25/06/2008

Ne m'appelez plus jamais, "France"

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Un article du Nouvel Obs a attiré mon attention et approfondit mes convictions dans la France actuelle. 

Attention, je vais être excommunié. Je Vous le dit d'avance, si vous n'avez, Français, pas le courage de lire ce qui va suivre ou n'aimez pas la critique, passez votre chemin.

Un article du Nouvel Obs 2276 a donné aux Français une vision multiple, vue de l'étranger, de ses voisins européens.

Cela vaut parfois le détour d'écouter ce que pense de Vous et de nous, les Européens. Il est sûr que chacun a à se reprocher des tares qui proviennent de son passé ou de sa manière de penser, ce ne sera que partie remise mais, de la critique, nous avons tous à y gagner.

Pays par pays en voilà des points sur la table des discussions:

L'Anglais Julien Barnes, pour lui, c'est plutôt changez pas de main. Le "French paradise" des Frogs a encore du bon. L'instabilité psychologique, un peu maso français, c'est pas mal. On commence vraiment à se ressembler. La Tour Eifel, et si on se l'échangeait avec le Tower Bridge? On le fait savoir d'ailleurs après le vote Irlandais. Ceux-ci, des idiots, je vous dit.

Le Hollandais Fouad Laroui cherche toujours comment se dit "chauvin" en néerlandais. Et ne comprend rien à la politique française. Freiner l'immigration, il a dû s'y faire récemment. La communauté turque ou marocaine doit s'imposer dans un consensus national.

L'Allemand Volker Schlöndorff voit dans la France une image du passé. Nombrilistes et contents d'eux mêmes, les Français avec une langue supérieure, arrogante dans les Hautes Écoles qui veut faire la loi. La culture française est devenue d'arrière-garde et ne représente plus 1,7% du marché. Oui, "S" apporte du changement. Mais... pas très curieux de ce qui se passe ailleurs. Et puis, les "belles manières face au sérieux".. ça fait pas vraiment le poids.

Le Belge Philippe Dutilleul se posait cette question: "Pourquoi je ne serais jamais français?" Il parlait du complexe de supériorité qui mènerait à la cinquième roue du carrosse. Les réformes libérale "S" ne semblent pas lui botter. On manifeste ferme pour PPDA, non pas le vôtre. Lille, peut-être, c'est socialiste. Et puis notre "Bye bye Belgium" à la mode française aurait eu du plomb dans l'aile dès la première étincelle. S'il y a un pays qui dans ses fondements, n'aime pas l'Europe, et il l'a prouvé dans son "non", il y avait trois ans, c'est bien la France. Récemment, un article qui se voulait le défenseur de l'hymne national n'en ajoutait qu'une autre couche à ce beau patriotisme. Notre premier ministre en a perdu la tête en chantant la Marseillaise comme hymne national à la suite d'une question très partisane d'un journaliste.

L'Italien, Marco Bellocchio Un sentiment d'arrogance transformé en surprise vu la déprime et pourtant la réalité de havre de tranquillité. Moins de clientelisme. Chez nous, c'est la peur de tout qui a proné dans les élections. Vous avez plus de ressources que nous. Ce n'est pas Berlusconi à bord, même si cela ressemble. Vous affrontez les problèmes, nous les posons avec la compromission "comedianti". Nous sommes reconnaissant d'avoir une première dame italienne.

L'Espagnol Jorge Semprum était plus expectatif et exprimait "Ce que j'attends de votre président" alors qu'il est seul derrière un gouvernement social-démocrate. Pour la prochaine présidence de l'Union Européenne, il a l'espoir que la France ne sera pas suivit d'une stratégie de sécurité qui irait dans un protectionnisme et une politique d'immigration contraire à l'esprit de l'entreprise européenne eu égard à l'évolution démographique. Ce serait un changement de paradigme culturel. "Liberté, égalité, fraternité?" Pour l'Espagne avant-gardiste, l'Hexagone semble piétiner.

Le Polonais Tadeusz Mazowiecki trouvait Sarko sous pression avec des projets ambitieux mais toujours sans anticipation et avec seulement des déclarations distribuées avec un goût du déjà vu et entendu, ailleurs. Alors, le vieux stéréotype du "plombier polonais"... Quand on sait que les Polonais sont aussi redemandés à bord et que quelques milliers seulement s'étaient aventurés dans l'Hexagone !

La Danoise Marie-Louise Knuppert remarquait que la France sacrifiait sa jeunesse. Le chômage des jeunes à 22%. Un modèle social lourdingue par sa bureaucratie et ses ambiguïtés. Notre taux de syndicalisation de 80% comparé au 8% français d'adhérents n'est pas étranger à notre chômage de 1,8%.

Un sondage donnait des estimations assez peu réjouissantes non plus. La présidence de l'Union française serait une "bonne nouvelle" pour 19% des co-équipiers européens, une "mauvaise" pour 16%. Un sous-marin coulé dans le combat naval? 50% d'arrogants, 31% de peu "travailleurs", 44% d'imaginatifs, 43% d'accueillants... on ne peut pas vraiment faire cocorico.

ne-mappelez-plus-jamais-francenepal-imigration.jpgChacun a sa vision en fonction de son côté plus "rétro", de son gouvernement et de sa manière d'être propre. Rencontre de Charybde et de Scylla, dans un sens ou dans un autre. La baguette sous le bras et le béret sur la tête, image d'Epinal ou réalité plus voilée?

Il suffit de gratter un peu pour y répondre.

On ne pense qu'à ses Droits de l'Homme, sans en chercher une charte annexe dans les Devoirs de l'Homme imaginée à la Française.

On aime le "F" sur la bagnole et, en sus, il y a le droit du sol et l'appartenance au département, avec les deux chiffres significatifs qu'on ne veut surtout pas abandonner. Pas de doute, cela fleure trop bon, l'air du pays.

Le titre que j'ai choisi pour cet article n'en est qu'une autre preuve, avec la chanson de Sardou. Aurait-il la volonté d'en avoir une version plus actuelle, plus actuelle?

Le Français se dit européen. En apparence, seulement. On parle de refus pour raison de manque de social et de n'avoir compris que des règles de la finance dans la constitution. Je tiens à rappeler que c'est Sarko qui a imposé sa manière de construire le nouveau mini traité. C'est comme du Canada Dry. Çà n'est pas de l'alcool mais cela en a gardé le goût. ne-mappelez-plus-jamais-francesarko-en-israel.jpg

Ah, oui, j'oubliais, on n'est plus tout à fait d'accord avec lui et on râle après un an de présidence. Cela se fait entendre d'ailleurs sur tous les tons de la fanfaronnade.

Je me souviens qu'en vacances, l'année dernière, on chantait pourtant le cocorico politique. On se congratulait en se félicitant de son choix politique. On allait voir la vie en bleu. Après l'avoir vu en rose. Enfin, on avait la couleur "top" du changement. Vive les réformes ! Cela arrange tout le monde puisque plus de 50% de la population votante allait dans cette direction.

On aime se faire entendre à une autre échelle, c'est ça la manière nouvelle de vouloir l'Europe à la Française. Depuis, on ratisse large. On est partout.

L'Angleterre voulait, avec Madame Thatcher, son argent en retour "I want my money back". Les Français, c'est plutôt : "je veux me retrouver comme avant dans une Europe française" sans traduction en anglais dans le texte ou une langue internationale qui ne serait pas sienne.

On veut bien regarder du sport à la télé, si et seulement si, l'équipe nationale est toujours à bord. Les médias précèdent d'ailleurs le mouvement de repli. Nous on négocie avec humour.ne-mappelez-plus-jamais-francenegociations.jpg

La Francophonie, c'est chasse gardée française: "On a payer pour et TV5Monde est à nous". Pas touche...

Nous, Belges, n'avons pas de référendum possible, mais le vote est "full démocratic". Il est obligatoire et les revêches devront passer à la caisse. 

On m'a dit sur une autre antenne avec une âme bien tendance dans un commentaire très "pro": "mais, tu aimes tout de même passer tes vacances chez nous". Ma réponse a été de circonstance: "Tu ne m'en voudras pas trop, tout de même, si je passe au dessus de ton espace aérien, pour aller un peu plus loin?".

Alors, cette fois, passons vraiment à la vitesse supérieure de la critique et commençons par ce qui se dit de manière tendancieuse, entre amis d'autres horizons, il est vrai, mais en voulant garder l'église au milieu du village avec l'humour en porte bagage.

Un autre qui dit : "Sais-tu comment faire du pognon? Simple, tu achètes un Français au prix coûtant et tu le revends au prix qu'il croit valoir".

Les bonnes blagues destinées aux belges à la "Coluche", nous avons supporté pas mal, sans broncher, car on a même apprécié, de ce côté. On en a même ri de bons coeur pour accompagner les zygomatiques dans cette même exploration de l'incommensurable vérité et de l'auto-dérision. Notre petitesse n'a d'égal que notre humilité. Les frites (les "Frensh fries" comme disent les américains) et les moules, on aime. Comme les chicons, l'américain (steak tartare) frites aussi, les couques (les brioches), les pistolets (petits pains) et les pains français (vos baguettes) pour le matin. Je vais d'ailleurs, si vous êtes en mal d'idées. Mes écrits en sont pleins de mes caricaturistes préférés Kroll et Rif qui valent leur pesant de rigolades. ne-mappelez-plus-jamais-franceflamand-au-secours.jpg

De ce côté, on n'entend pas trop, "Tu connais pas Monsieur de ...., dis? Je vais te le faire connaître absolument". Sous entendu: "T'es un con ou quoi?" Des références, on s'en fout tant qu'elles ne seront d'aucune aide pratique. Pragmatique sans tics, le Belge. ne-mappelez-plus-jamais-franceboonen-cocaine.jpg

L'humilité n'est pas la manière de pensée prépondérante Outre Quiévrain. Cela ne semble pas être qu'une impression personnelle, donc. Mais, il y a la contagion et tous les Belges ne sont pas "blanc-bleu" (pardon noir-jaune et rouge) et avec une note particulière, les cols relavés ont pris la clé des champs vers le Nord. Le "bling-bling" est contagieux et traverse les frontières plus facilement que les bonnes idées.

Il faut dire que deux cents ans de promenade en "stand alone" des Belges changent ses habitants. Les destins se divisent comme le reste.

Notre "une fois" qui termine nos phrases vient peut-être de nos autres voisins hollandais "Even kijken" (regardons, une fois). C'est plutôt là-bas qu'il faut aller tendre l'oreille.

Vous refusez, Français, l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Raison officielle? Ne fait pas partie du territoire européen, chrétien de surcroît. Raison plus intime? Une dimension de territoire qui entrerait en concurrence directe au barreau ou au perchoir. La Pologne et l'Allemagne, cela suffit.

Le Mondial 2008, à Bruxelles, a été fêté et les drapeaux turcs fleurissent aux fenêtres. En Allemagne, ce sera probablement de même dans le même temps. La Turquie fait déjà partie des meubles de l'Europe, je signale. Il faut s'en méfier, d'accord. On dit bien "Fort comme un Turc". C'est pas peu dire. Nous nous en méfions comme du reste et de nous même, depuis un certain temps, car la connerie n'est pas une affaire de nationalité. Istambul et son petit territoire annexe, c'est de l'européen, à coup sûr. Par son histoire. La culture française s'est bien implantée et se retrouve dans les écoles qui bordent le "Channel local" avec l'Asie. Non, on bosse fort, par là aussi.

Le thon rouge, Vous en consommez comme les Japonnais, ou quoi? Et si on laissait un peu le temps au temps pour se refaire une santé? Les méduses, qui remplaceraient nos faunes marines, ça ne se mange pas. Allez à Calvi, on vous raccontera la suite et les raisons.

Notre PPDA à nous, Belges, comme le disait un de nos humoristes belges, Bruno Coppens, c'est la "Perte du Pouvoir D'Achat". Alors, nous avons depuis toujours, et les politiques continuent à le défendre, une indexation automatique des salaires, en veille. Ca ne récupère pas tout, mais c'est un parachute de secours qui ne prend, jusqu'ici, pas encore l'eau. Comme disait Bruno: "Regardez le film des Ch'tis qui a boosté les ventes de Maroilles, de bières du Nord et même des baraques à frites (authentique)... Alors, une Ferrari à dose quotidienne, je ne vous dis pas ! Exiger plus de Pouvoir D'Achat, c'est pour consommer encore plus ou mieux? En tout cas, c'est sûr, le maintien de notre train de vie actuel, comme les cheveux de Patrick, c'est un plan qui a pris l'air".

Les échos de la "sarkosienne", nous sont parvenus avec un peu trop d'insistance. L'Arlésienne me bottait mieux.ne-mappelez-plus-jamais-francepouvoir-dachat-sarko.jpg

Vous constatez souvent que Vous ne connaissez pas grand chose de nous, Belges. Vous êtes-vous demandé pourquoi Vous n'avez pas les émissions de télé belge chez Vous alors que nous sommes gratifiés de toutes vos chaînes sans distinction? Les crises, on connait.

Pourtant, cela est nouveau, Vous remarquez que les petits Belges ne sont pas si mauvais au Festival de Cannes, dans la mode et ailleurs. ne-mappelez-plus-jamais-francemaradonna-cannes.jpgne-mappelez-plus-jamais-francedardenne-cannes.jpg

Non je ne voudrais jamais plus entendre cette phrase indigeste: "La France, c'est bien, mais, c'est dommage qu'il y a les Français".

Je n'ai pas cherché à savoir quel était le dilemme qui s'était installé dans la petite tête du voyageur en perdition qui l'avait prononcé. Peut-être avait-il mal digéré un repas qui manifestement laissait des traces.

Les frontaliers de tous les pays ont bien compris l'avantage de leur situation à cheval au dessus des frontières. Ils dégustent à tous les rateliers et ils ont raison. Tant qu'il y aura des frontières qui font coincer les idées, les marchandises et les hommes, on profitera de la bonne soupe à l'ail ou à l'aïoli. A la veille de prendre le gouvernail et la présidence de la Communauté Européenne qui traverse une crise sans précédent, une analyse à froid du résultat d'un sondage ou ou de tout autre moyen de communication reste à méditer.

Alors, si on chantait "J'habite en Europe" pour changer et pour sortir de la nostalgie de "Ne m'appelez plus jamais, France". Elle en a le potentiel, l'Europe, de ne pas nous laisser tomber, si en tant que citoyen responsable, on veillait au grain.

Mais cela, c'est une autre histoire et puis Vous en aurez pour nous. Le bêtisier de nos histoires belges n'est pas exempt de croustillants. ne-mappelez-plus-jamais-francedanneels-succession.jpg

Alors, pourquoi pas, aussi, un petit coup de Marseillaise. Notre premier ministre Belge aime à la chanter. Il en est encore tout désorienté.

Nous Vous aimons, chers Français et Françaises.

"Qui aime bien, chatie tout aussi bien", c'est Vous qui nous l'avez appris, une fois.
  

L'Enfoiré,

Encore une fois merci à Kroll et Rif

Chez Le Panda, énormément de Français et de répliques.
 

Citations:

  • « Le crime le plus horrible des riches envers les pauvres est de s'être arrogé le droit de leur distribuer la justice et l'assistance, de leur faire la charité. », Georges Darien

  • « Ignorance et arrogance ne riment pas seulement, ils vont souvent de pair. », Jacques Sternberg

   

23/06/2008

Le CapitaMal

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Nous subissons un "problème" dans la vie des entreprises que certains appellent "malheur" de nos générations jeunes. Le Capital. D'où vient-il? Comment en est-on arrivé là après une transition d'à peine un demi-siècle. La nostalgie de la génération du Baby Boom est-elle une sensation de vieux "dégénérés" insensibles comme le laisserait supposer certaines conversations entre jeunes ?

Si la Bourse n'existait pas telle quelle, telle que nous la connaissons? Et si l'argent n'était pas le nerf de la guerre? Et si...

J'ai eu le plaisir de rappeler les principes et dérives de la Bourse dans "Spéculons en paix" et dans "Le spéculte". Aujourd'hui, on se pose la question "Krachera, krachera pas?" comme si cela allait résoudre les problèmes. Les crises ont existé dans le passé et le marché s'est toujours régulé et redressé. Ce qui a changé, c'est Internet et les Médias qui ont ajouté une couche dans le catastrophisme. Ces médias sont là pour le scoop et comme les bonnes nouvelles ne font pas recettes, on passe à l'autre extrême. La Bourse, comme l'argent, est une question de confiance. Elle plane à des sommets, on ne comprend pas pourquoi ou s'effondre au sous-sol avec le même dérapage. Il y a, aujourd'hui, une crise qui accentue le problème: le pétrole et les excès de la Finance. Ce qui rend la peur contrebalancée par la réalité.  

le-capitamal-liquidites.jpgLa crise des Subprimes a été le dernier catalyseur. La Bourse n'y est pour rien. Elle n'a fait que suivre. Seul la crédulité est responsable. Les gestionnaires que sont les banques ont eu le pompon de cette crédulité. le-capitamal-subprime.jpg

Elles ont fait, depuis lors, une marche arrière toute dans les crédits. Elles ne prêtent plus sans avoir la sécurité à 100%. Alors, le capital à risque qui fait progresser bien être et potentiel dans l'augmentation de la main d'oeuvre, faut pas rêver... et les résultats sont à l'avenant.

L'économie s'arrête si l'équilibre n'est pas trouvé dans un futur proche. Cherchons le juste milieu le-capitamal-subprime2.jpget remontons aux fondements.

Les mouvements d'argent se font dans les Bourses du monde par différentes techniques. Les actions tiennent le haut du pavé dans les transactions commerciales. Or, il faut bien le dire, le jeu des actions permet les pires des excès. Celles-ci font partie du système Capitaliste. C'est "le" Capital dans toute sa splendeur. Alors, ne pourrait-on pas imaginer en lieu et place, dans ce même monde, des débouchés plus restreints par l'intermédiaire des seules obligations ou les seuls comptes intérêts qui rapportaient "x" pourcents? Une différence unique dans le pourcentage serait provoquée uniquement par la longueur du placement lui-même.  

Comme je le disais dans un article précédent, une société commerciale a besoin, tôt ou tard, de recourir à la Bourse pour obtenir plus de cash et prospérer dans les meilleures conditions. C'est une règle du marché et de pure logique. La manière d'y arriver importe peu. Dans le cas obligataire nous avons la sécurité en plus. Pas de mouvements de baisse ou de hausse désordonnés. Attendre l'échéance des transactions pour seule condition.

Le jeu n'est pas obligatoire. La spéculation non plus. La sécurité serait au rendez-vous, moins rémunératrice mais plus sûre en se basant sur les fondamentaux. L'éthique serait aussi sauve. Investir de l'argent dans une action dont on ne s'intéresse même plus de la destination est pour le moins manquant de responsabilité. Mais alors, pas d'effet de levier, non plus.

le-capitamal-crise-ps.jpgL'argent déposé par les épargnants va d'un côté apporter un intérêt pour lui et surtout du cash flow pour la Société qui n'aspire qu'à cela. Chacun y trouve son profit. Cela "rapporte" petitement.

Iconoclaste, cette idée-là? La Bourse a déjà des années et des siècles d'existence dans sa structure actuelle et caractéristique. Pourquoi s'en faire et demander ou penser à changer les choses? Les comptes d'intérêts de toutes sortes pourraient être destinés à ceux qui doivent "palper" au plus près leur argent, tandis que les obligations pourraient, elles, dans cette manière de voir représenter la manne financière nécessaire aux activités. De la petite vitesse, donc. Peut-on s'en contenter? Peut-on se suffir de cette alternative dans monde intégré ou la compétition fait rage?

La manière d'utiliser l'argent, de le placer sent trop le travail facile et non productif d'intérêt général et c'est le mal de tout être vivant. Un rapport de prix performance. La spéculation est la partie la plus négative de la Bourse. Elle s'applique, elle se limite à tous ceux qui ont de l'argent disponible en suffisance pour pouvoir le perdre, au pire, mais surtout pour gagner un maximum avec le moins d'effort, au grand mieux. Cette exclusivité organise le schisme de plus en plus grand entre la base et le sommet de l'échelle sociale. Le jeu, car il s'agit bien d'un jeu pour beaucoup en milieu de gamme, va se résumer avec l'introduction d'internet à du trading qui permettra d'acheter et de vendre sur la même journée et espérer gagner avant de s'endormir jusqu'au lendemain de substantiels revenus, de "return" dans le jargon du milieu. Dans le même temps d'une journée, celui qui travaille et qui ne fait partie ou ne pense que de très loin à l'existence d'une autre manière de gagner sa pitance de la journée. Tout cela est vrai, mais c'est notre condition d'homme.

le-capitamal-trader.jpgQuand j'ai écrit mon premier article sur le sujet de la Bourse, beaucoup de personnes m'ont pris comme un spécialiste et sont venus me poser des questions de savoir ce qu'ils devraient faire du petit magot amassé à la sueur de leur front. Me voilà, gourou...! Un coup d'oeil un peu plus attentif par soi-même, on n'y a pas pensé.

Qu'on ne vienne pas me dire que c'est un mal nécessaire. Le "Capital" aura encore ses heures de gloire. Wall Street imprimera sa marque dans l'économie mondiale encore très longtemps, comme beaucoup d'autres Bourses d'ailleurs. Euronext devenu sa consoeur de raison n'ajoute qu'un peu de sel dans l'histoire.

Le plus petit pays, le moins chanceux sur le "grand échiquier" veut avoir sa Bourse. Pour se grandir, on n'a rien inventé de mieux. Il assure une chance aux projets à se réaliser avec le "capital à risque". C'est une vitrine vers l'extérieur. Quand, en plus, elle marche bien et qu'elle rapporte à ses actionnaires, c'est le pactole assuré.

La spéculation folle, au vestiaire ? Plus de bulle spéculative qui explose en pleine figure à la moindre perte de confiance comme en 2000. Une sécurité, bien méritée, moins rémunératrice peut-être mais aussi moins artificielle.

Une preuve de contre productivité: pour les experts, les ordres "put". Ces ordres qui font leur beurre avec la baisse de rendement et la perte de vitesse d'une société. Au plus, elle s'enfonce, au plus l'actionnaire touche.

Si vous voyez plus bizarre, prévenez-moi.

Encore une fois, je ne suis pas ici pour casser le marché et remettre les affaires au niveau de la "Belle au bois dormant". Je me permets de penser autrement. Je lance ce pavé dans la marre pour y réfléchir.

D'autres y ont pensé par d'autres chemins:

le-capitamal-albert-frere.jpgLe capitalisme moderne, qui règne sans partage sur l’organisation de la vie économique depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du communisme, se présente comme une gigantesque société anonyme constituée en pyramide, explique Jean Peyrelevade dans le livre "Le capitalisme total": à la base de celle-ci, quelques 300 millions d’actionnaires détiennent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Autrement dit, 5% de la population du globe, concentrée en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, sont propriétaires de toutes les entreprises. Au deuxième étage de la pyramide opèrent les gestionnaires de fonds de pension, Sicav, caisses de retraite et compagnies d’assurances: ils sont quelques dizaines de milliers à décider du sort de la moitié des avoirs financiers de la planète en cherchant à maximiser l’enrichissement de leurs mandants, c’est-à-dire des «locataires» du premier étage. Et ce sont eux qui, selon l’ancien patron de Suez, de l’UAP, puis du Crédit Lyonnais, déterminent les règles du jeu— dont celles du corporate governance — qui s’appliquent aux entreprises et notamment la sacro-sainte exigence d’un return sur investissement d’au moins 15%. A l’étage supérieur, enfin, s’agitent les dirigeants des entreprises cotées en Bourse (quelques milliers). Attention toutefois: ces derniers ne sont pas les maîtres du jeu puisqu’ils doivent obéir aux fonds, donc aux gestionnaires de l’étage intermédiaire.

Selon l’analyse de Peyrelevade, ce sont bien ces derniers qui détiennent le vrai pouvoir. Le problème, poursuit-il, c’est que le nouveau capitalisme financier a pour unique but la création de richesses pour l’actionnaire, sans se soucier de l’intérêt général. «Des normes de rentabilité excessives conduisent les chefs d’entreprise à être les premiers agents d’une mondialisation sans frontière et à implanter leurs activités partout où ils peuvent trouver une main-d’œuvre moins onéreuse. Dans le même temps, de leur adoption découlent un sous-investissement ennemi du plein emploi et une vague de concentrations (...)» Une vision imposée par les Etats-Unis, estime-t-il, et «fondée sur le primat d’une liberté absolue d’entreprendre au service de l’enrichissement sans bornes des détenteurs du capital ». Si l’on continue sur ces mêmes bases, en privilégiant systématiquement le court terme et la «cupidité», on ira droit dans le mur.

Dans "Le capitalisme est en train de s’auto-détruire", Patrick Artus, le directeur des études économiques du Groupe Caisse d’Epargne, ne dit pas autre chose. Le capitalisme actuel ne fait rien d’utile de ses milliards, n’investit pas, n’a pas de projet et ne prépare pas l’avenir. La faute aux grands investisseurs qui exigent des entreprises des résultats trop élevés, ce qui pousse les dirigeants à privilégier le rendement à court terme plutôt que l’investissement, fût-ce au prix de délocalisations et de destructions d’emplois. S’ils se rejoignent dans le constat, Peyrelevade et Artus divergent en revanche quand il s’agit d’ébaucher des solutions. Pour Patrick Artus, il faut réformer la gestion de l’épargne et imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gestionnaires et dirigeants comme aux régulateurs. Sans quoi, on n’évitera pas une crise de système. Jean Peyrelevade appelle, lui aussi, de ses vœux plus de régulation «pour assurer l’équilibre politique, éthique, écologique du développement de la planète ». Mais pour y arriver, il s’en remet au politique. Les gouvernements ne devraient plus se mettre au service de l’actionnariat, dit-il, mais inverser le rapport et réguler ce dernier. Plus concrètement, il propose d’encourager les actionnaires à conserver longtemps leurs titres (alors qu’ils se conduisent aujourd’hui comme des «passagers clandestins»), de soustraire les chefs d’entreprise au diktat des marchés financiers (en commençant par supprimer les stocks options, qui les inféodent aux mouvements boursiers) et, last but not least, de cesser de privilégier à tout crin les fusions et acquisitions et, partant, les concentrations. Ce dernier point est sans doute le plus polémique puisqu’il amène l’ancien grand patron français à adosser la notion d’intérêt général à la nationalité. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il explique ainsi qu’on devrait pouvoir interdire une fusion «au nom de la politique industrielle ou de l’intérêt général d’une nation». Une conception qui, faut-il le dire, ne s’inscrit pas dans le cadre européen, dessiné à l’aune du marché unique.

 le-capitamal-interet-notionnel.jpgLes Intérêts Notionnels ne sont qu'un "truc" de plus pour attirer les capitaux sur son sol. L'intérêt est en cascade. 

John Kenneth Galbraith, humaniste en économie, avait bien compris le fonctionnement du capitalisme moderne. Récemment disparu, parler de lui est plus en hommage. Pour lui, les économistes ont évacué les dimensions politiques et morales de la science économique en repoussant le monde réel. L'économie de marché n'existe pas, dit-il, puisqu'elle n'a comme rôle que de générer du profit.

Que reste-il de Keynes? 70 ans déjà que cet économiste politique a écrit sa "Théorie générale" qui tente d'expliquer la fonction réelle de l'économie. Selon lui, l'offre ne créerait pas sa propre demande. La demande effective, par contre, déterminerait le niveau général de l'emploi. Un équilibre subtil se placerait donc entre les dépenses et une économie sans plein emploi et de "chômage involontaire". L'envie de consommer ou de thésauriser équilibrerait une anticipation de profit des entreprises. Les travaux publics devaient combler les "trous" pour faciliter le privé. Le crédit dans ce monde-là ne pourrait pas manquer en quantité et en souplesse. Pas de taux d'intérêt à la rescousse du jeu inflation-déflation pour éviter les dépressions. Donc, beaucoup de courage et de discipline pour équilibrer la balance commerciale. Le court terme a souvent remplacé les bonnes initiatives. Peut-être, faudra-t-il réinventer son rêve et lancer une version 2 à celui-ci. Espérons que le remake sera de taille.

En 2006, en une journée, 11 entreprises changent de main dans le monde. 1.300 milliards euros ont été du voyage dans l'année. La force de frappe ne réside plus dans les pays habituels. Le Brésil, par exemple, a pris son ticket avec détermination.

Le manque de vision stratégique restera le handicap majeur des actions. Le petit porteur sera qu'il le veuille ou non un suiveur sans aucune influence comme la gouttelette sur la vague. Naviguer à vue dans le brouillard le plus épais tachant d'éviter les tempêtes voilà l'investisseur moyen. Entre temps, comme toujours et partout, il faudra toujours se rappeler que dans les océans capitalistes, les petits poissons seront toujours mangés par les gros. Les gros poissons se feront manger par les requins. Les requins, à leur tour, par les gros requins. Tout n'est qu'une question d'échelle. Alors, défiance ou assurance aveugle? Georges Soros, milliardaire, bien connu de la haute finance, veut changer les choses. Son livre, "Le grand désordre mondial" devrait éclairer sur ces objectifs?

le-capitamal-buffet.jpgBob Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton s'exprimait dans le Nouvel Obs en janvier 2006. Ce théoricien de l'économie mondialisée redoutait l'ascension d'un "supercapitalisme" dans son dernier livre du même nom. Le modèle d'efficacité présenté par les USA et ses émules aurait changé de cap. Une capacité de croissance forte par les valeurs était remise en question. Sous l'effet de la globalisation. Les inégalités ne peuvent que se creuser. Une dynamique de la compétition et concurrence exacerbée profite aux uns et font exploser les autres citoyens. Créer de la valeur ajoutée est un plus, mais s'intéresser à toutes les catégories est mieux. Qui assumera la production, sinon les classes moyennes ou populaires? Selon lui, une complète rééducation, une rectification par l'impôt sont seuls capables de changer l'exubérance irrationnelle. Il constatait qu'en 1998, les plus riches (1% des USA) possédaient 20% de l'Amérique. Le salaire moyen n'a pas vraiment progressé depuis trente ans. Pas de faux coupables. Chacun responsable mais pas coupable. Rien que des acteurs dociles du "System". L'Etat, plombé par les lobbyistes, ne trouvera pas sa sortie seul un cas de conscience citoyen pourrait y arriver. La politique tourne de plus en plus à coup de dollars. Une sacrée pêche au volontarisme contre les lois d'airain de l'économie, conclut-il.

Est-ce du Capital qui a mal dont il faudra parler ou n'est-ce pas plutôt du Capital sous forme de CapitaPasMal?

Une question de cette seule et rare confiance. Confiance dans le marché, confiance dans l'argent papier ou virtuel, dans sa manière de prendre connaissance des choses qui sont à la base de notre existence. Tout est basé sur la valeur intrinsèque, fondamentale ou imaginée. Sans elle, c'est la gangrène qui plonge dans un futur non raisonné vers le néant. La grenouille devra seulement prendre un peu de recul avant de vouloir se faire plus grosse que le boeuf. Après la boulimie, y aura-t-il une cure d'anorexie? Probable. La Bourse est le reflet de notre confiance en nous-même.

Un rappel: la panique est mauvaise conseillère et les pertes des uns ne seront pas perdues pour tout le monde. Et les paniques, parfois, on les provoquent artificiellement car on aime chez les Grands. Et tout le monde joue, sans distinction, dans cette même cours des grands ne fut-ce par les fonds de pensions qui recherchent la meilleure rentabilité.   

"Mais comment a-t-on pu en arriver là?" se demandait un autre blogueur. J'ai essayé modestement à en donner les tenants et les aboutissants.

L'enfoiré,

Des Boursiers pandaesques?

Citations:

  • "Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme.", Jules Vallès

  • "Le stalinisme, c'est la voie la plus longue pour aller du capitalisme... au capitalisme.", Lech Walesa

  • "La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c'est-à-dire à la longue accumulation de l'épargne. C'est l'absence de capitaux qui rend les peuples sujets.", Jacques Bainville

  • "Le capital ne manque pas. Ce qui manque, c'est la vision."Mickaël Milken

  • "L'argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières", Woody Allen

16/06/2008

Bons sens ne sauraient mentir

bons-sens-ne-sauraient-mentir_00.jpg Il existe un petit village en Toscane. Il a vu un auteur du 19ème siècle qui jouit encore, malgré une thématique apparemment très simple destinée aux enfants, d’une réputation mondiale à la suite de l'oeuvre de sa vie, un roman de conte de fées. Repris par Walt Disney en 1940. Le village s’appelle Collodi près de Pescia, l’auteur : Carlo Lorenzini , surnommé "Collodi", le personnage : Pinocchio. Je suis allé à sa rencontre... 

 

Selon l’histoire du roman, un vieux menuisier, Geppetto, se sentant esseulé dans son atelier, imagine de créer un pantin en bois représentant un garçonnet. Habile de ses mains, il le sculpte et le nomme Pinocchio avec l’intime désir de le voir se transformer en véritable petit garçon. Lors d’une nuit, la Fée Bleue de la providence exauce son rêve le plus cher et donne la vie à sa marionnette. Celle-ci se révèle fantasque quoique toujours bien intentionnée. Sous l’œil de la Fée et du menuisier, les aventures malheureuses vont se succéder, aventures qui ne seront racontées, qu’interprétés par une multitude de petits mensonges. La fée décide de lui infliger un châtiment pour lui donner une leçon de vie et pour lui imposer de dire la vérité. Dès lors, un mensonge qui sortirait de sa bouche en bois et ce serait son nez qui s’allongerait en fonction de l’importance de son méfait. Cela ne tarde pas à prendre des habitudes qui engendrent des aventures épiques. Le conte s’achèvera heureusement quand Pinocchio perdra cette mauvaise habitude et qu’il deviendra, « happy end » oblige, en un véritable petit enfant dans la réalité. Derrière cette fable enfantine, se cache l'Italie de l'époque, pauvre, résignée, pessimiste et en proie à une défaite des valeurs paysannes manipulées par des gens très rusés.

Devenu tellement célèbre, l’auteur est plus connu sous le nom de son village où depuis 1951, un parc fantastique pour enfants a été réalisé à Collodi. Le décor, un labyrinthe, situé au bord d’un torrent et face à la villa et aux jardins Garzoni.

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L’histoire de la marionnette y défile dans les méandres de ce labyrinthe avec le requin très suggestif engloutissant Geppetto au milieu de l'histoire agitée.

C’est à partir des magnifiques jardins, avec ses statues de satyres, face au labyrinthe, très caché que je n'ai pu l'apercevoir. L’auteur de la fable, lui, c’était de la cuisine du château des marquis de Garzoni qu'il a imaginé son personnage.

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Le soir, en allant me coucher, mes souvenirs, suites de cette visite enchantée, sont revenues en mémoire de manière étrange. Et si le mensonge n’existait plus, si tous le monde parlait sans réfléchir, que se passerait-il? bons-sens-ne-sauraient-mentir_10.jpg

Ce matin-là, je me réveillai dans un autre monde. Cela commençait fort, très fort même.

Mon épouse ne me disait plus « Ronfle en douceur, mon amour » mais d’une mine sévère :

   - Tu m’as encore une fois empêché de dormir. Ton ronflement, j’espère que tu n’auras pas d’ennui avec les voisins.

Surpris, je ne relevai pas le nez et ne répliquai pas sachant que c'est une chose dont on ne connaît pas la vérité par soi-même.

Plus tard, sous la douche je commençai à entonner, imperceptiblement, une vieille chanson d’Aznavour « Tu exagères » suivi de « Tu t’laisses aller ».

Mon épouse, ensuite, suivit sous la douche. Elle chantonnait le même air mais avec des paroles différentes et tout aussi troublantes.    

Plus tard, au petit déjeuner, je m’entendis dire : « la confiture, y en a marre et si tu me faisais des œufs au lard pour changer? ». La moutarde semblait me sortir du nez et c'était pourtant le moment de consommer du miel plutôt que de la moutarde.

On s’est quitté la mine un peu balancée dans une humeur exécrable mais chacun trouvait cela normal.

Dans l’ascenseur, voilà que la voisine monte à bord et que je lui dis :

-         Savez-vous que le Chanel n°6 existe depuis peu ? Cela sentira un peu moins dans l'ascensceur.

Moi, qui ne savait même pas qu’il existait le N° 5 ! …

Elle me répond du tac au tac :

-         Vous êtes sûr que votre after-shave, vous le mettez là où il faut, bien partout ? Et puis, vous feriez mieux de la fermer, tout le monde y gagnerait car votre haleine ...   

Je n'eus pas le temps de lui répondre. Nous étions arrivé à destination au rez-de-chaussée. Non, mais, de quoi s’occupe-t-elle?, pensais-je.

Sur la route,  un « enc.. » me fit une queue de poisson en me levant un doigt que je ne pensais pas si long.

Je lui lance une invective que je n’oserais répéter ici.

Arrivé au bureau, voilà que le collègue qui, il faut bien le dire, n’avait pas vraiment les mêmes opinions que les miennes, sortait d’une voix salace :

-         T’as mal dormi, ou quoi ? Est-ce une manière de te coucher sur le clavier ?

-         Non, mais, je dois bien récupérer le temps que t’as perdu hier devant la machine à café.

Mais, il avait un peu raison, je l’admets. Mais alors, lui...

Le patron l’avait bien vu aussi et se déplaçant pour me le confirmer à sa manière, je ne lui en laissai pas le temps et lui envoyai, à la vue d’une couleur rouge anormale sur les joues :

-         La prochaine fois, laissez la porte de votre bureau ouverte. Au moins, je n’aurai pas à aller payer au cinéma ce soir pour aller voir « Basic Instinct II ». Au fait, avez-vous pensé à mon augmentation ?

Il faut dire que sa secrétaire est un sacré morceau et elle avait un de ses rouges aux lèvres qui me rappelait celui de la joue du patron.

Décidemment, tout allait de travers! Je ne me reconnaissais pas du tout dans ces paroles. Chacun avait des paroles sans mensonges, sans filtres et sans hésitations aucunes. Etonné de moi-même et des autres qui n’étaient pas dans leurs habitudes.

Au mess, voilà que la préposée me pose sèchement la question de manière péremptoire sans prendre les moindres formes :

-         L’aile ou la cuisse, votre poulet ?

-         Quelle question. Les deux, voyons quand on voit le prix que l’on demande pour le plat.

Je passe encore sur les détails. J'ai dû choisir autre chose.

L’après-midi, un client téléphone.

-         Je ne comprends pas mon PC. Il ne réagit pas comme d’habitude. Il ne s’allume pas.

-         Vous êtes sûr que vous avez mis le courant ? Vous avez lu la notice d'utilisation avant de me téléphoner ?

-         Non, mais vous me prenez pour qui, je suis une habituée ? Puisque, je vous le dis. Et vous vous êtes là pourquoi ?

Dire une simili vérité pèse décidément des tonnes sur les épaules du citoyen lambda. La délicatesse pour le dire fait pour le moins un peu défaut, dans cette journée fantasque.

L'après-midi, un drame dans la société et un collègue était décédé nous envoya tous au cimetière.

Là, l’épouse, en pleurs, se tenait difficilement et se tenait soutenue entre ses enfants.

Quelqu’un lui posa la question :

-         Vous-vous êtes disputés la veille ? Avait-il un problème en dehors du bureau ? Le patron a déjà pris les devants. Ne vous inquiétez pas. J'ai vu une tête nouvelle dans son bureau, il y a quelques jours.

Quel ignoble personnage! Le cortège s'avance et la conversation ne donna pas de conséquences. Heureusement...

Je trouvais les questions déplacées, mais ne réagis pas. Endormi? La dernière réplique me paraissait presque injurieuse.

Le soir, à la télé, un homme politique parle :

-         Les électeurs ne me comprennendront jamais. J’ai une villa et une famille à entretenir. Je ne peux pas être partout. Le jeton de présence, je le rembourserai. Moi, qui fait tout pour eux.

Tout à coup, son nez s’allongea, s'allongea dans la démesure...

Bons sens ne pouraient menti Famille.jpgC’est à ce moment que je sentis comme un tremblement de terre.

Mon épouse, au dessus de moi, me secouait avec force.

-         Tu ne vas pas travailler, chéri ?

Je lui souris. J’étais revenu de loin, d'un monde de fausses vérités. Ce n'étais pas moi. Comment avais-je pu imaginer cela?

Depuis lors, je souris plus souvent.

Je sais que j’ai encore beaucoup de rêves plus palpitants, moins stressants en réserve.

Celui-ci était par trop dur. Je jetai un coup d'oeil à Wikipedia qui m'en donnait une définition tellement claire du mensonge pernicieux.

  • Le mensonge pernicieux, qu