02/05/2013

Un Roi ne s'use que si l'on s'en sert

Ça y est, Guillaume IV est intronisé. Les flonflons de la fête se sont éteints. Ce 30 avril, Béatrix des Pays-Bas cédait son pouvoir de reine en faveur de son fils après 33 ans de règne.  Pour l'occasion, le Vif-L'Express rappelait les grandes abdications de l'Histoire. Dans le même temps, de nouvelles rumeurs sur l'abdication d'Albert II. La question ne serait plus que de savoir quand. Mais ce ne sont que des rumeurs, répond-on au palais de Bruxelles. 

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"Abdiquer", un vilain mot, une farce, un mot qui peut faire peur.

« Abdiquer ? Autant disparaître ! A quoi bon devenir si petit que plus personne ne vous remarque ? La relation à deux n’était donc possible qu’à condition d’être une ombre ? ».

On abdique dans un couple quand les patates sont cuites pour divorcer. On dit alors, vulgairement, mettre les bouts ou prendre les voiles. On abdique au boulot quand on s'est trompé d'employeur.

En avoir marre, c'est aussi abdiquer...

Peter en parlait avec des mots savants de "sublimation percutante" dans le cas d'incompétence à la suite d'une promotion en trompe-l'oeil qui permet à l'un de démettre l'autre de ses fonctions. 

De toutes manières, cela laisse un goût amer de l'échec qu'être résigné, que de renoncer, que se désister et ainsi perdre la face. La déchéance guette parfois.

Abdiquer devient moins grave quand c'est dans le but de renoncer à une poursuite, à une instance, à une candidature ou un poste dans lequel on ne se sent pas bien dans sa peau.

On abdique même au Vatican quand la bulle de Benoit XVI éclate.

De toutes façons, les causes ne sont pas jamais clairement énoncées et la case "santé" est la plus facile à évoquer. 

Chez les souverains d'un pays, c'est suite à une révolution de palais, à des intrigues, à un soulèvement populaire ou pour cause de la maladie.

Béatrix des Pays-Bas jette donc le gant dans la bonne humeur et l'esprit d'avoir donné le meilleur d'elle-même à son pays.

Avant elle, ce furent Guillaume III (pour la petite histoire, né à Bruxelles), Wilhelmine et Juliana à avoir racroché chacun(e) à leur tour dans la tradition Orange-Nassau. Elle a désigné son fils aîné alors que l'autre est encore dans le coma après un accident de neige.1.jpg

En Belgique la princesse Astrid était récemment questionnée sur l'état de santé de son père Albert II:

-Jeudi, le Roi se déplaçait avec une canne et des rumeurs circulent sur son état de santé et de fatigue. Qu’en est-il ?

-  L’an prochain, il va fêter ses 80 ans, ce n’est donc plus un jeune homme de 20 ans. Mais il va très bien, j’ignorais d’ailleurs cette canne. Comme tout le monde, il peut avoir mal au dos.

- Vous n’êtes pas inquiète ?

- Non, pas du tout. 

- Mais après quasi 20 ans de règne, jugez-vous qu’il aurait le droit de se reposer ? On parle beaucoup d’abdication ces derniers temps…

- Écoutez, ça, ce n’est pas à moi de le dire. Je ne fais aucun commentaire. »

Gunzig, en "baron d'occasion", en avait des commentaires dans un café avec trois sucres bien serrés.

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Alors, une nouvelle fois, le Paris-Match belge se posait la question avec une couverture qui prévoyait pour "Albert II, des semaines décisives".

Pour titiller le goujon? Pour vider les bourses qui restent en fonction tout en semblant demander:

Alors, Sire, vous régniez pendant tant d'années, j'en suis fort aise. Mais, si je l'écris, est-ce que vous ne voudriez pas prendre votre quille avec un beau poème à la clé?".

Le commun des mortels sort des actifs sans en avoir le choix à un âge précis. Pourquoi en serait-il autrement? La population belge est interrogée à la radio. Faut-il copier la monarchie des Pays-Bas? dans un tchat endiablé. 

La semaine dernière, le Vif L'Express avait puisé dans l'histoire toute une série d'abdications sur lesquelles, il était intéressant de constater les artifices volontaires ou involontaires, par lesquels ces souverains abdiquaient. 

"Pas triste les grands deuils du pouvoir", comme il était dit en titre...0.jpg

Car abidquer ne veut pas dire que les souverains sauvent leur peau pour autant.

En 79 avant JC, Lucius Cornelus Sylladictateur et consul désigné, jette l'éponge après dix mois.

En 305, Dioclétien est malade et abdique volontairement.

En 1354, Jean VI Cantacuzène abdique pour revêtir l'habit monastique

En 1399, Richard II est enfermé et abdique forcé.

En 1555, Charles Quint souffre d'une goutte particulièrement invalidante. Il envisage assez tôt de se défaire du pouvoir.  

En 1567, Marie Stuart, rivale d'Elisabeth 1ère, prend l'ascensseur pour l'échafaud, même après avoir abdiqué.

En 1654, Christine de Suède abdique par lassitude et dégoût du pouvoir. Elle se rapprochera ensuite du mysticisme.

En 1659, Richard Cromwell dont les ennemis le surnomment « Tumbledown Dick », cède le trône avant de mourir.

En 1724, Philippe V d'Espagne abdique mais rempile pour 20 ans, après les sept mois de son successeur.

En 1809, Gustave IV Adolphe de Suède est détrôné par un coup d'Etat.

En 1810, Louis Bonaparte, frère de Napoléon, voulait faire passé l'intérêt de la Hollande avant celui de la France. Il refusa le trône d'Espagne. son coup de grâce...

En 1815, Napoléon Ier récidive son abdication, après l'île d'Elbe, ce sera Saint Hélène, .

En 1830, Charles X. Ce sont les "Trois Glorieuses" et la "Révolution de Juillet" qui ont eu raison de lui. 

En 1840, Guillaume 1er les attentats se succèdent. Bismarck s'impatiente et Guillaume comprend qu'il faut céder la place pour ne pas perdre la face.

En 1848, Louis-Philippe 1er, l'insurrection trop forte et c'est l'exil

         et Louis 1er de Bavière, contraint d'abdiquer à cause de son impopularité.

En 1912, Puyi une abdication à répétition comme dernier "Fils du Ciel" dans une Chine qui perd son âme.

En 1918, Nicolas II finit tragiquement, exécuté avec toute la famille des Romanov.

         et Guillaume II, le "Kaiser kaput" après les "Arbeiter und Soldatenräte".

En 1936, Edouard VIII par amour pour la belle Wallis qui oeuvrait en secret pour les nazis.

En 1946, Victor Emanuel III, la République est à la mode et Mussolini est intéressé à le remplacer.

En 1951, Léopold III après une question royale, qui a mené à deux doigts de la guerre civile, signe sa reddition de justesse en faveur de son fils Baudouin.

La liste n'est certainement pas exhaustive mais suffisante pour se donner une idée.1.jpg

Le 6 juin prochain, Albert II fêtera son 79ème anniversaire, considéré comme un roi de transition lors de son intronisation, en août 1993. Il va fêter ses 20 ans de trône.

Il était question de son abdication, il y a deux ans et y a renoncé à cause du contexte de crise politique.

Albert II est vu comme le ciment du pays et est devenu un des rois préférés des Belges. Pas à dire, mais sa relative simplicité et son humour plaisent. 

C'est le printemps, les oiseaux qui chantent, le moment où la sève monte chez les jeunes tiges. Alors, quoi? 

1.jpgPhilippe, introverti, pourrait-il reprendre le flambeau dès le 21 juillet à la fête nationale?
Avant les élections de 2014,  vu que l'indécision est un risque de rater le coche.
Décision capitale, donc, pour le futur de la Belgique alors qu'il y a l'indépendantiste, antimonarchique, Bart Dewever qui grimpe dans les sondages. Régler la dotation royale, faire une réforme institutionnelle sont au programme. L'impatience grandit.

La princesse Mathilde, épouse de Philippe, fait bien plus l'unanimité. Il y a eu tellement de fois, qu'elle a dû presser son cher époux d'avoir une attitude moins guindée et ne pas rester trop raide.

Philippe chanterait-il, quelques fois, "Mathilde est revenue" avec Brel?

Willem-Alexandre, un exemple pour Philippe?

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A 53 ans, Philippe manque l'aisance de Willem-Alexandre. Peut-être trop monté à la sauce de son oncle, catholique pratiquant, Baudouin qui voyait en lui, son successeur.

Alexandre, extraverti, n'esquive aucune question, preuve s'il en est, de la maturité politique nécessaire pour devenir chef d'Etat. De plus, il abaisse la garde du protocole envers lui.

"Je veux rester dans la tradition, mais je veux être un roi du 21ème siècle qui rassemble, représente et encourage la société", comme il le déclarait devant les caméras aux côtés de son épouse Maxima.

A bas, les salamalecs et les réponses coincées. Soyons jeune même à la Cour.

1.jpg80% de la population néerlandaise est royaliste. L'événement élève le pourcentage à 92%. Le mot "gewoon" (commun), "gezellig" (gentil) expriment la chaleur intime du peuple envers la famille royale. 

Ce 30 avril, les Pays-Bas se trouvaient dans un comte de fées en orange. 

D'avoir la royauté la plus chère d'Europe ne semblaient pas émouvoir la population. 

Pas de doute, la crise a touché les Pays-Bas comme pour ses voisins.

Une différence, le vélo est le moyen de transport préféré des Hollandais. 29.000 kilomètres de pistes cyclables sur un territoire de 41.530 kilomètres carrés. Cela fait une belle jambe et construit les mollets et le portefeuille dans une monarchie cyclable qui en devient, du coup, moins recyclable.

Dans ce pays plat, le Roi est, vraiment, la "petite Reine". 

Alors, oui, un Roi qui pédale, ne s'use que si l'on s'en sert.

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Et à cette occasion, les invités, les princes belges:

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Mais si l'on s'en sert, pourquoi ne le pourrait-on pas dans un jeu de mots?

Voici les Serres Royales du Palais de Laeken. Je vous invite à les visiter en photos.

 

L'enfoiré, 

 

Citations: 

  • « L'impuissance est peut-être notre plus douloureuse abdication en ce monde. », Marie-Claire Blais
  • « Un roi, réalisant son incompétence, peut soit déléguer, soit abdiquer. Un père ne peut ni l’un, ni l’autre. », Marlène Dietrich

25/04/2013

Le centenaire de "Science & Vie"

Le numéro 1147 d'avril 2013 fête le centième anniversaire de Science & Vie...

0.jpgLe mois dernier, comme prof de Sciences d'occasion, je parlais de Science avec de futurs "Créateurs d'étincelles" potentiels.

Le mensuel "Science & Vie", après un siècle d'existence, pourrait constituer six mètres à trouver dans une bibilothèque, jusqu'à à ce dernier numéro 1147, pour raconter son histoire.

Vulgariser la Science dans un langage simple sans aller trop loin dans le détail, implique de devoir oublier les formules pour ne garder que l'information dans un langage simple, abordable par le plus grand nombre de lecteurs. Étudier les formules, les théorèmes et leur démonstration n'est pas son but.

Dernièrement, l'article d'Agoravox "Regard politique sur les sciences" m'avait fait sortir un joker qu'il fallait pour initier le débat.

C'est vrai, la Science est devenue plus qu'une affaire de savoir. Elle est politique et des scientistes se retrouvent dans leurs rangs avec des buts différents. 

Une remarque de l'auteur, Clausm'avait interpellé par quelques parties choisies qui disaient:

"simple lecteur de Science et vie, j’ai une licence scientifique qui ne m’a pas permis d’embrasser le sujet si complexes de Gödel, à peine de le caresser....  rien dans le monde des hommes et de leur science ne doit absolument être pris au pied de la lettre. Ce qui ne signifie pas que je ne crois pas en certaines évidences scientifiques, vérifiables, notamment empiriquement et que je souhaite l’abandon des sciences au profit d’une quelconque métaphysique ou d’un nouvel ésotérisme. Je trouve frappant le contraste entre l'intéret pour le sujet, de la manière d'en parler et d’instrumentaliser les sciences dans nos sociétés modernes. Je maintiens que rien n’est évident, pas même le concept de gravité qui ne pourrait être qu’une force «émergente», non-fondamentale, concept qui nous emmène vers le domaine très difficile aussi pour l’entendement commun de la physique de l’information, du « it from bit » comme l’a montré Erik Verlinde qui rapportait de même: «Ce que nous appelons constituants fondamentaux est, en réalité, introduit de façon ad hoc, et, par conséquent, parfaitement réfutable. J’ajoute qu’il est peu probable que nous accédions jamais aux constituants fondamentaux.». L’importance insoupçonnée jusqu’alors de l’énergie noire et de la matière noire sont aussi autant d’exemples qui montrent, à défaut de prouver, que l’Homme n’a jamais semblé aussi loin de bien comprendre son environnement. Et j’ajouterai: tant mieux! La véritable connaissance amène naturellement à l'humilité.". 

Commentaire judicieux et exact à plus d'un titre qui sortait du cadre d'un scientisme de mauvais aloi. On ne peut nager entre deux eaux. On est à bord ou on reste à quai. Comme disait Zaz qui a touché le fond depuis sa chanson "Je veux", "Soit tu meurs, soit tu vis, mais tu ne restes pas entre les deux". 

Le risque de paraître tapageur existe toujours quand il s'agit de parler d'un sujet complexe avec un peu d'enthousiasme. Quand il s'agit de vulgariser, c'est peut être pire. 

Les Sciences dites "exactes" et "humaines" ne résolvent pas tout. Ont-elles, d'ailleurs, ce but de manière intrinsèque? Elles s'intéressent à des généralités, des moyennes en éliminant les particularités trop exclusives de l'individu.

Plus grande est la complexité des processus, plus de temps, il faudra pour assurer les avancées notoires avec la complicité des technologies. Celles-ci permettent d'aller plus loin, plus vite, avec plus de précision dans les calculs.

En Belgique, le Télévie vient de se refermer sur un record de dons récoltés de 8,7 millions d'euros. L'espérance dans la médecine, et par là en la Science, est totale. L'impatience est immense.

C'est donc le centenaire du journal et cela impose de se retourner dans son histoire.  1.jpg

Plonger dans le passé, s'est se rendre compte que tout a changé ou presque. Que la vie s'est considérablement allongée, avec plus de confort. C'est, aussi, constater qu'il faut partager cette Terre par beaucoup plus de Terriens contemporains avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte.

Si le monde est devenu un grand village plus agile, il est, aussi, devenu plus fragile. Si les Sciences et les Technologies viennent ensembles pour résoudre les problèmes, elles en créent, involontérement, de nouveaux.

La Science se doit d'épargner, d'affiner ses recherches vu que le monde s'est défini et est fini.

La Science arrive-t-elle à destination dans une impasse comme le dirait ce billet?

S'il y a un cul-de-sac, une impasse, il faut, de toutes manières, les tester pour s'en rendre compte et laisser, comme l'a fait l'évolution, des chaînons manquants du savoir.

L'impasse ou le progrès est une affaire d'Homme et pas de Science. Mais l'auteur du billet s'explique. Je me demande le pourquoi de son statu quo. Mais, bon... toujours le problème d'être "the right man at the right place and at the right moment".

La Science comme toutes les autres ambitions, coûtent cher.

Testeur de tout et de choses très (trop) vite obsolètes pendant ma vie active, j'ai constaté qu'il ne suffit pas de remarquer les résultats, mais aussi s'assurer que ces derniers restent en adéquation avec les besoins et les réalités pour amortir les investissements.  

1.jpgCela étant dit, anniversaire oblige, parlons du S&V.

Plusieurs de mes articles ont été puisés dans ceux de ce magazine "Science & Vie". Je n'achètre pas tous les mois, ce mensuel. Mais je le consulte tous les mois. 

Anecdotique quand je me suis moqué d'un numéro d'été qui manifestement roucoulait de manière fantasque avec des titres qui ronflait bon l'exploit avec "80 incroyables vérités" mais qui laissait le lecteur sur sa faim au niveau pratique.

Façonner un esprit scientifique, c'est, d'abord, accepter de se tromper et de ne pas imposer ses vérités de force.

C'est garder une volonté de séparer le mensonge de la vérité en suivant les sources de l'information avec une dose de scepticisme.

Le Livre d'or dont on trouve quelques billets marquants dans ce numéro anniversaire, est assez explicite de ce que les lecteurs recherchaient que l'on peut résumer par le "S&V fait rêver".

Le magazine a dû initier et créer quelques vocations au travers de différentes générations en dépis de couvertures accrocheuses qui visent au sensationnalisme. 

Certains sujets dépassent le commun des mortels. Peu importe, si quelques articles ne sont lus que du bout des yeux en survol rapide et sans tout comprendre, ils créent le questionnement et peuvent servir de références. 

Rester curieux est, peut-être, le fin mot et la meilleure initiative qui peut arriver aux lecteurs. La pire aurait été d'avoir perdu le fil de l'histoire et ne plus se sentir que comme un maillon faible, soufflé par une chaîne de connaissances qu'il l'aurait placé au ban de la société moderne.

Avoir un esprit scientifique, tout comme un esprit numérique, n'est déjà pas à la portée de tout le monde. La Science a une philosophie bien, à elle et certains scientifiques disent qu'ils le sont et ne sont, en fait, que des scientistes.

Vouloir comprendre la Science et sortir de la simple vulgarisation, impose d'apprendre le langage spécifique, le jargon utilisé. Même si les scientifiques s'imposent d'informer, il n'est pas sûr qu'ils se feront comprendre par ceux qui n'auraient pas fait l'effort de compréhension. Oui, il y a un poids de la connaissance. Un poids au niveau de l'apprentissage et un poids à celui de l'éthique de son utilisation. 

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Conservateur, je possède toujours un autre numéro anniversaire, le numéro 1000 qui datait de janvier 2001. Son sous-titre "L'accélérateur du savoir". A cette époque, tout semblait possible avec le changement de siècle. Des projets fous pour ce XXIème siècle se dessinaient. Nous n'étions pas encore arrivé au 11 septembre, aucune crise majeure. La crise qui rappelait celle du crash de 1929, en a décidé autrement.

Ce numéro 1000 donne une occasion de comparer, dans la pratique, 21 projets et leurs réalisations. Les titres avec les rappels des buts à atteindre, suivis de la situation actuelle seraient ainsi:

1. La traque du Boson de Higgs : Celui-ci était chargé de proposer une vision radicalement neuve de la matière et de l'Univers. En 1993, un concours était lancé. Le but était de l'expliquer à un ministre britannique sur une simple feuille. David Milles, le gagnant, disait : "Dans une salle pleine, une sommité crée une perturbation identique en accroissant la résistance par son déplacement de masse, tandis qu'une rumeur immatérielle, le Boson, au travers d'un essaim de physiciens dans un état d'excitation, serait appelée un champ de Higgs".

>> Ce fameux Boson, "particule de Dieu" a été trouvée le 4 juillet 2012. Depuis, on attend les suites.   

2. L'océan fait sa météo: Pour faire des prévisions du temps, les isopycnes (mêmes densités) seraient préférés qux isobares. Les masses d'eau plutôt que les masses d'air. Des prévisions sur 15 jours avec 1/3 de degré d'erreur s'en suivraient grâce aux satellites qui donneraient la thermographie en surface des océans en 3D. Pour 2003, des prévisions à un mois pourraient être espérées grâce aux météorologues-océanographes.

>> Aujourd'hui, on parle de prévisions à une semaine avec des risques d'erreurs bien plus importants. Et si on cherchait dans les autres planètes? La raison, c'est que le climat est plus "intime". Il est dépendant de la région comme une foule de micro-climats. Anticiper devrait se faire région par région pour en déterminer les impacts sur chacune.  

3. La langue universelle des nombres: Pour sa contribution prophétique aux mathématiques par les fonctions analytiques et avoir fédéré le savoir par les nombres, Robert Langlands a reçu une médaille.

>> Les maths sont toujours la bête noire des étudiants dans un bottle neck.

4. Créateur d'étoiles par le laser: Le Laser Megajoule pour recréer le soleil en éprouvette serait opérationnel en 2008 pour réaliser des expériences sur la fusion contrôlée comme équivalent du projet américain NIF (National Ignition Facility).

>> Le malheur, il y a eu la crise. On accuse depuis un déficit en investissements et les projets ont accusés des retards. De plus des militants anti-nucléaire s'opposent au projet.

5. Fouiller sans creuser: Repérer les fossile et les artéfacs par une assistance technique.

>> La pyramide de Chéos a été un bon moyen d'expérimenter les techniques pour prouver l'efficacité. Le malheur en Egypte, il y a eu une révolution.

1.jpg6. Arche de Noé en ressuscitant les mammouth: Conserver les espèces en voie de disparition et tester la résurection de celles qui on disparu par clonage.

>> Nous étions en pleine période du Jurassic Park. Le clonage de la brebis Dolly a suivi. Sinon, on a parle des fumisteries de sectes comme celle de Raël.

7. Modéliser avec des cellules virtuelles: Le but: mettre au point des médicaments du futur.

>> Les nanotechnologies ont repris le flambeau de cette recherche médicale et l'étude du cerveau est devenu l'espoir numéro un pour le 21ème siècle.

8. La course aux protéines pour la pharmacie: Après le décryptage du génome humain, il était normal de s'intéresser aux gènes pour relancer les protéines pour la pharmacie.

>> De nouvelles pilules pharmaceutiques ont été développées mais elles dépendent des accords des pays et cela demande plusieurs années avant d'arriver dans le public. Quant au décryptage, il ne coûte quasiment plus rien mais cela peut devenir une menace de pouvoir prédire notre avenir par une forme d'eugénisme.

9. Des neurones très cultivés: Greffer des neurones sur les animaux et utiliser les cellules souches pour les regénérer. 300 malades avaient à l'époque été testés avec des neurones embryonnaires.

>> La relance du projet a démarré récemment avec Obama qui veut en savoir plus sur le cerveau avec une vue en parallèle sur l'étude des robots. 

10. Longévité à la reine: La gérontologie à l'honneur. Une meilleur qualité de vie. Une aspiration à l'immortalité. Pourquoi vieillir? La reine des fourmis protégée par son armée fait chuter la mortalité extrinsèque imputable aux prédateurs et aux parasite.

>> La différence avec les hommes, chez les souris, on n'a pas de terroristes, pas de démocratie et les sujets sont bien drillés. Si la vie de l'homme s'est allongée, la qualité de vie reste bien loin d'être au top. Le cancer reste toujours traité par des chimiothérapies lourdes. Le SIDA, mes maladies de la dégénérescence restent un poids lourds dans les caisses des mutualités.

11. Anabiopsis mutante: En 2010, les Arabidopsis, une fois modélisés par la modification de leurs gènes, les scientifiques pourraient lancer leur mutation dans une 2ème révolution verte.

>> Des OGM de 2ème génération, qu'en penseraient les anti-OGM d'aujourd'hui? 

12. Chasseurs de terres: Découvrir les planètes extérieures du système solaire. L'étoile Bêta Pictoris, une première mais géante, gazeuse et stérile. 60.000 étoile et le projet Corot se proposait d'aller voir cela de plus près en 2004. Eddington en 2010. Kepler en discussion et Gaia prévu en 2012. 

>> Toujours pas d'extra-terrestres à l'horizon. On recherche de l'eau, de l'ozone, du méthane et du carbone.

13. Pile à combustible avec rendement: Propreté et rendement. L'hydrogène, l'énergie du futur. Disponible sous forme d'hydrate de méthane.

>> Oui, mais, c'est toujours les énergies traditionnelles comme le pétrole et le nucléaire qui commencent à partager leur production avec les énergies dites vertes.

14. Archiver le Web: Le VHS, le CD à la casse. Vive le DVD. Mais on a peur de la pérénité des infos et de la vie des supports, de plus en plus courte. 

>> Le "cloud computing" (les infos dans les nuages) est là. Avec lui, les concentrateurs serveurs. Le Web est devenu la bibliothèque internationale et a résolu, en apparence, la lutte des supports. On ne sait plus où les informations sont localisées, mais on sait qu'elles sont là. On craint seulement l'orage dans les nuages ou les effets du "coup de sang" du soleil. Pour les documents, il faut séparer le bon grain de l'ivraie, mais puisqu'il y a de la place de stokage et que les moteurs de recherche résolvent, en principe, le problème...

15. 1000 passagers dans une aile volante: Transporter plus de monde en moins de temps.

>> Du rêve, on est passé à la réalité économique. C'est en nombre de places qu'il faut compter dans l'A380 et pas d'aile volante avant longtemps. Actuellement, pas de successeur au Concorde.

16. Le grand marché de la pollution: Réduire à tout prix le réchauffement de l'effet de serre et faire son marché de "bons pour polluer". En 2010, c'est convertir les matières premières en produits de consommation.

>> Des conférences passées d'échec en échec. C'est la crise et la baisse de la demande et des activités qui font baisser les prix des matières premières. En Belgique, on a poussé l'énergie verte. Ce fut un succès. Pour payer les certificats verts, les gouvernements se questionnent du comment rembourser les 2,5 milliards d'euros aux concitoyens. Quant aux éoliennes, c'est oui mais pas dans mon champ de vision.

17. Les pionniers du nanomonde: Construire des molécules atome par atome. La puissance des processeurs doublent tous les 18 mois pour répondre aux besoins tchnologiques.

>> Les processeurs ne doublent plus. Ils se "concertent" pour donner plus de vitesse. Les technologies nanométriques vont tout azimut et deviennent magiques au vu des débouchés en mettant de côté quelques risques.

18. Le net interplanétaire: InterPlanet pour envoyer des eMails jusque sur Mars.

>> Les promenades dans l'espace sont en panne de moyens et de carburant. Même la navette est au musée. La conquête de Mars a commencé.

19. Le SOS des campagnes: L'exode rural bat son plein. On constuit en massif dans les villes pour arrêter l'hémoragie.

>> Les villes sont à nouveau plébiscitées pour éviter les problèmes de transport dans les bouchons. De plus en plus de mégapoles avec des cités dortoires intégrées. Les villes se rejoignent avec les campagnes compressées entre elles. Les paysans se rebelle pour être payé au rabais.

20. Big brother prend le volant: Objectif trafic toujours fluide et zéro mort sur les routes. Des voitures pilotées par satellites.

>> Le GPS est devenu le pilote de secours du conducteur, mais il n'est toujours pas relié au moteur. Le radar reste majoritairement dans les laboratoires. La voiture électrique est la nouvelle passion. 

21. Super calculateur en lignes: Micros trop lents. 128 processeurs et un petit Cray T3E-1200E bardé de 816 processeurs;

>> Tout à fait. Quelques versions supplémentaires. Pas d'autres commentaires.

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On a souvent mis en opposition la Science et la croyance en Dieu. Le S&V du mois d'août 2005 répondait à la question "Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais". Celui de décembre de la même année, la question "L'évolution a-t-elle un sens?".

Les problèmes subsistent mais la Science est sensée les faire progresser.

Quant à la technologie, un article de Sarah Godard "Quand l'informatique d'aujourd'hui améliore la médecine de demain" venait bien à propos. Elle parlait de l'informatisation des soins de santé malgré les difficultés de financements.

1.jpgEn 2003, la spin-off Polymedis, avec un capital de 500.000 euros, informatisait les urgences dans l'IT hospitalier, digitalisait les prescriptions médicales, le dossier médical des patients. Objectiver les différences entre les patients, c'est, aussi, leur donner un profil génétique qu'il faudra protéger et sécuriser contre d'éventuels pirates informatique. Les "serious games" de la société "Fishing Cactus" permettent aussi de s'occuper des pathologies dégénératives. Tout est une question de sponsors et de mécènes dans le eHealth qui attendent des projets solides. Les logiciels en milieu hospitalier pour la prévention sont un véritable boulevard de croissance qui devrait créer un regain d'intérêt.  

Qui sommes-nous?,  veut préciser S&V dans sa page d'intro.

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L'histoire du S&V commence, avec Paul Dupuy, co-rédacteur du "Petit Parisien", lancé dans la presse par son père, qui faisait des records de publication avec une autre destinée. 

Le destin de Paul Dupuy était pris à son propre piège, quand il a signé son premier article "Les petits agents de la mort" dans lequel il parlait de la fièvre typhoïde, de la dysenterie, de la tuberculose, transportés par les insectes.

En 1927, comble de l'ironie, il mourrait suite à la fièvre typhoïde dans une époque qui ne connaissait pas encore les antibiotiques.

Le S&V de juin 2006, remettait les problèmes des moustiques sur le tapis.

Après la guerre 40-45, le titre du magazine passait de "La Science et la Vie" à "Science et Vie". Plus trard, modernisé par le remplacement du "et" par un "&".

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Où en sommes nous avec les Sciences, aujourd'hui?

Probablement encore dans de vagues brumes du changement de siècle, mais loin de la sortie du tunnel dont on aperçoit parfois quelques lueurs...

Une raison d'avancer sans se retourner trop souvent? Et, garder la notion de vulgariser comme mot de passe en commun.

Pour ses 100 ans, ce numéro 1147 de S&V se relance dans la futurologie.

Certains projets du début du 21ème siècle sont toujours présents, à relayer dans le futur. D'autres se sont ajoutés ou remplacent des précédents.

Chronologiquement, le S&V cite que l'on pourrait s'attendre dans l'ordre à la récupération de la chaleur humaine et de l'eau douce sous-marine, aux reproductions des objets par l'imprimante 3D, à l'extraction des minerais des abysses, au laser qui crée de la matière à partir du vide, aux fermes agricoles au centre des villes, aux usines de bactéries, aux plantes sans engrais, au réacteur de fusion, aux centrales solaires dans le désert, aux téléscopes pour détecter la vie extraterrestre, à l'ascensseur spatial, à l'exploitation des astéroïdes, et... pour 2100, innover et maitriser l'innovation.

Ce dernier point m'a parru très mal placé entre des débats éthiques comme pour la manipulation du climat, l'utilisation de robots humanoïdes, la privatisation de l'espace et bien d'autres.1.jpg

Le défi de la connaissance est de prendre la mesure du savoir avec minutie et imagination. 

Si la devise de S&V est "Tout se découvre, s'invente, se construit et se projette" cela  ne manque pas de sel, ni de souffle dans les réalités de la vie et le trouble causé par la mort.

Le magazine concurrent de S&V, "Science et Avenir" est né en 1947. Un autre "Pour la Science", en 1977.

Le savoir donne toujours le pouvoir. L'inverse est moins vrai.

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Jean Gabin avec sa chanson philosophique "Maintenant, je sais" montrait que l'homme ne sera jamais rassasié de savoir.imp

Pour l'anecdote, dans notre belgitude, il y a une confusion entre les mots "savoir" et "pouvoir".

Instinctivement, devant un écrit illisible, trop petit, un Belge vous dira "je ne sais pas lire" au lieu de dire "je ne peux pas lire". Ce belgicisme est-il un signe que l'on voudrait obtenir plus de savoir que de pouvoir?1.jpg

La soif de Sciences devra toujours s'adapter à la conjoncture et aux problèmes annexes. Jusqu'où sommes prêt à aller pour nous connaître ainsi que notre environnement?

Les problèmes qui rongent notre société, peuvent seulement trouver une solution avec l'humour d'un café très ou trop serré même s'ils sont toujours dépendants de ce qu'on en fait de ce café.

Back to the new future...

The best is yet to come... 

May be...


L'enfoiré,

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Citations d'Albert Einstein:

  • "Un problème sans solution est un problème mal posé".
  • "Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité". 
  • "La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information."
Mise à jour 26 avril 2013: Je me dois d'apporter la suite de l'histoire triptyque concernant l'article de "la science dans l'impasse"

11/04/2013

Un début d'avril sans poisson au château de La Hulpe

Ce 1er avril, jogging dans le Domaine du Château de la Hulpe. La veille, j'en avais parlé avec mon copain qui connaissait pour y être passé en voiture devant l'entrée. Sans plus. Une raison de plus pour en parler. Un château, à moins de 10 kilomètres du centre de la ville, dans la forêt de Soignes. Une histoire d'un domaine et d'un château mais sans châtelaine. 

1.jpgLe Domaine Solvay est un endroit parfait pour oublier la ville de Bruxelles et son trafic à moins de 20 kilomètres de la ville.

Une perle du patrimoine architectural de la région wallonne de 227 ha, clôturée dans un parc à la lisière au sud de la Forêt de Soignes.

Ce lundi matin, 1er avril, 11:00, du soleil,  seulement 2°C au thermomètre et un vent piquant, le week-end de vacances printanier (la nouvelle manière de nommer les vacances de Pâques) commence sous un bon présage.

Pour se promener, il s'agirait d'être habiller chaudement, ce qui n'est pas mon cas. C'est dire qu'il me faudra courir. Pas question de lambiner en chemin sous mon training léger de coton. L'appareil numérique dans une main droite gantée de laine. L'autre dans la poche, prête à dégainer le carnet et le crayon. Paré pour une visite reportage.

Ce printemps était vraiment attendu après un hiver long avec des chutes de neige qui revenaient alors qu'on ne les attendaient plus.

En ces derniers jours de froidures persistantes, les arbres dénudés de leurs feuilles ne me rappellent ni les couleurs tendres du printemps et les couleurs chaudes de l'automne sont déjà loin. Les séquoias, seuls, continuent à pâlir d'envie les "collègues" à leur toison verte perpétuelle.

Le sol est spongieux, Je glisse à certains endroits. Mais, ce n'est ni une surprise ni un poisson d'avril, ni un chien qui aurait laissé sa carte de visite. C'est la boue qui m'attend, en ce premier avril, pour que je slalome ou que je surfe. Tout simplement.

Le passage par le château, je me le réserve pour la fin de ma course. Le contourner en cercles concentriques, ce sera ma technique d'approche.

Central, au sommet d'une butte, il n'est pas très discret. Il apparaît dans le champ de vision, sans même le chercher. 

A droite de l'entrée, les trois séquoias géants (Sequoiadendron giganteum) attirent une nouvelle fois, mon regard.

A gauche, c'est l'Argentine. Non, pas le pays, la rivière Argentine qui s'écoule dans un courant rapide et constant.

Un peu plus loin, première visite: les écuries "Les rênes de la Vie". "Un lieu de vie et d'intégration entre handicapés et non-handicapés" comme il est mentionné. Tout un programme avec le respect envers les animaux et les hommes.

Les étables sont ouvertes et vides. Près d'elles, quelques chevaux viennent de sortir et entament un pas de danse en cercle dans l'enclos, tout proche. Un palefrenier rassemble le fourrage à leur attention.

En 1991, J. Saintenoy-Simon a fait l'inventaire de toutes les essences d'arbres présentes dans le parc. Des plantes vasculaires indigènes et subspontanées, des Bryophytes, mousses et hépatiques450 espères ce qui représentent, tout de même, 38% de la flore belge. La preuve est faite, la diversité de l'habitat favorise, de fait, la biodiversité.

On deviendrait dendrologue, sans en connaître le mot, pour moins que cela. Des plaquettes plantées sur les troncs permettent d'en identifier quelques espèces avec le nom français associé au nom scientifique.

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L'obélisque, dans le fond, avec son soleil au sommet fait majestueux.

Les deux étangs attirent les curieux qui donnent quelques miettes aux canards colverts.

Une occasion choisie par les photographes à l'affût d'instants insolites.

Assis sur un banc, un vieillard regarde la scène des ébats entre humains et volière avec un intérêt amusé et philosophe.

La Fondation Folon entre dans l'objectif. Dans une ancienne ferme, les sculptures de Folon restent à jamais un des objectifs de visite du parc, mais ce sera, pour bientôt, lors de la réouverture printanière. En attendant, les statues regardent les passants, figés dans une posture destinée à l'éternité.

Des cyclistes s'époumonent en grimpant sur les quelques buttes. Il est temps de les suivre et d'atteindre le château.

Des statues, rongées par la mousse et le temps, de chaque côté du musée. Deux ensembles de personnages qui ont l'air de demander pitié au personnage du dessus qui avec ses chaînes voudrait les empêcher de s'évader et de prendre le large.

Dans le jardinet à la française, une sirène semble implorer le ciel, entourée de petits d'anges, tout aussi prêts à s'envoler.

Devant le château, une piscine arrondie a dû accueillir quelques baigneurs dans l'histoire du château, mais, elle n’incite plus à la baignade.

Il est temps de redescendre vers la sortie.

C'est le moment de parler de l'histoire à rebondissements du domaine et du château.

Le village de La Hulpe a conservé des tumuli de l'époque romaine au Champ-des-Mottes.

Henri 1er de Brabant accorde des privilèges à la localité, mais ce n'est qu'en 1567 que le village porte le nom de « La Hulpe », d'origine celte, "La Helpe", qui signifie "Rivière d'argent".

Bien plus tard, le village sera reconnu comme "La porte des Ardennes brabançonnes".

En 1663, le 1er moulin à papier est installé. C'est le début d'une industrie qui reste prospère jusqu'en 1970.

L'histoire du domaine se poursuit par un véritable thriller économique dans lequel intervient les membres de grandes familles.

Tout commence en 1822, sous l'époque Hollandaise. Guillaume 1er crée la Société Générale ( plus précisément "Algemeene Nederlandsche Maatschappij ter Begunstinging van de Volksvlijt" donc  "pour favoriser l'insdustrie nationale"et légue des domaines fonciers de la forêt de Soignes en échange d'une dote annuelle de 500.000 florins. Comme toute entreprise privée, soumise à l'impôt foncier, la Société Génarale se voit forcée de partager les territoires avec les communes limitrophes.

Entre 1831 et 1836, trois cinquième de la surface sont ainsi vendus à des propriétaires privés.

Dès 1833, le marquis de Béthune-Hesbigneul achète quelques parcelles de la forêt de Soignes. En 1842, il y érige un superbe château dont le style était modestement inspiré du château de Chambord, édifié suivant les plans des architecte Arveuf-Fransquin et J.F. Coppens.

Son aspect est très différent de celui d'aujourd'hui. Quatre tours octogonales lui donne un aspect médiéval en briques rouges.

En 1871, le baron Antoine de Roest d'Alkenade acquiert le château.

En 1893, il est racheté par l'industriel Ernest Solvay qui le considère comme résidence d'été et qui n'y apporte aucune modification majeure. Victor Horta est chargé, seulement, de l’aménagement intérieur.

Le fils Armand Solvay et le petit-fils Ernest-John modifient considérablement le château pour lui donner l'aspect actuel. S'ajoutent aux alentours, la plantation d’essences exotiques, le Belvédère et son étrange escalier, l’étang de la ferme, la percée rectiligne qui débouche sur ce curieux obélisque artificiel de 36 mètres de haut.

En 1968, pour préserver le château et éviter le morcellement du parc en lotissements, Ernest-John lègue toute la propriété à l’État belge.

En 1972, à sa mort, le parc, devenu propriété de la région, il devient accessible au public.

Mais, dès 1975, des problèmes de succession apparaissent. Un véritable roman feuilleton s'engage avec Anne Solvay qui voudrait le récupérer et qui gagne, en première instance, son procès comtre l'Etat belge.

Ce conflit juridique va durer vingt ans en passant de la Communauté française à la Région Wallonne.

Cette dernière met fin à la discussion en allongeant 200 millions de FB sur la table des négociations et garantit ainsi le classement du domaine et à nouveau, l'accès au public.

L'imbroglio juridique se poursuit avec l'épisode Folon.

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Dès 2000, la Fondation Folon s'est installée dans l'ancienne ferme. Dans 14 salles, 322 œuvres contenant des gravures, des sculptures, des aquarelles, des tapisseries et des affiches de l'artiste, y sont exposées.

Bien après la mort de Folon, une autre histoire rocambolesque se poursuit jusqu'à la présence de ce qu'on a appelé un "Ministre des Utopies".

Après, le calme revenu, le château devient un lieu de réceptions, de mariages de prestige et de réunions politiques.

En été, des concerts et des pièces de théâtre y sont représentés.

Un restaurant et une librairie complètent pour rentabiliser le concept de Fondation.

En 1988, plusieurs scènes d'intérieur et d'extérieur du film "Le Maître de musique" ont été tournées au Château de La Hulpe. (Un extrait qui permet de voir l'intérieur du château).

Comme le château et le parc valent le détour en toutes saisons et en toutes occasions, on en arrive à parler de surfréquentation du site.

Oui, je sais, il y a ceux qui quittent les chemins, qui piétinent les semis, qui escaladent les talus, des adeptes de VTT à la recherche de nouveaux parcours difficiles, dont la surfréquentation n'est pas le souci majeur.

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Parler de Solvay, de Folon, c'est commencer par écrire des poèmes à plusieurs volets.

Oui, il y a toujours des effets secondaire dont il faut tenir compte pour trouver l'accord entre juste milieu et juste prix.

Quant à toi, cher copain, prend une heure ou deux, peut-être, trois, pour un passage futur, elles ne seront pas superflues.

Il parait que les "Dimanches au Château" sont de retour. Une occasion de plus à ne pas manquer.

D'après la pub, "la vie y devient facile". Je ne pouvais trouver meilleur incitant.

Non, Nicolas Sarkozy que l'on apprenait, ce matin-là, vouloir s'installer en Belgique, ne viendra pas s'intaller en Bruxelles et racheter le château. C'était un poisson d'avril. 

Je ne dis pas que tu y trouveras la châtelaine de tes rêves, à l'entrée du château...

1.jpgMais, prends ton appareil  avec toi, numérique ou analogique, qu'importe.

Installe-toi devant la piscine du château, bien à l'aise. S'il n'y a pas de transat, ce n'est pas grave. Pour finir, demande à quelqu'un de te prendre en photo. Surtout, regarde s'il n'y a personne d'autre dans le champ avant de faire le clic pour la postérité. Cela t'éviteras de devoir modifier la photo par après.

Tu verras, cela donne une impression de puissance et que le monde est à toi.

Pas besoin de te faire mousser avec une bombe atomique. C'est bon pour l'ado de service coréen. Une photo avec un style de coiffure de punk atomique, cela ferait désordre et pas chic du tout par ici. 

Hier, on apprenait que Bernard Arnaud ne veut plus devenir belge. Ce n'était pas un poisson d'avril non plus.1.jpg

Je te laisse avec mon 1er avril, en photos

ou alors en toutes saisons dans un voyage au pays de Folon... 

Ce pays-là te fera, à coup sûr, vivre sur une autre planète.

 

L'enfoiré,

 

Articles connexes: "Forêt de Soignes, forêt soignée", "Séquoia sait quoi y a".

 

1.jpgCitations:

  • « O saisons ô châteaux. L'âme n'est pas sans défauts. », Arthur Rimbaud 

  • « Les châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir. », François Mauriac 

  • « Le schizophrène construit des châteaux dans les nuages. Le psychotique y vit. Le psychanalyste touche les loyers. », Jérôme Laurence 


    Témoignages

04/04/2013

Que reste-t-il de Karl Marx?

Le 17 mars dernier, Kiosque (min 43:38-52:40) se posait la question dans "C'était, il y a 130 ans", lorsque  le 14 mars 1883, mourrait Karl Marx. Sa pensée a influencé l'histoire du 20ème siècle. Son oeuvre fait-elle encore parler de lui? Une confrontation avec un journaliste russe, un italien, une polonaise, une africaine et un argentin montraient seulement des similitudes. Parlons-en...

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Les philosophes ne font souvent qu'interpréter le monde par plusieurs voies. Énoncer ce qui ne va pas et puis passer la main. 

Karl Marx voulait transformer le monde par le communisme.

Marx était, tout à la fois, admiratif et adversaire du capitalisme.

Si, d'après lui, l'esclavagisme a fait place au féodalisme, le féodalisme a été remplacé avantageusement par le capitalisme. Il n'est pas loin de faire l'éloge de la mondialisation comme on le lit dans "Le manifeste du communisme".

A son époque, Marx voyait le régime capitaliste déjà à l'agonie alors que la mondialisation que nous connaissons, n'était pas encore dans les limbes.

Pour édicter ses théories, il entretenait une relation d'amour-haine ont été deux mentors, économistes, philosophes, Friedrich Hegel et David Ricardo.

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Marx rejetait  la dialectique du concept des idées et de leurs évolution pour expliquer l'histoire du monde comme le préconisait, Hegel.

Au matérialisme historique du capitalisme, il faisait correspondre le mode de production matérialiste qui domine la vie sociale, politique et intellectuel, en développant la contradiction qui existait entre les relations des différentes classes sociales. L'anatomie de la société civile dessinait un lien direct avec le travail de production. Les profits de la classe possédante, étaient, d'après lui, réalisés par les seules "plus-value", qui provenaient des excès de la force du travail considérée comme un équivalent d'une marchandise.

"Le travail est un acte qui se passe entre l'homme et la matière. Le travailleur doit être maître de sa production.", écrivait-il.

Ce qu'il appelait "capital constant", était le coût moyen de production tandis que  le "capital variable" représentait le coût des salaires. La trop longue longueur de la journée de travail lui suffisait comme cheval de bataille principal contre l'évolution du capitalisme.

De son oeuvre maîtresse, "Le Capital", seul le premier volume paru, de son vivant, en 1867. Les deux suivants ont été achevés et publiés par Hegel.

1.jpgLes paroles de Marx visait le capitalisme: "Du fait, que l'aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l'État, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l'opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu'au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s'enrichir, non point par la production, mais par l'escamotage de la richesse d'autrui".

L'affaire était ainsi entendue. L'adversaire était pointé.

Aujourd'hui, cette vision déterministe et positiviste est remise  en question, si pas à l'index, car après un siècle et demi, le capitalisme a encore plus engraissé et les inégalités se sont creusées.

Le travail n'est plus considéré comme la manière la plus efficace et la plus sûre de gagner sa vie vu que la production échappe de plus en plus aux travailleurs et qu'en plus, le travail se raréfie, supplanté par des machines et les robots. Même en grimpant sur les premières marches de la hiérarchie ne permet plus de contrôler les moindres décisions et leur suivi dans leur ensemble.

Dans quelques années, il sera naturel de partager sa subsistance. Subsistance qu'il faudra remettre en question au cours de cycles concentriques en avançant en âge. 

En quelques mots, le travail ne permet plus tout. Travailler plus n'apporte pas plus d'assurance d'efficacité au résultat.

Les crises sont devenues les symptômes de la mauvaise santé, de la déchéance du système capitaliste.

La phrase "La crise est le capitalisme", est taguée sur les murs des villes.

L'absence chronique de débouchés, les conditions d'équilibre entre consommation et investissement perturbée pas la décentralisation des décisions, ont fait réagir les gouvernements. Ils tendent à faire baisser les rémunérations exorbitantes dans les services publique, là où ils ont une action possible. L'inconscience des traders fous, l'indécences des parachutes dorés et des émoluments qui frisent l'absurde, les paradis fiscaux sont en voies de rectification. 

Dans le même temps, l'accroissement des dépenses à la mécanisation augmentent. Le ralentissement des affaires et l'augmentation du chômage, sont pointées comme les prémisses de la déchéance du capitalisme que Marx disait inéluctable.

2.jpgEn 1936, ses idées ont imprégné celles du socialisme, que le communisme considérait comme un ennemi, comme "la volaille qu'il fallait plumer". Toutes philosophies confondues dans un même paradigme à deux têtes.

Au marxisme, Lenine y aurait ajouté la dictature du prolétariat, alors que celle-ci existait déjà dans les écrits de Marx. Le marxisme-léninisme devenait le régime d'État pour Staline, Mao, Pol Pot, Castro et d'autres.

Collectivisme contre productivisme, pourrait-on dire, mais qui se rejoignent dans la finalité.

Le productivisme a creusé l'écart entre les plus riches et les plus pauvres.

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Le collectivisme a tenté de renverser, par la force, les velléités trop indépendantistes ou trop libertaires.

Tous en arrivent à être mené par des régimes autoritaires qui éradiquent tout libéralisme, toute idée libertaire si pas de la liberté, elle-même.

Il s'agit de "communier avec le communisme" comme si c'était l'envie de tous et récupérer, au passage, les âmes déchues du capitalisme par l'intermédiaire de meneurs de troupes visant, en définitive, leur propre avantage...

Le communisme, rappelons-le, désigne, dans son sens théorique initial, l'idéal d'une société sans classes avec une organisation sociale sans État, où la propriété privée serait abolie. Il a été, le plus souvent, instrumentalisé avec l'aide d'un esprit révolutionnaire sous un État fort portés par des discours fleuve pour haranguer les foules, mais qui se terminent par l'élimination, d'une manière ou une autre, de tous les opposants à la doctrine.  

Le "séisme capitalistique" d'octobre 2008 a été une bonne occasion à ne pas manquer pour faire ressusciter Karl Marx.

Lucien Sève écrivait alors "Ceux qui, voici vingt ans, avaient enterré Marx avec le socialisme soviétique en sont pour leur frais. La crise financière, économique et sociale confirma l'extraordinaire actualité de sa pensée. A condition de la débarrasser de clichés obsolètes"Il démissionnait du PCF à l’issue des régionales d'avril 2010, dénonçant ce qu'il voyait comme un "raidissement dans la pratique démocratique" d’un parti qui "n’a pas réussi à se transformer".

0.jpgEnsuite, ce furent les mouvements des Indignés qui désignaient d'autres coupables, les banques.

Devant Wall Street, il y eut des calicot avec "Marx avait raison".

Les pays BRICS, elles, veulent créer une nouvelle banque qui ressemblerait au FMI au sommet de Durban dans un nouvel ordre mondial en commun.

L'économique, toujours l'économique gouverne le monde d'une façon ou d'une autre.

La mondialisation n'a qu'à bien se tenir. Point, à la ligne.

S'il y a des ressemblances avec la doctrine communautaire de Marx, les différences d'époque rendent toute transposition directe aléatoire.

Dans les populations en Occident, l'idée de vivre ensemble, d'être solidaire semble un leitmotiv que l'on retrouve dans beaucoup de chansons de variété avec les mots génériques de "ensemble", de "solidarité" que l'on scande dans des moments de rassemblements politiques ou lors de sermons religieux, mais qui s'essoufflent à la première occasion dans les réalités de la vie.

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Le nouveau Pape François, dit le "Pape des pauvres", sera-t-il à la hauteur comme agent de ce renversement de conscience pour éradiquer toute corruption comme un Monsieur Propre dans une tornade blanche?

Éluder l'impôt solidaire est devenu un sport quand il dépasse un seuil critique.

Amusant l'idée de voir le catholicisme se rapprocher ainsi du marxisme.  

Tellement d'interprétations des écrits de Marx restent possibles.

Ces interprétations semblent, parfois, tellement contradictoires que Marx pourrait être considéré comme de retour dans quelques pays, par seulement certains aspects de sa pensée, disait le journaliste russe, présent sur le plateau de Kiosque.

0.jpgLa Russie garde précieusement, une statue de Marx à Moscou, face au théâtre Bolshoi comme il en existe beaucoup dans le monde. Il faut distinguer Marx et Marxisme, disait-il, encore, sur le plateau de TV5Monde. Dire que le communisme de Marx, "essayé" à l'Est, a radicalement échoué après 1991, ne serait pas tout à fait honnête. Marx ne peut évidemment pas être tenu pour responsable de ce qu'on a fait de sa doctrine. Plus on s'éloigne dans le temps et de Marx, plus on s'éloigne de ses écrits. Mais on ne parvient pas à l'enterrer complètement même avec ses contradictions.  


1.jpgEn Pologne, là où le communisme vivait pendant l'époque glorieuse de l'URSS, il n'y aurait plus aucune nostalgie du marxisme d'après la journaliste polonaise. La phrase de Marx "La religion, l'opium du peuple" est même enterrée puisque la Pologne avait envoyé son pape Jean-Paul II à Rome.

En Afrique, le mot "marxisme" aurait disparu du vocabulaire Subsiste le côté 'analyse' des relations sociales exacerbées par la crise du capitalisme.

L'Italie a eu longtemps un parti communiste très florissant dans les années 70 et 80, mais a, ensuite, choisi la voie de la Sociale-Démocratie.

Le PCF en France n'est plus que l'ombre de lui-même en comparant avec la situation d'après-guerre. Georges Marchais a été celui qui a incarné le parti à bout de bras. Le parti a dû perdre sa connotation stalinienne après la parution du livre "L'archipel du Goulag" de Soljenitsin. Depuis, le parti recherche en permanence son nième souffle. Le sketch récent des Chevaliers du Fiel est assez explicite au sujet des affiches d'Arlette Laguillier. C'est le Front de Gauche, avec Mélanchon, qui a repris le flambeau, en plus dur, en reprenant certaines principes du marxisme. 

Dans les pays d'Amérique latine, 'on retrouve quelques principes marxistes qui perdurent au travers de gouvernements de Chavez, de Castro qui se considèrent comme les piliers du communismes. Tous deux, ennemis jurés de l'américanisme considéré comme Satan, comme il se doit.

La propriété privé a été acceptée, sans détour, dans les nouveaux pays communistes d'Amérique du Sud alors que son interdiction est dans les fondement de la doctrine initiale. 

4.jpgLe Laos a pris le nom de République démocratique populaire lao comme la Chine, n'en a plus que le nom mais plus les convictions communistes.

Les Républiques populaires sont des régimes communismes (dits parfois de «démocratie populaire») qui en font usage, mais n'en ont pas l'exclusivité. Plus aucun pays, même considéré comme doctrinaire du communisme, ne l'est plus vraiment.

Dans les pays de l'ancienne URSS, une nostalgie appelée "ostalgie" subsiste, après les virages à droite qui ont suivi.

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Certains économistes ont voulu rectifier les erreurs du capitalisme, en "moralisant" le capital. Un mot d'ordre qui mériterait le prix de l'humour noir.

Marx n'était pas dupe sur ce point.

Dans la préface du Capital, il écrivit "Je ne peins aucunement en rose le personnage du capitaliste. Le développement de la société en tant que formation économique est compris comme un processus d'histoire naturelle, ne saurait rendre l'individu responsable de rapports dont il demeure socialement un produit". 

Le soucis "éthique", "moralisateur" est-il une enseigne publicitaire?

Jusqu'où ira cette tendance? Probablement, jamais jusqu'à l'os à moelle de la charpente. 

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Celui qui se targue de "réguler le capitalisme" ne peut être qu'un charlatan politique. Réguler demande beaucoup plus qu'une intervention étatique.

En tenant pour axiome que si l'Etat lui-même joue dans les mêmes eaux que le capitalisme et qu'il ne s'auto-régule à la base, aucun espoir n'est possible.0.jpg

Actuellement, les pays sont sur la même vague à rechercher, dans les fonds de tiroirs, le moindre milliards pour balancer les budgets.

Pour suivre Marx, il faudrait engager le dépassement du capitalisme vers une autre organisation sociale où les humains auraient des formes neuves d'association et contrôleraient ensemble leur puissance sociale.   

Dernièrement, en Belgique, est venu l'idée de créer une nouvelle banque: la NewB.

Une banque axée sur une gestion responsable et éthique des dépôts et des crédits tout en privilégiant l'Etat belge.

En deux jours, 13.000 coopérateurs avaient versé 20 euros comme une obole de participation.

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Un chat organisé montrait un certain engouement, si pas enthousiaste, des internautes pour l'opération. Un nouveau cri citoyen...

« La différence avec une autre banque est que ce sont les clients comme propriétaires qui décideront et vérifieront si les équipes appliquent leurs consignes. C'est l'AG des coopérateurs qui décidera des secteurs à financer, ensuite le management fera rapport de l'exécution de ces directives et sera contrôlé par un comité éthique élu par l'AG; enfin, tout le portefeuille de crédit sera public. Une offre de tous les services comme le compte courant, le crédit... mais comme une coopérative. Tous les clients capitalistes détenant des actions et qui investiront en local avec des capitaux qui resteront locaux... Une voix par coopérateur dans une démocratie économique. ».

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A la question de savoir quelles étaient les formations des dirigeants, il fut répondu "Les profils des collaborateurs ont varié au fil des mois et des missions. Il y a des économistes, des financiers pour les questions liés au plan financier, des représentants des organisations pour les questions liés aux besoins sociaux et à la gouvernance, des informaticiens et des administratifs".

Rien d'anomal ni de totalement différent à ce qui se passe dans une banque traditionnelle si ce n'est cette idée de coopération.

"Comment être viable?" était la question subsidiaire face aux autres banques déjà en place. Qu'arrivera-t-il quand il faudra augmenter, de manière drastique, le capital pour ajouter à la cotisation d'entrée? Ces clients devenus propriétaires deviendraient de fait des actionnaires coopérants. N'exigeront-ils pas, tôt ou tard, des comptes de résultats positifs, des dividendes, des retours sur investissements, une plus-value? 

Alors, est-ce une banque utopique qui aurait des envies de faire ressusciter les principes de Marx?

Un autre rebelle est ce qu'on appele le "bitcoun".

Un système qui cherche à éviter les banques par un système de monnaie parallèle qui transite par Internet. Spéculation oblige. Au dernières nouvelles, il est monté à 238 dollars parmi 11 millions d'utilisateurs avant de chuter de 50%. Quant à la transparence, faut pas rêver...

Dans tous les mouvements de foule, il y aura toujours ceux qui retirent leur épingle du jeu. Qu'on appelle cela une élite oligarchique n'empêche pas que des gens mieux formés à la vie économique existent et qui laisseront une "larme" aux laissés pour compte dans un néo-darwinisme notoire. 

0.jpgSans beaucoup gratter la grande Toile, si le mot communisme n'apparaît plus que rarement en tant que tel, certains principes gauchisants se retrouvent dès la première dérive d'un fil de discussion qui tourne autour de l'argent, honni par ceux qui n'en ont pas, protégé par les autres. Normal, dirait-on.

Serait-ce ce que dit cet article la métamorphose du capitalisme?

Dans la conclusion, on y trouvait ce qu'aurait dit le sophiste Thrasymaque« la justice naturelle est ce qui est le plus avantageux au plus fort; et le plus fort est celui qui ne se trompe pas dans la compréhension de ce qui lui est avantageux. Le but de tous les hommes, ce qui rend vraiment heureux, c'est de mettre la puissance aux services des passions et des intérêts de celui qui la possède. L'injustice est sage et vertueuse. ».

On ne change pas l'homme pour l'introduire dans un moule à l'identique. Vouloir une autre société pour plus qu'une partie de population serait une meurtrière utopie. 

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L'homme, s'il est anthropomorphe et même grégaire, est un animal qui n'aime pas vivre en meute. S'il aime se retrouver en groupes restreints, en dehors de grands meetings politiques, c'est par le partage d'intérêts communs comme règle de vie qu'il vit le mieux. Calculateur à ses heures, il le tient par ses gènes, aimant la rêverie de vacances de l'esprit et quelques utilisations de son temps réservé au travail. Cela veut dire qu'il ne  faut pas le pousser dans ses derniers retranchements.

L'individu, dans une société de propriétaires privés, n'aime pas se faire dicter une concurrence qui ne serait pas "libre" et serait donc, de fait, "faussée". Perdre ce qu'il a emmagasiné par son travail en dehors de sa famille proche, est considéré comme "injuste". La débandade s'installe dès qu'il y a excès de ponctions, à la recherche d'une échappatoire.

Dans les entreprises, on trouve quelques sursauts qui s'opposent à la recherche du profit unique.

0.jpgD'après une étude récente de Ernst & Young, en période difficile, les entreprises performantes ne cherchent pas à uniquement générer du profit pour leurs actionnaires, mais se concentrent sur la création de valeur pour toutes les parties prenantes dans un nouveau paradigme économique durable où la 'stakeholder' (corporatif) value' remplace la 'shareholder value'. 

Le succès serait assuré par trois concepts "Mean" (ciblé), "Lean" (maigre) et "Clean" (durable). Des théories que l'on voudrait voir passer dans la pratique et sortir de principes théoriques. 

Ce ne serait plus le travail dans la communion mais la réflexion par le partage.

L'expérience de Pavlov prouve qu'il faudrait même remonter plus haut et se rapprocher des gènes pour changer les concepts sociaux. En conclusion de son expérience, reflétée sur l'homme, celui-ci serait attiré par telle chose et un autre par telle autre. Rien que par des stimuli, il salivera, inconditionnellement,  sans même se rappeler qu'il existe cet autre chose.

Les rites privilégient toujours la compétition dès le niveau scolaire qui encense les premiers de classe, et qui tombent, ainsi, dans le travers du joug du "diviser pour mieux régner" en protégeant la tête par une foule de grades hiérarchisés.

Être programmé, mentalement, à la séparation des biens et des jouissances pour récompenser les bons services dans un concept de "Bien" et de "Mal", prête à réflexion.

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Tout régime a des effets secondaires qui ne sont pas inscrits sur la posologie de leur boîte de Pandore.

Essayer de l'ouvrir et ce sera se retrouver avec des contents et des mécontents.

Jean Ferrat a vécu un recul vis-à-vis de ses convictions communistes en chantant "La jungle ou le zoo".

Rien de nouveau sous le soleil. Une faillite dans l'aboutissement de l'homo oeconomicus, consommé par le libéralisme théorique et de l'éthique de l'individu concurrentiel près à devenir "tueur" dans la liquidation des solidarités sociales jusqu'à l'extinction de l'espèce humaine car l'un dépend de l'autre.

Lev Vygotski poussait l'autre porte du marxisme par la notion du développement intellectuel de l'enfant comme une fonction des groupes humains plutôt que comme un processus individuel.

Le travail n'y avait plus sa place. Serait-on plus proche d'une version 2.0 du communisme?

0.jpgLa conjoncture est à la radicalisation. Même François Hollande,  en baisse dans les sondages, s'en est aperçu comme socialiste convaincu lors de son dernier interview.

Avec un peu d'humour, la solution se pourrait être dans un marc de café. 

Il y était parlé des deux Corée qui se font face en fourbissant leurs armes à défendre chacune une autre idéologie dans un bluff éternel et de l'affaire de mensonge de Cahuzac.

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Les secrets des Offshore-Leaks sont exposés mondialement, lisait-on dans la presse. Même la famille royale d'Espagne se retrouvait dans l'oeil du cyclone par la corruption.

C'est peut-être ainsi que l'on peut déterminer ce qu'est une démocratie. L'affaire Cahuzac et celle d'Espagne, en Corée du Nord ne serait jamais arrivée sur la scène publique.

L'anarchie ne serait-il pas l'effet secondaire d'une volonté de partage dans sa globalité vu le nombre infini de convictions politiques différentes, de corruptions déguisées? 2.jpg

Serait-on occupé à scinder le monde en régions, divisé par des convictions plutôt qu'à les rapprocher? Ce serait comme une nouvelle dérive de continents avec sur l'un d'eux, l'idéologie capitaliste et, sur l'autre, celle du communisme.

Le communisme a pu donner l'espoir d'une société juste. Le triomphe de capitaliste sautille de branche en branche sans être sûr d'atteindre la suivante.

Marx, tu suis toujours? 


L'enfoiré,


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Remarque: ce billet, je le dédie à Nabum avec qui j'étais assez opposé lors de son son article "Laisser pisser le chameau". Quand on lit l'aventure de Sébastien (ci-contre), il y a des questions à se poser.


Citations:1.jpg

  • « Chaque communiste doit assimiler cette vérité : le pouvoir est au bout du fusil. », Mao Tsé-Toung
  • « Pourquoi je suis communiste ? C’est bien simple : je possède un milliard et je veux le garder. », Pablo Picasso
  • « Un capitalisme sans banqueroute est comme un christianisme sans enfer », Frank Borman 

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28/03/2013

Créateurs d'étincelles

Je me suis demandé comment j'aurais pu inciter des adolescents en phase terminale du secondaire et les passionner à l'étude des Sciences quand on sait qu'elles sont un peu négligées... Défi pour un prof de Sciences... 

histoireBonjour,

Je ne vais pas vous sucrer la pilule. Des nouvelles négatives circulent dans beaucoup de domaines. 

Aujourd'hui, je vais tenter de renverser ce négativisme ambiant et essayer de vous passionner en vous parlant de ce que les Sciences peuvent vous apporter.

Je vais commencer par vous parler d'histoire. Pas d'histoire  avec un grand "H" comme vous l'enseigne votre prof d'histoire. De la petite histoire de ceux qui ont marqué leur temps en laissant des traces indélébiles. Des anonymes célèbres, des créateurs d'étincelles, qui travaillent dans l'ombre, loin de "The Voice", mais qui entrerons dans les habitudes des gens par leurs découvertes et leurs inventions. 

Et, j'en suis convaincu, vous pourriez, demain, être de ceux-là.  

histoire

Je ne vais pas vous rappeler la dernière aventure qui est arrivée à Summly, à ce rachat par Yahoo, de ce Nick d'Aloisio quoique ce serait une bonne entrée en matière pour vous dire que la réussite est toujours possible. Oui, vous avez raison, le foot vous passionne et devenir un joueur sur le terrain, peut vous faire gagner plus de sous et vous motiver. Comment contrer cela?

Pourquoi pas commencer par l'histoire de votre portable? Vous l'utilisez pour communiquer sans plus vous rendre compte de tout ce qui l'a précédé avant d'arriver dans vos poches. Il a supplanté le téléphone fixe et révolutionné votre vie de tous les jours. A une époque encore récente, il ne méritait pas la qualification de "portable" en faisant désordre avec son antenne proéminente. 

Mais vous direz, ce n'est pas de la science mais de la technologie. Et vous aurez raison. Mais, l'une est complémentaire à l'autre.

histoireTout va plus vite aujourd'hui que par le passé grâce à la technologie comme levier accélérateur de la Science sans que cela se ressente dans le bonheur général du monde.

Mais, passons, si vous le voulez bien, cela nous engagerait sur une mauvaise voie ou de mauvais sentiments...

Suivre l'histoire de la Science, c'est faire l'inventaire des inventions et des découvertes à travers les siècles comme l'a présenté l'émission de Arte "La fabuleuse histoire de la science" en six épisodes. Une histoire qui vous impose de revoir toutes vos convictions l'une après l'autre. 

Je reprendrai les conclusions du dernier épisode:

  • à notre insu, le cerveau fait de la Science.
  • la Science est affaire de politique, de croyances et d'argent
  • elle est motivé par le pouvoir et la passion 
  • les questions de demain seront façonnées par ce que nous sommes, par notre monde et nos préoccupations

Tout cela est vrai et bien résumé.

Il vous reste le choix du comment l'aborder. Des questions existentielles restent ouvertes comme "qu'est-ce l'univers?", "d'où venons-nous? et "de quelle matière est fait notre monde?" dans lesquels vous pouvez intervenir pour faire évoluer les connaissances scientifiques.

Je préviens, les connaissances perdent très vite de leur superbe et de leur caractère exceptionnel. Elles se doivent se renouveler en permanence. "Innover" est, plus que jamais, le mot clé.  

histoire

Sur ARTE, une autre série d'émission intitulées "Il était une fois... les découvreurs" réalisées en dessins animés est destinée aux juniors.

La dernière présentait "Guillaume Marconi et les ondes" avec son esprit curieux qu'il avait en bricolant des fils électiques en spirale pour créer des champs électromagnétiques en se passant de fils pour communiquer.

L'histoire des communications est arrivée dans mon Smartphone et elle continue toujours à vivre sa folle aventure... 

Au 19ème siècle, avec les découvertes et les lois de la thermodynamique et de l'électromagnétisme, le monde scientifique croyait qu'il connaissait toutes les lois fondamentales de la nature.

On en était loin comme vous pouvez le constater.

Sur la page de garde du Printemps des Sciences, dont les expositions viennent de s'achever à Bruxelles, il est écrit: "La Science est précieuse, fascinante, étrangeOn pourrait aussi la qualifier d’inodore, incolore, insipide, mais ce serait trop réducteur. Alors, pourquoi pas: complexe, subtile, changeante, et surtout, essentielleAh, elle peut aussi être solide comme le roc, fluide comme le vent ou même invisible comme l’air. Banale et extraordinaire à la fois, omniprésente et rare, elle est source de vie, mais peut aussi semer terreur et effroi… On la traque sous terre pour vivre, et sur les autres Terres, juste pour le plaisir. Cosmique ou tellurique, elle est au cœur de notre existence, de notre survie, de nos loisirs, de nos peurs, de nos espoirs."

Disons que la Science se cherche en permanence, qu'elle bouge, qu'elle n'arrive jamais à satiété avec ses inventions et ses découvertes. Beaucoup de magazines de vulgarisations scientifiques en témoignent.

Si j'arrive à modéliser ces étapes dans votre esprit, à leurs donner un sens, une origine, une histoire et une fin de recevoir ou de non recevoir, je serai arrivé à mon but.

Je dis "non recevoir", parce que tout n'est pas bon à conserver et à prendre en considération. Des échecs et des déchets sont du nombre. Il y a toujours des découvertes ou des inventions qui ne tiennent pas la route dans la distance, trop dangereuses à l'usage ou en inadéquation avec le temps. L'histoire de la bombe atomique n'est qu'un des dérapages.

En résultent des bides magistraux conçus avec de gros budgets et de petites réalisations qui font, elles, un tabac. 

Inventer est toujours plus flatteur que de découvrir fortuitement pour justifier les investissements avec des rendements élevés. 

Le côté fortuit de la découverte reste, bizarrement, dans l’ombre et non avoué par le découvreur-inventeur qui aimerait plutôt laisser une image de longues recherches et d’un travail acharné. 

La fin justifie-t-elle les moyens?histoire

Une réponse de Normand vous suffirait-elle? Je n'en ai pas d'autres.

Vous aimez les romans à suspense. Alors, avec la science, vous en aurez. 

On vous demandera de publier pour vous faire connaître et attirer l'attention sur vous. On vous demandera d'être proactif. Il faudra conserver l'humilité car avoir raison trop tôt, c'est trop émouvoir la galerie. 

Ressentir l’importance du changement nécessaire fera partie de votre stratégie future, d'une intuition mêlée d'expériences. 

Gardez une partie de votre savoir en réserve, pour ne pas vous le faire coiffer sur le poteau. Des inventeurs qui se sont fait voler leurs idées ne sont pas rares car la compétition fait partie du jeu.  

Pour faire bouger les choses, comme acteur scientifique, il y aura le pouvoir, la passion, la rivalité et le hasard, la chance (inventions fruits du hasard). L'histoire s'écrit tout autant dans les laboratoires que sur le terrain.

Aujourd'hui, on mêle tout le melting pot, sous le seul parapluie des "Recherches et Développements". Des R&D, en abrégé. Des budgets sont alloués à la Science par le secteur public et plus souvent par le privé, mais toujours au compte-gouttes. 

histoirePourtant, on confond souvent l'invention avec l'innovation.

Le prix Nobel de médecine en 1937, Albert Szent-Györgyi disait qu'il y a deux types de recherches.

La recherche fondamentale qu'il qualifiait de "dyonisiaque" et la recherche appliquée, définie comme "apollonienne".

Dyonisos, associé au bon vin mais aussi, à la recherche de l'inconnu, avait des visions sans en connaître la destination, soutenues uniquement par l'enthousiasme, l'imagination et la démesure.

Apollon, associé au dieu du soleil, ami avec la raison, aimait les sollicitations objectivées et récompensées.

Et si Apollon avait rendez-vous avec Dyonisos pour aller boire un coup ensemble, est-ce qu'ils continueraient à innover?

L'innovation est la transition de l'invention. Elle a besoin de sponsors pour démarrer et espère des royalties en retour. Elle est devenue chère à rechercher à décupler son potentiel. histoire

On n'invente plus avec seulement un point d'interrogation devant le nez. La science s'est elle-même transformée dans ses processus et se tourne vers le travail en équipe.

Les entreprises ne peuvent même plus se permettre de se limiter aux résultats de leurs propres recherches. Elles acquièrent des connaissances d'autres sociétés. Elles sous-traitent et achettent des licences, des brévets.

L'écueil de l'invention fortuite, mais trop aléatoire, est ainsi évité. Il n'y a que la standardisation qui fait défaut dans ce processus d'externalisation qui empêche d'accroitre encore plus cette tendance. histoire

Les relations "homme-homme" sont devenues difficiles et chères, disais-je. La machine s'est introduite dans cette relation qui n'est plus limitée au "one to one", mais au "many to many". Des relations dont on vous a parlé au cours d'informatique avec les difficultés qu'elles engendrent. S'il y a des dysfonctionnements et des erreurs, pour s'en disculper, ce sera toujours le bug informatique et la machine qui sera responsables. Ce qui est plus de neuf fois sur dix, absolument faux, mais qui évitera de chercher les erreurs humaines qui prendraient bien plus de temps. 

Qui fait quoi? Comment le fait-on? Avec quelles ressources matérielles et humaines? Internes ou externes? Qui prendra en charge le suivi des opérations? 

Voilà, les questions qui importent, désormais, bien plus que la décision de passer à l'acte.   

Alors, vous allez me dire, "mais qu'est-ce que je viens faire dans cette galère?". "Comme les entreprises le font, je n'ai plus qu'à acheter ce qui existe pour consommer". "Plus besoin de me farcir des années d'études".

Encore une fois, à la limite, on pourrait le croire que tout a été inventé comme au 19ème siècle. Et pourtant...

Le marketing impose toujours ses lois. Si le marketing ne donne plus le temps aux entreprises d'espérer des inventions révolutionnaires et des découvertes fortuites, il fait tourner la machine du temps et des fantasmes.

Aujourd'hui, la complexité et le temps pour "inventer", pour "découvrir" est toujours voulu plus court. 

Ok, il y a l'"Open Innovation", l'"Open source" que vous devez avoir entendu parler sur Internet. Henry Chesbrough voulait mixer les connaissances par cette voie. D'après lui, il faudrait tout ouvrir pour tout le monde dans le libre, le perpétuel et le gratuit. Quand on sait que nous sommes dans un monde où tout s'achète et se vend, vous vous dites, il doit y avoir un truc. 

histoireJe ne sais si c'est à cause de ces considérations que la Science aurait moins de succès auprès de vous, jeunes, plus attirés par le rêve que par une époque de crises et de projets d'avenir que l'on vous propose au raz des pâquerettes. Mais, il faut savoir que la pénurie de jobs dans le domaine des Sciences, existe bien plus qu'ailleurs.

La recherche fondamentale est souvent sous-évaluée à cause de ses retombées aléatoires. D'accord. Tout n'est pas qu'argent pour générer le plaisir.

Soi-disant moins rentable, avec des retombées non estimables dès le départ, elle fait partie des activités scientifiques qui entrent en conflit moral avec la recherche appliquée qui se fixe des objectifs précis de rendements. Ces deux approches restent complémentaires.

La société veut toujours du nouveau. C'est ce qu'elle attend de vous. 

Une véritablement lutte à mort s'est engagée en dehors de nos frontières. Les pays en voie de développement vous attendent au tournant dès que vous lâcherez prise.

Votre portable et votre PC venaient du Japon. Il vient, désormais, de Corée du Sud.

Les cerveaux seraient-ils mieux formés en Corée qu'au Japon avec une technologie mieux adaptée?

Pas vraiment. Il y a une autre loi qui intervient. Celle du prix de vente qui dépend, à son tour, du cours de la monnaie. Le won coréen est beaucoup plus faible que le yen. Ce qui explique cela.

Le progrès humain est jonché de ce genre de moments d'incongruités politiques que l’humanité est obligée d'assumer.

Je suis désolé de vous le dire, les moments de grâce seront plus discrets encore dans le futur.

Il ne faut pas sous-estimé le consommateur. Pas fou, celui-là. Il peut analyser et comparer les prix avec le rendement et les plaisirs des gadgets que les technologies lui fournissent.

Alors, il faudra le faire rêver, ce consommateur comme un maître de la simplexité pourrait le faire, puisqu'il ne se rend pas compte que l'ergonomie qui lui rend les choses simples et plus agréables, sont dans le fond très complexes.

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Même si, dans vos déductions, vous avez quelques soupçons sans preuves, il faudra les vendre, les traduire en y mettant des artifices pour qu'ils soient encore "achetables" par des consommateurs blasés. D'autres, avant vous, l'ont fait avec plus ou moins de bonheur.

Vous vous souvenez de ce fameux Boson de Higgs avec les théories des molécules qui l'entouraient. Imaginez comment cela aurait été difficile de le faire connaitre sans les médias, sans le buzz qui l'entourait et sans un nom magique de "particule de dieu". Réunir la science avec la religion par l'intermédiaire des médias, quelle idée de génie !

Aujourd'hui, c'est mon rôle de vous faire rêver à votre futur entre plusieurs voies.

Une première, celle du fondamental qui offre un angle à 360° avec la liberté mais sans certitudes et sans beaucoup de sponsors. Une seconde, au canevas de recherches, fixé d’avance par la recherche appliquée. Chacune contient tellement de sous-couches différentes du savoir que vous avez un choix étonnant. 

Il faut avouer que le métier de chercheur demande des dons d’ubiquité, d'intuition, d’observation, d'esprit de déduction qui sortent souvent des programmes enseignés dans les universités qui se doivent d'être informatives sans obligation d'apporter l'assurance du succès.

Les fondamentalistes ne seront pas plus intégristes avec des buts exploratoires, avant de devenir expiatoires devant un bide éventuel que les applicatifs.

L'ancien patron de GSK était sur antenne, hier. Il rappelait quelques principes en provenance du secteur pharmaceutique.

Je ne suis pas là, non plus, pour vous vanter uniquement les études supérieures.

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Chacun a son mot à dire pour croiser le fer de l’invention et de la découverte.

Mardi, Thomas l'avouait qu'il ne se sentait pas être une flèche tandis que ce jeudi, il se sentait avoir de l'influence sur le gouvernement. 

Thomas, dont le papa, Edgar Gunzig, vous vous rendez compte, était physicien, intéressé au vide quantique, à l'inflation cosmique et auteur de la théorie du bootstrap, une théorie explicative de l'origine de l'univers. Ce serait, vraiment, jouer au fils à papa, avec un parfum de népotisme, que d'en ajouter une autre couche avec les mêmes accents, les mêmes notes, via son fils. Soyons pluralistes, que diable... 

L'autodidacte, aussi, peut avoir des envies de crier "Eureka" dans son bain ou ailleurs, sans avoir suivi des études très poussées. 

Passer à côté de la plaque de l'histoire manquerait toujours de panache et de goûts d’aventure quand on a quelques moyens innés, manuels ou intellectuels.

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Devenir "créateur d'étincelles", cela demande bien plus qu'une vague rumeur de l'histoire, qu'une entrée en religion et la fougue, personne ne vous forcera à l'avoir.

Les Sciences, en vitesse de croisière? Peut-être...

Crises structurelles? Un mauvais moment à passer?

"Cogito ergo sum", disait Descartes.

Cette maxime, au moins, est toujours vraie.

Rappelez-vous que les Sciences peuvent être autre chose qu'austères. Elles peuvent être très amusantes comme le sont les histoires de Sherlock Holmes.

Voilà ce que je voulais vous dire, aujourd'hui.

Une vieille blague, pour finir, me vient en mémoire. Un peu rafistolée pour l'occasion, elle pourrait se dérouler ainsi:

Trois inventeurs dialoguent au salon des inventions de Bruxelles.

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Le premier, un américain dit:

- J'ai fait partie du projet Google glass. Avec ces lunettes, il est possible de communiquer avec le monde entier.

Le second, japonnais dit:

- J'ai fait partie de l'équipe qui a développé les nouveaux robots. Ils permettent d'aller voir de plus près les réacteurs de la centrale de Fukushima. Nous les contrôlons à distance. Cela n'est pas par la télépathie. Ils ont beaucoup de latitude dans leurs actions pour décider de la marge de manoeuvre sans interventions des hommes. 

C'est alors qu'on entend un bruit sourd qui provient de l'inventeur belge. Tous deux se retournent vers lui.

Le Belge, un peu honteux, dit, avec un esprit inventif:

- Ne vous en faites pas. C'est mon hologramme téléporté à New York. Je lui avais envoyé un message. Il vient de me renvoyer un accusé de réception sur mon vieux fax.

(Rires des étudiants)

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Je ne vous dis pas, mais, la morale de cette histoire pourrait bien être que si vous ne parvenez pas à faire passer vos inventions dans le public par les médias habituels, vous avez toujours la possibilité d'utiliser, en plus, l'ouïe ou l'odorat pour le faire.

Mais vous pouvez le considérer comme un poisson d'avril avant l'heure...

(Rires et applaudissements)

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • "Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle", Nicolae Iorga
  • "Les grands embrasements naissent de petites étincelles.", Cardinal de Richelieu
  • "Qui a peur des étincelles ne devient pas forgeron", Proverbe allemand

01/02/2013

Les amalgames de l'histoire

Le 30 janvier 1933, il y a 80 ans qu'Adolf Hitler accédait au pouvoir. Cela méritait, à la radio, une émission spéciale au départ d'une école, pour évoquer le souvenir de cette période sombre de l'Histoire avec les jeunes d'aujourd'hui.

0.jpgComment parler d'Hitler à l'école (vidéo)?

Résumé: "Le 30 janvier 1933, Hitler accédait au pouvoir en devenant chancelier du Reich. Dès sa nomination, il publiera les premières lois raciales et mettra en œuvre son funeste plan, sa politique impérialiste, antisémite et raciste. Que connaissons-nous encore du parcours d’Hitler, de son accession au pouvoir dont le parti, le NSAPD, au discours populiste, a été porté par une situation de crise économique qui faisait suite au krach de 1929 ?  Les années 30 sont-elles comparables aux années de crise que nous connaissons aujourd’hui ? La montée des populismes en Europe est-elle comparable au populisme de 1930 ? Y a-t-il d’autres éléments de comparaison ? L’Histoire risque-t-elle de se répéter? Qu’enseigne-t-on aux jeunes sur le parcours d’Hitler ?  La transmission de la mémoire est-elle encore assurée, organisée dans l’enseignement alors que les témoins directs se font de plus en plus rares ?  Faut-il s’inquiéter des propos antisémites que certains jeunes diffusent sur les réseaux sociaux ?"

Un seul commentaire pendant toute la première journée: "Parler d'Hitler, on ne le fait pas si mal à l'école. Par contre, on n'informe pas trop les élèves sur l'actualité: l'intervention française au Mali est présentée comme une guerre contre le terrorisme et non comme une guerre pour la reconquête de l'uranium et du gaz. On parle des camps de concentration, mais pas des horreurs belges au Congo ou des massacres d'Algériens par les français (qui connait les massacres de Sétif -mai 1945?) Finalement, Hitler est bien pratique : nous restons les gentils face au vilain nazi. C'est facile !!!!".

L'auditrice préconisait de réactualiser les images que l'on en donne plutôt que ressasser ce "passé qui passe mal". 

"Démocratie et barbarie" est contre tout oubli avec des visites avec les témoins des camps d'Auschwitz ou, plus près, à Breendonck.

0.jpgPour ce jour anniversaire, Angela Merckel inaugurait un mémorial à Berlin.

L'histoire d'Hitler restera toujours une référence de ce qu'il ne faut pas faire.

La dernière guerre et ses évènements, je ne les ai pas vécus. Des échos familiaux. Je n'ai aucune envie de revivre cette histoire. 

Cela étant dit, il ne faut pas être angélique.

Montrer ce qu'a été la guerre, en parler avec les jeunes, est-ce le moyen de l'éradiquer?

La guerre plus ou moins pacifique, pacifiée est partout.

Canaliser l'agressivité des garçons par des palliatifs.

En 2006, j'imaginais des hypothèses sur cette guerre 40-45, que j'avais appelée "L'alterologie", Lors de l'écriture de ces articles, je ne connaissais pas le mot uchronie, un exercice de l'esprit basé sur des "si" de l'histoire. 

Remonter en arrière dans le temps, c'est y chercher des pourquoi, des ressemblances, des alternatives, des compensations et finir par des amalgames, par dire "plus jamais celaalors que la nature humaine rend la paix toujours aussi fragile.

Les idées ont évolué, heureusement. L'idée d'une Europe unifiée en est née de cette envie de cristalliser la paix. Le jeune ne va plus à la guerre avec le plaisir de devenir un héros. Le service militaire obligatoire a été aboli dans beaucoup de pays.

0.jpgCe serait oublier que l'instinct d'agressivité existe toujours sous une forme ou une autre, que la domination par le pouvoir et/ou l'argent est probablement tout aussi présent si pas plus. Le progrès et la complexité se sont ajoutés.

Qui dit que l'histoire évolue dans le bon sens, poussée dans le dos par le progrès?

Quel est le bon sens? Y en a-t-il un, d'ailleurs?

L'humanisme qui voudrait le représenter, est-il vraiment aux bénéfices de tous sur la planète? L'économie n'est jamais très loin des conflits guerriers ou pacifiques.

Très ou trop philosophique, tout cela.

La philosophie est un des outils du sens, mais a-t-elle pu vraiment améliorer les hommes?

Chercher des analogies entre la période des années 30 et nos années de crises à répétitions, c'est, bien entendu, y trouver des similitudes. De là à croire que l'histoire revient tel quelle en ne tenant pas compte des différences notoires apportées par le modernisme, serait bien aléatoire. Trop de paramètres, de contextes différents, font dévier les fils de l'histoire.

Les guerres de religions, d'idéologies, raciales, économiques suivent toujours là même voie.

En 2009, sortaient, sur nos télés, les films "Apocalypse" sur la 2ème guerre mondiale. Remastérisés en couleur, ils s'associaient encore plus aux goûts du jour.1.jpg

"Mein Kampf" n'avait pas récolté un énorme succès dès sa parution et pourtant, tout y était explicité. Cela n'a rien empêché. Hitler disait, déjà en 1924 "Un état qui refuse la contamination des races doit devenir un jour maître de la terre". 

Les alliances entre les pays avant 1914 ont entrainé une guerre sans merci, généralisée et embrasé le monde entier plutôt que de la limiter.

Un jour, ma mère m'a demandé innocemment: "Pourquoi, y a-t-il la guerre?". Elle avait conservé des douilles gravées avec son prénom, par son père, mort des suites de la guerre 14-18 et se posait encore cette question.

Je ne lui ai pas répondu. Cela nécessitait bien plus que quelques mots. 

La question est "D'où vient ce besoin d'éliminer ses semblables?". 

L'animal, lui, tue pour se nourrir. Pas de sensiblerie. Pas de victimisation, le jeu de la vie et de la mort dans une chaîne de prédations avec les seules armes que la nature a données. Pas d'anthropomorphisme à mettre en avant dans ce cas. Chacun a son rôle à jouer dans la nature. 

Sans carapace, sans moyens de défenses naturelles, l'homme n'a que son intelligence pour seule défense.

Il construit des murs pour sa protection et des armes des plus simples aux plus sophistiqués. Ses instincts défensifs et offensifs sont toujours là. 

En plus, il a ses propres pensées idéologiques, ses convictions propres à défendre, ses revendications, sur le territoire où il est né ou s'est installé comme s'il possédait ce lopin de terre comme un dû.

Avec un esprit cartésien et numérique, parler de 40-45, équivaudrait à trouver les raisons qui l'ont précédé et qui ont mené à la guerre.

Une menace? Des problèmes de revanche? Surtout, un Furher, un meneur, prêt à mener un Bal des Maudits et une dette de guerre des années 14-18 qui était une bombe à retardement. Si elle n'avait pas mené à la 2ème guerre, cette dette aurait dû s'achever et ne plus être payée par l'Allemagne qu'en 1988, c'est -à-dire s'étendre sur plusieurs générations. 

La finalité d'Hitler? Simple. Gagner la guerre pour installer son pouvoir sur le reste monde en transformant, au passage, le peuple en une race aryenne pure. Pour y arriver pas de réel coup d'Etat. L'utilisation de la démocratie. L'élimination des opposants et embrigader la génération suivante, la plus ouverte d'esprit, par la propagande.

Penser à la guerre en temps de paix, cela commence toujours par le banal "pan-pan, t'es mort", un revolver en plastic à la main. Ensuite, aujourd'hui, c'est devenir spectateur au ciné et à la télé, de films de guerre avec ses héros. Dernièrement "Brothers" sur notre télé, rappelait l'idée que tout passe, comme dans une course relais "Au nom du père".

Enfin passer à plus  interactif encore, par les jeux vidéo guerriers. Banaliser la guerre. Tout est là.

En contrepartie, les deux heures par semaine réservées à l'histoire du passé à l'école, ne font pas le poids, même si quelques analyses plus fines sont destinées aux futurs historiens.

Devant les écrans de vidéos, à faire la guerre par joysticks interposés,  on ne fait, en principe, pas de mal à personne. C'est une guerre électronique, presque "chirurgicale" comme on le dit sur le véritable champ de bataille. 

La guerre d'Irak a été un exemple avec toutes les étapes, des partisans et des "clans" qui se sont formés sous de faux raisonnements.

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"Si tu ne veux pas la guerre, prépare-là", est-il dit. La guerre froide n'en a été qu'une suite logique de la guerre "chaude".

Aux États-Unis, posséder des armes fait partie d'un amendement. Le lobby des armes est tellement puissant que n'importe quel président ne pourra s'y opposer facilement avant longtemps. 

Le monde que l'on dit libéral et social, va recentrer cette volonté par le patriotisme et le nationalisme. 

On n'assure plus par l'expérience, mais avec une puissance à géométrie variable toujours plus efficace.

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Exister chez les hommes, c'est exhiber ses nouveaux bijoux de la technologie, les plus sophistiqués, lors des parades militaires, lors des anniversaires à périodes programmées dans le temps.

Les musées de la guerre, eux, font dans la pérennité. 

Les médias comptabilisent les points et les évènements en espérant seulement à ne pas en perdre. 

En période de paix, la guerre commerciale prend le relais. Les entreprises exercent une concurrence entre elles en style "Guerre et Paix". 

Les honneurs, les médailles et la gloire sont accordés, en guerre, aux gagnants et deviennent des récompenses, des primes en temps de paix. Les perdants, comme toujours, auront seulement tort d'avoir perdu. Quant aux objecteurs de conscience, les électrons libres, ils tomberont en disgrâce sans avoir reçu le droit à la parole pour en donner les raisons.

Les intégrismes et les fanatismes seront,  par définition, réservés aux extrémistes et aux terroristes. 

Le sport joue aussi son rôle. Il se pratique par l'athlétisme, qui préconise l'endurance, le combat avec soi-même. Mais il prend trop de temps aux spectateurs qui s'acclimatent plus rapidement aux comparaisons entre des adversaires en équipes.

Les antiques JO étaient une période de paix pendant laquelle les adversaires se jaugeaient. Ceux de Berlin en 1936 et de Munich en 1972 ont rappelé, avec emphase, ce qui pouvait s'y cacher. 

Je me suis tourné vers ma bibliothèque. Des souvenirs que l'on se refile de génération en génération.

En bonne place, "La Belgique et la guerre" sur les années 14-18, en 4 volumes souvenirs de:

  • La vie matérielle, 
  • L'invasion allemande, 
  • Les opérations militaires  
  • L'histoire diplomatique.

Quatre beaux volumes, comme on a fait encore rarement, côte à côte, avec le seul livre "Héros et martyrs" qui parle, lui, des "Fusiliers de 40-45".

Non, la guerre fait partie de notre environnement, je dirais même, de nos us et coutumes.

Le souvenir d'une visite dans notre Musée de la Guerre avec des regards introspectifs m'avait apporté une preuve par quelques constatations qui révélaient, une fois de plus, qu'il y avait toujours une attraction pour les choses de la guerre. 

La fréquentation n'était pas uniquement due à l'accès gratuit des lieux. Dans un tel musée, on y va en famille, avec des enfants du plus jeune âge qui accompagnent leurs parents.

Je me suis posé des questions bêtes et méchantes. 

Était-ce pour présenter l'histoire aux petits avec de multiples d'explications de papa aux oreilles attentives des rejetons? 

Pour présenter, aux plus grands, la profession de militaire comme une profession d'avenir avec la sécurité d'emploi assurée dans notre époque de pénurie d'emplois

Un groupe de trois japonais avait aussi attiré mon regard. L'un d'entre eux, casquette parfaitement dans la norme, s'était placé devant un avion en opposition avec ses deux autres "collègues" avec un large sourire. Il s'était mis au garde à vous en portant la main à sa casquette dans un salut magistral. Les autres s'empressèrent de l'immortaliser avec leur numérique sous les flashs de circonstance. A un moment, j'ai lâché à l'un d'entre eux: "The war is not as simple as a picture". Un sourire et puis il s'en sont allés. Banzai, ils s'étaient trompé de guerre... 

Les souvenirs de la guerre sont bien plus vivants dans les esprits qu'on le pense. Ils se réinventent, s'industrialisent, s'utilisent et s'usent avec le temps pour être remplacés par d'autres voies.   

1.jpgA Woluwe-Saint-Lambert, le parc Georges-Henri était un cimetière. Il a été désacralisé. Les pierres tombales sont encore bien visibles et servent de pavements aux visiteurs. C'est une plaine de jeux pour les enfants. Chacun n'y fait même plus attention.

Dans un coin du parc, il y a toujours, un souvenir de ce passé, un monument qui parle de la résistante Marguerite Bervoets. Massif, sobre, il est gravé par ces mots: 0.jpg

"Je suis tombé pour que le ciel de Belgique soit plus pur, pour que ceux qui me suivent, puissent vivre libres, comme je l'ai tant voulu moi-même. Je ne regrette rien et je songe à vos enfants, qui seront libres demain.".

La liberté, un mot que l'on imagine comme une sorte de monstre du Loch Ness. Une idée qui apparaît comme un point à l'infini. Une définition dont on ne parvient pas à connaître les limites sans devenir en bout de course opportuniste, populiste, voir fasciste collectif en marchant sur les libertés des autres...

Passer de gauche à droite, on se perdrait en chemin, pour moins que ça.  

Quant à la question de départ, "faut-il en parler?".

L'expérience de Milgram, réactualisée en 2010 dans un jeu télévisé qui s'appelait "Le jeu de la mort", témoigne encore que rien n'est encore joué définitivement. 

Quels sont les gagnants des guerres? 

Les survivants, bien sûr. Ceux d'après. Ceux qui récupèrent les restes des victoires et des défaites et qui commémorent le deuil collectif et social. La population doit pouvoir faire son deuil pour reconstruire son futur et ériger des monuments à la gloire de ses héros.    

0.jpgL'exposition "Monumentum", actuellement visible, au "Musée de la Guerre"  à Bruxelles, en présente quelques aspects

Ces monuments du souvenir, il y en a dans toutes les villes et villages. Généralement, installés dans un lieu de rassemblement, pour interpeller un maximum de passants. Ils sont chargés des références identitaires d'une communauté déterminée qui marche aux symboles apportés par les souvenirs de choses apprises à l'école ou ailleurs. 

Le respect des héros de guerre tombés aux champ d'honneur en est la raison et le sens, si pas, l'essence.

Les lendemains de guerres, des souscriptions publiques et appels de fonds, annoncés par voie de presse, des subsides, des manifestations pour financer et entretenir le souvenir citoyen qui ne lésinait pas sur les dépenses même si la situation économique au sortir des guerres était désastreuse. On ne lésinait pas sur les  plaques, les stèles, les obélisques, les statuaires...

Rien n'est trop beau, pour montrer ces moments de gloires.

Des entreprises, des fonderies industrielles et artistes institutionnalisés ajoutent le prestige aux oeuvres d'art originales pour glorifier la mort.

Quel que soit le programme iconographique, le monument donne une vision aseptisée du conflit, niant l'aspect meurtrier pour rendre le souvenir supportable.

Pour le commun des mortels, pourtant, ces monuments ont tellement intégré le paysage, qu'ils en deviennent invisibles.

Après mes idées enfoireuses, je m'en vais me servir un café serré en style climax qui, fait exprès, était suivi par la bande annonce du film le "Weekend royal", le weekend qui avait changé le cours de l'histoire. Amusant, tout plein, cette suite.

Le bien et le mal sont, pour moi, à des extrêmes indéfinis, trop dépendants du temps et de l'espace.

En dehors des problèmes de mémoires, c'est peut-être ça, le problème.

Mais, imaginons ce que serait-ce la vie sans un petit conflit quelque part:0.jpg

  • Les "trop imaginatifs" seraient les bienvenus pour exercer leur folie.
  • Les journalistes retourneraient aux chiens écrasés.
  • Plus personne ne cotiserait pour ériger de nouveaux monuments et les artistes seraient en mal d'inspiration.
  • Plus d'impôts à payer puisqu'il n'y en aurait plus ou moins planqués sur la fabrication des armes de la société FN.
  • Plus d'espionage, le boulot de rêve..
  • On perdrait encore plus vite la mémoire et la maladie d'Alzheimer commencerait, peut-être, encore plus jeune. 
  • Comme tout ce qui n'est pas utilisé s'attrophierait, les muscles et les neurones seraient en perte de vitesse.   
  • Pour les parents, sans les revolvers à eau, sans vidéos avec joystick, il faudrait s'occuper et retourner jouer aux cartes avec leurs enfants ou pire, encore, faire le suivi de ce que leur progéniture emmagasine sur les bancs de l'école.  

Ce serait la merde, quoi... 

On dirait le sud, comme chantait Nino Ferrer.


L'enfoiré,


Photos en avant-goût de Monumentum et du Musée de la Guerre. 


Articles appariés: "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre".


Citations:

  • « La guerre nourrit la guerre. », Proverbe français 

  • « Toute guerre est un manichéisme. », Jean-Paul Sartre

  • « La guerre, c’est la guerre des hommes; la paix, c’est la guerre des idées. », Victor Hugo 
  • « Seul les morts ont vu la fin de la guerre  », Platon 
  • « Mourir pour des idées d'accord, mais de mort lente. », Georges Brassens

28/12/2012

2012, une nouvelle année de transition à la belge, avec un peu de tout

La Belgique à l'heure des bilans de 2012Une année qui ne compte pas moins de 70 élections dans le monde (Sénégal, Russie, Serbie, Algérie, Grèce, États-Unis, Chine...). A la veille d'une démocratie mondiale? Mais alors, de quelle démocratie faudrait-il parler? Mais, restons en Belgique, si vous le voulez bien... 

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A l'heure de clôturer l'année 2012, il s'agit de confronter les espoirs d'il y a un an, avec les réalités ... 

Avec un certain humour non dissimilé, une banque avait, alors, sauté l'année 2012 et souhaité une bonne et heureuse année 2013 en promettant d'y veiller ensemble en 2012. Pas beaucoup de précisions sur la technique à adopter... 

Fin de l'année passée, en Belgique, il s'agissait de transformer les difficultés en nouvelles opportunités pour suivre le Premier ministre belge, Di Rupo, fraîchement institué, après une crise de 541 jours. Le pays était entrée dans le Guiness book des records à la recherche de compromis gouvernementaux. 

La récession européenne est plus que jamais à l'ordre du jour.

La pauvreté est toujours à l'orée de l'horizon avec des dettes jusqu'au dessus de la tête qui créent la panique pour certains.

Était-ce une année pour rien, comme les précédentes?

Constater après coup est toujours plus intéressant que de faire des pronostics sur le futur. Une année, c'est comme une heure, une minute, une seconde, pas grand chose en définitve.

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Le Vif-L'Express de fin décembre 2011 titrait, « 2011. La chute des icônes + Tous les défis de 2012 ».

Alors, que pouvait-on faire en 2012?

L'année de toutes les trahisons?

La rédactrice en chef signait son édito par ces mots: "2012: annus mirabilis". Les articles se suivaient et déclinaient le passé avec des vue sur le futur.

« La génération 2011, c'était "Indignez-vous" », d'après Hessel. Force est de constater que les indignés se sont souvent résignés ou se cherchent une renaissance. Le G1000 a pu constater que la démocratie était en crise, perdue entre populisme et technocratie et dont son initiateur demandait une petite dépression post-natale (Rapport final du G1000).

0.jpgRuper Murdoch, "De magnat à paria" est entré au purgatoire dans une retraite dorée.

Au sujet de Michel Daerden, on lisait "Le ridicule peut tuer". Il est décédé avec le pathos en plus mais sans ridicule. 

Pour Jean-Luc Delarue, "Come-back raté". Celui-ci le restera avec en plus le mystère dans les charnières.

Hosni Moubarak, le "Raïs déchu" a été remplacé par un successeur. Tout aussi gourmand, il est rejeté par 46% de la population.

Silvio Berlusconi, s'y revoit déjà. Chante-t-il "Ça s'en va et ça revient" dans sa version "remake"? 

Jean-Luc Dehaen, "l'icône" est aux oubliettes dans une retraite dorée.

Bart De Wever, "De l'exploit aux abois?. La N-VA règne, mais ne gouverne pas". Il est en stand-by à Antwerpen.

Les analyses, elles, énuméraient, dans le détail, les points qu'on attendait de 2012 au vu des évènément de 2011.

« La Belgique, peut-être, engagée dans une longue phase de tensions sociales », c'est bien le cas entre riches et pauvres.

« Faire ceinture et croiser les doigts », c'est avec beaucoup d'austérité et une pincée infime de relance avec les trous trop larges dans la ceinture pour la fixer.

0.jpg« Le cap des 11 millions d'habitants », franchi perdus parmi 7 milliards sur notre Terre.

« Pippa, c'est du pipeau », Kate a repris le flambeau dans une année du style "Astrid".

« La dynamite Dexia », a bien explosé comme une bombe à fragmentation.0.jpg

« Mittal éteint la sidérurgie » et on aperçoit les derniers feux. C'est à Florange en France que les dernières étincelles crépitent.

« Etre compatible avec le processus démocratique », on pourrait désormais à la lecture de certains commentaires se demander qu'est-ce que la démocratie?

1.jpg« Révolutions arabes, une longue marche » et « L'islam ira où il veut aller » La longue marche ressemble à une course aux alouette avec, en plus, de l’endurance, de la persévérance et beaucoup d'innocence, à la recherche d'un point extrême islamafistise. 1.jpg'Les Frères Musulmans payent des hommes de main pour agresser les manifestantes sur la Place Tahir au Caire"

« L'atome, energia non grata », une réaction qui, dans l'immédiateté des réflexions, pourrait mener à l'extinction des feux de l'amour.

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« Kabila rempile sans vraie légitimité », S'il l'assume, le M23, lui, rabaisse la légitimité. 

« Qu'est-ce qu'un personnage comme DSK a réellement de gauche? » Aujourd'hui, parler de la gauche serait répondre "La gauche? 

C'est par là que je me lève le matin, non". DSK, l'inconscient de la République, comme il était dit, vient de conclure son "affaire de jambes en l'air" au prix fort.

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« Ces oracles qui nous gouvernent », toujours attentistes les agences de notation, se branchent sur Wikileaks en véritables faucons crécerelles dans une position de "Saint-Esprit" avec la tête immobile.

Un coup de frein sur la création d'entreprises en 2012.0.jpg

De 2012, on retiendra les rétros souvenirs des radios publiques francophones, qui se sont succédées cette semaine.

Celle de Suisse, la RTS, est entrée en communion avec celle de la Belgique, par un drame, une nuit du 13 mars ou 14 mars.

Alex Vizorek était chargé,  cette semaine, de reprendre le flambeau des 'cafés serrés' avec les évènements de 2012 en Belgique avec humour.

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Vadot a construit ce poster de 2012 avec le fil rouge de la crise économique qui donnait l'idée d'un jeu de quilles (best of). 

0.jpgPour le Vif-L'Express de fin 2012, l'année a été celle des trahisons. Le Realpolitik a eu son sortège de duperies dans lequel le chacun pour soi a été de la partie.

Il se pose la même question au sujet de DSK, un an plus tôt: "Di Rupo est-il de gauche?". 

L'alphabet de 2011 faisait partie du magazine récapitulatif de l'année 2011, mentionné plus haut.

 

Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, voici, l'alphabet de mon année 2012: 

A: Amérique

B: Bruxelles ou Bluzz 0.jpg

C: Capri ou Cappadoce

D: Dérision

E: eBusiness ou Elections

F: Fidélité

G: Griffes ou Google

H: Histoire

I: Inventeurs

J: Jaunes (pages)

K: Kodak

L: Laos ou Londres

M: Monétarisme, Morane 

N: Nanotechnologie 

O: Ommegang

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P: Pessimisme ou Photos ou Psychopathe 

Q: Québec

R: Rituel

S: Spéculation ou Solidarité ou Statistiques

T: Timeline ou Tabou

U: Uilenspiegel

V: Vendredi ou Vengeance ou Vieillir

W: Wépion

X: CompleXité (des Maths)

Y: Yéyé

Z: Zéro et un

Quant aux élections, les américaines et françaises ont été les plus  médiatisées. Celles de la Chine, tout aussi importantes, sinon plus, s'est produite dans plus de discrétion. 

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Quelles sont les certitudes sans appeler Madame Soleil? Assimiler 2013 à une cinquième année charnière?
 
Les mots clés seront réformes des pensions, austérité, compétitivité, déficits, gel des salaires, faillites, restructurations, chômage...
 
Après avoir frôlé la récession avec une croissance au raz des pâquerette et être entré plus en stagflation que de récession pure et dure, pour des consommateurs qui ne veulent plus consommer mais qui épargnent pour des jours meilleurs qui n'arrivent pas assez rapidement.
 
Pas bon tout cela !

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La Belgique est devenu un paradis fiscal pour les plus riches et un puits sans fond pour les moins riches ou plutôt un tremplin vers d'autres horizons encore plus "efficaces".
 
Depardieu devenu le Manneken fisc pour les Français, a bien compris son avantage, mais, c'est le bourgmestre d'Estampuis qui se demande si l'on avait déplacé la Tour Eiffel en Belgique.

Lors de ces fêtes de fin d'année, les départs en avion ont toujours été là avec à l'horizon de pays plus ensoleillés. Les transactions bancaires virtuelles ont brisés des sommets. La Belgique en pince toujours pour le homard canadien. Tout ne serait donc pas totalement perdu. 
 
Le gouvernement Di Rupo recevait un bulletin en demi-teinte. Ouais...

0.jpgLe discours du Roi de Noël n'en finissait pas de faire des vagues d'indignations dans le Nord et de justifications dans le Sud. Trop se traduit, peut-être, en "te veel" dans le Nord...
Le Paris Match a qualifié de courage dans la volonté de défendre son pays alors qu'en Flandre on parle de creuser sa tombe.
Le livre "Le(s) Question(s) royale(s)" de Deborsu avait, il est vrai, jeté un froid glacial dans la cour royale. Une réaction mesurée était nécessaire.
 
Alors, quand on n'a toujours pas plus de pétrole, il faut des idées, au minimum, géniales.1.jpg

Beaucoup regrettent le temps pendant lequel il n'y avait pas de... gouvernement...
 
Les projets de réformes tombent comme la pluie fine de cette fin de décembre.
La définition du mot "réformer" est "modifier en apportant des améliorations". Non, peut-être. 
 
Quelques bons points, tout de même...
En 2012, le Bel20 a retrouvé sa jeunesse par un rebond de 20% en dépassant les 2500 points. Tenir le cap est la préoccupation basi... basique.
Le taux de référence est descendu à 2,06%, alors que la France était déjà descendu sous la barre des 2%. Passe, impair et manque. Partie remise. 
 
Réduire les C4 pour éviter l'hémorragie.

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Trouver un équilibre entre licenciements et les engagements sera une entreprise qui demandera une attention de tous les instants pour faire changer la tendance.
C'est là où il aura redondance dans les postes que les éclaircissements seront les plus apprents. 
 
Alors, on voit plus loin.
On parle d'une dynamique à l'Horizon 2022 pour la Wallonie.
Le nouveau patron de Dexia voit une sortie de sa crise de foie (ou de foi) pour 2018.
 
Des ponts trop loin? 
 
On apprend que les enseignants seraient, alors, tous payés au même salaire, ce qui, vu les commentaires, ne serait pas du goût de tout le monde. Le communisme n'est pas la solution.
 
Les étudiants deviennent des Tanguy à charge des parents pendant cinq ans au lieu de trois. Ce qui permet, au moins, de postposer le besoin de chercher un emploi et de ne pas faire "chomardiser" les nouvelles recrues.
 
0.jpgHeureusement qu'il y a la santé, dit-on...
Enfin tout dépend de quelle santé, on parle.
 
Attention, séparons les pouvoirs et les problème entre le législatif, l'exécutif et le judiciaire.

La Justice, un autre domaine, un autre défit remisé à cette nouvelle année 2013 et pas au calendes grecques.
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Tout le monde crie en langage SMS: "Moi, vouloir sous.". Sans le "Stop" final mais plutôt dans un hoquet chevrotant du bout des doigts. Il fallait bien souhaiter, de manière intéressante, le vingtième anniversaire de ce système de communication moderne.  
 
Que va-t-il en sortir du chapeau? Un lapin aux oreilles bien dressées ou au contraire, bien plombées?
Pour Wallonie-Bruxelles, décrète 2013 "l'année de la compétence". Des compétences, spontannées, acquises en accéléré ou sur le tas.
  
Tout demande, manifestement, plus de temps pour assumer ses charges. Du temps, encore du temps, est demandé, alors que celui-ci fuit à toute allure, dans une sorte de tempête.
 
L'émission d'OLO est prévue pour lever 37 milliards d'euros.
Le budget prévisionnel s'élèverait à 39,99 milliards d'euros, soit 3,4 milliards de moins qu'en 2012.
Un signe positif d'austérité ou la mort du cygne en manque à gagner?

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Les Agences de la dette pensent lier les obligations à l'inflation en panne de nouvelles décotent.
Que l'idée, elle est bonne. La population bruxelloise a vu proportionnellement l'augmentation la plus forte mais au 3/4 par la voie de l'immigration.
 
S'il y en a qui entrent, il doit y en avoir aussi qui sortent.
 
La solution serait-elle de rejoindre les 300.000 Belges qui sont à l'étranger? Question à cent sous, à même pas un euro.

Les latino Américains sont les plus positifs du monde, d'après un sondage de Gallup, destiné à estimer l'état mental de la population adulte.
 
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Pour 2030, Washington s'est posé la question et répartissait le monde en quatre mondes possibles, mais on précisait que "La responsabilité des individus et la diffusion du pouvoir par les États et des États vers des réseaux informels aura un impact spectaculaire".

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Alors, ne lésinons pas sur les dépenses, j'aime les chiffres ronds. Je ne veux pas jouer à Cassandre en Madame Soleil à la longue échéance. 
 
Je lisais encore "Il faudra risquer davantage sa peau en 2013" avec "Question: Pourquoi certaines personnes sont-elles incitées à 'bien paraître" plutôt qu'à bien faire? Réponse: L'absence de risque individuel.".
 
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C'est vrai, la prise de risque a été récompensée en 2012 pour les fonds, mais la palme du rendement revient au marché turc avec plus de 60% de progrès.

"Le monde entre dans une troisième révolution industrielle au croisement des énergies renouvelables et des technologies de l'information et des communications. Il en va de notre survie de l'économie et de la planète, alors qu'on est dans un monde qui stagne et étouffe" disait Jeremy Rifkin.

Pour faire bonne mesure et bonne figure, si on se souhaitait:

Bonne et heureuse année 2020 comme le fait une pub d'une certaine marque d'un véhicule qui y voit sa longueur de garantie.   
 
De se retrouver, ici, dans sept ans, si c'est pas de l'optimisme, ça...!!! 0.jpg
 
Des photographies d'ambiance de Bruxelles, pourraient-elles vous en donner plus d'envie? C'est ici, avec un seul clic.
 
 
Pour 2013, pourquoi pas risquer un poème tout simple?
 
 
L'arrivée de l'année 2013,
Une année entre deux chaises
Dans laquelle, les fadaises 
Ne seraient plus à leur aise.
 
Voilà, à nouveau 365 jours
Qu'on espère plein d'amour
Que l'on veut sans détours
Chaque jour sortir du four.
 
Une année faites de pensées
Qui ne seraient pas une diarrhée
Dans une volée de mots outrés
Mais qu'il faudra chercher à sublimer.
 
Une année à chercher le meilleur
A lui donner des couleurs
Et, parfois, dans la sueur
Tomber sur le bide du malheur. 
 
Une année où l'on n'oublie pas les plaisirs
Pour harmoniser avec ses soupirs
Et ainsi éviter à tous prix, le pire
En gardant, toujours pour la fin, les (sous)rires.
 
 

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L'enfoiré,

 
PS: Je le remercie pour l'occasion, ainsi que Kroll pour avoir eu l'amabilité de m'autoriser à utiliser leurs caricatures dans mes articles.   
 
 
Citations:0.jpg
 
  • « La Belgique? C'est le pays le plus bizarre de la planète », Amélie Nothomb
  • « La Belgique, c'est un terrain vague où des minorités se disputent au nom de deux cultures qui n'existent pas. », Jacques Brel
  • « Il ne faut pas toujours tourner la page, il faut parfois la déchirer.  », Achille Chavée
  • « Le pire n'est jamais sûr, mais le meilleur se mérite », Attali

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Et dans le monde? C'est le monde émergent qui va poursuivre son inexorable ascension. Quinze pays qui font les BRIC et les "Next 11", avec les 2/3 de population mondiale, vont, à leur tour, s'atteler à la croissance mondiale.
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C'est la crise des valeurs de l'Europe d'après George Soros. Loin d'une association volontaire, l'UE est maintenue par une discipline de fer dans un arrangement hiérarchique dans lequel le centre dicte la politique avec la périphérie progressivement subordonnée au lieu de la fraternité et la solidarité dans des stéréotypes hostiles.
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L'Europe en déclin et PSY, le pop-coréen danse le Gangnam Style.

Pour retrouver le sommet de 1989, le Nikkei de Tokyo devrait gagner 264% en 2013.

Le KFX danois ne devrait monter que de 1,1% pour dépasser son record de 2007 à 517,67 points tandis que Shanghai, c'est 173%. 

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18/10/2012

Prix Nobel de la paix ou de la guerre?

Le prix Nobel de la Paix 2012, attribué à la l'Union Européenne, a étonné plus d'un. Retrouvons d'autres Prix Nobel, pour s'apercevoir que ce n'est pas un cas unique et comprendre ce qui motive l'attribution d'un tel prix.

0.jpg"La paix désigne habituellement un état de calme ou de tranquillité comme une absence de perturbation, d'agitation ou de conflit. Elle est parfois considérée comme un idéal social et politique.", dit Wikipedia.

Le mot "habituellement" a toute son importance dans ce qui va suivre.

Le Nobel de la Paix récompense « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les volontés, définies par testament, d'Alfred Nobel. Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l'homme, l'aide humanitaire, la liberté".

Florence Nightingale aurait été à l'origine de la fondation de ce Prix Nobel en convaincant Alfred Nobel afin qu'il répare le "mal qu'il avait causé avec sa dynamite".

Première contradiction avec les réalités du terrain, car si la dynamite peut être utilisée en état guerre, elle sert à beaucoup d'autres choses et elle est entourée depuis d'une panoplie d'autres techniques beaucoup plus efficaces.

Mais les contradictions par rapport au projet de Nobel vont au delà quand on suit son histoire. L'instrumentalisation en coulisses pour introniser quelqu'un et barrer la route aux autres, a été plus que commune. 

La nomination de la CE a créé la surprise, notamment en Norvège, pays qui a déjà refusé en 1972 et en 1994 d’intégrer l’Union à l’issue de deux référendums. L’UE faisait partie du groupe de candidats potentiels, mais le politologue américain Gene Sharp, ou la religieuse égyptienne Maggie Gobran, surnommée la "Mère Teresa des bidonvilles du Caire" étaient sur les listes des nominés. Railler cette décision, alors que l’édifice européen semble de plus en plus fragile et sa pérennité, de plus en plus compromise, était étonnant, mais l'histoire détient quelques entorses aux règles pour des raisons politiques

  • La nomination de Roosevelt en 1906, il était militariste!
  • Adolf Hitler nominé en 1939 par Erik Brandt, membre du Parlement suédois. 
  • Benito Mussolini, en 1935
  • Joseph Staline en 1945 et en 1948. 

Heureusement, il y a eu Albert SchweitzerMartin Luther KingMère Teresa et Aung San Suu Kyi, pourrait-on dire.

Gandhi, l'apôtre de la non violence, n'a jamais eu cet honneur puisque la Grande-Bretagne, trop impliquée, s'y était opposée. 

Les Nobel de Sadate et Begin ont permis de neutraliser définitivement l'Egypte et ceux d'Arafat, Rabin, le dépeçage de ce qui reste de la Palestine, dirait-on au Proche Orient. 

La compétition entre la vision pacifique du philosophe chinois, Confucius et celle du comité norvégien a été contrecarrée par "le Prix de la Paix Confucius" à Pékin en réponse au prix Nobel de la paix, qui était attribué à un dissident chinois en 2010.0.jpg

Le président du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland déclarait: «L'UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe».

Incontestable même si, en plus, l'Europe est en crise économique, politique et sociale, depuis 67 ans, elle a l'avantage d'être encadrée pour maintenir cette paix comme objectif. Cinq membres du comité dont l'un d'entre eux, empêché, a été remplacé par l'évêque d'Oslo (info norvégienne), ont voté parmi les nominés.

Il faut aussi retourner aux sources de la création de l'Union européenne pour en comprendre les buts de l'"entreprise Nobel". 

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L'Europe a été créée pour assurer la paix en Europe et prendre ses distances vis-à-vis de l'URSS. 67 ans de paix en Europe s'en sont suivis si on exclut la guerre dans les Balkans. L'Europe n'y a fait qu'essayer d'éteindre l'incendie entre les religions et les nationalismes sans mandat pour aller plus loin.

Que l'Europe soit absente, aussi, dans les autres parties du monde, n'est en fait qu'une prise de positions dans le concerts des nations qui sera toujours bien ou mal prise comme une ingérence toujours mal comprise, quand on se rappelle l'entremise en Lybie. L'attentisme en Syrie devient presque une obligation surtout quand Russie et Chine s'opposent à toutes interventions. 

La réponse péjorative qui viendrait à l'esprit, ce serait que les chefs d'Etat subissent les lois de la finance et acceptent de s'y soumettre.

Ce n'est pas tout à fait faux.

"Comment donner le prix Nobel de la paix à une Union européenne forteresse qui mène une politique de fermeture de ses frontières faisant des milliers de victimes?

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Une Union qui s'engage à améliorer progressivement ses capacités militaires? Quel message pour les peuples qui subissent sa stratégie d'exportation commerciale agressive par la signature d'Accords de partenariat économique qui laminent, par la libéralisation des marchés, en forçant à l'austérité?", lance Attac

Là, je dirais que c'est à côté de la plaque.

Sortons de l'angélisme.

"Si vis pacem, para bellum".  

S'il n'y a plus de guerre armée, la guerre économique que subissent ces peuples, est, elle, bien réelle. Nous sommes en guerre, chers amis. Une guerre insidieuse et qui ne dit pas on nom.

Être dégoûté, comme je l'ai lu dans certains commentaires, ne servirait à rien si ce n'est jeter le bébé, sa conception ainsi que l'eau du bain.

Dépendant de l'endroit d'où partent les réflexions, ce prix sera apprécié différemment (des journalistes de différents pays dans Kiosque). Un Norvégien sur quatre soutenait le prix. Il faut rappeler que la Norvège ne fait pas partie de l'Union européenne.

J'avais trouvé certains articles dont l'un titrait "Nobel oblige" ou l'autre, "Les douleurs des peuples". 

J'ai eu une réaction à chaud du même genre. Je ne peux le nier, mais je me suis livré à un pas en recul. J'ai tenté, une nouvelle fois, de jouer le rôle d'avocat du diable, un rôle que j'apprécie à mes heures creuses.

"Que dit le comité Nobel?, pour faire contrepoids?

Chacun a son approche suivant son angle de vue, sa culture et sa sensibilité à l'égard des problèmes.

"Non, le prix Nobel de la Paix n'est pas une farce", écrit Noëlle Lenoir que je ne connaissais pas.

Un journaliste posait la question à un quidam dans la rue sur ce qu'il pensait de l'attribution de ce prix. Il était étonné que cela ne soit pas attribué à un homme en particulier et que cela allait tomber ainsi dans la nullité. 

Il n'avait pas compris que le monde ne se crée plus avec des idoles, mais avec des équipes, petites ou grandes. Que ce soit dans toutes les autres sciences primées au Nobel.

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Cadeau empoisonné que ce prix Nobel. Il oblige à se surpasser pour y faire honneur.

Mais la paix n'arrive pas à ses fins toute seule.

Quant au Nobel de l'économie, il a remis la théorie américaine des jeux au menu avec Loyd Shapley et Alvin Roth. Tous deux recherchaient le mariage parfait entre l'offre et la demande pour augmenter les performances des marchés. (un retour sur celui de 2009 s'imposerait, peut-être).

Alors, j'hésite... N'est-ce pas plutôt un Nobel de l'Economie que l'Europe aurait pu recevoir pour avoir maintenu la barre dans la tourmente financière?

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Le prix Nobel de la Paix est un prix trop hybride.

Le rapprochement entre le jeu, la finance et la paix n'est pas un hasard.

Le trio va souvent de pair. Il est encore plus évident en 2006, quand le Nobel de la Paix avait été attribué pour le développement important du principe du micro-crédit.

Réussir la paix, c'est aussi jouer une gigantesque partie d'échecs en passant par l'économie. Une partie d'échecs accompangée d'une partie de poker menteur.  

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L'Europe peut-elle se concevoir uniquement avec une monnaie commune et des souverainetés et des régionalismes? 

Une autre question qui me vient à l'esprit: en définitive, qu'est ce qu'on récompense avec le Nobel de la Paix, le passé, le présent ou le futur?

Couronne-t-on des faits passés ou encourage-t-on à améliorer l'avenir de la paix en lui donnant les moyens économiques?

D'après moi, c'est le futur que l'on prime, c'est à dire, quelque part, un rêve de paix, un encouragement à faire mieux que les prédécesseurs qui n'investissaient pas assez dans le social, le politique et le financier qui accompagnent.

Plus question d'afficher des photos sur les murs des usines pour présenter les meilleurs travailleurs pour inciter les autres à les ressembler. Les héros ne sont pas bannis, mais ils sont fatigués, plus réalistes et moins idéalisés.0.jpg

Désormais, on budgète le futur de la paix tout en faisant l'impasse aux erreurs du passé.

En 2009, le prix Nobel de la Paix attribué à Obama alors qu'il n'avait encore rien accompli en est encore une autre preuve. A l'époque, on fêtait l'arrivée d'un Messie qui allait résoudre les crises générées par ses prédécesseurs.

Le "Messie" a déçu. Anormal? Non, le rêve reste entier et c'est, peut-être ça, le fin mot de l'histoire: l'espoir est primé et pas ses réalisations.

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Cadeau empoisonné, oui, car ceux qui reçoivent un tel prix deviennent d'office obligatoirement des héros qui plongeront les mains dans le cambouis.

Pour la CE, que représentent les 900.000 euros du prix?

Rien ou presque. Tout est dans le domaine de l'honorifique pour la CE.

A-t-on jamais été en paix dans la vie de tous les jours? Quand on ne sort pas d'armes de guerre, on sort nos instincts de compétitions, d'économies qui cherchent à toujours obtenir au moindre coût ce qu'on revend à un prix plus élevé, après une "valeur ajoutée", toute personnelle, taxée ou non.

Une guerre économique, latente et permanente dans un jeu où la compétence prêchée et la motivation sont écrites sur un parchemin appelé "diplôme" suivi d'un CV qui se veut, par nature, élogieux.

Pour le reste, l'homme a toujours cherché des boucs émissaires qu'il peut haïr à loisir en porte-à-faux et des héros qu'il pourra applaudir avec le rêve entretenu par l'espoir. 

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Autre anniversaire.

Il y a exactement 50 ans, le monde n'avait jamais frôlé d'aussi près, une 3ème guerre mondiale sous la forme du nucléaire, dans une véritable crise de poker menteur. Entre le 16 et le 29 octobre 1962, 40 missiles envoyés à Cuba par les Soviétiques avaient poussé la guerre froide à son paroxysme entre les deux "K", Khrouchtchev et Kennedy. Une crise de 13 jours qui avaient fait vaciller la paix dans le monde par une suite d'alliances.  Étrange, les deux "K" n'ont pas reçu le prix Nobel de la Paix.

1.jpgDe l'article, "Quel est le message pour le monde?", je retiendrai sa conclusion "Si l'Europe ne parvient pas à intégrer l'histoire de son continent dans la perspective plus large de celle du reste du monde, alors son message de paix aura une signification plus locale que globale."Nous en sommes encore très loin.

La Paix est un voeux pieux toujours à remettre sur le métier enrobé de crises, petites ou grandes.

Nino Ferrer le chantait dans les dernières paroles de sa chanson "Le Sud". 

La paix serait-elle un point de l'esprit qui se retrouverait à l'infini, que l'on espère toujours atteindre et qu'on n'atteindrait, en définitive, jamais parfaitement?  

Se poser la question, c'est presque y répondre.0.jpg

Le prix Nobel de littérature, Mo Yan, entre au programme des lycées chinois. Il faudra jeter un coup d'oeil sur une traduction pour en connaître plus sur ce concurrent connu pour son efficacité.

Désolé de vous l'apprendre, si vous ne le saviez pas, nous sommes en guerre économique, de consciences en interne et en externe.


L'enfoiré,


PS: Voici le début de cours "Stewardship of finance" même si j'ai souvent contesté son auteur. (Stewardship)


0.jpgMise à jour du 10 décembre 2012: Aujourd'hui, le jour des Droits de l'Homme,  l'UE reçoit le Prix Nobel de la Paix.

A cette occasion, voici, les photos prises du Parlamentarium dont j'ai déjà parlé ici.

 

Citations:0.jpg

  • «Dieu a dit, il y aura des hommes blancs, des hommes noirs, il y aura des hommes grands, des hommes petits. Il y aura des hommes beaux, des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile. Il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux, ce sera très dur!» , Coluche
  • « La paix est une création continue. », Raymond Poincaré 
  • « La paix est un rêve suspendu. », Kofi Annan 

04/10/2012

D'un vendredi à l'autre

Vous vous souvenez de Robinson Crusoé, échoué sur une île déserte. Un "sauvage" est devenu son ami et il l'a appelé 'Vendredi'. D'un vendredi à l'autre, on trouve ainsi quelques constatations plus amusantes les unes que les autres.

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Le vendredi, au boulot, c'était le dernier jour de la semaine, le moment où le travailleur commençait à penser à son week-end. A table, cela fait penser à manger du poisson pour certains. 

Vendredi dernier, c'était le premier anniversaire de la "Fédération Wallonie-Bruxelles". Appelée, fête de la "Communauté française", le nom d'avant, juste un an. Tout devait changer avec ce nouveau nom. Moins communautaire, appelation plus régional pour aller avec son temps. Une autre manière d'être identitaire.

La Grand-Place accueillait, une nouvelle fois, des artistes français et belges. Le Grand Jojo (rien à voir avec Johnny Halliday) terminait la soirée avec l'histoire de Jules César qui faisait toujours chanter et danser les Bruxellois, jeunes et vieux et de toutes les cultures. 

Comme le dit Patrick Roegiers dans son dernier livre "Le bonheur des Belges", c'est "le Bruxellois vit entre deux mondes, veut toujours apprendre à désobéir. Une situation où tout le monde a l'air de rien, mais n'est pas rien et cela permet tout.".

Pour décrire la France, où il vit depuis près de 30 ans, il cite en vrac "Patrie du beau langage, mère des arts, pays d’Épinal, du béret basque et de la baguette, du litron de rouge, des bals populaires, de l'huile d'olive et des espadrilles...(j'écourte la liste) ... de La Fontaine et de Bécassine, du roi Dagobert qui prie pour ne pas avoir la diarrhée à cause de sa culotte à l'envers".     

0.jpgPourtant, ce vendredi m'a fait penser à encore autre chose: à quelques Français qui, à y réfléchir, avaient un talent de Robinson manqué. 

Vendredi dernier, il y a d'abord eu Laurence Bibot. Vous ne vous souvenez peut-être pas d'elle et de son café serré et poivré du vendredi 20 avril que je me repasse en boucle en période de mouron pour seulement me dérider.

(Mise à jour 23 novembre: Laurence relance)

Son dernier café serré, toujours du vendredi, avait été annoncé avec du sucre. Humoristiquement vôtre, toujours, elle était aux antipodes de ce que l'invité du jour devait raconter. Laurence s'était lancée dans une diatribe, en se référant à ses collègues humoristes de la semaine, à tel point qu'à un moment, elle dut demander à l'invité français, s'il suivait toujours. Lui avait, dès le début, perdu pied en se demandant ce qu'il était venu faire, ce matin-là, dans cette galère "à la belge".

Vous vous rendez compte, l'invité de la matinale était Henri Sterdyniak, économiste français, directeur du Département Économie de la Mondialisation de l'OFCE, expert de la situation de l'Europe et de la différence entre ses habitants du nord et ceux du sud. Excusez-là, cher expert, d'avoir trollé votre matinée. On est comme ça, chez nous. Dans la sébille de l'austérité, on a déjà donné.

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Comme depuis la nouvelle saison, les cafés serrés sont présentés juste avant l'invité du jour, le contraste était encore plus flagrant. 

Les 3% annoncés font aussi des vagues de protestations chez nous. Je vois déjà, d'ici, les patrons bientôt rejoindre les rangs des indignés. 

L'invité annonçait en douceur, que dans la même journée, après le sarkozisme, c'était le hollandisme qui passait à l'austérité et que tous les Français allaient boire dans la même tasse avec une dose de cheval, après avoir passé de la droite à la gauche. Certains disent même "Sarko, tu nous manques". 

0.jpgComment pouvait-on rire de cela? "Là, en bas de ça", dit avec notre accent local. Faire rire, c'est dans le contrat de Laurence.

Oui, c'est évident, notre humour belge n'est pas toujours compris d'un Français alors que dans l'autre sens, cela passe, en général, relativement bien. 

Cela fait un temps, sept ans, que je suis en chasse sur les "terres dangereuses d'un forum français" assez représentatives comme Agoravox.fr. J'y ai souvent joué à l'avocat du diable parce qu'on y baigne souvent dans un bol de pensées uniques dans une morosité ambianteMoi, qui ose parler de mes billets, serais-je devenu le "sauvage" qui ne sait pas ce qu'il dit?

La France rappelle, en permanence, qu'elle est la patrie des "Droits de l'Homme", mais quand ces droits ne correspondent pas aux idées acceptées en France, c'est l'habitude de se voir rejeté dans le bac à sable. Ce n'est plus un "débat" mais une "exécution". S'il n'y a pas d'opposition, il n'y a pas débat. Alors, face à de la mauvaise foi, devenir l'avocat du diable, on le deviendrait pour moins que ça, avec les arguments contraires tout aussi valables, si pas convainquants. Mon pseudo me permettait quelques latitudes, si pas prérogatives... mais sans jamais sous-estimer mon adversaire...

"Mieux s'informer pour mieux lutter" comme l'écrivait un des rédacteurs dans son "A propos" alors qu'au contraire, il fermait les portes de l'information et du débat.

La Fontaine l'avait pourtant écrit dans "L'Ours et l'amateur des Jardins": "la raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens séquestrés : Il est bon de parler et meilleur de se taire, Mais tous deux sont mauvais alors qu'ils sont outrés.". 

Par acquis de conscience, je suis allé voir ce qui se tramait sur la version belge de ce forum français. Elle ne brûlait pas les planches avec la Toile de ses préjugés. Un coup d'oeil sur la version italienne, là où en principe, on devrait avoir le sang chaud, vu la situation délicate qu'on y vit. Rien de tout cela, non plus. Quelques commentaires, quelques lecteurs au balcon et puis basta. Pas d'antagonistes repoussés dans les cordes du ring, pas de moinssages idiots sans donner l'avis contraire pour l'expliquer. En Italie, il faut le remarquer, seulement, des appréciations positives sont possibles. Comme disait Cocteau , "Le Français est un Italien de mauvaise humeur".0.jpg

Le monde est un village, entend-on parfois. Village, dans lequel tout le monde se connaîtrait, facilité par des moyens de communications identiques: la langue et la culture. Et bien, non, pas toujours ou pas vraiment. On ne se connaît pas dans ce "village" et, pire, on ne cherche pas à le faire. Les situations sont spécifiques dans chaque environnement et s'apprécient différemment .

Internet avec ses réseaux sociaux est même resté fermé comme s'il s'agissait du vieux Minitel. On trouve des cercles d'influences, dans lesquels les vases communicants sont clôturés avant de s'ouvrir. 

J'avais déjà parlé du bluzz qui se créait parmi les philosophes et les scientologues. Rapprocher ces deux groupes dans une union allégorique, aussi. 

Je ne sais pourquoi, cela m'a fait penser à l'histoire de Robinson Crusoé. Pour rappel: 

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Un marin vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, suite à un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même. Il fut délivré d'une manière tout aussi étrange, par des pirates. Il s'aperçoit que l'île qu'il a appelée 'Désespoir' reçoit périodiquement la visite de cannibales, qui viennent y tuer et manger leurs prisonniers. Crusoé, qui juge leur comportement abominable, songe à les exterminer, mais il se rend compte qu'il n'en a pas le droit, puisque les cannibales ne l'ont pas agressé et ne savent pas que leur acte est criminel. Il rêve de se procurer un ou deux serviteurs en libérant des prisonniers et, de fait, quand l'un d'eux parvient à s'évader, ils deviennent amis. Crusoé nomme son compagnon Vendredi, du jour de la semaine où il est apparu. Sa plantation a été bien entretenue et il est devenu riche. Il voyage en Espagne et en France, où il est attaqué par des loups dans les Pyrénées. Il vend sa plantation pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme et retourne en Angleterre.

La "robinsonnade" a encore beaucoup à nous apprendre. Si on la remettait à l'ordre du jour?

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Supposons que l'île dont on parlait dans l'histoire de Robinson, soit un "peu" plus grande. De la taille de l'Europe, par exemple. Chacun serait perdu sur cette grande île avec des tendances à vouloir recréer son propre environnement dans un cocon protecteur en terres inconnues. Ce n'est pas un secret, on n'aime pas l'Europe en France, surtout quand elle n'est pas française.

Avec la peur de l'environnement, oserait-on brusquer ses hôtes en le prenant pour un sauvage?

La peur, aujourd'hui, c'est se réfugier dans son absolutisme, son négativisme, pendant qu'à l'extérieur, la grande embardée a déjà commencé pour ramasser à bas prix ce qui reste après la bataille.

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Pendant ce retrait, des mondes antagonistes se croisent, s'envient, se pointent du doigt comme responsables de tout. 

Robinson ne pouvait mieux s'assurer qu'avec ce qu'il trouvait. Les produits dérivés, il n'en avait pas, même s'il connaissait ce que veut dire "dériver" dans son aventure. Les impôts, il n'en payait pas puisqu'il devait, lui-même, s'imposer des règles strictes sans intermédiaires. Spéculer pour lui, c'était toujours à très court terme, au lendemain ou à la saison qui suivait. 

Bien loin de la collision entre riches et pauvres, entre idéologies adversaires. Il devait trouver la meilleure solution à ses problèmes par l'expérience. Il devait compter sur les risques des pirates, des corsaires et des flibustiers et se préparer pour les contrer.

Ils existent toujours avec les mêmes subtilités.

Tout cela pour dire que nous sommes, aujourd'hui, en période de questionnements, de transitions. Nul ne le conteste, mais de là à rejeter le bébé avec l'eau du bain, ce n'est peut-être pas la solution pour le long terme. Nous avons une histoire en plus de la situation de Robinson. Nous progressons à coup de réussites et d'échecs.

Etre anarchiste, peut-être, mais pas nihiliste ou négativiste sans réfléchir.   

Dernièrement, je lisais un billet de Simone Wapler, qui prévenait "Attention : ce rapport peut heurter les lecteurs sensibles. A lire avec prudence". Elle affirmait: "Pourquoi la France va quand même faire faillite. La catastrophe n'est pas imminente, elle a déjà commencéNul ne devrait ignorer ce qui menace le plus gravement la France aujourd'hui : elle-même... et l'état de ses finances publiques.".

Avec un peu d'humour, on dirait: "Hier déjà la situation était grave mais pas désespérée. Aujourd'hui, elle est désespérée, mais est-elle encore grave vu le secours providentiel que je suis venu vous apporter?"

L'article continuait avec des titres dignes de l'Apocalypse: "La réalité dépasse la fiction aujourd'hui", "La fuite en avant", "Dernier budget en équilibre en 1973", "La sécurité sociale a emprunté en France la même somme que le Portugal et l'Autriche réunis", "L'effet domino, l'effet boule de neige de l'Europe", "Le chaos"... 

Elle arrivait à la conclusion: "choisir entre l'exode urbaine et les émeutes de la faimCeux qui étaient à la campagne, s'en tiraient mieux que les autres. Si notre système social venait à disparaître, des millions de citadins se retrouveraient sans aucune solution de repli. Et le monde agricole serait aussi profondément ébranlé".  

Elle avait raison, mais à lire, tout cela, on a l'impression de s'empêtrer dans les fils de la Toile, d'essayer de se rattraper pour finir par tomber face au mur des lamentations. 

Revenons, j'oserais dire, à du "terre à terre" sur le "plancher des vaches" puisqu'il était question du monde agricole.

Donc, il y aurait, en France, toujours de la terre et des vaches.

Et s'il n'y avait plus de vache?, pourrait demander l'innocent du village?

Robinson, lui, en effet, sur son île déserte, n'avait que des palmiers, des noix de coco et la mer à perte de vue.

Aujourd'hui, on aimerait vivre sur une île déserte. Ce serait même un paradis que l'on se paierait cher, mais ce serait après y avoir installé toutes les commodités modernes.

Robinson, lui, n'en avait pas. Il ne lui restait que la vie et à se démerder tout seul pour reconstituer un univers pour tout réinventer en fonction de sa nouvelle situation. Pas de plan B, juste du système D avec, seulement, quelques tuyaux connus dans une vie antérieure. Pas question de maudire le capitaine qui avait fait chavirer le navire. Ce serait du temps perdu.

0.jpgProcéder dans l'ordre, ce serait: Sauver les "meubles", trouvés à la dérive. Se construire un toit avec des morceaux de bois. Se sécuriser contre les pirates éventuels. Épargner ses forces avec des économies de moyens. Prévoir les jours mauvais lors d'un beau temps providentiel. 

Pour garder le moral, avoir des moments de franches rigolades pour constater le rendement de ses actions (non, pas celles en Bourse...). Constater qu'avec un bout de ficelle, on peut réaliser quelques petites choses bien utiles. L'argent, chez lui, n'aurait servi à rien. Il vous aurait ri au nez avec votre million de dollars en monnaies de l'époque. Il vous aurait dit que s'il n'avait pas réussi à créer un vrais matelas, il avait été un maître pour le coussin destiner à poser sa tête. 

Aujourd'hui, beaucoup de tuyaux sont percés de toutes parts, d'accord. On se sent prêt à dire qu'il n'y a plus rien à inventer, que les machines ont ruiné ce qui reste d'espoir et que la mondialisation a brûlé les dernières cartouches à prix bradés.

La journaliste britannique Sophie Pedder, vivant en France, écrivait, dans son livre "Le déni français" que quelque chose était en trop dans la corbeille française. Elle sentait planer quelques déficits chroniques comme on les retrouve chez des enfants gâtés. On semblait avoir pris des assurances, mis des protections anti-tout, des capotes à tous les étages et les malheurs sont restés plânés. 

Ce même vendredi dernier, chez nous, ce fut aussi la nuit des chercheurs en sciences dans le seul but de relancer les jeunes sur cette voie de salut en Europe. Sur le forum français, la science est souvent décriée, rejetée comme responsable des malheurs avec un concert de plaintes pour le faire remarquer à qui veut l'entendre. L'énergie reste, ainsi, au stade de potentiel, sans passer au niveau cinétique.

Un économiste disait même que ce n'est pas une récession que nous vivions, mais une stagflation générale. Une stagflation, c'est-à-dire "une souffrance simultanée de croissance faible ou nulle et d'une forte inflation avec une croissance rapide des prix et un taux de chômage élevé". Et il avait raison.

"Moi, entrepreneur" criait le français, Patrick Robin dans un livre. Fini la chanson traditionnelle, caricaturale de "Merci patron" qui deviendrait plutôt, "Merci, partons" . 

Il est clair que certains auront plus de potentiels que d'autres, qu'il faudra des leaders et des exécutants. Qu'est-ce qu'on s'ennuierait si tout le monde avait les mêmes envies et prérogatives, rêvait aux mêmes objectifs et à un paradis dans lequel, il faut le dire, on s'emmerderait très vite.

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Nous sommes dans la même galère, c'est évident, mais il y a tellement de nuances dans l'approche pour aborder cette dite-galère.  

N'auraient-on plus trouvé la bonne personne qui, un jour, aurait su raconter de belles histoires extraordinaires pour distraire, mais aussi pour faire espérer concrétiser les envies? Le rêve motive  parfois avec plus d'efficacité que son aboutissement.

Mais, on baigne dans la m..., leurré par d'autres, plus malins, qui ont déjà trouvé leur Vendredi sans chercher de "dieux" providentiels. Auto-immune, vous ai-je dit.

La concurrence est rude et trouver le chaînon manquant, le créneau qui sort de l'ornière, prendre le risque, ensuite, de le développer et aller à contre-courant, n'est pas une sinécure.

"Je suis peut-être pessimiste, mais je me soigne", écrivais-je. Article, capté et publié par Carevox.fr, sans ma permission. C'est dire qu'en France, avoir un esprit positif ne court pas les rues en dur ou en virtuel.

Connaître cette réflexion, c'est aussi de la "Mindfulness". C'est savoir se définir dans le grand jeu dans lequel tous ont un rôle à jouer ou à (re)découvrir. 

Réussir, rester jeune et beau comme on le voudrait, demande un état d'esprit sans artifices de calcul, sans pommade, sans botox ou idoles comme références.

Franco Dragone, dans "C'est du belge" du vendredi, parlait de  sa ville d'adoption, La Louvière. Il ne l'a pas oubliée sa "Cité qui a décroché la Lune" comme un Robinson aurait pu le faire pour oublier ses mauvais souvenirs. Son prochain projet est déjà en  Chine, à Wuhan.

Oser l'utopie, rêver à l'impossible, garder des projets en réserve et les tester... une philosophie...

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Attention, pour finir, je préviens "y a du lourd" comme dirait Patrice Luchini.

Je tombais vendredi sur cette déclaration époustouflante: Bill Clinton pourrait devenir président dans deux pays, l'Irlande et la France. Pour le prétendre, il déclarait au sujet de la France: «  Comme je suis né en Arkansas, qui faisait partie de l’achat du Louisiana Purchase [le traité de rachat des possessions françaises aux États-Unis, englobant l’Arkansas], si toute personne qui est née dans un endroit qui a fait partie de l’Empire de France,  emménage en France, qu’elle y réside pendant 6 mois et qu’elle parle le français, elle peut mener campagne pour la présidence française. En outre, au cours d’une élection présidentielle française, j’ai obtenu de très bons résultats dans les sondages. ».  

Bill Clinton, l'Américain, là, c'est trop drôle. Bill, le Vendredi du Robinson français ? 

Quand Obama avait été élu, la presse française avait recherché un homme politique providentiel, de la trempe d'un Messie pour la France.  

0.jpgEn Belgique, on se shout avec quelques bonnes nouvelles. On rigole avec le reste comme ici. Ce jour-là, Thomas faisait la différence avec le bon vieux temps. Le lendemain, le jour d'une grève des trains, il jouait avec la liste déprimante de ce qu'il n'aimait pas. Du déprimant, il y a des jours où on en trouve plus que d'autres, puis, d'autres, pendant lesquels tout change et on oublie tout.

A vendredi, j'attends votre réponse, chers amis français et agoravoxiens. (*)


L'enfoiré,


(*) Attention, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Tous ne font pas partie de la forumisation des discussions où l'on se déchire plutôt que de se reconstuire. 


Citations:

  • "Quand on voit, on ne voit pas tout ce qu'on voit, pris par notre vision intérieure et immédiate des choses", Frank Pirobon
  • "Les prédictions pour la semaine qui vient. Poisson : vendredi est votre jour. Taureau évitez les voyages en Espagne. Cancer : faites un dépistage. Balance : essayez de perdre du poids.", Philippe Geluck
  • "En Belgique, on n'a peut-être pas beaucoup de champions du monde, mais dans le monde, ils n'ont pas autant de champions de Belgique que chez nous", Philippe Geluck 

30/08/2012

Chez les yé-yé, avoir vingt ans, ce 30 août 1967

Une expo à Liège sur les "Golden Sixties", quatre copains, un anniversaire et un premier acte d'une pièce de théâtre.

0.jpgRésumé des Golden-Sixties. L'économie tourne à plein régime même si la vie n'est pas rose pour tout le monde. Le chômage s'élève à peine à 2%. Ce sont les entreprises qui cherchent leurs collaborateurs et y mettent le prix. La carte de crédit commence à sortir des portefeuilles. Un dollar fixé à 50FB.  Une dette publique belge, bien en dessous du PIB. L'industrie manque de bras. Les supermarchés ouvrent leurs portes à la consommation. Et si on donnait du travail aux femmes? Les hommes sceptiques sur les goûts de leur femmes à se retrouver au bureau. Pourtant, cela va donner, aux femmes, la liberté financière. La liberté sexuelle viendra grâce à la pilule. La conscience professionnelle n'est pas encore altérée. On rétribue en fonction des aptitudes. La mode se veut subversive avec la mini-jupe. Le lave-vaisselle devient un cadeau du mari pour sa femme. Dans la salle à manger, la télé N/B fait découvrir le monde extérieur. L'espace fait rêver. Les idoles sont nombreuses. Les Rolling-Stones font peur aux vieux avec leurs chansons de sexe et de violence mis en compétition avec les Beatles, Adamo, Dutronc dans une "Rock attitude", insouciante, provocatrice. Le monde s'élargit.

Le décès récent de Neil Armstrong rappelait que le 21 juillet 1969, il avait marché sur la lune pour la première fois. Mais, ici, notre pièce de théâtre s'arrête le 30 août 1967.

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Scénario:

Quatre copains, étudiants du même âge, Jean-Pierre, Christian, Alain et Guy, se retrouvent dans un café. C'est le tour de Jean-Pierre à avoir 20 ans, ce 30 août 1967. L'actualité défile avec la musique du juke-box avant de partir à une boum.

Jean-Pierre entre sur scène avec des fleurs dans les longs cheveux, style hippie. La lumière s'allume.

-Tous ensemble: "Happy birthday to you. From good friends and true. From old friends and new. May good luck go with you. And happiness too".

-Jean-Pierre: Merci les gars. On voit que vous avez pris de la graine en anglais en écoutant les chansons. Pour égaler les Rolling Stones, faudra y mettre un plus grand coup.

-Guy: Excuse ma jalousie. Je suis sûr que Mary a dû t'aider un peu, non? T'as vraiment un look d'enfer avec tes cheveux longs et les fleurs dans les cheveux. T'es pas un peu rétro avec eux?

-Jean-Pierre: Et oui, mon Guy, avec Mary, j'ai fait des études en émulsion, en immersion même. Bien intégré. Des études sur le terrain avec un kid de survie minimum pour en jouir sans entraves. Toujours se rappeler de quelques phrases type dans ces cas-là, comme "I love you", "I need you", "I want you". Je t'assure, ces paroles miracles marchent toujours. Rien de rétro.

-Guy: Avec la fleur dans les cheveux et le "Faites l'amour, pas la guerre", en prime, sans doute.

-Jean-Pierre: C'est ça, t'as tout compris et ça aide. Les gonzesses ont plus de coeur que nous. Tu veux que je te donne des techniques d'approches?

-Guy: Tu me fous les boules avec tes techniques. Là, tu intègres ou tu dérives? Tu ne va pas me les faire exploser, non? Tes affaires de coeur, garde-les pour tes soirées avec ta girl-friend. Dans le monde, il n'y a pas que l'amour. La guerre est partout. T'as oublié la Guerre des Six jours? Le Vietnam, le napalm et le reste? Tu as oublié l'incendie de l'Innovation, tellement récente dans toutes les mémoires? C'est pas la joie.

-Jean-Pierre: Là, tu joues au prude, au défaitiste, d'après moi, avec tes maths à la con. C'est qu'il nous fouterait du mouron et l'humeur dans les talons, le Guy! Mais, tu l'as dit "Fais l'amour, pas la guerre".

-Guy: T'as entendu, ce qui s'est passé avec Janes Mansfield, le sexe symbole, décapitée. Enfin, à condition qu'elle ait eu une tête au dessus de sa poitrine, avant. Moi, je préfère le style Twiggy. Un peu garçonne, ça, je sens être de ma génération.

-Jean-Pierre: Là, tu y vas fort. Mansfield me faisait fantasmer, comme Marilyne, d'ailleurs. Je dois avoir un poster dans ma chambre que je devrai remplacer. Mais par quoi vais-je la remplacer? Twiggy, c'est pas vraiment mon style. J'espère que tu n'es pas puceau, tout de même et que tu aimes les formes.  

-Guy: Essaye Gina Lolobrigida, Sophia Loren ou Brigitte Bardot. Tu n'as que l'embarras du choix. Peut-être même en monokini. Puceau, ça ne te regarde pas. Tiens, une question "politique", t'as pas entendu De Gaulle au Québec? Pour foutre la merde, il est le premier avec son "Vive le Québec libre". Giscard d'Estaing n'a pas manqué de le moucher en lui pointant dans son collimateur comme "l'exercice solitaire du pouvoir". Ces vieux, ce qu'ils peuvent être cons de s'accrocher à leur petite vie bien au chaud...

-Jean-Pierre: Pas d'accord. Giscard en a déjà envoyé beaucoup de "Oui, mais", mais, au moins, De Gaulle parle de liberté. Chacun a droit d'avoir la sienne comme il le désire, non?

-Guy: Ouais, mais, il aurait peut-être pu penser dire "Vive les Français, libres", "Vive l'Algérie libre" de son temps. Je sais pas moi, ce genre de conneries que l'on déssert pour attirer les foules. Quand tu envoies n'importe quel Schramme à bord, comme au Congo, tu crois qu'on peut encore parler de liberté avec les armes à la main? Heureusement, il vient de déposer les armes, mais... 

-Alain: Parler de liberté, les armes à la main ? C'est un truc de révolutionnaire et de baroudeur, ça ! Aucune révolution les armes à la main n'a amené la moindre liberté. Des militaires aux commandes pour organiser la paix, non mais, tu rigoles ? La liberté, cela se vit mais ne s'organise pas. Elle doit être acceptée, surtout celle des autres, c'est la plus importante. La tienne vient tout seul par après. Organisation et liberté sont des mots antinomiques. Méfie-toi de la vraie liberté, elle est un culte ou un rêve, cela ne relève d'aucun culte.

-Christian: Même celui de soi ?

-Alain: Surtout, celui-là ! Tu devrais changer de seringue, je crois que t'es dopé grave, mec ! A partir de ta campagne, sans rien connaître de la ville, avec des champs sur les bras, tu finiras au mieux comme Simpson sur le Ventoux. Mort en jaune pour se faire plus de fric, gagner plus de renommée. Voilà à quoi, elle mène ta liberté au "moi-je". Note bien que je ne peux pas te donner tout à fait tort: n'est libre que celui qui a du fric, cela me paraît évident.

-Christian: Campagnard, je suis et resterai, libre. Toi, à la ville, tu ne connais pas la terre. Encore quelques années et tu ne sauras plus d'où sort le lait avant d'entrer dans ta glacière. Et les Indiens d'Amazonie, les Touaregs du désert, les abominables Tibétains des neiges, y sont pas libres, eux ? Le fric, ils ne connaissent pas et vivent apparement bien.

-Alain: Si, mais, il s'agit là d'une liberté à ne pas savoir qu'en faire. C'est plutôt du règne de l'imbécile heureux. Ce serait bien trop rétrograde d'en arriver là. Faisons confiance à l'organisation du monde moderne, c'est lui l'avenir. Des machines agricoles vont t'aider si t'as le pognon de les payer. Et puis, réfléchis un peu : cela fait bien longtemps qu'il n'y a plus de place sur cette boule pour qu'on aie chacun son Amazonie à soi. Le monde rétrécit, il commence à se faire tout petit. Près de la moitié des humains n'a déjà plus de jardin et ces cons continuent à vouloir vivre empilés les uns sur les autres. Aucune liberté n'existe plus depuis qu'elle empiète sur celle de l'autre. C'est embêtant mais c'est comme ça! Regarde, on a même coupé le dernier arbre et tu regardes la télé béatement avec papa et maman en mangeant ta soupe. 

-Jean-Pierre: Et moi qui croyais que le jour de mon anniversaire, tu allais me foutre la paix avec ta nature, cher Rousseau alias Christian, et toi, Alain, avec ta ville qui sent mauvais. M'avez-vous amené un cadeau au moins !

-Alain: Je pouvais pas. J'ai été en ville à vélo, y'avait aucune place de parking de libre... Ah, si j'avais eu un porte-avions, j'aurais pu faire place nette ...et même fermer le caquet aux flics révolutionnaires ! Putain, la victime, c'est encore une fois, moi ! (rires)

-Christian: Pas de déclarations, Alain. On s'en serait douté... J'ai apporté le fromage de la ferme et le gateau pour l'anniversaire dans la paix des coeurs. Je suis un pacifiste, moi. 

-Guy: Comme au Tonkin, peut-être ?

-Alain: Comme au ton qui, quoi ?

-Guy: C'est fou ce que tu manques de culture, toi. Il n'y a que les références historiques pour justifier ton présent. Encore quelques anniversaires et tu seras tout à fait borné à force de te rappeler le bon vieux temps. Tiens, tu mériterais que je t'envoie par le fond, ne fut-ce que pour t'empêcher de nous mener en galère... Dis-toi bien que seul l'exil peut te sauver. Et le fait est qu'il n'y a plus d'exil nulle part depuis qu'on a inventé la bombe. Mais j'ai foi au progrès, demain on possèdera bien tous la bombe individuelle. Chacun la sienne. Il ne pourront jamais en faire exploser qu'une après autre. La légitime défense, tu comprends?

-Jean-Pierre: Mais ce serait l'extermination garantie de l'espèce humaine, docteur Folamour ! Que vous êtes en train de me fomenter comme avenir. La marée noire du "Torrey Canyon", c'est pas du cinoche. 

-Guy: C'est idiot de voir ce cinoche ainsi. Je commencerai par toi, tiens! Où est ce que tu te sentirais le mieux, t'es vraiment un socialiste à la manque. Moi, ce qui m'a plu au cinoche dernièrement c'est "Blow up". Tu sais cette histoire de photographe qui part en reportage, prend une photo et qui découvre un meurtre. Alain, n'est-ce pas que c'est dans tes cordes?

-Alain: Mais, mon beau salaud, dis, ça c'est jouer le jeu des Ricains et des Englishs. JFK est toujours dans ta tête, à mon avis. T'es l'extrémiste inverse. T'es cent pour cent en faute et tu fais semblant d'avoir été agressé pour mieux faire admettre que c'est toi la victime. "Up to you", as-tu déjà écouté ce morceau des Stones ? C'est la face B de Satisfaction, il est passé inaperçu avec ce Mike Jagger qui a toujours voulu être au devant de la scène. Dommage! Moi, j'irais voir si avec le socialisme ou même le communisme, on va pas pouvoir mieux s'en sortir qu'avec ces jeunes en pantalon en pattes d'éléphant.

-Guy: Des éléphants, maintenant. Tout cela ne nous ramènera pas le Congo. (rires) Mais, t'as raison, Elvis devait en avoir à son mariage, des pattes d'éléphants. 

-Jean-Pierre: Le Congo, c'est râpé, Guy. Faudra te faire une raison. Les colonies, c'est de l'histoire ancienne. Un peu de Commonwealth du bout des ongles, mais rien d'autre. Quant au King, il a ses fans incontestables...

-Christian: (il chante) "Et j'entends siffler le train. J'entendrai siffler ce train toute ma vie". Alors, on va le couper, ce gâteau? J'attrape faim, moi. Alain, vas nous chercher la bouteille dans le frigidaire. Ça s'arrose un anniv de 20 ans. Tu te souviens de cette bête chanson des vieux "On n'a pas tous les jours vingt ans".

-Alain: Bien sûr. C'est d'un niaiserie à chier. Tu me fais déraper ici. Tu ne sais pas, Christian, Jean-Pierre, voudrait partir à Katmandou.

-Guy: Katmandou, c'est pas trop ma tasse de thé. T'as pas entendu ce qui se passe dans la Silicone Valley? La Californie, le Grand Canyon, les grands espaces, j'ai vu des films de là-bas. Cela donne envie de partir, rien qu'à les voir.

-Jean-Pierre: Je crois que t'as vu trop souvent "West Side Story", c'est sorti de l'affiche, je t'informe. T'as pas peur de partir pour le Vietnam comme tu disais, cela canarde ferme là-bas. Si tu pars là-bas, tu devras te faire naturaliser et alors, c'est chez le Viets qu tu devras trouver tes assurances tous risques.

-Guy: J'ai pas dit que je veux prendre la nationalité américaine.

-Christian: Mais t'auras pas le choix, mon gars. C'est compris dans le prix du voyage. Dès que tu vois la Statue de la Liberté, t'es déjà embrigadé. Adieu la liberté et les petites anglaises. Moi, c'est Londres qui m'attire un peu. C'est de là que toute la mode vient, ces derniers temps.

-Guy: T'as peut-être raison. Je vais me renseigner sur les States. Peut-être, qu'astronaute me plairait. S'envoyer en l'air dans la lune ou s'envoyer en l'air, au lit, où est la différence? Dans, le 5ème Luna Orbiter est un peu à l'étroit, mais je suis sûr qu'on y arrivera à lui mettre une fusée dans l'oeil dans notre lune comme Tintin nous le montrait

-Christian: Ne rêve pas trop éveiller. La lune, c'est pas encore gagné. Le match entre Sovétiques et Américains est loin d'être terminé. Faudra peut-être attendre des années encore pour mettre un pieds sur le sol lunaire comme le voulait Kennedy pour cette décennie. Tu ne te souviens pas de ce qui est arrivé à Komarov à bord de son Soyouz? T'auras peut-être une famille avec des enfants à t'occuper, avant de t'envoyer en l'air dans les étoiles. Moi, je me vois très bien avec une famille nombreuse. D'ailleurs, il y a anguille sous roche.

-Guy: Toi aussi. Tu veux une famille, des enfants. Je veux bien une épouse, mais des enfants, c'est beaucoup de responsabilités. Je n'envisage pas cela, du moins actuellement. Pour cela, il faut assurer ses arrières, avoir un job longue durée. Si je ne suis pas du tout sûr que les mouvements féministes sont très favorables à cette expansion qui pousse les femmes à rester à la maison, une femme au bureau, c'est pas sûr que cela plaise à toutes non plus

-Alain: Mais, t'es un terrible machiste, Guy. Tout évolue. On n'arrête pas le progrès. Personnellement, j'aimerais avoir deux enfants mes pas plus. En espérant, qu'ils soient aussi beaux que l'épouse que je choisirai.

-Jean-Pierre: Vous êtes tous des fanas de la famille à ce que j'entends. J'ai dit faire l'amour pas la guerre, cela ne veut pas dire que je veux me farcir toujours la même, ni toutes en parallèles. Je suis un serial-man. Des enfants? Vous êtes fous ou quoi? On a la pilule, maintenant.  Tu veux un joint pour te remettre à niveau?

-Alain: Non, merci, je suis assez dingue comme ça. Mais qu'ai-je entendu? Cela est passé sans tinter à mes oreilles. Christian a des choses à nous révéler. Y a-t-il un polichinelle dans le tiroir avec sa dulcinée? Sa boniche a dû oublier sa pilule. Alors, raconte. Comment, c'est arrivé.

-Christian: Ça, c'est un secret. Nous sommes sortis. Nous avons dansé lors d'une rencontre dans une surprise party, et...

-Guy: Ça a tourné, a tourné, mais cela n'a pas continué à tourner. Et, ça s'est arrêté.. comme la chanson de Bécaud, peut-être (rires)

-Jean-Pierre: Laissez Christian, tranquille. N'oubliez pas, c'est un futur philosophe et il va vous en foutre plein la vue avec sa philosophie des grands mariages. Je crois que vous ne connaissez pas la philosophie asiatique. Là, on n'oublie tout. On y baise. On y pense et puis on oublie, comme dirait Claude François.

-Guy: Ah, oui? Mais, c'est aussi très exotique, ton expérience. Cela m'intéresse. Puis, Alain, avec ses études de journalisme, il pourrait en faire de beaux papiers de tout cela. Lui qui aime les voyages.

-Alain: Bel exercice et beaux voyages, en effet. Même si je n'ai pas les mêmes préoccupations. Et si on parlait de sport. Le sport, un truc qui m'intéresse. J'aimerais me spécialiser dans le journalisme de sport. Pour m'amuser, j'ai fait un article quand, le 9 juillet, Billie Jean King a gagné Wimbledon. J'ai eu un certain succès dans un petit journal local. Quant à Roger Pingeon, j'ai essayé de l'approcher quand il avait remporté le Tour de France. J'aurais bien aimé aussi avec Eddy Merckx qui vient de devenir le champion du monde. Oui, reporter sportif, cela me botterait, mais, j'hésite, encore. Correspondant de guerre, aussi, d'ailleurs. Suivre les Six de la guerre du Sinaï pour Paris Match, cela doit être palpitant. Photographier Moshe Dayan dans les tranchées... 

-Guy: Six jours, d'accord. Mais tu ne voudrais pas partir au Vietnam, on n'en voit pas la fin de cette guerre-là. T'es pas sûr de revenir, sinon les pieds devant.

-Alain: C'est ce qui construit la gloire, non? (sourire)

-Guy: Quelle ambition! Là, tu me fais planer. Et des projets de famille heureuse, tes deux beaux enfants, t'en fait quoi? Ce sont tes parents qui t'ont appris ce genre de raisonnement à la con avec des héros avec des honneurs à titre posthume à la clé?

-Alain: Mes vieux laissent-les là où ils sont, si tu veux bien. Je ne mange pas de ce pain-là. Ils ne sont pas d'accords avec mes projets. Je sais. Ils me font ch... Tu sais quelque chose qui les mettrait à roter encore plus après une heure de silence. Un bon Rolling Stone par exemple. "I can get now, satisfaction". C'est pas très socialo, mais je m'en contenterai. Pourquoi pas aussi, le negro? Mes vieux sont racistes. Comment s'appelle-t-il encore? Celui qui est guitariste et qui a osé jouer de la guitare avec ses dents, allongé parterre en faisant le grand écart....

-Christian: Tu veux parler de Jimi Hendrix? Je préfère les Beatles ou les "Shocking Blue" avec Venus, ça fait danser au moins. "Salut les copains", cela commence à m'épuiser. Jean-Pierre ne va pas me contredire, lui qui entonne à tout bout de champs comme une litanie "All you need is love". La guerre entre les Beatles et les Stones, c'est du pipo. Crois-moi sur parole. C'est comme avec les Demoiselles de Rochefort et les Parapluies de Cherbourg. T'as pas pleuré, tout de même? 

-Alain: Oui, Jimi Hendrix. Une véritable star en Angleterre. Il ira loin, ce gars, c'est sûr. Il doit déjà être dans le hit parade. Au sujet des Beatles, j'aurais dû m'en douter. Pleurer? Tu rigoles? C'était d'un rose bonbon. Pleurer serait manquer vraiment de punch. Mais t'as pas tout à fait tort, il y en a beaucoup qui l'ont fait dans la salle quand je les ai vue. T'as pas encore entendu le petit nouveau, David Bowie?

-Jean-Pierre: David Bowie? Connais pas. Mais, j'en ai rien à cirer de votre punch, de vos idées d'avenir. Vous n'avez pas remarqué que tout coûte plus cher? Avec ce que me donne mes parents, je ne parviens même plus qu'à m'acheter mes sèches. C'est mon anniversaire. Si vous voulez des fleurs dans les cheveux, je peux vous en prêter. Ca vous empêchera d'avoir des idées courtes et d'écouter vos idées folles...

-Christian: T'as raison, Jean-Pierre. T'as toujours raison, d'ailleurs. Toi, au moins, t'as pas besoin de te déguiser pour ce soir à la surboum costumée. Un peu de cheveux dans les cheveux bien longs, un froque qui sent à cinq mètres à la ronde et une chemise ouverte sur ton poitrail velu et t'es costumé. Moi, je vais prendre le costume de Néron. Je ne sais pas si cela me sied, mais c'est le nom que j'aime bien. Quant à toi, Alain, sors ton appareil photo et ton carnet de notes, avec la casquette et le crayon de l'emploi, je sens que tu vas faire sensation. Reviens avec des photos des toiles de Magritte. Tu vas voir comme elles vont prendre de la valeur depuis qu'il vient juste de mourir. Guy, je le vois bien bardé d'une chemise avec des étoiles et des bretelles pour tenir le pantalon. Tous le monde à la permission de minuit? Alors, on y va.

Un silence est tombé, presque lourd. Le juke box s'était arrêté à court de piècettes. Les 45 tours se sont succédés sans interrompre la bande des quatre.

Le patron du café, qui a tout entendu, ajoute une tune dans son juke-box. La platine va s'installer sous l'aiguille et une voix nasillarde entonne "On n'a pas tous les jours 20 ans".

Les quatre se regardent, étonnés.

-Tous ensembles: Mais qui a programmé cette putain de chanson? C'est d'un ringard...

Jean-Pierre pousse une nouvelle tune dans le bastringue et entonne en attendant: "If you're going to San Francisco. Be sure to Wear Flowers in your Hair".

Le rideau tombe...


Sapanhine et l'enfoiré,


...qui ont joué, chacun, un rôle dans l'histoire, même si les prénoms des personnages n'ont peut-être pas existé tel quel...

Mais si jamais, certains s'y reconnaitraient, ce ne serait pas totalement un hasard.0.jpg

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Aujourd'hui, les jeunes de l'époque font partie du"Papy boom". Un monde qui tourne encore souvent avec des arrières-goûts du passé en s'uniformisant avec la mondialisation.

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Alors, que dire?

Que c'était une autre époque, meilleure ou pire ou que tout n'est qu'un éternel recommencement? Que les jeunes sont toujours aussi batailleurs? Qu'à toutes les époques, les jeunes ont resenti la concurrence des "anciens"?

Que les anciens "jeunes" écoutent plus souvent Radio Nostalgie?

"Hier encore" comme le chantait Aznavour, un rappel, une ombre de nous...

Philippe Geluck alias Le Chat, disait, avec humour, que "Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant." et que "Les jeunes, c'est tous des bons-à-rien. Et ça devient pire avec l'âge".

Il n'avait pas tout à fait tort.


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23/08/2012

Wépion, la fraise dans le nez

La grande saison des fraises s'achèvent. Vous aimiez les fraises. Alors, pourquoi pas une visite aux portes de Namur avec la promenade le long de la Meuse comme complément indispensable pour tout connaître sur elles?

0.jpgNous étions le 24 juillet. Ce jour-là, c'était une première vaguellette de chaleur perdue au milieu de journées de pluies, mais encore bien loin des dernières canicules que l'on vient de connaître.

Ce fut un retour à Wépion. 

Wépion, même pas une ville, même plus une commune de Namur, mais une cité résidentielle.

Wiki en dit: "Une section de la ville belge de Namur située en Région wallonne dans la province de Namur. Commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. D'une commune rurale avant la Seconde Guerre mondiale, Wépion est devenue une cité résidentielle. Wépion est célèbre pour la qualité des fraises qui sont mises en vente durant la saison de ce fruit. Le marché de la Fraise de Wépion s'est surtout développé dans l'entre deux guerres et fut à son apogée dans les années 1960, quasiment chaque famille cultivait de la fraise. À cette époque, la criée de Wépion expédiait des fraises jusqu'à Rungis en France. De nos jours, l'activité s'est fortement professionalisée et l'on y commercialise, par la criée, des fraises de mai à août. Justine Henin vécut un temps à Wépion, en bord de Meuse, avant de s'installer dans la principauté de Monaco.".

Wépion mérite le détour après la visite de Namur. Après quelques kilomètres, c'est à pieds ou à vélo que le spectacle commence. Un chemin de halage, sur le côté ouest de la Meuse, des promeneurs et des bicyclettes s'y croisent. Une île. Des tours de prestige jouxtent beaucoup de maisons de résidences secondaires d'une époque révolue mais que l'on essaye de conserver avec l'atmosphère de l'époque.  

Habitées, à la belle époque, par des concierges, qui attendaient les nouveaux riches de Namur et des environs, elles sont devenues des résidences de propriétaires permanents. Parfois des chercheurs de bonnes affaires à réaliser se cherchent leur avenir sur les affiches "A vendre" ou "A louer" que l'on peut encore y rencontrer. 

Comme la Meuse déborde régulièrement, ces villas mosanes étaient surélevées pour se prémunir au mieux contre les inondations. 

Puis, caché derrière un chemin étroit, il y a le "Musée de la Fraise" qui m'était toujours passé inaperçu et qui raconte l'histoire de la fraise.

0.jpgAu départ, Wépion était une sorte de  Confrérie de Renards, dont on fêtait le vingtième anniversaire le 31 aout 1995.

Catholiques, les habitants se virent envahis par des protestants et ils ne trouvèrent pas cela d'un très bon oeil.

Le sol est limoneux et riche en fer. L'humus de la forêt primaire en provenance de "La Marlogne" est le théâtre de la Légende de l'Aumonière. Le sol est aussi propice au houblon et ... à la fraise.

Celle-ci demande du soleil et de l'eau sur les coteaux exposés à l'est et une altitude entre 85 et 225 mètres pour ne pas être inquiétée par les eaux tumultueuses de la Meuse en crue.

Les petites gens cultivaient des fraises des bois en petites quantités. Mais des commerçants voulèrent en faire un commerce plus lucratif avec une taxe à la production.

En 1709, une certaine Marie Werotte refuse de payer la dîme des fraises cultivées dans son jardin entre les fosses de houblons. 

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Cinq ans plus tard, 1714, un espion anglais ou français, on ne sait plus très bien, le Capitaine Frazer ou "Frezier", qui ramène, à Marseille, quelques plants de fraises, les "Blanches du Chili". Il espère pouvoir exploiter le filon de fraises.

Il rate son coup, car il n'a rapporté que des plants mâles. Les abeilles ne vont pas pouvoir féconder les générations suivantes sans quelques plants femelles.

Son histoire racontée sur Wiki vaut le coup d'oeil: "Débarqué le 17 août 1714 à Marseille du navire marchand à bord duquel il avait fait le voyage de retour, en pestant contre les marchands malouins qui avaient abandonné le bateau marseillais près du Horn parce qu'il avait cassé une vergue et ne pouvait aller aussi vite qu'eux. Pour les remercier de la ration d'eau supplémentaire qui lui avait été accordée quotidiennement, Frézier fit cadeau de deux plants de fraisier chilien aux frères Bruny, les armateurs (ou offerts à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé des réserves en eau), puis il en offrit un à Lepelletier de Souzy, remit un pied entre les mains d' Antoine de Jussieu, au Jardin Royal à Paris, avant de transiter à Brest. Il garda le dernier pied planté dans son jardin de Plougastel et qui se multiplia par croisement spontané avec l'aide du botaniste Antoine Duchesne et une espèce rapportée en Europe: Fragaria virginiana. Moins parfumée que les fraises des bois européennes, il écrit : « On y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. Ses fruits sont ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un œuf de poule. Ils sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que nos fraises des bois »Le nom de Frézier, une coïncidence extraordinaire par sa déformation du mot fraise? Cela s'expliquerait par le fait que Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le Simple à la fin d'un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l'anoblissant, lui donna le nom de 'Fraise', qui fut déformé en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que la famille fut revenue faire souche en Savoie".

0.jpgPour la fraise et Wépion, tout resta en l'état jusqu'à la compréhension du problème.   

C'est en 1880, les premiers plans bisexués, les "Marguerite Lebreton"' y sont plantés.

Et c'est le boum. 

La crise de 1929 va perpétrer la disette et il faut trouver des débouchés pour s'en sortir. La culture de la fraise vient à l'esprit.

En 1933, premier marché de fraises organisés en coopératives.3.jpg

Mais, dès 1970, c'est la chute. Les ventes stagnent. 

Cela restera artisanal jusque dans les années 1980 vaille que vaille.

Heureusement, la culture de la fraise remonte tout doucement la pente dans les années 1990, en changeant la cadence. Puisque de 300 ha, on tombe à 30 ha, ce ne sera plus la quantité mais la qualité qui va sauver l'exploitation des fraises. Il faut devenir plus professionnel et, surtout, donner ses lettres de noblesses à ces fraises, la faire reconnaitre partout en Belgique et ailleurs, pour contrer les rivaux des Pays-Bas.

Le label "Fraise de Wépion" est créé. 

Les règles à respecter se résument dans la localisation géographique, la culture en pleine terre, la cueillette limitée à la période de maturité et le respect du côté écologique en limitant l'utilisation de pesticides après que la fleur soit apparue.

La fraise est très fragile. Cachée derrière des plastiques, elle doit être arrosée, se cueillir à la main, une par une. La maturité s'étend de juillet à août. Donc, une période relativement courte.

De plus, la crillée se déroule à l'endroit de la production dans des circuits courts. La fraise doit être consommée le plus rapidement possible, pour être parfaite et garder toute sa fraîcheur. Des points qui expliquent son prix. 

Une devinette, qui m'avait été posée?

Qu'est ce qui est en haut, vert en bas et a des milliers d'yeux?

La fraise diététique, pardi. Je n'étais pas sûr d'avoir compris la finte au départ.

0.jpgAprès la visite du musée de la fraise, il restait à se promener le long de la Meuse. Deux à trois kilomètres, jusqu'au barrage sur la Meuse. Les villas, les jeux sur l'eau allaient aussi faire partie du spectacle wépionnais avec les bateaux de plaisances, le ski nautique. En face, les escalades sur les rochers attirent les regards. 

Alors, si, un jour, vous passez par là. N'hésitez pas à visiter le Musée, étudiez, un peu avant, ce qu'on en dit des fraises que le guide complètera et vous découvrirez peut-être, aussi, que s'il a des fraises dans le nez, il n'en a surtout pas sur le nez.  Comme la saison de la cueillette s'achève, il restera les tartes à la fraise,  la glace à la fraise, les confitures à la fraise et comme dernier baroud d'honneur, la liqueur à la fraise.fraise.gif

La Belgique, 10ème producteur de fraises dans le monde, avec 1%. Les États-Unis se taillent la part du lion.

Une première visite virtuelle au site du guide du Musée de la Fraise.

Quant à Plougastel, il faudra un jour que j'aille voir l'autre musée de la fraise.

Mais, comme tout se termine par des images.

Allons-y, pour les photos... 

 

L'enfoiré, 

  

Citations:

 

  • « Je ne puis pas plus te montrer un papillon dans une chenille, qu’une fraise dans sa fleur : il faut que le soleil ait mûri l’un et l’autre. », Bernardin de Saint-Pierre 
  • « A la Pentecôte, fraises on goûte. A la Trinité, fraises au panier. », Dicton français
  • « On ne peut pas manger des fraises à l’année. », Proverbe québécois
  • « Fraise: fruit que l'on souhaite sucrer le plus tard possible  », Laurent Baffie

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J'espère qu'il y a des fraises au dessert.

19/07/2012

Une avenue pas comme les autres

A la veille de la fête nationale belge du 21 juillet, c'est peut-être le moment de parler d'histoires belges et de ce que le deuxième de ses rois, Léopold II, a laissé derrière lui. Pourquoi ne pas parler d'une des avenues, celle de Tervuren, qu'il a créé à sa mesure ou à sa démesure et ne pas faire du tourisme de proximité?

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A Bruxelles, qui ne connait pas l'avenue de Tervuren?

Quelqu'un qui viendrait d'arriver dans la ville ou qui résiderait loin d'elle, peut-être. Sinon personne. Alors pourquoi parler de cette avenue lors de la fête nationale qui a lieu dans le centre, dans le parc de Bruxelles, devant le Palais royal, mais pas sur l'avenue de Tervuren?

Parce que la fête nationale "classique", nous y avons été en 2011, rencontré des mondes qui s'y rencontrent. Je n'allais pas remettre le couvert...

0.jpgLe quartier européen, les lobbies de partout et en tout, ne sont, en effet, pas bien loin, entre le Parc du Cinquantenaire et le centre de la ville de Bruxelles.

L'avenue est-elle, d'ailleurs, vraiment connue par ceux qui y passent, tous les jours, pour se rendre au travail, au centre de Bruxelles, à bord de leur voiture?

Là, ce n'est pas sûr.

Cette année, la fête de l'avenue de Tervuren, c'était, le 13 mai, son 113ème anniversaire. Pour l'occasion, une omelette géante fut préparée avec 10.000 oeufs. On n'allait pas recréer une telle omelette...

Nous l'avions déjà approchée, de près, cette avenue, sur cette antenne comme lors de "Chienne de guerre", "Les jouets de la guerre", avec les images qui s'imposaient.

Alors, pourquoi? 

Parce que faire du tourisme, cela peut se faire très bien à proximité de chez soi, même si l'envie d'aller ailleurs se présente.

0.jpgWikipedia dit : "L'avenue de Tervueren débute au parc du Cinquantenaire, puis traverse le rond-point Montgomery dans la commune d’Etterbeek. Après avoir longé le parc de Woluwe dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre, elle traverse Auderghem à proximité du Rouge-Cloître pour arriver aux Quatre Bras de Tervuren où elle croise le ring de Bruxelles. L'avenue longe le Ravenstein et se termine au rond-point du palais des Colonies où se trouve une fontaine décorée d'animaux.

Car elle est longue, cette avenue... Au bas mot, dix kilomètres de promenades, ses 76 mètres de large, que l'ancien chemin de fer Bruxelles-Tervuren frôle en permanence. En plus, l'aspect de l'avenue évolue tout au long de son parcours.

Alors, prenons-là, cette visite plus attentive, plus studieuse et quelque peu humoristique.

Le temps d'un tour rapide, autour du Cinquantenaire, dans son parc, dans son musée de la guerre ou au sommet de celui-ci. Dans le parc, un monument met déja dans une certaine ambiance avec la mention "J'ai entrepris l’œuvre du Congo dans l'intérêt de la civilisation et pour le bien de la Belgique", Léopold II (3/6/1906)". Un testament? Deux après, il prenait la piste aux étoiles... 

Vu ces derniers jours, vu les prévisions météos, avant de partir, n'oubliez pas le parapluie, on ne sait jamais.

Fin du 19ème, Léopold II a incité au traçage de grandes avenues comme l'Avenue de Tervueren, mais, c'est aussi le cas de l'Avenue Louise, du Boulevard Général Jacques?

0.jpgLéopold II a vu grand, c'est vrai, avec cette "voie royale", avec sa double rangée plantée de marronniers. Mais il a dû avoir ses préférences et l'histoire qui a suivi, a défendu ou non, "son" avenue contre les promoteurs de la modernité.

La Bruxellisation des années 1950-60 a fait plus de dégâts sur beaucoup d'autres avenues. Pour l'Expo 58, la ville a été transformée, des autoroutes urbaines ont été construites, des arbres abattus, des tunnels ont été creusés. L'auto était considérée, à l'époque, comme la reine de la ville.

L'avenue Louise est une belle avenue, bien sûr. Elle aurait pu prendre cette place prépondérante, mais elle n'a plus ce cachet historique. Elle n'a même pas pensé réserver une voie à la petite reine, le vélo.

L'avenue de Tervuren est une avenue large, qui fait partie intégrante du paysage avec un certain bonheur. Un tunnel cache, pendant un certain temps, les voitures sous le Cinquantenaire, comme une preuve d'une volonté écologique.   

Dans le prolongement de la rue de la Loi, l'arc de triomphe, 0.jpgle Cinquantenaire,  trône au début de l'avenue, comme une porte à la ville. Dans son parc, beaucoup de festivités de tous genres. On y court, pédale, joue à tous les sports jusqu'au cricket organisés par des Indiens en mal du pays. Un escalier et un ascenseur intérieurs permettent d'admirer le panorama du sommet de ses arcs. La rue de la Loi, appelée la "colonne vertébrale de Bruxelles", doit acceuillir l'Europe et est, il faut bien le dire, un désastre urbanistique, victime des laisser-aller coupables, vieux d'un demi-siècle.

Bordée d'arbres dans sa plus grande partie, l'avenue de Tervuren a, résolument, une histoire qui joint le présent à ses souvenirs du passé, tout en restant tournée vers l'avenir. 

Espaces verts et maisons, parfois hautes et étroites ou alors, basses et plus étendues en surface. Toutes valent leur pesant en "cacahuètes".

Au loin, des espaces verts avec le parc de la Wolluwe et la forêt de Soignes sont déjà visibles.

0.jpgDe maisons spéciales, il faut parler de la Maison Stoclet en Art nouveau qui détient en son sein des oeuvres très ou "trop" privées, non accessibles pour y pousser une tête à l'intérieur qui parait-il, détient des trésors. La maison avec une façade en marbre de Norvège qui répond aux normes de l'harmonie par la lumière,cache des jardins que seul un survol permet de constater. Adolphe Stoclet, normalement aurait pensé de l'installer à Vienne, mais c'est à Joseph Hoffmann qu'il a confié cet ensemble entré depuis 2009, au patrimoine de l'UNESCO.

Des ambassades, se succèdent à rythme soutenu, repérables par les places de parkings marquées du sigle "CD". Non, ce n'est pas destiné à des ventes de "Compacts Discs" mais c'est de "Corps Diplomatiques" dont il s'agit. J'en ai compté, une vingtaine, tout le long: du Botswana, d'El Salvador, de Sao Tomé, du Perou, de Géorgie, de Croatie, d'Ethiopie, du Brésil, du Togo, du Cambodge, d'Uganda, de Madagascar, de Tunisie, de Pologne, du Nigeria, d'Indonésie, de Papouasie Nouvelle Guinée, de Malaisie, de Namibie, de Sierra Leone, de Chine... sans compter celles des région comme Regio de Veneto. Toutes judicieusement choisies pour donner le prestige à leur propre pays.

Un coin de diplomates de tous bords dont on aura un échantillon, lors de la fête nationale, dans les défilés de voitures près du Palais royal, ce samedi, 21 juillet. Car, cela sort et cela parade aussi, ces ambassadeurs, mais il faut des occasions très propices sinon ils restent bien au chaud à l'abris de belles maisons.

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Le rond point ou Square Montgomery que surveille la statue du Général du même nom, avec ses fontaines centrales, forme le premier cirque à voitures. Plus loin, un autre plus petit qui continue cet office de partages, de liens entre les autres artères. Ensuite, c'est la descente en voitures ou à vélo, en son centre. Pour ce dernier point, une véritable piste cyclable et pas un vulgaire pointillé sur la chaussée qui se prolongera jusqu'à la fin du parcours.

Les habitations sont, au départ, hautes, en général, décorées en bas et hauts reliefs. Sept étages, en moyenne.

Est-ce un boulevard ou une avenue? Des "ramblas" comme à Séville? Les maisons le feraient penser.

Que du plaisir... Enfin, pour être honnête, pas toujours...

Il manque cette fois, un peu de soleil pour entrer dans le cadre. Dans le passé, quelques croches pattes à la nostalgie, aussi.

Sur la place, le n°120 a été le symbole des défenseurs du patrimoine. Dans la nuit du 21 mai 1993, la maison du lieutenant Lannoy, également en Art nouveau, datant de 1906, classée et signée Paul Hamesse, était sauvagement démolie, "démontée" se défendra le bourgmestre Vandenhaute de l'époque, sur base d'un arrêté de police pris par le bourgmestre pour des raisons de sécurité. Cet arrêté sera ensuite cassé et annulé par la Région. Reconstruite en 2008, le promoteur a essayé d'en garder l'esprit.

Paul Hankar y a aussi sa carte de visite. Tous les styles du 19ème siècle, de l'"Art nouveau"  avant d'atteindre l'"Art International".

0.jpgToujours à gauche, au n° 170, l'immeuble Monsanto. Dessiné en 1974, il n'abrite plus cette société et si l'architecture est, peut-être, considérée comme audacieuse, il faut se rappeler qu'avant cette forme moderne, s'élevaient deux autels de maître des années 1900 avec une villa dessinée en 1924 pour le marquis Impériali. Toujours du beau monde sur cette avenue...

Mais, le progrès a ses propres lois qui ne se discutent pas... et les marquis ont pris une voie de garage ou de traverse.

A droite, le parc de Woluwé, avec ses 71 ha, est le plus grand de Bruxelles. De style anglais, il s'étale sur trois vallons, pelouses, bois et étangs, animés par deux cascades, pur béton du goût 19ème. Des activités multiples s'y déroulent. Tir à l'arc en hauteur, cours d'éducation pour chiens et j'en passe et des meilleurs comme pourrait l'être, simplement, la flânerie du promeneur...

A gauche de l'avenue, cachée, une statue, celle de Joseph Lebeau. Ministre des Affaires étrangères de la jeune Belgique qui a été chargé, de trouver un Roi pour le pays, en Angleterre. Le Prince Léopold acceptera le poste de premier roi des Belges, en 1831.

Qui s'en souvient encore de cette histoire et de ce personnage? Aucun respect, les gens d'aujourd'hui !

Plus étrange encore, en face, la statue de José de San Martin qui pourrait, légitimement, donner l'envie de se poser la question de savoir "pourquoi à cet endroit?". On y lit : "Generalisimo de la ejercito de la républica del Peru y fundator de la libertad, capitan general de la republica de Chile, brigadier general de la confederacion Argentina" et fut érigée le 12 juin 1998 lors du Palais des Académie. Avec de tels titres, on s'étonnerait presque qu'elle soit à l'écart mais pourquoi à Bruxelles? "En el ultimo rincon de la terra en que me halle estare pronto a sacrificiar mi existencia por la libertad", aurait-il dit. La "liberté", le mot est lâché. Là, on pourrait trouver des liens. Bruxelles n'est pas la seule à célébrer ce héros. Dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, une avenue porte son nom en raison de la proximité avec l'avenue Simon-Bolivar. 

Au croisement avec le boulevard du Souverain, une passerelle, installée en 2007qui reprend le même chemin d'un ancien chemin de fer. Montons y pour avoir une vue plongeante sur l'avenue. Elle surplombe perpendiculaire et permet d'oublier le trafic, en le cédant aux cyclistes et aux promeneurs sur un véritable théatre de verdures comme un très petit ring (=anneau) comme il le serait pour un auriculaire.

A l'arrière, déjà, l'ancien dépôt des tramways, au look 1900, devenu le "Musée du Tram". Trams qui, en belle saison, sortent le weekend et longent l'avenue de part en part. Voitures de trams à traction hippomobiles, voitures ouvertes aux quatre vents, conducteurs habillés d'époque... Tout y est pour la nostalgie des souvenirs.

Des "trams chocolats" ou des vicinaux "les boerentrams" (des paysans). Au choix.

Embarquer, c'est se retrouver dans un voyage dans le temps.

Au départ, un coup de cornet du régulateur de trafic, répondu aussitôt, par un coup de "Ding Ding" d'une pression du pied du conducteur.  Une vieille motrice verte de 1906 s'ébranle sur les rails. Le wattman manoeuvre la manivelle d'une main et le frein de l'autre. Entre temps, le receveur visite les clients déjà assis,  poiçonne les billets. Dans sa besace, aucun d'euro, seulement des francs et des centimes belges. Les billets ont déjà été payé en euros, au préalable. Un brin de causettes avec les clients de première classe sur des banquettes recouvertes de velours et celles de seconde, ouvertes à tous les vents, à l'arrière. De la pub aux fenêtres, oui, mais elle est presque confidentielle en comparaison avec celle des trams d'aujourd'hui.

C'est parti. Deux directions. Objectif: relier le Cinquantenaire ou Tervuren.

C'est aussi une première fois qu'on entendra la phrase célèbre, "Jef, de flech es af" quand la flèche est sortie, décrochée de sa prise de courant. Une nouvelle tâche pour le receveur de la remettre, sur sa ligne, à l'aide d'une corde.

Dans le musée, des omnibus à traction chevaline, des trams sur voies ferrées pour réduire l'effort des chevaux ne sortent plus. En 1894, apparition des premiers trams électriques. En 1950, les portes des trams se ferment. On se rappelle qu'il pleut à Bruxelles. Oui, pour la pluie, mais, il ne faut pas confondre avec les vraies raisons: éviter les resquilleurs et les accidents lors des entrées en route ou sorties prématurées des passagers. Plus tard encore, les bus vont chanter le chant du cygne de beaucoup de trams. Le métro sonne un autre arrêt de mort. Vu la latence existante pour s'arrêter, le tram garde la priorité sur les autres véhicules. Il garde de plus en plus ses propres voies réservées.

Les accidents ne sont pas encore évités pour autant. Les "rencontres", avec les piétons et les voitures, apportent un coût de plus en plus élevé pour les assurances autos des autres usagers de la route. Le risque existe que les trams ne seront plus que folkloriques, un jour. Mais, cela, c'est, déjà, une autre histoire. 

A droite, les étangs Mellaerts avec un ancien café campagnard de multiples fois transformé, devenu taverne-restaurant plutôt huppée. Face à lui, les étangs, le mini-golf, les barques pour partager l'eau avec les foulques macroules, les Cygnes blancs et noirs, les Grèbes huppées, les Ouettes d'Egypte... et des Sumos récents prêts à bondir, ceux-là, faut pas confondre, ne sont pas des "oiseaux sans tête". 

Le "Chant d'oiseaux" et le "Pont du Diable" s'insèrent dans le cadre...

A gauche, moins connu, le Parc Parmentier, du nom de l'entrepreneur de l'avenue, alors que Victor Besme en était le créateur. Sa "maisonnette", au vert, existe encore, mais elle n'est pas visible de là, cachée derrière les arbres.

Le Parc du Manoir d'Anjou, avec encore des arbres mais avec "pédigrée", ceux-là. Parc qui a appartenu au duc d'Orléan, prétendant au trône de France mais qui s'y exila en 1913. 0.jpg

Il n'y a pas que Victor Hugo qui a trouvé en la Belgique une terre d'acceuil.

Aujourd'hui, devenu une propriété des Bons-Pasteurs, mérite une promenade.

On redescend de la passerelle. On remonte sur le vélo pour se fortifier les mollets, car, après la descente, ça grimpe, fort, très fort. Qui ose dire que la ville de Bruxelles est plate?

Là, toutes les maisons valent leur pesant d'or. Dernièrement, je parlais de maisons qui sont des châteaux ou des châteaux qui sont des maisons, à Stresa sur le Lac Majeur. Parfois, cela peut y ressembler vu les quelques tourelles qui fleurent bon les chateaux d'antan.

Au sommet de la pente, le Rouge-Cloitre apparait, à droite. Si une nouvelle descente vous en dit? Comme nous y avons été, on continue en traversant la forêt de Soignes, toujours sur piste cyclable.  Au bout, c'est Tervuren, qui comme il est dit sur leur site, est la Perle du Brabant.

On y a trouvé une résidence pour des ducs et des rois. Ce n'est pas peu dire.

Dès 1200, Henri Ier faisait ériger un château. Dès lors, la forêt se transformait en parcs et jardins. Rasé, ensuite, par l'empereur Joseph II pour raison d'austérité budgétaire (non nous ne sommes pas au 21ème siècle...). Les ducs de Brabant et de Bourgogne, les archiducs Albert et Isabelle s'y installèrent.

Reconstruit par Guillaume Frédéric et détruit par un incendie en 1879. 

Bien plus tard, le roi Léopold II, lui, dans le prolongement de l'idée de l'avenue, faisait construire un édifice destiné à accueillir l'Exposition internationale de Bruxelles 1897 et surtout pour parler de "son" Congo, avec le Palais des Colonies (au pluriel, ce mot, peut-être en espérait-il bien d'autres) et des collections de Chine et du Japon.

L'avenue se termine enfin, sur devinez quoi?

Encore un rond point. Puis, à droite, le golf Ravenstein qui se cache derrière des barbelés. 0.jpg

Un autre rond-point avec une fontaine et des animaux exotiques, crocodiles, hypopotames et tortues, tous métalliques, qui s'amusent dans un orchestre à vous donner envie de danser.

Même Léopold II n'y aurait pas pensé.

Ne confondez surtout pas entre averse et drache nationale, dans cette avenue pas comme les autres... Ce serait mal vu.

Wiki dit de, Léopold II, deuxième roi des Belges "...très admiratif devant la beauté récente et la grandeur du Paris hausmannien, Léopold II est à l'origine de la transformation de Bruxelles qui devint une capitale internationale de renom. S'il lui arrive de participer au financement de ses projets, il incite aussi l’État et les communes à investir dans l'urbanisme. C'est sous son impulsion que l'on assiste à la construction du Musée de Tervueren, à la transformation du Palais Royal et du château de Laeken avec la création de ses serres exotiques, à la création du Parc du Cinquantenaire et de son Monument aux trois Arches. Il fait aussi donation à l'état de parcs et de propriétés boisées.

L'Arboretum, aussi, on oublie, mais on en a déjà parlé.

Mais au fait, d'où vient le mot "Tervuren" ou "Tervueren" dans sa version francophone?

J'ai cherché sans trouver. Il y a les chiens "Tervueren", avec "e" en plus comme l'ancien nom.

0.jpgUne ville qui aurait à l'origine des chiens ou "du chien"? Si vous avez la réponse, n'hésitez pas de me contacter.

Si les Belges sont connus pour avoir une brique dans le ventre, il a aussi un optimisme mesuré en fonction des voisins européens. Les habitants de cette avenue doivent, eux, avoir une terrible indigestion, tellement elles sont grosses ces briques.

Mais, on ne va pas faire la fine bouche. Surtout qu'on a appris que les marchés veulent nous prêter de l'argent à taux négatif. Vous vous rendez compte? Plus on en demande, plus on en reçoit en retour... Si c'est pas le "paradis", ça?

Confiance, confiance... Non peut-être... 

Visite terminée... Reprenez le tram chocolat pour retourner en ville. N'oubliez pas le pourboire du guide, évidemment...

Rien ne vaut les images qui vous attendent sous ce clic. 

L'année passée nous étions au pied du goufre. On n'a pas mis un pied en avant. La ville fêtera un autre cinquantenaire. Une histoire de scission aux lettres de feu "BHV", une véritable Bombe à Haut Voltage, dégoupillée est arrivée à son terminus pour entrer dans un autre musée, celui de l'histoire ou de l'imaginaire... 

Pas de trams dans ce musée-là, bien que les Bruxellois peuvent toujours en "rester chocolat"...

 

L'enfoiré,

Livre de Geneviève Lacroix Wolluwé Saint Pierre, Histoire et terroir préfacé par Willem Draps, bourgmestre de la commune.

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Citations:

 

  • « Fêtes nationales ?... Fêtes religieuses ?... Le peuple n'est pas toujours tellement regardant, quant à l'origine de ses joies. Pourvu qu'il s'amuse, il n'en demande pas davantage. », Francis Blanche
  • « Les avenues de la rêverie sont la promenade préférée du diable. », Julien Green
  • « La vie est une avenue à deux voies. », Marc Gendron

10/07/2012

Intermède historique bruxellois: l'Ommegang

Je vous avais déjà parlé de l'Ommegang. Je l'avais ajouté en photos en vous disant "Pourquoi Bruxelles?" ou alors, "Tout touristiquement vôtre". Cette année, cette histoire de Charles Quint qui vient présenté son fils à la ville de Bruxelles a eu lieu et Stephane Bern, le chroniqueur des grands noms de hier et d'aujourd'hui, était là pour commenter. Je rencontre des amis au Théâtre des Galeries, tous les ans, depuis quelques années et voilà qu'ils m'envoient leurs photos et leur présence à cette occasion. Je ne pouvais pas la rater...

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"J'apprécie de participer à un spectacle qui, par sa symbolique, défend l'idée d'une Belgique unie, royale et forte", a dit Stéphane Bern.

L'histoire de l'Ommegang Le terme Ommegang, en latin "circumambulatio" ou amburbium, signifie « marcher autour » en vieux flamand.0.jpg

La procession de l'Ommegang a été fondée en 1348, pour célébrer l'arrivée surnaturelle sur une barque, d'une vierge miraculeuse taillée dans le bois, Notre Dame à la Branche. Celle-ci d'abord protectrice de la ville d'Anvers et déposée dans la cathédrale, y avait été déposé par l'anversoise Béatrice Soetkens. La Vierge, apparue par deux fois dans un songe, lui ordonnait de transporter cette statue sur un bateau qui devait la mener merveilleusement jusqu'à Bruxelles, où elle fut accueillie sur le quai par le duc de Brabant en personne et les arbalétriers, prévenus de ce prodige.

Devenue tour à tour, Notre Dame des Victoires, puis Notre Dame du Sablon, plus proche et plus familière que le terrible Archange demeurant dans les hauteurs célestes.

Depuis 1930, c'est devenu un spectacle reproduisant et répétant le somptueux Ommegang offert par la ville de Bruxelles à Charles Quint en 1549 et à son fils Philippe II.

 

03/07/2012

Cap en Cappadoce

Destination très prisée des Belges d'aujourd'hui, la Turquie. A l'ouest avec Kusadasi (l'île aux oiseaux), au sud avec Sidé (antique Kymé).  Des souvenirs d'aventures qui remontent pour moi de 1989 à 2001 et qui conduisent dans le centre en Cappadoce.

0.jpgSoleil, mer, histoire, hôtels étoilés comme le cognac avec cinq étoiles, à des prix all-inclusive défiants toutes concurrences pour accompagner des annonces du type "Go with the rythm" ou "I dream of" ou s'y retrouver même Welcome Home.

Alors, essayons de mettre de l'ordre dans ces publicités peut-être légitimées et souvent justifiées.

Des guides multilingues vous emportent en excursions au travers de ce pays immense entrecoupé par des haltes dans les fabriques de tapis ou de bijoux.

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Une superficie totale de 783.562 km2 pour 75 millions d'habitants, c'est à dire moins de 100 habitants au km2.

C'est tout cela, la Turquie et plus encore et elle a raison d'en être fière.

Et oui, il y a de quoi passer de bonnes vacances pour pas cher, enfin tout dépend de l'endroit et de ce qu'on entend par "pas cher".

Bodrum, la mythique Halicarnasse, est devenue le Saint-Trop de la Turquie avec le luxe de ses hôtels, de ses yachts. Je n'y ai pas été, je n'en parlerai pas. L'Ouest et le Sud, je connais un peu mieux.

L'histoire, voilà un aspect de la Turquie qui l'a marqué par plusieurs points de références.

Viens à l'esprit, Troie à l'entrée de Hellespont, mieux connu comme détroit des Dardanelles (Çanakkale boğazı en turc, de Çanakkale, le « castel (Kale) aux poteries (Çanak) ») que Homère avait décrit dans l'Iliade et l'Odyssée. Grec et Romains, empire ottoman de 1299 à 1922, ont laissé leurs empruntes jusqu'à la naissance de la République turque, édifiée par Atatürk.0.jpg

A l'Ouest, Ephèse monopolise tous les questionnements avec Artémis de type turc (et non pas grecque). Une des sept merveilles du monde antique. C'est aussi, ici, selon la tradition chrétienne,  que Jean aurait rédigé son évangile, rappelé par la basilique et son tombeau. Sur une colline à 7 km au Sud d’Éphèse, aurait résidé la Vierge Marie, à qui le Christ sur la croix avait confiée à la garde du «disciple que Jésus aimait». Une petite église byzantine du XIIIe siècle, connue sous le nom de «Maison de la Vierge Marie» (Meryemana Evi), y conserverait le souvenir de ce séjour marial.

Izmir, l'ancienne Smyrne et Kuşadası, "l'île aux oiseaux", deux destinations de départ à l'ouest comme départ.

Sur les sites historiques, ce sont les temples, les agoras, les théâtres qui se succèdent avec chacun leurs particularités.

0.jpgAphrodisias avec sa nécropole, Priène avec son Bouleuterion, la Méduse de Didymes comme refuge à la Pythie (plus habituellement représentée à Delphes), Milet avec son fleuve Méandre qui a donné son nom au nom commun et j'en passe sur un véritable chapelet de vestiges antiques qui n'a rien à envier à ceux de la Grèce.

Pour la nature et la vue extraordinaire, il y a Pamukkale (le "chateau de coton") avec ses bassins d'eaux salées qui forment une tache blanche et qui se voit de très loin, sur un fond de montagnes grises.

Au Sud, à la Côte turquoise, Sidé et Antalia. Ils seront le départ de notre escapade vers la Cappadoce, mais avant cela, de petits sauts pour connaître le littoral sud.

Sidé, déjà, c'est se retrouver à l'époque d'avant Jésus Christ. Une agora, un théâtre, deux temples et non des moindres.

Nous qui fêtons, Belges, Saint Nicolas le 6 décembre, il serait temps de savoir qu'il vivait à Myra, une ville de la côte au sud. Protecteur des enfants, Saint Nicolas ou légende? Fils de négociant, devenu prêtre, c'est à peu prêt tout ce dont on est sûr. Quant au Père Fouetard, si vous avez une version turque, cela m'amuserait. Tout prêt, des maisons funéraires greffées dans la montagne font penser aux troglodytes.

Des fresques murales à Demre pour illustrer la vie du saint témoigneraint si ce n'était le comble de la non-reconnaissance, car ses reliques se trouvent dans la crypte de la Basilica di Sa Nicolas à Bari.

Entre Myra et Antalya que de panoramas, sur les baies, les orangeraies qui apportent les couleurs du contraste sur le bleu de la mer et du ciel.

Perge et surtout le théatre, le mieux conservé d'Aspendos sont à mettre à l'agenda s'une visite. Déjà, une remarque, Aspendos (en grec ancien Ἄσπενδος) est une ancienne cité gréco-romaine. Ce qui montre les connexions avec les voisins et souvent ennemis.

La baie de Kekova montre une ville engloutie de la côte lycienne avec un sarcophage à demi-immergé et des marches qui sortent de la mer, à l'abordage de l'île. Recouverte de maquis et d'oliviers, l'île était jadis habitée avant un séisme qui l'a enfoncée de quelques mètres sous le niveau de la mer.

Sous l'eau, là, il y a encore beaucoup travail de prospection et des découvertes historiques surprenantes à réaliser. Le navire Titanic était plus gros, perdu au fond de l'eau mais il attirait les convoitises et il y avait des investisseurs. Ici, l'histoire remonte bien plus haut, bien plus loin. On a le temps, pour en faire l'exploration mais il faut manifestement beaucoup des fonds financiers pour organiser les fouilles. Dès lors, on postpose. L'exploration sous-marine était interdite autour du site et les moyens pour sonder les ruines de manière officielle manquaient à l'époque. 

Mais, cap sur le centre du pays et la Cappadoce.

Certains le font à partir du Nord, d'Istanbul vers le Sud. Cette ville, à cheval sur deux continents, compte près de 20 millions d'habitants alors que la capitale, elle, n'en compte que 4 millions.

Pour moi, ce fut l'inverse en direction de la capitale Ankara. Une route qui monte sur le plateau turque et qui une fois arrivé, se parcoure avec une certaine lassitude. Aspect désolé, morne, sans arbres, peu de villages. Plateau avec une vision sur un horizon plat de chaque côté. Un autocar, limité à 90 kms/h, avec rappel du dépassement par un méchant klaxon, cela pesait encore plus. Heureusement, quelques arrêt au passage des caravanserails. Sulthanhani arbore une architecture seldjoukide. Les caravanes passaient par ici pour aller en Extrême-Orient et s'arrêtaient dans ces caravanserails constitués par un chapelet de gîtes tous les 30 kilomètres, représentant la distance correpondant à une journée de marche à dos de chameau.

Konia est sur la route. Tout y change. Véritable oasis dans un désert, il est le grenier à blé de la Turquie. Il y a 18.000 ans une mer intérieur alimentait la région. Ville religieuse et cloître des derviches tourneurs du 13ème siècle. Lors de ma visite, ce furent des mannequins qui rendaient la scène plus ou moins vraie. Mevlana, fondateur de la confrérie soufie mystique, y est enterré avec d'autres sarcophages. Et l'endroit est ainsi devenu un haut lieu de pélérinage.

Cappadoce, un cap mais loin d'une péninsule dirait Cyrano

0.jpgEnfin, la région de la Cappadoce qui approche avec son sol devenu crayeux. La Cappadoce, la région la plus visitée de Turquie comprend 15.000 km2 (la moitié de la Belghque) que l'on peut survoler en ballons. Miracle de géologie, constitué, il y a 20 millions d'années, par les volcans Erciyes ("Argée", altitude 3916 m) et Hasan Dag, qui ont comblé quelques milliers de kilomètres de lave, de cendres et de basaltes. Les roches tendres de tuf ont été errodées, scuptées par le vent et les ruissellement d'eau en des cônes rocheux, appelés "cheminées de fée", haute de 40 mètres et qui parfois prennent des allures de gigantesques champignons si pas coïtales. Paysages lunaires et féeriques en surface. Galeries souterraines en dessous. Des habitations troglodytes, creusées par les hommes depuis la préhistoire qui constituaient des abris pour s'y cacher pour se préserver des attaques et les invasions. Les premiers chrétiens s'y sont cachés. Terre chrétienne, byzantine pendant seize siècles jusqu'en 1923, année pendant laquelle la population grecque fut échangée contre les Turcs du Bosphore. Elle devint ainsi musulmanes à tendance chiite. Dans les maisons, électricité mais pas d'eau courante si ce n'est via les ruisseaux. Surnatalité, chômage et émigration que le tourisme va progressivement espacer avec la vente de poteries et le résultat du travail du coton et des tapis (le kilim).

Granges, étables, chambres, reliées par des couloirs formant des villes souterraines, avec jusqu'à 7 niveaux se superposent. Refuges, dans une température constante, pour 60.000 personnes jusqu'à 75 mètres en sous-sol avec entre les étages un énorme pierre pour sécuriser. 0.jpg

La visite sous-terraine de Kaymakli peut d'ailleurs provoquer un sentiment de claustrophobie. S'habituer à la lumière du soleil en sortant pour ne pas en devenir aveugle pendant quelques instants.  Des chapelles, des couvents et des églises dans les parois rocheuses. Des graffitis qui se mélangent au fresques dans des églises rupestres. Construites au Xe siècle par des chrétiens et décorées de fresques colorées. Superbes témoignages de l'art byzantin. Pour les découvrir, le meilleur moyen est une balade dans les riches vallées de Cappadoce, dont la plus connue est la vallée de Gorëmme que l'on peut survoler en nacelles de ballons. Vallées de la Rose, du Rouge, du Soleil, des Pigeons, les noms ne manquent pas aux promeneurs ou aux avioneurs d'un jour.

La région d'Ürgup fait poussé la vigne, fait sécher le raisin sur les toits avant d'être envoyé vers Ankara et Istanbul avec les tomates, les figues et les pistaches. Sur le site de Zelve, inhabité, abandonné à la suite d'un glissement de errain en 1952, on s'y attend encore à rencontrer les anciens habitants, tout est resté tel quel.   

Sur un mur, un "carré magique" de mots écrit l'un sous l'autre ( SATOR, AREPO, TENET, OPERA, ROTAS) que l'on peut lire dans tous les sens, dans la basilique pythagoricienne, reste une surprise.    

Uçhisar, un village qui combine les maisons troglodytiques, des pigeonniers, aussi, posées sur une colline, le Kale (="chateau") et qui devient, ainsi, le point culminant de la Cappadoce avec ses 1.300 mètres d'altitude. Vingt étages de galeries se superposent comme un véritable labyrinthe. L'élevage des pigeons remonte à l'antiquité. Leur fiente apporte l'engrais agricole.

Il fut le décor choisi par Paolo Pasolini pour son film "Médée" avec Maria Callas.

Endroit mystique, réservé à la méditation et à la retraite, sous le soleil couchant.   

 

Histoire de la Cappadoce(source)

0.jpgMalgré son relief peu avenant, la Cappadoce abrite des civilisations depuis plus de 3 000 ans. Elle fut habitée dès la Préhistoire. Les Hattis, qui peuplaient la région au IVe millénaire avant notre ère, se soumirent à l'invasion des Hittites vers 1800 avant J.C. Les Hittites assimilèrent leurs dieux et leurs traditions. A la chute de l'Empire Hittite vers 1200 avant J.C., la Cappadoce entra dans une période d'instabilité. Les Phrygiens régnèrent un temps sur la région.

Au VIe siècle avant J.C., la Cappadoce fut conquise par les Perses. On la nomma Katpatuka, le « pays des chevaux de race ». A partir du Ier siècle, elle devint une province romaine avec Césarée (l'actuelle Kayseri) comme capitale. C'est à ce moment-là qu'elle accueillit les chrétiens qui fuyaient les persécutions des Romains. La Cappadoce devint un important foyer du christianisme. A partir du IXe siècle, les moines et les ermites creusèrent des monastères et des églises dans les roches et les falaises. Ils reproduisirent la construction classique des églises (nef, narthex, transept, coupoles..). Sur les murs ont été peints des scènes bibliques en fresques. A l'abri dans les rochers, certaines échappèrent à la "guerre des images" (iconoclasme) et nous sont parvenues dans un assez bon état de conservation.

Au VIIIe siècle, les habitants imitèrent les moines. Pour échapper aux troubles qui agitaient la Cappadoce, ils creusèrent à l'intérieur des rochers des cachettes qui devinrent ensuite de véritables villes souterraines sur plusieurs niveaux. Ils pouvaient vivre ainsi plusieurs mois, en totale autarcie. Une manière de confirmer l'adage "Pour vivre heureux vivons caché".

A partir du Xe siècle, la Cappadoce connaît une période de paix et d'oubli durant laquelle les monastères fleurissent. Le XIe siècle voit l'arrivée des Seldjoukides dans la région. Sous leur règne, la Cappadoce renoue avec la prospérité commerciale. Mosquées et caravansérails (sortes d'auberges-entrepôts) sont construits dans les villes d'Aksaray, Nidge et Kayseri.

La Cappadoce demeura une zone d'échanges pendant cinq siècles jusqu'à la découverte d'une nouvelle route maritime au XVIe siècle qui récupéra tous les flux de marchandises. La découverte de ses églises rupestres en 1907 par un prêtre français l'a remise au goût du jour. Le tourisme date de 1980. Le Club Med qui s'y installé, a fait explosé le tourisme.

Turquie et politique d'aujourd'hui.

Parler d'histoire, c'est aussi finir par parler politique à la turque.0.jpg

Suite à un voyage de 1987, à Chypre, ce fut "Le chic, le chèque et le choc" sous l'administration grecque. Le chic et le choc, y sont toujours. Le chèque n'est plus de rigueur. De la Chypre du Nord, on pourrait plutôt l'appeler "Le pays qui n'existe pas" parce qu'il y a eu une sorte de boycott international. Représailles à l'invasion de l'île en 1974. Le mur de Berlin a sauté depuis longtemps, mais pas à Nicosie malgré quelques tentatives avortées. Chypre grecque, trop liée à la Grèce du continent, a appelé officiellement à l'aide financière de ses partenaires. Le pourcentage pourrait s'élever à la moitié du PIB pour redresser les banques et l'État chypriote.

En 2004, le PIB par habitant dans la partie sud grecque était de 18.000 euros et de 8.000 euros dans le nord turc. Un référendum s'est soldé par un échec. Les sudistes grecques refusaient de financer les nordistes turques moins riches économiquement.

En mai 2010, le fait que neuf activistes turcs tués lors de la tentative de secourir Gaza, alors que la partie grecque a des accords avec Israël, a augmenté le contentieux entre les deux parties. Depuis, en Méditerranée, 280 milliards de mètres cubes de gaz, récemment découverts au large sud de Chypre, génère le mécontentement des Turcs et est lorgné par la Chine et la Russie.

0.jpgAnkara avait menacé l'UE de geler toutes les relations avec elle si Chypre, non réunifiée, exerçait la présidence comme prévu. Échanges donnant-donnant, mais statu quo, pas de Turquie, même si elle le voulait encore, dans l'UE.
En 2007, une crise a révélé la division de la Turquie, entre une opposition kémaliste pro-laïque et les partisans de l'
AKP.

Depuis ce 1er juillet, Chypre assure la présidence tournante de la Communauté européenne pour 6 mois sous la présidence de Christofias. Cela peut donc faire désordre.

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Retour de manivelle, Chypre devient ainsi le cinquième pays de l'Union monétaire à faire appel à l'aide financière de ses partenaires. Le gouvernement chypriote pourrait demander 1,8 milliard à la zone euro pour recapitaliser sa deuxième banque, "Popular Marfin Bank".

En 2006, de la Turquie, j'en avais parlé dans des "Trucs pour les Turcs". A cette époque, la Turquie était bien candidate pour entrer dans la C.E.

Depuis, il est fort probable que le désir soit beaucoup moins fort.

Désormais, la Turquie est le pays le plus fort économiquement de toute la région et il entend avoir une place prépondérante qui compte sur l'échelle des nations. Sa position stratégique, à cheval entre l'Europe et l'Asie, fait qu'il est l'allié rêvé des États-Unis, en même temps que celui d'Israël. L'Europe, trop idéaliste, si parfois son union fait rêver, ne fait plus le poids avec les cauchemars.

La Turquie doit faire envie à l'Europe avec ses 8,5 % de croissance du PIB en 2011, alors que son voisin, la Grèce connaît les problèmes majeurs de l'Europe. Une inflation qui plane aux environs de 10,4%.

0.jpgAtatürk est toujours considéré comme le fondateur de la Turquie moderne. C'est lui qui avait déplacé la capitale à Ankara, lui qui, sous son commandement des forces turques avait vaincu les armées arméniennes, françaises et italiennes... Nous n'en sommes plus là, même si le spectre de sa dépouille repose encore dans un mausolée sous bonne garde. L'esprit démocratique, plus affirmé, des pays de l'ensemble des nations ne le permettraient plus.

A l'ère d'Erdogan, la Turquie n'est plus ni européenne, ni asiatique.

Erdogan, bien que très populaire, doit garder cette popularité et composer avec des adversaires plus proches, avec une population tournée vers l'Islam à 80% et une armée laïque, et, sans doute essayer de les ressembler. Il voudrait bien laisser une trace de lui comme un digne successeur d'Atatürk. La démocratie a parfois des surprises sur prises. Et comme le rappelait un journaliste chinois au sujet du "Piège des élections" d'un politologue: la majorité n'a pas toujours raison et qu'arriver au pouvoir c'est une chose et comment le quitter en est une autre (cf le 1er commentaire). Ce qui se passe en surface n'est parfois qu'une pale figure de ce qui se passe sous elle.

Alors parfois, la Turquie bande ses muscles, ce 26 juin, devant l'OTAN à Bruxelles. Position stratégique avec un pied en Europe et un autre en Asie, c'est aussi se retrouver à proximité des conflits. Comme voisin, il y a eu l'Irak, le problème des Kurdes, voici celui de la Syrie. 0.jpgUn avion turc abattu pour violation de l'espace aérien syrien ou un simple rappel que la Turquie a encore quelque chose dans le pantalon? Madame Clinton disait que ce incident était inacceptable, avis confirmé par l'OTAN.

Les réfugiés, en provenance de la Syrie, cela commence aussi à bien faire. Le torchon brule ou rebrule. Les touristes sont très rares de ce coté est, sud-est. Les témoins médiatiques se concertent.

Les relations avec la France étaient à l'orage avec la reconnaissance du génocide arménien.

L'ère de Sarkozy est finie. Place à celle de Hollande et cela se réchauffe. Rien n'est jamais immuable en politique.

Une écrivaine Elif Shafak choquait la Turquie en s'affichant dans une publicité pour une carte de crédit. Ce serait rien d'anormal chez nous, mais nous sommes en Turquie et les susceptibilités ne sont pas les mêmes. 

Alors quand on parle des problèmes de la Grèce et qu'une journaliste turque est là pour donner son avis et l'impression turque, face à une grecque, c'est immédiatement le rejet comme dans ce Kiosque (09:00-14:00) qui ressurgit, appuyé par le québecois: "Pour les Turcs, les Grecs n'ont jamais travaillé assez". On aurait cru entendre Madame Merkel. Clichés? Pas seulement, nationalisme, aussi. Et qui sait, une certaine jalousie de part et d'autre de la Méditerranée. Car des deux côtés, on s'est chamaillé, on s'est pacifié, mais on se regarde toujours en chien de faïence.

0.jpgUne expression française dit "Fort comme un turc". L'expression est née 1453, un peu après la prise de Constantinople par les troupes du sultan Mehmet II. S'il y a des Turcs qui détiennent des records du monde en haltérophilie, avant que la Turquie ne devienne ce qu'elle est aujourd'hui, il y a eu l'Empire ottoman bâti par un peuple de guerriers à coups de conquêtes en Europe, en Afrique et en Asie. Ces combattants turcs ou ottomans impressionnaient par leur force, leur courage et aussi leur brutalité, leur cruauté. Au XVIIe et XVIIIe siècle, le Turc symbolisait l'incroyant, l'ennemi brutal. On disait de quelqu'un de rude et de sans pitié qu'il était "un vrai Turc" et traiter quelqu'un "à la turque", c'était le traiter sans ménagement. Aujourd'hui, cette envie d'être fort se retrouve dans le sport de lutte, pendant laquelle tout huilés, les Turcs s'affrontent à main nue.0.jpg

Les spécialités de la Turquie? Le travail de l'or, de l'or qui coulerait à flot lors de mariages. La créativité aussi. Elle se retrouve dans le design et au cinéma où la vie des sultans ottomans apparait en long et en large. Un passé prestigieux mis au goût du jour.

Un GEO de 1982, avait un article avec le titre de "Troglodytes de la foi". "Voyager en Turquie, c'est dialoguer avec l'Histoire. On y marche à travers les siècles. En Cappadoce, il faut un corps d'acrobate et une tête de penseur pour garder son équilibre et sa raison", disait l'auteur. 0.jpg

Alors, si d'aventure, vous mettez le cap sur la Cappadoce, habituez-vous toujours à boire du café turc. Un café bien noir avec un fond bien serré à couper au couteau. Ou alors, un thé à la pomme, ou un Raki (version turque de l'ouzo grec, du pastis français) avec le baklava sucré, si vous n'aimez pas le café. Cela fera très bien passer la cuisine turque, l'une des plus riches du monde. 

C'est une manière habile de se mettre dans l'ambiance. Surtout, ne dites pas que le baklava est d'origine grecque et encore, moins qu'il y est meilleure.

Mais si vous voulez communiquer avec un Turc, quelle langue utiliser? Cela dépend où. Le turc, là, ce n'est pas aussi simple. A l'hôtel, l'anglais. Dans la rue, c'est l'allemand qui sera la première tentative du Turc pour essayer de vous attirer dans leur magasin de bijoux.

0.jpgQuestion religion, là, on pourrait rapprocher la Turquie de l'Egypte actuelle. L'armée reste une force incontestable que l'on ne peut ignorer ni au gouvernement, ni ailleurs.

Tant de choses à dire et à faire en Turquie, un empire, un monde, à elle toute seule.

Turquie News tient à jour. Istanbul, ce sera encore un autre monde. Oui, avec ou sans humour, on bosse fort et pas uniquement au Bosphore même si les Dardanelles laissent parfois un goût amère avec le souvenir d'une bataille en 1915.

Vous en ai-je trop dit ou pas assez, vous en voulez en plus sous forme certainement d' images alors, clic, clac, c'est ici....


L'enfoiré,


Un site de plus, sur la Cappadoce....

0.jpgVendredi dernier, "Faut pas rêver" sur France3, présentait la Turquie d’Istanbul aux confins de l’Anatolie, en passant par les paysages uniques de la Cappadoce, une traversée de la Turquie d’ouest en est. Un voyage de 1.500 km entre Occident et Orient, plein de charme et de saveurs…

Je vous avais prévenu, juillet serait un mois de voyages...

L'exotisme s'y retrouvera aussi comme nous allons le voir dès la semaine prochaine.

Proverbes turcs:

  • « Le sage ne dit pas ce qu’il sait, le sot ne sait pas ce qu’il dit.  »
  • « Ne croyez pas qu'en laissant vos cheveux chez le coiffeur, vous l'avez payé. »
  • « Le vinaigre trop acide ronge le vase qui le contient »


0.jpgMise à jour 06/07/2012: Le chypriote Demetris Christofias disait, dans son discours-fleuve d'investiture, qu'il va prendre un tournant très politique pendant sa présidence et qu'il va mettre en avant ses préférences. Son hostilité vis-à-vis de la Turquie, son amitié avec la Russie en feront partie. Dramatiser à l'extrême avec son grand voisin turc et rappeler que la Russie n'est plus comme avant.
Pas question de parler des faiblesses du côté financier qu'il réserve aux questions-réponses. Son effort pour unifier l'île depuis 2008 qu'il dit "Nous faisons un pas en avant et deux en arrière". Des Turcs du Turquie qui sont exportés dans la partie nord de Chypre d'une manière organisée à tel point que les chypriotes nordistes sont inquiets de perdre leur personnalité.
La Turquie va boycotter la C.E. pendant 6 mois. Chypre a déjà demandé de l'aide de 2,5 milliards à la Russie en décembre, il a réédité cette action en même temps qu'à la C.E. Beaucoup contes de fées sur Chypre....
Une conclusion pourrait être "Les amis de mes amis sont mes amis, du moment qu'ils ont du répondant".


0.jpgMise à jour 26 décembre 2012: L'indice vedette ISE100 de la Bourse d'istambul a progressé de 50% en 2012. Superperformé parmi les pays émergent comme le Mexique, la Corée du Sud et l'Indonésie. Cela après une récession de -5% en 2009.

Dans les "next eleven" de Godman Sachs..

La question est "La fête va-t-elle durer?" Une nouvelle phase de croissance plus "souple" en 2013? 

16/06/2012

Le monétarisme vaudou

On vient de voir que les chiffres font un malheur dans le monde du numérique. Pour vivre en société, il faut apprendre à compter avec l'économie en arrière plan de tous ce qui constitue une vie d'échanges entre les hommes. L'expansion de la base monétaire sans précédent depuis ces dernières années inquiète. Tout n'est plus qu'argent. Appeler un vaudou, un exorciste pour vaincre ce veau d'or ou plus simplement, vaincre le monétarisme en redonnant les pouvoirs de créer l'argent à ceux qui en les droits pour le bien de tous. C'est toute la question.

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Le monétarisme pousse à penser que l'État est nuisible comme intermédiaire suivant le courant de l'économiste Milton Friedman. Le message est de laisser faire le marché puisque l'inflation et le chômage vont de pair temporairement. 

En Europe, en deux mois, la BCE a injecté 500 milliards d'euros sous forme de LTRO. Après la Grèce, elle devra agrandir la note avec la facture de l'Espagne. Le weekend dernier la note globale s'élevait entre une fourchette de 40 et 100 milliards d'euros.C'est ce qu'on peut appeler avoir une bonne fourchette...

Fin de rally ou simplement un recul pour mieux sauter? Il faut garder le souffle devant les montants avant l'échéance suivante qui suivront les élections législatives en Grèce.

Depuis 2008, on serait passé de 1,3 trillions à 3 trillions d'euros, ce qui équivaudrait au PIB d'un pays comme la France, 5ème pays monétaire dans le monde.

L'achat d'obligation souveraines pour 300 milliards pour donner une source de liquidité aux banques.

Les banques ont acheté des obligations de leurs pays en échange, avec des échéances à courtes durées.

Il fallait rétablir la confiance et cela a marché ... temporairement. Le 8 mars dernier n'était pas seulement le jour de la femme, c'était aussi un autre jour J pour la Grèce avant un autre jour pour trouver le système K, puisque le système "D" n'avait pas fonctionné. Demain, 17 juin, rebelotte, on arrive au système "S" de "Stop ou Encore". 

Les obligations ESM sont planifiés comme une source d'investissements à plus long terme et arriver à des obligations sans risques pour faire retomber le soufflé de la crise.

La pensée positive selon la méthode Coué? Petite touche par petite touche.

La restructuration des dettes budgétaires ne pouvaient que se passer sans certaines contraintes, sans larmes ni grincements de dents.

0.jpgUn pays ne peut en principe pas faire faillite, mais il peut se retrouver plusieurs années en arrière sans beaucoup de chance de rattraper son retard. La dévaluation de sa monnaie en est la conséquence logique. Dans une confédération de pays comme l'est l'Europe, avec une monnaie unique, les choses se corsent entre partenaires. Soutenir l'ensemble des membres ou couler ensemble.

Dire qu'il n'y a pas de limite serait suranné face à l'insolvabilité. Au risque de se saborder, il faut garder le "cap à l'Européenne", puisque à l'extérieur ou dans les marchés, ils n'attendent que le moment où l'Europe se casserait la pipe pour racheter au plus bas prix ce qui pourrait l'être. Une 'affaire de Pirée' reste encore en mémoire.

Une Europe à deux vitesses? C'est le vœux de l'Allemagne.0.jpg

L'Euro2012 qui pourrait être un espace de foot, c'est aussi de la politique économique. Des destins croisés qui se rencontrent entre une Pologne en bonne santé économique et une Ukraine qui donne une image rétrograde.

Aux États-Unis, le pli est pris depuis longtemps. Tant que le dollar reste comme monnaie principale d'échange et se retrouvent dans toutes les banques du monde comme monnaie de référence, grâce à une sorte d'habitude.

Si on ne comprend pas pourquoi l'argent n'est plus en pièces d'or, qu'il est passé au papier et puis en virtuel, c'est parce que l'alchimie du vaudou n'a pas fonctionné.

Les conseilleurs arrivent et poussent à le faire pour rester à flot. La Quotidienne d'Agora sous la plume de Alexandre Benazzouz, sortait, vendredi dernier, un article qui commençait par: "Les banques sont vulnérables, oubliez les stress tests !

0.jpgDe l'incertitude au bank run
Bankia est sur le point de représenter le sauvetage financier le plus cher de l'histoire espagnole. La quatrième banque du pays doit recevoir 23,5 milliards d'euros de fonds publics. La semaine dernière, la Banque centrale portugaise avertissait que "trois des quatre plus importantes banques du pays devraient recourir à une aide publique". Lisbonne prévoit donc d'injecter 6,6 milliards d'euros dans trois banques, les banques privées BCP et BPI et la banque publique CGD. Elles ne sont pas les seules dans la tourmente. Ces dernières semaines, l'agence de notation Moody's a dégradé une vingtaine de banques espagnoles et italiennes. Fitch, quant à elle, a abaissé au premier trimestre 2012 la note de 57 banques ; 30 d'entre elles sont en Europe de l'Ouest. Après la Grèce, faire chavirer le Portugal, l'Espagne et peut-être même l'Italie, ce ne serait pas la même histoire...

L'article avait été écrit avant l'annonce de la dégradation de trois crans de l'Espagne.

La présidente du Brésil, Dilma Roussef, critiquait, lors d'une visite chez Obama, les politiques d'expansions monétaires des pays développés qui font peser un risque sur la croissance des pays émergents.

Augmenter le nombre de billets en circulation, leur fait perdre leur valeur par rapport aux autres monnaies.0.jpg

Alors, la question reste: comment faire autrement?

On cherche toujours autant de milliards comme au début comme si l'on était en montée sur une pente savonneuse. Qu'on appelle cela "morphine monétaire" ou "monétarisme vaudou", c'est toujours fait du même tabac mais avec une autre odeur.

Le casse tête existe au sommet et à la base des citoyens. Aller de plus en plus vite dans les décisions ou dire courage fuyons !

Rendre l'argent de moins en moins cher. La baisse des taux d'intérêts des comptes à terme. Alors, que l'inflation est de 3%, le taux d'intérêts sur un terme d'un an, le banques ont fait chuter de 0,75% auquel on ajoute une prime de fidélité de 0,25%. Les banques ont peut-être oublié de changer les taux auxquels, elles prêtent leurs précieuses réserves monétaires. Je vous le laisse découvrir lors de votre prochain découvert.

0.jpgPerte de capital programmée, donc. Pour celui qui détient quelques économies, la tendance est donc de consommer tout de suite ou de chercher à trouver une forme plus rentable de placement et repasser insensiblement à la spéculation, aux placements à risques et se lancer dans les actions en devises pas nécessairement européenne. Le mot d'ordre, désolidarisons, il en restera toujours quelque chose. Se passer de l'argent, échanger un bien contre un autre.

La réponse à la relance de l'économie, est-elle sous ce lien qui met en opposition les deux systèmes utilisés et qui dit:

"Qui, de la Fed ou de la BCE, a fait le plus pour relancer l’économie ?

La Réserve Fédérale des États-Unis a effectué deux opérations de ce que l’on appelle « quantitative easing ». Dans le quantitative easing, la banque centrale rachète d’importants montants d’obligations souveraines avec les fonds qu’elle a obtenus des dépôts reçus des banques pour baisser les taux d’intérêt de long terme. La Fed fait de la « transformation » : elle utilise des actifs de court terme pour financer des titres de long terme. Et grâce au différentiel de taux entre les deux types d’échéance, elle peut encaisser une marge d’environ 2% sans avoir à supporter un « risque de crédit ». Son risque, c’est que son coût de financement dépasse ce rendement, mais comme c’est elle qui fixe les taux d’intérêt de base de court terme, il y a très peu de chances qu’elle choisisse de miner sa marge de manœuvre en les augmentant. Ah, oui, j'oubliais, la FED, chante et danse aussi: "Let's Twist again". Maintenant, il y a aussi le chartalisme avec tractations en horizontales ou verticales.

La BCE a mené deux programmes de « LTRO » (Long-Term Refinancing Operation), injectant plus de 1.000 milliards d’euros de prêts à 3 ans au taux de 1% pour les banques de la zone euro. Désormais, le bilan de la BCE totalise 2.800 milliards d’euros, presque 30% du PIB de la zone euro, alors que le bilan de la Fed ne représente que 20% du PIB des États-Unis. La BCE fait du credit easing : elle reçoit des dépôts des banques (principalement d’Allemagne et des Pays Bas) qu’elle rémunère 0,25%, et elle s’en sert pour octroyer des prêts à 1% à des banques des pays du Sud de l’Europe (principalement Italie et Espagne). Le problème, c’est qu’au passage, elle assume le risque de crédit. Or, le bénéfice sur le différentiel de taux de 0,75% qu’elle encaisse dans l’opération (7,5 milliards d’euros annuels) ne lui permettrait guère de supporter la défaillance d’un emprunteur (La BCE a prêté 130 milliards d’euros à la Grèce).

0.jpgOn a d’abord pensé que c’était la Fed qui avait le plus contribué à la relance de l’économie, parce qu’elle a plus développé son bilan que ne l’avait fait la BCE.

Dans les années 30, pour réagir à l'hyperinflation et à la dépression, les USA ont acheté massivement des obligations. L'Allemagne s'y est opposée obnubilée par l'hyperinflations jugeant que la dépression était secondaire. Le FMI a été enfanté dans la douleur. La BCE, non. Elle donne du mou. Elle gagne du temps. Les réformes politiques ne sont pas pour demain. 

Selon l'OCDE, concilier l'effort budgétaire et la croissance n'est pas incompatible.

La Belgique économiserait 9% de son PIB (33,7 milliards) en agissant de la sorte. Améliorer l'efficacité dans une austérité durable? L'organisme préconise un endettement de 50% du PIB maximum. 2012 est une année charnière dans l'alimentaire.

Selon l'OMC, la crise de la dette, le tsunami du Japon le printemps arabe, les inondations en Thaïlande ont ralenti considérablement le commerce mondial. L'Asie reste le leader avec l'Inde (16%), la Chine (9%), tandis que l'Afrique reste en déclin de 8%. Mais jusque quand? 0.jpg

La zone euro condamnée à stagner pour réparer les erreurs du passé? A regarder les pays d'Europe, il n'y aurait que la Finlande, la France, la Slovénie et Chypre (en vert) qui échapperaient à la récession. L'Allemagne et l'Autriche qui en sont en recul de de PIB sur un trimestre (en orange) et les autres en récession (rouge). Même Madame Angela Merkel a fait volte face et mis l'austérité en stand-by pour ressortir les vieux atouts de la relance quand il a été remarqué que l'austérité enfonçait plus qu'elle ne redressait.  Ce n'est plus très, mais trop chère austérité.

On parle de "triangle des menaces" qui se construirait par le dévoiement de la monnaie devenue virtuelle qui se poursuivrait par le besoin d'énergie, la démographie déséquilibrée par la pyramide des âges et l'endettement cumulé de ce que les États se sont engagés à verser à leur population.

Le plus fort est que la seule solution qui s'offrirait, serait monétaire avec de tels facteurs déflationnistes que les gouvernements tenteront de contrer à n'importe quel prix en utilisant l'arme monétaire. 

Soutenir le crédit ou mourir en buvant la tasse ensemble.0.jpg

La dépression, on y pense mais il faut d'abord passer au test de la récession avec l'austérité comme bagage et la relance en porte-bagage.

La déstructuration des monnaies passe par la désolidarisation d'avec la production des produits à fournir en échange.

Le yen explose et l'hyperinflation est en chemin. Normal, les exportations se voient ralenties quand le prix des exportations se retrouvent trop élevés à cause des pertes de change.

L'animal mondial est blessé, mais avec quelques sparadraps et une expérience connue de courage, cela ira, se dit-on. Un coup de barre et sa repart, comme disait la pub d'une marque de chocolat.

Le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière disposent à eux deux d'une capacité de prêt de 700 milliards d'euros :
- 213,3 milliards ont déjà été utilisés pour sauver la Grèce et le Portugal
- 100 milliards ont été promis à l'Espagne pour ses banques
Conclusion, il reste donc 386,7 milliards d'euros.

Or les besoins en refinancement de l'Espagne et de l'Italie pour les deux prochaines années s'élèvent à 620 milliards d'euros.

Et comme le chien de l'expérience de Pavlov, la simple mention des liquidités supplémentaires fait saliver les marchés d'avance. Pavlov dresse toujours à la perfection les marchés.

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"Les placements durables subissent une chute historique", lit-on dans le même temps.

Si rien ne dure, si le fond des caisses se crée, c'est que tout s'est déplacé et se consommera quelque part... C'est mathématique... Bis repetita placent.

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C'est alors qu'une idée m'est venue. Pourquoi pas visiter le Musée de la Banque nationale de Belgique à Bruxelles? Un aimable accueil à la réception m'avait permis d'apporter quelques précisions sur les activités de la Banque Nationale. Une documentation donnait des idées sur les activités de la BNB. La seule lecture des titres suffisait pour constater comment cela marchait.

  • 1.jpgLa Banque nationale contribue à la mise en œuvre de la politique de l'Eurosystème et à la surveillance du système financier.
  • Émission de monnaie et seigneuriage (revenu que l'émetteur tire de l'émission, rétrocédé à l’État frais déduits). L'objectif principal de la politique monétaire est le maintien des prix avec un rapport annuel sur l'évolution. Gestion de la Centrale des bilans et Centrale des crédits aux entreprises avec depuis 2009, la mesure de l'impact de la crise sur l'octroi des crédits aux entreprises. La politique monétaire est décentralisée est confiée aux banques centrales nationales avec des instruments qui ont des facilités permanentes, des opération "open market" et des réserves obligatoires.
  • Un contrôle macroprudentiel contribue à la stabilité dans un Comité de surveillance bancaire.
  • L'évolution va vers un modèle à deux piliers (Twin Peaks). L'institution d'un Comité Européen du Risque Systémique s'accompagne de la surveillance des services financiers par des autorités au niveau bancaire, assurance et pensions professionnelles, des marchés financiers et valeur mobilières.
  • A terme, la Banque assurera l'ensemble du contrôle prudentiel en Belgique, comprenant les paiements, les compensations et le règlement de titres de la dette publique.
  • Le projet SEPA assurera une circulation standardisée des virements et paiement par carte.  

Les projets, cela ne manque, apparemment, pas. On se demande pourquoi cela n'arrange rien en définitive. Il y a des pics, des Peaks, tellement prudentiel que le macroprudentiel des systèmes mènent aux hics des systèmes que cela ne m'étonnerait pas. S'il y a des "seigneuriage", c'est qu'il doit y avoir "servages".0.jpg

Alors, il y a les monnaies de remplacement, les monnaies dites de "singe" avec leur reconnaissance comme leur utilisation très locale comme les RES, les WIR... puisque le porte-monnaie électronique comme PROTON risque de disparaitre.

0.jpgJe ne sais pourquoi, mais tout cela me rappelle une vidéo d'un cartoon, qui à l'époque, était plaçé, au cinéma, entre les actualités et le film. Le sourire et le rire aux lèvres, à la vue dy "Coyote" qui tentait d'attraper Bip Bip, ce "Road runner" et qui mordait la poussière au fond du ravin à chaque tentative.

La première séquence était presque caricaturale: Coyote fonçait derrière Bip Bip, le dépassait sans le voir, arrivait au bord de la falaise et, pris dans son élan, continuait à courir, avec le vide sous ses pas, avant de s'effondrer au bas de la montagne. Remontée et à bout de souffle,  Bip Bip lui faisait retourner, d'un coup de bec, à l'endroit qu'il n'aurait jamais dû quitter: le fond du gouffre.

Jamais en panne d'idées, Coyote parvenait toujours à trouver un autre subterfuge. Le scénario changeait de séquences, tout simplement, et Coyote tentait une autre option sortant de son sac à malices, sans plus réfléchir.

Dans les cartoons, des alternatives, ça existent toujours, même sans se faire mal, si ce n'est aux zygomatiques. 0.jpg

En dehors, on cartonne aussi avec des alternatives, chacune à son tour, au petit bonheur la chance et quelqu'un en Bourse, d'un air inspiré, rappelle que les arbres ne montent jamais au ciel. Et oui, cela ne s'appelle pas aussi "la chute d'Icare"?

Pour celui qui a un peu passé la limite du Bac, défier les lois de la gravité et trouver le bout du précipice sans parachutes imperméable, dorés ou argentés, c'est comme se retrouver avec des ailes quand il faut nager.

Si Coyote se fait roulé et retombe toujours sur Terre, c'est qu'il y a autre chose qu'une morale à l'histoire. Sale pesanteur... C'est, donc, encore Newton et sa pomme qui est en cause. 

Mais, c'est vrai, j'oubliais, nous sommes en période de foot, c'est l'Euro2012.

Là, je sens qu'on va devenir hybride et qui sait, pourquoi pas, amphibie.

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Photos de l'exposition à la Banque Nationale, en un lien et un clic

 

L'enfoiré,

 

0.jpgMise à jour 28 juin 2012: Des banques plus risquées qu'annoncé. Une étude de la CEPS commandé par les Verts euopénes repris dans un  article de l'Echo dans lequel on rappelle les différents types de banques (parmi 74) qu'il faut les catégoriser. Les status changent dans le temps, ce qui rend l'analyse difficile. La plupart des banques restent vulnérables à cause de la maigreur de leurs fonds propres souvent limités à 4,5% sinon moins.

- banques d'investissements (Barclays, BNP Paribas, Deutsche Bank, Société Générale...) fonds souvent spéculatifs et fonds propres assez laxistes

- banques de détail focalisées (ABN AMRO, National Bank of Greece, HSBC...) bonne résistance car diversifiées. 

- banques de détail diversifié (Crédit Agricole...)

- banques de gros (ING, Rabobank, Dexia...) Celles-ci dépendent trop des investissements à court terme.

 

Citations:0.jpg

  • « Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie. », François Cavanna
  • « Si vous voulez éviter des blessures, enlevez la monnaie de vos poches avant de danser la lambada. », Anonyme
  • « Dans le monde entier, il existe un moyen infaillible de reconnaître un chauffeur de taxi : c'est quelqu'un qui n'a jamais de monnaie. », Umberto Eco

17/05/2012

Feu vert à Jacques Careuil

Une autobiographie rapportent les souvenirs en boîte. Pas uniquement pour celui qui l'écrit. Il les fait remonter à la surface, à ses contemporains. Voici du vécu qui n'est pas trop romancé, ce qui apporte une touche de vérité à cette époque révolue. Le médiatique, Jacques Careuil, a fait partie de notre passé télévisuel, du temps où la télé était en noir et blanc sur un écran bien bombé sur les bords. Une époque, pendant laquelle, les moeurs "déviantes" étaient controversées. Nous n'en sommes plus là, enfin...on le croit.

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Wikipedia dit de lui : Jacques Careuil de son vrai nom, Guido Neulinger est né le 8 août 1935 et est un ancien animateur belge de la RTBF. De 1966 à 1980, il présente avec André Remy les jeux télévisés "Feu vert" et avec Albert Deguelle, "Voulez-vous jouer ?". Il fait ses débuts dans une dramatique enfantine, "Il était un petit navire", diffusée dans l'émission Les "1001 jeudis". En 1964 et 1965, en alternance avec Jacques Mercier, il présente les émissions de soirée du week-end "Entrée libre". En 1995, il anime "L'Énigme du cristal" aux côtés de Sam Touzani. Entre les doublages de films, les pubs radio, les bandes-annonces télé et les services audiotels, il prête également sa voix au personnage de Tintin dans le dessin animé Tintin et le lac aux requins et participe au conseil de direction de la RTBF. Aujourd'hui, retraité, l'homme est surtout connu pour ses prestations d'ingénierie culturelle à Ibiza.

L'histoire de la télévision belge vient à la rescousse à cette entrée en matière. Un véritable carrousel aux souvenirs. Beaucoup d'acteurs ont pris de l'âge ou sont disparus.

Au verso du livre de Jacques, on peut lire: "Qui ne connaît pas les émissions "Feu Vert", "Voulez-vous jouer?"... Jacques Careuil fut l'idole de notre enfance, une des toutes premières vedettes de la télévision, l'animateur de jeux inoubliables des sixties aux années quatre-vingt. A cette époque-là, le rêve était encore unique. Une télévision, un programme, une attente hebdomadaire...".

Rien de plus vrai. Pas d'Internet, pas de téléphone portable, à l'époque. La télé était très nature avec des moyens limités. Personnellement, ce n'est qu'à la fin des années 60 que la télé est entrée à la maison et l'émission de jeu et de variétés "Feu vert" s'adressait, le mercredi, à des jeunes de 7 à 15 ans, âge que j'avais dépassé à l'époque. "Voulez-vous jouer?" m'a laissé plus de souvenirs comme beaucoup de téléspectateurs.

Son livre raconte l'histoire avec l'intimisme et la sensibilité de son auteur. Claude Rappé de RTL a été le détonateur et apporté son aide. Une préface élogieuse de Jacqueline Bir.

Dans son livre, Jacques Careuil ne dénombre pas une mais sept vies qu'il est difficile de résumer sans aller dans certains détails de sa personnalité.

Dès le départ, c'est à Pattaya, qu'il lance son "Krup-Khoun-Krap" (merci) avant de recommencer à débobinner le fil de sa vie.

Sa vie commence avec son père juif, diamantaire anversois et sa mère, une "goy" catholique pratiquante comme on dit dans le milieu. Ce qui veut dire manger casher à la maison et la fréquentation de la synagogue, le samedi. La résultante, le rejet immédiat des grand-parents. L'amour du début dans le couple s'achève après la naissance de Jacques, à Berchem Sainte-Agathe. Inimitié parentale et une tante qui attire le regard du père. Pas beaucoup de souvenirs en commun. Puis quand vient la guerre, il s'agit de se cacher dans une cave. Des souvenirs douloureux de guerre. Sa mère lui donne l'éducation et l'envoie dans une école catholique à l'Institut Notre Dame. Là, le théâtre l'intéresse. Dans le "Malade Imaginaire", son rôle est celui de Toinette, mais, dans ce genre d'école, les jupons sont interdits. Bon élève, la carrière artistique l'attire. Ce sera l'Ancienne Belgique et le théâtre.

L'argent ne coule pas à flot, donc, il faut trouver très vite son chemin.

En 1953, la radio nationale, l'INR (futur RTB, puis RTBF) lui offre une occasion, un rôle à jouer de "mousse".

A cette époque, ce n'est rien que du direct, pas de magnétoscope, pas de prompteur. Cette méthode naturelle l'intéresse.

Ce qui fait que de "Feu vert", il n'y a aucune archive si ce n'est celle enregistrée avec Jo Dassin.  

Du pain, du vin et des jeux, vont devenir ses préoccupations.

Il vit avec Serge Michel du "Théatre des Galeries" pendant 3 ans. Le rôle du prétendant français dans la pièce bruxelloise célèbre "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans" fait partie de son répertoire.

Puis, c'est un "feu rouge". Un blocage. Remonter à Paris au départ de Bruxelles, il ne l'envisage pas.

Le feu vert vient avec les émissions cultes pour enfants, appelées justement "Feu vert". Aimer les enfants pour se faire aimer d'eux, devient la source de son succès.

Des vedettes vont défiler dans ses émissions, dans un univers qui reste, néanmoins, superficiel.

Le magnétophone arrive et permet d'enregistrer les émissions à l'avance. C'est pas vraiment sa manière de travailler.

Hergé, lui donne l'occasion d'utiliser sa voix dans une BD. Mais, fait curieux, il ne s'y retrouve pas.

Une certaine Celina lui envoie des lettres. Elle a remarqué qu'il avait une attirance homosexuelle car elle avait les mêmes tendances. Une correspondance naît entre eux et subsiste encore.

Dès 1980, les déceptions arrivent une à une.

L'émission "Voulez-vous jouer" est, pour lui, un calvaire avec Albert Deguelde, totalement opposé à sa manière d'être, qu'il déteste dans le fond de lui. Inimitié cachée et persévérence car elle dure pendant 6 ans.

Il voudrait faire des émissions culturelles, mais quand on est catalogué dans un rôle, difficile de s'en échapper.

Pour lui, il n'y aura que deux présentateurs vedettes toujours au dessus de la mêlée et des malveillances: Jean-Claude Ménessier et Luc Varenne. Deux autres disparus qui ont jalloné notre jeunesse.

Toujours soutenu par le Service Jeunesse, le jeu de la chaise musicale se produit avec son collègue, Gérard Vallet. L'objectif devient d'éjecter Jacques Careuil. Une diffamation va faire l'affaire. Un journaliste du journal "Pourquoi Pas" va s'y atteler: "Jacques Careuil regarde trop les jeunes garçons de ses émissions" !!!

"Je suis homo comme ils disent". Ce n'est pas un secret. Homo, mais pas pédéraste. Il n'a jamais tenté de vivre quoi que ce soit avec une femme. Pas misogyne pour autant. Les femmes restent des amies et pas des femmes à marier. 

Engagé au cachet, la RTBF veut offrir des CDI à ses collaborateurs. Il refuse et quitte la RTB vers d'autres vies.

Un salon de coiffure pour dame, pourquoi pas?

Les disques, la danse vont le passionner. Ce seront Maurice Béjar, Rudolf Nouréev. Des rencontres qui marquent sa vie entre Ingrid Bergman à Christiane Lenain en passant par Annie Cordy. Tout est bon pour rire et faire rire.

Jacques Careuil, c'est surtout une voix très caractéristique, reconnaissable entre toutes, claire, fine. De lui, j'ai retrouvée ce  documentaire, plutôt scientifique, à contre-pied et donc pas vraiment représentative de ce que l'on connait de lui, mais qui est intéressante parc qu'il reflète la différence de technologie de l'époque.

Un vie de voyages commence dans une septième vie.

D'abord, sur l'île d'Ibiza que sa mère à aimer, il va y élever des animaux dans une "finca". Des chèvres pour produire du fromage. Ibiza est un pied-à-terre. Il passe de l'immobilier à l'architecte "de Interiores". Dans les années 80, Ibiza est l'île de toutes les évasions. Actuellement, habitée par des fêtards plagistes en boîte, elle est devenue un débit d'alcool et de drogues pour vacanciers.

Victime de sa belgitude? Il a toujours la même émotion sur la Grand Place, à chaque visite. Mais, les paupiettes que les Belges appellent des "Oiseaux sans tête", commencent à lui peser. La cuisine belge lui manque, parfois, dans ses péripéties de véritable "citoyen du monde". La gastronomie thaï est une des plus sophistiquée au monde et cela compense.

Vont se succéder des allers et retours entre Ibiza et Pattaya, entre Bo Rai et Bruxelles.

Des coups de cœur pour le Laos, le Mékong, l’Égypte, Luang Prabang, le Cambodge, Angor Vat qui lui rappelle le Mexique. La ville de Shanghai lui permet de retrouver le "Lotus Bleu" de Tintin.

Il avoue avoir été conquis par New York et Broadway après y avoir vu la "Cage aux foles" au programme qu'il a aimé. 

Le Vietnam et Bali sont des déceptions, à ses yeux, par manque d'intérêts communs pour le premier, par manque d'amabilité des habitants et la désuétude dans laquelle est tombée les temples pour le second. Le Bhutan, son dernier voyage dans le livre, est le pays extraordinaire où il est obligatoire d'être heureux, où même le tabagisme n'est permis qu'à des endroits très circonspects. Le moyen-âge mais avec des téléphones portables plein les poches.

Il se dit solitaire mais très entouré avec une passion pour tout ce qu'il entreprend.

Le Thaïlandais, Lang, est son nouvel amour. Avec lui, les projets se construisent. Il se sait accepté si pas intégré comme pourrait l'être tout "Farang". L'absence de culpabilité judéo-chrétienne, du péché originel qu'il a bien connu dans sa jeunesse ont fait place à la tolérance implicite en accord avec la mentalité thaïlandaise, sans, pour cela, passer par le bouddhisme. On peut tout y faire et entre autres choses, être heureux. Et, il l'est et le dit à ceux qui veulent l'entendre. Mais, encore une fois, comme le chantait Eddy Mitchel, on n'aime pas les gens heureux.

Nous sommes bien loin de la doctrine chrétienne qui poussée à l'abstinence en arrivent à la pédophilie chez ses représentants du culte. Certains paragraphes sont explicites à ce sujet.

Il y dit, entre autres, je cite: "Qu'il faut être opportuniste des petites choses qui rendent la vie heureuse. Qu'il faut accoster un instant. Peut-être avec une femme, même une pute de Pattaya, mais un être humain, une rencontre avec quelqu'un qui probablement a vécu plus de drames qu'un Européen. C'est, ce dernier, le fautif, s'il faut parler de faute. Il y a toujours un lendemain aux mots de passe. En Thaïlande, rien n'est grave. Peuple débonnaire, sali par beaucoup, mais exemplaire. La noblesse n'est pas dans les taux de change de l'euro, mais dans la générosité et dans cette faculté de vie telle qu'elle est, pauvre ou riche. La prostitution n'est pas une vocation pour les Thaïs, mais une question de survie. Je ne crois ni au ciel ni à l'enfer, mais à une forme d'énergie en moi qui ne disparaitra pas tout à fait à ma mort comme un Thaï qui croit à la réincarnation. Vivre au jour le jour, en attendant, sans prosélytisme en gardant pour chacun la liberté de croire ce qu'il veut."

Il avait décidé d'arrêter à 70 ans ses "activités". Près de 77 ans, aujourd'hui, Cela fait penser à la devise qui entourait les livres de Tintin qui étaient destinés aux lecteurs de 7 à 77 ans et qui le lisent encore plus tard.1.jpg

Ce n'est pas mon habitude d'écrire ce genre de billet ni de faire la promotion d'un livre. Mais ici, il y avait l'envie de présenter un cas aux multiples facettes. Facettes qui se sont enrobées de philosophie. Fataliste, le destin, pour lui, pousse les gens là où, parfois, ils doivent, simplement, être.

Ne pas nuire et vivre heureux en vivant sa vie au mieux, n'est ce pas la meilleure des philosophies? 

Dans ses chapitres, des références à des voyages avec Guy et Pierre dont il oublie les noms. Avoir vécu 23 ans avec Guy, en pleine harmonie, sans aucune perversité, jusqu'à sa mort qui l'a beaucoup affecté, explique cela. Seul les prénoms gardent une importance.

1.jpgIl espère avoir été un petit lutin de consolation.

Que dire comme conclusion?

Un livre bien écrit d'un belge bourlingueur à travers les monde.

Les enfants, Jacques les aime, comme les gens, qui oublient parfois de le lui rendre. Il a fait son deuil d'avoir des enfants de ses propres gènes. Il parle d'une petite cousine avec beaucoup d'amour pur.

Où est la normalité ou l'anormalité? On assume sa vie comme elle est, sans chercher à forcer le destin outre-mesure. Dans ce cas, le "qu'en dira-t-on" n'est pas de mise.

Pas de panique, artiste voyageur, les mentalités changent. L'homosexualité, l'homophobie entre en pleine actualité par plusieurs voies. L'humour a changé. On n'en parle plus comme d'une "Cage aux folles". Laurence Bibot avait un Café Serré, très chaud sur le sujet, la semaine dernière. Ce jour est, en plus, la "Journée internationale contre l'homophobie".0.jpg

Un interview très récente de lui, avec des anecdotes et l'humour toujours présent.

Samedi dernier, c'était la Belgian Gay Pride et il y a eu 50.000 participants. La journée se partageait avec la fête à l'Europe pour dissiper tous malentendus éventuels.

Tout cela, ici, en quelques photos, prises le matin.

Comme Jacques n'aime pas le mot "FIN", je terminerai, comme lui, dans son livre.

Ce sera donc au revoir, hasta la vista, good bye et Sawâsdee krap...

 

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « Rien n'est ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l'on en pense », Shakespeare.
  • « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. », Rudyard Kipling
  • « L'Homo sapiens est masochiste : il savoure la douleur sous de nombreuses formes. », Charlie Chaplin

26/04/2012

Le culte du monopole?

Curieux ce titre. Je l'avais lu dans un journal. Plus curieux, encore, de parler de Microsoft, de Apple et de les rapprocher des élections présidentielles françaises. J'avais décidé de ne pas consacrer un billet à ces élections trop discutées à m'en donner une indigestion. Un tour pour éliminer les "plus petits". Un second pour récupérer leurs électeurs et leurs fans. Entre les deux, transmettre la meilleure image rassembleuse quitte à se rétracter ensuite. Soigner la réputation, mais elle est vite ternie, si rien ne la supporte.

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Si ce n'est pas l'homme qui prend l'entreprise, l'homme sans son image, sans quelques artifices pour l'appuyer dans sa tâche, ne créerait pas l'entreprise.

Le mensuel "Ordinateur individuel" (N°245) avait interrogé Bernard Vergnes, ancien PDG de Microsoft France, sur ce qu'il pensait de Bill Gates à l'occasion de ses 30 ans dans la société. 

Le 2 janvier 1982, il rencontrait Bill Gates et Steve Balmer, à Seattle. Rien à voir avec la situation actuelle.

Ce qui l'avait marqué, c'était la générosité de Bill Gates, son écoute, son langage clair. Revenu en France, une bonne collaboration commençait.

Une anecdote qui va le concrétiser: "En 1984, Bernard Vergnes apprend au cours d'un cocktail qu'un magazine a décidé de distribuer pour la première fois en France, dans son prochain numéro, une version bridée d'un logiciel. Comme aux États-Unis, c'est Lotus 123 qui semble avoir été choisi, Bernard Vergnes réussit à convaincre l'éditeur du journal de distribuer Multiplan de Microsoft. Autrement dit, fournir en quatre jours 20.000 copies du logiciel bridé. Au prix de nombreuses cernes, le contrat est rempli. Lors de la parution du magazine, les plus grands média se font largement l'écho de l'événement, participant à l'ascension de Microsoft France, devenue dans ces années la première filiale européenne, à égalité avec l'Allemagne.".

C'est en 1975 que Bill Gates fondait avec Paul Allen le société Micro-Soft avec le but de commercialiser le langage Basic auprès de MITS sur l'Altaïr 8800.

Dénommé "prophète du PC", Bill a compris que l'ordinateur allait entrer dans les foyers et quitter les seuls grandes salles d'ordinateurs avec air conditionné et faux plancher pour se retrouver chez les particuliers.

En 1981, son grand coup, fut d'acheter les droits d'un "Disk Operating System" qu'il appelle MSDOS et avec le concours d'IBM s'installe dans la cour des grands de l'informatique.

En 1985,  Windows 1.0 sort avec des idées qui existaient déjà chez Apple. Cette version sera un échec. Les versions suivantes vont s'améliorer, mais aussi s'alourdir.

Dès 1995, la société est surnommée "Micro$oft". La société ne déchaine plus les passions, pointé comme porte-drapeau de l'anti-américanisme, attaquée pour raison de monopole et dénigrée sur les forums citoyens. Erreurs stratégiques que de sous-estimer Internet à ses débuts et dans ses prolongements.

A ce sujet, à l'origine, c'est Netscape exerçait son emprise sur Internet. Microsoft, via Internet Explorer détrône, très vite, Netscape grâce à son potentiel financier construit partiellement par les licences OEM qui permettaient de vendre des systèmes informatique complet avec tous les outils Microsoft déjà installés.

Dès 1998, des procès pour monopole entre producteurs vont se succéder, poursuivis par la Communauté Européenne, tout cela, sans vraiment égratigner MS.

Accusé de freiner l'innovation par cette hégémonie, MS était forcé de dissocier Windows Media de Windows. Même morcelé, il en restera toujours quelque chose, mais là, n'était pas le problème.0.jpg

En 2004, Steve Balmer, son successeur à la tête de Microsoft depuis 2000, constate que Bill Gates était la personne la plus spammée dans le monde avec 4 millions d'emails par jour. Pour lui, Linux est un cancer qui contamine la propriété intellectuelle dès qu'il la touche avec les caractéristiques du communisme. Dire cela quand tout ce qui est propriétaire est dénigré... Avec Balmer, changement complet. On ne fait pas dans la dentelle. Plusieurs vidéos le montrent en train de bondir sur scène. Est-ce par charisme?

Microsoft ne précède plus mais reste en ligne et, parfois, passe au stade de bon suiveur toujours avec 90.000 employés dans le monde, 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires et un bénéfice de 23 milliards.  Cela permet encore de se retourner, de danser et de sautiller.

0.jpgLes gourous de l'informatique ne postulent plus uniquement chez Microsoft mais chez Google, Apple ou Facebook. Ils se partagent les "têtes pensantes" à coups de propositions plus alléchantes les unes que les autres avec le même problème de monopole en commun.

Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.
Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne.
Microsoft a défrayé la chronique aux États-Unis et surtout en Europe, à la fin des années 90. Ce qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne. Le Shermann Antitrust Act, législation antitrust américaine, est beaucoup plus ancien. En 1890, ce fut le premier jalon du droit "moderne" de la concurrence, dirigé contre le "trust" pétrolier Standard Oil. Au début des années 1980, il démantela le groupe de télécommunications AT&T (reconstitué 20 ans plus tard). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.
Ne pas empêcher la constitution des monopoles sauf quand ils deviennent trop gigantesques... (Source)

Quel point commun y a-t-il entre Microsoft, Apple et Google? Vous me direz, en voilà une question: ils sont tous actifs dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et je vous dirai: excellente réponse… mais il y a autre chose. Ils ont tous fait, ou font encore, l’objet de poursuites de la part des autorités de la concurrence, des deux côtés de l’Atlantique.
 

Ainsi, Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui, font remarquer les inconditionnels de la marque à la pomme, risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.

De son côté, Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne, une position qu’il utiliserait pour contrer illégalement ses concurrents et les nouveaux venus sur le marché.

Et bien sûr, on se souvient du cas de Microsoft qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis mais surtout en Europe à la fin des années 90, et qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique. Car la lutte contre les monopoles n’est pas une problématique nouvelle.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne, mais la législation antitrust américaine est beaucoup plus ancienne. C’est le Shermann Antitrust Act, destiné à réfréner les comportements anticoncurrentiels des entreprises qui a été, en 1890, le premier jalon du droit " moderne " de la concurrence. L’application de cette loi, dirigée à l’époque contre le " trust " pétrolier Standard Oil, conduisit notamment, au début des années 1980, au démantèlement du groupe de télécommunications AT&T (qui fut quasi reconstitué 20 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.

La législation américaine a ceci de particulier qu’elle n’empêche pas la constitution des monopoles. Ce serait d’ailleurs peu compatible avec la liberté d’entreprendre. Ce n’est qu’une fois le monopole constitué que la loi antitrust entre en action. D’où le sentiment que cette loi ne cible que les " gros poissons " pour défendre les " pauvres petits "...

Et donc, sur base d’un tel raisonnement, un géant comme Facebook pourrait bien être le prochain groupe dans le collimateur des autorités de la concurrence. On prend les paris ?

Loin d'être le seul dans le domaine des TIC, il prouve qu'étudiant raté à Harvard, il y a moyen de creuser son sillon avec succès.

En 2005, Bill Gates n'est plus au sommet de la société. Cela ne l'a pas empêché d'être anobli, cette année-là, par Elisabeth II au grade de Chevalier de l'ordre de l'Empire britannique.

Du privé au public, il "gâte" désormais le monde via sa Fondation ou du moins, en déversant son trop-plein. Une bonne image, il tente d'en donner dans le domaine de la philanthropie avec un fond de dotation de 36,3 milliards de dollars.

Il a promis 363 millions de dollars sur cinq ans pour aider à acheter des médicaments et financer la recherche sur 10 maladies tropicales rares. Le dernier sommet de Davos, ce furent 750 millions de dollars alloués à un fond des Nations Unies pour lutter contre la tuberculose, le sida et la malaria.

Son jet privé ne fait pas oublier que sa fortune s'élève à 48 milliards d'euros, il en destine 90% à des dons. Ce qui lui laisserait tout de même 500 millions avec le titre de "milliardaire du peuple".

Il dit avoir des goûts simples qui se limiteraient à l'achat de DVD, de livres et de hamburgers à emporter avec des canettes de soda allégés. Le capitalisme, pour lui, a ses défauts tout en étant une réussite phénoménale en citant les deux Corée comme antagonistes majeurs.

De son passé dans le monde des riches, son présent sert à changer le monde des pauvres de demain, en signant des chèques.

D'après lui, sa Fondation, créée avec son épouse, Melinda,  ne leur survivra pas.

Il est d’avis que donner son argent à ses trois enfants n’est pas une bonne idée. "Ni eux-même, ni la société n’en profiteraient" a-t-il expliqué au journal The Sun. Sa postérité n'est ainsi pas assurée de son avenir.

Le 23 février dernier, il disait "Nous devons réfléchir très sérieusement sur la manière de profiter de la révolution numérique pour parvenir à des innovations y compris dans l'élevage. Pour lutter contre la faim dans le monde en renforçant la production chez les éleveurs à l'aide de systèmes satellitaires, de la technologie vidéo et de la sélection des semences ".

Voudrait-il faire une nouvelle carrière dans l'agriculture, l'agronomie et, qui sait, les OGM? La révolution "culturelle" du numérique est derrière lui. Le voici comme "gentleman farmer" ou comme "globe-trotter".

Alors, son avis sur son "concurrent", Steve Jobs.0.jpg

"Steve Jobs était un génie absolu, dont la contribution à mon domaine d'activité est incalculable. La genèse de Macintosh, fut une période de concurrence avec plus d'employés de MS sur le projet que Apple. L'admiration est née avec le Mac, les iPhones et iPads.".

Steve Jobs disait de lui "Bill Gates était sans imagination comme un suiveur qui aurait l'esprit plus large s'il avait essayé le LSD ou fait un séjour dans un ashram". 

Bill Gates dit lui avoir écrit, avant sa mort, pour lui dire qu'il devait être très fier de sa vie et de sa société. Lettre que Steve a gardé à son chevet, d'après son épouse. Il n'était pas question de faire la paix puisqu'il n'y a jamais de guerre entre eux.

La maison de Steve Jobs est devenue un lieu de pèlerinage. Amen.

En mai prochain, commence le tournage du film « Jobs » de Joshua Michael Stern, avec Ashton Kutcher dans le rôle de Steve Jobs.

Chez Apple, le nouvel iPad Version 5 est sorti. Un commentateur, trop éclairé écrivait: "Pour quand la cannonisation de Steve Jobs? Et puis la machine à faire du fric d’Apple devient exagérée car lancer un iPhone 4s pour  ensuite lancer quelques mois plus tard  le 5, ça sent au kilomètre carré…un seul but: faire de la technologie une vache à lait inépuisable . Et le même système avec l’ iPad…Je vois déjà l’ iPad 17 et l’iPhone 28!.. Exploitation de l’idiotie humaine".

Apple est devenue la société la plus cotée du monde. Microsoft a baissé dans la courbe ascendante de la gloire.

0.jpgLe nouveau CEO d'Apple, Tim Cook a été jugé meilleur dirigeant par ses employés que son illustre prédécesseur Steve Jobs, selon un sondage du blog Glassdoor qui a établi le top 25 annuel des meilleurs CEO pour 2012. Le site a posé une seule question à plus de 280.000 employés : « Approuvez-vous la manière dont votre CEO gère la société ? ». Tim Cook a obtenu 97% d’approbation alors que Steve Jobs n’avait obtenu que 95% lorsque la même question avait été posée en mars 2011.

Quant au charisme devant les prospects et les clients? Wait and see.

L'industrie américaine se repose sur un matelas de 1240 milliards de dollars dont 97 sont réservés à Apple, bientôt 100.

Comme l'action dépasse les 600 dollars, il s'agit de la diviser. La société se promet de gâter plus les actionnaires avec ses dividendes.

Dans son livre, « Inside Apple: How America's Most Admired - And Secretive - Company Really Works », Adam Lashinsky de Fortune a évoqué les règles qui ont permis l’énorme succès d’Apple:

1/ Affectez vos meilleurs employés sur les projets les plus importants.

2/ Soignez les moindres détails

3/ Concentrez-vous sur l'essentiel

4/ Désignez des individus responsables

5/ Seulement quelques personnes se soucient du compte de résultats

Tout est là. Tout est dit.

Préférer les chiffres aux émotions, n'est pas nécessairement une tare si cela profite à beaucoup plus de monde après avoir désigné les personnes les plus abilitées pour y parvenir: "The right man and the right place".

Alors, culte du monopole, des différences entre Microsoft ou Apple ?

Plus de similitudes que de différences entre Bill Gates et Steve Jobs.0.jpg

Tous deux ont utilisé les idées de leur expert personnel comme une égérie. Jobs n'était pas plus l'expert en informatique que Bill Gates. Ce furent Steve Wozniak pour Apple et Paul Allen pour Microsoft. Ce dernier a livré la face cachée de Bill Gates dans un livre qui écorne son image de généreux donateur pour en donner une image d'amoureux de dollars. Tous deux visionnaires. Tous deux échappés soit à la suite d'une maladie ou d'un accident et continuer en se lançant dans d'autres entreprises plus personnelles.

Bill Gates a été entarté à Bruxelles. Pas Steve Jobs, peut-être, à cause d'une meilleure image, une meilleur réputation et un meilleur marketing qui se traduisaient par un véritable culte du public.

0.jpgTous deux ne sont, en somme, que des intégrateurs d'idées techniques et de solutions. « C’était de l’opportunisme mercenaire, ni plus ni moins. », comme dit Allen de Bill Gates, qualificatif qui se justifie peut-être plus à Steve Jobs.

Pas de "Prix Gates" à attendre comme il existe le "Prix Nobel". Sorti de l'entreprise, il est passé à une autre étape, celle de la philanthropie.

Quant à un "Prix Jobs", il n'en est même pas question.

La fin des poursuites antitrust? Ce qui inquiète les Etats, c'est le gigantisme de ces sociétés. Après IBM, Microsoft, Google, Facebook...

L'histoire de l'informatique a toujours été en avance sur l'économie et la politique. Que ce soit via une "Grande Trappe" ou une "Grande Gaufre", cela se déguste avec délectation avec des images, des gagnants, des perdants et des challengers qui se succèdent ou qui attendent leur tour avec plus ou moins de patience.0.jpg

Le 8 avril dernier, Idek Tramielski, dit Jack Tramiel, le concepteur du Commodore64 (C64), qui reste la machine la plus vendue dans le monde avec 22 millions d'exemplaires vendus, mourait à l'âge de 83 ans. Son C64 était sorti en 1982.  En 1984, le CA s'élevait à un milliards de dollars. Une guerre des prix et le C64 sera vendu à 199 dollars. Si les ventes explosaient, les profits fondaient rapidement et Commodore décidait de se séparer de son dirigeant comme ce fut le cas de Steve Jobs en son temps chez Apple.

L'histoire se répète. Les idées s'envolent, les résultats aussi, avant de s'effondrer face un challenger plus finaud encore. Alors il faut créer un culte, une religion pour espérer garder ses fidèles dans le temps.

0.jpgLa campagne pour les élections françaises est-elle différente? Elle n'a jamais été autant figée, autour de la haîne des riches monopolisée par l'argent comme un repoussoir. L'usure du pouvoir ou l'usure, tout court, tout y était, toujours plus rapide que par le passé pour suivre le rythme numérisé. La dichotomie droite et gauche flotte, s'étiole dans des demi-mesures ou se radicalise sans le dire.

Le Front de Gauche de Melanchon a exalté avant de faire peur avec sa guillotine comme étendard pour finir par se dégonfler. On ne rejoue pas le passé avec les mêmes artifices de calcul. Les révolutions sont devenues des évolutions constantes. Aujourd'hui, on ne fait plus de saignées, on met des onguents et des crèmes sur les plaies. Et... on vit plus longtemps.

L'extrême-droite de Marine Le Pen, pour monter dans les sondages, a dû descendre d'un cran la seule rhétorique anti-parasite de son père pour devenir plus acceptable tout en gardant certains thèmes connus en arrière-plan.0.jpg

Quant à Sarkozy, c'est le président qui a  le plus poussé son image en avant mais sans répondre aux espoirs de la majorité, de ses administrés avec des casseroles tirées au pieds, qu'il doit recréer son image positive au sommet de l'iceberg. Le charisme n'est pas tout. Un climat pourri sur la présidentielle entre les deux tours fait désordre. Le culte de la personnalité est à son zénit. Il y a des moments où on se méfierait d'être français avec son billet à introduire dans l'urne.

L'argent, tout le monde le sait, n'est pas le fléau, ni le problème. Il n'est qu'un moteur. Ce qui en est fait, devrait rester la préoccupation majeure.  

Dans notre culture de compétition, plus on discrédite, plus on a de soutiens. Que ne ferait-on pas pour brûler l'indifférence, sur l'autel des Grands Hommes? Si l'image est primordiale, autant y laisser sa plus belle, intacte, dans un dictionnaire ou pour être plus moderne, sous l'appréciation du peuple par l'intermédiaire de Wikipedia. 

Les bons CEO ne font pas nécessairement de bons dirigeants de leur pays. Un pays ne se gère pas comme une entreprise. Le CEO a le devoir de réduire les coûts et de réaliser des bénéfices. Le président doit incarner, pour son pays, la force, la stratégie dans son ensemble.

0.jpgMais ici, il s'agit d'images que l'on donne et pas de leurs réalisations effectives. Cela n'empêche, ce serait amusant d'attribuer un des noms de CEO de l'informatique à chacun des hommes politiques de cette campagne ou vice versa et d'imaginer ce qui se passerait.

Les hommes politiques des états démocratiques évoqueraient leurs difficultés à réunir les opinions de leur parti et les votes de leurs concitoyens. 

En Belgique, ce serait peut-être de la dichotomie, adoucie par les habitudes et les faux semblants.

Laurence Bibot l'avait fait comprendre avec l'humour et un accent du "Suuud". Bert Kruysmans y répondait, ensuite, en plus "hard", avec celui du grand "Nooorrrd".

Alors, se limiter aux "monopoles" de droite ou de gauche, entre nord et sud, d'une Window à tous les iXXX de l'informatique, c'est comme devenir presbyte avec trop de lettres majuscules par temps d'orage... Quant au monopole de la richesse, c'est un leurre qui n'est plus jamais à l'heure. L'immobilisme et l'insécurité ont plombé les espoirs.

Si un jour, Bill Gates devait retrouver Steve Jobs et d'autres fondateurs disparus, leurs souvenirs reviendraient et cela pourrait bien ressembler à cela.

Vraiment, si monopoles il y a, ils n'existent jamais longtemps. Par contre, des cultes, eux, persistent et signent pendant plusieurs générations.

Encore heureux que l'humour, lui, n'a jamais eu de monopole.

 

L'enfoiré,


0.jpgMise à jour 11 octobre 2012: MS va prendre exemple sur les stratégies d'Apple et Google.0.jpg

Steve Blamer est à la croisée des chemins. L'heure des changements a sonné. Le logiciel ne fait plus la pluie et le beau temps. La vente de matériel et des services en ligne vient en supplément. Une intégration du logiciel, du software avec le matériel, le hardware, avait commencé avec la Xbox, la tablette Microsoft Surface. Un certain retard est à combler dans ce domaine. Balmer est sous pression. Ses émoluments ont été rabotés de 682.500 $ à 620.000 $. Les ventes étaient en recul de 3%. Vivement Windows8.

 

Citations:0.jpg

  • « Je considère la concurrence légitime, à condition qu’il y ait quelque chose en face. », Steve Ballmer
  • « Le succès est un mauvais professeur. Il pousse les gens intelligents à croire qu’ils sont infaillibles.  », Bill Gates 
  • « L'innovation, c'est une situation qu'on choisit parce qu'on a une passion brûlante pour quelque chose.  », Steve Jobs
  • « Si j’étais très très très riche, je distribuerais mon argent jusqu'à ne plus être que très riche. Très riche, ça me suffit. », Philippe Geluck

 

Quel point commun y a-t-il entre Microsoft, Apple et Google? Vous me direz, en voilà une question: ils sont tous actifs dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et je vous dirai: excellente réponse… mais il y a autre chose. Ils ont tous fait, ou font encore, l’objet de poursuites de la part des autorités de la concurrence, des deux côtés de l’Atlantique.
 

Ainsi, Apple est poursuivi par les autorités antitrust américaines, pour entente illicite avec cinq éditeurs sur le prix des livres électroniques. Une procédure qui, font remarquer les inconditionnels de la marque à la pomme, risque surtout de favoriser le concurrent Amazon, qui détient déjà 60% du marché du livre électronique.

De son côté, Google est poursuivi par les gendarmes de la concurrence européens et américains, pour sa position dominante sur le marché de la publicité liée à des recherches en ligne, une position qu’il utiliserait pour contrer illégalement ses concurrents et les nouveaux venus sur le marché.

Et bien sûr, on se souvient du cas de Microsoft qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis mais surtout en Europe à la fin des années 90, et qui s’est terminé par l’obligation, pour l’entreprise, de revoir complètement son modèle économique. Car la lutte contre les monopoles n’est pas une problématique nouvelle.

Le droit européen de la concurrence est pratiquement né avec la construction européenne, mais la législation antitrust américaine est beaucoup plus ancienne. C’est le Shermann Antitrust Act, destiné à réfréner les comportements anticoncurrentiels des entreprises qui a été, en 1890, le premier jalon du droit " moderne " de la concurrence. L’application de cette loi, dirigée à l’époque contre le " trust " pétrolier Standard Oil, conduisit notamment, au début des années 1980, au démantèlement du groupe de télécommunications AT&T (qui fut quasi reconstitué 20 ans plus tard, mais ceci est une autre histoire). En 1997, c’est par une transaction que Microsoft a mis fin à ses déboires avec l’antitrust américain.

La législation américaine a ceci de particulier qu’elle n’empêche pas la constitution des monopoles. Ce serait d’ailleurs peu compatible avec la liberté d’entreprendre. Ce n’est qu’une fois le monopole constitué que la loi antitrust entre en action. D’où le sentiment que cette loi ne cible que les " gros poissons " pour défendre les " pauvres petits "...

Et donc, sur base d’un tel raisonnement, un géant comme Facebook pourrait bien être le prochain groupe dans le collimateur des autorités de la concurrence. On prend les par

12/04/2012

Bob Morane, vous vous souvenez?

Après les inventeurs, un conteur. Henri Vernes a sorti un livre "Mémoires" dans lequel il se raconte plus qu'il ne raconte les histoires de son héros Bob Morane, symbole de liberté, de courage et de justice, qui a fait partie de mes lectures de jeunesse.

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Cela fait toujours plaisir de repenser au passé lointain. On se retrouve d'un coup plus jeune.

C'est ce que j'ai ressenti quand je suis tombé sur le livre de Henri Vernes qui racontait ses mémoires.

Avec les débuts de l'histoire de Bob Morane, je vous parle d'un temps que les moins de cinquante ans ne pourraient pas connaitre. Enfin, ce n'est peut-être pas tout à fait certain vu ce que j'ai pu constater. En consultant Internet, sur eBay et aussi suite au groupe musical, Indochine, en faisait un disque "L'aventurier", vendu à 700.000 exemplaires en 1983 qui faisait l'éloge de de Bob Morane, comme un héros mythique.

Il y a un site français, bobmorane.fr, un autre, belge pour les fans. Cette semaine, un interview de Henri Vernes paraissait dans le Vif-L'Express suite à ce livre de mémoires. La RTBF lui donne l'occasion de parler de son histoire en épisodes sur plusieurs jours.

"On n'a pas écrit un roman d'aventure original depuis l'Odyssée. Un romancier de par essence est un menteur." lance-t-il à qui veut l'entendre. A 93 ans, non conformiste, comme il se dit,  il a encore toute sa tête et autant dans le tibia. 

En 1953, la sortie de la "La vallée infernale" et du premier Bob Morane. Les autres vont suivre à la recherche de trésors de par le monde. "La Galère engloutie". "Sur la piste de Fawcett" met en scène un personnage qui a existé. Bien avant Jurassic Park, "Les chasseurs de dinosaures". "L'Ombre jaune" apparaît dès 1959 et continuera en plusieurs épisodes.

Il ajoute des femmes dans ses histoires alors que le sexe n'existait pas avant lui dans la littérature pour la jeunesse. Un rythme d'enfer s'en suit, avec un bouquin tous les deux mois. Une foule de personnages me reviennent encore en mémoire. J'ai probablement accroché la saga en léger décalage dans le temps mais je devins un fan inconditionnel. 0.jpg

Au départ du texte sans images, avec Bob Morane, le cerveau, Ballantine, son fidèle lieutenant écossais tout en muscles, contre tous les ennemis de la société dont le génie du mal, Ming alias l'Ombre jaune qui avait trouvé, lors d'un épisode, le moyen de se reproduire en de multiples clones.

Plus de 200 livres, avec une dérive vers les histoires d'un nouveau personnage Ananké, qui personnifie la destinée, la nécessité inaltérable et la fatalité dans la mythologie grecque.

Troublant aussi de constater que la même année 1953, le personnage de fiction,  l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming sortait le roman "Espions, faites vos jeux" avec James Bond, Agent 007. Bob Morane 007 resterait-il jeune, comme tente de le montrer le clip de 2007. Pourtant la différence est importante. On ne s'adresse pas aux adultes. L'éthique, peu de sexe, peu de violence si ce n'est pour le bon droit. Avec Bob Morane, nous sommes plus proche de la saga des Indiana Jones.

J'ai quitté la série des Bob Morane avec "Les Mangeurs d'atomes", son 45ème opus. Obligation scolaire qui déterminait les horizons littéraires différents. Ce livre fut, probablement, à l'origine de mon premier intérêt pour tout ce qui tournait autour de la connaissance de l'atome. L'éthique du personnage devait aussi m'être restée quelque part dans quelques neurones.

Wikipédia dit au sujet de cette collection: "Conçu au départ comme une sorte d'aventurier mi-justicier et mi-barbouze, le personnage évolue au cours de son demi-siècle d'existence pour se trouver impliqué dans des aventures de plus en plus complexes. Aux voyages exotiques, dans lesquels se mêlent espionnage et aventures classiques, viennent se greffer très tôt des thèmes de science-fiction où l'on retrouve l’influence d'un ami intime de l'auteur, Bernard Heuvelmans, le père de la cryptozoologie.".

Né à Ath en 1918, Henri Vernes, de son vrai nom, Charles-Henri Dewisme, était arrivé dans une famille qui ne pouvait beaucoup s'occuper de lui. Une mère, coiffeuse et un père, boucher et ce furent ses grands-parents maternels qui ont pris le rôle de parents.

0.jpgLecteur des histoires de Buffalo Bill, d'Alexandre Dumas, de Victor Hugo et de Freud, dès son plus jeune âge. Il avoue ne pas être un grand lecteur de romans policiers et préférant le roman d'aventure. La mode du détective se fait jour à la suite de la collection "Le Jury" de Stanislas-André Steeman qu'il qualifie d'empêcheur de danser en rond en appréciant mieux Georges Simenon.

A 16 ans, il devient boxeur.

"A 18 ans, j'avais des alouettes sous la casquette" dit-il dans un interview.

Tour à tour, diamantaire, résistant, agent secret, journaliste et ... écrivain.

Ses aventures comme écrivain commencent ou plutôt continuent de plus belle.

La Colombie l'attire. Il rencontre la chinoise, Madame Lou, qui l'entraine en Chine. A Canton, sur la Rivière des Perles, celle-ci tient une maison de plaisir flottante "Bateau de fleurs" où il reste peu de temps avant de partir pour Shanghai.

Revenu à Bruxelles, il rencontre une hollando-anglaise, Alice qui fait partie du MI6 contre les "Boches" comme on disait à l'époque et il devient résistant pour le compte de l'Angleterre.

Hergé, pour lui, n'est pas un bon dessinateur, mais un "ex-collabo, raciste, que les Belges, faute de mieux, ont fait un héros national, une sorte de Manneken Pis atteint de continence d'urine". C'est Franquin qui est le dessinateur de génie et qui devrait avoir un musée.

Au sortir de la guerre, il travaille pour "Femmes d'aujourd'hui". Il devient l'ami de Jean Rey et de J.J. Schellens de l’Édition Marabout qui va changer sa vie. Une mise en bouche commandée sur l'Everest qui venait d'être conquis. Ce dernier va lui commander une série de livres pour la jeunesse pour la collection Marabout-Junior.

Et c'est le jackpot. Son premier livre marche mieux que prévu alors que son auteur est déjà reparti vers d'autres aventures en Amérique du Sud sans avoir l'écho de ce succès comme prélude à tous les autres.

Qu'est-ce qui avait fait l'engouement?

Les aventures, bien sûr, les voyages, l'originalité, mais aussi la manière simple de les raconter. Quand, en plus, la science fiction se greffe sur la science tout court, la théorie des quantas, tout reste plausible et on arrive à la passion par tous les chemins.0.jpg

Aujourd'hui, manque de place oblige, les Bob Morane ne sont plus dans une caisse de ma cave. Cela me plairait de replonger dans certains d'entre eux pour voir si l'Ombre Jaune exercerait toujours, chez moi, la même fascination.

La BD et le cinéma se sont emparés de ces histoires.

Ce n'est qu'en 1959 que ses aventures vont entrer dans la BD par l'intermédiaire d'Attanasio, Forton, Vance et Coria, mais c'est Vance qu'il a préféré pour correspondre à l'idée de Morane. Extrait "Semeur de foudre (1963)".

Son livre "Mémoires" ne parle pas tellement de son personnage de fiction, mais de son auteur lui-même. "Ma vie n'a pas commencé avec Bob Morane", dit-il pour le confirmer. Il nous apprend, ainsi, ce qui se construisait en arrière-plan. Son héros n'apparaît qu'à partir de la page 400.

L'aventure avec le Marabout Junior se termine mal avec la chute de Marabout dans les années 70 et qu'il attribue à André Gérard qui, d'après lui, s'il a été le fondateur de Marabout, n'avait jamais dû avoir lu un bouquin.

Le secret du succès de ses livres? Il cite sa méthode de travail: "pas de plan de travail, une idée vague de départ qui se doit de lui faire plaisir, l'enchaînement de hasards, de l'imagination, un titre accrocheur, une couverture qui doit satisfaire toutes les aspirations par la seule suggestion".

La préface de son livre, écrite par Jean-Baptiste Baronian, va me confirmer dans mes impressions: "Au fond, les mémoires sont de faux portraits de soi tels qu'on veut les laisser à la postérité", disait Georges Simenon qui lui rappelle Henri Vernes. Le portrait d'un héros qui ne se serait jamais trompé, Henri n'en a cure. Seul le plaisir de raconter les principales aventures de son existence, de son enfance au lancement de Bob Morane et des suites. Il a un cœur à géométrie variable qui se serre et bat la chamade dès que les regrets et les souvenirs le submergent avant de se barder et devenir dur comme de la pierre.

Des phrases du livre en disent long sur le personnage: "Il en est des objets comme des hommes, ils finissent par avoir tellement vieilli qu'ils ne peuvent plus vieillir". "Il n'est pas meilleur faux témoins que le hasard". "Une longue vie aventureuse que n'aura jamais été que le creuset fraternel de la vie des autres". "Une vie dans laquelle il ne faut jamais prendre conscience de son bonheur pour ne pas tomber dans la crainte de la perdre et qui déjà, serait, ainsi, en train de se ternir". "Le Mal, de par sa seule existence, a droit, lui aussi, à la reconnaissance", écrit-il.

Les titres de chapitres du livre sont tous des hommages, des offrandes qui commencent par "Pour...". Pour Yvonne, Adèle, Alice, Katia, Gilda, Georgette, Ranoucha, Olga, Concha... Toutes des rencontres avec les femmes et quelques amis qui ont fait partie de sa vie. 

N'est-ce pas une bonne manière de se définir en se comparant à son imaginaire, à se rapprocher des autres?

"Que quelqu'un reprenne Bob Morane? Je n'en ai rien à foutre", lançait-il.

Mais qui aurait encore son talent de conteur pour jeunes de cette manière? Par quels artifices remettre au goût du jour des "histoires de chevalier blanc" avec une éthique irréprochable?

Que diraient les jeunes d'aujourd'hui, de ces histoires de Bob Morane sans images sous la forme de Marabout, eux qui ont été habitués à plus de violence, qui vivent l'aventure, les voyages sans se déplacer au travers de toutes les vidéos du monde, dans une époque où le pétrole est devenu hors prix pour aller sur le terrain?

Les Editions du Dargaud-Lombard ont repris la publication des intégrales sous forme de BD.

Les projets ne semblaient, pourtant, pas terminés, comme Henri Vernes le déclarait en fin de l'interview du Vif-L'Express.

Wait and see...

Podcast de la RTBF

L'enfoiré,

 

Citations:

  • « L’aventure, c’est d’abord l’ouverture aux autres. », Anonyme
  • « C'est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d'aventure. En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles.  », Thornton Wilder
  • « Bien lire l’univers, c’est bien lire la vie. », Victor Hugo

05/04/2012

Curieuses histoires des inventeurs belges

Dans la même collection, après "Curieuses histoires des Aventures belges", voici "Curieuses histoires des inventeurs belges"

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Si les Belges ont voyagé à travers le monde, il a aussi des talents d'inventeur. Yves Vander Cruysen dévoile un nouvel aspect du patrimoine historique belge, souvent méconnu et dont il y a lieu d’être fier, d'après lui.

S'ils ont toujours été innovateurs au travers de l'histoire, les Belges sont assez discrets sur leurs réalisations souvent rattrapés par des challengers plus rapides à breveter les inventions. 

On trouve les traces de leur créativité dans l’agriculture, la mobilité, les armes, la construction, les beaux-arts, la médecine, la physique, la chimie, l’agro-alimentaire, l’industrie pharmaceutique, la biotechnologie.

Si l'on consulte Wikipedia dans la cathégorie "Inventeurs belges", les plus célèbres en ressortent. L'auteur du livre a seulement voulu creuser plus loin pour trouver des inventions belges, parfois insolites, souvent surprenantes et, de temps à autre, considérées comme leurs, mais à tort, par nos voisins français !

En médecine, il y a les découvertes anatomiques d’André Vésale qui a découvert que les vaisseaux sanguins partent du coeur et non du foie, le traitement des fractures par Louis Seutin, les forceps par Jean Palfijn, le traitement des cataractes par Henri Grandjean, les recherches en immunologie par Jules Bordet ou de Christian de Duve...

En géographie, le premier atlas "Thatrum orbis terrarum" d'Abraham Ortelius...

En physique, la dynamo de Zénobe Gramme,, le traitement du zinc de Jean-Jacques Dony, la théorie du Big Bang par le Chamoine Lemaitre,

En chimie, le polyoxybenzylméthylèneglycol dénommé "bakélite" par Léo Baekeland, la découverte du gaz par Jean-Baptiste Van Helmont, baptisé le Leonard de Vinci bruxellois. L’extraordinaire destin d’Ernest Solvay, qui fonda un véritable empire industriel après avoir découvert un procédé de production de carbonate de soude. Il a donné son nom à des dizaines d’artères en Belgique, en France ou en Allemagne, mais aussi à un astéroïde, ou à une montagne de l’Antarctique. Mais il fut un patron aimé qui a donné beaucoup d'avantages à ses ouvriers.

En botanique, Charles Morren, la fécondation artificielle de la vanille qui naturelle, serait restée au Mexique, pollinisée par une abeille locale (1837).

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En mobilité, le moteur à combustion avec les bougies, les soupapes d’Etienne Lenoir (1860), Camille Jenatzy franchit le premier la vitesse "colossale" de 100 kms/h au volant de sa "Jamais contente" qui, figurez-vous, est une voiture électrique (1899), les trolleys de Charles Van De Poele, le Club Med par Gérard Blitz,... C'est Simon Stevin qui invente le char à voiles, une science basée sur les maths en 3D à en devenir riche en Hollande.

Parmi les beaux-arts, la peinture à l’huile dont Jan Van Eyck a accéléré le séchage par la cuisson et l'ajout de résines, le saxophone d’Adolphe Sax, le piano-droit de Jean-Joseph Merlin,  l'Internationale, chantée de par le monde comme symbole du socialisme et du communisme, composée par Pierre De Geyter ( 1888).

Dans la presse, le premier journal de presse écrite d’Abraham Verhoeven avec son périodique "Nieu Tijdinghe" ce qui ne lui a pas empêché d'être censuré et de faire faillite.  

En cuisine, les pralines de Jean Neuhaus.

En commerce, le premier Grand Magasin de la famille Orban, le "Prêt à porter" de Jean-Nicolas Colard (1840) …

En technologie, les prémices cinématographiques de Joseph Plateau appelé le "phénakstiscope" (1832), la montre automatique à rotor de Hubert Sarton, la passoire pour légumes de Victor Simon mais, il oublie de déposer le brevet et c'est Moulinex qui reprend à son compte (1928), dans le "Traité des communications" de Paul Otlet et Henri La Fontaine avec le projet Mundaneum, tout était dit théoriquement mais c'est avec Robert Caillau qui sera un co-inventeur d'Internet, accaparée par la suite par les Américains.

Stop ou encore? On continue, mais en vrac, avec les moissonneuses batteuses des Trévires, les béguinages, le pèse-personne, le patin à roulette, les meilleures poires de la planète, les premières expériences génétiques, la lampe à incandescence, le char à voile, le porte-monnaie électronique appelé Proton... et malheureusement, les mitrailleuses, le gaz moutarde.

0.jpgTout cela est bel et bien sorti de l’imagination, de la créativité, de l’esprit d’entreprendre et de recherches ou du cerveau observateur de quelques Belges.

Suspense: Qui a inventé la frite?

Les Parisiens, en 1789, avec les Pommes Pont-Neuf. Mais Frédéric Krieger fera fortune en 1838 à Liège avec les baraques à frites. En plus des frites, il y servait les beignets aux pommes et les gaufres dégustées avec de la bière, du vin ou du cognac. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles. Apparemment, Les frites belges ne sont pas prêtes de prendre des rides. Mais ce sont bien des "French fries".

Tout n'a pas mené à la fortune pour ces inventeurs.

Aujourd'hui, 750 brevets belges sont déposés chaque année au niveau de la Belgique, plus de mille à celui de l'Europe, sans toujours trouver acquéreur pour être exploité.

Une invention originale bien dans l'air du temps? Le Glutton, l'aspirateur de rue qui une fois inventé par Christian Longe, se retrouve partout dans les villes du monde.

Cela place la Belgique en 10ème place derrière le Luxembourg, la Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède, mais avant la France.

Dix ans que  Yves Vander Cruysen planchait sur cet opus avec l'objectif de redonner à César ce qui est à César.

L'auteur explique son livre ainsi:

"Sans la moindre ambition historico-scientifique, j’ai simplement voulu raconter quelques destins, quelques belles genèses qui ont permis à quelques-uns de nos concitoyens de rentrer dans l’Histoire avec pour objectif d’offrir aux lecteurs un patrimoine à récupérer et à partager. Bien sûr, l’ouvrage n’est pas exhaustif. Je me suis attelé à présenter les inventions qui ont laissé des traces. Les Français se sont accaparés la paternité de nombreuses de nos inventions car, avant 1830, le dépôt des brevets se faisait à Paris. Ce n’est pas de la belgitude mais bien de la fierté nationale. La Belgique a beaucoup apporté. La rédaction du livre n’a pris que quelque mois. C’est la recherche de documentation qui prend le plus de temps. Chaque soir, quand je rentre chez moi vers 23h, je m’installe deux heures derrière mon ordinateur et j’écris un chapitre. C’est une sorte de somnifère pour moi.", disait-il.

Un peu chauvin, il l'avoue et le revendique. 0.jpg

Quelques anecdotes croustillantes font partie de ces inventions que je vous laisse découvrir dans son livre.

La Belgique est petite sur la planète Terre. S'il parait qu'on la voit à partir de la station spatiale, cela reste dû aux lumières électriques sur les autoroutes, bien entendu. 

Dernièrement, une blague belge me parvenait d'outre Atlantique:

À Paris, un Belge se présente dans un bar et s'installe devant le comptoir. Le patron le salue et lui demande :
-Bonjour Monsieur, qu'est-ce que vous prenez?
-Un gin tonique... Merci !
-Il boit d’un coup sec et se dirige immédiatement vers la sortie?
Le patron l'interpelle :
-Hé, Monsieur, vous n'avez pas réglé l'addition.
-Mais je ne vous ai rien demandé, c'est vous qui m'avez demandé : « Qu'est-ce que vous prenez ? » Faudrait pas me prendre pour un imbécile sous prétexte que je suis belge.
Pour éviter le scandale devant ses autres clients, le patron, furieux, laisse le Belge sortir et finit par oublier cette histoire.
Le mois d'après, le Belge refait son apparition dans le bar et cette fois, le patron qui se rappelle la triste mésaventure reste muet.
Le Belge reste immobile devant le comptoir pendant plusieurs minutes, plusieurs heures. Il finit par faire signe au patron qui jubile et dit :
-Alors ?
-Je voudrais des cacahuètes.
-D'accord, mais vous allez payer cette fois ?
Le Belge sortant 1 euro de sa poche répond :
-Évidemment puisque je vous les commande...
Une fois son assiette de cacahuètes servie, le Belge commence à les écraser une par une avec une cuillère pour en faire de la poudre. Étonné, le patron interroge :
-Je peux vous demander ce que vous faîtes ?
-Oui, je pile des cacahuètes pour aller à la pêche, ça me sert d'appât. En fait, cette technique fonctionne très bien pour les gros poissons ...
-Ah bon ? Et qu'est ce que vous prenez avec ça ?
-Un gin tonic... Merci !

Quand je vous disais qu'un Belge avait des ressources, ce n'était tout de même pas, en plus, celui-ci qui aurait inventé le mouvement perpétuel?

 

L'enfoiré,

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L'Imperia une affiare belge qui roule à nouveau. La firme verviertoise Nessonvaux, entre 1904 et 1958, produisait cette marque. En 1913, la production d'une voiture hybride reprend le flambeau. Prix : entre 90.000 et 125.000 euros

 

Alors, en plus pratique, la Belgique c'est quoi aujourd'hui sur l'échiquier européen?

 

Citations:

  • « Suppositoire : Une invention qui restera dans les annales. », Anonyme
  • « La pudeur est née avec l'invention du vêtement. », Mark Twain
  •  « L'inventeur de l'escalier habitait sûrement au premier étage. », Philippe Geluck

24/03/2012

Du rififi au Saint-Siège?

Une conspiration au Saint-Siège est-ce possible? Le pape n'est-il pas intouchable et pensionnaire au Vatican à vie? Si on regardait l'histoire du Vatican et de ses papes qui est loin d'être un long fleuve tranquille.

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Juif de condition modeste, l'apôtre Pierre est né à Bethsaïda, pêcheur à Capharnaüm et fait partie des premiers à suivre le Galiléen Jésus.  Il a été probablement martyrisé, massacré après l'incendie de Rome en 64-67.  L'évangile selon Matthieu prête à Jésus la formule "Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église".

La basilique Saint-Pierre domine la place homonyme au Vatican, là où les premiers apôtre de Jésus engagent le processus qui va assurer la prédominance de la ville de Rome sur les autres implantations de communautés chrétiennes.

Depuis une liste de papes, les 10 niveaux de grades de la hiérarchie du clergé qui commence au moine pour arriver au pape donnent un aperçu des réalités qui gravitent autour de la religion catholique. Si elle n'est pas comme une multinationale commerciale, elle en suit malgré tout le cheminement. Cheminement qui ne permettra jamais à de "jeunes tiges" d'atteindre le sommet.

Le premier empereur chrétien, Constantin eut une illumination avant de se battre et gagner une bataille contre Maxence en 312. Il a fait bâtir entre 322 et 350, la première basilique, consacrée par le pape Sylvestre Ier, sur le lieu présumé du martyre de Pierre à côté du site de l'ancien cirque de Néron.

Entre 361 et 363, l'empereur Julien l'Apostat a la volonté de rétablir le paganisme dans l'empire romain, alors qu'il avait été élevé dans la religion chrétienne (l'arianisme). Ses écrits critiques contre le christianisme, avec le Discours Vrai de Celse, sont le meilleur témoin de l'opposition païenne rémanente au christianisme.0.jpg

La "promesse de Qierzy" entre Etienne II et Pépin donne naissance aux États pontificaux. L'Empire d'Occident se délite tandis que la civilisation byzantine est en plein essor. 

En 846, le pillage de Rome par les Sarrasins pousse Léon IV à la fortifier par le mur dit "léonin". En 1076, Grégoire VII a fortement marqué l'Église en libérant les évêques de toute tutelle temporelle.

Le Latran restera la résidence principale des papes, jusqu'à Clémént V qui déménagea en 1309, à Avignon suite à la guerre civile à Rome et embourbé dans celle des templiers. La ville a été surnommée la « cité des papes » en raison de cette présence jusqu'en 1423. 

Au Moyen-Age, c'est l'excommunication qui devient l'arme absolue contre toute attaque de la chrétienté. Martin Luther le fut en 1517.

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Remonter l'histoire à ses origines est une histoire vers l'extérieur, de "je t'aime, spirituel, moi non plus, temporel", mais aussi des révolutions de palais, à l'intérieur, entre conservateurs et progressistes et des rivalités. Les papes de la Renaissance laissent un souvenir controversé entre débauche et corruption.

La basilique actuelle a nécessité tout le 16ème siècle par une douzaine d'architectes successifs. Castel Gondolfo devient pa résidence d'été des papes.

Au 17ème siècle, l'Eglise Baptiste est un autre schisme issue de la réforme protestante et s'est foprtement étendue aux Etats-Unis.

Dès 1741, le "Sacramento Poenitentiae", "Crimen sollicitationis" en 1962 sont l'équivalent de paratonnerres contre toutes attaques du temporel.

Napoléon annexe les États pontificaux et destitue Pie VI et Pie VII jusqu'en 1815. 

En 1849, face à l'envie d'unité italienne, Pie IX s'enfuit à Gaète. La piété et l'intégrité sauvaient provisoirement ce qui restait d'adhésion populaire après le discrédit politique du pape.

En 1865 , le Concile Vatican I sous Pie IX résout le crise d'autorité avec Victor-Emmanuel II et Cavour en définissant le dogme de l'infaillibilité papale.

Le pape Léon XIII devient prisonnier au Vatican. En 1929, les Accords de Latran entre Mussolini et le cardinal Gasparri deviennent une sorte de compromis.

Le 18 mars 1937 (rappelé par le "C'etait il y a" de Kiosque), il lança une Encyclique aux évêques qui dénonçait la politique raciale d'Hitler, le nazisme et la violation du contrat avec le Reich de 1933.0.jpg

En 1939, à l'occasion du dixième anniversaire des accords du LatranPie XI convoqua pour le 11 février tous les évêques d'Italie pour, selon ce que croyaient certains, leur lire un discours dénonçant les persécutions raciales par les nazis et la marche vers la guerre de l'Italie fasciste. Mussolini multipliait les menaces à peine voilées sur l'attitude du pape. Le discours ne fut pas prononcé. La nuit du 10 février le pape mourut, officiellement d'un arrêt cardiaque. Le cardinal Eugène Tisserant, que Pie XI avait fait cardinal en 1936, affirma que le Saint-Père aurait été assassiné à l'instigation de Mussolini. Pie XI, devenu trop encombrant.

Depuis 1880, les archives "secrètes" sont mi-ouvertes aux chercheurs pour parcourir l'histoire de l'origine du Vatican jusqu'au pontificat de Pie XI, c'est-à-dire avant la guerre.

Les archives concernant Pie XII sont attendues par les historiens. Ce que le film 'Amen' de Costa Gavras dénonçait fera, peut-être, d'autres vagues d'indignations en permettant de définir les relations réelles mises en sourdine entre Pie XII et le régime nazi. Les Cardinaux veillent au grain et au compte-gouttes pour que les "affaires marchent".

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En 1989, Mgr Paul Marcinkus  a été exilé pour avoir géré des placements hasardeux avec le banquier Roberto Calvi, retrouvé mort en 1982 lors de la faillite de la Banque Ambrosiano, créée au 19ème siècle pour gérer les dons.

Depuis 2010, le président de l'IOR fait l'objet d'une enquête du parquet de Rome pour violation de la loi contre le blanchiment d'argent.

Début mars, cent documents ont été extraits des archives, des 85 kilomètres de couloirs sous les caves du Vatican. Un document des Templiers, ceux de la famille Borguese, de Michel Ange et des rapports d'Inquisition en font partie.

Le livre récent "La bataille du Vatican" de Christine Pedotti et celui de Bernard Lecomte "Les derniers secrets du Vatican" nous parlent de la période de janvier 1959 à octobre 1965 comme d'une apocalypse. Époque de Jean XXIII, considéré comme un pape de transition, avec les deux K comme maîtres du monde. Les coulisses du Concile ont changé l'Église. "Rerum novarum", "un aggiornamento" qui accouchait de Vatican II sur la liturgie, l'abandon du latin et des allusions antisémites, l'œcuménisme, la réhabilitation des prêtres ouvriers dont l'expérience avait été condamnée par Pie XII en 1954. 

Au programme, la place de la Bible, l'œcumenisme, la contraception, la justice sociale, la liberté religieuse dans une bataille des conservateurs contre la modernité.  Le Concile Vatican II s'achève le 8 décembre 1965. L'année charnière de 1968 est sensible dans le temporel et dans le spirituel.0.jpg

L’Église finit toujours par se mettre à jour avec les idées contemporaines, mais souvent avec effet retard.

Cela n'a pas empêché la controverse et le conservatisme de Mgr Lefebvre, qui organisa le schisme d'avec ces idées liturgiques. L'intégrisme dans toutes les religions sont à mettre au questionnement pour définir une image de "peuple de Dieu" plus proche d'un esprit laïc et collégial.

Le  conservateur, Cardinal Ottaviani, contre les petits jeunes considérés comme "révolutionnaires" dont un certain Joseph Ratzinger, futur Benoit XVI.  

L'infaillibilité du Pape, un leurre pour l'imagination?

On était presque près d'un schisme suite à l'intégrisme, de la gaffe de Ratisbonne qui mettait le feu à l'islam, de l'affaire Alois Estermann avec 3 meurtres dans l'enceinte du Vatican. Le célibat des prêtres, l'ordination des femmes, le divorce, les méthodes contraceptives, l'avortement, la fécondation in vitro, l'homosexualité, l'euthanasie qui pousse à l'acharnement thérapeutique, sont toujours des sujets sensibles.

0.jpgLe budget du Vatican se construit des recettes du tourisme et de la Poste et est en boni Celui du Saint-Siège s'occupe du personnel de 2800 employés, des médias et de la publicité. En déficit renfloué grâce à son patrimoine immobilier et son portefeuille financier hérité des accords du Latran.  

Le Pape qui a eu le règne le plus court de l'histoire, fut Jean-Paul Ier: 33 jours et six heures. Celui qui fut appelé le "pape du sourire", dès son avènement, s’était efforcé d’humaniser la charge pontificale et avait prononcé les mots « tempestas magna est super me » (« une grande tempête est sur moi »). On ne joue pas avec ce genre de phrase ni d'idée même au Vatican. La version officielle attribue sa mort à un infarctus ou une crise d'urémie.

Dans "Au nom de Dieu", David Yallop conclut, au terme d'une longue enquête, que le pape aurait été empoisonné sur ordre du cardinal Villot et de Mgr Paul Marcinkus. On aurait retrouvé dans ses papiers le texte de la destitution de Villot, qui n'attendait que sa signature.

En 1982, le film Meurtre au Vatican de Marcello Aliprandi, reprend l'histoire avec Terence Stamp dans le rôle du pape fictif « Jean Clément Ier », empoisonné à peine quelques jours après son élection.

Les services secrets, et des organisations criminelles comme la Loge P2 ou la mafia, sont également mis en cause par certaines rumeurs.

La tentative d'assassinat de Jean-Paul II est encore dans les mémoires et la Papamobile a permis de prendre ses distances avec la foule. Ce n'est que fin 1996, que contraint, le pape accepte la théorie sur l'évolution. Mais, ce qu'il a surtout fait, c'est s'ouvrir au monde et symboliquement, embrasser le sol lors de ses visites.

0.jpgDernièrement, des fuites incontrôlées dévoilent des tensions au Vatican, voir une lutte de pouvoir. Il était révélé par Marie Doquet dans la catégorie thriller avec un titre de "Conspiration au Saint-Siège".

Au Vatican, le pouvoir du Pape est total mais la gestion reste aux cardinaux.

Est-ce un complot ourdi contre la pape par des accusations de corruption et de malversation?

"Il Fatto Quotidiano" publiait un article allemand que le le pape n'aurait plus que 12 mois à vivre, assassiné en 2012.

Toutes des lettres top-secret, mais parues dans la presse.

Carlo Mario Vigano serait le trouble-fête qui dénonce des contrats octroyés aux mêmes entreprises qui pratiquent des prix élevés non mises en concurrences. Les lois de la concurrence, du pouvoir et de l'argent existent aussi sous les murs du Vatican et font problèmes.0.jpg

La crèche de 2009 sur la place du Vatican aurait, ainsi, coûté 500.000 euros.

La Banque du Vatican, IOR ont été contestés, impliquée dans l'affaire de la Banque Ambrosiano. La Banque, avec ses 5 milliards d'euros, les autorités voudraient la voir catégoriser dans la "white list". 

Muté aux États-Unis par Bertonne, Vigano serait passé à la phase de punition dans l'exil.

Alors, la corruption est-elle dans la normalité comme ailleurs, dans le monde temporel?

Elle y serait généralisée, si l'on en croit ce qui se dit et une nouvelle période de "manu pulite" pourrait commencé.

Le microcosme du Vatican serait-il marqué par des batailles internes dans une guerre intestine de clans avec des cardinaux qui voudraient un pape d'origine italienne?

0.jpgLe pape Benoit XVI est ressenti pour ses idées assez rétrogrades à l'extérieur de l'église tout en acceptant les réformes et réconcilaitions à l'interieur. On lui reproche d'être trop théologien et trop de loin de la gouvernance.

Le symposium sur la pédophile n'efface pas toutes les erreurs du passé.

Il s'évertue à amener plus de transparence dans les affaires de l'église à rendre la banque vaticane plus propre.

Quellle est la différence entre le Vatican et le Saint-Siège?

Le Saint-Siège est l'entité juridique, spirituelle, de droit international et reconnu par 178 sur 192 États membres de l'ONU (manquent Chine, Corée du Nord, Arabie Saoudite, Laos, Vietnam).

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Le Vatican est ce qui reste de temporel à l'Église comme État souverain qui, sur une surface de 44 ha avec un millier d'habitants, a le souverain pontife comme chef d'État, élu à vie et qui dispose des trois pouvoirs. Un drapeau, un hymne, des timbres, de la monnaie et une armée réduite constituée de Gardes suisses. Cette garde rapprochée du pape a été décrétée le 29 novembre 1516 par François Ier, qui à la suite de sa victoire à Marignan, signe une « paix perpétuelle » avec les cantons suisses. Seuls le roi de France et le pape pourront, dès lors, avoir des mercenaires suisses. La solde d'un Garde suisse s'élève à 1300 euros par mois.

Le Saint-Siège compte 2832 salariés. Le pape ne touche rien, mais il jouit de 5 millions d'euros de droits d'auteur. 

"Le Pape est mort, un nouveau pape est appelé à régner. Quel drôle de nom pour un pape"... et puis, même en crise, une fumée blanche et "Habemus papam" qui modernisera l'institution au cours d'un Concile Vatican III. Celui-ci mettrait au referendum le célibat des prêtres, l'ordination des femmes, la contraception, le divorce, les méthodes contraceptives, l'avortement, l'euthanasie et plus de démocratie à l'intérieur...

Benoit XVI, dernier pape européen? 

0.jpgUn entretien entre Peter Siewald et Benoit XVI expliquerait-il mieux dans le livre "Lumière du monde" ce qu'il pense des abus sexuels, de la réforme de l'Eglise, des relation avec le judaïsme, l'islam, l'athéïsme et qui ferait partie d'un Vatican III?  S'il a aperçu les nouveaux problèmes de notre temps, il reste sur ses positions. Ce n'est pas près de se produire vu l'âge avancé de ses décideurs. Une nouvelle révolution de palais entre conservateurs et progressistes? 

En Belgique, il y a un an, en pleine tourmente, c'était le cardinal Ries qui arrivait au sommet de la hiérarchie local en tant que cardinal. Il a 91 ans (Mise à jour 26 février 2013: son décès à 93 ans).L'archevêque Mgr Leonard, remplaçait du Cardinal Daneels, qui était connu pour son conservatisme et il faut bien le dire, son intégrisme. Avec ses idée sur le SIDA « Tout au plus, je verrais cette épidémie une sorte de justice immanente, pas du tout une punition, un peu comme, sur le plan écologique, quand on malmène l'environnement, il finit par nous malmener à son tour. Et quand on malmène l'amour humain, peut-être, finit-il par se venger, sans qu'il faille y faire intervenir une cause transcendante. », on n'est pas encore sorti de l'auberge même si elle n'a rien d'espagnole.

Le cardinal Ries ne pense même pas que le Vatican pourrait sanctionner Roger Van Gheluwe malgré les scandales de pédophilie.

Le prêtre théologien, Gabriel Ringlet encourageant les valeurs de la 0.jpglaïcité en Belgique pour mieux être en connexion avec le message du Christ en accord avec les dogmes, jamais, il n'a été contesté dans son rôle de prêtre sur les questions de Foi.

Alors, arrivent les humoristes et les sketches humoristiques de François Pirette ou celui de Coluche qui prouvent, au moins, qu'être Pape n'en reste pas moins "être homme", avec ses qualités et ses défauts. Si le but ultime est d'être canonisé ou  béatifié, comme cela l'a été demandé pour Jean-Paul II, vu son parcours long à la tête de l'Eglise, autant que l'on se souvienne d'eux pour les devoirs de suivre les progrès et les courants de pensée des ouailles.

Des écrivains, comme Dan Brown, ont encore un puits sans fond d’inspirations avec les sujets qui tournent autour du Vatican. Le "Da Vinci code" n'était qu'un apéritif.0.jpg

Après le livre et le film "Anges ou Démons", c'était aller un cran plus loin dans le sens de la réalité externe au Vatican. Il y était question de complot fictif des Illuminati, mais l'Opus Dei, elle, est bien réelle et vivante.

Le préambule du livre de Joseph Ratzinger "Dogme et annonce" dit: "La tension intérieure à la prédication dépend de la tension objective qui existe entre Dogme, Ecriture, Eglise et Aujourd'hui. On ne peut pas enlever l'un de ces piliers sans qu'en définitive, tout s'écroule".  

Un Urbi et orbi, alors, mais toujours avec l'hymne national du Vatican.

 

L'enfoiré,


Vidéos : Le monde secret du Vatican (1), (2)


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(la vision baptiste)

Mise à jour Novembre 2012: Le livre "Le Vatican indiscret" de Caroline Pigozzi

Noël 2012: La Syrie, le Liberia et le reste...

11 février 2013: coup de théatre: la  démission du Pape. Contestée surtout en Allemagne qui a perdu son Pape et qui en plus espérait par son intermédiaire obtenir des réformes qui libéraliseraient la vie sociale et la morale sexuelle. Il a rompu la chaîne de la tradition "ce Ratzinger".

Le 12 mars 2013, entrée en conclave.

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Retour sur les images du passé:

Les premières images datent de 1878.

Lors de l'élection de Léon XIII, le Pape du "Rerum novarum".

En 1914, Benoit XV va tenter de jouer le médiateur pendant la 1ère guerre mondiale.

En 1922, premier conclave.

En 1939, Pie XII crée la polémique avec le problème de la Shoa.

En 1938, Jean XXIII, le Pape du Concile Vatican 2, a été élu après 11 tours.

En 1963, c'est le tour de Paul VI avec le Renouveau charismatique.

1978, Jean Paul II devient la Super Star pendant 26 ans de règne, béatifié par son successeur, Benoit XVI. 

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Citations:

  • « Le pape est l'avocat de dieu. Dommage que son client soit mort. », Francis Picabia
  • « Le pape est une idole à qui on lie les mains et à qui on baise les pieds. », Voltaire
  • « La preuve que le pape ne connait rien à l'utilisation du préservatif, c'est qu'il l'a mis à l'index. », André Santini