps. Objectivisme, égoïsme rationnel ne sont pas des mots en l'air, mais des professions de foi. "Atlas Shrugged" a la réputation d'être autant lu que la Bible. Les prêcheurs sont aussi nombreux que ses utilisateurs.
Plus libertarianiste que libertaire, un Américain. Il a droit de faire fortune en dehors de tout socialisme, le droit de jouir de sa liberté.
Cela se traduit par l'antagonisme démocrates de "gauche", héritiers de Roosevelt contre républicains conservateurs de "droite" hostiles à l’état et à l'impôt. Le New Deal n'a été qu'une solution de secours temporaire, balayée par la Reaganisme. Une extrême droite qui renait, définie par le Tea Party. Une extrême-gauche communiste ennemie, condamnée pendant la période du Maccarthisme. Islam et gens de couleur seulement acceptés. Clivages multidirectionnels.
Mais pour conserver ses avantages, il faut se préparer au pire, s'armer et être prêt à toute éventualité. Donc, ce sera "never without gun". Le droit de se défendre par les armes. "Porter une arme c'est être américain". Le lobby de la NRA (National Riffle Association") de feu Charlton Heston a même profité de l'élection d'Obama. Restriction amusante, en Virginie, on ne peut acheter plus d'une arme par mois. Un amendement de la Constitution pousse à l'achat d'armes pour "aider" la police. Dénombrer 75% de jeunes qui ont déjà vu quelqu'un se faire tirer dessus, n'est qu'un problème qu'il faut assumer comme dégât collatéral.
La liberté pousse à penser qu'il n'y a pas de problème à être obèse. Selon l'OCDE, 3 Américains sur 4 le seront en 2020. Beaucoup refusent d'entrer dans n'importe quel moule et devenir fier d'être gros comme une identification de leur potentiel à le devenir. Les MacDo sont là pour le confirmer et donner raison d'avoir cette conviction.
Vivre ensemble: Du melting pot au salad bowl.
Fondre les cultures pour créer une identité américaine, à la base. Quand c'est chacun pour soi dans son propre ghetto dans une quête authenticité avec la seule norme qui frise l'excès. En définitive, être "plus" ou être "moins" que son voisin c'est toujours s'attendre à un avenir de barbelés avec des liens sociaux communautaires. Les minorités poussent et veulent s'affirmer face à la culture majoritaire. La milliardaire russe propriétaire de la Standard Bank s'est offert une propriété de 25,5 millions de dollars. Comme c'est une affaire de prestige, d'image, il viendra très probablement un voisin qui s'en fera construire encore plus grande. Sunny Isles Beach est le "Little Moscow". Cosmopolite, Miami. La culture hispanique, majoritairement cubaine, fait concurrence à l'anglaise. 30.000 nouveaux immigrants, pauvres et riches, tous les ans. "Grouillement ethnique" mais "American first" avec le modèle américain. La mention "E pluribus unum" exite sur le billet d'un dollar.
La double nationalité n'existe pas aux États-Unis. On abandonne son ailleurs et son passé quand on s’installe sous la bannière étoilée et ensuite, on oublie qu'on s'y est installé.
La tolérance comme pilier de la République fédérale mais en même temps, un multiculturalisme qui aime garder ses particularismes dans ce qu'on appelle un "Salad Bowl". La discrimination positive se voit détrônée par la méritocratie. Rester plurielle mais pas vraiment intégrée et garder des ghettos noirs. Une éducation qui produit des individus avec un sens marqué pour le "self", sensé apporter la réussite à tous, par tous.
Les États-Unis n'est pas à prendre comme le cliché de la pomme de New-York où tout est en hauteur dans l'ambiance du travail. L'Américain aime sortir des villes et s'étendre à l'extérieur. A Los Angeles, tout est en largeur dans des quartiers totalement différents. San Francisco est considérée, à juste titre, comme la ville la plus européenne, tempérée et méditerranéenne à la fois.
Le règne du capital
L'agonie du capitalisme est vue avec des yeux européens. Est-ce l'Américain qui se voit emprisonné et obligé de faire une réédition indéfiniment des mêmes erreurs d'un "System" sans pouvoir pour en sortir ou y-a-t-il une renaissance avec d'autres traits de caractères de plus de sagesse? L'affaire récente de la JP Morgan semble prouver qu'il s'agit de la premier cas comme s'il s'agissait d'un cercle vicieux. Goldman Sachs, une société secrète? La "Firme", comme on l'a appelé dans le film, s'est fait connaître du public pour sa fabrication de Produit dérivé financier pendant la Crise des subprimes et la Crise de la dette grecque. Lire "Goldman finit toujours par brûler ceux qu'elle a portés au pinacle", c'est comme enfoncer une porte ouverte. Une nébuleuse, très probablement. Yoël Zaoui est fini chez Goldman Sachs mais retrouvera une autre chance, l'expérience et le succès ne reste pas lettre morte longtemps. "à rester trop longtemps à leur poste, les banquiers s'engourdissent, se reposent sur leurs lauriers et commettent des erreurs", encore du pragmatisme américain plus que cartésien.
Le film Margin Call n'est pas uniquement du cinéma, cela a été une réalité et cela existe encore avec d'autres acteurs, plus frais ou plus féroces encore, dit un acteur qui était dans le feu de l'action.
Le règne du capital, le fait que sans les dollars, on est "Mister Nobody", imposent des prises de consciences drastiques, pragmatiques dans un individualisme poussé à l'extrême.
Construire sa maison par le crédit. La crise des Subprimes devait survenir. S'en sont suivis: Le chômage en hausse. Une croissance faible. Une économie servie par la démographie et l'immigration qui apporte une forte productivité et une économie inventive. Une flexibilité du travail qui ne stimule pas l'emploi et qui ne récompense pas ses salariés. "Pas de véritable lobby juif en soi" dit André Kaspi. La raison serait que la communauté juive serait non homogènes. L'argent reste le carburant et cela dans tous les domaines.
Pour vivre aux States, il vaut mieux avoir une tête bien faite et bien pleine, alliée, à une chance qui crée la réussite. Le bien-heureux sera ensuite plébiscité, applaudi par tout son entourage proche ou éloigné. Celle-ci mise en avant comme modèle d'un monde déterministe. Être autodidacte et réussir est le nec plus ultra des modèles.
Rien d'anormal, d'avoir une moyenne de 325 ans de salaires d'un salarié moyen pour concurrencer le salaire annuel d'un patron. Ce n'est que la crise qu'à fait changer très péniblement les consciences.
Le "travailler plus pour gagner plus" français se traduit par "travailler plus, plus longtemps et surtout toujours mieux et plus efficacement" en Amérique.
Warren Buffet représente le premier parfait repenti des plus riches. D'autres ont suivi. Quand au bout, il n'y a plus rien à espérer pour soi-même, l'altruisme semble être un moyen de gagner son paradis surtout quand la religion se rappelle à soi.
Un rêve sans étoiles
Plus à la hauteur de l'ambition comme gendarme du monde et de ses idéaux de démocratie? C'est évident. La technologie ne parviendra jamais à éradiquer la force de la guérilla comme au Vietnam, en Irak et en Afghanistan. La Russie s'y est essayée avant l'Amérique sans plus de résultats.
Modèle ou repoussoir? Les icônes ternissent toujours un jour ou l'autre même si les mythes sont tenaces.
L'American dream avait été soufflé par des Andy Warholl, comme Nouvelle Jérusalem. Le rêve de la France vu par les Américains s'est probablement, tout autant, essoufflé.
L'ascenseur social est en panne comme une coquille vide? Bien sûr, un vers était dans le fruit.
Pas de sécurité d'emplois, pas d'indemnités conséquentes à une rupture de contrat d'emploi mais, en contrepartie, une plus grande disponibilité de retrouver du travail avant la crise.
Crises financières, déficit budgétaire record, licenciements, délocalisations, montées de pays émergents...
Il faut se réinventer ou mourir et survivre, au besoin, en se créant plusieurs carrières complètement différentes dans une vie.
En août 2011, 46 millions de personnes (15% de la population) vivent grâce à des bons alimentaires. 8,6% sont au chômage. Les entreprises s'en sortent plutôt bien, mais pas les salariés.
Récompenser les actionnaires était plus profitable que d'augmenter les salaires des employés à l'exception des "cerveaux" qu'il faut maintenir "at home".
Chacun a sa devise pour sortir de la crise et de la mondialisation.
- Favoriser ce qui est local et, ainsi, recourir au protectionnisme, contraire à l'idée de libre-échange.
- Dévaluer sa monnaie.
- Battre monnaie locale comme le Plenty.
- A la limite, la relocalisation pour enrayer le processus de délocalisation.
Comme il est dit dans "Amercan Spleen. Un voyage au coeur du déclin américain" de Olivier Guez, le spleen trouvent une réponse dans l'envie de recommencer à zéro même après une faillite. Pour la population, la leçon a été "qu'il ne faut pas s'offrir ce qu'on n'a pas les moyens de payer". Une austérité implicite plutôt qu'annoncée telle quelle. L'argent n'est pas fait uniquement des billets de banques. Potentiels à risques, mais avec le but ultime d'accroître, encore plus, ces même billets de banques. "Les ranchers de l'Ouest américain vivent avec la peur au ventre, toujours armés et ne connaissent plus la pays et la sérénité d'antan".
Pour la première fois, l'immigration en provenance du Mexique est en régression d'après un rapport récent. Sur 3 millions, 1,4 million de mexicains sont retournés dans leur pays à cause du manque de travail.
Qui mène la danse dans le monde? Plusieurs points d'interrogations et réponses n'y suffiraient pas. Quelques idées peut-être... et encore, le danger vient d'où on ne l'attend pas.
Voilà toute la "Pax americana" à la sauce actuelle.
"Pour qui voterait Wall Street?" "Il y a une forte corrélation entre le niveau d'approbation d'un président et le moral des consommateurs", disait l'article.
Le cas de l'entrée en Bourse de Facebook répond: 
- Les investisseurs détestent admettre qu’ils ont été mal informés, et ils s’obstinent à croire que leur raisonnement est rationnel ;
- Les investisseurs américains sont toujours optimistes, même si l’histoire montre qu’ils ont eu parfois tort dans le passé ;
- Wall Street a tout intérêt à ce que des millions d’investisseurs soient irrationnels, mal informés et naïvement optimistes ;
- Les investisseurs américains sont crédules, ils veulent toujours croire que Wall Street leur dit la vérité, même si la plupart du temps, ce n’est pas le cas.
Douglas Kennedy, le plus européen des écrivains américains dont j'ai relu le livre "L'homme qui voulait vivre sa vie", décrit bien le phénomène américain.
Le sujet : un avocat quitte une vie pour une autre et se réfugie dans la nature sauvage du Montana dans un imaginaire collectif "on the road". Fondamentalement, l'américain est sédentaire et ne quitte pas aussi facilement son patelin. Le livre n'a vieilli qu'en apparence en ne suivant pas la technologie des portables et des géolocations d'aujourd'hui. Dans son livre, un paragraphe explique beaucoup de choses: "Si en Europe, c'est le travail qui est monté aux nues et qui prime dans l'esprit des gens, le truisme américain qui fait toucher à la grâce du succès, c'est d'être lancé pour que tout s'emballe et vous veut à n'importe quel prix. L'image de celui qui lutte pour arriver est intrinsèquement négative et catalogue comme un rien du tout, un raté à la recherche d'une chance de s'exprimer, de sortir de l'anonymat que personne ne lui accordera de bonne grâce".
Le succès attire le succès et les rémoras suivent les requins à la trace espérant récolter les miettes du repas. Peu importe qu'il y ait un crime à la base du succès, puisque une nouvelle vie est toujours possible ailleurs vu l'étendue du pays.
L'avenir des USA?
Pas de doute, les bonnes années des États-Unis se situaient au cours du 20ème siècle.
Nation d'héritiers, ils croient toujours à leurs pairs.
Il y a 21 ans exactement, c'était le feuilleton "Dallas, ton Univers impitoyable". Ils reviennent. JR Ewing est éternel. Mélange intemporel de sexe, d'argent, d'intrigues, de familles et de mensonges. Le "Time" écrit "JR Ewing a sorti les États-Unis des difficiles années du président Carter et les a guidés vers la confiance en soi, typique des années eigthies sous la houlette de Ronald Reagan".
Les remakes ne demandent jamais beaucoup d'efforts et, surtout, de remises en question.
Le slogan de campagne de Mitt Romney est "L'Amérique doit mener le monde".
"Le passé de Romney dans les affaires vire au handicap de campagne", lit-on. Le passé, c'est cela que les adversaires vont creuser pour les faire plier.
Aux States, tout changer à cause des crises? Jamais. Pays brillant par ses intellectuels, mais qui comptent beaucoup d'ignorants. 48% de la population croit encore aux anges, hait les élites et pense qu'un système de santé n'est que du communisme. "Occupy Wall Street" a été réprimé et s'est dissipé.
Tout est donc encore en place pour concourir à l'immobilité.
Chris Hedge dit que Obama et Romney, c'est choux vert et vert choux. Tous deux technocrates qui servent un États dirigé par de grandes entreprises. Le coup d’État au ralenti des "super PACs" a bloqué le processus législatif. Comme avocats d'affaires, ils n'ont aucune possibilité de voter des lois néfastes aux entreprises comme Godman Sachs ou autres.
Pourquoi en serait-il autrement? Les campagnes électorales américaines coûtent de plus en plus cher. Il faut pourtant s'y laisser séduire pour avoir une chance de régner. Les dons, non limités, proviennent des entreprises qui espèrent, toujours, un "return on investment".
N'est-ce pas, actuellement, passer de Charybde en Scylla?
Les crises ont démarré à partir des États-Unis. Au début, un éditorialiste écrivait qu'elles devraient se résoudre à partir du même point de départ. La réélection dépend aussi de la relance de l'Europe jumelée à celle des États-Unis dans un même goulot d'étranglement.
La dette publique des États-Unis s'élève à 15.600 milliards de dollars.
Il y a 3 ans, j'écrivais "La bonne nouvelle et la mauvaise". C'est fou, comme on a l'impression que le temps n'a pas évolué. Sommes-nous dans des cercles vicieux concentriques? Peut-être faut-il encore plus d'espace temps pour en juger? Parler du capital à risque, des "small caps" ne fut même pas discuté.
Alors remontons encore plus dans le temps.
Au film "West side story" de Léonard Bernstein, par exemple. C'était, il y a plus de 50 ans avec une musique joyeuse mais déjà, il y avait une opposition marquée d'appréciation de la vie américaine.
"Il était une fois, l'Amérique" de Sergio Leone, avec une musique triste, 20 ans plus tard, confirmait cette impression.
Sommes-nous dans des paradigmes qui ne se touchent plus que le temps de se rencontrer et de s'oublier après les rencontres comme celles du G8? 
Une anecdote révélatrice: Le 12 mai dernier, sur France2, le journaliste Delahousse interrogeait l'acteur noir Will Smith pour la sortie du troisième opus de "Men in Black". Remake avec quelques nouveautés après un autre remake, qui arrivera, toujours, à la nausée. Une nouvelle leçon à l'américaine, on ne change pas un filon qui a donné de bons résultats financiers avant qu'il ne soit totalement épuisé. Ce qui ne marche pas une fois, ne le fera jamais. Will Smith déclarait être "pour Obama". La question des impôts venait dans la conversation. L'acteur disait n'avoir aucun problème pour payer des impôts. Quelqu'un qui gagnait au moins un million de dollars, doit payer en conséquence, aucun problème de devoir payer 30%, disait-il. La surprise est venue quand le journaliste lui a dit qu'en France, c'était 75% pour ce qui dépassait ce montant. "God Bless America" lui a-t-il été répondu après un temps mort et un sourire plutôt angoissé.
Autre film, "Panique à Hollywood" de Barry Levinson est une satire de Hollywood. Un producteur de films sans idées qui doit affronter maintes difficultés entre un réalisateur et acteur éhonté pour boucler le budget de son prochain long métrage.
- "François, tu pouvais enlever la cravate", disait Barack Obama à François Hollande lors d'une des premières réunions entre les deux hommes.
- "It's for my Press", répondit Hollande?
Une réflexion qui n'est pas aussi anecdotique, ni anodine, qu'il y parait.
La décontraction est-elle vraiment du côté américain? Allons-nous vraiment "Vers une nouvelle Amérique" comme le faisait comprendre l'éditorial de Catherine Golliau de "Le Point"?
Question piège quand les mythologies du passé, Marilyn, Mickey reviennent, lancinants, pour rappeler les jours heureux du passé, que l'on ne reverra plus quand on ne trouve pas un point G neuf en commun. Un G8 mais pas un G Fin de non recevoir, en quelques sortes...
Paradoxale, l'Amérique? Chocs de cultures, mauvaise appréciation des enjeux. 
Quant aux autres, européens ou faisant partie du BRIC, ils suivent le mouvement avec un effet retard.
Pour tenir la barre, quand le monde est devenu un village, il faut la légèreté des doigts d'une fée que l'on n'espère pas trop Carabosse. Les remakes, c'est pour le cinéma, pas dans le réel.
Comme avant, la question semble rester "And the winner is?", que cela ne m'étonnerait pas vu les nouvelles poussées identitaires du chacun pour soi aux Etats-Unis et ailleurs.
L'enfoiré,
Les billets sur le sujet "Amérique" vont dans tous les sens, alors, sans être exhaustif, en voici certains:
L'état de l'économie mondiale en un graphique
La croissance des États-Unis comparée à celle de l'Europe.
Obama a donné plus d'argent aux États américains les plus démocrates et les plus riches.
“Romney le cruel” contre “Obama le mangeur de chien”?
Soutien moral des Américains aux marchés d'Europe
Les fables de la richesse: les capitalistes sont-ils des psychopathes?
Des visions citoyennes comme Roosevelt2012 ou un "y a qu'à"...
Mais comme les commentaires ont été assez vifs, passons à l'article suivant "Entracte et anecdotes"
Citations:
- « Chacun a son Amérique à soi, et puis des morceaux d’une Amérique imaginaire qu’on croit être là mais qu’on ne voit pas. », Andy Warhol
- « Il n'y a pas de chute de l'Amérique pour la simple raison que l'Amérique n'a jamais été innocente. Il est impossible de perdre ce qu'on n'a jamais possédé. », James Ellroy
- « En Amérique, le sexe est une obsession ; ailleurs c'est un fait. », Marlène Dietrich
(*)Ronald Reagan, l'enfance d'un chef
"Ronald Reagan a été sous-estimé par tout le monde et, au fond, il considérait ça comme un énorme avantage", estime Richard Allen, ancien conseiller à la Maison-Blanche. Laissant de côté les facettes plus connues de l'ex-président des États-Unis - le conservateur, le néolibéral -, ce documentaire s'attache à son rôle décisif durant la guerre froide. Retraçant son parcours, il montre que derrière l'image du cow-boy sympathique et peu compétent se cache un homme intelligent et solitaire. Abonné aux rôles de "chic type" à Hollywood, il est au départ sensible aux idées de gauche. Mais en 1947, président du Syndicat des acteurs, il est confronté à la grève et aux menaces des employés des studios soutenus par le PC. Dès lors, Reagan devient un anticommuniste fervent. Peu écoutées au départ, ses idées finissent par s'imposer - l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS y contribuera - jusqu'à le hisser à la Maison-Blanche. Dès lors, il mettra en place une stratégie qui précipitera la chute du régime soviétique. Plongeant dans les arcanes des négociations entre les deux puissances, ce film donne, entre autres, la parole à de nombreux proches de Reagan (Richard Allen, Martin Anderson...), ainsi qu'à George Shultz, qui fut son secrétaire d'État, et à Oleg Kalouguine, ex-général du KGB.
Quand au rêve belge, cela ressemble à ça.
Pour ce qui est des vacances, ce n'est pas tout à fait vrai. Le belge part toujours. Seulement plus souvent et moins longtemps. >>>
Tandis que pour un Américain, ce serait plutôt cette vision
Maintenant c'est l'heure de préparer les élections.
Livre de Corine Lesnes "Amérique, années Obama. Chroniques d'un pays ingouvernable" et celui de Ron Suskind "Obama, la vérité"
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17/05/2012
Feu vert à Jacques Careuil
Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les moeurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.
Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil, de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.
L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.
Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".
Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.
Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.
Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.
Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobinner le fil de sa vie.
Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.
L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.
En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".
A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.
Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Jo Dassin.
Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.
Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.
Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.
Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.
Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.
Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.
Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.
Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.
Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.
L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérence car elle dure pendant 6 ans.
Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.
Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.
Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!
"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier.
Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.
Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?
Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.
Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.
Un vie de voyages commence dans une septième vie.
D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.
Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de véritable "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.
Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.
Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.
Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme qu'il a aimé.
Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.
Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.
Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Il se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.
Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.
Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Qu'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. C'est, ce dernier, le fautif, s'il faut parler de faute. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut.".
Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.
Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.
Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies?
Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.
Il espère avoir été un petit lutin de consolation.
Que dire comme conclusion?
Un livre bien écrit d'un belge bourlingueur à travers les monde.
Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.
Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.
Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".
Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.
Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.
Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.
Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.
Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...
L'enfoiré,
Citations:
- « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
- « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
- « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin
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12/04/2012
Bob Morane, vous vous souvenez?
Après les inventeurs, un conteur. Henri Vernes a sorti un livre "Mémoires" dans lequel il se raconte plus qu'il ne raconte les histoires de son héros Bob Morane, symbole de liberté, de courage et de justice, qui a fait partie de mes lectures de jeunesse.
Cela fait toujours plaisir de repenser au passé lointain. On se retrouve d'un coup plus jeune.
C'est ce que j'ai ressenti quand je suis tombé sur le livre de Henri Vernes qui racontait ses mémoires.
Avec les débuts de l'histoire de Bob Morane, je vous parle d'un temps que les moins de cinquante ans ne pourraient pas connaitre. Enfin, ce n'est peut-être pas tout à fait certain vu ce que j'ai pu constater. En consultant Internet, sur eBay et aussi suite au groupe musical, Indochine, en faisait un disque "L'aventurier", vendu à 700.000 exemplaires en 1983 qui faisait l'éloge de de Bob Morane, comme un héros mythique.
Il y a un site français, bobmorane.fr, un autre, belge pour les fans. Cette semaine, un interview de Henri Vernes paraissait dans le Vif-L'Express suite à ce livre de mémoires. La RTBF lui donne l'occasion de parler de son histoire en épisodes sur plusieurs jours.
"On n'a pas écrit un roman d'aventure original depuis l'Odyssée. Un romancier de par essence est un menteur." lance-t-il à qui veut l'entendre. A 93 ans, non conformiste, comme il se dit, il a encore toute sa tête et autant dans le tibia.
En 1953, la sortie de la "La vallée infernale" et du premier Bob Morane. Les autres vont suivre à la recherche de trésors de par le monde. "La Galère engloutie". "Sur la piste de Fawcett" met en scène un personnage qui a existé. Bien avant Jurassic Park, "Les chasseurs de dinosaures". "L'Ombre jaune" apparaît dès 1959 et continuera en plusieurs épisodes.
Il ajoute des femmes dans ses histoires alors que le sexe n'existait pas avant lui dans la littérature pour la jeunesse. Un rythme d'enfer s'en suit, avec un bouquin tous les deux mois. Une foule de personnages me reviennent encore en mémoire. J'ai probablement accroché la saga en léger décalage dans le temps mais je devins un fan inconditionnel. 
Au départ du texte sans images, avec Bob Morane, le cerveau, Ballantine, son fidèle lieutenant écossais tout en muscles, contre tous les ennemis de la société dont le génie du mal, Ming alias l'Ombre jaune qui avait trouvé, lors d'un épisode, le moyen de se reproduire en de multiples clones.
Plus de 200 livres, avec une dérive vers les histoires d'un nouveau personnage Ananké, qui personnifie la destinée, la nécessité inaltérable et la fatalité dans la mythologie grecque.
Troublant aussi de constater que la même année 1953, le personnage de fiction, l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming sortait le roman "Espions, faites vos jeux" avec James Bond, Agent 007. Bob Morane 007 resterait-il jeune, comme tente de le montrer le clip de 2007. Pourtant la différence est importante. On ne s'adresse pas aux adultes. L'éthique, peu de sexe, peu de violence si ce n'est pour le bon droit. Avec Bob Morane, nous sommes plus proche de la saga des Indiana Jones.
J'ai quitté la série des Bob Morane avec "Les Mangeurs d'atomes", son 45ème opus. Obligation scolaire qui déterminait les horizons littéraires différents. Ce livre fut, probablement, à l'origine de mon premier intérêt pour tout ce qui tournait autour de la connaissance de l'atome. L'éthique du personnage devait aussi m'être restée quelque part dans quelques neurones.
Wikipédia dit au sujet de cette collection: "Conçu au départ comme une sorte d'aventurier mi-justicier et mi-barbouze, le personnage évolue au cours de son demi-siècle d'existence pour se trouver impliqué dans des aventures de plus en plus complexes. Aux voyages exotiques, dans lesquels se mêlent espionnage et aventures classiques, viennent se greffer très tôt des thèmes de science-fiction où l'on retrouve l’influence d'un ami intime de l'auteur, Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie.".
Né à Ath en 1918, Henri Vernes, de son vrai nom, Charles-Henri Dewisme, était arrivé dans une famille qui ne pouvait beaucoup s'occuper de lui. Une mère, coiffeuse et un père, boucher et ce furent ses grands-parents maternels qui ont pris le rôle de parents.
Lecteur des histoires de Buffalo Bill, d'Alexandre Dumas, de Victor Hugo et de Freud, dès son plus jeune âge. Il avoue ne pas être un grand lecteur de romans policiers et préférant le roman d'aventure. La mode du détective se fait jour à la suite de la collection "Le Jury" de Stanislas-André Steeman qu'il qualifie d'empêcheur de danser en rond en appréciant mieux Georges Simenon.
A 16 ans, il devient boxeur.
"A 18 ans, j'avais des alouettes sous la casquette" dit-il dans un interview.
Tour à tour, diamantaire, résistant, agent secret, journaliste et ... écrivain.
Ses aventures comme écrivain commencent ou plutôt continuent de plus belle.
La Colombie l'attire. Il rencontre la chinoise, Madame Lou, qui l'entraine en Chine. A Canton, sur la Rivière des Perles, celle-ci tient une maison de plaisir flottante "Bateau de fleurs" où il reste peu de temps avant de partir pour Shanghai.
Revenu à Bruxelles, il rencontre une hollando-anglaise, Alice qui fait partie du MI6 contre les "Boches" comme on disait à l'époque et il devient résistant pour le compte de l'Angleterre.
Hergé, pour lui, n'est pas un bon dessinateur, mais un "ex-collabo, raciste, que les Belges, faute de mieux, ont fait un héros national, une sorte de Manneken Pis atteint de continence d'urine". C'est Franquin qui est le dessinateur de génie et qui devrait avoir un musée.
Au sortir de la guerre, il travaille pour "Femmes d'aujourd'hui". Il devient l'ami de Jean Rey et de J.J. Schellens de l’Édition Marabout qui va changer sa vie. Une mise en bouche commandée sur l'Everest qui venait d'être conquis. Ce dernier va lui commander une série de livres pour la jeunesse pour la collection Marabout-Junior.
Et c'est le jackpot. Son premier livre marche mieux que prévu alors que son auteur est déjà reparti vers d'autres aventures en Amérique du Sud sans avoir l'écho de ce succès comme prélude à tous les autres.
Qu'est-ce qui avait fait l'engouement?
Les aventures, bien sûr, les voyages, l'originalité, mais aussi la manière simple de les raconter. Quand, en plus, la science fiction se greffe sur la science tout court, la théorie des quantas, tout reste plausible et on arrive à la passion par tous les chemins.
Aujourd'hui, manque de place oblige, les Bob Morane ne sont plus dans une caisse de ma cave. Cela me plairait de replonger dans certains d'entre eux pour voir si l'Ombre Jaune exercerait toujours, chez moi, la même fascination.
La BD et le cinéma se sont emparés de ces histoires.
Ce n'est qu'en 1959 que ses aventures vont entrer dans la BD par l'intermédiaire d'Attanasio, Forton, Vance et Coria, mais c'est Vance qu'il a préféré pour correspondre à l'idée de Morane. Extrait "Semeur de foudre (1963)".
Son livre "Mémoires" ne parle pas tellement de son personnage de fiction, mais de son auteur lui-même. "Ma vie n'a pas commencé avec Bob Morane", dit-il pour le confirmer. Il nous apprend, ainsi, ce qui se construisait en arrière-plan. Son héros n'apparaît qu'à partir de la page 400.
L'aventure avec le Marabout Junior se termine mal avec la chute de Marabout dans les années 70 et qu'il attribue à André Gérard qui, d'après lui, s'il a été le fondateur de Marabout, n'avait jamais dû avoir lu un bouquin.
Le secret du succès de ses livres? Il cite sa méthode de travail: "pas de plan de travail, une idée vague de départ qui se doit de lui faire plaisir, l'enchaînement de hasards, de l'imagination, un titre accrocheur, une couverture qui doit satisfaire toutes les aspirations par la seule suggestion".
La préface de son livre, écrite par Jean-Baptiste Baronian, va me confirmer dans mes impressions: "Au fond, les mémoires sont de faux portraits de soi tels qu'on veut les laisser à la postérité", disait Georges Simenon qui lui rappelle Henri Vernes. Le portrait d'un héros qui ne se serait jamais trompé, Henri n'en a cure. Seul le plaisir de raconter les principales aventures de son existence, de son enfance au lancement de Bob Morane et des suites. Il a un cœur à géométrie variable qui se serre et bat la chamade dès que les regrets et les souvenirs le submergent avant de se barder et devenir dur comme de la pierre.
Des phrases du livre en disent long sur le personnage: "Il en est des objets comme des hommes, ils finissent par avoir tellement vieilli qu'ils ne peuvent plus vieillir". "Il n'est pas meilleur faux témoins que le hasard". "Une longue vie aventureuse que n'aura jamais été que le creuset fraternel de la vie des autres". "Une vie dans laquelle il ne faut jamais prendre conscience de son bonheur pour ne pas tomber dans la crainte de la perdre et qui déjà, serait, ainsi, en train de se ternir". "Le Mal, de par sa seule existence, a droit, lui aussi, à la reconnaissance", écrit-il.
Les titres de chapitres du livre sont tous des hommages, des offrandes qui commencent par "Pour...". Pour Yvonne, Adèle, Alice, Katia, Gilda, Georgette, Ranoucha, Olga, Concha... Toutes des rencontres avec les femmes et quelques amis qui ont fait partie de sa vie.
N'est-ce pas une bonne manière de se définir en se comparant à son imaginaire, à se rapprocher des autres?
"Que quelqu'un reprenne Bob Morane? Je n'en ai rien à foutre", lançait-il.
Mais qui aurait encore son talent de conteur pour jeunes de cette manière? Par quels artifices remettre au goût du jour des "histoires de chevalier blanc" avec une éthique irréprochable?
Que diraient les jeunes d'aujourd'hui, de ces histoires de Bob Morane sans images sous la forme de Marabout, eux qui ont été habitués à plus de violence, qui vivent l'aventure, les voyages sans se déplacer au travers de toutes les vidéos du monde, dans une époque où le pétrole est devenu hors prix pour aller sur le terrain?
Les Editions du Dargaud-Lombard ont repris la publication des intégrales sous forme de BD.
Les projets ne semblaient, pourtant, pas terminés, comme Henri Vernes le déclarait en fin de l'interview du Vif-L'Express.
Wait and see...
L'enfoiré,
Citations:
- « L’aventure, c’est d’abord l’ouverture aux autres. », Anonyme
- « C'est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d'aventure. En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles. », Thornton Wilder
- « Bien lire l’univers, c’est bien lire la vie. », Victor Hugo
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05/04/2012
Curieuses histoires des inventeurs belges
Dans la même collection, après "Curieuses histoires des Aventures belges", voici "Curieuses histoires des inventeurs belges"
Si les Belges ont voyagé à travers le monde, il a aussi des talents d'inventeur. Yves Vander Cruysen dévoile un nouvel aspect du patrimoine historique belge, souvent méconnu et dont il y a lieu d’être fier, d'après lui.
S'ils ont toujours été innovateurs au travers de l'histoire, les Belges sont assez discrets sur leurs réalisations souvent rattrapés par des challengers plus rapides à breveter les inventions.
On trouve les traces de leur créativité dans l’agriculture, la mobilité, les armes, la construction, les beaux-arts, la médecine, la physique, la chimie, l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique, la biotechnologie.
Si l'on consulte Wikipedia dans la cathégorie "Inventeurs belges", les plus célèbres en ressortent. L'auteur du livre a seulement voulu creuser plus loin pour trouver des inventions belges, parfois insolites, souvent surprenantes et, de temps à autre, considérées comme leurs, mais à tort, par nos voisins français !
En médecine, il y a les découvertes anatomiques d’André Vésale qui a découvert que les vaisseaux sanguins partent du coeur et non du foie, le traitement des fractures par Louis Seutin, les forceps par Jean Palfijn, le traitement des cataractes par Henri Grandjean, les recherches en immunologie par Jules Bordet ou de Christian de Duve...
En géographie, le premier atlas "Thatrum orbis terrarum" d'Abraham Ortelius...
En physique, la dynamo de Zénobe Gramme,, le traitement du zinc de Jean-Jacques Dony, la théorie du Big Bang par le Chamoine Lemaitre,
En chimie, le polyoxybenzylméthylèneglycol dénommé "bakélite" par Léo Baekeland, la découverte du gaz par Jean-Baptiste Van Helmont, baptisé le Leonard de Vinci bruxellois. L’extraordinaire destin d’Ernest Solvay, qui fonda un véritable empire industriel après avoir découvert un procédé de production de carbonate de soude. Il a donné son nom à des dizaines d’artères en Belgique, en France ou en Allemagne, mais aussi à un astéroïde, ou à une montagne de l’Antarctique. Mais il fut un patron aimé qui a donné beaucoup d'avantages à ses ouvriers.
En botanique, Charles Morren, la fécondation artificielle de la vanille qui naturelle, serait restée au Mexique, pollinisée par une abeille locale (1837).
En mobilité, le moteur à combustion avec les bougies, les soupapes d’Etienne Lenoir (1860), Camille Jenatzy franchit le premier la vitesse "colossale" de 100 kms/h au volant de sa "Jamais contente" qui, figurez-vous, est une voiture électrique (1899), les trolleys de Charles Van De Poele, le Club Med par Gérard Blitz,... C'est Simon Stevin qui invente le char à voiles, une science basée sur les maths en 3D à en devenir riche en Hollande.
Parmi les beaux-arts, la peinture à l’huile dont Jan Van Eyck a accéléré le séchage par la cuisson et l'ajout de résines, le saxophone d’Adolphe Sax, le piano-droit de Jean-Joseph Merlin, l'Internationale, chantée de par le monde comme symbole du socialisme et du communisme, composée par Pierre De Geyter ( 1888).
Dans la presse, le premier journal de presse écrite d’Abraham Verhoeven avec son périodique "Nieu Tijdinghe" ce qui ne lui a pas empêché d'être censuré et de faire faillite.
En cuisine, les pralines de Jean Neuhaus.
En commerce, le premier Grand Magasin de la famille Orban, le "Prêt à porter" de Jean-Nicolas Colard (1840) …
En technologie, les prémices cinématographiques de Joseph Plateau appelé le "phénakstiscope" (1832), la montre automatique à rotor de Hubert Sarton, la passoire pour légumes de Victor Simon mais, il oublie de déposer le brevet et c'est Moulinex qui reprend à son compte (1928), dans le "Traité des communications" de Paul Otlet et Henri La Fontaine avec le projet Mundaneum, tout était dit théoriquement mais c'est avec Robert Caillau qui sera un co-inventeur d'Internet, accaparée par la suite par les Américains.
Stop ou encore? On continue, mais en vrac, avec les moissonneuses batteuses des Trévires, les béguinages, le pèse-personne, le patin à roulette, les meilleures poires de la planète, les premières expériences génétiques, la lampe à incandescence, le char à voile, le porte-monnaie électronique appelé Proton... et malheureusement, les mitrailleuses, le gaz moutarde.
Tout cela est bel et bien sorti de l’imagination, de la créativité, de l’esprit d’entreprendre et de recherches ou du cerveau observateur de quelques Belges.
Suspense: Qui a inventé la frite?
Les Parisiens, en 1789, avec les Pommes Pont-Neuf. Mais Frédéric Krieger fera fortune en 1838 à Liège avec les baraques à frites. En plus des frites, il y servait les beignets aux pommes et les gaufres dégustées avec de la bière, du vin ou du cognac. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles. Apparemment, Les frites belges ne sont pas prêtes de prendre des rides. Mais ce sont bien des "French fries".
Tout n'a pas mené à la fortune pour ces inventeurs.
Aujourd'hui, 750 brevets belges sont déposés chaque année au niveau de la Belgique, plus de mille à celui de l'Europe, sans toujours trouver acquéreur pour être exploité.
Une invention originale bien dans l'air du temps? Le Glutton, l'aspirateur de rue qui une fois inventé par Christian Longe, se retrouve partout dans les villes du monde.
Cela place la Belgique en 10ème place derrière le Luxembourg, la Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède, mais avant la France.
Dix ans que Yves Vander Cruysen planchait sur cet opus avec l'objectif de redonner à César ce qui est à César.
L'auteur explique son livre ainsi:
"Sans la moindre ambition historico-scientifique, j’ai simplement voulu raconter quelques destins, quelques belles genèses qui ont permis à quelques-uns de nos concitoyens de rentrer dans l’Histoire avec pour objectif d’offrir aux lecteurs un patrimoine à récupérer et à partager. Bien sûr, l’ouvrage n’est pas exhaustif. Je me suis attelé à présenter les inventions qui ont laissé des traces. Les Français se sont accaparés la paternité de nombreuses de nos inventions car, avant 1830, le dépôt des brevets se faisait à Paris. Ce n’est pas de la belgitude mais bien de la fierté nationale. La Belgique a beaucoup apporté. La rédaction du livre n’a pris que quelque mois. C’est la recherche de documentation qui prend le plus de temps. Chaque soir, quand je rentre chez moi vers 23h, je m’installe deux heures derrière mon ordinateur et j’écris un chapitre. C’est une sorte de somnifère pour moi.", disait-il.
Un peu chauvin, il l'avoue et le revendique. 
Quelques anecdotes croustillantes font partie de ces inventions que je vous laisse découvrir dans son livre.
La Belgique est petite sur la planète Terre. S'il parait qu'on la voit à partir de la station spatiale, cela reste dû aux lumières électriques sur les autoroutes, bien entendu.
Dernièrement, une blague belge me parvenait d'outre Atlantique:
À Paris, un Belge se présente dans un bar et s'installe devant le comptoir. Le patron le salue et lui demande :
-Bonjour Monsieur, qu'est-ce que vous prenez?
-Un gin tonique... Merci !
-Il boit d’un coup sec et se dirige immédiatement vers la sortie?
Le patron l'interpelle :
-Hé, Monsieur, vous n'avez pas réglé l'addition.
-Mais je ne vous ai rien demandé, c'est vous qui m'avez demandé : « Qu'est-ce que vous prenez ? » Faudrait pas me prendre pour un imbécile sous prétexte que je suis belge.
Pour éviter le scandale devant ses autres clients, le patron, furieux, laisse le Belge sortir et finit par oublier cette histoire.
Le mois d'après, le Belge refait son apparition dans le bar et cette fois, le patron qui se rappelle la triste mésaventure reste muet.
Le Belge reste immobile devant le comptoir pendant plusieurs minutes, plusieurs heures. Il finit par faire signe au patron qui jubile et dit :
-Alors ?
-Je voudrais des cacahuètes.
-D'accord, mais vous allez payer cette fois ?
Le Belge sortant 1 euro de sa poche répond :
-Évidemment puisque je vous les commande...
Une fois son assiette de cacahuètes servie, le Belge commence à les écraser une par une avec une cuillère pour en faire de la poudre. Étonné, le patron interroge :
-Je peux vous demander ce que vous faîtes ?
-Oui, je pile des cacahuètes pour aller à la pêche, ça me sert d'appât. En fait, cette technique fonctionne très bien pour les gros poissons ...
-Ah bon ? Et qu'est ce que vous prenez avec ça ?
-Un gin tonic... Merci !
Quand je vous disais qu'un Belge avait des ressources, ce n'était tout de même pas, en plus, celui-ci qui aurait inventé le mouvement perpétuel?
L'enfoiré,
L'Imperia une affiare belge qui roule à nouveau. La firme verviertoise Nessonvaux, entre 1904 et 1958, produisait cette marque. En 1913, la production d'une voiture hybride reprend le flambeau. Prix : entre 90.000 et 125.000 euros
Alors, en plus pratique, la Belgique c'est quoi aujourd'hui sur l'échiquier européen?
Citations:
- « Suppositoire : Une invention qui restera dans les annales. », Anonyme
- « La pudeur est née avec l'invention du vêtement. », Mark Twain
- « L'inventeur de l'escalier habitait sûrement au premier étage. », Philippe Geluck
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08/03/2012
Sex, books & Rock'n' Roll
Le thème de la "Foire du Livre" était, pour le moins, assez "tendance". Alors j'y suis allé comme souvent d'ailleurs. Alors, un reportage... intéressant, humoristique, du moins, je l'espère.
Un article, un sujet qui donne un peu de souffle dans une période agitée est toujours le bienvenu? Pas si sûr d'y arriver... le billet sera plutôt fait de petit lait, mais en poudre et sans crème. Sans cacher les mots sensibles, cela resterait "Bête de Foire. Dure à cuire. Livres d'or. Gaufres de Bruxelles".
Lire et le plaisir de la lecture, il faut en avoir l'échantillon complet des disponibilités et sortir parfois de celles que l'on trouve chez le petit libraire spécialisé du coin ou d'une FNAC qui élargirait sans arriver à tout présenter. Alors, pourquoi pas passer à la Foire du livre.
La Foire du Livre du Bruxelles, la 42ème du nom, cela fait un fameux bail...
Dans son enceinte, 250.560 livres, 1.300 éditeurs sur 20.000 mètres carrés d'exposition, cela fait toujours un sacré potentiel de monde au balcon.
J'aime fureté d'un livre à l'autre en d'autres temps, mais là, vraiment je prends mon pied. Enfin, façon de parler... c'est pas par là que cela se passe.
Tour et Taxi, un endroit très propice pour cela. Attention, je préviens n'y passer pas trop souvent. Nos bons pavés bruxellois, garantis d'origine sur facture, vous réveilleraient si d'aventure vous aviez décidé de ne pas rétrograder de vitesse. De plus, vos amortisseurs Mac Pherson n'apprécieraient pas et perdraient la particule "Mac" pour ne devenir que "Mec" ou même moins. Bert Kruysman en parlait dernièrement avec son humour particulier que j'apprécie toujours.
Mais dans T&T, on peut bien y passer une journée, si on est un peu fureteur. Pris par le temps, je devais faire "vite" et sauter d'éditeur en éditeur.
Cette année, un thème assez inattendu "Sex, books & Rock'n'Roll".
Il n'y pas longtemps, un autre salon "Fureur de lire" précisait ses objectifs "faire vendre des livres", livres qui semblaient être en perdition. Enfin, perdition, tout dépend pour qui.
Pourquoi ce thème? L'interview de sa commissaire clarifiait et Ana Garcia était chargée d'en donnait l'envie.
"Mettre la Foire sous l’égide de « Sex, Books & Rock’n’Roll », c’est rappeler cette généalogie commune de la rébellion et de la liberté, de l'égalité des sexes qui rassemblent désormais le livre et le disque avec le cinéma et les arts vivants, dans leur résistance à la morosité et à la tristesse. La plus subversive des valeurs contemporaines est la beauté. La plus subversive des pratiques contemporaines est la culture pour oublier les crises actuelles et construire un monde meilleur.".
Un mai 68, qui sommeille? Ouvrir le bal aux langues étrangères, l'anglais, l'italien...? Un signe que le rock n'appartient pas tout à fait au passé et à une seule culture? Le rock est un marché très longtemps resté inconnu et beaucoup d'éditeurs auraient sauté dans cette niche pour en constituer des collections entrées dans l'histoire.
La génération des soixante-huitards, arrive à une époque de la retraite et ont plus de temps pour lire, était-il remarqué. Les "croulants" ont encore de la marge... et des bénéfices à engendrer.
Beverly Jo Scott, présente, en donnait une interprétation personnelle suite aux questions des médias.
Des éditions parleraient, aussi, de la période de Margaret Thatcher et la montée du chômage qui en fait partie.
Là, on est vraiment entré de plein pieds dans la période que j'avais déjà décrite, il y a un an, dans "Décennie 80'ties, toute en contrastes". Repérer les titres des chansons de l'époque, les entremêler avec la politique fut, pour moi, un sport aléatoire qui m'avait passionné, surpris, tout en prenant beaucoup de temps. Les souvenirs, la nostalgie, n'ont pas de prix. Cette époque, parait-il, est toujours la plus étudiée dans les départements "sciences humaines" des universités.
Mariane Faithfull, prise comme la meilleur icône du Rock, avait ouvert la Foire.
Était-ce un bon présage avec la maxime du rockeur Ian Dury, "Sex, Drugs and Rock'n'Roll" remaniée par la Foire du livre de Bruxelles?
"Tout comme la musique, le livre a toujours été un monde où des vies autres pouvaient être imaginées.".
Arrivé, ce samedi, à l'ouverture, les livres attendaient les visiteurs qui s'engouffraient à flux constants soit avec le ticket gratuit à la main ou par le locket de la vente des billets.
Peu nombreux, au départ, mais cela allait très vite changé et on arrivait à se bousculer dès la mi-journée.
Sur place, les traditionnels endroits dédiés aux maisons d'éditions. Je n'ai pas vu les personnalités du rock dans le monde de la littérature ou de la bande dessinée comme Stephan Eicher, Lydia Lunch, David Bartholomé, Geike, Mathias Malzieu, tous au menu des festivités... pas plus que les conférences qui devaient traiter de la monstruosité du Marquis de Sade, du libertinage ou du plaisir féminin. Des journalistes spécialistes du rock comme Thierry Coljon...
Oui, il doit y avoir eu ces genres d'événements, mais toutes ces célébrités ne viennent pas aux petites heures matinales. Elles aiment les après-midis, la grande affluence pour en recevoir un maximum d'écho de leur visite. Pour moi, c'est tout le contraire.
De toutes manières, je vais devoir vous décevoir. Si je les avais croisé devant moi dans la foule, ces personnes seraient restés, pour moi, comme des inconnus célèbres. Cela doit être, ainsi, que l'on remarque ne plus être dans le coup. Tout dépend de l'effet du coup ou, qui sait, de la longueur du cou.
Comme caricaturistes, Kroll, Vadot étaient au programme des visites mais suivaient le même chrono.
Pourtant, parmi d'autres petites conférences, j'allais assister à deux réunions avec des sujets de discussions avec un certain intérêt.
Le livre papier face au livre numérique.
Le média en papier subissait des attaques via la version numérique. Certains osent parler de tsunami dans le monde de l'édition. Peu de journaux font encore du bénéfices et les livres papiers ne font guère mieux. Tous les acteurs de l'édition, les droits d'auteurs sont touchés via Internet. Les tablettes ont ajouté une couche. Le nouvel iPad arrive. Alors, le premier éditeur littéraire belge sort avec une nouvelle approche "Onlit books" sous forme de e-Book, de romans en textes numérisés, téléchargeables pour un prix variant entre 0 et 4,99 euros. Rien que du texte, mais qui, en réponse à une question d'une auditrice, pourrait s'étendre par l'insertion d'autres médias, musicaux, vidéos.... mais, dans un futur, non précisé.
Les manuscrits proposés sont validés par un ensemble de lecteurs avant d'être publiés.
Dans le catalogue, en 2011, était annoncé 70 auteurs, à ce jour 600.000 visiteurs.
Les avantages du numérique étaient nombreux: le coût minimal, la pérennité en virtuelle assurée, l'interactivité, la disponibilité, la place de stockage réduite à néant et n'avoir rien à envoyer au pilon pour cause d'invendus, les hyperliens qui permettent, grâce à Internet, de se référer à de l'expérience vécue et de ne pas travailler dans le vide d'une pensée unique.
Les désavantages, la coupure de courant, le piratage, le manque de toucher du papier et la lecture à un écran toujours moins bien perçue ou aimée. Pour ce dernier point, tout est dépendant de l'expérience du lecteur dans l'utilisation de l'odinateur et aussi, est plus appréciée par les plus jeunes générations. Dans le domaine de l'informatique, cela fait des années que l'on essaye de supprimer le papier pour le remplacer par du texte mis sous forme électronique après avoir transité, un temps, par des microfiches.
Du côté de la connaissance humaine, Wikipedia a rendu obsolète l'Encyclopedia Universalis. Les 32 volumes de l'Encyclopedia Britannica passe au 100% numérique. 45% des jeunes n'ont jamais ouvert d'encyclopédies papier, 76% ont utilisé Wikipedia. Le réflex est devenu de consulter Google à la moindre question.
Le livre aura un futur comme produit hybride, disait Gallimart.
Ce n'est d'ailleurs qu'à peine trois ans que cette société d'édition a compris qu'il fallait s'y mettre au numérique.
Les liseuses restent encore chères mais elles deviennent de plus en plus pratiques, plus lumineuses, avec une autonomie grandissante, tout en simulant la lecture d'un livre papier dans leurs présentations à l'écran. Dans les forums, on en parle, ce qui est un bon signe.
Rien de bien nouveau sous le soleil, si ce n'est que les éditeurs de livres "ancienne mode" doivent, désormais, se réorganiser, adapter leurs prix et leurs tendances pour ne pas mourir de leur belle mort.
Une interview de Philippe Maystadt sur l'Europe.
En tant que patron de la BEI, il était là pour la promotion de son nouveau livre "Europe: le continent perdu?".
Il se devait d'être convaincant et avoir quelques idées neuves. Répondre aux faiblesses de l'Europe dans le monde par des alternatives.
Constater que l'erreur aurait été d'avoir pris en compte uniquement l'aspect budgétaire. Que les bons élèves de l'Europe à l'époque du Traité de Maastricht étaient ceux qui aujourd'hui, plombent l'Europe pour excuser les erreurs de la politique choisie. Remarquer que les déséquilibres, le boom immobilier n'auraient pas pu être décelés avant d'y être plongé. Que l'évolution des comptes courants aurait dû être suivis plutôt qu'uniquement le PIB. Que la Commission devait être mieux encadrée. Que la Commission était trop bureaucratique avec des processus de décisions trop lourds. Que l'arrogance de la Commission ne passait pas bien. Que pour répondre aux défis avec plus d'efficacité serait que l'Europe parle d'une seule voix en rendant l'intégration moins technique et plus politique. Qu'abandonner la règle de l'unanimité et organiser la solidarité financière par des euros obligations et ainsi créer un état fédéral comme le serait les États-Unis. Conclure que le changement de génération en cause puisque la paix n'était plus l'objectif de la génération actuelle était la raison de la situation de désamour de l'Europe...
Stop... Là, c'était trop ou trop peu. J'ai quitté.
Manquait, vraiment, un Taux de Valeur Ajoutée à ma propre connexion après nos années de crises. Ma faim d'informations neuves était-elle trop étendues? Une fureur d'avoir perdu mon temps? Une autre faim, une autre fureur, qui me tenaillait déjà, dans la zone de l'estomac?
Anne Blanpain, spécialiste de l'Europe, dont je connais les chroniques caustiques du jeudi, n'était pas parvenue à lui arracher un peu plus de substantifique moelle. Elle qui m'avait servi dans quelques articles, semblait tirer à balles à blanc, perdues même en lui jetant qu'il avait été un peu à contre courant du flux et de la vague portée par l'Europe.
Non, vraiment, il y avait des livres, du Rock'n'Roll, mais, je ne sais si c'était l'âge de Philippe Maystadt qui ne le lui permettait plus, mais lui manquait terriblement de sex-appeal, en général.
Je me suis mis à imaginer, que les rôles étaient inversés. Que c'était Anne Blanpain qui était interrogée. Là, je me suis senti mieux. Une femme à la BEI, pourquoi pas? Il y en a bien une au FMI.
Je jure que je ne pensais pas que quand cet article paraîtrait ce serait le 8 mars, le jour de la femme.
Puisque nous sommes à l'ère de l'image, voici quelques photos de tout cela en un clic, comme une réconciliation avec la Foire.
Puis, si cela ne marche pas, il restera les livres, les textes avec un alphabet constitué de bons mots qui font de petites phrases bien cadencées...
L'enfoiré,
Citations:
- « Il y a plus d'un âne à la foire qui s'appelle Martin. », Proverbe français
- « Si tu vas à la foire sans argent, Lève le nez et retourne-t-en. », Proverbe auvergnat
- « Conversation. Foire où chacun propose ses petits articles mentaux, chaque exposant étant trop préoccupé par l'arrangement de ses propres marchandises pour s'intéresser à celles de ses voisins. », Ambrose Bierce
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21/10/2011
Dis-moi ce que tu lis, je te dirai ce dont tu rêves
Il y a bien longtemps, j'écrivais "L'éloge à la lecture". Mais il faut être orienté pour faire aimer la lecture, tellement il y a de choix. Qui lit vraiment? Ceux qui lisent, que lisent-ils?
Christophe Evans, sociologue de la lecture, donnait ses constations dans le Vif-L'Express avec la question "Que lis(i)ez-vous a vingt ans".
La "Fureur de lire", l'opération de séduction pour les livres, fêtait ses vingt bougies en octobre. Les jeunes lisent de moins en moins ou n'importe quoi, disent les "vieux". Était-ce mieux chez les soi-disant "vieux"?
En d'autres mots, ceux-ci ont-ils montré le chemin de la lecture, de manière efficace, aux plus jeunes ou se sont-ils laisser eux-mêmes à la paresse des médias plus modernes?
La lecture des livres est en net recul dans toutes les catégories de lecteurs.
Pas plus de lecteurs d'aujourd'hui que ceux du milieu des années 60, donc... Régression puisqu'en principe, l'éducation s'est allongée, que le nombre de médias disponibles n'a jamais été aussi important, que le choix de lectures explose.
Les magazines, journaux en ligne ont pris le dessus, est-il dit. Les journaux se plaignent pourtant de leur rentabilité. France Soir vient de cesser la publication de son journal en papier.
Il faut que les infos soient non payantes pour suivre le leitmotiv d'Internet qui dit "tout est gratuit" (en apparence du moins).
Internet, malgré son potentiel, a restreint le nombre d'heures de la "lecture pure et dure" pour se concentrer sur ce qui se consomme bien et s'énonce consciemment: l'actualité.
Les lecteurs s'évadent aussi vers la lecture de forums citoyens pour y trouver une autre vérité.
La lecture "littéraire" ne fait plus recette. Point.
On veut du court, du pratique et parfois, quand il reste du temps, du rêve.
Du pratique et du professionnel pour permettre aux lecteurs de rester à la pointe de la technicité et ainsi rester dans le coup dans les conversations. Ajouter l'utile à l'agréable et le payer au juste prix, tel est le contrat. Le côté plus savant est rejeté au calendes grecques, pour des moments plus propices comme les vacances, des moments pour espérer se ressourcer. Pour, en finale, se ressorcer avec des livres policiers dans ces moments privilégiés.
Les bouquins "fonctionnent" s'ils sont en phase avec l'esprit du temps et s'éditent quand le nombre de pages se limitent à 200 avec une police des caractères à gros caractères. Ça les use les yeux, la lecture de petits caractères!
Amélie Nothomb s'est fait une spécialité de phrases courtes et d'histoires courtes. Son dernier livre "Tuer le père" suit cette règle avec seulement 150 pages et une police de caractères "bien en chair". J'ai lu quelques bouquin de la dame au grand chapeau. J'en ai aimé certains, d'autres moins.
Rester original, imaginatif est la clé du succès.
La BD, elle, reste chère alors elle est lue à la sauvette, dans les librairies et grandes surfaces qui permettent la lecture en son sein.
Le livre de poche, malgré une sortie plus tardive que la version originale, plus luxueuse, moins chère et plus transportable.
Qu'est-ce qui fait un "Bestseller"?
Première constatation: les titres, considérés comme bestsellers, ne sont pas les mêmes dans toutes les librairies à se partager les podiums "bestsellers". Pas d'unanimité. Cela commence déjà mal... ou à y réfléchir, peut-être, bien, au contraire.
Plus question de Flaubert, Zola, Balzac, Hugo comme noms qui font rêver. C'est d'accord. Trop scolaires, trop descriptif et/ou plus dans l'air du temps, ils n'intéressent plus que les étudiants romanistes. Libres de tous droits, au besoin, Internet existe pour les retrouver. Donc, les lecteurs passionnés sont ailleurs.
Inventer des scenarii impossibles et y faire pénétrer le lecteur, l'espace des quelques pages.
Ken Follet joue sur deux tableaux, les chroniques historiques saga, comme "La chute des géants" et les histoires plus courtes comme le "Scandale Modigliani" avec un regard dans le passé.
Bernard Werber qui a abandonné les sagas des fourmis, s'intéresse à plus existentiel dans son "Rire du Cyclope", tout en s'infiltrant dans la lecture plus savante.
Dan Brown s'intéresse aux histoires parallèles et se complait dans l'écriture de grands succès garantis par le mélange des réalités et des fictions sans véritables frontières. On ne change pas ce qui marche. Il faut seulement se rappeler que ce sont des romans.
C'est la distillation harmonieuse des réalités dans la fiction qui fait grimper les ventes.
La science fiction, c'est déjà entrer dans un stade plus évolué. On se perd déjà dans le présent, alors dans le futur, on risque de s'y égarer.
Guillaume Musso avec "La fille de papier" imagine la vie qui ne tient plus qu'à un livre, chez un écrivain en panne d'inspiration, alors que son "L'appel de l'ange" mélange les secrets d'interlocuteurs qui par inadvertance, ont échangé leur téléphone portable. Situation plausible mais dont l'extrapollation peut mener aux situations alambiquées.
Marc Lévy, dans "Le voleur d'ombre", a son héros qui capte les secrets de ceux qu'il croise. Imaginer et vous serez considérez, encore une fois. Etre traduit en un quarantaine de langue multiplie les chances.
Eric-Emmanuel Schmidtt dans "La femme au miroir" utilisent la magie du temps qui mettrait en présence trois époques, trois femmes mais qui pourraient être, en définitive, la même femme.
Dans un monde imaginaire, le lecteur se sent transporté par téléportation dans le temps et l'espace, sans quitter son fauteuil.
Mais qu'est-ce que rapporte un "Bestseller" à son auteur? Les noms les plus connus se feront des ponts d'or, d'autres vivoteront, comme partout, mais, encore...
Les romans francophones arrivent, loin derrière, les américains.
Marc Lévy et Katherine Pancol ont empoché 1,8 millions d'euros, hors taxe, grâce aux 15% sur le prix. Le livre de Poche réalise 5 à 6% pour son auteur.
Le magnat du thriller est l'américain, James Patterson. Il invente des histoires en rafales que des collaborateurs se chargent ensuite d'écrire. Un truc comme un autre d'avoir des nègres à son imagination. Un roman sur dix sept est signé James Patterson. Ainsi, il a amassé 84 millions de dollars, en 2010 à raison de huit ou neuf bouquins par an. Son héros, Alex Cross, son Women's Murder Club, des intrigues féminisées, des feuilletons sans fin, comme ingrédients d'une cuisine ou d'une usine à succès.
La 2ème marche est pour Danielle Steel, la reine du roman rose et Stephen King avec Twillight. Les Harry Potter, portés au cinéma, font un tabac chez les jeunes.
De l'exotisme, un peu de sexe, quelques descriptions suggestives et le compte est bon?
Pas toujours. Il y a aussi les drames psychologiques, mixés à de l’espionnage, une histoire d'amour, un roman d'idées comme on peut le trouver sur la couverture du livre à succès du plus français des Amércains, Douglas Kennedy, "Cet instant-là".
En fait, lire s'apprend. Comme avec un ordinateur, en commençant par y "jouer" et pas en se forçant à l'étude d'un traitement de texte ou d'une feuille de calcul.
Pas question pour moi d'avoir cité ces titres de livres pour en faire de la pub. Il suffit d'aller voir ce que les grandes surfaces ou les librairies qui se croient délégués comme conseilleurs de leurs clients. 
Les médias et les vendeurs de livres influencent les lecteurs. Ça, c'est sûr.
Bernard Pivot avec "Bouillon de culture", suivi de "Apostrophes", ont invité les écrivains pendant plusieurs années.
"Une prestation honorable de l’auteur associée à une belle mise en place dans le rayon Apostrophes suscite souvent une augmentation spectaculaire des ventes et un surcroît appréciable de notoriété à la grande joie des professionnels du livre mais au dam de certains intellectuels et d’écrivains.", dit Wikipedia à ce sujet.
La raison serait-elle que la critique n'est pas aimée par tous? Le livre manque d’interactivité entre l'écrivain et le lecteur. Le droit de réponse est presque absent.
Plus le temps de tout lire, vu le débit croissant des bouquins. Le lecteur ne veut plus prendre de risques au jeu de passe-muraille ou de colin-maillard, dans lesquels, on lui refile par le bouche à oreille, ce qu'il faut ou il ne faut pas lire. Il veut garder un tant soi peu de démocratie, de pouvoir de choisir lui-même.
Comparer le lecteur d'aujourd'hui à celui qu'il était, il y a vingt ans, n'apporte aucune certitude, ni conclusions. Un lecteur de romans reste un lecteur de romans. Un non-lecteur, un non-lecteur. Et, j'en connais des deux sortes.
La concurrence des médias disponibles comme trouble-fête et qui tuent la lecture sur papier, en cause? Très certainement.
La paresse, face à la difficulté, n'est pas une question d'époque, mais de continuité.
Dans un autre domaine, le film "The artist" qui revient au cinéma muet, est un bon test d'acceptation de ce que la modernité a tué.
Le thème d'un livre doit rester proche et éloigné à la fois et garder un regard sur lui-même. Observer son époque au travers d'un miroir actuel comme modèle de modernité, avec un rétroviseur bien orienté. Se rendre compte, peut-être, qu'on aurait aimer ou détester vivre dans cette époque en refermant un roman historique qui apportera, ainsi, réconfort ou amertume.
Puis, il y a les moments choisis: la période des prix littéraires comme le Goncourt (vendu en 2010, à 520.000 exemplaires). Ils feront sauter le champagne pendant un temps et puis, retomberont dans l'oubli. Ça aussi, c'est écrit. Devenus "Bestsellers", ils seront courtisés grâce au ruban rouge qui enserre la couverture. Malheureusement, le lecteur oublie vite, le ruban se détache de la couverture. Et qui sait, plus tard, quelqu'un attendra une réédition, si le goût du nouveau n'a pas pris le dessus.
Frédéric Beigbeder dans "Premier bilan après l'apocalypse" joue au rassembleur d'idées. Il imagine, dans l'après, ce qu'il voudrait avoir à disposition comme livres. Son "Making of" commence, en fanfare, et explique la manœuvre: "Livres, tigres de papier, aux dents de carton, des fauves fatigués, sur le point de se laisser dévorer. Obsolète, nids de poussières, usine à silence, que l'on remplace par des écrans plats, qui demandent temps, fauteuil et codex. Qui ambitionnent de se projeter dans une autre expérience, dans un monde parallèle. Le livre sur papier est l'invention parfaite, selon Umberto Eco. Le romancier, un ermite qui se créerait une société. Lus par de vieux maniaques, cacochymes, déchiffreurs de l'Univers d'un romancier.".
Bancal désir de choisir Camus, Proust, Kafka et bien d'autres écrivains classiques du passé. Pas même la grande bibliothèque d'Internet et peu d'écrivains d'aujourd'hui s'y retrouvent.
Les jeunes délaissent l'achat de livres, plus incités d'aller voir l'auteur, lui-même. Comme pour les CD de musique. Ils en consomment de moins en moins et préfèrent aller au concert, voir les artistes et sélectionner les plus "sensibles" vu le prix des CD qui, eux, n'ont pas baissé. 
Les livres électroniques, les liseuses et la lecture auront-ils plus de succès si ils s'accompagnaient d'une voix qui interprète le texte? Cette forme parlée restera toujours une interprétation du texte transmise par des lecteurs professionnels, toujours aussi peu interactive. Pourquoi pas un karaoké des textes de lecture? Ainsi, par les intonations du lecteur, pourrait-on s'assurer du degré de sa compréhension.
Le besoin tactile de tourner les pages par le doigt est rappelé par l'utilisation des iPod et iPad pour répondre à l'ergonomie. Steve Jobs, par son "user friendlyness", n'a pourtant pas pu remplacer l'amour "physique" du livre papier, pour ses fans.
Pour les enfants (et les grands ...), la sonnette qui imposait de tourner la page pour garder l'attention n'est toujours pas superflue.
Un habillage sonore, une illustration en 3D, rendre la lecture interactive par un petit micro... Dites ce que vous rêvez, ce que vous touchez, sentez, écoutez, goutez, un auteur en fera, peut-être, le roman qui vous plaira.
Qu'est-ce qu'un bon livre? Réponses multiples:
-"C'est celui qui change un peu son lecteur", dit l'un. "Celui qui apprend une expérience dont on peut extraire une philosophie dans la vie de tous les jours". "Un livre qui fait oublier qu'on est occupé à lire et qu'on est pressé d'en apprendre le dénouement, mais malheureux, pour avoir atteint la dernière page".
Comme partout, ce sont les idées neuves, voire géniales, qui apportent l'intérêt. Rien ne sert de pondre des lignes, si l'originalité, le besoin d'écrire, le plaisir de communiquer son rêve pour l'écrivain et la curiosité du lecteur n'y sont pas.
Dépoussiérer l'érudition littéraire traditionnelle? Si Begbeider l'imaginait avec son livre, ce serait plus une illusion.
Pour certains, les réalités de la vie de tous les jours sont déjà des abstractions à vivre, bien suffisantes, sans devoir les lire.
Le plaisir et la passion sont toujours liés, quelque part.
Je vous quitte. Pas pour la fureur de lire mais pour une envie d'ouvrir le nouveau rêve d'un auteur en espérant que j'y pénètrerai.
L'enfoiré,
Citations:
- "1. Ne jamais lire un livre qui date de moins d'un an. 2. Ne lire que des livres réputés. 3. Ne lire que des livres que vous aimez.", Ralph Waldo Emerson
- "Un best-seller est généralement un méchant livre dont la vente permet à l'éditeur de publier d'autres livres tout aussi mauvais mais qui ne se vendent pas.", Robert Sabatier
- "Les livres peuvent se diviser en deux groupes : les livres du moment et les livres de toujours", John Ruskin
- "Un bon livre est un livre qui fait oublier au lecteur qu'il est en train de lire", Bernard Pivot
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16/01/2011
Tout bouge autour de moi
"Un an après le tremblement de terre et toujours du secours dans l'urgence" est le constat étonnant en Haïti. Qu'est-ce qui arrive à faire survivre les habitants de Port-au-Prince dans un tel constat de désolation? L'écrivain haïtien, Dany Laferrière, était présent lors du tremblement de terre. Son témoignage sur sa ville est troublant de sagesse.
Le 12 janvier 2010 à 16:53 a été une minute qui cachait, en elle, la vie d'une ville, disait Dany Laferrière, lors d'un interview au Vif.
Un tremblement de Terre de 7,3 sur l'échelle de Richter a presque tout détruit à la capitale, Port-au-Prince. 230.000 morts, un million et demi de sans-abris. Dans les jours qui suivirent, 211 miraculés ont pu être sauvés. Des dons ont été engrangés. On estime qu'il faudrait un minimum de 7.750 millions de dollars pour redresser la ville.
Pour un Européen, l'incompréhension est grande de constater le manque de progrès que l'on aurait pu attendre après un an. Pour un citoyen de pays dits "riches", l'argent devait pouvoir servir à tout résoudre et, cela, très rapidement. Difficile d'y voir une amélioration. On continue à vivre sous tente.
Les interviews radio prouvent ce désarrois, cette incompréhension. La reconstrution n'a pas encore commencé.
Mardi 11, le documentaire d'ARTE "Sauvez Haïti." essayait d'expliquer ce qui pourrait être les raisons de la lenteur de la reconstruction d'un pays au pied du gouffre. Au départ, des gens sont morts pour rien, de faim ou par manque de médicaments.
Un an après, tout Haïti se fige dans le souvenir.
Les photos des monuments et site de Port-au-Prince sont là pour rappeler un passé disparu.
Les Européens se rappellent les suites et de l'expérience du tsunami de 2004. Aux anniversaires de tels événements, les suites des efforts, réussites ou échecs, sont toujours analysées et écoutées avec surprise.
Un tremblement de Terre n'est pas un tsunami. Ce dernier efface tout sur son passage. Avec un tremblement de Terre, tout s'effondre sur place et reste bien visible. De 5 à 10% des ruines ont été déblayés suivant un rapport d'OXFAM. Le manque d'organisation en commun des ONG sur place pourrait l'expliquer, en partie. Les fonds versés ne sont d'ailleurs pas totalement écoulés, ni même arrivés. En Belgique, l'opération du type de Haïti 12-12 a rapporté 25 millions d'euros dont 40% ont été utilisés. Les États ont avancés des promesses de fonds "théoriques" de 5 milliards de dollars, alors qu'on parle de 60 millions réellement arrivés.Ce sera peut-être un jour expliqué sur un site qui pourrait, un jour, s'appeler "GiftLeaks".
Les ONG ont évité le pire. Elles ont secouru avec des dons en eau, en soins médicaux d'urgence. L'épidémie de choléra, quoique prévisible, a ajouté aux difficultés et aux surcoûts. On compte déjà 3600 morts des suites de cette maladie, 91.000 cas ont été traités.
Dans son livre, "Haïti kenbe la" (Haïti, debout), Rodney Saint-Eloi de MSF avouait son sentiment d'impuissance, suivi par une impression de vide dans les premiers mois. Plus tard, de retour pour le problème du choléra, il découvrait toujours les tentes, mais la population était mieux traitée, mieux organisée.
La Croix Rouge a entrepris la construction de 600 maisons antisismique, mais il faudra bien 10 ans pour arriver à un résultat honorable. Il s'agit, avant tout, de faire le cadastre pour déterminer à qui appartient quoi et où construire.
Le président Préval est accusé d'inertie. "Pas de progrès dans la reconstruction sans démocratie", dit-il pour se dédommager ou pour conforter son auditoire occidental qui voit la démocratie comme d'un produit miracle.
Être utile, rester solidaire avec les Haïtiens, mais comment?
Sont-ils dérisoires, ces dons? En pure perte? Pas du tout. Ils doivent seulement être distillés en fonction de besoins conformes à l'éfficacité maximale. Pas besoin de pitié, non plus dans ce processus.
Le reportage d'ARTE parle de la Fondation de Bill Clinton et des gens qui s'en sont occupés souvent à partir de l'étranger, d'Angleterre, dans ce cas précis.
Comme il fallait réveiller les consciences, comme les grandes catastrophes peuvent le faire, il s'agissait d'organiser un "festival des bonnes intentions", de casser la "structure de l'instantané", de négocier avant de décider. Pays où chaleur, désorganisations, habitudes de concentration humaine comme à Port-au-Prince avec ses 2,5 millions d'habitants, n'est pas la même situation que d'où l'argent est sensé provenir. Ce serait sans compter sur le choc de cultures qui diminue d'autant l'efficacité.
Un match de la commémoration s'imposait pour marquer ce premier anniversaire d'une pierre plus blanche. On pense aux symboles, en premier. Ce fut reconstruire, redresser le Marché des Halles au centre de la ville, qui n'a été que partiellement déséquilibré. Le délais était fixé à décembre. Une foule de surprises retarde ce projet pourtant très étudié. La méthode forte, on ne connaît pas sur le terrain. Contourner l'Etat quand celui-ci n'apporte pas d'aide. Il faut, dès lors, prévoir l'imprévisible dans une intelligence émotionnelle en oubliant la possibilité d'un "effet caméléon" et en espérant pas qu'il ne devienne un "effet papillon". Ce sera des livraisons d'acier qui n'arrivent pas ou ne peuvent pas être acheminées rapidement sur les lieux de leur utilisation. Pas d'outils adaptés et donc beaucoup de temps perdu avec des moyens rudimentaires, ce qui fut un manque à gagner en énergie. Même, le dirigeant du projet "Halle" s'est vu contraint de prendre du retard pour raison de santé. Plus on avance dans le temps, plus l'excitation, l'impatience des habitants augmentent avec la criminalité. Situation qui se transforme progressivement en poudrière. L'humilité du projet fut, dès lors, très nécessaire.
Alors, une question : l'argent peut-il répondre à ce genre de catastrophe?
C'est vrai, nos civilisations de l'efficacité ont l'habitude de se baser sur le symbole "argent" ou de s'exprimer par les "personnalités" déléguées comme des chefs d'états étrangers, représentants arrivés en éclaireurs. De l'argent en dons de toutes sortes peuvent aider, mais c'est sur le terrain que tout se passe, en définitive.
Les raisons de ce retard, de ce sauvetage difficile, se retrouve, peut-être, derrière les réflexions de cet écrivain haïtien, Dany Laferrère.
Exilé, il vivait à Montréal mais il était présent à Port-au-Prince lors de la destruction de la ville. De ces événements tragiques, il a commencé à prendre des notes pour se les rappeler et ne pas perdre ses minutes d'intimité en témoin, avant d'écrire son dernier livre et de donner sa version du comment Haïti parvient encore à survivre. Son livre "Tout bouge autour de moi" raconte ses ressentis avec la connaissance du terrain.
Pour lui, le peuple haïtien puise sa force dans sa culture, son goût simple de la vie. Il subit la pauvreté avec une philosophie particulière. Les récits vaudous, les danses et les chants sont les dérivatifs obligatoires pour permettre de faire ce pas de côté et oublier les événements les plus dramatiques. Le Haïtien est un "mégalo sympa"!, dit-il.
Les cyclones, Les inondations, l'embargo politique, la corruption, l'extravagance, Haïti connaît tout cela, dans son histoire. L'espérance moyenne de vie d'un Haïtien est de 62,5 ans.
Un site en créole peut en donner quelques indices. Il y est écrit "Dans la vie, il n'y a ni prix, ni punition. Il n'y a que des conséquences".
Ayiti et Repiblik Ayiti, Haïti est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ) avec capitale, Port-au-Prince.
Haïti, un pays qui ne fait pas parler de lui que rarement malgré son histoire de désastres divers. Le pays est bien différent au niveau aspect physique environnemental et financier de son voisin, la République Dominicaine. Le terrain a perdu ses arbres, ses palmiers qui attirent les touristes, une fois la frontière franchie vers Haïti.
La négritude est née en Haïti, bien avant Léopold Senghor et Aimé Césaire.
En 1804, Haïti gagnait son indépendance et celle-ci a suscité la panique en Europe esclavagiste. Peur de la boule de neige que cela pourrait engendrer. L'Europe a fait payer chèrement cette indépendance, cette volonté de liberté et d'autogestion. Saint Domingue représentait le quart du PNB français avant l'indépendance. Deux cents ans d'embargo à peine voilés ont suivi. L'écrivain s'étonne de l'empathie actuelle en provenance de l'Europe. Les Américains ont l'habitude de venir en force et puis, budgets épuisés, s'en retournent chez eux.
Haïti est un pays qui a besoin d'énergie, d'humour que le créole rend très bien. Lire, dans Haïti Chérie, que l'argent circule avec une monnaie appelée "gourde" divisé en 100 centimes "kob" et que "les billets de 100 gourdes sont souvent plastifiés, passées, ou enduit et ressemblent à des faux, alors qu'ils ne les sont pas. Ils ont Banknote Américan Company imprimés sur eux. Essayez de prendre des petits billets, évitez les gros billets de 500 par exemple, car inutile, à moins que vous puissiez les échanger à une banque ou les dépenser dans les hôtels chers.", prouve, déjà, un pragmatisme à toutes épreuves, lié à un humour très approprié.
Cette fois, encore, les larmes ne sont plus de rigueur. Les yeux sont secs, épuisés par les mois passés. Elles doivent disparaître pour faire face à l'essentiel, la volonté, l'obligation de continuer à vivre. Les Haïtiens sont des trompes la mort. Si on vit, c'est qu'on a tiré le bon numéro. C'est grave, mais ce n'est pas grave ou cela aurait pu l'être encore plus.
Toute la culture se retrouve dans la peinture naïve, les poèmes. Un crayon, un pinceau et le Haïtien fait revivre son âme même s'il est analphabète. Cela donne un originalité et une fraîcheur que l'on ne retrouve pas dans nos arts traditionnels. Le séisme, le palais présidentiel effondré, en véritable symbole va certainement se retrouver, un jour, dans sa peinture de mémoire.
Les problèmes sont des sujets d'hilarité, de vie quand celle-ci, s'intalle enfin. On y vit en communauté. La solidarité est la technique de base de cette survie au quotidien. La guerre civile inexistante dans la rue, mais emphasée par des mini-troubles, elle se vit, pacifiquement, dans les urnes. Les moments où il peut, donner son avis. La démocratie, cela compte. C'est important, les élections. On y affiche son appartenance avec fierté. C'est le peuple le plus politisé d'Amérique, donc, pas de leçons à recevoir à ce sujet, constate l'écrivain.
Je ne connais pas Haïti, seulement, le Nord de la République Dominicaine. Ce pays connaît une exploitation touristique croissante depuis quelques années avec une infrastructure hotelière très moderne, surtout à Punta Cana. Les "All-Inclusive" attirent le tourisme comme l'aimant. Si la pauvreté, parmi la population, est toujours présente, elle est moins ressentie grâce à l'agriculture et au tourisme. L'espagnol est la langue véhiculaire et non le français comme à Haïti. Entourée d'îles qui parlent en espagnol ne devrait pas améliorer les contacts.
Le phénomène de "politisation" de la population, je l'ai ressenti, en 1994, lors de l'élection du président Balaguer en République Dominicaine.
Ce personnage politique avait, alors, 88 ans. Il était presque aveugle. Pourtant la fougue électorale pour le soutenir était à son comble, en plus, par une population très jeune. Sagesse reconnue des anciens et perdue chez nous? Des camions dévalaient dans les villages, avec dans la benne arrière, des partisans des partis en présence avec des signes distinctifs représentés par un jeu des seuls doigts de la main, levés ou nom en guise de reconnaissance du parti.
Wikipedia rappelle à ce sujet: "Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial suite à l'élection présidentielle de 1986, et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées."
La politique prend autant, sinon plus, d'importance en Haïti. Dans ces moments de détresse, souvent, la population réagit suite aux seuls souvenirs et vont jusqu'à repenser au retour de la dictature des Duvalier comme solution désespérée. Le pire pour avoir un mieux quand le mieux n'arrive pas.
Le Haïtien vit, donc, aussi de symboles, mais de symboles que nos pays ont oublié: les élections, qu'elles soient démocratique ou non. Alors que pour nous, cela semble très futile surtout à l'idée des changements que cela pourrait apporter. Au premier tour, il y avait eu 39 candidats en piste. On pense au recomptage. Un deuxième tour n'a pas encore reçu de date.
Mirlande Manigat, une candidate féminine? La femme en Haïti reste le ciment de la population. C'est elle qui organise la vie au quotidien, toujours en quête de tout ce qui pourrait permettre de manger ou de boire au quotidien. Réalisme féminin mais elle n'existe pas en tant qu'entité unique, d'après l'écrivain Dany Laferrière.
Ce qu'il ne dit pas c'est que le désastre a intensifié la dépendance vis-à-vis des ONG. ONG qui sont parfois proches des églises évangéliste ou de Témoins de Jéhova. La théologie d'Aristide a été remplacée par le culte de la résignation. Si la philosophie haïtienne trouve une solution immédiate dans une solidarité vraie, obligée, le plus désolant est que "se blan o Dieu ki decid" (ce sont las blancs ou Dieu qui décident).
Des questions viennent à l'esprit. Que se passerait-il chez nous si un tel événement arrivait? Sommes-nous mieux préparés? Les désastres sont de moins en moins rares. Les inondations existent un peu partout, dernièrement en Australie, au Brésil, prouvent qu'il faudrait peut-être se préparer à comprendre comment résister aux désastres que nous réserve la Nature.
Les réalités exigent souvent plus de macération pour reconstruire que de construire.
L'enfoiré,
Des Haïtiens parmi les Agoravoxiens?
Ce 19 janvier 2011, tremblement de terre au Pakistan. Questions.
Citations:
- "La prévention des catastrophes naturelles implique, de la part des élus, une intégrité surnaturelle", Anonyme
- "L'histoire de l'humanité devient de plus en plus une course entre l'éducation et la catastrophe.", Herbert George Wells
- "Le tremblement de terre est un mouvement de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation et finit par une tombola.", Aurélien Scholl
- "Qui vise la perfection risque d'ignorer les vertus de ses acquis", Voltaire
08:15 Publié dans Actualité, Amérique, Livres, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
05/07/2010
L'enfer du décor
Un livre, deux vies qui se réunissent pour le meilleur au départ et pour le pire en finale. L'un qui dit dans les moments de tristesse à l'autre "Pendant plusieurs décennies, nous avons fait ... l'humour". C'est le livre de la compagne de Raymond Devos qui m'avait fait découvrir l'envers du décor, l'envers des rires et des sourires que tout le monde lui connaissait. Cette fois, il laissait un goût de sordide dans la bouche.
Le livre, est-il une histoire de famille, sordide, une croisade, une intrigue de palais, une réaction contre les injustices? Un peu de tout cela.
Raymond Devos, un clown artiste qui poussait la logique jusqu'à l'absurde. On connaissait de lui ces bons mots qui faisaient rire.
Samantha Lemonnier, l'auteure de pièces de théâtres, de ce livre, fut sa plus proche compagne. Elle y révèle, son enfance douloureuse avec ses parents ruinés, la perte de ceux-ci, l'envoi chez sa tante, la rencontre avec l'humoriste. Elle est née en 1950. Vingt huit ans, plus jeune, la sépare de son égérie, Raymond Devos.
Elle est l'auteur de pièces de théâtre. Son parcours se confond avec celui de Raymond, dont elle a partagé l'intimité, le rire et les secrets.
La fin se passe en justice. Tragique, incompréhensible. Un procès est d'ailleurs toujours en cours. Pour la première fois, elle lève le voile sur les coulisses tragiques de la vie de Raymond Devos, de ce drame qui a miné durant 30 ans - et précipité sa fin - le plus célèbre des humoristes français.
Le début est romanesque. Samantha le rencontre chez sa tante, à Bergh Plage, elle avait 6 ans, lui, 34. Sa tante s'entourait de beaucoup d'artistes de l'époque.
C'est son "grand copain" déjà, dès qu'elle le rencontre. Elle écrit les prémices avec ces mots:
"Ma tante Georgeline était un personnage. Descendante fortunée d'une grande maison de Champagne, près d'Épernay, elle habitait avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris, un magnifique appartement où elle recevait des personnalités de tous bords, écrivains, peintres, intellectuels, musiciens, et tout ce que les années cinquante comptaient de gens du spectacle et de la mode. A ses dîners se côtoyaient Duke Ellington, Erroll Garner, Sacha Guitry et toute une flopée de chanteurs et d'humoristes en herbe. Très éclectique dans ses goûts, cette passionnée de jazz - elle jouait du piano -, promenait sa culture et son élégance dans la plupart des capitales européennes, mi-femme du monde, mi-mécène, toujours coiffée de chapeaux dernier cri. Elle ressemblait à s'y méprendre à Coco Chanel, dont elle était proche.
Deux à trois fois par semaine, elle réunissait ses amis et connaissances autour de la grande table en acajou de son salon. Je venais souvent passer mes vacances avenue Foch.
Je quittais alors Berck-sur-Mer - on disait alors Berck-Plage -, à quatre-vingts kilomètres de Calais, où je vivais avec mes parents, et je «descendais» à Paris. L'époque était à la bohème. Les invités de tante Line étaient le plus souvent, comme on ne les appelait pas encore, des «bobos». Ils arrivaient à n'importe quelle heure, sans nul souci de ponctualité mais, eu égard aux bonnes manières de ma tante, toujours tirée à quatre épingles, impeccablement vêtus. Chez elle, la grossièreté était proscrite. Si je prononçais le mot de Cambronne, elle se montrait «very shocking» et m'envoyait me laver les dents.
Une fin d'après-midi de juillet 1956, elle m'annonce :
- Ce soir, nous avons un invité de marque. Tonton Isa vient te voir avec Francis. Il y aura d'autres convives. J'espère que Francis va bien se tenir. Et toi aussi !
Tonton Isa, c'était Pierre Dac, de son vrai nom André Isaac. Ma tante redoutait les saillies de ce farceur invétéré, encore qu'elle admirât la verve et la drôlerie de ce bonhomme jovial à la faconde intarissable. Quant à Francis, ce n'est autre que Francis Blanche, qui multipliait déjà les farces et attrapes en tout genre."
Le décor est planté. Il va prendre du temps pour s'installer, pour s'incruster à jamais, dans les vies et les mémoires. C'est là que Raymond Devos va la prendre sous sa protection. Le temps passe. Chacun suit sa propre voie en fonction de l'âge de chacun des interlocuteurs. Ils se retrouvent, bien plus tard, devant un dîner d'amoureux. Samantha a, alors, 20 ans. Marié, Raymond ne peut que difficilement se couper de son métier et de son épouse. C'est alors que commence une amitié, un amour un peu maudit.
L'envers du décor, ou plutôt l'enfer, ne commence que vers la fin de sa vie, quand la maladie s'installe dans les corps et les esprits de Raymond.
Après une difficile ascension dans le monde du music-hall et, la gloire venue, cela devient le calvaire, vécu sous l'emprise insidieuse d'un secrétaire très particulier, qui n'a eu de cesse de le plier à ses désirs, de détourner sa fortune et de le harceler. Il règle tout.
En 2005, malade, Raymond vit des apnées de sommeil, a des difficultés à se mouvoir. Samantha prend son bâton de pèlerine pour le protéger malgré lui, pour le défendre des malversations, des manipulations de son entourage direct.
Une femme d'ouvrage, Azevedo et un secrétaire, Pierre Merrou se sont infiltrés comme des impresarios dans la vie du comique. Ils se sont implantés dans la maison en faux défenseurs, conscients de leur force. Le choc avec Samantha, à l'extérieur, est inévitable. Tirer la sonnette d'alarme dans une croisade contre l'adversité, il faut en avoir les moyens extérieurs quand l'ennemi est déjà à l'intérieur.
Les premiers contacts entre les représentants de la vedette malade et Samantha sont immédiatement très froids.
Raymond y voit d'ailleurs un avantage direct. Bonasse, il les laissent se profiler dans la belle maison de Raymond avec, au bout, l'enfer en préparation. Le patrimoine d'une carrière célèbre, telle que la sienne, n'est pas mince.
Ils vont se durcir dans un froid glacial pour devenir un vrai calvaire. Raymond, un "océan de tendresse", comme le dit Samantha, est un colosse au pied d'argile. Il soufre d'acédie, de schizoïdie et aussi, dépendant de ses geôliers, souffre d'un syndrome de Stockholm évident. Sous l'emprise de son secrétaire, Pierre Merrou, qui connaît la combinaison du coffre de la maison, il va se faire plumer par lui.
Il souffre mais assume avec courage en prenant un peu de bon temps avec Samantha, sa copine de toujours.
Il lui dit, sentant sa fin proche, "le jour où je partirai, je te laisserai mon âme".
Samantha se bat pour sortir l'homme qu'elle aime des griffes de ces redoutables éminences grises.
La mort de Raymond survient, le 15 juin 2006. Dans les obsèques se déroulent dans l'intimité, dans l'ignorance de ce qui a été les prémices au drame. Samantha croit mettre un point final à l'histoire. Le "dernier sketch" comme Samantha l'appelle survient en janvier 2008. Elle est placée en garde à vue, accusée d'avoir précipité la mort de Raymond, d'avoir administré des sur-doses de médicaments pour de vils vicissitudes d'argent.
Elle écrira:
"Je n'exagère pas en disant que j'ai été donnée en pâture aux chiens au cours d'un véritable lynchage médiatique et juridique, pour le plus grand bonheur d'un secrétaire aussi particulier que vindicatif, instigateur de cette mise à mort parfaitement orchestrée par un parquet aussi peu soucieux du secret de l'instruction que de ma personne et parfaitement oublieux des contre-pouvoirs dont se targue notre prétendue démocratie...".
La justice et les médias suivent cette option et l'accuse d'intention de donner la mort pour raison de profits. Des fossoyeurs sont derrière cette action et recherchent toujours les bénéfices de leurs "bons offices".
Samantha est mise en garde à vue et l'affaire est montée en épingle.
Les informations sur sa mort ont été faussées par la justice, avec un seul dossier à charge, sans beaucoup de données pour le justifier. Par la presse, aussi, elle est toujours en mal de sensations fortes. Une histoire de gros sous, d'héritage qui intéresse les journaux à sensation qui semblait faire planer la mort au dessus d'un nid de coucous. De là à penser à l'empoisonnement, il n'y avait qu'un pas. Une affaire avec une odeur de fumée sans feu.
Le public croit ce que la presse raconte.
Je me devais de faire mon acte de contrition, parce que comme beaucoup de monde, j'y ai cru à ce que les médias en disaient à l'époque. Ce livre remet-il les pendules à la bonne heure? J'ai essayé de lui donner un reflet le plus approchant.
Raymond Devos restera, pour moi, un jongleur de mots toutes catégories, un guide dans le domaine. Tant à dire à son sujet.
Samantha se devait de rétablir une autre vérité, sa vérité. Elle fut, trop longtemps, surnommée d'intrigante et de mythomane et son livre a, pour le moins, des accents de vérité.
A l'envers de son décor, quand les bénéfices sont importants, pas moyen de trouver de bonnes intentions.
L'enfer est souvent pavé de trop bonnes intentions.
L'enfoiré,
Citation:
- "Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse", Nicolas Machiavel
- « On a toujours tort d’essayer d’avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu’ils n’ont pas tort ! », Anonyme
09:40 Publié dans Actualité, Livres, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
13/04/2005
Les Piliers de la terre (Ken Follett) 1989
Roman historique chez les bâtisseurs de cathédrales
Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’un livre qui m’a vraiment passionné.
Si vous ne le connaissez pas malgré qu’il ne soit pas récent, voilà vraiment le livre que vous devez vous procurer à l’occasion de vos prochaines vacances.
A la suite de ‘Droit de réponses’, vous pouvez lire le résumé et les appréciations de lecteurs enthousiastes.
Roman historique se déroulant dans l’Angleterre du Moyen Age, ce n’est pas le genre de livre qui, de prime abord, aurait pu m’attirer outre mesure.
Pourtant, dès le début relatant la vie de l’époque, le livre vous accroche et vous empêche d‘en quitter sa lecture. Dès le début, on se retrouve abasourdi par le peu de valeur que pouvait avoir la vie à l'époque: une pendaison d'un homme innocent spectacle fort apprécié par la foule qui se masse autour du gibet. Une malédiction lancée par son épouse, ensuite. Ce n’est qu’à la fin du livre, un peu à bout de souffle, qu’on découvre la raison de la malédiction qui poursuit les personnages.
La pauvreté et le dénuement des personnages que l'on découvre tout au long du livre nous informent du genre de nourriture dont le peuple devait se satisfaire : un peu de pain, un peu de bière.
Pourtant la passion et l'amour de la vie subsistent dans ce monde non privilégié.
Le Seigneur a droit de vie et de mort sur tous les sujets se trouvant sous son joug.
L'Eglise, elle aussi, complice du pouvoir joue un rôle très peu avouable en s'attirant les bienfaits de la vie au détriment de ses ouailles.
L'intrigue, le mensonge, la perfidie, tout est bon pour arriver aux fins de ses deux groupes de sinistres personnages.
Comment contrer la violence, la force, la tyrannie de ces pouvoirs, c'est ce que l'auteur tente de nous conter avec succès par l’intermédiaire du personnage charismatique et intelligent qu’est le prieur, Philippe. Alors qu'à de multiples occasions, le lecteur peut s'attendre à une issue finale, celui-ci trouve à chaque fois la parade pacifique qui permettra d’échapper à la fougue destructrice des puissants.
De bout en bout, vous êtes tenus en haleine et de multiples rebondissements joyeux ou déchirants jalonnent les différents chapitres ayant pour trame la construction d’une cathédrale et l’histoire anglaise comme fil conducteur. Cette saga familiale pleine de suspense se déroule dans la perfidie, les atrocités et la violence perpétrées par ces gens du pouvoir et dépeint avec force cette époque troublée du Moyen Age.
Pour l’anecdote, en septembre 2004, je me trouvais en Italie lors de la lecture de ce livre. Attablé dans un café, une italienne, voyant le livre étalé sur la table, s’est approchée de moi et tenta avec les gestes et la parole de m’en vanter avec fougue l’excellence de mon choix et le plaisir et l’intérêt qu’elle-même avait trouvé dans sa lecture.
Vous remarquerez très vite qu’il y a un style ‘Follet’.
Personnellement, ce n’était pas le premier livre que je lisais de Ken Follet.
Un autre, ‘La Marque de Winfield’, se passe dans l’Angleterre victorienne et peut également vous faire passer de bons moments.
Bibliographie: Ken Follet est né en 1949 à Cardiff, Pays de Gales, le fils d'un inspecteur d'impôts. Il a été instruit à l’école d'état et gradué en philosophie à l’université de Londres. D’abord devenu journaliste dans sa ville natale et plus tard dans un journal londonien. Il écrivit son premier roman, qui fut édité mais ne devint pas un best-seller. Obstiné, il continue d’écrire des romans. « Le chat de l'aiguille » fut son onzième livre et son premier succès.
Si vous avez eu la chance d'avoir déjà lu "Les Piliers de la Terre", dans ce cas, je ne vous apprendrai rien.
Sinon, n’hésitez pas, vous ne le regretterez pas, j’en suis sûr.
Pour info. Le livre de poche 4305.
En Angleterre, Kingsbridge, au XIIème siècle, une pendaison comme préambule, un secret en arrière plan, une vengeance, un prêtre qui par la force de sa religion parvient à faire construire l'oeuvre de sa vie, une cathédrale et son bâtisseur. La faim et la misère contre la force du pouvoir écclesiaste et féodal. Un suspense? Non, un thriller historique en plus de 1000 pages: "Les piliers de la terre".
L'enfoiré
Mise à jour 2009 : Une suite: "Un monde sans fin".
18:05 Publié dans Histoire, Livres, Presse et media | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








































« La société se caractérisera par une surabondance d'informations. Le défi sera de ne pas confondre l'accessoire et l'essentiel. », Aurélie Royet-Gounin