05/07/2008

Quel est le prix des plombs ?

shocking-en-chine.jpgNotre magazine de télé voulait avoir un titre choc :  « La Flandre pète les plombs ». Et si on se posait la question de leur prix à ces fameux plombs ?

Vous devriez savoir si vous n’êtes pas trop éloignés de nos frontières belges, que le 15 juillet devrait donner lieux à une remise en question épineuse, s’il en est,  pour la Belgique. Les politiques flamands y ont vu un "milestone", un point d'attaque, mais les francophones résistent. Alors, au sommet, on y croit, on fait l'autiste et on se découvre réaliste ou on pavoise. On a même des idées. On s'impatiente dans la galerie. On fait son cirque.   20080509bhv-cirque.jpg

Consulter les intéressés, on n'y penserait pas. J’ai déjà parlé de manière répétée et humoristique de BHV dans « Shocking », sans appuyer très fort les tenants et aboutissants. Je vais rectifier le tir.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’après les élections, il y a eu une période, disons de « flottement » très longue à la recherche d'un gouvernement, que l’on a eu l’humour de situer dans le « pays de l’orange bleue ». Les élections qui devaient générer un gouvernement à la proportionnelle, avaient enfanté une bien bonne « histoire belge ». Alors, c’était « je t’aime, moi non plus », suivi « tu veux ou tu veux pas ». On n’en pas fait une maladie comme dans la chanson, mais les carottes commençaient à bouillir dans la marmite. Un gouvernement de transition qui ne correspondait plus aux vœux des électeurs, était pis en place au soulagement de tous. Le premier ministre précédent, Guy Verhofstadt allait rempiler, ne fut-ce que pour apporter la première bouée de secours et pour céder la main à une date fixée en mars à un autre gouvernement de coalition nationale. Dès lors, une période de probation reçu le premier ministre, Yves Leterme I, appelé "Monsieur 800.000 voies" démarra. Ce n’était pas, manifestement, Gilbert Bécaud, Monsieur 100.000 Volts. quel-est-le-prix-du-plombletermeberlin.jpgIl y a eu les « Joyeuses entrées » dans beaucoup de pays, oui. Paris, Berlin, Amsterdam... Mais à bord, cela sentait le roussi. Des groupes devaient, en parallèle, étudier les problèmes communautaires et apporter leur rapport salvateur.  quel-est-le-prix-des-plomb-leterme-chanteur.jpgL'octopus était né. Celui-ci est vite passé à l'heptapusquel-est-le-prix-des-plomb-heptapus.jpg

Les enjeux sont de circonstances : un « Stop ou encore », pourrait-on dire.

Les distorsions de pensées entre le Nord, flamand, et le Sud accompagné du Centre, francophones dans leurs majorités se remettaient sur la table des négociations par petites secousses sismiques. Les Wallons veulent toujours plus de Belgique.

Pendant ce temps-là, les nuages s’amoncelaient. L'économie internationale a ses raisons que la raison n'attend pas. Le pouvoir d’achat prenait des allures de bobsleigh, le prix pétrole prenait le chemin inverse.

Alors, le lancinant problèmes ressurgissait comme le monstre du Loch Ness : BHV, la version flamande, de la scission de Bruxelles, Halle et Vilvorde.

Version wallonne et bruxelloise, un élargissement de la capitale Bruxelles pour sortir de l’enclave du territoire de la Flandres dans laquelle la capitale s’était laissée enfermée.

Le ring était dressé autour de « la » ville, capitale de l’Europe. Les embouteillages, les collisions, les non-lieux allaient se poursuivre dans les interstices des besoins de la bonne cause.

La Flandres est de plus en plus obsédée par le problème du territoire et de la langue. La normalité trouve, désormais, sa place dans les extrêmes. Tracasseries, mesquineries et délations font partie du paysage politique et ont pris le pas sur les fondements d’une bonne politique autoritaire mais réaliste.

Bruxelles est déjà plus importante en étendue, que les frontières sur une carte ne le laisseraient comprendre. Les communes dites à facilités ne désemplissent pas d’habitants qui n’ont pas la couleur locale flamande. Alors, il y a du repli en soi, identitaire de la Flandres. Avoir une langue plus flamande, qu’un hollandais ne le parle fait imaginer que le pape n’aurait qu’à aller se rhabiller.

Certaines de ces communes ont voté pour l’autre camp, ils ne reçoivent pas leur mandat de l’administration flamande dont ils dépendraient. Les bourgmestres-Maires devront attendre le bon vouloir de qui de droit et oublier les desiderata électoraux de la population.

Overijse est une ville qui se veut la première pour embrayer et proposer de pénaliser les affiches commerciales qui prôneraient fièrement et ne seraient pas rédigés dans la langue unique flamande. On n’accepterait donc plus les euros allemands, autrichiens et… Moi, je le dis tout de suite, j’accepte tout. Le rappel à l’ordre du Conseil de l’Europe n’a qu’à aller râler ailleurs. La Charte d’autonomie locale, on s’en tape.

Je rappelle qu’il y a quand même 40% de francophone sur le territoire de certaines communes à facilités.

Comparons ce qui se passe avec une autre partie du monde qui parle Néerlandais : les Pays-Bas.

quel-est-le-prix-des-plomb-hollandais.jpgL’anglais est devenu la langue véhiculaire, depuis belle lurette, dans les entreprises et souvent dans la rue.

« Hier moet je nederlands spreken » est-il répété en Flandres. Nederlands of vlaams ?

"Onze stad, waar Vlamingen thuis zijn" ("Notre ville, où les Flamands sont à la maison")

Bruxellois, je me débrouille en néerlandais, j’ai appris, très motivé, ayant eu un chef hollandais, j'ai même pris un accent hollandais du plus bel effet. En entreprise, c'est une chose mais de là à pouvoir me défendre en justice, à aller chercher tous les outils dont j’aurais besoins dans le commerce, à comprendre la finesse des documents administratifs, il y a de la marge. Ma langue maternelle, c’est le français et comprendre avec le plus d'acuité "stratégique" nécessite autre chose que des approximations.

L’intrégration sociale, prétexte pour le "Wooncode" qui exige patte blanche dans la connaissance de la langue pour pouvoir habiter en Flandres, le "Taalloket" qui désorganise la vie de tous les jours dans les espaces publiques… faudrait pas pousser. Alors, on réagit, on outsource , c'est de l'"autocode".

La circulaire Peeters qui oblige les citoyens à demander ses papiers en français à chaque interpellation. A la poubelle.

Alors, avoir les deux langues nationales comme bagages, cela aurait été sage, mais il y a, malheureusement, 20 ans de cela. L'école aurait pu avoir les armes de l'enseignement pour y arriver dans une vie en commun bien comprise. Nous en sommes, aujourd’hui, avec des problèmes au niveau européen sur le râble. Mondiaux, même en y regardant de plus près. Une langue internationale, véhicule de la connaissance n’a jamais été fixée, définitivement, autrement que par la pratique. Le financier, le social sont tous deux à prendre en considération. La communication est tout aussi importante. 

Dernière illumination, un couloir entre Bruxelles et la Wallonnie ? Pourquoi pas un aqueduc romain, ce serait plus pratique (même s'il y a risque) et attirerait des touristes devant le chef d'oeuvre antique de nos institutions. A cette époque, on disait aussi "Divide et impera". Bruxelles, n'est pas Gaza. Il faudra autre chose qu'un couloir. On parle aussi anglais dans ces communes du sud de Bruxelles.

Et si on répondait à cette circulaire: "Je la voudrais bien en anglais, cette circulaire". La chasse aux sorcières, le Mac Chartisme sont dans les livres d’histoire, plus sur la place publique. Le pragmatisme est seul à bord dans une mondialisation des objectifs.

Les avions de Zaventem qui survolent Bruxelles, indépendamment du fait qu'elle est la région la plus peuplée des environs, fait imaginer un scénario catastrophe. Le problème du bruit, on a déjà connu cela au Panama, en 1989, du temps de Manuel Noriega, l'anti-américain. Là, il s’agissait aussi de faire le plus de bruit avec des sirènes pour faire sortir les indésirables de leurs tanières.

Manifestement, le radicalisme paye son homme politique. Et on veut gagner toujours plus. La population suit parfois à la trace sans comprendre les tenants et les aboutissants.

Sur le premier plateau de la discussion et des négociations, il y a BHV, d'accord. L'autre plateau de la balance, c'est l’élargissement de la région bruxelloise. Une provocation ? Non, une situation de fait, réaliste.

Ce n’est pas un cliché: les flamands sont majoritaires en Belgique. Absolument.

Je n’ose pas penser que ce serait dans la conneries. Les plombs, ça fait mal quand ça sautent. La matière première, elle, le "plomb" a vu son prix grimper de 100%, ces derniers mois. La crise coûte cher. Dans le détail, c'est encore plus vrai: "L'été de tous les dangers" quel-est-le-prix-des-plomb.pdf

On passe du pouvoir d'achat qui s'effritequel-est-le-prix-des-plombs.jpg (même les soldes, chouchoux des Belges, piétinentquel-est-le-prix-des-plomb-soldes.jpg), 5,8% d'inflation le mois dernier, 4,8% de moyenne, bien au dessus de la moyenne européenne à un nombre de faillites qui explose, à une ambiance qui fait penser 4/5 des Belges que les choses vont aller plus mal encore, le fait de se loger qui fait trembler sur ses bases, du chômage qui reprend le chemin de la hausse, des banques qui ferment leurs portes au crédit qui rime avec les taux en hausse, quel-est-le-prix-des-plombscrise-patron.jpgdes chefs d'entreprises qui font grise mine, face à la croissance en berne... d'une stagflation au bout du tunnel.

Trop "is te veel" et pas en rapport aux autres urgences. On a plus besoin de se tenir la main que de se réfugier dans la singularité. Réformer, oui, mais pas nécessairement ce qu'on croit. Le problème du réchauffement climatique n'est pas vraiment passé le cap des bonnes intentions. Les solutions existent pourtant. 20080516-energie-verte-bourse.jpg

Je ne suis pas ici pour remettre de l'huile sur le feu, seulement, pour préconiser une simple logique sur les priorités.

Alors, la scission de BHV au frigo? Oui, tout de suite. quel-est-le-prix-du-plombr-bhv.jpg

Attendons que l'on voit plus clair pour revenir à ce problème identitaire.

Bruxelles ne vaudrait-il pas un messe, comme Paris? Non, peut-être....

Au fait, pourquoi Bruxelles? Cet os à moelle de la Belgique.... 

Je l'ai dit dans un ancien article que j'avais appelé "Air de Bruxelles et Brusselairs"

Pour garder cela, aussi, cliquer ici pour le voir.

 

L’enfoiré,

Le Panda, même à Bruxelles, c'est à voir

 

 

Citations:

  • « Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité. L'utopie partagée, c'est le ressort de l'Histoire. », Elder Camara
  • « J'avance dans l'hiver à force de printemps. », Charles Joseph de Ligne (Almanach de Bruxelles)
  • « C'est dans le feu que le fer se trempe et devient acier. C'est dans la douleur que l'homme trouve la révélation de sa force. », Henri Conscience

03/07/2008

Une B.A. avec résultats à la clé?

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2 Juillet 2008 : Le plus beau chant et symbole pour la Liberté.

 

 

Cette fois, ça y est:  

 

Ingrid est libérée.

 

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Bravo à tous ceux qui ont participé à l'opération, bravo à tout ceux qui ont soutenu pendant 6 ans et demi, l'espoir.

 

Il n'y a que du bonheur.

 

 

Oui, les B.A. ont des résultats à la clé. Une preuve de plus.

 

 

Commités de soutien, citoyens du monde, la lutte continue.

 

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4-4-2008 

Une nouvelle fois, une tentative de libération en provenance d'Europe va se mettre à la recherche d'Ingrid. Bonne idée et bonne action, vous direz-vous. Mais pour qui? Dans le cadre de "Hostage rescue".   

La France, l’Espagne et la Suisse ont envoyés une mission humanitaire en Colombie pour tenter de libérer Ingrid BETANCOURT, otage des FARC depuis un jour de malchance du 23 février 2002 !! La situation est devenue intenable pour cette emblème franco-colombienne de la lutte démocratique en Colombie. Encore faut-il prendre les meilleurs initiatives. Ce n'est pas la dernière intervention armée envoyée par Uribe qui aura mis à l'aise les FARC en mettant au tapis un chef.  Les FARC et ils l'ont démontré ne libèrent leurs otages qu'en échange, en "donnant-donnant", des leurs, guérilleros, maintenus dans les prisons officielles d'Uribe. L'asile politique offert aux rebelles, ne changea probablement rien. Le Falcon est donc là. Prêt à décoller. Le fil est fragile et tout ne tient qu'à lui.  

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais je me suis souvent demandé: "Vraiment, devait-elle prendre de tels risques? Pourquoi s'est-elle exposée ainsi dans un pays connu pour ses enlèvements et ses otages. Qui joue avec le feu...". Autre question : "Pourquoi avoir attendu si longtemps pour chercher à libérer cet otage avec les autres?" Alors, j'ai cherché. J'ai lu ce qui en était dit.  Le livre "Ingrid" de Sergio Coronadom'a aidé dans ma tâche de compréhension. Ingrid, elle a aussi écrit sa autobiographie: "La rage au coeur". "Flash back":

Ingrid Bethancourt s'est inscrite aux élections présidentielles de Colombie qui auront lieu le 7 août 2002. La Colombie s'empêtre dans la violence et la corruption. Elle veut changer cette situation. Elle veut que son parti "Verde Oxigeno" fasse sortir par les élections le pays de ce marasme par une révolution tranquille. Alors, elle doit défier ses opposants. Uribe est sur les listes en candidat libre. Des attaques vont se succéder. Un certain d'Artagnan la nomme "héroïne de papier".

Un jour de juin 2001, à la sortie d'une émission radiophonique, elle rencontre son adversaire Uribe. Exaltée, elle demande le débat. Chose que son opposant ne se sent pas à mène de supporter. Il l'ignore. Il refuse se sentant peut-être déjà dépassé par la fougue de cette femme.

Il veut résoudre le problème de la Colombie par la manière forte, autoritaire et militaire.

Alors, en réponse, elle l'affronte en lui rappelant les milices d'autodéfense des "Convivir" qui protège les grands propriétaires terriens en toile de fond. Dispute sous le regard amusé de Hugo Chavez et des journalistes présents. Chavez prend ses distances par rapport à ses interlocuteurs. Il connaît Uribe.

Plus grave, le support de la presse n'y est pas. Les sondages ne sont pas rassurants. L'argent manque et les partisans s'étiolent un à un. Il faut, dès lors, se mouiller et aller au devant des gens. Dans un pays moins dangereux et démocratique, ce genre de mise en avant est naturel. Là-bas, c'est un jeu de passe-passe. "Ça passe ou ça casse", pourrait-on dire. Avec une effigie comme celle d'Ingrid, on se retrouve prisonnier, otage d'on ne sait qui, ni pourquoi.   

Le jour de son enlèvement, elle se rend, donc, à San Vincente de Caguan pour être solidaire du maire élu et qui appartient à son parti. Depuis lors, c'est l'attente pour les familles. Sa soeur, très secouée, déclare dès le départ "Ingrid, merci d'exister". Hugo Chaveza pu ouvrir, récemment, le dialogue car, il connaît Uribe et a pris ses distances, par rapport à lui, ouvertement. Il peut, lui, volontaire, refaire la même démarche qui a réussi une première fois. Les pays européens sont bien loin d'apporter "la" solution en dehors de la logistique. La soeur d'Ingrid demande à Sarkozyde saisir l'offre de Chavez. 

La mission de dernière chance est arrivée en Colombie. Alors, il y a question: Depuis quand une mission humanitaire est-elle chargée de libérer des otages ? On voit mal comment une  mission  composée d’un médecin et d’un diplomate réussirait là où tout le monde a échoué pendant 6 ans !

A moins d’y adjoindre notre célèbre commando spécialiste de l'ex-filtration de personne en zone de combat.

Autrement dit, les 6 membres de l’"Arche de Zoé", fraîchement libérés de prison par la grâce du Président tchadien Idriss Deby, auraient pu être du nombre dans un autre temps. Ce petit "travail" aurait l’avantage de leur permettre de commencer à rembourser leur dette auprès de l’état qui ne manquera pas d’avancer les 6,3 Millions d’Euros qu’ils doivent verser à la Justice Tchadienne pour dédommager les familles des 103 enfants qu’ils ont tenté d’enlever.

Mais au fait, que sont devenus les enfants ? Sont-ils toujours à l’orphelinat en attente de confirmation des liens de parentés de leurs familles déclarées ? Qui va toucher cet argent en définitive ? Les pseudo familles ou le gouvernement d’Idriss DEBY ?

Il serait bienvenu de partager cette somme entre les parents des 103 enfants, soit 61 165 €,  et de la déposer sur un compte au bénéfice de chacun de ces mômes jusqu'à leur majorité. Cela correspond environ à 4 ans de SMIC Français ! Le salaire moyen au TCHAD doit être moins important. Cela leur ferait un bon pécule et les aiderait à survivre une dizaine d’années au moins.

L’argent du contribuable, dans ces conditions, aurait ainsi servi à réaliser une bonne action !

Parallèle de situations? Histoires de convictions. Histoires de mauvaises appréciations d'un phénomène d'un autre espace temps.

Alors, bonne chance, Madame, parce que simplement "Vous le valez, vraiment bien, et vous avez assez souffert".

Vous nous manquez. Les gens avec convictions sont bien trop peu nombreux dans le monde.

 

L'Enfoiré,

23/06/2008

Le CapitaMal

le-capitamal-dollar_euro.jpg

Nous subissons un "problème" dans la vie des entreprises que certains appellent "malheur" de nos générations jeunes. Le Capital. D'où vient-il? Comment en est-on arrivé là après une transition d'à peine un demi-siècle. La nostalgie de la génération du Baby Boom est-elle une sensation de vieux "dégénérés" insensibles comme le laisserait supposer certaines conversations entre jeunes ?

Si la Bourse n'existait pas telle quelle, telle que nous la connaissons? Et si l'argent n'était pas le nerf de la guerre? Et si...

J'ai eu le plaisir de rappeler les principes et dérives de la Bourse dans "Spéculons en paix" et dans "Le spéculte". Aujourd'hui, on se pose la question "Krachera, krachera pas?" comme si cela allait résoudre les problèmes. Les crises ont existé dans le passé et le marché s'est toujours régulé et redressé. Ce qui a changé, c'est Internet et les Médias qui ont ajouté une couche dans le catastrophisme. Ces médias sont là pour le scoop et comme les bonnes nouvelles ne font pas recettes, on passe à l'autre extrême. La Bourse, comme l'argent, est une question de confiance. Elle plane à des sommets, on ne comprend pas pourquoi ou s'effondre au sous-sol avec le même dérapage. Il y a, aujourd'hui, une crise qui accentue le problème: le pétrole et les excès de la Finance. Ce qui rend la peur contrebalancée par la réalité.  

le-capitamal-liquidites.jpgLa crise des Subprimes a été le dernier catalyseur. La Bourse n'y est pour rien. Elle n'a fait que suivre. Seul la crédulité est responsable. Les gestionnaires que sont les banques ont eu le pompon de cette crédulité. le-capitamal-subprime.jpg

Elles ont fait, depuis lors, une marche arrière toute dans les crédits. Elles ne prêtent plus sans avoir la sécurité à 100%. Alors, le capital à risque qui fait progresser bien être et potentiel dans l'augmentation de la main d'oeuvre, faut pas rêver... et les résultats sont à l'avenant.

L'économie s'arrête si l'équilibre n'est pas trouvé dans un futur proche. Cherchons le juste milieu le-capitamal-subprime2.jpget remontons aux fondements.

Les mouvements d'argent se font dans les Bourses du monde par différentes techniques. Les actions tiennent le haut du pavé dans les transactions commerciales. Or, il faut bien le dire, le jeu des actions permet les pires des excès. Celles-ci font partie du système Capitaliste. C'est "le" Capital dans toute sa splendeur. Alors, ne pourrait-on pas imaginer en lieu et place, dans ce même monde, des débouchés plus restreints par l'intermédiaire des seules obligations ou les seuls comptes intérêts qui rapportaient "x" pourcents? Une différence unique dans le pourcentage serait provoquée uniquement par la longueur du placement lui-même.  

Comme je le disais dans un article précédent, une société commerciale a besoin, tôt ou tard, de recourir à la Bourse pour obtenir plus de cash et prospérer dans les meilleures conditions. C'est une règle du marché et de pure logique. La manière d'y arriver importe peu. Dans le cas obligataire nous avons la sécurité en plus. Pas de mouvements de baisse ou de hausse désordonnés. Attendre l'échéance des transactions pour seule condition.

Le jeu n'est pas obligatoire. La spéculation non plus. La sécurité serait au rendez-vous, moins rémunératrice mais plus sûre en se basant sur les fondamentaux. L'éthique serait aussi sauve. Investir de l'argent dans une action dont on ne s'intéresse même plus de la destination est pour le moins manquant de responsabilité. Mais alors, pas d'effet de levier, non plus.

le-capitamal-crise-ps.jpgL'argent déposé par les épargnants va d'un côté apporter un intérêt pour lui et surtout du cash flow pour la Société qui n'aspire qu'à cela. Chacun y trouve son profit. Cela "rapporte" petitement.

Iconoclaste, cette idée-là? La Bourse a déjà des années et des siècles d'existence dans sa structure actuelle et caractéristique. Pourquoi s'en faire et demander ou penser à changer les choses? Les comptes d'intérêts de toutes sortes pourraient être destinés à ceux qui doivent "palper" au plus près leur argent, tandis que les obligations pourraient, elles, dans cette manière de voir représenter la manne financière nécessaire aux activités. De la petite vitesse, donc. Peut-on s'en contenter? Peut-on se suffir de cette alternative dans monde intégré ou la compétition fait rage?

La manière d'utiliser l'argent, de le placer sent trop le travail facile et non productif d'intérêt général et c'est le mal de tout être vivant. Un rapport de prix performance. La spéculation est la partie la plus négative de la Bourse. Elle s'applique, elle se limite à tous ceux qui ont de l'argent disponible en suffisance pour pouvoir le perdre, au pire, mais surtout pour gagner un maximum avec le moins d'effort, au grand mieux. Cette exclusivité organise le schisme de plus en plus grand entre la base et le sommet de l'échelle sociale. Le jeu, car il s'agit bien d'un jeu pour beaucoup en milieu de gamme, va se résumer avec l'introduction d'internet à du trading qui permettra d'acheter et de vendre sur la même journée et espérer gagner avant de s'endormir jusqu'au lendemain de substantiels revenus, de "return" dans le jargon du milieu. Dans le même temps d'une journée, celui qui travaille et qui ne fait partie ou ne pense que de très loin à l'existence d'une autre manière de gagner sa pitance de la journée. Tout cela est vrai, mais c'est notre condition d'homme.

le-capitamal-trader.jpgQuand j'ai écrit mon premier article sur le sujet de la Bourse, beaucoup de personnes m'ont pris comme un spécialiste et sont venus me poser des questions de savoir ce qu'ils devraient faire du petit magot amassé à la sueur de leur front. Me voilà, gourou...! Un coup d'oeil un peu plus attentif par soi-même, on n'y a pas pensé.

Qu'on ne vienne pas me dire que c'est un mal nécessaire. Le "Capital" aura encore ses heures de gloire. Wall Street imprimera sa marque dans l'économie mondiale encore très longtemps, comme beaucoup d'autres Bourses d'ailleurs. Euronext devenu sa consoeur de raison n'ajoute qu'un peu de sel dans l'histoire.

Le plus petit pays, le moins chanceux sur le "grand échiquier" veut avoir sa Bourse. Pour se grandir, on n'a rien inventé de mieux. Il assure une chance aux projets à se réaliser avec le "capital à risque". C'est une vitrine vers l'extérieur. Quand, en plus, elle marche bien et qu'elle rapporte à ses actionnaires, c'est le pactole assuré.

La spéculation folle, au vestiaire ? Plus de bulle spéculative qui explose en pleine figure à la moindre perte de confiance comme en 2000. Une sécurité, bien méritée, moins rémunératrice peut-être mais aussi moins artificielle.

Une preuve de contre productivité: pour les experts, les ordres "put". Ces ordres qui font leur beurre avec la baisse de rendement et la perte de vitesse d'une société. Au plus, elle s'enfonce, au plus l'actionnaire touche.

Si vous voyez plus bizarre, prévenez-moi.

Encore une fois, je ne suis pas ici pour casser le marché et remettre les affaires au niveau de la "Belle au bois dormant". Je me permets de penser autrement. Je lance ce pavé dans la marre pour y réfléchir.

D'autres y ont pensé par d'autres chemins:

le-capitamal-albert-frere.jpgLe capitalisme moderne, qui règne sans partage sur l’organisation de la vie économique depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du communisme, se présente comme une gigantesque société anonyme constituée en pyramide, explique Jean Peyrelevade dans le livre "Le capitalisme total": à la base de celle-ci, quelques 300 millions d’actionnaires détiennent la quasi-totalité de la capitalisation boursière mondiale. Autrement dit, 5% de la population du globe, concentrée en Amérique du Nord, en Europe et au Japon, sont propriétaires de toutes les entreprises. Au deuxième étage de la pyramide opèrent les gestionnaires de fonds de pension, Sicav, caisses de retraite et compagnies d’assurances: ils sont quelques dizaines de milliers à décider du sort de la moitié des avoirs financiers de la planète en cherchant à maximiser l’enrichissement de leurs mandants, c’est-à-dire des «locataires» du premier étage. Et ce sont eux qui, selon l’ancien patron de Suez, de l’UAP, puis du Crédit Lyonnais, déterminent les règles du jeu— dont celles du corporate governance — qui s’appliquent aux entreprises et notamment la sacro-sainte exigence d’un return sur investissement d’au moins 15%. A l’étage supérieur, enfin, s’agitent les dirigeants des entreprises cotées en Bourse (quelques milliers). Attention toutefois: ces derniers ne sont pas les maîtres du jeu puisqu’ils doivent obéir aux fonds, donc aux gestionnaires de l’étage intermédiaire.

Selon l’analyse de Peyrelevade, ce sont bien ces derniers qui détiennent le vrai pouvoir. Le problème, poursuit-il, c’est que le nouveau capitalisme financier a pour unique but la création de richesses pour l’actionnaire, sans se soucier de l’intérêt général. «Des normes de rentabilité excessives conduisent les chefs d’entreprise à être les premiers agents d’une mondialisation sans frontière et à implanter leurs activités partout où ils peuvent trouver une main-d’œuvre moins onéreuse. Dans le même temps, de leur adoption découlent un sous-investissement ennemi du plein emploi et une vague de concentrations (...)» Une vision imposée par les Etats-Unis, estime-t-il, et «fondée sur le primat d’une liberté absolue d’entreprendre au service de l’enrichissement sans bornes des détenteurs du capital ». Si l’on continue sur ces mêmes bases, en privilégiant systématiquement le court terme et la «cupidité», on ira droit dans le mur.

Dans "Le capitalisme est en train de s’auto-détruire", Patrick Artus, le directeur des études économiques du Groupe Caisse d’Epargne, ne dit pas autre chose. Le capitalisme actuel ne fait rien d’utile de ses milliards, n’investit pas, n’a pas de projet et ne prépare pas l’avenir. La faute aux grands investisseurs qui exigent des entreprises des résultats trop élevés, ce qui pousse les dirigeants à privilégier le rendement à court terme plutôt que l’investissement, fût-ce au prix de délocalisations et de destructions d’emplois. S’ils se rejoignent dans le constat, Peyrelevade et Artus divergent en revanche quand il s’agit d’ébaucher des solutions. Pour Patrick Artus, il faut réformer la gestion de l’épargne et imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gestionnaires et dirigeants comme aux régulateurs. Sans quoi, on n’évitera pas une crise de système. Jean Peyrelevade appelle, lui aussi, de ses vœux plus de régulation «pour assurer l’équilibre politique, éthique, écologique du développement de la planète ». Mais pour y arriver, il s’en remet au politique. Les gouvernements ne devraient plus se mettre au service de l’actionnariat, dit-il, mais inverser le rapport et réguler ce dernier. Plus concrètement, il propose d’encourager les actionnaires à conserver longtemps leurs titres (alors qu’ils se conduisent aujourd’hui comme des «passagers clandestins»), de soustraire les chefs d’entreprise au diktat des marchés financiers (en commençant par supprimer les stocks options, qui les inféodent aux mouvements boursiers) et, last but not least, de cesser de privilégier à tout crin les fusions et acquisitions et, partant, les concentrations. Ce dernier point est sans doute le plus polémique puisqu’il amène l’ancien grand patron français à adosser la notion d’intérêt général à la nationalité. Dans un entretien au Nouvel Observateur, il explique ainsi qu’on devrait pouvoir interdire une fusion «au nom de la politique industrielle ou de l’intérêt général d’une nation». Une conception qui, faut-il le dire, ne s’inscrit pas dans le cadre européen, dessiné à l’aune du marché unique.

 le-capitamal-interet-notionnel.jpgLes Intérêts Notionnels ne sont qu'un "truc" de plus pour attirer les capitaux sur son sol. L'intérêt est en cascade. 

John Kenneth Galbraith, humaniste en économie, avait bien compris le fonctionnement du capitalisme moderne. Récemment disparu, parler de lui est plus en hommage. Pour lui, les économistes ont évacué les dimensions politiques et morales de la science économique en repoussant le monde réel. L'économie de marché n'existe pas, dit-il, puisqu'elle n'a comme rôle que de générer du profit.

Que reste-il de Keynes? 70 ans déjà que cet économiste politique a écrit sa "Théorie générale" qui tente d'expliquer la fonction réelle de l'économie. Selon lui, l'offre ne créerait pas sa propre demande. La demande effective, par contre, déterminerait le niveau général de l'emploi. Un équilibre subtil se placerait donc entre les dépenses et une économie sans plein emploi et de "chômage involontaire". L'envie de consommer ou de thésauriser équilibrerait une anticipation de profit des entreprises. Les travaux publics devaient combler les "trous" pour faciliter le privé. Le crédit dans ce monde-là ne pourrait pas manquer en quantité et en souplesse. Pas de taux d'intérêt à la rescousse du jeu inflation-déflation pour éviter les dépressions. Donc, beaucoup de courage et de discipline pour équilibrer la balance commerciale. Le court terme a souvent remplacé les bonnes initiatives. Peut-être, faudra-t-il réinventer son rêve et lancer une version 2 à celui-ci. Espérons que le remake sera de taille.

En 2006, en une journée, 11 entreprises changent de main dans le monde. 1.300 milliards euros ont été du voyage dans l'année. La force de frappe ne réside plus dans les pays habituels. Le Brésil, par exemple, a pris son ticket avec détermination.

Le manque de vision stratégique restera le handicap majeur des actions. Le petit porteur sera qu'il le veuille ou non un suiveur sans aucune influence comme la gouttelette sur la vague. Naviguer à vue dans le brouillard le plus épais tachant d'éviter les tempêtes voilà l'investisseur moyen. Entre temps, comme toujours et partout, il faudra toujours se rappeler que dans les océans capitalistes, les petits poissons seront toujours mangés par les gros. Les gros poissons se feront manger par les requins. Les requins, à leur tour, par les gros requins. Tout n'est qu'une question d'échelle. Alors, défiance ou assurance aveugle? Georges Soros, milliardaire, bien connu de la haute finance, veut changer les choses. Son livre, "Le grand désordre mondial" devrait éclairer sur ces objectifs?

le-capitamal-buffet.jpgBob Reich, ancien ministre du travail de Bill Clinton s'exprimait dans le Nouvel Obs en janvier 2006. Ce théoricien de l'économie mondialisée redoutait l'ascension d'un "supercapitalisme" dans son dernier livre du même nom. Le modèle d'efficacité présenté par les USA et ses émules aurait changé de cap. Une capacité de croissance forte par les valeurs était remise en question. Sous l'effet de la globalisation. Les inégalités ne peuvent que se creuser. Une dynamique de la compétition et concurrence exacerbée profite aux uns et font exploser les autres citoyens. Créer de la valeur ajoutée est un plus, mais s'intéresser à toutes les catégories est mieux. Qui assumera la production, sinon les classes moyennes ou populaires? Selon lui, une complète rééducation, une rectification par l'impôt sont seuls capables de changer l'exubérance irrationnelle. Il constatait qu'en 1998, les plus riches (1% des USA) possédaient 20% de l'Amérique. Le salaire moyen n'a pas vraiment progressé depuis trente ans. Pas de faux coupables. Chacun responsable mais pas coupable. Rien que des acteurs dociles du "System". L'Etat, plombé par les lobbyistes, ne trouvera pas sa sortie seul un cas de conscience citoyen pourrait y arriver. La politique tourne de plus en plus à coup de dollars. Une sacrée pêche au volontarisme contre les lois d'airain de l'économie, conclut-il.

Est-ce du Capital qui a mal dont il faudra parler ou n'est-ce pas plutôt du Capital sous forme de CapitaPasMal?

Une question de cette seule et rare confiance. Confiance dans le marché, confiance dans l'argent papier ou virtuel, dans sa manière de prendre connaissance des choses qui sont à la base de notre existence. Tout est basé sur la valeur intrinsèque, fondamentale ou imaginée. Sans elle, c'est la gangrène qui plonge dans un futur non raisonné vers le néant. La grenouille devra seulement prendre un peu de recul avant de vouloir se faire plus grosse que le boeuf. Après la boulimie, y aura-t-il une cure d'anorexie? Probable. La Bourse est le reflet de notre confiance en nous-même.

Un rappel: la panique est mauvaise conseillère et les pertes des uns ne seront pas perdues pour tout le monde. Et les paniques, parfois, on les provoquent artificiellement car on aime chez les Grands. Et tout le monde joue, sans distinction, dans cette même cours des grands ne fut-ce par les fonds de pensions qui recherchent la meilleure rentabilité.   

"Mais comment a-t-on pu en arriver là?" se demandait un autre blogueur. J'ai essayé modestement à en donner les tenants et les aboutissants.

L'enfoiré,

Des Boursiers pandaesques?

Citations:

  • "Le Capital mourrait si, tous les matins, on ne graissait pas les rouages de ses machines avec de l'huile d'homme.", Jules Vallès

  • "Le stalinisme, c'est la voie la plus longue pour aller du capitalisme... au capitalisme.", Lech Walesa

  • "La supériorité des occidentaux tient, en dernière analyse, au capitalisme, c'est-à-dire à la longue accumulation de l'épargne. C'est l'absence de capitaux qui rend les peuples sujets.", Jacques Bainville

  • "Le capital ne manque pas. Ce qui manque, c'est la vision."Mickaël Milken

  • "L'argent est plus utile que la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières", Woody Allen

10/06/2008

Chronique d'un chassé-croisé de "bling bling"

chronique-dun-chasse-croise.jpgDe l'amour à la réalité politique, aurais-je pu titrer mon article. La France vit une situation nouvelle après une année de pouvoir sarkosienne. Elle se réveille avec des réformes sur les bras dont elle ignorait la profondeur. En Italie, nous en sommes au troisième épisode de l'ère berlusconienne. En observateur étranger, je me suis documenté sur ce que pensait un Italien bien pensant qu'est Umberto Eco.

Souvent, je me suis senti impertinent en voyant l'étonnement des Français après leur vote de leur président en 2007. Président de droite, bien marqué, Sarkozy a pris le pouvoir démocratiquement avec des résultats confortables en sa faveur en 2007. Une fougue presque mystique voulait reléguer 30 années "glorieuses" dans les oubliettes de l'histoire. Un an après, le désenchantement et la hargne se reflétaient dans les blogs sur Internet et ailleurs. Le pouvoir d'achat, bien sûr, n'a pas été à la fête pour l'Europe entière, mal supporté par les plus pauvres. Logique implacable d'une droite qui privilégie normalement le pouvoir de l'argent. Mais, est-ce la seule raison?

sarko-show-un-an.jpgN'y a-t-il pas un système, un "régime"  plus fondamental qui se cacherait derrière cette nouvelle droite française qui se voulait centralisant des aspirations de toute la population? Êtes-vous tous des patrons, ai-je demandé dans ma candeur naïve vue de l'étranger. Paradoxale, cette conquête démocratique? Cela aurait pu en rester là, sans réponse quand j'ai lu le livre de Umberto Eco "A reculons comme une écrevisse" dans lequel il comparait une situation politique très semblable dans son pays l'Italie.

Situation qu'il décrivait avec dépits et une profonde justesse amère. Comme interlocuteur, connaisseur de l'Italie, je ne pouvais trouver mieux. Né en 1932, Umberto avait connu le fascisme et les affres des frasques de Mussolini. Dans l'histoire plus récente, depuis 1994, il y a eu Berlusconi  et l'Italie qui vit actuellement le 3ème épisode, le 3ème règne dans un flip flop avec le PS.

Allo, les studios, ici, l'Italie et son régime politique présentés par Umberto Eco dans un long chapitre de son livre.  

energie-de-sauvetage-velo.jpgPourquoi une alternance entre Socialistes et le parti du Pôle qui se dit des Libertés. Expliquer une opinion publique et son choix politique est dépendant de sa population dans une démocratie. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans "Show avant tout" qui faisait quelques pas dans l'explication. La France avait un profond désir de changement dans la fonction présidentielle. L'Italie, elle, n'en a aucune volonté apparente de changements, elle patine dans l'habitude et la complaisance partagée. Berlusconi rêve d'atteindre la position de président.

A part ce départ, rien de tellement différent. Le changement quand cela ne va pas bien, qui serait contre? Et bien de ce côté, ce n'est pas une question idiote. En apparence, du moins. Le chauvinisme existe bel et bien en Italie. Vouloir briller avec le moins d'effort, on aime. Le bling bling a peut être un autre nom en italien, mais il s'agit du même instinct. Et si on n'est pas à bord de ce bateau-là, on cherche à y monter.

On aime Berlusconi, c'est clair. On veut ignorer les travers, les écarts de langages, les gaffes de Berlusconi. On ne se préoccupe pas de la source de la rivière, du moment qu'en finale, en amont, la richesse des alluvions profite dans la "combinacion" à chacun. Faire une photo de la manière de gouverner ressemble dès lors à la technique présidentielle française. Les ingrédients du pouvoir italien est efficace face à une population canalisée. Le show médiatise ne se passe plus dans les journaux mais à la télévision, cadenassée, elle, dans les mains du pouvoir lui-même. Ne passe sur antenne que ce qui est bon pour le pouvoir. Le foot et le sexe comme incitants pour faire rêver et surtout pour ne pas trop réfléchir. La publicité politique est la potion magique qui permettra cet effet de rabotage. Résignation ordonnée par des slogans publicitaires classiques, simplistes, agressifs pour les autres partis et ignorants de ses propres tarres. On n'est plus au lave plus blanc, mais au lave le moins sale possible pour que cela passe dans l'opinion. Bling bling au sommet, klong klong à la base avec les miettes de la mise en scène.

Pas réformiste, l'Italien est plutôt abstentionniste. Les réformes de l'imagination sont derrière depuis belle lurette dans un certain défaitisme.

Pour faire taire l'opposition, il faut la diaboliser. L'adversaire, il faut l'insulter au besoin avec une bonne dose de populisme négativiste. La solution ne se trouve pas chez soi, donc se défendre commence par l'attaque. Pour le peuple, simplisme de la réflexion: Berlusconi est riche, donc il n'aura aucune envie de voler ses concitoyens comme la corruption semblait l'avoir fait avec le parti de l'opposition ancestrale de la gauche. Intellectuels s'abstenir.

le-show-avant-tout_naples.jpgQuelques tours de perlimpin pour montrer sa bonne foi en disant vouloir diminuer la pression fiscale, luter contre la criminalité avec sévérité et sans déviances pour confirmer son état d'esprit proactif.  Attente messianique au départ, désenchantement, ensuite, mues en amorphisme, apaisée par l'esprit érodé de l'intérêt personnel qui converge avec la communauté nationale. S'il n'y avait que les partisans réels, passe encore, mais il y a la majorité qui transite par l'image virtuelle du sommet, fascinés par le bling bling et les fesses des jolies présentatrices sur le petit écran. Quelques promesses comme celle du vendeur, une fois par jour, pour garder l'audience et l'attention des médias suffisent.le-show-avant-tout_naples-berlue.jpg

Rien n'empêche de tout dire, un jour, et son contraire, le lendemain. Les journaux de l'opposition, on sait qu'ils ne font pas l'unanimité et sont donc de moins en moins lus. Pas de contradictions dans ce cas. L'opposition se doit d'être frustrée. Obligée de réagir pour garder un semblant de démocratie, ne pas cautionner l'adversaire et perdre ainsi son identité, sont les seules solutions à première vue qu'il lui reste. La provocation en miroir de Berlusconi, ensuite. Encore de nouvelles promesses pour boucler la discussion à son avantage, enfin. Logique de la provocation pour détourner l'attention seule. Le lendemain, si cela s'avère un choix erroné, un "Vous m'avez mal compris" donnera la correction et, en plus, un test de réactivité de l'électorat pour en connaître sa réceptivité.

President à la CE, Berlusconi traitait de kapo un Allemand ou qualifiait de "touriste chahuteur éméché" un autre parlementaire étranger. Ce qui constituait un réveil du chauvinisme de manière gratuite en prime et augmentait encore une fois l'audience des médias pour des semaines de discussions par la suite. Du moment, qu'on occupe la première page des journaux, qu'espérer de mieux? L'effet de "bombe" utilisé à répétition avec machisme, les coups bas "ad hominem" pour augmenter la confusion des médias complètent la mise en scène.

Dans cet orchestre de la démesure quelle est la solution pour l'opposition sans jouer dans le jeu et se discréditer? Umberto en soulignait les points de combat.

Probablement, le blackout. Agir bien avant de réagir. Anticiper avec des idées révolutionnaires et avec les mêmes méthodes de la provocation. Faire rêver et toucher par les cotés sensibles de la poche des citoyens. Mettre au pied du mur par des projets novateurs. Court-circuiter le rapport trop direct entre le chef et le peuple en renvoyant la discussion au parlement. Dénoncer la collu