21/10/2009

New deal entre privé et public?

Aujourd'hui, il y a de moins en moins de différences de politique entre le secteur privé et public. Le particulier consommateur, lui, suit le mouvement, compte les points, sans pouvoir agir ou réagir qu'aux moments critiques lors des élections.

20090221Déficit.jpgLa triangulaire des interlocuteurs se relient par un bout: l'argent et la taxe. La taxe se veut juste et loyale,est-il dit.

La crise s'est invitée, depuis. Elle a bouleversé bien des donnes, bien des opinions pourtant bien ancrées. Les deux secteurs en arrivent à entrer en compétitions dans leurs prétentions, dans leurs manières expéditives.

Si le secteur public avait quelques spécificités de protection de son personnel, avec des barèmes sur les salaires, ce n'est plus tout à fait le cas. Si on n'y éjecte pas vraiment de la vie public, on démotive ses participants. Secteurs publics et privés se rejoignent de plus en plus dans les compétences exigées, dans les volontés d'éliminer le personnel, dans les salaires qui ne sont plus maintenus bas pendant la vie active pour assurer une meilleure pension dans le secteur public que l'on retrouve dans les clichés. Ils vont même jusqu'à se concurrencer. Melting pot de moyens qui passent ou trépassent au travers du même entonnoir.

Payer la crise mondiale. Tout un programme. Il y a les imaginatifs de la droite. Ceux qui veulent réduire les fonctionnaires de 15.000 unités en 10 ans. Donc, 15.000, nouveaux chômeurs de plus,  est le réflexe de la pensée même si le processus est dit lissé ? Premier monstre du Loch Ness qui ressort périodiquement son nez des eaux troubles.

Fin 2008, le secteur public est venu au secours des banques et du secteur financier.

Il a fallu trouver toujours plus de sous... Là, où il y en a. Là, où cela fera le moins mal.

A ce jeu-là, on imagine que certains régimes seront un peu plus "salés" et d'autres un peu mieux "sucrés".

Rien d'anormal dans nos pays qui se targuent d'un humanisme avec un programme social. Obligations pour se donner les moyens de vivre en bonne communauté. Payer n'a jamais été un réflexe automatique. Encore moins aujourd'hui où la jeunesse aime tout trouver en gratuit sur Internet ou ailleurs. L'impôt et les taxes sont pourtant les outils forcés de la solidarité pour obtenir une vie meilleure en commun. Pas de plainte sur le principe, donc.

Larousse nous rappelle d'ailleurs: Taxe: Prélèvement fiscal obligatoire perçu par l'Etat. Parafiscales, perçues dans un intérêt économique ou social au profit de personnes morales, publics ou privées autres que l'Etat. Taxage: Au Québec, action de taxer, d'extorquer... (clairvoyants, nos québecois...)

D'abord, il y a les taxes directes sur les salaires et qui, proportionnelles avec l'importance de ceux-ci, suivent plus ou moins la normalité. La TVA (Taxe sur la Valeur Ajouté) ("taxe calculée et payée à chaque stade de production et de distribution sur la valeur ajoutée au bien ou au service vendu par la personne morale ou physique assujettie"), dans son principe, est bien pensé. Et puis, il y a les taxes sur les taxes. Les taxes indirectes sur tout ce qui est acheté, produits ou services ou même sur argent non consommé et épargné. Il vaut mieux ne pas trop vouloir calculer la valeur marchande finale réelle de l'euro qui sera très faible, très certainement. Les accises sur lesquelles sont comptés de la TVA.

E20091013Budget.jpgn Belgique, un "Questions à la Une" se posait la question de notre situation avec "Enfer ou paradis fiscal?".

Conclusions? Enfer pour les travailleurs salariés et paradis pour les plus fortunés. Les salariés sont tout de suite taxés à 25% minimum. L'inventeur du précompte professionnel exigible à la source par des barèmes fiscaux n'ait pas pensé à l'indexation. En quelques années la pression fiscale pendant les années 70 avait doublé avec l'inflation galopante. Les tranches de taxes s'arrêtent pourtant à 50%. La délocalisation avancée est le prétexte à ne pas l'augmenter car ces capitaux sont les plus mobiles. Les impôts sont payés par le travail et la consommation. Le système providence n'existe plus vraiment face à un habitant sur sept qui vit sous le seuil de pauvreté.

Répartition équitablement entre des bénéficiaires moraux et physiques, un programme de plus en plus difficile à établir! Pas de rage taxatoire. La taxe s'ajuste en fonction des disponibilités ou des carences. Il s'agit de la cibler au mieux et de s'assurer que l'étiquette du bon destinataire soit bien collée sur le "paquet cadeau". Les législateurs ont établit des cahiers de charges dont les articles se sont retrouvés dans les lois de répartitions.

Cette fois, avec cette crise, les difficultés sont encore plus complexes. Il faut chercher des débouchés possibles chez les plus "généreux" donateurs. Pour cela, on est prêt à faire des concessions et oublier des principes et des lois déjà signées.

20090928Diesel taxe.jpgLes taxes, pour suivre la mode, on les veut plus écologiques. Ratées pour les taxes sur l'emballage, sacs en plastique et l'aluminium.

La fiscalité sur le transport. Bien sûr. Le diesel, lui, qui est moins cher par rapport à l'essence, devrait subir une petite saignée du côté des accises? Intéressant fiscalement, trois quart des véhicules roulent au diesel en Belgique. Son problème écologique, l'émission de particules fines et d'oxyde d'azote, on y pense bien à propos. Le filtres minimisent ce côté négatif, dit-on de l'autre côté de la barre pour maintenir la pression de la vente des véhicules diesels. L'utilisateur fera la balance des pertes et profits.

Pour y échapper, il y a le vélo et les transports en commun. Tout dépend de l'éloignement et où on trouve le travail qui fera vivre. Enfin, 'travail', quand il y en a. Il faudrait que l'industrie des transports, des automobiles se grouillent pour sortir des voitures encore plus propres. En attendant... faudra apprendre à se passer de gaz et de pétrole. Le RER, c'est pas pour demain. On vient de l'apprendre.

Il y a la taxe carbone. Le carbone, élément simple, inoffensif mais qui peut passer au dioxyde de carbone en donnant des gaz à effet de serre. Allez hop, taxé. On prévoit des primes pour entrer dans le cycle de l'écologique BCBG. Se protéger du froid et utiliser le soleil, le vent comme sources d'énergie. Vite dit. On apprend que les ecobonus sont réajustés: primes en hausse mais seuils d'émissions en baisse. Le photovoltaïque devra se débrouiller sans aides de l'Etat. Retour en arrière?

Il y a quelques années, la DLU avait pour tâche de rapatrier les fonds garés et exempt de taxes de l'étranger. C'est fait. Opération non récurrente. Il faut trouver autre chose.

Il y a un an, on constatait que si les impôts sur le travail avait diminué, les recettes des accises avaient explosé.
New deal entre prové et public.jpgLa pression fiscale, chez nous, s'élevait, au niveau maximum, à 44,10% du PIB à l'époque (détails, ci contre).

Rappel pour le Gouvernement qu'il ne faut pas abuser des "bonnes choses".

Le consommateur toujours en aval. Le producteur privé et public en services en amont. Tous dans une politique d'efforts en communs. Oui, mais jusqu'où et jusqu'à quand?

20090730Equlibre budgétaire.jpgBudget d'austérité avec le pied au plancher. Il s'agissait, cette fois, de combler le déficit dû au rachat des dettes de quelques banques qui avaient abusé des risques.

On était arrivé à la période de calcul des budgets pour l'année prochaine.

Il y a, d'abord, les bons mouvements. La TVA de 21% dans l'Horeca baissera, baissera pas à 6%. Non, ce sera à 12%. Mais, ce qui, pour modérer les enthousiasmes, ne changera pas beaucoup pour le consommateur.

Du côté retour sur investissements, les pistes sont les accises sur le diesel, impôts sur les la fortune, stabilisation des coûts des soins de santé, la taxe sur l'épargne. Il faut trouver mieux encore.

Histoire de gros sous et plus de fonds de tiroir à remplir. Espérons même que l'on puisse les rendre plus récurrents.

Et puis, miracle. C'est fait. Voilà que le budget belge est bouclé et, en plus, il ménage le citoyen, est-il dit ce 13 octobre.

On n'a pas de pétrole, mais on a des idées, pourrait-on penser avec un peu d'humour. Les nouveaux créditeurs sont là, efficaces et puissants pour assumer. Du moins, on veut y croire.20091002Nulcléaire plus que jamais.jpg

Tout le monde le dit, la situation redevient plus conforme à une période d'accalmie, il était normal de penser que les banques participent. Remarques, tout de même. Cela s'est réalisé, souvent, à coup de restrictions et de restructurations, mais,  tout n'est pas joué et revenu à la stabilité.

On va, dès lors, faire payer les banques. Première bouée de sauvetage.

Les petites banques, inégales devant ce budget, disent qu'il faut être plus circonspect et rester en rapport avec les risques encourus par elles. Elles n'ont pas pris de risques, disent-elles, et ne sont pas venues demander de l'aide à l'Etat.

Qui va, de toute manière, trinquer?

20091014Banques payer la crise.jpgLa Deutsche Bank a été honnête de l'annoncer: les usagers, les consommateurs. Pas de surprise, les coûts sont toujours répercutés au dernier échelon. Ce n'est pas le Ministre des Finances qui pourrait faire croire du contraire en affirmant que la concurrence jouera. Les accords pour limiter la casse existent. On cherche, mais, en somme, on ne change pas trop les habitudes.

Deuxième bouée, prolonger l'exploitation des centrales nucléaires de 2015 à 2025, pour espérer des compensations des producteurs d'électricité, un bon calcul mais une solution controversée, à la base, par les écologiques. La loi de 2003 sera mise en veilleuse pour les trois plus vieilles centrales nucléaires (sur 7). Celles-ci devraient tenir le coup encore dix ans de plus après les 40 ans prévues. En compensation,  200 à 250 millions d'euros seraient demandés en échange les prochaines années.

Actuellement, pour évaluer la situation, 55% de l'énergie sont fournis par le nucléaire dont 30% pour ces trois centrales en limite d'âge. Cette prolongation rapporterait 1 milliards net aux électriciens. L'énergie renouvelable, elle, représente 4% du total.

Q20091020Obelix.jpgue ne ferait-on pas pour redresser la barre de l'économie?

Pas d'accord,.les producteurs d'électricité ont déjà donné des millions l'année passée et doubler la dose les suivantes. Pas question... Ici, il s'agit d'une entreprise commerciale française comme adversaire contre le Gouvernement et l'Etat Belge.

Exigence du gouvernement d'avoir un accord signé pour jeudi... ou c'est la guerre.

La justice sera-t-elle appelée à la rescousse pour temporiser ? Car qui dit "justice", dit un certain délais pour le jugement pour ne pas dire, un délais certain.

Une "Pax Electrica" ou une nouvelle bombe nucléaire à fragmentations?

Et, si GDF-Suez décidait de fermer les centrales?, lisais-je dans la presse.

Dernier coup de Jarnac, il y a aussi l'Europe. La Belgique est rappelée à l'ordre par la CE pour déficit excessif. Tiraillée par devant et par derrière et le torchon brûle. La nouvelle dame de fer, Nelly Kroes veille.

Retour à la case départ et retrouver des moyens de combler des déficits, ces milliards à injecter dans l'économie?

Non, vraiment, il doit y avoir quelques "deals" secrets entre privé et public comme par le passé. Le projet Unidata entre Siemens et le Gouvernement belge qui s'en souvient? Pacte où il était question en 1973 de compensations dans l'engagement de nouveaux personnels chez Siemens en échange d'avantages fiscaux. Le quotas d'emplois créés n'a jamais été rempli, mais, il faut dire que les Gouvernements passaient alors, plus vite que leur ombre et que les Sociétés privées avaient les dents longues.

Pour les consommateurs, il y a aussi des "trucs", chez les plus "fins" contribuables qui jouissent d'une armée de conseillers, de fiscalistes. Cette historette, racontée le 16 mars de manière philosophante par Paul Hermant, journaliste à la RTBF et que je ressors de mes tiroirs avec un certain humour:

"Je pensais à ce contribuable lessinois qui vient de remporter son combat fiscal contre sa commune et je me disais que le surgissement du citoyen dans les affaires publiques prend parfois des formes curieuses. Ce contribuable lessinois, par ailleurs expert-comptable, avait en effet remarqué que le Conseil communal avait voté de façon rétroactive l'augmentation de l'impôt communal. Il avait introduit un recours pour frapper cette majoration de nullité et l'affaire avait traîné quelques années avant d'être tranchée ces jours derniers. Le contribuable a raison. La commune a tort. Ce ne serait rien ou pas grand-chose, une affaire clochemerlesque, si beaucoup de communes n'étaient dans la même situation. En foi de quoi, cette décision pourrait créer un cataclysme dans les pouvoirs locaux. Lisant et écoutant ce qui se dit ici et là à propos de cette histoire, j'ai cru comprendre qu'une certaine sympathie entoure cet expert lessinois. Ça y est, on en tient un, de Robin des Bois fiscal ! Parce que, comme disait d'ailleurs un bourgmestre, sic, « on n'aime pas de payer ». Mais si « on n'aime pas de payer », on aime tout de même bien utiliser ce à quoi les impôts servent. Je veux dire, dans une commune, les crèches, les voiries, la piscine, la bibliothèque, le centre sportif, enfin, toutes ces choses qui nous tiennent ensemble. Aussi bien, on peut se demander, tout de même, où réside l'intérêt général dans cette affaire ? Que tout le monde récupère le montant d'une taxe illégale ou bien que tous les citoyens utilisent le fruit d'un impôt légitime, même si tardivement voté ? Il est vrai que notre rapport à l'impôt est brouillé depuis longtemps. Notre main gauche qui donne ne voit pas ce que notre main droite reçoit. Nous sommes sur cette question, terriblement hémiplégiques. Cela fait des années, maintenant, que l'impôt est remis en question, qu'il est considéré comme injuste, oppressant, inique. On peut discuter à l'infini sur la manière de le rendre plus harmonieux, mais il y a un fait têtu : pour vivre ensemble, nous devons payer ensemble. Et si cette affaire, finalement, en restait au plan des principes ? La commune a fauté, la commune est condamnée. C'est juste. Pour le reste, je suis certain qu'on peut s'arranger. René Magritte aussi était lessinois. Il a peint en 1964 un tableau intitulé « L'ami de l'ordre». Deux ans plus tard, il en peignit un autre qu'il appela « L'heureux donateur». Hé bien, vous savez quoi ? C'est presque le même. "

Le message était clair. Du moins, je le crois. La taxation est un "must", une autre manière de solidarité qu'il serait impardonnable de ne pas comprendre dans les obligations naturelles. Les entreprises ne sont pas égales devant le fisc et encore moins le particulier.

Les règles passent au second plan quand il s'agit de mettre la main à la poche. Quand il s'agit de faire un don, on reconnaît en général la sébile ou le pot en forme de cochonnet. Pas besoin de verser dans l'extra légal.

Bien sûr qu'il faut penser à des arrangements comme il est dit. En général, quand il s'agit de s'acquitter d'une dette, une visite devant un juge pourra trouver l'accord en fonction de raisons bien compréhensibles. Normal, enfin, presque...

20070904Cuisine Van Rompuy.jpgLa suspicion d'un intérêt "quelconque", comme il se dit naturellement dans les rapports de jugement, serait même à envisager. Mais de cela, je ne veux pas croire. Quoique...

On apprend, par un journal, en catimini, que les fonds placés en banques et qui servent souvent à financer un complément de pension, subiraient une ponction qui passerait d'un pourcentage de 15% à 25%. Il est vrai que le pourcentage ne correspondait pas à celui des taxes payées sur les salaires. Mais un étalement progressif aurait peut-être été nécessaire pour faire passer la pilule.

Eluder l'impôt par des mécanismes légaux frise la combine légale. Les voitures de sociétés souvent mises en avant pour combler le salaire trop taxé ne participe pas aux allocations sociales. L'impôt sur la fortune n'a pas les moyens de sa politique au niveau des contrôles. 700 dossiers par mois à traiter avec moins de contrôleurs.

20090909Flamand pas payer.jpgLa plus grande affaire traitée et jugée, il y a 7 ans, la KB-Lux n'a toujours pas eu de dénouement avec pénalité. Le procès commençait lundi (400 millions au prétoire). Inculpations des petits et des gros poissons?

Notre modernisme, généreusement arrosé par la pub, pour inciter à consommer toujours plus, est arrivé à un point de rééquilibrage.

Les vannes resteront toujours à ouvrir à un moment ou à un autre dans la triangulaire du privé, du public et du consommateur. Autant tenir le robinet adapté en mains propres eu égard les besoins de chacun, sans faux semblant ni orientation non conformes sous peine de se noyer et ne pas arriver à ses fins de citoyen responsable et solidaire. Main dans la main ou pied contre pied? Une simple continuité? Une complexité insoupçonnées?

Si jamais, vous connaissez des alchimistes, des inventeurs d'une nouvelle politique monétaire, je peux vous donner des adresses de personnes très intéressées.

- Allô, Père Noël, n'avez-vous pas, par hasard, reçu le Nobel de l'Economie?

Vous en avez, vous, dans votre hotte, des moyens pour investir et faire investir.20091023Accord eléctique.jpg

Comme vous semblez toujours avoir la même santé, c'est dans le privé ou le public ?


L'enfoiré,


Sur Agoravox, des commentaires publiques ou du privés?

 

Citations:

  • "L'intellectuel dont la richesse est toute intérieure n'a rien à craindre du percepteur qui voudrait le taxer sur ses signes extérieurs de richesse.", Raymond Devos et un se ses sketchs
  • "Les gouvernements ont une vision très sommaire de l'économie. Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s'arrête de bouger, donne des subventions.", Ronald Reagan
  • "L'amour est la seule chose au monde que le gouvernement ne peut pas taxer.", Anonyme

 

16/07/2009

Suffixe "variable"

Suffixe variable_évolution.jpg L'évolution, encore et toujours. Parce qu'elle varie, elle-même; dans le temps au fil des découvertes. Elle progresse. Après 150 ans, le Néo-darwinisme a fait évoluer sa théorie et pas uniquement la sienne. Les mentalités, elles-mêmes, en furent altérées. Pourquoi pas, une conversation imaginaire dans le temps à la recherche des chaînons manquants?

Après l'article "Préfixe 'Evoluer'", le Science et Vie de juin (n°1101) faisait l'inventaire des dernières investigations et découvertes que Darwin ne pouvait pas connaître.

La théorie de l'Évolution évolue elle-même. Alors, si on y mettait un peu d'humour avec une rencontre imaginaire, du 3ème type, mêlée à de l'histoire très post-moderne ?

Hériter n'est ce pas la meilleure manière de continuer? Malheureusement ou heureusement, en fonction du bénéficiaire, peut aussi se voir amputer de beaucoup d'acquis de la génération précédente ou s'en voir conserver une partie à l'insu de son plein gré. Car, on ne conserve rien tel quel. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout change ou se déplace... de poche, aussi.

Où, il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir. Ce ne sont pas les gènes qui vont contredire ce principe de base. Pour les individus, ce serait entre égoïsme ou altruisme avec l'environnement comme toile de fond. Pour les gènes, dans le fond, ce n'est pas tellement différent.

Chacun sur son arbre de vie et laissons faire la nature des choses. Mais qu'entend-on dans la forêt?

- "Espèce de con, pourquoi as-tu fait cela? Tu ne connais pas la dernière interprétation et sa dernière évolution?", dit une petite voix avec mauvais caractère.

- "Sale canaris, mal emplumé. Qu'est ce qu'une "espèce de con", au moins le sais-tu, de quelle espèce, es-tu? Chacun doit avancer à son rythme pour parler d'espèces et les vaches seront bien gardée. Qui t'as donné ce sale caractère? De qui as-tu hérité cela", répond une grosse voix.

Ils ne s'étaient même jamais rencontrés avant, ces deux-là et ils n'étaient déjà pas d'accord. Vite dit, donc, de chercher à s'entendre, dans ce monde-là. Alors, fusionner, vallait mieux pas.

Suffixe variable_pinson.jpgLa Science, elle, a ses raisons que la raison adore exprimer avec le plus de précisions, quitte à noyer le poisson.

Le mystère allait-il s'épaissir ou s'applanir? La réponse est très dépendante des interlocuteurs et, eux, très dépendants de leur racine et de leur Foi.

A l'écoute, Darwin se réveilla et s'en retourna même dans sa tombe à entendre ces mots.

- "Je me suis basé sur mon intuition avec mes pinsons à bec variable et ça me fait une belle jambe de retrouver votre ancêtre commun qui évolue au fil de vos fantaisies de générations. Le résultat avec toi reste plutôt très douteux.", dit la voix caverneuse de Darwin.Suffixe variable_anniversaire.jpg

- "Mais, calme-toi, on n'est pas fâché, cher Darwin. Seulement une petite querelle de voisinage. C'est la loi, par ici. Les mots dépassent souvent les pensées les plus intimes. Il faut répondre à vitesse ou à impulsions réduites en jouant sur les gaz et la pédale de l'accélérateur. Tu sais, la spéciation passe aussi par les allèles et un peu de sélection naturelle comme antidotes aux réactions trop rapides ou mal appropriées, cela ne fait pas de mal.", s'empresse de répondre le pinson. "Il faut seulement s'adapter aux circonstances. Tout change ici bas, mais toujours à vitesse variable. Il faut donné le temps au temps, que diable. Ta théorie, tu as mis le temps à la sortir. Mon bec, si je dois en plus, le fermer, où irais-je? Et puis, je ne suis pas naturaliste, moi. Donc, tu devrais en savoir plus sur la question, non? L'hérédité, cela ne te dit rien?".

- "L'hérédité et les héritages sont affaire de niveau de parenté au bénéfice du plus rapproché. La ligne directe, c'est le pactole assuré. Ce l'est un peu moins pour les copains dans la nature environnante. Le copinage, les arrières petits neveux, il faudra qu'ils s'y fassent. Ils n'auront pas la gloire avec l'héritage.".

- "Exactement. Ça c'est chez les individus. Tu en connais les risques. C'est presque identique dans l'infiniment petit. Les généticiens, depuis ton départ, ont relevé le gant et ils l'ont très souvent largement ouverte cette hérédité avec beaucoup de théories, en plus. L'ADN a de ses secrets que le commun des mortels ne peut pas se rendre compte, sans se poser beaucoup de questions. Ces généticiens ont, souvent, des réponses que tu ne comprends pas tout de suite mais qui sont très peu fixées dans le durable. Donc ne t'en fais pas trop. Il est tellement instable, ce serpentin, face à tellement d'ennemis ou de faux amis. Cent génomes d'animaux. Mille génomes de bactéries. Des milliers de génomes viraux. Tous, séquencés, aujourd'hui. Te rends-tu compte du boulot pour ces généticiens?".Suffixe variable_H et F.jpg

- "Des généticiens, des génomes? Je dois avoir manqué quelques marches dans la compréhension. Mon concept et mes convictions ont toujours été "Croisez et multipliez", j'ai toujours pratiqué cela avec ma famille. Neuf enfants, c'est pas mal, non? Mon épouse n'a peut-être pas l'intelligence de l'homme, mais de la tendresse, bordel ! Qu'est-ce que t'en fait? Explique moi."

- "D'accord. C'est Mendel qui expliqua, en premier, avec son support matériel de l'hérédité que les avoirs, les acquis se transmettent par les gènes entre générations. Mais ce n'est pas tout, ceux-ci peuvent muter au passage. Tu ne me reconnaîtrais pas avec ma couleur bariolée d'aujourd'hui. Et pourtant, mon plumage n'est déjà plus le même qu'à ma naissance. J'évolue même entre mes contemporains. Quant à mon ramage, en cherchant bien, La Fontaine pourrait bien avoir une fable cachée dans son mémento pour la décrire. Pour l'idée que tu te fais de la femme, il faudra un peu la réviser, à mon avis. Sais-tu que chez mes contemporains humains, c'est la crise et un plan de relance parle d'investir dans la femme sous le terme de Womenomics? Ça, t'en bouche un coin, non? Pendant toute ta vie tu as été malade. Sans le savoir, tu étais, probablement, en déphasage avec la sélection naturelle. Avec ta stature courbée, ta barbe en bataille, qui sait, tu étais, peut-être, non viable."

Darwin, étourdit, réfléchissait. La moutarde commençait à lui remonter par les narines. "Non viable?", se disait-il. L'intelligence de ce rejeton dépassait celui de ses pères. Jamais entendu un pinson qui parle et qui soit si féru d'érudition et si insolent, à la fois. La descendance avec mutation devient une véritable descendance d'enfer, pensa-t-il. Plus aucun respect pour les aînés. Pourtant, intrigué, il demanda:

- "Tu parles d'ADN. De quoi s'agit-il? Serait-ce l'"Âme à Dose Naturelle"?, s'inquiète Darwin.

- "Non, l'Acide Désoxyribonucléique. C'est la partition de la symphonie génétique. T'es pas au courant? James Watson et Francis Crick l'ont découvert bien après toi. T'as vraiment une structure vestigiale, dit? Génotypes vers phénotypes, pour ne rien te cacher."

Darwin commence à chanter mentalement "Il est malade, complètement malade", tandis que le pinson, joyeux, sautant de branche en branche, continuait sa théorie post-moderne tout en continuant à faire l'étalage de ses connaissances.

- "Nous sommes marqués chimiquement. Les pros de ce marquage appellent cela de l'épigénétique. Stephen Jay Gould expliquait, ainsi, l'élasticité de notre évolution dans sa vitesse d'exécution contrairement à ce tu disais, au sujet de l'évolution, graduelle et lente. C'est à vitesse variable. Cela expliquerait même les chaînons manquants chez tes chers fossiles en y apportant des ponts inattendus. Véritable équilibre ponctué par quelques monstres prometteurs mais qui restent heureusement anecdotiques. Question d'interpréter la partition, les protéines, les virus, par exemple, sont dans le coup et influencent l'ARN. Ils s'attaquent à l'ADN pour en déstabiliser l'édifice, encore plus. Tout est imbriqué dans le processus. Tous pour un, un pour tous. Dans ce jeu, on en oublie, si c'est la poule qui a fait l'œuf ou l'inverse. Contradictoire, tout cela? Non, complémentaire. C'est ce qu'on appelle la discipline de l'évo-dévo. Non, c'est une "super synthèse", du saltationnisme.".

- "ARN? Qu'est ce, encore, cela? L'Attraction Répréhensible Naturelle? Espèce de pinson, qui ne parle plus mon langage. Tu recommences? T'as la couleur de tes plumes et de tes poux. Même pas une queue plus longue, mais pour ce qui est de la tête, t'as exagéré avec le plomb. T'es vraiment plus le fils de ton père et de ta mère. Mutant, va."

- "Encore une fois, tu te trompes. L'ARN, c'est de l'acide ribonucléique et la spéciation a eu des effets qu'il faut juger sur pièce. Le découvreur, c'est entre autres, Marshall Nirenberg. T'as qu'à t'y faire, aujourd'hui, on découvre les choses en équipes. Carl von Linné, tu t'en souviens, peut-être, espérait pouvoir nous classifier avec ses étamines, ses pistils à en choquer plus d'un de son époque. Et bien non, c'est plus compliqué que cela, il y a, en plus, un flou artistique. Ces sacrés emmerdeurs de virus ont tout cassé avec leurs subtilités du travail bien fait en véritables kamikazes. Leur évolvabilité est diablement plus rapide sans consensus. C'est, parfois, une explosion qui fait évoluer et il faudra chercher une nouvelle niche écologique, comme dit Mark Pagel. Car il y a les accidents de parcours, qui, en définitive, marchent à merveille, comme avec Alice, ma copine, qui vole plus vite que moi avec son bec aérodynamique. Et le concept de la co-évolution en symbiose, des transposons, avec les bénéfices partagés et le stress qui influence, tu connais?"

- "Tu me les gonfles. Tu es devenu un virus dangereux, un carriériste qui se gargarise de mots, pinson de mes deux. Mais ce qu'on ne pourra jamais me reprocher, c'est d'être écolo avant l'heure. Et, ça cela vaut tous les mots de la terre.".

Suffixe variable_carière.jpgManifestement, la conversation s'envenimait. Un véritable dialogue de sourds. Querelles de générations, aussi. Ces jeunes ne pensent qu'à l'évolution de leur carrière. Le pinson en avait encore beaucoup de choses à raconter à Darwin. Traduit par Clémence Royer, sa théorie à fait des émules dans pas mal de secteurs et certains en ont tiré des conclusions hâtives en soutien à leur propre théorie qui n'avait plus rien à voir avec l'idée scientifique. Le mot d'eugéniste, lui brûlait le bout du bec. Lui parler de son fils aîné, qui, lui aussi, n'était pas exempt de fantasmes. Traduire n'est ce pas trahir?

Mais, il était vraiment temps que chacun reprennent sa route.

Le pinson s'envola et Darwin se retourna en réfléchissant à un ailleurs meilleur.

Suffixe variable_java.jpgIl n'aurait même pas osé parler d'informatique, alors que là aussi, des processus d'héritage existaient au grand bénéfice de ses utilisateurs et développeurs. Suffixe varier evolution.jpg

Il ne chercha pas son Créateur. Il pensa donc simplement qu'il était et qu'il continuerait son chemin dans le ciel jusqu'à la fin des temps. Il ne voulait pas en savoir plus.

Il n'avait pas entendu le biologiste russe Theodosius Dobzhansky dire « Rien n'a de sens en biologie, si ce n'est à la lumière de l'évolution ». Mais, ce n'était certainement pas dit dans sa langue de pinson.

Cela aurait pu le rassurer un peu, pourtant, avec des principes simples, universels et complémentaires de la descendance avec modification et de sa sélection naturelle.20090210Darwin.jpg

Depuis, Armand de Ricqlès avait constaté que "La théorie synthétique a fortement évolué par incorporation - et donc dépassement - de points de vue initialement très critiques et par l'émergence de champs nouveaux venant la compléter".

Massimo Pigliucci, lui, se taisait mais il n'en pensait pas moins.

20090711Obama et le Pape.jpgLa théorie de l'évolution pourrait-elle devenir, enfin, prédictive et dessiner l'évolution future des êtres vivants? Là, ce serait aller trop loin. Ce n'est pas le but du jeu. L'histoire est pavée de "trop" bonnes intentions. Les apprentis sorciers habitent souvent le futur, que l'on voudrait ne pas avoir à imaginer.

Que le Futuroscope de Poitiers eut pu imaginer un tortunosaure, passe encore, mais, n'est pas singe qui veut.

Modifier un homme vers son propre progrès? Quel progrès? De toute façon, il faudrait terriblement le bricoler pour qu'il reste varié, cet homme, sans devenir "avarié".

Alors, les sélections ne sont plus tout à fait naturelles. Contre nature, même. Les castings ont commencé.

Pour évoluer, aujourd'hui, rien ne sert de partir à point, il faut toujours courir.

L'Enfoiré,


Sur Agoravox, des commentaires variés ou avariés?


Citations:

  • "Si on repassait le film de la vie, le scénario ne serait pas le même", Stephen Jay Gould

  • "L'évolution est une théorie au sens propre du terme, c'est-à-dire une vaste synthèse intégrant et rendant compte d'une multitude de données observationnelles et expérimentales dans un cadre rationnel et unifié. Ce n'est donc, pas une hypothèse parmi d'autres mais un système ouvert.", Armand de Ricqlès

31/05/2009

Capitalisme naturel ou artificiel ?

Un billet peut en cacher un autre.

Un billet de Paul Hermant m'interpellait. Il s'intitulait "Le capitalisme naturel".

Capitalisme naturel ou artificiel.jpgPermettrait-il de trouver ce qui est naturel dans les côtés artificiels du capitalisme? Le voici:

"Il y a un type qui s'est chargé de rendre mon week-end plus ou moins acceptable. C'est un drôle de bonhomme, Libération de samedi publie sa photo, on le dirait échappé d'un film des Marx Brothers, c'est dire s'il inspire immédiatement confiance.

Il y a aussi son interview et, dans cette interview, une phrase : « Quand je vois un verre à moitié rempli, je ne me pose pas la question de savoir s'il est à moitié plein ou à moitié vide, je constate simplement qu'il est deux fois trop grand ». Voilà, ce qui a sauvé mon week-end.

La sagesse bouddhiste nous enseigne que lorsqu'un problème a une solution, il n'y a pas de problème et que lorsque qu'un problème n'a pas de solution, ben, il n'y a pas de problème non plus. Mais ils sont rares, convenez-en, les gens qui ne voient même pas les problèmes et qui ne pensent qu'aux solutions. Amory Lovins est américain, expert en affaires énergétiques, consultant respecté pour ce qui est de l'électricité, il n'est pas ministre, c'est dommage. C'est lui qui a inventé, il y a exactement 20 ans de cela, cette notion du négawatt, partant du principe qu'à tout prendre, la meilleure électricité est encore celle que l'on ne produit ni ne dépense. Et il insiste : « Quand les décideurs de ce monde auront abandonné la croyance selon laquelle lutter contre le changement climatique coûte cher, ils comprendront qu'il est moins onéreux d'économiser l'énergie que de l'acheter ». Il appelle cela le capitalisme naturel : en peu de mots, ça signifie qu'entretenir les ressources de la planète et s'occuper des hommes est la seule solution pour qui voudrait prétendre faire encore du profit demain… Et puis, il a une autre phrase magnifique, il dit : « Je préfère rendre l'espoir possible plutôt que de rendre le désespoir convaincant ».

Je ne sais pas si sa tournée de conférences l'a amené en Islande, mais voilà bien, tiens, un pays qui dispose aujourd'hui d'une électricité produite à 99% par l'utilisation de l'hydraulique et de la géothermie. Vous allez me dire, l'Islande ? Cette île en banqueroute où la récession se mesure par des reculs du PIB de plus de 10%, un chômage de 10% aussi et par une consommation en chute libre ? Celle-là même. Cette production électrique propre devient sa seule vraie richesse. Peut-être parce que les Islandais savent aussi qu'après la banqueroute, il y aura la banquise, c'est-à-dire la fonte des glaces, la montée des eaux et le réchauffement climatique. Et que dans ces cas-là, la dimension d'un verre, ça devient franchement important.".


Retournons, donc, vers l'Islande, ce laboratoire naturel, cet "origine du monde". Cette île, dont on entend rarement parler, si ce n'est, récemment, à cause d'une banque en difficulté et qui toucherait nos compatriotes, dans leur épargne. Est-elle tombée de la grâce magique vers le coup de grâce?

20081010Crise Islande.jpgEntre l'espoir vert et la sombre lucidité. Parlant de l'Islande, pour parler d'énergie, c'est aller presque à contre courant.

Pays du silence insoutenable fait de mille rumeurs. Pays initiatique où tout doit s'apprendre. Terre prodigue et déshéritée à la fois: une mer qui gicle, des glaces qui grincent, le feu qui feule, le vent qui n'en finit pas de souffler pour chasser les nuages avec des couleurs intenses, écologiques à souhait. Le Gulftream qui garde le thermomètre au dessus de 3°C en moyenne en hiver et une douceur en été tout en gardant l'éventualité d'une rafale de neige qui peut survenir à tout moment entrecoupée par un soleil secret ou puissant.

Un commentaire au billet de Paul parlait d'oxymore avec le principe du C2C (cradle to cradle). C'est le bon mot car il y a vraiment antagonisme.

Produire et consommer de l'électricité dans un pays tel que l'Islande est naturel. Sous cette latitude, on se retrouve dans l'obscurité pendant 6 mois de l'année, avec, en hiver, des rayons du soleil pendant seulement quatre heures par jour (clarté en janvier: 11:20 à 15:45). Il y a des compensations en été (obscurité en juin: 24:00-03:00) mais alors, dormir devient le problème numéro un.

En 1985, déjà, un article de GEO  (N°78) titrait "Noces de glaces et de feu". Deux cents volcans et une éruption tous les cinq ans. La solitude des fermes, ultramodernes qui se regroupent par sécurité. Les troupeaux, aussi, se rassemblent, dès septembre, pour la nuit de l'hiver. Le glacier Valnajökull, lui qui glaçait d'effroi le volcan sous lui, encore,  épargné par la fonte des glaces. La pêche représentait 97% des devises. L'eau à profusion qui s'écoulait à la verticale entre le basalte, cassé, à en donner le vertige. Géologie infernale, mais leçon de beauté et de poésie. "Islande incommensurable" terminait l'auteur de l'article.

En 1994, retour de l'Islande avec GEO (N°181). Titre "La création du monde". Terre jeune, soixante millions d'années. La marmite de boue volcanique et sources chaudes continuaient dans les steppes fauves de Landmannalaugar. Le tiers des laves de la planète aux portes du volcan Hekla, qu'on appelait la "montagne au manteau" parce qu'il recouvrait l'entourage de cendres. Volcans Krafla, Askja, Laki pour compléter le paysage lunaire. L'érosion glaciaire avec les eaux tièdes que réchauffait le magma. Les geysers avec huit cents sources thermales. Strokkur et Geysir se disputent les hauteurs toutes les 5 minutes. Géothermie assurée. Rencontre des deux plaques techtoniques, américaine et européenne. Du côté de la vie naturelle, des colonies d'oiseaux qui venaient nicher. L'homme, lui, s'accrochait et s'appropriait l'énergie de la Terre au "Blue Lagoon" près de la capitale, Reykjavik pour y nager en toute saison comme un véritable mode de vie national. Le développement de cette capitale ne date que du 19ème siècle  de 5000 à 200.000 habitants pour seulement 320.000 au total sur l'île. Constructions pratiques et sauvages. Vie dure et fragile.

En mai 2009, c'est l'"Ile nature" (GEO N°363). Les ténèbres de l'hiver sont plus mal vécus qu'auparavant. Affronter le noir demande plus de petits secrets. Ce sera méditer, la luminothérapie pour remplacer les descentes vers le Sud devenues inabordables, les cures de vitamines D et de l'huile de foie de morue pour maintenir la santé. La métamorphose de sa ruralité en nation riche a, en effet, été plombée par une faillite entraînée par les traders et les mirages de la finance. Car, en 2008, les dettes des banques avaient représenté douze fois le PNB et tout à craquer. Désormais, on ferme la porte de sa maison. On remarque qu'exploiter la force des torrents revient à inonder les vallées. On parle de dernière chance pour les épargnants de Kauphing. Le 5 juin, les épargnants poussaient le ouf de soulagement. Salle coup et on se demande même comment sauver l'Islande.

Ne serait-ce pas l'enfer et le paradis réunis sur une même île, l'Islande? Subir l'un pour obtenir l'autre ou jouir de l'autre pour sombrer dans le premier ? Après l'enfer du décor, on a atteint l'envers du décor. L'économie a rattrapé l'écologie et l'a dépassé dans les réalités.

Avec un discours écologique, Amory Lovins pratique l'acupuncture institutionnelle et veut l'imprimer dans les grandes entreprises pour qu'en 2040, les États-Unis ne soient plus dépendants du pétrole en n'ayant plus le besoin de consommer cette énergie fossile. Projet très louable et pas uniquement pour les États-Unis, mais qui demande réflexion pour passer de la théorie à la pratique. Il est sûr qu'avec une vision écologistes, qu'il a le vent en poupe, aujourd'hui. Il a inventé les "néga-barils", la négation des méga-barils ou des mégawatts. Faire tourner le "grand machin" du progrès restera, pourtant, l'objectif pour palier la faiblesse énergétique humaine. Il ne faudra pas négliger, pour autant, la grande "bagarre énergétique". L'écologie est chez nous, une discipline jeune.

Comme en tout, un bonus-malus est à calculer, un "Profit & loss" comptable et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, le "bébé", lui, reste nu.

"La France me fait l'effet d'une île de politique plutôt hermétique entourée par une mer de réalité qui s'appelle le marché économique", disait-il, mais cela ne permet pas de lever le pied de l'accélérateur. L'économie a ses propres règles de fonctionnement qu'il faut l'accorder au mieux avec le relativement nouveau venu.

D'ailleurs, en lisant plus loin, Amory Lovins ne dit pas qu'il ne faille pas produire de l'énergie, mais qu'elle soit seulement renouvelable ou durable et sans pollution pour la produire.

20090530Bleu et Rouge.jpgLe Bleu, s'est, il est vrai, terni en perdant sa couleur du ciel pour se tourner vers le bleu Roi.

Le Rouge est devenu rougeâtre, rouillé par la latence de l'habitude.

L'Orange a perdu aussi un peu de son acide pour passer à l'orangina.

Voilà, le Vert, qu'on espère qu'il ne devienne pas trop verdâtre.

Le parti écolo, chez nous, a 3 de ses 10 priorités dans le seul cadre de l'énergie:

  1. Rendre les bâtiments plus efficaces en ENERGIE pour alléger la facture énergétique de chacun et sauver la planète

  2. Investir rapidement dans les TRANSPORTS PUBLICS pour élargir l’offre (quantité, ponctualité, qualité, tarif et fluidité) et structurer le territoire

  3. Orienter le redéploiement économique vers l’ECONOMIE VERTE pour y créer des milliers d’emplois durables et réussir la transition écologique

Une fois, ces points précisés, il faut en trouver les meilleurs moyens, les plus rentables pour y arriver. Au niveau de l'énergie, quelle est celle qui répond à ce cahier des charges avec le plus d'efficacité? Quels en sont les effets secondaires?

La "fée électricité", c'est clair est l'énergie totalement propre et qui se régénère à l'envie. Elle existe depuis toujours dans les éclairs, mais dont l'énergie s'est vue supplantée de vitesse par le feu, qu'elle produit. L'homme a donc commencé par le plus facile, le plus accessible, aussi. L'électricité est apparue bien plus tard, sortie de la boite crânienne de certains scientifiques plus observateurs que les autres avec le "Fiat lux". Au lieu de suivre le cycle du jour éclairé, les vingt quatre heures devenaient accessibles pour continuer le jour. Moins transportable que le pétrole, cette électricité. Plus volatile et fugitive, il a fallu la domestiquer, l'emmagasiner. Ces opérations ne sont toujours pas résolues sans pertes. Car, il y a aussi la conversion que ce soit en chauffage ou en force de travail. Le processus demande lui-même de l'énergie pour s'éclater. La fission nucléaire, on en connaît les risques et la pollution par ses déchets, n'y revenons pas. La fusion nucléaire a toujours le péché majeur de la mise à feu. Le projet ITER n'est pas pour demain dans leur implémentation et les verts, impatients, sont contre le projet vu cet éloignement dans le temps. Mais, rien n'empêche de prouver le contraire dans le futur.

Le soleil est et reste cette énergie de rêve et de réalité, passe partout, produite n'importe où, comme solution de l'évidence, ad vitam eternam.

Sa chaleur, sa lumière, sont les seules énergies durables qui ne dépendront pas de l'ampleur des marées, qui ne dépendront pas des vents souvent capricieux, d'une géothermie qui dépend de l'extraction profonde et qui n'est vraiment utilisable que sous formes de chaleur et d'eau chaude. (Une exposition à Mons est en cours et à pour titre "La géothermie, une énergie à creuser".)

L'Europe voit dans l'éolien son maître choix et le coeur de sa politique. Les "contres", à juste titre, ne sont pas absents. Pour Luc Rivet, "l'éolien industriel est devenu une machine infernale et une grosse arnaque qui ne fait rien gagné au niveau des émission de CO2". L'éolien détruit les paysages par la place qu'il occupe, gène les oiseaux. Pour ne produire que 20% de son temps, de l'électricité, c'est peut-être beaucoup. Les rayons du soleil et la lumière ne prennent pas de place et ne nuisent pas à l'environnement du paysage.

L'électricité sortira progressivement des grandes centrales que nous connaissons aujourd'hui. De très petits réseaux s'éparpilleront aux travers de petites unités privées, reliés entre eux suite à l'"ecology business". Les systèmes de récupération de l'énergie solaire font déjà fonctionner les compteurs à l'envers. Devenu producteur d'électricité, le consommateur devra l'utiliser, alors, pourquoi pas, tous les points privés ou publics reliésentre eux? Sus à l'overhead (en anglais, l'overhead signifie ce qui est à mettre en pertes et profits parce que cela profite à l'ensemble du système en entier).

J'avais écrit l"Econologie, rêve ou réalité?". D'autres parlent d'économie et d'écolomie. Néologismes, simple différence dans la terminologie et la manière plus écologique de l'aborder, mais pas d'antagonisme dans la réalisation. Le Science et Vie expliquait, le mois dernier, le pourquoi, maintenant, on pouvait y croire.

"Super capteurs, centrales géantes produisant en continu, cellules en plastique plutôt qu'en coûteux silicium : sur tous les fronts, le solaire profite de spectaculaires innovations techniques. A la clé ? Sortir cette énergie de la marginalités", comme on le disait dans ce numéro. Les capteurs solaires ultra performants, thermique et photovoltaïques accompagnées par des batteries performantes. Les batteries ne sont pas le plus mince des problèmes, car elles s'usent vite et en plus elles sont polluantes. Les condensateurs électriques auront encore besoin d'ingénieuses découvertes pour éliminer leur propre "overhead". Perdre leur lourdeur, leur désagréable habitude de perdre leur efficacité quand on ne s'y attend le moins, gagner du temps lors de la charge, pouvoir être recyclé comme le reste, ne sont pas des moindres.

Alors, la question demeure: de l'énergie, dans quel cas, l'oublier, l'utiliser avec parcimonie, quand l'économiser, quand ouvrir les robinets à fond? Ouvrir des "possibles" reste une obligation et le besoin ne sera jamais en décrue à moins de perdre nos facilités et notre confort moderne. 20090528Elections.jpgL'espace, par exemple, demande et demandera toujours plus d'énergie dans la recherche du progrès qu'il pourrait nous donner. L'argent restera nécessaire, comme outil, même raboté.

Le gaspillage, on sait qu'il est superflu, irrationnel et donc à éliminer. Colmater les fenêtres. S'isoler contre les pertes de chaleur coûterait 1000 fois moins cher que de nouvelles centrales nucléaires, dit Amori. Rationaliser est nécessaire dans tous les domaines, mais celui de l'énergie est particulier car il fait partie de nous. Penser l'éradiquer ou la réduire de manière irréfléchie, serait suicidaire et contre productif. L'énergie, c'est la vie, tout simplement.

Économiser, c'est produire à moindre coûts et avec le plus d'efficacité et non pas repousser l'utilisation dans sa négation. La Chine se voit encore trop contrainte de puiser dans sa force vive et humaine à bon marché pour réaliser ou compter sur un rendement trop faible dans l'utilisation de l'énergie pour sa production. Elle se retrouve, à nouveau, en pleine crise, dévoreuse industrielle. Ses importations en matières premières, elles explosent (fer, cuivre, aluminium), lit-on dans la presse.

"L'industrie polluante sort première de la crise, vu que l'énergie verte dépend du bon vouloir des banques qui rechignent devant les investissement énormes". La fatigue des plans de relance verte se ressent chez Suntech et Sunpower, sociétés qui se sentent obligées de faire des augmentations de capital, peu appréciées par les actionnaires. Plombées, donc, les Bourses. Les politiques ont des agendas tellement serrés pour soutenir le mouvement et décider les transformations drastiques. Les citoyens d'une démocratie ont, tout autant, une action consultative pour pousser à améliorer cette situation.

L'avenir devra être plus technique et peut-être moins tourné vers la seule technologie. C'est évident.

Seulement, des pauses sont très nécessaires pour faire le point. On les appelle du doux nom de "crises".

La raison favorable à la "religion verte" sera là pour celui qui, a perdu la foi et s'y trouvera en refuge. La raison pour l'autre sera plus proche, plus matérielle, aussi, car l'un ne va pas sans l'autre.

L'argent suivra, comme outil, rien de plus. Sortir le gadget des découvertes, des inventions, pour ne garder que la crème, sera le plus précieux des dons dans une évolution de la nature. Les erreurs, autant s'en apercevoir le plus vite à notre échelle.

Les ressources naturelles, les matières premières, pour la plupart, sont finies et, là, c'est plus grave. Le pétrole, miraculeux, matière aux ressources innombrables, en fait partie et ne devrait un jour plus servir à donner de l'énergie mais se limiter à produire des matières tout aussi utiles en dehors de la vision énergétique.

Alors, sera-ce un retour vers son jardin ou vers la recherche? Un choix qui mène à "que le meilleur gagne", mais il faudra gagner, c'est un "must". L'impossible étoile n'est peut-être pas si lointaine mais ce sera la voie du meilleur rendement. L'utilisateur ne découvre pas les choses qu'à petites doses, pas toujours par lui-même. Souvent, un mouvement, une idéologie doit le réveiller avant la crise cardiaque.

Capitalisme naturel ou artificiel Bourse.jpgAujourd'hui, je me sens voter aux prochaines élections pour le "Vert, j'espère". Mais comme je l'ai dit, parfois, je triche.

L'écologie, c'est bien plus qu'un parti, c'est un pari. Philosophie de la logique et de la subsistance de notre espèce, mise à mal, après le ratage de la finance pure et dure.

Les détracteurs parlent de nouvelles taxes. Des réorientations vers des sources correspondantes aux finalités et aux besoins réels, répondent les écolos.

Alors, capitalisme naturel? Si, cela semblait antagoniste, les liens se retrouvent encore dans les réflexes avant d'en trouver les intérêts réels.

Complémentaire pour aller au bout de nos rêves sur une planète qui est, jusqu'à nouvel ordre, la nôtre.

En Belgique, l'envie verte est aussi très présente. Ecolo n'exclut donc pas de diriger Bruxelles.20090601Ecolo.jpg

Le capital humain, il n'y a rien de plus naturel. Il continuera toujours à se gestioner et se comptabiliser.

L'écologie, pour suivre le simple principe de précaution? Pas nécessairement pour prouver ou infirmer le réchauffement climatique dû à l'activité humaine qui a aussi ses détracteurs, mais, par pragmatisme. Redonner, aussi, l'espoir après notre crise.

Et puis, calfeutrer ses fenêtres apporte aussi le confort et n'évite pas seulement la chaleur de s'enfuir, mais le bruit de pénétrer.

L'analyse, dans le temps apportera les corrections aux incertitudes et aux hésitations d'aujourd'hui.

L'Homo Economicus deviendra, ainsi, l'homo ecolomicus. Just in time?

Seul l'utopie et les rêves ont toujours eu une chance d'aboutir.


L'Enfoiré,


Les Voix du Peuple seront-elles naturelles ou artificielles?


Citations:


  • « C'est bon de ne pas regarder à la dépense de son énergie ! », Jules Renard

  • « Le désir c'est une énergie, et l'énergie c'est du désir. », Philippe Labro

  • « Toute forme de récompense constitue une dégradation d'énergie. », Simone Weil

  • « Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire. », Georges Clemenceau

28/04/2009

Sucer mais pas avaler (2)

Dans mon article précédent, je passais en survol les élections en Inde, celles d'Afrique du Sud. Pour finir par les accommoder à la mode de chez nous. Prolongeons-la cette mode.

20090421Pirates partout.jpgPourquoi ne pas commencer par une petite prière païenne avec les vues à l'occidental et les paroles modifiées, rimant avec un "Notre Père"?

 

Patrons du monde qui êtes aux mieux,

que vos noms soient honorés,

que vos sanctions ne nous viennent,

que vos volontés soient faites

au bureau et à l'usine pour le miel

Donnez-nous aujourd'hui

nos gadgets au quotidien

pardonnez-nous nos dépenses,

comme nous pardonnons aussi

vos excès qui nous ont souvent effrayés.

Et ne nous soumettez pas à l'imitation,

mais délivrez-nous du râle

car c'est à vous qu'appartiennent

les règles, la puissance et la gloire,

nous garderons seulement les miettes des crisettes

pour des siècles et des siècles.

 

20090323Pape et porte parole.jpgPourquoi une prière, puisque je n'y crois pas aux résultats de ses bons offices? Même si c'était le cas, le pouvoir spirituel du Vatican achèverait le processus, en déconcertant et désorientant ses ouailles, cette année.

Vers quoi se rassurer? Vers quel horizon regarder? Il y a des moments d'espoir pour les uns, d'espérance pour les autres, des sursauts pour rassurer qui viennent s'insérer dans les moments de désarrois, mais ils sont devenus tellement furtifs. Le mot "crise" est sur toutes les lèvres. Après le pouvoir d'achat, les banques, les finances, voilà la politique qui se cherche de nouveaux leaders dans le monde mais qui ne rassurent pas par leurs techniques de racolage. Le populisme, le plus primaire, est de la partie en politique mais aussi ailleurs.20090325Obama Fils Kennedy.jpg

Les Amériques sous l'ère Obama, c'est incontestablement différent. Un peu d'air frais, en apparence. Il se veut plus mondialiste que ne l'a été ses prédécesseurs et appelle les autres à jouer dans la même cours de jeu.

L'Obamamania est née. Elle se targue de réformer la vie américaine par ses actions et initiatives et par retour de flamme pour le reste du monde. Cent jours depuis sont installation à la Maison Blanche.  

20090205_Foiré.jpgNe pas décevoir est devenu la crainte principale. Les faux pas ne vont pas manquer, c'est planifié, il y a déjà eu des précédents. Obama déclarait ses revenus au fisc, pas plus saint que les autres de ce côté. Le supplément d'impôts puisés dans la poche des plus riches n'a pas l'heur de leur plaire. Air solide plutôt que solidaires.

20090126Obama appréciation.jpgCe 15 avril, le symbole des Révoltés de Boston Tea Party en 1773 reprenait ses fonctions réactives dans les mémoires des Républicains à en avoir une indigestion de thé. Il faut rappeler que seuls les tarifs douaniers sur les importations et les impôts indirects étaient les seuls moyens pour contribuer à la gestion des États jusqu'en 1862. En 1943, seulement, les taxes seront pompées à la source par décision politique. Un minimum de 10% et un plafond de 35% de taxes sur les revenus explicitent mieux les lois sociales au plancher. G.W.Bush était allé dans l'autre sens en 2001 et en 2003 pour se conforter auprès des Républicains.20090408Obama Irak.jpg Solidarité de façade, donc.

« Grâce à Obama, les ventes d'armes s'envolent », lit-on, même s'il est reconnu comme le plus anti-armes. La délinquance fait peur et tant que le 5ème amendement le permet, l'américain se prépare. Ailleurs, il fait ses paquets et l'Irak attend le départ. Obama est souvent pris de vitesse devant l'ampleur de sa tâche. L'extrémisme du KKK, l'apartheid à l'américaine existent toujours à bord sous le couvert d'un Dieu de vengeance plutôt que de paix. Le Texas, l'État à l'étoile solitaire, songe même à prendre son indépendance car si les États-Unis représentent la nouvelle Europe, ils ne sont unis que par la langue et encore. On n'y aime pas trop que l'on vienne dire ce qu'il faut faire. Alors, parfois, on raccroche d'autres wagons quand les roues tiennent les rails.

D'ailleurs, y a-t-il tellement de différences entre la vision américaine et européenne? Historiquement, le nouveau monde est le fils de l'autre.

20070311Chirac fin de règne.jpgLe président Jacques Chirac avait sa technique que certains regrettent déjà. Lui, c'était la forme sans trop de réformes.

Le président Nicolas Sarkozy, lui, ce sont les réformes, mais perd la forme pour les réaliser. Il en perd son américanisme qui avait des fondamentaux sécuritaires dans la Bushmania, mais, tout en gardant un regard européen en courbe rentrante trop rétrécie sur la France d'avant. Mais, parfois, il y a des rebelles à ce genre de politique, chez les plus petits, qui ne regardent pas avec les yeux plus gros que le ventre.20080701La France préside l'Europe.jpg

Là bas, dans ce petit pays, en haut, on ose dire que "La Belgique va connaître sa pire récession depuis 1945", dans la gazette du jour en Belgique. Les restructurations sont programmées dans les sociétés. On le sait et on s'adapte, on fait des réserves. On sait qu'on est entré en phase de récession. Pas de secrets de fabrication. Neuf sur dix sont prêts à changer leurs habitudes, au risque d'arrêter une machine pour en lancer une autre du moment que cela fait avancer.

La nouvelle Europe en manque d'europlanisme, mais surtout d'unité pour prendre le relais et avoir une droit de réponse d'égal à égal avec les autres blocs d'influence. Voilà, qu'on trouve une initiative originale "Le bulletin de vos eurodéputés". On avait déjà entendu cela, il y a un an pour l'équipe de Sarkozy, tout en se rappelant qu'il ne faisait pas partie du "jeu".

Un coup dans l'eau ou seulement de l'eau dans le vin?

Parmi les pays démocratiques, il ne faut pas croire qu'il y ait une solidarité de bon aloi. Les sourires et les serrements de mains ne sont que pure façade pour ne pas paraître trop désunis. Les systèmes sont totalement différents. Ce n'est pas qu'une question de pluralisme des langues. Les "charismes" d'Obama et Sarkozy ne sont, par exemple, pas sur la même longueur d'onde. Beaucoup de différents comme la vision du premier, affichée mondialiste, son espoir de désarmement atomique progressif et l'adhésion de la Turquie. Sarkozy dans le ranch d'Obama l'été prochain, c'est râpé. L'ère Bush n'est déjà qu'un lointain souvenir.

20090602Obama Israel.jpgUn clash entre Obama et Netanyahou n'est pas exclu non plus. Les juifs ne s'y retrouvent plus. Obama pourrait même faire jouer sa grande popularité tout neuve et faire appel aux opinions des pays, dits démocratique. Là, Sarkozy va pas aimer du tout.

Et, oui, tout évolue. D'americanophile, Sarko pourrait bien virer vers l'americanophobie à l'ombre du tableau noir de ses nuits blanches.

Même le populisme a ses limites que l'on retrouve dans la majorité des populations. "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux", écrivait Musset. Il faudra seulement voir où ils le sont vraiment.

Alors, il y a l'"autre monde", le troisième. Celui qui pense autrement et qui veut avoir aussi ses mots à dire. A la conférence de l'ONU contre le racisme « Durban II », Ahmadinejad a fait scandale auprès des Européens. Ce n'était pas politiquement correct dans la diplomatie d'afficher des idées tellement à contre courant. Racismes contre obscurantismes et vice versa. Incompatibilité totale de vision du monde. L'occident est en recul au profit d'un orient qui lui fait peur.

Le syndrome lié au NIMBY (Not In My Back Yard) y est certainement pour quelque chose.

20090422Durban 2.jpgCe qui veut dire en des mots moins modernes "garder les moyens de sa politique et la politique de ses moyens".

Il aura aussi ses élections en Iran en juin. Son président est revenu chez lui en libérateur, en porte parole de ce que les autres pensent tout bas. Devrait-il y avoir des devoirs de réserve vis-à-vis de son peuple ou de ses alter ego ou simplement montrer un héros lors de sa rentrée au pays? Relativiser ses propos? Pour quel résultats? Pour une régression de l'humain terrestre au bénéfice de l'hypothétique homme de l'au-delà?

Relativiser ne veut pas dire s'exclure et se taire avec la technique du "courage, fuyons". La sortie, sans un mot des Européens lors de la Conférence de l'ONU sur le racisme, équivaut à un vote nul que l'on ne comptabilisera jamais. Ce qui veut dire, en définitive, renoncer à ses prérogatives. Mais, on a voulu sauver les meubles et une Déclaration finale sur le racisme a été adoptée. Les Droits de l'Homme régressent car l'Occident a donné des verges pour se faire battre.

ARTE programmait, le 21 avril, un Thema sur "La bataille des Droits de l'Homme". On y voyait de plus près ce qui se passe dans l'enceinte de l'ONU pour y remarquer que la démocratie et les Droits de l'Homme ne sont plus que l'ombre d'eux-mêmes. Ses représentants étaient vite agressés pour des raisons d'Ordre du Jour puisque cela contrariait la Chine. Ce pays qui monte, mais sans droits à la parole. Dieu s'invitait et prenait une place plus importante que celle de l'homme comme si c'était les Droits de Dieu qui étaient au programme.

Le débat, ensuite, entre Kohn Bendit et l'ambassadeur de France, se jouait après le film, en flip flop, dans une démonstration de ce qui devrait être, en théorie, et de ce qui existe, dans la pratique. Les concessions faites sont, en effet, très diplomatiques mais dégradantes pour celui qui en abusent ou les organisent. L'Homme est une entité responsable dans tous les cas ou se verra toujours contré par ses propres défauts. Il n'y a pas de volet "Droits" sans celui des "Devoirs et du respects de ses propres principes". Voilà un problème de démocratie majeur.

Sans prendre ces précautions, la Charia, antagoniste aux Droits de l'Homme, fera, un jour, partie des Droits de l'Homme, mais toutes les religions ne sont pas mieux "synchros" avec tous les articles de la charte qui en est à sa 4ème génération. Alors, on oubliera certains de ses principes fondamentaux de valeurs alors qu'ils étaient signés d'emblée à l'origine du traité à l'ONU.

Un article Jacques Julliards dans Nouvel Obs osait titrer "Les faussaires des droits de l'homme".

"En détournant vers les communautés et les religions les droits reconnus aux individus, les individus de la démocratie ont remporté une triste victoire sur l'Occident. Les droits de l'homme, fruits de la victoire des démocraties sur les fascismes (1948) sont devenus une arme de guerre entre les nations par une rhétorique d'ethnologisme. L'antiracisme, devenu la vache sacrée du monde contemporain pour constituer in délit de diffamation des religions, qui est l'un des monuments les plus stupéfiants que la tartuferie moderne ait élevé à l'esprit d'oppression.", affirmait-il.  

Beaucoup ont eu énormément d'espoir dans les changements avec les derniers JO qui devaient se dérouler à Pékin. Les espoirs commerciaux n'ont même pas tenu leurs promesses quand l'avenir est plus gris. Alors, les Droits de l'Homme... il vaut mieux passer au sujet suivant.

Aux dernières nouvelles "Les actions chinoises sont en passe de créer une bulle" dans l'Echo. Changer là-bas est aussi en gardant le cap d'avant. Le PIB à 6,1% est au plus bas depuis 10 ans. 530 milliards d'euros ont été injectés dans un plan de redressement pour stabiliser l'immobilier et les actions. Effet inverse à ce qui était escompté, la hausse des cours qui devrait correspondre aux valeurs dépasse les fondamentaux et l'indice du PER est passé de 12,8 à 21,6. Le Dragon chinois en avalerait sa queue.

20090420Pirate Pompéi.jpgVoilà qu'une histoire d'un autre temps qui revient dans l'actualité: la piraterie en Somalie. Un autre clash de civilisations, de cultures et de religions. Mais, on planche, parait-il, à Bruxelles. Une autre forme de politiquement incorrect, pour des yeux trop rivés à l'occidental qui réagissent par instinct dans un clignement réprobateur. On oublie ce qui se cache derrière cette Somalie qui a retrouvé le temps sans foi ni loi sans véritable gouvernement avec Mad Max comme leitmotiv.

N'est-ce pas plutôt de corsaires plutôt que de pirates dont la Somalie aurait eu besoin? Eux au moins agissaient sous le couvert d'un drapeau et pour le bénéfice d'un pays.20090424Pirates Bruxellois.jpg Mais, le gouvernement y est inexistant ou inefficace.

Non, après cet inventaire d'événements qui se chevauchent en cascade et dans le désordre, on peut se poser la question: "Est-ce normal, ce grand chambardement, cette crise qui ne fait que suivre, avec plus de virulence, la précédente et qui tire dans tous les sens?". Tout n'a-t-il pas fait son possible pour que cela se passe mieux, pourtant? La politique aurait-elle des trous de mémoire ou pris des aiguillages mal contrôlés?

Jean Ziegler dans son livre « La haine de l'Occident » tentait d'expliquer le phénomène de rejet de la part des pays du Sud ou de l'Orient. Comment ne pas penser à la soumission du reste du monde quand il a connu une domination meurtrière? Comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités et récuser les injustices qui sont commises au nom de l'État de droit? Véritable contradiction entre démographie et pouvoir qui se donnent mutuellement des leçons de morales contre des leçons de religion comme s'il n'y avait pas, au milieu, la conscience de l'homme par lui-même et pour lui-même? La dilution des responsabilités aurait-elle fait des dégâts irréversibles? La pratique dément les valeurs qu'elles proclament et cela se termine par une bataille entre dieux de l'Occident et de l'Orient. Pour étayer les deux visions, il y a les promesses du direct pour les uns, contre celles des autres, en différé, dans un bal qui en perd le Nord et le Sud. N'est-il plus de règle d'assurer sa paix en soignant celle de son ennemi? Les Droits de l'Homme sont universels, rappelons-le.

Parler de révolution en pensant au passé est totalement illusoire dans ces résultats. On s'en rend compte mais on se questionne tout azimut. On ne refait pas l'histoire, on la complète seulement. Le passé est ce qu'il a été. Aller contre le futur est toujours rétrograde et contre productif en finale et ce futur ne sera que ce que nous en faisons aujourd'hui. Il se construit par l'évolution des événements dans une suite ininterrompue de créations sans débuts et sans fins. On ne fait que s'adapter vaille que vaille aux circonstances.

On s'adapte encore, chez nous. Désormais, on ne parle plus dans notre langage de « discrimination positive », mais d'« encadrement différencié ». C'est plus proactif même si c'est la même chose avec d'autres mots. Évolutions des idées sans révolutions, vous disais-je.

Les élections européennes et régionales auront aussi leurs bons ou mauvais mots à dire ou à ajouter sur ce sujet comme à d'autres. Le tour de l'Europe à exprimer ses envies. Mascarade électorale? Comme disent certains.

Mais, qu'est ce qui fait le bonheur du citoyen dans une démocratie? Qu'est ce qui l'inquiète ou peut l'enthousiasmer cet électeur tellement capricieux en occident? Répondre à cela relève de la quadrature du cercle. Le bien de l'un ne fait pas celui de l'autre. On ne s'écoute plus pour se répondre, on se coupe par d'autres arguments en laissant l'interlocuteur sur sa faim d'interactivités.

La politique est,  sans conteste, un sujet très personnel, partial même. On n'ose pas en parler dans une conversation qui n'aurait pas été constitué dans ce cadre. Pas un parti, ni un homme ne pourrait trouver "la" réponse en commun. Sera-ce "Au diable les partis" ou faudrait-il rechercher comment réconcilier le citoyen avec ses dirigeants? Quelle est l'origine de cette hargne et de ces dissensions entre les candidats qui savent qu'ils seront d'office ou très vite mis hors jeu par la population ? Est-ce aussi une vue à court terme? Il est vrai que si les caractères ne s'accordent pas à courte distance, ils ne s'accorderont pas mieux avec l'éloignement.

20090330Europe elections.jpgEn occident, il y a ceux qui sont tombés dans le chômage qui, lui, augmente avec les crises, ceux qui travaillent qui essayent de se maintenir dans une large classe moyenne, mais qui s'essouffle, qui a peur de ne plus bénéficier de ce statut de 'privilégié' pour l'époque et qui est près à fermer les yeux dans ce but, ceux qui plafonnent, enfin, au derniers étages de la hiérarchie et qui se sentent bousculés dans leurs habitudes. Ensemble, on ne sait pas vraiment où est le bout du tunnel et on ne aperçoit qu'une faible lueur à sa sortie.

S'il faut avaler, il vaut mieux que le suc ait le meilleur goût possible, non?

Alors, "Au suivant", chantait Jacques Brel, mais, la suite, ce sera dans le dernier article de ce triptyque. Et ce ne sera pas nécessairement plus "cool".

 

L'Enfoiré,20070706Tour de l'espoir.jpg

 

Agoravox est-il en plein suc?

 

Citations:

 

  • "L'idée de l'avenir est plus féconde que l'avenir lui-même.", Henri Bergson

  • "Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons.", Jules Renard

  • "Le seul domaine qui reste à la philosophie est l'analyse du langage", Wittgenstein

 

10/04/2009

Migrer, pour vivre ou survivre? (2)

L'"Atlas des Migrations", présenté par Le Monde nous a entraîné sur notre planète migrante. Au travers de l'histoire, les peuples se sont intégrés sur toutes les terres disponibles. La vie n'a pourtant pas été rose pour ces voyageurs à la recherche d'un hypothétique paradis ou, plus prosaïquement, d'un ailleurs meilleurs. Cette fois, voyons cette intégration de ces immigrés, chez les autochtones, qui ne sont, souvent, que des allochtones dans un passé plus ou moins lointain. Le futur ne sera que ce qu'on décide aujourd'hui, contraint ou suite à des réflexions sur les réalités du monde.

Migrer pour vivre ou survivre Atlas.jpg4. Intégrations et fractures

Le monde est pris de fièvre migratoire que ce soit en réel ou en virtuel. Il est devenu un village, pour en revenir à une émission de chez nous. Il est devenu un immense melting-pot, par amour du voyage  ou au forcing. La publicité transite par les médias, télé, Internet qui passe allègrement les frontières attise les convoitises. Cela ne veut pas dire, que l'on migre de foi et avec les mêmes moyens. Parfois pour le meilleur, souvent, pour le pire. L'immigration crée crispation identitaire pour les autochtones et l'espoir d'une cohabitation par le métissage pour les nouveaux arrivés. Ce ne sont plus des sauts de puces trans-frontaliers qui limitaient l'investissement dans des temps anciens. Les distances n'existent plus. Mais, c'est l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, le Moyen-Orient et les pays émergents qui sont passés au rouge depuis à peine 20 ans. Une démographie galopante de la population pauvre venant au "secours" ou en "surplus" d'une démographie qui était en déficit et vieillissante dans les pays dit "riches", plus riches. Les migrants ne représentent pourtant que 3% de la population mondiale.

Fossés économiques entre pays riches et tiers-monde, crises politiques qui poussent aussi à s'expatrier. Quitter son pays est même banni par certains d'entre-eux. Certains pays n'apposent simplement pas le cachet sur le passeport ou les visas d'entrée ou de sortie. Migrer, un rêve qui tourne parfois au cauchemar tout en gardant une obligation psychologique de réussite pour l'intéressé. Ce n'est pas partout que l'homme devient, au mieux ou au pire, une "marchandise" comme une autre. La migration reste inégalitaire, limitée par un transit qui ne ferait pas obstacle à la finance dans un libre échange bilatéral.

L'Europe s'accorde à reculons. Chaque pays d'Europe veut pouvoir conserver sa souveraineté comme un "jardin secret". Si le pacte européen du 16 octobre 2008 essayait de coordonner la transhumance, il n'ambitionnait pas une politique volontaire et unifiée avec une obligation de réussite. Combat de tranchés derrière une espèce de Ligne Maginot du protectionnisme à dimension variable, écartelée entre humanitaire et économique. La crise actuelle n'a fait qu'accentuer la remise en question des pactes de papier et renforcer les boucliers de protection. Décisions d'une carte bleue ou verte comme passeport, votées à la majorité qualifiée, c'est-à-dire avec des compromis qui frisent les compromissions à la traîne derrière un Traité de Lisbonne, mal accepté. L'espace Schengen aux courbes plus ou moins harmonieuses mais totalement artificielles n'accorde pas les violons de l'ensemble.

De l'émigration à l'immigration. Le monde change et les pôles d'attractions aussi. Il vieillit et rajeunit à la fois. L'Italie, l'Espagne sont passé à l'étape inversée de la migration à vitesses variables. Les nouveaux migrants remplacent les anciens. Les religions jouent à l'obstacle ou au catalyseur selon le cas. La crise économique met le pied sur le frein. Régulariser si, c'est dans les cordes, mais pas trop acculé dans celles-ci. Les Roms, les voyageurs invétérés, gênent l'Italie très protée à droite.

La mise au ban des clandestins se fait avec des dispositifs sécuritaires de plus en plus policiers au détriment du droit lui-même. Ceuta et Mellilia restent dans les mémoires. Quand la mort est au bout du voyage, on dépasse les limites de la déshumanisation et on absorbe mal l'inflation dans les risques engagés pour gagner un paradis de plus en plus fictif quand la croissance ne suit plus.

Islam.jpgBien loin l'idée de "Bienvenue à tous" de la France entre 1851 et 1946. A l'époque, il fallait devenir français, avoir une origine pas trop lointaine et accepter travailler à la mine, par exemple, pour la mère patrie. L'expansion et le repli entre 1946 et 2008 furent, au départ, une intégration imbriquée à la colonisation pour suivre l'expansion pendant les Trente Glorieuses. Des inégalités croissantes, suites à la mondialisation comme base des échanges, menèrent à une rupture sociale, un regain de xénophobie, un repli identitaire et des violences en réaction à une marginalisation. On compte, aujourd'hui, 50% des immigrés qui auraient la double nationalité. L'expatriation gagne du terrain chez les jeunes français, attirés par des salaires plus élevés ou simplement pour trouver un emploi suite à une recherche trop longue. Garder ses "œufs" au frais dans le même panier de la chance n'est plus toujours rentable. Avec le bagage dans la tête ou à la main, les jeunes s'en vont, souvent, fonder famille, dans la durée et sans retour à l'origine.

Le Royaume-Uni qui est un point de chute ou un tremplin. On trie à la frontière sur le volet et on prie de s'intégrer plus officiellement avec de moins en moins d'esprit multiculturel. La liberté de paroles, et de gestes, le respect des différences culturelles ont reçu leur coup de grâce, ébranlés, à la suite des attentats du 11/9/2001 et de l'attentat de Londres. Permis de séjour à points, écoles publiques confessionnelles plus contrôlées, caméras publiques, absence de mariages mixtes marquent la crise du multiculturalisme.

L'Allemagne est de plus en plus en gros déficit d'intégration. Le taux de chômage des immigrés reste supérieur à celui des Allemands de souche. L'introduction du droit du sol, l'enseignement de l'allemand, idées tournées vers plus d'intégration et moins d'assimilation, font partie du revirement de la politique actuel.

La Russie entonne le chassé-croisé postsoviétique, partagé entre départ vers les nouveaux pays de l'ex-URSS ou les pays de l'ouest et les arrivées vu une certaine relance avec un déficit tout de même pour les arrivées malgré les besoins grandissants d'immigrés partageant la culture. Redéploiement dans un commerce "de valise", pour étudier, pour travailler sous le couvert d'un tourisme d'apparence, mais en va-et-vient. Un commerce d'émigrants qui peut avoir à l'extrême des relents plus mafieux et une immigration supportée après l'assimilation de la culture russe.

Quatre siècles de rêve américain (anniversaire en 2007) ont forgé l'identité du pays. Nation d'immigrants par excellence. Ellis Island le rappelle dans un musée. Colons venant d'Outre-Atlantique, vers le Far West, repoussant les Indiens dans des réserves. Immigrants politiques, économiques, plus tard poussés par la famine. Des esclaves noirs suivirent, à peine 20 ans plus tard. New-York, la Pomme reste la porte d'entrée, toutes catégories, sous l'effigie de la Statue de la Liberté. San Franciso, Frisco rappelle le goût de l'Europe. La fin du 20ème siècle a connu une moyenne d'un million d'immigrants par an intrigués par l'envie de faire du neuf quitte à prendre tous les risques. On est seulement, cette fois, un peu moins sûr, avec la crise surtout si elle dure. Les quotas avec plafonds sont apparus sous-jasent des aspects de xénophobie religieuse. La force montante des latinos revendique, elle, ses droits après avoir servi de main d'œuvre à bon marché dans l'immobilier. L'Amérique blanche a résolument vécu. Les minorités d'aujourd'hui, qui représentent 30% de la population, deviendront le majorité dans moins d'un tiers de siècle. Dans les écoles, 62% des enfants sont noirs, latinos, asiatiques ou proviennent des îles du Pacifique.

Le Canada a pris le choix de l'immigration, mais se perd entre francophones et anglophones et en temps d'attente pour recevoir le sésame.

Le Brésil, on le quitte et on l'adopte via les pays extérieurs, encore plus pauvres. Pays immense et ça bouge bien à l'intérieur avec une préférence pour les villes côtières du Sud-Est.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande sont avant tout pragmatiques avec des permis à points. Les Maoris restent plus inquiets sur leur propre territoire en Australie. Pour leur langue, c'est déjà perdu.

Une pirogue pour l'Europe, pour de jeunes africains de l'Ouest dans une stratégie de survie, très organisée par des convoyeurs qui encaissent les bénéfices. L'Afrique reste le continent de tous les exils vers l'intérieur du continent où les attendent xénophobie et expulsions.

Les pays du Golfe sélectionnent leurs travailleurs, importés d'Asie mais avec une préférence arabe.

L'Inde préfère une émigration de proximité avec des saisonniers très précaires. Xénophobie en ville. Partir reste néanmoins un privilège de riches. Le retour des cerveaux indiens programmé pour trouver de nouveaux "ghettos résidentiels" qui font envie dès le départ.

5. Le monde de demain

Aux problèmes humains vient s'ajouter un palmarès catastrophique de la climatologie et cela pour tous: la nature et le réchauffement climatique créera, d'après les prévisions, de plus en plus de naufragés de l'environnement par un choc thermique, par les inondations dues à la montée des eaux et aux cyclones de plus en plus dévastateurs. Ailleurs, c'est la sècheresse par la désertification et la terre en pénurie d'eau douce et potable en manque de gestion efficace. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable ou à un système d'assainissement. En 2080, 3 milliards d'êtres humains pourraient, cruellement, manquer d'eau. Le déclin de l'agriculture pourrait données des retombées incalculables. Une mauvaise gestion des ressources pourrait donner le signal de départs encore plus massifs. Partir serait, dans ce cas, survivre.20090328Europe Elections.jpg

Le Pôle Nord qui se déshabille de ses glaces et se réveille. Il devient le "point chaud" du globe vu son potentiel stratégique pour les pays limitrophes et un réservoir d'énergie. De nouvelles routes maritimes vers un Groenland, plus vert, pourraient accueillir de nouveaux immigrants.

Le diabète, la maladie du siècle et le ravage du paludisme (maximum en Inde) sont des problèmes avec un impact sur la croissance. L'immigration serait devenu la solution du déclin pour palier le problème démographique. Le nombre de personne âgée augmente de 2,6% par an et seule une "réévaluation positive" pourrait inversé le phénomène. L'explosion démographique vers la folle croissance des villes ne semble pas la solution. En 2007, un milliard d'habitants vivent dans des bidonvilles aux abords des mégapoles. L'immigration solution au déclin avec des forces vives en dépression avec 20090402Obama a Londres.jpgdes politiques à revoir.

Alors, une gouvernance proactive et distributive de rendements et des compétences serait une autre voie de considération des migrations?

Joseph Alfred Grimblat, un des auteurs de cet Atlas, disait que l'immigration même illégale a globalement des retombées positives sur le développement des pays d'accueil. Un effet à la baisse sur le niveau des salaires, ce qui est défavorable aux employés, mais favorables aux consommateurs sur le coût de production. Une transmission des cultures et des technologies apporterait d'autres compensations. La fécondité faible dans les pays développés provoque le déclin et le vieillissement de la population. 47 millions d'émigrés par an seraient nécessaire pour équilibrer le système de retraite des pays du nord. Le travail et l'esclavage ont parfois été de l'autre côté du rivage. Exodes, expulsions, exils et bannissements ont été, dans l'histoire, les compléments de l'infamie pour raison d'état, de cultes. L'écrémage de masse au XIXème siècle, plus ou moins volontaire, a fait place à des réfugiés forcés par les conflits armés et les idéologies controversées. L'immigration renversera-t-elle la vapeur?

Une gouvernance mondiale pour organiser les migrations est nécessaire. Les marchandises ne peuvent précéder les hommes dans leurs mouvements, sans les accompagner, tôt ou tard. Un nivellement par le bas et vers le haut en même temps comme conclusion? Les migrations peuvent étouffer les précédents arrivés, les autochtones en difficulté, eux aussi, mais les nouveaux s'étoufferaient en même temps à plus ou moins long terme. Problème d'acceptation et de compétitions difficiles, au centre des préoccupations de la vie en commun quand la couverture devient plus étroite. L'OIM, chargée par l'ONU, n'a pas compris que le compromis doit se trouver à l'échelle la plus globale possible et non pas dans des réactions étatiques au coup par coup et à plusieurs vitesses, cachée derrière des organismes disparates en octopus de la confusion. Tout est lié: le travail, les institutions, la scolarité, le social, la vie avec sa logique implacable des pays, dit développés, confrontés à la survie, des autres pays. S'il y a des lacunes, elles se répercuteront sur tous. Les souverainetés ont fait rétrograder les processus d'intégration en ouvrant ses portes en période de haute conjoncture et les refermant en période de restrictions ou de restructurations. La migration sélective n'est qu'un aspect de la partialité, non reliées aux réalités humaines. Croire que les familles ne suivent pas les initiateurs du voyage serait un leurre. Les nationalismes font place aux régionalismes. On rétrécit son horizon pour s'enfermer dans le virtuel au niveau mondial. Les rêves d'autonomie, de vivre en "stand alone" ressortent périodiquement. (ex. que se soit en Belgique ou en Kabylie)

20090406G20.jpgLe sommet du G20 à Londres et la Conférence du 60ème anniversaire l'OTAN, ont débouché sur des accords de partenariat. Pressions et crises ont pris toutes les plages des discussions pour y arriver.

"Tournant historique" et "Rupture avec le passé" ont été déclarés, haut et fort, même si en coulisse, ce n'était pas nécessairement l'amour fou. L'Europe, à plusieurs vitesses, se cherche toujours une voie commune dans beaucoup de domaines. L'unité monétaire est loin d'avoir pu ajouter au mot "Europe" celui d''"unie". Le social a à peine effleuré les consciences. Une langue de rapprochement de fait n'existe que dans les contacts internationaux et dans le virtuel. La nouvelle pensée à l'américaine a même troublé les Européens quant à l'intégration de la Turquie dans l'UE. Pas un mot de la migration des populations. Ce n'était seulement pas à l'agenda. L'argent reste le nerf de la "guerre".

Quant aux revenus de la migration, où se trouve la balance de ces transferts de personnes et, donc, de fonds dans l'économie? Là, on pourrait défoncer les idées reçues. Celles-ci varient selon le pays de destination des migrants et de la richesse, tout en perturbant le fonctionnement du pays le moins modernisé ou la suspicion vis-à-vis de la diaspora de ce dernier. L'émigration des "cerveaux" remonte le trafic des compétences dans un véritable système de dominos avec un cadre mondialisé sans réelle compensation pour les pays à la population migrante. Déficit de migration alors qu'elle ne cesse d'augmenter.

Une vision objective à mettre en opposition à la plus subjective d'une invasion des immigrants? Visions toujours très sensibles et polémiques? Sortons du magazine et passons à la pratique du terrain.

Beaucoup de lecteurs m'ont déjà parlé de Bruxelles comme d'un laboratoire de la migration. Et c'est vrai, les nationalités se bousculent, s'entrechoquent en communautés ou vivent entre elles sans frontières en harmonie apparente.

En Belgique, 20071010Accord immigration.jpgles problèmes des sans-papiers n'en finissent pourtant pas d'émouvoir les populations et les politiques de tergiverser. Un avis en billet non politique. Ne nous leurrons pas sur la question, "Près d'un Belge sur trois est raciste" et donc résistant à l'infiltration des étrangers sur son propre territoire. Les statistiques ne donnaient aucune référence au racisme latent dans l'autre sens qui n'est pas non plus inexistant. Ce n'est pas vraiment une question de race, mais de différences de cultures, de manière de vivre qui serait en question, ni un véritable problème de couleur de peau. Dans les pays chauds, on ne vit pas au même rythme. C'est une différence qu'il ne faut pas oublier.

Une rencontre de 3ème type difficile, mal programmée, serait, donc, à assumer dans la proximité et une peur de l'inconnu de ce "Métèque" qui a ses propres casseroles à tirer au pied et qui vient "narguer" avec sa propre pensée. Migrer, chez nous, à Bruxelles, n'a pas beaucoup de kilomètres à parcourir pour s'y retrouver à plein. Les "contacts" existent et sont parfois durs. Les susceptibilités vite exacerbées. Ce n'est pas une erreur, une simple normalité. Quant à la violence, elle est périodique, scandée mais pas limitée dans aux seuls contacts entre races. J'ai pu l'éprouver un jour, personnellement.

Etre sans-papiers ouvre la porte aux excès. Chercher les raisons du profit et perte explique mieux le phénomène. Pas de relations directes, mais plutôt subordonnées à cette situation de flou, un actif sur deux dans le monde travaille en noir est-il constaté récemment. Ce qui montre aussi la perte de moyens pour les Etats.

Une ou deux générations seront nécessaires pour s'accroder et faire le "ménage" dans la tête des nouveaux concitoyens tout en conservant leur idéologie. Les règles de l'Egalité des chances, poussées à l'extrême n'y pourront rien changer dans la pratique du seul moment et sans le recul du temps. Quelques articles sur Agoravox au sujet des migrations m'ont intéressé. Cultures, racines, terres que de problèmes en perspective. Les religions y ont ajouté aussi une dose d'intégrisme et du refus des autres que ce soit par l'islam, question de perception et d'employabilité, par le volonté de vivre seul du judaïsme ou celle d'réintégrer des interdits d'un autre temps dans le christianisme. La peur de l'autre vient de cet ensemble de différences qui seront toujours d'actualité divisés entre pouvoir et argent. Le rêve qui tournerait à l'arnaque au Québec. L'enfer du paradis dans l'attente du passage. Un problème de dignité humaine positionné aux sans-papiers ou le film "Le si beau voyage". Diversité, une chance pour seulement dormir tranquille.

Les changements de mentalités prendront beaucoup plus de temps, même si la crise a secoué les consciences. J'écrivais, il y a un an, le contre-pied, dans "Enfin, la faim", mais personne n'y avait compris le fin mot.

Migrer pour vivre ou survivre_Racisme.jpgDu 19 au 29 mars 2009, c'était la semaine contre le racisme pour tenter de faire réfléchir à la question à remettre à l'ordre du jour en boucle.

Le dumping social européen focalisé par et sur l'économie ou un équilibre avec des distorsions uniquement tournées vers les compétences de chacun?

Le Reaganisme et Margaret Thatcher qui voulaient délocaliser en Irlande, en se débarrassant des règles ont entamé la confiance par le libéralisme à outrance et se retourne contre l'Irlande, elle-même, aujourd'hui.

Cette histoire de gros sous, d'économie a plongé l'Islande dans le marasme.20081010Crise Islande.jpg

Le néo-libéralisme sans autorité publique en réduisant la couverture sociale a, jusqu'ici, raté le coche de la néo-migration.

Les femmes émancipées ont ouvert une autre voie à l'émigration. Elles restent toujours plus exposées au chômage, et cela migrante ou non. Mais elles s'y retrouvent, tout de même, dans leur prise en main en s'offrant l'indépendance par la conscience dans le milieu d'origine où il aurait été inexistant. Migrations à la recherche d'opportunités qui vont jusqu'aux mariages blancs. Le but est atteint. L'avenir aura sa propre réponse, logique par l'adaptation des habitudes. La multitude l'emportera, alors, sur l'Empire égalitaire.

Des accords bilatéraux entre pays pour recruter (ou de débaucher) des migrants assortis de quotas existent, mais, c'est une immigration à la carte qui y est préconisée avec une répression pour les clandestins, un travail temporaire pour les moins qualifiés et une 'appréciation alléchante pour les plus qualifiés suivant un "Pacte européen de l'immigration et de l'asile". Un partenariat, sinon rien et si rien, pourrait-on en conclure et espérer? Pas vraiment dans la pratique. "Like a hobo" (former un groupe, faire le colporteur, le charlatan") avec sa maison de plus en plus sur le dos semble être une nouvelle pratique.

Utopie que celle de Michel Serre, qui dans le Magazine des Philosophies poussait en avant son "si" on instaurait une paix perpétuelle comme réédition du rêve de Kant? Aujourd'hui, plus que tout autre, quand le monde est devenu un village, nous avons besoin de contacts parfois plus réels que virtuels. Les transports qui consomment de l'énergie, n'ont plus la cote auprès des écologiques. La téléportation rêvée par Paul Virilio n'est pas encore à l'ordre du jour.

20090407Migration.jpgComme on dit que "nul n'est prophète dans son pays". Aller retrouver ses semblables dans un autre espace temps et, parfois, décider d'y vivre, relève d'un esprit entreprenant avec des risques non négligeables.  Y-t-il des intérêts cachés pour l'immigré? Pour des raisons économiques ou politiques, le rapport prix-performance sera vite fait à posteriori. Le rapport change bien vite avec le côté financier. Des surprises exitent entre pays voisins qui auraient des lois dites "similaires". L'Europe, qui se veut unie, est loin d'observer des normes comptables et fiancières, compatibles entre les pays qui la compose. Les impôts, les pensions subissent des taxations très peu avantageuses pour celui qui a fait le pas de la migration en milieu de carrière. Les fonds de pension sont vite considérés, au grand dam de ses administrés, comme des placements bancaires susceptibles d'être taxés au prix fort, très différent du pays d'origine.

Mais, cela est probablement une autre histoire et un autre Atlas à construire. Celui du Monde diplomatique? C'est à voir, puisqu'il était dit que ce serait un "Monde à l'envers".

Nous sommes tous des émigrés et des métis, chantait, Julien Clerc. L'évolution et la vie l'ont voulu ainsi.

Sera-ce, dès lors, circulez, y a rien à voir ou, peut-être, avec plus de recul, tout à y gagner?

Ce pourrait n'être plus alors pour seulement vivre, mais aussi pour survivre.

Et si on riait une dernière fois...

L'enfoiré,

Sur Agoravox, que dit les soi-disant "sédentaires" des migrants?

 

Une adresse, juste au cas où? 

Mise à jour du 20 juin 2009: Journée mondiale des réfugiers : 42 millions de réfugiers dans le monde20090620Journée du réfugier.jpg 

Livres sur le sujet:

 

Citations:

  • « Ce qui reste de tous les voyages est le parfum d'une rose fanée... », Cavidan Tumerkan

  • « Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. », Nicolas Bouvier

 

13/09/2008

Le chic, le chèque et le choc chypriote

33f64d4f4e31c5ba0114ed546bcd87d4.jpgLa fin des vacances a sonné. C'est le moment de revoir ses photos. Et, si on allait à Chypre, troisième île de la Méditerranée. Dans le peloton des derniers arrivés dans la communauté européenne. Chypre reste très insulaire, très à l'écart de la folie du continent. Une phrase d'Alice Sapritch va me servir de titre et de fil conducteur.

Mon voyage dans cette île de Chypre qui a vu naître Aphrodite, déesse de l'amour au rocher Petre tou Romiou en sortant de l'écume de la mer azur, date de 1987.

Depuis lors, cette déesse garde un oeil passionné sur les couples en vacances. Le tourisme, déjà lors de mon passage, avait pris un tournant décisif. Mais, d'après ce que j'ai pu lire, ce tournant n'a pas été fait en dépits du bon sens. J'ai pu voir dans un documentaire récent que les choses avaient beaucoup changé depuis ma visite. Donc, cet article pourrait paraître obsolète par certains points. Je ne l'espère que pour une chose : la fameuse ligne qui sépare le Nord du Sud de l'île.

Insulaire, à cet époque, je peux le confirmer par son côté sécurité. Une anecdote caractéristique en témoigne. Un jour, attablé en plein air, je remarque qu'un touriste a oublié au plein milieu d'une table, son appareil photographique. Croyant qu'il s'est écarté un temps, je ne réagis pas et j'oublie l'incident. Prêt d'une demi heure après, j'entends des exclamations du touriste qui s'est aperçu de son erreur et qui est revenu. L'appareil était toujours là. Il n'avait pas bougé malgré les nombreux passants qui auraient pu avoir des tentations bien moins altruistes.

Ca, c'est pour le chic.

Alors, oui, il y a d'autres événements qui ont jalonné mon voyage à la fin mai de cette année-là.

Destination Paphos, lieu de culte du tourisme chypriote. Lieu de séjour, par excellence. Lieu d'histoire, aussi.

Commençons par le début. Arrivé à l'aéroport, j'apprends que mon hôtel est malheureusement complet et qu'il ne peut m'accueillir dans les meilleures conditions. Légère colère, légère déception. Encore un "overbooking", me dis-je. Pourtant, ce contretemps va s'avérer être bénéfique en définitive.

Un petit hôtel nouvellement construit m'était réservé. Pas besoin de se souvenir du nom, existerait-il encore d'ailleurs? Les choses évoluent tellement vite. Tout nouveau, tout beau et surtout plein de charme. Les chambres sont dignes du rêve de Disney. Tout est chaleur, l'accueil et les Mickeys et peluches disposés sur un couvre-lit en peau de zèbre. Le soir, calme et volupté. Peu de touristes. Service de premier choix personnalisé. Nourriture recherchée et tutti quanti. Petite piscine, et terrasse solarium sur le toit, tranquille et panorama garanti sur facture pendant la journée. A la réception, comble de ravissement et de coïncidence, une jeune belge avec laquelle nous avons pu tailler de multiples "bavettes". Nous sommes encore loin de l'esprit du "le toutou, le toutou, le touriste". Pas d'animation, tapageuse.

Paphos, capitale du tourisme. Ville qui déjà d'elle-même donne des envies de rester. Le côté archéologique est certes plein de surprises pour la beauté des yeux. Avoir des vestiges de 8000 ans avant notre ère, cela laisse rêveur.

Village à 30 kilomètres de Larnaka, il restera dans les mémoires des archéologues par son côté de parfaite conservation. Déclaré comme patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1998. L'art de la poterie n'était alors pas encore entré dans les moeurs. Le néolithique et toutes les civilisations qui se sont retrouvées sur l'île dans les âges. Conquérant de ce point stratégique de la Méditerranée. Près de l'hôtel, le site des "Tombes des Rois" remonte à la nuit des temps creusé dans une argile jaune éclatant sous le soleil. Plus loin, la maison de Dionysos fait souffrir le visiteur de n'être pas né plus tôt tellement les mosaïques en plein air et les décorations sont belles et rendent envieux le plus blasé. Beautés réfugiées pendant 16 siècles sous terre, que l'on imagine déjà dans sa cour. En sortant de cet espace historique, j'ai même découvert un morceau ébréché d’une tasse de l'époque probablement romaine. C'est dire que les archéologues avaient encore du travail pour quelques années. Le théâtre antique est loin d'un modèle réduit en accueillant probablement des milliers de personnes.

Le port, lui, est équilibré entre un phare et un fortin carte postale. Les tavernes permettent de se prélasser en attendant le coucher du soleil. 69931af4dbeebba1aa4f819c8b2c3d90.jpg

Les pélicans se disputent le ciel et se posent parfois en pleine foule en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes comme dirait Brassens. Ils y ont élu domicile. Reposés, ils repartent, tournoient à nouveau jusqu'à l'étourdissement probablement près à plonger à grande vitesse pour happer le poisson.

0af59ff1f1cc3c58d8ab8ae0855002a9.jpgLe château byzantin avec son arche, l'église de Saint Paul, des bains arabes, les pierres Dighenis, les catacombes Saint Solomon avec son arbre plein d'ex-voto attachés aux branches complètent les attraits "vieilles pierres" de la ville.

Paphos est aussi le point de départ de beaucoup d'aventures dans l'île. L'est-il encore aujourd'hui?

Revenons à l'histoire. Le nom "Chypre" vient de la découverte du cuivre, "kuprum" en latin. Le commerce prospère avec le Proche Orient a fait le reste de sa reconnaissance comme lieu stratégique. Les Mycéniens vont l'investir par l'intermédiaire d'une dizaine de petits royaumes dont Kition future Larnaka. Les Grecs, les Assyriens, les Egyptiens, les Perses se sont disputé ce sol riche avant Alexandre le Grand. Byzance verra Nicosie comme capitale. Principalement dans la région du Troodos, les chapelles, les monastères avec des murs décorés byzantins, surchargés de fresques délicates seront du parcours d'une visite qui culmine vers les 2000 mètres d'altitude au mont Olympe. Les pins apportent heureusement la fraîcheur.

883813da9b8cc6d39909e766ad6b65b1.jpgLe monastère de Neophytos c95e94661f3dd71b08591e7758251e15.jpget surtout celui de Kykko détiennent les plus belles mosaïques byzantines murales sous les arches d'une cours intérieure.648e9960b175f41755b853f572a80995.jpg

Richard Coeur de Lion lors d'une tempête en 1191 fera plus qu'une escale en envahissant l'île. Les Francs, les Vénitiens, les Ottomans, les Anglais se succèdent ensuite. On y parle toujours cette langue et on roule à gauche pour garder les habitudes.

Une indépendance en 1960 présidée par Monseigneur Makarios, favorable au rattachement avec la Grèce volera en éclats en 1974 après un coup d'état fomentée par la Grèse des colonels et l'intervention des Turcs qui investissent le Nord de l'île jusqu'à aujourd'hui. La tombe de Makarios, toujours vénérée, était toujours surveillée 24h sur 24 par des militaires qui se relaient inlassablement. Après ce coup d'état, l'île a été coupée en deux parties. Le sud, toujours grec, le nord, devenu turque par la force. Le 1er janvier 2004, la République de Chypre orthodoxe du sud entre sous le giron de la Communauté Européenne. Le 1er janvier 2008, l'euro remplace la livre. Les négociations entre la partie grecque et turque n'ont pas encore trouvé de résolution définitive. La Turquie voit sa propre adhésion compromise pour ce problème. La « Ligne verte », qui ressemble plus à un mur, de Nicosie s'affalera, un jour, comme celui de Berlin. C'est écrit, mais on n'a pas encore ajouté la date. Le 11 septembre, une nouvelle tentative de réunification aura lieu. En début d'année, une rencontre du grec, Demetris Christofas, et du turc, Mehmet Ali Talat, a eu lieu sur l'aéroport désafecté de la dernière capitale divisée du monde. Chypre, pressée par l'ONU, devra organisé, tôt ou tard, un référendum. La population organise des marches des deux côtés de la "Ligne Verte". Renvoyer les 40.000 militaires turcs du nord de l'île dans leur foyer n'est pas la plus banale des décisions. Varosha est devenu une ville morte dans la partie turque.   

Entre temps, les Grecs et les Turcs de l'île attendent de retrouver un peu plus souvent leur famille de l'autre côté. Chypre turque n'est pas reconnue à part par la Turquie. Cela veut dire qu'elle ne doit obéir à aucune règle internationale. Cela avec le plus grand plaisir des truands, de la mafia qui coulent des jours paisibles au bord de la mer tout en règlant impunément les « petites affaires ». La politique a décidément ses raisons que la raison du sentiment ne connaît pas.

Ça, c'est pour le choc.

Depuis, la République est coupée en deux. Mais, avec 200 kilomètres de côtes, la bataille du tourisme est gagnée dans le Sud par ses côtés archéologiques à Kourion, historiques à Kolossi, ses traditions, sa gastronomie, et la sauvagerie des ses côtes sous le vent plus au nord près des bains d'Aphrodite. Les hôtels se comptent désormais par centaines.

Ça, pour finir, c'est pour le chèque.

Car on parie sur la qualité, pas sur la quantité. Pas de tourisme de masse (à cette époque du moins) et la restauration des ruines et des bâtisses parachève le travail. L'agrotourisme est né en 1987. La cueillette des oranges et des olives intéresse le touriste. En pleine campagne, la brasserie Kyo distille sa bière, consommée avec délice dans toute l'île. Je ne vous ai pas dit: on roule à gauche sur l'île.

Non, vingt ans depuis mon passage, il faudra que je réactualise un peu tout cela.

Mais, je suis sûr que je ne vais pas refaire le test de l'appareil photographique. Le numérique a ses raisons que l'analogique ne connait plus.

 

L'Enfoiré,

 

Le Panda a-t-il du chic? 

En photos : http://decouvertes.lesoir.be/main.php/chypre/

Citations:

 

  • "Tant qu'il reste au renard une dent, il ne sera pas pieux", proverbe chypriote

  • "Le soleil passe les frontières sans que les soldats lui tirent dessus", Proverbe chypriote

10/04/2008

Enfin, la faim...

1770251205.jpg "Quand la brique va, tout va". Quand tout le monde mange, c’est « à l’Ouest rien de nouveau ». Quand la couverture est suffisamment grande pour protéger les petits petons, « Ca plane pour moi ». Avec la situation actuelle, les choses ont l’air de prendre une odeur de roussi ou un goût amer.

 

Jean Ziegler a publié « L’Empire de la honte » pour mettre les pendules à l’heure de la dégradation globale du monde. Il était invité dans une émission radio (en texte icichez nous, ce matin du 10 avril.

Son bouquin, cela fait bien de pouvoir s’en inspirer ou de s'en émouvoir dans les conversations. Cela fait bien de montrer qu’on a de la culture et qu’on dit s’inquiéter du tiers monde qui met ¾ du monde dans une situation de précarité en danger de mort. La faim existe depuis bien longtemps. nous en prenons de plus en plus conscience. Notre classe moyenne se meurt. D'autres n'en ont jamais vu la couleur.

Subir de plein fouet une chute du pouvoir d’achat, là on voit rouge. Le réveil est dur, froid et interpellant. Comme une poule effarouchée, on se demande d’où viennent les problèmes. La spéculation est montrée du doigt comme seule responsable. Mais qui a spéculé et qui spécule toujours à l’insu de sa propre volonté ?

Tout est aujourd’hui basé sur une grande spéculation que tout normalement doit bien marcher, que tout le progrès de l’homme est toujours pour demain.

Dans mon premier blog, j’avais écrit « Nous sommes tous responsables ». Ecrit avec la jeunesse de l’écriture, le texte n’a pas pris une ride. Succès d’estime parmi les proches.

Féodaliser le monde, nous y avons tous contribué par notre aveuglement. Le bien pris pour le bénéfice de ses proches, on ne s’est jamais préoccupé s’il ne serait pas le mal pour un plus éloigné. Spéculer, oui, on le fait sur notre bien-être pas et jamais sur celui qui ne peut atteindre pour des raisons « x » ou « y » au niveau des « meilleurs ».

Aujourd’hui, on s’émeut pour la situation des Tibétains, on oublie, au passage, que le problème est bien plus fondamental et dans les racines de notre monde à plusieurs vitesses. Fallait-il passer par les JO pour donner une chance aux Chinois de sortir d'une situation de manque chronique? Quelle est la proportion de la population chinoise qui en sortira vainqueur de cette manifestation mondiale? Se poser la question, c'est y répondre en remarquant les voitures flambant neuves qui dévallent dans les boulevards de Pékin.

283668117.jpg Il faut oser dire que comme tout le monde ne naît pas avec les mêmes chances intellectuelles, tout le monde ne naît pas non plus sur une terre propice au développement naturel ou industriel. Chacuns et chacunes, on est tous né quelque part. Chacun a les "plaquettes" dans le haut de la tête en provenance directe de la filiation. On ne choisit pas. La nature le fait pour nous.

On appelle cela, aujourd’hui, "pluralisme". Il est représenté comme un avantage, comme une chance pour le développement global. Vrai et faux à la fois.

Vrai, si les ponts et les vannes sont ouverts tout azimut, aussi bien pour le bon et pour le mauvais avec l’effort commun pour faire le premier pas vers l’autre.

Faux, si c’est d’essayer à trouver les meilleurs prix pour tout sans chercher si un dumping n’est pas sous jacent à des prix bas.

On commence seulement à parler de commerce éthique. Je me rappelle avoir lancé un pavé dans la marre en démontrant ma surprise à notre magazine des consommateurs « Test achat ».

Tout à coup, sortant d’on ne sait quelle tête, celui-ci sortait des articles en parlant du commerce éthique, alors que dans le même temps, dès les pages qui suivaient, d’autres articles recherchaient, par contrat vis-à-vis du lecteur, les maîtres achats et les prix les plus bas. La réponse a été assez évasive et très compréhensive de mon problème philosophique. Le magazine qui a suivi reprenait le rythme d’antan.

Qu’est ce que prix ? Qu’est ce que l’argent qui lui donne sa raison d’exister ?

C’est une combinaison entre la confiance de l’acheteur qui est prêt à donner, à investir, pour une valeur ajoutée que le produit vendu fournira. C’est aussi une foule d’intermédiaires qui se greffent dans la chaîne de distribution. Entre le producteur et le consommateur, il y a les diffuseurs, les bonimenteurs, les vendeurs de bonnes paroles. Difficile de faire sans eux. Bien entendu. Mais difficile aussi de comprendre que le travailleur qui réalise vraiment le nouveau produit n’ait qu’une partie infime de la valeur globale du produit.

 

608912080.jpg Les matières premières ont été longtemps sous le joug impitoyable de Wall Street.

Les prix se réveillent désormais. Le riz, les pâtes prennent du gallon et rétrécissent le pouvoir d’achat du nanti occidental. Dans le même temps, l’intelligence est galvaudée sur Internet. Elle prend le large, s’exporte, s’importe mais au bénéfice de qui ? Certainement pas en bout de chaîne et surtout pas en début.

« Tout pour rien ou rien pour tout » n’était qu’une approche du problème.

La couverture n'est plus assurée. Pas question de trouver une assurance contre la vie chère. Elle est là car la couverture est plus petite. Le monde n'est pas extensible. Faut-il suivre les règles du Malthusianisme ou du néo-malthusianisme pour éliminer le trop plein? Bizarre que l'on pense toujours aux autres dans ces cas précis.

Désormais, le franc semble être tomber (pardon l’euro, les vieilles habitudes…). On a compris que l’intégration du monde n’est pas un vain mot. Que quand un pays s’enrhume c’est aussi un mini tremblement de terre à l’autre côté de la planète. Le monde est un village, dit-on. Oui, mais par le virtuel et non le réel en pur et dur. Les égoïsmes ou egocentrismes ont la vie dure et comprendre que tout est dans tout sera un pas le pas décisif. La faim, cette fois a touché nos pays.  On en parle. Cela change tout.

Une fois, ce problème mit sur la table, arriverons-nous, un jour, à lancer le nouveau slogan :

« Fin de la faim ».

 

 

L’Enfoiré,

 

Sur le Panda, même faim ?

Les biocarburants sont cités comme un "crime contre l'humanité"

Citations:

  • « La faim justifie les moyens, mais on a rarement les moyens quand on a faim. », Jacques Sternberg

  • « L'absence de faim est un drame sur lequel nul ne s'est penché. » , Amélie Nothomb

 

25/01/2008

Auto, mobile-moi, mais en douceur

Le salon de l'auto à Bruxelles de janvier fait toujours revenir le combat entre les "pour" et les "contre" de la voiture.

76d6871c6dab1844584c110939cb44a1.jpgBeaucoup plus énergique ce combat que d'habitude à l'occasion de ce salon 2008.

Al Gore est passé par là.

Choix de société qui date depuis 100 ans et qu'il faudrait inversé en beaucoup moins de temps par des obligations indépendantes de la volonté des usagers. Dans le même temps, on acceptait que la voiture entraîne un encombrement inimaginable et un sacrifice humain très important. La banalisation des morts et des accidentés à vie est choisie dans ce modèle de société. Comme d'habitude, ce sera beaucoup de bruit, des filles au milieu et le rabotage léger des prix pour vendre un maximum de véhicules.

Cette fois, l'écologie, déjà présente précédemment, est parvenue à pousser la porte des consciences. L'auto a du coup un peu plus de plomb dans l'aile. Ce n'est pas les "gadgets" même très pratiques comme le GPS intégré en série qui changera le problème fondamental. La pub lance: "votre insouciance, on s'en soucie...".  On ajuste le tir au plus près du consommateur. Entre la familiale petite ou moyenne pour les réalités en accord avec les moyens financiers en chute libre et le rêve des grosses cylindrées sous les photos de paysages idylliques, le consommateur se balance.

25% de la pollution globale par le CO2 sont attribués à la voiture et au transport routier. Le climat et la pérennité du carburant ont condamné la voiture à plus ou moins longue échéance. Alors, on se presse encore avant l'échéance.

La consommation du pétrole comme énergie bon marchée et relativement facile à produire va à contresens avec la possibilité d'en produire.

La production de pétrole est, en effet, arrivée à un pic. J'avais déjà eu l'occasion d'en parler en parlant du livre d'Eric Laurent "La Face cachée du pétrole";

L'article "Home sweet home" remettait le couvert en se rappelant les deux mouvements contraires: la mobilité demandée par les entreprises et le besoin d'avoir un chez soi, une vie privée pour le particulier. La destruction de la ville et des campagnes pour seul résultat. Les bouchons sur les routes, coûtent chers en temps perdu et en dégâts environnementaux. Ce serait moins de carburant consommé et donc un manque à gagner du côté recettes fiscales. "L'Etat belge aussi "accro" à la voiture que le citoyen", titrait l'Echo récemment. 

Les alternatives à la voiture sont, il faut bien le dire, inférieurs en quantités et en qualités que ce que l'usager pourrait en espérer. Dans les airs, il en va tout autre. A moins de revenir au ballons, pas d'alternatives. Le kérosène, non taxé, est une aberration d'aujourd'hui.  

Alors, stop ou encore? Il est vrai que l'impasse est au bout du parcours.

La mobilité selon René Schoonbroodt est à retrouver dans l'esprit de la "ville". La convivialité et son coût social en seraient accrus. L'accessibilité aux "choses" est importante, pas le tempo pour y arriver.

"Mobilité contrôlée" et "Mobilité super contrôlée" en parlaient au présent et au futur.

"Question à la Une" se posait la question de "Mourir pour la voiture?" en parlant de cette fuite en avant poussée par la pub, de la vente de voitures les émettrice de CO2. Les 4X4, les hummers qui consomment de 30 à 90 litres/100km, font une percée étonnante aux USA et en Europe. Le "client est roi" pour seule réponse des producteurs de voitures. Des pressions sur la communauté scientifiques allant jusqu'à "retoucher" leurs rapports alarmants ne sont pas rares. "Le lobby automobile américain va-t-il nous asphyxier? Une voiture par habitant aux USA.

Les nouvelles technologies environnementales préconisées par la sécurité active et passive et une infrastructure routière toujours plus coûteuse n'empêcheront pas les encombrements et un rapport de force destructeur pour le piéton. Les prix porteront bientôt la question de rouler ou manger. Le pétrole vert, comme alternative, est également polluant et surtout monopoliserait des espaces de champ perdus pour l'agriculture nourricière.

La liberté, la voiture, plaisir de conduire? Oui, mais diablement contrôlés et à contrôler.b3ddfb20b2906475dbd9d1b67db80aa3.jpg

La futurologie à la rescousse devant ce dilemme?

Le salon aura une nouvelle fait rêver avec un thème le plus proche de l'environnement. Il faut rester dans l'ère du temps. De la cosmétique, probablement, pour cacher le problème du pot de fer contre le pot de terre, de l'automobiliste qui rencontre le piéton. La voiture de demain y sera, c'est sûr. Le contraire m'étonnerait. La crise pétrolière avec son aboutissement, on a encore un peu de temps. 2050 est le "bottle neck". Le fossile ne se régénère pas. Il faut des millions d'année pour cela. Alors, il faudra économiser tout de suite pour donner une chance de trouver des alternatives. Les pays en voie de développement, il faudra les aider pour qu'ils en fassent de même. L'Indien Tata montre le chemin avec sa nouvelle "Nano" à 1700 euros. Un cuistax électrique, oui.

Il faudra se déplacer dans le futur et avec le maximum de confort et de sécurité. Pas de retour à la course à pied. La mondialisation ne le permettrait pas. La ville peut revenir dans le champ de la convivialité qu'elle n'aurait jamais dû quitter. La pile à combustion à l'hydrogène n'a pas encore dit son dernier mot. Totalement propre de sa production jusqu'à son utilisation.

89d900f2e2664477dc8306330b953887.jpgL'électricité est l'atout maître. Les batteries et accumulateurs progressent dans la longévité. Electricité est propre, incolore, inodore, insonore. Lent et lourd? Peut-être. Les corps humains dans l'habitacle aussi. Pour la ville exclusivement? Pourquoi pas. Les transports collectifs en train prendraient l'échelon suivant.

L'hydrogène est cher dans l'esprit d'aujourd'hui. Ce n'est pas une source d'énergie en tant que telle. Comme l'électricité d'ailleurs. De rendement élevé et sans bruit ni vibration donc, inusable, en plus. L'échelle industrielle pourrait améliorer l'accessibilité. Il est difficile à "manager" sans risque. Une bombe? Comme les centrales nucléaires d'ailleurs. Il faudra y mettre le prix et mettre en place un réseau de distribution à la hauteur de l'ambition. Chaque technologie mise en place pour réduire les émissions correspond à une augmentation 600 à 3000 euros à insérer dans le prix de vente. Le parc vieillit et seulement 10% des ventes en Belgique sont en dessous des 120 g de CO2 par km. La moyenne se situant à hauteur de 160g par km. Les gouvernements commencent à donner des primes aux acheteurs de véhicules répondant à cette norme. Est-ce peu? Peut-être aussi 120g en trop. 

La biomasse, le biométhane, peut-être, mais l'énergie verte est un pis aller. De céréales, il en faut 2,4 tonnes pour obtenir l'équivalent de 1000 litres de mazout. Du côté « pollution », c'est pas gagné d'avance. L'espace nécessaire pour le créer pourrait créer le dilemme du "conduire" ou "manger". Investir et anticiper. Rendre plus fluide, peut-être mais avec le maximum de futur. Deux kilos de pellet, petit graminé, fabriqué à partir de bois comprimé, peuvent remplacer un litre de mazout.

a9bc99e16baf7c68295d8ba901ad9b8d.jpgLe tramway ou train électrique sur rails porteur (si besoin sur coussins d'airs) existe au Japon par exemple, pour rendre le paysage et l'espace de la ville aux piétons. Il coûte bien moins cher que le métro qui lui date de près de 150 ans. Plus convivial de voir le paysage de très haut que dans un tunnel. La 3ème dimension est à deux sens.

Les industriels de la voiture rétorquent qu'ils ne sont responsables que de 25% de pollution et que les habitations devraient y mettre un coup. Exact.

Les panneaux solaires avec cellules thermiques ou photovoltaïques existent et donnent une électricité gratuite et non polluante. Si tous les toits en étaient équipés, aujourd'hui, il serait bien moins cher de le reconstituer avec des technologies plus récentes encore. On pourrait même laisser les fenêtres ouvertes pour aérer. Cher à l'achat. Moins s'il y a une intervention des pouvoirs publiques. Sept ans pour l'amortissement parait-il. Mais cela évolue à grand pas, dit-on. Les nouveaux devoirs belges pour le climat sont projetés. 

Continuer à investir dans les routes et autoroutes de papa? a143eb247e41046c5970517d8d822a79.jpg

Cela donne du travail à beaucoup de salariés. Avec le maximum d'efficacité à long terme? Question à vérifier.  

La Toile est, aujourd'hui, virtuelle, connectée avec le monde et reliant ses membres.  

Demain, pourrait-elle montrer l'exemple en vrai dans le concret? Pas sûr. La Toile, paraît-il, frise aussi l'indigestion devant certains bouchons sur la bande passante. Les opérateurs se veulent rassurants, bien sûr. Payer, encore une fois, pour faire sauter le bouchon semblerait la solution.

Bouger ne serait plus alors une obligation mais un seul dérivatif. Toujours du côté porte-monnaie, bien entendu.

Un salon à ciel ouvert.

 

L'enfoiré,

Le Panda est-il à pied, à cheval ou en voiture?

Citations:

 

  • "Si vous voulez faire de la mise en scène, n'achetez pas d'auto. Prenez le métro, l'autobus, ou allez à pied. Observez de près les gens qui vous entourent", Fritz Lang

  • "Le différence entre une auto et une moto, c'est que sur la moto il y a deux places du mort.", Patrick Timsit

  • "Beaucoup de gens, à peine ont-ils acheté une auto, pensent déjà au jour où ils vont la revendre", Pierre Daninos

  • "La pensée primitive de l'être humain n'est pas l'envie de procréation, mais la recherche de la satisfaction, de la jouissance individuelle, l'auto-érotisme.", Henri Barte

  • "La plupart des accidents d'auto ont une cause très simple : la voiture était en prise directe et l'attention du conducteur au point mort", Anonyme

06/01/2008

Marche aux symboles ou crève

d7365e4583a2cf5b90f4a02e72f41085.jpgQu'est-ce qui fait bouger le monde? Est-ce le train-train, le metro-boulot-dodo ou les symboles ? C'est un peu ce que l'on pourrait se poser comme question au moment où la morosité règne ou l'avenir est nettement moins radieux.

Nous sommes entourés de symboles. Représentations qui permettent de quantifier, de comparer, d'expliquer. Quand on ne parvient pas à les évaluer, on passe aux métaphores

Vous ne vous en souvenez probablement pas. Les symboles passent et trépassent plus vite que prévu. Il font rêver et puis s'en vont.

Le 1er février 2007 entre 19:55 et 20:00, on avait été fixé pour réveiller le bon peuple dans sa « reconquête symbolique» de la planète. Cinq minutes de black-out volontaire n'allaient pas remettre les pendules à l'heure, ni les compteurs à zéro.

1980dced8061fb48a1115797d10ee571.jpgEteindre tout ce qui est allumé pour soutenir un mouvement de réveil de la crainte de voir, un jour, le grand clash de notre planète et l'homme sur les genoux. Allait-on respecter cette injonction citoyenne? Du réchauffement de la planète, tout le monde en parlait déjà. Cela s'est accentué encore depuis. Même Bush reconnaissait qu'il y avait un « problem ». Des gestes simples de réduction de la vitesse de quelques électrons. Parti de France, la Belgique s'est joint à la manifestation.

Ce symbole écologique avait été orchestré et devait prouver, par la démonstration, la sensibilité des gens d'aujourd'hui vis-à-vis de ceux de demain. 27% de la production énergétique totale de la Belgique se retrouve chez le consommateur à domicile. La date fixée à proximité du rapport des 500 experts du climat réunis à Paris en colloque avait été choisie pour lancer cette action tout à fait symbolique. Un mail sur un autre symbole, Internet avait été à l'origine de l'étincelle. Le symbole allait-il être efficace et salvateur? 10% de consommation en moins maximum étaient attendus soit 500 MégaWatt. Le site www.elia.be allait le révéler 15 minutes après. A 19h50, celle-ci s’élevait pour la Belgique à 12.220 MW. Immédiatement après 19h55, heure d’appel à l’extinction des lumières, elle est tombée de 325 MW inférieur, soit une diminution de 2,7%. A 20 heures, à la fin de l’action, la consommation remontait à 11.800 MW.0de02a8bed33b2697475127e5f355f57.jpg

Autre action tout aussi symbolique, les 6, 7 et 8 février, nous étions conviés à utiliser votre GSM de façon plus rationnelle dans le cadre des Journées mondiales «moins de blabla au téléphone portable, plus de SMS dans les lieux publics». L’initiative avait été lancée en 2001 à l'initiative de l'écrivain français Phil Marso, auteur du premier roman en langage SMS. Objectif: sensibiliser les utilisateurs de portables pour ne pas devoir en arriver un jour à une politique semblable à celle liée au tabac, avec l'aménagement de zones silencieuses. L'initiative, cette fois, était soutenue par Teslabel, ASBL belge de lutte contre la pollution électromagnétique avec le slogan : «Moins de deux minutes avec mon portable, c'est sans prise de tête pour mes neurones.». Cette fois, la consommation se voulait symbolisée. Les mouvements citoyens qui transitent par les blogs, par les SMS ont un impact plus important qu'il n'y paraissait.

Encore une fois, papillonant sur les sujets, Paul Hermant, journaliste de la Premier RTBF arrivait à la rescousse avec des symboles moins médiatiques, parfois locaux, mais tout aussi sensibles suivant la proximité:

Alors, nous qui avons éteint la lumière cinq minutes hier soir, à quoi avons-nous bien pu passer les 1435 qui restaient et qui ont fait notre journée ? Peut-être bien, comme cela a été mon cas, à s'interroger sur cette histoire qui s'est passée à Saint-Nicolas, je veux dire Sint-Niklaas dans le pays de Waas. En effet, au moment où l'on apprend que les procédures du divorce seront désormais simplifiées, voilà que trois petits couples flamands qui entendaient, eux, se marier, refusent que leur union soit bénie par un Noir, je veux dire qu'un échevin de couleur officie ès qualité à la célébration de la cérémonie civile de leurs justes noces. Wouter van Bellingen, c'est le nom de l'échevin, figure en huitième place sur la liste des édiles et a, dans ses attributions, la jeunesse, les relations internationales et l'état civil, il appartient au parti Spirit et a récemment invité tous les écoliers de la commune à voir le film d'Al Gore. C'est un jeune échevin, il a 34 ans. Il est aussi le premier échevin noir de Flandre. Issu des élections d'octobre dernier, cela ne fait donc jamais qu'un mois qu'il est en fonction. Trois mariages annulés ou postposés en 31 jours, en raison de la couleur de la peau d'un officier d'état civil belge, c'est beaucoup pour une commune de 70.000 citoyens dont 25% des habitants, il est vrai, ont choisi le Vlaams Belang, aux élections communales. Cette histoire se passe au moment où un sondage controversé est publié dans la presse française. Si ce sondage est contesté, c'est qu'il ne s'est adressé qu'aux Noirs et certains y ont lu la volonté de pratiquer le premier sondage ethnique de l'histoire de la République. Mais ses résultats nous apprennent que si 37% des 13.000 personnes interrogées estiment que les discriminations contre les Noirs s'aggravent, elles sont cependant 81 % à faire confiance aux associations, 72 % à l'école et 68 à ce qui est, chez nos voisins, le Centre pour l'Egalité des Chances. Même si une large majorité estime que c'est plutôt aux Noirs eux-mêmes à faire évoluer positivement la situation, la confiance accordée aux institutions étonne en même temps qu'elle rassure. Que pourrait bien dire Wouter van Bellingen aux Noirs de France, lui qui, par son élection, se retrouve, de fait, à en gérer une, d'institution ? A-t-il un mot d'espoir à faire passer à nos amis français ou devra-t-il malheureusement convenir que même quand on est une institution, les discriminations continuent et la bêtise galope ? Au fait, la commune de Sint-Niklaas a participé, hier, à l'action pour la planète. A 19h55, les lumières de la Grand Place se sont éteintes. De 19h55 à 20h, hier à Saint-Nicolas, il a fait tout noir.

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Obsolètes ces réflexions d'un autre espace, d'un autre temps? Oui et non.

Des exemples, parmi bien d'autres de l'actualité, font des parallèles, et pas des moindres.

Alors, question: Marchons-nous seulement à coups de symboles?

Sans eux, serions-nous paralyser par l'effroi ou par l'habitude de la somnolence « Metro, boulot, dodo »? Faut-il des manifestations plus énergiques pour réagir?

Le 16 août 2007, Elvis Presley revenait à l'honneur à l'occasion du trentième anniversaire de sa mort. On relançait la vapeur, comme si elle s'était éteinte. Quand on sait que sa " petite entreprise posthume" ne connaît pas la crise. Un milliards d'euros de chiffre d'affaire encore aujourd'hui. Les symboles valent un certain poids à la bourse. La ville de Memphis doit une fière chandelle à son digne pensionnaire pour l'éternité et aussi à cause de la maison de Graceland qui attirent 800.000 admirateurs de tous les effets et objets de l'intimité de l'idole. Le jeu de piste est toujours ouvert pour réveiller les souvenirs de tout ce qu'à toucher de près ou de loin leur idole. Etre témoin a un poids sentimental mais surtout financier. Les "anciens" qui ont partagé l'existence de l'idole n'ont pas de soucis à se faire pour leurs vieux jours en gestionnaires de l'idolâtrie. Les symboles et les mythes ont la vie non pas "dure" mais bien "molle". Il n'y a qu'à entretenir le souvenir par couches successives plus ou moins beurrées. Le symbole du showbiz pourrait-il, un jour, remplacer notre propre image symbolisée? 

Dans le passé, les catalyseurs aux mouvements de foule, souvent pour mener une « promenade » guerrière, se faisaient par l'intermédiaire du tambour ou de la cornemuse. Ce n'est plus le cas. On évolue. On passe à la Toile. On s'y embourbe, mais on marche.   

Dans un passé ancien bien belge, un opéra banal la"Muette de Portici" avait réveillé le patriotisme en latence, lancé la révolution et fait naître la Belgique, indépendante sur la scène des nations. La Belgique depuis vit depuis 1830 et virevolte de symboles en symboles au gré des communautarismes. De "petites exclusivités" tel que la décision unilatérale communautaire de la scission de BHV ont suffi pour mettre le feu aux poudres. Symbole, encore, à géométrie variable.  ec3bff53d1c1e68d36de7e0c74000ae2.jpg

Cette fois, heureusement, nous sommes dans le domaine de la prise de conscience de son bien être actuel et futur. On est prévenu et pourtant...

"Le symbole des symboles est certainement Dieu", disait Carl Gustav Jung.

Tout est symbole dans les mains de celui qui veut arriver à ses fins. Il ne suffit que d'un peu de charisme et de réflexions dirigistes.

c808d47cfccf4bb11592653e27615efb.jpgCe qui va se mettre en place du côté républicain pour les élections américaines en est une preuve flagrante. Un Mormon et un pasteur batiste... dans le premier tour aux caucus. On ne s'aime pas des deux côtés, mais le sentiment est le même. La tradition pure et dure, intégriste dans le fond.

La religion grapille des points. Se préparerait-elle à un jihad à l'envers? Faudra-t-il en appeler d'autres plus tournés encore vers une symbolisation à outrance?

Du côté démocrate, Obama Barak l'emporte symbolisé par un renouveau et du changement radical  par la jeunesse. Le symbole du changement dans l'unité de l'Amérique face à celui de l'expérience. La division, on se la gardera probablement par après. 

Entre temps, le réchauffement climatique a, semble-t-il,  encore de bons ou de mauvais jours en perspective car il est loin de monopoliser les foules et les programmes. Alors, on suit le symbole dans une fuite toujours plus avant.

0440f864fff51f192c183f5e1e316983.jpgLe prix de 100 $ pour le baril de pétrole, comme des jalons d'arithmétiques décimales dans les résultats de Wall Street, comme plafonds ou planchers ne représentent, en fait, rien de plus qu'un compteur qui passe un cap. On ne dope rien. On ne cherche d'ailleurs pas à rassurer. Bien au contraire. On explique sans expliquer les raisons de l'altitude rapide: baisse des stocks américains (imprévoyants les américains?), un hiver très froid US (des prévisions à long terme, c'est nouveau?)... 

J'avais ouvert la discussion dans « Veux-tu être mon idole » par l'intermédiaire de notre volonté d'avoir des représentants, d'en rechercher la crème avec ostentation et absolutisme, oubliant une fois de plus que chacun avait un rôle à jouer par petites touches successives, peut-être, mais avec l'efficacité de la masse.

Les leaders de la "bonne parole" ont toujours dû se démener pour éveiller et agiter les esprits. Le président Sarkozy a été le symbole du changement, de la rupture avec les trente nonchalantes, comme n'ont pas manqué de le rappeler certains "pro". Moins d'un an après, les résultats ne sont plus symboliques et les "anti" se sont réveillés à la découverte de ce que le symbole a ses revers cachés. 

Nous avons besoin de lignes de conduite quand l'horizon s'épaissit. Pas de problème. Prendre le temps d'analyser ce qui est proposé est aussi une obligation par respect de ce que la nature nous a offert avec plus de générosité.

Il reste à espérer que nous ne devenions, un jour, les "Moutons de Panurge" symbolisés.

Les JO de Pékin vont s'ouvrirent le 8/8/2008. Le 7/7/2007 avait vu des candidats au mariage à la pelle.b1952f25851e333c31aa6de5dc780706.jpg   

Cette année, on nous a cassé notre "symbole", celui de l'entrée dans une année que l'on voudrait joyeuse. Pour des raisons de terrorisme et d'attentats latents, le feu d'artifice de Bruxelles avait été annulé. Niveau d'alerte 4 sur une échelle qui en compte 5. Bruxelles, capitale de l'Europe, s'était réveillée en tant que telle, comme une cible du terrorisme. On ne connaîtra jamais si le symbole était à la hauteur de sa représentation.

Autre symbole et rêve brisé, celui du Dakar, annulé, pour les mêmes raisons, même si l'événement est très discutable. Les symboles occultent souvent l'essentiel qui ne se trouve pas dans les rêves mais dans une vérité pure et dure. L'organisateur du Rallye, lors de son discours d'annonce, ne manquait pas d'affirmer que "le symbole du Dakar ne mourra pas".

Pour accompagner mon article "La trentième terrorisée", je dirais simplement que le symbole ne mourra peut-être pas, mais le rallye, oui. De sa belle ou de sa mauvaise mort. Les temps changent. Il faudra s'en rappeler par des anniversaires et non pas par ignorence ou aveuglement. Des alternatives existent. J'avais parlé d'un Rallye à vélo dans mon article de janvier 2006.    

Il y a aussi les symboles que l'on ne nomme pas ainsi: les références.

Je ne parle pas des références demandées lors de la recherche d'un emploi. Quoique?

Il s'agit des références à des personnages plus ou moins célèbres qui permettent des entrées plus aisées à des postes enviés. Les copains sont mes copains en somme. Ce n'est pas nécessairement de la corruption, mais on peut franchement parler de passe-droit. 

Et pourtant, ils tournent, ces symboles, et pas toujours dans la choucroute.

L'euro avait été pris comme bouc émissaire de l'augmentation des prix. L'Italie et la Grèce avaient considéré que cela suffisait. Une grève de la consommation symbolique d'un jour avait été décidée par le passé. Le monde ne s'est pas arrêté de tourner pour autant. Et pourtant, le retour de flamme n'a pas été nul.

Le référendum, très souvent non reconnu comme moyen de réaction aux événements en dehors des élections démocratiques, est pourtant les seul moyen de prendre la température d'une population.

Cette année 2008, il faudra encore s'apprêter à d'autres symboles parfois moins pacifistes. Les idées ne manquent pas. Je les sens germer. On a très mal recommencé d'ailleurs au Kenya.06e6f53e5d4775e67e596b08dabecbe3.jpg

Alors, symbole, lève-toi et marche pour ne pas nous faire crever. 

 

L'Enfoiré,

Le Panda, symbolique? nenni

 

Citations:

 

  • «L'idée d'être un symbole me déplait, mais si je dois être le symbole de quelque chose je préfère que ce soit du sexe », Marilyn Monroe
  • « Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête », Victor Hugo

  • « La vérité est un symbole que poursuivent les mathématiciens et les philosophes. Dans les rapports humains, la bonté et les mensonges valent mieux que mille vérités. », Graham Greene

04/01/2008

Une trentième terrorisée

c624f3576317ea926da6d09ed6faa694.jpgLe Dakar 2008 annulé. Vous vous rendez compte? Comment est-ce possible?

 

Il a fallu quatre morts, le 24 décembre, touristes français de surcroît, pour cause de terrorisme et on met le Dakar en jachère, pour un an. Une trentième annulée. Pas de champagne à prévoir pour ce grand anniversaire. 

La nouvelle est tombée aujourd'hui. 

Ouf, pourrait-on dire. On aurait pu trouver, un jour, un rejet par une autre voie, plus style "reality show": trop de morts, plus rien à prouver, la mécanique est fiable... Non, c'est la politique et non pas le réchauffement climatique qui est en cause de cette annulation.

La Mauritanie n'est pas sûre. Trop de kilomètres, trop d'étapes dans ce pays. Le Paris-Dakar aurait perdu son âme sans passer par là. Il faut faire preuve de prudence.

On ne va pas pouvoir flamber quelques litres de pétrole en plus.

L'organisateur trouvait cela dommage surtout après les sommes investies pour le rallye. La publicité n'aura pas la chance de se placer sur le circuit et les capots des voitures. La vérité ne sortirait donc pas de la bouche des enfants. Nous ne faisons pas du sport au Dakar. Pas plus de l'aventure. Cela fait trente ans qu'on arpente ces pistes. La découverte est un peu rassie.

J'ai eu dans un temps anniversaire, pour le Dakar 2006, un article sur ce site "Traversée du désert" commenté Sur AV, même sujet.

J'exprimais alors le reproche que l'on pouvait faire avec cette course endeuillée par des accidents à répétition.

Le post-colonial, mon autophobie et son cortège de faux semblants sortaient dans les commentaires.

Article partisan. Oui, sans conteste. Oui, c'est vrai, je l'avais catégorisé dans la rubrique "Sport".

Erreur de lèse-majesté. On ne parle pas de sport, je viens de le réaffirmer.

J'avais à l'époque une rédactrice qui m'avait précédé et avait manifesté son mécontentement vis-a-vis de cette course.

Elle m'a servi de paratonnerre. Elle a dû se farcir une avalanche de reproche des plus "verts". Normal, direz-vous, elle était probablement dans un parti écologique.

Cette fois, le terrorisme latent a eu raison de la course.

Le pétrole, son prix et son début de rareté n'y étaient pas venus à bout.

Alors quant à mon "autophobie primaire" citée en commentaire, ce serait mal viser. Quand la pénurie et la pollution guettent, il y a des choix à faire. Pouvoir continuer à véhiculer sa p'tite auto encore de nombreuses années, cela a aussi des partisans. On ne peut pas dire que l'on n'était pas prévenu.

Paix à toi, Oh, Dakar, tu as assez péché et prêché dans le désert. Tu as assez fait couler trop d'encre.

Média, au boulot, sortez du bac à sable, rien que pour une fois.

 

L'Enfoiré,

Avis d'ailleurs et d'époque

Le Panda ira-t-il à Dakar avec ses commentaires

 

Citations:

  • "Le désert n'ayant pas donné de concurrent au sable, grande est la paix du désert.", Henri Michaux

  • "Pour la chasse aux lions : vous achetez un tamis et vous allez dans le désert. Là, vous passez tout le désert au tamis. Quand le sable est passé, il reste les lions.", Alphonse Allais

  • "Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent.", François René de Chateaubriand

     

 

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