10/04/2008

Enfin, la faim...

1770251205.jpg "Quand la brique va, tout va". Quand tout le monde mange, c’est « à l’Ouest rien de nouveau ». Quand la couverture est suffisamment grande pour protéger les petits petons, « Ca plane pour moi ». Avec la situation actuelle, les choses ont l’air de prendre une odeur de roussi ou un goût amer. 

 

Jean Ziegler a publié « L’Empire de la honte » pour mettre les pendules à l’heure de la dégradation globale du monde. Il était invité dans une émission radio (en texte icichez nous, ce matin du 10 avril.

Son bouquin, cela fait bien de pouvoir s’en inspirer ou de s'en émouvoir dans les conversations. Cela fait bien de montrer qu’on a de la culture et qu’on dit s’inquiéter du tiers monde qui met ¾ du monde dans une situation de précarité en danger de mort. La faim existe depuis bien longtemps. nous en prenons de plus en plus conscience. Notre classe moyenne se meurt. D'autres n'en ont jamais vu la couleur.

Subir de plein fouet une chute du pouvoir d’achat, là on voit rouge. Le réveil est dur, froid et interpellant. Comme une poule effarouchée, on se demande d’où viennent les problèmes. La spéculation est montrée du doigt comme seule responsable. Mais qui a spéculé et qui spécule toujours à l’insu de sa propre volonté ?

Tout est aujourd’hui basé sur une grande spéculation que tout normalement doit bien marcher, que tout le progrès de l’homme est toujours pour demain.

Dans mon premier blog, j’avais écrit « Nous sommes tous responsables ». Ecrit avec la jeunesse de l’écriture, le texte n’a pas pris une ride. Succès d’estime parmi les proches.

Féodaliser le monde, nous y avons tous contribué par notre aveuglement. Le bien pris pour le bénéfice de ses proches, on ne s’est jamais préoccupé s’il ne serait pas le mal pour un plus éloigné. Spéculer, oui, on le fait sur notre bien-être pas et jamais sur celui qui ne peut atteindre pour des raisons « x » ou « y » au niveau des « meilleurs ».

Aujourd’hui, on s’émeut pour la situation des Tibétains, on oublie, au passage, que le problème est bien plus fondamental et dans les racines de notre monde à plusieurs vitesses. Fallait-il passer par les JO pour donner une chance aux Chinois de sortir d'une situation de manque chronique? Quelle est la proportion de la population chinoise qui en sortira vainqueur de cette manifestation mondiale? Se poser la question, c'est y répondre en remarquant les voitures flambant neuves qui dévallent dans les boulevards de Pékin.

283668117.jpg Il faut oser dire que comme tout le monde ne naît pas avec les mêmes chances intellectuelles, tout le monde ne naît pas non plus sur une terre propice au développement naturel ou industriel. Chacuns et chacunes, on est tous né quelque part. Chacun a les "plaquettes" dans le haut de la tête en provenance directe de la filiation. On ne choisit pas. La nature le fait pour nous.

On appelle cela, aujourd’hui, "pluralisme". Il est représenté comme un avantage, comme une chance pour le développement global. Vrai et faux à la fois.

Vrai, si les ponts et les vannes sont ouverts tout azimut, aussi bien pour le bon et pour le mauvais avec l’effort commun pour faire le premier pas vers l’autre.

Faux, si c’est d’essayer à trouver les meilleurs prix pour tout sans chercher si un dumping n’est pas sous jacent à des prix bas.

On commence seulement à parler de commerce éthique. Je me rappelle avoir lancé un pavé dans la marre en démontrant ma surprise à notre magazine des consommateurs « Test achat ».

Tout à coup, sortant d’on ne sait quelle tête, celui-ci sortait des articles en parlant du commerce éthique, alors que dans le même temps, dès les pages qui suivaient, d’autres articles recherchaient, par contrat vis-à-vis du lecteur, les maîtres achats et les prix les plus bas. La réponse a été assez évasive et très compréhensive de mon problème philosophique. Le magazine qui a suivi reprenait le rythme d’antan.

Qu’est ce que prix ? Qu’est ce que l’argent qui lui donne sa raison d’exister ?

C’est une combinaison entre la confiance de l’acheteur qui est prêt à donner, à investir, pour une valeur ajoutée que le produit vendu fournira. C’est aussi une foule d’intermédiaires qui se greffent dans la chaîne de distribution. Entre le producteur et le consommateur, il y a les diffuseurs, les bonimenteurs, les vendeurs de bonnes paroles. Difficile de faire sans eux. Bien entendu. Mais difficile aussi de comprendre que le travailleur qui réalise vraiment le nouveau produit n’ait qu’une partie infime de la valeur globale du produit.

 

608912080.jpg Les matières premières ont été longtemps sous le joug impitoyable de Wall Street.

Les prix se réveillent désormais. Le riz, les pâtes prennent du gallon et rétrécissent le pouvoir d’achat du nanti occidental. Dans le même temps, l’intelligence est galvaudée sur Internet. Elle prend le large, s’exporte, s’importe mais au bénéfice de qui ? Certainement pas en bout de chaîne et surtout pas en début.

« Tout pour rien ou rien pour tout » n’était qu’une approche du problème.

La couverture n'est plus assurée. Pas question de trouver une assurance contre la vie chère. Elle est là car la couverture est plus petite. Le monde n'est pas extenssible. Faut-il suivre les règles du Malthusianisme et éliminer le trop plein? Bizarre que l'on pense toujours aux autres dans ces cas précis.

Désormais, le franc semble être tomber (pardon l’euro, les vieilles habitudes…). On a compris que l’intégration du monde n’est pas un vain mot. Que quand un pays s’enrhume c’est aussi un mini tremblement de terre à l’autre côté de la planète. Le monde est un village, dit-on. Oui, mais par le virtuel et non le réel en pur et dur. Les égoïsmes ou egocentrismes ont la vie dure et comprendre que tout est dans tout sera un pas le pas décisif.

Une fois, ce problème mit sur la table, arriverons-nous, un jour, à lancer le nouveau slogan :

« Fin de la faim ».

 

 

 L’Enfoiré,

 

Sur le Panda, même faim ?

Les biocarburants sont cités comme un "crime contre l'humanité"

Citations:

  • « La faim justifie les moyens, mais on a rarement les moyens quand on a faim. », Jacques Sternberg

  • « L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché. » , Amélie Nothomb

 

25/01/2008

Auto, mobile-moi, mais en douceur

Le salon de l'auto à Bruxelles de janvier fait toujours revenir le combat entre les "pour" et les "contre" de la voiture.

76d6871c6dab1844584c110939cb44a1.jpgBeaucoup plus énergique ce combat que d'habitude à l'occasion de ce salon 2008.

Al Gore est passé par là.

Choix de société qui date depuis 100 ans et qu'il faudrait inversé en beaucoup moins de temps par des obligations indépendantes de la volonté des usagers. Dans le même temps, on acceptait que la voiture entraîne un encombrement inimaginable et un sacrifice humain très important. La banalisation des morts et des accidentés à vie est choisie dans ce modèle de société. Comme d'habitude, ce sera beaucoup de bruit, des filles au milieu et le rabotage léger des prix pour vendre un maximum de véhicules.

Cette fois, l'écologie, déjà présente précédemment, est parvenue à pousser la porte des consciences. L'auto a du coup un peu plus de plomb dans l'aile. Ce n'est pas les "gadgets" même très pratiques comme le GPS intégré en série qui changera le problème fondamental. La pub lance: "votre insouciance, on s'en soucie...".  On ajuste le tir au plus près du consommateur. Entre la familiale petite ou moyenne pour les réalités en accord avec les moyens financiers en chute libre et le rêve des grosses cylindrées sous les photos de paysages idylliques, le consommateur se balance.

25% de la pollution globale par le CO2 sont attribués à la voiture et au transport routier. Le climat et la pérennité du carburant ont condamné la voiture à plus ou moins longue échéance. Alors, on se presse encore avant l'échéance.

La consommation du pétrole comme énergie bon marchée et relativement facile à produire va à contresens avec la possibilité d'en produire.

La production de pétrole est, en effet, arrivée à un pic. J'avais déjà eu l'occasion d'en parler en parlant du livre d'Eric Laurent "La Face cachée du pétrole";

L'article "Home sweet home" remettait le couvert en se rappelant les deux mouvements contraires: la mobilité demandée par les entreprises et le besoin d'avoir un chez soi, une vie privée pour le particulier. La destruction de la ville et des campagnes pour seul résultat. Les bouchons sur les routes, coûtent chers en temps perdu et en dégâts environnementaux. Ce serait moins de carburant consommé et donc un manque à gagner du côté recettes fiscales. "L'Etat belge aussi "accro" à la voiture que le citoyen", titrait l'Echo récemment. 

Les alternatives à la voiture sont, il faut bien le dire, inférieurs en quantités et en qualités que ce que l'usager pourrait en espérer. Dans les airs, il en va tout autre. A moins de revenir au ballons, pas d'alternatives. Le kérosène, non taxé, est une aberration d'aujourd'hui.  

Alors, stop ou encore? Il est vrai que l'impasse est au bout du parcours.

La mobilité selon René Schoonbroodt est à retrouver dans l'esprit de la "ville". La convivialité et son coût social en seraient accrus. L'accessibilité aux "choses" est importante, pas le tempo pour y arriver.

"Mobilité contrôlée" et "Mobilité super contrôlée" en parlaient au présent et au futur.

"Question à la Une" se posait la question de "Mourir pour la voiture?" en parlant de cette fuite en avant poussée par la pub, de la vente de voitures les émettrice de CO2. Les 4X4, les hummers qui consomment de 30 à 90 litres/100km, font une percée étonnante aux USA et en Europe. Le "client est roi" pour seule réponse des producteurs de voitures. Des pressions sur la communauté scientifiques allant jusqu'à "retoucher" leurs rapports alarmants ne sont pas rares. "Le lobby automobile américain va-t-il nous asphyxier? Une voiture par habitant aux USA.

Les nouvelles technologies environnementales préconisées par la sécurité active et passive et une infrastructure routière toujours plus coûteuse n'empêcheront pas les encombrements et un rapport de force destructeur pour le piéton. Les prix porteront bientôt la question de rouler ou manger. Le pétrole vert, comme alternative, est également polluant et surtout monopoliserait des espaces de champ perdus pour l'agriculture nourricière.

La liberté, la voiture, plaisir de conduire? Oui, mais diablement contrôlés et à contrôler.b3ddfb20b2906475dbd9d1b67db80aa3.jpg

La futurologie à la rescousse devant ce dilemme?

Le salon aura une nouvelle fait rêver avec un thème le plus proche de l'environnement. Il faut rester dans l'ère du temps. De la cosmétique, probablement, pour cacher le problème du pot de fer contre le pot de terre, de l'automobiliste qui rencontre le piéton. La voiture de demain y sera, c'est sûr. Le contraire m'étonnerait. La crise pétrolière avec son aboutissement, on a encore un peu de temps. 2050 est le "bottle neck". Le fossile ne se régénère pas. Il faut des millions d'année pour cela. Alors, il faudra économiser tout de suite pour donner une chance de trouver des alternatives. Les pays en voie de développement, il faudra les aider pour qu'ils en fassent de même. L'Indien Tata montre le chemin avec sa nouvelle "Nano" à 1700 euros. Un cuistax électrique, oui.

Il faudra se déplacer dans le futur et avec le maximum de confort et de sécurité. Pas de retour à la course à pied. La mondialisation ne le permettrait pas. La ville peut revenir dans le champ de la convivialité qu'elle n'aurait jamais dû quitter. La pile à combustion à l'hydrogène n'a pas encore dit son dernier mot. Totalement propre de sa production jusqu'à son utilisation.

89d900f2e2664477dc8306330b953887.jpgL'électricité est l'atout maître. Les batteries et accumulateurs progressent dans la longévité. Electricité est propre, incolore, inodore, insonore. Lent et lourd? Peut-être. Les corps humains dans l'habitacle aussi. Pour la ville exclusivement? Pourquoi pas. Les transports collectifs en train prendraient l'échelon suivant.

L'hydrogène est cher dans l'esprit d'aujourd'hui. Ce n'est pas une source d'énergie en tant que telle. Comme l'électricité d'ailleurs. De rendement élevé et sans bruit ni vibration donc, inusable, en plus. L'échelle industrielle pourrait améliorer l'accessibilité. Il est difficile à "manager" sans risque. Une bombe? Comme les centrales nucléaires d'ailleurs. Il faudra y mettre le prix et mettre en place un réseau de distribution à la hauteur de l'ambition. Chaque technologie mise en place pour réduire les émissions correspond à une augmentation 600 à 3000 euros à insérer dans le prix de vente. Le parc vieillit et seulement 10% des ventes en Belgique sont en dessous des 120 g de CO2 par km. La moyenne se situant à hauteur de 160g par km. Les gouvernements commencent à donner des primes aux acheteurs de véhicules répondant à cette norme. Est-ce peu? Peut-être aussi 120g en trop. 

La biomasse, le biométhane, peut-être, mais l'énergie verte est un pis aller. De céréales, il en faut 2,4 tonnes pour obtenir l'équivalent de 1000 litres de mazout. Du côté « pollution », c'est pas gagné d'avance. L'espace nécessaire pour le créer pourrait créer le dilemme du "conduire" ou "manger". Investir et anticiper. Rendre plus fluide, peut-être mais avec le maximum de futur. Deux kilos de pellet, petit graminé, fabriqué à partir de bois comprimé, peuvent remplacer un litre de mazout.

a9bc99e16baf7c68295d8ba901ad9b8d.jpgLe tramway ou train électrique sur rails porteur (si besoin sur coussins d'airs) existe au Japon par exemple, pour rendre le paysage et l'espace de la ville aux piétons. Il coûte bien moins cher que le métro qui lui date de près de 150 ans. Plus convivial de voir le paysage de très haut que dans un tunnel. La 3ème dimension est à deux sens.

Les industriels de la voiture rétorquent qu'ils ne sont responsables que de 25% de pollution et que les habitations devraient y mettre un coup. Exact.

Les panneaux solaires avec cellules thermiques ou photovoltaïques existent et donnent une électricité gratuite et non polluante. Si tous les toits en étaient équipés, aujourd'hui, il serait bien moins cher de le reconstituer avec des technologies plus récentes encore. On pourrait même laisser les fenêtres ouvertes pour aérer. Cher à l'achat. Moins s'il y a une intervention des pouvoirs publiques. Sept ans pour l'amortissement parait-il. Mais cela évolue à grand pas, dit-on. Les nouveaux devoirs belges pour le climat sont projetés. 

Continuer à investir dans les routes et autoroutes de papa? a143eb247e41046c5970517d8d822a79.jpg

Cela donne du travail à beaucoup de salariés. Avec le maximum d'efficacité à long terme? Question à vérifier.  

La Toile est, aujourd'hui, virtuelle, connectée avec le monde et reliant ses membres.  

Demain, pourrait-elle montrer l'exemple en vrai dans le concret? Pas sûr. La Toile, paraît-il, frise aussi l'indigestion devant certains bouchons sur la bande passante. Les opérateurs se veulent rassurants, bien sûr. Payer, encore une fois, pour faire sauter le bouchon semblerait la solution.

Bouger ne serait plus alors une obligation mais un seul dérivatif. Toujours du côté porte-monnaie, bien entendu.

Un salon à ciel ouvert.

 

L'enfoiré,

Le Panda est-il à pied, à cheval ou en voiture?

Citations:

 

  • "Si vous voulez faire de la mise en scène, n'achetez pas d'auto. Prenez le métro, l'autobus, ou allez à pied. Observez de près les gens qui vous entourent", Fritz Lang

  • "Le différence entre une auto et une moto, c'est que sur la moto il y a deux places du mort.", Patrick Timsit

  • "Beaucoup de gens, à peine ont-ils acheté une auto, pensent déjà au jour où ils vont la revendre", Pierre Daninos

  • "La pensée primitive de l'être humain n'est pas l'envie de procréation, mais la recherche de la satisfaction, de la jouissance individuelle, l'auto-érotisme.", Henri Barte

  • "La plupart des accidents d'auto ont une cause très simple : la voiture était en prise directe et l'attention du conducteur au point mort", Anonyme

06/01/2008

Marche aux symboles ou crève

d7365e4583a2cf5b90f4a02e72f41085.jpgQu'est-ce qui fait bouger le monde? Est-ce le train-train, le metro-boulot-dodo ou les symboles ? C'est un peu ce que l'on pourrait se poser comme question au moment où la morosité règne ou l'avenir est nettement moins radieux.

Nous sommes entourés de symboles. Représentations qui permettent de quantifier, de comparer, d'expliquer. Quand on ne parvient pas à les évaluer, on passe aux métaphores

Vous ne vous en souvenez probablement pas. Les symboles passent et trépassent plus vite que prévu. Il font rêver et puis s'en vont.

Le 1er février 2007 entre 19:55 et 20:00, on avait été fixé pour réveiller le bon peuple dans sa « reconquête symbolique» de la planète. Cinq minutes de black-out volontaire n'allaient pas remettre les pendules à l'heure, ni les compteurs à zéro.

1980dced8061fb48a1115797d10ee571.jpgEteindre tout ce qui est allumé pour soutenir un mouvement de réveil de la crainte de voir, un jour, le grand clash de notre planète et l'homme sur les genoux. Allait-on respecter cette injonction citoyenne? Du réchauffement de la planète, tout le monde en parlait déjà. Cela s'est accentué encore depuis. Même Bush reconnaissait qu'il y avait un « problem ». Des gestes simples de réduction de la vitesse de quelques électrons. Parti de France, la Belgique s'est joint à la manifestation.

Ce symbole écologique avait été orchestré et devait prouver, par la démonstration, la sensibilité des gens d'aujourd'hui vis-à-vis de ceux de demain. 27% de la production énergétique totale de la Belgique se retrouve chez le consommateur à domicile. La date fixée à proximité du rapport des 500 experts du climat réunis à Paris en colloque avait été choisie pour lancer cette action tout à fait symbolique. Un mail sur un autre symbole, Internet avait été à l'origine de l'étincelle. Le symbole allait-il être efficace et salvateur? 10% de consommation en moins maximum étaient attendus soit 500 MégaWatt. Le site www.elia.be allait le révéler 15 minutes après. A 19h50, celle-ci s’élevait pour la Belgique à 12.220 MW. Immédiatement après 19h55, heure d’appel à l’extinction des lumières, elle est tombée de 325 MW inférieur, soit une diminution de 2,7%. A 20 heures, à la fin de l’action, la consommation remontait à 11.800 MW.0de02a8bed33b2697475127e5f355f57.jpg

Autre action tout aussi symbolique, les 6, 7 et 8 février, nous étions conviés à utiliser votre GSM de façon plus rationnelle dans le cadre des Journées mondiales «moins de blabla au téléphone portable, plus de SMS dans les lieux publics». L’initiative avait été lancée en 2001 à l'initiative de l'écrivain français Phil Marso, auteur du premier roman en langage SMS. Objectif: sensibiliser les utilisateurs de portables pour ne pas devoir en arriver un jour à une politique semblable à celle liée au tabac, avec l'aménagement de zones silencieuses. L'initiative, cette fois, était soutenue par Teslabel, ASBL belge de lutte contre la pollution électromagnétique avec le slogan : «Moins de deux minutes avec mon portable, c'est sans prise de tête pour mes neurones.». Cette fois, la consommation se voulait symbolisée. Les mouvements citoyens qui transitent par les blogs, par les SMS ont un impact plus important qu'il n'y paraissait.

Encore une fois, papillonant sur les sujets, Paul Herman, journaliste de la Premier RTBF arrivait à la rescousse avec des symboles moins médiatiques, parfois locaux, mais tout aussi sensibles suivant la proximité:

Alors, nous qui avons éteint la lumière cinq minutes hier soir, à quoi avons-nous bien pu passer les 1435 qui restaient et qui ont fait notre journée ? Peut-être bien, comme cela a été mon cas, à s'interroger sur cette histoire qui s'est passée à Saint-Nicolas, je veux dire Sint-Niklaas dans le pays de Waas. En effet, au moment où l'on apprend que les procédures du divorce seront désormais simplifiées, voilà que trois petits couples flamands qui entendaient, eux, se marier, refusent que leur union soit bénie par un Noir, je veux dire qu'un échevin de couleur officie ès qualité à la célébration de la cérémonie civile de leurs justes noces. Wouter van Bellingen, c'est le nom de l'échevin, figure en huitième place sur la liste des édiles et a, dans ses attributions, la jeunesse, les relations internationales et l'état civil, il appartient au parti Spirit et a récemment invité tous les écoliers de la commune à voir le film d'Al Gore. C'est un jeune échevin, il a 34 ans. Il est aussi le premier échevin noir de Flandre. Issu des élections d'octobre dernier, cela ne fait donc jamais qu'un mois qu'il est en fonction. Trois mariages annulés ou postposés en 31 jours, en raison de la couleur de la peau d'un officier d'état civil belge, c'est beaucoup pour une commune de 70.000 citoyens dont 25% des habitants, il est vrai, ont choisi le Vlaams Belang, aux élections communales. Cette histoire se passe au moment où un sondage controversé est publié dans la presse française. Si ce sondage est contesté, c'est qu'il ne s'est adressé qu'aux Noirs et certains y ont lu la volonté de pratiquer le premier sondage ethnique de l'histoire de la République. Mais ses résultats nous apprennent que si 37% des 13.000 personnes interrogées estiment que les discriminations contre les Noirs s'aggravent, elles sont cependant 81 % à faire confiance aux associations, 72 % à l'école et 68 à ce qui est, chez nos voisins, le Centre pour l'Egalité des Chances. Même si une large majorité estime que c'est plutôt aux Noirs eux-mêmes à faire évoluer positivement la situation, la confiance accordée aux institutions étonne en même temps qu'elle rassure. Que pourrait bien dire Wouter van Bellingen aux Noirs de France, lui qui, par son élection, se retrouve, de fait, à en gérer une, d'institution ? A-t-il un mot d'espoir à faire passer à nos amis français ou devra-t-il malheureusement convenir que même quand on est une institution, les discriminations continuent et la bêtise galope ? Au fait, la commune de Sint-Niklaas a participé, hier, à l'action pour la planète. A 19h55, les lumières de la Grand Place se sont éteintes. De 19h55 à 20h, hier à Saint-Nicolas, il a fait tout noir.

.

Obsolètes ces réflexions d'un autre espace, d'un autre temps? Oui et non.

Des exemples, parmi bien d'autres de l'actualité, font des parallèles, et pas des moindres.

Alors, question: Marchons-nous seulement à coups de symboles?

Sans eux, serions-nous paralyser par l'effroi ou par l'habitude de la somnolence « Metro, boulot, dodo »? Faut-il des manifestations plus énergiques pour réagir?

Le 16 août 2007, Elvis Presley revenait à l'honneur à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort. On relançait la vapeur, comme si elle s'était éteinte. Quand on sait que sa " petite entreprise posthume" ne connaît pas la crise. Un milliards d'euros de chiffre d'affaire encore aujourd'hui. Les symboles valent un certain poids à la bourse. La ville de Memphis doit une fière chandelle à son digne pensionnaire pour l'éternité et aussi à cause de la maison de Graceland qui attirent 800.000 admirateurs de tous les effets et objets de l'intimité de l'idole. Le jeu de piste est toujours ouvert pour réveiller les souvenirs de tout ce qu'à toucher de près ou de loin leur idole. Etre témoin a un poids sentimental mais surtout financier. Les "anciens" qui ont partagé l'existence de l'idole n'ont pas de soucis à se faire pour leurs vieux jours en gestionnaires de l'idolâtrie. Les symboles et les mythes ont la vie non pas "dure" mais bien "molle". Il n'y a qu'à entretenir le souvenir par couches successives plus ou moins beurrées. Le symbole du showbiz pourrait-il, un jour, remplacer notre propre image symbolisée? 

Dans le passé, les catalyseurs aux mouvements de foule, souvent pour mener une « promenade » guerrière, se faisaient par l'intermédiaire du tambour ou de la cornemuse. Ce n'est plus le cas. On évolue. On passe à la Toile. On s'y embourbe, mais on marche.   

Dans un passé ancien bien belge, un opéra banal la"Muette de Portici" avait réveillé le patriotisme en latence, lancé la révolution et fait naître la Belgique, indépendante sur la scène des nations. La Belgique depuis vit depuis 1830 et virevolte de symboles en symboles au gré des communautarismes. De "petites exclusivités" tel que la décision unilatérale communautaire de la scission de BHV ont suffi pour mettre le feu aux poudres. Symbole, encore, à géométrie variable.  ec3bff53d1c1e68d36de7e0c74000ae2.jpg

Cette fois, heureusement, nous sommes dans le domaine de la prise de conscience de son bien être actuel et futur. On est prévenu et pourtant...

"Le symbole des symboles est certainement Dieu", disait Carl Gustav Jung.

Tout est symbole dans les mains de celui qui veut arriver à ses fins. Il ne suffit que d'un peu de charisme et de réflexions dirigistes.

c808d47cfccf4bb11592653e27615efb.jpgCe qui va se mettre en place du côté républicain pour les élections américaines en est une preuve flagrante. Un Mormon et un pasteur batiste... dans le premier tour aux caucus. On ne s'aime pas des deux côtés, mais le sentiment est le même. La tradition pure et dure, intégriste dans le fond.

La religion grapille des points. Se préparerait-elle à un jihad à l'envers? Faudra-t-il en appeler d'autres plus tournés encore vers une symbolisation à outrance?

Du côté démocrate, Obama Barak l'emporte symbolisé par un renouveau et du changement radical  par la jeunesse. Le symbole du changement dans l'unité de l'Amérique face à celui de l'expérience. La division, on se la gardera probablement par après. 

Entre temps, le réchauffement climatique a, semble-t-il,  encore de bons ou de mauvais jours en perspective car il est loin de monopoliser les foules et les programmes. Alors, on suit le symbole dans une fuite toujours plus avant.

0440f864fff51f192c183f5e1e316983.jpgLe prix de 100 $ pour le baril de pétrole, comme des jalons d'arithmétiques décimales dans les résultats de Wall Street, comme plafonds ou planchers ne représentent, en fait, rien de plus qu'un compteur qui passe un cap. On ne dope rien. On ne cherche d'ailleurs pas à rassurer. Bien au contraire. On explique sans expliquer les raisons de l'altitude rapide: baisse des stocks américains (imprévoyants les américains?), un hiver très froid US (des prévisions à long terme, c'est nouveau?)... 

J'avais ouvert la discussion dans « Veux-tu être mon idole » par l'intermédiaire de notre volonté d'avoir des représentants, d'en rechercher la crème avec ostentation et absolutisme, oubliant une fois de plus que chacun avait un rôle à jouer par petites touches successives, peut-être, mais avec l'efficacité de la masse.

Les leaders de la "bonne parole" ont toujours dû se démener pour éveiller et agiter les esprits. Le président Sarkozy a été le symbole du changement, de la rupture avec les trente nonchalantes, comme n'ont pas manqué de le rappeler certains "pro". Moins d'un an après, les résultats ne sont plus symboliques et les "anti" se sont réveillés à la découverte de ce que le symbole a ses revers cachés. 

Nous avons besoin de lignes de conduite quand l'horizon s'épaissit. Pas de problème. Prendre le temps d'analyser ce qui est proposé est aussi une obligation par respect de ce que la nature nous a offert avec plus de générosité.

Il reste à espérer que nous ne devenions, un jour, les "Moutons de Panurge" symbolisés.

Les JO de Pékin vont s'ouvrirent le 8/8/2008. Le 7/7/2007 avait vu des candidats au mariage à la pelle.b1952f25851e333c31aa6de5dc780706.jpg   

Cette année, on nous a cassé notre "symbole", celui de l'entrée dans une année que l'on voudrait joyeuse. Pour des raisons de terrorisme et d'attentats latents, le feu d'artifice de Bruxelles avait été annulé. Niveau d'alerte 4 sur une échelle qui en compte 5. Bruxelles, capitale de l'Europe, s'était réveillée en tant que telle, comme une cible du terrorisme. On ne connaîtra jamais si le symbole était à la hauteur de sa représentation.

Autre symbole et rêve brisé, celui du Dakar, annulé, pour les mêmes raisons, même si l'événement est très discutable. Les symboles occultent souvent l'essentiel qui ne se trouve pas dans les rêves mais dans une vérité pure et dure. L'organisateur du Rallye, lors de son discours d'annonce, ne manquait pas d'affirmer que "le symbole du Dakar ne mourra pas".

Pour accompagner mon article "La trentième terrorisée", je dirais simplement que le symbole ne mourra peut-être pas, mais le rallye, oui. De sa belle ou de sa mauvaise mort. Les temps changent. Il faudra s'en rappeler par des anniversaires et non pas par ignorence ou aveuglement. Des alternatives existent. J'avais parlé d'un Rallye à vélo dans mon article de janvier 2006.    

Il y a aussi les symboles que l'on ne nomme pas ainsi: les références.

Je ne parle pas des références demandées lors de la recherche d'un emploi. Quoique?

Il s'agit des références à des personnages plus ou moins célèbres qui permettent des entrées plus aisées à des postes enviés. Les copains sont mes copains en somme. Ce n'est pas nécessairement de la corruption, mais on peut franchement parler de passe-droit. 

Et pourtant, ils tournent, ces symboles, et pas toujours dans la choucroute.

L'euro avait été pris comme bouc émissaire de l'augmentation des prix. L'Italie et la Grèce avaient considéré que cela suffisait. Une grève de la consommation symbolique d'un jour avait été décidée par le passé. Le monde ne s'est pas arrêté de tourner pour autant. Et pourtant, le retour de flamme n'a pas été nul.

Le référendum, très souvent non reconnu comme moyen de réaction aux événements en dehors des élections démocratiques, est pourtant les seul moyen de prendre la température d'une population.

Cette année 2008, il faudra encore s'apprêter à d'autres symboles parfois moins pacifistes. Les idées ne manquent pas. Je les sens germer. On a très mal recommencé d'ailleurs au Kenya.06e6f53e5d4775e67e596b08dabecbe3.jpg

Alors, symbole, lève-toi et marche pour ne pas nous faire crever. 

 

L'Enfoiré,

Le Panda, symbolique? nenni

 

Citations:

 

  • «L'idée d'être un symbole me déplait, mais si je dois être le symbole de quelque chose je préfère que ce soit du sexe », Marilyn Monroe
  • « Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête », Victor Hugo

  • « La vérité est un symbole que poursuivent les mathématiciens et les philosophes. Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités. », Graham Greene

04/01/2008

Une trentième terrorisée

c624f3576317ea926da6d09ed6faa694.jpgLe Dakar 2008 annulé. Vous vous rendez compte? Comment est-ce possible?

 

Il a fallu quatre morts, le 24 décembre, touristes français de surcroît, pour cause de terrorisme et on met le Dakar en jachère, pour un an. Une trentième annulée. Pas de champagne à prévoir pour ce grand anniversaire. 

La nouvelle est tombée aujourd'hui. 

Ouf, pourrait-on dire. On aurait pu trouver, un jour, un rejet par une autre voie, plus style "reality show": trop de morts, plus rien à prouver, la mécanique est fiable... Non, c'est la politique et non pas le réchauffement climatique qui est en cause de cette annulation.

La Mauritanie n'est pas sûre. Trop de kilomètres, trop d'étapes dans ce pays. Le Paris-Dakar aurait perdu son âme sans passer par là. Il faut faire preuve de prudence.

On ne va pas pouvoir flamber quelques litres de pétrole en plus.

L'organisateur trouvait cela dommage surtout après les sommes investies pour le rallye. La publicité n'aura pas la chance de se placer sur le circuit et les capots des voitures. La vérité ne sortirait donc pas de la bouche des enfants. Nous ne faisons pas du sport au Dakar. Pas plus de l'aventure. Cela fait trente ans qu'on arpente ces pistes. La découverte est un peu rassie.

J'ai eu dans un temps anniversaire, pour le Dakar 2006, un article sur ce site "Traversée du désert" commenté Sur AV, même sujet.

J'exprimais alors le reproche que l'on pouvait faire avec cette course endeuillée par des accidents à répétition.

Le post-colonial, mon autophobie et son cortège de faux semblants sortaient dans les commentaires.

Article partisan. Oui, sans conteste. Oui, c'est vrai, je l'avais catégorisé dans la rubrique "Sport".

Erreur de lèse-majesté. On ne parle pas de sport, je viens de le réaffirmer.

J'avais à l'époque une rédactrice qui m'avait précédé et avait manifesté son mécontentement vis-a-vis de cette course.

Elle m'a servi de paratonnerre. Elle a dû se farcir une avalanche de reproche des plus "verts". Normal, direz-vous, elle était probablement dans un parti écologique.

Cette fois, le terrorisme latent a eu raison de la course.

Le pétrole, son prix et son début de rareté n'y étaient pas venus à bout.

Alors quant à mon "autophobie primaire" citée en commentaire, ce serait mal viser. Quand la pénurie et la pollution guettent, il y a des choix à faire. Pouvoir continuer à véhiculer sa p'tite auto encore de nombreuses années, cela a aussi des partisans. On ne peut pas dire que l'on n'était pas prévenu.

Paix à toi, Oh, Dakar, tu as assez péché et prêché dans le désert. Tu as assez fait couler trop d'encre.

Média, au boulot, sortez du bac à sable, rien que pour une fois.

 

L'Enfoiré,

Avis d'ailleurs et d'époque

Le Panda ira-t-il à Dakar avec ses commentaires

 

Citations:

  • "Le désert n'ayant pas donné de concurrent au sable, grande est la paix du désert.", Henri Michaux

  • "Pour la chasse aux lions : vous achetez un tamis et vous allez dans le désert. Là, vous passez tout le désert au tamis. Quand le sable est passé, il reste les lions.", Alphonse Allais

  • "Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.", François René de Chateaubriand

     

 

27/10/2007

Séquoia sait quoi y a

Ce n’est qu’un arbre qui aura mes réflexions aujourd’hui. Un arbre, oui, mais quel arbre?  Il impressionne à qui veut s’en rappeler par sa grandeur et sa longévité : le séquoia. Qu’a-t-il pu voir pendant sa longue existence ? Il en aurait des histoires à raconter.

 

Que d’histoires ont défilé devant son tronc et ses branches ! Petites et grandes histoires d’un espace temps millénaire.

4b0017dce0ae84d864ab0772fd69f06e.jpg« Conifères de l’ancienne famille des Taxodiacées englobée dans les Cupressacées et au genre Sequoia » nous renseigne Wikipedia. Cette fois, je me polariserai sur le Séquoia géant (Sequoiadendron giganteum). Wellingtonia, surnommé. Mais, rendons à César, pardon aux indiens, ce qui appartient aux indiens : son nom vient du chef indien See-Quauah ou Sequoyah, inventeur de l’alphabet cherokee (1770-1843). Dépassant parfois les cent mètres de haut et 25 mètres de circonférence, ce n’est pas sur son aspect physique que je vais rêvasser au cours de cette promenade jogging sous la brume. Quaternaire, il est déjà présent sur terre depuis 200 millions d'années.

Son témoignage m’intéresserait. Impassible, il contemple de toute sa hauteur la vie de ses contemporains de multiples époques. Pour lui, les vies des hommes se succèdent à son chevet à la vitesse, toutes échelles confondues, de l’accéléré.8489510b7ba1596d54ab6847af4082f1.jpg

Près de chez moi, il existe le parc du château de la Hulpe qui a le bonheur de rassembler des spécimens de haute et belle allure. Ce ne sont pas les plus grands ni les plus anciens, bien sûr. Ceux-là sont ailleurs sur leur lieu d'origine en  Califormie. 

Derrière leur carapace spongieuse, ils ne craignent rien. Invulnérables contre le temps.

0e7e34a44d34bc3a300d4a411918f60c.jpgVu la largeur de ses racines et l’épaisseur de son tronc, le vent ne peut les ébranler. Le feu, ils adorent. Ce dernier est son allier. Il en rajeunit. Par lui, ils éliminent, dirait une pub célèbre.

L’homme qui ne comprend pas tout de suite, voulait dans le passé circonscrire les incendies pour les protéger. Par cette initiative, il domptait une fois de plus la nature à sa propre perception. Sans s’en rendre compte, il appauvrissait du même coup l’existence de ce « sénateur ». En effet, l’épaisseur de leur manteau spongieux de l’écorce les met à l’abri de toutes blessures profondes tout en éliminant les branchages trop vétustes.

8cea8341b3771ed7968522680a388880.jpgEn 1993, j’ai eu la chance de visiter le Sequoia Park en Californie. Là bas, on passe allègrement au milieu du tronc d'un des arbres avec une charrette. Fier comme Artaban, il ne se préoccupe pas de servir de pont du sentier. Le "General Sherman" avec 84 m de haut, 31,27 m de circonférence, diamètre au sol de 11 m et 1487 m3 de tronc, fait office de patriarche. Son âge est estimé à 2200 ans. Toujours bien droit, le séquoia a tendance après une seule vie d'homme a prendre de l'embonpoint à sa base. Son exploitation forestière s'est heureusement arrêtée en 1890 par Hale Tharp dans un esprit écologique en désignant le parc comme naturel et protégé.

Il compte les anniversaires des saisons en se foutant de ceux de l’homme. Quand on vieillit à ce point, il vaut mieux ne plus compter. Cela donnerait le vertige.

Mille ans, pour certains arbres, une demi-vie, cinquante générations pour l’homme qui perpétue vaille que vaille son espèce au gré de ses fantaisies. Il faut compter sept fois plus pour son animal préféré qui l’accompagne fidèlement au bout de sa laisse.

Echelles de temps désynchronisées. Pas de demi-mesure chez lui, on est là pour longtemps. Et on vit apparemment très bien. On grimpe imperceptiblement. Sans soucis, en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes, comme dirait Brassens.

- "Je ne perds pas mes cheveux vert, moi, au moins", pourrait-on entendre dans son "langage d'arbre". 

38520b28f97a7d71a4d7796183b39470.jpgSi vous en avez un près de chez vous, tentez de lui imprimer vos sentiments vindicatifs, méthode « putching ball ».

Frappez, frappez fort, encore plus. Vous comprendrez que la fatigue vous renverra à vos chères études et moi, à l’écriture de cet article.

Dans celui de « Forêt de Soignes, forêt soignée », j’avais déjà évoqué et survolé les étapes du temps sur la forêt. Question âge, le séquoia géant dépasse tous ses compagnons de solitude.

Chez les feuillus, il n’est pas le seul dans le monde, mais en général, les autres « Mathusalem » sont plus endémiques. Le dragonnier des Canaries (Tenerife), monument national, a besoin de certains renforts dans sa structure pour continuer à vivre avec force. Les oliviers sont aussi avancés en sénilité mais ne vivent que dans les régions ensoleillées. Le baobab, son challenger, question grosseur, est loin d'avoir sa taille.  

En y réfléchissant, le séquoia que j'ai devant moi, a peut-être le même âge que ma ville, Bruxelles.

C’est dire qu’il a subit de la haut quelques bouleversements sur le parcourt de différents concitoyens d'âges multiples. Stoïque, il résiste comme toujours, par habitude. Il a continué à se protéger à l’abri sous une mousse bienveillante. Que devrait-il se dire en nous voyant défiler, nous, ces minuscules êtres qui sapent sa vieille terre? Que cela commence à bien faire, peut-être? 

- "Passe ton chemin, humain. Je suis conifère et toi, je t'observe depuis longtemps faire des conneries", soufflerait-il, interprété par le vent.

05b62a9e427490332fd17ed898b3d48b.jpgPrès du château de la Hulpe, entretemps, un mariage a lieu chez les humains sous la haute protection bienveillante de l'un d'entre eux.

En revenant, dans ma voiture, coïncidence, voilà que j’entends, dans un rythme entraînant, une chanson de l’humain qui s'imagine en millier d’années « En l’année 2005 de notre ère ».

Ensuite, la chanson continue...3005, 4005… 9005. Mais, seront-nous encore là, osait conclure la chanson?

« Ave Sequoiadendron giganteum, morituri te salutant. »

 

L'Enfoiré,

Un lien super sur le sujet communiqué chez Le Panda

Photos

 

Citations :

 

  • « Ce que vous appelez la couche végétale de ce globe, c'est mille et mille linceuls superposés l'un sur l'autre par les générations. », Claude Tillier

  • « Nous sommes des aveugles-nés en face de l'insondable inconnu qui nous enveloppe ; mille et mille questions surgissent sans réponse possible. », Jean Henri Fabre

  • « Le silence est comme l'ébauche de mille métamorphoses. », Yves Bonnefoy

22/09/2007

Vous avez dit « Philosophie »? (2)

Après la philosophie Antique, de la religion Chrétienne, de l'Humanisme, du Post-modernisme que nous avons vu, passons à celle qui nous occupe encore aujourd'hui.


50cce65d0c0f0242a47b52e86fc665f8.jpgLe désenchantement a éloigné la poésie pour faire place à encore plus de lucidité et de liberté dans ce 20ème siècle. Une alternative se présente au penseur : continuer la voie de la destruction philosophique prônée par Nietzsche ou rechercher d’autres voies.

La sociologie prend une tournure éthique ou politique départagée par le milieu dans lequel elle s’imprègne. Les idoles ont changé et se tournent résolument vers la Science et une certaine coopération entre les peuples voulant assurer de la sorte la survie de l’espèce.

La philosophie analytique voit ainsi le jour initialement dans les pays Anglo-Saxons.

L’œuvre de Kant a fait des émules qui tentent de réactualiser les idées éthiques de partage équitable et démocratique.

Les « philosophes du soupçon » feront école aussi et leurs élèves doués rechercheront une logique cachée à nos actes : ceux de Marx, avec l’économie et le social, ceux de Freud avec les pulsions et le subconscient et ceux de Nietzsche avec la puissance du nihiliste et la force réactive qui apporterait des solutions multiformes.

Freud inventa la théorie de l'inconscient. Les pulsions du plaisir et les exigences du monde entrent en conflit.

Une contre culture embourgeoisée trouve des penchants dans le réel pur et dur. Le cynisme matérialiste emboîte le pas et élimine le caractère lié au Progrès et à l’Humanité.

Briser les chaînes de la tradition résultat d’une mondialisation à marche forcée qui asservit de manière insidieuse et pour retrouver un idéal différent hors capitalisme triomphant.

Heidegger, fondateur de la déconstruction, prouvait que les idées sont menées par des intérêts inavouables et que le capitalisme, sous des atouts indéniables de volonté de donner la richesse et le bien être pour tous, ne manque pas de détruire en même temps la pensée et l’homme lui-même.

Du « monde de la technique », il entrevoie dans un univers libéral et un réel désacralisé qui entraîne l’homme vers des non-sens que les altermondialistes dénoncent avec force.

Accroître les inégalités tout en réduisant la diversité biologique n’est pas un fondamental du matérialisme.

Préoccupé par la volonté de reconnaissance des cultures identitaires, il ne parvient pas à donner à chacun l’impulsion pour infléchir son destin vers un mieux désiré mais plutôt une histoire sans réelle signification. Produire plus et plus sophistiqué est la règle à laquelle il faut se plier sous peine de sombrer dans l'anonymat et la précarité.

La compétition mondialisée en est le prolongement obligatoire. Serons-nous plus heureux en bout de course avec cette technologie toujours plus puissante. Est-ce un but de toute philosophie?

L’idée même de démocratie en a pris un coup dans son manque d’aboutissement réel à vouloir imprimer une direction personnelle à la marche du temps. Le mot "république", étymologiquement, n'aurait plus sa place dans ce jeu en boucle oubliant le progrès pour les gens. Tous les partis politiques sont conscients et prônent à un retour à une raison plus humaine. Sont-ils capables de changer les choses et de retrouver l'équilibre salvateur? Une bonne gestion du monde et de ses ressources leur échappent face à des intérêts économiques internationaux trop puissants. Le citoyen est perdu et subit un manque de confiance en virant de droite et de gauche ou dans ce qu'il croit qui reste le cas. Un régime autoritaire n'aurait pas plus d'efficacité et serait de plus anachronique.