28/03/2013
Créateurs d'étincelles
Je me suis demandé comment j'aurais pu inciter des adolescents en phase terminale du secondaire et les passionner à l'étude des Sciences quand on sait qu'elles sont un peu négligées... Défi pour un prof de Sciences...
Je ne vais pas vous sucrer la pilule. Des nouvelles négatives circulent dans beaucoup de domaines.
Aujourd'hui, je vais tenter de renverser ce négativisme ambiant et essayer de vous passionner en vous parlant de ce que les Sciences peuvent vous apporter.
Je vais commencer par vous parler d'histoire. Pas d'histoire avec un grand "H" comme vous l'enseigne votre prof d'histoire. De la petite histoire de ceux qui ont marqué leur temps en laissant des traces indélébiles. Des anonymes célèbres, des créateurs d'étincelles, qui travaillent dans l'ombre, loin de "The Voice", mais qui entrerons dans les habitudes des gens par leurs découvertes et leurs inventions.
Et, j'en suis convaincu, vous pourriez, demain, être de ceux-là.
Je ne vais pas vous rappeler la dernière aventure qui est arrivée à Summly, à ce rachat par Yahoo, de ce Nick d'Aloisio quoique ce serait une bonne entrée en matière pour vous dire que la réussite est toujours possible. Oui, vous avez raison, le foot vous passionne et devenir un joueur sur le terrain, peut vous faire gagner plus de sous et vous motiver. Comment contrer cela?
Pourquoi pas commencer par l'histoire de votre portable? Vous l'utilisez pour communiquer sans plus vous rendre compte de tout ce qui l'a précédé avant d'arriver dans vos poches. Il a supplanté le téléphone fixe et révolutionné votre vie de tous les jours. A une époque encore récente, il ne méritait pas la qualification de "portable" en faisant désordre avec son antenne proéminente.
Mais vous direz, ce n'est pas de la science mais de la technologie. Et vous aurez raison. Mais, l'une est complémentaire à l'autre.
Tout va plus vite aujourd'hui que par le passé grâce à la technologie comme levier accélérateur de la Science sans que cela se ressente dans le bonheur général du monde.
Mais, passons, si vous le voulez bien, cela nous engagerait sur une mauvaise voie ou de mauvais sentiments...
Suivre l'histoire de la Science, c'est faire l'inventaire des inventions et des découvertes à travers les siècles comme l'a présenté l'émission de Arte "La fabuleuse histoire de la science" en six épisodes. Une histoire qui vous impose de revoir toutes vos convictions l'une après l'autre.
Je reprendrai les conclusions du dernier épisode:
- à notre insu, le cerveau fait de la Science.
- la Science est affaire de politique, de croyances et d'argent
- elle est motivé par le pouvoir et la passion
- les questions de demain seront façonnées par ce que nous sommes, par notre monde et nos préoccupations
Tout cela est vrai et bien résumé.
Il vous reste le choix du comment l'aborder. Des questions existentielles restent ouvertes comme "qu'est-ce l'univers?", "d'où venons-nous? et "de quelle matière est fait notre monde?" dans lesquels vous pouvez intervenir pour faire évoluer les connaissances scientifiques.
Je préviens, les connaissances perdent très vite de leur superbe et de leur caractère exceptionnel. Elles se doivent se renouveler en permanence. "Innover" est, plus que jamais, le mot clé.
Sur ARTE, une autre série d'émission intitulées "Il était une fois... les découvreurs" réalisées en dessins animés est destinée aux juniors.
La dernière présentait "Guillaume Marconi et les ondes" avec son esprit curieux qu'il avait en bricolant des fils électiques en spirale pour créer des champs électromagnétiques en se passant de fils pour communiquer.
L'histoire des communications est arrivée dans mon Smartphone et elle continue toujours à vivre sa folle aventure...
Au 19ème siècle, avec les découvertes et les lois de la thermodynamique et de l'électromagnétisme, le monde scientifique croyait qu'il connaissait toutes les lois fondamentales de la nature.
On en était loin comme vous pouvez le constater.
Sur la page de garde du Printemps des Sciences, dont les expositions viennent de s'achever à Bruxelles, il est écrit: "La Science est précieuse, fascinante, étrange…On pourrait aussi la qualifier d’inodore, incolore, insipide, mais ce serait trop réducteur. Alors, pourquoi pas: complexe, subtile, changeante, et surtout, essentielle? Ah, elle peut aussi être solide comme le roc, fluide comme le vent ou même invisible comme l’air. Banale et extraordinaire à la fois, omniprésente et rare, elle est source de vie, mais peut aussi semer terreur et effroi… On la traque sous terre pour vivre, et sur les autres Terres, juste pour le plaisir. Cosmique ou tellurique, elle est au cœur de notre existence, de notre survie, de nos loisirs, de nos peurs, de nos espoirs."
Disons que la Science se cherche en permanence, qu'elle bouge, qu'elle n'arrive jamais à satiété avec ses inventions et ses découvertes. Beaucoup de magazines de vulgarisations scientifiques en témoignent.
Si j'arrive à modéliser ces étapes dans votre esprit, à leurs donner un sens, une origine, une histoire et une fin de recevoir ou de non recevoir, je serai arrivé à mon but.
Je dis "non recevoir", parce que tout n'est pas bon à conserver et à prendre en considération. Des échecs et des déchets sont du nombre. Il y a toujours des découvertes ou des inventions qui ne tiennent pas la route dans la distance, trop dangereuses à l'usage ou en inadéquation avec le temps. L'histoire de la bombe atomique n'est qu'un des dérapages.
En résultent des bides magistraux conçus avec de gros budgets et de petites réalisations qui font, elles, un tabac.
Inventer est toujours plus flatteur que de découvrir fortuitement pour justifier les investissements avec des rendements élevés.
Le côté fortuit de la découverte reste, bizarrement, dans l’ombre et non avoué par le découvreur-inventeur qui aimerait plutôt laisser une image de longues recherches et d’un travail acharné.
La fin justifie-t-elle les moyens?
Une réponse de Normand vous suffirait-elle? Je n'en ai pas d'autres.
Vous aimez les romans à suspense. Alors, avec la science, vous en aurez.
On vous demandera de publier pour vous faire connaître et attirer l'attention sur vous. On vous demandera d'être proactif. Il faudra conserver l'humilité car avoir raison trop tôt, c'est trop émouvoir la galerie.
Ressentir l’importance du changement nécessaire fera partie de votre stratégie future, d'une intuition mêlée d'expériences.
Gardez une partie de votre savoir en réserve, pour ne pas vous le faire coiffer sur le poteau. Des inventeurs qui se sont fait voler leurs idées ne sont pas rares car la compétition fait partie du jeu.
Pour faire bouger les choses, comme acteur scientifique, il y aura le pouvoir, la passion, la rivalité et le hasard, la chance (inventions fruits du hasard). L'histoire s'écrit tout autant dans les laboratoires que sur le terrain.
Aujourd'hui, on mêle tout le melting pot, sous le seul parapluie des "Recherches et Développements". Des R&D, en abrégé. Des budgets sont alloués à la Science par le secteur public et plus souvent par le privé, mais toujours au compte-gouttes.
Pourtant, on confond souvent l'invention avec l'innovation.
Le prix Nobel de médecine en 1937, Albert Szent-Györgyi disait qu'il y a deux types de recherches.
La recherche fondamentale qu'il qualifiait de "dyonisiaque" et la recherche appliquée, définie comme "apollonienne".
Dyonisos, associé au bon vin mais aussi, à la recherche de l'inconnu, avait des visions sans en connaître la destination, soutenues uniquement par l'enthousiasme, l'imagination et la démesure.
Apollon, associé au dieu du soleil, ami avec la raison, aimait les sollicitations objectivées et récompensées.
Et si Apollon avait rendez-vous avec Dyonisos pour aller boire un coup ensemble, est-ce qu'ils continueraient à innover?
L'innovation est la transition de l'invention. Elle a besoin de sponsors pour démarrer et espère des royalties en retour. Elle est devenue chère à rechercher à décupler son potentiel. 
On n'invente plus avec seulement un point d'interrogation devant le nez. La science s'est elle-même transformée dans ses processus et se tourne vers le travail en équipe.
Les entreprises ne peuvent même plus se permettre de se limiter aux résultats de leurs propres recherches. Elles acquièrent des connaissances d'autres sociétés. Elles sous-traitent et achettent des licences, des brévets.
L'écueil de l'invention fortuite, mais trop aléatoire, est ainsi évité. Il n'y a que la standardisation qui fait défaut dans ce processus d'externalisation qui empêche d'accroitre encore plus cette tendance. 
Les relations "homme-homme" sont devenues difficiles et chères, disais-je. La machine s'est introduite dans cette relation qui n'est plus limitée au "one to one", mais au "many to many". Des relations dont on vous a parlé au cours d'informatique avec les difficultés qu'elles engendrent. S'il y a des dysfonctionnements et des erreurs, pour s'en disculper, ce sera toujours le bug informatique et la machine qui sera responsables. Ce qui est plus de neuf fois sur dix, absolument faux, mais qui évitera de chercher les erreurs humaines qui prendraient bien plus de temps.
Voilà, les questions qui importent, désormais, bien plus que la décision de passer à l'acte.
Alors, vous allez me dire, "mais qu'est-ce que je viens faire dans cette galère?". "Comme les entreprises le font, je n'ai plus qu'à acheter ce qui existe pour consommer". "Plus besoin de me farcir des années d'études".
Encore une fois, à la limite, on pourrait le croire que tout a été inventé comme au 19ème siècle. Et pourtant...
Le marketing impose toujours ses lois. Si le marketing ne donne plus le temps aux entreprises d'espérer des inventions révolutionnaires et des découvertes fortuites, il fait tourner la machine du temps et des fantasmes.
Aujourd'hui, la complexité et le temps pour "inventer", pour "découvrir" est toujours voulu plus court.
Ok, il y a l'"Open Innovation", l'"Open source" que vous devez avoir entendu parler sur Internet. Henry Chesbrough voulait mixer les connaissances par cette voie. D'après lui, il faudrait tout ouvrir pour tout le monde dans le libre, le perpétuel et le gratuit. Quand on sait que nous sommes dans un monde où tout s'achète et se vend, vous vous dites, il doit y avoir un truc.
Je ne sais si c'est à cause de ces considérations que la Science aurait moins de succès auprès de vous, jeunes, plus attirés par le rêve que par une époque de crises et de projets d'avenir que l'on vous propose au raz des pâquerettes. Mais, il faut savoir que la pénurie de jobs dans le domaine des Sciences, existe bien plus qu'ailleurs.
La recherche fondamentale est souvent sous-évaluée à cause de ses retombées aléatoires. D'accord. Tout n'est pas qu'argent pour générer le plaisir.
Soi-disant moins rentable, avec des retombées non estimables dès le départ, elle fait partie des activités scientifiques qui entrent en conflit moral avec la recherche appliquée qui se fixe des objectifs précis de rendements. Ces deux approches restent complémentaires.
La société veut toujours du nouveau. C'est ce qu'elle attend de vous.
Une véritablement lutte à mort s'est engagée en dehors de nos frontières. Les pays en voie de développement vous attendent au tournant dès que vous lâcherez prise.
Votre portable et votre PC venaient du Japon. Il vient, désormais, de Corée du Sud.
Les cerveaux seraient-ils mieux formés en Corée qu'au Japon avec une technologie mieux adaptée?
Pas vraiment. Il y a une autre loi qui intervient. Celle du prix de vente qui dépend, à son tour, du cours de la monnaie. Le won coréen est beaucoup plus faible que le yen. Ce qui explique cela.
Le progrès humain est jonché de ce genre de moments d'incongruités politiques que l’humanité est obligée d'assumer.
Je suis désolé de vous le dire, les moments de grâce seront plus discrets encore dans le futur.
Il ne faut pas sous-estimé le consommateur. Pas fou, celui-là. Il peut analyser et comparer les prix avec le rendement et les plaisirs des gadgets que les technologies lui fournissent.
Alors, il faudra le faire rêver, ce consommateur comme un maître de la simplexité pourrait le faire, puisqu'il ne se rend pas compte que l'ergonomie qui lui rend les choses simples et plus agréables, sont dans le fond très complexes.
Même si, dans vos déductions, vous avez quelques soupçons sans preuves, il faudra les vendre, les traduire en y mettant des artifices pour qu'ils soient encore "achetables" par des consommateurs blasés. D'autres, avant vous, l'ont fait avec plus ou moins de bonheur.
Vous vous souvenez de ce fameux Boson de Higgs avec les théories des molécules qui l'entouraient. Imaginez comment cela aurait été difficile de le faire connaitre sans les médias, sans le buzz qui l'entourait et sans un nom magique de "particule de dieu". Réunir la science avec la religion par l'intermédiaire des médias, quelle idée de génie !
Aujourd'hui, c'est mon rôle de vous faire rêver à votre futur entre plusieurs voies.
Une première, celle du fondamental qui offre un angle à 360° avec la liberté mais sans certitudes et sans beaucoup de sponsors. Une seconde, au canevas de recherches, fixé d’avance par la recherche appliquée. Chacune contient tellement de sous-couches différentes du savoir que vous avez un choix étonnant.
Il faut avouer que le métier de chercheur demande des dons d’ubiquité, d'intuition, d’observation, d'esprit de déduction qui sortent souvent des programmes enseignés dans les universités qui se doivent d'être informatives sans obligation d'apporter l'assurance du succès.
Les fondamentalistes ne seront pas plus intégristes avec des buts exploratoires, avant de devenir expiatoires devant un bide éventuel que les applicatifs.
L'ancien patron de GSK était sur antenne, hier. Il rappelait quelques principes en provenance du secteur pharmaceutique.
Je ne suis pas là, non plus, pour vous vanter uniquement les études supérieures.
Chacun a son mot à dire pour croiser le fer de l’invention et de la découverte.
Mardi, Thomas l'avouait qu'il ne se sentait pas être une flèche tandis que ce jeudi, il se sentait avoir de l'influence sur le gouvernement.
Thomas, dont le papa, Edgar Gunzig, vous vous rendez compte, était physicien, intéressé au vide quantique, à l'inflation cosmique et auteur de la théorie du bootstrap, une théorie explicative de l'origine de l'univers. Ce serait, vraiment, jouer au fils à papa, avec un parfum de népotisme, que d'en ajouter une autre couche avec les mêmes accents, les mêmes notes, via son fils. Soyons pluralistes, que diable...
L'autodidacte, aussi, peut avoir des envies de crier "Eureka" dans son bain ou ailleurs, sans avoir suivi des études très poussées.
Passer à côté de la plaque de l'histoire manquerait toujours de panache et de goûts d’aventure quand on a quelques moyens innés, manuels ou intellectuels.
Devenir "créateur d'étincelles", cela demande bien plus qu'une vague rumeur de l'histoire, qu'une entrée en religion et la fougue, personne ne vous forcera à l'avoir.
Les Sciences, en vitesse de croisière? Peut-être...
Crises structurelles? Un mauvais moment à passer?
"Cogito ergo sum", disait Descartes.
Cette maxime, au moins, est toujours vraie.
Rappelez-vous que les Sciences peuvent être autre chose qu'austères. Elles peuvent être très amusantes comme le sont les histoires de Sherlock Holmes.
Voilà ce que je voulais vous dire, aujourd'hui.
Une vieille blague, pour finir, me vient en mémoire. Un peu rafistolée pour l'occasion, elle pourrait se dérouler ainsi:
Trois inventeurs dialoguent au salon des inventions de Bruxelles.
Le premier, un américain dit:
- J'ai fait partie du projet Google glass. Avec ces lunettes, il est possible de communiquer avec le monde entier.
Le second, japonnais dit:
- J'ai fait partie de l'équipe qui a développé les nouveaux robots. Ils permettent d'aller voir de plus près les réacteurs de la centrale de Fukushima. Nous les contrôlons à distance. Cela n'est pas par la télépathie. Ils ont beaucoup de latitude dans leurs actions pour décider de la marge de manoeuvre sans interventions des hommes.
C'est alors qu'on entend un bruit sourd qui provient de l'inventeur belge. Tous deux se retournent vers lui.
Le Belge, un peu honteux, dit, avec un esprit inventif:
- Ne vous en faites pas. C'est mon hologramme téléporté à New York. Je lui avais envoyé un message. Il vient de me renvoyer un accusé de réception sur mon vieux fax.
(Rires des étudiants)
Je ne vous dis pas, mais, la morale de cette histoire pourrait bien être que si vous ne parvenez pas à faire passer vos inventions dans le public par les médias habituels, vous avez toujours la possibilité d'utiliser, en plus, l'ouïe ou l'odorat pour le faire.
Mais vous pouvez le considérer comme un poisson d'avril avant l'heure...
(Rires et applaudissements)
L'enfoiré,
Citations:
- "Une pensée ? Un aspect de la vérité qui étincelle", Nicolae Iorga
- "Les grands embrasements naissent de petites étincelles.", Cardinal de Richelieu
- "Qui a peur des étincelles ne devient pas forgeron", Proverbe allemand
08:15 Publié dans Ecole, Histoire, Nature et Ecologie, Parodie et humour, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : histoire
22/03/2013
Pour l'amour de l'eau
... le titre d'une émission sur ARTE de 2008. Un film qui appelait à résister à la raréfaction de l'eau contre le pillage des sociétés dans un soucis écologique. 22 mars 2013, nouvelle journée mondiale de l'eau. Une autre émission sur RTL-TVI: "L'eau: source de vie". Puis, c'est à peu près tout dans la presse.
Passer "Au fil de l'eau", c'est souvent passer de l'opulence à la pénurie.
RTL-TVI sautait allègrement du thermalisme de Spa à la création d'un puit de forage à Kinshasa. L'image que cela peut donner de passer du nirvana à un travail de récupération de l'eau de forcat. (revoir)
S'il ne manque pas d'eau à Kinshasa, c'est l'eau potable qui fait défaut, même sans curistes qui se payent du thermoludisme. Boire de l'eau polluée, c'est le choléra qui prend la relève. Boire de l'eau du robinet ou en bouteille, un geste tellement simple, qu'on en oublie toutes les précautions qu'il faut prendre pour obtenir la qualité de l'eau.
Une tout autre histoire d'amour...
Les pays riches parviennent à résoudre leur pénurie en déssalant l'eau de mer et ensuite, la rendant potable. Solution qui se fait payer très chers.
Lutter contre la sécheresse en faisant pleuvoir dans le désert, l'idée peut paraître aussi folle que simpliste.
En 2006, un projet pour faire pleuvoir dans le désert du Néguev, coordonné par l'Université libre de Bruxelles (ULB) et financé par Israël, avait été envisagé. Comme des sourciers, pour faire pleuvoir, deux rabbins étaient montés en mongolfière pour unir leurs prières.
J'ai cherché, rien de nouveau sous le soleil, plus rien n'en est dit du projet sur Internet... Le désert du Néguev est resté un désert.
Le projet avait, pourtant, mobilisé un budget de 60 à 100 millions d'euros et se basait sur le vieux principe des "îles de chaleur", recouverte de panneaux solaires et une condensation par la vapeur d'eau en provenance de beaux cumulus que le vent se chargerait de pousser jusqu'aux zones les plus arides.
A Las Vegas, en plein désert, l'eau semble couler à flots continus. Et pourtant...
Cependant, l'eau douce fait chuter le pourcentage en dessous de 3% et à moins de 1% pour l'eau potable.
Huit enfants par secondes meurent dans le monde par manque d'eau potable, disait Ricardo Petrella. L'OMS estime que plus de cinq millions de personnes meurent chaque année pour avoir absorbé une eau non potable. Un luxe, cet or bleu !
L'eau est le principal constituant des êtres vivants et l'élément indispensable à toute forme de vie.
L'eau représente la troisième industrie mondiale après le pétrole et l'électricité, mais son caractère vital et sa raréfaction accélérée vont en faire, à court terme, la première ressource essentielle et, par là, un potentiel de profits pour certains.
La corruption favorise même le gaspillage des ressources en eau pour faire monter les prix. La construction de barrages, de canaux et de réseaux de canalisations sont les plus touchés par cette corruption liés aux grands projets.
L'aide internationale contribue à cette situation quand une véritable gestion de l'eau n'est pas présente.
Intolérable le prix à payer quand on pense que cette eau est un don de la terre, mais qui est mal distribuée sur celle-ci.
Fin 2011, après 3 ans d'enquête, l'eau ne permet pas de lutter contre la déshydratation est il annoncé. L'UE dictait, alors, un nouveau texte de loi qui interdisait aux industriels de faire figurer cette assertion sur les bouteilles d'eau minérale ou d'eau de source. "Boire de l’eau pour prévenir la déshydratation ne peut pas être un argument de vente", concluait l'étude.
Miser sur l'or bleu est un enjeu majeur du XXIe siècle disait Jean-Claude Périvier, rédacteur de Défis & Profits. Bonne source d'informations dont je remercie les auteurs.
La disponibilité de l'eau, un des plus grands défis auquel l'humanité doit et devra faire face. Il va bien falloir que les pays s'entendent pour la gérer, à moins de s'engager sur la voie des conflits. Les échéances sont proches et le statu quo n'est pas tenable.
L'OCDE exhorte à réformer la gestion de l'eau, car selon un récent rapport, 3,9 milliards d'hommes (environ 40% de la population mondiale) vivront dans des zones soumises à un stress hydrique important d'ici 2050.
D'après la Banque mondiale, l'utilisation de l'eau a augmenté deux fois plus vite que la population mondiale au cours des 50 dernières années, et la Banque calcule que la demande en eau devrait doubler tous les 21 ans.
Naturellement, assainir l'eau, il faut s'en réjouir sur le plan humanitaire par les vies préservées, les maladies évitées, l'hygiène et le confort pour davantage de gens et une production agricole plus efficace.
Mais, le développement de nombreux pays émergents (ou sur le point de le devenir), accentue la pression sur la demande en eau en créant plus de pollution, menaçant la disponibilité d'eau de bonne qualité.
Beaucoup de pays sont déjà touchés par le stress hydrique, de manière plus ou moins forte hors des pays en voie de développement. La Grande-Bretagne fait l'expérience d'un déficit pluvieux; la France voit souvent ses nappes phréatiques dangereusement basses. Ce n'est évidemment rien à côté de ce qui se passe en Afrique...
Une situation que la pollution ne fait que dégrader et qui est encore aggravée par des infrastructures insuffisantes ou défectueuses. L'eau pourrait bien être considérée à court terme comme une ressource non renouvelable pour satisfaire la demande.
Le marché de l'eau est un marché de services de 500 milliards de dollars par an. En croissance annuelle de 5 à 7%, il suit les cycles économiques d'après la banque PICTET qui a un fonds sur l'eau très performant. C'est de plus en plus le secteur privé qui prend la relève sur un marché initialement détenu et géré par des entités publiques.
Les retombées bonnes ou mauvaises arrivent en cascades:
- l'eau gratuite est progressivement abandonnée. Le principe du "tout le monde paie" est communément admis. Le prix de l'eau est ajusté plutôt sur sa valeur que sur son coût.
- l'eau est considérée comme une matière première finie. Sa réutilisation assure la pérennité des ressources (récupération des eaux pluviales, séparation des eaux usées, passage de l'assainissement au traitement des eaux usées, recyclage...) avec des réseaux intelligents mis en oeuvre dans les pays émergents.
- Via des partenariats public-privé, le secteur privé devient un acteur en progression, passant de 13% de parts de marché au niveau mondial à 21%.
- récupération de la chaleur, l'utilisation des boues d'épuration comme source d'énergie (biogaz), le traitement des eaux pour la récupération de métaux et de minéraux.
- En alternative au chlore, la sécurité de l'eau et la santé publique, assurée par les UV, l'ozone et d'autres procédés d'oxydation.
- des politiques gouvernementales en faveur de la préservation de l'eau avec des lois et directives. Aux États-Unis, comme "Safe Drinking Water Act", "Clean Water Act". En Europe, "Directive Cadre sur l'eau", remplacement des tuyauteries en plomb, traitement des eaux usées urbaines. En Chine, 12e Plan à cinq ans sur les ressources en eau et l'irrigation, objectifs prioritaires sur le traitement des eaux usées.
- etc....
Les infrastructures liées à l'eau ont un besoin de 1.000 milliards de dollars par an d'investissement.
Si on prend les investissements dans l'énergie, les transports rails/routes, les ports et aéroports, l'eau absorbera 66% des investissements en Amérique du Sud, 57% en Asie, 56% en Amérique du Nord et 49% en Europe et en Afrique.
Sur 25 ans, cela représente 15,9 trillions de dollars en Asie, 9,2 trillions en Europe, 7,5 trillions en Amérique latine, et seulement 1,1 trillion en Afrique.
Les frais et les hausses de prix sont influencés par l'irrigation, le traitement des eaux usées, le stockage, la production d'hydroélectricité, l'eau en bouteille qui vise à l'amélioration de la qualité de l'eau potable du côté humain, pour les pays riches. Palier la sécheresse des terrains pour les autres. La mousson dans les pays tropicaux est, tout à la fois, un bien et un mal pour les récoltes. Les grands barrages ont généré autant de problèmes qu'ils en ont résolus.
Il faut 1.000 litres pour obtenir un kilo d'oranges, 5.000 litres pour produire un kilo de riz, un bovin consomme environ 400.000 litres d'eau dans sa vie entière !
Une grande partie de l'eau utilisée n'est pas "consommée" et retourne sous terre d'une manière ou d'une autre dans un cycle à système fermé.
Elle est contaminée, quand elle a été utilisée par l'agriculture, l'industrie ou les usages domestiques.
80% des grands fleuves chinois sont tellement pollués que les poissons n'y vivent plus. Le Yang Tse est quotidiennement pollué par les sorties d'égouts et 40 tonnes de déchets industriels. Le fleuve Jaune est dans un tel état qu'il n'est même plus utilisé pour l'irrigation.
La pollution de l'eau la plus visible au quotidien est de nature industrielle, domestiques, mais il faut y ajouter les pollutions naturelles comme les sédiments, les substances nutritives de la végétation.
La protection de l'environnement et le développement durable passent par le traitement préventif de la pollution, à travers la gestion des déchets de notre société de consommation.
Le S&V de juillet 2012 parlait du réchauffement climatique en retraçant les étapes qui se sont suivies entre -20.000 et -10.000 ans pendant laquelle la Terre se réchauffait.
La corrélation entre le CO2 et le réchauffement était une nouvelle fois confirmée ou infirmés par les climatosceptiques à chercher qui a fait quoi. Une nouvelle histoire de la poule et de l'oeuf que les astro-climatologues cherchent à expliquer en comparant avec la Terre avec d'autres planètes.
Le CO2, dégagé par les océans, réchauffe l'atmosphère et l'atmosphère réchauffée suit de près l'augmentation de CO2 comme thermostat.
Le mystère, c'est pourquoi cela s'est déclenché lors de la dernière déglaciation qui n'était pas un moment qui avait subit un maximum de changements. La différence avec aujourd'hui, c'est la rapidité du processus. En trois siècles, 30 % de plus en CO2 que lors de la dernière déglaciation.
Entre une molécule de CO2 et de H2O, un atome de différence, mais qui a tellement d'importance pour la vie.
Coca-Cola qui avait racheté Chaudfonfaine à Interbrew, a investi 60 millions d'euros depuis dix ans pour préserver son or bleu. La société a bien récupéré l'investissement, d'ailleurs. 160 millions de litres d'eau de Chaudfonfaine par an sortent de l'usine. Une eau filtrée pendant 60 ans avant de remonter à 37°C. De la géothermie qui refroidit à 15°C pour embouteiller l'eau. Chaleur qui permet, grâce à un système d'Intelligence Artificielle, à organiser les puits de captation. L'OMS utilise cette eau comme référence pour étalonner les autres sources.
Hier, 21 mars, c'était la journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale.
Un prétexte, une prémonition? Un problème qui parait bien maigrelet face aux problèmes que pose l'eau et sa distribution dans le monde. Il avait pourtant généré un débat.
La rareté de l'eau vient dans le prétoire comme un avocat du diable avec la discrimination que fait subir la nature, à la population du monde. Il aurait à défendre la raison de la sécheresse, d'un côté et le trop plein, de l'autre. Une prêche dans le désert...
L'économie mondiale est en crise. La tenue de la consommation soutient la croissance mondiale. Les gouvernements redoutent comme la peste une baisse de la consommation et encouragent des taux d'intérêt aussi bas que possible pour que leurs citoyens consomment, même au prix de l'endettement.
Dès le XIIe siècle, aller à val ou à vau voulait dire "en descendant le long, en suivant la pente de", un vau étant une vallée. Au moins jusqu’au milieu du XVIe, cette locution, utilisée entre autres par Rabelais, avait le sens très concret de "suivre le fil de l’eau" comme "Aller à vau-l'eau" pour désigner une entreprise qui fonctionne mal.
C'est loin d'être le cas pour une entreprise dont l'activité "baigne dans l'eau", aujourd'hui.
L'eau est, aussi, un thème qui coule de source pour l'investisseur avisé qui y voit une croissance continue sans faire autant de bruit que le font les différentes sortes d'énergies.
Les revenus, autour de l'eau, sont moins sensibles à la détérioration de la conjoncture économique et les investissements sont considérés traditionnellement dans le secteur "défensif". Belle défense, vu les quatre années de "performances durables". Signe des temps, le gouvernement chinois a planifié 450 milliards de dollars sur l'eau et ses dérivés.
Préserver la qualité de l'eau équivaut au thème majeur de la survie de l'espèce humaine, indépendamment de ce problème racial ou financier.
- Allô, Martiens, ici la Terre...
- ...
- Chez vous, y en a-t-il encore de cet "or bleu"? Faites le nous savoir, que vous êtes bleus, rouges, verts, blancs ou noirs. Quelques gouttes suffiraient pour nous rassurer....
L'enfoiré,
Pour finir, des photos de la situation des eaux dans le monde suite aux changements climatiques
Citations:
- « Chacun dirige l’eau vers son moulin. », Proverbe corse
- « L’eau renversée est difficile à rattraper. », Proverbe chinois
- « La goutte d'eau qui fait déborder le vase ferait mieux d'éteindre l'étincelle qui met le feu aux poudres », Laurent Baffy
08:20 Publié dans Actualité, Economie, Nature et Ecologie, Santé et bien être, Shopping | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
19/01/2013
L'hiver, chez moi, c'est quoi?
Un billet en passant, la réponse du berger à la bergère... Vendredi, Laurence Bibot sortait son café serré. Elle cherchait ce dont elle allait parlé avec l'humour parmi certaines options de l'actualité. Elle choisit le froid et l'hiver qui s'est abattu sur nous ces derniers temps. Elle détournait l'attention avec notre Monsieur Météo, Denis Colard qui se bercerait d'illusions à Punta Cana.
Punta Cana, je connais. Pas besoin de me faire un dessin.
Une connaissance en revenait récemment.
Une occasion de me faire revenir des souvenirs à la pelle sur cette île des Caraïbes.
D'une époque pendant laquelle, Joaquin Balaguer se faisait réélire et que ses partisants se reconnaissaient par des jeux de signes. Démocratique. Oui, bien sûr. A part, peut-être, que le futur président était presque aveugle à 90 ans et qu'il était là après un précédent mandat communément appelé les douze années".
Mais, le touriste ne s'intéresse pas à ces choses-là, évidemment. Il constate s'il y est présent.
Sur place, au moment du retour, nous avons même eu droit à une "rawette" en plus de deux jours, parce que vous ne savez pas, même si la presse en avait parlé, mais notre avion avait eu quelques petits problèmes.
"Sketé", qu'il était. On n'a jamais su pourquoi. Petits problèmes qui nous ont mis en "stand-by" pendant deux jours.
A plaindre les voyageurs suivants qui attendaient à Bruxelles de partir, bien sûr. Ce qui ne veut pas dire que ce furent deux jours de réelles vacances sur place à Punta Cana, avec les bagages qu'il fallait transbahuter d’hôtel en hôtel.
Vraiment spotché, stressé, qu'on était.
Puis, les photos ne permettent pas de se rappeler des moments de gueulardes à tournicoter dans les aéroports en attendant que cela puisse décoller ce putain d'avion et que l'avion-sauveur d'"Air Outremer" qu'on avait dégoté en dernière minute, ne nous transporte pas jusqu'en enfer.
Punta Cana, c'est pas mal pour quelques jours.
Il parait d'après des informations très fraiches (bizarre, ce mot n'est pas à utiliser par ici, tandis que là-bas...), c'est la pluie le matin et le soleil l'après-midi. Oui, je sais, tout est en "All inclusive".
De plus, à voir toujours des palmiers, je dois dire que, pour moi, cela a manqué de variétés... même quand un arbre se penche sur l'eau pour donner la photo souvenir ultra-classique. Peut-être un souvenir d'un jour de "hurricane".
N'avez-vous jamais remarqué que c'est dans ce genre de pays de rêves, ceux que l'on dit 'exotiques', que les catastrophes du côté nature sont monnaies courantes?
Alors, pour les photos exotiques, vaut mieux garder l'appareil numéric sous le manteau. Peu importe la couleur du manteau, du moment qu'il reste impérméable.
Lors des vacances, l'aventure, c'est l'aventure, dit-on en ces moments-là. On en rigole encore... enfin, presque.
Mais, que voulez-vous, on se refait pas. On s'habitue vite à nos chênes, nos saules pleureurs, nos chataignés, nos arbres dont on oublie jusqu'à leurs origines, tellement elles sont nombreuses.
Cela dit et rappelé, revenons à nos moutons. A notre neige blanche qui ne reste blanche, en ville, que l'espace d'un matin.
Les promenades avec un manteau blanc en région liégeoise dépassent, peut-être, celles de Bruxelles pour François Debrigode. Mais les bruxelloises valent aussi le déplacement.
Oui, vous avez raison, chère Laurence, parler de l'hiver est un lieu commun et Punta Cana fait rêver en cette période d'hiver. En cette saison, là bas, cela doit faire tout drôle de voir, encore, un Père Noël tout enmmitouflé sous un soleil de plomb accroché à une fenêtre.
Et puis, vous êtes, apparement, frileuse, chère Laurence. Et, il ne faut pas vous servir, évidemment, une douche écossaise pour vous remettre de vos émotions qui vous gèlent jusqu'aux os.
Vous oubliez, chère Laurence, que le froid, ça conserve sans même jouer à l'Hibernatus. Pour s'en convaincre, ouvrez votre frigo.
Oui, ça gerce un peu sur les extrémités et dans les coins, mais rien ne vous empêche de garder la mini-jupe sous la mantille.
Oui, la neige, c'est souvent pour les enfants que cela passe mieux et pas quand on doit prendre la voiture pour aller au bureau et se retrouver dans les files en attendant que le sel jeté sur les voies par les épandages fasse son effet.
Le soleil, cela donne des rides, aussi, dirait le dermato.
Vous n'êtes pas comme cette dame, qui en redemandait de cette neige et de ce froid, avec un sourire jusque derrière les oreilles et que Debrigode présentait dans un reportage. D'accord...
Inciter à la méditation, les promenades sous la neige? Ouais... Méditons... Retournons sur nos pas, aussi...
Ce qui frappe en premier pour un citadin, c'est le silence. Tout est feutré par la neige.
Quand vous marchez dans la neige, que cela vous craque sous les pieds, cela ne vous donne pas une émotion de laisser une trace derrière vous? Des traces de nous, des traces qui tracent notre passé tant que le froid reste de la partie.
Vous avez raison, cette dame mettait un peu trop d'ardeur à faire fondre la neige, même sans soleil. Mais tout de même...
Passer de la peste au choléra, dites-vous. Ni l'une ni l'autre ne semblaient pas du parcours de cette dame sous son bandeau cachant ses oreilles.
Aucune bonne raison à ce qu'il fasse très froid?, dites-vous.
Ben, allez au Québec, en Russie, en Chine, et vous verrez, chère Laurence, ce que veut dire "très froid".
Mon pays, ce n'est pas l'hiver, comme le chanterait le québecois, Gilles Vigneault. Enfin, cela dépend de quelques nuages que nous envoient nos voisins.
S'arrêter à zéro degré?, imaginez-vous.
Je suppose que ce n'est pas en Fahrenheit? Là cela vous réchaufferait immédiatement. Ce zéro en Celcius, c'est 32°F au compteur. Justement ce que vous aimeriez voir transposer en Celsius.
Comme les artisans de la thermolactyl y vont pour nous troubler l'esprit. La "Dame Art", que j'écris ainsi parce qu'il m'est interdit de faire de la publicité, devrait vous aider à faire passer les affres de la froidure.
"Un bête temps", dites-vous, encore.
Pas si bièsse que ça, notre Gulfstream qui s'occupe activement à nous préserver un climat tempéré.
Un froid sec et piquant, je peux vous assurer que c'est plus facile à supporter qu'avec le blizzard en plus.
De plus, si un jour, vous allez dans les pays chauds, comme en Egypte par exemple, je ne vous souhaite pas, de vous retrouver, en plein soleil, sous les vents du Khamsin. Je peux vous en parler, j'ai prié de retrouver la pluie et le froid lors de cette rencontre inappropriée d'un troisième type avec le sable qui me frappait la peau, de partout.
Quant au Mexique, Cuba et les autres, cela n'avait plus rien à voir, non vraiment plus rien à voir avec des films d'Antoine quand le ciel tombe sur la tête.
Puis, ayons une pensée émue pour les Australiens qui cuisent actuellement.
Enfin, au sujet de Denis Colard, en cherchant un peu, je suis tombé sur ce versificateur qui semblait avoir une dent contre lui.
Alors, je vais vous montrer, preuves à l'appui, que l'on peut voyager dans le froid pour pas cher. En témoigne...
Les photos que j'ai ramenées de ces derniers jours de promenades près de chez moi et auxquelles vous ne prêtez, peut-être, plus attention.
Pas sûr qu'elle vous réchaufferont. Mais quand on fait taire l'épiderme, cela devient plus intérieur.
Une sélection de chansons pour affronter les flocons, peut-être?
Ou, alors, vraiment, en photos, un bout de chemin de l'autre côté du miroir dans le Nord de l'île de la République Dominicaine mais pas de Punta Cana...
Ce billet, paradisiaque ou parodisiaque?
A vous de choisir, chère Laurence.
L'enfoiré,
Citations:
- « Il faut toujours un hiver pour bercer un printemps. », Anonyme
- « La gaieté, la santé changent l'hiver en été. », Antoine Désaugiers
- « L’eau bouillante est-elle moins bouillante en hiver qu’en été ? », Pierre Dac
- « Le Canada a deux saisons, l'hiver et le mois de juillet. », Robert Hollier
- « L’hiver ne jetez pas vos vêtements légers, l’été ne jetez pas vos fourrures. », Proverbe chinois
- « Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort ! », Arthur Rimbaud
- « J’ai besoin de l’hiver. Car pendant que la nature se repose, l’esprit, lui, peut entrer en ébullition. », Jan Sverak
22 janvier: Un débat de société, un vrai, qui s'invite dans la presse. Lancer une boule de neige, est-ce une incivilité?
C'est le Soir qui, ce mardi, ose poser la question sur une demi page. L'hiver, le froid, la neige.... voilà de quoi assurer des promenades vivifiantes et des jeux qui donnent le rouge aux joues. Mais parfois, les choses tournent un peu moins bien. Exemple, ce lundi, où un taxi bruxellois a été pris pour cible par un groupe d'élèves. Le chauffeur est sorti de son véhicule et de ses gonds et il a copieusement rossé un des assaillants. Conclusion du Soir, la neige n'adoucit pas les moeurs.
Voilà qui nous amène à notre débat... En Flandre, on ne badine pas avec les boules et certains - du coup - ont inscrit "le délit de lancer de boule" dans l'arsenal de leurs sanctions administratives. Lichtervelde, Wingene, Malle et Leuw-Saint-Pierre ont modifié leur règlement général de police. Mieux, à Termonde, c'est 120€ la boule. Ca fait cher le cornet...
07:55 Publié dans Actualité, Belgique, Jeux et plaisirs, Nature et Ecologie, Parodie et humour | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
23/08/2012
Wépion, la fraise dans le nez
La grande saison des fraises s'achèvent. Vous aimiez les fraises. Alors, pourquoi pas une visite aux portes de Namur avec la promenade le long de la Meuse comme complément indispensable pour tout connaître sur elles?
Nous étions le 24 juillet. Ce jour-là, c'était une première vaguellette de chaleur perdue au milieu de journées de pluies, mais encore bien loin des dernières canicules que l'on vient de connaître.
Ce fut un retour à Wépion.
Wépion, même pas une ville, même plus une commune de Namur, mais une cité résidentielle.
Wiki en dit: "Une section de la ville belge de Namur située en Région wallonne dans la province de Namur. Commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. D'une commune rurale avant la Seconde Guerre mondiale, Wépion est devenue une cité résidentielle. Wépion est célèbre pour la qualité des fraises qui sont mises en vente durant la saison de ce fruit. Le marché de la Fraise de Wépion s'est surtout développé dans l'entre deux guerres et fut à son apogée dans les années 1960, quasiment chaque famille cultivait de la fraise. À cette époque, la criée de Wépion expédiait des fraises jusqu'à Rungis en France. De nos jours, l'activité s'est fortement professionalisée et l'on y commercialise, par la criée, des fraises de mai à août. Justine Henin vécut un temps à Wépion, en bord de Meuse, avant de s'installer dans la principauté de Monaco.".
Wépion mérite le détour après la visite de Namur. Après quelques kilomètres, c'est à pieds ou à vélo que le spectacle commence. Un chemin de halage, sur le côté ouest de la Meuse, des promeneurs et des bicyclettes s'y croisent. Une île. Des tours de prestige jouxtent beaucoup de maisons de résidences secondaires d'une époque révolue mais que l'on essaye de conserver avec l'atmosphère de l'époque.
Habitées, à la belle époque, par des concierges, qui attendaient les nouveaux riches de Namur et des environs, elles sont devenues des résidences de propriétaires permanents. Parfois des chercheurs de bonnes affaires à réaliser se cherchent leur avenir sur les affiches "A vendre" ou "A louer" que l'on peut encore y rencontrer.
Comme la Meuse déborde régulièrement, ces villas mosanes étaient surélevées pour se prémunir au mieux contre les inondations.
Puis, caché derrière un chemin étroit, il y a le "Musée de la Fraise" qui m'était toujours passé inaperçu et qui raconte l'histoire de la fraise.
Au départ, Wépion était une sorte de Confrérie de Renards, dont on fêtait le vingtième anniversaire le 31 aout 1995.
Catholiques, les habitants se virent envahis par des protestants et ils ne trouvèrent pas cela d'un très bon oeil.
Le sol est limoneux et riche en fer. L'humus de la forêt primaire en provenance de "La Marlogne" est le théâtre de la Légende de l'Aumonière. Le sol est aussi propice au houblon et ... à la fraise.
Celle-ci demande du soleil et de l'eau sur les coteaux exposés à l'est et une altitude entre 85 et 225 mètres pour ne pas être inquiétée par les eaux tumultueuses de la Meuse en crue.
Les petites gens cultivaient des fraises des bois en petites quantités. Mais des commerçants voulèrent en faire un commerce plus lucratif avec une taxe à la production.
En 1709, une certaine Marie Werotte refuse de payer la dîme des fraises cultivées dans son jardin entre les fosses de houblons.
Cinq ans plus tard, 1714, un espion anglais ou français, on ne sait plus très bien, le Capitaine Frazer ou "Frezier", qui ramène, à Marseille, quelques plants de fraises, les "Blanches du Chili". Il espère pouvoir exploiter le filon de fraises.
Il rate son coup, car il n'a rapporté que des plants mâles. Les abeilles ne vont pas pouvoir féconder les générations suivantes sans quelques plants femelles.
Son histoire racontée sur Wiki vaut le coup d'oeil: "Débarqué le 17 août 1714 à Marseille du navire marchand à bord duquel il avait fait le voyage de retour, en pestant contre les marchands malouins qui avaient abandonné le bateau marseillais près du Horn parce qu'il avait cassé une vergue et ne pouvait aller aussi vite qu'eux. Pour les remercier de la ration d'eau supplémentaire qui lui avait été accordée quotidiennement, Frézier fit cadeau de deux plants de fraisier chilien aux frères Bruny, les armateurs (ou offerts à M. Roux de Valbonne, l'officier du bord chargé des réserves en eau), puis il en offrit un à Lepelletier de Souzy, remit un pied entre les mains d' Antoine de Jussieu, au Jardin Royal à Paris, avant de transiter à Brest. Il garda le dernier pied planté dans son jardin de Plougastel et qui se multiplia par croisement spontané avec l'aide du botaniste Antoine Duchesne et une espèce rapportée en Europe: Fragaria virginiana. Moins parfumée que les fraises des bois européennes, il écrit : « On y cultive des campagnes entières d'une espèce de fraisier différent du nôtre par les feuilles plus arrondies, plus charnues et fort velues. Ses fruits sont ordinairement gros comme une noix, et quelquefois comme un œuf de poule. Ils sont d'un rouge blanchâtre et un peu moins délicats au goût que nos fraises des bois ». Le nom de Frézier, une coïncidence extraordinaire par sa déformation du mot fraise? Cela s'expliquerait par le fait que Julius de Berry, un de ses ancêtres, avait servi un plat de fraises des bois au roi Charles III le Simple à la fin d'un banquet à Anvers en 916, roi qui le remercia en l'anoblissant, lui donna le nom de 'Fraise', qui fut déformé en Frazer après émigration de la famille en Angleterre puis en Frézier, après que la famille fut revenue faire souche en Savoie".
Pour la fraise et Wépion, tout resta en l'état jusqu'à la compréhension du problème.
C'est en 1880, les premiers plans bisexués, les "Marguerite Lebreton"' y sont plantés.
Et c'est le boum.
La crise de 1929 va perpétrer la disette et il faut trouver des débouchés pour s'en sortir. La culture de la fraise vient à l'esprit.
En 1933, premier marché de fraises organisés en coopératives.
Mais, dès 1970, c'est la chute. Les ventes stagnent.
Cela restera artisanal jusque dans les années 1980 vaille que vaille.
Heureusement, la culture de la fraise remonte tout doucement la pente dans les années 1990, en changeant la cadence. Puisque de 300 ha, on tombe à 30 ha, ce ne sera plus la quantité mais la qualité qui va sauver l'exploitation des fraises. Il faut devenir plus professionnel et, surtout, donner ses lettres de noblesses à ces fraises, la faire reconnaitre partout en Belgique et ailleurs, pour contrer les rivaux des Pays-Bas.
Le label "Fraise de Wépion" est créé.
Les règles à respecter se résument dans la localisation géographique, la culture en pleine terre, la cueillette limitée à la période de maturité et le respect du côté écologique en limitant l'utilisation de pesticides après que la fleur soit apparue.
La fraise est très fragile. Cachée derrière des plastiques, elle doit être arrosée, se cueillir à la main, une par une. La maturité s'étend de juillet à août. Donc, une période relativement courte.
De plus, la crillée se déroule à l'endroit de la production dans des circuits courts. La fraise doit être consommée le plus rapidement possible, pour être parfaite et garder toute sa fraîcheur. Des points qui expliquent son prix.
Une devinette, qui m'avait été posée?
Qu'est ce qui est en haut, vert en bas et a des milliers d'yeux?
La fraise diététique, pardi. Je n'étais pas sûr d'avoir compris la finte au départ.
Après la visite du musée de la fraise, il restait à se promener le long de la Meuse. Deux à trois kilomètres, jusqu'au barrage sur la Meuse. Les villas, les jeux sur l'eau allaient aussi faire partie du spectacle wépionnais avec les bateaux de plaisances, le ski nautique. En face, les escalades sur les rochers attirent les regards.
Alors, si, un jour, vous passez par là. N'hésitez pas à visiter le Musée, étudiez, un peu avant, ce qu'on en dit des fraises que le guide complètera et vous découvrirez peut-être, aussi, que s'il a des fraises dans le nez, il n'en a surtout pas sur le nez. Comme la saison de la cueillette s'achève, il restera les tartes à la fraise, la glace à la fraise, les confitures à la fraise et comme dernier baroud d'honneur, la liqueur à la fraise.
La Belgique, 10ème producteur de fraises dans le monde, avec 1%. Les États-Unis se taillent la part du lion.
Une première visite virtuelle au site du guide du Musée de la Fraise.
Quant à Plougastel, il faudra un jour que j'aille voir l'autre musée de la fraise.
Mais, comme tout se termine par des images.
L'enfoiré,
Citations:
- « Je ne puis pas plus te montrer un papillon dans une chenille, qu’une fraise dans sa fleur : il faut que le soleil ait mûri l’un et l’autre. », Bernardin de Saint-Pierre
- « A la Pentecôte, fraises on goûte. A la Trinité, fraises au panier. », Dicton français
- « On ne peut pas manger des fraises à l’année. », Proverbe québécois
- « Fraise: fruit que l'on souhaite sucrer le plus tard possible », Laurent Baffie
08:10 Publié dans Actualité, Histoire, Nature et Ecologie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01/05/2012
La cerisaie au printemps et à Toots' Suite
Premier mai, jour du muguet porte-bonheur. En plus, c'est la fête dutravail. Je n'ai pas souvent écrit de billet en hommage à quelqu'un de célèbre. Je l'ai fait pour Bourvil. Dimanche dernier deux événements en opposition. La mort d'Eric Charden, après une longue maladie, alors qu'on l'avait vu chanter encore avec son épouse, Stone, le dimanche d'avant, à Vivement Dimanche chez Drucker. Donc, un premier hommage. Puis, un autre, le même jour, un anniversaire, celui des 90 ans de Toots Thielmans, ce ketje de Bruxelles, né dans les Marolles à la rue Haute et qui, avec son harmonica, a joué avec tout le monde. Hommage à la vie, au renouveau, donc, que cette promenade à laquelle je vous invite aujourd'hui.
Une cerisaie, c'est un endroit où l'on plante des cerisiers. Chercher le mot sur Wikipedia, on apprend que c'est un parc lyonnais. une pièce de théâtre de Tchekhov.
J'ignorais tout cela.
A Bruxelles, plus confidentiel, plus intimiste, il y a un quartier très spécifique où fleurissent, au printemps, les cerisiers du Japon.
Nous sommes, donc, au printemps depuis plus d'un mois déjà. Tout renait, oui, mais on croit que tout va être beau et chaud. Cette fois, on s'étonne que la saison ne soit pas aussi belle que la référence de l'année 2011. Cette année-là, l'été, avait devancé le printemps et réservé les pluies, les giboulées, les tempêtes et les catastrophes pour l'été.
Pendant ce mois d'avril, les températures ont été en dessous des normales saisonnières. Vingt jours de pluies. On commençait à prier pour que le soleil revienne sans qu'il soit suivi par des averses.
Je connais le dicton, "en avril, ne te découvre pas d'un fil, mais en mai, fais ce qu'il te plait", mais il ne faut pas trop pousser la chansonnette sans réfléchir.
Changer de braquet, voilà ce qui s'imposait. Oublier les crises et tout le reste. Faire du tourisme en local avec des yeux neufs... à vélo et changer les sujets et la forme d'écriture.
C'était, ce jour-là, le 22 avril. La France monopolisait les esprits avec le premier tour des élections présidentielles. A Bruxelles, les électeurs potentiels français avaient, nombreux, retrouvé les urnes au Heysel.
Du côté climat, je vous le disais, il fallait faire contre mauvaise fortune, bon cœur. Un bataillon de nuages se dépêchaient d'être les premiers pour nous tomber dessus, dans un ciel mi-figue, mi raisin avec une température qui plafonnait, péniblement, à du 8°C.
J'ai enfourché mon vélo. Des averses étaient prévues. Quand il pleut, le vélo, je n'en fais pas volontiers. Mais, prenons des risques.
Un plan précis: voir où en était la floraison des cerisiers de Watermael-Boitsfort. Cela faisait quelques temps depuis ma dernière visite. La bien nommée "Cité-Jardin des Logis et Floréal" attire pour l'occasion beaucoup plus que d'habitude, de visiteurs et de photographes, de peintres en herbes.
Plantons le décor, avant de continuer:
"Les premiers logements sociaux belges virent le jour après les grèves de 1886. La révolution bolchévique suscita un regain d'intérêt pour le logement à bon marché après la grande guerre. L'architecture moderniste nait avec l'art deco. Ces cités jardins datent de la période 1922-1949, conçues par les architectes Eggerickx et Van der Swaelmen. Le non remboursement des dommages de guerre allemands obligea les promoteurs à modifier leur projet. Ce sont deux cités-jardins, côte à côte, probablement les plus connues et les plus importantes de par leur étendue et leur qualité. Inspirées des réalisations de style cottage anglais et de cités sociales néerlandaises. Elles sont aujourd’hui classées et ont servi à plusieurs reprises de décor pour le cinéma. Les Cerisiers du Japon bordent toutes les voiries.
Le Logis, au total, 726 maisons unifamiliales, sur 32 ha, sur le site dit des "Trois Tilleuls". Des boiseries de couleur verte et des rues portant des noms d'animaux.
Floréal, au total, 350 maisons unifamiliales, sur 17 ha, construites à l’initiative d’un premier noyau d’ouvriers typographes du journal "Le Peuple". Des boiseries peintes en jaune et des rues qui portent des noms de fleurs. La végétation tient un rôle important et un labyrinthe de chemins piétons serpente entre les jardins plantés d'arbres fruitiers. Le terrain au relief plus marqué que celui du Logis offre un plan plus pittoresque épousant les courbes de niveau.".
Oui, vous avez bien lu dans la description de Watermael-Boitsfort, c'est la commune la plus prospère de Bruxelles, avec son revenu annuel moyen par habitant de 15.541 € (en 2005), le plus élevé de la Région de Bruxelles-Capitale. Et vous avez aussi lu qu'au départ, cette cité jardin était réservée aux ouvriers du journal du peuple. Ceci démontre le paradoxe de Bruxelles. Une ville riche et pauvre à la fois, tout dépend du quartier, de la parcelle de terrain dont on parle.
En chemin je ne sais pourquoi, j'avais entamé la chanson "Les cerisiers sont blancs" de Gilbert Bécaud. La chanson me revenait à l'esprit sans même réfléchir. Non, ils n'étaient pas blancs, les "Prunus serrulata" dit "cerisiers du Japon". Ils étaient toujours bien roses.
Devant moi, pour y aller, la montée, bien forte, se dessine, dure. Un restaurant indien, "La rive du Gange", à ses pieds. Des souvenirs de près de trente ans me reviennent. Je l'avais fréquenté très souvent, alors qu'il avait une cuisine bien française. Une fois, arrivé au sommet, aux "Trois Tilleuls", on arrive à l'altitude 100. Replantés, trois jeunes tilleuls, encore bien chétifs, avaient pris la place des anciens, probablement trop usés par le temps et la polution. Une plaque, don de la Chambre de Commerce belgo-japonaise, dit "Au 18ème siècle, cet emplacement servit de point de repère et de signal géodésique au lieutenant-général comte, de Ferrarris chargé de dresser la carte des Pays-Bas".
Ce comte n'avait, manifestement, pas dû monter à vélo mais, à cheval, sans se fatiguer.
Sinon, tout le reste était identique à mes souvenirs, toujours en couleurs avec des maisons aux boiseries bien peintes en vert au Logis ou en jaune, à Floréal, mais toutes deux, cerclées de noir.
Et ensuite, ce fut le Temps des Cerises qui me vint à l'esprit. Une chanson triste, dont les paroles furent écrites en 1866 et dédiée par l'auteur à une infirmière morte. Non, ce n'est pas la version chantée par Yves Montand qui me venait dans la mémoire, mais celle jouée à l'harmonica par un véritable ketje de Bruxelles, Toots Thilemans qui a fêté ses 90 ans le 29 avril.
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !
Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles...
Cerises d'amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang...
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant !
Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d'amour,
Évitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour...
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour !
J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !
Et dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saurait jamais calmer ma douleur...
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !
Une invitation au karaoké, puisque sans paroles dans cette version à l'harmonica. 
Une histoire longue comme le bras, que celle de Toots Thielmans. Et un album de souvenirs musicaux à la pelle.
J'aime les gens qui restent simples malgré leur célébrité. Toots n'a jamais renié ni oublié son origine avec son accent du terroir, c'est déjà bon signe.
Mais, après le karaoke, nous ne sommes pas là pour pleurer, pour parler uniquement avec le cœur, ni pour reconstruire l'histoire, même si l'envie de la changer est parfois bien présente pour calmer les douleurs de crises qui s'éternisent. Il s'agit de reprendre la bicyclette.
Au retour de cette promenade, ce fut la "drache" avec des grelons. Je n'eus que le temps de m'écarter de mon chemin, en me réfugiant, sous une aubette de tram et attendre que cela passe. Un climat tempéré qu'ils disaient de notre pays!
Après cette dédicasse, il me reste à écouter quelques vieux morceaux.
Toots serait donc un harmoniciste. L'harmonica a une origine assez floue, est il remarqué. Le Larousse lui donne une origine pour le moins bizarre (mot angl., du lat.).
N'est-il pas, surtout, le symbole de l'harmonie, du gr. harmonia, assemblage)?
C'est ce que fait exactement Toots qui assemble tous les autres instruments sous sa direction.
Bonne fête du travail, du muguet à tous et à Toots's Suite.
Et ensuite, pour vous et pour moi, restent les images de la promenade.
Les mots, comme les images, nous font fantasmer, nous trahissent ou dépassent souvent nos pensées, mais ils ont l'avantage de ne pas voir le temps passer, alors qu'ils ne sont que le reflet d'un instantanné.
L'enfoiré,
Citations:
- « Les auteurs de recueils de citations sont comme ces gens qui mangent des cerises, qui commencent par les meilleures et qui finissent par les manger toutes. », Chamfort
- « La vie est une cerise La mort est un noyau L'amour un cerisier. », Jacques Prévert
- « Il faut cueillir les cerises avec la queue. J'avais déjà du mal avec la main ! », Coluche
07:20 Publié dans Actualité, Belgique, Loisirs, Nature et Ecologie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
03/11/2011
Arboretum automnal, tout en douceur
Ce billet est dédié à Pierre, mon ami québécois. Il m'a fait rêver avec ses belles photos de sa Belle Province sous les couleurs d'automne. Je lui apportais récemment un peu des nôtres avec le Rouge-Cloître, qu'il a eu la gentillesse d'intégrer parmi ses propres billets. Samedi, 29 octobre, chasse aux images. Réédition, le 1er novembre. Il fallait faire fort pour rivaliser avec les photos de Pierre. Voici, un autre coin de la forêt de Soignes: l'Arboretum.
A son sujet, il avait été dit, sur un très beau site, que je conseillais de consulter:
Un des joyaux de la couronne verte. Ce lieu n’est pas inconnu du grand public, mais il existe peu d’information ou de documentation disponible à son sujet. L'auteur tente modestement de combler ce vide. Le site web n’a rien d’officiel et ne dépend d’aucune institution publique particulière. Indépendance qui permet d’en faire un site multilingue, à l’image du caractère national de l’Arboretum, aux portes de la capitale de l'Europe.
L’aménagement de l’Arboretum géographique de Tervuren a commencé en 1902, sous l’égide de Charles BOMMER, conservateur au Jardin Botanique National de Meise, et professeur à l’Université Libre de Bruxelles.
L’Arboretum se situe dans le Bois des Capucins, une ancienne chênaie (dont certains arbres sont toujours là), prolongement nord-est de la Forêt de Soignes (quant à elle, essentiellement peuplée de hêtres).
L’Arboretum couvre une superficie d’environ 100 hectares, et compte 460 espèces d’arbres différentes les plus typiques de la zone climatique tempérée de l’hémisphère Nord (305 feuillus et 155 conifères). L’altitude varie entre 80 et 115m au-dessus du niveau de la mer. La température moyenne est de 9,7°C, et la pluviosité moyenne est de 780mm par an.
Un site d'un amoureux de la nature, comme je les aime n'est plus disponible (The site has been suspended). Alors, faute de grives, il faudra manger des merles...
Ce samedi matin, 18°C au thermomètre et un ciel plombé sous une couverture nuageuse dans le Zoniënwoud de Tervuren. Si le soleil donne l'éclat, il n'adoucit pas les couleurs. Une chance pour les photos, me dis-je.
L'Arboretum est un excellent endroit pour un jogging en forêt, aussi. En ce qui me concerne, un jogging avec arrêts fréquents et pas au pas de course avec le seul regard essoufflé, dirigé vers la seule ligne d'arrivée.
Chaque coin de l'Arboretum cache ses spécialités d'arbres. Ce n'est pas vraiment un jardin botanique, malgré ce qu'en dit Wikipedia. Situé entre Tervuren et le village flamand de Jesus-Eik, dont le nom flamand est traduit, par Notre-Dame-Au-Bois. Beaucoup de villas à l'orée du bois.
Nous sommes en région flamande, et pourtant, on entend toutes les langues sur les chemins.
Le spectacle de la nature est là. Dans les chemins, des promeneurs avec leur chien, des joggeurs qui poussent leurs forces dans leurs derniers retranchements jusqu'à l'extase.
Lors d'une autre escapade, j'avais été tenté par le lyrisme de circonstance pour un autre automne. Je l'avais pris en zwanze, une autre fois. Pour finir même par l'espérer.
Cette fois, je me devais de me confronter à l’automne québecois, sans chercher la compétition, presque perdu d'avance d'après ce qu'on en dit. Peu importe, l'esprit d'aventure me guidait.
Derrière moi, sur un chemin, le bruit de pas qui brassent les feuilles sur le sol et des voix. Un chien qui s’époumone. Je prenais des notes. It's in english.
- You are already on my notes, leur dis-je, les attendant.
Sourires partagés. Un brin de causette s'engage. Tous sont manifestement contents de se retrouver là.
- It's a paradise. Every trees of the world are there, ajoutais-je avant qu'ils ne s'éloignent.
Sortons des chemins battus. Cette fois, seul. Pas de jeux d'ombres grâce à l'absence du soleil. Un silence qui permet d'entendre sa respiration. Des feuilles rejoignent leurs copines sur le sol, dans leur dernier voyage.
Non, je mens. Plus loin, un groupe, entraîné par un garde champêtre qui explique à des citadins, avec de multiples détails, ce qu'il faut y voir. Eux, ils photographient les buissons, les arbres, probablement, de peur de les oublier plus tard.
Je ne suis pas un fana des contre-plongés photographiques, mais, je m'en donne à cœur joie.
C'était aussi la journée du trentième anniversaire de la disparition de Georges Brassens.
Il fallait, donc, que je trouve quelque chose de Brassens. Presque instinctivement, j'ai chanté "Auprès de mon arbre".
En rentrant, il me fallait mieux. Je chercherai et trouverai une autre, bien moins connue et plus de circonstance:
Le Coeur à L'automne
Quand la musique entra chez moi - que nul ne s'étonne -
J'avais, ça. m'arrive parfois, le coeur à l'automne.
Mi-joie et moitié plainte.
Je lui ai dit: "Le temps est fou,
Le vent du dehors vous chiffonne.
Étendez-vous donc sur mon magnétophone
Et reposez-vous.
Je n'avais ouï de longtemps musique pareille.
Je n'en croyais en l'écoutant mes grandes oreilles.
Elle me dit: "J'ai quitté mon maître,
Un saut par la fenêtre.
Il me gardait depuis cinq ans
En me promettant des paroles.
J'étais nue et nue ça n'est pas toujours drôle.
J'ai foutu le camp."
Moi qui suis un peu parolier, jugez de l'aubaine.
"Je peux, dis-je, vous habiller. Oubliez vos peines.
Je sais les mors faits pour vous plaire
Et j'ai deux dictionnaires."
Elle répondit: "Va pour l'essai.
Vous me paraissez brave type.
Lui aussi l'était, mais il fumait la pipe,
Ça me faisait tousser,"
Et la mélodie envolée d'une autre guitare,
Avec mes mots s'est installée dans mon répertoire.
Et bien que je sois sans moustaches,
A moi elle s'attache.
Et les soirs où je me sens vieux,
Alors ça va mieux.
Journées de veille de Toussaint. Pour ces jours du souvenir, je n'allais pas vous replonger dans les habituels "Points morts" des années précédentes. Il faut, parfois, faire la place à autre chose de plus vivant, de sortir des crises en thème et de tous les stress tests.
Danika, une petite philippine, était choisie symboliquement comme la 7 milliardième habitante de notre planète, ce weekend.
Il faut apprendre à s'effacer plus facilement de la mémoire des vivants, de manière moins dispendieuse, comme dirait mon ami québécois.
Les vivants prennent, de plus en plus, la clé des champs lors des congés de la Toussaint. Pas moins de 100.000 candidats au soleil d’Égypte, de Tunisie, des Canaries pour ce week-end de pré-Toussaint. Un record d'affluence dans les aéroports belges. Une envie de voir ce qu'il en est advenu après les révolutions? Je n'oserais pas le crier trop fort. Plus par peur d'un lendemain qui déchante et comme dernier baroud d'honneur avant le déluge de l'hiver.
Il faut ajouter que plusieurs météorologues néerlandais, britanniques et allemands s’accordent à dire que l’hiver que nous allons connaître allait être particulièrement rude. Un hiver de la mort, était-il dit sans honte des mots. Cela a fait sourire notre Monsieur Météo local qui lui, ne travaille pas avec une boule de cristal.
Des saisons plus marquées, moins tempérées comme de l'autre côté de l'Atlantique? Un Gulfstream qui nous aurait oublié?
Non, un weekend doux, sec avec une heure de sommeil en plus. La semaine suivante, rien de changé, toujours de la douceur.
Samedi soir, la télé montrait, au contraire, qu'une tempête inattendue de neige avait fait des morts et 2 millions de personnes sans électricité aux États-Unis. J'ai tremblé pour Pierre, lui qui n'aime pas trop les froidures de l'hiver.
Cela me rappelle un mois de mai, dans les grands espaces de l'Ouest américain. Un transit entre Phénix, avec une températude de 40°C et une escapade dans la neige au Séquoia Park qui suivait.
Contraste saisissant, aussi, entre mon petit pays avec une population concentrée sur peu d'espaces et la rencontre obligatoire avec une ville ou un village à seulement quelques kilomètres de distance l'un de l'autre.
Le 31 octobre, on fête Halloween au Québec.
Hallo Wim, dirait-on plutôt, par ici, avec un accent flamand plus guttural.
Je le croyais du moins. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer cette sorcière d'Halloween, perdue dans cette nature de l'Arboretum. Elle voulait rester incognito, mais à force de persévérance, elle a accepté de sourire pour se faire photographier. Je vous réserve la photo dans le lien en fin de billet.
A chacun sa manière de voir et d'exorciser ses peurs. Petits ou grands.
Le matin du 1er novembre, coïncidence, ma radio, LaPremiere, parlait du Québec avec emphase dans son "Journal de l'évasion". On y décrivait le Mont Tremblant, le Massif de Charlevoix... avec de nombreuses précisions. Là, je croyais avoir entendu le nom de notre ville belge "Charleroi" avant de comprendre qu'il s'agissait d'une station de ski, avec une vue imprenable sur le Saint Laurent. A donner envie.
Reparti pour une nouvelle chasse aux images au même endroit. Le soleil était revenu, avec un peu de brume. Qui sait, peut-être, y trouverais-je une cabane à glace et du sirop d'érable dont on parlait, au matin. Si, je n'en trouve pas, il me faudra les goûter, un jour, à Montréal. Ne brûlons pas les étapes.
Pierre aime les chansons ce jeudi. Moi, aussi.
Florent Pagny terminait sa nouvelle chanson avec une certaine ambition:
Moi je veux tout et son contraire
Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton coeur
Je veux être ici et là bas
Dans tes penser et dans tes bras
Je veux être ici et ailleurs
Au bout du monde et dans ton coeur
Je veux être ici et là bas
Traverser le fleuve avec toi
Toi, tu es tout et mon contraire
Mon paradis et mon enfer
Mon oxygène, mon courant d'air
La petite princesse et son grand frère
et son grand frère
Mon âme soeur, mon adversaire
Dans ma folie, ma passagère
Mon amour mon un seul exemplaire.
Rien n'est ordinaire en un seul exemplaire pour celui qui reste conscient des beautés de la nature et cela n'importe où.
De toutes manières, ce sera à consommer sans modération et Pierre n'en dira rien.
Je le connais, il aime partager... :-)
J'ignore si je suis arrivé à donner l'illusion d'un été indien avec mes photos de ces jours-là entre "Sol y Sombra".
L'enfoiré,
Citations:
- "A l'automne des saisons, ce sont les feuilles qui meurent. A l'automne de la vie, ce sont nos souvenirs.",Flor Des Dunes
- "Le bonheur, c'est quand le temps s'arrête.",Gilbert Cesbron
- "Rêver, c'est le bonheur ; attendre, c'est la vie.",Victor Hugo
08:20 Publié dans Actualité, Belgique, Nature et Ecologie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08/07/2011
Tout touristiquement vôtre
Ça y est. Les vacances sont là et la réalisation des rêves de la plupart d'entre nous. Nous allons voir ressortir les "toutouristes" de leurs cocons. L'anatomie de nos envies de vacances" s'accompagne d'une offre importante.
"Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage", chantait Brassens. Reynaldo Hahn ne serait pas connu sans l'opérette Ciboulette et l'air célèbre "Nous avons fait un beau voyage".
"Voyage", du latin "viaticum", l'argent pour le voyage. Le mot "touriste" est d’origine anglaise «tourist», contraction anglaise du terme «tour-ist», signifiant étymologiquement «Voyage circulaire».
C'est clair, cela représente quelques choses, ces vacances en boucle. Dépaysement, aventures, exotisme, tout est bon pour sortir des habitudes de ses "pratiquants", de faire un break, de se ressourcer, d'oublier les problèmes.
"Pourquoi partons-nous en voyage?", j'en avais parlé. Qu'en est-il des offres et du choix de ses "fans" parmi elles?
Il y a bien les petites vacances de Noël ou de Pâques, mais ce sont les grandes vacances estivales qui correspondent aux vacances scolaires et à la fermeture des entreprises du bâtiment qui imposent leurs lois. Le vacancier grégaire y trouve son compte avec ses semblables sur son lieu de vacances. Tout se rentabilise mieux en "tirs groupés". Mais, quand on aime, on ne compte pas.
Oublier les soucis, le stress, le travail et tout le reste et, qui sait, faire ressentir son absence à ceux qui restent, ce n'est pas aussi simple. Sur les routes, dans les aéroports, vu les embouteillages monstres, ce n'est plus, du tout, le même tabac. On ne fait d'omelettes sans casser d’œufs. Qui fournit les œufs? Qui mange les omelettes?
La course folle vers un idéal imaginaire, c'est pas gagné d'avance. Le Salon des Vacances, en janvier, l'agence de voyage, n'ont pas tout dit.
Le voyageur en charter et en low-cost, vont se résoudre à devenir un voyageur de masse, parfois encore plus stressé que dans la vie normale. Fini les salamalecs avant la signature des contrats que l'on rencontrait encore entre les années 50 et 70, lors des premiers voyages en avion. Se conformer aux règles de sécurité, absorber ces flux de voyageurs entre autres, vont énerver tout le monde. S'en suivent crises de nerfs, mécontentements, plaintes, expéditions risquées et ratées. L'aventure, ce n'est plus de l'aventure. C'est devenu du masochisme.
Le choix des vacances se fait encore souvent sur un coup de tête après une visite sur Internet, en fonction, d'une impression, d'une envie, de rééditer la bonne expérience de l'année précédente... 
En début d'année, l’Égypte, la Tunisie ont été portés sur la liste noire, suite aux troubles politiques. Flute, je pensais justement y aller... Sur quoi se rabattre en échange? Si on retournait à ce petit hôtel de l'année passée?
Depuis, cela semble se calmer, les prix sont au plancher pour faire revenir le "troupeau" et la manne financière. Flute, j'aurais pas dû les écouter....
ll y a le ciel, le soleil et la mer...
Avoir les doigts de pieds en éventail et, à la limite, une occasion de repousser ses limites dans une aventure qui, on l'espère, aura un lendemain. Si, en plus, on revient avec quelques couleurs de bonne mine, cela prouvera à chacun que l'idée était bonne.
La couleur de la peau, le bronzage, en dit long sur le besoin de vie en plein air. Il y a bien longtemps que la peau blanche, blafarde, était un symbole de classe. La couleur café n'est plus le symbole du va-nu-pieds qui travaille la terre sous le soleil. Ouvriers et employés travaillent désormais à l'intérieur et veulent avoir une peau hâlée comme témoignage de "luxe" et partisan du farniente. En plus, vivre à l'extérieur diminue le déficit en vitamine D. Si la santé s'y met aussi... Alors, tout nu, tout bronzé, comme le chantait Carlos? Peut-être, si la protection solaire le permet, elle, qui a des indices avec des tendances à grimper arithmétiquement alors que le prix, lui, monte exponentiellement.
Jean-Jacques Rousseau prouvait sa foi en la nature, face à l'humain. Franz Shubert écrivait des lieders, dédiées à la promenade. Faire entrer la nature extérieure à l'intérieur, est devenu une préoccupation pour se sentir bien chez soi. La vie spirituelle de Henry-David Thoreau au milieu des bois du Massachussetts demeure une source d'inspiration pour se concentrer sur des choses simples, sans artifices. La recherche du mythe d'un paradis à sa porte, c'est par elle que l'écologie est née.
Kevin Rushby dans son livre "Le paradis" avait trouvé des adeptes du mouvement hippie, dans certaines sectes, appelées adamites, jusqu'à partir à Katmandou.
Les offres, destinées aux touristes, comprennent le patrimoine culturel du pays visité, les vestiges historiques, les musées et ses paysages naturels.
Tout est catégorisé, étoilé dans les guides touristiques en fonction de ces visons avec des endroits dignes d'intérêts ou endroits de villégiatures, départs vers les premiers. Les spectacles, les activités sportives, les fêtes s'ajoutent à l'attraction. La place Tahrir au Caire a pris, tout à coup, une valeur touristique dans les menus. "Dégourdir" ou "secouer" les esprits.
Le "tourisme du chagrin" doit pouvoir aider à se sentir plus heureux sur le chemin de retour. La visite des camps de concentration s'accompagne d'une volonté didactique. Le réalisme apporte les réflexions en direct.
Les vestiges historiques, plus statiques, demandent plus de volontés à s'impliquer. Les vieilles pierres de l'histoire, n'intéressent pas tout le monde.
Robert Lamoureux, dans un de ses très vieux sketchs, disait: "J'ai vu Rome, c'est fort abimé.". Il a raison et tort, selon l'angle avec lequel on s'attache.
Le touriste s'est mis entre parenthèses dans des dérivatifs. L'émotion reste plus simple à digérer hors des habitudes de la vie de tous les jours. Il visite pour s'informer, pour rentabiliser son voyage, naturellement, culturellement ou pour se donner une meilleure conscience, avec le sensationnalisme comme incitant.
Fabricants de souvenirs, les guides suivent les programmes rituels et font passer un mélange de réalités et d'images, sans y réussir dans la durée. Mais, tout le monde se doit d'être content. Ils se doivent de créer l'envie de faire revenir à cette manne financière. Besoin de rencontres, de contacts privilégiés, concrétiser des rencontres fortuites? Pas sûr. C'est les vacances.
Je lisais récemment: "Nos vacances doivent changer. Crise comprise, on n’a jamais pris autant de vacances que cette décennie. Ça ne devrait pas changer. Le «produit» vacances n’est pas comme les autres. Il relève du droit des consommateurs mais il comprend une grande part de services. Car le vacancier est aussi, souvent, en plus, un passager aérien et un «déplacé» soumis aux droits internationaux.". Clarifier les responsabilités de chaque acteur de l'opération de voyager fait partie des obligations de chacun.
Plus d'égalités dans les compensations en cas de non respect contractuel du voyagiste, tout cela est bien beau, mais on oublie qu'il y a un 3ème élément qui n'est pas tenu compte: les hôtes dans les pays visités. Ils n'ont pas souvent eu droit à la parole, face aux besoins économiques impératifs dans les pays hôtes.
"Vacances autrement", oui, mais...
Jouer les anthropologues, les découvreurs, les chercheurs de vérités, les amateurs d'exotismes dans des endroits arides, parfois lointains, reste, vu certains risques, l'exception. Cette approche de redécouverte de la "Terra incognita" ne fait pas oublier les réalités, les risques. Devenir otage dans une région à risque n'est pas réservé qu'aux seuls journalistes.
Cacher les problèmes litigieux locaux est devenu la manière d'échapper à des vérités moins enchanteresses pour certains pays qui ont le tourisme comme sources principales de revenus. Les confinements dans des ghettos touristiques se sont, dès lors, organisés. Parqués dans des zones qui leur sont attribuées, ne permettra aucun contact avec la vie réelle vécue sur place. La solution "save" est réservée à celui qui reste à son hôtel, dans le calme et la volupté, sans embrouilles. Il n'aura rien à raconter, rien à montrer d'autres que les photos de famille devant la piscine. Le paradis ou l'enfer, il n'en a rien à cirer. Il pourra dire RAS au retour. A y réfléchir, ne vaut-il pas mieux admirer la mer, le ciel, la campagne, car, là, au moins il n'y laissera aucune responsabilité, ni contre indication? Et, clic, et, claque pour le reste.
Les formules "all-inclusive" ont confirmé cette vision. 
C'est un désir de partir, peut-être, sans peur, sans reproches, et recréer, ailleurs, son propre mode de vie. Partir en voyage, tout en se croyant à domicile, c'est le "pied". Cela veut dire que ces voyageurs n'espèrent pas trop en l'exotisme et qu'ils veulent, au contraire, le confort et la sécurité avec, au pire, quelques écarts de langage ou de gestes.
Les pays, dit touristiques, vont s'y atteler. Les plats servis ignoreront des plats traditionaux et deviendront internationaux pour la bonne cause. Services maximaux dans l'enceinte de l’hôtel et contacts minimaux avec l'extérieur et la population locale. Les aménagements hôteliers au bord de la plage sont clôturés et ne permettent l’accès de la plage qu’aux seuls clients de l’hôtel avec des clôtures pour cadenasser le tout. Retrouver une forme physique et mentale et revenir en forme pour affronter à nouveau le travail quotidien.
Puis, il y a les autres, ceux qui ont la bougeotte, qui ne sont pas forcément lié aux moyens financiers, même si cela peut y contribuer. Etat d'esprit totalement aux antipodes.
Cette vision reste néanmoins l'apanage des gens qui ont des envies relayées par une instruction plus développée. Ils ont une volonté de faire renaitre les voyages de reconnaissances exploratoires de territoires, missionnaire comme avant le tourisme moderne.
Le tourisme de loisir est apparu au 19ème siècle comme activité réservée à une classe sociale «privilégiées». Elle se référait à une mise en valeur de leur richesse personnelle avec un certain colonialisme sous-jacent. Voyages à caractère pédagogique imposés aux jeunes aristocrates anglais, pour les amener à faire le grand tour pour découvrir le monde pour des vues économiques.
Attention, au retour, cela peut devenir une occasion de se gargariser la gorge auprès des collègues, en disant à ceux qui veulent l'entendre: "J'ai été en Chine, j'ai vu la Grande Muraille, ensuite, j'ai pris l'avion pour Hong-Kong pour les achats. Pays magnifique. Venez voir mes photos. Celle-ci c'est moi devant la Grande Muraille". Pas mieux, quoi...
La nature des clients impose aussi ses lois. Si le touriste se rend compte qu'Antoine dans ses voyages, a loupé quelques scènes au passage dans ses films de voyages trop merveilleux pour être vrai, il aura fait un pas de plus et gagné un peu plus d'expériences.
On vient de fêter le 75ème anniversaire du début des congés payés.
Depuis, les jeunes ont une envie pour eux-mêmes, plus avide encore de connaître le monde que par le passé.
Acquis social, les vacances restent très variable en nombres de jours de pays à pays. Pour le Japonais, ce sont, en moyenne, 8 jours par an, 14 jours pour un Américain, tandis qu'un Français se prélassera en vacances, pendant 34 jours en ne comptant même pas les récupérations, les ponts, les jours de RTT. La croissance de la classe moyenne, la force du socialisme et des syndicats se reflètent souvent dans ce nombre de jours de vacances.
Pour les Japonais, le tourisme était une occasion de sortir les nouveaux appareils photos numériques. Les Chinois commencent leur programme de relaxation. Une semaine de congé au nouvel an et une autre pour la fête nationale. Pour les plus fortunés, ce sera Hainan et Yalong Bay, pour les autres une promenade en groupe et en car.
"Et clic à gauche, et reclic à droite..." à la sortie du car, pour ramener du souvenir en boîte de conserve.
Aujourd’hui, le tourisme est un fait social global. Celui qui en a les moyens, part en vacances et celui qui reste chez lui, est quelque part, victime d’une certaine forme d’exclusion sociale.
La société de consommation et des loisirs permet, avec son nouvel essor, de consommer du "voyage" et d'écouler le trop plein de production. Tout avait été conçu pour que le tourisme de masse devienne une véritable industrie.
Les chocs de civilisations, les rencontres de mondes à plusieurs vitesses vont ainsi créer des envies et des conflits avec ceux qui ne pourront jamais s'offrir les voyages de leurs hôtes catégorisés comme "capitalistes". 
L’Organisation Mondiale du Tourisme définit le tourisme comme « l’ensemble des activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans des lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs non liés à une activité rémunérée dans le lieu visité ».
Cette définition ne montre pas l’importance de la rencontre des personnes entre le voyageur et le touriste.
Selon Boris Martin, le voyageur se distingue du touriste par l’hospitalité gratuite dans les lieux visités sans réciprocité affichée dans l’immédiat.
Pour l’autochtone, la volonté est (ou était) ailleurs. Le voyageur est une occasion d'approcher ceux qui viennent d'ailleurs et qu'ils retrouvaient sur leurs écrans de télévision, relayés par les chaines de télés.
Pour les pays en voie de développement, le tourisme reste une activité hors de portée et illusoire. Leurs résidents n’ont d’autres rôles que d’accueillir les visiteurs. Résidents, ils se voient exclus de l’accès à leurs propres ressources touristiques.
Le tourisme est un secteur fort de l’économie étant donné sa capacité à résister aux crises. Des périodes de flottement ont eu lieu. L'après 2001 a été une période creuse. En 2010, le tourisme international voulait reprendre sa vitesse de croisière avec la croissance après crise économique de 2008/2009. Ce fut le volcan islandais qui en décida autrement et a enrayé la belle machine du tourisme. En 2011, la croissance devrait atteindre 3,2%.
Sur les dix dernières années, le secteur du tourisme a cru de 4,4 % en moyenne par an et représente 9,2 % des emplois de la planète.
La France, l'Espagne, la Grèce, la Turquie, le Portugal attirent toujours le plus de touristes belges. Véritable exode Nord-Sud.
La croissance du tourisme reste forte, même si les salaires des classes moyennes ne suivent pas et que les vacances coûtent plus chers.
Le tourisme est un phénomène ambigu. Facteur de développement et de maintien dans le sous-développement et moteur générateur d’emplois et de richesse, c’est un catalyseur des dynamiques économiques mondiales comme organisateur des territoires et comme source de financement pour la conservation de la biodiversité et des patrimoines culturels et immatériels. Élément essentiel pour la conservation des monuments historiques, des sites archéologiques, des bâtiments anciens et des monuments à valeur religieuse ou culturelle dont les fonds peuvent servir à la rénovation des bâtiments, à encore plus d'infrastructures touristiques et hôtelières.
Sensibiliser les visiteurs sur sa situation réelle vis-à-vis de ses hôtes. Contribuer à l’éducation du touriste qui apprend les modes de vie et lui permettre de mieux comprendre ce qu'il est par rapport à ses hôtes grâce à l’ouverture du dialogue, c'est une manière positive de parler "tourisme".
Occuper les emplois à plein temps n'est pas garanti toute l'année. Apercevoir la discrimination professionnelle aboutissant à des postes généralement peu qualifiés et rémunérés, tandis que les salaires les plus élevés sont réservés aux managers étrangers. Voir l’augmentation des prix des produits locaux qui subissent la pression de la demande étrangère avec un pouvoir d’achat élevé les rendant inaccessibles pour les habitants locaux. Voilà les parts négatives, plus grises, plus responsable du processus.
Comme toutes activités humaines, le tourisme émet sa part de pollution sur terre, dans les airs et sur l’eau par ses nuisances sonores, ses déchets, ses produits pétroliers et résidus chimiques, sa pollution esthétique ou architecturale par tonnes de détritus omniprésents et l'invasion des côtes par les hôtels. Quand c'est concentré sur une période courte de l'année, le problème devient plus ardu.
Les milieux les plus attractifs pour le tourisme, sont aussi les milieux très riches en biodiversité et les plus sensibles à ces impacts. Les effets du tourisme sur l’environnement naturel, les effets socioculturels du tourisme, livré à lui-même, sont tenaces.
La folklorisation des rituels traditionnels ethniques ou religieux, des cérémonies coutumières et des festivals occasionnent des pertes d’authenticité des peuples et l'incompréhension, voir les intolérances, qui dégradent les échanges.
On essaye de définir ce qu'est un tourisme dit éthique pour éviter les nouveaux «sauvages» et les «ennemis potentiels».
Les touristes partis chantait Jean Ferrat, dépité par ces touristes qu'il n'appréciait pas.
En concurrence, deux formes de tourisme:
Le tourisme social prône un tourisme pour tous en évitant toute discrimination. Son objectif est de développer l’accès aux vacances d’un plus grand nombre de personnes en ne s’inquiétant pas trop des dégâts collatéraux, dus à la sècheresse environnante. L’eau douce est la ressource naturelle la plus critique dans l’activité touristique. Consommée en abondance par les hôtels pour les piscines, les pelouses, les terrains de golf et l’usage des clients en période estivale. L'exemple de Benidorm, sacrifiée au tourisme, suit cette débauche de moyens pour tous les groupes de la population, jeunes, familles et retraités, aux revenus modestes et aux personnes à capacité physique restreinte. Les opérateurs recherchent l’augmentation du volume de touristes pour se permettre de baisser les coûts de revient et offrir des voyages bon marché. Les invendus se retrouvent dans les "last minutes" avec des rabais proposés. Combler les trous, à tous prix, quitte à éroder les ressources. L'été reste, dans ces conditions, meurtrier pour la nature.
La voie du moindre impact, le tourisme alternatif tient compte que tous ces revers du tourisme de masse. Long processus qui ne trouve comme frein que son prix plus élevé. Il repose sur une logique des produits touristiques destinés à de petits groupes. L’implication des populations locales, encadrée mais aussi rémunérée doit assurer équitablement les retombées financières.
Tourisme communautaire, intégré, participatif, solidaire, équitable, écotourisme avec un développement durable sont d'autres manières de l'appeler.
Dans le rapport de Brundtland, le développement durable est défini comme celui qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
La formation des communautés locales est indispensable pour assurer une offre du tourisme alternatif de qualité. Cette formation va de l’accueil, à la gestion en passant par la planification et le marketing.
Un désir d’introspection, de libération grâce à une certaine forme de connaissance, peut déboucher sur une transformation intérieure parfois inspiratrice d’un activisme social.
Alors, le tourisme de masse, un échec?
Il a, surtout, entraîné une perte de confiance et une incompréhension, généralisées. Il subit les inconvénients de ses avantages. Il est le seul qu'une majorité de "faux capitalistes", pourra s'offrir. Il n'apporte que la suite logique à croire que tout est gratuit comme le concept Internet semble le donner.
Rien n'est gratuit et surtout pas la gestion du tourisme et des voyages. C'est là, le problème.
La standardisation a dû réaliser des économies d’échelle et, pour cela, aboutir à une offre de produits très similaires sur tous les établissements à travers le monde. Le Club Med sort progressivement de cette optique de "camps de vacances" pour se tourner vers plus de luxe. Nouvelle stratégie qu'il faudra contrôler...
On s'adaptera partout et toujours, au client. Le tourisme de masse s’adresse aux touristes qui ont envie de s’éclater et de se défouler, ce sont les plus nombreux et les plus rentables, mais les moins lucides.
Transports, hébergements, restaurations, animations, offerts à des prix compétitifs, forfaitaires, imposent des coûts de production moindres à tous les niveaux de la chaîne, mais entrainent des victimes dans leur sillage chez les prestataires de ces services qui doivent se conformer aux exigences des opérateurs à moins de se voir évincés par la concurrence.
Le "low-cost" comme Ryanair est passé maitre dans le consommé rapide qui ne trouve son répondant que dans la réduction des coûts, mais c'est aux dépends des conditions de travail des employés et des compagnies, censés produire les services plus réguliers. 
Il ne faut pas rêver, il n'y a pas de solutions miracles, idéales, générales ni en matière touristique, ni culturelle.
Bruxelles me donne souvent l'impression de voyager sans me déplacer. Alors, il faut "choser", essayer de trouver les liens, les avantages des différences rencontrer. Seule une pensée systémique et complexe peuvent s'apprécier au cas par cas, lieu par lieu de part et d'autres.
Les règles du tourisme ne sont alors plus tellement différentes de la vie que l'on voudrait chez soi.
Insolite Home, est-ce pour ne pas mourir touriste idiot?
Julien Blanc-Gras vient de sortir un livre qui met tout le monde d'accord dans un absolutisme "Touristique". Un fou du voyage, donc?
"On est toujours le touriste de quelqu'un".
"Obsédé par les cartes, le narrateur décide de visiter tous les pays du globe.
Des favelas colombiennes aux hôtels clubs tunisiens, en passant par les karaokés du Yang-tsé-Kiang, les villages oubliés du Mozambique, les vagues polynésiennes, les plateaux de Bollywood, le tumulte du Proche-Orient et même par la Suisse, ce promeneur globalisé nous guide à travers l’inépuisable diversité des mondes."
Un commentateur répondait par : "On compte environ 200 états souverains. On vit à peu près 30000 jours. Si l’on considère l’existence sous un angle mathématico-géographique, on devrait passer 150 jours dans chaque pays. Il faut se rendre à l’évidence. Je dois aller dans tous les pays du monde. Je ne trouverai pas le repos dans l’immobilité. Untel veut devenir une star, un autre posséder un yacht ou coucher avec des sœurs jumelles. Je veux juste aller à Lusaka. Et à Thimbu. Et à Valparaiso. Certains veulent faire de leur vie une œuvre d’art, je compte en faire un long voyage. Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur.". 
La question reste. Comment être sûr d'avoir trouvé son paradis pour y vivre sans avoir approché, et goûté aux limites de notre monde?
Le jour où l'on constate que l'on est content de partir et content de revenir? Peut-être.
Dur dur, une conversation entre un vacancier et un autre en gestation? Cela pourrait même donner un dialogue de sourds quand le monde continue à tourner. Les vacances restent un moment privilégié. Un moment où l'humour doit être de la partie au moins par un bout du fil. Sinon, pourquoi feu Ducros se décarcasserait-il après son grand voyage?
Mais, c'est vrai, il lui faudra, vraiment, un grand café, très serré, pour l'arrêter ce monde-là qui travaille toujours en alternatif.
L'enfoiré,
PS: Je parlais de spectacles pour touristes. Il y en a un cette semaine à Bruxelles: l'Ommegang. L'Ommegang ("marcher autour" en vieux flamand), est la plus ancienne évocation historique de Bruxelles. Elle remonte au XIVème siècle et était, à l'origine, une procession de reconnaissance à Notre-Dame du Sablon.
Plus de 1400 figurants. Les places son réservées, un an en avance. L'acteur, Castaldi en était, cette fois, le commentateur.
En photos, petite représentation de l'événement au Sablon,.
Citations:
-
"Touriste - Terme employé avec une nuance de dédain, parfois d'agacement, par le touriste pour désigner d'autres touristes.", Pierre Daninos
-
"Tourisme: Activité consistant à transporter des gens qui seraient mieux chez eux dans des endroits qui seraient mieux sans eux."
-
"Un touriste, c'est quelqu'un qui parcourt des milliers de kilomètres pour se faire photographier devant sa voiture.", Emile Genest
09:25 Publié dans Actualité, Film, Loisirs, Nature et Ecologie, Politique, Voyage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
16/01/2011
Tout bouge autour de moi
"Un an après le tremblement de terre et toujours du secours dans l'urgence" est le constat étonnant en Haïti. Qu'est-ce qui arrive à faire survivre les habitants de Port-au-Prince dans un tel constat de désolation? L'écrivain haïtien, Dany Laferrière, était présent lors du tremblement de terre. Son témoignage sur sa ville est troublant de sagesse.
Le 12 janvier 2010 à 16:53 a été une minute qui cachait, en elle, la vie d'une ville, disait Dany Laferrière, lors d'un interview au Vif.
Un tremblement de Terre de 7,3 sur l'échelle de Richter a presque tout détruit à la capitale, Port-au-Prince. 230.000 morts, un million et demi de sans-abris. Dans les jours qui suivirent, 211 miraculés ont pu être sauvés. Des dons ont été engrangés. On estime qu'il faudrait un minimum de 7.750 millions de dollars pour redresser la ville.
Pour un Européen, l'incompréhension est grande de constater le manque de progrès que l'on aurait pu attendre après un an. Pour un citoyen de pays dits "riches", l'argent devait pouvoir servir à tout résoudre et, cela, très rapidement. Difficile d'y voir une amélioration. On continue à vivre sous tente.
Les interviews radio prouvent ce désarrois, cette incompréhension. La reconstrution n'a pas encore commencé.
Mardi 11, le documentaire d'ARTE "Sauvez Haïti." essayait d'expliquer ce qui pourrait être les raisons de la lenteur de la reconstruction d'un pays au pied du gouffre. Au départ, des gens sont morts pour rien, de faim ou par manque de médicaments.
Un an après, tout Haïti se fige dans le souvenir.
Les photos des monuments et site de Port-au-Prince sont là pour rappeler un passé disparu.
Les Européens se rappellent les suites et de l'expérience du tsunami de 2004. Aux anniversaires de tels événements, les suites des efforts, réussites ou échecs, sont toujours analysées et écoutées avec surprise.
Un tremblement de Terre n'est pas un tsunami. Ce dernier efface tout sur son passage. Avec un tremblement de Terre, tout s'effondre sur place et reste bien visible. De 5 à 10% des ruines ont été déblayés suivant un rapport d'OXFAM. Le manque d'organisation en commun des ONG sur place pourrait l'expliquer, en partie. Les fonds versés ne sont d'ailleurs pas totalement écoulés, ni même arrivés. En Belgique, l'opération du type de Haïti 12-12 a rapporté 25 millions d'euros dont 40% ont été utilisés. Les États ont avancés des promesses de fonds "théoriques" de 5 milliards de dollars, alors qu'on parle de 60 millions réellement arrivés.Ce sera peut-être un jour expliqué sur un site qui pourrait, un jour, s'appeler "GiftLeaks".
Les ONG ont évité le pire. Elles ont secouru avec des dons en eau, en soins médicaux d'urgence. L'épidémie de choléra, quoique prévisible, a ajouté aux difficultés et aux surcoûts. On compte déjà 3600 morts des suites de cette maladie, 91.000 cas ont été traités.
Dans son livre, "Haïti kenbe la" (Haïti, debout), Rodney Saint-Eloi de MSF avouait son sentiment d'impuissance, suivi par une impression de vide dans les premiers mois. Plus tard, de retour pour le problème du choléra, il découvrait toujours les tentes, mais la population était mieux traitée, mieux organisée.
La Croix Rouge a entrepris la construction de 600 maisons antisismique, mais il faudra bien 10 ans pour arriver à un résultat honorable. Il s'agit, avant tout, de faire le cadastre pour déterminer à qui appartient quoi et où construire.
Le président Préval est accusé d'inertie. "Pas de progrès dans la reconstruction sans démocratie", dit-il pour se dédommager ou pour conforter son auditoire occidental qui voit la démocratie comme d'un produit miracle.
Être utile, rester solidaire avec les Haïtiens, mais comment?
Sont-ils dérisoires, ces dons? En pure perte? Pas du tout. Ils doivent seulement être distillés en fonction de besoins conformes à l'éfficacité maximale. Pas besoin de pitié, non plus dans ce processus.
Le reportage d'ARTE parle de la Fondation de Bill Clinton et des gens qui s'en sont occupés souvent à partir de l'étranger, d'Angleterre, dans ce cas précis.
Comme il fallait réveiller les consciences, comme les grandes catastrophes peuvent le faire, il s'agissait d'organiser un "festival des bonnes intentions", de casser la "structure de l'instantané", de négocier avant de décider. Pays où chaleur, désorganisations, habitudes de concentration humaine comme à Port-au-Prince avec ses 2,5 millions d'habitants, n'est pas la même situation que d'où l'argent est sensé provenir. Ce serait sans compter sur le choc de cultures qui diminue d'autant l'efficacité.
Un match de la commémoration s'imposait pour marquer ce premier anniversaire d'une pierre plus blanche. On pense aux symboles, en premier. Ce fut reconstruire, redresser le Marché des Halles au centre de la ville, qui n'a été que partiellement déséquilibré. Le délais était fixé à décembre. Une foule de surprises retarde ce projet pourtant très étudié. La méthode forte, on ne connaît pas sur le terrain. Contourner l'Etat quand celui-ci n'apporte pas d'aide. Il faut, dès lors, prévoir l'imprévisible dans une intelligence émotionnelle en oubliant la possibilité d'un "effet caméléon" et en espérant pas qu'il ne devienne un "effet papillon". Ce sera des livraisons d'acier qui n'arrivent pas ou ne peuvent pas être acheminées rapidement sur les lieux de leur utilisation. Pas d'outils adaptés et donc beaucoup de temps perdu avec des moyens rudimentaires, ce qui fut un manque à gagner en énergie. Même, le dirigeant du projet "Halle" s'est vu contraint de prendre du retard pour raison de santé. Plus on avance dans le temps, plus l'excitation, l'impatience des habitants augmentent avec la criminalité. Situation qui se transforme progressivement en poudrière. L'humilité du projet fut, dès lors, très nécessaire.
Alors, une question : l'argent peut-il répondre à ce genre de catastrophe?
C'est vrai, nos civilisations de l'efficacité ont l'habitude de se baser sur le symbole "argent" ou de s'exprimer par les "personnalités" déléguées comme des chefs d'états étrangers, représentants arrivés en éclaireurs. De l'argent en dons de toutes sortes peuvent aider, mais c'est sur le terrain que tout se passe, en définitive.
Les raisons de ce retard, de ce sauvetage difficile, se retrouve, peut-être, derrière les réflexions de cet écrivain haïtien, Dany Laferrère.
Exilé, il vivait à Montréal mais il était présent à Port-au-Prince lors de la destruction de la ville. De ces événements tragiques, il a commencé à prendre des notes pour se les rappeler et ne pas perdre ses minutes d'intimité en témoin, avant d'écrire son dernier livre et de donner sa version du comment Haïti parvient encore à survivre. Son livre "Tout bouge autour de moi" raconte ses ressentis avec la connaissance du terrain.
Pour lui, le peuple haïtien puise sa force dans sa culture, son goût simple de la vie. Il subit la pauvreté avec une philosophie particulière. Les récits vaudous, les danses et les chants sont les dérivatifs obligatoires pour permettre de faire ce pas de côté et oublier les événements les plus dramatiques. Le Haïtien est un "mégalo sympa"!, dit-il.
Les cyclones, Les inondations, l'embargo politique, la corruption, l'extravagance, Haïti connaît tout cela, dans son histoire. L'espérance moyenne de vie d'un Haïtien est de 62,5 ans.
Un site en créole peut en donner quelques indices. Il y est écrit "Dans la vie, il n'y a ni prix, ni punition. Il n'y a que des conséquences".
Ayiti et Repiblik Ayiti, Haïti est un pays des Grandes Antilles occupant le tiers occidental de l'île d'Hispaniola (soit 28 000 km2 environ) avec capitale, Port-au-Prince.
Haïti, un pays qui ne fait pas parler de lui que rarement malgré son histoire de désastres divers. Le pays est bien différent au niveau aspect physique environnemental et financier de son voisin, la République Dominicaine. Le terrain a perdu ses arbres, ses palmiers qui attirent les touristes, une fois la frontière franchie vers Haïti.
La négritude est née en Haïti, bien avant Léopold Senghor et Aimé Césaire.
En 1804, Haïti gagnait son indépendance et celle-ci a suscité la panique en Europe esclavagiste. Peur de la boule de neige que cela pourrait engendrer. L'Europe a fait payer chèrement cette indépendance, cette volonté de liberté et d'autogestion. Saint Domingue représentait le quart du PNB français avant l'indépendance. Deux cents ans d'embargo à peine voilés ont suivi. L'écrivain s'étonne de l'empathie actuelle en provenance de l'Europe. Les Américains ont l'habitude de venir en force et puis, budgets épuisés, s'en retournent chez eux.
Haïti est un pays qui a besoin d'énergie, d'humour que le créole rend très bien. Lire, dans Haïti Chérie, que l'argent circule avec une monnaie appelée "gourde" divisé en 100 centimes "kob" et que "les billets de 100 gourdes sont souvent plastifiés, passées, ou enduit et ressemblent à des faux, alors qu'ils ne les sont pas. Ils ont Banknote Américan Company imprimés sur eux. Essayez de prendre des petits billets, évitez les gros billets de 500 par exemple, car inutile, à moins que vous puissiez les échanger à une banque ou les dépenser dans les hôtels chers.", prouve, déjà, un pragmatisme à toutes épreuves, lié à un humour très approprié.
Cette fois, encore, les larmes ne sont plus de rigueur. Les yeux sont secs, épuisés par les mois passés. Elles doivent disparaître pour faire face à l'essentiel, la volonté, l'obligation de continuer à vivre. Les Haïtiens sont des trompes la mort. Si on vit, c'est qu'on a tiré le bon numéro. C'est grave, mais ce n'est pas grave ou cela aurait pu l'être encore plus.
Toute la culture se retrouve dans la peinture naïve, les poèmes. Un crayon, un pinceau et le Haïtien fait revivre son âme même s'il est analphabète. Cela donne un originalité et une fraîcheur que l'on ne retrouve pas dans nos arts traditionnels. Le séisme, le palais présidentiel effondré, en véritable symbole va certainement se retrouver, un jour, dans sa peinture de mémoire.
Les problèmes sont des sujets d'hilarité, de vie quand celle-ci, s'intalle enfin. On y vit en communauté. La solidarité est la technique de base de cette survie au quotidien. La guerre civile inexistante dans la rue, mais emphasée par des mini-troubles, elle se vit, pacifiquement, dans les urnes. Les moments où il peut, donner son avis. La démocratie, cela compte. C'est important, les élections. On y affiche son appartenance avec fierté. C'est le peuple le plus politisé d'Amérique, donc, pas de leçons à recevoir à ce sujet, constate l'écrivain.
Je ne connais pas Haïti, seulement, le Nord de la République Dominicaine. Ce pays connaît une exploitation touristique croissante depuis quelques années avec une infrastructure hotelière très moderne, surtout à Punta Cana. Les "All-Inclusive" attirent le tourisme comme l'aimant. Si la pauvreté, parmi la population, est toujours présente, elle est moins ressentie grâce à l'agriculture et au tourisme. L'espagnol est la langue véhiculaire et non le français comme à Haïti. Entourée d'îles qui parlent en espagnol ne devrait pas améliorer les contacts.
Le phénomène de "politisation" de la population, je l'ai ressenti, en 1994, lors de l'élection du président Balaguer en République Dominicaine.
Ce personnage politique avait, alors, 88 ans. Il était presque aveugle. Pourtant la fougue électorale pour le soutenir était à son comble, en plus, par une population très jeune. Sagesse reconnue des anciens et perdue chez nous? Des camions dévalaient dans les villages, avec dans la benne arrière, des partisans des partis en présence avec des signes distinctifs représentés par un jeu des seuls doigts de la main, levés ou nom en guise de reconnaissance du parti.
Wikipedia rappelle à ce sujet: "Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial suite à l'élection présidentielle de 1986, et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d'irrégularités pour que seulement deux ans plus tard, la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées."
La politique prend autant, sinon plus, d'importance en Haïti. Dans ces moments de détresse, souvent, la population réagit suite aux seuls souvenirs et vont jusqu'à repenser au retour de la dictature des Duvalier comme solution désespérée. Le pire pour avoir un mieux quand le mieux n'arrive pas.
Le Haïtien vit, donc, aussi de symboles, mais de symboles que nos pays ont oublié: les élections, qu'elles soient démocratique ou non. Alors que pour nous, cela semble très futile surtout à l'idée des changements que cela pourrait apporter. Au premier tour, il y avait eu 39 candidats en piste. On pense au recomptage. Un deuxième tour n'a pas encore reçu de date.
Mirlande Manigat, une candidate féminine? La femme en Haïti reste le ciment de la population. C'est elle qui organise la vie au quotidien, toujours en quête de tout ce qui pourrait permettre de manger ou de boire au quotidien. Réalisme féminin mais elle n'existe pas en tant qu'entité unique, d'après l'écrivain Dany Laferrière.
Ce qu'il ne dit pas c'est que le désastre a intensifié la dépendance vis-à-vis des ONG. ONG qui sont parfois proches des églises évangéliste ou de Témoins de Jéhova. La théologie d'Aristide a été remplacée par le culte de la résignation. Si la philosophie haïtienne trouve une solution immédiate dans une solidarité vraie, obligée, le plus désolant est que "se blan o Dieu ki decid" (ce sont las blancs ou Dieu qui décident).
Des questions viennent à l'esprit. Que se passerait-il chez nous si un tel événement arrivait? Sommes-nous mieux préparés? Les désastres sont de moins en moins rares. Les inondations existent un peu partout, dernièrement en Australie, au Brésil, prouvent qu'il faudrait peut-être se préparer à comprendre comment résister aux désastres que nous réserve la Nature.
Les réalités exigent souvent plus de macération pour reconstruire que de construire.
L'enfoiré,
Des Haïtiens parmi les Agoravoxiens?
Ce 19 janvier 2011, tremblement de terre au Pakistan. Questions.
Citations:
- "La prévention des catastrophes naturelles implique, de la part des élus, une intégrité surnaturelle", Anonyme
- "L'histoire de l'humanité devient de plus en plus une course entre l'éducation et la catastrophe.", Herbert George Wells
- "Le tremblement de terre est un mouvement de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation et finit par une tombola.", Aurélien Scholl
- "Qui vise la perfection risque d'ignorer les vertus de ses acquis", Voltaire
08:15 Publié dans Actualité, Amérique, Livres, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Santé et bien être | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note
26/12/2010
Chéri, ni parfums, ni or, des terres rares
Les métaux précieux comme l'or, l'argent, le platine ne font plus seul rêver. D'autres inquiètent, en plus, par leur rareté. Qu'est-ce qui crée "la" valeur de cette rareté?
Fin d'année... De quoi allons-nous parler? De souhaits pour l'année suivante, bien sûr. De valeurs à partager. Mais de quelles valeurs? C'est précieux, les valeurs.
L'écrivain français, Claude Lezay-Marnézia lançait "L'âge d'or était l'âge où l'or ne régnait pas".
"La règle d'or, c'est qu'il n'y a pas de règles d'or", ne manquait pas de constater, George Bernard Shaw.
Et, bien, non, l'or a encore beaucoup de valeur dans les yeux de certains.
Comme métal précieux, il défraie toujours la chronique comme valeurs refuge. L'or, métal de prestige et qu'un Bretton Woods voyait comme lien de référence avec le système monétaire mondial grâce à sa stabilité légendaire.
A cette époque, bien rattaché à l'or, l'once de métal jaune valait 35 $.
Il avait atteint un pic de 1432,5$, le 7 décembre dernier, dévaluant, de fait, toutes les monnaies qui se greffaient sur lui. Il faut dire que Ben Shalom Bernanke, le "Papy Soupline" pour les intimes, avait lancé son QE2 (quantitative easing, 2ème édition). Les convoyeurs attendaient ce que cette 2ème version allait donner. Ils n'ont rien vu venir. Les taux d'intérêts ne montaient pas et l'épargne monétaire attendra encore des jours meilleurs.
Robert Zoellicken proposait, une nouvelle fois, l'étalon-orpour arrimer les monnaies fiduciaires à l'or et ainsi les stabiliser. Fallait pourtant pas une licence en économie pour remarquer que le cours du métal jaune est devenu particulièrement instable. L'or en dollar a gagné +75% sur trois ans et +185% sur cinq ans. La rareté qui crée une pénurie? On estime que la quantité d'or extraite depuis la Préhistoire est de 145 000 tonnes. Il en reste 120 000 t sous une forme ou une autre. L'or extrait chaque année représente environ 110 milliards de dollars. Donc, pas nécessaire de fouetter un chat d'or. Mid point, à peine dépassé. Mais, c'est vrai depuis 90 ans, l'or a vécu son plus long rally avec 300% de hausse.
L'or noir, dans le même temps, remonte la pente vers les 100 dollars.
Force est de constater que l'arrimage à l'or jaune est devenu impossible, sauf si on accepte des dévaluations monstrueuses.
Le dollar, le yen, l'euro, la livre sterling et le renminbi comme épine dorsale pour fixer une parité, avec l'or comme "point de référence international", comme le proposait Zoellick?
Toute avancée dans le processus de réintégration de l'or dans le système monétaire international ne pourrait que repousser les cours vers de nouvelles hausses.
En réalité, quand le taux court, en termes réels, est inférieur à 2%, le cours de l'or progresse; à l'inverse, un taux supérieur à 2% fait reculer le métal jaune. L'once d'or varie huit fois plus vite que le taux court réel.
Tout est question de confiance et d'époque.
Le métal "argent" est plus dépendant de la demande industrielle et de la croissance économique. Ce sont le cuivre et le paladium qui ont, aujourd'hui, encore plus de valeur. L'argenterie intéressait plus les Pharaons que l'or.
Depuis le début de 2010, l'or progressait de 20,46%, l'argent de 87% et le palladium de 91%. 
En 2009, la Russie faisait trembler le marché du palladium avec ses 42% de production mondiale. Le palladium est utilisé dans la fabrication de pots catalytiques pour les moteurs à essence.
Tout se tient en se bas monde...
Ce sont d'ailleurs toutes les matières premières qui flambent aujourd'hui. La raison en est simple, la seule étroitesse des marchés. Moins noble, le caoutchouc subit une augmentation de prix de 60%. Le cuivre (à près de 9000 $ +35%), l'aluminium le nickel, le zinc sont produits par peu d'exploitants. Le coltan des GSM, des mobiles, ne fait pas trop monter leur prix malgré plus de possibilités et de technologies intégrées. Bizarre? Non, une raison parasitaire ou artificielle existe mais cela nécessiterait plus de développement pour l'expliquer.
Mais, il y a plus rare, encore.
On les appelle, d'ailleurs, les "terres rares". Dans une conversation, quand on parle de terbium, de dysprosium, de néodymium, de cérium, de lanthanium, on a tout de suite l'air d'être plus savant.
Pour les situer, ils se trouvent être, pour la plupart, des lanthanides, avec des nombres chimiques sur le tableau de Mendéléïev entre 57 et 71 avec, en sus, le scandium (21) et l'Ytrium (39). Ils sont extraits de minerais de monazite et du sous-produit du minerais de fer, le bastnäsite.
Toutes ces matières premières ont une importance stratégique et sont indispensables dans beaucoup de domaines de la vie moderne. L'antimoine (SB) ne fait partie des lanthanides, mais il le pourrait. Mais, d'où viennent-ils et pourquoi en parle-t-on plus de ces matières premières si rares, aujourd'hui?
Les exploitants sont exploités dans très peu de pays, voir un seul pays. Et, il y a péril en la demeure pour les autres.
Les Chinois en possèdent beaucoup dans leur sous-sol et sont devenus les producteurs principaux dans le monde. Un quasi monopole chinois, avec 95% de la production mondiale.
Récemment, la Chine a décidé de minimiser, de manière drastique, ses exportations de terres rares pour 2011. Elle se les réserve pour sa propre exploitation. Pomme pour la soif ou pour faire exploser tous les autres marchés au moment opportun par une pénurie généralisée?
Raréfaction artificielle qui a augmenté automatiquement les prix de celles-ci. Le lanthanium a multiplié son prix par 7 en quelques années.
L'enjeu est vital pour les économies technologiques de demain. Plus un produit est innovant, plus il demande de terres rares. Cela concerne les secteurs de l'aéronautique, de l'automobile, du raffinage, de la défense, de l'électronique, des énergies vertes, etc.
Ils servent pour les turbines éoliennes, pour les batteries électriques, pour les smartphones, les écrans plats, les lasers...
Ils sont indispensables pour la légèreté de l'écologique-compatible comme les voitures vertes, l'éolien, les lampes LED...
Le néodyme, par exemple, atteint 32 000 dollars la tonne en août 2010, soit une augmentation de 60% en un an! Le Lutécium reste le plus rare. Le Erbium, le plus cher. (600 $ par kg).
Les quotas d'exportation pour le second semestre 2010 ont eté réduits carrément de 70% !
En septembre, les deux plus grandes économies du monde sont privées de terres rares. Deux coupures, une cause : la politique.
Le Japon, pays de technologie par excellence, a eu, d'abord, "la mauvaise idée" de rappeler sa souveraineté sur un archipel d'îles que la Chine revendique.
Les États-Unis, ensuite, suite à une enquête défavorable américaine sur les subventions illégales accordées au secteur de l'industrie verte chinoise.
Depuis quelques temps, les dirigeants du monde entier s'en inquiétaient. Les industriels tiraient régulièrement la sonnette d'alarme, une trop grande dépendance vis-à-vis de la Chine.
Le père du modèle économique chinois, Deng Xiaoping, avait comparé, un jour, la position de son pays sur les terres rares avec le pétrole d'Arabie saoudite.
Mais son pouvoir est bien plus grand. Si l'OPEP produit 40% du pétrole dans le monde, la Chine avec ses 95% brise certaines normes d'équilbre.
A partir de 2006, la Chine avait déjà commençé à réduire ses quotas d'exportations. Raison invoquée, les réserves pourraient être épuisées d'ici 15 à 20 ans si le rythme d'exportation ne diminuait pas. Depuis, chaque année, insensiblement, c'est entre 5% et 10% des quotas d'exportation qui étaient supprimés, resserrant d'autant le noeud coulant autour du cou des entreprises de hautes technologies.
Les terres rares sont indispensables et non substituables. Le pétrole, si les économies ne l'avaient pas voulu comme énergie de facilité, auraient pu se retourner vers l'électricité depuis longtemps par des voies très nombreuses.
La Chine a compris l'avantage avant tout le monde. A partir des années 70, l'objectif de Pékin était de devenir l'unique producteur de terres rares au monde. Désormais, elle les stocke et vend ses dollars.
Le marché des terres rares atteint, aujourd'hui, les deux milliards de dollars. Mais de ce marché dépendent des milliards de dollars en produits finis.
Ces terres rares, sont-elles aussi rares dans le monde qu'on le dit? Pas du tout. La Chine en détient 37%. Elles sont même assez répandue dans l'écorce terrestre et à égalité avec les autres métaux. Pas de réelles pénuries, non plus. Alors, quoi, d'où vient cet empressement? La pénurie a été créée artificiellement, de manière stratégique.
La stratégie chinoise s'est toujours basée sur une production à bas-coûts. Elle est occupée à asphyxer progressivement les autres pays producteurs. Les mines de terres rares sont polluantes et très coûteuses. De plus, il faut prendre des précautions pour les manipuler. Protéger l'environnement est l'argument avancé par la Chine pour limiter les exportations. Il est vrai que dans la région de Baotou en Mongolie, dix millions de tonnes par an polluent les rivières. Les agents chimiques pour isoler ces terres sont très toxiques.
Mais, la Chine s'en est chargée. Les occidentaux se sont vus, ainsi, soulagés de pouvoir externaliser l'extraction en Chine.
Les États-Unis, premier producteur, à une certaine époque, fermaient leur principale mine californienne de Mountain Pass.
A long terme, la Chine a bien l'intention de monter en gamme. Le plan 2006-2020 met l'accent sur son propre développement scientifique et technologique avec la micro-électronique, aéronautique, aérospatiale. Comme nous avons vu, nous sommes en plein domaine des terres rares !
L'Europe, au 2ème plan, réagit et voudrait assurer son accès aux terres rare, mais elle tétanisée par l'intransigeance chinoise.
Obligation est là de trouver, très vite, des gisements ailleurs. Il est vrai, deux tiers des ressources se trouvent ailleurs qu'en Chine.
Brésil, Russie, Inde possèdent tous des ressources importantes dans leur sous-sol. La Mongolie, au Kazakhstan et au Kirghizstan, le Vietnam, l'Australie, l'Amérique du Nord, en sont également des pays qui ont identifié des gisements, qui possèdent les infrastructures nécessaires et le personnel pour les exploiter mais ne seront pas opérationnels avant 2012/2014, pour rattraper le temps perdu. Dans le même temps, la demande mondiale doublera.
Pas de spéculations sur les matières premières, est-il rappelé pour calmer le jeu dans les grandes réunions du style G20. Tout est, pourtant, en place pour secouer le prunier des matières premières chez les investisseurs du secteur. Et, les cours s'envolent.
L'uranium est également dans le circuit des hausses.
Le rapprochement des terres rares avec l'uranium n'est pas fortuit. Tous, des métaux "politiquement sensibles" et "stratégiques". Ils sont abondants mais souvent en des concentrations trop faibles pour être exploités immédiatement de manière rentable. L'uranium a connu cette pénurie dans les années 2006-2007, et c'est ce qui se passe pour les terres rares aujourd'hui. De nombreuses mines de terres rares et d'uranium avaient été abandonnées après plusieurs années d'exploitations, accusant trop peu de bénéfices. Les investissements reprennent mais en catastrophe. Simple manque de prévoyance, limitée par des bénéfices immédiats.
"China Guangdong Nuclear Power" vient d'acheter 29 millions de livres d'Uranium sur 15 ans au Canadien Cameco (en provenance de la mine de Siger Lake). Le prix a bondi de 50% en 9 mois, sans atteindre encore le sommet de mai 2007. Objectif, répondre à l'explosion de la consommation d'électricité prévue dans les grandes villes chinoises. Le kWH nucléaire reste toujours 1,4 moins cher que le charbon et 3,6 fois moins que le gaz.
Quant à l'or, les Chinois pourraient, aussi, faire remonter, très vite, son prix à 1500$ puisque la Chine est jeune détentrice.
Le jaune "or" a de ses vertus qu'un "Panda doré" pourrait idéaliser comme parure, question de protéger, aussi, son capital en attendant la crevaison de sa nouvelle bulle dans l'immobilier.
L'or cherche son point de fusion ou d'ébulition. La température du métal et des esprits ne sont, eux, pas liés aux bijoux de familles.
C'est la période des fêtes de fin d'année. Certains peuvent ne plus voir de jaune, même pas en peinture. Peut-être entendrons-nous, quelque part, un dialogue qui contiendrait ces mots bizarres, surréalistes mais très tendances:
- Mon Trésor, je t'offrirai toujours des perles de pluie venant de pays où il ne pleut pas, mais, les temps sont durs et des bijoux en or, c'est plutôt ringard...
- Non, Chéri. Tu es gentil, mais, pour rester à la mode, offre moi un coffret-cadeau, avec un bijoux en néodymium. Je ne sais pas vraiment ce que c'est, mais cela me parait tellement plus nouveau et puis, le nom est tellement joli et mystérieux.
Conclusions à tirer:
- Ou les femmes sont nettement plus intuitives que les hommes, et donc, plus à la pointe dans leurs investissements ou elles ne comprendront plus jamais l'utilité des choses.

- Ou les hommes sont trop passéistes et imaginent, instinctivement, une nouvelle histoire de caoutchouc artificiel, qui ferait rebondir leurs économies hors de leurs poches ou pris à contre temps, ils ne remarquent pas que l'euro dans la balance ne fait plus le poids...
- Ou les hommes rêvent que ce qui est rare est cher, alors qu'en vérité, ce qui est cher est tout aussi rare ou, non qualifié, ils n'ont rien compris aux matières premières.
Ce que Georg Christoph Lichtenberg concluait très justement par "Ce qui est nouveau est rarement vrai; ce qui est vrai est rarement nouveau".
De toutes manières, il restera quatre époques dans la vie de l'homme:
1) celle où il croit au Père-Noël;
2) celle où il ne croit plus au Père-Noël;
3) celle où il est le Père-Noël;
4) celle où il ressemble au Père-Noël.
Comme tout se termine par des chansons, la révélation de l'année 2010 fut pour certains, la jeune Zaz. Elle a eu son "Je veux" pour le démontrer. Quant à moi, je préférerai "Le long de la route" car, là, on y trouve de véritables "Terres Rares".
Le Père Noël est reparti sur ses traîneaux enneigés. Il sait ce qu'il devra rapporter dans sa hotte, l'année prochaine.
En attendant son retour, il vous souhaite "Bonne année 2011".
L'enfoiré,
08:20 Publié dans Actualité, Economie, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Science | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
22/08/2010
Il était, une fois, l'utopie
"Sans utopie, aucune activité véritablement féconde n'est possible.", disait Mikhaïl Saltykov-Chtchedrine. En d'autres mots, nous avons besoin d'utopies, d'espérer que demain sera meilleurs qu'aujourd'hui. Pour d'autres, elle serait une entrave au progrès. "Le Monde diplomatique" titrait "Le Temps des utopies" dans sa "Manière de voir".
Les utopies sont de tous les temps sans se confondre dans leurs ambitions. Elles ont une histoire. L'utopie a même son dictionnaire.
L"eutopia", l'utopie aurait pour but final de créer une société idéale, parfaite, mais pas surfaite.
Thomas More est un de ses précurseurs. Il en est peut-être mort. Son histoire personnelle mérite le détour.
Le cinéma l'a représenté dans tellement de circonstances et dans tellement de situations qu'on s'y perdrait. On se souvient du feuilleton "Le prisonnier", le célèbre "Numéro 6" qui se retrouve coiné dans un "Village" surréaliste et idyllique, à la fois. L'utopie serait-elle seulement d'être libre?
Rêves simples ou aspirations complètement désynchronisés. Rigidité rationnelle de pensée de Platon contre fantaisie de trop de libertés du style "soixant-huitard".
Quel est la tendance actuelle? Nous en approchons-nous ou nous en éloignons-nous? Essayer d'y répondre était le but de ce "Temps des utopies".
Par obscurantisme du pouvoir temporel ou spirituel, la plus grande partie de notre longue histoire féodale montre que les populations croyaient à un pouvoir naturel ou surnaturel qui ne leur serait jamais concéder par manque d'instruction. Gouverner le monde était naturellement attribué par droit divin chez les Pharaons d'Egypte. Pensée que l'on retrouve aussi dans les castes en Inde.
La révolution française de 1789 a, en effet, marqué les utopies d'une pierre blanche et rendu plus de droits au peuple, en lui rendant la politique et le libre échangisme économique dont il pouvait en tirer avantage personnel. La bourgeoisie s'est infiltrée en interface à cette prise de conscience entre le pouvoir et le peuple prolétaire. L'ingéniosité, la malice, l'intelligence s'incrustèrent dans le processus. Ce fut la période de conquêtes décrites dans Germinal par Zola et les parodies des Temps modernes, du Dictateur caricaturées par Charlie Chaplin.
La technicité prenait le pas sur le côté social de la vie. L'individualisme avait remplacé progressivement l'esprit d'équipe. Le travail se transformait en obligation de propriété pour avoir une place reconnue dans la société. Le monde darwinien du rendement se chargea de mettre en place les dispositifs les plus efficaces dans des cycles concentriques de luttes pour la vie, de "manger" ou "être mangé". Les résistances existèrent mais souffraient, parfois, en mal d'utopies philosophiques, de manque de convictions contradictoires.
On peut raisonnablement estimer qu'on est dans une époque de remise en question et de recherches d'autres options que celles qui ont exister dans les dernières décennies. Vu les difficultés, les idées de penseurs comme l'ont été Friedrich Hegel, Karl Marx et d'autres, reviennent à la mode. Incontestablement, la demande existe chez les médias ou sur Internet pour débroussailler les options possibles du futur et de donner des références pour étayer les visions de départ. Visions qui elles aussi évolué.
Les philosophes, les économistes, de tous les horizons, sont consultés pour trouver une nouvelle voie.
La fin de la guerre froide a précipité la fin de l'idéologie communiste qui déviant, n'avait pas atteint ses fondements pour se confondre dans un collectivisme qui rejoignait, quelque part, le productivisme.
L'idéologie opposée, le néolibéralisme, paraissait plus enthousiasmant, mais a montré ses limites par un nombre croissant de chômeurs et un accroissement de la précarité dans des crises à répétition. L'idéal socialiste pouvait prendre la relève médiane avec une certaine liberté. Paradoxalement, il a réduit sa voilure pour devenir suiveur, sur la défensive, correcteur des erreurs mais orphelin d'idéaux en commun, pour devenir une sorte de garde-fous pour enrayer les excès d'un libéralisme trop aventureux, trop automatique dans sa régulation. Le socialisme, remonté au niveau européen, est loin de suivre les mêmes voies pour atteindre ses objectifs. L'Internationale est chantée, alors, la rose à la main, lors des grands rassemblements mais semble regagner les oubliettes dès la sortie des grands meetings.
On se souvient de la chanson de Bécaud pastichée avec ironie par Thierry Le Luron "L'emmerdant, c'est la rose".
En France, le choix de la droite, à première vue, pourrait rester une énigme pour un observateur étranger. La France aurait pu mieux s'expliquer dans ses buts intimes. Le mandat de Nicolas Sarkozy a commencé par presque une année d'euphories. Les années qui suivirent, se soldent par un goût amer et de déceptions. On ne sait pas trop bien, si son élection voulait effacer ou restaurer les 30 glorieuses précédentes du début mais en perte de vitesse. Les mensonges électoraux souvent avancés n'expliquent pas tout. Recherchait-on une alternative crédible sur le long terme du style de De Gaulle, souvent reprise comme référence du passé?
Le parallèle dans le temps avec le parcours d'Obama, avec une période de liesses au départ, suivie par des réalités moins roses, n'est pas dénué de sens.
En Belgique, en 2007, ce qu'on a appelé les "affaires socialistes", avait ébranlé le parti. Les élections de 2010, le remettait en selle, plus fort que jamais mais uniquement dans le sud du pays comme opposition au parti flamand du nord, de tendance "droite", séparatiste et nationaliste. Le parti libéral, le MR se retrouve actuellement devant des dissensions internes.
Le peuple se retrouve impuissant face à ses délégués qu'il ne peut sanctionner à terme échus qu'en refusant de les réélire avec dans le fond des filets, une dictature inéluctable.
Alors, était-ce des utopies comme d'autres?
L'idéologie libérale était-elle dans les gènes et pouvait-elle se reconnaître par ses antécédents?
Dans un monde qui ne voit que l'argent, à Cash city comme le chante Luc De Larichellière, changer de régime, d'idéologie, n'est pas qu'une affaire de crise d'alternance, mais plus relatif à la science humaine, à l'anthropologie et à la sociologie qui tentent d'apporter du progrès durable, vrai ou faux, pour l'ensemble. Alors quand seul, les plus privilégiés en profitent, c'est sortir du libéralisme libertaire. L'humanisme va à l'encontre des règles darwiniennes qui cherchent le plus viable, le plus fiable, le plus rentable... Solidaire, il en est son contre poids, mais n'a vu sa naissance que pendant la Renaissance. Progrès lents, avec des avancées et des reculs, tout reste encore à écrire.
Ce n'est pas une alternative gauche-droite qui changera cet état mais, peut-être, une utopie qui deviendrait réalité et éclairante pour les deux bords et dans laquelle chacun y trouvera un profit.
Assurer la rentabilité viable, pour le privé. Assumer avec motivation, pour le public.
Les processus préconisés par le dit "Ordre Nouveau":
La société de l'ordre nouveau, post-moderne, prévoit et construit des experts, des ingénieurs, pour réaliser ce qu'elle a planifié. Elle se veut flexible, à l'écoute du progrès, prête à réagir au quart de tour et parfois, par pragmatisme, à inverser son propre courant de penser quand il s'avère plus productif de le faire. La science reste sa source de réflexions, son catalyseur et son recours en cas de fausse route.
Récompenser les plus "doués" et rejeter les "récalcitrants" comme des "invalides du système". Construire un "chart", un "workflow" de l'information à sa meilleur convenance avec une lessiveuse logique bien rodée.
La mondialisation est son Univers de prédilection. La mobilité des capitaux, des marchandises, la flexibilité de la main d'oeuvre sont ses outils pour assurer la continuité, à tous prix. Trouver des responsabilités et des responsables aux erreurs de "compréhension" ou de "manipulation" se fait par l'intermédiaire de hiérarchies, porte-paroles et par des contrats coulés dans le béton. Toujours trouver le meilleur prix-performance pour la production en externalisant pour réduire les coûts et utiliser la publicité pour accroître les ventes et assurer les revenus. La confiance se transmet par des délégués, des porte paroles comme boucs émissaires ou mercenaires qui pourront servir de fusibles en cas de faillites du système "corporate".
On ne s'embarrasse pas trop du temps et du travail assignés. Le "know how", l'expérience est considérée comme passagères et perd de sa valeur face au prix de revient sans concession faite à la fuite en avant du temps et de l'espace. Le court-termisme tout azimut ne fait qu'accentuer le phénomène.
Au sommet, on fusionne pour se sentir plus fort et par souci de prestige. Coincé par contrats, les filiales, les fournisseurs et les sous-traitants ne pourront que suivre la ligne du parti de la maison-mère.
A la base, on scinde les activités, pour mieux les sécuriser et les contrôler. On réduit le nombre de têtes pour effectuer le même travail. Le cloisonnement des experts a rendu, malheureusement, la vue à 360° des plus floue. La polyvalence est devenue un leurre, une utopie de plus. Le jeu de la chaise musicale avec l'antagonisme favorisé des internes face aux réservistes externes. Les ressources humaines sont mixées aux ressources matérielles sans distinction de statut de l'un par rapport à l'autre. Pour soutenir l'ensemble, il y a les discours politico-commerciaux qui se tournent vers la fierté de ses membres en donnant l'illusion d'appartenir à un ensemble, à une famille et ainsi satisfaire l'instinct grégaire des hommes. Des plans sociaux à répétition n'empêchent pas l'extension d'une certaine misère et des inégalités sanctionnés par un mécanisme anonyme que l'on appelle, le marché.
L'aspect le plus négatif du principe "capitalisme", c'est que l'activité humaine bien qu'elle enrichit, ne fait plus de distinction entre marchandise et humain. L'homme n'est plus une fin en soi mais un simple moyen. Effacer la démoralisation qu'il produit par la régulation étatique semble une bonne option, si elle n'est pas qu'une étape pour redonner le même argent au beurre. Qui va réguler l'Etat? Un super État?
La doctrine libérale fonctionnerait seulement si l'enrichissement personnel disproportionné, la corruption, le népotisme n'étaient au détour du chemin et qu'il n'oublie pas le progrès de ses administrés.
Face à l'antagonisme entre secteur privé et à son personnel, le secteur publique joue à la force de résistance. Son action reste limitée en arrière garde et souvent avec effet retard. La foi dans le libre échange s'y est aussi propagée, intégrée aux processus du croisement des carrières, tributaires des mêmes obligations de résultats concurrentiels inter-États et des sanctions à court terme d'élection en élection en cas d'échec. La recherche d'aide pour se justifier se fait souvent au niveau supranational.
Les utopies d'idéologies sociales tendent par contre, vers un infini jamais atteint. Elles sont toujours pour demain ou pour après-demain.
A la différence de l'utopie sociale, la techno-utopie a eu jusqu'ici le mérite de toujours advenir. Il suffisait d'y mettre le temps et le prix pour parvenir à ses fins.
La solidarité avancée comme motivation principale serait-elle un voeux pieux, un leurre que l'on atteint à l'infini?
La fin du système libéral justifie-t-elle les moyens?
Le nouvel esclavage, vu par les Maîtres du Monde extrait de "1984" de George Orwell
"Nous ne cherchons pas le pouvoir en vue de nos propres fins, mais pour le bien de la majorité tel que nous le définissons. Les hommes, ces créatures frêles et lâches, ne peuvent endurer la liberté ni faire face à la vérité. Ils doivent être dirigés par ceux qui sont plus forts qu’eux. L’espèce humaine a le choix entre la liberté et le bonheur, or le bonheur vaut mieux.
Le bien des autres ne nous intéresse pas, nous ne recherchons que le pouvoir, le pur pouvoir. Les nazis et les communistes se rapprochent beaucoup de nous par leurs méthodes, mais ils n’eurent jamais le courage de reconnaître leurs propres motifs. Ils prétendaient s’être emparés du pouvoir pour une période limitée ; passé le point critique, il y aurait un paradis où les hommes seraient libres et égaux. Nous ne sommes pas ainsi, nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir.
L’esclavage c’est la liberté. Seul, libre, l’être humain est toujours vaincu. Mais s’il renonce à son identité, s’il se soumet entièrement et totalement, il se fond dans le pouvoir collectif, il est alors tout-puissant et immortel.
Ce pouvoir est aussi le pouvoir sur d’autres êtres humains, sur les corps mais surtout sur les esprits. Le pouvoir sur la matière n’est pas important, notre maîtrise de la matière est déjà absolue. Ce qui importe c’est de commander à l’esprit. La réalité est à l’intérieur du crâne... Le réel pouvoir, le pouvoir pour lequel nous devons lutter jour et nuit, est le pouvoir non sur les choses, mais sur les hommes. Comment assure-t-on le pouvoir sur un autre ? En le faisant souffrir. L’obéissance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit, non à sa volonté, mais à la nôtre ?"
L'allié, la Science
La fascination du progrès scientifique pousse à résoudre tous les problèmes de la société et de rationaliser tous les processus de vie, de production et de travail. Les OGM font peur à juste titre suites à leurs ratés. Les nanotechnologies sont peut-être très prometteuses pour le futur. Le principe de précaution freine les tentations des apprentis sorciers. La production des énergies n'est pas résolue sans risques. Pas de doute que l'occident doit son succès insolent au pétrole et au charbon. Tous deux, énergies fossiles, polluantes mais ont été relativement plus économiques à l'extraction et à l'exploitation.
Une panoplie de solutions plus durables existent mais aucune d'entre elles, n'a que des avantages. Le prix d'implémentation vient en concurrence avec l'enthousiasme, le prestige et rendement réel. Le calcul du prix-performance n'est pas affaire très évidente dans le long terme et il se retrouve très souvent sous-estimé. Les effets pervers, les effets papillons sont à prendre en considération entre rêves et réalités et résident souvent dans l'art de la persuasion des gourous que l'on trouve dans les élites face aux néophites des masses prolétaires.
L'informatique est la caricature du nécessaire superfétatoire. En rouleau compresseur, elle s'est imposée sans rémission. Économies du virtuel mais qui ses racines dans le réel.
Le "Système Ancien"
La nostalgie est-allemande du communisme a pris le nom d'Ostalgie. Moins excitante, moins jeune, cette période ne se limitait pas uniquement à l'idée de la Trabant ou de la Stasi. Le système ancien offrait aussi, presque le plein emploi, des logements accessibles, une santé quasi gratuite et performante. Lors de l'ouverture à l'ouest, tout a changé avec enthousiasme. Le niveau de vie paraissait avoir augmenté, il s'est aussi rallié, insidieusement, dans un processus totalement étranger avec une inflation qui a refait glisser l'ensemble de la masse des moins nantis, des moins "agiles" dans moins de sécurités sur leur futur.
Extrêmes que chantait et caricaturait Jean Ferrat avec vivre dans la jungle ou dans le zoo.
On peut se demander à qui a profité les 1250 milliards d'euros investis dans les Länder de l'Est qui proposaient 6 millions d'emplois en 2004, contre 9,7 milliards en 1989?
Les Allemands ont hérité de la peur de l'avenir dans le transfert. La chute du Mur de Berlin a besoin de rappels d'anniversaires comme le vingtième, l'année passée pour s'en rappeler.
Tout le monde n'aime pas la liberté et lui préfère la sécurité connue dans l'ex RDA. Les changements ne sont pas toujours voulus mais simplement conduit par un flux poussé dans le dos par le rêve utopique.
Le droit à la paresse ? Défendre mais non imposer le travail... "Pourquoi ne pas distribuer le travail uniformément le travail sur douze mois au lieu de prendre des indigestions pendant six mois", pensait Paul Lafargue. Iconoclaste pour la plupart des gens que de dire cela. Qui a dit que travailler était le sort des hommes? Se nourrir, se vêtir, se protéger, mais après cela?
Montre ton cerveau, je te dirai qui tu es. Bien vite dit.
L'ultime utopie, la décroissance
L'overshoot day tombe, cette année le 21 août, un mois plus tôt que l'année précédente. A ce rythme soutenu, dans 8 ans, l'humanité aurait consommé la totalité de ce que la Terre aurait produit, son PIB, dans l'année sans l'avoir commencé et entamera immédiatement ses réserves.
La stagflation fait déjà peur. La décroissance secoue encore plus l'esprit. Alors, on vire très vite dans l'anti de tous poils. Antiéconomie, antisocial, antiécologique pour se retrouver anarchiste sans en prendre le nom.
Les écotartuffes croisent les objecteurs de consciences. Arbitrairement fixer la croissance de 3% qui, au dessus, créerait de l'emploi et en dessous, en détruitait ne tient pas longtemps à l'analyse.
Les nihilistes, les pédagogues des catastrophes se veulent les défenseurs de la peur qu'ils engendrent et accentueraient les crises par leur manque volontaire d'activités.
Si l'évolutionisme n'est pas à la portée de tout le monde, être antitout est du "gâche progrès" qui n'est pas inscrit dans les gènes. Le monde a des limites précises. La vie a ses prérogatives.
La décroissance a ses partisans et ses détracteurs farouches.
Point de l'acceptable ou point de rupture?
L'homme n'est probablement pas fait pour travailler "idiot". Il est là pour s'occuper l'esprit au mieux qu'il peut avec son expérience, ses qualifications, ses inventions et leurs installations qu'il aurait cultivé dans son jardin ou dans la pénombre d'un bureau.
Si ralentir la course en avant est une obligation face à la finitude du monde, il s'agit de se tourner vers le renouvelable qui lui ne demandera pas moins de travail de réflexions, ni de procédures d'implémentation et de suivi. L'aliénation du travailler plus pour gagner plus, doit trouver une interprétation par le travailler mieux. Moins d'efforts, plus d'efficacités et en définitive un rendement meilleur en surexploitant les neurones pour épargner le bien commun.
Sélectionner les points positifs dans les deux idéologies en compétition, protéger les prolétaires par un jeu d'éthiques appliquées. Le traitement de l'information utilisé de haut en bas et de bas en haut avec une responsabilité partagée, bien comprise.
Spinoza était, peut-être, le vrai perturbateur dans son "Traité théologico-politique", face aux extrémismes de tous bords.
Il préconisait la liberté de jugement comme vertu non comprimable. "Moins il est laissé aux hommes de liberté de juger, plus on s'écarte de l'état le plus naturel, et plus le gouvernement a de violence. Ce qu'exige avant tout l'Etat, c'est que la piété et la religion soient comprises dans le seul exercice de la charité et de l'équité, que le droit du souverain sacré ou profane se rapporte aux actions seulement.".
La décroissance fonctionnerait si la grève de la croissance prenait place dans les mentalités et perdrait ses hantises, ses ambitions de vouloir pavoiser en permanence parmi les plus grands.
Une conclusion "utopique"?
Garder des arbitres, des ombudsmen, des syndicats restent les seuls agents liants ou raccordant les bords. "Maintenir les droit imprescriptibles de l'homme, son droit d'exister par lui-même et pour lui-même avec la propriété comme garantie pour la cimenter. La liberté du commerce est nécessaire jusqu'au point où la cupidité homicide commence à en abuser", écrivait Maximilien de Robespierre.
Très beau planning de vie qui reste à construire chez les premiers, à entretenir pour d'autres, à reconstruire pour les derniers.
Moraliser le capitalisme par l'éthique, résister à la publicité comme moteur de vente, frisent l'humour noir. La pathologie du travail s'autoalimente en boucle dans un incontrôlable processus aveugle dans lequel la technologie, l'économie, la politique ont pris la manoeuvre. On en arrive à être conscient qu'on ne sait plus vraiment où l'on va, mais on y va. Les créateurs de richesses sociales devraient avoir le droit de prendre part démocratiquement au processus de décision de la gestion commune.
Pierre-Joseph Proudhon lance, un jour, "La propriété, c'est du vol". Idée anarchiste, iconoclaste, s'il en est. Mais ce sont les idées qu'il proposait de redistribuer les richesses, créées en ajustant leur valeur à leur utilité qui semblent, aujourd'hui, apporter un pont entre les extrêmes libérales et socialistes. C'est lui qui exigera la création d'une banque nationale pour centraliser la finance.
Philosophes et économistes se basent sur leurs propres pairs historiques pour trouver des correspondances et se retrouvent souvent dépourvus de solutions face à l'actualité.
Ce sera aussi aux citoyens, eux-mêmes, de trouver des compromis si les habitudes ne se sont pas encore incrustées dans les instincts de chacun. Taire le silence, écrivais-je un jour.
Eduardo Galeano constatait en parlant d'utopie: « Je me rapproche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. Je chemine à dix pas de l’horizon et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. Pour autant que je chemine, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : cheminer. »
L'utopie, dirais-je, serait, peut-être aujourd'hui, de ne pas avoir d'utopies.
"Vivre l'utopie" à une autre époque, c'était être anarchique. Celle-ci est plus feutrée aujourd'hui.
Au fond, il y a presque autant d'utopies que d'humains, autant d'anarchies que d'anarchistes.
Aujourd'hui, c'est derrière les claviers, face à l'écran, que l'on trouve la plage. Les élans de motivations, hier, y sont execrés, aujourd'hui.
Google, parfois pris comme exemple de société post-moderne avec une organisation assez libre de fonctionnement, reperd cet avantage par les sacrifices familiaux que cette liberté inclut.
Aux dernières nouvelles, les riches deviennent philanthropes. Ils ont de la générosité à revendre. Changent-ils de paradigme, pour reprendre un mot à la mode? Non, ils dégrossissent le superflu en repentis.
Risquerais-je une utopie personnelle? Futuriste puisqu'il est en pleine recherche dans le domaine du cerveau et de son organisation. Il aurait l'avantage d'avoir été éprouvé durablement par la vie.
Et si le monde devenait un "macro cerveau", un Mondianet, avec pour connexions, un réseau de neurones perfectionnés. Chacun serait à sa place, avec ses aptitudes, ses fonctionnalités propres. Irrigué par un sang providentiel et nourricier, il recevrait les informations qui lui seraient propres dans un sens comme dans l'autre, sans distinction de hiérarchie, sans compétitions avec un seul but, sa survivance.
Je ne vous ai, très certainement, pas convaincu. Je sais.
Alors, au boulot avec vos réflexions, sans tomber dans l'aliénation de perdre sa vie pour la gagner, mais en réfléchissant pour sortir de l'idée que les hommes ne font pas leur histoire pour en créer une autre à leur mesure mais hors des ornières....
L'uniformité des désirs de chacun est aussi un leurre et ne correspond pas toujours à l'acquis et de ce qui en est fait par manque de temps ou d'ambitions et pris dans un engrenage imperceptible.
Celui-ci cache des richesses sans projet sociétal comme condamné de "tourner" pour seulement exister. Et exister, cela prend tellement de formes et pas toujours de bons fonds.
Avec les utopies, tout est possible.
L'enfoiré,
Sur Agoravox, des utopistes? Non, pas du tout....
Mise à jour fin 2012: Le Monde a publié un Atlas des utopies.
Les utopies du futur:
- la nature
- les femmes au pouvoir
- le mariage et l'amour
- la paix perpétuelle
- un monde sans frontières
- une monde interractif et libre par Internet
- L'énergie verte et la récupération des énergies de l'orage
- la transhumanité hybride
- la matrise du climat
- la fusion nucléaire
- la conquête de Mars et les extraterrestres
Citations:
- "L'Histoire moderne a montré que l'utopie est mère de toutes les dictatures", Jacques Attali
- "Une société sans pensée utopique est inconcevable. Utopie au sens de désir d'un mieux.", Jean-Claude Carrière
- "Une utopie est une réalité en puissance.", Edouard Herriot
- "Ce dont nous manquons, c'est une utopie libérale qui ne se confine pas à ce qui semble politiquement possible aujourd'hui", Friedrich von Haeyk
17:20 Publié dans Actualité, Economie, Monde des affaires, Nature et Ecologie, Organisation, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
09/08/2010
Des bulbes pour l'imagination
Il y a 30 ans, Benoit Mandelbrot nous faisait rêver avec ses fractales. Limitées, alors, à la 2D, avec des couleurs alternées, il créait pour longtemps des posters dans beaucoup d'habitations qui se voulaient donner une idée de modernité. Passer à la troisième dimension, cela devient magique.
Qui a eu un ordinateur, il y a 25 ans, a eu l'envie de tâter le monde des fractales. Avec les processeurs 80286 de l'époque, pour construire une image à partir d'une fonction complexe tout en restant relativement simple dans l'énoncé, pouvait prendre un certain temps si pas un temps certain. Avec ce processeur qui tournait à moins d'un million d'instructions par seconde, on pouvait laisser "ramer" l'ordinateur pendant des heures et revenir sans retrouver l'image construite entièrement. Les nombreux logiciels générateurs de fractales permettaient de reprendre, ensuite, un détail de l'image formée et, avec lui, recommencer à nouveau le calcul de la fonction, point par point, par itérations et reproduire le même dessin plus loin en zoomant sur lui. La formule, la plus simple Z = z2 +c, donne déjà des résultats intéressants en partant dans toutes les directions pour s'évader dans un décor qui tend vers l'infini.
La représentation des fonctions fractales sont devenues une véritable passion pour beaucoup de possesseurs de PC, un véritable art de l'image s'en est suivi. Il s'est retrouvé sur les murs de beaucoup d'entreprises et de particuliers comme un symbole de beauté et de modernité.
Qui oserait dire que les mathématiques et les nombres ne peuvent pas faire rêver?
Le monde du complexe et du chaos qui l'accompagne, a toujours intrigué les scientifiques pour le recaser dans plus d'ordre sous l'uniformité de quelques formules que l'on espère les plus courtes possibles.
Dès 1812, Simon de Laplace affirmait arbitrairement que si on connaissait la position de toutes les particules de l'univers avec les forces qui les animent, à un instant précisé, prédire le futur se ferait sans ambiguïté. Les systèmes dynamiques et aléatoires allaient prouver tout le contraire. Aujourd'hui, c'est tout le contraire.
Récemment, le théorème de Xavier Buff et Arnaud Chéritat prouve que le chaos est partout, qu'il est une règle générale de tous les systèmes dynamiques les plus simples qu'ils soient même dans une aire de calcul strictement positive et relativement simple.
Tout devient, du coup, imprévisible dans la compréhension du monde de la physique. Tout évolue de façon différente en fonctions de paramètres, choisis et de leurs valeurs initiales.
Prévoir le temps, Henri Poincaré se rendait déjà compte que cela n'allait pas être simple vu le nombre de paramètres en météorologie. Qu'un système simplet devienne une science avec des résultats complexes, là on passe à un problème d'échelle. Il était reconnu qu'une itération d'un nombre supérieur à un, au carré, l'envoie vers l'infini, inférieur à un et le résultat tend vers zéro. Rien de chaotique, rien de fractale, dans ces deux processus. Bien sûr.
Avec les nombres non réels, que l'on nomme comme complexes, au départ, on sort du linéaire pour couvrir tous les plans.
Depuis le début du 20ème siècle, les systèmes complexes ont intéressé pour tenter d'expliquer ce qui gouverne le chaos.
Dès 1910, Pierre Fatou et Gaston Julia s'intéressent aux nombres complexes mais en limitant le calcul par une constante. Les ensembles de Julia à la recherche de l'orientation alternée entre l'infini et une zone étroite obéissent déjà aux règles fractales, mais moins complexe car gardant le nombre "un" à l'intersection tout en versant déjà dans l'imprévisibilité du chaos. Recherche toute théorique. Pas de machine pour se le représenter dans la pratique à l'époque. L'avénement des PC en 1980 débloque cette impossibilité. Adrien Douady, et John Hubbard son élève, s'exercent pour donner une aire autre que nulle par déformations dans un jeu de symétries.
Prévoir le devenir par le calcul est le rêve qui attirait pour gagner aux jeux et en Bourse. Le mathématicien, Benoit Mandelbrot, employé chez IBM, s'y intéresse principalement dans ce sens.
L'ensemble de Mandelbrot permet une représentation en deux dimensions de ces fonctions de manière plane.
Depuis, les ordinateurs ont multiplié leur puissance de calcul de manière phénoménale. Aujourd'hui, le PC atteindrait les 2 milliards d'opérations par seconde rendant le travail de recherche et de test moins éprouvant pour les nerfs dans le temps d'attente.
Sur le site de Daniel White, professeur de piano, les images du set de Mandelbrot sont passées récemment en trois dimensions. C'est tout simplement, magique. Le désordre conservé dans le complexe. Planète de l'imaginaire dans lequel un vaisseau spatiale se perdrait en chemin dans un zooming sans fin au travers de labyrinthes.
John Hubbard, un des meilleurs spécialistes de cet ensemble Mandelbrot qui avait avait sorti le fameux dessin de coeur des fractales en deux dimensions et qui s'enchaînait du plus grand au plus petit détail de la même façon, en était émerveillé. L'astuce de ce "plus système dynamique non linéaire" avec un algorithme élémentaire constitué fut réalisé par le passage de nombres complexes au carré et en faisant jouer progressivement les couleurs dans le processus de calcul des points suivants.
Faire passer les calculs dans une 4ème dimension projeté sur un espace à trois dimensions, fut, d'abord, la solution proposée par Jean-François Colonna. Les nombres baptisés "quaternions" restaient toujours à base des opérations arithmétiques classiques.
Daniel White avec l'aide de Paul Nylander, transforma l'ensemble de Mandelbrot en passant à des exposants supérieurs au carré dans un processus itératif. Les détails apparurent plus intéressant au fur et à mesure qu'ils testèrent les puissances supérieures. Exposant 8 semblait être le meilleur compromis. Les mandelbulbes étaient nés en se référant à leur précurseur, Mandelbrot.
Il existait l'"éponge de Menger", plus ancienne, qui fut inventée en trois dimensions en 1926 par Karl Menger mais il est basé sur un autre principe: creuser un système de cubes en enlevant le centre par itération, qui ne suit pas la même logique fractale.
Mais à quoi ces mandelbulbes peuvent-elles servir?
Répondre "pour la beauté des yeux" serait un peu léger. La géométrie fractale permet d'aborder la complexité d'une rivière qui se perdrait dans ses méandres en reproduisant la même configuration tortueuse du départ. C'est vrai, le monde des fractales à base des nombres complexes en deux dimensions permettait déjà de reconstituer la nature, les feuilles d'un arbres, les nuages et bien d'autres choses du vivant. Les images numériques calculées point par point peuvent réduire considérablement les fichiers par la Loi de Zipf et de toutes les techniques qui tout en perdant de la définition permet de conserver une approximation honnête de l'image non compressée. Mais ce sont surtout les théories financières basée sur un modèle d'évolution des cours de la Bourse que la géométrie fractale prenait tout son sens dans la recherche.
En 2004, Mandelbrot publie "Une approche fractale des marchés" dans lequel il dénonce les outils mathématiques de la finance qu'il juge inadaptés. Très critique sur la théorie de Merton, Black et Scholes utilisée par les banques, car, elle ne prend pas en compte les changements de prix instantanés et des informations essentielles, faussant ainsi les moyennes. Dès 1962, il signalait l'erreur d'appréciation en précisant que le hasard ne tenait pas compte de la sauvagerie de la Bourse sous-évaluant la fantaisie des évaluations et des indexes. D'après lui, les "sauts de Lévy" décriraient mieux les risques. Mais ceci est déjà une autre histoire et cette histoire-là va lui donner raison avec les crises.
Pour l'imagination, pas besoin d'utilité. Pas encore vu le site de Daniel White? Évadez-vous, cela vaut le détour. Il y explique les techniques de ses multiples essais. En plus, quand on donne à ses résultats, des noms tel que "Retour du Chateau du Soleil couchant", "Rêves de solitude", "Temple de l'ombre", il y a de quoi rêver.
Le chaos n'a pas encore dit son dernier mot.
Que ferait-on sans lui? Réinventer l'ordre, c'est loin d'être plus sûr même pour les matheux.
L'enfoiré,
Sources principales, le Science & Vie de Février 2010
Les ensembles fractales en 2D existent encore sous d'autres formes.
Sur Agoravox, l'imagination en bulbes?
Mise à jour du 30 août 2010: Le "Pour la Science de septembre" parle "Du relief dans les fractales". On passe, dans les fractales en 3D, à un besoin de force de calcul de 1000 fois supérieur. La formule f(z)=z2+c est une fonction quadratique qui passe des nombres réels aux nombres complexes. Dominic Rochon de l'Université du Québec à Trois-Rivières a créé le Tetrebrot qui rappelle étrangement un cristal de bismuth. Le britanique Tom Lowe se confronte avec "son monde" Mandelbox, volume cubique avec pliages et inversions qui ne s'échappent pas de l'infini. Du carré de z au carré, passer à z exposant 8, cela donne beaucoup d'idées
Un forum existe sur le sujet qui prend visiblement de l'extension.
Citations:
- "Le monde est un chaos, et son désordre excède tout ce qu'on y voudrait apporter de remède.",Pierre Corneille
- "Le chaos est souvent source de vie alors que l'ordre génère des habitudes.", Henry Brooks Adams
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27/06/2010
Un Musée, un fleuve, un pays : Congo
Deux anniversaires: le Musée de Tervuren a 100 ans. Le Congo, après un intermède sous le nom de Zaïre fête son cinquantenaire d'indépendance. Le musée de Tervuren s'est mis à la fête avec une exposition sur le fleuve Congo. Ce fleuve n'a jamais changé de nom avec ses bruits de fleuve éternel...

Pourquoi mêler Tervuren à l'indépendance du Congo?
Beaucoup de raisons pour cela. Wikipedia nous dit :
"Tervuren (anciennement Tervueren) est une commune néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province du Brabant flamand. C'est la seule commune périphérique de la Région de Bruxelles-Capitale à être située dans l'arrondissement de Louvain.
À Tervuren se trouve le Musée royal de l’Afrique centrale, musée d'Art Africain, musée du Congo, comme on a l'habitude de l'appeler, au milieu d'un parc magnifique, aménagé dans l'ancien domaine de chasse des ducs de Brabant à proximité de la forêt de Soignes et de l'Arboretum (photos). Ses étangs forment la source du ruisseau (le Voer) auquel la commune doit son nom.
Le Roi Léopold II, pour la section coloniale de l'exposition universelle de 1897, a fait construire le palais des colonies. Trop exigu pour les projets du roi un nouveau bâtiment, plus grand fut bâti, le Musée royal de l'Afrique centrale (MRAC) hébergeant des collections exceptionnelles, considérées comme les plus riches au monde pour ce qui concerne l'Afrique Centrale. Les archives de l'explorateur Stanley y sont conservées."
Ce musée a fêté son siècle d'existence le 30 avril dernier.
A cette occasion, une exposition temporaire sur le fleuve Congo réservait une partie du musée à "Bruits du fleuve Congo".
Au coeur de l'Afrique centrale, sur le plateau du Katanga, à 1500 mètres d'altitude prend naissance le fleuve Congo de 4.670 kms de long avec le deuxième débit au monde avec ses 39.536 m3 à la seconde. Son lit s'est creusé en plusieurs centaines de millions d'années sur un bassin de près de 4 millions de kilomètres carrés. Son cours correspond à 5 fois celui de la Meuse. Large de 30 kilomètres. Des traces d'une présence humaine, datant du 8ème siècle, ont été décelées.
Une expédition est partie avec 70 chercheurs depuis le 24 avril sur 1750 kilomètres du fleuve entre Kisangani et Kinshasa. Photos du musée et de ses alentours.
Le carnet de bord de leur expédition se prolongeait jusqu'au 12 juin.
La Mission scientifique s'est intéressé aux poissons, aux langues parlées, à l'archéologie, à la biodiversités, à l'écologie.
Le Musée se lance, depuis récemment, dans une rénovation approfondie qui prendra trois années pour se doter d'équipements publics modernes. Onze bureaux d'études ont été mis en compétition pour en sélectionner le meilleur. Le musée a vieilli. La présentation de ses collections permanente mérite d'être rajeunie.
L'exposition "Bruits du fleuve" se compose de 9 étapes et passe du crocodile au bonobo.
Des hameçons, des masques qui perpétuent la tradition, de petits bronzes, des tombes du 8ème siècle avec des poteries dans la cuvette marécageuse de l'Upemba sont des indices pour les archéologues.
Une pirogue de 22 mètres, pesant 3,5 tonnes, taillée dans un seul tronc d'arbre "sipo", est devenue l'emblème du musée depuis 1957. Cette pirogue, normalement, pouvait accueillir 100 rameurs.
Les rapides d'Inga terminent le voyage du fleuve qui se jette dans l'océan dans un dernier saut de l'ange de 100 mètres. Un barrage y a été implanté. Des projets existent pour l'étendre et, ainsi, alimenter en électricité toute l'Afrique centrale.
Ces rapides ont emporté l'expédition "Africa-Raft" de Philippe de Dieuleveult en 1985. Les conditions de sa disparition restent encore peu claires - noyade, accident, assassinat même si des éléments tardifs ont relancé cette dernière. Un premier mythe ou un mystère sur la mort?
Ce 30 juin, c'est l'anniversaire de l'indépendance du Congo.
50 ans après, les souvenirs reviennent chez les anciens. Pour les jeunes Congolais, le Congo belge s'est effacé, camouflé derrière des habitations défraîchies de l'époque. Le 4 janvier 1959, à Léopoldville, les premières émeutes avaient précipité la décision de décoloniser le Congo. Les personnages congolais les plus charismatiques furent Kasavubu et Patrice Lumumba. Le 30 juin s'est fêté dans l'allégresse, dans l'euphorie pour la fin de la domination coloniale et de l'autorité blanche. Baudouin, Bwana Kitoko fait un discours enflammé sur les deux pays. Une fierté s'est aussi traduite par une inquiétude pour les 100.000 fonctionnaires belges et un excès de confiance dans l'avenir pour les Congolais. Les élites supérieures noires n'avaient pas été formées et manquaient. Un "certain" apartheid, un racisme larvé séparaient les deux communautés.
Une ville coloniale comme Léopoldville est conçue en deux blocs : les quartiers européens et la cité noire. Entre les deux une zone verte, qu'on appelle le no man's land.
Dans la ville blanche, les restaurants, les débits de boisson, les cinémas les magasins sont réservés aux Blancs et à quelques Congolais privilégiés, les immatriculés… Les Congolais sont aux servises par un guichet spécial… Deux ans avant, lors de l'Expo 58, la Belgique voulait valoriser au mieux sa colonie et en montrer toutes les richesses sur une surface importante. Des cases traditionnelles de la section congolaise, occupées pas des "indigènes" en boubou furent assez vite fermées. Des visiteurs leur jetaient des ... bananes.
Les bons côtés, le système scolaire, les soins de santé étaient gratuits. Le paternalisme, l'esprit missionnaire existaient et effaçaient le besoin de la création d'un leadership noir. Après l'indépendance, ce fut l'effondrement de l'économie. Depuis, apparemment, une certaine nostalgie de cette époque subsiste de part et d'autre. Un sentiment d'un raté de l'histoire. "L'habituel défaut de l'homme est de ne pas prévoir l'orage par beau temps", disait Nicolas Machiavel.
Remontons encore le temps. L'histoire du rapprochement entre le Congo et la Belgique remonte à 1871 en pleine période coloniale.
Dans le centre de l'Afrique, Henry Morton Stanley, engagé par le roi des Belges, Léopold II, entre en concurrence avec Pierre Savorgnan de Brazza pour la France.
H.M. Stanley, tour à tour, voyageur, colonisateur, émissaire, part à la recherche de David Livingston, parti, lui, à la recherche des sources du Nil. En 1871, il le trouve à Ujiji. Il reste, pour beaucoup, celui qui lui pose la question « Docteur Livingstone, je présume ? » (Doctor Livingstone, I presume ?), lequel répond « Vous m'avez apporté une nouvelle vie ». Un mythe était né.
La doctrine des « 3 C » avait pris forme : Christianisation, Commerce et Civilisation.
Léopold II, monarque a eu sa propre "colonie privée", l'État indépendant du Congo, sur lequel il exerça sa souveraineté de 1884 jusqu'à sa mort en 1908. Parallèlement à sa politique coloniale, il avait mit en œuvre l'exploitation intensive et la récolte du caoutchouc qui provient de l'hévéa, produit très demandé à l'époque, et promut la construction de voies de chemin de fer. À la suite d'une campagne internationale menée par les Britanniques, notamment Edmund Dene Morel, dénonçant le traitement brutal des populations locales par les coloniaux, ajoutée au rapport Casement, la position du roi devint intenable. À la fin de sa vie en 1908, il légua le Congo, renommé en Congo Belge, et ses propriétés immobilières à la Belgique via la Donation royale. (Rappel détaillé de l'histoire).
Une autre histoire du Congo commençait avec l'occupation belge, la colonisation. Déjà, quatre ans avant l'indépendance, des intellectuels congolais avait établit un manifeste qui voulait créer un pays africain noir, plutôt qu'une réplique de l'Europe en noir. En 1958, lors de l'Exposition Universelle 58, la venue des Congolais à Bruxelles apprenaient qu'il y avait une vie en dehors de la foret, que des blancs pouvaient également être des serveurs.
Le choc des civilisations amena à l'indépendance le 30 juin 1960. La chanson d'alors faisait envie.
Le Congo Brazzaville, lui, accédera son indépendance, le 15 août 1960, un mois et demi après celle du Congo belge.
L'histoire ne s'est pas arrêtée là.
Sous la présidence de Mobutu, en 1971, le pays changea de nom en Zaïre, d'après le mot local pour "rivière".
Certaines villes perdirent en même temps, leurs racines avec une dénomination trop belges.
Depuis 1997, le Congo a repris son nom de République Démocratique du Congo avec Laurent Desire Kabila comme président.
Depuis son assassinat en 2001, c'est son fils, Joseph Kabila qui préside le pays. Fin 2006, c'est après des élections démocratiques. Tout est encore à refaire.
La visite d'Albert II ne suscitait pas l'enthousiasme. Certains Congolais jettent un regard désabusé sur ces dernières années.
Cinquante ans, c'est très loin quand l'âge moyen de la population est assez jeune. Mais, on désire garder les bonnes relations après quelques nuages de conceptions.
Cet anniversaire du cinquantenaire de l'indépendance du Congo a pourtant été commémoré par la présence de trente chefs d'Etat à Kinshasa avec discours et défilé militaire au programme. « L'aube de sa renaissance », disait le Président Joseph Kabila en parlant de l'anniversaire du pays.
Mais, l'histoire du Congo ne s'arrête jamais, elle diffère en cela avec son fleuve, qui lui coule toujours de source.
L'enfoiré,
Sur Agoravox, une discussion ?
Citations:
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"Moins le Blanc est intelligent, plus le Noir lui paraît bête.", André Gide
-
"Dieu a dit, il y aura des hommes blancs, des hommes noirs, il y aura des hommes grands, des hommes petits. Il y aura des hommes beaux, des hommes moches et tous seront égaux, mais ça sera pas facile.", Coluche
-
"Les vertus se perdent dans l'intérêt, comme les fleuves se perdent dans la mer.", François de La Rochefoucauld
09:50 Publié dans Actualité, Belgique, Histoire, Nature et Ecologie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18/06/2010
Pourquoi partons-nous en voyage?
A question idiote, réponse idiote... Pour passer des vacances, pardi. Pour se ressourcer, pour oublier la vie de travail... Mais est-ce le voyage qui apportera cette parenthèse? Nous avons les avions pour aller de plus en plus loin et en peu de temps.
Avant le rétrécissement de notre planète, "voyager" avait toujours été considéré comme une expédition. Les moyens de transports étaient lents et étaient plus risqués qu'aujourd'hui. Tout déplacement se préparait longtemps à l'avance. Notre modernisme a changé la donne. On voyage en avion comme on prendrait le tramway au coin de la rue. L'envie du "voyage" en tant que tel se perd.
"Mieux vaut voyager plein d'espoir qu'arriver au but" disait l'écrivain anglais Robert Louis Stevenson.
Le voyage au 19ème siècle était encore un but en lui-même. Il faisait rêver. Plus loin dans l'histoire, les croisades, elles-mêmes, faisaient oublier les risques comme une véritable proie pour l'ombre.
Les voyages prenaient des mois, si pas des années. L'aventure commençait dès qu'on sortait de son habitation. Chercher dans l'aventure plutôt que trouver le but à destination, qui lui n'était pas toujours agréable.
Bouddhistes et taoïstes ont la même vision du voyage long et lent. Le voyage se faisait même à pied et donc restait très local. Modestie qui permettait d'apprécier les paysages et les gens qui transitaient devant les yeux du voyageur. Les paysages ne changeaient pas dans la journée. Ils s'égrenaient au compte gouttes des kilomètres. parcourus On prenait le temps. Tout simplement.
En 1936, les premiers congés payés, les premières vacances, ont été accordés et ont changé la donne. Alors, on commença par se tourner vers les endroits les plus proches, la mer, la campagne, la montagne. Il fallait tout découvrir. Les années passèrent. Les moyens de transport performaient de mieux en mieux. Le train, d'abord. L'avion, ensuite. Alors, le monde est devenu de plus en plus petit. Trop petit. Il fallait comprendre les cultures ou croire pouvoir le faire, dont les médias nous avaient informé avec un certain détail.
Le point de départ et la destination devinrent les seules préoccupations. Le voyage, lui-même, perdait ses attraits. Seule la destination n'avait de l'importance.
La philosophie du "voyage" est devenue plus comme une volonté de "téléportation". "Scotty, téléporte-moi" était dit dans Star Trek. Sont à l'honneur les espaces sidéraux, mais, sur Terre. Un claquement des doigts et on se retrouverait téléporté sur le lieu de nos vacances sans tarder, sans essences, sans fatigues, sans aléas et sans les risques dus à la route.
Les avions retardés ou les trains surchargés, on ne supporte plus. Il faut aller toujours plus vite. Nous sommes à l'ère des nano-secondes, du jet flag et du décalage horaire. Il faut assumer tout d'un coup, et c'est seule obligation.
Le temps du voyage ne se supporte plus. Il entrave plutôt qu'il ne réjouit.
La science fiction revient même dans le réel par la physique quantique.
L'imposteur était le cinquième épisode de la série de Star Trek. Serions-nous devenus des imposteurs du voyage?
"Trop vite", comme l'écrit Jean-Louis Servan-Schreiber. Le court-termisme de nos entreprises, de nos politiques est passé dans nos vacances. On achète le guide touristique pour ne pas paraître trop idiot, mais on le découvrira sur place. Pas le temps de faire plus. Cette année, on a épargné et on va "faire" la Guadeloupe. L'année précédente, on "avait fait" la Chine.
C'est surtout quand le prix des déplacements et des voyages ne font que baisser, que le besoin de changement d'air est recherché en dépit de toutes logiques. Les voyages low-cost y contribuent. Le kerosène reste, artificiellement, non taxé et ceci explique partiellement cela. Récemment, trois millions de dollars d'amendes à payer par Ryanair parce qu'ils ont oublié leurs obligations vis-a-vis des naufragés du volcan islandais. Cela va devoir nécessairement se retrouver, un jour, dans les prix des billets, d'une manière ou une autre. Cette méthode de voyage a, seulement, permis de donner l'envie de s'évader à plus de gens et de créer de nouveaux consommateurs.
Le Vif, l'Express se posait la question de "Vivre sans avions". J'avais laissé cette question dans un sondage en fin d'un de mes articles, resté sans réponses. Les problèmes du volcan avaient-ils diminué les envies de prendre l'avion?
Les médias répondaient à ma question. Il était dit qu'en avril, il y avait eu une réduction de 10% à 20% des enregistrements de voyages en avion. Situation économique oblige penserait-on? Pas sûr. On oublie vite. Les vacances sont moins longues en nombre de jours mais sont plus nombreuses. Il faut meubler les temps libres.
Notre dépendance vis-à-vis de l'avion est trop grande pour oser dire "non" à l'avion. Tout est véhiculé par avion. Malgré la raréfaction des ressources et du pétrole, le changement climatique, le volcan sans accalmie, les derniers accidents, rien ne permet actuellement d'imaginer des alternatives efficaces surtout quand il faut passer les océans. Toujours plus loin et plus vite...
Si les règles deviennent même plus souples depuis le volcan, les aéroports restent fermés pour cause de grève... Pour commencer 2010, trois accidents d'avions, trois atterrissages, à Smolensk, à Tripoli, en Inde... coup sur coup, qui se sont terminés par un crash, toujours inexpliqués, ne sont pas là pour rassurer.
Alors, voyage ou pas voyage? Est-ce être une Star ou le Treking qui subsiste dans les esprits? Est-ce le goût d'aller voir ailleurs si l'herbe n'y était pas plus verte? Pas vraiment.
Les vacances, on les a méritées, disait l'un des vacanciers. Les vacances de Pâques, c'est sacré, ajoutait le suivant. L'éruption du volcan islandais a imposé un autre timing pour le retour de ces vacances de Pâques et hypothéqué le départ de ceux qui devaient reprendre le collier. Une pause forcée?
La dissociation de la route et du voyage par l'abstraction de tout ce qui faisait le plaisir, est peut-être la première approche vers cette fiction de Star Trek.
Le dicton "La route, c'est ma liberté" est aussi bien passé de mise. La voiture, tout le monde veut en avoir une et les routes se sont rendues à la merci du moindre accident, de la moindre panne, de la moindre incartade pour nous plonger dans des bouchons dès les premiers rayons du soleil.
"L'art du voyage" de Alain de Botton ne consiste plus qu'en milles et en milestones, avec des étapes, des endroits de passage qui n'auraient plus d'attraits. Pour lui, c'est le train qui laisserait encore une chance au voyageur de voyager. Le train reste encore le meilleur moyen de transport "pré-vacances".
En voiture, il faut oublier les kilomètres le plus agréablement possible. Préparer ses vacances, c'est se tourner, les mois qui précèdent, vers Internet, chercher l'hôtel pour le ou les étapes et la destination, trouver l'itinéraire le plus adapté et pas nécessairement le plus court, le moins encombré potentiellement. Sans beaucoup chercher plus loin. Rêver du point final avec les pieds en éventail sur le sable chaud avec le soleil au zénith et le ciel bleu, par dessus, à faire pâlir de jalousie les collègues.
En route, le GPS est le guide obsessionnel par conception. Il va à la recherche du parcours le plus court. Il s'en fout de ce qu'on voudrait voir ou même éviter. Il a un programme intransigeant. Un oeil fixé sur lui, les changements de paysages ne sont plus que dans nos lointains souvenirs imaginaires. Seul la destination importe et les transitions sont devenues inintéressantes et ephémères. Le voyage, c'est, tout simplement, du temps perdu pour les "vraies vacances". Nouvelle du jour: Les Belges sont gros dépensiers pendant les vacances, est-il dit.
Emprunter les petits chemins de campagne, ce sont des détours. Qu'est ce qui l'arrêtera à un endroit plutôt qu'un autre? Un château pour l'exotisme de l'histoire, un endroit pour les enfants, des prix de séjours hors concurrence, une publicité bien faite... Tout reste bon pour attirer le toutou, le toutou, le touriste.
"Le bonheur, c'est toujours pour demain", chantait Pierre Perret. Ce serait encore mieux si c'était dans l'heure, la minute suivante, dans ce cas.
Ce n'est que lorsque nous sortons de l'autoroute que le voyage commence. Avant cela, on peut parler d'un long tunnel, d'un non-lieu que la téléportation nous ferait éviter. (Sources)
Il est vrai que rien ne ressemble plus à une autoroute qu'une autre autoroute avec ses stations service, ces restoroutes, en suivant les mêmes signes et symboles pour nous diriger vers "cette" destination.
Lieux de passages obligés plus que plaisirs du voyage. Des non-lieux, sans âme, sans liens culturels commun comme le disait Marc Augé. Ils n'intéressent plus. Donner sa position en cas de panne se résumerait à donner la borne kilométrique sans autre mention de lieu. On attendrait alors que cela passe dans le couloir d'attente en perdant toutes relations avec les endroits de ce passage. Ensuite, vite la sortie de l'autoroute pour qu'on puisse enfin profiter de ces "putains" de vacances tant attendues pendant lesquelles, il faut en avoir pour son argent.
A destination, au moins, on pourra recréer notre chez-soi dans le microcosme de l'hôtel ou autour de la piscine de celui-ci.
Là, dans un enclos, le ghetto pour touristes, on pourra rire haut et fort. Se croire et faire comme chez soi. Espérer manger comme chez soi...
De deux semaines de congés, en 1936, on est passé à 6 semaines voir plus en cumulant les heures supplémentaires. Donc, plus de temps, en principe. Mais l'employeur n'aime pas les trop longues vacances. Les bénéficiaires non plus d'ailleurs. Ils ont commencé à les morceler ces congés en semaines voir en week-end pour les étaler sur toute l'année. Recommencer le voyage, en boucle planifiées de longues dates comme des obligations pour être reconnu dans notre société consumériste. Dans ces conditions, souvent, les photos vont se résumer à quelques vues de la famille, souriantes à souhait, autour et dans l'eau de la piscine de l'hôtel. Photos que l'on s'empressera, ensuite, de lancer sur Facebook pour mettre au courant le maximum de personnes de notre voyage idyllique. En dessous d'une photo, on pourra peut-être lire. "Nous voici, au Japon". Sous la suivante, "la Chine dans tous ces états". Comme conclusion, on lirait même "Je te dis pas le nombre de pays que nous avons survolés".
Cela risque de ne pas changer avant plus soif. L'offre et la demande, insensible aux problèmes, s'envole encore. Elle est, en hausse de 10% en 2010. La Chine, avec une nouvelle flotte, commence également à passer aux kilomètres volants.
En avion, à 10 kilomètres d'altitude, en escomptant les trous d'air, ce n'est pas les nuages qui nous feront voir la nouveauté dans l'aventure.
Le train reprend aussi du poil de la bête quand l'avion reste au sol. De nouvelles rames d'Eurostar avaient été installées en catastrophe pendant les grèves forcées, volcanisées. Les LGV (Ligne de Trains à Grande Vitesse), le Fyra, le Pendolo, l'AGV, le Velaro, le Zefiro vont reprendre le flambeau des Thalys, des TGV et Eurostar.
La règle dans un avenir plus ou moins lointain sous l'angle écologique ira à l'économie. L'idée de l'austérité à la cote de la mode. Pousser la vidéoconférence, la production locale des marchandises, vivre sans avions, redécouvrir le voyage. Faudra s'y faire.
Faudra, aussi, peut-être, revenir aux sources et y trouver ce qu'on n'y a pas aperçu à première vue. L'aventure se rencontre aussi quand on ne s'y attend pas, au détour d'un chemin banal à souhait, sans effort. Il suffit parfois de lever la tête ou de la baisser au raz des pâquerettes. ( Une Histoire d'un autre temps.)
Vu la saison, peut-être vous préparez-vous à l'exotisme en chambre? Les livres sont nombreux pour compléter les points de visite ou de séjour. Mais, la "belle aventure", elle, ne commencera que sur le terrain.
Alors, pour être complet, il reste les professionnels du voyage. Pourquoi pas, les "obsessionnels du voyage"?
Florence Arthaud, dans son livre "Un vent de liberté", Olivier de Kersauson, dans "Ocean's song", nous rappellent qu'il y a d'autres voies. Pour eux, c'est la liberté, le voyage passion et la solitude qui attirent et pas les destinations.
Olivier de Kersauson écrivait en substance: "Aujourd'hui, on ne voyage plus: on se déplace comme des représentants en cravate et bonnet de bain. On ne compte que sur la cure de soleil. On est soumis au voyage. Dans le voyage, je crois à un "état de disponibilité" du voyageur dans une joie profonde et enfantine à cingler vers l'ailleurs pour rentrer dans le décor à pas comptés et sans appartenance quelconque. Voyager ce n'est pas être témoin, mais du plaisir pour servir la beauté du monde. La fin du voyage en mer, c'est la fin de la fête. Le voyage reste sans souvenirs, mais juste des impressions".
Joseph Kessel dans "Valle des Rubis" écrit: "Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas,. On rêve sur les cartes. On repère les noms magnifiques des villes inconnues".
"Ce n'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme", chantait Renaud.
L'aventure métaphysique de la découverte ne se retrouve plus que chez ce genre d'aventuriers de l'extrême et qui vendent encore du rêve à crédit par ricochet dans des films ou des livres.
Pour les autres, la dématérialisation du voyage, du savoir s'est radicalisée en feuilletant le grand livre du monde par l'intermédiaire de Google.
Le touriste d'avant était un messager, un colporteur de nouvelles, toujours curieux de tout. Le tourisme s'est, désormais, démocratisé et par là, s'est désensibilisé pour se transformer en objet de rendement. Payé au "juste prix", le voyage s'est déresponsabilisé avec une absence de la vie active au bout du tunnel.
Le journaliste, Seth Stevenson, en véritable globe trotter, disait qu'il avait fait le tour du monde sans prendre l'avion en respectant le "just in time" à la découverte des autres cultures.
Les tours-opérateurs vendent, eux, du voyage absolutiste mais restent brouillons en oubliant de vendre le rêve. Le voyage n'est donc plus l'essentiel. Du manque à gagner qui empêche de consommer à destination. Le dépaysement, l'exotisme ne sont plus des arguments de vente.
Personnellement, j'ai toujours aimé le voyage pour lui-même. Je comprends parfaitement ce sentiment de ses navigateurs solitaires, qui ne se sentent jamais totalement satisfait là où ils arrivent ou qui se retrouvent toujours au même endroit. Je ne suis pas Breton, ce ne sera donc pas par la mer, ma recherche de cet "autre chose", de cet "autrement", de cette "impossible étoile" comme chantait Brel.
J'ai reçu une formation avec des langues mortes dans les bagages. Les pays qui ont fait partie de l'histoire d'Ulysse, de l'Odyssée, me sont restés comme fil conducteur dès le départ.
Puis, on élargit son champ de vision. Une autre histoire commençait.
Les Belges adorent leurs vacances. Bonne ou mauvaise nouvelle?
Sera-ce "Tous à la plage" comme le proposait récemment Thalassa, mais qui n'est peut-être pas l'aventure rêvée de tous.
Que vous souhaiter, alors, pour terminer ce billet ?
"Bonnes vacances", "bon voyage", "bonne aventure" ou "bonne téléportation"?
A vous de me le dire.
L'enfoiré,
Articles associés: "Les vacances de demain comme d'avant hier?" , "Vacances autrement"'
Citations:
- "On ne voyage pas pour voyager mais pour avoir voyagé.", Alphonse Karr
- "Le vrai voyage, c'est d'y aller. Une fois arrivé, le voyage est fini. Aujourd'hui les gens commencent par la fin.", Hugo Verlomme
- "On mesure le bonheur d'un couple à leurs photos, et les photos se prennent pendant les vacances ; sans les photos de vacances, on ne pourrait jamais prouver qu'on a été heureux.", David Foenkinos
-
"Ce n'est pas la destination mais la route qui compte.", proverbe gitan.

08:15 Publié dans Actualité, Jeux et plaisirs, Loisirs, Nature et Ecologie, Organisation, Parodie et humour, Santé et bien être, Voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
30/05/2010
Que d'eau sous les ponts...
Et si on allait à la rencontre des ponts et de l'eau à Bruxelles? Marre de la morosité, de l'austérité, de l'économie... Pourquoi pas assister à la fête du Port de Bruxelles pour démarrer une exploration de photos?

Je ne sais si vous êtes comme moi, mais une ville qui n'est pas entourée ou traversée par un cours d'eau, n'est pas, tout à fait, une ville. Sur les berges d'un cours d'eau, l'agitation cesse, au fil de l'eau, la vie rallentit. Dans ces périodes troublées, il faut parfois lâché la bride, calmer le jeu et sortir des complexités de notre monde. L'eau canalise les ambitions. Elle ressource.
A Bruxelles, il y avait une rivière, la Senne qui aurait pu faire office. Pour des raisons de salubrité, des odeurs et des nuisances, elle fut voutée en 1871. A part une apparition furtive, près de la place Saint-Géry, cette Senne, bien cachée sous terre, réapparait, plus au Nord, hors de la ville. La Senne permettait à la navigation de remonter son cours jusqu'à l'île Saint-Géry, il y a bien longtemps. L'ensablement, le tracé sinueux de son cours en amont, les nombreux deltas, diminuaient sa profondeur et rendaient la navigation fort difficile. L'association "Fous de la Senne" ambitionne de redonner vie à la rivière.
En attendant, le canal traverse, lui, la ville du Nord au Sud. Ce sera sous le nom de canal de Willebroek dans le Nord, de canal Bruxelles-Charleroi, dans le Sud. Artère fluviale qu'il faudra traverser de multiples fois par de multiples ponts. Le tracé d'un canal reste artificiel. Il ne déroule pas de méandres comme le ferait une rivière ou un fleuve. Un canal est là pour relier les fleuves entre eux. Il va droit au but pour le faire comme n'importe quelle artère humaine.
Au 19ème siècle, le canal séparait la ville bourgeoise et commerçante, des faubourgs pauvres, industrieux et campagnards. Il devient le sillon de développement industriel. Les ponts vont faire la jonction entre les deux parties de la ville. Les quartiers, aux alentours du canal, garderont généralement des habitants de conditions assez précaires. La vie au bord du canal s'est d'abord animée en fonction des livraisons et la distribution de la marchandise. A cause du tarissement des mines, de la concurrence de la voie ferrée et de l'évolution de l'économie mondiale, les usines de production disparurent et ont été remplacées par l'abattoir d'Anderlecht, les tankers pétroliers, les revendeurs de véhicules d'occasion.
Le canal est accessible aux convois de 1 350 tonnes. Long de 28 km dans sa partie Nord flamande, et 47,9 km au Sud pour sa partie wallonne, de largeur moyenne de 30 mètres, il s'inscrit dans un axe nord-sud reliant le port d'Anvers, via le canal maritime de Bruxelles à l'Escaut, d'une part à la vallée de la Sambre (Charleroi, Namur, Liège), et d'autre part à Mons et au nord de la France (Lille, Dunkerque) via le canal du Centre.
Vous vous souvenez peut-être du Pont Mirabeau de Guillaume Appolinaire.
Modifier un brin pour la circonstance, cela pourrait se transformer en des vers beaucoup moins poétiques:
Le Pont Van Praet
Sous le pont Van Praet ne coule pas la Senne
Et sans nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours sous la peine
Vienne la fête sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure
Les mains sur le guidon restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos yeux passe
Des éternels péniches par l'onde si lasse
Vienne le weekend sonne l'heure
Les bruits s'en vont et les odeurs demeurent
L'amour s'en va avec cette eau mourante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont l'esprit demeure
Passent les jours et sonnent les sirènes
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Van Praet ne coule pas la Senne
Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont Bruxelles demeure
Le pont Van Praet ne fait pas vraiment rêver. Il fait plus penser, aux matins et aux soirs de semaine, aux bouchons du trafic des voitures avec les multiples voies et directions qui allongent d'autant le temps d'attente devant les feux de circulation.
Je vous parle du Pont Van Praet, parce que, ce dimanche 23 mai, c'était la 11ème fête au Port de Bruxelles. Celui-ci se cache à proximité de l'arche du pont.
Pour commencer ma balade à vélo en ce dimanche de Pentecôte, je me suis mis l'esprit en fête, dès les premières minutes, dès l'ouverture.
Moins de monde. Le temps est superbe. Tout est accessible sans temps d'attente. L'après-midi sera bien plus chargée. On prévoyait des milliers de visiteurs. Le Port de Bruxelles, vu de haut, en dehors de cette journée de fête, ressemblerait plus à un port de plaisance avec beaucoup de petits bateaux, accostés dans des enclos réservés à la navigation de plaisance. Normal c'est un club nautique. Cette fois, ce sont des navires écoles, des trois mâts, voiles repliées, qui attirent le regard.
Descendre vers les quais de Heembeek, ouverts à tous, cette fois, et nous voici à bâbord du canal pour assister aux premières péripéties de la journée.
Deuxième port intérieur belge, sixième européen, cela veut dire une certaine importance.
En face du port, la haute cheminée de l'usine d'incinération de Neder-Over-Heembeek lance sa fumée, toute droite, haute dans le ciel. La proximité du domaine royal de Laeken rassure un peu sur la pollution qu'il pourrait apporter. On n'installerait pas de la pestillance dans le voisinage d'un palais royal.
On se prépare de partout, pour la journée entière. Tout s'ouvre, progressivement, échoppes, petites restaurations. La marine et l'armée espèrent faire le plein de nouvelles vocations auprès des jeunes. Trois vaisseaux à voile d'un autre temps sont bien là, accostés, ouverts pour la visite. Il est permis, sans se déchausser, de monter à bord. Pour voir de plus haut, une société d'élévateurs, profite de l'événement et espère faire leur promotion en envoyant quelques visiteurs à plus de dix mètres de haut. Me voici, dans la nacelle de l'élévateur avec son seul guide. Le spectacle, de là haut, apporte une vision globale de la scène. Quelques paroles avec lui, quelques minutes pour enregistrer les paysages en pixels et c'est déjà, le moment de laisser la place.
Pour les joies de l'eau, il y a l'apprentissage de la plongée sous-marine pour les plus jeunes dans une bassine d'un mètre sur quatre sous les conseils avisés d'un plongeur qui commençait à trouver le temps long à se préparer.
Pour plus grands, il y a l'apprentissage du jet ski et la possibilité de voler sur l'eau à bord de bateaux taillés pour la vitesse. Les files fusionnent pour s'inscrire pour la prochaine balade fluviale, pardon, "canale".

Le canal n'avait jamais vu une telle agitation depuis longtemps. Un canard tente vainement de ne pas boire la tasse en sautillant au dessus des sillons et des vagues.
Voilà, qu'un groupe de marins s'apprète à défiler en présentant les armes. Le drill des mariniers torpilleurs commence. Ces mariniers ne sont pas nés dans les années 1916 et ont servi jusqu'en 1929 quoiqu'ils dénotent d'un âge certain. Le grand chef, avec sa barbe bien blanche, m'explique que l'uniforme date de la première guerre et qu'il a été porté jusqu'en 1939. Le pompon bleu au dessus du béret marin veut faire la distinction avec celui utilisé en France et qui est de couleur rouge. Aujourd'hui, le bataillon ne sert plus que pour présenter les honneurs dans les manifestions de ce genre. Qu'à cela ne tienne, pas à dire, on a toujours la fierté de l'emploi.

La foule commence à combler tout l'espace vital et je décide de continuer ma balade le long de ce canal en repérant les ponts sur mon passage. Moussaillon à pédales, j'enfourche mon vélo, cap vers le Sud, avec Anderlecht comme destination finale sur les berges du canal qui compteraient 14 kilomètres de cours en traversant la ville.
La navigation fluviale reprend son cours, sous les ponts, plus calme avec les péniches habituelles.
Du pont Van Praet, une belle piste cyclable longe le canal jusqu’au square De Trooz.
Vont se suivre la Place Sainctelette, la porte de Ninove, le pont du Petit Château, celui de la Porte de Flandre, le quai du Hainaut vers la porte de Ninove, celui de Mariemont et de l’Industrie avant de repasser en rive gauche par le pont des Hospices… Tout cela, sans se rendre compte des kilomètres qui défilent.
L'estival "Bruxelles les Bains" donne encore l'illusion de l'été passé, avec le sable sous les pieds et l'eau à proximité.
La piste cyclable longe, cette fois encore, le canal en site propre et passe sous un pont d'Anderlecht avant d’arriver dans la partie la plus bucolique du trajet du côté du bassin de Biestebroeck. Plus loin, l’itinéraire est rejoint par la promenade verte à hauteur de l’écluse d’Anderlecht où il est possible de continuer la promenade sur le chemin de halage en rive droite en direction de Hal, Ittre et Ronquières. En rive gauche, le chemin relie l’écluse du quartier du CERIA. Là, on quitte déjà Bruxelles.
Le "K-Nal", comme on désigne ce canal sur certaines plaques, a suivi la vallée de la ville sans efforts et sans dénivelés.
L'ouvrage le plus remarquable est certainement celui du Plan incliné de Ronquières. Il mériterait une visite à lui seul avec ses 68 m de dénivellation qu'il permet de franchir sur une distance de 1.432 m de long. Les dénivelés sont, en effet, nettement plus importants sur le cours du canal de Charleroi même si les écluses calment ce flux sur tout le parcours avec moins d'ambition. Je n'irai pas jusque là, ce matin-là. Les voies navigable de Wallonie seront pour une autre fois.
Plus au sud, les paysages vont encore changer et prendre de l'altitude.
Le vélo est dangereux dans les villes, dit-on. Pas dans ce cas de la désertion des voitures en ces jours de congé baignés de soleil.
Remonter les rues en sens interdit donne une impression de liberté.

Quand je pense aux routes bondées vers la mer en cette période de soleil de la Pentecôte, je me suis demandé qu'est ce qui m'avait manqué?
J'ai cherché. J'ai trouvé. J'avais manqué le Nord et le K-Nal qui va vers la Flandre.
La semaine suivante, je remontais sur mon vélo, direction plein Nord. Le soleil était à nouveau de la partie. Un petit vent de côté pour raffraichir.
Dans cette direction, le canal s'élargit. Les berges s'industrialisent. Les ponts deviennent monstrueux, près à laisser passer des bâteaux de grands tonnages. C'est d'abord le Pont Buda qui fait clairement référence à la ville haute de Budapest. Cet ouvrage de génie civil rappelle, s'il le faut encore, qu'ici, on voit l'essor indiustriel et commercial du canal. C'est ici, que la Senne reçoit son chant du signe et que s’élève la station d’épuration de Bruxelles-Nord dimensionnée pour traiter les deux tiers restant des eaux usées de la capitale. Le ring, le périphérique passe sur le viaduc. Avec ses 22 rangées de pilliers à la dimension de la tâche, un autre monde qui oublie tout.
Plus loin, cela devient champêtre. On pêche. On fait du ski nautique. On glisse au fil de l'eau.

Les ponts se lèvent lentement et s'abaissent tout aussi lents. Cela a l'avantage de penser à regarder le paysage. Le temps de rêvasser une nouvelle fois.
Plus loin, le Pont Brûlé n'en a plus que le nom ressuscité de ses cendres.
Le Pont de Vilvoorde rappelle des souvenirs plus récents. La scission de BHV, par exemple.
Vilvoorde, là, où les Flamands seraient à la maison, disait un slogan dans une autre langue.
En Belgique, des ponts, on n'en manque pas. Ponts communs ou communautaires?
De l'eau, on n'en manque pas, non plus. Elle peut prendre toutes les couleurs sous les ponts.
Du vin, de la bière, c'est plutôt des deux côtés des berges.
Alors, celui-là, était-il un pont trop loin pour de seules raisons de politique?
Je me le demande encore, quand on sait qu'un pont est fait pour relier les hommes et pas l'inverse.
En images, c'est pour les souvenirs de cette escapade.
L'enfoiré,
Un site bien documenté permet de compléter ce billet.
Citations:
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"Sur les billets de cinq euros, d'un côté il y a une porte, de l'autre, un pont. Ca veut dire : si tu passes pas la porte, t'as plus qu'à te jeter du pont.", Anne Roumanoff
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"Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts", Isaac Newton
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"La conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir", Henri Bergson
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03/05/2010
La Terre, une planète vivante ! (2-2)
L'histoire de la Terre n'est pas un long fleuve tranquille. Elle vient de nous le rappeler avec l'actualité volcanique de l'Islande et de son volcan au nom imprononçable. Cette fois, passons à la manière d'appréhender les risques pour vivre sur notre planète bleue. Le livre de Maurice Krafft, "La Terre, une planète vivante !" qui me sert de fil rouge, était d'actualité en 1978, à sa sortie. D'autres découvertes ou inventions ont suivi et suivront peut-être. La philosophie de tout cela restera très personnelle.

Un os d'un fossile de Salamandre préhistorique, vieux de 200 millions d'années, découvert par Ralph Baillie, voilà ce qui a apporté la confirmation de la dérive des continents.
On l'a trouvé au milieu de sédiments en Antarctique et pourtant, il s'agissait du fossile d'un animal de pays au climat chaud.
Une preuve paléontologique qui n'avait que deux alternatives possibles pour l'expliquer:
- La Terre a eu une période chaude sur toute sa surface.
- L'Antarctique se trouvait à un autre endroit dans son histoire bien plus près de l'équateur qu'aujourd'hui et aurait dérivé vers le sud.
Une querelle commença entre les "dérivistes" et les "réchauffistes".
Des fossiles de lystrosaurus, sortes de reptiles, vivaient un peu partout, sur tous les continents. On en avait bien trouvé 200 spécimens, mais en Antarctique, cela pouvait poser plus de questions, vu la distance de ce continent avec les autres. Pas de traversée à la nage possible, donc il fallait bien se rendre à l'évidence que c'était le continent qui avait été ailleurs, au moins pendant une certaine période.
En 1620, Francis Bacon avait bien remarqué que la découpe des côtes s'emboîtaient parfaitement en oubliant les érosions due aux océans. La découverte de la ressemblance entre les côtes ouest de l'Afrique et celles à l'est de l'Amérique, n'était plus à faire.
A la fin du 18ème siècle, Alexandre Humboldt voyait, en l'Atlantique, le lieu de passage de l'arche de Noé.
En 1858, Antonio Snider y voyait le Déluge de la Genèse. Les pressions colossales subies par ce déluge auraient aussi éjecté la Lune de la Terre. La légende de l'Atlantide était née. Une vague géante aurait déferlé rendant les Atlantes comme les descendant d'Adam qui heureusement, auraient été épargnés par les flots dévastateurs.
En 1911, Alfred Wegener pensait que tous les continents avaient au départ fait partie d'un tout, la Pangée. Les blocs se seraient seulement écartés en plusieurs millions d'année.
Scandale pour l'époque. Ses détracteurs l'avait pris au dépourvu, pris au piège suites à ses propres déclarations et l'idée tomba dans les oubliettes.
Les déplacements de continents expliquent pourtant la présence de montagnes, de gisements miniers, de découpes des continents, comme nous allons le revoir.
Le livre de Wegener "L'Origine des Continents" va vouloir remettre de l'ordre dans les esprit. Une théorie à accepter et qui serait ensuite bien plus simple à comprendre résumée par ces mots: "la Terre vit".

Voilà, la pomme de Newton, mise à mal. La Terre aurait une pelure de vieille pomme qui se friperait avec le temps pour créer des montagnes.
Décidement, trop révolutionnaire, ce Wegener, confondu avec ses théories expansionnistes et dérivistes, condamné par sa propre théorie, par abandon d'arguments.
L'isostasie, l'équilibre de la pesanteur, n'expliquait pas tout. Des arguments climatologiques vinrent à la rescousse. Si ce ne sont pas les marées qui poussent les terres, il ne fallait pas trop aller dans le sens de la fuite des continents par la rotation de la Terre, car, vers les pôles, cela ne marcherait pas. Si cela avait été le cas, il n'y aurait pas eu seulement la Lune seule qui aurait été éjectée, c'est la Terre qui aurait arrêté sa rotation.
Une 3ème expédition au Groenland mit fin à son aventure. Mort de froid ou d'une crise cardiaque, cet homme a malgré tout montré que la science terrestre ne serait plus jamais comme avant après lui.
Vening Meinesz continua l'idée en visitant les fosses océaniques. Arthur Holmes remarqua (observation dans sa tasse de café) que les courants de convection attiraient la matière en surface vers le fond à cause du poids dû au refroidissement de la matière, pour retourner vers la surface, ensuite, avec la chaleur du fond.
Plus tard, Alexandre du Toit découpa la Pangée en deux parties qu'il appelait la Laurasie et le Gondwana avec la mer de Thétis en son milieu.
Théorie acceptée 20 ans après, avec l'étude du magnétisme fossiles des roches.
Le magnétisme est connu depuis la Grèce antique. La boussole, première utilisation fut inventée par les Chinois. Cette découverte a permis les grands voyages des explorateurs. Les aimants qui s'attirent ou se repoussent en fonction de l'orientation des pôles, une histoire très ancienne, donc.
En 1600, Wilhelm Gilbert en étudie les propriétés et découvre que l'inclinaison des aiguilles d'une boussole permet d'évaluer sommairement la latitude. La déclinaison magnétique de 11° par rapport à l'axe de la Terre garde une différence marquée entre entre le Nord magnétique et géographique.
Edward Bullard et Patrick Blackett associent ce magnétisme à une gigantesque dynamo pour expliquer le magnétisme terrestre. Un liquide fondu, plus malléable qu'un solide, en constituerait le noyau. Le magnétisme fait dériver, chaque année, insensiblement vers l'Ouest.
Allan Cox, bien qu'il admette qu'une certaine incompréhension subsiste, remarque que les fossiles mémorisent la direction du champ magnétique terrestre au moment de la fixation. Des coulées de lave permettent ainsi de dater et de reconstituer l'histoire géologique.
Le magnétomètre astatique de Blackett va permettre de comprendre la dérive de l'Inde. Celle-ci était, il y a 150 millions d'années, dans l'hémisphère Sud. Cela confortait la théorie de Wegener de fait. Le magnétisme a encore une autre surprise à son actif: l'inversion de polarité.
Motonori Matuyama le découvre en 1929 mais c'est Allan Cox et Ian Mc Dougall qui l'étudieront en détail. Une vingtaine d'inversions en 5 millions d'années. Des centaines d'inversion depuis la naissance de la Terre. Périodes alternées, sur de plus ou moins longues périodes.
Des courants de convections puissants engendreraient ce phénomène et celui-ci serait précédé par une baisse progressive du magnétisme rendant caduque toute utilisation de la boussole. Nous serions actuellement dans une phase de réduction. On perd le Nord. Moins de bouclier magnétique de la Terre, donc une augmentation des rayons cosmiques qui nous arriveront engendreront des mutations et une accélération du vieillissement des êtres vivants.
C'est en allant au fond des océans qui constituent les 3/4 de la surface de notre planète, que les choses se passent et vont se découvrir.
En 1854, Matthew Maury, pour placer un câble téléphérique entre l'Europe et l'Amérique, va découvrir, surpris, les reliefs du fond des océans qu'il appellera le "plateau Télégraphe".
En 1872, le "Challenger", un trois-mats par de Londres pour un tour du monde avec, à bord, un arsenal scientifique impressionnant pour l'époque. Le but, mesurer la profondeur des mers et des océans. Le filin de 400 mètres n'y suffit pas. Une sonde, une nacelle permettent la découverte de poissons jamais observés et les scientifiques, peu habitués à la mer, en oublie le mal de mer. Les profondeurs étonnent Wyville Thomson par les 5000 mètres de fonds, dépassés en Atlantique.
Une dorsale le traverse et épouse une ride médio-atlantique. Un passage parmi les icebergs et le Pacifique et des profondeurs de plus de 8000 mètres dans des fosses abyssales font rêver.
En 1920, l'écho-sondeur permettra des mesures plus précises grâce à l'écho et la vitesse connues des ondes dans l'eau.
En 1925, le bateau allemand "Meteor" en fait usage pour chercher de l'or et, ainsi, payer les dommages de guerre de 14-18.
En 1934, Maurice Ewing utilise la sysmique-réfraction pour chercher du pétrole en déterminant la structure des fonds et leur composition avec l'utilisation des explosifs. La vitesses des ondes varient en fonction de la densité des fonds qu'elles traversent, sédiments ou basalte. La surface des fonds marins est jeune, composée de laves basaltique et non granitiques. Marie Tharp note que le sommet de la dorsale est fendu dans son milieu et que la crevasse suit la crête. Jean-Pierre Rothé fait l'observation que la ceinture crée les turbulences à l'origine de tremblements de terre. De l'Islande à la pointe de l'Afrique et jusqu'au Golfe d'Aden avec le rift africain, des volcans sont actifs ou sommeillent.
Une chaîne de montagne de 65.000 kms de long, large de 1500 kms, à 3000 m de fonds, voilà ce que Ewing va pouvoir confirmer à bord du bateau Vema.
En 1960, Jacques Picard et Dann Walsh descendent, dans la fosse Challenger, en plus de 8 heures de plongée, à bord du bathyscaphe Trieste, à 1 m par seconde pour atteindre une pression extérieure de 150.000 tonnes sur la cabine.
En 1950, Edward Bullard plante une seringue géante dans les fonds pour mesurer les flux de chaleur au plancher. Il découvre que le flut est huit à dix fois supérieur sur le rift et plus faible dans les fosses océaniques. Toujours les courants de convection expliquerait ce phénomène.
Les instruments de sismologie existent, depuis 136, inventés par Chang Heng avec un système rudimentaire.
Jean de Hautefeuille et Jean Malle procéderont par la détection et l'intensité des chocs terrestres.
Milne pense à la plume d'encre comme stylet et à un lourd pendule pour évaluer ces vibrations. Ernst von Robeur Paschwitz invente le sismographe et peut détecter les tremblement de Terre très éloignés.
Richard Oldham sépare les ondes en P (primary and rapid), S (small), et L (Long and slow).
Le temps de décalage entre elles permet de connaitre la distance trigonométrie et 3 postes d'observation.
L'hypothèse de Mohorovicic se confirme. L'intérieur de la Terre n'est pas homogène. Il y a "discontinuité ». La masse opaque ne laisse passer les ondes sismique qu'à certains endroits et le noyau amortit ou dévie les ondes.
Les sismographes ne sont plus là pour annoncer les sinistres et les catastrophes, ils informent sur notre sous-sol, aussi.
Beno Gutenberg, Charles Richeter, Harold Jeffreys, Edward Bullen et d'autres parviendront ainsi à découper notre pêche avec sa peau, sa chair et son noyau en tranches concentriques par une physionomie des profondeurs.
La terre serait principalement composée de fer, d'oxygène, de silice, de magnésium. Parmi les éléments il y a la radioactivité naturelle qui dégage de la chaleur. Encore une fois, par convection, le fer en fusion tombe tandis que les éléments légers crée la croute terrestre.
Henri Becquerel, Pierre Curie, Ernest Rutherford au début du 20ème siècle remarqueront que la radioactivité naturelle dégage de la chaleur lors des désintégrations. Celles-ci apporte une horloge du temps fiable et même magique pour les fossiles, l'âge des montagnes...
La dérive des continents peut ainsi commencer. Le dégazage produit l'atmosphère et les mers. L'oxygène vient par les végétaux. Une température moyenne entre 0 et 100°C, la vie peut commencer à son tour.
La matière ne se refroidit pas vraiment. Elle se transforme en permanence en éléments plus petits. Le spectrographe de masse peut désormais calculer cela avec précision. Les radioactifs comme l'Uranium, le Thorium, le Potassium fournissent la chaleur à la Terre avec l'équivalent de 250.000 explosions nucléaire tous les ans.
Si Darwin est connu par sa théorie de l'évolution, il l'est moins suite aux déductions qu'il a faite à la vue des atolls. L'énigme existait déjà de savoir la raison qu'ils existaient tous circulaires avec une lagune au milieu. L'idée qu'ils étaient des volcans qui se sont affaissés et qui ont été aidé par les récifs coralliens dans un travail de naufragés qui se régénèrent en enfilade génération en génération pour rester près de la surface, est une déduction qui se verra confirmée 120 ans après par les essais atomiques à l'atoll d'Eniwetok.
Harry Hesse comprend le pourquoi de cet affaissement avec les courants de convections que l'on retrouve dans les "guyots". Mouvements de coulissage que l'on découvre en Californie à la faille de San Andrea pour citer la plus célèbre.
La lithosphère solide glisse sur l'asthénosphère molle comme un le tapis roulant d'un grand magasin. Le courant chaud monte et le froid descend. Les continents sont indestructibles, donc, ce sont les îles avec des volcans qui vont rouler et s'engloutir inexorablement. Les fonds marins sont vivants peut-être plus qu'à la surface. Ce n'est pas uniquement la dérive des continents mais de toute la lithosphère, de la voute terrestre.
L'idée était même venue, 80 ans plutôt, avec Osmond Fisher qui avait tout imaginé dans son livre "La Physique de la Terre". Il faisait suite a l'observation des laves du Kilauea décrites par Marc Twain.
Vine va pouvoir déterminer l'âge, la vitesse des fonds marins par le nombre de rides magnétisées en inversion, comme pour les nervures d'un arbre. Plus une île volcanique est éloignées de la ride, plus elle est vieille. Une vingtaine de points chauds sont identifiés par Wilson comme l'Islande, les Acores, les Canaries, la Réunion, les Galapagos, les Afars...
En 1967, Jason Morgan donne à cette mosaïque, ce puzzle la notion de "plaque". Adopté trois ans plus tard, sous le nom de la "Tectonique des plaques".
Chaque année, une surface de 2,6 km2 de ces plaques se créaient dans les rides et se détruisaient dans les fosses avec quelque 180 km3 de laves comme combustible liant avec la convection aidée de la gravité. L'espionnage des explosions nucléaires dans le monde a servi d'aide à la science. La précision s'en est accrue et le foyer d'un séisme s'est réduit à 2 kms près.
Avril 1957, le club très fermé de l'AMSOC se réunit à huit clos pour parler du projet "Mohole"? Le but, percer la croute terrestre. Willard Bascom est à la tête du projet. Le projet réussit une fois, mais capote car il coute vingt fois plus cher que prévu. Il devient, bien vite, le projet "Nohole" avec l'humour en plus. Mais, en plus, il s'avèrera qu'il était, en plus, inutile. Pourquoi creuser quand des roches basaltiques, bien cristallisées du manteau, sont à disposition à Chypre en surface près du mont Olympe? On en resta pas là. En 1968, un autre projet de forrage JOIDES lance le Glomar Challenger. Le plateau de Rockall est découvert entre le Groenland et l'Irlande. La Méditerranée, il y a 6 millions d'années était à sec. La plaque africaine avait fermé le détroit de Gibraltar. En 1000 ans, un désert salé s'était installé. L'écluse de Gibraltar se rouvrit , il y a 5,5 millions d'années.
En 1974, l'opération FAMOUS s'intéresse à la ride medio-atlantique à bord des bateaux dont l'Archimède. Le Français Le Pichon et l'Américain James Heirtzler découvrent des laves en polochons (pillow-lavas) d'un km de large.
En 1975, le projet IPOD utilise le Glomar Explorer qui avait été utilisé par la CIA à la récupération d'une épave soviétique. La chasse aux sédiments va permettre de reconstituer l'histoire de la Terre.
En 1969, déjà, John Bird avait prouvé que les chaînes de montagnes ne se forment en fermeture océanique qu'au niveau des fosses sous-marines, là où les plaques se rencontrent par surrection ou par subduction comme des bulldozers titanesques pour former des ophiolites.
L'Afrique va désormais à la rencontre de l'Europe réduisant la Méditerranée qui deviendra une chaine de montagnes d'ici une centaine de millions d'années. La dérive des continents a donné des idées aux paléontologues d'expliquer l'extinction des espèces animales. Les continents séparés ont permis leurs diversifications par le manque de compétition qui, elle, ne laisse la place qu'aux plus forts. La transgression dépend de la vitesse du magma. Lent, il fait régresser les mers et vice versa.
Au fond du Pacifique, 400 milliards de tonnes de nodules de manganèse, de cuivre et de nickel attendent la prospection. Comme les minerais remontent toujours, en finale, l'idée d'enfouir les déchets nucléaires dans les fosses marines, a été très vite abandonné. Au 19ème siècle, la révolution industrielle de l'Occident n'aurait jamais eu lieu sans ces découvertes.
En 1970, 7 milliards de tonnes de minerais étaient arrachés aux entrailles de la Terre.
Rembobiner les bandes magnétiques pour remonter le temps a permis à Robert Dietz de reconstituer l'histoire de notre planète et d'extrapoler vers son futur. Dans cette évolution, les volcans jouent un rôle primordial, capital même, dans son évolution.

La grande viscosité de l'andésite est responsable du caractère explosif du volcanisme d'arc, c'est à dire, extérieur. Les volcans effusifs de lave, par contre se trouvent à l'intérieur des déchirures. Tout est une question d'avoir le tilt-mètre pour détecter l'irréparable.
Thomas Jaggar, Frank Perret ont défini les bases de la volcanologie moderne. La sismologie, la géologie, la géochimie, la géophysique, la pétrologie, la stratigraphie, la sociologie gravitent comme sciences annexes.
Prévoir les séismes est affaire d'observations. Les abcès, cela chauffe toujours, cela se développe pour finir par crever et se résorber. Enrayer les éruptions de colère de la Terre n'est qu'un leurre. S'il existe des essais, ils n'ont été que de demi-échecs. Domestiquer par la géothermie, quand on sait qu'il y a, quelque part, un séisme toutes les 30 secondes.
Il n'y a plus qu'à mesurer les résultats. Giuseppe Mercalli et surtout Charles Richter s'y sont attelés. L'échelle des magnitudes s'élève de manière exponentielle. Chaque degré supplémentaire multiplie la force du séisme par 30.
Provoquer un séisme, alors? Se débarrasser des déchets chimiques, l'arsenal y a pensé dans le Colorado. Entre 1962 et 1966, dans un puits, profond de 3,5 kms, 640 millions de litres y sont engloutis. On remarque que les séismes augmentent et que des secousses telluriques ébranlent la région à Denver. Les fluides ont libéré les tensions. En 1968, des essais nucléaires au Nevada engendrent de petites secousses. Les apprentis sorciers imagineraient-ils, depuis, d'autres utilisations plus géniales ou plus machiavéliques?
La grande question que l'on se posait à l'époque et qui subsiste aujourd'hui avec une certaine crainte et parfois véhémence:
La Terre est-elle au stade du réchauffement ou déjà dans la phase de refroidissement?
Beaucoup de savants qui sont passés dans cet article, s'accordaient pour dire que notre planète ne se réchauffe ni ne se refroidit : elle serait à l'état d'équilibre ...
"La fin du monde est ajournée", titrait un journal à sensation déjà au début du siècle à la suite de la découverte de Rutherford qui renvoyait Lord Kelvin dans les cordes de son autoritarisme refroidissant.
RAS de ce coté? La question reste toujours entière.
Le livre des Krafft qui m'a servi, arrêtait son histoire en 1978.
En tant que volcanologues, ils aimaient le danger. Ils en vivaient. Ils en sont morts en 1991.
Depuis lors, les séismes, les éruptions volcaniques n'ont pas cessés. Nous avons appris, un Noël, à connaitre ce qu'était un tsunami. Un volcan islandais a cloué tous les avions au sol pendant plusieurs jours, il y a moins d'un mois. Les apprentis sorciers sont, actuellement, dans les pires problèmes avec une marée noire dans le Golfe du Mexique due à plateforme pétrolière "Deep Water Horizon" qui a sombré.
L'écologie, telle que nous la connaissons, la révolution verte était encore dans les limbes, en 1978. Nous savons désormais que les ressources de la Terre sont limitées ou sont, au moins, à dénombrer, à comptabiliser. La fuite en avant, si elle a repoussé les limites des potentiels, a dans le même temps, amplifié les risques à prendre. Les espèces animales et végétales disparaissent, désormais, plus vite qu'elles n'apparaissent.
La planète reste toujours aussi vivante. Peut-être plus intégrée que par le passé. Plus protégée pour autant? Pas sûr.
A notre échelle humaine, tout n'est pas moins en perpétuel changement, en perpétuelle évolution. Il y a aussi des points chauds, des fosses abissales, des tremblements, des civilisations qui disparaissent par subductions, d'autres qui naissent par surrections, à un rythme simplement différent, plus rapide que la Nature puisse l'assumer.
Comment vivre sans avoir des histoires dangereuses sur son chemin?
Sur une très vieille plaque, peut-être. Pas de volcans à l'horizon. Un climat tempéré avec du soleil et de la pluie. Assis à rêvasser de la lenteur des choses dans un abri avec une musique douce, nasillarde, un peu tremblante qui sortirait d'une vieille plaque tournant à 78 tours. Pas de tentatrices pour répondre aux fantasmes de l'Imam, Kazem Sedighi ? Plus aucun leurre à 360°, ni d'abimes, puisque les dangers ont été mieux identifiés que hier par les sciences. Savoir jusqu'où aller trop loin et garder toujours une réserve de potentiel pour corriger une situation inextricable, voilà peut-être la conclusion.
Comment pourrait-on appeler ce nouveau mouvement?
La "Tectonique des Planques", peut-être?
Tout le monde sait que dans les planques, il y a des planqués. Quant aux plaqués, ils n'auront qu'à en chercher les raisons.
L'enfoiré,
Sur Agoravox, est-on sur un volcan ou à l'intérieur?
Citations:
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"Si les hommes ne dansaient pas sur les volcans, je me demande où et quand ils danseraient ; l'important est de bien savoir qu'on a le volcan sous les pieds afin de goûter son vrai plaisir d'homme libre.", Jacques Perret
- "Le tremblement de terre est un mouvement de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation et finit par une tombola.", Aurélien Scholl
08:12 Publié dans Actualité, Histoire, Nature et Ecologie, Science, Voyage | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09/12/2009
Cause perdue dans l'éphémère
La foi en la jeunesse et son cortège de bienfaits par la fraicheur, l'esthétique, qui attirent le regard des autres. N'est-ce pas la recherche d'une maturité primaire formatée par l'éphémère? Prêter une attention plus en rapport avec les réalités ne serait pas plus mal.
L'émission "Vivement dimanche" de la fin de novembre dernier rassemblait les plus de quatre fois vingt ans sur le grand divan rouge.
Des paroles, des dictons caractéristiques sortaient, en cascade, lors de l'intervention de la première invitée, Line Renaud: "Qu'est-ce qu'elle est bien conservée pour son âge", "Tu as 80 ans, c'est fou. Tu ne les fait pas", "Avec la chirurgie esthétique, vous ne ferez pas plus vieille, mais vous ne ferez pas plus jeune.", "Il faut s'habiller avec des vêtement de son âge, mais pas avec les vêtements qui ont son âge", "Pour fêter ces octogénaires, les bougies sont devenues plus chères que le gâteau".
"Non, rien de rien, je ne regrette rien" rechantait Piaf pour l'occasion. De là où elle est, elle aurait probablement aimé en faire partie. Son co-auteur de cette chanson, Charles Dumont était présent. Une suite de "vieux de la vieille" que l'on garde au fond de sa mémoire et qui n'avaient, visiblement, pas envie de raccrocher. Charles Aznavour, présent, aussi, bissait sa présence, cette semaine, sur le même divan. Mais, c'est vrai, j'oubliais, beaucoup n'aiment pas l'émission. Elle chatouille et Drucker présente trop d'allures de croulant. Il pompe l'air de ceux qui attendent dans le couloir. Il est trop cool, trop "à la botte des gens de la haute", il n'aime pas les mauvais coups, trop consensuel... Il a obtenu le "Gérard de l'animateur tête à claques de la télévision 2009", prix potache et irrévérencieux décerné par une trentaine de journaliste. Il y a les "Trucs à Drucker," comme je l'avais écrit lors de sa visite à Bruxelles, Le souvenir de ce jour avec Madame "On ne vous dit pas tout" n'était pas loin de ce qui va suivre dans ce billet. Quoique... à y réfléchir.
Il faut avouer qu'on ne fait pas couramment long feu sur le média télévision. Du service public au privé, ce n'est pas moins clair.
Troublant, pourtant, qu'il continue à faire une audience familiale aussi importante. Un autre cas, Philippe Bouvard avait été rappelé après une courte pause.
Déjà, en 2007, "Qui a peur des 'vieux'?" s'insurgeait le philosophe, médiologue, Regis Debray. Dans un coup de gueule, il dénonçait la dictature de la jeunesse qui se gavait de l'image et de la forme qui prennait la place du fond des choses. Il proposait d' "Organiser des années "mémé. Proclamer le droit d'être moche (comme Socrate l'était), poussif, vulnérable, précaire et balbutiant".
Des économistes se rendaient compte et disaient "Si l'on traite la question « vieux » comme un dossier parmi d'autres en termes utilitaires de rationalisation des coûts, sans changer notre regard sur la vie et sur la mort, on aboutit à l'infamie, à l'idée que le vieux est simplement antiéconomique. Pis, il serait antisocial, puisque notre société a pour valeurs suprêmes l'image, le corps, la vitesse, la performance.".
"En 2015, les plus de 50 ans représenteront plus de la moitié de notre population. En 2020, les plus de 60 ans seront plus nombreux en France que les moins de 20 ans.", était-il rappelé.
La crise est venue contrecarrer ces réflexions rationnelles. Les plans de pré-pensions pleuvent quand les affaires ne vont pas bien. Alors quand on met la clé sous le paillasson, en plus... En cette période d'incertitudes, la rentabilité à bas prix passe à la vitesse supérieure. Le business suit la demande.
Quel est le but à atteindre? Produire au meilleur coût. Alors, le principe à transmettre est: il faut rester "agile" et oublier le "fragile". Le processus de rationalisation des âges de séniors bien affirmés n'est pourtant pas uniformisé. Les décideurs s'accrochent alors qu'ils dénoncent le processus.
Le poids des années écrase. C'était vrai, hier, ce l'est moins aujourd'hui.
A voir la pub, pourtant, ce qu'on a appelé jeunisme, a pris, encore plus, des allures de croisière. La jeunesse donne des ailes. En plus, en période de crise, les "vieux", ces "dino", sont devenus trop chers. A la réception des entreprises, ce n'est plus un sourire affable qui attire mais le camouflage du fard.
Du coup, il faut se grimer en jeunes, camoufler les rides, remonter les seins, amincir un ventre ou les fesses, rectifier les nez trop disgracieux comme si cela arrangerait les affaires. Mais, en parallèle, il en résulte une consommation débridante de cosmétiques et de produits de beauté de toutes sortes comme lot en réponse à la recherche de la séduction et de la place enviée dans la société. Beaucoup d'espèces sonnantes et trébuchantes tournent autour de la recherche de la beauté à tout prix. Les entreprises qui ont le fond de commerce des cosmétiques, ne connaissent pas la crise vu le nombre de magasin. Encore une histoire de l'œuf et de la poule.
"La chirurgie esthétique, une mode?", s'interrogeait un autre auteur. A mon avis, cela dépasse le cadre d'un temps, d'un espace ou en relation directe avec la situation de fortune de son utilisateur. La beauté, c'est comme la santé, ça n'a pas de prix. Effet de mode perpétuelle, oui, pour suivre une volonté d'appartenir à l'époque de ses contemporains mais dans un "clan jeune", « people » à souhait. Qu'on ne vienne pas me dire ce que je n'ai pas dit. La chirurgie esthétique réparatrice fait des miracles dans beaucoup de cas et a son ticket de merveilles dans le modernisme. A l'heure où j'écris ces lignes, je lis "Succès d'une nouvelle greffe de visage révolutionnaire".
Les philosophes interrogés sur la préférence entre un vie de 90 ans ou trois vies de trente ans, ils préfèreraient la deuxième version. Mais ce n'est que de la fiction du rêve. On en arrive à avoir peur de vieillir. Partager la vieillesse avec la jeunesse, est-ce un rêve insensé ou un cauchemar par la seule vue d'une comparaison de surface?
Il ne faut pas nécessairement rechercher les nouveaux adeptes de l'hédonisme parmi les populations les plus riches du globe. On pourrait même affirmer que les pays en pleine ascension dans la hiérarchie des régions en voie de développement arrivent dans le peloton de tête des Etats qui veulent faire ressortir l'esthétique de ses habitants. J'en ai déjà touché un mot dans "Que t'es beau", article qui relevait la situation des Brésiliennes qui s'adonnaient à cette course effrénée pour paraitre au mieux grâce au culte du corps et aux produits qui doivent par définition ajouter un vernis du meilleur effet dans l'hyperréalisme. Dans ces vœux d'identification, l'homme ne demeure pas en reste avec le culturisme, dans un faux rapprochement avec l'esprit du sport et dans un vrai besoin d'augmenter le degré de séduction. Adonis ou Apollon ne se conjugue indifféremment au masculin et au féminin. La course aux alouettes peut donc commencer ou continuer, rehaussée par une pub du meilleur aloi, du style "Puisque vous le valez bien".
C'est vrai, se sentir mieux dans sa peau après une intervention chirurgicale peut changer l'humeur et donner confiance en soi pour adresser les problèmes de la vie. Si c'est pour séduire, d'accord, mais, pas pour seulement pouvoir exister.
De toutes manières, une "belle carrosserie" n'assure pas qu'il y ait, en dessous, un "moteur" qui tienne la route. N'est vieux que ceux qui le veulent bien, se défendent ceux qui ont quelques heures de vol et qui se sentent encore la vigueur d'un jeune.
Vu l'espérance de vie qui s'allonge, la période des "soucis pour faire semblant" ne va faire que s'allonger. On s'y prépare à suivre la publicité, de plus en plus jeune et on poursuit avec acharnement des artifices de plus en plus sophistiqués. Pas d'échange standard à espérer, à part, certaines "pièces" de l'équipage.
La pièce de théâtre, "Et si c'était à refaire", démontrait, par les excès, toutes les vicissitudes du processus.
Ce travail en profondeur va se poursuivre, jusqu'à la désespérance, pour vous sortir du côté "terne" d’une vie qui décroche des réalités de la vie. "Rester dans le coup", le problème majeur de nos sociétés. Continuer à être vu ou à simplement "être" se veut la préoccupation au travers d'artifices de beauté et de calcul. La petite ride, le faux pli sous un regard de braise ne font pas bon ménage devant ce miroir qui ne pardonne rien. L'eau de jouvence, dans la pharmacie, au dessus de l'évier, va avoir beaucoup de travail et entamer une lutte perdue d'avance dans la volonté de ressembler à la photo du magazine. On jouait du "bling-bling". Ca a plu à certains, déplu à beaucoup d'autres.
Les tops modèles, les "canons" bien connus n'auront de cesse de réveiller ces obsessions de l'absolutisme en "absurdie". Même, elles évoluent et devront sortir de la maigreur anorexique, vendue à renfort d'erreurs de jugements pour séparer ce qui était réellement nécessaire du superflu. Assumer la dégradation finale est du domaine de l'impossible. Pour suivre François de Malherbe, les roses n'auraient-elles pas une autre opportunité que d'arriver à occuper un terrain plus longtemps que l'espace d'un matin? Les flétrissures se ressentent comme un drame dont la chute envoie la victime dans la déprime la plus amère, dans un rôle de laissé-pour-compte. Le raisonnement, la bonne parole de l'entourage ne font qu'apporter une confirmation à ce statut et en ajoute encore au trouble. Les cosmétiques n'auront malheureusement qu'un rôle très sporadique au sujet de leur efficacité. La déchéance irréversible aura fait son œuvre.
Horreur et putréfaction? Pas de panique.
La pub "cosmétique", elle, n'a de cesse de présenter la situation de "l'après" sous le meilleur jour après un regard vers "un avant" qui n'a pas été d'office réjouissant. Des moyens d'effacer les affres du temps, pour palier à cette vie éphémère, par le seul pouvoir de la solution radicale de l'apparence? Miroir aux alouettes.
Une parenthèse: le tatouage qui ne se retrouvait que dans des peuplades habituellement qualifiées de "primitives", s'est vu redorer d'une nouvelle jeunesse. Je n'engage que moi, mais le mot "redoré" est loin de correspondre aux dorures que l'on est en droit d'espérer dans une opération d'embellissement. L'homme veut assumer sa virilité, la femme remettre une couche de séduction. On ne s'assume plus, on se rassure même en faisant renaître le passé. Ce doit être mes lunettes qui ne sont plus adaptées à la modernité. Effacer l'éphémère par cette intermédiaire, jamais. Mais je ferme cette parenthèse en assumant une opinion personnelle sur mon appréciation partiale du "beau".
Les mannequins d'antan prennent de l'âge comme les autres. Depuis un certain temps, l'image des séniors perce l'ombre. La cote de ces "petits vieux" grimpe même aux yeux des publicitaires. Les top-modèles de 50 ans et plus prennent place sur les podiums. Peut-être faudra-t-il penser, un jour, à une autre émission qui s'appellerait "Quand les vieux s'en mêlent", comme il en existe pour les jeunes.
L'éphémère est par définition un clin d'œil du temps qui passe. Savoir que tout change, tout passe, tout lasse, et qu'en définitive tout s'adapte à une nouvelle chance du destin est une sagesse qui aidera à comprendre sans peur ni énervement. Pas de besoin d'une guerre entre générations. Un pacte des générations ne suffirait pas non plus. On parle de carte-jeune. La carte S a trouvé son nouveau plancher à 55 ans et plus. A partir de quel âge, faudra-il , demain,sortir son passeport de "vieux"? 50 ou moins.? Le Nouvel Obs écrivait que "tout est possible à 50 ans" en donnant tout les ingrédients de la réussite pré-formatée par des croisades hydratantes, de la vogue des injections, de l'ode aux légumes, de l'exercice quotidien et des vertus du lien. Mais, il ajoutait "il faut à chaque époque se conformer aux stéréotypes en vigueur". Et bien, non... soyons nous mêmes, sans honte et sans reproches. Le magazine remettait le couvert plus tard en parlant des "nouvelles règles du jeu de la retraite" pour assurer les vieux jours des générations futures. L'hypocrisie du départ à 70 ans était soulevée. Le rappel des clés d'une retraite pour les nuls et des idées pour sauver le "système" terminaient. l'article Dès la page suivante, Sharon Stone, rajeunie comme première page d'un autre magazine, apparaissait avec la retouche photo dans le viseur. Êtes-vous sûr qu'on parlait de la même chose?
Certains magazines s'en sont fait une spécialité de découvrir l'autre partie de la vie à sa "juste" valeur. Le salon à Bruxelles, curieusement appelé, Zenith, ne désemplit pas. Le magazine Plus, lui, s'intéressait, récemment, à des méthodes pour refaire sa vie et la réussir après une rupture. Une psychologue qui rappellerait Menie Grégoire rappelait des principes de raisons, tel que "pas de nouvelle relation par dépit", "du temps", "prendre des distances avec le passé", "ne pas faire de comparaison", "éviter les sujets qui fâchent"...
Plus facile dit que fait. Il reste toujours les références, les liens avec l'expérience et le passé, cela même si j'ai pu constater quelques récidives légèrement plus suspectes. Toujours, beaucoup de publicités, pour enrober le tout. La peau qui retrouve un incroyable confort, de la beauté, grâce à qui vous savez.
Il existe pourtant une autre beauté. La beauté est intérieure, disait quelqu'un. Celle-là, il n'y a pas de chirurgien pour la changer. Cela, même si l'âge peut aigrir les caractères à force de mauvais coups d'une vie chahutée.
La clairvoyance raisonnée devrait prendre le relais et enrayer un processus inéluctable et naturel du temps qui passe. Briser la glace inter-générationnelle est bien plus importante.
Rester "in", oui, mais pas à n'importe quel pris. Pouvoir s'identifier à des modèles un peu moins neufs ou d'un autre âge reste la règle de la prudence. Ce ne seront plus, uniquement, les antirides, mais, plutôt, "vive le charisme", vive l'humour, car, dans ce milieu, on n'a rien plus à perdre.
La seule précaution à prendre: ne pas prendre exemple des "bobonnes".
Cela fera toujours rire le "Tu te laisses aller" en version masculine", en version féminine ou en version commune.
Le tout, c'est de se supporter et de se faire supporter.
La philosophie du salut, disent les philosophes. Amusant. Salut de qui et pour qui? Le consensus deviendra de plus en plus la règle pour vivre ensemble dans un monde en expansion d'idées et d'idéologie. Plus de pensée unique. Plus rien à imposer des deux côtés de la barre des âges, non plus.
Et, si on chantait ensemble? "Si tu t'imagine",
Sexagénaire, dont je suis, ou sexe à générer? Rien à cirer, si cela marche ou non. Du moment, que l'on se sent bien dans sa peau. Une vie, c'est long et court à la fois. Beaucoup d'histoires à raconter dans la boîte à malices des souvenirs. Un véritable réservoir pour le futur. Les uns avec la nouveauté, les autres avec l'expérience dans les bagages.
La médecine et tout ce qui l'entoure, ont prolongé la vie. Il ne faudrait pas la gâcher à la recherche d'une impossible étoile, avec ce jeunisme qui est une véritable arnaque aux réalités de la vie. L'homme a toujours cherché à se "truquer" lui-même, avant de le faire à la vue des autres.
Ce ne sera toujours qu'un MMS de plus dans le temps. Le Matin, Midi et Soir qui devient Mardi, Mercredi et Samedi avant de continuer par Mars, Mai et Septembre. Jean Piat après la pièce "L'âge en question" de François Dorin, joue, actuellement, une pièce avec le même sujet "Vous avez quel âge?".
Oui, Papy, continue de boomer, écrivais-je.
Avec l'âge, les raideurs se déplacent, dirait l'observateur de l'intime.
Pas plus tard que dimanche, une connaissance s'étonnait de notre politique "à la belge". Aller chercher les sages de derrière les fagots, comme je l'expliquais dans le billet précédent. Cela pourrait sembler, à première vue, comme un retour aux sources très peu progressiste. La dichotomie du monde divisé entre conservateurs et progressistes, n'est pas aussi franche que cela. Vaut mieux savoir et s'en rappeler.
Pour la forme, allons nager ensemble, par exemple. Au moins, en nageant, en suivant le bon vieux principe d'Archimède, on en oublie jusqu'à son poids.
Comme tout se termine par des chansons, je laisserai les derniers mots d'humilité de la chanson, à Charles Aznavour qui résume tout:
"Le temps des uns, le temps des autres, le tien, le mien, celui que l'on veut nôtre". 
En attendant, pensez à aller voir "Et pas une ride" de Michèle Bernier. On ne voit plus le temps avec le même soucis.
L'enfoiré,
Sur Agoravox,des commentaires jeunes et vieux?
Citations:
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"Beauté grecque : femme laide portant une amphore", Raymond Radiguet
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"Les roses ne sont pas à plaindre... Au moins, elles ne savent pas, elles, qu'elles se faneront", Genri Duvernois
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"Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère", Arthur Rimbaux
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"Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps", Victor Hugo
08:25 Publié dans Actualité, Loisirs, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Santé et bien être, Science, Shopping | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : santé
16/07/2009
Suffixe "variable"
L'évolution, encore et toujours. Parce qu'elle varie, elle-même; dans le temps au fil des découvertes. Elle progresse. Après 150 ans, le Néo-darwinisme a fait évoluer sa théorie et pas uniquement la sienne. Les mentalités, elles-mêmes, en furent altérées. Pourquoi pas, une conversation imaginaire dans le temps à la recherche des chaînons manquants?
Après l'article "Préfixe 'Evoluer'", le Science et Vie de juin (n°1101) faisait l'inventaire des dernières investigations et découvertes que Darwin ne pouvait pas connaître.
La théorie de l'Évolution évolue elle-même. Alors, si on y mettait un peu d'humour avec une rencontre imaginaire, du 3ème type, mêlée à de l'histoire très post-moderne ?
Hériter n'est ce pas la meilleure manière de continuer? Malheureusement ou heureusement, en fonction du bénéficiaire, peut aussi se voir amputer de beaucoup d'acquis de la génération précédente ou s'en voir conserver une partie à l'insu de son plein gré. Car, on ne conserve rien tel quel. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout change ou se déplace... de poche, aussi.
Où, il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir. Ce ne sont pas les gènes qui vont contredire ce principe de base. Pour les individus, ce serait entre égoïsme ou altruisme avec l'environnement comme toile de fond. Pour les gènes, dans le fond, ce n'est pas tellement différent.
Chacun sur son arbre de vie et laissons faire la nature des choses. Mais qu'entend-on dans la forêt?
- Espèce de con, pourquoi as-tu fait cela? Tu ne connais pas la dernière interprétation et sa dernière évolution?, dit une petite voix avec mauvais caractère.
- Sale canaris, mal emplumé. Qu'est ce qu'une "espèce de con", au moins le sais-tu, de quelle espèce, es-tu? Chacun doit avancer à son rythme pour parler d'espèces et les vaches seront bien gardée. Qui t'as donné ce sale caractère? De qui as-tu hérité cela, répond une grosse voix.
Ils ne s'étaient même jamais rencontrés avant, ces deux-là et ils n'étaient déjà pas d'accord. Vite dit, donc, de chercher à s'entendre, dans ce monde-là. Alors, fusionner, vallait mieux pas.
La Science, elle, a ses raisons que la raison adore exprimer avec le plus de précisions, quitte à noyer le poisson.
Le mystère allait-il s'épaissir ou s'applanir? La réponse est très dépendante des interlocuteurs et, eux, très dépendants de leur racine et de leur Foi.
A l'écoute, Darwin se réveilla et s'en retourna même dans sa tombe à entendre ces mots.
- Je me suis basé sur mon intuition avec mes pinsons à bec variable et ça me fait une belle jambe de retrouver votre ancêtre commun qui évolue au fil de vos fantaisies de générations. Le résultat avec toi reste plutôt très douteux., dit la voix caverneuse de Darwin.
- Mais, calme-toi, on n'est pas fâché, cher Darwin. Seulement une petite querelle de voisinage. C'est la loi, par ici. Les mots dépassent souvent les pensées les plus intimes. Il faut répondre à vitesse ou à impulsions réduites en jouant sur les gaz et la pédale de l'accélérateur. Tu sais, la spéciation passe aussi par les allèles et un peu de sélection naturelle comme antidotes aux réactions trop rapides ou mal appropriées, cela ne fait pas de mal", s'empresse de répondre le pinson. "Il faut seulement s'adapter aux circonstances. Tout change ici bas, mais toujours à vitesse variable. Il faut donné le temps au temps, que diable. Ta théorie, tu as mis le temps à la sortir. Mon bec, si je dois en plus, le fermer, où irais-je? Et puis, je ne suis pas naturaliste, moi. Donc, tu devrais en savoir plus sur la question, non? L'hérédité, cela ne te dit rien?".
- L'hérédité et les héritages sont affaire de niveau de parenté au bénéfice du plus rapproché. La ligne directe, c'est le pactole assuré. Ce l'est un peu moins pour les copains dans la nature environnante. Le copinage, les arrières petits neveux, il faudra qu'ils s'y fassent. Ils n'auront pas la gloire avec l'héritage.
- Exactement. Ça c'est chez les individus. Tu en connais les risques. C'est presque identique dans l'infiniment petit. Les généticiens, depuis ton départ, ont relevé le gant et ils l'ont très souvent largement ouverte cette hérédité avec beaucoup de théories, en plus. L'ADN a de ses secrets que le commun des mortels ne peut pas se rendre compte, sans se poser beaucoup de questions. Ces généticiens ont, souvent, des réponses que tu ne comprends pas tout de suite mais qui sont très peu fixées dans le durable. Donc ne t'en fais pas trop. Il est tellement instable, ce serpentin, face à tellement d'ennemis ou de faux amis. Cent génomes d'animaux. Mille génomes de bactéries. Des milliers de génomes viraux. Tous, séquencés, aujourd'hui. Te rends-tu compte du boulot pour ces généticiens?
- "Des généticiens, des génomes? Je dois avoir manqué quelques marches dans la compréhension. Mon concept et mes convictions ont toujours été "Croisez et multipliez", j'ai toujours pratiqué cela avec ma famille. Neuf enfants, c'est pas mal, non? Mon épouse n'a peut-être pas l'intelligence de l'homme, mais de la tendresse, bordel ! Qu'est-ce que t'en fait? Explique moi.
- "D'accord. C'est Mendel qui expliqua, en premier, avec son support matériel de l'hérédité que les avoirs, les acquis se transmettent par les gènes entre générations. Mais ce n'est pas tout, ceux-ci peuvent muter au passage. Tu ne me reconnaîtrais pas avec ma couleur bariolée d'aujourd'hui. Et pourtant, mon plumage n'est déjà plus le même qu'à ma naissance. J'évolue même entre mes contemporains. Quant à mon ramage, en cherchant bien, La Fontaine pourrait bien avoir une fable cachée dans son mémento pour la décrire. Pour l'idée que tu te fais de la femme, il faudra un peu la réviser, à mon avis. Sais-tu que chez mes contemporains humains, c'est la crise et un plan de relance parle d'investir dans la femme sous le terme de Womenomics? Ça, t'en bouche un coin, non? Pendant toute ta vie tu as été malade. Sans le savoir, tu étais, probablement, en déphasage avec la sélection naturelle. Avec ta stature courbée, ta barbe en bataille, qui sait, tu étais, peut-être, non viable."
Darwin, étourdit, réfléchissait. La moutarde commençait à lui remonter par les narines. "Non viable?", se disait-il. L'intelligence de ce rejeton dépassait celui de ses pères. Jamais entendu un pinson qui parle et qui soit si féru d'érudition et si insolent, à la fois. La descendance avec mutation devient une véritable descendance d'enfer, pensa-t-il. Plus aucun respect pour les aînés. Pourtant, intrigué, il demanda:
- Tu parles d'ADN. De quoi s'agit-il? Serait-ce l'"Âme à Dose Naturelle?, s'inquiète Darwin.
- Non, l'Acide Désoxyribonucléique. C'est la partition de la symphonie génétique. T'es pas au courant? James Watson et Francis Crick l'ont découvert bien après toi. T'as vraiment une structure vestigiale, dit? Génotypes vers phénotypes, pour ne rien te cacher.
Darwin commence à chanter mentalement "Il est malade, complètement malade", tandis que le pinson, joyeux, sautant de branche en branche, continuait sa théorie post-moderne tout en continuant à faire l'étalage de ses connaissances.
- Nous sommes marqués chimiquement. Les pros de ce marquage appellent cela de l'épigénétique. Stephen Jay Gould expliquait, ainsi, l'élasticité de notre évolution dans sa vitesse d'exécution contrairement à ce tu disais, au sujet de l'évolution, graduelle et lente. C'est à vitesse variable. Cela expliquerait même les chaînons manquants chez tes chers fossiles en y apportant des ponts inattendus. Véritable équilibre ponctué par quelques monstres prometteurs mais qui restent heureusement anecdotiques. Question d'interpréter la partition, les protéines, les virus, par exemple, sont dans le coup et influencent l'ARN. Ils s'attaquent à l'ADN pour en déstabiliser l'édifice, encore plus. Tout est imbriqué dans le processus. Tous pour un, un pour tous. Dans ce jeu, on en oublie, si c'est la poule qui a fait l'œuf ou l'inverse. Contradictoire, tout cela? Non, complémentaire. C'est ce qu'on appelle la discipline de l'évo-dévo. Non, c'est une "super synthèse", du saltationnisme.
- ARN? Qu'est ce, encore, cela? L'Attraction Répréhensible Naturelle? Espèce de pinson, qui ne parle plus mon langage. Tu recommences? T'as la couleur de tes plumes et de tes poux. Même pas une queue plus longue, mais pour ce qui est de la tête, t'as exagéré avec le plomb. T'es vraiment plus le fils de ton père et de ta mère. Mutant, va.
- Encore une fois, tu te trompes. L'ARN, c'est de l'acide ribonucléique et la spéciation a eu des effets qu'il faut juger sur pièce. Le découvreur, c'est entre autres, Marshall Nirenberg. T'as qu'à t'y faire, aujourd'hui, on découvre les choses en équipes. Carl von Linné, tu t'en souviens, peut-être, espérait pouvoir nous classifier avec ses étamines, ses pistils à en choquer plus d'un de son époque. Et bien non, c'est plus compliqué que cela, il y a, en plus, un flou artistique. Ces sacrés emmerdeurs de virus ont tout cassé avec leurs subtilités du travail bien fait en véritables kamikazes. Leur évolvabilité est diablement plus rapide sans consensus. C'est, parfois, une explosion qui fait évoluer et il faudra chercher une nouvelle niche écologique, comme dit Mark Pagel. Car il y a les accidents de parcours, qui, en définitive, marchent à merveille, comme avec Alice, ma copine, qui vole plus vite que moi avec son bec aérodynamique. Et le concept de la co-évolution en symbiose, des transposons, avec les bénéfices partagés et le stress qui influence, tu connais?
- Tu me les gonfles. Tu es devenu un virus dangereux, un carriériste qui se gargarise de mots, pinson de mes deux. Mais ce qu'on ne pourra jamais me reprocher, c'est d'être écolo avant l'heure. Et, ça cela vaut tous les mots de la terre.
Manifestement, la conversation s'envenimait. Un véritable dialogue de sourds. Querelles de générations, aussi. Ces jeunes ne pensent qu'à l'évolution de leur carrière. Le pinson en avait encore beaucoup de choses à raconter à Darwin. Traduit par Clémence Royer, sa théorie à fait des émules dans pas mal de secteurs et certains en ont tiré des conclusions hâtives en soutien à leur propre théorie qui n'avait plus rien à voir avec l'idée scientifique. Le mot d'eugéniste, lui brûlait le bout du bec. Lui parler de son fils aîné, qui, lui aussi, n'était pas exempt de fantasmes. Traduire n'est ce pas trahir?
Mais, il était vraiment temps que chacun reprennent sa route.
Le pinson s'envola et Darwin se retourna en réfléchissant à un ailleurs meilleur.
Il n'aurait même pas osé parler d'informatique, alors que là aussi, des processus d'héritage existaient au grand bénéfice de ses utilisateurs et développeurs. 
Il ne chercha pas son Créateur. Il pensa donc simplement qu'il était et qu'il continuerait son chemin dans le ciel jusqu'à la fin des temps. Il ne voulait pas en savoir plus.
Il n'avait pas entendu le biologiste russe Theodosius Dobzhansky dire « Rien n'a de sens en biologie, si ce n'est à la lumière de l'évolution ». Mais, ce n'était certainement pas dit dans sa langue de pinson.
Cela aurait pu le rassurer un peu, pourtant, avec des principes simples, universels et complémentaires de la descendance avec modification et de sa sélection naturelle.
Depuis, Armand de Ricqlès avait constaté que "La théorie synthétique a fortement évolué par incorporation - et donc dépassement - de points de vue initialement très critiques et par l'émergence de champs nouveaux venant la compléter".
Massimo Pigliucci, lui, se taisait mais il n'en pensait pas moins.
La théorie de l'évolution pourrait-elle devenir, enfin, prédictive et dessiner l'évolution future des êtres vivants? Là, ce serait aller trop loin. Ce n'est pas le but du jeu. L'histoire est pavée de "trop" bonnes intentions. Les apprentis sorciers habitent souvent le futur, que l'on voudrait ne pas avoir à imaginer.
Que le Futuroscope de Poitiers eut pu imaginer un tortunosaure, passe encore, mais, n'est pas singe qui veut.
Modifier un homme vers son propre progrès? Quel progrès? De toute façon, il faudrait terriblement le bricoler pour qu'il reste varié, cet homme, sans devenir "avarié".
Alors, les sélections ne sont plus tout à fait naturelles. Contre nature, même. Les castings ont commencé.
Pour évoluer, aujourd'hui, rien ne sert de partir à point, il faut toujours courir.
L'enfoiré,
Mise à jour juillet 2012, article S&V: PRION, pour le pire ou le meilleur. Joanna Masel réhabillite les prions qui ont causé la maladie de la vache folle. Les prions offrent une chance de survie aux populations dans les enronnements difficiles. Ils sont peut être la clé de la mémoire. Le prion n'est pas une erreur de la nature et pourrait nous avoir libérés de notre vie de microbes en tant que catalyseur d'évolution. C'est quand il prend une forme anormale, un bug qu'il entraine la mort de la cellule et que des maladies come celle d'Alzheimer ou de Parkinson, qu'il dégénère et devient dangereux.
Sur Agoravox, des commentaires variés ou avariés?
Citations:
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"Si on repassait le film de la vie, le scénario ne serait pas le même", Stephen Jay Gould
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"L'évolution est une théorie au sens propre du terme, c'est-à-dire une vaste synthèse intégrant et rendant compte d'une multitude de données observationnelles et expérimentales dans un cadre rationnel et unifié. Ce n'est donc, pas une hypothèse parmi d'autres mais un système ouvert.", Armand de Ricqlès
08:30 Publié dans Actualité, Histoire, Nature et Ecologie, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
31/05/2009
Capitalisme naturel ou artificiel ?
Un billet peut en cacher un autre.
Un billet de Paul Hermant m'interpellait. Il s'intitulait "Le capitalisme naturel".
Permettrait-il de trouver ce qui est naturel dans les côtés artificiels du capitalisme? Le voici:
"Il y a un type qui s'est chargé de rendre mon week-end plus ou moins acceptable. C'est un drôle de bonhomme, Libération de samedi publie sa photo, on le dirait échappé d'un film des Marx Brothers, c'est dire s'il inspire immédiatement confiance.
Il y a aussi son interview et, dans cette interview, une phrase : « Quand je vois un verre à moitié rempli, je ne me pose pas la question de savoir s'il est à moitié plein ou à moitié vide, je constate simplement qu'il est deux fois trop grand ». Voilà, ce qui a sauvé mon week-end.
La sagesse bouddhiste nous enseigne que lorsqu'un problème a une solution, il n'y a pas de problème et que lorsque qu'un problème n'a pas de solution, ben, il n'y a pas de problème non plus. Mais ils sont rares, convenez-en, les gens qui ne voient même pas les problèmes et qui ne pensent qu'aux solutions. Amory Lovins est américain, expert en affaires énergétiques, consultant respecté pour ce qui est de l'électricité, il n'est pas ministre, c'est dommage. C'est lui qui a inventé, il y a exactement 20 ans de cela, cette notion du négawatt, partant du principe qu'à tout prendre, la meilleure électricité est encore celle que l'on ne produit ni ne dépense. Et il insiste : « Quand les décideurs de ce monde auront abandonné la croyance selon laquelle lutter contre le changement climatique coûte cher, ils comprendront qu'il est moins onéreux d'économiser l'énergie que de l'acheter ». Il appelle cela le capitalisme naturel : en peu de mots, ça signifie qu'entretenir les ressources de la planète et s'occuper des hommes est la seule solution pour qui voudrait prétendre faire encore du profit demain… Et puis, il a une autre phrase magnifique, il dit : « Je préfère rendre l'espoir possible plutôt que de rendre le désespoir convaincant ».
Je ne sais pas si sa tournée de conférences l'a amené en Islande, mais voilà bien, tiens, un pays qui dispose aujourd'hui d'une électricité produite à 99% par l'utilisation de l'hydraulique et de la géothermie. Vous allez me dire, l'Islande ? Cette île en banqueroute où la récession se mesure par des reculs du PIB de plus de 10%, un chômage de 10% aussi et par une consommation en chute libre ? Celle-là même. Cette production électrique propre devient sa seule vraie richesse. Peut-être parce que les Islandais savent aussi qu'après la banqueroute, il y aura la banquise, c'est-à-dire la fonte des glaces, la montée des eaux et le réchauffement climatique. Et que dans ces cas-là, la dimension d'un verre, ça devient franchement important.".
Retournons, donc, vers l'Islande, ce laboratoire naturel, cet "origine du monde". Cette île, dont on entend rarement parler, si ce n'est, récemment, à cause d'une banque en difficulté et qui toucherait nos compatriotes, dans leur épargne. Est-elle tombée de la grâce magique vers le coup de grâce?
Entre l'espoir vert et la sombre lucidité. Parlant de l'Islande, pour parler d'énergie, c'est aller presque à contre courant.
Pays du silence insoutenable fait de mille rumeurs. Pays initiatique où tout doit s'apprendre. Terre prodigue et déshéritée à la fois: une mer qui gicle, des glaces qui grincent, le feu qui feule, le vent qui n'en finit pas de souffler pour chasser les nuages avec des couleurs intenses, écologiques à souhait. Le Gulftream qui garde le thermomètre au dessus de 3°C en moyenne en hiver et une douceur en été tout en gardant l'éventualité d'une rafale de neige qui peut survenir à tout moment entrecoupée par un soleil secret ou puissant.
Un commentaire au billet de Paul parlait d'oxymore avec le principe du C2C (cradle to cradle). C'est le bon mot car il y a vraiment antagonisme.
Produire et consommer de l'électricité dans un pays tel que l'Islande est naturel. Sous cette latitude, on se retrouve dans l'obscurité pendant 6 mois de l'année, avec, en hiver, des rayons du soleil pendant seulement quatre heures par jour (clarté en janvier: 11:20 à 15:45). Il y a des compensations en été (obscurité en juin: 24:00-03:00) mais alors, dormir devient le problème numéro un.
En 1985, déjà, un article de GEO (N°78) titrait "Noces de glaces et de feu". Deux cents volcans et une éruption tous les cinq ans. La solitude des fermes, ultramodernes qui se regroupent par sécurité. Les troupeaux, aussi, se rassemblent, dès septembre, pour la nuit de l'hiver. Le glacier Valnajökull, lui qui glaçait d'effroi le volcan sous lui, encore, épargné par la fonte des glaces. La pêche représentait 97% des devises. L'eau à profusion qui s'écoulait à la verticale entre le basalte, cassé, à en donner le vertige. Géologie infernale, mais leçon de beauté et de poésie. "Islande incommensurable" terminait l'auteur de l'article.
En 1994, retour de l'Islande avec GEO (N°181). Titre "La création du monde". Terre jeune, soixante millions d'années. La marmite de boue volcanique et sources chaudes continuaient dans les steppes fauves de Landmannalaugar. Le tiers des laves de la planète aux portes du volcan Hekla, qu'on appelait la "montagne au manteau" parce qu'il recouvrait l'entourage de cendres. Volcans Krafla, Askja, Laki pour compléter le paysage lunaire. L'érosion glaciaire avec les eaux tièdes que réchauffait le magma. Les geysers avec huit cents sources thermales. Strokkur et Geysir se disputent les hauteurs toutes les 5 minutes. Géothermie assurée. Rencontre des deux plaques techtoniques, américaine et européenne. Du côté de la vie naturelle, des colonies d'oiseaux qui venaient nicher. L'homme, lui, s'accrochait et s'appropriait l'énergie de la Terre au "Blue Lagoon" près de la capitale, Reykjavik pour y nager en toute saison comme un véritable mode de vie national. Le développement de cette capitale ne date que du 19ème siècle de 5000 à 200.000 habitants pour seulement 320.000 au total sur l'île. Constructions pratiques et sauvages. Vie dure et fragile.
En mai 2009, c'est l'"Ile nature" (GEO N°363). Les ténèbres de l'hiver sont plus mal vécus qu'auparavant. Affronter le noir demande plus de petits secrets. Ce sera méditer, la luminothérapie pour remplacer les descentes vers le Sud devenues inabordables, les cures de vitamines D et de l'huile de foie de morue pour maintenir la santé. La métamorphose de sa ruralité en nation riche a, en effet, été plombée par une faillite entraînée par les traders et les mirages de la finance. Car, en 2008, les dettes des banques avaient représenté douze fois le PNB et tout à craquer. Désormais, on ferme la porte de sa maison. On remarque qu'exploiter la force des torrents revient à inonder les vallées. On parle de dernière chance pour les épargnants de Kauphing. Le 5 juin, les épargnants poussaient le ouf de soulagement. Salle coup et on se demande même comment sauver l'Islande.
Ne serait-ce pas l'enfer et le paradis réunis sur une même île, l'Islande? Subir l'un pour obtenir l'autre ou jouir de l'autre pour sombrer dans le premier ? Après l'enfer du décor, on a atteint l'envers du décor. L'économie a rattrapé l'écologie et l'a dépassé dans les réalités.
Avec un discours écologique, Amory Lovins pratique l'acupuncture institutionnelle et veut l'imprimer dans les grandes entreprises pour qu'en 2040, les États-Unis ne soient plus dépendants du pétrole en n'ayant plus le besoin de consommer cette énergie fossile. Projet très louable et pas uniquement pour les États-Unis, mais qui demande réflexion pour passer de la théorie à la pratique. Il est sûr qu'avec une vision écologistes, qu'il a le vent en poupe, aujourd'hui. Il a inventé les "néga-barils", la négation des méga-barils ou des mégawatts. Faire tourner le "grand machin" du progrès restera, pourtant, l'objectif pour palier la faiblesse énergétique humaine. Il ne faudra pas négliger, pour autant, la grande "bagarre énergétique". L'écologie est chez nous, une discipline jeune.
Comme en tout, un bonus-malus est à calculer, un "Profit & loss" comptable et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, le "bébé", lui, reste nu.
"La France me fait l'effet d'une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s'appelle le marché économique", disait-il, mais cela ne permet pas de lever le pied de l'accélérateur. L'économie a ses propres règles de fonctionnement qu'il faut l'accorder au mieux avec le relativement nouveau venu.
D'ailleurs, en lisant plus loin, Amory Lovins ne dit pas qu'il ne faille pas produire de l'énergie, mais qu'elle soit seulement renouvelable ou durable et sans pollution pour la produire.
Le Bleu, s'est, il est vrai, terni en perdant sa couleur du ciel pour se tourner vers le bleu Roi.
Le Rouge est devenu rougeâtre, rouillé par la latence de l'habitude.
L'Orange a perdu aussi un peu de son acide pour passer à l'orangina.
Voilà, le Vert, qu'on espère qu'il ne devienne pas trop verdâtre.
Le parti écolo, chez nous, a 3 de ses 10 priorités dans le seul cadre de l'énergie:
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Rendre les bâtiments plus efficaces en ENERGIE pour alléger la facture énergétique de chacun et sauver la planète
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Investir rapidement dans les TRANSPORTS PUBLICS pour élargir l’offre (quantité, ponctualité, qualité, tarif et fluidité) et structurer le territoire
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Orienter le redéploiement économique vers l’ECONOMIE VERTE pour y créer des milliers d’emplois durables et réussir la transition écologique
Une fois, ces points précisés, il faut en trouver les meilleurs moyens, les plus rentables pour y arriver. Au niveau de l'énergie, quelle est celle qui répond à ce cahier des charges avec le plus d'efficacité? Quels en sont les effets secondaires?
La "fée électricité", c'est clair est l'énergie totalement propre et qui se régénère à l'envie. Elle existe depuis toujours dans les éclairs, mais dont l'énergie s'est vue supplantée de vitesse par le feu, qu'elle produit. L'homme a donc commencé par le plus facile, le plus accessible, aussi. L'électricité est apparue bien plus tard, sortie de la boite crânienne de certains scientifiques plus observateurs que les autres avec le "Fiat lux". Au lieu de suivre le cycle du jour éclairé, les vingt quatre heures devenaient accessibles pour continuer le jour. Moins transportable que le pétrole, cette électricité. Plus volatile et fugitive, il a fallu la domestiquer, l'emmagasiner. Ces opérations ne sont toujours pas résolues sans pertes. Car, il y a aussi la conversion que ce soit en chauffage ou en force de travail. Le processus demande lui-même de l'énergie pour s'éclater. La fission nucléaire, on en connaît les risques et la pollution par ses déchets, n'y revenons pas. La fusion nucléaire a toujours le péché majeur de la mise à feu. Le projet ITER n'est pas pour demain dans leur implémentation et les verts, impatients, sont contre le projet vu cet éloignement dans le temps. Mais, rien n'empêche de prouver le contraire dans le futur.
Le soleil est et reste cette énergie de rêve et de réalité, passe partout, produite n'importe où, comme solution de l'évidence, ad vitam eternam.
Sa chaleur, sa lumière, sont les seules énergies durables qui ne dépendront pas de l'ampleur des marées, qui ne dépendront pas des vents souvent capricieux, d'une géothermie qui dépend de l'extraction profonde et qui n'est vraiment utilisable que sous formes de chaleur et d'eau chaude. (Une exposition à Mons est en cours et à pour titre "La géothermie, une énergie à creuser".)
L'Europe voit dans l'éolien son maître choix et le coeur de sa politique. Les "contres", à juste titre, ne sont pas absents. Pour Luc Rivet, "l'éolien industriel est devenu une machine infernale et une grosse arnaque qui ne fait rien gagné au niveau des émission de CO2". L'éolien détruit les paysages par la place qu'il occupe, gène les oiseaux. Pour ne produire que 20% de son temps, de l'électricité, c'est peut-être beaucoup. Les rayons du soleil et la lumière ne prennent pas de place et ne nuisent pas à l'environnement du paysage.
L'électricité sortira progressivement des grandes centrales que nous connaissons aujourd'hui. De très petits réseaux s'éparpilleront aux travers de petites unités privées, reliés entre eux suite à l'"ecology business". Les systèmes de récupération de l'énergie solaire font déjà fonctionner les compteurs à l'envers. Devenu producteur d'électricité, le consommateur devra l'utiliser, alors, pourquoi pas, tous les points privés ou publics reliésentre eux? Sus à l'overhead (en anglais, l'overhead signifie ce qui est à mettre en pertes et profits parce que cela profite à l'ensemble du système en entier).
J'avais écrit l"Econologie, rêve ou réalité?". D'autres parlent d'économie et d'écolomie. Néologismes, simple différence dans la terminologie et la manière plus écologique de l'aborder, mais pas d'antagonisme dans la réalisation. Le Science et Vie expliquait, le mois dernier, le pourquoi, maintenant, on pouvait y croire.
"Super capteurs, centrales géantes produisant en continu, cellules en plastique plutôt qu'en coûteux silicium : sur tous les fronts, le solaire profite de spectaculaires innovations techniques. A la clé ? Sortir cette énergie de la marginalités", comme on le disait dans ce numéro. Les capteurs solaires ultra performants, thermique et photovoltaïques accompagnées par des batteries performantes. Les batteries ne sont pas le plus mince des problèmes, car elles s'usent vite et en plus elles sont polluantes. Les condensateurs électriques auront encore besoin d'ingénieuses découvertes pour éliminer leur propre "overhead". Perdre leur lourdeur, leur désagréable habitude de perdre leur efficacité quand on ne s'y attend le moins, gagner du temps lors de la charge, pouvoir être recyclé comme le reste, ne sont pas des moindres.
Alors, la question demeure: de l'énergie, dans quel cas, l'oublier, l'utiliser avec parcimonie, quand l'économiser, quand ouvrir les robinets à fond? Ouvrir des "possibles" reste une obligation et le besoin ne sera jamais en décrue à moins de perdre nos facilités et notre confort moderne.
L'espace, par exemple, demande et demandera toujours plus d'énergie dans la recherche du progrès qu'il pourrait nous donner. L'argent restera nécessaire, comme outil, même raboté.
Le gaspillage, on sait qu'il est superflu, irrationnel et donc à éliminer. Colmater les fenêtres. S'isoler contre les pertes de chaleur coûterait 1000 fois moins cher que de nouvelles centrales nucléaires, dit Amori. Rationaliser est nécessaire dans tous les domaines, mais celui de l'énergie est particulier car il fait partie de nous. Penser l'éradiquer ou la réduire de manière irréfléchie, serait suicidaire et contre productif. L'énergie, c'est la vie, tout simplement.
Économiser, c'est produire à moindre coûts et avec le plus d'efficacité et non pas repousser l'utilisation dans sa négation. La Chine se voit encore trop contrainte de puiser dans sa force vive et humaine à bon marché pour réaliser ou compter sur un rendement trop faible dans l'utilisation de l'énergie pour sa production. Elle se retrouve, à nouveau, en pleine crise, dévoreuse industrielle. Ses importations en matières premières, elles explosent (fer, cuivre, aluminium), lit-on dans la presse.
"L'industrie polluante sort première de la crise, vu que l'énergie verte dépend du bon vouloir des banques qui rechignent devant les investissement énormes". La fatigue des plans de relance verte se ressent chez Suntech et Sunpower, sociétés qui se sentent obligées de faire des augmentations de capital, peu appréciées par les actionnaires. Plombées, donc, les Bourses. Les politiques ont des agendas tellement serrés pour soutenir le mouvement et décider les transformations drastiques. Les citoyens d'une démocratie ont, tout autant, une action consultative pour pousser à améliorer cette situation.
L'avenir devra être plus technique et peut-être moins tourné vers la seule technologie. C'est évident.
Seulement, des pauses sont très nécessaires pour faire le point. On les appelle du doux nom de "crises".
La raison favorable à la "religion verte" sera là pour celui qui, a perdu la foi et s'y trouvera en refuge. La raison pour l'autre sera plus proche, plus matérielle, aussi, car l'un ne va pas sans l'autre.
L'argent suivra, comme outil, rien de plus. Sortir le gadget des découvertes, des inventions, pour ne garder que la crème, sera le plus précieux des dons dans une évolution de la nature. Les erreurs, autant s'en apercevoir le plus vite à notre échelle.
Les ressources naturelles, les matières premières, pour la plupart, sont finies et, là, c'est plus grave. Le pétrole, miraculeux, matière aux ressources innombrables, en fait partie et ne devrait un jour plus servir à donner de l'énergie mais se limiter à produire des matières tout aussi utiles en dehors de la vision énergétique.
Alors, sera-ce un retour vers son jardin ou vers la recherche? Un choix qui mène à "que le meilleur gagne", mais il faudra gagner, c'est un "must". L'impossible étoile n'est peut-être pas si lointaine mais ce sera la voie du meilleur rendement. L'utilisateur ne découvre pas les choses qu'à petites doses, pas toujours par lui-même. Souvent, un mouvement, une idéologie doit le réveiller avant la crise cardiaque.
Aujourd'hui, je me sens voter aux prochaines élections pour le "Vert, j'espère". Mais comme je l'ai dit, parfois, je triche.
L'écologie, c'est bien plus qu'un parti, c'est un pari. Philosophie de la logique et de la subsistance de notre espèce, mise à mal, après le ratage de la finance pure et dure.
Les détracteurs parlent de nouvelles taxes. Des réorientations vers des sources correspondantes aux finalités et aux besoins réels, répondent les écolos.
Alors, capitalisme naturel? Si, cela semblait antagoniste, les liens se retrouvent encore dans les réflexes avant d'en trouver les intérêts réels.
Complémentaire pour aller au bout de nos rêves sur une planète qui est, jusqu'à nouvel ordre, la nôtre.
En Belgique, l'envie verte est aussi très présente. Ecolo n'exclut donc pas de diriger Bruxelles.
Le capital humain, il n'y a rien de plus naturel. Il continuera toujours à se gestioner et se comptabiliser.
L'écologie, pour suivre le simple principe de précaution? Pas nécessairement pour prouver ou infirmer le réchauffement climatique dû à l'activité humaine qui a aussi ses détracteurs, mais, par pragmatisme. Redonner, aussi, l'espoir après notre crise.
Et puis, calfeutrer ses fenêtres apporte aussi le confort et n'évite pas seulement la chaleur de s'enfuir, mais le bruit de pénétrer.
L'analyse, dans le temps apportera les corrections aux incertitudes et aux hésitations d'aujourd'hui.
L'Homo Economicus deviendra, ainsi, l'homo ecolomicus. Just in time?
Seul l'utopie et les rêves ont toujours eu une chance d'aboutir.
L'Enfoiré,
Les Voix du Peuple seront-elles naturelles ou artificielles?
Citations:
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« C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! », Jules Renard
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« Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro
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« Toute forme de récompense constitue une dégradation d'énergie. », Simone Weil
-
« Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire. », Georges Clemenceau
09:35 Publié dans Actualité, Economie, Nature et Ecologie, Organisation, Politique, Réflexions et philosophie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
28/04/2009
Sucer mais pas avaler (2)
Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.
Pourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?
Patrons du monde qui êtes aux mieux,
que vos noms soient honorés,
que vos sanctions ne nous viennent,
que vos volontés soient faites
au bureau et à l'usine pour le miel
Donnez-nous aujourd'hui
nos gadgets au quotidien
pardonnez-nous nos dépenses,
comme nous pardonnons aussi
vos excès qui nous ont souvent effrayés.
Et ne nous soumettez pas à l'imitation,
mais délivrez-nous du râle
car c'est à vous qu'appartiennent
les règles, la puissance et la gloire,
nous garderons seulement les miettes des crisettes
pour des siècles et des siècles.
Pourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.
Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.
Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.
L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.
Ne pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.
Ce 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé.
Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.
Solidarité de façade, donc.
« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.
D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.
Le président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.
Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.
Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.
La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".
Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?
Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.
Un clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.
Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.
Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.
Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.
Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.
Ce qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".
Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?
Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.
ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.
Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.
Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.
Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".
"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.
Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.
Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.
Voilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.
N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.
Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.
Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?
Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.
Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.
On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.
Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.
Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.
La politique est, sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.
En occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.
S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?
Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".
Citations:
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"L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson
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"Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard
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"Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein
09:29 Publié dans Actualité, Asie, Europe, Nature et Ecologie, Organisation, Politique, Réflexions et philosophie, Science | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10/04/2009
Migrer, pour vivre ou survivre? (2)
L'"Atlas des Migrations", présenté par Le Monde nous a entraîné sur notre planète migrante. Au travers de l'histoire, les peuples se sont intégrés sur toutes les terres disponibles. La vie n'a pourtant pas été rose pour ces voyageurs à la recherche d'un hypothétique paradis ou, plus prosaïquement, d'un ailleurs meilleurs. Cette fois, voyons cette intégration de ces immigrés, chez les autochtones, qui ne sont, souvent, que des allochtones dans un passé plus ou moins lointain. Le futur ne sera que ce qu'on décide aujourd'hui, contraint ou suite à des réflexions sur les réalités du monde.
Le monde est pris de fièvre migratoire que ce soit en réel ou en virtuel. Il est devenu un village, pour en revenir à une émission de chez nous. Il est devenu un immense melting-pot, par amour du voyage ou au forcing. La publicité transite par les médias, télé, Internet qui passe allègrement les frontières attise les convoitises. Cela ne veut pas dire, que l'on migre de foi et avec les mêmes moyens. Parfois pour le meilleur, souvent, pour le pire. L'immigration crée crispation identitaire pour les autochtones et l'espoir d'une cohabitation par le métissage pour les nouveaux arrivés. Ce ne sont plus des sauts de puces trans-frontaliers qui limitaient l'investissement dans des temps anciens. Les distances n'existent plus. Mais, c'est l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Moyen-Orient et les pays émergents qui sont passés au rouge depuis à peine 20 ans. Une démographie galopante de la population pauvre venant au "secours" ou en "surplus" d'une démographie qui était en déficit et vieillissante dans les pays dit "riches", plus riches. Les migrants ne représentent pourtant que 3% de la population mondiale.
Fossés économiques entre pays riches et tiers-monde, crises politiques qui poussent aussi à s'expatrier. Quitter son pays est même banni par certains d'entre-eux. Certains pays n'apposent simplement pas le cachet sur le passeport ou les visas d'entrée ou de sortie. Migrer, un rêve qui tourne parfois au cauchemar tout en gardant une obligation psychologique de réussite pour l'intéressé. Ce n'est pas partout que l'homme devient, au mieux ou au pire, une "marchandise" comme une autre. La migration reste inégalitaire, limitée par un transit qui ne ferait pas obstacle à la finance dans un libre échange bilatéral.
L'Europe s'accorde à reculons. Chaque pays d'Europe veut pouvoir conserver sa souveraineté comme un "jardin secret". Si le pacte européen du 16 octobre 2008 essayait de coordonner la transhumance, il n'ambitionnait pas une politique volontaire et unifiée avec une obligation de réussite. Combat de tranchés derrière une espèce de Ligne Maginot du protectionnisme à dimension variable, écartelée entre humanitaire et économique. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer la remise en question des pactes de papier et renforcer les boucliers de protection. Décisions d'une carte bleue ou verte comme passeport, votées à la majorité qualifiée, c'est-à-dire avec des compromis qui frisent les compromissions à la traîne derrière un Traité de Lisbonne, mal accepté. L'espace Schengen aux courbes plus ou moins harmonieuses mais totalement artificielles n'accorde pas les violons de l'ensemble.
De l'émigration à l'immigration. Le monde change et les pôles d'attractions aussi. Il vieillit et rajeunit à la fois. L'Italie, l'Espagne sont passé à l'étape inversée de la migration à vitesses variables. Les nouveaux migrants remplacent les anciens. Les religions jouent à l'obstacle ou au catalyseur selon le cas. La crise économique met le pied sur le frein. Régulariser si, c'est dans les cordes, mais pas trop acculé dans celles-ci. Les Roms, les voyageurs invétérés, gênent l'Italie très protée à droite.
La mise au ban des clandestins se fait avec des dispositifs sécuritaires de plus en plus policiers au détriment du droit lui-même. Ceuta et Mellilia restent dans les mémoires. Quand la mort est au bout du voyage, on dépasse les limites de la déshumanisation et on absorbe mal l'inflation dans les risques engagés pour gagner un paradis de plus en plus fictif quand la croissance ne suit plus.
Bien loin l'idée de "Bienvenue à tous" de la France entre 1851 et 1946. A l'époque, il fallait devenir français, avoir une origine pas trop lointaine et accepter travailler à la mine, par exemple, pour la mère patrie. L'expansion et le repli entre 1946 et 2008 furent, au départ, une intégration imbriquée à la colonisation pour suivre l'expansion pendant les Trente Glorieuses. Des inégalités croissantes, suites à la mondialisation comme base des échanges, menèrent à une rupture sociale, un regain de xénophobie, un repli identitaire et des violences en réaction à une marginalisation. On compte, aujourd'hui, 50% des immigrés qui auraient la double nationalité. L'expatriation gagne du terrain chez les jeunes français, attirés par des salaires plus élevés ou simplement pour trouver un emploi suite à une recherche trop longue. Garder ses "œufs" au frais dans le même panier de la chance n'est plus toujours rentable. Avec le bagage dans la tête ou à la main, les jeunes s'en vont, souvent, fonder famille, dans la durée et sans retour à l'origine.
Le Royaume-Uni qui est un point de chute ou un tremplin. On trie à la frontière sur le volet et on prie de s'intégrer plus officiellement avec de moins en moins d'esprit multiculturel. La liberté de paroles, et de gestes, le respect des différences culturelles ont reçu leur coup de grâce, ébranlés, à la suite des attentats du 11/9/2001 et de l'attentat de Londres. Permis de séjour à points, écoles publiques confessionnelles plus contrôlées, caméras publiques, absence de mariages mixtes marquent la crise du multiculturalisme.
L'Allemagne est de plus en plus en gros déficit d'intégration. Le taux de chômage des immigrés reste supérieur à celui des Allemands de souche. L'introduction du droit du sol, l'enseignement de l'allemand, idées tournées vers plus d'intégration et moins d'assimilation, font partie du revirement de la politique actuel.
La Russie entonne le chassé-croisé postsoviétique, partagé entre départ vers les nouveaux pays de l'ex-URSS ou les pays de l'ouest et les arrivées vu une certaine relance avec un déficit tout de même pour les arrivées malgré les besoins grandissants d'immigrés partageant la culture. Redéploiement dans un commerce "de valise", pour étudier, pour travailler sous le couvert d'un tourisme d'apparence, mais en va-et-vient. Un commerce d'émigrants qui peut avoir à l'extrême des relents plus mafieux et une immigration supportée après l'assimilation de la culture russe.
Quatre siècles de rêve américain (anniversaire en 2007) ont forgé l'identité du pays. Nation d'immigrants par excellence. Ellis Island le rappelle dans un musée. Colons venant d'Outre-Atlantique, vers le Far West, repoussant les Indiens dans des réserves. Immigrants politiques, économiques, plus tard poussés par la famine. Des esclaves noirs suivirent, à peine 20 ans plus tard. New-York, la Pomme reste la porte d'entrée, toutes catégories, sous l'effigie de la Statue de la Liberté. San Franciso, Frisco rappelle le goût de l'Europe. La fin du 20ème siècle a connu une moyenne d'un million d'immigrants par an intrigués par l'envie de faire du neuf quitte à prendre tous les risques. On est seulement, cette fois, un peu moins sûr, avec la crise surtout si elle dure. Les quotas avec plafonds sont apparus sous-jasent des aspects de xénophobie religieuse. La force montante des latinos revendique, elle, ses droits après avoir servi de main d'œuvre à bon marché dans l'immobilier. L'Amérique blanche a résolument vécu. Les minorités d'aujourd'hui, qui représentent 30% de la population, deviendront le majorité dans moins d'un tiers de siècle. Dans les écoles, 62% des enfants sont noirs, latinos, asiatiques ou proviennent des îles du Pacifique.
Le Canada a pris le choix de l'immigration, mais se perd entre francophones et anglophones et en temps d'attente pour recevoir le sésame.
Le Brésil, on le quitte et on l'adopte via les pays extérieurs, encore plus pauvres. Pays immense et ça bouge bien à l'intérieur avec une préférence pour les villes côtières du Sud-Est.
L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont avant tout pragmatiques avec des permis à points. Les Maoris restent plus inquiets sur leur propre territoire en Australie. Pour leur langue, c'est déjà perdu.
Une pirogue pour l'Europe, pour de jeunes africains de l'Ouest dans une stratégie de survie, très organisée par des convoyeurs qui encaissent les bénéfices. L'Afrique reste le continent de tous les exils vers l'intérieur du continent où les attendent xénophobie et expulsions.
Les pays du Golfe sélectionnent leurs travailleurs, importés d'Asie mais avec une préférence arabe.
L'Inde préfère une émigration de proximité avec des saisonniers très précaires. Xénophobie en ville. Partir reste néanmoins un privilège de riches. Le retour des cerveaux indiens programmé pour trouver de nouveaux "ghettos résidentiels" qui font envie dès le départ.
5. Le monde de demain
Aux problèmes humains vient s'ajouter un palmarès catastrophique de la climatologie et cela pour tous: la nature et le réchauffement climatique créera, d'après les prévisions, de plus en plus de naufragés de l'environnement par un choc thermique, par les inondations dues à la montée des eaux et aux cyclones de plus en plus dévastateurs. Ailleurs, c'est la sècheresse par la désertification et la terre en pénurie d'eau douce et potable en manque de gestion efficace. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable ou à un système d'assainissement. En 2080, 3 milliards d'êtres humains pourraient, cruellement, manquer d'eau. Le déclin de l'agriculture pourrait données des retombées incalculables. Une mauvaise gestion des ressources pourrait donner le signal de départs encore plus massifs. Partir serait, dans ce cas, survivre.
Le Pôle Nord qui se déshabille de ses glaces et se réveille. Il devient le "point chaud" du globe vu son potentiel stratégique pour les pays limitrophes et un réservoir d'énergie. De nouvelles routes maritimes vers un Groenland, plus vert, pourraient accueillir de nouveaux immigrants.
Le diabète, la maladie du siècle et le ravage du paludisme (maximum en Inde) sont des problèmes avec un impact sur la croissance. L'immigration serait devenu la solution du déclin pour palier le problème démographique. Le nombre de personne âgée augmente de 2,6% par an et seule une "réévaluation positive" pourrait inversé le phénomène. L'explosion démographique vers la folle croissance des villes ne semble pas la solution. En 2007, un milliard d'habitants vivent dans des bidonvilles aux abords des mégapoles. L'immigration solution au déclin avec des forces vives en dépression avec
des politiques à revoir.
Alors, une gouvernance proactive et distributive de rendements et des compétences serait une autre voie de considération des migrations?
Joseph Alfred Grimblat, un des auteurs de cet Atlas, disait que l'immigration même illégale a globalement des retombées positives sur le développement des pays d'accueil. Un effet à la baisse sur le niveau des salaires, ce qui est défavorable aux employés, mais favorables aux consommateurs sur le coût de production. Une transmission des cultures et des technologies apporterait d'autres compensations. La fécondité faible dans les pays développés provoque le déclin et le vieillissement de la population. 47 millions d'émigrés par an seraient nécessaire pour équilibrer le système de retraite des pays du nord. Le travail et l'esclavage ont parfois été de l'autre côté du rivage. Exodes, expulsions, exils et bannissements ont été, dans l'histoire, les compléments de l'infamie pour raison d'état, de cultes. L'écrémage de masse au XIXème siècle, plus ou moins volontaire, a fait place à des réfugiés forcés par les conflits armés et les idéologies controversées. L'immigration renversera-t-elle la vapeur?
Une gouvernance mondiale pour organiser les migrations est nécessaire. Les marchandises ne peuvent précéder les hommes dans leurs mouvements, sans les accompagner, tôt ou tard. Un nivellement par le bas et vers le haut en même temps comme conclusion? Les migrations peuvent étouffer les précédents arrivés, les autochtones en difficulté, eux aussi, mais les nouveaux s'étoufferaient en même temps à plus ou moins long terme. Problème d'acceptation et de compétitions difficiles, au centre des préoccupations de la vie en commun quand la couverture devient plus étroite. L'OIM, chargée par l'ONU, n'a pas compris que le compromis doit se trouver à l'échelle la plus globale possible et non pas dans des réactions étatiques au coup par coup et à plusieurs vitesses, cachée derrière des organismes disparates en octopus de la confusion. Tout est lié: le travail, les institutions, la scolarité, le social, la vie avec sa logique implacable des pays, dit développés, confrontés à la survie, des autres pays. S'il y a des lacunes, elles se répercuteront sur tous. Les souverainetés ont fait rétrograder les processus d'intégration en ouvrant ses portes en période de haute conjoncture et les refermant en période de restrictions ou de restructurations. La migration sélective n'est qu'un aspect de la partialité, non reliées aux réalités humaines. Croire que les familles ne suivent pas les initiateurs du voyage serait un leurre. Les nationalismes font place aux régionalismes. On rétrécit son horizon pour s'enfermer dans le virtuel au niveau mondial. Les rêves d'autonomie, de vivre en "stand alone" ressortent périodiquement. (ex. que se soit en Belgique ou en Kabylie)
Le sommet du G20 à Londres et la Conférence du 60ème anniversaire l'OTAN, ont débouché sur des accords de partenariat. Pressions et crises ont pris toutes les plages des discussions pour y arriver.
"Tournant historique" et "Rupture avec le passé" ont été déclarés, haut et fort, même si en coulisse, ce n'était pas nécessairement l'amour fou. L'Europe, à plusieurs vitesses, se cherche toujours une voie commune dans beaucoup de domaines. L'unité monétaire est loin d'avoir pu ajouter au mot "Europe" celui d''"unie". Le social a à peine effleuré les consciences. Une langue de rapprochement de fait n'existe que dans les contacts internationaux et dans le virtuel. La nouvelle pensée à l'américaine a même troublé les Européens quant à l'intégration de la Turquie dans l'UE. Pas un mot de la migration des populations. Ce n'était seulement pas à l'agenda. L'argent reste le nerf de la "guerre".
Quant aux revenus de la migration, où se trouve la balance de ces transferts de personnes et, donc, de fonds dans l'économie? Là, on pourrait défoncer les idées reçues. Celles-ci varient selon le pays de destination des migrants et de la richesse, tout en perturbant le fonctionnement du pays le moins modernisé ou la suspicion vis-à-vis de la diaspora de ce dernier. L'émigration des "cerveaux" remonte le trafic des compétences dans un véritable système de dominos avec un cadre mondialisé sans réelle compensation pour les pays à la population migrante. Déficit de migration alors qu'elle ne cesse d'augmenter.
Une vision objective à mettre en opposition à la plus subjective d'une invasion des immigrants? Visions toujours très sensibles et polémiques? Sortons du magazine et passons à la pratique du terrain.
Beaucoup de lecteurs m'ont déjà parlé de Bruxelles comme d'un laboratoire de la migration. Et c'est vrai, les nationalités se bousculent, s'entrechoquent en communautés ou vivent entre elles sans frontières en harmonie apparente.
En Belgique,
les problèmes des sans-papiers n'en finissent pourtant pas d'émouvoir les populations et les politiques de tergiverser. Un avis en billet non politique. Ne nous leurrons pas sur la question, "Près d'un Belge sur trois est raciste" et donc résistant à l'infiltration des étrangers sur son propre territoire. Les statistiques ne donnaient aucune référence au racisme latent dans l'autre sens qui n'est pas non plus inexistant. Ce n'est pas vraiment une question de race, mais de différences de cultures, de manière de vivre qui serait en question, ni un véritable problème de couleur de peau. Dans les pays chauds, on ne vit pas au même rythme. C'est une différence qu'il ne faut pas oublier.
Une rencontre de 3ème type difficile, mal programmée, serait, donc, à assumer dans la proximité et une peur de l'inconnu de ce "Métèque" qui a ses propres casseroles à tirer au pied et qui vient "narguer" avec sa propre pensée. Migrer, chez nous, à Bruxelles, n'a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour s'y retrouver à plein. Les "contacts" existent et sont parfois durs. Les susceptibilités vite exacerbées. Ce n'est pas une erreur, une simple normalité. Quant à la violence, elle est périodique, scandée mais pas limitée dans aux seuls contacts entre races. J'ai pu l'éprouver un jour, personnellement.
Etre sans-papiers ouvre la porte aux excès. Chercher les raisons du profit et perte explique mieux le phénomène. Pas de relations directes, mais plutôt subordonnées à cette situation de flou, un actif sur deux dans le monde travaille en noir est-il constaté récemment. Ce qui montre aussi la perte de moyens pour les Etats.
Mais les migrations des belges vers l'extérieur du pays existent aussi et pas peu. Notre pays est petit. On en sort très vite de ses frontières. Il y a 4,7 belges pour 1000 qui ont quitté la Belgique. Un demi million de Belge réside et vivent ailleurs. Il n'y a qu'au Luxembourg et en Suisse que nous sommes dépassés. Le Belge a réellement la bougeotte.
Une ou deux générations seront nécessaires pour s'accroder et faire le "ménage" dans la tête des nouveaux concitoyens tout en conservant leur idéologie. Les règles de l'Egalité des chances, poussées à l'extrême n'y pourront rien changer dans la pratique du seul moment et sans le recul du temps. Quelques articles sur Agoravox au sujet des migrations m'ont intéressé. Cultures, racines, terres que de problèmes en perspective. Les religions y ont ajouté aussi une dose d'intégrisme et du refus des autres que ce soit par l'islam, question de perception et d'employabilité, par le volonté de vivre seul du judaïsme ou celle d'réintégrer des interdits d'un autre temps dans le christianisme. La peur de l'autre vient de cet ensemble de différences qui seront toujours d'actualité divisés entre pouvoir et argent. Le rêve qui tournerait à l'arnaque au Québec. L'enfer du paradis dans l'attente du passage. Un problème de dignité humaine positionné aux sans-papiers ou le film "Le si beau voyage". Diversité, une chance pour seulement dormir tranquille.
Les changements de mentalités prendront beaucoup plus de temps, même si la crise a secoué les consciences. J'écrivais, il y a un an, le contre-pied, dans "Enfin, la faim", mais personne n'y avait compris le fin mot.
Du 19 au 29 mars 2009, c'était la semaine contre le racisme pour tenter de faire réfléchir à la question à remettre à l'ordre du jour en boucle.
Le dumping social européen focalisé par et sur l'économie ou un équilibre avec des distorsions uniquement tournées vers les compétences de chacun?
Le Reaganisme et Margaret Thatcher qui voulaient délocaliser en Irlande, en se débarrassant des règles ont entamé la confiance par le libéralisme à outrance et se retourne contre l'Irlande, elle-même, aujourd'hui.
Cette histoire de gros sous, d'économie a plongé l'Islande dans le marasme.
Le néo-libéralisme sans autorité publique en réduisant la couverture sociale a, jusqu'ici, raté le coche de la néo-migration.
Les femmes émancipées ont ouvert une autre voie à l'émigration. Elles restent toujours plus exposées au chômage, et cela migrante ou non. Mais elles s'y retrouvent, tout de même, dans leur prise en main en s'offrant l'indépendance par la conscience dans le milieu d'origine où il aurait été inexistant. Migrations à la recherche d'opportunités qui vont jusqu'aux mariages blancs. Le but est atteint. L'avenir aura sa propre réponse, logique par l'adaptation des habitudes. La multitude l'emportera, alors, sur l'Empire égalitaire.
Des accords bilatéraux entre pays pour recruter (ou de débaucher) des migrants assortis de quotas existent, mais, c'est une immigration à la carte qui y est préconisée avec une répression pour les clandestins, un travail temporaire pour les moins qualifiés et une 'appréciation alléchante pour les plus qualifiés suivant un "Pacte européen de l'immigration et de l'asile". Un partenariat, sinon rien et si rien, pourrait-on en conclure et espérer? Pas vraiment dans la pratique. "Like a hobo" (former un groupe, faire le colporteur, le charlatan") avec sa maison de plus en plus sur le dos semble être une nouvelle pratique.
Utopie que celle de Michel Serre, qui dans le Magazine des Philosophies poussait en avant son "si" on instaurait une paix perpétuelle comme réédition du rêve de Kant? Aujourd'hui, plus que tout autre, quand le monde est devenu un village, nous avons besoin de contacts parfois plus réels que virtuels. Les transports qui consomment de l'énergie, n'ont plus la cote auprès des écologiques. La téléportation rêvée par Paul Virilio n'est pas encore à l'ordre du jour.
Comme on dit que "nul n'est prophète dans son pays". Aller retrouver ses semblables dans un autre espace temps et, parfois, décider d'y vivre, relève d'un esprit entreprenant avec des risques non négligeables. Y-t-il des intérêts cachés pour l'immigré? Pour des raisons économiques ou politiques, le rapport prix-performance sera vite fait à posteriori. Le rapport change bien vite avec le côté financier. Des surprises exitent entre pays voisins qui auraient des lois dites "similaires". L'Europe, qui se veut unie, est loin d'observer des normes comptables et fiancières, compatibles entre les pays qui la compose. Les impôts, les pensions subissent des taxations très peu avantageuses pour celui qui a fait le pas de la migration en milieu de carrière. Les fonds de pension sont vite considérés, au grand dam de ses administrés, comme des placements bancaires susceptibles d'être taxés au prix fort, très différent du pays d'origine.
Mais, cela est probablement une autre histoire et un autre Atlas à construire. Celui du Monde diplomatique? C'est à voir, puisqu'il était dit que ce serait un "Monde à l'envers".
Nous sommes tous des émigrés et des métis, chantait, Julien Clerc. L'évolution et la vie l'ont voulu ainsi.
Sera-ce, dès lors, circulez, y a rien à voir ou, peut-être, avec plus de recul, tout à y gagner?
Ce pourrait n'être plus alors pour seulement vivre, mais aussi pour survivre.
Et si on riait une dernière fois...
L'enfoiré,
Sur Agoravox, que dit les soi-disant "sédentaires" des migrants?
Mise à jour du 20 juin 2009: Journée mondiale des réfugiers : 42 millions de réfugiers dans le monde
Livres sur le sujet:
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"Je disais que je resterais pas" de Philippe Revelli, photos à l'appui
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"Squats" de Florence Bouillon
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"Bilal sur la route des clandestins" de Fabrizio Gatti, reporter qui se mit dans la peau d'un clandestin et infiltra les migrants africains.
Citations:
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« Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... », Cavidan Tumerkan
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« Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. », Nicolas Bouvier
10:10 Publié dans Actualité, Belgique, Europe, Nature et Ecologie, Organisation, Politique, Réflexions et philosophie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

































